Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e innée, V 1. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Janvier 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LA MACHINE A TEINDRE.
- DOUANES SUISSES.
- BLEUS SUR LAINE PAR LE CAMPÉCHE.
- NETTOYAGE DES TAPIS
- ANALYSE POUR L'INDIGO DES TISSUS.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- cide citrique, à l’acide tartrique ou au chro-mate de potasse, suivant la nature des plumes.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion ranalyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- PRODUIT SERVANT A LA CHARGE DES SOIES
- Par M. Gonon.
- TEINTURE DES PLUMES EN NOIR
- Par M. Brossard.
- M. Gonon propose de substituer au bichlo-krure d’érain, qui est d’un prix de revient assez élevé, soit le chlorure de manganèse, soit un
- sel de fer. La substitution donne, suivant le
- Les plumes, préalablement dégraissées dans breveté, une économie de 40 0[0 et convient,
- . - 2___________ -_____— ... * ______ Sl non seulement pour la charge des soies, mais
- aussi comme mordant pour fixer les tanins.
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- un bain de savon de Marseille ou de sous-car
- bonate de soude, sont plongées dans une décoction de châtaignier portée à une tempéra-
- ture convenable. Puis les bains se succèdent dans l’ordre ci-après :
- 1‘ Bain composé d’acétate de fer, de sulfate de fer, de sel d’étain et de tanin ;
- 2* Cuve d’extraits de Cuba, de graines de Perse, de campêche, fixés par les sulfates de cuivre et de fer ;
- 3- Dissolution de cachou et de tanin ;
- 4- Seconde immersion dans le bain indiqué sous le numéro deux;
- 5* Secorde immersion dans la dissolution de cachou et de tanin ;
- 6* Mordançage à froid à l’aide du nitrate et de l’acétate de fer;
- 7- Troisième immersion dans le bain de cachou et de tanin;
- 8' Bain de savon et d’extrait de campêche;
- 9. Avivage à froid, à l'acide acétique, à l’a-
- TRAITEMENT CHIMIQUE DES DÉCHETS SOYEUX Par M. Moninot.
- Le procédé a pour but de débarrasser les déchets soyeux des matières végétales qui s’y trouvent accidentellement incorporées, de manière à rendre ces déchets utilisables en filature.
- Le traitement comprend :
- 1- Une immersion dans un bain acide étendu d’eau ;
- 2* Un égouttage et un essorage ;
- 3* Un séchage à l'étuve. Il convient, avant dessiccation complète, d’exposer à l’air les déchets encore humides, pendant une heure environ;
- 4- A la suite de l’étuvage, un battage léger,
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- pratiqué soit à la main, soit à la machine, débarrasse la matière soyeuse des corps étrangers devenus friables.
- Un bain alcalin, à base de cristaux de soude et de savon, neutralise les traces d’acide'qui, autrement, altéreraient les fibres textiles.
- En résumé, le procédé consiste dans l’application aux déchets de soie de l’épaillage chimique déjà utilisé dans la préparation des laines chardonneuses ou souillées de pailles.
- MACHINE A PRÉPARER LES TEXTILES POUR LA FILATURE Par M. Cardon.
- Cette machine, spécialement destinée au travail des lins et textiles analogues, présente l’aspect des grandes peigneuses avec chariot à mouvement de « monte-et-baisse ». Les poignées de filaments, saisies entre des mor-daches, comme sur les mêmes peigneuses, rencontrent successivement , pendant leur translation automatique d’un bout à l’autre du chariot (combinée avec un double mouvement d’ascension et de descente) : 1* deux mâchoires broyeuses à va-et-vient vertical (dont l'une peut être immobilisée) et qui concassent les parties ligneuses des fibres; 2- un appareil teilleur, formé de deux roues à palettes ou de deux séries de cuirs sans fin, armés de lames ou barrettes; 3- une peigneuse de construction ordinaire, c’est-à-dire avec séries opposées d’aiguilles de plus en plus fines; 4- enfin, une repasseuse et des brosses cylindriques.
- M. Cardon s’est réservé de subdiviser les appareils ainsi groupés sur un même bâti, de les isoler complètement ou de les réunir partiellement.
- LA AE DE M. CÉSAR CORRON
- On lit dans le Mémorial de la Loire :
- Nous venons de voir, dans les ateliers de la Teinturerie Stéphanoise, une installation mé
- canique pour la teinture du noir qui nous a vivement intéressés.
- Habitué à visiter des usines où l’on voit des quantités d’ouvriers placés les uns en face des autres, occupés à agiter la soie dans les bains de teinture à l’aide de petits bâtons noueux, nous avons remarqué avec surprise qu’ici les barques étaient chargées de soie et que cette soie, placée sur des rouleaux admirablement polis, se teignait pour ainsi dire toute seule.
- Nous avions vu déjà cette machine à l’Exposition de 1878, et nous avions douté, avec plusieurs spécialistes, que l'application en fût industriellement bien pratique.
- Mais il faut se dire, en fait de perfectionnements industriels, que, toutes les fois qu’un procédé nouveau est scientifiquement et théoriquement bon et avantageux, lors même que l’application en paraît presque impossible, il y a toujours un moyen de le réaliser pratiquement; ce sera peut-être long, mais il viendra un homme qui réussira.
- Il en a été ainsi en ce qui concerne l’inven tion qui nous occupe. Aujourd’hui, en effet, grâce aux ingénieux perfectionnements que M. César Corron a apportés à son appareil, on peut l'employer à teindre des milliers de kilogrammes de matières ; cela sans difficulté, sans effort, en utilisant même l’ancien matériel.
- La machine se compose d’abord d’un cadre de 8, 10 ou 12 mètres de longueur, peu importe. Les matteaux sont placés sur des rouleaux en bois tourné ou en caoutchouc durci : chaque rouleau vient prendre son rang sur le cadre. Ce cadre peut recevoir 60, 70, 80 ou 100 kilogammes de soie, de coton, etc.; il est mis en mouvement dans le bain à l’aide d’une lon-guerine qui actionne ensuite les leviers hori-zonteaux ; ces leviers horizontaux impriment à d’autres leviers verticaux, placés au-dessus des barques, un mouvement d’ascension et de descente nécessaire aux opérations de la teinture.
- Après une marche régulière et automatique, l’ouvrier pratique l’opération du « lise »
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- qui se fait soit avec des engrenages fixés aux rouleaux liseurs, soit à la main, par une légère traction sur les matteaux à l’aide des rouleaux tendeurs mobiles.
- Dans la méthode de la submersion, on place à l’extrémité de chaque matteau un rouleau tendeur. Le cadre est alors submergé avec la soie, et pour rendre aux fils leur liberté dans le bain, liberté indispensable à l’obtention d’une bonne teinture, les rouleaux tendeurs viennent reposer sur deux vergues placées au fond de la barque. La machine imprime au cadre un léger mouvement d’ascension. et les rouleaux tendeurs, reprenant leurs fonctions de tendeurs, lissent la soie, puis viennentse reposer sur des vergues établies par eux.
- L’accordéon, qui se déploie ou se resserre sous la main de celui qui en joue, donne une idée assez exacte du mouvement imprimé à la soie dans la barque. .
- On nous a fait observer que les cadres avaient aussi l’avantage de se rendre automatiquement d’ue barque à une autre barque, et on a opéré cette manœuvre devant nous. Nous avons été vraiment satisfaits de la facilité avec laquelle s’est fait ce changement.
- M. Corron est donc arrivé à ce résultat incontesté de placer de la soie grège sur sa machine et d’en terminer toutes les opérations de teinture en évitant les tordages à la main, les remettages en bâtons, les lavages sur les grilles, toutes manœuvres nuisibles et préjudiciables au nerf de la soie.
- C’est donc un perfectionnement qui transforme complètement l’industrie de la teinture, soit comme économie dans la main-d’œuvre, soit comme exécution dans la supériorité de travail.
- En opérant ainsi, cet appareil respecte la finesse du fil précieux, lui conserve sa ténacité, et lui rend les qualités essentielles et indispensables pour obtenir un tissu brillant, soyeux et un tissage facile à la fabrication, qualités que l’ancien mode d’opérer dénature notablement.
- Nous étions accompagné, dans notre visite
- à la Teinturerie Stéphanoise, par un spécialiste expérimenté et bien connu qui a implanté dans une ville voisine l’industrie de la teinture du noir souple, un de ces hommes utiles qui savent faire pour eux-mêmes une grande fortune tout en faisant celle de leur pays.
- « Cette machine, nous disait-il, réalise un des progrès les plus étonnants que j’aie vus en teinture. L’économie dans la main-d’œuvre est considérable, et pourtant le traitement des matières est bien supérieurr aux anciens procédés. »
- Et, avec sa compétence et son autorité reconnues, il nous fit, en effet, remarquer que les irrégularités, les ii iperfections dans les opérations devaient être sûrement évitées, puisque toutes les floites placées à une égale distance les unes des autres sont soumises au même mouvement mécanique et fonctionnent toutes ensemble dans les barques de lavage, de mordançage et de teinture. Plus de ces petits accidents qui accrochent les fils le long des barques, les éraillent, les cassent et préparent ainsi un mauvais tissu.
- « Et c’est d’un simple! ajouta-t-il en riant. Une femme ou un enfant feraient marcher ça. »
- Simplifier en tout et partout, c’est la marque la plus certaine du progrès !
- DOUANES SUISSES
- Par ordonnance du conseil fédéral du 22 novembre 1884, les marchandises ci-après désignées, présentées à l’acquittement au port franc de Genève, sans emballage extérieur, seront assujetties, en sus des droits prescrits par le tarif des péages, à une taxe additionnelle de 10 0[0 du poids :
- Broderies et dentelles en coton, en lin, en soie et en laine et pour vêtements, lingerie et autres objets confectionnés avec travail à l’aiguille; en coton, lin, caoutchouc; en laine ou mi-laine; en mi-soie, soie, fourrure.
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- BLEUS SUR LAINE PAR LE CAMPÈCHE
- La teinture de la laine en bleu de cam-pêche, ou faux bleu, peut s'obtenir par divers procédés qui sont d’ailleurs d’un grand secours, par leur modicité de prix et leur promptitude d'exécution.
- Les anciens teinturiers teignaient généralement en un seul bain, ce qui explique en partie les mauvais résultats obtenus et la défense faite de faire usage de divers colorants.
- La marche suivie de nos jours consiste à mordancer à froid ou à chaud, à teindre dans une solution ou une décoction de colorant ; c’est-à-dire que l’on fixe le colorant sur la laine au moyen de différents sels dont on l’imprègne avant de la teindre ; l’effet de ces sels est de changer la matière des extraits colorants; de solubles dans l’eau qu’ils étaient, is deviennent insolubles, tout en se fixant lentement dans les pores des fils ou tissus.
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS A AIX LA-CHAPELLE
- Bleu moyen
- Première teinture. — 100 kil. laine.
- Bouillon, 2 heures dans :
- Eau,
- Alun, 13 kil.
- Tartre, 6 —
- Sel d’étain, 200 gr.
- Acide sulfurique, 500 —
- Laisser reposer la laine une nuit, puis teindre par :
- Campêche, 40 kil.
- Carbonate de soude, 1 —
- Bleu violet
- Deuxième teinture. — 100 kil. laine.
- Bouillon une heure et demie avec :
- Eau de rivière.
- Alun, 10 kil.
- . Sel d’étain, 2 —
- Tartre, 4 —
- Après bouillon, teindre dans :
- Campêche, 30 —
- Calliatour, 10 —
- Sulfate de cuivre, 4 —
- Pour être complet, il faudrait décrire l’action de chaque sel sur les colorants, l'influence des doses, afin de faire bien sentir la différence qui existe entre chacune des recettes, car toutes les opérations de cet art sont autant d’opérations chimiques.— Comme cela nous mènerait trop loin, je me borne à indiquer les ingrédients employés, les doses, etc., c’est-à-dire la partie pratique.
- TEINTURES DE VERVIERS ET DES ENVIRONS
- Bleu violet
- Troisième teinture. — 100 kil. de laine.
- Bouillon, 2 heures dans :
- Eau,
- Alun, 7 kil.
- Sel d’étain, 2 —
- Tartre, 4 —
- Après mordançage, teindre par :
- Campêche, 30 kil.
- Sulfate de cuivre, 1 —
- Bleu moyen
- 100 kil. laine.
- Bouillon, 2 heures :
- Eau,
- Alun, 10 kil.
- Bichromate de potasse, 1 —
- Après le bouillon, on laisse la laine en repos jusqu’au lendemain, puis on teint par 20 kil. de campêche.
- Bleu noir
- 100 kil. laine.
- Eau, 1 kil.
- Bichromate de potasse, 2 —
- Acide sulfurique, 1 —
- Après un repos d’un jour, la laine est teinte dans un bain de 20 kil. de campêche.
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- Bleu noir
- 100 kil. laine.
- Bouillon, 2 heures :
- Eau,
- Bichromate de potasse, 2 kil.
- Sulfate acide de soude, 5 —
- On laisse après le bouillon la laine en repos dans des paniers, puis on fait la teinture le lendemain dans un bain de :
- Campêche, 20 kil.
- Calliatour, 10 —
- Bleu
- Laine-coton. — Mordançage à tiède.
- L’avantage qu’on peut retirer de ce procédé ne se borne pas aux bleus, mais il peut être employé avec succès pour les autres couleurs et pour tissus, laine et coton.
- Le mordançage pour bleu se fait à une température de 30 à 40° centigrades ; la durée du mordançage varie avec la concentration du bain.
- Pour 100 kil. de laine bleu moyen, la teinture a été obtenue en la manœuvrant une demi-heure dans un bain de :
- Eau,
- Acétate de soude, 8 kil.
- Sulfate de cuivre, 3 —
- Alun, 1 —
- Teindre dans un second bain ou décoction de 15 kil. de campêche à la température de 80 centigrades.
- Bleu
- Laine, chaîne, coton.—Laine-cown, 100kil.
- Mordançage, 2 heures encre 35 à 400 centigrade et dans :
- Eau,
- Acétate de soude, 8 kil.
- Alun, 4 —
- Sulfate de fer et de cuivre
- ou vitriol de Salzbourg, 2 —
- Teindre après un jour de repos dans une décoction de 20 kil. de campêche, à la température de 50o centigrade.
- NETTOYAGE ET RAFRAICHISSEMENT
- DES TAPIS
- Les tapis de table se nettoient généralement comme les étoffes de laine. Occupons-nous aujourd’hui des tapis d’appartements.
- Pour les nettoyer et rafraîchir leurs couleurs, pour leur rendre — en un mot — le lustre perdu, il faut d’abord en enlever exac-lement la poussière, par un battage suffisamment prolongé, les laver à l’eau fraîche avec une brosse, et les battre de nouveau de manière à expulser entièrement l’eau du tissu. Quand celui-ci est bien sec, le frotter partout avec de la mie de pain de seigle tout chaud, et, le temps étant beau, l’étendre et le laisser exposé a l’air un ou deux jours.
- Le lavage des tapis avec du marc de thé encore frais est aussi un excellent procédé de nettoyage. On frotte toutes les parties avec ce marc humide, qu’on humecte de temps en temps avec le thé dont il a été extrait. On opère à froid. Cette sorte de rinçage terminée, on laisse sécher. Les couleurs altérées retrouvent leur éclat.
- Par l’emploi du céleri, on obtient des effets analogues. Les bouts de feuilles ou feuilles vertes, qui ne sont point utilisées pour les besoins culinaires, sont mis de côté pour s’en servir au moment voulu. Ce moment arrivé, on les coupe en menus morceaux ; on les promène, à l’aide d'une brosse et en appuyant assez vivement, sur toute la surface du tapis à nettoyer. bien entendu, les fragments de céleri doivent être assez frais pour conserver leur humidité ; autrement, leur action resterait négative.
- ANALYSE POUR INDIGO SUR TISSUS
- Le tissu supposé avoir été teint avec de l’indigo et fini avec du noir, qui a été soumis à l’analyse, a été coupé en petits morceaux,
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- traité à plusieurs reprises avec de l'acide sulfurique, pour détruire le noir, ensuite avec de l’acide oxalique, lavé et séché, ensuite l’indigo en a été extrait avec du chloriforme dans un appareil à extraction.
- La solution a été employée pour les réactions suivantes :
- 1° L’absorption spectrale a démontré les lignes caractéristiques de l’indigo ;
- 2° Une partie de la solution évaporée à siccité, étant sublimée, a émis des vapeurs violettes qui, étant dissoutes dans de l’acide sulfurique ont donné la réaction acide sulfo-nique de l’indigo ;
- 3° Le restant du résidu laissé par l’évaporation a été dissous dans de l’acide sulfurique, et de la laine blanche a été teinte dans la solution.
- L’échantillon ainsi teint a été ensuite soumis aux analyses habituelles pour l’indigo.
- La présence de l’indigo a été ainsi reconnue expérimentalement
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- Il est souvent utile de regarder en arrière, presque toujours on y laisse quelque chose. La découverte des colorants dérivés de l’aniline avait mis momentanément un tel trouble dans l’art de la teinture, qu’elle a fait oublier d’excellents procédés que les praticiens recherchent avidement. C’est pourquoi on peut dire qu’en ce qui concerne cet art, c’est une nécessité de fouiller dans le passé.
- Les nuances obtenues aujourd’hui sont certainement très belles, très vives, mais elles sont bien, moins solides que celles que l’on produisait autrefois. De plus, leur prix de production est souvent plus élevé.
- Peu de coloristes modernes savent employer les nombreuses substances, qui,savamment mélangées, donnent naissance aux tein
- tures grand teint. C’est sur ce point important que l’auteur a dirigé ses nombreuses recherches.
- L’on trouvera dans son travail un nombre considérable de procédés et de changements avantageux qu’on peut faire dans ceux qui sont en usage. Une classification particulière, qui sera certainement comprise de tous les teinturiers, permet d’expliquer clairement les différents tons d’une nuance et de remédier à l’absence d’échantillons.
- Chaque opération est décrite de manière qu’un teinturier intelligent pourra l’exécuter en grand, en suivant les proportions qui sont toujours indiquées pour un kilo d’étoffe de laine, de sorte que pour employer les mêmes proportions d’ingrédients, il faut multiplier les poids qui sont prescrits par le nombre de kilos que pèse l’étoffe que l’on a à teindre. L’auteur entre, après la description des procédés, dans de grands détails sur chaque opération.
- PREMIÈRE PARTIE Des couleurs primitives.
- Les couleurs qui paraissent être dues naturellement à une substance simple, et qui ne peuvent être décomposées en deux ou en plusieurs couleurs de différentes espèces, ou être produites par le mélange de deux ou de plusieurs substances, peuvent seules se nommer primitives, quoiqu’il puisse résulter différentes couleurs et différentes nuances de leurs combinaisons. Il y en a quatre de ce genre : le rouge, le jaune, le bleu et le noir.
- Quelques-uns ne regardent pas la dernière comme telle; ils prétendent qu’elle n’est qu’une couleur bleue concentrée. Mais comme il ne résulte jamais une nuance bleue d’une couleur noire affaiblie, mais diverses nuances d’une couleur brune, on doit l’envisager en teinture comme une couleur primitive.
- PREMIÈRE SECTION
- Des couleurs rouges.
- Il y a plusieurs espèces de couleurs rouges : la plus grande partie peut se distinguer en
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- trois classes. Quelques-unes sont parfaitement rouges, telles que l'écarlate et le rouge commun provenant de la garance ; d’auïres tirent sur le jaune, comme le rouge de brique et le rouge de feu ; d’autres enfin sur le bleu, comme le cramoisi, la couleur de fleur de pêcher, le lilas, la couleur de rose et celle de chair.
- Quoiqu’il soit incontestable qu’il y a encore plusieurs couleurs qu’on pourrait comprendre dans les couleurs rouges, bien qu’elles ne soient pas du nombre des précédentes, parce qu’elles ne sont ni parfaitement rouges, ni rouges jaunâtres, ni rouges bleuâtres, mais qu’elles tirent sur d’autres espèces de couleurs ; plusieurs sortant de bruns foncés et clairs sont de ce genre ; mais quand on les examine attentivement, ils ne peuvent être mis au nombre des rouges, c’est pour cela qu’ils ne sont placés qu’au nombre des couleurs brunes. Il ne sera donc question dans cette section que des couleurs parfaitement rouges, des rouges jaunâtres et des rouges bleuâtres, dont on indiquera la préparation.
- PREMIÈRE CLASSE
- Des couleurs parfaitement rouges..
- L’écarlate et le rouge commun sont surtout de ce nombre. On extrait la couleur écarlate de la cochenille et le rouge commun de la garance et du bois de Fernambouc ou du Brésil. Chacune de ces matières exige un procédé particulier, comme on le verra par les préparations suivantes.
- Ni — Ecarlate.
- La cochenille est le corps desséché d’un petit animal de la famille des Gallinsectes. Elle nous vient du Mexique, de Java, de l’Espagne, des îles Canaries et d’Algérie.
- On prépare le drap de la manière suivante: Pour 1 kilo de drap, on met dans une chaudière d’étain ou dans un baquet de bois de sapin, qui est convenablement rempli d’eau, 100 grammes de crème de tartre, ou de tartre cristallisé réduit en poudre fine ; lorsque le bain est en ébullition et que le tartre est bien dis
- sous, on y ajoute successivement 100 grammes de dissolution d’étain qu’on fait bouillir ensemble pendant quelques minutes. Alors on met le drap ; on l’y fait bouillir pendant deux heures ; après quoi on le retire, on le laise égoutter et refroidir.
- On prépare le bain de teinture aussi dans une chaudière d’étain, ou dans un bain de bois, comme il suit : on remplit d’eau proportionnellement à la quantité du drap; on y met 15 grammes de tartre cristallisé et pulvérisé pour chaque kilo de drap. Quand le bain commence à bouillir, on y met 60 grammes de co-chenille réduite en poudre fine; on remue bien le tout avec un bâton de sapin et on le laisse refroidir pendant quelques minutes, Ensuite, on verse successivement 60 grammes de dissolution d’étain, on remue de nouveau avec un bâton semblable ; enfin on descend le drap dans le bain le plus promptement possible, par le moyen d’un tour, qu’on continue de tourner très vite pendant quelques minutes, afin d’égaliser la teinture sur toute l’étendue de la pièce de drap.
- On tourne après cela moins vite, et on y fait bouillir le drap pendant une heure : on le remonte ensuite sur le tour, on l’y laisse égoutter et refroidir. On le lave ensuite avec soin, et on le laisse sécher dans un endroit sombre et aéré. La couleur qu’il a prise est un beau rouge écarlate.
- Observation.
- La couleur écarlate doit se faire dans une chaudière d’étain ou dans un baquet de bois de sapin, puisqu’on sait par expérience que le drap teint dans une chaudière de cuivre en sort taché, ou qu’il ne prend presque pas la couleur écarlate.
- Voici l’explication de ce phénomène. Les sels acides, surtout la dissolution d’étain, attaquent et dissolvent le cuivre pendant l’ébullition, et que les parties dissoutes s’unissent tant au bain de mordant qu’à celui de teinture; néanmoins, on peut se servir avec succès d’une chaudière de cuivre bien étamée; mais l’étamage n’est pas de longue durée, et il peut
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- d’ailleurs arriver qu’il ne soit pas suffisant dans quelques parties pour résister pendant l’ébullition; il vaut mieux n’employer que des vases d’étain ou de bois de sapin pour les opérations dans lesquelles on fait usage de la dissolution d’étain.
- Pour teindre du drap en une vive et bonne couleur d'écarlate, il faut le préparer par le mordant de tarire et la composition d’étain. Le tartre ordinaire n’est pas propre à cet usage, parce qu'il contient beaucoup d’impuretés et de parties terreuses qui nuisent à la couleur; c’est pour cela qu’on se sert ordinairement de tartre cristallisé ou de crème de tartre. Jusqu’à présent on a trouvé que parties égales de tartre et de composiiion d’étain étaient la proportion la plus convenable pour préparer le bain de mordant; je ne dis cependant pas qu’un peu moins de tarire que de composition d'elain soit nuisible; d’un autre côté, on doit éviter une trop grande proportion de tartre, qui donne une écarlate pâle et sans vivacité, et par cela même beaucoup moins agréable à la vue.
- La dissolution d’étain est un ingrédient indispensable, sans lequel on ne saurait produire une véritable et bonne nuance d’écarlate. Pour la faire, c’est la méthode suivante que je trouve la meilleure : on mêle 1 kilo d’acide nitrique avec un poids égal d’eau bien claire; on y ajoute 90 grammes de sel ammoniac.
- Lorsqu’il est dissous, on remue bien le mélange et on y met, petit à petit, 120 grammes d’étain très pur, réduit en rubans minces par le moyen d’un tour : le mieux est d’en metire successivement 4 à 5 grammes et de le bien laisser dissoudre chaque fois, avant d’en mettre du nouveau ; quand la totalité est dissoute, on agite bien le tout ensemble et on le laisse reposer 24 heures, après quoi on peut en faire usage. Plus lentement l’étain se dis-sout, plus la dissolution est favorable pour teindre en écarlate.
- Moins il sort de vapeurs, plus la dissolution d’étain a d'effet, et plus la couleur est vive et agréable. Le vase dans lequel on con
- serve cette dissolution doit être bien bouché avec un bouchon de verre; de cette manière on la conserve longtemps avec toute sa force; on a remarqué qu’elle se conservait un an sans s’affaiblir.
- Le drap préparé avec le tartre et la dissolution d’étain peut être introduit dans le bain de teinture aussitôt qu’il est refroidi ; mais la pratique démontre que, lorsqu’on le laisse reposer pendant 24 heures et même 48 heures dans le bain de mordant devenu froid, cela, bien loin d'être préjudiciable, était avantageux, puisque la couleur écarlate en devient non-seulement plus vive, mais encore plus solide.
- J’ai prescrit de mettre 15 grammes de tartre, 60 grammes de cochenille et 60 grammes de dissolution d’étain, parce que l’expérience prouve que cette proportion d’ingrédients est suffisante pour faire une belle écarlate. Ea mettant un peu plus de tartre, elle devient également belle, mais pas tout à fait si vive et si éclatante. Il faut broyer la cochenille très fine dans un mortier, peu avant qu’on s’en serve; quelques-uns prescrivent de la broyer avec des cristaux de tartre ; cela n’est pas indifférent, puisque ses parties colorantes s’ouvrent davantage, et que le bain, étant en ébullition, les saisit plus facilement et devient par cela même plus actif.
- Quand le bain, qui contient le tartre et la cochenille, bout, on y mêle la dissolution d’étain et on y fait entrer le drap préparé. Ici il faut faire bien attention, parce que, si on mettait la dissolution d’étain en même temps que le tarire, et la cochenille seulement après, l’écarlate ne serait pas si vive ni si agréable que si la composition d’étain avait été mise après la cochenille.
- Il y a encore une manière d’opérer que j’ai trouvée très bonne : on fait bouillir dans un petit vaisseau d’étain 750 grammes d’eau, 8 grammes de tartre et 31 grammes de cochenille; dès que l'ébullition commence, on y ajoute 31 grammes de dissolution d’étain; on fait' bouillir le tout ensemble fort doucement pendant un quart d’heure, on le retire du feu,
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- on le laisse refroidir, et on verse enfin cette dissolution de cochenille dans un flacon de verre pour la bien conserver : elle a bien des avantages ; on peut l'employer utilement au bout de 24 à 48 heures pour teindre en écarlate; j’ai même remarqué que la cochenille, traitée de cette manière, s’ouvrait davantage et était plus active pour pénétrer dans les filaments du drap, et que le rouge était beaucoup plus agréable.
- Voici comment on teint avec cette dissolution de cochenille : on remplit d’eau une chaudière d’étain ou un vaisseau de bois de sapin proportionnellement à la quantité du drap qu’on fait bouillir ; on remue bien la dissolution de cochenille, qu’on verse ensuite dans l’eau bouillante. On lave le flacon avec de l’eau tiede qu’on verse aussi dans le bain. Après quoi on y met le drap préparé avec le tartre et la dissolution d’étain, et on procède pour le reste conformément à ce qui est prescrit pour le numéro 1. — Celui qui en fera l’essai sera convaincu que l’écarlate sera plus agréable, que lorsqu’on mêle dans la chaudière la dissolution d’étain, les cristaux de tartre et la cochenille, sans la préparation dont on vient de parler.
- En suivant ce procédé, on peut employer la dissolution de cochenille d’une autre façon. On peut n’en mettre d’abord que la moitié dans le bain et teindre le drap ; après qu’il a bouilli pendant une demi-heure, on le remonte sur le tour, on met alors le reste de la dissolution de cochenille dans le bain, dans lequel on remet aussitôt le drap pour achever de le teindre. Si l’on veut, on partage cette dernière moitié, et l’on n’en met qu’une partie dans le bain, selon l’intention qu’on a de varier la nuance?
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- TRIBUNAL DE LILLE (2e ch.)
- PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE.-DESSINS DE FABRIQUE. ----------------------SAISIE .-COMPÉTENCE.
- A défaut d’une condition expresse de la loi qui attribuerait exclusivement à une autre
- autorité le pouvoir d’ordonner la saisie en matière de contrefaçon de dessins de fabrique, on doit décider que c’est au président du tribunal civil que ce pouvoir appartient en vertu de l’art. 54 du décret du 30 mars 1808.
- (Niézette c. Dre vaux et Brackers.)
- M. Niézette, commissionnaire en tissus à Roubaix, demandait au tribunal la nullité d’une saisie-contrefaçon opérée par voie de description chez lui à la requête de MM. Der-vaux et Brackers, qui soutenaient que des dessins industriels avaient été brodés sur étoffes malgré leur droit exclustf de propriété consacré par dépôt en temps utile au conseil des prud’hommes.
- Le tribunal, après avoir entendu les plaidoiries de Me Reuflet pour M. Niézette, représenté par Me Lefrancq, avoué, et de Me Brackers d’Hugo, pour MM. Dervaux et Brackers, représentés par Me Godron, avoué, a rendu le jugement suivant :
- Attendu que la loi du 18 mars 1806, en créant la propriété des dessins industriels, n’a pas réglé le mode de constatation des atteintes portées à cette sorte de propriété ;
- Que si cette loi confère au conseil des prud’hommes (là où il en existe) le soin de constater les contraventions aux lois et réglements nouveaux remis en vigueur, elle ne les charge nullement des mesures d’exécution et de constatation relatives aux différends pouvant naître entre deux commerçants à propos d’atteintes que celui qui se prétend propriétaire d’un dessin industriel pourrait avoir intérêt à faire constater d’abord et réprimer ensuite chez un autre commerçant;
- Attendu cependant que s’il y a eu création d’un droit il faut qu’il y ait un moyen de le faire respecter, et qu’il est de principe qu’en matière de propriété industrielle le seul mode de poursuite et de constatation étant la saisie des objets contrefaits, cette saisie est de droit pour celui qui justifie d’un titre lui attribuant la propriété d’un procédé, marque ou dessin;
- 1 Attendu qu’à défaut d’une disposition ex-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- presse qui attribuerait exclusivement à une autre autorité le pouvoir d’ordonner la saisie en matière de contrefaçon de dessin de fabri-que, il faut nécessairement reconnaître que c’est au président du tribunal civil que ce pouvoir appartient en vertu de l'art. 54 du décret du 30 mars 1808, qui lui confère le droit d’autoriser les mesures d’urgence aux risques et périls des requérants, toutes les fois qu’il est saisi d’une plainte en violation d’un droit en apparence justifié ;
- Attendu qu’en application de cet article, il est généralement admis en doctrine et en jurisprudence, et universellement aussi passé en pratique, que pour les mesures dont l’urgence est telle qu’elle ne permet pas de recourir aux tribunaux, c’est en la personne du président que se concentrent les pouvoirs du tribunal auquel il appartient ;
- Que l’ordonnance d’ailleurs émanée du président ne statue qu'au provisoire sans préjuger le fond ;
- Attendu qu’en l’espèce, c’est sur la production de titres attestant que Dervaux et Brac-kers ont rempli les formalités voulues pour arriver à la propriété des dessins qu’ils prétendent avoir été contrefaits parNiézette, que le président a rendu l’ordonnance autorisant la saisie pratiquée ;
- Par ces motifs,
- Le tribunal déclare régulière la saisie opérée ;
- Déboute, en conséquence, Niézette de ses demandes, fins et conclusions, et le condamne aux dépens.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de la teinture des soies
- Précédé de VHistoire chimique de la soie et de l’histoire de la teinture de la soie, par MA-rius MOYRET, professeur de chimie à Lyon.
- Il paraît étrange, à coup sûr, qu’une indus
- trie aussi importante que la teinture des soies, capable de provoquer pour ses besoins d’immenses travaux scientifiques et industriels, n’ait eu jusqu’à ces derniers temps aucun ouvrage qui lui fût consacré spécialement. Le fait est pourtant vrai ; le seul traité complet qui existât sur la matière avant l’utile publication du livre de M. MariusMoyret estVArtdela teinture en soie, par M. Macquer, qui date de 1763 ! Et pourtant on sait quels progrès a réalisés depuis cette époque cette branche d’industrie si importante pour la France. La raison de cette abstention est le grand secret dans lequel nos industriels lyonnais ont constamment jugé utile, souvent à tort, de tenir leur fabrication ; nous disons, à tort, car les industries mécaniques sont loin d'avoir souffert de la publication et de la vulgarisation des manuels et des bons ouvrages théoriques dont l’influence a été sensible sur les progrès réalisés.
- Des circonstances heureuses de situation ont permis à M. Moyret de combler patiemment cette lacune et de présenter enfin, à la Société des sciences industrielles de Lyon, un traité complet, scientifique et analytique, de la teinture des soies, débarrassé da toute formule sottement empirique et donnant, d’une foçon rationnelle, les divers procédés et la succession des opérations qui sont et resteront la base de cette belle industrie.
- L’ouvrage comprend 16 chapitres dont nous donnons ci-après le résumé succinct:
- Le chapitre 1er est consacré à l’histoire des travaux chimiques faits sur la soie et aux transformations successives survenues dans les ateliers par les progrès des ressources mécaniques et colorantes mises à leur disposition.
- Le chapitre II est entièrement consacré à montrer les phases que subit la soie depuis le cocon jusqu’à la mise en teinture ; il traite de l’hygrométricité, du conditionnement, des essais et titrages, des mesures de l'élasticité et autres. Plusieurs paragraphes résument des études personnelles très remarquables.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le chapitre III et le chapitre IV donnent l’étude physique et chimique de la soie et l’étude des théories émises sur ce précieux textile par Hellot, le Pileur d'Apligny, Walter-Crun, Persoz, etc. Signalons ce qui a trait à l’emploi des mordants et aux travaux micro-graphiques sur les soies teintes de M. le docteur L.-L. Lembert.
- Dans les chapitres V et VI, l’auteur traite de l’importante question de la charge de la soie, notamment pour les couleurs foncées et noires, et de l’emploi du sucre, des sels de magnésie, de baryte, du bichlorure d’étain et des tannins. Il étudie le rouil, cette importante matière de charge dont l’industrie lyonnaise emploie de 20à 25,000 kilogr. par jour.
- Le chapitre VII décrit l’action des divers tannins sur un fond métallique à base de fer avec ou sans addition de protochlorure d’étain.
- Avec le chapitre VII s’arrêtent les considérations générales : les huit derniers chapitres sont consacrés à la teinture proprement dite et à l’art du teinturier avec tous ses détails et l’explication raisonnée des secrets de fabrication si importants à connaître et à appliquer judicieusement, surtout depuis que l’introduc tion des couleurs d'aniline dans la gamme industrielle est venue enrichir la palette du tein- ) turier d’une foule de formules fructueuses. Ces procédés sont si peu et si mal connus que la lecture du livre de M. Moyret rendra certainement de réels services non seulement aux chimistes, mais encore aux industriels et aux praticiens de toute catégorie et de tous pays.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Janvier 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- GROS BLEU RAPIDE SUR TISSU DE LAINE.
- PROCÉDÉS PRATIQUES.
- DOUANES DU CANADA.
- COCHENILLE ET CARMIN.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE SUR LES PEAUX.
- LE MÈTRE-COMPTEUR.
- BIBLIOGRAPHIE.
- BREVETS D'INVENTION.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- LINOLEUM-GRANIT A DESSINS INALTÉRABLES Par M. Réal.
- On sait que le linoléum se compose d’un mélange de liège réduit en poudre et d’huile de lin. Ledit mélange est étendu sur un tissu-toile, puis imprimé après séchage. Le linoléum ainsi préparé se casse dans tous les endroits où il est plié, comme, par exemple, sur les marches d’un escalier. De plus, l’impression n’est que superficielle et disparaît promptement.
- M. Réal applique sur le mélange encore frais, non pas une toile serrée, mais une sorte de canevas dont les intervalles se laissent traverser par la pâte; le tissu est donc emprisonné dans la composition siccative et l’envers forme une surface rugueuse. C’est de ce coté et non sur l’endroit (plus lisse) que le breveté applique une première impression. Le linoléum, ainsi préparé, est mis à l’étuve pendant plusieurs jours et devient très dur. On le soumet alors au ponçage, pour adoucir les aspérités; puis on attendrit la surface avec un
- peu d’huile, afin de la rendre apte à recevoir une seconde impression.
- Le produit est de nouveau mis à l’étuve pendant huit à dix jours, et, au bout de ce temps, le linoléum est devenu complètement inodore et incassable ; les dessins font corps avec la pâte et demeurent inaltérables.
- IMITATION DU TISSU ORIENTAL Par MM. Têtard, Lainé et Rupp.
- MM. Têtard, Lainé et Rupp obtiennent sur le métier Jacquard le « point lié » imitant le « point noué » du tissu oriental pour tapis.
- Chaque mèche, quelle qu’en soit la couleur, correspond à trois duites : la première et la troisième servent à lier dans la chaîne les extrémités libres des boucles, la duite intermédiaire soulève les mêmes fils (bouclés en leur milieu) pour loger la baguette ou vergette. La coupe s’effectue par les procédés ordinaires.
- RASAGE DES RUBANS VELOURS SUR MÉTIERS DOUBLES PIÈCES
- Par M. Pinatel aîné.
- D’ordinaire, la coupe des rubans velours tissés à double pièce s’effectue par l’intermédiaire d’un rasoir à lame droite, porté sur une règle glissante. M. Pinatel aîné substitue aux lames rectilignes des couteaux circulaires ani-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- més d’un double mouvement, mouvement de rotation sur l’axe et mouvement de translation alternatif dans la direction transversale du tissu. Le premier de ces mouvements permet d’imprimer au rasoir un développement beaucoup plus considérable qu’avec le. va-et-vient d’une lame droite, et, par suite, d’obtenir une coupe nette avec les matières les plus réfractaires, telles que les soies «chargées ».
- EMARQUAGE DES LAINES Par MM. Mathelin, Floquet et Bonnet.
- La « marque » des moutons avec des matières très adhérentes aux fibres de la laine donne lieu à certains défauts qui, parfois, restent apparents dans l’étoffe, malgré le dégraissage de la préparation. Il est difficile, long et onéreux d’enlever à la pince ces traces dites « points de marque ».
- MM. Mathelin, Floquet et Bonnet obtiennent rapidement l’émarquage en plongeant la laine brute ou manufacturée, pendant quinze à vingt minutes, dans un bain chauffé à 40o centigrades et contenant, pour 100 litres d’eau, une quantité de silicate de soude qui porte la solution à 2° B., plus 2 kilogrammes de savon.
- MATIÈRES COLORANTES A BASE DE CAMPÊCHE Par M. Montlaur.
- Jusqu’à présent, suivant M. Montlaur, la teinture avec extraits de campêche n'a pu s’effectuer sur bains acides. Pour compenser l’action de l’acide sur le campêche et mettre à profit les bons effets de l’acide sulfurique sur la laine, M. Montlaur revendique une formule comprenant 50 0[0 d’extrait sec de campêche, 40 0[0 d’alun et de mordants (tels qu’alun de chrome ou de fer, sulfate de cuivre) et 10 0[0 de matières colorantes dérivées de la houille.
- L’acide sulfurique à 66° B. donne, en présence de ces ingrédients et suivant la matière colorante employée, toute la gamme des nuances « bronze » et « vert ».
- TISSUS BOSSELÉS Par MM. Depouilly.
- MM. Depouilly dénomment ainsi des étoffes dans lesquelles certaines parties se trouvent contractées par des lessives caustiques ou par des acides concentrés.
- Le tissu peut être composé de fibres d’origines diverses, de coton et de soie, par exemple. Dans ce cas, il suffit de faire passer la pièce dans une lessive caustique pour que tous les fils de nature végétale se contractent sans que la matière animale donne lieu aux mêmes phénomènes. On comprend que le montage permet d’obtenir ainsi des effets de crépé d’un genre spécial, d’« ondé chimique», comme le dénomment les brevetés.
- Si, au contraire, le tissu est homogène, si l’on n'a à traiter qu’une espèce de fibres, il est encore possible de produire des effets analogues en ménageant des réserves au moyen d’un liquide résineux, d’une solution de gutta-percha, de caoutchouc, que l’on fait disparaître ultérieurement à l’aide des dissolvants connus.
- CONSERVATION DES LAINES ET LAINAGES Par M. Knemeyer.
- La conservation des laines et lainages, des toiles, bâches, etc., basée sur l’emploi du sulfate de cuivre et du sulfate de zinc, des savons à base de cuivre ou de zinc, a pour principal inconvénient de donner des résultats instables. Les sels ci-dessus sont promptement dilués par l’eau de la pluie et disparaissent, les savons ne s’incorporent pas aux fibres et, à cause de leur insolubilité, possèdent une action antiseptique très faible.
- M. Knemeyer substitue les carbonates aux sulfates et procède comme suit :
- La pièce de tissu à apprêter est conduite par des rouleaux tendeurs à travers un bac contenant une solution (à 4 0[0) de sulfate de cuivre ou de zinc, chauffée à 80° centigrades. La durée de l’immersion est d’environ dix mi-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- en
- nutes. Au bout de ce temps, l’étoffe est essorée entre des rouleaux exprimeurs, puis plongée pendan t dix minutes encore dans une solution chaude de carbonate de sodium, de potassium ou d’ammonium. Il se forme un carbonate de cuivre ou de zinc (suivant la com- | position du premier bain) qui pénètre intimement les fibres.
- Le même apprêt, répété à plusieurs reprises et suivi d’un séchage, assure la conservation indéfinie de l’étoffe.
- PRESSE A CHAUD CONTINUE
- 1 Par MM. Pierron et Dehaître.
- Le pressage des tissus s’obtient tantôt à la presse hydraulique, et alors la friction sur l’étoffe est nulle , tantôt à l’aide d’un cylindre tournant dans une auge métallique, et, dans ce cas, l’étoffe subit une pression et une friction simultanées.
- MM. Pierron et Dehaître revendiquent la combinaison d’un feutre sans fin avec une commande variable adaptée aux machines du système continu.
- La disposition des organes d’entraînement se prête à trois sortes d’apprêt :
- 1’ La vitesse du feutre fournit un développement égal à celui du cylindre et l’on obtient une pression non accompagnée de friction;
- 2: Le feutre et le cylindre tournent à des vitesses différentes ou même en sens contraire; la pression et le lustrage varient en conséquence ;
- 3* Le feutre seul chemine et le cylindre est immobilisé, l’apprêt est entièrement comparable au repassage sous pression obtenu avec les machines continues à cuvette métallique chauffée.
- PROCÉDÉ DE BLANCHIMENT DES MATIÈRES FIBREUSES
- De M. James-Anthony Graham. Patente anglaise N' 5366. — Année 1882.
- En blanchissant les matières fibreuses d’a-près le mode usité, au moyen du chlore ga
- zeux ou de la solution de chlorure de chaux, l’inventeur ajoute une solution de nitrate de soude ou de nitrate de chaux, avant, pendant ou après l’opération. Les avantages de ce procédé seraient les suivants :
- Le nitrate dissout une partie des matières colorantes.
- Il débarrasse les fibres des sels de chaux insolubles fixés naturellement ou précipités de l’eau ou de la lessive employée.
- Lorsqu’on blanchit au moyen du chlore ou du chlorure de chaux, il se forme de l’acide chlorhydrique attaquant les fibres, s’il reste en contact prolongé avec elles. La présence du nitrate empêche cet effet destructeur de l’acide et permet, en outre, d’opérer sous de plus hautes températures.
- Toutes les fois que le nitrate est employé en combinaison avec le chlore ou le chlorure de chaux, le chauffage de la masse est à recommencer.
- GROS BLEU RAPIDE
- SUR TISSU LAINE, FAIT SUR UN SEUL BAIN
- Pour vingt-cinq mètres de drap
- Mettez dans la chaudière portée à l’ébullition :
- Bois de campêche, 10 kilos que vous laissez bouillir environ 30 minutes, après quoi vous finissez de garnir le bain avec : orseille 2 kil., sulfate de fer 250 grammes, sulfate de cuivre 150 grammes.
- Le bain ainsi garni, vous y plongez les étoffes que vous menez sur le tour pendant quelques minutes pour bien unir et vous arrêtez le bouillon à la nuance voulue. Levez, rincez.
- Observation. — Il pourrait arriver quelquefois que le bleu tournât un peu trop au teint violeté ; il n’y aura, pas à croire que la cou-pur soit manquée. Non : voici tout bonnement le tour de main qu’il y a à faire. Lever les étoffes sur le tour, mettre dans le bain une poignée de cristaux de soude. Replonger les draps pendant quelques minutes dans le bain
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- 16 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- en ayant soin de bien les mener, alors vous verrez que l’étoffe ne rougira plus et sera d’un bleu parfaitement intense. Après quoi, on lève, on évente et on rince.
- REMONTAGE DU BLEU DE CUVE FAIT SUR LE MEME BAIN
- Pour vingt-cinq mètres de drap
- Garnir le bain : alun 1 kil., lie de tartre 500 grammes, bleu de Lille, 100 grammes, acide sulfurique demi-verre. Bouillir jusqu’à teinte voulue. Lever, éventer, rincer.
- Ch. VIGNAUX, Teinturier à Saint-Girons (Ariège).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- Vert pour coton tors
- Pour 50 kil. de coton.
- Mettez la veille dans une décoction de : 3kil. de fustet ;
- 10 kil. de sumac.
- Le lendemain, tordez et faites faire 6 tours dans de l’oxymuriate d'antimoine, 2 Tw.
- Lavez dans deux eaux et mettez dans un bain de teinture contenant :
- 250 grammes de cristaux de vert bon teint.
- Faites faire 6 à 8 tours à 650 C. et finissez.
- Safranine pour coton tors
- Pour 50 kil. de coton.
- Mettez la veille dans une décoction de : 3 kil. de fustet ;
- 10 kil. de sumac.
- Le lendemain, tordez et faites faire 6 tours dans de l’oxymuriate d’antimoine, 2 Tw.
- Lavez dans deux eaux et mettez dans un bain de teinture à 50° C., contenant : 500 grammes de safranine extra G.
- Manœuvrez pendant 30 minutes en élevant graduellement la température à 76° C.
- Finissez.
- Brun chocolat pour coton tors
- Mettez la veille dans une décoction de : 3 kil. de fustet ;
- 10 kil. de sumac.
- Le lendemain, tordez et faites faire 6 tours dans de l’oxymuriate d’antimoine, 2o Tw.
- Lavez dans deux eaux et mettez dans un bain de teinture à 50° C., contenant ;
- 250 grammes de violet 5 R.;
- 185 grammes de chrysoïdine;
- 125 grammes de vert.
- Faites faire 6 tours en élevant graduellement la température à 94 C.
- Chamois pour laine torse
- Pour 50 kil. de laine.
- Préparez un bain contenant :
- 500 grammes d'orseille ;
- 125 grammes d’extrait d’indigo ;
- 30 grammes de jaune naphtol ;
- 5 kiL de sel de Glauber ;
- 1 kil. d’huile de vitriol.
- Mettez la laine à 656 C., faites faire 6 tours en élevant la température à 99o C. Lavez et finissez.
- Couleur américaine pour laine torse
- Pour 50 kil. de laine.
- Préparez bain contenant :
- 1 kil. d’extrait d’indigo ;
- 1 kil. 750 d’orseille ;
- 90 grammes de jaune naphtol ;
- 5 kil. de sel de Glauber ;
- 1 kil. d’huile de vitriol.
- Mettez la laine à 650 C. Faites faire 6 tours en élevant la température à 99° C.
- Lavez et finissez.
- Jaune américain pour soie floche
- Pour 50 kil. de soie.
- Préparez bain contenant :
- 1 kil. de savon ;
- 90 grammes de jaune naphtol ;
- 125 grammes de pâte d indigo ;
- 187 grammes de cudbeard ;
- 1 kil. d’huile de vitriol.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- r.
- Mettez la soie à 65° G. Faites faire 6 tours en élevant la température à 100o C.
- Enlevez et lavez dans de l’eau acidulée.
- Finissez.
- Bleu foncé pour laine torse
- Pour 50 kil. de laine.
- Préparez bain contenant :
- 500 grammes d’induline ;
- 5 kil. d’extrait d’indigo ;
- 5 kil. de sel de Glauber ;
- 1 kil. d’huile de vitriol.
- Mettez la laine à 650 C.; faites faire 6 tours en élevant la température à 990 C. Lavez et finissez.
- Bleu américain pour soie floche
- Pour 50 kil. de soie.
- Préparez bain contenant :
- 1 kil. de savon ;
- 125 grammes de bleu acide ;
- 1 kil. d’extrait d’indigo ;
- 1 kil. 500 d’orseille ;
- 2 kil. d’huile de vitriol.
- Mettez la soie à 650 C. Faites faire 6 tours en élevant la température à 100. C.
- Enlevez et lavez dans de l’eau acidulée; Finissez.
- Couleur américaine pour soie floche
- Pour 50 kil. de soie.
- Préparez bain contenant- : 30 grammes de jaune naphtol ;
- 2 kil. de pâte d’indigo.
- 3 kil, d’orseille ;
- 2 kil. d’huile de vitriol.
- Mettez la soie à 650 C. Faites faire 6 tours, en élevant la température à 100o C. Enlevez et lavez dans de l’eau acidulée. Finissez.
- DOUANES DU CANADA
- Le gouverneur général du Canada vient de décider que la couleur rouge (un acétate cru d alumine préparé avec de l’acide pyroligneux pour la teinture et l'impression des calicots),
- ainsi que la liqueur de fer (une préparation d’acétate de fer pour la teinture et l’impression des calicots), seront dorénavant admis en franchise au Canada.
- — - -e--- , . .. - .
- COCHENILLE Et CARMIN
- Une des plus belles et des plus puissantes couleurs dont on se serve dans les arts et la teinture est retirée du corps de la cochenille femelle. Cet insecte se trouve sur un des cactus et, vivant, n’est pas plus grand que la coccinelle et même souvent plus petit. Il n’a pas d'ailes et est un peu plùs long que large. Il est marqué sur le dos de profondes rides. Il est muni de six pieds, mais dont il se sert aussitôt après sa naissance, et il s'attache solidement sur la plante au moyen d’une trompe qui est placée entre ses pieds de devant et se .nourrit de la sève.
- La cochenille mâle ne ressemble à la femelle que pendant qu’elle se trouve à l’état de larve ; elle Se change ensuite en chrysalide pour devenir fine petite mouche rouge. La femelle dépose des milliers d’œufs, qu’elle protège avec son corps jusqu’à ce qu’ils soient éclos et, aussitôt ce devoir terminé, elle meurt.
- Pendant qu’ils sont à l’état de larves, leur sexe n’est pas reconnaissable. Ils perdent leur peau plusieurs fois, et pendant que la femelle s’attache à la plante le mâle voit pousser ses ailes. Leur vie n’a que deux ou trois mois de durée.
- La cochenille doit être cueillie avant qu’elle ait pondu ses œufs ; c’est alors que la matière colorante est le plus abondante.
- Le carmin est préparé avec la cochenille,— cocus caeti, — et est cueilli en brossant les branches du cactus avec une queue d’écureuil ou autre animal.
- On les tue en les trempant dans de l’eau bouillante, et cela doit être fait de suite, autrement elles déposeraient leurs œufs et perdraient ainsi beaucoup de leur valeur.
- Il y a plusieurs procédés pour préparer le carmin. Nous citons un des meilleurs ;
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- Faites bouillir 500 grammes de cochenille en poudre, pendant 15 minutes, dans 13 litres 500 d’eau ; ajoutez alors 30 grammes de crème de tartre, et faites bouillir encore 10 minutes; additionnez de 45 grammes d’alun en poudre et faites bouillir encore 2 minutes.
- Le liquide est ensuite décanté et mis de côté pour que le carmin se dépose.
- Dans d’autres procédés, on se sert de carbonate de soude ou de potasse.
- {Oil, paint and drug Reporter.)
- OBSERVATIONS SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- {Suite.)
- Observation sur l'écarlate n° 1 {suite).
- Avec cette dissolution de cochenille, on obtient avec beaucoup de facilité la nuance qu’on désire. De plus, elle est très propre à faire des mélanges avec d’autres couleurs, par exemple avec les bains de teinture jaune, ou avec la dissolution d’indigo, de même qu’avec les bains de garance ; en en mettant plus ou moins, on fera des nuances diverses et tout à fait particulières, suivant la préparation différente du drap, ainsi qu’on le verra dans la suite.
- Comme il faut éviter avec soin tout ce qui pourrait altérer la couleur de l’écarlate, j’ai prescrit de se servir d’un bâton de sapin pour remuer le bain du n° 1, Les autres bois contiennent des substances qui pourraient nuire à sa beauté.
- J’ai encore fait observer une circonstance importante pour teindre en écarlate, que j’ai prescrite pour le no 1, et qu’on ne doit pas négliger à l’égard des autres couleurs : c’est de faire entrer dans le bain le drap ou l’étoffe de laine le plus prestement possible, et de tourner très vite dans le commencement, afin que le colorant pénètre également dans toute l’é
- tendue de la pièce. Ceux qui n’y feront pas attention auront des pièces de drap ou d’étoffes teintes inégalement ; on s’apercevra visiblement que le bout placé le premier dans le bain est beaucoup plus foncé que l’autre.
- Après 8 à 9 minutes, on peut tourner plus lentement, et cela jusqu’à ce que l’on veuille remonter le drap, parce que l’ébullition qu’on a prescrite pendant une heure ne sert qu’à saturer les pores de la laine et à consolider la couleur.
- En faisant usage de la dissolution de cochenille dont on a parlé ci-dessus, on peut parvenir avec plus de certitude à obtenir exactement la nuance qu’on désire : on ne met d’abord que la moitié de cette dissolution dans le bain ; on y passe rapidement le drap comme il a été dit ; on le remonte de même avec promptitude sur le tour ; on verse l’autre moitié de la composition dans le bain; on y remet le drap par l’extrémité par laquelle on avait fini la première fois : par ce moyen,toute l’étendue de la pièce sera teinte d’une couleur égale.
- Après que le drap a bouilli une heure, on le retire et on l’évente promptement. Il faut le laver dans une eau très propre, autrement la couleur en souffre, et cela occasionne quelquefois des taches. En observant exactement le tout, on ne peut manquer de faire une belle écarlate, d’après la recette prescrite au no 1.
- Ce qui distingue principalement le procédé qui vient d’être décrit de celui qui est en usage dans les ateliers de teinture, c’est que l’on n’y met point de cochenille dans le premier bain , qu’on appelle ordinairement le bouillon, au lieu qu’on met ordinairement une partie de cochenille dans ce premier bain, et le reste dans le bain de teinture, qu’on nomme la rougie.
- L’oxyde d’étain a la propriété de se combiner avec la plupart des molécules colorantes, qui l’enlèvent à l’acide qui la tenait en dissolution ; c’est cette combinaison des molécules colorantes de la cochenille avec l’oxyde d’étain qui, étant peu soluble dans l’eau, se pré-
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- S
- cipite presque en entier et forme ce qu’on appelle une laque ; mais cette combinaison a de l’affinité pour les substances animale ; d’où vient qu’elle se fixe sur la laine qu’on lui présente, pendant qu’elle est très divisée et suspendue dans la liqueur.
- La dissolution d’étain, qu’on appelle composition, demande une attention particulière, si l’on veut obtenir des résultats constants ; car si l’on s’est servi d’un acide concentré, et qu’on n’ait pas proportionné le sel ammoniac et l’étain à sa force, il réagira sur l’écarlate et rendra sa couleur plus claire, plus orangée et plus faible ; si au contraire on a employé un acide trop faible, la couleur sera plus foncée e? moins vive qu’elle ne doit être.
- Il serait donc convenable de déterminer par le pèse-acide la force de l’acide qu’on emploie ; on devrait aussi avoir soin de se procurer un étain pur ; car l’étain ordinaire contient quelquefois une quantité considérable de plomb, qut peut être très préjudiciable à la beauté de la couleur.
- Il faut conserver la dissolution dans des récipients de verre bien bouchés, parce que par le contact de l’air l’oxyde d’étain se précipite; c’est ce que les teinturiers expriment lorsqu’ils disent que la composition a tourné. Le même accident a lieu par l’action de la chaleur, qui favorise la décomposition de l’acide nitrique ; il est donc nécessaire de n’ajouter l’étain que par petites parties, pour que la dissolution se fasse lentement et sans exciter beaucoup de chaleur; et de là vient que la composition tourne plus facilement en été qu’en hiver.
- L’on peut facilement être trompé sur la concentration de l’eau-forte par l’acide sulfurique Qui s’y trouve souvent mêlé en quantité considérable, soit parce qu’il en passe un peu dans les appareils employés pour la produc-ton, soit parce qu’on en ajoute pour augmenter sa pesanteur.
- On reconnaît facilement la présence de l'a-cide sulfurique, et même sa quantité, par le moyen d’une dissolution d’acétate de baryte,
- qui forme un précipité avec cet acide, pendant qu’elle ne trouble point l’acide nitrique, qui n’en contient pas.
- Il est important d’employer pour l’écarlate, ainsi que pour les autres couleurs qui ont de l'éclat, des eaux qui ne soient pas dures : l’on entend par eaux dures celles dans lesquelles le savon se caille, forme desgrumaux. Il n’est pas inutile de donner une idée juste de cette propriété.
- Les eaux sont dures parce qu’elles contiennent des sels terreux, dont la base, principalement la chaux, s’unit à l’huile du savon, pendant que l’alcali du savon se combine avec l’acide de ces sels : il résulte de cet échange des savons à base de chaux qui, ne se dissolvant pas dans l'eau, y forment des caillots et finissent par se précipiter. Les sels à base de chaux foncent la couleur de de l’écarlate et lui ôtent sa vivacité.
- Lorsqu’on est obligé d’employer des eaux dures, on les corrige en les portant à l’ébullition, en mettant dans le bain un peu d’amidon, en y faisant bouillir des plantes mucila-gineuses ou du son qu’on enferme dans un sac, ou bien avec une certaine quantité d’eau sûre.
- Quelque précaution que l'on prenne, l’on ne peut s’attendre à obtenir toujours exactement la couleur que l’on désire, puisque dans ce cas particulier la qualité de la cochenille peut apporter une différence considérable dans les résultats ; mais si l’on trouve que l’écarlate ’ n’a pas assez de feu, on peut lui donner cet éclat en ajoutant au bain, dont il faut la retirer auparavant, un peu de composition qu’on mêle bien avant de remettre le drap. Si, au contraire, on trouve l’écarlate trop orangée, il n’y a qu’à la passer dans un bain d’eau chaude, et si cela ne suffit pas, il faut y ajouter un peu d’alun.
- La qualité du drap influe aussi sur les proportions des ingrédients; car, selon sa finesse ou selon son épaisseur, il a plus ou moins de tranche, c’est-à-dire que l’intérieur, où ne pénètre pas la cochenille, a plus ou moins d’étendue;
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- D G&
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de sorte qu’il faut acquérir de l’habitude pour déterminer les proportions les plus convenables pour les espèces de draps que l’on teint.
- No II. — Ecarlate
- On fait une autre espèce d’écarlate de la manière suivante : on prépare le drap comme pour le numéro 1; on compose Je bain de teinture de 60 grammes de cochenille broyée fine, et de 120 grammes de dissolution d’étain sans tartre, également pour 1 kilo de drap. On observe tout ce qui est prescrit au numéro 1, tant pour ce qui regarde la façon de préparer le bain que pour la manière de teindre le drap, qui prendra une belle couleur rouge écarlate.
- Observation
- Ce rouge écarlate est un peu clair, et en même temps plus mat, que celui du numéro 1. Comme les uns préfèrent une écarlate claire, et que les autres la veulent plus foncée, il convient de savoir en faire de diverses nuances.
- Lorsqu’on saisit la juste proportion du tartre et de la dissolution d’étain, on fait toujours une belle couleur écarlate foncée. Un peu moins de tartre que de dissolution d’étain relève davantage le rouge ; au contraire, quand on met parties égales, la couleur est plus foncée. Cependant cela dépend aussi de la quantité de la cochenille; lorsqu’on en met moins que de tartre et de dissolution d’étain, la couleur est toujours plus claire et plus pâle, relativement à la quantité de tartre et de dissolution d’étain excédant celle de la cochenille ; et si la cochenille surpasse le tartre et la dissolution d’étain dans la quantité, la couleur est alors plus foncée. Par exemple, 1 kilo de drap bouilli dans un bain, composé de 60 grammes de cochenille, de 60 grammes de tartre et de 60 grammes de dissolution d’étain, prend une bonne couleur rouge écarlate foncé. I kilo de drap bouilli dans un bain composé de 60 grammes de co-chenillo, 120 grammes de tartre et 120 grammes de dissolution d’étain, prend une sem
- blable couleur, mais plus claire. La couleur qui provient d’un bain de teinture préparé avec 60 grammes de cochenille, 60 grammes de dissolution d’étain et 120 grammes de tartre est encore un peu plus claire. Mais si le bain est composé de 60 grammes de cochenille, 60 grammes de tartre et 120 grammes de dissolution d’étain, la couleur sera encore un peu plus claire que la précédente. Il est prouvé par là que plus le poids de tartre et de la dissolution d’étain excède celui de la cochenille, plus la couleur devient claire. Il faut cependant remarquer que la couleur qui résulte de 60 grammes de cochenille, 120 grammes de tartre et 120 grammes de dissolution d’étain, est un peu plus foncée que celle qui provient de 60 grammes de cochenille, 60 grammes de dissolution d’étain et de 120 grammes de tartre, dans le bain de laquelle il entre néanmoins la moitié moins de dissolution d’étain. Mais la moins foncée, et en même temps la plus mate de ces quatre couleurs indiquées, c’est celle pour laquelle on a employé plus de dissolution d’étain que de tartre ; savoir : 60 grammes de tartre et 120 grammes de dissolution d’étain. L’expérience prouve donc qu’il ne faut pas trop mettre de dissolution d’étain dans un bain d’écarlate et que le plus avantageux est d’en mettre en égale proportion avec le tartre, en faisant toutefois attention que les deux ensemble n’excèdent pas trop la proportion de la cochenille, puisqu’autrement les couleurs seraient trop peu foncées et en même temps mates , surtout lorsqu’on met trop de dissolution d’étain, laquelle attaque de plus les filaments de la laine et affaiblit par cela même la force du drap. Mais si l’on veut faire un rouge d’écarlate clair, il vaut mieux augmenter la quantité de tartre, puisqu’il rend la couleur plus claire, sans porter préjudice au drap, et qu’il la consolide en même temps un peu.
- Pour préparer un bain d’écarlate, outre le tartre, on peut employer d’autres ingrédients, tels que le sel marin et le sel ammoniac, les-
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- quels, quoique moins favorables que le tartre, peuvent être quelquefois utiles pour faire des nuances particulières d’écarlate, comme on le verra par les recettes suivantes.
- No III. — Ecarlate.
- Le même poids de drap, c’est-à-dire I kilo, et préparé comme pour le no 1, bouilli dans un bain de teinture composé de 15 grammes de tartre, 60 grammes de cochenille, 60 grâm. de dissolution d'étain et 120 grammes de sel marin, et traité d’ailleurs comme il a été prescrit pour le no 1, prend un rouge d’écarlate qui tire sur le rouge de brique.
- Observation.
- Le sel marin rend la couleur un peu plus claire et plus pâle, de sorte que par son emploi on fait une couleur écarlate particulière, qui peut être d'usage. Le drap est même mieux pénétré que lorsqu'on n’en met pas, de sorte qu’il est moins blanc à la coupe. Si au lieu de sel marin on met du sel ammoniac, le rouge sera encore plus pâle et plus mat, et sera inférieur au précédent.
- Si on fait bouillir 1 kilo de drap dans un bain composé de 60 grammes de cochenille et 300 grammes de vinaigre, sans y ajouter de dissolution d’étain, il prendra une couleur rouge qui sera de la classe des couleurs d’écarlate foncées.
- Avec le sucre on peut encore faire une jolie couleur particulière de rouge écarlate. Quoique généralement on ne fasse pas usage de cette addition, elle peut cependant être avantageuse. On fait bouillir 1 kilo de drap préparé, comme pour le no 1, dans un bain composé de 60 grammes de cochenille, 120 grammes de composition d’étain, et de 250 à 300 grammes de sucre, en se conformant d'ail-leurs en toute chose au procédé qui a été décrit. On fera de cette manière une belle couleur d’écarlate, qui sera un peu plus pâle que celle du no 1, et plus agréable que celle du no 2.
- [Reproduction interdite.) (A suivre),
- TEINTURE DE LA LAINE
- SUR LES PEAUX
- NOIR POUR CINQ PEAUX
- Préparez un bain de pyrolignite de fer à 5° Bé, et ajoutez 500 grammes d’acétate de plomb et 1 kil. de litharge.
- Mettez les peaux dans le bain et laissez-les pendant 48 heures.
- Enlevez et passez dans une eau, mettez les ensuite dans une solution contenant 250 grammes de bichromate de potasse et laissez-les tremper pendant 3 heures.
- . Lavez 4 fois et mettez-les dans une solution contenant une décoction de 5 kil. de campeshe , 1 kil. de fustet et quelques gouttes de solution d’acétate de cuivre.
- Laissez pendant 24 heures, enlevez et lavez bien et si,cela est nécessaire, traitez avec de l’huile.
- Conservez le bain de fer pour servir de nouveau.
- LE MÈTRE-COMPTEUR
- DE M. C. DECRETTE
- Un brevet a été pris pour une utile et ingénieuse invention faite par M. C. Decrette, horloger-mécanicien.
- Il s’agit d’un « Mètre-compteur » dont le fonctionnement est simple et facile à comprendre. Grâce à un petit appareil placé à l’extrémité droite du mètre, un bouton se trouve sous l’index de la main qui tend l’étoffe ; un très léger appui sur ce bouton suffit pour enregistrer au fur et à mesure dans un compteur chaque mètre mesuré. La pression nécessaire se fait tout naturellement et sans aucun effort. Pour remettre le compteur à zéro, il suffit d’arriver à une dizaine et d’ap-puyer sur le levier appliqué sous l’appareil.
- Il est presque superflu de démontrer l’utilité du « Mètre-compteur » dont tout le monde
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- se rend aisément compte. S’il arrive que,pen-
- , . . —(7st—
- 1111 n tit TNTKTFITII nTT|TTTTrte 10 80 90 400,”
- dant le mesurage d’une pièce d’étoffe, le com -mis soit distrait ou interpellé, des erreurs se produisent nécessairement, à moins qu’il ne recommence son opération. Et, dans les maisons de détail surtout, les employés sont à tout instant interrompus dans leur travail par des clients et surtout des clientes et assaillis de questions qui les troublent et auxquelles ils ne peuvent répondre qu’au préjudice d’une opération aussi absorbante que celle du métrage. Grâce à l’invention de M. C. Decrette, un commis pourra instantanément, et sans crainte d’erreurs, interrompre sa besogne et s’en détourner quelques instants sans inconvénients, à la satisfaction des acheteurs qui lui auront adressé la parole.
- Il nous paraît impossible que d’ici à très peu de temps le « Mètre-compteur » ne soit pas universellement employé dans toutes les Maisons de détail et même dans les Maisons de gros, où il rendra aussi de notables services.
- NOTA. — Le prix du mètre-compteur est fixé à 8 francs pris à Paris.
- Par suite d'arrangements pris avec l’inventeur, nous le ferons obtenir à nos abonnés au prix de 6 fr. 50 rendu franco. Envoi contre mandat-poste adressé au bureau du journal.
- BIBLIOGRAPHIE
- LA PARTICIPATION DES EMPLOYÉS AUX BÉNÉFICES ET LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN FRANCE.
- Sous ce titre, M. Edouard Simon vient de communiquer à la Société des ingénieurs civils de France un important travail qui peut être considéré comme la suite et le complément des précédentes études du même auteur sur les sociétés coopératives anglaises.
- Se basant sur des faits et des chiffres officiels, M. Simon analyse les principaux systèmes pratiqués avec succès en France, et en France seulement jusqu’ici, pour faire participer les employés et ouvriers aux bénéfices des établissements qui les occupent ; il signale notamment les résultats obtenus par la maison Leclaire, à Paris, par les établissements Laroche-Joubert, à Angoulême, Godin, à G uise ; il montre aussi le rôle du livret de Courcy dans l’application du principe de la participation.
- Après avoir répondu à l’objection du danger, plus apparent que réel, de l’immixtion des employés dans la gestion, des sociétés, M. Simon étudie le développement des associations coopératives de production dans notre pays. Il fournit, à l’appui de la confiance que lui inspirent les travailleurs ainsi groupés, un certain nombre d’exemples témoignant d’une persévérance, d’une solidarité et d’une abnégation trop souvent contestées aux ouvriers français.
- M. Simon signale les théories économiques qui lui paraissent dangereuses, les problèmes dont la solution s'impose aux syndicats et qui intéressent non seulement le prolétariat, mais toute l’industrie française.
- De même que pour les Sociétés coopératives anglaises, nous nous somme assuré un tirage à part de la très intéressante brochure que nous signalons à nos lecteurs et que nous tenons à leur disposition contre la remise de un franc cinquante centimes en timbres-poste.
- BREVETS D’INVENTION
- 162422. 28 mai ; Clarke. — Perfectionnements dans la teinture de la dentelle et autrss tissus mixets soie et coton.
- 162527. 3 juin ; Renard.—Appareils et procédés nouveaux permettant d’obtenir l’imitation des toiles caoutchoutées, des toiles dites toiles-cuir, du véritable cuir et de toutes espèces de reliefs.
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- KO ©5
- 162717. 14 juin; Galet. — Polisseuse en travers.
- 162772. 21 mai ; Vincent. — Machine perfectionnée à apprêter les étoffes.
- 162778. 16 juin; Giesler. — Appareil et méthode pour le travail, à l'aide de liquides, des fibres textiles et des produits manufacturés à obtenir de ces fibres.
- 162783. 16 juin ; Pelletier. — Nouveau procédé d’épaillage des tissus de laine.
- 162868. 20 juin ; Société dite : Chemische fabrick auf Action (Vorm E. Schering).— Procédé de fabrication de bases chloroïodurées aromatiques.
- 162880. 21 juin ; Rumpff. — Perfectionnements dans la fabrication de matière colorante jaune propre à la teinture et à l’impression.
- 162983. 26 juin 1884; Société Smith, Has-kins et Fobes. — Perfectionnements dans les moyens de faire pénétrer ou de fixer les couleurs, marques ou dessins dans ou sur du marbre, du bois, de l’ivoire et autres matières et dans les appareils employés à cet effet.
- 163029. 28 juin 1884; Rubay. — Procédé de blanchiment des matières textiles et végétales.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 3. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS S Février 4883
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- CARMIN D’INDIGO.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- EMPLOI DU CHLORURE GAZEUX.
- NOUVELLES COULEURS ET NOUVEAUX PROCÉDÉS POUR LA TEINTURE ET L’IMPRESSION.
- BREVETS D’INVENTION.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion Vanalyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- APPAREIL ÉCHARDONNEUR
- Par MM. Klein, Hundt et Cie.
- L’échardonnage mécanique, tel qu’il est habituellement pratiqué, brise les fibres de la laine; l’échardonnage chimique altère plus ou moins la constitution intime des filaments.
- MM. Klein, Hundt et Cie décrivent un appareil dans lequel la matière textile est ouverte, étirée et secouée alternativement en dessous et en dessus, de façon à ce que les chardons soient facilement détachés.
- La laine est étalée sur une toile sans fin et ainsi amenée à deux paires de rouleaux alimentaires, disposées consécutivement. Non seulement la seconde paire est douée d’une plus grande vitesse que la première pour allonger, paralléliser les fibres, mais, dans le même couple d’alimentaires, le cylindre supérieur possède un développement plus considérable que le cylindre inférieur, afin de faire travailler les dentures en conséquence et d’extraire déjà une certaine quantité de corps étrangers.
- A la suite des alimentaires et dans un même
- plan vertical se trouvent superposés cinq tambours garnis de lames à dents de scie. A proximité sont placés, d’un côté, autant de petits rouleaux chargés de transmettre les filaments aux tambours contigus ; de l’autre, des échardonneurs en même nombre qui, par des chocs répétés, détachent et rejettent dans des auges métalliques les chardons, graines ou pailles, au fur et à mesure qu'ils se présentent. Les rouleaux d’introduction et les échardonneurs sont alternativement situés à droite et à gauche de l’appareil, de telle sorte que la laine serpente entre les tambours et est travaillée tantôt en dessus, tantôt en dessous, comme il a été dit au début.
- L’appareil s’emploie isolément ou s’adapte à l'une des machines de préparation.
- MACHINE A TEINDRE EN PIÈCES LES RUBANS i ET ETOFFES
- Par M Vinson
- L’appareil décrit a surtout pour but d’éviter les défauts qu’en terme de métier on appelle des < coups de baguette » et qui tiennent à la fixité de l’étoffe sur les baguettes employées pour l’immersion dans le bac de teinture. En principe, lamachine se compose de deux plateaux verticaux, montés sur un axe horizontal commun et armé de bras parallèles, entre lesquels des baguettes horizontales tendent les quans, ou autres étoffes, enroulés suivant des couches concentriques.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Cette espèce de grande tournette, à spires équidistantes, une fois garnie, est transportée au-dessus du bac où, par suite d’une rotation lente, toutes les parties des tissus à teindre viennent plonger successivement.
- Des dispositions analogues ont été déjà mises en pratique, notamment pour le séchage des étoffes ; mais la particularité essentielle de l’invention réside dans le montage des bras rayonnants, qui peuvent osciller d’une certaine quantité et deux à deux simultanément, sur les plateaux symétriques. Ces oscillations, produites à volonté, déplacent les points de contact des baguettes de tension et évitent les marques résultant de contacts permanents.
- ORNEMENTATION DU TULLE Par M. Cox.
- Les procédés d’ornementation du tulle, à part la teinture et l’impression, reposent sur l’application à la surface du tissu de substances adhérentes formant épaisseurs.
- Nous citerons les perles en gomme, diversement colorées, obtenues par pulvérisation ou autrement, les reliefs en soufflet (papier gommé), les dessins en mastic métallisé.
- Le principal inconvénient de ces applications, indépendamment de la surépaisseur, consiste dans le défaut de solidité. L’humidité suffit à détruire la majeure partie des effets.
- M. Cox propose l’emploi d’une solution claire de caoutchouc et la fixation sur cette solution, rendue un peu consistante par un séchage partiel, de poudres métalliques, de flocons de soie ou autres matières divisées, propres à l’ornementation.
- L’appareil, construit en vue de cette application, repose sur un bâti rectangulaire.
- A l’entrée de la machine et en dessous de l’étoffe est placée une auge contenant la solution de caoutchouc. Immédiatement au-dessus, un double cadre horizontal, animé, suivant besoin, d’un mouvement alternatif de descente et d’ascension, est garni d’un grand
- nombre d’épingles verticales. Lorsque le cadre descend, ces épingles traversent les mailles du tulle, plongent dans la solution de caoutchouc, puis, en remontant, s’essuient aux parties latérales des mailles qu’elles enduisent. Le tulle est porté en avant d’une quantité égale à la longueur du cadre à épingles et passé dans une chambre chaude où la gomme prend une certaine consistance.
- Avant que le séchage soit complet, que le dissolvant ait entièrement disparu par évaporation, l’étoffe est de nouveau appelée en avant et arrive sous l'ouverture inférieure d’une trémie remplie de poudre métallique ou autre matière décorative. La poudre, qui traverse les mailles du tulle sans y adhérer, est reçue sur une toile sans fin inclinée sous l’étoffe et animée des mêmes mouvements que celle-ci.
- Lorsque le dépôt de poudre est jugé suffisant, une dernière progression amène le tulle et la toile sans fin dont il vient d’être parlé entre un plateau horizontal et une presse qui, en s’abaissant, détermine l’adhérence complète de la poudre décorative à l’envers aussi bien qu’à l’endroit. Enfin deux brosses douces enlèvent la poudre en excès et la rejettent dans un récipient inférieur.
- MÉTIER POUR TISSUS VELOUTÉS Par MM. Flips, Flipo etWattinne
- Les brevetés décrivent un appareil qui permet de n’employer qu’une marche, au lieu de cinq, dans le tissage des étoffes veloutées, de réaliser, par suite, une grande économie de temps, de réduire les prix de façon tout en laissant à l’ouvrier un salaire quotidien plus important.
- Le dispositif qui fournit ces résultats se compose essentiellement d’un plateau vertical remplissant le rôle de la « griffe » dans la mécanique Jacquard. Ce plateau, situé à la partie supérieure du métier, est animé d’un mouvement alternatif sous l’impulsion de la marche unique et, à chaque ascension, sou-
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- lève les crochets en fer qui lui sont présentés ; les susdits crochets sont appuyés par des lames de ressorts contre un cylindre en bois, dont la périphérie se trouve entaillée, ou ciselée, aux endroits convenables. Là où l’un des crochets rencontre une entaille, il y pénètre et se trouve en situation de prise vis-à-vis de la griffe ; là où le cylindre est plein, au contraire, le crochet reste écarté et demeure au repos. Les creusures du cylindre remplacent donc les trous d’un jeu de cartons.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- COMITÉ DE CHIMIE
- Séance du 10 juillet 1884.
- M. le Dr Goppelsrœder annonce par lettre au comité de chimie qu’en partant de la méthode indiquée par M. Albert Scheurer dans la séance du mois de juin pour l’enlevage du bleu d’indigo et du rouge turc au moyen du chlore gazeux, il est arrivé à réaliser cette réaction par l’emploi du courant électrique en prenant comme électrolyte des solutions de chlorure mélangées de soude caustique. Le tissu imbibé de ces dissolutions est posé entre deux plaques métalliques qui servent d’électrodes. Le passage du courant électrique produit l’enlevage.
- Le même auteur fait connaître, par une lettre datée du 24 juin et adressée à M. le président de la Société industrielle, un fait nouveau qu il résume dans les termes suivants :
- « Au lieu de préparer d’abord la cuve d’indigo en laissant agir l’hydrogène électrolyti-que dégagé au pôle négatif sur le mélange d indigo finement broyé et d’alcali ou de chaux caustique et de teindre seulement après le tissu dans la cuve formée ou pendant l’opération électrolytique même, comme je l’ai décrit dans mon dernier travail, on peut faire la préparation par voie électro-chimique de la cuve d’indigo sur les fibres mêmes et fixer simultanément le bleu d’indigo.
- « Voici comment j’opère :
- « Je trempe par exemple le tissu de coton avec le mélange de l’indigo finement broyé et delà solution de l’alcali caustique, Après, je place le tissu ainsi préparé sur une plaque métallique, qui forme l’un des pôles de la batterie galvanique ou de la machine dynamoélectrique. Sur le tissu, je pose une seconde plaque métallique formant l’autre électrode. Je fais passer le courant. Au pôle négatif, là où se dégage l’hydrogène, l’indigo bleu est changé en indigo blanc, qui, dans la solution alcaline, se dissout pour former la cuve d’indigo, avec laquelle les fibres se trempent. En ôtant la plaque supérieure, on voit tout de suite cette couleur cuivreuse qui indique la régénération du bleu d’indigo à la surface d’une cuve. En exposant le tissu pendant quelque temps à l’air et en le lavant fortement, il est teint en bleu d’indigo tout auss1 solide que celui obtenu par teinture ordinaire. »
- (A suivre.)
- CARMIN D’INDIGO
- Le- carmin d’indigo, malgré les nombreux dérivés bleus artificiels du goudron de houille, joue encore un grand rôle dans la teinture des laines. Il unit mieux que les bleus artificiels, et s’allie plus commodément aux couleurs de bois.
- On l’obtient en dissolvant d’abord l’indigo finement pulvérisé dans l’acide sulfurique à 66° dit de dissolution. Il convient pour faire cette dissolution, connue sous le nom de composition d’indigo, d’employer des indigos aussi purs que possible, de préférence des Bengale riches ou des Java. On peut même purifier encore l’indigo par des lavages à l’acide sulfurique étendu et bouillant.
- 1 partie d’indigo et 5 parties d’acide sulfurique sont mises à réagir ensemble dans des vases de plomb. L’indigo doit être aussi fin et aussi sec que possible. Il convient de refroidir le vase où se fait le mélange et d’ajouter
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- l'indigo peu à peu. si l’on opère sur de grandes quantités, en remuant constamment. Il faut éviter tout échauffement qui entraîne un dégagement d’acide sulfureux au détriment de la beauté et du rendement de la composition d’indigo en bleu ou acide sulfindigotique. Les compositions faites à chaud, selon les anciens errements, donnent des bleus verdâtres ; celles faites à froid donnent des bleus plus purs et plus riches (5 0[0 de rendement en plus).
- Il convient de laisser reposer la composition faite quelques jours avant de s’en servir, en la tenant couverte pour éviter d’étendre l’acide par l’humidité de l’air. Au début, il reste un peu de pourpre d’indigo, qui disparaît peu à peu.
- Le carminage a pour but d’éliminer de la composition d’indigo l’excès d’acide et les impuretés qui le rendent verdâtre, en retenant l’acide sulfindigotique sous forme de sulfindi -gotate de soude. Il s’effectue par une série de dissolutions, filtrations sur des molletons en laine, des précipitations au sel marin, des pressages, saturations, etc ; bref, il faut tout un outillage, beaucoup de temps et de frais.
- Le carminage représente 15 00 comme frais du prix de la composition d’indigo. Or, en partant de ce principe que la composition d’indigo représente de l’acide sulfindigotique insoluble dans de l’acide sulfurique à 62 tenant en dissolution toutes les impuretés de l’indigo, je suis arrivé à créer une méthode très élégante de carminage, coûtant au plus 2 Oj0 du prix de la composition au lieu de 15 0[0 et à la portée de tous, vu qu’elle supprime tous les engins des carminiers.
- Il suffit de préparer des moules en plâtre gâché d’une certaine épaisseur (4 à 5 centimètres), de les laisser sécher quelque temps avant de s’en servir, et d’étaler alors dessus de la composition d’indigo bien faite (1 de composition pour 1 de plâtre) ; peu à peu la porosité du plâtre soutire l’acide sulfurique excédant avec les impuretés ; l’action est très énergique; 12 heures après, le moule fendillé, bleu verdâtre, a absorbé tout l’acide, et il reste
- dessus, se séparant naturellement, tout l’acide sulfindigotique très concentré sous forme d’une pâte épaisse comme si elle sortaitd’une presse. On peut, avec cet acide sulfindigotique, teindre directement ou préparer des dissolutions très pures comme couleur et très concentrées. Ce mode de carminage, très rapide et très économique est à la portée de tous. Il suffit d’avoir des moules préparés à l’avance, et que l’on peut jeter sans regret après emploi, la valeur du plâtre étant très faible.
- Marius Moyret.
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- {Suite.)
- Observation sur l'écarlate n‘ III (suite).
- Il est clairement prouvé, par les différentes préparations de bains d’carlate, tant avec le sel marin, le sel ammoniac, le vinaigre et le sucre, ci-dessus mentionnés, qu’on peut faire diverses nuances d’écarlate qui peuvent servir suivant les divers ingrédients qui entrent dans la préparation du bain de teinture. Le sel ma-rin est un ingrédient utile avec lequel on fait une espèce particulière d’écarlate. Il est cependant tout à fait nécessaire de trouver la juste proportion des autres matières qui doi-vent entrer dans le bain. Dans la préparation qui a été faite avec 120 grammes de sel marin, il est entré 15 grammes de tartre, 60 grammes de cochenille et 60 grammes de dis-solution d’étain. C’es la plus forte dose que l’on puisse mettre relativement à la proportion des autres ingrédients pour faire une couleur écarlate particulière qui puisse être d’usage. Si on ne met que 60 grammes de sel marin ou encore moins, le rouge d’écarlate sera encore plus agréable; il sera cependant toujours plus clair que la couleur du N- 1, mais il ne sera
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- pas si pâle que celui pour lequel on a employé 120 grammes de sel marin.
- N’ IV. — Écarlate.
- La préparation suivante d’un bain d’écarlate est très avantageuse :
- A. On met dans une chaudière d’étain remplie d’eau 150 grammes de tartre pulvérisé. Lorsque ce bain est prêt à bouillir, on y met 150 grammes de cochenille bien broyée, on remue le tout et on le fait bouillir ; on y verse ensuite 300 grammes de dissolution d’étain; on remue de nouveau, et on le fait bouillir pendant quelques minutes. On y met alors 1 kil. de drap préparé comme pour le n: 1, et on l’y fait bouillir jusqu’à la réduction de la moitié du bain à peu près; on le remonte sur le tour, on le laisse égoutter sur la chaudière, et on le traite pour le reste comme il a été indiqué.
- B. On met 30 grammes de garance dans le restant du bain, l'on remplit avec de l’eau chaude et l’on fait bouillir le bain. On met un demi-kilo de drap préparé comme pour le n 1 dans ce bain bouillant ; on continue de faire bouillir jusqu’à réduction d’environ moitié. On retire ensuite le drap et on le traite à l’ordinaire. De cette manière, on fait un demi-écarlate d’une belle nuance.
- C. On met encore 1 kilog de garance dans le restant du bain, qu’on remplit encore convenablement avec de l’eau chaude, en se conformant à ce qui est prescrit pour la couleur B; on peut encore y teindre 450 à 500 grammes de drap, il y prendra une couleur rouge agréable qui tirera sur le jaunâtre et qui sera presque de la couleur du rouge de feu.
- Observation.
- On peut teindre par ce procédé, quoique non usité. Celui qui, en s’y conformant, teindra 3 pièces de drap, la première de 8 kilos et chacune des deux autres de 4 à 5 kilos, n’aura qu’à augmenter les ingrédients nécessaires pour les bains de teinture, propor-tionnement à ce qui est prescrit pour le poids d’un kilo de drap ; il réussira à faire les couleurs indiquées. Quoique ces bains paraissent
- coûteux, on a l’avantage de faire de cette façon un rouge d’écarlate très saturé et très solide. Si on jette les trois quarts de tous les déboursés pour la teinture de trois pièces sur la première pièce de drap teinte en rouge d’écarlate et le quatrième quart sur les deux autres pièces, on sera abondamment dédommagé de ses peines. Si l’on veut faire un rouge d’écarlate saturé et solide, on peut y parvenir manière, parce que les filaments du drap seront imprégnés d’une suffisante quantité de cochenille ; c'est pour cela qu’un drap teint de cette manière n’est presque pas blanc sous la coupe, ce qui prouve que la couleur écarlate a suffisamment pénétré le drap. On pensé généralement que le drap teint en rouge d’écarlate doit paraître blanc sous la coupe, et on regarde cela comme une preuve certaine d’une véritable couleur écarlate. Mais la raison en est souvent qu’on n’a pas employé la quantité convenable de matières colorantes, ce qui fait que le drap n’est pas entièrement pénétré. On ne saurait cependant nier que le tartre et la dissolution d’étain, unis aux parties colorantes de la cochenille, n’acquièrent la propriété de s’attacher subitement aux filaments du drap, et d’empêcher que les parties colorantes de la cochenille puissent aisément pénétrer jusqu’au milieu du drap. Mais on doit naturellemeat attribuer la raison pour laquelle le drap teint en rouge d’écarlate ou d’une autre couleur paraît blanc sous la coupe, à ce qu’on n’a pas préparé le bain de teinture avec la quantité convenable de substances colorantes ; par la même raison on fait diverses nuances plus claires pu plus foncées proportionnellement au plus pu moins de matières colorantes qu’on emploie dans les bains; ce qui occasionne en même temps une différence notable relativement à la solidité des couleurs.
- On peut, en ajoutant une petite quantité de garance au reste du bain, suivant le procédé qui vient d’être décrit, faire une demi-écarlate qui aura une couleur solide : il faut • avoir soin de préparer le drap avec le tartre
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- et la dissolution d’étain, l’abattre dans le bain dès qu’il entre en ébullition et ne pas le laisser bouillir au-delà d’une demi-heure, parce que la couleur tirerait sur le brunâtre ou sur le jaunâtre.
- Ce qui se fixe sur le drap est une combinaison d’oxyde d’étain et de parties colorantes, qui ne peut pénétrer dans le drap ; mais, lorsqu’on fait usage de substances qui augmentent la solubilité des parties colorantes dans l’eau, elles pénètrent plus facilement; alors elles se fixent d’une manière moins solide; elles conservent trop d'affinité avec l’eau. Il peut se faire aussi qu’elles conservent plus d’affinité avec l’air qui les dénature par sa combinaison ; mais il faut sur ces objets consulter l’expérience, qui peut seule déterminer d’une manière certaine le degré de fixité et de solidité d'une couleur.
- Le coupe du drap , teint en écarlate, qui laisse voir du blanc dans l’intérieur, dépend aussi en partie de la manière dont le drap a reçu l’impression du foulon, et le feutrage qui en est la suite ; car plus le tissu du drap sera resserré, plus difficilement les parties colorantes pénétreront dans l’intérieur.
- Le tartre paraît servir principalement à rendre la cochenille plus soluble dans l’eau ; car il faut une longue décoction pour l’épuiser, et même l’on en vient difficilement à bout ; mais la dissolution s'en opère beaucoup plus promptement et plus facilement , lorsqu’on a ajouté du tartre : la dissolution d’étain précipite ensuite les parties colorantes qui sont tenues en dissolution par l’eau et par le tartre ; en même temps l’alcali du tartre se combine avec les deux acides de l’eau régale, et l'acide tartrique, qui a moins d’action sur la fécule colorante, est mis en liberté
- J’ai vu suivre plusieurs méthodes dans différents ateliers de teinture, et l’on pourrait presque dire que chacun a adopté un procédé particulier, dont on ne m’a pas toujours fait mystère, de sorte que j’ai pu en répéter plusieurs, soit en forme d’essai, soit même en en grand.
- Je vais en donner quelques exemples.
- A. On prépare 1 kilo de drap avec 60 grammes de dissolution d’étain, 60 grammes de tartre blanc et 50 grammes d’alun. On compose le bain de teinture de 60 grammes de cochenille, 30 grammes de graines d’Avignon, 60 grammes de tartre blanc, et de 120 gram. de dissolution d’étain ; ce bain communique une couleur vive d’écarlate tirant sur le jaune, laquelle n’est pas fort solide et ne conserve pas longtemps son éclat à l’air; elle peut cependant servir.
- B: On fait une autre écarlate de la manière suivante :
- On prépare un bain de mordant pour I kilo de drap avec 60 grammes d’alun, 15 grammes de cochenille, 50 grammes de copeaux de bois jaune, 60 grammes de tartre et 80 grammes de dissolution d’étain ; le drap y prend une couleur de feu claire tirant sur le jaune.
- On compose le bain de teinture de 60 grammes de cochenille, 15 grammes de tartre, 120 grammes d’amidon et de 60 grammes de dissolution d’étain. On fait bouillir le drap pendant une heure; il y prend une belle couleur écarlate qui tire sur le jaune.
- C. On fait encore une autre espèce d'écarlate en préparant 1 kil. de drap avec 60 grammes de bois jaune, 7 à 8 grammes de cochenille, 30 grammes de sel gemme, 80 grammes de tartre et 60 grammes de dissolution d’étain. On fait bouillir le drap pendant 5 à 6 quarts d'heure dans ce bain de mordants ; il y prend une couleur pâle d’orange.
- On forme le bain de teinture de 50 grammes de cochenille et de 15 grammes de dissolution d’étain. On y fait bouillir le drap pendant deux à deux heures et demie ; il y prend une couleur écarlate un peu claire, qui tire sur le jaune.
- D. Voici un procédé différent des précédents pour la préparation du drap :
- Pour 1 kilo de drap, on met 240 grammes de potasse dans une chaudière ; lorsque le bain est chaud, on le remue en différents sens pendant un quart d’heure sans faire bouillir. On
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- l’en retire ensuite et on le laisse refroidir ; on remet de l’eau chaude dans la chaudière et ensuite 45 grammes de bois jaune, 30 grammes d’alun, 30 grammes de sel gemme, 60 grammes de tartre, 60 grammes de dissolution d'étain et 7 à 8 grammes de cochenille. On fait bouillir le drap qui a passé dans la potasse dans ce bain de mordant pendant une heure ; il y reçoit une couleur claire d’orange.
- On prépare le bain de teinture avec 60 grammes de cochenille, 15 grammes de tartre et 30 grammes de dissolution d’étain. On y fait bouillir le drap préparé pendant une heure; il y prend une couleur rouge d’écarlate foncé.
- On voit, par les procédés que l’on vient d’indiquer, qu’on peut se servir d’alun et de sel gemme, outre le tartre et la dissolution d’étain pour, la préparation du drap. Lorsqu’il entre de l’alun et du sel gemme dans le bain de mordant destiné à la préparation du drap, il y éprouve un tel changement, qu’il prend un rouge d’écarlate d’une nuance particulière dans le bain de teinture. Si l’on en retranche l’alun ou le sel gemme, le drap prend une autre espèce de couleur rouge écarlate. L’addition des matières colorantes jaunes, telles que la graine d’Avignon et le bois jaune, occasionne aussi des changements semblables, parce qu’elles produisent des couleurs rouges d’écarlate qui tirent sur le jaunâtre.
- On voit ordinairement que ceux qui emploient une substance jaune pour teindre en rouge écarlate, de même que pour la préparation du drap, se servent en même temps d’alun, parce que l’expérience démontre que l’alun relève et rend agréables les couleurs jau-nes ; ce qui est surtout avantageux lorsque l’on veut en faire usage pour teindre en couleur écarlate.
- Mais je crois pouvoir assurer que les couleurs d’écarlate produites avec de la cochenille seule, sans mélange de jaune, sont les plus vIves et en même temps les plus solides, lorsqu’on observe exactement les procédés convenables et la juste proportion des ingrédients et de la cochenille, tant pour la préparation du
- bain de mordant que de celui de la teinture.
- Quelques-uns emploient le fénugrec ou le bain de curcuma dans le bain d’écarlate. Le fénugrec uni à l’alun communique une très belle couleur jaune de citron, qui est solide; mais la couleur jaune que donne le curcuma, et qui est belle, n’est pas solide. Il faut donc rejeter ce dernier ingrédient; mais on peut retenir l’usage du fénugrec, en ajoutant un peu d’alun pour la prépararion des draps, quoique l’écarlate qu’on obtient alors ne soit pas au nombre des plus agréables.
- Il y a une grande différence entre les écarlates mêmes pour lesquelles on n'a employé que la cochenille, le tartre et la dissolution d’étain, selon la.proportion de ces ingrédients. Il faut, outre cela, prendre en considération la préparation du drap faite avec le tartre et la dissolution d’étain, lorsqu’on veut découvrir les raisons fondamentales pour lesquelles les nuances d’écarlate sont si différentes. Pour expliquer cela distinctement, je rapporterai brièvement quelques essais qui ont été faits sur cet objet.
- Drap préparé avec une partie de tartre et deux parties de dissolution d’étain.
- A. 2 parties de cochenille, 1 partie de tartre et 2 parties de dissolution d’étain donnent un rouge d’écarlate beau et très foncé.
- B. 2 parties de cochenille, 1 partie de tartre et 4 parties de dissolution d’étain donnent un beau rouge d’écarlate un peu plus clair que celui de A, et qui tire presque imperceptiblement sur le jaunâtre.
- C. 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 4 parties de dissolution d’étain ne donnent pas un rouge d’écarlate, mais une couleur rouge j aunâtre.
- D. 1 partie de cochenille, 2 parties de tartre et 8 parties de dissolution d’étain donnent une couleur qui s’écarte des rouges et qui est du nombre des couleurs de feu.
- Parmi ces quatre couleurs, A forme le rouge le meilleur et le plus parfait ; les autres font voir clairement que la quantité de la dissolu-
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- tion d’étain est trpp considérable, à proportion de celle de la cochenille. B est cependant encore une couleur rouge d’écarlate qui peut servir. On voit aussi par là que les parties colorantes de la cochenille sont trop atténuées par la dissolution d’étain, à l’égard des couleurs C et D, de sorte qu’elles ne peuvent alors plus paraître rouges à la vue.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- EMPLOI DU CHLORURE GAZEUX COMME DÉCOLORANT DANS L'IMPRESSION DES CALICOTS.
- L'idée suggérée par M. Persoz pour la décoloration de la teinture bleue d’indigo, au moyen du gaz CI, n’a pas reçu d’application générale, par suite du temps que demande le CI pour détruire la couleur,même en présence de H20. Pour produire du blanc sur un fond bleu, le CI doit agir sur les endroits humides pendant au moins deux minutes, et ce temps est aussi suffisant pour donner au bleu une teinte verdâtre.
- Des expériences ont démontré qu’un tissu teint avec du bleu d’indigo et trempé dans une faible solution de NaHO est complètement décolorée par du gaz CI en dix secondes. La lessive de soude caustique de 16 à 170 B. est ce qui agit le mieux. De cette manière on arrive à une oxydation puissante, à laquelle aucune couleur ne peut résister.
- Le rouge d’Andrinople devient jaune en 20 secondes, et parfaitement blanc en 50 secondes.
- Le noir d’aniline est détruit presque instantanément.
- Un tissu trempé dans un mélange d’huile d’aniline et de Na HO, et exposé ensuite à l’action du gaz CI, devient immédiatement noir.
- La même expérience avec un sel d’aniline produit un jaune vif, qui résiste à l’action du CI.
- Si une goutte de Na HO est mise sur un tissu et que l’on laisse réagir de nouveau le
- CI, la couleur est détruite da suite, à l’endroit où était la goutte.
- Les hypochlorites même en solution concentrée ne décolorent pas de suite le bleu d’indigo, tandis que l’acide libre agit de la même façon que le CI. Mais dans cette opération ce ne peut être le HCIO qui joue le rôle important, car il y a toujours de l’alcali en excès pour saturer l’acide libre, et en réalité il y a une réaction alcaline après que la matière colorante a été détruite. L’agent est probablement à l’état naissant, comme suit :
- 2 HaHO+2CI=2 NaCI+H20+0.
- Par ce procédé, la décoloration du bleu d’indigo et de mordançage avec AI203 pour la teinture avec de l’alizarine, peuvent être faits en même [temps, en employant un mélange de NaHO et Al204Na?.
- Pour produire du jaune de chrome par décoloration, un mélange de PbO et Cr203 dans du NaHO est exposé au gaz CL
- On peut produire du blanc en imprimant simplement sur du NaHO et un encollage et en l’exposant ensuite au gaz CI.
- NOUVELLES COULEURS
- ET NOUVEAUX PROCÉDÉS POUR LA TEINTURE ET L’iMPRESSION.
- Depuis longtemps une bonne couleur d’ani-line, pouvant être facilement employée pour la teinture et l’impression sur coton, a été le « desideratum ».
- Il est vrai que la naphtaline,ou jaune naph-toi connu généralement sous le nom de jaune de Manchester, est connue depuis plusieurs années; mais elle a été et est encore principalement employée pour la teinture des laines, et n’a jamais été employée avec succès pour l’impression. Il s’ensuit que la nouvelle couleur, l’auramine, qui a été fabriquée et mise dans le commerce depuis quelques mois par deux maisons du continent bien connues pour leur fabrication des couleurs d’aniline.
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- est accueillie avec empressement. Il n’y a pas à douter que cette nouvelle teinture ne fasse concurrence au fustique, pour la produc-tion de couleurs composées sur calicots, si, comme il y a tout lieu de l'espérer, elle peut être fournie encore à meilleur marché qu’en ce moment.
- L’auramine a été de suite appréciée par les imprimeurs sur calicot pour la production d’un jaune brillant, capable d’être fixé par le même procédé que les verts et violets dérivés de l’aniline.
- Les imprimeurs pratiques savent très bien apprécier la valeur de la presque nouvelle teinture en vert qui a été lancée dans le commerce depuis quelques années et qui a remplacé, jusqu’à un certain point, les verts méthyles, c’est-à-dire les verts vendus sous les divers noms de malachite, vert bon teint, vert brillant, etc., qui sont tous des dérivés du méthylaniline par un procédé direct, tandis que le vert méthyle est obtenu des violets; et ils ne manquent pas d’apprécier les avan-tages d’une teinture jaune qui peut être imprimée en même temps que le vert au moven de l’acide formique, et qui peut être fixée par le procédé à la vapeur et en la passant dans le tartre émétique ou au moyen de l’acétate d’alumine;
- Nous avons vu de très bons effets produits par la combinaison d’un vert brillant et d’un jaune, dans des styles correspondant avec les rouges d'alizarine et le nouveau jaune.
- Cette nouvelle teinture, quoique n’étant pas absolument aussi bon teint que les jaunes de chrome, doit être cependant considérée comme teint ; dans tous les cas, elle est tout aussi bon teint que les verts, et supporte très bien la lumière et le lavage au savon.
- Nous prévoyons que ce jaune sera très utilité dans la pratique.
- Il y a encore deux nouvelles teintures jau-res, extraites du goudron de houille, qui ont été puises tout dernièrement dans le com-merce; mais elles n'ont pas été reçues d’une manière aussi favorable par les teinturiers et
- les imprimeurs que celle dont nous avons parlé. D’ici à peu, on sera à même de juger si elles sont d’une utilité pratique.
- Depuis quelques années, divers chimistes se sont mis à faire des investigations au sujet de ces jaunes à la mode, et non seulement on a fait la découverte de nouvelles matières colorantes, mais aussi de l'application d’un produit jaune déjà connu, le persulfocyanogène; et pendant qu’un chimiste a découvert la méthode pour produire cette couleur sur la fibre par l’impression avec un mélange de sulfo-cyanide et de chlorate d’alumine, et en développant la couleur par l’oxydation, delà même manière que le noir d’aniline, au moyen de vanadium, un autre a préparé ce produit, que l’on appelle canarine, et l’a appliqué sur la fibre par l’impression en connexion avec de la potasse caustique et le borax.
- Dans l’un et l’autre cas, le jaune obtenu est d’une nuance très attrayante, est bon teint et supporte bien le savon et la lumière. Il serait sans doute bien accueilli par les imprimeurs s il n’était pas aussi cher.
- Certainement le prix des sulfocyanides est encore trop élevé pour qu’ils puissent être beaucoup employés dans l’impression, et ceci est surtout le cas pour le sel d’alumine, qui serait sans doute employé plus largement conjointement avec l'alizarine pour la production des beaux rouges, si le prix n'était pas aussi élevé ; malheureusement la fabrication de ces produits, pour ajnsi dire nouveaux, n’a pas été suffisamment développée, et une Société, qui avait entrepris la fabrication des sulfocyanides sur une grande échelle, n’a pas eu de succès commercial et a été obligeé de discontinuer la fabrication.
- Il est bien connu que les résidus de la distillation de l’ammoniaque des eaux, ammoniacales des usines à gaz contiennent une quantité appréciable de sulfocyanides, mais, autant que nous avons pu le connaître, la production par cette source a été très peu utilisée, peut-être par suite de la petite quantité de sulfocyanides contenus dans ces matières
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et de la dépense obligée pour l’évaporation des liqueurs.
- Nous pensons que cette question mérite bien l’attention des chimistes et des fabricants. Cette couleur jaune étant fixée sur la fibre a la propriété d’attirer les couleurs d’aniline ; en réalité, elle agit comme une espèce de mordant, et cette qualité peut être de quelque utilité dans la teinture et l’impression.
- Une discussion a eu lieu dernièrement dans les journaux techniques, à l’étranger, sur la théorie de la teinture du rouge d’Andrinople, surtout par rapport au procédé à l’huile, et par suite sur la théorie de la préparation des huiles rouges d’Andrinople (huiles d’alizarine ou oléines, comme elles sont parfois nommées) ; tandis que quelques journaux maintiennent que ces huiles alizarines sont des sulfoléates ou sulforicinolates d’alcalis, éther, ammoniaque ou soude, qui sont ensuite décomposés en traitant les rouges à la vapeur, pour former les acides gras libres, qui entrent dans la formation de la laque rouge et pour lui donner du brillant, d’autres prétendent que cela ne se passe pas ainsi, et que les huiles les mieux préparées sont celles qui contiennent la plus grande proportion de l’huile non encore décomposée, mais dans un état de division, et comme une sorte d’émulsion, dans une petite partie de l’huile, qui, dans le procédé, s’est trouvée saponifiée. Il est maintenu que, dans ce dernier cas, l’huile agit simplement mécaniquement, en donnant une fixité et un brillant au rouge laque, en le recouvrant, pour aisi dire, d’une couche de peinture et en empêchant qu’il ne soit détérioré par l’action du savon, ou en le traitant avec des alcalis, des acides ou autres réactifs.
- Cette polémique n’est pas encore finie, mais il est malheureusement vrai que nous sommes actuellement tout aussi peu avancés dans la théorie de la teinture en rouge d’Andrinople (surtout en ce qui a rapport à la part que tient l'huile dans la formation des rouges) que nous l’étions lorsque Schutzenberger a écrit son livre sur les matières colorantes.
- A cette époque, les huiles préparées n’étaient pas connues ou du moins n’étaient pas employées ; le procédé d’huilage avec l’huile d'olive n’existait presque plus, et nous n’avons pas encore trouvé la théorie de son emploi. Il est à espérer qu’il n’en sera pas de même avec la théorie relative à l’emploi des huiles d’alizarine.
- Heureusement la pratique, dans la teinture du rouge d’Andrinople, n’a pas attendu la théorie, et il s’est fait un progrès énorme depuis l’introduction de l’alizarine artificielle.
- Pendant qu’il est question des rouges, nous pouvons mentionner un procédé, breveté tout dernièrement, pour rendre les rouges azo insolubles dans l’eau et solubles dans l’alcool, de façon à pouvoir les manipuler et les employer pour l’impression et la teinture et produire des nuances fixes sur le coton. Il est bien connu que les rouges azo ont été produits sur du coton filé par un procédé direct et que les couleurs ainsi obtenues sont brillantes et ont assez bon teint, mais ces procédés n’ont pas trouvé une application générale dans la teinture. Maintenant, ce que l’on cherche, c’est un produit sous une forme telle qu’employé à l’état soluble pour l’impression il devienne iusoluble par le traitement à la vapeur et se trouve ainsi fixé sur les fibres, seul ou conjointement avec un mordant assorti. On prétend que ceci est obtenu par le traitement des rouges azo insolubles, au moyen des bisulfites, de la même manière que la céroléine et le bleu d’alizarine ont été traités avec tant de succès.
- S’il réussit, le nouveau procédé sera très utile et d’une grande importance pour l'im-pression, en produisant des rouges qui feront concurrence à l’alizarine, quoiqu’il soit un un peu tard maintenant que les alizarines sont si bon marché.
- Pour conclure, il est nécessaire de mentionner qu’il y a deux nouvelles matières colorantes en bleu, mais il reste à savoir si elles vont pouvoir lutter avec les anciennes.
- {The textile Manufacturer.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- BREVETS D'INVENTION
- 163112. 2 juillet 1884; Société Léo Vignon et Cie. — Procédé de fabrication d’une série de matières colorantes applicables à la teinture des étoffes et des fibres textiles.
- BIBLIOGRAPHIE
- LA PARTICIPATION DES EMPLOYÉS AUX BÉNÉFICES ET LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN FRANCE.
- Sous ce titre, M. Edouard Simon vient de communiquer à la Société des ingénieurs ewils de France un important travail qui peut être considéré comme la suite et le complément des précédentes études du même auteur sur les sociétés coopératives anglaises.
- Se basant sur des faits et des chiffres offi ciels, M. Simon analyse les principaux systèmes pratiqués avec succès en France, et en France seulement jusqu’ici, pour faire participer les employés et ouvriers aux bénéfices des établissements qui les occupent ; il signale notamment les résultats obtenus par la maison Leclaire, à Paris, par les établissements Laroche-Joubert, à Angoulême, Godin, à Guise ; il montre aussi le rôle du livret de Courcy dans l’application du principe de la participation.
- Après avoir répondu à l’objection du danger, plus apparent que réel, de l’immixtion des employés dans la gestion, des sociétés, M. Simon étudie le développement des associations coopératives de production dans notre pays. Il fournit, à l’appui de la confiance que lui inspirent les travailleurs ainsi groupés, un certain nombre d’exemples témoignant d’une persévérance, d’une solidarité et d’une abnégation trop souvent contestées aux ouvriers français.
- M. Simon signale les théories économiques Qui lui paraissent dangereuses, les problèmes
- dont la solution s'impose aux syndicats et qui intéressent non seulement le prolétariat, mais toute l’industrie française.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e innée, No 4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Février 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- TEINTURE DES LAINES en pièces.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- DE L’EAU DANS LES ARTS TEXTILES. ÉCHANTILLONS DE COTONNADE IMPRIMÉE.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- LE MÈTRE-COMPTEUR.
- BREVETS D’INVENTION.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- ration et de refoulement) permet de renverser le sens de la circulation sans arrêter ni modifier le fonctionnement de la pompe.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- PROCÉDÉ DE TEINTURE Par M. Scheidt
- Les moyens revendiqués par M. Scheidt sont applicables au mordançage, à la teinture au lavage et au séchage des textiles bruts et ouvrés ; ils consistent à faire traverser les matières en traitement par un courant liquide ou gazeux tantôt dans un sens, tantôt en sens inverse. Qu’il s’agisse de fibres brutes placées dans une cuve entre deux plaques perforées, « de préparation » (cardée ou peignée), envidée sous forme de bobines autour d’axes également perforés, ou bien de tissus enrou-lés sur des arbres percés de trous, les deux fonds de la cuve, les axes des bobines et des rouleaux sont mis en communication avec une Pompe aspirante et foulante,qui détermine une circulation régulière et continue à travers les Produits. Si la circulation était constamment de même sens, les premières fractions at-feintes pourraient être mordancées, teintes, lavées ou séchées plus à fond que les der-nières. Pour éviter cet inconvénient, un jeu de robinets (placés sur la double conduite d’aspi-
- TRAITEMENT DES FIBRES VÉGÉTALES Par MM. Prinz et Quellmalz
- Le procédé a pour but de dissoudre les matières qui agglutinent les fibres du lin, du chanvre, du jute, de la ramie,etc., telles que la colle végétale, la « jutine » (résine spéciale reconnue notamment dans le jute par les brevetés et ainsi dénommée pour ce motif).
- Les particularités essentielles de la méthode reposent : 1- sur une macération préliminaire à froid des fibres dans le sous-chlo-rate de chaux; 2- dans l’addition aux lessives chaudes d’hydrocarbures (benzine, naphte, pétrole, sulfure de carbone). La macération à froid, pendant une durée variable suivant la nature des filaments, facilite l’action ultérieure de la lessive marquant de 4 à 6 degrés Baumé et employée sous pression (2 à 3 atmosphères). Dans ce cas, le traitement à chaud n’exigeant pas plus de deux à cinq heures, il en résulte une économie de temps et d’ingrédients ; les fibres sont aussi plus ménagées.
- Il est, d’ailleurs, possible de traiter les fibres exclusivement à froid, en faisant usage de soude caustique à 45 degrés Baumé et en maintenant la filasse immergée dans le bain pendant cinquante heures. Les fibres acquiè-
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- rent alors le brillant de la soie. Si l’on souhaite donner au produit l'aspect crépu de la laine, il faut, au sortir de la macération froide, laver dans de l’eau acidulée, qui grossit et contracte les filaments.
- IMPERMÉABILISATION DES TISSUS Par MM. Dillies et Cie.
- MM. Dillies et Cie emploient la méthode suivante pour rendre les tissus imputrescibles d'abord et, au besoin, imperméables:
- Un trempage de deux heures dans l’eau tiède sert à faire disparaître les matières étrangères solubles. Après essorage, les toiles sont plongées dans une dissolution étendue d’acide tannique provenant du sumac, de la noix de galle ou substance analogue. Pour 500 litres d’eau, la proportion d’acide varie entre 2 et 4 kilogrammes, suivant tissus. La durée du bain est d’environ deux heures, pendant lesquelles il convient de secouer l’étoffe à quatre ou cinq reprises. Dans quelques cas, les brevetés ajoutent au liquide un à deux kilogrammes d’huile distillée d'écorce de bouleau.
- Les tissus ainsi préparés sont imputrescibles dans l’eau douce comme dans l’eau de mer, mais non imperméables. Pour obtenir ce complément d’apprêt, MM. Dillies et Cie mélangent à cinq cent litres d’huile de lin de vingt à vingt-cinq litres d’huile d’écorce de bouleau, un à deux kilogrammes de litharge jaune et même quantité de céruse et de talc, plus quatre kilogrammes de sulfate de fer.
- Lorsque, par l’ébullition, ces divers ingrédients ont été intimement mélangés, les brevetés laissent refroidir la bain jusqu'à 200 degrés, puis y ajoutent de dix à vingt kilogrammes de cérosine, de cire animale ou végétale. Le bain obtenu dans ces conditions fournit pour la préparation des bâches et produits analogues un enduit absolument imperméable, doué d’une certaine souplesse et nullement cassant.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- Bleus azulines
- La teinture des lainages en bleus azulines se divise en deux parties : le bouillon et Vavi-vage.
- Pour obtenir de bons résultats, il faut apporter beaucoup d’attention,de minutie même, pendant toute l’opération.
- Les pièces à teindre doivent être très pro-, près, bien dégraissées et bien rincées. Il faut éviter avant ou pendant la tein’ure, les moindres taches, car il est fort difficile, pour ne pas dire impossible de les enlever. Après la teinture, elles apparaissent sous la forme de marbrures ou de plaques.
- Lorsqu’une pièce teinte en bleu azuline est tachée, la seule ressource que l'on ait, c’est de la mettre en une nuance foncée. Si l’on s’entêtait à la dégraisser plusieurs fois et à la replonger dans le bain après chaque dégraissage, elle se cuirait et resterait certainement en lambeaux dans les mains de l’opérateur.
- Ce fait est produit par les mordants alcalins que l’on emploie, lesquels ont la propriété d'amollir et même de dissoudre la laine:
- La couleur bleu azuline doit se faire dans des récipients bien propres, d'étain ou de bois de sapin ; les autres bois contiennent des sub-tances qui pourraient porter préjudice à la beauté de la nuance.
- Les mordants employés doivent être très purs et ne pas contenir de parties terreuses qui nuisent à la couleur.
- Pour obtenir une nuance bien fraîche et surtout bien tranchée, il est indispensable de faire le bain. Cette opération a pour but de retirer de la dureté au bain, de dissoudre complètement le colorant ; en un mot de le rendre très homogène. On arrive à ce résultat de la manière suivante : dans une chaudière d’étain ou dans une cuve de bois très propre et convenablement remplie d’eau, on met une quantité quelconque de mordant et de bleu alcalin, lequel est le colorant employé
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- pour cette teinture, qu’on fait chauffer ensemble pendant quelques minutes.
- Puis on y fait manœuvrer pendant une demi-heure une pièce de laine généralement destinée à être teinte en une grosse nuance ; après quoi on la laisse égoutter et refroidir. Voici les procédés de teinture les plus usités dans les ateliers :
- Bleu azuline au borax
- Bouillon. — Quand on a fait le bain et re- • tiré la pièce de laine, comme il a été dit plus haut, on remplit convenablement le restant du bain avec de l’eau froide. Lorsque le tout est froid, ou tout au moins tiède, on y met l’étoffe à teindre, et on mordance avec 10 0[0 de borax quand le bain est neuf, c’est-à-dire lorsqu’il n’a pas encore servi.
- S’il n’est pas neuf, on ne met que 5 0(0 de borax, et même moins, selon qu’il est plus ou moins ancien. Au bout d’une demi-heure que l’on a mis le borax, on ajoute la quantité nécessaire de bleu alcalin et on élève graduellement la température jusqu’à 70 ou 80 degrés. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue.
- Alors on retire la pièce, on l’évente jusqu’à complet refroidissement et on la laisse égoutter. L’étoffe est alors d’un bleu grisâtre très pâle.
- Avivage. — Dans une chaudière d’étain ou une cuve en bois remplie d’eau froide, on met 10 0[0 du poids de la laine d’acide sulfurique à 66 degrés Baumé, et on y plonge l’étoffe de laine qui a subi l’opération du bouillon.
- On porte progressivement la température jusqu’à 80 degrés environ. On l’y fait manœuvrer jusqu’à ce qu’elle soit bien tranchée; après quoi on la retire du bain, on l’évente et on la lave à grande eau. Après cette opéra-tion, l’étoffe est d’un beau bleu très vif, plus ou moins foncé, suivant la nuance.
- Bien azuline au carbonate.
- On emploie également le carbonate de soude comme mordant dans les bleus azulines. Les
- proportions des drogues pour le bouillon et Y avivage sont à très peu de chose près les mêmes que celles indiquées dans le procédé ci-dessus. La manière d’opérer est identiquement la même. L’auteur préfère employer le borax parce qu’il est moins alcalin et par cela même moins énergique. De plus, la pratique démontre que le carbonate de soude rend la laine dure au toucher et que les nuances qu’il produit sont moins agréables que celles obtenues avec le borax.
- Bleu azuline au silicate.
- La marche à suivre pour obtenir le bleu azuline avec le silicate de potasse est la même que celle suivie pour le bleu azuline au borax. L’auteur est plutôt partisan du premier mode de mordançage que de celui-ci, qui donne de la dureté à la laine. En outre, le silicate de potasse se dépose petit à petit sur le bois des tournettes et forme un enduit vitreux, très peu altérable à l’air humide, qui durcit, peut érail-1er et même déchirer les étoffes. La proportion pour ce bouillon est de 5 à 6 0[0 de silicate de potasse. L’avivage est le même que le précédent.
- Observations.
- Quelques coloristes avivent avec du sulfate d’alumine dans la proportion de 10 0[0 du poids de la laine. L’avis personnel de l’auteur est que ce mode d’avivage retire de la fraîcheur à la nuance, parce que le sulfate d’alumine employé dans l’industrie n’est jamais pur.
- Il est une circonstance importante qu’on ne doit pas négliger, afin de ne pas avoir des pièces teintes inégalement : c’est de les faire entrer dans le bain le plus vivement possible.
- Il est essentiel, pour obtenir une nuance fraîche de bleu azuline, de ne pas porter le bouillon à la température de l’ébullition , la trop grande chaleur ternissant la couleur.
- Pour verdir la nuance, on ajoute un peu de mordant et on-chauffe le bain ; pour la rougir, on cesse momentanément toute chaleur.
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- On emploie également l’acide picrique pour la jaunir et le violet pour la rougir.
- Quand la nuance est trop foncée, on peut la dégrader en mettant d’autres pièces à côté de celles déjà teintes; encore faut-il que la nuance ne soit pas par trop dépassée.
- Un autre moyen, mais qu’on ne doit employer qu’à la dernière extrémité parce qu’il produit une perte sèche, c’est d’écarter le bain, c’est-à-dire de vider une partie de la cuve et de la remplir avec de l’eau. On peut encore reprendre les pièces manquées sur un bain neuf, lequel est exempt de tout colorant. Ce moyen est préférable au précédent, parce qu’il permet de dégrader plus fortement et plus vivement et qu’il n'occasionne pas de perte de colorant. Mais ces moyens présentent tous de grandes difficultés d’exécution, les bleus alcalins adhérant trop à la laine.
- L’échantillonnage des bleus azulines se fait au morceau, c’est-à-dire que, lorsqu’on veut se rendre compte de la nuance, on enlève un petit morceau à l’extrémité de la pièce d’étoffe qui se trouve dans le bouillon et on l’avive dans un mélange d’eau et d’acide sulfurique. On le rince, on le sèche, soit à l’air, soit en le tordant dans un morceau de toile, et on échantillonne.
- n
- wd
- C.-E. M., Chimiste-coloriste.
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- {Suite.}
- Drap préparé avec parties égales de tartre et de dissolution d’étain {suite}.
- E. Parties égales de cochenille, de tartre et de dissolution d’étain, donnent un beau rouge d’écarlate foncé, mais plus clair que A.
- F. Parties égales de cochenille et de dissolution d’étain sans tartre, donnent un rouge d’écarlate un peu plus foncé que A,
- G. Parties égales de cochenille et de tartre sans dissolution d’étain donnent un rouge d’écarlate plus foncé que F, et par consé-quent que A.
- H. 1 partie de cochenille, une partie de j dissolution d’étain et 2 parties de tartre don- | nent un rouge d’écarlate plus clair que A, et tirant un peu sur le jaunâtre.
- J. 1 partie de cochenille, 1 partie de dissolution d’étain et 4 parties de tartre donnent un rouge d’écarlate semblable à H, et encore plus clair.
- K. 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 2 parties de dissolution d’étain donnent un beau rouge d’écarlate plus clair que E, et par conséquent beaucoup plus clair que A.
- L. 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 3 parties de dissolution d’étain donnent un beau rouge d’écarlate encore plus clair que K et beaucoup plus clair que E et A.
- Des sept couleurs mentionnées depuis E jusqu’à L, celles qui proviennent des bains où il est entré le moins de tartre et de dissolution d’étain sont les plus foncées. La couleur F n’a eu que de la dissolution d’étain et point de tartre, et G seulement du tartre et point de dissolution d’étain ; les autres couleurs, E, H, J, K, L, ont eu l’un et l’autre en même temps, mais en différentes proportions.
- Comme ces dernières sont plus claires que les couleurs F et G, il est indubitable que les parties colorantes de la cochenille ont été mieux développées et plus relevées, et que cela rend par conséquent les couleurs plus claires que celles de F et G.
- Mais il s’agit de savoir pourquoi G est plus foncé que F ; on ne peut l’attribuer qu’à la nature différente du tartre et de la dissolution d’étain, et l’on peut, en variant les proportions de ces deux substances, se procurer des écarlates de nuances différentes, comme on le voit dans les exemples qu’on vient de donner.
- Drap préparé avec le tartre seul.
- M. 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 2 parties de dissolution d’étain, donnent un
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- très beau rouge d’écarlate plus clair que K.
- N. 1 partie de cochenille et 2 parties de dissolution d’étain, donnent un rouge d’écarlate foncé comme la couleur M.
- O. 1 partie de cochenille et 1 partie de dissolution d'étain, donnent un rouge d’écarlate encore un peu plus foncé que N, par conséquent beaucoup plus foncé que M, mais un peu plus clair que F.
- Ces trois couleurs, notamment M, font voir qu’on peut teindre le drap en rouge d’écarlate, quoiqu’on n’emploie pas de dissolution d’étain pour le préparer, mais uniquement du tartre. Cependant cette espèce de préparation produit une différence dans la nuance de l’écarlate; cela est prouvé par les couleurs M et K, lesquelles ont été faites dans un bain de teinture absolument égal, et qui diffèrent néanmoins tellement, que K est un rouge plus parfait et plus foncé que M.
- Il en est de même des couleurs O et F, qui, quoique faites dans un bain de teinture égale, sont différentes, car la couleur F est un rouge plus parfait que la couleur O, qui tire beaucoup sur le brun.
- Drap préparé avec la dissolution d'étain seule,
- P. 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 2 parties de dissolution d’étain donnent un rouge d’écarlate plus clair que la couleur K et tirant aussi sur le jaunâtre.
- Q. 1 partie de cochenille et 2 parties de dissolution d’étain donnent une couleur qui s’éloigne entièrement du rouge d'écarlate, et qui approche de la couleur d’orange, ou plutôt de celle de feu.
- R. 1 partie de cochenille et 2 parties de tartre donnent une couleur rouge brunâtre qui s’éloigne aussi tout à fait de l'écarlate.
- Il résulte encore de ces diverses méthodes de préparer le drap que les parties colorantes de la cochenille, quoiqu’elles soient semblables dans les bains de teinture, ne communiquent pas la même couleur rouge aux filaments du drap, lorsqu’il a été différemment préparé.
- Les couleurs P et Q prouvent aussi que la dissolution d’étain relève considérablement les parties colorantes de la cochenille, et qu’elle les fait tendre vers le jaune proportionnellement à la quantité qu’on en emploie pour teindre; la couleur R, pour laquelle on a unique-quement employé du tartre, prouve également qu’il change tellement les parties colorantes de la cochenille, que la couleur tire sur le brun.
- Les différentes préparations du drap, de même que les diverses proportions de tartre, de dissolution d’étain et de cochenille pour la préparation des bains de teinture, ne permettent presque pas de douter que, de toutes les différentes préparations du drap pour teindre en écarlate , ce sont celles où il est entré parties égales de tartre et de dissolution d'é-tain pour la préparation du bain de mordant qui sont les meilleures ; de même que le bain de teinture le plus avantageux est celui qui a été préparé avec 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 2 parties de dissolution d’étain. On ne saurait cependant nier que 3 parties de dissolution d’étain procurent aussi une très belle couleur rouge écarlate. Néanmoins on peut faire diverses variations, en conséquence des essais précédents, au moyen desquelles on fera également des couleurs rouges d’écarlate qui pourront servir.
- Par exemple, on peut préparer le drap avec 2 parties de tartre et 1 partie de dissolution d’étain, et composer le bain de teinture de parties égales de cochenille, de tartre et de dissolution d’étain, ou de 1 partie de cochenille, 1 partie de tartre et 2 parties de dissolution d’étain, et on fera une belle qualité d’écarlate, surtout en mettant 1 partie de plus de dissolution d’étain que des autres ingrédients dans le bain de teinture.
- Il paraît difficile de se passer d’une substance jaune pour donner la couleur de feu que l’on désire dans l’écarlate, parce que, si l’on augmente trop la proportion de la dissolution d’étain, le drap devient rude au toucher.
- Les teinturiers du Languedoc se servent
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- principalement du fustet, dont la couleur orangée n’a à la vérité pas de solidité, mais qui s’efface sans altérer la couleur avec laquelle il se trouve mêlé. On le fait bouillir dans un sac environ une heure et demie, et on le retire avant de mettre les autres ingrédients dans le bain; quelques-uns ajoutent encore un peu de fustet dans la rougie, en prenant toujours la précaution de le retirer avant d’y introduire les autres ingrédients.
- Comme le prix de la cochenille est devenu élevé, on a cherché les moyens d’en diminuer la quantité ; l’on trouve au fond des ballots de cochenille des débris de cet insecte mêlés avec de la terre. Autrefois, on rejetait cette substance; mais à présent l’on sépare par le tamis la partie la plus pure, et on la vend sous le nom de garbean; le résidu est encore riche en couleur et se vend sous le nom de granile. Lorsque la grande se trouve de bonne qualité, elle peut remplacer la cochenille, surtout pour les couleurs vineuses; 1 kil. 1[3 remplacent 1 kil. de cochenille.
- On a aussi fait de l’écarlate avec la laque : elle n’a pas l’éclat de l’écarlate ordinaire, mais elle a un peu plus de solidité. On peut obtenir une bonne couleur en la mêlant avec la cochenille. Il faut observer qu’avant de mettre la laque dans le bain, il faut bien le rafraîchir, parce que la laque exige une chaleur très modérée pour, qu’il ne se dissolve que le moins possible de ses parties résineuses : elle demande plus de dissolution d’étain que la cochenille Les draps doivent être lavés au sortir du bain, autrement les parties résineuses se fixent sur le drap et on a ensuite de la peine à les détacher.
- N- V.—Rouge commun, avec la garance.
- La garance est le rubia tinctorium des botanistes. Elle est originaire de l’Asie moyenne et de l’Europe méridionale.
- Les principaux centres d’exploitation sont : les Deux-Siciles, la Toscane, la Turquie, les Etats barbaresques, la Silésie, l’Espagne, la Hollande, la Belgique, le Caucase, les Indes
- orientales, les deux Amériques et l’Algérie.
- L’Alsace (principalement le Bas-Rhin) et les environs d’Avignon sont les deux localités en France où la garance est exploitée sur une grande échelle.
- Tout le 'pouvoir colorant de la plante est concentré dans la racine. Les racines sont appelés alizaris.
- Pour la préparation d’un kilogramme de drap, on forme un bain dans une chaudière convenablement remplie d’eau, en y faisant bouillir 105 grammes d’alun et 30 grammes de tartre. Quend ces sels sont bien dissous, on met le drap dans ce bain et on l’y fait bouillir pendant 1 heure, et même 2 heures lorsque la pièce de drap est trop considérable. On le remonte ensuite sur le tour; on le laisse refroidir et reposer pendant 3 à 4 jours.
- Pour 1 kil. de drap, on prépare un bain de teinture avec 240 grammes de garance de première qualité, et on la remue pendant environ une demi-heure dans un bain chaud, sans le faire bouillir ; on y met le drap préparé, qu’on remue continuellement et sans faire bouillir le bain. Après 1 heure, on augmente le feu et on fait bouillir le drap seulement quelques minutes. On le remonte ensuite sur le tour, on le laisse refroidir et on le lave avec soin. Le drap prend par ce procédé une couleur rouge qu’on nomme rouge de garance.
- Observation
- Voilà le procédé ordinaire pour teindre en rouge avec la garance, sur lequel il y a cependant différentes choses à observer si l’on veut bien réussir. La garance, comme on le sait, est la moelle d’une racine ; elle est réduite en poudre par l’action d’un moulin, et elle contient une substance colorante, unie à des parties terreuses et résineuses. Cette substance colorante, soluble dans l’eau, est composée d’une partie colorante rouge et d’une partie colorante jaune ; la dernière surtout se trouve étroitement unie aux parties résineuses et la première aux parties terreuses, néanmoins d’une telle façon que toutes les deux se développent ensemble et deviennent acti-
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- ves par le moyen des sels minéraux. On sait par expérience que les parties rouges de la garance, mêlées dans de l’eau, se développent plutôt que celles qui sont jaunes, surtout lorsqu’on fait entretenir une chaleur modérée ; mais, malgré toute la précaution, il se développe en même temps quelques parties jaunes ; c’est pour cela que le rouge de garance n’approche et n’approchera jamais du lustre et de la beauté de la cochenille, parce que les parties colorantes rouges sont altérées par les jaunes ; et tant qu’on ne pourra séparer entièrement les dernières des premières, on ne pourra jamais donner au drap, avec de la garance, une couleur qu’on puisse comparer à la véritable couleur écarlate. Au surplus, les parties colorantes de la garance sont d’une qualité toute différente de celles de la cochenille, avec lesquelles on fait le véritable rouge d’écarlate. Les parties salines de la garance diffèrent aussi totalement des parties salines de la cochenille ; car les premières sont un acide végétal, lié avec des parties terreuses, tandis qu’il n’en existe point dans la cochenille, mais seulement une espèce de substance savonneuse. Quoi’quon puisse parfaitement et radicalement dégager les parties rouges de la garance des parties jaunes, on ne doit pas espérer qu’on fasse jamais avec la garance un rouge qu’on puisse estimer autant que le véritable rouge de cochenille. Comme la substance rouge peut être si facile-ment changée, lorsqu’on veut teindre avec la garance, il faut avant toute chose tâcher d’empêcher, le plus qu’il est possible, le développement des parties jaunes. Pour y par-venir, on a coutume de ne rendre le bain de garance que bien tiède et d’y teindre la laine ou le drap préparé d’une manière convenable, parce qu’il est prouvé par expérience que, lorsque le bain bout, il perd un peu de sa propriété de teindre en rouge, et cela de plus en plus proportionnément à ce qu’on le fait bouil-lir plus ou moins fort et plus ou moins long-temps.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- DE L'EAU
- DANS LES ARTS TEXTILES
- Quelle doit être la qualité de l’eau pour les arts textiles : blanchiment, teinture, impression et apprêt ?
- Je répondrai à cela : aussi pure que possible, extremebj soft, comme disent les Anglais, c’est-à-dire extrêmement douce (soft, savonneuse, est mis ici pour synonyme de douce, dissolvant bien le savon). Pour cela, on n’a qu’à consulter les travaux des célébrités en hydrologie de l’Angleterre : Thomson, Crace-Calvert, Frankland, Roscoë, Batte-man, etc.
- Le lecteur me pardonnera si je vais entrer dans de grands détails ; mais, s’il est certes un corps qui joue un très grand rôle en teinture, c’est bien l’eau. Etudier l’eau au point de vue des arts textiles, c’est d’ailleurs en faire l’étude à tous les points de vue. L’eau convenable pour le blanchiment, la teinture, l’impression et l’apprêt est bonne pour tous les usages industriels et est supérieure à toutes au point de vue de la potabilité. La réciproque n’a pas lieu: une eau peut être potable et ne pas convenir à d’autres emplois.
- L’eau joue un rôle immense dans la prospérité des villes. Sa qualité a fait la fortune de plusieurs. Nous en avons un exemple frappant à Lyon où la pureté des eaux du Gier et du Furens a fait la richesse, pour le premier, de Saint-Chamond, pour le second de St-Etienne, au détriment de Lyon.
- Sans la qualité des eaux de Saint-Etienne et de Saint-Chamond, toute la teinture des soies, laines et cotons se ferait à Lyon, tandis qu’aujourd’hui ces trois villes se divisent le travail et se font une concurrence acharnée pour les prix Elles se complètent d’ailleurs. On teint ici ce que l’on ne pourrait teindre là.
- Les Anglais font d’ailleurs des sacrifices considérables pour assurer à leurs villes industrielles des eaux aussi pures que possible. Liverpool, Manchester, Glascow, etc., sont allées ou vont, coûte que coûte, aux monta-
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- gnes granitiques de l’Ecosse prendre les eaux très pures de leurs torrents. New-York en a fait de même pour le lac Croton; Vienne (Autriche), pour les eaux du glacier du Som-mering. Verviers (Belgique) est allé à grand frais capter les eaux d’un torrent des Ardennes. En France, Saint-Etienne, Saint-Cha-mond et Annonay ont établi sur les flancs du Pilat, dernier contrefort des Cévennes, de magnifiques travaux d'art pour emmagasiner les eaux torrentielles des ruisseaux du Furens, du Ban (affluent du Gier) et du Ternay (sous-affluent de la Cance). Roanne est à la veille d’exécuter un magnifique travail pour le barrage de la Madeleine. Qu’il me soit permis ici de remercier M. le docteur Coutaret, conseiller général de la Loire, rapporteur des eaux de la ville de Roanne, pour les citations qu’il m’a empruntées comme hydraulicien.
- il est admis que Londres avec des eaux douces, au lieu des eaux calcaires de la Tamise, économiserait annuellement au moins dix millions de francs en savon. Seulement, avec les autres économies que nous verrons plus loin, on peut hardiment porter cette économie à quinze millions ! Paris économiserait sur le même sujet, d’après sa population, au moins dix millions.
- On comprend que des gens sérieux aient à diverses reprises proposé d’amener les eaux pures de la Loire, prises en amont de St-Just, près Saint-Etienne, à Monistrol. Malheureusement, en France, si nous sommes hardis pour des travaux à exécuter avec nos capitaux à l’étranger, nous le sommes infiniment moins chez nous. Nous ne doutons de rien lorsqu’il s’agit d’améliorer, souvent à notre détriment, le bien-être des pays voisins ; mais chez nous c’est différent : tout de suite les questions sont jugées impraticables.
- Je reviens encore sur la question des eaux au point de vue de la ville de Lyon. En 1843, Lyon voulut améliorer son régime hydraulique; il y eut lutte entre les partisans des eaux douces et ceux des eaux dures. On recula effrayé devant les dépenses engendrées
- par l’amenage des eaux douces des flancs du Pilat ou de la Haute-Loire, et en 1853 seulement la question fut tranchée en faveur des eaux dures du Rhône, puisées dans des galeries filtrantes établies parallèlement au lit du fleuve et refoulées à l’aide de pompes à feu à diverses hauteurs, selon les besoins des services de Lyon basse ville, Lyon Croix-Rousse et Lyon Fourvières.
- Hélas ! ce fut un bien triste calcul, car depuis cette époque Saint-Etienne et Saint-Cha-mond ont monté à l’horizon, grâce à leurs eaux, et partagent le travail de teinture avec Lyon. Comme tout s’enchaîne, ces mêmes villes sont devenues villes importantes de soieries. Si,en 1843,l’on eût écouté MM.Veyret-Lallier et Danuès, partisans des eaux douces, Lyon aurait aujourd’hui 500,000 habitants au lieu de 375,000. Saint-Etienne et Saint-Cha-mond n’existeraient pas comme villes de teinture.
- Aujourd’hui, j’ai repris en main, à Lyon, la cause des eaux extremely soft ; arriverai-je ? L’avenir l’apprendra. Arriverai-je à donner à Lyon ces magnifiques eaux des Cévennes qui ont fait la fortune des filateurs de soie de ces pays, la fortune des mégissiers d’Annonay et celle des garanceries établies sur les bords du Doux (Tournon-Ardèche) ?
- Les seuls cas où les eaux douces ne conviennent pas sont ceux du rinçage pour la charge des soies, le rinçage pour les couleurs des bois de teinture et le tannage des cuirs forts ; en dehors de ces emplois, elles sont bonnes à tout. Il est d’ailleurs facile de calca-riser l’eau pour ces emplois limités.
- Pour mettre de l’ordre dans le travail, je vais diviser les eaux comme suit :
- 10 Eaux dites minérales;
- 2o Eau de mer;
- 3° Eau de pluie distillée ou granitique ;
- 4° Eaux calcaires.
- Eaux dites minérales. — Dans bien des pays, ces eaux sont fréquentes, principalement dans les pays tourmentés formés de roches éruptives. Au point de vue de la température, ces
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- eaux sont froides ou chaudes. Si elles sont chaudes ou même tièdes, comme les eaux du puits de Grenelle, à Paris, il faudra, dans bien des cas, les laisser refroidir pour s’en servir. Ex. pour le rinçage des couleurs d’aniline, qu’elles démonteraient.
- Par le mot de minérales, on entend des eaux généralement chargées de principes minéraux très actifs ou de sels de fer, de soude, etc.
- Si les eaux ne sont minéralisées que par des 1 traces d’arsenic, elles peuvent être employées sans inconvénient. Si elles le sont par des traces de fer, cas plus fréquent qu’on ne le croit, elles ne valent rien. Si elles contiennent des sulfures alcalins, il faut également les rejeter. Dans le premier cas, elles rouillent les tissus ou fibres, noircissent les couleurs où il entre des tannins ; dans le deuxième, les sulfures alcalins peuvent, en teinture, opérer des effets de destruction des couleurs. Les eaux putrides par des matières organiques en décomposition doivent être également rejetées. Tel est le cas des eaux des ruisseaux à l'époque du rouissage des lins et des chan-vres. Il convient au moins de les faire bouillir avant l’emploi, même pour les apprêts, caria présence de ferments organiques peut engendrer des fermentations spéciales, qui décomposent les apprêts, parements, etc., exposent les tissus fabriqués à se couvrir de moisissures en placard. Souvent des résultats de ce genre n’ont pas d’autres causes.
- Les eaux franchement alcalines par du bicarbonate de soude doivent être bannies. De même les eaux incrustantes par le bicarbo-bonate de chaux.
- MARIUS Motret.
- {Reproduction interdite.) (A suicire.)
- ÉCHANTILLONS DE COTONNADE IMPRIMÉE
- M. le consul de France à Erzeroum (Turquie d’Asie) a fait parvenir des échantillons de cotonnade imprimée en Russie, qui commence
- à être importée en quantité considérable dans sa circonscription.
- Ces échantillons, avec les indications qui les accompagnent, sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain, Direction du commerce extérieur, bureau des renseignements commerciaux.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE COMITÉ DE CHIMIE
- (Suite)
- M. le secrétaire donne lecture de trois mémoires remis par M. Goppelsrœder : ‘
- 1* Sur la cuve d’indigo préparée par voie galvanique (suite);
- - 2- Sur la formation de la cuve d’indigo par voie électrolytique sur les fibres mêmes et la fixation simultanée du bleu d’indigo ;
- 3* Sur l’enlevage du rouge turc et du bleu d’indigo par voie électrolytique.
- Ces trois mémoires sont accompagnés de la description des opérations et d’une certaine quantité d’échantillons.
- Le premier de ces mémoires établit, conformément à la manière de voir de M. Wartha, que l’hydrogénation de l’indigo par voie galvanique ne se fait qu’imparfaitement à froid et qu’il faut chauffer pour obtenir une réduction rapide. Cependant une durée prolongée du courant détruit l’indigo.
- Dans le second mémoire, l’auteur décrit les procédés qu’il a employés pour former la cuve d’indigo sur le tissu même : l’indigo, finement broyé, est mélangé avec la solution alcaline (chaux ou soude). Le tissu, imbibé de ce mélange, est soumis entre deux plaques à l’action du courant électrique. L’indigo se réduit et teint la fibre, qu’on expose ensuite à l’air pour oxyder l’indigo blanc parfaitement adhérent.
- Le troisième mémoire relate des essais d’enlevage tentés au moyen d’un mélange de chlorure de sodium, de nitrate de potasse et de soude ou de potasse caustique, ou d'un
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- mélange acide composé d’acide sulfurique, de chlorure de sodium et de nitrate de potasse.
- {A suivre)
- LE MÈTRE-COMPTEUR
- DE M. C. DECRETTE
- Un brevet a été pris pour une utile et ingénieuse invention faite par M. C. Decrette, horloger-mécanicien.
- Il s’agit d’un « Mètre-compteur » dont le fonctionnement est simple et facile à comprendre. Grâce à un petit appareil placé à l'extrémité droite du mètre, un bouton se trouve sous l’index de la main qui tend l’étoffe ; un très léger appui sur ce bouton suffit pour enregistrer au fur et à mesure dans un compteur chaque mètre mesuré. La pression nécessaire se fait tout naturellement et sans aucun effort. Pour remettre le compteur à zéro, il suffit d’arriver à une dizaine et d’appuyer sur le levier appliqué sous l’appareil.
- Il est presque superflu de démontrer l’utilité du « Mètre-compteur » dont tout le monde se rend aisément compte. S’il arrive que,pen-
- dant le mesurage d’une pièce d’étoffe, le com -mis soit distrait ou interpellé, des erreurs se produisent nécessairement, à moins qu’il ne recommence son opération. Et, dans les maisons de détail surtout, les employés sont à tout instant interrompus dans leur travail par des clients et surtout des clientes et assaillis de questions qui les troublent et auxquelles ils ne peuvent répondre qu’au préjudice d’une opération aussi absorbante que celle du métrage. Grâce à l’invention de M. C. Decrette, un commis pourra instantanément, et sans-crainte d’erreurs, interrompre sa besogne et s’en détourner quelques instants sans inconvénients, à la satisfaction des acheteurs qui lui auront adressé la parole.
- Il nous paraît impossible que d’ici à très
- peu de temps le « Mètre-compteur » ne soit pas universellement employé dans toutes les Maisons de détail et même dans les Maisons de gros, où il rendra aussi de notables services.
- NOTA. — Le prix du mètre-compteur est fixé à 8 francs pris à Paris.
- Par suite d’arrangements pris avec l’inventeur, nous le ferons obtenir à nos abonnés au prix de 6 fr. 50 rendu franco. Envoi contre mandat-poste adressé au bureau du journal.
- ----- -=-==>- -----------------
- BREVETS D’INVENTION
- 162988. 26 juin 1884; Périnaud. — Procédé de teinture en noir sans ébullition et complètement à froid, sur toutes espèces de tissus de laines ou laines mélangées fil, soie ou coton, laines filées ou en poils, et toutes espèces de vêtements décousus ou confectionnés.
- 163114. 2 juillet 1884 ; Société Léo Vignon et Cie. — Procédé spécial de fabrication d’une matière colorante jaune, applicable à la teinture.
- 163194. 11 juillet 1884 ; Chabanel. — Machine hydrovaporifixeuse.
- 163357. 17 juillet 1884 ; Société dite : Farb-fabrik vorm : Bronner. — Procédé de préparation de dérivés nitrosés, chlorés et bromés de certains acides diazosulfoniques et des matières colorantes qui en résultent.
- 163394. 19 juillet 1884 ; Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis. — Préparation de matières colorantes bleues et violettes (procédé de M. Bourgeois). •
- 163513. 28 juillet 1884 ; Brunell.— Moyen de teindre en toutes couleurs toutes les matières textiles, par un procédé qui donne à ces matières un mélange de diverses couleurs dans un seul et même bain de teinture.
- 163592. 1er août 1884 ; Farmer et Lalance. — Perfectionnements dans la construction des appareils destinés au blanchiment, au la-
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- vage, au chlorage, au dégraissage, au savonnage, au bousage et à la teinture des tissus.
- 163599. 28 juillet 1884 ; Fonquernie. — Lai-neuse-garnisseuse.
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- BIBLIOGRAPHIE
- LA PARTICIPATION DES EMPLOYÉS AUX BÉNÉFICES ET LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN FRANCE.
- Sous ce titre, M. Edouard Simon vient de communiquer à la Société des ingénieurs civils de France un important travail qui peut être considéré comme la suite et le complément des précédentes études du même auteur sur les sociétés coopératives anglaises.
- Se basant sur des faits et des chiffres offi ciels, M. Simon analyse les principaux systèmes pratiqués avec succès en France, et en France seulement jusqu’ici, pour faire participer les employés et ouvriers aux bénéfices des établissements qui les occupent ; il signale notamment les résultats obtenus par la maison Leclaire, à Paris, par les établissements Laroche-Joubert, à Angoulême, Godin, à Guise; il montre aussi le rôle du livret deCourcy dans l’application du principe de la participation.
- Après avoir répondu à l’objection du danger, plus apparent que réel, de l’immixtion des employés dans la gestion, des sociétés, M. Simon étudie le développement des associations coopératives de production dans notre pays. Il fournit, à l'appui de la confiance que lui inspirent les travailleurs ainsi groupés, un certain nombre d’exemples témoignant d’une persévérance, d’une solidarité et d’une abnégation trop souvent contestées aux ouvriers français.
- M. Simon signale les théories économiques qui lui paraissent dangereuses, les problèmes dont la solution s'impose aux syndicats et qui intéressent non seulement le prolétariat, mais toute l’industrie française.
- De même que pour les Sociétés coopérait ces anglaises, nous nous somme assuré un tirage
- à part de la très intéressante brochure que nous signalons à nos lecteurs et que nous tenons à leur disposition contre la remise de un franc cinquante centimes en timbres-poste.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, Pi0 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 4885
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- DE L'EAU DANS LES ARTS TEXTILES (suite). TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE (suite).
- LE MÈTRE-COMPTEUR.
- BREVETS D’INVENTION.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE a RÉSERVER DES LISIÈRES tissées Par MM. Place frères.
- L’appareil breveté par MM. Place frères a pour but d’obtenir sur les cotonnades impri-mées dites « flanelles américaines » des lisières tissées de toutes nuances, avec ou sans impression. Les moyens usités jusqu’ici consistent soit à coudre sur les bords de J étoffe des bandes de toile qui sont détério-rées après une opération et qui exigent une préparation coûteuse, soit à interposer et à diriger à la main, entre les bords du tissu et le rouleau imprimeur, des bandes étroites de caoutchouc qui se déplacent fréquemment, se présentent plus ou moins bien et, en défini-tive, donnent des lisières irrégulièrement tracées.
- Dans la machine de MM. Place frères, le rouleau gravé se termine, sur une rive cor-espondant à l’une des lisières, par une partie lisse, dépourvue de couleur ; pour l’autre lisière, ]e doublier du cylindre presseur s’ar-rête à la limite intérieure de cette lisière et laisse intacte la partie du tissu située au delà.
- De plus, comme la pièce, dans la longueur, présente quelquefois des différences de largeur, les coussinets qui supportent les tourillons du cylindre imprimeur et du cylindre presseur peuvent être mobilisés latéralement pendant le travail, à l’aide d’une manivelle, de manière à faire varier, à volonté, le recouvrement des bords du tissu, d’une part parle rouleau gravé, de l’autre par le doublier.
- GAUFRAGE DES TISSUS
- Par MM. Cunin fils et L. Dehan.
- Pour exécuter sur les étoffes, sur les tissus de laine entre autres, des dessins en creux et en relief, les brevetés faisaient usage jusqu’ici de cylindres gravés, d’un prix de revient élevé ; ils substituent à ces rouleaux des cylindres en fonte moulée, les reliefs venant directement à la fonte.
- Cette substitution présentait une difficulté d’exécution qui a été tournée et dont MM. Cunin fils et Dehan revendiquent la solution. Des saillies immuables appliquées au pourtour d’un cylindre lisse n’auraient pas permis, en effet, le démoulage. Comme de coutume, le modèle cylindrique est en deux pièces; les motifs, formant reliefs et façonnés en bois ou en métal, sont fixés, de l’intérieur, à l’aide de vis ou de goujons. Une fois la coulée faite et le noyau retiré, on enlève les vis ou les goujons de la même manière qu’il a été procédé à leur
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- mise en place et, dès lors, le démoulage est des plus faciles.
- APPLICATION DES NAPHTES A LA FILATURE Par M. Maury jeune,
- L‘« oléate Maury » est une combinaison de naphtes, ou huiles minérales pures, et d’huiles végétales saponifiées par des carbonates alcalins. Ce liquide convient à l’ensimage des laines, en raison de sa neutralité. N’absorbant pas l’oxygène de l’air, il ne rend jamais les fibres poissantes, il évite les fermentations qui, parfois, se produisent spontanément avec les huiles d’origine végétale. Il est préférable à l’acide oléique, quand le dernier produit est insuffisamment épuré, parce qu’il s’y trouve alors des traces d’acide sulfurique.
- Le dégraissage des laines ensimées avec l’oléate ne présente point de difficultés ; il suffit de plonger les fils ou tissus dans de l’eau chauffée entre 45 et 50 degrés centigrades.
- PRESSE CIRCULAIRE POUR TISSUS Par M. Coget.
- Nous avons eu occasion, ici même, d’appeler l’attention de nos lecteurs sur les avantages respectifs des apprêts obtenus soit avec la presse hydraulique et en faisant intervenir l’encartage à chaux, soit avec des presses cylindriques agissant sur l’étoffe à la manière du fer à repasser.
- Il est à remarquer que, dans le dernier cas, le tissu chemine entre une auge fixe, ou récipient cylindrique, et un rouleau dont l'écarte-ment est invariable, quels que soient les épaisseurs, les aspérités, les reliefs ou les creux de la pièce à apprêter. Il en résulte que certaines parties se trouvent plus pressées que d’autres et deviennent lustrées.
- Pour obvier à cet inconvénient, M. Coget remplace l’enveloppe rigide par une série de barres ou traverses métalliques, de forme trapézoïdale, maintenues entre deux feuilles de
- cuivre mince, qui épousent la forme du rouleau presseur et ne sont fixées que d’un bout. La garniture concentrique ainsi disposée et chauffée au gaz possède une élasticité propre à ménager le grain du tissu, sans que l’efficacité du pressage se trouve compromise.
- FABRICATION DE TISSUS LÉGERS AVEC DESSINS GAUFRÉS
- Par M- Tasté.
- M. Tasté s’est proposé de réaliser sur certains tissus légers, sur des lainages entre autres ne pesant pas plus de 300 grammes au mètre carré, des dessins en creux et en relief qui, jusqu’ici, n’avaient pu être obtenus que surdes étoffes très épaisses.
- Pour y parvenir, il convient de surfouler le lainage et, dans ce but, d’insérer entre des fils de titre moyen des fils beaucoup plus fins.
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- NOUVEAU GENRE DE TISSUS
- Par MM. Hannart frères.
- Les articles revendiqués par MM. Hannart frères reposent sur la destruction après tissage des fils végétaux constituant soit b chaîne, soit la trame. Depuis longtemps, 00 a eu recours à ce traitement pour des étoffes fabriquées partie avec des matières végétales, partie avec des substances animales. Ce qi” distingue la méthode, c’est que le tissu n’est pas immergé dans un bain, mais seulement imprimé par places au moyen du liquide pro pre à attaquer les fibres végétales. On conçoit que le tissu ainsi préparé, puis soumis à la chaleur d’une étuve, présente aux endroits imprimés une altération particulière, une des truction de matière qui modifie l’aspect de b surface et détermine, avec les tissus teints, des effets de camaïeu, par exemple.
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- DE L’EAU
- DANS LES ARTS TEXTILES
- (Suite.)
- Eau de mer. — Très accidentellement ces eaux sont employées dans les arts textiles, et pour des emplois où ne peuvent contrarier ni le sel marin et antres sels qui l'accompagnent. Il est évident que ces eaux ne servent que pour ménager l'emploi de l’eau douce, très rare dans certaines localités. Je ne cite d’ailleurs l’emploi de l’eau de mer que pour la forme.
- Premières conclusions. — Déjà de ce court exposé il résulte pour le lecteur que les eaux doivent être :
- 1’ Aussi pures que possible, au point de vue de la constitution chimique, privées de matières minérales et de matières végétales en décomposition ou non, de même de matières animales putrescibles ;
- 2* Aussi limpides que possible, et privées de matières minérales en suspension. Il est évident que l’argile et le sable, qui troublent nos rivières dans les crues, ne peuvent que souiller les tissus, flottes ou bourres, pour lesquels on les emploiera. Il convient donc de laisser déposer de telles eaux dans de vastes réservoirs avant de les employer.
- J’ai vu souvent des lavages de soies noires, faits dans la Saône par des temps de crue où les eaux étaient limoneuses, laisser beaucoup à désirer pour le maniement et le brillant. Quelquefois les eaux sont très longues à déposer; on peut, si l’alun ne contrarie pas, aider au dépôt par l’addition d’une petite quan-tité d’alun. C’est ce qui se fait pour clarifier les eaux bourbeuses de certains fleuves tels que le Gange, qui est toujours vaseux.
- 3’ Les eaux doivent être à température constante; sous ce rapport, les eaux de source sont celles qui conviennent le mieux, de même les eaux de puits. Leur température varie de 10 à 120, en été comme en hiver. Les eaux de nos rivières et de nos lacs, ces dernières pri-ses à la surface, varient de 0° à 250 et même
- plus dans nos pays, selon les saisons, les orages et les fontes de neige.
- Trop froides en hiver, les eaux rincent mal dans certains cas, surtout les savons. J’ai vu des rinçages faits toujours en Saône pendant l’hiver donner des touchers détestables à la soie, que l’on ne pouvait enlever que par un véritable dégraissage. De même, en été, les eaux trop chaudes font couler les mordants et certaines couleurs. Il convient donc de se rapprocher de la température de 10 à 12o.
- En thèse générale, on n’a jamais besoin d’eau plus fraîche, et il est toujours facile de la réchauffer lorsqu’on la veut à 250 et plus. J’ai surtout vu les inconvénients de la température à 250, en été, sur les bords du Doux (Tournon). Cette rivière du Doux, dont il sera fortement question dans ce travail, ne doit pas être confondue avec le Doubs, affluent de la Saône. Son nom de Doux indique d’ailleurs sa qualité très douce.
- 4- L’eau doit-elle être aérée ? A cela je réponds : oui. L’oxygène dans l’eau ne gâte jamais rien, et souvent il avive et fleurit les couleurs végétales. Son absence dans l’eau indique d’ailleurs fréquemment la présence de matières putrescibles animales ou végétales, dans tous les cas nuisibles.
- Dans les cas, où l’oxygène pourra gêner, il sera facile de faire bouillir l’eau pour l’en priver.
- Nota. — Il sera donné à la fin de ce travail une méthode complète d’analyse de toutes les eaux.
- Eau distillée. — C’est le type de l’eau pure au point de vue chimique ; mais, malgré cela, comme on le verra plus loin, les eaux granitiques lui sont supérieures dans bien des cas.
- Au point de vue industriel, l’eau distillée revient à un prix trop élevé, et c’est seulement dans des cas très rares que l’on recourt à la distillation de l’eau.
- Dans bien des usines on se sert de doubles-fonds et de serpentins à vapeur pour chauffer les bains de teintures ou autres. L’eau de con-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- densation doit toujours être soigneusement recueillie; outre qu’elle est pure, elle est presque bouillante, et c’est du combustible de gagné pour les bains chauds.
- Quant à l’eau de condensation des machines à vapeur, elle n’est bonne à rien. Cette eau est toujours grasse et acide par la graisse et l’huile employées pour lubrifier les organes. Il faut même se bien garder de l’employer pour les générateurs à vapeur. Les acides gras corrodent les tôles et sont entraînés par la vapeur. Ils vont alors souiller les bains et attaquent les organes des machines, principalement la fonte. J’ai vu un cylindre à vapeur complètement corrodé pour cette cause, et qui fit un jour explosion. Le fer avait été rongé; il ne restait plus par place que le carbone de la fonte, sous forme de graphite.
- Eau de pluie, eau de neige. — Théoriquement, l’eau de pluie et l’eau de neige devraient être pures, mais il en est rarement ainsi. Les pluies et les neiges balaient l'atmosphère, et, dans les grandes villes industrielles, comme Londres, Paris, Manchester, Lyon, etc., elles se chargent de toutes sortes d’impuretés solides et autres. Tout le monde s’est rendu compte de ce fait : en faisant fondre de la neige d’un beau blanc, prise dans les villes, elle fournit cependant de l’eau noire.
- A Mauchester, où se consomment d’énormes quantités de houille, l’eau est légèrement acide et contient de l’acide sulfureux qui se transforme en acide sulfurique. Si donc on veut recueillir de l’eau de pluie, de la neige fondue dans des citernes, il faut le faire en rase campagne.
- C’est sur les hauts plateaux, sur le Mont-Blanc, dans la chaîne des Cévennes, que l’eau de pluie ou de neige est réellement de l’eau distillée.
- L’eau de pluie varie d’ailleurs de 1o à 4o hy-drotimétrique. J’expliquerai plus loin la valeur de ce terme. Pour le moment, je dirai que plus le degré est élevé et moins bonne est la qualité de l’eau.
- Eau granitique. — Me voici arrivé au type f de l’eau industrielle et de l’eau potable. L’eau Ü granitique titre généralement de 1 à 2 hydro-I timétriques.
- Soumise à l’analyse, elle ne donne que des I traces de sels minéraux, n’accuse rien par la I plupart des réactifs. Soumise à l’évaporation, I elle ne donne que de faibles résidus.
- On a souvent comparé l’eau granitique à 1 l’eau distillée, qu’ellle remplace avec succès, I mais c’est une erreur qu’il faut faire ces-1 ser. Les eaux granitiques contiennent de fai I bles quantités de silicates alcalins, de potasse, | soude ou lithine, selon les terrains dont elles I proviennent, et c’est à ces traces de sels alca- | lins qu’elles doivent leurs propriétés incontes- I tables et sans rivales. Exemple : pour l’assou- I plissage des noirs, les eaux granitiques du I Gard (Saint-Chamond) et du Furens (Saint I Etienne).
- On a souvent essayé de remplacer, à | Lyon, les eaux pures artificielles pour l’assou-1 plissage des soies noires, mais toujours sans I succès. Je suis cependant arrivé à un certain I résultat en ajoutant à l’eau pure une certaine I quantité de cendres de bois, laissant déposer I après avoir bien remué. Mais ce procédé n’est I applicable que dans les pays où l’on brûle du I bois et où les cendres sont à vil prix, comme I en Russie.
- Les eaux granitiques se forment dans les I montagnes dites granitiques qui forment le massif des Cévennes, une partie du centre de la France.
- La chaîne des Cévennes est imposante par sa masse ; elle prend naissance dans le dé- | parlement de l’Hérault, et court en droite li- I gne du midi au nord de la France ; elle offre I une particularité très curieuse, c’est que les I sommets vont en s’abaissant du midi au nord. Les altitudes de 17 et 1,800 mètres finissent au Pilat, dernier bastion des Cévennes, autour duquel sont groupées les riches cités de : An-nonay, Bourg-Argental, Givors, Rive-de-Gier, Saint-Chamond, Saint-Etienne et Fernieny.
- Les montagnes lyonnaises, qui sont le pro- I
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- longement des Cévennes, n’ont plus que des altitudes de 7 à 800 mètres ; enfin, les montagnes beaujolaises, qui sont le dernier prolongement, disparaissent au canal du Centre, où il existe une dépression, dont le point le plus bas est à 307 mètres. C’est le point de partage du canal du Centre.
- C’est en me basant sur cette heureuse configuration, que j’ai proposé au congrès de géographie de Lyon, le 9 septembre 1881, de récolter les eaux si pures des torrents des Cévennes, qui coulent inutilement à la Méditerranée (versant du Rhône) depuis Eyrieux, qui tombent en face de Valence, en allant du midi au nord ; de partir à la côte (hauteur au-dessus de la mer) pour aller mourir à Rouen, en desservant sur la ligne : Annonay, Givors, Rive-de-Gier, Lyon, Tarare, passant par le canal du Centre pour pénéter dans le bassin de la Loire ; desservir Blanzy, le Creuzot; puis èntrer par Château-Chinon dans le bassin de la Seine, et de là continuer sa route vers Paris et aller mourir à Rouen, en portant la splendeur et la fortune sur son passage.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suiaré.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- Ponceaux.
- Il existe une infinité de procédés pour teindre les lainages en ponceau ; mais nous ne parlerons que de ceux employés le plus fréquemment dans les ateliers de teinture : ce sont les ponceaux d’aniline et les ponceaux à la cochenille.
- Les pièces doivent être bien dégraissées et exemptes de toute tache.
- De même que pour les bleus azulines, il est nécessaire ici de faire le bain. Cette opération, qui a pour but de rendre le bain bien homogène et de donner par cela même beaucoup
- de facilité pour unir l’étoffe, a déjà été décrite dans le Moniteur de la teinture. (1).
- La couleur ponceau doit se faire dans des chaudières ou dans des cuves bien propres.
- Le tartre ordinaire ne convient pas pour cette nuance parce qu’il contient beaucoup d’impuretés et de parties terreuses qui nuisent à la couleur ; c’est pour cela qu’on se sert ordinairement de tartre cristallisé ou crème de tartre.
- Pour peu que l’on soit praticien, on obtient facilement la nuance voulue. Cependant il faut opérer vite pour conserver à la nuance toute la fraîcheur qu’elle peut donner. Il faut donc éviter de replonger les pièces, pour cette raison qu’un trop long séjour dans le bain leur ôte de leur fraîcheur.
- On ne doit jamais retirer des étoffes d’un bain de teinture immédiatement après une mise de colorant ; il faut laisse» un espace de 30 minutes au moins entre la dernière garniture et l’abattage des pièces. Encore faut-il que la dernière garniture ait été faible- Cette observation s’applique non seulement aux ponceaux mais également à toutes les autres nuances. Lorsqu’on abat les pièces trop vite, on s’expose à les avoir mal unies, c’est-à-dire teintes inégalement.
- Au sortir du bain de teinture, la nuance doit être plus jaune et plus fraîche que celle demandée, parce que les étoffes teintes en ponceau virent au rouge et se ternissent légèrement par l’opération du lavage.
- Ponceaux d’aniline.
- Les ponceaux d’aniline se font du coup, c’est-à-dire dans un seul bain et sans aucune préparation préliminaire.
- Les proportions d’ingrédients peuvent varier suivant le genre des tissus, mais la manière d’opérer est toujours la même.
- Le bain étant fait, comme il a déjà été dit, on remplit convenablement la cuve de la chau-
- (I) Voir, dans le numéro 4 du 20 février, l’article sur la teinture des laines en pièces.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dière d’eau froide et on y rentre l’étoffe à teindre. On mordance et on fait manœuvrer l’étoffe 20 à 30 minutes sans chauffer. On verse dans le bain le colorant, préalablement dissout dans l’eau bouillante.
- Pour éviter toute tache de colorant, il faut filtrer la dissolution de ponceau. Cette dissolution du produit d’aniline dans l’eau bouillante doit se faire loin des pièces à teindre, afin d’éviter que de petites parcelles de colorant volent sur leur surface.
- On fait manœuvrer l’étoffe 10 à 15 minutes sans chauffer, après quoi on élève graduellement la température jusqu’au bvuillon. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue. On retire l’étoffe du bain et on la lave dans une eau bien claire.
- Voici quelques proportions pour la teinture en ponceau de différents tissus :
- Ponceau n. 1 pour mérinos ou cachemires.
- Pour 100 kilos de laine :
- Mordants :
- 5 kilos d’acide sulfurique ;
- 10 kilos de sulfate de soude ;
- 3 kil. 500 de tartre cristallisé.
- Colorants :
- Ponceau R et jaune de naphtol ou orangé 4 fin (Quantités variables suivant les nuances).
- Ponceau n. 2 pour mérinos ou cachemires.
- Pour 100 kilos de laine :
- Mordants :
- 3 kilos d’acide sulfurique ;
- 2 kilos d’oxymuriate d’étain ;
- 10 kilos de sulfate de soude ;
- 2 kilos de tartre cristallisé.
- Colorants :
- Ponceau et jaune de naphtol ou orangé 4 fin.
- Ponceau n. 3 pour draperies.
- Pour 100 kilos de laine :
- Mordants :
- 4 kilos d’acide sulfurique ;
- 10 kilos de sulfate de soude ;
- 2 kilos de tartre cristallisé.
- Les colorants sont les mêmes que pour le ponceau n. 1.
- Ponceau n. 4 pour gaufrés.
- Pour 100 kilos de laine :
- Mordants :
- 2 kil. 500 d’acide sulfurique ;
- 10 kilos de sulfate de soude ;
- 2 kil. 500 d’oxymuriate d’étain ;
- 5 kil. de tartre cristallisé.
- Mêmes colorants que pour les ponceaux n. 1 et n. 2.
- Ponceau n. 5 pour gaufrés noir et blanc.
- Voici un procédé qui permet de teindre en nuance ponceau les gaufrés noir et blanc sans dégrader le noir.
- Pour 100 kilos de laine :
- Mordants :
- 20 kilos de sulfate de soude ou de sulfate de nitrate ;
- 3 kilos d’oxymuriate d’étain.
- Mêmes colorants que pour les ponceaux précédents.
- Avivage.— Pour obtenir l’éclat que demande la nuance, les gaufrés noir et ponceau doivent être avivés.
- Cette opération se fait de la manière suivante : pour 100 kilos de laine, on met dans une chaudière d’étain ou dans une cuve en bois de sapin convenablement remplie d’eau 3 kilos d’acide sulfurique à 66 degrés Baumé, et on y plonge l’étoffe à aviver. On porte progressivement la température jusqu’à 80 degrés environ et on l’y fait manœuvrer jusqu’à ce que l’on ait obtenu la fraîcheur voulue. On lave ensuite à grande eau.
- Ponceaux à la cochenille.
- La préparation des ponceaux à la cochenille est plus compliquée; elle nécessite deux opérations : le bouillon et le rabat. Le bouillon est un bain de mordançage ; le rabat est le bain de teinture proprement dit.
- Les mordants les plus employés pour cette
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- a
- 1
- teinture sont : la composition d'étain ou dissolution et le tartre.
- Voici une excellente méthode pour faire la composition : on mêle 10 kilos d’acide nitrique avec 10 kilos d’eau très pure ; on y ajoute 900 grammes de sel ammoniac. Lorsqu’il est dissout, on remue bien le mélange et on y met petit à petit 1,200 grammes d’étain très pur, réduit en rubans minces. Le mieux est d’en mettre successivement 30 à 40 grammes, et de le bien laisser dissoudre chaque fois avant d’en remettre du nouveau ; quand la totalité est dissoute, on agite bien le tout ensemble et on le laisse reposer 24 heures, après quoi on peut en faire usage. Plus lentement l’étain est dissout, plus la composition a de valeur. Moins il sort de vapeurs, plus la composition a d’effet et plus la couleur est vive et agréable. La composition d'étain doit être conservée dans un vase bien clos avec un bouchon de verre ; de cette manière, on][a conserve longtemps avec toute sa force.
- Au contact de l'air, l'oxyde d’étain se précipite, c’est ce que l’on exprime en disant que la composition a tourné. La composition d’étain bien réussie est jaune cognac ; tournée, elle est noire. La composition tourne égale-aient par l’action de la chaleur, qui favorise la décomposition de l’acide nitrique ; il est donc nécessaire de n’ajouter l’étain que par Petites parties, pour que la dissolution se fasse lentement et sans exciter beaucoup de chaleur. C’est pourquoi la composition tourne plus facilement en été qu’en hiver.
- La même manière d’opérer est applicable aux deux compositions suivantes :
- Composition n. 2.
- 15 kilos d’acide nitrique à 360 ; 20 kilos d’eau de pluie ;
- 750 grammes de chlorure de sodium marin) ;
- 1,750 grammes d’étain très pur.
- (sel
- 20 kilos d’eau pure ; 8 kilos de sel d’étain.
- Ponceau no 6 à la cochenille.
- Bouillon.—Pour 100 kilos de laine, on met dans la quantité d’eau nécessaire 5 kilos d’alun et 6 kilos de crème de tartre, ou de tartre cristallisé et réduit en poudre fine ; lorsque l’alun et le tartre sont bien dissous, on y ajoute successivement 6 kilos de composition d’étain, qu’on fait bouillir ensemble pendant quelques minutes. Alors on y metLeTci toffe, on l’y fait bouillir pendant 2 heures ; après quoi on la retire, on la laisse égoutter et refroidir.
- On ne vide la chaudière ou la cuve dans la-quelle se fait le bouillon de ponceau que lorsque le bain est devenu trop boueux par un emploi prolongé. Plus le bain est vieux, meilleur il est.
- Pour un bain neuf, il est nécessaire de garnir avec le double des proportions indiquées ci-dessus, c’est-à-dire 10 kilos d’alun, 12 kilos de tartre et 12 kilos de composition d’étain, toujours pour 100 kilos de laine.
- Rabat.—On prépare le bain de rabat ou de teinture de la même manière que le bain de bouillon et on y met 5 kilos de tartre cristallisé et pulvérisé pour 100 kilos de laine.
- Quand le bain commence à bouillir, on y met la quantité nécessaire de cochenille et de graine de Perse pour obtenir la nuance voulue ; on remue bien le tout avec un bâton de bois de sapin, et on le laisse bouillir pendant quelques minutes. On plonge dans le bain l’étoffe mordancée le plus promptement possible et on l’y fait bouillir pendant 1 heure. On échantillonne, on garnit si c’est nécessaire et on fait bouillir de nouveau. Enfin on abat et on lave avec soin.
- Le mode opératoire pour les ponceaux qui
- v.
- suivent venons
- est le même que que celui que nous de décrire.
- Composition n 3.
- 20 kilos d’acide nitrique ;
- Pour
- Ponceau n° 7 à la cochenille.
- 100 kilos de laine :
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- 56 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Bouillon.—2 heures avec :
- 6 kilos d’alun ;
- 1 kilo 500 de cochenille ;
- 5 kilos de copeaux de bois jaune ;
- 8 kilos de composition ;
- 6 kilos de tartre.
- Rabat.—1 kilo 500 de tartre;
- 12 kilos d’amidon ;
- 6 kilos de composition;
- Quantité voulue de cochenille ;
- Quantité voulue de bois jaune ou de graine de Perse.
- Ponceau no 8 à la cochenille.
- Pour 100 kilos de laine :
- Bouillon.—1 heure 1[2 avec :
- 6 kilos de bois jaune ;
- 8 kilos de cochenille;
- 3 kilos de sel marin ;
- 8 kilos de tartre.
- G kilos de composition ;
- Rabat.—1 kilo 500 de composition ;
- Quantité voulue de cochenille ;
- Quantité voulue de bois jaune.
- Ponceau no 9 à la cochenille.
- Pour 100 kilos de laine :
- Bouillon.—1 heure 1[2 avec :
- 5 kilos d’acide oxalique ;
- 2 kilos 500 de sel d’étain ;
- 1 kilo d’acide sulfurique.
- Rabat.—1 kilo 500 de composition ;
- Quantité voulue de cochenille ;
- Quantité voulue de graine de Perse.
- Ponceau no 10 à la laque-dye.
- Voici un autre procédé de teinture en ponceau qui, bien qu’étant moins usité que les précédents, est encore employé.
- On garnit le bain de bouillon, pour 100 kilos de laine, avec 13 kilos de tartre, 18 kilos de composition d’étain et d kilo 800 grammes de cochenille en poudre.
- Quand le tartre est dissout, on fait bouillir. On entre les pièces, on les fait manœuvrer 30
- à 40 minutes au bouillon, puis on ajoute la quantité nécessaire de laque-dye délayée dans un peu d’eau chaude et 15 kilos 500 grammes de composition d’étain.
- On fait manœuvrer les pièces pendant 45 minutes au bouillon, on les abat, on les lave à grande eau et on les avive.
- Le bain d’avivage se fait avec :
- 13 kilos 500 de tartre cristallisé ;
- 36 kilos de composition d’étain ;
- 1 kilo 800 de cochenille en poudre.
- Si la nuance n’est pas assez fournie, on ajoute la quantité de colorant nécessaire, puis on fait bouillir. On retire les pièces du bain et on les lave dans une eau bien claire.
- (A suivre)
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.)
- Néanmoins, on finit ordinairement par y | faire bouillir le drap ou la laine pendant quel- . ques minutes, lorsqu’ils sont suffisamment H rouges, parce qu’on a remarqué que la cou- | leur était moins solide lorsqu’on ne les faisait il pas bouillir du tout ; mais il faut agir en ceci d très prudemment, et faire bouillir le drap ou la laine tout au plus 5 minutes dans le bain, puisque sans cela le rouge brunit et perd beau- I coup de sa fraîcheur, ce qui arrivera aussi par une ébullition trop violente ; l’on obtient ce- 1 pendant par ce moyen des nuances agréables, selon la préparation qu’a reçue le drap, mais elles ne peuvent être mises au nombre des couleurs rouges.
- Outre la précaution de ne pas faire bouillir F le bain de garance pour teindre, il faut aussi faire attention d'employer à la préparation du I drap des sels, qui consolident les parties colo- | rantes dans les filaments de laine sans qu’el- I les éprouvent elles-mêmes un changement. I
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- On se sert ordinairement de l’alun et du tartre pour préparer la laine et le drap. On peut aussi mettre 4 parties d’alun et 1 partie de tartre ; mais on peut y ajouter aussi un peu de dissolution d’étain, cela rend le rouge encore plus vif. Par exemple, pour 1 kil. de drap, on peut mettre 115 grammes d’alun, 30 grammes de tartre et 15 grammes de dissolution d’étain, et faire bouillir le drap pendant 1 heure 1[2 à 2 heures dans le bain de mordant.
- N. VI. — Rouge de garance.
- Pour préparer 1 kilo de drap, on dissout dans l’eau chaude 300 grammes d'alun et 60 grammes de tartre. Lorsque ce bain commence à bouillir, on y met le drap, et on l’y fait bouillir pendant 1 heure à 1 heure 1[2 ; on le laisse reposer 24 heures dans le bain devenu froid.
- On prépare le bain de teinture suivant : on met 600 grammes de garance dans une cuve de bois, et on fait bouillir 300 grammes de tartre dans une chaudière suffisamment remplie d’eau ; quand le tartre est dissout, on ajoute 300 grammes de dissolution d’étain; on remue bien le tout, et on verse cette dite solution par-dessus la garance contenue dans une cuve de bois. On remue le tout pendant quelques minutes et on y met le drap préparé, qu’on ne retire du bain de mordant que pour lui donner le temps de s’égoutter ; on le passe dans ce bain de garance pendant une demi-heure au moyen d’un tour. On le laisse ensuite refroidir 24 heures dans le bain de garance même.
- On met ensuite 300 grammes de garance dans une cuve de bois semblable à la précédente; on verse dessus de l’eau bouillante, on la remue pendant quelques minutes et on y met la même pièce de drap. Avant de la sortir du premier bain, on l’en retire et on l’y replonge plusieurs fois, puis on la laisse égoutter; on la remet ensuite dans le deuxième bain chaud, dans lequel on la remue pendant uue demi-heure, on la laisse refroidir, comme
- pendant le premier, 24 heures on l’en retire enfin et on la lave avec soin. Le drap prend une couleur rouge agréable, qui est un peu plus claire que le rouge ordinaire et qui tire un peu sur le jaunâtre.
- Observation.
- Par cette méthode, on fait un rouge plus agréable que celui que l’on obtient par le procédé ordinaire. Comme la garance n’a pas besoin de bouillir, nous avons prescrit des cuves de bois. Il en faut avoir deux, une contenant le premier bain composé de tartre, de dissolution d’étain et de garance, et l’autre contenant le bain préparé avec la garance seule : elles doivent être toutes les deux de bois de sapin, et on ne doit les faire servir à d’autres usages, si l’on veut que la teinture réussisse bien.
- Plus on s’en sert, mieux le drap s’y teint et plus la couleur est agréable. Il faut avoir soin de remuer le bain aussitôt que le tartre est dissout dans l’eau bouillante et qu’on y a mêlé la dissolution d’étain, de même que quand on a versé ce mélange de dissolution sur la garance afin de faire cesser le bouillonnement. Après cela, il n’y a plus qu’à remuer le tout pendant quelques minutes et à y mettre le drap. Mais il est nécessaire de l’y passer pendant une demi-heure entière, afin que la couleur le pénètre egalement dans toute son étendue, et qu’il soit exposé à l’air à mesure qu’on le passe ; on a remarqué que cela rendait la couleur plus vive et plus agréable. Il faut, après cela, le laisser se refroidir et reposer dans le bain pour que les parties colorantes se fixent plus solidement dans les filaments de la laine. Il faut observer la même chose à l’égard du second bain composé de garance seule. Chaque fois qu’on a teint dans ces cuves de bois, il faut les bien nettoyer et les couvrir pour les conserver propres.
- N. VII. — Rouge ordinaire avec le bois rouge ou Le Femamboue.
- On comprend sous le nom de bois rouges ou bois de Brésil plusieurs variétés de bois susceptibles de communiquer une couleur rouge
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 80 ke
- peu solide. Les arbres qui les fournissent appartiennent à la famille des légumineuses et croissent aux Indes orientales, dans l’Amérique méridionale et aux Antilles.
- Voici quelles sont les principales espèces de ces bois et leur ordre comme qualité :
- 1° Bois de Fernambouc, espèce la plus estimée. Il est très abondant dans les forêts du Brésil et de la Jamaïque.
- 2o Bois de Sainte-Marthe (Sainte-Marthe et Mexique);
- 3o Bois de Brésil proprement dit ;
- 4o Bois de Nicaragua (Mexique) ;
- 5° Bois de Sapan ou bois du Japon (Indes, royaume de Siam, îles Moluques, Chine, Japon, Brésil) ;
- 6° Bois de Californie (Californie);
- 7o Bois de Terre-Ferme (Colombie) ; 80 Bois dit de Bahia ;
- 9° Bois de Brésillet (Guyane, Jamaïque, îles de Bahama).
- Pour 1 kilo de drap, on prépare un bain avec 360 grammes d’alun et 60 grammes de tartre. Lorsque le bain bout et que les sels sont bien dissous, on y ajoute 150 grammes de dissolution d’étain, on remue bien le tout et on y met le drap qu’on y fait bouillir pendant une heure. On le remonte ensuite sur le tour, on le laisse égoutter et. refroidir.
- Voici le bain de teinture : on fait bouillir pendant une heure 600 grammes de Fernambouc en copeaux dans un sac de toile et 900 grammes d’alun dans une chaudière convenablement remplie d’eau.
- Après cela on retire le sac de copeaux, on met le drap préparé et on l’y fait bouillir pendant 1 heure ; on le remonte, ensuite, on 1p. laisse refroidir et on le lave bien soigneusement ; il y a pris une bonne couleur rouge foncée à peu près semblable à celle d’une brique bien cuite, mais beaucoup plus agréable que le rouge de brique ordinaire.
- On met une deuxième pièce de drap préparé comme pour le no 1, dans le restant de ce bain, qu’on remplit avec de l’eau chaude, on l’y fait bouillir pendant 1 heure. Le drap y
- prend une couleur encore plus agréable que la précédente, et qui tire sur le rouge d’écarlate.
- Observation.
- Le bois du Brésil contient une substance semblable à la résine, laquelle se dissout dans l’eau et lui communique une couleur rouge de rubis. Lorsqu’on fait bouillir dans cette solution du drap non préparé, mais simplement humecté d’eau, il y prend une couleur rouge de cerise et foncée, que l’air change beaucoup, et rend même brune. Si l’on met de l’alun dans la décoction de fernambouc, le bain devient rouge de feu ou rouge jaune, et rouge vif si on y met de la dissolution d’étain.
- Ordinairement on fait bouillir le fernambouc avec de l’eau seule, et on laisse reposer le jus qui en provient, jusqu’à ce qu’il soit épaissi et qu’il file comme un vin gras. Alors on y fait bouillir du drap ou de l’étoffe préparée avec de l’alun et du tartre. Mais la pratique a démontré qu'on parvenait plus facilement à son but lorsqu’on faisait bouillir le fernambouc d’abord avec de l’alun,et qu’on teignait ensuite le drap préparé dans ce bain. La couleur rouge, qu’on obtient.de cette manière, a un aspect tout à fait agréable, mais elle n’a ni la solidité, ni la beauté des couleurs rouges produites avec la cochenille ; on peut cependant la porter passablement longtemps avant qu’elle perde beaucoup de sa couleur.
- La quantité de 600 grammes de fernambouc et de 900 grammes d’alun employée pour la composition du bain de teinture, au premier abord paraît trop considérable. Mais comme nous avons prescrit d’y teindre une deuxième pièce de drap, elle n’est pas trop grande. Outre cela, si on veut, on peut, après avoir teint la deuxième pièce, tirer parti du restant du bain, qui contient encore des parties colorantes.
- A l’égard du bain de teinture, et de la teinture même, nous avons dit qu’on devait faire bouillir avec l’alun les copeaux de fernambouc après les avoir mis dans un saa, et l’en retirer pour y teindre le drap.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 9
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- COMITÉ DE CHIMIE
- {Suite)
- M. Horace Kœchlin communique un nouveau moyen de fixer l’oxyde de chrome. Ce moyen est fondé sur la propriété des dissolutions alcalines de chrome de céder leur oxyde à la fibre par simple contact de quelques heures, sans qu’il soit nécessaire de sécher.
- Ainsi, si l’on foularde dans le mélange de
- 2 acétate de chrome à 10°,
- 2 soude caustique à 380,
- 1 eau
- et que douze heures après on lave, le mordançage sera parfait.
- Plus l’alcalinité est grande, plus les dissolutions sont stables, mieux elles mordancent. Si aux cinq parties du mordant ci-dessus on en ajoutait une de soude, quoique étendu d’un cinquième, le mordant rendrait plus intense, mais on approcherait déjà de la. contraction du tissu. Avec 1 1[2 soude au lieu de 2 sur les 2 acétates, la dissolution se troublerait et se prendrait en gelée au bout de quelques heures.
- Ce procédé de mordançage par voie humide s’adapte parfaitement aux cotons en flottes, et, comme il consiste en peu de manutention, rien n’empêcherait de le répéter si l’intensité les réclamait.
- Le procédé de M. Horace Kœchlin a d’autant plus de mérite que le chrome, qui ne se laisse pas fixer à la manière du fer et de l’aluminium, ne s’obtenait que par des méthodes de précipitation, à moins d’emprunter à l’impression le vaporisage, qui, pour l’acétate, est long et incomplet, et qui, pour le chromate, en présence de l'hyposulfite, n’est pas sans inconvénient pour la fibre.
- Pour fixer le fer par macération alcaline, il faut :
- 2 nitrate ferrique 400,
- 2 soude 380,
- 1 glycérine 280.
- {A suivre.')
- BREVETS D’INVENTION
- 163611. 2 août 1884 ; Illingworth. — Méthode perfectionnée et appareil pour traiter les fibres, les chiffons et les tissus ou textiles.
- 163614. 2 août 1884; Ewer, Pick et Majert. — Procédé pour la production de matière colorante sulfureuse.
- 163632. 4 août 1884 ; Grison. — Machine à fouler, teindre, mordancer et brillanter les étoffes en général.
- 163691. 8 août 1884 ; Lunge. — Perfectionnements dans l’application du chlorure de chaux au blanchiment et à d’autres usages.
- LE MÉTRE-COMPTEUR
- DE M. C. DECRETTE
- Un brevet a été pris pour une utile et ingénieuse invention faite par M. C. Decrette, horloger-mécanicien.
- Il s’agit d’un « Mètre-compteur » dont le fonctionnement est simple et facile à comprendre. Grâce à un petit appareil placé à l’extrémité droite du mètre, un bouton se trouve sous l’index de la main qui tend l’étoffe ; un très léger appui sur ce bouton suffit pour enregistrer au fur et à mesure dans un compteur chaque mètre mesuré. La pression nécessaire se fait tou naturellement et sans aucun effort. Pour remettre le compteur à zéro, il suffit d’arriver à une dizaine et d’appuyer sur le levier appliqué sous l’appareil.
- Il est presque superflu de démontrer l’utilité du « Mètre-compteur » dont tout le monde se rend aisément compte. S’il arrive que,pen-
- dant le mesurage d’une pièce d’étoffe, le com -mis soit distrait ou interpellé, des erreurs se produisent nécessairement, à moins qu’il ne recommence son opération. Et, dans les maisons de détail surtout, les employés sont à
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tout instant interrompus dans leur travail par des clients et surtout des clientes et assaillis de questions qui les troublent et auxquelles ils ne peuvent répondre qu’au préjudice d’une opération aussi absorbante que celle du métrage. Grâce à l’invention de M. C. Decrette, un commis pourra instantanément, et sans crainte d’erreurs, interrompre sa besogne et s’en détourner quelques instants sans inconvénients, à la satisfaction des acheteurs qui lui auront adressé la parole.
- Il nous paraît impossible que d’ici à très peu de temps le « Mètre-compteur » ne soit pas universellement employé dans toutes les Maisons de détail et même dans les Maisons de gros, où il rendra aussi de notables services.
- NOTA. — Le prix du mètre-compteur est fixé à 8 francs pris à Paris.
- Par suite d’arrangements pris avec l’inventeur, nous le ferons obtenir à nos abonnés au prix de 6 fr. 50 rendu franco. Envoi contre mandat-poste adressé au bureau du journal.
- Guise; il montre aussi le rôle du livret deCourcy dans l’application du principe de la participation.
- Après avoir répondu à l’objection du danger, plus apparent que réel, de l'immixtion des employés dans la gestion, des sociétés, M. Simon étudie le développement des associations coopératives de production dans notre pays. Il fournit, à l'appui de la confiance que lui inspirent les travailleurs ainsi groupés, un certain nombre d’exemples témoignant d’une persévérance, d’une solidarité et d’une abnégation trop souvent contestées aux ouvriers français.
- M. Simon signale les théories économiques qui lui paraissent dangereuses, les problèmes dont la solution s'impose aux syndicats et qui intéressent non seulement le prolétariat, mais toute l’industrie française.
- De même que pour les Sociétés coopératives anglaises, nous nous somme assuré un tirage à part de la très intéressante brochure que nous signalons à nos lecteurs et que nous tenons à leur disposition contre la remise de un franc cinquante centimes en timbres-poste.
- BIBLIOGRAPHIE
- LA PARTICIPATION DES EMPLOYÉS AUX BÉNÉFICES ET LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN FRANCE.
- Sous ce titre, M. Edouard Simon vient de communiquer à la Société des ingénieurs civils de France un important travail qui peut être considéré comme la suite et le complément des précédentes études du même auteur sur les sociétés coopératives anglaises.
- Se basant sur des faits et des chiffres officiels, M. Simon analyse les principaux systèmes pratiqués avec succès en France, et en France seulement jusqu’ici, pour faire participer les employés et ouvriers aux bénéfices des établissements qui les occupent ; il signale notamment les résultats obtenus par la maison Leclaire, à Paris, par les établissements Laroche-Joubert, à Angoulême, Godin, à
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- ENVOI SUR DEMANDE DES ALBUMS ET TARIFS
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 6. BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- DE L’EAU DANS LES ARTS TEXTILES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE (suite et fin).
- L'ALIZARINE.
- BIBLIOGRAPHIE.
- BREVETS D’INVENTION
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A DÉCORTIQUER LA RAMIE Par M. Burrows .
- Cette machine se compose de deux parties essentielles, la première destinée au concassage des éléments ligneux de la tige, la seconde au grattage, à l’enlèvement des débris concassés et au démêlage du ruban fibreux.
- Pour obtenir le premier effet sans énerver les filaments, M. Burrows fait usage de cylin-dues à grosses cannelures, ne se pénétrant Pas et ne se touchant même pas. Le ruban fibreux est introduit par les cylindres alimentaires entre ces concasseurs, qui sont réglés fie manière à n’atteindre que l’enveloppe cor-ticaie. Au sortir des cannelés, une pince for-mée de deux cylindres (dont l’un recouvert de caoutchouc pour assurer la prise) présente le faisceau fibreux entre deux toiles sans fin horizontales, animées d’un mouvement de même direction et armées d’aiguilles inclinées en sens contraire de la marche. Les aiguilles l'une toile sont disposées pour correspondre aux intervalles des aiguilles de la toile oppo-sée ; l’inclinaison de ces points évite la déchi
- rure des filaments et l'encombrement de la garniture.
- Lorsque la préparation est jugée suffisante, l’ouvrier, par un dispositif de changement de marche connu, fait revenir en arrière le ruban décortiqué d’un bout et le retourne pour achever sur la même machine la préparation de l’autre bout.
- MACHINE A TEINDRE LES ÉCHEVEAUX Par MM. Heinrich, Grandsire et fils.
- L’appareil mécanique est installé sur une cuve annulaire contenant le bain de teinture ; un arbre vertical, muni d’un pas de vis, porte un plateau horizontal auquel il imprime un mouvement de rotation. Sur le même plateau et en nombre proportionné au diamètre de la cuve sont fixés des bras qui servent de supports à des triangles creux faisant fonction de tournettes et actionnés des deux bouts par des galets. Ces galets roulent librement sur les bords intérieur et extérieur de la cuve. Si l’on suppose un tour de l’arbre vertical par minute, pour une cuve mesurant deux mètres de diamètre, les triangles-molettes ou tour-nettes font simultanément soixante évolutions, c’est quarante ou cinquante fois plus que dans le travail à la main.
- Lorsque la teinture est achevée, l’ouvrier arrête la machine et, par l’intermédiaire d’une poulie tournant en sens inverse de la première poulie de commande, imprime à l’arbre ver-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tical une rotation de direction contraire au mouvement initial. Le pas de vis dudit arbre engrène alors avec le moyeu fileté du plateau et lui donne un mouvement ascensionnel qui a pour résultat de soulever hors de la cuve tous les écheveaux à la fois.
- Il devient facile de retirer les flottes teintes, d’en suspendre de nouvelles sur les tournettes et l’on procède à une seconde opération après avoir fait redescendre le plateau au niveau de la cuve. L’immersion simultanée des fils présente l’avantage d'une très grande régularité de teinte.
- APPAREIL ÉCHARDONNEUR POUR PEIGNEUSES Par MM. Heilmann-Ducommun et Steinlen.
- Malgré les nombreux procédés d’épaillage chimique (qui sont généralement basés sur l’emploi d'acides plus ou moins concentrés pour attaquer les matières végétales, rendues friables ensuite par la carbonisation) nombre d’industriels préfèrent l'échardonnage mécanique. Les agents chimiques présentent, en effet, le grave inconvénient de produire parfois des altérations qui se manifestent au bout d’un temps relativement long et sans que l’aspect des produits trahisse tout d’abord ces destructions intimes.
- Le peignage des laines chardonneuses, non soumises au traitement préalable de l’épail-lage chimique, suscite, d’autre part, des difficultés particulières. Le dispositif décrit par MM. Heilmann-Ducommun et Steinlen a pour but d’y obvier. En regard du peigne circulaire se trouve un cylindre dit « enfonceur », muni, à la périphérie, de saillies correspondant aux intervalles des barrettes. Le tambour, qui constitue le peigne, est construit suivant des rayons variables, de telle sorte qu’en tournant les deux organes se rapprochent progressivement ; les dents du cylindre enfonceur engagent ainsi de plus en plus, entre les aiguilles du peigne, les chardons et autres corps étrangers qui, dès lors, adhèrent à la blousse exclusivement.
- Dans les machines avec peigne circulaire à axe mobile, le cylindre enfonceur et ledit peigne demeurent constamment accouplés et se déplacent simultanément pour laisser se produire la période d’arrachage.
- MACHINE A SÉCHER LES LAINES, COTONS, ETC. Par M. Hertzog.
- M. Hertzog construit les machines à sécher du système Pasquier, essentiellement constituées par des toiles sans fin, sur lesquelles sont étalées les matières humides dans un état de division plus ou moins grand. L'inconvénient dudit système résulte du dépôt à peu près inévitable de flocons fibreux dans certaines parties de la machine, notamment aux endroits où la toile revient sur elle-même.
- M. Hertzog substitue à cette toile continue une succession de petits paniers, ou augets, de même largeur, articulés des deux bouts sur les bossages de chaînes parallèles,qu’entraînent des rochets symétriques. Ces paniers en toile métallique cheminent d’abord sur un plan incliné où ils reçoivent la matière à sécher, puis se redressent horizontalement pour pénétrer dans l’étuve portée à la température convenable, au moyen de l’air chaud. Les augets circulent de haut en bas et plusieurs fois, d’avant en arrière et réciproquement, jusqu’à la partie inférieure de l’étuve ; là, ils rencontrent un butoir qui les fait basculer, pour renverser sur le sol la matière sèche, et ils reviennent au point de départ, c’est-à-dire à la base du plan incliné, en vue d’un nouveau chargement.
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- DE L’EAU
- DANS LES ARTS TEXTILES
- (Suite.')
- Les eaux granitiques sont donc les eaux 'le l’avenir ainsi que je vais le démontrer plus loin.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S ce
- En attendant disons que les rivières précitées peuvent assurer un jour plus de un million de mètres cubes par jour, mais avec des barrages bien entendus. — Autrement depuis que les Cévennes ont été étourdiment déboisées, l’Eyrieux et son affluent la Dorne ; le Doux et son affluent la Daronne ; la Cance et son affluent la Deaume ; l’Ay; les torrents du Pilat et des montagnes lyonnaises sont devenus des torrents dans toute l’acception du mot. Leur débit est extrêmement variable ; j’ai jaugé le Doux au pont de César, à 4 kilomètres de son embouchure et lui ai trouvé un débit variant de 500 litres à la seconde à « quinze cents mètres cubes ! » (Le volume de la Seine au Pont-Neuf, dans la grande crue de 1878).
- L’Eyrieux et la Dorne, qui se joignent au Cheylard, ont vu leurs débits réunis atteindre, en 1857, le volume de 3,600 mètres à la seconde ! Il faut avoir assisté à ces crues terribles pour y croire. Et de simples ruisselets montent dans les défilés de 17 mètres et coupent le Rhône en deux, à leur embouchure.
- Je fais grâce aux lecteurs de trop de détails techniques ; qu’il me suffise de leur dire qu’il faudrait établir environ quarante barrages, dans le genre de ceux de Saint-Etienne, d'An-nonay, de Saint-Chamond et de Couzon, établis sur les flancs du Pilat et sur le modèle de ceux de Puents, d’Alicante et d’Almanza, qui furent créés dans les Sierras, lors de l’occupation de l’Espagne par les Maures.
- Ces quarante barrages assureraient un débit de plus de 1 million de mètre cubes par jour, sans léser les riverains en aval; au contraire, on les débarrasserait des crues dévastatrices de ces torrents impétueux. J’en estime le cout, d’après les exemples connus, les uns dans les autres, à 60,000,000 de francs. Tout en débarrassant les riverains des crues, on assurerait à ces ruisseaux, un débit régulier supérieur à celui d’aujourd’hui.
- L'aqueduc, dont je passe les nombreux détails sous silence, a une pente très convenable Pour venir du Cheylard à Lyon, Paris et Rouen.
- Il comprendrait quatre tronçons :
- 10 Du Cheylard à Lyon au pied des montagnes lyonnaises ; 110 kilomètres ; cette première partie hérissée de travaux d’art, dans le genre de l’aqueduc qui amène les eaux à Glascow; de hardis syphons en tôle feraient franchir le Gier, un peu en aval de Rive-de-Gier, pour passer du Pilat au plateau de Mor-mant.
- Nota. — Les eaux granitiques ont la propriété très curieuse de ronger la fonte à place à la longue ; les gros tubes en fonte sont d’un emploi dangereux dans les conduites à pression.
- 2° De Limonest, montagnes lyonnaises à Château-Chinon 130 kil.; cette partie aurait une section moindre que la première, Lyon ayant pris 2 ou 300,000 mètres cubes; les travaux d’art seraient moins importants également.
- 3° De Château-Chinon aux environs de Paris, pour desservir cette ville et la banlieue , 350 kil.
- 4’ Des environs de Paris, un embranchement irait à Rouen, mais en faible section, après 210 kilom.
- Total, 800 kilom. du Cheylard à Rouen, et coût, d’après les calculs basés sur des précédents, environ 240,000,000 de francs, et, total général, 300,000,000 de francs.
- Le lecteur, à l’énoncé de ces chiffres, va certainement sauter en l’air ; mais, en réfléchissant, et après m’avoir lu, il verra que ce serait de l’argent bien placé ; bien mieux que dans beaucoup de valeurs étrangères : chemins de fer turcs, espagnols, etc. Il y a assez longtemps que les capitaux français vont sur tous les points du globe, il est temps de les garder chez nous, de les faire fructifier en développant le travail national.
- Je vais montrer l’importance économique des eaux granitiques pour Paris sur les eaux actuelles de la Seine, de la Dhuys et de la Vanne, qui sont calcaires (Seine, 16. hydro-timétriques; Dhuys, 210; Vanne, 210). D’ores et déjà, je l’estime à 20,000 de francs par an-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- née ; et avec Lyon, Rouen, été., on peut har-diment la porter à 40,000,000 de francs pour l’ensemble.
- De plus, les eaux granitiques permettent de faire ce que l’on ne pourrait btenir avec les eaux calcaires; or c’est le moment ou jamais de défendre notre industrie de la concurrence étrangere par tous les moyens possibles.
- Je suis obligé, de lier la question de la po-tabilité de l'economie domestique à celle des avantages pour les arts textiles ; les lecteurs liront certainement avec intérêt des détails qui concernent tout le monde.
- lo Lavage du linge. — Le voyageur qui descend pour la première fois à Tournon est très étonné de voir le matin les blanchisseuses suivant le qUai du Rhône, se diriger au nord pour aller laver dans un mince ruisseau, aux eaux vives et bleues, dédaignant le Rhône, qui cependant en cet endroit est des plus imposants. La raison en est qu’avec les eaux douces du Doux, 3 kilog. de savon font l’effet de 10, avec les eaux du Rhône ; de plus le linge se lave mieux,ést plus blanc; il est inu-tile d’employer la soude et l’eau de javelle, dont on fait maintenant un véritable abus dans lés blanchisseries. On ne lave plus le linge ; on le blanchit et on le brûle,
- A St-Etienne et Rive-de-Gier, où le Furens et le Gier roulent des eaux noirâtres, on y fait cependant du linge plus blanc qu’avec les eaux de la Saône et du Rhône à Lyon, et sans le potasser ou souder, sans le chlorer.
- Les jeunes filles de cë pays, qui entrent en condition à Lyon, sont d’ailleurs complète-ment déroutées pour les premiers lavages, dans les bateaux à laver de Lyon ; mais elles se font bien vite aux idées modernes ; et en avant toujours les moyens chimiques !
- Lorsqu’on savonne un linge dans dé l’eau crue, il se fait d’abord un savon de chaux insoluble, qui s’attache à la fibre et formé un manteau protecteur à la saleté, et ce n'est que lorsque le savon mousse qu'il attaque d'abord le savon dé chaux, puis la crasse. Lorsqu’on rincera, il se formera avec l’eau calcaire, de
- nouveau, un savon de chaux et, pour peu que le savon employé soit de basse qualité, ce qui a lieu neuf fois sur dix, le linge ne tardera pas de prendre en placard un bon parfum de vieille chandelle.
- Cela a déterminé, à Lyon, plusieurs grands hôtéls à créer des lavoirs particuliers sur les bords de l’Izeron (eaU granitique) ; le lavage leur coûte plus cher qu’à Lyon ; mais le linge n’écœure pas le voyageur; dame! tout lé monde n’aime pas l’odeur de suif avarié, et le plus cher finit par revenir meilleur marché, lés serviettes, par exemple, supportant cent lavages au lieu de quarante. Le coût ne revient à un prix plus élevé (de peu), qu’à cause du transport (15 kilomètres) et à l’installation spéciale.
- D’après des calculs faits par un homme compétent,Ward, pour Londres l’économie en savon avec des eaux douces serait de 10,000,000 annuellement. (La Tamise a la composition de la Seine, de la Saône et du Rhône, environ 166 hydrotimétriques.)
- Appliqué à Paris, ce calcul donnerait environ 6,000,000 annuellement.
- On peut hardiment évaluer au même chiffre l’économie d’usure du linge. Soit un tota de 12,000,000 fr., savon et usure de linge compris.
- Chaudières à vapeur. — Avec les eaux calcaires, il se fait des dépôts qui forment des boues et des tartres quelquefois très adhérents aux parois des chaudières. Dans le cas des boues, la vapeur les entraîne mécaniquement ; c’est une cause de malpropreté pour les bains de teinture et d’usure pour les organes des machines à vapeur.
- Pour les tartres, c’est encore bien plus grave ; peu à peu les dépôts augmentent ; le charbon est bien moins utilisé ; il faut avec des chaudières bien propres, je suppose, 100 kilog. de charbon ; avec le tartre, il en faudra jusqu’à 140 kilog. pour produire la même quantité de vapeur.
- De plus, les tôles couvertes de tartre se boursouflent, sont exposées sur lé foyer
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- KT DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- rougir, à Se désouder, à se fendiller, et souvent les explosions n’ont pas d’autres causes que l’entartrage. De temps en temps, il faut arrêter les feux, vider les chaudières pour les piquer, ce qui est une cause d’ébranlement dans les maçonneries et d’altération dans les 4 rivurès. De plus, une dépense inutile de combustible pour remettre la chaudière en feu.
- Avec les eaux granitiques, rien de tout cela ; ne contenant rien, elles ne forment ni dépôts boueux, ni tartre ; il suffit de les rincer une fois par an pour les visiter.
- J’ai calculé qu’à Lyon, pour les chaudières à vapeur, les eaux granitiques économiseraient sur l’emploi des eaux du Rhône, environ 500,000 fr. annuellement ; pour Paris et sa banlieue industrielle, on peut hardiment porter ce chiffre annuel à 4,000,000 de francs. Avec les 12,000,000 précédents, cela nous fait, pour Paris seulement, un total de 16,000,000 de francs :
- Marius MOYRET.
- (Ileproduction interdite.) (A suiarej
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Bleus.
- La couleur bleue est une des plus usitées dans l’art de la teinture. Il y en a de différentes espèces, qu’on peut diviser en deux classes : les bleus clairs et les bleus foncés.
- Nous ne nous attacherons pas aux différentes nuancés de bleus, parce qu’on en obtient toute une gamme, depuis le plus clair jus-qu’au plus foncé, en mettant plus ou moins de colorant ; ce que nous étudierons, cé sont lês différents degrés de production.
- Les bleus clairs, qu’ils soient obtenus par n’importe quel procédé, doivent être minu -tieusement dégraissés et détachés. Pour les bleus foncés, un simple passage au bain de 1 carbonate et un bon rinçage suffisent génér-lement. Cependant certains bleus, tomme les
- bleus de France et les bleus au violet, demandent à ce que les pièces soient soigneusement traitées.
- Il est nécessaire, dans la teinture des bleus clairs, dés bleus de France et des bleus au violet, de faire le bain (1).
- Plus leS nuances sont délitâtes, plus les chaudières ou les cuves employées doivent être propres.
- On doit tenir la nüahcé plus fràïehe, moins rouge et moins bleue, parce qu'elle se ternit, rougit et fonce au lavage.
- Bleus au carmin d’indigo.
- Cette teinture s’obtient directement, sans qu’il soit besoin au préalable de préparer les pièces de laine.
- Les ingrédients nécessaires pour obtenir une bonne nuance bleue avec le carmin d’indigo, sont l’alun et l’acide sulfurique. Cependant l’addition du sulfate de soude, loin d’être nuisible à la beauté de la nuance la renforce et lui donne plus de solidité.
- Voici la composition d’un mordant liquide qui nous a toujours donné de bons résultats :
- Pour 100 litres d’eau :
- 70 kil. d’acide sulfurique à 66° B.;
- 60 kil. de sulfate d’alumine;
- 130 kil. de sulfate de soude.
- Pour 100 kilos de laine on met, dans une cuve contenant la quantité d’eau nécessaire, 50 kilos de ce mordant liquide, lorsque le bain est neuf, c’est-à-dire tout à fait exempt de mordant, ou 30 kilos quand le bain est fait. On chauffe, puis on entre les pièces. On les fait manœuvrer 10 à 15 minutes dans ce bain de mordant, après quoi on ajoute le colorant. On teint à là température du bouillon jusqu’à la nuance voulue, puis on les abat et on les lave dans une eau bien claire;
- Les pièces sont alors teintes en un bleu pur et très vif, mais qui n’a jamais la solidité du bleu de cuve.
- (1) Voir dans le n.4, du 20 février, l’article sur la teinture des laines en pièces.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Pour obtenir de bons résultats, il faut un bain bien mordancé et acide.
- Pour jaunir on emploie soit l’acide pieri-que, soit l’orangé 4, qui tous deux donnent en même temps du plein, c’est-à-dire foncent la nuance.
- Pour rougir, on se sert de la fuschine. Ce produit doit être employé avec beaucoup d’attention. Il faut éviter d’en mettre trop, parce que la fuschine, lorsqu’elle est mordancée, est difficile non seulement à enlever, mais même à masquer.
- Lorsqu’on est obligé de l’employer, on opère de la manière suivante : on la délaye dans de l’eau chaude, puis on filtre cette solution pour éviter que de petits cristaux de fuschine viennent tacher les pièces.On arrête toute chaleur et on garnit. On laisse manœuvrer les pièces 5 à 10 minutes sans chauffer, puis on porte de nouveau le bain au bouillon.
- On rafraîchit la nuance avec du violet, lequel a la propriété de casser le jaune.
- Le coût de cette teinture est très élevé; aussi n’emploie-t-on le carmin d’indigo que dans les nuances claires qui demandent une grande vivacité. Dans les couleurs foncées, il n’est guère employé que pour finir la nuance.
- La dégradation des bleus au carmin se fait facilement, soit qu’on mette des pièces blanches à côté des pièces enfoncées, soit qu’on les reprenne sur un bain neuf.
- Le prix du carmin étant très élevé, il faut éviter ^écarter le bain.
- L'emploi du sulfate de soude, dans la proportion de 15 0|0 du poids de la laine, nous a toujours réussi dans la dégradation de ces bleus.
- A la passe suivante, on a soin de neutraliser l’effet du sulfate de soude par l’addition d’acide sulfurique.
- Il est préférable de garnir prudemment, parce que ces tripotages de bain sont toujours un faute grave pour un coloriste.
- Le tranchage des pièces teintes en bleu ne se fait pas toujours facilement; pour y aider, on ajoute 2 0|0 de tartre. Ce sel a la propriété
- de tenir le colorant en dissolution dans l’eau, et par cela même de l’empêcher de se précipiter trop vivement sur les tissus.
- Bleus au sulfate d’indigo.
- Les nuances obtenues avec le sulfate d’indigo sont moins fraîches que celles produites par le carmin d’indigo ; mais, en revanche, elles ont plus de fond et de solidité.
- Le mordançage et la manœuvre des pièces sont les mêmes que ci-dessus. Cependant il faut mettre moins d’acide sulfurique, le colorant en contenant beaucoup.
- On doit suivre l’état d’acidité du bain avec une grande attention. Le coloriste doit souvent goûter le bain, et, lorsqu’il est trop piquant, il faut en neutraliser l’acide.
- Un bain contenant de l’acide en trop grande quantité attaque la laine, et il arrive quelquefois, dans les teintures où l’on est obligé d'employer beaucoup de sulfate d’indigo, d’avoir des pièces cuites et absolument hors d’usage.
- Il faut éviter également le replongeage des pièces, qui peut porter préjudice à la solidité des tissus.
- Les plus grandes précautions sont nécessaires dans l’emploi de ce dangereux colorant.
- Pour garnir, on dissout le sulfate dans cinq ou six fois son volume d’eau froide, puis on verse cette dissolution dans le bain par petites quantités.
- Quand le sulfate est mis dans le bain sans avoir été préalablement dissout dans l’eau froide, il se produit un tel dégagement de chaleur, dans cette réaction de l’acide sulfurique concentré en présence de l'eau bouillante, qu’une grande effervescence a lieu et que la garniture, projetée en sens inverse, peut atteindre l’opérateur.
- On peut dégrader les pièces trop foncées par les mêmes procédés employés dans la teinture des bleus au carmin. Egalement, on jaunit avec l’acide picrique ou l’orangé 4 et on rougit avec la fuchsine. Les mêmes précautions sont nécessaires ici, dans la manipulation de ce produit.
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- On lave à grande eau, afin d’enlever tout l'acide qui se trouve dans les tissus.
- Bleus d’aniline.
- La qualité de ces bleus est la solidité. Ils ont aussi celle d’être économiques.
- Les produits d’aniline que nous employons avec succès sont le violet rouge 4 R S, ré-sistant à l’acide, et le vert lumière S O F, ré-sistant à l’acide (1).
- On mordance le bain avec le mordant liquide, déjà décrit dans la teinture des bleus au carmin, dans les proportions de 30 à 40 0{0 de la laine.
- On chauffe au bouillon et on laisse manœuvrer les pièces dans le mordant pendant 30 minutes environ. On arrête toute la chaleur, puis on met les colorants. Ceux-ci doivent être en dissolution filtrée. On laisse tourner les pièces 10 à 15 minutes sans chauffer, puis on porte le bain au bouillon. On teint à cette température. On termine la nuance avec le bleu d’indigo et la fuchsine, en prenant les précautions déjà décrites précédemment.
- Nous avons dit qu’il était nécessaire de terminer la nuance avec le carmin et la fuchsine, pour cette raison, que le violet rouge 4 R S et le vert lumière sont longs à s’appliquer régulièrement sur les pièces.
- Uuni de la nuance doit être obtenu du pre-premier coup, parce que, rentrés dans les pores de la laine, il est fort difficile de déplacer les colorants. Aussi un bain bien mordancé et acide est-il nécessaire. Le tartre, dans la proportion de 2 0[0, donne de la facilité pour unir.
- Les proportions de 0,50 à 0,60 0[0 de violet rouge 4 R S et 0,60 à 0,80 0[0 de vert lumière $ O F donnent des gros bleus déjà foncés.
- Si l’on a dépassé la nuance, on doit repren-dre, sur un bain neuf, les tissus teints, et ajouter des pièces blanches, afin de dégrader le plus possible. Puis on finit la nuance au carmin d’indigo et à la fuchsine. Il est tout à
- (1) Ces produits sont fabriqués par la Société P. Anilinet Soda-Fabrik.
- fait inutile de gâter le bain par des produits plus ou moins efficaces dans la dégradation de ces bleus.
- Au sortir du bain, on lave les pièces à grande eau.
- Ces bleus peuvent, lorsqu’ils sont bien préparés, résister au foulon.
- Bleus au bois de campêche.
- Ce procédé de teinture n’est employé que pour les bleus foncés qui ne demandent pas trop de fraîcheur.
- Deux opérations différentes sont nécessaires : le bouillon et le rabat.
- Bouillon.— Dans une cuve convenablement remplie d’eau froide, on met, pour 100 kilos de laine, 4 à 5 kilos d’acide sulfurique ; puis on y entre les pièces, qu’on fait ainsi manœuvrer 20 minutes sans chauffer. On ajoute au bain 2 kilos de bichromate de potasse (chro-mate rouge), 1 kilo de sulfate de cuivre (couperose bleue) et 3 kilos de tartre.
- Pour éviter que les mordants plaquent sur les pièces, on continue à les faire manœuvrer 15 minutes encore sans chauffer, puis on porte le bain à la température du bouillon.
- Les pièces doivent être mordancées pendant 1 heure 1[2 à cette température. On les abat, on les évente et on les plie.[On les laisse reposer 24 heures, ainsi imprégnées de mordants ; après quoi on peut les rabattre.
- On ne vide pas la cuve où se fait ce bouillon.
- Lorsque le bain est neuf, on mordance avec 10 kilos d’acide sulfurique, 4 kilos de bichromate de potase, 2 kilos de sulfate de cuivre et 6 kilos de tartre.
- Nous donnerons à ce bouillon le no 1.
- Ce sont les proportions indiquées ci-dessus que nous avons toujours préférées pour les boudons de gros-bleus ; cependant en voici d’autres dont nous garantissons l’efficacité.
- Bouillon de gros-bleus n° 2
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon de 2 heures dans :
- 4 kil. d’acide sulfurique;
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- 2 kil. de bichromate de potasse;
- 4 kil. d’alun.
- Bouillon de gros-bleus no 3
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon de 2 à 3 heures dans :
- 5 kil. de tartre;
- 10 kil. de sulfate d’alumine;
- 2 kil. 500 d’oxymuriate d’étain.
- Rabat.— Dans une autre cuve contenant de l’eau froide, on met la quantité nécessaire de jus de bois de Campêche, ou d’extrait de cam-pêche, pour arriver du coup, comme fond, à la hauteur de la nuance. Cette garniture faite on tourne le bain. Cette opération, qui est indispensable pour la bonne réussite de la teinture, se fait de la manière suivante : on ajoute au bain 1 à 2 0[0 du poids de la laine, d’acide sulfurique à 660 B., puis on paille fortement.
- Pailler le bain, c’est le remuer avec un ringard en bois de sapin, terminé par une large palette également en bois.
- Si le bain est tourné dans de bonnes conditions, il prend une teinte jaune cognac. S’il devient rouge, c’est que l’acide sulfurique a été mis en trop grande quantité. Dans ce cas, on est obligé d’écarter le bain, c’est-à-dire d’en vider une partie, de remplir la cuve avec de l’eau froide et de compléter la quantité nécessaire de jus ou d’extrait de bois de Campêche.
- Il ne faut donc ajouter l’acide au bain que prudemment et en plusieurs fois. On paille et on vérifie là couleur du bain chaque fois qu’on y remet de l’acide.
- ‘ I. e
- Lorsque le bain est tourné, on entre les pièces qui ont subi l’opération du bouillon, on les fait manœuvrer 20 à 30 minutes sans chauffer, puis on porte le bain au bouillon. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue. On termine la nuance avec du carmin d’indigo. On jaunit avec de l’acide picrique ou de l’orangé 4. On rougit et rafraîchit avec de la fuschine, en prenant toujours les mêmes précautions énoncées plus haut.
- Pour faire tirer le bain, c’est-à-dire pour faire précipiter totalement le colorant sur la laine, et par cela même rendre le bain très clair, on peut y ajouter 1 0[0 de sulfate de nitrate.
- Bleu violet au bois
- Voici un procédé de teinture dont les proportions donnent un bleu violet assez agréable :
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon de 2 heures dans :
- 2 kil. d’oxymuriate d’étain:
- 4 kil. de tartre;
- 8 kil. d’alun.
- Rabat.—30 kil. de bois de Campêche;
- 1 kil de sulfate de cuivre.
- La marche à suivre, pour le bouillon comme pour le rabat, est la même que celle indiquée précédemment.
- On finit la nuance avec du carmin et de la fuschine.
- C.-E. M., chimiste coloriste. i (A suivre).
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.)
- Mais il est un peu plus avantageux d’y laisser le sac de copeaux, et de le charger convenablement de poids pour qu’il ne gêne pas le passage du drap ; on a remarqué que la couleur devenait de cette manière plus saturée et même plus solide que quand les copeaux ôtaient retirés du bain.
- Si l’on veut retirer tout l’avantage qu’un semblable bain peut procurer, on y teint en premier lieu une pièce de drap préparée avec de l’alun, du tartre et de la composition d’étain; ensuite, une deuxième pièce simplement préparée avec du tartre et de la dissolution d’étain; car l’expérience a prouvé qu’on faisait de cette façon une couleur rouge encore plus
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- agréable, qui a même l’aspect de l’écarlate, mais qui lui cède cependant en vivacité et en vivacité et en beauté.
- Si on prépare 1 kilo de drap avec 300 grammes d’alun et 60 grammes de tartre, en le faisant bouillir pendant 1 heure et reposer 48 heures dans le bain de mordant devenu froid, et qu’on le fasse ensuite bouillir pendant 1 heure dans un bain de teinture composé de 600 grammeS de fernambouc et de 600 grammes d’alun, il y prendra Une couleur semblable à celle du n- VII, mais elle sera un peu plus foncée. Si on fait bouillir dans le restant du bain une deuxième pièce de drap préparé comme pour le n- 1, il y prendra une couleur rouge, qui tirera sur une espèce de cramoisi, et qui sera très agréable.
- Ce changement de nuance est occasionné tant par la préparation du drap que par la plus petite quantité d’alun employé dans le bain. On fera encore une autre nuance de rouge de cette espèce en composant un bain parfaitement égal à celui qu’on vient d'indi-quer, si le drap, au lieu d’être préparé avec de l’alun, l’est avec de la dissolution d’étain et du tartre, et qu’on fasse bouillir ühe pièce de drap pendant 1 heure, et ensuite une deuxième pièce, préparée de la même façon, aussi pendant 1 heure. Par ce procédé, on fera de nou-veau deux differentes nuances, dont la pre-mière tirera sur le rouge clair cramoisi, et 1 autre, sur le rouge de brique ; elles seront Cependant toutes les deux très agréables et différentes des précédentes.
- Si l’on veut faire encore d’autres nuances, on n’a qu’à composée d’une autre manière le bain de mordant, avec de l’alun, du tartre et de la dissolution d'étain , et mettre plus ou moins d’alun dans le bain de teinture; de cette manière. On fera tantôt des couleurs rouges Plus claires, tantôt de plus foncées. Il faut ce -Pendant ne pas prodiguer le tartre, sans cela on ferait des couleurs rouges plus brunes, ou lout--fait brunes, et des couleurs tirant sur ’u Couleur orange; au contraire, en diminuant 1 alun, on fait toujours des couleurs rouges,
- dont les nuances peuvent être rendues, à son gré, plus ou moins claires en ajoutant plus ou moins de tartre et de dissolution d’étain.
- L’addition la plus favorable pour les bains de fernambouc, c’est l’alun; il est de même le meilleur ingrédient pour la préparation du drap, parce que par son moyen on fait des couleurs rouges non seulement très agréable, mais aussi assez solides. Au contraire, les autres sels, tels que le sel marin et le sel ammoniac, occasionnent un tel changement dans les filaments du drap, lorsqu’on en fait usage pour la préparation, que, quoiqu’il prenne des couleurs rouges agréables dans les bains de teinture composés d’alun et de fernambouc, elles résistent peu à l’air, et elles ne se soutiennent pas, à beaucoup près, que celles dont le drap a été préparé avec de l’alun.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- -------------=-ts --=--------------
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE COMITÉ DE CHIMIE
- {Suite et fin.}
- M. Schmidt parle de l’action des préparations dites « sulfoléates » dans la teinture du rouge turc et soumet à une critique les théories de M. Mueller-Jacobs à ce sujet, publiées récemment dans le Journal polytechnique de Dingler.
- D’après cet auteur, l’huile pour rouge turc serait une solution saturée d’huile inaltérée (glycérine trioléiqüe ou triricinoléique) dans du sulfoléate ou sulforicinate alcalin, et elle agirait comme mordant en abandonnant à la fibre l’huile sous une forme extrêmement divisée. L’huile jouerait plutôt un rôle physique qüe chimique ; en entrant dans la laque elle l’envelopperait en la maintenant pour ainsi dire à l’état mouillé et en la protégeant contre les influences extérieures.
- Cette manière de voir n'est pas soutenable, car il résulte d’expériences du docteur Fischli à Schwanden, près Glaris, que des prépara-tions huileuses entièrement exemptes de tri-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- glycéride produisent dans la teinture du rouge turc le même effet que les sulfoléates, et que l’action des mordants gras repose plutôt sur un phénomène de l’ordre chimique. En saponifiant l’huile de ricin par la potasse, mettant l’acide gras en liberté et le’ redissolvant dans un alcali, on obtient un savon ricinique qui peut facilement remplacer les sulfoléates dans la teinture en rouge turc.
- Une expérience ancienne de M. Albert Scheu-rer démontre de même que la présence d’un triglycéride dans l’huile pour rouge n’est pas nécessaire. En effet, une émulsion laiteuse d’acide oléique libre et d’eau obtenue par une agitation de quelques mois peut remplacer les sulfoléates dans toutes leurs applications.
- M. Camille Kœchlin soumet au comité de chimie des échantillons de deux jaunes : la flavaniline de MM. Meister Lucius, Brunning etCie, et l’auramine de MM. Kern, Bindsched-1er et Caro. Comme pureté de nuance, ces matières colorantes sont une nouveauté.
- La flavaniline convient à la laine et à la soie. Elle donne les meilleurs résultats avec son poids d’acide tartrique et d’acétate de magnésie.
- Sur coton, la flavaniline convertit le bistre de manganèse en brun plus vif que celui de la p-naphtylamine, mais avec l’inconvénient de jaunir les blancs produits parle chlorure stan-neux. Substituée à l’aniline dans les compositions qui donnent le noir, la flavaniline ne rend que des teintes nankin plus pâles que celles de la toluidine.
- L’auramine est applicable sur coton et sur laine. Sur laine, c’est le jaune le plus pur qu’on connaisse. Pour la fixer sur coton, il lui faut, avec son poids d’acide tartrique, six fois son poids de tanin, ainsi que le passage en émétique après vaporisage, à moins d’être appliquée sur tissu stannaté. Les préparations sulfoléiques sont contraires à cette matière colorante. L’auramine du commerce, à 15 fr. le kilo, contient 800|0 de dextrine.
- Sur coton, un jaune qui dépasse les précé
- dents, qui est indifférent à la préparation du tissu, stannaté, sulfoléate, ou blanc pur, et qui possède les caractères de solidité des couleurs d’alizarine, est le jaune à la graine de Perse à base de Sü^ O^, G2 03.
- L’ALIZARINE
- A l’inauguration qui a eu lieu dernièrement de l’importante usine du « South me-topolitangasCny» à Londres, les invités ont pu examiner un vaste établissement de produits chimiques, installé uniquement dans le but de travailler le goudron de gaz produit par la fabrication journalière de 20 millions de pieds cubes de gaz, avec 2,000 tonnes de charbon.
- Le goudron de gaz est mis dans des alambics pouvant contenir chacun environ 36,000 litres. En y appliquant la chaleur, la première émission est le naphte, qui commence à se produire à la faible température de 38° C.; avec une température double, on obtient la créosote, produit important employé le plus souvent comme base de l’acide carbonique. En augmentant encore la chaleur, on obtient l’anthracène, qui, séparée de l’huile qu’elle contient, nous apparaît sous la forme d’une substance solide, de laquelle, par un traitement chimique, on extrait l’alizarine.
- L’alizarine est une matière colorante artificielle contenant toutes les qualités essentielles de la couleur garance. La découverte de cette matière est un des triomphes de la chimie moderne et n’est pas moins importante que la découverte de la fabrication si peu coûteuse de l’outremer (matière colorante d’un bleu foncé, fabriquée autrefois en broyant l’admirable pierre le lapis-lazub avec du carbonate de soude).
- Ces trois sous-produits sont les principaux dont la production est le but de l’établissement ; mais le goudron de gaz en contient d’autres que les chimistes ne laisseront certainement pas perdre.
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- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- CHEMIN DE FER DE L’OUEST.
- M. le ministre des travaux publics a homologué, à titre provisoire, une proposition de la Compagnie de l’Ouest ayant pour objet d’inscrire, dans son tarif spécial P. V. n- 22, des prix fermes de 23 et 26 fr. par tonne, frais de chargement, de déchargement et de gare compris, pour le transport des chanvres et lins bruts expédiés par chargement complet de wagon d’au moins 5,000 kilog. d’Argenteuil à Guingamp et Brest et vice versa. — Voy. l’affiche collective du 20 décembre 1884.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de la teinture des soies
- Précédé de VHistoire chimique de la soie et de l’histoire de la teinture de la soiej par MA-Rius Moyret, professeur de chimie à Lyon.
- Il paraît étrange, à coup sûr, qu’une industrie aussi importante que la teinture des soies, capable de provoquer pour ses besoins d'im-denses travaux scientifiques et industriels, n ait eu jusqu’à ces derniers temps aucun ouvrage qui lui fût consacré spécialement. Le lait est pourtant vrai ; le seul traité complet qui existât sur la matière avant l’utile publica-bon du livre de M. Marius Moyret est Y Art de la teinture en soie, par M. Macquer, qui date de 1763 ! Et pourtant on sait quels progrès a réalisés depuis cette époque cette branche d'in-dustrie si importante pour la France. La rai-son de cette abstention est le grand secret dans lequel nos industriels lyonnais ont constamment jugé utile, souvent à tort, de tenir leur fabrication ; nous disons, à tort, car les Industries mécaniques sont loin d'avoir souf-fert de la publication et de la vulgarisation des manuels et des bons ouvrages théoriques dont l’influence a été sensible sur les progrès réalisés.
- Des circonstances heureuses de situation
- ont permis à M. Moyret de combler patiemment cette lacune et de présenter enfin, à la Société des sciences industrielles de Lyon, un traité complet, scientifique et analytique, de la teinture des soies, débarrassé da toute formule sottement empirique et donnant, d’une foçon rationnelle, les divers procédés et la succession des opérations qui sont et resteront la base de cette belle industrie.
- L’ouvrage comprend 16 chapitres dont nous donnons ci-après le résumé succinct:
- Le chapitre 1er est consacré à l’histoire des travaux chimiques faits sur la soie et aux transformations successives survenues dans les ateliers par les progrès des ressources mécaniques et colorantes mises à leur disposition.
- Le chapitre II est entièrement consacré à montrer les phases que subit la soie depuis le cocon jusqu’à la mise en teinture; il traite de l’hygrométricité, du conditionnement, des essais et titrages, des mesures de l'élasticité et autres. Plusieurs paragraphes résument des études personnelles très remarquables.
- Le chapitre III et le chapitre IV donnent l’étude physique et chimique de la soie et l’étude des théories émises sur ce précieux textile par Hellot, le Pileur d’Apligny, Walter-Crun, Persoz, etc. Signalons ce qui a trait à l’emploi des mordants et aux travaux micro-graphiques sur les soies teintes de M. le docteur L.-L. Lembert.
- Dans les chapitres V et VI, l’auteur traite de l’importante question de la charge de la soie, notamment pour les couleurs foncées et noires, et de l’emploi du sucre, des sels de magnésie, de baryte, du bichlorure d’étain et des tannins. Il étudie le rouil, cette importante matière de charge dont l’industrie lyonnaise emploie de 20à 25,000 kilogr. par jour.
- Le chapitre VII décrit l’action des divers tannins sur un fond métallique à base de fer avec ou sans addition de protochlorure d'étain.
- Avec le chapitre VII s’arrêtent les considérations générales : les huit derniers chapitres
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sont consacrés à la teinture proprement dite et à Fart du teinturier avec tous ses détails et l’explication raisonnée des secrets de fabrication si importants à connaître et à appliquer judicieusement, surtout depuis que l’introduction des couleurs d’aniline dans la gamme industrielle est venue enrichir la palette du teinturier d’une foule de formules fructueuses. Ces procédés sont si peu et si mal connus que la lecture du livre de M. Moyret rendra certainement de réels services non seulement aux chimistes, mais encore aux industriels et aux praticiens de toute catégorie et de tous pays.
- Envoi franco contre mandat-poste de 21 francs.
- Adresser les demandes au bureau] du journal.
- BREVETS D'INVENTION
- 163698. 11 août ; Grosselin père et fils et Petibon. — Nouvelle machine à tremper les tissus pour épaillage chimique.
- 163712. 9 août; Grison. — Procédé de mordançage partiel des étoffes de laine et autres.
- 163783. 14 août; Larisch. — Procédé et appareil de dégraissage des fils et tissus.
- 163819. 22 août; Hauschel. — Appareil mécanique pour la teinture, carbonisation et séchage de la laine, du coton et autres matières textiles.
- OCCASION
- A VENDRE une collection d’Échantillons de Teinture avec procédés en regard de chaque échantillon.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N» 1. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Avril 4883
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX. DE L’EAU DANS LES ARTS TEXTILES (suite). TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- BLEU ANGLAIS.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- savon Pour la teinture.
- BOIS DE CAMPÊCHE
- BIBLIOGRAPHIE.
- BREVETS D’INVENTION.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- APPAREIL A BLANCHIR, TEINDRE, AMIDONNER OU LAVER LES FILS
- Par M Thomas.
- Cet appareil se compose d’un série de cuves qui, disposées les unes à côté des autres ou en arrière l’une de l’autre, contiennent les liquides dans lesquels les fils doivent être im-mergés successivement. Des rails, fixés de chaque côté des cuves, servent au déplace-ment d'un chariot qui, mû à volonté d’avant en arrière ou réciproquement, transporte les écheveaux d’une cuve à 1‘autre.
- Simultanément à la translation et pendant ' immersion dans les bacs, les écheveaux sont soumis à un double mouvement de rotation et hn déplacement vertical alternatif, pour ré-Partir uniformément l’action des liquides sur toute la masse fibreuse.
- ARTICLES SOIE
- Par MM. Lavadoux et Cuif.
- MM. Lavadoux et Cuif appliquent un tissu soie tel que satin, velours, etc., blanc, de
- préférence, sur une étoffe claire (tulle ou canevas) devant servir de support au premier. Les deux étoffes une fois solidarisées, l’envers est recouvert d’une peinture à l’alcool formant motif de décoration.
- La doublure du tissu soie est assez ajourée pour laisser la couleur pénétrer et apparaître à l’endroit avec une teinte adoucie.
- On rabat au fer chaud le duvet des parties superficielles où la lumière doit être un peu crue ; on laisse le reste de la surface dans l’état et l’on obtient, en définitive, des effets particuliers, qui conviennent à la confection d’écrans, d’éventails, de boîtes à ouvrage, etc.
- MACHINE A FLAMBER LES ÉTOFFES Par M. Pégout.
- Cette machine, principalement destinée à l’apprêt des soieries, se distingue des appareils construits pour le même objet :
- 1° Par le mode de réglage de la flamme ;
- 2o Par l’adjonction de cylindres polisseurs.
- L’étoffe, provenant d’une ensouple, passe sur une tringle métallique triangulaire (comparable à la table d’une tondeuse longitudinale) et est appelée vers la partie inférieure de manière à former un angle aigu. C’est au sommet de cet angle que vient brûler un jet de gaz et d’air, mélangés à l’intérieur d’un tuyau transversal (percé de petits trous ou fendu longitudinalement vis-à-vis de la table
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- triangulaire). Le tuyau n'est point fixé d'une façon immuable, il repose, aux deux extrémités, sur des supports à charnière dont l’orientation se modifie au moyen de vis de calage. On peut ainsi faire varier le point de tangence de la flamme suivant la contexture de l’étoffe et l’intensité voulue du grillage.
- Le ou les cylindres polisseurs, qui agissent sur le tissu, déjà flambé, sont construits en fer, ou en fonte, et portent des lames héliçoï-dales dont le pas est égal au développement du cercle des arêtes extérieures. En d’autres termes, ces lames, montées à 45 degrés, présentent une inclinaison moyenne entre les directions des fils longitudinaux (chaîne) et des fils transversaux (trame).
- Il est bien entendu que dans le cas de plusieurs rouleaux polisseurs, les lames sont alternativement montées de droite à gauche et de gauche à droite sur les cylindres successifs.
- COLLE VÉGÉTALE POUR L’ENCOLLAGE DES FILS Par MM. Ducancel et Fortin.
- La colle de fécule préparée à chaud présente divers inconvénients ; la proportion d’eau est irrégulière, il se forme une croûte superficielle qui se fixe sur les fils, en provoque la rupture au tissage ou détermine des taches sur le tissu teint.
- Pour y obvier, MM. Ducancel et Fortin préparent à froid une colle exactement dosée, en utilisant la réaction des alcalis sur les fécules, farines et amidons, réaction qui a pour conséquence de mettre en liberté sans altération le principe agglutinant de ces substances.
- Les brevetés indiquent à titre d’exemple, mais sans se limiter à ces proportions, un mé_ lange de 60 litres d’eau (pour 10 kil. de fécule) avec 20 litres d’eau (pour 3 kil. de soude caustique). Le mélange peut être neutralisé ensuite au moyen d’un kilogramme d’acide sulfurique dilué dans 20 litres d'eau.
- DE L’EAU
- DANS LES ARTS TEXTILES
- (Suite.)
- Nota. Quelques lecteurs me demandent de donner les renseignements les plus complets sur le tracé de mes aqueducs, portant l’eau des torrents des montagnes de l’Ardèche et du Lyonnais, à Lyon, Paris, Rouen et villes de la route; en réponse, j’ai le regret de leur dire que je ne puis le faire, car cette description tiendrait 800 pages et 40 planches, pour aider à les comprendre. Tout ce que je puis affirmer, c'est que je n’agis pas à la légère, je connais les localités dont je parle, et je me rappelle comme d’hier matin des cours de mes célèbres professeurs : Bineaud, Lembert (chimie et hydrologie); Fournet (géologie, minéralogie, orographie et hydrographie); Mer-get (mathématiques spéciales).
- Le devis de 300,000,000 pour l’ensemble des travaux, est ce que l’on appelle un point forcé en terme d’ingénieur; il est calculé à maxima. Une étude absolue, c'est-à-dire un piquetage sur le terrain, coûterait quelque chose comme 500,000 fr., et ne peut se faire qu’après un commencement de formation de Société.
- Dans ce travail je vais faire le plaidoyer complet et en faveur des eaux granitiques sur les eaux calcaires, et montrer que les premières économiseraient à Paris, Lyon, Rouen et villes de la route plus de 40,000,000 fr. annuellement ! sans compter la recette de nombreuses forces motrices que je néglige complètement
- Encore une fois, trop facilement les capitaux français vont à l’étranger outiller l’industrie à notre détriment; les 300,000,000 dont je parle ne sont rien ; d’ailleurs cette dépense sèmerait le bien-être et la prospérité sur une ligne de 800 kilomètres et l’argent resterait en France.
- Le lecteur me pardonnera l’ordre de mes descriptions ; je puise selon mes notes résultant de vingt-cinq ans de pratique et de voya-
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- ges, et l’étude des eaux d’une quarantaine de villes. Je suis à même de prouver tout ce que j’avance.
- Filature de la soie. — Ici le plaidoyer en faveur des eaux granitiques est tout fait ; les soies filées des Cévennes sont sans rivales sur le marché du monde entier.
- Je suis au courant de la question, car en 1881, sur la demande de M. Tirard, ministre du commerce, et par l’intermédiaire de M. Bérenger, sénateur de la Drôme, j’ait été appelé à présenter la défense technique des sériciculteurs des Cévennes, pour la conclusion des traités de commerce.
- A diverses reprises j’ai été consulté pour remplacer l’eau granitique dans la filature de la soie par une eau calcaire purifiée ; même par de l’eau distillée ; mais jamais je n’ai pu y arriver.
- Je pose en principe, dès maintenant, que toutes les fois qu’il s’agit d’une fibre azotée, telle que la soie ou la laine, la chaux joue un rôle néfaste, que nous retrouverons d’ailleurs constamment lorsqu’il s’agit de matières azotées, même dans la cuisson de la viande, la panification, la cuisson de certains légu-nies (haricots et fèves).
- L’eau granitique dans la filature de la soie, donne à cette fibre un toucher moelleux et un brillant naturel (je souligne et pour cause). Le rendement en filature est moindre, mais le produit se vend plus cher; la soie filée dans les eaux granitiques, ayant quelque peu perdu du grès en filature, perd d’ailleurs moins à la cuite. Et la soie cuite ou décreusée est plus belle, plus apte à se teindre.
- Les soies filées en eau calcaire sont inférieures comme brillant et toucher; donnent dans les opérations ultérieures, assouplissage et cuite, de moins beaux produits. Le rendement en filature est plus fort, de 2 à 3 0[0.
- En Italie, des filateurs n'ayant que de l’eau granitique à leur disposition (eau de glaciers) calcarisent leur eau, pour avoir à volonté et les marques des Cévennes et celles des eaux calcaires. Pour ce ils filtrent leurs eaux pures
- sur du bicarbonate de chaux, obtenu en précipitant du sulfate de chaux par du bicarbonate de soude en proportions calculées d’après le volume d’eau à employer.
- Ceci est une aberration : on ne saurait trop écarter la chaux dans les arts textiles... et partout.
- Il est reconnu que la chaux produira plus tard des accidents, à la cuite au savon principalement (travaux de Sobrero, de Turin, et de Guinon aîné, de Lyon). En ce moment, j’ai à examiner des accidents très graves en teinture, qui ne viennent que de la formation de savons calcaires, à l'insu du teinturier. Mauvais rinçages avec des eaux calcaires sur la cuite au savon.
- Lavage des laines. — Que la laine soit lavée sur le dos de l’animal, coupée sur le mouton vivant, ou pelade, c’est à dire obtenue par le dépilage, des peaux de moutons morts, l'action de l’eau est incontestable.
- Plus de douceur, plus de moelleux avec les eaux granitiques.
- J’ai fait, dans le temps, pour le compte de la maison D... et Cie, de Lyon, des essais de laine pelade. Or, après une centaine d’essais, nous sommes arrivés à cette conclusion, que des couvertures de laine, faites avec de l’eau de la Loire (Saint-Just, près Saint-Etienne) pour les lavages, ou,de l’eau de la Saône, la première granitique, la deuxième calcaire, ne se ressemblaient pas étant finies, toutes les autres opérations restant les mêmes, et la laine étant prise dans la même balle.
- Les couvertures faites avec la laine pelade, lavée à Saint-Just, pouvaient réaliser avec celles d’Orléans, et se vendaient 10 francs, quand celles faites avec la laine lavée en Saône avaient de la peine à s’écouler à 9 fr.
- Cordes harmoniques. — Les cordes harmoniques, que je cite ici incidemment, sont l’objet d’un commerce considérable. Il y en a de trois natures :
- 1* Les cordes métalliques, où l’eau ne joue aucun rôle.
- 2• Les cordes en soie, destinées surtout pour
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’exportation dans les ports de mer, où l’humidité régnante proscrit l’emploi des cordes suivantes.
- 3- Les cordes en boyaux de mouton. — Ici, le rôle de l’eau est des plus sérieux. — J’ai fait de grands travaux pour MM. B..., et j’a— ) voue que, depuis ces travaux, je suis devenu très réservé [dans [mes appréciations comme expert.
- Les boyaux de moutons sont d’abord lavés à l’eau courante, si possible, avant d’être montés en cordes de finesses variables, depuis la mince chanterelle jusqu’à la corde de harpe ou de transmission. Quand les eaux sont granitiques, tout va bien et les produits obtenus sont de qualités supérieures ; mais si les eaux sont calcaires, il faut les corriger par un carbonate alcalin.
- Or, ici, non seulement il faut un carbonate alcalin, mais, ce que je ne me suis jamais expliqué, c'est que le carbonate de soude ne peut remplacer celui de potasse. Et non seulement le carbonate de potasse fait mieux que celui de soude, mais — résultat industriel devant lequel il faut s’inelinei-toutes les potasses du commerce ne donnent pas le même résultat. Il est bien entendu que, dans de nombreux essais industriels, j’ai toujours ramené les solutions des diverses potasses : d’Amérique, de Russie, des Vosges, 4e Toscane, etc., au même degré alcalimétrique.
- Depuis ces essais, j’ai souvent cherché dans les riens la solution de grands problèmes industriels.
- Rouissage du lin, chanvre, etc. — Ici encore la supériorité des eaux granitiques est écrasante, comparées aux eaux calcaires. Et voulez-vous vous rendre compte du pourquoi de la valeur de certains lins, regardez la géologie de l’Europe, et vous verrez qu’ils ont été rouis dans des eaux granitiques.
- La ramie ne se rouit pas, elle n'est donc pas en cause. La ramie est de la famille des chats : elle n’aime pas l'eau ; pour la décortiquer, il suffit d'abandonner les tiges vertes sous des hangards à une dessiccation très
- lente et très longue. Il suffit alors de secouer à la main une tige bien desséchée, pour que le bois tombe et que la fibre vous reste dans les doigts.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A eüiare.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Bleus au violet.
- Les nuances obtenues par le procédé suivant sont très pures et très vives. Elles tirent sur le violet.
- Un seul bain est nécessaire pour la production de ce bleu.
- On doit faire le bain ;
- Dans une cuve très propre et convenablement remplie d’eau froide; on mordance, pour 100 kil. de laine, avec 10 kil, de sulfate de soude, 10 kil. de sulfate d’alumine, 5 à 6 kil. d’acide sulfurique à 66 degrés Baumé et 3 kil. de tartre cristallisé. On fait fondre les mordants, puis on garnit avec du carmin d’indigo et du violet, suivant la nuance demandée. On entre les pièces, qu’on fait manœuvrer 15 à 20 minutes sans chauffer, puis on porte progressivement la température du bain jusqu’au bouillon. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue.
- Le bouillon ne doit pas être trop fort, parce qu’il nuirait à la vivacité de la nuance.
- Lorsqu’on veut rougir, on arrête toute la chaleur, et, réciproquement, un bon bouillon empêche le rouge de monter.
- Ces bleus se dégradent facilement par l’addition de 15 kil., pour 100 kil, de laine, de sulfate de soude.
- La fuchsine ne s'emploie pas ici, sauf dans le cas où l’on serait enfoncé en jaune. Ainsi que nous l’avons déjà dit, elle casse le jaune, c’est-à-dire, pour employer une expression moins technique, qu’elle le couvre et l’annule.
- Le violet casse également le jaune, mais en
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- même temps il donne un fond bleu qui peut gêner lorsqu’on est trop près de la nuance demandée.
- La fuchsine produit des variations très sensibles dans ces nuances, aussi oblige-t-elle l’opérateur à n'en mettre que par très petites quantités
- Les mêmes précautions sont à prendre dans son emploi que précédemment.
- Le lavage doit être très bien soigné.
- Bleus de France.
- La teinture des bleus de France est une opération assez compliquée qui demande une attention soutenue.
- Les pièces destinées à cette teinture doivent être très bien dégraissées.
- Il faut tenir la nuance un peu moins foncée et moins rouge que celle demandée, parce qu’elle fonce et rougit au lavage et à l’apprêt.
- Bleu de France N' 1,
- La méthode suivante de teinture des laines en bleu de France comprend deux parties : le bouillon et la teinture proprement dite.
- Bouillon. — Pour 100 kil. de laine, on met :
- 7 kil. d’alun,
- 5 kil. de tartre,
- 2 kil. 500 d’oxymuriate d’étain.
- On fait dissoudre ces mordants dans un peu d’eau bouillante, puis on ajoute le volume d’eau froide nécessaire pour remplir la cuve.
- On entre les pièces à froid, c'est-à-dire dans le bain devenu froid, et on porte pro-gressivement la température jusqu’au bouillon. Les pièces y sont manœuvrées pendant 2 heures, puis on les abat et on les évente. On les laisse reposer 24 heures sur le mordant, après quoi on peut les teindre.
- Teinture. — La teinture se subdivise en 5 Parties.
- Nous prenons cette classification pour per-mettre, dans la description du procédé, toute la clarté possible :
- 1 Dans une cuve contenant de l’eau froide, on met, pour 100 kil. de laine, 8 à 10 kil. de cyanure de potassium ou prussiate de potasse.
- La proportion de 10 0[0, qui est celle des nuances les plus foncées, ne doit pas être dépassée afin d’éviter le plaquage du colorant. Une pièce qui plaque, est celle sur laquelle le colorant s'est placé inégalement et en quantité beaucoup plus grande sur un endroit que sur un autre.
- On fait manœuvrer les pièces 1 heure sans chauffer.
- Après cette opération elles sont jaunes.
- 2° On ajoute au bain 5 kilos d’acide sulfurique à 66° B., et la température du bain est élevée peu à peu jusqu’à 70 ou 80 centig. On maintient cette température pendant 1 heure.
- 30 On fait une nouvelle garniture avec 2 kilos d’acide sulfurique, puis on chauffe jusqu’à bouillon. On maintient le bain au bouillon pendant 1 heure.
- La nuance de la laine est alors d’un gros-vert foncé.
- 4o On garnit avec 2 kilos de sel d’étain. On fait bien bouillir le bain pendant 2 heures.
- La couleur de la laine est devenue bleue.
- 50 Au sortir du bain, on fait passer les pièces dans un foulard contenant une solution de terre glaise, pour enlever l’excès de colorant resté dans les pièces, afin qu’elles ne brousent pas. Une pièce qui brouse est celle qui, frottée avec un linge blanc, lui communique sa nuance selon qu’elle est plus ou moins bien lavée ou que la teinture est plus ou moins solide.
- On rince ensuite dans une eau bien claire.
- Ce lavage ternit la nuance ; aussi est-il nécessaire de la rafraîchir. C’est ce que l’on obtient en faisant manœuvrer les tissus dans un bain d’eau tiède contenant 2 0[0 du poids de laine, d’acide sulfurique.
- Si c’est nécessaire, on ajoute du bois de Campêche ou du carmin d’indigo pour foncer la nuance. Dans ce cas, on porte le bain au bouillon et on teint à cette température jusqu’à la nuance voulue. Il ne faut cependant pas chauffer trop fortement afin de ne pas ternir la nuance.
- On la rafraîchit avec du violet en prenant
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- les précautions que nous avons mentionnées dans le précédent numéro du « Moniteur de la teinture. » •
- On jaunit et ternit la nuance, soit avec de l’acide picrique, soit avec de l’orangé 4.
- On vide le bain après chaque opération.
- Quelques coloristes recommandent de ne laver les pièces que 12 heures, et même 24 heures après la teinture.
- Bleu de France no 2
- Le procédé suivant diffère du précédent en ce que l’opération ne nécessite qu’un seul bain.
- Il comprend 5 phases ou parties :
- lo Pour 100 kilos de laine, on garnit avec :
- 21 kil. d’acide sulfurique à 66 B., puis on ajoute :
- 14 kil. de prussiate de potasse ;
- 5 kil. de sel d’étain ;
- 5 kil. 700 de sel ammoniac.
- On fait dissoudre ces sels et on entre les pièces dans le bain qui doit être froid. On les manœuvre 1 heure sans chauffer.
- 2 La température du bain est progressivement portée jusqu’à 30 ou 40o. Elle est maintenue pendant 1 heure.
- 3o On chauffe à 50o pendant 1 heure.
- 4° De 85 à 90o pendant le même laps de temps. ; > • . :
- 50 On atteint la température du bouillon, qu’on maintient encore pendant 1 heure.
- Ce bouillon doit être léger pour ne pas porter préjudice à la beauté de la nuance.
- Si la nuance obtenue est moins foncée que celle demandée; on peut ajouter, toujours pour 100 kilos de laine, 3 à 4 kilos d’acide sulfurique qui développera le bleu.
- On lave le lendemain à la terre glaise comil a été dit plus haut. rin ,
- On peut également employer le carmin pour foncer, le violet pour rafraîchir et l’acide picrique ou l’orangé 4 pour jaunir et ternir la nuance. ; .
- Les proportions suivantes, donnent un bleu clair :
- Pour 100 kilos de laine.
- 10 kil. d’acide sulfurique ;
- 8 kil. de cyanure de potassium ;
- 3 kil. 300 de sel d’étain ; . s.
- 3 kil. 300 de sel ammoniac.
- Celles-ci donnent un bleu très foncé : Pour 100 kilos de laine.
- 15 kil. d’acide sulfurique ;
- 15 kil. de prussiate de potasse ;
- 30 kil. d’alun ;
- 1 kil. de sel d’étain.
- La marche à suivre est la même que celle i indiquée ci-dessus.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- BLEU ANGLAIS
- Il ne manque pas de produits donnant du bleu sur laine ou sur coton, peu peuvent être employés sur fibre animal ou sur fibre végétal. Le bleu anglais peut servir pour les deux. Il remplace les bleus spéciaux pour coton que l’on teint à l’alun et aux cristaux de soude et le bleu alcalin pour laine que l’on teint au ba-rat d’abord, sur bain acide ensuite.
- La teinture faite avec l’un ou l’autre des colorants susdits ne supporte le lavage ; le bleu anglais donne une teinture qui résiste au lavage. Cette propriété seule serait suffisante pour faire adopter ce colorant ; mais la laine teinte au bleu alcalin n’a-t-elle pas besoin de deux bains; le barat ou la soude ne rend-elle pas la laine dure? Cet inconvénient est évité : le bleu anglais laisse à la laine un toucher doux, se teint sur un bain, coûte meilleur marché que le bleu alcalin et, comme nous l’avons déjà dit, donne une teinture solide. M. Max Singer nous communique les quatre échantillons suivants.
- Mode d’emploi du bleu anglais sur coton pour 10 kilos.
- Dissolution. — On met dans un bidon 50 à 1
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- 100 gr. bleu anglais, suivant la nuance, et autant d’acide acétique que de produit. On verse dessus de l’eau bouillante (15 litres pour 100 gr. de bleu) et on remue continuellement
- N° 1. — Fait avec 5 grammes de bleu anglais sur un kil. de laine.
- le produit jusqu’à complète dissolution ; on fait bouillir 20 minutes.
- Mordançage. — Mordancer pendant quelques heures dans un bain chaud garni avec 500 gr. tannin ; tordre et passer le coton dans un autre bain chauffé au plus à 400 contenant environ 200 gr. Tartre émétique, rincer ensuite à l’eau fraîche.
- Teinture. — On prépare un bain presque froid dans lequel on met d’abord dissolution du produit, puis 1 kil. acide acétique et 1 kil. alun. On entre le coton dans ce bain et on manœuvre bien en chauffant presque jusqu’au bouillon. On maintient cette température pendant 20 à 25 minutes. Après ce temps, le colorant doit être complètement épuisé.
- On tord ensuite et on sèche. Inutile de rincer.
- Observations. — Il faut éviter de laisser
- N° 2 — FBjt avec 10 grammes de bleu anglais sur un kil. de laine.
- refroidir la dissolution avant de s’en servir, afin de ne pas être forcé de la réchauffer, ce qui ferait tort à la beauté de la nuance. On fera donc bien de ne jamais dissoudre plus de bleu à la fois qu’on en a besoin.
- L’acide acétique et l’alun dans le bain de
- teinture sont nécessaires pour teindre lentement et uni.
- En passant le coton au savon après teinture, on obtient de belles nuances verdâtres.
- —
- Mode d’emploi du bleu anglais sur laine. Pour 10 kilos.
- Dissolution. — De même que ci-dessus.
- Teinture. — On prépare un bain d’eau tiède
- N* 3 — Fait avec 10 grammes de bleu anglais sur un kil. de coton.
- et on ajoute d’abord la dissolution du produit, puis 300 gr. acide sulfurique et 1 kil. sulfate de soude. On entre la laine dans ce bain qu’on chauffé jusqu’au bouillon, on maintient
- N 4 — Fait avec 15 grammes de bleu anglais sur un kil. de coton.
- cette température pendant demi-heure. Après ce temps, le bain n’étant pas complètement épuisé, on laisse traîner la laine pendant une dizaine de minutes dans le bain, en le laissant refroidir.
- Enlever ensuite, bien rincer et sécher.
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- {Suite.}
- Les couleurs que procurent la dissolution d’étain sont très agréables, mais peu solides;
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- O q
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cependant son usage est avantageux lorsqu’on l’emploie avec modération pour la préparation du drap avec du tartre et de l’alun. On recommande l’emploi d’une chaudière d’étain lorsqu’on se sert de la composition d’étain comme mordant. Les nuances que l’on y produit sont plus agréables que celles obtenues dans une chaudière de cuivre.
- No VIII. — Rouge avec la garance et le fernambouc.
- On prépare le drap avec du tartre et de la composition d’étain de la manière suivante : Dans une chaudière d’étain convenablement remplie d'eau, on met 100 grammes de crème de tartre ; lorsque le tartre est dissous, on ajoute successivement 100 grammes de dissolution d’étain. On fait bouillir le bain pendant quelques minutes. Alors on y met le drap, on l’y fait bouillir pendant deux heures, après quoi on le laisse égoutter et refroidir.
- On prépare un bain de teinture, pour 1 kil. de drap, avec 480 grammes d’alun, 240 grammes de copeaux de fernambouc et 240 grammes de garance. On fait bouillir le tout ensemble, puis on entre le drap préparé. On l’y fait bouillir pendant 1 heure, on le retire, on l’évente et on le lave soigneusement. .
- Le mélange de la garance et du fernambouc produit une couleur rouge agréable et un peu plus solide que celle obtenue avec la garance seule (1),
- On peut varier les nuances à l’infini, en mettant des quantités variables de mordants et de colorants.
- L’alun seul produit de belles couleurs rouges avec un mélange de garance et de fernambouc, au contraire, la dissolution d’étain et le tartre rendent la couleur plus brune que rouge.
- Des couleurs jaunâtres.
- On comprend sous cette dénomination les couleurs rouges de feu et rouges de brique. Ces deux espèces de couleurs rouges jaunâtres sont principalement faites avec la garance et la cochenille où, avec le mélange des deux,
- qui, par l'intermédiaire de certains sels, employés dans des proportions bien déterminées, font virer au jaune ces deux colorants naturellement rouges.
- N. IX. — Rouge de feu avec la garance.
- Pour cette couleur, on compose le bain de mordant, pour 1 kilo de drap, avec 100 grammes de tartre cristallisé et 100 grammes de composition d’étain qu’on fait bouillir ensemble pendant quelques minutes. On y met le drap, on l’y fait bouillir pendant deux heures. On le retir e, on le laisse égoutter et refroidir.
- On prépare le bain de teinture avec 600 grammes de tartre cristallisé ou crème de tartre; lorsque le bain est en ébullition et que le tartre est bien dissout, on y met 600 grammes de composition d'étain. On fait bouillir le tout pendant quelques minutes, puis on ajoute 150 grammes de garance. On cesse le feu sous la chaudière, on remue bien le mélange, puis on y met le drap préparé. On l’y fait manœuvrer pendant une demi-heure, on le laisse ensuite refroidir et reposer 24 heures dans ce bain. On le manœuvre pendant une demi-heure dans ce même bain de garance devenu froid, après quoi on l’en retire. On vide la cuve, on y remet de nouveau 300 grammes de garance sur laquelle on verse de l’eau bouillante et l’on remue fortement. On entre dans ce bain chaud de garance la même pièce de drap, que l’on passe encore une demi-heure. On l’y laisse refroidir et reposer 24 heures. On la retire, on l’égoutte et on la lave soigneusement. La couleur rouge ainsi obtenue est rouge feu jaunâtre.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- SAVON
- POUR RENDRE IMPERMÉABLES LES TISSUS
- Suivant M. H. Kraetzer, chimiste à Leipsig, un procédé pour rendre imperméables les tissus et le papier, au moyen d’un savon alumi-neux, a été breveté il y a environ cinquante ans par Beryermann et Vroos.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- La solution suivante a la propriété de rendre imperméables les tissus de coton et de chanvre :
- Faites dissoudre 500 grammes de savon à l’huile d’olive dans 145 litres d’eau chaude, mais non bouillante.
- Faites également dissoudre 1 kil. d'alun dan 145 litress d’eau et ajoutez 90 grammes de colle forte.
- Mêlez les deux et trempez les tissus dans le mélange encore chaud, ensuite séchez.-
- Pour tissus de lin :
- Faites dissoudre 165 grammes de savon dans 8 litres d’eau de pluie et, dans une même quantité d’eau, 330 grammes d’alun.
- Ne mêlez pas les solutions, mais chauffez-les à 1000 C.
- Trempez les tissus premièrement dans la solution de savon, et ensuite dans la solution d’alun.
- Beyermann n’emploie pas de la colle forte. Il fait dissoudre 112 grammes de savon blanc dans 8 litres d’eau bouillante, et 165 grammes d’alun dans la même quantité d'eau.
- L’une et l’autre solution sont chauffées à 60C. On trempe alors les tissus de laine, premièrement dans la solution de savon et ensuite dans la solution d’alun ; ils sont alors séchés à l’air.
- Pour des tissus de coton, il faut doubler la quantité de savon et d’alun pour la même quantité d'eau; pour le papier et le lin, il faut trois fois la quantité de savon et d’alun pour la même quantité d’eau ; pour la soie, quatre ^°is, ou 500 grammes de savon et 180 gram-mes d’alun.
- Le savon alumineux peut ainsi remplacer complètement le caoutchouc pour rendre les lissus imperméables, et, de plus, les tissus imprégnés de ce savon restent flexibles.
- On pourrait peut-être s’en servir également pour la fabrication de cols et de manchettes imperméables. — (Jlother and furnisher F
- BOIS DE CAMPECHE
- Le principe actif du bois de campêche (Hæ-matoxillon Campechianum), aussi bien que la décoction qui en est obtenue, est Yhèmato-xiline, une substance colorante, qui a été soigneusement étudiée parChevreul, Hesse,etc., au commencement du siècle actuel.
- Dans une dissertation publiée dans le Wochenschrift fur Spinnerei und Weberei, M. Gawalaski nous donne quelques détails fort intéressants sur un procédé qu’il a employé pour analyser la quantité de matière colorante contenue dans l’extrait de campêche.
- lo En faisant sécher avec du sable une once de l’extrait, la perte de poids représente l’eau.
- 2o En réduisant en cendres, dans un plat spacieux en platine, un quatorzième ou un neuvième d’once, le résidu donne la quantité de cendres.
- 3o En traitant un sixième d’once de l’extrait, premièrement avec de l’eau froide, ensuite avec de l’eau chaude, troisièmement avec de l’alcool et finalement avec de l’éther, le résidu insoluble, recueilli sur un filtre bien sec, est lavé dans de l’eau chaude, de l’alcool, de l’éther, puis séché et pesé. Après avoir déduit la quantité de résidu en cendres, on a la quantité de fibre du bois.
- 40 En étendant d’eau un quatorzième ou un sixième de l’extrait et en le secouant avec de l’éther. L’extrait éthéré étant enlevé, l’eau est secouée avec l’extrait jusqu’à ce qu’il ne rende plus de substance colorante. Le reste de l’éther étant alors évaporé dans un plat goudronné, séché et pesé, donne la résine.
- La différence par analyse est égale à la quantité de matière colorante.
- Depuis quelque temps, l’extrait de bois de Campêche a été beaucoup falsifié par l’addition de mélasse de betterave ou de sirop Mosco-vado, et les analyses par quantités ci-dessus ne sont utiles qu’après s’être assuré de l’ab-sence de toute matière saccharine, Une forte
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- proportion de cendres est supposée indiquer une falsification probable avec du sirop.
- Diverses expériences ont été faites pour s’assurer de la réussite de ces moyens, et il a été trouvé que les échantillons de bois de Campêche à l’état solide contenaient de 81 à 93 pour cent de matière colorante.
- laine on emploie 6 kil. de carbonate de soude, 1 litre d’ammoniaque et 1[2 gramme de mé-thylviolet. Ce procédé permet non-seulement de blanchir la laine, mais la rend plus douce et plus facile à manipuler. — (Mouvement industriel belge du 20 février 1884).
- BREVETS D'INVENTION
- 16S815. 19 août; Desfosse. — Procédé nouveau pour dorer ou bronzer les tentures en relief.
- 163915. 23 août; Thompson et Bickman.— Perfectionnements dans le blanchiment des fibres, fils et tissus d’origine végétale.
- 163882. 25 août; Prévost. — Colle spéciale pour l’apprêt des lainages, des velours d’Utrecht et des velours de coton, dite « colle veloutine perfectionnée ».
- 164044. 2sept.; Hannart frères.— Machine à apprêter les étoffes.
- 164099. 3 sept.; Ewer, Pick et Majert. — Procédé pour produire des matières colorantes jaunes jusqu’au jaune brun par l’action de l’acide cyanique et ses dérivés sur des amines aromatiques primaires, secondaires et ter tiaires ou sur des diamido-benzophénones té-traalkylisées.
- 164271. 13 sept.; Société dite : Badische Anilin et Soda-Fabrik. —Préparation des dérivés chlorés et bromés du benzaldéhyde, et leur conversion en produits de substitution or-thonitrés et en indigo chloré et bromé.
- 164433. 22 sept.; Société Mathelin, Flo- J quet et Bonnet. — Procédé perfectionné d'é-paillage des tissus, principalement en vue d’obtenir des nuances vives et d’éviter les taches d’épaillage en teinture.
- BREVET BELGE
- Pris dans le courant de 1884
- 66557. Blanchiment des laines (5e cat.). Faveur. Inv. 9 octobre 1884. Par 100 kil. de
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de la teinture des soies
- Précédé de V Histoire chimique de la soie et de ^histoire de la teinture de la soie, par MA-RIUS Moyret, professeur de chimie à Lyon.
- Il paraît étrange, à coup sûr, qu’une industrie aussi importante que la teinture des soies, capable de provoquer pour ses besoins d’immenses travaux scientifiques et industriels, n’ait eu jusqu’à ces derniers temps aucun ouvrage qui lui fût consacré spécialement. Le fait est pourtant vrai ; le seul traité complet qui existât sur la matière avant l’utile publication du livre de M. MariusMoyret estVArtdela teinture en soie, par M. Macquer, qui date de 1763 ! Et pourtant on sait quels progrès a réalisés depuis cette époque cette branche d’industrie si importante pour la France. La raison de cette abstention est le grand secret dans lequel nos industriels lyonnais ont constamment jugé utile, souvent à tort, de tenir leur fabrication; nous disons, à tort, car les industries mécaniques sont loin d'avoir souf-fert de la publication et de la vulgarisation des manuels et des bons ouvrages théoriques dont l’influence a été sensible sur les progrès réalisés.
- Des circonstances heureuses de situation ont permis à M. Moyret de combler patiem-ment cette lacune et de présenter enfin, à la Société des sciences industrielles de Lyon, un traité complet, scientifique et analytique, de la teinture des soies, débarrassé da toute for' mule sottement empirique et donnant, d’une foçon rationnelle, les divers procédés et la succession des opérations qui sont et resteront la base de cette belle industrie.
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- L’ouvrage comprend 16 chapitres dont nous donnons ci-après le résumé succinct :
- Le chapitre 1er est consacré à l’histoire des travaux chimiques faits sur la soie et aux transformations successives survenues dans les ateliers par les progrès des ressources mécaniques et colorantes mises à leur disposition.
- Le chapitre II est entièrement consacré à montrer les phases que subit la soie depuis le cocon jusqu’à la mise en teinture; il traite de l'hygrométricité, du conditionnement, des essais et titrages, des mesures de l'élasticité et autres. Plusieurs paragraphes résument des études personnelles très remarquables.
- Le chapitre III et le chapitre IV donnent l’étude physique et chimique de la soie et 1 étude des théories émises sur ce précieux textile par Hellot, le Pileur d’Apligny, Walter-Crun; Persoz, etc. Signalons ce qui a trait à 1 emploi des mordants et aux travaux micro-graphiques sur les soies teintes de M. le docteur L.-L. Lembert.
- Dans les chapitres V et VI, l’auteur traite de l’importante question de la charge de la soie, notamment pour les couleurs foncées et noires, et de l’emploi du sucre, des sels de magnésie, de baryte, du bichlorure d’étain et des tannins. Il étudie le rouit, cette impor-tante matière de charge dont l’industrie lyonnaise emploie de 20à 25,000 kilogr. par jour.
- Le chapitre VII décrit l’action des divers tannins sur un fond métallique à base de fer avec ou sans addition de protochlorure d'étain.
- Avec le chapitre VII s’arrêtent les considé-rations générales : les huit derniers chapitres sont consacrés à la teinture proprement dite et à l'art du teinturier avec tous ses détails et Explication raisonnée des secrets de fabrica-tion si importants à connaître et à appliquer Judicieusement, surtout depuis que l’introduc-tion des couleurs d'aniline dans la gamme in-dustrielle est venue enrichir la palette du tein-turier d’une foule de formules fructueuses. Ces procédés sont si peu et si mal connus que
- la lecture du livre de M. Moyret rendra certainement de réels services non seulement aux chimistes, mais encore aux industriels et aux praticiens de toute catégorie et de tous pays.
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- Le Jeudi 9 Avril 1885
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- 1,200,000 francs par an, 6 tirages : les 5 janvier, 5 mars 5 mai, 5 juillet, 5 septembre et 5 novembre. A chaque tirage : 1 obligation remboursable par.. 100.000 fr 1 — — 25.000 fr. 6 — remboursables par 5,000 francs, soit ' 30.000 fr.
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- Pendant la période de libération, il sera tenu
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- LE moniteur de la teinture
- compte aux souscripteurs, sur les sommes versées, d’un intérêt de 3 0[0,qui viendra en déduction des termes à payer.
- Les titres définitifs seront munis de coupons semestriels de 7.50, aux échéances du 1er avril et du 1er octobre, payables au Crédit Foncier de France et chez les Trésoriers généraux et Receveurs particuliers des finances.
- Les versements successifs sur les obligations seront reçues au Crédit Foncier de France, chez les Trésoriers payeurs, et chez les Receveurs particuliers des finances.
- Les versements non effectués à l’échéance sont passibles d’un intérêt de 5 010 et les titres en retard sont déchus du droit aux primes et lots.
- La répartition sera faite du 1er au 15 juin 1885. La souscription sera ouverte le jeudi 9 avril,
- A PARIS :
- Au Crédit Foncier de France, rue des Capucines, 19 ;
- Au Comptoir d’Escompte de Paris, rue Bergère, 14;
- A la Banque de Paris et des Pays-Bas, rue d’Antin, 3 ;
- A la Société Générale, rue de Provence, 54, et dans ses bureaux de quartier ;
- Au Crédit Lyonnais, boulevard des Italiens, 19, et dans ses bureaux de quartier;
- Au Crédit industriel et commercial, rue de la Victoire, 72, et dans ses bureaux de quartier ;
- A la Société de Dépôts et Comptes courants, place de l’Opéra, 2 ;
- A la Banque D'ESCOMPTE de Paris, place Ven-tadour ;
- Au Crédit Foncier et Agricole d’Algérie, 8, place Vendôme, à Paris; — et à Alger, Oran, Constantine et Bône ;
- A la Compagnie Foncière de Franck, rue Saint-Honoré, 366.
- A la Banque Parisienne, rue Chauchat, 7 ;
- A la Banque Franco-Egyptienne, boulevard Haussmann, 32.
- A la Compagnie Algérienne, rue des Capu cines, il
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- La souscription sera close le même jour à 5 heures.
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- I
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29- Année, 8. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Avril 4885
- SOM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- PROCÉDÉS DIVERS.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- Bl ANCHIMÈNT ET TEINTURE.
- TRANSPORT DES LAINES.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TUBES POUR TEINDRE LES FILS EN CANNETTES
- Par M. Lombard.
- M. Lombard réalise l’envidage des fils sur des tubes percés de trous nombreux, afin d’assurer la pénétration intime des filaments par les solutions tinctoriales. La matière employée à la confection des tubes est le caoutchouc qui résiste bien aux bains acides.
- Le système a pour but de supprimer la perte de « titre » occasionnée par la teinture avant filage, d’augmenter le rendement, d’éviter les suppléments de façon accordés pour le travail des fibres teintes, d’économiser le dévidage et le bobinage en même temps que les déchets résultant de ces manipulations, de faciliter les réassortiments en permettant de ne mettre en teinture que les quantités de fil strictement nécessaires.
- DOUBLE MÈCHE POUR APPRÊTS DE FILATURE DE COTON Par M. Deschamps.
- Le boudin qui sort d’un appareil « rota-
- frotteur » se compose de deux demi-mèches qui, d’ordinaire, sont laminées sur la machine suivante sans tenir compte des irrégularités identiques qui peuvent exister dans ces doubles éléments. Si, par exemple, il se trouve dans une fraction du boudin une partie amaigrie, l’étirage de la seconde machine ne fait qu’exagérer la défectuosité.
- M. Deschamps évite l’inconvénient en dissociant les demi-mèches voisines. Si, par exemple, nous considérons deux boudins contigus formés des demi-mèches A et B pour le premier, C et D pour le second, au lieu de laminer ces mèches dans l'ordre ci-dessus, on introduit sous les cylindres étireurs du rota-frotteur enfin les éléments A et D, d’une part, B et C de l’autre. Les inégalités de préparation sont ainsi corrigées par le doublage.
- MACHINE A SÉCHER LES ÉCHEVEAUX Par MM. Suizer frères.
- Le séchage des fils teints ou lavés s’effectue en suspendant les écheveaux sur des perches en bois munies, aux deux extrémités, de tourillons en fonte avec carrés conducteurs et disques dentés ; les tourillons sont engagés sur deux chaînes sans fin parallèles, pourvues d’entailles correspondantes et cheminant de bas en haut dans une étuve, où l’air chaud suit un circuit de direction opposée.
- Un faisceau tubulaire de tuyaux de vapeur,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- situé à la partie supérieure de la chambre, échauffe l’air ambiant qui est aspiré vers la partie inférieure par un ventilateur fixé sur le sol. Cette disposition a pour but de soumettre les fils à une température progressivement élevée, en raison inverse de la proportion d’eau qu’ils contiennent, afin de ménager les nuances tendres et la nature même des fibres.
- Par suite des circonvolutions alternatives des chaînes à l’intérieur de l’étuve, les éche-veaux se présentent tantôt couchés horizontalement, tantôt suspendus verticalement ; de plus, les disques dentés des tourillons rencontrent des saillies ou dents (solidaires des traverses conductrices des doubles chaînes» qui font tourner les perches automatiquement et déplacent les écheveauxpar intermittences, de façon que le courant d’air chaud pénètre toutes les parties des masses fibreuses.
- La sortie des perches s’effectue du même côté que l’entrée. L’ouvrier peut ainsi enlever les écheveaux secs et charger les écheveaux humides sans se déplacer.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 164763. 13 octobre; Gaudry.— Système de chauffage à vepeur des cylindres de métiers à apprêter les tissus, cylindres sécheurs, chaleur transmise par adhérence.
- 164774. 13 octobre; Herpel et Courand. — Mode de teinture destiné à produire des tissus double face et des impressions polychromes ne traversant pas le tissu.
- 164832. 16 oclobre ; Guerrand et Delouvres. —Nouveau métier reproduisant en velours et broderies tous dessins et reliefs quelconques.
- 164877. 18 octobre ; Fleury-Desmares. — Application à la tondeuse mécanique pour étoffes de dispositifs permettant de réserver en épargne certaines parties du tissu.
- 164984. 24 octobre ; Serrière.—Procédés de traitement ayant pour but de décolorer, clarifier et rendre limpides à la dissolution à froid tous les extraits tannants de toute nature et
- les jus de tannerie employés en tannerie et en teinture.
- 165044. 27 octobre ; Société Serve frères.— Nouveau système de cylindre pour machine de chapellerie dite : «fouleuse,» pouvant être appliquée aux machines à feutrer, à apprêter les étoffes, à fabriquer le papier, etc.
- 155120. 31 octobre; Worall.—Perfectionnements daus les machines à laver et à teindre.
- La machine perfectionnée indiquée au brevet est constituée par un double bâti octogonal fixe, qui supporte aux angles de l’octogone une série de rouleaux formant guides pour soutenir et diriger l’étoffe à laver ou à teindre; soutenues par les mêmes bâtis, sont deux séries de rouleaux, dont les centres sont placés sur deux cercles, de rayons l’un plus grand que celui des axes des rouleaux formant guides, l’autre plus petit que ce même cercle. Au sommet de l’appareil le support des rouleaux-guides est double, un des rouleaux reçoit et soutient le tissu à son arrivée à la machine, l’autre le reçoit et le soutient à sa sortie où se trouve également placé un rouleau de carde, qui entraîne le tissu.
- L’ensemble de tout ce système est immergé complètement ou partiellement dans la cuve de lavage ou de teinture ; dans le dessin du brevet, l’immersion est faite seulement sur la moitié de l’appareil, et dans ce cas les rouleaux qui ne sont pas plongés dans le liquide reçoivent par leur axe et transmettent par leurs bras creux, du liquide de lavage ou de teinture à l’étoffe qu’ils supportent
- L’avantage de cet appareil est de produire sur toute la longueur du tissu une tension et une vibration telles, que le poil ne soit pas couché mais reste au contraire droit et hérissé sur le corps du tissu.
- 165167. 4 novembre; Varinet.—Perfectionnements apportés aux procédés de teinture.
- Perfectionnements consistant à faire l’opération du bouillon ou mordançage dans une cuve métallique chauffée à la vapeur et à feu nu ; l’inventeur prétend obtenir par la combinaison de ces deux modes de chauffage une
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- régularité absolue de température et prétend en même temps pouvoir conduire très facilement son opération.
- 165284. 10 nov.; Lèbre.—Découverte, fabrication et applications d’un nouveau produit dit : « coton bydrofuge, » imperméable à l’air et à l’eau, etc.
- 165300. 13 nov.; Bertrand.— Appareil destiné à teindre la laine en bobines.
- L’appareil est formé d’un récipient absolument étanche, dans lequel sont disposés des plateaux perforés, sur lesquels on place les bobines à teindre. L’appareil étant rempli, on chauffe à la vapeur, le liquide s’échauffe, se dilate et remonte par un tuyau placé à la partie supérieure dans un récipient placé à une certaine hauteur au-dessus de l’appareil renfermant les bobines, le liquide s’y refroidit et redescend au moyen d’un tube formant serpentin pour achever le refroidissement ; à la partie inférieure de l’appareil renfermant les bobines le liquide s’échauffe de nouveau et remonte, il s’établit de la sorte un courant continu, qui produit rapidement la teinture de la laine placée sur les bobines.
- Le réservoir supérieur peut servir pour plusieurs appareils ; il faut, dans ce cas, dispo ser sur les tuyaux de descente du liquide des soupapes pouvant arrêter à volonté la marche du liquide.
- 165367. 17 nov.; Bled. — Séchoir à surface perforée pour toutes les pièces d’étoffe par le vide.
- 165203. 6 nov.; Rimmer. — Procédé et appareils perfectionnés pour la fabrication des extraits de bois jaunes et autres bois colorants, d’écorces et autres matières végétales.
- Procédé consistant à concentrer par évaporation par l’application de l’air, qui est refoulé ou aspiré à travers la liqueur, jusqu’à ce que la liqueur soit concentrée à la force voulue.
- L’appareil se compose d’une chaudière ou d’un alambic, dans lequel on place les bois colorants avec l’eau. On fait bouillir et on extrait le liquide dans un premier réservoir de concentration.
- Ce bois déjà épuisé est traité de nouveau, 2 fois par l’eau, et le liquide produit faible en couleur servira à traiter du bois neuf, que l’on introduira dans l’alambic.
- La concentration se fait par évaporation dans une série de deux bacs chauffés à la vapeur.
- 164533. 8 nov.; Aubert.-Cert. d’ad. au brevet pris, le 25 septembre 1884, pour des procédés électrolytiques ayant pour but l’obtention des matières colorantes dérivées des alcaloïdes artificiels, ainsi que l’application des susdits procédés à l’impression de tous tissus, en toutes matières préparées ou non, papiers, etc., ainsi qu’à la teinture.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris,
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.}
- No Rouge jaunâtre avec cochenille.
- Pour cette couleur, on mordance le drap comme il a été dit ci-dessus.
- Dans un même bain de teinture, on peut obtenir trois nuances tout à fait différentes. Les proportions des sels employés pour la composition du bain de teinture se trouvent naturellement changées par le passage successif des pièces de drap; c’est du reste ce qui permet d’obtenir des nuances variables avec un même mordançage et dans un même bain de teinture.
- Nous appellerons A, B et C les différents passages des draps dans le bain.
- A. — Dans une chaudière d’étain remplie d’eau proportionnellement à la quantité du drap, on compose le bain de teinture, pour 1 kilo de drap, de 150 grammes de cochenille, 150 grammes de tartre et de 600 gr.de compo-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sition d’étain. On y fait bouillir le drap pré-• paré pendant 1 heure ; il y prend une couleur rouge jaunâtre qui est agréable.
- B. — On remplace dans le bain le liquide manquant par de l’eau, puis on y entre une deuxième pièce de drap, préparée de la même manière, qu’on y fait bouillir également pendant 1 heure. Le drap y reçoit une couleur rouge de brique très agréable et plus faible que la précédente.
- C. — On remplit encore le bain avec de l’eau, puis on y fait bouillir une troisième pièce de drap mordançée de la même façon que les deux premières ; elle y prend une belle couleur jaunâtre très pâle, naturellement plus claire que la précédente.
- Cramoisi fleur de pêcher, chair et lilas
- . On emploie principalement la cochenille pour faire ces couleurs; elle produit des nuances solides qui sont agréables. Cependant on se sert aussi du fernambouc avec lequel on obtient des nuances presque aussi vives, mais qui ne sont pas, à beaucoup près, aussi solides que celles données par la cochenille.
- Cramoisi à la cochenille.
- On fait bouillir 1 kilo de laine pendant 2 heures dans un bain composé de 240 grammes d’alun et de 120 grammes de tartre cristallisé, puis on lève et on évente. On fait bouillir dans le bain pendant 1[4 d’heure, 100 grammes de cochenille réduite en poudre fine ; on arrête le bouillon, puis on rentre l’étoffe qu’on fait manœuvrer pendant 1 heure. On donne un bouillon pendant 1(4 d’heure afin d’assurer la nuance, après quoi on remonte l’étoffe sur le tour, on l’évente et on la lave à l’eau courante ; on obtient par ce procédé, qui permet d’opérer rapidement, une couleur cramoisie très agréable et déjà foncée.
- Cramoisi à la cochenille.
- I kilo de laine préparée avec 100 grammes de tartre et 100 grammes de composition d’étain, puis bouillie pendant 1 heure avec 60 grammes de cochenille et 300 grammes de vi
- naigre , prend une couleur rouge d’écarlate jaunâtre.
- La potasse, dissoute en faible proportion | dans l’eau, a la propriété de rendre les couleurs sombres et un peu mates.
- On peut varier les nuances à l’infini, soit en changeant les proportions de potasse, soit 1 en modifiant la préparation ou le hain de tein- | ture de la laine,
- On utilise ici cette propriété de la manière ! suivante : on laye la laine, puis on la met dans | un bain froid de potasse contenant 90 gr. 1 4e potasse pour 20 litres d’eau et on l’y laisse | pendant 24 heures.
- Elle y prend une belle couleur rouge cra- | moisie,agréable à la vue et tirant sur le rouge I amarante.
- Cramoisi à la cochenille.
- On fait bouillir à hauteur de la nuance, 1 | kilo de laine bien dégraissée avec 85 grammes I de crème de tartre, 135 grammes de composi- I tion d’étain, 4 grammes de cochenille ammoniacale et 1 gramme 1 [2 de cochenille en poudre.
- Ce mélange de cochenilles préparées diffé- | remment produit une nuance agréable de cramoisi clair.
- Cramoisi a la cochenille.
- Pour obtenir cette couleur, on prépare 1 kil. de laine avec 300 grammes d'alun. On la fait bouillir pendant 1 h. lj2, et on la laisse reposer 24 heures dans un bain devenu froid.
- On compose.un bain de teinture avec 300 grammes de cochenille, 90 grammes de tartre; lorsqu’il bout, on y ajoute 600 grammes de composition d’étain, on remue bien le tout, puis on y met et fait bouillir la laine pendant 1 heure. On la retire, on la laisse égoutter et refroidir; après quoi, on la lave soigneusement.
- Elle y prend une belle couleur de cramoisi foncé.
- On peut teindre successivement des étoffes de laine, préparées de la même manière, dans le restant du bain.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- La première y prendra une couleur rouge cramoisi tirant sur le bleuâtre, presque aussi foncée que la précédente.
- La seconde sera teinte en une belle nuance fleur de pêcher.
- La troisième prend une couleur lilas rougeâtre.
- Enfin, la quatrième aura une couleur également lilas, mais plus pâle que la précédente.
- On remplit le restant du bain avec de l’eau; puis on ajoute, pour 1 kil. de'laine, 300 grammes de tartre et 300 grammes de composition d’étain.
- On fait bouillir et on ajoute une nouvelle pièce bien dégraissée. Elle y prend une couleur rose vif.
- Le bain est rempli avec de l’eau. On y met une autre pièce, dont le dégraissage a été bien soigné, et préparée avec 90 grammes d’alun et 30 grammes de composition d’étain (pour 1 kil. de laine). On l’y fait bouillir pendant 1 h 1[2 et on la traite comme précédemment. On obtient ainsi une belle couleur de rose.
- Cramoisi à la cochenille.
- Pour 1 kil. de laine, on fait un bain avec 50 grammes de sulfate de soude, 50 grammes de sulfate d’alumine et 30 grammes de sel d’étain. On y fait bouillir la laine pendant 1 h. 1[2 ou 2 heures, puis on y ajoute 100 grammes de cochenille ammoniacale. On con-tinue de faire bouillir pendant 1 heure environ. On retire la laine du bain, on la laisse égoutter.
- Cette teinture produit une couleur de cramoisi très agréable.
- Cramoisi à la cochenille.
- Pans un bain composé de 150 grammes de sel marin, on fait bouillir 1 kil. de laine pendant 1 heure. On laisse ensuite reposer 24 heures dans ce bain devenu froid: après quoi, on l’en retire. On la met dans un bain de tein-ture préparé avec 15 grammes de tartre, 120 grammes de composition d’étain et GO gram
- mes de cochenille réduite en poudre. On l’y fait bouillir pendant 1 heure, on la retire du bain et on la lave. Elle y prend une couleur rougeâtre foncée.
- On prépare un bain avec 45 grammes de potasse et 45 grammes de sel ammoniac et on y met la laine qu’on vient de laver; on la remue de temps en temps. Enfin, lorsqu’elle est restée 24 heures dans ce bain, on l’en retire et on la lave.
- On obtient ainsi une couleur rouge cramoisi qui tire sur le bleu, et qui est tout à fait différante des autres couleurs cramoisies décrites ci-dessus.
- Le mélange des dissolutions aqueuses de potasse et de sel ammonjac produit une réaction chimique, laquelle a la propriété de changer la couleur brune rougeâtre, primitivement obtenue, en une belle nuance cramoisie, for-c?ment un peu bleuâtre, par suite de quelques parties de potasse restées libres.
- (Reproduction interdite) (A suivre.).
- PROCÉDÉS DIVERS
- Rouge amarante.
- 100 kil. de laine.
- Faites manœuvrer les pièces au bouillon pendant 2 heures dans un bain de mordant composé de :
- 10 kil. de tartre,
- 25 kil. d’alun.
- Abattez et éventez.
- Faites bouillir dans ce même bain pendant 20 minutes environ
- 9 kil. de cochenille en poudre
- Arrêtez le bouillon, entrez les pièces, manœuvrez-] es pendant 1 heure sans chauffer.
- Faites bouillir 10 à 15 minutes, afin d’assu-rer la nuance; puis abatte? et lavez soigneusement.
- Rouge cramoisi.
- 100 kil. de laine.
- On fait un bain avec :
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 18 kil. de chlorure de sodium (sel marin), 18 kil. d’alun.
- On y entre les pièces, qu’on manœuvre pendant 1 heure 1[2 à 2 heures au bouillon.
- On abat, on évente et on laisse reposer 24 heures sur le mordant.
- On compose le bain de teinture avec :
- 1 kil. 550 de tartre,
- 12 kil. de composition d’étain,
- 6 kil. de cochenille moulue.
- On entre les pièces, qu’on fait bouillir pendant 1 heure, puis on les abat et on les lave à l’eau courante.
- Rouge écarlate.
- 100 kil de laine.
- Préparez un bain de mordant avec : Eau,
- 10 kil. de tartre cristallisé,
- 10 kil. de composition d’étain (1).
- Faites bouillir pendant 2 heures, puis abattez ; faites égoutter et refroidir.
- Préparez le bain de teinture avec :
- 1 kil. 500 de tartre cristallisé,
- 6 kil. de cochenille réduite en poudre fine. Pailliez bien, puis mettez successivement 6 kil. de composition d’étain.
- Pailliez de nouveau, entrez et faites bouillir pendant 1 heure.
- Abattez, éventez, lavez et faites sécher à l’air.
- Rouge écarlate moyen.
- 100 kil de laine.
- Plongez la laine dans un bain de bouillon composé de :
- 20 kil. de tartre cristallisé,
- 1 kil. de cochenille en poudre.
- Faites dissoudre et ajoutez
- 15 kil. de composition d’étain.
- Bouillez 2 heures, abattez et laissez refroidir.
- (1) Voici une bonne formule de composition d'étain :
- 15 kil. d’eau de pluie,
- 15 kil. d’acide nitrique,
- 1 kil. 500 de sel ammoniac,
- 1 kil. 850 d’étain très pur.
- Composez la rougie de la manière suivante:
- 5 kil. de composition d’étain,
- 5 kil. de cochenille en poudre.
- Donnez un bouillon pendant 1 heure, puis abattez et lavez dans une eau bien claire.
- Rouge écarlate clair.
- 100 kil. de laine.
- Préparez le bouillon avec :
- 20 kil. de tartre,
- 0 kil. 500 de cochenille en poudre.
- Faites bouillir ce bain 10 minutes environ, puis mettez-y la laine.
- Après 1 heure 1[2 à deux heures de bouillon, abattez.
- Composez le bain de teinture avec :
- 2 kil. 500 cochenille,
- 5 kil. de composition d’étain.
- Faites bouillir 1 heure environ, puis abattez, lavez et séchez à l’air, à l’abri de la lumière.
- Rouge de garance.
- 100 kil. de laine.
- Préparez le bain de mordant avec :
- 10 kil. 500 d’alun,
- 3 kil. de tartre.
- Quand ces sels sont dissous, plongez les étoffes et faites bouillir pendant 1 heure ou 1 h. 1[2. Abattez, éventez et laissez reposer pendant 3 jours sur le mordant.
- Composez le bain de teinture avec 25 kil . de garance en poudre fine et de première qualité, mise dans la quantité d’eau chaude nécessaire. Remuez sans faire bouillir, puis plongez les pièces mordancées. Manœuvrez-les pendant 1 heure sans chauffer, puis faites bouillir pendant 10 ou 15 minutes au plus, afin de fixer la nuance.
- Abattez et lavez avec soin.
- (Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES {Suite}
- Bleus de cuve.
- On nomme bleus de cuve, les couleurs bleues claires ou foncées qui sont obtenues
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- P
- dans un bain monté avec du pastel et de l’indigo ou avec de l’indigo seul.
- Ces bleus sont très purs. Ils sont les plus solides.
- Les pièces à teindre en cette nuance doivent être soigneusement détachées et dégraissées.
- La teinture par elle-même n’offre aucune difficulté ; mais il faut, pour le montage et l’entretien de la cuve, non seulement beaucoup d’attention, mais encore une grande expérience.
- Nous dirons seulement quelques mots de la cuve au pastel et à l’indigo, dont on ne se sert presque plus aujourd’hui.
- On écrasait un mélange de pastel et d’indigo et on le mettait dans une cuve contenant de l’eau chaude. On couvrait cette cuve, puis on la laissait reposer quelques heures. On ajoutait de temps en temps de la chaux éteinte à l’air, jusqu’à ce qu’on aperçût des bulles bleues à la surface du bain. On y trempait un petit morceau d’étoffe de laine, et, si après une courte exposition à l’air, il devenait bleu, on se servait de la cuve.
- Le pastel semble ne jouer là que le rôle de matière organique, ayant la propriété de faire naître la fermentation indispensable pour la production du bleu. Cette hypothèse est du reste confirmée par l’emploi du son ou de la mélasse qui produisent les mêmes effets que le pastel et coûtent beaucoup moins cher.
- Bleu de cuve d’indigo.
- bans une cuve convenablement remplie d eau, dont la température est de 50 et 60 de-8rés centigrades, on met 5 kilos d’indigo ré-duit en poudre très fine, 70 kilos de son et 35 Kilos de cristaux de soude.On remue soigneu sement le liquide contenu dans la cuve. On la couvre avec des planches et des couvertures, et on la laisse en repos. Douze heures après, on remue de nouveau le bain en tous sens, puis on ajoute 5 kilos de chaux éteinte dans 1 eau ou .1 l’air, après quoi on abandonne la cuve pendant 20 ou 24 heures.
- A- ce moment, il se dégage de la cuve une
- odeur âcre, la couleur du mélange devient verdâtre, de petites veines ou fleurées, d’abord blanches, puis verdâtres, puis bleues apparaissent à sa surface.
- Si l’odeur qui s’échappe de la cuve devient trop suffocante, on ajoute un peu de chaux.
- Pour savoir si la cuve est en état de teindre, on y plonge un petit morceau d’étoffe blanche pendant une demi-heure, puis on le retire. D’abord d’une couleur verte peu foncée, il devient promptement bleu au contact de l’air. On plonge ainsi dans la cuve, de demi-heure en demi-heure, d’autres petits morceaux d’étoffe, jusqu’à ce que, confrontés, le dernier ne soit pas plus foncé que le précédent.
- Si le dernier échantillon était plus clair que le précédent, c’est que la fermentation de la cuve aurait été trop loin ; il faudrait mettre immédiatement de la chaux afin de l’arrêter.
- Le bain est alors d’une couleur jaunâtre.
- On ajoute 20 à 30 kilos de chaux hydratée, on remue le bain et on le laisse reposer pendant quelque temps.
- La couleur du bain devient foncée, d’un vert sale ; les fleurées sont d’un bleu sombre et il se dégage de la cuve une odeur âcre.
- Si l’opération a bien réussi, le bain ne doit être ni trop gluant ni trop rude au toucher; il n’a ni l’odeur de la chaux ni celle de la lessive, et quand on l’agite avec un bâton, il se forme une écume cuivreuse.
- Le point le plus important, dans le montage et l’entretien d’une cuve d’indigo, c’est le moment précis où la chaux devient nécessaire. Lorsque la chaux est mise trop tard on en trop petite quantité, le bain ne fait pas de fleurées, il est sec et rude au toucher, et finit bientôt par entrer en putréfaction. Si au contraire, on a ajouté de la chaux en trop grande proportion, ou trop tôt, il ne fait pas de fleurées, le mélange ne change pas, le bain a une piquante odeur de chaux bien caractéristique et si l’on y plonge un morceau d’étoffe, il en sort teint en un blanc sale et mal uni, au lieu d’être d’un beau vert clair.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le manque de chaux a non seulement l’in-convénient de retarder le travail de la cuve, mais il a aussi celui-ci, dont les conséquences sont plus graves : c’est que l’indigo se trouve détruit par une fermentation trop forte et non arrêtée à temps.
- On peut du reste n’introduire la chaux que peu à peu et au fur et à mesure que la fermentation se produit.
- Un intervalle de 30 à 36 heures est généralement observé entre la première garniture et l'introduction de la chaux dans la cuve.
- Il est indispensable de remuer soigneusement le bain chaque fois qu’on chauffe et qu’on ajoute de la chaux ; cependant, pour ne pas retarder la fermentation de l’indigo, il est bon de ne le remuer que le nombre de fois strictement nécessaire.
- Afin que les tissus ne se tachent pas au contact du fond de la cuve, ou pâtée, celle-ci doit contenir un double fond.
- Les étoffes sont humectées d’eau afin d’éviter le mal-uni qui se produirait en raison de la grande affinité de l’indigo pour la laine, puis sont entrées vivement dans la cuve. On les fait manœuvrer jusqu’à la nuance voulue, on les abat, puis on les évente soigneusement.
- L’étoffe qui, au sortir de la cuve, était d’une couleur verdâtre, devient d’un bleu pur au tact de l’air.
- Les pièces subissent un bon lavage, puis sont étendues dans un séchoir bien aéré.
- Lorque l’on a obtenu tout l’éclat de la nuance, on les passe dans un bain de terre glaise ; enfin on les rince dans une eau bien claire.
- Les tissus ainsi traités supportent très bien, sans décharger, l’opération de la foulerie.
- La cuve étant bien montée, on teint plusieurs fois de suite, en commençant par les bleus les plus foncés. Il faut que le bain ait une température de 40 à 450 centig.
- On enlève le double fond, puis on remue bien la cuve et on la laisse reposer pendant 2 heures, après quoi on peut teindre de nouveau.
- On y pratique ainsi trois et même quatre opérations par jour.
- Au bout de quelques jours, l’indigo est usé presque totalement. On ajoute du nouvel indigo, et quand la fermentation a recommencé, on continue à teindre.
- Il est facile, de cette manière, d’entretenir une cuve sans l’épuiser plusieurs mois consécutifs.
- Lorsque l’on remet de l’indigo, il faut ajouter au bain, pour 2 kil. 500 gr. d’indigo réduit en poudre, 9 kil. de chaux hydratée, 1 kil 300 gr. de mélasse et 1 kil. 200 gr. de carbonate de soude cristallisé. La température du bain doit être momentatément élevée à 550 centig. On remue bien la cuve, puis on la laisse reposer pendant 12 heures. On observe tous les signes caractéristiques qui accompagnent la fermentation de l’indigo, et, si le bain est dans de bonnes conditions, on peut teindre. Sinon on le corrige comme il a été dit plus haut
- On fait trois ou quatre opérations de teinture en bleu, en maintenant toujours la tem. pérature du bain entre 40 et 450, on remue soigneusement la cuve, on lui donne un peu de chaux et on la laisse reposer pendant 2 ou 3 heures, après quoi on recommence à teindre.
- Lorsqu’on teint tous les jours dans une cuve il est nécessaire d’ajouter chaque soir au bain 2 kil. 300 gr. de carbonate de soude et 2 kil. 500 gr. de mélasse.
- Souvent, au sortir de la cuve, la couleur des pièces est mate, surtout celles teintes en nuances claires.
- Pour remédier à cet inconvénient, on passe, après la teinture,les pièces dans un bain d'eau bouillante. La couleur devient alors plus vive et plus agréable, quoique elle pâlisse un peu.
- Cette opération donne de la solidité à la nuance et par cela même enlève aux tissus le défaut de browser, c’est-à-dire de salir Ie linge.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- c
- BLANCHIMENT ET TEINTURE
- DE LA PAILLE
- Après avoir classé les pailles suivant leur couleur naturelle, elles doivent être blanchies, surtout celles qui doivent être teintes en nuances tendres, car c’est, pour les pailles comme pour les autres matières, une condition essentielle que, pour prendre une couleur délicate et uniforme, elles doivent être au préalable aussi blanches que possible.
- La paille, quoique naturellement d’une couleur jaune, se blanchit facilement. Pour y ar-river, on emploie du chlorure de chaux, de la même manière que pour les textiles, avec cette différence que le blanchiment a lieu plus facilement et plus rapidement pour la paille que pour le coton.
- Néanmoins cet agent n’est employé généralement que pour les couleurs tendres, telles que . Fose, chair, lilas clair, jaune serin et bleu de ciel; pour les couleurs plus foncées et pour le blanc, le soufre est le plus souvent employé.
- Soufrage.—Pour cette opération, on se sert d’un tonneau dont les deux bouts ont été enle-ves et que l’on place debout. A peu près à 5 ou 6 pouces du bas sont enfoncées 3 ou 4 gou-Pilles pour soutenir un cerceau sur lequel est tendu un filet ayant des mailles d’environ 1 Pouce carré. Sur ce filet sont placées par poi-nées les pailles, de façon qu’elles se croisent dans tous les sens. On couvre ensuite le ton-neau avec un couvercle muni d’une rainure, P°ur prendre le bord du tonneau, et garni de cordons cloués sur le bord, afin de pouvoir "attacher solidement et aussi hermétiquement IVe possible. On couvre alors le tout avec une couverture en laine. Il va sans dire qu’avant de fermer l’appareil on a eu soin de boucher utes les fentes qui pouvaient laisser échapper 4 vapeur soufrée.
- d’appareil étant ainsi apprêté, on introduit Par le fond un réchaud? contenant du charbon de bois allumé, sur lequel on place un plat en ercontenant du soufre en poudre. Le soufre
- se chauffe et s’enflamme, et le gaz, mis en liberté, remplit l’intérieur du tonneau et blanchit les pailles. Cette opération demande de 3 à 4 heures.
- On ne doit mettre que peu- de soufre et en couche mince, distribué également sur le plat; car, si on y mettait une couche épaisse, les flammes s’élèveraient à une trop grande hauteur et donneraient une teinte noirâtre aux pailles, qu’il serait impossible de leur enlever par n’importe quel procédé, L’opération doit avoir lieu en plein air.
- Lorsqu’il ne s’échappe plus de fumée sulfureuse du tonneau, on le découvre et on enlève les pailles, qui sont dès lors prêtes à recevoir la teinture.
- Juch recommande pour le blanchiment de la paille une liqueur composée de 1 kil. de carbonate de soude et 500 grammes de chaux vive, sur lesquels on verse de l’acide sulfurique, à saturation. Laissez poser et décantez la liqueur claire.
- Suivant Fischer, la paille doit être trempée pendant 24 heures dans des baquets de sapin contenant de l’eau assez chaude, et ensuite bouillie dans une lessive alcaline composée de 1 kil. de potasse et 5 litres d’eau, et ensuite rincée dans un nouveau baquet jusqu’à ce que l’eau reste incolore. On la fait bouillir de nouveau dans une lessive composée de 500 grammes de potasse et 5 litres d’eau; passer ensuite dans un bain d’eau fraîche, et, suivant sa coloration, on l’échaude pendant 2 ou3 jours, jusqu’à ce que toute la matière colorante soit dissoute.
- Enfin on termine le blanchiment en la faisant tremper 24 à 30 heures dans une solution claire de chlorure de chaux; on la rince ensuite dans de l’eau froide, qui peut être additionnée d’un peu d’hyposulfite de soude, jusqu’à ce qu’il ne reste plus trace de chlorure.
- Si l’odeur du chlor est très persistante, on peut exposer les pailles à l’air et aux rayons du soleil.
- L’action du chlorure est très énergique, mais elle a quelquefois l’inconvénient de ren-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dre les pailles fragiles. Le blanchiment par le soufre a aussi un inconvénient, qui est le retour graduel de la couleur primitive.
- Hein recommande la méthode suivante pour le blanchiment des herbes et des pailles :
- Les herbes et les pailles destinées à être blanchies doivent être coupées avant, pendant ou immédiatement après la floraison, et être étendues légèrement sur une pelouse où elles se trouvent exposées au soleil, ou bien liées en petits paquets suspendus, de façon que les rayons du soleil puissent agir sur eux le plus longtemps possible. Un mur blanchi ou bien le tour d’un toit sont convenables pour cette suspension, mais l’étalage sur une pelouse est préférable.
- Pour que les pailles se trouvent uniformément blanchies, il faut les retourner de temps en temps, et, si le soleil est chaud, les humecter souvent avec de l’eau claire que l’on a laissé poser quelque temps.
- Lorsque les herbes et les pailles ont été blanchies de cette manière, jusqu’à ce qu’elles n’aient plus qu’une teinte jaunâtre, on les lave soigneusement dans une eau de savon, on les rince et on les sèche au soleil ; on termine ensuite le blanchiment par un procédé artificiel.
- On emploie dans ce but de l’acide sulfureux, soit sous la forme de gaz, soit en solution aqueuse. L’acide sulfureux est une combinaison gazéiforme de soufre avec l’oxygène de l’air, qui se forme par la combustion du soufre, et dont l’action est blanchissante et antiseptique.
- Les pailles à blanchir par ce gaz doivent être mises en paquets peu serrés, mouillées complètement avec de l’eau douce et suspendues dans une caisse, sur le fond de laquelle, à une distance convenable des pailles, est répandue une quantité suffisante de fleur de soufre que l’on enflamme ; ou bien on sème le soufre sur un réchaud de charbon de bois incandescent, que l’on place au fond de la Caisse; on fermé ensuite la caisse pour ne
- l’ouvrir qu’après 24 heures. Si alors le blanchiment n’est pas complet, il faut recommencer l’opération.
- TRANSPORT DES LAINES
- Les propositions suivantes de tarifs ont été faites par les Compagnies de Paris-Lyon- Méditerranée, de Grande-Ceinture, de l’Est, du Nord et par la Compagnie générale Transatlantique :
- Laines brutes d’Australie et peaux de moutons en laine d’Australie, brutes en balles pressées, cerclées en fer par wagon chargé de 5,000 kil., au minimum, ou payant pour ce poids.
- Pr
- l
- i
- ] tri caj me n’a ou fail qui tioi tei 17e lisé dus
- De Marseille-Joliette
- ABeauvais, Amiens, Frevent,Roubaix,Tourcoing, Valenciennes, Petit-Croix, frontière. Prix par tonne de gare en gare y compris les frais de chargement, de déchargement el de gare, mais non compris les frais de passage en douane et d’assurances maritimes, 37 fr.
- Laines brutes d’Algérie, par expédition de 5,000 kil., au minimum ou payant pour ce poids.
- Des ports de l'Algérie
- Lasalle-Bone, Philippeville, Stora, Colk Didjelli, Bougie, Dellys, Alger, Oran.
- A
- Amiens, Frévent, Roubaix, Tourcoing, Va lenciennes, ou les points intermédiaires, s’il J a avantage pour les expéditeurs.
- lo En balles, 76 francs.
- 2° En balles pressées, cerclées en fer et pesant au moins 250 kil. sous le volume d'ul mètre cube, 68 francs.
- soldai tan leù ind fer des doi rés
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de la teinture des soies
- Précédé de Y Histoire chimique de la soie et de l'histoire de la teinture de la soie, par MA-rius MOYRET, professeur de chimie à Lyon. Il paraît étrange, à coup sûr, qu’une industrie aussi importante que la teinture des soies, capable de provoquer pour ses besoins d’immenses travaux scientifiques et industriels, n’ait eu jusqu’à ces derniers temps aucun ouvrage qui lui fût consacré spécialement. Le fait est pourtant vrai ; le seul traité complet qui existât sur la matière a vant l’utile publication du livre de M. MariusMoyret estYArtdela teinture en soie, par M. Macquer, qui date de 1763 ! Et pourtant on sait quels progrès a réalisés depuis cette époque cette branche d'in-dustrie si importante pour la France. La raison de cette abstention est le grand secret dans lequel nos industrièls lyonnais ont constamment jugé utile, souvent à tort, de tenir leur fabrication ; nous disons, à tort, car les industries mécaniques sont loin d’avoir souffert de la publication et de la vulgarisation des manuels et des bons ouvrages théoriques dont l’influence a été sensible sur les progrès réalisés.
- Des circonstances heureuses de situation ont permis à M. Moyret de combler patiem-ment cette lacune et de présenter enfin, à la Société des sciences industrielles de Lyon, un traité complet, scientifique et analytique, de la teinture des soies, débarrassé da toute for-mule sottement empirique et donnant, d’une oçon rationnelle, les divers procédés et la Succession des opérations qui sont et resteront 14 base de cette belle industrie.
- L’ouvrage comprend 16 chapitres dont nous “onnons ci-après le résumé succinct :
- Le chapitre Ier est consacré à l’histoire des "avaux chimiques faits sur la soie et aux "ransformations successives survenues dans les ateliers par les progrès des ressources Mécaniques et colorantes mises à leur dispo-sition.
- Le chapitre II est entièrement consacré à montrer les phases que subit la soie depuis le cocon jusqu’à la mise en teinture ; il traite de l’hygrométricité, du conditionnement, des essais et titrages, des mesures de l’élasticité et autres. Plusieurs paragraphes résument des études personnelles très remarquables.
- Le chapitre III et le chapitre IV donnent l’étude physique et chimique de la soie et l’étude des théories émises sur ce précieux textile par Hellot, le Pileur d’Apligny, Walter-Crun, Persoz, etc. Signalons ce qui a trait à l’emploi des mordants et aux travaux micrographiques sur les soies teintes de M. le docteur L.-L. Lembert.
- Dans les chapitres V et VI, l’auteur traite de l’importante question de la charge de la soie, notamment pour les couleurs foncées et noires, et de l’emploi du sucre, des sels de magnésie, de baryte, du bichlorure d’étain et des tannins. Il étudie le rouil, cette importante matière de charge dont l’industrie lyonnaise emploie de 20à 25,000 kilogr. par jour.
- Le chapitre VII décrit l’action des divers tannins sur un fond métallique à base de fer avec ou sans addition de protochlorure d’étain.
- Avec le chapitre VII s’arrêtent les considérations générales : les huit derniers chapitres sont consacrés à la teinture proprement dite et à l’art du teinturier avec tous ses détails et l’explication raisonnée des secrets de fabrication si importants à connaître et à appliquer judicieusement, surtout depuis que l’introduction des couleurs d’aniline dans la gamme industrielle est venue enrichir la palette du teinturier d’une foule de formules fructueuses. Ces procédés sont si peu et si mal connus que la lecture du livre de M. Moyret rendra certainement de réels services non seulement aux chimistes, mais encore aux industriels et aux praticiens de toute catégorie et de tous pays.
- Envoi franco contre mandat-poste de 21 francs.
- Adresser les demandes au bureau du journal.
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- J. FAYOLLET
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Innée, N 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mai 1885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TENTURE DES TISSUS SOIE ET COTON.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- NOIR SUR ROBES LAINE.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- TRANSPORT DES COTONS BRUTS.
- BREVETS D’INVENTION.
- JURISPRUDENCE.
- BIBLIOGRAPHIE.
- (JOURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- APPAREIL POUR LE TRAITEMENT DES TEXTILES EN VASES CLOS
- Par MM. Schlumberger et Cie.
- L’appareil est destiné aux opérations de débruillissage, de décreusage, de blanchiment, de teinture, de lavage et de séchage au moyen des agents chimiques ou physiques. Il se compose d’une chaudière fixe à double enveloppe et d’un ou plusieurs vases intérieurs mobiles.
- La chaudière, munie d’un couvercle à fer-meture hermétique, est établie de manière à résister à la pression et au vide ; un rebord Interne et annulaire sert de support à un re-bord externe du vase mobile. Un joint étan-che entre ces surfaces ne permet le passage des liquides ou des gaz que par le fond per-foré de la cuve intérieure. En dessus du re-bord de la chaudière fixe, un orifice met le vase mobile en communication avec l’exté-"eur ; en dessous, un second orifice sert de Purgeur à la chambre annulaire qui entoure le même vase.
- Lorsque, au lieu d'une seule cuve mobile, la chaudière fixe en contient plusieurs, il est fa
- cultatif de disposer la tuyauterie pour faire fonctionner les diverses cuves isolément ou collectivement.
- Dans tous les cas, l’invention permet d’employer, pour les cas internes, des parois métalliques de faible épaisseur, parce que les différences de pression entre l’atmosphère et l’intérieur de l’appareil sont uniquement supportées par la chaudière ou enveloppe fixe.
- MACHINE A NETTOYER ET A GAZER LES FILS Par M. Imbs.
- Les perfectionnements apportés par M. Imbs visent les divers organes de la machine à nettoyer et à gazer les fils. En premier lieu, les brochettes de friction sont munies d’une gorge dont l’un des bords est vertical, pour servir de point d’appui latéral au brin entrant, dont l’autre bord est en pente douce, de manière à dégager facilement le duvet du brin sortant. Les brochettes successives sont tournées en sens opposé.
- En second lieu, le tube conique, amenant le gaz, forme souffleur à la partie inférieure et se règle à volonté pour modifier le mélange combustible d’air et de gaz. A la partie supérieure, un bouchon métallique est posé librement sur le bord du tube conique et présente intérieurement des cannelures verticales qui forment les trous de la couronne. On obtient ainsi une flamme très divisée, absolument
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- bleue, dont la température élevée permet d’imprimer au fil une grande vitesse.
- Au guide-fil de la bobine de sortie est adaptée une brochette de friction supplémentaire dont les fines cannelures longitudinales ont pour effet de détacher les duvets grillés.
- Enfin, en arrière du premier système de friction ou de raclage, une tige électrisée négativement sert de collecteur aux fibres courtes détachées par le frottement.
- TEINTURE DE LA DENTELLE ET AUTRES TISSUS MIXTES SOIE ET COTON Par M. Clarke.
- Le but que s’est proposé M. Clarke est de teindre les tissus mixtes d’une façon aussi parfaite que si les matières constitutives avaient été traitées isolément et avec une nuance plus légère pour le coton.
- La dentelle est tout d’abord soumise à l’action d’un bain de savon bouillant, afin de préparer la soie à la teinture ; mais avant d’immerger le tissu dans le bain colorant, il convient d’atténuer l’alcalinité d’une certaine quantité d’acide.
- L’opération de la teinture proprement dite s’obtient par des immersions plusieurs fois répétées dans la dissolution tinctoriale portée à l’ébullition et maintenue à un degré de concentration convenable, d’une façon entièrement comparable aux procédés de teinture sur soie pure.
- Le lavage s’effectue dans de l’eau faiblement acidulée.
- Le breveté indique, à titre d’exemple, les doses ci-après pour l’obtention d’une teinte bleuâtre.
- Etant donné 25 klogrammes de dentelle soie et coton, on fait bouillir cette quantité, pendant une heure, dans un bain formé de 700 litres d’eau et de 3 kilogrammes de savon ordinaire en barre.
- On retire la dentelle et l’on verse un acide quelconque, habituellement de l'acide sulfurique, jusqu’à destruction à peu près complète
- de la mousse savonneuse sans, toutefois, rendre le bain acide.
- Alors sont ajoutés les ingrédients suivants : 300 grammes d’aniline jaune,
- 7 » de bleu Nicholson,
- 113 » de brun Bismark,
- 1[2 litre d’orseille rouge.
- Ces doses ne sont pas fournies en une fois, mais au fur et à mesure de l’épuisement des bains successifs (au nombre de trois ou quatre), la dentelle étant extraite du liquide avant chaque addition et une ébullition précédant toujours l’immersion du tissu.
- Lorsque la nuance a été atteinte, la dentelle est lavée dans un bac contenant 30 centilitres de vitriol pour 1,400 litres d’eau.
- Le coton et la soie sont alors teints d’une façon également solide, mais la nuance de la première matière est un peu plus claire.
- Les apprêts ultérieurs ne présentent aucune particularité.
- TEINTURE DES TISSUS DE TOUS GENRES Par M. Bosquet.
- Le procédé vise principalement l’utilisation des matières colorantes en dissololution dans l’alcool.
- Les tissus, veloutés ou non, sont teints par pulvérisation et séchés immédiatement après sur des machines à ramer, afin d’éviter tout contact nuisible. Les pièces cheminent en dessous des appareils fixes de pulvérisation ou bien au contraire, les étoffes sont tendues sur des cadres fixes et les pulvérisateurs sont montés sur des chariots pouvant se déplacer parallèlement aux cadres.
- Selon que l’on veut teindre intimement le tissu ou seulement la surface, la pulvérisation a lieu pendant un temps plus ou moins long-Dans le second cas, les étoffes veloutées donnent lieu à des effets chatoyants particuliers» le fond apparaît avec nn ton différent de la -nuance superficielle.
- Il est également facultatif de produire des tons différents en répartissant sur le même
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- chariot des pulvérisateurs chargés de diverses dissolutions colorantes. Enfin, en recouvrant l’étoffe de bandes longitudinales, de patrons découpés, il résulte de la pulvérisation, des rayures, des dessins quelconques imprégnés plus ou moins profondément.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 165512. 21 novembre 1884 ; Société Pierron et Dehaitre. — Appareil enrouleur automatique à vitesse constante destiné à l’enroulement de tous tissus, cuirs, papiers, etc.
- 165563. 26 novembre ; Cuignet. — Machine à teindre. — Machine à teindre les écheveaux, dans laquelle ceux-ci sont soutenus par des palettes qui se déplacent d’un mouvement intermittent, reçoivent à un moment donné un mouvement de rotation et reviennent ensuite à leur point de départ.
- 165595 . 26 novembre; Philips.— Perfectionnements dans les appareils employés pour bronzer, colorier ou en général, orner au moyen de saupoudrage, le papier et autres matières.
- 165702. 1er décembre; Marais. — Système de boîte à vaporiser les cotons.
- 165718. 2 décembre ; Alexanderson. — Système nouveau d’imprégnation des étoffes, papiers, bois, etc., à l’effet de les rendre imper-méables à l’eau, mais non à l’air.
- Le breveté revendique un procédé pour ren-dre imperméables à l’eau et inattaquables aux teignes et aux autres insectes, des étoffes, des papiers, des bois, etc. :
- 1° Par l'imprégnation de sels basiques d’alu- * mine ;
- 2o Par l’imprégnation de sels basiques de fer ;
- 30 Par l’imprégnation de sels basiques de chrôme;
- 4° Par l’imprégnation de sels alcalins d’alu-mine ;
- 50 Par l’imprégnation de sels alcalins de fer;
- 60 Par l’imprégnation de sels alcalins de chrome ;
- 7° Par l’imprégnation d’acétate d’alumine en combinaison avec la chaleur, pour la transformation de l’acétate en sel basique ;
- 8° Par l'imbibition de la matière à imprégner avec des sels d’alumine, de chrome ou de fer, puis avec ou sans siccation préalable, par la précipitation sur ladite matière de sels basiques au moyen de matières neutralisantes, telles que des carbonates ou des hydrates d’alcalis ou de terres alcalines, ou encore d’hydrates des métaux pesants;
- 9° Par l’imbibition de la matière à imprégner dans les matières neutralisantes déjà mentionnées , puis avec ou sans siccation préalable, parla précipitation de sels basiques sur la matière à imprégner au moyen du traitement par les sels d'alumine de fer ou de chrome ;
- 100 Enfin, par la combinaison des procédés ci-dessus énoncés.
- 165565. 26 novembre ; Dubreucq. — Procédé de broyage de la céruse.
- 165630. 27 novembre ; Société Ch. Weber et Cie. — Système de circulation fonctionnant avec ou sans le concours du vide et de la pression pour la production de matières extractives, la filtration des liquides et autres applications.
- L’inventeur revendique un système de circulation fonctionnant avec ou sans le concours du vide et de la pression, pour la production de matières extractives à l’aide d’un dissolvant quelconque, l’épuration, la filtration et la décoloration des liquides de toutes natures avec ou sans intervention de la chaleur.
- Son appareil consiste en une ou plusieurs cuves à double fond perforé, avec serpentin ou double enveloppe de chauffe; ces cuves étant reliées ou indépendantes et pourvues de claies chargées des matières à traiter (graines oléagineuses ou plantes odoriférantes, noir animal, sable, etc.) en combinaison avec une pompe de compression à course variable et à régulateur de pression automatique! et une
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- deuxième pompe provoquant la circulation du iquide, cet appareil étant facultativement combiné avec une pompe à air faisant le vide dans l’appareil pour faciliter la pénétration des matières à traiter ou le transvasement du liquide d’une cuve dans l’autre.
- J. FAYOLLET,
- A oocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE
- DES TISSUS SOIE ET COTON
- Depuis la publication de mon traité de teinture sur la soie,en 1877, la teinture des pièces de soie et coton, tissées en écru, s’est considérablement développée et a pris une très large part dans la teinture moderne.
- On peut même dire qu’il se fait en ce moment une transformation de tissus soyeux, et de là une des causes de la crise soyeuse actuelle qui sévit dans tout le globe, partout où l’on porte de la soie, et non pas, comme beaucoup le croient, en France seulement.
- Incidemment, disons que la crise commerciale générale des villes où l’on manufacture le fil de soie, tient à un excès de production. La consommation ne répond pas à la fabrication.
- De plus, cette consommation a un peu délaissé ce que l’on est convenu d'appeler la belle étoffe, par suite de la charge exagérée.
- La femme ne veut plus de la soie, dite à pleine main. Souvent, ce magnifique gonflé n’est obtenu qu’à grands renforts de charge en teinture et de préparation à l’apprêt.
- En écrivant ces lignes, je n’incrimine aucune ville soyeuse, à plus forte raison un particulier. Les uns par rapport aux autres, on est entré dans une triste voie en chargeant à outrance (dans certains noirs, un kilog. primitif rend après teinture six kilog.; pour les blancs , on est arrivé à rendre deux kilog.
- pour un). Bref, à peine achetées, les étoffes ne valent plus rien ; elles se coupent, se cirent, se tachent, se graissent, etc.
- La consommation s’est alors rejetée sur les étoffes de coton; puis les étoffes mixtes: soie et laine, soie et coton.
- Au début, les étoffes soie et coton ont eu de la peine à prendre ; elles étaient imparfaites ; mais peu à peu tous s'étant mis à l’œuvre : tisseurs, teinturiers et apprêteurs , or. est arrivé à un très grand degré de perfection.
- On fait actuellement de fort jolies étoffes légères non chargées : taffetas, satins, satinettes, damas , petites armures , etc. Et on prévoit le moment où |l’on fera de [la belle étoffe à pleine main, mais où la charge sera remplacée par de la soie pure.
- Ce qui milite en faveur du développement de la production des étoffes soie et coton, teintes en pièces, ce sont les considérations suivantes :
- 10 La mode est capricieuse, exigeante; avec le développement des communications ferrées, postales et télégraphiques, on ne met plus six mois comme autrefois pour transporter une mode de Paris à New-York. Le commissionnaire veut ses pièces, a peine les a t-il commandées.
- Or, lorsqu’on opère en partant du fil teint en fil de chaîne ou de trame, il faut d’abord le teindre, puis après le soumettre aux opérations du dévidage, du canettage pour la trame ; du dévidage, de l’ourdissage et pliage pour la chaîne ; puis du tissage, et enfin de l’apprêtage. Bref, le temps se passe, et lorsque la pièce est rendue sur la banque du détaillant, la mode a disparu et l’on se trouve en présence d’articles démodés dits : « rossignols. »
- Tandis qu’avec des étoffes toutes tissées à l’avance, en écru, le commissionnaire ayant choisi la nuance à la mode, il suffit de mettre en teinture et à l’apprêt ; bref, au lieu de met' tre deux mois pour livrer la commission, l’on met une semaine. C’est là un progrès incon-
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- testable pour notre temps, où l’on veut de la célérité en tout.
- 2 La chaîne des étoffes soie et coton étant généralement la partie soie, on peut en tissant en écru employer des soies plus légères, d’un prix de revient plus bas, tout en étant aussi belles ; on peut employer des soies grèges, au lieu d’organsin, la teinture ne les ayant pas énervées.
- Le tissage est plus facile et se fait actuellement tout à la mécanique. Les soies non teintes sont plus élastiques et moins cassantes que celles teintes, même non chargées. Il suffit de cuire la soie pour lui faire perdre 20 00 de sort élasticité, tout en prenant les plus grandes précautions.
- 3° Le prix de la teinture revient infiniment meilleur marché qu’avec les soies ou cotons teints en mateaux. L’outillage mécanique permet de teindre rapidement des masses de pièces de même nuance.
- Ces avantages compensent largement l’impossibilité de charger pratiquement les étoffes mixtes teintes en pièce qui, jusqu’à présent, en font leur plus belle qualité. En effet, au tissage, on est obligé de garder ce que l’on appelle les conditions de réduction, pour la chaîne et la trame ; or, si l’on voulait charger la soie, outre que l’on brûlerait le coton en gonflant le fil de soie, on dérangerait l’har -monie du tissu.
- Mon opinion personnelle est qu’avant dix ans la teinture en pièce aura pour ainsi dire détrôné l’antique teinture en flotte, même pour les étoffes pure soie, et que la charge exagérée aura complètement disparu. Le peu de soie teinte en flotte sera réservé à des articles de grand luxe, aux étoffes brochée, broca-telles, etc.
- Examinons maintenant sommairement la teintüre des étoffes soie et coton ; pour ce, il faut les diviser :
- 1° Teintures en blanc;
- 20 Teintures en blanc et couleur, double face ;
- 3° Teinture en couleur;
- 4o Teinture en couleur double face ;
- 50 Teinture en noir ;
- 6° Teinture en noir et couleur double face.
- Teinture en blanc.
- La soie faisant la chaîne est ordinairement à l’état de grège : le coton faisant la trame ne pourrait subir les effets du chlorage pour le blanchiment après le décrouage du tissu ; la soie serait brûlée par le chlore.
- On arrive à ce résultat en blanchissant le coton avant le tissage au chlore gazeux. On pratique de nos jours ce que l’on appelle le blanchiment en cannettes (c’est-à-dire que le coton, mis sur les cannettes, est introduit dans un vase où l’on fait le vide; puis, le vide étant obtenu, on laisse rentrer du chlore gazeux). La réaction étant finie, on laisse échapper le chlore, on retire les cannettes, et, pour plus de sûreté, avant le tissage, on les soumet à l’action de la vapeur sèche, comme pour la fixation des couleurs sur les tissus imprimés. On les vaporise.
- Sinon, on s’exposerait à de grands mécomptes. Le chlore continuerait son action à la longue et altérerait, non seulement le coton, mais encore la soie ; et, après la cuite, les étoffés tomberaient par lambeaux, ainsi que j’ai eu l’occasion de le constater plusieurs fois.
- Les étoffes destinées à être teintes en blanc sont soumises à la cuite au savon blanc de bonne qualité, en prenant les précautions suivantes et après un grillage préalable.
- MARIUS Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- OBSERVATIONS SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.)
- Cramoisi à la cochenille.
- On mordance 1 kil. de laine avec 150 grammes de tartre et 225 grammes d’alun, et on la
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- aisse reposer 24 heures dans ce bain. On fait ensuite bouillir pendant 1 heure dans un bain composé de 120 grammes de composition d’étain, 15 grammes de tartre et 60 grammes de cochenille. La couleur que la laine y prend est rouge cramoisi, plus clair que les précédentes.
- L’alun est l’ingrédient qui fait passer ici la laine au cramoisi, car si on l’avait préparée soit avec du tartre seul, soit avec un mélange de tartre et de composition d’étain, elle aurait pris une teinte écarlate.
- Cramoisi à la cochenille.
- On prépare le bain de mordant de la manière suivante :
- Pour 1 kil. de laine, on met 100 grammes de composition d’étain et 100 grammes de tartre cristallisé ; on l’y fait bouillir pendant 2 heures ; après quoi on la retire, on la laisse égoutter et refroidir. On compose un bain de teinture avec 60 grammes de composition d’étain, 15 grammes de tartre et 60 grammes de cochenille, dans laquelle on fait bouillir la laine pendant 1 heure. La laine est lavée, puis laissée 24 heures dans un bain contenant 90 grammes de potasse pour 20 litres d’eau. Elle y prend une couleur rouge cramoisi très agréable.
- Cramoisi à la cochenille.
- La cochenille employée sans aucun mordant ne donnerait à la laine qu’une faible couleur rosée très peu solide.
- Du reste, le mordançage avec de l’alun seul ne suffit pas, il faut que ce sel soit mêlé avec le tartre.
- Si l’on désire que le cramoisi obtenu dans cette teinture soit plus foncé, on force les proportions de potasse et de sel ammoniac ; mais alors il est également plus mat et moins vif.
- Avec les proportions suivantes, on obtient nuance particulière de rouge cramoisi, lequel a de l’éclat, quoiqu’on traite la laine dans un bain de potasse.
- Dans un bain de mordant composé avec 150 grammes de tartre et 225 grammes d’alun, on
- fait bouillir 1 kil. de laine pendant 1 heure. I Après un repos de 24 heures dans le bain de- | venu froid, on la fait bouillir pendant 1 heure [ dans un bain de teinture formé de 60 grammes de cochenille. Elle y prendra une couleur rouge cramoisi clair qui sera très agréable.
- On laisse ensuite la laine 24 heures dans nn autre bain composé de 90 grammes et de 90 grammes de sel ammoniac. Ce bain doit être froid.
- Cette habitude de laisser reposer 24 heures | la laine dans un bain de mordant devenu froid | est très avantageuse, parce que les mordants pénètrent mieux la laine et, par cela même, fixent mieux les parties colorantes de la co- | chenille.
- Cramoisi avec le fernambouc.
- On obtient avec le fernambouc, lorsque la | laine a été mordancée avec l’alun et le tartre, | de bonnes couleurs rouges pouvant très bien | servir. Elles sont plus nourries et plus foncées | que lorsque la laine est mordancée avec delà | composition d’étain et du tartre, ou lorsqu’elle est préparée avec de l’alun, du tartre et de la composition d’étain.
- En changeant les proportions des mordants et en employant différemment un bain de potasse et de sel ammoniac, on peut varier les nuances à l’infini.
- Voici quelques applications :
- On mordance 1 kilo de laine avec 300 grammes d’alun et 60 grammes de tartre, puis on a fait bouillir pendant une heure dans un bain de teinture composé de 360 grammes d’alun et de 360 grammes de fernambouc. Elle y prend une couleur rouge foncée tirant sur le rouge de brique.
- La laine préparée et teinte comme nous venons de le dire et plongée vingt-quatre heures dans un bain froid de potasse compose de 90 grammes de potasse pour 10 litres d’eau, prend une belle couleur rouge cramoisi qui est un peu plus sombre que celle obtenue ci-dessus.
- Un kilo de laine, traitée comme il a été dit
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- plus haut, puis plongée pendant vingt-quatre heures dans une dissolution froide de potasse et de sel ammoniac, composée de 90 grammes de potasse et de 90 grammes de sel ammoniac pour 10 litres d’eau, y prendra une autre nuance de rouge cramoisi, beaucoup plus claire que la précédente.
- Cramoisi au fernambouc.
- Les couleurs rouges cramoisi obtenues avec le fernambouc ne sont pas si solides que celles faites avec la cochenille ; mais elles peuvent cependant servir.
- On mordance 1 kilo de laine en la faisant bouillir pendant deux heüres dans un bain composé de 100 grammes de crème de tartre et de 100 grammes de composition d’étain ; on la retire, on la laisse égoutter et refroidir. On la fait bouillir de nouveau pendant une heure dans un bain de teinture composé de 360 grammes de fernambouc et de 360 grammes d’alun. La couleur obtenue est rouge, tirant sur le cramoisi.
- Si l’on fait subir à 1 kilo de laine la même préparation et le même bain de teinture, puis qu’on la maintienne vingt-quatre heures dans un bain froid de potasse ayant la même composition que celui que nous avons décrit ci-dessus, elle prendra une couleur un peu foncée de rouge cramoisi.
- En composant le bain froid de potasse avec une plus forte proportion de potasse, on obtient une nuance encore plus foncée, mais plus agréable ; au contraire, si on en met moins, 60 grammes ou même 30 grammes seulement, elle sera plus claire et aussi plus agréable.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- NOIR SUR ROBES LAINE ET LAINE ET COTON Par M. VIGNAUX, teinturier.
- Avant d’entrer en opération de teinture, on doit : l’ bien nettoyer les robes partiellement evec de la benzine, pour ce qui concerne les
- taches grasses ; 2* on forme dans la fouloire un bain de dégraissage aux cristaux de soude; on y trempe les robes deux par deux, qu’on lève deux ou trois fois pour bien unir le primitif du fond qu’elles occupent; après quoi, on les foule rapidement. Toutes les robes à teindre, après avoir subi ces deux opérations ; on les rince à grande eau, et alors elles sont propres à recevoir le mordant et la teinture.
- Mordant pour 10 robes.
- Dans une chaudière de la capacité de 150 à 200 litres d’eau environ, vous garnissez au bouillon le bain ainsi qu’il suit :
- Tartre rouge, 1 kil. 500;
- Vitriol bleu, 250 grammes;
- Salsbourg, 200 grammes ;
- Chromate, 10 grammes ;
- Acide sulfurique, 5 grammes ;
- Alun, 5 grammes.
- Bouillon, 2 heures. Lever, éventer, rincer.
- Explication. — Une fois les drogues mises dans la chaudière d’après l’ordre indiqué ci-dessus, je les laisse bouillir 5 minutes pour bien écumer le bain. Puis, je rentre les robes; je les mène de temps à autre pour les unir, à cause de l’acide sulfurique et du chromate, qui ont la propriété de diminuer les fonds primitifs de la couleur.
- Deuxième bain. — Teinture.
- Campèche tourné au vitriol bleu.
- Dans la chaudière, je mets par robe un cas-sin de campèche, débouilli à l’avance dans de bonnes conditions, avec un peu de vitriol bleu pour tourner le bain.
- Je laisse bouillir les robes pendant 10 minutes ; après quoi, je lève, j’évente pour visiter si elles ont assez de fond de noir. Si toutefois ii leur en manquait un peu, il faudrait ajouter dans le bain un peu de chromate, y rabattre les robes qui en ont besoin pendant 10 minutes. Lever, éventer rincer et faire sécher.
- Piquage.
- Le piquage de ce noir ne doit se faire qu'a-près avoir visité les robes sèches. Alors, s’il
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- s’en trouve une dans le tas qui ait besoin de cette opération, on la mouille à l’eau chaude ; puis dans un baquet on met de l’eau froide, avec un peu d’acide sulfurique; on mène la robe dans ce bain 2 ou 3 minutes, on lève et on rince. Il n’y a que les robes laine et coton qu’on doit piquer de suite après teinture, pour pouvoir teindre la partie coton immédiatement après.
- Noir laine et coton.
- Après avoir teint les robes laine et coton dans le bain des laines, puis rincé, je pique, je rince une deuxième fois. Je passe les robes :
- 1* Dans le bain de rouille, qui marque 4 à 5 degrés, pendant 2 heures. Je lève et je rince.
- 2* Je fais un bain de sumac dans les proportions de 250 grammes par robe, que je mets infuser pendant 1 heure au moins dans un peu d’eau bouillante (10 litres). Après quoi, je finis de remplir la chaudière d’eau froide. Je mets les robes dans ce bain et les y laisse passer la nuit. Je lève, je rince.
- 3- Bain de teinture à froid.
- Je mets par robe 1[2 cassin de bois jaune et 1 cassin de bois decampêche. Je laisse traîner les robes dans ce bain pendant 3 heures. Je lève et je rince.
- 4- Bain de bruniture à froid.
- Je forme le bain avec 1 cassin de couperose verte (500 grammes), que je fais dissoudre à l’avance dans un peu d’eau bouillante. Je finis de remplir ma chaudière d’eau froide; j’y plonge les robes en les menant de temps à autre. Je les laisse traîner dans le bain jusqu’au noir accompli. Je lève et je rince.
- Ch. Vignaux.
- Teinturier à Saint-Girons (Ariège).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Violets.
- Les violets sont produits par le mélangé du rouge et du bleu.
- Beaucoup de procédés ont été employés pour la production de ces violets; mais aujourd’hui, ce sont les procédés de teinture au campêche et au carmin d'indigo, et au violet d’aniline, qui sont les plus usités.
- Cependant, comme les autres méthodes sont encore suivies dans quelques ateliers de teinture, nous les indiquerons également Les voici :
- Violet an bleu de cuve et à la cochenille,
- » à la cochenille et au carmin d’indigo,
- » à la cochenille et au sulfate d’indigo,
- » au carmin d’indigo et à l’orseille,
- » au campêche et à l’orseille.
- Violets au campêche et au carmin d’indigo.
- Le procédé de teinture en violet parle cam-pêche et le carmin d’indigo donne des cou leurs assez vives ; c’est la plus économique des méthodes employées.
- Les étoffes destinées à cette teinture doivent être bien dégraissées, et cela, d’autant plus soigneusement que la nuance demandée est plus fraîche.
- De même que toutes les teintures ou campêche, celle-ci nécessite deux bains différents : le bain de bouillon et le bain de teinture.
- Bouillon. — Le bain de bouillon en mordançage se prépare de la manière suivante :
- Dans un bain bien fait, c’est-à-dire dans lequel on a déjà opéré plusieurs bouillons de nuances moins délicates, telles que solitaires, byrons, etc., on met, pour 100 kil. de laine :
- 2 kil. 500 d'oxymuriate d’étain,
- 10 kil. de sulfate d’alumine,
- 12 kil. 500 de crème de tartre.
- On fait dissoudre ces sels, on paille, puis on entre les étoffes, que l’on manœuvre de 2 à 3 heures au bouillon. On les abat, on les évente et on les laisse reposer 24 heures sur le mordant.
- Le bain de bouillon ne se vide pas après chaque opération ; il peut se conserver sans inconvénient 18 ou 20 jours.
- Pour un bain neuf, on met le double des proportions indiquées ci-dessus; mais il est
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- préférable d’opérer sur un bain fait, surtout lorsqu’on veut obtenir des violets relativement clairs.
- Teinture. — Dans une cuve convenablement remplie d’eau, on met, pour 100 kil. de laine :
- 1 kil. 650 de crème de tartre,
- 2 kil. 500 de sulfate d’alumine.
- On fait dissoudre ces sels, puis on garnit avec les quantités nécessaires de campêche et de carmin d’indigo pour obtenir la nuance demandée. Les étoffes sont humectées d’eau et entrées dans le bain préalablement paillé en tous sens. On les manœuvre 1 heure au bouillon, on échantillonne et on garnit, si c’est nécessaire. On fait bouillir de nouveau. Enfin, on abat et on lave avec soin.
- Ainsi qu’on a pu le voir, cette méthode de teinture est très simple; le point le plus important est le tranchage des étoffes, qui ne se fait pas toujours facilement. Aussi ne doit-on les abattre que 40 à 50 minutes après la dernière garniture. Si le tranchage se faisait difficile-ment, on pourrait, pour y aider, ajouter au bain 1 ou 2 0[0 de tartre.
- On jaunit avec le curcuma et l’on rougit, s’il est nécessaire, avec un peu d'orseille.
- On peut également jaunir avec l’acide picri-que, qui se comporte très bien dans les teintures au bois de campêche.
- On rougit aussi en abaissant la température du bain, et, réciproquement, un bon bouillon empêche le rouge de monter.
- On rafraîchit avec de la fuchsine, si l'chan-tillonnage permet d’ajouter un peu de rouge, et avec du violet d’aniline, s’il demande un peu de bleu; mais ces deux produits ne doivent être employés qu’en très petite quantité et Pour finir la nuance. Il faut prendre, dans leur emploi, les précautions que nous avons énoncées plusieurs fois dans le Moniteur de teinture, et principalement dans son numéro du 20 mars dernier. Laisser bien unir avant d abattre.
- Au sortir du bain de teinture, il faut tenir la nuance plus fraîche, moins rouge et un peu moins pleine, parce qu’elle se ternit, rougit et
- fonce légèrement par les opérations du lavage et de la sèche.
- On ne vide le bain de teinture que tous les 30 ou 40 jours, parce que plus il est vieux, plus les couleurs s’unissent et se teignent facilement.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TRANSPORT DES COTONS BRUTS EN BALLES
- Le comité consultatif des chemins de fer vient d’émettre un avis favorable sur deux propositions ayant pour objet :
- L'una, un tarif international pour les cotons à destination du duché de Bade, l’autre en vigueur, à titre provisoire, depuis le 15 novembre dernier et comportant les prix ci-
- après : Prix par 1,000 kilog. par wagon complet, de
- Du Havre à Distance par kilom.
- 5,000 kil. 10,000 kil.
- fr c. fr. c.
- Albbruck .. 882 47 60 41 95
- Brennet ... 802 46 35 40 85
- Constance ..... ... 919 53 65 47 30
- Haagen ipv ... ... 788 45 50 40 10
- Lœrrach ... 784 45 25 39 85
- Sœkingen ... 807 46 75 41 10
- Schaffhouse. .. ... 869 50 55 44 55
- Schopfheim.... ... 799 46 25 40 60
- Singen ... 889 51 80 45 65
- Steinen ... 793 45 85 40 35
- Stockach ... 916 53 40 47 15
- Thieagen ... 836 48 45 42 70
- Walddshut.... ... 830 48 10 42 35
- Zell, ... ... 819 47 45 41 70
- L’autre, les additions suivantes au tarif commun Nord C. n. 104. — Ouest P. V. n. 23, pour le transport des cotons bruts, laines brutes et peaux de mouton brutes en laines, en balles pressées, cerclées en fer, et pesant au moins 250 kil. sous le volume d’un mètre cube, par expédition de 5,000 kilog. au minimum, ou payant pour ce poids s’il y a davantage pour l’expéditeur :
- Du Havre (via Clérès) ;
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- 106 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- A Maubeuge, 353 kilom., 20 fr. par 1,000 kilog.;
- A Tourcoing-les-Francs, 330 kilom., 18 fr. 60 par 1,000 kilog.
- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- CHEMINS DE FER DE L’OUEST, DE L’EURE et de l’état
- M. le ministre des travaux publics a homologué, à titre provisoire, une proposition des Compagnies des chemins de fer de l’Ouest, de l'Eure et de l’Etat, ayant pour objet d’inscrire dans leur tarif commun Ouest P.-V. n- 210, Etat et Eure n- 2, un prix de 23 francs par tonne, frais accessoires compris, pour le transport des fils de chanvre, de coton, etc., de Serquigny à Orléans. — Voyez l’affiche en date du 15 janvier 1885.
- CHEMINS DE FER DU NORD ET DE L’OUEST
- M. le ministre des travaux publics a homologué, à titre provisoire, une proposition des Compagnies du Nord et de l’Ouest ayant pour objet :
- 1o D'inscrire dans leur tarif commun Nord C no 204.—Ouest P. V. no 23, un prix de 23 fr. par tonne, frais accessoires compris, pour le transport des « cotons bruts, laines brutes et peaux de moutons brutes, du Havre à Maubeuge ;
- 2O D’étendre à la gare de Tourcoing-les-Francs, le prix de 18 fr. 60 en vigueur pour la gare de Tourcoing. (Voyez l’affiche du 27 novembre 1884).
- — Nouveau procédé de dégraissage des étoffes de soies, laines et cotons et conservant la pureté primitive des nuances.
- JURISPRUDENCE
- COUR D'APPEL DE DOUAI (2e ch.) Présidence de M. Duhem
- Audience du 21 novembre 1884
- COMMIS INTÉRESSÉ. — DIRECTEUR D’ÉTABLISSE-MENT INDUSTRIEL. — CONGÉ. — DOMMAGES-INTÉRÊTS. ----- MOTIFS LÉGITIMES.
- Le patron commerçant cesse d’être lié par la convention intervenue entre lui et son employé et par laquelle il s’est engagé à accepter les services de celui-ci pendant un certain temps et moyennant un salaire déterminé, lorsque ledit employé a gravement manqué à ses devoirs et s’est mis en contradiction flagrante avec les obligations que lui imposait son traité avec le patron.
- Spécialement, le renvoi du directeur d’un établissement industriel sis à l’étranger, avant l’expiration du délai stipulé au traité, ne saurait donner ouverture à une action en dommages-intérêts contre le patron, quand il est établi qu’au lieu de diriger l’établissement au mieux des intérêts de ce dernier, ledit directeur a, au contraire, fait des démarches et est entré en relations avec diverses personnes pour créer, en concurrence à l’établissement qu’il dirige, et dans le même pays, un établissement similaire.
- (Allart et Ce. — C. — Muller)
- BREVETS D’INVENTION
- 164312. 16 sept.; Preibisch. — Appareil d’oxydation pour le développement du noir d’aniline sur des tissus de coton, de demi-laine et de demi-soie.
- 164415. 22 sept.; Société Rambaud frères.
- La Cour,
- Attendu que, par acte sous-seing privé fait double à Roubaix, le 22 août 1881, enregistré, Muller s’est engagé, moyennant un traitement fixe de 10,000 fr. par an et une part de bénéfices, qui ne pouvait être inférieure a 6.000 fr. à diriger pendant cinq années la fila ture de laines peignées qu’Allart-Rousseat
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- fils etCie, aujourd’hui Léon Allart et Cie ont établi à Lodz (Pologne); qu’aux termes exprès dudit acte Ed. Muller, qui était le seul mandataire d'Allart- Rousseau fils et Cie, avec les pouvoirs les plus étendus et une autorité absolue, était tenu de diriger l’établissement au mieux des intérêts de ses mandants et s’était engagé à remplir toutes ses obligations fidèlement et loyalement ;
- Attendu qu’il résulte des déclarations reçues au criminel par le juge d’instruction de Lodz, des agissements de Muller, et des documents de la cause que dans le second trimestre de 1883, Muller est, à l’insu de ses commettants , entré en relations avec des industriels du pays, des capitalistes étrangers et un capitaliste français pour, en concurrence à Léon Allart et Cie, établir à Tatar près Rowa (Pologne), dans une usine antérieurement affectée à la fabrication du drap, une filature de laine de 8 à 10,000 broches avec peignage ;
- Attendu que ces agissements de Muller constituent une complète violation de ses devoirs et l’infraction la plus grave aux obligations que lui imposaient sa qualité de mandataire d’Allart et Cie, et les termes exprès de la convention du 22 août 1881 ;
- Attendu que la conduite de Muller justifie complètement le congé que Léon Allart et Cie ont signifié à leur directeur, aussitôt que ses agissements leur ont été révélés par un de leurs employés de Lodz, et rend ainsi non recevable et non fondée la demande en dommages-intérêts intentée par Muller à ses mandants ; que si l’acte du 22 août 1881 porte « que dans le cas où les deux parties jugeraient à propos de résilier le contrat, Muller ne pourrait demander comme indemnité pour le temps qui resterait à courir, une somme supérieure à 10,000 francs par an, qu'Allart-Rousseau fils et Cie s’engageaient à lui payer il ressort des termes mêmes de l’acte et de la commune intention des parties, que cette indemnité n’a pas été stipulée pour le cas où 'a convention serait résiliée par suite de faits
- de la nature de ceux qui ont amené la légitime révocation de Muller;
- Par ces motifs,
- Met le jugement dont est appel à néant. Infirme.
- Déclare Muller mal fondé en sa demande, l’en déboute.
- BIBLIOGRAPHIE
- LA PARTICIPATION DES EMPLOYÉS AUX BÉNÉFICES ET LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN FRANCE.
- Sous ce titre, M. Edouard Simon vient de communiquer à la Société des ingénieurs civils de France un important travail qui peut être considéré comme la suite et le complément des précédentes études du même auteur sur les sociétés coopératives anglaises.
- Se basant sur des faits et des chiffres officiels, M. Simon analyse les principaux systèmes pratiqués avec succès en France, et en France seulement jusqu’ici, pour faire participer les employés et ouvriers aux bénéfices des établissements qui les occupent ; il signale notamment les résultats obtenus par la maison Leclaire, à Paris, par les établissements Laroche-Joubert, à Angoulême, Godin, à Guise; il montre aussi le rôle du livret de Courcy dans l’application du principe de la participation.
- Après avoir répondu à l’objection du danger, plus apparent que réel, de l’immixtion des employés dans la gestion, des sociétés, M. Simon étudie le développement des associations coopératives de production dans notre pays. Il fournit, à l’appui de la confiance que lui inspirent les travailleurs ainsi groupés, un certain nombre d’exemples témoignant d’une persévérance, d’une solidarité et d’une abnégation trop souvent contestées aux ouvriers français.
- M. Simon signale les théories économiques qui lui paraissent dangereuses, les problèmes dont la solution s'impose aux syndicats et qui
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- intéressent non seulement le prolétariat, mais toute l’industrie française.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, Ne 10. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mai 4885
- SOM MAI RE
- perfectionnements ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TENTURE DES TISSUS SOIE ET COTON (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- BOUGE CONGO.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- PROCÉDÉS DIVERS.
- EMPLOI DU CHLORURE GAZEUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS:
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- ÉPAILLAGE DES TISSUS DE LAINE Par M. Pelletier.
- M. Pelletier verse à l’intérieur d’une ma-chine à dégorger (connue dans certaines loca lités sous le nom de « carcère ») une dissolu-tion de sulfate d’alumine (de 12 à 16 kilog. de dissolution par hectolitre d’eau) selon la force du tissu. Il est bon d’ajouter que la dissolution 8 obtient à raison de 100 kilog. de sulfate pour litres d’eau.
- Le bain ci-dessus étant chauffé entre 40 et 50 degrés centigrades, on y fait passer la Poce pendant un quart d’heure. On essore ensuite le tissu de manière à récupérer le li-"ide pour une nouvelle opération, puis on lait sécher dans une étuve chauffée à 80 degrés centigrades ou sur une machine à ramer ; en out cas, la dessiccation se complète au con-act d’un cylindre chauffé à la vapeur et l’on "oule la pièce à sec pendant trente minutes PoUr briser et détacher les fragments végé-taux.
- Enfin, un dégorgeage à la soude et un rin
- çage dans l’eau claire enlèvent toute trace de sel d’alumine.
- TRAITEMENT DES FIBRES TEXTILES Par M. Giesler.
- La méthode et l'appareil brevetés s’appliquent au traitement des fibres textiles par les liquides en général. Les matières sont empilées et fortement comprimées dans un compartiment rectangulaire, dont les parois latérales sont perforées et forment les bases de deux compartiments coniques adjacents. Ces capacités symétriques se terminent, vers le sommet du cône, par des tuyaux qui communiquent alternativement avec un réservoir supérieur où se trouve emmagasiné le liquide et avec une pompe rotative. En d’autres termes, la masse comprimée est pénétrée par le liquide projeté, tantôt de droite à gauche à travers les perforations du compartiment central, tantôt de gauche à droite. Cette injection suivant deux directions opposées résulte de la simple manœuvre d’un robinet et a pour effet de régulariser l’action du liquide.
- TISSUS TIRÉS A POIL, LEINÉS OU GRATÉS Par MM. David et Cie.
- Lorsque ce genre d’apprêt ne s’applique pas à toute la surface d’un tissu, mais doit produire des dessins déterminés, on fait le plus souvent usage d’une plaque métallique ajou
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rée suivant les configurations, les reliefs voulus. Les chardons métalliques ou autres relèvent le duvet partout où les pleins de ladite plaque ne s’interposent pas entre le tissu et les pointes des rouleaux garnisseurs. L’inconvénient du procédé tient à l’usure rapide des chardons ou brosses, au prix relativement élevé des plaques.
- MM. David et Cie substituent aux feuilles métalliques découpées l’impression préalable d’une colle, d’un enduit, qui réserve les parties devant rester hors d’atteinte des garnitures. Il se forme une sorte de glacis, sur lequel la carde ou le chardon glisse sans tirer le poil. Ces réserves peuvent, d’ailleurs, être complétées par l’impression d’une couleur ou d’un mordant permettant d’obtenir par teinture ultérieure deux ou plusieurs tons.
- TISSUS EN COTON IMPRIMÉS Par MM Place frères.
- MM. Place frères créent une série de tissus imprimés en appliquant aux flanelles de coton dites « américaines», les apprêts des lainages moutonnés, ciselés, ratinés , montagnards, « pilons ». Les cotonnades ainsi apprêtées imitent lès lainages connus sous les diverses dénominations ci-dessus.
- ÉTOFFE POUR AMEUBLEMENTS
- Par MM. David, Troullier et Adhémar.
- Cette étoffe est caractérisée par des dessins en velours frisé sur un fonds de liage quelconque. La chaîne de « poil » est remise sur plusieurs ensouples ou sur de petitee bobines, dont le nombre correspond à la multiplicité des nuances et des motifs. Des équerres, fixées sur une tringle horizontale, servent à accrocher, à ramener en arrière les fils de chaîne qui doivent former boucles et à les maintenir soulevés pendant l’insertion de la duite de liage.
- Les crochets, une fois engagés sous les fils de poil « pris » par les crochets de la mécani
- que Jacquand, l’ouvrier fixe la tringle à la poitrinière du métier, il lance la duite de liage, puis enlève la tringle à équerres pour former de nouvelles boucles, et ainsi de suite.
- GAZE BROCHÉE FANTAISIE
- Par MM. Thivel, Morlet et Cie.
- La particularité de cette gaze repose sur l’emploi d’une double trame très fine. Le changement des lames permet de varier les dessins. La gaze brochée est, en outre, brodée soit avec des fils de même nuance que le fond, soit autrement.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 165804. 8 décembre ; Cuzas. — Procédé de teinture donnant de la fixité aux teintures en noir d’anline et permettant de graduer les tons.
- Ce procédé de teinture est, à proprement parler uniquement un procédé de fixation de la teinture. Les noirs d’aniline ayant au bout d’un certain temps des tendances à passer en verdâtre, l’inventeur fixe cette teinture, en plongeant la matière préalablement teinte et essorée dans un bain constitué de la manière suivante :
- Pour 50 kilog. de coton, et de l’eau en quantité convenable ;
- 1 kilog. de cristaux de soude ;
- 3 kilog. de savon ;
- 1 à 3 kilog. de campêche ou noir indien.
- La température qui est de 60° au moment où l’on plonge la matière doit être peu à pel élevée jusqu’à 80°.
- L’action de ce bain provient de ce que l’acide chrômique resté en liberté dans la ma tière teinte est neutralisé par l’alcali du bain.
- Le ton peut être gradué à volonté, en aus mentant la proportion de campêche. Ce pro-cédé est applicable à toutes espèces de tex-tiles.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 165815. 12 décembre ; Melin et Morel. — Perfectionnements dans le tamisage des matières sèches et humides moulues et pulvérisées.
- L’appareil est constitué de telle sorte, que la matière se tasse le moins possible sur le tamis et par suite n’en obstrue pas les ouvertures. A cet effet, l’inventeur lui donne une forme conique renversée, qui amène naturellement les matières à tamiser vers le fond de l’appareil ; il fait de plus tomber ces matières en nappes légères au moyen d’un système de cône droit plus petit que le cône renversé du tamis, la matière est de la sorte amenée vers le bord supérieur du tamis, elle s’écoule lentement sur les parois de celui-ci, les matières assez fines passent et sont recueillies dans une double enveloppe; les autres sont entraînées par un couloir placé à la partie inférieure du tamis et peuvent être travaillées à nouveau.
- J. FAYOLLET, Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE DES TISSUS SOIE ET COTON
- {Suite.}
- Le grillage ou flambage préalable a pour but de débarrasser le coton du duvet qui l’enveloppe toujours.
- Il s’opère de deux manières : à la cornue, ou a la rampe à gaz, ou à l’alcool.
- Le grillage à la cornue s’effectue en entraî-lant rapidement les tissus écrus sur une cor-nue en fonte chauffée au rouge par un foyer Intérieur. On règle la distance du tissu à la Cornue par une affaire d’habitude. Un seul Passage suffit; quelquefois il en faut deux pour les tissus formés en chaîne ou en trame.
- Le tissu doit être bien étalé sans plis. Pour ce, il est soigneusemens enroulé sur un pre-mier rouleau, et attiré par un mouvement très
- régulier sur un deuxième rouleau. La vitesse est donnée également par l’habitude de l’ouvrier qui tourne la manivelle du rouleau entraîneur.
- Le grillage au gaz s’effectue en passant le tissu, dans les mêmes conditions, sur une rampe à gaz, dont la flamme lèche le tissu. Les appareils de MM. Pierron et Dehaitre, de Paris, sont généralement employés. Quelquefois les tissus passent successivement sur deux flammes et même trois ou quatre.
- Lorsqu’on n’a pas le gaz à sa disposition, on emploie des rampes à flamme d’alcool dénaturé. Mais ce système devient de plus en plus rare.
- Le teinturier, en recevant les pièces du du grillage, doit soigneusement vérifier si elles u’ont aucune tache de rousseur, qui, provenant d’un grillage mal soigné, donnerait des accidents ultérieurs en teinture, qui lui seraient imputés à tort par le fabricant.
- Depuis quelque temps, il nous vient, de Chine un tissu, dit Punget, qui est tout soie et qui joue un grand rôle en ce moment. Ce tissu est cuit et se teint en pièces dans le même atelier que ceux des tissus soie et coton. C’est ce qui fait que j’en parle ici incidemment.
- Ce tissu est bien cuit en Chine, mais, comme il arrive imprégné de poudre de riz (talc), il faut le recuire en France. Mais pour ce, il faut le dégorger à l’eau froide très soigneusement avant de le cuire.
- Il conviendrait même de le passer à la roue à laver (Dash-Weel), sinon la poudre de riz (talc) restant dans le tissu ferait des plaques terreuses sur le tissu teint, ressemblant à des dartres.
- Cuite des tissus soie et coton.
- •
- Je vais décrire avec soin la cuite des tissus mixtes pour blanc, qui s’applique d’ailleurs pour les couleurs et les noirs, et convient également non seulement pour les tissus destinés à être teints, mais encore à ceux devant être imprimés.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Il y a deux manières de cuire les tissus : en poche ou au tourniquet. Quelle que soit la manière employée, il convient de mouiller les tissus, de leur donner sur l’eau un léger sondage tiède avec des cristaux de soudé, pour les prédisposer à l’action du savon.
- Cette opération étant faite, les tissus étant essorés saris rinçage préalable, on les met en paquet dans un sac en toile assez spacieux et cousu grossièrement, si l’on veut cuire en poche, ou l’on cout les pièces bout à bout- en nombre variable selon l’importance de la cuite, si l’on veut cuire au tourniquet.
- Si l’on cuit en poche, on abat les poches dans un bain de savon bouillant à 30 010 du poids du tissu, et l’on manœuvre pendant une heure et demie les poches avec des bâtons sur ce bain bouillant.
- Puis les poches sont levées, jetées sur le carreau pour les laisser refroidir et égoutter. Etant refroidies, on les ouvre ; on en retire les. tissus, auxquels on donne, si l’on veut faire des blancs ou des couleurs claires, un nouveau petit savon à 50 degrés de chaleur.
- Quelques teinturiers ont l’habitude de diminuer l’emploi du savon en additionnant le bain de cuite de cristaux de soude ; mais c’est à tort : on énerve la soie, et de là des accidents en teinture.
- Si l’on cuit au tourniquet, les pièces, enroulées sur un tour, sont passées en va-et-et-vient à l’aide de ce tourniquet, durant deux heures, sur une barque contenant un bain de savon préparé comme précédemment. Une légère ébullition est maintenue à l’aide d’un serpentin chauffé à la vapeur. Pendant les allées et venues, l’Ouvrier, qui manœuvre le tour d’une main, étale la pièce, à sa sortie du bain, avec un bâton de lise.
- Quelques maisons opèrent cette cuite en opérant sur un très grand nombre de pièces à la fois et en manœuvrant, comme les indien-neurs, dans les cuves à roulette : c’est-à-dire que les pièces, soigneusement enroulées sur un rouleau comme pour le gazage, sont attirées sur un deuxième rouleau en passant au
- fond d’une barque profonde, où elles sont maintenues par un troisième rouleau noyé, et intermédiaire entre les deux autres, placés aux deux têtes de la barque. On opère un va-et-vient d'un rouleau à l’autre, comme précédemment.
- Cette dernière méthode est incontestablement supérieure aux deux autres, et la seule rationnelle pour éviter les cassures de l’étoffe et les biscuits (places mal cuites).
- Pour les blancs et les couleurs claires, les pièces sortant du deuxième savon sont soumises à l’action de l’acide sulfureux, dans la chambre à soufre.
- Divers blanchiments, au bisulfite de soude, à l’hypermanganate de potasse et au bisulfite de soude, à l’eau oxygénée, ont été employés, mais sans succès ; on est toujours revenu à l’acide sulfureux des chambres à soufre.
- Sortant du soufroir, les pièces sont soigneusement manœuvrées sur une eau tiède de cristaux de soude, pour les désoufrer et les dégorger de tout savon. Puis elles sont rincées à grande eau aussi soigneusement que possible.
- Le meilleur rinçage consiste à opérer, à la manière des imprimeurs, en eau courante, en attachant les pièces et les laissant flotter librement dans l’eau pendant quelques minutes, puis les battre sur une planche de bois et les remettre à l’eau courante.
- Après essorage, elles sont prêtes à être tein-en blanc, couleur, noir.
- Teinture en blanc.
- Comme principe, elle s’opère comme pour la flotte, sauf la disposition mécanique. Au lieu de liser avec des bâtons, on manœuvre en va-et-vient sur le bain avec le tourniquet; l’ouvrier, tout en tournant d’une main le tourniquet posé sur la barque, étale avec l’autre les pièces à l’aide d’un bâton de lise. Il faut aller très vivement. Le bain est préparé selol le blanc que l’on veut obtenir. Quelquefois 00 y ajoute de l’albâtre pour modérer le tirage de la couleur.
- Le violet au chromate de la Société des ma-
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- KT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tières colorantes de Saint-Denis est le plus généralement employé pour les blancs blancs. Pour les autres blancs, ils rentrent, à mon avis, dans la série des couleurs très claires. Tels sont les crèmes, les chines, les azurés, etc. J’aurai l’occasion d’y revenir.
- La teinte étant obtenue, on enroule les pièces sur le tourniquet; puis, si l’on veut un toucher craquant, on les repasse sur un bain léger d’acide acétique. On les sort, après essorage, on les porte au séchoir, qui peut se faire en laissant prendre les pièces, étalées sur des perches dans des appartements très élevés ou dans des étuves très chaudes. Dans ce dernier cas, les pièces, cousues bout à bout, entrent humides par une extrémité et sortent sèches par l’autre, après avoir circulé sur un grand nombre de rouleaux imitant la cuve à roulette.
- Si l’on veut abattre le toucher, au lieu de donner aux pièces un passage en acide acétique, on les manœuvre sur un bain tenant du talc en suspension.
- Teinture en blanc et couleur.
- Dans quelques articles pour le Levant, on teint la soie en couleur, et l’on réserve l’envers coton en blanc. Dès le début, j’ai oublié de dire que, dans les tissus mixtes, l’endroit produit l’effet soyeux par la chaîne, et l'en-vers, l’effet coton par la trame.
- Marius MOYRET.
- (Reproduction, interdite.) (A suivre.)
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages (Suite.)
- Gris rougeâtre.
- Ces couleurs, qui tiennent le milieu entre les couleurs cramoisi et les couleurs lilas bleuâtres, s’obtiennent de la manière sui-vante :
- On mordance pendant une heure au bouillon 1 kilo de laine avec 150 grammes de sel marin. On teint dans un bain composé de 75 grammes de cochenille et de 30 grammes de sel ammoniac. On y fait bouillir pendant une heure ou une heure et demie la laine préparée avec le sel marin, puis on la retire et on la lave soigneusement.
- La préparation de la laine ayant été obtenue avec du sel marin et la composition du bain de teinture ayant été faite avec du sel ammoniac et de la cochenille, ces deux sels modifient séparément la couleur de la laine. Le sel marin permet de faire des couleurs lilas rougeâtres, le sel ammoniac peut produire des couleurs rouges cramoisi tirant sur le pourpre; de sorte que, du mélange de ces deux mordants, il résulte une couleur bleuâtre tirant sur le rouge, d’une nuance particulière, qui diffère des couleurs pour lesquelles la laine a été préparée avec du sel ammoniac et le bain de teinture avec du sel marin.
- Giroflées.
- Le plâtre produit des nuances particulières de couleurs.
- Lorsqu’on le fait bouillir dans l’eau, il s'y dissout presqu’entièrement, à moins qu’il n’ait été trop calciné.
- Le plâtre consolide les couleurs, et on ne doit pas craindre qu’il soit en excès, parce que ses parties qui ne sont pas combinées avec la laine s’enlèvent facilement par le lavage sans endommager la couleur, qui paraît même consolidée par cet excédent.
- Pour cette couleur, on compose un bain de mordant avec 300 grammes de plâtre que l’on fait bouillir pendant une heure, en ayant soin de ne mettre le plâtre dans la chaudière que lorsque l’eau a atteint une température de 50 à 60 degrés. On y entre 1 kilo de laine, qu’on a dû bien humecter d’eau, et on la fait bouillir pendant une heure et demie.
- Si l’on désire foncer la couleur, l’on peut employer une solution froide de potasse, comme il a été dit précédemment.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Rouges bleuâtres.
- Lorsque l’on plonge de la laine mordancée avec du plâtre dans un bain de teinture composé avec de la cochenille, du tartre et de la composition d’étain, on obtient une couleur rougeâtre tout à fait particulière, tirant sur le bleuâtre et qui est très agréable. Les proportions de cochenille, de tartre et de composition d’étain étant les mêmes que pour un écarlate, il est certain que c’est le plâtre employé pour le mordançage de la laine qui fait virer la nuance au bleu et produit cette couleur.
- On obtient ces rouges bleuâtres de la manière suivante :
- On mordance 1 kilo de laine avec 300 grammes de plâtre que l’on fait bouillir comme on l’a expliqué ci-dessus.
- On fait bouillir, pendant une heure, la laine dans un bain de teinture composé de 60 grammes de cochenille, 300 grammes de cristaux de tartre et 120 grammes de composition d'étain ; ensuite on la retire, on l’évente et on la lave avec soin.
- La teinture doit être faite dans une chaudière d’étain ou dans une cuve en bois de sapin, afin d’éviter les taches. Il ne faut verser la composition d’étain dans le bain de teinture que lorsqu’il commence à bouillir.
- Rouges bleuâtres.
- On peut composer une couleur rougeâtre, tirant sur le bleuâtre, qui est très agréable et qui ressemble beaucoup à celle obtenue ci-dessus, mais elle est un peu plus claire.
- Pour cela, on prépare 1 kilo de laine en la faisant bouillir pendant une heure et demie dans un bain fait avec 240 grammes de plâtre et 240 grammes de sel marin.
- On compose le bain de teinture de la manière suivante : On met dans une chaudière d’étain ou dans une cuve de bois de sapin convenablement remplie d’eau 60 grammes de cochenille et 30 grammes de tartre. On le fait bouillir quelques minutes, puis on y verse 120 grammes de composition d’étain, et l’on
- remue bien le tout. On y met la laine mordancée avec du plâtre, on la manœuvre au bouillon pendant une heure, après quoi onia retire et on la lave.
- Lilas.
- Ainsi que nous l’avons déjà mentionné ici, on peut employer pour ces couleurs le plâtre avec la composition d’étain dans le mordançage de la laine. En voici une application :
- On remplit une chaudière avec la quantité d’eau nécessaire qu’on élève à une température de 50 ou 60 degrés, puis on y met 150 grammes de plâtre qu’on fait bouillir pendant 30 ou 40 minutes. On y ajoute ensuite 150 grammes de composition d’étain, puis on mélange le tout. On y plonge 1 kilo de laine qu’on manœuvre au bouillon pendant une heure et demie.
- On compose le bain de teinture avec 60 grammes de cochenille ; on y fait bouillir pendant une heure la laine, préparée avec le plâtre et la composition d’étain, après quoi on la retire et on la lave.
- La laine y prend une couleur lilas rougeâtre très agréable.
- Lilas.
- Si l'on emploie un mélange de plâtre et de sel marin dans la composition du bain de mordant, on obtient une couleur lilas rougeâtre, différente de la précédente, parce qu’en agissant Sur la cochenille, ce mélange rend la nuance plus claire et plus rougeâtre. On obtient cette couleur en mordançant un kilo de laine avec 240 grammes de sel marin et 240 grammes de plâtre. On la fait bouillir pendant une heure à une heure et demie dans ce bain de mordant.
- On prépare le bain de teinture en mettant dans la quantité d’eau nécessaire 60 gramme® de cochenille en poudre ; puis on fait bouilli1, le bain quelques minutes. On entre la laine qui a été mordancée, on la manœuvre au bouillon pendant une heure et demie, après quoi on la retire du bain et on la lave comme à l’ordinaire.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- e
- Lilas.
- Le plâtre seul, employé comme mordant, donne à la laine teinte avec de la cochenille une couleur bleue rougeâtre assez agréable ; de plus, il la consolide. Du reste, beaucoup de praticiens recommandent de mettre un peu de plâtre dans le bain de teinture, afin d’obtenir une couleur plus saturée et plus solide. Cette couleur de lilas bleu rougeâtre se fait de la manière suivante :
- On élève la température d'une cuve convenablement remplie d’eau jusqu’à 50 ou 60 degrés, et on y met 300 grammes de plâtre. On fait bouillir une heure environ, après quoi on entre la laine (1 kilo),. que l’on manœuvre au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- On prépare un bain de teinture avec 60 grammes de cochenille réduite en poudre dans lequel on fait bouillir, pendant une heure, 1 kilo de laine mordancée, comme nous venons de le décrire.
- On enlève, on évente et on lave.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- ------------- |M o-o-v----------------
- ROUGE CONGO
- BREVETÉ S. G. D. G.
- De MM. J. Ruch et fils, à Pantin (Seine).
- Jusqu’ici toutes les matières colorantes ar-tificielles présentaient fort peu d’affinité pour le coton et les autres fibres végétales, et ce "est qu’au moyen de mordants appropriés, qu’on arrivait à les fixer, mais, en général, sans obtenir beaucoup de solidité.
- Le nouveau produit que nous soumettons aujourd’hui à nos lecteurs ouvre une ère nou-velle dans cette industrie qui nous a habitués 4 tant de surprises et de merveilles.
- En effet, le Rouge Congo, breveté s. g. d.g., est la première couleur de cette catégorie se sixant directement sur coton à l’eau bouillante, sans aucun mordant, et offrant ensuite une distance absolue au savon et à l’eau de chlore.
- On peut se contenter de cette teinture bien simple, qui consiste à teindre pendant une heure le coton dans une eau bouillante renfermant la dissolution du Rouge Congo, puis à passer le coton dans une eau tiède renfermant 4 0(0 de savon mou (savon à base de potasse) et à tordre sans rincer.
- Comme par sa nuance le rouge Congo se rapproche beaucoup du rouge d’alizarine, ou rouge d’Andrinople, les premiers essais ont prouvé qu’on obtenait encore beaucoup plus de solidité et de vivacité par le procédé suivant, que nous recommandons tout spéciale-
- ment, car, pour bien des emplois, il permet de remplacer la teinture en rouge d’alizarine, si longue et si compliquée, par la teinture au rouge Congo.
- Préparer un bain contenant pour 100 kil. de coton :
- 3 kil. aluminate de soude ;
- 4 kil. savon mou ;
- 10 kil. huile pour rouge turc ;
- 3 kil. 1[2 rouge Congo.
- Chauffer à l’ébullition et entrer le coton, préalablement mouillé.
- Maintenir le bain bouillant et y manœuvrer le coton 1 heure 1[2.
- Puis laisser refroidir le bain.
- Quand il est presque froid, sortir le coton et le sécher sans rincer.
- Le prix du rouge Congo est de Frs 20 » net le kil.
- MM. J. Ruch et fils se chargent de fournir l’huile pour rouge turc et l’aluminate de soude nécessaires à cette teinture.
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- 116 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- Violets d’aniline.
- La fraîcheur des nuances obtenues avec les violets d’aniline supassede beaucoup celle que l’on obtient par les autres procédés.
- Les étoffes doivent être bien dégraissées, bien rincées et exemptes de toute tache.
- Les baquets ou les cuves où se teignent les étoffes en violet doivent être très propres et éloignés de l’endroit où se fait la dissolution des produits d’aniline. Ces violets s’obtiennent en un seul bain.
- L’emploi des mordants n’est pas indispensable pour que les violets se fixent sur la laine ; cependant la pratique démontre qu’il est préférable de mordancer les étoffes.
- Une étoffe mordancée s’unit beaucoup plus facilement, et sa couleur résiste mieux que celle d’une étoffe qui ne l’est pas.
- Quelques coloristes mordancent avec 2 0j0 du poids de la laine de sel marin.
- Nous diviserons les violets d’aniline en deux genres : les violets bleus et les violets rouges.
- Violets bleus. —Le bain étant fait avec une pièce destinée à être teinte en nuance foncée, comme il a déjà été dit, on humecte bien les étoffes en les passant dans une cuve contenant de l’eau claire, puis on les entre dans un bain composé comme suit :
- Pour 100 kilos de laine :
- Eau froide ;
- 3 kilos de tartre ;
- 5 kilos d’alun ;
- 0 kil. 250 d'oxymuriate d’étain ;
- 3 kilos d’acide sulfurique.
- On y laisse manœuvrer les pièces 15 à 20 minutes sans chauffer et on ajoute le colorant qui a dû être préalablement dissout, puis filtré.
- Cette dissolution du violet doit être faite loin des pièces, afin d’éviter que de petits cristaux de produits volent et viennent tacher
- les pièces. On la verse dans le bain en plusieurs fois pour obtenir des teintures bien uni-formes. Il est bon, en garnissant, de passer le colorant dans un fin tamis de soie.
- Il est indispensable de prendre toutes ces précautions, parce que l’on parvient rarement à couvrir les taches, surtout dans les violets clairs.
- On laisse encore manœuvrer les pièces 10 minutes sans chauffer, puis on porte graduellement la température du bain jusqu'au petit bouillon. Un grand bouillon nuirait à la richesse de la nuance.
- On abat, on évente et on lave avec soin.
- Il faut tenir, au sortir du bain de teinture, la nuance des étoffes un peu moins rouge que celle de l’échantillon.
- Lorsque l’on est près de la teinte exigée, on peut rougir un peu en arrêtant toute chaleur. Au contraire, un bon bouillon empêche le rouge de monter.
- On se sert du violet rouge pour rougir la nuance ; mais, si l’on était moins rouge et trop près de l’échantillon comme fond, on devrait employer la fuchsine. Il faudrait prendre, en garnissant, les mêmes précautions que pour le violet.
- Les violets peuvent se dégrader dans un bain neuf, mais la dégradation se fait plus complètement dans un bain de carbonate de soude. Dans ce dernier cas, le colorant est tout à fait perdu.
- Violets rouges. — On fait le bain, puis on met, pour 100 kilos de laine, dans le volume d’eau nécessaire :
- 1 kil. 5 10 de tartre ;
- 2 kil. 500 d’alun.
- On-fait manœuvrer les pièces 15 à 20 mi' nutes sans chauffer, puis l’on verse, en plu-sieurs fois, dans le bain, la dissolution de violet rouge, en prenant les mêmes précautions que précédemment.
- On manœuvre de nouveau les étoffes 10 minutes sans chauffer, après quoi on élève pro-gressivement la température du bain jusqu’d
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ce qu’on ait atteint un léger bouillon. On maintient cette température jusqu’à la teinte voulue.
- La nuance des étoffes doit être, au sortir du bain, un peu moins rouge que celle demandée.
- On bleuit en ajoutant au bain du violet bleu ou du carmin d’indigo. On casse le rouge en élevant la température du bain; mais, ainsi que nous l’avons déjà mentionné, cette manière de procéder grise la couleur.
- On rougit, si c’est nécessaire, par l’addition d’une petite quantité de fuchsine.
- Les étoffes sont abattues, puis lavées dans une eau bien claire.
- Violets au bleu de cuve et à la cochenille.
- Les violets que l’on communique avec la cochenille aux étoffes de laine préalablement teintes en bleu de cuve sont très solides ; mais le prix de revient de cette teinture est très élevé, et elle nécessite une grande pratique; surtout lorsqu’on est obligé de se conformer à un échantillon d’une nuance déterminée.
- Voici la méthode ordinairement suivie pour la teinture des étoffes de laine en violet grand teint.
- Les étoffes sont teintes en bleu de cuve, puis soigneusement lavées. On compose ensuite un bain, pour 100 kilos de laine, avec :
- 3 kilos de tartre ;
- 15 kilos d’alun.
- On y fait bouillir les étoffes pendant une heure et demie, on les abat et on les évente.
- On prépare un nouveau bain avec 3 kilos de tartre et la quantité nécessaire de coche-nille pour arriver a la teinte de l’échantillon. On entre les étoffes et on les fait bouillir pen-dant une heure et demie. On les abat, on les evente et on les lave avec soin.
- Elles ont une couleur violette plus ou moins bleue ou rouge, selon que l’on a forcé plus ou moins le bleu de cuve ou la cochenille.
- Violets à la cochenille et au carmin d’indigo.
- Ee procédé de teinture en violet par la co
- chenille et le carmin d’indigo produit des couleurs assez solides, mais dont le coût est très élevé. Il comprend deux opérations : le bouillon et la teinture.
- Bouillon. — On fait le bain en mordançant une pièce de laine avec 10 010 de crème de tartre et 20 0[0 d’alun. Lorsque cette pièce a manœuvré dans le bain pendant une demi-heure au bouillon, on l’abat, puis on garnit, pour 100 kilos de laine, avec :
- 2 kilos 500 de sel d’étain,
- 10 » de crème de tartre,
- 20 » d’alun.
- On entre les étoffes, on les fait bouillir pendant 1 heure 1]2, puis on les abat, on les évente et on les laisse reposer 24 heures sur le mordant, après quoi on peut les teindre.
- Teinture. — Les étoffes sont humectées d’eau, puis entrées dans un bain froid préalablement fait. On y met 10 kilos de crème de tartre (pour 100 kilos de laine) et la quantité de cochenille et de carmin d’indigo nécessaire pour arriver à la nuance de l’échantillon.
- On chauffe progressivement jusqu’à 70 ou 80. centig. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue, en ayant soin de tenir le bain toujours en dessous du bouillon, afin de donner à la couleur toute la fraîcheur qu’elle est susceptible d’avoir.
- On abat et on lave.
- Violets à la cochenille et au sulfate d’indigo
- La marche à suivre et les proportions de mordants sont les mêmes que celles indiquées dans la teinture des étoffes de laine par la cochenille et le carmin d’indigo, avec cette différence, qu’au lieu de garnir le bain avec de la cochenille et du carmin d’indigo, on emploie la cochenille et le sulfate d’indigo.
- Nous prions le lecteur de bien vouloir relire les observations que nous avons faites dans le « Moniteur de la teinture, no 6, page 66, » sur les précautions que l’on doit prendre dans l’emploi du sulfate d’indigo.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Nous préférons nous servir du carmin d’indigo qui produit des couleurs beaucoup plus riches.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction, interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS DIVERS
- Gris fer pour molleton en coton
- Pour 50 kil. de molleton.
- Préparez bain contenant :
- 2 kil. d’extrait de campêche ;
- 500 grammes d’extrait de fustique.
- Mettez le molleton à 500 C. Faites faire 4 tours.
- Ajoutez au bain :
- 1 kil. 500 de couperose.
- Faites faire 4 tours. Lavez.
- Gris ardoise pour molleton en coton
- Pour 50 kil. de molleton.
- Préparez bain contenant :
- 2 kil. 500 d’extrait de campêche ;
- 250 hrammes d’extrait de fustique.
- Mettez le molleton à 550 C. Faites faire 4 tours.
- Ajoutez au bain :
- 1 kil. 500 de couperose.
- Faites faire 4 tours. Lavez.
- Brun pour molleton en coton
- Pour 50 kil. de molleton.
- Préparez bain contenant :
- 2 kil. 500 de cachou;
- 780 grammes de pierre bleue;
- 2 kil. d’extrait de campêche;
- 2 kil. d’extrait de quercitron ;
- 250 grammes de cendres de soude.
- Mettez le molleton à 100° C. et laissez pendant 2 heures en tournant constamment.
- Préparez un autre bain contenant :
- 2 kil. 500 de bichromate de potasse.
- Mettez le molleton à 1000 C. Faites faire 2 tours.
- Lavez et finissez.
- Vermillon pour laine torse
- Pour 50 kil. de laine.
- Préparez bain contenant :
- 750 grammes de vermillon écarlate ;
- 1 kil. d’acide sulfurique.
- Mettez la laine à 93 C. Faites faire 4 tours élevez la température jusqu’à ébullition, tournez jusqu’à la nuance désirée. Lavez.
- Jaune serin pour laine torse
- Pour 50 kil. de laine.
- Préparez bain contenant :
- 5 kil. de sel de Glauber ;
- 180 grammes de jaune serin ;
- 1 kil. d’acide sulfurique.
- Mettez la laine à 70 C. Faites faire 3 tours, élevez la température jusqu’à ébullition et tournez jusqu’à la nuance désirée.
- Vert brillant pour soie torse
- Pour 50 kil. de soie.
- Préparez bain contenant :
- 4 seaux de liqueur de savon de Marseille ; 500 grammes de vert brillant;
- 1 kil. 500 d’acide sulfurique.
- Mettez la soie à 83OC. Faites faire 4 tours; élevez la température jusqu’au point d’ébullition. Tournez jusqu’à la nuance désirée.
- Lavez ei séchez.
- EMPLOI DU CHLORURE GAZEUX COMME DÉCOLORANT DANS L'IMPRESSION DES CALICOTS.
- L'idée suggérée par M. Persoz pour la décoloration de la teinture bleue d’indigo, au moyen du gaz CI, n’a pas reçu d’application générale, par suite du temps que demande le CI pour détruire la couleur,même en présence de H2O. Pour produire du blanc sur un fond bleu, le CI doit agir sur les endroits humides pendant au moins deux minutes, et ce temps est aussi suffisant pour donner au bleu une teinte verdâtre.
- Des expériences ont démontré qu’un tissu
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- -=i co
- teint avec du bleu d’indigo et trempé dans une faible solution de NaHO est complètement décolorée par du gaz CI en dix secondes. La lessive de soude caustique de 16 à 17o B. est ce qui agit le mieux. De cette manière on arrive à une oxydation puissante, à laquelle aucune couleur ne peut résister.
- Le rouge d’Andrinople devient jaune en 20 secondes, et parfaitement blanc en 50 secondes.
- Le noir d’aniline est détruit presque instantanément.
- Un tissu trempé dans un mélange d’huile d'aniline et de Na HO, et exposé ensuite à l’action du gaz CI, devient immédiatement noir.
- La même expérience avec un sel d’aniline produit un jaune vif, qui résiste à l’action du CI.
- Si une goutte de Na HO est mise sur un tissu et que l’on laisse réagir de nouveau le Cl, la couleur est détruite da suite, à l’endroit on était la goutte.
- Les hypochlorites même en solution concentrée ne décolorent pas de suite le bleu d'indigo, tandis que l’acide libre agit de la même façon que le CL Mais dans cette opération ce ne peut être le HCIO qui joue le rôle important, car il y a toujours de l’alcali on excès pour saturer l’acide libre, et en réa-lité il y a une réaction alcaline après que la matière colorante a été détruite. L’agent est Probablement à l’état naissant, comme suit :
- 2 HaHO+2CI=2 NaCI+H2O+O.
- Par ce procédé, la décoloration du bleu d'indigo et de mordançage avec AI2O3 pour ia teinture avec de l’alizarine, peuvent être faits en même temps, en employant un mé-lange de NaHO et Al204Naz.
- Pour produire du jaune de chrome par décoloration, un mélange de PbO et Cr203 dans du NaHO est exposé au gaz CI.
- On peut produire du blanc en imprimant simplement sur du NaHO et un encollage et en l’exposant ensuite au gaz CL
- BIBLIOGRAPHIE
- LA PARTICIPATION DES EMPLOYÉS AUX BÉNÉFICES ET LES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES EN FRANCE.
- Sous ce titre, M. Edouard Simon vient de communiquer à la Société des ingénieurs civils de France un important travail qui peut être considéré comme la suite et le complément des précédentes études du même auteur sur les sociétés coopératives anglaises.
- Se basant sur des faits et des chiffres officiels, M. Simon analyse les principaux systèmes pratiqués avec succès en France, et en France seulement jusqu’ici, pour faire participer les employés et ouvriers aux bénéfices des établissements qui les occupent ; il signale notamment les résultats obtenus par la maison Leclaire, à Paris, par les établissements Laroche-Joubert, à Angoulême, Godin, à Guise; il montre aussi le rôle du livret de Courcy dans l’application du principe de la participation.
- Après avoir répondu à l’objection du danger, plus apparent que réel, de l’immixtion des employés dans la gestion, des sociétés, M. Simon étudie le développement des associations coopératives de production dans notre pays. Il fournit, à l’appui de la confiance que lui inspirent les travailleurs ainsi groupés, un certain nombre d’exemples témoignant d’une persévérance, d’une solidarité et d’une abnégation trop souvent contestées aux ouvriers français.
- M. Simon signale les théories économiques qui lui paraissent dangereuses, les problèmes dont la solution s'impose aux syndicats et qui intéressent non seulement le prolétariat, mais toute l’industrie française.
- De même que pour les Sociétés coopératives anglaises, nous nous somme assuré un tirage à part de la très intéressante brochure que nous signalons à nos lecteurs et que nous tenons à leur disposition contre la remise de un franc cinquante centimes en timbres-poste.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N II. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 3 Juin 4885
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE DES TISSUS SOIE ET COTON (suite). LA RAMIE.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- TEINTURE DES PLUMES.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- PROCÉDÉS DIVERS.
- RECHERCHES CHIMIQUES SUR L’ACTION DU SAVON PROCÉDÉ POUR OUTREMER.
- BREVETS D’INVENTION.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE EN NOIR A FROID Par M. Périnaud.
- Les étoffes de laine pure ou mélangée sont inévitablement durcies par la méthode actuelle de teinture en noir. On sait, en effet, que le tissu est préalablement soumis au « mordan-sage » dans des bains portés à l’ébullition (c'est ce que l’on appelle le « bouillon de noir »), Puis immergé dans la teinture proprement dite, également chauffée aux environs de 100 degrés centigrades.
- Ajoutons que, dans le cas de mélanges de fibres textiles de diveres sortes, il est souvent necessaire de répéter les opérations ci-dessus.
- M. Périnaud prend le contre-pied de la mé-thode habituelle et commence par immerger 1 étoffe dans le bain de teinture, maintenu à la empérature ordinaire. Ce bain est composé d une décoction de bois jaune, de campêche, de sumac,, de quercitron, etc., en proportions veriables suivant nuances à réaliser.
- Le deuxième bain, froid ou tiède selon la saison, contient le mordant : sulfate, acétate,
- muriate, nitrate de fer ou de cuivre, mélangés ou non, en quantités également variables, avec les effets voulus.
- Après rinçage et séchage, le mordant enveloppe la matière tinctoriale et, d’après M. Périnaud, en assure la solidité.
- Le procédé est évidemment fort économique, puisqu'il supprime la majeure partie du combustible.
- TEINTURE PROVISOIRE DES FILS DE TRAME
- Par MM. Prosper Monnet et Cie.
- Certains lainages teints en pièces sont tissés avec des trames tordues alternativement de sens inverse. Pour permettre à l’ouvrier de choisir sans hésitation la duite convenable,on prend la précaution de colorer d’une façon provisoire les fils d'une torsion déterminée. Les fils tordus en sens contraire sont laissés en écru.
- Toutefois, les matières minérales dont il est fait usage en pareil cas, ne disparaissent pas toujours complètement; de là des inconvénients sérieux pour la teinture ultérieure, notamment en ce qui concerne les nuances claires.
- MM. Prosper Monnet et Cie se servent d’acide purpurique et d’acide isopurpurique à l’état de sels, en raison de l’instabilité de ces combinaisons. L’isopurpurate de potassium, formé par la réaction du cyanure de potas-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sium sur le phénol trinitré, donne de bons résultats.
- La laine filée est plongée dans de Veau acidulée par un acide végétal et additionnée du sel ci-essus. La température du bain est élevée progressivement jusqu’à la température de 50o centig., manipulée comme d’ordinaire, tordue et séchée. Le fil présente alors une coloration rouge. Après tissage, le dégraissage habituel au carbonate de soude additionné ou non de savon, suffit à faire disparaître la teinte purpurine.
- APPAREIL DE CONDITIONNEMENT DES SOIES ET LAINES Par M. Testenoire.
- M. Testenoire emploie comme calorifère une sorte de chaudière tubulaire à enveloppe métallique, chauffée par un foyer inférieur et surmonté d’un dôme, ou réservoir d’air chaud. Sur ce dôme sont branchés les tuyaux qui portent la chaleur soit aux appareils de préparation, soit aux appareils de dessiccation, le breveté ayant constaté une économie lors de la subdivision du conditionnement en deux opérations successives.
- Sur les côtés opposés de la chaudière sont établies deux caisses métalliques renfermant un groupe d’appareils préparateurs. Les produits de la combustion, avant de se rendre à la cheminée, parcourent ces caisses de haut en bas, cèdent une partie de leur calorique et empêchent le refroidissement des parois des préparateurs.
- Les appareils complémentaires, où s’achève la dessiccation des matières à conditionner, sont munis à la partie supérieure, d’une conduite annulaire, ou couronne percée de trous, par où s’échappe l’air chaud puisé dans le dôme de la chaudière. Les diamètres des trous vont en croissant depuis l’origine de la prise jusqu’au point de la couronne le plus éloigné, afin de répartir la chaleur aussi également que possible. L’air chaud, aspiré vers le bas
- de chaque étuve cylindrique, enveloppe les écheveaux sur toute la hauteur.
- La disposition générale des appareils rayonnant autour d’une chaudière centrale permet d’utiliser les étuves simultanément ou d'en limiter le fonctionnement par groupes de deux suivant le nombre des essais à effectuer.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 166003. 18 décembre ; Hawthorn et Liddell | — Système de tambour de séchage chauffé» la vapeur.
- Les tambours employés pour le séchage des tissus sont habituellement formés de feuilles de métal maintenues à leurs extrémités at moyen de rivets sur des couronnes formant fonds et portant les tourillons pour la rotation. Ces tambours ainsi constitués ne se prêteraient pas au chauffage à la vapeur, car il se produirait des fuites.
- L’inventeur établit les couronnes de ses tambours en deux pièces disposées en biseaux formant joints coniques. Une des pièces supporte, maintenues par des rivets, les feuilles métalliques, l’autre qui s’emboîte sur celle-cl par un point conique que l’on peut serrer» volonté au moyen de vis, forme fermeture des tambours et porte des tourillons creux pa lesquels pénètre la vapeur.
- 166036. 20 décembre ; Varinet. — Perfec tionnements apportés dans l’apprêt des tissus 166039. 20 décembre ; Rowelle. — Perfec-tionnements dans la fabrication de l'acide chromique.
- Procédé consistant à prendre du chromai6 de soude ou un chromate soluble que l’0" transforme en chromate de strontiane par 1e chlorure de strontium et en chromate de b& ryte par le chlorure de baryum. Ces chromate de strontiane et de baryte sont alors traité par de l’acide sulfurique en excès qui 16 transforme en sulfate de baryte insoluble el sulfate de strontiane. L’acide chromique 85
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- mis en liberté, on le sépare du résidu et l’évapore à siccité à une température modérée.
- 166078. 26 décembre ; Hilaire. — Amélioration et perfectionnements dans le chauffage des cylindres à apprêter les étoffes.
- Dans les cylindres à apprêter, tels qu’ils existent actuellement, le mélange de gaz et d’air qui, par sa combustion, doit servir à chauffer le cylindre, arrive par un seul tuyau et sort par une seule rangée de trous ; il en résulte une combustion incomplète et irrégulière. Le perfectionnement indiqué au brevet consiste à faire arriver par un tuyau spécial disposé dans une rainure, un courant d’air pur qui s’échappe par une rangée de petits trous et vient régulariser et compléter la combustion du gaz.
- 166108. 24 décembre ; Société H. David et Cie. — Perfectionnements dans le grattage des étoffes.
- 166197. 31 décembre ; Petit. — Mélangeur 4 double effet à lames droites ou héliçoïdales. Ce mélangeur est constitué par la combinaison de deux mélangeurs ordinaires formés d’un arbre vertical supporté à son extrémité par une crapaudine et muni de palettes plates ou héliçoïdales qui s’entrecroisent.
- Ces mélangeurs sont animés à volonté d’un mouvement de rotation de même sens ou de sens contraire, et ils tournent dans une capa-cité où sont placées les matières à mélanger.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE DES TISSUS SOIE ET COTON
- (Suite.)
- Pour les pays du Levant, l’on vend des etoffes soie et coton, tissées en soie garancée ou cochenillée et coton écru. Il faut donc imi-ter ce genre. Pour ce, on y arrive presque en
- teignant des pièces soie et coton en couleurs rouges dites azoïques.
- La soie seule se teint et le coton sort faiblement rosé.
- De même on peut teindre ainsi avec presque toutes les couleurs d’aniline. Les envers coton sortent faiblement teintés, ou pour me servir d’une expression technique « déblanchis. » On peut arriver à un meilleur résultat en teignant plus haut que le ton, et donnant un léger savon froid qui dégrade la soie de quelques nuances et de même le coton.
- Pendant longtemps on a produit un genre pour ombrelle où le coton était teint en noir d’aniline ou autre couleur, par voie d’impression et sans rinçage.
- Ce genre se faisait sur des étoffes satin assez fourni en soie. On imprimait l’envers coton à l’aide de couleur fortement épaisse et passée à la règle. On laissait sécher et apprêtait sans vaporiser ni rincer.
- Il est bien entendu que ce genre est tout à fait faux teint et qu’à la moindre pluie l’ombrelle est perdue.
- Je ne quitterai pas ce sujet sans signaler les effets d’armures produits par le mélange de blanc et couleur, dans un seul bain de colorant.
- Ainsi une pièce présentant à l’endroit des fleurs produites par la trame coton sur le fond soie après teinture par l’effet de blanc coton sur soie colorée, aura l’air absolument d’avoir été tissée après teinture.
- Teinture en couleurs claires, f
- Les pièces sont préparées rigoureusement avec les mêmes précautions que pour les blancs.
- Pour ce genre et ceux qui vont suivre, le teinturier doit se pénétrer de ceci : qu’il faut toujours que la pièce rendue soit plus foncée du côté du coton que de la soie.
- La soie elle-même doit être plus foncée que l’échantillon, car la nuance tend toujours à tomber à l’apprêt. La même chose a lieu pour le coton, et d’une manière plus accentuée. Le
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fabricant ne se plaint d’ailleurs jamais d’un excès du couleur à l’envers ; pour l'acheteur, il semble impossible que les étoffes aient été teintes en pièces, mais bien qu’elles ont été tissées après teinture.
- Sauf pour le carthame, qui tire également sur la soie et le coton, il faut deux teintures pour arriver à ce résultat.
- Dans un premier bain, après les précautions voulues, selon la couleur employée, on teint d’abord la soie à la hauteur voulue supérieure à celle de l’échantillon ; le coton sort faiblement teinté.
- Puis l’on passe les pièces sur un bain de sumac de Sicile ou de noix de galle de bonne qualité, ou de galle de Chine, préparé à froid, on les manœvre une heure, on les sort, on les rince, et on les teint de nouveau.
- L’engallage à rendu la soie inapte à se teindre de nouveau, mais en place, le coton a pris des propriétés nouvelles, il est devenu apte à tirer les couleur d'aniline, il n’y a plus qu’à manœuvrer les pièces pour arriver à la hauteur voulue sur coton.
- L’on a remplacé avec succès les mordants gras, pour l’obtention en une seule teinture de la nuance voulue, mais pour quelques couleurs seulement, principalement les couleurs azoïques.
- L’emploi des mordants gras offre le grand avantage pour les couleurs très claires et très franches, telles que les « nils, ciels, roses, maïs, etc. », de ne pas teinter en gris le tissu, ce que fait toujours l’engallage, même celui fait avec la plus grande précautiop.
- Voici comment j’ai procédé dans des essais faits pour MM. A. Salomon et Gie, de Lyon, | fabricants de mordant gras (huile soluble, acide sulforicinique).
- Le tissu étant bien préparé pour couleur claire, on le passe au foulard, c’est-à-dire en deux cylindres revêtus de molleton, imprégné d’un bain monté avec du sulforicinate d'am-moniaque, moyennement étendu. Il sort du foulard convenablement mouillé et imprégné. On arrive au même résultat en malaxant Je
- tissu dans le bain de sulforicicinate, mais il faut alors l’essorer, et il se produit alors des plis, qui se traduisent par des ombrées en teinture, si l’on n’y prend garde.
- Le tissu humecté de sulforicinate est abandonné à la sèche 24 à 48 heures et même plus. La température ne joue pas un grand rôle; en place plus le temps est long et meilleur est le fixage, par formation d’un corps résineux sur la fibre.
- Quand les pièces sont sèches, il faut bien prendre garde au feu et d’approcher un corps enflammé, car elle brûleraient comme de l’amadou. Il faut éviter de les entasser également, elles prendraient feu toutes seules par l'échauffement.
- Déjà des accidents ont eu lieu dans des in-dienneries pour avoir négligé ces précautions élémentaires.
- Les pièces sèches, bien préparées, sont dégraissées dans un très léger bain de cristaux de soude à froid, puis rincés, et avivés à l'a-cide chlorhydrique, que l’on écarte par un lavage pour certaines couleurs azoïques sensibles aux acides, telles que la couleur » Primerose. »
- En les manœuvrant alors dans un bain colorant, soie et coton tirent ensemble, avec tout l'éclat de la couleur. Avec le primerose, j’ai obtenu le même résultat qu’avec le car-thame.
- Le passage en huile soluble offre un avantage : c’est celui de donner à l’étoffe de la carte, c’est-à-dire du maniement, mais il faut bien dégraisser, sinon l’on aurait un toucher mou.
- Pour les couleurs claires, on ne rince pas sur le bain de teinture, et dans un atelier bien organisé, les principaux bains de teinture servent indéfiniment.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- LA RAMIE
- Cette fibre textile dont il est tant question depuis quelques [années, non comme devant remplacer le coton, mais comme devant enrichir le nombre des fibres servant à la fabrication de nos tissus, est toujours l’objet de nombreuses tentatives pour introduire sa culture dans les départements du midi de la France, où elle serait une compensation de la perte occasionnée par la chute de la garance.
- Mais jusqu’à présent, les essais ont été infructueux, et sauf dans les Pyrénées-Orientales, le sol français n’a pas offert les conditions voulues d’humidité, de chaleur et de clémence des hivers pour la culture de cette plante trisannuelle, originaire de l’Inde.
- La décortication, qui longtemps a été un obstacle à la "préparation de cette fibre, est résolue pour ainsi dire aujourd’hui. C’est le cas de dire : « On est allé chercher bien loin ce qui était bien près. »
- Tant que l’on a voulu' assimiler la tige de ramie à celle du lin et du chanvre, et essayer de la rouir comme ces dernières, l’on a fait fausse route. Et c’est pour s’être pendant de longues années tenu dans cette voie, que l’on n'a rien produit de sérieux.
- On a essayé de décortiquer la ramie des tiges vertes, sans rouissage, à l’aide de machines très ingénieuses, mais d’un pauvre résultat comme industrie. Aujourd’hui, on se contente d’abandonner les tiges à la dessicca-tion naturelle, ce qui est facile dans les pays chauds, puis de les passer au four ou à l'é-tuve modérément chauffée à 60-70° centigr., durant 24 heures.
- Au sortir de l’étuve, il suffit d’agiter une tige contre un banc à batre pour que le bois Se détache et que la filasse vous reste à la main, sous forme de torchon.
- l’entretiendrai dans quelque temps les lec-teurs du journal de la manière de transformer cette filasse brute en ramie filée blanche et teinte, rivalisant de brillant avec la soie.
- Marius MOYRET.
- (^?pr&ductiQn interdite).
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- {Suite.}
- Chair.
- La méthode suivante donne une couleur chair d’une teinte bien nourrie.
- On mordance, dans une chaudière d’étain ou dans une cuve de bois de sapin, 1 kilo de laine avec 100 gr. de tartre et 100 gr. de composition d’étain. On fait bouillir pendant 2 heures, après quoi on l’abat, on la laisse égoutter et refroidir.
- On prépare le bain de teinture, également dans une chaudière d’étain ou dans une cuve de bois de sapin, avec 150 gr. de crème de tartre, 300 gr. d’alun très pur et 150 gr. de cochenille en poudre.
- Lorsque le bain est en ébullition, on y ajoute 600 gr. de composition d’étain et on fait bouillr le tout quelques minutes. On y met la laine mordancée comme nous venons de l’indiquer, on l’y manœuvre pendant 1 heure, après quoi on l’abat et on la lave dans une eau bien claire.
- On doit faire le bain de teinture afin d’obtenir das étoffes également teintes dans toute leur longueur. L’uni de la teinte est d’autant plus difficile à obtenir que celle-ci est plus claire.
- On peut obtenir dans le même bain une autre couleur chair, plus claire que la précédente, en mordançant la laine de la même façon que ci-dessus, et en la plongeant dans le bain de teinture sans y rien ajouter.
- Rose foncé.
- Avec les proportions suivantes on obtient une couleur particulière de rose foncé et qui tire un peu sur le rouge.
- On mordance la laine comme ci-dessus.
- On fait le bain de teinture, puis on le garnit, pour 1 kilo de laine, avec 10 gr. de composition d’étain, 15 gr, de tartre et 40 gr. de
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- 8
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cochenille. On fait bouillir la laine dans ce bain pendant 1 heure ou 1 heure 1[2, puis on l’abat, on l’évente et on la lave.
- (Reproduction interdite.)
- (A suivre.)
- TEINTURE DES PLUMES
- I
- De même que pour la teinture des tissus, la teinture des plumes nécessite deux opérations : le dégraissage et la teinture proprement dite.
- Dégraissage. -- Le dégraissage a pour but de débarrasser les plumes des matières grasses et des impuretés qu’elles renferment. Pour cela, les plumes sont trempées pendant quelques heures dans de la benzine ou dans de l’essence minérale, puis sont exposées à l’air. Lorsqu’elles sont sèches, on les savonne soigneusement dans un bain chaud de savon de Marseille, on les rince et on les teint.
- Blanchissage des plumes.
- Pour les plumes blanches, on renouvelle deux ou trois fois le savonnage en bain chaud, puis on les rince et on les « azuré » dans un bain mordancé avec un peu d’acide sulfurique et contenant une très petite dose de violet d'aniline ou de bleu d'aniline.
- Les plumes sont rincées, passées dans une solution d’amidon, « vaporisées » afin d'enfler les brins et finalement frisées.
- I
- Teinture en noir.
- 1 .es plumes sont plongées, après le dégraissage, dans un bain de sulfate de fer (couperose verte) à 10 ou 15 dégrés Bé. On les laisse tremper pendant deux ou trois jours dans ce bain, puis on les lave et on les passe dans un bain chaud de savon de Marseille.
- On rince et on fait tremper les plumes pendant quarante-huit heures dans une solution de tannin à 5 ou 6 degrés Bé. Après un nouveau rinçage, on les replonge pendant douze ou dix-huit heures dans le bain de sulfate de fer, puis on les lave.
- Enfin, on les teint à la température de 70 ou
- 75 degrés centigrades, dans un bain contenant la quantité nécessaire de campêche pour arriver à la nuance demandée, on les lave et on les passe dans un bain froid de savon, après quoi elles sont amidonnées, séchées, vaporisées et frisées.
- Teinture en violet, en bleu, en vert et en rose d’aniline.
- Dans un bain d’eau chauffé à 50 ou 55 degrés centigrades et mordancé soit avec un peu d’acide sulfurique, soit avec de l’acide tartri-que, on met la quantité de colorant nécessaire à la hauteur de la nuance que l’on désire obtenir. Lorsqu’il est dissous, on y plonge les plumes et on les manœuvre sans discontinuer jusqu’à ce qu’elles soient assez foncées. On les rince soigneusement, on les passe dans un bain léger d’amidon et on les fait sécher. Ensuite on les secoue pour enlever l’amidon en excès, puis on les vaporise et on les frise.
- (Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Violets au carmin d’indigo et à l'orseille
- On obtient avec le carmin d’indigo et l'or-seille de très beaux violets ; malheureusement ils sont peu solides. Ces violets s’obtiennent en deux bains : le bain de teinture et le bain de virage.
- Teinture. — On jait le bain, puis on mor-dance, pour 100 kilos de laine, avec 5 kilos d’alun.
- On y entre les étoffes qu’on manœuvre de 15 à 20 minutes sans chauffer, puis on garni1 avec du carmin et de l’orseille, en quantité suffisante pour arriver à la nuance que l’on veut obtenir.
- On fait bouillir pendant une heure 1[2, puis on abat et on lave.
- Virage.—Pour 100 kilos de laine, on compose le bain de virage comme suit :
- vme
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 127
- 600 litres d’eau froide,
- 120 » d’eau chaude limpide,
- 4 » d’ammoniaque.
- On y entre les pièces le plus promptement possible. Elles y sont manœuvrées jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment virées au violet, après quoi on les abat et on les rince soigneusement.
- Le virage dure ordinairement de 10 à 15 minutes.
- Il faut tenir les étoffes teintes en violet par ce procédé, à l’écart de toute vapeur acide, parce qu’elle détruirait l’effet produit par les alcalis employés.
- Violets au campêche et à l'orseille
- Les violets au campêche et à l’orseille s’obtiennent par le même procédé et avec les mêmes proportions de mordants que les violets au campêche et au carmin d’indigo.
- Nous donnons ici quelques procédés de différents violets qui compléteront utilement no tre étude sur cette couleur.
- Violet foncé a la cochenille et au sulfate d’indigo
- 100 kilos de laine.
- Préparez un bain de bouillon avec : Eau,
- 10 kilos de tartre,
- 10 » de composition d’étain.
- Bouillez pendant 2 heures, puis abattez et faites refroidir. Composez le bain de teinture de :
- 6 kilos de cochenille,
- 12 » de tartre,
- 15 » de sulfate d’indigo.
- Paillez, entrez les étoffes et manœuvrez au bouillon pendant 1 heure. Ensuite abattèz et lavez.
- Violet au bleu de cuve et à la cochenille
- 100 kilos de laine.
- Les pièces de laine, après avoir été teintes en bleu de cuve, sont soigneusement rincées,
- entrées et manœuvrées au bouillon pendant
- 1 heure 1(2 dans un bain composé de : 1
- Eau,
- 2 kilos 400 de protochlorure d’étain,
- 6 » de tartre,
- 18 » d’alun.
- Lorsque les étoffes sont bien mordancées, on arrête de chauffer, puis on ajoute au bain 7 kilos 200 de cochenille en poudre.
- On fait bouillir de nouveau pendant 1 heure.
- On abat et on lave dans une eau claire.
- Violet à la cochenille et au sulfate d’indigo
- 100 kilos de laine.
- Manœuvrez au bouillon pendant 1 heure 1]2 dans un bain préparé avec :
- Eau,
- 18 kilos d’alun.
- Abattez et éventez.
- Composez le bain de teinture de : Eau,
- 9 kilos de cochenille,
- 12 » de tartre.
- Faites bouillir ensemble pendant une demi-heure, puis ajoutez 15 kil. de sulfate d’indigo.
- Bouillez de nouveau pendant 1 [4 d’heure. Enfin, entrez les pièces et manœuvrez-les 1 heure au bouillon. Abattez et lavez.
- Violet noir au campêche
- 100 kilos de laine.
- Manœuvrez les étoffes au bouillon pendant
- 2 heures 1[2, dans le bain suivant :
- Eau,
- 0 kilo 600 d’acide nitrique,
- 1 » 200 de bichromate de potasse,
- 6 » de sulfate d’aluminè.
- Composez le bain de teinture comme suit : Eau,
- 36 kilos de campêche,
- 5 » d’orseille,
- 3 » 500 de couperos ebleue pour brunir.
- Teignez au bouillon jusqu’à hauteur de la nuance, puis abattez et lavez.
- sViolet bleu a i campêche
- 100 kilos de laine.
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- to »
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Faites bouillir les étoffes 1 heure 1[2 dans un bain composé de :
- Eau,
- 1 kilo 200 de bichromate de potasse,
- 9 » 600 de sulfate d’alumine.
- Teignez avec 30 kilos de campêche. Abattez et lavez.
- Violet rouge au campêche 100 kilos de laine.
- Composez un bain de teinture avec : Eau,
- 4 kilos 800 de sel d’étain,
- 5 » de tartre,
- 12 » d’étain.
- Manœuvrez les étoffes pendant 1 heure 1 [2 au bouillon, puis teignez avec 25 kilos de campêche.
- Abattez et lavez.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- /Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS DIVERS
- Bleu pour soie.
- Pour 100 kilos d’écheveaux.
- Préparez le bain de teinture avec :
- Eau,
- 12 kilos d’acide sulfurique,
- 2 kilos 500 de savon d’huile.
- Pailliez fortement afin de bien mélanger, puis ajoutez en plusieurs fois :
- I kilo 200 de bleu d’aniline en dissolution.
- Entrez la soie et élevez progressivement la température du bain jusqu’à 70 ou 800. Tei -gnez à cette température jusqu’à la nuance voulue. Lavez. Avivez avec : 10 kilos d’acide sulfurique.
- Abattez, rincez et séchez.
- Marron pour étoffe laine et soie.
- Pour 100 kilos d’étoffe.
- Faites bouillir pendant 1 heure dans le bain de mordant suivant : Eau,
- 24 kilos d’alun,
- 18 kilos de sulfate de soude,
- 2 kilos 400 de sel d’étain.
- Abattez. Eventez. Lavez sur un bain neuf. Composez le bain de teinture avec :
- 16 kilos de bois de Campêche,
- 80 kilos de bois du Brésil,
- 16 kilos de quercitron.
- Teignez à la température de 80o jusqu’à hauteur de la nuance, puis avivez dans un bain d’eau contenant :
- 10 kilos d’acide chlorhydrique.
- Lavez. Finissez de teindre la soie dans un nouveau bain mordancé avec 10 kilos d’acide sulfurique et garni avec les quantités nécessaires de carmin d’indigo, d’orseille et de curcuma.
- Ensuite lavez dans un bain d’alun, rincez et séchez.
- Rouge écarlate pour draperie.
- Pour 100 kilos de laine.
- Préparez un bain de mordant avec : 10 kilos de tartre,
- 10 kilos de composition d’étain.
- Donnez un bon bouillon pendant 1 heure 1[2, puis abattez, éventez, pliez et empilez les pièces. Laissez reposer ainsi jusqu’au lendemain. Lavez.
- Composez le bain de teinture de :
- 6 kilos de cochenille broyée,
- 12 kilos de composition d’étain.
- Faites bouillir pendant 1 heure. Abattez, éventez, lavez et séchez.
- Fougère pour lainages.
- Pour 100 kilos de laine.
- Teignez en un seul bain avec : Eau,
- 7 kilos d’alun,
- 7 kilos de sulfate de soude.
- Faites dissoudre, puis ajoutez :
- 10 kilos 500 d’orseille,
- 3 kilos 500 de sulfate d’indigo,
- 7 kilos de curcuma.
- Donnez un bon bouillon d’une heure et demie.
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-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 00 G.O
- Abattez et lavez.
- Lie de vin pour lainages.
- Pour 100 kilos de laine :
- Mordancez avec :
- Eau,
- 7 kilos de sulfate d’alumine,
- 7 kilos de soude,
- Garnissez le même bain avec : 55 kilos d’orseille.
- Teignez au bouillon. Abattez et lavez.
- Rouge garance pour draperie.
- Pour 100 kilos de laine.
- Bouillon 1 heure 1[2 dans :
- Eau,
- G kilos de tartre, 30 kilos d’alun.
- Abattez, éventez pendant 24heures.
- Composez le bain de teinture comme suit : Mettez dans une cuve de bois 60 kilos de garance bonne qualité.
- Faites bouillir dans la quantité d’eau nécessaire
- 20 kilos de tartre.
- Quand le tartre est dissous, ajoutez 20 kilos de composition d’étain.
- Pailliez bien et versez ce mélange bouillant sur la garance. Remuez soigneusement le tout et entrez les pièces de drap. Manœuvrez-les Pendant trois quarts d’heure ou une heure.
- Laissez-les vingt-quatre heures dans le bain de garance devenu froid, puis abattez et lavez,
- Gris argent pour lainages.
- 100 kilos de laine.
- Faites le bain, puis abattez. Eau,
- 5 kil. 500 de sulfate d’alumine,
- 5 kil. 500 de sulfate de soude.
- Lorsque les mordants sont dissous, garnissez avec
- 2 kilos de carmin d'indigo bien pur, 0 kil. 750 de cochenille ammoniacale.
- Faites dissoudre, puis entrez les pièces et
- manœuvrez-les pendant 1 heure à la température de 80 ou 90 degrés centig.
- Abattez, éventez et lavez dans une eau bien bien claire.
- Cramoisi pour lainages.
- 100 kilos de laine.
- Bouillon une heure 1[2 dans Eau,
- 20 kilos d’alun,
- 12 kilos de tartre.
- Préparez le bain de teinture avec Eau,
- 6 kilos de cochenille.
- Elevez la température jusqu’au bouillon, et maintenez-la pendant une heure et demie. Abattez, lavez avec soin, puis séchez.
- Gris acier pour lainages.
- 100 kilos de laine.
- Faites le bain, puis ajoutez :
- Eau,
- 5 kil. 500 de sulfate d’alumine,
- 5 kil. 500 de sulfate de soude.
- Faites dissoudre, puis entrez les pièces, que vous manœuvrez un quart d’heure. Arrêtez toute chaleur et garnissez avec
- 3 kil. 600 de carmin d’indigo,
- 1 kil. 800 de cochenille ammoniacale,
- 0 kil. 200 d’acide picrique.
- Teignez avec un très léger bouillon. Au bout de 50 ou 60 minutes, abattez et lavez avec soin.
- Orange pour lainages.
- 100 kilos de laine.
- Faites le bain. Teignez en un seul bain dans
- Eau,
- 1 kilos d’alun,
- 15 kilos de tartre,
- 18 kilos.de composition d’étain,
- 10 kilos de cochenille en poudre,
- Décoction de fustet.
- Faites bouillir pendant 1 heure, puis abattez, lavez et séchez.
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- ISO
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Gris perle pour lainages.
- 100 kilos de laine.
- Faites le bain, puis ajoutez : Eau,
- 5 kil. 500 de sulfate d’alumine,
- 5 kil. 500 de sulfate de soude.
- Faites dissoudre ces mordants, puis entrez les pièces. Manœuvrez un quart d’heure. Arrêtez toute chaleur et garnissez avec
- 1 kil. 800 de carmin d’indigo,
- 1 kil 800 de cochenille ammoniacale.
- Teignez avec un très léger bouillon pendant 1 heure. Abattez et lavez dans une eau très claire.
- Noir noir pour lainages.
- Pour 100 kilos de laine,
- Faites bouillir pendant 2 heures dans le bain de bouillon suivant :
- Eau,
- 3 kil. 600 de sulfate d'alumine,
- 2 kil. 400 de bichomate de potasse.
- Abattez, éventez et laissez reposer 24 heures sur le mordant.
- Composez le bain de teinture avec 45 kilos de campêche,
- 4 kil. 800 de cachou brun.
- Lorsque le bain est bien tiré, ajoutez pour le brunir
- 3 kil. 600 de sulfate de fer.
- Abattez, lavez et séchez.
- (Reproduction interdite. )
- — - 00=
- RECHERCHES CHIMIQUES
- SUR L ACTION DU SAVON
- La théorie la plus acceptée est celle de Berzélius. Suivant lui, les propriétés des savons pour nettoyer reposent :
- lo Sur la propriété que possède tout savon de se transformer avec de l’eau froide en savon acide et alcali libre ;
- 2° Sur le pouvoir que possède le savon, de former des émulsions conjointement avec des corps gras.
- Cette première hypothèse n’est pas correcte, puisque avec l'ébullition, il n'y a pas de décomposition et qu’un savon nettoye bien plus facilement à l’état bouillant que lorsqu’il est froid.
- Suivant Persoz, les savons neutres sont solubles dans de l’eau chaude, et sont décomposés par l’eau froide, en formant des savons basiques et acides. Les premiers possèdent le pouvoir de saponifier les graisses et les dissoudre, tandis que les seconds empêchent les impuretés de se fixer de nouveau sur les fibres.
- Cependant cette hypothèse n’explique pas l’activité plus grande de la solution de savon chaud.
- Une recherche faite récemment par Stanly Jevons, met en avant une théorie d'un mouvement vibratoire dans les particules du savon.
- Le savon dont on s’est servi pour ces expériences était composé de :
- (Séché à l’air)
- Eau... :....................... 29.41
- Acides gras (m. p. 410).... 64.90
- Oxyde de sodium................ 7.82
- Impuretés......................... 16
- Des solutions de diverses forces ont été dialysées à diverses températures. Dans tous les cas, les cristalloïdes ont évaporé in vacuo au-dessus d’acide sulfurique. Les résidus étaient solubles dans de l’eau chaude, et aucun trouble ne s’est produit par le refroidissement.
- Les recherches ont alors donné les résultats suivants :
- lo Les savons neutres (CnH2nMO2) dissous dans de l’eau chaude ou froide, forment des savons basiques (CnH2n — 100MH). et des savons acides (CnH2n—1oMO2oCnH2n02) ;
- 2° La décomposition du savon a lieu plus acilement par l'eau chaude que par l’eau froide, et a lieu dans plus ou moins de temps, suivant la température et la concentration de la solution ;
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 131
- 3o Les savons basiques dialysent facilement; il n’en est pas de même des savons acides.
- La décomposition des savons neutres en savons acides et savons basiques, est entièrement analogue à la transformation de quelques acétates en acides basiques et acides acétiques.
- PROCÉDÉ POUR OUTREMERS
- Préparez un mélange composé de : 1 partie kaolin; 1 partie 1[2 de soufre; 1 partie 1[2 de carbonate de soude bien sec.
- Placez le mélange dans une cornue en pierre bien lutée, et chauffez graduellement jusqu’à ce qu’il ne laisse plus échapper de vapeurs. Laissez alors refroidir la cornue et ouvrez ou cassez-la. Il en sortira une masse spongieuse verte, qui devient graduellement bleue, par l’absorption de l’humidité de l’atmosphère.
- La masse étant lavée avec de l’eau pour dissoudre l’excès de soufre, le résidu est une poudre d’un bleu des plus beaux.
- Mêlez cette poudre avec de l’eau et, lorsque la couleur sera déposée, soutirez l’eau. Sé-chez bien la couleur qui doit être soumise de nouveau à une chaleur rouge, pour en chasser l’excès de soufre.
- En suivant avec soin ces instructions, on obtiendra un très bel outremer.
- Autre procédé. — Mélangez bien 7 parties d alumine gélatineuse, fraîchement précipitée; 1,075 parties de soude cristallisée; 100 par-ties de terre de pipe bien lavée; 5 parties de sulfure d’arsenic et 221 parties de fleur de soufre.
- Commencez par faire fondre la soude cris-tallisée dans son eau de cristallisation et ajoutez le sulfure d’arsenic. Aussitôt que l’incorporation est complète, ajoutez l’alumine 8elatineuse et en dernier lieu le soufre. Met-tez alors toute la masse dans un creuset couvert et chauffez seulement assez pour
- chasser l’eau. Lorsqu’il n’y a plus d’eau, élevez la température à la chaleur rouge. Laissez refroidir et traitez ensuite comme dans le premier procédé, en le lavant, le chauffant de nouveau, le traitant avec de l’eau et le faisant sécher.
- Pour préparer l’alumine gélatineuse, on précipite une solution d’alun avec de la soude, et on lave ensuite le précipité sur un filtre en toile.
- ===oce-----------
- DÉCOUVERTE
- D’UNE MINE DE
- Une bien curieuse découverte a été faite tout dernièrement à Corning en Ohio (Etats-Unis). Il paraîtrait que quelques chasseurs en parcourant les « Big Woods » (Grands Bois), voulant préparer un repas , ont fait un feu contre un mont rocheux. La chaleur ayant détaché un fragment de pierre solide, ils ont été très surpris de voir s’écouler par des fissures une substance gluante d’un jaune sale, ayant la consistance de la mélasse en temps froid.
- Après avoir recueilli une partie de cette substance, les chasseurs sont parvenus à arrêter l'écoulement. On dit que des échantillons ont été envoyés à tous les chimistes importants du pays, qui ont été d’un avis unanime que cette substance était un savon presque pur.
- Les hommes scientifiques prétendent que ce dépôt doit provenir de la combinaison des lacs de potasse et des rivières d’huiles essentielles qui se trouvent dans des cavernes souterraines en dessous des immenses couches de houille qui abondent dans l’Ohio du Sud.
- Cette découverte peut paraître invraisemblable, néanmoins on dit qu’il s’est formé une Société avec un capital de 200,000 doll. pour exploiter cette mine de savon saturel.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- BREVETS D’INVENTION
- 164533. 8 nov.; Aubert.-Cert. d’ad. au brevet pris, le 25 septembre 1884, pour des procédés électrolytiques ayant pour but l’obtention des matières colorantes dérivées des alcaloïdes artificiels, ainsi que l’application des susdits procédés à l’impression de tous tissus, en toutes matières préparées ou non, papiers, etc., ainsi qu’à la teinture.
- 164567. 1er octobre; Société Ch. Toussaint et Cie. — Procédé de décreusage à froid pour la teinture des cotons en cannettes et en éche-veaux.
- 164599. 3 octobre; Société Ch. Weber et Cie. — Mode de dégraissage, blanchiment et teinture des matières textiles de toute nature sous forme d’écheveaux, de bobines ou de tissus.
- 164659. 7 octobre; Courand et Herpel. — Nouveau mode d’impression des tissus et papiers peints.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, Ne 12. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juin 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TENTURE DES TISSUS SOIE ET COTON (suite).
- LA RAMIE. •
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- L'ALIZARINE ARTIFICIEULE.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- «PRESSIONS EN RELIEF SUR ÉTOFFES.
- BREVETS D’INVENTION.
- COURS.
- annonces.
- PERFECTIONNEMENTS
- t S | ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE ou APPAREIL POUR SÉCHER LES FIBRES, FILS ET TISSUS
- Par M. Jefferson.
- ' Le dispositif breveté, applicable aux matiè-"eStextiles en général, trouve une utilisation ‘«médiate dans les machines préparatoires de la laine peignée, connues sous le nom de “lisseuses ». Habituellement, les cylindres lâcheurs de ces machines sont des tambours I emplis de vapeur qui occasionnent une con-“ensation considérable, nécessitent l'emploi “e presse-étoupes et, de ce fait, déterminent 1 des frottements coûteux, des pertes de vapeur àp.
- 1 ‘endroit des garnitures, etc.
- | M. Jefferson fixe au bâti une enveloppe an-l^ire, dans laquelle arrive la vapeur, et I “est autour de cette enveloppe, boulonnée à “meure, que tourne le tambour métallique, ISTP ou sous lequel glissent les rubans à sécher. I «sieurs cylindres identiques sont disposés | “ens un même plan horizontal. Au-dessous de “haque élément et concentriquement est pla-“ee une enveloppe segmentaire contenant de | a Vapeur.
- A travers ces segments successifs sont ménagés des passages tubulaires pour la circulation de l’air entre lesdites enveloppes et les tambours sécheurs d’une part, d’autre parties mêmes enveloppes et un lit horizontal de plaques creuses chauffées également par la vapeur et situées au point le plus bas de l’appareil. La vapeur passe des premiers anneaux aux enveloppes concentriques, puis aux plaques du bas, qui forment avec ces enveloppes une étuve d’où l’air chaud se trouve aspiré par un ventilateur et porté autour des cylindres sécheurs.
- BLANCHIMENT DES MATIÈRES TEXTILES VÉGÉTALES Par M. Rubay.
- M. Rubay divise le traitement en deux opérations : la première consiste à soumettre les matières fibreuses (coton, lin, chanvre, phormium, etc.) à l’action d'un bain alcalin formé d’un mélange de savon, de soude et de chlore.
- Le trempage dans ce liquide est limité à une durée maxima de vingt-quatre heures et remplace les expositions sur le pré pendant plusieurs semaines, ainsi que les débouillissages dans les lessives, qui décreusentle tissu, en altèrent la solidité, en diminuent le poids.
- Le blanchiment proprement dit s'obtient à l’aide d’un bain de chlorure de chaux en présence d’un courant d’acide carbonique qui donne naissance à de l’acide hypochloreux. Le
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- led, de
- pouvoir décolorant de l’acide hypochloreux permet d’achever la seconde opération en quinze ou vingt minutes.
- REVÊTEMENT DES PANIERS D’ESSOREUSES Par MM. Martiny et Cie.
- Les paniers d’essoreuses en tôle douce ou en cuivre sont attaqués par les ingrédients chimiques qui servent aux traitements des matières fibreuses soit pendant la teinture, soit pendant le blanchiment, l’épaillage, etc. On a bien essayé de la silicatisation et de l’émaillage, mais les enduits manquent de solidité. MM. Martiny et Cie proposent un revêtement de caoutchouc.
- Les brevetés commencent par étendre à l'in-térieur du panier une couche de caoutchouc en dissolution et avant que le liquide n’ait eu le temps de sécher, ils appliquent par-dessus une feuille de caoutchouc, qui adhère fortement au métal.
- Les perforations du panier sont ensuite obturées au moyen de bouchons, toujours en caoutchouc, enfoncés de dehors en dedans. Par-dessus s’applique, comme à l’intérieur du panier, une couche de caoutchouc liquide, puis une feuille. Le panier est alors soumis à la vulcanisation et, l’opération terminée, on perce, à l’endroit des bouchons, des trous un peu plus petits que les trous primitifs perforés à travers le métal.
- FOULERIE A EFFET MULTIPLE Par M Huguenin.
- Ainsi que l’indique le titre du brevet, la machine à fouler décrite par M. Huguenin agit à la fois comme fouleuse à cylindres et comme pile à maillets. Les cylindres sont disposés à la partie antérieure et comportent le système de débrayage habituel, qui fait passer la courroie de dessus la poulie fixe sur la poulie folle, lorsque l’étoffe se noue, lorsque les plis s’enchevêtrent avant de s’engager entre les rouleaux. De plus, les cylindres lis
- ses sont remplacés par des cylindres cannelés : les cannelures présentent une section rectangulaire et se correspondent, c’est-à-dire que, vis-à-vis de chaque cannelure saillante du cylindre inférieur, existe une cannelure rentrante du cylindre supérieur. En regard des premières sont montées des «sabots», qul forment avec la planche autant de canaux longitudinaux.
- Les maillets, destinés surtout à s’opposera la permanence des plis produits par le premier foulage et à éviter ainsi les cassures, agissent horizontalement sur l’étoffe au fur et à mesure de la sortie des cylindres.
- Des bielles, actionnées par l’arbre de travail de la machine, transmettent le mouvement al' ternatif à ces maillets.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 166222. 2 janvier; Brison.—Appareil à concentrer les liquides.
- 166269. 8 janvier; Detré. —Teinture des laines peignées en rubans de grande longueur sur supports submergés ou non dans le bainde teinture et application de ce prosédé à la teinture de la laine filée en échées.
- Procédé consistant à placer la laine préals blement dévidée ou simplement peignée et en rubans sur des supports que l’on peut facile ment plonger dans le bain de teinture et les6" retirer, la laver ensuite et la dévider ou 18 filer.
- 166366. 10 janvier ; Docteur Hassner. Procédé d’oxydation ou de blanchiment d65 liquides au moyen des manganates de baryte de chaux ou de strontiane.
- Si l’on met le manganate de baryte Mno4,P8 pris sous la forme d’une poudre verte très file que l’on obtient de préférence par précipits tion, en contact avec des substances oxyd8 bles, ce corps peut facilement se séparer d’ule partie de l’oxygène qu’il contient et se cOn vertir en Mno3,Ba.
- Le produit Mno3,Ba se dépose sous la forte
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- Ci ob lei
- la lèi de dis d fro rat léc mi:
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- BT DE L'IMPRESSION DBS TISSUS
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- ane-stion dire ante dure ides qui
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- 3 pita-yda-l'unt col
- d'une poudre brune que l’on peut facilement extraire; quant à l’oxygène dégagé, il exerce toute son action sur les matières oxydables en présence desquelles il se trouve et blanchit ainsi les couleurs végétales, il peut même donner facilement une couleur rouge au prus-siate jaune de potasse.
- L’opération se conduit de la même manière avec les manganates de chaux ou de stron-tiane.
- 166371. 10 janvier; Société P. Monnet et Cie. — Nouvelles matières colorantes brunes obtenues par l’action des métadiamines sur les paradiamines azotées.
- L’opération consiste en prenant pour exemple la paraphenylène diamine et la métaphény-lène diaminé à faire couler sur une molécule de chlorhydrate de paraphénylène diamine en dissolution à Oo centigrade, une dissolution d’une molécule de nitrate de soude aussi refroidie , puis en conservant toujours la température de 0° à ajouter une solution d’une molécule de chlorhydrate de métaphenylène dia-mine.
- La base formée est précipitée avec un excès de soude caustique et traitée avec une quan-tité suffisante d’acide chlorhydrique pour for-mer un sel lequel, desséché, forme l’une des nOuvelles matières colorantes brunes.
- 166474. 20 janvier; Denutte. — Machine a teindre la laine en bobines peignée sans dé-vidage et le coton.
- Cette machine est constituée par un réci-Pient fermé, chauffé à la vapeur, dans le-quel on place la laine en bobines peignée ou le coton. Disposé à côté de ce récipient, est Un réservoir dans lequel on prépare la matière “Ictoriale au moyen d’agitateurs mis en mou-vement mécaniquement ou à la main ; ce ré-Servoir est chauffé à la vapeur ou autrement. Le tuyau d’alimentation d’une pompe y puise e liquide de teinture et le refoule dans le ré-epient renfermant les matières à teindre; dans ce récipient, la pression peut être élevée 4 volonté au moyen de soupapes de sûreté ; Iand le liquide a traversé toutes les matières
- I à teindre, il est rejeté dans le réservoir où il vient se régénérer au contact des produits tinctoriaux.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE DES TISSUS SOIE ET COTON
- (Suite.)
- Teinture en couleurs foncées.
- Il se fait aujourd’hui d’énormes quantités de tissus teints dans ces conditions, et l’on obtient de forts beaux effets, qui ont été accueillis d’autant plus favorablement que la mode est lasse des tissus dits de luxe, beaucoup plus chers, obtenus par le tissage de la soie et du coton, teints préalablement, mais où la soie est chargée à outrance en teinture.
- L’Orient nous ouvre de plus en plus ses portes, et jamais la soie n’a atteint un aussi bas prix dans les belles marques (60 à 62 fr. le kilog. au lieu de 120 à 140 fr. dans le temps), et cependant le Salut publie de Lyon, dans son numéro du 8 juin 1885, disait : « Malgré les baisses successives de la soie, on ne veut plus de la belle étoffe. » La raison en est bien simple, la femme trompée sur la qualité de la marchandise chargée à outrance (jusqu’à 200 0(0 dans les noirs), préfère le teint en pièces, à bas prix. Elle en a pour son argent, et elle peut renouveler fréquemment. Jadis on achetait un parapluie tout soie, on le payait le prix, mais il durait. Aujourd’hui, après la première pluie, il se coupe.
- De même l’étoffe pour ombrelle après les premiers rayons du soleil.
- Il est évident que, sans la charge exagérée de la soie, jamais les parapluies en soie et coton ou même en laine, n’eussent eu de la vogue.
- Pour la teinture en couleur, les étoffes cui-
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- 136 LE MONITEUR DE LA. TEINTURE
- tes soigneusement, mais non soumises au blanchiment au soufre, de même que cela a lieu pour la teinture en flotte, sont soumises à deux teintures successives.
- Pour les couleurs d’aniline, on les teint avec les précautions usuelles pour la flotte, c’est-à-dire que, selon les couleurs, on opère à tiède, à chaud, dans des bains d’eau pure ou d’eau acidulée, ou ehcore avec l’addition du savon coupé.
- Le savon coupé s’obtient de même que pour la teinture en flotte, en ajoutant de l’acide acétique à du savon de cuite chargé du grés de la soie, qui l’embourbe et provoque un meilleur unisson de la nuance.
- J’ai obtenu d’assez bons résultats en remplaçant le savon coupé par l’acide sulforicini-que, non satiné par l'ammoniaque, dans les essais faits pour le compte de MM. Salomon et Cie. L’acide sulforicinique embourbe le bain et le rend laiteux à la manière du savon de grès tranché par un acide.
- Pour les bleus, dits bleus alcalins, on teint sur le borax et l’on fait monter la nuance par un avivage à l’acide. Dans tous les cas, on monte toujours la nuance un peu plus haut que l’échantillon.
- Le coton sort indemne de cette teinture ou simplement «déblanchi», en terme technique; on peut même obtenir des effets de double teinte et avoir des effets d’armure, si l’on s’en tient là.
- Pour teindre le coton, la soie étant arrivée à toute hauteur, il faut la rendre inapte à se teindre de nouveau, en rendant le coton apte à tirer la couleur. Pour ce, les pièces ayant subi une première teinture sont rincées convenablement, puis engallées fortement par un passage en galle fine, galle de Chine ou sumac de Sicile ; sortant de l’engallage, elles sont passées dans un bain d’émétique, puis sans rincer sur ces deux opérations elles sont essorées et soumises à la dessication.
- Sous cette double influence, la soie est « assommée », terme technique, et le coton est mordancé. J’ai, dans mon traité de tein
- ture, établi longtemps avant cette pratiquera théorie. Sous l’influence des tannins, la soie perd ses propriétés [endosniques, et se teint très difficilement sans l’emploi des sels de fer (teinture en noir) qui annulent l’effet des tannins en partie. Cela est tellement vrai, que si l’on veut couvrir des noirs sur soie par des couleurs d’aniline, violets et bleus, elles bronzent facilement, la couleur restant à la surface et ne pénétrant pas à l'intérieur.
- Les pièces, après dessication sur le tannin et l’émétique, sont replongées à nouveau dans le colorant, avec les précautions voulues pour la teinture en coton. Le coton seul tire, on monte celui-ci beaucoup plus haut que là soie; sous ce rapport, le fabricant ne se plaint jamais. Encore une fois, comme pour les nuances claires, le coton tend toujours à blanchir beaucoup plus que la soie à l’apprêt.
- Il est évident que la soie ne tirant plus après la dessication sur le passage successif en tannin et en émétique, on pourra produire des effets de double teinte. Ainsi, supposons la soie teinte préalablement en rouge ne tirant pas sur le coton, si, après le passage en tannin et émétique, l’on teint en bleu, le coton fera à l’envers un effet bleu et la soie, à l’endroit, un effet rouge à peine nuancé de bleu. De même l'on pourra produire des effets d’armure.
- L'huile soluble permet de teindre en un seul bain la soie et le coton ; mais si pour les couleurs claires un seul passage suffit, il n’en est plus de même pour les couleurs foncées ; il faut alors deux passages successifs dans Ie mordant gras et deux dessications avant 1® dégraissage aux cristaux de soude précédant la teinture. Les teinturiers sont d'ailleurs divisés d’opinion à cet égard. Les uns préconisent le passage en mordants gras et une seul® teinture, les autres les deux teintures successives avec passage intermédiaire en tannin et émétique suivi de la dessication.
- La dessication sur l’émétique est d'ailleurs indispensable pour l'obtention d’un résultat complet.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Lorsqu’il s’agit de nuances très rares aujourd’hui, au carthame, une seule teinture suffit, car le carthame tire aussi bien sur le coton que sur la soie.
- Pour les nuances d’ameublement de grand teint, en cochenille ou garance, le procédé n’est plus le même. Il faut mordancer préalablement à l’acétate d’alumine pour la garance avec les précautions voulues pour l’obtention des rouges et roses garancés. Après la dessication, on peut passer en sulforicinate d’ammoniaque, ou mieux cette opération doit précéder le passage en acétate d’alumine. On sèche alors sur le mordant gras, on passe au vaporisage, l’on mordance en alumine, on sèche de nouveau et l’on teint en alizarine et purpurine artificielles, selon les nuances.
- Mais aujourd'hui ces nuances sont très peu demandées, très coûteuses; elles se font sur soie pure ou en très grand sur coton pur par les indienneurs de Mulhouse, Rouen, etc.
- Marius MOYRET.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- LA RAMIE
- Dans le dernier numéro, j’ai parlé sommai-rement de la décortication de la ramie, en attendant de m’étendre plus longuement sur cette fibre textile, je vais donner quelques détails sur la théorie de son décortiquage.
- La tige verte est formée par une couche externe fibreuse, enveloppant un noyau inté-Tieur ligneux, exactement comme dans la tige de chanvre. Les fibres textiles sont re-COuvertes elles-mêmes par un vernis qui les "elie également. Ce vernis est inattaquable Par le rouissage, les alcalis et les acides fai-bles pouvant être employés sans altérer la sbre elle-même.
- Mais par la dessication lente, il devient Très cassant. Par la dessication rapide à chaud, il est fusible et soude les fibres entre elles. C’est pour cela qu’il convient d'aban-donner, et c’est indispensable, les tiges après
- la récolte à une dessication lente, sur place ou dans de vastes hangars.
- Peu à peu, non seulement il y a dessication, mais encore oxydation de ce vernis résineux, et ce n’est qu’après cette dessication naturelle préalable que les tiges peuvent être soumises à l'étuve à une température de 60-70° centigrades, durant 24 heures, pour achever la dessication.
- Dans ces conditions, la tige très sèche, passée au banc à battre ou entraînée dans des laminoirs en bois pour l’écraser, se décompose en filasse brute, en bois brisé qui se détache et en poussière résineuse.
- Le bois sec forme un excellent combustible dont les cendres sont très riches en potasse et peuvent servir à l'extraction de cette base ou d’amendement pour l’agriculture.
- La filasse brute sera traitée ultérieurement, commeje l’examinerai plus tard, pour l’obtention d’une fibre rivalisant de brillant avec la soie, mais de nature végétale.
- Pour terminer, non seulement le passage à l’étuve doit suivre la dessication naturelle, mais il ne faut pas élever la température artificielle à plus de 70°; au delà, surtout au-dessus de 80° et 100°, la ramie devient cassante, et les filaments obtenus sont courts. Jusqu’à 70°, il n’y a pas crainte d’altération.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES
- {Suite)
- Jaunes et orangés
- Le jaune est l’une des couleurs primitives. C’est la couleur la plus usitée dans l’art de la teinture ; elle entre dans la composition de toutes les nuances.
- Il y a différentes espèces de jaunes, tels que le jaune d’or, le jaune maïs , le jaune orange, le jaune citron, le jaune de soufre, le jaune de paille, etc. Nous ne les étudierons pas d’après leur dénomination, parce qu’ils
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- 138
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- peuvent toujours varier de nuance avec un même colorant.
- Pour nous faciliter l’étude des jaunes, nous les réduirons en trois classes :
- 1° Les jaunes provenant des matières tinctoriales végétales;
- 2° Les jaunes obtenus avec des matières tinctoriales minérales ;
- 3o Les jaunes d’aniline.
- Les jaunes demandent beaucoup de soins pendant toute la durée de leur préparation. Il est iedispensable que les pièces destinées à être teintes de cette couleur soient perfaite-ment dégraissées, détachées et rincées.
- Les ingrédients employés doivent être très purs.
- Il faut se servir pour cette couleur de récipients très propres, des chaudières de cuivre étamées ou des cuves en bois de sapin. On fait ordinairement les jaunes foncés et les orangés dans les cuves de ponceau et les jaunes pâles dans des cuves spéciales.
- Il faut tenir les jaunes et orangés, au sortir du bain de teinture, plus jaune et plus frais que la nuance exigée, parce qu'au lavage, ils virent un peu au rouge et grisent légèrement.
- Ce que nous décrivons pour les jaunes s’applique également aux orangés, puisque ces derniers ne sont que des jaunes plus ou moins rouges.
- Les jaunes obtenus avec les matières tinctoriales végétales sont les suivants :
- lo Jaunes et orangés à la graine de Perse ;
- 2° Jaunes à la gaude;
- 3o Jaunes au quercitron;
- 40 Jaunes au bois jaune; ‘
- 5O Jaunes au fustet;
- 6 Jaunes au curcuma;
- 7o Jaunes orangés au rocou;
- 8° Jaunes orangés à la laque-die.
- Jaunes et orangés à la graine de Perse
- On obtient par ce procédé des couleurs d’une remarquable pureté et d'une assez grande solidité.
- Il comprend deux opérations : le bouillon ou bain de mordançage et le rabat ou bain de teinture proprement dit.
- Bouillon.— Pour 100 kilos de laine, on met dans la quantité d’eau nécessaire :
- 5 kilos d’acide oxalique;
- 2 kilos 500 à 3 kilos de sel d’étain;
- 1 à 2 kilos d’acide sulfurique.
- L’acide oxalique et le sel d’étain doivent être dissous préalablement ensemble, puis le mélange est versé dans la cuve. On paille, et on ajoute au bain, avec précaution, l’acide sulfurique. On paille de nouveau, puis on entre les pièces que l’on manœuvre au bouillon pendant 1 heure 1[2. Ensuite on les abat et on les évente.
- C.-E. M., chimiste coloriste. (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- — —= UB8 s
- LALIZARINE ARTIFICIELLE FRANÇAISE
- ET LES ALIZARINES ALLEMANDES
- Depuis ces dernières, années, la consom-mation de l’alizarine artificielle a fait des progrès énormes, et il y avait lieu de s’étonner de la situation inférieure de l’industrie française vis-à-vis de l’industrie allemande, dans la fabrication de ce produit.
- En effet, aucune usine française n’avait entrepris sérieusement cette fabrication, et la coalition des fabricants allemands mettait les consommateurs à leur entière discrétion, ce dont ils ne se sont pas fait faute d’abuser en surélevant les prix d’une façon quelque peu scandaleuse.
- La fabrique de matières colorantes et pro-duits chimiques de St-Denis, établissement8 A. Poirrier et G. Dalsace, en intervenant dans la production de cette importante matière tinctoriale, a rendu un grand service à tou ceux qui l’emploient, et dont le nombre de vient de plus en plus considérable.
- On pouvait craindre, et nous avouerons que nous étions tous des premiers à en être in
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 139
- quiet, que la fabrication française ne puisse pas dès l’abord offrir à la consommation un produit égalant les produits allemands ; aussi avons nous été très agréablement surpris en essayant les marques d’alizarine que livre la la fabrique de St-Denis.
- La meilleure manière de se rendre compte de la valeur d'une alizarine consiste à teindre avec un poids déterminé un écheveau de coton préparé pour rouge turc, ou une bande de
- toile mordancée ; dans ce dernier cas, on peut mieux juger de l’aptitude du produit essayé à produire des roses, des rouges, des violets ou des grenats. On emploie, selon les résultats que l’on veut obtenir, des marques bleuâtres ou jaunâtres.
- Nous avons entre les mains huit alizarines provenant de la fabrique de St-Denis. Elles sont par ordre de nuance, les plus bleuâtres les premières.
- Alizarine n. 1
- 5. — Alizarine n. 3.
- 2. — Aliz:rine n. 1 R.
- 6. — Alizarine n. 3 R.
- 3. — Alizarine n. 2.
- 7. — Alizarine n. 4.
- 4. — Alizarine n. 2 M.
- 8. — Alizarine n. à.
- Comme vivacité, solidité et rendement, ces alizarines égalent et même surpassent les pro-duits de fabrication allemande. Nous ne par-
- lerons pas des alizarines anglaises, qui ne peuvent absolument pas supporter la comparaison. O. PIQUET.
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- i. o
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- -1t*- • ‘P 99 -01 j •
- . . , * OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- ii . i ' 01oE . > . . A]
- Teinture solide pour Lainages
- {Suite.
- Rose.
- L’action de l'alun sur la cochenille est tout à fait différente de celle du tartre. Par exemple, de la laine teinte dans un bain d'écarlate, mais mordancé avec de l’alun et de la composition d’étain au lieu de l'être avec du tartre et de la composition d’étain, prendra non pas une couleur rouge écarlate, mais une couleur rose très vive et d’une nuance bien nourrie.
- Pour cela, on compose le bain de mordançage, pour 1 kilogramme de laine, en mettant dans la quantité d’eau nécessaire 150 grammes d’alun et 150 grammes de composition d’étain; on y entre la laine, on l’y manœuvre au bouillon pendant une heure, puis on l’abat et on l’évente.
- On prépare le bain de teinture avec 15 grammes de tartre, 120 grammes de composition d’étain et 60 grammes de cochenille. On y fait bouillir la graine pendant une heure, on la retire du bain et on la lave dans une eau bien claire.
- Rose fonce.
- Pour cette couleur, on met, pour 1 kilogramme de laine, dans la quantité d’eau nécessaire, 150 grammes de tartre et 210 grammes d’alun. On fait bouillir pendant une heure la laine dans ce bain.
- On compose le bain de teinture de 60 grammes de cochenille, 15 grammes de tartre, 120 grammes de composition d’étain et 120 grammes d’alun. On y entre la laine, qu’on fait bouillir pendant une heure; puis on la retire, on l’évente et on la lave soigneusement.
- L’alun a la propriété de foncer les couleurs roses, et cela d’autant plus qu’il est introduit en quantité plus grande, tant dans la préparation de la laine que dans le bain de teinture. Ceci est tellement vrai, que si l’on plonge de
- la laine teinte comme nous venons de le dire dans un bain tiède d’alun composé de 90 grammes d’alun pour 10 litres d’eau, et qu’on la laisse séjourner quelques heures dans ce bain devenu froid, elle y prendra une couleur de rose encore plus foncée que celle que nous avions obtenue.
- Fleur de pêcher.
- Les couleurs fleur de pêcher sont des couleurs roses bleuâtres. Il y en a de différentes espèces, qu’on obtient de différentes façons.
- Le procédé suivant donne des nuances particulières de fleur de pêcher.
- On fait bouillir pendant une heure 1 kilogramme de laine avec 180 grammes d’alun et 180 grammes de plâtre. On la retire, on la laisse égoutter et refroidir, puis on l’entre dans un bain de teinture composé de 60 grammes de cochenille. On l’y fait bouillir pendant une heure, après quoi on la lave.
- Une dissolution de potasse rendrait cette couleur un peu plus pâle.
- Fleur de pêcher.
- On prépare 1 kilogramme de laine en la faisant bouillir pendant une heure avec 180 grammes de sel marin. On la manœuvre ensuite pendant une heure au bouillon dans un bain de teinture composé de 60 grammes de cochenille seule.
- On obtient ainsi une couleur particulière de fleur de pêcher différente de la précédente.
- Fleur de pêcher.
- On mordance 1 kilogramme de laine avec 120 grammes d’alun et 180 grammes de com-position d’étain. Lorsque la laine a bouilli pendant une heure dans le bain de mordançage, on l’en retire et on la fait égoutter et refroidir. On l’entre ensuite dans le bain de teinture composé de 60 grammes de cochenille seule. On l’y fait bouillir pendant une heure, puis on l’abat et on la lave.
- La laine y prend une couleur particulière de fleur de pêcher, différente et plus pâle que les deux précédentes.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 141
- Fleur de pêcher.
- On mordance 1 kilogiamme de laine en la faisant bouillir pendant une heure dans un bain composé des 300 grammes d’alun et de 750 grammes de vinaigre.
- On prépare le bain de teinture avec 60 grammes de cochenille, et on y manœuvre la laine en bouillon pendant une heure. On la retire ensuite, on l’évente et on la lave dans une eau très claire. Elle y prend une couleur rose bleuâtre propre à la fleur de pêcher.
- Si l’on mettait la laine dans un bain froid de potasse et de sel animoniac, elle y prendrait une couleur un peu plus claire ; si on la laissait séjourner dans un bain froid de potasse seule, elle y prendrait une couleur encore plus pâle.
- Fleur de pêcher.
- On prépare un kilogramme de laine avec 180 grammes d’alun et 180 grammes de plâtre. La laine, après avoir bouilli pendant une heure dans ce bain de mordant, est entrée dans le bain de teinture composé de 15 grammes de tartre et de 60 grammes de cochenille. On la manœuvre pendant une heure au bouillon, puis on la retire, on l'évente et on la lave avec soin. .
- La laine prend, par ce procédé une couleur fleur de pêcher très agréable.
- On peut, en variant la nature et les proportions des ingrédients, obtenir encore d’autres couleurs fleur de pêcher, toutes différentes 'es unes des autres.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DU NORD DE LA FRANCE
- CONCOURS DE 188 5
- Prix et médailles.
- Dans sa séance de janvier 1886, la Société industrielle du Nord dé la France décernera des récompenses aux auteurs qui auront ré
- pondu d’une manière satisfaisante au programme de diverses questions.
- Ces récompenses consisteront en médailles d’or, de vermeil, d’argent ou de bronze.
- La Société se réserve d’attribuer des sommes d’argent aux travaux qui lui auront paru dignes de cette faveur, et de récompenser tout progrès industriel réalisé dans la région du Nord et non compris dans son programme.
- Les mémoires présentés au Concours devront être remis au secrétariat-général de la Société avant le 1er octobre 1885. Mais les appareils sur lesquels des expériences seront nécessaires devront lui être parvenus avant le 30 juin 1885.
- Voici les questions intéressant notre industrie :
- Guide memento blanchisseur de fils et du tissus de lin ou de coton.
- Comparaison des procédés de blanchiment, d’azurage et d’apprêts des fils et tissus de lin en France, en Alsace et en Angleterre, avec la critique raisonnée de ce même travail.
- Mêmes questions pour les fils et tissus de coton simples et retors, et pour les fils et tissus de laine.
- Etude sur l’action du blanchiment sur les lins de diverses provenances.
- Indication des meilleurs procédés à employer pour blanchir les fils et tissus de jute et les amener à un blanc aussi avancé que les fils et tissus du lin. Produire les types et indiquer le prix de revient.
- Moyen économique de préparation de l’ozone et expériences sur les applications diverses de ce produit, et en particulier au blanchiment des textiles.
- Etude du blanchiment par l’électricité.
- Recherche sur les meilleures méthodes propres à donner plus de solidité aux couleurs organiques artificielles employées en teinture. On sait que déjà, pour le noir d’aniline et le rouge d’alizarine artificiels, on est arrivé à des résultats satisfaisants.
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- pes sl.
- 9
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Indiquer les moyens à employer pour donner aux fils de lin et de chanvre, après la teinture, l’éclat que conserve le fil de jute teint.
- Même étude pour la Ramie.
- Etude comparative des divers procédés et matières colorantes différentes, utilisées pour la teinture des toiles bleues, de lin ou de chanvre, au point de vue du prix de revient, de l’éclat et de la solidité de la couleur, dans les circonstances diverses d’emploi de ces étoffes.
- Mémoire sur les précautions à prendre pour éviter les accidents dans les ateliers et établissements industriels. On devra décrire les appareils préventifs et leur fonctionnement.
- Étude sur les maladies habituelles aux ouvriers du département du Nord suivant leurs professions diverses, et sur les mesures d’hygiène à employer pour chaque catégorie d’ouvriers. Cette étude ne pourra porter que sur une catégorie d’ouvriers (tissage, teinture, mécanique, agriculture, filature, houillères, etc.).
- Etude chimique sur une ou plusieurs matières colorantes utilisées ou utilisables dans les teintureries du nord de la France.
- Présentation, par un teinturier de la région du Nord, des plus beaux échantillons de teinture en couleurs dites de fantaisie, réalisés par lui, avec des matières colorantes de son choix, sur fils et tissus de lin, chanvre, coton, soie et laine, avec indication des prix de façon exigés et description des procédés employés.
- Etude sur le chinage multicolore. Indiquer un perfectionnement soit au point de vue de l’application mécanique, soit au point de vue de la solidité des nuances que du foulon.
- Indiquer un procédé de teinture sur fil de lin donnant le rouge d’Andrinople aussi beau et aussi solide que ce qui se fait actuellement sur coton. On devra présenter des échantillons à l’appui.
- Etude sur la composition chimique de l’outremer et sur les caractères qui différentient les variétés de diverses couleurs, ainsi que
- sur les causes auxquelles il faut attribuer la décoloration de l’outremer artificiel par l’alun,
- Etude sur les différents systèmes de fours en usage pour la cuisson de l’outremer.
- Mémoire sur l’action, au point de vue sanitaire, des dérivés de la houille, et particuliérement de celles de ces substances qui trouvent leur application dans la teinture.
- Donation de M. Kuhlmann.
- Des médailles en or, de la valeur de 500 fr. chacune, seront accordées pour les progrès plus signalés dans la région :
- Une médaille pour le blanchiment;
- Une médaille pour la teinture.
- Prix de 1,000 francs.
- La Société décernera un prix de 1,000 fr. à l’auteur de la meilleure étude de blanchiment par l’électricité.
- Prix Roussel.
- Un prix de 500 francs, auquel la Société joindra une médaille, sera décerné à l’auteur d’un projet complètement étudié de fabrication de l’alizarine artificielle dans le nord de la France, avec plans, devis, procédés de fabrication et prix de revient.
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- IMPRESSIONS EN RELIEF SUR ETOFFES
- Par MM. Legrand frères, à Paris (1).
- MM. Legrand frères sont les inventeurs de procédés nouveaux ayant pour but de transformer en étoffes de grand luxe les étoffes unies blanches ou teintées de toutes matières textiles, par l’emploi simultané de la chaleur intense, du frappage et de la teinture avec une grande économie de main-d’œuvre. Le premier, et le plus important résultat, est que les
- (1) Extrait du rapport d’un comité de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale sur les médailles à décerner, en 1884, pour des inventions utiles ou des perfectionnements dans les arts industriels.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- étoffes n’ont absolument rien à redouter de la concurrence étrangère, mais encore qu’elles s’exportent au grand profit de leurs inventeurs et, par suite, de la France.
- Au gaufrage primitif des velours d’Utrecht, MM. Legrand ont pu substituer des impressions en couleur, dans le sens chimique du mot, avec réserve, enlevage, décoloration et substitution de couleurs.
- Les différentes et délicates opérations sont exécutées d’un seul coup, afin d’éviter les perles de temps et les frais de main-d’œuvre. Après de longues et patientes recherches, ils sont parvenus à imiter sur les tissus veloutés, d’une manière frappante, les velours de Gê-•les, et ce produit nouveau a été immédiatement adopté dans le commerce sous le nom de velours florentin. En outre, le velours d’Amiens, ainsi transformé, a l’avantage de coûter dix fois moins cher que le velours de Gênes proprement dit.
- (A suivre)
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TEINTURE
- DE NOIR GRAND teint, d’aniline, SUR COTON, FIL DE LIN, DE CHANVRE, DE JUTE, ETC.
- Par ce nouveau procédé infaillible, la teinture se fait en moins d’une heure sur un seul bain sans passer en terrine.
- La main-d’œuvre est moindre que pour toutes autres couleurs.
- Vu les difficultés que l’on éprouve à produire ce noir, ce sera donc rendre service à 1 industrie en offrant de faire ce noir indes-tructible au prix de 1 fr. le kilog.
- Nous croyons inutile de développer l’impor-tance de cette affaire.
- Pour la teinture du noir par ce procédé, ainsi que pour toutes autres couleurs grand teint sur coton, laine, soie en flotte :
- S’adresser à MM. Flottes et Lacombe, à Albi (Tarn).
- LE JUTE (UNE DÉCOUVERTE)
- Moyen de reconnaître facilement le jute dans les mélanges de fil de lin, de chanvre, etc., et dans les toiles; en déterminer la quantité instantanément, partout où on se trouve, d’une façon incontestable et durable.
- S’adresser à M. le directeur de la « Teinturerie Parisienne, » à Albi (Tarn), qui est l’auteur de cette découverte si utile en ce mo-ment.
- Lui adresser 25 francs pour recevoir franco l’instruction et la composition chimique pour plus de cent épreuves garanties.
- {Marque déposée.)
- BREVETS D'INVENTION
- 164616. 25 septembre ; Lyon. — Application de la coloration instantanée « système André Lyon », par projection des matières colorantes sur les tissus de velours, soies et autres.
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- Pour teinture ou blanchiment des cotons, dont le bief dérive du Renaison, sur lequel il n’existe aucune autre industrie de ce genre. S’adresser, pour la visite des beux et pour traiter,
- à M. BRÉTAUD-GIRAUD, expert-géomètre à Roanne, rue de Cadore, 16, — ou à Me MATRAY, notaire, chargés de cette vente
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- Rapport de M. Amédée Marteau au ministre des affaires étrangères
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 13. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS S Juillet 4883
- SOM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- PROCÉDÉS DIVERS.
- NÉCROLOGIE.
- savon pour imperméabiliser les tissus.
- UNE AGGRAVATION DES DROITS DE DOUANE;
- EXTRACTION DU SAVON.
- SECHAGE COMBINÉ.
- IMPRESSIONS EN RELIEF SUR ÉTOFFES (suite et fin)
- BREVETS D’INVENTION.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- APPAREIL POUR HUMIDIFIER L’AIR DES SALLES Par M. Berrand.
- On sait combien il importe de maintenir un degré hygrométrique uniforme dans les ate-liers de filature et de tissage. De nombreuses dispositions ont été proposées et pratiquées avec plus ou moins de succès, les unes basées exclusivement sur l’injection de courants L'air saturés d’eau pure ou d’eau additionnée l'un agent antiseptique, les autres sur lacon-densation de jets de vapeur multiples. Ces divers moyens présentent des avantages et des inconvénients variables suivant l'état "tmosphérique : la vapeur donne lieu à une *Urélévation de température, souvent nuisible en été ; les injections d’eau froide, en hiver, ^terminent un résultat inverse. M. Bertrand sest efforcé de réunir les avantages des divers sstèmes et de se mettre à l’abri des incon-"enients, en disposant, en tête de tuyaux per "orés de petits trous équidistants, uninjecteur "triple effet, communiquant avec une prise " vapeur, avec un réservoir d’eau sous pres-slon et avec une canalisation d’air, alimentée
- par un ventilateur. Si l’on ajoute que les perforations des tuyaux sont munies de tubulures et de robinets, on voit qu’en fermant les derniers et en ouvrant la prise de vapeur, la conduite peut servir au chauffage des ateliers, que l’ouverture desdits robinets permet l’injection soit de vapeur, à l’exclusion d’eau et d’air, soit d’un mélange de vapeur et d’eau, entraînée par la force vive du fluide gazeux, soit d’un mélange de vapeur, d’eau et d’air, en proportions variables. Il suffit, pour cela, d’ouvrir plus ou moins les valves ou robinets correspondant aux trois fluides.
- MACHINE HYDROVAPORIFIXEUSE Par M. Chabanel.
- L’apprêt à la vapeur sous pression des tissus de laine peignée, à la suite du grillage et avant le dégraissage, a pour objet de débarrasser l’étoffe d’une certaine quantité de matière gélatineuse et grasse, de donner au lainage du grain, de la souplesse.
- L'appareil construit par M. Chabanel vise l’application de l’apprêt ci-dessus, non seulement aux tissus de laine, mais aux toiles de lin, de chanvre, de coton, etc. C’est un cylindre métallique à fonds plat et d’épaisseur suffisante pour résister à de fortes pressions ; il repose horizontalement sur des pieds en fonte. A l’intérieur et vers le haut de la capacité se trouvent deux arbres parallèles et horizontaux, qui peuvent se commander alternative-
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- os
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment de manière à faire passer la pièce d’étoffe de l’un à l’autre. La commande s’effectue en dehors du cylindre. Des rouleaux convenablement espacés règlent la tension longitudinale et transversale du tissu. Pour introduire la pièce dans la machine, il existe de chaque coté de l’enveloppe cylindrique et en regard des arbres d’enroulement dont il vient d’être parlé, une fente parallèle à la génératrice de l’enveloppe.
- Une bande de toile sert à coudre le chef de la pièce qui, une fois attachée à l’une des en-souples ci-dessus, s’enroule d’un mouvement continu. Il est facile de concevoir comment le bout finisseur peut, à son tour, être fixé à l’ensouple parallèle et comment se produisent alternativement le déroulement et l’enroulement d’un côté à l’autre. Des obturateurs,, garnis de caoutchouc et fortement comprimés par des contrepoids, ferment les fentes nécessaires à l’introduction et à l’extraction du tissu.
- Pour avertir l’ouvrier que l’enroulement est achevé d’un côté et qu il convient de changer le sens du mouvement, un rouleau de pression, dont l’axe tourne librement dans des coulisses inclinées, se trouve soulevé au fur et à mesure de l’accroissement de diamètre du tissu sur lequel il s’appuie et, à un moment donné, dégage une soupape communiquant avec un sifflet à vapeur.
- Au centre de l’appareil et dans la largeur sont deux tuyaux concentriques, perforés à la périphérie pour livrer passage à la vapeur et pour la répandre uniformément dans toutes les parties de la capacité fermée. Cette double canalisation constitue un ensemble amovible, qui permet la visite et la réparation de la machine.
- APPRÊT DES ARTICLES DE BONNETERIE Par M. Bevernage-Standring.
- L’appareil dont se sert M. Bevernage-Standring, se compose de deux fourneaux rectangulaires, ou réservoirs de chaleur disposés
- horizontalement ; l’un est fixé sur bâti, l’autre est mobile et se superpose au premier ou s’en écarte, à l’aide d’une vis munie d’un volant.
- L’article à apprêter est tiré sur une forme en métal (fer, cuivre ou zinc), parfois en carton, puis placé sur une carte ou sur une feuille de métal, interposée entre les faces des fourneaux qui doivent venir en contact et qui, à cet effet, sont constituées par des plaques de fer, épaisses de un à deux centimètres.
- Le chauffage des caisses s’obtient soit par l’introduction de combustible solide incandescent, soit à la vapeur ou au gaz.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 166596. 22 janvier; Société Desbruères frères.—Machine à imprimer sur les lisières des étoffes le métrage et à plier mécaniquement les pièces d’étoffes, dite : « Automètre avec plieuse mécanique. »
- Cette machine est formée d’un bâti composé de deux fiasques verticaux entre lesquels sont disposés les principaux organes du mécanisme.
- Un plateau horizontal supporte l’étoffe qul passe sur un rouleau tireur ; entre ce rouleau et le plateau sont disposées des baguettes qul servent à tendre l'étoffe. Le rouleau tireur^»1 a un diamètre déterminé, constitue le métreu proprement dit. Un système de molettes reliées avec ce rouleau d’une façon bien déter-minée sert à imprimer les mètres et les décimètres sur les deux lisières de l’étoffe. Cette impression peut être faite à volonté à l’encre ou en couleur d’or, d’argent ou de pourpre-
- L’étoffe une fois métrée est reprise par un système de plateaux et de baguettes qui 8 plie en la disposant sur un plateau horizon' tal.
- 166694. 28 janvier ; Notz et Konrad.—Per fectionnements dans les moyens de rendre 165 tissus et autres matières incombustibles, in pourrissables, inattaquables par les insecte et les cryptogames.
- Ces perfectionnements consistent à plonge
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 147
- les matières dans une composition formée par une solution de carbonate d’ammoniaque, de sulfate d’ammoniaque, de borax, de menthe poivrée, de sublimé corrosif, d’acide phéni-que, de binolframate de soude et de chlorure de chaux, solution émulsionnée par les propuits de distillation, de baume du Pérou et de camphre dissous.
- 166703. 2 février ; Bertrand.—Appareil destiné à teindre la laine en bobines.
- Cet appareil est formé d’un réservoir étanche pouvant supporter la pression et fermé par un couvercle boulonné muni d’une soupape de sûreté. Ce réservoir porte un double fond sur lequel on dispose les bobines de textiles placées préalablement dans des sacs en toile d’amiante ou autre matière perméable. Par une simple manœuvre de robinets, le liquide chauffé et sous pression peut traverser les bobines soit de haut en bas, soit de bas en haut. Cette double marche a pour but d'é-viter les fausses teintes provenant de l'affai-blissement du bain.
- La pression permet d’agir plus rapidement sur le textile à teindre. Le chauffage du bain se fait par une circulation de celui-ci dans une colonne annulaire traversée en son milieu par une conduite de vapeur.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- ( Suite.)
- Des couleurs bleues.
- Le bleu est l’une des couleurs les plus usi-tées dans l’art de la teinture. Les principales Nuances sont le bleu céleste, le bleu d’azur, le L 7
- J*eu de France, etc. Deux manières seulement sont employées pour le produire
- Dans la première, on teint la laine avec une préparation spéciale d’indigo dissous dans de l'acide sulfurique ; c’est la plus expéditive. La seconde consiste à plonger la laine dans un bain contenant de l’indigo en fermentation et appelé cuve ; elle produit des couleurs d’une très grande solidité.
- Du suifate d'indigo.
- Le sulfate d’indigo est préparé en faisant agir de l’acide sulfurique concentré sur de l’indigo. Voici un mode de préparation qui nous a toujours donne de bons résultats.
- On réduit en poudre très fine 250 grammes d’indigo de première qualité ; on le met dans un vase inaltaquable par l’acide, puis on verse dessus 1 kilo d’acide sulfurique (ou huile de vitriol) très pur et très concentré ; on remue bien le tout ensemble pendant quelque temps, et on le laisse reposer 24 heures. Pendant que l’on agite le mélange, il se gonfle, forme beaucoup d’écume, et répand une grande quantité de vapeurs acides qui sont très nuisibles à la santé.
- On laisse de nouveau reposer ce mélange pendant 24 heures. Quand il a fini de faire effervescence, on y verse peu à peu 17 à 18 litres d'eau claire, on mélange bien le tout ensemble, puis on met cette dissolution dans des vases de verre ou de grès bien bouchés, afin de la conserver.
- Cette préparation du sulfate d’indigo est la plus employée ; nous lui donnons le nom de sulfate d’indigo afin de la distinguer d’une autre.
- Quelques préparateurs augmentent la quantité d’acide sulfurique ; mais outre que le sulfate d’indigo ainsi obtenu attaque beaucoup la laine, les couleurs qu’il donne sont moins solides que celles qui proviennent d’un sulfate d’indigo fait avec 4 parties d’acide sulfurique et 1 partie d’indigo.
- La préparation suivante du sulfate d’indigo donne des résultats encore plus avantageux que la précédente.
- On verse 1 kilo d’acide sulfurique concentré sur 250 grammes d’indigo bien broyé, on mé-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lange bien le tout ensemble, puis on laisse reposer 24 heures. On ajoute alors, en plusieurs fois et par petites quantités, 250 gram-de potasse sèche et réduite en poudre fine qu’on mêle bien avec le reste.
- Quand ce mélange a fini de faire effervescence, on y verse peu à peu 17 à 18 litres d’eau pure. On remue bien le tout, puis on le met dans des vases de verre ou de grès pour éviter l’altération. Nous donnerons à cette dissolution d’indigo le nom de sulfate d’indigo potassique.
- La potasse, qui est un alcali, modère l’acidité de l’huile de vitriol, de sorte que cette dissolution d’indigo n’attaque pas si vivement la laine et qu’elle en resserre moins les pores; pénétrant mieux, elle communique à la laine des couleurs plus parfaites.
- Nous donnons ci-dessous différents procédés de teintures en bleu avec l’une ou l’autre de ces deux dissolutions d’indigo.
- Bleu foncé.
- On mordance 1 kilo de laine en la faisant bouillir pendant une heure dans un bain composé de 90 grammes de tartre et 150 gram. d’alun.
- Pour préparer le bain de teinture on met, dans le volume nécessaire d’eau chaude, 40 grammes de sulfate d’indigo acide, pour 1 k. de laine. On remue bien le tout, puis on entre la laine qu’on y fait bouillir pendant trois quarts d’heure ou une heure ; ensuite on l’abat et on la lave soigneusement.
- La laine prend dans ce bain une couleur bleue foncée.
- Bleu céleste.
- On remplit le restant du bain de teinture précédent avec de l’eau chaude, puis on y met 1 kilo de laine, mordancée avec du tartre et de l’alun, qu’on fait bouillir pendant trois quarts d’heure ou une heure. Lorsque le bain est bien tiré, on l’abat et on la lave. Elle y prend une couleur bleue céleste.
- Bleu moyen.
- On prépare I kilo de laine en la. faisant
- bouillir pendant une heure dans un bain contenant 150 grammes d’alun.
- Pour préparer le bain de teinture, on tait chauffer de l’eau dans nne chaudière en quantité convenable; lorsqu’elle commence à bouillir, on y verse 150 grammes de sulfate d’indigo acide; on remue bien le bain, on y met la laine mordancée, qu'on manœuvre au bouillon pendant 40 ou 50 minutes. On obtient ainsi une couleur d’un bleu moyen, qui n’est autre chose qu’une couleur bleue céleste saturée.
- Bleu céleste.
- On remplit le bain de teinture précédent avec de l’eau chaude, puis on y introduit un nouveau kilo de laine mordancée de la même façon que pour le bleu moyen. On y fait bouil-lia la laine pendant 40 ou 50 minutes ; elle y prend une couleur bleue pâle tirant sur le bleu céleste, et qui est très agréable.
- Bleu pâle.
- On remplit encore le bain précédent avec de l’eau chaude. On y entre 1 kilo de laine mor-dancée avec de l’alun, et on la fait bouilli1, pendant 1 heure. Ce bain communique à la la laine une couleur bleue très pâle.
- Il n’est pas indispensable, pour faire des
- couleurs bleues claires, de teindre des bleus foncés ; on une plus petite quantité de bain de teinture.
- Les bains préparés avec
- commencer par n’a qu’à mettre colorant dans le
- du sulfate d’in-
- digo ont généralement la propriété de commu-niquer les premières couleurs plus agréables et plus vives que lès suivantes, qui sont non seulement toujours plus pâles, à moins qu’on ne renforce le bain par une nouvelle addition de dissolution d’indigo, mais aussi plus mattes:
- Si on veut faire de bonnes couleurs claires on fera bien de mettre d'abord dans le bain de teinture la quantité de sulfate d'indigo néces saire.
- Parmi les couleurs bleues, les plus pâle sont les moins solides. Les couleurs bleuer foncées, quoi qu’ayant une certaine résistance à l’air, perdent cependant beaucoup de leur
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- vivacité au bout d un certain usage, et elles ne sont pas aussi solides que les couleurs bleues foncées faites dans les cuves.
- Nous indiquerons quelques procédés permettant de faire des couleurs bleues qui peuvent presque rivaliser, comme solidité, avec les bleus de cuve.
- {Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Lorsque le bain de bouillon est neuf, il est bon de le garnir avec le double des proportions indiquées ci-dessus. De cette façon, le désavantage d’un bain neuf n’existe presque plus.
- Le bain de bouillon peut servir très longtemps : plus il est vieux, meilleur il est. Il ne doit être vidé que lorsqu’il est devenu trop boueuse par un emploi prolongé.
- Rabat.— Il est avantageux de teindre dans le bain de bouillon, mais si ce bain doit ser-vir de nouveau, voici comment on opère : on Lit d’abord soigneusement le bain (il est mê-me bon d'y passer consécutivement deux piè-avant de procéder à la teinture).
- Les pièces avec lesquelles le bain a été fait sont abattues, puis on garnit, pour 100 kilos de laine, avec 5 kilos de tartre bien pur. On ajoute ensuite la quantité nécessaire de grai-ne de Perse pour arriver à la nuance deman-dée, puis on fait bouillir pendant 1[4 d’heure. On arrête le bouillon et on entre les pièces dans le bain.
- On les fait manœuvrer un 1[4 d’heure sans chauffer, puis on élève progressivement la température du bain jusqu’au petit bouillon. On teint à cette température jusqu’à hauteur d® la nuance. Lorsque l’on a atteint l’échan-tillon et que l’étoffe est suffisamment tranchée, on l’abat, on l’évente et on la lave avec soin dans une eau courante.
- La graine de Perse est une matière coio-"ante jaune, pour rougir, et par cela même
- obtenir des tons plus orangés, on ajoute au bain de teinture de la cochenille en poudre.
- Il faut avoir soin d’arrêter le bouillon à chaque garniture de graine de Perse ou de cochenille. Laisser bien dissoudre les colorants avant de faire bouillir de nouveau.
- Jaunes à la gaude
- La gaude communique à la laine une couleur jaune susceptible d’une grande solidité.
- L’eau seule ne développerait que faiblement la matière colorante de la gaude; au contraire, lorsqu’elle est mélangée soit avec du sel marin, du plâtre ou de la craie, et qu’on y fait bouillir la gaude, le colorant jaune s’y développe beaucoup mieux.
- La teinture des jaunes par la gaude comporte deux opérations : le bouillon et la tein-ture.
- Bouillon. — Dans une cuve convenablement remplie d’eau, on met, pour 100 kilos de laine, 10 kilos de crème de tartre réduit en poudre fine. On fait bouillir le bain, lorsque le tartre est dissout, on ajoute, en plusieurs fois, 10 kilos de composition d’étain (1). On fait bouillir encore quelques minutes afin de bien mélanger le tout, puis on entre les pièces que l’on manœuvre au bouillon pendant deux heures.
- On les abat et on les évente.
- Teinture. — Dans une cuve semblable à celle employée pour le bouillon, on fait bouillir, pendant une demi-heure, la quantité de gaude nécessaire avec 5 ou 6 kilos de sel marin, puis on la retire. On entre ensuite les pièces dans le bain, et on les fait manœuvrer au bouillon pendant une heure ou une heure et demie, après quoi on les abat, on les évente et on les lave à l’eau courante. Il ne faut pas trop faire bouillir le bain de teinture afin de laisser à la nuance toute la fraîcheur qu’elle est susceptible d’avoir ; une température maintenue entre 80 et 90 centigr. est suffisante.
- (1) Voir, dans le Moniteur de la teinture du 5 mars dernier, les indications que nous avons publiées sur la fabrication de la composition d‘étain.
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- La gaude doit être mise dans des sacs afin d’éviter que le bain devienne boueux et que de petites branches déchirent les étoffes.
- Nous donnons sommairement ici quelques procédés différents de teinture en jaune par la gaude. Le mode opératoire étant à peu de chose près celui que nous décrivons ci-dessus, nous croyons pouvoir nous abstenir de donner de longues explications.
- Jaunes à la gaude.
- Pour 100 kilos de laine :
- On manœuvre 1 heure et demie dans un bain de bouillon composé selon les proportions suivantes :
- Eau ;
- 5 kilos de sulfate de soude ;
- 14 kilos 500 d’alun.
- On abat et on évente. On compose le bain de teinture de :
- Eau ;
- 5 kilos de sel marin ;
- Quantité nécessaire de gaude.
- On entre les pièces et on les manœuvre pendant une heure environ à la température de 80 à 90o centigrades, puis on abat et on lave.
- Jaunes à la gaude.
- Pour 100 kilos de laine :
- On fait bouillir pendant une heure et demie dans le bain de bouillon suivant :
- Eau ;
- 9 kilos de tartre ;
- 18 kilos d’alun.
- On abat et on évente.
- On teint pendant une heure, à la même température que ci-dessus, dans un bain composé de :
- Eau ;
- 3 kilos de plâtre ou de craie ;
- Quantité nécessaire de gaude.
- On abat, on évente et on lave.’
- Jaunes à la gaude.
- Pour 100 kilos de laine :
- Bouillon 2 heures dans :
- Eau ;
- 3 kilos 500 de tartre ;
- 5 kilos d’oxymuriate d’étain ; 12 kilos d’alun.
- On abat et on évente.
- On entre les pièces dans un deuxième bain composé de :
- Eau ;
- 3 kilos de carbonate de soude ;
- Poids nécessaire de gaude.
- On manœuvre une heure environ à la température de 90o centigrades. On abat et on lave avec soin.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCEDER DIVERS'
- Brun fonce pour molleton en coton
- Pour 50 kil. de molleton.
- Préparez bain contenant :
- 10 kil. de cachou ;
- 10 kil. de pierre bleue.
- Mettez le molleton à 100 C. Tournez pendant 2 heures.
- Préparez un autre bain contenant :
- 1 kil. 250 de bichromate de potasse ; 250 de sel de soude.
- Mettez le molleton à 100° C. Faites faire 4 tours. Lavez.
- Préparez un autre bain contenant :
- 2 kil. 500 d’extrait de campêche.
- Mettez le molleton à 55° C. et tournez jusqu’à la nuance désirée.
- Rouge acide pour laine torse
- Pour 50 kil. de laine.
- Préparez bain contenant :
- 5 kil. de sel de Glauber ;
- 5 kil. d’alun ;
- 1 kil. d'acide rouge.
- Mettez la laine à 83 C. Faites faire 4 tours, élevez la température au point d’ébullition et tournez jusqu’à la nuance désirée.
- Noir bon teint pour laine peignée
- Pour 50 kil. de laine (bien lavée).
- 1er bain. — Faites dissoudre :
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- 1 kil. 500 de bichromate de potasse ; 250 grammes de vitriol bleu.
- Mettez la laine et faites bouillir pendant 2 heures.
- 2e bain.— Faites bouillir pendant2 heures:
- 10 kil. de bois de Cam.
- 30 kil. de campêche.
- Mettez la laine et faites bouillir pendant 1 heure.
- Foncez avec 1 kil. de couperose.
- Faites bouillir pendant 30 minutes, laissez tremper pendant 4 heures. Lavez.
- Ce noir est d’une qualité supérieure, il supporte bien le foulago et peut être employé avec avantage pour des cachemires fins.
- Brun bon teint pour laine cardée
- Pour 50 kil. de laine.
- Mordancez avec :
- 1 kil. de bichromate de potasse ;
- 1 kil. de tartre.
- Mettez la laine à 83° C. Faites faire 3 tours; élevez la température et faites bouillir pendant 2 heures.
- Préparez un autre bain contenant :
- 4 kil. 500 d’extrait de fustique ;
- 1 kil. 500 d’alizarine artificielle ;
- 250 grammes de viridine en poudre.
- Mettez la laine à 70° C., élevez la tempéra-ture et faites bouillir pendant 1 heure et demie.
- Laissez tremper pendant de 2 à 4 heures.
- Bleu marin pour coton filé
- Pour 50 kil. de coton.
- Préparez un bain contenant :
- 10 kil. de sumac.
- Mettez le coton à 600 C. Faites faire 4 tours et laissez reposer pendant 2 heures.
- Enlevez et tordez.
- 2e bain.
- 500 grammes de tartre émétique en cris-taux.
- Mettez le coton à 380 C. Faites faire 6 tours.
- Lavez et finissez dans un bain de teinture contenant :
- 4 kil de sel de Glauber ;
- 500 grammes de bleu marin ;
- 1 litre d’acide acétique.
- Mettez le coton à 60 C., élevez la température à 87° C. et tournez pour nuances.
- Brun pour paille tressée
- Pour 50 kil. de tresse.
- Mettez la veille dans un bain bouillant, contenant :
- 5 kil. de sel de soude.
- Le lendemain enlevez et égouttez.
- Préparez un nouveau bain bouillant, contenant :
- 3 kil. de couperose.
- Mettez la tresse et manœuvrez pendant 2 heuaes,
- Enlevez et finissez dans un bain contenant: 125 grammes de brun bismarck.
- Mettez la tresse à 1000 C, Manœuvrez jusqu’à la nuance désirée.
- Lavez et séchez.
- Grenat pour paille tressée
- Pour 500 kil. de tresse.
- Mordancez et manipulez comme pour le brun.
- Teignez dans bain contenant :
- 125 grammes de fuchsine.
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- NÉCROLOGIE
- M. WITZ.
- Un savant, aussi modeste qu’éminent, un chimiste dont les travaux ont largement contribué au développement industriel de Rouen, M. Georges Witz, est mort le mois dernier à Rouen, des suites d’une albuminerie dont il souffrait cruellement depuis deux mois.]
- C’est une perte pour la science et une perte pour la ville de Rouen. M. G. Witz, né d’un père alsacien, avait été l’un des fondateurs de la Société Industrielle. Il avait fait de brillantes études à l’école industrielle de Mulhouse, puis, revenu à Rouen, il avait acquis bientôt une juste notoriété par sa compétence et par ses travaux.
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- Nous ne pouvons mentionner ici toutes les découvertes qu’on lui doit ; mais nous ne saurions oublier les remarquables études sur l'hydrocellulose et l'oxycellulose, qui l’avaient placé sur les mêmes rangs que les Kopp, les Koechlin, les Schutzemberg, les Rosensthiel. Ses travaux sur le vanadium et les procédés d’extraction de ce précieux métal des scories du Creusot, avaient créé, en France, une nouvelle industrie, affranchissant, ainsi, notre pays du tribut commercial qu’il payait à l’Allemagne et à la Suède.
- Jamais M. G. Witz, quelle que fut l’importance de ses découvertes, ne consentit à les faire breveter, préférant les laisser généreusement au domaine public.
- M. G. Witz n’était âgé que de 50 ans.
- Une bonne partie des membres de la Société Industrielle de Rouen se pressaient derrière le char funèbre, et, en particulier, ceux de la section de chimie, qui perdent en lui un collègue de haut mérite, toujours à la recherche de nouvelles explications scientifiques, et l’un de ceux qui ont rendu le plus de services à l’industrie.
- Parmi les couronnes déposées sur le cercueil, il y en avait une offerte par les chefs et une autre par le personnel de la maison Bar-din (Girard et Ce), dont M. Georges Witz était chimiste. Chefs et employés étaient presque tous dans le cortège.
- Sur la tombe, M. Besselièvre, au nom de la Société Industrielle, a prononcé un discours, dont nous avons recueilli les passages suivants :
- Ce n’est pas seulement à l’un de nos plus dévoués collègue de la Société Industrielle, à celui qui, l’un des fondateurs de notre Société en a été le premier vice-président, mais per-mettez-moi de le dire, à un véritable ami que je rends ici un dernier hommage.
- Ce que Georges Witz a su faire pour la Société Industrielle de Rouen, vous le savez tous, messieurs. Vous savez comment, après l’avoir fondée, il voulut, avec un zèle infatigable, en assurer le développement ; et com
- ment il s’est fait le propagateur des idées que nous voulons tous répandre.
- Le recueil des bulletins de notre Société, — on l’a déjà dit, — porte le nom de Georges Witz presque à chaque page : il est là pour attester quelle part Witz sut prendre à nos travaux, en même temps que, pendant tant d’années, nous l’avons vu nous aider dans l’administration de notre Compagnie.
- Il m’est bien permis, dans la tristesse de cette cérémonie, de rendre hommage avec une douce émotion à ce cher et regretté collègue et de dire que c’est à lui pour une bonne part — je devrais dire pour la meilleure— que la Société Industrielle doit sa prospérité de cette heure.
- Rappelant ensuite les rares qualités qui distinguaient M. Georges Witz, et principalement « ses connaissances scientifiques, bien supérieures à celles d’un travailleur industriel, » M. Besselièvre a ajouté :
- Il était encore pour moi un confrère en indiennes. Nous le comptions commme un des plus capables dans notre industrie; nous le regardions comme un grand et solide appui de cette grande maison Girard et Ce, dont tous seraient fiers de faire partie....
- Le deuil de la maison Girard se confond aujourd’hui avec celui de la Société Industrielle; et ce n’est pas, hélas ! la première fois que nous rencontrons cette communauté de regrets. En quelques mois nous avons perdu, en trois collaborateurs de cette maison, trois de nos meilleurs collègues. Je puis dire avec certitude que les services de Pothier, Amsler et Georges Witz ne seront jamais oubliés et que leurs traditions seront suivies et fidèlement respectées, comme des exemples, par leurs collègues et successeurs.
- Maintenant, cher Witz, au nom de tous ceux qui ont été vos collègues et vos amis, je vous dis un reconnaissant adieu.
- SAVON POUR IMPERMÉABILISER LES TISSUS
- Un chimiste de Leipzig a trouvé le moyen
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- d’imperméabiliser les tissus au moyen d’un savon alumineux.
- Pour coton. — Faites dissoudre 500 gr. de savon de castille dans 145 litres d’eau très chaude mais non bouillante.
- Faites dissoudre dans un autre vase, contenant la même quantité d’eau, 1 kil. d’alun et 90 gr. de colle forte.
- Mêlez les deux solutions encore chaudes, trempez le tissus dans le mélange et séchez.
- Pour lin. —Faites dissoudre 165 gr. de savon dans 8 litres d’eau, et dans un autre vase 320 gr. d’alun dans 8 litres d’eau. Faites chauffer l’une et l’autre de ces solutions à 1000 C. Trempez la toile premièrement dans le bain de savon et ensuite dans la solution d’alun.
- Pour laine.— Faites dissoudre 112 gr. de savon blanc dans 8 litres d’eau bouillante et 165 gr. d’alun dans la même quantité d’eau.
- Amenez l’une et l’autre solution à 605 C.
- Trempez le lainage premièrement dans la solution de savon, et ensuite dans celle d'a-lun, et séchez à l’air.
- Pour soie.—Faites dissoudre 500 gr. de savon dans un vase et 180 gr. d’alun dans un autre.
- Les tissus complètement imprégnés de ces savons savons alumineux restent flexibles.
- On reconnaît de suite l’utilité que peut avoir ce procédé, pour rendre imperméable les cols et les manchelles. Lorsque les objets ainsi traités sont devenus sales, il n’y a qu’à les tremper dans de l’eau légèrement acidulée, qui décompose le savon, met en liberté l'alu-mine, se combine avec lui et le dissout.
- On enlève alors la graisse en lavant les ob-Jets dans une solution faible de soude causti-que, et après les avoir fait sécher on peut lt s rendre imperméables de nouveau.
- UNE AGGRAVATION
- DE DROITS DE DOUANE
- Une récente décision du fisc vient de
- frapper, d’une façon inattendue, une branche de notre industrie.
- On employait, depuis longtemps, dans la teinture, un sel appelé bi-chromate de potasse. Dans le nouveau tarif des douanes, ce produit, qui nous vient de l’étranger, est frappé d’un droit de 10 fr. par 100 kilogrammes. Or, depuis quelque temps, l’industrie a substitué au bi-chromate de potasse un autre sel beaucoup plus commun], le bi - chromate de soude, lequel nous vient également de l’étranger.
- Le bi-chromate de soude n’avait guère d’emploi industriel au moment de la confection du tarif de douanes actuellement en vigueur. Il fut classé alors dans la catégorie des sels dits non-dénomés, et, comme tel, frappé d’un simple droit de 4 fr. par lOOkilog.
- L’industrie s’étant avisée d’utiliser le bi-chromate de soude à la place du bichromate de potasse, plus cher et plus imposé, le fisc s’est avisé, à son tour, de frapper le sel sodique du même droit que le sel de potasse. Et, il y a environ huit jours de cela, un chargement de bi-chromate de soude étant arrivé à Rouen, la douane, exhibant une circulaire administrative, exigea le droit de 10 fr. par 100 kilog. au lieu de 4 fr. que s’attendait à payer le réclamateur.
- On voit ce que ce procédé fiscal a d’irrégulier. Sur la foi d’un tarif douanier voté par les Chambres, un commerçant fait venir un produit tarifé à 4 fr., et sans autre forme de procès, du fait d’une simple circulaire, ce produit, à son arrivée, se trouve taxé à 10 fr., c’est à dire à plus du double. Il est bien permis, en présence d’un fait qui frappe, ainsi, notre commerce d'importation, de se demander comment
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- cette énorme surtaxe a pu être imposée par une simple circulaire.
- Il est possible que si, lors de la confection du tarif des douanes, on avait connu l’emploi que devait recevoir plus tard le bi-chromate de soude, les Chambres eussent tarifé ce sel à plus de 4 fr. ; mais jamais, sans nul doute, elles ne l’eussent tarifé à 10 fr,, comme le bi-chromate de potasse qui est beaucoup plus cher.
- « Si, d’ailleurs, on voulait surélever le droit sur le bi-chromate de soude, il semble qu’il était rationnel de demander un vote aux Chambres, au lieu de procéder par un mesure fiscale qui atteint à l'im-proviste les intéressés, dit le Journal de Rouen.
- « La mesure a paru d’autant plus vexa-toire qu’en ce moment l’industrie de la teinture est loin d’être prospère. Si encore elle avait pour résultat de protéger la production nationale ; mais, nous le répétons, le bi-chromate de soude est un produit que nous sommes forcés de demander à l’étranger. Sous cet autre rapport, donc, il n’y avait pas nécessité de le surtaxer dans ces conditions. »
- L’attention du ministre compétent va être appelée sur cette question.
- EXTRACTION DU SAVON DES BAINS USÉS
- Dans un rapport sur l’industrie chimique de la Suisse, le professeur G. Lunge nous donne le procédé suivant pour l’extraction du savon-acide oléique — des bains de savon usés.
- Jusqu'à une époque récente, la plus grande partie du savon (environ 2,250 kilogrammes) employé dans les teintureries de Suisse était complètement perdue ; mais, grâce à la persévérance d’un fabricant qui, après de nombreu-expériences, a trouvé un procédé pratique
- pour l’extraction du savon des bains usés, on peut aujourd’hui recouvrer de 55 à 60 0[0 de l’oléine contenue dans le savon.
- Le procédé est le suivant :
- On traite les bains de savon usés avec de l'acide sulfurique, ce qui détermine la précipitation d’une masse pâteuse (2 kil. pour 1 kil. de savon); cette masse est composée des acides gras, des pigments et des produits azotés.
- Décantez et placez de suite la pâte dans une machine Winterthur.
- Commencez par lui enlever l’eau qu’elle contient. Continuez la pression en employant de la chaleur, et ensuite traitez la masse pressée avec du bisulfate de carbone et du li-groïne.
- Le produit d’oléine ainsi obtenu est d’une belle apparence.
- Par l’extraction du savon des bains usés, on obvie également à la souillure des rivières et des courants d’eau par les matières organiques, que l’on peut estimer à environ 1,250,000 kil. par an.
- Il serait également à désirer que l’on puisse trouver un procédé pour nettoyer les eaux perdues qui ont servi au blanchiment des laines, qui actuellement rendent impures les eaux de nos rivières.
- ------------ ---= 0-0-0--= —---------
- SECHAGE COMBINÉ
- PAR CONTACT ET AIR CHAUD Système Pierron et Dehaître.
- Une erreur assez répandue consiste à croire que la chaleur seule est suffisante pour opérer le 'séchage et que le renouvellement de l’air est inutile. C’est au contraire ce dernier qui produit le séchage, car la chaleur n'intervient que pour lui faire exercer son action dans les conditions les plus favorables et pro-duire un effet maximum.
- Suivant sa température et son état hygrométrique, l’air chaud se charge d’une quantité variable d’eau évaporée ; à 20 degrés, il peut contenir 16 grammes d'eau par mètre
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- cube ; à 80 degrés, 200 grammes. C’est pour- { quoi il est permis de le considérer comme un i véhicule pénétrant vide dans le séchoir, se ( chargeant de vapeur d’eau et devant être éva- | cué lorsqu’il est parvenu à saturation.
- Un courant continu bien déterminé, analogue à la circulation de l’eau dans les appareils refroidisseurs, s’impose donc pour le séchage. Dans les opérations de ce genre, le rôle de l’air chaud peut être également comparé à l’emploi de l’eau pour le lavage. En effet, l’air sec comme l’eau propre commencent l’opération : il faut évacuer le premier au moment où il est devenu humide et le liquide lorsqu’il est sali.
- Cependant on ne paraît pas, jusqu’ici, s’être préoccupé de la distribution de l’air chaud, en vue d’activer les opérations du séchage pour les tissus. Dans la plupart des cas, les machines opérant par le contact de cylindres chauffés à la vapeur, ont été installées avec d’aubes appareils dans les salles des ateliers d’apprêt. Il est vrai qu’on les a quelquefois surmontées d’une hotte déterminant un courant ascensionnel pour porter au dehors l’air saturé et les buées; mais ce moyen, d’une certaine efficacité, est néanmoins insuffisant. Connaissant la quantité de tissus à sécher par jour et le poids d’eau qu’ils contiennent, il est facile de déterminer le volume d’air à une température moyenne, nécessaire pour évacuer toute l’eau évaporée. Si la température est basse, on comprend qu’il faut faire passer un volume plus considérable d’air que dans les cas où la température est élevée.
- De fait, l’air à 150 peut absorber 13 gram-mes d’eau par mètre cube, et à 600, 105 8rammes. Par suite, il faudra toujours, pour une saturation partielle de part et d’autre, un volume d’air huit fois moindre dans le second cas que dans le premier.
- D’autre part, les mêmes conditions hygro-métriques ne se trouvent pas toujours dans l air extérieur et l’atmosphère des salles de tissage.
- (A suivre)
- IMPRESSIONS EN RELIEF SUR ETOFFES
- Par MM. Legrand frères, à Paris
- {Suite et fin.)
- MM. Legrand frères ont encore trouvé le moyen, en modifiant le procédé suranné du gaufrage et en le réunissant à leurs procédés d’impression et de teinture perfectionnés, de créer sur les velours d’Amiens de nouveaux efiets décoratifs d’un relief et d’une richesse de ton admirables, dont le bon marché défie toute concurrence. Ce tissu, pour ainsi dire sans précédent, est connu sous le nom significatif de velours de France.
- Ces procédés sont encore appliqués, avec le pluus grand succès, à la décoration des étoffes pour ameublement, robes, pantoufles, tapis de table, de selle, et surtout aux fonds de jeux de jacquet sur drap vert, aux flèches alternativement jaunes et noires, obtenues par des réactions chimiques, qui sont consommés en quantité considérable par la Belgique et la Hollande.
- Enfin, au moment où la concurrence de l’Allemagne se fait sentir jusque sur les marchés français, les frères Legrand sont parvenus à rendre leurs redoutables concurrents tributaires de leurs procédés : les fabricants allemands de velours unis d’Eberfeld et de Crefeld sont venus les faire imprimer chez eux, sous la condition expresse que ces velours, ainsi transformés, ne seraient pas vendus en France, mais consommés dans leur pays d’origine.
- On ne saurait trop encourager les efforts de MM. Legrand frères, qui, grâce à d’incessants labeurs, de grands sacrifices d’argent, une volonté ferme, sont parvenus à doter leur pays d’une industrie féconde, pour ainsi dire nouvelle.
- C’est à ces titres que la Société d’encouragement pour l’industrie nationale décerne une médaille d’or à MM. Legrand frères.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TEINTURE
- DE NOIR GRAND TEINT, d’aNILINE, SUR COTON, FIL DE LIN, DE CHANVRE, DE JUTE, ETC.
- Par ce nouveau procédé infaillible, la teinture se fait en moins d’une heure sur un seul bain sans passer en terrine.
- La main-d’œuvre est moindre que pour toutes autres couleurs.
- Vu les difficultés que l’on éprouve à produire ce noir, ce sera donc rendre service à l’industrie en offrant de faire ce noir indestructible au prix de 1 fr. le kilog.
- Nous croyons inutile de développer l’importance de cette affaire.
- Pour la teinture du noir par ce procédé, ainsi que pour toutes autres couleurs grand teint sur coton, laine, soie en flotte :
- S’adresser à MM. Flottes et Lacombe, à Albi (Tarn).
- LE JUTE UNE DÉCOUVERTE)
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- {Marque déposée.}
- BREVETS D'INVENTION
- 164691. 8 octobre; Steel et Grandage. — Perfectionnnements dans l’application à la teinture des matières renfermant du tanin.
- 164750. 11 octobre; Société anonyme de la Teinturerie stéphanoise. — Application de l’air comprimé et de la vaporisation à toutes les opérations nécessaires à la teinture des matières filamenteuses telles que soies, laines, etc., ou toutes autres matières mises en écheveaux, ainsi que tous les tissus, soit en noirs, soit en couleurs.
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- SUR LE COMMERCE FRANÇAIS EN ITALIE
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29- Année, N 14. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juillet 4885
- S OM MAI RE
- perfectionnements ET PROCÉDÉS nouveaux.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE DES TISSUS SOIE ET COTON (suite).
- CORRESPONDANCE.
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- BLANCHIMENT PAR ÉLECTRICITÉ.
- MACHINES A LAVER LA LAINE.
- SÉ HAGE COMBINÉ (suite et fin )
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TREILLE DES FILS DANS LES MACHINES A ENCOLLER
- Par M. Bernard Pehose.
- Les peignes employés dans les machines à encoller exigent un temps relativement consi-dérable pour le rentrage des fils à l’aide de la passette. Le « compte » serré de ces peignes est une cause de ralentissement dans la vitesse linéaire des fils, de ruptures provenant de l’arrêt des nœuds.
- M. Bernard-Pehose fait usage d’un peigne extensible et, dans chaque broche, engage un fil appartenant à chacune des ensouples d'our-dissage, ces ensouples, roules ou rouleaux devant toujours être en nombre pair. Si donc 1 on suppose six roules, il se trouve six fils en broche. Le chapeau du peigne est mobile Pour faciliter le rentrage. Les dents sont mu-nies latéralement, mais d’un côté seulement, J)
- "un œillet ou crochet s’ouvrant vers la base du peigne.
- Des lames de scie ou des tringles crénelées, correspondant aux divers roules, sont dispo-sees en arriére du peigne, dans l’ordre même des ensouples. Lorsqu’il convient de faire la Treille, on dévie, du côté opposé aux entailles
- ou crochets des dents, les lames de scie impaires 1, 3, 5, puis on abaisse le peigne. Les fils pairs retenus par les crochets des dents suivent le mouvement, tandis que les autres restent de niveau ; dans la croisure ainsi obtenue s’engage, comme de coutume, une baguette destinée à fixer les entrelacements. Le peigne est ramené à la position initiale, puis les lames de scie paires 2, 4, 6 sont déviées et le peigne abaissé de nouveau pour produire la croisure inverse et achever la treille.
- FILS DE LAINE PEIGNÉE EN COULEURS MÉLANGÉES Par MM. Klein, Hundt et Cie.
- Les procédés actuels en vue de l’obtention des filés peignés, mélangés de couleurs différentes, ne sont pas assez parfaits, — selon MM. Klein, Hundt et Cie, — pour éviter dans les étoffes, des barres ou des rayures.
- Les brevetés se servent de la carde afin d’effectuer un mélange intime et forment un ruban unique avec autant de rubans peignés qu’il existe de couleurs élémentaires, chaque ruban représentant la quantité relative pour laquelle il doit figurer dans le produit final. Ce ruban unique, qui constitue l’assemblage des diverses teintes, est fourni à la carde par un mouvement de va-et-vient, non pas transversalement mais parallèlement à la direction des fibres, de manière à fondre le mélange par glissements successifs et à éviter un em-mêlage qui détruirait la qualité du peigné.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et «A CC
- A la sortie de la carde, la préparation recueillie sous forme de rubans, est soumise à plusieurs étirages, puis filée comme de coutume.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ AU NETTOYAGE DES TISSUS Par MM. Fabre et Angelier.
- Le procédé consiste, soit à enlever et à recueillir les poussières au fur et à mesure qu’elles se détachent des étoffes brossées, grillées ou rasées; soit à redresser les filaments des surfaces duveteuses à griller ou à raser. Dans l’un et l’autre cas, les résultats sont dus au même principe, l’attraction des corps légers au moyen d’une matière mauvaise conductrice, électrisée par frottement. MM. Fabre et Angelier placent à proximité du tissu, soit à l’endroit même où voltigent les poussières, soit près de la rampe de grillage, de la laine de tondeuse, un cylindre en verre, ou mieux en ébonite, muni d’un frotteur en drap ou en cuir.
- Les poussières attirées par le cylindre se trouvent détachées par le frotteur et tombent dans une auge.
- APPAREIL HYDRO-CALORIGENE Par MM. Hubinet et L'Eplattenier.
- Ainsi que le titre l’indique, cet appareil a pour but d’humidifier l’air des ateliers et simultanément de chauffer les salles pendant la saison rigoureuse.
- Ledit appareil se compose d’une colonne métallique à double fond perforé. Ce double fond est recouvert de matières spongieuses, sur une assez grande hauteur, ou bien d’une succession de diaphragmes également perforés. L’un et l’autre dispositifs ont pour objet de retenir les gouttelettes liquides qui pourraient se trouver entraînées par l’air, refoulé sous le double fond et de bas en haut à travers la masse spongieuse ou les diaphragmes, tandis qu’un jet d’eau divisé suit le parcours inverse et tombe à la partie inférieure de la
- | colonne. Disons tout de suite que le liquide re-t cueilli à la base de l’appareil, après avoir sa-! turé l’air d’humidité, est extrait par un siphon qui forme trop-plein automatique.
- L’aspiration et le refoulement de l’air sont produits par un jet de vapeur qui, passant par des cônes convergents, détermine un appel énergique. Suivant la saison, l’air peut être puisé dans une cour, dans un sous-sol frais ou dans une étuve, avant d’être imprégné d’eau et insufflé dans les ateliers.
- TEINTURE DE TOUTES MATIÈRES TEXTILES Par M. Brunell.
- M. Brune'l revendique la teinture de toutes matières textiles, produisant sur les fibres l’aspect d’un mélange de filaments diversement colorés. Le mordançage s’effectue comme d’ordinaire ; la teinture proprement dite s’obtient par la combinaison des couleurs d’aniline ou des dérivés de divers produits chimi-ques colorants, avec les couleurs végétales spécialement extraites des bois (campêcheou autres) soit liquides, soit en pâtes, ou bien desséchées ou cristallisées comme l’héma-tine. La revendication est donc basée sur b teinture en couleurs « mélangées » d’une ma tière fibreuse quelconque, traitée dans un bail unique.
- MÉTALLISATION DE TOUS TISSUS, TULLE, BRODERIE, ETC.
- Par MM. Trouvé frères.
- MM. Trouvé frères commencent par encoller le tissu à l’aide d’une dissolution g0111' meuse ou d’une colle soit végétale, soit anl male ; ils appliquent sur l’étoffe ainsi prépare6 une ou deux couches de peinture à l’huil siccative, puis une couche de liquide adhésih d’huile bouillie, par exemple. Lorsque la der nière n’est pas encore sèche, les brevetés Fe pandent sur toute la surface des poudres me talliques, bronze, argent, or. Le revêtemel est fixé par un vernis gras ou par un ver à l’alcool. Enfin sur ce fond « métalliforme
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- &
- il devient possible d’exécuter toutes décorations et peintures.
- PERFECTIONNEMENT DANS L’EXTRACTION DE LA GRAISSE DES EAUX SAVONNEUSES ET DANS LE BLANCHI MENT ET LA PURIFICATION DE CETTE GRAISSE
- Par Benjamin Davy. (Brev. ang. feb. 1885.)
- Les eaux provenant des usines pour l’impression sur étoffes sont mises dans des cuves et traitées avec de l’acide sulfurique ou hydro-chlorique à une température de 50° F. ou plus; la liqueur claire est décantée et la graisse en est séparée par filtration.
- La graisse est ensuite pressée dans des presses chaudes, et la graisse qui en découle est clarifiée et blanchie au moyen d’acide sulfurique ou hydrochlorique et de la soude commune.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 166795. 4 février ; Piefke. — Nouveau système d’appareil à filtrer.
- Ce nouveau système d’appareil à filtrer est constitué de la manière suivante :
- Dans une capacité cylindrique close rece-vant le liquide à filtrer par un tube disposé à la partie inférieure, on dispose une série de Plateaux annulaires superposés et séparés les uns des autres par des parois filtrantes.
- Dans ces plateaux annulaires sont disposés “ne série de trous permettant l’arrivée du li-qide, mais ce liquide ne peut sortir et pour cela rejoindre une autre série d’ouvertures I" après avoir passé à travers la paroi fil-trante. Toutes les ouvertures de sortie débou-chent dans un même conduit vertical, que le liquide doit remonter pour se rendre au réci-Pient collecteur du liquide filtré. Le brevet Idique trois dispositions différentes de filtres basés sur ce principe.
- 166814. 4 février ; Société Pierron et Dehaî-Te.—Systme de séchage combiné par con-tact et par l’air chaud ambiant applicable aux
- tissus de toutes sortes et autres matières.
- Ce système de séchage consiste simplement à placer les machines à sécher les tissus, en particulier, les machines formées par des rouleaux chauffés à la vapeur entre lesquels on fait passer le tissu dans une chambre fermée où l’on maintient une température de 60°.
- L’air chauffé à cette température absorbe pour se saturer d’humidité une quantité d’eau beaucoup plus grande. L’opération du séchage se fait par suite beaucoup plus rapidement. La force ascensionnelle de l’air à cette température étant beaucoup plus grande qu’à la température de l’air ambiant.
- Le renouvellement de cet air se fera de lui-même.
- 166831. 5 février; Frobach. — Filtres avec membranes filtrantes en cuir chamoisé.
- Le breveté revendique dans son brevet l’emploi de filtres constitués avec des cuirs cha-moisés qui permettent d’opérer si l’on veut sous de très fortes pressions sans altérer le le cuir et en conservant néanmoins un liquide filtré très pur, ce que l’on n’a pas avec les filtres ordinaires. De plus, le nettoyage de ces cuirs étant très facile , puisque la matière reste absolument à la surface; les mêmes cuirs peuvent servir presque indéfiniment et permettent ainsi de réaliser une notable économie.
- J. FAYOLLET,
- A vocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- --------------ae-amc-e-e--------------
- TEINTURE
- DES TISSUS SOIE ET COTON
- (Suite.')
- Teinture en noir
- Au début de la. teinture de ces tissus, les noirs se sont faits par le campêche.
- On donnait primitivement, après la cuite, un léger bain de rouil (sous-sulfate ferrique, j’écris rouil et non rouille comme beaucoup
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- 160 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- d’auteurs, pour distinguer ce sel de fer d’un très grand emploi, de là rouille de fer insoluble. Au lieu de rouil on peut dire mordant de rouille. Roüil est d’ailleurs du masculin, et il est dans le génie de la langue française d'é-crire par ouil et non ouille les mots masculins avec cette finale. Exemple : genouil, verouil, fenouil, etc.).
- Puis sur ce passage en rouil, on soudait poür fixer le sel de fer par un passage dans un bain tiède très léger de cristaux de soude.
- On donnait un léger cachou, puis l’on terminait par un noir anglais. La soie se teignait assez bien, mais le coton restait toujours pâle et l’envers paraissait gris.
- L’apparition du noir d’aniline est venue révolutionner ce genre de teinture ; néanmoins les débuts ont été difficiles, et ce n’est que depuis quelque dix ans que l'on teint couram-ment en noir d’aniline le coton d’abord, puis la soie ensuite en noir anglais.
- On opère donc ici à l’inverse de la teinture en Couleur. Dans celle-ci on commence à teindre la soie ; dans Celle-là On teint d’abord le coton.
- Les pièces convenablement cuites, bien dégorgées du savon de cuite, rincées et essorées fortement sont mises ën rouleau.
- Puis on déroule en passant les pièces au foulard, formé par deux cylindres enveloppés de molleton. Les cylindres sont superposés verticalement, et le cylindre inférieur plonge dans un auget contenant une préparation pour noir d’aniline. L’envers coton vient se presser contre le cylindre inférieur, à la partie supérieure de celui-ci, et l’endroit soie se presse à la partie inférieure du cylindre supérieur.
- A mesure que l’on tire le tissu entre les deux rouleaux, ceux-ci ont un mouvement de rotation ; tout en écrasant le tissu, le rouleau inférieur s’imbibe constamment du mélange et vient humecter convenablement principalement l’envers coton.
- Il y à plusieurs préparations pour développer le noir d’aniline ; dans tous lès cas ces préparations doivent être mises et préparées
- au feu et à mesure, et non longtemps à l’a- I vance ; sinon le développement du noir se fe- I rait dans l’auget avant de se faire sur le co-1 ton.
- On peut employer comme bain :
- 1- Des sels d’aniline et dit bichromale de potasse. En forçant la dose de ce sel, oh b-tient des noirs bronzés.
- 2’ Des sels d’aniline (chlorhydrate principalement), avec addition d’acide chlor hydrique, de sulfate de cuivre et de chlorate de potasse.
- 3- Des sels d’anilihe, avee addition d’Acide chlorhydrique, de chlrâte de ptsse èt de quantités minimes de chlorure de vadium.
- Dans tous les cas il convient d’employer des liqueurs complètement limpides. Le sulfure de cuivre et le tungstate de cuivre et de chrome, produits insolubles qui conviennent pour l’im-pression, ne valent rien ici.
- Le tissu, au sortir du foulard, est enroulé sur un autre rouleau, pour être de là porté à la chambre d’oxydation, où on l’abandonne durant 24 heures à une température modérée, dans un air humide, exactement comme pour l’impression.
- En préparant par le chromate, les tissus deviennent marron, par le chlorate verdâtre, myrte. Sortant de la chambre on les rince a grande eau, puis on peut les souder par un passage en cristaux de soude, à tiède.
- Le noir au chromate est moins solide que le noir au chlorate. Gelui-ci, fait soit avec l’aide du cuivre, soit avec l’aide du vanadium, est plus solide et peut être savonné impunément, mémé bouillant, ce qui l’embellit.
- Les noirs au chromate ne sè font d’ailleurs que pour les noirs bronzés.
- Le tissu, noir pour le coton, a une nuance fauve pour la soie. On lui donne un passage en rouil faible, mais alors il convient de prei dre le rouil chlorure ferrique au lieu du rouil sulfate ferrique.
- Le rouil chlorure ferrique rend le noir d‘a niline inverdissable. Sur le rouil, on rince 8
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- grande eau, on passe en cristaux de soude faible et à tiède, et on rince.
- Dans une bonne teinture, il convient alors de donner un léger bain de cachou à 50o de chaleur pour deux raisons : cela rend encore le noir d’aniline inverdissable et cela paralyse l’action de l’oxyde ferrique fixé sur la soie, qui à la longue l’altérerait.
- Puis sur ce cachou on donne une bruniture pour noir anglais avec du bois jaune et dubois de Campêche, additionné de vitriol bleu et de vitriol vert. Cette bruniture est donnée avec les précautions usuelles, connues de tous les lecteurs du « Moniteur de la teinture. » On rince sur la bruniture, et finalement dans un bain de bois de Campêche additionné de sa-von, comme pour la bruniture, avec les précautions usuelles pour ce genre d’opération.
- Après la teinture le tissu est teint uniformément comme soie et coton. Il faut rincer Soigneusement pour écarter le savon, mais on ne peut songer à aviver avec un acide, car quoiqu’on en dise, le noir d’aniline, même inverdissable,verdit toujours un peu; moins que que l'inverdissable, mais enfin il verdit.
- En placard, c’est près des lisières que les Pièces verdissent à la longue, surtout à la lu-mière, et près des becs de gaz, dont la combustion dégage toujours des traces d’acide sulfureux.
- Dans les grandes villes, où l’on brûle des combustibles minéraux, l’air est d’ailleurs l°ujours acide. Il est vrai que grâce à la double teinture, le verdissage est bien moins sen-sible que si le coton eût simplement été teint eu noir d’aniline. La double teinture se fait non seulement à cause du verdissage sur tis-sus soie et coton, mais encore sur les tissus coton seul, par les maisons soucieuses de leur "éputation.
- Pour terminer, disons qu’il faut dans la teinture en campêche éviter soigneusement 1 emploi du sel d’étain, qui est un destructeur du noir d’aniline.
- Quant aux noirs solubles d’aniline, connus sous une foule de noms : indigos artificiels,
- gris, etc., ils n'offrent aucün intérêt et sont inapplicables.
- Teinture en noir et couleur.
- Le noir d’aniline ne donnant que peu de couleur à la soie, on peut obtenir quelques effets de double teinte, mais peu variés à cause du fond fauve de la soie.
- Il est évident que l’on ne peut obtenir des nuances dégagées, mais on peut teindre la soie en marron, olive, myrte, bronze, etc., bref en couleur dans lequel le ton fauve ne nuit pas et est même utile.
- Il me reste à parler d’autres genres de teinture : genre réserve, enlevage, rongeage, effets de conversion, ombrés, qui sont un peu du domaine de l’impression. J’aurai l’occasion d’y revenir.
- Pour terminer cette série d’articles, la production des tissus mixtes soie et coton, entraînant la teinture en pièces, au lieu de teindre un flottes a profondément bouleversé la physionomie de l’industrie lyonnaise, l’on peut le dire du cocon, à l’étoffe rendue sur banque.
- Est-ce un bien, est-ce un mal? Je me réserve comme opinion générale ; mais pour rendre à l’industrie lyonnaise sa splendeur et ses grands jours, il faudrait le retour au beau taffetas, au grand satin et aux riches armures en soie pure et modérément chargée.
- Mais la confection est là. Nos dames veulent d’abord du tissu à bas prix, agrémenté de confections extrêmement coûteuses. Nous sommés en plein rococo comme mode Une simple toile à matelas, cela n’est pas cher comme achat d’une robe pour le mari, mais avec une confection de 5 à 600 fr.l!
- Cependant on dirait qu’il y a un retour vers le bon goût. A nos fabricants de se retenir pour la charge exagérée. La soie baisse d’ailleurs constamment de prix comme matière première, et la chargé perd de son importance au delà de celle nécessaire dans les noirs pour gonfler le brin,
- Marius MOYRET,
- (Reproduction interdite.)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CORRESPONDANCE
- Paris, le 11 juillet 1885.
- Monsieur Edmond Rousset, Directeur du Moniteur de la Teinture, 7, rue Roche-chouart.
- Nous lisons dans votre numéro du 5 courant du Moniteur de la Teinture et de l’impression des tissus, à l'article « Extraction du Savon des bains usés », le paragraphe suivant :
- « Il serait également à désirer que l’on puisse trouver un procédé pour nettoyer les eaux perdues qui ont servi au blanchiment des laines qui, actuellement, rendent impures les eaux de nos rivières ».
- A ce sujet, nous nous permettons d'appeler votre attention et celle de vos lecteurs, sur un filtre-presse à très faible pression, que nous avons fait breveter récemment et qui, d’après les résultats obtenus pour la clarification des eaux ayant en suspension des limons, des déchets, du sable, des matières terreuses ou autres, et, en particulier, des eaux résiduaires de papeteries, donnera d’excellents résultats pour les eaux que vise votre article.
- Déjà des expériences que nous avons faites avec ces eaux, confirment nos espérances.
- Nous nous tenons à votre disposition et à celle de vos lecteurs, pour faire l’essai de tout échantillon (15 à 20 litres) qu’on nous adressera franco à l’atelier, et pour faciliter les essais en grand, nous réservons quelques grands appareils dont on pourra disposer pendant quelques jours, en nous prévenant à l’avance.
- L’installation ne comporte ni pompes ni autres engins, et la filtration se fait à travers un tissu convenable.
- Nous espérons que vous pardonnerez la liberté que nous prenons de vous écrire, et nous vous prions d’agréer, monsieur, nos salutations empressées.
- Compagnie française des Filtres-preses Farinaux.
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.)
- Bleu foncé.
- Les couleurs qui sont faites avec le sulfate d'indigo potassique sont plus agréables et pénètrent mieux les filaments de la laine que celles qui proviennent du sulfate d’indigo acide ; elles sont par cela même plus parfaites.
- On mordance 1 kilo de laine en la faisant bouillir pendant 1 heure avec 150 grammes d’alun.
- On prépare le bain de teinture avec 600 grammes de sulfate d'indigo potassique. On donne un léger bouillon, puis on entre ensuite la laine, qu’on fait bouillir pendant 1 heure; elle est alors teinte en une belle couleur bleue foncée.
- Bleu elair.
- On compose un bain de teinture avec 200 grammes de sulfate d'indigo potassique; on y fait bouillir pendant 1 heure un même poids de laine alunée ; elle prend une jolie couleur bleue céleste.
- En préparant la laine avec de l’alun seul, on fera les couleurs que nous venons d’indiquer. Si on la prépare avec de l’alun et du plâtre, on fera ces mêmes couleurs, mais elle5 seront beaucoup plus agréables.
- Bleu foncé et bleu clair.
- L’usage du plâtre dans le bain de teinture, et la préparation de la laine avec le tartre et la composition d’étain, procurent de bonnes couleurs bleues de nuances agréables, qui pe-nètrent bien dans les pores de la laine et résistent passablement à l’air, surtout celles q sont foncées.
- On prépare 1 kilo de laine avec 100 grain' mes de tartre et 100 grammes de composition d’étain.
- Pour composer le bain de teinture, on fait
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- bouillir 400 grmmes de plâtre, et on y ajoute 600 grammes de sulfate d’indigo potassique ; on remue bien le tout, et on y fait bouillir doucement pendant une demi-heure la laine préparée avec le tartre et la composition d’étain; elle y prend une couleur bleue foncée.
- On remplit le bain avec de l’eau chaude, et on y fait bouillir pendant une demi-heure encore 1 kilo de laine préparée de la même façon ; elle y prend un beau bleu céleste.
- Bleu foncé et bleu clair.
- Dans une chaudière qui est convenablement remplie d’eau, on fait bouillir 240 grammes de plâtre pendant 1 heure 1[2 ; on y fait ensuite manœuvrer au bouillon pendant 1 heure I kilo de laine.
- On prépare le bain de teinture en versant dans le volume d’eau nécessaire 600 grammes de sulfate d’indigo potassique. Dès qu’il commence à bouillir, on y met la laine mordancée Par le plâtre. On la fait bouillir pendant 1 heure, ensuite on la rettre et on la lave à grande eau ; elle prend une couleur bleue foncée.
- On ajoute de l’eau au bain, afin d’amener le liquide au même niveau que précédemment, et on y met 300 grammes de sulfate d indigo Potassique ; on y fait ensuite bouillir pendant 1 heure un nouveau kilo de laine, mordancée egalement avec du plâtre ; elle y prend une couleur bleue céleste.
- Les couleurs faites avec le plâtre seul ne Sont pas si agréables que celles que prend la aine mordancée avec le plâtre et l’alun, et elles ne la pénètrent pas si bien.
- Bleu foncé solide.
- En mordançant la laine avec l'alun et le tar-te, on fait, avec le sulfate d’indigo potassi-Ie, des couleurs bleues assez agréables, et I1 diffèrent des précédentes.
- On fait bouillir 1 kilo de laine pendant 1 heure dans un bain composé de 150 gram-mes d’alun et de 30 grammes de tartre.
- On prépare le bain de teinture avec 600 Sommes de sulfate d’indigo potassique. On y
- fait bouillir la laine pendant une demi-heure; on la retire ensuite de la chaudière, et on met encore 600 grammes de sulfate d’indigo. On plonge de nouveau la laine dans le bain de teinture et on la fait encore bouillir pendant une demi-heure. Onia retire, on la laisse refroidir et on la lave avec soin. La laine prend une belle couleur bleue foncée et bien tranchée.
- Cette méthode, qui consiste à retirer la laine du bain quand elle y a bouilli une demi-heure, à fortifier le bain par une nouvelle addition de sulfate d’indigo, et à y faire encore bouillir la même laine pendant une autre demi-heure, permet d’obtenir un bleu foncé qui a non seulement une couleur agréable, mais qui est encore d’une assez grande solidité.
- On peut, si l’on désire que la couleur pénètre davantage et que la laine soit plus foncée, diviser la quantité de sulfate d’indigo en plusieurs parties , mettre la première dans le bain bouillant, et ajouter les autres de demi-heure en demi-heure, en ayant soin de retirer la laine chaque fois que l’on verse du sulfate d’indigo, et de bien remuer le tout ensemble avant de la replonger dans le bain de teinture. On peut de cette manière faire un beau bleu foncé, dont la couleur est susceptible d’une grande solidité.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Jaune au quercitron
- Le quercitron produit des couleurs assez vives, soit que la laine ait été mordancéeavec du tartre et de la composition d’étain, soit qu’elle ait été préparée avec du tartre et de l’alun.
- On ajoute quelquefois du sel d’étain à ces deux dernieis ingrédients.
- Il y a donc deux procédés principaux de production des teintures en jaune avec le
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- quercitron. Tous deux exigent deux opérations différentes : le bouillon et la teinture.
- La teinture peut être faite sans inconvénient dans le bain du bouillon, sauf le cas où celui - ci devra servir pour de nouvelles passes.
- Premier procédé. — On compose le bain de mordant, pour 100 kilos de laine, avec
- Eau pure,
- 18 kilos de tartre,
- 36 kilos de composition d’étain.
- On n’ajoute la composition d’étain que lorsque le tartre est bien dissous. On active cette dissolution en faisant bouillir le bain.
- On entre les pièces, on les manœuvre une heure et demie ou deux heures au bouillon ; ensuite on les abat et on les évente.
- Elles sont alors prêtes à subir l’opération de la teinture.
- On compose le bain de teinture dans le même bain. Pour cela, on y fait bouillir, pendant quinze ou vingt minutes, la quantité nécessaire de quercitron. On arrête complètement le feu ou la vapeur, puis on y introduit les pièces mordancées par le tartre et la composition d’étain. On chauffe de nouveau et l’on maintient le bain pendant une heure à une température de 80 ou 90 degrés centig. Lorsqu'on est arrivé à la nuance voulue, on abat, on évente et on lave avec soin.
- Deuxième procédé. — Les proportions des ingrédients employés pour le bain du bouillon du second procédé, sont les suivantes pour 100 kilos de laine :
- Eau pure :
- 9 kilos de tartre,
- 18 kilos d’alun.
- On fait manœuvrer les pièces au bouillon pendant une heure et demie, après quoi on opère pour le reste d’une façon tout-à-fait identique à celle que nous avons indiqué pour le premier procédé.
- Jaunes au bois jaune.
- Le bois jaune est le colorant dont on se servait le plus autrefois pour teindre en jaune. Il
- est encore très usité dans beaucoup d'ateliers de teinture.
- Si l’on fait bouillir un tissu de laine simplement humecté d’eau, dans un bain de bois jaune seul, il y prend une couleur jaune brunâtre qui est désagréable. Mais si, au contraire, le tissu est préparé avec de l’alun, par exemple, il reçoit une belle couleur jaune citron (1).
- Les mordants les plus avantageux pour teindre avec le bois jaune sont l’alun, le tartre, le sel d’étain, le plâtre et le sel marin.
- Le sel marin (15 à 20 0[0 du poids de la laine) employé dans le bain de teinture rend la couleur plus saturée et plus foncée.
- Le plâtre seul, dont on fait usage comme mordant (20 à 30 0[0) communique à la laine, dans un bain de bois jaune, et en présence d’alun (20 à 30 0[0) une couleur jaune de soufre très agréable.
- Les jaunes ou bois jaunes nécessitent les deux opérations habituelles du bouillon et du rabat.
- Lorsque le bain de bouillon est neuj, il est bon de forcer un peu les proportions des ingrédients employés pour le mordançage. Le bain de bouillon peut servir très longtemps sans qu’il soit nécessaire de le vider.
- Nous indiquerons deux procédés de teinture différents.
- On fait de très jolis jaunes par le procédé suivant :
- Premier procédé.
- Bouillon. —On prépare le bain de bouillol ou de mordant en mettant dans la quantite d’eau nécessaire pour 100 kilos de laine :
- Eau pure,
- 1 kilo 800 de tartre,
- 24 kilos d’alun.
- On fait bouillir le bain, et lorsque ces sels sont dissous, on y ajoute :
- 5 kilos de sel d’étain.
- _____________________________________________
- (i) Les proportions les plus avantageuses pour obtenir un beau jaune citron sont les suivantes •
- Pour 100 kilos de laine.
- Bouillon. — 20 kilos d’alun.
- Teinture. — 20 kilos de bois jaune.
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- On remue et on entre les pièces dans ce bain.
- On les fait manœuvrer au bouillon pendant 1 heure 1[2, puis on les abat, on les évente, on les plie et on les empile. On les laisse reposer ainsi jusqu’au lendemain.
- Rabat. — On fait d’abord le bain avant de l’épurer (2).
- Pour composer le bain de rabat on met, dans de l’eau assez pure, de l’eau de source par exemple, la quantité nécessaire de décoction de bois jaune pour arriver à la hauteur de la nuance demandée. On entre les pièces à froid dans ce bain, on en élève progressivement la température au bouillon, et on teint à ce degré de chaleur, en ayant soin d’arrêter le feu, où la vapeur, lorsqu’on regarnit.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- 'Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PAR ÉLECTRICITÉ
- M. Bonneville indique le procédé suivant pourle blanchiment des tissus par l’électricité:
- On verse dans une solution froide au 1(100 de brome 1 0[0 de soude caustique à 360 B., ou l’équivalent d’une base alcaline quelcon-qüë. Le tissu végétal, humecté au préalable ët parfaitement saturé d’eau, y est ensuite Plongé et laissé dans la solution jusqu’à ce qu’il se decolre. Oh le passe à l’eau acidulée et l’on rince pour terminer. 1 0(0 d’acide sul-furiquë ou d’acide nitrique ajouté au bain, qdand il a été épuisé par des opérations sue-Cissives , suffit pour libérer de nouveau le brome. La même quantité de soude causti-que est ensuite ajoutée pour reformer l’hypo-bromite de soude. L’acide fluorhydrosilici-due, pendant la formation des bromures et des bromates donne Une fluosilicate insoluble dë soudé quë l’on élimine facilement par dé-cantation. Dans ce bas, il n’y a ni sulfates ni "itrates mélanigés aU bain.
- (2) Les jaunes étant des couleurs délicates, il in, toujours nécsssaire de faire le bain de tein-’ re quant] celui-ci est neuf.
- Si l’on place aussi deux électrodes de charbon, reliés à une pile, dans la solution, l’oxygène actif est constamment renouvelé par la régénération de l’acide hypobromeux. On a aussi vérifié qu’un bain entièrement épuisé peut être régénéré par le passage du courant, et la même action a lieu avec le chlore et ses composés.
- M. Bonneville recommande donc l’emploi industriel du brome et des hypobromites pour le blanchiment des tissus végétaux, la régé-ration des bains par les acides, plus particulièrement l’acide fluorhydro-silicique et la reconstitution du pouvoir décolorant au moyen de l’électricité.
- MODIFICATIONS DANS LES MACHINES A LAVER LA LAINE Par M. E. Mehl (1).
- Le travail d’une machine à laver la laine peut être divisé en quatre parties différentes : 1- immersion de la laine dans l’eau de lavage; 2- division et lavage de la laine; 3' mouvement d’avance de la laine dans l’eau ; 4- transport de la laine aux cylindres de la presse qui suit la machine à laver. M. Mehl, d’Augsburg, emploie pour ce travail deux moyens combinés : introduction d’air dans l’eàu de lavage (ce moyen a déjà été essayé isolément, mais sans succès, en 1860, par M. Plantrou) et usage de tambours plongeurs et moteurs de construction spéciale; on obtient, de cette façon, un lavage plus complet de la laine et les fibres sont maintenues aussi bien que possible parallèles.
- L’appareil de M. Mehl se compose d’une grande caisse rectangulaire, contenant une cuve plus petite, dans laquelle s’opère le lavage. Une grille, en tôle perforée, est placée dans la petite cuve et traversée par un certain nombre de tubes, qui débouchent à l’une de leurs extrémités dans un tuyau principal et
- (1) Extrait du Dingler’s Polutechnisches Journal.
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- sont fermés à l’autre bout par une vis. Ces petits tubes sont munis à la surface de trous de 1 à 2 millimètres de large, distribués régulièrement. De l’air chaud est lancé au moyen d’une pompe à air ou d’un appareil à jet de vapeur dans le tuyau et, de là, par les tubes, dans l’eau de la petite cuve, par toute la surface de la grille. Les trous de la grille et les interstices de la table de déchargement constituent les passages qui établissent la communication entre l’eau de la grande caisse et de la petite cuve.
- L’emploi d’une double cuve a pour but d’abord de pouvoir disposer d’une quantité d’eau aussi grande que possible et, ensuite, de maintenir la laine autant que possible réunie à son entrée dans l’eau de lavage et de la rassembler doucement sur la largeur de la table de déchargement, par suite du rapprochement progressif des parois latérales.
- Pour obtenir le mouvement d’avance régulier de la laine, les rateaux employés ordinairement sont remplacés par quatre tambours, disposés tous de la même façon et ne différant entre eux que par leur diamètre et leur largeur. Chaque tambour consiste en un cylindre creux, dont l’intérieur est divisé en six compartiments et sur la périphérie duquel se trouvent six parties bombées. Ces dernières, ainsi que les parois latérales des tambours et des cloisons intérieures sont en tôle unie et pleine, tandis que les parties de la circonférence comprise entre les renflements sont en tôle unie et perforée. Les cloisons intérieures sont disposées par rapport au sens du mouvement de ro.ation de tambours de façon qu’au moment où un renflement entre dans l’eau, il se produise à cet endroit, dans l’intérieur du tambour, une chambre ne contenant pas d’eau. Aussitôt que la partie perforée suivante du tambour arrive dans l’eau, celle-ci pénètre dans le tambour et remplit peu à peu la capacité vide de la chambre. Le nombre des petits trous de 2 à 3 millimétrée est choisi de manière que la chambre soit remplie lorsque le renflement correspondant est arrivé à sa po
- sition la plus basse dans l’eau. A partir de cette position jusqu’à la sortie du renflement de l’eau, la chambre se vide de nouveau.
- Les deux tambours postérieurs ont la même largeur ; le troisième est un peu plus étroit que la table de déchargement, et la largeur du quatrième est intermédiaire entre celles des autres tambours. Tous les tambours reçoivent, à l’aide d’engrenages coniques, un mouvement de rotation dont la vitesse est sensiblement égale à celle de la table de déchargement.
- Quand l’appareil fonctionne, les deux cuves sont remplies d’eau de lavage et la machine est mise en mouvement; l’air chaud lancé dans le principal tuyau sort par tous les tubes de la grille, monte à la surface de l’eau et imprime à celle-ci un léger mouvement ondulatoire. La laine à laver tombe derrière le deuxième tambour dans la petite cuvette intérieure; l’eau pénétrant dans le tambour, la laine est pressée doucement contre la partie perforée ; le renflement qui suit la plonge dans l’eau et lui fait dépasser le point le plus bas du premier tambour. L’eau qui sort de ce tambour commence alors à en détacher le laine ; l’air qui monte entraîne la laine à la surface de l’eau en lui communiquant un mouvement ondulatoire qui l’ouvre rapidement et la débarrasse des impuretés adhérentes. La laine se rassemble à la surface de l’eau et sa quantité augmente jusqu’au second tambour Les mêmes opérations se reproduisent une seconde et une troisième fois, puis la laine accumulée entre les derniers tambours est pou®' sée par le quatrième sur la table de décharge ment, qui la transporte doucement et régulie-rement hors de l’eau vers les cylindres de 18 presse.
- Il résulte de ce qui précède que la machine de M. Mehl offre sur ses devancières les avan tages suivants : nettoyage rapide avec une économie considérable de savon ; la laine est complètement ouverte et ne présente pas de parties feutrées, et l’eau est maintenue froide par l’air chaud lancé continuellement par 1 aP
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- a
- pareil. Cette dernière circonstance permet de marcher sans interruption, en faisant arriver constamment l’eau pure du côté de la table et en la laissant écouler d’une manière constante à l’autre extrémité, après qu’elle a servi, sans échauffer l’eau directement en y introduisant de la vapeur, ce qui détériorerait la laine. Mais comme l’air lancé dans l’eau ne peut guère être chauffé à une température supérieure à l’eau de lavage, il ne parvient pas à maintenir tout à fait l’eau à sa température initiale de 50 degrés environ. Pour remédier à cela, un tuyau de vapeur, en forme de fer à cheval et dont l’extrémité est perforée, est placé dans la petite cuve ; il suffit d’ouvrir légèrement la soupape pour maintenir l’eau à sa température primitive par le rayonnement du tuyau de vapeur, sans devoir introduire directement la vapeur dans l’eau.
- SÉCHAGE COMBINÉ
- PAR CONTACT A AIR CHAUD
- SYSTÈME PIERRON ET DEHAITRE
- (Suite et fin,.}
- Parfois celle-ci est chauffée par d'au-tres appareils en travail et, plus fréquem-ment encore, saturée par des vaporisations Indépendantes du séchage. Il est donc particulièrement intéressant de considérer l’état de lair extérieur. Si celui-ci est sec comme en eté, la marche des opérations est accélérée ; au contraire, elle se trouve ralentie par les temps de pluie et de brouillard.
- Pour obtenir, en toute saison, le séchage rapide des tissus, il convient ainsi d’adopter des moyens propres à maintenir l’air dans des conditions hygrométriques invariables. C’est ce résultat que MM. Pierron et Dehaître ont atteint par une ventilation ou alimentation d'air chaud combinée avec l’action des machines à sécher par contact.
- Bien que tous les systèmes de foyer puis-sent produire le chauffage de l’air; ces cons-
- tructeurs emploient, de préférence, le foyer à étages Michel Perret, qui permet de brûler les combustibles pulvérulents.
- Dans une installation de ce genre, la machine à sécher au moyen de cylindres traversés par la vapeur, est disposée dans une chambre maintenue à la température de 60o et l’entrée, comme la sortie des tissus, se fait à l’extérieur.
- A cette température, il faut envoyer un volume d’air huit fois moins grand qu’en le prenant directement à l’extérieur, c’est-à-dire à 15° en moyenne ; de plus, la force ascensionnelle du premier sera toujours plus grande, car il ne se trouvera jamais saturé d’une façon complète. On obtiendra ainsi une circulation uniforme sur toutes les faces du tissu, tandis qu’avec les moyens actuellement en usage, l'extérieur du tissu, c’est-à-dire la face qui se développe en dehors des cylindres, se trouve enveloppée d’air complètement saturé par la vapeur produite pendant l’opération, et l’évaporation subit naturellement un ralentissement prononcé.
- Cet effet est très sensible dans les machines pourvues de cylindres superposés; lorsque ceux-ci sont disposés sur une même ligne, le séchage est déjà plus rapide ; il est encore augmenté dans le cas où l’on fait parcourir au tissu un trajet intermédiaire avant de le mettre, à nouveau, en contact avec les cylindres.
- On comprend qu’avec l’emploi d’un air sec chauffé à 60° et enveloppant tout le tissu qui circule autour des cylindres, l’évaporation est active et continue sur les deux faces de la pièce mise en œuvre ; elle se produit même sur les surfaces isolées, comme dans celles qui se trouvent en contact avec les cylindres.
- En somme, la méthode de séchage appliquée par MM. Pierron et Dehaître offre le précieux avantage de doubler la production, tout en permettant de produire le séchage avec un nombre plus restreint de cylindres à vapeur. A. M.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Août 4883
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES.
- TEINTURE DU COTON.
- TEINTURE' DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- SUPÉRIORITÉ DES DÉCOCTIONS.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A FOULER, MORDANCER, TEINDRE ET BRILLANTER LES TISSUS
- Par M. Grison.
- Cette machine se compose d’un premier rouleau horizontal reposant sur un bâti et actionné mécaniquement. Quatre montants verticaux maintiennent, au-dessus dudit rouleau et dans un même plan vertical, un certain nombre de rouleaux de plus petit diamètre, autour desquels s’enroulent autant de pièces d’étoffe à apprêter. Le dernier rouleau est surmonté d’un cylindre plein en métal, qui fait pression sur l'ensemble.
- Une boîte sert à chauffer les étoffes par la vapeur, à moins que l’appareil tout entier ne soit établi dans une chambre à fixage ou dans une cuve à fixer.
- S’il s’agit de fouler le tissu, on commence Par imprégner chaque pièce d’eau savon-neuse, avant de procéder à l’enroulement ; si * on doit mordancer, teindre ou brillanter, 1 immersion préalable se fait dans un bain de mordant, de teinture ou d’eau mucilagineuse. Dans tous les cas, les rouleaux superposés se trouvent entraînés de proche en proche par
- le rouleau inférieur qui reçoit la commande. L’opérateur a soin que le sens de la rotation détermine le serrage du roule ; l’apprêt obtenu par ce procédé donne à l’étoffe un brillant et un glacé particuliers.
- APPLICATION PERFECTIONNÉE DU CHLORURE DE CHAUX AU BLANCHIMENT Par M. Lunge.
- Divers procédés ont été employés en vue d’augmenter l’action du chlorure de chaux dans le blanchiment des filés et des tissus; l’addition des acides sulfurique, chlorhydrique ou oxalique détermine, il est vrai, un dégagement de chlore, mais les vapeurs qui résultent de la réaction sont nuisibles à la santé des ouvriers et altèrent les fibres textiles.
- L’acide carbonique dégage de l’acide hypochloreux, mais l’état gazeux du premier en limite l’action pratique. De plus, il se forme sur les fibres du carbonate de chaux, qu’il faut éliminer en faisant intervenir de l’acide chlorydrique ou de l’acide sulfurique.
- M. Lunge propose l’acide acétique, qui possède les avantages des acides précédemment indiqués et n’en présente pas les inconvénients.
- L'acide acétique donne, avec le chlorure de chaux, de l’acétate de chaux et de l’acide hypochloreux qui, en blanchissant, rend son oxygène aux matières colorantes et se transforme en acide chlorhydrique. Celui-ci réagit
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sur l’acétate de chaux pour produire du chlorure de calcium et mettre en liberté une nouvelle proportion d’acide acétique qui, à son tour, réagit sur le chlorure de chaux, et ainsi de suite. Lors de ces transformations successives, le temps pendant lequel l’acide acétique se trouve] en liberté n’est pas suffisant pour permettre l’altération des matières textiles.
- APPAREIL DESTINÉ AU BLANCHI MENT, AU CHLORAGE, AU BOUSAGE DES TISSUS Par M. Farmer-Lalance.
- Le principe de l’appareil consiste à faire passer l’étoffe sur des cylindres métalliques horizontaux et parallèles, perforés sur une longueur égale à la largeur du tissu, ouverts d’un bout et reliés de l’autre, avec une pompe centrifuge. Ces cylindres sont groupés par deux dans une série de bacs juxtaposés ; entre les cylindres, des plaques également perforées dirigent l’étoffe. Le liquide aspiré de dehors en dedans à travers le tissu est refoulé dans les cuves perpendiculairement à la direction de la pièce, afin d’éviter les remous qui pourraient rendre la surface duveteuse.
- MACHINE A LAVER LA LAINE Par M. Dubrule.
- Avec la plupart des appareils à laver, la matière passe dans un certain nombre de bacs successifs, séparés les uns des autres par des rouleaux exprimeurs. L’essorage ainsi pratiqué tasse la laine en paquets, et il n’est pas rare que ces amas fibreux parcourent toute la longueur du bac placé à la suite de la presse, sans s’ouvrir, par conséquent sans subir une épuration suffisante. Pour y obvier, M. Dubrule dispose en avant de la presse un tablier sans fin qui reçoit la laine essorée et la laisse tomber dans une auge en fonte, d’où un rouleau, garni de crochets et de lames en fer, la transmet à un tambour ouvreur. Ce dernier est formé de croisillons en
- fonte, recouvert de tôle et muni de lattes en fer avec dents inclinées ; la denture saisit la laine à la sortie de l’auge et la projette dans le liquide du bac suivant. Les fibres mouillées s’ouvrent sans effort et se trouvent lavées à fond.
- MACHINE A FOULER, DÉGRAISSER ET LAVER Par M. Brunell.
- Au lieu d’avoir recours à trois machines distinctes, M. Brunell réalise les opérations du dégraissage, du foulage et du lavage à l’aide du même appareil.
- Une cuve, bac, ou réservoir, posé sur le sol, reçoit tous les organes mécaniques. Deux bâtis latéraux portent des coulisses verticales, dans lesquelles peuvent monter et descendre les coussinets d’un cylindre cannelé dit cylindre travailleur. L’axe du travailleur porte, d’un bout, les poulies de commande, fixe et folle; de l’autre, une poulie à gorge. La dernière commande, par l’intermédiaire d’une corde, un rouleau d’appel situé en arrière du travailleur. Au-dessous du cylindre cannelé se trouve une mâchoire également cannelée, qui contourne partiellement le travailleur et qui se trouve fixée soit par des taquets, soit par des ressorts. En avant, un rouleau-guide et une planche percée de trous, servent à diriger les tissus.
- Comme dans la plupart des fouleuses, la planche, dont il vient d’être question, est portée par des leviers oscillants qui lui permettent un certain déplacement vertical, mais qui, dans le cas d’un obstacle résultant de l’emmelage d’une pièce ou autre accident réagissent sur le désembrayage pour arrêter la machine.
- L’écartement entre le travailleur et la mâchoire cannelée, la pression de ces organes l’un sur l’autre (lorsqu'ils sont rapprochés jusqu’au contact) peuvent varier suivant que l’on procède au dégraissage, au foulage ou au l»' vage.
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- MORDANÇAGE PARTIEL DES ÉTOFFES DE LAINE ET AUTRES
- Par M. Grison.
- Selon les résultats à obtenir, suivant qu’il s’agit d’un simple mordançage ou d’une désagrégation de la surface du tissu, M. Grison fait varier les proportions et le titre de l’alcali destiné à des impressions partielles.
- Le véhicule est un liquide adhésif à base de gomme, d’amidon, etc. Si l’épaississant est additionné de 25 à 50 grammes d’acide caustique par litre, la préparation sert uniquement à mordancer ; dans ce cas, l’étoffe imprimée avec ladite composition et vaporisée donne, par la teinture, deux nuances différentes selon que le colorant se trouve appliqué à des surfaces imprimées ou non.
- Si la proportion d’alcali caustique s’élève entre 75 et 125 grammes par litre d’épaissis-sant et que les impressions soient faites superficiellement sur une étoffe veloutée ou drapée haute laine, les empreintes alcalines font tomber, à la teinture, les parties duveteuses correspondantes et déterminent des creux et des reliefs imitant les effets de broché et de ciselé.
- DÉGRAISSAGE DES FILS ET TISSUS Par M. Larisch.
- L’appareil breveté par M. Larisch se compose d’un réservoir ou autoclave en cuivre, affectant la forme d’un cylindre vertical avec fond et couvercle hémisphériques. Le fond est muni d’un robinet de vidange, le couvercle porte un robinet purgeur, un manomètre, une soupape de sûreté et deux tubulures communiquant avec des pompes disposées symtri-quement de chaque côté de l’autoclave. Au-dessous de l’ensemble est placé une cuve contenant la solution alcaline propre au dé-graissage.
- Les fils ou les tissus une fois logés dans le reservoir métallique, on applique le couvercle de manière à rendre la fermeture hermétique; Puis on ouvre le robinet purgeur et l’on fait
- arriver dans l’appareil, à l’aide de la pompe qui débite le plus, la solution alcaline (savon et carbonate de soude).
- Lorsque le liquide commence à jaillir par le robinet purgeur, l’ouvrier ferme le robinet et met en action la seconde pompe, qui permet de refouler dans l’autoclave une nouvelle quantité du même liquide jusqu'à la pression de quatre atmosphères.
- La soupape de sûreté est calculée pour se soulever alors dans le cas où les indications du manomètre feraient défaut ou ne seraient pas observées par l’opérateur. Sous pareille pression, le liquide savonneux pénètre intimement les fibres, et il suffit de laisser l’appareil en charge pendant quinze à trente minutes, suivant l’état des matières. L’ouvrier enlève ensuite le tuyau d’aspiration de la première pompe et la fait fonctionner comme une pompe à air, après avoir ouvert le robinet de vidange. L’introduction de l’air facilite l’expulsion du liquide, qui retombe dans la cuve pour une nouvelle opération. Le couvercle de l’autoclave est enlevé, les fils ou tissus sont essorés comme de coutume, puis lavés et rincés très rapidement.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 167073. 16 février ; Fontenilles. — Procédé permettant de concentrer et d’évaporer tous les liquides à l’aide d’un appareil réchauffeur rationnel d’air à courant forcé et d’un évapo-rateur-diviseur.
- Ce procédé consiste simplement à faire traverser le liquide à concentrer par de l’air chaud ou froid à volonté, arrivant sous forme de bulles par une série de tuyaux perforés disposés dans une caisse renfermant le liquide en traitement. Le dessus de cette caisse a la forme d’une hotte munie de chicanes pour empêcher l’entraînement du liquide sous forme vésiculaire.
- Pour donner à l’air la température voulue on le fait passer au moyen d’un ventilateur à travers une série de tubes chauffés. Un tuyau
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- collecteur recueille cet air chaud et l’amène seul ou mélangé d’air à la température ambiante dans les tuyaux perforés qui doivent le mettre en contact avec le liquide à concentrer.
- 167113. 17 février; Zimmer.— Procédé de préparation d’acides sulfoconjugués de rosani-line, des violets de méthyle et d’autres matières colorantes connues.
- Ce procédé consiste à transformer les matières colorantes basiques du groupe de la fuchsine et du méthyle en acides sulfoconjugués et sulfonates correspondants par l’application des polysulfates de Weber, en particulier l'oc-tosulfate de potasse seul ou avec des agents délayants convenables. Ces polysulfates se substituant aux agents de sulfoconjugaison employés jusqu’à ce jour.
- 167169. 24 fév. ; Quenoble-Larive et Viard. —Blanchiment et teinture en blanc au moyen d’un procédé spécial de la laine sous toutes les formes, qu’elle soit ou non manufacturée.
- Le bain qui fait l’objet de ce brevet est constitué de la manière suivante :
- Eau............................ 88% »
- Bisulfite de soude........ 10. « Acide muriatique...........0.050
- Loccogène........................ 1.250
- Chaux naturelle.................. 0.500
- Sel de soude..................... 0.200
- Total. ..... 100k000
- J. FAYOLLET,
- A vocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE EN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes Diverses variétés de teinture en pièces.
- Dans le dernier numéro, j’ai terminé ce qui avait rapport à la teinture en uni pour les étoffes mixtes, soie et coton. Je vais traiter maintenant de diverses variétés de teinture.
- se rattachant quelque peu à l’impression des tissus, que ce soit sur des tissus de soie pure ou mélangés de coton.
- Ce sont encore ces genres variés qui ont contribué à la décadence momentanée de Lyon, sans rivale dans les beaux genres soie pure, satins et riches armures ; mais craignant la concurrence dans les articles secondaires teints en pièces où la beauté du travail, la perfection du tissage due à nos vieux canuts lyonnais ne signifie rien et n’est pas appréciée par l’acheteur, qui d’ailleurs veut du bon marché avant tout.
- Qu’il me soit permis d’ouvrir ici une parenthèse, et de faire avec modération, quelque peu d’économie politique, qui intéressera tous les lecteurs.
- Ces jours derniers, à propos des tissus mixtes soie et coton, l’on a porté aux Chambres la discussion de l’admission temporaire de tous les filés coton, ce qui n’a lieu actuellement que pour les numéros au-dessus de 50; c’est-à-dire pour les numéros fins et non pour les gros numéros (sans nul doute, il peut se trouver parmi les lecteurs du « Moniteur de la teinture » des lecteurs qui ne savent pas exactement ce que veulent dire les numéros dans la question des filés de coton : le numéro indique le nombre de mille mètres de longueur pour former un kilog. Ainsi un numéro 50 demande 50,000 m. pour faire un kilog.; plus un numéro est faible et moins il faut de mille m. pour faire un kil., et « vice versa ; » je donne cette explication, car dans le numéro de la soie c’est l’inverse; pour la soie on compte par deniers, et plus le numéro est élevé plus la soie est grosse; c’est-à-dire que le numéro de deniers indique le poids de deniers d'une longueur, primitivement de 484 m., aujourd’hui de 500 m.).
- L’admission temporaire des filés coton a-t-elle un rôle sérieux pour Lyon dans la fabrication des tissus mixtes ? oui et non ; dans bien des cas, elle ne signifie rien; elle est même onéreuse si le fabricant ressort les fils par petites parties, nécessitant chaque fois des
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- acquits-à-caution, qui finalement coûtent plus une fois réunis, que l’économie produite par l’exemption des droits. Mais s’il s’agit de grosses exportations, par exemple pour les étoffes de parapluie, nécessitant de gros numéros, il n’en est plus de même ; l’admission temporaire serait dans ce cas favorable à l’industrie lyonnaise.
- En regard il faut mettre le préjudice causé à nos filateurs de coton du Nord. De là des travaux de statistiques qui, entre des mains habiles, prouvent tout ce que l’on veut.
- Mais en dehors de cette question des filés coton, il en est une plus grave dont Lyon souffre actuellement : c’est celle du libre-échange.
- Quand je dis libre-échange, c’est par politesse pour mes adversaires en économie politique de Lyon, enragés partisans de ce système qui les tue.
- En effet, ce n’est pas du libre-échange que nous faisons avec l’Amérique, dont nous acceptons les produits à bras ouverts, et qui en place frappe nos soieries de 60 00 de droits « ad valorem, » et ce, d’une manière impitoyable ; ce droit n’est pas protecteur, il est simplement prohibitif. Aussi chaque jour les exportations de Lyon baissent avec rapidité.
- De même la Russie a mis 100 0[0 ; cette fois l’exportation de Lyon a été tuée du coup. Et telle maison qui teignait pour la Russie, ne peut plus rien faire. De même tel fabricant n’exporte plus rien.
- La presse de Lyon libre-échangiste, on ne sait trop pourquoi, constate l’effondrement de Lyon purement et simplement, dans les bulletins des exportations des districts consulai-res.
- Maintenant qu’arrivera-t-il ? Lyon voyant ses marchés lui échapper, voudra faire les articles des autres villes de France ; de là de nouvelles concurrences, des abaissements de prix et de salaires, des perturbations fcheu-ses à tous les points de vue. J’ai des preuves en main de ce que j’avance.
- Ne vaudrait-il pas mieux que chaque ville
- garde sa spécialité en teinture et en tissus, et remanier au plus tôt, dès que cela se pourra, les traités de commerce.
- Qu’a-t-on fait avec la Roumanie? on l’a mise en demeure d’abaisser ses tarifs sous peine de représailles ; pourquoi ne le ferait-on pas avec les puissances telles que l'Amé-ripue (Etats-Unis), avec la Russie, etc.? C’est là qu’est la solution heureuse des souffrances de Lyon. Il faut de la réciprocité dans les traités de commerce, et non pas que l’un des deux contractants soit l’exploité de l’autre.
- La ville de Lyon a d’autant plus de droits à tenir ce langage qu’elle a fondé depuis environ 10 ans une Ecole de commerce où tous les étrangers sont admis, et viennent sur place étudier tous nos procédés de fabrication, se metre^ au courant de nos tours de main, de nos relations, etc.
- Conclusion.—Remanions nos traités de commerce aü lieu de laisser abaisser les prix du travail national, pat des rivalités entre Lyon, Roubaix, Rouen, etc.
- Cette digression faite, je vais aborder mon sujet.
- Tissus soie et coton
- Application du mercerisage
- Le mercerisage, dû à John Mercer, est le résultat de l’action d’une lessive de soude caustique concentrée sur des étoffes de coton. Sous cette influence, le coton se gonfle et se retire en même temps dans le sens de la longueur et de la largeur; les étoffes deviennent plus épaisses, ont plus de main. Elles sont plus tartreures.
- Le mercerisage a eu un très grand succès. Récemment il a trouvé une application dans les tissus mixtes soie et coton, teints en pièces. Si l’on passe rapidement des tissus écrus soie et coton dans un bain de soude caustique à 20° Baumé, qu’on les rince immédiatement à grande eau, le coton est mercerisé, retiré dans le sens de la longueur, qu’il soit sous forme de trame ou de chaîne ; la soie est cuite, mais quoique altérée, assez résistante pour supporter la teinture et la mise en con—
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fection. En place, comme sa longueur n’a pas varié, elle produit des effets d’armure nouveaux ; elle bouillonne (terme technique).
- Si l’étoffe est formée par des bandes de coton et de soie, dans le sens de la chaîne, celle-ci formera un tissu bouclé là où est la soie, et des bandes rigides là où est le coton.
- Le mercerisage réduit d’ailleurs le coton de 20 0[0 dans le sens de la longueur. Le lecteur peut, d’après cet aperçu, se rendre compte des effets originaux que l’on peut obtenir. Il est bien entendu que cette application ne se fait que pour des étoffes légères et ne devant pas supporter à l’emploi de grandes résistances, car l’étoffe est sensiblement altérée dans la soie et ne peut servir que pour agrément d’une robe, par de effets de crêpage.
- Teinture en réserve
- Depuis longtemps l’on fait dans les étoffes de coton pur des tentatives enigenre réserveou résiste. Exemple : les mouchoirs en bleu de cuve sur coton, avec pois, lentilles, etc.
- Ces genres sont décrits dans le traité de M. Persoz, et s’obtiennent en imprimant sur les deux faces du tissu avant la mise en teinture, un mastic composé de savon de cuivre et de terre de pipe.
- On laisse sécher et on passe alors à la champagne, en bleu de cuve.
- Partout où l’on a imprimé la réserve ou résiste, le bleu de cuve ne prend pas. L’opération de teinture étant finie, on donne un soudage tiède, et un battage, on lave à grande eau. La réserve s’en va, et le blanc apparaît à sa place.
- MARIUS MOYRET:
- (Reproduction interdite.)
- ---------==*S---*3------------
- TEINTURE DU COTON
- EN ROUGE SOLIDE DIT ROUGE TURC OU D’ANDRINOPLE
- Nous présentons aujourd’hui aux lecteurs un procédé simple de teinture solide des fils de coton en rouge turc ou d’Andrinople. Nous insistons sur le mot simple, parce que ce procédé, tout en donnant des couleurs dites grand
- teint [(c’est-à-dire qui résistent parfaitement bien à l’action du savon et à celle de l’eau de chlore), lesquelles sont également d’une viva-cité remarquable, permet d’opérer plus rapidement qu’avec ceux actuellement en usage.
- Le colorant employé est Valizarine artificielle.
- L’alizarine artificielle du commerce est un liquide jaunâtre, d’une concentration de 20 p. 0[0. Ce liquide, laissé en repos pendant quelques heures, se sépare en deux parties : en un liquide incolore et en une poudre opaque, d’un jaune sale, qui se précipite.
- Il est donc essentiel, avant de se servir de ce colorant, de le rendre bien homogène en agitant les vases dans lesquels il est renfermé.
- L’alizarine est soluble dans l’eau chaude. De même que la garance, l’alizarine artificielle renferme trois principes colorants différents :
- lo L’alizarine pure, qui donne en teinture un rouge bleuté ou violacé',
- 2o L’anthrapurpurine, qui communique des couleurs rouges de sang ;
- 3o La flavopurpurine, qui produit des couleurs rouges jaunâtres.
- Les différentes marques de l’alizarine du commerce sont basées sur la présence, en quantité plus ou moins grande, de l’un ou de l’autre de ces trois principes.
- Echantillon de Rouge turc sur coton (’)
- La teinture des fils de coton en rouge turc comprend différentes opérations qui sont : Ie débouillage, l’huilage , le vaporisage, l’alu-
- (D Echantillon fait à l'alizarine artificielle pro-venant des fabriques de la B. Anilin et Soda-Fabrik.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- nage, la teinture proprement dite et l’avivage.
- Le but du débouillage est de débarrasser le coton des matières grasses et des impuretés qu’il renferme. On le fait bouillir pendant trois ou quatre heures, et sous une pression de deux atmosphères, dans des chaudières spéciales à cet usage, avec des lessives de soude marquants0 Bé. Lorsque les fils de coton sont bien débouillis, on les retire des chaudières, on les laisse égoutter et refroidir, puis on les lave soigneusement à l’eau courante. On les fait ensuite sécher, soit à l’air libre, soit dans des séchoirs à air chaud. On peut procéder à l’huilage des fils.
- L’huilage (1) est l’opération la plus importante de la teinture du coton en rouge turc, pour cette raison, que c’est elle qui donne la solidité et l’éclat de la nuance.
- Grâce à une préparation spéciale des huiles pour rouge turc par la Société la B. Anilin et ^oda Fabrik, elle est ici fort simple. On compose un bain avec :
- 1 partie d’huile pour rouge turc ;
- 15 parties d’eau.
- On remue bien ce mélange, qui doit être froid, puis on entre les fils que l’on y manœu-vre pendant un quart d’heure. On les tord et on les fait sécher, pendant douze heures en-vron, dans un séchoir dont on maintient la Cempérature à 70° centig. Un seul passage dans le bain d’huile n’est pas suffisant, et l’on recommence cette opération de deux à sept fois, suivant la vivacité du rouge que l’on veut obtenir. Plus le coton subira de fois l’o_ Peration, plus la beauté et la solidité de la couleur seront grandes.
- Il est indispensable de sécher le coton après chaque passage en bain d'huile.
- Les bains d’huile doivent être conservés,
- de) On emploie dans l’opération de Vhuilage c. huiles spéciales appelées huiles tournantes. des huiles, qui sont acides et qui ont la propriété obtelmulsionner avec des solutions alcalines, sont p nues en abandonnant à l’air des huiles d’olive 9 ant plusieurs années.
- parce qu’ils peuvent toujours servir pour de nouvelles opérations.
- Le vaporisage a pour but de dégraisser le coton, c’est-à-dire d’enlever l’huile qui n’est pas fixée sur la fibre.
- L’opération se fait dans des chaudières analogues à celles employées pour le débouillage. On les remplit convenablement d’eau, on y entre les fils, puis on fait bouillir pendant une demi-heure sous une pression de une atmosphère et demie à deux atmosphères. On retire les fils, on les laisse égoutter et refroidir, puis on les lave à l’eau courante. Ils sont alors prêts à subir l’opération de l’alunage.
- Pour le rouge ordinaire, il n’est pas nécessaire de vaporiser après le premier bain d’huile ; les fils peuvent être passés au bain d’alun aussitôt après avoir été séchés.
- On compose le bain d’alunage de la manière suivante : dans 100 litres d’eau chaude, on fait dissoudre 5 kilos d’alun très pur. Lorsqu’il est dissous, on ajoute au bain 1 kil. 800 gr. de cristaux de soude.
- On plonge dans ce bain les fils de coton qu’on y laisse de six à douze heures, après quoi on les retire du bain et on les tord. On les fait ensuite passer, pendant dix à quinze minutes, dans un bain contenant de 4 à 6 kil. de craie pour 100 litres d’eau, et chauffé à 500 centig.
- Les cotons étant lavés à l’eau courante sont prêts pour l’opération de la teinture.
- On peut remplacer le bain d’alun par un bain d’acétate d’alumine marquant 6 à 8° Bé., et composé de parties égales d’alun et d’acétate de plomb. On tord les fils, on les sèche au séchoir à 60°, puis on continue, pour le reste, comme il vient d’être dit.
- Voici la marche à suivre dans la teinture proprement dite des fils de coton en rouge turc.
- Pour 100 kilos de fils, on compose un bain de teinture, dans le volume d’eau froide nécessaire, avec :
- 10 kilos d’alizarine 20 0[0 ;
- 6 kilos d’huile pour rouge turc ;
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 600 grammes de tannin.
- (Les proportions que nous donnons ici sont celles d’un rouge moyen.)
- On entre les fils dans ce bain, on les manœuvre un quart d’heure sans chauffer, puis on élève progressivement la température jusqu’à 350 centig. pendant le second quart d'heure, jusqu’à 50° pendant le troisième et jusqu’à 650 pendant le quatrième.
- Arrivé à ce degré de chaleur, le bain est complètement tiré, c’est-à-dire tout à fait incolore ; mais on maintient cette température pendant un quart d’heure ou une demi-heure au plus, afin de bien fixer la matière colorante sur le coton.
- On obtiendrait de moins bons résultats en dépassant cette durée et ce degré de température.
- Nous recommandons expressément de teindre à froid pendant le premier quart d’heure, afin que l’alizarine ne se précipite pas tout d’un coup sur le coton, ce qui produirait des fils inégalement teints.
- On retire les fils du bain de teinture, on les fait égoutter et refroidir, puis on les rince à l’eau courante.
- On les fait sécher et on les passe dans un nouveau bain d’huile composé de :
- 1 partie d’huile pour rouge turc ;
- 15 parties d'eau.
- Les fils y sont manœuvrés à froid pendant un quart d’heure, puis tordus et séchés pendant douze heures à l’étuve à 60 ou 70o centig. Ensuite, pour fixer l’huile sur la fibre, on fait un nouveau vaporisage d’une demi-heure, en se conformant à ce que nous avons précédemment dit à ce sujet. Enfin, on procède à Vavivage.
- Dans la teinture des fils de coton en rouges ordinaires, on peut, après la teinture, ne pas donner un nouveau bain d’huile, et vaporiser pendant une demi-heure, immédiatement après avoir rincé et séché.
- Un bain de savon ordinaire, chauffé à 85 ou 90 centig., suffit pour ces couleurs.
- Pour teindre les fils de coton en rouge jau
- nâtre, on emploie avantageusement un mélange de :
- 85 parties d’alizarine G D ;
- 15 parties d’alizarine V 2a bleuâtre.
- On obtiendra toutes les nuances voulues par le mélange, en proportions convenables, de ces deux marques.
- Ravivage a pour but de donner de l’éclat à la couleur, laquelle, au sortir du bain de teinture, est d'un rouge brun manquant complètement de vivacité.
- Pour cela, on met les fils dans des chaudières analogues à celles employées pour l’opération du dèbouillage et dans lesquelles on introduit le mélange suivant, dont voici les proportions pour 100 kilos de fils de coton :
- 1,200 litres d’eau aussi peu calcaire que possible ;
- 100 à 400 grammes de carbonate de soude (soude calcinée) ;
- 4 kilos 500 grammes de savon blanc de Marseille ;
- 100 grammes de sel d’étain.
- On ferme bien hermétiquement les chaudières, et l’on fait bouillir pendant trois o« quatre heures sous une pression de une atmosphère et demie à deux atmosphères. OP ouvre les chaudières, on en retire les fils q—e l’on fait égoutter et refroidir, puis ils son lavés, essorés et séchés.
- La quantité de carbonate de soude à ajouter à l'eau est très variable ; son rôle étant de précipiter la chaux, ce sel doit être mis eh proportion du calcaire contenu dans l’eau.
- Il faut mettre le carbonate de soude enpre mier lieu dans l’eau et n’y ajouter le savot et le sel d’étain que lorsqu’il est bien dissous et qu’il a opéré sur l’eau. On peut activer Tac tion en chauffant un peu et en remuant.
- Il est préférable de faire V avivage sous pre5 sion, mais cela n’est pas indispensable, el l’on peut employer une cuve ouverte. Volc ja composition d’un bain d’avivage en cu" ouverte :
- Pour 100 kilos de fils de coton :
- 2,000 litres d’eau ;
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- 1 à 2 kilos de carbonate de soude ;
- 7 kil. 500 grammes de savon blanc de Marseille ;
- 120 grammes de sel d’étain.
- On élève progressivement la température de ce bain jusqu’à 850 centig. et on la maintient pendant trois quarts d’heure.
- On peut remplacer le sel d’étain par du son, aussi bien pour l’avivage en chaudière fermée lue pour le bain de savon ordinaire. On obtient également des nuances vives par ce mode
- d’un éclat beaucoup plus grand et d’une solidité à toute épreuve.
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- d’avivage.
- C.-E. M.
- TEINTURE DU COTON
- EN ROSE SOLIDE D’ALIZARINE
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- La méthode que nous venons de décrire Pour la teinture des fils de coton en rouges "alizarine est applicable à celle des roses Calizarine.
- On emploie naturellement moins de colo-"ent, mais le nombre des passages en bain “huile doit être au moins égal, sinon supé-"eur, à celui exigé pour la teinture en rouge, Perce que les roses demandent une résistance encore plus grande que les rouges.
- Pour les roses, il est bon de remplacer le bain d’alunage par un bain ^acétate d'alumine 450 Bé., qu’on obtient par une double décom-MSition, par parties égales d’alun et de pyro-énite de plomb. Lorsque l’on emploie cette qethode on doit, après le passage en bain "cetate d’alumine, sécher et étendre les fils pendant 24 heures, les passer ensuite dans un aln chaud de craie, puis les laver. Ils sont °F8 prêts à supporter l’opération dè la tein-ture.
- On emploie avantageusement pour ces cou-h 1 allzarine V2a bleuâtre.
- 1 “neralement, on dépasse en teinture la "Wteur de la nuance, afin de lui faire subir p 8ere dégradation dans l’opération de "ivage, ce qui permet d’obtenir des roses
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- On ajoute du bois jaune, de la cochenille ou du carmin d’indigo, suivant le ton de l’échantillon.
- On abat, on évente et on lave dans une eau bien claire.
- On peut abattre les pièces une heure après leur entrée dans le bain de teinture, à condition toutefois qu’on n’ait pas regarni.
- Deuxième procédé.
- Bouillon.—Pour 100 kilos de laine, on prépare le bain de bouillon avec :
- Eau pure,
- 18 kilos d’alun,
- 3 kilos de tartre.
- On fait dissoudre ces sels, puis on verse :
- 6 kilos de composition d’étain.
- On paille bien et on entre les pièces que l’on fait bouillir pendant une heure et demie. On les abat, on les évente et on les fait reposer 24 heures sur le mordant.
- Rabat. — On compose le rabat dans un deuxième bain, en mettant dans de l’eau de î source la dose nécessaire de bois jaune. On y entre les pièces mordancées que l’on fait bouillir pendant une heure. Lorsqu’on a atteint la nuance demandée, on abat, on évente et on lave avec soin.
- On peut sans doute trouver d’autres procédés avantageux de teinture avec le bois jaune ; toutefois, ceux que ncüs indiquons permettent le mélange avec le bleu et le rouge.
- Jaunes au fustet.
- Deux procédés différents donnent également de bons résultats.
- Premier procédé.
- Bouillon. — On compose le bain de bouillon, pour 100 kilos de laine, avec :
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Eau pure ;
- 8 kil. de crême de tartre ;
- 5 kil. de chlorure d’étain ;
- 5 kil. de bichlorure d’étain.
- Lorsque ces sels sont dissous, on entre les pièces que l’on fait bouillir pendant une heure et demie, après quoi on les abat et on les évente.
- Teinture. — On fait bouillir, dans un autre bain, le fustet contenu dans un sac. Le bain ayant pris le colorant nécessaire pour arriver à l’échantillon, on retire le fustet, puis on entre les pièces que l’on manœuvre trente ou quarante minutes au bouillon.
- On les abat et on les lave dans une eau bien claire.
- On peut rougir la nuance avec la cochenille.
- Deuxième procédé.
- Bouillon. — Pour 100 kilos de laine.
- On prépare le bain de bouillon de la manière suivante ; on met dans la quantité d’eau nécessaire :
- 18 kil. de tartre.
- Lorsqu’il est dissous on verse : •
- 36 kil. de composition d’étain.
- On fait bouillir le tout pendant quelques minutes, puis on entre les pièces que l’on manœuvre au bouillon pendant une heure et demie.
- Teinture. — Dans un deuxième bain, on fait bouillir la dose déterminée de fustet ; on le retire et on entre les pièces. Quand on est arrivé à la hauteur de la nuance désirée, on les abat, on les évente et on les lave avec soin.
- On peut également teindre dans le bain de bouillon. Nous recommandons de composer le bain de teinture dans un deuxième bain, parce que nous supposons que le coloriste doit teindre toute une série de jaunes.
- Le fustet ne peut être employé tel qu’il est livré dans le commerce ; il exige une préparation. Voici en quoi elle consiste :
- On la réduit en copeaux, puis on le fait
- tremper dans de l’eau en quantité suffisante pour qu’il y baigne bien. On le remue de temps en temps et, lorsqu’il a trempé ainsi pendant 24 heures environ, on le retire et on le fait égoutter, après quoi on le met dans des sacs.
- Nous donnons ici des proportions moyennes, mais la quantité de composition d’étain à ajouter au bain de mordant doit varier selon la hauteur de la nuance que l’on désire obtenir, c’est-à-dire que plus on emploiera de fustet, plus on devra ajouter de composition au bain de teinture.
- Les proportions variables des ingrédients employés dans le mordançage des jaunes au fustet nous mettent dans 1 obligation de donner quelques applications.
- Jaune mais.
- Pour 100 kilos de laine.
- On prépare le bain de bouillon avec :
- Eau pure ;
- 13 kil. 500 de crème de tartre ;
- 18 kil. de composition d’étain.
- On y met les pièces que l’on fait bouilli pendant une heure et demie, après quoi on 6 abat et on les évente.
- On compose le bain de teinture de :
- 800 grammes de cochenille ;
- 80 kilos de fustet.
- On y manœuvre les pièces au bouillon Per dant une heure environ, puis on les abat e on les lave.
- C.-E. M., chimiite coloré
- /Reproduction interdite.) (A suivit
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- SUPÉRIORITÉ DES DÉCOCTIONS
- DES BOIS DE TEINTURE
- SUR LES EXTRAITS
- Les expériences très intéressantes que vie, de faire à Villefranche M. André Descr0) sur la richesse en matière colorante d’un e
- . & 2 & 8 9
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- yen-étain selon , ob-•a de sition
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- trait de campêche à 10° Baumé, coûtant 35 fr. les 100 kilogr. comparativement à la richesse d’une décoction obtenue avec un bois valant 18fr. les 100 kilogr., prouvent qu’à qualités égales, la décoction procure à l’industriel une économie de 50 à 60 0[0 sur l’emploi de l’extrait;
- En tout état de choses, une économie n'est jamais à dédaigner; mais en ces temps de lutte industrielle, où la réduction du prix de revient est une question presque vitale pour nos usines, on doit plus que jamais chercher les moyens de tirer des matières premières tout ce qu’elles peuvent donner.
- M. André Descroix est arrivé aux conclu-8ions ci-après :
- L’extrait examiné titre exactement 10° à aréomètre étalon, gradué par 10e de degré.
- Cette densité correspond au poids, par litre, de 1,073 grammes.
- Cet extrait, au prix de 35 fr. les 100 kil., Vaut donc le litre fr. 0,38.
- Ce calcul donne pour prix du litre fr. 0,375, mais la perte due à la cristallisation d’une cer-aine quantité d'hématoxyline sur les douves des tonneaux l’augmente bien del[2 0[0; il est donc de fr. 0,38.
- La décoction du bois obtenu sous 2 à 3 kil. de pression dans les chaudières à cuire, avec l '
- a Proportion de une partie de bois trituré et “ix Parties d’eau, donne une liqueur qui, re-roidie à + de 150, marque à l’aréomètre 0 de-dixièmes.
- Son prix de revient pour 100 litres s’établit “omnme SHit ;
- Bois, 10 kil. à 18 fr. les 100 kil. 1.80
- Combustible....................... 0.10
- Total........ 1.90
- avec un
- P 6 e 005S
- GPour 1 litre, le prix est de 0 fr. 019 “Bré aréométrique de fr. 0,06.
- Pour comparer semblable décoctton avec Dirait ci-dessus, il faut diluer celui-ci de eon à obtenir une solution du même prix Ve U décoction.
- Or, un litre d’extrait à 10° coûte 0,38 cent., étant étendu de 19 fois son volume d’eau, donnera 20 litres de solution, dont 1 litre coûtera 0,38[20 ou 0,019 millièmes. Et cette solution d’extrait au vingtième titre à l’aréomètre Oo 4 dixièmes.
- La décoction de bois titrant 0,6 dixièmes, la différence de densité en faveur de la décoction est donc de 50 0[0.
- Colorimétrie. — Un mélange de 10 c. cubes de la solution d'extrait au vingtième et de 10 c. d’eau bicarbonatée, est introduit dans l’un des compartiments du colorimètre. Même mélange de décoction et d’eau bicarbonatée se trouve dans l’autre compartiment.
- A la vision, la décoction apparaît de suite plus foncée, plus riche en couleur que la solution d’extrait. Pour mesurer leur différence d’intensité colorante, on ajoute à l’aide d’une burette graduée, et goutte à goutte, de l’eau dans la décoction, en ayant soin d’insuffler en même temps quelques bulles d’air dans le liquide afin de bien opérer le mélange.
- On continue pendant ce temps à viser les deux liqueurs, et quand la coloration paraît bien pareille, on ferme le robinet delà burette graduée. En lisant sur l’échelle de cette dernière, on trouve qu’il a fallu 9 centim. cubes d’eau pour amener la décoction au ton de la solution d’extrait.
- Les 20 cent, cubes de décoction ayant demandé 9 cent, cubes d’eau pour être ramenés à une coloration semblable à celle de la solution d’extrait, la richesse colorante de la décoction sera à la richesse colorante de la solution d’extrait dans la proportion de 29 à 20, ou de 145 à 100, soit une différence de 45 0[0 en faveur de la décoction. ........
- Saturation, des mordants teinture. — Dans un vase de terre de Bohême on place 50 cent, cubes de décoction de bois au dixième et 200 cent, d’eau bicarbonatée; dans un second vase semblable, on introduit les mêmes quantités de solution d’extrait au vingtième, soit 50 cc. et 200 c. cubes d’eau bicarbonatée.
- Ces deux récipients sont ensuite introduits
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dans le même bain-marie chauffé à 100°. On plonge alors dans chacun des vases un déc. carré de calicot qu on remplace par deux autres et ainsi de suite jusqu’à décoloration complète des liquides contenus dans les deux verres de Bohême.
- Or, la solution d’extrait a été épuisée, décolorée à partir du cinquième décimètre carré de coton mordancé, tandis que la décoction a donné du noir jusqu’au huitième décimètre in-clus,
- Après cette teinture, les liquides ont été refroidis et filtrés ; la solution d’extrait était devenue incolore, tandis que la décoction de bois était encore d’un rose foncé et aurait cer-tainement pu teindre un neuvième décimètre de coton.
- En évaluant les richesses tinctoriales de la solution à 5, celle de la décoction devient égale à 8, et la proportion pour cent est de 160 à 100, soit une différence en faveur du bois de 60 0[0.
- De tout ce qui précède, il résulte qu’en partant d’un bois de campêche du prix de 18 fr. les 100 kil,, et d’un extrait à 10 coûtant 35 fr. les 100 kil., l’emploi de la décoction du bois, préparée sous une pression de 2 à 3 kil. dans des appareils à cuire spéciaux convenablement disposés, procure une économie de 50 à 60 0[0 sur l’emploi de l’extrait.
- En cela rien d'étonnant si on fait le calcul suivant relatif aux frais de production des extraits, non compris l’achat du bois.
- Combustible... 15 010 de lavaleur produite
- Amortissement 10 »
- Frais généraux 10 »
- Evaporation... 10 »
- Bénéfice.......... 10 »
- Total, c 55 0|0
- que coûte la fabrication des extraits et que le consommateur peut économiser en cuisant lui-même le bois de campêche dans ses appareils de haute pression.
- {Mémorial industriel.)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29* Année, N 16. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Août 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET procédés nouveaux.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINIURES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- NOTE SUR LA FIXATION DE QUELQUES MATIÈRES COLORANTES.
- ESSAI INDUSTRIE . DE L’INDIGO.
- BREVETS D’INVENTION.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX*
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A TREMPER LES TISSUS POUR L’ÉPAILLAGE CHIMIQUE
- Par MM. Grosselin père et fils.
- Habituellement, les pièces immergées dans le bain acide sont cousues sous forme de corde sans fin et circulent un certain nombre de fois, pour donner au liquide le temps d'im-Prégner les plis irréguliers du tissu. Il faut en-suite essorer, et il en résulte une certaine Perte d’acide.
- MM. Grosselin père et fils se sont proposé de régulariser le trempage, de réduire la du-ree de l’opération, d’économiser partie de la main-d'œuvre et de l’agent chimique.
- A- cet effet, chaque pièce est amenée « au large » dans une série de bacs contigus conte-nant le liquide épailleur et passe, à la sortie des bains successifs, entre autant de paires de rouleaux exprimeurs qui rejettent le liquide dans la cuve correspondante. A l’issue de la dernière, la pression exercée sur les cylindres est réglée de façon à remplacer l’essorage par "hydro-ex tracteur et l’étoffe est pliée mécani-Renient sur un plateau ou bien enroulée sur "ne ensouple.
- Les cylindres sont en bois et pourraient être établis en toute autre matière inattaquable par les acides ; les pressions sont exercées au moyen de vis, de leviers à poids ou de ressorts.
- APPAREIL POUR TEINTURE» CARBONISATION ET SÉCHAGE DES MATIÈRES TEXTILES Par M. Hauschel.
- La teinture s’obtient par un passage continu des liquides colorants à travers les matières textiles au moyen d’un système de pompe, de bacs et de canalisation formant batterie. Une simple manœuvre de robinets permet de substituer le liquide d’un bac au contenu d’un autre bac et de recueillir la substance colorante inemployée.
- A la partie supérieure de l’appareil sont deux cuves symétriques, travaillant alternativement. A l’intérieur de ces cuves, des tubes perforés sont établis verticalement, de manière à former des « cannelles » autour desquelles s’enroulent les « préparations », les rubans peignés, par exemple, Ces canelles sont fermées, parle haut, par des obturateurs et renferment des pistons, dont la tige se démonte en plusieurs fractions; le but est de fixer la tête du piston à la hauteur atteinte extérieurement par la matière à teindre.
- Au-dessous des cuves susdites se trouve une rangée de bacs en nombre proportionné aux nuances à préparer. Au milieu de la ran-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- gée, deux bacs plus grands que les précédents, et dénommés extracteurs, sont reliés à une pompe centrale qui communique, d’autre part, avec les cuves supérieures. Enfin, à la partie supérieure de l’ensemble, une dernière cuve, munie d’un puisard où plonge le tuyau d’aspiration de la pompe, reçoit, à tour de rôle, les liquides colorants contenus dans les bacs de préparation et amenés par un canal correspondant aux bondes de vidange de ces bacs.
- Au début de l’opération, la pompe aspire dans le puisard de la cuve inférieure le bain qui s’y trouve et le refoule dans les bobines formées autour des cannelles de la cuve supérieure en travail ; lorsque tout le liquide colorant a été aspiré, l’ouvrier ferme la communication avec la cuve inferieure et relie la cuve supérieure à l’extracteur intermédiaire. Le liquide en excès descend dans cet extracteur pour être repris par la pompe et refoulé de nouveau à travers la matière à teindre.
- Dès que la température est jugée suffisante, une manœuvre de robinets sert à renvoyer la dissolution colorante inemployée de l’extracteur dans le bac réservé à la couleur. Simultanément, le contenu d'un autre bac de préparation a été déversé dans le réservoir inférieur et peut être aspiré, puis refoulé, à son tour.
- Des canalisations d’eau et d’air chaud (la seconde munie d’une pompe à air) permettent aussi de laver, de carboniser les matières végétales contenues dans les fibres textiles. Une conduite de vapeur dessert les bacs de préparation des divers colorants.
- BLANCHIMENT DES FIBRES, FILS ET TISSUS D’ORIGINE VÉGÉTALE
- Par MM. Thompson et Rickman.
- Pour éviter les taches provenant du débouillissage et d’une petite quantité de matière colorante organique, adhérente aux fils et tissus d’origine végétale, MM. Thompson et Rickman emploient l’aluminium en différentes combinaisons, soit le trihydrate, soit l’hydrate d’alumine (gibbsite), voir même le kaolin, le
- cyanite. Ces ingrédients, finement pulvérisés, nécessitent l’intervention d’un carbonate alcalin ; il est facultatif, avec les deux dernières substances, de se servir d’un alcali caustique.
- A la suite d’un débouillissage, dont la durée varie entre cinq et six heures, et d’un lavage complet, les matières fibreuses peuvent être traitées (suivant spécification du brevet antérieur accordé aux mêmes inventeurs) par l’hypochlorate de calcium en combinaison avec l’anhydride carbonique.
- ÉCHARDONNAGE DE LA LAINE BRUTE OU LAVÉE Par M. Glaser.
- M. Glaser fait passer la laine, avant ou après dégraissage, entre deux cylindres fortement chargés, qui brisent les corps chardon-neux. La laine, étalée sur une toile sans fin, est préalablement ouverte par une sorte de hérisson, de manière à faciliter l’action des rouleaux écraseurs. Pendant les opérations subséquentes du louvetage, du cardage. de l’étirage et du peignage, les matières végétales, fractionnées par le broyage ci-dessus, sont, en partie, projetées hors des fibres, en partie logées dans les déchets (peignons ou autres).
- ÉCHARDONNAGE MÉCANIQUE Par MM. Binet père et fils.
- MM. Binet père et fila se sont placés à ul point de vue différent : l’échardonnage mécanique nécessitant un séchage préalable des fibres aussi complet que possible et, d’autre part, le cardage ne s’effectuan dans de bonnes conditions que si la matière filamenteuse possède un certain degré d’humidité, les bre-vetés font intervenir, après la première ope ration, un appareil d’humidification.
- L’échardonnage s’effectue sur trois « roui6' ta-bosse » combinés avec autant d’échardon neurs. Un volant-brosse détache du dernie roule-ta-bosse la laine épurée et, par un cOr duit métallique, la fait tomber entre deux C)
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- lindres dits « mouilleurs ». L’un de ces mouilleurs, situé au plus bas de la machine, tourne dans une auge partiellement remplie d’eau, et restitue ainsi à la matière l’humidité qui empêche les filaments de se briser au cardage. Les organes de la carde ne présentent pas de particularités.
- ÉCHARDONNAGE MÉCANIQUE Par M. Dubois.
- M. Dubois dispose à la suite des alimentaires de la machine à carder un « roule-ta-bosse », dont la garniture est formée de lames de scie parallèles et non de lames héliçoï-dales. Entre deux lames adjacentes existe un fil métallique, plat et aussi large que possible; ces fils, également répartis sur la longueur du roule-ta-bosse, constituent une sorte de grillage concentrique. Les chardons, pailles et autres corps étrangers, qui se trouvent entraînés par les fibres, ne peuvent se loger entre ledit grillage et la garniture du roule-ta-bosse; ils sont donc forcément rejetés par 1 échardonneur qui tourne à proximité.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 167231. 23 février; Fagnet. — Composition Pour tentures, tissus, objets moulés et autres applications.
- 167233. 23 février ; Brossette.—Application au blanchiment des fils simples ou retors en bottes, tous genres de textiles, des silicates de soude et de potasse alcalins.
- Après un détrempage variant selon le tex-Lie à traiter, l’inventeur fait une lessive ren-fermant :
- 25 0(0 de sulfate alcalin de soude ;
- 25 0[0 — de potasse.
- On fait bouillir 10 heures puis on lave à eau chaude et l’on passe ensuite au chlo-"Wre de chaux.
- 167238. 27 février ; Jandin. — Machine à cuire les tissus en soie écrue destinés à la Roture ou à l’impression.
- Ce sytme consiste à faire cuire les tissus en soie écrue destinés à la teinture ou à l’impression en les tendant convenablement en long et en large de façon à n’avoir ni pliures ni cassures, qui ne disparaîtraient pas dans la suite des opérations.
- A cet effet, les pièces de soie sont cousues l’une à l’autre de façon à former une longueur de 500 mètres ; elles sont disposées sur un rouleau monté sur un chevalet et entraînées dans le bain de savon par le mouvement d’un gundre sur lequel elles s’enroulent. Dans ce bain maintenu à l’ébullition on produit un mouvement d’enroulement et de déroulement d’un gundre sur un autre, le tissu étant constamment maintenu parfaitement tendu.
- 167295. 26 février; Herpel etCourand. — Mode de teinture des velours en pièce.
- Ce procédé consiste à appliquer pour la teinture des velours des matières colorantes solubles dans l’alcool, insolubles dans l'eau. Pour obtenir ces matières on dissout dans 100 litres d’eau 100 grammes de matières colorantes puis 180 grammes de tannin dans 10 litres d’eau. On mélange les deux dissolutions et on obtient aussitôt un précipité de matière colorante que l’on presse et sèche dans une étuve.
- Cette matière colorante, insoluble dans l’eau, est soluble dans l’alcool. On en forme une dissolution dans laquelle on plonge les velours à teindre. On obtient par évaporation un dépôt de la couleur sur le tissu, qui n’a pas de la sorte besoin d’être préalablement mordancé.
- 167325. 2 mars ; Tulpin frères.—Course de séchage des tissus suspendus en poches sur baguettes et circulant continus à l’intérieur d’une chambre chaude.
- 167403. 3 mars ; Mather. — Perfectionnements dans les procédés et appareils de blanchiment.
- Ces perfectionnements consistent à éviter dans le traitement des matières à blanchir (fils, tissus, etc ), un grand nombre des ma-manipulations rendues nécessaires par la di-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- versité des appareils nécessaires pour effectuer les opérations successives du blanchiment et du séchage.
- L’appareil qui fait l’objet du brevet a la forme d’un générateur cylindrique dont les fonds peuvent être enlevés et soutenus au moyen de mécanismes essentiellement variables. Dans ce générateur deux barres longitudinales forment rails pour des wagonnets à claire-voie dans lesquels on place les matières à traiter, fils ou tissus. Un tuyau convenablement disposé permet de faire arriver un jet de vapeur pour le traitement préliminaire du blanchiment. Ceci fait, on ouvre les robinets donnant accès à la lessive ; cette lessive pénètre dans les wagonnets, traverse les matières à blanchir, puis s’écoule à l’extérieur. On peut, dans le même appareil, effectuer le rinçage et le séchage suivant que l’on fait arriver de l’eau, de l’air chaud ou de la vapeur*
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE EN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes Diverses variétés de teintures en pièces
- (Suite.)
- ERRATA
- Page 173, 2me colonne, ligne 12 d’en bas ; lire : plus « carteuses » au lieu de « plus tar-treuses ; » carteuses vient de cartes à jouer, être ferme, avoir de la carte.
- Page 174, Ire colonne, ligne 20; lire : « de coton pur des applications » au lieu de « de coton pur tentatives.
- Nota.—Dans le dernier numéro, en parlant du numérotage des fils de soie et de coton, j’ai omis de dire que l’Italie avait pour les fils de soie adopté un mode de compter qui
- correspond à 9,000,000 de mètres pour un denier et par kilogramme.
- Ainsi, un fil théorique de un denier aurait pour un kilogr. une longueur de 9,000,000 de mètres, soit presque le quart du méridien terrestre.
- Les soies les plus fines provenant de filatures ont au minimum environ 10 à 12 deniers. Pour avoir la longueur du fil pour un kilogramme, il faudrait donc diviser 9,000,000 par 10 ou 12.
- Les soies montées : trames, organsins, grenadines, floches, cordonnets, etc., provenant de la réunion d’un nombre plus ou moins grand de fils provenant de la filature, ont forcément un denier plus élevé pouvant s’élever jusqu’à 25.30 et même 60. Dans ce cas, d’après le mode italien, qui est le plus rationnel il faudrait diviser 9,090,000 de mètres par 25-30-60, etc., pour avoir le nombre de mètres au kilogramme de soie.
- Dans le dernier numéro, j’ai parlé du mercerisage du coton obtenu par la méthode de John Mercer, c’est-à-dire par la soude caustique.
- Je lis dans le « Textile coloriste de Philadelphie, » une méthode due à M. Bourcard pour remplacer la soude par l’acide sulfurique concentré.
- On peut en effet merceriser à volonté, soit par les alcalis caustiques concentrés, soit par l’acide sulfurique concentré. Il y a plus de vingt ans que j’ai vu des essais faits par cette dernière méthode.
- L’action de l’acide sulfurique concentré a un très grand emploi pour la préparation du parchemin végétal, obtenu en faisant agir Y'a cide sulfurique à 62° B. à froid sur du papier non collé, et aussi pur que possible, tel que le papier à filtrer.
- Cette application rend de très grands services pour l’obtention d’un véritable parchemin jouissant de nouvelles propriétés capillaires-De même les tisssus mercerisés ont de nou" velles affinités pour tes matières colorantes-
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- Puisque je parle du « Textile coloriste » de Philadelphie, j’y trouve une notice pour indiquer la manière de reconnaître la présence des couleurs d'aniline dans les extraits d’or-seille.
- La méthode préconisée est assez longue et délicate ; j’en conseillerai une beaucoup plus simple et très efficace que j'ai toujours en-ployée avec avec succès pour l’examen des dérivés solubles de l’indigo (composition d’indigo, carmin d’indigo, extrait d’indigo) et les dérivés de l’orseille.
- Le coton-poudre ne prend absolument rien dans les dérivés de l’indigo à froid comme à chaud. De même dans les dérivés de l’orseille, il est à peine déblanchi dans ce dernier cas. Mais si les produits suspects contiennent les moindres traces de couleurs d’aniline, le coton-poudre sort avec une nuance bleue ou rouge, selon qu’il s’agit de l’indigo ou de l’or-seille.
- Le coton-poudre a pris par la combinaison de l’acide hypoazotique avec le coton, sa propriété de tirer les couleurs d’aniline, comme Sil eût été mordancé au tannin et à l'émétique, mais malgré ce, il ne tire pas les couleurs dérivées de l’indigo ou de l’orseille.
- Dans le dernier numéro, j’ai parlé des applications réserves sur bleu de cuve, tissus
- coton pur.
- Si sur des tissus ainsi préparés,on donne une teinture en quercitron ou en rouge garance, on obtient des effets de conversion ; c’est-â-dire que sur le fond bleu, on obtiendra par le Quercitron des verts, par le rouge de garance des violets, et sur le réservé blanc du jaune ou du rouge, selon qu’il s’agira de quercitron °u de garance.
- Les effets de bleu et de quercitron ont donné lieu
- à un genre connu sous le nom "Indien vert, que nous retrouvons dans les tissus soie.
- Quelquefois, au lieu de teindre en uni sur le "jssu réservé, on teint d’abord en uni, puis on applique le mastic de réserve et l’on
- teint en bleu de cuve.Les résultats sont sensiblement les mêmes sans être identiques.
- Dans les tissus soie pure ou soie et coton, la réserve a pris un grand développement ; il s’est fait de fort jolies choses. En général, ce sont plutôt les imprimeurs que les teinturiers qui font ces genres.
- Le tissu soie pure ou mixte, cuit très soigneusement et blanchi après dessiccation, est étalé sur de longues tables d’impression, puis avec des planches on imprime un mordant gras, réserve ou résiste figurant le dessin : fleurs, pois, lentilles.
- Le mordant a pour base la cire jaune, la colophane, la térébenthine, le blanc de baleine, la paraffine. Quelquefois on remplace la cire jaune par la cire végétale, et le mélange de colophane et de térébenthine par du galipot.
- Les proportions de ces divers ingrédients varient selon les saisons et selon le caprice du coloriste. Le mélange se fait à feu nu ; il faut prendre garde au feu, et dans tous les cas avoir sous la main ce qu’il faut pour étouffer tout commencement d’incendie.
- Le mélange imprimé est saupoudré avec de la terre de Sommières pour faciliter la dessiccation et l’enlevage du tissu.
- Après un temps convenable, on peut teindre mais en ayant soin d’éviter toute élévation de température, qui ferait couler la réserve. La teinture offre en définitive de grandes difficultés , avec lesquelles nos coloristes sont familiers. Tout à froid. Et les difficultés sont encore plus grandes avec les tissus mélangés qu’avec les tissus soie.
- La paraffine et le blanc de baleine ont leur emploi justifié surtout lorsqu’il faut du savonnage, qui sont sans action sur eux, surtout à froid.
- La teinture étant finie, on fait tomber la réserve ; pour ce, les pièces sont portées à l’étendage, et une fois sèches, malaxées dans un bain de benzine de houille, à point
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- d’ébullition autour de 150°, [soigneusement lavée aux acides et à la soude caustique.
- Une benzine trop volatile coûterait trop cher, par suite des pertes d’évaporation ; de plus, les chances d’incendie seraient plus grandes , une benzine pas assez volatile aurait l’inconvénient très grave de laisser de l’odeur au tissu. En résumé, c'est le cumène (distillé à 1430) qui convient le mieux dans les produits dits benzine de houille.
- La benzine doit être soigneusement lavée aux acides, c’est-à-dire ne pas retenir même des traces des bases de la houille étudiées sous le nom de « picoline, » de l’italien (pico-lina « mauvaise ; » base à odeur infecte et caractéristique des benzines mal lavées), aniline, leukol, etc., qui détérioreraient les couleurs d’aniline principalement. L’effet est même très marqué.
- De même, les lavages à la soude caustique doivent avoir été soigneusement faits, pour éliminer toutes traces d’acide phénique ou homologues, pour la même raison que ci-dessus.
- On fait deux lavages méthodiques. Le premier sur une benzine ayant déjà servi, et le deuxième sur une benzine neuve. Sortant de ce bain, les pièces sont essorées pour recueillir la benzine et portées au séchage. La réserve, complètement dissoute dans la benzine, laisse à sa place le tissu blanc.
- Les benzines saturées de corps gras sont soumises à la distillation pour récupérer la benzine, et il reste un résidu poisseux dont jusqu’à présent on n’a pas tiré grande valeur.
- L’échec de ce genre consiste dans remploi d’une mauvaise benzine ; d’ailleurs toutes les parties doivent être vérifiées en mouillant avec des échantillons teints en bleu d’aniline, couleur la plus délicate, et refusées impitoyablement, s’il y a la moindre altération.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.)
- Bleus de cuve.
- Les bleus de cuve tirent leur nom de la cuve dans laquelle on prépare le bain pour teindre en bleu.
- Ces bleus, qui ont le grand avantage d’être très solides, sont aussi d’une grande pureté.
- Il y a deux sortes de cuves de bleu : la cuve de pastel et la cuve d’indigo.
- Cuve de pastel.
- L’usage de la cuve de pastel est aujourd’hui excessivement restreint.
- On mettait dans une cuve une certaine quantité de pastel sur lequel on versait de l’eau chaude. On écrasait la plante, on remuait bien et on couvrait soigneusement la cuve avec des couvertures, puis on la laissait reposer pendant quelques heures. On ajoutait ensuite de la chaux éteinte dans l’eau ou à l’air, après quoi on la laissait reposer deux heures. On examinait alors la cuve : s’il existait un léger bourdonnement, et si un petit morceau d’étoffe de laine, après y avoir été trempé pendant une demi-heure environ, devenait bleu à l’air, on jugeait que la cuve était en état de teindre ; sinon on ajoutait encore de la chaux On continuait cette manœuvre de deux heures en deux heures, jusqu’à ce que la fermentation se fît apercevoir par de petites bulles bleuee et qu’un morceau d’étoffe de laine en sortît teint en bleu.
- Cuve dindigo.
- Les différentes manières de monter une cuve d’indigo peuvent varier dans les détails ; quant au fond de l’opération, il es tou-jours le même.
- On met dans une cuve de l’indigo préals blement broyé,e t on verse dessus de l’eau en quantité suffisante; puis on élève la tempéra-ture jusqu’à 60© environ.
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- On couvre ensuite la cuve avec des couvertures, et on la laisse reposer pendant quelques heures, en ayant soin de la remuer deux ou trois fois pendant ce’temps.
- Lorsque la cuve commence à fermenter, on la remue et on la laisse reposer de nouveau ; on continue de remuer de temps en temps jusqu’à ce qu’enfin la couleur de la cuve devienne verdâtre et que de petites veines bleues apparaissent à la surface du liquide. Quand cela arrive, elle cesse de fermenter, et alors on y ajoute de la chaux.
- On laisse encore reposer la cuve pendant quelques heures. C’est le moment où il faut soigneusement observer le phénomène de la fermentation. Il se dégage alors de la cuve une odeur âcre, suffocante.Si elle devient trop vive, il faut mettre un peu de chaux afin de modérer la fermentation. La couleur du liquide devient verdâtre et il se forme sur sa surface de petites veines qui, de blanches qu’elles sont d’abord, deviennent bleuâtres. Enfin, pour savoir si la cuve est en état de teindre,on. y plonge un morceau d’étoffe blan-che pendant une demi-heure ; ensuite on le retire. On l’expose à l’air, et au bout de quelques minutes il devient bleu.
- On y en plonge un nouveau qu’on retire aussi après une demi-heure, et on continue aInsi jusqu’à ce que le dernier morceau ne sorte pas plus foncé que le précédent.
- On ajoute ensuite de la chaux, on remue le bain et on laisse encore reposer quelques heures. Le bain est alors en état de pouvoir teindre.
- Si le dernier échantillon était plus clair que le précédent, on devrait ajouter immédiate-ment de la chaux, parce qu’alors la fermenta-tion aurait été trop loin.
- Lorsque l’opération a été bien conduite, le bain doit présenter les caractères suivants : il St d’une couleur verdâtre foncée, les veines 1- se développent à sa surface, de bleuâtres 1" elles étaient, deviennent d’un bleu sombre, et il se dégage une odeur âcre. Le bain ne ù être ni trop gluant ni trop rude au tou
- cher ; il n’a ni l’odeur de la chaux ni celle de la lessive ; et, si on y plonge la main, les gouttes qui en tombent paraissent brunes. De plus, quand on agite le bain avec un bâton, il se forme une écume cuivreuse.
- Le manque de chaux a des conséquences très graves dans le montage et l’entretien d’une cuve ; il retarde, non seulement le travail de la cuve, mais il détruit l’indigo. Aussi toute l’attention de la personne chargée de monter une cuve doit-elle se concentrer sur le moment précis où la chaux devient nécessaire. Lorsque la chaux est mise trop tard ou en trop petite quantité, le bain ne fait pas de veines bleues, il est sec et rude au toucher, et finit bientôt par entrer en putréfaction. Si, au contraire, on a ajouté de la chaux trop tôt, ou en trop grande quantité, il ne se produit également pas de veines bleues, le mélange ne fermente pas, le bain a une piquante odeur de chaux, et si l’on y suspend un morceau d’étoffe, il en sort teint en un blanc sale et mal uni, au lieu d’être d’un beau vert clair.
- On observe généralement un intervalle de trente à trente-six heures entre l’introduction de l’indigo et celle de la chaux dans la cuve.
- On peut, du reste, ne mettre la chaux que peu à peu et au fur et à mesure que la fermentation se produit.
- Voici comment on opère pour teindre une étoffe en bleu de cuve : on introduit dans la cuve un double-fond afin que les tissus ne se tachent pas au contact des ingrédients qui se trouvent réunis dans le fond. Les étoffes sont préalablement humectées d’eau, puis entrées vivement dans la cuve, où on les manœuvre non moins vivement jusqu’à ce qu’elles aient pris ia couleur qu’on veut leur donner. Ensuite on les retire, on les fait égoutter et on les évente.
- L’étoffe, qui au sortir de la cuve est d’une teinte verte, prend à l’air une belle couleur bleue. On la lave soigneusement dans une eau courante, puis on l’expose au contact de l’air dans un séchoir bien aéré.
- On peut ainsi teindre plusieurs fois de suite
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- sans nuire à la cuve, en commençant par les bleus les plus foncés et en maintenant la température à 450 centig.
- Après avoir teint de la même manière trois, quatre et même quelquefois cinq pièces, on enlève le double-fond, on remue bien le bain, puis on le laisse reposer pendant deux heures, après quoi on peut recommencer à teindre.
- De cette façon, on peut y pratiquer trois et même quatre opérations par jour.
- Lorsqu’on veut teindre pendant un certain temps, il est très important de donner de la chaux à la cuve quand elle en a besoin. On peut faire travailler la cuve dès le lendemain.
- Quand on a teint pendant quelque temps de cette manière, on ajoute du nouvel indigo, puis on élève la température du bain à 60 degrés centig. On remue bien la cuve et on la laisse reposer pendant 12 heures. Lorsque la fermentation a recommencé, en présentant les phénomènes que nous avons indiqués plus haut, on continue à teindre. Si le bain n’est pas dans de bonnes conditions, on le corrige comme nous l’avons déjà dit. On peut ainsi teindre plusieurs mois consécutifs sans épuiser une cuve.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Jaune d’or.
- Pour 100 kilos de laine.
- On fait bouillir les pièces pendant 1 heure 1[2 dans le bain de bouillon suivant : Eau pure,
- 14 kilos de crème de tartre, 18 » de composition d’étain.
- On prépare le bain de teinture dans un 2e bain avec :
- 60 kilos de fustet.
- On y manœuvre 1 heure au bouillon, après quoi on abat et on lave.
- Orange.
- Pour 100 kilos de laine.
- On prépare un bain de bouillon avec : Eau pure,
- 18 kilos de crème de tartre, 36 » de composition d’étain.
- On y entre les pièces et on les fait bouillir 1 heure 1[2.
- On teint pendant 1 heure environ dans un bain contenant :
- 750 grammes de cochenille,
- 120 kilos de fustet.
- On abat, on évente et on lave dans une eau claire et peu calcaire.
- Jaunes au curcuma.
- Le curcuma communique à la laine des cou-couleurs jaunes orangées ayant beaucoup d’éclat, d’une grande richesse de reflet, mais qui sont peu solides. Quoi que le curcuma contienne une substance colorante très puissante, on ne saurait l’employer sans mordan-cer la laine, parce que si on se contentait de mettre dans le bain de teinture, divers sels afin d’en changer les parties colorantes, on obtiendrait il est vrai quelques couleurs un peu plus solides que si la laine avait bouilli dans un bain de curcuma sans aucun autre ingrédient, mais malgré cela elles seraient encore trop peu résistantes.
- Il est nécessaire de teair la couleur des pièces, au sortir du bain de teinture, un peu plus foncée que l’échantillon à copier, parce que les jaunes obtenus par le curcuma p^r' dent de leur plein au lavage.
- Nous indiquerons trois procédés de tein-tures en jaune avec le curcuma.
- Premier procédé.
- Ce procédé, dans lequel la laine est mor dancée avec le sel marin et le sel ammo niac , est assez avantageux sous le rapp°rt de la solidité des couleurs. Il comprend deus parties : le bouillon et la teinture propre ment dite.
- Bouillon.—Pour 100 kilos de laine.
- On fait bouillir les pièces pendant 1 heure
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- go
- 12 dans un bain contenant 40 kilos de sel marin. Ensuite, on les abat, on les évente et on les laisse reposer 48 heures sur le mordant.
- Teinture.—On compose le bain de teinture avec 30 kilos de sel ammoniac et la dose déterminée de curcuma pour arriver à la nuance désirée. On y entre les pièces que l’on y manœuvre au bouillon pendant 1 heure ou 1 heure 1/2 , après quoi on les abat et on les lave avec soin.
- On peut remplacer dans le bain de teinture les 30 kilos de sel ammoniac par 10 kilos de tartre. Si le bain de teinture préparé avec du tartre, ne contient pas d’autres colorants que le curcuma, la laine y prendra une belle couleur jaune citron.
- Deuxième procédé.
- Ce deuxième procédé produit des couleurs très saturées qui permettent très bien le mélange avec les substances qui teignent en bleu et en rouge. Il nécessite deux bains différents.
- Bouillon.—Pour 100 kilos de laine.
- On compose le bain de bouillon de 30 kilos de plâtre ordinaire qu’on fait bouillir pendant 1 heure. On y met ensuite les pièces de laine Que l’on manœuvre au bouillon pendant 1 h. 1[2, après quoi on les abat, on les évente et on les laisse reposer 24 heures sur le mor-dant. On les lave ensuite à grande eau pour les débarrasser du plâtre qu’elles contiennent.
- Teinture. — On prépare un bain contenant 20 kil. de tartre et le poids nécessaire de cur-cuma pour arriver à la teinte exigée. On le ait bouilir 1[4 d’heure environ, puis on arrête le bouillon.
- On y entre les pièces mordancées avec le plâtre, on les manœuvre 1 heure ou 1 heure 112 à la température de l’ébullition, après quoi on les abat, on les évente et on les lave très oi8neusement à grande eau.
- On peut remplacer le tartre par du vinai-8re, en quantité presqu’égale au poids de la laine.
- Troisieme procédé.
- Cette manière d’opérer est plus expéditive que les deux précédentes.
- On teint dans un seul bain préalablement fait.
- On mordance, pour 100 kil. de laine, avec :
- 5 kilos d’acide sulfurique,
- 10 » de sulfate de soude,
- 5 » d’alun.
- Afin d’éviter les dangers que pourrait occasionner la grande effervescence produite par l’acide sulfurique au contact de l’eau, on le verse sur le sulfate de soude, et l’on met ce mélange dans le bain ; on y ajoute ensuite l’alun.
- Lorsque ces sels sont dissous, on entre les pièces et on les manœuvre au bouillon pendant 1[2 heure ou 3[4 d’heure. On arrête le bouillon, puis on garnit avec le poids nécessaire de curcuma pomr arriver à la nuance demandée.
- On teint d’abord dix ou quinze minutes sans chauffer (1), après quoi on porte de nouveau le bain à l’ébullition. On teint à cette température jusqu’à ir nuance voulue. Ensuite, on abat, on évente et on lave avec soin.
- Les jaunes ainsi obtenus s’allient parfaitement avec le rouge (généralement l'orseille) et le bleu (le carmin d’indigo).
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- NOTE
- Sur la fixation de certaines matières colorantes artificielles à l’aide des prussiates.
- Par M. Ch. Reber.
- La manière de fixer certaines matières colorantes basiques dérivées de l’aniline, que j’ai l’honneur de vous soumettre, est basée sur la combinaison qui s’opère lorsqu’on met en présence une de ces matières et un prus-
- (1) Pour éviter que le colorant « plaque. »
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- LE MONITEUR i DE LA TEINTURE
- siate, et principalement un ferro ou un ferri-cyanure de potasse.
- Si par exemple on ajoute à une solution de violet de méthylaniline une solution de ferro ou de ferri-cianure de potasse, la matière colorante est complètement précipitée sous forme d’une belle laque violette, qui n’est probablement pas autre chose que le ferro-cya-nure de la base du violet, c’est-à-dire de la pentaméthylpararosaniline.
- Il en sera de même pour la fuchsine, qui donnera un farro-cyanure de rosaniline, pour le bleu méthylène, etc.
- N’ayant rien trouvé de publié à ce sujet dans la bibliographie actuelle, il m’a paru assez intéressant d’engendrer cette combinaison sur la fibre du coton.
- Je suis arrivé à ce sujet à un résultat assez satisfaisant, qui cependant, pour être parfait, réclamerait encore quelques recherches et quelques modifications :
- On foularde d’abord le tissu dans un bain de prussiate rouge ou jaune, d’une concentration de 10 à 20 grammes par litre d'eau. On sèche.
- On imprime la matière colorante simplement épaissie, soit à la gomme adragante, soit à la pâte d’amidon, selon les dessins.
- Etendre pendant 24 heures.
- Vaporiser pour compléter la fixation qui a déjà eu lieu au sortir de l'impression. Un trop long vaporisage n’est pas nécessaire.
- Un passage à l‘a>pareil Mather Platt, qui sert pour les noirs d’aniline, est presque suffisant pour achever la formation de la laque.
- Il faut éviter un milieu acide pendant le vaporisage, sans quoi il y aurait formation de Prusse sur le blanc.
- Le mélange avec le bain de prussiate d’une substance, neutralisant les émanations acides, pourrait peut-être obvier à cet inconvénient.
- Après le vaporisage, on lave et on savonne.
- Il existe une différenoe entre le pouvoir fixateur du prussiate rouge et du prussiate jaune.
- Ainsi le bleu méthylène et le violet donnent des nuances plus foncées et plus solides sur
- prussiate rouge, tandis que les teintes obtenues avec la fuchsine seront plus belles sur prussiate jaune.
- Afin d’utiliser le pouvoir mordançant des prussiates, dans la teinture des étoffes imprimées, j’ai eu recours, selon le conseil de M. H. Schmid, à la fixation de ces mordants sous forme de sels métalliques insolubles, notamment sous la forme de sels de zinc
- En effet, les prussiates de zinc obtenus sur la fibre par voie de double décomposition attirent les matières colorantes en teinture et produisent des laques solides.
- La précipitation des ferro-cyanures et des ferri-cyanures sur la fibre pouvaient aussi s’effectuer par d’autres sels, tels que ceux d’étain et de cuivre, mais ceux de zinc ont été les plus favorables.
- A cet effet, on peut se servir de la marche suivante :
- On imprime une couleur composée de prussiate rouge pour les teintes foncées et de prussiate jaune pour les teintes ordinaires.
- Ainsi, par exemple :
- 700 grammes eau de gomme Sénégal à 1 kil. par litre,
- 80 grammes prussiate rouge dissous dans 200 grammes d’eau.
- On passe le tissu dans un bain de sulfate de zinc, à raison de 30 à 35 grammes par litre.
- Pour avoir une précipitation plus sponta-née, on peut ajouter 5 grammes acétate de soude par litre.
- Après le passage, laver légèrement, tein-dre, savonner et chlorer.
- Les prussiates pourraient donc, dans cer tains cas et pour certains genres, remplace1, l’acide tannique comme fixateurs des matières colorantes artificielles, et auraient sur ce der nier un avantage économique assez important.
- Les essais que j’ai l’honneur de vous soumettre ne sont encore qu’à l’état rudimentaire et demanderaient à être travaillés pour arriver à une marche tout à fait pratique.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Malgré cela, il m’a paru intéressant de vous les communiquer.
- J’ajouterai encore que les précipités obtenus avec les matières colorantes artificielles tels que : bleu méthylène, violet de diméthy-laniline, fuchsine, etc., par les prussiates et aussi par les bichromates, peuvent servir comme couleurs plastiques à appliquer sur les tissus avec le concours de l’albumine, et trouver leur emploi dans certains articles imprimés.
- Je terminerai en remerciant M. H. Schmid pour les bons conseils qu’il a bien voulu me donner dans le courant de ce petit travail.
- (Société industrielle de Rouen.)
- ESSAI INDUSTRIEL DE L'INDIGO
- On emploie beaucoup, dans certaines teintures, la méthode suivante; préconisée par le docteur Emil Bonoff, pour l’essai inductriel de l’indigo.
- On mélange intimement 8 parties (en poids) d’indigo finement pulvérisé, avec 3 parties d’acide sulfurique fumant, et ce mélange est conservé, pendant environ 14 heures, dans un flacon bien bouché, que l’on agite de temps en temps et que Ion maintient à une temrature de 25. centigrades environ. Il est indispensable qUe l’indigo se dissolve entièrement et qu'il n’y ait point formation d’acide sulfureux. On verse ensuite le mélange dans 960 parties d'eau et on ajoute 18 parties d’acide chloridri-Que connentré.
- On prépare une solution de 71[2 parties de bichromate de potasse bien pur et bien sec dans 100 parties d’eau et on l’ajoute à la solu-tion d’indigo, au moyen d'une burette et par petites quantités à la fois, jusqu’à ce qu’une goutte de sulfate d’indigo, disposée sur une feuille de papier buvard, présente une légère coloration brûnâtre, 10 parties d'indigo pur demandent g 1/2 parties de bichromate. Avec cette donnée, on peut apprécier la la pureté "elative de l’échantillon examiné.
- Des essais faits d’après cette méthode ont
- démontré le peu de confiance que l’on doit accorder aux moyens ordinaires d’analyse Ce procédé n’a d’autre inconvénient que celui qui est inhérent, du reste, à tous les procédés d’oxydation, c’est-à-dire l’attaque de toutes les impuretés organiques présentes. Mais cet inconvénient est relativement de peu d’importance et la méthode n’en demeure pas moins excellente pour tous les essais comparatifs.
- BREVETS D INVENTION
- 167169. 24 février ; Quenoble, Larive et Viard.—Blanchiment et teinture en blanc, au moyen d’un procédé spécial, de la laine sous toutes les formes, qu’elle soit ou non manufacturée.
- 167227. 23 février ; Coste. — Machine dite sécheuse et colleuse de papiers sur papiers ou tissus, tissus sur tissus.
- 167231. 23 février; Fagnet. — Composition pour tentures, tissus, objets moulés et autres applications.
- 167233. 23 février ; Brossette.—Application au blanchiment des fils simples ou retors, en flottes, tous genres de textiles, des silicates de soude et de potasse alcalins.
- 167280. 24 février ; Vial.— Procédé chimique industriel ayant pour but et pour résultat de décortiquer, désagréger et dégommer les fibres de la ramie et des plantes textiles en général
- AVIS
- Nous portons à la connaissance du public que la couleur
- AURAMINE
- est protégée par notre brevet no 160990, en date du 17 mars 1884. Toute contrefaçon sera poursuivie.
- Neuville-sur-Saône, le 1er août 1885.
- La succursale de la B. ANILIN-ET ^ODA-FABRIK,
- ET SES AYANT-DROITS :
- La SOCIÉTÉ DE L'INDUSTRIE CHIMIQUE, à Bâle.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29- Année, N017. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 6883
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite).
- FIXATION DE L’OXYDE FERRIQUE.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- LE BLANCHIMENT DU JUTE.
- PROCÉDÉS DIVERS.
- ESSAI D'INDIGO DANS LES TISSUS COLORÉS.
- DETERMINATION DE L’INDIGO.
- GENRES PRODUITS AVEC L’INDIGO.
- BLANCHIMENT DES LAINES.
- DANGERS DU VERT DE SCHWEINFURT.
- COURS.
- annonces.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- désagrégation des matières végétales
- CONTENUES
- DANS LES TISSUS, CHIFFONS, ETC, Par M Langlois.
- Le procédé repose sur les points ci-après : 1* Dégagement d’acide chlorhydrique ga-zeux provenant d’acide chlorhydrique liquide, exposé à un courant d’air chaud et humide ; mélange du gaz acide et de l’air dans des proportions variables à volonté ;
- 2' Envoi du mélange gazeux « sous pres-Aion » dans les récipients contenant les tissus ou chiffons à épailler ;
- 3* Chauffage du mélange à une tempéra-tre déterminée, maintenue pendant l'opéra-tion;
- 4 Infiltration du même mélange à travers es matières en traitement, l’appareil étant "isposé horizontalement ou verticalement, ""ivant l’importance des charges.
- ÉPAILLAGE DES TISSUS Par MM. Mathelin, Floquet et Bonnet.
- 1 Les brevetés, voulant éviter, en teinture, 8 taches qui se produisent fréquemment
- après l’épaillage chimique et qui résultent d’un excès d’acide, revendiquent l’usage du sulfate de soude, ou autre sel alcalin, apte à neutraliser partiellement le liquide désagrégeant. Le sel alcalin est employé isolément, avant immersion dans le bain acide,ou simultanément avec l’acide, à chaud ou à froid et en proportions variables, de façon à ce que la carbonisation des matières végétales n’entraîne pas l’altération des fibres textiles.
- DÉGRAISSAGE DES ÉTOFFES LAINE, PURE OU MÉLANGÉE
- Par MM. Rambaud frères.
- MM. Rambaud frères emploient au dégraissage des draps tout laine ou laine et coton, l’essence de térébenthine, l’essence de pétrole, la benzine et, d’une façon générale, toutes les essences minérales ou mélanges d'essences.
- APPAREIL D’OXYDATION POUR LE DÉVELOPPEMENT DU NOIR D'ANILINE
- Par M. Preibisch.
- Cet appareil est applicable au traitement des tissus de coton, de demi-laine et de demi-soie. La pièce, préalablement imprégnée du mordant d’aniline, est conduite automatiquement, sous une tension égale, à travers une chambre rectangulaire hermétiquement close, et décrit de longs circuits verticaux.
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- LE MONITEUR DL EA TEINTURE
- Des tuyaux de chauffage convenablement distribués maintiennent la température entre 44 et 50 degrés centigrades. A la partie antérieure débouche un conduit d’air à 25 degrés qui, par un renouvellement constant, accélère l’oxydation pendant le séchage. A la partie postérieure, séparée de la première au moyen d’une cloison, se trouvent des bacs remplis d’eau destinés à fournir l'humidité nécessaire au développement d’un beau noir. Une aspiration énergique enlève les gaz chlo-riques, au fur et à mesure de leur développement, et empêche l’altération du tissu. L’étoffe est ramenée en avant de l’appareil, en passant par dessus, et se trouve recueillie à l’endroit même d’où elle est partie.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 167453. 5 mars 1885 ; Garo. — Procédé de fabrication d’un produit destiné au lessivage du linge domestique et tous tissus manufacturés.
- L’objet du brevet est un perfectionnement du sel connu dans le commerce sous le nom de sel détergent. Ces perfectionnements consistent dans la caustification et la saponification faites à sec, à froid ou à chaud des carbonates de soude ammoniacaux, en traitant ces carbonates par de la soude liquide à 40° Baumé, du silicate de soude et de la colophane à l’état sec ou pâteux. On peut remplacer la colophane par de la saponaire en décoction.
- 167513. 13 mars 1885; Jacob. — Procédé pour le blanchiment des matières tannantes appliquées sur soie.
- 167546. 10 mars 1885 ; Mather. — Appareil servant à tremper, cuire ou teindre les matières textiles ou à les soumettre à l’action des liquides ou des gaz.
- Le trempage et la cuite nécessaires dans les opérations de blanchiment exigent un temps assez long et souvent l’action de la vapeur sous pression, pour rendre le travail plus ra
- pide et plus complet. Avec les appareils employés actuellement, l’opération du charge-ment étant assez longue, on a une assez grande perte de temps ; d’autre part, pen-dant ce chargement, l’appareil dans lequel vient d’être effectuée une opération, se refroidit, ce qui est une cause de perte.
- Le nouvel appareil qui fait l’objet du brevet, consiste en un réservoir clos muni d’une | porte étanche par laquelle on fait pénétrer! un wagonet portant les matières à traiter. Ce wagonnet roule sur des rails placés dans le réservoir. On peut avoir une série de wagon-nets de façon à en avoir toujours un dans! l’appareil, un en chargement, un en déchar-1 gement, de telle sorte que l’on n’ait ni perte! de temps ni perte de chaleur.
- J. FAYOLLET, Avocat, ingénieur conseil en matière b propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE EN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes Diverses variétés de teintures en pièces
- {Suite.)
- Il est cependant des teintures où le mast | gras, faisant réserve, peut être enlevé san5 le concours de la benzine ; c’est dans le c85 des couleurs qui ne craignent pas l’action savon à chaud et même au bouillant. Tel 6s
- le cas des noirs.
- Il est évident qu'ici il est inutile de séche les pièces sur le dernier rinçage pour pouvol les benziner. Le dernier essorage étant fail I on les passe au savon chaud, même bouillant dans tous les cas très gras, ce qui fait tre bien tomber la réserve et embellit les nol I
- Dans le cas des teintures en noir sur ét | fes mixtes, soie et coton, du moment que '0,l fait des réserves, l’application du noir d’al | line devient très difficile, même impossible et l’on teint généralement l’étoffe réservée? 1 un passage dans un bain de rouil léger, SUT l
- d’ui tem fait pos d’Ir tou rini ser sali pro d’in du tou en : que lyo
- ( ver tou Pet l’ac (nés jou: gaz enc qui Br line ver cot
- ( à-d tou ne tur
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- d’une teinture en noir anglais. Il est bien entendu que toutes les opérations pour noir sont faites à une température aussi basse que possible, et qu’après la teinture finale en bois d’Inde et savon, il faut soigneusement écarter toute trace de bois d’Inde non fixé par un rinçage absolu, sinon en faisant tomber la réserve dans un savon chaud, on s’exposerait à salir les blancs. J’ouvre ici une parenthèse à propos du noir d’aniline. Malgré l’expression d'inverdissable, il n’en existe pas dans le sens du mot pour les étoffes mixtes, et l’on cherche toujours un noir direct au bois d’Inde teignant en même temps la soie et le coton. C’est ce que me disait récemment un grand teinturier lyonnais.
- Chose curieuse, le noir d’aniline, rendu in-verdissable, est long à verdir, mais il tourne toujours assez rapidement aux lisières de 1 étoffe qui sont principalement exposées à action de l’air acide dans les grandes villes (résultat de la combustion des houilles tou-jours plus ou moins sulfureuses et de celle du 84z d’éclairage). Mais ce qui est plus curieux encore, c’est que le verdissage a lieu aux plis J sont à l'abri de la lumière, de l’air, etc. Bref, un beau noir direct, avec ou sans ani-line, absolument inverdissable, serait le bien-venu dans la teinture des étoffes soie et coton.
- On a essayé de teindre en réservant, c'est-“dire d’employer des réserves colorées qui, tout en préservant le tissu à places, lui don-nent une nuance différente de celle de la tein-ture générale.
- Ainsi, en réservant pour une teinture en eu, on teignait avec la réserve en rose ou r°uge. On a obtenu d’assez bons résultats, "ais ce genre ne s’est pas généralisé.
- Le moyen le plus pratique consiste à ajou-"er au mastic faisant réserve une dissolution e couleur d’aniline dans l’alcool ou la glycé-"ine.
- I est évident que si, sur une étoffe teinte en 1
- “ne couleur unie, on réserve en blanc et
- que l'on teigne en une autre couleur, l’on atteindra des effets de conversion là ou la couleur n’est pas garantie par la réserve.
- Exemples : Sur fonds bleu, si l’on réserve en blanc et que l’on teigne en rouge, on obtien-tiendra des effets de violet et de bleu. C’est dans les noirs que l’on obtient les plus jolis effets :
- Exemple : Sur une étoffe jaune dorée, si l’on réserve en blanc et que l’on teigne en noir, on obtiendra un noir avec des motifs jaunes, couleur qui s’harmonise le mieux avec le noir, d’après les théories constatées par la pratique de M. Chevreuse.
- Dans ce cas, pour faire tomber la réserve, par rapport au jaune, pouvant craindre l'action du savon, il faudra, quoique l’on ait affaire à un noir, employer la benzine.
- Dans des articles bien payés et teints en couleurs claires pour commencer, on peut employer successivement plusieurs réserves et plusieurs teintures pour obtenir des effets variés.
- On a proposé plusieurs réserves autres que celles au matic gras dont je viens de parler, mais sans grand succès.
- Le but a été non seulement de supprimer la paraffine, le blanc de baleine, la cire, etc., qui sont coûteux, mais encore d’employer des préparations permettant de se servir de la planche plate, de la plombine, du rouleau, et d’obtenir des dessins très fins, des déliés, tandis qu’avec le marbre gras l’on ne peut se servir que de la planche à main à gros motifs. L’on ne peut faire que des pois, des lentilles, des vermicellés, etc.
- Le silicate de soude a été proposé, mais vainement, car il ne peut plus s’enlever après dessiccation, le tissu reste toujours dur. Ce qui a été fait de mieux l’a été avec le concours du bitume de Judée, qui permet d’obtenir des applications extrêmement délicates à la planche plate ou à la plombine. Il s’enlève comme le mastic gras.
- J’ai vu, dans le temps, des réserves faites
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- au bitume de Judée, sur satin bleu, tellement délicates, que l’on aurait juré d’être en présence de dentelles de prix, cousues sur une bande de satin bleu.
- M. Luthringer, de Lyon, à qui l’on doit la « géranosine » (matière colorante), a d’ailleurs fait faire de grands progrès à ce genre si intéressant de la teinture en réserve.
- Réserve nankin ou mandarinage.
- En impression, on fait un genre de teinture nankin avec ou sans réserve à l’aide de l’acide nitrique. Cela ne peut s’obtenir que sur soie, car c’est le résultat de l’action de l’acide nitrique sur la soie même qui donne la couleur jaune. Je me rappelle dans le temps avoir vu le désappointement d’un voyageur voulant absolument vendre un jaune d’aniline à un imprimeur, M. B..., en voyant un tas de pièces mandarinées. Il ne pouvait croire que cela se faisait sans couleur.
- Pour mandariner, les pièces, soigneusement cuites, bien étalées, sont lentement attirées sur un rouleau après avoir été unies ou réservées avec un mastic crayeux, passées sur un molleton imbibé d’acide nitrique froid à 200, puis de là sur une lame de vapeur, qui développe le jaune, et enfin rincées à grande eau alcaline, pour annihiler l’action de l’acide nitrique, faire tomber la réserve s’il y en a, et développer le jaune, qui est très beau et très solide.
- Du genre teinture par enlevage.
- Me voici arrivé à un genre extrêmement intéressant et où il s’est fait de fort jolies choses.
- De même que celui qui précède, par réserve, il n’est pas nouveau. Dans les indiennes et les mouchoirs bleus, à la cuve d’indigo, il y a longtemps que l’on blanchit à place des étoffes en uni à la cuve.
- De même pour d’autres genres que des bleus de cuve.
- Supposons une étoffe teinte en bleu de cuve, on pourra la ronger à place par l’action du bichromate de potasse. De même des noirs
- sur coton (le noir d’aniline excepté), par l’action de l’acide oxalique.
- On obtient depuis longtemps, en Angleterre, un enlevage ourongeage blanc par l’action du chlore à l’aide de la presse dite: « presse écossaise ». (Voir Persoz, Traité d’impression.)
- Il y a quelques années, il s’est fait de fort jolis articles en demi-deuil, rongés blancs sur noirs, dits « anglais ». Ils étaient obtenus en imprimant au rouleau une composition d'acide oxalique, sur un teint en noir uni sur coton (noirs au câmpêche) ; puis l’action du rongeant pour détruire le noir à places, étant faite, comme il restait toujours un ton fauve léger la place rongée, on donnait un léger chlorage qui blanchissait les blancs et n’altérait pas sensiblement les noirs.
- Le lecteur voit, comme je l’ai dit précédemment, que les genres de teintures réserves et enlevages sont tout à la fois du domaine de l’imprimeur sur étoffes et du teinturier.
- MARIUS MoYRB
- (Reproduction, interdite.) (A suivre),
- OBSERVATIONS SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- Teinture solide pour Lainages
- (Suite.)
- Du jaune.
- Le jaune est l’une des couleurs primitives Il y a différentes espèces de jaunes qui pet-vent être produites par une infinité de substances colorantes capables de teindre 611 jaune, mais nous n’indiquerons que les jaune faits avec les principales matières colorante qui sont le curcuma, la gaude et le bois jaune
- Jaune avec le curcuma.
- Le curcuma est une racine qu’on apporte des Indes orientales et qui est très abondante en parties colorantes. Il communique *
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- laine des couleurs très agréables, qui ont beaucoup d’éclat, mais qui sont malheureusement très peu solides.
- Pour mordancer la laine, on fait bouillir, pendant une heure, dans la quantité d’eau nécessaire, 300 grammes de plâtre ordinaire pour 1 kilo de laine. On plonge ensuite la laine dans ce bain et on l’y manœuvre au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- On prépare le bain de teinture avec 240 grammes de tartre et 240 grammes de curcu-ma réduit en poudre fine. On fait bouillir pendant quelques minutes, après quoi on y entre la laine qu’on manœuvre au bouillon pendant une heure. La laine en sort teinte en une belle couleur jaune citron.
- Jaune avec la gaude.
- La gaude est une plante qui, traitée par des dissolutions salines, communique à la 'aine des couleurs jaunes d’une assez grande solidité.
- On prépare la laine de la manière suivante: Pour un kilo de cette matière, on met, dans une cuve convenablement remplie d’eau, 100 gammes de crème de tartre réduite en pou-dre fine ; lorsque le tartre est dissous, on "joute 100 grammes de composition d’étain, et on fait bouillir le tout ensemble pendant Ielques minutes. On y entre ensuite la laine qu’on fait bouillir pendant une heure et demie.
- On prépare le bain de teinture avec 240 gammes de gaude renfermée dans un sac. On sait bouillir pendant une demi-heure. On y entre ensuite la laine qu’on y manœuvre pen-dant une heure au bouillon ; elle y prend une couleur jaune très agréable.
- Jaune avec le bois jaune.
- Le bois jaune est la matière colorante dont es teinturiers se servaient le plus autrefois Pour teindre en jaune.
- L nous vient principalement du Brésil et de la Jamaïque.
- Pour cette couleur, on mordance la laine
- avec 30 grammes de crème de tartre et 180 grammes d’alun. Lorsque ces sels sont dissous, on y verse 60 grammes de composition d’étain; on fait bouillir le tout pendant quelques minutes, puis on y entre la laine. On l’y fait bouillir pendant une heure.
- On compose le bain de teinture avec 300 grammes de bois jaune seul ; on y fait manœuvrer la laine pendant une heure au bouil ion. Elle y prend une couleur jaune très agréable.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- ------------s.s-a -Cewe9---------
- FIXATION DE L’OXYDE FERRIQUE
- SUR COTON EN BAIN ALCALIN
- Par M. Balanche.
- Dans la séance du comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse (10 juillet 1884), M. Horace Kœchlin indique un moyen de fixer les oxydes de fer et de chrome sur coton, au moyen de solutions alcalines de ces oxydes.
- Pour le fer, il donne le mélange suivant :
- 2 nitrate ferrrique,
- 2 soude à 380,
- 1 glycérine.
- Or, si au lieu de soude, on emploie l'ammo" niaque, on obtient également une solution ; ce fait était connu dans une maison d’Alsace dès l’année 1869, et c’est en se basant sur cette propriété de la glycérine, de fournir une solution ammoniacale de fer, que je mis en pratique un procédé de chamois uni, qui a permis de faire à l’époque indiquée de très grandes quantités de pièces, article doublure, en différents tons de chamois.
- Il suffit de foularder les pièces dans la solution suivante :
- 20 nitrate ferrique à 40° B,
- 60 glycérine,
- 20 ammoniaque,
- 100
- étendue convenablement d’eau, les aérer pour
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- laisser l’ammoniaque se dégager en déposant sur le tissu l’oxyde de fer, qui se trouve ainsi fixé.
- Pour préparer la solution ferrique, on mélange le nitrate ferrique à la glycérine, puis on ajoute l’ammoniaque. Il y a d’abord précipitation d’oxyde ferrique, ensuite redissolution. On obtient ainsi un liquide tout à fait limpide qui se conserve indéfiniment dans des flacons bouchés. A l’air, au bout d’un temps plus ou moins long, selon que la solution est plus ou moins étendue, le liquide se trouble, et l’oxyde de fer finit par se séparer complètement. Cet oxyde ainsi précipité et lavé, mélangé de nouveau à de la glycérine, ne se dissout pas dans l’ammoniaque.
- En pratique, on conserve la solution concentrée glycéro-ferrique dans des bonbonnes bien fermées, et l’on n’étend d’eau qu’au moment de l’emploi, de la quantité nécessaire pour obtenir la nuance cherchée.
- La glycérine n’agit pas ici comme le sucre. On sait en effet que lorsque l’on ajoute de l'ammoniaque à un mélange d’une solution concentrée de sucre et de sel ferrique, il se se forme pas de précipité, tandis que dans le cas qui nous occupe, il y a, ainsi que nous l'avons dit, précipitation d’oxyde ferrique suivie d’une redissolution.
- Je signalerai la tentative infructueuse que j’ai faite, par analogie, avec la solution d’am-moniure de cuivre, de dissoudre du coton dans la solution glycéro-ferrique.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- Jaunes orangés au rocou.
- Le rocou communique à la laine de très belles couleurs oranges, mais en même temps peu solides ; aussi n’en fait-on guère usage que pour les étoffes laine et coton ou laine et soie.
- Le rocou est d’un emploi très facile en teinture ; un seul bain suffit.
- Dans le volume d’eau nécessaire, on met une quantité plus ou moins grande de dissolution de rocou, selon la hauteur de la nuance que l’on veut obtenir, puis on ajoute au bain 20 kilos de sel ammoniac (pour 100 kilos de laine). On paille le bain, on entre les étoffes que l’on manœuvre au bouillon pendant une heure environ, après quoi on les abat, on les évente et on les lave dans une eau bien claire.
- Quelques praticiens n’emploient pas la dissolution de rocou ; ils font bouillir ensemble pendant une demi-heure le rocou et le sel ammoniac, et ils arrêtent ensuite le bouillon pour entrer les étoffes. Le désavantage de cette manière d’opérer est la grande perte de temps que nécessite la dissolution complète du colorant au début de l’opération, puis à chaque nouvelle garniture.
- Il est avantageux de ne faire bouillir le bain de teinture que très légèrement, parce qu’un grand bouillon‘nuirait à la vivacité de la couleur.
- Préparation de la dissolution de rocou." Pour préparer la dissolution de rocou on fait bouillir, dans 500 litres d’eau, 50 kilos de rocou avec 50 litres de lessive de potasse caustique à 20 degrés Bé. Lorsque le rocou est dissous, on arrête toute chaleur, on laisse reposer, puis on décante. La dissolution peu’ alors être employée.
- Jaunes orangés à la laque-die.
- La laque-die est susceptible de produire des couleurs jaunes orangées très agréables el qui sont d’une assez grande solidité.
- Au préalable, on fait un mélange compose d’une partie de laque-die et de deux parties et demie de composition d’étain. On faitchauf fer ce mélange dans des vases inattaquable5 par la composition, et lorsque la laque-die est dissoute, on le retire du feu et on le laisse e" repos pendant quelques heures.
- Pour préparer le bain de teinture, on fail dissoudre, dans une cuve convenablemen remplie d’eau, 12 kilos de crème de tartre
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- (pour 100 kilos de laine) ; on y ajoute de la dissolution de laque-die en quantité suffisante pour arriver à mi-nuance après cette première garniture, puis on fait bouillir pendant un quart d’heure. On arrête l’ébullition et on entre dans le bain les étoffes qu’on manœuvre pendant trois quarts d’heure au bouillon. Ensuite, on arrête de nouveau le feu ou la vapeur et on ajoute la quantité nécessaire de dissolution de laque-die dans la composition d’étain pour arriver à la nuance exigée. On met en même temps dans le bain plus ou moins de bois jaune, suivant le ton de l’échantillon à copier. On fait bouillir le bain jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la couleur demandée; alors on abat, on évente et on lave avec soin.
- Les matières minérales qui produisent des solutions propres à teindre la laine en jaunes sont :
- 1° L’acide nitrique ;
- 2° Le jaune de chrome;
- 30 L’acide picrique.
- Jaunes à l’acide nitrique.
- L’acide nitrique ou azotique communique aux lainages des jaunes très solides. La ma-nière d’opérer est des plus simples.
- On compose un bain froid d’acide nitrique marquant 10 degrés environ au pèse-acides, puis on y entre les pièces que l’on manœuvre Pendant une heure et demie ou deux heures. Ensuite on les abat et on les lave très soigneu-sement à l’eau courante afin d’enlever l’excès l'acide contenu dans les tissus.
- Jaunes de chrome.
- On peut obtenir par la double décomposi-tion du sous-acétate de plomb et du chro-mate de potasse des jaunes assez agréables, lesquels sont susceptibles de se transformer en jaunes orangés.
- Pour préparer les jaunes, on compose un bain avec une petite quantité de sous-acétate de plomb. On y entre les lainages à froid, on slève progressivement la température du bain j^qu'à 50 ou 60 degrés centig., et on les fait manœuvrer pendant une heure, après quoi on
- les abat et on les lave avec soin. On entre ensuite les pièces ainsi préparées dans une solution faible de chromate de potasse. On manœuvre une demi-heure, on abat, puis on lave à l’eau courante.
- On peut arriver aux mêmes résultats en remplaçant le bichromate de potasse par le chromatre neutre de potasse.
- Les jaunes orangés se préparent en plongeant les pièces préalablement teintes en jaune dans un bain d’eau de chaux. Elles y sont manœuvrées une demi-heure, puis abattues et rincées.
- Jaunes à l’acide picrique.
- L’acide picrique peut teindre la laine sans le concours d’aucun mordant ; cependant, les praticiens affirment que les tissus mordancés prennent des couleurs plus solides et mieux unies. Quant à nous, nous avons toujours employé avec succès le mordançage suivant :
- Pour 100 kilos de laine :
- 5 kilos d’acide sulfurique ;
- 10 kilos de sulfate de soude.
- Ce colorant a un pouvoir tinctorial excessivement grand ; pur et exempt de tout autre matière colorante, il produit des nuances dites jaunes citron.
- L’opération n’exige qu’un seul bain. On fait le bain, on y met le mordant, puis on y entre les pièces que l’on fait manœuvrer quelques minutes. Ensuite on ajoute la dose déterminée d’acide picrique, on élève progressivement la température du bain jusqu’au petit bouillon et on teint à ce degré de chaleur jusqu’à la nuance désirée. On abat et on lave à l’eau courante.
- Il faut tenir les pièces, au sortir du bain de teinture, un peu plus jaunes que l’échantillon à copier, parce que les jaunes à l’acide picrique perdent de leur colorant au lavage.
- Si c’est nécessaire, on rougit avec un peu d’orangé d’aniline et on verdit avec le carmin d’indigo.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- 200 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LE BLANCHIMENT DU JUTE
- M. A. Renouard, secrétaire général de la Société industrielle du Nord, a adressé la lettre suivante au rédacteur en chef du Génie civil :
- « Monsieur,
- « Votre numéro du 16 mai contient une note sur le blanchiment du jute par le procédé de MM. Cross et Bevad. Il y a déjà quelques années que ces chimistes ont étudié le jute; mais. malgré toute l’importance des découvertes qu’ils ont faites, celles-ci semblent être restées dans un oubli regrettable. Tout chimiste qui s’est occupé des questions de blanchiment a étudié cependant celui de la fibre dont il est ici question; je crois donc intéressant, en ce qui concerne ce point particulier, de vous donner quelques détails sur les travaux anglais, que j’ai eu l'occasion d’étudier, il y a deux ans, à la Société industrielle du Nord.
- « D’après les travaux de MM. Cross et Be-van, le jute ne contient pas la cellulose sous la forme ordinaire, mais bien un ou plusieurs dérivés (éthers) de la cellulose, qu’ils comprennent sous la dénomination générale de bastose (de l’allemand bast, liber). Tandis que la cellulose appartient à la classe des hydrates de carbone, la bastose constitue un passage de ceux-ci aux composés aromatiques; il résulte de là que le jute présente des propriétés très différentes de celles de la plupart des autres fibres végétales. Quand on la traite par le chlore, cette bastose se transforme en un composé chloré qui offre deux réactions très caractéristiques.
- « Le traitement par le sulfite de soude donne une matière colorante brillante, d’un rouge de fuchsine, et, par l’action des alcalis, elle se décompose, d'une part, en cellulose insoluble et, d’autre part, en matières solubles appartenant au groupe de l’acide tannique.
- « Ce dernier fait est d’une grande importance au point de vue pratique; car, tandis que, pour teindre la cellulose, on doit d’abord
- la mordancer avec du tannin, le jute renferme ce mordant dès le début; c’est, en quelque sorte, par sa nature même, une cellulose mor-dancée, et, par suite, il prend plus facilement les couleurs d’aniline. L’importance de cette propriété est d'autant plus considérable que, la filature ne parvenant qu'incomplètement à diviser régulièrement le jute, la teinture uniforme de cette fibre présenterait de grandes difficultés, sans le mordant naturel qui y est contenu.
- « MM. Cross et Bevan ont découvert deux autres propriétés remarquables du jute, au point de vue technique : lorsqu’on abandonne à elles-mêmes de grandes masses de ce filament à l’état humide, surtout en présence de l’eau de mer, la matière fibreuse se décompose en substances analogues au tannin et en acides appartenant au groupe de l’acide pec-tique. La fibre s’altère ainsi plus ou moins et se transforme souvent même en une poudre friable.
- « Les conditions dans lesquelles cette altération se produit existent dans le long transport par mer et peut-être même déjà lors de la récolte aux Indes ; il est donc vraisemblable qu’une grande partie du jute que nous avons en Europe doit être plus ou moins ga' tée, et que la qualité de certains produits fabriqués aux Indes doit être attribuée à ce fait il serait, dans tous les cas, désirable que 1e5 exportateurs indiens de jute brut fixassent leur attention sur ce point, auquel le remède est tout indiqué.
- « Une seconde particularité du jute, qui in tervient dans le blanchiment et la teinture de cette fibre, c’est sa décomposition par les acides, et notamment parles acides minéranx. A une température relativement basse déjà, e jute est transformé par les acides en combl nuisons solides qui, à une température un peU plus élevée, sont changées, à leur tour. er combinaisons substances humides, d’un brun foncé, d’une part, et en composés volatili d’une odeur désagréable, tels que le furfur et autres analogues, d’autre part. C’est de 13
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- que proviennent l’odeur et la coloration de beaucoup de tissus de jute traités par les acides.
- « Les teinturiers ne doivent pas employer pour le jute les mêmes recettes que pour la cellulose, qui est beaucoup plus résistante. Plusieurs tonnes de jute ont été entièrement gâtées, en Angleterre, dans un cas déterminé, parce qu’on avait employé dans la teinture une grande quantité d’acide sulfurique, sans tenir compte de l’action de ce dernier sur le jute. On a reconnu plus tard qu’on peut remédier à l’influence nuisible des acides en ajoutant à l’eau qui sert au rinçage une petite quantité d’acétate de soude (1 kilogramme pour 56 litres d’eau).
- « MM. Cross et Bevan ont reconnu que toute fibre brute végétale peut être blanche avec la plus grande facilité au moyen de permanganates et par un traitement subséquent à l’acide sulfurique, afin de dissoudre l’oxyde de manganèse précipité sur les fibres.
- « La perte de poids, dans cette opération, est très faible et s’élève en moyenne à 3 ou 4 0(0. Cependant le fil de jute se décolore un Peu plus de cette manière et nécessite un traitement préalable par les alcalis, afin d’enlever la graisse et autres matières analogues. En outre, si simple et si efficace que soit cette méthode, elle est trop coûteuse pour la pratique, parce qu’elle exige l’emploi de 3 1[2 à 4 3[4 kilogrammes de permanganate de potasse pour 100 kilogrammes de fil.
- « Les chimistes anglais sont d’avis que les hypochlorites conviennent seuls dans l'indu-Strie. Mais ces agents doivent être utilisés ayec les plus grandes précautions, à cause de l'action indiquée plus haut que le chlore exerce sur le jute. Si l’on voulait blanchir le jute au chlorure de chaux de la même manière que le coton ou la toile, il se transformerait toujours en combinaisons chlorées.
- $ Le jute chloré est aisé à reconnaître à la couleur rouge fuchsine qu’il prend lorsqu’on le mouille avec du sulfate de soude. Quand on Traite ensuite à la vapeur un semblable tissu,
- dans l’impression, la combinaison chlorée se décompose, de l’acide chlorhydrique est mis en liberté, il se produit une coloration brune, foncée, et enfin le tissu se détruit complètement. Il est souvent arrivé que ces phénomènes ne se présentaient que lorsque l’étoffe était mise en usage, ce qui a naturellement renforcé les préventions généralement répandues contre le jute.
- « En outre, il faut remarquer que l'hypo-chorite oxyde le jute en donnant des composés qui forment avec la chaux des combinaisons insolubles, lesquelles se déposent sur les filtres quand on blanchit au chlorure de chaux. On conçoit donc que le procédé de blanchiment ordinaire fournisse avec le jute un produit de qualité inférieure.
- « La méthode dont vous avez donné l’analyse très restrinte, basée sur l’étude des propriétés chimiques du jute que je viens d’exposer, montrent quels sont les points principaux qui entrent en ligne de compte dans le blanchiment de cette fibre. Cette méthode s’applique surtout aux tissus et comprend quatre opérations :
- «I-L’étoffe est d’abord lavée, à une température de 70 degrés, avec une solution alcaline faible (28 kilogr. de silicate pour 6,000 litres d’eau);
- « 2- En sortant de ce lavage, elle passe dans la liqueur à blanchir, solution d’hypochlorite de sodium obtenue de la façon habituelle en décomposant du chlorure de chaux par une quantité de soude équivalente. Cette liqueur ne doit pas renfermer plus de 1 0(0 de chlore actif; le degré le plus convenable paraît être 0,7 OjO, ce qui correspond à un rapport de parties de chlorure de chaux environ pour 100 parties d’eau. La présence de la soude empêche complètement la formation des produits chlorés de la fibre ;
- « 3- Après avoir rincé parfaitement l'etoffe, on la place dans de l’acide chlorhydrique étendu d’eau et froid, qui contient une petite quantité d’acide sulfurique. Ce traitement a pour but d’enlever les combinaisons basiques,
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- qui pourraient produire, par la suite, une coloration des fibres par l’action des agents d’oxydation, et de dissoudre les sels de fer. Les étoffes ainsi traitées ont une couleur crème pâle et un bel aspect doux et lustré. Si on veut les teindre, elles peuvent passer immédiatement, après un rinçage à fond, dans le bain de teinture ; quand elles sont destinées à l’impression, elles doivent encore subir une autre opération ;
- « 4' On les fait passer dans un bain de bisulfite de soude contient 1 à 2 0[0 d’acide sulfureux, et l’on enlève à l’aide d’une calandre le liquide en excès, qu’on laisse écouler dans le bain. On laisse reposer ensuite pendant 2 ou 3 heures, puis on sèche au moyen de cylindres chauffés à la vapeur. L’acide sulfureux se dégage ainsi et les étoffes sont uniformément imprégnées de sulfite de soude.
- « Ce sel prévient par la suite l’action oxydante du vaporisage sur les fibres, sans empêcher le développement des couleurs imprimées par ce procédé. En outre, la blancheur de l’étoffe est encore augmentée par le traitement au bisulfite.
- « La perte de poids de la matière ne dépasse pas 7 à 8 0[0 et la diminution de la résistance à la traction n'est que d’environ 10 0[0. Les frais de blanchiment ne dépasseraient pas 25 centimes le kilogramme.
- « Tel est, d’une manière générale, l’exposé de cette méthode de blanchiment.
- « On sait que, dans le laboratoire, le jute peut aussi être complètement blanchi en le suspendant au- dessus de phosphrore dans l’air humide, et par l’eau oxygénée, mais l’action de ces agents est difficile à contrôler. Le traitement par l’eau ou la vapeur à haute température (120 à 130 degrés) détruit entièrement la fibre et la transforme, en majeure partie, en produits solubles. Il en est de même quand on la chauffe avec une solution d’acétate de soude; de l’acide acétique distille alors, ce qui indique que le jute se décompose en donnant lieu à la formation d’acides.
- « La présence du sulfite de soude, même en
- petite quantité, empêche cette décomposition, ce que M. Cross explique par la combinaison connue de ce sel avec les aldéhydes, qui se forment d’abord par l’action des agents oxydants sur le jute.
- « Veuillez agréer, etc.
- « Alfred Renouard,
- « Secrétaire général de la Social industrielle du Nord. »
- PROCEDÉS DIVERS IMPERMÉABILISATION DES TISSSUSET DU PAPIER
- Faites dissoudre 500 gr. de savon à l’huile d’olive dans 145 litres d’eau chaude, mais non bouillante.
- Faites aussi dissoudre 1 kilo d’alun dans 145 litres d’eau et ajoutez 190 grammes de colle forte. «
- Mêlez les deux solutions, trempez les tissus dans le mélange encore chaud, ensuite séchez.
- ESSAI D INDIGO DANS LES TISSUS COLORES D’après M. E. Prior
- Un tissu coloré en noir et supposé teint a l’indigo, est coupé en petits morceaux que l’on traite successivement avec de l’acide sulfurique étendu pour détruire la matière colorante noire, puis avec de l’acide oxalique. On le lave, on le sèche et l’on retire l’indigoâ l’aide du chloroforme dans un appareil à extraction. La solution produite donne les réac tions suivantes.
- !• Par l’analyse spectrale, on obtient les raies caractéristiques de l’indigo;
- 2* Une partie de la solution évaporée à sec dégage des vapeurs violettes qui se dissolvent dans l’acide sulfurique et fournissent la réac tion connue;
- 3- Le résidu, après opération, est dissous dans l'acide sulfurique et sert à teindre de 8 laine blanche.
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- DETERMINATION DE L’INDIGO
- Pour l’essai des différents genres d’indigo par l’analyse spectrale, M. Ch. Wolff dissout 5 grammes d’indigo dans 5 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré ; il ajoute de l’eau pour faire 1 litre. On étend cette solution plus ou moins, suivant la couleur qu’elle présente, et l’on examine à l’appareil spectral sous le volume de 1 centimètre cube.
- Les solutions de différentes forces donnent évidemment un coefîcient d’extinction variable dans le spectre et directement proportionnel à la proportion d’indigotine pure. Si l’on prend pour 100 le coefficient d’une solution lype d’indigotine pure, on obtient les résultats suivants :
- Indigotine de Baeyer, 100,00.
- Indigotine de Trommsdorff, 91,58.
- Indigotine Sublimée par Schuchardt, 83,41.
- Indigo de Java, 72,42.
- Indigo du Bengale (qualité moyenne), 60,47.
- Indigo de Guatemala, 50.70.
- Indigo de Madras, 23,10.
- Indigo de Manille, 9,41.
- NOTES SUR DES
- GENRES PRODUITS AVEC L’INDIGO
- ARTIFICIEL
- Par M. H.-A. Coscobadie.
- L’indigo artificiel dérivé de l’acide ortho-nitro-phénylpropiolique C9 H5 NO, (acide pro-piolique du commerce) est une des découvertes les plus intéressantes de notre âge; on n’a pas oublié la sensation qu’il a produite il y a quelques années, lorsqu’il a été lancé dans le commerce sous une forme appropriée à l'im-Pression.
- Le peu de succès qu’il eut dans la suite n‘-tit certainement dû qu’à son prix trop élevé et à l’instabilité des couleurs dans lesquelles il entrait.
- Il offrira un certain intérêt, à l’heure qu’il "9t, de passer en revue les genres auxquels
- il a été appliqué et auxquels il s’applique encore aujourd’hui dans ces établissements.
- L’indigo artificiel présente plusieurs avantages sur le produit naturel : il se fixe plus facilement sur le tissu et donne lieu à des teintes plus vives et plus solides (résistant mieux, par exemple, au frottement et savonnage) que ce dernier.
- L’acide propiolique principalement pour les tons clairs, et dans ce cas-là cette couleur ne revient pas trop cher (soit 1 fr. le kil.).
- Le traitement est de la plus grande simplicité :
- Les pièces sortant de l’impression ne demandent qu’à être suspendues dans un chambre chaude et sèche à 250 C. pendant 12 heures, jusqu’à ce que le bleu soit bien développé; ensuite elles sont lavées, savonnées à 75oC., séchées et passées dans le petit appareil continu de Mather et Platt. Le court vaporisage qu’il subit ainsi est le meilleur moyen de faire disparaître la mauvaise odeur qui adhère à la marchandise.
- L’acide propiolique sert, en outre, à réaliser, par le procédé du foulardage, des bleus de ciel très clairs et très unis, qu’on peut ronger à la manière de l’indigo cuvé, en imprimant du chromate, et en passant par la cuve à acide.
- Certains articles réserve peuvent être produits avec l’acide propiolique, qui ne sauraient se faire avec le produit naturel, par exemple l’article ci-dessous que j’appellerais « bleu-foulard ».
- Les mordants destinés à être teints après coup sont imprimés sur blanc, comme d’ordinaire (là où il est possible, on épaissit le mieux avec la British gum).
- Pour avoir du blanc, on se sert d’une couleur résiste, acide, renfermant du jus de citron et de l’acide oxalique :
- 96 lit. jus de citron 280 B.;
- 24 lit. soude caustique 36°B.;
- 2 lit. huile et suif;
- 36 kil. leiogomme;
- 1.200 gr. acide oxalique.
- Les pièces, après l’aérage ordinaire, sont
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- BLANCHIMENT DES LAINES
- 3 36
- 31
- 5
- kil. 600 amidon ; •
- lit. eau;
- kil. 600 acide propiolique 20 % ;
- kil. 500 borax.
- 204
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- soubassées, ou plaquées, en acide propiolique, suspendues pendant 12 heures jusqu’au montage du bleu, enroulées, replaquées en acide propiolique et encore suspendues pendant 12 heures.
- La couleur propiolique se compose de :
- Couleur pour soubasser :
- 5 lit. couleur mère ci-dessus;
- 500 gr. xanthate de soude.
- Couleur pour plaquer :
- 4 lit. couleur pour soubasser ;
- 12 lit. pâte d’amidon.
- On marque ces couleurs avec un peu de bleu alcalin.
- Les pièces montées en bleu sont dégommées en arséniate de soude à 750 C. et teintes soit en alizarine, soit en bois.
- On maintient la température du bois de teinture aussi basse que possible, pour ne pas nuire à la nuance du bleu.
- Ensuite, on lave et savonne, en ne dépassant pas une température de 75o C.
- Jaune et orange de plomb sont réalisés d’une manière analogue; on ajoute à ces couleurs 15 grammes d’acide oxalique par litre, pour réserver le soubassement et mattage bleu.
- De belles teintes pourraient aussi être produites en teignant les mordants d’alumine résiste en nitro-alizarine. En faisant usage de bruns au cachou, ces derniers se foncent considérablement par le mattage en bleu, ce qui provient probablement d’une action spéciale du xanthate de soude.
- (Société industrielle de Rouen.)
- M. Faveur a fait breveter récemment un procédé de blanchiment des laines qui, sui
- vant ses affimations, aurait l’avantage de décolorer parfaitement cette matière et de la rendre plus douce et plus facile à manipuler. Il consiste dans un fort lavage au moyen d’une solution composée, pour 100 kil. de laine, de: 6 kil. de carbonate de soude, 1 litre de dissolution ammoniacale saturée et 112 gramme de méthy] violet.
- DANGERS DU VERT DE SCHWEINFURT
- On a signalé souvent les accidents amenés par le vert de Schweinfurt (arsénio-acétate de cuivre). Le Dr Koller rappelle que ce corps se trouve non seulement dans les objets colorés en vert très vif, mais qu'on le rencontre dans certaines couleurs d’aniline si répandues depuis un certain temps. Il a trouvé dans des calicots et des batistes jusqu’à 2 grammes d’arsenic par mètre sous la forme d’acétate d’alumine qui sert de mordant.
- Un moyen bien simple, et à la portée de tous, de reconnaître la présence de l’arsenic a été indiqué dans le temps par Bettendorf;
- voici
- comment l’on doit procéder : on intro
- duit dans une éprouvette quelques morceaux du corps à essayer, on y ajoute un peu d’acide chlorhydrique et l’on chauffe de façon à arriver à l’ébullition. Puis on filtre le liquide; on ajoute du chlorure de zinc et on porte le liquide à l’ébullition. Si le carbone contient de l’arsenic, le liquide se trouble rapidement, i se forme des flocons bruns qui se déposent au fond du récipient sous forme d’une poudre brun foncé très fine.
- On peut aller plus loin pour avoir une preuve de plus de la présence du corps dangereux. Il suffit de filtrer le liquide obtenu, de laver à l’eau distillée la poudre brune q" reste sur le filtre et de la sécher à l’air. Une pincée portée sur un charbon incandescent, accuse, par une forte odeur d’ail, la présence de l’arsenic.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29- Année, N° 18. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 4883
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINIURES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DU NORD DE LA FRANCE.
- FORMATION DES MATIÈRES COLORANTES.
- L’IMPRESSION DES FONDS BLEUS UNIS.
- PROCÉDÉS DIVERS.
- BREVETS D’INVENTION.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- contenant soit du carbonate de chaux, soit une quantité minime de chaux caustique.
- Les tissus sont séchés comme à l’ordinaire.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- ROUISSAGE DU UN
- Par M Baur.
- Le procédé comprend plusieurs opérations Indiquées ci-après : tout d’abord un broyage très doux entre cylindres non cannelés a pour Lut de faire tomber la terre, le sable, fixés aux tiges,
- Le lin est ensuite immergé dans une cuve remplie d’eau claire pendant vingt-quatre heures. Après cette macération, M. Baur sub-Stitue à l'eau ordinaire de l’eau acidulée par 3 0[0 d’acide chlorydrique. La durée du se-cond bain est également de vingt-quatre heu-"e8. Toutefois, la deuxième opération peut être ePétée jusqu’à ce que l’acide ne contienne Plus ni chaux, ni fer provenant des tiges sou-"ises au rouissage.
- U .
- est également facultatif, après le premier "itement, à l’acide, de plonger les tiges dans Jee solution claire d'hypochlorite de chaux ou magnésie, jusqu’à ce que le titre chloromé-1e ne donne lieu qu’à une réduction lente. Quelle que soit la méthode adoptée, il con-1ent de terminer par un lavage dans de l’eau
- TEINTURE A BASE DE TANIN
- Par MM. Steel et Grandage.
- MM. Steel et Grandage obtiennent les mêmes résultats que par les méthodes ordinaires, avec une économie de 10 0[0 de tanin, par l’emploi combiné de l’acide tannique, gal-lotannique, etc., et d’une certaine quantité de borax, de sel ammoniac, de chlorure de sodium, de chlorure de potassium. Les ingrédients ci-dessus sont ajoutés, avant teinture, à la solution de tanin, soit isolément, soit simultanément.
- DÉGRAISSAGE, BLANCHIMENT ET TEINTURE
- Par MM. Weber et Cie.
- Le dégraissage, le blanchiment et la teinture des matières textiles de toutes natures et sous toutes formes repose, dans le cas particulier, sur l’action d’un liquide, froid ou chaud, maintenu sous pression à l’intérieur d’un réservoir hermétiquement clos.
- Cette action du liquide sous pression peut être accrue par une circulation continue ou intermittente du même liquide; elle peut aussi être combinée avec le vide d’air, engendré dans l’appareil exclusivement ou produit, à la
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- LE MONITEUR DL EA TEINTURE
- fois, dans l’appareil et dans la circulation du liquide*
- Divers dispositifs de cuves ou réservoirs, chauffés ou non, de pompes de compression, correspondent aux combinaisons multiples ci-dessus mentionnées.
- Lorsque les matières textiles sont à l’état de cannettes ou de fusées, MM. Weber et Cie les placent sur des broches creuses, ouvertes à la base et percées latéralement d’un certain nombre de trous, de manière à faciliter la circulation des liquides à travers les couches de fils superposés.
- PROCÉDÉ DE TEINTURE
- Par la Société anonyme de la Teinturerie stéphanoise.
- Les matières textiles (soie, laine, coton, ramie), filées et dévidées en échevaux, sont étagées horizontalement sur des rouleaux tendeurs, que supportent des montants verticaux, ou superposées autour de cônes, fixés au fond de la « barque » de teinture. La barque est hermétiquement close, après chargement, à l’aide d’un couvercle métallique, muni d’un robinet d’échappement.
- A la partie inférieure de la cuve débouchent deux tuyaux correspondant, l’un avec un générateur de vapeur, l’autre avec une pompe-à air ou un réservoir d’air comprimé. Sous l’action combinée de l’air et de la vapeur, les fibres se dilatent, se gonflent et restent en l’état, au profit de la contexture des étoffes.
- Le même procédé fournit le moyen d’introduire dans le tissu des vapeurs de benzine, de crème de tartre, etc., pour lui donner à la fois de la douceur et de la résistance.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 167587. 12 mars ; Société anonyme dite : « Farbenfabriken, vormals, Friedrick Bayer et Cie ». — Procédé de fabrication de matières colorantes bleues et violettes.
- Ce procédé consiste à prendre 25 parties de dimèthylaniline et 8 parties de carbonate de chaux; on les mélange dans un récipient muni d’un agitateur et chauffé an bain-marie, en agitant constamment, et l’on ajoute lentement, en refroidissant le mélange, il parties de mer-captan et de nerchloromèthylique. On porte lentement la température à 80 degrés et onia maintient ainsi pendant 24 heures. On obtient alors une matière fondue d’un éclat cuivreux qui laisse déposer dans l’eau une matière colorante violette cristallisée.
- 167609. 17 mars. ; Quenoble et Larive. -Blanchiment et teinture en blanc de la laine sous toutes ses ïormes.
- La lessive permettant d’obtenir ce blanchiment et cette teinture en blanc est constitue? de la manière suivante :
- Eau, 80 kil. »
- Bisulfite de soude, 8 »
- Bisulfite de magnésie, 10 »
- Acide muriatique, 0 050
- Sel de soude, 0 150
- Acide sulfurique, 0 050
- Loccogène, 1 »
- Sulfure de chaux, 0 250
- Chlorure de chaux, 0 200
- Chaux naturelle, 0 300
- Total, 100 kil.
- 167702. 16 mars; Gaillot (Dame veuve)• Nouveau procédé de teinture dite « régéne rateur ».
- Ce procédé de teinture consiste à faire br. nir au four de la racine de chicorée, puis a
- ' 9 pulvériser et à mélanger cette matière a dose de un verre par litre d’eau bouillante.*-11 plonge les matières à teindre dans ce b81, puis on les passe à l’eau fraîche pour faire rinçage. On peut, si on le désire, passer p" sieurs fois au bain de teinture.
- A défaut de racine de chicorée, on peut en ployer des paquets de chicorée ordinaire.
- 167775. 21 mars; Brigot. - Machine’ élargir les tissus dite « à ramer ou à étirer
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSÜS
- tre
- O 0a
- 167819. 23 mars; Mather. — Procédé de blanchiment pour fils et tissus de coton.
- Ce procédé consiste à passer les fils ou tissus pris à l’état gris brun dans lequel ils sont filés ou tissés
- 1' Dans une solution bouillante de soude caustique ayant une force de 3 à 6 degrés Twaddell en ayant soin qu’ils soient trempés à fond dans cette solution.
- 2' Les matières, après ce trempage, sont empilées et placées sur un chariot jalousé que l’on introduit dans un récipient décrit dans un précédent brevet, où elles subissent l’action de la vapeur pendant un temps variant de 1 à 5 heures, concurremment à l’action de la lessive de soude qui est déversée par des entonnoirs placés dans le récipient au-dessus du chariot.
- 3* Les matières retirées du récipient subissent un lavage ordinaire ; puis, s’il est nécessaire, ces diverses opérations étant renouvelées, on peut faire une acidification des matières.
- 4’ On passe alors les matières à la chlorine liquide. On lave de nouveau, on acidifie. On fait, enfin, un nouveau et dernier lavage et on sèche.
- 167828. 26 mars; Baillard. — Perfectionne-ments dans le décreusage et l’huilage des ma-Hères végétales destinées à recevoir la tein-ture et dans l’emploi du vide pour teindre ces dites matières avec les produits colorants dé-"ivés de la houille ou autres.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTUREEN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes Diverses variétés de teintures en pièces
- ^Suite.)
- Mais c'est dans ces dernières années, je Parle d’environ quinze ans, qu'il s’est fait de fort jolies choses en enlevage sur soie pure ou
- mélangée de coton ou de laine, pour l’emploi de la poudre de zinc comme corps destructif de certaines couleurs d’aniline.
- Avant d’aborder les détails techniques,donnons quelques renseignements sur la poudre de zinc.
- Depuis longtemps on emploie dans la peinture ordinaire, sous le nom de gris ardoise, un résidu de zinc métallique, moitié zinc, moitié oxyde, provenant des fabriques de ce métal. Ce produit en poudre assez fine, appliqué dans la peinture à l’huile sur la fonte ou le fer tout en les préservant de l'oxydation, leur donne une couleur rappelant celle du zinc. Cette peinture est très employée pour les descentes d’eau de nos maisons.
- Or, c’est ce produit qui a trouvé son emploi dans nos impressions pour détruire à place les couleurs. Son emploi nous est venu de Belgique sous le nom de préparât ou poudre de zinc.
- Il y a deux préparats : un qui à proprement parler est le gris ardoise poussière, moitié zinc, moitié oxyde, résidu des distilleries de zinc que l’on trouve dans les chambres de condensation ; c’est le meilleur marché ; l’autre, le véritable préparât ou zinc réduit en poudre fine mécaniquement est plus cher, mais d'un effet réducteur bien plus puissant, puisqu’il ne renferme que du zinc pur et point d’oxyde.
- En effet, c’est par son pouvoir réducteur que le préparât agit, et plus le zinc sera oxydé, moins il réduira, ayant déjà en partie l’oxygène nécessaire pour le transformer en oxyde.
- Le préparât de bonne qualité doit être tenu soigneusement à l’abri de l’humidité, sinon il se transforme en oxyde et perd alors de ses qualités réductrices.
- Tous les lecteurs du Moniteur de la teinture connaissent la cuve à l’hydrosulfite de zinc de M. Schützenberger, basée sur la réduction de l’indigo par une série de réactions du bisulfite de soude sur le zinc en poudre (formation d’hydrosulfite de zinc) puis de la chaux caustique sur l’hydrosulfite de zinc, qui déplace l’oxyde de ce métal et forme de l’hyposulfite
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de chaux (si l'on emploie de la soude, il se forme de l’hydrosulfite de soude), sel très réducteur.
- La cuve à l’hyposulfite de M, Schützenber-ger a reçu de nombreuses applications ; elle est très commode à monter, à conduire et à régler. Elle est d'ailleurs d’une précision mathématique.
- C’est cette même réaction de l’hyposulfite de zinc qui a été mise à contribution pour ronger certaines couleurs d’aniline. Il est facile de s’en rendre compte.
- .Que le lecteur prenne une dissolutoin de bisulfite de soude,qu’il y ajoute une couleur d’aniline réductible. Ex.: fuchsine, il y aura réduction, mais lente et imparfaite; qu’il ajoute au mélange une pincée de zinc en poudre et le liquide deviendra blanc comme par enchantement.
- Deux corps sont donc nécessaires pour ronger blanc sur fond uni, sur soie pure ou soie et coton, ou soie et laine, dans les couleurs réductibles. Presque toutes les couleurs d'aniline le sont, excepté la phosphine (chrysrui-line), l’hirmaline, la safranine et la plupart des couleurs naturelles.
- Le bisulfite de soude et le zinc.
- Le bisulfite de soude doit être employé concentré, très chargé d’acide sulfureux, c’est-à-dire très odorant. Le meilleur que l'on trouvé dans le commerce est celui fabriqué en liauide à 36° Beaumé.
- Le zinc de bonne qualité, quoique rès fin, doit encore être broyé soigneusement et tamisé au tamis de soie.
- Pour obtenir des dessins rongés blancs sur | fond teint uni en couleur réductible, on prépare une préparation épaissie pour l’impression, formée par un mélange de :
- Dextrine ;
- Eau ;
- Bisulfite de soude ;
- Zinc en poudre :
- Terre de pipe.
- Ce mélange soigneusement fait doit être très épais et préparé peu de temps à l’avance, On l’imprime sur le tissu.Puis, celui-ci séché, est vaporisé fortement. Sous l’influence de la vapeur, la couleur est complètement rongée, et après rinçage à grande eau, le dessin blanc se distingue très nettement et sans auréole sur le fond coloré.
- Il est indispensable d’employer du bisulfite de bonne nature, et de soigneusement vaporiser, sinon la couleur ne serait décolorée que momentanément, et peu à peu elle reviendrait à l’air.
- On peut imprimer la composition à la planche ou au rouleau.
- Quelquefois on opère différemment : au lieu de ronger la couleur par l’hydrosulfite de zinc, on se sert de la précédente composition épaissie comme d’une réserve. C’est-à-dire que sur tissu blanc on imprime le mélange de dextrine, d’eau, de bisulfite de soude et de terre de pipe ; on laisse sécher, puis alors on mate (terme technique) la couleur dessus par voie d’impression, on laisse sécher de nouveau et l’on vaporise.
- Le mélange zincique agit finalement comme une réserve, et partout où le tissu a été réservé au zinc, la couleur matée dessus ne prend pas; les dessins sont même plus nets que par voie de rongeage.
- Cette manière d’opérer, plus longue que *a précédente, se pratique surtout pour le fou-lard, non teint uni dans toute la longueur.
- Ainsi prenons un carré ayant un fond fuchsine, et une bordure imprimée variée. Le fond doit avoir des motifs blancs.C’est alors qu’en imprimant en diverses couleurs les bordures, on imprimera le mélange zincique, et après dessiccation du tout, on matera en fuchsine les fonds, en recouvrant la composition de zinc.
- Mettant à profit les couleurs indestructible par l’hydrosulfite de zinc, on a créé de for jolis genres ; entre autre le genre dit « enle-vage orange, » qui a eu un très grand succe5 pour les foulards et robes destinés aux pay8
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- * w
- S
- chauds, Brésil, etc., pour les articles dits à ramage.
- Si à la composition de dextrine, bisulfite de soude, zinc et terre de pipe, on ajoute une dissolution de posphine ou chrysaniline, ou d’un succédané, la xantine, on obtiendra une composition jaune qui apres impression, séchage, vaporisage et rinçage, sur un fond de couleur (Ex. fuchsine) laissera au lieu deblanc une couleur jaune éclatante. Il s’en est fait de grandes quantités sous le nom d'enlevage orange.
- La xanthine ou phosphine impure revient à meilleur compte, mais si la réaction laisse quelque chose à désirer comme exécution, la couleur fauve de la xanthine rongée par le zinc tend à revenir, et l’orange d’éclatant devient terne et brun. Il vaut mieux employer directement de belles phosphines. J'ai cependant employé dans le temps des quantitéss considérables de xanthine de la maison Des-hée et Wiesher, de Bruxelles, seule marque qui ne remontait pas à l’air.
- De même que l’on peut employer le zinc sur le fond blanc avant l’impression d’une cou-leur, de même l'on peut l’employer avec addi-hon de phosphine ou xanthine. Le lecteur voit déjà que par rongeage l’on peut obtenir des effets blancs et oranges sur le même tissu; Pour ce, il suffit d’imprimer successivement des dessins au zinc sans phosphine et avec Phosphine.
- La safranine et l’harmaline également ne se rongent pas et peuvent être ajoutées au mé-lange de zinc. Mais leur emploi n’a jamais eu grand succès.
- On fait des genres tigrés (M. Saniol, de Tournon) par des combinaisons du plus heu-reux effet, en petit noir d’aniline (gris d’ani-line), enlevage blanc et enlevage orange réu-nis et fondus.
- On grand inconvénient du zinc pour les "ssus de coton pur, c’est de les durcir ; aussi son emploi est alors presque impossible.
- MARIUS MOYREI.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES {Suite.)
- Des couleurs noires.
- La couleur noire peut être considérée comme une couleur bleue foncée. Quelques-uns l’envisagent comme une couleur primitive ; c'est à tort, croyons-nous, parce que la couleur bleue foncée approche beaucoup de la nôtre, et que très souvent une couleur noire tire sur le bleu.
- La production de la couleur noire doit être attribuée à l’action qu’exerce le tanin des végétaux employés dans cette teinture sur les sels de sesquioxyde de fer. Avec les sels de protoxyde de fer, le tanin ne produit rien d’abord ; mais, au contact de l’air, il se forme une coloration brune qui passe peu à peu au noir. Il n’est pas inutile de dire que l’action n’a lieu que lorsque le tanin et les sels de fer sont en dissolution.
- Les végétaux employés pour la production des couleurs noires sont la noix de galle et le bois de campêche.
- On se sert, comme mordants, du vitriol vert ou sulfate de fer et du vitriol bleu ou sulfate de cuivre.
- Quoiqu’on puisse regarder la noix de galle, par son mélange avec le vitriol vert, comme la principale substance pour la production des couleurs noires, parce qu’elle contient avec le plus d’abondance et de pureté le tanin convenable pour cet objet, il y a cependant encore beaucoup de substances, surtout parmi les végétaux, qui produisent également des couleurs noires avec le vitriol vert.
- Des diverses substances qui peuvent servir à la production des couleurs noires, on emploie de préférence le bois de campêche, quoiqu’il contienne une partie colorante particu-culière. Nous n’emploierons, conséquemment, que la noix de galle et le bois de campêche, et nous ferons connaître ce qu’on doit observer dans la préparation de leurs bains pour faire du noir.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- II a été longtemps d’usage, et on le pratique encore aujourd’hui dans quelqes endroits, de donner une couleur bleue à la laine avant de la teindre en noir ; mais, quoiqu’on fasse un très bon noir de cette façon, on voit clairement que la laine teinte par ce procédé coûte beaucoup plus qu’une autre qui peut également prendre une couleur noire sans être préalablement teinte en bleu.
- Couleurs noires avec la noix de galle.
- Dans de l’eau bien pure on fait bouillir pendant une heure 1 kil. de laine, et on la laisse égoutter.
- On fait bouillir pendant deux heures dans de l’eau bien pure 600 grammes de noix de galle réduite en poudre fine et enfermée dans un sac de toile. On retire ensuite le sac du bain; on y met 60 grammes de vitriol vert, et on fait encore bouillir le tout ensemble pendant une heure ; alors on y met la laine humide, on la fait bouillir pendant une heure ou une heure et demie, on la retire, on la laisse refroidir et on la lave.
- On prépare un deuxième bain égal au premier; on y fait encore bouillir pendant autant de temps la même laine déjà teinte en noir, et on la traite comme la première fois ; elle y prend une couleur noire saturée, à reflet rougeâtre.
- Couleurs noires avec la noix de galle.
- Lorsqu’on emploie en même temps du vitriol bleu avec du vitriol vert pour la préparation d’un bain de teinture, il en résulte un changement dans la coulenr noire; elle devient plus foncée et moins rougeâtre.
- Pour 1 kil. de laine, on prépare un bain avec 600 grammes de noix de galle réduite en poudre fine, que l’on fait bouillir pendant deux heures dans la quantité d’eau suffisante. On y ajoute 45 grammes de vitriol vert et 15 gammes de vitriol bleu; on fait encore bouillir le tout ensemble pendant une heure; après quoi, on y met la laine humectée d’eau. On la fait bouillir pendant une heure ou une heure et demie, on la retire et on la lave.
- La laine prend dans ce bain une couleur noire qui tire moins sur le rougeâtre que la précédente.
- Couleurs noires avec le bois de campêche.
- La laine, après avoir été manœuvrée pendant une heure et demie dans de l’eau bouillante, est entrée dans un bain composé de la manière suivante :
- Pour 1 kil. de laine on met dans une chaudière, qui est convenablement remplie d’eau, 600 gr. de copeaux de bois de campêche qu’on fait bouillir dans un sac pendant une heure et demie. On y ajoute successivement 45 gr. de vitriol vert et 15 gr. de vitriol bleu.
- On fait bouillir le tout ensemble pendant une heure. Alors on y entre la laine, on l’y fait bouillir pendant une heure, après quoi on la retire. On la laisse égoutter et on la lave. La laine y prend une bonne couleur noire qui tire très légèrement sur le violet.
- Couleurs noires avec le bois de campêche.
- Pour 1 kilo de laine on compose le bain de teinture de 600 gr. de bois de campêche en copeaux, 30 gr. de vitriol vert et 15 gr. de vitriol bleu.
- On y entre la laine, on l’y fait bouillir pendant une heure, puis on la retire.On la laisse égoutter et on la lave.
- La laine prend dans ce bain une couleur noire encore plus foncée que la précédente et qui tirera moins sur le violet.
- Couleurs noires avec la noix de galle et le bo^ de campêche.
- Quoique le procédé suivant paraisse exiger plus de travail qu’une autre méthode, nous ne saurions trop le recommander. On fait par ce procédé non seulement d’excellentes couleurs noires, mais les frais sont réellement moins élevés que ceux d’une méthode plus simple.
- On doit encore faire bouillir le bain après y avoir mis les vitriols, pendant 1 heure avant que d’y teindre. Cette précaution doit être observée très strictement. De cette manier0 le mélange des drogues dans le liquide de-
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- BT DE L'IMPRESSION DESITISSUS
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- vient plus parfait et on peut teindre dans un semblable bain avec la certitude de faire de bons noirs sans porter préjudice à la laine.
- On manœuvre 1 kilo de laine pendant une heure dans de l’eau bouillante, puis on la laisse égoutter.
- On fait bouillir ensemble pendant 2 heures, après les avoir préalablement mis dans un sac, 300 gr. de noix de galle réduite en poudre fine et 300 gr. de copeaux de bois de campêche.
- On y ajoute 45 gr. de vitriol vert et 15 gr. de vitriol bleu. On fait bouillir eucore 1 heure le tout ensemble, puis on y entre la laine, qu’on manœuvre au bouillon pendant 2 heures. On la retire du bain et on la laisse égoutter.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES en pièces
- (Suite)
- Jaunes et oranges d’aniline.
- Il existe une bien trop grande variété de Jaunes d’aniline pour que nous puissions les décrire tous ; aussi ne nous occuperons nous 1-e des principaux, sans nous préoccuper des marques. En voici la nomenclature :
- Jaune d’or,
- Jaune de naphtole, Jaune d’aniline, Jaune solide, Orange palatin, Oranges, Phosphines, Uranine.
- • emploi de ces colorants est en général “scessivement simple . cependant, il est né-ceSsaire d’appOrter quelque attention dans l'o-Peration de la teinture.
- ~e dégraissage et le rinçage doivent être s avec beaucoup de soins et il faut dans 1. différentes manipulations que subissent 9 pièces, les mettre à l’abri de toute souil-lure.
- On doit éviter de teindre en jaune des étoffes qui contiennent du soufre, parce qu’en présence des mordants d’étain, les étoffes prennent une coloration noirâtre due a la formation du sulfure d’étain dans le bain.
- Les différentes couleurs jaunes et orangées doivent se faire dans des chaudières ou dans des baquets bien propres, les premières en cuivre étamé et les seconds en bois de sapin.
- Il est nécessaire de n’employer que des mordants très purs, exempts de toute matière étrangère pouvant porter préjudice à la beauté de la nuance.
- Il faut donner une grande homogénité au bain et on arrive à ce résultat en faisant le bain.
- Nous avons déjà défini cette opération.
- Les jaunes d’aniline s’obtiennent en un seul bain.
- On fait le bain, puis on le mordance avec divers ingrédients et dans des conditions variables que nous indiquerons pour chaque colorant.
- On entre l'étoffe que l’on fait manœuvrer 10 ou 15 minutes pour la laisser se bien imprégner de mordant. Ensuite, on ajoute le colorant, en prenant les précautions que nous indiquons plus bas, après quoi on élève progressivement la température du bain, jusqu’à ce qu’il bout très légèrement. On teint a cette température jusqu’à la nuance désirée. Enfin, on abat, on évente et on lave avec soin,
- La trop grande chaleur nuit à la vivacité de la couleur, aussi, pour obtenir une nuance fraîche, on ne doit faire bouillir le bain que très légèrement.
- On doit également manœuvrer vivement les étoffes et ne pas les laisser séjourner trop longtemps dans le bain de teinture.
- Il faut tenir les pièces au sortir du bain de teinture un peu plus jaune et moins rouge que la nuance désirée.
- L'arrêt de tout bouillon fait monter le rouge ; un bouillon un peu violent le fait descendre.
- On emploie pour rougir les jaunes et oran-
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- K) CO
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- gés d’aniline, l’éosine, l’écarlate, les ponceaux, etc. Pour ternir, on se sert du carmin d’indigo, en quantité très minime, bien entendu.
- Les jaunes et orangés d’aniline se dégradent assez facilement, soit en mettant une pièce blanche à côté de celle qui est trop foncée, soit en reprenant celle-ci sur un bain neuf, c'est-à-dire; sur un bain exempt de tout colorant, mais qui contient les mêmes mordants et en proportions égales à celles du bain précédent.
- Il ne faut jamais écarter le bain de teinture, parce qu’alors la perte du colorant est complète.
- Les différents colorants dont on fait usage dans ces teintures doivent être employés en dissolutions filtrées, lesquelles seront tamisées lorsqu’on les mettra dans le bain.
- Il est bon d'opérer la dissolution des colorants d’aniline dans des pièces spéciales éloignées des différents ateliers de teinture ou de manipulations afin d’éviter que de petites poussières de produits viennent en volant tacher les étoffes.
- Nous donnons ici le mode de dissolution de chacun des produits énoncés plus haut, les différents sels dont on se sert dans le mordançage, et les proportions dans lesquelles ils sont employés.
- Jaune d’or.
- Le jaune d’or est soluble dans l’eau. Pour 100 kilog. de laine on mordance avec : 2 kilog. de crème de tartre,
- 5 kilog. d’acide sulfurique,
- 10 kilog. de sulfate de soude.
- On teint à la température de 80 ou 85 de- j grés centig. et on monte au bouillon pour ! fixer la couleur. On lave à l’eau froide.
- « Jaunes au naphtole.
- Le jaune de naphtole est très soluble dans l’eau. Il remplace l’acide picrique sur la laine. Il a un pouvoir tinctorial excessivement grand, puisque 500 grammes de ce produit suffisent pour teindre 100 kilog. de laine en un jaune intense.
- On mordance pour 100 kilog. de laine avec: 5 kilog. d’acide sulfurique,
- 10 kilog. de sulfate de soude.
- Pour augmenter la vivacité de la couleur, on peut ajouter 2 kilog. de bichlorure d’étain.
- On teint avec un léger bouillon et on lave à l’eau froide.
- Jaunes d’aniline.
- Le jaune d’aniline est difficilement soluble dans l'eau, même lorsque celle-ci est très chaude. Il faut employer la solution à chaud pour éviter que la matière colorante se précipite.
- On mordance pour 100 kilog. de laine avec 5 kilog. d’acide acétique.
- On teint au bouillon et on lave à l’eau froide.
- Jaunes solides.
- Le jaune solide remplace le curcuma et h bois jaune dans la teinture de la laine. Il est soluble dans l’eau.
- Pour 100 kil. de laine, on mordance avec:
- 5 kil. d’acide sulfurique,
- 10 kil. de sulfate de soude.
- Un excès d’acide fait virer les couleurs jau-nés au rougeâtre.
- On teint au bouillon et on lave à l’eal froide.
- Ce colorant sert en combinaison pour toutes les nuances de grenat, de brun, d’olive et de vert foncé.
- Orangés avec l’orange-palatin.
- La dissolution de l’orange-palatin se fait6" eau chaude. On doit employer la solution" chaud, pour éviter que la matière colorante Se précipite.
- On mordance, pour 100 kil. de laine, avee
- 7 kil. d’acétate d’alumine.
- 8 kil. de bichlorure d’étain.
- On teint au bouillon. On lave à l’eau froide
- Les nuances obtenues avec cette matiere
- ’ • et colorante sont solides à l’air, à la lumière» résistent au savon. Ces qualités la font en1 ployer dans beaucoup de combinaisons po" couleurs modes.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- Orangés.
- Les orangés se dissolvent facilement dans l’eau chaude. Leurs solutions doivent être employées chaudes, parce que la matière colorante se précipite à mesure qu’elles refroi- , dissent. |
- Pour 100 kil. de laine, on mordance avec : 5 kil. d’acide sulfurique, 10 kil. de sulfate de soude.
- On entre à froid et on chauffe en élevant progressivement la température jusqu’à 90 degrés. Il est bon de ne pas trop presser la teinture. On lave dans l’eau froide.
- On peut aussi mordancer la laine avec : 10 kil. d’acide d’acétate,
- 10 kil. de bisulfate de soude.
- On n’ajoute le bisulfate de soude que peu à peu, et seulement lorsque l’acétate de soude est dissous.
- Les oranges servent à obtenir des nuances triées d’orangés, des grenats et des modes, Qui sont tous solides à la lumière.
- Jaunes aux phosphines.
- Les phosphines se dissolvent dans l’eau chaude. Ces matières colorantes teignent la laine directement sans addition d’acide ; mais 11 est préférable de la mordancer avec du bi-sulfite de soude dans la proportion de 10 kil. Pour 100 kil. de laine.
- On teint au bouillon et on lave à l’eau froide.
- Jaunes à l’uranine.
- L’uranine se dissout facilement dans l’eau chaude.
- Pour 100 kil. de laine, on mordance avec :
- 5 kil. dJacide sulfurique,
- 10 kil. de sulfate de soude.
- On teint au bouillon. On lave à l’au froide.
- 1 existe encore une infinité de procédés Permettant de teindre la laine en jaune; mais "ous ne les décrirons pas, parce qu’ils ne sont Plus ou presque plus usités dans les ateliers de teinture.
- 11 est une chose que nous ne saurions trop
- recommander au lecteur, c’est de faire les couleurs jaunes dans des chaudières d’étain (ou au moins de cuivre étamé), ou bien encore dans des baquets de bois de sapin, pour cette raison que les étoffes teintes dans des chaudières de cuivre manquent d’éclat et paraissent mates, principalement celles provenant des bains dans lesquels il entre de l’acide acétique (ou vinaigre), du sel ammmoniaque, de la composition d’étain, de l’alun et du tartre. Il se mêle au bain quelques particules de cuivre dissous par ces sels, de sorte que les couleurs en sont altérées et prennent quelquefois un aspect terne.
- Tous les bois, le sapin excepté, contiennent des substances qui portent préjudice à la vivacité des couleurs.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- CONCOURS
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DU NORD DE LA. FRANCE
- La Société industrielle du Nord de la France, nous prie de rappeler aux personnes disposées à prendre part au concours de 1885 que les mémoires et travaux destinés à ce concoure peuvent encore lui être adressés jusqu’au 31 octobre, délai de rigueur.
- Les questions proposées sont au nombre de 112 dont :
- 24 par le Comité du génie civil, des arts mécaniques et de la construction.
- 22 par le Comité de la filature de tissage.
- 43 par le Comité des arts chimiques et agronomiques.
- 23 par le Comité du commerce, de la banque et de l’utilité publique.
- En outre de ces sujets d’étude, la Société décernera divers prix ou médailles spécifiés, des certificats aux personnes qui suivent les cours de filature et de tissage fondés par la Ville, et des médailles à deux employés comp-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tables pouvant justifier de longs services chez un des membres de la Société industrielle habitant la région du Nord. La Société se réserve également de récompenser tout progrès industriel réalisé dans la région du Nord et non compris dans son programme.
- La distribution solennelle des prix et récompenses aura lieu en janvier 1886.
- On peut se procurer le programme détaillé, au secrétariat de la Société, rue des Jardins, 29.
- FORMATION
- DES MATIÈRES COLORANTES PAR L’ÉLECTROLYSE
- I. — M. F. Goppelsroeder s’est livré à une longue série d’expériences, dans le but d’extraire des matières colorantes, au moyen de l’électricité, de différents corps de la série aromatique et en arrivant à une économie notable par rapport aux moyens d’extraction purement chimiques. J’entrerai dans quelques détails pour montrer la grande variété des produits obtenus en même temps que leur importance.
- Dans ses premiers essais, M. Goppelsroeder faisait passer le courant galvanique à travers des solutions aqueuses à diverses températures et plus ou moins concentrées des différents sels de l’aniline chimiquement pure, avec ou sans addition d’acide. L’appareil dont il se servait se composait de :
- Une capsule de platine avec deux allonges pour y fixer des vis et la mettre en contact avec le pôle auquel on doit recueillir la ma-tière colorante ;
- Une lame de platine servant de pôle secondaire et plongeant très peu dans le liquide à électrolyser, que contient la capsule de platine ;
- Une grande capsule en terre, exposée au feu, et contenant du kieselguhr (silex con
- cassé) où est presque plongée la capsule en platine, siège de l’électrolyse.
- Dans ces essais, sur la feuille de platine formant l’électrode positive, se montraient,en employant une solution de sel d’aniline acidulée, de belles colorations vertes, violettes et bleues indigo et un dépôt riche en noir d’aniline, qui, par les traitements d’abord avec de l’eau bouillante, puis avec de l’alcool, se lais-sait facilement et complètement débarrasser des petites quantités d’autres colorants qui s’étaient formés en même temps. Le noir purifié était si pur, qu’il pouvait être soumis à l’analyse élémentaire. M. Goffelsrœder a pu, le premier, déterminer la formule exacte du noir d’aniline.
- Le rendement en noir d’aniline obtenu par voie électrolytique correspond presque à la quantité prévue par la théorie. D’après la théorie, dans la déshydrogénation, par exemple, du chlorhydrate d’aniline, en noir d’aniline, il doit y avoir une perte en poids de 19,95 et de 18,25 00.
- (A suivre)
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- NOTE SUR L’iMPRESSION
- DES FONDS BLEUS UNIS
- Par M. O. Breuer
- Les difficultés que j’ai eues dans l’impression sur laine et à la main pour obtenir des fonds bleus bien unis et sans rapports ave le bleu alcalin 5 B, m’ont donné l’idée de me servir d’un procédé que j’emploie depuis quer-ques années déjà pour le violet d'impression et cela avec succès.
- J’additionne cette couleur, de 15 pour cent d’ammoniaque, et jamais je n’ai eu à me plaindre des fonds inégaux.
- La couleur bleue faite avec le bleu 5 traitée de cette manière, allait un peu mieus mais ce n’est qu’en décomposant le bleu 5 P par un acide et en dissolvant la matière bleue dans l’ammoniaque, que je suis arrivé au re sultat voulu.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS ----......-.— .....-= • 1 -== 1 1 -
- Voici comment j’opère :
- Précipité bleu
- 1,000 grammes bleu 5B,
- 10,000 grammes, eau. Dissoudre et précipiter
- avec :
- 100 » acide chlorhydrique à 21o Bé.
- Décanter et filtrer. Cela donne :
- 10,000 » de bleu en pâte,
- Bleu d’impression
- 2,000 grammes bleu en pâte ci-dessus,
- 350 » ammoniaque,
- 500 » glycérine,
- 1,100 » gomme Sénégal sèche.
- Eau pour couper
- 1,000 grammes eau de gomme,
- 35 » ammoniaque,
- 75 » glycérine.
- Imprimer sur laine stannatée, humecter avant le vaporisage, vaporiser une heure et laver.
- Je constate à cette occasion un fait connu depuis quelque temps déjà et qui mériterait peut-être d’être étudié : que l’addition de Fam-moniaque fait du bien à toutes les couleurs l'impression faites avec des couleurs d’ani-line proprement dites et avec celles qu’on appelle vulgairement comme cela.
- Presque toutes y gagnent, même celles qui devaient en être affectées le moins, comme par exemple les ponceaux R, 2 R et 3 R, qui Sont tous des sels et non des acides.
- J’ai observé aussi que l’addition d’ammo-nlaque aux couleurs d’aniline m’a rendu un autre service encore dans l’impression sur soie et notamment dans celle des fonds clairs.
- J’ai trouvé qu’à part des fonds bien unis je suis arrivé à éviter toutes ces petites taches claires, même blanches quelquefois, dont les fonds ont été piqués de temps à autre et qui " étaient que des traces de savon calcaire pro-venant d'un décreusage mal soigné.
- L’ammoniaque les dissout.
- PROCÉDÉS DIVERS
- IMPERMÉABILISATION DES TISSUS DE LIN
- Faites dissoudre 165 gr. de savon dans 8 litres d’eau de pluie.
- Faites aussi dissoudre 330 gr. d’alun dans 8 litres d’eau de pluie.
- Ne mêlez pas les solutions, mais chauffez-les à 100 degrés.
- Trempez les tissus d’abord dans la solution de savon, et ensuite dans la solution d’alun.
- BREVETS D'INVENTION
- 167513. 12 mars ; Jacob. — Procédé pour le blanchiment des matières tannantes appliquées sur soies.
- 167546. 10 mars ; Mather. — Appareil servant à tremper, cuire ou teindre les matières textiles ou à les soumettre à l’action des liquides ou des gaz.
- 167702. 16 mars ; Gaillot (dame veuve). — Nouveau procédé de teinture dite : « régénérateur ».
- 167704. 19 mars; Société A. Teste père et fils et Pichat. — Méthode nouvelle pour la fabrication du fil métallique couleur jais noir produit d’après leur brevet délivré sous le no 145871.
- 167819. 23 mars; Mather. — Procédé de blanchiment pour fils et tissus de coton.
- 167831. 28 mars; Bourguignon. — Application nouvelle du coton blanc dans les draps noirs en général.
- 167828. 26 mars; Baillard.— Perfectionnements dans le décreusage et l’huilage des matières végétales destinées à recevoir la teinture et dans l’emploi du vide pour teindre cesdites matières avec les produits colorants dérivés de la houille et autres.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 19. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Octobre 4885
- SOM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES (suite).
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES (suite et fin).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (sute).
- CHIMIE APPI IQUÉE A LA. TEINTURE DE LA LAINE.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D’AMIENS.
- formation des matières colorantes (suite).
- LA FABRICATION ET LE COMMERCE DES TAPIS RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- COLORATION INSTANTANÉE DES TISSUS Par M. Lyon.
- Pour éviter le frippement des tissus soie veloutés, en grande largeur ou en rubans, des tulles, des gazes, des étoffes soie et laine, des draps, etc., M. Lyon n’a recours ni à l'immer-sion dans les bains de teinture, ni aux pro-cédés d’impression.
- Le breveté commence par dissoudre les ma-tières colorantes dans l’eau, puis il additionne la dissolution, du mordant approprié au colo-rant ; le tout est introduit dans un appareil Pulvérisateur de liquide fonctionnant à froid par l’air comprimé, ou à chaud par la vapeur.
- Le liquide projeté sur le tissu à l’état de Pluie très divisée ou plutôt de brouillard, p-netre l’étoffe et la colore sans nécessiter au-cune manipulation de nature à froisser la sur-face. Le tissu passé ensuite sur un vaporisa-eur d’eau , puis séché au large , conserve 1 apprêt du neuf.
- SÉCHOIR POUR TOUTES ÉTOFFES Par M. Bled.
- M, Bled a cherché à réaliser un système de
- séchoir peu volumineux et d’un prix de revient relativement modique.
- L’appareil se compose d’une boîte métallique horizontale reposant sur un bâti également en métal. Le dessus de la boîte est cintré et percé de nombreux trous ; sa longueur correspond à la largeur maxima des tissus que l’on veut sécher. La même capacité est munie, à la partie inférieure, d’un robinet de vidange et communique avec un appareil Kœr-ting à faire le vide. Trois rouleaux horizontaux servent à diriger l’étoffe, à la tendre en largeur et à l’appliquer exactement sur la boîte.
- Le vide produit à l’intérieur de l’appareil, combiné avec la pression atmosphérique, détermine l’entraînement du liquide à travers les perforations du couvercle. Le robinet de vidange sert à la purge continue ou intermittente.
- ENSIMAGE DES LAINES
- Par MM. Patry, George et Cie.
- L’ensimage des laines, après désuintage et lavage et avant filature, s’effectue de diverses manières, mais soit que l’huile se trouve projetée sur les filaments par un arrosoir manœuvré à la main, ou par un appareil automatique, le liquide graisseur n’est jamais uniformément distribué.
- MM. Patry, George et Cie proposent d'en-simer « à plein bain, » c’est-à-dire d’immerger
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LES INVENTIONS BREVETÉES
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- la laine dans un bain d’huile d’olive émulsionnée par du savon. L’émulsion, composée pour 100 litres d’eau de 2 à 5 d’huile et de même quantité de savon, est portée à une température comprise entre 25 et 60 degrés centigrades.
- La laine, intimement pénétrée dans toutes ses parties, est essorée et séchée dans une certaine mesure, avant d’être portée aux machines préparatoires.
- 167860. 24 mars 1885 ; Surget-Chagneau.— Support à bascule pour touries à acide, eau de Javelle, etc.
- Ce système de support est formé d’un cercle en 2 parties maintenues d’un côté par des boutons ou agrafes, de l’autre par une vis de serrage qui permet d’appliquer fortement le cercle contre la tourie à manœuvrer. Ce cercle porte 2 tourillons qui sont logés dans les montants verticaux d’un chevalet et qui permettent de faire osciller la tourie dans ce chevalet et de lui donner l’inclinaison voulue.
- 167863. 26 mars 1885; Cot et Société.L. Philip et Cie. — Nouveau système de polissage, foulage et feutrage de tous tissus.
- Ce nouveau système de polissage, foulage et feutrage consiste à enrouler l’étoffe sur un cylindre de laminoir maintenu appliqué sur un second cylindre au moyen d’un levier à contrepoids. On enroule d’abord l’étoffe sur le cylindre jusqu’à ce que l’on en ait une épaisseur convenable. Puis, ceci fait et le contrepoids étant placé à l’extrémité du levier, on fait tourner pendant un certain temps l’ensemble des deux cylindres ; ce repassage produit le foulage et le feutrage que l’on veut obtenir.
- 167876. 25 mars 1885; Société anonyme dite : Faberfabriken vormals Friedrich Bayer et Cie. — Matière colorante obtenue par la combinaison des sels de tétrazoditolyl ou de tétrazodixylyl avec les a p naphtylamines ou
- avec les monosulfacides et disulfacide d’a et de 6 naphtylamines et procédé de fabrication desdites matières colorantes.
- 167887. 25 mars 1885 ; Hopkinson (les sieurs). — Perfectionnements dans les cylindres ou rouleaux pour sécher, calandrer et finir les produits textiles et le papier.
- 167888. 25 mars 1885 ; Grison. — Mode d’apprêt des étoffes au moyen des machines dites : Lustreuses ou presses à chaud continues.
- Ce nouveau mode d’apprêt consiste à passer les étoffes dans des lustreuses à chaud constituées par un cylindre chauffé emboîté dans une portion de cylindre creux. A sa sortie de cet appareil, on empêche la chaleur renfermée dans le tissu de se perdre en l’enroulant immédiatement sur un tambour et en intercalant entre 2 spires successives du tissu une feuille de papier glacé qui retient la chaleur et donne du brillant au tissu
- 167983. 31 mars 1885 ; Ungethum. — Per-fectionnements aux appareils à laver, teindre, etc., la laine, les matières premières,etc.
- 167995. 31 mars 1885 ; Varinet. — Perfectionnements dans les procédés de teinture.
- Ces perfectionnements consistent :
- 1* A tenir hors du bain toute la somme d’étoffe qui ne peut être régulièrement tendue et en marche ininterrompue dans le baquet et en plis réguliers sur une table inclinée ou sur une toile sans fin ;
- 2- A faire traverser le bain par l’étoffe bien tendue au large et toujours en marche san5 toucher le fond ;
- 3- A disposer sur le baquet même, et en travers des rouleaux placés les uns près du fond, les autres près du niveau du liquide obligeant la partie d’étoffe immergée à des cendre et à remonter à travers le liquide dont elle traverse ainsi toutes les zones, en s'infle-chissant en sens inverse sur chaque roulea" et en favorisant par les extensions et com pressions successives qui en résultent, SUr les deux faces du tissu, la pénétration par 1e
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- liquide tinctorial des mailles dudit tissu et obtenant ainsi une nuance uniforme à l'envers comme à l’endroit.
- 168065. 7 avril 1885 ; Fabre. — Modifications apportées aux machines à polir permettant d’effectuer le polissage de deux pièces de tissu à la fois.
- 168069. 9 avril 1885 ; Vincent. — Perfectionnements aux machines à polir les étoffes.
- 168076. 9 avril ; Société Tulpin frères. — Rampe à gaz destinée aux machines à griller ou flamber les tissus ou filés de tous genres.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE EN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes Diverses variétés de teintures en pièces
- {Suite.)
- Des garancés garance simple (grand teint)
- Je vais m’occuper ici exclusivement des garancés sur soie pure, fantaisie (foulard), et soie et coton, ou fantaisie et coton. Les ga-rancés sur coton pur ont été trop bien décrits pour y revenir. Il n’en est pas de même des 8enres précités qui diffèrent essentiellement des garancés sur coton, tant pour les effets a obtenir que pour les mille riens et précau-bons de fabrication.
- Ainsi, dans les garancés pour coton pur, on veut des fonds bien dépouillés, d’un blanc eclatant ; de même des rouges très vifs ; tan-is que dans les garances soie fantaisie, ou sole et coton, fantaisie et coton, on veut, ce 1"1 en fait le cachet,des fonds chamois et des "ances pures, mais moins éclatantes que Potr coton pur.
- Aussi jusqu’à présent l’alizarine artificielle, "vec ou sans purpurine, n’a-t-elle pu rem
- placer complètement, dans les genres soie, la garancine.
- La garance a successivement été remplacée parla fleur de garance, puis par lagarancine, dont les meilleures marques sont de provenance d’Avignon (culture des garances dans le Comtat-Venaissin, aux Paluds, etc.). La fleur de garance et surtout la garance apportent un peu trop de matière fauve (xanthine de la garance). La garancine bien fabriquée apporte strictement ce qu’il faut pour les fonds et rendre les rouges moins criards.
- Les effets que je vais décrire sont le résultat de la teinture après application des mordants par voie d’impression.
- Jusqu’à présent, les essais de garançage par impression directe du mordant et de la couleur, vaporisage et rinçage, n’ont pas eu grand succès. Ils ne conviennent d’ailleurs que pour les petits motifs.
- Je vais m’occuper exclusivement du genre grand teint, c’est-à-dire du véritable garancé, et non des imitations par voie d’impression de la coralline, du ponceau de M. Luthrin-ger, etc., couleurs ne résistant ni aux lavages, ni au soleil des pays chauds (Turquie, Tunis, Tripoli, etc.). Ces derniers genres ont eu un certain succès malheureusement, car, par leur peu de solidité, ils ont contribué à jeter le discrédit sur les véritables et à rendre les acheteurs du Levant méfiants.
- L’alizarine artificielle, la purpurine, etc., du moment que l’on peut les corriger par des fauves, en quantité convenable, sont aussi solides que la garancine. On peut d’ailleurs opérer avec des mélanges des produits de la Société des matières colorantes de St-Denis (alizarine artificielle, etc.) et de garancine.
- L’eau joue un rôle considérable dans les genres dont je vais parler ; il faut absolument des eaux dites : granitiques exemptes de sels calcaires, et rendues faiblement alcalines par des traces de silicates alcalins.
- Un moment, à Lyon, on a pensé avec les alizarines artificielles pouvoir garancer les
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- 220 LÉ MONITEUR
- DE LA TEINTURE
- foulards avec les eaux calcaires du Rhône et de la Saône, mais il n’en a rien été, même en corrigeant les eaux de leurs sels calcaires.
- Lyon continue, comme par le passé, à envoyer ses garancés aux manufactures de Tour-non-sur-Rhône (bords du Doux), aux eaux d’une pureté idéale, dont j’ai proposé le captage par des barrages à La Mastre, pour de là amener l’excédent de ces eaux, par la pente, à Saint-Irénée, point culminant de Lyon'.
- Les célèbres usines de garançages sur foulards du Cheylard, bords de la Dome et de .l’Eyrieux (Ardèche), de Bourg-Argental, bords de la Deaume (Ardèche), et de Saint-Julien Molin-Molette, bords du Ternay (Ardèche), ont disparu ; le travail ayant beaucoup diminué, résultat inévitable du « gâchage », par l’apparition des faux garancés et d’autres causes.
- La Loire, quoique assez pure, n’a jamais convenu par ses eaux. Elles sont encore, quoique granitiques, un peu calcaires par le mélange de quelques affluents calcaires.
- Les tissus destinés à être garancés sont d’abord gazés ou flambés, s’ils sont en fantaisie pure ou fantaisie et coton, pour brûler le duvet de la fantaisie. Il faut soigneusement éviter les accidents de flambage ou gazage, comme pour la teinture en pièces.
- Ils sont ensuite cuits au savon bouillant avec les mêmes précautions que pour la teinture en pièces. Soigneusement cuits et rincés à grande eau pour écarter le savon, ce qui est facile dans les eaux si pures du Doux, ils sont soumis au séchage. Il est inutile de les passer à la chambre à soufre.
- Puis l’on imprime les mordants, ce qui se fait généralement de deux manières : partie à la planche plate mécanique, et partie à la planche à la main.
- Généralement on imprime des carrés dits d’une manière générique foulards, présentant des bordures de dessins noirs plus ou moins déliés, avec des fleurs de même dans le fond.
- Le mordant est à base de pyrolignite de fer,
- épaissi à l’amidon grillé, et s’applique par la planche plate avec gravure en creux Sur des planches de cuivre. On laisse sécher.
- On imprime ensuite les bordures larges ou les fonds, qu’on appelle rentrures, à l’aide de planches en bois et à main.
- Les rouges s’obtiennent par l’acétate d’alumine très peu épaissi à l’aide de la dextrine. Les puces et les marrons, par des mélanges d’acétate d’alumine et d’acétate de fer épaissis de même à la dextrine.
- Les parties non recouvertes par ces applications formeront les blancs ou chamois.
- L’acétate d’alumine très pur s’obtient par double décomposition de l’acétate de plomb et de l’alun de Rome ou de Marseille, triple raffinage.
- Dans les temps très secs, on. ajoute un peu de glycérine aux épaississants pour retarder leur dessiccation, une sèche trop rapide ferait plaquer les mordants.
- Les mordants bien desséchés, il faut laver les tissus pour lesdébourber des épaississants et enlever l’excès des mordants, et éviter en lavant de faire couler (terme technique) sur les blancs ou bien une couleur sur l’autre.
- On procède alors au bousage, opération q" se fait en manœuvrant rapidement à l’entrée, les tissus imprimés et secs, dans un bain tiède de bouse de vache. On a essayé de remplacer la bouse par les sels à bouser (silicates et phosphates de soude), mais cela ne vaut P35 la bouse, dont les principes gommeux jouent un grand rôle. Tout au plus dans les temps de disette peut- on diminuer la bouse, en l’additionnant de sel à bouser.
- Après le bousage, le tissu est rincé et de bousé, en le passant à la roue à laver 7. Wash-Wheal des Anglais. Quand il est bien rincé, il est prêt à être garancé.
- Le bain de garançage se monte dans l’ea" à peine dégourdie comme température, ea" très pure, avec un mélange de :
- Garancine ;
- Sumac de Sicile ;
- Son de bonne qualité ;
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- Sang de bœuf en petite quantité.
- Le sumac de Sicile doit être de première qualité, sinon il apporterait trop de fond, et ; s’il était d’autres provenances, trop acide, il ferait couler les mordants. De même le son aigri ne vaut rien.
- On élève très lentement la température des bains à l’aide d’un serpentin à vapeur ou à feu nu ; dans ce cas les bains de teinture sont contenus dans des chaudières en cuivre chauffées à feu nu.
- Quoi qu’il en soit, il faut éviter que les pièces, manœuvrées à l’aide de tourniquets, aient le moindre contact avec le fond des chaudières à feu nu ou avec les serpentins, dont elles sont séparées par des grilles.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- OBSERVATIONS
- SUR LES ANCIENNES TEINTURES
- (Suite et fin.}
- On prépare un bain absolument semblable au premier. On y fait encore bouillir pendant une heure la laine qui a déjà été teinte dans le premier bain sans être lavée. Ensuite on la retire et on la lave soigneusement. Elle y Prend un très beau noir.
- Couleurs noires acec La noix de galle et le bois de campêche.
- Si la méthode précédente paraissait trop compliquée, l’on pourrait employer le procédé Suivant, qui permet aussi d’obtenir de très bonnes couleurs noires ; il exige moins de temps et de travail.
- Pour 1 kilo de laine on fait bouillir pendant “ne heure, dans la quantité d’eau nécessaire, $Ogr. de copeaux de bois de campêche après les avoir mis dans un sac de toile.
- On ajoute ensuite 15 gr. de vitriol bleu, "on fait bouillir pendant une demi-heure "vec le bois de campêche. On entre la laine bien humectée dans ce bain et on l’y fait
- bouillir pendant une heure. Ensuite on la re-tire et on la fait égotitter.
- On compose un deuxième bain avec 300 gr. de noix de galle et 300 gr. de bois de campêche. On fait bouillir pendant 2 heures, puis on y ajoute 45 gr. de vitriol vert, 15 gr. de vitriol bleu ; on fait encore bouillir pendant une heure.
- On entre dans ce deuxième bain la laine déjà teinte dans le premier, on la fait bouillir pendant une heure ou une heure et demie.
- Après cela on la reiire, on la lave soigneusement. Elle y prend une très belle couleur noire.
- (Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite}
- Verts.
- Les verts résultent du mélange du bleu et du jaune. Ils s’obtiennent, en général, avec assez de facilité ; leur mordançage varie suivant les matières colorantes qu’on emploie.
- Les procédés pour teindre les étoffes de laine en vert sont nombreux ; mais les méthodes de teinture par le campêche et les jaunes d'aniline, par le carmin d’indigo et l’ocide picrique, et par les verts d’aniline, sont les plus usitées.
- Quoique les autres méthodes soient d’un usage plus restreint, elles sont encore suffisamment employées pour que nous devions les décrire sommairement. Les voici :
- Verts au carmin d’indigo et au bois jaune ;
- Verts au carmin d’indigo et au curcuma;
- Verts au sulfate d’indigo et au curcuma;
- Vert au sulfate d’indigo et à la gaude ;
- Vert au bleu de cuve et à l’acide picrique ; Vert au bleu de cuve et au jaune d’aniline ;
- Vert au bleu de cuve et à la gaude ;
- Vert au bleu de cuve et au bois jaune ;
- Vert au bleu de cuve et au quercitron.
- Enfin, on obtient avec l’hydrate de ses-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- quioxyde de chrome (vert émeraude) des couleurs dites verts d’eau, qui sont très solides.
- Au sortir du bain de teinture, on doit tenir la couleur des étoffes teintes en vert un peu plus jaune que celle de l’échantillon à imiter, pour cette raison que le jaune tombe toujours un peu au lavage, surtout lorsque la teinture a été composée avec des colorants jaunes peu solides.
- Verts par le campêche et les jaunes d’aniline.
- Le procédé de teinture en vert par le cam-pêche et les jaunes d’aniline ne peut être employé que pour les verts foncés. On donne le fond avec le bois de campêche et on termine la nuance avec le carmin d’indigo. Cette méthode est la plus économique pour produire les gros verts ; aussi est-elle très répandue.
- Les étoffes destinées à être teintes par ce procédé n'ont pas besoin d’un dégraissage parfait ; un simple passage au bain de carbonate et un bon rinçage suffisent généralement.
- Cette méthode suit la règle générale des teintures aux bois : elle nécessite deux bains différents : le bain de bouillon et le bain de teinture ou bain de rabat.
- Bouillon. — Le bain de bouillon ou mordançage se prépare de la manière suivante : dans un bain bien fait, c’est-à-dire dans lequel on a déjà opéré plusieurs bouillons, on met, pour 100 kilos de laine : ‘
- 5 kilos d’acide sulfurique ;
- 3 kilos de crème de tartre ;
- 2 kil. 500 de bichromate de potasse ;
- 1 kilo de sulfate de cuivre.
- On rentre à froid sur l’acide et on met les autres ingrédients vingt minutes après. On commence à chauffer quinze ou vingt minutes plus tard, puis on élève progressivement la température du bain jusqu’à l'ébullition. On manœuvre les étoffes pendant deux heures à cette température. On les abat, on les évente, on les plie et on les laisse reposer vingt-quatre heures sur le mordant avant de les teindre.
- Le bain de bouillon ne se vide pas après
- chaque opération ; il .peut se conserver sans inconvénient pendant un mois, si on a soin de remplacer, après chaque opération, le liquide manquant par de l’eau, et de le faire bouillir au moins une fois par jour quand on ne s’en sert pas.
- On garnit un bain neuf avec le double des proportions données ci-dessus.
- Teinture ou rabat. — Dans une cuve de sapin convenablement remplie d’eau, on met la quantité nécessaire de jus de bois de campêche, ou d’extrait de campêche (1), pour arriver comme fond à la hauteur de la nuance demandée, puis on tourne le bain.
- Cette opération, qui est indispensable pour la bonne réussite de la teinture, se fait de la manière suivante :
- On ajoute au bain peu à peu 1 à 2 0[0 (du poids de la laine) d’acide sulfurique et on paille fortement. Si le bain est tourné dans de bonnes conditions, il prend une teinte jaun^ cognac ; s’il devient rouge, c’est que l’acide sulfurique a été mis en trop grande quantité. Dans ce cas, on est obligé soit de neutraliser l’acide sulfurique en excès par un sel alcalin quelconque (du carbonate de soude par exemple), soit d’écarter le bain, c’est-à-dire d’en vider une partie, de remplir la cuve avec de i’eau froide et de compléter la quantité de jus ou extrait de campêche. Il ne faut donc ajouter l’acide au bain que très prudemment et à plusieurs reprises. On paille et on vérifie la couleur du bain chaque fois qu'on y remet de l’acide.
- Quand le bain est tourné, en entre à les étoffes qui ont subi l’opération du bouillon, on les fait manœuvrer 20 à 30 minutes sans chauffer, puis on élève successivement 18 température jusqu’au bouillon. On les manœuvre pendant 1 heure à cette température; après quoi on échantillonne. On regarnit Sl c’est nécessaire et on fait bouillir de nouveau
- Lorsque la garniture est faite avec du boi5 _________________________________________—
- (1) Le rendement des jus de campêche est d’une supériorité incontestable sur celui des extraits*
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSÜS
- 228
- ou de l’extrait de campêche, il est bon d’attendre une dizaine de minutes avant de chauf • fer le bain. On doit cesser toute garniture avec le bois de campêche au moins 60 ou 75 minutes avant d’abattre. Ce bois étant long à se précipiter régulièrement sur les tissus, pro- • duirait des mals unis et des plaquages si on négligeait de prendre cette précaution.
- On finit la couleur avec le carmin d’indigo : c’est ce colorant qui donne aux verts la richesse de reflet.
- On laisse bien trancher la nuance, puis enfin on abat, on évente et on lave avec soin.
- Ce procédé de teinture produit de bons résultats ; il donne des verts foncés assez nour-Tis et généralement unis. Du reste, si le tran-chage se faisait difficilement, on pourrait ajouter au bain des cristaux de tartre dans la Proportion de 1 à 2 0[0 du poids de la laine.
- On jaunit avec le jaune solide ou le jaune de naphtole, mais de préférence avec le pre-mier produit. On peut également jaunir avec ‘acide picrique qui se comporte très bien dans ‘es teintures au bois de campêche, quoiqu’il soit moins solide que les deux jaunes d’aniline.
- On conserve le bain de teinture indéfini-ment, en ayant soin d’ajouter après chaque opération la quantité d’eau nécessaire pour remplir convenablement le baquet. Plus le bain est vieux, meilleur il est; c’est-à-dire Iue les étoffes s’y teignent et s'y unissent P‘us facilement que dans un bain nouvelle-ment fait.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- Reproduction interdite.) (A suivre.)
- CHIMIE
- APPLIQUÉE A LA TEINTURE DE LA LAINE
- Altérations et dosage des mordants.
- La plupart des matières tinctoriales ne peu-yent se fixer solidement sur les tissus sans "termédiaire d’agents chimiques désignés sou le nom de mordants. Ces agents, qui
- adhèrent au tissu, forment avec la matière colorante une combinaison insoluble appelée laque.
- La pureté des mordants joue un rôle très important dans la teinture des étoffes, surtout lorsque celles-ci sont destinées à être teintes en de certaines nuances claires qui exigent beaucoup de fraîcheur.
- Nous pensons, en outre, qu’un teinturier doit toujours être renseigné sur la composi-des mordants qu’il emploie, ne serait-ce que pour les acheter à leur juste valeur.
- C’est dans le but d'être de quelque utilité à l’industrie si intéressante de la teinture de la laine,que’nous avons entrepris d’étudier ici les altérations et le dosage des principaux mordants qui y sont employés. En voici la nomenclature :
- Acétate de cuivre (verdet cristallisé).
- Acide acétique (acide pyroligneux. — Vinaigre de bois).
- Acide azotique (acide nitrique. —Eau forte).
- Acide chlorhydrique (acide muriatique. — Esprit de sel).
- Acide oxalique (acide de l’oseille).
- Acide sulfurique (buile de vitriol).
- Alun (alun potassique).
- Borax (borate de soude).
- Carbonate de soude (soude du commerce).
- Chlorhydrate d'amoniaque (sel ammoniac).
- Chlorure de sodium (sel marin).
- Chlorure stanneux (sel d’étain)—Protochlorure d’étain).
- Chlorure stannique (oxymuriate d’étain).
- Chromate(Bi) de potasse (chromate rouge).
- Hyposulfite de soude.
- Silicate de potasse soluble.
- Sulfate d’alumine.
- Sulfate de chaux (plâtre).
- Sulfate de cuivre (vitriol bleu. — Couperose bleue).
- Sulfate de fer (vitriol vert. — Couperose verte).
- Sulfate de soude (sel de Glauber. — Sel d’Epsom).
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- 9 H.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Sulfate (Bi) de soude (sulfate de nitrate).
- Sulfate de zinc (vitriol blanc. — Couperose blanche).
- Tartrate (Bi) de potasse (crème de tartre).
- A. — Acétate de cuivre (Verdet cristallisé}.
- 1. L’acétate de cuivre, aussi appelé verdet cristallisé, est un sel qui cristallise en prismes obliques à base rhombe d’un vert bleuâtre. Il est soluble dans trois fois son poids d’eau bouillante.
- On le prépare en mêlant des dissolutions chaudes d’acétate de soude et de sulfate de cuivre.
- 2. Caractères distinctifs (1). — Les caractères distinctifs de l'acétate dé cuivre sont les suivants :
- 1- L’acide sulfurique versé dans une solution bouillante d'acétate de cuivre, se combine avec l’oxyde de cuivre et fait dégager des vapeurs d’acide acétique facilement, reconnaissable à son odeur piquante.
- 2- L'ammoniaque donne un précipité vert d’oxyde de cuivre très soluble dans un excès de réactif. Cette dissolution de l’oxyde de cuivre dans l’ammoniaque produit une belle coloration bleu céleste.
- 3- L’hydrogène sulfuré donne un précipité noir de sulfure de cuivre, un peu soluble dans le sulfhydrate d’ammoniaque.
- 4 4 Le prussiate jaune produit un précipité rouge-brun de ferocyanure de cuivre.
- 5- Une lame de fer bien décapée se recouvre d’une couche de cuivre métallique.
- 3’ Usages. — L’acétate de cuivre s’emploie dans la teinture des noirs.
- 4 Altérations. — L’acétate de cuivre peut être altéré par du sulfate de cuivre, de l’acétate de fer, de l’oxyde de zinc, de l’argile, de
- (1) il est de la plus grande importance de n’employer, dans la recherche des altérations et dans le dosage des mordants, que des réactifs absolument purs.
- la craie ou du plâtre, du sable, du cuivre métallique et des matières organiques.
- Le sulfate de cuivre sera reconnu avec le chlorure de baryum, qui donnera un précipité de sulfate de baryte insoluble dans l’acide nitrique.
- On reconnaîtra Vacétate de fer au précipité rouge-brun volumineux de sesquioxyde de fer que produira l’ammoniaque en excès dans la solution d’acétate de cuivre. Ce précipité est insoluble dans un excès de réactif; il contient également le sel de chaux.
- Pour s’assurer de la présence de V oxyde de zinc, on traitera l’acétate de cuivre par l’acide acétique et par un excès de potasse caustique. On précipite ainsi l’oxyde de cuivre à l’état d’hydrate et sous forme d’un précipité bleu volumineux devenant noir par la chaleur.
- La liqueur, que l’on vient de débarrasser de l’oxyde de cuivre, est soumise à l’action de l’hydrogène sulfuré, lequel donne un précipite blanc de sulfure de zinc.
- Pour reconnaître les autres corps altérants, on traite l’acétate de cuivre par de l’eau pure ou légèrement acidulée : V argile, la craie on le plâtre, le sable, le cuivre métallique et 165 matières organiques tomberont après le repos au fond du vase. En attaquant ce résidu par l’acide chlorhydrique, le carbonate de cha^ fera effervescence et se dissoudra. Le sulfa^ de chaux se dissoudra également, surtout a chaud, mais sans effervescence. Les autres corps ne se’dissoudront pas.
- La solution acide contenant les sels de chaux sera neutralisée avec de l‘ammoniaq"e puis traitée par l’oxalate d’ammoniaque. Il Se forme un précipité blanc a’oxalate de chat? insoluble dans les acides acétique et ox" lique.
- Cette solution acide précipitera également par le chlorure de baryum en présence du sulfate de chaux dissous (précipité de sulfate de baryte produit par la double décomp0 sition du sulfate de chaux et du chlorure de baryum).
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D'AMIENS
- QUESTIONS MISES AU CONCOURS POUR 1885-1886
- La Société industrielle d’Amiens a, dans son assemblée générale du 3 août 1885, mis au concours, pour l’année 1885-1886, un certain nombre de questions. Les prix, qui seront décernés dans une assemblée générale extraordinaire, se composeront de sommes d’argent, de médailles d’or ou d’argent, lesquelles pourront être converties en espèces. Si une question n’est pas complètement résolue, il pourra être accordé, à titre d’encouragement, une récompense moindre que le prix offert.
- Les étrangers sont admis à concourir; mais tous les mémoires doivent être rédigés en français, n’être pas signés, et porter une épitaphe reproduite sur un pli cacheté contenant les noms et adresse de l’auteur et l’attestation que le mémoire, est inédit.
- Les auteurs des appareils qu'on ne pourra juger qu’en les soumettant à des expériences suivies devront se faire connaître en en faisant l’envo.i. Les appareils que l’on rendra aux inventeurs, après le concours, devront etre accompagnés de plans qui deviendront la propriété de la Société.
- Les concurrents devront envoyer leurs ma-nusCrits ou machines, franco^ au président de la Société industrielle, rue de Noyon, 29, à Amiens (Somme), d’ici au 30 avril 1886, terme de rigueur.
- Des médailles d’or aux questions suivantes :
- 28e. — Pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- 29e.— Au meilleur mémoire sur le blanchi-ment du chanvre et des jutes , comprenant tne étude théorique et l’examen des diverses Méthodes employées dans la pratique indus-trielle.
- 30e—Pour un moyen d’augmenter la soli-(ité des matières colorantes artificielles dans a teinture des étoffes produites par les indus-‘ries locales.
- 31e.—A la personne qui trouvera, pour les velours d’Utrecht et les velours de coton, un mode de piétage ou un apprêt réalisant une amélioration sérieuse sur les procédés actuellement en usage dans le département. Les concurrents ne sont pas tenus de faire connaître la composition de l’apprêt qui réalisera les conditions ci-dessus. Ils devront seulement présenter leurs pièces avant le 30 avril 1886, déclarer leur prix de vente et justifier que ces pièces ne sont pas obtenues par des moyens exceptionnels, mais qu’elles appartiennent à une fabrication courante.
- Et 32e. — Peur une composition chimique qui s’appliquerait, au moyen de caractères d’imprimerie, sur les chefs des pièces de tissus de laine ou de coton, et qui serait encore apparente après les opérations de dégraissage et de teinture.
- Nota.— La Société accordera une médaille d’or pouvant atteindre la valeur de 200 fr., à tout mémoire qui lui paraîtra mériter ce prix. Les candidats auront toute liberté de choisir leurs sujets, pourvu qu’ils rentrent dans les études des divers comités :
- 1- Arts et mécanique;
- 2 Fils et tissus ;
- 3- Histoire naturelle, physique, chimie et agriculture ;
- 4- Commerce et économie politique et sociale.
- FORMATION DES MATIÈRES COLORANTES PAR L'ÉLECTROLYSE
- {Suite)
- En employant du chlorhydrate d’aniline chimiquement pur, il n’y avait, dans deux essais électrolytiques, qu’une perte de 19.95 et de 18,25 0(0. Les différences de 3,103 et de 4,803 010 entre les pertes trouvées et la perte théorique proviennent justement des autres produits qui ont été formés par l’électrolyse
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- LE MONITEUR DL EA TEINTURE
- du sel d’aniline à côté du produit principal : le noir d’aniline. Il peut se former par la déshydrogénation d’un sel d’aniline chimiquement pur, par exemple, la violaniline : Cl8 H15 Az3 qui, comme on sait, se forme de l’action d’un corps oxydant sur l’aniline, et qui prend naissance aussi dans la fabrication de la fuschine ; puis l’aniléine de Willm :
- C18 H17 Az3 0.
- Le produit principal de l’électrolise d’un sel d’aniline chimiquement pur, le noir d’aniline est le sel d’une base que M. Goppelsrœder a préparée en décomposant le noir purifié par la solution étendue d'un alcali. Tandis que le noir d'aniline, après purification, se présente sous la forme d’une poudre d’un noir velouté, la base du noir est aussi noire, mais d’apparence cristalline et d’un reflet métallique, comme cela a lieu pour d’autres couleurs d’aniline. D’après M. Goppelsrœder, la formule de cette base est C24H20Az4, elle est tétra-mère et forme facilement avec les acides des sels monoacides. Le noir d’aniline se forme, par exemple, par l’électrolyse d’une solution aqueuse de chlorhydrate d’aniline, d’après l'équation :
- 4 (CS H5 Az H + HCL) - 8H = 4 (C6 H AzH) + 4HCL
- Les quatre restes d'aniline se réunissent pour former une molécule de la base du noir qui se réunit encore avec une molécule d’acide chlorhydrique pour former une molécule du colorant noir.
- M. Jeanmaire, dans son rapport sur une note de M. G. Witz, de Rouen, qui traite de l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline par impression, s’est fondé sur la formule C24 H20 Az4 de M. Goppelsrœder pour la base du noir d’aniline et a employé, pour le développement du noir d’aniline au sel de vanadium, les proportions de chlorhydrate d’aniline et de chlorate de potassium qui correspondent à cette formule. M. Jeanmaire a trouvé que la réaction qui donne naissance au noir d’aniline s’exprime par l’équation .
- 12 (C6 H5 Az H2.HCL) + 4 (KCLO3) = 3 (C24H20 Az4.HCL) + 12(H2 O) + 4(KCL) + 9 (HCL).
- Je ne parlerai pas ici des études que M. Goppelsrœder a faites sur le noir d’aniline électro-lytique et sur des noirs d'aniline obtenus par des moyens purement chimiques. Je mentionnerai seulement qu’il l’a soumis à des métamorphoses au moyen desquelles il est arrivé à d’autres matières colorantes ainsi qu’à une cuve au noir d’aniline qui contient du noir d’aniline hydrogéné blanc comme la cuve d’indigo contient le blanc d’indigo. En trempant la fibre textile dans une cuve au noir d’aniline et en l’exposant ensuite à l’air, il y a régénération et fixation simultanée du colorant noir sur la fibre.
- II. Si l’aniline contient l’un ou l’autre de ses homologues, les toluidines, xylidines, etc., il y a encore, dans l’électrolyse de la solution de ses sels, formation des produits de déshydrogénation de ces homologues et de leurs mélanges. Si l’aniline contient de la toluidine, il peut se former, par exemple, de la mauvani-line G19 H17 Az3, qui prend naissance dans la fabrication de la fuchsine et qu’on peut préparer en faisant agir certains corps oxydants sur un mélange d’aniline et de toluidine, dans lequel la première base prédomine. Il peut de plus se former de la rosaniline C20H19Az3, de la leucaniline C20 H24 Az3, de la chrysotolui-dine C21 H21 Az3, qui est un produit de déshy-drogénation de la toluidine.
- Quand les solutions bouillantes des sels d‘a niline sont additionnées d’aniline en excès oU d’ammoniaque, il y a principalement forma tion de colorant violet et rouge, à côté de brun Une solution de l’aniline appelée « anilipe lourde pour rouge » et imparfaitement saturee par l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique donne, en outre du colorant rouge, encore un peu de violet et de jaune. Une solution acid9' lée de chlorhydrate ou sulfate d’orthotoluidine donne au pôle positif, comme produit princr pal, du vielet, à côté de petites quantités de rouge, vert et brun ; ainsi que l’éméraldine
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- verte ou du noir d’aniline et du jaune. Le sulfate de métatoluidine a donné, d’après la manière d’opérer, comme produit principal, du brun à côté de rouge et de violet, ou du violet et du rouge, à côté de brun et d’un peu de jaune. Le sulfate de paratoluidine a donné, comme produit principal, du brun à côté d’uu peu de rouge et de très peu de jaune. Le sulfate de xylidine donne un colorant brun, à côté de traces de jaune.
- Des solutions acidulées par l’acide sulfurique de mélanges des sulfates des différentes bases, donnent des quantités relativement variables de brun, rouge violet, éméraldine ou noir et jaune. Les sels de la méthylaniline donnent, au pôle positif, un colorant violet; ceux de la diphény lamine, un bleu; ceux des mélanges de dyphénylamine et de ditoluyla-mine, un bleu. Le phénol, en solution aqueuse acidulée, donne un colorant brun ; les sels de naphtylamine, un colorant violet, à côté d'une Petite quantité ou de simples traces de brun, de jaune et de rouge.
- Le naphtol, en solution aqueuse, additionnée d’acide sulfurique, donne au pôle positif, comme produits principaux, un colorant jaune «‘or, avec fluorescence verte et un colorant brun, ainsi que très peu de colorant rouge.
- En présence de beaucoup d’acide chlorhy-drique, de chlorures, chlorates, etc., il y a, Par suite du dégagement de beaucoup de chlo-re, formation d’autres produits.
- On obtient d’autres résultats, si l’électrolyse des solutions des mêmes matières aromati-I-es a lieu en présence de nitrates. Ainsi, Par exemple, une solution aqueuse de salpêtre "cidulée d’acide sulfurique donne sur l'élec-trode positive un produit brun si elle a été mélangée de naphtol, et, comme produit prin-Cpal, du brun, à côté de très peu de jaune et de traces de rouge si elle a été mélangée de Phénol.
- Les solutions acidulées des sulfates de l'a-"iline et de ses homologues donnent, addition-ees d’un poids moléculaire de salpêtre sur "n Poids moléculaire de la base, les résultats
- suivants : le sulfate d’aniline pur donne, à côté du noir d’aniline, principalement du brun et du jaune, avec un peu de rouge et de violet, pendant que dans les mêmes conditions, mais en employant au lieu du sulfate le nitrate d’aniline, il se forme à côté de beaucoup de brun et de jaune une assez grande quantité de rouge-orange.
- Le sulfate d'orthotoluidine donne un peu d’éméraldine et de noir d’aniline, beaucoup de brun et de jaune d’or, à côté de rouge, d’orange et de violet. Le sulfate de métatoluidine ainsi que le sulfate de paratoluidine donnent du brun et du jaune d’or à côté d’un peu d’éméraldine et de noir.
- Une solution de sel de rosaniline additionnée d’alcool méthylique, d’un peu d’acide sulfurique et de très peu d’iodure de potassium donne, soumise à l’action du courant, au pôle positif, le violet Hoffmann.
- Toutes ces réactions électrolytiques peuvent, d’après M. Goppelsrœder, rendre service dans l’analyse pour reconnaître la présence de petites quantités et même de traces des matières aromatiques pures ou mélangées. On peut même, si cela est nécessaire, opérer la réaction électrolytique sous le microscope. (A suivre.)
- LA FABRICATION
- ET LE COMMERCE DES TAPIS ORIENTAUX
- EN RUSSIE
- Depuis que la question de l’Asie centrale préoccupe à un si vif degré tous les esprits en Russie, la plupart des journaux attirent l’attention de leurs lecteurs sur les avantages que le commerce européen en général et le commerce russe en particulier seraient appelés à retirer, non seulement au point de vue politique, mais surtout au point de vue économique, de l’annexion de toute la région trans caucasienne confinant au Turkestan. Ils signalent déjà la concurrence que les représentants du commerce anglais et français vien-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nent faire aux négociants du pays sur les marchés orientaux, où ils se rendent acquéreurs d’étalons de race pour leurs haras, de tapis, d’étoffes précieuses et de produits divers.
- Le commerce des tapis turkomans et persans est devenu notamment l’objet de transactions importantes et les représentants du commerce étranger n'en achètent pas seulement de grandes quantités à Bakou et à Ti-flis, mais ils visitent également les principaux centres de production pour observer sur place les divers procédés de fabrication.
- Les tapis du Daghestan, que l’on fabrique en grande partie à Derbent et à Schouscha, sont actuellement fort recherchés, mais les plus rares et les plus appréciés sont les tapis que les Persans emploient pour leurs prières et qui se distinguent par un dessin original, la disposition harmonieuse des couleurs et la finesse de la laine employée.Ils constituent le plus ancien objet de luxe et d’ornement de l’extrême Orient et l’on en trouve parfois quelques-uns qui datent de plus d’un siècle et que les familles se transmettent de père en fils, jusqu’au moment où ils tombent entre les mains de marchands riches et habiles.
- Les principaux centres de production de ces tapis se trouvent dans les provinces du Kho-rassan où de l’Irok-Adjemi, où de nombreux ouvriers sont employés à leur fabrication.
- Les plus recherchés sont fabriqués dans le Kermann et le Paraghanlt tissés exclusivement avec le poil des chèvres du Kerman, du Khorassan et du Kourdistan, dont la finesse et l’éclat particulier sont attribués au mode d’élevage des troupeaux. Le toison de ces chèvres présente des teintes différentes qui permettent d’en faire des dessins très variés. Pour les teindre, on emploie les couleurs in diennes et persanes obtenues de certaines plantes, racines, bourgeons et feuilles d'arbres soumises à la fermentation.
- Les couleurs les plus répandues sont le bleu, l’orange, le jaune, le grenat et le vert.
- Pour s’assurer de la qualité d’un tapis, les
- Orientaux ont l’habitude d’en approcher un charbon ardent. Si la brûlure disparaît sans laisser aucune trace, le tapis est considéré comme bon, mais s’il conserve une marque quelconque, il perd les 3[4 de sa valeur. On n’emploie d’ailleurs pour les fabriquer, ni machines, ni métiers d’aucune sorte ; ils sont entièrement confectionnés à la main et ce travail exige beaucoup de peine et de patience.
- Les procédés de fabrication employés en Perse ont été introduits avec succès aux Indes où la production s'est rapidement développée, notamment à Cahore et à Mizapore. Quant aux produits de l’Asie mineure, connus sous le nom de tapis turcs, il sont beaucoup moins appréciés et d’un prix moins élevé. Les plus beaux sont fabriqués dans la province d’Aden et aux environs de Smyrne d’où ils sont expédiés en quantité considérable sur tous les marchés européens.
- On leur préfère cependant ceux du Maroc, fabriqués aux environs de Tanger : mais, après les tapis persans qui sont toujours préférés par les connaisseurs, les tapis turco-mans, et ceux du Daghestan en second rang, sont les plus appréciés sur les marchés orientaux.
- Boyard,
- Consul général de France à Varsovie
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en commandite F. Senaut et Cie, tissus de laine, écrus et teints, rue Hauteville,34.-. Durée; 8 ans. — Cap. : 300,000 fr. dont 100,000 fr. en espèces. — Acte du 15 septembre. — G.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Rougier a vendu à M. Lafond, boul. Voltaire, 290, chez M. Lafond, 1er octobre," fonds de teinturerie, faub. St-Antoine, 11:
- Mlle Thilliet a vendu à Mlle Girot, rue Régis, 4, chez M Blondinat, 1er octobre, , fonds de teinturerie, rue du Cherche-Midi, 120
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29- Année, N° 20. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 1885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES (suite).
- CHIMIE APPLIQUÉE A LA TEINTURE DE LA LAINE [(svite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- FORMATION DES MATIÈRES COLORANTES (suite et fin).
- TARIF DOUANIER.
- JURISPRUDENCE-
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A TEINDRE
- Par M. Cuignet
- L’appareil est destiné à la teinture des fils en écheveaux et vise particulièrement une économie de main-d’œuvre. Au-dessus de la cuve ou « barque » sont disposées des palettes transversales qui, tour à tour, sont transfé-rées, avec les fils qu’elles supportent, d’un bout à l’autre de la machine, tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche. Ce déplacement alternatif est produit par l’intermédiaire de deux arbres, situés de chaque côté de la cuve et munis d’une double rainure héliçoïdale à directions opposées. Lorsqu’une Palette a dépassé dans un sens le centre de la cuve, elle glisse sur un plan incliné qui la met en prise momentanée avec une commande Par engrenages, et fait un nombre de tours ^Présentant le développement de l’écheveau. Les parties qui se trouvaient hors du liquide baignent dans la teinture et, réciproquement, les parties immergées viennent s’oxyder à "air. S’il convient de renouveler le bain ou d enlever les écheveaux teints, un cadre ho-"iZontal, monté sur galets, permet l’extraction
- simultanée et le transport des écheveaux hors de l’appareil.
- MACHINE A ÉPEUTIR Par MM, Grosselin père et fils.
- Les « épeutisseuses » connues sont basées sur le va-et-vient de deux peignes à dents fines et coupantes qui, au contact de l’étoffe, enlèvent les nœuds et boutons saillants. Le système a été appliqué avec succès aux tissus ras en laine peignée, aux cotonnades, c’est-à-dire à des étoffes relativement fines. MM. Grosselin père et fils décrivent un dispositif qui convient, au contraire, aux étoffes épaisses, à la draperie en laine cardée ou peignée. La machine brevetée est entièrement comparable à une tondeuse dite « longitudinale », avec cette différence que le cylindre à lames héliçoïdales est remplacé par un cylindre à pointes d’aiguilles effilocheuses. L’étoffe étant tendue sur la « table » de la nouvelle épeu-tisseuse, les aiguilles (presque tangentes à la lame femelle) saisissent et enlèvent toutes les aspérités anormales de la surface drapée.
- LAVOIR DE LAINES
- Par M. Deletombe et la Société Prouvost et Cie.
- Ce lavoir est à marche continue et le renouvellement constant de l’eau est complété par l’épuration simultanée du liquide chargé de matières grasses.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le procédé s’applique aux bacs juxtaposés de niveau aussi bien qu’aux bacs superposés. Nous prendrons la dernière disposition à titre d’exemple. Au sortir de chaque cuve, la laine est, comme d’ordinaire , essorée par une presse qui la transporte dans le bac suivant ; seulement, au lieu de laisser retomber le liquide exprimé dans le bac inférieur, les brevetés le reçoivent dans une sorte de « noue » placée sous la presse. En dessus de cette gouttière, une grille retient les fibres qui pourraient se trouver entraînées avec le liquide ; l’eau savonneuse chargée d’impuretés se rend, à travers une conduite cylindrique (fixée latéralement au lavoir) dans un sac filtrant. Les matières terreuses, les corps solides se trouvent ainsi retenus, le liquide tombe dans un réservoir rectangulaire communiquant, au moyen de deux robinets symétriques, avec les deux compartiments d’un second bassin où s’effectue l’épuration chimique. L’épuration ne présente pas de particularités et résulte de la saponification par un acide. Les corps gras montent à la surface et se séparent par décantation de l’eau de lavage qui peut servir de nouveau.
- Au fur et à mesure que les appareils esso-reurs rejettent hors des bains une certaine quantité de liquide sale, un robinet d’eau pure, dont le débit est proportionnel au volume extrait, alimente régulièrement chaque section du lavoir ; un compteur spécial fournit, dans le même temps, la dissolution savonneuse correspondante.
- MACHINE A ÉCHARDONNER ET A ÉPAULER LES LAINES Par MM. Delattre frères et Cie.
- La laine est étalée sur une toile sans fin identique aux toiles alimentaires des cardes. A la suite et dans un même plan horizontal sont disposées trois ou quatre toiles sans fin, munies de barrettes dentées ; au-dessus et transversalement tournent des hérissons cylindriques. Barrettes et hérissons présentent des dentures de plus en plus fines et fournis
- sent un développement progressivement accéléré, de manière à ouvrir, à étirer les fibres et à faire tomber une notable quantité de pailles. Les chardons, plus adhérents aux filaments, sont détachés sur deux « roule-ta-bosse » successifs, travaillant avec des cylindres échardonneurs. Entre les roule-ta-bosse existe une toile à barrettes comparables aux premières.
- L’ensemble a pour but de supprimer les cylindres échardonneurs derrière la carde et de fournir néanmoins à cette machine une matière mieux épurée, plus facile à traiter.
- FLANELLE IRRÉTRÉCISSABLE Par M. Roux.
- M. Roux s’est proposé la fabrication d’une flanelle qui réunisse à l’élasticité des étoffes à mailles tricotées, la fixité de dimensions des tissus à entrecroisements rectilignes. Pour obtenir ce résultat, le breveté emploie des fils fabriqués avec des laines de provenances directes, se comportant tout différemment sous l’influence des mêmes actions calorifiques et hygrométriques.
- De plus,M. Roux substitue au blanchiment par le soufre, dont l’odeur persiste longtemps, un apprêt à base d’amidon et d’indigo, lar-gement étendu d’eau.
- TRIAGE DES CHARDONS NATURELS Par M. Schraeber.
- Les chardons naturels, qui servent au gar-nissage, à l’apprêt des étoffes, possèdent des dimensions très variables, depuis 2 jusqu’à 12 centimètres de longueur, 2 à 5 centimètres de diamètre. Le mode de triage actuel « au jugé » exige un personnel expérimenté, prend beaucoup de temps et ne présente pas le conditions d’exactitude nécessaires.
- M. Schraeber dispose sur un cadre hork zontal, un premier calibre (ou jauge angu' laire) formé de deux tringles entre lesquelle le trieur fait glisser le chardon, en le tenant par la tige, jusqu’à ce que la base et le son
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- met touchent auxdites tringles. Une échelle numérotée indique le casier correspondant, dans lequel l’ouvrier jette aussitôt le chardon, à moins que ce casier ne soit relié directement avec la jauge par un canal ou gouttière inclinée dans laquelle il suffit de laisser glisser le chardon.
- Une disposition analogue et distincte sert au triage basé sur le diamètre ; toutefois les deux appareils de calibrage peuvent être réunis sur un seul cadre, de manière à éviter une double manipulation.
- ENCOLLAGE ET SÉCHAGE DES RUBANS Par M Mesnil.
- L’appareil sécheur se compose d’une ca-landre à trois cylindres : le cylindre inter-médiaire est en métal évidé et chauffé au moyen d’un boulet rougi au feu, les deux au-tres rouleaux sont en papier et commandés Parle premier, de manière à tourner à la mê-|1116 vitesse.
- En avant de la calandre, à 1 m. 50 environ, eSt établie une auge contenant l’apprêt : c’est Un mélange de colle de Flandre et de borax dissous dans l’eau. La dissolution est main-tenue à une température convenable par une conduite inférieure chauffée (comme la ca-landre) à l’aide d’un boulet rouge. Dans la eolle tourne un rouleau en ferblanc, recou-vert de flanelles , qui fournit au ruban la Lantité voulue d’apprêt.
- Le cylindrage et le séchage s’effectuent im-mediatement,
- sans glaçage, au contact de la fonte et du papier.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 168254. 14 avril; Société D. Gantillon etCie. Machine à baigner à la règle les tissus en 8enéral, et particulièrement les tissus satins, et Permettant d’effectuer trois opérations si-"ltanément.
- • appareil qui fait l’objet du brevet est con-tué d’un double système d’appareils sup
- porté par des planches superposées et comprenant :
- l' Un premier baignage à la règle suivi d’un calandrage au moyen de cylindres ;
- 2* Un renvoi de l’étoffe, qui subit un deuxième baignage à la règle et un deuxième calandrage, et s’enroule enfin sur un tambour.
- 168272. 14 avril ; Pfeiffer et Loude. — Perfectionnements aux machines à polir les étoffes.
- 168280. 15 avril ; Société Peltzer et fils, — Appareils à teindre les textiles en bobines, applicable également à la teinture des étoffes.
- L’appareil est constitué par une caisse en double fond, dont le fond supérieur, percé de trous, porte des récipients fermés dans lesquels on place les bobines à teindre. Les couvercles hermétiques de ces récipients sont traversés par un tube perforé qui reçoit le liquide venant de la circonférence et le rejette à l’extérieur de la caisse, où une pompe aspirante le puise pour le renvoyer de nouveau sur les matières colorantes.
- L’appareil fonctionne de la manière suivante :
- Une pompe foulante refoule le liquide coloré entre les deux fonds de la caisse ; ce liquide pénètre dans les récipients fermés et traverse, en allant de la circonférence au centre, la matière à teindre. Le liquide épuisé est repris avec une pompe aspirante, comme il a été dit. On peut changer le sens du mouvement et refouler du centre à la circonférence. Des tampons, supportés par des tiges à crémaillère, permettent d’ouvrir ou de fermer les ouvertures faisant communiquer les récipients avec le double fond de la caisse.
- 168802. 17 avril ; Estève et Astruc. — Machine dite: Lisseuse transversale.
- Cette lisseuse ou repasseuse transversale s’applique à tous les tissus, mais principalement aux tiseus rayés en travers. Elle se compose d’une table dont les pieds portent des galets pouvant rouler sur un chemin de roulement quelconque. Au-dessus de cette table, un cylindre chauffé à la vapeur est animé d’un
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- mouvement de rotation et peut s’appliquer sur un tissu étendu sur la table. En donnant à celle-ci un mouvement de va et vient, on lissera ou calandrera les étoffes dans le sens transversal, si l’étoffe est disposée transversalement par rapport au rouleau.
- 168397. 23 avril; Chavanne. — Machines à teindre les textiles.
- L’appareil breveté est formé d’une cuve animée d’un mouvement de rotation et portant en son milieu un récipient perforé, autour duquel sont disposés les écheveaux à teindre. Par suite du mouvement de rotation, la partie du liquide la plus chargée en matières colorantes, et, par suite, la plus dense est refoulée à la périphérie, où un système de manches la reprend pour la déverser dans le récipient central, qui la restitue à son tour à la cuve, en lui faisant traverser de nouveau les écheveaux à teindre. J. FAYOLLET.
- TEINTURE EN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes Diverses variétés de teintures en pièces {Suite.}
- Peu à peu, sous l’influence de la chaleur croissante, les tons rouges, noirs et puces se développent, de même les fonds blancs se chargent en chamois,
- il est indispensable de monter très graduellement la chaleur pendant quatre ou cinq heures, pour éviter de plaquer. Puis l’on termine en donnant un tour de bouillon, soit par le feu nu, soit par le serpentin à vapeur. L'ébullition par la vapeur à l’aide de rameau percillé ne suffit pas. Dans cette dernière condition, jamais l'on atteint 100°, le tourbillonnement de l’eau fait que l’on est toujours en dessous de 4 à 50,
- Les foulards sortis du bain de teinture sont refroidis, puis rincés à grande eau, pour les dégorger du son, débris de garancine et de’ sang coagulé.
- On leur fait alors subir un léger savon à
- 60° de chaleur, additionné d’une petite quantité de sel d’étain, pour dépouiller les fonds et aviver les rouges, puis on rince et l’on sèche.
- Le lecteur remarquera que les violets ont été laissés de côté. En effet, dans les foulards soie, cette couleur si usitée dans les garances coton n’est presque jamais demandée. Je ne me suis jamais expliqué le pourquoi.
- Je termine en revenant sur la question des fonds chamois ; lorsqu’on teint à l’alizarine artificielle pure, il faut une teinture subséquente pour faire les fonds. Néanmoins, il se demande quelquefois des foulards à fonds aussi dépouillés que possible et presque blancs; dans ce cas, l’alizarine artificielle convient parfaitement.
- Il se peut même que le sumac, même celui de Sicile, apporte trop de fond ; dans ce cas, on peut employer des extraits de sumac donnant sur coton des fonds complètement blancs. Je suis à la disposition des intéressés, pour une méthode de préparation des extraits de sumac, ne donnant aucune nuance au coton.
- Dans les garanceries pour foulards, on fait quelquefois de la teinture en flotte sur soie et en rouge garance pour l’ameublement. Encore ici le garançage n’a aucun rapport avec Ie rouge sur coton.
- On cuit les soies, après rinçage on les mor dance en acétate d’alumine, on sèche, on passe on bouse, on débouse et l’on teint en garancine ou alizarine artificielle, avec 165 mêmes précautions que pour les foulards. Néanmoins, quoique les précautions soient 165 mêmes, on ne fait jamais suivre une partie de flotte, sur un bain pour pièces. On teint tot jours séparément.
- Des indiens jaunes.
- Au commencement de ce siècle, les Anglats en appliquant le quercitron dans les garance) coton, on obtenu des effets nouveaux connu sous le nom dans l’application « d‘Indien5 jaunes ». Les garancés étant finis, avec leu divers dessins et couleurs, on teint uniforme ment en quercitron, qui donne par conversion des couleurs surmontées de jaune ou d‘oll"e
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- des effets nouveaux et des fonds jaunes sur les blancs. Ces genres sont très solides.
- J’ai constaté leur fabrication à Avignon et à Toulouse. Dans cette dernière ville, ils sont exploités par de puissantes maisons sur le , quai de Tounis. Valence-sur-Rhône en a fait aussi quelque peu.
- Autour de 1840, M. Sanial, de Valence-sur-Rhône, du Cheylard et de Tournon (Ardèche), a introduit ce genre dans les foulards soie, en remplaçant le quercitron par le curcuma.
- Après le garançage et l’avivage des foulards, on teint en curcuma d’une manière uniforme. On obtient des fonds dorés très beaux ; de même des effets de conversion.
- Ce mot de conversion devant revenir fréquemment dans mes écrits, je dois aux lecteurs non au courant sa définition exacte. Il y a conversion toutes les fois qu’une couleur se superpose à une autre au point exact de la superposition.
- Exemple : une bande de rouge est coupée Par une autre à angle droit par une bande de jaune. Il y aura alors un orange par conversion au point d’intersection du rouge et du jaune et du rouge et du jaune.
- Les couleurs par conversion demandent des coloristes de première force, car dans le même exemple tous les jaunes, quoique de même ton, vus isolément, en recouvrant des rouges identiques, ne donneront pas des oranges identiques par conversion. Il sera facile de sen rendre compte, en passant du jour à la lumière artificielle qui exerce des effets très curieux sur les couleurs composées. Ces der-nières peuvent être identiques de jour et ne plus se ressembler à la -lumière artificielle, sauf à l’éclairage électrique.
- Chose curieuse, le curcuma, très peu solide, sait cependant bonne figure dans les indiens jaunes, où il est renforcé par le fonds de sumac. Malgré ce, il ne vaut pas le quercitron.
- Les citronines AA. A AAA et le jaune N., de la Société anonyme des matières colorantes de Saint-Denis, peuvent, dans les indiens Jaunes, remplacer le curcuma.
- Indiens verts.
- A la même époque de la production des indiens jaunes parurent des genres différents résultant de la combinaison des couleurs garan-cées, du quercitron et du bleu de cuve d’indigo par voie d’impression. Ces genres furent connus sous les noms de lapis et de cachemires. Ils sont le résultat d'un mélange de couleurs très solides : garance, indigo et quercitron ; par voie d’impression, de teinture et de conversion, auxquelles s’ajoutent quelquefois des effets dits de camaïeux.
- Ici, je dois aux lecteurs non au courant de cette expression, comme pour celle de con-version, une explication, car elle se reproduira dans mes prochains écrits.
- Imaginons une rose épanouie dans toute sa splendeur, et regardons-la de face, nous verrons du centre à la circonférence un fondu de couleur allant du rose clair au rose foncé, au rose rouge. Or, si nous voulons reproduire cette rose par voie d’impression, il nous faudrait faire un fondu interminable du centre à la circonférence, ce qui n’est pas possible. On remplace alors ce dégradé par des teintes plates superposées, comme dans le lavis des machines.
- Ainsi, du centre à la circonférence, on fera quatre tons bien différents faisant camaïeux en quatre tons, c’est-à-dire que le rouge de la circonférence, très foncé, sera dégradé comme couleur de 25 0[0 ; dans le deuxième ton, de 50 0[0 ; dans le troisième ton, 75 0[0, et dans le quatrième au centre. Bref, le camaïeux n’est autre chose que du lavis à teintes plates.
- suivre)
- s.
- Encollage des cotons en fuseaux de filature.
- Il s’est fait à Lyon une révolution dans l’encollage et parage des cotons en fuseaux de filature au moyen de broches articulées, procurant une économie variant, suivant les numéros, de un à trois francs par kilog. et de plus une économie considérable de temps et de manipulation. Pour tous renseignements et
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- essais à faire, les lecteurs intéressés sont | priés de s’adresser directement à notre adresse, | au bureau du journal, à Paris, comme pour les extraits incolores de sumac. Les renseignements n’étant pas du domaine public et n’étant pas notre propriété personnelle, nous ne pouvons les livrer à la publicité.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- CHIMIE
- APPLIQUÉE à LA TEINTURE DE LA LAINE
- Altérations et dosage des mordants. (Suite)
- 5. Dosage. — Les principaux éléments à doser sont le cuivre, le fer, le zinc et la chaux.
- Pour faire le dosage de différents corps, on dissout un poids déterminé de l’acétate de cuivre à doser (10 grammes, par exemple) dans un volume connu d’eau distillée (supposons 500 centimètres cubes).
- Nous avons déjà dit qu’en traitant l’acétate de cuivre par l’eau distillée, l’argile, la craie ou le plâtre, le sable, le cuivre métallique et les matières organiques restaient indissous. On filtre cette dissolution.
- La liqueur filtrée, que nous nommerons liqueur L, ne contient donc plus les corps que nous venons d’indiquer.
- l' Dosage du cuivre. — On opère sur un certain volume (50 centimètres cubes, par exemple) de la liqueur L. On dose ici le cuivre à l’état de sulfure, parce qu’il se trouve en présence d’oxydes métalliques précipitables par la potasse. Pour cela, on sature la liqueur par un courant d’hydrogène sulfuré lavé (1;; il se forme un précipité noir de sulfure de cuivre. L’action du gaz sulfhydrique est complète, quand la liqueur étant filtrée, ne précipite plus par un nouveau passage de ce gaz. Lorsque le cuivre est complètement précipité
- (1) L’hydrogène sulfuré se nomme aussi acide
- sulfhydrique et gaz sulfhydrique.
- par l’hydrogène sulfuré, on recueille le sulfure sur un filtre, et on le lave immédiate-1 ment et sans interruption avec de l’eau pure et bouillante, ou mieux encore avec de l’eau contenant de l’acide sulfhydrique. On le sèche ensuite dans une étude chauffée à 110 degrés centigrades, en le laissant enveloppé dans le filtre; puis on le détache du filtre et on le met dans un verre bien sec, en ayant soin de le couvrir avec une plaque de verre.
- Ces diverses recommandations divent être suivies très exactement, afin d’empêcher qu’une partie du cuivre soit entraînée par les eaux de lavage à l’état de sulfate, car, au contact de l’air, le sulfure de cuivre se sulfa-tise avec une extrême rapidité.
- On met le filtre dans un creuset de porcelaine préalablement taré et on l’arrose avec quelques gouttes d’acide azotique. On évapore l’excès d’acide, on couvre le creuset et on le chauffe lentement d’abord, puis on le découvre et on le porte au rouge. On laisse refroidir le creuset après l’avoir recouvert ; on y met le précipité de sulfure de cuivre avec un peu de soufre; on le recouvre ensuite, puis on le calcine à plusieurs reprises et toujours en présence du soufre.
- Le creuset, muni de son couvercle, est pese après refroidissement, puis chauffé de nouveau au rouge, et remis sur la balance. Si Ie premier poids trouvé est semblable au second, c’est que la dessiccation est complète, sinon on la recommence jusqu’à ce qu’on trouve Ie le même poids dans deux pesées successives.
- Le précipité de sulfure de cuivre a donne naissance, par sa calcination avec le soufre, " un poids de protosulfure cristallin Cu2S. De ce poids on déduit celui du cuivre Gu, en mul-tipliant CuS par le facteur 0.79836 et en divi sant par 2, ce qui s’écrira
- Cu-Sx 0.79836
- 2
- Pour avoir la proportion centésimale du cuivre contenu dans l’acétate de cuivre so" mis à l’analyse, on multiplie le précédent pr°
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- as
- CO c
- duit par 100 et on divise parle poids d’acétate de cuivre employé.
- Voici le calcul :
- Cu2 Sx0.79836X100 2x1 000
- X% de Cu
- Or nous avons dissout 10 grammes d’acétate dans 500 centimètres cubes de cette liqueur, c’est-à-dire sur 1 gramme de matière. 31 gr. 50 de cuivre métallique correspondent à 99 gr. 50 d’acétate neutre de cuivre chimiquement pur.
- Le dosage du cuivre peut aussi s’effectuer en le précipitant sous la forme de sulfure, en décomposant le sulfure avec e l’acide azotique, en transformant le cuivre en oxyde hydraté et en calcinant cet oxyde.
- Pour cela, on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une nouvelle portion de la liqueur L (50 centimètres cubes) contenue dans un verre à précipiter. Lorsque la précipitation est complète, on couvre le vase et on laisse le précipité se rassembler au fond du verre. On filtre le liquide, puis on lave le pré-CIpité avec de l’eau contenant de l’acide sulfhy-drique, afin d’empêcher qu’une partie du sul-Gure ne passe à l’état de sulfate et ne se dis-solve On fait sécher le sulfure et on le met à "abri de l’air dans un ballon couvert. On place le filtre dans un creuset, on l’arrose avec “nelques gouttes d’acide azotique. On chauffe le creuset d’abord lentement pour chasser excs d’acide, puis au rouge. On laisse re-froidir le creuset, on dissout le résidu qui y est contenu avec de l’acide azotique, puis on verse cette solution sur le sulfure qui a été mis dans e ballon. On verse de l’acide azotique mé-angé avec un peu d’acide chlorhydrique sur e sulfure et on chauffe un peu pour activer la dissolution. On filtre la liqueur, on lave le fltre. On chauffe la solution à une tempéra-"re voisine de l’ébullition, puis on y ajoute "ne solution étendue de potasse caustique, en "vant soin de maintenir la même température. Loxyde se précipite sous la forme d’un préci-Pité bleu volumineux qui devient noir par la chaleur. On filtre, on lave avec de l’eau chaude
- et on le fait sécher, après quoi on dépose le précipité sur une soucoupe de porcelaine ou sur du papier glacé. Le filtre est mis dans un creuset, arrosé avec de l’acide azotique, puis chauffé au rouge. Lorsque l’incinération du filtre est achevée, on fait refroidir le creuset, on y met le précipité, on le couvre et on le chauffe lentement. On découvre ensuite le creuset, puis on le chauffe au rouge. On fait refroidir le creuset à l’abri de l'air, puis on le pèse promptement. Le poids énoncé par cette pesée, moins celui du creuset, donne le poids de l’oxyde de cuivre anhydre Cu 0, lequel multiplié par le facteur 0.79874, donne le poids du cuivre.
- Cu = Cu 0 X 0.79874
- Pour arriver à des résultats aussi justes que possible, on doit employer, pour filtrer, des papiers en cellulose pure, lesquels ne laissent aucun résidu après l’incinération.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Verts par le carmin d’indigo et l’acide picrique.
- Cette méthode de teinture en vert est d’un usage extrêmement répandu. Elle est surtout applicable aux verts clairs, lesquels demandent presque toujours une grande fraîcheur. Son coût est très élevé.
- Les étoffes destinées à être teintes en vert clair doivent être soigneusement dégraissées et détachées.
- Il faut avoir soin d’opérer sur un bain fait, et dans des baquets qui ne soient pas susceptibles de communiquer au bain des colorants capables de nuire à la vivacité des couleurs.
- On mordance, pour 100 kilos de laine, avec 5 kilos d’acide sulfurique,
- 10 » de sulfate de soude, pour un bain fait.
- Les proportions pour un bain neuf sont de 10 kilos d’acide sulfurique, 20 » de sulfade de soude.
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- CC
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le mordant liquide suivant donne de bons résultats.
- Pour 1000 litres d’eau :
- 70 kilos d’acide sulfurique à 66 B.,
- GO » de sulfate d’alumine,
- 130 » de sulfate de soude.
- Dans une cuve contenant la quantité d’eau nécessaire, on en met, pour 100 kil. de laine :
- 50 kilos pour un bain neuf, et
- 30 » pour un bain fait.
- Lorsque le bain est mordancé par l’une ou l’autre de ces deux méthodes de mordançage, on y entre les étoffes. On les fait manœuvrer 10 à 15 minutes sans chauffer, afin de les bien humecter, puis on élève progressivement la température du bain jusqu’à l’ébullition. Après 10 ou 15 minutes de bouillon, on arrête l’ébullition et on ajoute les colorants.
- On chauffe de nouveau, et on maintient le bain à la température de 90 ou 95° centigr. jusqu’à la nuance voulue. Ensuite on abat,on évente et on lave dans une eau bien claire.
- On doit tenir la nuance, au sortir du bain de teinture, plus jaune que l’échantillon à imiter, parce que le jaune se dégrade au lavage, surtout lorsqu’il a été produit avec l’acide picrique.
- Pour jaunir, on emploie soit l’acide picrique, soit le jaune de naphtole qui lui est supérieur comme solidité. Dans l’emploi de ce dernier colorant, on peut ajouter au bain un peu de bichlorure d’étain pour augmenter la vivacité de la couleur jaune.
- Pour obtenir de bons résultats, il faut un bain bien mordancé et acide.
- Lorsqu’étant à la hauteur de l’échantillon à copier, on est enfoncé en jaune, on peut ajouter au bain un peu de violet, lequel a la propriété de casser le jaune.
- La dégradation de ces verts est très facile. On reprend les pièces trop foncées sur un bain neuf, ou bien, on leur adjoint une ou deux pièces blanches qui sont abattues dès que la dégradation est suffisante.
- Le sulfate de soude, ajouté au bain dans la proportion de 15 0(0 du poids delà laine, nous
- a toujours réussi. A la passe suivante, on en tient compte, et on en neutralise l’effet par la quantité correspondante d’acide sulfurique.
- Le tranchage des étoffes teintes en vert par ce procédé est généralement parfait.
- Verts par le sulfate d’indigo et l’acide picrique.
- Le sulfate d’indigo produit des verts qui sont moins vifs que ceux obtenus avec le carmin d’indigo ; par contre, ils sont plus solides.
- La manœuvre des pièces est la même que dans la teinture des verts au carmin.
- Le mordançage varie peu : il faut mettre moins d’acide sulfurique, le colorant en contenant beaucoup.
- Pour 100 kilos de laine, on mordancé un bain fait avec
- 1 à 2 kilos d’acide sulfurique,
- 10 kilos de sulfate de soude.
- On double les quantités pour un bain neuf' Les proportions du mordant liquide seront modifiées comme suit :
- Pour 1000 litres d’eau :
- 15 à 20 kilos d’acide sulfurique,
- 60 kilos de sulfate d’alumine,
- 130 » de sulfate de soude.
- Pour 100 kilos de laine on en met,
- 50 kilos pour un bain neuf, et
- 30 » pour un bain fait.
- On ajoute de l'acide au bain de teinture en quantité inversement proportionnelle au poids
- • lû du sulfate d’indigo que devra contenir bain.
- Il faut éviter la trop grande acidité du bam parce que l’acide sulfurique,en certaine quan tité, attaque la laine et met complètement hors d’usage les étoffes soumises à son a. tion. Il rend aussi tout replongeage imposs ble.
- Les plus grandes précautions sont néce5 saires dans l’emploi de ce dangereux colo rant.
- Pour’garnir, on dissout le sulfate d‘indi8. dans 5 ou 6 fois son volume d’eau froide, Pulb on verse cette dissolution dans le bain par
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- petites quantités. Quand le sulfate d’indigo est mis dans le bain sans avoir été préalablement dissout dans l’eau, il se produit un tel dégagement de chaleur, dans cette réaction de l’acide sulfurique concentré en présence de l’eau bouillante, qu’une grande effervescence a lieu et que la garniture, projetée en tous sens, peut atteindre l'opérateur et lui faire des blessures non seulement douloureuses, mais très graves.
- On jaunit soit avec l’acide picrique, soit avec le jaune de naphtole.
- La dégradation des étoffes peut s'effectuer par les procédés employés dans celle des verts au carmin d’indigo ; seulement, elle est plus lente.
- On lave les étoffes dans plusieurs eaux, afin d’enlever complètement l’excès d’acide sulfurique qui s’y trouve.
- De même que pour les verts au carmin, on doit tenir la couleur un peu plus jaune que celle demandée; le jaune s’efface au lavage.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- FORMATION
- DES MATIÈRES COLORANTES
- (Suite et fin.')
- III. Dès le commencement de ses recher-ches, M. Goppelsrœder a porté son attention SUr l’anthrachinone. 11 s’est servi d’un appa-"eil qui se compose d’un vase en porcelaine contenant le liquide à électrolyser et dans le-qel plonge complètement une grande feuille de platine servant d’électrode principale (né-8ative).
- L’électrode secondaire (positive) se compose une petite lame de platine à laquelle est soudé 1 fil de platine et placée dans l’intérieur de " tête d’une pipe en terre, le fil de platine Passant par je tuyau de la pipe pour aller à la pile.
- Si l’on vient à faire passer, par exemple, le courant galvanique à travers une solution
- bouillante de potasse caustique, après y avoir mis en suspension de l’antrachinone finement pulvérisée, et en remuant constamment, on remarque au pôle négatif une coloration rouge intense, parce qu’il se forme une des hydroanthrachinones qui, à l’air, se décolore très vite pour régénérer l’antrachinone. Si, après la formation de cette coloration rouge les pôles sont changés, la coloration disparaît et se montre à l’autre pôle qui a été le positif et qui, maintenant, est le négatif. On peut répéter ces changements aussi souvent que l’on veut.
- A une température plus élevée et si la concentration de la solution de potasse caustique est plus forte, l’anthrachinone, au pôle négatif, se change en alizarine. Pour arriver à cette métamorphose, M. Goppelsrœder a mélangé une solution très concentrée de potasse caustique avec de l’anthrachinone très finement pulvérisée et a soumis ce mélange à l’action du courant galvanique, en chauffant jusqu’au point de fusion de la potasse caustique. La masse fondue se colore d’abord en rouge, par-cequ’il se forme de l’oxyanthrachinonate, puis en bleu violet (alizarate), ensuite en rouge violet (mélange d’alizarate et de purpurate) et enfin de nouveau en rouge, par suite de la formation de purpurate.
- Si l’on continue à faire passer le courant, on voit apparaître une coloration brune jaunâtre et même brune foncée; à la fin, la masse s’éclaircit toujours, jusqu’à ce qu’elle soit devenue blanche à cause de la formation de sels de potassium, d’acides aromatiques et même de carbonate.
- Si on change les pôles quand la seconde coloration rouge a apparu, la masse redevient violette, puis rouge, ensuite grise jaunâtre, parce que, successivement, l’oxyantrhachino-nate, l’anthrachinone et même l’anthracène ont été régénérés.
- On remarque, en général, dans toutes les métamorphoses décrites que, si on ne les a pas poussées trop loin, les corps primitifs sont régénérés quand on change les pôles.
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- 238 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Comme la poudre d’anthrachinone ne se mélange que très inégalement avec la masse de potasse caustique , elle échappe en plus grande partie à la réaction, et une partie de l’alizarine formée étant déjà changée lorsque la plus grande partie de l'anthrachinone n’est pas même attaquée ou ne s’est changée qu’en oxyanthrachinonate, M. Goppelsrœder n’a pu, jusqu’à présent, obtenir qu’une quantité relativement très petite d’alizarine par la voie électrochimique. Il espère qu’en employant un appareil rotatoire ou tout autre mécanisme qui remuerait constamment la masse et qui en même temps servirait d’électrode, la quantité d’alizarine formée serait beaucoup plus grande.
- J’aurai plus tard l’occasion de revenir sur cette métamorphose et de rendre compte des spéculations théoriques auxquelles M. Goppelsrœder a été amené par les faits qu'il a trouvés.
- IV. Sauf une seule exception, dans toutes les électrolyses décrites jusqu’ici, la formation du colorant a lieu au pôle positif et repose, s’il n’y a pas présence de chlorures ou de nitrates, etc., simplement sur des déshydrogénations par l’oxygène électrolytique dans les molécules des matières aromatiques.
- Au pôle négatif ont lieu les actions de l’hydrogène, c’est-à-dire des désoxydations ou des additions d’hydrogène ; ainsi, par exemple, l’anthrachinone se laisse changer en hydroan-thrachinone. Sur une désoxydation suivie d’addition d’hydrogène repose, par exemple, le changement des nitrodérivés en amido-dérivés.
- Un autre fait très intéressant, qui a aussi lieu au pôle négatif, mais qui repose sur une entrée d’oxhydryle (OH) à la place d’hydrogène dans l’anthrachinone, est la formation des dérivés oxhydrilés de l’anthrachinone depuis l’oxyanthrachinone jusqu’à la purpurine. J’y reviendrai plus tard.
- G. DARIMON,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- LES
- MODIFICATIONS AU TARIF DOUANIER
- Le président de la chambre de commerce de Sedan vient d’adresser à M. le ministre du commerce la lettre suivante :
- « Monsieur le ministre,
- a L’attention de la Chambre de commerce 1 de Sedan a été appelée sur les modifications journellement apportées au tarif des douanes. Elle a examiné avec une mûre attention cette question en sa séance du 26 courant et a été unanime pour juger regrettable un système pratiqué par l’administration douanière, système dont l’excès tourne souvent la loi d’une façon incontestable.
- « La Chambre a pris connaissance de ce rapport, que la Chambre de commerce des arrondissements de Valenciennes et d’Avesne a eu l’honneur de vous adresser à la date du 23 juillet dernier. Ce travail met en lumière les inconvénients graves résultant de l’instabilité du tarif des douanes.
- « Aussi, la Chambre de Sedan, pénétrée de l’importance qu’il y a à obtenir la réforme d’un tel abus, a résolu à l’unanimité d’en appuyer auprès de vous, monsieur le ministre, les considérants et les conclusions.
- « La Chambre de Sedan s’unit à celle de Valenciennes et d’Avesne pour confier la réalisation de ce vœu à votre sollicitude et réclamer par votre haut intermédiaire : le retrait de la circulaire 1578 et la défense à l’administration de modifier les tarifs douaniers par de simples décisions et sans enquête.
- « Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’hommage de mon profond respect.
- « Pour le président,
- «Le vice-président,
- « Louis David. »
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 89 C
- JUBISPRUDENCE
- COUR D'APPEL DE PARIS
- Les dessins de dentelles
- Voici un arrêt de la Cour d'appel de Paris, brevets d’inventions doivent être portées devant les tribunaux civils de première instance, spécialement désignés comme étant seuls compétents ;
- Considérant qu’en matière de délit ordinaire l’action civile peut, en vertu du principe posé dans l'art. 3 du Code d'instruction criminelle, être exercée séparément de l’action publique; que dans ce cas, la partie lésée doit se pourvoir devant la juridiction civile compétente à dont les considérants sont de nature à inté-resser nos lecteurs.
- Il s’agit de l’infirmation d’un jugement du tribunal de commerce de la Seine qui s’était déclaré incompétent pour juger une question de contrefaçon de dessin de dentelles au pré-indice d’une maison du Puy.
- La Cour :
- Considérant que la demande de la veuve Fabre et fils, basée sur la revendication de la Propriété d’un dessin de dentelles par eux dé-Posé aux archives du Conseil des prud’hom-mes du Puy, en conformité du décret du 18 mars 1806, a pour objet la réparation du Préjudice que lui aurait causé Francès en re-Produisant indûment ce dessin dans la fabri-cation de dentelles à laquelle il se livre et 1-Raimon, Saint-James et Ducrocq;2* veuve Boucicaut en vendant les produits de Francès;
- Considérant que la reproduction d’un dessin 1e sciemment au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs est “e contrefaçon ; que, suivant la demande, les • x
- 1 -ntlmés auraient agi au mépris du décret du 10 .
- . mars 1806, relatif à la propriété des essins de fabrique;
- Considérant que cette contrefaçon constitue n délit défini et réprimé par le Code pénal 4n8 Ses art. 425, 426, 427 et régi par les rè
- gles du droit commun, à la différence de la contrefaçon résultant d’une atteinte portée aux droits d’une personne brevetée, prévue par la loi des 5-8 juillet 1844, aux termes de laquelle toutes contestations relatives aux raison de la matière sur laquelle porte le litige ; que, dans l'espèce, il s’agit d’un dommage causé à un industriel par des agissements relatifs aux affaires d’un concurrent et de deux commerçants ; que l’intérêt en jeu est commercial ; que, d’atlleurs, l’art. 5 du décret du 18 mars 1806 prévoit que la revendication de la propriété d’un dessin régulièrement déposé, qui se confond avec l’action civile en contrefaçon dont le but est la réparation pécuniaire du préjudice causé par une atteinte à la propriété, sera portée devant le tribunal de commerce ;
- Que c’est donc à tort que le tribunal de commerce de la Seine s’est, sur la demande de veuve Fabre et fils, déclaré incompétent « ra-tione materiœ ; »
- Considérant que la Cour n’est saisie par les conclusions des intimés prises devant elle d’aucune autre question que celle sur laquelle ont uniquement prononcé les premiers juges.
- Par ces motifs,
- infirme le jugement dont est appel ; dit que la juridiction commerciale est compétente pour statuer sur la demande de veuve Fabre et fils.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- HOMOLOGATIONS DE CONCORDATS
- Hazebrouck. -- Garcette-Allart (Edouard), ex-calendreur, à Estaires. — Jug. du 19 sept. — Conditions non indiquées.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Besson et Guillerme, fab. de gravures sur bois par caractères typographiques et pour impressions sur étoffes et papiers
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- peints, rue Richard Lenoir, 37. — Durée : 10 ans. — Cap. : 5,000 fr. — Acte du 23 septembre. — A. P.
- Remiremont. — Formation de la Société en nom collectif P. Héberlé et Robé, fécules, cotons, filés et déchets de coton, faub. d’Alsace, 12. — Durée : 10 ans—Cap. : 40,000 fr. — Acte du 3 sept.
- Le Havre. — Formation de la Société en nom collectif Desplanques et Cie, commission des laines françaises et étrangères, à Elbeuf (suite de la Société du même nom).
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- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 23 septembre de la Société Chamoux et Gontard, soies écrues et teintes, boul. Sébastopol, 72. — Liquid. : M. Chamoux. — Acte du même jour. — D.
- Bordeaux.—Dissolution, à partir du 1er septembre, de la Société J.-H. Buisson et Cie, laines, peaux de mouton, vins, etc., place des Quinconces, 11. — Liquid. : les associés. — Acte du 16 septembre.
- Castres. — Dissolution, à partir du 1er octobre, de la Société L. Cabrol et Alayrac, fab. de tissus laines et cotons. — Liquid. : M. Alayrac qui continue seul. — Acte du 9 septembre.
- 8e partie : Tissage mécanique du coton.
- 9e partie : Etablissement de filatures et tissages. Comptabilité.
- 10e partie : Mathématiques.
- 11e partie : Poids des métaux.
- 12e partie : Vapeur et chaudières à vapeur.
- 13e partie : Décrets et règlements sur les chaudières à vapeur.
- 14e partie : Lois ou décrets concernant les enfants dans les manufactures.
- 15e partie : Mesures, poids et monnaies.
- 16e partie : Renseignements utiles.
- Cet agenda, orné de nombreuses graoures, vient de paraître. C’est un élégant carnet de poche, titre en or sur le plat, fermoir élastique, poche intérieure.
- Prix : 5 fr., reliure ordinaire en percaline; 7 fr., reliure de luxe en cuir avec tranches dorées (franco par la poste, 0.25 en plus).
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- VIENT DE PARAITRE: AGENDA -OPPERMANI
- POUR 1886
- A l’usage DES INGÉNIEURS, ARCHITECTES, AGENT3 VOYERS, CONDUCTEURS DE TRAVAUX, MÉCANICIENS, INDUSTRIELS, ENTREPRENEURS, ETC.
- Contenant, outre les feuillets de 1’Agenda pro prement dit, un Recueil de Chiffres et de Documents techniques d’un usage journalier, un cahie de papier quadrillé, etc.
- Elégant carnet de poche, titre en or sur Le plat, fermoir élastic/ue, poche intérieure
- BIBLIOGRAPHIE
- ues
- Industrie textile. — Agenda et Calendrier de poche des filateurs et tisseurs à l’usage des fabricants, directeurs, contre-maîtres et employés, année 1885-86, par H. SPENLÉ, ingénieur, avec la collaboration de L. BIPPER, professeur de filature et tissage.
- Ire partie : Matières textiles d’origine animale. Matières textiles d’origine végétale.
- 2e
- 3e
- 4e
- 5e
- 6e
- partie : Principes de filature. partie : Tirage des fils, Conditionnement, partie : Filature de la laine peignée. partie : Filature de coton. partie : Principes de tissage.
- 7e partie : Tissage mécanique de la laine.
- 3 fr. 25, Reliure ordinaire en percaline;
- 5 fr. 25, Reliure en cuir, tranches dorées:
- Adresser les demandes au bureau du joU^' enjoignant mdndat ou timbres-poste pour1"^ voir franco par retour du courrier,
- Nouvelles études SUR LES HUILES LUBRIFIANTE
- Par M, H. GUÉRIN
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, No 21. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Novembre 1885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- CHIMIE APPLIQUÉE A LA TEINTURE DE LA LAINE (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suit»).
- ESSAIS COMPARATIFS SUR LES MORDANTS.
- DES ENLEVAGES AU CHLORE GAZEUX.
- BREVETS D’INVENTION.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE EN NOIR D’ANILINE Par M. Cuzas.
- Le noir d'aniline possède, d’ordinaire, peu de fixité, la couleur vire au vert ou au noir verdâtre. Le procédé revendiqué par M. Cuzas consiste à faire passer les fibres teintes en noir d’aniline dans un bain à base de campê-che. La première opération est suivie d’un es-Borage et d’un lavage, comme de coutume. La cuve de campêche comporte 1 kilogramme de Cristaux de soude pour 3 kilogrammes de sa-von et autant de campêche, le tout étendu "‘eau et chauffé entre 60 et 80 degrés. Le la-vage et le séchage subséquents ne présentent Pas de particularités.
- Dans l’opinion du breveté, il se produit, du-rant la seconde immersion, une combinaison entre l’acide chromique resté en liberté sur les fibres et le campêche, combinaison qui as-sure la stabilité du noir.
- TAMBOUR DE SÉCHAGE
- Par MM. Hawthorn et Liddell.
- Les tambours sécheurs chauffés à la va-Peur donnent souvent lieu à des fuites, à la
- jonction des fonds avec la partie cylindrique. Pour y obvier, MM. Hawthorn et Liddell mé-nagent aux extrémités du cylindre une entrée conique, tournent les fonds également avec une certaine conicité, et les serrent à l’aide de bagues intérieures de forme semblable, réunies aux fonds par des boulons ou des vis. Grâce à cet emmanchement, les brevetés obtiennent une étanchéité complète sans souder les parties assemblées.
- MACHINE A IMPRIMER EN POINTILLÉ Par M. Grison.
- Lorsque le fond d’un tissu, d’un lainage, par exemple, doit recevoir une impression en pointillé multicolore, les méthodes usuelles exigent la répétition d’un certain nombre de manipulations. M. Grison décrit une machine, sur laquelle sont montés autant d’appareils identiques que l’on veut obtenir de couleurs. Chaque appareil comporte un rouleau en bois ou en métal, garni de picots d’un centimètre de hauteur environ.
- Les picots plongent directement dans l’auge à couleur ou sont imprégnés de matière colorante par un second rouleau (garni de feutre ou de flanelle) qui tourne dans cette auge. Au-dessus du cylindre à picots, un rouleau presseur assure le contact de l’étoffe. Selon que le point doit être « net », « coulé » ou « ombré», l’étoffe est sèche, humide oumouil-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lée. Après l’obtention du pointillé multicolore, c’est-à-dire au sortir de la machine, le tissu est séché et « fixé », puis reçoit une seconde impression sur la machine ordinaire « au rouleau ». Le vaporisage, le lavage et l’apprêt complètent la double impression et contribuent à la fabrication d’articles originaux.
- MACHINE A BROSSER LES TISSUS A POIL COUPÉ Par M. Worrall.
- Il arrive assez souvent, avec les machines de construction connue, que le duvet provenant de la coupe s'engage entre les paliers et les arbres des brosses, détermine réchauffement des coussinets, alourdit la marche de l’appareil et occasionne des salissures.
- Dans le système de M. Worrall, le tissu, aussitôt après la coupe, passe entre deux brosses cylindriques, destinées à relever le poil, puis chemine autour d'une série de rouleaux horizontaux, tournant d’un mouvement relativement lent. A la partie supérieure de ces cylindres et au contact du tissu sont disposés autant de segments de brosses, qui enveloppent partiellement les rouleaux et sont exclusivement animés d’un mouvement transversal alternatif. Ce va-et-vient est transmis par des bielles au cadre rectangulaire sur lequel sont groupés les segments et dont l’écartement se règle suivant la hauteur du poil.
- DÉCORTICATION DE LA RAMIE, ETC-Par M. Gibson.
- Le principe de la machine décrite par M. Gibson consiste à saisir les tiges entre deux cylindres broyeurs, au sortir des alimentaires, puis à relever, au moyen d’une brosse héliçoïdale, les parties corticales et à les maintenir autour d’un tambour (superposé à l’appareil de broyage) au fur et à mesure que les fragments longitudinaux de l’écorce sont détachés par des couteaux fixes, établis à la périphérie de ce tambour. En d autres termes, la machine saisit l’extrémité du tégu
- ment que dégage le broyage et l’enlève sans discontinuité, d’une façon comparable à ce qui a lieu lieu lors de la décortication manuelle.
- BOITE A VAPORISER LES COTONS Par M. Marais.
- Les boîtes qui servent à loger les fils dans les appareils de vaporisage sont habituellement en fer étamé. Les perforations nécessaires au passage de la vapeur laissent le fer brut à nu, et il en résulte des taches de rouille.
- Pour obvier à ce grave inconvénient, M. Marais emploie des tôles brutes d’acier, qu’il soumet, après confection des boîtes, à la galvanisation. Le bain métallique protège les perforations comme le reste et soude intimement les parties assemblées.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 167233. Brossette. — Application au blanchiment des fils simples ou retors en flottes, tous genres de textiles des silicates de soude et de potasse alcalins.
- Après un détrempage variant selon le tex-tile à traiter, l’inventeur fait une lessive renfermant 2,5 0[0 de silicate alcalin de soude, 2,5 0[0 de silicate alcalin de potasse.
- On fait bouillir 10 heures, puis on lave a l’eau chaude et l’on passe ensuite au chlorure de chaux.
- 167238. Fandin. — Machine à cuire les tis; sus en soie écrue destinés à la teinture ou a l’impression.
- Ce système consiste à faire cuire les tissus en soie écrue destinés à la teinture ou lin pression en les tendant convenablement en long et en large, de façon à n’avoir ni pliure in ni cassures, qui ne disparaîtraient pas dans suite des opérations.
- A cet effet, les pièces de soie sont cousue® l’une à l’autre de façon à fournir une longue"r
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- de 500 mètres ; elles sont disposées sur un rouleau monté sur un chevalet et entraînées dans le bain de savon par le mouvement d’un guide sur lequel elles s’enroulent. Dans ce bain, maintenu à l’ébullition, on produit un mouvement d’enroulement et de déroulement d’un guindre sur un autre, le tissu étant constamment maintenu parfaitement tendu.
- 167295. Herpel et Courand.— Mode de teinture des velours en pièce.
- Ce procédé consiste à appliquer pour la teinture des velours des matières colorantes solubles dans l’alcool, insolubles dans l’eau. Pour obtenir ces matières, on dissout dans 100 litres d’eau, 100 grammes de matières colorantes, puis 180 grammes de tanin dans 10 litres d’eau. On mélange les deux dissolutions et on obtient aussitôt un précipité de matière colorante que l’on presse et sèche dans une étuve. Cette matière colorante, insoluble dans l’eau, est soluble dans l’alcool. On en forme une dis-solution dans laquelle on plonge les velours à teindre. On obtient par évaporation un dépôt de la couleur sur le tissu, qui n’a pas, de la sorte, besoin d’être mordancé.
- 167408. Mather. — Perfectionnements dans 'es procédés et appareils de blanchissage.
- Ces perfectionnements consistent à éviter dans le traitement des matières à blanchir (^s, tissus, etc ) un grand nombre de manipulations rendues nécessaires par la diversité fies appareils nécessaires pour effectuer les opérations successives du blanchiment et du séchage.
- L appareil qui fait l’objet du brevet a la forme d’un générateur cylindrique dont les fonds peuvent être enlevés et soutenus au moyen de mécanismes eesentiellement varia-bles. Dans ce générateur, deux barres longi-dinales forment rails pour les wagonnets à Claire voie dans lesquels on place les matières " traiter, fils ou tissus. Un tuyau convenable-ment disposés permet de faire arriver un jet de vapeur pour le traitement préliminaire du blanchiment. Ceci fait, on ouvre les robinets donnant accès à la lessive, cette lessive pé
- nètre dans les wagonnets, traverse les matières à blanchir, puis s’écoule à l’extérieur. On peut, dans le même appareil effectuer le rinçage et le séchage, selon que l’on fait arriver de l’eau, de l’air chaud ou de la vapeur.
- 168436. 23 avril ; Caron-Lefèvre. — Appareil de chauffage servant à s’écher les étoffes apprêtées.
- 168518. 27 avril. — Société Rudolph et Khune. — Presse rotative à bande sans fin.
- 168565. 28 avril ; Camel frères et Cie. — Perfectionnements dans la fabrication dn crêpe anglais et autres articles du même genre.
- 168829. 16 mai. Lebrethon. — Cuve pour le tissage des fils et tissus à retour de flamme intérieur et élévateur à hélice.
- 168833. 16 mai ; Sainte-Charles Vignet fils et Cie. — Nouvelle application de cylindres rayés granités ou pointillés, pour l’obtention de la moire.
- 168852. 16 mai; Baillard (les sieurs) et Roc-cas. — Système d’azurage des matières textiles blanchies par le chlore ou l’acide sulfureux et les bisulfites alcalins au moyen de la production du vide ou de la pression par une pompe foulante pour établir un circulus du liquide azurant au travers des mailles.
- 168856. 18 mai; Denutte.— Machine à teindre la laine en bobines.
- 168923. -- 15 mai; Cadoret. — Extraction de la matière colorante de la paille.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- CHIMIE
- APPLIQUÉE à LA TEINTURE DE LA LAINE
- Altérations et dosage des mordants.
- (Suite)
- Dosage du fer. — Le fer est toujours dosé à l’état de sesquioxyde. Pour atteindre ce but, on prend un nouveau volume de la liqueur L
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 50 centimètres cubes), laquelle a été débarrassée de l’argile, de la craie ou du plâtre, du sable, du cuivre métallique et des matières organiques. Ensuite, on peroxyde le fer. A cet effet, on verse les 50 centimètres cubes de la liqueur L dans un ballon, et on y ajoute un peu d’acide chlorhydrique pour qu’elle ait une réaction acide. On chauffe le ballon et l'on verse de l’acide azotique en plusieurs fois. La peroxydation est complète lorsque la couleur de la liqueur est devenue orangée et qu’elle ne dégage plus de gaz nitreux reconnaissables à leur odeur particulière. On ajoute à la solution de l’ammoniaque en excès, afin que la liqueur soit bien alcaline, et on maintient la température du ballon à 50 ou 60 degrés. Le cuivre et le zinc restent dissous, et le fer précipite à l’état de sesquioxyde sous la forme d’un précipité rouge-brun volumineux. On laisse rassembler le précipité au fond du ballon, puis on filtre. On lave le précipité avec de l'eau chaude, pour le débarrasser du chlorure qu’il pourrait contenir, et on le fait sécher à l’air, mais à l’abri de la poussière. Lorsque le précipité est sec, on le dépose sur du papier glacé, on met le filtre dans un creuset préalablement taré, on l’arrose avec quelques gouttes d’acide azotique, on. fait évaporer l’acide, on couvre le creuset et l’on fait brûler le filtre. On débouche ensuite le creuset, on le chauffe au rouge et on le laisse refroidir ; après quoi on met le précipité dans le creuset, on le couvre et on le chauffe lentement. On le découvre et on chauffe au rouge jusqu’à ce que son poids ne change plus. On le couvre, on le laisse refroidir et on le pèse. Le poids trouvé, moins celui du creuset, donne le poids du sesquioxyde de fer anhydre Fe2 03, duquel on déduit le poids du fer Fe, en multipliant le poids du sesquioxyde par le facteur 0,70000 et en divisant par 2.
- Fe? 03 X 0,70000 Fe =-------------------
- 2
- Le poids du protoxyde de fer s’obtient en multipliant le poids du sesquioxde par le facteur 0,90000 et en divisant par 2.
- Fe203 X 0,90000 Fe 0 =------------------
- 2
- Voici les calculs, pour avoir la proportion centésimale du fer Fe ou du protoxyde de fer Fe 0, contenu dans l’acétate de cuivre à l’état d’acétate de fer. Nous rappelons ici que nous avons opéré sur 50 centimètres cubes de la liqueur L, c’est-à-dire sur 1 gramme d’acétate de cuivre.
- Fe203 X 0,70000 X 100 Xp.0[0de Fe =
- 2 X 1,000
- Fe203 X 0,90000 X 100
- Xp.0[0deFe0 =—--------------------------
- 2 X 100
- 28 grammes de fer métallique correspondent à 87 grammes d’acétate de fer et 36 grammes de protoxyde de fer correspondent également à 87 grammes d’acétate de fer chimiquement pur.
- {Reproduction interdite.) (A suivre.)
- ------------------- a o -- --------
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Verts au carmin d’indigo.
- La méthode de teinture en vert dans laquelle on mordance et on teint dans deux bains diffé-rents, est préférable à celle où l'on opère en un seul bain, parce qu’elle donne plus d’uni aux étoffes et qu’elle rend leurs couleurs plus vives et plus nourries.
- Malheureusement , cette méthode étant moins expéditive que celle en un seul bain, a un prix de revient plus élevé que cette der-nière ; aussi ne peut-on l’employer que pour les nuances qui demandent une extrême viva cité, ou pour les étoffes difficiles à teindre-
- Voici les proportions des ingrédients em-ployés dans ce procédé de teinture.
- Pour 100 kilos de laine, on compose un bain de bouillon avec :
- Eau,
- 5 kilos de sel marin,
- 12 kilos 500 d’alun.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 245
- On fait dissoudre ces sels, puis on entre les étoffes que l’on manœuvre au bouillon pendant 40 à 50 minutes. Au bout de temps, on arrête le bouillon, on les abat, on les évente et on les entre dans le bain de teinture.
- Quand le bain de teinture est neuf, on le mordance avec 2 ou 3 kil. d’acide sulfurique, puis on y met le carmin d’indigo et le colorant jaune. On y manœuvre les étoffes jusqu’à la nuance voulue, en ayant soin de maintenir la température du bain un peu en dessous de l'ébullition.
- Il n’y a aucun inconvénient à ce qu’on teigne dans le bain de bouillon.
- Lorsque les tissus sont suffisamment mor-dancés, on arrête le bouillon, on y ajoute l’acide sulfurique et le carmin d’indigo, puis on chauffe de nouveau et on teint. On fait le bain pour les nuances vives et pour les nuances claires.
- Verts d’aniline.
- Les verts d'aniline communiquent à la laine de fort belles couleurs, avec lesquelles les verts obtenus par les autres méthodes ne Peuvent rivaliser. Ils sont d’une application facile, et n’exigent que quelques précautions de détail.
- La pureté des tissus destinés à cette tein-üpe doit être complète. Les baquets ou les cuves dans lesquels se fait l’opération de la teinture seront absolument propres, et com-Plètement débarrassés des autres colorants I" ils pourraient emprisonner.
- On nettoie parfaitement bien un baquet en ) faisant bouillir pendant une demi-heure de “au claire additionnée d’un litre environ d’a-cide chlorhydrique ou muriatique. Les mor-(ants employés doivent être très purs et ne Pas contenir de parties terreuses qui nui-dient à la vivacité des couleurs.
- I est de toute nécessité de faire préalable-"ent le bain, avec une pièce d’étoffe ordinai-ement destinée à être teinte en une couleur ncée, afin que les différentes nuances obte-"tes aient toute la vivacité qu’elles sont sus
- ceptibles d’avoir, et que les tissus soient bien unis. Nous avons déjà expliqué ici cette opération.
- Le bain ayant été fait, et le baquet convenablement rempli ^eau froide, on y ajoute les divers ingrédients nécessaires au mordançage des étoffes. On chauffe le bain et on manœuvre les tissus pendant une demi-heure environ afin de les laisser se bien imprégner de mordant.
- On arrête le chauffage du bain et on y met le colorant. On manœuvre un quart d’heure sans chauffer, puis on porte de nouveau le bain au petit bouillon. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue.
- On ne doit élever la température du bain que progressivement, et il faut la maintenir un peu en dessous de l’ébullition (80 à 90 degrés centigrades) pour ne pas ternir les couleurs par une trop grande chaleur.
- Lorsqu’on est arrivé à la couleur demandée, on retire les étoffes, on les évente jusqu’à complet refroidissement et on les lave dans une eau bien claire.
- Si c’est nécessaire, on bleuit avec le carmin d’indigo et on jaunit avec l’acide picrique ou le jaune de naphtole.
- La dégradation de ces couleurs se fait assez facilement sur un bain neuf, sauf cependant pour le vert lumière S, qui adhère très fortement à la laine.
- Les verts d’aniline ne doivent s’employer qu’en solutions filtrées, et il faut les tamiser lorsqu’on les verse dans le bain de teinture. Il est nécessaire de prendre ces précautions pour éviter les taches.
- Les verts d’aniline dont on fait le plus fréquemment usage sont :
- Le vert Victoria ;
- Le vert au méthyl ou vert à l’hyposulfite;
- Le vert brillant ;
- Le vert lumière S.
- Nous venons d’indiquer la marche générale à suivre pour la teinture des étoffes de laine avec les verts d’aniline ; nous allons donner leur mode de dissolution, puis les noms et les
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- proportions des différents sels dont on se sert pour le mordançage.
- Verts Victoria.
- Le vert Victoria se dissout facilement dans l’eau chaude.
- Pour 100 kilos de laine, on mordance avec :
- 2 kilos de crème de tartre ;
- 5 kilos de sulfate d’alumine.
- On teint à la température de 80 à 90 degrés centigrades jusqu’à la nuance voulue. On lave à l’eau froide.
- Verts au méthyl ou verts à l'hyposulfite.
- Le vert au méthyl, connu aussi sous le nom de vert à l'hyposulfite, se dissout dans l’eau chaude.
- La teinture des tissus de laine avec ce vert exige deux opérations : le bouillon et la teinture proprement dite.
- Bouillon. — Pour 100 kilos de laine, on compose un bain de bouillon avec :
- 10 kilos d'hyposulfite de soude ;
- 10 kilos d’alun ;
- que l’on met dans la quantité d'eau froide nécessaire. On entre les étoffes, puis on élève progressivement la température du bain jusqu’à 80 degrés, en ayant soin de ne pas la dépasser. Au bout de trois quarts d’heure, on ajoute :
- 4 kilos d’acide sulfurique.
- On fait ensuite manœuvrer de nouveau les étoffes pendant trois quarts d'heure, en laissant le bain à la même température, puis on les abat, on les évente jusqu’à complet refroidissement et on les empile. On les laisse ainsi pendant vingt-quatre heures afin qu’elles s’imprègnent bien de mordant, après quoi on les lave dans plusieurs eaux. Elles sont alors prêtes à subir l’opération de la teinture.
- Teinture. — Dans un bain fait et dans un volume suffisant d'eau froide, on entre les étoffes. On y met le colorant, puis on chauffe le bain à 80 degrés, sans toutefois dépasser cette température, qu’on maintient jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la nuance exigée. On abat, on évente et on lave.
- On jaunit avec l’acide picrique pur et cris-tallisé. On doit éviter le contact avec du cuivre ou du plomb.
- Verts brillants.
- Le vert brillant se dissout facilement dans l’eau chaude.
- Pour 100 kilos de laine, on mordance avec:
- 5 kilos d’acide sulfurique ;
- 10 kilos d’acétate de soude.
- On peut également mordancer avec :
- 12 kilos de bisulfate de soude.
- Le mordant est mis dans le bain qui a dû être préalablement fait, puis on y entre les étoffes. On ajoute le colorant, on chauffe, on teint, puis on abat et on lave.
- Verts lumière.
- Le vert lumière S est le plus solide de tous les verts d’aniline ; il résiste au foulon et à l’acide. C’est aussi le plus jaunâtre.
- La dissolution se fait en eau tiède ; la solution ne peut pas être conservée longtemps sans se décomposer.
- La teinture se fait directement en un seul bain. Pour 100 kilos de laine, on mordance un bain fait avec :
- 5 kilos d’acide sulfurique ;
- 10 kilos de sulfate de soude.
- On entre les étoffes, on les laisse s’imprégner de mordant, on ajoute le colorant et on chauffe. On teint, on abat et on lave.
- On nuance au jaunâtre avec le jaune de naphtole.
- C.-E. M., chimiste colorié (Reproduction interdite.) (A suivre).
- -------------• • non e n--------------
- ESSAIS COMPARATIFS
- SUT LA VALEUR COMME MORDANTS DE L’ÉMÉTIQUE ET DE L’OXALATE ANTIMONIEUX
- Par Georg Hirzel, à Pfersee, près Augsbours
- D’après une note publiée récemment duo8 la Chemiker Zeitung, l’émétique pourrait être avantageusement remplacé, comme mordant dans la teinture et l’impression, par l’oxalate d’antimoine. On a fait ressortir, avant touty
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 247
- l'infériorité de prix. de l’oxalate : en supposant ce sel aussi actif que l’émétique, le teinturier trouverait en lui un mordant antimonial coûtant près de moitié moins que celui dont il faisait usage jusqu’alors.
- La valeur de l’émétique, comme celle de tout sel d’antimoine, dépend uniquement, au point de vue du mordançage, de la quantité d’oxyde d’antimoine qu’il renferme, capable, en se combinant au tanin, de se former sous forme de laque sur la fibre. Comme l’oxalate contient presque moitié moins d’antimoine que l’émétique, il est à prévoir que le premier sel se montrera ainsi moins actif que le second. A cette considération de principe, on a objecté que la teneur en antimoine ne doit pas être seule mise en balance dans l’appréciation du pouvoir mordançant de l’oxalate d’antimoine, comme s’il s’agissait de compa-rer des échantillons divers d’un même sel anti-monial ; il faut prendre en considération la fa-cilité plus grande avec laquelle la fibre attire et retient l’oxyde d’ammoniaque combiné à 1 acide oxalique. C’est à ce coefficient de dissociation plus élevé qu’il faut attribuer ce résul-fat constaté dans la pratique, que « des poids egaux d’oxalate d’antimoine et d’émétique Produisent le même effet, bien que ce dernier contienne deux fois plus l'oxyde d’antimoine que d’oxalate ».
- Les essais comparatifs en grand, exécutés dans les ateliers de la fabrique «NeuenAugs-burger Kattunfabrik » , n’ont pas confirmé cette assertion On a passé les tissus dans des bains contenant des poids égaux des deux sels (10 grammes d’émétique ou d’oxalate an-"monieux par litre) et dans des bains conte-nant ces sels dans le rapport de leurs poids moléculaires : 10 grammes d’émétique par li-Tre et 1 gramme d’oxalate par litre. On a en-“ite soumis les tissus à toutes les manipula-tions usuelles.
- 1 est ressorti de ces expériences que le bleu de Méthylène, les bleus vapeurs clairs ou fon-“8, les rouges d’alizarine, etc, présentent moins d’éclat et de fond avec le mordant oxa
- lique qu’avec le mordant tartrique. Ces différences, fort accentuées lorsqu’on a comparé les sels à poids égaux, se sont maintenues lorsque le mordançage avait été fait, dans les solutions à 10 0[0 d’émétique et 19 0[0 d’oxalate ; même dans ce cas, le second sel n’a jamais produit des nuances aussi fournies et aussi vives. On assayé d’ajouter de la, craie, de la soude calcinée, du silicate et d’autres sels alcalins aux bains de mordants : les résultats sont restés les mêmes.
- L’oxalate d’antimoine est un sel à caractère fortement acide : de semblables composés font toujours, suivant l’expression technique, descendre plus ou moins toutes les couleurs.
- L’acidité, développée par l’usage dans les bains d’émétique, les rend impropres, au bout d’un certain temps, à tout service; cet inconvénient ne peut que s’accentuer avec les bains d’oxalate.
- A l’appui de ces conclusions, je puis citer encore des essais exécutés dans une autre fabrique d’impressions et qui m’ont été gracieusement communiqués. On a fait passer des tissus imprimés en violet de méthyle, vert de méthyle, bleu de méthylène, etc., dans des bains : 1- d’émétique; 2* d’oxalate à poids égal; 3: d’oxalate à poids inversement proportionnel à son prix d’achat comparé à celui de l’émétique. Les couleurs fixées dans le bain n 1, toutes autres manipulations et conditions égales d’ailleurs, sont les plus intenses et les plus vives. Les échantillons traités dans les n** 2 et 3 sont plus pâles et moins éclatants. Ce résultat, qui s’explique naturellemet dans le cas des bains à poids égaux d’émétique et d’oxalate, à cause de la moindre teneur de ce dernier en oxyde d’antimoine, au lieu de surprendre lorsque l’oxalate et l’émétique sont employés à poids proportionnels inversement à leurs prix respectifs.
- On a cherché la raison de ce fait dans l’acidité plus forte de l’acide oxalique. On a pré-paré une composition de bleu de méthylène à laquelle on a ajouté 2 grammes d’acide oxalique par kilogramme et, dans une autre por-
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- 1. g®
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tion, 2 grammes d’acide tartrique par kilogramme. Les échantillons imprimés ont été soumis à toutes les manipulations du travail en grand ; on a constaté que la couleur à l’acide oxalique a donné des tons bien plus pâles que la couleur additionnée d’acide tartrique. On comprend dès lors l’infériorité marquée de l’oxalate d’antimoine dans les compositions d’impression et les bains de teinture. Il est à remarquer, de plus, que les couleurs fixées à l’oxalate résistent beaucoup moins bien au savonnage que les couleurs à l’émétique. Certaines matières colorantes, extraites des végétaux, sont même entièrement détruites par l’acide oxalique.
- La concordance de ces résultats obtenus par des expérimentateurs indépendants permet d’affirmer que le facteur, de beaucoup le plus important de l’activité des mordants antimo-nieux, émétique ou oxalate, est leur teneur en oxyde d’antimoine ; la valeur de ces modants se déduira donc sur la proportion relative d'antimoine qu’ils contiennent. Or, si nous comparons de la sorte l’émétique avec l’oxalate d’antimoine avec leurs prix commerciaux actuels, nous trouvons qu’avec l’émétique valant environ 280 marks par 100 kilogrammes, (le mark = 1 fr. 25) et contenant 43 pour 100 Sb O, l’oxyde d’antimoine revient à 6 marks 50 le kilogramme, tandis qu’avec l’oxalate à 180 marks par 100 kilogrammes et 23 pour 100 Sb O, cet oxyde revient à 7 marks 85.
- Une autre circonstance vient encore augmenter l’infériorité de l’oxalate : ce sel se dissocie dans les solutions aqueuses étendues et chaudes en séparant un oxalate basique inapte à se combiner au tanin et aux tanates des matières colorantes; l’oxyde d’antimoine ainsi précipité est absolument perdu pour le teinturier. L’émétique, au contraire, se dissout, sans résidu, à tous les degrés de dilution ; il est le seul sel d’antimoine possédant cette propriété avantageuse pour le mordançage.
- Les sels doubles dérivés de l’acide tartrique de l’émétique sont généralement bien solubles; au contraire, l’acide oxalique a tendance à
- former des sels doubles insolubles, qui deviennent souvent la cause de taches et d’inégalités dans la teinture. Quant au prétendu coefficient de dissolution plus élevé de l’oxa-late d’antimoine, qui permettrait une décomposition plus complète de ce sel, sous l’influence du tanin, de ses laques colorantes, aucunes expériences, que nous sachions, ne sont venues le prouver. Il serait intéressant d’établir expérimentalement que les laques antimonio-taniques sont, comme on l’a dit, moins solubles dans l’oxalate acide de potassium que dans le tartrate acide ; s’il n’en était pas ainsi, on ne saurait maintenir qu’avec l’émétique le teinturier utilise 50 0[0 seulement de l’oxyde d'antimoine contenu ; ce qui n’aurait pas lieu avec l’oxalate d’antimoine.
- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES ENLEVAGES AU CHLORE GAZEUX
- Par M. G. Witz.
- Le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse (avril-mai-juin 1884) contient une note fort intéressante de M. Albert Scheurer sur l'enlevage rapide de l’indigo, du rouge d’Andrinople, du noir d’aniline, etc., par e chlore gazeux en présence de soude caustique à une concentration moyenne (spécialement à 160-170 B).
- L’auteur rappelle que Persoz a signalé an-ciennement le possibilité de réaliser l’enlevage sur bleu indigo au moyen de l’eau ou de couleurs épaissies passées, lorsqu’elles sont encore mouillées, dans une atmosphère de chlore. Il ajoute que l’addition d’un sel d’alumine à l’enlevage blanc permettrait d’obtenir par cette méthode le rouge, après dégommase et teinture, avec plus de pureté que par les procédés ordinaires ; ceux-ci laissent, mélangés à l’alumine, un peu d’oxyde de chrome (quand l’on a imprimé un mélange de se d’alumine et d’acide oxalique sur tissu blet foulardé en bichromate) ; ou même de l’oxyde de fer (par impression d'aluminate de soude
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- n-ige ou-nt de u-lir ge es n-ae te yu le
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- I et de soude caustique sur tissu préparé en fer-ricyanure de potassium).
- Un sel de plomb ajouté à l’enlevage blanc I et transformé ultérieurement en chromate l donnerait l’enlevage jaune qui pourrait être combiné aux précédents.
- En employant le chlore, l’essentiel est, évidemment, de réduire au minimum la durée du | contact du gaz avec l’indigo sec, puisqu’on quelques minutes il y a déjà sur le bleu une altération sensible.
- La décoloration à l’état humide est quelque peu hâtée par la présence des acétates alca-lins; elle est retardée par les acides minéraux.
- Mais heureusement la présence de la soude caustique décuple ou augmente l’action du chlore de teille façon que la décoloration du bleu cuvé s’obtient en dix secondes — et même moins.
- L’acide hypochloreux est le seul oxydant I"1 ait autant de puissance ; car les hypo-Chlorites, même concentrés, n’attaquent l’in-digo qu’avec une certaine lenteur.
- Un mélange d’aluminate de soude et de soude caustique fournit alors l’enlevage du mordant rouge sur bleu cuvé.
- Un fait remarquable, c’est qu’un sel de sesquioxyde de chrome dissous (1) dans l’ex-ces de soude est transformé par le chlore en c romate de soude. Par suite, l’addition au nelange précédent d’une solution de plombite e soude constitue, en présence de chlore éazeux, un jaune au chromate de plomb qui "este intimement fixé au tissu.
- M. Scheurer a donc réalisé par oxydation synthèse du chromate de plomb, enlevage SUr bleu et sur rouge.— Dans une expérience Ja ancienne, nous avions obtenu également
- , 0) Le simple mélange de vert Guignet en pâte ec la soude, déposé sur calicot et chloré, ne m’a s Paru s’oxyder sensiblement.
- pans les mêmes conditions, l’hydrate manga- x donne du bioxyde qui se fixe en partie sur calicot, mais il ne se forme pas de manganate.
- 1
- une synthèse curieuse du chromate de plomb sur le tissu, en partant du vert Guignet fixé à l’albumine et en l’oxydant sur la fibre au moyen d’une solution permanganique tiède contenant un sel de plomb. (Voir Bulletin de la Société industrielle de Rouen, année 1876, p. 425.)
- L’auteur a observé que les vapeurs de brome produisent l’enlevage aussi bien que le chlore gazeux. Les vapeurs d’iode ne donnent qu’un enlevage partiel.
- M. Scheurer a en outre décrit quelques expériences sur le mélange d’aniline et de soude caustique, déposé sur tissu blanc et exposé en gaz chlore ; de même sur le chamois solide produit par la solution d’un sel d’aniline au contact du même gaz. — Nous demandons la permission d’y revenir dans un instant.
- Au lieu de nous borner à cette simple analyse bibliographique du travail original, nous avons tenu à répéter la plupart des expériences. L’occasion s’étant offerte alors de mentionner certaines oxydations spéciales, l’autorisation nous en a été fort gracieuse" ment accordée. Enfin, par nos efforts, nous avons pensé contribuer, en même temps, à rendre pratique le difficile problème qui n’est encore, comme le dit M. A. Scheurer, qu’une expérience de laboratoire.
- Nous croyons que le chlore liquéfié (1) sera un jour employé industriellement ; on pourra par exemple l’introduire régulièrement au moyen de robinets jaugés dans une petite cuve à roulettes, munie de divers accessoires, et placée au-dessus de la machine à imprimer. Celle-ci n’aura pas besoin d’appareils de séchage. Tôt ou tard, l’adjonction à certaines
- (1) A12-,5 le chlore a une pression de 8,5 atm. (Schutzenberger, Chimie générale, I, 354.) C’est un liquide jaune, oléagineux, assez mobile, d’une densité = 1.33. Il bout à — 33',6 (Régnault) et forme 420 volumes de gaz.
- Un de nos collègues l’a déjà préparé à l’état liquide industriellement et il s’est occupé de surmonter diverses difficultés pratiques.
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- machines à imprimer d'une boîte à gaz chlore permettra de réaliser des enlevages colorés et des réactions spéciales, dans les conditions les plus économiques.
- Pour ronger le bleu cuvé, on est obligé, ordinairement, de recouvrir toute la surface du tissu d'un bichromate en proportion suffi -santé ; la manipulation exige un séchage modéré et l’absence totale de lumière ; il faut imprimer des pâtes acides concentrées, etc. Parfois on opère à l’inverse, en imprimant le bichromate qu’on passe en bain d’acide oxalique, etc.
- Tout serait plus simple et réduit au minimum de dépense et de temps avec le gaz chlore. Il y a à craindre, il est vrai : une légère altération du bleu qui tend à verdir; un blanc moins pur ; moins de netteté dans les impressions délicates, le tout sans préjudice des obstacles qui accompagnent nécessairement de semblables innovations.
- Mais, en somme, ce mode d’enlevage possède de l’intérêt lorsqu’on doit opérer économiquement sur une grande échelle ; en outre, il doit permettre d’exécuter de nouveaux genres de fabrication.
- Il semble que Venvers de la pièce venant d’être imprimée, doit être attiré par un rouleau criblé de trous, et verni convenable ment, au centre duquel le chlore peut se détendre. L’aspiration ou l’insufflation d’air est ensuite nécessaire pour combattre l’entraîne-nement du gaz par le tissu.
- Oxydation de la cellulose.soude,comme on peut le prévoir, facilite considérablement l action oxydante que le gaz chlore exerce lentement sur la cellulose ainsi que sur les matières organisées insolubles, textiles ou autres. En dix à vingt secondes, par exemple, la cellulose qui constitue les tissus de coton arrive au maximum d’oxydation et se brûle même en partie.
- Après lavages, acidage et purification comme d’ordinaire, la teinture à froid en bleu méthylène produit du bleu très foncé aux seuls endroits du tissu qui avaient été cou
- verts de soude, tandis que la teinture en bleu diphénylamine donne une réserve blanche caractéristique aux mêmes places.
- Après avoir constaté maintes fois, dans d’autres séries de recherches, combien la soude facilite aussi l’absorption directe de l’oxigène de l’air par la cellulose, surtout à chaud, je pense que Yoxygène à l’état naissant qui est libéré précisément à l’instant où le chlorure de sodium est fermé avec un vif dégagement de chaleur, se porte subitement sur les corps oxydables en présence (cellulose, sesquioxyde de chrome, oxyde de plomb, etc.), pour les modifier avant même de constituer un hypochlorite, composé instable dans ces conditions.
- La chaleur dégagée est aisément appréciable.
- J’ai enveloppé le réservoir cylindrique d’un thermomètre à mercure avec 0 gr. 08 calicot blanc; puis après avoir humecté ce fragment de tissu de soude à 160 B., le contact du gan chlore a élevé brusquement la température de l’instrument de 6°,5 — en même temps qu’une masse de métal et de verre pesant environ à 120 fois plus que le coton ; et encore, une seule face du tissu a subi l’oxydation comme la teinture le démontre.
- La même expérience en remplaçant la soude par une seule goutte d’aniline a produit une élévation de température de 20° sur l’ensemble, tout en modérant la vive chaleur de a réaction ; celle-ci est d’ordinaire tellement violente qu’il est nécessaire de n’opérer q"e sur très peu de matière.
- Voici encore une expérience à l’appui des précédentes :
- Un fragment de calicot aussi mince I" possible, enveloppe et serre au moyen de fil un cylindre formé par moitié d’un crayon de charbon de fusain et d’une tige métallique Après avoir imbibé légèrement le tissu de soude à 160 B., on introduit le tout dans du gaz chlore pendant 30 secondes ; ensuite on lave, acide, etc., et teint à froid en bleu me thylène. L’envers de l’étoffe n’est pas colore)
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- mais à l’endroit le bleu pourpré est beaucoup plus intense sur la partie correspondant au charbon. Evidemment, celui-ci n’a pu absorber la chaleur aussi aisément que le fait le métal : la réaction est donc essentiellement de nature thermo-chimique.
- De là l’idée de substituer la potasse causti-que à la soude, afin qu’une quantité donnée de chlore développe une plus forte chaleur et désoxydations plus puissantes.
- En effet, la potasse fournit sur le bleu cuvé des enlevages plus prompts et plus complets que la soude. J’ai constaté qu’une concentration moyenne avait également une influence favorable dans les réactions de ce genre ; avec la potasse, le terme de 14o à 16° B., paraît préférable pour les solutions non épaissies : il doit être fortement élevé, pour la potasse comme pour la soude, lorsqu’il s’agit de cou-leurs imprimées.
- (A suivre)
- BREVETS D'INVENTION
- 167500. 7 mars ; Lepage. — Procédé de separation de l’écorce des plantes dicotylé-donées.
- 167504 . 9 mars ; Voland. — Nouveau genre de tissu obtenu par la combinaison du gau-rage et du coupage au sabre sur satins.
- 167514. 13 mars ; Allée. — Machine à dé-cortiquer la ramie.
- —----== — «enseignements commerciaux
- FAILLITES
- Paris, — Jacob (Albert), md de toile, bout Voltaire, 1. — Jug. du 31 août.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lille. — Formation de la Société en nom eollectif Bloch frères et Schowb, fab. de toiles, qe Boucher de Perthes, 104. — Durée , 3 Ans. — Acte du 12 juillet.
- Reims. — Formation de la Société en nom collectif Ninet frères, déchets de laines. — Durée : 10 ans. — Cap. : 200,000 fr. — Acte du 8 octobre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Chevallard et Lordereau, apprêteurs des étoffes de soie, rue du Commerce, 32. — Durée : 6 ans et 3 mois. — Cap. : 180,000 fr. — Acte du 1er octobre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- St-Denis.— Dissolution, à partir du 18 août, de la Société de fait, Roussel frères, teinturiers, chemin de la Gare, bassin du Canal.— Liquid. : M. Robin, rue du Quatre-Septembre. — Jug. du même jour. — D.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er octobre, de la Société Cadgène et Cie, teinturiers, à Villeurbanne. — Liquid. : M. Cad-gène qui a acquis en outre le fonds de teinturerie de la Société F. Bergeret et Cie, rue des Tournelles, 10 et 11, ses ex-associés. — Acte du 22 septembre.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 24 septembre, de la Société Winterhalter et Maret, teinturiers, cours de la Liberté, 61.—Liquid. : les associés. — Acte du même jour.
- Saint-Etienne. — Dissolution, à partir du 30 septembre, de la Société Prat et Durel, fab. de rubans. — Liquid. : M. Durel. — Acte du 1er octobre.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif J. Charreun et Regis Faure, rasage et apprêt des velours, rue Grognard, 7. — Durée : 10 ans. — Cap. : 30,000 fr. — Acte du 24 mai.
- BIBLIOGRAPHIE
- Industrie textile. — Agenda et Calendrier de poche des /dateurs et tisseurs à l’usage des fabricants, directeurs, contre-maîtres et em-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ployés, année 1885-86, par H. SPENLÉ, ingénieur, avec la collaboration de L. BIPPER, professeur de filature et tissage.
- Ire partie : Matières textiles d’origine animale. Matières textiles d’origine végétale.
- 2e partie : Principes de filature.
- 3e partie : Tirage des fils, Conditionnement.
- 4e partie : Filature de la laine peignée.
- 5e partie : Filature de coton.
- 6e partie : Principes de tissage.
- 7e partie : Tissage mécanique de la laine.
- 8e partie : Tissage mécanique du coton.
- 9e partie : Etablissement de filatures et tissages,: Comptabilité.
- 10e partie : Mathématiques.
- 11e partie : Poids des métaux.
- 12e partie : Vapeur et chaudières à vapeur.
- 13e partie : Décrets et règlements sur les chaudières à vapeur.
- 14e partie : Lois ou décrets concernant les enfants dans les manufactures.
- 15e partie : Mesures, poids et monnaies.
- 16e partie : Renseignements utiles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 22. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Novembre 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET procédés nouveaux.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE EN PIÈCES (suite et fin).
- LES TISSUS SOIE PURE.
- CHIMIE APPLIQUÉE A LA TEINTURE DE LA LAINE (svite et fin).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- EXPOSITION INTERNATIONALE A ÉDIMBOURG.
- DES ENLEVAGES AU CHLORE GAZEUX (suite).
- BIBLIOGRAPHIE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- COURS.
- annonces.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- ^ous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- CHAUFFAGE DES CYLINDRES A APPRÊTER LES ÉTOFFES
- Par M. Hilaire.
- M, Hilaire vise spécialement les cylindres chauffes au moyen d’un mélange d’air et de §az- Il arrive souvent que, malgré la rangée de trous pratiquée suivant une génératrice du elindre, le mélange brûle mal ou ne brûle que SUr une partie de la longueur du tube.
- Pour assurer une combustion uniforme, M. Hilaire ménage dans la paroi cylindrique un evidement longitudinal, dans lequel s’engage “n second tube de diamètre beaucoup plus fai-ble et alimenté exclusivement d’air pur. Le "be additionnel, percé de trous comme le pre-ier, fournit à chaque jet de gaz et d’air un SWpplément d’oxygène qui facilite la combus-Jon et régularise la lampe dans toute la lar-8eur de la machine à apprêter.
- GRATTAGE DES ÉTOFFES Par MM. H. David et Cie.
- Pour faciliter le « grattage » ou « garnis-"a8e » des étoffes de laine, les brevetés font
- précéder cette opération d’un « découpage ». La machine à dérompre se compose d’un bâti fixe, sur lequel sont disposés plusieurs rouleaux parallèles et horizonteaux, et d’un plateau inférieur, également horizontal, mobile verticalement, par l’intermédiaire d’une vis et d’engrenages cônes aboutissant à un volant. Sur le plateau sont fixés des fers à T, qui correspondent aux intervalles des rouleaux supérieurs et qui sont munis de couteaux rigides (de longueur proportionnée à la largeur de l’étoffe). Le tissu, tendu d’un bout à l’autre de la machine sur des cylindres garnis d’émeri, chemine entre les rouleaux et les couteaux ci-dessus indiqués. Suivant que les lames transversales sont plus ou moins soulevées par le plateau à vis, les angles formés par le lainage entre les couples de rouleaux successifs sont plus ou moins aigus et le dé-rompage plus ou moins accentué.
- APPRÊT DES LAINAGES DRAPÉS Par M. Varinet.
- Le garnissage des étoffes de laine, appel-« striage », « gitage », « recouchage du poil », s’effectue au moyen de chardons métalliques, sur le tissu tendu longitudinalement au-dessus d’un cadre évidé.
- M. Varinet, au contraire, réalise l’apprêt en faisant porter l’étoffe sur une surface lisse et solide, plane ou cylindrique ; l’étoffe, tendue en largeur aussi bien qu’en longueur, cheminé
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- avec une lenteur relative au-dessous d’un ou de plusieurs rouleaux agissant sur tous les points, à la manière de brosses. Il en résulte la suppression du « rayonnage », un garnissage plus rapide et de nature à mieux ménager la contexture.
- GALONS A TRAME PERLÉE POUR PASSEMENTERIES Par M. Bernard.
- Habituellement, les tissus de ce genre sont ourdis avec une chaîne, sur laquelle les perles ont été préalablement enfilées. Un peigne de forme spéciale permet le passage des perles, à de certains intervalles; le duitage ne présente pas de particularités. M. Bernard obtient des effets analogues d’une façon inverse : la chaîne est ourdie sans perles, une ou plusieurs navettes sont, au contraire, munies de trames perlées. Lorsqu'arrive le tour d’une de ces duites, l’ouvrier chasse la navette comme d’ordinaire, puis place les perles à la main entre les fils longitudinaux. Des cotons brochés indiquent les emplacements que doivent occuper les perles isolées, ou groupées pour produire les effets dits « massés ». On sait qu’avec la méthode usuelle ces effets ne peuvent s’obtenir qu’au moyen d’une broderie.
- Le procédé breveté donne aussi la faculté de varier les dessins et les couleurs des perles sur la eme chaîne. Enfin, une double trame empêche le passage des perles à l’envers du galon.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 167929. 28 mars; Eberz.- Procédé de dégraissage et de nettoyage mécaniques de matières végétales et animales par la farine fossile et l’emploi simultané de la vapeur.
- 167946. 28 mars; Saxelby.— Perfectionnements dans les presses et chevalets employés pour nettoyer, teindre, classer et emmagasi-siner les pantalons.
- 168829. 16 mai ; Lebreton. — Cuve pour le lessivage des fils et tissus, à retour de flamme intérieur et élévateur à hélice.
- 168833. 13 mai ; Société Charles Vignet,ses fils et Cie — Nouvelle application de cylindres rayés, granités ou pointillés pour l’obtention de la moire.
- 168847. 11 mai ; Harriso.— Genre de composé perfectionné applicable au nettoyage de produits de toute nature.
- 168852. 16 mai ; Baillard(les sieurs) et Roc-cas. — Système d’azurage des matières textiles blanchies par le chlore ou l’acide sulfureux et les bisulfites alcalins au moyen de la production du vide ou de la pression, par une pompe foulante, pour établir un circulas du liquide azurant au travers des mailles blanchies.
- 168878. 12 mai ; Plantrou-Balna. — Pro cédé de purification de toutes matières anl males par les réactifs à l’état naissant.
- 168898. 18 mai ; Heslop. — Perfectionnements dans les machines et se référant au mécanismes ou appareils pour repasser, Iis ser, lustrer, presser ou finir des tissus aus bien que pour le collage et le polissage d'a très matières.
- 168923. 15 mai; Cadoret. — Extraction de la matière colorante de la paille.
- 169072. 21 mai ; Morillière (demoiselle)- " Teinture pour faire revenir la couleur passee
- 169152. 26 mai; Sandron. — Procédép°l" rendre imperméable et imputrescibles les tis sus et en général les matières appartenant 0
- règne végétal.
- 169224. 28 mai ; Duke-Fox. — Perfectass nements apportés aux procédés et appa propres à carboniser la laine, les déchets
- les chiffons.
- 169258. 29 mai : Scott. — Nouveau procë.. de nettoyage à sec des tissus et étoffes man
- facturés.
- 169310. 3 juin; Boucheron. Nouvelle n chine à teindre le coton et la laine nie
- bobines.
- Cette nouvelle machine à teindre Ie c
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- et la laine filés en bobines permet d'observer une circulation continue du bain de teinture autour des matières à teindre au moyen d’une pompe qui met le liquide en mouvement. Elle est spécialement caractérisée par la combi-naison d’un système de boîte mobile recevant les matières à teindre et pouvant se charger et se décharger en dehors de l’appareil lui-même et l’installation des bacs permettant de recevoir et concentrer les bains de teinture.
- 169339. 4 juin; Chamon. — Application du caoutchouc à l’impression des dessins de broderies sur les étoffes.
- Certificat d'addition
- 163112. 8 mai ; Société Leo Vignon et Cie. - Cert. d’add. au brevet pris, le 2 juillet 1884, pour un procédé de fabrication d'une série de matières colorantes applicables à la teinture des étoffes et des fibres textiles.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- TEINTURE EN PIÈCES
- Soie pure et tissus mixtes
- Diverses variétés de teintures en pièces
- (Suite et fin.)
- Dans ce qui précède, en parlant des ca-"dieux, j’ai montré la dégradation au point de vue du coloris, d’une manière sommaire, mais non absolue et artistique.
- A première vue, il semble qu’en dégradant Par du blanc, c’est-à-dire en coupant du rose Oncé par de l’eau épaisse, à la gomme ou à "4 dextrine, pour ne pas diminuer l’épaissis-sent pour les besoins de l’impression, on ob-"endra du rose plus ou moins foncé, mais (ans les mêmes tons, c’est-à-dire un coloris "égradé comme nous les offrent les fleurs "Panouies.
- 1 n’en est rien : toutes les fois que l’on coupe une couleur, elle tend à verdir, d’une
- manière générale, quand même que le coupage se fait à l’eau pure, épaissie avec une substance incolore telle que la gomme ou la dextrine blanche. Ici, bien entendu, je ne liens pas compte de l’action de certaines gommes qui altèrent les couleurs par elles- mêmes, et qui forcément doivent être, leur action étant connue, laissées en dehors.
- Ainsi que j’ai pu m’en rendre compte chez M. Brunet-Lecomte de Bourgoin, dans le coloriste pour impression, il doit y avoir le chimiste et l’artiste. C’est d’ailleurs ce que me disait également M. Figurey, de Bourg-Ar-gental.
- Cheveul, le doyen des étudiants français, a posé les bases de la science du coloriste avec une très grande précision ; on ne peut les attaquer dans les points essentiels, mais avec le temps le champ s’est agrandi dans les détails. Et, sans rien infirmer des travaux immortels de Chevreul, MM. L. Lembert (de Lyon), Rosensthiel (de Rouen) et Von Beyold (de Munich) ont agrandi le champ des détails, sur lesquels je reviendrai un jour.
- Donc nous avons une couleur mère rose foncé ; pour la dégrader de manière à faire des camaïeux en {trois, quatre ou cinq tons, il ne suffit pas d’y ajouter une quantité d’eau épaissie à la gomme ou à ta dextrine, de manière à obtenir trois, quatre ou cinq coupages ; mais en même temps , pour garder le ton général, comme nous l’avons dans les fleurs naturelles, il faudra modifier les coupages par l’addition d’un peu de pourpre, pour annuler le ton verdâtre, qui se produit d’au-tant plus que l'on affaiblira davantage la couleur.
- Ainsi, comme l’a publié dernièrement M. Rosensthiel à la Société industrielle de Rouen, un jaune de chrome foncé, complémentaire d’un bleu, ne le sera plus, si l’on dégrade les deux mêmes couleurs en même temps de la même quantité de blanc. L’harmonie du coloris sera brisée, les deux couleurs ayant verdi.
- Un camaïeux se fait ordinairement en 3, 4, au plus en 7 tons ; lorsqu’il se fait en da-
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- ce 103 G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- vantage , quelquefois en 20 tons , on tombe dans les ombrés.
- Ces genres, sur lesquels je reviendrai, ont dernièrement fait fureur à Lyon, et MM. De-lore et Delaye, de Pierre-Bénite (près Lyon), se sont surpassés dans leur exécution, à tous les points de vue, en créant un genre d’impression dite aux « châssis ».
- Je reviens maintenant aux indiens verts. L’indigo en bleu de cuve et le quercitron ne sont pas d’un emploi commode sur soie, on ne pouvait donc créer le genre lapis et cachemire en foulards soie.
- En 1866, M. Saniol eut l’idée d’appliquer le bleu de Prusse sur les indiens jaunes : le succès fut complet et les indiens verts furent créés.
- Tous mes lecteurs connaissent le bleu de France, sur laine, qui, antérieurement aux bleus alcalins, se faisait exclusivement sur laine pour l’article dit : de Bretagne.—Vareuses pour matelots ou autres.
- Ce genre de teinture, que j’ai trouvé florissant dans le temps à Crest et Dieu-le-fit (Drôme), se faisait en manœuvrant la laine en pièces dans un bain de cyanure rouge additionné d’acide tartrique, et montant peu à peu la température du tiède au bouillon. On obtient ainsi un bleu splendide et très uni, remplacé aujourd’hui par les bleus alcalins.
- Dans les indiens verts, sur un foulard indien jaune, vu précédemment, on imprime à place sur la teinture en curcuma ou jaune artificiel, après dessication, un mélange épaissi de :
- Cyanure rouge ;
- Acide suirirqe I faibles quantités;
- Eau ;
- Gomme ou dextrine.
- On laisse sécher et l’on vaporise. Sous l’influence de la chaleur humide, le cyanure rouge modifié par le mélange d’acides tartrique et sulfurique, mis en quantités convenables pour saturer la potasse du sel, laisse un fonds de bleu, qui se développe au rinçage à grande eau en produisant des effets très heureux, par la combinaison du fonds curcuma et
- chamois, et des rouges et puces de garance.
- Jusqu’à présent, le bleu de Prusse ainsi produit n’a pu être remplacé par les couleurs artificielles, à cause de l'unisson de la nuance.
- Je termine ici les garancés sur soie, en disant que l’application de la garance sur foulard soie, par voie directe d’impression par mordant et couleur mêlés ensemble et dissous à l’aide d’acide acétique, n’a pas obtenu un grand succès. Il ne s’en fait même pas, comme cela a lieu pour les étoffes coton.
- Encore une fois, les données à remplir dans le garançage des foulards soie et des tissus coton ne sont pas les mêmes.
- MARIUS MOYRBI.
- (Reproduction interdite).
- DES TISSUS SOIE PURE
- OU SOIE ET COTON OMBRÉE
- Comme je l’ai dit précédemment, les ombrées ont fait dernièrement fureur; la mode en reviendra certainement, car le genre est très agréable comme coloris.
- Pour bien se rendre compte de l'ombré, q" peut être fait de deux manières, dans le sens de la largeur ou la longueur de la pièce (dans ce dernier cas, l’ombré revient tous les mètre5 ou n’importe quelle longueur), que le lecteur imagine (prenons par exemple un ombré dan5 le sens de la largeur), une pièce de soie om-brée dans le sens de la largeur et vue à l'en-droit; eh bien, le coloris foncé sur une des lisières ira en s’éclaircissant insensiblement du plus foncé au plus clair à l'autre lisière, en passant par des dégradations insensibles.
- L’ombré peut être fait dans ce cas, en en ployant des soies teintes en flottes .pour 18 chaîne, qui doit être fournie à l’endroit et ave une trame blanche. C’est alors à la pli^use a disposer les portées de chaîne, selon leurf numéros de nuances ombrées. Généralement on fait ainsi des satins ou des velours et peluches ombrés par la chaîne, dite de poib dans les deux derniers cas.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Si l’ombré est fait par teinture en flottes dans le sens de la longueur de la pièce, dans ce cas la chaîne est blanche et la trame très fournie à l’endroit pour produire des effets d’ombrè, est disposée par le tisseur à l’aide de navettes successives.
- Les teinturiers de Lyon et de St-Etienne se sont surpassés récemment dans la production de parties de soies dégradées en vingt, trente et même soixante tons dans la largeur d’une pièce d’étoffe.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- CHIMIE
- APPLIQUÉE à LA TEINTURE DE LA LAINE
- Altérations et dosage des mordants.
- (Suite et fin.}
- 3' Dosage du zinc. — On dose le zinc à l‘é-tat d’oxyde. Pour cela, on prend une nouvelle quantité de la liqueur L (toujours 50 centimè-res cubes), que l’on traite par de l’acide acé-tique et par un excès de potasse caustique. On précipite ainsi le cuivre et le fer à l’état J)
- oXydes, tandis que la liqueur retient l’oxyde de zinc. On filtre et on soumet la liqueur à un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’à précipita tion complète du sulfure de zinc, lequel appa— "ait sous la forme d'un précipité blanc. On jette le précipité sur un filtre et on le lave avec de l’eau contenant de l’acide sulfhy-drique.
- Lorsque le sulfure est bien lavé, on met le "ltre dans un ballon, qu’on recouvre d’un en-“nnoir; puis on y verse de l’eau additionnée “acide chlorhydrique. Le flacon dans lequel a lieu la précipitation du sulfate est également âvé avec de l’eau acidulée par l’acide chlo-"hydrique, et on verse l’eau de lavage dans le "allonqui contient le filtre. On chauffe légere-ent jusqu’à ce que la dissolution ne répande Plus l’odeur du gaz sulfhydrique ; puis on "oute par parties un excès de carbonate de Potasse, en solution dans l’eau, qui précipite
- le zinc à l’état de carbonate. Quand le carbonate de zinc est déposé, on filtre la liqueur, on lave le précipité avsc de l’eau chaude et on le fait sécher dans l’entonnoir, mais à l’abri de la poussière.
- Le précipité est séparé du filtre, puis déposé sur du papier glacé. On place le filtre dans un creuset, on l’arrose avec quelques gouttes d’acide azotique , on fait évaporer l’excès d’acide, on couvre le creuset et on le chauffe jusqu’à ce qu’il ne dégage plus de vapeurs. On découvre le creuset, on le chauffe au rouge et on le laisse refroidir. On met le précipité dans le creuset, on le couvre, on le chauffe de nouveau au rouge, on le laisse refroidir à l’abri de l’air, puis on le pèse.
- La calcination du carbonate de zinc a donné naissance à un poids d’oxyde de zinc anhydre Zn 0. De ce poids, on déduit celui du zinc Zn en multipliant Zn O par le facteur 0.80247 :
- Zn = Zn 0x0.80247
- La proportion centésimale du zinc contenu dans l’acétate de cuivre, à l’état d’oxyde, s’obtiendra en maltipliant le précédent produit par 100 et en divisant par le poids d’acétate de cuivre employé. Or nous avons disout 10 grammes d’acétate de cuivre dans 500 centimètres cubes d’eau, et nous avons opéré sur 50 centimètres cubes de cette liqueur, c’est-à-dire sur 1 mètre de matière. Nous écrirons donc :
- ZnO X0.80247x100 XOde Zn_
- 1.000
- 33 grammes de zinc correspondent à 41 grammes d’oxyde de zinc chimiquement pur.
- 4- Dosage de la chaux. — On prend 5 gammes de l’acétate de cuivre à analyser et on le traite par de l’eau distillée bouillante. Tous les sels se dissolvent, sauf le carbonate ou le sulfate de chaux, l’argile, le sable, le cuivre métallique et les matières organiques qui restent indissous. On jette le résidu sur un filtre et on rince le ballon ou capsule dans lequel on a opéré la dissolution. On verse ces eaux de lavage sur le filtre.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le résidu est ensuite attaqué par l’acide chlorhydrique étendu et bouillant. Le sel calcaire se dissout : le carbonate en faisant effervescence, le sulfate sans eflervescence. On filtre, on sature la solution chaude avec de l’ammoniaque, jusqu’à ce qu’il se dépose un peu de sel devenu insoluble par la saturation de l’acide, et l’on ajoute une quantité d’acide chlorhydrique seulement suffisante pour faire disparaître le précipité. On chauffe ensuite un peu, puis on verse une solution d’acétante de potsse ou de soude pour transformer l’acide c- rhydrique en chlorure et mettre de l’acide acétique en liberté. (On peut remplacer la solution d’acétate de potasse ou de soude par une solution du chlorhydrate d’ammooiaque). On ajoute ensuite un excès d’oxalate d’ammoniaque.
- La chaux se précipite à l’état d’oxalate de chaux st sous forme d’un précipité blanc insoluble dans l'acid acétique ou l’acide oxalique. On ferme le vase à précipiter avec une plaque de verre et on abandonne le mélange pendant 12 heures au moins dans un endroit chaud.
- Lorsque le précipité est complètement rassemblé, on filtre la liqueur et on lave le précipité avec de l’eau bouillante. On le fait secher sur l’entonnoir, puis on le dessèche dans une étuve à 110 degrés. On détache ensuite le précipité du filtre aussi complètement que possible, on le dépose sur du papier glacé et on le couvre avec une cloche. On incinère le filtre dans un creuset de platine préalablement taré, on laisse refroidir le toui, on met le précipité dans un creuset, on le couvre et on le chauffe gradullement jusqu’à ce que le fond soit un peu rouge. On maintient cette température pendant un quart dheure environ.
- La transformation de l’oxalate de chaux en carbonate est accompagnée d’un dégagement d’oxyde de carbone qui brûle avec une flamme bleue. Da décomposition est achevée quand le précipité est blanc ou à peine grisâtre. Alors, on laisse refroidir le creuset et on le pèse. Le poids obtenu, moins celui du creuset vide,
- donne le poids du carbonate de chaux CaO, CO2, lequel multiplié par le facteur 0.56000 donne le poids de la chaux (oxyde de calcium) Ca O :
- CaO=CaO, CO2X0.56000
- La proportion centésimale de la chaux contenue dans l’acétate de cuivre à l’état de carbonate ou de sulfate sera dsnnée par le calcul suivant :
- CaO, CO: 0.56000 100 X% de CaO = —
- 5.000
- 5.000 représente le poids de matière em-ployée pour le dosage (5 grammes).
- 28 grammes de chaux correspondent à 50 grammes de carbonate de chaux et à 68 grammes de sulfate de chaux.
- 5- Le résidu resté sur le filtre, après la dissolution des sels calcaires par l’acide chlrhy-drique étendu et bouillant, dans le dosage de la chaux, est desséché à 100 degrés, puis pesé après refroidissement. Il donne le poids total P de l’argile, du sable, du cuivre métallique et des matières organiques renfermés dans l’acétate de cuivre soumis à l’analyse. Leur proportion centésumale est accusée par le calcul suivant, en nous basant sur 5 grammes d’acétate de cuivre employé :
- PX100
- 5.000
- O o
- 6- Dosage de Veau.— Le mode de dosage de l’eau par perte est le plus fréquemment en ployé; c’est cette méthode que nous indique rons.
- On chauffe un poids connu de l’acétate de cuivre à analyser (10 grammes, par exemple) à 100 degrés, ou même à une température plUs plus élevée dans une étuve à huile. Lorsq la dessiccation paraît suffisante , on pèse a substance à doser, généralement placée dan une capsule de porcelaine ou de platine; PU1S on la met de nouveau dans l’étuve, où on 18 laisse jusqu’à ce que deux pesées successive accusent le même poids.
- Une substance ne doit jamais être pese
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 6> 2s
- ge
- chaude. Au sortir de l’étuve, on la place dans une espèce de nacelle suspendue sous une cloche de verre, et en présence de l’acide sulfurique concentré. On ne la porte dens la balance qu’après complet refroidissement.
- (Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES {Suite)
- Verts au campêche et au bois jaune
- Cette méthode de teinture, qui donne d’assez bons résultats au point de vue de la sta-bilité des couleurs, est principalement applicable aux couleurs foncées.
- L’opération se fait dans deux bains diffe-cents : le bain de bouillon et le bain de teinture ou remontage.
- Bouillon.— Pour 100 kilos de laine, on compose un bain de bouillon avec :
- Eau,
- 1 kilo 200 de bichromate de potasse.
- 15 kilos de sulfate d’alumine.
- On peut aussi mordancer avec :
- 1 kilo 500 de bichromate de potasse,
- 12 kilos d’alun.
- Ces proportions sont établies pour un bain ayant déjà servi; on les double pour un bain neuf.
- On entre les étoffes à froid et on les fait malœuvrer dix ou quinze minutes. On com-mence ensuite à chauffer, puis on élève pro-8ressivement la température du bain jusqu’à ébullition. On maintient cette température Pendant deux heures, après quoi on abat les etoffes, on les évente jusqu’à complet refroi-“issement et on les empile sur une table à claire-voie pour éviter que le mordant resté (ans les étoffes ne stationne à la partie infé-neure des piles. On les laisse vingt-quatre eures sur le mordant avant de les teindre.
- Quelques teinturiers rincent à l’eau cou-ente les étoffes mordancées avant leur entrée ans le bain de teinture. Notre avis est que
- cette manipulation est au moins inutile, sinon malheureuse, car l’eau de rinçage enlève non seulement l’excès de mordant, mais les sels qu’elle contient désagrège celui qui est uniformément répandu sur l’étoffe. En résumé, au lieu d’aider la teinture par un petit excès de mordant qui se mêle intimement avec le colorant en dissolution dans le bain, on teint des étoffes qui n’en sont plus imprégnés en quantité suffisante.
- Le bain de bouillon no se vide pas après chaque passe ; il peut être conservé très longtemps, si on a soin de le faire bouillir au moins une fois par jour quand on ne s’en sert pas et de remplacer le liquide manquant par de l’eau.
- Teinture ou remontage. — On emplit un baquet d’eau froide et on y ajoute la quantité convenable de jus ou d’extrait de campêche pour arriver du coup, comme fond, au ton de la couleur demandée. Ensuite, on tourne le bain avec un peu d’acide sulfurique, jusqu’à ce qu’il ait pris une belle teinte jaune cognac. Lorsque le bain est tourné dans de bonues conditions, on met le bois jaune, aussi nommé bois de Cuba, puis on paille fortement. On y entre à froid les étoffes mordancées dans le bain de bouillon, on les fait manœuvrer vingt minutes sans chauffer, puis on monte peu à peu jusqu’à l’ébullition. On manœuvre les tissus pendant une heure à cette température.
- On échantillonne et on regarnit, si c’est nécessaire, en prenant les précautions que nous avons déjà énoncées pour la teinture en vert par le campêche et les jaunes d'aniline (voir le n. 19 du 5 octobre dernier), puis on fait bouillir de nouveau.
- On termine la teinture avec le carmin d’indigo comme colorant bleu et avec le curcuma ou le jaune solide comme colorant jaune.
- Il faut opérer avec une certaine célérité si l’on veut obtenir des couleurs qui se trouvent dans de bonnes conditions de pureté et de fraîcheur.
- .On remplace une certaine quantité de bois
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- O co 0a:
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- jaune par le curcuma lorsque les couleurs sont un peu soutenues. Le curcuma est beaucoup moins solide et ne supporte pas aussi bien la chaleur que le bois jaune, mais il est d’un prix beaucoup moins élevé et donne des tons très nourris. On ne doit ajouter le curcuma au bain de teinture quinze ou vingt minutes avant d’abattre, et on abaisse alors sa température à 60 degrés. Ces précautions sont motivées par ce fait que le bouillon fait virer le curcuma au janne terne, tandis qu’une température de 60 degrés permet d’obtenir des tons jaunâtres de la plus grande fraîcheur.
- Le bain de teinture peut se conserver indéfiniment, si on a soin de prendre, pour sa conservation, [es mêmes précautions que pour celle du bain de bouillon. Le bain de teinture se bonifie en vieillissant.
- C.-E. M., chimiste coloriste. (Reproduction interdite.) (A suivre).
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- EXPOSITION INTERNATIONALE A ÉDIMBOURG EN 1886
- Une exposition internationale de l’industrie, des arts et des sciences, aura lieu en 1886 à Edimbourg, sous le patronage de la reine.
- L’exposition sera ouverte le 4 mai et close le 30 octobre 1886.
- Voici la classification des divers groupes : 4e Classe—Substances animales et végétales, à l'état brut et travaillé
- 1. Gommes, résines, gutta-percha, caoutchouc, huiles végétales.
- 2. Bois de charpente.
- 3. Matériaux pour teindre et pour tanner.
- 4. Matières textiles et produits fabriqués (laine, jute, coton, lin, chanvre) avec métiers à tisser et à filer, ainsi que machine à coudre, etc., fonctionnant ou au repos.
- 5. Cuir, cordonnerie, etc.
- 6. Costumes.
- 7. Broderies, ouvrages à l’aiguille, etc.
- Les demandes d'emplacement seront reçues
- jusqu’au 1er janvier 1886. Elles doivent être faites à l'aide de formules délivrées au secrétariat de l’exposition, 18, Frederick Street, à Edimbourg. Les intéressés peuvent d’ailleurs prendre connaissance du programme de l’exposition au ministère du commerce (direction du commerce extérieur, bureau du mouvement général du commerce), 244, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES ENLEVAGES AU CHLORE GAZEUX Par M. G. Witz.
- {Suite}
- La potasse tend à retenir l’humidité, mais elle risque de donner des impressions moins nettes. Dans tous les cas, le blanc a besoin d’être purifié à l’eau bouillante.
- Voici des spécimens d’enlevages blancs et jaunes obtenus par impression en dix et en vingt secondes.
- Le chromate de plomb préparé par précipi-tation, dissous à chaud dans la lessive caustique et légèrement épaissie à la dextrine, fournit un excellent enlevage jaune vif sur bleu cuvé ou sur rouge turc.
- On obtient l’enlevage mordant pour rouge, sur bleu, un peu plus lentement que les précédents, en ajoutant une quantité de potasse suffisante sur l’aluminate, puis fixant l’alu-mine en sel ammoniac, etc.
- Lorsque de la chaux hydratée se trouve en suspension dans la lessive caustique, on re-marque au centre de chaque goutte et à l’en droit de la surface du tissu, qu'elle forme net tement « réserve » mécanique à l‘enleva8e produit par le chlore sur bleu ou sur rouge.
- Chlorage des alcaloïdes. — Nous parlerons brièvement d’un sujet dont la seule analog16 avec ce qni précède consiste dans un même mode opératoire : des gouttes d’alcaloïdes b" quides, déposées sur calicot, sont soumise
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- to Gl
- rapidement à l’action du chlore gazeux. Les différences chimiques sont tranchées : production de couleurs, au lieu d’enlevages, accompagnée de formation d’acide chlorhydrique, au lieu d’oxygène naissant, et de la transformation très nette du coton en hydrocellulose, au lieu d'oxycellulose.
- Avec le chlorhydrate d’aniline et le gaz chlore, il y a des faits intéressants à signaler. D’abord, la création « instantanée », pour ainsi dire, et successive de colorants rougea-1res, devenant vivement violacés, bleus et verts, tous plus ou moins solubles ; puis des noirs passant progresivement par les diverses phases connues, y compris le noir inverdissa-ble; enfin, un résidu organisé ou brun Bismarck difficilement altérable : le tout demande à peine une ou deux minutes ; et encore il est nécessaire, pour observer, de mo-dérer l’action oxydante dès le point de départ avec un mélange d’air.
- Mais le plus curieux, c’est que la simple solution aqueuse de chlorhydrate d’aniline donne sur calicot, suivant sa concentration, certains résultats absolument distincts aussitôt qu’on "introduit dans le gaz chlore : jusqu’à 130 grammes de sel formant 1 litre, on d’obtient qun chamois rosé vif, insoluble, qui brunit à sec, à la longue; tandis que 150 grammes et "I-dessus, on produit avec le même sel des noirs bordés sur le contour de chaque ta-he d’un liseré étroit de nuance orangée.
- L’excès d’acidité ou d’alcalinité du sel ne modifie pas les résultats : on va le comprendre bientôt.
- Les expériences de ce genre sont faites sur des gouttes isolées, déposées sur une bande de calicot et introduites quelques instants dans "e éprouvette de gaz chlore.
- Avec le pseudotoluidine, on obtient sur tis-SUs des colorants rougeâtres analogues aux violets de mauvéine.
- La paratoluidine (dissoute à saturation dans "cool) donne des couleurs vives et intenses : jaune, orangé, brun, grenat, — très soluble à Talcool:
- La xylidine, du gris olive au noir vert ;
- La méthylaniline, un olive jaune.
- (A suivre),
- ----------as-oce-o—”---------------
- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- CHEMINS DE FER DE L'OUEST
- M. le Ministre des travaux publics a homologué, à titre provisoire, une proposition de cette Compagnie ayant pour objet d’inscrire, dans son tarif spécial. P.V. n* 22, un prix de 2 fr. 50 c. par tonne, frais de gare compris, pour le transport des chanvres bruts, déchets de chanvre et d’étoupes, par chargement complet de wagon d’au moins 5,000 kil. de Voiron-Beaumont à Alençon. (Voy. l’affiche collective du 28 août 1885.)
- —......- "--->-0-0-0- » — -
- PRIME
- DD « MONITEUR DE LA TEINTURE »
- Par suite d’un traité avec une fabrique d’horlogerie de précision, nous pouvons offrir à nos abonnés une montre à remontoir, très fort boitier argent contrôlé, décoration riche, double cuvette intérieure également en argent, mouvement en qualité soignée, huit rubis, nouveau spiral régulateur, cadran Louis XVI avec petite aiguille de secondes. — Cette montre, garantie deux ans, d’une valeur commerciale de 80 fr., est envoyée franco en France contre un mandat-poste de 39 fr. adressé aux bureaux du journal, 7, rue Ro-chechouart, Paris.
- Nous avons à peine besoin de faire remarquer à nos abonnés que nous n’avons pas hésité à faire un sacrifice pour leur donner le moyen d’obtenir moins cher qu’une montre ancien système, une montre se remontant sans clef, supprimant ainsi les causes d’introduction de poussière dans le mouvement, le souci d’avoir une clef de montre que l’on perd souvent, et constituant un véritable bijou de famille acquis à moitié de sa valeur.
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- 262 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LE REVELATEUR DU JUTE
- Le « Révélateur du Jute » est un composé chimique qui n’est pas corrosif et n’altère pas les fibres éprouvées ; il se conserve bien bouché et à l'ombre. La fiole est revêtue d’une étiquette dont la marque est déposée.
- Pour reconnaître sommairement et instantanément le jute seul ou mélangé avec le lin et le chanvre, il suffit de verser quelques gouttes du Révélateur sur la toile ou sur le fil, ou sur les cordes à éprouver, ou simplement les toucher d’un chiffon qui en serait imprégné.
- Quelques secondes après, le jute seul apparaît d’une coloration jaune éclatante, ce qui le distingue de suite du lin et du chanvre, qui restent sans coloration. (Les pailles de chènevottes, « faciles à connaître, » prennent aussi la teinte jaune.)
- Pour déterminer exactement la quantité de jute dans les mélanges intimes, il faut prélever un petit échantillon de l article à éprouver que l’on défilera avant ou après son immersion de quelques secondes, dans un peu de « Révélateur » versé dans un verre.
- Le jute seul sera coloré d’un jaune éclatant qui persiste après dessiccation pendant plusieurs jours; or, on a tout le temps nécessaire pour le trier et en déterminer le volume ou le poids. Pour cela et pour quelques cas seulement, il est utile de se servir du microscope ou d’un simple compte-fils afin d’opérer sûrement, comme cela se fait du reste, dans ces opérations si minutieuses.
- Remarquons que des procédés connus jusqu’alors, le plus praticable qui est de M.Vincent, nécessite plusieurs immersions, et que la coloration, rouge sang de bœuf, obtenue , disparaît presque aussitôt ; or d’une part, on ne peut opérer sans être pourvu de trois produits différents que l’on n’a pas toujours sous la main, ni sans prélever un échantillon de l’article, ce qui n’est pas toujours possible ; d’autre part il est impos -sible de faire le triage puisque la preuve disparaît trop vite et avant dessiccation.
- Toutes ces difficultés sont tranchées par le « Révélateur de Jute, à l'œil, » qui est d’une utilité et d’une supériorité incontestables. Il est
- commode à porter en poche dans une petite fole, pour s’en servir partout.
- NOTA. — Le Révélateur est titré à une concentration tellement forte que le chanvre se couvre d’une faible teinte d’un jaune sombre, ce qui peut avoir l’avantage de le distinguer du lin qui reste intact.
- Par contre, cette teinte jaune sombre pourrait prêter à des doutes lorsque le jute est mélangé en « très petites » proportions avec le chanvre ; dans ce cas il suffira de répéter l’opération avec un nouvel échantillon, mais après avoir préalablement ajouté deux parties d’eau à une partie du Révélateur, qui possédera encore assez de force pour colorer suffisamment le jute pour le distinguer facilement du chanvre, qui restera alors complètement incolore.
- Prix du produit pour plus de 100 épreuves : 2ts francs.
- Adresser les demandes au Bureau du Journal; joindre un mandat-poste de 25 fr. 85 pour recevoir franco par retour du courrier.
- BIBLIOGRAPHIE
- Industrie textile. — Agenda et Calendrier de poche des filateurs et tisseurs à l’usage des fabricants, directeurs, contre-maîtres et en ployés, année 1885-86, par H. SPENLÉ, inge nieur, avec la collaboration de L. BIPPER professeur de filature et tissage.
- Ire partie : Matière- textiles d’origine animale-Matières textiles d’origine végétale.
- 2e partie : Principes de filature.
- 3e partie : Tirage des fils, Conditionnement
- 4e partie : Filature de la laine peignée.
- 5e partie : Filature de coton.
- 6e partie : Principes de tissage.
- 7e partie : Tissage mécanique de la laine.
- 8e partie : Tissage mécanique du coton.
- 9e partie : Etablissement de filatures et tisss geso: Comptabilité.
- 10e partie : Mathématiques.
- 11e partie : Poids des métaux.
- 12e partie : Vapeur et chaudières à vapeur
- 13e partie : Décrets et règlements sur les cha" dières à vapeur.
- 14e partie : Lois ou décrets concernant les en fants dans les manufactures.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 15e partie : Mesures, poids et monnaies.
- 16e partie : Renseignements utiles.
- Cet agenda, orné de nombreuses gravures, vient de paraître. C’est un élégant carnet de poche, titre en or sur le plat, fermoir élastique, poche intérieure.
- Prix : 5 fr., reliure ordinaire en percaline ; 7 fr., reliure de luxe en cuir avec tranches dorées (franco par la poste, 0.25 en plus).
- Joindre mandat ou timbres-poste, pour recevoir par retour du courrier.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en commandite Asselin et Cie, blanchissage et location de linge, rue Cadet, 9, à Paris, avec usine à Sarcelles et à Clichy. — Durée : 12 ans.—Cap. : 300,000 fr. dont 270,000 fr. en commandite.— Acte du 8 août. — J. g. d’A.
- Grenoble. — Formation de la Société en nom collectif Alphonse Blaive père et fils, négociants en chanvre, rue Servan, 17. — Durée : 5 ans. — Cap. : 10,000 fr. — Acte du 12 août.
- Reims, — Formation de la Société en commandite André Margotin et Botz, blanchiment, foulage, épaillage chimique, apprêts,etc., rue des Trois-Raisinets, 14. — Durée : 10 ans. - Cap. : 1,000,000 fr. — Acte du 4 août.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif John Sinn et Cie, commissionnaires en soieries, rue de la République, 2, à Lyon, Avec succursales à Londres, 27, 28 et 29, Cheapside.—Durée : 6 ans.—Cap. : 800,000 fr. - À partir du 1er juillet 1888, la Société de-viendra en commandite pour M. Sinn et pour un capital de 500,000 fr. et la raison sociale sera Walser et Meurer. — Acte du 11 août.
- Lille. — Formation de la Société en nom collectif Benaux et Honoré, blanchiment des fils, à Quesnoy-sur-Deulle. -- Durée : 10 ans. " Cap. ; 22,000. fr. — Acte du 4 août.
- Roanne. — Formation de la Société en nom collectif A. Charpenet et Cie, blanchiment de
- coton, à Roanne, lieu de Fontval. — Durée : 20 ans. — Acte du 5 octobre.
- Tourcoing. — Formation de la Société en commandite Fourmentin et Cie, filature, teinture et retordage des laines, rue du Tilleul, 41. — Durée : 11 ans et 5 mois.— Cap. 52,500 fr , dont 50,000 fr. en commandite. — Acte du 1er octobre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Semenza et Cie, commissionnaires en soies, rue Pizay, 3. — Cap. : 80,000. fr. — Acte du 1er septembre.
- Saint-Etienne — Formation de la Société en nom collectif Durel et Guichard, fab. de rubans. — Durée : 6 ans. — Cap.: 100,000 fr. — Acte du 29 septembre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 30 octobre, de la Société Korwin et Cie, produits pour le blanchiment des matières premières, rue de la Butte-Chaumont, 40.— Liquidateur, M. Korwin. — Acte du même jour. — G. T.
- Calais. —Dissolution, à partir du 30 juillet, de la Société E. Holbecq et G. Bodart, teinturerie et apprêt de tulles, quai du Commerce, 53, à St-Pierre. — M. Bodart continue seul.— Acte du même jour.
- Calais. — Dissolution, à partir du 25 juillet, de la Société Broutier et Drouard, tulles et dentelles, à St-Pierre.—Liquid. : M. Broutier, qui reste propriétaire de l’actif. — Acte du même jour.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 6 août, de la Société Rigoudy et Gahillon, apprêteurs d’étoffes de soie, petite rue des Feuillants, 4, — Liquid. : M. Haynard, expert teneur de livres. — Jug. du même jour.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Vitry-sur-Seine. — Prorogation au 1er octobre 1891, delà Société Terreux et Roumier, teinture et apprêt des tissus, rue Constantin, 10. — Cap. : porté de 16,000 fr. à 21,000 fr. — Acte du 1er août. — J. g. d’A.
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- 264 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29’ Année, N° 23. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Décembre 4885
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET procédés NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- BLANCHIMENT DES MATIÈRES VÉGÉTALES.
- LA SANS RIVALE.
- CHIMIE APPLIQUÉE A LA TEINTURE DE LA LAINE (suite).
- DES ENLEVAGES AU CHLORE GAZEUX (suite et fin).
- NOUVEAU BLEU POUR IMPRESSION.
- BIBLIOGRAPHIE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE POUR TONDRE ET ÉBARBERLES DENTELLES
- Par la « Willcox, Gibbs, sewing machine Co ».
- Le découpage des érides ou « clippes » sur les tuiles et dentelles d'imitation s’effectue le plus souvent à la main, au moyen d’un outil ‘lames coupantes, élastiques, qui s’engagent *ous la boucle inutile et en sectionnent simul-Wnément les points extrêmes. La machine brevetée par la « Willcox et Gibbs sewing machine Co » agit de façon différente surplu-sleurs brides à la fois. Le tulle passe sur une "eble, dans l’épaisseur de laquelle ont été Pratiquées des fentes à directions parallèles. 4 travers ces fentes pénètrent périodiquement “es organes dits « énodeurs », doués simulta-dînent d’un mouvement vertical alternatif et "‘un mouvement de translation horizontal (d arrière en avant et vice versa}. Les éno-"eurs pressent sur le tissu, l’angagent dans 68 fontes correspondantes et, en raison de la “ehsion de l’étoffe, glissent sous les boucles "Perfici elles. En se relevant, les mêmes or-Sanes rapprochent le milieu des brides de "uteaux fixes en nombre égal à celui des fnodeurs. Chaque bride se trouve ainsi coupée
- par la moitié et laisse apparaître à la surface du tulle deux bouts de fil, qui sont ensuite coupés au ras de l’étoffe par une véritable tondeuse, disposée à la suite des couteaux fixes.
- CHARGEUSE AUTOMATIQUE
- Par MM. Alexandre père et fils.
- Comme les autres chargeuses à laine, l’appareil breveté se présente sous la forme d’une caisse rectangulaire ajustée devant les cylindres d’alimentation de la carde briseuse. A la partie inférieure, une barre dentée (voyageant dans une rainure ou coulisse) a pour mission d’amener la laine au cylindre chargeur proprement dit.
- Ce cylindre est un tambour horizontal, garni de dents convenablement espacées. Au-dessus, un volant, muni de deux rangées de dents diamétralement opposées, détache les fibres du chargeur et les projette sur un manchon ou toile sans fin alimentaire. L’épaisseur de la nappe est réglée par une cloison verticale, qui peut être rapprochée plus ou moins du manchon, et par un rouleau qui peut également s’élever ou s’abaisser suivant besoin.
- D’autre part, un peigne transversal à longues dents empêche l’engorgement du chargeur et rejette dans la caisse les fibres en excès.
- La barre dentée, dont il a été parlé au début, est actionnée par des bielles, cames et leviers.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- calculés pour produire le va et-vient de la barre dans un temps déterminé. Des contrepoids fixés aux extrémités des leviers maintiennent la barre à proximité du rouleau chargeur pendant le temps nécessaire à la prise des filaments. Des taquets-buttoirs, dont il est facile de faire varier la situation sur les mêmes leviers, règlent la durée de cette suspension de mouvement.
- RETORDAGE DES FILS CHARGÉS DE PLUMES ET DUVETS Par M. Renard.
- Habituellement une ouvrière ne peut alimenter et surveiller plus de quatre broches à la fois. M. Renard tourne la difficulté comme suit : Les rubans, qui doivent servir de supports aux plumes, sont préalablement dirigés vers une boîte remplie de gomme liquide ou autre mixture adhésive. Pour éviter que le liquide se dépose sur les deux faces du ruban, ce dernier chemine dans une rainure ménagée à même le fond de la boîte; le dessus seulement se trouve ainsi imprégné de gomme. D’ailleurs, pour plus de précaution, on saupoudre le dessous avec du talc, tandis qu’une ouvrière applique sur la face imbibée de gomme, au fur et à mesure de la sortie du ruban, les plumes et duvets placés à sa portée.
- Ainsi préparés, les rubans sont envidés parallèlement sur un rouleau qui se place derrière le métier à retordre; la soigneuse est alors à même de surveiller un nombre de broches égal à celui qui lui incombe dans le retordage d’un fil quelconque.
- Les produits obtenus comportent la plume entière, c’est-à-dire non débarrassée de sa « cote ». Dans le cas où il est nécessaire de faire disparaître cette nervure, deux couteaux circulaires, disposés entre le rouleau alimentaire et la broche, détachent la côte, qui tombe au-dessous du métier, sans que le retordage subisse aucun ralentissement. Parfois, il suffit d’écraser la plume entre des galets dentés pour donner au fil une souplesse relative.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 169427. 2 juin; Société Georges Lombard et Cie. — Appareils d'épuration de blanchiment et de teinture des textiles filés.
- 169513. 16 juin; Bertrand.— Appareil destiné à teindre la laine en bobines.
- 169523. 12 juin. — Société Leblois, Piceni et Cie. — Fabrication industrielle d’un hypo-chlorite (neutre) à base de soude nommé « chlorogène », et application d’un hypochlo-rite neutre au blanchiment et au blanchissage des tissus, fils et matières textiles d’origine végétale et notamment du coton brut dit : « en laine ».
- 169527. 13 juin; Société dite : Prag-Smi-chower Kattun manufactur et le sieur Storck. — Machine destinée à la conduite et au lavage des étoffes de coton imprimées dans des li-quides de fixation et de la vapeur.
- 169604. 16 juin ; Sochefsky.— Etoffes pour tentures décoratives et autres, ou procédé de décoration de tentures et autres tissus.
- 169718. 23 juin; Avery. — Perfectionne ments dans la fabrication des extraits et k queurs de bois de campêche.
- 169778. 25 juin; Société Gillet et fils. -Procédés et appareils de teinture.
- 169779. 25 juin; Société Gillet et fils.-Nouveau procédé de teinture.
- 169784. 25 juin ; Société D. Gantillon et Cie. — Machine à double contre-partie p°Ur moirer à double face les tissus de soie, coton et tous tissus et étoffes ou rubans.
- 169789. 29 juin ; Barbe. — Chaudière dite: « la Barbotteuse ».
- 169896. 1er juillet; Durand aîné. — Pro cédé de teinture permettant l’obtention de plusieurs teintes solides et différentes sur11,1 même feutre pour chapeaux de dames etden fants, etc.
- J. FAYOLLET,
- * ' de Avocat, ingénieur conseil en mati^ propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 267
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES 1
- _______________________ 1
- {Suite) )
- Verts au carmin d’indigo et au bois jaune.
- On fait d’assez belles couleurs vertes avec | le carmin d’indigo et le bois jaune, et elles présentent une certaine résistance à l’usage.
- Les étoffes destinées à être teintes en vert par ce procédé, doivent être dégraissées d'au-tant plus soigneusement que la nuance à obtenir est plus claire ou plus fraîche.
- Cette teinture peut se faire en une ou deux opérations différentes. Nous indiquerons seulement le procédé le plus simple, c’est-à-dire celui qui ne comprend qu’un seul bain.
- Pour ces couleurs , on compose un bain comme suit :
- Pour 100 kilos de laine.
- Eau,
- 10 kilos de crème de tartre,
- 15 kilos d’alun.
- On fait dissoudre ces sels par une ébulli-lion de quelques minutes, puis on entre les etoffes dans ce bain. Lorsque les étoffes sont bien humectées de mordant, c’est-à dire un g-art d’heure environ après leur entrée dans le bain, on arrête l’ébullition, et on garnit avec les quantités nécessaires de carmin et de bois jaune afin d’obtenir la couleur demandée.
- On manœuvre 1 heure 1[2 au bouillon, on echantillonne et on regarnit si l'échantillon-nage l’exige, puis on fait bouillir de pou-Veau.
- On finit la teinture avec le curcuma ou le waune solide comme colorant jaune.
- Quand l'échantillon à copier est parfaite-ment imité, on laisse unir les étoffes, après 1oi on les abat, on les évente et on les lave "vec soin.
- Les observations que nous avons faites "s le paragraphe précédent (teinture des xerts au campêche et au bois jaune), au sujet
- 3 Précautions à prendre dans l’emploi du
- 1 jaune, sont applicables ici.
- Le bain de teinture se conserve aussi long-
- temps qu’on le désire, si on a soin d’ajouter après chaque passe de l’eau en quantité suffisante pour remplir convenablement le baquet, et de le faire bouillir tous les 1 ou 2 jours quand on ne l’emploie pas.
- On peut remplacer le bain de mordant précédent par celui-ci :
- Pour 100 kilos de laine.
- Eau,
- 12 kilos de tartre,
- 20 kilos de sulfate d’alumine.
- Ces proportions, comme celles ci-dessus, sont établies pour un bain fait. Elles doivent être forcées pour un bain neuf.
- Verts au carmin d’indigo et au curcuma.
- On peut obtenir avec le carmin d’indigo et le curcuma des verts qui sont susceptibles de posséder les trois qualités suivantes : la richesse de reflet, la fraîcheur et le brillant. Malheureusement, ils sont peu solides à cause de l’élément jaune.
- Ces verts s’obtiennent directement sans préparation préalable. Les verts très clairs,ou ceux d'une grande fraîcheur, exigent seuls qu’on fasse le bain.
- On mordance le bain, pour 100 k. de laine, avec :
- 5 kilos d’acide sulfurique,
- 10 kilos d’alun ;
- ou bien avec :
- 5 kilos d’acide sulfurique,
- 10 kilos de sulfate d'alumine.
- Ces deux ingrédients sont necessaires pour obtenir une couieur qui se trouve dans de bonnes conditions de teinture et d'uni ; mais le sulfate de soude, ajouté aux deux mordants désignés ci-dessus, loin d’être nuisible à la beauté de la couleur, lui donne plus de solidité. Aussi, conseillons-nous l’emploi d’un mordant liquide dont nous avons déjà donné la composition.
- Pour éviter toute recherche, nous la donnons à nouveau :
- Pour 100 litres d’eau.
- 70 kilos d’acide sulfurique à 66° B.,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 60 kilos de sulfate d’alumine, 130 kilos de sulfate de soude.
- Dans un baquet convenablement rempli d’eau, on met pour 100 kilos de laine, 50 kiL de ce mordant liquide lorsque le bain est neuf. Pour un bain fait, on n’en met que 30 kilos.
- On chauffe le bain, puis on y entre les étoffes que l’on fait manœuvrer 20 minutes afin de les laisser se bien imprégner de mordant. Ensuite, on ajoute le carmin d’in4igo, et on monte peu à peu jusqu’à l’ébullition. On soutient cette tempéraîure pour unir le fond bleu que nécsssite le ton du vert demandé.
- Afin d’obtenir toute la fraîcheur que le cur-cuma est susceptible de donner au vert, il ne faut l’ajouter au bain de teinture que 15 ou 20 minutes avant d’abattre. Le curcuma s’unit très rapidement à la laine, et ce temps est suffisant pour obtenir un tranchage parfait. Dès lors, on abaisse la température à 60 degrés, et on la maintient jusqu’à la fin de l’opération.
- Nous avons déjà mentionné, dans le numéro précédent du « Moniteur de la teinture, » les inconvénients qu’offrait, pour l’emploi du curcuma, l’action d’une chaleur trop prolongée, ou celle d’une température trop élevée.
- Lorsque le vert obtenu est conforme à celui de l’échantillon à copier, on abat, on évente et on lave avec soin dans une eau courante.
- Le bain de teinture ne peut pas être conservé longtemps, à cause du résidu boueux que produirait le curcuma.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- BLANCHIMENT
- DES MATIÈRES VÉGÉTALES
- PAR LE CHLOROZONE
- Nous croyons être utiles à nos lecteurs en signalant à leur attention un produit chimique appelé à rendre de grands services dans l’in
- dustrie du blanchiment : nous voulons parler du chlorozone.
- Le chlorure de chaux, employé depuis un siècle pour le blanchiment, présente de grands inconvénients, et quoi qu’on ait beaucoup amélioré les procédés et l’outillage de fabrication, on n’est pas encore parvenu à le livrer dans des conditions telles, qu’il ne produise plus d’effets nuisibles sur les tissus.
- Le chlorozone est un produit qui contraste avantageusement avec le chlorure de chaux sous tous les rapports. Du reste, son efficacité a déjà été éprouvée, tant au point de vue théorique de la science qu’au point de vue pratique de l’industrie.
- Le chlorozone est un véritable hypochlofde de sodium peroxydé.
- C’est un liquide clair et limpide ne produisant ni dépôt ni cristallisation au fond des vases dans lesquels il est contenu.
- Oxydant très énergique, il possède une grande affinité pour l’hydrogène, ce qui rend son action sur les matières orgatiques pres-qu’instantanée.
- Le chlorozone devient industriellement exploitable à la densité de 1,250. Il contient alors :
- Chlore.., .................... 12.68 parties-
- Oxygène....................... 5.82 —
- Sodium................. ... 8.62 —
- Eau de combinaison......... 3.38 —
- Matières diverses et eau de dissolution................... 69.50 —
- Total...... 100.00 parties.
- On le prépare en saturant à froid, jus qu’au plus haut degré de la neutralité, une lessive de soude plus ou moins concentrée Par un courant d’acide hyperchloreux ou un courant de chloreux. Le produit ainsi obtenu Pe peut plus être corrosif, n’ayant pas un exce5 exagéré de base, au point de vue de laque"6 il est neutre. Il doit être, au contraire, tre5 énergique pour la décoloration, le chlore • étant peroxydé.
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- Etendu d’eau, il peut se conserver très longtemps sans rien perdre de ses qualités décolorantes.
- Nous allons étudier successivement, au point de vue du blanchiment des matières textiles végétales, les propriétés et les défauts du chlorure de chaux, et les propriétés et les avantages du chlorozone, afin de faire ressortir les inconvénients du chlorure de chaux et de démontrer la nécessité de son
- remplacement.
- Dans la pratique, on est obligé pour bien maintenir la stabilité du chlorure de chaux de lui donner l’énorme excès de 63 00 de chaux. Cette grande proportion de base, par
- rapport à celle du chlore actif, le rend très redoutable dans le blanchiment des tissus.
- Dans l’emploi du chlore de chaux, la chaux et le carbonate de chaux qui se forment au fur et à mesure que le chlore se sépare de sa combinaison au profit de la décoloration, de-viennent insolubles dans l’eau, s’incrustent dans les pores des fibres et résistent à tout lavage.
- Les bains d’acide, si faibles qu’ils soient, que l’on est obligé d’employer à la suite du chlorure de chaux, transforment, par une ac-tion plus ou moins lente mais certaine, la cel-ulose des fibres en hydrocellulose, matière "une blancheur parfaite, mais sans aucune consistance.
- En outre, on emploie pour la composition de ces bains l’acide sulfurique, lequel est du "este préférable à tout autre point de vue de "action sur la fibre dans le blanchiment. Non
- seulement l’acide sulfurique ne dissout pas les sels de chaux, mais il les transforme en
- "n sel insoluble, le sulfate de chaux, dont “Ction sur la fibre n’est pas moins redoutable.
- L action décolorante du chlorure de chaux, TrOp énergique au début, devient ensuite telle-ent insignifiante, qu’une addition d’acide as-concentrée devient indispensable. Il en esulte momentanément un trop grand déga-8ement de chlore libre. Ce chlore, qui se
- trouve ainsi perdu, n’est pas sans effet nuisible sur la santé des ouvriers et sur les pièces mécaniques de l’établissement.
- La dissolution du chlorure de chaux, avec son énorme excès de base, est toujours très difficile et très pénible à effectuer. Pour peu qu’elle soit imparfaite, des globules microsco-piques non dissous restent en suspension dans le liquide, ce qui produit des ravages dans les tissus au moment du blanchiment. Aussi le blauchisseur est-il forcé de n’employer que des bains très faibles et de peu de durée. Nos lecteurs savent combien ce fait est important dans le blanchiment des tissus fins tels que : batistes, tulles, mousselines, guipures, etc.
- Presque tous les tissus blanchis à l’aide du chlorure de chaux jaunissent après quelque temps de magasinage, à ce point que souvent il faut les reblanchir de nouveae, au grand détriment de leur solidité.
- Grâce à sa composition, dans laquelle la base alcaline se trouve en proportion si minime par rapport aux gaz chloro-oxygénés qui la saturent, grâce aussi à la solubilité parfaite de cette base, le chlorozone ne pré sente plus, dans le blanchiment, les inconvénients du chlorure de chaux signalés précédemment. Il offre, au contraire, des avantages importants.
- L’action décolorante du chlorozone est infiniment plus rapide et plus énergique que celle des autres préparations chlorées. Quoique très actif à froid, il le devient beaucoup plus à la température de 50 à 60 degrés centigrades.
- La facilité avec laquelle on prépare les bains de chlorozone an degré chlorométrique voulu donne la certitude de ne jamais détériorer les tissus. En effet, on n’a qu’à étendre d’avance, au fur et à mesure des besoins, une certaine quantité de chlorozone avec telle quantité d’eau que la pratique indiquera comme nécessaire pour obtenir .a force chlorométrique désirée.
- Les bains de chlorozone peuvent être em-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ployés deux fois plus puissants en degrés chlorométriques que les bains de chlorure de chaux, sans que les tissus en soient altérés.
- Ils s’appliquent de la même manière que les bains ordinaires de chlorure de chaux et ne demandent aucun changement, ni dans l’installation, ni dans l’outillage des établissements actuels.
- Les bains de chlorozone ne se jettent pas lorsqu’ils ont été affaibles par le blanchiment, car on peut les régénérer plusieurs fois par des additions convenables de chlorozone pur et d’eau.
- D’une manière absolue, le blanc obtenu par le chlorozone, non seulement ne jaunit jamais, mais acquiert, au contraire, à la longue, un éclat particulier très agréable à l’œil.
- Les propriétés mécaniques de la fibre n’en sont jamais altérées.
- Le chlorozone supprime complètement les expositions sur les prés et donne néanmoins un résultat supérieur. Il offre donc le grand avantage de permettre le blanchiment en toute saison, tout en donnant un plus beau blanc sans altération des fibres.
- Le chlorurage des tissus imprimés en toute couleur s’opère par un bain de chlorozone, sans aucune altération des couleurs ; il a même la propriété d’accroître l’intensité de certaines couleurs, et notamment des noirs d’aniline.
- Le champ d’application du chlorozone est très vaste, et il fait son chemin graduellement dans l’industrie textile.
- Il est essentiellement utilisable pour le blanchiment du coton, du lin, du chanvre, de la ramie, du jute, du phormium, du bois, etc.
- Il n’est applicable au blanchiment ni de la laine ni à celui de la soie.
- Nos lecteurs ont pu remarquer combien est précieux ce nouveau décolorant pour le blanchiment des matières textiles végétales; quant à nous, nous avons la certitude de voir, à bref lélai, son emploi se généraliser.
- (Reproduction interdite.)
- LA SANS RIVALE 0 Système A. Vincent, breveté s. g. d. g.
- NOUVELLE APPRETEUSE D’ÉTOFFES
- Cette machine, récemment perfectionnée et munie d’un coursier feutre sans fin, humecte, tend, sèche et presse tout à la fois toutes étoffes en général, en leur donnant le lustre et la souplesse du neuf.
- En une minute, elle apprête un mètre cinquante centimètres aussi bien de soierie, lainage, mélanges de soie laine et coton, popelines, étoffes d’ameublement, linge de table, châles, rubans, etc., que les morceaux coupés d’étoffe détachée.
- Au lieu de deux opérations, la « Sans Rivale » Vincent apprête en une seule fois tous les tissus, à l’état sec ou humide, suivant les cas.
- Le passage de l’étoffe entre les cylindres rend le même office que le fer ; donne un lustre plus beau et plus régulier; l’appareil donne le brillant et la souplesse du neuf.
- Cette machine a donc l’avantage de procurer une notable économie de temps et de main-d’œuvre ; sa construction robuste et soignée écarte toute chance de dérangement; près de 300 apprêteuses de ce système fonctionnent, tant en France qu’à l’étranger, et de nombreuses attestations ont témoigné à M Vincent la satisfaction la plus complète.
- Il existe deux types de la « bans Rivale » l’un, pour les grandes usines, marchant à la vapeur par friction.
- L’autre, plus petit, mais reproduisant Ie grand modèle, marchant au choix, soit à la vapeur, soit à la pédale.
- Cette machine a été médaillée à toutes le5 expositions où elle a été présentée, notamment à Lyon, à Londres et récemment encore à Paris, à l’Exposition du travail.
- Son prix minime, la solidité, la rapidité et la parfaite exécution de son travail la rendent ______________________________ ——
- (1) Siège de la Société à Paris, 36, boulevard Saint-Germain, Pingrié et Cie.
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- indispensable aussi bien dans les grandes usines des teinturiers et apprêteurs, que dans l’atelier du teinturier-dégraisseur soigneux de ses apprêts.
- Ajoutons qu’à titre d’essai des expériences sont faites sur les étoffes vieilles ou neuves, qui sont présentées dans les ateliers de M. Gérard, 19, rue des Ursins, à Paris, où l’on peut voir chaque jour fonctionner la « Sans Rivale » Vincent.
- Nous avons vu fonctionner la machine, et nous sommes invités à faire savoir que ceux de nos lecteurs qui voudront se rendre compte par eux-mêmes pourront venir faire des essais.
- CHIMIE
- APPLIQUÉE à LA TEINTURE DE LA LAINE
- (Suite')
- B- — Acétate de soude (terre foliée minérale).
- I. — L’acétate de soude, aussi nommé terre foliée minérale, est un sel blanc qui cris-tallise en prismes obliques à base rhombe. Sa imposition est la suivante :
- Acide acétique.............. 62,2
- Soude......................... 37,8
- 100,0
- Cris'allisé, il contient 39,49 p. 010 d’eau. Ses cristaux fondent au-dessous de 100 degrés dans leur eau de cristallisation.
- Il s’obtient en saturant par le carbonate de soude l’acide acétique produit dans la distilla-tion du bois.
- 2. — Caractères distinctifs. — Les carac-Véres propres à reconnaître l’acétate de soude Sont ;
- .lo L’acide sulfurique, versé dans une solu-ton d’acétate de soude, se combine avec la soude et dégage des vapeurs d’acide acétique tellement reconnaissable à son odeur pi-liante ;
- 20 L’acide sulfhydrique, le sulfhydrate
- d’ammoniaque, la potasse, l’ammoniaque, les carbonates alcalins, Vacide tartrique, Yaeide perchlorique, le bichlorure de platine, le sulfate d’alumine, ne produisent aucune réaction ;
- 30 L’acide hydroftuosilicique produit un précipité gélatineux ; si la liqueur qui contient l’acétate de soude est étendue, il ne produit rien ;
- 4° Le biméta antimoniate de potasse en solution récente donne un précipité blanc cristallin de biméta-antimoniate de soude apparaissant par l’agitation. La liqueur doit être neutre et ne contenir que des alcalis pour que l’essai soit concluant. Si la liqueur à essayer est étendue, ce réactif ne donne rien ;
- 50 Les flammes sont colorées en jaune par l’acétate de soude.
- 3. — Usage. — L’acétate de soude est principalement employé pour le mordançage de quelques verts d’aniline.
- Altérations. — L’acétate de soude peut renfermer des sels de fer, de plomb, de cuivre, de Yarsenie résultant de l’acide acétique ou des appareils employés pour sa préparation. Il peut aussi être altéré par du sulfate de soude et du chlorure de sodium, si l’on s’est servi des soudes du commerce pour l’obtenir.
- On reconnaît la présence du sulfate de soude avec le chlorure de baryum, qui donne un précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans les acides.
- Le chlorure de sodium sera reconnu avec l’azotate d’argent, en solution étendue et acidulée, qui produira un précipité blanc très soluble dans l’ammoniaque.
- La présence du plomb se reconnaît par l’hydrogène sulfuré qui donne un précipité noir de sulfure de plomb ; le prussiate jaune produit un précipité blanc de féro-cyanure de plomb ; l’iodure de potassium un précipité jaune d’iodure de plomb, soluble dans un excès de réactif ; le chromate de potasse un précipité jaune de chromate de plomb ; l’acide sulfurique, un précipité blanc de sulfate de plomb.
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- Le fer est décelé par l’ammoniaque, qui donne un précipité brun volumineux d’oxyde de fer; le prussiate jaune, un précipité de bleu de Prusse, insoluble dans l’acide chlorhydrique ; le sulfo-cyanure de potassium, une coloration rouge sang ; le tanin, un précipité noir violacé de tannate de fer.
- La présence du cuivre se reconnaît à l’aide de l’ammoniaque, qui donne un précipité vert d’oxyde de cuivre, très soluble dans un excès de réactif, et qui produit alors une coloration bleu céleste ; le prussiate jaune produit un précipité rouge brun de féro-cyanure de cuivre ; une lame de fer bien décapée se recouvre d’une couche de cuivre métallique.
- Pour y reconnaître la présence de V arsenic, on se sert de l’appareil de Marsh (1). On introduit dans l’appareil une certaine quantité de l’acétate de soude à analyser, et l'on ob-
- (1 ) L’appareil de Marsh se compose d’un flacon à deux tubulures, de 1 litre environ de capacité, dans lequel on introduit 50 à 60 grammes de grenaille de zinc absolument pur et qu’on remplit à moitié plein d’eau. L’une des tubulures porte un tube coudé à dégagement dont l’extrémité est effilée. L’autre porte un tube droit à entonnoir, plongeant par sa partie inférieure dans l’eau du flacon, et qui sert à verser l’acide sulfurique peu à peu, de manière à produire un dégagement régulier; l’addition dune trop grande quantité d’acide à la fois occasionnerait un dégagem:nt tumultueux de gaz hydrogène qui ferait déborder le liquide.
- On fait fonctionner pendant quelque temps l’appareil à blanc. On met une certaine quantité de la matière à essayer dans l’appareil à hydrogène que nous venons de décrire, puis on enflamme le gaz à l’extrémité du tube effilé. Si le sel à analyser contient de l’arsenic, il se produit de l’ar-séniure d’hydrogène, et la flamme, d’abord jaunâtre, devient livide. En écrasant cette flamme avec une capsule de porcelaine, on obtient des taches brunes d’arsenic métallique.
- Quand on chauffe une partie du tube à dégagement, on voit se former, au delà du point chauffé, un anneau miroitant d’arsenic.
- La sensibilité de cette méthode est extraordinaire, car l’anneau apparaît même quand la liqueur employée ne contient que 1/20 000 d’acide arsénieux.
- tient, soit un anneau, soit des taches bien caractéristiques. Il faudra rechercher si cet anneau ou si ces taches présentent les caractères de l’arsenic, parce qu'il peut se confondre au premier abord avec l’antimoine (2).
- r Au préalable, il serait bon de chauffer à sec l’acétate de soude dans un tube à essai. Dans le cas où l’acétate contiendrait de l’arsenic, il se dégagerait alors l’odeur infecte de l’oxyde de cacodyle (odeur cadavérique).
- L’acétate de soude peut contenir en outre du tartrate de potasse, qui peut se reconnaître de deux manières différentes :
- 1° A l’aide de la chaleur, qui décompose le sel. Si l’acétate de soude est pur, l’acide acétique se dégage sans carbonisation. Si, au contraire, il contient du tartrate de potasse, il y a formation d’un charbon volumineux, et il s’en dégage une odeur bien caractéristique de sucre brûlé.
- En lessivant les cendres, on y retrouve la potasse du tartrate. On s’assure de sa présence en versant dans la solution claire quelques gouttes' de chlorure de platine concentré et acidulé. On obtient un précipité jaune vif, peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool.
- 2 L’alcool à 60 degrés ne dissout que l’acétate et laisse le tartrate pour résidu.
- {Reproduction interdite.) (A suivre.)
- (2 ) Les caractères distinctifs de l’arsenic sont les suivants :
- 1 Les taches traitées par l’acide azotique et évaporées jusqu’à siccité donnent une matière blanche qui, par X azotate d’argent concentré, devient rouge brique (arséniate d’argent), et qui est soluble dans l’acide azotique ou dans l’ammo-niaque ;
- 2- L’anneau chauffé à l’air libre dans un tube ouvert aux deux bouts, se transforme en acide arsénieux ;
- 3: Les taches dissoutes par l’acide azotique et traitées par l’acide suif hydrique donnent unpre cipité jaune serin qui se forme lentement. La chareur favorise la formation du précipité. Il est insoluble dans l’acide chlorhydrique, solubte dans les alcalis, dans leurs carbonates et sul* fures ;
- 4- Le sulfate de cuivre produit un précipite bleu verdâtre.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- t co
- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES ENLEVAGES AU CHLORE GAZEUX Par M. G. Witz.
- (Suite et fin.}
- La naphtylamine (en solution alcoolique)-, un-gris foncé rougeâtre qui vire instantanément à une nuance cachou rose. Ce terme est stable; il est très résistant à l’eau, aux acides et aux alcalis, et il présente des analogies avec la nuace rousse qui est le résidu d’oxydation de l’aniline.
- Le chlorage des alcaloïdes attaque ou brûle, non moins fortement que dans les expériences primitives avec les alcalis, le tissu de coton qui lui sert de support; l’action paraît être en général d’autant plus énergique que l’alcaloïde engendre moins de matières colorées. Cependant lorsqu’on purifie les diverses bandelettes de calicot de ces essais et qu’on les teint comme d’ordinaire en bleu méthylène, on remarque que dans aucun de ces cas il ne 8 est formé la moindre trace d’oxycellulose. I] "V a pas eu alors d’oxygène mis en liberté.
- L’acide phénique, qui ne donne par le chlo-rage qu’une faible coloration rosée, brûle ex-trêmement vite le calicot par cette opération, surtout au contour des gouttes.
- L’affaiblissement de la cellulose s’explique, dans toutes les expériences qui viennent d’ê-"res raportées, par une production considéra-ble de vapeurs d’acide chlorhydrique ; cette Production est instantanée, par le fait de la reaction, et elle est accompagnée d’une très vive chaleur locale. Il en résulte uniquement de l'hydrocellulose incolore qui est formée su-bitement avec désorganisation des fibres du coton : le bleu méthylène ne teint pas cette Substance.
- • ai obtenu la preuve directe de la formation d acides énergiques en remplaçant le calicot blanc par le calicot « azuré » fortement au J eu d’outremer et séché, avec le chlorage par souttes, soit de l’acide phénique, soit de l'ani-line, La décoloration de l’outremer par les va-Peurs acides provenant de la réaction est im
- médiate et elle a lieu sur une très large étendue de tissu.
- Lorsque l’on ajoute un excès de soude caustique à l’acide phénique, le chlorage ne détermine plus de brûlage du calicot; toutefois, les vapeurs acides décolorent encore le bleu d’outremer par auréole autour des gouttes du mélange.
- Naturellement, avec la soude seule sur coton, le bleu d’outremer n’est aucunement altéré par le chlorage Tandis qu’après une purification complète, on met facilement en évidence la présence de l’oxycellulose au moyen de la teinture en bleu méthylène ; pour peu que l’action du chlore se trouve prolongée, nous savons qu’il y a également destruction du tissu, mais sans conversion en hydrocellulose.
- Dans toutes les réactions du chlore sur les alcaloïdes il se forme aussi des produits goudronneux ayant une odeur très pénétrante et persistante; avec l’aniline, et particulièrement avec l’indigo, l’odeur est fétide et plus ou moins alliacée. Ces substances sont solubles dans l’alcool, surtout à chaud.
- En même temps que les noirs et les produits chlorés, l’oxydation de l’aniline dans le chlore gazeux produit en outre instantanément des torrents de vapeurs épaisses qui se condensent sur les parois du vase en gouttelettes huileuses, de couleur orangée.
- Ce qui surprend davantage, c’est la formation d’un brouillard qui trouble le gaz chlore où l’on vient d’introduire une simple bandelette de calicot, mouillée uniquement avec quelques gouttes de soude caustique. Il est probable que l’absorption brusque du chlore laisse se séparer à l’état vésiculaire la vapeur aqueuse qui y était dissoute ; d’autant plus que le dégagement de vapeur de la réaction est absolument local et que, s’il se forme de la vapeur d’eau, celle-ci ne peut se dissoudre dans une atmosphère déjà saturée d’humdité.
- Sua le tissu imbibé de soude et chloré, il reste un produit salin à réaction très alcaline et décomposant les iodures alcalins. C’est un
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- hypochlorite qui accompagne le chlorure de sodium et la soude en excès : on sait que les hypochlorites ne suffisent pas pour décolorer le rouge turc ; il faut pour cela la présence de l’acide hypochloreux libre ou celle de l’oxygène à l’état naissant. Nous avons adopté, en conséquence, cette dernière hypothèse pour expliquer les réactions oxydantes énergiques du chlore en présence des alcalis libres.
- —--------e-oncs-q-o—............ -NOUVEAU BLEU POUR IMPRESSION
- Par M. Ed. Ullrich (Note présentée à la Société Industrielle de Mulhouse).
- Messieurs,
- Depuis quelque temps, la maison « Farb-werke, vorm. Meister, Lucius et Brüning » livre au commerce des indulines en pâte, sous le nom de « bleu pour impression. »
- Fixées au tanin, ces matières colorantes se distinguent des autres couleurs basiques en ce qu’elles offrent une solidité à la lumière bien plus grande, tout en résistant aussi bien qu’elles au savon. Si l’on détruit leur combinaison tannique sur la fibre par une cuisson prolongée avec la soude caustique, la laque se décompose, tandis que la base reste inaltérée ; on peut passer alors la marchandise dans des bains d’acides minéraux bouillants et relativement concentrés, sans rien perdre du colorant. Ce traitement au contraire, donne plus d’éclat à la nuance, ce qui prouve que les sels minéraux du colorant sont plus beaux que ses combinaisons tanniques. Cette solidité extraordinaire doit être attribuée à ce que la base et les sels de la matière colorante sont insolubles dans l’eau et dans les acides minéraux étendus.
- La solubilité dans l’alcool est une propriété qu’on ne saurait utiliser, pour fixer le colorant sur la fibre. Il fallut donc chercher des procédés permettant de solubiliser passagèrement la couleur au vaporisage, pour amener ensuite sa combinaison avec le tanin.
- En livrant les premiers échantillons, la fabrique prescrivait l'emploi de quantités assez grandes d’acide acétique.
- M. Ad. Schlieper, de la maison Schlieperet Baum, reconnut le premier l’importance de colorant nouveau, avec lequel il réalisa de fort belles impressions. Cependant, les essais de ce chimiste lui démontrèrent que la volatilité du dissolvant ne permettait pas à la couleur de se développer bien régulièrement sur le tissu. (A suivre.)
- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- Les Compagnies de chemins de fer de la Méditerranée, de Grande-Ceinture, de l’Est et du Nord viennent d’être autorisées à faire l’application d’un nouveau tarif commun relatif au transport des laines brutes d’Australie et d’Algérie et des peaux de mouton en laine; d’Australie, brutes.
- D’après ce tarif, l0 lesdits produits d’Australie en balles pressées, cerclées en fer, par wagon de 5,000 kilog., paient 37 fr. par 1,000 kilogr., frais de chargement et de déchargement compris, de Marseille à Beauvais, a Amiens, à Frévent, à Roubaix, à Tourcoing) à Valenciennes ou à Petit-Croix, frontière.
- 20 Les laines brutes d’Algérie expédiées de divers ports d’Algérie à Amiens, à Frévent, à Roubaix, à Tourcoing, à Valenciennes, paient par 1,000 kilogr., savoir : 76 fr. par expédition de 5,000 kilogr. et 68 fr. en balles pressées cerclées en fer et pesant au moins 250 kilogr. sous le volume d’un mètre cube.
- Ce tarif peut être appliqué aux gares destinataires intermédiaires situées sur le par-cours, à condition de payer pour la distance entière jusqu’à la gare la plus rapprochée désignée audit tarif (les villes de Laon, Doua1-Orchies, Cambrai, Aulnoy, Solesmes son1 situées sur le parcours).
- Ledit tarif commun ne sera appliqué q—e sur la demande des expéditeurs.
- CHEMINS DE FER DE LA MÉDITERRANÉE ET D’ORLÉANS
- M. le ministre des travaux publics a homo logué, à titre provisoire, une proposition de3 Compagnies de la Méditerranée et d‘Orléan5
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- ayant pour objet d’insérer dans leur tarif commun d’exportation Méditerranée P. V. n. 425, Orléans E. n. 142 deux paragraphes (SV et VI) concernant, l’un le transport de la colle-forte, de Saint-Pons et de Givors à Saint-Nazaire, l’autre le transport des cordages, ficelles et fils de chanvres, par expédition d’au moins 5,000 kilogr. de Nantes à Marseille-Joliette (Voy. l’affiche du 9 juillet 1885.)
- L INDUSTRIE LAINIÈRE EN ALLEMAGNE
- Un rapport de M. de Montmarin, chargé d’affaires de France à Vienne (Autriche), sur l’industrie de la laine à Brünn, dit que cette dernière ville a 48 fabriques de tissus de laine genre drap et 10 grandes filatures, et divers établissements de moindre importance, tels que fabriques pour confection d’habillement, etc.La principale industrie est celle des draps; elle occupe le plus grand nombre de bras.
- Pour les tisserands, les ouvriers des fabri-ques d’apprêt et des teintureries, la journée de travail, avant la mise en vigueur de la loi du 8 mars 1885, comportait 12 à 16 heures ; pour les ouvriers des filatures, 18 heures.
- Voici, en moyenne, les principaux chiffres des salaires qui leur étaient alloués par se-maine :
- Tisserands et ouvriers de fabriques d’apprêt. Lemme à la journée....fl 1.20 à 4. » Uomme à la journée 4. » à 8. » Femme (travail la tâche) 3. » à 6.80 Homme (travail à la tâche) 7. » à 18. »
- Ouvriers de confection. Femme à la journée 1.20 à 5. » Homme à la journée.. .. 3.50 à 7. » Homme (travail à la tâche) 5. » à 11. »
- La loi du 8 mars, mise en vigueur le 11 j"In, stipule que le temps de travail sur la Journée de 24 heures, ne doit pas excéder 11 heures. La loi prescrit expressément qu’il sera accordé 1 heure 1[2 de repos par jour ""X ouvriers, de manière à ce qu’il y ait une Pause d’une heure vers midi, et une autre
- pause d’une demi-heure dans le courant de la journée.
- Toutefois, le temps de repos d’une heure et demie n’est pas compris dans le temps de travail normal. Ainsi, la journée des ouvriers tisserands, dont il est ici question, doit se composer aux termes de la nouvelle loi :
- de 11 heures de travail effectif ;
- de 1 heure 30 minutes de repos; soit de 12 heures 30 minutes, ce qui revienta dire que l’ouvrier commençant la journée à 6 heures du matin, par exemple, la finit à 6 h. 1[2 du soir.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Paris. — Dupont-Paxion (dame), nég. en toiles, rue de la Fidélité, 24.— J.-c. : M. Morel-Thibaut. — S. : M. Hécaen. — Jug. du 10 novembre.
- Cambrai. — Vanhael-Brack (Irenée), fab. de tulles à Caudry. — Jug. du 5 novembre. — S. : M. Duez.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Bordeaux. — Formation de la Société en nom collectif Pellegrin frères, tissus, arachides, gommes et autres produits du Sénégal, rue de la Trésorerie, 34, à Bordeaux et à Saint-Louis (Sénégal). — Durée : 5 ans. — Cap. : 13,000 fr., y compris la valeur de la maison pour 10,000 fr. — Acte du 15 octobre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 1er août 1885, de la Société Bonnet et Appert (laines), rue Meslay, 18. — M. Appert continue seul. — Acte du même jour. — J. g. d’A.
- Saint-Quentin. — Dissolution, à partir du 11 août 1885, de la Société Commin, Lachaus-sée et Cie (apprêt des tissus). — Liquid.: MM. Vitace et Braillon. — Jug. du même jour.
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- 276 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PRIME
- DU « MONITEUR DE LA TEINTURE »
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- Nous avons à peine besoin de faire remarquer à nos abonnés que nous n’avons pas hésité à faire un sacrifice pour leur donner le moyen d’obtenir moins cher qu’une montre ancien système, une montre se remontant sans clef, supprimant ainsi les causes d’introduction de poussière dans le mouvement, le souci d’avoir une clef de montre que l’on perd souvent, et constituant un véritable bijou de famille acquis à moitié de sa valeur.
- On pourra se rendre compte de l’importance de cette prime dans nos bureaux, 7, rue Rochechouart, où un spécimen de montre est déposé.
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- EMPLOYÉES DANS
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- Par Joseph Dépierre, ingénieur civil.
- Ouvrage couronné par la Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure.
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- Rapport de M. Amédée Marteau au ministf6 des affaires étrangères
- Influence de L’OUVERTURE delaLIGNEduST-GOTHARD
- SUR LE COMMERCE FRANÇAIS EN ITALIE
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- Envoi franco contre 1 fr. 50 en timbres-poste.
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- DU DÉGRAISSAGE ET DU BLANCHIMENT
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 29e Année, N 24. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Décembre 1885
- SOM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- DES TISSUS SOIE PURE,
- TEINTURE DES TISSUS SOIE ET LAINE.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- CHIMIE APPLIQUÉE A LA TEINTURE DE LA LAINE (suite).
- BIBLIOGRAPHIE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- COURS.
- ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE en BOBINES
- Par M. Denutte.
- Habituellement la laine en rubans est dévi-dée sous forme d'écheveaux, puis enfilée sur des perches et transportée ainsi dans les bains de teinture. Ces manipulations sont double-ment coûteuses en raison de la main-d’œuvre d’elles exigent et du déchet qu’elles occa-Sionnent.
- L’appareil breveté par M. Denutte se com-Pose : lo d’un bac, où les matières colorantes Sont mélangées par trois palettes à mouve-ment de va-et-vient et chauffées au moyen "un barboteur à vapeur; 20 d’une cuve fer-Tee à la manière d’un autoclave et chauffée Par une enveloppe ou chemise remplie de va-PeUr; 30 d’une pompe, qui aspire le liquide colorant dans le bac pour le refouler dans la Cuve.
- Les bobines de préparation, envidées sur s Supports ordinaires en bois ou mieux sur s tubes métalliques perforés (pour faciliter . Penétration du liquide) sont logées à l'inté-|eU7 de la cuve. Le couvercle, une fois bou-"né, la circulation s’établit entre cette
- cuve et le bac de teinture, à la partie inférieure, au moyen de la pompe, à la partie supérieure, en vertu de la pression exercée sur une soupape, reliée au bac par un tuyau constamment ouvert. Si la pression dans la cuve devient insuffisante, la soupape retombe spontanément sur son siège et forme obturateur. Au contraire, dès que la pression dépasse l’effort auquel la soupape doit faire équilibre, la communication a lieu et prévient tout accident.
- CHAMBRE DE SÉCHAGE Par MM. Tulpin frères.
- La capacité utilisée pour le séchage des chaînes encollées, des tissus et papiers, teints, apprêtés, se compose d’un couloir de longueur quelconque avec courant d’air chaud de même sens que la circulation des matières à sécher, ou de sens contraire. Ce'couloir serait trop long, toutefois, s’il était établi dans un même plan horizontal.
- Pour gagner de la place, MM. Tulpin frères le disposent par étages ne communiquant entre eux que d’un bout, tantôt à droite, tantôt à gauche. Chaque ouverture de communication est garnie d’une série de tuyaux, lisses ou ondulés, armés ou non d’ailettes et chauffés soit par la vapeur, soit par l’air chaud. L’air aspiré ou insufflé à travers l’étuve s’échauffe graduellement au contact des groupes de tuyaux successifs et entraîne l’humidité fournie par les matières à sécher.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les avantages du système sont multiples. Indépendamment de l’économie de place et de calorique, la disposition du chauffage permet de laisser tous les joints hors de la chambre, par conséquent, de faciliter la surveillance et l’entretien.
- PRESSES CONTINUES A APPRÊTER LES TISSUS Par MM. Hannart frères.
- Avec les presses cylindriques, lorsqu’on passe un tissu de faible épaisseur et de largeur moindre que l’arasement de la machine, les bords du cylindre touchent le bord de la cuvette et déterminent des grippements, une usure anormale.
- MM. Hannart frères font cheminer, de chaque côté de la pièce, des rubans sans fin qui complètent la largeur nécessaire pour éviter les frottements de métal sur métal. Il est facultatif de remplacer les deux rubans par un seul, de largeur double. Dans ce cas, la pièce à apprêter est déportée sur un côté de la machine. Afin d’empêcher l’altération des rubans (qui peuvent être tissés en amiante), il convient de les humecter de vapeur avant leur passage sous le cylindre.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 169964. 6 juillet; Société dite : « Badische anilin et soda fabrik. »— Préparation de matières colorantes par condensation des hydra-zines avec l’acide dioxytartrique.
- 170001. 7 juillet; Silverlock. — Perfectionnements dans les appareils employés pour fixer de la poudre métallique ou autres sur du papier ou autres matières analogues.
- 170024. 7 juillet ; Pasquay.— Mode de traitement des rubans de matière textile en vue de les blanchir, teindre, laver, vaporiser oxyder et sécher.
- Le mode de traitement des rubans de matières textiles qui fait l’objet du brevet a pour but de conserver le parallélisme des fibres en
- évitant le feutrage ainsi que le frisé de la laine, et à cet effet d’opérer sur des rubans que l’on a bien le soin de ne pas comprimer, il supprime en outre l’emploi des vases métalliques, qui peut avoir de grands inconvénients, lorsque les nécessités de l’opération exigent l’emploi de liquides acides.
- Pour obtenir ces différents avantages, l’inventeur dispose les rubans de laine en bobi-bines, dont le milieu est laissé vide. Cette bobine est placée sur un plateau percé d'une ouverture à son centre et porte à sa partie supérieure un deuxième plateau qui bouche la partie supérieure de l’ouverture. Le plateau perforé formant le fond de la cuve, le liquide est obligé de traverser radialement la matière textile pour se rendre à l’ouverture d’écoulement, il faut avoir bien soin que le plateau supérieur ne comprime pas la bobine il doit agir uniquement empêcher le liquide de passer. Toute compression de ce plateau serait nuisible car elle altérerait le frisé de la laine.
- 170090. 17 juillet ; Delos. — Machine à coller, cirer et teindre les ficelles.
- 170139. 16 juillet; Guizard. - Machine à dégraisser la laine en écheveaux ou en tissus.
- 170241. 21 juillet; Berrubé. — Système de passeuse pour écheveaux.
- 170253. 21 juillet, Berrubé. — Système de laveuse pour écheveaux.
- 170266. 21 juillet ; Dietze. - Procédé pour préparer avec des métaux (bronze pulvérisé) des couleurs à application directe pour imprr mer des tissus, étoffes, fils, etc., en imitation d’or, d’argent, etc., résistant au lavage.
- 170342. 29 juillet; Société Léopold Cassella et Cie.—Procédé de fabrication de matière colorantes variant du violet au bleu noirâtre-
- J. FAYOLLET, Avocat, ingénieur conseil en matièr6 propriété industrielle, 43, rue Turbigo, Paris.
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- DES TISSUS SOIE PURE
- OU SOIE ET COTON OMBRÉE
- ( Suite et fin.}
- Les ombrés par voie de tissage s’obtiennent dans le sens de la longueur, surtout pour les rubans, et dans le sens de la largeur principalement pour les ombrelles.
- On réalise les mêmes effets par voie d’impression ; dans ce cas, peu importe la nature du tissu : taffetas, satin, sergé, armure, etc.; l’impression donne toujours ses effets à l’endroit de la pièce.
- L’impression constitue alors un véritable travail artistique et de patience, qu’elle se fasse soit pour obtenir des ombrés en long ou en large.
- La couleur dégradée, par exemple, du rouge foncé au rouge clair, en respectant les lois de l’optique, est contenue dans un châssis contenant autant de compartiments qu’il y a de tons dans la dégradation du rouge foncé au rouge clair. Si donc il y a trente tons, le châssis aura trente compartiments contenant les couleurs allant du plus clair au plus foncé, et le châssis aura la même longueur pour chaque ton que la largeur du tissu, si l’on opère dans le sens de la longueur du tissu pour l’ombrage.
- Imaginons un ombré allant sur l’étoffe, du plus clair au plus foncé, de droite à gauche, en trente tons et dans le sens de la largeur. Admettons que le tissu ait 0 m. 60 de large, 1 ouvrier imprimeur aura une planche de 0 m.50 40 m. 60 de long et de 0 m. 02 de large ; de Plus, le châssis aura trentre cases dans le chassisoù il puisera successivement, en allant du plus clair au plus foncé et avec la même Planche, les trente tons qu’il appliquera suc-ceSsivement avec les précautions voulues.
- Arrivé à gauche au trentième ton, le plus foncé, il changera de planche, celle dont il vent de se servir étant saturée du produit le Plus foncé, ne saurait convnir pour recom-mencer les tons clairs. Elle doit aller au avage.
- Dans ce mode d’impression, le coloriste doit calculer les additions de peu de couleur résultant de ces passages successifs de la planche d’un compartiment du châssis à l’autre voisin, en allant du plus clair au plus foncé, pour la préparation des trente tons dans le cas dont il s’agit.
- Après dessication du tissu, on le soumet au vaporisage et rinçage à grande eau. Les effets obtenus sont vraiment remarquables, et pour le moins égaux à ceux obtenus par voie de tissage, et peuvent, comme je l’ai dit précédemment, s’appliquer sur toute espèce de tissu, ce qui n’a pas lieu par le tissage.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite).
- TEINTURE DES TISSUS Soie et Laine
- La teinture des tissus soie et coton, comme nous l’avons vu précédemment, offre de très grandes difficultés ; mais celle des tissus soie et laine en offre encore de plus grandes pour le fini et la bonne exécution du travail.
- La soie et la laine sont bien deux matières animales et d’affinités semblables pour les matières colorantes, mais leur constitution physique fait qu’elles demandent des précautions de traitement radicalement différentes. Je ne surprendrai personne du métier en disant qu’il est facile à un teinturier en soie de teindre du coton, au bout de quelques tâtonnements, et vice versa. Cela se voit à Lyon tous les jours.
- Il n’en est pas de même pour la laine. Et, comme le disait dernièrement, à Saint-Cha-mond, un de mes amis, M. Renaud de la maison Solignat et Renaud, un teinturier en soie est complètement dérouté s’il s’agit de teindre de la laine et vice versa. Les traitements de la soie et de la laine, quoique étant deux matières animales, sont complètement dissemblables.
- Et dans les tissus soie et laine, toutes les difficultés possibles se présentent. Bien en-
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- 280 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tendu que je laisse de côté le cas où l’on emploie des laines inférieures, des poils de Vigogne, etc., des laines pelades.
- On appelle laines pelades celles provenant d’animaux morts, c’est-à-dire des laines provenant des moutons tués à l’abattoir, obtenues par dépilage des peaux, avant les travaux de chamoiserie. Ces diverses qualités ont, en effet, des propriétés et des affinités modifiéess, et bien souvent l’on met sur le compte du teinturier des accidents auxquels il ne peut rien. C’est ce que les teinturiers et imprimeurs en coton ont reconnu avec l’emploi des cotons dits : cotons morts.
- Pour donner delà clarté à mon exposé, je vais étudier froidement et successivement les propriétés de la soie et de la laine, considérées aux points de vue physique et chimique.
- La soie est un fil unique dans sa structure; au point de vue physique, c’est une sécrétion d’un fil sans interruption, quelque chose comme un fil de fer ou d’autre métal sortant d’une filière, d’une extrême ténacité, et n’offrant ni rugosités, ni imbrications à la surface.
- La coupe en est pleine, sans trou central. Le fil est donc homogène. Un ver à soie, pour faire un cocon, donne un fil d’environ 500 m. de longueur, et c’est la réunion de plusieurs fils, plus ou moins tordus et soudés, qui donneront un fil dit grège. Plusieurs brins de grège, retordus ensemble de diverses manières, donneront des trames, organsins, etc., dont l’ensemble ne présentera pas plus que le fil de grège ou le fil primitif aucune imbrication.
- Je n’ai pas le moyen d’expliquer au lecteur, sans planches, ce que c’est qu’une imbrication ; mais il me comprendra lorsque je dirai : imaginons une pile de verres à boire, légèrement coniques et emboîtés les uns dans les autres, nous aurons alors un fil énorme, comme s'il était vu au microscope, et non lisse à la surface, présentant des aspérités de temps en temps et disposées en couronnes.
- Or, ce sont ces aspérités, manquant com
- plètement dans le fil de soie, le coton, le lin, le chanvre, etc., qui donnent à la laine et aux poils la propriété de se feutrer.
- La soie, en termes techniques, peut se bousiller, mais non se feutrer, soit par des actions physiques, soit par des actions chimiques. Il n’en est pas de même de la laine et des poils, qui se feutrent avec la plus grande facilité, propriété que l’on met à profit dans la fabrication des draps et des chapeaux.
- Ainsi, un ouvrier mal habile manœuvrant de la soie la bousillera simplement, c’est-à-dire la rendra difficilement dévidable. S’il s’agit de la laine, il la feutrera, la drapera.
- Mais en même temps que la laine se feutre ou se drape, sous l’influence de n’importe quelle cause, elle se retire dans tous les sens. Le lecteur voit déjà les difficultés de la teinture en tissu soie et laine. Si l’on ne respecte pas les propri tés de la laine, elle se feutre et se retire ; en se retirant, elle détruit les effets d’armure ou combinaison de tissu.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivie )
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- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- i Verts au sulfate d’indigo et au bois jaune.
- Les couleurs vertes produites par le sulfate d’indigo et le bois jaune sont assez agréables, elles sont d’une certaine solidité à l’air. Elle sont différentes, plus saturées que les coU leurs faites avec la gaude, et, plus ou moins vives suivant la préparation de la laine et 18 qualité des ingrédients qu’on emploie dans le5 bains de teinture.
- Cette méthode de teinture, utilisable p°Ur toute la gamme des verts, comprend deus opérations différentes : le bouillon ou mor dançage et la teinture proprement dite. Le tissus qui sont destinés doivent être bien de graissés.
- Il faut opérer, autant que possible, dans "
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 281
- bain fait, afin de faciliter le placement de l’élément jaune.
- Bouillon ou mordançage. — Pour ces couleurs on peut mordancer les étoffes de divers façons, et les nuances qu’on obtient sont toutes différentes. Nous n’indiquerons seulement que trois modes de mordançage.
- Premier mode.—On mordance 100 kilos de laine en la faisant bouillir pendant 2 heules dans un bain de mordant composé de :
- Eau,
- 15 kilos d’alun.
- Deuxième mode. — On prépare les étoffes, pour 100 kilos de laine, dans le bain suivant : Eau,
- 10 kilos de tartre,
- 10 kilos de composition d’étain.
- On y met les étoffes et on les fait bouillir pendant 2 heures.
- Troisième mode.— Pour 100 kilos de laine, °u compose un bain de mordant avec :
- Eau,
- 0 kilos de tartre,
- 12 kilos d’alun.
- On manœuvre les tissus pendant 2 heures au bouillon.
- Toutes ces proportions sont calculées pour “nbain fait; elles doivent être forcées par un bain neuf.
- Lorsque les étoffes sont suffisamment mor-dancées dans l’un ou dans l’autre de ces bains ]
- mordant, on les abat, on les laisse égout-ber et refroidir :
- Tenture. -- On prépare le bain de teinture de la manière suivante : on met dans une ehaudière d’étain ou dans une cuve en sapin, 1i est convenablement remplie d’eau , la lantité de bois jaune nécessaire à l’obten-“On de la nuance voulue ; on le fait bouillir "4 Pendant 10 ou 15 minutes, puis on y "oute le sulfate d'indigo, en prenant toutes
- Precautions que nous avons déjà prescri-tes ici.
- On y entre ensuite les étoffes mordancées, , on les fait bouillir pendant une heure et demie.
- Lorsqu’on a obtenu la couleur désirée, on abat, on évente et on lave soigneusement dans l’eau courante.
- Cette teinture pourrait à la rigueur se faire en un seul bain, mais il est préférable deprocéder à deux opérations différentes, parce que le bois jaune est très long à se placer uniformément sur les tissus.
- Afin d’aider au tranchage des étoffes, quelques teinturiers ajoutent au bain de teinture, soit un peu de tartre, soit un peu d’alun. Quelques-uns mettent les deux mordants.
- Les observations que nous avons faites au sujet des précautions à prendre dans l’emploi du bois jaune, paragraphe de la teinture des verts au campêche et au bois jaune, sont applicables ici
- Le bain de teinture peut se conserver indé -Animent.
- Il faut éviter de s’enfoncer, surtout en jaune, parce que le bois jaune, si long à s’unir sur les tissus, y adhère fortement. Généralement, plus une matière colorante se précipite et s’unit vivement sur la laine, moins elle est solide.
- Verts au sulfate d’indigo et au curcuma.
- Ce procédé de teinture est entièrement analogue a celui qui précède, et nous le décrirons d’autant moins que les couleurs que l’on obtient par le moyen du sulfate d’indigo et du curcuma, ne peuvent être que fugitives, parce que le jaune qui entre dans leur formation se détruit promptement.
- Les étoffes de laine, après avoir été mordancées par l’une des méthodes employées pour la teinture des verts par le sulfate d’indigo et le bois jaune, sont entrées dans un bain de teinture contenant le sulfate d’indigo et le curcuma, y sont manœuvrées jusqu’à ce qu’on ait obtenu la couleur désirée, puis abattues, éventées et lavées en eau courante.
- Le curcuma produit un résidu boueux qui est très volumineux ; c’est pourquoi on ne peut conserver que peu de temps le bain de teinture.
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- c CD 6a
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les observations concernant l’emploi du curcuma dans la teinture des verts sur laine, observations que nous avons formulées dans les numéros du 20 novembre et du 5 décembre derniers, doivent être prises ici en considération, si l’on veut obtenir de bonnes et belles nuances.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.)
- (A suivre).
- CHIMIE
- APPLIQUÉE à LA TEINTURE DE LA LAINE
- (Suite)
- 5. Dosage. Les principaux éléments à doser sont : 1* le sulfate de soude ; 2- le chlorure de sodium ; 3* le plomb; 4- le fer; 5* le cuivre et 6- l’eau.
- Pour effectuer le dosage des corps que nous venons d’énumérer, on dissout un poids déterminé de l’acétate à essayer (10 grammes, par exemple), dans un volume exact d’eau distillée (supposons 500 centimètres cubes). Afin d’éviter tout malentendu, nous donnerons à cette solution le nom de liqueur L.
- 1" Dosage du sulfate de soude. — Le sulfate de soude se dose indirectement, c’est- à-dire que nous en doserons l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte, et nous déduirons le poids du sulfate de soude de celui de l’acide sulfurique libre que nous aurons trouvé.
- On opère sur un certain volume de la liqueur L (60 centimètres cubes, par exemple). On met la liqueur dans un ballon, on la chauffe un peu et on Pacidule avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique. On y verse par parties un léger excès de chlorure de baryum, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. On y chauffe le liquide jusqu’à l’ébullition, et on maintient cette température pendant soixante ou soixante-quinze minutes. On le laisse ensuite refroidir, afin de donner au précipité le temps de se rassembler au fond du vase.
- Le précipité de sulfate de baryte que nous venons d’obtenir par la double décomposition du sulfate de soude et du chlorure de baryum
- est d’une ténuité extrême et passe facilemen à travers les pores du filtre; aussi faut-J quelques précautions pour le recueillir. Lors | que le précipité est bien déposé, et quelal-queur est tout à fait claire, on la filtre, en ayant soin de ne pas agiter le précipité.
- Quand tout le liquide a filtré, on verse sur le précipité un peu d’eau bouillante, à laquelle 1 on a ajouté préalablement du chlohrydrate d’ammoniaque jusqu’à ce que tout le sulfate soit rassemblé dans le filtre, et jusqu’à ce quel l’eau de lavage ne soit plus troublée par l’acide sulfurique. On fait sécher le précipite dans l’entonnoir ; puis, quand il est bien sec, on le dépose sur du papier glacé. On met le filtre dans un creuset de porcelaine ; on l'ar-rose avec de l’acide azotique pour empêcherla transformation du sulfate de baryte en sulfure de baryum ; on fait évaporer l’excès d’acide, on couvre le creuset et on le chauffe modérément, après quoi, on relève le couvercles1 on porte la température au rouge.
- Lorsque le filtre est complètement incinéré, on laisse refroidir le creuset, on y met le pre cipité et on le couvre. On le chauffe lentemen au rouge, on le laisse entièrement refroidir3 l’abri de l’humidité de l’air, puis on le pèse.
- On renouvelle la calcination et la pesée du précipité. Le même poids étant accusé dan deux pesées successives, on procède auxca culs.
- Le poids trouvé, moins celui du creuset donne le poids du sulfate de baryte anhydre AaO, SO3, duquel on déduit celui de l'acide sulfurique anhydre SO3, en multipliant le p°^s du sulfate de baryte par le facteur 0,34326, °e qui s’écrira
- S03 = Ba O, S03x 0,34326
- Sachant que 40 grammes d’acide sulfuriq—e anhydre correspondent à 161 grammes de sUt fate de soude hydraté, il est facile de calcule ce que représente en sulfate de soude un P°1 ‘ X d’acide sulfurique anhydre.
- Pour avoir la proportion centésimale de 19 cide sulfurique contenu dans l’acétate de So.a, soumis à l’analyse, et par cela même celle
- sulfa prodi cétat disso bes c mêtr igra
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- Re
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 283
- ment aut-I Jors la i-e, en
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- 3 que l’a-ipil sec, et le l’ar-ierla ifure eide, léré-le et
- léré, pré-menl lir à
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- ie du dans cal*
- iset ydre cide oids
- s,c8
- sulfate de soude, on multiplie le précédent produit par 100 et on divise par le poids d’acétate de soude employé. Or nous en avons dissous 10 grammes dans 500 centimèti es cubes d’eau, et nous avons opéré sur 50 centi-mètres cubes de cette liqueur, c’est-à-dire sur 1 gramme de matière. Nous écrirons donc
- BaO, SO3 x 0,34326X100 X%de SO3=
- 1.000
- Reproduction interdite.) (A suivre)
- ique sul' uler oids
- l’a' ude
- du
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Paris. — Gillet (Charles-Gustave), teintu-rier, rue de Cotte, 11. — J.-c. : M. Hugot. — *.: M. Hécaen. — Jug. du 20 octobre. Lille. — Deflandre (Jeau), teinturier, au "arais-de-Lomme. — Jug. 30 octobre. — *:M. Wannebroucq.
- RAPPORTS DE FAILLITES
- Clermont. - Chapon-Terrasse (Jean), tein-"rier, à Mouy. — Jug. du 16 octobre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 1er oc-bre, de la Société F. Fleck et Ch. Moquet, W"turiers en plumes, rue de Bondy, 70. — ‘ Fleck continue seul.— Acte du même jour. "A P.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- .YM, Roussel frères ont vendu à MM. Le-elTe et Roussel, rue du 4-Septembre, 20, 15 M. Robin, 30 octobre, un fonds de tein-1er, chemin de la Gare, 1, Saint-Denis.
- j. • Gresset a vendu à M. X..., à la Celle-nt -Cloud, chez M. Laslier, de suite, un 1 8 de teinturier, avenue de Clichy, 70 bis.
- M. Leroy a vendu àM. X., rue Lafayette, chez M. Richard, 6 octobre, un fonds de teinturier, rue Pasquier, 4.
- M. Dubouloz a vendu à Mlle Barret, rue Laffitte, 9, chez M. Piedallu, 15 octobre, un fonds de teinturier, rue des Marais, 64.
- M. Boure a vendu à M. Tytgat, boul. Bonne-Nouvelle, 6, chez M. Cuyon, 1er novembre, un fonds de teinturier, rue de Provence, 4.
- M. Chardon, a vendu à M. Neyret, rue du Champ-de-Mars, 12, chez M. Chardon, 17 octobre, un fonds de teinturier, rue du Champ. de-Mars, 12.
- M. Mary a vendu à M. X., boul. Poissonnière, 25, chez M. Doussot, 25 octobre, un fonds de teinturier, avenue de Clichy, 70 bis.
- Mme veuve Polinière a vendu à Mme veuve Matry, bout. Diderot, 99, 1er novembre, un fonds de teinturier, avenue des Gobelins, 34.
- M. Borges a vendu à M. Félix, rue Chanoi-nesse, 4, chez M, Chariot et Cie, 2 novembre, un fonds de teinturier en plumes, passage Saint-Pierre-Amelot, 9.
- M. Coquerel a vendu à M. X., rue Rambu-teau, 31, chez M. Bellelle, de suite, un fonds de teinturier, rue Monge, 104.
- M. Roger, a vendu à M. Sibille, rue Martel, 11, chez M. Carlier, de suite, un fonds d’apprêteur sur étoffes, rue Croix-Nivert, 188.
- M. Leroy a vendu àM. X..., rue J.-J.-Rous-seau, 23, chez M. Jacquin, 1er décembre, un fonds de teinturier et de nettoyage, rue Pasquier, 4.
- M. Régnier a vendu à M. Moquet, rue Cadet, 20, chez MM. Daunay et Guérin, 1er au 15 décembre, un atelier de teinturerie, rue Doudeauville, 34.
- M. Régnier a vendu à M. Moquet, rue Cadet, 20. chez MM. Daunay et Guérin, 1er au 15 décembre, un fonds de teinturier, rue de la Chapelle, 77.
- p.283 - vue 288/293
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- TABLE DES MATIERES
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- 29e Volume — Année 1885
- A
- Alizarine (L’)............................. 10
- Alizarine artificielle française et les alizari-nes allemandes............................ 138
- Appareil à blanchir, teindre, amidonner ou laver les fils, par M. Thomas.............. 73
- Appareil échardonneur, par MM. Klein, Hundt et Cie....................:.......... 25
- Appareil échardonneur pour peigneuses.... 62
- Analyse pour indigo sur tissus.............. 5
- Appareil pour le traitement des textiles en vases clos, par MM. Schlumberger et Cie 97
- Appareil de conditionnement des soies et laines, par M. Testenoire................. 122
- Appareil pour humidifier l’air des salles,par M: Bertrand 145
- Appareil hydro-calorigène, par MM. Hubi-net et L’Eplattenier...................... 158
- Appareil destiné au blanchiment, au chlorage, au bousage des tissus, par M Far-.......................................... 170
- Appareil pour teinture, carbonisation et séchage des matières textiles, par M.Haus-chel...................................... 181
- Appareil d'oxydation pour le développement du noir d’aniline, par M. ................ 193 Application des naphtes à la. filature, par M.Maury jeune................. 50 Application de l’électricité au nettoyge des tissus, par MM. Fabre et Angelier......... 158 Apprêt des articles .de .bonneterie., par M. Bevernage ................... 146 Apprêt des laines drapées, par M. Varinet. 253 Apprêteuse d'étoffes (Nouvelle)........... 270
- Articles soie, par MM. Lavadour et Cuif.. 73
- B
- Bois de .................................. 81
- Bois à vaporiser les cotons, par M. Marais. 242
- G
- Carmin d’indigo.............................. 27
- Chargeuse automatique, par MM. Alexandre père et fils.............................. 265
- Chauffage des cylindres à apprêter les étoffes, par M. Hilaire....................... 253
- Chlorure gazeux comme décolorant dans l’impression des calicots (Emploi du).. .32 118
- Cochenille et carmin......................... 17
- Colle végétale pour l’encollage des fils... 74
- Coloration instantanée des tissus, par M. Lyon ’ 217
- Conservation des laines et lainages, par M. Knemeyer 14
- Couleurs nouvelles et procédés nouveaux pour la teinture et l’impression........... 32
- D
- Décortication de la ramie, etc., par M.
- Sibson..................................... 242
- Dégraissage des étoffes laine pure ou mélangée ............................... 193
- Dégraissage, blanchiment et teinture... 205
- 1 Dégraissage des fils et tissus, p. M. Larisch.. 171
- Désagrégation des matières végétales contenues dans les tissus, chiffons, etc., par
- M. Langlois................................ 193
- Douanes au Canada......................... 17
- Douanes suisses............................ 3
- Double-mètre pour apprêts de filature de coton.................................... 85
- Blanchiment des matières fibreuses (Procédé de''............................ planchiment et teinture de la paille. Blanchiment des matières textiles végétales, ppar M. ..................................
- planchiment par électricité............... Planchiment des fibres, fils et tissus d’ori-s gine végétale........................... planchiment du jute....................... 'Lnchiment des matières végétales par le
- Chlorozone.......; ; ;....................
- B eus sur laine par le campêche..................... oleu rapide (gros) sur tissu laine fait sur un s seul bain pour 25 m. de drap............ pleu anglais................................
- eu nouveau pour impression, par M. Ed.
- Ulrich....................................
- 15
- 93
- 123
- 165
- 182
- 200
- 268
- 4
- 15
- 78
- 274
- E
- Eaux dans les arts textiles (De 1’), 43, 51, 62 74
- Echardonnage mécanique, par MM. Binet père et fils........................... . 182
- Echardonnage mécanique, parM. Dubois.. 183
- Echardonnage de la laine brute ou lavée, par M. Glaser. ......................... 182
- Emarqurge des laines................. 14
- Encollage et séchage des rubans..... 231
- Ensimage des laines, par MM. Patry, George
- et Cie. ................... .. .......... 217
- Epaillage des tissus.................... 193
- » des tissus de laine, par M. Pelle-.................................... 109
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-
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- 286
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Essais comparatifs sur la valeur comme mordants de l’émétique et de l’oxalate anti-
- monieux................................. 246
- Etoffe pour ameublements, par MM. David, Trouiller et Adhénar................. 110
- Extraction du savon des bains usés..... 154
- F
- Fabrication de tissus légers, avec dessins gaufrés, par M. Tasté....................... 50
- Fils de laine peignée en couleurs mélangées, par MM. Klein, Hundt et Cie................ 157
- Flanelle irrétrécissable, par M. Roux...... 230
- Fonds bleus unis (Note sur l’impression des) 214 Fonds bleus unis (Note sur l’impression des) 214
- Formation des matières colorantes par l'é-lectrolise........................ 214, 225 237
- Foulerie à effet multiple, par M Huguenin. 134
- G
- Galons à trame perlée p ur passementeries, par M Bernard............................. 254
- Gauffrage des tissus, par MM. Conin fils et L Dehan..................................... 49
- Grattage des étoffes, par MM. David et Co. 253
- I
- Imitation du tissu oriental par MM. Zétard, Lainé et Rupp... ........................... 13
- Impressions en relief sur étoffes..... 142 155
- Imperméabilisation des tissus, par MM Dil-lies et Cie ................................ 38
- Idigo (Essai industriel de 1’)............. 191
- Indigo dans les tissus colorés (Essai d’).... 202
- Industrie lainière en Allemagne (L’)....... 275
- J
- Jute (Le). (Une découverte.)............... 143
- Machine hydrovaporifixeuse, par M. Cha-banel........................i.......... 146
- Machines à laver la la laine (Modification dans les), par M. E. ................... 165
- Machine à laver la laine, par M. Dubrule. 170
- » à fouler, dégraisser et laver, par
- M. Brunei................................ 170
- Machine à tremper les tissus pour dépaillage chimique, par MM Grossclin père et fils. 181 Machine à teindre. par M. 231
- Machine à épeutir, par MM Grosselin père et fils............................... 229
- Machine à échardonner et à épailler les laines, par MM. Delattre frères et Cie..... 230
- Machine à imprimer en pointillé, par M. Grison 241
- Machine à brosser les tissus à poil coupé, par M. Worrall ......................... 242
- Machine pour tondre et ébarber les dentelles ................................. 265
- Machine à tendre les écheveaux, par MM. Heneirich, Grandsire et fils 61
- Machine à teindre en pèces les rubans et étoffes.................................. 25
- Machine à teindre, de M. César Corrou.... 2
- Machine à préparer les textiles pour la filature, par M. Cardon....................... 2
- Machine à réserver des lisières tissées, par MM. Place frères ...................... 49
- Matières colorantes à base de campêche, par M. Montlaur 14
- Métier pour tissus veloutés, par MM. Flips, Flips et 20 Mètre compteur (Le), de M. Decrette 21 Mine de savon naturel (Découverte d’une). 131
- Mordançage partiel des étoffes de laine et autres, par M. Grison 171
- N
- Nettoyage et rafraîchissement des tapis...
- Noir sur robes laine... ................
- O
- L
- Lavoir de laines............................
- Linoléum granit à dessins inaltérables, .par M. Réal..................................... 13
- M
- Machine à décortiquer la ramie, par Burrows...................................... 61
- Machine à flamber les étoffes, par M. Pé-goût...................................... 73
- Machine à sécher les laines, cotons, etc., par M. Her'zog............................ 62
- Machine à sécher les écheveaux, par MM. Suinzer frères............................ 85
- Machine à nettoyer et à gazer les fils, par M Imbs.................................... 97
- Machine ou appareil pour sécher les fibres, fils et ti.sus, par M. Jefferson......... 123
- Ornementation du tulle, par M. Cox... . Oxyde ferrique sur coton en bain alcalin
- (Fixation de 1’)...............;........
- P
- Presse circulaire pour tissus, par M. Coget. 5.
- Procédés divers.... 89, 118, 128, 150, 202, 212
- Procédés pratiques........................ 29
- Procédé de teinture, par M. Scheidt........
- Procédé de teinture...................... 2..
- Procédé pour outremers................... 131
- Procédé nouveau de teinture de noir grand teint, d’ani ine, sur coton, fil de lin, de „ chanvre, deiute, etc....................... 14
- Presse à chaud continue, par MM. Pierron . et Dehattre............... ................. 1
- Produit servant à la charge des soies, par .
- M. Gonon ................................
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-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- o
- R
- Rasage des rubans ve'ours sur métiers doubles, par M Pinatel aîné..................... 13
- Recherches chimiques sur l’action du savon. 130
- Remontage du bleu de cuve fait sur le même bain pour 25 mètres de drap.......... Retordage des fils chargés de plumes et duvets................................ 266
- Révélateur du jute (Le)..................... 262
- Revêtement des paniers d’ess reuses, par MM. Martiny et Co 124
- Rouge Congo, de MM. J. Ruch et fils.... 115
- Rouissage du lin, par M. Baur............... 205
- S
- Savon pour imperméabiliser les tissus.... 152
- savon pour rendre imperméable les tissus. 80
- Séchage combiné par contact et air chaud, système Pierron et ....................154, 167
- Séchoir pour toutes étoffes................. 217
- Supériorité des décoctions des bois de teinture sur les extraits....................... 178
- T
- Tambour de séchage............ teintures anciennes (Observations sus les), 6,18, 28, 40 56. 68, 79, 87, 101, 112,125, „140, 147, 162, 186, 196. ....................
- einture des laines en pièces, 38, 53, 65, 76,
- 20, 104. 116, 126, 137, 149, 163, 172, 177, 184, 188, 194, 198, 211, 221, 235, 244,
- einture des tissus soie et coton, 100, 1H.
- 135, 159, 219, 232...........................
- 241
- 221
- 280
- 255
- Teinture en noir d’aniline............... 241
- Teinture du coton en rose solide d’aliza-rine..................................... 177
- Teinture des plumes en noir, par M. Brossai’d...................................... 1
- Teinture de la dentelle et autres tissus mixtes soie et coton, par M. Clarke.... 98
- Teinture de la laine sur les peaux........ 21
- Teinture des tissus de tous genres, par
- M. Bosquet................................. 99
- Teinture en noir à froid, par M. Périnaud. 121
- Teinture provisoire des fils de trame, par
- MM. Prosper Monuetz........................ 10
- Teinture des plumes...................... 126
- Teinture de toutes matières textiles, par M Brunell 158
- Teinture du coton en rouge solide dit rouge turc ou ................................ 174
- Teinture à base de tanin, par MM. Steel et Grandage.............................. 205
- Tissus bosselés, par MM. Depouilly........ 14
- Tissus en coton imprimés, par MM. Place frères................................... 110
- Tis-us (Nouveau genre de), par MM. Han-nart frères............................... 50
- Tissus tires à poil, lainés ou gratés, par MM. David et Cie 109
- Traitement chimique des déchets soyeux, par M. Moiiinot. .......................... 1
- Traitement des fibres végétales, par MM.
- Prinz et Quellmalz......................... 37
- Traitement des fibres textiles, par M.Giesler 109
- Treille des fils dans les machines à encoller, par M. Bernard ..................... 157
- Triagedes chardons naturel, par M. Schrae-ber...................................... 230
- Tubes pour mettre les fils en cannettes, par M. Lombard .............................. 85
- FIN DE LA TABLE
- ''aris — Imprimerie Ed ROUSSET et Cie, rue Rochechuart, 7.
- p.287 - vue 292/293
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- p.n.n. - vue 293/293
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