Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- MONITEUR DE LA TEINTURE
- ET DE
- L’IMPRESSION DES TISSUS
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- OFFICE du Moniteur de la Teinture
- DROGUERIE, PRODUITS CHIMIQUES, COULEURS
- Le Moniteur de la Teinture se charge de la fourniture de tout article de Droguerie et de Produits Chimiques à l’usage de la Teinture, de l’Impression, du Blanchiment et des Apprêts : ces marchandises sont tirées directement des lieux de production, ou des fabriques les plus estimées, et ne sont livrées qu'après un examen scrupuleux de leur qualité ou de leur pureté. Elles sont cotées au plus bas prix possible.
- LIBRAIRIE
- Nous fournissons la Librairie de toute nature : industrielle, scientifique ou littéraire, les Journaux et Publications quelconques, aux prix marqués par les éditeurs, affranchissement en sus.
- OPÉRATIONS ET ANALYSES CHIMIQUES
- CONSULTATIONS, ÉTUDES ET TRAVAUX PRATIQUES,- PROCÉDÉS ET EXPERTISES INDUSTRIELLES
- Tout travail scientifique et pratique se rapportant au Blanchiment, à la Teinture, à l’Impression, aux Apprêts et au Travail des Tissus en général, nous est spécial, et notre compétence en ces matières est affirmée par nos publications et notre expérience.
- BREVETS D’INVENTION
- Le Moniteur de la Teinture publie une Liste de tous les Brevets d’invention relatifs à sa spécialité, et donne une analyse de ceux qui lui paraissent offrir un intérêt d’actualité. Nous fournissons le résumé des brevets qui ne sont pas analysés dans le journal, et que l’on désire connaître, moyennant une rémunération.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Noire publicité est d’une grande ressource pour la Vente des Fonds, Fabriques et Exploitations se rappoitant à la Teinture et aux Tissus; nous avons toujours un choix varié d’établissements à céder, et nous opérons assez facilement ce genre de vente, moyennant une rétribution modérée.
- Les Fonds à vendre sont publiés dans le Moniteur delà Teinture, avec indication ou non, de l’adresse des vendeurs.
- ANNONCES, PUBLICITÉ
- Le Moniteur de la Teinture, se répandant dansun public spécial, offre, par ses annonces, une publicité qui va droit à son but et qui ne risque pas de s’égarer parmi des indifférents : aussi est-elle plus fruc tueuse que toute autre, lorsque les objets annoncés s’adressent à la Teinture et aux Tissus.
- Etant en relations confraternelles avec tous les journaux industriels de France et de l’Étranger, nous pouvons encore étendre cette publicité, lorsqu’on veut la faire sur de grandes proportions.
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- 31e ANNÉE 188 7 30e VOLUME
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS REVUE THÉORIQUE ET PRATIQUE Spécialement consacrée
- AU BLANCHIMENT, A LA TEINTURE, A L'IMPRESSION ET A L’APPRÊT DES FILS ET TISSUS, A LA PRODUCTION ET A LA PRÉPARATION DES MATIÈRES TEXTILES EN GÉNÉRAL A LA FABRICATION ET A L’APPLICATION DE TOUS PRODUITS COLORANTS EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE ET DANS LES ARTS.
- PUBLIÉE LE 5 & LE 20 DE CHAQUE MOIS
- Sous la direction de M. Edmond R O U S S E T
- AAn-OCO0-LAVN
- PRIX DE L'ABONNEMENT:
- Paris et Départements : Un an........................ 15 fr
- Six MOIS
- TRENTE-UNIME
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- 20
- PARIS
- ADMINISTRATION & RÉDACTION
- 7, rue Rochechouart, 7
- S’adresser à M. Edmond ROUSSET
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- Le Moniteur de la Teinture paraît depuis le 1er janvier 1857; il portait dans le principe le titre de Coloriste industriel.
- Les premiers volumes de sa collection (ancienne série) sont épuisés; ceux qui restent disponibles comprennent les années de 1870-71 à 1887.
- Ces collections constituent, dans leur ensemble, le Traité théorique et pratique le plus étendu et le plus complet, concernant les Industries tinctoriales ; la quantité de faits, documents, procédés, descriptions, échantillons et gravures qu’elles contiennent, répondant toujours aux nécessités présentes de ces industries, en font un précieux auxiliaire pour toute exploitation industrielle ou commerciale se rapportant au Blanchiment, à la Teinture, à l’Impression, aux Apprêts et à tout Travail des Tissus ou des Couleurs en général.
- PRIX
- Chaque volume broché à partir de 1870-71 .......................................... 15 fr.
- Collection 1870-71 à 1880 (dix volumes) .... ... 90 fr.
- Collection complète (dix-sept volumes) . . . . , . . 160 fr.
- Chaque volume est formé d’une année, sauf celui de 1870 71 qui, par suite de l’interruption causée par la guerre, comprend ce qui a paru pendant ces deux années.
- Paris, Imp. Edm. ROUSSET, 7, rue Rochechuart.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 1. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Janvier 4887
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- DE LA MARQUE DE FABRIQUE DES TISSUS (suite).
- CORRESPONDANCE.
- REPRISE DE LA SOIERIE A LYON.
- LA TEINTURE EN’ CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- DES MATIÈRES COLORANTES (suite).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- PRÉPARATION DE LA RAMIE Par M. Schiefner
- Le procédé revendiqué par M. Schiefner a pour but de détacher la gomme des orties décortiquées, afin de faciliter le blanchiment et la filature ; ce traitement donne aux fibres un lustre et une souplesse que les procédés actuels ne permettent qu’au prix d’une dépense considérable de main-d’œuvre et de matière textile.
- Indépendamment de la fatigue occasionnée au personnel ouvrier par la multiplicité des opérations, les filaments ne sont pas unifor -mément atteints.
- L’appareil décrit par M. Schiefner fournit la possibilité d'achever les traitements chimiques en six ou huit heures, avec un ouvrier au lieu de cinq, pour une production journalière de cinq cents kilogrammes d'orties. Le dit appareil comprend : 10 un autoclave cylindrique et vertical pour la production des vapeurs et solutions convenables ; 2° un deuxieme réservoir, en communicotion avec le précédent, pour le traitement direct de la fibre au moyen des vapeurs provenant de
- l’autoclave ; 3o un chariot sur rails, destiné à transporter et à maintenir les fibres à l’intérieur du second réservoir.
- L’autoclave est construit en fer forgé, étamé intérieurement, il fonctionne sous une pression de cinq atmosphères et est muni d’un manomètre, d’une double conduite d’eau et de vapeur, d’un robinet de décharge et d’un trou d’homme. Le deuxième récipient est -également une chandière en fer forgé, éprouvée à cinq atmosphères ; elle est disposée horizontalement et présente une section ovale. A l’intérieur, un serpentin composé de vingt-deux tuyaux en cuivre, superposés à dix centimètres d’écartement et percés de nombreux trous, enveloppe le chariot de vapeurs. Le chariot est muni de six compartiments ou claies mobiles en fil de fer étamé, reposant sur des supports latéraux. Une fois le chargement des fibres effectué et le chariot introduit dans la chaudière horizontale, on ferme ce récipient au moyen d’un porte avec joint élastique et traverses pour maintenir solidement l’obturation.
- Il s’établit une circulation continue dans l’appareil. D’ailleurs, à l’aide du robinet de vidange et de diverses conduites, il est facile de régénérer ou de remplacer les solutions épuisées, de procéder à des lavages, en un mot d’achever, sans manipulations autres que celles du chargement et du déchargement, le dégommage complet des tiges « déboisées ».
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- APPRÊT DES TISSUS DE LIN Par MM. Guillaume frères
- Le but que se sont proposé MM. Guillaume frères, est de transformer les tissus de lin, de chanvre, etc., spécialement employés pour vêtements de troupes, de manière à leur donner une teinte inaltérable,résistant également bien a l'action des lessives et aux intempéries atmosphériques. Il est nécessaire, en effet, dans l’intérêt de la tenue d’un corps de troupe, de conservera l’étoffe, quelle que soit la durée du vêtement, l’aspect uniforme des confections plus récentes.
- Le procédé, dont se servent les brévetés pour teindre les toiles à cet effet, ne présente pas de particularités ; aussi n’est-ce pas cette méthode qu'ils revendiquent mais l’application d’un moyen connu à l’obtention d’un résultat nouveau, soit la coloration inaltérable des toiles et autres tissus végétaux servant à la confection de vêtements militaires.
- DE LA MARQUE DE FABRIQUE DES TISSUS SOIE
- {Suite et fin)
- A nalyse des souples noirs
- Cette analyse se rapproche de celle des noirs cuits à divers points de vue.
- Les souples noirs forment un des plus beaux fleurons de l’industrie de Saint-Cha-mond, grâce à la pureté des eaux granitiques du Ban et du Gier. Fait curieux, avec les eaux similaires comme pureté du Furens à Saint-Etienne, on n’a pu faire concurrence à Saint-Chamond, où la teinture des souples noirs est concentrée entre les mains de trois puissantes maisons, MM. Gillet et fils, Ven-dry et Richard, et Puteaux. — On a essayé vainement d’introduire ces genres sur les bords de la Loire, à Saint-Just; l’eau n’est plus assez pure. — Elle titre déjà 50 hydro-timétriques, et le peu. de chaux qu’elle contient donne un toucher dur aux tanins. -- Et
- j chose curieuse à première vue, les eaux granitiques ne valent rien dans la teinture des souples blancs ou couleurs non engallés.
- Avec des eaux granitiques, l’assouplissage des couleurs ou blancs, n’est plus certain comme rendement. — Il peut même arriver que des soies assouplies avec de l’eau douce perdent presque autant que par la cuite au savon.
- Les tanins employés sont de toutes qualités, principalement les myrobolans, le divi-divi, la galle, le châtaignier et le cachou. — L’analyse est impuissante à les révéler individuellement ; ceci est une affaire de vieille expérience.
- Les souples sont terminés généralement par une teinture au bois d'Inde additionné de savon, sans dépasser une température de 50° centigrades. On reconnaît le bois d’Inde par l’action de l’acide chlorhydrique étendu de deux fois son poids d’eau. — Il y a coloration rouge du liquide.
- L’incinération donne le poids des cendres, comme pour les noirs cuits, et comme pour ceux-ci, il y a lieu de tenir compte des mêmes considérations, pour le dosage du fer, de l’étain, du cuivre et, accidentellement, de l’alumine. Comme pour les noirs cuits, le fer doit être recherché dans la constitution du noir comme jouant le rôle d’oxyde ou sous forme d’acide hydroferrocyanique dans l’action du bleutage après les rouillages.
- Quelquefois en emploie des violets d’aniline que l’on retrouve comme pour les noirs cuits.
- Pour connaître la dose absolue de soie existant dans un noir souple, il faut après un lavage à l’eau bouillante légèrement ammo-niacalisée pour dissoudre la gélatine, matière azotée, employée dans les avivages, faire l’analyse élémentaire pour doser l’azote total, d’un poids donné de soie.
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- Puis, sur un poids identique de la même soie, il faut, comme il a été dit pour les noirs cuits, doser la quantité d’acide hydroferro-cyanique apportée dans l’action du bleutage. — Cet acide hydroferrocyanique contient de l’azote, et d’après les formules chimiques connues, on le déduira de l'azote total trouvé à l’analyse élémentaire. — La quantité résidu divisée par 17, correspondra assez exactement au poids de la soie contenue dans le lot essayé et rapportée aux conditions normales d’après nos établissoments de condition.
- Dans les souples bien faits, la soie tout en s’ouvrant, prenant du gonflé, ne perd que 4 à 5 0(0 de grès, au lieu de 27 0(0 dans l’opération de la cuite.
- Quant aux rendements dans les noirs, on est arrivé jusqu’à 300 0(0 dans les souples gros noirs ; c’est-à-dire que 100 kil. nus en teinture, rendent jusqu’à 400 kil. !
- Quelquefois l’on met du plomb, sous forme de sous - acétate, mais c’est une très mauvaise charge, et presque inusitée.
- Je termine ici cette longue étude, en disant que la charge est une opération que l'on subit, les uns par rapport aux autres, absolument comme pour les armements de l’Europe.
- Dans tous les cas, Lyon, Saint-Etienne, Saint-Chamond, ont tenu jusqu'à ce jour haut et ferme le drapeau français.- Et malgré cela, les droits écrasants mis en Russie et aux Etats-Unis sur nos produits, n’ont pas empêché nos industriels de se tenir à la hauteur de la situation, grâce à la perfection des soies teintes.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- CORRESPONDANCE
- Questions de Brevets — En réponse à diverses demandes qui nous ont été adressées en suite d’un article dernier, nous renvoyons
- à notre honorable collègue, M. Fayollet, du Journal. — Nous dirons simplement que souvent, l’on commet de rudes fautes dans les ventes ou cessions de brevets, sans consulter des gens compétents. — C’est ce qui explique les procès interminables et les renvois de cour en cour qui surgissent en pareille matière. — Souvent même, les notaires, malgré leur érudition, ne sont pas compétents. — Il y a une législation spéciale pour les brevets, et dont il faut savoir se servir. — En thèse générale, je dirai que sur cent ventes de brevets, il y en a quatre-vingts qui ne valent rien.
- Teinturiers et apprèteurs. — Cette question se résout amiablement à Lyon. — Des teinturiers en pièces montent l’apprêt et vice versa ; d’une part ; d’autre part, des teinturiers et des apprèteurs se réunissent pour ne rendre les pièces au fabricant que toutes finies.
- Il y a longtemps que les cotonniers agissent ainsi.
- Marque de fabrique lyonnaise. — La marque de fabrique lyonnaise devant indiquer que les étoffes avaient été fabriquées à Lyon, et rien autre, a été solennellement enterrée par un vote du Conseil municipal de Lyon devant l’indifférence générale de nos fabricants. — Cela justifie le sens de mes articles, et démontre, une fois de plus, qu’il faut laisser l’initiative privée, maîtresse de ses destinées, autrement nous n’en finirions plus, et demain matin, le gouvernement deviendrait fabricant d’objets de cordonnerie.
- Marius Moyret.
- LA REPRISE DE LAESOIERIE A LYON
- La campagne d’hiver a bien débuté, le marché de Paris, qui est le grand moteur de la mode, revient à la soierie. Les achats des grands magasins de nouveautés ont été supé-
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- rieurs d’un tiers à ceux de l’année dernière, à pareille époque. Pendant de trop longues années, la soie a joué le rôle accessoire dans la toilette féminine , elle ne servait guère qu’à agrémenter les costumes de laine. On l’employait pour les devants de corsage, et les doublures. — Je ne parle pas des articles courants.
- Aujourd’hui, sans être optimiste, on peut prévoir le moment prochain où la soie deviendra l’objet principal dans là toilette.
- Les commandes portent, en grande partie, sur les tissus pour robès et costumes tels que : surrahs, peluches et foulards qui ont été longtemps délaissés. — Ce sont les nuances claires et vives qui ont la faveur. — Les teinturiers en couleurs regorgent de travail; par contre les teinturiers en noir sont dans le ralentissement; c’est d’ailleurs normal à Lyon, quand les couleurs marchent, les noirs ralentissent et vice versa.
- Les achats de fils de soie sont des plus importants. La condition des soies a enregistré un mouvement de 600,000 kil. en novembre, et la hausse des soies poursuit son cours. — Cela prouve que nos fabricants ne spéculent point, et achètent pour leurs besoins urgents en vue de la nouvelle campagne.
- Cela est d’autant d’un bon augure, què le temps est loin pour le fabricant lyonnais où il fabriquait de l’étoffe pour placarder dans les saisons de mortes.
- Les caprices de la mode ne le lui permettent plus.
- Souhaitons que cela continue. De même que pour nos exportations générales, qui sont superieures pour les recettes de 1886 à celles de 1883.
- Marius Moyret, (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.}
- ÉTOFFE DE LAINE A TEINDRE EN BLEU
- Le grenat et le marron ne peuvent se tein
- dre en bleu. Le violet, le vert et le jaune peuvent se faire, mais très, très foncé ; les gris, les mauves et autres couleurs claires se font très bien.
- Les gris se reteignent en gris, quand ils ne sont pas trop frappés d’air et de soleil ; le blanc seul peut faire du gris parfait, le gris se reteint de toute autre couleur plus foncée : bleu, havane, marron, chaudron, vieil or, grenat, lie de vin, etc.
- On obtient les grenats avec du bleu en le démontant, avec le vert, le havane, le gris, le jaune, le violet et même le prune et d’autant plus foncé que la couleur primitive l’est davantage.
- ÉTOFFE DE LAINE A TEINDRE VIOLET, PRUNE BORDEAUX, ETC.
- Ne peuvent se teindre en prune, lie de vin, les loutre et marron foncé ; on peut recevoir les jaunes, havane, gris, ainsi que les grenats, petits bleus et pensée.
- On peut teindre en vert, les verts, les jaunes, les gris, les havane, en un mot toutes les couleurs claires ; il ne faut pas se charger de teindre les grenats à moins qu’ils ne soient déjà teints à la fuschine, que l’on peut facilement démonter ; les marrons, [loutre, peuvent se faire gros vert, mais très foncé, presque noir, c’est-à-dire vert au reflet seulement.
- TEINTURE DES AMEUBLEMENTS DE LAINE, DAMAS, SATIN, etc.
- Les grenats se reteignent en grenat, marron, bois, loutre. On peut quelquefois les faire en vert foncé, selon qu’ils sont précédemment teints à la fuschine ou à l’orseille ; lorsqu’ils sont teints à l’orseille, ils ne peuvent se faire, tandis qU’il est facile d’obtenir un beau vert quand ils sont primitivement teints à la fuschine, qui se démonte bien en laissant un fond jaunâtre, on obtient un vert plus ou moins foncé, selon que le rouge s’est plus ou moins détruit.-
- Les verts se reteignent en vert, ainsi qu’en grenat, feuille morte, bois, havane, marron.
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- Si le vert est clair, on peut obtenir un bleu foncé.
- Les jaunes se reteignent en jaune, orange, rouge, ponceau, grenat, vert, feuille morte, bois, marron, loutre, etc.
- Les gris se reteignent en gris, havane, jaune, bleu, bleu gendarme, bleu gris mode, vert, grenat, marron, loutre, etc.
- Les bleus ordinaires se font bien en bleu, grenat foncé, vert, marron, loutre ; si le bleu primitif est fait au carmin d’indigo, il se démonte facilement, on peut alors en faire un beau grenat ; si, au contraire, il est teint au bleu de Nicholson, on ne peut parfaitement le détruire, il ne faut donc pas le recevoir.
- Tous les articles de même couleur peuvent se reteindre dans leur même couleur, un peu plus foncé, pour couvrir le plus possible les frappures d’air, le bleu en bleu, le violet en violet, le grenat en grenat, le marron en marron, etc.
- Il est nécessaire d’avoir des articles en laine blanche pour obtenir des couleurs tendres, telles que : gris, écru, crème, mastic, vieil or, rose, lilas, jaune, mauve, bleu ciel, ponceau, groseille, etc.
- Il faut bien se rappeler que les frappures d air et de soleil ne disparaissent jamais en plein à la teinture de couleur ; les teinturiers qui le promettent ne le font pas ; de là naissent des difficultés avec les clients ; ce qu’il faut éviter. Il n’y a qu’en teinture loutre foncé et noir que les frappures d’air disparaissent.
- Les garnitures allant avec les rideaux d’ameublements, telles que : embrasses, cordon de tirage, de sonnette, glands, crête, franges, etc., sont presque toujours mélangés de coton ; elles se teignent aussi, mais sont généralement plus foncées que l’ameublement lui-même.
- Si on ne teint pas le coton, les garnitures sont à peu près pareilles aux rideaux ; alors le coton pique en blanc et se voit après la teinture de la laine]; il n’y a qu'à en prévenir le client.
- Les embrasses à glands, montées sur bois,
- ne doivent pas être reçus sans prévenir qu’ils peuvent se briser dans la manipulation; il ne faut pas en répondre.
- Les doublures de rideaux, soit en percale, en percaline, coton, satinette, etc., peuvent se blanchir ou se reteindre,' soit en vert, grenat, jaune, vieil or, marron, etc., selon leur couleur; elles sont cylindrées à neuf et livrées à peu près comme telles; il est urgent de bien les examiner en les recevant ; elles sont souvent brûlées par le soleil et peuvent se déchi -rer dans les mains de l’ouvrier.
- On peut reteindre , en crème, écru, ficelle tous les rideaux, vitrages, stores, impostes, embrasses soit en guipure, mousseline brodée, brochée ou unie, tulle brodé et autre, guipure d’art, filet, étamine, grenadine, crochet et dentelle, etc.
- NOMENCLATURE DES AMEUBLEMETS A TEINDRE OU A NETTOYER, QUI FERONT L’OBJET d’uNE ÉTUDE SPÉCIALE.
- Damas des Indes, damas de Lyon, damas laine et soie, laine et coton, brocatelle, tapisseries diverses des Gobelins, Beauvais, Au-busson, moquette savonnerie, carpette, tapis-brosse, etc., velours d’Utrecht et autres, damas, reps, satin, cretonne, fil, perse, etc., bourre de soie, bourrette, table de jeu, etc.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
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- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Mode. — 21 kilos fils cardés-
- Bouillon, 2 00 bichromate de potasse à bain frais.
- Entrée. 1 cuillerée à bouche Extrait de Cuba.
- I 2 cuillerées à bouche Extraite de Ste-Marthe.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1 cuillerée à café Extrait de campêche.
- Rejet. 2 cuillerées à bouche Extrait de Ste-Marthe.
- 3 cuillerées à bouche Extrait de Cuba.
- 3 cuillerées à bouche Extrait de campêche.
- Veut de gris. — 18 kilos fils cardés. Bouillon, 2 0[0 bicohrmatede potasse. Rabat sur le bain de Mode.
- Entrée. 0 k. 350 gr. Extrait de Cuba.
- 0 k. 300 gr. Extrait de Ste-Marthe.
- 0 k. 300 gr. Extait de campêche. Rejet. 0 k. 450 gr. Extrait de Cuba.
- 0 k. 150 gr. Extrait de Ste-Marthe.
- 0 k. 100 gr. Extrait de campêche.
- Rose. — 12 kilos fils cardés.
- 0 k. 015 gr. Fuchsine AS.' 5 0|0 Acide sulfurique 66•.
- Bleu marine. — 17 kilos fils bonneterie.
- Fond bleu Nicholson. Ajouter au bain d’avivage :
- 1 k. Carmin d’indigo préparé.
- 0 k. 500 gr. Tartre rouge.
- 0 k. 500 gr. Extrait d’orseille R triple.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- SOCIETE INDUSTRIELLE D’AMIENS
- La Société industrielle d’Amiens a, dans son assemblée générale du 7 novembre 1886, mis au concours pour l’année 1886-1887, les questions pour les réponses desquelles des prix seront décernés en assemblée générale extraordinaire.
- Ces prix se composeront de sommes d’argent, de médailles d’or et d’argent, qui pourront être converties en espèces.
- Les mémoires, non signés, porteront seulement une épigraphe reproduite sur un pli cacheté contenant les nom et adresse de l’auteur et l’attestation que le mémoire est inédit. Quant aux auteurs des appareils qu’on ne
- pourra juger qu’en les soumettant à des épreuves suivies, ils devront se faire connaître en en faisant l’envoi. Ces appareils devront fonctionner sur un point de la région à proximité d’Amiens.
- Les concurrents devront envoyer leurs manuscrits ou machines, franco, au président de la Société industrielle, rue de Noyon, 29, à Amiens (Somme), d’ici au 30 avril 1887, terme de rigueur.
- Une médaille d’or sera attribuée à l’inventeur d’un appareil ou d’une installation propre à maintenir économiquement à un degré hygrométrique déterminé les salles de filature et de tissage, sans provoquer de courants d’air et sans influencer d’une manière trop sensible la température de ces salles.
- Une médaille d’or à l’inventeur d’un procédé qui empêche la trame d’être tachée avant son insertion par la navette dans la chaîne des métiers à tisser.
- Une médaille d’or à un perfectionnement sérieux dans les machines à parer et à encoller les chaînes pour le tissage.
- Une médaille d’or pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- Une médaille d’or au meilleur mémoire sur le blanchiment du chanvre et des jutes, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle.
- Une médaille d’or sera décernée pour un moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles dans la teinture des étoffes produites par les industries locales.
- Une médaille d’or à la personne qui trouvera, pour les velours d’Utrecht et les velours de coton, un mode de piétage ou un apprêt réalisant une amélioration sérieuse sur les procédés actuellement en usage dans le département.
- Une médaille d’or pour une composition chimique qui s’appliquerait au moyen de caractères d’imprimerie, sur les chefs des pièces de tissus de laine ou de coton, et qui se-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- rait encore apparente après les opérations de dégraissage et de teinture.
- ESSAI D’UNE ANALYSE QUALITATIVE DES MATIÈRES COLORANTES
- Qui se rencontrent dans le Commerce.
- Par le Dr Otto N. Witt.
- {Chemische Industrie).
- {Suite et fin.)
- 10. - - Le produit commercial est en pâte de nuance grise. La soude caustique, en présence de l’air, détermine aussitôt la coloration bleue, augmentant peu à peu d’intensité. — Leukindophénol.
- 11. — Même forme commerciale que le précédent. Le produit dissous dans la soude caustique ne se colore pas immédiatement; ce n’est que par l’addition du sucre reproducteur et chauffage de la liqueur qu’il se produit un précipité bleu d'indiSotine cristallisée. — Acide orthonitrophényle propriolique.
- Matières colorantes violettes.
- 1. — Le produit est difficilement soluble dans l’eau ; bien soluble dans l’alcool. L’acide sulfurique se dissout en brun-cannelle. — Regina purple (Violet impérial) Dyphenyle-rosantiline).
- 2. — P roduit bien soluble dans l’eau ; les acides colorent le liquide d’abord en bleu, puis en vert et en jaune; les alcalis la précipitent. — Violet de méthyle R à 6 B. Violet Hof-mann.
- A distinguer par leurs nuances.
- 3. — Produit peu soluble dans l'eau ; les alcalis provoquent un précipité violet. L’acide sulfurique dissout la matière colorante en gris ; en diluant cette liqueur, elle passe successivement au gris vert, au bleu de ciel, bleu violet, puis violet. :— Mauvéine (Violet Perkin, Rosalane).
- 4. — Produit soluble dans l’eau. Les acides précipitent en bleu pur, les alcalis en rouge violet. La poudre de zinc réduit nettement et
- forme une cuve, aussi bien en liqueur ammoniacale qu’en liqueur acide. La dissolution dans l’acide sulfurique concentré est vert-émeraude, passant au bleu de ciel par la dilution. - Violet de Lauth (Thionine).
- 5. — Le produit ne se dissout que dans l’eau bouillante. L’acide chlorhydrique colore la liqueur en rouge carmin pur. L’acide sulfurique dissout la matière colorante en bleu virant au rouge par la dilution. — Gallo-cyanine.
- 6. — Produit soluble dans l’eau en rouge violacé. L’addition d’alcool détermine une fluoresce rouge carminé. L’acide sulfurique concentré dissout la matière colorante en vert émeraude, passant du bleu au violet par la dilution. — Améthyste, fuchsio, giroflé (Matières colorantes de la classe des safrani-nes. Homologues méthylés ou éthylés de la phénosafranine). «
- Le tableau précédent contient à peu près toutes toutes les matières colorantes qui se trouvent aujourd’hui dans le commerce ou qui s’y rencontraient jusqu’en ces derniers temps. Il ne sera pas difficile d’y introduire celles que j’aurais- omis de signaler ou qui apparaîtront dans l’avenir, en les classant, d’après leurs réactions caractéristiques, dans les groupes auxquels elles se rattachent.
- Berlin, octobre 1885.
- {Moniteur scientifique Quesneville.)
- M. le Ministre du commerce et de l’indus -trie vient de recevoir un envoi du résident général de la République française en Annam et au Tonkin, consistant en échantillons de tissus divers de coton, laine, soie, damas, tapis, couvertures en coton et en laine, foulards, grenadines, mousselines, cotonnades unies et imprimées, rouge d'Andrinople, etc., de provenances française, anglaise ou suisse, et vendus, soit dans l’Annam et le Tonkin, soit dans les régions de l’Extrême Orient.
- Les articles de cette collection, accompagnés des indications de longueur, largeur, prix de vente, usage, etc., sont à la disposition des intéressés au Ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du Commerce extérieur. — Bureau des Renseignements commerciaux).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Etude de M Henry TENTING, avoué de première instance, à Troyes, rue Paillot-de-Montabert, 12.
- VENTE
- Par suite de la faillite de M.Thévenot
- Le Vendredi 7 Janvier 1887, à midi, au Palais de Justice, à Troyes, d’un
- GRAND ETABLISSEMENT
- DE FILATURE et TEINTURE DE COTON en pleine activité et situé à Troyes, chaussée des Blanchisseurs, n 5, sur un bras de rivière de Seine.
- Consistant en :
- ETABLISSEMENT INDUSTRIEL
- 1- Vaste bâtiment contenant : La Garderie et les Métiers à filer. — 2- Bâtiment contigu contenant : Les générateurs, moteurs, forge, menuiserie, teinturerie et batteurs. — 3. Magnifique séchoir entièrement construit en fer et pierre. — 4' Construction servant de bureau. Embal-loir avec tour pour réservoir à eau et ascenseur. — 5 Bâtiment contenant la turbine et les bobinoirs. — 6- Maison de maître avec grand jardins anglais. — 7- Constructions diverses, à usage de Magasins à coton, remises, écurie, logement de concierge et dépendances. — 8* Cheminée de 33 m. de hauteur.
- Le tout en très bon état et édifié sur un terrain de un hectare environ de superficie.
- MATÉRIEL INDUSTRIEL
- Deux machines à vapeur Farcot, 65 chevaux nominaux.
- Une turbine Fontaine, 25 chevaux.
- Deux générateurs Farcot, 120 ch.
- Matériel complet et bien entretenu de teinture, séchage et filature.
- 8.400 broches dont 7.600 système Parr-Curtis.
- La plupart des machines de filature sortent des ateliers de constructions A. K. C., de Mulhouse.
- Transmissions, appareils de chauffage à vapeur et d’éclairage au gaz, conduits d'eau.
- Le tout parfaitement entretenu .
- Cet établissement possède un personnel complet et au courant.
- Installation ayant coûté un Million.
- S : 200.000 Francs.
- Grandes facilités de paiement
- S’adresser pour tous renseignements à :
- | 1° M” Henry Tenting, avoué pour-
- j suivant la vente ;
- 2° M. Alexis Chaulet, à Troyes, rue Hennequin. n- 25 ;
- 3° M, Numa Guyottot, à Troyes, boulevard Gambetta n° 12, qui délivreront les permis de visiter ;
- 4' M’- Lamairesse et Pignerol, notaires à Troyes;
- 5- Et au Greffe du tribunal civil de Troyes, où le cahier des charges est déposé.
- PRIME
- DU « MONITEUR DE LA TEINTURE »
- Par suite d’un traité avec une fabrique d’horlogerie de précision, nous pouvons offrir à nos Abonnés une MONTRE à remontoir, très Fort boitier argent contrôlé, décoration riche, double cuvette intérieure également en ar-gent, mouvement en qualité soignée, huit rubis, nouveau spiral régulateur, cadran Louis XVI avec petite aiguille de secon -des. Cette montre garantie deux ans, d’une valeur commerciale de 80 fr., est envoyée f en France contre un mandat-poste de 39 fr., adressé aux bureaux du jour-
- nal, 7, rue Rochechouart, Paris.
- Nous avons à peine besoin de faire remarquer à nos Abonnés que nous n'avons pas hésité à faire un sacrifice pour leur donner le moyen d’obtenir moins cher qu’une montre ancien système une montre se remontant sans clef, supprimant ainsi les causes d’introduction de poussière dans le mouvement, le souci d’avoir une clef de montre que l’on perd souvent et constituant un véritable bijou de famille acquis à moitié de sa valeur.
- On pourra se rendre compte de l’importance de cette prime, dans nos bureaux, 7, rue Rochechouart, où un spécimen de montre est déposé.
- Un certain nombre d’Abonnés ayant manifesté le désir, après avoir vu cette montre d'homme, que nous leur procurions des remontoirs identiques, de même valeur, mais d’un modèle plus petit, pour dames, nous sommes heureux d’an-noncer, que nous pouvons, dès à présent, répondre à toutes les demandes qui nous seront faites en petit modèle.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Janvier 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LE COMMERCE DE LYON.
- EMPLOI DE LA BOURRE DE SOIE
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- LÉGISLATION COMMERCIALE.
- JURISPRUDENCE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- ROUISSAGE DU LIN, DU CHANVRE, ETC. par M. Baur
- Le procédé repose sur le traitement de ces textiles au moyen d’acides étendus. Les matières incrustantes sont des pectates de fer, de chaux, etc., qui se décomposent en sels solubles et en acide pectique ; des lavages, d’abord, alcalins, puis à l’eau pure, enlèvent la gélatine végétale ainsi formée.
- Les tiges fibreuses sont placées dans une cuve doublée de plomb, par dessus est versée une solution aqueuse contenant cinq pour cent du poids du lin en acide sulfurique.
- Ce bain est chauffé jusqu’à 90 degrés centigrades. Lorsque les fibres textiles s’extraient facilement à la main d’une tige prise au hasard dans la masse, on suspend l’opération pour substituer à l’eau acidulée, de l'eau alcalini-sée par de la soude, soit à raison de cinq kilogrammes de soude pour cent kilogrammes de lin. On chauffe le bain alcalin jusqu’à 90 degrés, puis on procède à deux lavages à grande eau et l’on soumet la filasse à un séchage lent.
- M. Baur estime que le rouissage propre
- ment dit, c’est-à-dire la succession des bains (acide et alcalin) et des lavages, peut s’effectuer normalement en un jour.
- APPAREIL A TEINDRE LES TISSUS ÉPAIS par M. Jegler
- Les draps et autres lainages fortement tissés et foulés ne se teignent pas bien sur fond blanc, parce que la matière colorante ne pénètre dans l’étoffe que jusqu’à une certaine profondeur ; il est nécessaire, avec les procédés ordinaires, de teindre le fond du tissu « en laine » suivant la nuance plus ou moins foncée a obtenir définitivement.
- L’appareil construit par M. Jegler pour imprégner et teindre les tissus épais, comprend deux cylindres plus ou moins élastiques qu’il est possible d’amener presqu’au contact et entre lesquels l’étoffe passe a plusieurs reprises, sous une pression variable. La commande, actionnée soit par manivelle, soit par courroie, est munie double manchon d’embrayage qui permet de faire tourner les cylindres alternativement dans les deux sens. De chaque côté des mêmes presseurs, un cylindre enrouleur surmonté d’un rouleau de pression sert, a tour de rôle, a l’enroulement et au déroulement de la pièce. L’appareil tout entier est suspendu au sein du liquide tinctorial et le tissu se. trouvant soumis, lors des passages successifs a une pression convenable, les particules de matière colorante qui se déposent a la surface, pénètrent progressi-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- vement jusqu’au centre. En même temps, ce va-et-vient de l’étoffe dispense de l’emploi de crochets ou outils analogues pour agiter l’étoffe dans la cuve.
- TEINTURE DES FEUTRES ET TISSUS par MM. Mayer et Klinkenberg
- Lesbrévetés font usage d’un tambour creux et perforé, autour duquel les étoffes à teindre sont maintenues enroulées. Ce tambour est suspendu dans la cuve par deux bras métalliques, montés, d’autre part, sur un arbre horizontal. Un disque formant joue mobile, se fixe sur le tambour, à l’arasement qui correspond à la largeur de l’étoffe; intérieurement, un certain nombre d’anneaux métalliques ajourés servent à masquer ou à démasquer partie des perforations; le moyeu est relié avec une pompe rotative par un tuyau coudé, dont le joint se prête aux déplacement du tambour. Grâce aux bras de suspension il est, en effet, possible d’extraire l’appareil, delà cuve de teinture, par un simple mouvement de rotation, puis d’immerger de nouveau l’ensemble, lorsque les feutres ou les tissus teints ont été déroulés et remplacés par des produits écrus.
- La pompe rotative permet d’établir une circulation continue, que le liquide colorant soit aspiré de l’extérieur à l’intérieur du tambour, ou refoulé de dedans en dehors.
- EMBARRAGE APPLICABLE AUX FOULEUSES par M. Leleu
- A la sortie de la « planche de désembrayage »,la pièce à fouler se trouve développée en largeur ; les plis formés pendant le tour précédent sont ainsi contrariés, effacés et les cylindres presseurs agissent sur une surface nouvelle qui, avec la construction ordinaire, c’est-à-dire avec le rouleau de guidage, resterait enveloppée.
- L'embarrage se compose d’un cadre pivotant autour d’une tringle fixe et horizontale. L’axe de cette tringle peut, d’ailleurs, être
- plus ou moins écarté du plan du cadre, de façon à diriger le tissu soit en ligne droite, soit suivant un angle plus ou moins fermé.
- Indépendamment de l’effacement des plis, déjà mentionné, l’embarrage a pour résultats de faciliter l’essorage du tissu, de modifier, à volonté, la tension de la pièce, d’augmenter la production d’un tiers, en raison de la plus grandesurface d’étoffe simultanément présentée aux rouleaux de la machine, enfin de convenir à l’épaillage, en aidant à l’écrasement des parties végétales.
- PROCÉDÉ ET APPAREIL POUR LE BLANCHIMENT DES MATIÈRES TEXTILES VÉGÉTALES
- Par M Mather
- Lorsqu’on a recours aux méthodes ordinaires, les bouillons successifs dans les solutions chaudes, les refroidissements brusques, les lavages à l’eau froide, l’action chimique de la chaux et autres agents, les transferts fréquents d’un réservoir à l’autre, la tension des fils et des tissus, contribuent à altérer la fibre, à en diminuer la résistance et le poids, à augmenter les difficultés d’un nettoyage parfait. Il faut aussi une quantité d’eau telle que dans nombre de localités il est impossible d’entreprendre le blanchiment.
- Pour simplifier le traitement et économiser la main-d’œuvre, M. Mather construit un appareil dont nous allons indiquer les particularités essentielles. Un réservoir ou chambre cylindrique, présentant l’aspect d’une chaudière horizontale, contient tout le système. Cette chambre est ouverte d’un bout seulement ou aux deux extrémités. Les portes, qui forment obturateurs,glissent verticalement dans des guides inclinés de telle sorte qu’en arrivant au bas de la course,les dites portes s’appliquent exactement sur le joint et le rendent étanche sans nécessiter l’intervention de nombreux boutons à serrer et à desserrer, à chaque nouvelle opération.
- La partie inférieure du réservoir est munie de deux rails qui, une fois la porte ouverte,
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- peuvent être, au moyen de pièces de rabattement, continués par des rails extérieurs. Dans le bas de l'appareil également, entre les rails et parallèlement à ceux-ci est placé un tuyau dont le dessus forme bride rabotée et est percé d’une ou de plusieurs ouvertures suivant que la longueur delà chambre permet d’introduire un ou plusieurs chariots. Indépendamment de cette conduite centrale, deux tuyaux de plus petit diamètre et perforés de trous très fins sont posés de chaque côté.
- Le haut de la chaudière est doublé d’une calotte sphérique ou croissant segmentaire ; ce double fond est percé de trous d’arrosoir pour verser les liquides sur les matières fibreuses amenées au-dessous.
- Les chariots sont à claire voie et métalliques ; le treillis intérieur et, d’une façon générale, toutes les parties qui peuvent être mises en contact avec les matières végétales, sont émaillées afin d’éviter les taches de rouille.
- Au centre de chaque chariot est réservé une sorte de boite ou chambre rectangulaire, dont les côtés sont percés de trous et dont le fond est traversé par un tube. Le dernier s’emboîte à la manière d’un télescope dans l’une des ouvertures pratiquées en dessus du tube central déjà mentionné et destiné à l’évacuation des liquides. Un ressort héli-çoidal assure la connexion entre ces diverses pièces.
- Les matières à traiter (fibres en masse, fils ou tissus) sont entassées dans le chariot autour et au-dessus de la boîte perforée. Pour éviter l’excès de la charge des couches supérieures sur les autres, plusieurs tubes, perforés à la périphérie, sont disposés à des hauteurs variables et reposent des deux bouts sur le treillis du chariot.
- La lessive, amenée par le double fond supérieur, emplit graduellement la chaudière, passe de proche en proche à travers la matière, puis dans la boite centrale, d'où, par le tuyau relié à la conduite inférieure, elle est évacuée. Reprise par une pompe rotative ou
- autre, la même lessive peut fournir une circulation continue.
- Ce qui se passe pour la lessive se produit aussi facilement avec un autre liquide. La lessive évacuée, on peut introduire de la vapeur ou un gaz quelconque soit encore par le haut de l’appareil, soit par les petits tuyaux inférieurs situés de chaque côté de la conduite d’évacuation.
- On peut enfin renverser le sens de la circulation, c’est-à-dire utiliser le tuyau d’évacuation pour alimenter l’appareil et recueillir les lessives et autres fluides ayant traversé la masse fibreuse, pour le double fond supérieur. Il suffit de régler la pression intérieure en conséquence.
- LE COMMERCE DE LYON
- Le compte rendu des exportations du district consulaire de Lyon aux Etats-Unis pour le mois de décembre 1886, donne un chiffre de 4,809,936 fr. 20, en augmentation de près de 2 millions sur le chiffre des importations pendant le mois de novembre.
- L’augmentation porte presque exclusivement sur les étoffes de soie.
- Le total de nos exportations pour l’année 1886 a été de 49,000,000 fr. pour les Etats-Unis.
- Il avait été de 42,000,000 fr. en 1885 et de 54 millions en 1884.
- Dans cette variation dans les chiffres, il convient, pour se rendre un compte exact, de tenir compte du plus ou moins de valeur des matières premières importées en France et réexportées manufacturées aux Etats-Unis, telles que : la soie, l’indigo, les lichens à or-seille, etc.
- Il est des chiffres intéressants à étudier dans la comparaison des exportations de ces trois années.
- Ainsi l’exportation des soies ouvrées et organsins, qui s’était élevée à 135,000 fr. en 1884, est tombée à 24,000 en 1885 et 1,900
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- en 1886. Il est évident que l’Amérique s'ap-provisionne ailleurs,ou fabrique elle-même.Ce dernier point est le plus probable.
- L’exportation des tulles, crêpes, gazes, dentelles, suit une marche ascendante de 785,000 fr. en 1884 ; elle monte à 1,500,000 ïr. en 1885, et atteint 2,150,000 fr. en 1886.
- Les préparations tinctoriales, les vins et liqueurs, les instruments de musique, les déchets de bourres de soie ont vu également leur exportation augmenter. Ce dernier article particulièrement est monté de 292,000 fr., en 1884, à 1,358,000 fr. en 1886.
- En ce qui concerne les matières tinctoriales, le carmin d’indigo et l’extrait d’orseille jouent le plus grand rôle. Lyon a su se maintenir au premier rang. On n’expédie d’ailleurs que des produits très concentrés. Ainsi le carmin d’indigo est desséché et vendu sous le nom d’indigotine, comme les couleurs d’aniline, dans des boîtes métalliques. De même pour la Russie, on ne livre que des produits très concentrés. Et cela se comprend à cause du peu de transport.
- Et d’ailleurs, ainsi que je l’ai déjà dit, c’est une aberration de voir expédier à des centaines de kilomètres en France des carmins d’indigo étendus d’eau. De même des extraits d’orseille dédoublés. Et ce qui est encore plus fort, je veux parler de la composition d’indigo, très riche en acide sulfurique, que l'on ajoute après coup, qui vient saturer les bains d’acide sulfurique acheté à grands prix.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- EMPLOI DE LA BOURRE DE SOIE
- Il s’est fait et il se fait encore une très grande consommation de la bourre de soie inférieure, dite blase, ou dessous de cardes pour mêler aux lainages inférieurs à la laine. Cela vaut mienx que l’emploi du coton. On obtient même des effets spéciaux de pointillés et de tigrés en teignant avant le cardage la
- bourre de soie en nuances solides, pouvant résister au foulage et différente de celle de la laine.
- L’emploi des blases, à très bas prix, diminue celui de la laine d’autant. Dans tous les cas, c’est une véritable fraude, mais sans intérêt pour la teinturerie, pour les unis la soie se teignant généralement comme la laine ; il n’y a pas besoin de se préoccuper de l’é— pontillage, comme cela a lieu pour les étoffes mêlées de coton.
- Marius Moyret,
- {Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.)
- Nomenclature des articles divers traités dans le chiffon, soit à teindre, soit à nettoyer
- Pardessus, manteau, mac-farlane, paletot, jaquette,redingote, habit, pantalon de ville et de cheval, culotte de peau et autres, gilet, guêtres, vareuse, blouse, béret, bonnet, calotte, bas, chaussettes,gilet de tricot, de chasse, bas élastique pour varices, gilet de peau de tireurs d’armes, cachenez, cravate, foulard, gants, vêtement de pêcheurs, de chasse, de militaire, de cocher, etc., etc., pèlerine de caoutchouc, manteau gutta-pecha, etc.
- Chemise de flanelle, chemise de soie et autres, fanchon, capuchon,jupon de soie garni, mantelet, tablier, écharpe, couverture de voyage et autres, rotonde, manteau,casaque, caraco, corsage, corset, bachelick, bottines et souliers d’étoffe quelconque, drap, laine ou soie, parapluie, ombrelle, brassart. Toutes les fourrures, depuis le vulgaire lapin lustré jusqu’à la plus belle martre zibeline, parure, col, chapeau, etc., etc.
- Robe de chambre, peignoir, jupe, tunique, corsage,jersey, waterprooff, châle long,châle carré, crêpe de Chine et d’ailleurs, fichu, pointe, douillette, mitaine, pelisse, capeline, ceinture,ruban, effilés, glands, appliques brodés, bourse, etc., etc.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Les articles blancs de flanelle, tels que : gilet de flanelle, chemise de flanelle, caleçon en flanelle ou en tricot, pantalon, jupon, ceinture, bas de laine ou de soie, chaussettes de laine ou de soie, culotte, couche, lange, brassière, plastron, couverture de laine et bourre de soie, chaussons, mitaines, gants, etc. Tous ces articles sont traités par l’acide sulfureux gazeux : c’est le procédé hygiénique ; ils sortent de la chambre à soufrer absolument comme s’ils étaient neufs, comme blancheur et exempts de toutes impuretés ou miasmes quelconques; les microbes peuvent s’y frotter, ils n’en reviendront pas.
- Par le même procédé, on nettoie les peaux blanches de mouton et de chèvre ; on les teint aussi de toutes couleurs ; celles de couleurs se reteignent de leurs mêmes couleurs ; il ne faut pas se charger de transformer leurs nuances à moins que ce soit pour les teindre plus foncé qu’elles n’étaient primitivement.
- Certains vêtements dont la doublure est en caoutchouc et le dessus en laine et coton peuvent se nettoyer et même se teindre en noir quand ils sont noirs, eu loutre quand ils sont loutre.
- Soie à moirer :
- La moire réussit bien lorsque l’étoffe de soie est épaisse, telle que la faille, le gros grain, le taffetas, etc. Les étoffes déjà moirées peuvent se remoirer à nouveau. Le satin ne se moire pas. Il y a deux sortes de moire : la moire française, dite moire à colonne, et la moire antique à grands dessins.
- Dans le moirage des soies, il se produit une moire qui n’est ni française ni antique et qui ressemble à toutes les deux, c’est ce qu’on appelle en chiffon la moire ordinaire.
- Certains tissus de laine, qui servent à faire les jupons et les bas de jupons peuvent se recevoir à moirer et à remoirer sans difficulté.
- Ganterie de peau :
- Tous les gants de peau peuvent se nettoyer, soit en chevreau, en daim, en suède, etc.; ils se font d'autant mieux qu’ils sont
- moins abîmés ; il faut se rappeler que l’eau abîme le gant de peau et que la transpiration qui détruit la couleur du bout des doigts ne revient jamais après le nettoyage ; le gant ainsi souillé est alors bon à recevoir à teindre noir.
- Tous les gants se teignent en noir; moins ils sont usés, plus ils sont beaux et souples ; ils ne raccourcissent pas et l’intérieur reste blanc après la teinture; ils ne peuvent se teindre en une autre couleur.
- Les souliers de peau ou en satin se reteignent très bien en noir; de même que pour les gants, l’intérieur reste blanc.
- Les impressions se font encore quelque peu pour utiliser les vieilles jupes et robes ; si la mode en est passée, c’est la faute aux tissus bon marché que l’étranger nous a envoyés.
- On a reconnu qu’il était inutile de faire teindre et imprimer une robe,alors que le prix en était aussi élevé que d’en acheter une neuve ; nous espérons que le siècle de la camelote est passé et que les teinturiers et imprimeurs feront du solide et du bon.
- Reste le velours gaufré ou frappé que ne faisaient pas les anciens teinturiers; aujourd’hui, sur un article de velours, d’ameublement ou de vêtement reteint, soit en noir, soit en couleur, on livre des articles parfaitement faits ; les machines qui font les dessins sont du reste les mêmes qui servent dans le neuf.
- Le teinturier-dégraisseur se charge aussi de l’apprêt à neuf du crêpe anglais. Nous dirons à la suite comment il s’apprête ainsi que tout ce qui concerne les articles dont nous avons donné la nomenclature.
- Tous ces articles feront l’objet d’une étude spéciale et particulière e( traitée selon ce qu’ils sont : leur qualité, leur tissu et le soin qu’il y a à apporter à leur traitement.
- Connaissant les tissus et la manière de recevoir le travail, il n’y a qu’à posséder une usine pour exécuter tous ces divers genres de travaux et mener à bonne fin leur bonne et prompte exécution.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Installation d’une usine de teinturier-dégraissenr.
- Une usine de teinturier-dégraisseur doit être vaste, claire, aérée ; le sol doit être cimenté avec une légère pente pour l’écoulement des gargouilles ad hoe. Nous décrirons une usine comme il en existe à Paris pour faire un chiffre d’affaires de trois à quatre cent mille francs.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Chair. — 10 kilos laine peignée ordinaire.
- 0 k. 003 gr. Orangé n‘ 2.
- 0 k. 006 gr. Ponceau R.
- 5 0[0 Acide sulfurique 66* •
- Chauffer graduellement et avoir soin de changer au moins quatre fois les fils de place afin d'éviter les marques blanches.
- Saumon. — 25 kilos fils cardés.
- Former deux fois le bain en le mettant dans le ton.
- Entrée. 3 0(0 Cochenille zaccatille moulue.
- 4 k. Composition d’écarlate.
- Tenir une heure et demie en faisant bouillir une heure.
- Citron. — 5 kil. fils cardés.
- Bouillir en blanc avec 1 kil. 500 tartre blanc.
- Tenir une heure, sortir, vider 1[3 du bain.
- Rentrer avec 1 kil. 500 gr. composition d’écarlate.
- 1 k. 500 gr. Extrait laque fustel
- 0 k. 025 gr. Cochenille zaccatille moulue.
- Tenir une demi-heure, sortir et faire laver.
- Vieil or. — 7 kil. fils cardés.
- Bouillon. 2 0[0 bichromate de potasse sur bain frais.
- Entrée. 0 k. 350 g. Extrait de Cuba.
- I cuillerée à café. Extrait de Sainte-
- Marthe.
- Noisette. - 13 kil. fils cardés.
- . Bouillon, 2 0[0 bichromate de potasse.
- A bain frais.
- Entrée. 1 k. Extrait de Cuba.
- 1 cuillerée à bouche. Extrait de Sainte-Marthe.
- 2 cuillerées à bouche. Extrait de Sainte-Marthe.
- Gris fer. — 5 kil. fils cardés.
- Bouillon, 2 0(0 bichromate de potasse.
- A bain frais.
- Entrée. 2 cuillerées à bouche. Extrait de Cuba 300.
- 1 cuillerée à bouche. Extrait de campê-che.
- Rejet. I cuillerée à bouche. Extrait de cam-pêche.
- 1 cuillerée à bouche. Extrait de Sainte-Marthe.
- Marron. — 20 kd. laine peignée fine.
- Bouillon, 2 0[0 bichromate de potasse.
- Rabat sur bain de gris-fer.
- Entrée. 2 k. 800 g. Extrait de Cuba.
- 1 k. 600 g. Extrait de Sainte-Marthe.
- 0 k. 025 g. Extrait de Campêche.
- Rejet. 1 k. 400 g. Extrait de Cuba.
- 1 k. 600 g. Extrait de Sainte-Marthe.
- 0 k. 025 g. Extrait de Campêche.
- i ____
- Noisette. — 1 kil. fils cardés.
- Bouillon, 2 0[0 bichromate de potasse.
- A bain frais.
- Entrée. 1 cuillerée à café. Extrait de Cuba.
- 1 cuillerée à café. Extrait de Sainte-Marthe.
- 1[4 cuillerée à café. Extrait de Campêche.
- Magenta, — 15 kil. fils cardés.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- 2 0(0 Fuchsine A S.
- 5 0[0 Acide sulfurique 66.
- Rouge. — 17 kil. laine peignée fine.
- 2 0[0 Ponceau RRR.
- 1(2 0(0 Fuchsine AS.
- 5 010 Acide sulfurique 66°.
- Avoir soin de faire changer les fils.
- Bronze. — 6 kil- fils cardés.
- Bouillon, 2 0[0 bichromate de potasse.
- A bain frais.
- Entrée. 0 k. 300 g. Extrait de Campéche.
- 0 k. 100 g. Extrait de Cuba.
- Rejet. 0 k. 600 g. Extrait de Campéche.
- 0 k. 200 g. Extrait de Cuba.
- Bois. — 10 kil. fils cardés.
- Bouillon, 2 0[0 bichromate de potasse.
- A bain frais.
- Entrée. 2 k. Extrait de Cuba.
- 0 k. 150 g. Extrait de Sainte-Marthe.
- Reiet. 2 k, Extrait de Cuba.
- 0 k. 150 g. Extrait de Sainte-Marthe.
- Paille. — 10 kil. fils cardés.
- Bouillon, 2 0(0 bichromate de potasse.
- A bain frais.
- Passer 2 passes sur le bain pour enlever la crudité de l’eau. Puis entrer le paille avec 0 k. 005 g. Extrait de Cuba.
- Rejet. 0 k. 003 g. Extrait de Cuba.
- Bronze. — 10 k. fils cardés.
- Bouillon 2 0[0 bichromate de potasse. Rabat sur le bsin n° 102.
- Entrée. 1 k. 400 g. Extrait de Cuba.
- 0 k. 050 g. Extrait de Campéche. Rejet. 0 k. 700 g. Extrait de Cuba.
- 0 k. 025 g. Extrait de Campéche.
- 0 k. 050 g. Extrait de Sainte-Marthe.
- Bleu de cuve remonté. — 20 kil. laine pei-guée demi fine.
- Fond de bleu de cuve. Remonter à bain frais.
- Entrée. 1 k. Tartre rouge.
- 1 k. Alun.
- 2 k. Extrait de Campéche.
- 3 k. Extrait d’orseille.
- Rejet. 0 k. 500 g. Extrait de Campéche.
- 1 k. Extrait d’orseille.
- 0 k. 100 g Sulfate de fer.
- 0 k. 200 g. Sulfate de cuivre.
- 0 k. 300 g. Extrait de Cuba.
- Gris perle. — 20 kil. laine peignée fine.
- Former déux fois le bain en le mettant dans le ton.
- Entrée 100[0 Crème de tartre.
- 10 0[0 Alun.
- 0 k. 100 g. Carmin d’indigo préparé.
- • 0 k. 050 g. Rosolane préparée.
- Rejet. 0 k. 100 g. Carmin d’indigo préparé.
- 0 k. 120 g. Rosolane préparée.
- Gris Perle. — 15 kil. laine peignée demi fine.
- Sur le bain précédent.
- Entrée. 10 0[0 Crème de tartre.
- 10 0.0 Alun.
- 0 k. 100 g. Carmin d’indigo préparé.
- 0 k. 150 g. Rosolane préparée.
- Rejet. 0 k. 100 g. Carmin d'indigo préparé.
- 0 k. 200 g. Rosolane préparée.
- Rejet. 0 k. 010 g. Carmin d’indigo préparé.
- Ok. 050 g. Rosolane préparée.
- Gris Perle. —20 kil. laine peignée fine.
- Sur le bain précédent.
- Entrée. 1000 Crème de tartre.
- 10 0[0 Alun.
- 0 k. 100 g. Carmin d’indigo préparé.
- 0 k. 200 g. Rosolane préparée.
- Rejet. 0 k. 150 g. Carmin d’indigo préparé.
- 0 k. 200 g. Rosolane préparée.
- Gris. — 18 kil. laine peignée fine.
- Sur le bain précédent.
- Entrée. 10 0[0 Crème de tartre.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 10 0[0 Alun.
- 0 k. 300 g. Carmin d’indig préparé.
- 0 k. 200 g. Rosolane préparée.
- 0 k. 050 g. Cochenille ammoniacale préparée.
- Retet. 0 k. 200 g. Carmin d’indiga. *
- 0 k. 200 g. Rosaline préparée.
- 0 k. 100 g. Cochenille ammoniacale préparée.
- Bleu ciel. — 15 kil. laine peignée fine.
- Former deux fois le bain en le mettant dans le ton.
- Entrée. 10 00 Crème de tartre.
- 10 010 Sulfate d’alumine.
- 0 k. 500 g. Carmin d’indigo préparé.
- Rejet. 0 k. 500 g. Carmin d’indigo préparé.
- 0 k. 020 g. Rosaline préparée.
- LEGISLATION COMMERCIALE ETRANGERE
- Italie.
- Distinction des cordons de passementerie (cordoncini), avec les cordonnets (cordonetti) et les filés.
- En vertu d’une délibération de la commission des experts n. 878 de l'année 1880, les cordons de passementerie (cordoncini) sont composés de fils tordus d’abord séparément dans un sens, et après avoir été réunis, sont retordus en sens contraire à la première torsion.
- Une délibération postérieure n. 3,184, année 1883, établit une limite de .grosseur au-dessous de laquelle les cordonnets, quelle que soit d’ailleurs leur structure, seront considérés comme simples fils retors ; elle fixe cette limite à un demi-millimètre.
- Ayant toutefois constaté que les définitions ci-dessus n’arrivaient pas à prévenir les contestations et présentaient quelques difficultés dans la pratique, le ministre a voulu établir la différence entre les cordons de passementerie (cordoncini) et- les filés, en se basant seulement sur la main-d’œuvre intrinsèque
- et, après des études suivies, est arrivé à formuler cette différence comme suit :
- Seront considérés comme cordons de passementerie (cordoncini), et par suite, en vertu des dispositions du répertoire du tarif, portés dans la classe de la passementerie, sans tenir compte de leur grosseur, les ouvrages faits avec deux fils ou plus tordus d’abord séparément, puis une fois réunis, retordus en sens contraire de la première torsion, dans lesquels chaque fil tordu est composé d’au moins trois bouts ou fils élémentaires.
- Les cordonnets (cordonetti), c’est-à-dire les articles ouvrés exactement comme les cordons de passementerie (cordoncini), mais dans lesquels chaque fil tordu n’est formé que de deux bouts ou fils élémentaires, seront considérés comme filés, leur valeur et leur usage les rapprochant bien plus desdits filés.
- {Bulletin officiel des douanes de
- Rome. n. 39.)
- Le tableau ci-dessous, emprunté au « Bulletin officiel des douanes », n. 41, reproduit les décisions de la commission des experts au sujet des marchandises qui avaient provoqué des contestations en douane.
- Tissus clairs (graticolati) et ouvrés mélangés de laine et coton, le coton prédominant, acquittent le droit de 300 fr. par 100 kil.
- Châles noirs, grossièrement brodés en coton et laine, le coton prédominant, acquittent le droit de 400 fr par 100 kil.
- Velours fabriqués en majeure partie avec . de la bourre de soie, acquittent le droit de G fr. 50 par kil.
- Tissus autres qu’ordinaires en déchets de soie et produits similaires de la soie, mélangés de coton et d’or ou d’argent fin ou faux en proportion quelconque, acquittent le droit de 15 fr. par kil.
- État s-Unis.
- Circulaires interprétatives de la Trésorerie de septembre et octobre 1886 :
- 7682. Les bandes de coton pour courroies de transmission, même avec deux fils métal-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 17
- liques tissés de chaque côté de la lisière, ac- | quittent le droit de 35 0[0 à la valeur.
- 7700. Les mouchoirs ourlés en soie et coton, acquittent le droit de 40 0(0 à la valeur, quand le coton est l’élément de principale valeur.
- 7713. Les dentelles fil et coton dans lesquelle coton prédomine, acquittent le droit de 40 0(0 à la valeur.
- 7719. Les bonnets de coton en mousseline nansouck, très légèrement brodés, acquittent le droit de 35 0(0 à la valeur.
- 7724. Les lacets de soie pour chapeaux d’homme acquittent le droit de 20 0(0 à la valeur.
- 7756. La bonneterie laine et coton dite sa-xoline, acquitte un double droit de 4 fr. par kilog. et 40 p. 0(0 à la valeur. Dans l’espèce, il s’agit de bas avec semelle en laine de mérinos.
- JURISPRUDENCE
- COUR D’APPEL DE TOULOUSE CESSION DE BREVET, NULLITÉ POUR DÉFAUT DE NOUVEAUTÉ.
- Le défaut de nouveauté d’un brevet entraîne la nullité de sa cession, car celle-ci n’a plus d objet. Il n’y a pas lieu de rechercher si l’absence de nouveauté est un vice apparent ou caché. Ce qu’il y a d’aléatoire dans la cession d’un brevet, c’est le rendement plus ou moins grand de l’invention, mais non l’existence, même du brevet, qui constitue une des clauses essentielles du contrat.
- Pendant la durée de l’expertise ordonnée pour savoir si l’invention est réellement nouvelle, l’exécution des autres clauses de la cession est suspendue, et particulièrement, les payements stipulés.
- Lorsque le cessionnaire s’est réservé le droit de résilier le contrat jusqu’à une époque fixée, il peut, au lieu d’exercer ce droit, demander l’annulation pure et simple des contrats pour défaut d’objet ou de cause. Dans ce cas, il a le droit de faire poursuivre le rem
- boursement des dépenses faites par lui pour vérifier la valeur industrielle d’un brevet dont le cédant lui avait garanti l’existence, mais il ne saurait réclamer de dommages-intérêts pour les bénéfices futurs que l’exploitation aurait pu lui procurer.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Paris. -- Bottiaux (Edmond), nettoyeur à sec, Billancourt. — S. : M. Bonneau. — 12 fr. 8.
- Romans. — Penet (Célestin-Louis et Gustave), fab. de soieries, associés, à St-Jean-en Royans. — Jug. du 3 décembre. — S. : M Barlatler aîné.
- CLOTURES DE FAILLITES
- Paris. -- Hennequin (Mlle), teinturière, rue de Provence, 16. —Jug. du 27 décembre.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Le Mans. — Formation de la Société en commandite Janvier père et fils et Cie, filature , tissage mécanique et blanchisserie , suite de la Société Le Comte-Bary, Janvier et Cie. — Durée . 4 ans et 7 mois. —• Cap. : 1,000,000 fr. dont 500,000 fr. en commandite. __Acte du 7 décembre.
- Chalon. — Formation de la Société en nom collectif Broallier et Cie, fab. de tissus imperméables, àSennecey-le-Grand.— Durée , 10 ans. — Cap. : 20,000. -- Acte du 21 novembre.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Guillardet, Moinet et Cie, articles de teinture et produits chimiques , rue du Chaume, 5. — Durée : 6 ans, du 1er janvier 1887. — Cap. : 400,000 fr. — A partir du 1er janvier 1889, la raison sociale sera Moinet, Mouchet, Poirson et Cie. — Acte du 9 novembre. — A. P.
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- 18 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lille. — Prorogation au 1er octobre 1896, de la Société en nom collectif Van Gheluwe frères, déchets de lins et d’étoupes, et transfert du siège social à Thumesnil, commune de Fâches. — Cap. : 32,000 fr.— Acte du 29 novembre.
- Lyon.— Prorogation au 31 décembre 1891, de la Société Roux et Santoux, fab. de foulards unis imprimés et façonnés, place Tolo-zan, 19. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 27 novembre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 8 décembre, de la Société J. Paillard et A. Carpentier, produits chimiques et matières tinctoriales , rue Saint-Merri , 13. — Liquid. : M. Carpentier.— Acte du même jour.— G. P. Lyon.—Dissolution, à partir du 10 nov. 86, de la Société L. Pignaud et Marceau, teinture de tissus, à Villeurbanne. — Liquid.: M. Pignaud, qui reste propriétaire du fonds.—Acte du 25 nov.
- Nîmes.—Dissolution, à partir du 1er nov. 86, de la Société Robert père et fils, teintur. —Liquid.: M. Robert fils.—Acte du 11 nov.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Moussier a vendu à M. Laforge, rue de Lancry, 27, de suite, un fonds de teinturerie en soie, faub. St-Martin, 48.
- M. Hudin a vendu à M. Chibert, rue Claude-Decaen, 80, 15 janvier, un fonds de teinturerie, boul. Hôtel-de-Ville, 46, Montreuil.
- Mme Baudenne a vendu à M. X..., rue St-Didier, 11, chez M. Tupinier, de suite, un fonds de teinturerie, rue Marheu, 21.
- Mme Vve Jeanne a vendu à M. Ligeron, rue Fessart, 26, Boulogne, chez M. Geoffroy, 12 décembre, un fonds de teinturerie, rue La-rochefoucauld, 41, Boulogne.
- M. Valleste a vendu à Mme Vve Gildois, avenue Clos, 37, Varenne-St-Hilaire, chez M.
- Moreau, de suite, un fonds de teinturerie sans adresse).
- Mlle Bellaire a vendu à M. X.. , rue Commandant-Rivière. 3, chez M. Hanssens, 10 décembre, un fonds de teinturerie, rue Taylor, 9.
- Mme Lelièvre a vendu à M. X..., rue St-Honoré, 108, chez M. Antoine, Ap. 10 jours, un fonds de teinturerie, rue d’Argenteuil, 2.
- Mme Vve Lorthioir a vendu à M. Crusse-rey, rue Rambuteau, 77, chez M. Langret, 15 décembre, un fonds de teinturerie, rue N.-D.-de-Nazareth, 10.
- M. Genin a vendu à M. X .., faub. Saint-Martin, 134, chez M. Guesdon, 12 décembre, un fonds de teinturerie, rue Miromesnil, 38.
- M. Conort a vendu à Mlle Barthez, rue Grenéta, 60, chez M. Gavard, huissier, 20 décembre, un fonds de teinturerie, boul. Voltaire, 63.
- M. Lemaire a vendu à M. Uherek, boul. Arago, 8, 1er janvier, un fonds de teinture, rue du Liégat, 98, Ivry.
- Mme Echard a vendu à Mme Vve Flamant, rue Latérale, 13, 1er janvier, un fonds de teinturerie, rue Tiphaine, 10.
- M. Pitois a vendu à M. X..., passage Saul-nier, 8, chez-M. Assollant, 15 janvier, un fonds de teinturerie, rue Taitbout, 48.
- Mme Vve Bouvier a vendu à M. Levert, rue Cadet, 18, chez MM. Régnault et Cie, 10 janvier, un fonds de teinturerie, rue Nollet, 4.
- M. Gabaud a vendu a M. X..., rue du Château-d’Eau, 26, chez MM. Paris aîné et Cie, 3 janvier, un fonds de teinturerie, rue Bré-guet, 7.
- M. Guinot a vendu à M. Antier, boul. Ma-lesherbes, 50,10 décembre, un fonds de teinturerie, boul. Malesherbes, 50.
- Mlle Marie Blanc a vendu à Mlle Gabrielle Blanc, rue Legendre, 93, de suite, un fonds de teinturerie, rue Legendre, 93.
- M. Lefèvre a vendu à M. Ottoz, rue de Tocqueville, 8, 15 octobre, un fonds de teinturerie, rue de la Michodière, 9.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- LE TRAVAIL COOPÉRATIF
- AUX ÉTATS-UNIS
- Après avoir constaté, dans ses communications antérieures à la Société des ingénieurs civils, la puissance du mouvement coopératif en Europe, sous les formes multiples des as- r sociations de consommation et des associations de production, de la participation des employés aux bénéfices,des banques populaires, M. Edouard Simon a recherché dans quelle mesure les Etats-Unis d’Amérique ont mis à profit les essais tentés sur l'ancien continent. Il semble, en effet, que pour tous les pays, les desiderata de la fabrication, les imperfections des outillages mécaniques ne sont pas de nature à préoccuper au même degré que le défaut d’équilibre entre le coût de la main-d’œuvre et le prix des objets fabriqués, entre la rémunération du travail quel qu’il soit et les charges de chacun.
- M. Simon a divisé son travail en trois sections, selon que les coopérateurs participent aux bénéfices à l’exclusion de tout salaire, ainsi que cela se passe pour les marins de la grande et de la petite pêche ; suivant, au contraire, que la participation est une prime, tantôt également accordée à tous les employés au prorata des paies individuelles, tantôt réservée à certaines catégories de travailleurs et dans des proportions variables , soit enfin que les bénéfices constituent des dit videndes pour les coopérateurs associés.
- M. Simon s’est appuyé sur des documents officiels récemment publiés par le Bureau du travail du Massachusets et a montré, à l’aide de nombreux exemples, les difficultés rencontrées par les associations américaines au milieu d’une population ouvrière composée, en majeure partie, d’éléments hétérogènes, le rôle utile de la participation (aux Etats-Unis comme en Europe) pour commencer l’éducation économique des employés, pour faciliter l’accord entre le capital et le travail.
- Dans la pensée d’être agréables à nos lec teurs, nous nous sommes assuré, comme pour les communications précédentes du même ingénieur sur ce sujet très actuel, un tirage à part de l’important mémoire que nous signalons.
- , Dès à présent, nous sommes en mesure d’adresser cette brochure, franco, contre remise de 1 fr. 50 c. en timbre-poste, par chaque exemplaire.
- BIBLIOGRAPHIE
- LES LOIS FRANÇAISES EXPLIQUÉES par P. MIRODE, avocat(1 vol. gr. in-18 de 900 p.) Prix : 13fr. {franco}.
- Voici un ouvrage que nous ne saurions trop
- recommander à nos lecteurs. L’auteur, très familier avec toutes les questions juridiques, a eu l’ingénieuse idée de condenser et d’expliquer en un volume d’environ 900 pages toute notre législation civile, pénale, commerciale, industrielle, rurale, financière, militaire, municipale, administrative.
- La division adoptée dans ce travail, suivant un plan d’une grande originalité, est la suivante : « Vie civile, vie judiciaire, vie publique, vie religieuse, vie militaire, vio commerciale, vie industrielle, vie financière, vie agricole, vie libérale. » Nous trouvons, par exemple, dans la vie militaire, la loi sur le recrutement ; dans la vie publique, les diverses lois électorales, l’organisation des corps administratifs, etc.; dans la vie industrielle, les lois concernant les brevets d’invention, les marques de fabrique, les syndicats professionnels, etc., etc.
- Les explications fournies sur chacune de ces matières sont non seulement précises, mais encore faciles à comprendre pour les personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de se livrer à l’étude du droit.
- On réclamait depuis longtemps un livre bien clair sur la législation de notre pays et permettant à chacun de connaîtré exactement ses droits, ses devoirs et ses intérêts. Les « Lois françaises expliquées », que vient de publier M. P. Mirode sont certainement l’ouvrage utile si longtemps attendu.
- Adresser les demandes, accompagnées d’un mandat-poste, au bureau du Journal.
- MANUEL du TEINTURIER DÉGRAISSEUR
- PAR c. BATIFOIS
- 2* édition, revue, corrigée, augmentée d’un appendice contenant de nombreux renseignements, et ornée de 54 gravures sur bois.
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- Adresser les demandes au bureau du journal.
- GUIDE DU TEINTURIER
- Manuel complet des connaissances chimiques indispensables à la pratique de la teinture
- Par Frédéric Fol, chimiste.
- Un volume avec 91 figures dans le texte, franco, 8 fr. 60.
- En publiant cet ouvrage, l’auteur s’est proposé de répandredans la population ouvrière qui s’oc cupe des travaux de teinture, les connaissance nécessaires des sciences sur lesquelles est basée cette industrie.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Etude de Me Henry TENTING, avoué de première instance, à Troyes, rue Paillot de Montabert, n 12.
- VENTE
- parsuite de la faillite de M. Thévenot, et sur Baisse de Mise à prix,
- le Vendredi 4 février 1887, à midi précis, au Palais de Justice, à Troyes,
- D’UN GRAND ÉTABLISSEMENT DE
- Filature et Teinture
- DE COTON
- en activité et situé à Troyes (Aube), chaussée des Blanchisseurs, n* 5, sur un bras de la rivière de Seine, consistant en •
- lUWsstwnÆ industriel
- 1- Vaste bâtiment contenant : la Garderie et les métiers à filer; 2: Bâtiment contigu contenant : les générateurs, moteurs, forge, menuiserie, teinturerie et batteurs; 3* Magnifique séchoir, entièrement construit enfer et pierre; 4 Construction servant de bureau, emballoir avec tour, pour réservoir à eau et aseenseur ; 5 Bâtiment contenant la turbine et les bobinoirs; 6: Maison de maitre avec grand jardin anglais; 7’ Constructions diverses à l’usage des magasins à coton, remises, écuries, logement de concierge et dépendances ; 8 Cheminée de 33 mètres de hauteur.
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- Matériel industriel
- Deux machines à vapeur Farcot, 65 chevaux nominaux. — Une turbine Fontaine, 25 chevaux. — Deux générateurs Farcot, 120 chevaux. — Matériel complet et bien entretenu de teinture, séchage et filature. — 8,400 broches dont 7,600 système Parr-Curtis.
- La plupart des machines de filature sortent des ateliers de construction A K. C. de Mulhouse.
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- S’adr. pour les renseignements à :
- 1- Me Henry Tenting, avoué poursuivant la vente ;
- 2* M. Alexis Chaulet, à Troyes, rne Hennequin, n- 25, syndic de ladite faillite ;
- 3' M. Numa Guyottot, à Troyes, boulevard Gambetta n- 12, syndic id. (qui délivreront les permis de visiter) .
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N 3. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Février 4887
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- RÉGÉNÉRATION DES SAVONS.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- AFFAIRE GRAWITZ.
- LA GALLOFLAVINE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- DÉGRAISSAGE ET LAVAGE DE LA LAINE par M. Dicktus.
- Les perfectionnements apportés par M. Dicktus aux machines à dégraisser et à laver la laine sont les suivants :
- 1. Les « tabliers sans fin » disposés en avant et en arrière des cylindres essoreurs ne sont plus tendus sur deux rouleaux parallèles. Un seul rouleau, du côté le plus éloigné des cylindres, produit l’entraînement ; au bout opposé, une barre métallique, polie ou émaillée, arrondie sur les bords pour faciliter le glissement du tablier, permet de réduire au minimum la distance entre ce tablier et le cylindre inférieur. Le bréveté évite ainsi la chute des flocons de laine qui, avec la construction habituelle, se trouvent entraînés par l’eau d'es-sorage.
- 2. Entre les roues ou fourches qui transportent la matière à dégraisser et à laver, sont interposés un ou plusieurs trains de deux ou trois rouleaux comprimeurs, immergés dans le liquide. Les rouleaux inférieurs, lissés ou cannelés, sont faits d’une substance dure (bois, métal) et recouverts d’une garni
- ture élastique pour augmenter l’adhérence. Les rouleaux supérieurs, qui pressent sur les précédents, sont établis en tôle perforée, ou bien formés de barrettes rondes ou prismatiques, de manière à être facilement traversés par le liquide. Les parties terreuses et chra-gées de suint telles que les bouts de mèches ne peuvent échapper à l’action de ce laminage, qui complète l'épuration.
- 3. Les tabliers sans fin sont, d’ordinaire, composés de lattes en bois fixées sur des cuirs ou de barrettes métalliques montées sur des chaînes également en métal. Dans les deux cas, l’entretien est assez coûteux, soit que les lattes doivent être remplacées, soit que les barrettes prennent du jeu, parce que la laine s’accumule dans les vides des tabliers. M. Dicktus fait usage de toiles métalliques analogues à celles employées dans les machines à fabriquer le papier.
- MACHINE A TEINDRE LFS MATTEAUX par la « Teinturerie Stéphanoise ».
- Le long et en dessus de la « barque » chemine tantôt de droite à gauche, tantôt de gauche à droite un chariot qui, durant ce va-et-vient, imprime à une « étoile » un double mouvement de translation et de rotation sur elle-même. L’étoile prend successivement les porte matteaux (décrits dans un brevet antérieur délivré au même établissement) ou s’empare des matteaux directement. Quoiqu’il en
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- soit,les écheveaux se trouvent ainsi soulevés, tendus et ramenés sur la barque, après un tour complet, à cinquante centimètres du point de départ.
- La commande du chariot est obtenue par l’intermédiaire d’une chaîne Galle, à laquelle le moteur transmet une vitesse uniforme. A chaque fin de course, un buttoir détermine, par un jeu de leviers, le renversement de la marche et le va-et-vient se continue jusqu’à ce que l’ouvrier désembraye la machine. Cette course alternative et le « lisage » ou « lise » constituent précisément l’imitation du travail manuel.
- La Teinturerie Stéphanoise réalise ainsi automatiquement avec une seule personne (homme, femme ou enfant) les opérations qui nécessitaient le concours de six ouvriers.
- FILATURE DES DÉCHETS DE COTON par M. Meili.
- MORDANT POUR TEINTURE EN NOIR D’ANILINE par MM. Verlinden frères et Cie.
- Ce mordant, plus énergique que les mordants en usage, est constitué par un résidu industriel aujourd’hui sans emploi ; nous voulons parler de l’acide qui, au cours de la fabrication des huiles oxydées, lors du lavage de l’huile, c’est-à-dire lors de la séparation de l’huile d’avec l’acide, existe en solution dans l’eau avec l’acide sulfurique en excès et le sel marin.
- Si, à titre d’exemple, on veut traiter à chaud 25 kilogrammes de coton, il convient
- de prendre : Eau............................ Mordant sulfoglycérique .... Bichromate de potasse ou de soude..........................
- Nitrosulfochlorhydrate de fer ou potasse de fer............
- 350 litres.
- 45
- 2
- 1
- »
- k. 500.
- litre.
- Ce mordançage est suivi d’un lavage à l’eau courante, puis d’un bain d’eau de savon bouillant (1 kilogr. savon noir).
- Le traitement ci-dessus conserve au coton une grande souplesse.
- M. Meili s’est proposé le traitement de ces déchets sans avoir recours aux appareils dits repasseurs. La méthode est indiquée comme suit. Après mélange, les déchets sont passés une fois sur un « loup « double Crighton, ou deux fois sur un loup simple, pour obtenir une épurtion satisfaisante, Le coton est transmis ensuite, au moyen de l’appareil alimentaire du système Lord, au premier « batteur-éplucheur », dont le cylindre travailleur est est muni d’un frottoir. Il existe un conduit au-dessous du châssis-grille, comme dans l’express-carde Risler, et l’embouchure du canal est réglée à l’aide d’un glissoir à plusieurs divisions, afin d’uniformiser la bobine sur la largeur. De plus, ces bobines sont accouplées derrière le deuxième batteur dont l’entrée présente la même largeur que l’ap-pareil à préparer le filé doux. Le cylindre travailleur est ici pourvu de bandes sectionnel-les, attendu que le second battage remplace le premier cardage. L'opération est réglée comme dans le batteur précèdent. Chaque couple de roulement fournit donc des bobines séparées, que l’on groupe par trois sur une machine à réunir. La dernière forme avec les trois couches superposés une bobine aussi épurée et aussi régulière que si elle avait été obtenue sur la repasseuse. La méthode ancienne et la méthode revendiquée par M, Meili sont résumées dans le tableau comparatif ci-dessous :
- Traitement ancien.
- 1
- 2
- 2
- 36
- 2
- 34
- 4
- appareil mélangeur ( loups Crighton batteurs éplucheurs repasseuses retordoirs Derby repasseuses pour fil
- doux
- appareils aiguiseurs
- exige..
- »
- »
- »
- »
- Total...
- 1
- 3
- 4
- 17
- 9
- 17
- 4
- 48
- ouvrier.
- »
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- ouvriers
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- to S
- Traitement nouveau.
- 2 loups Crighton exigent..
- 4 batteurs éplucheurs » ..
- 1 retordoir »
- 34 repasseuses pour fil doux »
- 2 appareils aiguiseurs » ..
- 3 ouvriers.
- 6 »
- 2 »
- 19 »
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- Total... 32 ouvriers.
- D’où une économie de 16 personnes.
- APPLICATION DU VAPORISAGE A LA TEINTURE EN NOIR DES FILS ET TISSUS-par MM. Sauvé et Debray.
- Jusqu’à ce jour, le vaporisage n’a été utilisé que pour la fixation des couleurs d’impression sur tissus MM. Sauvé et Debray revendiquent l’application du vaporisage à la teinture en noir sur écheveaux ou sur pièces. L’économie serait de 60 0[0, l’apprêt à la vapeur ayant pour résultat de faire « monter » la nuance pour une même quantité de matière colorante dans la proportion ci-dessus.
- RÉGÉNÉRATION DES SAVONS
- DES VIEUX BAINS DE TEINTURE.
- Par ce temps de concurrence, où il faut faire la chasse à toutes les économies possibles même les plus petites, il ne sera pas sans intérêt d’examiner la question de la régénération des savons des vieux bains de teinture ou de cuite, dont quelques industriels emploient jusqu’à 2 ou 3,000 kilos par jour, valant de 50 à 60 fr. les 100 kilos.
- Les bains de teinture contiennent en moyenne de 2 à 3 0[0 de savon et représentent une valeur moyenne de 1 fr. 30 par hectolitre, si le savon était régénéré, car les corps gras, et conséquemment le savon, n’ont pour ainsi dire subi qu’une altération insignifiante dans les opérations tinctoriales et de blanchiment.
- Si les bains ne moussent plus, cela tient à
- ce qu’ils ont coupé ou tranché (termes techniques).
- On peut récolter le corps gras par précipitation par un acide ajouté aux vieux bains, Les corps gras flottent et viennent se rassembler à la surface, mais ils sont émulsionnés par les impuretés des bains de teinture et ne se rassemblent pas en liquide, même à chaud. Il faut recueillir les émulsions, les empâter avec de la sciure de bois, comme l’on fait pour les graisses de cuisine ; les sécher sur cet empâtage sur des plaques chauffées à la vapeur, puis presser cette sciure à la presse hydraulique.
- Il coule alors des acides gras et il reste un tourteau de sciure riche en corps gras, qui est un excellent combustible.
- Bref, après un travail long et malpropre, l’on recuille à grands frais des acides gras, que l'on saponifie avec de la soude.
- Au prix où sont les savons actuellement, ce travail offre peu d’intérêt. C’est pour cela que je propose de revenir à la régénération directe, méthodique qui, dans le temps, a été mal comprise et a sombré devant des préjugés.
- Les eaux savonneuses sont recueillies par une canalisation spéciale dans une citerne, cela est commun aux deux méthodes. De cette citerne elles sont pompées au fur et à mesure pour être évaporées dans des conditions spéciales d’économie.
- Supposons que nous ayons par jour 100.000 litres d’eaux savonneuses, et faisons des calculs.
- Les eaux sont refoulées constamment dans de puissants évaporateurs. Les plus économiques sont les vieilles chaudières de mine, cylindriques, de grandes dimensions, sans bouilleur et fonctionnant sans pression. Constamment on alimente le système et constamment il se purge de la solution concentrée, comme pour les chaudières de marine
- Pour éviter les incrustations provenant des dépôts terreux, on suspend dans ces chaudières des marmites que l’on retire de temps
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- en temps, aux époques d’arrêt, et où se rassemblent les dépôts.
- Dans ces chandières, bien construites, on peut obtenir une évaporation de 7 kil. d’eau pour 1 kil. de charbon ; d’où si, pour 100,000 litres, nous évaporons 60,000 litres, il faudra au maximum 9,000 kilos de charbon, représentant, au prix de 22 fr. la tonne, 198 fr., mettons 200 fr.
- L’expérience démontre qu’à ce chiffre il convient d’ajouter 100 fr. pour les faux frais, amortissement du matériel, etc., soit 3 00 fr. en tout.
- Sortant des chaudières d’évaporation, les 40,000 litres restant se rendent dans des bassins découverts, en tôle, vastes et peu profonds, où la vapeur, se dégageant des chaudières d’évaporation, circule librement sans pression, dans un serpentin de tôle.
- Il résulte de cette combinaison un double avantage : le liquide achève dans les bacs à l’a r libre, sa concentration, et finalement on obtient avec les 9,000 k. de charbon au maximum une évaporation totale de 80,000 litres. De plus, on recueille 60,000 litres d’eau distillée très pure pouvant être recueillie dans des citernes, et dont l’emploi paiera les faux frais des bacs, dans tous les pays où l’on n’a que de l’eau calcaire à sa disposition, pour les bains neufs de savon.
- Mettons que nous soyons dans un pays à eau granitique : dans ce cas il faudra ajouter 20 fr. de faux frais par jour aux 300 vus précédemment, pour l’amortissement, le travail et l’entretien des bacs à air libre.
- Finalement il reste 10,000 litres d’une solution concentrée de savon coupé ou tranché, nous représentant aux bas cours actuels une moyenne de 1,300 fr.
- Ces 10,000 litres seront introduits dans une chaudière tronconique de 14,000 litres de capacité, chauffée par un serpentin à vapeur. A l’ébullition on y ajoutera 100 k. de soude caustique anglaise, valant 40 fr., dissoute au préalable dans 200 litres d’eau : 40 fr. et 320 vus précédemment, cela nous fait un total de
- 360 fr., plus 1,500 k. sel marin dénaturé, valant au maximum 60 fr. Total 420 fr. On fera bouillir une heure et on laissera reposer une nuit-
- Le lendemain, la chaudière nous offrira 3 couches :
- 1* A la partie cylindre supérieure, une couche de savon liquéfié, bien limpide et dans d’excellentes conditions;
- 2- Toujours dans la partie cylindrique moyenne une liqueur limpide couleur plus ou moins ambrée ;
- 3- A la partie conique inférieure une liqueur boueuse, sale et infecte, où seront rassemblées toutes les saletés.
- On tirera le savon par un robinet ou à la poche, puis on lâchera la vidange située à la partie inférieure de la chaudière, pour envoyer à l’égout les saletés et la partie \ moyenne.
- L’opération bien conduite donne des résultats excellents, et aux 420 fr. précédents, il convient d’ajouter 30 fr.; total 450 fr. Mettons en tout 500 fr. avec les aléas, car j’ai pour principe de compter largement les frais dans les prix de revient. Finalement, pour 500 fr. on recueillera pour une valeur de 1,300 fr. de savon; mettons seulement 1,000 fr. en acceptant les plus mauvaises conditions possibles.
- Je suis d’ailleurs à la disposition des grands industriels, pour tous les pe'its tours de mains secondaires qui pourraient les intéresser, et qui nous entraîneraient trop loin dans cette description. De même pour tons les calculs d’établisssment, comme ingénieur.
- Dans le temps, cette méthode essayée à Lyon est venue se briser contre la routine, et peut-être contre des moyens peu délicats employés par les savonniers qui avaient tout intérêt à étouffer ce procédé, qui permettait au teinturier de régénérer son savon lui-même, tand is qu’avec l’emploidu corps gras, il faut le concours d’un savonnier. C’était le principal pour mes adversaires.
- On disait : le savon régénéré ainsi ne vaut rien; donnez-nous le corps gras que nous em-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 29 ent
- ploierons ailleurs, et finalement on retourne le même corps gras au teinturier.
- Le savon régénéré est absolument l’équivalent du savon neuf.
- Marius Moyret.
- (Reproduction, interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.)
- Une usine de teinturier dégraisseur doit être divisée en compartiments à seul fin de ne pas se gêner les uns les autres.
- 1° L’atelier des nettoyages composé de deux batteries de baquets à fouler, c’est-à-dire les baquets munis de leurs fouloirs formant un nombre de six ; dix baquets pour le rinçage des savons et rinçage des avivages ; deux ou trois grandes barques pour le trempage, des chevilles fixées au-dessus des baquets, trois ou quatre tréteaux pour lever les articles, une table à visiter suffisamment grande pour y brosser les grands articles, environ deux mètres de long sur un mètre de large, une essoreuse, un séchoir ou deux si possible, les séchoirs doivent ou à peu près être hermétiquement clos et munis de barres en bois, de fil de fer galvanisé ou mieux encore de cordes en crin, le plafond est garni de pitons ou de clous-crochets pour y étendre aux cerceaux les articles tout faits, il est sé- i ché à la vapeur au moyen de tuyaux de fonte ou de fer à ailettes possédant le plus de développement possible pour l’étendue de la chaleur. Je ne cite pas de marques spéciales — pourvu que ce développement soit le plus grand possible, c’est le principal, la chaleur sera plus grande dans le séchoir — il est nécessaire d’avoir une ouverture quelconque pour 'faire évacuer la buée qui se produit, de temps à autre on l’ouvre et on la referme selon les besoins.
- Il est indispensable d avoir une boîte à laver, ainsi nommée par les inventeurs parce
- qu’elle sert à nettoyer, elle remplace le fou-loir à la main, on peut faire de grandes passes à la fois ainsi que les très gros articles qui ne peuvent se faire à la main. Tous les articles délicats ou susceptibles de couler se font à la main au baquet.
- Ce poste est tenu par un chef de poste et deux bons seconds, un rinceur et un apprenti, selon la quantité de travaux à exécuter, cette équipe quand elle s’entend bien peut avec l’installation décrite nettoyer trois cents pièces d’articles divers de couleurs, dans ce nombre il y a de tout, depuis le plus petit jusqu’au plus grand article variés, du reste comme cela se rencontre tous les jours.
- 2o Atelier du drapier. — Cet atelier qu’on a l’habitude de reléguer dans les coins, — ce qui est un tort — doit être composé d’une table pour brosser les vêtements de draps, les tables sont généralement en marbre ou en bois garni de zinc, quatre baquets de rinçage, un baquet qui sert de trempage pour les pièces trop sales, une grande barque pour les vêtements à doublures blanches. Le drapier se sert généralement de l’essoreuse du chef de poste des nettoyages, sa journée étant divisée en deux parties, de sept heures à midi il nettoie ses draps, il les essore, de même de une heure à six heures, - ce qui fait qu’il ne s’en sert que deux fois par jour ; il fait en moyenne pour dix heures de travail trente pièces de draps, quelques maisons en exigent davantage, elles en ont pour leur argent, exiger trois pièces de drap à l’ouvrier est raisonnable et suffisant, il est impossible d’en faire davantage et de bien le faire. Certains palefreniers et même des pâtissiers que je connais ont prétendu qu’un ouvrier nettoyeur pouvait cinquante pièces par jour. Ces connaisseurs-là étaient peut-être forts sur la qualité de la paille et les petits fours, mais dans notre partie ils en faisaient un vrai ; ils ont occupé de médiocres ouvriers qui mettaient au cerceau cinquante pièces par jour, mais le lendemain à la visite on constatait que la plupart étaient à refaire. Quelle belle avance !
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- serviteurs dévoués de la
- France. L'ouvrier
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- o g
- S
- Bleu de France. — 20 kil. laine peignée,
- Pour la
- LA LAINE PEIGNÉE
- ET EN PIÈCES
- TEINTURIER
- TEINTURE DE
- CARDÉE
- Par un
- Batifois. (Reproduction interdite.) (A suivre).
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- I
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Dans d’autres maisons plus rapaces, on classe ainsi les pièces de draps :
- Le paletot vaut une pièce.
- Deux pantalons valent une pièce.
- Quatre gilets valent une pièce. Il faut noter
- que ce qu’il y a de plus difficile et de plus cernent se complète par un grand séchoir,
- long à faire, ce sont les pantalons et les gilets de drap noir avec des doublures blanches. Ce qui fait qu’en supposant qu’on donne à un bon ouvrier drapier dix paletots, trente pantalons et douze gilets, il n’aura fait pour le patron que vingt-huit pièces de drap, alors qu'il en aura très bien fait cinquante-deux.
- Ce tarif a été établi sur le prix demandé pour chaque article; ceci se pratique encore aujourd’hui, il faut bien dire que celui qui l’a établi ne les a jamais fait lui-même. C’est trop dur, ce qui ne l’a pas empêché de se retirer avec plusieurs maisons de campagne et de ville, sans compter les titres honorifiques qu’attendent encore une grande quantité de
- drapier est généralement payé soixante centimes de l’heure.
- 3’ Atelier de teinturier en noir.
- L’atelier de la teinture en noir est composé d’une grande chaudière en cuivre, ou bien d’une grande barque en bois, la chaudière est chauffée par un double fond, celle en bois est chauffée par un barbotteur serpentin, sa capacité peut aller jusqu’à deux mètres cubes pour contenir cinquante kil. de laine environ à teindre.
- Une deuxième chaudière de cin cents litres environ pour teindre les petites passes et qui sert en même temps à teindre les soies ordinaires.— Une barque à rouille de deux mètres cubes en longueur pour y recevoir deux ou quatre tendeurs, nous expliquerons à la suite comment on monte un tendeur. — Une barque de pyrolignite de fer. Six grandes barques de rinçage, un baquet pour javeler les soies, une grande barque pour teindre les cotons ; divers tonneaux contenant le produit spécial pour teindre la laine en noir,— le campèche ébouillanté, le bois jaune dissout,
- quelques lisoirs, un siphon de cuivre pour vider les barques. Le teinturier en noir se sert de la boîte du nettoyeur pour nettoyer ses articles, il doit avoir une essoreuse à lui et qui sert au teinturier en couleurs, son agen-
- comme celui du nettoyeur et par une distribution d’eau sur ses barques, de même que pour tous les postes l’eau doit être facilement distribuée sur chaque barque pour éviter des pertes de temps de transbordement d’eau.
- Le chef de poste est secondé par un deuxième ouvrier et un apprenti en plus pour aider au rinçage, à essorer, à étendre, etc. Le teinturier en noir et ses aides peuvent teindre par jour deux cents kilog. de laine divisés en toute espèce d'articles divers et de toutes couleurs ; de même que le chef de poste des nettoyages, celui des noirs gagne de quarante à cinquante francs par semaine, selon l’importance de la maison, les seconds soixante centimes de l’heure, l’apprenti un franc par jour.
- Vert clair. — 20 kil. laine peignée.
- Sur bain précédent.
- Entrée :
- 10 0[0 tartre blanc.
- 10 0|0 sulfate d’alumine.
- 0 kil. 800 gr. carmin d’indigo préparé.
- 1 kil. extrait do Cuba.
- Rejet :
- 0 kil. 500 gr. carmin d’indigo préparé.
- 0 kil. 408 gr. extrait de Cuba.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Bouillon :
- 1000 tartre rouge.
- 10 0,0 alun.
- 5 00 cyanure rouge cristallisé.
- 6 0[0 Oxymuriate d’étain.
- 10 0[0 Acide sulfurique 660.
- Opérer comme au bouillon du no 70 (vert-Paon.
- 2 0[0 sel d’étain.
- (Tirer échantillon du fond bleu). Sortir, vider 1[3 du bain et mettre : 0 kil. 200 gr. extrait de campêche.
- Laisser l[2 heure, puis changer les fils et opérer ainsi jusqu’à la fin.
- Laver le lendemain.
- Ponceau. — 20 kilos laine peignée fine.
- Former deux fois le bain.
- Entrée :
- 10 0[0 tartre blanc.
- 10 0[0 composition d’écarlate.
- Cinq seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet :
- Cinq seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet:
- Cinq seaux cochenille zaccatille bouillie.
- A chaque rejet, changer les fils de place.
- Saumon. — 20 kil. laine peignée fine.
- A la suie du ponceau précédent.
- Entrée. 10 0[0 tartre blanc
- Rejet. 1 seau cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet. 1 seau cochenille zaccatille bouillie.
- Maïs. — 10 kil. laine peignée demi-fine.
- Sur le bain de saumon et après avoir passé un ponceau sur le bain afin d’enlever le rouge.
- Entrée :
- 1 kil. tartre blanc.
- 0 k. 200 g. Extrait laque fustel.
- 0 k. 500 g. Composition d’écarlate.
- Rejet. 0 k. 200 g. Extrait laque fustel.
- Orange. — 20 kil. laine peignée demi-fine.
- Sur le bain ci-dessus.
- Entrée :
- 10 0[0 tartre blanc.
- 10 OjO composition d’écarlate.
- 4 kil. Extrait laque fustel.
- 4 seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet :
- 4 kil. extrait laque fustel.
- 4 seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Ponceau. — 20 kil. laine peignée fine.
- Sur le bain ci-dessus. Le bain est déjà chargé de jaune.
- Entrée :
- 10 0[0 tartre blanc.
- 10 010 composition d’écarlate.
- 6 seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet :
- 1 kil. extrait laque fustel.
- 6 seaux cochenille.
- Rejet :
- 6 seaux cochenille.
- Ponceau. — 16 kil. laine peignée fine.
- Sur le bain précédent.
- Entrée :
- 5 0[0 tartre blanc.
- 100(0 composition d’écarlate.
- 1 kil. extrait laque fustel.
- 6 seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet :
- 8 seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Rejet :
- 8 seaux cochenille zaccatille bouillie.
- Bleu de cuve. — 20 kil. laine peignée fine.
- Fond bleu de cuve.
- Sur bain frais et sans former de bain.
- 3 k. extrait d’orseille R triple.
- Chocolat. — 20 k. laine peignée demi-fine.
- • Bouillon :
- 2 0[0 bichromate de potasse.
- 2 0[0 acide sulfurique 66°.
- 3 0[0 alun.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 3 00 oxymuriate d'étain.
- Le lendemain après lavage, rabat à bain frais.
- Entrée :
- 4 k. extrait de Ste-Marthe.
- 2 k. extrait de Cuba.
- 0 k. 500 g. extrait de Campêche.
- Rejet :
- 4 k. extrait de Ste-Marthe.
- 2 k. extrait de Cuba.
- 0 k. 500 g. extrait de Campêche.
- Rejet :
- 2 k. extrait de Ste-Marthe.
- (A suivre.)
- {Reproduction interdite.)
- AFFAIRE GRAWITZ
- On nous communiqué le texte du jugement rudu par le tribunal civil de Lille, à la date du 11 janvier courant, sur la demande formée par M. S. Grawitz contre divers fabricants et teinturiers de cette place. L’importance de ce document n’échappera pas à nos lecteurs, car les questions soulevées par ce procès, que vient de juger le tribunal de Lille, sont exactement les mêmes que celles qui s’agitent dans les nombreuses instances introduites par M. Grawitz, soit devant notre tribunal, soit devant le tribunal de Villefranche.
- C'est donc un précédent qui peut être invoqué avec succès par les adversaire de l’inventeur parisien, auxquels les décisions des tribunaux de Laval et de Domfront avaient été si contraires.
- Voici le texte original du jugement rendu à Lille :
- « Attendu que dans une instance précédente, trois experts d’une autorité incontestable ont dit qu’il n’y avait pas d’antériorités et déclaré que l’invention de M. Grawitz est brevetable ;
- « Attendu que, sans méconnaître l’importance des documents, c’est une res inter alios acta ;
- « Attendu que la cour de Douai n’a rendu qu'un jugement d'expédients après transactions et sans plaidoiries ;
- « Attendu que si le tribunal avait à se prononcer sur la brévetabilité du procédé Grawitz, ce sont les deux expertises auxquelles le défendeur est resté étranger qui constitueraient les documents les plus importants ; qu’il est de doctrine et de jurisprudence qu’un jugement ne peut se fonder régulièrement sur une expertise à laquelle la partie n’a pas été appelée et où elle n’a pas été mise en mesure de soutenir ses droits et faire valoir ses moyens ;
- « Attendu qu’en ces circonstances il y a lieu de renvoyer les parties devant experts.
- « Le tribunal donne acte à Grawitz de ce qu’il ne réclame ni le principe même de la production du noir d’aniline, ni le droit exclusif d’employer en général tous moyens propres à rendre un noir d’aniline quelconque inverdis-sable et déclare limiter sa prétention à la revendication du procédé ci-dessous.
- « Et, avanl de faire droit, ordonne aux parties de choisir des experts, etc.; nomme 1: MM. Decaux, sous-directeur des teintures; 2- M Bardy, directeur du laboratoire des contributions indirectes; 3- M. Lhote, chimistes, tous trois à Paris, experts aux effets suivants :
- « Examiner les brevets et certificats d’addition de Grawitz, et dire si le procédé sus-spécifié s’y trouve décrit et s’il constitue [une invention nouvelle ou une application nouvelle de moyens connus susceptible de donner des résultats ou des produits industriels nouveaux, ou si le procédé ne constitue ni une nvention nouvelle ni une application nouvelle de moyens connus, l’invention ou application ayant été connue et publiée postérieurement à la date des brevets et certificats Grawitz ;
- « Dire si les procès-verbaux sus énoncés des déclarations qui y sont recueillies, des constatatious et saisies qui y sont faites et de
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- tous renseignements qui parviendraient aux éxperts à vue des objets saisis, et déposés au greffe du tribunal civil, il résulte que les défendeurs ont contrefait le procédé Grawitz.
- « Dire si les échantillons saisis sont teints au noir d’aniline, en noir inverdissable, si le noir inverdissable a été obtenu du premier jet ou par suite d’avivages.
- « Dire si ces échantillons ont pu être teints par un des procédés dans la note des teintu-et relevés ci-dessus, ou si, au contraire, ils n’ont pu être obtenus que par le procédé Grawitz.
- « Dire s’il est facile ou tout au moins possible à un fabricant, à vue de l’objet teint, de reconnaître le mode de teinture et spécialement de discerner s’il a été fait usage pour cette teinture du procédé Grawitz.
- « S’entourer, pour remplir leur mission, de toutes lumières et renseignements, et compulser les livres des défendeurs.
- « Pour, sur le rapport des experts fait et déposé, être par les parties conclu et par le tribunal statué :
- « Dit que les experts prêteront serment devant le président du tribunal de la Seine ou un juge par lui délégué.
- « D.t n’y avoir lieu, quant à présent, d’ordonner en vue d’évaluer les dommages-intérêts qui pourront être dus, des recherches de comptabilité qui, suivant les résultats de l’expertise, pourraient être inutilement vexatoires pour le parti défendeur.
- « Réserve les dépens. »
- LA GALLOFLAVINE
- Par le Dr z. KNECHT
- Cette nouvelle matière colorante jaune est un dérivé de l’acide gallique et se forme par l’oxidation limitée des solutions alcalines de cet acide au moyen de l’air ou de l’oxygène.
- L’acide gallique, par les liens qui le rattachent au groupe intéressant des tanins, a déjà
- été le sujet de nombreuses recherches de la part des chimistes, surtout depuis qu’il est devenu le point de départ de la préparation de belles matières colorantes telles que la galléi-ne, la céruléine, etc.
- On sait, depuis les beaux travaux de Pe-louze, que corps est d’une stabilité restreinte : sa solution aqueuse s’altère à l’air et dépose des flocons noirâtres, avec développement d’acide carbonique ; en présence d’un alcali cette altération s’accentue encore, et suivant les proportions de ce dernier les produits de l’oxydation sont tout à fait différents. Si la quantité d’alcali est suffisante ou plus considérable qu’il ne faut pour saturer les quatre oxhydriles, il se produit à l’air une coloration brune en même temps qu’il se forme principalement les produits d’oxydation connus jusqu’à ce jour.
- Si, au contraire, la quantité d’alcali caustique est insuffisante, ou si l’on prend des alcalis carbonatés, la solution d’acide gallique prend une coloration vert olive caractéristique, et, l’oxydation étant arrêtée à temps, on sépare facilement de la liqueur, en quantité considérable et à l’état de pureté, notre nouvelle matière colorante.
- Les meilleurs résultats s’obtiennent en opérant comme suit :
- On dissout :
- 5 parties d’acide gallique dans 80 » d’alcool à 96o
- et 100 » d’eau.
- On amène la solution à une température de 5-10 centigrades et on y ajoute lentement et en agitant constamment 17 parties de potasse caustique à 30 Baumé, et l’on expose à l’air en ayant soin que la température ne dépasse pas 10°.
- On se rend compte des progrès de l’oxydation à l’intensité croissante de la coloration vert jaunâtre que prend la solution ainsi qu’à la formation d’un précipité olive, cristallin, qui est le sel potassique de la galloflavine.
- On contrôle la marche de l’opération au moyen de tâtes. Si au bout de quelque temps
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- 30 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- il ne se forme plus de cristaux, on arrête l’oxydation pour empêcher la décomposition du produit formé ; pour cela on filtre, presse le dépôt cristallin et le dissout dans de l’eau chaude, la solution est précipitée par un acide.
- Le précipité jaune-vert de galloflavine est, après refroidissement, recueilli sur un filtre, puis lavé à l’eau tiède et mis à la concentra tion voulue.
- La galloflavine cristallisée en pailles jaune-verdâtre. Elle est insoluble dans l’eau froide, très peu dans l’eau chaude ; elle se dissout dans l’acide acétique.
- Les alcalis le dissolvent et se colorent en vert-olive ; cette solution est très altérable à l’air ; les acides ainsi que l’alcool en précipitent la galloflavine.
- Sous l’influence de la chaleur la galloflavine se décompose sans fondre; l’acide sulfurique concentré la dissout et se colore en jaune-vert, l’eau la précipite sans altération de cette solution. La solution de nitrate d’argent est réduite par la galloflavine.
- Avec les oxides métalliques tels que ceux d’aluminium, de chrome, d’étain, etc., la galloflavine forme des laques colorées, parmi lesquelles la laque chronique se distingue par sa belle nuance et sa solidité au savon bouillant, à la lumière et à l’air.
- TEINTURE DE LA SOIE
- Pour obtenir des nuances foncées sur soie, on la laisse tremper pendant six heures ou une nuit dans une solution de chlorure de chrome à 10o Baumé, puis on rince à froid.
- On entre la soie à 40 • centigrades dans le bain de 1einture qui s’épuise au bout d’une demi-heure d’ébullition que l’on prolonge encore pour mieux fixer en se colorant. On savonne alors fortement la soie dont la vivacité de couleur augmentera d’autant plus que le savonnage sera intense.
- Ceci fait, on rince et avive pour donner du toucher dans un bain contenant 50 gr. d’acide acéiqueà Baumé par litre d’eau.
- Ainsi teinte, la soie ne lâche pas au savon
- et résiste à la lumière et aux acides tout en conservant ses propriétés physiques. La nuance obtenue est un ton mode que l’on cherchait depuis longtemps. (A suivre)
- LE TRAVAIL COOPÉRATIF AUX ÉTATS-UNIS
- Après avoir constaté, dans ses communications antérieures à la Société des ingénieurs civils, la puissance du mouvement coopératif en Europe, sous les formes multiples des associations de consommation et des associations de production, de la participation des employés aux bénéfices,des banques populaires, M. Edouard Simon a recherché dans quelle mesure les Etats-Unis d’Amérique ont mis à profit les essais tentés sur l’ancien continent. Il semble, en effet, que pour tous les pays, les desiderata de la fabrication, les imperfections des outillages mécaniques ne sont pas de nature à préoccuper au même degré que le défaut d’équilibre entre le coût de la main-d’œuvre et le prix des objets fabriqués, entre la rémunération du travail quel qu’il soit et les charges de chacun.
- M. Simon a divisé son travail en trois sections, selon que les coopérateurs participent aux bénéfices à l’exclusion de tout salaire, ainsi que cela se passe pour les marins de la grande et de la petite pêche ; suivant, au contraire, que la participation est une prime, tantôt également accordée à tous les employés au prorata des paies individuelles, tantôt réservée à certaines catégories de travailleurs et dans des proportions variables , soit enfin que les bénéfices constituent des dit videndes pour les coopérateurs associés.
- M. Simon s’est appuyé sur des documents officiels récemment publiés par le Bureau du travail du Massachusets et a montré, à l’aide de nombreux exemples, les difficultés rencontrées par les associations américaines au milieu d’une population ouvrière composée, en majeure partie, d’éléments hétérogènes, le rôle utile de la participation (aux Etats-Unis comme en Europe) pour commencer l’éducation économique des employés, pour faciliter l’accord entre le capital et le travail.
- Dans la pensée d’être agréables à nos lec teurs, nous nous sommes assuré, comme pour les communications précédentes du même ingénieur sur ce sujet très actuel, un tirage à part de l’important mémoire que nous signalons.
- Dès à présent, nous sommes en mesure d’adresser cette brochure, franco, contre remise de 1 fr. 50 c. en timbre-poste, par chaque exemplaire.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- PRIME
- DU « MONITEUR DE LA. TEINTURE »
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- Par suite d'un traité avec une fabrique d’horlogerie de précision, nous pouvons offrir à nos Abonnés une MONTRE à remontoir, très fort boîtier argent contrôlé, décoration riche, double cuvette intérieure également en ar-gent, mouvement en qualité soignée, huit rubis, nouveau spiral régulateur, cadran Louis XVI avec petite aiguille de secon -des. Cette montre garantie deux ans, d’une valeur commerciale de 80 fr., est envoyée f en France contre un mandat-poste de 39 fr., adressé aux bureaux du jour-
- nal, 7, rue Rochechouart, Paris.
- Nous avons à peine besoin de faire remarquer à nos Abonnés que nous n'avons pas hésité à faire un sacrifice pour leur donner le mojen d’obtenir moins cher qu’une montre ancien système une montre se remontant sans clef, supprimant ainsi les causes d’introduction de poussière dans le mouvement, le souci d’avoir une clef de montre que l’on perd souvent et constituant un véritable bijou de famille acquis à moitié de sa valeur.
- On pourra se rendre compte de l’importance de cette prime, dans nos bureaux, 7, rue Rochechouart, où un spécimen de montre est déposé.
- Un certain nombre d’Abonnés ayant manifesté le désir, après avoir vu cette montre d’homme, que nous leur procurions des remontoirs identiques, de même valeur, mais d’un modèle plus petit, pour dames, nous sommes heureux d’annoncer, que nous pouvons, dès à présent, répondre à toutes les demandes qui nous seront faites en petit modèle.
- RENSEIGNEMENTS
- FAILLITES
- Pontoise. — Révocat (Louis), teinturier, à Parsan. —Jug. du 27 décembre. — S. ; M. Pictorius.
- Lille. — Deflandre (Jean), teinturier, au Marais-de-Lomme. — 1 fr. 74 010.
- Paris. — Charpentier, teinturier-dégrais-seur, rue Amélie, 3. — Jug. du 31 août.
- Paris. — Hatet et Goy, teinturiers de plumes, rue Bouchardon, 12. — Jug. du 30 octobre.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Desquilbé et Cie, teinturiers, rue Mi-romesnil, 28. — Durée : 10 ans. — Cap. ; 2,000 fr. — Acte du 1er décembre. —A. P.
- Cambrai.—Formation de la Société en nom collectif Louis Tofflin et Cie, fab. de tulles et apprêteurs à Caudry. — Durée : 12 ans. — Cap. : 600,000 fr. — Acte du 18 décembre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Thomasset, Capony et Gerin, fab. d’étoffes de soie, quai des Brotteaux, 14. — Durée : 3 ans. — Cap. : 400,000 fr. — Acte du 6 décembre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Tourcoing. — Dissolution, à partir du 2 décembre, de la Société Van Winsberghe frères, fab. de toiles et teinture des fils, etc., à Hal-luin. — Acte du même jour.
- BIBLIOGRAPHIE
- LES LOIS FRANÇAISES EXPLIQUÉES par P. Mirode, avocat (1 vol. gr. in-18 de 900 p.) Prix : 13 fr. (franco).
- Voici un ouvrage que nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs. L’auteur, très familier avec toutes les questions juridiques, a eu l’ingénieuse idée de condenser et d'expliquer en un volume d’environ 900 pages toute notre législation civile, pénale, commerciale, industrielle, rurale, financière, militaire, municipale, administrative.
- La division adoptée dans ce travail, suivant un plan d’une grande originalité, est la suivante : « Vie civile, vie judiciaire, vie publique, vie religieuse, vie militaire, vie commerciale, vie industrielle, vie financière, vie agricole, vie libérale. » Nous trouvons, par exemple, dans la vie militaire, la loi sur le recrutement ; dans la vie publique, les diverses lois électorales, l’organisation des
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- corps administratifs, etc.; dans la vie industrielle, les lois concernant les brevets d’invention, les marques de fabrique, les syndicats professionnels, etc., etc.
- Les explications fournies sur chacune de ces matières sont non seulement précises, mais encore faciles à comprendre pour les personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de se livrer à l’étude du droit.
- On réclamait depuis longtemps un livre bien clair sur la législation de notre pays et permettant à chacun de connaître exactement ses droits, ses devoirs et ses intérêts. Les « Lois françaises expliquées », que vient de publier M. P. Mirode sont certainement l’ouvrage utile si longtemps attendu.
- Adresser les demandes, accompagnées d’un mandat-poste, au bureau du Journal.
- TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES
- du Blanchiment et de la Teinture du coton
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- par Adolphe RENARD
- Docteur ès sciences
- Professeur de chimie à l’Ecole supérieure d’industrie de Rouen.
- Un beau volume broché de 436 pages, avec figures dans le texte et un Album de 83 échantillons.
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- Adresser les demandes, accompagnées du montant, au bureau du journal.
- TRAITÉ PRATIQUE
- DU DÉGRAISSAGE ET DU BLANCHIMENT
- Des Tissus, des Toiles, des écheveaux, de la flotte, enfin de toutes les matières textiles, ainsi que du nettoyage et du détachage des vêtements et tentures.
- Par A. GILLET
- Un volume, in-80. — Envoi franco contre mandat-poste de 5 fr.
- MANUEL du TEINTURIER-DÉGRAISSEU R PaR C. BATIFOIS
- 2- édition, revue, corrigée, augmentée d’un appendice contenant de nombreux renseignements, et ornée de 54 gravures sur bois.
- Prix 10 francs ENVOI FRANCO CONTRE MANDAT-POSTE DE 10 FR. 60
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- GUIDE DU TEINTURIER
- Manuel complet des connaissances chimiques indispensables à la pratique de la teinture
- Par Frédéric Fol, chimiste.
- Un volume avec 91 figures dans le texte, franco, 8 fr. 60.
- En publiant cet ouvrage, l’auteur s’est proposé de répandredans la population ouvrière qui s’oc cupe des travaux de teinture, les connaissance nécessaires des sciences sur lesquelles est basée cette industrie.
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- H. CHASLES, Successeur
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, r 4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 évrier-4887
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- CORRESPONDANCE AMÉRICAINE
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- DOSAGE DES MATIÈRÉS ÉTRANGÈRES.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- la pression, les deux surfaces (papier et tissu) adhèrent fortement l’une à l’autre.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- ORNEMENTATION DES TISSUS POUR TENTURES par MM. Mencke et Pottier.
- Il s’agit d’une application de tontisse (floc-king) sur tissus de soie. MM. Mencke et Pottier commencent par imprimer, à la planche, tous dessins convenables au moyen d’une substance adhésive (dissolution de gomme arabique), puis, à la planche également, les mêmes dessins reproduits à l’aide d’un vernis spécial dit vernis à tontisse. La poudre de laine est déposée sur le vernis encore humide.
- Si l’on emploie le rouleau au lieu de la planche, il devient possible de supprimer la première impression à la gomme et de se borner à l’application du vernis.
- Pour les tentures murales, les brevetés doublent le tissu d’une feuille de papier résistant. Dans ce cas, le papier reçoit, en premier lieu, un encollage à l’amidon ou enduit analogue, puis, après séchage, une couche de vernis. Papier et tissu sont passés simultanément (l'envers du dessin du côté du papier) entre les rouleaux chauffés d’une calandre. La chaleur ramollit le vernis et, par l’effet de
- APPAREIL DE CHAUFFAGE par M. Anselin,
- M. Anselin s’est également proposé de substituer aux serpentins en usage pour le séchage des fils à parer, pour le chauffage des cuves de teinture, etc , un dispositif plus économique.Ici encore nous trouvons un faisceau tubulaire et transversal en cuivre, mais les extrémités des tubes débouchent dans deux boites en fonte divisées, sur la longueur, en compartiments successivement plus grands depuis l’entrée jusqu’à la sortie.
- La vapeur pénètre vers un bout de l’une des boites et rencontre, par exemple, un premier compartiment correspondant aux orifices de trois tubes, qu’elle traverse jusqu’à la boîte symétrique. Là, une cloison limite un compartiment plus grand où sont amorcés les quatre tubes suivants ; le fluide traverse les derniers en sens contraire. La vapeur parcourt ainsi tout l’appareil jusqu’à l’orifice d’évacuation de l’eau condensée.
- Les avantages réclamés par le breveté Sdn analogues aux revendications de la spécification précédente.
- APPAREILS DE CHAUFFAGE POUR PAREUSES Par M. Cocard
- Cet appareil, destiné à remplacer les ser-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pentins, généralement adoptés pour le chauffage des machines à parer les fils de chaîne, comporte deux tuyaux parallèles, recourbés en forme de fer à cheval, situés verticalement et reliés par des tubes transversaux de de plus petit diamètre. La vapeur arrive à l’extrémité supérieure de l'une des conduites en fer à cheval, parcourt tout le faisceau tubulaire et s’échappe à l’état d’eau condensée, par l’extrémité inférieure de l’autre conduite courbe.
- Le but est d’évacuer plus complètement qu’avec les serpentins actuels, l’eau de condensation et, aussi, d’offrir une surface de de chauffe considérable qui accélère le travail de la pareuse.
- Le même appareil peut être utilisé dans les bacs de teinture, etc.
- MORDANT POUR NOIRS ET AUTRES COULEURS SOUDES par MM. Lallemand et Chéneau-Fontineau.
- Ce mordant, utilisable pour noirs, bleus et verts, résiste à l’action du foulon et à l’action de l’air, pour couleurs fantaisie de toutes nuances, est formé de :
- Sulfate de fer pur. ......... 371200
- Sulfate de cuivre pur.... 27.900
- Suroxalate de potasse...... 31 »
- Lie de vin blanc à 250, desséchée...................... 2 »
- Chlorure de cuivre, desséc. 1.900
- Ensemble... 100.000
- LES INVENTIONS BREVETEES 176025. — 10 mai 1886. Weiss. — Procédé de production de composés blanchissants à l’alumine.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à faire le chlore sur les aluminates de chaux et de magnésie, dissous; suspendus ou solides, aussi longtemps qu’une absorption visiblement vive a lieu, tout en prenant tou
- tes les précautions nécessaires pour la production de chlorure de chaux liquide ou solide. Quand le chlore s’échappe de l’appareil en grande quantité la transformation est terminée et le composé a obtenu son plus fort titre de chlore actif. Par une action prolongée du chlore, une décomposition avec séparation d’oxygène se produit et le titre total du chlore augmente tandis que celui du chlore actif diminue. Cette séparation de l’oxygène se fait remarquer par un fort développement, de gaz et de mousse, dans le cas où l’on emploie des aluminates dissous ou en suspension dans l’eau.
- 176058. — 11 mai 1886. Société Holzer et Cie. — Procédé pour nettoyer à froid et à sec la laine des déchets de laine, les tissus de toutes sortes, etc.
- La laine telle qu’elle vient du mouton ou la laine salie par des matières mécaniquement adhérentes est intimement mélangée avec des substances terreuses (s’imbibant de graisse) et le nettoyage est obtenu par une pression ou par un frottement en battant fortement la laine pour faire passer les substances terreuses contre les fibres. Ensuite la laine est délivrée par le battage des substances terreuses ainsi que des saletés, de sorte qu’on peut l’amener sans préparation ultérieure aux machines qui la travaillent avant qu'elle soit filée.
- La laine qui au filage reste sur les appa-reila de nettoyage ou sur d’autres parties de machines et qui se trouve fortement salie par la graisse et autres matières peut être nettoyée de la même manière.
- La laine filée ou d'autres produits demi fabriqués ou terminés en laine, coton soie, etc., sont nettoyés en répandant entre eux des substances terreuses s’imbibant de graisse par l’emploi de la pression soit en les battant soit en les brossant. Le nettoyage devient surtout facile quand les tissus restent pendant quelque temps et en contact intime avec les substances terreuses.
- 176236. — 19 mai 1886 Schearer. — Per-
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- ET DE L’IMPRESSIONDES TISSUS
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- fectionnements dans les machines pour presser le drap.
- 176327. - 22 mai 1886. Société Giron frères. — Appareil pour la teinture des étoffes velours en pièces.
- L’objet du brevet consiste dans un nouvel appareil formant barque de teinture sans fin pour la teinture des étoffes ou rubans velours en pièces. De chaque côté de cette barque est un chemin de roulement avec guides, sur le derrière de la barque est un axe supportant des poulies sur lesquelles passent des chaînes attachées de chaque côté une potence qui peut se mouvoir sur les chemins de roulement à l’aide des chaînes selon la longueur de la pièce à tendre. Un système de cylindre à brosse entraînée par une chaîne Vaucanson donne le sens au poil du velours.
- 176344. — 25 mars 1886. Société anonyme Compagnie parisienne de couleur d’aniline. — Procédés de fabrication de composés résultant de l’action de l’acide lévulique sur les hydrazines aromatiques.
- 176372. - 26 mai 1886. Millot (sieurs). — Procédé de transport des dépôts métalliques d’une surface dure sur une surface souple.
- Le procédé consiste à précipiter le métal sur une glace préparée à cet effet, puis à faire adhérer au précipité (au moyen d une matière adhésive quelconque, gomme, colle, etc.) une feuille de matière souple, de manière que chauffant la glace on peut en séparer le dépôt métallique adhérent à la feuille de matière souple.
- 176397.— 31 mai 1886. Barette (les sieurs). — Fouleuse à mouvement alternatif système Barette.
- Cette nouvelle fouleuse est caractérisée par la disposition d’un mécanisme spécial permettant de renverser la marche de la fouleuse au lieu de retourner la pièce d’étoffe.
- 176406. — 28 mai 1886. Smithson. — Nouveau procédé de teinture et nouveil appareil employé à cet effet.
- Le but du procédé qui fait l’objet du brevet
- est de ne jamais mettre en contact l'objet à teindre avec une partie quelconque du bois de teinture.
- L’appareil consiste en un tube ou cylindre vertical fixé à l’un des bords de la cuve dans laquelle doit être effectuée l’opération. Ce cylindre a son sommet garni d’un rebord ou collet qui permet d’y appliquer un couvercle, il est fermé en bas sauf en des points où passent certains tubes qui traversent le cylindre et son couvercle et servent au passage de l’eau de la cuve de teinture.
- Cette eau monte en bouillant et se déverse par le sommet des tubes, elle passe alors dans un dôme appliqué au sommet du cylindre et descend dans un tube de trop plein pour tomber enfin dans une cuve avec un faux fond perforé dans lequel se trouvent les produits tinctoriaux. L’eau bouillante qui dégorge épuise ces produits et se rend finalement dans la cuve de teinture.
- 176409. — 28 mai 1886. Giering. — Nouveau décatissoire servant au décatissage continu à l’eau et à sec selon le genre des tissus différents.
- Ce nouveau décatissoir consiste en un rouleau sur lequel on enroule l’étoffe et en un Système de baquets renfermant de l’eau que l’on met en ébullition au moyen de la vapeur et de rouleaux de pression et de tension chauffés également à la vapeur. L’étoffe s’enroule ensuite sur un tambour muni à sa périphérie de trous fins par lesquels la vapeur s’échappe. Le tambour est recouvert d’une flanelle spéciale pour mieux diviser la vapeur. Un drap feutre sans fin fait le tour du tambour et le tissu à décatir est pressé par ce drap contre le tambour.
- Le tissu en quittant ce dernier est enroulé sur un rouleau disposé à cet effet.
- 176435. — 28 mai 1886. Basch, Prenslanet Basch. — Perfectionnements dans les machines à presser et à repasser les draps et autres tissus.
- Ces perfectionnements se rapportent aux machines à presser et repasser les draps ou
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- autres tissus dans lesquelles le drap ou tissu est étendu sur Une table pour faire passer dessus un fer échauffé, soit que le fer lui-même se meuve, [soit que la table portant le tissu passe sous le fer tenu abaissé par l’effet d’une pédale reliée à une colonne verticale et à un bras qui supporte le fer.
- Ces perfectionnement comprennent principalement :
- 1. Une nouvelle manière de supporter la colonne au moyen de leviers passant au-dessous de la table jusqu’à l’avant de la machine.
- 2. Une nouvelle manière de relier le bras de la colonne et de l’engsgerau moyen d’une plaque à crans et d’un boulon.
- 3. Une nouvelle manière d’ajuster le fer.
- 4. Un nouveau mode de liaison du fer avec sa tige.
- 5. Une nouvelle manière d'actionner la table en la reliant à un système de bras qu’on peut faire tourner au moyen d’une ou plusieurs poignées, ces bras étant accouplés au moyen de manivelles et d’une tige de relie+ m ent.
- J. FAYOLLET, Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- CORRESPONDANCE AMÉRICAINE
- EMPLOI DE LA RACINE DE CHICORÉE EN AMÉRIQUE COMME MATIÈRE TINCTORIALE.
- Les journaux d’Amérique de fin 1886 nous apportent comme nouveautéé 1.. l’emploi de la racine de chicorée pour suppléer l’emploi du bois dit de Bismach.
- Est-ce nouveau oui ou non ? Il a été tellement écrit sur les matières colorantes végétales ou artificielles que l’on n’ose se prononcer à l’égard de la nouveauté de ce colorant, qui, jusqu’à présent, a été employé avec succès comme succédané du café, préciment par rapport à la richesse de la matière colorante brune.
- Dans tous les cas, ce qu’il y a de certain, c’est que le bismarck est d’un emploi très difficile dans certains cas. Seul, il donne de bons résultats comme matière brune, mais combiné avec d’autres couleurs pour obtenir des loutres, olives, bois, etc., il fait le désespoir des coloristes pour la teinture en pièces et principalement pour l’impression des fonds en impression. Il marbre facilement. Les lecteurs me comprendront.
- Les Américains, tout en acceptant les nouvelles couleurs d’aniline ou artificielles, sont restés plus fidèles que les Européens aux vieilles matières colorantes.
- Et en cela ils ont raison. Il y a d’ailleurs place pour tout.
- Et si la racine de chicorée peut remplacer le bismarck, elle rendra de très grands services aux coloristes dont il fait le désespoir lorsqu’il s’agit de l’employer pour des fonds en impression.
- En effet, le bismarck, tel qu’on le livre, renferme plus ou moins de matières salines, qui, indispensables dans sa préparation et dans son emploi, coagulent les autres couleurs artificielles qu’on emploie avec lui pour obtenir des loutres, des marrons, des bois, des olives, etc.; et de là des marbrures.
- Encore une fois, je donne cet exemple sous toutes réserves, n’ayant pas eu le temps de le vérifier; aux lecteurs de le faire.
- GOMME ARTIFICIELLE
- Le prix toujours de plus en plus élevé des gommes naturelles a eu son retentissement en Amérique tout comme en Europe, principalement depuis la guerre soudanienne. Et il en era peut-être un jour de l’emploi de la gomme artificielle, comme de la question de la combustion de l’anthracite, excellent combustible qui pendant longtemps fut délaissé. On ne pouvait s’en servir convenablement. Cependant comme nécessité fait loi, à une époque, lors de la guerre de séparation des Etats-Unis de la mère patrie, les escadres anglaises, bloquant toutes les côtes des États
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- séparatistes, et la houille anglaise ne venant plus pour alimenter les forges et les foyers des Américains, on finit par trouver le moyen d’employer de l’anthracite, qui aujourd’hui joue un très grand rôle dans l'industrie de ces pays, qui en possèdent d’ailleurs de puissants ‘ gisements.
- La gomme artificielle dont parlent les journaux américains pour les besoins de l'impres-sion, n’est autre chose que ce que nous appelons en France la gommeline, variété de dex-trine ou amidon ou fécules rendus solubles, sans passer par l’état d’empois à l’aide de la chaleur.
- Les procédés de fabrication sont tenus secrets, en Amérique comme en France, car disons-le de suite, la gomme artificielle ou gommeline est un produit d’origine essentiellement française.
- C'est un produit en grabeaux jaunâtres, transparents ou semi lucides, extrêmement cassants, de la famille des dextiimes,et tenant tout à la fois de celles-ci et des gommes. Elle a son emploi nettement défini ; mais elle ne remplacera jamais les gommes complètement. Elle agit souvent dans les meilleures conditions en la mélangeant par moitié, pour obtenir de bons épaississants.
- Elle est neutre, ce qui tendrait à prouver qu’elle est produite par la fermentation maltique d’amidons de basses qualités ; d’amidons avariés. On obtient ainsi un sirop qui, évaporé convenablement, laisse un résidu sec et cassant. Et mêlée avec 50 0[0 de gomme arabique ou du Sénégal, elle donne les meilleurs résultats.
- Ici je sors du domaine de la presse américaine, pour discuter la question des épaississants qui jouent un très grand rôle dans l’impression.
- Selon les conditions on emploie une très grande variété d’épaississants, qui tous ont leurs emplois, leurs qualités et défauts. Au coloriste de savoir s’en servir. Et souvent de tel ou tel épaississant dépend la réussite du coloris, principalement dans les fonds.
- Pour les motifs détachés, bouquets, fleurs, pois, etc., cela a moins d’importance. Mais pour les fonds ils jouent un très grand rôle et sont souvent la cause des marbrures irrémédiables ; en effet, si en teinture on peut revenir en arrière, en impression on ne le peut pas.
- Je laisse de côté les épaississants terreux ou gras qui sont employés pour le genre dit réserve ou résiste. De même les épaississants dit rongeants. Les premiers ont pour but de préserver le tissu à place après l’impression des épaississants terreux ou gras, d’une teinture uniforme en pièce. Ces genres se font en très grand à Lyon pour les tissus soie ; on en fait également d’énormes quantités pour des cotonnades courantes, mouchoirs de poche, etc., teints en bleu de cuve.
- Les deuxièmes s’emploient de deux manières, ou par matage sur impression première du rongeant, puis passage en vapeur, rinçage, avivage et séchage. Ou par teinture unie et application par impression du rongeant, vaporisage, rinçage, avivage et séchage. Dans l’un comme dans l’autre cas, les parties doivent rester blanches. La réserve ou résiste s’applique avec toutes les couleurs; le rongeant employé de n’importe quelle manière ne s’emploie qu’avec certaines couleurs d’aniline. Ainsi la phosphine et l’hannaline ne se rongent pas. De même la safranine. Le rongeant est ordinairement fait avec un mélange d’épaississant végétal, de zinc, de bisulfite de soude et de terre de pipè.
- On produit même quelquefois des effets charmants en rongeant, par exemple sur un fonds de bleu d’aniline, couleur qui se détruit complètement par le rongeant ci-dessus, on obtient des dessins blancs ; mais si dans la composition du rongeant l’on a introduit une couleur non destructible, telle que la phosphine ou un produit similaire, la xanthine, dont j’ai eu l’occasion d’employer de grandes quantités, de la maison Destrée et Wiestrer de Bruxelles, au lieu d'obtenir des blancs comme enlevage on obtient des tons oranges
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- LA TEINTURE EN CHIFFONS
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- dorés du plus vif effet. Il s’en est fait d'énormes quantités pour le Brésil où l’on veut des articles à grand ramage.
- Disons avant d’aller plus loin, que le genre rongeant ne vaut rien pour les étoffes coton auxquelles il communique un toucher très dur.
- Les épaississants végétaux peuvent se classer comme suit :
- Gomme adragante. — Convient dans quelques cas, mais sa dissolution incomplète dans l’eau en restreint l’emploi.
- Gomme arabique. — Cette gomme est certainement une des meilleures, mais comme pour la précédente, les guerres du Soudan, les questions d’Orient, etc., en font augmenter les prix.
- Les gommes du Sénégal. — Haut et bas du fleuye, sont très estimées.
- Mais avant d’employer toutes ces gommes, il faut bien se rendre compte de leurs actions sur les matières colorantes et les mordants. Certaines gommes altèrent sensiblement, surtout après le vaporisage, la nature des couleurs d’aniline. Il n’y a pas de régies fixes. Cela vient souvent des pays de provenance et l’essai seul indiquera dans quel sens il faut modifier le coloris suivant tel ou tel lot.
- L’amidon grillé a été le premier succédané des gommes ; il convient surtout pour l’emploi avec les mordants métalliques.
- Puis sont venues ce que l’on appelle les dextrines, où les qualités sont des questions de fabrication ou des marques de fabricants. Il faut une très grande expérience pour pouvoir les apprécier. Le degré de viscosité ne suffit pas pour en indiquer la valeur. Il faut voir la manière dont elles se comportent à l’emploi avec telles ou telles couleurs. Et j’ai eu l’occasion de voir des marques excellentes pour l’emploi du bleu d’aniline, ne rien valoir pour celui du vert. Le travail de l’imprimeur sur étoffes est réellement artistique et sans règles fixes.
- Il y a des dextrines préparées par la torré
- faction ménagée, aidée de l’action de l’acide nitrique. Elles sont toujours un peu acides’ Dans tous les cas, les dextrines préparées, même avec l’action ménagée de la chaleur, contiennent toujours un peu d’acide formique, dont l’action est très pernicieuse pour certaines matières colorantes. C’est pour cela que la gommeline ou dextrine préparée par voie de fermentation, serait préférable dans bien des cas. Elle est absolument neutre et privée d’acide formique, même à l’état de formiate.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- Erratum.—Page 25, col. 2, ligne 38, lire : « pouvait faire ou nettoyer. »
- Dans le précédent article relatif au drapier, il va de soi que le nombre de pièces à nettoyer s’applique au travail fait directement du magasin au client et non pour travail fait aux confrères ; pour ces derniers, la production est environ d’un tiers en plus ; nous nous bornerons à citer ce qui se fait dans l’usine ordinaire, sans parler des spécialités : nous y reviendrons dans la suite, s’il y a lieu.
- Ateliers des teintures de couleurs de laine :
- Toujours séparé des autres, celui-ci est composé de cinq chaudières en cuivre de capacité différente : la Ire de 30 litres, la 2- de 60, la 3* de 150, la 4- de 300 et la 5- de 500 litres ; elles chauffent par un double fond ou un barbotteur.
- Les deux systèmes ont leurs défauts : le barbotteur augmente considérablement la quantité d’eau dans le bain; le double fond exige une grande quantité de vapeur et un temps relativement long pour mettre au bouillon. La préférable est la chaudière Barbe, dont le fond est percé de petits trous qui établissent une communication avec le double fond ; ce double fond contient un condenseur
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- KT DK L’IMPRESSION DES TISSUS
- co to
- logeant la vapeur ; en la conduisant, elle ne peut se trouver en contact immédiat avec la partie supérieure du double fond ; de cette façon il se trouve que c’est de l’eau surchauffée et non la vapeur qui passe par les trous; cette chaudière est munie d’un tuyau servant à introduire la vapeur et pour sa vidange ; de même que toute autre chaudière, elle se place sur un socle de fonte ou un support. (MM. Pierron et Dehaitre sont les concessionnaires du brevet.)
- Nous ne parlons pas de la chaudière à bascule, qui n’offre aucun avantage, si ce n’est celui de procurer des accidents graves dans la manipulation. Il est nécessaire d’avoir deux ou trois grandes barques en bois de 1,000 litres environ, munies d’un serpentin pour teindre les grandes passes de marron, de bleu marin, de grenat ; ces mêmes barques servent toujours aux mêmes couleurs ; les bains se conservent.
- Quelques barques à rincer, des tréteaux, quelques lisoirs de verre, deux ou trois bassins de cuivre et autant de seaux en bois, complètent l’outillage.
- Atelier du teinturier en soie :
- Il est composé d’une barque en bois pour débouillir les robes de soie bâties sur le tendeur, d’une table à visiter, d’une barque en cuivre pour teindre ; cette barque est demi-cylindrique, de 1 m. 50 de long et de 60 à 80 centim. de large environ ; elle est placée sur deux montants de fer et à proximité d’un bar-botteur mobile ; deux tiges de fer sont fixées à chaque extrémité, surmontant un rouleau de cuivre mobile pour liser la soie; deux bas. sins de cuivre de 50 et 100 litres, quelques baquets de rinçage, des lisoirs, des tréteaux, une certaine quantité de tonneaux pour contenir les bains divers de couleurs qui doivent se conserver. Deux grandes barques de cui- | vre de 2 ou 3 m. cubes sont aussi indispensa- | blés pour teindre les grandes parties d’ameu- | blement qui se présentent journellement. |
- Atelier des nettoyages des flanelles :
- Le matériel consiste en deux batteries de
- six baquets à fouler, douze barques de rinçage pour les articles blancs, plus une batterie pour faire les fantaisies de couleurs, dont trois baquets à fouler et une dizaine de baquets à rincer le savon et l’avivage ; il faut en outre deux soufroirs ou chambre à soufrer ; le premier contenant 500 pièces, le second 200 environ ; chaque soufrcir doit être muni d’un ventilateur pour chasser l’acide sulfureux gazeux qui se produit pendant la combustion du soufre, de façon à pouvoir s’y introduire et retirer les flanelles étendues sur les perches à cet effet.
- Une grande barque en bois de 4 à 5m cubes pour le rinçage en sortant du soufroir, deux tables à visiter, une boîte à nettoyer pour ébaucher les pièces les plus sales, soit flanelles, soit couvertures de laine ; des conduites d’eau doivent être disposées de façon à distribuer l’eau dans chaque barque.
- Les robinets à vis sont préférables à tous autres ; ils évitent les coups de bélier ou de pression d’eau, qui font souvent crever les tuyauteries de plomb. Cette équipe comprend six ou huit hommes, dont un chef de poste ; ils peuvent nettoyer de 1,500 à 2,000 pièces par jour ; selon les maisons, ils sont payés aux pièces ou à la journée.
- Atelier d’apprêt. Tapis tournant :
- Cet atelier, indépendant des autres, est généralement haut de plafond pour permettre d’y placer un étendage ; le tapis pour y attacher les étoffes est rectangulaire; il doit avoir 4 m. de long, 2 m. 50 de large, de façon à y recevoir et apprêter les plus grands articles.
- Le sol est creusé pour que le tapis puisse tourner sur ses axes ; deux ressorts placés sur les largeurs le font ouvrir et fermer à volonté ; le pourtour se construit de deux manières, soit en bois, soit en brique ; la brique est préférable; elle entretient mieux la chaleur. Le dessus ou volant du tapis est en bois garni de thibaude, d’une toile quelconque et d’une serge verte, blanche ou autre, qui né déteigne pas ; il est chauffé par deux ou trois tuyaux à ailettes comme les séchoirs ordinai-
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- res déjà décrits ; cet atelier doit avoir une table à repasser pour terminer certains articles, deux grandes tables et rayonnages pour y déposer le travail, quelques terrines pour gommer, des épingles de laiton en quantité suffisante pour garnir le tapis des deux côtés ; il rend de grands services pour tout article qui ne peut se faire au cylindre, soit le velours, les étoffes de popeline, les crochets, les articles susceptibles de couler, etc., etc.
- Atelier des cylindres :
- Cet atelier comprend deux grands cylindres à coller et deux cylindres à feutre ou toile sans fin, deux ou trois grandes tables pour plier et préparer le travail des articles défaits; un foulard pour gommer est aussi indispensable pour économiser l’apprêt. Une presse hydraulique et une presse à bras complètent avec des cartons en quantité suffisante le matériel de l’atelier d'apprêt des articles défaits.
- At lier du repassage :
- Cet atelier doit être très clair et le plus vaste possible : il doit contenir trente ou quarante tables à reposser, garnies de leurs ban-nettes ; ces tables sont généralemnt fixées autour de la salle ; cinq appareils du système Chambon-Lacroisade sont suffisants pour chauffer lès fers des ouvrières, deux grandes tables sont indispensables pour préparer, arroser, reconnaître et plier l’article.
- Deux tables à vapeur ou platines doivent être installées prés de l’atelier du repassage; chaque ouvrière doit avoir un grand drap de toile pour envelopper le travail qui lui est confié, un torchon pour les articles de drap, une nappe de rechange, une mousseline, une terrine pour mouiller, de la cire, une ganne de fer à tuyauter, des petites tables pour les manches des petits et grands vêtements, quelques coques en fonte munis de leurs pieds font le complément de cet atelier.
- Atelier de visitage et de détachage :
- Cet atelier doit être le plus clair de l’usine et placé au levant, si c’est possible, et sans être obstrué par des murs voisins qui don-
- nent des faux jours en empêchant la perfection du détachage ; il consiste en trois ou quatre tablés de la forme de celles qui ser--vent à repasser, plutôt un peu plus longues et larges, et garnies de toile cirée blanche, quelques cordes de crin et des pitons placés au plafond pour y étendre les articles visités, quelques terrines, des brosses, des chiffons en coton ou toile, deux peaux de chamois pour sécher, divers flacons pour la benzine, l’alcool, l’acide acétique, etc., etc. Ce poste est tenu par uu chef de poste détacheur et un ou deux aides, selon les besoins.
- Atelier de formage de la flanelle et bonneterie :
- Il comporte une grande table, un jeu com -plet de formes de toutes grandeurs, de tout calibre, de tout modèle, pour les bas d’enfant, pe dames, les chaussettes, les tricots, les caleçons, etc., etc. Le séchoir qui sert à étendre les gilets de flanelle sert également pour mettre sécher des articles,
- Le complément de l’usine entière est d'avoir une quantité d’eau en provision, c’est-à-dire deux ou trois réservoirs en forte tôle contenant chacun quinze à vingt mille litres d’eau, selon l’emplacement ; deux générateurs à vapeur, dont l’un de la force de cent che-voux, l’autre de cinquante, ce dernier en cas d’accident, pour ne pas arrêter la marche du travail,
- Nous préférons le générateur horizontal à bouilleur avec enveloppe en briques, au générateur vertical sans enveloppe, pour l’économie du combustible; l’alimentation du générateur est d’une extrême importance, elle doit être faite non par l’eau ordinaire, qu’elle soit de Seine, du canal ou de toute autre source, mais bien par l’eau épurée, l’eau ordinaire est toujours calcaire, et pour éviter les incrustations sur les tubes ou sur le bouilleur, il est urgent de ne l’employer qu’épurée.
- Pour obtenir ce résultat, il faut avoir deux réservoirs en tôle de six à huit mètres cubes i chaque, ils sont munis d’un injecteur Kœr-
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- ting ou autre, cet appareil très simple sert à | remuer le produit destiné à faire déposer dans | le fond des réservoirs tous les sels calcaires | que l’eau contient en suspension; il est reconnu que la magnésie calcinée, mélangée à l’eau ordinaire, se combiné avec les sels calcaires et se précipite.
- L'injecteur n’a d’autre but que de remuer l’eau sans la chauffer l’espace de trente minutes, on laisse reposer six heures environ, après ce repos cette eau est aussi pure que l’eau distillée du commerce ; la magnésie calcinée se combine avec les sels calcaires, carbonate de chaux etautres pour former du carbonate double de magnésie et de chaux qui déposent dans le fond des réservoirs. Le tuyau d’alimentation partant du réservoir à la chaudière doit être placé à cinquante centimètres au moins au-dessus du fond pour y loger une certaine quantité des dépôts et pour ne pas les vider trop fréquemment. Pour une première charge, il faut 10 kil. de magnésie calcinée, ensuite 3 kil. par semaine et par réservoir. En alimentant à l’eau épurée, on peut laisser un bouillon trois mois sans vider, sans qu’on y trouve une trace d'incrutation, on évite ainsi les vidanges fréquentes et les piquages au marteau qui ne font qu’ébranler les rivets ainsi que les désincrustants, dont le meilleur ne vant rien et coûte fort cher, ce dernier produisant des enchaînements souvent nuisibles aux teintures de couleurs. L'appareil de Giffard convient le mieux à l’alimentation dans la chaudière.
- BATIROIS.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- {Suite)
- Feu. — 20 kil. laine peignée demi fine sur bain frais et sans former de bain.
- Entrée Okil. 500 Tartre rouge.
- 0 » 400 Composition d’écarlate.
- 3 » Extrait d’orseille R triple.
- Rejet 0 » 200 Tartre rouge 0 » 200 Composition d’écarlate.
- 4 » Extrait d’orseille.
- Teinture de bleu de cuve à froid ou au sulfate de fer.
- On monte cette cuve en dissolvant dans 7,000 litres d’eau 35 kil. de couperose verte, après quoi l’on y ajoute 40 kil. de chaux vive et 15 kil. d’indigo finement broyé.
- Sous l’influence de la chaux, le sulfate de fer se décompose et produit du sulfate de chaux insoluble qui se dépose : le protoxyde de fer mis en.liberté s’empare de l’oxygène de l’indigo bleu et le désoxyde, le décolore et lui permet de se dissoudre dans le bain alcalin par la chaux en excès qu’il renferme.
- Le protoxyde de fer, qui est très avide d’oxygène, se transforme en peroxyde fer qui se dépose avec le sulfate de chaux. Le bain contient l’indigo blanc soluble. On y trempe les fils ou tissus à teindre; ceux-ci s’emparent de la matière colorante avec beaucoup d’avidité et le retiennent avec force, car aussitôt fixée, elle passe à l’état bleu insoluble et inaltérable.
- Le chaux et le sulfate de fer ne sont pas les seules matières au moyen desquelles on puisse monter ces cuves d’indigo.
- On se sert aussi du son et de la mélasse avec la soude, du son avec la potasse et la garance, etc., etc.
- Cuve d'Inde.
- Dans une cuve de 5,000 litres d’eau mettre : 7 k. Garance.
- 6 k. Potasse d’Amérique.
- 8 k. Cendres graveleuses.
- Chauffer de façon à arriver au bouillon en 24 heures, laisser reposer et lorsque la température n’est plus que de 70' cent., ajouter ;
- 4 k. indigo dissous,
- 2 k. Son.
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- Chauffer de nouveau afin que la cuve crame très fortement pour qu’elle puisse jeter toutes les impuretés qu’elle contient. La laisser reposer de nouveau.
- On peut commencer à teindre lorsque le bain devient bleu et que l’on voit l’indigo surnager, mais il faut avoir bien soin de surveiller sa cuve, car le colorant monte très rapidement. Cette cuve ainsi montée peut teindre 150 à 200 k. environ de laine ou coton. Il faut quelquefois attendre 4 ou 6 jours et plus avant que la cuve se décide à marcher. Il faut de la patience et beaucoup de soins, surtout pour une cuve neuve.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- DOSAGE DES MATIÈRES ÉTRANGÈRES
- DANS LES SAVONS 3
- Les matières étrangères qu’on rencontre dans les savons à haut rendement, se divisent comme suit :
- l’ Matières minérales solubles.
- Carbonate de soude, chrorure de potassium, chlorure de sodium, sulfate de potasse, sulfate de soude.
- 2- Matières minérales insolubles.
- Carbonate de chaux, kaolin (silicate hydraté d’alumine), phosphate de chaux, sulfate de baryte, talc (silicate hydraté de magnésie).
- 3- Matières végétales solubles.
- Glucose, lichen carragaheen, mélasse.
- 4* Matières végétales insolubles.
- Amidon de riz, fécule de pommes de terre, pulpes de betteraves, pulpes de pommes de terre.
- 5’ Matières animales solubles.
- Colle forte, gélatine, sang.
- La méthode d’analyse la plus pratique, est asée sur ce que la majeure par tie des matières étrangères sont insolubles dans l'alcool fort et bouillant, alors que le savon pur est seul soluble dans ce liquide. En adoptant ce principe, il faut soumettre, durant quelques minutes, à l’action de l’alcool 90’, bouillant,
- 25 gr. de savon à essayer, puis abandonner au repos. Le savon est pur si la solution n’est limpide et n’offre qu’un résidu à peine sensible : il est impur si la solution présente un aspect louche et un dépôt abondant.
- vent, en dernier, lieu dans le résidu épuisé comme ci-dessus.
- L’analyse qualitative et quantitative de ces matières s’opère à l’aide de réactifs appropriés à la nature de chacune d’elles, et les recherches, pour arriver à des résultats sérieux, sont fort longues et souvent hérissées de difficultés, vu la diversité des matières qui peuvent se trouver dans le savon à l’essai.
- Si l’on veut se contenter, au contraire, de déterminer le poids total de ces matières, il suffit de dessécher à l'étuve le résidu laissé par l’alcool et de le peser.
- ------—=—=90041---=----------
- ^Officiel du 6, publie une liste de récompenses décernées par le ministre du commerce à des ouvriers, et parmi lesquelles :
- Médailles d’argent,
- M. Sanchidrian, ouvrier, depuis 53 ans chez M. Larieu, apprêteur, à Reims (Marne).
- Médaille de bronze,
- Mlle Bonheur (Tanine), ouvrière apprê-teuse depuis 55 ans, à la Société anonyme des teintures et apprêts de Tarare (Rhône).
- Mlle Roussillon, ouvrière apprêteuse depuis 52 ans, à la même Société.
- M. Gimaux, ouvrier depuis 57 ans, à la même Société.
- Mme Micholet, ouvrière apprêteuse depuis 51 ans, dans la maison Gourdiat frères, à Tarare.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Nîmes. — Dumas (François), teinturier. — Jug. du 5 janvier. — S. M. Féminier.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Billancourt. — Boittiaux père, ex-teinturier, route de Versailles, 51. —Jug. du 31 décembre. — Abandon de l’actif et obligation de parfaire 32 fr. 0[0 en 5 ans par 5e.
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- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon.— Dissolution, à partir du 1er janvier, de la Société Paccaly frères, teinturiers, rue Bossuet, 27. — Liquid. : MM. Jean-Marie et Gabriel Paccaly. — Acte du 8 janvier.
- ------——-=ooo- 1 —•-------------
- BIBLIOGRAPHIE
- AGENDU DU CHIMISTE POUR 1887
- A l’usage des ingénieurs, physiciens, chimistes, fabricants de produits chimiques, pharmaciens, essayeurs de commerce, distillateurs, agriculteurs, fabricants de sucre, teinturiers, photographes, etc.
- « Voici un petit livre qui rendra service aux chimistes », disait M. Wurtz en présentant au public la première édition (1877) de V Agenda du Chimiste. Les auteurs, en faisant paraître aujourd’hui l’édition de 1887 de cet utile ouvrage, ont voulu se tenir à la hauteur de leur programme: un remaniement très important distingue cette édition de ses aînées.
- La table des matières ci-après donne un aperçu des matières traitées dans cet ouvrage :
- Chapitre 1. — Documents physiques et mathématiques :
- Conversion des mesures. Thermométrie. Dilatation. Barométrie. Tensions de vapeur. Détermination des densités. Aréométrie. Eudio-métrie. Densités des solides, liquides et gaz. Densités des solutions. Chaleur. Lumière. Solubilité des gaz.
- Chapitre II. — Documents relatifs à la chimie pure :
- Corps simples. Analyse par la voie humide. Analyse par la voie sèche. Analyse spectrale. Analyse des gaz. Analyse quantitative. Propriétés des corps. Solubilités.
- Chapitre III. — Renseignements relatifs à la chimie appliquée et à l’industrie :
- Eaux. Métallurgie, métaux et alliages. Grosse industrie chimique. Manganèses, chlorométrie et blanchiment. Verrerie, céramique, porcelaine, poteries, faïences. Combustibles et éclairage. Matières explosibles, poudres. Matières grasses. Sucre et fécule. Agriculture. Alcools, vins et vinaigres et bières. Tannins. Papiers, fibres textiles. Lait. Urine. Photographie. Couleurs. Recettes diverses.
- Adresser les demandes au bureau du journal. Moindre timbres-poste ou mandat de 3 francs pour recevoir franeo par retour du courrier.
- Traité théorique et pratique des manufactures et ateliers dangereux, insalubres ou incommodes (établissements classés), par MM. Henri Porée, avocat à la Cour d’appel de Paris, et Achille Livache, ingénieur civil des mines, inspecteur des établissements classés. — Paris, 1887, in-8, 698 pages. Prix, 10 francs, franco 10 f. 60.(Adresser mandat-poste avec la demande au bureau du journal.)
- On sait que les divers établissements industriels sont souvent insalubres ou incommodes ; les odeurs qu’ils exhalent, les eaux infectes qu’ils répandent, les vapeurs ou fumées qu’ils développent, le bruit qui s’y produit, les dangers d’incendie qu’ils présentent, peuvent en rendre le voisinage désagréable et même dangereux. Aussi, pour donner satisfaction aux plaintes légitimes soulevées contre ces établissements et pour pro-téger les industriels contre les réclamations sou vent injustes (de voisins inquiets ou jaloux, il a pasu nécessaire de réglementer les conditions dans lesquelles ces établissements pouvaient être autorisés, créés et exploités, et d’indiquer les obligations des industriels à l’égard des voisins.
- Pour résoudres les problèmes multiples qui se posent à propos de ces établissements, il faut, non seulement posséder la science du droit administratif mais être rompu à toutes les questions de chimie industrielle et connaître à fond toutes les industries classés. A ce double point de vue, on peut affirmer que la collaboration de MM. Henri Porée, avocat à la cour d’appel de Paris, et Livache, ingénieur civil des mines, ancien préparateur des cours de chimie industrielle au Conservatoire des asts et métiers, inspecteur des établissements classés de la Seine offre les plus sérieuses garanties.
- Condenser en un traité méthodique et complet toutes les questions relatives aux établissements dangereux, insalubres ou incommodes, faire un livre essentiellement pratique dans lequel les industriels, les membres du conseil d’hygiène, les préfets, les sous-préfets, les maires,les conseillers de préfecture trouveront toutes les indications relatives à la création, à l’autorisation, à la surveillance,à la protection de ces divers établissements ; telle est l’œuvre réalisée par MM. Porée et Livache dans l’ouvrage que nous allons présenter aux lecteurs de ce journal.
- Après avoir fait l’historique raisonné des ré • glements sur les établissements classés, les auteurs commentent, article par article, le décret du 15 octobre 1810, qui forme la base de la législation sur cette matière.
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- Prenant l’établissement industriel à son origine ils indiquent les formalités nécessaires pour obtenir l’autorisation de le créer ; ils énumèrent les conditions qu’il faut imposer pour mettre le voi sinage à l’abri du danger, de l’insalubrité ou de li’ncommodité, et montrent comment doit s’exercer la surveillance sur l’établissement créé ou exploité. Enfin, se plaçant à un dernier point de vue, ils recherchent les limites de la responsabilité de l’industriel à l’égard de ses voisins et déterminent quels sont, parmi les inconvénients produits par l’industrie, ceux que les voisins doivent supporter et ceux contre lesquels ils peuvent réciamer.
- Par cet exposé sommaire, on peut apprécier les services que le traité de MM. Porée et Liva-che peut rendre.
- A l'industriel, il indique les formalités qu’il doit remplir pour créer son établissement ; comment il peut combattre les oppositions faites contre cette création ; quelles sont les voies de recours ouvertes à son profit contre un arrêté qui lui refuse une autorisation ou qui lui impose des conditions trop onéreuses; à quelles obligations il est tenu en cours d’exploitation ; qnels sont les droits que lui confère son titre d’autorisation ; il lui donne enfin la solution de toutes les difficultés qui peuvent s’élever entre lui et ses voisins.
- A l’administration (préfets, sous-préfets, maires, membres des conseils d’hygiène, médecins, pharmaciens, vétérinaires, ingénieurs, architectes), il enseigne comment doivent s'instruire les demandes d’autorisation, dans quels cas cette autorisation doit être accordée ou refusée ; quelles sont les conditions a prescrire pour assurer l’innocuité de l’établissement ; comment doit s’exer cer la surveillance des établissements en exploitation; quand la fermeture en peut être ordonnée; dans quels cas l’industriel peut être déféré aux tribunaux.
- Aux membres du conseil d'Etat^ des conseils de préfecture, aux avocats, il donne un résumé complet de la jurisprudence relative aux établis-sements classés et leur facilite ainsi la solution des questions si délicates qu’ils ont à résoudre ou à défendre.
- L’ouvrage de MM Porée et Livache qui forme, comme on le voit, un véritable Code des établissements dangereux, insalubres et incommodés, est un livre d’érudition et de pratique, qui a sa place marquée dans la bibliothèque de tous ceux qui s’intéressent aux grandes questions d’hygiène industrielle.
- HISTOIRE de LA SAVONNERIE
- Et de ses Matières premières par M. Edouard Moride, chimiste-industriel
- Un volume de 112 pages ; prix : E: fr.
- Envoi franco contre mandat ou timbres-poste adressé au bureau du journal.
- MANUEL du TEINTURIER DÉGRAISSEUR FAR C. BATIFOIS
- 2* édition, revue, corrigée, augmentée d’un appendice contenant de nombreux renseigne-ments, et ornée de 54 gravures sur bois.
- Prix : 1 o francs ENVOI FRANCO CONTRE MANDAT-POSTE DE 10 FR. 60
- Adresser les demandes au bureau du journal.
- GUIDE DU TEINTURIER
- Manuel complet des connaissances chimiques indispensables à la pratique de la teinture
- Par Frédéric Fol, chimiste.
- Un volume avec 91 figures dans le texte, franco, 8 fr. 60.
- En publiant cet ouvrage, l’auteur s’est proposé de répandredans la population ouvrière qui soc cupe des travaux de teinture, les connaissance nécessaires des sciences sur lesquelles est basée cette industrie.
- TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES
- du Blanchiment et de la Teinture du coton
- S ivi du Dégommage et de la Teinture de la RAMIE
- par Adolphe RENARD
- Docreur ès sciences Professeur de chimie à l’Ecole supérieure d’industrie de Rouen
- Un beau volume broché de 436 pages, avec figures dans le texte et un Album de 83 échantillons.
- Envoi franco contre mandat-poste de 20 fr. Adresser les. demandes, accompagnées du montant, au bureau du journal.
- TRAITÉ PRATIQUE
- DU DÉGRAISSAGE ET DU BLANCHIMENT
- Des Tissus, des Toiles, des écheveaux, de la flotte, enfin de toutes les matières textiles, ainsi que du nettoyage et du détachage des vêtements et tentures.
- Par A. GILLET
- Un volume, in-8o. — Envoi franco contre mandat-poste de 5 fr.
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- 31e Année, N 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LA SITUATION COMMERCIALE A LYON.
- HISTOIRE DE LA TEINIURE.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- LES ROULEAUX EN MÉTAL BLANC.
- APPAREIL A TEINDRE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- ROUISSAGE PAR LA DIFFUSION par M. Parsy.
- Le procédé de rouissage du lin et des textiles analogues, revendiqué par M. Parsy, consiste à soumettre les tiges à un courant d’eau chauffée au delà de 100o centigr. sous pression ; c’est, en d’autres termes, l’application au rouissage, de la méthode de diffusion usitée dans les sucreries.
- Les tiges fibreuses sont placées dans des caisses cylindriques, qui sont descendues à l’intérieur des diffuseurs, puis extraites au moyen d’une grue pivotante, lorsque les appareils se trouvent disposés en batterie circulaire, ou bien à l’aide d’un treuil roulant, lorsque les diffuseurs sont en ligne. On peut aussi faire usage de vases intermédiaires pour procéder à un trempage préparatoire à l’eau chaude.
- MACHINE A DÉPLISSER LES TISSUS Par M. Bernot.
- M. Bernot s’est proposé de substituer au pressage des tissus de coton, de lin, etc..
- teints et apprêtés, une opération plus expéditive.
- La machine établie à cet effet comprend deux ou trois rouleaux embarreurs formant frein ; à la suite, un tambour chauffé à la vapeur, percé de trous sur toute la circonférence et recouvert d’une chemise en laine ; enfin des rouleaux d’appel, ou un système de plieuse quelconque. Le tambour, autour duquel l’étoffe chemine sous tension, fournit à l’enveloppe de laine une chaleur humide, qui facilite le déplissage du tissu.
- ÉCHARDONNAGE DES LAINES, ÉTC-Par M. Chemin.
- La méthode a pour but de détruire les matières végétales contenues dans les laines, dans les mélanges de fibres de diverses sortes, telles que soie et coton, laine et coton, etc. Les procédés en usage présentent parfois l’inconvénient d’altérer les substances d’origine animale.
- Au contraire, les produits dont M. Chemin revendique l’application ont pour avantages de simplifier les manipulations et de détruire plus rapidement les matières végétales, sans porter atteinte aux fibres animales. En premier lieu, le bréveté a essayé l’acide fluorhy-drique, obtenu soit à l’état gazeux, soit en dissolution, par la décomposition d’un fluorure naturel, la cryolite.
- L’acide fluorhydrique est très avide d’eau
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- et, pour ce motif,attaque vivement les pailles, chardons et, en général, tous les végétaux ; cet acide est, en même temps, assez volatil pour qu’après un lavage à l’eau, il soit superflu de désacidifier les fibres, comme on est obligé de le faire dans les traitements à l’acide chlorhydrique ou à l’acide sulfurique.
- M. Chemin a reconnu ultérieurement que les acides chromique, chlorique, borique, acétique et oxalique, que les chlorures de magnésium et d’étain et enfin les aluns se comportent comme l’acide fluorhydrique
- TRAITEMENT DE LA RAMIE Par MM Frémy et Urbain.
- La ramie est livrée à l’industrie de la filature sous forme de lanières, plus ou moins brunes, suivant la provenance. Cette teinte est la coloration d’un épiderme, qu’il importe d’enlever préalablement au dégommage,afin de dégager aisément le « liber ».
- Pour effectuer ledit traitement, que MM. Frémy et Urbain qualifient de « libérien », ces inventeurs se bornent à faire bouillir les « lanières » pendant quelques minutes dans une dissolution étendue de carbonate de soude. La pectose se dissout et un simple lessivage suffit ensuite à détacher l’épiderme, des fibres textiles.
- Pour la lessive, MM. Frémy et Urbain revendiquent la substitution de l’oléate de soude à la soude caustique. Non seulement l’oléate facilite le dégommage, la dissociation des fibres, mais cet ingrédient permet :
- 1: De blanchir la ramie sans faire intervenir le chlore ;
- 2- D’augmenter la souplesse et le brillant des fibres.
- Un autre avantage de l’oléate de soude est d’éliminer complètement et, par conséquent, de rendre inutile le bain d'acide chlorhydrique, habituellement employé en vue de cette élimimination.
- Suivant la destination de la ramie, le lessivage s’effectue sous la pression atmosphé
- rique ou sous une pression élevée, et assure un dégommage complet.
- LA SITUATION COMMERCIALE A LYON
- En somme toute, il y a un bon courant d’affaires qui serait infiniment meilleur sans tous les bruits de guerre qui circulent. Teinturiers en flottes et en pièces, travaillentcon-venablement, et seraient débordés dans ce moment, si les affaires n’étaient suspendues par les faux bruits répandus à profusion à propos d’une guerre européenne qui n’aura jamais lieu.
- On constate que les produits lyonnais, je parle des étoffes soie pure ou soie et coton, tiennent vaillamment la tête aux produits étrangers similaires.
- Sous le rapport des articles riches, Lyon tient absolument le haut du pavé. Quant aux articles vulgaires, après s’être laissé déborder un instant par les produits allemands, même à Lyon, pour le bas prix, Lyon reprend son rang, et c’est là, sans chauvinisme, qu’est la véritable guerre de l’avenir sur le terrain commercial. Les produits allemands sont battus à Lyon et dans le Levant. Je parle de ce qui concerne les produits inférieurs ; on ne veut plus des produits de nos voisins d’Allemagne.
- En ce qui concerne ceux d’outre Manche, il n’en est pas de même, pour certains genres de velours et pour les articles de peluches, ils sont toujours les maîtres de la situation, même à Lyon.
- Marius Moyret,
- (Reproduction interdite.)
- HISTOIRE DE LA TEINTURE A TRAVERS LES AGES
- # Dès longtemps avant J.-C. l’industrie de la soie a été pratiquée dans la Chine, où l’impératrice Yas apprenait (2698 ans avant l’ère
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- chrétienne), l’art d’élever des vers à soie et celui d'en approprier les fils à la confection du vêtement.
- Plus tard les connaissances des Chinois passèrent dans la petite Boukarie (110 ans avant notre ère) ; d’après M. D. Quatrefages, une princesse de la dynastie de Han, fiancée à un roi du Khotan, ayant appris qu’il n’y avait dans ce pays ni mûriers, ni vers à soie, ne craignit pas, au péril de sa vie, de cacher des graines de mûrier et des œufs de ver à à soie dans sa coiffure (Ici l’histoire nous paraît un peu tourner à la légende, car il fallait pour procéder par ordre donner aux mûriers le temps de pousser et d’avoir des feuil -les avant d’élever des vers à soie, dont l’éclosion est impitoyable lorsque vient le printemps.)
- Les gardes n’osèrent déranger la coiffure de cette grande dame ; tout arriva à point : mûriers et vers à soie prospérèrent rapidement dans cet élat du centre de l’Asie et de là se répandirent dans l’Inde et dans la Perse.
- Ici j’ouvre une parenthèse, qui intéressera certainement plus d’un des lecteurs du midi da la France, qui suivent attentivement le Moniteur de la teinture, et qui tout en étant teinturiers, font en même temps de la sériciculture.
- Malgré la concurrence forcée de la soie de Chine et autres pays de l’Extrême-Orient, les soies de pays resteront toujours les premières au point de vue de la qualité.
- Les races de pays se sont relevées, grâce non seulement à la valeur incontestable des travaux de M. Pasteur, mais encore à une meilleure culture du mûrier.
- Il faut bien faire attention que la culture intensive et non soignée de cet arbre finit par donner une feuille appauvrie et non nutritive, qui ne saurait conduire à bien, des éducations de races, même très vigoureuses et très saines.
- Et cela est tellement vrai,qu’habitant Tour-non en 1876, j’ai fait une éducation de vers à soie sans prendre le quart des précautions
- des fermiers, mes voisins, et que j’eus une récolte magnifique, là où mes voisins échouèrent, et avec les mêmes graines prises dans le même lot.
- Mais ce que j’avais sur eux comme avantage, c’était d’avoir à ma disposition vingt-quatre vieux mûriers dont la feuille n’avait pas été ramassée depuis huit ans.
- L’art de la teinture ayant été pratiqué dans les temps les plus reculés, dans les pays de l’Extrême-Orient, Inde, Chine et Perse, et dans l’Orient, Egypte, Syrie et Phénicie, la teinture de la soie a suivi naturellement celles des autres fibres textiles employées à cette époque.
- Elle est même restée stationnaire jusqu’à nos jours; mais que l’on y prenne garde,avant peu de temps, les voyageurs trouveront dans ces pays des teinturiers outillés à la moderne, voire même éclairés à la lumière électrique.
- Les brahmanes conservent dans les pagodes des reliques de la plus haute antiquité et ornées de soie teinte. Il y en a des spécimens au Palais du Commerce, à Lyon.
- La teinture de la soie a donc nécessairement son berceau en Chine, pays qui nous a a devancés pour l’emploi de la boussole, de la poudre à canon, de la porcelaine, etc., etc., et peut-être ce qui est mieux pour l’agriculture raisonnée qui deviendra un jour l’annexe forcée des grandes usines qui tendent de plus en plus à s’établir dans les banlieues des villes ; les moyens d’existence devenant trop coûteux pour les ouvriers et même les employés dans les grands centres, et la concurrence augmentant, il devient de plus en plus impossible d’augmenter les salaires.
- Avant que la vieille teinture ne s’éteigne en Chine, dans les Indes, en Birmanie, etc., et ne suive celle d’il y a trente ans à Lyon (je me rappelle encore le temps fortuné où écolier, j’allais dans les heures de repas voir découper, dans la rue de la Vieille, à Lyon, le bois de Campêche, par des ouvriers, à l’Her-minette, au milieu de la rue; aujourd’hui,
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- il faut avoir vu ces puissants outillages, perfectionnés, comme chez MM. Gillet et fils, où dans leur seule usine de Lyon, il y a douze chaudières à vapeur représentant 900 chevaux de force, pour comprendre l’importance prodigieuse de la teinture en soie à Lyon), jetons un coup d’œil sur ce qui s’y passe, et qui nous représente un passé séculaire. Je parle d’après des voyageurs qui ont vu et récemment.
- Les Chinois teignent la soie par petites quantités dans des appareils primitifs, comme ceux de nos vieux teinturiers de Lyon. L’emploi de la vapeur et des appareils mécaniques, qui y étaient inconnu il y a peu de temps, commence cependant à pénétrer peu à peu.
- La main-d'œuvre y est à rien, trois sous par jour suffisent pour un ouvrier, quinze francs par mois pour un employé. Tous sont heureux dans ces conditions, car grâce à la sobriété on vit avec un sou de riz par jour. Les locaux ne sont pas chers, la place et la rue suppléent aux bâtiments, et la solidité des couleurs (aujourd’hui cela se gâte par l’invasion des couleurs d’aniline) permet de sécher en plein air et au grand soleil.
- Il se fera certainement un retour en Europe, en faveur des anciennes et grandes couleurs dites de grand teint, moins éclatantes, mais plus solides que celles d’aniline ou autres artificielles, employées de nos jours, principalement pour les articles d’ameublement ou de durée, tels que le châle tapis.
- Et encore les Chinois ont-ils des coloris magnifiques dans leurs vieilles teintures, de même les Hindous pour les châles des Indes.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- Erratum (numéro du 20 février) :
- Page 39, ligne 7, lire bassine au lieu de bassin.
- Page 40, ligne 38, lire une gamme au lieu de ganne.
- Page 41, ligne 25, lire bouilleur au lieu de bouillon.
- Page 41, ligne 31, lire entraînement au lieu d’enchainement.
- Le moteur complétera avec les transmissions le matériel de l’usine. Le moteur vertical est préférable à tout autre, il est placé de façon à pouvoir mettre facilement en mou-i vement tout l’outillage de l’atelier, essoreuses, boite à nettoyer, cylindres, etc.
- PRODUITS DIVERS EMPLOYÉS POUR LE NETTOYAGE LA TEINTURE ET L’APPRÊT DES ÉTOFFES.
- Pour les nettoyages, on peut employer [ toute espèce de savon, pourvu qu’il ne laisse 1 pas d’odeur dans l’étoffe après rinçages ; les savons de pulpe remplissent les conditions voulues par leur qualité et la modicité de leurs prix. Pour l’employer on en fait fondre dix kilog. dans cent litres d’eau bouillante, il doit être employé à froid ; pour faire un bain de savon on ajoute un seau d’eau tiède à un seau de cette dissolution, il est nécessaire d’en avoir toujours un tonneau de dissout à l’avance.
- On prépare ainsi les bains de carbonate de soude, dix kilog. de carbonate dans cent litres d’eau bouillante, trois ou quatre litres, c’est-à-dire la valeur d’un cassin de cette dissolution dans vingt litres d’eau, donnent un bain de carbonate ordinaire.
- Un bain d’ammoniaque est ainsi fait, la valeur d’un cinquième de litre suffit dans vingt litres d’eau, pour nettoyer les articles noirs.
- Les bains d’avivage ou piquage sont préparés avec l'acide sulfurique, chlorhydrique ou acétique, la valeur d’un verre ordinaire pour cinquante litres d’eau a peu près.L'acide sulfurique sert pour le piquage des lainages clairs et foncés, l’acide chlorhydrique pour les noirs et les rouges à la cochenille ; l’acide acétique pour les cotons à fleurs, imprimés et autres,
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- se. co
- GOMMAGE, OU APPRÊT DES ARTICLES NETTOYÉS, PERSE, CRETONNE, COSTUME TOILE ET ARTICLES LAINE ET COTON CLAIR.
- Ce genre d’apprêt fait à la fécule ou à l’amidon cuit doit être souple sans être mou, et quelquefois un peu ferme, sans être cassant ; pour cela, on ajoute à l’amidon une fois cuit et encore bouillant à peu prés cents grammes de cire blanche et cinquante grammes de borax (borate de soude) par dix litres d’amidon cuit. Il faut cinq cent grammes d’amidon bien délayé dans deux ou trois litres d eau froide, jusqu’à ce qu’on obtienne une liqueur unie sans grumeaux, on jette vivement cette préparation dans dix litres d’eau bouillante, soit dans une petite chaudière en ébulition, soit dans la même quantité d’eau bouillante, on remue pendant cinq minutes, on ajoute borax et cire, on remue à nouveau et on passe au torchon ou au tamis pour s’en servir ; on ajoute la quantité d’eau froide nécessaire pour obtenir la fermeté d’apprêt qu’on désire, avec de l’attention on arrive à avoir juste et toujours l’apprêt régulier, l’article doit être bien lisé, légèrement tordu à la main et passé à l’essoreuse, puis bien battu et mis au large à l’air ou au séchoir.
- GOMMAGE DES ARTICLES FONCÉS
- Cet apprêt se fait à la gélatine blonde ou brune, de la même manière comme emploi que l’amidon ; 500 gr. de colle dans 10 litres d’eau constituent un apprêt très fort ; pour dissoudre plus facilement, il faut faire tremper la colle 12 heures à l’eau froide ; on la jette ensuite dans l’eau chaude, où elle se dissout instantanément.
- L’article doit être bien battu en sortant de l’essoreuse pour éviter les placages de colle, surtout dans l’hiver et gommer tiède.
- Si le tissu plaquait, il n’y aurait qu’à fouler l’article à l’eau chaude, regommer légèrement et étendre bien au large.
- APPRÊT a la glycérine et a la glucose
- Cet apprêt est le meilleur connu jusqu’à ce
- jour ; il est le moins cassant ; on l’obtient en dissolvant 350 gr. de glucose et 150 gr. de glycérine dans 10 litres d’eau ; il convient parfaitement aux soieries, aux popelines, aux lainages ; il est absolument souple, donne de la main aux étoffes ; il peut être comparé à l’apprêt du neuf. Il est très peu connu des teinturiers dégraisseurs.
- EAU DE JAVELLE
- L’eau de Javelle est employée potr blanchir les cotons, toile, cretonne, etc., et javeler les soies teintes noires. On la prépare ainsi :
- Pour 200 litres de Javelle,
- 1- 100 litres d'eau dans laquelle on dissout 20 kilos de carbonate de soude dans un premier tonneau;
- 2’ 100 litres d’eau dans laquelle on a ajouté 7 kilos de chlorure de chaux, dans un second tonneau ; on laisse bien dissoudre et reposer, on verse les deux liqueurs dans un tonneau de 200 litres, on laisse reposer du jour au lendemain et le liquide est clair; cette javelle doit peser 6 à 7* au pèse-sels ; on peut l’employer aussitôt fabriquée.
- Trois ou quatre litres de cette eau de Javelle sont suffisants pour faire un bain de 50 litres d’eau ; il peut démonter les écrus, les écrus, les bleus et rouges en coton ordinaire, etc ; il est nécessaire de bien rincer à chaud les articles qui sortent de la Javelle.
- On peut javeler bouillant pour les articles difficiles à blanchir.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- ' Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Dissolution de l'indigo pour la cuve d'Inde ou pour la cuve allemande.
- Dans un moulin d’une contenance de 200
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- litres d'eau, mettre 20 k. d’indigo en pierre et faire tourner les meules jusqu’à ce que l’indigo soit bien pulvérisé. (On se sert du liquide obtenu.)
- Observations. 1
- Deux causes seules empêchent les cuves de marcher. f
- 1* Le défaut de fermentation. }— Dans ce cas, tout en portant bleu, ayant le bain vert ou bleu, suivant l’excès de chaux, elles ne travaillent pas. Il ne s’agit que d’user la chaux excitant la fermentation.
- Pour toutes les cuves en général, tous les moyens sont bons, on peut employer du vo-nède, du pastel, des brevets de gaude, du son et de la garance. Mettez 5 à 10 sceaux d’eau d’urine par cuve, diminuez la chaleur, tout cela est bon et convient autant aux cuves d’Inde qu’aux cuves allemandes, puisque c’est par le même principe que ces cuves marchent.
- Ce principe est la fermentation qui doit être tenue dans un juste milieu.
- Dans les cuves allemandes, la fermentation a un rôle de moins à jouer que dans les autres ; elle trouve du gaz acide carbonique tout formé, voilà la seule différence.
- 2- L'exees de fermentation, — Ce gaz fait couler la cuve par putréfaction et il n’y a plus de ressources pour les cuves dans cet état.
- Dans les cuves allemandes, le carbonate de soude en excès fait disparaitre aussi l’indigo parce que, n’étant plus en rapport avec l’oxygène de cette matière, il s’attaque à son colorant. Voilà pour les causes naturelles.
- Il y eu a d’autres qui tiennent à la manière de conduire les cuves, soit d'ètre trop pressé à y mettre de la chaux, à travailler dessus et à remettre de l’indigo.
- Il faut surveiller les cuves, ne pas s’épouvanter, les bien laisser revenir, mettre peu de chaux à la fois et rester 3 ou 4 heures sans les regarder, car si l’on a toujours les yeux dessus ou si on les clapotte sans cesse, on ne
- peut voir les progrès, il semble qu’elles ne changent pas.
- (A suivre) (Reproduction interdite.)
- -------r—n-tD-a 3—1
- LES ROULEAUX EN MÉTAL BLANC
- Note de M. Jos. Dépierre.
- L’industrie de la toile peinte consomme annuellement des quantités considérables de métal pour la fabrication des rouleaux d’impression.
- Le cuivre est à peu près le seul métal employé. Il est relativement cher et immobilise des capitaux énormes. On s’est donc déjà depuis longtemps appliqué à trouver un métal remplissant les mêmes conditions, mais coûtant beaucoup moins cher et avec lequel on puisse, sans modifications notables, employer les procédés de gravure actuellement en usage.
- Rappelons en passant les essais tentés dès 1831, à Paris, par un Anglais. L’alliage était composé de zinc, d’étain ou d’antimoine, mais ce métal était trop dur et cassant.
- MM. Letellier et Verstraet, de Paris, ont essayé en 1878 le caoutchouc durci. La substance par elle-même eut pu être applicable, mais les procédés de gravure devaient être complètement modifiés.
- L’essai le plus heureux a été celui fait par M. Th. Schlumberger et est relaté en détail dans vos Bulletins (année 1874, pages 116 et suivantes). Il a été appliqué en grand, et quelques fabriques d’Angleterre, entr’autres la maison Ledeboer frères, à Broad-Bottom, l’emploient presque exclusivement.i
- Le procédé consiste à recouvrir des rouleaux de fonte d’une couche de cuivre par dépôt galvanique et à graver ensuite à la manière ordinaire.
- Dès 1883, M. Spiral, ingénieur à la fonderie de canons de Bourges, et moi, avions analysé
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- une série de rouleaux, et les résultats acquis (voir Bulletin de 1883, pages 217 et suivantes) nous ont amenés à essayer diverses compositions beaucoup moins chères que le cuivre. J’ai continué seul ces travaux et après maintes tentatives infructueuses, j’ai obtenu d’assez bons résultats avec le zinc allié à de minimes quantités d’étain.
- Une des principales difficultés résidait dans la coulée uniforme de ce métal qui, comme on le sait, est très capricieux et se modifie facilement sous l’influence de très petites quantités de corps étrangers, notamment de l’arsenic, dont il est très difficile de le débarrasser complètement.
- Des coulées en grand m’ont prouvé que la fonte d’un rouleau avait toutes chances de réussite en observant certaines précautions que je n’indique ici que sommairement. Ainsi, il faut avant tout une forte masselotte, puis procéder à un refroidissement rapide sous l’action d’une pression considérable. Le martelage n’est pas indipsensable. (1)
- Le premier rouleau a été fait en 1883, dans l’usine de MM. Steinlen et Ducommun, à Mulhouse, et présentait deux ou trois soufflures. A part ce défaut, le métal a parfaitement rendu à l’impression.
- J’ai ensuite essayé chez d’autres fondeurs, entr'autres M. Bouillant, à Paris.
- Ce second rouleau a subi plusieurs gravures dont la dernière, encore sur le rouleau, a imprimé un certain nombre de pièces que, malheureusement, je ne puis préciser (les essais d’impression ayant été faits sur des doubliers d’inégale longueur).
- Les bords du rouleau ont été limés pour mettre à nu le vrai métal, car le rouleau par lui-même a absolument l’apparence d’un cylindre en cuivre.
- Parmi les objections que peut soulever
- (1) L’emploi de l’acide carbonique solide, appliqué dans des circonstances analogues dans l’usine Krupp, serait à essayer.
- l’emploi de cet alliage, une des plus sérieuses est le défaut d'adhérence du dépôt de cuivre. Alors que l’on ne savait pas encore bien mener un dépôt galvanique, cette objection était fondée ; mais aujourd’hui il n’en est plus de même, surtout dans notre cas, et par plusieurs raisons : d’abord les procédés galvaniques ont été améliorés notablement et notre mode de gravure est sans influence sur le dépôt, tandis que primitivement la gravure se faisait sur le dépôt galvanique.
- C’est à l’impression que la couche de cuivre peut être influencée ; or, dans beaucoup de gravures qui se font aujourd’hui, on galvanise les rouleaux plusieurs fois même pour obtenir des intensités différentes, et le dépôt tient parfaitement à l’impression.
- Voici le mode opératoire suivi : le rouleau, tourné au diamètre nécessaire, est gravé par les procédés ordinaires, soit à la main, à la molette ou au pantographe (avec quelques légères modifications dans la manière de ronger).
- Pour la molette, il n’y a qu’à observer qu’il faut donner au molettage une pression un peu moindre, toutes circonstances de gravure, profondeur, etc., étant égales.
- Le rouleau terminé en gravure est bien poli; on le recouvre ensuite d’une légère couche de cuivre et après les opérations de polissage, il est prêt pour l’impression.
- Le bain employé qui donne d’exellents résultats est le suivant :
- Bain galvanique pour cuivrer V alliage de zinc.
- 500 grammes cyanure de potassium ;
- 350 grammes verdet raffiné ;
- 200 grammes ammoniaque ;
- 25 litres eau distillée.
- On dissout le cyanure dans 20 litres d’eau. Le verdet et l’ammoniaque sont dissous à part dans 5 litres restants.
- La liqueur doit avoir une couleur analogue à celle du vin blanc, sinon il faut ajouter un peu de cyanure : le bain est alors prêt.
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- Le rouleau gravé, bien poli, est légèrement frotté de bonne huile d’olive,puis plongé dans le bain. La couche d'huile qui,de prime abord, semble inutile et même nuisible, forme une espece de tamis et empêche la, précipitation trop rapide du cuivre. Il s’ensuit que celui-ci est d’autant plus divisé et par conséquent plus adhérent.
- On plonge donc le rouleau dans le bain en ayant soin de fermer hermétiquement les deux orifices au moyen de manchons coniques de fonte, garni de lames de caoutchouc. Le courant est donné par dix piles Bunsen ou toute autre pile. Le pôle zinc est relié au rouleau, et au pôle charbon est adaptée une plaque de cuivre.
- Le rouleau est placé dans un réservoir en fonte et doit plonger d’au moins 7 à 8 centimètres dans le liquide ; la plaque doit avoir 5 à 6 centimètres d'écartement du rouleau. Après un quart d’heure de séjour dans ce bain, on sort le rouleau et on le nettoie bien avec de la pierre ponce en poudre impalpable. On le lave bien à l’eau et on le remet dans le bain ; le rouleau est suspendu a une traverse en bois, de façon à pouvoir être sorti et retourné au bout de quelques heures. Il faut de quinze à dix-huit heures pour donner une couche de 6100 à 10100 de millimètre, ce qui est largement suffisant. Je n’ai pas dépassé cette limite, craignant de modifier les contours de la gravure, ce qui avec l’épaisseur indiquée n’est pas encore sensible.
- Autre bain. (I)
- 10 litres eau distillée ;
- 350 grammes sulfate de cuivre ;
- 1500 grammes sel de seignette;
- 800 grammes soude caustique à 50 0[0 de soude.
- Une autre objection que l’on peut faire est le coût et les difficultés qu’entraînerait une
- (1) Ces deux formules ont été pratiquées en grand et m’ont été obligeamment communiquées par M. F. Stork.
- installation pour le dépôt galvanique. Je ne crois pas que l’on puisse s’arrêter à cette con-sidération, le coût d’une installation étant par lui-même peu élevé et celle-ci pouvant servir dans beaucoup d’autres cas.
- Une des défectuosités de cet alliage est le manque relatif de ténacité du métal, eu égard à celle du cuivre rouge. On sait qu’un fil de cuivre de deux millimètres de diamètre se rompt sous un effort de 137 kilogrammes, tandis qu’il ne faut que 50 kilogrammes pour amener la rupture d’un fil de zinc de même diamètre.
- Dans les rouleaux à manchon comme ceux destinés à l’impression des foulards ou des grands meubles, ce défaut est moins sensible dans les petits rouleaux de 40 à 50 centimètres de circonférence, parce que l’on ne mandrine pas aussi fortement.
- Du reste, il est à remarquer que le rouleau à clavette, très employé, n’a pas besoin d’un mandrinage aussi énergique que le rouleau à tube lisse.
- L’expérience seule peut montrer jusqu’à quel point cette objection est fondée. Nous supposons que l’on pourrait y remédier sans grands frais, en adaptant une bague en cuivre au grand orifice du rouleau. Il est évident qu’avec des mandrins fixes, l’écueil serait évité, mais ces derniers occasionneraient une dépense considérable, à laquelle peu d’industriels pourraient se décider.
- Les avantages que présenterait ce système se résument en une diminution considérable dans le poids, diminution due à la différence de densité, celle du cuivre étant 8,88, celle du métal blanc 7.
- Le rouleau déposé à la Société industrielle avait à l’état neuf :
- Longueur.................... 90 centimètres
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- Diamètre intérieur ....---------millimètres 100
- Epaisseur de métal.. . 25 millimètres Poids 61 kg 600
- Le même rouleau en cuivre pèserait 78 kilo-
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- CO as
- grammes, d'où une différence de 16 kg 400, soit environ 19 %. Pour le maniement des rouleaux et leur mise en machine, cet écart de poids constitue une grande facilité, et occasionne beaucoup moins de fatigue à l’ouvrier.
- La question de prix, une des plus importantes, est, malgré le cours extraordinairement bas du cuivre, encore très favorable.
- Ainsi, en prenant pour base le rouleau ci-dessus, il coûterait :
- Au prix de 180 fr. les 100 kilogr. fr. 140 40 » 170 » 132 50
- Ces prix n’ont peut-être pas été pratiqués; nous les prenons seulement à titre de terme de comparaison. Le même rouleau en métal blanc, qui revient aujourd’hui à environ 55 francs les 100 kilogrammes, auxquels nous ajoutons 50 francs de frais de fusion, tour, etc., par 100 %, soit 105 francs (les frais de fusion pour le cuivre, qui fond a 10920, sont inévitablement plus élevés que ceux occasionnés par le métal blanc, qui fond a environ 420°), le même rouleau en métal blanc coûterait fr. 64 70.
- Cuivre..............fr. 132 60
- Métal blanc.................. .. 64 70
- Différence....... 67 90 soit un écart de plus de 45 %.
- La dépréciation sur le vieux cuivre est d’environ 35 à 40 %; celle sur le vieux métal blanc d’environ 50 à 65 %. Malgré cet écart considérable, la différence entre les capitaux engagés, amortissement et intérêts comptés, serait encore en faveur du métal blanc.
- Ces essais ne sont qu’un premier pas dans cette nouvelle voie, et si nous vous en avons entretenus, c’est que par les résultats que nous avons déjà obtenus, nous croyons à l’application de ce système, si ce n’est d’une façon générale, au moins partielle, comme par exemple pour l’impression des papiers peints, pour les grands rouleaux de cravates ou de meubles, et peut-être aussi pour les rouleaux de plaquage.
- Les grandes difficultés sont surmontées,
- et il suffirait, à notre avis, de quelques essais pour arriver à des résultats tout à fait satisfaisants.
- APPAREIL A TEINDRE de MM. OBERMAIER et Cie.
- MM. Obermaier et Cie, de Lambrecht, ont envoyé à la Société industrielle de Mulhouse, par l’entermise de M. Scheuerle, de Bisch-willer, un modèle réduit de l’appareil à teindre les matières textiles, pour lequel ils ont pris un brevet d’invention ; cet appareil est accompagné d’un mémoire explicatif de M. Scheuerle.
- Le comité de mécanique a chargé MM. Paul Heilmann et Alfred Bœbinger, d’étudier cet appareil et de présenter un rapport à ce sujet.
- Voici le texte de ce rapport :
- Depuis longtemps l’esprit inventif des ingénieurs et des industriels s'est appliqué à l’étude des machines destinées à la filature, au tissage, à l’impression et aux autres opérations exigées par le travail des matières textiles.
- Si l’on admire aujourd’hui le degré de perfection auquel on est arrivé dans ces différentes machines, tant au point de vue de leur construction que du travail qu’elles peuvent produire, on est obligé de reconnaître que pour bien des branches de fabrication, notam -ment pour la teinture des laines en toison, les procédés connus ne répondent pas encore aux conditions exigées pour le traitement subséquent de ces matières au point de vue de la facilité de la fabrication et de la production de marchandise de bonne qualité dans les conditions les plus économiques de main-d’œuvre et de diminution de déchets. En effet, aujourd’hui encore les matières textiles à l’état de toisons se teignent d’après les procédés employés il y a plusieurs siècles, procédés que nous n’hésiterons pas à qualifier de barbares, et s’il y •a eu des progrès réalisés, ce n’est guère que dans la partie
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- chimique de ces opérations, tandis que la partie mécanique n’a subi aucune espèce de perfectionnement. Ces matières sont mises, avec le bain de teinture, dans des chaudières chauffées soit à feu nu, soit à la vapeur; le bain est porté à l’ébullition et pendant un temps plus ou moins long des ouvriers les travaillent en les retournant continuellement au moyen de perches et de crochets. Le résultat final de ces opérations est désastreux psur les filaments ; les fibres sont emmêlées, nouées et feutrées ; la préparation à la filature en est d’autant plus difficile, car il est nécessaire de démêler, de paralléliser et d’égaliser toutes ces fibres, qui sont plus ou moins brisées et raccourcies. La température du bain de teinture est toujours inégale ; les parties les plus exposées à l'action du feu et de la vapeur sont trop chauffées et par là rendent la matière dure et cassante, tandis que les autres parties, moins chauffées, n’agissent pas suffisamment. Il en résulte forcément pour les matières teintes une difficulté plus grande à la filature, une proportion plus forte de déchets et comme conséquence une marchandise moins bonne et plus chère.
- Plusieurs inventeurs ont déjà cherché à remédier à cet état de choses déplorable et ont construit différentes machines à teindre. Dans ces machines la matière textile est comprimée de manière à être complètement immobilisée et les différents bains de teinture passent d’une manière continue à travers matière Les différences entre ces machines, basées toutes sur le même principe, se trouvent dans l’agencement des parties de l’appareil et dans la manière de le faire fonctionner.
- L’un des appareils les plus anciens, le plus connu, qui fonctionne encore aujourd’hui, est celui de M. Emile Weber, de Mulhouse, qui, nous devons lui rendre cette justice, a, l’un des premiers, cherché dès 1854 à immobiliser les filaments textiles pendant les opérations de teinture, afin d’éviter le feutrage de ces filaments. L'appareil deM. Weber est destiné
- à la teinture de laine; j’ai déjà eu l’honneur de vous présenter un rapport à ce sujet à l’occasion de l'ouverture d’un pli cacheté déposé par M. Alf. Kœchlin-Schwartz en 1859.
- Cet appareil, que je ne vous décrirai qu’en deux mots, se compose de deux chaudières adjacentes; l’une de ces chaudières est munie d’un double fond percé de trous. La laine est empilée sur ce double fond, puis recouverte d’une plaque également perforée et serrée au moyen d’une vis La deuxième chaudière est destinée à recevoir le bain de teinture. Ce bain est aspiré par une pompe et refoulé de bas en haut à travers la laine, qu’il traverse complètement pour s’écouler de nouveau dans cette deuxieme chaudière. On produit ainsi un courant continu de bain de teinture à travers la laine et l’on fait agir ce courant le temps nécessaire à la teinture. Les opérations se succèdent dans le même appareil en remplaçant les différents bains dans la chaudière destinée à les recevoir.
- MM. Obermaier et Cie, partant du même principe, sont parvenus, après plusieurs années d’essais et de recherches, à construire l’appareil qu’ils ont fait breveter et qu’ils vous soumettent aujour-d'hui.
- Cet appareil consiste en :
- 1* Un récipient cylindrique destiné à recevoir la matière textile;
- 2* Un réservoir pour le bain de teinture;
- 3: Une pompe qui fait circuler le bain ;
- 4* Une essoreuse destinée à essorer la matière continue dans le récipient cylindrique;
- 5- Un ventilateur à air chaud pour sécher cette même matière.
- Le récipient cylindrique, destiné à recevoir la matière textile, se compose de deux cylindres concentriques dont les parois latérales sont percées de trous ; le petit cylindre est ouvert par le bas, tandis que le grand cylindre est fermé par le bas; on empile la matière à teindre dans l’espace compris entre les parois des deux cylindres et on la presse au moyen
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- d’un couvercle assez lourd et d’une vis, de manière à former une masse aussi homogène que possible.
- Les trous du cylindre extérieur sont plus petits que ceux du cylindre intérieur ; leurs diamètres sont sur le rapport de 1 à 5 ; ils sont disposés de façon à ne pas se trouver en regard l’un de l’autre, de sorte que le bain, pénétrant par les trous du petit cylindre, est obligé de se répandre à travers toute la masse de matière a teindre avant de trouver son issue. De plus, 1s surface totale des trous du grand cylindre est au moins égale, sinon supérieure à celle des trous du petit cylindre.
- ÇA suivre.,
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Lille. — Deblon (Armand), teinturier, à Fives-Lille, tant en son nom personnel que comme membre de la Société Deblon en faillite. — Jug. du 11 février. — S. : M. Ruf-felet.
- Lille. —La Société Emile et Julien dit Jules Deblon, teinturiers, à Fives-Lille, et chacun d’eux personnellement.— Jug. du 29 janvier. — S. : M. Ruffelet.
- Lyon. — Thollot (Jean-François), teinturier, sous la raison Thollot, Daix et Cie, à Fontaines-sur-Saône, hameau de Roys.—Jug. du 13 janvier. — S. : M. Rolland.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Compiègne. —Travers (Eugène), fab. d’apprêts pour fleurs, à Cambronne. — fr. 88 c. 0[0. (2e et dernière répartition).
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif J. Servant et Cie, soies, filature et moulinage, rue Lafont, 6. — Durée : 3 ans.— Cap, : 200,000 fr. — Acte du 21 décembre.
- Poitiers. —-Formationdelà Société en nom collectif Iatowski jeune et Loiseau, drogue
- rie, indigo, produits chimiques, etc. — Durée : 20 ans. — Cap. : 50,000 fr. — Acte du 24 janvier.
- Tourcoing. — Formation de la Société en nom collectif Van Winsberghe frère et sœurs, fab. de toiles, blanchiment et teinture des fils, à Halluin. — Durée: 5 ans» — Cap. : 128,038 fr. 40 c.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Despiney et Bajard, fab. d’étoffes de soie, rue Pizay. 17. — Durée : 6 ans.--Cap. : 200,000 fr. — Acte du 10 janvier.
- Cambrai.— Formation de la Société en nom collectif Bricout, Défossez et Picard, teinture et apprêt des tulles et dentelles, au Cateau.
- Durée : 5 ans et 3 mois.- -Cap. : 30,000 fr.
- — Acte du 17 janvier.
- BIBLIOGRAPHIE / —
- AGENDU DU CHIMISTE POUR 1887
- A l’usage des ingénieurs, physiciens, chimistes, fabricants de produits chimiques, pharmaciens, essayeurs de commerce, distillateurs, agriculteurs, fabricants de sucre, teinturiers, photographes, etc.
- « Voici un petit livre qui rendra service aux chimistes », disait M. Wurtz en présentant au public la première édition (1877) de V Agenda du Chimiste. Les auteurs, en faisant paraître aujourd’hui l’édition de 1887 de cet utile ouvrage, ont voulu se tenir à la hauteur de leur programme: un remaniement très important distingue cette édition de ses aînées.
- La table des matières ci-après donne un aperçu des matières traitées dans cet ouvrage :
- Chapitre 1. — Documents physiques et mathématiques :
- Conversion des mesures. Thermométrie. Di-latation. Barométrie. Tensions de vapeur. Détermination des densités. Aréométrie. Eudio-métrie. Densités des solides, liquides et gaz. Densités des solutions. Chaleur. Lumière. Solubilité des gaz.
- Chapitre II. — Documents relatifs à la chimie pure :
- Corps simples. Analyse par la voie humide, Analyse par la voie sèche Analyse spectrale. Analyse des gaz. Analyse quantitative. Propriétés des corps. Solubilités.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Chapitre III. — Renseignements relatifs à la chimie appliquée et à l’industrie :
- Eaux. Métallurgie, métaux et alliages. Grosse industrie chimique. Manganèses, chlorométrie et blanchiment. Verrerie, céram que, porcelaine, poteries, faïences. Combustibles et éclairage. Matières explosibles, poudres. Matières grasses. Sucre et fécule. Agriculture. Alcools, vins et vinaigres et bières. Tannins. Papiers, fibres textiles. Lait. Urine. Photographie. Couleurs. Recettes diverses.
- Adresser les demandes au bureau du journal. Joindre timbres-poste ou mandat de 3 francs pour recevoir franco par retour du courrier.
- HISTOIRE de l* SAVONNERIE
- Et de ses Matières premières
- par M. Edouard Moride, chimiste-industriel
- Un volume de 112 pages ; prix : 55 fr.
- Envoi franco contre mandat ou timbres-poste adressé au bureau du journal.
- GUIDE DU TEINTURIER
- Manuel complet des connaissances chimiques indispensables à la pratique de la teinture
- Par Frédéric Fol, chimiste.
- Un volume avec 91 figures dans le texte, franco, 8 fr. 60.
- En publiant cet ouvrage, l’auteur s’est proposé de répandredans la population ouvrière qui s’occupe des travaux de teinture, les connaissance nécessaires des sciences sur lesquelles est basée 3 cette industrie. ]
- MANUEL du TEINTURIER-DÉGRAISSEU R hr C. BATIFOIS
- 2’ édition, revue, corrigée, augmentée d’un appendice contenant de nombreux renseigne-ments, et ornée de 54 gravures sur bois.
- Prix : 1 O francs
- ENVOI FRANCO CONTRE MANDAT-POSTE DE 10 FR. 60
- Adresser les demandes au bureau du journal.
- TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES
- du Blanchiment et de la Teinture du coton S ivi du Dégommage et de la Teinture de la RAMIE
- par Adolphe RENARD
- Docteur ès sciences Professeur de chimie à l’Ecole supérieure d'industrie de Rouen.
- Un beau volume broché de 436 pages, avec figures dans le texte et un Album de 83 échantillons.
- Envoi franco contre mandat-poste de 20 fr.
- Adresser les demandes, accompagnées du montant, au bureau du journal.
- TRAITÉ PRATIQUE
- DU DÉGRAISSAGE ET DU BLANCHIMENT
- Des Tissus, des Toiles, des écheveaux, de la flotte, enfin de toutes les matières textiles, ainsi que du nettoyage et du détachage des vêtements et tentures.
- Par A. GILLET
- Un volume, in-80. — Envoi franco contre mandat-poste de 5 fr.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 6. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 1887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES AFFAIRES A LYON.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- BLEU FRANÇAIS.
- EXPOSITION DE 1889.
- APPAREIL A TEINI RE (suite).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- GUINDRE POUR TEINTURE EN PIÈCES par MM. Guillon oncle, neveu et Vignet,
- Ce guindre se compose de deux « tourteaux » montés sur un axe horizontal. L’un de ces tourteaux, au besoin tous les deux, se déplacent longitudinalement sur l'arbre qui les supporte et se fixent à l’écartement convenable au moyen de vis de pression.
- Les tourteaux sont munis d’un même nombre de bras rayonnants (six dans l’exemple choisi); ces bras, parfaitement symétriques, présentent, sur la face intérieure, une coulisse en queue d’hironde. Le long de la coulisse glissent des agrafes, destinées à maintenir et à séparer les spires successives de l’étoffe, au fur et à mesure de l’enroulement. Ces agrafes sont de petits blocs en cuivre, portant, d’un côté, une encoche, ajustée sur la coulisse déjà mentionnée, de l’autre, une patte pourvue de deux pointes en dessus et d’une seule en dessous. La pointe inférieure tombe dans l’intervalle des pointes supérieures de l’agrafe précédemment placées sur le même bras.
- La vitésse d’enroulement est assez faible
- pour que les deux ouvriers, chargés de.tendre et de fixer l’étoffe, aient le temps d'enfiler les agrafes successives, au passage des bras, et d’accrocher sur les picots correspondants, la lisière qu’ils dirigent.
- D’après ce qui précède, chaque spire est séparée de la voisine par un intervalle suffisant pour établir la circulation des liquides tinctoriaux qui pénètrent latéralement.
- EMPOIS POUR L’APPRÊT ET LE REPASSAGE par M. Giesser.
- La racine de manioc , destinée à la préparation du tapioca, est lavée, séchée, puis coupée en petits morceaux. Le déchet du coupage est une poudre blanche, très fine de même aspect que la fécule.
- M. Giesser propose de substituer à l’amidon cette poudre ou fécule de manioc, qui coûte moins cher et ne nécessite, lors du repassage du linge, ni l’emploi de la cire ou du suif pour faciliter le glissement du fer, ni l’usage du borax.
- LES AFFAIRES A LYON
- Le courant est décidément à la reprise dans les étoffes en pure soie. Malheureusement les bruits de guerre paralysent ce bon courant Et finalement au lieu d’un mouvement très
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- convenable, nos industriels seraient débordés par les affaires.
- On ne fait en demandes, que l'indispensable, d’une manière ferme, et le restant conditionnellement ; comme je le disais dans le dernier numéro. Or une commande conditionnelle en soierie, c’est comme si l’on n’avait rien. Quel est le fabricant qui ira faire de la nouveauté, dans de pareilles éventualités? Poser la question, pour dus gens du métier, c’est la résoudre.
- Il ressort de cela, malgré ce, que Lyon reprend sa suprématie en soierie. Les tissus allemands sont de plus en plus délaissés. Il reste toujours les genres anglais, qui luttent vaillamment avec ceux de Lyon, comme qualité supérieure et surtout comme prix.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- HISTOIRE DE LA TEINTURE A TRAVERS LES AGES
- {Suil.e.}
- Les étoffes teintes dans les pays de l'Extrême Orient ne nous révèlent que l’emploi de la soie sous la forme cuite ou crue. De nos jours nous retournons dans ces pays des étoffes produites avec leurs soies. Mais prenons garde ; la Chine est à l’affut de tous nos perfectionnements, et nos écoles où nous admettons ses élèves,de même ceux du Japon, nos mécaniciens aidant, il viendra un moment où il y aura déplacement et cù les genres dits bayadères, brochés d’or et d’argent, faux ou vrais, nos tissus légers, non seulement ne se tisseront plus en Europe, mais inonderont l’Europe elle-même.
- Le genre souple n’est pas connu dans les étoffes chinoises. Comme je l’ai dit plus haut, on ne trouve la soie que sous sa forme primitive, c’est-à-dire garnie de son enveloppe naturelle que les uns appellent grès et d’autres gomme, ce dernier nom est très impropre. Les gommes ne sont pas des matières azotées, tandis que le grès l’est. Ne récrimi-
- mons pas trop à cet égard, il y a en matière soyeuse une autre appellation non moins impropre ; celle de graine de ver à soie pour œufs de vr à soie.
- Le genre cuit, que nous verrons p’us loin, était connu des Chinois.
- Quant au genre souple, intermédiaire entre les deux, il a pris naissance à Lyon en 1820, nous y reviendrons.
- Ici j’ouvre une parenthèse; d’après Sidoine Apollinaire, les femmes du gynécée de Léon-tius Pontius, proconsul romain au deuxième siècle, pour la province représentée aujourd'hui par les bords de la Garonne, filaient une trame fauve, destinée à être tissée avec des lames d’or et d’argent, pour l’obtention de tissus riches, d’où il faut conclure, cette trame fauve n’étant autre chose que de la soie grège jaune, que la soie était connue des Gaulois au deuxième siècle, et en même temps faire table rase des légendes qui ont accompagné l'évolution de cette merveilleuse fibre dans les divers pays qui l’ont cultivé dès la plus haute antiquité.
- La soie a donc été connue il y a longtemps dans les Gaules, puis perdue dans les guerres du moyen-âge et enfin retrouvée. Je tiens ce renseignements de notre savant conservateur du musée de l'industrie du palais du commerce de Lyon, M. Bérard, qu’une mort prématurée a ravi à la science il y a quelques années.
- Les couleurs des Chinois ont beaucoup de brillant et d’éclat et surtout de solidité. Elles sont toutes d’origine végétale ou animale, je parle des anciens tissus ; actuellement les couleurs d’aniline envahissent les pays les plus reculés en civilisation. Des racines de la famille de la garance, l’indigo, le vert de Chine (lo kao), le curcuma (celui-ci est solide dans les couleurs combinées, seul il ne l'est pas, et selon l’expression de nos teinturiers, il constitue un déjeuner de soleil),le carthame l’orcanette, les graines prunes, la laque dye (variété de cochenille), divers astringents de ces pays : divividivi, myrobolan, cachou,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- s
- bablah, galle de chine, la cochenille, le kermès, etc., forment la base des teintures. Les mordants à base de fer, de cuivre et d’alumine sont connus. Seule la charge y est inconnue.
- Si les pays asiatiques, en nous donnant la soie, nous ont également fourni ces divers produits, auxquels devaient se joindre plus tard le bois de campêche, dont l’emploi fut défendu sous peine de mort par Elisabeth d’Angleterre, comme couleur de faux teint; le eois jaune, le quercitron, le bois de Brésil et bois similaires, la garance importée en France par le persan Jean Althen, dont Avignon a conservé le souvenir, et auquel elle a élevé une statue, etc.; en place l’Europe a créé toute la famille des matières colorantes artificielles, tirées principalement des dérivés de la houille, et qui s’exportent comme je l’ai dit jusqu’en Chine.
- L’éclat des nouvelles couleurs est incontestablement supérieur à celui des anciennes, sauf pour le carthame. Mais on n’en saurait dire autant de leur solidité. Et il est certain que les nouveaux tissus chinois ne braveront pas les siècles pour la conservation de leurs coloris comme les anciens. Le rapport des délégués de la section lyonnaise pour la teinture nous a révélé, par l’organe de MM. Devege et Vincent, que les chinois avaient d’ailleurs une exposition des mieux réussies,même dans les couleurs artificielles.
- Il est évident que les genres de durée, tels que ceux pour ameublements, dans lesquels excellent par exemple la maison Bresson et Agnès de Lyon, ou pour châles, voudront toujours l’emploi de couleurs solides, moins belles au début que les couleurs artificielles non solides pour la plupart, mais au bout de quelque temps écrasant ces dernières, en se maintenant, quand les dernières toujours, passent et deviennent, que l’on me passe l’expression, pisseuses.
- Je l’ai déjà dit et je le répète, il ne faut pas que l’Occident s’endorme ; le vieil Orient se
- réveille et le progrès se diffuse. Donc méfions nous.
- La soie ne pénétra que fort tard en Europe, d’après ce que l'on nous dit, mais non en conformité avec les écrits de Sidoine Apollinaire, comme culture bien entendu, ou mieux comme production.
- Ce ne fut que quelques années après l’ère chrétienne qu’on la vit pour la première fois à Rome ; elle devint l’objet d’un luxe effréné parmi les patriciens, et atteignit le prix de l’or. Vopiscus nous dit que l’empereur Auré-lien refusa à sa femme une parure en soie, à cause du prix. Ceci soit dit sous bénéfice d’inventaire, car les empereurs romains faisaient assez de folies, et ce sans se préoccuper du coût.
- Jusqu’au règne des Justinien, le fil de soie, venant des Indes, ‘par l’Egypte et la mer Rouge, était manufacturé par les Phéniciens, qui le vendaient sous forme d’étoffes aux Grecs et faux Romains. La célèbre pourpre de Tyr a donc du être employée dans la tein-ture des étoffes de soie.
- Qu’était-ce que cette célèbre pourpre de Tyr, qui finit par tourner à l’état de légende,et qui était devenue l’emblème de la toute puissance, sous les empereurs romains. Et de nos jours encore elle est l’apanage comme couleur de la puissance religieuse, chez les catholiques, je parle de la pourpre cardinalice. On a beaucoup parlé d’un coquillage, d’un murex, que l’on retrouve encore sur les côtes du Portugal, pour son obtention, et dont on a retrouvé les coquilles dans les ateliers d’Herculanum et de Pompéï. Or, lecteurs faites bien attention,ceci est une opinion personnelle, que je considère la pourpre des anciens que comme un garancé éclatant, où les coquillages ne jouaient que le rôle de mordant, remplaçant les bains blancs, huilages, etc.
- Marius Motret,
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.)
- Pour la teinture en noir on emploie sur laine, le noir spécial dit noir de Paris, le bois d’Inde, le bois jaune, le fustet, le quercitron et les mordants ordinaires.
- Pour les marrons en laine, on emploie, l'or-seille, soit en herbe, soit en extrait, le cur-cuma ou terra, le carmin d’indigo, le sulfate d’indigo ou composition.
- Pour les cotons marron, le bichromate de potasse, le cachou, la rouille, le bois d’Inde, le brésil, le bois jaune. Pour les grenats en laine, on emploie l’orseille, l’orcéïne, la fus-chine acide, le rouge solide, la rocceline, le ponceau, etc.
- Pour les verts, l’acide picrique, le curcuma, le carmin d’indigo, le sulfate d’indigo, le vert à l’acide, le bleu de Nicholson, le vert malachite.
- Pour le rouge, le ponceau d’aniline, la cochenille en grains, le rouge solide, l’éosine, la fuschine diamant, la safranine, le carmin de safranum (carthame).
- Pour les violets, le violet de Méthylanilin, le violet de Parme, le violet à l’acide, le violet bleu, le violet rouge, etc.
- Pour les jaunes, le jaune Naphtol, le jaune Martins, le jaune orangé, l’acide picrique, le fustet, le bois jaune, le quercitron, l’épine vinette, etc. Pour les bleus, le bleu de Nicholson ou bleu alcalin, le bleu dé Lille ou bleu marin, le carmin et le sulfate d’indigo.
- Les mordants pour teindre la laine sont : le sulfate de soude, le tartre brut ou bi-tartrate de potasse, l'alun, le sulfate de cuivre, le sulfate de fer, le sulfate de zinc, la rouille ou azotate de fer, la pyrolignite de fer, l’acide sulfurique, etc.
- Le mordant pour teindre la soie en noire est la rouille à 15 degrés environ.
- Les mordants pour le coton sont : la noix de galle, l’acide tannique, l’acide gallique, le cachou, la rouille, la pyrolignite de fer, le sulfate de fer, le bichromate de potasse,
- sumac, l’émétique pour les bleus nouveaux;
- Les dégradants pour la soie sont : le savon chaud, la potasse caustique, le carbonate de soude, l’ammoniaque, l’acide azoti-que, l’acide sulfureux, gazeux ou liquide, la javelle, etc.
- Les dégradants de la laine sont : l’acide sulfureux, l’acide nitrique et carbonate de soude léger.
- Les dégradants du coton sont : la javelle et l’acide nitrique, ce dernier à faible dose, deux degrés environ.
- On emploie aussi le cyanure de potassium pour les taches occasionnées par des sels d’argent ou de mercure, qui empêchent la teinture de prendre et qui laissent les places blanches.
- Dans le numéro précédent, j'ai omis à l’article gommage de signaler un apprêt nouveau liquide, pesant 25 à 30 degrés au pèse-sirop, il est imputrescible et possède un fort rendement, il donne de la main aux vieux articles de laine teints noirs, il rend aux anciennes soies, leur brillant et leur éclat de neuf, il n’est pas cassant comme l’apprêt à la gélatine et la gomme arabique, il n’infecte pas comme la colle de peau dans les chaleurs, on l’emploie à tiède, la valeur d’un kilogr. dans dix litres d’eau donne un fort apprêt pour mouiller aux rouleaux foulard plus de cent articles, robes ou jupes défaites; Monsieur Pingrié, en est le dépositaire, il se vend vers les cinquante francs les cent kilog. Puisque nous parlons du constructeur de la nouvelle machine à apprêter et qui doit faire partie d’une bonne installation d’usine, nous nous faisons un plaisir de renseigner nos lecteurs qui ont bien voulu nous demander des renseignements pratiques sur la marche de cet appareil, et en quoi consiste la différence de celle-ci avec ses concurrentes.
- Comme les autres machines de son genre, elle est munie d’un feutre sans fin, le cylindre est en cuivre chauffé à la vapeur, son diamètre est de 0 m. 80, sa longueur de 1 m. 60, la marche se fait aussi bien en avant qu’en ar-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- rière, la vitesse se règle à volonté, l’arrêt se fait instantanément,la mise en route de même est faite par un système de débrayage des plus facile, une apprentie de quelques jours peut la.faire fonctionner,le bâti en fonte et fer est solide et bien fait, elle se place facilement dans n’importe quel local, elle ne fait aucun bruit, on peut y apprêter soixante ou quatre-vingt robes ou jupes défaites par jour, grâce à l’injecteur de vapeur placé sur le devant de la machine ; cet injecteur humecte légèrement l’article au lieu de le mouiller, ils est par conséquent plus vite sec, un seul tour suffit même pour les articles qui ont des ourlets, on apprête donc de deux façons, soit à sec, soit mouillé, selon les étoffes qu’on a à traiter ; les soies défaites de fantaisie nettoyer à sec et qui ne peuvent se mouiller s’y font à la perfection, l’étoffe à apprêter est engagée par le feutre, elle est humectée par l’injecteur de vapeur, elle tendue et sèchée en même temps. Son passage entre le gros cylindre et un petit cylindre mobile en fonte soumis à la pression graduée remplace le fer à repasser, la pression est régulière et donne à l’article le cachet absolu du neuf. Cette machine a l’avantage de ne pas « friser » les étoffes légères, elle évite donc les retouches des faux plis et les coups de fer inutiles, elle est d’une grande activité en une minute on passe deux mètres d’étoffe, elle est construite de façon à ne jamais se déranger, elle apprête indistinctement, les reps grandes largeurs, le damas de laine, les tissus d’ameublement de soie, le taffetas, la faille, le foulard, les châles longs, cachemire et autres, les draps de n’importe quelle épaisseur,les popelines, les tissus mélangés, les cotonnades, même les crêpes anglais, etc.; elle convient aussi bien à l’ap-prèteur de neuf qu’au teinturier en chiffons, elle marche soit à la pédale, soit au moyen d’une courroie de transmission, une vis héli-çoïdale met en marche tous ses organes, l’entretien en est facile, c’est en un mot une machine coquette, solide, qui a du reste été médaillée aux Expositions de Londres, de
- Paris et de Lyon. Voilà, chers lecteurs, ce que je peux vous dire de la Nouvelle « Sans rivale. »
- Bois d'Inde à employer. — Il doit toujours être dissout à l’avance, l’extrait est préférable aux copeaux qu’il soit liquide ou solide, dix kil. d’extrait solide, dissout dans cent litres d’eau donne un très fort colorant; la valeur de deux seaux de dix litres d’extrait liquide à dix degrés dans cent litres d’eau donne à peu près le même colorant, un seau de cette dissolution dans une chaudière de deux cent litres suffit pour teindre la laine en noir après avoir été mordantée sur le tartre, le sulfate de cuivre et le sulfate de fer.
- Bois jaune. — Il doit être dissout exactement de même que le bois d’Inde et dans les mêmes proportions.
- Cachou. — Dans une chaudière de trente litres d’eau bouillante on ajoute dix kiloge. de cachou, on remue, on laisse bouillir jusqu’à complète dissolution, on passe au tamis pour écarter les feuilles et autres matières qui s’y trouvent, on met le tout dans un tonneou de cent cinquante litres et on remplit d’eau.
- Rouille pour soies à teindre en noir. — Dans une grande barque d’eau ajouter de la rouille ordinaire du commerce, jusqu’à ce que le bain pèse 15 degrés au pèse-acide.
- Rouille pour coton. — Dans une tonne de quatre ou cinq cent litres ajouter de la même rouille, jusqu’à ce que le bain pèse cinq degrés. Ces rouilles formant un dépôt, il faut les tirer au clair tous les mois au moins.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER (Suite)
- TEINTURE EN PIÈCES Noir au bichromate de potasse
- , On passe les pièces dans un bain de :
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- heure ou 5[4 d’heure
- (Reproduction interdite .)
- BLEU FRANÇAIS
- soit jaune ambré ; on 80% puis on entre les
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- ]
- rique jusqu’à ce qu’il chauffe alors à 70° ou pièces.
- On échantillonne une
- Les pièces claires sont reprises sur un fait.
- Les pièces foncées sont reprises sur un fait avec de l’acide chlorydrique àl'ébul-
- 10 bain
- 20 bain
- C. t9
- 3
- 1
- 5 0[0 d’acide sulfurique.
- 8 010 d’acide chlorydrique.
- On chauffe le bain à 450 au maximum et on laisse tourner ainsi 25 minutes.
- Puis on ajoute :
- 3 0[0 de sulfate de cuivre.
- 2 0[0 de bichromate de potasse.
- On ouvre la vapeur en grand et on laisse tourner les pièces pendant deux heures au bouillon. Au bout de ce temps les pièces sont abattues et on les lave à l’eau claire.
- Pour le rabat, après avoir mis dans le baquet, le campêche nécessaire, on tourne le bain avec quelques centilitres d’acide sulfu-
- après la première garniture puis on ajoute le colorant nécessaire pour arriver à l’échantillon.
- Pour le rejet :
- Le bois jaune est uni en 20’.
- Le curcuma est uni en 10’.
- Le campêche est uni en 25’.
- _ /
- Observations :
- lition pendant 15 ou 20 minutes. Si alors les pièces sont claires, on les reprend comme précédemment.
- 3o Quand les pièces sont peu cuivrées, on les reprend sur un bain de chlore à froid.
- 4o Quand les pièces sont trop cuivrées, on les démonte, pour cela on les passe sur un bain contenant 1 kil. d’acide sulfurique pour une pièce de 15 kil. Si les pièces sont encore trop foncées on augmente l’acide ou encore mieux, on les reprend sur un deuxième bain acide.
- Après ce démontage qui dure de 1[2 à 3{4 d’heure, on les reprend comme des pièces écrues sauf le passage à l’acide.
- 5o Les noirs mal unis sont repris sur un
- bain d’environ 500 gr. acide chlorydrique pour une pièce de 15 kil. ; — on rentre les pièces à 70 ou 800, puis on chauffe à l'ébul-tition et on laisse tourner une heure pour échantillonner.
- 6o Les noirs au fer mal unis, sont repris sur un bain d’eau claire contenant 1 ou 2 kil. de tartre et on ajoute s’il est nécessaire du campêche.
- NOIR au FER
- Les pièces qui doivent servir pour faire des noirs au fer, doivent être passées au carbonate et ensuite bien lavées.
- Bouillon pour draps 00 tartre rouge.
- 0[0 sulfate de cuivre (Cus SO3) 010 pyrolignite.
- Bouillon pour mérinos, cachemire
- (Double chaîne, etc.)
- 0[0 tartre rouge.
- 0(0 sulfate de cuivre.
- 0[0 sulfate de fer (FEOSO3).
- 0[0 acide saalique.
- Il faut chauffer le bain à 60° puis entrer les pièces, porter rapidement à l’ébullition , et laisser tourner 2 heures au bouillon.
- Le rabat se fait comme pour les noirs au chrome.
- La maison Max Singer, à Tournai (Belgique), met dans le commerce un nouveau colorant qui donne sur laine, coton, jute, soie, une teinture grand teint ; non seulement le bleu français résiste au savon et au bain de soude, mais l’air n’a aucune action sur cette teinture. On peut frotter la laine et le coton teint avec le nouveau colorant sur du blanc sans qu’il y ait décharge. Tous ces avantages donneront une plase importante à ce nouveau produit. M. Max Singer nous remet trois échantillons : le premier est fait avec 25 gr. de colorant par kilog. de laine ; le deuxième est teint à raison de 20 grammes par kilog.
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- de coton ; le troisième avec 30 grammes par kilog. de coton.
- Le bleu français est le remontage le plus avantageux pour bleu de euve, soit pour ma tière animale, soit pour matière végétale.
- moirage, inconvénient si redouté par les teinturiers. Finalement nous ferons remarquer que le bleu français sera d’une très grande utilité pour le teinturier en chiffon, car il obtiendra un très beau bleu sans devoir employer l’acide qui détériore les coutures.
- Le prix du colorant est de 25 fr. le kilog.
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- EXPOSITION DE 1889
- Par arrêté ministériel du 11 mars, sont nommés membres des comités d’admission, savoir :
- Dans le groupe V, classe 46. — (Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d'im-pression et d'apprêt).
- MM. :
- Chappat (Ferdinand), teinturier sur étoffes.
- Chartier (Alex.), fabricant de rouenneries et lainages en gros, membre de la commission permanente des valeurs en douane, membre des comités d’admission à l’Exposition de Paris 1878.
- Cordier, sénateur, manufacturier, membre des comités d'admission et d’installation à l’Exposition de Paris 1878.
- Deverly (Emile), apprêteur, à Saint-Quentin.
- Esnault-Pelterie, négociant en tissus.
- Guillaumet (Léon), teinturier sur étoffes, président de la chambre syndicale de la teinture, apprêt et blanchiment, membre des comités d’installation à l’Exposition de Paris 1878.
- Journé, négociant en doublures de coton, membre des comités d’admission et d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris 1878.
- Persoz (JD, directeur de la condition des soies et laines à la chambre de commerce de Paris, membre des comités d’admission et d’installation et du jury des récompenses à l’Exposition de Paris 1878.
- Raffard (Paul), négociant-commissionnaire, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers 1885.
- Schutzenberger, professeur au Collège de France, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris 1878.
- Valet (Louis-Romain-Alexandre), fabricant de tissus de laines écrues, ancien juge au tribunal de commerce, membre du jury des récompenses à l’Exposition d’Anvers 1885.
- Groupe VI. — Dans la classe 58 (matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions), entre autres membres.
- MM. :
- Boucheron, professeur, à l’Ecole centrale des arts et manufactures.
- Decaux, directeur des teintures, aux manufactures nationales des Gobelins et de Beau--vais, membre du jury des récompenses à l’Exposition de Paris 1878.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- APPAREIL A TEINDRE
- DE MM. OBERMAIER ET Cie
- {Suite et fin.)
- Voici maintenant comment on manœuvre l’apparei. : le récipient cylindrique, ainsi garni de matière à teindre, est saisi par une grue roulante et placé dans le réservoir contenant le bain de teinture ; l’ouverture inférieure du petit cylindre est adapté et fixée sur celle du tuyau de refoulement de la pompe, puis on met la pompe en mouvement; le bain, aspiré du réservoir, pénètre dans l’intérieur du petit cylindrej traverse la matière à teindre et se déverse de novveau dans le réservoir ; l’opération continue de cette manière pendant le temps nécessaire à la teinture. Pour faciliter l’échantillonnage pendant le travail, le couvercle du grand cylindre est pourvu d'une petite ouverture fermé par un couvercle facile à ouvrir à la main.
- Grâce à la mobilité de ce récipient cylindrique, les différentes opérations de la teinture se suivent presque sans interruption, sans qu’il soit nécessaire de toucher d’aucune manière la matière à teindre. Ainsi, après le mordançage, le cylindre est sorti du bain au moyen de la grue et transporté successivement dans un bain de teinture et ainsi de suite jusqu’à complet achèvement des différentes opérations ; après quoi il est fixé sur l’ouverture du ventilateur à air chaud qui sèche complètement la matière. Cette opération terminée, on enlève le couvercle ; le cylindre est retourné et soulevé, toujours au moyen de la grue, et le matière teinte, lavée et séchée, peut facilement en être extraite.
- L’appareil que nous venons de décrire s’emploie principalement pour la teinture de la laine en toison ; mais il est aussi applicable à la teinture de coton brut et du coton filé, de sorte qu’on peut parfaitement s’en servir ponr teindre les chaînes de coton ourdies en écru.
- Depuis quelque iemps MM. Obermaier se servent aussi de leur appareil pour la teinture
- des laines en indigo au moyen de la cuve au bisulfite, de même que pour la carbonisation.
- Ces messieurs ont aussi modifié leur appareil de façon à pouvoir y teindre les bobines de peigné sans être obligé de les dérouler. Dans ce nouvel appareil les deux cylindres concentriques sont remplacés par un seul cylindre vertical qui s’adapte sur le tuyau de refoulement de la pompe et qui porte autour de lui, perpendiculairement à son axe, une série de petits corps cylindriques recevant chacune une bobine de laine peignée; le diamètre de la bobine est à peu près égal à celui du cylindre qui la reçoit; un couvercle perforé retient cette bobine dans le cylindre. La pompe est mise en mouvement; les bobines sont traversées par le liquide et teintes, puis lavées et séchées sans être déroulées.
- Nous ne suivrons pas l’auteur du mémoire dans les parties de son travail où il étudie les frais d’installation ou d’exploitation d’un établissement de teinture produisant par jour 1200 kilss de coton et 1500 kilos de laine peignée, établissement devant rapporter d’après lui un bénéfice de 57 0[0, chiffre qu’il nous est impossible de vérifier.
- Nous ne nous arrêterons pas d’avantage au chapitre établissant un parallèle entre la teinture en France et la teinture en Allemagne; nous ferons simplement remarquer à ce sujet qu’à notre avis l’auteur pose des conclusions trop absolues et que si, dans un cas particulier, ces conclusions ont pu se confirmer, il n’est nullement prouvé pour cela qu’elles soient justes dans tous les cas.
- En résumé, les avantages revendiqués par M. Scheuerle en faveur de l’appareil Obermaier consistent :
- 1- « Dans la suppression du feutrage. » — Nous avons vu en effet que, par la construction de l’appareil et surtout par suite de son déplacement facile, la matière textile, une fois empilée dans le cylindre, n’est plus touchée jusqu’à la fin de la teinture ; de plus, elle reste complètement immobile dans le cylindre sous
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- l’action des bains et opérations de teinture ; de cette manière il peut se produire aucun feutrage, et la laine, convenablement traitée, reste aussi ouverte et aussi douce qu’elle l’était avant teinture ; de là il résulte en faveur du procédé Obermaier un avantage incontestable au point de vue du ménagement des filaments pendant les operations de la filature.
- 2- « Meilleure utilisation des bains de teinture et du calorique. » — La teinture étant terminée, le même bain déjà chauff, au lieu d’être rejeté et remplacé par un nouveau bain froid, peut être employé pour la partie suivante en étant convenablement renforcé.
- 3- « Economie de main-d’œuvre. »—Le cylindre rempli de matières à teindre, mis en place et la pompe en mouvement, l’ouvrier chargé de la conduite de l’appareil peut parfaitement s’occuper d'un autre travail tout en surveillant la marche de son appareil.
- 4: « Diminution des déchets de la filature. » — Il est évident qu’une matière plus ouverte, moins nouée et ne présentant pas de feutrage, produira moins de déchets à la filature. Cet avantage est surtout sensible pour les bobines de peigné ; en effet, comme nous l‘a-vous vu plus haut, ces bobines sont teintes, lavées et séchées sans être ouvertes ; on supprime ainsi différentes opérations accessoires, telles que bobinage, passage aux gills, lissage, etc.; la mèche reste de cette manière dans son état primitif sans être étirée ni emmêlée, et on évite ainsi les déchets de ces différentes opérations tout en ayant un contrôle plus facile sous le rapport de la fraude Comme proportion de déchet.
- Quant à la régularité de teinture à obtenir par le procédé Obermaier, il n’est pas possible de se prononcer d’une manière absolue. Pour certaines teintures et avec des matières très floches, cette régularité pourra peut-être s’obtenir d’une façon assez satisfaisante; pour d’autres, au contraire, avec une masse filamenteuse peu homogène, il n’en sera peut-
- être pas de même ; mais encore là dans bien des cas, comme par exemple dans celui de la laine en toison, l’irrégularité de teinture se perdra dans les manipulations ultérieures de la filature.
- Les autres avantages indiqués par M. Scheuerle, tels que couleurs plus solides, facilité plus grande d’échantillonnage, capital moindre pour l’établissement d’un atelier de teinture, etc., sont, à notre avis, discutables et ne peuvent être vérifiés d’une manière certaine que par une longue pratique de ces appareils.
- Conclusions.—L’appareil présenté par MM. Obermaier et Cie constitue un progrès très sensible dans l’art de la teinture ; l’emploi de cet appareil a des avantages marquants sur les procédés employés précédemment. Quelle que soit la validité de la patente Obermaier, validité qui se discute en ce moment dans un procès pendant, il faut cependant reconnaître à ces messieurs un mérite qui leur appartient incontestablement : c’est celui d’avoir groupé une série de récipients pour effectuer successivement les différentes opérations de teinture, de façon à rendre leur système réellement industriel, tout en réalisant une production plus forte que celle qu’on a pu obtenir jusqu’à ce jour par les appareils similaires.
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- LE
- ROUISSAGE INDUSTRIEL DU UN
- ROUISSAGE IRSTANTANE Par M. Pars y.
- Le rouissage du lin est une opération ayant pour but de transformer la pectose qui enveloppe les fibres de cellulose dans la plante à l'état vert, en acide pectique, qui constitue, dans le lin roui, le brillant ou graisse, et facilite le glissement des fibres dans le sens longitudinal pendant les diverses opérations de la filature.
- Le. détachement de la paille est une consé-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- quence utile de cette transformation de la pec-tose.
- A l’appui de cette définition,vient l’opinion de tous les gens du métier qui jugent de la qualité de la matière d’après le brillant, la souplesse et la division de la fibre. La division est aussi une conséquence de la transformation de la pectose dont chacune des molécules, interposée entre les fibrilles de cellulose, se dilate pendant l’opération, écartant ainsi ces fibrilles qui sont, pour ainsi dire divisibles à l’infini. Le rouissage est d’autant plus complet que la transformation de la pectose en acide pectique est elle-même absolue. Il faut, bien entendu, arriver à un rouissage complet sans altérer la solidité des fibres.
- Rouissage industriel, dit rouissage instantané.
- J’arrive maintenant à l’exposé du procédé que j’emploie pour reproduire, non pas artificiellement, mais d’une manière réelle et ra -pide, industrielle et sûre, ce qui se passe dans les routoirs de la campagne, sous l’action lente et irrégulière de la fermentation.
- La méthode dont je vous parle repose entièrement sur les travaux de M. Fremy, sur lesquels je vais attirer votre attention pendant un instant.
- La pectine et l’acide pectique ont été découverts par Braconnot, qui a tiré leur nom d’unmotgrec qui signifie gelée,ces corps ayant la propriété de donner les gelées végétales, telles que celles de groseilles, pommes, etc.
- M. Fremy a repris cette question et a établi les faits suivants : la pectose accompagne toujours la cellulose et présente avec elle une telle ressemblance qu’on n’a pu l’isoler jusqu’aujourd’hui, son existence est reconnue par les transformations qu’elle subit et que la cellulose ne peut éprouver.
- Cette transformation de la pectose peut se faire de deux manières différentes :
- 1- Par la fermentation, c’est-à-dire par le moyen employé dans le rouissage rural ;
- 2- Par la chaleur dans certaines conditions en présence de l'eau.
- Dans le premier cas, la fermentation de la pectose en pectine puis en acide pectique, se fait grâce à la présence de la « pectase », qui joue près de la pectose un rôle analogue à la diastase dans les grains pendant la germination. Cette transformation se fait à la température de 30o ; on la désigne sous le nom de «fermentation pectique.»
- C’est ce qui se passe dans le rouissage à « basse température » dans les routoirs ruraux. Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur cette question, qui a été étudiée déjà et que notre collègue M. J. Scrive-Loyer, vient de traiter d’une façon très complète dans sa très intéressante brochure « à propos du lin. »
- La seconde manière de transformer la pectose repose sur l’action de la chaleur. C’est à l’aide de ce procédé qu’on transforme la pectose des fruits dans la confection des gelées.
- Ce dernier procédé est beaucoup plus rapide et plus absolu que le premier, qui est soumis aux vicissitudes de la vie des microbes, qu’il est nécessaire de développer dans un milieu convenable à leur action, si l’on veut obtenir d’eux un bon travail.
- Une fermentation est toujours une chose très difficile à conduire, et la moindre des causes, bien souvent ignorée, peut en un instant gâter toute une opération. Chacun sait que l’irrégularité a toujours été l’un des principaux inconvénients du rouissage par fermentation.
- Mon procédé consiste donc dans la transformation de la pectose en acide pectique par la seconde des méthodes indiquées par Fremy, c’est-à-dire par la chaleur. Il consiste à soumettre le lin à l’action de l’eau sous pression à 1500 centigrades environ de température, puis à terminer l’opération en remplaçant l’eau par de la vapeur également sous pression à cette température. Sous l’action de l’eau chaude, la transformation de la pectose commence. La vapeur, qui n’a pas le même effet de dissslution que l’eau chaude, me per-
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- met ensuite de maintenir la température nécessaire pour terminer la transformation de la pectine en acide pectique, sans rien perdre de cette précieuse matière.
- Je fais l’opération complète du rouissage en 1 heure 1[2.
- Afin de bien mettre en évidence les différentes phases de la transformation de la pec-tose pendant le rouissage à « haute température», j’ai tracé la courbe approximative de solubilité des produits pectiques ; pour cela je prends comme abcisses les différents degrés de transformation de la pectose jusqu’à l’acide métapectique sous l’action de la chaleur.
- Les ordonnées représentent les coefficients de solubilité des composés pectiques. La difficulté d’atteindre la position d’équilibre o=y, c’est-à-dire la formation de l’acide pectique insoluble sans dépasser ce point. Avec l’eau seule on n’y arrive pas, à cause de l’impossibilité de saisir le moment opportun, d’autant plus que la transformation ne se fait pas en même temps dans toutes les perties de la masse.
- (A suivre..
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Roanne. •— Penel, teinturier. — Jug. du 16 février. — S. : M. Vaudable.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. _ Formation de la Société en nom collectif Paccaly frères, teinturiers, rue Bossuet, 27. — Durée : 4 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du g janvier.
- Alfortville. — Formation de la Société en commandite Garnot et Cie, dite blanchisserie-teinturerie d’Ivry, procédé pour le blanchiment des toiles et sacs, rue de l’Usine, 10. — Durée: 8 ans. — Cap. : 30,000 fr. — Acte du 7 février. — A. P.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, par suite du décès de M. Monte!, de la Société B. Cuzin et J. Mon-tel (rasage et apprêt de velours), petite rue des Feuillants, 5. — Liquid : Mlle Montel, cessionnaire des droits de M. Cuzin. — Acte du 4 février.
- Roubaix.— Dissolution, à partir du 1er février, de la Société L. Spel et A. Malézieux, tissus et articles de Roubaix. — Liquid. : M. Spel. —Acte du même jour.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Prorogation au 31 décembre 1890, de la Société en nom collectif H. Morand et Barret, fab. de foulards imprimés et des articles façonnés et nouveautés, rue du Griffon, 1. — Acte du 22 février.
- Lyon. — Prorogation pour 6 ans, du 1er février 1887, de la Société en nom collectif Domaine et Tardieu , soieries, place Tholo-zan, 18. — Acte du 2 février.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Auboin a vendu à M. X..., rue, rue Co-quillière, 1, chez M. Surand, 1er mars, un fonds de teinturerie, avenue de Clchy, 70.
- Mme Saulnier a vendu a M. X...,rue Tur-bigo, 30, chez M. Kowachiche, de suite, un fonds de teinturerie, quai d’Anjou, 41.
- M. Bellon a vendu a M. Colon, rue du Rocher, 61, 15 février, un fonds un teinturerie, avenue Victor-Hugo, 92.
- M. Duhamel a vendu a M. Gaillard, avenue d’Orléans, 116, 7 février, un fonds d’apprêts de tissus, quai National, 21, Puteaux.
- M. Place et Mme veuve Thévenin ont vendu a M. Dimanche, rue Aubry-le-Bou-cher, 10, 1er mars, un fonds de teinturerie, faub. Saint-Denis, 195.
- M. Masset a vendu a M. X..., rue du Commandant-Rivière, 3, chez M. Hanssens, 1er mars, un fonds de teinturerie, rue de Thann, 8.
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- LE MONIiSU Dn LA 1nNIURR
- AGENDA DU CHIMISTE POUR 1887
- A l’usage des ingénieurs, physiciens, chimistes, fabricants de produits chimiques, pharmaciens, essayeurs de commerce, distillateurs, agriculteurs, fabricants de sucre, teinturiers, photographes, etc.
- « Voici un petit livre qui rendra service aux chimistes », disait M. Wurtz en présentant au public la première édition (1877) de Y Agenda du Chimiste. Les auteurs, en faisant paraître aujourd’hui l’édition de 1887 de cet utile ouvrage, ont voulu se tenir à la hauteur de leur programme: un remaniement très important distingue cette édition de ses aînées.
- La table des matières ci-après donne un aperçu des matières traitées dans cet ouvrage :
- Chapitre 1. — Documents physiques et mathématiques :
- Conversion des mesures. Thermométrie. Dilatation. Barométrie. Tensions de vapeur. Détermination des densités. Aréométrie. Eudio-métrie. Densités des solides, liquides et gaz. Densités des solutions. Chaleur. Lumière. Solubilité des gaz.
- . Chapitre II. — Documents relatifs à la chimie pure :
- Corps simples. Analyse par la voie humide. Analyse par la voie sèche Analyse spectrale. Analyse des gaz. Analyse quantitative. Propriétés des corps. Solubilités.
- Chapitre III. — Renseignements relatifs à la chimie appliquée et à l’industrie :
- Eaux. Métallurgie, métaux et alliages. Grosse industrie chimique. Manganèses, chlorométrie et blanchiment. Verrerie, céram que, porcelaine, poteries, faïences. Combustibles et éclairage. Matières explosibles, poudres. Matières grasses. Sucre et fécule. Agriculture. Alcools, vins et vinaigres et bières. Tannins. Papiers, fibres textiles. Lait. Urine. Photographie. Couleurs. Recettes diverses.
- Adresser les demandes au bureau du journal. Joindre timbres-poste ou mandat de 3 francs pour recevoir franco par retour du courrier.
- LES LOIS FRANÇAISES EXPLIQUÉES par P.Mirode. avocat(l vol. gr. in-18 de 900 p.) Prix : 13fr. (franco).
- Voici un ouvrage que nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs. L’auteur, très familier avec toutes les questions juridiques, a eu l’ingénieuse idée de condenser et d'expliquer en un volume d’environ 900 pages toute notre législation civile, pénale, commerciale, industrielle, rurale, financière, militaire, municipale, administrative.
- La division adoptée dans ce travail, suivant un plan d’une grande originalité, est la suivante : « Vie civile, vie judiciaire, vie publique, vie religieuse, vie militaire, vie commerciale, vie industrielle, vie financière, vie agricole, vie libérale. » Nous trouvons, par exemple, dans la vie militaire, la loi sur le recrutement ; dans la vie publique, les diverses lois électorales, l’organisation des corps administratifs, etc.; dans la vie industrielle, les lois concernant les brevets d’invention, les marques de fabrique, les syndicats professionnels, etc., etc.
- Les explications fournies sur chacune de ces matières sont non seulement précises, mais encore faciles à comprendre pour les personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de se livrer à l’étude du droit.
- On réclamait depuis longtemps un livre bien clair sur la législation de notre pays et permettant à chacun de connaître exactement ses droits, ses devoirs et ses intérêts. Les « Lois françaises expliquées », que vient de publier M. P. Mirode sont certainement l’ouvrage utile si longtemps attendu.
- Adresser les demandes, accompagnées d’un mandat-poste, au bureau du Journal.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N 7. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Avril 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE (suite).
- BLEU DE ROUBAIX.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- ALIZARINE.
- RÉDUCTION DES DÉLAIS DE RÉEXPÉDITION DES TISSUS.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A TEINDRE ET A LAVER LES ÉCHEVEAUX par MM. Pieiron et Dehaître.
- Les avantages, sur lesquels insistent MM. Pierron et Dehaître, sont de réaliser les alternatives (variables à volonté) de l’immersion des fils dans le bain de teinture et de la mise à l’air, la tension, également réglable suivant besoin, des écheveaux sur les chevilles qui les supportent, la réduction des manipulations se traduisant par une économie de main-d’œuvre et par l’absence de feutrage.
- L’appareil est une sorte de tourniquet à axe horizontal : douze bras ou rayons en bois sont assemblés sur un moyeu en fonte, formé de deux joues boulonnées. A une certaine distance du moyeu, les bras sont encore maintenus par une moise circulaire, dans laquelle s’engagent vingt-quatre chevilles en bois, Perpendiculaires aux faces latérales des bras et situées deux à deux en prolongement l’une de l’autre.
- Ces chevilles, maintenues par des bagues dans la moise circulaire, peuvent tourner librement. A travers une mortaise pratiquée à l’extrémité de chaque bras, un coulisseau
- (manœuvré au moyen d’une vis en bois) porte deux chevilles semblables et parallèles aux premières pour tendre les échevaux. Si l’on ajoute que ces diverses chevilles sont munies de petits taquets situés dans le même plans que des buttoirs fixés à la cuve, on voit qu'à la rencontre des buttoirs, les chevilles sont forcées de tourner d’une certaine quantité et font ainsi varier les points de contact des écheveaux.
- Selon que l’appareil sert à teindre ou à laver, l’axe du tourniquet reçoit un mouvement ralenti ou accéléré.
- LAVAGE DES LAINES par M. Morel.
- La disposition brevetée consiste dans l’application d’injecteurs Giffard,ou appareilssimi-laires, fonctionnant par la vapeur ou par l’air comprimé ; l’injecteur aspire l’eau savonneuse ou alcaline du dernier bac d’une « colonne » de laveuses, pour la projeter sur la laine, au moment même où les fibres se présentent aux deux cylindres exprimeurs de la laveuse précédente, et ainsi de suite pour chaque bac de la série. La projection de liquide s'effectue au moyen de tuyaux fendus ou perforés, disposés en travers et au-dessus des tabliers, à l’entrée des rouleaux de pression. Il s’établit ainsi un courant continu sur toute la largeur de la colonne et si l’injecteur fonctionne par la vapeur, il devient inutile de chauffer le liquide
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- contenu dans les bacs, sauf dans le dernier, la vapeur injectée avec l’eau fournissant une quantité de calorique suffisante. Le système a pour avantages d'utiliser plus complètement le savon ou l'alcali, en le répartissant uniformément dans la masse fibreuse, d’économiser l’eau nécessaire au lavage en tisant meilleur parti du liquide disponible.
- MORDANT SOLUBLE POUR TEINTURE SOLIDE SUR UN SEUL BAIN par M. Cheneau Fonteneau.
- M. Cheneau Fonteneau obtient, avec ce mordant, des noirs, des bleus, des verts, des bronzes, etc., résistant bien au foulon et aux agents atmosphériques.
- Le mordant se compose de : Sulfate de fer pur....... 38 kil.
- Sulfate de cuivre........... 25 » Sel d’oseille............... 30 » Tartre brut................. 2 » Acide chlorhydrique.... 5 » 100 kil.
- Pour teindre, par exemple, 100 kil. de laine en noir solide, on fait bouillir pendant une heure et demie, avec Mordant soluble 12 kil. Carmin de campêche. 12 » Carmin jaune de Cuba. 4 » Sel Solvay 2 »
- Après ébullition, on lève, on laisse refroidir et l'on procède au lavage.
- On obtient de même du bleu solide avec un
- 1 éger pied d’indigo, en prenant : Mordant soluble 10 kil.
- Carmin de campêche. 5 »
- Sel Solvay........................ 2 »
- La durée de l’ébullition n’est, dans ce cas, que de 75 minutes ; le reste de l’opération comme ci-dessus.
- Pour un vert bouteille bleuté, on prendrait : Mordant soluble........... 10 kil.
- Carmin jaune.................. 10 » Carmin de campêche. 10 » Sel Solvay................ 1 »
- en limitant également la durée de l’ébullition à 1 heure 1[4.
- Pour un vert clair, la quantité de mordant soluble demeurant invariable, il faudrait :
- « Carmin jaune................. 10 kil.
- Carmin de campêche. 6 » Sulfate d’indigo 3 » Sel Solvay 1 »
- Enfin le bronze solide s’obtient avec : Mordant soluble............ 10 kil. Carmin jaune............... 15 » Carmin de campêche. 7 » Sel Solvay................. 1 »
- Dans les deux derniers cas, le temps de l’ébullition reste fixé à 1 h. l[4etl'on procède, comme pour les autres nuances, à la levée, au refroidissement et au lavage.
- COLLE POUR TISSAGE par M. Welté.
- Les ingrédients constitutifs de colle, que M. Welté destine à l’apprêt des fils de coton, de laine, de lin, de chanvre, indistinctement, sont les suivants : Eau 87 kilogr.
- Fécule.................... 10 »
- Lessive de soude à 38 degrés 1 » Huile végétale 1 »
- Colle animale dite colle forte. 1 »
- 100 kilogr.
- MACHINE A IMPRÉGNER DE LIQUIDE TOUTES MATIÈRES FILAMENTEUSES par MM. Douine et Cie.
- Au centre d’une cuve cylindrique est disposée une gaîne verticale, servant à loger un arbre, également cylindrique, qui se prolonge au dessus de la cuve et se termine, à la partie supérieure, par une traverse horizontale. A cette traverse et de chaque côte de l’arbre, qui est animé d'un mouvement de rotation, sont suspendues les chapes de deux rouleaux tronconiques en bronze. Les rouleaux, entraînés par le mouvement de l’arbre central,
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- pressent sur les matières filamenteuses entassées dans la cuve et forcent le liquide, qui a été versé sur ces matières, à pénétrer les fibres uniformément.
- L’appareil convient aux opérations de lavage, de décreusage, de blanchiment, de teinture, etc.
- MACHINE A TEILLER ET A PEIGNER par Mme Vve Coulon.
- En principe, cette machine se compose de deux bâtis verticaux, disposés parallèlement pour recevoir, chacun, deux arbres horizontaux superposés. Ces arbres (à double coude) sont reliés deux à deux par des bielles, qui portent sept barres transversales; sur les barres sont ajustés les peignes. Il résulte de la construction qu’au moment où les bielles sont le plus rapprochées, les barres porte-peignes viennent se loger en quinconcell'une au-dessus de l’autre, de façon à peigner la matière à diverses hauteurs et ce, pendant la course descendante, soit sur environ cinquante millimètres; continuant l’évolution, les peignes s’écartent pour pénétrer de nouveau à travers la filasse, au tour suivant et toujours de haut en bas.
- Le système a pour avantage de ne pas produire d’arrachements et, par conséquent, d’occasionner peu de déchet.
- LES INVENTIONS BREVETEES
- 176585. 5 juin 1886 ; Jean. — Séchoir tour nant.
- Ce séchoir tournant se compose d’une enveloppe verticale cvlindrique en tôle ou en maçonnerie, dont le diamètre et la hauteur varient selon le genre de travail auquel il est destiné. Suivant le diamètre du cylindre, cette enveloppe laisse un segment de cylindre plus ou moins grand ouvert verticalement.
- Au centre du cylindre, est fixé verticalement un arbre en fer servant de pivot, tour
- nant dans des coussinets et ayant la hauteur du cylindre. Cet axe porte à sa partie supérieure un croisillon en fer boulonné sur l'enveloppe cylindrique de façon à maintenir l'axe verticalement et à servir de charpente pour le soit en tôle qui doit fermer la partie supérieure du cylindre. Vers la partie supérieure et intérieure du cylindre et à 50 centimètres du sol, l’enveloppe en tôle porte deux rails circulaires en fer. Sur l’axe, sont fixées au niveau des deux rails circulaires deux barres de fer se coupant à angle droit partageant la circonférence en quatre segments égaux en formant quatre rayons terminés par des galets qui roulent dans les rails circulaires.
- Les extrémités des rayons portant les galets des barres formant les croisillons supérieur et inférieur, sont réunies par des barres de fer verticales de façon à former avec l’axe pivot, et le rayon cadrés sur lesquels sont fixées des feuilles de tôle qui forment quatre volets tournants avec leur axe et partageant le cylindre vertical en quatre segment égaux.
- 176622,11 juin 1886 ; Sainte-Ewer et Pick. Procédé nouveau pour f&briquer les matières colorantes orzoconjugées.
- 176635. 8 juin 1886 ; Toppan. — Perfectionnement dans les composés pour le blanchiment.
- Ce nouveau composé est préparé en prenant trois parties en volume de l’huile exprimée de la graine de moutarde, trois parties en volume de paraffine fondue, trois parties de soude caustique à 20 Baumé, que je mélange à fond de manière à former un composé saponacé,
- On mélange ensuite à fond une partie en froid de ce composé avec deux parties de savon de suif pur.
- La solution de blanchiment se prépare en ajoutant 625 grammes de ce composé par hectolitre d’eau puis on ajoute la même quantité de sulfate de soude, puis 625 centimètres cubes de soude caustique à 20° Baumé, on
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- fait alors chauffer la solution de manière à dissoudre le composé contenu dans la chaudière et on immerge ensuite les tissus ou fibres dans la solution chaude et on ferme le vase, on fait enfin bouillir le contenu suffisamment pour blanchir.
- 176798. 16 juin ; Banks et Brierley. — Perfectionnements apportés dans les appareils servant à flamber les étoffes et tissus de tous genres.
- 17'6814, 23 juin; Saignette. — Nouveau système de teinture de soie végétale en foutes nuances.
- Le textile est d’abord préparé à la teinture par un passage dans un bain de carbonate de potasse ou de soude et rincé, puis passé dans une eau contenant de l’acide sulfurique et rincé.
- Ainsi préparée, la soie est bouillie dans un bain contenant du sulfate de soude et de l’alun pendant vingt minutes, elle fixe pendant l’ébullition l’oxyde d’alumine et acquiert la propriété d’attirer à elle toutes les matières colorantes se fixant sur la laine en présence d’acide ou d’alumine. Après cette ébullition, on ajoute au bain les colorants pour obtenir la nuance désirée, en continuant de faire bouillir pendant vingt minutes, le colorant est alors fixé sur la fibre. On peut également mettre les colorants en présence de la fibre dans le bain de mordant sans ébullition préalable ; on peut fixer l’alumine au moyen de bitartra-te de potasse ou de l'acide tartrique, c’est-à-dire remplacer le bisulfate de soude par ces deux produits.
- 177847. 18 juin ; Société dite : Farbenfa-brikenvorin, Friedrich Bayet et Cie,
- Fabrication des sulfacides colorants vert-bleus du groupe de la pseudo-rosaniline.
- 176884. 19 juin ; Lghmann (les sieurs) et Wernaer. — Nouveau procédé de teindre en bleu spécialement la laine,
- Ce procédé consiste à faire bouillir la laine et autres matières fibreuses animales dans une dissolution aqueuse des substances suivantes :
- 34 kil. de bleu d’azo-diphinyle,
- 30 kil. d’extrait de bois de campêche.
- 16 kil. de vitriol bleu.
- 28 kil. de vitriol vert.
- On ajoute au bain de teinture un bisulfate I alcalin, préalablement du bisulfate de soude ! de l’axide oxalique.
- 176928. 22 juin; Andersen. — Savon destiné à nettoyer les étoffes ou vêtements et à leur rendre leur couleur primitive.
- Ce savon est formé d’hématine en combinaison avec un savon solide qui sera dissout dans l’eau par la chaleur ou dans une décoction d’écorce de quialaire.
- Le savon étant parfaitement dissout et mêlé avec la décoction, l'hématine mentionnée est ajoutée, et après une cuisson de quelque temps pendant laquelle on agite le mélange, on le fait refroidir, puis on le verse dans des moules où il se solidifie.
- 177079. 29 juin ; Société Crosset et Deba-tisse. — Perfectionnements apportés aux machines à fouler et à laver les draps et les étoffes de laine.
- Ces perfectionnements sont caractérisés principalement :
- lo Par la création et la disposition d’un appareil permettant de régler par le devant de la machine. La pression servant à fouler en longueur au moyen de volants à main, la création d’une tige de pression permettant à la pression de prendre n’importe quelle position, la création d'Hne fourche de suspension pour faciliter son montage.
- lo La création et la disposition d’un appareil à tendre par un seul point les ressorts pressant sur le cylindre supérieur.
- 3o La création et la disposition d’un appareil d’entraînement à quatre engrenages articulés permettant de traiter toute espèce de tissus gros ou légers sans craindre le débrayage et l'usure de la garniture des cylindres.
- 4o L’application d’un double levier à contrepoids équilibrant à volonté la lunette suivant les articles à traiter.
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- 5° Enfin, la construction et la disposition spéciale d’un certain nombre d’organes annexés de la machine.
- J. FAYOLLET, Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE A TRAVERS LES AGES
- (Suite.)
- Erratum. — Dans le numéro prédédent au lieu de M. Bérard, lire Brossard, p. 59, 2e col., ligne 17 d’en bas.
- L’opinion accréditée est que c’est à deux religieux de l’ordre de Saint-Basile, que l’on doit en 552 ou 555, l'importation des graines de mûrier blanc et d’œufs de vers à soie à Constantinople, qu'ils avaient apportés au péril de leur vie de Seringe ou Serheud, dans les environs des monts Imaüs, partie de l’Asie centrale, qui paraît être la Sérique des anciens d’où les Latins ont fait le mot Serieum pour désigner la soie (de nos jours seda en espagnol, setta en italien, et silk en anglais. Ici encore, je ferai observer que les graines de mûriers et les œufs de vers à soie n’ont pu être importés simultanément, mais les uns après les autres, au moins à deux années d’intervalles. Le ver à soie dans certaines conditions peut d’ailleurs se nourrir d’autres feuilles que celles du mûrier, principalement celles des rosiers, à titre d’essai bien entendu, car il faut avoir fait de l’éducation pour se rendre compte du robuste appétit de cet insecte précieux (une once d’œufs, consomme 500 kilogr. de feuilles ! et à la dernière période, à la grande briffe, précédant la montée en bruyère, jour et nuit, l’on entend comme le bruit de la pluie fouettant les vitres, produit par les mâchoires des vers, broyant la feuille).
- La soie se propogea ensuite en Grèce, où la culture du mûrier dans le Péloponèse, fit changer son nom en celui de Morée, du nom
- de Morus, nom latin du mûrier. Le mûrier a une variété connue des teinturiers sous le nom de bois jaune, c’est le mûrier jaune des pays tels que l’Ilede Cuba, etc.
- Nous avons bien également un mûrier jaune dans nos pays, mais la matière colorante y est en quantité insignifiante.
- Ici, j’ouvre une paranthèse. Par des macérations chimiques, on peut extraire de l’écorce du mûrier et des branches une fibre textile très blanche, très soyeuse, mais qui est sans valeur, et n’est pas de la soie, comme beaucoup sont cru. C’est simplement une fibre cotonneuse sans consistance. Elle n’est d’ailleurs pas azotée.
- De la Grèce, la soie gagna les côtes d’Afrique, puis avec les Maures, la péninsule ibérique au ixe siècle. Le travail de la soie arriva même à un grand degré de perfection à Cordoue, Séville, Grenade, sous la domination arabe.
- Les Vénitiens en répendirent l’emploi dans toute l’Europe occidentale. Il est triste de voir la profonde décadence dans laquelle est tombée la ville de Venise, autrefois si remuante. Cela tient d’ailleurs à deux causes : lo A la découverte du Cap de Bonne-Espérance, qui ravit aux Vénitiens le commerce de l’Extrême-Orient par la mer Rouge ; 2° à la déclaration de Trieste, comme port franc, ce qui fait qu'aujourd'hui, Vénise est dans un cul-de-sac géographique, Trieste étant le port débouché, non seulement de l’Autriche, mais encore de l’Allemagne et de l’Europe centrale.
- Si j’écrivais dans V Indépendance de Lyon, je dirais aux Italiens, méditez bien, ce qu’a écrit à cet égard une de vos célébrités César Virnercati ; une Allemagne-Autriche, grande et puissante, ne peut se passer de Trieste.
- Roger II, roi de Sicile, fit venir des ouvriers grecs, à Palerme, d’où la soie se répandit dans toute l’Italie du xIIIe et xive siècle.
- L’introduction de la soie se serait faite en France, en 1274, lorsque Philippe le Hardi céda le Comtat venaissin à Grégoire X (An-
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- térieurement nous avons vu que la soie avait déjà été cultivée d’après Sidoine Apollinaire, au ne siècle, sur les bords de la Garonne; recherches de M. Brossard; dans .le cours de mes voyages et recherches, j’ai eu l'occasion de remarquer que pas mal de choses ne sont pas si récentes qu’on le croit dans les Gaules, ainsi la soudure du plomb sur plomb sans étain était connue des Romains ; recherches personnelles sur les tubes de plomb des aqueducs romains de Lyon).
- Grégoire X y apporta la culture du mûrier, et fit venir des ouvriers filateurs et tisseurs, et quelque temps après, sous la protection des papes les Damas d’Avignon rivalisèrent avec ceux d’Italie.
- D’Avignon, la fabrication des étoffes de soie rayonna vers Nîmes, Lyon, Tours et Paris. Et hélas ! après la malheureuse révocation de l’édit de Nantes, en Allemagne. Louis XI, et plus tard Sully, ont puissamment encouragé le développement de la soie.
- Les documents anciens concernant la teinture de la soie, sont très rares, il y a :
- 1" ÏJ Art du Teinturier, par Mariegola de Vénise, Dell’ arte dei tintori, 1429.
- 2 - Même titre, par GiovanVenturi Rosetti, 1548.
- 3 Teinturier parfait, par Albo, publié en 1672, à Bruxelles, puis en 1708, à Leyde.
- On trouve dans cet ouvrage des formules vraiment extraordinaires.
- Jusqu’à là fin du xvIIe siècle, les teinturiers étaient régis par les lois des corporations et des jurandes, abolies par la grande Révolution. Est-ce un bien ? Est -ce un mal? La réponse est difficile à faire. D’une part, la liberté est une chose sacrée, et cependant de nos jours les chambres syndicales de patrons et ouvriers ne sont autre chose que le retour à ces corporations et jurandes abolies. Notre pauvre humanité tourne d’ailleurs dans un cercle vicieux, témoin pour la question du libre échange et de la protection.
- Les rapports entre patrons et ouvriers étaient plus familiers. L’apprenti était logé et
- nourri chez le patron, on n’en faisait d’ailleurs qu’un nombre limité et correspondant aux besoins de la corporation, tandis qu’aujour-d’hui, on en fait beaucoup trop, de là, avilissement du prix de la main-d’œuvre. Les grèves conséquence de cet avilissement n’ont pas peu contribué à altérer les rapports d’ouvriers à patrons.
- A travers les formules extravagantes du Teinturier parfait, on trouve des notions assez exactes sur la cuite de la soie par le savon bouillant, le blanchissement au soufre. Les propriétés de l’acide sulfureux comme blanchissant et désinfectant étaient connues d’ailleurs dès la plus haute antiquité. L’alunage pour fixer les matières colorantes est bien défini. Et c’est le cas de dire : il n’y a rien de nouveau sous le ciel, la charge des soies était déjà connue en 1672, par l’action des engallages. Cela était d’ailleurs une conséquence forcée de la teinture en noir de l’époque et du cramoisi de cochenille.
- L’emploi du nitre fixe, ou carbonate de potasse, est indiqué dans le même ouvrage pour décreuser la soie, mais l’auteur craint, et à juste titre, l’altération de la matière.
- Vers le milieu du xvnie siècle, Michel de Grubens, ayant longtemps habité la Chine, donna à son insu de faux renseignements, sur une cuite, dite cuite chinoise, à laquelle on attribuait la supériorité des étoffes fabriqués dans ce pays. Et de cette époque datera le progrès de la teinture de la soie, à la suite de la discussion de cette erreur. Les chimistes vont sortir la teinture de la soie de la vieille routine, et plus tard, les mécaniciens aidant, on accomplira des merveilles.
- Marius Moyret, (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- BLEU DE ROUBAIX
- Presque tous les bleus ont l’inconvénient de mal unir sur laine, d’être à peu près mauvais teint et de piquer quand ils sont mélan-
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- gés à d’autres colorants ; voilà une des raisons pour lesquelles on emploie encore le carmin d’indigo et le sulfate d’indigo.
- Le Bleu de Roubaix se dissout facilement ; il ne tache pas, monte lentement, unit bien et ne pique pas.
- A cause de son ton rougeâtre, il ne pourra être employé pour les verts vifs, mais pour le vert mousse, le bleu marine, pour toutes nuances modes, il rendra d’énormes services.
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- de Roubaix teint à 10 gr. par kilo de laine L’échantillon ci-après est fait avec 10 gr.
- de Bleu de Roubaix et 10 gr. de chrysoïne.
- Enfin, celui ci-contre présente un mélange
- de Bleu de Roubaix et 10 gr. d’orange 4.
- La maison Max Singer, de Tournai (Belgique), qui nous soumet ce produit nous assure que le Bleu de Roubaix peut parfaitement remplacer le violet le plus bleu, il a sur celui-ci l’avantage d’être beaucoup plu s solide et de n’avoir pas l’inconvenient de donner une teinte rougeâtre à la lumière.
- Comme remontage sur Bleu de cuve, le Bleu de Roubaix rendre de réels services.
- Le prix de ce nouveau colorant est de 20 fr. le kil.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.}
- Suite de la nomenclature des produits employés en teinture. Bains de noir spécial, ou noir de Paris pour la teinture des laines en noir.
- J’ai été le premier à faire un essai comparatif de noir de Paris avec la teinture au bois d’Inde, l’époque date d’avril 1885.
- Premier essai : Produit employé, I kilogr.; quantité d’articles teints, 52 ; poids total des articles, 35 kilog.
- Le produit qui est en poudre très fine, extrêmement soluble dans Beau bouillante est semblable comme aspect au brun d’aniline, il a été dissout dans une bassine d’eau bouillante d’une vingtaine de litres, il prend alors une couleur bleu violacée foncée.
- Dans une chaudière de trois cents litres environ, pleine d’eau en ébullition, nous avons ajouté la moitié du colorant et la valeur d’un dixième de litre d’acide sulfurique, nous avons entré une première fois la moitié dans le bain soit 18 kilog. de laine environ, de toutes couleurs, rouges, marron, bleu, blanc, noir, etc. ; trente minute ont suffis pour tirer le bain au clair, les articles mouillés ont un beau reflet de noir bleu ; les doublures de coton restent absolument de la même couleur qu’elles avaient avant l’entrée dans le bain Si elles étaient rouges, elles restent rouges ; si elles étaient bleu, elles restent bleu, si elles étaien, blanche, elles restent blanches ; ces dernières ont été un succès. Pour la seconde passe de 17 kilog., nous avons ajouté le reste du colorant et remis au bouillon quarante-cinq minutes, nous avons lavé et rincé sur une seule eau, éssoré et étendu au séchoir.
- Le lendemain à la visite, j’ai trouvé un seul article mal uni, il était primitivement grenat, tout le reste était bien comme noir et plein de fond, les articles à carreaux et rayés étaient couverts, au frottement d’un linge blanc ils ne déteignaient pas du tout, la laine reste douce au toucher, tandis qu’aux mordants de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fer et de cuivre,elle tend à durcir; les articles tout fait garnis de soie ou piqués de soie, même doublés de soie ne cuivrent pas, ils deviennent gris bleu foncés. Il va sans dire que tous les articles ayant des doublures blanches doivent être préalablement nettoyés à fond, sans cela on aurait des marbrures défectueuses qui nécessiteraient un nettoyage après teinture; nous avons trouvé dans ce noir de Paris un bon produit, reste à examiner son prix de revient avec la teinture ordinaire au campêche ; le prix de kilog. de noir de Paris était à cette époque de 9 fr. le kilog. et nous avait été expédier de Neuville-sur-Saône, par la Badische Anodin.
- Teinture au bois d’Inde (essai comparatif).
- Pour la même quantité de laine de 35 kilog. et un nombre de 52 à peu près semblable, nous avons employé pour les deux bouillons dans la même chaudière :
- Extrait de campêche li-
- quide à 10............ 10 kil. à 40 fr. 4 ..
- Tartre brute pulvérisé. 1.500 230 3 45
- Sulfate de cuivre..... 2 100 2 .,
- Sulftate de fer....... 4 10 0 40
- Javelle pour javelage, . 15 litres 1 50
- Total..... fr. 11 35
- Temps passé pour teindre au noir de Paris, 3 heures ; temps passé pour teindre au cam-péche, 6 heures ; soit trois heures en plus pour bouillir sur les deux bains de tartre, sulfate Ze cuivre et couperose et ensuite sur le bain debruniture — les deux rinçages avant d’entrer dans le bain de bruniture — un rinçage en les sortant, le javelage, trois eaux de rinçage après, ajoutons 1 fr. 80 de main-d’œuvre en plus pour les trois heures aux 11 fr. 35 de produit et on obtient le chiffre de 13 fr. 15, total du prix de revient des 35 kil. de laine au campêche, tandis qu’il n’était réellement que du prix du produit, soit 9 francs pour le noir spécial. Soit une différence de plus de 25 pour cent en moins en faveur de ce dernier.
- Exposé pendant un mois au soleil, l’échantillon de noir spécial n’a pas changé ; au contraire celui teint au bois d’Inde est devenu jaune verdâtre très foncé.
- Au contact des acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique à trois degrés au pèse acide, le noir spécial reste toujours noir, le noir au campêche devient gris.
- De divers essais fait ensuite en grand sur 2,000 kilog. de laine de toutes couleurs, de tous tissus laine et mélangés, composés de paletot, pantalon, robe, caraco, châle, manteau, etc., j’ai employé 50 kilog. de noir spécial, soit exactement 2 kil. 500 gr. pour 100 kil. de laine à teindre.
- Relativement aux articles laine et coton,ils sont traités ensuite comme si la laine était faite au campêche, on le met en rouille une heure, on lève, on rince sur trois ou quatre eaux, on donne un bain de bois d’Inde et bois jaune à tiède, on lève, on passe ensuite»sur un bain de pyrolignite de fer à trois degrés, on lève, on laisse à l’air quelques minutes et on rince sur trois eaux. S’il se trouve des articles presque tout coton, il est nécessaire de les entrer souvent deux et même trois fois dans le bain de campêche pour obtenir un noir passable.
- Un procédé bien employé aussi pour teindre les laine et coton en noir, mais qui revient à un prix un peu plus élevé qu’à la rouille ou au pyrolignite est l’emploi du cachou; en sortant de la chaudière on lave sur une eau, on entre au cachou, on lise, on laisse séjourner trois ou quatre heures, voire même du soir au lendemain matin, on lève, on rincé sur une eau, on entre dans le bain de {cam-pêche et bois jaune et on donne un tour dans le pyrolignite, on laisse à l’air, on rince à nouveau, on obtient ainsi un très beau noir même sur les étoffes les plus mauvaises.
- Si l’article est rouge étant sec, on le piquera légèrement à l'acide chlorhydrique, bien le rincer ensuite ; ou encore on le passera à la boite sur une eau bouillante amidonnée, on le fera tourner cinq minutes, puis
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- deux eaux de rinçage, essorer et étendre au séchoir.
- Tous les procédés pour teindre les laines et cotons sont longs et difficultueux, on craint le mal uni, le cuivrage, les plaques de teinture, etc. Quand nous aurons obtenu un bon résultat, depuis longtemps cherché, de teindre ensemble la laine et le coton, nous en dirons les résultats.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER (Suite)
- Bleu azuline
- Pour les pièces à teindre en bleu clair et bleu moyen, il faut faire le bain; pour cela, dans un baquet contenant 15 ou 1,800 litres d'eau, on met : Ok. 500 g. de borax, on chauffe à 50o ou 60 et on laisse tourner 2 pièces assez longtemps pour enlever les impuretés de l’eau, et on abat les 2 pièces. Lorsque le bain est fait, on met le mordant de borax et de silicate, ou l’un des deux.
- Borax, 3 0[0.
- Silicate, 3 0[0.
- Si l’on emploie le silicate seul, on en met de 1 à 5 0[0 du poids de la laine, suivant la force des tissus.
- On peut encore employer du carbonate de soude (Na OC 02).
- 8 0[0 à bain neuf.
- 5 0|0 ensuite.
- Puis on entre les pièces sans vapeur et on les laisse tourner de 15 à 20 minutes ; puis on monte doucement au petit bouillon et Ton garnit le colorant.
- Après 1 heure de bouillon, on échantillonne.
- Il faut laisser tourner les pièces une 1]2
- heure au moins, après la dernière garniture, pour les abattre.
- Il faut pour toute l’opération 2 heures 1[2 à 3 heures.
- Dissolution : La dissolution se fait généralement à raison de 5 grammes de produit au litre d’eau.
- Il ne faut pas faire la dissolution dans l’atelier où l’on teint les pièces, afin de ne pas faire de taches de produit sur les pièces.
- Avivage : Pour l’avivage des nuances foncées, on met 8 0[0 acide sulfurique, — et pour les nuances claires, 8 0[0 acide sulfurique et 5 0[0 alun. — On monte à l’ébullition qui doit durer 40 à 50 minutes.
- Reprise des azulines : Lorsqu’on a des pièces azulines à reprendre, il faut commencer par les dégorger dans un bain de carbonate et bien les laver ensuite.
- Les pièces claires sont reprises à bain froid ; les foncées et les mal unies sont reprises à bain neuf.
- A partir de la première passe, diminuer le mordant d’un quart.
- Rose Magenta cramoisi
- Pour les pièces destinées aux couleurs rose, Magenta et cramoisi, il faut commencer la journée en préparant le bain; pour cela, on met dans le baquet 0k.500 g. sel marin et 0k.500g. tartre blanc; ensuite on chauffe à 90o et on entre 1 ou 2 pièces disposées pour noir ou grosse couleur; on les laisse tourner 10’ sans vapeur, puis 20 autres à l’ébullition et on abat ces pièces.
- La dissolution doit être bien filtrée. Il faut vider le bain tous les soirs.
- Les baquets servant à ces couleurs doivent être très propres, pour cela, on y met, après les avoir vidés et remplis d’eau claire, 3 kil. d’acide muriatique et on fait bouillir.
- Les reprises se font dans les mêmes conditions que les blancs.
- Le rose peut être abattu en une heure, le Magenta en 2 heures et le cramoisi en 2 heures 1{2 3 heures.
- t (Reproduction interdite.) (A suivre).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- ALIZARINE
- VIOLETS ET LILAS POUR COTON
- Le mordant le plus usité pour les violets d’alizarine est encore le vitriol vert ou sulfate ferreux. On peut cependant le remplacer, souvent avec avantage, par une liqueur de fer ou par un pyroliginite ferreux de 1 à 2e B.; à poids égal, ce dernier est plus fort.
- Quelquefois on emploie un mélangé composé d’une partie de pierre bleue ou sulfate de cuivre avec six parties de sulfate ferreux; mais le coton, passé dans ce mordant sans autre préparation et ensuite lavé et teint, ne donne que des nuances sombres et rougeâtres, nullement désirables.
- Pour obtenir des violets bien foncés, il est bon de passer le coton, avant le mordançage, dans un bain de tannin, et de le mordancer ensuite avec un mordant de fer, comme il est indiqué ci-dessus. Dans ce cas, les nuances obtenues dépendent beaucoup de la nature du mordant employé. Ainsi le pyrolignite ferreux donne des violets foncés, avec une teinte bleuâtre, tandis que le mélange de sulfate ferreux et de sulfate de cuivre donne des couleurs rougeâtres noires ou brunes. L’avantage du tannin se fait surtout sentir avec le sulfate ferreux. — Mais, quel que soit le mordant employé, le coton doit toujour être lavé avant d’être soumis à la teinture.
- La cuve étant remplie d’eau, on y ajoute 20 0[0 d’alizarine pour violet.
- La proportion est variable ; ainsi pour 100 parties de coton, il faut de 3 à 7, parties pour les violets et de 2 à 3 parties pour les lilas. L’eau doit contenir de la chaux, autrement l’alizarine ne peut se fixer sur les fibres, ni saturer le mordant ; si l’eau ne contient pas de chaux naturelle, on doit y ajouter une quantité déterminée d’acétate de chaux.
- Le coton doit être mis dans la teinture à froid, et la température élevée doucement pendant 2 à 3 heures, jusqu’à ce qu’on soit arrivé au point d’ébullition, et cette température doit être maintenue pendant 15 à 30 mi
- nutes. On enlève alors le coton, qu’on laisse refroidir à 50 ou 60 C.; on le lave ensuite à l’eau courante et on le trempe dans une eau contenant de 4 à 5 parties de savon pour 100 parties de coton. Si l’on désire un violet rougeâtre, il suffit d’ajouter au savon une petite quantité de solution de [soude à 1° B., de laver ensuite le coton, l’égoutter et le sécher.
- Pour les rouges sur coton, les mordants à l’huile sont indispensables pour donner du bril'ant ; mais pour les violets, le but de l’huile paraît être de fixer le fer sur les fibres, résultat qui peut être obtenu par un procédé plus expéditif et moins coûteux.
- Ce procédé consiste à exposer le coton préalablement saturé de pyroglinite ferreux dans une atmosphère chaude et humide, non pas à cause de la nuance, mais parce qu’elle n’est pas uniforme. Ce procédé, qui réussit admirablement pour, l’impression sur calicot, est inapplicable à la teinture. Pour le rendre propre à cet usage, on doit avoir recours à d’autres agents chimiques, parmi lesquels on peut citer le tannin et le silicate de soude.
- L’ammoniaque, employée dans des proportions de 5 à 10 parties pour 1,000 parties d’eau, donne généralement de bons résultats.
- Le bain de tannin doit être préparé avec 2 ou 3 parties de tannin pour 1,000 parties d’eau. Le coton doit être trempé dans le bain, enlevé et tordu ; puis, sans être lavé, mor-dancé avec du pyrolognite ferreux à ou 2 B. et ensuite lavé. La quantité de fer précipité dépendra surtout du degré de concentration du bain de tannin.
- La proportion de 2 parties pour 1,000 fait des violets foncés de nuances au moins égales à celles qui ont été soumises trois fois au traitement avec l’huile.
- Quant au silicate de soude, il est principalement remarquable pour son rendement en nuances bleues. On commence par passer le cot n dans du pyrolignite ferreux à 1 ou 2o B.; on le tord aussi également que possible et on le trempe dans une solution de 5 à 10 parties de silicate pour 1,000 parties d’eau, à une
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- température de 40 à 50° C. ; et ensuite on le lave.
- La {nuance du coton sera plus ou moins foncée suivant le degré de concentration du pyrolignite ferreux. Il est toujours préférable d’employer le tannin.
- Le coton teint par l’un ou l’autre de ces procédés ne lecédeen ri en,quant auxnuances, à celui qui est teint avec un mordançage à l’huile ; mais, en présence de réactifs chimiques, les couleurs sont moins résistantes, car, quoiqu’elles résistent parfaitement aux solutions de chlorure de chaux à 1 ou 2 B., et à une solution bouillante de carbonate de soude à 2 ou 30 B., si ces proportions sont dépassées, elles s’altèrent plutôt que celles qui sont mordancées à l’huile. Cependant elles sont encore bien assez bon teint pour tous les usages auxquels elles sont destinées.
- RÉDUCTION
- DES DELAS DE REEXPEDITION
- DES TISSUS TEINTS
- La Chambre de,. commerce de Lyon avait demandé au ministre de réduire le délai de réexpédition des produits teints et imprimés (soies, soies mélangées), délai qui est actuellement de quatre mois.
- En même temps, cette Chambre réclamait, en faveur des teinturiers, l’admission temporaire des tissus de coton.
- Le Comité consultatif des arts et manufactures a réduit pour les soies, soies mélangées et tissus de laine, de quatre mois à deux mois le délai de réexpédition, mais il a repoussé l’autre; demande de la Chambre de Lyon.
- Nous devons constater une fois de plus que les Lyonnais qui se disent libre-échangistes, tout en profitant d’un droit de 3 francs sur les tissus mélangés, se préoccupent peu des autres industries du pays.
- Ayant reconnu, ce qui est vrai, que l’ad-mission temporaire des tissus de soies et
- tissus mélangés nuit à leur fabrique, ils ont réclamé la réduction du délai de réexpédition, afin que les pièces teintes pour l’étranger restent le moins longtemps possible sur leur place. Ils auraient bien conclu à la suppression totale de l’admission de ces tissus, n’eût été la crainte de trop mécontenter les teinturiers ; mais, pour calmer ces derniers, auxquels ils imposaient une réduction de délai, ils ont démandé l’admission temporaire des tissus de coton pur qui ne se fabriquent pas chez eux. Voilà ce qui s’appelle se décharger sur le dos du voisin. Il faut savoir gré au Comité consultatif de ne pas s’être prêté à cette manœuvre par trop intéressée.
- BREVETS D’INVENTION
- 176019. 12 mai; Raudin. — Tondeuse mécanique servant à apprêter les gilets, pantalons, camisoles, bas en soie, fil, laine et coton.
- 176164. 15 mai ; Société F.-J. Maizier et F.-J.-W. Reitz.— Procédé industriel de rouissage et de séchage artificiel du lin et autres plantes filamenteuses et appareils servant à réaliser ce procédé.
- 176245. 19 mai ; Société Harmel frères. — Appareil à mouvement rotatif destiné à teindre mécaniquement la laine peignée en bobines et toutes autres matières textiles.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX FAILLITES
- Saint-Mandé et Paris. — Pruvot, teinturier, à Saint-Mandé, Grande-Rue, 17, et actuellement rue Lepelletier, 49, à Paris. — J.-c. : M. Douillet.— S. : M. Boussard. Jug. du 4 mars.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Paris. — Bottiaux père, ex-teinturier, à Billancourt. — S. : M. Châle. — 5 fr. 44 c.
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- LE MONliNU on LA 1nNlURR
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Saint-Quentin. — Formation de la Société en nom collectif Auguste Carpentier et E De-beauvais, apprêts des tissus et articles de St-Quentin.— Durée : 15 ans. : Cap. ; 70,000 fr. — Acte du 3 janvier.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif S. Boudier et Pétrequin, chiffons en tous genres, effilochage et teinture, à Sainte-Colombe-lès-Vienne. — Durée 15 ans. — Cap. : 80,000 fr. —Acte du 1er janvier.
- Cavaillon. — Formation de la Société en nom collectif Louis Guis et Victor Pons. — Achat et vente des laines brutes et lavées de Provence. — Durée : 4 ans. — Cap: 54,700 fr. — Acte du 4 mars 1887.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Prorogation au 31 décembre 1890, de la Société H. Morand et Barret, fab. d’articles foulards imprimés et d’articles façonnés et nouveautés, rue du Griffon, 1. -- Acte du 22 février.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Marchand père, a vendu à M. X..., rue de la Glacière, 13, Issy, chez M. Thomassin, 19 mars, un fonds de teinturerie rue du Lycée, 10.
- M. Pamal a vendu aM. X..., rue des Halles,
- 28, chez MM. Bodier et Cie, 26 mars, un fonds de teinturerie, rue de Laval, 29.
- Mme Roy a vendu aM. Marchai, rue Saint-André-des-Arts, 37, chez M. Fauché, 1er avril, un fonds de teinturerie, rue Monsieur-le-Prince, 54.
- M. Cassard a vendu a M. Vande-Cauter, rue Brise-Echalas, 20, Saint-Denis, 15 avril, un fonds de teinture de peaux, rue des Cordelières, 17.
- M. Charpentier a vendu a M. X..., place de la République, 21, chez M. Botiau, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Londres, 7.
- HISTOIRE de la SAVONNERIE
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- Membre de la Société des Ingénieurs civils de France, membre du Comité de la Société des Inventeurs
- Paris, 43, rue Turbigo, Paris
- Brevets d’invention. — Marques et Dessins de fabrique. France et étranger
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 8. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Avril 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- TACHES DE GRENADE ET D’ANANAS.
- EMPLOI DU QUERCITRON.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- BRUN SOLIDE.
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- THÉODOSE MOREL.
- PRODUCTION DE L'EAU OXYGÉNÉE.
- NOUVEAUX TANNINS.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- DÉGRAISSAGE, BLANCHIMENT, TEINTURE DES FILS EN BOBINES par MM. Niquet et Détré
- II existe divers dispositifs pour réaliser industriellement les opérations indiquées ci-dessus.
- Les uns sont basés sur l’action de pompes, qui assurent la circulation continue des liquides à travers les matières textiles ; d’autres reposent sur l’usage d’éjecteurs ; parfois le mouvement des liquides résulte des différences de densité obtenues par le chauffage et le refroidissement successifs de ces liquides. La première méthode entraîne à des frais d’installation et d’entretien considérables, la seconde occassionne une dépense de vapeur disproportionnée avec la production ; de plus, la vapeur introduite au sein de liquides actifs comme ceux employés en teinture, présente l’inconvénient de porter le bain à une température qui n’est point sans danger pour la conservation des textiles ; le troisième procédé ne permet pas un déplacement de liquide suffisamment rapide.
- Enfin, dans la plupart des appareils,les sur
- faces métalliques en contact avec les fibres sont trop considérables.
- MM. Niquet et Détré, désireux d’obvier à ces divers inconvénients, revendiquent comme particularités essentielles :
- 10 La combinaison d’un éjecteur de vapeur et d’un réfrigérant situé en avant du premier, de manière à modérer, suivant besoin, la température du liquide (qui parcourt le faisceau tubulaire du dit réfrigérant avant d’être repris et lancé à travers les bobines) ;
- 2 Les bobines sont passées sur des broches creuses, garnies de manchons en tissu, ou en feutre, et construite en vue d’établir la pénétration intime des fibres avec le minimum de dépense ;
- 3o Lorsqu’il s’agit de bobines volumineuses, comme les bobines de laine peignée, les brévetés les soumettent à un « bruissage » à l’eau, qui détermine un tassement préalable.
- IMPRESSION SUR TISSUS DE BONNETERIE par Mme Lardière
- Dans l’impression à la planche, qui est généralement usitée pour les articles tricotés en soie, laine, coton, etc.: il faut autant de plan-ches que de couleurs et il est impossible d’im-primer plus d’une couleur à la fois. Aussi n’est-il pas pratique d’employer au-delà de trois couleurs. D’autre part, l’impression, dans ces conditions, est toujours superficielle et manque de solidité. Avec la méthode bré-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- vetée par Mme Lardière, les fils mêmes sont teints avant la fabrication du tricot et de telle sorte que, sur chacun de ces fils, les nuances se succèdent dans l’ordre où elles doivent concourir à la formation du dessin.
- Les fils isolés sont enroulés sur des tambours d’impression, dont la circonférence correspond à la hauteur du dessin ou de la mise en carte. Sur l’un des côtés des tambours, une roue à rochet est munie d’un cliquet qui fait avancer le rochet d’une dent à la fois et tourner le tambour d’un angle correspondant à la largeur d’une mollette impri-meuse.
- Cette molette parcourt une génératrice du tambour et imprime, sur les parties de fil qui se trouvent le long de la dite génératrice, une couleur déterminée à l’avance. La largeur de la molette est égale à la longueur de fil nécessaire pour la confection d’une maille.
- Une fois le premier trait imprimé, le tambour avance d’une dent et selon que le second trait est de même nuance ou de couleur différente, la même molette ou une autre entre en fonctions, et ainsi de suite.
- Lorsque l’impression est achevée, les bavures provenant du passage des molettes sont enlevées, les fils mis en écheveaux sont tendus dans des casiers à jours, puis portés à l'étuve, chauffée entre 120 et 150 degrés, pour subir le vaporisage, qui fixe les couleurs.
- Enfin les fils sont dégorgés dans un courant d’eau froide et séchés.
- FABRICATION DE LACETS DRAPÉS APPRÊTÉS Par MM. Renard frères.
- Les chaussons de tresse ou de lacet sont produits avec des lacets drapés ordinairement appelés « lacets foulés »; l’article doit être serré pour présenter le degré de fermeté requis de l’acheteur.
- MM. Renard frères obtiennent ce résultat en apprêtant le lacet même. Les opérations préliminaires auxquelles est soumis le lacet
- ou, plus exactement, le tissu en pièce fournissant le lacet, sont identiques aux traitements bien connus de la draperie foulée, c’est-à-dire que le tissu est battu,brossé, tondu,etc. Ensuite, ce même tissu passé dans un bain d’apprêt ou d'encollage, est pressé, séché, ca-landré, dans tel ordre que de besoin.
- TRAITEMENT DES COCONS, DE LA SOIE BRUTE ET DE LA BOURRE DE SOIE Par M. Randall.
- Le traitement s’applique au décreusage des déchets ou bourre de soie. Il existe deux procédés pour dissoudre la substance gommeuse qui soude les fibres entre elles. L’un, basé sur la macération, consiste à soumettre les cocons à une fermentation putride, afin de décomposer la majeure partie de la gomme et de désagréger les filaments agglutinés, en laissant à la surface de la soie une couche suffisante pour protéger les fibres contre l’action trop énergique des engins mécaniques.
- L’autre repose sur l’ébullition de la matière dans une dissolution savonneuse, avec ou sans addition d’alcali.
- La première méthode est longue ; la fermentation dure de dix jours à trois semaines, suivant la saison ; la couleur de la soie est parfois altérée au point de rendre le blanchiment impossible ; de plus, les odeurs dégagées par la fermentation sont une gêne pour tout le voisinage.
- Avec la seconde méthode, la disparition totale de la gomme a pour résultat d’énerver la fibre, qui résiste mal aux préparations mécaniques.
- Le procédé bréveté combine les deux systèmes : les cocons sont mis à macérer, pendant une nuit seulement, dans une solution faiblement acidulée par l’acide chlorhydrique, ou par l’acide sulfurique, mais mieux par le premier (dans la proportion de 3[4 d’« once anglaise » pour un « gallon » d’eau). Le lendemain, la solution est chauffée à 150' Fahrenheit, durant 6 à 10 heures. Aussitôt
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- après le décreusage, il est utile de laver à l'eau froide, puis d’immerger la bourre dans une solution savonneuse, pour enlever toute trace d’acide. Le séchage se fait comme à l’ordinaire.
- TACHES DE GRENADE ET D ANANAS
- Au sujet de renseignements qui me sont demandés par un abonné du journal, à Boston, je rappellerai aux lecteurs que les taches des fruits du grenadier, de l’ananas et autres fruits astringents, sont pour ainsi dire indestructibles comme colorant sur les étoffes claires.
- De plus, l’acide citrique de ces fruits, en se concentrant par la dessiccation, enlève le brillant de la laine principalement. Dont avis aux teinturiers dégraisseurs qui me lisent
- En savonnant ces taches, de rougeâtres qu’elles étaient,elles brunissent. Cela est dû à un tannin spécial, et rien ne peut les faire disparaître.
- MARIUS MOYRET.
- EMPLOI DU QUERCITRON EN AMÉRIQUE
- Le quercitron, assez délaissé en France, si ce n’est dans les genres cotonnades, à Toulouse, surtout, où, combiné avec le bleu de cuve et le garançage, il donne des genres cachemires indiens de toute solidité, tient le haut du pavé en Amérique, où il remplace le bois jaune, même pour la soie, et avec cette écorce on obtient des jaunes très beaux, très solides, de même des noirs.
- Voici une formule d’Amérique pour les noirs sur soie, genr noir anglais :
- Soie, 5 kilos.
- Cuire comme d’habitude au savon, rincer, essorer.
- Rouiller, avec un bain de rouille (nitrate ou sous-sulfate ferrique).
- Ecarter le rouil à la main.
- Rincer à grande eau, essorer soigneusement.
- Travailler la soie sur un bain à 100 degrés Fareinheit ou 55’ centigrades, contenant :
- Quercitron, 600 grammes ;
- Cachou, 400 grammes.
- Manœuvrer 1)4 d’heure.
- Elever la température du bain à 65- centig.
- Manœuvrer 1[2 heure.
- Sortir, rincer, essorer.
- Donner un bain composé de :
- Savon blanc, 600 grammes;
- Campêche, 5,000 »
- On entre sur le bain à 65’, et on porte jusqu’à l’ébullition, on sort, rince, et après essorage on avive à l’acide acétique étendu sur un bain tiède. On obtient dans ces conditions, principalement pour la pièce, de très beaux noirs et très solides.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- HISTOIRE DE LA TEINTURE
- A TRAVERS LES AGES
- (Suite.}
- Pendant longtemps la formule donnée par Muhel de Grubens, voyageur suédois, induit en erreur par les Chinois, qui sont passés maîtres dans l’art de la fourberie, a travaillé l’imagination des teinturiers ; plus tard , j’y reviendrai.
- En 1760, l’Académie des belles-lettres, arts et sciences de Lyon, se basant sur un point reconnu faux depuis, à savoir que le savon altérait le lustre de la soie par son corps gras, mit au concours la question suivante :
- « Trouver une nouvelle manière de décreuser la soie sans savon et sans altérer son lustre, ni son brillant. »
- Je ne parle ici de ce concours qu’à titre historique, devant y revenir plus tard comme pour la cuite chinoise. C’est le point de départ des progrès. Et, fait curieux, presque à
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- la même époque l’illustre Vaucanson, ingénieur-mécanicien de Grenoble, voulant se venger des railleries des Lyonnais à son égard, fit un métier mécanique mû par un âne pour le tissage des étoffes de soie.
- Les Lyonnais, au lieu de prendre la chose du bon côté, se fâchèrent tout rouge, et au lieu de sortir de la vieille routine, ne surent pas comprendre le beau côté de la chose. Finalement, Vaucanson avait raison et aujourd’hui son âne est remplacé par le cheval-vapeur, beaucoup plus docile que lui.
- La même fin du XVIII- siècle voit éclore de puissants progrès dans la construction des métiers à tisser employés à Lyon, et qui contribueront à augmenter la splendeur de Lyon. Et finalement Jacquard, sous le Consulat, coordonnant toutes les idées de ses prédécesseurs, inventa la machine qui porte son nom.
- En 1773, la même Académie de Lyon ouvre un concours pour l'alimentation en eaux de la ville. Ce concours est encore sur le tapis depuis cette époque, et nul n’en peut prévoir la fin.
- La maladie des microbes vient tout gâter, et en attendant des eaux sans microbes, les Lyonnais voient une partie de leur travail enlevé par St-Etienne, St-Chamond, Tournon, à cause de la pureté hors ligne des eaux granitiques de ces villes, où les habitants se portent tout aussi bien qu’à Lyon, malgré les microbes,qui décidément jouent un trop grand rôle dans certains cas et vont jusqu’à arrêter les progrès industriels d’une ville.
- « A propos de ce concours les travaux de Rigaud, de St-Quentin, auteur couronné, Col-lomb, etc., vont se suivre et, chose curieuse, on y trouve des notions plus exactes que de nos jours sur la constitution de la soie.
- En 1793, le chimiste Beaumé lit à l’Académie des sciences, le 10 avril (Annales de chimie, vol. XVII, page 157), un travail pour le blanchiment des soies naturellement jaunes, afin d’arriver à obtenir des grèges blanches, comparables aux soies blanches de Chine, dites « sina ». Toujours d’après une erreur,les
- soies blanches de Chine étaient considérées comme le résultat d’un travail sur les soies jaunes.
- Et cependant, l’intendant Trudaine avait fait venir de Chine des œufs de vers à soie,, qui donnèrent en France des soies blanches, tout comme en Chine. Ces essais ne convainquirent personne. L’agronome Poivre, de Lyon, voulait absolument que les soies blanches fussent le résultat de l’action du soleil sur les soies naturellement jaunes.
- En 1785, toujours d’après le concours ouvert par l’Académie de Lyon , quoique terminé en 1762, l’abbé Collomb, (étudiant l’action de l’eau bouillante sur la soie, trouva le genre souple sans le savoir et sans en tirer parti. Il devait être le Christophe Colomb de cette variété si importante de la soie, dont, en 1820, un ouvrier de Lyon, Pons, devait vulgariser l’emploi sans en bénéficier, même au point de vue du nom, comme Améric Ves-puce.
- N’oublions pas l’année 1786, sans saluer la naissance de l’illustre Chevreul, le doyen des étudiants français, comme il aime à le dire avec modestie. Chevreul a fait d’immortels travaux; il a débrouillé la théorie des corps gras, mais ce qui restera à tout jamais impérissable, c’est sa théorie des couleurs, des complémentaires et du contraste simultané.
- Plus tard d’autres v apporteront des modifications, mais n’en ébranleront pas les bases. Von Bezold, de Munich, Rosensthiel, de Rouen, L.-L. Lembert, de Lyon, en agrandiront le champ.
- Pour le noir en lui-même, j’ai émis en 1876 dans ma Ire édition de la teinture de la soie, une théorie nouvelle s’adaptant aux travaux précédents, à savoir qu’il y avait des métaux dits « nigrogènes » : fer, chrome et cuivre, sans lesquels il n’y a point de noir possible, en teinture.
- Dernièrement j’ai eu l’occasion de me rencontrer avec M. Samuel Grawitz, qui partage à cet égard ma manière de voir.
- En 1793 Berthollet publie ses « Éléments de
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- l’art [de la teinture, » qui sont d’une très grande précision, et résument tout ce qui s’est fait pour la soie, la laine et le coton. Comme historique, c’est un excellent ouvrage à consulter.
- Marius Moyret, (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.)
- (Suite de la nomenclature des bains qui se conservent.)
- Bain d'Emétique, pour teindre les cotons en couleurs.
- Pour un tonneau de cent litres environ, on fait dissoudre 200 gr. d’émétique ordinaire du commerce, le bain doit se recharger de cinquante grammes environ à chaque fois qu’il a servi.
- Bain de Sumae, d'acide tannique ou gallique.
- Le bain de Sumac est préparé en faisant ébouillanté deux kilogr. de Sumac dans un seau, on verse après avoir passé au tamis le tout dans un tonneau de cent litres d’eau.
- Le bain d’acide tannique est fait avec 200 grammes d’acide ébouillanté et ajouté dans cent litres d’eau.
- Ces bains en travaillant toutes les semaines peuvent durer un mois, après quoi ils deviennent bourbeux, on les change en nettoyant bien les tonneaux.
- La plupart des bains qui ont servit à la teinture des laines et des soies doivent aussi se conserver si on a l’emplacement nécessaire, il y a une réelle économie à les garder.
- Ces bains sont :
- Le bain de bleu de Nichelson.
- Le bain de grenat, prune.
- Le bain des marrons, loutre.
- Le bain de bleu marin.
- Le bain des noirs en soie au campêche.
- Tous les bains qui tirent à l’eau sont jetés, tels que : ceux de couleur claire, gris, rose, mauve, etc. ; de même pour le bain de noir de
- Paris, ce qui reste de colorant dans ces bains est insignifiant, on peut néanmoins les utiliser, car si ils sont bouillants, on peut continuer les couleurs foncées à la suite.
- Dü NETTOYAGE MOUILLÉ.
- Le nettoyage mouillé qu’il faut connaître avant de faire de la teinture par la raison qu’il faut savoir nettoyerles articlesavantdeles teindre, offre aujourd’hui de réelles difficultés avec les nuances faux teints; à première vue, il paraît bon teint. On ne saurait trop se tenir en garde et à payer avant d’entreprendre l’article. Ainsi les bleus, les violets, les rouges sur coton, toile, cretonne, sont faux teint et passent souvent à un nettoyage à l’eau seulement.
- Sur la laine aussi, les couleurs sont souvent mauvaises et les articles pâlissent en les faisant au nettoyage ordinaire de savon et de carbonate de soude. Si on prévoit qu’un article doit couler ou changer, il est préférable de le faire nettoyer à sec (nettoyage à la benzine), il sera moins propre de fond, mais il ne changera pas. La benzine n’enlève que le corps gras et laisse toutes les autres matières.
- Les articles sont triés à part pour les faire par passes, soit à la boîte, soit à la main:
- l’ Toutes les laines blanches;
- 2- Toutes les laines claires ;
- 3- Toutes les couleurs foncées ;
- 4- Toutes les articles de cachemire et étoffe déjà noire, ceux qui sont susceptibles de couler sont faits à la main au fouloir. On donne un bain d’eau tiède ou froide, deux bains de savon,'on rince sur trois eaux tièdes, on avive à l’acide sulfurique, on rince et on étend de suite. La plus grande activité possible à enlever l’article donnera toujours un bon résultat en ne lui donnant pas le temps de couler.
- Pour les grandes passes des articles qui ne craignent rien et qui peuvent se faire à la boîte, on dégorge d’abord les taches à la brosse et on les fait tourner sept ou huit minutes dans un bain ; moitié d’eau de la boîte, on ajoute deux seaux de savon, un seau de carbonate
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- DE LA TEINTURE
- de soude. On épore ensuite sur le savon, on le visite, on brosse les doublures, on rince sur trois eaux, on pique, on rince à nouveau, on épore et on étend.
- Tous les nettoyages de laine, ou laine et coton, se font de la même manière et avec le plus de précautions possible pour éviter les déchirures.
- Les articles de laine noire sont nettoyés à la boîte sur un bain de carbonate de soude d’abord et sur un bain d’ammoniaque ensuite, les taches doivent être dégorgées et après avoir tourné, ils sont visités, les doublures brossées, rincées, piquées légèrement à l’acide chlorhydrique et rincée. Si dans la quantité il se trouve des articles d’alpaga ou laine et coton quelconque qui auraient grisés après nettoyage, on donnera à froid dans un baquet d’eau la valeur d’un demi litre de campêche, on tournera le bain avec une pierre de sulfate fer, on lèvera, on rincera sur deux eaux et on passera sur une gomme légère. Le coton reviendra d’un très beau noir.
- Nettoyage des perses^ cretonne, tissus de coton à fleurs, rayures de diverses couleurs (d ameublements, housses et costumes.
- Ce genre d’imprimé coton est généralement faux teint, ils se nettoie alors simplement à l'eau froide à la boîte, il est nécessaire que l’article ne reste que quelques minutes dans les mains de l’ouvrier, c’est-à-dire, juste le temps qu’il faut pour les nettoyer, de les gommer, d’éporer et d’étendre bien au large et à l’air, il faut aujouter un verre ou deux d’acide acétique, soit dans la gomme, soit dans le dernier rinçage pour éviter le coulage des couleurs.
- Si dans ce genre d’étoffe, il se trouvait des rayures ou dessins à fleurs faits au bleu de France qui tombe au nettoyage, il n’y aurait qu’à ajouter au dernier bain d’eau une poignée de prussiate jaune de potasse dissout et d’aciduler légèrement à l’acide sulfurique, liser un instant et le bleu remontera régulièrement tel qu’il était avant le nettoyage.
- Le repassage de ces articles demande beau
- coup de soins, il ne faut pas les arroser à l’avance, il faut simplement les humecter au moment où on est prêt à les repasser; autrement les dessins de couleurs faux teint se reproduiraient sur les fonds clairs.
- Lorsque ces accidents arrivent, il n’y a plus à espérer de les sauver sans pâlir les couleurs primitives de l’étoffe; il n’y a que l’action du trempage sur un des derniers rinçage de savon ou d’eau tiède qui puisse enlever les places coulées, mais toujours au détriment des couleurs vives qui disparaissent en même temps.
- Tous les cotons blancs, doublures de rideaux, service de table, nappe et serviette, sont nettoyés à la boîte au savon et javeler ensuite bouillants, dans le bain de Javelle on ajoute un peu de bleu d’outre-mer, on lise quelques instants, on lève, on rince sur deux ou trois eaux chaudes, eau froide, on épore et on étend.
- Tous les défauts sont apprêtés au cylindre chaud si on veut du brillant et à la calandre à froid si on désire du mate. Tous les touts faits sont repassés au fer.
- Nettoyage des articles de draps, ratine, noir et foncé.
- Tous ces vêtements doivent être faits à la main et à la brosse. Les taches sont d’abord marqués au savon blanc et sec, ensuite dégorgées, les doublures brossées, on donne un trempage dans un bain léger de carbonate de soude, on laisse égouter et on reprend tous les articles en les brossant partout avec de l’eau et de l’alcali, on rince sur trois eaux, on épore et on étend.
- Pour certaines couleurs bleu foncé, loutre, etc., il faut les terminer sur un léger acide sulfurique ou chlorhydrique, de même que pour tous les pantalons et gilets en doublures blanches.
- Nettoyage des rideaux, stores, mousseline, guipure d’art et autres, grenadine, étamine, etc.
- Ces articles sont généralement blancs, crème ou écru, bis, ficelle, etc. Les blancs se
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- ET DE L’IMPRESSIONDES TISSUS
- CO
- font comme les blancs ordinaires de coton, les autres doivent être reteints de la couleur qu’ils étaient avant.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- BRUN SOLIDE
- Les échantillons que nous soumettons aujourd’hui sont faits avec le brun solide venant de la maison Max Singer, à Tournai (Belgique).
- Le No 1 est obtenu avec 20 grammes de co-
- N. 1.
- lorant par kilogr. de laine; le mordant employé est le sulfate de soude et l’acide sulfurique. Le produit est entièrement soluble à l’eau bouillante.
- Le No 2 représente les proportions de
- N. 2.
- 30 grammes de Brun solide par kilogr. de laine.
- Le No 3 est fait avec 40 grammes de colorant par kilogr. de laine.
- N. 3.
- D'après des essais mieux faits dans des usines importantes, nous pouvons affirmer
- que pour les feutres et la chapellerie, le Brun acide rendra de grands services ; non seulement, ce nouveau produit pénètre bien, mais il résiste à la pierre ponce et au feutrage à l’acide sulfurique.
- Le prix du Brun solide est de 7 fr. 50 le kilogr.
- — -----------
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER (Suite)
- Grenats à la fuchsine ordinaire et au eurcuma
- Pour ces nuances on fait bouillir les pièces avec:
- 10 0[0 tartre blanc.
- 10 0,0 alun.
- On laisse tourner 10 à 15 minutes ansi vapeur et ensuite on fait bouillir 2 heures.
- Ces pièces ne sont lavées avant teinture.
- . Bain de teinture. — On forme le bain en y mettant comme mordant 1 k. de tartre et 1 k. alun, puis on ajoute les matières colorantes et on entre les pièces ; on laisse faire quelques tours sans vapeur et on monte au petit bouillon. Après avoir laissé tourner la première garniture trois quarts d’heure, on échantillonne, on y ajoute le colorant nécessaire, puis or les regarde ensuite toutes les demi-heures. Ce bain se conserve.
- Grenats à la fuchsine acide.
- Le mordant de ces grenats se compose de :
- 20 0|0 surfate de soude.
- 10 0[0 acide sulfurique (SO3).
- On chauffe à 80: ou 90-, on entre les pièces ; laisser tourner quelques minutes sans vapeur. Ensuite chauffer doucement et laisser tourner jusqu’à ce que la pièce soit bonne, c’est-à-dire deux heures et demie ou trois heures.
- 1. Les pièces mal unies sont reprises à bain frais avec du mordant pour faire tomber
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- Chargé peu après de diriger la grande usine | de bleu d’ontremer de Fleurieux, il apporta dans l’étude de ce produit singulier, encore assez peu connu scientifiquement l’esprit d’analyse et de méthode dont il avait déjà pu donner la mesure ; on lui doit de fortes intéressantes recherches sur les propriétés respectives des outremers naturels et des outremers artificiels et la création des outremers roùges, au sélénium, et des outremers verts, au tellure.
- Ses travaux et ses recherches de laboratoire ont contribué à jeter un jour précieux sur les circonstances qui accompagnent la production de ces colorants remarquables et sur les réactions dont ils dérivent.
- Plus récemment, T. Morel rêvait de créer dans notre ville, dans le domaine des appareils à vapeur et de leurs nombreux accessoires, une concurrence victorieuse à l’invasion des produits allemands quand la maladie est venue le surprendre et l’emporter au bout de longues souffrances stoïquement supportées.
- Notre Société perd en T. Morel un de ses membres les plus distingués par l’étendue et la solidité de ses connaissances, ses hautes facultés, un de ceux qui devaient lui faire le plus grand honneur.
- PRODUCTION DE L’EAU OXYGÉNÉE
- Depuis bien des annéess on recherche les procédés économiques et rapides pour le blanchiment des tissus. La Société industrielle de Rouen a encouragé les études sur la fabrication de l’ozone et de l’eau oxygénée, qui rendraient de grands services si l’on pouvait les obtenir à des prix raisonnables. On a aussi parlé de blanchiment électrique, et des expériences publiques ont été publiées, mais sans donner lieu à des applications vraiment industrielles. On en est encore réduit à attendre la chimie ou de l’électricité une solution satisfaisante du problème.
- Il n’est donc pas sans intérêt d’indiquer un
- brevet récent de M. Mond, qui permettrait d’obtenir régulièrement en quantités considérables l’eau oxygénée ou peroxyde d’hydro-gène. On fait un mélange intime de carbonate de baryum, de sciure de bois et de brai, qu’on moule sous forme de briquettes. Celles-ci séchées sont introduites dans un cubilot et peuvent être soumises à des températures supérieures à 1,000- centigrades.
- On détermine de cette manière la formation d’oxyde de baryum, qui, en descendant au bas de l’appareil, rencontre un courant d’air et se refroidit aux environs de 50- centigrades. A cette température, il y a absorption d’oxygène et le peroxyde de baryum prend naissance. 1 Ce dernier est mis en suspension dans de l'eau, ou un courant d’acide carbonique le décompose en carbonate de baryte et peroxyde d’hydrogène. Le carbonate est employé de nouveau, et, par l’addition d'un lait de chaux, | on produit du peroxyde de calcium, qui con- | tient 7,4 00 d’oxygène utilisable, équivalant à 32,8 de chlore.
- L TANNINS Par M. Villon.
- Parmi les nombreuses matières tannantes fournies par le règne végétal, j’ai eu l’occa-casion d’en examiner de nouvelles qui m’ont été envoyées des pays de production. Quelques-unes pourraient trouver un emploi avantageux en tannerie et en teinture. Voici ces nouvelles matières tannantes.
- Andromède. — Arbustes de la famille des éricacées renfermant un grand nombre d’espèces qui ne contiennent pas toutes du tan- | nin. Les plus riches en tannin viennent du I nord de l’Asie ou de l’Amérique.
- « L’andromeda arborea » ou « oxydendrum arboreum » croît en Amérique ; il donne un I fruit acide connu sous le nom de « saur-trée » contenant 4,2 0[0 de tannin. Les feuilles ren- | ferment 10 0[0 de tannin, l’écorce 13,3 0[0 et I les branches 4,2 0[0. On s’en sert pour tein-
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- un peu la nuance, puis on regarnit et on laisse tourner 40 minutes sur dernière garniture.
- 2. Les pièces redégorgées sont reprises sur un bain en train sans ajouter de mordant.
- Gros bleus au cyanure remontés au bois de campêche.
- Pour ce genre de teinture, il y a trois opérations :
- 1- Montage du pied de bleu.
- 2- Bouillon de mordant.
- 3- Montage à l’échantillon.
- I- Montage du pied de bleu :
- Bouillon :
- 10 010 sulfate d’alumine.
- 3 0[0 acide tartrique.
- 5 0[0 cyanure rouge.
- 5 0[0 acide sulfurique.
- Le cyanure est dissout à part et lorsqu’il est prêt, on le verse avec les autres mordants dans la cuve. Lorsque ceci est fait, on entre les pièces à froid et on laisse tourner ainsi 5 à 6 minutes, puis on chauffe doucement pour arriver au bouillon en une heure au moins ; on laisse bouillir une heure ainsi, on ferme la vapeur et ou ajoute 1 0[0 de sel d’étain fondu à l’avance, on ouvre la vapeur et on fait bouillir une heure. Au bout d’une heure, on abat les pièces pour les passer à la terre glaise, puis on les lave bien.
- 2* Bouillon de mordant :
- Bouillon : • s
- 10 0[0 tartre blanc.
- 1 .0 0(0 sulfate d’alumine.
- 3 0[0 saymuriate d’étain.
- Lorsque ceci est fait il faut chauffer le bain à 60 ou 70', mettre le tartre et l’alumine et rentrer les pièces ; laisser tourner un quart d’heure sans vapeur, puis mettre l'oximu-riate dissout d’avance ; après cela on met la vapeur pour arriver rapidement au bouillon que l’on maintient pendant deux heures ; ensuite on abat les pièces et on ne les fait
- pas laver ; il est bon alors de les abattre au large.
- 3 ‘ Montage à l'échantillon :
- Il faut commencer la journée en faisant le bain avec :
- 1 kil. tartre.
- 1 kil. alun.
- Ceci fait, on ajoute le compêche nécessaire et on entre les pièces.
- Il faut laisser tourner ces pièces deux heures et demie au bouillon, on échantillonne et on regarnit comme pour les autres nuances a
- Après chaque passe on rafraîchit le bain pour le ramener à 60 ou 700.
- Le premier bain (bain de cyanure) se vide à chaque fois.
- Les deux autres se conservent aussi longtemps que l’on a des pièces à 1eindre.
- La reprise des pièces placardées ou mal unies donne rarement de bons résultats.
- (Reproduction interdite.) • , (A suivre).
- THÉODOSE MOREL
- (Notice nécrologique communiquée à la So-ciété des Sciences industrielles de Lyon) :
- Nous avons, Messieurs, la pieuse coutum de ne pas laisser partir nos collègues sans consigner dans nos Annales le souvenir des regrets qu’ils nous laissent. J’ai à remplir ce triste devoir pour un des nôtres, M. Théodosè Morel, qui vient de nous être enlevé, bien jeune encore par une implacable maladie.
- Sorti de l’Ecole Centrale de Paris en 1874, M. Morel se consacra tout d’abord à une spécialité particulièrement1 chère à nôtre cité, à celle de la soie ; à la suite de longues études pratiques faites dans les Cévennes et en Italie, il publia une monographie complète de la filature et du moulinage, les conditions techniques et économiques respectives de ces importantes industries, dans les deux pays, travail considérable souvent consulté qui valut à notre collègue les plus hautes et les plus précieuses approbations.
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- dre en noir dans le Tennessee. On en fait un extrait qui titre 25 0(0 de tannin à 20°Baumé.
- Le tannin de l’andromède que j’ai isolé, l‘« acide androméditannique, » se présente sous forme d’écailles jaune rougeâtre foncé, se dissolvant dans un 115 de leur poids d’eau froide. Il colore les sels de fer au maximum en un beau noir. Le précipité plombique contient 44 010 de tannin, le précipité cuivrique 26,4 010 de tannin et le précipité stannique 76,18 0(0.
- 8 d’oxygène oxydent 28,72 de tannin de l’andromède.
- Une autre espèce l’« andromeda polyfolia », croît dans le nord de l’Europe ; les feuilles et l’écorce servent en Russie pour teindre en une couleur noire brillante les soieries. Le tannin est identique au précédent. La teneur en tannin du produit qui se rencontre dans les teintureries, mélange pilé d’écorce et de feuilles, est de 24,18 0[0.
- Ecorce de tenaki. — (« Phyllocladus trich-nomanoïdes ») de la famille des conifères, croît dans la Nouvelle-Zélande où il est nommé « bark » ou « kiri-toa-toa ». C’est un arbre à port majestueux, de 20 m. de hauteur, dont le tronc atteint 1 m. de diamètre.
- L’écorce renferme 23 0|0 de tannin. Cette écorce se met en bottes de 1 m. 50 à 2 m. de long. La Nouvelle-Orléans en produit des quantités considérables, en 1881 elle en a expédié 875,000 kilog.
- Cette écorce renferme un tannin particulier, l’« acide trichomanotannique », qui verdit les sels de fer. Ce tannin est doux.
- Le précipité plombique contient 36,2 0(0 de tannin, le précipité cuivrique 19,4 0(0 et le précipité stannique 84,2 0(0.
- 8 d’oxygène oxydent 32,45 de tannin de Tanaki.
- L’analyse de l’écorce m’a donné :
- Humidité........................ 12
- Tannin.......................... 21
- Matières extractives............ 17
- Ligneux......................... 05
- Ecorce du curupaï . — (« Acacia Curupay ») i du Paraguay renferme 18 à 19 0|0 de tannin. | Le bois de Curupaï n’est pas tannant. L'é-; corce s’emploie beaucoup dans le Paraguay à ] la façon des mimosas d’Italie ; on lui donne 1 le nom de « Brietchk-far ». L’écorce renferme également une matière rougeâtre qui nuit à la substance tannifère.
- Le tannin particulier renfermé dans cette | écorce est l’« acide curupatannique », colorant en noir les sels de fer. Le précipité plombique contient 51 010, le précipité cuivrique 16 00 et le précipité stannique 61,2 010.
- 8 d’oxygène oxydent 40 de tannin de Cu-I rupaï.
- L’analyse de cette écorce m'a donné :
- Humidité....................... 15,18
- Tannin......................... 18,20
- Matières extractives.... 22,11
- Ligneux........................ 44,50
- À l’exposition d’Anvers de [1885, 2 échantillons d’écorce de « Curupaï » étaient exposés, l’un, l’écorce de l’« acacia angico » dans lequel j’ai trouvé 15 0(0 de tannin, et l’autre, l’écorce du « pithecollobium gummifera », qui en renfermait 12 0(0.
- Ecorce et gousse de cascalote.— La cas-calote (« casalpinia cascalao » ou « Rizaphora Mangle ») de la famille des papillionacées, est employée dans le Mexique pour le tannage et la teinture en noir. L’écorce de cascalote renferme 24 0(0 de tannin, et la gousse 12 0(0. Le tannin particulier renfermé dans la cascalote est l’« acide cascalotannique », qui précipite en noir bleu les sels de fer. Le précipité plombique renferme 50 0[0 de tannin.
- Thé du Paraguay. — (« Ilex Paraguayneu-nensis ») appelé « Yerva Maté » contient 7 0p de tannin qui verdit les sels de fer. Les extraits qu’on en retire sont d’une belle couleur, et renferment 25 00 de tannin à 200 Baumé.
- Le tannin est l’« acide Yervamathètanni-que »).
- Feuilles de l’osyris compressa du Cap,
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- analogues à celles du lentisque, mais plus blanches et plus pointues, contiennent 17 00 de tannin (l’acide osyristannique). Le précipité plombique de ce tannin contient 45 0[0 de tannin, 8 d’oxygène oxydent 32,5 de ce tannin.
- L’écorce de « Leucospermum conocarpum», l’écorce de « Protea Grandiflora » et l’écorce de «Protea mellifera», également du Cap, renferment 25 0[0 d’un tannin, l'acide « Leu-cospertannique », qui précipite en noir bleu les sels de fer au maximum. Le précipité plombique renferme 42 00 de tannin, 8 d’oxygène oxydent 38 de ce tannin. Ces écorces sont employées à la teinture.
- Ecorce du fruit de la garcina MANGOS-tana.—Cette écorce est analogue à celle des grenades ; elle est épaisse, charnue, elle renferme à côté du tannin une matière colorante brune analogue à celle du brou de noix. La teneur en tannin est de 12 00 de tannin. Le précipité plombique contient 58 0[0 de tannin, 8 d’oxygène oxydent 25 0[0 de ce tannin, l’« acide mangostanatannique.
- PRINCIPAUX USAGES DE LA GLYCÉRINE
- Le cours élevé de la glycérine, malgré le développement incessant de sa production, nous a amené à rechercher quelles étaient actuellement ses applications les plus répandues.
- M. Pohl a conseillé de l’employer pour empêcher l’efflorescence des sels sur le carmin d’indigo desséché.
- M. Mandet s’en est servi avec un grand succès pour préparer un encollage avec de la dextrine, du sulfate d’alumine et de l’eau qui évite aux tisserands le travail si malsain dans des caves humides.
- MM. Vasseur et Houbrigant la font entrer dans la composition d’encres et de papiers à copier.
- M, Tichborne prétend qu’elle lui a donné
- d’excellents résultats dans l’extraction des arômes des fleurs.
- La glycérine est en outre très appréciée pour maintenir l’humidité de certains corps tels que : argile à modeler, ciments, mortiers, mastics, colles, de plus elle est un préservatif contre la gelée.
- Ses propriétés antiseptiques la font rechercher en brasserie, ainsi que pour la conservation des cuirs non tannés et celle des pièces anatomiques.
- En thérapeutique elle agit comme calmant dessicatif, et chargée de principes médicamenteux elle remplace le cérat.
- En savonnerie elle entre dans la composition de certains savons transparents.
- On se sert surtout d’une grande quantité de glycérine dans la fabrication de la dynamite, mélange de nitro-glycérine avec des matières poreuses, enfin on l’utilise encore à la préparation des fruits artificiels et comme agent lubrifiant des rouages délicats comme le sont, par exemple, ceux des montres.
- Barreswille a conseillé le premier d’ajouter un peu de glycérine dans l’eau des compteurs à gaz pour préserver celle-ci de geler durant les grands froids.
- ECOLE
- PROFESSIONNELLE MANUFACTURIÈRE d’eLBEUF
- On fonde en ce moment à Elbeuf, avec le concours de l’Etat, du département, de la ville et de la Société industrielle, une Ecole professionnelle manufacturière, qui ouvrira ses cours en octobre prochain.
- Le personnel enseignant de cette Ecole comprendra :
- Un professeur de commerce général, géographie commerciale, comptabilité, et droit commercial; un professeur de géométrie, mé-canique, physique industrielle et dessin ; un professeur de chimie industrielle, teinture, foulage, apprêts, et un professeur de tissage, montage et fabrication.
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- Le directeur sera choisi parmi ces quatre professeurs.
- Les émoluments des professeurs pourront atteindre 5,000 fr.; ceux du directeur-professeur 6,000 fr.
- Les candidats ‘ devront adresser, avant le 15 mai prochain, leur demande et leurs titres, à M. Léon Quidet, vice-président du conseil d’administration de l’Ecole professionnelle manufacturière, rue Poussin, 31, à Elbeuf.
- BREVETS D'INVENTION
- 178482. Vassart ; 17 septembre. — Appareil à teindre les laines en bobines.
- 168490. 14 sept.; Collin et Erranni.—Teinture à froid et à chaud de la laine et des poils en noir d'aniline inverdissable à l'air.
- 178560. 16 sept.; Vve Bonnard.--Plaque à dévider, avec arrête-fil.
- RENSEIGNEMENTS
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Roubaix. -- Formation de la Société en nom collectif Blondel et Cie, teinture à façon de la laine, du coton , du jute, du fil et de la soie, au Breucq, commune de Fiers. — Durée : 3 ans. — : Cap. 50,000 fr. — Acte du 21 février.
- Rouen. — Formation de la Société en nom collectif Playoust frères, toiles en tous genres, r. aux Ours, 41.—Durée : 6 ans.—Cap. : 90,000 fr.—Acte du 3 mars.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Saint-Etienne. -- Dissolution, à partir du 28 février, de la Société Perrin fils aîné et Vinson, teinture des cotons, à Langonand, commune d’Izieux. — Acte du même jour.
- Lyon.— Dissolution, à partir du 17 février, de la Société' Buffard et Comte, teinture des
- soies, rue Montbernard, 16. — Liquid : M. Comte. — Acte du même jour.
- LE TRAVAIL COOPÉRATIF AUX ÉTATS-UNIS
- Après avoir, constaté, dans ses communications antérieures à la Société des ingénieurs civils, la puissance dû mouvement coopératif en Europe, sous les formes multiples des associations de consommation et des associations de production, de la participation des employés aux bénéfices, des banques populaires, M. Edouard Simon a recherché dans quelle mesure les Etats-Unis d’Amérique ont mis à profit les essais tentés sur l’ancien continent. Il semble, en effet, que poür tous les pays, les desiderata de la fabrication,, les imperfections des outillages mécaniques ne sont pas de nature à préoccuper au même degré que le défaut d’équilibre entre le coût de la main-d’œuvre et le prix des objets fabriqués, entre la rémunération du travail quel qu’il soit et les charges de chacun.
- M. Simon a divisé son travail en trois sections, selon que les coopératcurs participent aux bénéfices à l’exclusion de tout salaire, ainsi que cela se passe pour les marins de la grande et de la petite pêche ; suivant, au con-traire, que la participation est une prime, tantôt également accordée à tous les employés au prorata des paies individuelles, tantôt réservée à certaines catégories de travailleurs et dans d.es proportions variables, soit enfin que les bénéfices constituent des dividendes pour les coopérateurs associés.
- M. Simon s’est appuyé sur des documents officiels récemment publiés par le Bureau du travail du Massasuchets et a montré, à l’aide de nombreux exemples, les difficultés rencontrées par les associations américaines au milieu d’une population ouvrière composée, en majeure partie, d'éléments hétérogène, le rôle utile de la participation (aux Etats-Unis comme en Europe) pour commencer l’éducation économique des employés, pour faciliter l’accord entre le capital et le travail.
- Dans la pensée d’être agréables à nos lecteurs, nous nous sommes assuré, comme pour les communications précédentes du même ingénieur sur ce sujet très actuel, un tirage à part de l’important mémoire que nous signalons.
- Dès à présent, nous sommes en mesure d'adresser cette brochure, franco, contre remise de 1 fr. 50 c. en timbre-poste, par chaque exemplaire.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31’ Année, Ne 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mai 4887
- SOM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- BLANCHIMENT ÉLECTRIQUE.
- NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE.
- LE ROUISSAGE INDUSTRIEL DU LIN.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DU COTON OU AUTRES MATIÈRES TEXTILES AVANT FILAGE par M. Lecomtte
- Le but que s’est proposé M. Lecomtte, est d’effectuer les opérations du débouillage, de l’essorage , de la teinture, du lavage et du séchage, sans que les fibres se trouvent enchevêtrées, emmêlées, comme il arrive habituellement , aux dépens des préparations mécaniques ultérieures.
- Lorsque la matière est en vrac, le breveté fait usage de paniers, ou de caisses à claire-voie, disposées pour permettre la facile pénétration des liquides et, en même temps, une compression telle que le textile ne puisse se rouler, se «corder» au cours des manipulations successives.
- Si le coton est à l’état de nappes, des récipients analogues conviennent aussi, mais il est utile d’établir, dans la hauteur, des subdivisions formant des étages à intervalles réguliers. On peut encore étaler les nappes sur des espèces de toiles sans fin,que l'on roule à la manière des stores, les lames ou tringles de ces toiles à claire-voie isolant les couches successives.
- Pour la « préparation » sous forme de rubans. on la reçoit dans des pots cylindriques perforés ou grillagés, divisés on non par des cloisons ; il est également facultatif, pour ces rubans comme pour les mèches des bancs à broches et sauf dimensions variables, d’envi-der la matière sur des tubes ou fourreaux perforés, soit en bois, soit en métal. Pelotes et bobines sont, dans les deux cas, protégées par des carapaces en grillages métalliques ou en treillages de bois, puis placées au sein du liquide, sur des axes verticaux ou horizontaux.
- MACHINE A FIXER (SYSTÈME BERTRAND) Par Mme Florin .
- La machine est construite pour imprégner les tissus, de vapeur, avant de les soumettre à la teinture, afin de conserver la laize, obtenue à la sortie du rouleau vaporisateur. Cet apprêt s’applique indifféremment aux velours d’Utrecht, aux draps de laine, aux moquettes, etc.
- L’étoffe, quelle qu’elle soit, est tout d’aboTd élargie sur un appareil de tension, qui est composé de deux molettes horizontales calées sur le même axe, garnies de cuir et plus ou moins écartées suivant besoin. De là, le tissus, saisi entre un tablier sans fin et des rouleaux convenablement répartis, se trouve humecté à l’aide d’un injecteur transversal et, toujours maintenu au large, est amené au
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- contact d’un tambour cylindrique, horizontal. Ce dernier, percé de trous sur toute la périphérie, est alimenté de vapeur sous pression et constitue l’organe fixeur proprement dit.
- PRÉPARATION DES CORDAGES, DES FILETS DE PÈCHE, ETC.
- par la « U. S. Water proofing Fibre Company limited. »
- L’objet de l’invention est de garantir les cordages, les filets de pêche et produits analogues contre l’action de l’eau, de la gelée, des acides.
- On commence par liquéfier, au moyen de la chaleur, poids égaux de résine et de cire de paraffine épurée. Lorsque les deux liquides ont été intimement mélangés, on ajoute, après refroidissement, le quart, en poids, de benzine.
- La préparation possède une couleur d’am • bre claire, qui ne modifie pas la teinte des chanvres filés ou câblés, auxquels elle est appliquée par immersion. Une fois les cordages ainsi enduits, le séchage détermine l’évaporation de la benzine et il reste un apprêt, qui conserve la souplesse du chanvre en toutes saisons.
- Le même traitement convient aux filets de pêche, mais le mélange indiqué plus haut peut être additionné de « residuum », c’est-à-dire du résidu de la distillation des huiles minérales.
- TRAITEMENT DES PELUCHES AVANT ET APRÈS TEINTURE Par M. Vignet.
- Lorsqu’un tissu du genre peluche est immergé dans l’eau ou dans tout autre liquide, le poil, au moment de l’égouttage, c’est-à-dire à la sortie du bain, s’agglomère irrégulièrement et donne à la surface de l’étoffe l’aspect d’un nid de guêpes ou d’abeilles. Le pli, une fois pris, persiste au point d’empêcher le parallélisme ultérieur du poil et ce « carto-nage » du velours, de la peluche, constitue
- l’une des grandes difficultés de la teinture en pièce. M. Vignet tourne l’obstacle en couchant artificiellement le poil dans la direction que tend à lui imprimer le tissage. Le couchage s’effectue tantôt à la main, tantôt mécaniquement par le « riflage », calandrage ou cylindrage. Dans ces conditions, les brins de la surface duveteuse se redressent, sous l’action du mouillage, parallèlement entre eux et conservent la même situation après le séchage.
- L’écrasement préalable du poil a aussi pour résultat de donner à la peluche un lustre, un éclat qui persiste après teinture.
- CHAUFFAGE DES BROSSES MÉCANIQUES POUR APPRÊTS Par M. Lecamus.
- Comme de coutume, le cylindre garni de brosses (parallèles aux génératrices) est complété par des rouleaux embarreurs, qui servent à régler la tension de l’étoffe, à augmenter ou à diminuer, suivant besoin, la surface de contact. La particularité repose sur l’adjonction à cette machine d’un tambour de chauffage. Ledit tambour est relié à une prise de vapeur et pourvu d’un purgeur d’eau de condensation. L’étoffe est dirigée sur cet organe avant de recevoir l’action des brosses.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE
- A TRAVERS LES AGES (Suite.)
- Le xvIIIe siècle vient de finir et le xixe commence, et avec lui l’ère des progrès dans toutes les branches de la teinture et de l’impression, de même dans toutes les industries.
- La vapeur apparaît et ne contribue pas peu à toutes les révolutions physiques, chimiques mécaniques qui vont surgir de tous les côtés.
- Plus tard, legaz et l’électricité contribueront à augmenter ce magnique mouvement d'entraînement, dont la teinture et l’impres-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- sion profiteront plus que toute autre industrie, ainsi que le blanchiment et l’apprêt.
- En dehors de ces causes de progrès, il en est une autre qu’on ne saurait négliger : c’est le mélange des fibres de toute nature dans l’obtention des tissus pour obtenir des effets nouveaux, répondant à toutes les exigences artistiques et de bourse des acheteurs. Le xixe siècle aura créé la vulgarisation des tissus, même les plus riches,
- Les tissus de soie profiteront plus que tout autre de ces mélanges. Est-ce un bien? est-ce un mal ? Je n'ose me prononcer ; dans tous les cas, c’est le résultat des caprices de la mode et de la concurrence. Il faut suivre son siècle , et si les centres de fabrication de notre région ne suivaient pas ce mouvement, Lyon, Saint-Etienne et Saint-Chamond seraient débordés par Bâle, Zurich, Crefeld, Moscou, Côme, Barcelone, etc. Je me répète, et je dis à nos fabricants, teinturiers, imprimeurs et apprêteurs : Ne nous endormons pas.
- Je sais bien que l’on nous copie, il est impossible qu’il en soit autrement. Un secret ne peut être gardé au-delà de quelques mois, même dans les ateliers les mieux outillés pour se mettre à l’abri des indiscrétions.
- Mais il vaut mieux pour Lyon et Saint-Etienne donner le ton de la mode que de l’emprunter à Roubaix, Moscou, Leicester, Pater-son, etc.
- Un jour, on disait, il y a environ trente ans, à un de nos négociants de Lyon, Paul Evmard, je crois : « L’on vous vole vos dessins, vos nuances, etc. » A cela, il répondit ; « J’aime mieux être volé que d’emprunter à l’étranger. » |
- Aux anciennes fibres teintes jusqu’à la fin du xvIIe siècle : soie, laine, poils divers, lin, chanvre et coton, le xixe siècle en ajoutera d’autres : ramie, sparterie, jute et même la Paille, etc. On est même allé plus loin, et récemment aux fils ou laines dorées et argen-tées pour les tissus d’église, et vêtements lé. Sers pour l’Orient, on a ajouté la teinture en
- diverses couleurs éclatantes de ces mêmes fils ou laines.
- On a souvent accusé nos fabricants de s’être laissés entraîner à la fabrication des tissus chargés. A cela, je répondrai comme pour les mélanges : Il faut suivre son siècle, et s’ils ne l’eussent pas fait, encore une fois, ils eussent été débordés par la concurrence étrangère.
- A Lyon et à Saint-Etienne, on produit d’ailleurs des étoffes de toutes qualités et pour tous les goûts et les prix. Il est bien évident qu’une femme qui achète de la soie à 2 francs le mètre, sait parfaitement qu’elle en achète pour son argent et qu’on ne peut lui en donner pour ce prix une qualité valant 8 à 10 francs.
- La charge, en gouflant le brin, car c’est là le but, quand elle est rationnelle, a, si je puis me servir de ce terme, « démocratisé » l’étoffe de soie. Le mélange du coton a achevé de le faire. Tout cela répond d’ailleurs aux besoins de la mode, qui devient de plus en plus inconstante.
- Il y a trente ans,quand je m’occupais pour la première fois de matières colorantes et teintures, on parlait encore d’étoffes riches se léguant de mère en fille, absolument comme de l’argenterie ou des bijoux. Aujourd’hui, nous vivons en plein dévergondage : six mois après on ne veut plus d’un costume. Je me rappelle avoir vu dans un illustré de la capitale représentant une femme de chambre répondant à sa maîtresse, lui offrant une de ses robes : « Oh ! merci, madame, je me respecte trop, il y a trois mois que cela ne se porte pas. Donnez cela à la concierge, si elle le veut. »
- La transformation mécanique qui s’est faite est formidable dans toutes les industries. Le blanchiment, la teinture, l’impression et l’apprêt ont suivi ce mouvement. Nous aurons dans le courant de l’ouvrage à signaler tant d’appareils merveilleux que je glisse là dessus.
- Cependant je citerai, par exception, l’em-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ploi de la force centrifuge pour l’écoulement des fibres, remplaçant la torsion à la cheville et au chevillon. Les appareils, dits essoreuses, ou diables, à Lyon, constituent à mon avis ce que l’on a créé de plus beau pour les arts textiles. Aujourd’hui, il serait impossible de teindre certains genres, sans leur emploi. A la cheville et au chevillon, on finirait par rendre des soies en bourre, outre le temps perdu, qui rendrait la teinture de certains noirs impossible.
- Je citerai également les machines à liser mécaniquement, qui ne peuvent d’ailleurs que s’appliquer pour de grandes parties et ne sauraient convenir, pour les couleurs d’assortiment qui demandent des ouvriers artistes, comme l’on en trouve à Lyon et à St-Etienne. Jusqu’à présent, beaucoup de ces machines laissent à désirer. Cependant, à la Teinturerie Stéphanoise, j’ai vu fonctionner les remarquables appareils de M. César Corron, de Saint-Etienne, marchant automatiquement, et remplaçant avec avantage la main de l’homme sous tous les rapports. Le seul inconvénient que j’ai constaté, c’est d’exiger des ateliers disposés d’une manière spéciale et en couloirs.
- En 1808, Macquer publie un traité spécial poùr la Teinture de la soie. Comme tout ce qu’a écrit Macquer, cet ouvrage est clair, concis et résume toutes les connaissances de l’époque. Macquer n’écrit pas d’après des on-dit, il a vu par lui-même. On le sent en le lisant. Il y a deux éditions, une petite et une grande.La dernière est accompagnée de planches, rappelant les ateliers d’il y a trente ans et même ceux d’aujourd’hui, de cotonnades, de ce que l’on appelle à Lyon « la montagne », c’est-à-dire les teinturiers des montagnes lyonnaises, où l’on produit par quantités des genres à très bas prix, en cotons, en fils. Ici l’outillage mécanique des grandes villes, joint aux frais généraux, ne peut faire concurrence à ces industriels, établis avec la plus grande simplicité.
- C’est ce que m’ont expliqué et démontré
- par A -1- B, de Roanne à Lyon, par Thisy, Cours, etc., plusieurs de mes lecteurs du Mo niteur de la Teinture. On y produit des couleurs dans les prix de 0 fr. 50 le kilog. 1 mais il est vrai de dire que c’est par « voitures » que l’on fait une nuance. Les patrons paient de leur personne, la main d’œuvre n’est pas chère, les séchoirs sont en plein air, ou simplement abrités de la pluie.
- Toujours en 1808, l’Europe est en feu, et cela depuis 1790. Et de cet état de choses, de l’effet du blocus continental décrété par Napoléon Ier, vont sortir de grands progrès pour l’industrie française. Dans cette période de 1790 à 1808, Leblanc créera la fabrication de la soude par sa méthode pour remplacer la soude des varechs d’Espagne. Et ce sera l’essor d’une révolution dans les produits chimiques. Je passe sous silence la culture de la betterave, comme production du sucre, et j’arrive à la première couleur artificielle, dont la gloire revient à un enfant de Lyon, à Raymond, professeur de chimie à la faculté des sciences de la ville. Le blev Raymond va remplacer l’indigo.
- Marius Moyret.
- [Reproduction interdite.) (A suivre).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- Les rideaux mousseline, guipure, etc., sont d’abord trempés à l’eau froide de la veille si cela se peut ; ils en sont retirés, égoutés et savonnés à la main avec les plus grandes précautions, car il y en a une grande quantité qui peuvent se déchirer au poids seul de l’eau, surtout quand ils sont déjà brûlés par le soleil ; on donne ensuite un bain de carbonate de soude et deux bains de savon, on passe en javelle pour les rideaux blancs — non les écrus et crème — on rince sur deux eaux chaudes et deux eaux froides, on gomme à l’amidon et on apprête au tapis.
- Les rideaux, stores, écrus, crème, ficelle»
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- ET DE L’IMPRESSION DES T1ssos
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- doivent être reteint de leurs mêmes oouleurs de la façon suivante :
- Une fois nettoyés et rincés, on crème sur un bain de sumac et de Brésil ; le sumac doit être préalablement ébouillanté et passé au travers d’un tamis très fin ; il convient pour donner le fond nécessaire. Le bois de Brésil est ajouté au sumac pour rougir — il en faut très peu.
- Quantité de produits à employer.
- Sumac, 1 kil.
- Eau, 10 litres.
- Un litre de cette décoction dans cinquante litres d’eau suffit pour donner un fond à une partie de vingt rideaux de guipure ou autre ; dans le même bain qui doit être tiède on ajoute le Brésil.
- L’extrait de bois de Brésil est dissout à l’avance ; un litre d’extrait dans dix litres d’eau donne un colorant assez fort ; un verre de cette dernière dissolution suffit pour rougir le bain et ternir l’article ; il est facile de voir qu’on peut obtenir tous les tons d’écrus, crèmes, depuis les plus clairs jusqu’aux plus foncés.
- Dans le premier bain de sumac, le rideau devient légèrement jaunâtre, on le lise cinq minutes environ, on ajoute le brésil et on lise encore cinq minutes, il faut opérer avec modération, une fois le ton obtenu on passe sur une eau, on gomme et on essore.
- Pour crèmer et faire écru, on emploie aussi l’ocre jaune de la même façon qu’on emploie le bleu d’outremer — l’un jaunit, l’autre azuré, ceux fait de cette manière sont presque indémontable.
- De la même façon se teignent tous les articles de dentelles, de crochets en fil et en coton.
- Les apprêteurs spéciaux de rideaux, tels Que la nouvelle maison Desvignes, 8, rue Linois, qui les nettoient et les apprêtent à la perfection, grâce à son outillage modèle et sa minutie dans la propreté, opère plus vite que nous de la manière suivante.
- Après les avoir nettoyés comme il est dit
- ci-dessus, il se sert d’une chambre de 4 mètres environ de hauteur, 4 mètres de longueur et 3 mètres de largeur ; elle est garnie d’une cloche chauffée avec une tuyauterie qui fait le tour de la salle et qui chauffe à une température de 60 à 80 degrés. Au plafond de cette chambre sont fixés plusieurs barres de fer parallèle pour y introduire et faire glisser les cadres sur lesquels sont piqués les rideaux. Les cadres en bois roulants sont munis de galets qui circulent sur les rails adaptés au plafond. Pour y travailler, on abat un des cadres ; ces cadres en bois ont à peu près la dimension de la chambre, ils sont rectangulaires et une des barres est mobile, de façon à apprêter les rideaux les plus étroits et les plus larges, le tour est garni de petites aiguilles où on y applique les rideaux tout gommés à apprêter, on les fixe et au moyen de la barre mobile on les tire et on les étend à volonté ; deux rideaux, c’est à-dire une paire de vitrages pareils, sont bâtis ensemble, ce qui fait qu’ils sont toujours exactement de la même longueur ; on redresse alors le cadre, on l’accroche à une des barres et on l’entre en le glissant dans la chambre chaude, l’espace de sept à huit minutes suffit pour le sécher entièrement ; on retire le rideau d’un tour de main, on retire le fil qui unit les deux vitrages et on donne un coup de fer sur les festons, sur les bords, et l’article est plié. Pendant qu’un des cadres sèche, on en apprête un autre et ainsi de suite, l’opération du placement du rideau, du séchage et du pliage demande environ dix minutes.
- Nettoyage des peaux blanches de mouton et de chèvre.
- On alune d’abord la peau sur l’envers avec une éponge ou une brosse trempée dans une forte dissolution d’alun — on laisse sécher. Le nettoyage se fait à froid, sur une table assez grande on étend la peau destinée à être nettoyée, on en mouille l’endroit avec une dissolution de carbonate de soude, puis
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- au savon froid, on en frotte vigoureusement avec les deux mains sur toute la surface (il ne faut pas employer de brosse) en faisant bien rentrer la mousse du savon jusqu’à la racine des poils ; ceci fait et la laine bien dégagée des salissures, on les rince à l’eau froide, en évitant le plus possible d’en mouiller l’envers, on essore et on expose douze heures dans la chambre au soufre.
- En retirant de l’acide sulfureux, la peau est encore humide, il faut rincer à nouveau à l’eau froide, essorer une seconde fois et étendre sur une table de bois à cet effet, on tend avec des pointes pour lui faire reprendre sa grandeur primitive ; deux ou trois jours suffisent pour qu’elle sèche, on retire les pointes et on donne un coup de peigne et de brosse pour lui donner le cachet du neuf.
- Les peaux de mouton ainsi traitées doivent être très souples, tandis qu’à chaud, elles deviennent raides, en un mot perdues. Quelques-uns 'ne rincent pas en retirant du soufre, il est cependant préférable de le faire pour quelles peaux ne gardent trop longtemps l’odeur désagréable de l’acide sulfureux. Les peaux doivent sécher au grand air et non à la chaleur ; celles qui sont blanches et noires, ou blanches et marrons, se traitent de la même manière. Ce sont du reste les procédés employés aussi bien dans les peaux neuves que dans le chiffon.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Gros-bleus, Marrons, Gros-verts, Prunes au bois (nouveau).
- On emploie pour toutes ces couleurs le même bouillon, qui permet de les faire au
- bois et, par conséquent, beaucoup meilleur marché qu'en les faisant du coup.
- Le bouillon se fait comme suit :
- Les pièces sont entrées sur un bain de 40 à 45- avec 5 0[0 d’acide sulfurique, on les laisse tourner ainsi 20 minutes sans vapeur, puis on ajoute :
- 5 0(0 Alun,
- 0 k. 750 0[0 d’acide oaalique,
- 1 k. 5 0[0 Bichromate de potasse,
- 1 k. 5 0[0 Sulfate de cuivre.
- On monte au bouillon le plus vite possible, puis on laisse tourner les pièces pendant deux heures au bouillon, on les abat et on les lave. Les pièces sont rabattues sur un bain neutre avec de l’orangé 4, de l’orangé 2, du campêche, du carmin, du naphtol et de l’orseille.
- Quand on fait un bain neuf, on le tourne avec un cassin ou 2 kil. de sulfate de soude et environ un œuf d’acide sulfurique.
- Gros-bleus à la Fuchsine acide.
- Les gros-bleus se font comme les grenats, avec un mordant composé de :
- 20 0[0 Sulfate de soude (Na o So3).
- 10 0[0 Acide sulfurique (Ut So3 Ho).
- Gros-verts et Marrons du coup.
- On emploie comme mordant pour ces gros-verts et marrons du coup lorsqu’on fait un bain frais.
- 2 0[0 Tartre.
- 10 0[0 Sulfate d’alumine.
- Pour les bains en route, on ne met comme mordant que :
- 10 00 Sulfate d’alumine.
- 5 0(0 Bisulfate de nitrate.
- Ces bains sont conservés sans les vider jusqu’à ce qu’ils soient devenus bourbeux par les résidus d’orseille et de curcuma.
- Ancien bouillon de gros-bleus.
- Bouillon 15 0[0 Sulfate d’alumine.
- 10 0(0 Tartre.
- Chauffer ce bain à 60 ou 70 , laisser tour-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ner un quart d’heure sans vapeur et ajouter:
- 4 00 d'Oxismuriate d’étain pour les deux premiers jours du bain ; puis 3 0[0 seulement pour les jours suivants ; monter au bouillon et maintenir ainsi deux heures.
- Le montage à l’échantillon se fait comme pour les bleus au cyanure.
- Vert lumière.
- Il faut commencer par faire le bain à la première passe avec un gros-vert.
- On amène ensuite le bain à environ 70-,on antre alors la pièce avec du sulfate de soude et de l’acide sulfurique et le vert lumière acide ; ceci fait, on élève doucement la température du bain jusqu’au petit bouillon et on la maintient ainsi tout le temps.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS NOUVEAUX
- La Société industrielle de Rouen, dans sa séance du 14 janvier dernier, a procédé à l’ouverture de quatre plis cachetés, qui offrent un intérêt particulier pour nos lecteurs.
- Nous les indiquons ci-dessous :
- PROCÉDÉ DE TEINTURE EN ROUGE TURC (No 10. — Déposé le 15 avril 1886, par MM.
- F. Storch et G. de Conninck)
- Désirant prendre date, nous avons l’honneur de déposer sous pli cacheté, au secrétariat de la Société Industrielle de Rouen, le procédé suivant de teinture des tissus de coton en rouge turc, appliqué par nous dans l’établissement de MM. Lemaître-Lavotte et fils, à Bolbec :
- Le tissus est foulardé dans une émulsion obtenue en saturant par un alcali caustique, l’acide gras, résultant de l’action de l’acide sulfurique sur l’huile tournante.
- Les pièces ainsi préparées sont séchées, étendues sur pré, pendant plusieurs jours, et dégraissées par un passage en carbonate de soude, suivi d’un lavage.
- Elles sont ensuite foulardées en acétate d'a-lumine, aérées, dégommées et teintes aliza-rine artificielle.
- Après la teinture on sèche et on vaporise une demi-heure à une faible pression. Ce vaporisage fait passer la nuance du rouge brun au rouge vif.
- Un ou deux savonnages avec addition de sel d’étain donnent la nuance feu des plus beaux rouges turc.
- Dans cette manière d’opérer, deux points nous paraissent réaliser un progrès sur les procédés connus :
- lo La simplicité du traitement qui permet d’obtenir le rouge d’Andrinople au moyen d’un seul huilage ;
- 20 L’application du vaporisage à l’avivage de la nuance.
- Nous ajouterons que, d’après nos observations, la lumière serait le principal agent de la production du mordant gras. Il se développe beaucoup plus rapidement au soleil, que par un temps couvert.
- Bolbec, le 14 avril 1876.
- NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE ROUGE ORANGÉE
- (No 27. — Déposé le 13 juillet 1877, par M. Z. Roussin, pharmacien en chef de l’Hospice militaire du Gros-Caillou.)
- Je dépose le présent pli cacheté afin de bien établir ma découverte et mes droits d’antériorité.
- Ma nouvelle matière colorante résulte de la réaction du naphtol, sur le dérivé azoïque de l’acide sulfanilique. Elle s’obtient de la manière suivante : une solution aqueuse de sul-fanilate alcalin, mélangée avec un petit excès d’un azotite soluble, est décomposée à froid par un acide étendu. Il se fait un dépôt cris-tallin, grenu, blanc ou très légèrement jaunâtre, c’est le dérivé azoïque. Il se décompose au sein de l’eau bouillante, et explosionne assez fortement lorsqu’il est sec et touché par un corps en ignition.
- Ce dérivé azoïque, délayé dans l’eau et
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- traité à froid par le naphtol divisé, produit après quelques heures et une agitation convenable, la matière colorante qui fait l’objet de cette note.
- La réaction se produit à froid, et sans dégagement gazeux. Lorsqu’elle est achevée, si l’on porte la matière à l’ébullition dans quantité suffisante d’eau, on obtient par refroidissement une grande abondance de cristaux modérés qui se lavent facilement à l’eau froide.
- Cette matière colorante teint la laine et la soie en rouge orangé, sans addition de mordants, et sur bain acide.
- Cette couleur résiste bien à l’action de la lumière.
- Paris, le 18 mai 1876.
- ÇA suivre.,
- BLANCHIMENT ÉEECTRIQUE
- Une discussion très intéressante a été ouverte à la « Society of Chemical Industry » sur les prix comparatifs du blanchiment par l’électrolyse et par les procédés actuellement en usage.
- En présence de la disparition imminente du procédé Leblanc pour la fabrication des alcalis, dit l’«. Electricien », et, par conséquent, la cession de la fabrication de l’acide chlorhydrique, qui est un sous-produit, la question de la fabrication de la poudre à blanchir, ou chlorure de chaux, doit être envisagée sans plus tarder.
- Le prix du chlorure de chaux s’élèvera à mesure que le procédé Leblanc tombera, et les blanchisseurs devront examiner s’il est préférable de continuer à se servir de ce produit, ou de l’abandonner entièremet et de se tourner vers de nouvelles méthodes, telles que celle de M. Hermite. Les seuls agents de blanchiment autre que le chlorure de chaux sont le permanganate de potasse et l’eau oxygénée. Les rendements relatifs de ces différents agents, par rapport à la quantité d’oxygène,
- sont : 7,5 0(0 pour le chlorure de chaux, 1,57 0(0 pour le permanganate de potasse, 1,4 0|0 pour l’eau oxygénée (10 volumes).
- Le meilleur marché est le chlorure de chaux.
- Le procédé de M. Hermite consiste à décomposer les chlorures alcalins, et préférablement le chlorure de magnésium, en solution aqueuse, par le courant électrique ; il se forme beaucoup d'hypochlorite de magnésium, de l’hydrogène et de l’eau oxygénée.
- En pratique on fait usage d’une solution contenant 2,5 0(0 de chlorure de magnésium anhydre, et, l’expérience prouve que, après avoir été électrolysée, une telle liqueur possède des propriétés décolorantes beaucoup plus énergiques qu’une solution de chlorure de chaux faite dans les mêmes proportions M. Cross discute ensuite en détail le rendement de deux procédés, et établit les prix de revient d’après des expériences qu’il a faites avec M. E. J. Bevan.
- Un moteur à vapeur d’une puissance de 5 chevaux est capable de produire l’équivalent de 1 tonne de poudre à blanchir en 24 heures, au prix de 37 fr. 50, et l’installation des appareils spéciaux, tels que dynamos, électrodes, bains, etc., peut être estimée à 37,500 fr., ou 25 fr. par tonne. On voit que ce prix est bien inférieur à celui du chlorure de chaux (200 à 225 fr.) et que le procédé Hermite mérite l’attention des manufacturiers.
- PREPARATION D’UNE NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE JAUNE
- par M. le Dr Johann Walter
- La fabrication de cette nouvelle matière colorante jaune, que la maison R. Geygi livre au commerce sous le nom de « jaune soleil » ou « maïs », repose sur une observation que j’ai faite au mois de janvier 1882 ; l’acide sul-fonique du paranitrotoluol se transforme en
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- un colorant jaune si on le chauffe simplement au bain-marie avec un alcali.
- La soude et la potasse agissent rapidement et bien, la chaux plus lentement, la potasse pas du tout.
- Pour préparer l’acide sulfonique du parani-trotoluol, j’introduis celui-ci dans deux a trois fois son poids d’acide sulfurique fumant à 22 0[0 d’anhydride et je chauffe jusqu’à ce qu’un échantillon se dissolve complètement dans l’eau.
- Arrivé à ce point, je laisse couler toute la masse dans dix parties de solution saturée de sel marin, je remue le liquide et le laisse refroidir. Le sol de sodium de l’acide parani-trotoluolsulfonique se sépare ; on le filtre et l’exprime à la presse.
- Ainsi que je l’ai mentionné ci-dessus, la transformation de ce sel en matière colorante a déjà lieu au bain-marie, mais pour la fabrication il est plus avantageux de chauffer à 102-1030.
- A cet effet on dissout l’acide sulfonique dans une petite quantité d’eau bouillante. on rend le liquide faiblement alcalin en ajoutant pour 10 kilos de paranitrotoluol I kilo de soude caustique et on chauffe dans un double-fond jusqu’à l’ébullition, qui commence à 1020.
- On peut chauffer aussi en chaudière close chauffée à la vapeur. Le liquide, d’abord limpide et clair, se colore peu à peu en rouge-fuchsine, puis il devient jaune et épais. Lorsque la formation de matière colorante est terminée, on neutralise la soude en excès par un excès et on évapore à sec. On peut séparer aussi la matière colorante par le sel marin, mais elle se sépare à l’état gélatinux et ne se laisse pas filtrer.
- Le colorant se présente sous forme d’une poudre brune qui se dissout dans l’aéide sulfurique concentré en violet ; l’addition d’une Petite quantité d’eau fait déjà passer la nuance an jaune ; il est donc très stable vis-à-vis des acides. Il teint directement sans
- mordant le coton, la laine et la soie sur bain acide.
- Quant à la constitution du colorant, je suis d’avis qu’il est le sel de sodium de l’acide pa-razocrésyldisulfonique. Cet acide a déjà été préparé par Neale (Annalem der Chemie, 203, page 80) en faisant bouillir l’acide paranitro-crésylorthosulfonique avec la poudre de zinc et la potasse ; mais il n’est pas possible, dans ces conditions, d’arrêter la réaction à point de manière à obtenir des rendements théoriques, la réaction allant facilement jusqu’à la formation d’acide amidocrésylsul-fonique. Avec mon procédé de préparation, cette réduction plus avancée n’a pas lieu.
- Le colorant pourrait d’ailleurs aussi être un acide azoxysulfonique.
- Probablement pourra-t-on étendre cette réaction à beaucoup d’autres composés analogues et prê parer des produits de substitution ou de combinaison des colorants ainsi obtenus.
- L’acide sulfonique de l’orthonitrotoluol ne réagit pas à 100-1020 comme celui du para , il se colore bien en jaune, mais la quantité de colorant formé est proportionnelle à la te-neut en paradérivé. De cette manière on peut débarrasser l’acide sulfonique de l’orthonitrotoluol de son isomère de la para-série et peut-être même préparer l’orthonitrotoluol à l’état de pureté en éliminant le groupe sulfo au moyen de l’acide chlorhydrique.
- Pour préparer l’acide paranitrotoluolsulfo-nique, on pourrait probablement aussi sulfo-ner d’abord le toluol à des températures déterminées et lé nitrer ensuite.
- L’acide métanitrophénylsulfonique se colore également en jaune si on le chauffe avec la soude caustique à 120-1300, mais on n’obtient de cette manière aucun colorant utilisable. On n’a pas réussi non plus, jusqu’à présent, à obtenir un produit utilisable de l’acide a-nitronaphtylsulfonique.
- DrJOH. Walter.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LE
- ROUISSAGE INDUSTRIEL DU LIN
- Par M. Pars y.
- (Suite et fin.)
- Si l’on arrête l’opération en un point de la courbe'où les produits pectiques sont solubles, ils agissent alors comme matière agglu tinante qui recolle les fibres entre elles et à la chenevotte pendant le séchage. De plus, on entraîne en dissolution une proportion d’autant plus grande de ces produils solubles qu’on augmente l’opération. Ceci explique pourquoi on obtient toujours des lins maigres, c’est-à-dire contenant peu d’acide pecti-que.
- On évite facilement ces obstacles en employant, comme je le fais, l’eau pendant un temps très court, simplement pour commencer la transformation de la pectose, puis en terminant par la vapeur qui continue la formation de l’acide pectique, sans risquer de dépasser ce point et de rien entraîner en dissolution.
- Tel est le résultat des expériences que j’ai faites à ce sujet.
- Coloration du lin.
- La coloration des lins a toujours préoccupé es savants qui ont étudié la question du rouissage. Je n’ai trouvé nulle part une explication satisfaisante de cette coloration, si différente suivant les milieux où s’opère le rouissage. Voici ce que je crois en être la théorie bien simple.
- Le lin est coloré en vert, pendant sa croissance, par la chlorophylle, matière colorante qui se modifie pendant le rouissage et donne les différentes couleurs qui caractérisent les lieux de provenance des lins rouis.
- La clorophylle, d’après les travaux de Fré-my, est un mélange de jaune et de bleu. Si l’on traite la chlorophylle par un alcali, on obtient un liquide coloré en jaune ; en agitant ensuite ce liquide avec un mélange d’acide chlorhydrique et d'éther, on voit la cou
- che supérieure d’éther se colorer en jaune et la couche sous-jacente se colorer en bleu.
- En résumé, on opère donc un véritable virage au jaune par les bases et au bleu par les acides.C’est un fait analogue à ce qui se passe dans cette expérience due à M. Erémy, qui se produit en grand dans les routoirs, à la campagne. En effet, si nous examinons les lins au point de vue de leur coloration, nous voyons qu’on les classe en deux catégories principales :
- 1* Les lins bleus, dont le type est celui de Lokeren, et généralement tous les lins rouis en eau stagnante ;
- 2- Les lins jaunes, dont le type est celuj de Douai, et généralement les lins rouis en eau courante.
- Ces couleurs sont modifiées très souvent par la lumière solaire, qui les altère plus ou moins, suivant que le lin est caché pendant les diverses saisons et sous l’action plus ou moins intense des rayons du soleil. Cette modification a toujours pour effet de diminuer l’intensité de la coloration et de ramener vers le blanc.
- La couleur bleue des lins rouis en eau stagnante est due à l’action, sur la chlorophylle, de l’acidité de l’eau provenant de la dissolution des acides organiques de la plante elle-même.
- Pour les lins rouis à l’eau courante, le milieu acide n’existe plus, l’eau se renouvelant sans cesse ; de plus, la présence du bicarbonate de chaux, que l’eau contient presque toujours, explique le virage au jaune ; une partie de l’acide pectique du lin décompose, au fur et à mesure qu’il se forme, ce sel de chaux, pour former du pectate de chaux qui est entraîné par le courant.
- On voit que les lins bleus sont général-ment plus souples que les lins jaunes, ce qui provient de ce que ces lins perdent peu d’acide pectique, leur rouissage s’opérant dans un milieu légèrement acide : au contraire, les lins jaunes, type Douai, perdent de leur brillant, c'est-à-dire de l’acide pectique
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 8
- passé à l’état pectate de chaux. C’est un fait bien connu dans les pays de rouissage, que les eaux calcaires sont mauvaises pour cette opération, et donnent toujours un produit moins souple que les eaux douces.
- Pour confirmer cette assertion, je dirai que, par mon procédé, j'arrive à donner au lin roui la couleur bleue ou jaune « à volonté. » Pour le bleu, j’emploie l’eau d’une opération précédente, qui est alors légèrement acidulée par les acides organiques du lin qu’elle retient en dissolution.
- Pour le jaune, il me suffit d’employer une eau légèrement alcaline.
- CONCLUSION
- En résumé, je transforme la pectose en acide pectique en plaçant le lin dans un appareil autoclave dans lequel j’introduis de l'eau à 150° pendant quelques instants, puis je remplace cette eau par de la vapeur à la même température. Comme on le voit, ce procédé est des plus simples, et ce qui explique que ceux qui ont tenté l’action de l’eau chaude pour le rouissage n’ont pas réussi, c'est qu’ils visaient une « macération », ayant pour but le «dégommage» de la fibre et non une « transformation » de la matière qu’elle renferme.
- Ce qui fait qu’on ne peut arriver avec l’eau a une transformation complète de la pectose, c'est que cette transformation ne peut se faire qu’en passant par l’intermédiaire de la pectine, qui est très soluble ; plus on continue l’action de l’eau sur la plante, plus on lui enlève de pectose à l'iétat intermédiaire de pectine. Puis, même au delà de l’acide pectique, on forme l’acide métapectique, qui est excessivement soluble dans l’eau bouillante, alors Que la vapeur n’a pas ce même effet de dissolution.
- Je suis arrivé, au début de mes expériences, en voulant agir avec l’eau seule, à faire Perdre au lin plus de 35 0[0 de son poids sans Pouvoir arriver à un complet rouissage.
- L’action de la vapeur seule n’est pas plus
- heureuse que celle de l’eau seule. En présence des acides organiques du lin, la vapeur détériore complètement la fibre qui semble brûlée et perd toute consistance.
- J’ai reconnu qu’il fallait d’abord l’action de l’eau chaude pour préparer la transformation de la pectose et enlever les matières au rouissage, puis ensuite l’action de la vapeur pour finir la formation de l’acide pectique sans en rien entraîner en dissolution.
- J’ai obtenu par ce procédé des lins qui ont perdu,comme dans le rouissage ordinaire,de 20 à 25 0[0 de leur poids, et se sont parfaitement comportés à la filature.
- Certains ont été avantageusement comparés par des connaisseurs avec les produits des meilleurs rouissages.
- Un des principaux avantages de ma méthode consiste dans la rapidité du séchage. Le lin que je retire de mes appareils sortant de la vapeur, contient seulement une fois et demie son poids d’eau.
- TARIFS DE CHEMINS DE FER CHEMIN DE FER DE L’OUEST.
- M. le Ministre des Travaux publics a homologué, à titre provisoire, une proposition de la Compagnie de l’Ouest ayant pour objet d’inscrire dans son tarif spécial P. V. n- 22, un prix de 20 fr. par tonne, frais accessoires compris, pour le transport des toiles cirées, par expédition d’au moins 1,000 kilog., de Glos-Montfort à Batignolles.
- (Voyez l’afyche en date du 18 novembre 1886.)
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Cholet. — Formation de la Société en nom collectif Pellaumail-Moutel, fabrication, blanchiment et apprêt des toiles, mouchoirs et apprêt des toiles, mouchoirs et articles de Cholet.—Durée illimitée — Acte du 30 mars.
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- O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- DISSOLUTIONS DE SOCIETÉS
- Paris.— Dissolution, à partir du 1er avril, de la Société Frédière et Marchand, teinturiers de soie et autres tissus, rue des Récollets, 3. — Liquid. : MM. Edeline et Lefèvre. — Acte du 15 mars. —G. P.
- Lille. — Dissolution de la Société Mas-quelier frères, teinture et apprêt des fils de lin, coton, etc. , à Comines. — Liquid. : M. Jules Masquelier. — Acte du 13 février.
- MODIFICATION DE SOCIÉTÉ
- Rouen. — Modification de la Société C. De-lescluze et Cie, blanchiment des canettes et bobines de coton par procédé breveté, a Ma-romme, dont se retire un de ses commanditaires. — Acte du 31 janvier.
- Aux Armes d’Alsace-Lorraine
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- Matériel, Métiers et Outillage
- 3 essoreuses syst. divers ; 14 barques et cuves ; 4 chaudières cuivre; batte blanchisseur ; moulin à indigo ; 2 réservoirs ; 2 chariots ; batteur à écarter les cotons teints ; ouvreuse Crichton et Cie ; batteur 2 battes, syst. Lecœur ; carde-expresse Rissler ; 22 cardns débour-reuses, syst. divers ; 2 doubleurs bascule; peigneuse Ymbs entièrement neuve ; 2 bancs d’étirage anglais, syst. Lecœur; 7 frotteurs Lecœur, dont 1 tasseur syst.Valéry; machine à cylindrer ; 4 appareils à aiguiser meules de rechange ; 6 métiers renvideurs, 33, 35, 38 et 40 millim., ens. 3000 broches, syst. Kœchlin, Stann et Paar-Curtis ; 3 métiers à main, 35 et 38 millim., 900 broches, syst. Lecœur et Kœchlin; peigneuse Grumin ; machines à doubler et à laminer ; peloton-neuse ; métier à retordre, système Muller ; bobinoir Quinquarlet ; dévidoir 23 écheveaux.
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- S’adresser à M. Dupont, à l'usine ou à M. Chaulet, liquidateur, rue Hennequin, n- 25, Troyes.
- J. FAYOLLET
- AVOCAT, INGÉNIEUR DIPLÔMÉ DE L’ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES
- Membre de la Société des Ingénieurs civils de France, membre du Comité de la Société des Inventeurs
- Paris, 43, rue Turbigo, Paris Brevets d’invention. — Marques et Dessins de fabrique. France et étranger
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31’ Année, N° 10. ET DE LTMPHESSION DES TISSUS 20 Mai 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- HISTOIRE DE LA TEIN'URE (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).•
- LES ARTICLES DE TEINTURE.
- PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- NOUVEAU MORDANT
- PROCÉDÉ DU BLANCHIMENT DU JUTE.
- SALFORINE GRAND TEINT.
- Société INDUSTIELLE de rouen.
- LE IA DECOUVERTE DE LA FUCHSINE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MORDANÇAGE DES TEXTILES VÉGÉTAUX par le docteur Finkelstein
- Le docteur Finkelstein revendique l’emploi de l’oxalate d’antimoine renfermant, pour un atome d’antimoine, une molécule d’acidé oxalique.
- L’eau ne décompose pas ce sel, mais, dilué dans l’eau, il se divise de façon à former un lait de consistance uniforme, qui ne se clarifie que lentement par le repos, il est très sensi-ble aux influences chimiques et abandonne son antimoine avec la plus grande facilité. D'où il résulte qu’en présence de l’acide tan-nique ou de matières imprégnées d’acide tannique, l’oxalate se comporte comme s’il se trouvait en dissolution. Non-seulement le Prix de revient du mordançage se trouve ré-duit par ce qu’on n’a pas recours à l'inter-vention d’acides aussi coûteux et en quantités wuSsi considérables qu’avec les méthodes Accoutumées, mais le bain de mordant ne se charge pas d'un dépôt abondant de sels alca-ins acides (à acides organiques) qui, à cause de leur tendance a former avec l'oxyde d'anti-moine des combinaisons doubles, rendent
- plus difficile l’utilisation complète du tannin
- L’acide oxalique, qui devient libre pendant le mordançage, peut être aisément éliminé à l’aide de la craie ou des autres agents ordinaires de neutralisation.
- RATEAU ÉLEVEUR DE MACHINES A LAVER par MM. A Prouvost et Cie et De etombe
- Dans les machines à laver en usage le transport de la laine s’effectue d’un bac à l'autre, au moyen d’un tambour plongeur, de rateaux successifs à mouvement circulaire et d’un éleveur, qui place la matière sur le tablier d’entrée de la presse essoreuse. Cette construction, quele qu’en soit l’ingéniosité, a pour inconvénients de faliguer, de feutrer, de corder la laine, par suite des remous que produisent les rateaux en décrivant des courbes, alors que le mouvement rationnel devrait être rectiligne.
- Le brévetés se sont proposé d’améliorer le dégraissage, le rendement, l’apparence de la fibre et aussi de simplifier la construction, à l’aide d’un seul appareil qui effectue l’enfoncement, la translation et l’extraction de la laine
- Les fourches ou rateaux sont suspendus à deux chaînes sans fin parallèles, qui circulent autour de deux paires de roues polygonales, calées sur des arbres transversaux et placées symétriquement aux extrémités du bac. L’ensemble est actionné, à la vitesse
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- convenable, par la presse essoreuse. Le montage des rateaux est tel que ces organes peuvent prendre des directions différentes suivant les points du parcours.
- Lorsque les fourches relevées cheminent sur le brin supérieur de la double chaîne sans I fin, c’est-à-dire hors la cuve, des contrepoids impriment aux dites fourches une certaine obliquité, de manière à piquer la laine, au moment du retour et de l’immersion dans le liquide.
- Les fourches sont, en outre, prolongées, du côté des chaînes sans fin, par des cames, dont la forme a été étudiée dans un double but : une partie plane, ménagée à la base de chacune des cames, rencontre un chemin fixe et horizontal, qui oblige les rateaux à se transporter d’un bout à l’autre de la cuve sans oscillations ; puis, lorsque le rateau arrive à proximité de la presse, le chemin ci-dessus indiqué se trouve interrompu et la partie courbe de la came rencontre un galet qui,en lui faisant décrire un arc de cercle, produit le relèvement du rateau et simultanément l’apport de la laine sur le tablier de l’essoreur.
- Comme on le voit, la matière à laver n’est point abandonnée à elle-même et transférée par des « à coups » successifs, mais saisie, dès l’entrée dans le bain, conduite d’un mouvement continu jusqu’au bout opposé, puis élevée et déposée sur la toile alimentaire de la presse.
- Ajoutons que des cloisons latérales limitent exactement la largeur de la cuve occupée par les rateaux (jusqu’au faux'fond) et empêchent ainsi un déchet assez considérable.
- ÉTOFFES INSUBMERSIBLES par M. Brewster
- Pour rendre insubmersibles les étoffes ou plutôt les personnes qui portent les vêtements confectionnés avec de semblables étoffes, M. Brewster propose de traiter les fils de laine, de coton, etc., par l’une des méthodes adoptées pour l’imperméabilisation, puis de tisser
- ces fils constituant la chaîne avec une trame formée de liège (en bandes minces, en fils, en « lambeaux ») ou de corde ténue avec âme en liège.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE
- A TRAVERS LES AGES (Suite.)
- La Faculté des sciences de Lyon a donc, dans la personne de M. Raymond, ouvert l'ère des découvertes des couleurs artificielles ; elle se maintiendra d’ailleurs vaillamment à la tête du mouvement du progrès.
- Plus tard, les Boussingault, les Fournet, les Bineau continueront. Une chose que l’on ignore à Lyon, c’est que Fournet, le célèbre géologue (mon professeur en géologie et en minéralogie, avec qui j’ai fait de nombreuses excursions sur les bords de l’Yzeron et du Garon, ces deux ruisseaux, qui ne demandent qu’à être aménagés pour donner à Lyon 60 à 80,000 mètres cubes d’eau granitique, ainsi que je l’ai démontré au concours des eaux de Lyon) a donné des leçons de teinture.
- La Chambre de commerce également se montre constamment soucieuse du progrès; c’est sur son initiative que Chevreul est venu à Lyon donner des leçons en 1843.
- La Martinière formera également une pléiade de jeunes chimistes industriels, formés par les Dupasquier, Bineau, L.-L. Lem-bert. Loir. Nous retrouverons plus tard le nom de Tabareau, qui a créé une méthode d’instruction spéciale à cet établissement, à propos du blanchiment Beaumé, qu’il a exploite en grand.
- Récemment, le Conseil municipal de Lyol a créé un cours municipal de teinture, sous la direction de M. Raulin, de la Faculté des sciences. Ce cours n'existe plus. Pourquoi'
- Dès 1801, Roard, directeur des Gobelins dans des travaux reproduits par M. Chevretl (Leçons de Chimie, XXXe leçon), a donné 8
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- première analyse sérieuse de la soie. Mulder, de Rotterdam, a repris plus tard les travaux de Roard, ses travaux sont consignés dans la Chimie de Dumas (vol. VIII, page 291). Dumas a écrit un Traité de teinture de la soie, mais cet ouvrage laisse beaucoup à désirer, non pas au point de vue de la valeur incontestable de Dumas comme chimiste, mais au point de vue technique. Dumas s’est naturellement adressé à des industriels pour avoir des renseignements, et ceux-ci l’ont induit en erreur sciemment ou non. Nous retrouverons plus tard d’intéressantes études sur la constitution chimique de la soie.
- Plus tard nous retrouverons encore, en temps opportun, les travaux de Sobrero, de Turin, et de Gumon aîné, de Lyon, sur la constitution de la soie, au point de vue des taches graisseuses et de la composition calcaire de la soie. — Les noms de Gumon aîné, de Lyon, et de son successeur, M. Marnas, reviendront d’ailleurs fréquemment sous ma plume dans cet historique. La teinture lyonnaise leur doit beaucoup.
- L’année 1820 verra éclore de grands progrès.
- C’est d’abord l’application de l’extrait de châtaignier à la teinture du noir pour remplacer les noix de galle, par Michel de la Quarantaine, à Lyon. Et ce progrès sera l’origine de l’essor de la maison Michel, plus tard Piaton, aujourd’hui Bredin frères. L’in-vention est due, dit-on, au hasard, comme toutes les inventions d’ailleurs, avant la création de la méthode rationnelle à laquelle nous devons la découverte de l’alizarine artificielle.
- Pendant mes huit années de stage chez MM. Gillet et Pierron, aujourd’hui Gillet et fils, j’ai été à même de me rendre compte de la manière dont se sont faites les découvertes teinture, et plus tard, en suite de mes "voyages çà et là. Il y a partie due au hasard, mis à profit par des esprits observateurs, et partie due à la méthode raisonnée.
- La même année verra également éclore la
- teinture en souple, qui est une véritable révolution dans la teinture des soies, et en grande partie au détriment de Lyon, car, grâce aux magnifiques eaux granitiques du Gier, Saint-Chamond en a profité, et il s’est créé sur les bords de ce ruisselet de puissantes maisons qui sont . la succursale de MM. Michel et fils, de Lyon, Richard et Puteaux, Vindry. Pour les noirs, principalement, on ne peut faire convenablement des souples qu’avec l’eau granitique.
- L’inventeur du souple est un ouvrier nommé Pons, qui n’en a pas d’ailleurs profité. Hélas! c’est le sort dn beaucoup d’inventeurs. Je ne sais si ma mémoire est fidèle, mais feu Adrien Perret, directeur de la Condition des soies de Lyon, me disait, il y a trois ans, que la fille de Pons était pensionnée de la Chambre de commerce de Lyon.C’est bien le moins.
- On a bien critiqué l’emploi du souple, intermédiaire entre le brut et le cru, et l’on a eu tort. On produit avec le souple des effets artistiques que l’on ne pourrait produire différemment, principalement pour le genre taffetas dit faille.
- L’on a attribué à l’emploi du souple dans l’article parapluie, la facilité de l’étoffe à se couper, cela est inexact. L’étoffe soie pour parapluie ne doit pas, comme on le fait souvent à l’apprêt, être étirée En effet, lorsqu’elle se mouillera, elle fera l’effet des câbles à l’humidité et se retirera, se déchirera, etc.
- Je l’ai déjà écrit dans divers articles, beaucoup d’accidents sont mis sur le compte du teinturier, et c’est à tort. Cela vient de ce que jusqu’à présent, ce genre d'industrie a voulu garder le secret le plus absolu sur ses manipulations, ce qui n’est d'ailleurs plus possible. Les teinturiers et les imprimeurs ont toujours vu d’un mauvais œil les publications spéciales concernant leurs industries, de même leurs auteurs.
- Ainsi Persoz, après son magnifique ouvrage d'impression des tissus était mal vu à
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- de
- =
- 2 o 2 pi pe C t
- F e P 1?
- 2 a a M
- Mulhouse, de même je l’ai été à Lyan, après la publication de mon traité de la teinture de [a soie, en 1876.
- A ce compte là, nous n’aurions ni traités de physique, de chimie de mécanique, etc. Et loin de là, il faut éclairer le plus possible et, quand, dans des travaux aussi complexes que eux comportés pour la fabrication des tissus, les divers manipulateurs comprendront les responsabilités assumées par chacun d’eux, ils s’entraideront mutuellement. Le teinturier sera le premier à profiter de cet état de choses il y a une solidarité entre tous les manipulateurs pour arriver au tissu rendu sur banque, et quand cette solidarité sera établie, on ne rejettera pas tous les accidents sur les teinturiers ou imprimeurs. Chacun en prendra sa part. C’est le but de cet ouvrage d’arriver à faire comprendre cela à nos lecteurs.
- Exemple : dernièrement, pour des tissus légers pure soie, tissés dans les Indes, j’ai vu des imprimeurs de la région aux prises avec des difficultés pour l’unisson, auxquelles ils ne pouvaient rien. Cela venait des tissus. Et cependant le fabricant ne voulait rien entendre.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre-)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- Cotons bleus nettoyés et ravivés. — La plupart des articles de coton bleu sont faux teint et passent au nettoyage ; ceux teints au bleu de cuve seul» sont solides ; il est donc nécessaire d’avoir une cuve ou deux si on veut obtenir des bleus qu’on puisse nettoyer; à Paris très peu de chiffonniers en ont, et cependant ils en ont plus besoin que jamais.
- Montage des cuves d’indigo à froid pour coton, toile, paille, tous les tissus véyétaux.
- Pour faire une teinture convenable et unie
- sur costume ou article quelconque de coton, jl faut opérer sur deux cuves, dont une faible et une forte.
- Cuve faible no 1.
- Dans une cuve ou tonneau contenant environ 500 litres d'eau, on ajoute les produits suivants dans ces proportions :
- Indigo broyé, 1 kil.,
- Chaux vive, 1 kil.,
- Sulfate de fer, 0 k. 800 gr.
- Il faut opérer exactement de la façon suivante ;
- 1° On emplit à moitié le tonneau d’eau froide ;
- 20 Dans une bassine ou une terrine on délaye à part l’indigo ; en faire d’abord une pâtée, puis liquéfier en y ajoutant une quantité d’eau suffisante. Cela fait, on verse le tout dans la cuve no 1 et on pallie 5 minutes ;
- 3° On fait dissoudre à part dans une terrine la chaux vive, on l'humecte très légèrement d’eau; après un instant, elle se bour-souffle et pour éviter qu’elle ne brûle on ajoute sans cesse l’eau, mais en très petite quantité l à la fois, jusqu’à ce qu’elle forme une bouil-lie, un demi-seau environ ; on verse le tout dans la même cuve et on pallie 5 minutes ;
- 4o II faut dissoudre à part le sulfate de fer dans un demi-seau d’eau chaude, on verse le tout dans la même cuve que l’on emplit d’eau froide ; on remue une 1[2 heure et on laisse reposer le bain ; au bout de quelques neures le bain devient « fleuré » à la surface et prend une teinte vert jaunâtre très clair et limpide; la cuve est alors bonne à travailler.
- Celte cuve est ensuite garnie d’un treillage en fil de fer retenu par un cerceau de tonneau et agrafé à la partie supérieure de la cuve, pour éviter que les étoffes ne touchent le fond qui forme toujours un dépôt qui tacherait.
- Ce petit appareil se nomme a champagne »
- L’article à teindre est d’abord entré et lisé dans la cuve no 1 pendant 30 minutes, on lève et on laisse à l’air, on passe ensuite dans la cuve no 2, ainsi préparée.
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- BT DE L’IMPRESSIONDES TISSUS
- Cuve no 2.
- Eau, 500 litres.
- Indigo broyé, 1 k. 500 gr.,
- Chaux vive, 1 k. 500 gr.,
- Sulfate de fer, 1 k
- On opère exactement de la même manière que pour la cuve faible no 1.
- Quand l’article a été lisé 20 minutes dans la cuve n° 2, on lève, on laisse à l’air de nouveau ; c’est alors que le bleu monte; on avive ensuite sur un léger bain d’acide sulfurique pour débarrasser les tissus de la chaux ; on rince sur deux ou trois eaux, on essore et on étend. Dans des cuves de cette grandeur, on peut mener huit ou dix articles à la fois. Les cuves doivent être palliées tous les jours
- Si on veut obtenir des bleus très foncés, on donnera après rinçage un verre de bois d’Inde pour chaque article, on tournera le bain en vitriol bleu, on rincera à extinction.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- LES ABTICLE' DE TEINTURE en Annam et au Tonkin.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a reçu de M. le résident général de la République française en Annam et au Tonkin, des caisses d’échantillons d’articles de droguerie et de teinture récoltés et préparés dans le pays. Ces échantillons ontété transmis aux chambres de commerce de Bordeaux, Paris, Lyon, Marseille, Pontarlier, Cette, Nantes, Le Havre, Lille, Roubaix , Béziers, Dijon, Mazamet, Castres, Cholet, Roanne, Rouen, Sedan, Elbeuf, Amiens et Troyes, auxquelles ils étaient destinés.
- Voici, en ce qui concerne la teinture, la teneur des renseignements qui accompagnent l’envoi des collections dont il s’agit :
- « Indigo —Le sol du Tonkin se prête merveilleusement à la culture de l’indigo qui se Prés, nie, à l’état végétal, sous la forme d’un chou assez semblable au colza.
- Traité par les moyens connus et indiqués dans tous les recueils spéciaux, l’indigo du Tonkin a une nuance plus verte que l’indigo du Bengale et du Guatemala, avec des reflets bleus.
- Le système de culture indigène est défectueux, l’Annamite procédant par semis au lieu de procéder par plantation.
- La valeur de l’indigo au Tonkin laisse une large marge aux acheteurs métropolitains. Son cours actuel est de 7 fr. le kilog., rendu franco bord à Haïphong, alors que sa valeur en Europe serait d’au moins 12 fr., mais il est probable que l’abondance des demandes ferait relever les cours.
- Je suis ainsi autorisé à croire que la culture et la préparation de l’indigo peuvent être considérés comme une opération des plus fructueuses dans ce pays.
- » Vert de Chine ».— Il existe aussi au Tonkin une variété d’indigo, dite vert de Chine, fournie par un Nerprun. C’est un indigo sauvage dont on ne pourrait obtenir que de petites quantités. Il coûte ici en ce moment 50 fr. le k. au marché annamite.
- « Curcuma ». — C’est une racine d’anémone qui donne deux sortes de produits : le long et le rond, fruits de la même plante.
- Son prix, à l’état frais, est très bas (22 sa-pèques le k.); à l’état sec, le prix, aux environs d’Hanoï, ressort à 19 c. 1 [2 le k.
- On trouverait de fortes affaires de 25 à 35 f. les 100 k. suivant qualité, rendu franco bord à Haïphong.
- Sous forme pâteuse, humide ou sèche, le prix serait de 135 f. les 100 k. (pâte avec 22 0[0 d’eau), et de 210 fr. l’extrait absolument sec.
- PROCÉDÉS NOUVEAUX
- MATIERES COLORANTES
- (No 13. — Déposé le 14 mai 1876, par M. Z.
- Roussin, pharmacien en chef de l’Hospice militaire du Gros-Caillou.)
- Dans sa séance du 2 juin 1876, la Société
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- Industrielle de Rouen a bien voulu accepter le dépôt d’un pli cacheté que je lui avais adressé, et qui avait pour objet l’obtention d’une nouvelle matière colorante, résultant de la réaction du dérivé azoïque de l’acide sulfa-nilique sur le naphtol.
- Il m’est permis aujourd’hui d’étendre considérablement la nomenclature des matières colorantes obtenues à l’aide du dérivé azoïque ci-dessus. Je me bornerai à signaler les suivantes :
- lo Sur tous les phénols et notamment sur les deux naphtols et la résorcine ;
- 2° Sur toutes les monamines primaires (aniline, toluïdine, etc., etc.);
- 3• Sur toutes les monamines secondaires et la diphenylamine ;
- 4° Sur les alcalamides ;
- 5° Sur les diamines aromatiques, la pheu-nylène diamine et ses isomères.
- Réaction directe, par simple mélange du dérivé azoïque de l’acide sulfanilique.
- J’ai obtenu de la sorte une multitude de produits parfaitement définis et bien cristallisés, dont les nuances varient du jaune à l’orange et au rouge.
- Ces matières colorantes résistent parfaitement à la lumière et se prêtent fort bien à la teinture de la laine et de la soie.
- Paris, le 12 juillet 1877.
- HUILE POUR ROUGE TURC
- (No 17. — Déposé le 1er décembre 1876, par l
- MM. F. Storck et G. de Conninck.)
- Nous désirons, par le dépôt de ce pli, prendre date pour la préparation d’un corps gras, donnant une grande vivacité aux rouges ali— zarine. Ce corps peut être introduit, soit dans les couleurs d'application, soit dans les bains de teinture, et rend par conséquent inutile le passage du tissu dans une préparation grasse (émulsion d’huile, acide sulfoléi-que, etc.)
- Nous préparons ce corps en traitant l’huile par l'acide sulfurique. Le produit obtenu est soumis à l’action d’un oxydant (chlorure de
- chaux, bichromate de potasse, etc.), repris par un acide et neutralisé.
- Nous nous réservons de donner, en cas de besoin, les détails du procédé.
- Bolbec, le 30 novembre 1876.
- NOUVEAU MORDANT
- DE CHROME ET d’aLUMINE
- Ce nouveau mordant est obtenu en dissolvant l’oxyde de chrome hydraté dans l’acide sulfureux. Il faut avoir soin de laisser un excès d’oxyde de chrome pour empêcher l’acide sulfureux libre de se développer. Ce mordant se compose de sulfate de chrome et sulfite de chrome.
- 2 Cr2 O H+3 SO2 +03 + H2O
- = Cr2 (SO4)3 + Cr2 (SO3)3 + 7 H20
- Pour le mordant d’alumine, on dissout à froid l’hydrate d’alumine dans l’acide sulfureux.
- 2A12 O H+ 6 SO2 4- 03 _|_ H2O = AP (SO4)3 + A12 (SO3)3 4- 7 H2O
- E. K.
- PROCÉDÉ
- DE BLANCHIMENT DU JUTE
- En mettant le chlorure de chaux à sec dans le moulin à cylindre et en ajoutant de l’acide sulfurique, puis en rinçant après, on obtient un blanchiment satisfaisant.
- On sait qu’il importe peu pour le lavage de dissoudre le chlorure de chaux avant de le mélanger, ou de le mettre à sec dans le moulin.
- Comme il se dépose du sable, des pierres et d’autres scories, avec ce dernier procédé, on délaie le chlorure de chaux dans les cuves, pour blanchir.
- Le jute, après le blachiment et après avoir été rincé, se colore en rouge.
- On désire connaître le moyen pour empêcher cet inconvénient.
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- Le blanchiment du jute est un travail difficile.
- Beaucoup de fabricants et de chimistes s’en sont occupés.
- Certaines personnes du métier manipulent le jute, alternativement deux fois avec de l’alcali et une solution de chlorure de chaux.
- Si l’on obtient un résultat satisfaisant avec le blanchiment au chlorure de chaux à sec, nous croyons que ce procédé est le plus simple, car, d’après le proverbe, « le mieux est l’ennemi du bien. » {Papier Zeitung.)
- SAFLORINE GRAND TEINT
- de la maison MAX SINGER A Tournai
- La saflorine aura son importance dans la teinture du coton ; elle remplacera deux pro-
- 5
- 3 t
- duits qui donnent des nuances mauvais teint : la safranine et la fuchsine
- L’échantillon n- 1 est fait avec 25 gr. de
- M
- wne
- N. 2.
- Produit par kil. de coton ; on teint sur bain alcalin, sans mordançage préalable.
- L’échantillon n- 2 est un mélange de 15 gr. de saflorine et 5 gr. de jaune solide.
- Enfin l’échantillon n- 3 est obtenu avec 15 gr. de saflorine et 5 gr. de bleu indestructible.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 111
- La teinture à la saflorine est, comme l’indique le titre ci-dessus, grand teint : elle ré
- siste au lavage, à l’air, et supporte une faible
- qui doivent être lavées ou passées au foulon léger, le nouveau colorant rendra de grands services, surtout quand le prix actuel, qui est de 30 fr. le kil., aura diminué.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE ROUEN
- Extrait du rapport annuel de 1887 COMITÉ DE CHIMIE
- Vous vous souvenez des recherches faites par M. G. Witz sur l’oxycellulose, matière qui possède la propriété de fixer les matières colorantes de nature basique. M. F. Osmond nous a présenté un mémoire sur les essais qu’il avait entrepris avec notre regretté collègue comme applications de l’oxycellulose au dosage du vanadium, essais que la mort de M. Witz est venue trop prématurément interrompre.
- L’auteur part de ce principe que la proportion d’une base quelconque, attirée dans un bain par un poids donné d’oxycellulose, est fonction de la quantité de cette même base renfermée dans le bain. — Après avoir fait entrevoir le parti qu’un analyste peut tirer de cette propriété appliquée aux couleurs, M. Osmond choisit comme exemple le vanadium.
- Le vanadium en effet est très répandu dans les terres argileuses, et l’on peut se demander quelle influence il exerce sur les plantes qui y croissent; ainsi les graminées poussant sur les laves anciennes en contiennent, et il a été rencontré dans des eaux de source. Ce
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- sont là des voies naturelles pour son introduction dans l’organisme animal, et la question se trouve ainsi élevée d’un degré : Quelle est l’influence du vanadium sur l’économie ? C’est à ce point de vue que s’est en particulier placé M. Emile Rousseau père quand il soupçonna que le vanadium pouvait devenir un agent thérapeutique énergique et surtout rapide à titre d’oxydant, par exemple, dans le choléra des poules dont le virus, comme l’on sait, depuis les merveilleuses découvertes de M. Pasteur, est atténué sous l’influence de l’oxygène et peut même devenir un vaccin. Mais l’action de l’oxygène demande 7 mois. Avec un agent vanadique, la transformation serait sans doute plus prompte.
- Ce sont là des questions d’un intérêt puissant que notre collègue pose à la science.
- Dans cette hypothèse que le vanadium pourrait devenir un agent prophylactique, il paraît important de suivre sa marche à travers l’organisme. C’est justement un des buts que permettrait d’atteindre la méthode exposée. Elle repose tout entière sur la réaction, indiquée par M. G. Witz, du vanadium sur l’aniline. — Nous n’avons pas à entrer dans le détail des quatre opérations fondamentales de l’échantillonnage des bandes qui doivent être transformées en oxycellulose, de leur trempage, de leur impression, des précautions prises pour leur classement. Je ne puis cependant passer sous silence la loyauté apportée dans leurs recherches par les deux collaborateurs. Malgré leur habileté, craignant d’être illusionnés par leur désir de voir leur supposition se réaliser, voulant se mettre à l’abri de toute idée préconçue, l’un, M. Osmond, préparait au Creusot les bains vanadiques et envoyait les bandes qui y avaient été trempées à Rouen où l’autre, M. Witz, les imprimait, les comparaît dans l’ignorance absolue de la composition des bains.
- Cette probité scientifique est, Messieurs, le propre des esprits d’élite; c’est sur cet hommage que je suis heureux de rendre aux deux auteurs de cette méthode que je termine
- l’analyse sommaire de leur communication,
- C’est aussi à l’aniline qu’a trait une note de M. E. Kopo sur les procédés de M. Frank, re-latifs à la production du noir sur coton et laine simultanément.
- Le même membre a fourni une formule et une règle d’opérations pour le rouge Congo, réserve sous noir u'aniline, d’après la méthode de M. Justus Mullérus.
- Enfin M. Camille Kœchlin, sous la spirituelle rubrique : « Propriétés et propriétaires du noir d’aniline », ramène la réaction du noir inaltérable à une condition unique, puis faisant l’historique de la découverte du noir in-verdissable, attribuée à M. Grawitz, réclame la priorité de l’invention pour la maison Kœchlin.
- Et adhuc subjudice lis est.
- La Société industrielle n’avait jusqu’ici reçu aucune note concernant un produit nouvellement introduit dans la région, sous le nom d’azarine. M. Ch. Reber a comblé cette lacune en nous donnant sur cette matière les détails les plus complets; sa préparation, ses propriétés physiques et chimiques, le moyen de la reconnaître y sont soigneusement indiqués ainsi que les mordants qui permettent de la fixer par teinture et par vaporisage, avec la suite des opérations nécessaires. L'azarine peut aussi servir elle-même de mordant aux matières colorantes basiques.
- L’azarine, par ses propriétés, se rapproche d’ailleurs beaucoup de l’alizarine dont M. L. Gonin, suivant un pli cacheté déposé en septembre 1875 et ouvert conformément au règlement, proposait l’application sur tissu préparé à l’étain et au mordant gras, à trois préparations formulées dans le Bul etin.
- L’émétique, suivar t MM. Kertes et Félix Weber, de la Société industrielle de . Mulhouse, trouverait en impression un substitut dans le trichlorure d’antimoine. MM. Kopp et Bruère ont voulu s’assurer du fait et ont institué des essais qui les ont conduit à constater que le substitut serait loin de valoir le produit en titre ; la raison en est simple.
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- comme le font observer judicieusement les auteurs, c’est qu’un corps en suspension dans un bain ne peut pénétrer aussi complètement le tissu qu’un corps en solution. C’est justement le cas du trichlorure. D’ailleurs, le produit est difficile à titrer, dangereux à manier, impur et impossible à mesurer dans les vases de métal en usage dans les fabriques. L'emé-tique doit donc lui être préféré.
- Nos habiles collègues n’ont pas recherché si le trichlorure d’antimoine ne serait pas aussi un succédané therapeuthique du tartre stibie Ils ont sans doute pensé que l'arsenal de la médecine est déjà suffisamment orné de moyens piopres à traiter et même maltraiter notre pauvre humanité. Grâces leur soient rendues !
- MM. G, Witz et Gros-Renaud, dès 1873 et 1874, nous faisaient soupçonner les applications de l’oxyde de chrome en teinture comme agent fixateur.
- Notre collègue M. S. Schmid a, dans un récent travail, exposé les propriétés remarquables de ce produit en tant que mordant. C’est M. Émile Blondel qui nous a exposé les différentes parties de ce mémoire, en a fait la critique, rappelé la méthode et les applications, et a exprimé le désir de voir bientôt proposer des moyens pratiques permettant de réaliser en teinture les perfectionnements que le mordançage au chrome a donnés à l'impression.
- Complétant le travail de M. Schmid, M. Blondel vous a fait part de Vemploi d’un sel qui lui a fourni d’excellents résultats. C’est un nitrate basiqué de chrome et de calcium. Il vous a indiqué sa préparation, les principales réactions, le mode d’emploi et le dosage de ce produit et terminé cette note, déjà si iniéressante, en signalant à votre attention un nitrate de chrome, préparé par MM. Lamy et Arachequesne, remarquable par son pou-voir de fixer en teinture les matières colorantes végétales.
- POTASSE CAUSTIQUE FRANÇAISE FAÇON AMÉRIQUE
- Il y a cinq ans à peine qu’on fabrique, en France, ce genre de potasse qui remplace, pour tous les usages, celle d’Amérique et permet de réaliser, sur cette dernière, une très notable économie.
- La potasse caustique française, véritable façon Amérique, se présente en pains circulaires épais et aplatis, tantôt entiers, tantôt divisés en 4 secteurs ou bien encore en morceaux.
- Sa couleur est le plus souvent grisâtre, quelque fuis rouge brique et même vert d’eau; mais c’est là un cas assez rare ; quant à sa composition, elle doit correspondre sensible
- ment à là suivante :
- Eau............................. 2,33
- Carbonate de potasse............ 17,00 Potasse caustique (K0,H0).. 54,45 Soude caustique (NaO,HO).. 4,53 Sulfate de potasse............. 11,20 Chlorure de potassium.......... 7,67 Matières insolubles............ 2,82
- 100,00
- 17,00 de carbonate de potasse = 13,80 de potasse caustique.
- 54,45 de potasse caustique — 67,00 de carbonate de potasse.
- 4,58 de soude caustique = 6,00 de carbonate de soude.
- Ce qui répond :
- En carbonate de potasse à 17,00 + 67,00 = 84 0[0.
- Ou en potasse caustique à 13,80 + 54,45 = 78,25 0,0.
- La potasse caustique française, façon Amérique , n’est pas toujours d’une fabrication très régulière, comme on peut en juger par les deux analyses ci-dessous :
- A B
- Eau'...................... 2,9 12,91
- Carbonate de potasse.. 15,74 6,20
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- Potasse caustique 48,25 67,19
- Soude caustique 10,62 2,91
- Sulfate de potasse .... 7,25 4,13
- Chlorure de potassium 5,25 3,68
- Matières insolubles.... 10,80 2,98
- mamasm ammamr
- 100,00 100,00
- and
- teem
- Le type A renferme beaucoup trop de soude caustique et de matières insolubles.
- Le type B contient une proportion d’eau au moins 10 fois supérieure à ce qu’elle devrait être ; de plus, presque toute la potasse se trouve à l’état caustique, ce qui, dans certains cas, peut être nuisible.
- La potasse caustique française, façon Amérique, est obtenue soit en prenant du chlorure de potassium, qu’on décompose par l’acide sulfurique ; il se forme alors du sulfate de potasse, tandis que l’acide chlorhydrique est mis en liberté, soit simplement en partant du sulfate.
- Dans les deux hypothèses, le sulfate de potasse étant mélangé, en proportions déterminées, avec de la craie et du charbon, puis décomposé à une haute température, fournit un carbonate de potasse soluble et un oxy-sulfure insoluble.
- On lessive ce produit brut, on caustifie les les lessives de carbonate de potasse avec de la chaux vive. Enfin, après avoir ajouté certaines matières pour avoir la coloration dési rable, on concentre et on coule la masse dès qu’elle commence à se solidifier par refroidissement.
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- UNE REVENDICATION
- DE LA
- DÉCOUVERTE DE LA FUCHSINE
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- M. A. Béchamp a fait à la Société industrielle du Nord de la France, dans ses dernières séances, une communication sur l’aniline et les couleurs d’aniline.
- M. A. Béchamp, après avoir fait l’histoire de la découverte du procédé de fabrication de l’aniline et des couleurs qui eu
- dérivent, est àrrivé à exposer les grandes économies qu’il avait réalisées dans la fabrication. Dès qu’il eut publié son procédé de fabrication et annoncé que le prix de revient de l’aniline était abaissé de 6,000 fr. environ à 20 fr. le kilog., les chimistes, à l’envi, se mirent à l’œuvre pour réaliser les applications devenues possibles que M. A. Béchamp avait signalées.
- On savait que sous l’action de certains réactifs oxydants l’aniline produisait des colorations rouges, violettes bleues, vertes, etc. Mais, à cause de la cherté de la matière première, on n’avait pas tenté de chercher à isoler, ou à appliquer ces couleurs. M. Béchamp raconte les diverses phases de ses tentatives et la part qu’il y a prise.
- Le premier, il a isolé à l’état de pureté, pour l’analyser, la matière colorante rouge du produit brut que l'on vendait sous le nom de « Fuchsine ». C’est lui qui a régularisé la fabrication de la nouvelle couleur, en découvrant la théorie de la réaction qui la proeuit et en utilisant la totalité de l’aniline. En même temps qu’il isolait la fuchsine pure, il découvrait un violet superbe. A la même époque enfin, M. Béchamp prenait un brevet qu’il a laissé tomber dans le domaine public pour un bleu et d’autres couleurs dérivées de l’aniline. Fn terminant, il réclame comme lui appartenant le procédé de la fabrication de la fuchsine par l’emploi de l’acide arsénique, procédé qui a été breveté par un autre chimiste, mais que lui d’a pas voulu laisser dans l’iadustrie, à cause des dangers pour la santé publique qu’il signale. M. Béchamp termine en faisant observer que, par son travail, la découverte des couleurs d'aniline et toutes les recherches qui ont été la conséquence dans la même direction sont des découvertes françaises.
- M. l’abbé Vassart fait remarquer que la composé dont parle M. Béchamp ne correspond à aucune de ces matières colorantes, fabriquées, vendues et connues de tous, sous les différentes marques de fuchsines, cer derniers produits contenant toujours, d’après les
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- travaux de MM. Hofmann, Rosenthiel, C. et Oo Fischer, de la toluidine ortho ou para.
- M. Béchamp répond que la remarque de M. l’abbé Vassart soulève un point d’histoire qu’il lui importe de fixer.
- Je répète, dit-il, que la substance que j’ai analysée sous le nom de fuchsine avait été produite par moi avec de l’aniline pure ne contenant pas de toluidine. Du reste M. Hofmann, dans la suite, ainsi que je l’ai dit,avait produit une semblable matière colorante avec l’aniline pure et le bi-chlorure de carbone.
- Le nom de «fuchsine» appartient donc, historiquement, au composé obtenu sous diverses influences oxydantes avec l’« aniline seule. »
- Plus tard, longtemps après moi, M. Hoffmann a analysé une substance qui lui avait été fournie, sous le nom de « roséine », par M. Nicholson ; il la nomma « rosaniline » et la supposa identique avec la fuchsine, mais sans admettre qu’il y entrât de la toluidine C’est seulement dans la suite qu’on a vu que ja rosaniline résultait, grâce à un phénomène d’oxydation, du concours de deux équivalents de toluidine et d’un équivalent d'aniline. Du reste, j’avais publié des résultats de recherches où je montrais la « toluidine » pure engendrant des réactions colorées à la manière de l’aniline.
- En résumé, M. l’abbé Vassart a raison ; oui, sous les différentes marques de « fuchsines » on vend des produits qui sont formés avec le concours des toluidines ; mais il n’en reste pas moins que c’est à tort : la « fuchsine authentique », se produit sans le concours d'une toluidine quelconque.
- SOCIÉTÉ
- DE
- GÉOGRAPHIE COMMERCIALE
- Nos lecteurs nous sauront gré de leur ap prendre qu’il existe à Paris une Société de Géographie commerciale qui rend des services très appréciés aux industriels et aux commer çants. Cette Société, dont la fondation remonte a 1874 est reconnue d’utilité publique Dans son
- vaste local, 5, rue de Savoie, près la place St-Michel (ouvert de midi à 6 h. et de 8 à 10 h. du soir) elle possède une bibliothèque très importante renfermant un grand nombre d'ou-vrages traitant de géographie commerciale et un musée commercial où se trouvent réunies les productions de la plupart des pays du monde avec leurs prix de revient et de vente ainsi que d’autres indications commerciales précieuses.
- Tout dernièrement, la Société de géographie commerciale a offert aux yeux émerveillés de ses 2,000 membres actifs et des personnes étrangères qui ont désiré la visiter, une exposition spéciale des produits qui lui ont été adressés du Chili ; elle se dispose a en faire autant pour les produits de la République Argentine et du Brésil qui sont en route pour la France.
- Des réunions ont lieu chaque semaine, le soir ; on y traite les questions les plus diverses touchant les exploitations et les voies commerciales, l’exploitation des produits naturels et ouvrés, V émigration et la colonisation etc., en un mot tout ce qui peut intéresser le commerce au point de vue géographique et le champ est vaste.
- Dans la séance tenue le 26 avril à 8 heures du soir il a été traité de la Presqu’île Indo-Chinoise (Birmanie, Siam, Cambodge, Cochin-chine, Annam et Tonkin) au point de vue des climats, des productions de l’industrie, du commerce et des voies commerciales, par M. le docteur Poitou-Duplessy, médecin principal de la marine en retraite, qui a beaucoup voyagé et vécu de longues années dans ces régions.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des ravaux de cette société.
- BREVETS D'INVENTION
- 178.431. Auguste Godchaux, 9 sept. 1886.
- — Machine à imprimer en plusieurs couleurs.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Paris. — Vinois fils (Louis-Achille), teinturier-dégraisseur , rue Monge, 41. — J.-c. : M. Soubrier. — S. : M. Maillard. — Jug. du 18 avril.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Troyes.— Formation de la Société en nom
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- collectif Gambey et Haillot (blanchiment, teinture et impression de la bonneterie). — Durée : 15 ans. — Acte du 21 mars.
- Roubaix. — Formation et modification de la Société Deffrennes-Duplouy frères, tissage mécanique de toiles damassées, coutils, etc., fab. de tapis d’ameublement, blanchisserie, à Lannoy. — Cap. porté à 637,860 fr. — Acte du 22 mars.
- Marseille. — Formation de la Société en nom collectif Casella jeune et Cie, expl. d’un désincrustant dit l’ « Incomparable ». — Durée : 20 ans. — Cap. : 10,000 fr. — Acte du 22 mars.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, à partir du 13 avril, de la Société de fait Grobon, Charbin et Cie (expl. d’un procédé de teinture et finissage des velours et peluches en pièces). — Liq. : les trois associés. — Acte du même jour.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 5 mars, de la Société J. Perrimond et I. Verpillat, cotons filés, gazés, retors, rue Romarin, 33. — Liquid. : M. Verpillat qui continue seul. -Acte du même jour.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme Thomassin a vendu à Mme Gouffier, rue Pernelle, 8, chez M Dailly, 15 avril, un fonds de teinturerie, rue Lecharrière, 15.
- M. Harel a vendu à Mme veuve Ronceret, rue de la Garenne, 11, à Courbevoie, de suite, un fonds de teinturerie, rue des Pyrénées, 358.
- Mme veuve Derrey a vendu à M. Tartier, rue de Provence, 67, 1er avril, un fonds de teinturerie, rue de Berri, 36.
- Mlle Liqueur a vendu à M. Jacquin, avenue Lamothe-Piquet, 31, chez M. Cousin, 1er avril, un fonds de teinturerie, avenue Lamothe-Piquet, 31.
- M. Brick a vendu à Mme Cordier, rue de Becon, 10, Asnières, chez M. Denizot, 15 avril, un fonds de teinturerie, rue de la Station, 9, à Asnières.
- MM. Frédière et Marchand ont vendu à M. Marchand, place Vendôme, 16. chezM. Goi-rand, 1er avril, un fonds de teinturerie, rue des Récollets, 3.
- LE TRAVAIL COOPÉRATIF AUX ÉTATS-UNIS
- Après avoir constaté, dans ses communications anterieures à la Société des ingénieurs civils, la puissance du mouvement coopératif en Europe, sous les formes multiples des associations de consommation et des associations de production, de la participation des employés aux bénéfices, des banques populaire s, M. Edouard Simon a recherché dans quelle mesure les Etats-Unis d'Amérique ont mis à profit les essais tentés sur l’ancien continent. Il semble, en effet, que pour tous les pays, les desiderata de la fabrication, les imperfections des outillages mécaniques ne sont pas de nature a préoccuper au même degré que le défaut d’équilibre entre le coût de la main-d’œuvre et le prix des objets fabriqués, entre la rémunération du travail quel qu’il soit et les charges de chacun.
- M. Simon a divisé son travail en trois sections, selon que les coopératcurs participent aux bénéfices à l’exclusion de tout salaire, ainsi que cela se passe pour les marins de la grande et de la petite pèche; suivani, au contraire, que la participation est une prime, tantôt également accordée à tous les employés au prorata des paies individuelles, tantôt réservée à certaines catégories de travailleurs et dans des proportions variables, soit enfin que les bénéfices constituent des dividendes pour les coopérâtes s associés.
- M Simon s’est appuyé sur des documents officiels récemment publiés par le Bureau du travail du Massasuchets et a montré, à l’aide de nombreux exemples, les difficultés rencon trées par les associations américaines au mi lieu d’une population ouvrière composée, en majeure partie, d'éléments hétérogène, le rôle utile de la participation (aux Etats-Unis comme en Europe) pour commencer l’éducation économique des employés, pour faciliter l’accord entre le capital et le travail.
- Dans la pensée d’êire agréables à nos lecteurs, nous nous sommes assuré, comme pour les communications précédentes du même ingénieur sur ce sujet très actuel, un tirage à part de l’important mémoire que nous signalons.
- Dès à présent, nous sommes en mesure d’adresser cette brochure, franco, contre remise de 1 fr. 50 c. en timbre-poste, par chaque exemplaire»
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année,N° II. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juin 4887
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l‘ analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- AVERTISSEUR POUR OURDISSOIRS ET ENCOLLEUSES Par M. Buisine.
- Lorsqu’un fil casse au cours de l’ourdissage, l’ouvrier ne s’en aperçoit pas toujours immédiatement ; il lui faut alors « rappeler » la ’ longueur ourdie depuis l’accident, pour rattacher le bout rompu, puis replacer sur l'our-dissoir, la partie rappelée. Il n’y a pas seulement perte de temps, les fils ne reprennent Pas exactement la situation primitive, ils sont plus ou moins tendus que le reste de la chaîne.
- M. Buisine a imaginé un avertisseur élec-trique qui prévient le personnel au moment même de la rupture.
- En avant de chaque fil se trouve une petite tringle métallique reliée par des charnières aux deux montants les plus voisins du râtelle1’- Le pôle positif d’une pile aboutit par un fil conducteur (n* 1) à un interrupteur, placé sur le «banquet» de l’ourdissoir, à portée de de la main, et relié avec une sonnerie élec-trique. Le pôle négatif est mis en communi-cation, par un autre fil (n’ 2) avec chacun des
- montants ; ce fil n‘ 2 est coupé au bout de sa course, c’est-à-dire à l’extrémité de la dernière barre du râtelier. Un troisième conducteur (fil n* 3) part de la sonnerie et suit le fil n 2.
- Dès qu’un fil de chaîne casse, la tringle articulée, soutenue par ce fil, tombe et touche une partie dénudée du n- 2. Comme, d’autre part, l’une des charnières de chaque tringle est reliée au fil n* 3, le courant s’établit et avertit l’ouvrier en faisant entendre la sonnerie.
- APPAREIL DE LAVAGES CHIMIQUES Par M. Tauerschmidt.
- L’appareil ainsi désigné permet d’effectuer successivement le lessivage et l’essorage sans transport des matières à traiter dans divers récipients. Il se compose d’un tambour horizontal fixe, à l’intérieur duquel peut tourner un cylindre à claire-voie, comprenant plusieurs compartiments périphériques.
- Chaque compartiment est desservi par des portes latérales à fermeture hermétique. Au point le plus bas du tambour fixe, un tuyau avec robinet à trois voies sert à établir et à interrompre, suivant besoin, la communication de cette enveloppe avec deux récipients situés au-dessous. Les mêmes récipients sont reliés à la partie la plus élevée du tambour par deux autres tuyaux, sur lesquels est branchée une pompe. La dernière, actionnée
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- etc.
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- Acide oxalique........ Oxalate de potasse... Alun.................. Chlorure de cuivre....
- BATTEUSE-TEILLEUSE
- Par M. Lemare-Destombes,
- APPAREIL POUR LE LAVAGE, LE SAVONNAGE, TEINTURE ET LE BOUSAGE DES TISSUS par M. Birch.
- mécaniquement, puise tantôt dans un récipient, tantôt dans l’autre, la lessive qu’elle refoule à travers les divers compartiments et d’où le liquide redescend à la partie inférieure du tambour, puis dans les récipients, et ainsi de suite.
- Lorsque le. lessivage est jugé suffisant, on arrête la pompe et l’on imprime au cylindre mobile une rotation accélérée. Le lessiveur se transforme ainsi en essoreuse.
- La surface extérieure des rouleaux, sous lesquels passe le tissu, au sein du liquide sont recouverts de cellules élastiques, pouvant se comprimer facilement sous une pression modérée, puis reprendre la forme primitive dès que la pression a cessé.
- Le corps de ces rouleaux porte des entailles longitudinales et d’autres creuses, perpendiculaires aux premières. Dans lesdites entailles sont insérées et fixées, par un moyen quelconque,des bandes en feutre ou en caoutchouc.
- Les cellules ainsi formées se remplissent de liquide, dans lequel plongent les rouleaux et, au fur et à mesure de la rotation de ceux-ci, le liquide est renfermé entre les cloisons élastiques et le tissu qui passe autour ; la tension du tissu a pour résultat de comprimer les parois des cellules et de refouler le liquide, qui traverse l’étoffe, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’intervention de pompes ou autres appareils d’aspiration ou de pression.
- TISSUS A EFFETS DE « VELOURS SANS PAREIL " par M. Chwalla.
- Le procédé est destiné à produire sur les velours unis « frisés », sur les peluches et étoffes analogues, des dessins à effets de velours « coupé » sur fond « frisé », ou inver
- sement des dessins à effets de velours frisé sur fond de velours coupé, comparables aux résultats du tissage à la Jacquard.
- M. Chwalla commence par gaufrer, soit à froid, soit à chaud, les velours or peluches frisés, à l’aide de planches ou bien de rouleaux gravés. Les boucles du tissu sont alors coupées, dans les parties non comprimées, de manière à transformer ces parties en peluche ou en velours « coupé » à poil de ion gueur convenable. Pour finir, l’étoffe est soumise à l’action de la vapeur, ou à tout autre traitement susceptible de redresser les boucles aplaties par le gaufrage.
- m br pe de m fri ad
- MORDANT POUR COULEURS D’ANILINE SUR LAINE par M. Cheneau-Fonteneau.
- Les proportions des ingrédients constitutifs de .cent kilogrammes de mordant sont :
- ta pl te ur le di di le
- Pour teindre cent kilogrammes de laine en n’importe qu’elle nuance fuchsine acide, il faut garnir le bain avec 8 0[0 du mordant ci-dessus et de la fuchsine suivant échantillon. On « rafraîchit », on rentre la laine, ou la pièce, que l’on manœuvre pendant cinquante minutes, puis on lève, on « froidit » et on lave.
- Déjà, dans un brevet antérieur, pour noir bleu et couleurs, M. Cheneau-Fonteneau rendait solubles les produits colorants au moyen de l’acide chlorhydrique ; dans le brevet actuel, c’est l’acide oxalique qui constitue l’élément essentiel du mordant.
- ci le ni q di de p tr v
- Cette machine est destinée à faire tomber les parcelles de paille brisées par le broyase ou par le piquage du lin. Les poignées de fi lasse, suspendues, d’un bout, entre les m
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- choires de la presse, sont secouées par deux roues à palettes, qui engrènent l’une dans l’autre. Les bras des palettes ne sont pas tous de mêmes dimensions.
- Entre les bras les plus longs et diamétralement opposés sont montés, deux à deux, des bras relativement courts, dont la longunur peut être modifiée, suivant besoin, au moyen j de coulisses. Les derniers maintiennent la matière tandis que les premiers agissent par friction et détachent les fragments de paille adhérents à la filasse.
- Les palettes de retenue doivent être d’autant plus courtes que la fibre a besoin d’être plus ménagée. Le champ des diverses palettes présente successivement, dans la largeur, une surface lisse et une partie dentelée, dont les entailles ou encoches vont en s’approfondissant, de manière à augmenter méthodi-diquement les frottements latéraux, pendant le va-et-vient des presses.
- Dans certains cas, les bras courts sont supprimés pour diminuer l’action des palettes longues.
- Enfin un dispositif, basé sur le même principe, consiste dans le remplacement des palettes isolées par deux tambours cylindro-co-niques à claire-voie ; les arêtes des tringles, Qui forment le cylindre central et les cônes des extrémités (pour chaque tambour) sont dentelées comme il a été expliqué à propos des palettes. De plus, en regard des exhémités coniques, des cônes tournants, in-versement situés, empêchent l’enroulement des poignées autour des tambours.
- TEILLEUSE-PEIGNEUSE Par M. Brookes.
- La matière fibreuse est travaillée vertica-lement sur cette machine comme sur le plus grand nombre des peigneuses à lin.
- Les organes teilleurs sont des lames ondu-lées, montées sur deux tabliers sans fin sy-métriques, et c’est entre ces tabliers que pen-dent les poignées. Indépendamment du mou-
- vement de rotation, les tabliers se rapprochent et s’écartent alternativement dans des conditions telles que les lames se trouvent plus distantes au point où la matière est plus | épaisse.
- Le chariot qui porte les presses, descend, tout d’abord, de toute la longueur de sa course maxima et remonte au point de départ, puis effectue une seconde descente, à mi-course seulement, pour se relever encore, avant de se déplacer longitudinalement, et ainsi de suite.
- Pendant la première période, c’est-à-dire pendant la course la plus longue, le mouvement des tabliers est ralenti ; pendant la seconde période, le cheminement des lames teil-leuses est, au contraire, accéléré.
- DESSINS SUR ÉTOFFES PAR DÉCOLORATION Par M. Villers.
- M. Villers obtient eette décoloration au moyen de substances acides, de produits chimiques, solides, liquides ou gazeux, tels que l’acide sulfurique, le chlore, le peroxyde de baryum, etc. Le breveté se sert, selon les cas, de la brosse, du pinceau, de plaques ajourées, pour réaliser les dessins, qui présentent une surface chatoyante d’aspect tout spécial.
- LES INVENTIONS BREVETEES
- 177220. 7 juillet 1886 ; Sadot. — Barque de teinture elliptique pour soie, laine, coton, etc.
- 177275. 7 juillet; Huguenin. — Nouveau système de fouleuse.
- 177301. 15 juillet ; Van der Honck. — Procédé servant à teindre le coton, la laine, la soie, le fil de lin, de jute ou de chanvre, tant en écheveaux que fabriqués.
- 177329. 10 juillet; Senjel. — Genre de chefs imprimés sur étoffes pour pièces de mousselines et autres tissus.
- Ces chefs sont imprimés sur des bandes d’étoffe en chromolithographie ou au rouleau;
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- on pourrait même quelquefois appliquer les dessins par décalcomanie.
- On applique préalablement sur la bande qui doit former le chef un dessous d’apprêt qui remplit le réseau du tissu. On imprime ensuite les dessins à la manière ordinaire.
- 177331. 10 juillet; Société anonyme dite • « Compagnie Parisienne de couleurs d’aniline. » — Procédé de production de matières colorantes vertes.
- L’objet du brevet consiste dans la production de matières colorantes vertes par l’addition d’une solution de nifrate de sodium (et facultativement d’acide nitrique) à une solution acide de bleu méthylène ou éthylène et en précipitant la matière colorante formée au moyen du sel ordinaire.
- 177344. 12 juillet ; Bergerat et Tranchet.— Machine alternative à dégraisser et blanchir les étoffes.
- Cette machine se compose d’une enveloppe fixe en tôle et d’un tambour cylindrique en fer creux ne faisant que les 4{5 du tour dans son mouvement de rotation dans cette enveloppe.
- Le liquide est contenu dans l’enveloppe fixe et les étoffes à nettoyer ou blanchir sont placées dans le tambour mobile.
- 177373. 30 juin; Debieve. — Amélioration apportée dans les machines à imprimer les étoffes de coton.
- La machine à imprimer les tissus qui fait l’objet du brevet se compose d’un bâti formé de 2 parties réunies par les entretoises. Dans les deux parties du bâti sont creusées des rainures verticales dans lesquelles se meuvent des coussinets en bronze portant l’arbre du cylindre presseur.
- Un cylindre gravé calé sur un arbre porté par 2 paliers du bâti reçoit le mouvement d’un système d’engrenages actionnés par une courroie. Ce cylindre imprimeur baigne dans un réservoir rempli de teinture a appliquer sur l'étoffe enroulée sur le cylindre presseur. Ce cylindre ne reçoit un mouvement de rotation que lorsqu’il est mis assez fortement en con-tact avec le cylindre imprimeur.
- ' Le système de manœuvre du cylindre pres-| seur se compose de 2 vis à filet carré de même pas emmanchées dans les coussinets de façon à pouvoir tourner librement. La platine de fer fractionnée pour le montage rentre dans une gorge creusée dans l’extrémité delà vis; elle est fixée au coussinet; de cette façon le mouvement vertical du coussinet est solidaire du mouvement vertical de la vis.
- Les deux vis sont réglées de telle façon que le cylindre presseur arrive en contact parfait avec le cylindre imprimeur.
- 173386. 13 juillet ; Société Harmel frères. —Appareil à mouvement alternatif destiné à teindre mécaniquement la laine peignée en bobines et en général la laine à un état quelconque, ainsi que toutes autres matières textiles.
- Cet appareil se compose de un ou plusieurs réservoirs en bois ou métalliques portant un clapet mobile de fond communiquant tous avec un même tuyau relié d’une part au réservoir, dans lequel se fait l’opération de la teinture et portant à son autre extrémité un robinet de vidange destiné au nettoyage de ces réservoirs.
- Les bobines à teindres sont disposées dans des récipients cylindriques ou tronconiques, pourvus d’un fond perforé et d’un couvercle perforé mobile, qui est soumis à l’action d’un ressort et d’une vis de réglage.
- La course de ce convercle est limitée par un petit bourrelet intérieur ayant aussi pour but d’éviter le passage trop libre du liquide entre la bobine et les parois intérieures du récipient.
- Les récipients sont reliés en nombre quelconque par des tirants de suspension à des barres fixées à chaque extrémité à des traverses pourvues de galets glissant contre des montants verticaux servant de guides au mouvement alternatif de monte et baisse que l’on peut imprimer à tout le système par l’intermédiaire de lames calées sur un arbre recevant sa commande d'un système quelconque.
- Des contrepoids servent à équilibrer tout le
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- système portant les récipients. Un tuyau bar-botteur disposé sur le fond du récipient amène * la vapeur destinée à entretenir la température du bain. Un barbotteur semblable peut être appliqué à chacun des réservoirs pour servir suivant les besoins à la préparation des 1 bains.
- Un gffard permet de refouler le liquide ; quand l’opéra'ion est terminée.
- 177400. 19 juillet; Laval. — Application d'un procédé de chauffage des bains dans les teintures et apprêts.
- Ce procédé consiste dans l’emplot de tuyaux non perforés chauffant les bains sans y mêler la vapeur et ayant, à cet effet, une surface assez grande pour pouvoir produire le bouillon malgré l’absence de perforation.
- 177475. 17 juillet; Société Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Cie. — Machine à cuire les tissus.
- L’objet du brevet consiste à obtenir mécaniquement et d’une manière entièrement automatique la marche alternative de l’étoffe d’un cylindre à l’autre. A cet effet, les deux cylindres et les rouleaux intermédiaires qui constituent la machine sont montés, comme à l’ordinaire, dans la bâche qui contient le bain. Sur l’un des côtés de cette bâche est fixé un hàti portant le mécanisme de commande ; il se compose de deux arbres horizontaux placés dans le prolongement l’un de l'antre et por-tant chacun une poulie fixe ; ces deux poulies sont séparées par une poulie folle destinée à faciliter le passage de la courroie de l’une à l’autre des poulies fixes. Aux deux extrémités des arbres horizontaux, où sont montés deux autres arbres parallèles aux axes des cylindre, en leur transmettan le mouvement au moyen de chaînes sans fin ; ces deux arbres reçoivent eux—mêmes leur mouvement des premiers par des roues d’angle.
- 177,509. 20 juillet 1886 ; Orlay (Mme Veuve). - Imperméable universel.
- 177,625. 27 juillet 1886 ; Kaiser, — Timbre rOuleau pour imprimer sur étoffes ou papiers les dessins de broderies et de dentelles.
- Ce timbre se compose d’un manche en bois ou autre matière portant une fourchette à l’extrémité de laquelle est monté un rouleau tournant autour d’une tige. Une de ses extrémités forme une petite vis qui prend dans une vis femelle de la fourchette pendant que l’autre extrémité est munie d’un bouton permettant de serrer plus ou moins le rouleau entre les deux branches de la fourchette. Le rouleau est occupé par une bande de caoutchouc collée ou clouée sur toute la circonférence du rouleau et portant en relief ou en creux la reproduction du dessin que l’on désire appliquer sur l’étoffe ou le papier.
- Un réservoir renferme une bande de drap ou d’étoffe appropriée faisant mèche qu’im-bile l’encre du réservoir et qui, par capillarité, fournit au timbre ce qui lui est nécessaire pour imprimer.
- De réservoir peut être supprimé et remplacé par des petites tiges assez rapprochées pour maintenir la mèche dans la position voulue pour effleurer et encrer le rouleau imprimeur.
- 177,685. 3 août 1886; Berthelet.— Nouveau rouleau eutenseur de tissu,
- 177,695. 30 juillet 1886 ; Mœglin.— Système de teinture à courants inversés.
- L’objet de brevet consiste dans un procédé de teinture par courants inversés obtenue dans une ou plusieurs cuves disposées en batterie, au moyen d’un système spiral de broches ou de double fonds amovibles suivant que l’on veut traiter des rubans ou des matières en vrac.
- 177,782. 3 août 1886; Travers. — Machine pour le polissage en long des étoffes.
- 177,804. 7 août 1886 : Chapert jeune.— Nouveau procédé de dégraissage des laines en fil.
- Le dégraissage à la lisse consiste dans l’emploi d’un bassin ou barque de 2 m. 50 de longueur sur 0 m. 75 de hauteur et de 0 m. 60 de largeur. Sur les grands côtés de ce bassin, place un certain nombre de bâtons (12 par exemple) reposant horizontalement et qui supportent les écheveauxde laine en fils, lesquels
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- baignent dans le bain de savon dont le bassin est remplie, la laine est manipulée par un ou deux ouvriers jusqu’à parfait nettoyage.
- 177,890. 13 août 1886; Decloquement. — Nouveau procédé dit : le préservateur, pour l’imprégnation des courroies, tissus, cordages, papiers, etc.
- 177,896. 14 août 1886; Société Gaydet père et fils. — Appareil destiné à la teinture mécanique de fibres textiles, spécialement construit pour la teinture de la laine peignée en bobines.
- 177,922. 12 août 1886 ; Harrison. — Perfectionnements dans la fabrication de l’amidon et de la peinture résistante à l’incendie dans le but de rendre les tissus et le bois non inflammables.
- L’objet du brevet est un amidon et une peinture non inflammable par le moyen de laquelle tout tissu ou bois est rendu solide contre l’incendie.
- Cet amidon est composé de parties égales de sulfate d’ammonium, de borax et d’alun.
- La peinture est composée de la couleur ordinaire, mélangée avec cette solution.
- 177.943. 13 août 1886; Hegnauer. —Procédé pour produire un bronze verni servant à la fabrication de nattes et chapeaux d’une couleur bronzée.
- 177,993. 16 août 1886 ; Grison. — Machine à chiffonner le papier, à fouler les étoffes, à lessiver et laver le linge et pour autres applications analogues.
- Cette machine présente, comme caractère distinctif, une ou plusieurs séries d’anneaux ou lunettes maintenues par des bras, enfonne de bieilles animées d’un mouvement de va-et-vient.
- 178027. 19 août; Evans et Burrell. — Perfectionnements apportés dans les séparateurs à action centrifuge.
- La machine qui fait l’objet du brevet comprend :
- La combinaison avec un tambour dé séparation d’une chambre circulaire formée dans le tambour et recevant la matière dense qu’il
- contient ; une chambre circulaire formée dans le tambour et qui en reçoit la matière de densité moyenne et des orifices fixes de dégagement par lesquels les trois liquides séparés sont automatiquement enlevés du tambour et de ses chambres. Des tuyaux à écume et de décharge faisant communiquer les diverses chambres complètent l’appareil.
- 178075. 20 août; Zamgraff et Société Pier-ron et Dehaitre.—Machine à teindre les éche-veaux.
- Cette nouvelle machine à teindre les éche-veaux est principalement caractérisée par les points suivants :
- 1" Un mouvement de va et vient mécanique agitant les écheveaux dans le bac pour bien répartir la teinture.
- 2- Un mouvement de rotation par friction ou autrement des perches supportant les écheveaux, de façon à ce que toutes les parties des écheveaux viennent à leur tour dans la teinture.
- 3' Une circulation de la teinture au moyen d’un élévateur à jet de vapeur Kœrting ou tout autre appareil convenable pour donner la même température et la même composition au bain de teinture à l’endroit où les écheveaux plongent.
- 4 Des perches en bois à âme en cuivre.
- 5* Une disposition de montage des perches sur les organes moteurs correspoudants (poulies ou autrement) de façon à pouvoir démancher chaque perche et surveiller ainsi facile-ment la marche de l’opération
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- HISTOIRE DE LA TEINTURE
- A TRAVERS LES AGES
- (Suite.)
- En 1832, nous trouvons la première application du bleu de Prusse, découverte de Ray-
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- mond père à la teinture en noir par M. Gui-non aîné de Lyon.
- Puis en 1839, toujours du même, celle du cyanure double de fer et d’étain à la teinture en bleu de la soie, qui vînt rehausser l’éclat du bleu découvert en 1808, comme application en teinture, et connu sous le nom de bleu Marie-Louise. Le nouveau bleu le fut sous celui de bleu Napoléon.
- Il fut la première couleur lumière, c’est-à-dire ne changeant pas à la lumière artificielle. — Mais en même temps son toucher riche, c’est-à-dire dur, fit le désespoir des devi-deuses qui le virent remplacer plus tard avec un vif plaisir par d’autres bleus.
- La palette du coloriste s'enrichit d’ailleurs à cette époque de l’application du carmin d’indigo, et plus tard, en 1866, Teissié du Mot-tay, essaya vainement de sauver le bleu de Prusse pour la teinture, en général, par l’application du bleu de Prusse soluble.
- Autour de 1840, Vidallin eut un très grand succès pour l’emploi de l’orcanette pour la teinture en violet solide. Cette couleur est très belle, très solide, mais d’un emploi difficile par la nécessité d’employer l’alcool pour le montage des bains.
- En 1847 apparaît la première application de l’acide picrique couleur jaune dérivée des huiles de houille, par Guinon aîné, de Lyon.
- De la même maison, en 1849, nous avons les couleurs brunes craquantes et le décreusage à la soude caustique des soies dites tussah.
- En 1850, M. Guinon aîné et Marnas, appliquent l’acide azoto-sulfurique ou blanchi-ment vitreux au blanchiment des soies jaunes écrues et pour l’obtention des couleurs brunes Par le cachou, obtenues jusqu’à ce jour par le cachon et le bichromate de potasse.
- En 1851, apparaît sur la place de Lyon, le vert de Chine, connu sous le nom Lo-Kao. Il fut appliqué en 1855 à la teinture et ce fut le premier vert direct et lumière.
- Jusqu’a cette époque, les verts s'obtenaient Par des combinaisons de bleu et de jaune.Im
- porté de Chine par le R. P. Hellot, missionnaire, il fut l’objet de grands travaux de la part de Persoz père, de Michel de la Quarantaine, de Lyon, de Quinon aîné. — Son haut prix, 500 fr. lekilog., fut l’objectif d’un concours de la Chambre de commerce de Lyon, pour son obtention par un végétal de notre région. — Le prix qui était de 6,000 fr. fut accordé à M. Chervin, qui l’obtenait par un nerprun de nos pays. — D’ailleurs on trouve dans le « Teinturier parfait », déjà cité, l’emploi de nerpruns pour l’obtention d’un vert pour la teinture des toiles, emploi qu’ils ont encore de nos jours en Chine. — Les peintres emploient cette couleur sous le nom de vert de vessie.
- 1857 fut une date mémorable, par la découverte d’un premier violet direct et relativement solide aux acides faibles. — Je veux parler de la « pourpre française ». — M. J.-A. Marnas, reprenant les travaux de Stenhouse sur les acides colorables des lichens fut le créateur de cette couleur qui eût un très grand retentissement.
- La pourpre française, fit abandonner sur soie tous les autres violets, y compris celui de la murexède, dérivé de l’acide urique, d’un emploi dangereux et difficile dans l’application duquel se distingue la maison Corron de Lyon.
- Mais les progrès vont se suivre et me forceront à terminer cet historique ; ils seront tellement nombreux que je ne pourrais les décrire sans entrer dans le vif du sujet.
- Presque simultanément avec la découverte de la pourpre française, Perkins de Londres, inventa le violet d’aniline, qui vint anéantir l’emploi de la première.
- Cette première couleur d’aniline, se vendit à l’état cristallisé jusqu’à 5,000 fr. le kilog. — J’en ai préparé quelques kilogs à ce prix, dans le temps, étant chimiste, chez M. Guinon jeune, de Lyon.
- En 1858, Verguin, enfant de Lyon, et élève de la Martinière, trouve moitié par observation, et moitié par hasard, la fuchsine, qui est
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- bel et bien de son invention, quoiqu’on en ait voulu dire, en voulant rapporter la gloire de cette magnifique découverte au célèbre chimiste Hoffmann.
- La découverte du violet Perkins, dérivé de l’aniline surexcitait le monde scientifique et Verguin dans son laboratoire de la rue du Goret à Lyon, voulant se rendre compte de la constitution chimique de l'aniline, essaya de la combiner avec le bichlorure d’étain, pour voir si comme l’ammoniaque, elle fournirait des sels doubles de la famille des pink-solts. N’ayant pas de bichlorure d’étain dissous, il eut l’heureuse chance d’avoir sous la main du bichlorure anhydre connu sous le nom de liqueur de Libavuis. — Et au mélange des deux liquides, en suite d’une réaction instantanée, il se produit du rouge.
- Perkins et Verguin ont ouvert l’ère des découvertes industrielles dues les unes partie au hasard, et les autres à l’esprit d’observation raisonnée, telles que les découvertes des oli-gannes artificielles.
- L’année 1860 voit éclore la découverte des coiallines jaunes et rouges, suite des travaux de Runge, d’Oranienbourg de Persoz et de M. J.-A. Marnas.
- De même en 1860, nous avons le bleu d’agu-line dérivé de l’acide rosolique, découverte de la maison Guinon, Marnas et Bonnet.
- En 1862 eut lieu la découverte la plus extraordinaire, comme étant due au hasard ; celle du vert d’aldéhyde, faite par papa Cher-pin, contre-maître chez M. Usèbe, manufacturier, à Saint-Guen.
- Cette découverte est tout à fait fantastique. — Le chimiste Lauth, venait de trouver un violet magnifique, mais très instable, dû à la réaction de l’aldéhyde sur la fuchsine. Un jour, M. Usèbe dit à son contre-maître : — Papa Cherpin, si vous me fixez ce violet, il y a cinquante mille francs pour vous. — Papa Cherpin va trouver un ami photographe, lui explique le cas, et après un bon dîner, l’ami lui conseille l’emploi de l’hyposulfite de soude comme fixateur universel. — Papa Cherpin
- note la chose, etaprès avoir fêté la bouteille, on se sépare bons amis, et le lendemain, Cherpin essaye l’emploi de l’hyposulfite de soude, ne fixe rien, mais trouve le vert et gagne quand même les 50,000 fr. promis.
- A partir de ce moment, les découvertes vont tellement se multipliant, qu’il est impossible de les suivre dans un historique. — Je renvoie donc pour cela au Chapitre XII qui terminera le premier volume.
- Les noirs ne restaient pas en retard, pendant que les couleurs progressaient; l’introduction du bleu de Prusse fut un progrès; puis celle du cachou, et celle du sel d’étain importé d’Allemagne, par Verguin, en 1855.
- A dater de ce moment il va se faire une transformation et l’on va entrer dans la période des charges audacieuses. Crus, cuits et souples en toutes qualités seront pour ainsi dire chargés à volonté. Dans certains genres, floches et cordonnets, l’on ira jusqu’à 500 0(0.
- C est là le résultat d’un entraînement, général où Lyon tient toujours le haut du pavé, par rapport à Bâle, Crefeld, Côme, Zurich, etc. Lyon fera quand même de la belle étoffe, mais sur demande du commissionnaire. MM. Gillet et Pierron, aujourd’hui Gillet et fils, se sont même signalés pour des noirs fins et, plus tard, pour des noirs demi-lourds, dits bleu de Russie, destinés à s’harmoniser avec le ciel vaporeux de ce pays.
- Bref, les maisons Gillet, Bredin, Drevon (aujourd'hui Fayolle), Rammel frères, Vizdry, etc., n’ont fait que suivre un mouvement et ne l’ont pas créé, et l’on peut dire que Lyon a tiré le meilleur parti de la charge, même dans l’intérêt du consommateur.
- Le souple, grâce à la qualité granitique des eaux duBois et du Gier, a contribué au développement de la teinture à St-Chamond, où l’on trouve actuellement les puissants établissements de MM. Gillet et fils, Richard et Pu-teau, Vindry.
- Autour de 1870 est venue l’application de la
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- charge au bioxyde d’étain, pour les blancs, couleurs et noirs. Les débuts en furent modestes ; sa naissance fut obscure. Aussi l'ap-pela-t-on X. De là le nom de ixage comme terme technique. MM. L. Gautier, chimiste, et J.-A. Marnas se disputent l’honneur de l’avoir trouvée. Au fait, l’avoir découverte tous deux simultanément, ce n’est pas la première fois que cela s’est vu. L’oxygène fut bien découvert simultanément par Lavoisier, Sheiln et Prestley.
- Si les débuts ont été modestes, on peut dire que les suites ont dépassé les expériences. Il s’emploie des quantités vraiment extraordinaires actuellement pour cette charge, qui d’ailleurs est incolore et, à tout prendre, vaut autant que le bleu de Prusse pour les noirs. J’ai vu chez M. Feydel, de Lyon, des 110 0[0 et blancs et couleurs claires, réellement bien réussis.
- De nos jours, très récemment, il se fait une évolution vers les charges organiques, pour les souples principalement.
- Encore une fois, que l’on me comprenne bien, la charge est la suite d’un entraînement général, d’un but à atteindre : celui du gonflement du brin pour abaisser le prix de l’étoffe de soie et la démocratiser. Mais sur demandes, Lyon produit des étoffes pures de charges, en y mettant le prix, bien entendu.
- La mécanique suit cet ensemble de progrès, et autour de 1850, les essoreuses de l'invention de Penzoldt commencèrent à se répandre à Lyon. On les appela des diables, à cause du bruit étourdissant que faisaient les engrenages du mouvem ent de transmission Le mot diable pour essoreuse est essentiellement lyonnais. Aujourd’hui, cela a bien changé, et 1 y a déjà quelques années que Claude-Joseph Bonnet, célèbre manufacturier de Lyon, exa-minant, en compagnie de MM. Gillet frères, des essoreuses perfectionnées de MM. Buf-faud frères, de Lyon, et se rendant compte du peu de bruit qu’elles faisaient en tournant, avec les cônes à friction, disait ; « Doréna
- vant, on ne les appellera plus des diables, mais bien des anges. »
- Machines à laver, à lustrer, à étirer, à cheviller, à secouer, à teindre, etc., tout va se suivre comme par enchantement, et je renonce, comme pour les couleurs artificielles, à continuer l’historique ; ce serait empiéter sur la description rationnelle qui aura lieu en temps utile et plus opportun.
- Marius Moyret.
- {Reproduction interdite.) (A suivre-)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.)
- Teinture des articles de laine en couleurs diverses.
- Mordants. — Le meil’eur et le plus économique mordant est le sulfate de soude dissous dans l’acide sulfurique ; il est employé pour teindre à peu près en toutes couleurs : c’est une préparation de bisulfate de soude.
- Sa préparation : Dans un vase de bois ou de grès à large ouverture et de la contenance de vingt-cinq à trente litres, il faut :
- Sulfate de soude.. *... 5 kilog.
- Acide sulfurique............. 5 »
- On remue de façon à faire une pâte, on ajoute ensuite vingt litres d’eau, on remue à nouveau. La valeur de deux litres de ce mordant suffit largement pour une chaudière de cent cinquante litres contenant une quinzaine de pièces diverses à teindre.
- On emploie aussi l’alun et le tartre rouge brut ; mais la cherté de ce dernier est telle qu’il arrivera sous peu qu'on ne l’emploiera plus du tout.
- Quelques teinturiers emploient le sulfate d’alumine : je trouve qu’il tranche et unit moins bien que le mordant au sulfate de soude.
- Teinture des laines en grenat.
- Après avoir été parfaitement nettoyés, les articles sont triés les plus clairs en premier, les blancs, les gris, les bleus clairs, les ha-
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- vanes, etc. On ajoute à la chaudière presque en ébullition, 90 degrés environ, le mordant en quantité suffisante ; on emploie avec succès et mélangés à l’orseille en herbe ou plutôt en extrait les produits d’aniline rouge suivants : orcéine, fuschine à l'acide, rouge solide. Les produits d’aniline seuls ne peuvent produire un bon effet sur les articles qui ont déjà des fonds et de plus sont frappés d’air et de soleil, l’étoffe devient cuivrée et mordorée; ils ne peuvent donc s’appliquer qu’en quantité modérée, mélangés à l’orseille.
- Avec ces quatre produits, on arrive facilement à faire tous les échantillons grenat, depuis les plus clairs jusqu’aux plus foncés ; si toutefois l’échantillon demandé tirait sur le ton lie de vin, il n’y aurait qu’à ajouter au bain de teinture qu’un peu de carmin d’indigo. Les grenats doivent toujours être levés et rentrés deux ou trois fois en chaudière pour obtenir l’uni parfait et les liser sans cesse ; un léger bouillon d’une heure suffit pour terminer la teinture; il ne faut pas bouillir trop fort, on craint de feutrer certaines laines, on lève, on rince, on essore et on étend au séchoir.
- Teinture des lames en bleu marin.
- On emploie le même mordant que pour la teinture grenat. Comme colorant, on se sert du carmin d’indigo, du sulfate d’indigo, du bleu de Lille : ce dernier ne doit jamais trop porter au rouge — il faut employer de préférence les bleus marins bleus. Si on veut obtenir des nuances très foncées, on ajoutera au bain une pincée de vitriol bleu et une petite quantité de campêche; faire bouillir une heure, on lève deux ou trois fois pour recharger le bain, on lise bien pour unir ; les couleurs peuvent se rincer à la boîte, surtout les bleus marins, le travail est mieux fait et les articles ne doivent plus déteindre.
- On obtient de beaux bleus marins avec le bleu de Nicholson et l’orseille ; on fait le bain avec une poignée de sulfate de soude et autant de carbonate de soude; pour tenir le bleu de Nicholson en suspension, on ajoute le bleu
- et l’orseille, ce dernier en petite quantité, si on forçait, on obtiendrait des tons prune ; on bout trente minutes, on lève, on rince sur deux eaux pour dégager les sels alcalins : 1 l’article est alors gris foncé, on pique à chaud E à l’acide sulfurique et aussitôt le bleu et l'or- [ seille montent ensemble. Les bleus marins b faits de cette manière sont frais de ton et so- 1 lides ; on rince et on étend.
- Teinture des laines en vert
- On emploie le même mordant que pour les I couleurs précédentes. Les colorants sont : le 1 carmin d’indigo, le sulfate d’indigo, le vert | bleu à l’acide, le citron, le jaune naphtol, l’acide picrique. Pour les verts foncés, on peut | employer le bleu de Lille mélangé au carmin I d’indigo.
- De même que pour les grenats et les bleus marins, il ne faut pas employer de produits d’aniline seuls, ils font des nuances trop maigres et n’unissent jamais bien sur le chiffon, f ne couvrent pas les frappures d’air ; ils ten- i dent, au contraire, à cuivrer et mordorer.
- Avec ces divers produits, on peut teindre tous les verts, depuis les plus clairs jusqu’aux | plus foncés. Pour les gros verts de pardessus, on ajoutera au bain de teinture une petite quantité d’orseille ; si les piqûres et les coutures restent blanches, on donnera une entrée dans un bain léger de campêche et bois jaune à froid, on tournera le bain avec une pincée de sulfate de fer et on rincera à extinction.
- Teinture des laines en marron, loutre, havane, tabac, etc.
- Même mordant que pour les couleurs précédentes ; les colorants sont l’orseille, le cur-cuma ou terra, le carmin et le sulfate d’indigo ; il n’entre pas de produits d’aniline dans la confection de ces couleurs, aussi sont-elles solides et bon teint ; le bain se commence par les nuances tabac, havane, on charge peu en orseille et on force en terra, l’indigo en très petite quantité ; à la seconde passe des marrons ordinaires, on ajoute orseille et terra en quantités égales, et pour brunir, l’indigo bien dissous. Pour les loutre, on foncera avec
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- un peu de campêche et une pierre de vitriol bleu, on bout une heure, on lève et on rince.
- Teinture des ameublements, tissus mélangés en laine et coton, laine soie et coton en grenat, marron, bois, havane, etc.
- Pour la teinture en grenat, il suffit de teindre la laine aux trois.quarts de ton de l’échantillon, on rince, on entre au cachou pendant deux heures, on lève, on rince sur une eau et on donne un bain tiède de grenadine et de fuschine mélangés selon l’échantillon, la soie et le coton montent ensemble, la laine en prend aussi un peu, on lise un quart d’heure, on lève et on rince.
- Pour les marrons, on passe au cachou, puis sur un bain de bichromate de potasse, on rince et on donne un tour de rouille, on lève et on rince sur trois eaux et on donne ensuite une petite entrée sur un bain léger de brésil et de bois jaune.
- Pour les havane et tabac, une fois la laine teinte aux trois quarts de l’échantillon, on passe au cachou et au chromate seulement, on rince et on termine sur un bain léger de bois jaune.
- Tissus d’ameublements, tapis en étoffe mélangés de coton et de soie à teindre en vert.
- Les fonds de ces articles sont généralement de différentes couleurs, il est alors nécessaire de les passer à l’acide nitrique, le tout devient à peu près uni et jaune sale foncé ; on teint la laine aux trois quarts de l’échantillon, on rince et on entre dans le bain de sumac à froid, on y laisse l’article jusqu’au lendemain ; si le bain de sumac est fort, on le lèvera au bout de deux ou trois heures de trempage ; on lève et sans rincer on donne un bain tiède de vert lumière ou de vert malachite. Si on demande des verts ternes, on donne une entrée avec du bois jaune et bois d'Inde en très petite quantité, on ajoutera en dernier au bain une pincée de vitriol bleu.
- Quand on opère au vert lumière seul, les étoffes déteignent toujours ; dans le deuxième cas, lorsqu’ils sont terminés au bois, ils ne
- doivent pas déteindre si ils ont été bien rincés.
- Teinture des laines en rouge à la garance.
- Cette teinture à la garance est d’une solidité à toute épreuve, elle se fait de la façon suivante :
- Faire bouillir une heure la laine dans un bain composé de :
- Eau.................. 100 litres.
- Alun.... 2 kilog.
- Tartre... 1 k. 500 gr.
- On lève et on rince sur deux eaux. On entre ensuite dans un bain d’eau de 35 ou 40 degrés, après y avoir ajouté un kilog. de garance pulvérisée et un peu de dissolution d’étain, on remue et on chauffe très lentement pendant une heure jusqu’à la température de 80 degrés, on fait alors bouillir quatre ou cinq minutes, pas davantage, et on voit instantanément le rouge se dégager et monter ; on lève et on rince sur deux eaux. Avec ces proportions de mordants et de colorants, on peut teindre la valeur de douze pantalons de la troupe.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Paris.— Pruvot, teinturier, à Saint-Mandé. — Jug. du 30 avril.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Bussy et Martinand fils, teinture des matières textiles, quai Pierre-Scize, 48. Durée : 15 ans. — Cap. : 50,000 fr.— Acte du 1er avril.
- Troyes. — Formation de la Société en nom collectif Thévenot fils et Finet, filateurs de coton et teinturiers. — Durée : 20 ans. —-Cap. : 150,000 fr. — Acte du 23 avril.
- Lille. — Formation de la Société en nom
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- = z o 2 E* C e 1? t > w
- P 2 CJ 20 w
- collectif P. Seinsevin et A. Gagedois, blanchiment et apprêt des fils, toiles et tissus, à Don. — Durée : 15 ans. — Cap. : 370,000 fr.
- — Acte du 2 avril.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Elbeuf. -- Dissolution, à partir du 1er mai, de la Société Pierret et Auguste Féret, décatissage et apprêt des draps, rue Patallier, passage Grandin. — Liquid. : MM. Thuillier et Frappier agréés. — Acte du 30 avril.
- Roubaix. — Dissolution de la Société Arsène Senneville, apprêt des tissus, route de Lannoy. --La Société se trouve entièrement liquidée. — Acte du 16 mai.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Luyaire a vendu à M. Groc-zinski, rue du Roi-de-Sicile, 52, chez MM. Boittiaux, frères, 15 mai, un fonds de teinturerie, rue Custine, 7.
- Aux Armes d'Alsace-Lorraine
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- S’adresser à M. Dupont, à l’usine ou à M. Chaulet, liquidateur, rue Hennequin, n 25, Troyes.
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- La première livraison de Teinture, impression, Blanchiment et Apprêt des fils et tissus, de notre correspondant, M. Marius Moyret, 32 pages. Prix au bureau, 0 fr. 50. Pour recevoir franco par la poste, adresser au bureau du journal 0 fr. 65 de timbres-postes français.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N 12. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juin 1887
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- L'AFFAIRE GRAWITZ.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- COULEURS D’ANILINE SUR FIBRES VÉGÉTALES Par la « Basliche Anilin et Soda Fabrik ».
- Le procédé généralement usité pour fixer les couleurs basiques d'aniline consiste à transformer ces couleurs sur la fibre même en combinaisons tanniques peu solubles ou insolubles. Pour cela, on imprime des couleurs vapeur qui, outre les quantités utiles de matière colorante, de tanin et d’épaississement, contiennent certains dissolvants tels que l’alcool, l’esprit de bois, l’acide acétique, l’acide oxalique, etc., destinés à maintenir, pendant 1 impression et le vacorisage, les parties consistantes de la combinaison tannique dans un état qui les laisse pénétrer à travers la fibre, pour s’y combiner ensuite. Ces dissolvants, toutefois, sont trop volatils, ou bien ne possèdent pas une action isolante suffisante, ou bien encore attaquent les matières végétales.
- La « Badische Anilin et Soda Fabrik » re-médie aux divers inconvénients indiqués par l emploi des chlorhydrines de la glycérine et des éthers composés auxquels la glycérine donne naissance. La manacétine, la diacétine, ] 77
- " triacétine ou les mélanges de ces corps,
- l’acétine de l’acétochlorhydrine, de la mono-chlorhydrine et de la dichlorhydrine de la glycérine servent à obtenir soit des couleurs d’impression, soit des solutions de matières colorantes basiques dérivées de l’aniline.
- ROULEAU EXPRIMEUR EN CAOUTCHOUC par M. Degrave.
- De nombreuses tentatives ont été faites pour substituer le caoutchouc dans les appareils à laver la laine aux garnitures en corde, qui coûtent cher, s’usent rapidement et nécessitent des pressions excessives. Le caoutchouc, par suite de son élasticité, permet de réduire la charge sur les axes des rouleaux et, conséquemment, la dépense de force motrice. Les tentatives auxquelles il est fait allusion ont échoué jusqu’ici, parce que les constructeurs ne savaient pas empêcher le décollement de la garniture. Or, le caoutchouc est perdu dès qu’il se décolle.
- La garniture brévetée se compose d’un certain nombre de bagues métalliques en fonte de fer juxtaposées sur le même axe et entourées de caoutchouc. Chaque bague est munie d’un talon qui pénètre dans une rainure ménagée longitudinalement sur le moyeu et qui empêche la bague de se déplacer pendant la rotation. De plus, des perforations pratiquées à travers les bagues retiennent le caoutchouc, Non-seulement les surfaces de contact entre la matière élastique et le métal se trouvent
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ainsi augmentées, mais l’entrecroisement des » lumières » détermine une sorte de réseau en caoutchouc, cousu pour ainsi dire dans le métal.
- APPAREIL EN PLOMB POUR LE BLANCHIMENT DANS LE VIDE
- Par MM. Kessler et fils.
- Dans les appareils ordinaires en fer forgé ou en fonte, garnis intérieurement d’un revêtement en plomb, les différences de dilatation des métaux et la pression atmosphérique déterminent des accidents résultant du contact du fer ou de la fonte (partiellement découverts) avec les dissolutions de chlore et d’acide sulfurique. Parfois, les fissures de la chemise en plomb sont telles, que la recherche en est longue et difficile. Dans tous les cas. indépendamment des taches de rouille dues à ces déchirures, les réparations sont doublement coûteuses, puisqu’elles nécessitent l’arrêt prolongé des appareils.
- MM. Kessler et fils construisent l’enveloppe et le fond en plomb massif et renforcent l’ensemble par des nervures. Le tube d’arrosage est un canal circulaire, mélangé à la partie supérieure et à même le plomb, qui est élargi en conséquence. L’appareil est donc entièrement homogène.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.)
- Teintures des laines en gris.
- On ne doit recevoir pour gris que les articles blancs ou déjà gris clair, rose, bleu de ciel, et encore faut-il qu'ils ne soient pas trop frappés d’air ; après avoir été nettoyés et rincés, on les fait bouillir trente minutes sur le tartre et l’alun, on lève, et si le bain devient trop chargé par le colorant que les articles ont perdu, il sera bon de le changer et d’en faire un frais composé d'un peu de tartre et d’alun, et comme colorant on ajoutera la co
- chenille ammoniacale, carmin d’indigo et bois jaune ou téna et acide picrique. Selon les quantités de produits ajoutés au bain, on obtiendra tous les tons de gris ; en tous cas, ils doivent être employés en très petite quantité.
- Pour unir et trancher les gris sur vêtements tout faits plissés et garnis, il faut bouillir longtemps et charger modérément le bain, lever trois ou quatre fois s’il le faut; si l'article contient du coton, on entre au sumac et on termine sur un bain froid de gris d’aniline, qu’on acidulera à l’aide d’acide acétique.
- Teintures des laines en ponceau à la cochenille.
- Le ponceau à la cochenille se fait à la composition d’étain ou bien à l’acide oxalique et au sel d’étain.
- Composition pour les ponceaux et jaune orange :
- Acide nitrique, 2 kilog.
- Sel de cuisine, 200 gr.
- Etain effilé, 500 gr.
- Eau, 6 litres.
- L’étain est jeté dans le liquide en très petite quantité à la fois, il s’y dissout presque instantanément; le bain refroidi doit prendre une belle couleur orange clair ; la composition se conserve à l’ombre, un litre suffit pour un bouillon de cent litres d’eau environ.
- La cochenille doit être employée moulue très fine et ajoutée au bain en quantité suffisante ; si on veut jaunir, on prendra de préférence un peu de fustel.
- Pour le ponceau à l’acide oxalique, la composition est ainsi préparée :
- Eau, 1 litre.
- Acide oxalique, 150 gr.
- Sel d’étain, 50 gr.
- Acide tartrique, 10 gr.
- Un quart de litre de ce mélange comme mordant suffit pour faire monter la cochenille, on bout quarante-cinq minutes, on lève)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- on
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- on rince à extinction pour dégager les blancheurs des sels, on essore et on étend.
- La teinture des laines en orange se fait de la même manière que les ponceaux, et, employant les mêmes compositions, le fustel domine et on rougit légèrement à la cochenille.
- On obtient aussi de très beaux rouges avec le ponceau d’aniline, il monte facilement et s’unit très bien. Comme mordant, on emploie le sulfate de soude et l’acide sulfurique ; on fait bouillir trente minutes, le bain se tire à l’eau.
- Teinture des laines en groseille. magenta.
- Il n’y a guère que les articles blancs, roses et déjà groseille qui peuvent se reteindre en groseille. Ils se font tout simplement à la fuschine ; le bain a lieu sans mordant, il est même inutile de bouillir, une température de 80 degrés suffit.
- Teinture des laines en violet.
- Pour teindre les articles de laine en violet on opère exactement de la même façon que pour les groseilles, en remplaçant la fuchsine par le violet d’aniline, soit le violet rouge, le violet bleu ; le violet monte sans acide.
- Teinture des lames en jaune, bouton d’or, etc.
- Comme mordant, on emploie notre mordant ordinaire au sulfate de soude et acide sulfuri-que, comme colorant, le curcuma, l’acide pi-crique, le jaune d’or, le jaune naphtol.
- Le curcuma doit être préalablement bien ébouillanté ; sans cette précaution, on risque de tacher ; on peut rougir avec une faible Proportion de cochenille ammoniacale ou d'or-seille pour détruire le ton verdâtre que donne le curcuma, on lise une heure au bouillon, on lave et on rince.
- Teinture en prune.
- On teint en en prune de plusieurs manières.
- Procédé ancien : tartre, alun, sel d’étain et
- bois d’Inde, bouillon une heure, lever et rincer dans trois eaux.
- Autre procédé : tartre, alun, acide sulfurique comme mordant. Comme colorant bleu de Lille et orseille ou bien encore remplacer le bleu de Lille par le carmin d’indigo et ajouter du nouveau violet à l’acide qui donne de bons résultats.
- Teinture en bleu ordinaire, bleu Louise.
- Ce genre de bleu se fait au bleu de Nichol-son; c’est incontestablement celui qui tranche et unit le mieux, très facile à employer ; il faut le tenir en suspension dans le bain avec du borate de soude ou borax, ou mieux encore et plus économiquement, le sulfate de soude et le carbonate de soude.
- Dans une chaudière de 100 litres en ébullition, on ajoute :
- Sulfate de soude, 50 grammes ;
- Carbonate de soude, 50 grammes.
- On ajoute le bleu de Nicholson dissout à l’avance en quantité suffisante, selon le ton que l’on veut obtenir, on bout 30 minutes en lisant, on lève et on rince sur deux eaux ; le bleu monte en lisant l’article sur un bain chaud acidulé d’acide sulfurique, on rince de nouveau sur deux ou trois eaux pour bien écarter l’acide.
- Comme il est facile de le voir, on obtient tous les tons de bleus depuis le bleu de ciel très pâle jusqu’au bleu très foncé ; il n’y a que la quantité de colorant à ajouter en plus ou en moins. Si on désire des bleus un peu verdâtres, comme ils se portent aujourd’hui,on emploiera de préférence les bleus Nicholson 6 B et on verdira avec une très faible quantité de terra ou plutôt de jaune naphtol.
- Ces bleus une fois essorés et étendus au séchoir ne doivent pas être placés près des vapeurs sulfureuses, ils se détruiraient par place.
- Les bains de bleu de Nicholson doivent se conserver pour resservir.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
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- 132 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LE PROCÈS GRAWITZ
- COUR D’APPEL DE DOUAI
- Le 3 mai se sont ouverts, devant la première chambre, les débats de cette importante affaire. Il est bon de rappeler ici les conditions dans lesquelles ce procès est déféré au second degré de juridiction.
- M. Samuel Grawitz, ingénieur, a pris de 1874 à 1877 plusieurs brevets et certificats pour la production et l'application à la teinture des matières textiles du noir d’aniline inaltérable.
- En vertu d’ordonnance de M. le président du tribunal civil de Lille, M. Grawitz a fait, en septembre 1885, puis en novembre 1886. procéder à des constats, descriptions et saisies chez M. Humbert-Drino, teinturier à Lille, chez Mme veuve Foyeau-Piedana et chez M. Fiévet-Dèlimal, teinturiers à Roubaix, chez MM. Campion frères, teinturiers à Tourcoing, chez MM. Dubar-Delespaul et Mulliez-Eloy, fabricants à Roubaix, et chez MM. Holbecq et Detchemandy, etLeboucq frères et Bourgois, fabricants à Roubaix. Puis il les a assignés devant le même tribunal pour « se « voir déclarer contrefacteurs du demandeur « dans la production ou la vente, ou l'exposi-« tion en vente, ou l’introduction en France « ou l’emploi de procédés semblables au sys-« tème dont il s’agit ». Il demandait en outre la confiscation des objets saisis et des dommages-intérêts,
- Dans ses conclusions d’audience, M. Gra-witz reprochait aux teinturiers « d’avoir teint « en bain plein en noir d’aniline montant di-« rectement sur la fibre et pouvant même, « suivant la durée de l’opération, pousser jus-« qu’au noir verdissable ». Ce qu’il revendiquait, ce n’était pas le noir d’aniline, mais le procédé au moyen duquel la teinture en noir d’aniline pouvait s’obtenir directement sur la fibre en la plongeant dans un bain de sel d’aniline et de sel métallique oxydant.
- Le grief qu’il arguait contre les fabricants c’est d’avoir fait teindre en noir fixe leurs ma
- tières chez d’autres teinturiers que chez les I concessionnaires de brevets, MM. Browaeys- | Degeyter, alors surtout qu’ils ne pouvaient | ignorer que les teinturiers en cause se trou- I valent sous le coup de poursuites en contre- I façon.
- Les teinturiers et fabricants poursuivis con- | testèrent à la fois l’invention et l’innovation I de M. Grawitz, la nouveauté du procédé, sa I brevetabilité et son emploi par eux. Ils sou- i tinrent que la production du noir d’aniline | s’obtenait dans leurs ateliers par un procédé | absolument différent, plus rapide et moins 1 coûteux, au moyen d’autres appareils, se ré- [ servant de le démontrer devant experts. Ils | conclurent subsidiairement à une expertise I afin de déterminer si les brevets pris par M I Grawitz comprenaient la découverte de I nouveaux moyens , ou une application | nouvelle de moyens connus pour l’obtention I d’un résultat ou produit industriel, s’il exis- 1 tait des antériorités ou des déchéances à op- 1 poser aux brevets et si les défendeurs avaient I employé un procédé de teinture inventé par L M. Grawitz.
- Le 12 janvier 1887, le tribunal civil de Lille a rendu un jugement longtemps motivé par lequel il confiait à M. Déceaux, sous-directeur des teintures des Gobelins ; Bardy, directeur du laboratoire de l’administration des contributions indirectes, et L’Hôte, chimiste, tous trois domiciliés à Paris, la mission d’examiner les brevets, de dire si le procédé constitue une invention nouvelle ou une application nouvelle de moyens connus susceptible de donner des résultats et des produits industriels nouveaux, ou bien si cette invention ou cette application étaient connues à la date des brevets ; de dire si des procès-verbaux de constat et de saisie il résulte que les défendeurs ont contrefait le procédé Grawitz; de dire aussi si les échantillons saisis ont été teints en noir inverdissable obtenu du premier jet ou par suite d’avivages et s’ils n’ont pu être obtenus que par les procédés Grawitz ; de déterminer enfin s’il est possible au fabricant
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- ET DE L’IMPRESSION DES T1Sws
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- de reconnaître sur la matière teinte le procédé dont il a été fait usage.
- Le tribunal jugeait aussi qu’il n’y a pas lieu quant à présent de faire des recherches en vue d’évaluer les dommages.
- C’est contre cette décision que M. Grawitz s’est pourvu en appel.
- Me Pouillet soutenait la demande : les teinturiers avaient pour conseil Me de Beaulieu, et Me Théry représentait les fabricants mis en cause.
- M. Grawitz est assis près de son avocat : dans l’auditoire se trouvent plusieurs teinturiers de Roubaix et de Tourcoing.
- Les conclusions prises par l’avoué de M. Grawitz tendent à ce que :
- « Maintenant le donné acte qui se trouve au « jugement et sous le bénéfice de ce donné « acte, dire que les brevets et additions pris « par Grawitz sont valables;
- « Pour le surplus, en ce qui touche la con-« trefaçon, soit à l’égard des teinturiers, soit « à l’égard des fabricants confirmer; dire tou-« tefois que la mission donnée par le tribunal « sera confiée à MM. Friedel, de Luynes et « Jungfleisch. » *
- Me Poui'let a pris la parole : le célèbre avocat a parlé pendant près de cinq heures. Après avoir exposé à la cour les circonstances qui amenaient son client devant elle, il est entré dans le vif du débat, entourant ses démonstrations des détails techniques qui faisaient de sa plaidoirie une véritable conférence de chimie industrielle.
- Il a posé de nouveau le principe que M.Grawitz revendiquait, seul, son procédé de teinture en noir d’aniline en bain plein, procédé nettement défini dans le brevet du 3 novem-bre 1874 et dans les additions de 1875, 1876 et 1877, qui consiste à «faire un mélange d’un « sel d’aniline et d’un sel métallique oxydant « soluble, à y plonger la fibre et à l’y laisser « se nourrir de la couleur qui se forme dans « le bain et qui, quoique insoluble, s’attache « à la fibre et s’y fixe. » Ce procédé donne, contrairement aux anciennes méthodes, un
- noir indélébile qui résiste à tous les agents chimiques et à l’influence de l’air.
- Me Pouillet rappelle alors le premier procès intenté devant le tribunal civil de Lille en 1878, par M. Grawitz contre MM. Wibaux-Florin et Gaydet père et fils procès ayant amené une expertise dont les conclusions, admises par les premiers juges, lui avaient été défavorables. Le 16 mars 1881 la cour de Douai, à qui la décision de Lille avait été déférée, ordonnait une nouvelle expertise qu’il confiait à MM. Friedel, de Luynes et Jungfleisch.
- Ces derniers experts estimèrent que les procédés Grawitz, pour l’obtention directe du noir d’aniline, étaient une application nouvelle de moyens connus et que les procédés de fabrication employés par les teinturiers en cause constituaient une contrefaçon, et à la date du 23 novembre 1885 la cour a rendu en ce sens un arrêt « entre les parties. »
- Me Pouillet parlant de la coalition organisée contre son client par les teinturiers de plusieurs villes, fait aussi allusion aux procès soutenus à Laval et à Domfront, dont les solutions favorables à M. Grawitz sont frappées d’appel, et aux incidents de Renaix. Abordant le jugement du tribunal civil de Lille du 11 janvier à887, l’avocat de M. Grawitz dit que ce jugement a limité le terrain à ce que reclame l’appelant, à savoir, si ce procédé constitue une invention nouvelle et s’il a été contrefait parles intimés, mais il en demande la réformation parce que la validité des brevets est mise en doute. .
- Le premier reproche fait au jugement de Lille est un reproche juridique. A propos de l’expertise de M. Friedel, de Luynes et Jungfleisch, les premiers juges ont dit que « sans « méconnaître l’importance de ce document, « il convient de remarquer que les défendeurs « n’étaient point parties à l’expertise, la-« quelle est pour eux res inter alies aeta. » Mais, répond Me Pouillet, il est de doctrine et de jurisprudence qu’une expertise, même faite à l'occasion d’un autre procès, peut être
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- versée dans un nouveau débat à titre de document propre à éclairer la religion du juge, qu’en fait, les défendeurs, loin de rejeter l’expertise, lors des premiers débats, l’avaient citée et combattue, qu’ils ont aussi de leur côté invoqué un autre rapport d’experts, que, par suite, ces avis et mémoires en sens inverse doivent faire la lumière sans qu’une nouvelle expertise puisse amener des éléments nouveaux.
- Le procédé de teinture revendiqué par M. Grawitz est-il sa propriété? Telle est la question qui se pose.
- Entrant dans des détails techniques sur la teinture en noir d’aniline, Me Pouillet fait remarquer que Perkins et Lightfoot,les inventeurs du procédé par voie sèche, et Lauth, l’auteur du procédé de double décomposition, n’ont donné que des méthodes imparfaites par la pratique et par les résultats et qu’en 1874 le noir d’aniline inverdissable était encore inconnu.
- Une consultation prise par les défendeurs et signée de MM, Girard, Magnier de la Source et Ogier fait des brevets de M. Grawitz une critique qui n’est pas justifiée.
- En ce qui concerne le brevet du 30 septembre 1874, c’est à tort, dit Me Pouillet, qu’on a prétendu que la description du procédé était incomplète parce que, indiquant comme dosage le rapport des équivalents chimiques, cette indication est au-dessus de la portée des ouvriers, alors que ce procédé n’est destiné à être mis en œuvre que par des chimistes pour qui cette loi des équivalents est connue. Pour le brevet du 3 novembre, l’absence de la mention de la quantité de bichromate à employer n’entraîne pas davantage une insuffisance d’indication, puisque, d’après le brevet même, ces quantités varient suivant l’intensité à donner à la nuance ; la même observation peut être faite, en ce qui concerne les quantités de coton à teindre.
- La teinture à bain plein en noir inverdissable, soit en deux bains soit en un seul bain, comme l’indiquent les additions, était-
- elle une méthode connue ? Voilà ce qu’il faut rechercher.
- Me Pouillet, examine les antériorités opposées à M. Grawitz. Avant celui-ci, dit-il, . on ne connaissait que la voie sèche et celle de la double décomposition.
- C’est à la première de ces méthodes que se rattachent les procédés Lightfoot, Cordilot, Pinckney, Jarosson et Muller-Pack. D’après eux, la fibre ne se tient pas dans le bain lui-même, la teinture en bain plein étant l'invention de M. Grawitz. Cette fibre sort du bain imprégnée, mais incolore. Le noir ne se développe qu’après sa sortie du bain par l’aérage.
- Le jugement parle des procédés Paraf-Javal. Ces procédés sont divers, mais n’étaient point pratiques. Le seul qui ait été essayé, consistait à refroidir le bain au-dessous de zéro, de sorte que, la réaction étant paraly
- sée, la teinture ne dans le bain et ne se ment développée.
- Me Pouillet insiste
- s’opérait point encore trouvait qu'ultérieure-
- particulièrement sur le
- brevet Bobœuf de 1865. Il le montre conduisant à un précipité ou à une teinture, mais consistant dans la voie de la double décomposition, tout opposée à la teinture en bain plein. C’est un brevet abstrait, de principe, ne décrivant pas suffisamment le mode opératoire. Il est ainsi apprécié, notamment par Pezon. Bobœuf lui-même n’en a payé que la première annuité, et l’a laissé tomber dans le domaine public.
- Il a été question, dans le procès Grawitz contre Wibaux-Florin, d’une correspondance avec M. Bretonnière ; mais le système de ce dernier, faute de publicité, est resté un secret de fabrication. Ce dernier connût-il même un procédé de teinture en bain plein, il serait le seul à pouvoir opposer à M. Grawitz l’exception de possession antérieure.
- Me Pouillet dit quelques mots de la contrefaçon et déclare qu’elle est notamment établie pour les matières teintes en noir inverdissable, aucun moyen de produire ce noir n’ayant été indiqué avant Grawitz, si ce n’est celui de
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Lauth par l’avivage qui est impraticable. Il parle d’une déclaration de la Chambre de
- réussi, dans l’affaire Wibaux-Florin, en le suivant, du noir verdissable.
- commerce de Roubaix au sujet du caractère verdissable ou inverdissable des noirs teints en cette ville, et admet l’expertise, mais sur la question de contrefaçon seule, celle de validité des brevets étant, dès-à-présent, tranchée en sa faveur. Pour cette validité, il s’en
- réfère à l’expertise de MM. Friedel, de Luynes et Jungfleisch dans l’affaire Wibaux-Florin, et réclame tant le procédé de teinture en bain plein, montant directement sur la fibre, que celui pour obtenir le noir inverdissable.
- Le conseil de M. Grawitz répond, à la communication qui vient de lui être faite, d’un document de M. Hoffmann, membre de la commission des brevets à Berlin. Ce document constate le rejet de la demande faite en 1877, par M. Grawitz, de conversion d’un brevet pris en Alsace-Lorraine en brevet
- valable pour l’empire allemand ; mais en Allemagne, on repousse autant que posible, les brevets d’étrangers. C’est en effet, avec les Etats-Unis, le seul pays où la délivrance d’un brevet soit subordonnée à un examen préalable.
- PLAIDOIRIE DE M' DE BEAULIEU
- Parlant pour les teinturiers en cause, Me de Beaulieu, de Douai, déclare accepter dès à présent, les conclusions de la nouvelle expertise qu’il sollicite sur la validité des brevets, a la condition, toutefois, que le dispositif du jugement ne soit en rien modifié et que la cour ne préjuge pas le point de savoir si la teinture en bain plein appartient exclusive-ment à M. Grawitz.
- Il soutient que ses clients font, avec droit, usage d’un procédé qui n’est que celui de Bobœuf, modifié au moyen d'améliorations découvertes et suivi par exemple d’un avivage emprunté à Lauth, avec certaines modifications.
- Le système de Bobœuf n’est point si impraticable, puisque les experts ont autrefois
- Me de Beaulieu fournit des explications sur le procédé de ses clients, essentiellement différent de celui de M. Grawitz, teignant non en barques avec serpentins, mais dans de petits récipients, non par grandes quantités mais par kilo, instantanément, et la fibre
- n’étant que plongée et retirée aussitôt, sans qu’elle ait besoin de se nourrir pendant un certain temps, produisant enfin dans le bain même un noir verdissable, mais non directe-ment de premier jet et sans artifice ultérieur, un noir verdissable, lequel n’est, au contraire, obtenu qu’après coup, par des opérations distinctes, telles que lavage et avivage.
- Ce procédé est licite. Les experts nommés par la Cour, dans l’affaire Wibaux-Florin, n’attribuant eux-mêmes à M. Grawitz que son procédé, devenu praticable en 1876 seulement, consistant à obtenir en bain plein de
- premier jet et directement, par telle mise en œuvre, le noir inverdissable. Mais revendiquer le bain plein d’une façon générale, c’est de la part de M. Grawitz, élargir la sphère de ses réclamations au-delà même du cercle prévu par les dits experts par extension, dans le but de se l’approprier, à tout le noir, même verdissable, non obtenu par la voie sèche, c’est-à-dire à tout le noir industriel.
- Les brevets de M. Grawitz, à les supposer valables, ne sont point comme des brevets de produits, c’est-à-dire de noir d’aniline, mais comme brevets de procédés. C’est donc un droit pour tous de produire le même produit industriel, le noir d'aniline, pourvu qu’ils l’atteignent par d’autres moyens et cela alors même qu’ils emprunteraient aux procédés de M. Grawitz quelques éléments, notamment le bain, si en dehors de ce bain, existent des différences sérieuses. Or, ces différences ont été énumérées.
- Le bain plein, en lui-même est du reste, dans le domaine public. On le trouve partout dans les mêmes procédés depuis longtemps connus. Là même où la fibre sortait
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- LE MONINU DALAInNIURR
- incolore du bain, n'était-ce pas dans ce bain qu’elle s’était, en réalité teinte, l’air ne faisant que faire apparaître la couleur qu’elle y avait prise.
- Dans ces conditions, le procédé et le bain de Roubaix-Tourcoing, ne produisant directement le noir qu’à l’état verdissable, ne sauraient être une contrefaçon de ceux de M. Grawitz, brevetables et brevetés qu’en tant qu’ils le font naître, du premier jet, à l’état inverdissable.
- M- de Beaulieu insiste pour que l’expertise nouvelle porte sur la brevetabilité du procédé Grawitz. Les teinturiers qui sont aujourd’hui en cause n’ont pas, en effet, été parties à l'expertise ancienne de l’affaire Wibaux-Florin. Celle-ci ne saurait donc, dans une matière essentiellement expérimentale, leur être opposée, même à titre de simple document ou renseignement, car les expériences qui ont été laites en dehors d’eux, ont pu présenter quelques erreurs ou irrégularités.
- M- de Beaulieu pose ensuite ces trois principes : 1. Il faut qu’un brevet contienne tout ce qui est indispensable pour diriger un homme du métier. En d’autres termes, l'invention, pour être suffisamment décrite par le brevet doit l’étre de façon que tout opérateur, avec son expérience .ordinaire et journalière, puisse l’exécuter; 2. Pour être valable, tout brevet doit se suffire à lui-même et ne peut, s’il lui mauque quelques éléments de vitalité,les emprunter à des certificats antérieurs; 3. Si le brevet tombe pour prescription insuffisante par lui-même, tous les certificats d addition qui s’y rattachent, tombent aussi par voie de conséquence.
- Il attaque, en second lieu, les brevets pour défaut de nouveauté. C’est pour ce motif que, d’après M. Hoffmann, ils n’ont point été admis en Allemagne; mais les antériorités, quelles sont-elles ? Surtout le procédé Bo-bœuf. Aussi, les systèmes de Lauth, Paraf-Javal etJeannolle.
- il importe que cette double question des antériorités et de la description soit, elle aussi,
- soumise aux nouveaux experts, à cause de l’importance des intérêts en cause.
- PLAIDOIRIE DE M* THÉRY.
- M • Théry, de Lille, plaide pour les fabricants qui interjettent appel incident et demandent à être dés à présent mis hors de cause. Pourquoi, en effet, les maintiendrait-on plus longtemps à l’instance ?
- Alors même qu’après l’expertise nouvelle, M. Grawitz gagnerait son procès vis-à-vis des teinturiers, il devrait encore le perdre à l'égard des fabricants.
- Que réclame-t-il contre ces derniers ? Des dommages-intérêts et la confiscation.
- Du donné-acte du jugement, il résulte que chacun peut aujourd’hui teindre en noir d’aniline, M. Grawitz ne revendiquant plus qu’un procédé spécial de teindre ainsi. Pour obtenir des fabricants des dommages-intérêts, celui ci devrait donc prouver, en outre de la validité de son brevet, que les matières saisies chez eux, ont été teintes en noir d’aniline, par son procédé particulier, par d’autres que ses licenciés. Or, les fabricants établissent qu’ils ont fait teindre, non seulement chez les teinturiers en cause, mais chez des teinturiers non poursuivis et même des licenciés de M. Grawitz.
- En droit, ce dernier, pour se faire allouer des dommages-intérêts, devrait, de plus, établir que c’est sciemment qu’ils ont teint en noir d’aniline, par son procédé, chez des teinturiers nombreux non licenciés. Or, d’une part, ils se seront informés auprès de leurs teinturiers qui leur ont garanti l’absence de contrefaçon et le non-emploi par eux du procédé revendiqué. D'autre part, ils ne connaissent pas les procès de teinture employés par leurs teinturiers. Il ressort même de certificats de chimistes qu’ils n’avaient aucun moyen de distinguer si les marchandises teintes à l’aniline qu’on leur apportait l’avaient été par le procédé Grawitz ou un autre.
- Quant à la confiscation, elle peut, au contraire, être prononcée contre des détenteur®
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- de bonne foi, mais de quoi M. Grawitz de-mande-t-il la confiscation ? Sa demande manque do précision. C’est à des saisies purement descriptives qu'on a procédé.Elles laissaientles fabricants libres de disposer de leurs marchandises et ils les ont effectivement vendues parce que le commerce de Roubaix, suivant les saisons, il faut, la saison finie, se défaire du solde. Les fabricants ne détiennent donc actuellement, rien à quoi puisse s’appliquer la confiscation.
- L’expertise devrait toutefois encore avoir lieu pour les échantillons réellement saisis, s’il y avait contestation à leur sujet ; mais leur valeur est nulle, et les fabricants déclarent par conclusions qu’ils les abandonnent à M- Grawitz. Dans ces conditions, il ne reste qu’à les mettre immédiatement hors de débat.
- RÉPLIQUES
- Me Douillet prie la Cour de n’ordonner qu’une seule expertise, par un seul arrêt, entre toutes les parties en cause, afin de diminuer les frais. Il soutient de nouveau que, d après l’expertise même de l’affaire Wibaux-Florin, il a un droit exclusif à la teinture à bain plein non seulement en noir inverdissa-ble, mais en noir quelconque. Il revient sur la description et la nouveauté des brevets. Il déclare enfin que les teinturiers en cause ne teignent pas au petit récipient comme ils le prétendent, mais bien en barques avec serpentins, puisque l’huissier a trouvé des barques semblables chez eux.
- En réponse à Me Théry, il conteste la bonne foi des fabricants. En l’admettant même elle n’aurait point, au civil, pour effet de les exonérer de dommages - intérêts envers M. Grawitz, mais seulement de leur assurer un recours en garantie contre les teinturiers qui les auraient trompés. Ils ne sauraient être mis hors de cause et c’est pour toutes les marchandises énumérées aux procès-verbaux de description qu'ils seront soumis à la confiscation, si les échantillons prélevés sont reconnus se rapporter au procédé Grawitz,
- S’ils ont, en effet, disposé de ces marchandi-ses, ce n’est qu’à leurs risques et périls. Ils devront dont les représenter ou seront tenus d’en payer la valeur.
- Me de Beaulieu fait ensuite remarquer que si l’on a découvert chez les teinturiers, des barques avec serpentins, elles ne servaient point à la teinture même en noir verdissable, mais à l’avivage consécutif.
- M. Théry discute la prétention à des dommages-intérêts vis-à-vis des fabricants, malgré leur bonne foi, sauf leur recours contre les teinturiers ; car ces fabricants ne sauraient être tenus envers M. Gra witz qu’en vertu de l’art. 1382 du code civil et alors ou bien, en raison de leur bonne foi, ils n’ont commis aucune faute et celui-ci ne peut rien réclamer, ou bien ils sont, au contraire, coupables d’une faute et n’ont point de recours, les fautes étant personnelles. Quant à la confiscation, Me Théry conteste qu’ils soient, pour les marchandises aliénées, obligés, à leur défaut, de représenter leur valeur, et cite un ouvrage de Me Douillet d’où il résulte que la description, à la différence de la saisie réelle, n’immobilise point les marchandises décrites.
- Me Douillet réplique que, si elles ne sont point immobilisées, en ce sens que les fabricants peuvent encore en disposer, ils ne le peuvent, toutefois, qu’à leurs risques et périls.
- ARRÊT
- La cour, joignant les différentes affaires Grawitz, statue par un arrêt unique.
- Adoptant les motifs des premiers juges,elle confirme leur jugement, et donne acte aux teinturiers de leurs réserves de demander ultérieurement la nullité totale ou partielle des brevets.
- Relativement aux fabricants, attendu que leur bonne foi ne suffirait pas pour écarter les dommages-intérêts, elle les déboute de leur appel, et les maintient en cause.
- Les experts devront déposer leur rapport dans les 6 mois de leur acceptation.
- M. Grawitz est condamné aux dépens de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’appel ; ceux de la première instance sont réservés.
- UN
- MODE ORIGINAL DE BLANCHISSAGE
- Un blanchisseur de la banlieue de Paris, viendrait d'imaginer, paraît-il, de nettoyer le linge qui lui est confié, non seulement sans savon* mais encore en ne faisant usage ni ne sel de soude, ni de chlorure de chaux, ni d’eau de Javel.
- Son procédé consisterait à n’employer que que des pommes de terre cuites, et on prétend que les toiles, cotons, laines et soies les plus sales deviennent, grâce à ce nouveau traitement, d’une netteté qu’on ne peut obtenir d’après les procédés ordinaires ; de plus, il n'est pas nécessaire de se servir de brosses.
- POTASSE CAUSTIQUE D'AMÉRIQUE
- Le beau temps pour la potasse d’Amérique est passé ; bien rares, en effet, sont actuelle-ment les fabricants de savons mous qui en font encore usage, et la savonnerie était un de ses principaux écoulements.
- Elle a été remplacée, dans cette industrie, par la potassé carbonatée de betteraves tout d’abord brute, puis raffinée.
- Maintenant la potasse d'Amérique n’est guère employée que par les entrepreneurs de peinture, pour des travaux de restauration, ou afin de nettoyer certaines pièces de machines.
- Néanmoins, nous proposant d’étudier, dans un prochain article, une potasse caustique française désignée sous le nom de « potasse façon d’Amérique », nous devons examiner aujourd’hui la vraie potasse d’Amérique pour que le lecteur puisse juger les deux par com-raison.
- Nous recevons d’Amérique deux potasses caustiques: l’une dite de « New-York », l’autre dite de « Montréal ».
- La première, toujours la plus chère, est regardée comme bien supérieure à la seconde. Pour notre part nous ne nous expliquons pas cette préférence, les deux se valent.Elles sont d’une couleur grise, quelquefois rougeâtre, même violacée, et leur composition présente beaucoup de similitude.
- On classe la potasse d’Amérique en Ire, 2e et 3e sorte; mais les deux dernières n’arrivent presque jamais en Europe.
- Voici une analyse complète de potasse Ire
- sorte :
- Eau............................... 1,75
- Carbonate de potasse........... 18,»»
- Potasse caustique (KO, HO) 53,63
- Soude caustique (NaO,HO). 3,77
- Sulfate de potasse............... 14,20
- Chlorure de potassium..... 6,25
- Sulfures....................... traces
- Matières insolubles............ 2,40
- 100,00
- 18,00 de carbonate de potasse == 14,61 de potasse caustique.
- 53,63 de potasse caustique = 66,00 de carbonate de potasse.
- 3,77 de soude caustique = 5,00 de carbonate de soude.
- Ce qui représente :
- En carbonate de potasse, 18,00 + 66,00 = 84 0(0.
- Ou en potasse caustique, 14,61 - 53,63 — 66,24 0(0.
- La potasse d’Amérique est obtenue par lixiviation de cendres provenant de l’incinération de troncs d’arbres, de branchages, de lianes et de plantes herbacées. On ajoute à ces cendres de la chaux vive qui caustifie la majeure partie du carbonate de potasse, puis, par une évaporation soutenue des lessives, on a une masse sirupeuse qu’on verse dans de petites chaudières en fonte demi-sphériques qu’on chauffe dans un four jusqu’à ce qu’en se refroidissant la masse devienne solide et très dense.
- Importée directement d’Amérique, la po-
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- tasse entre en franchise ; mais importée d’ailleurs que du pays de production elle subit, aux 100 kilog., un dioit de douane de 3 fr. 60 au tarif général et 2 fr. 40 au tarif conventionnel.
- Les symptômes observés pendant cet em -poisonnement permettent de classer la benzoline parmi les poisons enivrants.
- (Résumé du « Journal de Pharmacie et de Chimie ».)
- POTASSES BLANCHIES
- Sous cette désignation on comprend en savonnerie des potasses carbonatées anhydres, à moitié raffinées, qui sont blanches à l’extérieur et noires à l’intérieur.
- Nous ne saurions trop mettre en garde les consommateurs contre ces potasses, qui ne proviennent que de fabriques de dernier ordre et sont vendues au-dessous du cours.
- Une fois mouillées, les potasses dites blanchies se montrent noirâtres, et, après dissolution, ne fournissent que des lessives du plus vilain aspect.
- Pour les savons diaphanes, il ne faut pas songer à les employer, car les sulfures qui s’y trouvent renfermés verdissent les huiles ; quant aux savons communs obtenus avec des potasses blanchies, ils supportent beaucoup moins de résine que ceux qui résultent de lessives préparées avec des potasses de première qualité.
- EMPOISONNEMENT PAR LA VAPEUR DE BENZINE
- Un ouvrier, âgé d’environ 35 ans, jouissant d’une bonne santé, pénétra dans un réservoir à benzoline complètement vide, vers 9 heures du matin ; on le trouva inanimé à 11 heures au fond du réservoir. Celui-ci mesurait 1 m. 67 de hauteur et avait un trou d’homme à sa partie supérieure; il était exposé à l’action directe du soleil et le thermomètre marquait 400,5 à l’intérieur.
- L’ouvrier fut transporté, presque sans connaissance, à l’infirmerie ; il exhalait une forte odeur de benzoline. Son état resta sensiblement le même pendant deux heures, puis vers le soir il se remit et ne conserva plus de son accident qu’un peu mal de tête.
- BREVETS D INVENTION
- 178080. 20 août; Chasles. — Système de manœuvre des couvercles de cuves à lessive et autres par la force hydraulique.
- 178.522. Graff, 15 sept. 1886..—Traitement des eaux de lavage provenant des lavoirs ou des corderies de laine.
- 178.616. Limpach, 18 septembre 86. —Séparation de laxylidine brute en isomères, applicables à la fabrication des matières colorantes.
- 178.232. Leclerc, 28 août 86. — Décoration du celluloïd et de toutes matières analogues par emploi de moules et de bains de teinture.
- 178.233. Leclerc, 28 août 86. — Décoration pour teinture de celluloïd et autres matières analogues.
- 178.234. Clark., 21 août 86. •- Perfectionnement aux appareils pour la fabrication du gaz pour l’éclairage et le chauffage.
- 178.327. Abel Henry etCie, 3 septembre 86. — Procédé pour teinture en noir.
- 178.328. Paraf Javal, 3 septembre 86. — Perfectionnement au noir d’aniline.
- 178.364. Société L. Durand et Huguenin, 6 septembre 86. — Matières colorantes.
- 178,385. Baker, 7 septembre 86. — Fabrication d’un bleu de Resorcine.
- 178.979. Cassella et Cie, 11 octobre 86. — Matières colorantes azoïques.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Paris. — Conort, ex-teinturier, rueduRoi-de-Sicile, 52. — J.-c. : M. Soufflot. — S. : M. Roucher. — Jug. du 29 mars.
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- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- i
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Tavera, Levis et Gozzi, cachemires de l’Inde,dentelles et broderies, rue de Richelieu, 84.--Durée : 10 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 16 mai. —J. g. d’A.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif E. Pouteau et Fichet, fab. de broderie, rue de Hanovre, 16. — Durée : 10 ans.— Cap. : 30,000 fr. — Acte du 1er juin. — J. g. d’A.
- Tourcoing. — Formation de la Société en nom collectif Georges Lombard et Cie (construction d’appareils brevetés servant à l’épuration, au blanchiment et à la teinture des textiles filés), rue de Tournai, 113. — Durée : 15 ans. -- Acte du 1er avril.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif L.-B. Dalmon et Seigneur, apprêts et cylindrage des étoffes en tous genres, rue des Capucins, 6. — Durée : 8 ans et 4 mois. — Cap. : 50,000 fr. — Acte du 25 mai.
- Lille. — Formation de la Société en nom collectif H. et L. Rogez, fab. de fils retors, rue du Marché, 125. — Durée : 10 ans. — Cap. : 500,000 fr. — Acte du 26 mai.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif C. Garnier et Cie, usine d’apprêts, rue Boileau, 50. — Durée : 10 ans et 2 mois. — Cap. : 250,000 fr. -- Acte du 30 avril.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er mars, de la dissolution Léopold Brun et Palmarini, soies et déchets de soie, rue Désirée, 6. — Liquid. : M. Brun. — Acte du 20 mai.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Prorogation de 5 ans, du 1er janvier 1887, de la Société en commandite Louis Desnoyers et Cie, apprêt des étoffes, rue Grange-aux-Belles, 43. — Cap. maintenu à 240,000 fr. dont un tiers en commandite. — Acte du 17 mai. — J. g-d’A.
- Mme veuve Pacary a vendu à M. X..., rue Daguerre, 44, chez M. Constant, 15 mai, un fonds de teinturerie, rue d’Odessa, 10.
- Mme veuve Pacary, a vendu à M. Fauque-not, au fonds, de suite, résil. vente un fonds de teinturerie, rue d’Odessa, 10.
- M. Oppenheimer a vendu à M. Mallèvre, faub. Saint-Denis, 148, de suite, un fonds, bleu pour blanchiment, rue de Sévigné, 26.
- Mlle Liévois a vendu à M. Raynaud, rue Saint-Dominique, 112, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Verneuil, 43.
- Mlle Kurouwska a vendu à M. Dubreuil, rue de Strasbourg, 8, chez M. Henri, 15 juin, un fonds de teinturerie, boul. Magenta, 32.
- BIBLIOGRAPHIE
- LES LOIS FRANÇAISES EXPLIQUÉES
- par P. Mirode. avocat(1 vol. gr. in-18 de 900 p.) Prix : 13 fr. (franco).
- Voici un ouvrage que nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs. L’auteur, très familier avec toutes les questions juridiques, a eu l'ingénieuse idée de condenser et d'expliquer en un volume d’environ 900 pages toute notre législation civile, pénale, commerciale, industrielle, rurale, financière, militaire, municipale, administrative.
- La division adoptée dans ce travail, suivant un plan d’une grande originalité, est la suivante : « Vie civile, vie judiciaire, vie publique, vie religieuse, vie militaire, vie commerciale, vie industrielle, vie financière, vie agricole, vie libérale. » Nous trouvons, par exemple, dans la vie militaire, la loi sur le recrutement ; dans la vie publique, les diverses lois électorales, l’organisation des corps administratifs, etc.; dans la vie industrielle, les lois concernant les brevets d’inven-tion, les marques de fabrique, les syndicats professionnels, etc., etc.
- Les explications fournies sur chacune de ces matières sont non seulement précises, mais encore faciles à comprendre pour les personnes qui n’ont jamais eu l’occasion de se livrer à l’étude du droit.
- On réclamait depuis longtemps un livre bien clair sur la législation de notre pays et permettant à chacun de connaître exactement ses droits, ses devoirs et ses intérêts. Les « Lois françaises expliquées », que vient de publier M. P. Mirode sont certainement l’ouvrage utile si longtemps attendu.
- Adresser les demandes, accompagnées d’un mandat-poste, au bureau du Journal.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 13. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juillet 4887
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- PRÉPARATION DU BLEU DE RÉSORCINE.
- FABRICATION D’UNE MATIÈRE COLORANTE.
- DU ROUGE DE NAPHTALINE.
- PRÉPARATION D’UNE MATIÈRE COI ORANTE.
- ESSAI CHIMIQUE DES TISSUS RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX. BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A TEINDRE LES TISSUS
- Parla « Société anonyme de la Teinturerie stéphanoise».
- L’invention a pour objet la teinture des Pièces maintenues au large et sans plis à travers le bain colorant. La barque même sert de support à un chariot à tourniquet ou à cylindre. Pendant que le tourniquet ou le cylindre tourne, toujours dans le même sens afin d'appeler l’étoffe, le chariot reçoit un mouve-ment de va-et-vient horizontal.
- Ces organes sont complétés par un appa-reil élargisseur et par des rouleaux fixés sur un côté de la barque, de manière à empêcher la formation des plis.
- La disposition a encore pour résultat d’ac-célérer l’action des colorants, en raison des surfaces développées et du déplacement cons-tant de l’étoffe.
- TEILLEUSE Par M. Taylor-Burrons.
- La machine est alimentée à l’aide d'une cable horizontale, sur laquelle l’ouvrier étale les figes à teiller ; les extrémités des tiges
- sont saisies par une première paire de rouleaux, unis ou cannelés, qui aplatissent ou qui brisent les parties ligneuses, entraînent les tiges simultanément et les livrent à la seconde paire de rouleaux ; ceux-ci, comme les premiers, aplatissent encore l’enveloppe corticale, ou la concassent, selon qu’ils sont lisses ou cannelés. Le teillage proprement dit s’effectue entre deux tabliers sans fin, analogues aux tabliers des peigneuses à lin et montés sur cuirs, sur chaînes ou sur rubans d’acier ; ces courroies, métalliques ou autres, portent des lames tantôt unies, tantôt armées de « doigts » de formes étudiées en vue de racler, d’assouplir les filaments et d’en extraire les matières étrangères.
- Au moment où les tiges sont presqu’entiè-rement engagées entre les rouleaux broyeurs, l’ouvrier appuie sur un levier pédale pour arrêter et renverser le mouvement ; les tiges se trouvent alors ramenées automatiquement vers l’ouvrier, qui les saisit et les retourne, bout pour bout, sur la table, de manière à teiller la partie qui n'a pas encore été nettoyée.
- BLANCHISSAGE ET LESSIVAGE AUTOMATIQUES Par M. Guichard-Husson.
- L’installation revendiquée par M. Guichard-Husson a pour but de lessiver et de blanchir sans l’intervention des agents chimiques, qui altèrent rapidement le linge.
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- Cette machine, destinée au chinage par impression, est essentiellement caractérisée par l’application de deux chaînes sans fin, animées d’un mouvement de rotation, et entre
- PEIGNEUSES
- Par M. Offermann.
- MACHINE A CHINER LES FILS EN ÉCHEVEAUX
- Par MM. Gaydet père et fils.
- = Z o 2 r C t
- P r P w p 2 C x w
- La chaudière à lessive est montée au-dessus d’un fourneau, dont la cheminée traverse une enveloppe annulaire ; cette gaine sert à utiliser la chaleur perdue des gaz provenant de la combustion, pour chauffer des séchoirs. De la chaudière, la lessive se rend, par l'in-termédiaire d'un tuyau, dans le bac de coulage, situé en contre-bas ; un robinet permet de régler l’afflux du liquide. Après avoir circulé à travers le linge, les eaux de coulage tombent dans une sorte de cuvette, où elles sent aspirées par une pompe qui les refoule dans la chaudière, et cette circulation automatique continue aussi longtemps que de besoin.
- La même transmission qui actionne le balancier de la pompe commande, par l’intermédiaire de leviers articulés, un battoir cylin-drique, cannelé à la périphérie, montant et retombant alternativement dans une auge, où se place le linge à dégorger.
- Les modifications apportées par M. Offer -mann aux machines des systèmes Heilmann et Hübner, visent les deux points suivants :
- 1- L’appareil d’alimentation est placé à proximité de la brosse à blousse, ou du tambour peigneur, pour faire passer directement dans la blousse, des matières cardées quelconques ;
- 2- Le segment d’arrachage est construit en deux parties et disposé de façon à opérer le fractionnement de la mèche plus près du peigne nacteur que ne le permettent les segments en une pièce, actuellement usités.
- lesquelles les écheveauxsont tendus au moyen I de tringlettes. Pour faciliter le placement des tringles, les maillons des chaînes, au lieu de se refermer simplement les uns sur les I autres, sont relevés en dessus, sous forme de crochets ouverts. La machine décrite au bre-1 vet comporte trois paires de cylindres impri-meurs, appliquant, chacune, une couleur dif-férente au fur et à mesure du passage des! écheveaux.
- A l’entrée de l’appareil, un ouvrier acco-1 che les écheveaux ou plutôt les tringles, sur lesquelles sont dressés les écheveaux, aux maillons qui se présentent; à la sortie, uni second ouvrier enlève les mêmes écheveaux imprimés, pour les soumettre aux opérations finales du chinage. Indépendamment de la continuité, la machine brevetée a l’avantage de fournir, en une seule opération, autant de couleurs qu’il y a sur le bâtis de couples de cylindres imprimeurs, puis de juxtaposer ces I couleurs sans avoir à redouter les lavures.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite. )
- Erratum. — Page 130, col. 2, ligne 1, lire terra au lieu de tena. Page 131, col. 1, ligne 18, lire le bain se fait sans mordant ; ligne 38, lire on lève au lieu de on lave.
- Teintures des laines en noir par le bois d’Inde
- Les noirs en laine se font sur un seul bain ou mieux sur deux bains. Pour les teindre sur un seul bain, ce qui est plus expéditif, on pré-prépare un bain avec :
- Campêche, 4 seaux (p. 61).
- Bois jaune, 2 seaux.
- Tartre pulvérisé, 2 kilog.
- Sulfate de fer, 4 kilog.
- Sulfate de cuivre, 2 kilog.
- Les articles défaits et tout faits doivent parfaitement être nettoyés et triés, en con mençant par les plus clairs. Les rouges et 165
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- violets doivent être démontés avant teinture, soit au carbonate de soude à chaud ou sur un bain d’acide nitrique. Une fois le bain en ébullition et les produits bien dissous, on entre les plus clairs les premiers. Les noirs déjà noirs ne sont rentrés qu’à la fin du bouillon, dix minutes suffisent pour les teindre. On laisse bouillir une heure en lisant article par article; au bout de ce temps, la plupart des articles doivent être bons. S’il s’en trouve de trop clairs, on les rentrera dans la seconde passe. Les noirs faits de cette manière ont le défaut de déteindre énormément; aussi faut-il les rincer à extinction, pour cela on leur donne deux eaux à la main et on les fait tourner à la boîte avec un seau de carbonate de soude et deux seaux de terre à foulon (on jette dans cent cinquante litres d’eau environ un seau de terre grise à foulon, on broyé avec un lisoir), après dix minutes, le bain devient très épais, on le change et on rince à grande eau, toujours à la boîte, jusqu’à ce que l’eau du rinçage coule claire.
- Ce procédé est très employé dans les maisons qui font la spécialité de noir bon marché.
- Teinture des noirs sur deux bains.
- Premier bain :
- Eau, 1,000 litres.
- Tartre, 2 kilog.
- Sulfate de cuivre, 2 kilog.
- Sulfate de fer, 4 kilog.
- Sur ce bain on peut teindre 40 kilog. de laine environ.
- Les articles doivent bouillir une heure sur ce bain de mordant, ensuite on lève et on rince sur trois grandes eaux. On entre dans le second bain, ainsi composé :
- Eau, 1,000 litres.
- Bois d’Inde, 4 seaux.
- Bois jaune, 1 seau.
- Vitriol bleu, 200 grammes environ.
- On entre vivement les articles dans le bain, on lise au bouillon pendant trente ou quarante minutes. Le bain doit être tiré au
- clair. On lève et on rince sur deux eaux, on pique sur un bain léger de fumant, on rince sur deux eaux, on passe ensuite sur un bain de javelle tiède, on rince de nouveau sur deux eaux chaudes et deux eaux froides. Les doublures des articles tout faits doivent devenir à peu près blanches ou grises, étant bien rincées, elles ne doivent pas déteindre. On remarquera que l’opération est très longue, c’est pour cette raison qu’on emploie avec succès aujourd’hui le noir- de Paris, dont il a été fait mention à la page 75.
- Quelques teinturiers, au lieu de piquer et javeler les noirs ne font que de les piquer : il est certain qu’ils déteignent ; d’autres de les javeler seulement ; il est préférable, pour obtenir un bon résultat, de faire les deux opérations. Après avoir été essorés, les articles de laine légers sont passés sur une gomme pour en faciliter le repassage.
- Autre procédé :
- Teinture en laine au bichromate de potasse.
- Premier bain :
- Eau, 1,000 litres.
- Bichromate de potasse, 1 kil. 500.
- Vitriol bleu, I kilog.
- Acide sulfurique, 500 gr.
- On entre au bouillon et on lise une heure, on lève et on rince sur trois eaux.
- Deuxième bain :
- Eau, 1,000 litres.
- Campêche, quantité suffisante, 4 seaux environ.
- Bois jaune, 1 seau.
- On lise au bouillon pendant quarante minutes, on rince et on passe en javelle, comme par le procédé au tartre.
- On peut aussi teindre la laine en noir avec du sel marin, du sulfate de zinc, couperose, vitriol bleu et campêche.
- Si à la visite on trouve des articles trop foncés, rouges, etc., il n'y aura qu’à les passer sur un bain léger d’acide chlorhydrique ou mieux de les javeler. Si, au contraire, il s’en trouve de trop clairs, on les rentrera de
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- nouveau dans le bain de teinture; de même s’il est mal uni, on devra le reteindre. Tous les articles à carreaux ou rayés doivent se couvrir, si les rayures se voyaient, il faudrait les reteindre une seconde fois.
- Pendant l’opération de la teinture en noir, comme de toute autre couleur, il faut avoir la précaution de ne pas casser les étoffes, on doit lever une pièce à la fois de la chaudière, bien l’éventer afin de la refroidir et la placer sans faux plis étendue sur un tréteau ou une cheville.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Ponceau à la Cochenille par l’acide oxalique et le sel d’étain.
- Il y a deux opérations pour ce genre de teinture :
- 1 - Le bouillon;
- 2 : Ja teinture.
- 1* Bouillon. — Pour cela, on chauffe jusqu’à l’ébullition, puis on ajoute : 10 0[0 acide oxalique ; on ferme la vapeur et on entre une pièce de bain. Ceci fait, on ouvre de nouveau la vapeur, on laisse tourner un quart d’heure au petit bouillon, on abat la pièce et on la lave. Le bain ainsi formé, on ajoute :
- 5 00 acide oxalique;
- 1 0(0 » sulfurique.
- On entre les pièces avant de mettre ces deux produits, on laisse tourner cinq minutes sans vapeur ; on ajoute alors avec beaucoup de précautions 2 1[2 00 de sel d’étain dissout ; on doit le mettre lentement pour éviter les taches.
- On ouvre la vapeur et on laisse bouillir une demi-heure, puis on abat et on lave,
- 2' Teinture. — Pour cette opération, on forme le bain comme pour le bouillon avec 10 0(0 d’acide oxalique ; on laisse tourner la pièce une demi-heure, puis on l’abat et on la lave.
- Le bain ainsi préparé, on ajoute :
- 2 0[0 acide oxalique.
- 2 0[0 sel d’étain.
- 1{2 0[0 acide sulfurique (pour la Ire passe seulement).
- On entre ensuite les pièces et on ajoute la cochenille et la graine de Perse, délayée dans un seau ou un cassin.
- La vapeur doit être ouverte quand on met la graine de Perse.
- Après une heure de bouillon, on échantillonne et on regarnit, s’il y a lieu.
- Il faut laisser tourner deux heures à deux heures et demie.
- Ponceau d’Aniline.
- Mordant : 20 0[0 sulfate de soude.
- 10 0[0 acide sulfurique.
- Jaunes et Oranges à la Graine de Perse.
- Ces couleurs se font de la même manière et avec les mêmes mordants que les ponceaux à la cochenille.
- Violets.
- Les violets se font, comme mordants, avec: 15 00 sulfate de soude.
- 7 112 0[0 acide sulfurique.
- 10 0[0 alun.
- Dissolution du violet. — Le produites! dissout dans l’eau, à raison de 0 k. 300 gr. de violet pour 30 litres d’eau, puis on ajoute 0 k. 100 gr. acide muriatique.
- Mordant liquide des Modes.
- 8 0[0 sulfate d’alutine.
- 3 0[0 cristaux de soude.
- 2 0|0 sulfate de soude.
- 2 0[0 acide sulfurique.
- Dissolution de Camp^che.
- La dissolution de campéche se fait avec
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- 350 kil. de bois de campêche varloppé et nourri, soit environ 225 à 230 kil. de bois sec pour 6,000 litres d’eau.
- Ce bois est épuisé à Pair libre en le faisant bouillir avec 3,000 litres d’eau pendant une heure ; puis, lorsque cette première cuite est vidée, on remet encore 3,000 litres sur le même bois et on laisse bouillir deux heures ; alors, au bout de ce temps, le bois est épuisé, On mélange toutes les cuites ensemble.
- Bouillon de Marron (ancien).
- Chaufferie bain à 70* ou 30-, puis entrer les pièces. Ceci fait, on garnit.
- 3 0,0 Tartre.
- 3 0(0 Sulfate de fer.
- 3 0|0 Sulfate de cuivre.
- 1 0[0 Acide oxalique.
- 2 0[0 Sulfate de soude.
- On chauffe et on laisse bouillir deux heures. On augmente de 30 0[0 ces proportions pour la première passe.
- Garance. Bouillon.
- 10 0,0 Alun.
- 7 1(2 0[0 Tartre blanc.
- 5 0[0 Oxymuriate d’étain.
- Laisser bouillir deux heures.
- Laisser reposer ce bouillon jusqu’au lendemain ; si la pièce est forte, la bouillir avec la moitié du mordant pendant une demi-heure, abattre, rentrer sur un bain neuf à froid, avec la garance, monter doucement au bouillon, Que l’on maintient pendant une demi-heure, echantillonner et ajouter les cochenilles, s’il Y a lieu, puis laisser tourner jusqu’à ce que I on soit bon, mais au moins une heure.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PRÉPARATION du BLEU DE RESORCINE
- Par Haydn-Mozart-Baker, à Brooklyn (New-York).
- Le brevet a pour objet :
- 1° Fabrication de bleu de résorcine consis-
- j tant à préparer une solution ammoniacale de | résorcine, avec ou sans addition de carbonate de cuivre ammoniacal, et à l’agiter au moyen de lames de cuivre ; la matière colorante qui se forme par oxydation est déplacée de sa solution au moyen d’un excès d’acide minéral.
- 2o Pour séparer plus complètement la matière colorante formée suivant 1°, on traite la liqueur acidulée et filtrée par des plaques de zinc jusqu’à ce que tout le cuivre dissous soit précipité. On filtre, puis on acidulé de nouveau par l'acide sulfurique ou chlohydrique, on fait bouillir la liqueur, et, après refroidissement, on recueille la matière colorante qui s’est séparée.
- Description :
- On prépare, dans un vase approprié, une dissolution de résorcine dans un excès d’ammoniaque étendue. Il est avantageux d’y ajouter une dissolution ammoniacale de carbonate de cuivre contenant à peu près autant de sel de cupranunonium qu’il y a de résorcine à traiter. Il est inutile de forcer cette dose, mais il est nuisible à la bonne marche de la réaction de la diminuer. On agite maintenant cette solution d’une façon continue avec des lames de cuivre, ou mieux avec une plaque circulaire plongeant dans la solution et mue lentement au moyen d’un dispositif mécanique facile à imaginer.
- Pendant la durée de l’opération, on ajoute de temps à autre de l’eau ammoniacale pour maintenir la liqueur continuellement alcaline. La formation continuelle de cupranunonium au contact de l’air détermine la fixation de groupes amidogènes dans la résorcine. Pour s’assurer que la réaction est arrivée à terme, on évapore un petit échantillon de la liqueur jusqu’à siccité à une température qui ne doit pas dépasser 212o Fahrenheit ; on reprend le résidu sec par l’eau tiède qui dissout la résorcine inattaquée que l’on caractérise à l’aide de son dérivé trinité ou par la coloration bleue que prend la liqueur au contact du chlorure ferrique.
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- Lorsqu’il n'y a plus de résorcine non transformée dans la liqueur, on neutralise la liqueur, après l’avoir fait bouillir quelques instants, par l’acide chlorhydrique ou sulfurique en léger excès. Par le refroidissement, la nouvelle matière colorante se sépare ; on la recueille sur filtre, on la lave et on la sèche.
- On arrive à une séparation plus complète de la matière colorante en éliminant d’abord le cuivre de la liqueur ; à cet effet, l’on y immerge du zinc en plaques ; on filtre la liqueur qui contient la matière colorante avec le carbonate de zinc ammonium et l’on acidulé après ébullition.
- Le bleu de résorcine lavé et séché est prêt, sans autre purification, à l’emploi pour la teinture ou l’impression.
- FABRICATION D’UNE MATIÈRE COLORANTE
- AVEC L’ACIDE ANTHRAQUINONE DISULFONIQUE
- Par le docteur H.-J. Weber, à Unterstrap b. Zurich.
- La matière colorante est obtenue en traitant l'anthraquinone par l’acide sulfurique anglais à 260 degrés, étendant ensuite de 4 à 5 volumes d’eau et traitant le liquide filtré à une température qui ne doit pas dépasser 25 degrés par un nitrite alcalin ; on sépare le produit par le sel marin et on le sèche à 100 degrés centigrades, puis on le soumet à l’action des alcalis fondants; la fusion est dissoute dans l’eau et la matière colorante, déplacée par l’acide chlorhydrique, est lavée et purifiée par une nouvelle dissolution dans une lessive de soude étendue, filtrage et précipitation par l’acide chlorhydrique.
- On chauffe au bain d’huile à 260 degrés un mélange de :
- ............................... 1 partie.
- Acide sulfurique à 66° Baumé. 4 à 5 parties.
- Lorsqu’un échantillon prélevé dans la
- masse se dissout sans résidu dans l’eau, avec une coloration brune, on laisse refroidir, on étend de 4 à 5 volumes d’eau et l’on filtre pour séparer l’anthraquinone non attaquée.
- Dans la liqueur filtrée, on introduit maintenant, à une température qui ne doit pas dépasser 25 degrés centigrades, du nitrite de sodium ou de potassium, sec, en poudre fine, à raison de deux molécules de sel nitreux par molécule d’anthraquinone dissoute. Lorsque tout le nitrite est dissous et que le dégagement de vapeurs rouges a cessé, on ajoute du sel marin, en léger excès, on agite bien et on laisse ensuite reposer. Il se précipite des flocons bruns froncés et si la liqueur est suffisamment saturée de sel, elle filtre légèrement teintée en jaune. On recueille le précipité et on le lave à l’eau froide jusqu’à ce que la liqueur commence à se colorer plus vivement ; on exprime et l’on sèche à 100 degrés jusqu’à ce que la masse se pulvérise et passe aisément au tamis.
- Le produit est introduit maintenant, par petites fractions, dans l'hydrate alcalin fondu, à raison de 2 parties de ce dernier pour 1 partie du dérivé anthraquinonique. On chauffe jusqu’à ce que la masse ait pris une consistance de bouillie et qu’un échantillon, dissous dans l’eau et acidulé par l’acide chlorhydrique, fournisse un liquide filtré clair, légèrement teinté de jaune ; si ce liquide était plus ou moins brunâtre, il faudrait continuer à chauffer ou ajouter une nouvelle dose d’alcali.
- La fusion refroidie est dissoute dans l’eau; la liqueur filtrée précipitée par l’acide chlorhydrique et la matière colorante recueilli6 sur filtre et lavée. On la reprend pour purification par une lessive de soude étendue (une à deux parties de cristaux de soude pour cent parties d’eau) ; la liqueur filtrée est bien acidulée par l’acide chlorhydrique et la matière colorante bien lavée est conservée à l’état de pâte.
- La couleur se dissout dans les alcalis en
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- brun foncé ; elle teint le coton mordancé à l'alun en nuances rouges brun.
- PROCÉDÉ DE PRÉPARATION DE ROUGE DE NAPHTALINE
- et d'autres matières colorantes rouges analogues
- Par le docteur Otto N. WITTWenstend-Charlottemburg.
- Objet du brevet :
- Préparation de rouge de naphtaline et d’autres matières colorantes rouges analogues par compensation de para-naphtylènediamine avec l’aniline, les toluidines, xylidines, cumi-dines, a et -naphtylamine avec le concours de corps azoïques, de quinonimides ou de qui-nones comme agents déshydrogénants.
- Description :
- Exemple I.—On chauffe à une température de 130-140° un mélange de :
- Chlorhydrate de naphtylènediamine 23 k. 1
- . 28 k. 6 a-amidoazonaphtaline 59.k. 4 jusqu'à ce que la fusion d’abord bleu-violet soit devenue rouge et que l’intensité de la coloration n’augmente pas. On traite la cuite comme une opération de fuchsine ordinaire et l’on obtient ainsi un rendement en rouge de naphtaline.
- Exemple II.—On prépare un mélange de :
- Chlorhydrate de naphtylènediamine 23 k. 1
- Aniline........................... 40 k. »
- Amidoazobenzol.....................39 k. 4
- que l’on chauffe d’abord doucement , entre 65-700, puis, durant 1|2 heure à 160-170.Le Produit de la fusion est fluide ; on le traite par de la soude caustique et l’on entraîne au moyen d’un courant de vapeur d’eau l’excès d’aniline. Il reste, après cette opération, une dissolution aqueuse rouge intense d’une nou-velle couleur rouge que l’on isole et que l’on Purifie par les moyens connus.
- Exemple III. — On prépare une dissolution de :
- Chlorhydrate de. naphtylènediamine 23 k. 1
- Amidoazobenzol.................... 39 k. 4
- Phénol............................ 50 k.»
- On porte cette liqueur à l’ébullition pendant 1[2 heure environ. Après avoir chassé le phénol par la vapeur d’eau, il reste une liqueur rouge d’où l’on élimine quelques impuretés au moyen d’un lait de chaux. Séparation et purification comme pour l’exemple IL
- Le phénol employé comme solvant peut-être remplacé par l’acide acétique cristallisa-ble ou d'autres agents analogues.
- M. Dautresme, ministre du commerce et de l’industrie a reçu les délégués du Syndicat des journaux spéciaux et professionnels de France.
- Le syndicat, représenté par MM.Le Sourd, Ed. Rousset, Pottier, Ch. Bivort et Al. Durant a reçu le meilleur accueil, et le ministre a accepté avec empressement le concours qui lui a été offert en vue de la future Exposition Universelle.
- PRÉPARATION
- D UNE MATIÈRE COLORANTE
- DÉNOMMÉE « STYROGALLOL » A L’AIDE DE L’ACIDE
- GALLIQUE OU DU TANNIN
- Par M. Emil Jacobson, à Berlin.
- L’acide cinnamique et l’acide gallique se condensent avec la plus grande facilité, en présence d’un agent déshydratant, suivant l’équation :
- CôH5 - CH = CH - CO OH + CeHT2(OHT)s.
- CO OH — CI6H1005 -j- 2 H2O
- Dans les mêmes conditions, le tannin (acide digallique) engendre le même produit de condensation.
- Exemple. — Un mélange de : Acide cinnamique 10 parties (1 molécule) Acide gallique 17 parties (1 molécule)
- Acide sulfonique concentré.... 150 parties
- est chauffé pendant 2 ou 3 heures au bain-marie à 45-55 degrés.
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- La fusion colorée en jaune rouge intense est versée dans une grande masse d’eau ; il se précipite alors une poudre verte pâle, formée d’aiguilles microscopiques, qu’on lave à plusieurs reprises à l'eau bouillante aiguisée d’un peu d’acide acétique.
- Le produit de la réaction, styrogallol, est quasi insoluble dans la plupart des solvants neutres, à l’exception de l’alcool bouillant, de l'acide acétique glacial et de l’aniline.
- Il cristallise de l’alcool en petites aiguilles jaune clair, qui ne fondent pas encore à 360 degrés et qui subliment à température plus élevée, presque sans décomposition, en aiguilles jaune orangé.
- Le styrogallol se dissout dans l’ammoniaque ou dans les lessives d’alcalis fixes en beau vert, passant au bleu, puis au rouge lorsque l’on chauffe.
- L'acide sulfurique concentré le dissout en jaune orangé; à chaud, il l’oxyde avec dégagement de gaz sulfureux.
- Traité par l’anhydride acétique, le styrogallol se transforme en un dérivé triacétylé de la formule C22H1608 cristallisant en aiguilles concentriques jaune pâle.
- Le rendement en styrogallol, aussi bien avec le tannin qu’avec l’acide pyrogallique, atteint 90 à 92 pour 100 de la théorie.
- Les nuances que produit le styrogallol ressemblent à celles que l’on obtient avec la ni-troalizarine; suivant les mordants, elles sont jaunes ou brunes presque noires. Elles résistent! absolument au savon.
- On peut transformer le styrogallol au moyen d’acide sulfurique fumant, de- chlorhydrine sulfurique, etc., en acides_sulfoniques; assez peu solubles dans l’eau froide, bien solubles dans l’eau chaude et qui teignent la laine en nuances jaune clair.
- PRÉPARATION DE L’EAU OXYGÉNÉE
- Par Siegfried-Lustig, à Breslau.
- Le brevet a pour objet la préparation d’eau
- oxygénée, par l’action de l’amalgame de zinc, sur une solution alcoolique d’acide sulfurique agitée en présence de l’air.
- Description :
- On agite de l’amalgame de zinc avec de l’acide sulfurique en liqueur alcoolique dans des vases spacieux où l’on renouvelle l’air.
- L’acide sulfurique alcoolique est préparé avec :
- Alcool absolu (99 pour 100).......... 96 vol.
- Acide sulfurique étendu, 150 Baumé. 4 »
- Après une demi-heure d’agitation, on ajoute de nouveau 4 volumes d’acide sulfurique dilué et l'on secoue vigoureusement pendant une demi-heure encore. Par le repos, le sulfate zincique formé, quasi-insoluble dans la liqueur alcoolique, se dépose ; on la décante et on la filtre.
- La liqueur ainsi obtenue contient, par litre, de 3 à 3 gr. 5 d’eau oxygénée.
- En la concentrant dans le vide, à température modérée, on en élimine l’alcool et l’on obtient finalement une solution aqueuse assez concentrée d’eau oxygénée.
- MATIÈRES COLORANTES AZOIQUES
- TEIGNANT DIRECTEMENT LE COTON SUR LE BAIN ALCALiN EN NUANCES VIOLETTES ET BLEUES Actiengeselslchaft für Anilinfabrikation, à Berlin.
- Nous avons trouvé que le diamidoazobenzol obtenu par Nietzky (Berichte d. deutsch. ehem. Geellseh.} peut être transformé en dérivé tétrazoïque qui se combine aux acides naphtylamine ou naphtolsulfonique pour engendrer des couleurs qui teignent le coton non mordancé, en bains de savon.
- Exemples :
- 1. — On prépare une dissolution tétrazoïque avec :
- Paradiamidoazobenzol, 2 kil. 12 dans 100 litres d’eau.
- Acide chlorhydrique à 20’ Baumé, 5 kilogr. dans 100 litres d’eau.
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- Nitrite de sodium, 1 kil. 38 dans 20 litres d’eau.
- On la fait réagir sur une liqueur préparée avec :
- a-naphtylaminesulfonate de sodium, 6 kil. 5.
- Sel de soude, 1 kil. 5.
- Eau, 200 litres.
- Après douze heures de contact, on porte la liqueur à l’ébullition ; on déplace la matière colorante par le sel, etc,
- II. — En remplaçant dans la préparation ci-dessus l’a-naphtylaminesulfonate de sodium par :
- a-naptolmonosulfonate de sodium. 5 kilogrammes,
- on obtient une couleur peu soluble dans l’eau qui teint le coton en violet.
- III. — Le tétrazoazobenzol préparé suivant I, combiné avec :
- 3-naphtoldisulfonate de sodium R, 7 kilogrammes, fournit une couleur bleue qui teint égaleuent le coton sur bain de savon.
- ESSAI CHIMIQUE DES TISSUS
- En pratique, on essaye d’ordinaire les tissus en en tirant des fibres et en les faisant brûler; dans le cas où le tissus contient de la laine ou de la soie, la fibre tirée se tord en brûlant et laisse échapper une odeur de corne brûlée.
- Grâce à la solubilité des fibres animales dans les alcalis concentrés, on a un autre moyen de les distinguer des fibres végétales qWi ne se dissolvent pas dans ces réagents. Cette méthode est employée même à présent Pour déterminer sommairement la laine en présence des fibres végétales.
- Les acides minéraux ou les sels acides Peuvent aussi servir à distinguer les fibres animales des fibres végétales; les premières ne s’altèrent pas sous l'actisn de ces réa
- gents, tandis que les dernières se carbonisent graduellement.
- Analogues avec les substances glutenées, les fibres animales se colorent par l’acide azotique en jaune clair. Chauffées dans le réactif Milton (azotate mercurique et mercu-reux), elles deviennent rouges. Les mêmes phénomènes ne se produisent pas avec les fibres végétales.
- Les fibres végétales (cellulose), aussi bien que la soie, se dissolvent facilement dans l’oxyde de cuivre ammoniacal, et les premières peuvent être précipitées par nombre de sels, par le sucre ou la gomme. La soie ne peut être séparée qu’a l’aide des acides faibles.
- Suivant Peligot, on peut obtenir une solution d’oxyde de cuivre dans l’ammoniaque, — solution qui réagit très bien sur les tissus, — en dissolvant dans une petite quantité d’ammoniaque, sous l’accès de l’air, du cuivre en limaille ou de la poudre de cuivre obtenue à l’aide de l'électrolyse.
- L’acide azotique, sans attaquer apparemment les fibres végétales, dissout au bout d’un certain la soie et colore la laine en jaune. D’après Schlossberger, la solution ammoniacale de protoxyde de nickel dissout très facilement la soie sans attaquer le coton.
- (A suivre)
- PROCÉDÉ
- POUR OBTENIR AVEC LA GRAISSE DU SUINT DES LAVERIES DE LAINES, DES GRAISSES DURES OU MOLLES, OU UN PRODUIT RESSEMBLANT A L'AXONGE ET DÉNOMMÉ LANÉSINE, AINSI QUE DES ACIDES « GRAS LIBRES ».
- Par le docteur A. von Rad, à Plersee, par Augsburg.
- Objets du brevet :
- 1. Purification du suint à l’état alcalin par le moyen d’agents oxydants alcalins comme les manganates, les permanganates alcalins, le chlorure de chaux ; le suint ainsi traité se
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- prête à la préparation de graisse de laine neutre par l’extraction à l’aide de solvants volatils que l’on évapore ensuite.
- 2. Préparation de graisses neutres dures ou molles à l’aide du suinc purifié que l’on extrait successivement par les solvants suivants : alcool à 95 pour 100, benzine légère, benzine lourde, sulfure de carbone, éther ou chloroforme.
- 3. Transformation des graisses de laine de diverses consistances en corps de pommade par l’addition des ethers méthyliques ou éthyliques des acides oléiques ou ricinoléiques. Ces pommades ne rancissent pas.
- 4. Saponification des graisses restant après élimination des produits inattaquables par la chaux, au moyen d’acide sulfurique, à un degré de concentration tel qu’il résulte de la réaction une masse sèche, que l’on peut directement extraire à l’aide des solvants cités dans le § 2.
- Description :
- Les matières premières pour la préparation des graisses dont nous par parlons sont : lo le suint lavé extrait de la laine brute des moutons et 2° les eaux de lavage dudit suint, riches en savons. On traite ces produits par la chaux, et le savon insoluble qui se forme est recueilli.
- La bouillie des savons calcaires est traitée pour la destruction des matières colorantes et odorantes qui l’accompagnent. A cet effet, on la soumet à l’oxydation par des agents qui oxydent en liqueur alcaline.
- On obtient ainsi, avec un suint impur et odorant, des produits qui, soumis à l’extraction par des solvants volatils, conduisent à des graisses pures, neutres. La grande masse du produit non saponifiable est formée par de la cholestérine, de l’isocholestérine et des éthers de ces deux composés alcooliques, en proportions très variées.
- Il résulte de la composition très variée de ces produits, que leur consistance et leurs propriétés physiques sont également très diverses. On obtient, suivant la matière
- première employée et suivant le traitement qu’on lui fait subir, des composés offrant la consistance de pommades très fluides ou de cires dures. Les derniers sont peu utilisables dans la pharmacie. Il est donc intéressant de séparer, dès le principe, le suint en fractions dures ou molles.
- On arrive très facilement à ce résultat en soumettant systématiquement le suint à l’action de solvants successifs.
- On extrait d’abord à l’alcool fort, ensuite à la benzine, au sulfure de carbone, aux benzols lourds et finalement à l’éther ou au chloroforme.
- L’alcool dissout les portions les plus fluides l’éther et le chloroforme se chargent des composés les moins fusibles, à consistance de cire dure ; les autres solvants fournissent des fractions intermédiaires.
- Lorsque le suint, après tous ces traitements, est débarrassé de ses parties non sa-ponifiables, on le traite pour la production d’acides gras libres. A cet effet, on fait agir sur le produit épuisé une quantité d’acide sulfurique équivalente à la chaux qui s’y trouve combinée sous forme de savons calcaires. On dilue l’acide, de telle manière que le produit de la réaction, formé de sulfate de chaux et d’acides gras, offre la consistance d’une masse sèche, pouvant directement être traitée, dans un appareil à déplacement, par des solvants neutres. Après ce traitement, il reste encore, dans le produit, des graisses normales (éthers glycériques d’acides gras) qui se saponifient aisément par les alcalis.
- -------------• ----->o00-== = ------
- L’exposition permanente des colonies qui a été fermée momentanément à cause de la préparation des envois destinés à l’exposition internationale du Hàvre. est ouverte de nouveau tous les jours au public (les lundis et vendredis exceptés) de midi à cinq heures. Entrée par la porte n 8 du Palais de l’Industrie (côté du quai).
- L’exposition permanente des colonies renferme des spécimens de tous les produits co-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- loniaux qui peuvent être utilisés par l’industrie métropolitaine. Elle comprend, en outre, un musée commercial destiné à faire connaître les produits de fabrication française ou étrangère qui sont de vente courante aux colonies. Chaque échantillon est accompagné d’une notice indiquant la nature du produit, son origine, son prix, etc.
- La conservation de l’exposition se tient à la disposition du public pour tous les renseignements complémentaires que les commerçants ou industriels auraient intérêts à connaître.
- .. ------- —
- En Australie. — Une exposition internationale s’ouvrira à Melbourne le 1er août 1888 et sera close le 31 janvier 1889. Cette exposition comprendra douze groupes de produits. Le dernier délai pour la réception des demandes d’admission est fixé au 31 août 1887.
- On peut s’adresser, pour renseignements, au ministère du commerce et de l’industrie, — direction du personnel et de l’enseignement technique bureau du personnel et du secrétariat, — 244, boulevard Saint-Germain.
- Exposition de machines à décortiquer le lin au Chili. — Le 1er novembre 1887 s’ouvrira, avec l’approbation du gouvernement chilien, à la « Quinta normale d’agriculture » de Santiago, un concours spécial de marchines, à moteur ou à main, pour séparer du lin la pulpe, les tiges, les feuilles et autres parties mutiles, de manière à rendre la plante propre au filage.
- Il sera accordé un prix de 5,000 fr. à la meilleure machine ou série de machines susceptible d’affecuetr la séparation indiquée. Ce prix sera décerné par un jury de cinq membres nommés par le conseil de direction de la société d’encouragement du travail manuel « Fomento Fabril ». La société accordera gratuitement la force motrice et la matière pre-mière nécessaires aux essais.
- Les intéressés, peuvent s’adresser, pour Plus amples renseignements, au ministère du
- commerce et de l’industrie, direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 244, boulevard Saint-Germain,
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Scomn et Recurt, apprêteurs d’étoffes, r. Popincourt, 10 et 12.—Durée : 6 ans.— Cap.: 12,000 fr.—Acte du 1er juin.—J. g. d’A.
- Roubaix.— Formation de la Société en nom collectif Louis Couteau fils, fabr. de peignes pour filatures, peignages, teintureries, apprêts à cheveux, etc., Grande-Rue, 263. — Durée : 15 ans, du 1er mars 1887. — Acte du 1er juin.
- Grenoble. — Formation de la Société en nom collectif Armand Broize et Bougnol, création d’un atelier de teinture de peaux de gants. — Durée : 9 ans. — Cap. : 10,000 fr. — Acte du 21 mai.
- Elbeuf. -- Formation de la Société en nom collectif Béranger frères, location de forces motrices, séchage et épaillage des laines et draps, etc., rue du Cours, 51, et rue Cousin-Corblin, 4. — Durée 6, 9 ou 12 ans du 1er avril 1887. — Acte du 22 mai.
- Lille. - - Formation de la Société en nom collectif Ovigneur frères, tissage et blanchisserie, à Halluin, avec siège à Lille, rue Sans-Pavé, 25. — Durée : 10 ans. — Les trois associés fourniront, par tiers, les capitaux nécessaire. — Acte du 20 mai.
- Lyon. —Formation de la Société en nom collectif Rubens et Armand Lévy frères, rue Puits-Gaillot, 7. — Durée : 5 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 1er juin.
- Versailles. — Formation de la Société en nom collectif J. Legros et Cie, fab. de broderies à façon, à Argenteuil, route de Sannois, 21. -- Durée: 12 ans. — Cap. : 5,000 fr. — Acte du 8 mai.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Saint-Etienne. — Dissolution, à partir du 10 mai, de la Société Dauphin frères, fab. de rubans. — Liquid. : les associés. — Acte du même jour.
- Roubaix.— Dissolution de la Société Arsène Senneville, apprêt des tissus, route de Lan-noy. — La Société se trouve entièrement liquidée. — Acte du 16 mai.
- Lille. — Dissolution de la Société Bail-leul et Defoux, fab. de toiles à Armentières. — Liquid. : M. Gille Maes.— Acte du 10 mai.
- le nouvel ouvrage aura le cachet du premier, c’est-à dire essentiellement technique.
- Chaque livraison contiendra des faits inédits et pratiqués. On peut le constater dans les trois premières qui viennent de paraître et contenant : une préface exposant le plan de l’ouvrage qui aura au moins qnatre volumes et le commencement de l’historique de la teintnre et de l’impression à travers les âges.
- Convaincus du succès, nous adressons nos félicitations à l’auteur.
- Trois livraisons parues. — Gravures
- Prix de la livraison, 50 cent.; par la poste, 60 c.
- Adresser mandat ou timbres-poste au bureau du journal.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Prorogation de 5 ans du 1er janvier 1887, de la Société en commandite Louis Desnoyers et Cie, apprêt des étoffes, rue Grange-aux-Belles, 33. — Capital maintenu à 240,000 fr. dont un tiers en commandite. — Acte du 17 mai. — J. g. d’A.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de teinture et impression, blanchiment et apprêt des fils et tis-sus, par Marius Moyret, ingénieur chimiste.
- Nous recommandons à nos lecteurs cet ouvrage publié par livraisons de 32 pages, avec planches, échantillons et chromo-lithographies dans le texte.
- L’auteur, lauréat de l’Ecole de la Martinière en 1855-1856, n’en est pas, a’ailleurs, à ses débuts ; déjà il a, en 1876, publié un traité spécial pour la teinture de la soie, qui a obtenu un grand et légitime succès, ce qui est de bon augure pour la publication nouvelle.
- Le nouveau traité, beaucoup plus vaste que le premier, répond aux besoins actuels. Par suite des exigences de la mode, les teinturiers sont appelés à teindre toutes sortes de fils : soie, soie sauvage, laine, poils, coton, ramie, chanvre, lin, jute, etc., pures ou mélangées, en fils ou en tissus.
- M. Moyret offre le résultat des études de 25 années de travaux, de voyages et de recherches qui lui ont d’ailleurs été facilités par sa position de rédacteur au Moniteur de la teinture de Paris et de correspondant de divers journaux français et étrangers.
- Tous les renseignements sont authentiques, et
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 14. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juillet 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- TEINTURE EN CHAPEAUX.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- LA TEINTURE LYONNAISE.
- INFORMATIONS
- ESSAI CHIMIQUE DES TISSUS (suite et fin).
- LE KOUNAO DU TONKIN
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- FABRICATION DU CRÊPE ANGLAIS DE couleur Par MM. Giilet et fils.
- Pour obtenir un crêpe de couleur possédant le grain et l’apprêt du crêpe anglais noir, MM. Gillet et fils, commencent par gaufrer et fixer le tissu dans un bain de tanin tel que cachou, sumac, etc.; ils appliquent ensuite la nuance désirée et terminent par l’apprêt.
- ÉCHARDONNEUSE-ÉPAILLEUSE Par M. Broux fils.
- Les machines à échardonner ont pour prin-C1pal inconvénient de fatiguer les fibres de la Line. M. Broux fils a cherché à y remédier Par une succession d’étirages libres, qni am-nent les chardons, paille, etc., à la surface de la nappe laineuse et facilitent ainsi l'extrac-tion des corps étrangers.
- À la suite du « tablier » et des cannelés al-dentaires, des chaînes Galle parallèles, disposées dans un plan vertical et armées de cardes transversales, forment toile sans fin ou « chaîne à barrettes ». Cette chaîne tra-vaille avec un « hérisson » dit d’étirage et tansporte la laine bien ouverte sur le « roule-
- ta-bosse », contre lequel une brosse plate applique les filaments. Comme d’ordinaire, le roule-ta-bosse est fileté en hélice et reçoit, dans les rainures hélicoïdales, des lames de scie dont l’action est complétée par un cylindre échardonneur situé au-dessus.
- Une brosse cylindrique reprend la laine au roule-ta-bosse et la transmet à un second appareil alimentaire composé de deux cannelés, d’une chaîne à barrettes et d’un hérisson d’étirage. Les fibres s’ouvrent et s'allongent de manière à faciliter le traitement final, qui s’effectue entre un second roule-ta-bosse et un second échardonneur. De là, une dernière brosse cylindrique projette la laine sur le tablier ou dans la « chargease » d’une carde.
- RIFLCIR POUR LE DÉCOUPAGE DES TULLES ET DENTELLES
- Par M. Oudit.
- Deux particularités distinguent ce rifloir des outils déjà connus : 1 • la branche de fer sur laquelle se fixe le manche est relevée au-dessus du ressort du sabot et on suit exactement la forme ; grâce à ce contournement, une ou deux vis engagées dans la même branche permettent de modifier suivant la nature des dessins à découper, la pression du sabot sur le patin de la semelle ; 2 * les lames coupantes sont maintenves à l’écartement convenable, par un ressort très faible et cintré, dont les extrémités sont soudées aux ex»
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- trémités desdites lames. Ce ressort cintré passe librement dans un crochet fixé au ta-lever au-dessus de la situation noumale. L’écartement des lames coupantes est mieux assuré par l’interposition du ressort fermé que lorsque les lames sont indépendantes l'une de l’autre.
- MACHINE A POLIR Par M. Travers.
- La machine décrite a pour objet le polissage transversal des étoffes et se distingue des appareils analogues par l'adaptation d’un tampon mobile se déplaçant, d’un mouvement alternatif, dans le même sens que l’outil polisseur.
- La pièce étant enroulée sur une ensouple, le bout est placé, d’un côté, sous un presse-étoffe en regard des lames, de l’autre, sur le tampon.
- Lorsque le chariot porte-lames vient vers le porte-étoffe, les lames se lèvent et ne frottent pas, mais, au retour, le tissu est pincé entre les lames et le tampon. Comme le tampon chemine en même temps que le porte-lames et dans la même direction, il se produit une friction qui donne du brillant à l’apprêt.
- TEINTURE EN CHAPEAUX
- La teinture en chapeaux vient, depuis quelque temps, de subir un progrès remarquable. Je parle des chapeaux en feutre, de poils ou de laines diverses.
- Depuis quelque temps, les besoins de la consommation, de même les exigences pour le bon marché, grandissant tous les jours, le chapeau de feutre en laine, plus économique que celui en feutre de poil, d’abord fabriqué en Angleterre, se fait aujourd’hui couramment en France, et constitue ce que l’on appelle à Lyon le 3 fr. 60, prix unique.
- Or, à la teinture, je parle de celle en couleur, les feutres en laine offrent quelques difficultés : il est difficile de bien unir la nuance
- dans les couleurs claires, même les foncées. La laine est toujours grasse après les diverses manipulations, et il est presque impossible de dégraisser à fond les feutres ainsi préparés. De là la cause de plaques marbrées; de plus, la couleur reste superficielle, et si l’on coupe un morceau de feutre, on voit l’intérieur toujours plus pâle que l’extérieur. Le même inconvénient n’a pas lieu pour les noirs.
- De cet état de choses, il est résulté que l’on est arrivé à teindre à la foule pour les couleurs, non seulement les feutres en laine, mais encore ceux en poil.
- Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut que le lecteur s'imagine ce qu’est un chapeau avant l'opération du foulage, qui doit le feutrer et donner de la consistance à un tissu léger, à une ouate de poils de lapin ou de lie-vre, ou de laine.
- Qu’il se représente, pour celui qui n'est pas de la partie, bien entendu, une enveloppe très légère de pain de sucre. C’est ce que l’on appelle le cône.
- Si l’on a affaire à des poils de lapin ou de lièvre, avant le foulage on fait subir une opération particulière dite « sécrétage » pour ouvrir le poil, le rendre laineux. On obtient ce résultat à l'aide du nitrate de mercure. Cette opération est inutile pour la laine.
- Le nom de sécrétage vient, d’après les uns, de ce qu’au début ce tour de main fut tenu secret : de là l’expression de passer au secret (pour passer au nitrate de mercure) et conséquemment de sécrétage.
- Le cône constitue donc une enveloppe de pain de sucre très légère et très ouverte com-tissu, mais sans consistance ; à cet état là, il serait impossible de le teindre sans tout désagréger.
- Or, la foule par l’action de manipulations opérées par des ouvriers habiles à l'aide de l’eau bouillante aiguisée ou non d’acide sulfurique, feutre le tissu, l’épaissit en le retirant dans le sens de la longueur et le rend difficile à teindre.
- C’est précisément l’avantage de la teinture
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- à la foule; si dans le bain de foulage, l’on ajoute la matière colorante dès le début, elle file rapidement et teint uniformément le tissu aussi bien au centre qu’à la surface, et sans marbrure.
- En continuant l’addition des matières colorantes graduellement, l’on arrive à rendre le cône teint, prêt à être mis à la forme, à prendre sa tournure définitive de chapeaux, précédant l’apprêt.
- Somme toute, l’on a supprimé une main-d’œuvre et gagné du temps, tout en diminuant les frais accessoires de la teinture. Mais à côté de ces avantages, il y a des inconvénients desquels il faut bien tenir compte, et que l’on évite avec un emploi judicieux des couleurs d’aniline.
- Il faut soigneusement trier les couleurs artificielles destinées à être mélangées ensemble,principalement lorsqu’on emploie des bruns Bismarck, et des gris dits « induline », indigo artificiel, etc. Ces couleurs d’un avantage incontestable à tous les points de vue, précipitent facilement avec beaucoup d’autres produits artificiels.
- Les imprimeurs sont au courant de ce fait ; de même les teinturiers en pièces, de Lyon. Et alors dans certains mélanges, pour obtenir des couleurs modes, il faut absolument remplacer les Bismarck et les gris d’aniline par des vieilles couleurs combinées entre elles, et qui se marient avec des verts, des rouges artificiels, etc., sans les précipiter.
- Il reste à faire un travail sur les couleurs artificielles : c’est celui consistant à établir les couleurs pouvant couramment se mêler entre elles par mélanges binaires, ternaires et quartenaires, sans se précipiter dans les bains.
- Un pareil travail rendrait un très grand service aux teinturiers et imprimeurs, etc.
- Malheureusement il est presque impossible a établir. Les découvertes se succèdent tous les jours, pour la production de nouvelles couleurs d’une part. D’autre part, l’on se perd dans les noms, qui varient au point de vue
- commercial , avec chaque fabricant. Ainsi, dans le temps,le violet d’aniline au chromate. a eu au moins cinq noms.
- Ensuite les fabricants ajoutent souvent des mordants dont ils gardent le secret, et qui varient selon chaque marque, et se contrarient ensuite à l’emploi dans les bains.
- Jusqu’à nouvel ordre, je ne cesse de conseiller aux teinturiers et imprimeurs contents d’une marque de s’y tenir, malgré une baisse de prix d’un concurrent. Il doit avant tout vérifier si le nouveau produit offert s’allie avec les autres, qu’il emploie journellement.
- MARIUS Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.)
- Teinture des articles en coton.
- La teinture des articles tout faits en coton est certainement ce qu’il y a de plus difficul-tueux à cause des garnitures et plissés souvent trop serrés et qui empêchent au colorant de pénétrer ; il y a aussi à redouter le séchage qui détruit souvent une partie du colorant, ainsi que le mal uni, malgré que l’article ait été bien mené, il faut donc retoucher, redémonter jusqu’à ce qu’on ait obtenu un résultat passable.
- Après avoir été parfaitement nettoyé, ja-velé et piqué légèrement, le coton est passé nu mordant ; les mordants pour le coton sont : le sumac, l’acide gallique, l’acide tannique, la rouille, le cachou, le pyrolignite de fer, l’émétique.
- Rouge et grenat de coton.
- Le rouge se fait de plusieurs manières :
- 1- On l’obtient en donnant un premier fond de curcuma sur un bain tiède adidulé et après avoir rincé, on donne un bain de fus-chine ; le rouge obtenu est très beau, mais peu solide.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 2: On entre dans un bain de cachou pendant douze heures, on lève, on rince sur une eau, on fait un bain léger de bichromate de potasse, on lise un quart d’heure, on rince à nouveau et on prépare un dernier bain avec de la safranine ou fuschine.
- 3: On fait aussi de très beau rouge avec le rouge Congo, qui monte sur un bain gros et émétique. Le bain doit rester alcalin. Un article teint au rouge Congo passé sur un bain acidulé, passe instantanément d’un beau bleu
- Reste le rouge d’Andrinople, si solide, mais bien long à obtenir, il n’y a plus guère qu’en province où il se fait; de plus, l’opération n’est pas des plus propres.
- 4’ On fait bouillir l'article sur un bain de carbonate de soude et on fait sécher.
- 2- On prépare un bain de fiente de mouton ou de bouse de vache dans le but d’animali-ser le coton.
- 3- On passe sur un bain d’huile tournante et d’eau. On fait sécher et on recommence deux ou trois fois l’opération. L’huile tournante est l’huile d’olive devenue acide par le temps, elle s’émulsionne mélangée avec une lessive alcaline, elle est d’une couleur jaune verdâtre.
- 4- On passe sur un bain de lessive de soude, on sèche.
- 5- On fait tremper dans une dissolution de carbonate de soude pour nlever l’huile, on sèche.
- 6- On mordance sur un bain de noir de Galle ou d’acide gallique, ou encore de sumac, sans rincer on étend à l’air.
- 7- On passe sur un bain d’alun, on sèche.
- 8- On rince à nouveau et on sèche.
- 9 Le bain de teinture se prépare avec du sang de bœuf ou de mouton et garance pulvérisée en quantité suffisante; on lise deux heures jusqu’au bouillon, on rince et on sèche.
- 10- On avive sur un bain d’huile grasse, de savon blanc et de soude, on rince sur plusieurs eaux, on gomme et on étend.
- Marron et loutre sur article de coton.
- C’est encore en marron et loutre que se réuississent le mieux les articles tout faits en coton, tels que robe, jupe, costume, velours, coton, etc.
- On entre dans le bain de cachou pendant douze heures, on lève et on fait un bain de bichromate de potasse, on y passe l’article pendant une demi heure, on lève, on rince et on donne un tour de rouille pendant cinq minutes, on enlève et on rince sur trois ou quatre eaux, on fait un bain froid avec bois jaune, Brésil et campèche en petite quantité, on rince de nouveau sur une eau, on gomme légèrement, on essore et on étend.
- Les marrons faits de cette manière sont extrêmement solides.
- On fait aussi les havanes, marrons en donnant un bain de sumac, on teint au brun d’aniline.
- Jaune, chamois sur coton.
- On entre en lisant chaque article sur un bain d’eau froide dans lequel on a ajouté, pour 100 litres d’eau, 2 litres environ de rouille ; au bout de 30 minutes, on lève, on rince sur deux ou trois eaux et on passe dans un bain léger de carbonate de soude ou de javelle. A la première passe, on obtient un joli chamois clair pour rideaux d’ameublement-si on veut foncé on donnera une seconde entrée, même une troisième pour avoir une couleur chamois très foncée.
- Pour toutes les autres couleurs à appliquer sur coton, telles que prune, violet, gris, mauve vert ordinaire, on opérera toujours de la même manière, après avoir été mordancé à l’acide gallique on fera un bain tiède, presque froid, avec les produits dont on veut avoir la nuance, les différents violets pour les prune et violet ainsi que mauve, le gris d’aniline pour les petits gris clairs, les verts malachite ou autres, pour les verts lumière, il faut opérer avec modération sur les quantités de produits à employer.
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- ET DE L’IMPRESSIONDES TISSUS
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- Teinture du coton en bleu.
- Les bleus en coton se font, soit au bleu de France, soit au bleu de coton nouveau.
- Les bleus de France, quoique l’opération soit longue, sont encore ceux que l’on réussit le mieux sur les articles tout faits ; on prépare des bains dans les proportions suivantes.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Teinture de Verriers.
- Les bouillons se font en mettant les drogues dans le baquet et en donnant un bon coup de vapeur afin de les faire bien dissoudre, après quoi on rafraîchit de manière à arriver à environ 7Co, température à laquelle on entre; on laisse marcher environ 1[4 d'heure sans vapeur, puis on l’ouvre pur arriver ah bouillon; on pratique de même pour les rabats.
- Toutes les fois que l’on est obligé de mettre du sulfate de fer dans un bain, on doit vider quand la nuance est achevée, car le colorant ne monte plus alors.
- On ne doit jamais rentrer les bouillon à chaud. Comme on ne lave pas, il faut laisser reposer les bouillons une nuit.
- Quand une passe est bien foncée, on la reprend à bain neuf avec un peu d’acide oxalique en soutenant le rouge.
- Bouillons de Noirs.
- Les bouillons de noirs se font avec les mor-dants indiqués ci-dessus et en diminuant au fur et à mesure des passes comme cela est indiqué ; la durée totale du bouillon est de 2 heures.
- Ire Passe 3 0(0 bichromate de potasse, — 1 1[2 0(0 sulfate de cuivre, 2 litres 0(0 acide sulfurique.
- 2e Passe 2,6 0[0bichrom. 1,3 0(0 CUoSo3, 11. 1(2 0(0 So3.
- 3e » 2 0(0 bichromate 1 0(0 CU0S03,
- 1 litre 0(0 Sc3.
- 4e » 1,6 0(0 bichromate 0,8 0(0 1(2 litre 0(0 S03.
- Bouillons d’Olive.
- Durée totale 1 heure 1(2.
- Ire Passe 5 0(0 bichromate de potasse, 2,5 0(0 de tartre.
- 2e » 4,5 0(0 bichromate de potasse,
- 2 0(0 de tartre.
- 3e » 4 0(0 bichromate de potasse, 1 ,5 0(0 de tartre.
- 4e » 3,5 0(0 bichromate de potasse, 1 0(0 de tartre.
- Bouillons de modes.
- Durée totale, 1 heure 1(2.
- Ire Passe 2,5 0(0 bichromate de potasse. 2e » 2 0(0 » h
- 3 e » 1(2 0(0 » »
- 4e > 1,25 0(0 » »
- Bouillons de Vert.
- Durée totale, 1 h. 1(2.
- Ire Passe 25 0(0 alun, 2 0(0 bichromate, 1,25 0(0 sel d’étain, 2 1. 1(20(0 So^Ho.
- 2e » 22,5 0(0 alun, 1,875 0(0 bichromate, 1,25 0(0 sel d’étain, 2 1. 1(4 0(0 So3Ho.
- 3e » 20 0(0 alun, 1,750 0(0 bichromate 1 0(0 sel d'éttain, 2 litres 0(0 So3Ho.
- Vert.
- Bouillon de vert remonté comme suit :
- Pour 10 kil.
- 1 k. 750 bois jaune moulu,
- 1 k. 375 bois de campêche,
- 1 k. 250 carmin d’indigo, 0 k. 500 sel marin.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Vert.
- Bouillon d’olive remonté comme suit : Pour 10 kil.
- 1 k. 500 extrait de bois jaune.
- 3 k. 750 campêche moulu.
- Vert.
- Bouillon de vert, remonté comme suit : Pour 10 kil.
- 1 k. 750 bois jaune moulu,
- 2 k. 500 bois de campêche,
- 1 k. 250 carmin,
- 1 k. sel marin.
- (Reproduction interdite.) (A suivre )
- LA TEINTURE LYONNAISE
- On lit dans le Courrier de Lyon :
- Parmi les industries qui témoignent de la richesse et de l’intelligence de nos industriels .français, la soierie tient la première place
- Les multiples combinaisons auxquelles elle se prête, les dessins gracieux comme une fantaisie ou sévères comme des œuvres d’art qu’elle enfante, les couleurs variées qu’elle assemble et qui donnent à l’œil le mirage de fleurs épanouies, fixées sur un tissu pour le plaisir des yeux, en un mot, tous les aspects divers où le chatoiement de la soie se marie avec les conceptions les plus hardies, tout cet ensemble a été pendant longtemps l’apanage de nos fabricants et tisseurs lyonnais.
- — Aujourd’hui, et sans que nos facultés créatrices se soient diminuées, la mode et surtout la diffusion des secrets professionnels et l’habitude mécanique du « copiage », ont vulgarisé ces tissus qui resteront dans l’histoire du monde comme un mouvement impérissable de notre grandeur et de notre conception artistique.
- Autrefois, comme aujourd’hui, toutes les industries similaires concouraient à la perfection de l’ensemble : tisseurs, teinturiers et
- apprêteurs rivalisaient de zèle et de création pour enrichir nos tissus et si, par une copie servile on établissait ailleurs un similaire, il y manquait toujours ce brillant, ce cachet de perfection qui distinguaient nos produits.
- Actuellement la diffusion s’est faite, les étrangers comprenant l’importance des manipulations ont, à prix d’argent, enlevé quelques-uns de nos meilleurs ouvriers, puis avec les renseignements qu’ils apportaient, combinés avec une pratique sûre, ils ont étudié scientifiquement cette tradition séculaire, ils ont demandé à la science un surcroît de force pour, sinon devancer nos industriels, pouvoir tout au moins les suivre et créer une pépinière d’ouvriers apprenant à l’école, dans des instituts spéciaux, tous les secrets de la chimie ou de la mécanique, alors que chez nous l’instruction professionnelle est encore à l’état d’enfance, et que Lyon, la ville de la soie par excellence, attend encore une école de tissage, qui supplée dans une large mesure à la tradition qui s’en .va et qui donne au jeune homme cette éducation technique qu’il n’acquiert que par un long stage et qui lui rend difficile la lutte contre la routine.
- Un prospectus,qui nous est parvenu comme par hasard, nous donne des rensei-ne-ments très intéressants sur une académie des tenturiers à Berlin.
- Cet institut, ouvert en octobre 1877 avec le concours d’un grand uombre d’industriels, est « une école pratique pour teinturiers, imprimeurs, blanchisseurs, apprêteurs. fabricants de matières colorantes et négociants en couleurs » ; il est fréquenté par plus de 130 élèves, qui reçoivent en même temps que l’instruction théorique, l’éducation pratique dans un laboratoire appartenant à l’établissement.
- En dehors de l’enseignement donné dans l’école et pour le compléter, les élèves visitent les établissements de teinture les plus importants, et le prospectus ajoute : « Les
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- prix de ces cours sont très modérés, notre institution étant entretenue par les dons volontaires des industriels de notre branche. »
- Que penseront nos fabricants et nos teinturiers de cette école et que feront-ils pour se défendre contre une institution si bien organisée et surtout si bien soutenue ? Attendront-ils (comme c’est malheureusement l’habitude en France) attendront-ils que l’Etat prenne une initiative quelconque, qu’il donne des subventions pour créer un instrument de défense commerciale, alors qu’il serait si facile par l’initiative personnelle, par une entente pratique des intérêts personnels de résoudre cette question en combinant nos efforts et en concentrant les
- ressources immenses dont dispose notre commerce.
- La fabrique a attaché son nom à des créations ou à des actes supérieurs, pourquoi ne ferait-elle pas un effort de plus, pourquoi ne reprendrait-elle pas cette grave question d’une école pratique, permettant à ceux qui se destinent à continuer la tradition séculaire de notre commerce, d’acquérir toute la somme possible de connaissances scientifiques et cela avant d’entrer aux affairas.
- Créfeld nous a devancé, Roubaix a son école à nos portes, Voiron possède un institut, et nous attendons encore pour savoir si l’on doit faire quelque chose.
- Des esprits avisés se sont préoccupés de cette création; déjà dans le «Courrier» nous avons préconisé cette initiative. Faut-il donc attendre que toutes les villes mauufac-turières possèdent une école modèle d'ap-prentissage pour leur principale industrie, avant que notre ville soit dotée d’un éta-Glissement comprenant toutes les branches de la fabrication depuis l’élevage des vers à soie, le filage, le moulinage, la teinture, le dévidage, l’ourdissage, le tissage et l’apprêt.
- On dit quelquefois poser la question c’est la résoudre, mais nous n’osons espérer que cette fois surtout la sagesse des nations aura raison.
- INFORMATIONS
- Nous relevons parmi les membres du sous Comité d’arrondissement de Saint-Dié (Vosges), de l’Exposition de 1889, les noms de MM. : Kœler, conseiller général, teinturier, à Saint-Dié ; Trimbach, apprêteur, à Saint-Dié.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient de transmettre au Musée commercial de Lille une collection d’échantillons recueillis par le consul de France à Honolulu (Iles Sandwich).
- Cette collection, accompagnée de renseignements détaillés, se compose de soixante échantillons des divers tissus importés principalement d’Allemagne, d’Angleterre et des Elats-Unis, et qui sont d’une vente courante dans le pays.
- Par circulaire des douanes russes pour l’application des tarifs :
- Les couleurs d’aniline importées dans des enveloppes en papier, sont taxées conjointement avec le poids desdites enveloppes d’après l’article 120, 15 roubles or par poud, soit 366 fr. 28 par 100 kilog.
- Les guichets des principaux établissements decrédit, en France et à l’étranger, seront ouverts le 26 juillet courant à la souscription publique de 500,000 obligations de la Compagnie du canal de Panama.
- Ces obligations offrent les mêmes avantages que celles émises l’année dernière : offertes au public à 440 fr., elles sont remboursables en 48 ans à 1,000 fr. ; le porteur est donc assuré de doubler son capital dans ce laps de temps.
- Si on libère à la répartition, l’obligation ressort net à 432 30, par suite de la bonification d’intérêt. Quant au prix de 440 fr., il est payable dans un délai d’environ quatorze mois : 30 fr. en souscrivant et 70 fr. à la répartition. Puis, par acomptes de 75 fr., les 25 octobre prochain, 25 janvier, 25 avril et 25 juillet 1888; enfin, 40 fr le 15 septembre suivant.
- M. de Lesseps a exposé à ses actionnaires les motifs de cette émission, dans une lettre où l’on retrouve, avec sa foi profonde dans le succès, sa franchise habituelle. C’est un document intéressant dans l’histoire du canal de Panama.
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- EXPOSITION DE HANOI (Tonkin)
- Les récompenses suivantes ont été accordées :
- Hors concours.—Diplômed’honneur : M. Sté-phan Faisant, Roanne, tissage et teinture.
- Médaille d’or : MM. Coulomb frères et Tan-tin, Fiers, tissage, teinture et blanchiment.
- Médaille de bronde : (Groupe indigène) : Suaz-lai, teinturerie.
- ESSAI CHIMIQUE DES TISSUS
- (Suite et fin.}
- La laine contenant toujours du soufre, on peut la reconnaître comme il suit : l’hydrate d'oxyde de plomb dissous dans de la potasse ou de la soude caustique devient noir aussitôt qu'il est mis en présence de la laine. Il va sans dire que cette réaction n’est bonne que pour le cas où le tissu ne contient pas, à côté de la laine, une quantité notable de soie soufrée.
- Libermann a proposé une réaction très sensible pour distinguer les fibres végétales à côté des fibres animales. Dans ce but, on prépare une solution aqueuse saturée de fuchsine (chlorhydrate de rosaniline) et on y ajoute par gouttes de la potasse caustique jusqu’à ce que la solution devienne incolore. On filtre et on emploie la portion filtrée incolore pour l’essai des tissus. On submerge le tissu pendant quelques instants dans le liquide, et, après l’avoir retiré, on lave à grande eau. A la suite de ce traitement, la laine du tissu se colore en rouge, tandis que les fibres de coton restent tout à fait incolores. Les fibres de soie se comportent avec ce réagent de même que la laine.
- Person a fait l’observation que la soie se dissout très facilement à chaud dans une solution de chlorure de zinc à 60 Baumé. En se basant sur cette observation, il a proposé une méthode pour déterminer quantita-
- tivement les différentes fibres dans un tissu mixte. M. Remont l’a plus tard développée.
- On fait bouillir trois échantillons de tissu (à 2 livres chacun) dans 200 centimètres cubes d’acide chlorhydrique à 3 pour cent, afin de séparer l’apprêt, après quoi on les lave et on exprime avec soin. Si on a affaire à un tissu coloré, on remarque que, par cette opération, le coton perd bien vite sa coloration, la laine se décolore plus lentement et la soie ne se décolore que très difficilement.
- Deux des échantillons ainsi épurés sont submergés dans une solution bouillante de chlorure de zinc contenant, pour 850 parties d’eau, 1,000 parties de chlorure de zinc et 40 parties d’oxyde de zinc. On lave dans de l’eau pure et on fait sécher. La différence de poids avant et après le traitement des échantillons par le chlorure indique ia quantité de soie qui se trouve dans le tissu.
- En chauffant le troisième échantillon dans 60 à 80 centimètres cubes de soude caustique (densité = 1,02), pendant 15 minutes, à 100° centigrades, en lavant et faisant sécher, on détermine, par la différence de poids avant et après le traitement, la quantité de laine contenue dans le tissu.
- Dans son travail sur « la structure et l’essai des soie », Hœhnel donne une autre méthode pour déterminer qualitativement et quantitativement les différentes fibres. La véritable soie de mûrier se comporte tout à fait autrement avec une solution d’acide chro-mique que les especes de soie moins pures. Si l’on submerge de la soie pure dans une solution d’acide chromique saturée à froid et diluée ensuite avec son volume d'eau (c’est-à-dire dans une solution à moitié saturée) et qu’on fasse bouillir pendant une minute, la soie se dissout complètement. Dans les mêmes conditions, les autres espèces de soie restent apparemment inaltérées, même après ébul-lition pendant 2 à 3 minutes. La laine se comporte avec cette solution comme la soie de mûrier. Différentes espèces de soie se comportent aussi différemment avec une so-
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- lution bouillante et modérément concentrée de potasse caustique dans laquelle là véritable soie s’altère plus rapidement que les soies adultérées.
- Pour séparer la laine de la soie de mûrier, la meilleure méthode consiste à traiter le tissu par l’acide chlorhydrique bouillant dans lequel la soie se dissout rapidement et la laine se boursoufle, mais ne se dissout pas. Cette méthode peut aussi servir pour déterminer quantitativement les éléments constitutifs des tissus.
- Pour distinguer la laine des soies adultérées, on peut se servir de la solution à moitié saturée d’acide chromique que nous arons décrite plus haut. Par l'échauffement dans cette solution, la laine se dissout très rapidement, tandis que les soies adultérées se montrent plus récalcitrantes à la dissolution. On peut distinguer, par exemple, un mélange de coton, de laine, de véritable soie et de soie et de soie Jamamaï par la méthode suivante :
- En faisant bouillir ce mélange dans de l’acide chlorhydrique, la soie se dissout au bout d’une demi-minute. En faisant bouillir pendant deux minutes dans de l’acide chlorhydrique concentré, on obtient la dissolution de la soie Jamamai. Dans le résidu, on dissout la laine par la potasse caustique, et le coton reste inaltéré.
- Ainsi que l’on sait, la cellulose, traitée par les acides, se transforme en partie en sucre. En se basant sur ce fait et sur la propriété qu'on différents sucres de donner, avec le naphtol ou le tymol et l’acide sulfurique, de belles colorations, Molisch a trouvé une nou-velle méthode pour distinguer les fibres végé-tales des fibres animales, méthode qui ne laisse rien à désirer comme précision. Pour éviter toute erreur, l’échantillon essayé doit être bouilli d’abord à plusieurs reprises avec de l’eau, étant donné qu’on emploie souvent comme apprêt pour quelques tissus la gomme, 1 infusion de Plantago psyllium ou le sucre, Substances qui donnent, avec le naphtol et "acide sulfurique, la réaction de coloration.
- S’il s’agit d’essayer une laine, il faut aussi faire attention à ce qu’elle ne contienne pas des poux ou du glouteron. On procède ensuite comme il suit :
- On place dans un tube à essais 0 gr. 01 environ de fibres bien bouillies et lavées à grande eau, on ajoute 1 centimètre cube d’eau et plusieurs gouttes de solution alcoolique de naphtol à 15 à 20 pour 100, et le liquide obtenu est additionné de son volume d’acide sulfurique concentré. Si l’échantillon contient des fibres végétales, celles-ci se dissolvent rapidement et le liquide prend une coloration violet foncé, étant agité. Si, au contraire, les fibres sont de provenance animale, le liquide se colore en jaune plus ou moins intense, allant jusqu’au brun rouge. Si l’on emploie le tymol à la place du naphtol, on obtient, dans les mêmes conditions, une coloration qui tient le milieu entre le cinabre et le carmin. La soie se comporte avec ces réagents comme les fibres animales.
- Il est à remarquer que les matières colorantes n’empêchent en rien cette réaction, et le résultat sera toujours le même, qu’on essaye des fibres ou des tissus teints ou non teints. En notant, au cours de la réaction, la solubilité des différentes fibres dons l’acide sulfurique, on peut se rendre compte des caractères des fibres qui se trouvent dans le tissu. Si, par exemple, la coloration ne se produit pas, ce qui prouve que le tissu est composé de fibres animales seulement, la solubilité de celles-ci indique leur provenance ; la soie notomment se dissout très rapidement et complètement, tandis que la laine ne se dissout point. Si la coloration a lieu et si les fibres se dissolvent complètement, ceci prouve que le tissu est de provenance végétale et peut contenir, en outre, des fibres de soie. Une coloration accompagnée d’une dissolution incomplète des fibres indique que le tissu contient de la laine à côté des fibres végétales.
- Bien que ces réactions soient très simples, elles ne peuvent pas, à elles seules, suffire
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- pour l’essai des tissu, et ne doivent être employées que concurremment avec les autres méthodes que nous avons décrites.
- En terminant, il reste encore à mentionner que, d’après les observations de A. Lidoft, la soie brute se dissout rapidement dans l’acide oxalique fondu ; la cellulose ne se dissout que lentement et la laine ne se dissout point.
- NOTE SUR LE KOUNAO DU TONKIN Par M. B. MARTINON
- Le kounao ou faux gambier croît au Tonkin et dans la Basse-Cochinchine, c’est, paraît-t-il, un produit employé dans le pays pour la teinture des étoffes.
- Le kounao est un tubercule d’une forme semb'able à celle de la poire. Il pèse environ de 1,000 à 1,200 grammes. Ce tubercule est composé d’un péricarpe qui, à l’extérieur, forme une sorte d’écorce gris noir d’une épaisseur de 1 millim. environ, tandis que directement en contact avec la chair du fruit, il forme une couche très mince d’un vert pâle.
- Lorsque le kounao est fraîchement coupé, il paraît formé d’une multitude de petits grains allongés blanc jaunâtre de 2 à 3 mill. de longueur. Ces grains sont entourés d’une substance d’un orangé rouge plus ou moins pâle. Après un certain temps de contact avec l’air, toute la surface prend une teinte brune qui augmente continuellement d’intensité.
- Ce fruit contient une quantité d’eau relativement considérable; la moyenne de plusieurs essais a donné 69 0[0, et il y a tout lieu de croire qu’au moment de la récolte cette quantité était plus considérable.
- La chair du kounao contient :
- 1° Une matière amylacée.
- Cette matière, qu’il est facile d’apercevoir au microscope, est constituée par des grains de grosseur différente à forme ovoïde ; ils ont de 2 à 2 1[2 centièmes de millimètre. Ces grains sont renfermés dans une cellule éga
- lement ovoïde et à parois formés par de la cellulose. Ces cellules ont de 12 à 15 centièmes de millimètre.
- 20 Un tanin.
- La pulpe du tubercule traitée par l’eau froide lui abandonne un tanin qui se présente sous forme d’une masse légèrement colorée en jaune rougeâtre.
- Ce tanin donne avec les sels ferriques un précipité noir violacé.
- Il possède enfin toutes les réactions des tanins et il est susceptible de charger la soie.
- 3 Une substance oxydable analogue à la catéchine.
- Ce'te substance est d’un jaune pâle; exposée à l’air, surtout en solution, elle brunit d’une façon très rapide. Elle est peu soluble dans l’eau froide, beaucoup plus dans l’eau bouillante, qui l’abandonne par refroidissement sous forme d’un précipité amorphe jaune brunâtre.
- Elle est très soluble dans les liquides alcalins, et la solution alcaline absorbe rapidement l’oxygène. Cette catéchine forme, avec les oxydes métalliques, des combinaisons insolubles et colorées.
- On a également isolé du kounao un gluco-side d’un jaune pâle incristallisable possédant une odeur caractéristique, ce produit existe en très petite quantité. Les cendres du kounao contiennent une grande quantité de chaux.
- En résumé, ce tubercule contient :
- Eau....................... 69
- Matière amylacée.. 24
- Tanin............... ..... 2,3
- Catéchine................. 4
- Cendres .......... 0,75
- Lorsqu’on traite par l’eau chaude le kounao, on obtient une solution claire à chaud et qui précipite de la catéchine par le refroidissement. Ce liquide peut être employé comme mordant pour le coton. On peut également développer ensuite la catéchine par un passage dans un bain de bichromate de potasse
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- et obtenir, soit sur soie, soit sur coton, des marrons rouges très solides. La faible teneur de ce produit (6,3 0[0) en principes utiles, le condamne à un emploi restreint et tout porte croire qu’il ne sera jamais utilisable que sur les lieux de production.
- ---------— 00-0 ---------—
- TR BUNAUX
- TRIBUNAL DE ROUBAIX
- AFFAIRE DE CONTREFAÇON
- Un procès relatif à l’échardonnage des laines a été intenté par MM. Harmel, dit Val des Bois, contre MM. Isaac Holden, de Croix. Le tribunal avait nommé trois experts, MM. Cornut, Goguel et Soubeyran, à l’effet d’étudier les brevets Operman et le brevet Harmel.
- Les experts ont déposé leur rapport.
- Ce rapport conclut :
- lo A la nullité du brevet Operman ;
- 2° A la validité du brevet pris par MM. Harmel.
- Mais il déclare que MM. Isaac Holden h’ont nullement contrefait le brevet Harmel.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Tourcoing. — Noqué (Gustave), retordeur.
- — Jug. du 21 juin.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Rossillon frère et sœur, apprêt des tulles, rue Ney, 59. — Durée : 7 ans et demi. - Cap. : 20,754 fr. — Acte du 17 juin.
- Marseille. — Formation de la Société en nom collectif Kahn et Brignon, déchets de Soie, r. Grignan, 22.—Durée : 5 ans.— Cap.: 1^0,000 fr.—Acte du 25 mai.
- Amiens.—Formation de la Société en nom collectif Desaint et Cie, apprêts et commerce de velours de coton, rue Guyenne, 4.— Durée
- 10 ans.—Cap. : 120,000 fr.—Acte du 23 mai.
- Tourcoing. — Formation de la Société en commandite Toulemonde-Delemasure et Cie, laines brutes et peignées et blouses, rue de Lille, 55.— Durée : 6 ans.—Cap. : 125,000 fr. dont 100,000 fr. en commandite.—Acte du 27 mai.
- Troyes. — Formation de la Société en nom collectif Douine frères, filature et teinture de toutes matières textiles, cours Danton, 1. — Durée : 30 ans. — Cap. : 800,000 fr. — Acte du 14juin.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 7 juin, de la Société G. Lamotte et Lemarié, tissus et apprêts pour fleurs, rue Hauteville, 33. — Li-quid. : M. Levasseur, rue Pasquier, 17. — Jug. du même jour. — L.
- Tourcoing. — Dissolution, à partir du 3 juin 1887, de la Société Lefebvre frères, nég. en laines et déchets, rue de l’Amidonnerie, 29. — Liquid.: M. Davillier, agréé. — Acte du même jour.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS;
- Poitiers. — Prorogation du 1er septembre 1887 au 30 septembre 1892 de la Société en commandite Hambis et Cie, filature de chanvre et de lin, blanchisserie de fils, tissage mécanique et corderie, à Ligugé. — Cap, : 400,000 fr. dont 300,000 en commandite. — Acte du 2 mai.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Debin a vendu à M. Dargère, rue du Marché-Saint—Honoré, 11, 15 avril, un fonds de teinturier-dégraisseur, rueduMarché-Saint-Honoré, 11.
- Mme veuve Rincheval a vendu à M. X..., rue Saint-Honoré, 108, chez M. Antoine, Ap. 10 jours, un fonds de teinturerie, rue de Tu-renne, 25.
- M.,Pautonnier, a vendu à M. X..., rue du Commandant-Rivière, 4, chez M. Hanssens, 1er mai, un fonds de teinturerie, rue d’Offé-mont, 35.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- M. Foucret a vendu à M. X,.., faub. Saint-Martin, 234, de suite, un fonds de teinturerie, faub. Saint-Martin, 234.
- M. Fleck a vendu àM. Trussart, rue Félix Langlois, 12, Charenton, 1er mai, un fonds de teinturerie de plumes, rue de Bondy, 70.
- M. Neveu a vendu à M. Monnot, impasse Hélène, 5, 1er mai, un fonds de teinturerie, ruejVauquelin, 4, Dieppe.
- Mme veuve Peinte a vendu à Mme Barand, rue Saint-Didier, 36, de suite, un fonds de teinturerie, rue Saint-Didier, 36.
- M. Meunier a vendu à M. Guinot, rue de Bruxelles, 13, de suire, un fonds de teinturerie, rue Dejean, 3.
- M. Tollens a vendu a M. d’Aubremont, Chaussée-d’Antin, 49, chez M. Miret, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Bellefond 40.
- M. John a vendu à M. Duchène, rue Saint-Denis, 57, à Lagny, 1er juil, un fonds de teinturerie, rue Molière, 19.
- Compagnie universelle
- DU
- CANAL INTEROCÉANIQUE
- DE
- PANAMA
- Président-Directeur: M. Ferd. de LESSEPS
- SOUSCRIPTION PUBLIQUE
- A 500,000
- Obligations Nouvelles
- (2• série)
- ÉMISES A 440 FRANCS
- RAPPORTANT 30 FRANCS PAR AN
- Payables trimestriellement les 15 Septembre, 15 Décembre, 15 Mars et 15 Juin de chaque année.
- REMBOURSABLES A 1,000 FRANCS
- EN 48 ANS
- PAR TIRAGES TOUS LES DEUX MOIS (6 tirages par an)
- Les 15 Septembre, 15 Novembre, 15 Janvier, 15 Mars, 15 Mai et 15 Juillet
- Par exception, le 1er tirage auralieu le 30 Septemb. 1887 y au lieu le 15
- DÈS LA PREMIÈRE ANNÉE IL EST REMBOURSÉ 6,000 OBLIGATIONS SOIT 1000 OBLIGATIONS A CHAQUE TIRAGE) le nombre d’Obligations remboursées s’accroît progressivement chacune des années suivantes jusqu’à la fin de l’opération.
- PRIX D’ÉMISSION PAYABLES COMME SUIT :
- SOMMES NETTES A VERSER
- 30 h'- en souscrivant.......... .. 30 fr. »
- 70 » à la répartition du 3 au 6 août(contre remise d’un titre provisoire) 70 »
- 75 » du 20 au 25 octobre 1887, sous déduction des intérêts acquis à raison de 600 dan.................................. 74 02
- 75 » du 20 au 25 janvier 1888, sous déduction des intérêts acquis 72 66
- 75 » du 20 au 25 avril 1888, sous'^déduction des intérêts acquis 71 59
- 75 » du 20 au 55 juillet 1888, sous déduction des intérêts acquis 70 55
- 40 » du 10 au 15 septembre 1888, sous déduction des intérêts acquis à raison de 6 0|0 Van et contre remise du titre définitif muni du coupon à échoir le
- 15 décembre 1888................. 36 57
- 440 fr. Total net.... 425 fr. 39
- Les souscripteurs auront à toute époque, après le versement de répartition, la faculté d'anticiper la totalité des versements, sous bonification d’intérêts au taux de 6 010 l’an.
- Ceux qui useront de cette faculté, en faisant le versement de répartition, et dans le délai fixé pour ce versement, jouiront d’une bonification de 5 fr., qui, ajoutée aux intérêts à 6 0,0 du jour de la libération au 15 Septembre 1887, soit 2 fr. 70, fait ressortir à 432 fr.
- 30 le prix de l’obligation définitive qui leur sera remise munie du coupon de 7 fr. 50 à échoir le 15 Décembre 1887.
- La présente émission est faite en vertu du vote de l'assemblée générale du 29 juillet 1885.
- La Souscription sera ouverte le Mardi 26 Juillet 1887
- ET CLOSE LE MÊME JOUR
- A PARIS :
- A la Compagnie Universelle du Canal interocéanique, 46. rue Caumartin.
- À la Compagnie Universelle du Canal de Suez, 9, rue Charras.
- Au Comptoir d’Eseompte, 14, rue Bergère.
- A la Société Générale du Crédit Industriel et Commercial, 72, rue de la Victoire.
- A la Société de Dépôts et de Comptes courants, 2, place de l’Opéra.
- A la Société Générale pour favoriser le développement du Commerce et de l'Industrie en France, 54, rue de Provence.
- A la Banque de Paris et des Pays-Bas, 3.r. d’An tin.
- Au Crédit Lyonnais. 19. boulevard des Italiens.
- A la Banque d’Escompte, place Ventadour.
- À la Banque Franco-Egyptienne, 32, boulevard Haussmann.
- A NEW-YORK:
- Au siège du Comité Américain de la Compagnie du Canal Interocéanique de Panama.
- Et dans leurs bureaux de quartiers, à leurs agences en province et à l'Etranger, et chez leurs correspondants en France et à l’étranger.
- On peut souscrire dès à présent par correspondance.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31' Année, 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Août 4887
- SOMMAIRE
- •
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- TARIFS DES DOUANES.
- LES TISSUS INCOMBUSTIBLES.
- TARIFS DE CHEMINS DE FER. — JURISPRUDENCE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- Bertrand entoure les tubes-entretoises soit d’une tôle perforée, soit d’une toile, métallique ou autre.
- A l’intérieur du tambour, des ventilateurs ou agitateurs tournent librement dans des supports fixés sur les couronnes.
- SÉCHAGE DES MATIÈRES FILAMENTEUSES
- Par M. Bertrand.
- L’appareil décrit est un tambour tubulaire, ou à mouvement rotatif, qui a pour but de dégager, sous un faible volume, une grande quantité de calorique, de produire l'évapora-tion des liquides contenus dans les matières (à l’état de « préparation », de fils ou de tissus) Par rayonnement et par circulation d’air chaud,
- Deux couronnes creuses, entretoisées par des tubes, constituent l’ossature du tambour; les tubes varient de nombre et d’écartement, suivant les dimensions de l’appareil ; ils peu-vent être en cuivre, er fer, en fonte, avec ou ans nervures. Les couronnes sont reliées, Par des bras évidés, à deux tourillons creux, munis de presse étoupes (dans le cas où la mobilité du tambour est jugée nécessaire), "n des tourillons recevant l’arrivée de va-Peur, l’autre servant à l’évacuation de l’eau condensée.
- Lorsqu’il convient d’éviter le contact direct des surfaces métalliques exposées à l’action dela vapeur, avec les matières à sécher, M.
- wam.
- LUSTRINE ALSACIENNE
- POUR l’apprêt DU LINGE
- Borax raffiné................. 5 kilog.
- Eau additionnée de gomme. 95 —
- 100 -
- VELOURS FAÇONNÉ Par M. Voland
- Le tissu (velours, peluche, moquette) étant fabriqué en uni, le procédé décrit par M. Voland permet d’obtenir, sans suppression, ni altération du poil, un dessin quelconque se distinguant du fond par une nuance et par des reflets particuliers.
- Le moyen consiste à écraser partiellement le poil par frappage ou gaufrage, à l’aide de planches ou de cylindres portant en relief un dessin quelconque, puis à relever le poil ainsi couché, par l’une des méthodes usitées dans la teinture et l’apprêt des tissus. Le poil relevé a la même hauteur que celui laissé intact par le gaufrage, mais il prend une nuance différente et ne reflète plus la lumière dans le même sens, il forme donc un dessin très apparent et d’un effet particulier.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- SÉCHAGE DES LINS ROUIS, ETC-Par M. Dutilleul.
- Les tiges rouies sont placées dans un récipient à fermeture hermétique. Le chargement une fois terminé,une injection de vapeur sert, à la fois, à chauffer le lin et à chasser l’air. Le récipient est ensuite mis en communication avec un condenseur d’un système quelconque; le vide favorise l’évaporation des liquides qui imprègnent le lin et, par conséquent, accélère le séchage.
- Lorsque le rouissage est déjà basé sur le traitement des lins en vase clos et en présence de vapeur, il suffît de relier l’appareil servant au rouissage, avec le condenseur, sans effectuer le transport des tiges dans un second récipient.
- M. Dutilleul ne se borne pas à l’application de son procédé au séchage des lins rouis, il revendique l’extension de cette méthode au séchage de tous textiles.
- MACHINE A TEILLER ET A PEIGNER Par M. Raynal.
- La première opération effectuée par cette machine consiste en un b.oyage. Les «poignées», suspendues par des presses ou mor-daches à une chaîne sans fin (animée d’un mouvement continu de translation), cheminent entre quatre paires de cylindres cannelés, montés obliquement. D’après cette disposition, la paille se trouve broyée de haut en bas, de proche en proche et suivant un certain angle, qui a pour effet de ménager la filasse. Tl va de soi que les cannelures varient i d’une paire à l’autre.
- A la suite du broyage , les presses sont entraînées par une autre chaîne sans fin, qui pré-ente les poignées entre des étoiles à côtes, situées en quinconce Après quatre évolutions alternatives de ces étoiles, la matière est reprise par des palettes en forme de lentilles, qui dressent les fibres, les peignent, détachent les parcelles de paille encore adhérentes.
- Enfin des volants à ailes mobiles achèvent le nettoyage; la construction des volants est telle que les ailes exercent toujours la même pression sur la masse fibreuse, quelle qu’en 1 soit l’épaisseur.
- MACHINE A PLIER LES ÉTOFFES Par M. Humbert.
- Cette machine a pour but de plier les tissus de façon entièrement automatique, par plis de I longueurs variables à volonté et toujours | exactement superposés, quelles que soient les dimensions do la pièce.
- L’appareil diffère surtout des machines déjà usitées en ce que les pinces ne maintiennent jamais qu’un pli à la fois, afin d’en assurer la régularité et d’éviter tout glissement de l'étoffe.
- LES INVENTIONS BREVETEES
- 178186. 26 août ; Lorimer. Perfectionnements dans les machines à sécher.
- L’invention s’applique aux machines à sécher le coton ou autres matières fibreuses ou textiles et consiste en deux ou plusieurs grands cylindres perforés à leur périphérie! par lesquels on fait passer le coton, le fil, etc., en le comprimant sur ces deux cylindres à l’aide de bandes de toiles ou tabliers appro-priés.
- L’invention consiste, en outre, dans la con-binaison desdits cylindres et des tabliers con-ducteurs ou guides disposés de façon à ce que l’une des surfaces de la couche de coton, fil, etc., arrive en contact avec un des cylin-dres et que la surface opposée de ladite cotl-che arrive en contact avec le cylindre sui-vant, de sorte qu’en passant autour desdit51 cylindres, la matière est complètement sé-chée.
- L’invention consiste, enfin, en certains détails relatifs à la forme de l’appareil.
- 178292. 6 septembre; Decock.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Nouvelle machine à teindre les textiles en écheveaux.
- 178326. 3 septembre ; Danzer Simian et comte de Marcieu.
- Perfectionnements à la teinture des tissus par projections de liquides colorants pulvérisés.
- 178327. 3 septembre ; Société Abel Henry et Cie.
- Procédé pour teinture en noir inverdissable ne dégorgeant pas sur le blanc.
- 178328. 3 septembre ; Paraf Javal. Perfectionnements aux noirs d’aniline.
- L’objet du brevet consiste à imbiber les matières à teindre au moyen de bains de teinture plus ou moins concentrés, suivant la nuance à obtenir, et à laisser ensuite les matières se reposer pendant un certain temps dans cet état, dans un endroit tempéré où elles ne peuvent sécher.
- 178352. 9 septembre ; Lefebvre. Nouvelle machine à teindre en bobines entières la laine peignée et toutes matières textiles avec tube régulateur.
- Cette machine se compose d’une pompe horizontale à double effet ou d’une pompe centrifuge reliée avec sa batterie de tuyaux et de robinets pour mettre l’eau et les bains de teinture en communication avec les pompes.
- 8 ou 12 tubes perforés sont fixés dans le fond des bacs de teinture et sont recouverts d’un deuxième tube également perforé et coupé transversalement en trois pièces qui sont mobiles et indépendants l’un de l'autre.
- Les bobines sont montées sur ces tubes et traversées par eux. Les bobines étant superposées l’une sur l’autre, il suffit, pour avoir une nuance régulière, de régler l’ouverture des trous en faisant tourner sur elles-mêmes les deux premières parties du tube. De cette façon, la teinture est forcée de sortir avec la mème abondance à la 3e ou 4e bobine, qui se trouve au-dessus
- 178364. 6 septembre ; Société L. Durand et Huguenin;
- Fabrication de nouvelles matières colorantes.
- L’invention a pour objet la préparation de matières colorantes novelles par l’action des nitroso, des anines tertiaires ou de leurs sels, soit sur les dioxynaphtalines, soit sur les produits de réaction des dioxynaphtalines, bi-oxybenzols et trioxybenzols, sur l’aniline et ses homologues supérieurs.
- 178385. 7 septembre ; Baher. Fabrication d’un bleu de résorcine.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à former d’abord une solution de résorcine dans un excès d’eau ammoniacale, a ajouter la solution obtenue au moyen d’une immersion alternative ou intermittente dans cette solution d’une ou plusieurs plaques de cuivre, a y ajouter un excès d’acide dilué, à faire bouillir et à filtrer.
- J. FAYOLLET,
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- SOIE SAUVAGE OU THEOPHILa MANDARINA
- En 1854, M. Frédéric Moore, savant êty-mologiste anglais, a décrit une variété de cocons provenant des environs de Shanghaï, et connne sous le nom de Théophila Manda-rina.
- Déjà M. Rondot avait eu l’occasion, dans son voyage en Chine, d’examiner de pareils cocons venant d’un ver appelé par les Chi-no.s Tiey Sang Tsan.
- M. T. Rochet, attaché au commissariat de Shanghaï, nous dit qu’il vit pour la première fois des vers à l’état sauvage, vivant sur le mûrier, dans la province de Kiangson, sur la rive occidentale du lac Taï-hou ; les feuilles des arbres disparaissaient sous une gaze de soie jusqu’à Hang-tchéou, et, de Choang-ly, dans le Tchékiang, ces cocons sont expédiés à Si-yang aour être filés.
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- 168
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- plus élastique est la plus tenace, à diamètre égal ; j’ai reconnu qu’elle a une ténacité égale à 0,7 pour 1 du fer, cela tient d’ailleurs à sa contexture )
- Les soies du Thèophila Mandarina, filées à Choang-hy et qui titrent de 23 à 25 deniers, portent des poids de 80 à 110 gr. et sont bien supérieures aux autres soies sauvages de même titre, les tussahs, par exemple.
- Cette suraugmentation de force proviendrait, d’après les travaux de M. Testenoire, de deux causes :
- 1° De ce qu’il groupe un plus grand nombrs de brins pour former un fil.
- 2o De la nature de la bave.
- Comme tous les cocons produits à l’état sauvage, ils sont enveloppés d’un tissu assez lâche terminé par un petit cordon, pour les protéger contre les intempéries et les attacher aux feuilles.
- Dépouillé de cette enveloppe, le cocon a la figure d’une olive, au grain fin, serré et régulier.
- La longueur est de 24 à 25 millim.; les beaux cocons du Var ont de 39 à 40 millim., ceux des Cévennes en moyenne 36 millim.
- Leur largeur maxima est de 9 à 10 millim., tandis que dans les cocons du Var elle atteint de 19 à 20 et 23 millim. dans les cocons Sina.
- Le poids moyen est variable, selon le degré de siccité et de vieillesse et leur grosseur. Du poids absolu au poids frais, d’après M. Dusuzeau, attaché à la condition des Soies de Lyon, il varie de 0g,170 à 0g,300.
- La longueur de bave varie de 100 à 170 mètres, mais les opérateurs estiment qu’avec des cocons non filés elle pourrait atteindre de 200 à 250 mètres.
- 225 mètres de bave pèsent en moyenne , 0g,045, et, pour produire un kilogramme de soie, il faut environ 22,222 cocons secs ou 4k,666 en poids, ou l’équivalent en cocons | frais d’après les cocons ordinaires serait de 13 kilog. pour faire 1 kilog. de soie avec les vers du Thèophila Mandarina.
- M. Rocher, d’après des sources chinoises,
- Toujours d’après M. Rocher, les cocons frais valent environ 170 fr. les 100 catties (60 kilog.), ou 2,80 le kilog. de notre monnaie. D’après le document que nous avons sous les yeux, sauf erreur, la production n’est pas très grande, car l’on ne produit que 1,920 kilog. de soie, entièrement utilisée par la consommation locale par an.
- Récemment, les cocons provenant de vers sauvages du mûrier sont arrivés en assez grande quantité en Europe pour pouvoir être filés et étudiés avec soin. Le laboratoire de la Condition des Soies de Lyon, établissement annexe de la Chambre de commerce de la ville, a fait de grands travaux sur ces cocons, sous la direction de M. Testenoire et par M. Benoit, chimiste de l’établissement.
- MM. Palluat et Testenoire purent dévider quelques cocons, malgré le mauvais état de ceux-ci, percés pour la plupart.
- La petitesse des cocons rend le dévidage industriel difficile ; cependant, le cocon se dépouille bien et donne un fil nerveux,
- La finesse de la bave ou brin tiré est en raison de la petitesse des cocons, et il fallut six cocons pour donner une grège de dix deniers, tandis qu’avec le Bombyx mort ou ver à soie domestique, il suffit de trois à quatre cocons.
- Le cocon, d’un jaune pâle, donne une grège blonde ; la couleur foncée semble caractériser la soie sauvage. Et la soie s’est comportée à la teinture comme celle ordinaire, ce ( qui la distingue de la soie Tussato ou soie sauvage proprement dite. Le décreusage en est très facile.
- Au serimètre, elle a donné, comme les soies ordinaires, une élasticité de 16 à 22 0[0, c’est-à-dire que, avant de se rompre, un fil de 1 mètre de long s’allonge de 19 à 22 cent. La ténacité est plus forte que celle des soies européennes de même titre ; les fils essayés ont exigé des charges allant de 45 à 75 gr. Les soies européennes de même denier ne supportent pas au-delà de 55 gr. (C’est la soie qui, de toutes les fibres textiles, est la
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- a indiqué un rendement supérieur, mais contestable, il faut d’ailleurs toujours se méfier des renseignements fournis par les indigènes.
- La bave d’un cocon, isolée, a la ténacité de celle d’une très bonne soie et est de 7 gr. L’élasticité est de 9 à 13 0[0, celle des belles races de nos pays est de 10 à 16. Le lecteur remarquera que l’élasticité d’un brin isolé est toujours plus faible que celle de plusieurs brins réunis ensemble et montés pour obtenir de la grège, etc.
- Le diamètre des baves varie de 18 à 21 millièmes de millimètre, celui des baves des plus gros cocons cevennols donne de 24 à 28 millièmes de millimètre.
- Au microscope, la soie sauvage du thèo-phila mandarina se présente comme celle du bombyx mori. Elle offre deux cylindres transparents bordés de noir représentant le grès, tandis que dans les soies domestiques la bordure est jaune. Ces deux cylindres sont homogènes et séparés. Pour l’intelligence de la description et pour beaucoup de lecteurs oui n’ont pas fait de la sériculture, les chenilles, pour former un fil de soie, secrétent la matière devant former leur enveloppe par deux filières et c’est la réunion apparente des deux fils qui sortent de ces deux filières qui forme en apparence un brin unique, sans solution de continuité tant que les réservoirs qui les contien-nent sont pleins. Le fil va d’ailleurs en diminuant de diamètre du début à la fin, à mesure que les réservoirs s’épuisent; et comme conséquence dans les filatures modèles, et avec des ouvrières soigneuses,pour avoir des soies filées d’une grosseur uniforme, si l’on dévide cing cocons ensemble, on s’arrange de manière à ce que jamais on ne les remplace à la fois, mais bien successivement.
- La base de Y Antharea mylita, de Y Antharea ^rny^ et autres chenilles vivant à l’état sau-vage sur d’autres arbres que le mûrier, appa-raît striée et semble formée par deux fais-Ceaux de nombreux filaments. De ces pre-miers travaux très récents, il résulte que les Papillons élevés n’importe comment sur le
- mûrier donnent de soies identiques, mais il n’en est pas de même avec les papillons élevés sur d’autres arbres. Il y a d’ailleurs différence de race et d’alimentation.
- En ce moment les tussahs de l'Inde prennent une très grande extension commerciale. Lancées au début timidement, il v a bientôt 30 ans, elles étaient irrégulières comme filature et d’une teinture presque impossible. Aujourd’hui la maison L. Payen et Cie, de Lyon, a monté des filatures à l’européenne dans les Indes, et nos teinturiers de Lyon, par l’emploi de l’eau oxygénée, sont arrivés à révéler l’aptitude de ces soies à se teindre.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- 7 einture du coton au bleu de France.
- L’opération se fait snr 2 bains froids.
- 1er bain : Eau, 200 litres environ,
- Rouille à 150, 4 kil environ.
- On remue le bain et on lise les articles de coton à teindre pendant 30 ou 40 minutes : ils deviennent alors jaune très foncé ; on rince sur trois eaux froides et on entre dans un second bain composé de :
- Prussiate jaune de potasse, 400 grammes environ,
- Acide sulfurique, 1 verre,
- Eau, 200 litres.
- Les articles doivent être menés très vivement dans ce bain pour éviter le mal uni ; on les lise 15 minutes, on lève, et si on veut obtenir un bleu plus foncé, on recommencera l’opération sans rincer en sortant de ce dernier bain, mais en rinçant toujours dans deux ou trois eaux en sortant du premier bain de rouille ; si on veut des bleus un peu violetés, on ajoutera au bain de rouille une pincée de sel d’étain.
- Si [on veut des bleus foncés, bleu marin, bleu noir, on donnera après rinçage une pe-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tite quantité de bois d’Inde à froid, on lisera 10 minute, on gommera sur un amidon ; à l'é-tendage, aura soin qu’aucun article se semant d’un alcalin quelconque n’y puisse toucher ; il se produirait des places blanches et il faudrait recommencer, ce qui arrive souvent par ce manque de précaution.
- Les bleus de France conviennent très bien pour teindre les doublures de rideaux, pour ameublement, les costumes tout faits en toile, cretonne, satinette, etc.
- Pour le bleu nouveau de coton, on fait un bain d’acide gallque, on laisse séjourner plusieurs heures, on lève et on passe sur un bain d’émétique et sans rincer; on lise à froid dans un troisième bain contenant le bleu qui monte assez vivement; selon la quantité de bleu contenu dans le bain, on obtiendra le bleu demandé qui est assez solide pour résister à un nettoyge au savon. Ce bleu nouveau est aujourd’hui très employé dans le chiffn.
- Teinture du coton en gris.
- La teinture du coton en gris se fait de plusieurs manières :
- On entre au sumac une heure et on passe sur un bain de gris d’aniline légèrement acidulé à l’acide acétique ; il se fait encore en entrant dans un bain de sumac, bois jaune et bois d’Inde en très petite quantité
- Ile se fait aussi au pyroliguite de fer, bois jaune et bois d’Inde sur deux bains ; on force à volonté ; il ne faut pas oublier que le coton monte très vite en sortant du mordant ; il faut bien liser et mener vivement l’article.
- Teinture du coton en prune, violet.
- Après avoir passé 6 heures dans le bain de cachou, les articles sont levés et rincés sur deux eaux ; on donne ensuite un bain de violet d’aniline pous les violets, ou ajoute un peu de fuchsine pour les prunes.
- Si on veut obtenir des prunes foncés, on passera sur un bain de bichromate de potasse en sortant du cachou, on rincera et on donnera le colorant en quantité suffisante.
- Teinture de coton en vert ordinaire et vert lumière.
- Les articles de vêtements tout en coton se font généralement sur un seul bain de bois jaune fustet et bois d’Inde, ce dernier en très petite quantité ; on tourne le bain soit au sulfate de cuivre, soit à l’acétate de cuivre ; on charge le bain en proportion des nuances foncées qu’on veut obtenir.
- Pour le vert lumière de coton, doublure d’ameublement, on entre au sumac ou à l’acide gallique et on fait un bain de vert lumière. Le coton étant bien mordancé, le vert lumière monte très vite; on ne rince pas, car en sortant du bain le vert lumière déteint toujours.
- Les retouches des articles coton sont nombreuses : le mal uni occasionné par la sèche arrive fréquemment ; il faut redémonter l’article et le reteindre comme s’il n’avait pas été fait.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 200 bois jaune moulu.
- 0 kil. 400 carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Vert bleu
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 325 bois jaune moulu.
- 0 kil. 150 » campêche.
- 1 kil. 500 carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 500 extrait de bois jaune.
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-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TIssUo
- a
- 0 kil. 500 carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. :
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 2 kil. 600 bois jaune moulu. 0 kil. 350 carmin.
- 0 kil.
- 0 kil.
- 1 kil.
- 0 kil.
- 400 bois jaune moulu.
- 125
- 500
- » campêche. carmin.
- 500 sel marin.
- Vert Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 0 kil 1875 bois jaune moulu. 0 kil. 625 carmin. 0 kil. 500 sel marin.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. 0 kil. 075 bois jaune moulu.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. ;
- 2 kil.
- carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. :
- 0
- 0
- 1
- 1
- kil. 0375 bois jaune moulu.
- kil. 350 » campêche.
- kil. 500 carmin.
- kil. 500 sel marin.
- 0 kil.
- 0 kil.
- 1 kil.
- 0 kil.
- 650 bois jaune moulu.
- 600 » campêche.
- 500 carmin.
- 500 sel marin.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 0 kil. 075 bois jaune moulu. 0 kil. 250 carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 0 kil. 075 bois jaune moulu. 1 kil. 375 carmin.
- 0 kil. 050 campêche moulu.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 2 kil. 750 bois jaune moulu. 0 kil. 500 carmin.
- Vert
- Bouillon d'olive. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 750 Extrait de bois jaune.
- 3 kil. 500 campêche moulu.
- Vert
- Vert du coup. Pour 10 kilos :
- Entrer à 30- ou 35 •. — Laisser marcher une heure pendant laquelle on arrive près du bouil-lon, puis échantillonner.
- 0 kil. 0875 indigotine.
- kil. 125 acide sulfurique.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 0 kil. 625 extrait de bois jaune.
- 1 kil. 250 carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Bronze
- Bouillon d’olive. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune. 0 kil. 650 » » campêche. 0 kil 600 alizarine.
- Au bout d’une heure, ajouter 0 kil. 125 sulfate de fer.
- Vert
- Bouillon de vert. Pour 10kil. : 1 kil. 500 bois jaune moulu. 0 kil. 200 carmin.
- Bronze
- Bouillon de vert. Pour 10 kil. : 1 kil. 750 bois jaune moulu.
- 2 kil.
- » campêche.
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-
- 172
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1 kil. 250 carmin.
- 0 kil. 500 sel marin.
- Bronze
- Bouillon d’olive. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 300 » » campêche.
- 0 kil. 375 alizarine.
- 0 kil. 100 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 Extrait de bois jaune.
- 2 kil. 750 » » campêche.
- 0 kil. 150 sulfate de fer au bout de 1 heure.
- Olive
- Bouillon d’olive. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 700 » » campêche.
- 0 kil. 250 alizarine.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- MODIFICATIONS
- AU TARIF DES DOUANES EN AUTRICHE-HONGRIE
- Un certain nombre de modifications viennent d’être apportées au tarif général austro-hongrois par une loi du 21 mai 1887, applicable à partir du 1er juin.
- Celles qui concernent les principaux produits qui s’exportent de France en Autriche-Hongrie peuvent se résumer comme suit :
- § 165. — La soie dévidée ou filée, même retordue, blanchie ou teinte, fleuret, payeront 50 flor. les 100 kil. au au lieu de 22 flor. (125 fr. au lieu de 55 fr.).
- § 154. — Les fils de laine, fil en vigogne, alpaea, simples ou doublés, teints ou non, subissent une majoration de 50 à 100 0[0.
- § 128. — Tissus de coton commun unis, composés de fils no 50 et au-dessous, contenant 38 fils au moins aux 5 millim. c. :
- A. Ecrus, 34 flor. les 100 kil., au lieu de 32 flor. (85 fr. au lieu de 80 fr.).
- B. Blanchis, 45 flor. au lieu de 40 flor. (112 fr. 50 au lieu de 100 fr.).
- C. Teints, 55 flor. au lieu de 50 flor. (137,50 au lieu de 125 fr.).
- D. Imprimés en plusieurs couleurs, 70 flor. au lieu de 60 flor. (175 fr. au lieu de 150 fr.)
- § 129. — Les mêmes tissus que ci-dessus, façonnés :
- A. Ecrus, 45 flor. au lieu de 40 flor. (112.50 au lieu de 100 fr.).
- B. Blanchis, 55 flor. au lieu de 50 flor. (137 fr. 50 au lieu de 125 fr.).
- C. Teints, 65 flor. au lieu de 50 flor. (162,50 au lieu de 125 fr.).
- D. Imprimés en plusieurs couleurs, 80 flor. au lieu de 70 flor. (200 fr. au liéu de 175 fr.).
- § 130. — Tissus communs, épais, en fil du no 50 et au-dessus, comptant plus de 38 fils par 5 millim. carrés :
- A. Ecrus, 55 flor. au lieu de 50 flor. (137,50 au lieu de 125 fr.).
- B. Blanchis, 65 flor. au lieu de 60 flor. (162 fr. 50 au lieu de 150 fr.).
- C. Teints, 75 flor. au lieu de 60 flor. (187,50 au lieu de 150 fr.).
- D. Imprimés en plusieurs couleurs, 90 flor. au lieu de 80 flor. (225 fr. au lieu de 200 fr.).
- § 131. — Tissus fins en fils au-dessus du no 50 jusques et y compris le n° 100 :
- A. Ecrus, 80 flor. au lieu de 70 flor. (200 fr. au lieu de 175 fr.).
- B. Blanchis, teints ou imprimés en plusieurs couleurs, 128 flor. au lieu de 100 flor. (300 fr. au lieu de 250 fr.).
- § 171. — Fleurs artificielles, entières ou confectionnées en tissus, plumes de parure apprêtées et ouvrages en plumes, 450 flor. au lieu de 170 flor. (125 fr. au lieu de 425 fr.).
- LES TISSUS INCOMBUSTIBLES
- Les accidents occasionnés par les incendies sont si fréquents et si terribles qu'on ne saurait trop chercher à s’en prémunir, ou tout au moins à les rendre moins redoutables. Aussi les découvertes de M. Albert Martin offrent-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 173
- elles un intérêt tout particulier. Voici, en quelques lignes, les procédés qu’il a inventés pour rendre les tissus incombustibles.
- Quand il s’agit de tissus légers, on emploie avec succès :
- Sulfate d’ammoniaque pur... 8 kil.
- Carbonate d’ammoniaque pur 2 » 500
- Acide borique............. 3 »
- Borax pur................. 2 »
- Amidon.................... 2 »
- Eau........................ 100 litres.
- On porte la dissolution à la température de 30* et on y plonge les tissus ; on les laisse sécher ensuite et on repasse comme s’il s’agissait d’un empesage ordinaire. Le liquide revient à environ 16 centimes le litre.
- Pour les meubles tels que les berceaux d’enfants et les boiseries, user de la recette sui
- vante :
- Chlorhydrate d’ammoniaque 15 kil.
- Acide borique.................... 5 »
- Colle de peau,.................. 50 »
- Gélatine........................ 1 » 500
- Eau ordinaire................. 100 litres.
- Calcaire...................... quant, suffis.
- Chauffer le mélange à 60 ou 80 degrés, jusqu’à ce qu'il ait une consistance huileuse , on l’étend avec un pinceau, comme on ferait d’un vernis. Avec un kilogramme coûtant 24 centimes, on enduit 5 mètres carrés.
- Veut-on préserver des toiles grossières, cordages, pailles diverses, on se sert du mélange
- ci-après :
- Chlorhydrate d’ammoniaque.». 15 kil.
- Acide borique...................... 6 »
- Borax..............,............... 3 »
- Eau.............................- 100 lit.
- On plonge les matières combustibles dans le mélange, à la température de 100 degrés, Pendant 15 ou 20 minutes. Le liquide coûte 23 centimes le litre.
- Désire t-on rendre incombustibles des pa-Piers de toute espèce, on emploie :
- Sulfate d’ammoniaque............ 8 kil.
- Acide borique................... 3 »
- Borax...................... . 2 »
- Eau ordinaire.................... 100 lit.
- On chauffe le mélange à 50 degrés. Le prix de revient du litre de liquide est de 14 centimes.
- Les procédés qui viennent d’être indiqués sommairement conservent leur efficacité quand même les tissus demeureraient exposés pendant plusieurs mois à une température élevée, dans un air sec ou humide. On a mis dans une étuve, à 35 ou 37 degrés, des tarlatanes blanches ou de couleur, des cotonnades, de la toile, des papiers imprimés ou non, un berceau de poupée avec sa literie, et on a leissé ces objets dans cette haute température pendant 8 mois.
- On a constaté que tous les tissus étaient restés inflammables; les couleurs n’avaient subi aucune altération. Le couvre-pied du berceau, les rideaux, la paillasse et le matelas de varech étaient également demeurés réfractaires à la combustion.
- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- CHEMIN DE FER DU NORD
- La Compagnie du Chemin de fer du Nord a l’honneur d’informer le public qu’elle vient de soumettre à l’homologation ministérielle les prix réduits ci-après pour le transport des laines brutes et des cotons bruts expédiés en balles pressées, cerclées en fer et pesant au minimum 300 kilogrammes sous le volume d’un mètre cube, par wagon complet de 10,000 kilogrammes au minimum, savoir :
- De Dunkerque aux gares ci-après : Loos, Croix-Wasquehal, Roubaix, Tourcoing-les-Francs, Roubaix-Wattrelos et Lannoy, 5 fr. par tonne, y compris les frais de chargement, de déchargement et de gare. Pour Pont-de-la-Deûle, 6 fr. par tonne.
- Ces prix seront insérés dans le chapitre 2 du tarif des Ports de mer, sous le paragraphe 2, prix exceptionnels n- 2.
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- z M 2 O Z P' C t
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- JURISPRUDENCE
- COUR D’APPEL DE LYON l’armure DES SOIERIES
- La Cour de Lyon vient de rendre un arrêt qui intéresse vivement le commerce des soieries.
- Une importante maison de commerce de cette ville avait créé une étoffe de soie que les inventeurs avaient nommée peau de soie; cette étoffe, épaisse, souple, tout unie, d’un aspect mat et velouté, obtint un véritable succès.
- D’après l’inventeur, ces diverses qualités étaient dues à Varmure selon laquelle est tissée l’étoffe. On appelle armure la combinaison qui règle l’entrecroisement des fils longitudinaux d’un tissu (la chaîne) et de ces fils transversaux (ta trame). L’armure la plus simple est celle de la toile ; les fils s’y entrecroisent un par un. On conçoit que l’armure peut offrir des combinaisons innombrables, et c’est de ces combinaisons que dépend l’aspect d’une étoffe.
- L’inventeur avait déposé au greffe l’armure de son étoffe.
- Or, malgré ce dépôt, divers fabricants de soieries de Lyon se mirent également à fabriquer l’étoffe peau de soie.
- La maison créatrice attaqua alors une des maisons rivales, en prétendant que l’armure constituait un dessin de fabrique, et que, aux termes de la loi de 1806 le dépôt au greffe lui en assurait le monopole.
- Le tribunal de commerce et la Cour ont décidé successivement que la disposition de l’armure dans une étoffe unie ne constituait pas un dessin de fabrique, et que le dessin ne pouvait résulter que d’une combinaison de lignes ou de couleurs.
- En 1863 et 1870, la Cour de Lvon avait assimilé les armures aux dessins de fabrique : l’issue du procès était donc douteuse.
- La Cour de Lyon s’est rangée à la jurisprudence de la Cour de cassation.
- CANAL DE PANAMA
- Assemblée du 21 Juillet 1987
- Le rapport in extenso est envoyé à toute personne qui le demande à la Compagnie, rue Caumartin, 46, à Paris.
- Extrait du Rapport de
- M. FERDINAND DE LESSEPS
- i Par une résolution du 9 octobre 1886, le Gouvernement des Etats-Unis de Colombie a porté de 150,000 à 250,000 hectares la quantité des terres mises gratuitement à la disposition de la Compagnie, « avec les mines que ces terres peuvent contenir. »
- Cette résolution est précédée de l’exposé suivant :
- « Considérant que des faits consignés dans « le mémoire ci-dessus, et dans le rapport « qui l’accompagne (Rapport du Ministre des « finances), il résulte que les ouvrages exé-« cutés pour l’excavation du Canal interocéa-« nique représentent actuellement plus de m « moitié des travaux qu'implique la eonstruc-« tion totale de ce Canal, etc...
- Vous savez que dans nos rapports annuels nous ne laissons dans l’ombre aucun des points qui vous intéressent et que nous ne craignons pas d’aborder toutes les questions soulevées, de bonne ou mauvaise foi, pendant l’année écoulée.
- Cette franchise, qui ‘a été tout le système par lequel le Canal de Suez s’est exécuté, est le système par lequel nous exécuterons le Canal de Panama.
- Lorsque le grand Congrès international de 1879, réuni à Paris, demanda au Président de la Compagnie du Canal de Suez, au nom de toutes les nations du monde représentées de se charger du percement de de l’Isthme de Panama, votre Président répondit qu’il accep-« tait, parce qu’un général qui a gagnéun e « bataille n’avait pas le droit de se refuser à « un nouveau combat. »
- Vous avez répondu à notre appel : vous vous êtes réunis, vous vous êtes groupés, comme jadis pour Suez ; la France a apporté ses capitaux, et votre Président a promis de les dé' fendre. Il tient sa promesse en les défendant contre ceux qui les convoitent !
- « Notre intention formelle, avons-nous dit, « est de ne rien négliger pour que les navires « puissent passer d’un Océan à l’autre en 1889, « et dans la limite des dépenses totales pré-« vues par le Congrès international de 1879. « Si donc, d’ici à 1889, des difficultés actuel' « lement imprévues venaient à se présenter, « si des augmentations de dépenses venaient ) « à s’imposer, nous n’hésiterions pas à pren
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- ET DE L’IMPRESSIONDES TISSUS
- a —
- « dre telles décisions qui assureraient la réa-« lisation de noire promesse.
- « Il en fut ainsi pour le Canal de Suez, dont « l’ouverture avait été promise pour 1869 et « qui fut livré aux navires à la date fixée. »
- Le programme général comporte un Canal de 9 mètres de profondeur et de 22 mètres de largeur au plafond. Nous aurons, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, à voir les restrictions provisoires qu’il y aurait à apporter à ces dimensions. Le Canal maritime de Suez, inauguré le 17 novembre 1869, n’avait que 6 mètres de profondeur, et 70 navires passèrent d’une mer à l’autre le jour de son inauguration.
- Le Canal a été continuellement approfondi et élargi par des prélèvements sur les b néfices, prélèvement assez sagement calculés pour que le dividende ait pu s’accroître successive-ment jusqn'à 16 0[0 du capital apporté par les actionnai res.
- Pourquoi n’en serait-il pas de même à Panama ?
- Le Congrès international de 1879 a voté, par 78 voix contre 8, la décision suivante :
- « Le Congrès estime que le percement d'un « Canal interocéanique à niveau constant, si « désirable dans l’intérêt du commerce et de « la navigation, est possible , et que ce Canal « maritime, pour répondre aux facilités in-« dispensables d’accès et d’utilisation que « doit offrir avant tout un passage de ce « genre, devra être dirigé du golfe de Limon « à la baie de Panama. »
- Tel est le mandat que nous avons reçu. C’est pour l’exécution de ce programme que nous nous sommes associés. Nous remplirons donc ce manda’, nous exécuterons donc ce programme, plus ou moins vite, plus ou moins complètement d’ici à 1889, avec les 1,200 millions fixés par le Congrès, mais sans défaillance et sans compromis.
- Nous laisserons à la haute Commission consultative des travaux, — qui a nommé une Sous-Commission d’études dans ce but, — la pleine et entière liberté d’examen, d’appré ciation, de ’ conclusion. Et pendant qu’ell poursuivra son étude savante et conscien cieuse, nous, nous creuserons le Canal à ni-veau, prêts à sanctionner, le moment venu, la décision souveraine, conforme aux engage-ments que nous avons pris envers le monde et envers les actionnaires.
- « Vous serez les juges de notre décision », vous disais-je l’an dernier. Je répète ces pa-roles cette année-ci. »
- La campagne prochaine, après la saison des pluies, sera décisive. Si nous avions eu cette année un nombre de travailleurs suffisant,
- l’exécution de notre programme total ne ferait aucun doute à l’heure actuelle ; nous sommes en mesure de vous faire connaître que tout a été bien préparé pour que la main d’œuvre ne fasse plus défaut à nos entrepreneurs ; — nous comptons sur des résultats qui, d’ici à quelques mois, nous permettront de vous apporter la solution précise.
- Il faut, pour cela, que tous nos efforts, toute notre énergie, puissent être exclusivement consacrés à l’exécution matérielle du Canal ; que notre personnel, que nos entrepreneurs, comme nous-mêmes, ne soient distraits par aucune autre préoccupation ; c’est pour cela que nous avons décidé l’émission immédiate d’une deuxième série d'Obligati ms nouvelles, avec tous les ava tages offerts aux souscripteurs de la première série, c’est-à dire avec un intérêt honorable et la certitude d un doublement du capital apporté, par tirages tous les deux mois.
- Nous vous disions déjà l’année dernière :
- « Le succès de l’émission en Obligations « nouvelles nous est nécessaire pour repondre « à nos adversaires, pour soutenir le zèle ad-« mirable de notre personnel, pour affermir la « confiance de nos entrepreneurs.
- « Nous avons voulu que les conditions de « de cette émission fussent exceptionnelle « ment avantageuses, pour qu’en y souscri-» vant nos Actionnaires et nos Obligataires « améliorent eux-mêmes leur situation d’ave-« nir. »
- Je compte sur votre fidélité persévérante pour couper l isthme américain, pour accomplir avec vous, et par vous, cette œuvre industrielle et pacifique, qui sera aussi glorieuse et aussi fructueuse, pour la France, que l’est devenue l’œuvre si décriée jadis du Canal de Suez.
- Je me rendrai prochainement dans l’Isthme, pour juger par moi-même de la marche des chantiers, pour apprécier le zèle de nos entrepreneurs, pour vous dire enfin, au retour, les conditions dans lesquelles les navires passeront d’un Océan à l’autre Océan.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Lyon. -- Villiermet (Antoine), teinturier, rue Montesquieu, 44. — Jug. du 30 juin. — S. : M Régand.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Versailles. — Formation de la Société anonyme des Peaux norvégiennes, expl. d’un
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- —,
- LE MONITEUR DE
- LA TEINTURE
- procédé de blanchiment des peaux et appropriation desdites peaux à tous usages dont elles sont susceptibles, au Vésinet, route de la Croix, 25. — Durée : 20 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Délib. du 21 mai.
- Marseille. — Formation de la Société en commandite Mante, Legré et Cie, fab. de produits chimiques, notamment l’acide tar-trique, crème de tartres, acides citriques et dérivés, rue de l’Arsenal, 7.— Durée : 15 ans. — Cap. : 750,000 fr. — Acte du 24 mai.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Michaud et Valicon, teinturiers, rue Bonnel, 53 et 55. — Durée : 10 ans. — Cap. : le fonds et accessoires, estimé 2,000 fr. — Acte du 1er juin.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif J. Gay et Cie, polissage des étoffes par procédés brevetés, rue de Marseille, 33. — Duréé : 15 ans. — Cap. : 18,000 fr. — Acte du 10 juin.
- Roubaix. — Formation de la Société en nom collectif veuve Gaydet et fils, teinturiers en tous genres, rue de Mouveaux, 69. -- Durée : 10 ans. — Cap. : 643,499 fr. 26 c. — Acte du 17 juin.
- Louviers.— Formation de la Société en nom collectif H. Marsolet père et fils aîné, teinture de laines. — Durée : 4 ans. — Cap. : 50,000 fr. — Acte du 27 juin.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er juin 1887, de la Société Schroder, Rochet et Cie, fab. de dorure et guimperie, rue Ste-Cathe-rine, 15. — Liquid.; M. Roux, rue Pizay, 24. — Acte du même jour.
- Troyes. — Dissolution, à partir du 20 juin, de la Société Douine et Cie, filature et teinture du coton. — Liquid. : les quatre associés. — Acte du 13 juin.
- Tourcoing.—Dissolution, à partir du 20 juin, de la Société E. Delahousse et D. Boucau, déchets de laines en tous genres, rue de Guisnes, 100. — Liquid. : M. Leduc, comptable. -- Acte du même jour.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Rouvier a vendu à M. Oricelli, rue Rochechouart, 87, 15 juillet, un fonds de teinturerie, boul. Barbès, 7.
- Aux Armes d’Alsace-Lorraine
- MODÈLE 1886
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- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de teinture et impression, blanchiment et apprêt des fis et tissus, par Marius Moyret, ingénieur chimiste.
- Nous recommandons à nos lecteurs cet ouvrage publié par livraisons de 32 pages, avec planches, échantillons et chromolithographies dans le texte.
- L’auteur, lauréat de l’Ecole de la Martinièreen 1855-1856, n’en est pas, d’ailleurs, à ses débuts; il a déjà, en 1876, publié un traité spécial pour la teinture de la soie, qui a obtenu un grand et légitime succès, ce qui est de bon augure pour la publication nouvelle.
- Le nouveau traité, beaucoup plus vaste que le premier, répond aux besoins actuels. Par suite
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 16. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Août 1887
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- INFORMATIONS.
- DE L’USAGE DES ACIDES.
- NOS ÉTOFFES EN AFRIQUE.
- DES .EAUX DE SUINT.
- JURISPRUDENCE
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- FABRICATION MÉCANIQUE DE CHENILLE A DEUX COULEURS SUPERPOSÉES
- Par M. Bonnefond.
- Le caractère essentiel de l’invention consiste en ce que la chenille est également fournie dans toute son épaisseur, bien qu’il Y ait superposition de deux couleurs, l’une formant l’âme de la chenille, l’autre la périphérie. Avec les moyens en usage, la super-Position des couleurs s’obtient soit en faisant de la chenille tissée, dite « chenille étincelle », soit en fabriquant de la chenille à la méca-nique, mais à deux coupes.
- Dans le premier cas, les bandes de tissu effilées, trempées dans un bain colorant, absorbent inégalement la matière tinctoriale et, par la torsion, constituent une chenille à deux tons. Dans le second cas, les chenilles, formées par des fils de couleurs différentes, S enroulent sur deux appareils superposés, de telle sorte qu’après la coupe les brins de l’un des fils sont plus longs que ceux de Vautre. I en résulte une âme de couleurs mélangées (à brins longs et courts) et une chenille périphérique de nuance distincte, moins fournie que la chenille centrale.
- D’après la méthode indiquée par M. Bonne-fond, les brins sont tous égaux, la partie centrale recevant, au cours de la fabrication, une couleur quelconque, plus foncée ou plus claire que la couleur primitive de la soie employée.
- Cette application de matière colorante s’obtient à l’aide de deux mèches, imbibées de couleur par capillarité et rapprochées ou écartées, suivant besoin, de chaque côté de la chenille par une sorte de double parallélogramme.
- APPAREIL-MÉTIER POUR LA TEINTURE ET L'APPRET DES TISSUS
- Par M. Parent.
- Cet appareil consiste principalement en trois cylindres essoreurs servant en même temps, à l’entraînement et à la compression des tissus qu’il s’agit de teindre ou d'apprêter. La compression débarrasse les tissus de l’excès du liquide tinctorial ou de l’apprêt qui retombe dans un récipient placé au-dessous des essoreurs; l’entraînement automatique est commandé alternativement par l’un ou l’autre des rouleaux extrêmes de la série. A cet effet, la commande porte un double manchon d’em -brayage, qui permet d’actionner tout te système tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche, c’est-à-dire de renverser à volonté le sens du mouvement suivant lequel s’effectuent le roulement et le déroulement des pièces.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les trois cylindres dont il vient d’être parlé sont nécessairement hors de la cuve de teinture ou du bain d’apprêt, mais un quatrième rouleau, situé en contre-bas des premiers et au centre dn liquide, quel qu’il soit, maintient l’étoffe au large pendant son passage à travers la dissolution.
- UTILISATION DE LA SOIE VÉGÉTALE Par MM. Renneteau père et fils et Benoist.
- MM. Renneteau père et fils et Benoist ont joint à leur demande de brevet des échantillons en blanc et diversement colorés d une soie végétale, trèsbrillante, dénommée « Bom-badeira ». Cette matière, dont la provenance n’est pas indiquée, convient à la fabrication de tous genres de fils : fils à coudre, fils de passementerie, fils pour étoffes d’ameublement, pour tissus propres à la confection des vêtements, de la bonneterie, etc. MM. Renneteau et Benoist revendiquent l’emploi de la susdite matière pour l’obtention de ces produits variés.
- ROUISSAGE ARTIFICIEL DES LINS, CHANVRES, ETC Par M. Claro.
- M. Claro revendique un procédé de rouissage basé sur le passage successif des lins, chanvres, etc., en paille, dans des bassins de toutes formes et dimensions, contenant de l’eau à différentes températures, mais sans addition d’acides ni d’alcalis.
- Le procédé comporte trois opérations principales : 1° la dissolution des gommes et résines ; 2 le rouissage proprement dit ; 3o un lavage ou rinçage. Ces traitements s’effectueut dans quatre bâches ou récipients en tôle, que nous désignerons par les lettres A, B, C, D.
- Les vases A et D, c’est-à-dire le premier et le dernier de la série sont à ciel ouvert, les deux intermédiaires sont des autoclaves résistant à des pressions de 2,3, 4 et 5 atmosphères. De plus, A, B et C sont munis cha
- cun d’un double fond percé de trous, au-dessous duquel est disposé un serpentin de vapeur. Les tiges sont préalablement rangées dans des paniers à claire-voie en bois ou en fer galvanisé, et les paniers sont introduits successivement dans les cuves et autoclaves, à l’aide d’une grue centrale pivotante, si les récipients sont placés en carré, au moyen d’une grue roulante dans le cas où les vases sont disposés en ligne droite.
- La cuve A, chauffée à une température peu élevée, n’a d’autre but que de ramollir les matières gommo-résineuses qui agglutinent les fibres. Aussi la préparation est-elle rela-tivement courte et cette seule cuve suffit-elle à alimenter les deux autoclaves, où les tiges séjournent moitié plus longtemps et à une haute température. La cuve D, servant exclusivement au lavage et au rinçage des filasses, n’est point munie d’un double fond.
- FIXATION DES COULEURS SUR TISSUS Par MM. Collin et Benoist.
- Il s’agit particulièrement des colorants dérivés de la houille. MM. Collin et Benoist revendiquent l’emploi de l’acide borique seul, ou combiné à l’ammoniaque, en présence d’un sel neutre à acide minéral ou végétal, à base fixe ou volatile.
- L’acide borique chasse de leurs combinaisons, les acides moins stables, en s’emparant de l’alcali avec lequel ces acides étaient combinés.
- L’acide mis en liberté précipite le colorant sur le fibre et le borate alcalin, formé par dédoublement, facilite cette précipitation, en raison du mordançage énergique dû à son action propre.
- ANIMALISATION DU COTON
- Par MM. Siejeriot et Miltier.
- MM. Siegeriot et Mittler se sont proposé d'animaliser le coton et de préparer pour la teinture (dans un bain unique) tous les tissus mélangés de coton.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le procédé repose sur un mordançage préalable dans l’huile et sur un traitement alternatif des tissus dans une solution d’alun ou de sulfate d’alumine. L’étoffe ainsi préparée est prête pour la teinture qui, — on vient de le dire, — s’applique en un seul bain; ce bain est chauffé à 75- degrés centigrades.
- ROUISSAGE DU UN ET DES MATIÈRES SIMILAIRES Par M. Pars y.
- L’invention a pour but, non d’éliminer les matières gommeuses, ainsi qu’il arrive dans la plupart des rouissages chimiques, mais d’obtenir, par un procédé industriel et rapide, des résultats comparables à ceux du rouissage par fermentation sous l’action des microbes.
- Les matières filamenteuses sont immergées dans de l’eau, chauffée, suivant la nature des fibres, soit à l’air libre, soit sous pression, puis dans de la vapeur exclusivement et en Rêvant simultanément la pression et la température de cette vapeur, ou bien en mainte-nant une faible pression malgré l’élévation de la température.
- Les substances gommo-résineuses se transforment en un produit doux et brillant, qui facilite le travail de la filature et améliore la qualité du fil.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 178391. 7 septembre 1886; Collin et Errani. Nouveau genre d’encre plus spécialement aPplicable à l’imprimerie.
- 178482. 17 septembre ; Passart. — Appa-reil à teindre la laine en bobines ainsi que toutes matières filamenteuses de toute origine et dans tout état de préparation.
- Cet appareil, plus spécialement affecté à la teinture de la laine en bobines, utilise la force élastique ou la pression de la vapeur pour faire pénétrer le liquide tinctorial dans les matières à teindre.
- La préparation du bain de teinture s’effec
- tue dans un réservoir à ciel ouvert placé à une certainehauteur au-dessus d’un récipient clos où se fait l’opération de la teinture et auquel il est relié par des tuyaux de communication pourvus de clapets de retenue.
- Ces tuyaux communiquent à un siphon boulonné sur le fond du réservoir ; un autre tuyau débouche à la partie supérieure du même réservoir.
- A la conduite générale de vapeur sont reliés deux tuyaux amenant, le premier, la vapeur dans le récipient clos, le second, alimentant le barbotteur destiné à réchauffement du bain dans le réservoir.
- Les bobines à teindre sont disposées sur le double fond perforé du récipient. L’appareil comporte en outre un certain nombre d’autres organes auxiliaires, soupape de sûreté, tuyau de trop-plein, etc.
- 173484. 16 septembre; Bertolus. -• Application de la chaleur dégagée par le courant électrique à la combustion du duvet.
- 178490. 14 septembre ; Collin et Errani. — Procédé de teinture à froid ou à chaud de la laine et des poils en noir d’aniline inverdis-sable à l’air.
- La laine brute peignée, filée, tissée ou à l'état de tontisse, après dégraissage convenable, est immergée à froid dans un bain de mordançage ainsi formé..
- Eau (non séléniteuse) quantité suffisante.
- Permanganate de potasse 8,5 0[0 du poids de la laine.
- On barbotte continuellement pour faciliter la pénétration jusqu’à décoloration compète du bain.
- L’indice de saturation de la fibre est très net ; le liquide, de rouge pourpre qu’il était, est passé à l’état de liquide incolore.
- A ce moment, le mordançage est fait.
- On enlève la laine, on la tord, on la rince grossièrement pour en éliminer les traces de mordant non fixé, on l’essore incomplètement et enfin on la plonge dans le bain de teinture suivant :
- Eau, quantité suffisante.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- Chlorhydrate d’aniline, 10 0[0 du poids de la laine.
- On laisse tremper pendant 12 heures environ, en ayant soin de retourner et brasser fréquemment.
- On tord sur la cuve même, on rince à grande eau, on passe en eau de savon très faible et l’on essore à sec.
- 178793 29 septembre ; Société Wyckhuyse frères et sœur. — Appareil applicable aux tondeurs de tissus et destinés à évacuer et recueillir.
- 178848. 4 octobre ; Descroix. — Moyens et procédés nouveaux pour teindre les fils, textiles, fils ou tissus, à l’aide des résultats de la réaction mutuelle de l’aniline ou de ses sels et des bichromates solubles.
- 178867. 5 octobre ; Guizard. — Machine à dégraisser au large et à fixer les pièces de tissus en laine.
- Cette machine est essentiellement caractérisée par la disposition des rouleaux porteurs et enrouleurs surmontés de rouleaux pres-seurs en combinaison avec des rouleaux inférieurs forçant le passage des pièces dans le bac contenant ce bain et avec des cadres tendeurs, élargisseurs, laveurs.
- 178868. 5 octobre : Renard. — Machine permettant d’ornementer les tissus.
- 178877. 8 octobre, Vassart. — Procédé de teinture de la laine en bobines et de toute matière textile brute ou travaillée.
- Le nouveau système qui fait l’objet du brevet se compose d’une cuve et d’un châssis. Dans la cuve se fait la préparation du bain de teinture.
- Lé châssis en cuivre ou bois est percé d'ou-vertures circulaires sur les bords desquelles sont fixés perpendiculairement des manchons cylindriques destinés à recevoir les bobines à teindre. Ces manchons ont une section en rapport avec les bobines et une hauteur qui permet au liquide tinctorial qui aura traversé les bobines et se sera élevé au-dessus d’elles dans les manchons d’exercer une pression 4e 0 m. 40 a Om. 50 favorable à la régularité
- de la teinture. Le châssis, au moyen de crémaillère, de poulie. etc., peut être soulevé ou abaissé avec les manchons comme un double fond mobile de la cuve à laquelle il s’ajuste le mieux possible par sa forme et ses dimensions.
- 178894. 6 octobre; Rohart (François-Ferdinand) et Rohart (dame). — Dégraissage et foulage des fils et étoffes de laine. •
- 178939. 9 octobre ; Société Gadgène et Cie. — Nouveau procédé de traitement avant teinture des étoffes, soies et laines mélangées.
- La préparation préliminaire qui fait l’objet du brevet consiste à enrouler l’étoffe d’une manière très serrée et très tendue sur un cylindre creux percé sur tout son pourtour de petits trous très rapprochés destinés à livrer passage à l’eau bouillante qui se trouve dans l’intérieur du cylindre, lequel est lui même noyé dans un récipient d’eau bouillante. Cette eau, qui se trouve au moins à la température de 100°, imprègne ainsi d’une manière constante et continue le tissu à travers lequel elle passe. Par suite de l’action produite par ce passage d’eau bouillante à l’état très divisé à travers le tissu tendu et serré, il en résulte qu’après un ébouillantage ainsi conduit pendant une heure et demie environ, le tissu ressort complètement intarct et sans aucune espèce de feutrage de la laine L’opération de teinture peut ensuite se faire sans produire les inconvénients qui existaient autrefois.
- J. FAYOLLET,
- A vocal, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- {Suite.}
- La Chine donne, dit-on, sur le mûrier d’autres chenilles que le Theophila Mandarin et vivant à l’état sauvage, mais cela est a l'etat de doute.
- . =
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Des œufs du Theophila Mandarina, reçus par la Condition des soies de Lyon en 1884, ne sont malheureusement pas arrivés à l’état vivant et cela est regruttable, car l’on n’a pu constater les modifications que subirait l’espèce par les changements de climat.
- Les qualités de la bave dénotent un ver d’une grande robusticité. Si le résultat, au point de vue industriel, n’est pas avantageux, cela tient au poids disproportionnel de la chrysalide par rapport au cocon parfait. Cette disproportion pourrait disparaître par l’éducation domestique et la sélection ; de même par la nourriture, il doit être possible d’atténuer cette disproportion en faisant pooduire de plus gros cocons au Thoophila Mandarina.
- La perte au décreusage de cette soie et qui est d’environ 20 0[0, rappelle celle des grèges blanches et vertes de la Chine et du Japon.
- Peut-être qu’en croisant cette race avec celle du pays, et par des éducations successives, de même par des éducations intelligentes, en tirera-t-on un excellent parti.
- Les Chinois ont obtenu des résultats merveilleux en transformant les vers sauvages Qui se nourrissent de la feuille du mûrier, avec lesquels ils produisent la magnifique race de vers à soie domestique de Wousieh, Que les Italiens s’efforcent d’acclimater chez eux.
- Leurs cocons sont riches en soie, au point de donner un kilogramme de grège pour trois kilogrammes de cocons, proportion énorme, S1 on la compare à celle des cocons de nos Pays.
- La grège filée à l’européenne, à Shangaï, égale par la régularité, la ténacité et l'élasti-cité celles de nos meilleures soies de France et d’Italie.
- Bref, par le croisement de nos races de Pays, abâtardies par la reproduction entre elles, on relèverait peut-être la sériculture en France, qui sera débordée le jour où le che-min de fer de Moscou au centre de l’Inde, P"is de la Chine, sera achevé.
- ve l’ai déjà écrit dans le journal, et je me
- répète, prenons garde à nous; la Russie s’outille et ses chemins de fer asiatiques, tout en étant des lignes stratégiques, sont également construits au point de vue commercial pour faire de Moscou le centre du commerce international entre l’Europe et l’Asie.
- A tout prix, évitons à la sériculture française le sort des garances du Comtat Venais-sin, débordées aujourd’hui par les alizarines artificielles. Qui sait si, par une culture plus rationnelle, le Midi de la France, en créant des syndicats de producteurs d’alizarines, et en y joignant peut-être encore l’introduction de nouvelles variétés de garances sauvages pour retremper la vitalité de celles acclimatées dans nos pays, on ne serait pas arrivé à conjurer l’orage et à maintenir la splendeur dans plusieurs départements du Midi de la France.
- Ce raisonnement est tellement juste par rapport aux croisements de nos vieilles races d’Europe, avec les produits animaux et végétaux d’origine étrangère, que pour le phylloxéra, c’est encore le croisement avec les plants américains, ou mieux le replantement en ceps américains, qui a donné le meilleur résultat.
- Malgré le caractère neutre du journal au point de vue politique, je ne saurais trop appeler l’attention de tous les Français sur le bouleversemnnt qu'apportera un jour la fin du réseau des chemins de fer russes dans l’Asie, et de dire à nos industriels : Ne vous endormez pas.
- J’ai vu des Moscovites et sais à quoi m’en tenir. Aussi, comme digression j’ouvre une parenthèse pour l’indigo : le jour où cette riche matière colorante viendra de l’Inde en six ou huit jours par voie de terre, à Moscou, on ne lui fera plus subir les risques de mer pour l’amener à Marseille en vingt ou vingt-cinq, et même quarante jours.
- La Russie fait d’ailleurs en ce moment à l’Angleterre et à toute l’Europe, en finissant ses voies de fer dans l’Asie, une guerre au-
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- 182 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- trement désastreuse et plus certaine qu’elle ne le ferait par la voie des armes. Ceci dit, je reviens à mon sujet.
- Le capitaine Hutton, en 1837, a fait sur une espèce de Theophila trouvée par lui à Simla, puis en 1842 à Massouri, quelques observations.
- Le Theophila Huttoni, d’après M. F. Moore, qui lui a donné le nom de Huttoni en souve -nir du capitaine Hutton, est d’un caractère si vagabond, si indomptable, que rien ne peut le rendre domestique. Il est impossible de le garder dans une magnanerie. La seule manière de l’élever est de le laisser libre sur le mûrier, où malheureusement il est sous les coups de nombreux adversaires.
- D’après M. F. Moore, les œufs sont fortement adhérents à l’arbre, et sous la surface inférieure des branches. Là ils passent tout l'hiver soumis à l’action du froid, mais à l’abri de la pluie et de la neige.
- Les œufs sont d’une couleur jaune paille clair et ne brunissent pas comme les races domestiques chinoises. Ils sont plus gros que ceux du Bombyx Mort, ou ver à soie ordinaire.
- Ces vers pullulent d’ailleurs comme les chenilles dans nos pays, et quittent les mûriers sur lesquels ils vivent pour aller faire leurs cocons dans les buissons qui avoisinent.
- Les chenilles changent comme celles de nos pays, quatre fois d’enveloppe pendant leur vie. Leur couleur varie beaucoup, même pendant le cours d’un changement de peau, ce que l’on nomme mue ou âge.
- Les chenilles filent leurs cocons dans le courant de mai, et cé cocon généralement bi-voltin, est enroulé dans une feuille.
- D’apres le capitaine Hutton, les croisements du Theophila avec le ver domestique n’ont pas donné de résultats, parce que le mâle du Theophila refuse de s’accoupler avec la femelle du ver domestique. Le croisement inverse donne lieu à de moindres difficultés, mais le produit garde tous les caractères sauvages.
- Toujours d’après le capitaine Hutton, cela d est très regrettable, car le Theophila a des • d caractères de vigueur extraordinaire. | o Marius Moyret, ! li (Reproduction interdite.) (A suivre.) Il C
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.)
- TEINTURE EN NOIR DES ARTICLES TOUT COTON
- La série des articles tout faits et défaits est 1 longue et difficile à teindre en noir, on y ren- | contre des imprimés, des tissus rayés, des g rouges, des violets, qui ne réussissent pas 1 toujours en première teinture ; une entrée | dans un bain d’acide nitrique est presque | toujours nécessaire, un bain à deux degrés | acide est suffisant quand il est bouillant.
- Après avoir été bien rincé en sortant du | bain acide, on entre en rouille une heure, on lève, on rince sur trois eaux et on leur fait un bain de campêche et bois jaune par moitié, au bout d’une demi-heure le bain doit être à 1 peu près tiré, on pase sur une couperose | légère, on rince à nouveau sur plusieurs eaux, 1 et on passe à la gomme.
- Pour certaines étoffes qui restent rongea- I très, on fera un amidon bouillant qui sert de gommage, on les passera ensuite sur une | eau froide; après l'essorage, on battra chaque article à la main, l’amidon bien passé au tamis ne doit pas plaquer.
- 2- procédé. On entre dans un bain d’extrait de châtaigner, on laisse séjourner 12 heures environ, on lève et, sans rincer, on entre dans un second bain de pyrolignite de fer a | quatre ou cinq degrés pendant 30 minutes, on lève et on laisse à l’air, on rince dans deux ou trois eaux et on fait un bain léger de campêche et de bois jaune, on passe ensuite I sur un bain de sulfate de fer, on rince à nou- ‘ veau et on termine sur un amidon bouillant.
- Ce procédé, quoique long, est celui qul réussit le mieux.
- 3' procédé. Dans une barque de 200 litres
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- ET DE L'IMPRESSION DES T1sus
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- d’eau, on ajoute 200 grammes de bichromate de potasse et deux litres de rouille ordinaire, on mèue les articles à la main pendant une heure, on lève, on rince, on teint ensuite comme dans le premier procédé.
- Fait par l’un de ces trois procédés, le coton est extrêmement solide et ne déteint pas si il est bien rincé.
- ARTICLES D’ALPAGA ET D’ORLÉANS BLANCS TEINTS EN DEUX COULEURS DIFFÉRENTES
- Cette teinture de fantaisie, très peu connue des teinturiers - dégraisseurs , mérite d’être citée par son originalité; on offre, en effet, au client, une étoffe dont la laine est d’une couleur et le coton d’une autre couleur. Tissus changeants.
- Laine teinte en bleu, coton teint en rose.
- On teint la laine au carmin d’indigo, comme il est dit plus haut à la teinture des laines en bleu ; arrivé au ton de bleu désiré, on lève, on rince. Pour le coton, qui est resté blanc, on fait un bain froid dans lequel on ajoute un peu de carmin de safranum et acide sulfu-rique léger, on termine sur une eau acidulée d acide tartrique.
- Laine teinte en rouge, coton teint en b!eu.
- La laine se teint en ponceau, à la cochenille ou en rouge à l’orseille. On rince et on teint le coton au bleu de France, c’est-à-dire par la fouille et le sel d’étain, on rince et on entre dans un bain de prussiate de potasse et acide sulfurique, on rince à nouveau et on termine sur un avivage léger d’acide chlorhydrique.
- Laine teinte en jaune orange, coton teint en bleu.
- La laine se teint au terra, au jaune naphtol ou à l’acide picrique .
- Le coton se teint au bleu de France, comme ci-dessus.
- Laine en vert, coton en rose.
- La laine se teint au carmin d’indigo et à l’acide picrique. Le coton au carmin de safranum.
- Laine orange, coton violet.
- La laine se teint au fustet et à la cochenille. Le coton au bois d’Inde et sel d’étain.
- Laine bleu de ciel, coton cramoisi.
- La laine se teint en bleu de Nicholson, le coton au sel d’étain, d’abord une première entrée, puis dans un bain de Brésil et de sel d’étain.
- En teignant la laine en noir ou en gris, on peut de même teindre le coton de n’importe quelle couleur et dans des nuances qui varient à l’infini. Nous avons teint, par ces procédés, des costumes tout faits d’alpaga blanc, qui ont parfaitement réussi.
- APPRETS DES VOILES DE CRÊPE ANGLAIS, VOLANTS, GARNITURES, ETC.
- Il existe à Paris une spécialiste apprêteuse de crêpe anglais, elle les faits à la perfection, son système lui est personnel, aussi n’abonde-t-elle pas à servir ses clients.
- On a donc cherché à les faire à l’atelier. Voici les procédés divers employés :
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE CARDÉE ET en PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Olive
- Bouillon d’olive, pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 250 » » campâche.
- 0 kil. 350 al:zarine.
- 0 kil. 100 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive, pour 10 kil. :
- 1 kil. 000 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 450 » » campêche.
- 0 kil. 075 sulfate de fer.
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- ""
- cmier
- 184 LE MONITEUR DE LA. TEINTURE
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 625 extrait de bois jaune.
- 1 kil. 500 » » campêche.
- 0 kil. 0375 alizarine.
- 0 kil. 1875 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 625 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 600 » » campêche.
- 0 kil. 225 alizarine.
- 0 kil. 125 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 250 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 0625 » » campêche.
- 0 kil. 125 curcuma.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 250 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 125 » » campêche.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 0 kil. 625 extrait de bois jaune. —.
- 0 kil. 050 » » campêche.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Olive
- Pied de cuve, bouilli comme l’olive ordinaire.
- Pour 10 kil. :
- 1 kil. 875 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 250 » » campêche.
- 0 kil. 400 alizarine.
- 0 kil. 100 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 875 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 300 » 1 » campêche.
- 0 kil. 600 alizarine.
- 0 kil. 100 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 100 extrait de bois jaune
- 0 kil. 025 caillatour.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 000 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 375 » » campêche.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 250 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 325 » » campêche.
- 0 kil. 125 alizarine.
- 0 kil. 100 sulfate de fer.
- (Reproduction interdite.) (A suivre')
- INFORMATIONS
- Nous apprenons de Saint-Brieuc que, par décision de son Assemblée générale du 9 août 1887, la Société en commandite par actions, au capital de 500,000 fr., de filature et teinture de laines des Côtes-du-Nord dont M. Fernand Cachot est le directeur-gérant, vient d’être prorogée de dix années au delà de 1893, c’est-à-dire jusqu'en 1903.
- M. le vice-consul de France à Latakié (Turquie d’Asie) a recueilli des échantillons d’étoffes tissées dans le nord de la Syrie et qui servent à la confection des vêtements portés par une population considérable.
- Ces échantillons, accompagnés, des indications nécessaires sont à la disposition des intéressés au Ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain. (Direction du commerce extérieur.— Bureau des renseignements commerciaux.)
- COLIS POSTAUX FRANCO-ANGLAIS.
- Un décret présidentiel vient de ratifier une convention conclue entre la France et l’Angleterre pour la circulation des colis postaux,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- le 18 juin 1886. Nous ne pouvons qu’approuver sans restriction tout ce qui tend à favori-, ser les relations internationales.
- La taxe variera de 1 fr. 60 à 2 fr. 10, suivant le poids des colis (1 kil. 360 gr. et 3 kil.), avec 25 centimes de surtaxe unique pour la Corse et l’Algérie.
- Le gouvernement français s’engage à faire accepter la convention par les entreprises de chemins de fer qui exploitent le réseau français et le réseau algérien, car on sait que le service des colis, dits mal à propos postaux, est fait comme petite messagerie par les Compagnies de chemins de fer et est complètement distinct du transport des paquets par la poste.
- DE L’USAGE DES ACIDES
- pour l’impression DES ÉTOFFES BLEUES.
- Pour obtenir des dessins blancs sur des fonds bleu indigo, on se sert d’acide chromi-que. On imprime sur l’étoffe du chromate de de potasse qui se transforme en acide chro-mique sous l’influence des acides et qui ronge alors le bleu indigo. Les bains acides se composent d’acide sulfurique ou d’acide oxalique. Dans l’expérience actuelle, il s’agit d'é-tudier le mode d’action de ces deux acides.
- La pièce passe dans une machine à trois compartiments dans lesquels elle est foulée trois fois. Le premier compartiment en plomb, l'une contenance de 300 litres environ, est muni de trois rouleaux servant de guides et d'un serpentin à chauffer le bain ; dans le se -cond, séparé en deux par uue cloison, l’étoffe est lavée à contre-courant et dans le troisiè-me au moyen de pommes d’arrosoir. Le compartiment en plomb est rempli d’acide sulfu-Tique et d’acide oxalique, auxquels on ajoute "n mélange d’eau et d’acide sulfurique, et est chauffé à une température variant entre 50 e et 70o.
- Désignons par a l’échantillon prélevé dans e Premier compartiment après une une demi-heure de chauffe et avant le commencement
- de l'opération. Comme on chargeait chaque jour la cuve à nouveau, il restait de la vieille une quantité d'acide d’environ 300 litres sur laquelle on préleva l’échantillon b, et que l’on ajouta continuellement au bain neuf pendant l’opération. En 2 h. 1[2 on employa 150 litres, puis on prit l’échantillon c, et au bout de 2h. 1(2 on préleva l’échantillon d quand on eut employé les 150-litres restants.
- En même temps que les échantillons c et d, on prit dans la deuxième cuve les échantillons /i et f2 de l’eau de lavage.
- A ce moment on mélangea 150 litres d’acide neuf de la même composition que a et l'on recueillit l’échantillon e pour l’acide et fi pour l’eau de lavage.
- On dosa dans tous ces échantillons l’acide
- sulfurique, l’acide oxalique et les matières or
- ganiques.
- Echantillons H2So4.
- a. 9,08 0(0 b.......10,23 » c....... 7,05 »
- d........ 7,00»
- e.. ... 11,33 »
- C204H.-2Ho,
- 7,77 0(0
- 5,60 »
- 9,53 »
- 7,77 »
- 5,71 »
- ACIDES des eaux de lavage
- fi =0,4 0(0 f2=0,45 » f3 =0,76 »
- Le résultat est donné par les échantillons b
- et e; en les comparant avec a, on voit qu’il y a une forte diminution en acide oxalique et
- une augmentation en acide sulfurique. Dans a série a, b, c, on remarque ce fait important que la teneur en acide sulfurique tombe de 9 0(0 à 7 0(0, malgré l’addition d’une quantité d’acide à 10 0(0, tandis que la proportion est inverse pour l’acide oxalique ; en effet, dans l'échantillon c, la teneur en acide monte de 7,7 0(0 à 9,5 0(0, malgré l’addition d’une quantité d’acide à 5,5 0[ seulement.
- A partir de e l’acide sulfurique augmente jusqu’à 11,33 et l’acide oxalique diminue jusqu’à 5,74, c’est-à-dire presque jusqu’à la teneur en acides de b. Ces rapports entre a, b et c ne sont vrais que si la totalité de l’acide oxalique a été dissoute après avoir été chauffée pendant une 1(2 heure à 80». C’est à peu près ce qui a lieu pour le titrage de l’acide
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- eo CO vt
- LE MONITEUR DE LA. TEINTURE
- oxalique au moyen du permenganate de po-potasse.
- Les premières gouttes de ce dernier réactif ne disparaissent que très lentement : mais dès que la réaction est en train, on peut verser une grande quantité de permanganate qui disparaît aussitôt. La teneur en matière organique augmente régulièrement de a jusqu’à e.
- Les eaux de lavage, colorées en jaune clair, indiquaient une abseuce complète d’acide oxalique, qui est précipité par la chaux, en présence de l’eau, et qui décompose le chro-mate de potasse provenant du fixage
- Il est clair que la proportion qui existe entre les deux corps dans le bain acide ne peut être que nuisible, car ce qui diminue dans le le mélange c’est l’acide cher, l’acide oxalique, tandis que le bain n’augmente pas d’action par l’addition de H2S04.
- Dingler's polytedinischcs Journal.}
- NOS ÉTOFFES EN AFRIQUE
- Le ministre de la marine et des colonies a reçu du gouverneur du Sénégal les renseignements suivants sur la faveur dont jouissent auprès des indigènes du Soudan français divers tissus de fabrication nationale.
- La guinée est toujours l’étoffe la plus recherchée pour toutes les transactions commerciales.
- La toile des Vosges est également en grande faveur surtout dans les pays Toucouleurs, où elle sert à la fabrication des « boubous » et des bonnets du pays.
- Le calicot à dessin est recherché principalement par les femmes qui s’en confectionnent des bonnets. Il semble que le commerce trouverait à placer cet article assez facilement.
- Les dessins préférés sont ceux à raies de différentes couleurs, vertes, blanches, rouges et bleues, alternant par deux, par trois ou par quatre.
- Les tissus épais unis ne sont presque plus
- demandés, à cause de la mauvaise qualité de la teinture.
- APPAREILS
- POUR RETIRER LES GRAISSES DES EAUX DE SUINT (SYSTÈME dehne)
- Lorsqu’on cherche à retirer la graisse contenue dans les eaux de rebut des manufactures de laines, on peut se proposer deux buts différents, qu’il n’est pas toujours possible d’atteindre à la fois. On a à faire soit l’extraction de cette graisse de façon qu’elle puisse être livrée au commerce ou utilisée dans la fabrique même, soit l’épuration des eaux, afn de les déverser dans les rivières sans inconvénient pour la salubrité publique.
- Dans les endroits soumis à une législation sévère, ce dernier but est le plus important. La purification des eaux s’obtient alors en neutralisant les graisses par des procédés chimiques, et on ne s’occupe aucunement de l’utilisation ultérieure de celles-ci ; on produit des sels dont il est très difficile de les retirer, et leur valeur commerciale est entièrement perdue.
- En outre, les eaux doivent être emmagasinées en grande quantité, ce qui exige beaucoup d’espace et entraîne nécessairement des inconvénients et des dépenses. Malgré ces deux désavantages, le procédé chimique est adopté le plus souvent ; la raison en est simple : il n’existe pas de système satisfaisant de manipulation mécanique.
- Ces circonstances donnent un intérêt particulier à un perfectionnement déjà adopté par certaines usines allemandes, qui semble répondre aux objections faites contre les anciennes manipulations mécaniques et que les inspecteurs de l’administration ont trouvé satisfaisant au point de vue de l'épuratiol des eaux.
- L’appareil employé se compose de deux réservoirs d’une capacité suffisante pour contenir les eaux d’une journée de travail)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- au-dessus sont placées les conduites d’alimentation et la presse à filtre. Les eaux sont amenées, suivant les cas, dans l’un ou l’autre des deux réservoirs par une conduite mobile, tandis que des tuyaux d’échappement sont placés sur les côtés de ces réservoirs et à différentes hauteurs. Les dépôts de matières, qui représentent en général le tiers du volume total, sont enlevées par un tuyau ; quand on en a retiré une quantité suffisante, on terme un robinet placé sur ce tuyau et l’on envoie les dépôt dans la presse ; les matières solides se séparent des eaux qui sont évacuées par la conduite.
- La presse se compose d’un certain nombre de plaques, entre lesquelles les dépôts se trouvent comprimés sous forme de pains analogues comme forme aux tourteaue d'huile. Cette opération dure une ou deux heures ; puis on desserre la presse et on retire les pains.
- En dix heures, et avec une seule presse, on peut traiter de 1,000 à 1,500 kilogrammes de dépôt. Il suffit d’une conduite de vapeur, munie d’une soupape régulatrice, la pression ne devant jamais dépasser 20 à 25 kilogr. Il résulte de là que l’appareil ne comporte aucun engrenage et peut être placé dans n importe quel endroit. Un seul ouvrier peut le conduire ; son travail consiste simplement a ouvrir et à fermer alternativement les ro-binets et à vider la presse.
- La graisse contenue dans les eaux se (rouve ainsi entièrement extraite à peu de frais : elle représente environ 15 0(0 des dépôts avec les eaux de lavage et 20 0[0 avec les eaux de foulage.
- Dans une manufacture saxonne, où le pro-cédé se trouve appliqué, une production de 125 tonnes de pains de graisse, réalisée pen-dant une période de 47 semaines, a coûté 1756 fr. 25, ainsi répartis : 11 tonnes de kersent à 20 fr 220 » 150 hectolitres de chaux à 2 fr. 50. 375 »
- Toile et papier à filtre ...................... 200 » Salaires, 47 semaines à 12 fr. 50,..........587 50
- Vapeur, 47 semaines à 7 fr. 50 ... 352 50
- Intérêt et amortissement sur
- 4,375 fr............................ 21 25
- Total........... 1.756 25
- Dans ces conditions la tonne de graisse revient à environ 14 fr.; l’usine la vend à raison de 25 fr.; le bénéfice est de 11 fr.
- Ce procédé permet donc d’obtenir non seulement des eaux purifiées, mais encore une certaine quantité de graisse d’une valeur commerciale importante. En général, les manufactures de lainages ne sont pas en mesure de faire l’opération dont nous venons de parler, mais elles peuvent facilement vendre leurs eaux à des usines de produits chimiques qui n’éprouvent aucune difficulté à en faire le traitement. Au reste, le système est adopté déjà par un certain nombre d’usines, notamment en Prusse. L’épuration des eaux est si complète que les autorités ont conservé pendant cinq mois les eaux soumises au traitement dans l'usine indiquée ci-dessus, sans observer aucun dépôt, ni aucune odeur.
- Albert Marnier.
- JURISPRUDENCE
- COUR D’APPEL DE LYON
- PROCÈS DES FABRICANTS DE CHENILLES
- La 4e chambre de la cour d’appel de Lyon a rendu son arrêt sur l’appel intenté par M. Descours, de Saint-Etienne, contre le jugement du tribunal correctionnel de Lyon qui l’avait condamné à payer à divers fabricants de chenilles une somme de 175,000 fr. à titre de dommages-intérêts à la suite d’un procès en contrefaçon.
- M. Descours prétendait avoir inventé une machine pour couper la chenille et s’était fait breveter pour son invention. Armé de son brevet, il fit saisir chez ses concurrents les appareils correspondant à sa machine à couper la chenille ; il leur intenta, en outre, un procès en contrefaçon.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les fabricants de chenille soutinrent que la contrefaçon n’existait pas et qu’il y avait de nombreuses antériorités. D’autre part, ils demandèrent revencontionnellement des dommages-intérêts représentant le préjudice a eux causé par l'arrêt de leur fabrication.
- La cour a confirmé le jugement du tribunal correctionnel et à même élevé de 7,000 fr. le chiffre des dommages-intérêts alloués à un fabricant de chenilles, M. Genin.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- Lille. — La Société Chipart fils et Quen-nelle, fab. de toiles, à Armentières et personnellement Chipart fils et Quennelle. — Jug. du 22 juillet. — S. : M. Capon.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en commandite Polinière et Cie, teinturiers, rue de la Victoire, 83. — Durée : 10 ans. — Cap. : 15,000 fr. — Acte du 9 juin. — G. T.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Trotry et Cie, usine d’apprêts, rue Croix-Nivert, 190.— Durée : 10 ans.— Cap. : 50,000 fr. — Acte du 29 juin. — A. P.
- Puteaux. — Formation de la Société en nom collectif Entz et Cie, fab. de teinturerie, quai National, 39. — Durée : 5 ans. — Cap. : 30,000 fr. — Acte du 12 juillet. — A. P.
- Sedan. — Formation de la Société en nom collectif Wéry et Maltaite, apprêt des draps. — Durée : 10 ans. — Cap. : 2,000 fr. — Acte du 23 juin.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Puteaux. — Dissolution, à partir du 30 juin 1887, de la Société Patry, George et Cie (expi. de brevets pour dégraisser et laver la laine et les autres tissus etc.), rue du Château, 1. — Liquid. : M. Louis Corcket, rue du Château, 26, à Roubaix. — Acte du même jour. — J. g. d’A.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er mai, de la Société Bourdon et Faure, soieries, rue Puits-Gaillot, 7. — Liquid. : M. Faure. — Acte du 1er juin.
- MODIFICATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Modification du capital de la Société anonyme des Gommes nouvelles et Vernis, rue de la Victoire, 56, porté de 1,600,000 fr. à 1,700,000 fr. — Délib. du 25 avril 1887 et acte du 10 juin suivant. — J. g. d’A.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Stofft a vendu à M. Fredière, rue des Récollets, 31, de suite, un fonds de teinturerie, quai Jemmapes, 90.
- M. Ruel a vendu à M. Dublanchy, boul. Voltaire, 132, à l’Eclaireur commercial, 17 juin, un fonds de teinturerie, rue du Chemin-Vert, 48.
- M. Meunier a vendu à M. X..., rue de Bruxelles, 13, chez M. Guinot, 2 juillet, un fonds de teinturerie, rue Dejean, 3.
- M. Haulard a vendu à M. X..., rue des Juges-Consuls, 3, chez M. Bérard, 20 juillet, un fonds de teinturerie, rue Delambre, 34.
- Mme Henry a vendu a M. X. .., rue des Juges-Consuls, 3, chez M. Bérard, 20 juillet, un fonds de teinturerie, rue du Rocher, 85.
- M. Tytgat a vendu à M. X..., boul. Bonne-Nouvelle, 6, chez M. Guyon, de suite, un fonds de teinturerie, rue d’Enghien, 5.
- Mme Rondini a vendu à M. Fortier, rue du Roi-de-Sicile, 52, chez MM. Boittiaux frères, 1er août , un fonds de teinture, rue de Rome, 60.
- Mme veuve Rougier a venduàM. X..., boni. Ménilmontant, 29, chez M. Pervien,de suite, un fonds de teinturerie, rue Rochechouart, 67 et rue d’Orsel, 7.
- Mme Rousselet a vendu à M. Baudreux, boul. National, 134, à Clichy-la-Garenne, 8 août, un fonds de teinturerie, boul. National, 100, à Clichy.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, A 11 BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 1887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
- PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES,
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- LAVAGE CONTINU DES LAINES Par M. Lorthiois.
- M. Lorthiois ne revendique pas un système particulier de machine à laver, mais l’application aux systèmes connus d’une alimentation d’eau spécialement disposée. Au lieu de faire affluer le liquide dans les bacs, où il se trouve immédiatement souillé par les impuretés du désuintage et du lavage, M. Lorthiois fait tomber l’eau directement sur la matière fibreuse pendant qu’elle chemine sur les tabliers sans fin établis devant les appareils essoreurs. L’eau est sous pression et arrive à l’état de pluie, par l’intermédiaire de tuyaux situés transversalement et au-dessus des tabliers. Le liquide s’écoule sans discontinuité Par des déversoirs, qui le recueillent près du fond des bacs, de manière à entraîner constamment les boues et autres résidus.
- MACHINE A TEINDRE LES FILS Par M. Hanson.
- La machine décrite a pour objet la teinture des fils en écheveaux ; elle comporte un cer-tain nombre d’asples ou bobines horizontales "isposées par paires en vue de la tension à
- donner aux écheveaux. Les asples reçoivent un double mouvement de translation verticale et de rotation pour produire l’immersion des fils et simultanément le déplacement des écheveaux sur leurs supports, pour réaliser, par conséquent, les conditions les plus favorables de la teinture à la main, tout en accélérant notablement le travail. D’autres appareils ont été établis depuis longtemps déjà en vue du même résultat; aussi le brevet Hanson porte-t-il principalement sur des détails de construction.
- CHAUFFAGE DES BASSINS A TREMPER LE LIN Par M Henby.
- Pour maintenir à une température suffisamment élevée et régulière les bassins où sont immergés les lins, M. Henby fait communiquer le liquide contenu dans ces bacs avec un serpentin placé au centre d’un foyer à combustion lente. Les produits de la combustion se dégagent à la partie supérieure du foyer, dans des conditions telles que la température du liquide reste uniforme, quelle que soit la durée de l’immersion.
- LES INVENTIONS BREVETEES
- 178991. 15 octobre ; Dubois Mauduit. Procédé pour imperméabiliser les draps.
- 179068. 16 octobre; Société H. David et Cie.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Perfectionnements aux procédés de teinture des matières textiles mises en écheveaux.
- Les perfectionnements qui font l’objet du brevet consistent à opérer la teinture en tenant l’écheveau toujours entièrement baigné dans le bain, à supprimer par une disposition spéciale des supports toute tension de l’écheveau, à diminuer ou supprimer complètement la main-d’œuvre exigée par le lissage, en assurant le mouvement automatique de l’écheveau dans le bain, de façon à changer ses points de contact avec ses supports et à augmenter l’efficacité du procédé soit par le mouvement de la cuve qui le contient ou enfin par la combinaison de ces deux mouvements.
- Les garnitures des bâtons ou supports des écheveaux sont faits au moyen de tubes en caoutchouc facilement et rapidement rempla-çables.
- 179091. — 22 octobre; Société Gabinot et Herzog.
- Nouveau procédé dénommé côtes couvertes sur bonneterie par impression.
- 179149. 20 octobre ; Société Abel Henry et Gie.
- Procédé de teinture en bleu sans indigo ne dégorgeant pas sur le blanc.
- L’objet de l'invention comprend :
- 1° Un procédé de teinture pour matières textiles en bleu ne dégorgeant pas sur le blanc, composé de deux opérations successives. La première consiste en un passage très rapide et par petites quantités (par exemple 1 kilogr. de matière) dans un bain com • posé de deux solutions que l'on ne doit mélanger qu’au moment de s’en servir et dont la première est composée de chlorate de potasse, sulfate de cuivre, chlorhydrate d’ammoniaque, nitrate de fer et eau, et la deuxième d’aniline ou ses homologues (toluidine, hyli— dine), acide muriatique, acide tartrique et eau, ensuite à sécher à courant d’air pendant peu de temps à 35° et pendant environ douze heures à 30°, en évitant d’exposer la matière au soleil et à l’air ambiant. La deuxième
- opération consiste à faire passer dans un bain contenant de l’alizarine et à faire bouillir pendant 1 h. 1[2. aviver à la soude ou au savon, laver et laisser sécher.
- 2o L’emploi successif ou combiné de l’ani-1
- " line et de l’alizarine comme colorant dans des teintures en bleu grand teint.
- 179192. 22 octobre ; Douvry. Machine à teindre les laines en bobines et en vrac et toutes autres matières textiles.
- 179199. 23 octobre ; Kaiser. Appareil à sécher le papier, le carton, les étoffes et autres tissus cellulaires
- 179212. 27 octobre; Bertrand. Appareil destiné au séchage des bobines et de la laine peignée ou cardée après teinture. L’appareil se compose :
- lo D’un réservoir pourvu d’un fond fixe, de deux doubles-fonds mobiles, entre lesquels sont convenablement disposées les bobines à sécher, et d’un couvercle mobile muni d’une cheminée.
- Les doubles fonds, entre lesquels sont disposées les bobines, sont perforés et les espaces libres entre les bobines sont remplis par des bouche-trous métalliques ou autres, laissant ainsi peu ou pas de jeu entre lesdites bobines.
- Le système supportant ces dernières est placé dans un réservoir, à une certaine hauteur du fond, et l’espace compris entre ce fond et le double-fond est occupé en grande partie par un serpentin ayant prise sur la conduite générale de vapeur.
- 2 D’un récipient d’air sous pression à fer-mermeture hermétique, portant une soupape de sûreté et traversé dans toute sa hauteur par un autre serpentin à vapeur ayant prise aussi sur la conduite générale. Ce récipient est en communication, d’une part, avec le fond du réservoir et, d’autre part, avec un compresssur d’eau quelconque.
- 179324. 29 octobre; Tachon.
- Nouveau système de polissage des étoffes soies et mélanges soies.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 179325. 3 novembre; Société Ch. Vignet, ses fils et Cie.
- Nouveau procédé d’application par contact de toutes matières susceptibles de charger et apprêter les fils des tissus et spécialement les fils des tissus légers.
- 179355 30 octobre; Dittmar et Zchmisch. Appareil et procédé pour la teinture, lavage et blanchissage de loutee espèces de fils en écheveaux.
- L’objet du brevet consiste en une cuve recevant le bain de teinture et chauffée par un moyen quelconque. Dans cette cuve on peut plonger et hisser, moyennant un appareil à roues et cordages, un cadre pourvu d’un certain nombre de planches dont les pivots sont couchés d’un côté dans le cadre et tournent de l’autre côté dans les arbres de roues dentées engrenant l’une dans l’autre et mises toutes en rotation par une seule roue dentée, qui reçoit son mouvement tournant au moyen d’un système d’engrenages et de poulie.
- Ces planches sont combinées avec un système de lattes ovales qui reçoivent les éche-veaux à traiter, lesquels sont tenus espacés par des fils métalliques ou tringles et avec un système de brosses placées sur les lattes et oervant à empêcher les bouts de fils de s’embrouiller autour des planches.
- 1/9470. 9 novembre; Société Devigne et Durand.
- Nouvelle polisseuse, dite l’Indispensable.
- 179903. 8 novembre ; Amand. Perfectionnements dans la machine à laver.
- 179511. 8 novembre ; Renard.
- Procédé spécial permettant de faire adhérer tres solidement des poudres, poils et toutes autres matières moulues ou coupées sur des Ussus à l’aide du caoutchouc.
- 179519. 8 novembre ; Société Royer et Robin.
- Procédé d’apprêt des tissus de tous genres au moyen de la vapeur d’eau.
- R objet du brevet consiste à enrouler les tissus à apprêter sur des tubes percés de
- trous par un système d’embarrage quelconque, en même temps que s’enroule le tissu, nous enroulons une pièce de toile très tendue qui vient faire pression sur ledit tissu, de sorte qu’il se trouve enroulé très serré sur le tube, sans que pour cela nous ayons tiré la pièce en longueur. Nous posons les rouleaux garnis de leurs tissus et de leur toile dans un récipient muni d’un couvercle pouvant se fermer hermétiquement, nous y introduisons de la vapeur sèche par la partie inférieure, la vapeur traverse le tissu facilement, car elle pénétre librement dans l'inté-rieur du rouleau perforé, ouvert à ses deux bouts, et arrive également à l’extérieur dudit rouleau. Au bout d’un certain temps, variable suivant la nature des tissus, nous retirons les rouleaux du récipient et nous les laissons refroidir. Puis nous déroulons et nous obtenons ainsi un bel apprêt brillant ne se tachant pas à l’eau.
- 179548. 9 novembre ; Badon.
- Système d’impression applicable à l’industrie du papier peint, par l’emploi de planches et de cylindres garnis de gélatine ou de caoutchouc.
- J. FAYOLLET,
- A vocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- (Suite.)
- En 1884, la Chambre de commerce de Lyon a encouragé M. Charrin, par une souscription de 500 fr., pour ses tentatives d’acclimatation dans le Cantal de diverses espèces A" Antherœa d’Attacus, de Philsomia. La Chambre de commerce de Lyon a voulu montrer qu’elle était à la hauteur de sa mission en soutenant les novateurs ou importateurs de progrès dans la sériculture, surtout au moment où les soies sauvages d’Asie prennent droit de cité en Europe.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le laboratoire de la condition des soies de Lyon a également étudié des vers à soie se nourrissant sur des plantes autres que le mûrier, entre autres, des études ont été faites sur le ver à soie chinois, VAntharœa Pernyé, qui vit sur le chêne.
- Il existe, d’ailleurs, une quantité d’autres vers à soie sauvages, qui donnent les soies tussahs si largement utilisées en Chine, au Japon et dans l’Inde.
- Ces soies tussahs menacent, d’ailleurs, de déborder le marché européen.
- ANTHERŒA PERNYÉ
- La soie tirée de VAntherœa Pernyé est de la famille des soies sauvages, destinées à jouer un rôle de plus en plus grand sur le marché européen.
- Le début de ces soies fut assez mal ac-ceuilli, et, je m’en rappelle, on ne pouvait la teindre (je parle de 1867), surtout pour les noirs, elles restaient toujours grisâtres.
- Déjà, en 1847, M. Guinon et Marnas avaient conseillé le décreusage par la soude caustique, décreusage insuffisant, mais qui cependant fut un progrès ; en 1878, M. Tessié du Mottay fit faire un nouveau progrès par l’application du blanchiment au bioxyde de baryum, remplacé aujourd’hui par l’eau oxygénée.
- Ceci est une théorie purement spéculative et que je donne sous toutes réserves. L’eau oxygénée agit en détruisant un principe astringent qui a annihilé les propriétés endos-iniques de la soie sauvage, et ce principe astringent provient de la feuille des arbres sur lesquels le ver à soie est nourri.
- Malgré cela, la soie tussah proprement dite garde toujours un aspect spécial ou pailleté, vue au microscope, elle ressemble à de l’acier poli.
- Les soies dites tussah sont très nombreuses ; il y a les variétés de l’Inde, de la Chine, de l’Assam, du Japon. Et, dans chaque variété, on a des grèges dont la nuance varie du chamois clair au brun foncé et des pertes
- à la cuite de 8 à 28 00. J’ai même vu des pertes atteignant 34 0[0.
- Le décreusage des soies sauvages n’a,d’ailleurs rien de commun avec celui des soies ordinaires ; de même la perte est très élastique, comme on l’a vu ci-dessus.
- Personnellement, j’ai eu à m’occuper de décreusage des soies dites tussah, et, finalement, je n’ai encore point d’opinion de formée. Pour moi, la soie ordinaire a un fourreau ou enveloppe dite grès. Il n’en est pas de même pour le tussah. Et, chose étrange, sous le rapport du décreusage, celui du tussah se rapprocherait plutôt du coton que de la soie.
- La perte en grès des soies sauvages dites tussah, d’ailleurs trop élastique de 8 à 26 0(0 et même plus, indique des surcharges frauduleuses.
- La perte de 8 0[0 est la perte rationnelle, que je n’ai d’ailleurs jamais constatée. Les soies tussah très brunes perdent, par un simple lavage à l’eau, 10 0[0 et même plus, ce qui indique une fraude, ni plus ni moins.
- En général, ces dernières années, à la Condition des soies de Lyon, on a trouvé une perte de 18 0[0 pour les grèges tussah de Chine, et une un peu moindre pour celles de Chine.
- Il reste, jusqu’à présent, une lacune à combler. C’est celle de la connaissance de la nature du grès des soies sauvages au point de vue de la constitution chimique. Jusqu’à ce jour, il n’a rien été entrepris à cet égard. Cependant je-puis dire, d’après mes observations personnelles, que la soie sauvage n’a aucun rapport avec la soie ordinaire ; ainsi, on ne saurait faire avec la soie sauvage des catégories de teinture en cru, cuit ou souple» comme avec les soies ordinaires.
- Je me sers d’une comparaison pour rendre ma pensée : la soie sauvage est à la soie ordinaire ce que sont les poils divers à la laine commune. Le tout est de savoir s'en servir.
- L’emploi de l’eau oxygénée a déjà rendu un
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- très grand service en permettant de teindre 1 ces soies presque comme celles ordinaires, ce 1 qui prouve bien qu’elles sont d’une nature spéciale et, je dirai mieux, que, produites sur des feuilles de chêne, elles sont engallées naturellement. 1
- La soie sauvage, en général, pour ses propriétés tinctoriales, non révélées par l’eau oxygénée, ne se rapproche d’aucune fibre.
- Voici quelques noms des types de soies sauvages qui, dans ce moment, montent à l’horizon :
- Dans l’Inde, presque toutes les contrées montagneuses ont des chenilles de la famille des Saturnides, vivant en liberté sur les arbres ou arbustes tels que les : Zizyphus jujuba, Terminalia alata, Terminalia tomen— ^osa, Bombyx heptaphyllum, Shorea robusta, Zicus elastica, Fieus religiosa, Pentaptera to-^entosa, Ailantus glandulosa.
- Antherœa pophia ou Antherœa mylitta est l’espèce la plus répandue ; c’est celle qui fournit le ver dont le cocon donne le tussah indien, le plus répandu dans les marchés.
- En Assam, on cite le Monga (Antheroœa itësama), qui produit un cocon blanc nourrit sur le Champa ou le Maizankouri, et produit un cocon roux lorsqu’il se nourrit du Soum. Enfin, on cite VEria (Philosamia ricini), qui vit sur le ricin et fait un cocon plus petit que celui du Monga et est indévidable.
- La question de coloration des cocons d‘a-près les feuilles, n’a rien qui doive surpren dre. J’ai remarqué que, dans l’éducation des vers à soie ordinaires, une feuille plus ou moins robuste et colorée donnait des cocons plus ou moins colorés.
- Marius MOYRET, (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.)
- apprêt des voiles de crêpe anglais. Ie'Procédé. Si le crêpe est taché de graisse
- ou d’un corps gras quelconque, on le fera nettoyer à sec, si non on le passera sur la table vapeur ; on l’humecte fortement, on le roule sur lui-même à mesure qu’il prend la vapeur; l’apprêt existant l’amollit, et vivement on le passe au feutre suffisamment détendu pour qu’il ne puisse écraser les côtes du crêpe; l’envers doit être placé sur le cylindre et l’endroit du crêpe contre le feutre ; on les réussit très bien sur le métier à apprêter à toile sans fin de MM. Pierron et Dehaître, ainsi que sur toute autre machine à apprêter analogue; le crêpe, en sortant du feutre, après un tour de cylindre, y a repris toute sa fermeté.
- Si le crêpe est passé et jauni par l’usage, qu’il soit par trop déformé et devenu mou, il faut le passer sur une gomme arabique tiède, dans laquelle on ajoutera une petite quantité de bois d’Inde. On le lisera cinq minutes, on le laissera égoutter (sans le tordre); quand il sera sec, on le passera au feutre. Mais il ne faut pas traiter le crêpe comme la soie si il est en soie, car dans la manipulation de la teinture on déformerait certainement le crêpé, et qu’il serait impossible de faire revenir, ce qui revient à dire que par les procédés que j’indique, on ne recrêpe pas à nouveau, mais on utilise le crêpé déjà existant.
- 2e Procédé. Sans le secours du feutre,après avoir suffisamment humecté à la vapeur le crêpe anglais, on le repasse avec un fer moitié chaud à la mousseline entre deux feuilles de papier léger ; on le tire le plus possible au carré ; il ne faut pas appuyer avec le fer, un légér coup de fer suffit jusqu’à ce que le crêpe soit sec.
- On active ce genre de travail avec les métiers à feutre sans fin garnis d’injecteurs de vapeur ; aussitôt humide, on l’enroule et il est engagé dans le feutre.
- 3e Procédé. Mon ami Puel, de Béziers, teinturier breveté, a trouvé la manière suivante pous apprêter les voiles de crêpe anglais.
- Son procédé consiste en une espèce de petit métier de St-Quentin, un cadre en bois de 1 m. 80 de longueur et de 1 m. de largeur en-
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- viron. De 20 en 20 centimères espacés sont sont des rainures qui livrent passage à des boulons à oreilles qui fixent une règle métallique sur les quatre côtés du cadre.
- Le bord du voile à apprêter est serré entre les règles et le cadre ; il s’y maintient tendu. L'appareil est posé à plat sur une table ; on fixe les quatre côtés du crêpe,on porte l’appareil sur la table vapeur qui humecte l’apprêt déjà existant : les règles le maintiennent tendu ; il est ensuite placé au séchoir chaud où il reprend sa fermeté primitive ; si le crêpe est court ou étroit, on fait usage d'une toile clouée en haut du cadre, arrivant à la hauteur demandée ; de même si le crêpe est étroit, on utilise une seconde toile clouée sur un des autres côtés perpendiculaires. Les résultats obtenus sont très satisfaisants.
- NETTOYAGE A SEC.
- Le nettoyage des articles dits à sec se fait entièrement à la benzine ; ils se brossent, se foulent, se passent à la barbotteuse et se rincent comme si c’était du nettoyage mouillé à l'eau ordinaire.
- Il faut donc avoir en réserve une grande quantité de benzine pour présenter du travail bien fait ; ce genre de travail ne se fait pas à Paris, en vertu d’une ordonnance de police qui date de 1878 ; il est exécuté par trois spécialistes qui à eux seuls font tout le nettoyage à sec de Paris, des environs et d’une grande partie de la province.
- Ces trois maisons sont :
- Les maisons Berton et Bienaimé, à Clichy.
- La maison Bontemps, à Puteaux.
- Ces trois usines emploient le meilleur du personnel apte à faire des travaux de ce genre et les patrons s’en occupent aussi très activement ; du reste, ils connaissent à fond le métier, ses désagréments et ses dangers ; maintiennent des prix ordinaires ; en un mot s’entendent.
- D’autres petits capitalistes, mais n’entendant absolument rien au nettoyage à sec, sont venus essayer ce genre d’industrie ; ils ont
- baissé les prix, gâché le métier, et en somme | ont échoué ou échoueront tôt ou tard.
- Ce genre de travail doit se faire par des Igens travailleurs et surtout connaisseurs; et comme dit le proverbe : « A chacun son métier, et les muses seront bien gardées. »
- L'atelier de nettoyage à sec se compose d’une batterie de baquets à fouler, garnis de zinc, deux ou trois tables garnies de même, quelques tréteaux, une boîte à double enveloppe, une essoreuse-toupie, une batteuse pour battre les gros articles de drap, pardes-Isus, paletots, rideaux, etc.. Des réservoirs en quantité suffisante pour loger les benzines neuves et ayant déjà servi. Un appareil à distiller les vieilles benzines,un grand séchoir garni de tuyaux à ailettes et chauffant à la vapeur. Une machine de petite force suffit Ipour mettre la barbotteuse et l’essoreuse en mouvement.
- Les articles sont triés séparément :
- lo Les blancs de laine ou de soie, les soies ;
- 2° Les gris, les clairs en général ;
- 3o Les foncés et les noirs.
- Tous les petits articles qui craignent se font à la main, la plupart des gros articles se font à la borbotteuse.
- Pour faire de beaux blancs de laine, on ale soin d’avoir toujours d’avance du savon blanc très sec ; tous les articles blancs sont savonnés, frottés avec un morceau de ce savon et ensuite foulés et dégorgés à la benzine en plein; on rince ensuite sur deux ou trois benzines blanches et on essore à extinction.
- On peut azurer les blancs en laine en utili-sant le bleu d’outremer qui ne se dissout pas dans la benzine, pas plus que dans l’eau, mais qui y reste en suspension, étant extrêment fin ; on agite le bain d’azurage et l’article y étant lisé quelques secondes, on passe à l’essoreuse ; le blanc doit être parfait.
- Pour les articles ordinaires tout faits, paletots, pantalons, gilets, etc., on a d’abord le soin de retourner les poches afin de s’assurer qu’elle ne contiennent pas de matières inflam-
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- ET DE L’IMPRESSION DES T1S3Us
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- mables, bouts d’allumettes ou autres. La plupart de ces articles ont des doublures blanches; il est nécessaire de les brosser à la brosse de crin un peu dur, et quelquefois, si elles sont trop sales, on fait usage de la brosse de chiendent.
- Les taches une fois dégorgées et les dou blures brossées, on passe à la barbotteuse, on les tourne 7 ou 8 minutes, on les retire de la boîte et on rince sur deux ou trois benzines propres, on essore et on étend au séchoir.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- {Suite)
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 0 kil. 750 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 0125 alizarine.
- 0 kil. 00625 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. : 0 kil. 875 extrait de bois jaune. 6 kil. 375 » » campêche.
- O kil. 0375 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 625 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 150 » » campêche.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 750 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 0375 alizarine.
- 0 kil. 015 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 500 » » campêche.
- 0 kil. 500 Alizarine.
- 0 kil. 125 sulfate de fer.
- Olioe
- Bouilon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 225 » » campêche.
- 0 kil. 300 alizarine.
- 0 kil. 100 sulfate de fer.
- Olive
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 000 extrait de bois jaune.
- 1 kil. 250 » » campêche moulu.
- Brun
- Bouillon d’olive pour 10 kil. : 2 kil. 250 extrait de bois jaune.
- 2 kil. 500 caillatour.
- Brun
- Bouillon d’olive, pour 10 kil. : 1 kil. 875 extrait de bois jaune.
- 1 kil. 375 » » campêche.
- 0 kil. 375 alizarine.
- 0 kil. 175 sulfate de fer.
- Brun
- Bouillon d’olive pour 10 kil. :
- 1 kil. 875 extrait de bois jaune.
- 1 kil. » » campêche
- 0 kil. 525 alizarine.
- i 0 kil. 100 sulfate de fer.
- Brun
- Bouillon d’olive pour 10 kil. : 2 kil. 250 extrait de bois jaune. 0 kil. 600 » » campêche.
- 1 kil. 150 alizarine.
- 0 kil. 150 sulfate de fer.
- Brun
- Bouillon d’olive, pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 extrait de bois jaune.
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- 196
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 0 kil.
- 0 kil.
- 0 kil.
- 500
- 500
- 125
- »
- » campêche.
- Alizarine.
- sulfate de fer.
- 1 kil.
- Rabattre avec 8 kil.
- tartre.
- de campêche moulu.
- Bleu
- Pied de cuve remonté à bain neuf avec: du violet Grébert, on entre à [70 et on frise le bouillon (Routier et Grébert, 65, rue du Marché, à Bruxelles).
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- n ti
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- Très léger pied de cuve remonté avec :
- Pied de cuve
- Bouillon avec 2 kil. 500 alun.
- 0 kil. 500 tartre.
- Rabattreavecl kil. 250 campêche moulu.
- 0 kil. 0375 bleu blaekley (Meis-terf).
- d
- F r
- 0 kil. 250 violet alcalin
- (Meister).
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- 0 kil. 0876 bleu alcalin H. B. ( » ).
- On rentre à 70° et on frise le bouillon : on avive ensuite ces bleus dans un bain à 60° contenant : 0 litre 25 S 03. —Laisser une 1(2 heure dans ce bain.
- Pied de cuve
- 0 kil. 200 bleu alcalin 4 B.
- 0 kil. 250 cristaux de soude. Aviver.
- Pied de cuve
- Bouillir avec :
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- Pied de cuve
- 0 kil. 050 violet Grébert.
- 2 kil. 500
- 0 kil. 500
- 0 kil. 250
- alun.
- tartre.
- sulfate de cuivre.
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- Bouillir 2 heures. — Rabattre avec : 6 kil. 000 campêche moulu.
- Pied de cuve
- Bouillon de 2 heures avec : 3 kil.
- alun;
- 1 kil. tartre. On rabat avec : 1 kil. 250 cam-
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- pêche moulu.
- (Reproduction interdite.}
- — e
- S e-g & s
- C
- Pied de cuve.
- 0 kil, 125 bleu alcalin 4 B.
- 0 kil. 250 cristaux de soude. Aviver comme le précédent.
- SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- Pied de cuve
- Bouillon de 2 heures avec : 2 kil. 500 alun, 0 kil. 500 g. tartre.
- Rabattre avec 1 kil. 500 campêche moulu.
- Bleu
- Pour 10 kil :
- Pied de cuve
- Bouillon avec 2 kil. 500 alun.
- Extrait du programme des prix proposés pour 1888 par la Société.
- Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements et pièces destinées à constater les droits des concurrents pour l’année 1888 devront être remis au secrétariat de la Société avant le 1er janvier. Ce terme est de rigueur.
- ARTS CHIMIQUES
- Prix de 2.000 fr. pour la substitution » l’acide sulfurique dans la teinture et notam ment dans celle des soies, d’un autre compose
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- donnant aux fibres l’apprêt voulu, mais n’exerçant pas sur elles la même action destructive .
- P.-S. — On délivre gratuitement, au siège de la Société, les programmes détaillés des prix mis au concours, où se trouvent tous les renseignements utiles aux concurrents.
- = *=0-08-=—»---------
- PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT Mather- Thompson
- Note de M. J. HEILMANN, à la Société Industrielle de Rouen.
- Il est beaucoup question depuis quelque temps du nouveau système de blanchiment de l’invention de MM. W. Mather et Thompson. J'ai eu tout récemment, en compagnie de M. Lacombe, chimiste à Lille, l’occasion de voir fonctionner ce système dans l’usine de Halli-well, exploité par MM. Ainsworth et Cie, à Bolton, près Manchester. Pendant les deux jours que j’ai passés dans cet établissement, j’ai pu suivre dans toutes ses opérations le blanchiment d'une partie de pièces de calicot. C’est le résultat de mes observations personnelles que j’ai l’honneur de venir vous soumettre ici.
- De toutes les industries qui ressortent du domaine de la chimie, le blanchiment des fibres végétales est peut-être celle qui avait le moins changé dans ces cinquante dernières années. En effet, sauf quelques modifications de détail, qui se rapportent surtout à la partie mécanique, on blanchit encore aujourd’hui tel “ on le faisait il y a près d'un demi-siècle.Ce n est pas que l’on n’ait cherché à faire inter-venir d’autres agents chimiques, surtout pour "emplacer les chlorures décolorant. Mais jus-9a ici ces tentatives n'ont eu aucun succès, et 1 on n’a pas encore pu arriver à un résultat Pratique, soit parce que les produits que l'on "vait essayés étaient d’un prix trop élevé,soit parce qu’ils ne donnaient pas les effets qu’on en attendait.
- Le décoloration des fibres végétales par le
- chlorure de chaux est considérée comme une oxydation, et ce chlorure, composé en grande partie d’hypochlorite de chaux, agit surtout sous l’influence de l’acide carbonique de l’air, qui, en s’unissant à la chaux, met en liberté l’acide hypochloreux, le véritable agent oxy-dant.Mais puisque l’acide carbonique de l’air, qui n’en contient qu’une proportion infinitésimale, peut déjà produire une réaction aussi caractéristique, il est naturel qu’on ait cherché, pour arriver au même but, à faire agir une atmosphère qui contiendrait une plus notable quantité de gaz. Aussi, il y a près de trente ans déjà que MM. Firmin Didot faisaient arriver sur le chlorure de chaux qui servait à blanchir leurs pâtes à papier un courant d’acide carbonique provenant de la combustion du charbon dans un foyer.
- Le pouvoir décolorant du bain était augmenté dans des proportions extraordinaires, et cependant le courant que l’on faisait intervenir ne contenait qu’environ 7 0[0 de ce gaz.
- M. Thompson est le premier qui ait eu l’idée d’appliquer l’action du gaz acide carbonique au blanchiment des fils et tissus de coton, et, en 1883, il prenait un brevet pour cette application.L’acide carbonique était produit en faisant agir l’acide chlorhydrique sur du carbonate de chaux, ce qui [permettait d’obtenir une atmosphère plus saturée de gaz que par la simple combustion du charbon.
- Les fils et tissus étaient alors soumis en vase clos à l’action alternative du chlorure de chaux et de l’acide carbonique, que l’on répétait autant de fois qu’il était nécessaire pour arriver à la nuance voulue du blanc. Cette manière d’opèrer,qui est encore employé pour les filés et les toiles très fortes, fut remplacée depuis, pour les tissus ordinaires, par le blanchiment au continu, que nous décrirons plus loin.
- Cependant, par ce premier brevet, M. Thompson prétendait supprimer les lessives alcalines, pensant qu’il arriverait à blanchir par ces seuls passages en chlorure de chaux
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- et en acide carbonique. Quand il jugeait le lessivage indispensable, il remplaçait l’alcali par du cyanure de potassium, et, pour neutraliser la teinte jaunâtre que les tissus pouvaient encore retenir, il les passait dans une solution de triéthyl-rosaniline additionnée d’acide oxalique.
- Mais pour quiconque connaît la théorie du blanchiment, il est évident que sans lessive alcaline il est impossible d’obtenir un blanc parfait et ne jaunissant pas à l’air. On dut donc revenir aux anciens procédés de lessivage.
- En 1884, la Compagnie formée pour exploiter ce brevet s’adjoignit M. W. Mather, le constructeur bien connu de la maison Mather et Platt, de Salford. M. Mather construisit,au mois de septembre de la même année, le premier appareil à chlorer au continu, qui fut essayé avec un plein succès dans l'usine de Halliwelll.
- Toutefois, depuis longtemps déjà, on avait eu l’idée d’un vaporisage alcalin pour remplacer les lessives. M. Mather, avec la compétence qu’il possède, dirigea ses recherches dans ce sens. Il construisit sa cuve à vaporiser, et le 15 décembre 1885, on faisait à Hal-liwell, devant une nombreuse assistance d’hommes du métier, l’essai du système complet, connu actuellement sous le nom de W. Mather’s et Mather-Thompson’s Bleaching Process. Les essais furent couronnés d’un plein succès.
- C’est ce système que nous allons entreprendre de décrire, tel que nous l’avons vu fonctionner.
- Vaporisage alcalin.—L’appareil dans lequel se pratique cette opération consiste en une cuve cylindrique en fonte, éprouvée à la pression de 1|2 kilog. par centimètre carré, et qui est posée horizontalement sur le sol. Ce cylindre est muni de deux pompes rotatives', placées sur un de ses côtés, et dont l’une sert à établir la circulation de la vapeur pendant l'action du vaporisage et l’autre celle de l’eau lors du lavage. La cuve se ferme par le moyen
- d’un couvercle circulaire en fonte qui, pendant le repos, est suspendu au-dessus et qu’un appareil hydraulique fait monter ou descendre automatiquement. Le couvercle mis en place, une disposition fort ingénieuse établit un joint étanche à la vapeur.
- Les filés ou tissus destinés à être blanchis sont entassés, selon la capacité de la cuve, dans un ou deux wagons construits en treillage de fer galvanisé,et dont la forme correspond exactement en section à celle du cylindre, qu’ils arrivent ainsi à remplir entièrement. Ces wagons sont munis de roulettes glissant sur des rails qui arrivent jusqu’au fond de l’appareil. Il y sont introduits et en sont sortis par le moyen d’un treuil.
- La maison Mather et Platt construit des cuves de diverses dimensions, et, selon ces dimensions, les wagons sont disposés pour recevoir chacun 1, 2 ou trois tonnes de marchandises. Chaque appareil est muni de deux jeux de wagons, ce qui permet de charger ou de décharger les uns pendant que les autres sont soumis au vaporisage. De cette façon, il n’y a jamais d’interruption dans les opérations.
- L’introduction des wagons dans la cuve et la fermeture de celle-ci ne demandent pas plus de 2 à 3 minutes. Il n’en faut pas davantage pour la sortie. La mise en vapeur exige 5 minutes. Le vaporisage dure 5 heures et le lavage qui le suit 2 heures, soit en tout un peu plus de 7 heures. En moins de 15 heures, on peut donc faire deux opérations qui, selon la grandeur de l’appareil, permettent de lessiver de 2 à 6 tonnes de marchandises.
- (A suivre).
- ANNAM ET TONKIN
- Envoi d’échantillons de tissus de vêtement confectionnés
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie vient de transmettre aux Chambres de commerce de Reims, Rouen, Orléans, Lille et
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- Roubaix, cinq collections d'échantillons de divers tissus prélevés par la douane de Haï-phong et qui ont été recueillis par M. le Résident général de la République en Annam et au Tonkin. La Chambre de Commerce de Lille recevra en outre, une caisse de vêtements d’Annamites des deux sexes.
- Le double de ces échantillons est adressé, en même temps, à la Chambre de commerce de Paris.
- NOUVELLE MESURE DE VOLUME d’un CORPS solide.
- La « Chronique industrielle » nous apprend que M. Kleemann, de Halle-sur-Saale (Allemagne), vient d’imaginer un petit instrument qui permet de mesurer le volume d’un corps solide, sans le plonger dans l’eau et sans le peser.
- Cet instrument se compose d’un tube gradué, en verre, d’environ 3 centimètres de diamètre, qu'on peut fermer à son extrémité supérieure à l’aide d'un bouchon en caout-chouc, tandis qu’il s’assemble à sa base avec une boîte en cuivre de 6 centimètres sur 10 centimètres de diamètre.
- On commence par mettre du sable dans 1 appareil jusqu’au zéro de la graduation. Alors on le renverse et on dévisse le fond de la boîte, puis on introduit le corps dont on veut mesurer le volume. Après avoir refermé 'a boîte, on remet l’appareil dans sa position normale. Il ne suffit plus que d’observer le ni-veau auquel monte le sable dans le tube de verre ; le volume cherché se lit sur l’échelle graduée.
- .1.. I essecddea. -a • 1
- BREVETS D’INVENTION
- 179.871. 24 nov.; A. Finger et Cie.—Bron-"age du velours par impression.
- 179.878. 25 nov.; Gevaert. — Teinture en bleu par l’alizarine.
- 179.884, 25 nov.; Smith et Aykroyd.—Perf. a 'a teinture des textiles.
- 179.895. 25 nov.; Campion Delplanque frère et sœur.—Procédé perfectionné de teinture en couleur d’aniline.
- 180.102. 6 déc.; Schepherd Ayrton et Clegg. — Perfect. apportés aux machines et appareils pour tordre et retordre les échevettes ou autres matières filamenteuses.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Amiens. -- Fruit Cardon (dame), ex-teinturière, à Villers- Bretonneux.-- 49 fr.87 c. 0[0.
- HOMOLOGATIONS DE CONCORDAT
- Epinay. — La Société Letuppe frères, blanchiment, teinture et apprêt des dentelles, à la Briche, commune d’Epinay, composée de J.-B, Letuppe et de Orner Letuppe. — Arrêt de la Cour d’appel de Paris du 20 juillet 1887. — Abandon de l’actif.
- Paris. — Vinois fils (Louis-Achille), teinturier-dégraisseur, rue Monge, 41. — Jug. du 30 juillet. — 50 fr. 00 en 10 ans, par 5es, les 1er janvier 1889, 1891, 1893, 1895 et 1897.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Elbeuf. — Formation de la Société en nom collectif Auguste Féretet Pierre Bollen, décatissage et apprêt des draps, passage Gran-din. — Durée : 8 ans. -- Cap. : 10,000 fr. — Acte du 21 juillet.
- Elbeuf. — Formation de la Société en nom collectif A. Monpin et H. Saint-Remy, teinturiers, rue de Rouen, 16 bis. — Durée : 9 ans. — Cap. : 200,000 fr. — Acte du 25 juillet.
- Elbeuf. — Formation de la Société sn com-• mandite Leblois, Piceni et Cie, fab. de pro-| duits chimiques spéciaux et de nouveaux ap-| pareils brevetés pour le blanchiment et la ; teinture des matières textiles, etc., dont le siège, fixé provisoirement à Saint-Aubin-les-Elbeuf, sera fixé dans l’arrondissement de Rouen avec un bureau de correspondance à
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Paris. — Durée : 6 ans du 1er juillet 1887. — Cap. : 140,000fr. dont 80,000 fr. en commandite. — Acte du 31 juillet.
- Lyon - Formation de la Société en nom collectif Riche frères, fab. de fers pour velours unis et façonnés, rue d’Austerlitz, 10. — Durée : 10 ans. —- Cap. : 25,000 fr. — Acte du 30 juillet.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Arquische, Voisin et Grospellier, fab. d’étoffes de soie, rue Puits-Gaillot, 2 et rue du Théâtre, 1. — Durée : 3 ans.— Cap. : 150,000 fr. —Acte du 5 août.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif J. Périgaud et Daloz, teinture et dégraissage, rue Saint-Joseph, 16 et 18, et boul. de la Croix-Rousse, 154. — Durée : 3 ans. — Cap. : 10,000 fr. — Acte du 8 août.
- Sedan. — Formation de la Société en nom collectif Wéry et Maltaite, apprêt des draps, faub. de Torcy, maison Baye. — Durée : 10 ans du 1er avril 1887. — Cap. : 2,000 fr. — Acte du 23 juin.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Elbeuf. — Dissolution, à partir du 31 juillet, de la Société M. Assire fils et Monpin, teinturiers, rue de Rouen, 16 et 16 bis. — Li-quid. : MM. Assire et Monpin. — acte du même jour.
- Lyon. —Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société Lachard, Besson etCie, fab. d’étoffes de soie, rue de Choiseul, 3, à Paris, ladite Société dénommée Lachard frères etCie, à Lyon, où elle a un siège social.— Acte du 23 juillet.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 28 juillet, de la Société Auguste Pierron, teinturier, place de la Boucle, 3. — Liquid. : M. Regaud, arbitre de commerce. — Jug. du même jour.
- Puteaux.— Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société Patry, George et Cie, expl. de brevets pour dégraisser et laver la laine et les autres tissus, etc., rue du Château, 1. — Liquid. : M. Louis Corcket, rue du Château, 26, à Roubaix.— Acte du même jour.— J. g. d’A.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Demars a vendu à M. X...,rue de Viarmes, 33, chez M. Marcoux, 15 juillet, un fonds de teinturerie, rue Madame, 43.
- Aux Armes d’Alsace-Lorraine
- MODÈLE 1886
- caustiques, lessive.
- DE TOUS LIQUIDES ds ou chauds
- CORPS GRAS
- POMPES RITTER
- pour tous usages
- une simple
- CHAUDIÈRE
- avec un
- nrmm-m CONSTRUCTRUR BREVETÉ S. G. D. G.
- U I I Iek 10, boulev. de la Contresearpe
- 1111 lUll PARIS (BASTILLE;
- ENVOI FRANCO DU CATALOGUE ILLUSTRÉ
- O
- Breveté
- S.G.D.G.
- Acides, suifs, stéarine, goudron, huiles, cire, graisses,
- o co
- PULSOMÈTRE débit de
- 60 à 10,000 litres à la minute
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de teinture et impressiony blanchiment et apprêt des filS et tissns, par Marius Moyret, ingénieur chimiste.
- Nous recommandons à nos lecteurs cet ouvrage publié par livraisons de 32 pages, avec planches, échantillons et chromolithographies dans le texte.
- L’auteur, lauréat de l’Ecole de la Martinièreen 1855-1856, n’en est pas, d’ailleurs, à ses débuts ; il a déjà, en 1876, publié un traité spécial pour la teinture de la soie, qui a obtenu un grand et légitime succès, ce qui est de bon augure pour 13 publication nouvelle.
- Le nouveau traité, beaucoup plus vaste que e premier, répond aux besoins actuels. Par suite des exigences de la mode, les teinturiers sont appelés à teindre toutes sortes de fils ; soie, sole
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 18. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 1887
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- ANALYSE DES FIBRES AZOTÉES.
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- NOUVEAUX COLORANTS AZOIQUES.
- DU BLEU DIPHÉNYLAMINE.
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MORDANT POUR TEINTURE Par M. Waite.
- M. Waite revendique la préparation et l’emploi d’un mordant destiné à fixer les tein-tures, d’aniline notamment, sur les cotons filés ou tissés. Ce mordant est un lactate l'antimoine en combinaison avec du tannin ou avec une matière analogue.
- Les proportions indiquées au brevet sont les suivantes :
- Acide lactique.................... 180 kilog. additionné d’acide nitrique con-
- centré.......................... 22 —
- et d’un peu d’antimoine pulvérisé.
- Le tout est porté à la température minima de 650. L’acide nitrique convertit l’antimoine en oxyde antimonieux, lequel est dissous par l'acide lactique. On élève lentement la température jusqu’à cessation de toute réation sur l’antimoine, puis on sépare la liqueur de "antimoine non dissous et on ajoute 32 kilog. environ de carbonate de soude sec, ou son équivalent, de manière à neutraliser les deux fiers de l’acide lactique, sans précipiter l'an-timoine. — Dans la cas où l’acidité du mor
- dant n’est pas nuisible, l’addition du sel de soude devient inutile.
- Pour app'iquer le mordant à la teinture, il faut d’abord passer le fil ou l’étoffe dans un bain tannique de concentration convenable et laver légèrement afin d’enlever le tannin en excès sur la fibre. Le coton, ainsi préparé, est soumis au mordançage dans le lactate d’antimoine (additionné d’alcali carburé pour neutraliser une partie de l’acide lactique). Un nouveau lavage, avant teinture, enlève le surplus du mordant M. Waite compte sur 1 1[2 à 2 kilog. de lactate d’antimoine pour 45 kilog. de matière filée ou tissée.
- Le même mordant est applicable à l’impression des toiles peintes.
- Ce lactate d’antimoine est moins coûteux que les mordants à l’antimoine utilisés jusqu’ici et n’en présente pas les inconvénients : insolubilité des oxymuriates dilués, acidification des bains au fur et à mesure de l’épuisement des mordants, l’acide s’opposant à la réunion de l’antimoine et du tannin.
- LAMINOIRS DE GUIMPIERS
- Par M. Goux.
- La particularité essentielle du laminoir breveté consiste en ce que les axes des cylindres, au lieu d’être d’emprisonnés entre les deux montants d’une cage, sont portés en avant du bâti ; il devient alors facile de les dégager et de les remplacer, en relevant les
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- coussinets. L’ouvrier guimpier peut, d’autre part et grâce à la constraction particulière de ces coussinets, donner aux axes toute inclinaison utile.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 179691. 16 novembre ; Smith. Perfectionnements apportés aux guides employés avec les cylindres calandreurs.
- Cette invention est relative aux guides des cylindres calandreurs ayant pour objet de conduire à l’air d’un courant d’air le papier sans fin passant d’une manière continue dans une série de cylindres calandreurs à rotation rapide.
- Un des points de l’invention consiste à faire creuse la partie supérieure ou dos du guide et à la perforer longitudinalement sur sa partie latérale intérieure contiguë à la surface des cylindres, avec lesquels elle fonctionne, de manière qu’elle puisse fournir un courant d'air continu.
- Un autre point consisté à articuler ces guides de façon à ce qu’il puissent osciller indépendamment de la surface des cylindres, tandis qu'un troisième point consiste dans le dispositif au moyen duquel on les réunit par des excentriques réglables à une tige à levier, afin que lesdits guides puissent être simultanément commandés pour approcher des cylindres calandreurs, faire contact avec eux et s’y maintenir pendant le passage du rouleau de papier sans fin.
- 179864. 24 novembre; Vaillant (Noël).
- Application métallique liquide sur dentelle mécanique, tulle, tarlatane et autres.
- 179868. 25 novembre ; Gevaert. Procédé de teinture en bleu par l’alizarine.
- L’objet du brevet a pour but la production par teinture, tant sur lin que sur coton, sous quelque forme que se présentent ces deux matières textiles, de couleurs ayant pour base le violet d’alizarine produit par la réaction de l’alizarine rouge sur un mordant de fer quelconque additionné ou non d'autres
- mordants et dont on fait virer la nuance au bleu, soit par le bleu d’alizarine, soit par l'indigo, soit par un bleu d’aniline quelconque avec ou sans huilage.
- 176878. 24 novembre ; Société A. Finger et Cie.
- Procédé de bronzage du velours par impression.
- 179884. 25 novembre ; Smith et Aukroyd (les sieurs).
- Perfectionnements apportés aux procédés et appareils servant à teindre le coton, la soie, la laine et autres matières textiles, soit à l’état écru, soit sous forme de fils, soit sous forme de tissus manufacturés.
- Cette invention a pour but de surmonter l’inconvénient du lâché ou des plis qui se forment dans les matières ou dans le tisssu lorsqu’ils sont dans la cuve contenant la liqueur de teinture.
- Pour cela, on plonge la matière à teindre dans la liqueur que contient un vase approprié, et, grâce à un alimentateur mécanique convenable, on la fait passer sur un système de lattes, de cylindres voyageurs ou équivalents, de façon à ce qu’elle s’accumule sur les organes voyageurs et y reposent en rangées ou piles continues et uniformes.
- Ce moyen permet de traiter de suite une grande quantité de matières, qui viendront toujours se poser dans un même ordre régulier.
- i 179895. 25 novembre ; Société Campion, Deplanque frères.
- Procédé perfectionné de teinture en couleurs d’aniline.
- 179976. 29 novembre ; Watmough.
- Perfectionnements dans les appareils employés dans la teinturerie.
- L’appareil perfectionné qui fait l’objet du | brevet se compose d’un cadre ayant à une de | ses extrémités un cylindre pivoté, sur lequel ; on enroule l’étoffe qu’on veut teindre.
- Dans le voisinage de ce cylindre, est place un récipient, dont l’extrémité ouverte loge deux cylindres conducteurs ; un troisième cy
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- HT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 203
- lindre conducteur est logé au fond du récipient.
- Près du récipient, est placé un montant qui porte deux cylindres presseurs, dont le supérieur a ses coussinets disposés de manière à pouvoir glisser dans les rainures des montants. On peut abaisser lesdits coussinets au moyen de vis, ce qui permet d’exercer à volonté, au moyen du cylindre supérieur, une pression plus ou moins forte sur le cylindre inférieur.
- A une petite distance de ces premiers montants et de ces cylindres presseurs, sont logés deux autres cylindres, dont les pivots peuvent également glisser verticalement dans les montants qui les supportent. L’étoffe passe entre ces divers cylindres pour se rendre au récipient et de là sur un des derniers cylindres, [sur lequel elle s’enroule, après avoir perdu l’excès de liquide qu’elle renferme entre les cylindres presseurs.
- 180011. 1er décembre 86 ; Pfirsch et Kirch-ner.
- Procédé servant à rendre imputrescibles les tissus végétaux.
- On commence par plonger les objets qu’il s’agit de rendre résistants à la pourriture dans une décoction bouillante composée d’une dissolution de matière tannante végétale dans l’eau, puis on les fait dégorger et sécher. On introduit'ensuite ces substances séchées dans une masse de saturation portée à l'ébul-lition et composée d’un mélange d’environ 10 parties de goudron de bouleau et 90 parties environ de graisse fondant à haute température, pour être ensuite rincés dans l’eau bouillante et enfin séchées et frottées.
- 180201. 9 décembre ; Société Dahl et Cie.
- Matières colorantes tétrazotées rouges, for-mées par un nouveau disulfate de béta na-phtylamine.
- L’objet du brevet et du certificat d’addition qui s’y rattache consiste dans une série de Perfectionnements apportés à la construction des appareils construits par M. Bertrand pour la teinture de la laine en bobines et
- principalement dans une disposition spéciale de charpente mobile supportant les bobines.
- 100353. 18 décembre ; Bleusez jeune. Mode de contrôle du blanchissage de la lingerie.
- 180357. 18 décembre ; Holliday. Perfectionnements dans la teinture du coton ou autre fibre végétale par les couleurs azoïques.
- 180389. 20 décembre ; Holliday. Perfectionnements dans la teinture de la laine et autres fibres végétales.
- Cette invention consiste à teindre la laine ou toutes autres fibres textiles par la formation sur la fibre des divers produits colorés insolubles, provenant de la combinaison des composés nitrosés, d’alpha ou bétanaphtols, avec des oxydes métalliques, et la production d'une nouvelle variété de nuances par l’emploi de composés nitrosés en même temps que des matières colorantes actuellement en usage, qui produisent des couleurs lorsqu’elles sont combinées avec des oxydes métalliques.
- 180392. 21 décembre ; Lorimer.
- Perfectionnements aux machines à sécher.
- 180393. Du même. (Même litre.)
- 180419. 24 décembre; Société J.-C, Ville fils et frères.
- Perfectionnements aux machines à lainer. 180478. 24 décembre ; Geigy.
- Fabrication de matières colorantes allant du bleu au violet, désignées sous le nom de gentiamines.
- 180565. 31 décembre ; Marchand.
- Procédé d’émulsion des corps gras dans l’eau ou tout autre liquide de densité égale ou supérieure.
- Ce procédé est basé sur la solubilité des corps gras dans tous les éthyles et leurs composés ou dérivés, à diverses températures, aussi bien que dans les vapeurs de ces composés ou dérivés, tels que les alcools.
- 180583. 30 décembre ; Tournier.
- Essoreuse-laveuse.
- 180643. 31 décembre ; Schwala.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Procédé nouveau pour façonner les tissus de velours et de peluche.
- 100626. 31 décembre ; Bonnefond.
- Nouveau procédé et nouvelle machine pour la fabrication de bandes, rubans, effilés, franges, etc.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 47, rue Turbigo, Paris.
- ANALYSE DES FIBRES AZOTÉES
- Il y a quelques années, j’ai donné une méthode d’analyse des soies chargées, basée sur le dosage de l’objet par la méthode Will et Warrentrapp ; cette méthode a été discutée dernièrement dans les journaux américains. On a cependant accepté mes chiffres pour le dosage de l’azote de la soie, c’est-à-dire 17,6 0[0 d’azote pour la soie pure au degré C'hygrométricité exigé normalement par les établissements de conditionnement.
- La méthode Will et Warrenthapp, malgré les perfectionnements que j’y ai apportés pour l’analyse des fibres textiles animales est longue et ennuyeuse, et tous les laboratoires n’ont pas les appareils voulus pour s’en servir.
- Aussi je viens en proposer une nouvelle très-élégante, basée toujours sur le dosage de l’azote et d’après ce qui se pratique pour les engrais azotés.
- La soie ou la laine à analyser, mélangée ou non de fibres végétales débarrassées des matières azotées étrangères par des lavages à l’eau de soude caustique très ménagée et à froid, sont, après rinçage à grande eau distillée, séchées.
- Il est évident que, dès le début, on a opéré sur un poids connu de tissus mixte, ou de la fibre simple.
- La matière lavée à la soude très ménagée et lavée étant sèche, on la dissout par son mélange avec l’acide sulfurique à 66° poids pour poids. Si, dès le début, on a opéré sur
- 10 grammes de tissu ou de fibre (je parle pour la soie non mélangée de laine), on opère avec 10 gr. d’acide sulfurique à 660 Beaumé; on triture le tout ensemble, peu à peu la soie est détruite et il reste une espèce depommade; on ajoute alors 200 gr. d’eau et l’on ajoute un gramme de mercure métallique.
- On fait bouillir le tout un quart d’heure modérément et peu à peu le mercure s’oxyde au détriment de l'eau et pendant que l’oxygène de celle-ci se porte sur le mercure, son hydrogène se porte sur l’azote de la matière azotée, soie ou laine, pour le transformer en ammoniaque qui, avec l’acide sulfurique du liquide, ferme du sulfate d’ammoniaque, sans craintes de pertes par l’ébullition.
- Il est bien entendu que si l’on a un mélange de fibres de soies ou de laines, il faut, et c’est un travail de patience, les séparer par un triage à la main.
- Dans ces conditions, tout l’azote est transformé en ammoniaque. L’ébullition modérée ayant duré un quart d’heure, on introduit le liquide dans un ballon, de manière à ne rien perdre, puis l’on sursature avec la soude caustique et l’on distille pour avoir l’ammoniaque condensée dans une dissolution titrée d’acide sulfurique étendu et plus que suffisante pour condenser tout le gaz ammoniac.
- Par une nouvelle opération de liqueurs titrées alcalines, on saura ce qui manque d’ammoniaque pour saturer l’acide sulfurique titrés employé, et de la différence on saura la quantité d’ammoniaque formée par la fibre animale, soie ou laine, employée, et de même le quantum d’azote, et de là la dose réelle de la fibre, soie ou laine, contenue dans l’essai de tissus ou de flottes purs ou mélangés.
- Pour terminer, j’ajouterai que dans les dosages d’azote par la méthode Will et Warrentrapp, il faut une extrême délicatesse de la part de l’opérateur. C’est ce qui explique les anomalies dans les analyses des matières azotées, même par des opérateurs très soigneux.
- Marius MOYRET.
- (Heproduotion interdite.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 205
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- (Suite.)
- En Chine, les chenilles produisant la soie et vivant en liberté sur le chêne sont très répandues; on en trouve sur le Quercus mongolien, le Quercus dentata, le Quercus ben-geara et le Quercus serrata. — D’autres espèces vivent sur les feuilles de l'Ailante (Ai-lanthus glandulosa) et sur les feuilles du Camphrier, Cinnamomum camphora.
- M. F. Moore a classé les vers à soie vivant à l’état sauvage dans les genres Antherœa, Lœpa, Actias et Attacus. C’est dans le genre Antherœa que se trouvent les principales espèces de chenilles fournissant les soies tussah.
- L’Inde a l’espèce dite Antherœa Paphia-, la Chine l’espèce Antherœa Pernyè et l’Assam, {'Antherœa Assama. Le Japon a une variété connue sous le nom A'Antherœa yama-mai.
- Depuis 1860, la Société d’acclimatation de Paris, et d’autres Sociétés, ont essayé d’acclimater, au point de vue pratique, les chenilles sauvages dans nos pays. Jusqu’à présent, il n'y a pas eu de grands résultats, ou mieux il n'y a rien eu du tout, et cela tient aux puissantes variations de température du climat français. En définitive, au point de vue théo-rique, l’on obtiendra des résultats, mais avant d’en avoir au point de vue pratique, il faut d’abord acclimater la race, ou mieux les di-verses races.
- Les essais ont porté sur Y Attacus Poly-phemus qui vit sur le cerisier et le prunier sauvage; V Attacus Cecropia qui vit sur le Pommier ; le Philosamia Cynthia sur l'Ai-lante, l’Antherœa yama mai du Japon, YAn~ therœa Pernyè de la Chine et Y Antherœa my-^taAe l’Inde, qui vivent sur le chêne.
- Antherœa Pernyè est l’espèce à laquelle la Société d’acclimatation s’est le plus par-ticulierement intéressée ; c’est d’ailleurs la Plus facile à se procurer, qui s’est le mieux montrée susceptible d'unedemi- domestication.
- Les autres espèces, tels que les Attacus et les Actras ne donnent que des cocons susceptibles d’être employés que par le cardage et non par la filature.
- Le Yama-Maï, le Mylitta et Y Assuma sont difficiles à se procurer.
- Les chenilles de Y Antherœa Pernyè peuvent s’élever dans une pièce fermée. Et de leur naissance à la fin de la quatrième mue, elles demeurent paisibles sur des branches de chêne dont les tiges plongent dans l’eau.
- On a pu ainsi, à la condition des soies de Lyon, sous l’habile direction de M. Dusu-zeau, obtenir des cocons frais, des chrysalides vivantes et des papillons.
- Les études ont été les suivantes :
- Anatomie de la chenille.
- Analyse chimique du grès et de la matière soyeuse.
- Etude de la bave.
- Jusqu’à présent, il a été admis que le cocon de Y Antherœa Pernyè est un cocon fermé, comme celui du Bombyx Mori, et que de même que cette dernière, la chenille du premier cocon s’enveloppe de coques superposées entièrement closes en allant du dehors au dedans et dans toute la périphérie. M. Du-suzeau a prouvé que cela n’était pas exact.
- Marius Moyret, (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.)
- Il se rencontre très; fréquemment dans des costumes de dame, en tissus clairs, des garnitures diverses, en velours ou en soie, grenat, rouge, violet qui déteignent au nettoyage à sec; il faut avoir la précaution de les faire retirer si on ne veut pas s’exposer à ce que ces couleurs ne coulent sur les parties clai-
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- 206
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- res où sur les autres articles avec lesquels ils sont nettoyés — car aussitôt appliquée, la couleur est presque indestructible, et c’est avec beaucoup de mal qu’on arrive à les remettre en état.
- L’alcool rend les plus grands services pour ces sortes d’accident, étant un très puissant dissolvant des produits d’aniline.
- Avant d’introduire les articles dans la bar--botteuse, il est utile d’applatir les agrafes, de retirer les boucles des ceintures et de corsages, ainsi que les boutons aux formes rectangulaires qui peuvent procurer des déchirures, ainsi que les boutons de verre qui peuvent se casser, etc., il y a en un mot, mille précautions à prendre pour éviter les accrocs et déchirures.
- La barbotteuse la plus employée est celle à double enveloppe, en tôle galvanisée, de MM. Pierron et Dehaitre, elle se compose d’une enveloppe extérieure fixe et d’un cylindre tournant dans l’enveloppe, la benzine est contenue dans l’enveloppe fixe, les articles à nettoyer à sec sont mis dans le cylindre mobile; le mouvement doit se produire en avant et en arrière.
- Les fermetures étant bien closes, on fait tourner cinq minutes de chaque côté, l’étoffe est entraînée par le mouvement du cylindre et nettoyée de la sorte à la perfection.
- Le cylindre tournant est muni d’une cloison transversale qui enlève les étoffes à chacun des tours, ce qui provoque l’écoulement de la benzine ; lorsque cette cloison approche de la verticale, les étoffes retombent dans le bain de benzine pour s'en imbiber de nouveau.
- A chaque passe, on ajoute de la benzine neuve en quantité suffisante pour avoir un bain assez grand.
- A la sortie de la barbotteuse, les articles sont rincés dans deux ou trois baquets de benzine neuve, on laisse égouter un instant, on essore, et on étend ensuite au séchoir.
- En sortant du séchoir, c’est à dire après
- | quelques heures, les articles sont visités -I toutes les taches grasses ont disparu, la plupart des autres taches disparaissent en les touchant légèrement à l’eau.
- Les benzines ayant servi sont placées ensuite dans des réservoirs pour les laisser reposer, on ajoute une petite quantité d’acide sulfurique pour activer la précipitation des matières étrangères. On peut remplacer l’acide sulfurique par l’alcool.
- Le mieux pour obtenir des benzines propres est de les soumettre à une distillation ordinaire ; l’appareil employé est semblable à celui qui sert pour la distillation de l’alcool.
- L’essoreuse la plus pratique pour le nettoyage à sec est celle au système mixte, genre toupie et à friction avec mouvement en dessous, la partie supérieure étant absolument nue de mouvement et évite les frôlures aux articles
- Pour les articles tachés et quelquefois cri-blés de peinture, comme il s’en présente souvent, on aura un vase exprès où on les fera tremper un jour ou deux dans la benzine, la peinture doit disparaître après un premier brossage.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- Turquie d’Asie. — Envoi d’échantillons de tissus de coton. — M. le vice-consul de France à Latakié a recueilli des échantillons d’étoffes tissées dans le nord de la Syrie et qui servent à la confection des vêtements portés par une population considérable.
- Ces échantillons, accompagnés des indications nécessaires, sont à la disposition des in-téressés au ministère du commerce et de l’in-dustrie, n° 80, rue de Varenne. (Direction du commerce extérieur. — Bureau des rensei-gnements commerciaux.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES T1ss.:
- §
- NOUVEAUX COLORANTS AZOIQUES
- BRIVETÉS S. G. D. G.
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des nouveaux colorants azoïques brevetés s. g. d. g., teignant le coton sans aucun mordant, tout en donnant des nuances absolument solides au savon.
- Nous sommes heureux de pouvoir donner auj de c
- i des échantillons de qu
- -unes
- Rouge Congo 4 R
- s si intéressantes^
- No 271 Rouge Congo
- 0 293 Congo Brillant
- N® 291 Rouge Congo
- 14 Congo Brillant G
- o 287
- Brun Corinthe
- No 288
- Brun Corinthe B
- Ces différents produits sont fabriqués à Pantin(Seine'),da.ns l'usine de Messieurs J. Ruch et fils, et les échantillons ci-dessus, ont été teints dans l'atelier de teinture de l’usine par le procédé suivant :
- Pour 100 kil. coton, NON mordancé, garnir un bain avec
- 2 kil. 1[2 colorant,
- 10 kil carbonate de soude,
- 2 kil. 1[2 savon mou.
- entrer le coton, faire bouillir 1[2 heure, sortir, rincer et sécher. Le bain de teinture se conserve, et pour les parties suivantes, il suffit d’employer moitié des quantités ci-dessus.
- Le rouge congo donne les différentes nuances du rouge turc, obtenu par l’alizarine.
- Le congo brillant résiste à l'action des acides, et il est très recherché pour la teinture des satins, et en général de tous les tissus destinés à recevoir un apprêt acide.
- Le brun corinthe, et spécialement le no 287 est remarquable par sa grande solidité à l’air et au savon.
- Tous ces produits s’emploient également avec succès en impression sur coton.
- FABRICATION
- DU BLEU DE DIPHÉNYLAMINE
- Par Paul Schoop.
- De toutes les matières colorantes bleues
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- s
- G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dérivées du goudron, le bleu de diphényla-mine est le plus apprécie, joignant le feu de la couleur à une grande pureté. La valeur d’une matière colorante bleue dépend beaucoup de ce qu'elle tire plus ou moins sur le vert ; plus le vert tire sur le rouge, moins il est estimé. Or, malgré tous les soins, la plus fine « rosalinique pour bleu » donne toujours avec de l’aniline pnre un bleu avec une teinte de rouge. Il est à remarquer qu’avec cette rosalinine l’orthotoluidine donne un bleu très rouge, tandis que la para fournit un dérivé approchant du bleu vert de diphény-lamine.
- Cette dernière observation date seulement de quelques années, car toutes les fuchsines ne‘donnent pas de bleu avec la paratoluidine. Le bleu de paratoluidine a fait grande concurrence à celui de diphénylamine. Quoique ce dernier soit une matière de valeur, on ne l’a pas encore défini scientifiquement ; cependant on a bien des raisons pour ne pas accepter l’opinion une fois en vigueur, qui le fait considérer comme une rosaline triphé-nylée.
- Pour la fabriquer, on se sert de cuves à double fond, chauffées à la vapeur. La cuve est fermée par un couvercle en deux parties dont l’une est mobile : une ouverture au centre permet d’introduire un agitateur.
- Un tube conduit en outre dans un vase où elles se condensent, les vapeurs d’eau, d'acide formique, d’acide oxalique, de diphénylamine, ainsi que l’acide carbonique et l’oxyde de carbone.
- L’agitateur est une sorte de diaphragme, percé de trous, lequel est animé d’un mouvement vertical par un excentrique, système très recommandable et remplissant beaucoup mieux ses fonctions que tous ses congénères rotatoires.
- Le matin, on chauffe 25 k. de diphénylamine à 110e pendant une heure, on ajoute 50 k. d’acide oxalique. On chauffe ensuite à 130-132, et l’on maintient cette température 8-9 heures, Au bout de peu de temps, le mé
- lange devient bien vert, peu à peu plus foncé, enfin bleu sombre. À la fin on ajoute 60 litres d’eau chaude; ensuite on refroidit un peu vite. On obtient une solution claire d’acide oxalique que l’on retire par concentration. On peut obtenir de nouveau 52-54 00 de la quantité d’acide oxalique employé.
- Le bleu de diphénylamine est alors une masse pâteuse, bleu noir, qu’on introduit dans les appareils à purifier. La purification se fait par dissolution dans l’alcool. La diphénylamine non attaquéee est régénérée pour servir à une opération suivante.
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Bleu
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Bouillon avec : 3 k. alun; 0 k. 500 tartre;
- 0 k. 125 sel d’étain.
- On rabat avec 6 k. 250 campêche moulu.
- Bleu gendarme
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- On entre ce pied sur une eau à 80° sans mordant.
- Avec 0 k. 050 Extrait d’orseille ; — et on laisse aller pendant une demi heure.
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- 0 kil. 125 indigotine.
- 0 kil. 125 acide sulfurique.
- 0 kil. 050 curcuma,
- Bleu
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Bouillon avec 0 k, 200 g. B chromate de potasse.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 209
- On rabat avec : 0 k. 0625 extrait de bois jaune, 0 k. 050 extrait de campêche.
- Bleu
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Remonté avec :0 k. 75 bleu alcalin 4 B, 0 k. 050 bleu blackley, 0 k. 125 acide sulfurique.
- On ne fait que de friser le bouillon.
- Bleu ,.
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Bouillon avec :
- 3 kil. 000 alun.
- 0 kil. 500 tartre.
- 0 kil. 250 sulfate de fer.
- 0 kil. 200 bichromate ds potasse.
- On remonte avec :
- 3 kil. 500 campêche moulu.
- 0 kil. 250 extrait de bois jaune.
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- 0 kil. 0275 indigotine.
- 0 kil. 050 acide sulfurique.
- (Indigotine de Dahl et Co à Barmen).
- Garnir l’indigotine en 2 fois à une demi heure d’intervalle.
- Bleu
- Pour 10 kil. :
- 0 kil. 175 violet alcalin (Meister).
- 0 kil. 0625 Bleu alcalin 4 B.
- 0 kil. 250 cristaux de soude. — Aviver.
- Plomb
- Bouillon de modes. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 125 bois jaune moulu ; 0 k. 0875
- campêche moulu. !.
- 0 kil. 500 garance ; 0 k. 0375 sulfate de fer.
- Gris ardoise
- Bouillon de modes. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 175 campêche moulu.
- 0 kil, 125 bois jaune moulu.
- 0 kil, 3125 garance. , I
- 0 kil. 00625 extrait d’orseille.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Plomb
- Bouillon de modes. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 500 bois jaune moulu.
- 0 kil. 750 campêche moulu.
- 0 kil. 750 garance.
- 0 kil. 050 extrait d’orseille.
- Perte
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 500 alun.
- 0 kil. 4375 tartre.
- 0 kil. 300 cochenille.
- Le tout est employé ensemble.
- Plomb
- Pied de cuva (on ne peut le faire directement).
- Bouillon de modes. Pour,10 kil. :
- 0 kil. 250 bois jaune moulu.
- 0 kil. 250 campêche moulu.
- 1 kil. 250 garance.
- 0 kil. 050 [extrait]d‘orseille.
- 0 kil. 0625 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de modes. Pour 10 kil.
- 0 kil. 225 bois jaune moulu.
- 0 kil. 100 campêche moulu.
- 0 kil. 875 garance.
- 0 kil. 0375 sulfate indigo.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Gris vert
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Bouillon :
- 0 kil. 200 B. chromate (1 heure).
- Rabat avec :
- 0 kil. 225 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 075 campêche moulu.
- Plomb
- Bouillon de modes. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 350 bois jaune moulu.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 0 kil. 600 campêche moulu.
- 2 kil. garance.
- 0 kil. 075 extrait d’orseille.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT
- Mather- Thompson
- Note de M. J. HEILMANN, à la Société Industrielle de Rouen.
- (Suite)
- Les tissus, grillés ou non, sont passés dans une cuve en fonte par une lessive chaude de soude caustique qui a déjà servi au vaporisage. Au sortir de ce bain, ils sont exprimés entre deux rouleaux et lavés par un cla-pot. Après cela, on les passe, deux pièces à la fois, dans la même cuve, contenant une dissolution de soude caustique marquant 3’ à l’aréomètre Beaumé.
- On les entasse alors dans deux wagons, en boyau pour les tissus ordinaires, au'large pour les tissus forts. Au-dessus de la cuve deux rouleaux compresseurs y font retourner l’excès de bain, et les toiles retiennent environ 1 1[2 fois leur poids de liquide.
- Les deux wagons ayant été remplis en même temps, on les introluit immédiatement dans le cylindre à vaporiser. On abaisse le couvercle, que l’on rend étanche, et on fait arriver la vapeur, qui, pendant tout le cours de l’opération, se maintient à la pression de 1[2 atmosphère et à 107- de température. Le vaporisage est continué pendant 5 heures consécutives. Pour compenser le courant de la vapeur qui s’établit de haut en bas et maintenir la saturation convenable des tissus, on asperge continuellement ceux-ci, par le moyen de l’une des pompes centrifuges, avec une solution de soude caustique à 2 0(0, qui est fournie par un réservoir placé sous le toit de l’atelier.
- Pendant que s’effectue ce vaporisage, on remplit l’autre série de wagons, pour, pouvoir
- continuer les opérations sans aucun temps d’arrêt.
- Au bout de 5 heures, on ferme le robinet de vapeur et on arrête la circulation de la lessive. L’alcali, en ce moment, a opéré la dissolution et la saponification des impuretés qui se trouvaient sur les tissus. Il ne reste plus alors qu’à laver ceux-ci.
- Ce lavage s’effectue dans la cuve à vaporiser même. A cet effet, on la remplit presque entièrement d’eau chaude, que l’on maintient en circulation par la seconde des pompes rotatives.
- Au bout d’une heure, on laisse écouler l’eau sale, et on recommence la même opération avec une nouvelle quantité d’eau chaude et pendant une autre heure encore. Après quoi on relève le couvercle de la cuve, on retire les wagons et on achève, par un tour de clapot, de laver les pièces, que l’on empile sur deux chariots et qui sont alors prêtes pour être chlorées.
- On peut après cela recommencer immédiatement une nouvelle opération avec les wagons qui ont été chargés pendant que l’on procédait au vaporisage.
- Nous avons trouvé que les pièces sortant de la cuve à vaporiser étaient arrivées à un beau demi-blanc, plus pur que celui qu’on obtient avec les anciens systèmes de lessivage' Elles étaient parfaitement unies et ne présentaient aucune des taches ou inégalités que l’on observe souvent au sortir des lessives. Les points noirs ou buques, qui se trouvent si fréquemment sur les calicots, avaient complètement disparu. Le vaporisage alcalin a pour effet de les convertir en une espèce de gelée, qui est enlevée par le lavage.
- Chlorage au continu. — Le chlorage s’effectue d’après le procédé Thompson dans les appareils au continu de MM. Mather et Platt.
- Ces appareils consistent en deux cuves rectangulaires placées l’une à la suite de l’autre, et mesurant 1 m. 50 de haut, sur
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 1 m. 20 de large au minimum, sur une longueur totale d’environ 10 mètres. Elles sont divisées, la première en six compartiments, la seconde en quatre. L’aspect extérieur des appareils est celui d’une grande cuve à bou-zer. Les compartiments sont munis dans le haut et dans le bas de rouleaux pour conduire les pièces. Ils sont tous ouverts par le haut, sauf ceux à l’acide carbonique, qui n’ont que deux étroites ouvertures pour l’entrée et la sortie des toiles. Tous les rouleaux sont mus par des pignons cônes portés sur un même arbre longitudinal.
- Les chariots contenant les pièces vaporisées et sortant du clapot sont poussés devant l’appareil à chlorer, qui, cinq minutes «près, peut être mis en marche.
- Quand la marchandise est en boyaux, on peut passer l’une à côté de l’autre 2 ou 4 pièces, selon la largeur de la cuve. Les pièces sont saisies par deux rouleaux placés en élévation, qui ont pour but de les détordre un peu. Elles entrent alors dans le premier compartiment, qui est plein d’eau chaude; de là, elles passent dans le second compartiment, contenant une dissolution de chlorure de chaux à 0,4 0[0 de chlorure actif; puis elles arrivent dans le troisième, qui est rempli de gaz acide carbonique. En sortant de là, elles sont presque entièrement blanches. Continuant leur course, elles viennent dans le qua-trième compartiment, renfermant de l’eau froide, et ou elles sont en outre rincées par de puissants jets d’eau fournis par des tuyaux Percés de trous et placés au-dessus. De là, elles passent successivement dans une dissolution chaude de carbonate de soude à 0.1 0[0 du poids de l’eau et dans un autre bain d’eau froide avec jet d’eau. Elles sortent là de la Première cuve pour entrer dans la seconde, ou elles reçoivent d’abord un nouveau chlo-rure de chaux qui n’est plus qu’à 0,25 0[0 de chlore actif; puis un nouveau passage en acide carbonique et un dernier rinçage en eau froide.
- Enfin, l’opération se termine par un pas
- sage en acide chlorhydrique dans le dernier compartiment.
- Ce compartiment n’a été ajouté qu’aux plus récents appareils construits par MM. Mather et Platt. Avant cela, le passage en acide se donnait pendant 20 minutes, d’après l’ancien système, dans des cuves à circulation avec pompes centrifuges. Le bain était monté avec 1 0[0 d’un mélange de 2 parties d'acide chlory-drique pour 1 d’acide sulfurique. (C’est ainsi que nous avons encore vu opérer lors de notre séjour à Halliwell).
- Enfin, après ce dernier passage en acide, les pièces sont lavées deux fois au clapot et se trouvent prêtes pour être séchées.
- Les bains de chlorure de chaux de la cuve au continu sont alimentés constamment par un réservoir placé sous le toit de l’atelier, comme celui à la soude caustique. L’acide carbonique est fourni par un appareil en fonte qui se trouve en dehors de l’atelier et qui contient de la pierre calcaire, sur laquelle arrive un mince filet d’acide chlorhydrique. Le gaz est amené dans ses compartiments par des tuyaux sous terre.
- Après avoir subi ces diverses opérations, les toiles nous ont paru d'un blanc parfait et sans la moindre inégalité, tant celles qui avaient été faites avec du coton blanc que renfermaient du coton jaune.
- Les pièces passent dans l’appareil au continu avec une vitesse de 60 à 65 mètres à la minute, et elles mettent de 2 [à 3 minutes pour parcourir le système tout entier. En passant deux pièces l’une à côté de l’autre, on pourra donc blanchir de 4,500 à 5,000 kil., soit de 36 40,000 mètres de tissus par journée de dix heures. Quand les cuves sont montées pour quatre pièces, il est évident qu’on en passera le double.
- La partie dont nous avons suivi le traitement avait été introduite dans la cuve à vaporiser à 9 heures du soir. La vapeur ne fut mise que le lendemain matin, et le soir à 4 heures les pièces étaient entièrement blanchies et prêtes à sécher. Une partie de 2,000
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- à 5,000 kil. (selon les appareils que l’on emploie) ne met donc pas plus de 18 à 20 heures pour passer de l’écru au blanc. Il convient d’observer toutefois qu’en Angleterre on lave deux pièces à la fois par le même clapot. Il faudrait donc compter chez nous, où l’on ne passe qu’une pièce à la fois, un temps double pour les lavages.
- Pour blanchir 1,000 kil. de calicots, on emploie en drogues :
- 22 kil. » de soude caustique 70 0[0 à 30 fr. les 100 kil Fr. 6 80
- 13 00 de chlorure de chaux à 22 fr 3 »
- 50 kil. acide chlorhydrique pour produire l’acide carbonique.
- 50 acide chlorhydrique pi le passage en acide.
- Soit 100 acide chlorhydrique à
- 6 fr. les 100 kil................. 6 »
- 24 kil. acide sulfurique à 12 fr.
- les 100 kil....................... 3 »
- Total pour 1,000 kil.............Fr. 18 80
- La manière d’opérer que nous venons d’indiquer ne s’applique qu’aux toiles destinées à rester en blanc, ce que l’on désigne sous le nom de market bleaching en anglais. Pour les blancs d’impression, le traitement est un peu différent. Le trempage s’effectue dans un bain faible d’acide au bouillon, an lieu de soude caustique. Le vaporisage se fait tel que nous l’avons décrit, si ce n’est] qu’on ajoute pour 2,000 kil. de tissus 10 kil. de colophane préalablement saponifiée. Les passages en chlore et en acide se donnent suivant l’ancien sys-tème.
- (A suivre).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Lyon. — Fieux (Prosper), ex-teinturier, rue de l'Annonciade, 11, et précédemment rue de Barême, 10.— Jug. du 11 août. — S. : M. Feys.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif G. Meyer et Cie, expi. de brevets pour l’ininflammabilité des toiles, boiseries, mousselines, etc., boul. Sébastopol, 110. — Durée : 10 ans et 5 mois. — Cap. : 20,000 fr. à verser par M. F. Cremnitz, l’un des associés. — Acte du 10 août. — A. P.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif A. Gourd et Cie, fab. d’étoffes de soie, quai de Retz, 1. — Durée : 4 ans du 1er juillet 1887. — Cap. : 1,500,000 fr. — Acte du 31 juillet.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif G. Lamotte et Lemarié, représentation de fabriques et commerce des tissus et apprêts pour fleurs, rue Hauteville, 33. -- Durée : 9 ans. — Cap. : 200,000 fr. — Acte du 29 juillet. — J. g- d’A.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. -- Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société Gourd et Croizat, fab. d’étoffes de soie, quai de Retz, 1. — Liquid. : M. Gourd qui a constitué une nouvelle Société. — Acte du 30 juillet.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Matry a vendu à Mlle Gaigné, faub. Saint-Denis, 218, chez Mme Ganneau, 1er août, un fonds de teinturerie, avenue des Gobelins, 34.
- Mme veuve Bilher a vendu à M. X..., rue des Halles, 26, chez M. Dorlet, 15 août, un fonds de teinturerie, rue du Temple, 157.
- M. Quellier a vendu à M. X..., rue Coquil-lière, 1, chez M. Surand, de suite, un matériel de teinturerie, rue de Douai, 26.
- M. Fournel a vendu à M. Cognot, rue de l'Hôtel-de-Ville, 12, Vincennes, 15 août, un fonds de teinturerie, Grande-Rue, 97, Nogent-sur-Marne.
- Mme Barichon a vendu à M. X..., rue du Temple, 150, chez M. Provins, de suite, un fonds de teinturerie, faub. Poissonnière, 91
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, V 19. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Octobre 4887
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- JAUNE FOULON POUR LAINE
- PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT (suite et fin).
- TISSU ET ENDUIT POUR LES DÉCORS.
- FABRICATION DES BLEUS DE DIPHÉNYLAMINE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- bibliographie.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- SAVON SPÉCIAL POUR ENLEVER LES TACHES DE GRAISSE
- Savon blanc de Marseille.. 10 kg. »
- Eau...................... 4 » »
- Bile de bœuf................ 6 » »
- Essence de térébenthine... 0 » 250
- Benzine................... 0 » 200
- Après avoir fait fondre le savon dans l’eau à une demi -chaleur en même temps que la bile de bœuf, on évapore jusqu’à ce que la pâte présente l’homogénéité et la consistance voulues, puis on ajoute, en brassant l’essence de térébenthine ainsi que la benzine, et quel-quefois un peu d’ammoniaque: il ne reste plus ensuite qu’à couler dans de petits moules.
- TEINTURE DES VELOURS EN PIÈCES Par MM. Giron frères, f
- De chaque côté de la « barque » de teinture existe un chemin de roulement, un rail sail-ant, avec guides latéraux. En arrière de la barque, un axe horizontal à manivelle sup-Porte, aux deux extrémités, des poulies ana-logues aux poulies de palan; sur les dites
- poulies passent des chaînes, qui se rendent à des poulies de renvoi et se fixent vers l’autre bout de la barque, à une double potence mobile. Il suffit d'imprimer à la manivelle un nombre de tours déterminé pour rapprocher ou éloigner les potences roulantes du bout opposé de la barque, par conséquent pour augmenter ou diminuer le chemin que les pièces à teindre (disposées sous forme de toile sans fin) auront à parcourir, et cela proportionnellement à leur longueur.
- A la partie supérieure de la barque sont montés des rouleaux-guides servant à entraîner et à diriger l’étoffe ; l’arbre de commande porte un rouleau ou tambour « piqué », agissant sur l’envers du velours ; à la partie inférieure, immédiatement au-dessus de la barque, un cylindre-brosse tourne constamment pour imprimer au « poil » le sens convenable.
- DÉGRAISSAGE A SEC DE LA LAINE ET DES DÉCHETS DE LAINE
- Par MM. Holrer et Cie
- Voulant dégraisser ces matières sans faire intervenir l’eau pour le lavage, ni la chaleur pour le séchage, MM. Holzer et Cie proposent de mélanger intimement la laine en suint ou les déchets gras avec des substances terreuses. Le mélange est facilité soit par la compression simultanée des fibres et des matières pulvérulentes, soit par un premier battage.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Lorsque les terres inertes interposées se sont imprégnées de la graisse contenue dans les filaments, un second battage énergique débarrasse la laine de tous les corps étrangers.
- DÉBRAYAGE AUTOMATIQUE DES OURDISSOIRS, ENCOLLEUSES, ETC-Par MM. Ryo frères.
- MM. Ryo frères appliquent aux ourdissoirs, aux encolleuses, voire aux métiers à tisser, un système de guide-fil débrayeur, employé par les mêmes constructeurs sur d’autres appareils. Le dispositif est simple, exige peu de place et permet d’accélérer la vitesse des machines, puisque les ruptures de fil ne peuvent échapper au personnel.
- En travers de l’ourdissoir (dans l'exemple choisi) sont placés parallèlement deux rots extensibles. Ces rots identiques, comportant un égal nombre de broches, sont mus par la même vis de réglage, de sorte que les intervalles des broches se correspondent toujours exactement.
- Dans ces intervalles jouent des lames métalliques très minces, articulées sur une tringle en fer et munies, à la partie inférieure, de languettes ou contre poids.
- En dessous est disposé un cadre oscillant, de même largeur que le double rot ; en dessous également, mais un peu en arrière, tourne un arbre horizontal garni d’ailettes.
- Chacune des lames mentionnées plus haut est tenue en équilibre par un fil de chaine : si l’un quelconque de ces fils vient à casser, la lame correspondante bascule sous l'action de son contrepoids, rencontre l’une des ailettes de l’arbre tournant, qui l’entraine au contact du cadre mobile; ce dernier, dévié de la situation normale, entraine à son tour le levier de débrayage et détermine l’arrêt immédiat de l’ourdissoir.
- ROU:SSAGE ET SÉCHAGE ARTIFICIEL DU LIN Par MM. Maizier et Reitz.
- Le procédé est basé sur une suite d’opéra
- tions effectuées dans des emplacements clos.
- MM. Maizier et Reitz commencent par préparer ce qu'ils nomment le « ferment rouisseur », au moyen de 25 kil. de lin battu, dans un mélange de 400 litres d’eau et de 8 k. d’urée. Le liquide, maintenu à une température de 25 à 30° centigr., est constamment agité par une sorte de moulinet, qui ne touche pas aux filaments. Au bout de deux heures, la première mise de lin est extraite et réservée pour le rouissage proprement dit, tandis qu’une seconde, puis une troisième charges de 25 kil. de tiges sont successivement introduites et maintenues, deux heures durant, dans le bain indiqué ci dessus.
- Après ces trois macérations, les eaux sont propres au rouissage.
- Les appareils décrits au brevet comportent :
- lo Un générateur en tôle, destiné à fournir l’eau chaude nécessaire tant à la préparation du liquide-ferment qu’à l’alimentation des cuves où sont rangées verticalement les tiges à rouir. Pour éviter les traces de fer dans les bains, cette chaudière ainsi que les tuyaux qui la deservent sont étamés ou émaillés intérieurement. L'eau de pluie ou l’eau de source est exclusivement employée. Le combustible est fourni par les fragments de l’enve-loppe corticale des tiges, ou chénevote.
- 2o Des cuves carrées en bois, à claire-voie, cerclées de fer, reçoivent les tiges disposées comme il a été dit; les racines occupent la partie supérieure Le fond est double pour retenir les pailles et perforé de manière à laisser écouler le liquide à la partie inférieure, qul présente la forme d’un entonnoir. Des tuyaux de vapeur enveloppent la cuve ; l’eau de condensation s’échappe, par des purgeurs, dans un tuyau-collecteur, aboutissant à une citerne.
- Le couvercle des même cuves porte des tuyaux percés de trous, qui, par l’intermédiaire de trois robinets, versent, à volonté, sur les tiges et sous forme de pluie, l’eaul
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- chaude de la chaudière, le liquide ferment, l’eau froide d’une pompe élévatoire. 1
- 30 Lorsque le rouissage a été jugé suffisant, chacune des cuves, montée sur rouleaux, est poussée dans la chambre de ventilation. Suivant l'état atmosphérique, la cuve est reliée 1 aux tuyaux d’aspiration d’un ou de deux ventilateurs, qui peuvent fonctionner ensemble | ou bien isolément, pour aérer les tiges. L’effet des ventilateurs est accru par le va-et-vient imprimé simultanément au plateau se coueur, qui supporte la cuve ou « ballon ).
- 4o De la chambre de ventilation et par une disposition analogue, le ballon est transporté dans la chambre de séchage, ou étuve, en communication avec un calorifère.
- Le principal avantage du système est de pouvoir suivre et diriger le rouissage sans avoir à redouter les variations atmosphériques.
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- (Suite.)
- M. Dusuzeau ayant remarqué que les cocons de soie sauvage, contrairement à ceux du Bombyæ, plongés dans l’eau, s’emplissaient assez rapidement de liquide, finit par découvrir une petite ouverture placée au som-met du cocon et à une courte distance du pédoncule ; cette ouverture donnait passage au liquide ; le grès seul, dissous par l’eau, masquait cette ouverture.
- L’A ntherœu Pernyé tisse son cocon en lais-sant chaque veste ouverte à la partie supé-rieure. La base est repliée en forme d’anses Présentant leurs convexités du côté de l’ou-verture semblable à un cône.
- Les Attacus, les Actias, les Philosamia opèrent pareillement ; seulement, ils laissent 1 ouverture parfaitement visible, tandis que les Antheroea la masquent en rapprochant les Parois par du grès. Ce qui tend à prouver e, dans l’organisation physique de ce vers
- sauvage, il y a une différence avec ceux civilisés.
- A un instant donné, les vers sauvages peuvent augmenter la secrétion du grès, très improprement nommé gomme, tandis que, dans les races civilisées, la sécrétion du grès et de la fiibrome est toujours dans des proportions régulières et en rapport pour le tant du cent, selon les races. Seule, la grosseur du fil diminue au fur et à mesure de la forma-tion du cocon, en allant de l’extérieur à l'intérieur. Aussi une bonne fileuse, pour obtenir nne soie ordinaire dans des diamètres constants, s’arrange-t-elle pour que les trois, cinq ou sept cocons et plus devant former un brin de grège ne soient pas tous filés ensemble. Il y en a toujours un qui finit quand un autre commence. De cette manière, l’on arrive à avoir des grèges régulières comme denier, mode adopté pour établir la valeur d’une soie.
- Toujours d’après l’habile expérimentateur, M. Dusuzeau, le cocon sauvage présente, du côté extérieur où se trouve l’ouverture dissimulée, une surface rugueuse, plissée, sillonnée longitudinalement, tandis qu’à l’autre extrémité la surface est lisse et unie.
- La telette ou dernière veste intérieure est rigoureusement fermée. Pour l’intelligence des lecteurs qui n’ont pas fait de l’éducatiou de vers à soie, le ver. parvenu à sa dernière croissance, s’enveloppe, avant de passer à l’érat de chrysalide, dans une enveloppe, en allant du dehors au dedans et par couches successives et la dernière couche formant le tombeau d’où la chrysalide se transforme en papillon se nomme telette.
- La même structure a été observée par M. Duzuzeau dans les cocons de Y Antherœa mylitta ; pour ceux des autres Antherœa} tels que Y Anlherœa yama-mai, YAntherœa Frithii, YAntherœa Assama, il n’a pu se prononcer, faute de cocons.
- L'anatomie de la chenille ou ver de l’An-therœa Pernyé a permis d’établir que la soie n’est pas compacte dans l’appareil séricigène,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- comme dans les vers civilisés, qui nous offrent le spectacle d’une chenille ou ver filant par deux filières, ce que l’on appelle deux baves enveloppées de leur grès d’une manière très régulière. Et ce sont ces deux baves soudées qui forment ce que l’on appelle un brin de cocon, dont la réunion, à la filature, formera un brin grégé formé, comme je l’ai dit précédemment, par trois, cinq, sept, etc. de cocons. Puis ce sont ces brins de grèges réunis ensemble en nombres plus ou moins considérables et avec des torsions variées qui formeront, à leur tour, les variétés nombreuses de soies ouvrées de toute nature : trames, organsins, cordonnets, floches, grenadines, marabouts, etc.
- Jusqu’à présent, les soies sauvages se sont surtout prêtées à l’obtention du genre dit trame.
- M. le D' Targioni avait d’ailleurs insisté sur cette différence de la bave des soies sauvages du ricin, du chêne, etc., avec celle des vers du Bombyx Mort dans un travail publié dans (I) Atte dell Academia dei Georgofili, XIII, 1867.
- Sous le microscope, la bave des vers vivant sur le ricin, le chêne, etc., apparaît plate et striée. Celle des vers civilisés montre deux cylindres (ce qui, d’après nous, n’est pas tout à fait exact), ces cylindres sont transparents et homogènes, et c’est de la réunion de ces deux cylindres soudés ensemble, provenant de la sécrétion par deux filières du ver à soie civilisé que naît le fil du cocon, et l’ensemble d’une coupe de soie ordinaire est assez singulière ; elle est celle d’un triangle très irrégulier.
- Vue longitutinalement, la soie ordinaire n’offre pas de stries.Celles des soies sauvages ont été mises sur le compte des filières, devant être cannelées ; mais devant des expériences microscopiqurs sur les filières ou
- (1) Voir l’article de M. Guérin-Méneville, publié dans Revue et Magasin de zoologie, 1855.
- trompes extérieures sécrétant la soie de VAntherœa Pernyé, on n’a trouvé aucune cannelure, absolument comme dans l’examen de celles des vers civilisés.
- Ces stries des soies sauvages se retrouvent même après le décreusage. Le directeur de la condition des soies de Lyon, M. Testenoire, i les attribuant à la composition intime de la bave, a fait faire quelques recherches par M. Arloing, professeur de physiologie à la Faculté des sciences. Ces expériences ont été faites par M. Blanc, son préparateur, qui a fait des coupes de l’organe séricigène de VAntherœa Pernyè.
- De ces coupes, il ressort que M. Blanc a vu au milieu de la matière hyaline un assez grand nombre de cavités de grandeurs variables, qui paraissent remplies de liquide albumineux. Et à mesure que la fibrome ou matière même de la soie est projetée au dehors, ces vascules s’allongent en petits canaux. Ce sont ces canaux qui divisent la masse soyeuse et qui forment quand on regarde le brin au microscope, les stries longitudinales. Dans la bave sèche, ces canaux doivent être remplis d’air.
- Je regrette de ne pas pouvoir accepter cette explication, tout en rendant le plus grand hommage aux travaux de MM. Arloing et Blanc; mais pour moi il y a simplement un effet de retrait lorsque la bave fluide sortie des filières pour former le cocon se dessèche à l’air, et il y a tout simplement un fendillement longitudinal dû à la nature de la soie sauvage et comparable à celui des terres argileuses, qui se fendillent aux rayons du soleil.
- C’est en 1850 que l’on vit pour la première fois, en France, des vers à soie sauvage8 venant de Chine et nourris avec les feuilles du chêne. Ils avaient été envoyés par Ie P. Peryé et venaient de la Mandchourie.
- MARIUS Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivred
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- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.)
- VISITAGE, DÉTACHAGE
- Les articles nettoyés à sec étant bien évaporés sont détendus et visités à nouveau, toutes les taches grasses ont disparues, il reste les taches à l’eau ; on les touche soit à la brosse, soit à l’éponge ; pour les articles de drap noir, de laine noire, on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque. Pour les articles de couleurs rouge, bleu, marron, etc, on ajoutera à l’eau quelques gouttes d’acide acétique pour retenir les nuances, qui seraient susceptibles de couler à l’eau pure.
- Détachage partiel d'articles tachés d'un corps gras et d'un autre produit alimentaire quelconque faisant épaisseur sur l’étoffe.
- Le corps gras disparaît en brossant légère-went à la benzine. Le produit formant épaisseur et qui ne contient plus de corps gras disparaît à l'éponge humectée d’eau.
- Taëhes de sucre, de sirop, etc.
- Les taches de sucre ou de sirop disparaissent sur n’importe quelle étoffe, de laine, de soie ou de coton en touchant légèrement à 1 éponge ou à la brosse humectée d’eau aiguisée de quelques gouttes d’alcool. Si le sirop est coloré, on touchera à l’alcool pur. On sèche avec un chiffon, ou mieux à la peau de chamois.
- Taches de vin, de fruits, ou de fleurs artificielles sur vêtements de laine ou de soie blanche.
- Ces taches disparaissent ou du moins on obtient un excellent résultat en touchant d’abord à l’alcool, puis au permanganate de Potasse et ensuite à l’acide sulfureux liquide, on rince au mieux à l’eau froide et on sèche. 1 Sur le coton, la mousseline, la batiste, ces taches disparaissent en touchant à l’eau de Javelle étendue d’eau ; on rince à l’eau.
- Taches d'encre.
- Si l’encre est produite par de l’aniline, on
- touchera à l’alcool pur. Si elle est fabriquée au bois d’Inde et au sel de fer, on touchera à l’acide chlorhydrique étendu de moitié d'eau. Si l’article est de couleur claire, on peut employer le permanganate de potasse et l’acide sulfureux. On emploie aussi l’acide oxalique, qui atténue sensiblement les taches d’encre. Les taches de rouilles disparaissent de la même manière.
- Les taches de sang doivent d’abord bien être lavées à l’eau froide ; on touche ensuite à l’ammoniaque étendu d’eau, quelquefois pure, on rince et on sèche. Si la couleur tendait à se déruire, on frotte à l’éponge imbibée d’eau et d’acide acétique.
- Taches produites par un aeide quelconque.
- L'ammoniaque pur est employé pour faire disparaître ces taches et faire revenir la couleur. Si au contraire la tache est produite par un alcali ou un sel alcalin quelconque, on touchera soit à l’acide chlorhydrique, soit à l'acide acétique étendu d’eau.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- {Suite)
- Plomb
- Bouillon de mode pour 10 kil. :
- 0 kil. 400 bois jaune moulu.
- 0 kil. 350 campêche moulu.
- 1 kil. 500 garance.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode pour 10 kil. :
- 0 kil. 100 bois jaune moulu.
- 0 kil. 01875 campêche moulu.
- 0 kil. 01875 garance.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 0 kil. 00625 extrait d’orseille.
- 0 kil. 01875 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode pour 10 kil. :
- 0 kil. 583 bois jaune moulu.
- 1 kil. 416 garance.
- 0 kil. 050 campêche moulu.
- 0 kil. 066 extrait d’orseille.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 075 bois jaune moulu.
- 0 kil. 025 campêche moulu.
- 0 kil. 200 garance.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Plomb
- Pied de cuve (sans bouillon Pour 10 kil. : 0 kil. 600 extrait de campêche.
- 0 kil. 850 » » bois jaune.
- 0 kil. 950 caillatour.
- 0 kil. 125 sultate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 000 bois jaune moulu.
- 0 kil. 200 campêche.
- 0 kil. 500 garance.
- 0 kil. 075 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 875 bois jaune moulu.
- 0 kil. 1875 campêche moulu.
- 2 kil. 500 garance.
- O kil. 0375 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil :
- 0 kil. 400 bois jaune moulu.
- 3 kil. 333 garance.
- 0 kil. 250 campêche moulu.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Gorge de pigeon
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. :
- 1 kil. 250 bois jaune moulu.
- 1 kil. 750 extrait de campêche. 0 kil. 125 blackley.
- 1{8 litre acide sulfurique.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. : 0 kil. 500 bois jaune moulu. 0 kil. 100 campêche moulu. 0 kil. 750 garance.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Gris
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. : 0 kil. 125 bois jaune moulu. 0 kil. 375 campêche moulu. 0 kil. 250 garance.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon d’olive pour 10 kil. : 1 kil. 500 extrait de bois jaune. 0 kil. 250 cailladour.
- 0 kil. 150 extrait de campêche. 0 kil. 075 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10kil. : 1 kil. 250 bois jaune moulu. 0 kil. 350 campêche moulu.
- 2 kil. 250 garance.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Tuile
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. : 0 kil. 175 bois jaune moulu. 0 kil. 375 campêche moulu.
- 1 kil. 125 garance.
- 0 kil. 025 orseille extrait.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil.
- 0 kil. 750 bois jaune moulu.
- 0 kil. 075 campêche moulu.
- 2 kil. 000 garance.
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- ET DE L’IMPRESSION DES T1Sowo
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. :
- 0 kil. bois jaune moulu.
- 1 kil. 166 garance.
- 0 kil. 750 campêche moulu.
- 0 kil. 033 sulfate de fer,
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- JAUNE FOULON POUR LAINE
- Quand on examine la liste de tous les jaunes et tous les oranges employés en teinture, on se dit que le teinturier ne doit guère être embarrassé et qu’il faut forcément qu’il arrive à faire des couleurs solides. Le mot solide est devenu tellement élastique que nous devons ouvrir ici une parenthèse.
- Un produit donne-t-il des couleurs solides parce que la teinture obtenue résiste à l’acide sulfurique ? Non, il n’y a que le feutre qui a besoin de résister à cet agent ; ni la laine filée, ni le peigné, ni le mérinos, ni la demi-laine, n’ont besoin de passer après teinture à l’acide sulfurique.
- Seconde question :
- Peut-on dire d’une couleur qu’elle est parfaitement solide parce qu’elle résiste au sa-'on? Non, car bien des nuances résistent à un savonnage, mais salissent le blanc mélangé ou tissé avec l’étoffe ou le fil, le blanc devient jaune pâle ou crème.
- Troisième question :
- Une teinture qui résisterait à l’acide et au savonnage, je dirai même au foulon. est-elle garantie solide ? Non, car nous connaissons des produits qui résistent parfaitement aux deux agents ci-dessus et qui pâlissent et ter-nissent au contact de Pair.
- jaune foulon^ dont nous donnons aujourd’hui un spécimen à nos lecteurs, remplit toutes les conditions exigées ; aussi som-nes-nous certains que son emploi est assuré dans toutes les usines où l’on veut des tein-tares très solides.
- N° 1
- L’échantillon no 1 est fait avoc 10 gr. de produit par kil. de laine, le mordant employé est le sulfate de soude et l’acide sulfurique.
- No 2
- L’échantillon no 2 est fait avec 20 gr. de produit. La nuance est vive et le reflet riche. Un avantage que présente le jaune foulon est d’unir facilementet de pouvoir être employé avec tous les produits d’aniline. Nous en donnons quelques exemples :
- No 3
- L’échantillon no 3 est fait avec 15 gr. de jaune foulon et 10 gr. de violet acide.
- L’échantillon suivant est obtenu avec 15 gr. de jaune foulon et 10 gr. de rocceline.
- No 4
- Nous reviendrons encore sur ce colorant et nous donnerons des nuances qui prouveront de quel intérêt est cette nouvelle matière.
- Le jaune foulon sort de la maison Max Singer, à Tournai (Belgique).
- anfeeit
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- PROCÉDÉS DE BI
- Mather- Thompson
- Note de M. J. HEILMANN, à la Société Industrielle de Rouen.
- (Suite et fin.}
- Les cotons filés sont vaporisés comme les calicots pour blanc ménage. La décoloration s’effectue d’après le procédé original de Thompson. Les fils sont placés dans une cuve hermétiquement fermée, ayant d’un côté un réservoir contenant du chlorure de chaux et de l’autre un réservoir de gaz acide carbonique. On les laisse d’abord pendant un certain temps sur le chlorure, puis on soutire celui-ci par le moyen d’une pompe et on fait pénétrer dans la cuve l’acide carbonique, qu’on laisse agir environ une heure, après quoi on le fait retourner dans son réservoir. On le remplace de nouveau par le chlorure de chaux, et on continue ainsi alternativement jusqu’à ce qu’on ait atteint le degré de blanc voulu. Ce mode de procéder est employé aussi pour les tissus très forts ou très serrés, que la cuve au continu n’arriverait pas à blanchir, à cause du peu de temps qu’ils y resteraient en contact avec les matières décolorantes.
- Nous devons ajouter que nous n’avons vu blanchir que des toiles ménage, et que nous ne connaissons la manipulation des blancs d’impression et des fils que d’après les données qui nous ont été fournies.
- Le procédé de blanchiment que nous venons de décrire offre sur l’ancien système de nom-braux avantages, dont le principal réside dans l’économie. D’après notre collègue, M. Cross, et M. Bevan, cette économie peut être évaluée à 1[4 pour les drogues, 1[2 pour la vapeur, 1[2 pour la main-d’œuvre, 2[3 pour le temps et 415 pour l’eau. Nous n’avons pu contrôler tous ces chiffres, qui cependant nous paraissent être exacts.
- Pour les drogues, on n’aura qu’à se référer au prix de revient que nous indiquons plus haut, et qui certainement constitue une économie.
- Quant au charbon (pour chauffage et force motrice) et à la main-d’œuvre, les économies sont évidentes. Elles le sont encore davantage pour le temps, ainsi qu’on a pu le voir. Donnant moins de lavages, il va de soi que l’on doit consommer moins d’eau.
- En supprimant la lessive à la chaux, on supprime naturellement les taches de chaux. Cependant, d’après certains praticiens, il serait indispensable de commencer le traite-ment des blancs d’impression par une lessive calcaire.
- Réduisant le nombre des opérations et surtout celle des lavages, il est clair que l’on diminue dans la même proportion les chances de tares, telles que déchirures, taches, etc.
- Un point très essentiel encore, c’est la question d’emplacement, qui, pour blanchir un nombre égal de pièces, est beaucoup moindre avec le nouveau système qu’avec l’ancien.
- D’après les essais faits au dynanomètre, les fils et tissus ne se trouvent pas affaiblis dans le traitement par les procédés de Mather-Thompson. Les blancs se conservent parfaitement en magasin sans jaunir. Nous avons vu des calicots blanchis depuis plus d’une année qui, pendant ce temps, étaient restés exposés à l’air, et dont la nuance ne s’était nullement altérée.
- Des vérifications consciencieuses qui ont été faites ont prouvé que les tissus blanchis par le nouveau système gagnetn autant d'allonge qu’avec l’ancien. Ils reçoivent d’ailleurs, dans l’appareil au continu, un tirage suffisant pour cela et ce tirage pourrait encore être augmenté.
- La seule objection réellement sérieuse qu'il y ait à faire au procédé de blanchiment que nous venons de décrire consiste dans les frais de premier établissement, qui ne laissent pas d’etre considérables, les appareils de MM. Mather et Platt se vendant à un prix fort élevé. Cependant ces frais ne tarderaient pas à être récupérés par l’économie réalisée. Nous savons d’ailleurs que ce nouveau système de
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 221
- blanchiment a été installé dans plusieurs fabriques importantes à l’étranger, et qu’on s’en est bien trouvé.
- TISSU ET ENDUIT
- POUR LES DÉCORS DE THÉÂTRE
- Les décors de la scène sont généralement en tissu végétal, peints à la détrempe et tendus sur des portants en sapin, qui se dessèche très vite et devient très combustible. Que le feu prenne au bas de l’un quelconque de ces décors, la flamme gagne rapidement les sommets, laissant sur son chemin des matériaux en feu.
- Un collaborateur du Génie civ>il} M. Imbs, a proposé, depuis plusieurs années, de substituer au chanvre la bourre de soie dans la confection des toiles peintes en décors. C’est une augmentation de 25 0/0 dans le prix de ces toiles, en partie compensée par une durée plus grande, et surtout par un flambage beaucoup plus difficile et moins dangereux.
- A l’exposition de 1885, figuraient des spécimens d’étoffes légères, de tulle ou de gaze, enduites sur la moitié de leur surface d’une substance qui diminue à peine leur souplesse. En présentant à ces échantillons une allu-mette enflammée, la moitié non préservée prenait feu et brûlait presque instantanément dans toute son étendue, tandis que l’autre moitié restait indemne.
- La peinture à l’amiante, étendue sur le bois comme sur la toile, nous semble encore d’une application économique plus générale.
- A Rotterdam, en présence des membres du gouvernement néerlandais et des autorités de la ville, des pavillons en bois ont été recouverts sur la moitié de leur surface d’une tri-Pie couche de peinture incombustible à l'a-miante. Les deux moitiés furent, en partie, remplies par des copeaux arrosés de pétrole ; en quelques minutes, la portion non garantie fut entièrement détruite alors que la partie enduite sortit indemne de l’épreuve.
- Des résultats analogues avaient déjà été obtenus dans des expériences publiques faites en 1882 et 1883, à Londres, Manchester, Liverpool, Birmingham, Glascow, Burton, Edimbourg, Stockholm, Amsterdam et Saint-Pétersbourg. Plus de 100,009 kilogr. de cette peinture incombustible ont été employés, en Angleterre seulement, rien que dans les bâtiments des expositions internationales des pêcheries, d’hygiène, des inventions, en 1883, 1884 et 1885 ; une partie des bâtiments de la section des beaux-arts à Anvers, en 1885, a été peinte de la même manière.
- Ce qui nous paraît prouver nettement l’efficacité du système, c’est que les compagnies d’assurances anglaises consentent une réduction de 50 0[0 sur les prix courants de leurs polices pour les constructions où l’on emploie la peinture d’amiante. Son usage tend à se généraliser en Angleterre ; elle est aujourd’hui adoptée dans les chambres du Parlement à Westminster, à la résidence du prince de Galles à Sandringham, au musée britannique, au musée de South Kensengton, au palais d’Hampton Court, au théâtre royal de l'Alhambra, à l’opéra de Covent-Gar-den, etc.; ainsi que sur des navires de l’Etat et du commerce.
- Outre ses propriétés préservatrices des incendies, cette peinture est aussi, assure-t-on, un enduit résistant à l’eau, à la chaleur humide ou sèche et à toutes les émanations acides. On l’emploie dans les établissements de bains, dans les salles de douches et de sudation, dans les piscines ; elle est excellente pour le fer, pour les devants de chaudières et pour tous les appareils exposés à une haute température ou à l’action des acides.
- En France, l’emploi de l’amiante tend également à se développer. De grands industriels du Nord en recouvrent leurs ateliers ; des pavillons de bois placés sur la plage de Berc, exposés à toutes les intempéries et aux sables violemment projetés par les vents de
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- la mer, s’en trouvent bien comme sécurité et comme économie.
- FABRICATION INDUSTRIELLE DES BLEUS DE DIPHENYLAMINE
- Par le docteur Paul Sqhoop, professeur à l’Ecole polythechnique de Riga.
- (Extrait de Zeitschrift fur die chemische Industrie, mai 1887.)
- Les bleus de diphénylamine sont restés jusqu'à ce jour les plus intéressants de tous les pigments bleus artificiels. Ils se distinguent des bleus préparés avec la rosaniline par la pureté et l’éclat de leurs nuances. On sait que les bleus sont d’autant plus recherchés que leurs reflets sont plus verdâtres, que leurs nuauces s’éloignent davantage de la partie rouge du spectre. Or, à quelque degré de pureté que l’on pousse un bleu obtenu en phénylant la meilleure « rosaniline pour bleu », on n’obtient jamais qu’un bleu à l’alcool relativement violacé. Avec la même rosaniline, l'orthotoluidine fournit un bleu encore plus rouge; la paratoluidine, au contraire, un bleu se rapprochant du bleu de diphénylamine à reflet verdâtre
- Cette dernière opération ne date que d’une sixaine d’années ; elle avait sans doute échappé pendant si longtemps parce que, fait remarquable, toutes les fuchsines ne fournissent pas de bleu avec la paratoluidine. Quoi qu’il en soit, elle a conduit à une fabrication développée de bleus de rosaniline pa-racrésylés et restreint par cela même la production des bleus de diphénylamine. Néanmoins, ceux-ci conservent encore, pratiquement, un certain intérêt, indépendamment de celui qui s’y rattache au point de vue de la science pure.
- Le bleu de diphénylamine n’a fait l’objet d’aucune recherche scientifique et les données que l’on trouve éparses dans les traités spéciaux et dans les ouvragss de chimie géné
- rale sont loin d'être précises et concordantes.
- Tous ceux qui ont travaillé cette couleur ont été frappés des contradictions qu’offrent les faits et les propriétés du bleu de diphny-lamine avec l’hypothèse qui a encore cours généralement et qui admet l’identité de ce bleu avec la triphényle pararosaniline.
- Dans l’ouvrage de R. Meyer sur « les couleurs organiques artificielles », Noelting se prononce contre l’identité du bleu de diphénylamine et du bleu de rosaniline.
- Dans l'ouvroge de G Schulz, on trouve des conclusions diamétralement opposées; non seulement cet auteur identifie le bleu de diphénylamine préparé avec l’acide oxalique et la diphénylamine, avec un bleu obtenu en oxydant au moyen de chlorure de cuivre un mélange de diphénylamine et dedicrésylamine; mais, bien mieux, ces deux bleus se confondent avec la triphényle pararosaniline, etc.
- Nietzki, dans le dictionnaire de Laden-burg, se contente de dire, ce qui est la vérité, que la constitution du bleu de diphénylamins est encore inconnue.
- Nous allons décrire en détail la fabrication de ce bleu, telle qu’elle était pratiquée, il y a cinq ans, dans une importante fabrique de couleurs.
- Fabricatiou du bleu de diphénylame a l’alcool.
- La cuite du bleu de diphénylamine se fait dans une marmite cylindrique en cuivre, dont le fond, en calotte sphérique, avec une épaisseur de 5 millimètres, est fixé sur une calotte sphérique de moindre rayon, en fonte, de 30 millimètres, de telle façon qu’il existe entre ces deux plaques un espace vide d’environ 40 millimètres dans l’axe de l’appareil. C’est dans cet espace qu’au moyen d’une tuyauterie appropriée, on peut diriger de la vapeur sous pression, pour porter la charge à la température de réaction, ou, au besoin, de l'eau froide. A la partie inférieure se trouve un robinet de vidange du double fond.
- Le couvercle de l’appareil est en deux piè-ces, dont l’une fixe, occupant un peu plus de la moitié de la surface, est percée d’une ou-
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- verture garnie d’une boîte à étoupes livrant passage à l’arbre de l’agitateur disposé dans l’axe de l’appareil et mu verticalement de haut en bas au moyen d’un excentrique. L’autre partie du couvercle est mobile et sert au remplissage et à la vidange. L’agitateur est formé par une plaque de cuivre, qui s’appuie exactement sar le fond de la marmite, percée de trous et qui se meut, comme nous l’avons dit, de haut en bas et de bas en haut. Ce système d’agitateur est bien préférable à celui des ailettes, quelle que soit leur disposition, animées d’un mouvement de rotation.
- A la partie fixe du couvercle est adapté un tuyau de dégagement qui livre passage aux gaz formés pendant la réaction : vapeurs d’eau, d’arides oxalique et formique, de di-phénylamine, et l'on charge en faisant arri-ver la vapeur d’un générateur dans le double fond. Lorsque la température de la diphény-lamine fondue atteint 1100, on commence à y introduire peu à peu l’acide oxalique, de façon à avoir ajouté la totalité de ce réactif, soit 50 kilogrammes dans l’espace d’une heure environ. A ce moment, la température doit être de 1250 environ et monter peu après à 130-1320 (2 atmosphères et demie) où il faut la maintenir pendant 8 à 9 heures.
- Dès que le mélange est effectué, la masse commence à se colorer en bleu verdâtre, en même temps qu’il se dégage d’une façon con-tnue des vapeurs d’eau et un mélange de gaz carbonique et oxyde de carbone à volumes egaux. Peu à peu, la cuite vire au bleu foncé et, vers la fin au bleu noir. (A suivre.}
- NOUVELLE potasse CAUSTIQUE
- Jusqu’à présent, on ne connaissait que deux qualités de potasse caustique,l'une ayant “ne richesse de 60/65, l’autre renfermant 75/80 0/0 d’hydrate de potasse (KO, HO); nous venons d’apprendre que l’on fabrique depuis très peu de temps une troisième qua-lité dite « extra », qui répond à l’analyse suivante :
- Hydrate de potasse (KO, HO). 83,10
- — de soude (NaO, HO).. 1,29
- Chlorure de potassium........... 0,90
- Sulfate de potasse................ 0,35
- Eau et non dosé.................. 13,76
- 100,00
- Cette potasse est vendue comme titrant 80/85 0/0 de KO, HO.
- BREVETS D INVENTION
- 179.519. 8 nov.; Société Royer et Robin. — Apprêt des tissus par vapeur d’eau.
- 180.811. 11 janv. 87; Bouillet.—Fabrication du bleu d’outremer.
- 180.820. 11 janv.; Maxwell et Young. — Perfect. dans la fabrication et dans l’application d’une matière colorante.
- 180.955. 47 janv.; Compagnie parisienne de couleurs d’aniline. — Procédé de préparation de matières colorantes par l’action de nitro-sodérivés secondaires d’amines aromatiques, sur des phénols et des acides oxycarboni-ques.
- 181.339. 4 fév.; Rubay.— Blanchiment des textiles végétaux.
- 181.351. 4 fév.; Compagnie Parisienne de couleurs d’aniline. -- Produits nouveaux de cette substance.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Rouen. — Formation de la Société en nom collectif P. Démarest et fils, déchets de coton, rue Victor-Hugo, 50. — Durée : 6 ans et 5 mois.—Cap. : 100,000 fr.— Acte du 28 juillet.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, à partir du 10 juillet, de la Société L-B. Dalmon et Seigneur, apprêts et cylindrages en tous genres, rue des Capucins, 6. — Acte du 11 août.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 20 juil-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- let, de la Société Bussy et Martinand fils, teinturiers, quai Pierre-Scize, 48. — Liquid. : M. Bussy. — Acte du 12 août.
- MODIFICATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Modification de la gérance de la Société Wallerand, Wiart Jacqz et Cie, teinture et apprêt des tissus, dont le siège est à Cambrai (Nord), devenue Wallerand, Wiart, Jacquemart et Cie, par suite de la nomination de M. Jacquemart comme gérant, en remplacement de M. Jacqz, décédé. — Délib. du 26 août. — G. T.
- Roubaix. — Modification de la Société en nom collectif Ernoult-Bayart frères, teinture et apprêt des tissus , rue du Grand-Chemin, 65, dont M. Ernoult-Delattre s’est retiré depuis le 1er janvier 1887. — Acte des 5 et 7 août.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Laubier a vendu à M. X..., rue des Juges-Consuls, 3, chez M. Bérard, 7 septembre, un fonds de teinturerie, boul. Montparnasse, 49.
- Mme Desquilbé et Cie ont vendu à M. X..., rue du Commandant-Rivière, 3, chez M. Hans-sens, 13 août, un fonds de teinturerie, rue Miromesnil, 28.
- M. Dubreuil a vendu à M. X..., rue Vau-villiers, 4, chez M. Madelaine, de suite, un fonds de teinturerie, boul. de Magenta, 32.
- M. Dubois a vendu à M. X..., rue du Commandant-Rivière, 3, chez M. Hanssens, de suite, un fonds de teinturerie, rue Richer, 23.
- Mlle Dufrénoy a vendu à M. Crosse, rue des Vosges, 3, 1er octobre, un fonds de teinturerie, boul. de Belleville. 5.
- M. Larribeau a vendu à M. Guillaume, rue Servandoni, 19, 12 septembre, un fonds de teinture de peaux, rue de Lourcine, 22.
- M. Ottoz a vendu à M. X..., boul. deCour-celles, 8, chez M. Letourneur, de suite, un bail de teinturerie, rue de la Michodière, 9.
- Traité de teinture et impression, blanchiment et apprêt des fliS et tiesns, par Marius Moyret, ingénieur chimiste.
- Nous recommandons à nos lecteurs cet ouvrage publié par livraisons de 32 pages, avec planches, échantillons et chromolithographies dans le texte.
- L’auteur, lauréat de l’Ecole de la Martinièreen 1855-1856, n’en est pas, d’ailleurs, à ses débuts; il a déjà, en 1876, publié un traité spécial pour la teinture de la soie, qui a obtenu un grand et légitime succès, ce qui est de bon augure pour la publication nouvelle.
- Le nouveau traité, beaucoup plus vaste que le premier, répond aux besoins actuels. Par suite des exigences de la mode, les teinturiers sont appelés à teindre toutes sortes de fils : soie, soie sauvage, laine, poils, coton, ramie, chanvre, lin, jute, etc., pures ou mélangées, en fils ou en tissus,
- M. Moyret offre le résultat des études de 25 années de travaux, de voyages et de recherche0, qui lui ont d’ailleurs été facilités par sa position de rédacteur au Moniteur de la teinture de Paris et de correspondant de divers journaux français et étrangers.
- Tous les renseignements sont authentiques, et le nouvel ouvrage aura le cachet du premier, c’est-à-dire essentiellement technique.
- Chaque livraison contiendra des faits inédits et pratiques. On peut le constater dans les quatre premières qui viennent de paraître et contenant : une préface exposant le plan de l’ouvrage qui aura au moins quatre volumes et le commencement de l’historique de la teinture et de l’impression à travers les âges.
- Convaincus du succès, nous adressons nos félicitations à l’auteur.
- Quatre livraisons parues. — Deux gravures.
- Prix de la livraison, 50 c.; par la poste, 60 c.
- Adresser mandat ou timbres-poste au bureau du Journal.
- Manuel du Teinturier-Dégraisseur
- A LA PORTÉE DE TOUS
- Par C. B A TIFOIS
- Une brochure in-18 de 72 pages. — Division de cette brochure :
- 1. Définition générale des tissus.
- 2. L’art de ia teinture dans ses détails.
- 3. Le nettoyage et les apprêts.
- 4. Préparation de tous les bains.
- 5. Formules, propriétés, préparations et usages des principaux corps employés en teinture.
- Prix, 2 francs.— Adresser les demandes au bureau du journal. Joindre mandat ou timbres-poste.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N 20. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 4887
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- FABRICATION DES BLEUS DE DIPHENYLAMINE (suite et fin). #
- TARIFS DE CHEMINS DE FER.
- BREVETS D'INVENTION.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- PROCÉDÉ ET APPAREIL DE TEINTURE Par M Smithson.
- Le procédé consiste à extraire la matière colorante soluble contenue dans les bois tinctoriaux et autres substances, de manière que les objets à teindre ne se trouvent jamais en contact avec une partie quelconque des ingrédients.
- A cet effet, M. Smithson fixe à l'un des bouts de la cuve où doit se pratiquer la tein-ture, un cylindre vertical, fermé par un cou-cercle étanche ; le fond inférieur est percé l'un certain nombre de trous, dans lesquels s’emmanchent autant de tubes verticaux fixés, vers le haut, dans une plaque également perforée. Un tuyau de vapeur débouche sous le dôme du cylindre et enveloppe les tubes, de manière à échauffer et à porter rapidement à l’ébullition le liquide contenu dans ces tubes (au même niveau que dans la cuve avec la-quelle ils communiquent par un collecteur in-férieur). La vapeur en excès et l’eau conden-sée se dégagent par un conduit de décharge Spécial.
- L’ébullition détermine bientôt la projection d’une partie de l’eau hors du faisceau tubu
- laire, c’est-à-dire entre la plaque supérieure et le dôme, qui forme couvercle. En cet endroit, un tuyau d’échappement reçoit le liquide bouillant et le transporte dans un récipient à faux fond perforé, disposé entre le cylindre dont il vient d'être parlé et la cuve à teindre proprement dite. Le bois de teinture placé sur ce faux fond est traversé par l’eau, qui se charge ainsi de la matière colorante et passe en dessous du faux fond, pour arriver en dernier lieu dans la cuve.
- APPAREIL ROTATIF POUR LA TEINTURE DES BOBINES DE LAIGNE PEIGNÉE
- Par MM. Harmel frères.
- Sur un arbre horizontal sont fixés des croisillons équidistants et pourvus de coussinets ; ces coussinets servent à suspendre, au moyen de tourillons, des porte-bobines à fond perforés. Les bobines sont maintenues d’autre côté par des couvercles également perforés, que huent des réglettes ou barettes transversales, guidées dans les coulisses de deux montants. Le chargement des-bobines dans les récipients est tel que le centre de gravité des porte-bobines remplis reste toujours au-dessous de l’axe de suspension. Il en résulte que les vases, reliés aux tourillons par des pièces articulées, conservent la position verticale pendant la rotation. A chaque tour, la partie supérieure de ces récipients se remplit de liquide ; le liquide traverse les bo-
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- bines de haut en bas, pour retomber dans la cuve, tandis que les vases émergent du bain. Des bacs de préparation pour la teinture, pour l’engallage, pour le liquide de rin çage, etc., sont placés à proximité de l’appareil et mis en communication avec ce dernier par une conduite desservie, soit à l’aide d’une pompe, soit au moyen d’un injecteur.
- TISSU-OUATE DIT « CAROLINE » Par M. Cribier.
- M. Cribier s’est proposé l’obtention d’un produit aussi épais, aussi moelleux, aussi léger que de la ouate, mais plus résistant et plus souple. Le produit breveté résulte de la superposition de deux couches de coton, de laine, ou matière analogue, d’épaisseur variable mais régulière, solidarisées par un simple gommage ou par l’interposition d’un filet à mailles (plus ou moins serrées) enduit également d’un liquide adhésif.
- DÉCATISSAGE DES TISSUS A L’EAU ET A SEC Par M. Giering.
- Lorsqu’on décatit le drap, enroulé en spires plus ou moins serrées autour de cylindres remplis de vapeur et percés de trous à la pé riphérie, les premières couches d’étoffe sont plus pénétrées de vapeur que les couches extérieures.On a essayé de combiner,dans le détissage à sec, la vaporisation du tissu avec un pressage à l’intérieur d’une auge perfectionnée (syst. Esser), mais le tissu ne prend pas un lustre suffisant. On a imaginé alors de faire précéder le décatissage à sec d’une préparation à l’eau bouillante. C’est à un apprêt de ce genre que convient surtout la machine Giering.
- Le drap, apporté sur un rouleau,chemine de haut en bas et de bas en haut, de manière à multiplier les circuits, dans une cuve remplie d’eau bouillante. Un jet de vapeur maintient le liquide à la température convenable et des rouleaux guident l’étoffe à l’intérieur du bain.
- A la sortie de la cuve, deux rouleaux de pression, chauffés à la vapeur, essorent le drap, qui se rend ensuite sur des rouleaux de tension et contourne un tambour métallique. Le dernier, rempli de vapeur et percé de trous très fins, sert à sécher et à décatir simultanément. De plus, pour mieux diviser la vapeur, le tambour est garni de flanelle; pour donner plus de lustre, un drap-feutre sans fin presse l’étoffe contre le tambour, qu’il contourne entièrement.
- La machine est disposée de telle sorte que l’apprêteur puisse, suivant les genres de tissus , utiliser l’ensemble des dispositifs qui viennent d’être indiqués, ou décatir exclusivement à sec, en ne faisant pas usage du bac à eau bouillante.
- TRANSPORT DES DÉPÔTS MÉTALLIQUES D’UNE SURFACE DURE SUR UNE SURFACE SOUPLE Par M. Millot.
- Le procédé consiste :
- 1* A effectuer, par l’un des moyens connus, un dépôt métallique à la surface d'une plaque rigide, d’une feuille de verre, d’une glace, préalablement enduite d’un mélange de savon et de talc pour empêcher l’adhérence ;
- 2: A enduire le dépôt d’une couche de gomme ou de colle et à appliquer par dessus, la surface souple (tissu, papier, cuir) sur laquelle doit être transféré le revêtement métallique.
- Par le chauffage, le dépôt se détache de la glace et reste fixé à l’autre surface.
- APPAREIL POUR RELEVER LE POIL DES VELOURS-PELUCHES, ETC-
- Par MM. Ch. Vignet, sis fils et Cie.
- Le procédé le plus usité pour produire Ie relevage du poil consiste à frapper sur le deux faces de l’étoffe; mais, suivant l’habilete et le soin du personnel, le travail, toujour assez onéreux, est plus ou moins régulier.
- L’appareil breveté, placé sur une machine spéciale ou en tête d’une machine quelconque à ramer ou à sécher, consiste dans la dispoS1 d
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- tion de deux lames fixes ou mobiles, placées l’une en dessus, l’autre en dessous de l’étoffe et transversalement. La pression exercée par ces barres, pendant l’entraînement du tissu, produit le relèvement du poil.
- L’étoffe préalablement mouillée, chemine sur un premier rouleau formant frein ; à la suite, une brosse circulaire ou un rouleau garni de carde couche le poil uniformément dans le sens opposé à celui où doit agir l’appareil. Alors seulement l’étoffe passe entre les lames de relevage et enfin sur un rouleau d’appel à garniture de carde.
- FOULEUSE A MOUVEMENT ALTERNATIF Par MM. Barette.
- Il arrive souvent qu’au foulage certaines étoffes se plissent. Aussi convient-il, pour éviter la formation de plis ineffaçables, de découdre les pièces et de les recoudre bout à bout, de manière à changer le sens de la marche à travers la machine.
- Pour économiser le temps et la main-d’œu-vre, donner plus de durée aux cylindres et aux sabots, augmenter la production, MM. Barette établissent une fouleuse, qui travaille dans les deux sens, c’est-à-dire alternative ment d’avant en arrière et d’arrière en avant. I1 faut, bien entendu, deux doubles poulies de de commande (fixe et folle) pour tourner avec courroie droite et courroie croisée. L’une de ces commandes est à droite, l’autre, à gauche de la machine. Il existe une porte en arrière comme en avant. Les sabots doubles sont so-lidaires. Lorsque le foulonnier en abaisse un Pour marcher dans une direction, l’autre se relève simultanément.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 180656. 9 janvier 1887 ; Chesneau-Fonte-eau. — Mordants liquides et solubles pour teintures noires, bleues et toutes les couleurs
- générales composées par les produits d’anilines.
- Ces mordants sont composés de la manière suivante :
- Pour 100 kil. mordant noir direct :
- 30 kil. sulfate de cuivre.
- 30 kil. oxalate de potasse.
- 40 kil. pyroliguite de fer.
- Pour le bleu, il faut ajouter 30 0[0 d’alun.
- Pour fixer les couleurs, il faut supprimer le cuivre et le pyrolignite de fer, conserver :
- 15 0(0 d’alun.
- 15 0[0 d’oxalate de potasse.
- Rajouter : 15 0[0 crème de tartre.
- 30 0|0 sulfate de soude.
- 5 0(0 acide oxalique.
- 20 0[0 acide sulfurique.
- Pour les noirs directs, il faut garnir de 12 0[0 de mordant de campêche et de jaune cuba et tourner le bain après 45 minutes de bouillon avec 2000 de sel Solvay.
- Pour le remontage des bleus indigo sur un seul bain, il faut garnir de 10 0|0 de mordant et de 10 0[0 de campêche et faire bouillir 50 minutes.
- Pour fixer toutes les couleurs composées pour les produits d’aniline, il faut garnir de 7 0[0 de mordant pour toutes les couleurs en général composées avec la fuschsine acide, l’orangé, la rosaline, le ponceau et le bleu d’aniline. Il ne faut plus d’orseille, plus de carmin ni composition d’indigo.
- 180727. 6 janvier 87 ; Société dite : Farben-fabriken Vorm Friedr Bayer et Cie. — Procédé defabrication de matières colorantes azotées servant à teindre le coton non mordancé dans le bain alcalin par l’action des tétrazo composés des diparadiamines de la série des diphényles sur les naphtylanimes mono ou diakyles ou de ses sulfo-acides.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle, 47, rue Turbigo, Paris.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- (Suite.)
- Mais ce n'est qu’en 1883, que la Société d’acclimatation, après des essais infructueux, I eût des cocons parfaits, d’où sortirent des papillons.
- Cet envoi avait été fait par Mgr Faurie, évêque d’Apollonie et vicaire apostolique de Koueï-tchéou.
- L’on récolte en Chine les cocons des vers suivants : Yèh-tsan, ver sauvage, dans les provinces de la Mandchourie, le Tchih-U, le Chan-toung, le Khoueï-tcheou, le Ho-nan et le Se-tchouen.
- Suivant la province et le climat, la qualité de la soie est variable.
- Le Pernyé, qui accepte une demi-domestication, a été cultivé en France, en Espagne, en Hongrie et en Belgique. Il reste à savoir si ces éducations seront rémunératrices.
- L’Antherœa Pernyé est de race bevoltin, et l’on fait une très grande différence pour les soies récoltées au printemps et à l’automne. En général, les vers d’automne donnent des soies moins estimées que celles des vers de printemps.
- Ce ver se rattache aux branches par un ruban mince, collé contre la nervure d’une feuille et sur la branche qui la supporte, auxquelles il se fixe par une bourre très abondante. Il diffère en ceci du ver domestique qui, à la montée en bruyère, ne se fixe que par quelques points très légers d’attache aux rameaux qui lui servent de points de suspension.
- Le cocon est ovoïde, d’un blond roux, parfois très pâle, de texture lâche, quoique d’un grain assez fin ; il diffère du Mylitta indien, qui est rond et lisse, d’une couleur grise, très riche en grès et suspendu à la branche par une forte boucle.
- Par sa forme, V Antherœa Pernyé se rapproche plus de l’Antherœa Assama que de V Antherœa Mylitta.
- La longueur des cocons du Pernyé varie de Om,O45 à 0m,050 et la largeur de 0m,020 à 0m,022.
- La bave a une couleur gris roux ou fauve clair.
- Son diamètre varie de 60 à 70 millièmes de millimètre, soit à peu près le double des co-
- I cons de belle race du Bombyx mori, cultivé dans les Cévennes.
- A ce titre-là, cette bave offre des avantages et des défauts. Elle ne permet pas de filer des soies très fines. En place, elle donne des produits plus tenaces qu'avec celle du Bombyx mori. Elle entre d’ailleurs, en ce moment, dans la consommation pour des articles communs, de grande durée, mais ne nécessitant pas un grand fini dans la fabrication du tissu.
- L’élasticité varie de 17 à 22 0(0 et est très régulière. Celle du Bombyx mori est un peu plus considérable , dans la moyenne, du moins.
- La ténacité varie de 16 à 24 grammes et est de même très régulière.
- J’ouvre ici une parenthèse : la soie, sauvage ou non, après le fer, est le fil qui offre le plus de ténacité et de résistance à la rupture, en tenant compte du diamètre, bien entendu. J’ai reconnu que le cuivre venait ensuite.
- D’après des esssais faits à la Condition des soies de Lyon, on trouve que, en moyenne, chaque cocon de Pernyé pesant de 3,5 à 4 gr-fournit Og,470 de bonne soie.Dans la pratique, l’on trouve un peu moins. Les longueurs varient de 700 mètres à 900 mètres, ce dernier résultat est exceptionnel.
- Dans l’industrie, il faut environ 20 kilog. de cocons frais pour obtenir 1 kilogr. de soie grège.
- En Chine, par le tirage du cocon du Pernyé la longueur dévidable des baves est de 500 a 600 mètres, le poids de la soie obtenue de 0g,470 par cocon.
- Les cocons sont moins garnis qu’en France» ils sont d’ailleurs plus petits.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le titre des cocons obtenus en France est plus faible que celui des cocons d’Asie.
- En Chine, le Pernyé donne une bave qui titre de 7 1[2 à 8 1[2 deniers ; le tussah indien et le Mylitta atteignent jusqu’à 10 et 11 deniers. Or, à 5 1[2 deniers, cette dernière qualité explique la supériorité de nos races. On peut, avec elles. obtenir des produits plus fins à la filature.
- Ici, comme beaucoup de lecteurs peuvent n’être pas au courant de ces expressions de deniers, je vais donner une explication sommaire à cet égard.
- Le degré en denier, pour la soie, indique ce que pèse en deniers (ancienne manière de compter, gardée à tort) une longueur d’un brin de soie, simple ou composé, de 480 mètres il y a quelques temps, aujourd’hui de 500 mètres. Conséquemment, plus une soie a un denier élevé et moins elle est fine.
- Pour les filés cotons, on compte différemment, le numéro indique le nombre de mètres au kilogramme, et, conséquemment, plus le nombre est élevé et plus le coton est fin et a de la valeur. Ainsi, un coton no 140,000 a 140,000 mètres pour former 1 kil. La ramie, Qui est à l’état d’essai dans le Midi de la France, n’a pu encore donner des filés comparables à ceux du coton fait dans de bonnes conditions et avec des cotons de premier choix. Sous ce rapport il ne faut pas, d'ail-leurs, se faire illusion, c’est le coton qui, jusqu’à ce jour, a donné les fils les plus fins.
- Les cocons du Pernyé, récoltés en Chine, Perdent, par le décreusage, plus de poids que ceux récoltés en France.
- En Chine on se sert, pour les dégommer, dune lessive de cendres de bois de chêne ou de cendres de tiges de sarrazin, à moins que lon ne devide sur une table à sec. Ce pro-cédé de tirage de la soie est d’ailleurs le meilleur.
- La soie tussah étant très ouverte, offre, par cela même, de grandes difficultés d’ouvrai-Son, surtout si elle a été filée après avoir été dégommée par le concours des alcalis.
- En Chine on introduit, pour le montage des soies, un liquide qui reconstitue une espèce de grès artificiciel, à moins que l’on ne produise des poils, avec lesquels on fait de très beaux articles à Tchi-fou.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A. suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- Détachage, visitage. — On me demande quel est le meilleur produit pour détacher, je réponds que c’est la benzine ; prendre de préférence la benzine légère, qui pèse de 700 à 750 grammes le litre ; il n’y a donc pas de marques spéciales, pas plus pour la benzine d’un pharmacien quelconque que pour tout autres marchands, qui ne peuvent que la sophistiquer. Il en est de même de tous les autres inventeurs des produits en ine : la ben-zoline, la pétroline, la neuphaline, etc , etc.'
- Tous ces produits sont dérivés du goudron de houille et préparés par la Compagnie parisienne du gaz, ou bien ne sont autres que de vulgaires pétroles plus ou moins parfumés.
- Quant à la panamine, à la moréine et autres tisanes hydratées similaires, ce ne sont que des décoctions de bois de Panama, de saponaire, inoffensives il est vrai sur un tissu noir, mais qui au détachage peuvent, comme l’eau ordinaire, mouiller l’article, faire couler la couleur, surtout dans les nuances fragiles de soie, de laine et soie, de popeline grise, bleu, bronze, etc., de telle sorte que la la place détachée est plus laide que ci-devant.
- Nous trouvons tous les jours des quantités d’étoffes qu’on ne peut même toucher ni à l’eau, ni à l’alcool étendu d’eau, ni à l’acide acétique, etc., comment voulez-vous qu’on les touche avec succès avec les produits à base d’eau ; je les ait tous essayés et les ai remisés sans remords. J’en ai eu à expérimenter de diverses sortes, entre autres un à base d’am-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- moniaque, certainement ce produit peut être bon pour les noirs à visiter, mais le prix en est trop élevé. Nous savons tous que l’ammoniaque du commerce est d’un prix abordable, inutile alors de l’acheter si cher en si petite quantité, ce serait prendre du beurre chez le pâtissier, et encore.
- Je connais un sophistiqueur de la plus belle eau qui achète de la benzine ordinaire, il l’empoisonne avec une huile odorante quelconque, la parfume ensuite et la met en flacon ; il essaie de la livrer au commerce avec un prospectus émaillé de semblant de médailles, — ce sont des effigies de pièces de dix sous, — car des médaillés on n’en donne pas aux inventeurs de benzine de 1887, il y a longtemps que celui qui l’a trouvée le serait médaillé. Mais celui-là n’y regarde pas de si près. Il vous explique qu'en frottant sur la tache avec cet excellent produit, la tache se retrouve en dessous de la table qui a servi à l'opération. Sans commentaires, n’est-ce pas ?
- Donc, le meilleur produit à employer est la benzine légère pure, qui évite les cernes, dissout parfaitement tous les corps gras, huile, graisse, bougie, cire, vernis, goudron, cambouis, etc., et non aucun autre des produits répandus dans le commerce, qui ne peuvent que causer des embarras au déta-cheur sans qu’il s’en doute, ce que j’ai essayé de démontrer.
- TEINTURE DE LA SOIE
- Sur articles tout faits et défaits, rotes, costumes, etc.
- La soie a besoin des plus grands soins et des plus grandes précautions pour être convenablement teinte; il faut surtout éviter les cassures dans la manipulation. Selon ce que l’article a de la valeur, il est teint à la main ou au tendeur ; à la main, il se fait à la chau- J dière ou à la bassine, l’article est bâti lé par * lé et le mieux possible pour en faciliter l’opé- | ration.
- Comme tous les teinturiers ne peuvent se procurer des tendeurs circulaires en cuivre, faute de place ou de vapeur, je leur conseille le tendeur que j’ai adopté, il coûte peu de cou-struction (30 fr. environ), on peut même le faire soi-même, il consiste en un cadre de bois dur, chêne ou hêtre, de 0m,04 à 0m,05 d’épaisseur, de 0m,70 à 0m,80 de hauteur et carré, portant une traverse mobile glissant dans deux rainures et maintenu par deux tiges de cuivre ou de fer formant pas de vis aux deux extrémités et réglés par deux vis à oreilles; seize tiges de fer ou de cuivre, ou encore de bois, de 0m,30, sont fixées solidement dans le milieu de l’épaisseur du cadre pour y bâtir les robes destinées à être teintes; elles doivent être cousues en long, c’est-à-dire lé par lé sur leur longueur ; les lés sont bordés d’un cordon.La robe est alors bâtie après ces tiges au moyen de fil solide et tendu ; à chaque détour que fait la robe repliée sur elle-même, on passe une perle grosse de 0m,007 à 0m,008 pour éviter que les lés ne se touchent entre eux ; les espaces vides que laissent les lés en pointes et les morceaux de corsages sont remplis par de la mousseline légère et bon marché, bâtie à grands points. Ce tendeur peut contenir de quatre à six robes, dont deux ou trois de chaque côté et selon leur grandeur ; il va sans dire qu’il faut être, néanmoins, muni de barques assez vastes pour laisser séjourner et remuer à l’aise le \ tendeur, soit : 10 dans le bain de carbonate de soude et d’ammoniaque ou mieux de potasse caustique pour le démontage ; 2 pour les rinçages ; 3o pour le piquage à l’acide sulfuriqne et rinçages ; 4 pour le bain de rouille et 1 rinçages ; 5o pour le bain de teinture ; 6° pour le javellage. La maison Pierron et Dehaitre ( construit des barques spéciales pour ce tendeur.
- Les robes étant teintes et rincées doivent sécher sur le tendeur même; on coupe ensuit® les fils qui les retenaient, on sépare les robes et on les visite.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Pour obtenir un bon résultat, il faut opérer de la façon suivante.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Mode
- Bouillon de mode pour 10 kil. :
- 0 kil. 3125 bois jaune moulu.
- 0 kil. 100 campêche moulu.
- 0 kil. 375 garance.
- 0 kil. 0125 sulfate de fer.
- Gris vert
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Rentrer dans un bain à 40 contenant : 0 kil. 333 garance.
- 0 kil. 0166 curcuma,
- Marcher l[4 d’heure sans vapeur, échantillonner, et si l’on est moins.rouge, donner un coup de vapeur, mais sans arriver au bouillon.
- Mode
- Bouillon de mode. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 250 bois jaune moulu.
- 0 kil. 750 garance.
- 0 kil. 750 campêche moulu.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Mode
- 0 kil. 750 bois jaune moulu.
- 0 kil. 750 garance.
- 0 kil. 100 campêche moulu
- 0) kil. 050 sulfate de fer.
- Mode
- Bouillon de mode pour 10 ki.
- 0 kil. 350 bois jaune moulu.
- 0 kil. 150 campêche moulu
- 1 kil. 750 garance.
- 0 kil. 025 extrait d’orseille.
- 0 kil 025 sulfate de fer.
- ______________________
- Réséda
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Bouillon de 1 heure avec Ok 200 Bichro mate.
- Remonter avec :
- 0 kil. 1125 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 225 campêche moulu.
- 0 kil. 875 garance.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Perle
- Pied de cuve. Pour 10 kil.:
- Remonter sans bouillon avec :
- 2 kil. 500 alun.
- 0 kil. 500 tartre.
- 0 kil. 300 cochenille.
- 0 kil. 250 acide sulfurique.
- Gris
- Bouillon de modes. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 1062 bois jaune moulu.
- 0 kil. 100 campêche moulu.
- 0 kil. 250 garance.
- 0 kil. 0187 extrait d’orseille.
- 0 kil. 225 sulfate de fer.
- Plomb
- Pied de cuve. Pour 10 kil. :
- Remonté sans bouillon avec :
- 0 kil. 625 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 750 extrait de bois de campêche.
- 1 kil. caillatour.
- 0 kil. 125 sulfate de fer.
- Alezan.
- Bouillon de modes. Pour 10 kil.
- 1 kil. 000 extrait de bois jaune.
- 1 kil. caillatour.
- 0 kil. 050 extrait d’orseille.
- 0 kil. 0187 sulfate de fer.
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- G ç C2
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Gorge de pigeon
- Bouillon 2 00 Bichromate (1 heure pour 10 kil.
- 0 kil. 075 extrait de bois jaune.
- On commence à donner un pied de cuve 1er échantillonnage 1 heure après l’entrée et ensuite 1[2 heure après chaque rejet.
- Rouge
- On entre à 70o pour le bouillon qui dure 2 heures.
- Bouillon. Pour 10 kil. :
- 0 kil. 625 flavine.
- 3 kil. 000 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- 0 kil. 375 sel d’étain.
- On remonte à bain neuf avec :
- 2 kil. 250 bochenille.
- Rouge
- Bouillon de 2 heures avec :
- 0 kil 100 flavine.
- 2 kil. 500 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- 0 kil. 500 sel d’étain.
- Pour la 2e passe 0 kil. 0875 flavine.
- Pour la 3e passe 0 kil. 08125 flavine.
- Rabat 1 kil. 500 cochenille.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- FABRICATION INDUSTRIELLE
- DES BLEUS DE
- Par le docteur Paul SonOoP, professeur à l’Ecole polythechnique de Riga. (Extrait de Zeitschrift fur die chemische Industrie, mai 1887.)
- (Suite et fin.)
- Un dégagement trop rapide de gaz, indice d’une élévation de la température, n’a d'aute effet que d’augmenter les pertes d’acide oxalique par entraînement, sans aucun profit pour le rendement en matière colorante.
- Lorsque la cuite est à point, ce que recon
- naît facilement le chimiste ou l’ouvrier occupé à cette fabrication, on verse dans la marmite 60 litres d’eau chaude et on laisse bouillir pendant un quart d’heure environ. Pendant ce temps, on porte 100 litres d’eau à l’ébullition dans une grande marmite en cuivre, à double fond ; on y verse le produit de la cuite que l’on transporte dans les seaux, et l'on agite soigneusement pendant un quart d’heure, après avoir arrêté la vapeur. Dans le double fond de cette marmite, on fait maintenant circuler de l’eau froide, pour abaiser vivement la température de la décoction et, au bout d’une demi-heure environ, on peut enlever la dissolution surnageante claire, d’acide oxalique, que l’on passe dans un bac en bois voisin. On lave encore une fois de la même façon, en malaxant tout le temps avec une batte en bois pour agglomérer le produit de manière à pouvoir soutirer complètement cette fois la liqueur oxalique.
- Pour retrouver l’acide oxalique des eaux du lavage, on les concentre dans un bac de bois peu profond, doublé de plomb, dont le fond est occupé par un serpentin de plomb où circule de la vapeur. Lorsque la liqueur est concentrée à cristallisation, on la passe au cristalli-soir en bois plombé.
- Le produit de la cuite est encore décoc-tionné une troisième fois avec une soixantaine de litres d’eau, et ces eaux, peu chargées d’acide oxalique, sont conservées pour être être employées au premier lavage d’une opération suivante.
- En tout, on emploie au lavage près de 400 litres d’eau. La quantité d’acide exalique retrouvé est de 52 à 54 pour 100 de la quantité mise en charge.
- Le bleu brut, une masse bleue noire, molle, passe maintenant à la purification.
- Le procédé que nous venons de décrire s’applique à la préparation du bleu à l’alcool appelé à être transformé en bleu coton verdâtre, du type le plus recherché par les teinturiers. Si le bleu doit être employé à l'alcool, il vaut mieux maintenir la température du-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- en C G?
- rant la cuite à quelques degrés plus bas, à 125-127o, toutes autres circonstances égales d’ailleurs ; la nuance du bleu de diphényla-mine à l’alcool ainsi obtenu est un peu plus rougeâtre, mais aussi plus fraîche et plus vive.
- On purifie toujours ensemble le produit de plusieurs cuites. Nous supposons réunis les produits de deux opérations dans une grande marmite émaillée de 250 à 300 litres, munie d’un agitateur à palettes, fixé à son couvercle, lequel s’enlève au moyen d’une poulie. En chauffant doucement le bleu brut, on l’amène à fondre, vers 550 et l’on ajoute peu à peu 15 litres d’alcool fort à 95-96 OjO.
- Lorsque la masse est bien fluide, on verse encore dans la marmite 175 litres de même alcool. On ajoute maintenant de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce qu’une goutte de liquide ne colore plus le papier à filtrer qu’en bleu clair ; il en faut, pour cela, de 6 à 7 litres, suivant que l’on veut filtrer immédiatement ou laisser le dépôt s’effectuer plus lentement; dans ce dernier cas, le bleu est toujours plus pur. Au bout de 2 à 12 heures, on passe la liqueur alcoolique sur un filtre de coton, on ajoute au bleu précipité 100 litres de nouvel alcool, on malaxe bien et on laisse de nou-veau reposer pendant quelques heures ; fina-lement, on jette le bleu sur le filtre.
- On le reprend maintenant, dans la même marmite, par 100 litres d’alcool à 96 0(0, que L'on porte peu à peu jusqu’à l’ébulliton et que Ion additionne par petites portions d’une so-lution alcoolique de soude caustique préparée avec 12 k. 5 de soude solide et 100 litres d'al-c°ol. La saturation est à point lorsqu’une baguette de verre trempée dans la liqueur res-Sort colorée en rouge clair et ne bleuit plus lorsque l’alcool s’est évaporé. Il faut pour cela de 7 à 8 litres de la liqueur ci-dessus.
- On continue à chauffer doucement, de façon a maintenir l’alcool à quelques degrés seule-ment au-dessous de son point d’ébullition et en agitant toujours pendant une heure envi-Ton, puis on laisse reposer pendant 24 heures
- au moins pour permettre aux diverses impuretés de se déposer ou de se séparer.
- On décante alors la liqueur et on la p orte dans uns marmite émaillée fixée dans une caisse avec circulation d’eau ; on chauffe jusque vers 55o et l’on ajoute peu à peu l’acide chlorhydrique nécessaire pour que la liqueur absorbée par un papier à filtrer n’y laisse plus qu’une tache bleu clair ; ordinairement, pour les quantités dont nous parlons, il faut de 2 à 3 litres d’acide.
- Lorsque la liqueur, refroidie par un courant d’eau extérieur, ne marque plus que 24-25 degrés centig., on la filtre, et l’on exprime et sèche le précipité qui constitue le bleu à l’alcool purifié. Rendement de 8 à 10 0[0 de la diphélynamine mise en réaction.
- La partie non dissoute par l’alcool alcalin est réunie à plusieurs fractions semblables d’autres purifications et digérée à nouveau avec de l’alcool. On obtient ainsi encore un peu de bleu à l’alcool.
- Enfin, avant de traiter pour la diphényla-mine les liqueurs alcooliques acidulées, on les conserve pendant 3 ou 4 jours et l’on recueille la petite quantité de bleu de diphény-lamine qu’elles déposent encore.
- Le bleu de diphénylamine à l’alcool se présente, à l’état de chlorhydrate, sous la forme d’une poudre violette rouge, insoluble dans l’eau, très aisément soluble au contraire dans l’alcool De même que pour les bleus de rosa-niline, le bleu de diphénylamime à l’alcool fournit des tons beaucoup plus vifs que les produits solubles à l’eau que l’on en dérive par sulfoconjugaison ; les teinturiers sur soie l’emploient quelquefois pour cette raison. Mais la grande majorité du bleu |dyphényla-mine est solubilisée par l’introduction dans la molécule d’un ou plusieurs groupes sulfu-ryles.
- Avant de passer à l’étude de cette solubili-sation, disons quelques mots de la régénération de la diphénylamine dissoute dans les liqueurs alcooliques acides de la purification du bleu.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On réunit les alcools acides de plusieurs opérations, on les neutralise par la soude et on distille. Lorsqu’il cesse de se condenser de l’alcool, on ajoute au résidu de l’a’ambic environ 10 fois le poids de la diphénylamine d’eau chaude et l’on fait bouillir pendant une heure environ, puis on laisse reposer et l’on soutire la diphénylamine rassemblée sous forme d’huile au bas du vaisseau. Les eaux sont abandonnées au refroidissement et fournis • sent encore un peu de diphénylamineconcrète.
- Quant au produit soutiré, on le passe dans une marmite disposée pour distiller par entraînement avec de la vapeur d’eau surchauf fée (1).
- Cet alambic est chauffé à feu direct, ou mieux au bain d’huile ; lorsque la diphénylamine contenue est chauffée à 2300, on y fait passer un courant de vapeur d’eau fortement surchauffée. On recueille à part les premières portions ; on change le récipient lorsque le le distillât se concrète en masse dure, sèche au toucher. On sépare de même les queues de distillation de nuance jaune et grasses au toucher. Têtes et queues représentent environ 6 kilogrammes pour 172 à 174 kilogrammes de dyphénylamine pure, représentant 85 à 88 0|0 de la diamine mise en action.
- LES VERS A SOIE AU TONKIN
- Une expérience des plus intéressantes pour l’avenir de la colonie a eu lieu à Haï-Phong. M. Arnal a apporté de France des graines de vers à soie et les a fait éclore. Ces graines, tenues en glacière pendant toute la traversée, ont éclos à Haï-Phong dès qu’elles ont 1 été mises à l’incubation, avec une température constante de 22.
- Les vers à soie sont très vigoureux et man
- (1) Pour les dispositifs des divers appareils : marmites à cuite, à purification, alambic, réchauffeur de vapeur, etc., voir le mémoire original dans « Zeitschrift für die chemische Industrie », où ils sont figurés et décrits avec détails.
- gent beaucoup, maintenant qu’ils sont sortis de la deuxième maladie. La feuille du mûrier du pays paraît leur convenir : l’expérience est concluante sur ce point que, pour utiliser la graine française, on pourra se servir des mûriers de France, ce qui demanderait au moins dix ans. Il semble que la feuille du mûrier nain soit très soyeuse en février. M. Arnal pense que le rendement sera supérieur à celui de juin.
- Si l’importation de la graine française réussit complètement, — et c’est aujourd’hui hors de doute, — le Tonkin en retirera de grands avantages, car le rendement de la race française est beaucoup plus rémunérateur que celui des races du pays. Quand 9 à 13 kilog. de cocons frais de race française suffisent pour 1 kilog. de soie valant de 70 à 90 fr., il faut 20 à 25 kilog. de cocons frais de race tonkinoise pour 1 kilog de soie dont la valeur est quatre ou cinq fois moins élevée.
- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- CHEMINS DE FER DE L'OUEST ET DE L'ÉTAT
- M. le ministre des travaux publics a homologué, à titre provisoire, un nouveau tarif commun Ouest P. V. n- 195 Etat G. n‘ 37, concernant le transport des cotons bruts en balles, par chargement complet le wagon d'au moins 5,000 kilogr., du Havre à Bessé-sur-Braye et à La Châtre.
- (Voy. l’affiche du 31 janvier 1887.)
- BREVETS DINVENTION
- a 180805. 11 janv.; Levallart.—Outil conduisant les couteaux pour la coupe des velours de coton ou autres.
- 180827. 11 janv.; Good. — Perfect. dans I0 filage du chanvre et autres fibres.
- 180856. 12 janv.; Garnier et Rochet. -Perfect aux machines à apprêter.
- 181176. 1er février; Pascal Valluit et Cie.—
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Foulage, dégraissage de tous tissus mélangés de fibres animales et végétales.
- 181355. Aubert ; 5 fév. — Gaufrage sur tous tissus solides et résistant à l’eau.
- 181356. Grawitz ; 5 fév. — Teinture en noir grand teint du coton en cours d’élaboration.
- 181358. Grawitz; 5 fév. — Traitement pour noir des tissus mélangés soie et coton ou autres fibres végétales, ou pour noirs et couleurs.
- 181432. Dicthus; 8 fév.—Perfect. aux machines à laver et à dégraisser la laine.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Sedan. — Guittard père, teinturier, à Gautier. — Jug. du 15 septembre. — S. : M. Dau-bigny.
- Bordeaux. — Ortega (F.), teinturier, rue d'Oruana, 221.—Jug. du 20 septembre. — S. : M. Assier de Montferrier.
- Lyon. — Tonoir, apprêteur, rue Tête-d’Or, 109. — Jug. du 15 septembre. — S. : M. Regaud.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Vienne. — La Société Malet et Brun, atelier de presse et de décatissage, composée de Cyprien-Frédéric Malet et de Louis-Mathieu-Sylvestre Brun. — Quotité non indiquée.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Rouen. — Formation de la Société en nom collectif Jouas et Bisset, indigos, articles de teinture et la commission de tous produits chimiques, boul. Cauchoise, 13. — Durée: 5 ans et 10 mois du 5 septembre 1887. — Cap.: 200,000 fr. —- Acte du 16 septembre.
- Rouen. — Formation de la Société en nom collectif Daniel Fauquet et Cie, blanchiment et teinture des cotons, rue de Lyons-la-Fo-
- rêt, 32. — Durée : 10 ans.— Cap. : 110,000 fr. — Acte du 16 septembre.
- Dijon. — Formation de la Société en commandite Lassort, Loiseau et Cie, draps, toiles, « Aux Travaileurs », rue des Forges, 13. — Durée : 7 ans.—Cap. : 60,000 fr. dont 50,000 fr. en commandite. — Acte du 15 août.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. -- Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société Bredin frères et Cie, teinture des soies en noir, rue de la Quarantaine, 3. — Liquid. : M. Paul Bredin. — Acte du 17 août. Lyon. — Dissolution, à partir du 31 août, de la Société Les Successeurs de Jandin et Duval, V. Ogier et P. Noyer, fab. de soieries, rue Puits-Gaillot, 31. — Liquid. : M. V. Ogier. — Acte du 31 août.
- NOMINATIONS DE LIQUIDATEURS
- Lyon.— Nomination de M. Pétrus Pierron. comme liquidateur dé la Société dissoute, A. Pierron, teinturier, place de la Boucle, 3, en remplacement de M. Regaud, nommé précédemment, dont les fonctions sont expirées. — Acte du 26 août.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Serpin a vendu à M. X..., boul. Saint-Denis, 9, chez M. Dupré, 1er octobre, un fonds de teinturerie, rue de la Tour, 101.
- Mme Rougier a vendu à Mme Lengrand, rue de Maubeuge, 31,1er octobre, un fonds de teinturerie, rue de Maubeuge, 31.
- M. Dubreuil a vendu à M. X .., rue de Strasbourg, 8, chez M. Henri, 10 octobre, un fonds de teinturerie, boul. Magenta, 32.
- Mlle Bierbauer a vendu à Mme Soubeyran, boul. de Magenta, 15, chez M. Marin, 20 oc-un fonds de teinturerie, boul. Beaumarchais, 16.
- M. Mary a vendu à M. X..., rue de Strasbourg, 8, chez M. Henri, 15 octobre, un fonds de teinturerie, boul. Voltaire, 29,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- s M. Vinois a vendu à Mme veuve Mercier, boul. Saint-Germain, 84, chez M. Jomier, de suite, un fonds de teinturerie, rue Lepic, 12.
- La Société Revocat et Cie a vendu à M. Mar-l'urt, rue de Lancry, 52, de suite, un fonds de teinturier, rue de Lancry, 24.
- Mme veuve Poltz, a vendu à M. Dumor-tout, rue La Reynie, 17, de suite, un fonds de teinturerie, rue La Reynie, 17.
- Mlle Chapel a vendu à M. X..., boul. de Sébastopol, 73, chez M. Caille, 25 octobre, un fonds de teinturerie, rue des Moulins, 7.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de teinture et impression, blanchiment et apprêt des fiis et tissns, par Marius Moyret, ingénieur chimiste.
- Nous recommandons à nos lecteurs cet ouvrage publié par livraisons de 32 pages, avec planches, échantillons et chromolithographies dans le texte.
- L’auteur, lauréat de l’Ecole de la Martinièreen 1855-1856, n’en est pas, d’ailleurs, à ses débuts ; il a déjà, en 1876, publié un traité spécial pour la teinture de la soie, qui a obtenu un grand et légitime succès, ce qui est de bon augure pour la publication nouvelle.
- Le nouveau traité, beaucoup plus vaste que le premier, répond aux besoins actuels. Par suite des exigences de la mode, les teinturiers sont appelés à teindre toutes sortes de fils : soie, soie sauvage, laine, poils, coton, ramie, chanvre, lin, jute, etc., pures ou mélangées, en fils ou en tissus.
- M. Moyret offre le résultat des études de 25 années de travaux, de voyages et de recherches, qui lui ont d’ailleurs été facilités par sa position de rédacteur au Moniteur de la teinture de Paris et de correspondant de divers journaux français et étrangers.
- Tous les renseignements sont authentiques, et le nouvel ouvrage aura le cachet du premier, c’est-à-dire essentiellement technique.
- Chaque livraison contiendra des faits inédits et pratiques. On peut le constater dans les quatre premières qui viennent de paraître et contenant : une préface exposant le plan de l’ouvrage qui aura au moins quatre volumes et le commencement de l’historique de la teinture et de l’impression à travers les âges.
- Convaincus du succès, nous adressons nos félicitations à l’auteur.
- Quatre livraisons parues. — Deux gravures.
- Prix de la livraison, 50 c.; par la poste, 60 c.
- Adresser mandat ou timbres-poste au bureau du Journal.
- LE TRAVAIL COOPÉRATIF AUX ÉTATS-UNIS
- Après avoir constaté, dans ses communications antérieures à la Société des ingénieurs civils, la puissance du mouvement coopératif en Europe, sous les formes multiples des associations de consommation et des associations de production, de la participation des employés aux bénéfices, des banques populaires, M. Edouard Simon a recherché dans quelle mesure les Etats-Unis d’Amérique ont mis à profit les essais tentés sur l’ancien continent. Il semble, en effet, que pour tous les pays, les desiderata de la fabrication, les imperfections des outillages mécaniques ne sont pas de nature à préoccuper au même degré que le défaut d’équilibre entre le coût de la main-d’œuvre et le prix des objets fabriqués, entre la rémunération du travail quel qu’il soit et les charges de chacun.
- M. Simon a divisé son travail en trois sec-tiens, selon que les coopérateurs participent aux bénéfices à l’exclusion de tout salaire, ainsi que cela se passe pour les marins de la grande et de la petite pêche ; suivant, au contraire, que la participation est une prime, tantôt également accordée à tous les employés au prorata des paies individuelles, tantôt réservée à certaines catégories de travailleurs et dans des proportions variables, soit enfin que les bénéfices constituent des dividendes pour les coopérateurs associés.
- M. Simon s’est appuyé sur des documents officiels récemment publiés par le Bureau du travail du Massasuchets et a montré, à l’aide de nombreux exemples, les difficultés rencon trées par les associations américaines au mi lieu d’une population ouvrière composée, en majeure partie , d’éléments hétérogènes, le rôle utile de la participation (aux Etats-Unis comme en Europe) pour commencer l’éduca-tion économique des employés, pour faciliter l’accord entre le capital et le travail.
- Dans la pensée d’être agréables à nos lecteurs, nous nous sommes assuré, comme pour les communications précédentes du meme ingénieur sur ce sujet très actuel, un ti rage à part de l’important mémoire que nous signalons.
- Dès à présent, nous sommes en mesure d’adresser cette brochure, franco, contre re-mise de 1 fr. 50 c. en timbre-poste, par chaque exemplaire.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année,N°21. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS S Novembre 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D AMIENS.
- LA GLYCÉRINE DANS LA SOLUTION DE CHLORURE DE CHAUX ET DE SOUDE.
- FABRICATION DES BLEUS DE DIPHENYLAMINE (suite et fin).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- APPAREIL DE PESAGE POUR CARDES, ETC,
- Par M. Holden.
- Il s’agit d’un dispositif au moyen duquel la laine, ou autre matière filamenteuse, peut être Pesée uniformément et délivrée ensuite auto
- matiquement à la machine de préparation.
- Dans un appareil antérieurement breveté Par M. Holden, le récipient, où tombait la matière fibreuse pour être pesée, restait fixé "‘une manière rigide aux bras de la balance et décrivait un arc de cercle ayant pour cen-tre le pivot de ces bras ; le ou les poids étaient egalement fixés aux mêmes bras vers l'extré-mité opposée à celui qui portait le récipient ; les côtés tout entiers du récipient formaient des 'ailettes équilibrées, qui s’ouvraient à in-tervalles irréguliers par un système de cames et de leviers, pour permettre la décharge de la matière, puis se refermaient au moyen de contrepoids.
- Ces mouvements successifs occasionnaient des pertes de temps et les contrepoids repré-sentaient un poids mort considérable, nuisible ala sensibilité de l’appareil. De plus, la ma-Jere tombait tantôt en dedans, tantôt en de-°rs du centre du récipient, agissait plus près
- ou plus loin du point d’appui du levier, auquel était fixé le récipient et la charge s’en trouvait influencée.
- Avec la nouvelle construction brevetée, le récipient est articulé à une extrémité des bras de la balance, les contrepoids sont articulés à l’autre extrémité des mêmes bras, puis le récipient et les contrepoids sont reliés en dessous par un second levier, de telle sorte que les deux parties équilibrées se meuvent parallèlement dans une direction sensiblement verticale. Grâce à ce montage, la matière fibreuse peut tomber à droite ou à gauche du centre de l’appareil sans en modifier le fonctionnement.
- MACHINE A PRESSER ET A REPASSER LES TISSUS
- Par MM. Bash (Wolf), Prenslan et Bash (S").
- Les perfectionnements revendiqués se rapportent principalement aux machines à presser et à repasser les lainages (draps, etc.), dans lesquelles l’étoffe est étendue sur une table horizontale pour recevoir l’action d’un fer chauffé, soit que le fer se meuve, soit que la table avance sous le fer.
- Les particularités caractéristiques de la nouvelle machine consistent :
- lo Dans la liaison de la colonne verticale qui porte l’appareil à repasser au bâti de la machine, par l’intermédiaire de leviers articulés.
- 2o Dans le mode d’attache d’un bras tour-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nant à l’extrémité supérieure de la même colonne.
- 30 Dans la fixation de la tige verticale portant le fer au bras tournant déjà mentionné.
- 4° Dans l’ajustage du fer à la partie infé rieure de la dernière tige.
- 5° Enfin, dans le montage de la table sur galets, qui permet d’imprimer à l’étoffe un mouvement de va-et-vient, soit avec la main droite, soit avec la main gauche.
- MACHINES A LAVER DITES « LEV: ATHANS » Par MM, Peltzer et fils.
- Les perfectionnements apportés par MM. Peltzer aux machines ci-dessus désignées ont pour but de supprimer « l’éleveur », d'ob-tenir automatiquement la sortie de la laine hors des bacs, ainsi que le passage de cette laine aux rouleaux comprimeurs ou esso-reurs, puis de renouveler l’eau de lavage de manière à ménager la laine et accélérer les opérations.
- Un rouleau denté, adapté contre le faux-fond perforé de chaque bac et transversalement à la cuve, pousse la laine lavée sur une table inclinée, qui se prolonge jusqu’aux cylindres exprimeurs. Cette table forme une sorte de clavier, dont les barreaux impairs sont fixes, dont les barreaux pairs sont solidarisés par un cadre que mettent en mouvement deux arbres coudés. Le sens de l’oscillation étant dans la direction des rouleaux essoreurs lorsque les barreaux se soulèvent, la laine est poussée de proche en proche, sans se trouver roulée ni feutrée.
- Une seconde table, disposée à la place du faux-fond ou immédiatement au-dessous, permettrait de déterminer de même le cheminement de la laine dans toute la longneur du bac.
- Pour renouveler continuellement l’eau qui sert au lavage, les brevetés adjoignent aux bacs successifs, sauf au bac du premier bain, un tuyau qui, ajusté en dessous et contre le plafond du faux-fond, se relève latéralement
- au niveau du liquide contenu dans la cuve. Au même niveau, un injecteur Giffard aspire l’eau du bac pour la déverser dans le bac précédent.
- D’après cette disposition, l’eau chemine en sens inverse de la matière et est d’autant plus propre que la laine même arrive à un degré plus complet d’épuration.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 180728. 6 janvier; Société dite : Farbenfa-briken Vorm Friedr Bayer et Cie. — Procédé de fabrication d’un nouveau sulfo acide de betanaphtylamine et de ses matières colorantes azotées.
- 180772. 8 janvier; Menzies. --Nouveau li-quide oléagineux appliqué aux substances fibreuses en vue des opérations de teinture.
- Cette invention consiste à prendre une huile végétale et à la mélanger avec de l’acide sulfurique. On agite jusqu'àqu’à ce que le mélange soit parfait, on laisse le mélange se reposer pendant quelques heures,puis on ajoute une certaine quantité d’eau que l’on agite jus qu’à parfait mélange. On laisse reposer pen-quelques heures, puis on sépare l’huile qui qui vient flotter à la surface. L’eau et l’acide sont soutirés, puis on ajoute une certaine quantité d’eau à l’huile restée dans le vase, en y additionnant une solution de soude caustique ou d’un autre alcali caustique; alors on agite de nouveau le mélange liquide pour clarifier l’huile.
- A cette huile clarifiée on ojoute ensuite une une certaine quantité d’huile minérale lubri fiante raffinée, puis on ajoute encore une solution de chlorure de magnésium avec ou sans addition de chlorure de baryum. Enfin» 0n ajoute aux matières qui précèdent un grand volume d’huile de veau marin ou d’huile de baleine; après quoi toutes ces substances son! de nouveau agitées ensemble ; le liquide I-en résulte est alors prêt à l’usage.
- 180790. 13 janvier ; Vial. — Laveuse méca-nique système E. Vial.
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- Cette laveuse mécanique se compose essentiellement d’un arbre central placé horizontalement sur deux supports au-dessus d’un bassin ou réservoir quelconque et armé à ses bouts d’un double système de croisillons ou bras rigides, parallèles entre eux, auxquels sont suspendus par leurs extrémités des berceaux en fer ou en zinc percés de nombreux trous et pouvant tourner librement autour de leurs axes de suspension.
- Lorsque l’appareil est mis en mouvement, les berceaux entraînés par les croisillons décrivent autour de l’arbre, et sans le toucher, une révolution ou giration continue qui les oblige à venir s’immerger successivement dans les eaux du courant ou du réservoir, en conservant dans toutes les positions la direction verticale qui leur est imposée par leur Propre poids et par celui des objets dont ils sont chargés.
- Chaque berceau plonge donc à son tour verticalement dans le réservoir où il se remplit d’eau, et émerge de même, en laissant échapper cette eau très rapidement par les nombreux trous dont il est percé.
- Une griffe formant couvercle peut être appliquée sur chaque berceau pour empêcher la matière de s’échapper.
- 180820. 11 janvier; Maxwell et Youg.— Perfectionnements dans la fabrication et dans P P
- application d’une matière colorante.
- 180856. 12 janvier ; Garnier et Rochet (les sleurs). — Perfectionnements aux machines à apprêter.
- Le perfectionnement qui fait l’objet du bre-vet s’applique aux machines dans lesquelles le tissu arrivant à un degré convenable d’hu-mectation, est d’abord soumis à un étirage dans le sens de sa largeur, puis séché immédiatement après sur un cylindre chauffé.
- Ces perfectionnements comprennent :
- 1* L’application entre les roues divergen-tes des] élargisseurs système Palmer, d’un aPpareil de séchage chauffé au charbon, au 847, à la vapeur ou par tout autre moyen et amener le tissu pendant son extension, au
- point de siccité convenable pour qu’il ne puisse plus revenir sur lui-même, lorsqu’il est abandonné par l’extenseur. Le séchage pouvant s’achever ensuite par un appareil quelconque.
- 2: L’application aux mêmes élargisseurs d un appareil de séchage disposé comme précédent, mais combiné avec une position spéciale des roues divergentes permettant d’opérer l’élargissement des tissus légers pendant les premiers instants du séchage et de maintenir cet élargissement sans augmentation ni diminution sensible jusqu’au séchage complet.
- 10877. 13 janvier ; Viggin. —Perfectionnements aux machines à fabriquer le papier gaufré et autres tissus ou matières analogues.
- 180953. 17 janvier ; Montforts—Perfection-tionnements apportés aux machines à laine.
- 180955. 17 janvier ; Compagnie Parisienne de couleurs d’aniline. — Procédé de préparation de matières colorantes par l’action de ni-tro sodérivés secondaires d’amines aromatiques sur des phénols et des acides oxycar-boniques.
- 181030. 22 janvier; Graissot (demoiselle). Obtention par un procédé nouveau de certains effets entièrement nouveaux de rétrécissement, d’élasticité et de crépage sur des tissus de soie.
- Pour opérer on prépare un bain froid formé de chlorure de zinc et d’eau, variant de 20 à 400 Beaumé, suivant la nature des tissus que l’on veut traiter, les bains faibles convenant pour des tissus légers et les bains forts pour les tissus réduits.
- On immerge les tissus dans ce bain en renouvelant les surfaces de contact pendant une heure à une heure et demie pour les tissus réduits et une demi-heure à trois quarts d’heure pour les tissus légers ; on retire le tissu du bain, on l’essore, on le porte de suite dans une chambre tiède vers 25 à 300 centigrades, dans laquelle on le laisse pendant un temps variable que l’on détermine par l’ob-
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- servation à l’œil et au toucher des progrès du rétrécissement et de crépage qui se produisent peu à peu.
- Lorsque cet effet est obtenu au degré voulu, on retire aussitôt l’étoffe pour la manœuvrer de suite dans une dissolution de carbo- b nate de potasse froide à 10° Beaumé pendant un quart d’heure environ. On essore, on lave I à grades eaux, on essore encore et on cuit au savon.
- On peut aussi plus simplement cuire immédiatement au savon en sortant de la chambre chaude et supprimer ains le bain de carbonate de potasse. L’étoffe est ensuite soumise aux opérations habituelles de l’industrie.
- 181036. 24 janvier; Société G. Lombard et Cie.—Appareil d’épuration, de blanchiment, d’épaillage et de teinture.
- L'appareil qui fait l’objet du brevet se compose d’une cuve de forme quelconque dans laquelle on met le liquide de blanchiment ou teinture. Le fond de cette cuve est muni d’une tubulure sur laquelle vient s’emmancher ou s’appliquer hermétiquement un plateau pourvu sur sa face supérieure de deux saillies annulaires et concentriques, sur lesquelles sont pratiquées un nombre égal d’entailles, telles qu’on puisse y coucher des cannettes, le gros bout dirigé vers le centre et le sommet du cône à l’opposé.
- L’appareil ainsi disposé, l’on produit à l’aide d’une pompe ou d’un aspirateur quelconque une aspiration sur la tubulure. Cette succion ne produit son effet que sur les grandes bases des tubes métalliques qui convergent tous vers le centre de l’appareil et par suite à travers les trous des tubes métalliques, des tubes en papier et à travers le fil envidé sur ces tubes.
- L’appareil aspirant son liquide le rejette par un tuyau dans la cuve et l’on peut faire agir cette circulation énergique aussi longtemps qu’il est nécessaire pour obtenir le résultat désiré.
- Le fixage de la teinture et le rinçage sont toujours faits en opérant du dedans au de
- hors, ce qui permet de débarrasser les cannettes de toutes substances inutiles ou impuretés qui s’y seraient déposées pendant les opérations précédentes. Au lieu de procéder par aspiration, on peut aussi agir par refoulement.
- 181075. 22 janvier ; Société Kuhmayer et Cie.—Procédé pour imperméabiliser les produits de passementerie contenant des fils métalliques tels que galons d’or et d’argent, lacets porte-épée, etc., pour les préserver contre les influences de la température, de l’eau, de l’humidité, etc.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à passer les objets à imprégner dans un bain formé d’une solution de succinéine de laque en écailles et de poudre de sandaraqueou une autre résine appropriée dans de l’éther, après quoi les objets sont séchés.
- 181176. 1er février; Société Pascal Vallait et Cie.—Procédé de foulage, dégraissage et teinture simultanés de tous tissus mélangés de fibres animales et de fibres végétales.
- On commence parteindre à froid le coton ou tout autre textile végétal ; pour y arriver, nous ajoutons à l’agent employé pour le fou-foulage ou le dégraissage, tous produits colorants capables de se fixer sur les fibres en présence de l’agent employé au foulage ou dégraissage.
- On achève le dégraissage puis on rince, et on termine si besoin est la teinture des fibres animales par les moyens ordinaires, on opère alors soit à froid, soit à chaud,selon la nuance à obtenir.
- 181248. 3 février; Ducoste. — Ioperméabi-sation des tissus et vêtements confectionnés-—L’invention consiste dans l’imperméabilisa tion des étoffes et vêtements confectionnés au moyen de la benzine ou essence de pétrole, dans lesquelles on fait dissoudre à froid ou a chaud de la paraffine qui, une fois ces essen ces minérales évaporées, reste imprégné0 dans les fibres des étoffes et les rend imper méables à l’eau tout en les laissant permea bles à l’air.
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- 181277. 1er février; Société Harmel frères-— Appareil de teinture de matières filamenteuses.
- L’appareil qui fait l’objet du brevet est caractérisé par l’application d'une hélice ou d’une vis de forme et de pas variables, disposées dans un tube à l’intérieur d’une cuve de teinture et munies d’un dispositif de commande convenable pour la faire tourner soit dans un sens, soit dans l’autre, et forcer ainsi le liquide tinctorial à traverser alternativement soit dans un sens, soit dans l’autre, les matières textiles maintenues dans la cuve entre deux fonds perforés.
- Dans le cas de la teinture des bobines de laine peignée ou autres, cet appareil est combiné avec des formes en bois ou en toute autre matière entourant les bobines de toutes parts.
- 131338. 7 février; Hanrion.—Nouveau système d’organes appliqué aux séchoirs à vapeur employés dans la teinture et l’apprêt des étoffes.
- L’objet du brevet consiste à employer une vis sans fin pour commander les cylindres de séchoirs à vapeur employés à l’apprêt des étoffes.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 47, rue Turbigo, Paris.
- études sur les soies sauvages
- (Suite.)
- Les cocons non destinés au dévidage, sont ramollis par une lessive bouillante, et enfilés sur un bâton ; on effiloche la bave sur cette espèce de quenouille en la tordant à la ma-nière du lin et du chanvre. On obtient ainsi une espèce de fantaisie avec laquelle on fait des tissus dits «pongis ».
- Les tissus pongis ont obtenu dernièrement “ne très grande vogue à Lyon, et ont offert de très grandes difficultés à l’impression.
- Il faut faire observer, de plus, que ces tissus reçoivent en plus des préparations inconnues, qui nécessitent avant la cuite des macérations prolongées à l’eau froide. Il est probable qu’avec des eaux pures ces macérations seraient plus parfaites dans les résultats qu’avec des eanx calcaires.
- J’ai eu l’occasion de m’occuper de ces tis-sus, que l’on croit généralement imprégnés de fécule de riz, mais j’ai reconnu qu’il n’en était rien.
- En Europe, nous carderions ces cocons in-vidables par les méthodes ordinaires pour produire la fantaisie.
- A Lyon, l’on a obtenu deux récoltes par an, mais les cocons d’automne étaient de beaucoup inférieurs à ceux du printemps. La bave des cocons d’automne est plus grossière et plus terne.
- THEOPHYLA MANDARINA.
- Je reviens sur ce ver à soie qui vit à l’état sauvage sur le mûrier doux de Hou-Thchéou-Fou de la province de Tché-Kiang En outre du nom de Tien-sse (soie du ciel), donné à la soie qu’il fournit, ce ver a encore le nom de Tien-jin-tsan (ver naturel) et celui de Jéngt-san (ver primitif).
- M. Moore T. a fait de ce ver la description qui suit en 1872 (Proceedings of the zoogical Society of London, 1872, page 576).
- La femelle a une couleur grise. L’aile supérieure est traversée, un peu avant la partie médiane, par une bande brune nettement tranchée, et à teintes dégradées. Le thorax est brun ; le milieu du corps gris ; les antennes de couleur fuligineuse et leur tige centrale grise.
- A la Condition des soies de Lyon, où l’on poursuit des essais incessants sur les vers à soie sauvages et sur les travaux de laquelle rions nous étayons, en 1855, à la suite d’un envoi de M. Kopsch à M. Natalis Rondot, on a pu contrôler les premières épreuves déjà citées antérieurement.
- Les papillons, les cocons et le chenilles re-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- mis au laboratoire de la Condition des soies de Lyon sont arrivés en très bon état au laboratoire de cet établissement.
- La Condition des soies de Lyon a même tenté de faire éclore des œufs qui paraissaient fécondés. Mais M. Kopsch, en cela d’accord avec le capitaine Hutton, a fait observer qu’il était inutile de tenter l’éducation de ces vers dans nos pays.
- Comme complément à ce que j’ai dit précédemment, les cocons du Theophyla sont à grains fins, à tissu serré, en forme d’olive, se dévident facilement, ayant un grès très consistant ; ils deman 'ent à être cuits assez longtemps.
- Trente cocons vides pèsent, d’après les observations de la Condition des soies de Lyon, 1 gr. 560. supérieur à celui trouvé antérieurement en pesant 126 cocons vides.
- Les derniers cocons ont fourni de 150 à 210 mètres d’une bave couleur d’un blond très clair.
- Le diamètre de la bave a atteint dans un certain nombre de cocons 25 millièmes de millimètre.
- Le titre a varié entre 0 gr. 090 et 0 gr. 108.
- L’élasticité a varié de 8 à 12 0[0. En cela, elle est inférieure à celle des soies domesti -ques.
- La ténacité est de 8 grammes.
- En résumé, les magniques travaux de M. Dusuzeau, de la Condition des soies de Lyon, sous la direction de son habile directeur, M. Testenoire, confirment l’étroite parenté qu’il y a entre le ver Theophyla mandarina et le Bombyx mori. A peu de chose près, il y a les mêmes rapports dans les diamètres des baves, la ténacité et l’élasticité.
- A ce beau tableau, il y a cependant une ombre, c’est la dificulté pour teindre la soie sauvage, qu’ont à vaincre les teinturiers, principalement pour les noirs ; et de plus la soie sauvage se charge très difficilement pour les noirs principalement ; c’est un obstacle à son emploi. Comme elle garde toujours un aspect poudreux après les charges, l’on est
- obligé de l’adoucir et de lui donner du brillant à grand renfort d’huile, d’où il résulte qu’elle peut facilement prendre en placard, une fois tissée, une odeur de rance ou mieux de vieille graisse.
- Dans le Cambodge, on trouve des cocons identiques qui ont été adressés par le ministre du commerce , de mêmes dimensions, ayant une extrémité ronde d’un côté et pointue de l’autre.
- Dans ces cocons reçus enveloppés de leur manteau, la première veste allongée ou manteau est terminée par la lanière qui sert à fixer le cocon à la branche du mûrier.
- Divers essais de décreusage ont été faits sur les différentes vestes.
- La blaze comprenant les premières vestes, avec la bourre extérieure, représente 25 0[0 du poids du cocon. Au décreusage, elle perd 45 0[0 de son poids. Cette perte est supérieure à celle des mêmes matières de nos cocons ordinaires qui perdent de 31 à 42 0[0 au plus,
- L’explication donnée par les opérateurs de la Condition des soies de Lyon paraît assez rationnelle. Les cocons sauvages, filés en plein air, diovent avoir une fibre protégée par une plus grande quantité de grès improprement nommé matière gommeuse. Pour moi, il y a tout simplement une question de race.
- Les vestes intérieures ont une perte normale de 21 0[0.
- Les coques entières donnent une perte moyenne et normale de 23,13 010.
- Une flotte grège, filée à Choanglin, envoyée par M. Kopsch, a titré 20{21 deniers ; c’est à-dire que 500 m. pesaient 1 gr. 10. Elle provenait de 12 à 13 cocons. Son élasticité était de 17 0[0 (celle des soies grèges de pays est un peu supérieure). Sa ténacité était de 73 8
- Cette soie est employée en Chine pour faire des crêpes, des gazes et des tissus légers.
- Le Theophyla doit se rencontrer dans diverses parties de l’empire Chinois, signalées par la carte séricicologique de Clugnet. C’est
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- d’ailleurs ce que tendent à démontrer divers envois faits à la Condition des soies de Lyon.
- Marius Moyret.
- (Repj’ocluction interdite.) fA suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.)
- * Noir en soie au tendeur. — Les robes bâties et tendues sont séparéespar une corde fine ou un fil qni facilite pour les reconnaître après teinture ; le tendeur est alors prêt à fonctionner.
- On prépare un bain de potasse caustique dans la barque «ad hoc»; cette barque rectangulaire est en bois, ou mieux en cuivre ; elle mesure 1 m. de hauteur, 1 m. de largeur et 40 cent, environ d’ouverture. 250 gr. de potasse caustique suffisent pour démonter les six robes du tendeur ; on entre dans ce bain bouillant et on laisse tremper 30 minutes en remuant le tendeur de droite à gauche.
- Les soies bleu, violet, gris, etc., doivent se démonter et suffisamment tomber pour faire de beaux noirs ; on enlève le tendeur et on rince dans deux eaux chaudes et une eau froide ; on fait ensuite un piquage à l’acide sulfurique tiède, on ajoute à ce bain deux ou trois poignées de curcuma délayé ; on balance le tendeur pendant 5 minutes, on lève, on rince à nouveau dans deux eaux en on entre en rouille (le bain doit peser 150 au pèse-acide); on laisse séjourner 12 heures, on lève, on laisse égoutter et on rince dans trois ou quatre eaux ; les deux premières doivent être tièdes, les derniers rinçages sont froids. On entre ensuite dans le bain de teinture, qui doit être ainsi composé :
- La barque d’après les dimensions décrites plus haut, doit contenir environ 400 litres; on ajoute 6 seaux de campêche, 6 seaux de bois Jaune et on remplit d’eau ; on chauffe au bar-botteur jusqu’au bouillon, on arrête la va-peur, on tourne le bain avec une poignée de sulfate de cuivre, on entre dans ce bain, on
- laisse séjourner 3 heures, on lève le tendeur, on le passe sur deux eaux froides et on javelle ensuite. Cette opération se fait aussi sur le tendeur, ou encore en séparant les robes ; dans ce dernier cas, les robes sont javelées à la main dans une bassine.
- Pour une bassine de 50 litres d’eau tiède, ajouter 3 litres de javelle à 15° et renforcer le bain à mesure qu’on y passe les robes; on lise 5 minutes jusqu’à ce que le fil qui les a bâties devienne blanc ; on lève, on rince dans deux eaux chaudes et deux eaux froides, on laisse égoutter : les soies ne doivent pas passer à l’essoreuse.
- Si les soies sont javelées sur le tendeur même; on ajoutera à la barque d’eau tiède la la valeur d’un seau 1[2 de javelle, on rincera, on laissera égoutter et on portera le tendeur au séchoir. Aussitôt sèche, la soie est débâtie, mise partie par partie et visitée ; si il s’en trouve de trop rouge, trop foncée, on ja-vellera à nouveau, ou bien encore on passera sur un léger bain d’acide chlorhydrique ; si elle est trop maigre, trop grise, trop claire, on devra reteindre à nouveau; ce dernier cas arrive rarement avec ces proportions de colorants. On doit monter la soie très foncée, couleur puce ; il est alors facile de rabattre par la javelle ou l’acide chlorhydrique.
- On trouve souvent des soies fatiguées, cassées par les nettoyages précédents et qui après teinture sont couvertes de blancheurs, surtout dans les robes de satin ; dans ce cas, on donnera dans une bassine et à tiède, un verre ou deux de bois d’Inde ; on ajoutera un seau de bois de Panama bouilli, on laissera sécher sur ce bain sans rincer; toutes les blancheurs doivent disparaître.
- Les bains de teinture de soie doivent se conserver pour resservir, en les chargeant à à nouveau.
- L’apprêt des soies se fait soit au feutre, soit au collage. Les taffetas, les failles gros grains se font mieux au feutre ; les étoffes légères, les satins sont plus brillants au cy-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lindre colleur ; le coup de brosse y est, du reste, pour beaucoup.
- Pour les soies à apprêter, on prendra de préférence le glucose et la glycérine ; ensuite on les assouplira au peigne
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES Par un TEINTURIER
- (Suite')
- Orange
- Bouillon de 1 heure. Pour 10 kil.
- 0 kil. 500 flavine.
- 2 kil. alun.
- 1 kil. tartre.
- 0 kil. 375 sel d’étain.
- 0 kil. 200 acide oxalique.
- Rabat sur le mêms bain.
- 1 kil. 175 caillaiour.
- Grenat
- Bouilon. Pour 10 kil.
- 1 kil. 250 alun.
- 0 kil. 250 tartre.
- Rabat 0 kil. 200 Extrait de bois jaune.
- 0 kil. 225 fuchsine Joo (Poirrier).
- 0 kil. 4375 cochenille.
- On ajoute un peu de soude.
- Havane
- Bouillon de mode. Pour 10 kil.
- 0 kil. 075 bois jaune moulu.
- 0 kil. 0175 campêche moulu.
- 0 kil. 250 garance.
- 0 kil. 025 sulfate de fer.
- Garance
- Bouillon. Pour 10 kil. :
- 3 kil. 000 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- Rabat 7 kil. 500 garance.
- 1 kil. 500 cochenille.
- Jaune
- Pour 10 kil. :
- 0 kil. 300 flavine.
- 1 kil. 500 alun.
- 0 kil. 500 tartre.
- 0 kil. 125 sel d’étain.
- Echantillonner après 2 heures de bouillon.
- Grenat
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 2 kil. 500 alun.
- 1 kil. tartre.
- Rabat : 1 kil. 000 cochenille.
- 0 kil. 150 fuchsine B (Poirrier).
- 0 kil. 150 fuchsine Joo (Poirrier).
- 0 kil. 500 bois jaune moulu.
- Rouge
- Bouillon. Pour 10 kil.
- 0 kil. 025 Flavine.
- 3 kil. alun.
- 1 kil. tartre.
- 0 kil. 375 sel d’étain.
- Rabat. 2 kil. 000 cochenille.
- 0 kil. 050 Bordeaux B (Meister).
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- ---—----=900------==------
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Vert au bleu de cuve et au jaune d'aniline
- 100 kilos de laine.
- Les étoffes reçoivent un pied de bleu de cuve plus ou moins fort, selon l’intensité du vert que l'on veut obtenir ; ensuite elles sont lavées, puis rincées dans une eau acidulée par l’acide sulfurique, après quoi elles sont entrées dans un bain de teinture composé de :
- Eau,
- 5 kil. de tartre.
- 10 » de sulfate d’alumine.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 245
- Une quantité suffisante de jaune solide.
- On manœuvre les pièces pendant 1 heure ou 1 heure 1[2 au bouillon, puis on abat et on lave bien en eau courante.
- Cette teinture en vert, spécialement applicable à la draperie, fournit des couleurs solides, résistant parfaitement au foulon.
- Le jaune solide remplace avec avantage le bois jaune dans la teinture des verts.
- ROSES.
- On désigne sous le nom de couleurs roses des nuances qui ressemblent aux couleurs des roses naturelles. Il existe une grande variété de couleurs roses, mais elles se réduisent toutes à deux genres différents : celles qui tirent sur le bleuâtre, et qui sont les Roses proprement dits, les Cerises, les Magentas, et celles qui tirent sur le jaunâtre. Cette dernière série comprend les Saumons et les Chairs.
- Grâce aux matières colorantes, dites d’aniline, les méthodes d’application des couleurs roses sur laine sont aujourd’hui très-multiples. Ces couleurs se font avec de la cochenille ammoniacale, ou en poudre, de l’alun, du tartre et de la composition d’étain. On les ob-tient aussi avec de la garance pure. Mais les nuances les plus vives et les plus agréables sont obtenues avec les couleurs dérivées du goudron de houille.
- L’emploi de la garance n’est plus usité maintenant pour la préparation des roses.
- Les roses sont des couleurs excessivement délicates, qu’on ne peut appliquer que sur des étoffes parfaitement dégraissées, bien détachées, puis rincées.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.)
- (A suivre)
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D AMIENS
- [Extrait du programme des questions mises au concours pour Vannée 1887-1888).
- Les concurrents devront envoyer leurs ma-nuscrits ou machines, franco, au président de
- la Société industrielle, rue de Noyon, 29, à Amiens (Somme), d’ici au 30 avril 1888, terme de rigueur.
- Des médailles d’or seront attribuées aux auteurs de mémoires résolvant d’une façon satisfaisante les questions suivantes :
- Des médailles d’or :
- 28e — Pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- 29e — Au meilleur mémoire sur le blanchiment du chanvre et des jutes, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle.
- 30e — Pour un moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles dans la teinture des étoffes produites par les industries locales.
- 31e — A la personne qui trouvera, pour les velours d’Utrecht et les velours de coton, un mode de piétage ou un apprêt réalisant une amélioration sérieuse sur les procédés actuellement en usage dans le département.
- Les concurrents ne sont pas tenus de faire connaître la composition de l’apprêt qui réalisera les conditions ci dessus. Ils devront seulement présenter leur pièces avant le 30 avril 1888, déclarer leur prix de vente et justifier que ces pièces ne sont pas obtenues par des moyens exceptionnels, mais qu’elles appartiennent à une fabrication courante.
- 32e — Pour une composition chimique qui s’appliquerait, au moyen de caractères d’imprimerie, sur les chefs des pièces de tissus de laine ou de coton, et qui serait encore apparente après les opérations de dégraissage et de teinture.
- ADDITION DE GLYCERINE DANS la solution de chlorure de chaux et de soude employée dans le blanchiment des étoffes Brevet de Heinrich Wachter, d > Bielefeld.
- Cette innovation consiste à ajouter de la glycérine à la solution de chlorure de chaux
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et de soude employée pour le blanchiment des étoffes.
- La composition du mélange est de :
- 200 litres d’eau,
- 12 kilog. de chlorure de chaux,
- 250 gr. de soude,
- 1[2 litre de glycérine.
- La glycérine n’est ajoutée dans le bain que 12 heures après sa préparation ; avoir soin de bien remuer le mélange. Par cette addition de glycérine, l’inventeur prétend qu'il obtient un plus grand degré de blancheur et, chose importante, qu’il n’altère pas les fibres de l'étoffe, le mélange perdant son caractère corrosif.
- Après le blanchiment, il ne reste pas de traces de chlorure de chaux dans les étoffes, on est ainsi dispensé d’employer une solution d’acide pour le faire disparaître, ce que l’on est tenu de faire dans les procédés de blanchiment actuellement employés. Lorsque l’opération du blanchiment est terminée, il suffit de rincer les étoffes à l’eau froide et à l’eau chaude.
- Chedeville,
- Traduit du journal « Leipziger Monatschrift für Textil-Industrie. »
- FABRICATION INDUSTRIELLE DES BLEUS DE DIPHENYLAMINE Par le docteur Paul Sqhoop, professeur à l’Ecole polythechnique de Riga.
- (Extrait de Zeitschrift für die chemische Industrie, mai 1887.)
- {Suite et fin.)
- Bleus solubles.
- Bleu soie. — On porte peu à peu 10 kilogrammes de bleu à l’alcool dans 45 kilogrammes d'acide sulfurique à 660 Baumé ; la température s'élève d’elle-même à 40-450 centigrades ; on la pousse alors pendant une heure et demie à 70-750, jusqu’à ce qu’un échantillon de liqueur donne avec l’ammoniaque froide une solution limpide verte.
- On verse alors dans 4 à 5 parties d’eau; le bleu sulfoconjugué se sépare, on le lave à fond. Si l’opération est bien réussie, les eaux de lavage doivent passer complètement incolores. On délaie maintenant la pâte de bleu lavé dans 2 ou 3 fois son volume d’eau, on chauffe doucement au bain-marie et l’on ajoute de la lessive de soude jusqu’à dissolution ; une baguette de verre plongée dans la liqueur doit offrir une teinte bleu verdâtre. Il faut pour cela environ 3 litres de lessive à 36.5 0[0. Un excès d’alcali fait virer au gris la nuance de la dissolution , dans ce cas, on ramène au bleu verdâtre avec du carbonate d’ammoniaque.
- La liqueur est concentrée à basse température, et lorsqu’elle a pris une consistance si-1 rupeuse, elle est étendue sur des plaques de tôle émaillée, chauffées jusqu’à parfaite dessiccation dans une chambre chaude à 40-60' centigrades.
- Bleu alcalin (bleu Nicholson), plus spécialement employé à la teinture de la laine. — On attaque 10 kilogrammes de bleu à l'alcool par 45 kilogrammes d’acide sulfurique à 66° Baumé et l’on chauffe pendant 3 heures à 60-65°. Quelques gouttes de liqueur sulfurique doivent donner avec l’eau un précipité incomplètement soluble dans l’ammoniaque à froid, mais soluble dans l’ammoniaque à 50 0[0 chaud.
- On finit comme pour le produit précédent, y L’important, pour le bleu alcalin comme pour le bleu soie, c’est de chauffer lentement, de bien remuer et de prélever des tâtes fré-quentes.
- Bleu coton. — Voici, comme exemple, la marche d’une opération :
- On introduit rapidement 20 kilogrammes de bleu à l’alcool dans 110 kilogrammes d’acide sulfurique à 66° Baumé. A 9 heures 3[4, on | commence à chauffer.
- ! A 10 heures 45, la température est à 85 centigrades.
- A 11 heures 15, la température est à 95 centigrades.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TIS3US
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- A ce moment, une tâte se dissout à peu près complètement dans l’eau froide.
- A midi (température 1000), la tâte se dissout totalement dans l’eau froide; on cesse de chauffer.
- A 2 heures 30, on remplit la marmite d’eau froidé ; l’acide bleu sulfonique précipite formant une bouillie claire.
- Après refroidissement, on jette sur filtre et on laisse le liquide mère acide, à peine coloré en bleu, s’égoutter pendant la nuit. Le lendemain, on exprime avec précaution le contenu du filtre, on délaie la pâte dans 2 à 3 volumes d’eau et l’on ajoute du lait de chaux jusqu’à ce que la couleur vire au vert et qu’après une demi-heure 1 d’ébullition, un papier à filtre plongé dans la liqueur en ressorte incolore.
- On filtre pour séparer le gypse que l’on lave en le faisant bouillir encore à deux reprises avec le même volume d’eau. La dernière liqueur est réservée pour dissoudre le produit d’une opération suivante.
- Les liqueurs filtrées sont concentrées dans une marmite en fer et traitées, lorsque leur volume est au cinquième environ, par du carbonate d’ammoniaque, jusqu’à coloration bleue. On filtre pour séparer le carbonate de calcium et on poursuit l’évaporation jusqu’à consistence sirupeuse dans un vase en cuivre. Finalement, on étend le produit sur des plaques de tôle émaillée, et l’on sèche dans une chambre chaude.
- Rendement : 22 kilogrammes de bleu coton pour 20 kilogrammes de bleu à l’alcool.
- Voici quelques observations et expériences pratiques qui offrent de l’intérêt pour la fabrication du bleu à l’alcool :
- On n’a aucun avantage à forcer la dose d acide oxalique, car si l’on augmente un peu le rendement, la perte d’acide oxalique s’accroît en même temps dans des proportions telles qu’il n’y a aucune économie réelle.
- La décomposition de l’acide oxalique en CO et CO2, qui occasionne la perte assez sensible de ce réactif, croît avec la température. Tou
- tefois, il est impossible de l’éviter, car, à basse température, la réaction de l’acide oxalique sur la diphénylamine engendre des produits tout différents. On a chauffé, par exemple, 1 partie de diphénylamine et 2 parties d’acide oxalique à 100° pendant 150 heures. Dès les premières heures, la masse se colore en bleu et elle finit par prendre l’éclat cuivré. On n’extrait de cette cuite que des traces d acide oxalique (la plus grande partie de ce réactil s est volatilisée). La résine épuisée à l’eau est presque totalement insoluble dans l’alcool.
- On a essayé d’employer l’acide oxalique anhydre, chargé : 50 kilogrammes de dia-mine, 100 kilogrammes d’acide oxalique anhydre. Obtenu : 9 kil. 8 de bleu à l’alcool ayant fourni 10 kil. 8 de bleu coton légèrement plus rouge que le bleu moyen.
- Diphénylamine régénérée brute, 37 kilogrammes ; acide oxalique retrouvé, 37 kil. 7.
- On a chargé 50 kilogrammes de diphénylamine et 140 d’acide oxalique et chauffé pendant 9 heures à 1340. Rendement : 10 kil. 2 de bleu à l’alcool et 10 kil. 0 de bleu coton au type.
- Quatre opérations semblables à la précé-cente ont fourni : 40 kilogrammes de bleu coton, 127 kilogrammes de diphénylamine purifiée, 180 kilogrammes d’acide oxalique cristallisé. D’après cela on calcule, pour 1 kilog. de matière colorante, 1 kil. 9 de diphénylamine et 9 kil. 5 d’acide oxalique.
- REDUCTION DU PRIX DE TRANSPORT des laines et des cotons.
- Une dépêche de Paris a annoncé aux gares intéressées que le tarif portant une notable réduction sur les prix précédemment appliqués pour les laines et les cotons, vient d’être homologué.
- Il s’agit des laines brutes et des cotons bruts expédiés de Dunkerque en balles pressées, cerclées en fer et pesant au minimum
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 300 kilog. sous le volume d’un mètre cube, par wagon complet de 10,000 kilog
- D'après ce nouveau tarif, le prix de 7 fr. 25 est ramené à 5 fr. secs les 1,000 kilog. pour Lille, Roubaix, Tourcoing et environs (Croix-Wasquehal, Loos,Watrelos, Lannoy, etc.).
- Il n’est pas douteux que le trafic de la Compagnie du chemin de fer n augmente dans une large mesure par suite de cette importante réduction. Les manufacturiers du Nord réaliseront un bénéfice réel en passant par Dunkerque leurs produits, dont une grande partie prenait auparavant la voie d’Anvers, Kerneu-zen et Gand, pour ensuite rentrer en France par Mouscron. Il s’agit notamment des laines provenant des ventes publiques de Londres et des laines d’Australie.
- La questiou de l’importation des laines d’Australie directement par Dunkerque entre dans une phase nouvelle. Le directeur de la Compagnie générale des bateaux à vapeur à hélice du Nord, M. Dubuisson, membre de la Chambre de commerce de Dunkerque, a proposé en juin dernier de frapper d’un droit d'entrée en France les laines d’Australie qui ne seraient pas importées directement ; ce serait là un moyen sûr d'écarter la concurrence étrangère.
- Par navires à voiles de même que par steamers, Dunkerque peut obtenir le même fret qu’Anvers au départ de Melbourne et de Sydney, et le transport par chemin de fer d’Anvers à notre centre manufacturier est de 7,50 environ, soit une différence de 2 fr. 50 en faveur du port français.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Paris. — Fraisse (Hector-Jean), teinturier-dégraisseur, rue Bouchardon, 12. — J.-c. : M. Morel-Thibaut.—S. : M. Menaut.— Jug. du 7 octobre.
- Clermont. — Chapon-Terrasse (J.), teintu
- rier-apprêteur, à Mouy. — Jug. du 24 septembre. — S. : M. Recullet.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lille. — Dissolution, à partir du 31 juillet, de la Société Adolphe Parent et fils, teinturiers, à Seint-André-lez-Lille, hameau de Ste-Hélène. — Liquid. : les associés. — Acte des 13 et 14 septembre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de teinture et impression, blanchiment et apprêt desfiS ettissns, par Marius Moyret, ingénieur chimiste.
- Nous recommandons à nos lecteurs cet ouvrage publié par livraisons de 32 pages, avec planches, échantillons et chromolithographies dans le texte.
- L’auteur, lauréat de l’Ecole de la Martinière en 1855-1856, n’en est pas, d’ailleurs, à ses débuts; il a déjà, en 1876, publié un traité spécial pour la teinture de la soie, qui a obtenu un grand et légitime succès, ce qui est de bon augure pour la publication nouvelle.
- Le nouveau traité, beaucoup plus vaste que le premier, répond aux besoins actuels. Par suite des exigences de la mode, les teinturiers sont appelés à teindre toutes sortes de fils : soie, soie sauvage, laine, poils, coton, ramie, chanvre, lin, jute, etc., pures ou mélangées, en fils ou en tissus.
- M. Moyret offre le résultat des études de 25 années de travaux, de voyages et de recherches, qui lui ont d’ailleurs été facilités par sa position de rédacteur au Moniteur de la teinture de Paris et de correspondant de divers journaux français et étrangers.
- Tous les renseignements sont authentiques, et le nouvel ouvrage aura le cachet du premier, c’est-à-dire essentiellement technique.
- Chaque livraison contiendra des faits inédits et pratiques. On peut le constater dans les quatre premières qui viennent de paraître et contenant • une préface exposant le plan de l’ouvrage qu1 aura au moins quatre volumes et le commencement de l’historique de la teinture et de l’impression à travers les âges.
- Convaincus du succès, nous adressons nos félicitations à l’auteur.
- Quatre livraisons parues. — Deux gravures.
- Prix de la livraison, 50 c.; par la poste, 60 c.
- Adresser mandat ou timbres-poste au bureau du Journal.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, N° 22. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Novembre A887
- S OM MAI RB
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- BLEU CÉLESTE SUR LAINE.
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- SUR LES RAPPORTS DES COULEURS.
- APPARENCE! DE -LA SOIE DONNÉE AUX FIBRES VÉGÉTALES.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. - ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DE LA SOIE VÉGÉTALE Par M. Saignette.
- M. Saignette commence par immerger les fibres végétales dans un bain de carbonate de potasse, ou de soude, suivi d’un rinçage, puis dans de l’eau aiguisée d’acide sulfurique. Après un second rinçage, les filaments sont soumis à l’ébullition pendant 20 minutes, dans un bain contenant du bisulfate de potasse et de l’alun. Alors seulement sont ajoutés les colorants suivant nuance et l’ébullition est encore maintenue durant 20 minutes.
- Ainsi qu’on le voit, la soie végétale, en Présence de l’alumine, se comporte comme la •aine.
- Pour les noirs, le mordançage est effectué dans les conditions ci-dessus, on sort la soie végétale, pour la plonger dans un autre bain contenant de l’acide tartrique, du sulfate de cuivre et du sulfate de fer. L’ébullition est maintenue pendant une heure,puis 20 minutes encore, après addition de bois de campêche.
- APPAREIL A FLAMBER LES TISSUS Par MM. Banks et Brierley.
- L’invention vise les machines à flamber ou
- griller les étoffes de soie, de coton, de laine, jute, etc. ; elle repose sur l’intervention, comme organe grilleur, d’un fil métallique (maillechort, platine ou autre métal) porté à l’incandescence par une machine dynamo électrique. Le fil est tendu transversalement au-dessous de l’étoffe et peut en être approché jusqu’au contact; il est supporté par un « pont » (en briques réfractaires ou autre matière isolante) qui est animé d’un mouvement de va-et -vient dans le sens où chemine la pièce à griller. Les autres parties de la machine ne présentent pas de particularités très essentielles.
- DRESSAGE DES FILAMENTS DE LA LAINE Par MM. Dubois et Mérelle.
- Le système repose essentiellement sur l’emploi d’une série de rouleaux (trois paires dans la spécification) recouverts de caoutchouc et destinés à allonger, à dresser successivement les filaments de laine, fournis par un couple de cylindres alimentaires. A la sortie de la dernière paire de rouleaux à garniture élastique, deux brosses circulaires, l’une en dessus du rouleau supérieur,l’autre en dessous du rouleau inférieur, servent à la fois à nettoyer ces cylindres et à engager la laine dans la garniture d’un tambour à hautes aiguilles. La vitesse du dernier est calculée pour produire le démêlage et le peignage des filaments, qui se superposent et fournissent
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ainsi une nappe cylindrique. Lorsque ladite nappe a atteint l’épaisseur voulue, on la coupe et on l’enlève par les moyens connus, pour la transporter directement aux « gill-box ».
- COMPOSITION POUR LE BLANCHIMENT Par M. Toppan.
- M. Toppan commence par mélanger intimement 3 parties, en volume, d’huile extraite de graine de moutarde, 3 parties de paraffine fondue et 3 parties de soude caustique. Le breveté prépare un second mélange avec une partie, en poids, du composé ci-dessous et 2 parties de savon de suif pur :
- Le bain de blanchiment est alors obtenu en prenant :
- 625 grammes de la dernière composition par hectolitre d’eau ;
- 625 — de sulfate de soude par hectolitre d’eau ;
- 625 — de soude marquant 20° Beaumé par hectolitre d’eau.
- Lorsque le tout a été dissous dans l’eau chaude, les matières à blanchir, lin, coton, etc., à l’état de fibres ou de tissus, sont immergées dans le bain, qui est porté à l’ébullition. Le traitement exige 8 à 10 heures, au lieu de 24 avec les lessives ordinairement employées, sans que cette accélération devienne préjudiciable aux qualités des textiles.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 181339. 4 février; Rubay. — Blanchiment des textiles végétaux.
- Dans ce procédé, le blanchiment des fils de lin, chanvre, étoupe, coton est obtenu en employant d’abord une une lessive composée de carbonate de soude, de soude caustique en plaque et de potasse de n’importe quelle provenance dans la proportion de 1 ou 2 0[0 du poids des matières à blanchir, ensuite un liquide composé de chlorure de chaux et de savon, noir ou blanc, mou ou solide de n’im-
- porte quelle nature et en dernier lieu un bain d’acide sulfurique plus ou moins étendu.
- Le blanchiment des matières textiles autres que le jute et à l’état de tissu ordinaire, toile, lin, chanvre, étoupe, calicot, est obte-I nu en employant un bain composé de chlorure r de chaux, de soude et de potasse et d’une partie d’acide sacchariné et d’acide acétique ou d’acide oxalique et d’acide sacchariné, et l’on procède par des immersions successives jusqu’à nuance 4{4 blanc. Avant d’immerger les tissus dans les bains, il faut les soumettre aux lessives alcalines plusieurs fois répétées.
- Le blanchiment du jute tissé gu non est obtenu en employant un mélange chimique y composé de savon noir ou blanc, mou ou so lide et de chlorure de chaux, à 1 ou 2° B. L’on procède par des immersions répétées jusqu’à bon résultat.
- 181351. 4 février; Compagnie Parisienne de couleurs d’aniline.—Procédé de production de diamidobenzophenone - amine - chlorydés, alkilés et transformation de ces corps en dia-midobenophenones alkylés et en matières colorantes jaunes de la classe des auramines.,
- 181355. 5 février; Aubert. — Gaufrage sur tous tissus, solide et résistant à l’eau.
- 181356. 5 février; Grawitz. — Teinture en noir grand teint du coton en cours d’élaboration.
- L’objet du brevet consiste à teindre en noir avec l’aniline, le coton en cours d’élaboration, pris sous la forme de mèches ou rubans. Ces mèches sont mises en écheveaux comme si elles étaient des filés. Ces écheveaux sont alors débouillis et teints sans difficultés, la manœuvre se faisant dans chacune des opérations comme si c’était des écheveaux ordinaires. Pour empêcher le mou vement des matières, on les enferme dans des sacs à tissu treillés, ou on les maintient entre des cadres à jour de manière à ce que les fibres ne se dérangent pas.
- 181357. 5 février ; Grawitz. — Emploi spé-cial des produits obtenus en traitant les huiles ou corps gras par l’acide sulfurique.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- a en h*
- Le noir d’aniline parfaitement lavé après teinture et séché, présente un reflet brun mordoré ; le savonnage à haute température change ce reflet brun en un reflet noir bleuté très recherché, mais le coton prend un toucher plus ou moins gras et une odeur particulière. On élimine le reflet brun par le mode spécial d’emploi suivant des sulfo-ricinates, sulfo-oléates, huile pour rouge turc, etc.
- Pour 100 k. de coton teint on prend : Eau, 2,000 à 2,500 litres ;
- Acide sulfurique à 63-66’ B , 5 litres ; Sulfo-ricinate concentré de soude, 10 litres.
- J’entre à froid ou à tiède le coton dans ce bain, j’élève progressivement la température jusqu’à ce que le coton ait absorbé toute la matière grasse provenant de la décomposition du sulfo-ricinate par l’acide sulfurique. Cette matière grasse se combine avec le noir. La combinaison est rendue plus stable par l’élévation de la température du bain, par des rinçages subséquents à l’eau chaude ou bouillante ou surchauffée, par le vaporisage du coton humide ou préalablement séché. Le coton ainsi traité peut ensuite être savonné ou Passé en soude suivant les besoins.
- 18s358. 5 févrter ; Grawitz. — Mode particulier de traitement pour noir des tissus mélangés soie et coton ou autres fibres végétales ou pour noir et couleurs.
- L’objet du brevet consiste à teindre le coton en noir d’aniline en écheveaux ou avant filature et à le tisser ensuite avec la soia ccrue. '
- Comme le noir d’aniline résiste à l'opéra-tion du décreusage de la soie et à toutes les opérations du mordançage de cette soie ou de sa teinture en noir ou diverses couleurs mê-1116 sur bains acides, on obtient par ce traitement une série de résultats industriels nouveaux.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, RUE Turbigo, Paris.
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- (Suite.)
- Ces flottes essayées à la condition des soies de Lyon, ayant de 52 à 58 brins, ont donné de 28 à 25 deniers.
- RONDOTIA MENCIANA
- M. Kopsh et Kleinwachter ont trouvé un autre ver à soie sauvage sur le mûrier ; il est nommé dans le pays Peh-yen-tsan, c'est-à-dire ver aux yeux blancs. Avant les envois de ces observateurs, il était inconnu en Europe.
- Dans The Annals and Magosine of Natural History, Londres, 1885, M. Frédéric Moore lui a trouvé des caractères permettant de constituer un nouveau genre de bombycide, qu’il a nommé Rondotia.
- Le nom de Rondotia est un hommage aux importants travaux de M.Natalis Rondot, et le nom de Menciana est un hommage au célèbre philosophe chinois Mencius (Meng-tsen).
- Les ailes de ce ver sont plus courtes et plus triangulaires que celle du Bombyx Mori; la pointe supérieure est plus courte et échan-crée en faulx. Le contour de l’aile inférieure est plus arrondi que celui de l’aile supérieure; le bord est coupé obliquement dans la partie inférieure, légèrement sinueux et débordant en pointe à l’extrémité de la veine médiane la plus inférieure.
- Le corps et la base des ailes sont recouvertes d’écaille au lieu d’être lamegineux comme dans le Bombyx Mori; la flèche de l’antenne est également moins épaisse, les branches plus minces avec des cils plus fins; les pattes et les torses sont plus grêles,moins épais et lamegineux que dans le Bombyx Mori.
- Les cellules sont plus courtes et plus larges que celles du ver domestique.
- Tels sont les principaux caractères du genre Rondotia, décrits par M. Frédéric Moore.
- Quant à l’espèce Menciana, toujours d’après M. Frédéric Moore, voici ses principaux caractères :
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les ailes sont d’un jaune d’ocre ; l’aile supérieure est traversée un peu avant son milieu par une ligne mince, pointillée de noir,courbe et angulaire entre les nervures médiane et sous-médiane ; une ligne pareille traverse l’aile dans sa partie postérieure médiane et une petite ligne finement dentelée court à l’extrémité de la cellule.
- L’aile inférieure est traversée par une ligne discoïdale moins accusée que dans l’aile supérieure et présentant une petite pointe au delà de la cellule plus large et plus accusée à la base. Une tache mouchetée de noir marque le milieu abdominal.
- Le thorax est jaune d’ocre, l’abdomen ocre brun, les pattes plus pâles, les yeux noirs, la flèche des antennes est brune et le sommet du fémur et du tibia noirâtre.
- Toujours d’après M. F. Moore, la chenille a une longueur moyenne de 0m,026; elle est jaune olive pâle ou blanchâtre ; elle a seize pattes, un corps mince ; la tête et le second segment sont petits. Le troisième et le quatrième segment sont un peu renflés. L'épine anale est courte, molle, noire, longue de 0m,002 et placée au sommet du douzième segment, large dans le bas et mince dans le haut ; tous les segments, sauf la tête, sont transversalement ridés ; quatre ou cinq rides par segment se replient sous les stigmates. Ces derniers sont ovales, bruns et avec une petite bordure noire. Ceux antérieurs offrent quelques petites taches entre les plis.
- La chrysalide est rouge foncé.
- D’après M. Kopsh, le Rondotia est d’une sauvagerie indomptable ; il est impossible de l’élever régulièrement.
- Les cocons de ce ver sont indévidables et n’ont que peu d’intérêt;néanmoins, en Chine, on les mêle avec les cocons domestiques que l’on carde. Ce renseignement, que j’extrais des travaux de la Condition des soies de Lyon (travaux de M. Dusuzeau, 1884-1885), est à noter précieusement pour nos teinturiers, lorsqu’ils ont à teindre ou à imprimer des foulards en fantaisie des pays de l’Extrême-
- Orient, car de ce mélange peuvent surgir de fâcheuses conséquence pour l’unisson de la teinture ou des fonds en impression. Je l’ai déjà dit, les soies sauvages sont rebelles aux opérations ordinaires de teinture et d’impression de la soie ordinaire. Dans l’impression des petits bouquets ou motifs détachés, cela a peu d’importance,mais dans les grands fonds imprimés on peut avoir de grandes stries qui font le désespoir de l’imprimeur et n’ont d’autre origine que ces mélanges. L’industriel européen est alors pour ces tissus soie fantaisie comme s’il était en présence de mélanges de laine et de coton, ou encore en présence de laine et de poils de vigogne, ou de mélanges de coton mûr et de bonne qualité et de coton mort non mûr et rebelle à la teinture.
- Il a été impossible à la Condition des soies de Lyon de dévider un cocon en entier ; la bave se détache par paquets comme dans les cocons domestiques dits satinés; elle casse facilement vu son faible diamètre, Om,000016, ou moitié de celle du Bombyx Mori. On est en présence d’un fil d’araignée. M. Dusuzeau a cependant pu établir le titre du Rondotia Menciana à moins de un denier.
- La bave est compacte comme celle du ver domestique et offre, au microscope, la présence de deux cylindres accolés.
- La perte à la cuite est d’environ 28 0(0.
- M. Dusuzeau, d’après les examens des baves, range dans la même famille, an point de vue du cocon, le Bombyx Mori, le Theophila Mandarina et Rondotia Menciana. Ce dernier serait le premier anneau de la chaîne qui comprendrait les Ocinara et les autres variétés de Theophila et de Bombyx.
- Le Menciana est bi vol tus et se trouve sur les rives du lac Taï-hou.
- Le cocon de ce ver est jaune très pâle? ovale et régulier. Les cocons de première récolte ont une longueur de 0m,015 à 0m,018 et ceux de deuxième de Om,O12 à Om,O16. Les cocons de deuxième récolte sont d’ailleurs toujours plus petits. Les largeurs, pour les
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- premiers, sont d’environ, en moyenne,0m,009, et, pour les deuxième, 0m,008. La texture en est très lâche et le cocon presque transparent.
- Il faut, d’après M. Kopsch, un nombre incalculable de cocons Menciana pour faire un kilogramme de soie filée. M. Dusuzeau évalue à 153,000 le nombre de cocons nécessaires pour faire un kilogramme de soie grège, en admettant qu’un cocon vide et sec pèse en moyenne 0g,006 à 0g,007, d’où 1,000 cocons secs et vides pèseraient de 6 à 7 gr. Le nombre de 153,000 cocons pour un kilogremme de soie grège est d’ailleurs admis, en supposant que tout soit utilisable.
- Bref, avec les déchets, il faudrait en employer plus de 300,000.
- Disons que, sauf pour le cardage, cette variété n’est pas utilisable en filature, l’on se ruinerait en main-d’œuvre.
- Dans les envois de ce ver faits à la Condition des soies de Lyon, on a remarqué que beaucoup de cocons étaient troués par un insecte, qui est une petite mouche du genre pimpla, faisant sur les parois latérales de petites piqûures d’épingle.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- Assouplissage des soies après teinture.
- M. Ridel, de Neuilly, est l’inventeur breveté du peigne à assouplir les soies ; ce peigne est ainsi construit : une monture métallique longue de vingt-cinq centimètres environ est garnie de 300 aiguilles très fines en acier, dont la hauteur est de 4 centimètres ; une poignée en bois la réunit à la monture par 4 vis; il n’a pas d’autre but que de décoller les brins de soie ; le travail se fait par ces pointes d’aiguilles en appuyant assez fortement sur les lés de soie.
- On opère sur une table garnie de couver
- tures et recouverte d’une cretonne quelconque; le lé est étendu sur la table,on le maintient de la main gauche tandis que de la main droite on tient le peigne penché obliquement à 45°, on donne ainsi en appuyant trois ou quatre coups vigoureux sur toute la longueur du lé et dans le sens de la soie et ainsi de suite sur toute la partie du lé.
- Les taffetas, les failles, les étoffes brochées et surtout les satins son, rendus à la perfection. L’article à assouplir doit être gommé un peu fortement au glucose.
- Teinture en noir de la soie végétale.
- La soie végétale se teint en noir par deux procédés :
- 1* On fait bouillir une heure au carbonate de soude, on lève, on rince et on entre dans le bain ordinaire de mordant, sulfate de cuivre, sulfate de fer et tartre ; on bout ensuite sur le bain de bruniture, on entre dans le cachou bouillant, on laisse séjourner jusqu’au lendemain, on lève et sans rincer on passe sur un bain de bichromate de potasse aussi bouillant, on lise 30 minutes, on lève, on rince sur deux eaux et on entre en rouille des soies pendant 12 heures, on enlève, on rince sur trois au quatre eaux et on passe sur le bain de teinture, composé de campêche et de bois jaune; on laisse ainsi pendant 2 heures, on lève, on rince et on passe sur un avivage léger d’acide chlorhydrique, on rince à nouveau.
- 2me procédé :
- Après avoir passé sur le bain de carbonate de soude, on fait bouillir 1 heure sur le bain de mordant des noirs ordinaires de laine, on rince et on entre en rouille des soies, on rince et on entre dans le bain de campêche et bois jaune, on lève, on rince et on entre en pyrolignite de fer, on lève et on laisse à l’air, on rince de nouveau et on entre sur un très fort bain de campêche et bois jaune, on recommence deux ou trois fois l’opération, si c’est nécessaire et jusqu’à ce que l’article soit suffisamment noir ; la soie végétale supporte
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- très bien la javelle, aussi bien que les acides sulfurique et chlorhydrique
- Par ces procédés on arrive parfaitement à faire de très beaux noirs sur la soie végétale, tant redoutés des teinturiers.
- Teinture des popelines laine et soie mélangées.
- On teint d’abord la laine en noir aux 314 de ton, on rince et on met en rouille des soies, on rince et on traite comme les tout soie, on passe en javelle, ou à l’acide chlorhydrique.
- Les popelines se teignent aussi très bien en noir de Paris, et la soie en prend souvent suffisamment pour qu’on n’ait pas à les reteindre une seconde fois, entre autres les bleus foncés, les loutres, les gros verts ; elle devient d’un noir bleu très foncé, ce qui n’est pas d’un mauvais effet.
- Pour l’apprêt, les popelines ne peuvent bien se faire qu’à l’attachage au tapis; elles ont des tendances à se raccourcir énormément; il faut donc les tirer aux épingles le plus possible, et quelquefois même les attacher deux fois, en ayant soin de bien les faire sécher sans cela elles reviennent et se grippent.
- Teinture des popelines laine, soie et coton.
- Après avoir teint la laine au noir de Paris ou au campêche, on ne s’occupe plus que du coton ; la soie prend toujours assez de colorant; on entre en rouille des cotons et on traite à froid comme pour les articles de coton.
- Teinture des soies en couleurs.
- La teinture des soies se fait sur les articles touts faits et les articles défaits, démontés et rebâtis ; il est certain que l’article est mieux fait et offre plus d’aspect quand il est complètement défait.
- La soie doit être préalablement « débouillie » avant teinture, sur un bain de savon ordinaire, ou mieux sur du savon de cuite si on peut s’en procurer. La soie est bâtie lé par lé sur sa longueur et cousue sur un petit cadre ou métier dont voici la description.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- BLEU CÉLESTE SUR LAINE (chaîne coton)
- Cette méthode de teinture en bleu céleste pour étoffe laine et coton comprend deux opérations absolument distinctes : la teinture du coton et la teinture de laine.
- Quoique très facile, ce procédé réclame toute l’attention de l’opérateur, lequel ne doit disposer pour cette teinture que des étoffes bien dégraissées et bien rincées. Il n’est pas inutile de dire qu’il ne faut teindre que dans des cuves en bois de sapin et que les étoffes doivent être entrées dans les bains le plus vivement possible afin d’éviter le mal-uni des pièces.
- Teinture du coton. — La teinture du coton nécessite elle-même deux bains différents : le bain de fer, le bain de prussiate de potasse.
- lo Bain de fer. — Pour 100 kilog. d’étoffe laine et coton on compose un bain avec
- 1,000 litres d’eau,
- 2 kil. 500 d’acide tartrique préalablement dissous,
- 10 kil. de sel d’étain également disssous, 50 kil. d’azotate de fer à 550.
- On entre les étoffes dans ce bain, on les manœuvre à froid pendant 15 minutes environ, puis on les rince soigneusement à l’eau courante.
- On ne pourra obtenir de bons résultats qu’à la condition expresse d’employer un bain de fer très limpide.
- 2o Bain de prussiate de potasse. — Au sortir du rinçage, les étoffes sont plongées dans un second bain composé comme suit :
- Pour 100 kil. d’étoffe.
- 1,000 litres d’eau,
- 1 kilog. de prussiate de potasse préalablement dissous.
- On y manœuvre les pièces pendant 10 minutes environ, puis on les abat. On verse ensuite dans ce bain.
- 2 kilog. d’acide sulfurique, on y entre es étoffes qu’on manœuvre encore pendant 20 a
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 25 minutes, après quoi on les abat et on les lave en eau courante.
- Teinture de la laine. — On commence d’abord par rendre homogène le bain dans lequel doit s’opérer la teinture de la laine. Pour cela on ajoute au bain une faible proportion d’acide sulfurique, de sel marin et de carmin d’indigo, puis on y manœuvre, à la température de 50 ou 60°, pendant 20 ou 30 minutes, une étoffe de laine disposée pour nuance foncée Lorsque le bain est bien homogène, on garnit, pour 100 kilog. d’étoffe, avec
- 1 kilog. de sel marin,
- 2 kilog. d’acide sulfurique.
- On entre les étoffes, on élève progressivement la température du bain jusqu’à 60 ou70-, puis on y ajoute la quantité de carmin d’indigo nécessaire pour arriver à la nuance demandée.
- On manœuvre encore les étoffes pendant 20 minutes, après quoi on les abat, on les évente et on les lave soigneusement.
- C. E. M.
- • (Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Avant la teinture, il est bon de faire séjour-ner la laine pendant quelques heures dans un bain contenant une très faible proportion d’ammoniaque (de 8 à 10 litres par mètre cube d’eau), puis de la rincer dans l’eau pure. La laine absorbe alors beaucoup plus facilement le colorant, et la couleur est plus éclatante.
- Un léger chlorage donne aux roses un éclat tout particulier. Les pièces sont passées, avant la teinture, dans un bain contenant 15 00 environ de chlorure de chaux, puis elles sont immédiatement rincées dans un bain d’acide muriatique très étendu, après quoi elles sont lavées en eau pure.
- Pour obtenir des roses très frais, il est Indispensable de faire le bain deux et même
- trois fois, suivant la vivacité des nuances à produire.
- Les ingrédients employés pour ces teintures doivent être purs.
- On devra servir de baquets, ou de cuves, bien propres et qui ne soient pas susceptibles de communiquer au bain une coloration capable de gêner dans la vivacité des couleurs. A cet effet, il est bon de faire bouillir dans le baquet, avant la teinture, un bain d’acide chlorhydrique très dilué (500 gr par mètre cube d’eau).
- Il faut tenir, à la sortie du bain de teinture, la nuance des étoffes plus fraîche et d’égale intensité que celle demandée, parce que les roses grisent, pâlissent et virent légèrement au violet au séchage et à l’apprêt.
- Pour obtenir des nuances fraîches, il est important de garnir suffisamment pour arriver rapidement à l’échantillon, car la couleur manquerait de vivacité si on procédait lentement. Il faut aussi éviter de teindre trop vivement, parce qu’alors la couleur serait mal tranchée.
- Roses. — Cerises. — Magentas.
- Les roses proprement dits sont toujours pâles et très légèrement bleuâtres, les cerises sont des roses vifs et les magentas des roses foncés tirant sur le bleuâtre.
- Cette série comprend :
- Les roses à la cochenille ;
- Les cerises à la cochenille ;
- Les roses à la rougeur ;
- Les roses et magentas à la fuchsine ;
- Les cerises à l'éosine ;
- Les cerises d’aniline ;
- Les roses à la cyanosine;
- Les roses à la safranine ;
- Les roses bengales ;
- Les roses à la roséine.
- Rose à la cochenille. (No 1)
- La cochenille est surtout employée pour les roses appliques sur étoffes épaisses, telles que flanelles, molletons et draps.
- La teinture des roses à la cochenille corn-
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- s CI O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- prend deux opérations : le bouillon et la rou-gie.
- Bouillon. — Dans un baquet bien propre, rempli de la quantité d'eau convenable, on garnit, pour 100 kilog. de laine, avec
- 4 kilog. d’alun épuré,
- 4k,500 de tartre blanc.
- On chauffe le bain jusqu’à l’ébullition, puis on ajoute 3 kilog. de composition d’étain (1).
- On laisse écumer le bain, on enlève cette écume, puis on arrête le chauffage. On entre les pièces, on les manœuvre au bouillon pendant une heure environ. On les abat, on les évente et on les laisse reposer pendant quelques heures sur le mordant.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.)
- (A suivre)
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- (Suite)
- Rouge
- Bouillon. Pour 10 kil.
- 0 kil. 750 flavine.
- 3 kil. alun.
- 1 kil. tartre.
- 0 kil. 250 sel d’étain
- Rabat : 1 kil. 500 cochenille.
- --------------------------------- a.. - -..
- (1) On nomme composition d’étain une dissolution métallique dans de l’acide nitrique. Voici la préparation d’une bonne composition d'étain :
- 1,000 gr. d’acide nitrique ;
- 90 — de sel ammoniaque;
- 120 — d’étain très pur ;
- 1,000 — d’eau bien claire.
- On fait dissoudre le sel ammoniaque dans l’acide nitrique, on remue bien le mélange, puis on ajoute par parties l’étain réduit en grenaille. Lorsque la totalité de l’étain est dissoute, on étend cette dissolution avec l’eau, puis on agite le tout ensemble. On laisse reposer vingt-quatre heures, après quoi on peut en faire usage.
- Jaune
- Bouillon d’olive. Pour 10 kil.
- 1 kil. 000 extrait de bois jaune.
- 1 kil. 125 caillatour.
- 0 kil. 050 extrait d’orseille.
- 0 kil. 05625 sulfate de fer.
- Bordeaux
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 3 kil. 000 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- 0 kil. 250 sel d’étain.
- Rabat : 4 kil. 500 cochenille.
- 0 kil. 250 Bordeaux B.
- Cardinal
- Pour 10 kil.
- 1er bouillon :
- 0 kil. 050 flavine.
- 3 kil. 000 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- 0 kil. 375 sel d’étain.
- 2e bouillon :
- 0 kil. 00375 flavine.
- 2 kil. 500 alun.
- 0 kil. 875 tartre.
- 0 kil. 3125 sel d’étain.
- Rabat : 1 kil. 500 cochenille.
- Rouge
- Bouillon. Pour 10 kil.
- 0 kil. 075 flavine.
- 3 kil. 000 alun.
- 1 kil. tartre.
- 0 kil. 375 sèl d’étain.
- 1 kil. tartre.
- 1 kil. 250 cochenille.
- Orange
- Bouillon 1 heure 1[2 avec : Pour 1 kil. 500 flavine.
- 1 kil. 000 alun.
- 0 kil. 250 tartre.
- 0 kil. 750 sel d’étain.
- Rajouter sur le même bain :
- 0 kil. 2375 cochenille.
- 0 kil. 075 acide oxalique.
- (Reproduction interdite.) (A sui
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- INFLUENCE DU MODE D’ÉCLAIRAGE SUR LES RAPPORTS DES COULEURS
- Dans toutes les industries qui touchent aux arts décoratifs, et spécialement dans les branches si variées de l’ameublement, l’étude des couleurs et de leurs relations est d'une importance capitale. On est obligé, pour assortir les couleurs, non seulement d’observer des lois mathématiques qui proscrivent l’emploi de telle nuance en présence de telle autre,mais d’étudier avec soin la façon dont se comportent, les uns vis-à-vis des autres, les tons divers d’une même teinte principale, au point de vue de la décoration. Les travaux de Chevreul ont ouvert cette voie, et l’étude des couleurs complémentaires est devenue la base de l’art de la teinture ; on procède maintenant d’une façon méthodique à cet égard, et les progrès qu’ont fait les industries d’art sont remarquables au point de vue de la combinaison harmonique des couleurs.
- Cependant, une partie importante de cette étude est presque complètement négligée. En effet, la composition des dessins, l’examen des tonalités, la comparaison des couleurs destinées à une œuvre décorative quelconque, se font presque exclusivement le jour, et on s’occupe peu ou point de l’effet que l’on obtiendra le soir, avec un éclairage particulier, alors que c’est presque toujours à l’aide de ce mode d’éclairage que sera vu l’ensemble décoratif. Or, en raison de la coloration propre du foyer éclairant, les rapports des couleurs sont changés, et telle nuance, harmonieusement combinée avec sa voisine à la lumière du jour, produira le soir, avec un nouvel éclairage, un effet détestable.
- Il faut donc, non seulement établir l’harmonie des couleurs au jour, mais essayer encore si leur accord subsiste avec l’éclairage sous lequel on les verra le soir.
- Pour exécuter des observations de ce 8enre, nous avons employé le procédé sui
- vant, aussi peu coûteux comme installation que pratique et rapide.
- On recouvre les parois intérieures d’une caisse rectangulaire en bois de velours noir uni, afin d'obtenir à l’intérieur le noir absolu. Les échantillons colorés d’étoffes, métaux, bois, porcelaines, à observer sont appliqués, isolément ou groupés, sur le fond de la caisse opposé à l’observateur, et examinés à l’aide d’une ouverture pratiquée sur la face parallèle. L’appareil éclairant, lampe à huile ou à pétrole, brûleur à gaz, bougie, est placé à l’intérieur de la caisse, près de cette ouverture, dont il est séparé par une cloison recouverte également de velours noir. La cheminée en verre du brûleur est entourée d’un tube intérieurement tapissé de velours noir, et un tube semblable prolonge l’ouverture destinée à l’observation. On évite ainsi de laisser pénétrer d’autres rayons lumineux que ceux émis par le foyer éclairant disposés à l’intérieur; de plus, le brûleur est noirci, non verni, et ne projette ses rayons éclairants sur les échantillons à observer que par une ouverture suffisamment étroite pour éviter toute espèce de reflets.
- On dispose à l’extérieur, à la même hauteur que ceux placés dans la caisse, des échantillons semblables à ceux observés et d’autres de nuances voisines, appliqués sur un fond de velours noir ou gris neutre foncé, en les séparant par des bandes de même nuance que le fond. De cette façon, on peut comparer instantanément l’effet obtenu à la lumière du jour avec celui que donne l’éclairage artificiel.
- Les résultats varient d’ailleurs avec chaque espèce d’éclairage, mais les mêmes effets peuvent être pratiquement considérés comme constamment produits de la même manière par deux classes principales de foyers éclairants artificiels, avec de simples variations d’intensité dans chaque classe.
- La première comprend la lumière de Drunimond, la lumière électrique produite
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- t Ac Ci
- par les appareils à arc voltaïque, et celle obtenue par les appareils à incandescence.
- Ces divers systèmes ne changent guère les rapports des couleurs entre elles, mais donnent à chaque ensemble de teintes un ton plus vif ou plus atténué suivant le pouvoir éclairant de l’appareil ; on peut admettre qu’il ne s’agit, avec ces divers éclairants, que de variations de quantité.
- Il en est autrement des systèmes de la seconde classe, que nous énumérerons, comme les premiers, d’après le degré de vivacité qu’ils donnent ou qu’ils laissent à la majeure partie des couleurs. Ce sont : le gaz oxhydrique, les bougies stéariques fines, le gaz d’éclairage ordinaire, l’huile de colza, les essences épurées, l’huile de pétrole.
- Avec ces dernières sortes d’éclairants, les nuances sont généralement atténuées, rarement avivées, souvent transformées par un virage au-dessus ou au-dessous de leur ton propre.
- Les résultats suivants d’observations que nous avons effectués à l’aide de l’appareil décrit plus haut, feront voir quels changements peut introduire, dans un ensemble chromatique, l’emploi du gaz d’éclairage ordinaire.
- Les teintes neutres sont, en général, très affaiblies, les teintes franches, au contraire, sont réchauffées.
- Les séries des jaunes et des rouges sont très belles ; le rubis, l’écarlate, acquièrent un éclat magnifique en gardant à peu près leur ton propre. Mais le rouge cerise devient ponceau, le ponceau devient capucine, le capucine est orange, l’orange vire au souci, le souci est bouton d’or, et le bouton d’or devient jaune paille foncé.
- Le jaune maïs et le jaune paille sont plus vifs, leurs reflets plus chauds ; le jaune soufre blanchit et s’éteint, le jaune serin perd son reflet verdâtre et devient plus brillant.
- Presque tous les roses pâles s’effacent ; le rose saumon est presque blanc, sans per
- dre sa finesse de ton. Les roses violets sont éteints, sans reflets ; ils absorbent la lumière et semblent salis. Seul de tous les roses pâles, le rose Solférino s’avive.
- Les roses vifs, le rose de Bengale surtout, gardent leur éclat et changent peu de ton.
- Le gris d’argent devient éclatant et prend un léger reflet rose ; c’est le seul de tous les gris qui s’avive, mais il éteint alors les autres couleurs, sauf celles à reflets mats, légers et discrets, le rose chair tendre par exemple.
- Les gris ardoise, gris de fer, gris de Payne, gris de zinc, n'ont plus aucun reflet, et sont absoluments insignifiants. Les gris bleu, gris perle pointillé de bleu, gris bleu pointillé de perle, perdent leur vivacité et leur reflet glacé, sans devenir aussi ternes que les gris précédents. Il en est de même du noir aile de corbeau, et de toutes les nuances dans lesquelles il entre du bleu.
- Le bleu clair devient gris, le bleu de ciel reste bleu, mais perd toute vivacité ; le bleu foncé noircit, le bleu turquoise est terne.
- Le vert glauque reste brillant, mais s’assombrit; le vert pomme devient émeraude; l’émeraude, le vert paon, le vert martin-pêcheur, le vert olive, prennent une nuance plus foncée, mais avec des reflets superbes.
- Le blanc à reflet bleu est dur et perd son éclat ; au contraire, le blanc à reflet jaune devient plus chaud de ton.
- Le violet clair, le violet bleu, le lilas sont éteints et nuis, le violet ardent devient plus brillant et rougit ; tous les autres violets, pensée, prune, etc., deviennent bruns ou noirs, et faux de ton.
- Les teintes neutres employées seules s’affaiblissent moins quand elles sont associées ton sur ton ; les nuances marron, loutre, bleu marine, café, prune, peuvent ainsi garder quelque éclat en se superposant. On obtient d’heureux effets en appliquant ainsi, sur des couleurs claires, dominantes en surface, des teintes plus foncées d’un échelon
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 23
- dans la série des teintes similaires, en pointillés, bordures, rayures ou autres m o-tifs quelconques de décoration ; par exemple, havane avec bleu, pain brûlé sur paille, grenat sur rose, violet roux avec jaune d’or.
- Ce court aperçu des changements que subissent les nuances à la lumière du gaz donne une idée de l’importance que l’on doit attacher à les assortir en vue du milieu ordinaire dans lequel elles seront vues.
- En général, on sera conduit, pour obtenir des ensembles s’harmonisant parfaitement à rejeter les teintes neutres et à n’employer que des teintes franches, dont les gradations sans limites permettent de varier à l’infini tous les genres de décoration.
- Ph. Rousseau, ingénieur.
- INCENDIE D’UNE TEINTURERIE A ROUBAIX
- L’importante teinturerie en laine et coton de Mme veuve Gaydet et fils, rue de Mou-veaux, a été en partie détruite par un violent incendie vendredi matin. Le feu a rapidement envahi tous les séchoirs. On se hâta de sauver des touries de benzines et d’essences minérales. Une heure plus tard, le bâti-ment dans lequel les flammes avaient pris naissance s’effondrait, puis ce fut l’aile gauche, affectée aux ateliers de préparation, qui s’abattit. On ignore la cause de l’incendie, qui prive de travail 300 ouvriers. Les dégâts s’élèvent à 500,000 francs environ.
- APPARENCE DE LA SOIE
- donnée AUX FIBRES VÉGÉTALES
- Un nouveau procédé pour donner l’apppa-rence de la soie aux fibres végétales a été découvert dernièrement.
- Voici comment on opère :
- On plonge d’abord les fibres végétales (co-ton, lin, chanvre, jute, etc.) dans un bain de soude caustique à 120 Beaumé ; la durée de ce
- bain maintenu constamment à 800 doit être de 4 heures.
- Les gommes et résines sont ainsi détruites , mais la matière au travail conserve une couleur jaune qui disparaît dans une solution tiède (30°) d’acide sulfurique à 6° Beaumé. On lave alors à fond jusqu’à ce que les fibres ne rougissent plus le papier de tournesol, puis on traite par une solution de chlorure de sodium à 7% ce qui achève la décoloration.
- On sèche, puis on fait subir au textile un bain de 4 à 5 heures à 80 Beaumé, de glucose ou de sucre.
- On sèche de nouveau, ensuite un mélange d’acide sulfurique et d’oxyde de carbone transformera le sucre en nitrosaccharose et la cellulose en binitrocellulose ; ce traitement doit être suivi d’un essorage, d’un bain brillant de savon et d’un nouveau rinçage.
- La matière doit alors passer environ 5 heures dans un bain à 30 au sumac ou autre matière pour imprégner les fibres de tannin ; on passe enfin dans une solution froide de tar-trate double d’oubemdine et de potasse (solution faite avec 30 0(0 du poids de la matière à traiter). Les matières végétales ainsi traitées ont l’apparence de la soie ; elles peuvent être employées pures ou mélangées.
- L’inventeur du procédé conseille dans le dernier cas d’employer pour l’ensimage de la glycérine ou de l’huile d’olive.
- Le procédé indiqûé ci-dessus paraît assez compliqué ; on assure cependant qu’il a donné d’heureux résultats et que l’industriel qui s’occuperait de la chose pourrait en retirer de bons résultats.
- TARIFS DE CHEMINS DE FER
- CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT
- M. le ministre des travaux publics a homo-logé, à titre provisoire, une proposition de l’administration des Chemins de fer de l’Etat, ayant pour objet de comprendre, dans le § 13
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de la Ire section du tarif spécial P. V., n- 2 (annexe Ile), les bois de teinture effilés ou moulus, par wagon d’au moins 4,000 kilog., qui bénéficieront des prix du barême n" 6.
- (Voy. l’affiche en date du 3 janvier 87).
- COMPAGNIE DU _ DE PANAIAIA
- Anis aux Actionnaires et Obligataires
- MM. les Actionnaires et Obligataires sont priés de faire connaître leur adresse à l’Administration, 46, rue Caumartin, pour recevoir une communication de M. Ferdinand de Lesseps.
- Le Secrétaire général, H. Boudet.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Paris.— Haussemberg(Eugène), teinturier, rue du Bac, 46, puis rue de Grenelle, 34. — J.-c. : M. Germain Thomas. —S. : M. Châle. — Jug. du 25 octobre.
- Paris. — Roche, teinturier en plumes, rue de la Lune, 23. — J.-c. : M. Girard. — S. ; M. Bernard. — Jug. du 29 octobre.
- Paris. —Grenaille (Raymond), md de tapis et toiles cirées, avenue des Gobelins, 13. — J.-c. : M. Douillet. — S. : M. Godmer. — Jug. du 28 octobre.
- Paris. — Godchau (Lévy), md de mercerie en gros, rue du Foin, 5. — J.-c. : M. Lavoisier. — S. : M. Planque. — Jug. du 4 novembre.
- Versailles. — La Société Collineau et Cie, fab. de matières colorantes, à Argenteuil et personnellement Alfred-Charles Collineau, demeurant à Paris, rue du Temple, 187, Henri Kinsbourg, chimiste, à Argenteuil et Antoine-Marins Chambry, industriel, à Paris, rue du Château-d’Eau, 63. — Jug. du 15 octobre. — S. : M. Vormser.
- Toulouse. — Lumière et Cie, chemisiers, — Jug. du 28 octobre. — S. : M. Bossugue.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Fournier et Finet fils, fab. de passementerie, tissus en gomme élastique pour bretelles, jarretières, bas et ceintures, etc., (maison Finet « Fournier et Leclerc successeurs »), rue Saint-Denis, 249. — Durée : 10 ans. — Cap. : 55,600 fr. — Acte du 30 septembre. — L.
- Lyon - Formation de la Société en nom collectif Henri Pervilhac et Cie, apprêteurs, rue Duguesclin, 13. — Durée : 9 ans. -- Cap : 225,000 fr. — Acte du 13 septembre.
- Marseille. — Formation de la Société en nom collectif Dutfoy et Gaillard, fab. d’acide tartrique, rue Fauchier, 12 et 14. — Durée : 10 ans. — Cap. : 41,172 fr. 50. c. — Acte du 14 septembre.
- Roubaix. — Formation de la Société en commandite Jules Lussiez et Cie, teinture des laines, boul. Gambetta. — Durée : 12 ans. — Commandite : 30,000 fr. — Acte du 20 septembre.
- Cambrai. -- Formation de la Société en nom collectif O. Topart et A. Place, fabrication, impression et vente de tissus divers, à Haussy. — Durée : 18 ans.— Cap. : 20,000 fr. — Acte du 1er octobre.
- Lille. — Formation de la Société en nom collectif Adolphe Parent et fils, teinturiers de fils de lin et de coton, été., à Saint-André, hameau de Saint-Hélène. — Durée : 9 ans et 11 mois.— Cap. : 60,000 fr. — Acte du 11 octobre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Ph. Paccaut et D. Job, laines etbon-Deterie, quai de la Guillotière, 21. — Durée : 6 ans du 1er août 1887. — Cap. : 30,000 fr. — Acte du 1er août 1887, déposé le 24 octobre suivant.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Grenoble.— Dissolution, à partir du 1er octobre, de la Société Armand Broize et Bou-gnol, teinturiers en peaux. — Liquidateur : M. Broize. — Acte du même jour.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31° Année, N° 23. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Décembre 4887
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- ETUDES SUR LES SOIES SAUVAGES (suite et fin).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- MORDANÇAGE DES FIBRES VÉGÉTALES.
- PURIFICATION DE L'ANTHRACNE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DE LA LAINE EN BLEU
- Par MM Lohmann et Wernaer.
- Le but est d’obtenir, sans mordançage pre-alable, un bleu solide, résistant également aux lavages, aux agents atmosphériques et coûtant moins cher que la teinture à l’indigo. Les brevetés mélangent :
- 34 kilogr. de bleu d'azo-diphényle.
- 30 — d’extrait de bois de campêche (pesé à sec).
- 16 — de vitriol bleu.
- 20 — — vert.
- Pour 100 kilogr. de laine à teindre en bleu foncé, MM. Lohmann et Wernaer prennent 10 kilogr. du mélange ci-dessus, auxquels ils ajoutent 10 kilogr. de bisulfate de soude et 6 kilogr. d’acide oxalique.
- Si la nuance doit être claire,les proportions des ingrédients sont réduites en conséquence.
- La dissolution des produits tinctoriaux s’ef-fectue dans l’eau chaude, puis la liqueur est etendue d’une quantité d’eau froide suffisante Pour la masse à teindre, et le bain est chauffé JWSqu'à l'ébullition. La laine est maintenue
- dans le bain bouillant pendant une heure et demie.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 181436. 9 février; Moricourt. — Nouveau procédé de métallisation des tissus employés à la confection des vêtements, tels que flanelle, draps, etc.
- 181604. 19 février 1887; Bonnet et Ange-lier. — Machine à dérompre les tissus.
- L’objet du brevet consiste à faire passer les tissus avec pression sur unegrande quantité de billes ou petites sphères en matière dure. Ces billes sont placées dans des logements distincts ménagés sur des supports où elles peuveut tourner librement et par conséquent dans tous les sens. Comme elles saillissent du quart de leur diamètre environ sur les logements qui les retiennent, elles emboutissent le tissu que l’on fait passer sur elles.
- Les billes sont disposées en rangées sur des bandes mobiles seulement dans le sens transversal du tissu. On donne à ces bandes un mouvement de va et vient croisé qui est assez rapide pour que le tissu qui passe avec une grande vitesse sur les billes et le temps de recevoir sur toute sa surface une quantité d’emboutissages suffisante pour en briser l’apprêt
- 181680. 21 février 1887 ; David. — Essoreuse universelle. — Le principe de la machine qui fait l’objet du brevet consiste dans
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- la disposition des écheveaux de textiles quelconques autour d’un axe horizontal animé d’un mouvement de rotation à vitesses variables en même temps que par le centre de l’arbre a lieu une circulation de bain de teinture, d’eau ou autre liquide, d’air chaud, etc. selon les opérations à faire.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle, 43, rue Turbigo, Paris.
- ÉTUDES SUR LES SOIES SAUVAGES
- (Suite et fin)
- De même que les autres vers à soie sauvages, le Theophila Mandarina suspend son cocon aux branches d’arbres avec un cordon ; le Rondotia Menciana opère un peu différemment : son cordon, relié à l’extérieur du cocon, sert en même temps pour replier la feuille où sera déposé son cocon. D’habitude, deux chenilles travaillent ensemble dans la même feuille, quelquefois trois. La feuille forme un manteau protecteur aux cocons de ces deux ou trois chenilles, qui travaillent isolément, tandis que les vers civilisés de nos pays, du Bombyx Mort, travaillant dans les mêmes conditions, s’associeraient pour former des cocons doubles ou triples, c’est-à-dire ayant deux ou trois chrysalides dans la même coque, ce qui en rend le dévidage impossible, par suite du mariage des fils.
- D’après les travaux de M. Dusuzeau, au laboratoire de la Condition des soies de Lyon, la bave du Rondotia Mandarina a un diamètre moyen de 17 millièmes de millimètre; elle est plus régulière que les autres baves, à ce point de vue. Les cocons d’automne ont une bave encore plus fine, 13 millièmes de millimètre comme diamètre.
- La ténacité de cette bave est très faible, vu sa grande finesse. Elle porte à peine 3 grammes. L’élasticité est de 18 à 20 0[0, elle est considérable.
- La grège de cette soie est blond clair.
- PHILOSAMIA WALKERI
- Ce ver à soie sauvage a été trouvé par M. Kopsh sur le camphrier (Cinnamamum camphora), à Ning-Po.
- Envoyé sous le nom de Tchang-chou-tsang, il a été reconnu par M. Moore pour le ver décrit par M. Felder sous le nom en tête de ce paragraphe.
- Il ressemble au Philosamia Cynthia, ou ver de l’ailante très abondant en Chine, principalement dans la province de Chan-toung. De même, il ressemble au Philosamia Ricini, ver sauvage de l’Inde, vivant de diverses feuilles, mais principalement de celles du ricin commun ; il ressemble encore au Philosamia du Japon, se nourrissant des feuilles de l’ailante et du metsughi.
- D’après les travaux de M. Dusuzeau, la larve, dans son plus grand développement, a de 5 à 6 centimètres de longueur.
- Les sujets parvenus, conservés dans l’alcool, étaient blanchâtres ; néanmoins, il y en avaient de verdâtres. Cette couleur doit-être la véritable, et disparaît par la conservation dans l’alcool.
- La peau est hérissée d’aspérités au nombre de 60 et formant des épérons.
- Le crâne est petit, fortifié par une large collerette en forme d’anneau plat.
- Pour construire son cocon, l’insecte tend un faisceau de bave, qu’il attache au pétiole de la feuille et au rameau, pour prévenir la chute de celle-ci, surchargée.
- Le cocon est de couleur rousse, placé au-dessus de la feuille, dont les brins se replient pour le recouvrir aux trois quarts.
- Le cocon est placé verticalement. La partie du cocon protégée par la feuille est plate moins épaisse que celle exposée à l’air ; cette dernière, très rugueuse, est plus riche en grès et bombée.
- Dépouillé de la blaze, le cocon mesure en moyenne 34 millimètres de long sur 14 à 15 de large. Comme les cocons du ver dômes-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tique, il a une coupe ovale, mais dont le grand axe est légèrement courbe.
- M. Dusuzeau a trouvé, pour un cocon vide pesant 0g,350 pour les trois principales couches, c'est-à-dire la blaze ou épicoque, ou couche du dessus ; les couches intérieures ou mésocoque, ou couches du milieu, et, pour la telette, ou endocoque, ou couche interne, les chiffres suivants :
- Blazes, 0g,083 ; intérieur, 0g,175; telette, 0g,092.
- La bave de ce ver, rousse et striée, offre des rayures longitudinales, très fines, courtes et ondulées.
- Si le Philosamia Cynthia, ou ver de l'ai-lante, est assez abondant, il n’en est pas de même du Philosamia Walkeri du camphrier, lui est très rare.
- Les rapports des douanes impériales maritimes l’ont signalé dans les montagnes de Kiang-si, dans la province de Kouang-toung, dans les îles de Formose et d'Haï-Nan, mais rien n’est venu confirmer son identité.
- D’après M. Dusuzeau, on ne prend pas les cocons pour en tirer la soie; on prend les vers arrivés au dernier âge, et l’on en extrait l'organe sérigène, d’où l’on tire la matière soyeuse qu’on transforme en un fil destiné aux engins de pêche ou aux cordes à musique.
- C’est d’ailleurs ce que l’on fait en Europe avec les vers malades ne pouvant monter en bruyère. On fait avec des fils très forts pour les lignes de pêche, connus sous le nom de crins de Florence. Depuis quelque temps, on fabrique également des cordes à musique avec ce fil, en Europe toujours.
- Si la variété de Philosamia Walkeri n’est Pas dévidée, il n'en est pas de même de celles de l’ailante et du ricin, qui sont effilochées, Teduites en étoupe et filées au fuseau.
- Les baves de ces cocons sont d’ailleurs Protégées par un vernis très dur à attaquer Parles réactifs n’attaquant pas la soie elle-même, tels que le carbonate de soude, le sa-von, l’alcool et l’ammoniaque.
- C’est le carbonate de soude bouillant qui donne les meilleurs résultats
- Le crin de Florence est l’objet d’un com-mercé relativement important pour quelques pays séricoles d’Espagne, et représente une valeur annuelle d’environ 100 à 150,000 fr. La production est l’objet de tour de main et tenue assez secrète dans ses détails. En résumé, les vers venus à leur dernière période et reconnus maladifs sont mis quelque temps dans du vinaigre de vin, puis, au bout de ce séjour, des ouvrières habiles les sortent du liquide et débarrassent l’appareil sérigène de son enveloppe, étirent avec précaution le liquide soyeux en un fil de 0m,70 à 1 mètre de long, qui se coagule immédiatement à l’air. Si les vers sont de race blanche, le fil obtenu est blanc, sinon il est jaune ; mais, dans ce dernier cas, le jaune est tout à fait superficiel et se détache par le frottement simple de l’ongle.
- Le crin de Florence a une très grande force de ténacité; un fil ayant 1 millimètre carré de section supporte un poids de 43 kilogr. sans se rompre. Sous ce rapport, le crin de Florence vient immédiatement après les fils métalliques les plus résistants. De plus, sa nature transparente fait que les poissons ne le distinguent pas dans l’eau.
- Pour faire avec des cordes harmoniques blanches, on achève son blanchiment avec l’eau oxygénée, absolument comme pour les plumes d’autruche, les cheveux, etc. Ce sujet a d’ailleurs été traité dans le journal, dans le temps.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.)
- Teinture des soies en couleur. —Le cadre qui sert à débouillir les soies est en bois blanc de 4 à 5 centimètres d’épaisseur, sur 1 mètre de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- hauteur et 60 à 70 centimètres de largeur ; des bandes de forte toile sont clouées tout autour en haut et en bas pour pouvoir y coudre les articles de soie défaits ; deux montants et une traverse faisant fonction de poignée sont vissés à la partie supérieure et dans le milieu du cadre.
- Les soies sont bâties dans le sens de la largeur et le moins serré qu’il est possible ; le cadre contient six ou huit robes, selon leur grandeur ; on plonge le tendeur ainsi monté dans la barque spéciale qui sert à débouillir exclusivement les soies; cette barque est généralement en bois très épais et chauffée au barbotteur ; on l’emplit d’eau, on ajoute 5 kil. de savon blanc en morceaux et une poignée de carbonate de soude ; on laisse bouillir pendant 2 heures au moins, on enlève ensuite le tendeur, on débâtit séparément les articles, on les rince sur deux eaux chaudes et une eau froide, on passe ensuite sur un piquage à à l’acide sulfurique chaud,on rince à nouveau et on étend au séchoir.
- Après cette opération, les articles doivent être propres ; il est rare qu’on se serve de la brosse après le bouillon sur le savon.
- Quelques maisons de teinture font préalablement nettoyer à sec tous les articles de soie à teindre en couleurs ; cette précaution est bien inutile, puisque le savon débarrasse la soie de toutes ses souillures; c’est, à mon avis, de l’argent dépensé en pure perte.
- Les soies étant sèches sont visitées et triées à part pour chacune des couleurs demandées; il va sans dire qu’il faut coudre sur le cadre toutes les robes claires ensemble et les foncées sur un autre cadre à part; sans cela, on s’exposerait à donner aux robes blanches des fonds qui gêneraient si elles étaient destinées à être teintes en couleurs pâles : rose, gris, mauve, etc.
- Les savons qui ont servi à faire la cuite peuvent resservir au moins deux fois ; on renforce le bain avec deux kilogr. de même savon.
- Teinture de la soie en rose, chair, saumon.
- Les articles de soie blanche peuvent seuls se teindre en ces nuances.
- Pour les roses on fait un bain d’eau de 50' environ que l’on pousse ensuite presque jusqu’au bouillon, on ajoute un verre d’acide acétique et du carmin de safranum en quantité suffisante, selon le ton que l’on veut obtenir, et pour éviter les cassures de la soie, on doit être muni d’une barque demi-cylindrique de 1 m. environ de longueur et de 50 cent, de profondeur, garnie de deux montants en fer qui supportent un petit rouleau de cuivre tournant sur ses axes ; de cette façon la robe n’est pas lisée et est maintenue tendue pendant toute l’opération de la teinture ; la robe est engagée par dessus le rouleau et ramenée dans le bain ; le poids seul de la soie fait tourner le rouleau.
- Les étoffes de soie très légères, florence, foulard, petit taffetas peuvent être terminées en une heure, d’autres étoffes plus épaisses demandent beaucoup plus de temps pour unir et trancher; on doit les mener quelquefois pendant 2 ou 3 heures et plus ; sorties du bain de teinture, on fait un avivage léger à l’acide acétique, on laisse égoutter et on étend au séchoir.
- On obtient aussi des roses avec la fus-chine, la safranine, l’éosine, le ponceau, etc. On fait un bain dans lequel on ajoute une certaine quantité de savon blanc fondu, le colorant doit être mis en très petite quantité à la fois ; arrivé au ton, on lave, on rince sur deux eaux et on avive sur bain léger d’acide ace-tique ou sulfurique,
- Pour les nuances chair, on prendra de préférence le carmin de safranine ; si on veut jaunir, on ajoutera au bain ‘soit du jaune naphtol, ou bien de l’acide picrique, ou du jaune bouton d’or, pour obtenir le saumon
- Sont encore employés pour faire les roses, le rose Bengale, la cerise, la grenadine, Ie cramoisi, le caroubier, l’écarlate, etc. Comme on le voit, il n’y a que l’embarras du choix-
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- Tous ces produits réussissent très bien sur soies.
- Teinture des soies en mauve, pensée, héliotrope.
- Toutes ces nuances s’obtiennent avec les violets nouveaux, plus ou moins bleus, plus ou moins rouges. Les principaux sont le violet de méthylaniline, le violet Hoffmann, le violet de Parme. La manipulation est exactement la même que pour les roses.
- Pour les héliotropes, on peut les faire au carmin d’indigo, à l’orseille et un jaune quelconque sur un bain acidulé. On remplaceaussi l’orseille par la cochenille ammoniacale.
- Teinture des soies en gris.
- Les gris se teignent exactement comme les héliotropes en variant les quantités de colorant ; comme rouge, on prend l’orseille, la cochenille ammoniacale, l'orcéine ; comme bleu, le carmin d’indigo, le bleu de Llle, etc,; comme jaune, le jaune naphtol, l’acide picri-que, le curcuma, l’orange, etc.
- Le gris d'aniline est aussi très employé, il monte sur un bain acidulé d’acide acétique.
- Teinture des soies en jaune.
- Les matières colorantes jaunes employées sont les suivantes : acide picrique, jaune napthol, jaune d’or, curcuma, jaune solide, jaune à l’eau et à l’acide, phosphine, chry-soidine, métanil,etc. On obtient ainsi tous les jaunes, jaune paille, bouton d’or, vieil or, etc. Pour les vieils or, on ajoutera rouge et bleu, selon l'échantillon. On opère sur un bain légèrement acidulé.
- Teinture des soies en bleu, bleu pâle, bleu vert mode, etc.
- Les bleus de ciel, bien pâle se font au carmin d’indigo sur un bain acidulé, ou encore au bleu de Nicholson ; si on veut verdir, on ajoutera un peu d’acide picrique dans l'a-vivage. Pour les bleus foncés, on forcera en colorant et on ajoutera bleu marin, bleu de Lille ou bleu de Lyon.
- Teinture des soies en rouge, grenat. Bordeaux, etc.
- Tous ces tons de rouge sont obtenus par la fuschine, la grenadine, prendre de préférence la fuschine diamant cristallisée, le cerise, la fuschine acide, le cramoisi, le caroubier, le grenat, le ponceau, l’écarlate, l’éosine, la sa-franine, l’orcéine, l’orseille, le carmin de sa-franum, le rouge Bengale, le rouge pourpre, etc. On peut ajouter les violets rouge à l’eau ou à l’acide.
- Tous ces produits montent sur un bain légèrement acidulé ; l'article teint doit rester sur un dernier bain acidulé.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- P. S.—Dans le précédent numéro du « Moniteur de la Teinture », j’ai, paraît-il, commis une erreur que je m’empresse de rectifier.
- J’ai attribué à M. Ridel l'invention du peigne à assouplir les soies ; M. Lyon, d’Alger, m’écrit qu’il est l'inventeur du garnisseur sa-tineur ; dont acte. Ce que j’ai voulu dire, c’est que le peigne se vend chez M. Ridel et que c’est lui qui en remet la licence. C’était un simple avis pour les personnes qui voudraient s’en procurer.
- M. Lyon me dit aussi qu’il est l’inventeur de la platine à vapeur depuis 1864 ; je n’ai jamais dit le contraire; ce que je sais, c’est que tous les constructeurs fabriquent des platines de systèmes différents plus ou moins perfectionnés. J’ai cité la maison Pierron et Dehaitre, comme j'aurais cité la maison Legrand, la maison Aubert et tant d’autres.
- Je ferai simplement remarquer à M. Lyon que toutes les inventions sont tôt ou tard modifiées, des améliorations y sont apportées ; tel Montgolfier, qui a trouvé le premier ballon, n’a aucun rapport avec ceux qui sont construits par M. Renard.
- Ainsi est le cas de la nouvelle platine que nous étudierons par la suite, possédant aujourd’hui les prospectus et circulaire qui en font l’objet.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- Rougie. — On prépare le bain de teinture ou rougie de la manière suivante :
- On commence d’abord par faire le bain deux fois consécutives. Pour cela, dans un bain d’eau très claire, on met :
- 2 kilog. d’alun épuré,
- 1 kilog. de tartre blanc,
- 1 kilog. de composition d’étain,
- 300 gr. de cochenille.
- On chauffe le bain jusqu’à ce qu’il frk-miste (1), on l’écume soigneusement, puis on y entre une pièce destinée pour une nuance foncée (cardinal, grenat, prune, etc.). On l’y manœuvre au bouillon pendant 20 ou 30 minutes, puis on l’abat et on l’évente. On garnit à nouveau le bain avec :
- I kilog. d'alun épuré,
- 500 gr. de tartre blanc,
- 500 gr. de composition d’étain,
- 200 gr. de cochenille.
- On met dans ce bain une nouvelle pièce destinée pour grenat ; on l’y manœuvre pendant 30 minutes à un léger bouillon. On l’abat et on l’évente.
- Le bain ainsi prépare étant très propre, et par cela même susceptible de produire des couleurs ayant beaucoup de vivacité, on le garnit définitivement, toujours pour 100 kil. de laine, dans les proportions suivantes :
- I kilog. de tartre blanc,
- 1 kilog. de composition d’étain,
- Cochenille, quantité suffisante pour obtenir la nuance demandée.
- La cochenille doit être préalablement dissoute dans l’eau bouillante, puis tamisée.
- On chauffe le bain, et dès qu’il commence à bouillir, on l’écume aussi bien que possible,
- (1) On dit qu’un bain frbmit lorsqu’il se trouve à une température voisine de l’ébullition, c’est-à-dire lorsqu’il se forme des stries à sa surface et qu’il fait ce bruit particulier que tout le monde a remarqué en faisant bouillir de l’eau dans une casserole.
- puis on y entre les étoffes convenablement mordancées qu’on manœuvre à un doux bouillon pendant 15 ou 20 minutes. On abat, on évente et on lave dans une eau bien claire.
- Rose • la cochenille (No 2).
- Bouillon. — Pour 100 kilog. de laine, on prépare le bouillon avec :
- Eau,
- 15 kilog. d’alun épuré,
- 15 kilog. de composition d’étain.
- On chauffe, on écume le bain, puis on manœuvre les pièces pendant une heure au bouillon, après quoi on les abat, on les évente, on les plie et on les laisse quelques heures sur le mordant.
- Rougie. — Les pièces étant préparées comme nous venons de l’indiquer, on les entre dans un bain bien fait, composé, pour 100 kilog. de laine, de :
- Eau,
- 1 kilog. 500 de tartre blanc pulvérisé,
- 12 kilog. de composition d’étain.
- Cochenille, quantité nécessaire à la nùance demandée.
- On chauffe ce bain, on l’écume et on y met les étoffes qu’on manœuvre à un léger bouillon pendant 30 à 40 minutes. On abat et on traite comme à l'ordinaire
- Cerise a la cochenille (No 3).
- Bouillon. —On mordance la laine de la manière suivante :
- Pour 100 kilog. de laine, on met dans un baquet convenablement rempli d’eau :
- 8 kilog. de tartre blanc.
- Il est préférable de réduire le tartre en poudre fine afin qu’il se dissolve plus facilement:
- On élève la température du bain jusqua l’ébullition, et lorsque le tartre est dissous, on y ajoute par parties :
- 10 kilog. de composition d’étain.
- On donne un tour de bouillon et on arrête le chauffage. On écume bien le bain, puis on y entre les pièces parfaitement dégorgées
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- qu’on y manœuvre au bouillon pendant une heure et demie. Ensuite on les abat et on les évente.
- Rougie. — Dans un bain bien fait, auquel on ajoute une quantité d’eau proportionnelle au poids des étoffes, on y met :
- 1 kilog. 500 de tartre blanc pulvérisé, puis on chauffe.
- Quand le bain commence à frémir, on garnit avec la quantité de cochenille nécessaire pour la nuance demandée (cette cochenille réduite en poudre fine, bien entendu) et on paille (1) fortement. On fait bouillir pendant quelques minutes, on cesse de chauffer, puis on verse, petit à petit :
- 1 kilog. de composition d’étain.
- On paille de nouveau, on écume s’il y a lieu, après quoi on entre les pièces préparées comme nous venons de le dire.
- On chauffe au petit bouillon et on les manœuvre à cette température pendant une heure environ. On les abat, on les évente au large et on les lave avec beaucoup de soin.
- On donne de la vivacité aux Roses et aux Cerises à la cochenille en ajoutant aux bains de la composition d’étain, et on ternit les nuances avec le carmin d’indigo.
- En garnissant le bain de teinture du Rose no 1 avec 2 kilog de cochenille en poudre, on obtiendra une couleur rose pâle de nuance rougeâtre.
- Le Rose no 2 produira avec 6 kilog. de cochenille également en poudre une franche couleur rose très vive.
- Le Cerise no 3 donnera avec 4 kilog. de cochenille une couleur rose foncée.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- Reproduction interdite.} (A suivre.}
- . (I) Pailler, c’est remuer le bain avec un 0ng ringard en bois de sapin terminé par un petit plateau également en bois.
- PROCÉDÉS EMPLOYÉS
- Pour la TEINTURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- CARDÉE ET EN PIÈCES
- Par un TEINTURIER
- (Suite et fin.)
- Rouge
- Pour 10 kil.
- 0 kil. 375 ponceau 2 R (Meister).
- 0 kil. 750 tartre.
- 0 kil. 375 sel d’étain.
- Ecarlate
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 0 kil. 125 flavine.
- 3 kil. 000 alun
- 1 kil. 000 tartre.
- 0 kil. 375 sel d’étain.
- Rabat : 1 kil. cochenille.
- 0 kil. 250 tartre.
- Rouge
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 2 kil. 500 alun.
- 1 kii tartre.
- 1 kil. sel d’étain.
- Rabat : 1 kil. 500 cochienillle.
- Grenat
- Bouillon 2 heures. Pour 10 kil.
- 2 kil. 500 alun.
- 1 kil. tartre.
- Rabat : 4 kil. cochenille.
- 0 kil. 125 Bordeaux B.
- 0 kil. 250 extrait de bois jaune.
- Mais Du coup. Pour 10 kil. 0 kil. 0025 fiavine.
- 1 kil. alun.
- 0 kil. 125 sel d’étain.
- 0 kil. 250 gaude.
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- 0o ce
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Acajou
- Bouillon d’olive. Pour 10 kil.
- 2 kil. 000 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 3125 alizarine.
- 0 kil. 050 sulfate de fer.
- Jaune
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 2 kil. 000 alun.
- 0 kil. 750 tartre.
- Rabat : 0 kil. 250 gaude.
- 0 kil. 0125 garance.
- La gaude, coupée en petits morceaux, est mise dans un sac qu’on laisse couler au fond du baquet.
- Grenat
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 2 kil. 500 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- Rabat avec : 1 kil. 800 bois jaune moulu.
- 3 kil. 500 cochenille.
- 0 kil. 130 campêche moulu.
- Rouge
- Du coup. Pour 10 kil.
- 0 kil. 225 ponceau 2 R (Meister).
- 0 kil. 125 extrait de bois jaune.
- 0 kil. 250 acide sulfurique.
- Grenat
- Bouillon de 2 heures. Pour 10 kil.
- 2 kil. 500 alun.
- 1 kil. 000 tartre.
- Rabat : 2 kil. bois jaune moulu.
- 4 kil. cochenille.
- 0 kil. 250 campêche moulu.
- OBSERVATIONS
- Rouge. - Lorsqu’on manque de jaune, on ajoute du tartre et si cela ne suffit pas, on ajoute de l’extrait de bois jaune si l’on est trop vif, on ajoute de la soude Solvay qui fait virer le rouge au bleu.
- Olive. — Quand la passe est trop foncée, on ajoute de l’acide oxalique en soutenant le
- rouge qui tombe toujours; — on le soutient avec du caillatour.
- Gris-vert. — Quand un gris-vert est trop jaune on repasse un ou deux paniers sur la cuve ; le panier est de 20 kil. 00 de rubans.
- Noir
- Ire Passe. Rabat. — Pour 10 kil. laine, mettre 1 sac 1[2 de campêche, soit 12 kil. de bois par chaudière.
- Laisser cuire 1 heure, entrer, donner 2 tours et laisser cuire 1[4 d’heure.
- 2e Passe. — On diminue de 1[4 à 1[2 sac; il reste alors environ 9 kil. de bois.
- 3e Passe. — Se fait comme la 2e en diminuant encore un peu.
- 4e Passe. — On ne met plus alors que 6 à 7 kil. de bois et on laisse toujours cuire le même laps de temps.
- (Reproduction interdite.)
- NOUVEAU MODE DE MORDANÇAGE des FIBRES VEGETALES
- EN OXYDE DE CHROME
- de M. Max Becke, chimiste à Ebergasssing (Autriche).
- Raoport de M. H. Grosheintz, à la Société
- Industrielle de Mulhouse.
- Messieurs,
- Je viens vous rendre compte du travail de M. Becke sur un nouveau mode de mordançage des fibres végétales en oxyde de chrome, dont le comité de chimie m’a fait l'honneur de me charger dans sa séance du 9 mars dernier.
- Se basant sur les deux observations suivantes :
- l0 Présence d’une certaine quantité d’oxyde de chrome dans les produits de l’incinération d’un échantillon de noir d’aniline, où l’acide chromique a été l’agent oxydant ;
- 2o Le remontage des noirs d’aniline en hé-matéine pour augmenter leur éclat.
- L’auteur a cherché à obtenir un gris d'anl
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- ta
- line très chargé en oxyde de chrome, pouvant servir de mordant pour teintures en alizarine, nitroalizarine, bleu d’alizarine, céruléine, etc.
- Le gris d’aniline de M. Becke s’obtient en montant un bain de teinture avec des proportions bien définies de chlorure d’aniline, bichromate de potasse et d’acide sulfurique ou chlorhydrique. La quantité d’eau employée a une très grande importance. L’auteur a consacré de nombreux essais au dosage de ces éléments de teinture en les rapportant tous au poids du tissu ou des fibres mis en œuvre. Nous ne mentionnerons pas ici tous ces essais ; on en trouvera la condensation un peu plus loin, dans le procédé de teinture. Il y a pourtant quelques essais qui ne peuvent se passer sous silence.
- 16 grammes de coton en écheveaux, dépouillés des matières étrangères par un simple débouillissage, ont été introduits dans un bain de teinture monté avec : 300 grammes eau, Ogr. 2 sel d’aniline, Igr. 2 bichromate de potasse et 0 gr. 4 acide sulfurique, quantité d’acide saturant exactement 1 gr. 2 de bichro--mate de potasse. Cette teinture a fourni un gris moyen qui, remonté en alizarine. a fourni un grenat. Ce grenat a été examiné au double point de vue de sa solidité au savon, qui est suffisante, et de sa teneur en oxyde de chrome, que l’on a dosé par calcination.
- L’auteur fait remarquer que dans tous ses essais il a choisi l’alizarine de préférence aux autres matières colorantes, comme étant celle qui exige le plus de mordant de chrome pour donner une nuance nourrie.
- Voici l’aperçu des principaux essais :
- 1° Fixation du poids de l’eau à employer, Qui doit être de vingt fois environ le poids de la fibre ou du tissu.
- 2° Rapport entre le bichromate de potasse et l’acide destiné à mettre l’acide chromique en liberté. — Il faut que le poids de l’acide soit calculé de façon à saturer exactement la Potasse du bichromate ; un excès d’acide, sur-tout chlorhydrique, redissout l'oxyde de chrome au fur et à mesure de sa formation.
- 3o Du choix de l’acide. — En employant toujours une quantité d’acide, saturant exactement la potasse du bichromate, l’auteur a tiouvé qu’avec :
- L'acide sulfurique on obtenait un gris-bleu.
- L’acide chlorhydrique on obtenait un gris-jaune
- L’acide oxalique on obtenait un mode’
- L’acide acétique on obtenait un gris très clair.
- Il a, de plus, été reconnu que l’emploi de l’acide chlorhydrique permettait une fixation d’oxyde de chrome bien supérieure à celle de l’acide sulfurique, 50 0[0 environ de plus. Quant aux acides oxalique et acétique, l’oxyde de chrome qu’ils laissent à la fibre est très peu abondant ; aussi l’auteur conclut-il qu’il faut rejeter l’emploi des acides organiques.
- Dans tous ces essais, l’oxyde de chrome a été dosé dans les échantillons après teinture en gris.
- Un autre point très important sur le choix de l’acide est la teinture subséquente du gris. Ainsi,pour un remontage en alizarine, le gris-jaune fourni par l’emploi de l’acide chlorhydrique est de beaucoup préférable au gris-bleu fourni par l’acide sulfurique, qui convient au contraire parfaitement aux remontages en céruléine et bleu d’alizarine.
- 40 De la quantité de chlorurs d’aniline. — Ce dosage a donné lieu à de nombreux essais ; la quantité qui a été trouvée la meilleure correspond à 2 gr. par litre d’eau.
- 5° Manière de conduire la teintnre. — On trouvera cette description dans le procédé.
- G0 Enfin l’auteur recommande l'emploi de fibres sulfoéléatées comme donnant plus d’éclat à la nuance et plus de solidité au savonnage.
- Procédé de teinture. — Pour 10 kilos de coton ou de fibres végétales quelconques :
- 200 lit. eau.
- 200 gr. chlorure d’aniline.
- 1,600 — bichromate de potasse.
- 400 — acide chlorhydrique ou la quantité
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- correspondante d’acide sulfurique, suivant la teinture subséquente, comme on l’a dit plus haut.
- On fait marcher pendant une heure à froid, puis on chauffe de façon à atteindre le bouillon au bout de la deuxième heure, et on se maintient pendant une demi-heure à cette température. Puis on sort de teinture, on rince à fond. Le gris ainsi obtenu, qui est prêt à être remonté, est à son maximum d’intensité ; l’augmentation des drogues ne paraît pas agir en le fonçant.
- L’auteur recommande son procédé pour la simplicité des appareils qu’il exige, ainsi que par les bons résultats qu’il a obtenus dans l’usine de MM. Ph. Haas et fils à Ebergas-sing, près Vienne (Autriche).
- M. Becke se réserve de poursuivre ses recherches dans cette voie sur les autres amines aromatiques.
- L’auteur a joint à son mémoire un certain nombre d’échantillons teints en toutes nuances, d’après la méthode qui vient d’être décrite.
- NOTE DU RAPPORTEUR
- J’ai expérimenté en grand le procédé de M. Becke en teignant des pièces, et j’ai constaté qu’il se fixait beaucoup d’oxyde de chrome, à en juger par l’intensité du puce qu’a donné le remontage en alizarine. Mais quant au gris qui sert de base, il me semble que la conformité doit être difficile à obtenir. Deux teintures exécutées à deux jours d’intervalle m’ont donné d’assez grandes différences de gris. Les drogues ayant été bien exactement pesées, il faut admettre que la vapeur ayant servi à chauffer le bain de teinture aura amené des quantités d’eau différentes dans les deux teintures. J’ai du reste constaté, dans des essais de laboratoire, que, comme l’a indiqué l'auteur, l’eau joue un rôle très important. Un échantillon de gris a été soumis à l’action de l’acide sulfureux sans subir aucune altération.
- Je donne du reste cette note sous toutes ré
- serves ; elle est plutôt un extrait du grand travail de M.Becke qu’un rapport proprement dit. L’auteur traite de la teinture en éche-veaux, tandis que j’ai répété les essais en grand sur des pièces, n’étant pas organisé pour la teinture en écheveaux. Quoiqu’il en soit, le travail de M. Becke présente beaucoup d’intérêt et de nouveauté, et je prie le comité de chimie de demander l’impression du présent rapport.
- H. G.
- PURIFICATION DE L'ANTHRACENE
- BRUT
- Chemische Fabrik Actiengesellchaft, à Hambourg.
- Objet du brevet :
- Purification de l’anthracène brut par redissolution dans des bases des séries de la pyridine, de l’aniline ou de la quinoléine, ou dans des mélanges de ces bases avec des benzols ou d’autres hydrocarbures analogues ; la solution, préparée à chaud, laisse déposer par le refroidissement de l’anthracène assez pur, tandis que les composés qui l’accompagnent dans le produit brut, le carbazol notamment, restent en dissolution.
- Description :
- Les auteurs du brevet ont constaté que l’anthracène est notablement moins soluble dans les alcaloïdes ou mélanges d’alcaloïdes et d’hydrocarbures indiqués dans l’objet du brevet que les impuretés qui l’accompagnent d’ordinaire, le carbazol en particulier, dont il est si difficile de le débarrasser. Cette observation leur permet d’obtenir, par simple dissolution à chaud et cristallisation, un anthracène très riche, exempt surtout, ce qui est important, de carbazol et de ses homologues.
- On peut se servir des bases du goudron, bases pyridiques extraites des benzols lé-gers au moyen des procédés indiqués dans les brevets D. R. P., nos 34947 et 36372. Dans une marmite à agitateur chauffée ex-
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- térieurement dans un bain de vapeur ou d’eau salée, on introduit 1 partie d’anthra-cene brut et 1 1[2 à 2 parties de solvant. On chauffe, en agitant, jusqu’à parfaite dissolution.
- Après refroidissement, on sépare mécaniquement l’anthracène cristallisé d’avec les liqueurs mères chargées de produits étrangers.
- On opère exactement de même avec les bases des séries de l’aniline et de la quinoléine, qui bouillent à des températures plus élevées. Il est avantageux, dans ce cas, de mélanger les alcaloïdes avec partie égale de benzol léger. (Brevet C., no 2258.)
- A LAINER
- Rapport de M. Édouard Simon à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale (séance du 11 novembre 1887).
- M. Édouard Simon a fait, au nom du Comité des arts mécaniques, un rapport sur la machine à lainer, à chardons métalliques et à énergie variable, de MM. Grosselin père et fils, constructeurs mécaniciens, à Sedan (Ardennes). En voici le texte :
- L’apprêt connu sous le nom de lainage consiste à recouvrir les entrelacements, réalisés par le tissage, d’une couche duveteuse, empruntée aux fils mêmes et surtout à la trame qui est moins tordue que la chaîne. Ce garnissage, effectué tantôt à l’envers, tantôt a l’envers et à l’endroit, n’a pas seulement P°ur but d’améliorer l’aspect du tissu, mais de rendre l’étoffe moins perméable, d’en accroître l’épaisseur sans augmentation du Poids. M. le rapporteur, après avoir cité les diverses machines à lainer, décrit celle de MM, Grosselin père et fils, qui réalise un Progrès notable. Les efforts des constructeurs ont comblé une importante lacune, la preuve en est dans le nombre des machines vendues en France et à l’étranger, d’après un état fourni par MM. Grosselin ; 292 laineuses pour
- cotonnades et pour draperies fonctionnent actuellement dans les principaux centres industriels d’Europe et aux Etats-Unis ; de nombreuses commandes destinées à l’Angleterre, à l’Allemagne, à l’Autriche et à la Russie sont en cours d’exécution.
- Le Comité propose de remercier MM. Grosselin père et fils de leur intéressante communication et d’ordonner l'insertion du présent rapport au Bulletin avec les dessins nécessaires et une légende explicative.
- Ces conclusions, mises aux voix, sont adoptées.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- Arcueil. — Reynaud, teinturier, porte d’Orléans. — J.-c. : M. Lavoisier. — S. : M. Des-trez. — Jug. du 4 novembre.
- Paris.- - Binet(Eugène) teinturier en plumes, rue d’Alésia 56. — J.-c. : M.Treignier. —• S. : M. Barboux. — Jug. du 15 novembre.
- RAPPORTS DE FAILLITES
- Lyon. — Louis et Noël Bernier, teinturiers, rue de Bonnel, 53, sous la raison N. Bernier et fils, déclarés en faillite par jugement du 28 juillet 1887. — S. : M. Rolland. — Ce jugement a été déclaré nul et non avenu par jugement du 27 octobre 1887.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Paris. — Letouppe frères, teinturiars-ap-prêteurs, La Briche. — S. : M. Destrez. — 12 fr. 33.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Le Havre. — Formation de la Société en nom collectif F. Sapieha, fab. d’extraits de bois de teinture. — Durée : 5 ans, à partir du 1er février 1888.— Capital évalué à 50,000 fr. — Acte du 16 octobre.
- Cherbourg. — Formation de la Société en
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- nom collectif Masson et fils, teinturiers. — Durée : 6 ans. — Acte du 20 octobre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. -- Dissolution, à partir du 19 octobre, de la Société Michaud et Valicon, teinturiers, rue de Bonnel, 53. M. Valicon, cessionnaire de son co-associé, continue seul. — — Acte du même jour.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Saint-Etienne. — Prorogation pour six am; à partir du 1er juillet 1887, de la Société en nom collectif Chambeyron et Chavanne, teinture de la soie en toutes couleurs. —Cap. : 100,000 fr. -- Acte du 18 octobre.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Dubreuille a vendu à M. X..., rue de Strasbourg, 8, chez M. Henri, 8 novembre, un fonds de teinturerie, bd de Magenta, 32.
- Mme veuve Ch. Hansquine a vendu à Mme veuve (Grég.) Hansquine, Grande-Rue, 100, Créteil, 15 octobre, un fonds d’apprêteur-dé-catisseur, rue de Valois, 12.
- M. Forel a vendu à M. X..., rue Haute-ville, 22, chez M. Loizet, 1er novembre, un fonds de teinturerie, rue Vignon, 30.
- M. Donat a vendu à Mme Couillaux, rue de Strasbourg, 8, chez M. Henri, 12 novembre, un fonds de teinturerie, rue de Mau-beuge, 16.
- BIBLIOGRAPHIE
- Méthode pratique pour le montage et le réglage de la carde à laine peignée, par M. Alevandre GUÉNET.
- Cette méthode a au moins l’avantage d’être l’œuvre d’un praticien. Elle a été vécue, s’il est permis de s’exprimer ainsi; son auteur, contremaître de cardes à Sains-du-Nord, a fait lui-même, de ses mains, tout ce qu’il conseille aux jeunes contre-maîtres. C’est le résultat de son
- expérience qu’il leur offre. Il a passé par toutes les difficultés : il les a vaincues ou tournées et c'est pour épargner à ses collègues tous les tâtonnements auxquels il s’est livré, qu’il a écrit son ouvrage.
- C’est une œuvre consciencieuse, bien étudiée, très claire, où l’auteur a mis, avec une pointe permise d’amour-propre, « toute sa science ».
- Il tient à être compris et ne craint pas de se répéter à certains endroits, préférant une redite à une omission ou à une obscurité.
- Les principaux chapitres concernent le cylindrage, l’aiguisage, le réglage, les garnitures, les défauts des rubans, les défectuosités de la carde, des alimentaires et du volant, la vitesse des cylindres, le roule-ta-bosse, etc., et seront utiles à d’autres personnes qu’aux contre maîtres de cardes. Enfin la minutieuse nomenclature des soins à apporter dans la conduite de cette délicate machine qu’on appelle la carde complète l’ouvrage que nous prenons plaisir de recommander, parce qu’il faut toujours encourager les tentatives de ces braves travailleurs qui ne se contentent pas de faire ce qu’ont fait leurs devanciers, mais veulent raisonner et juger les choses, chercher le mieux, perfectionner sans cesse et dont les efforts réunis font prospérer l'industrie en la maintenant à un niveau que l’étranger n’a pas encore atteint.
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- S’adresser au bureau du journal, K.X.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 31e Année, IV 24. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Décembre 4887
- SOM MAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- DES EAUX ET DES SAVONS.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- CORRESPONDANCE.
- L’INDUSTRIE DES APPRÊTS.
- FABRICATION D’UNE MATIÈRE COLORANTE.
- DU BLEU DE RÉSORCINE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- NOIR, Pe, c z co
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- MACHINE A FOULER Par M. Huguenin.
- La fouleuse décrite par M. Huguenin est étudiée pour fournir une grande production et pour éviter les « cassures ».
- A la partie antérieure, deux rouleaux d’ap-pel munis de cannelures héliçoïdales de direction contraire,empêchent l’étoffe de former des plis permanents ; au-dessus, un contre-rouleau, également cannelé, vient appuyer sur le tissu, dans l’intervalle des deux autres et s’oppose aux cassures. A la suite et immédiatement avant les cylindres fouleurs, l’étoffe s’engage dans autant de guides qu’il doit être foulé de « brins » simultanément.
- La spécification suppose quatre brins et en arrière des guides correspondants, les cylindres présentent quatre creusures circulaires. De même à la sortie, les brins sont compri-més, retenus, foulés, en un mot, par quatre «sabots », articulés vis-à-vis des cannelures cylindriques.
- Comme on le voit, l’action est quadruplée. Aussi l’inventeur n'a-t-il pas manqué de mu-nir la machine d’un appareil de débrayage,
- qui détermine l’arrêt de la fouleuse, lorsque l’un des brins vient à se nouer.
- Ajoutons que cette fouleuse est munie d’un métreur automatique et qu’elle peut travailler à sec pour l’épaillage des tissus.
- « BARQUE » DE TEINTURE Par M Sadot.
- Cette « barque » est de forme elliptique et construite pour produire autant que dix barques ordinaires, attendu que les bains de teinture et les lavages se succèdent sans transvasement des écheveaux, sans arrêt des mouvements mécaniques.
- Deux rangées de chaînes Vaucanson, disposées sur les grands côtés de l’ellipse, entraînent les baguettes, qui portent les écheveaux à travers le liquide. Lorsque la teinture est terminée, il suffit d’ouvrir une soupape de vidange pour extraire le liquide colorant, les écheveaux continuant à cheminer et à tourner à l’intérieur de l’appareil pendant une quinzaine” de minutes. L’ouvrier ouvre alors le robinet d’eau et le rinçage, la vidange, l'essorage s’effectuent comme pour la teinture,sans interrompre le fonctionnement de la machine.
- On peut ensuite introduire un second bain tinctorial et procéder comme avec le précédent.
- L'agitation des dissolutions colorantes, aux deux bouts de la barque elliptique, a pour résultat d’empêcher le dépôt des maiières tinc-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- toriales et, par suite, de mieux utiliser ces matières.
- IMITATION DES TISSUS PIQUES-OUATÉS Par M. Renard.
- M. Renard place une nappe de ouate sur la table de l’appareil, le côté collé en dessous et engage le bout de la nappe à travers une sorte de bassine rectangulaire, fixée à la table. Lorsque la nappe de coton recouvre complément le fond de la bassine, l’ouvrier fait descendre (au moyen d’un volant agissant sur deux crémaillères verticales) une planche horizontale, garnie de petites plaques; les dernières correspondent aux parties ouatées devant former reliefs, tandis que les intervalles réservent les lignes figurant la piqûre. On verse dans la bassine une colle bien liquide, additionnée de glycérine et d’eau. L’ouvrier fait ensuite descendre une seconde plaque en planche, garnie de reliefs ou nervures, qui pénètrent dans les intervalles ménagés entre les petites plaques du premier plateau. Un arbre à excentriques permet de faire monter et descendre alternativement la planche à nervures et, à chaque descente, ces nervures impriment la colle dans la ouate, de façon à fixer solidement les empreintes. Lorsqu’une première tablée a été apprêtée, comme il vient d’être dit, l’opérateur relève les deux planches et fait avancer la nappe de ouate, d’une nouvelle longueur équivalente à la largeur de l’appareil. i
- SÉCHAGE DES MATIÈRES FILAMENTEUSES Par M. Parsy.
- M. Parsy vise spécialement, dans son brevet, le séchage du lin et des textiles analo-gues ; il importe, en effet, de prendre des précautions particulières pour éviter de rendre la , fibre cassante au teillage et de recourir préa- | lablement à un long repos des tiges rouies.
- Le procédé consiste à placer le lin, à la sor- . tie du routoir, dans une série de chambres, i reliées entre elles à la façon des épurateurs | pour le gaz d’éclairage et à faire traverser ces |
- chambres par un courant d’air puisé dans une capacité « ad hoc » à la température de 15 degrés centigrades. Ce courant établi, soit au moyen d’une cheminée d’appel, soit par l’intermédiaire d’un ventilateur, ou autre appareil soufflant, arrive, tout d’abord, sur le lin le plus sec, puis est chauffé progressivement au fur et à mesure qu’il rencontre des tiges plus chargées d’humidité.
- M. Parsy décrit deux systèmes d’installation : Dans le premier, dix chambres sont disposées suivant deux rangées parallèles; entre les rangées, un couloir longitudinal fermé est muni, à la partie inférieure, de soupapes de direction. Contre chaque chambre, un couloir transversal sert également à la circulation de l’air. Une cheminée d’appel est établie à l’un des bouts du couloir longitudinal. Des couvercles amovibles, avec joints au sable, permettent de clore hermétiquement, puis d’ouvrir facilement les chambres, soit pendant le séchage, soit pour l’extraction et le chargement des tiges, qui sont étendues sur des claies horizontales, superposées. Dans le bas de chaque chambre, des tuyaux d’air chaud, d’eau chaude, ou de vapeur, élèvent la température du courant d’air, qui passe successivement d’une chambre à l’autre. Lorsque le chargement d’une chambre est suffisamment sec, une simple manœuvre de robinets et de soupapes permet d’isoler rapidement cette capacité, puis la manœuvre inverse, après vidange et chargement, replace la même chambre au début de la série.
- Avec le second système, le lin est étendu sur des étagères, que porte une plate-forme circulaire, montée sur roues. Le tout est logé dans une vaste chambre annulaire, munie d’une ouverture latérale pour le chargement et l’extraction des lins. Un ou plusieurs réchauffeurs se trouvent répartis autour de l’étuve. Enfin, comme dans le-premier dispositif, une chambre spéciale sert à porter l'air ambiant à 15 degrés, si la température extérieure est inférieure ou au contraire, à ramener cet air au même degré thermométrique;
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- si la température hors de l’appareil est plus élevée.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 181750. 22 février 1887; SociétéCh. Vignet, ses fils et Cie. — Nouveau procédé permettant de réserver tous tissus formant bandes dites Pékin dans l'operation de la moire antique.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet, consiste à se servir d’un rouleau à réserves sur lequel on enroule dans le sens de la chaîne simultanément l’étoffe et une toile et que l’on passe ensuite sur une calandre.
- 181763. 23 février 1887 ; Société Pierron et F. Dehaitre.— Perfectionnements dans les machines à apprêter les tissus de tous genres.
- 181827. 25 février 1887 ; Compagnie Pari -sienne des couleurs d’aniline. — Procédé de production d’un bleu de méthylène spécialement applicable à l’impression des tissus.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à précipiter du zinc de la solution du sel double de bleu de méthylène chlorozincique au moyen d’agents de préci pitation convenables tels que les alcalis, les carbonates alcalins ou les composés basiques similaires, les sulfites, les oxalates et phosphates alcalins, etc., et dans l’extraction de la matière colorante de la liqueur filtrée séparée du précipité par une addition de sel commun par cristallisation ou par évaporation.
- 181931. 7 mars 1887; Société Ewer etPick. — Nouvelles matières colorantes obtenues des homologues de la benzidine et nouveau procédé de fabriquer ces homologues et de ceux-C1 les substances azo conjuguées.
- 181959. 7 mars 1887; Leclère Damuzeau Père et fils, Vautrin et Coreticlin — Nou-velle laineuse ou garnisseuse de tissus. — La machine ou plutôt le système de tambour qui fait l’objet du brevet, repose sur le principe de remplacer par un seul numéro de char-don métallique droit ou croche auquel on
- donne graduellement et mécaniquement le degré d’intensité voulue, les différents numéros de fils de carde ou les différentes forces de chardons que l’on emploie pour le garnissage des tissus. Ce système permet de faire monter ou descendre en marche à l’aide d’un seul mouvement toutes les plaques mobiles mobiles du tambour garnisseur: en opérant ainsi en marche, la graduation du chardon et lui donnant sur le tissu le degré d’intensité nécessaire à un bon garnissage.
- 181967. 4 mars 1887 ; Grawitz. — Préparation du coton et de la laine pour la teinture avant la filature.
- L’invention consiste à prendre un cylindre creux dont la surface est formée d’un treillis métallique et à enrouleur autour de ce cylindre, soit le coton en nappes de battage, soit le coton en rubans de carde ou de peignage, soit la laine en rubans. On maintient ces matières par un deuxième cylindre concentrique au premier, ayant la surface également à jour. L’appareil est complété par une grosse bobine calée sur an arbre horizontal placé au-dessus d’une barque de teinture et sur laquelle on enroule la matière pour procéder ensuite à toutes les opérations du débouillage, du mordançage de la teinture ou de l’avivage et du savonnage des matières textiles, en animant cette bobine d’un mouvement de rotation autour de cet axe horizontal.
- 182032. 7 mars 1887 ; Jagenburg. — Procédés et appareils à mordancer et à teindre le coton brut.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à imprégner du coton brut avec les liquides convenables pour mordancer et teindre en évitant de faire bouillir et en opérant à froid ou a une température basse dans un appareil de vide approprié, comprenant une chaudière mobile sur axes, fermée par un couvercle mobile à dôme muni d’une soupape et d'un flotteur et présentant des distributeurs inferieurs perforés dans lesquels entre le liquide à mordancer et à teindre qui vient aboutir au fond de la chaudière.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 182063. 8 mars 1887 ; Société à Léon hardi et Cie.—Procédé de production de matières colorantes bon teint par chloruration, bromuration, nitratation et alkylation de certaines matières colorantes, etc.
- 182092. 10mars 1887 ; Hanson.— Laineuse rotative en fil à cardes.
- Cette invention se réfère au genre de laineuses dont on se sert pour laisser le poil sur le drap.
- Elle a pour objet d’assujettir les petits cylindres laineurs solidement sur l’arbre principal ou arbre moteur et d’imprimer à ces cylindres avec le moins d’engrenages possible, un mouvement rotatif renversé indépendant, accompagné du moins de friction possible, en diminuant ainsi l’usure et tout en étant proportionnellement moins susceptibles de se casser.
- L'invention consiste en une série de petits cylindres lamineurs, pourvus d’un mouvement indépendant et reliés à un arbre moteur central qui leur transmet la force motrice et autour duquel ils évoluent.
- 182110. 24 février 1887; Binan. - Appareil à teindre la laine en bobines, fils en paquets et étoffes en pièces par pression de vapeur et s’appliquant à toute autre industrie.
- 182203. 15 mars 1887 ; Société dite : « The Fabric Measuring and Pachaging Company». — Perfectionnements aux machines à mesu-rer, à marquer, plier et emballer du papier, du drap, qu des tissus ou matières de même nature.
- 182211. 15 mars 188 ; Société Kern et Sandoz. — Fabrication des acides sulfoconju-gués, nitrosulfoconjugués, des monanimes tertiaires mixtes et leur application à la production de matières colorantes nouvelles.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle^
- 43, RUE TURBIGO, Paris.
- DES EAUX ET DES SAVONS AU POINT DE VUE INDUSTRIEL
- M. l’abbé H. Vassart, l’habile professeur de teinture à l’Ecole nationale des arts industriels de Roubaix, vient de publier une étude fort intéressante sur cette importante question.
- L’auteur, après avoir indiqué tout d’abord le mode de détermination de la valeur industrielle des eaux, passe en revue les divers procédés susceptibles de les corriger suivant leur nature, soit pour l’alimentation des générateurs de vapeur, soit dans les ateliers de peignage, de teinture et d’apprêts.
- Dans le premier cas, M. l’abbé H. Vassart discute les moyens d’épuration basés sur des appareils de filtration puis ceux qui sont fondés sur des principes physiques et chimiques.
- « Chacun sait, écrit-il, combien les incrustations sont nuisibles et mêmes dangereuses : nuisibles, parce qu’elles augmentent notablement la consommation du combustible à cause de leur faible conductibilité pour la chaleur; parce qu’elles obligent à forcer le feu et exposent la tôle portée au rouge aux effet d’oxydation et de sufuration qui la rongent intérieurement ; dangereuses, parce que la tôle étant brûlée, une rupture peut se produire, parce que la tôle portée au rouge n’offre plus la résistance suffisante pour la pression de la vapeur; parce que les incrustatations venant à se fendiller, et l’eau arrivant au contact des parois rouges de la chaudière,il se forme souvent une quantité de vapeur hors de toute proportion avec les orifices d’échappement. »
- L’auteur est très partisan de faire subir à l’eau une correction chimique, en dehors de la chaudière, avant l'alimentation, correction qui doit s’effectuer à l’aide de chaux caustique à l’état de lait, ou plutôt à l’état d’eau de chaux, si l’eau ne renferme que du bicarbonate ; mais il ajoute :
- « Si l’eau contient du sulfate de chaux, l'eau 4e chax, qui est sans action sur Je sulfate.
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- le laissera tel qu’il est,dans l’eau débarrassée du bicarbonate ; et c’est pourquoi il est nécessaire pour corriger l’eau par rapport au sulfate de chaux, cause des incructations les plus nuisibles, d’ajouter à la chaux de la soude caustique qui pourra, dans l’eau, devenir soude carbonatée. Alors il se formera du carbonate neutre de chaux qui se déposera et du sulfate de soude qui restera dans l’eau. »
- On voit que cette méthode de correction, simple et excessivement peu coûteuse, est des plus logiques, puisqu’elle porte en même temps sur les bicarbonates, sulfates; comme sur les chlorures de calcium et de magnésium. L’essentiel consiste ensuite à éliminer les composés insolubles obtenus, et cela par décantation ou bien par filtrage.
- Quant à l’eau que l’on se propose d’affecter au peignage (désuintage, dégraissage et lissage), ainsi qu’aux opérations de teinture et d’apprêts, il est de la plus haute importance de la traiter de la même façon que celle dont on voudrai se servir pour l’alimentation des générateurs de vapeur, car M. l’abbé H. Vas-sart démontre que si l’on voulait opérer le désuintage des laines avec une eau chargée en sels de chaux, les matières grasses formeraient avec le calcium de cette eau des composés insolubles qui rendraient ce travail très difficultueux. et lors du dégraissage et du lissage on pourrait perdre 1 kil. de savon à peu près par chaque dix degrés hydroti-métriques et par mètre cube d’eau employée.
- Relativement à la teinture et aux apprêts, la correction s’impose aussi d’une manière absolue, comme le fait remarquer l’auteur, surtout pour les dissolutions de savon destinées au décreusage de la soie, au mordançage du coton, aux teintures en cochenille et en nuances artificielles, etc., etc.
- Enfin, il démontre l’inconvénient de mau-vaises teintures, ternes et brunies, de même que l’impossibilité de dégorger la fibre du sa-von par les rinçages,
- Examinant ensuite la question des savons
- industriels, il insiste, avec juste raison, sur la nécessité absolue qu’il y a pour les consommateurs, à s’enquérir avec un soin minutieux de la pureté de ces produits, qui ne doivent contenir en excès ni corps gras, ni alcali.
- Dans lie premier cas, les corps gras libres tachent les fibres, dans le second, l’alcali libre amène une détérioration certaine.
- Moins l’eau contiendra de sels calcaires et magnésiens, plus le savon se dissoudra aisément, ce qui permettra d’éviter les grumeaux dont la présence est si nuisible.
- « Les savons, dit M. l’abbé H. Vassart présentent d’assez grandes différences de solubilité et,par suite,de facilité pour les rinçages. Or, on voit de suite les inconvénients qui pourraient résulter d’un mauvais rinçage; il resterait du savon dans le tissu et après plus ou moins de temps ces tissus prendraient une mauvaise odeur de corps gras devenus rances.
- « Les savons qui se rincent le mieux sont ceux à l’acide oléique, à l’huile d’olive, avec huile de sésame et d’arachide ; les savons les plus difficiles à rincer sont ceux à l’acide stéarique, et au beurre de palme. »
- En résumé,dans le travail dont nous venons de donner une analyse rapide, nous avons eu la satisfaction de trouver des renseignements précis basés sur une saine pratique.
- Édouard MORIDE.
- {Reproduction interdite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.)
- Teinture des soies en bleu marin.
- On fait un bain d’eau à 50 degrés environ, on ajoute quatre litres de savon fondu, du bleu de Nicholson en quantité suffisante et un verre d’extrait d’orseille; on entre et on mène trente minutes, on chauffe jusqu’à 90 degrés, on entre à nouveau en rechargeant le bain si c’est nécessaire. On mène encore pendant une
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- heure, on lève, on rince sur deux eaux chaudes et une eau froide. L’étoffe est alors gris- . bleu, on avive ensuite sur un bain chaud d’acide sulfurique et le bleu et l’orseille montent à vue d’œil; on rince et on étend au séchoir sans essorer.
- Si on veut obtenir des bleus marins très foncés, on entrera en rouille pendant quinze minutes, on rincera dans plusieurs eaux et on donnera à tiède une très petite quantité de campêche, on lisera un instant et une dernière eau terminera l’opération.
- Les bleus marins en soie s’obtiennent aussi sur un bain presque bouillant, acidulé d’acide sulfurique, on ajoute bleu de Lille et carmin d’indigo et un peu de jaune naphtol ou de terra. L’article étant teint et rincé doit rester sur un bain acidulé d’acide acétique pour retenir le carmin d’indigo qui coulerait sans cesse, et, malgré cette précaution, les bleus marins déteignent toujours.
- Teinture des soies en prune.
- On donne d’abord un fond bleu de Nichol-son, plus ou moins foncé selon que l’on veut obtenir un prune plus ou moins foncé, on lève, on rince et on avive sur un bain chaud dans lequel on aura ajouté un verre ou deux d’extrait d’orseille.
- On l’obtient aussi, sur un bain acidulé formé par du carmin ou sulfate d’indigo et extrait d’orseille en quantité suffisante; on termine sur un bain légèrement acidulé en ajoutant violet bleu ou violet rouge selon échantillon.
- Teinture des soies en marron, loutre, havane.
- Pour les havanes, on fait un bain d’orseille, de terra; on brunit à l’indigo. Pour les marrons, on ajoute une certaine quantité de colorant en plus jusqu’à ce qu’on obtienne le ton demandé. Pour les loutres, on force en colorant; on fonce à volonté en donnant un tour de rouille et on termine sur un bain de bois jaune et bois d'Inde.
- Teinture des soies en vert-bronze.
- On donne un fond de Nicholson, on fait
- ensuite un bain d’orseille et de terra; l’orseille en très faible proportion, en modifiant les quantités de colorant, on obtient tous les tons de bronze.
- Pour les verts clairs, on les obtient directement au vert lumière; on ajoute acide picri-que, ou vert jaune, ou vert bleu à l’acide ; on termine sur un bain acidulé.
- Teinture du coton sur articles divers et costumes tout faits en couleurs.
- Le coton doit être préalablement mordancé avant teinture. Les principaux mordants sont : le cachou, l’acide gallique, l’acide tan-nique, le sumac.
- Le coton se teint à froid, c’est-à-dire vers trente degrés. On laisse séjourner les articles pendant douze heures dans un de ces mordants.
- Coton grenat. — On entre au cachou, on passe au bichromate de potasse, on rince et on termine sur un bain de fuschine, ou grenadine.
- Coton prune. — Après avoir été cachouté et chromaté, on entre sur un bain de violet bleu ou violet rouge.
- Coton violet. — Mordançage au sumac, on rince et on donne du violet ordinaire en quantité suffisante.
- Coton en vert. — Mordançage au sumac, on entre ensuite sur un bain de vert lumière. Pour les gros verts, on fait un bain de bois jaune, de bois d’Inde qu’on tourne au sulfate de cuivre.
- Coton en iaune. — S’obtient sur un bain légèrement acidulé d’acide sulfurique, on ajoute du terra en quantité suffisante. Les chamois se font à la rouille, on passe ensuite sur une javelle légère, de même pour les écrus et crème.
- Coton marron, loutre.—On entre au cachou, on passe au bichromate de potasse; on rince, on entre ensuite dans une rouille à 5 ou 6 degrés pendant cinq minutes, on lève, on rince
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- et on termine sur un bain de bois jaune et bois d’Inde en très petite quantité.
- Gris en coton. — On mordance à l’acide tannique et on teint sur un bain de gris d’aniline, on peut ajouter bois jaune et campêche.
- Les articles de coton doivent sans cesse être menés à la main pour obtenir l’uni, il va sans dire qu’ils doivent être parfaitement nettoyés et javellés au besoin; dans quelques ateliers on les fait bouillir au carbonate de soude avant teinture ; cette opération prépare bien le coton.
- Les bleus de coton se font soit au bleu de France, déjà indiqué, ou mieux au bleu spécial qui monte sur un bain d’acide gallique et d’émétique ; par ce dernier procédé on n’obtient que des bleus clairs.
- Les articles de coton teints en couleur sont ensuite gommés à l’amidon ou à la fécule, les couleurs foncées sont passées sur un apprêt soit de colle de peau, colle de Flandre, etc.
- Pour éviter des plaies « carnées «, on aura soin, au séchoir, à l'étendage, de changer les articles de place, de les retourner et si c’est possible de les sécher à l’air libre.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite)
- ROSES A LA ROUGEUR
- On appelle rougeur une dissolution aqueuse de cochenille ammoniacale.
- On prépare la rougeur, soit en dissolvant tout simplement dans l’eau bouillante la cochenille ammoniacale en pâte (25 litres d’eau pour 1 kilog. de cochenille), soit en la faisant cuire dans une eau additionnée d’acide acéti-que. Pour cela, on broie la cochenille et on la fait cuire pendant une heure dans les proportions suivantes :
- Eau, 12 litres.
- Cochenille ammoniacale, 500 gr.
- Acide acétique, 170 gr.
- Lorsque la cuisson est faite, on passe la solution sur un tamis fin, puis on épuise le résidu avec 2 litres d’eau bouillante.
- De même que pour les roses obtenus avec la cochenille ordinaire en poudre, il est indispensable ici de faire le bain plusieùrs fois. On met donc dans une quantité suffisante d’eau bien claire les mordants suivants, dont les proportions ont été calculées pour 100 kil. de tissu de laine :
- 12 kilog. de sulfate d’alumine.
- 5 » de tartre
- 500 gr. de rougeur.
- On chauffe le bain jusqu’à 60 ou 700 centi-tigrade, on enlève l’écume qui s’est produite à sa surface, puis on y entre une pièce destinée pour grenat. On l’y manœuvre au bouillon pendant une demi-heure environ, puis on la retire et on l’évente.
- On regarnit de nouveau ce bain avec :
- 5 kilog. d’alun épuré.
- 3 » de tartre blanc pulvérisé.
- 500 gr. de rougeur.
- On élève la température du bain jusqu’au petit bouillon, on cesse ae chauffer, on écume s’il y a lieu, puis on y entre une autre pièce destinée également pour grenat ou pour toute autre nuance foncée. On promène cette pièce dans le bain pendant une demi-heure ; ensuite on l’abat et on l'évente. Le bain étant ainsi fait, on le garnit définitivement avec :
- 5 kilog. d'alun épuré,
- 3 » de tartre blanc pulvérisé.
- Quantité suffisante de rougeur pour obtenir la nuance désirée.
- On paille bien le bain, on y entre les pièces disposées pour un même rose et on les manœuvre pendantquelques minutes sans chauffer, afin que le colorant ne se prééipite pas trop rapidement sur les tissus.
- Il est bon de dire ici que, règle générale, il ne faut entrer dans un bain de teinture que les tissus dont tous les fils soient parfaitement mouillés, parce que sans cette précaution, il pourrait se produire du mal-uni et des plaquages dûs à ce que la surfaces des pièces
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- se serait trouvée en contact avec le liquide coloré pendant des temps inégaux.
- On comprend facilement qu’une surface imbibée d’eau prendra beaucoup plus vivement la teinture qu’une surface sèche, cette dernière devant d’abord se mouiller. Ce mouillage peut être long, surtout pour les étoffes de laine qui ne s’humectent bien qu’à l’eau bouillante.
- Lorsque les pièces ont tourné quelques minutes sans vapeur, on chauffe le bain jusqu’à 60 ou 70° centigr., et on les manœuvre pendant 25 ou 30 minutes à cette température. Dès qu’on a atteint la nuance voulue, on les abat au large, on les évente et on les tave dans une eau absolument claire.
- Pour avoir des nuances fraîches, il faut que la première garniture soit presque suffisante afin de ne pas laisser longtemps les pièces dans le bain de teinture.
- Si la deuxième pièce employée pour faire le bain ne paraissait pas donner une nuance suffisamment vive, il faudrait faire le bain une troisième fois. On garnirait alors dans les mêmes proportions que pour la seconde pièce.
- On a pu voir par ce qui précède qu’il est important de conserver les bons bains de roses dont l’obtention revient cher. Aussi est-il de beaucoup préférable pour le coloriste (sous le rapport de l’économie de temps et d’argent), d’attendre une série de roses et de les faire tous à la suite les uns des autres, en commençant par les plus clairs pour finir par les plus foncés.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- ---------------- h » con « -----------
- CORRESPONDANCE
- Alger, 23 décembre 1887.
- Monsieur le Directeur,
- Je vous prie de vouloir bien insérer dans le numéro prochain de votre estimable journal, la rectification suivante :
- Dans le No 22, en date du 20 novembre, M. Batifois, dans la « Teinture en Chiffons », attribue à M. Ridel, de Neuilly, mon ex-asso-cie, l’invention du peigne à assouplir les soies. Je vous adresse, ci-joint, la circulaire de la Compagnie de Teinturerie Générale dont je suis le fondateur apporteur.
- Veuillez avoir, je vous prie donc, l’obligeance de rectifier cette erreur, en rendant à César ce qui est à César, c’est-à-dire en attribuant cette invention dénommée comme suit, à M. Lyon André et non à M. Ridel.
- Brevet de 15 ans. 10 juin 1879 ; No 131219, délivré à M. Lyon, pour un outil « Garnisseur-satineur », en France.
- Vous pouvez, du reste, en faire vérifier l’exactitude.
- Recevez, Monsieur, etc.
- L'INOUSTRIE DES APPRETS EN ALSACE
- Le comité de mécanique de la Société industrielle de Mulhouse, dans sa séance du 10 avril, a chargé une commission spéciale d’examiner la demande du prix no II (des Prix divers) de MM. Kœchlin-Claudon et Cie pour l’introduction d’une nouvelle industrie dans la Haute-Alsace. Voici le texte du rapport présenté par M. Gustave Dollfus au nom de cette commission :
- L’établissement de MM. Kœchlin-Claudon et Cie s’occupe des apprêts de tissus soie grège ou chappe et coton, ou tout soie, grège ou chappe tissées en fils teints en flotte, teints en pièces ou impzimés.
- Plusieurs tissages de notre rayon industriel qui se sont mis à la fabrication des tissus grège et coton, chappe et coton ou laine et soie pour la teinture et l’impression, trouvent dans 1 établissement de teinture de la Schusterinsel et dans celui d’apprêt de MM-Kœchlin-Claudon et Cie tous les moyens per fectionnés et toute la pratique nécessaire poUr l’achèvement de leurs produits.
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- *à
- Nous avons visité l’établissement de MM. Kœchlin-Claudon et Cie et nous avons vu apprêter : des chinas, des satins grège tramés coton, teints en pièces ou imprimés, des meubles imprimés grège tramés coton, des tissus pour parapluies, coton et soie et laine et soie. Ces messieurs apprêtent également des tissus damassés tout soie.
- Leurs machines sont disposées pour apprêter des tissus jusqu’à 1 m, 60 de largeur.
- Cet établissement produit en ce moment en moyenne 80,000 mètres par mois ou 3,000 mètres par jour, et il occupe 25 ouvriers aux différentes opérations. Avec le même nombre d’ouvriers il serait possible d’arriver à une production régulière de 100,000 mètres par mois ou 4,000 mètres environ par jour. Le matériel existant permettrait, avec 50 ouvriers, de pousser la production à 10,000 mètres par jour, ce qui ce ferait dès que le tissage des grèges sera assez développé dans notre rayon pour fournir ce nombre de mètres.
- Les deux tissus sur lesquels roule la fabrication en ce moment sont : 1o les chinas, 2° les satins grège et coton imprimés ou teints.
- Les opérations successives par lesquelles passent ces tissus sont très multiples ; un china ou un satin passe par treize et quatorze opérations successives pour l’amener à l'ap-prêt voulu. Il faut, pour bien faire, avoir à sa disposition un personnel parfaitement au courant de ce qu’on appelle les tours de main. En effet, aucune fabrication ne demande plus de soin que l’apprèt des tissus mélangés, auxquels il faut arriver à donner le toucher et l'apparence des tissus tout soie. Lorsqu'on considère que certains tissus ont à peine 200 grammes de chaîne grège par 100 mètres sur hû centimètres de largeur, on comprend com-bien les opérations sont délicates et combien h faut de soins pour ne pas érailler ou déchi-rer la pièce.
- L’outillage nous a semblé très bien établi pour les opérations qui lui sont demandées. Comme disposition spéciale, nous avons re
- marqué les machines à cylindre dans lesquelles la pression se fait au moyen d’une pompe et d’un accumulateur hydraulique commandé par une pompe servant pour toute la série des machines ; une soupape générale faisant régulateur permet d’arriver à une pression donnée qui n’est jamais dépassée La pression se donne à la machine par une simple ouverture de robinet.
- Nous nous permettons d’appeler l’attention des imprimeurs sur ce système de pression qui, à notre avis, trouverait de très bonnes applications aux cylindres, machines à imprimer, etc.
- Le matériel de l’usine comprend :
- Des polisseuses ayant pour but de faire ressortir la soie qui couvre la trame coton et de faire disparaître le sillon que laisse après tissage la dent du peigne dans la pièce, et qui persiste même après l’opération du décreusage de l’impression ou de la teinture ;
- Une machine à flamber pour enlever les duvets de coton qui terniraient la soie ;
- Des machines à enrouler, à dresser et à vaporiser ;
- Des machines à apprêter ;
- Des cylindres chauffés au gaz et à la vapeur ;
- Des presses hydrauliques pour presser à chaud ;
- Des dérompeuses destinées à donner au tissu la souplesse voulue ;
- Les rames fixes et continues à séchage par feu direct.
- C’est cette série complète de machines qui permet d’apprêter les tissus 'que nous vous soumettons.
- Nous sommes d’avis que les conditions du programme sont remplies et, avant determi-ner, nous faisons remarquer que l’industrie qu’ont introduite MM. Kœchlin-Claudon et Cie ouvre une nouvelle voie à l’industrie du tissage. En conséquence nous vous proposons de décerner à MM. Kœchlin-Claudon et Cie le prix no II des Prix divers, et de leur accorder une médaille d’argent.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- FABRICATION d’une MATIÈRE COLORANTE avec l’acide ANTHRAQUINONE DISULFONIQUE.
- Par le docteur H.-J. Weber, à Unterstrap près Zurich.
- La matière colorante est obtenue en traitant l’anthraquinone par l’acide sulfurique anglais à 260, étendant ensuite de 4 à 5 volumes d’eau et traitant le liquide filtré à une température qui ne doit pas dépasser 250 par un nitrite alcalin; on sépare le produit par le sel marin et on le sèche à 100o degrés centigrades puis on le soumet à l’action des alcalis fondants ; la fusion est dissoute dans l’eau et la matière colorante, déplacée par l’acide chlorhydrique, est lavée et purifiée par une nouvelle dissolution dans une lessive de soude étendue, filtrage et précipitation par l’acide chlorhydrique.
- On chauffe au bain d’huile à 260 un mélange de :
- Anthraquinone
- 1 partie.
- Acide sulfurique à 66° Baumé 4 à 5 parties.
- Lorsqu’un échantillon prélevé dans la masse se dissout sans résidu dans l’eau, avec une coloration brune, on laisse refroidir, on étend de 4 à 5 volumes d’eau et l’on filtre pour séparer l’anthraquinone non attaquée.
- Dans la liqueur filtrée, on introduit maintenant, à une température qui ne doit pas dépasser 250 degrés centigrades, du nitrite de sodium ou de potassium, sec, en poudre fine, à raison de deux molécules de sel nitreux par molécule d’anthraquinone dissoute. Lorsque tout le nitrate est dissous et que le dégagement de vapeurs rouges a cessé, on ajoute du sel marin, en léger excès, on agile bien et on laisse ensuite reposer. Il se précipite des flocons bruns foncés et si la liqueur est suffisamment saturée de sel, elle filtre légèrement teintée en jaune. On recueille le précipité et on le lave à l’eau froide jusqu’à ce que la liqueur commence à se colorer plus vivement; on exprime et l’on sèche à 100 jusqu’à ce que
- la masse se pulvérise et passe aisément au tamis.
- Le produit est introduit maintenant, par petites fractions, dans l'hydrate alcalin fondu, à raison de 2 parties de ce dernier pour une partie du dérivé anthraquiuonique. On chauffe jusqu’à ce que la masse ait pris une consistance de bouillie et qu’un échantillon, dissous dans beau et acidulé par l’acide chlorhydrique fournisse un liquide filtré clair, légèrement teinté de jaune ; si ce liquide était plus ou moins brunâtre, il faudrait continuer à chauffer ou ajouter une nouvelle dose d’alcali.
- La fusion refroidie est dissoute dans l’eau; la liqueur filtrée précipitée par l’acide chlorhydrique et la matière colorante recueillie sur filtre et lavée. On la reprend pour purification par une lessive de soude étendue (une à deux parties de cristaux de soude pour 100 parties d’eau); la liqueur filtrée est bien acidulée par l’acide chlorhydrique et la matière colorante bien lavée est conservée à l’état de pâte.
- La couleur se dissout dans les alcalis en brun foncé; elle teint le coton mordancé à l’alun en nuances rouge brun.
- PRÉPARATION
- DE BLEU DE RESORCINE
- Par Haydn-Mozart-Baker, à Brooklyn (New-York).
- Le brevet a pour objet :
- 1* Fabrication de bleu de résorcine consistant à préparer une solution ammoniacale de résorcine, avec ou sans addition de carbonate de cuivre ammoniacal, et à l’agiter au moyen de lames de cuivre ; la matière colorante qu1 se forme par oxydation est déplacée de sa solution au moyen d’un excès d’acide minéral.
- 2: Pour séparer plus complètement la ma-tière colorante formée suivant 1*, on traite la liqueur acidulée et filtrée par des plaques de zine jusqu’à ce que tout le cuivre dissous soit précipité. On filtre, puis on acidulé de nouveau par l’acide sulfurique ou chlorhydrique» on fait bouillir la liqueur, et, après refroidis*'
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- WET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- sement, on recueille la matière colorante qui s’est séparée.
- Description :
- On prépare, dans un vase approprié, une dissolution de résorcine dans un excès d’ammoniaque étendue. Il est avantageux d’y ajouter une dissolution ammoniacale de carbonate de cuivre contenant à peu près autant de sel cupranunionium qu’il y a de résorcine à traiter. Il est inutile de forcer cette dose, mais il est nuisible à la bonne marche de la réaction de la diminuer. On agite maintenant cette solution d’une façon continue avec des lames de cuivre, ou mieux avec une plaque circulaire plongeant dans la solution et mue lentement au moyen d’un dispositif mécanique facile à imaginer.
- Pendant la durée de l’opération, on ajoute de temps à autre de l’eau ammoniacale pour maintenir la liqueur continuellement alcaline. La formation continuelle de cupranunonium au contact de l’air détermine la fixation de 8roupes amidogènes dans la résorcine. Pour Sassurer que la réaction est arrivée à terme, on évapore un petit échantillon de la liqueur jusqu’à siccité à une température qui ne doit Pas dépasser 212o Fahrenheit ; on reprend le résidu sec par l’eau tiède qui dissout la résorcine inattaquée que l’on caractérise à l’aide de son dérivé trinitré ou par la coloration bleue que prend la liqueur au contact du chlorure ferrique.
- Lorsqu’il n’y a plus de résorcine non transformée dans la liqueur, on neutralise la li-queur, après l’avoir fait bouillir quelques ins-tants, par l’acide chlorhydrique ou sulfurique en léger excès. Par le refroidissement, la nouvelle matière colorante se sépare ; on la recueille sur filtre, on la lave et on la sèche.
- On arrive à une séparation plus complète de la matière colorante en éliminant d’abord le cuivre de la liqueur; à cet effet, l’on y Immerge du zinc en plaques ; on filtre la li-qeur qui contient la matière colorante avec le carbonate de zinc ammonium et l’on acidulé après ébullition.
- Le bleu de résorcine lavé et séché est prêt, sans autre purification, à l’emploi pour la teinture ou l’impression.
- COMMISSION JE LA RAMIE
- La commission de la ramie a tenu sa troisième séance le 28 novembre dernier, sous la présidence de M. Feray, sénateur.
- Au début de la séance, M. Chessé, répondant au désir qui lui avait été exprimé par M. le ministre, a indiqué brièvement le fonctionnement d’une caisse agricole fondée à Tahiti et dont le but était non seulement de favoriser la colonisation par l’achat, la revente et la concession des terrains destinés aux colons, mais encore de servir d’intermédiaire entre le petit producteur et l’acheteur. La caisse faisait des avances sur les cotons provenant de Tahiti, en restreignant toutefois le bénéfice de ses avances aux planteurs dont l’exploitation était inférieure à dix hectares. Un compte était ouvert aux planteurs, et s’il y avait plus-value après la vente, elle était répartie entre eux au prorata de la quantité de coton livrée par chacun d’eux. Si au contraire les ventes ne couvraient pas les avances, la perte était supportée par la i caisse.
- M. Chessé a complété sa communication par quelques renseignements sur le système hollandais, dit de Van der Borch, pratiqué à Java, et dans lequel l’Etat fait des avances de fonds aux planteurs et partage avec eux les produits.
- La commission, frappée des avantages que pourrait présenter dans nos possessions d’Extrême-Orient la création d’un établissement analogue à la Caisse agricole de Tahiti, a émis le vœu que la communication de M. Chessé fût signalée à l’attention de M.le gouverneur d’Indo-Chine.
- La commission a ensuite abordé l’examen de la première partie du rapport de M. Favier sur les principales variétés industrielles de
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- CO 62
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ramie et leur appropriation aux divers climats.
- Après une discussion à laquelle ont pris part MM. Favier, Fremy, Cornu, Sarlat et Fuchs, il a été reconnu : 1o que la ramie blanche (nivea) peut être cultivée partout, dans les pays tropicaux et subtropicaux ; 2o que la ramie verte (utilis) peut être cultivée, sans hésitation, dans les pays tropicaux ; 3 que la ramie blanche (candicans) doit toujours être rejetée comme ne donnant que de mauvais résultats.
- Enfin la commission, reconnaissant la nécessité de ne propager que les bonnes variétés de ramie, c’est-à-dire celles qui sont susceptibles de donner les meilleurs produits au point de vue de leur utilisation industrielle, a émis le vœu que les gouverneurs de nos colonies fassent parvenir à l’administration des herbiers de feuilles et de tiges des plants cultivés dans leurs colonies respectives, avec les échantillons de la filasse obtenue par la décortication de ces plants. Ces échantillons seraient soumis à l’examen des savants et des personnes compétentes, qui indiqueraient celles de ces variétés qui devraient être recommandées de préférence aux indigènes et aux colons.
- Dans la 4e séance, qu’elle a tenue le 5 décembre sous la présidence de M. Feray, la commission a entendu M. Crozat, qui lui a fourni des renseignements très détaillés sur l’état de la culture de la ramie au Tonkin, sur le travail de la décortication et sur le prix de la main-d’œuvre.
- Après une discussion à laquelle ont pris part M. le ministre de l'agriculture et MM. Crozat, Bourlier, Sarlat, Tisserand, Fremy, Cornu, Chessé, Favier et Fuchs, la commission, estimant que le moyen le plus sûr de développer la culture de la ramie était d’ouvrir des débouchés à ce textile en provoquant le perfectionnement des systèmes de décortication actuellement employés, a décidé qu’il y avait lieu de s’occuper dès à présent de la réalisation de la proposition formulée dans le
- rapport de M. le directeur de l’agriculture et tendant à instituer un concours de machines; elle a chargé, en conséquence, ce haut fonctionnaire de préparer le programme d’un concours de ce genre.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Paris.- -Besset (E.), nég. en velours et soieries, rue des Petites-Ecuries, 12.--J.-c. : M. Soubrier.—S.: M. Mauger.--Jug. du 21 nov.
- RÉSOLUTIONS DE CONCORDAT
- Levallois. — Blanchet (Auguste), apprêteur d’étoffes, rue Fromont, 12. — Jug. du 18 novembre.—J. c. : M. Lavoisier. — S. : M. Lis-soty.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon,—Dissolution, à partir du 31 déc. 87. de la Société Mathon fils, fab. d’étoffes de soie, rue du Garet, 4.—Liquid.: M. Mathon. Acte du 9 nov.
- St-Dié. — Dissolution, à partir du 20 mars 1887, de la Société Isidore Nathan et Nicolas Didier, fab. de toiles des Vosges et de linge de table à Gérardmer.— Liquid. : M. Nathan et M. Burtin, avocat à Nancy.—Acte du même jour déposé le 11 oct.
- MODIFICATION DE SOCIÉTÉ
- Roubaix. — Modification de la Société en commandite L. Guislain, Honoré et Cie, blanchiment des fils, cotons, etc., à Fiers, hameau du Breucq, devenue L. Guislain, et Cie par suite de la cession des droits de M. Honoré a M. Guislain. — Acte du 28 octobre.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Labeyrie a vendu à M. X..., bd de Ma-genta, 45, chez M. Marin, 15 novembre, un fonds de teinturerie, rue de Poitou, 17.
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- TABLE DES MATIERES
- * ’ 1
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- 3 0e Volume — Année 1887
- Addition de glycérine dans le blanchiment
- des Etoffes............................. 245
- Affaire Grawitz........................ 28 132
- Alizarine violets et lilas, pour coton... 78
- Analyse des fibres azotées.............. 204
- Animalisation du coton (par MM. Siégeriot et Mittler.............................. 178
- Appareil de plomb pour blanchiment dans le vide par MM. Kessler et fils......... 130
- Appareil de lavages chimiques (par M.
- Tauerschmidt............................. 117
- Appareil pour le lavage, savonnage et teinture et boussage des tissus (par M. Birch) 118
- Appareil pour relever le poil des velours, peluches, etc. (par M. Vignets, ses fils etCie)................................. 226
- Appareil rotatif pour la teinture des bobines de laine peignée (par MM Harmel frères) 225
- Appareil de pesage pour cardes, etc. (par M . Holden) • 237
- Appareil à teindre (par MM. Obermaier
- Appareil à teindre les tissus épais (par M.
- Jegler) ...................................... 9
- Appareil de chauffage (par M. Anselin). ... 33
- Appareil à flamber les tissus (par MM Banks et Brierley)............................ 249
- Appareil-métier pour la teinture et l’apprêt des tissus (par M. Parent)................. 177
- Appareils pour retirer les graisses des eaux de suint, système Dehne .............. 186
- Appareils de chauffage pour pareuses (par M. Cocard).................................. 33
- Apparence de la soie donnée aux fibres végétales ................................... 259
- Application du vaporisage a la teinture en noir des fils et tissus (par MM. Sauvé et Debray • 23
- Apprêt des tissus de lin (par MM. Guillaume frères) ............................... 2
- Articles de teinture au Tonkin........... 169
- Avertisseur pour ourdissoirs et encolleuses. (parM. Buisine)............................ 117
- B
- Barque de teinture (par M. Sadot)........ 273
- Bateau éleveur de machine à laver (par MM. Prouvost et Cie et Deletombe) 105
- Batteuse-tilleuse (par M. Lemaire-Destombes) 118
- Blanchiment du Jute...................... 110
- Blanchiment électrique................... 100
- Blanchissage et lessivage automatiques (par
- M. Guichard-Husson) ...................... 141
- Bleu Céleste sur laine................... 254
- Bleu de diphenylamine (par Paul Schoop) 207, 222, 232.......................... 246
- Bleu de resorcine........................ 282
- 31eu de Roubaix............................. 74
- C
- Chauffage des brosses mécaniques pour apprêts (par M. Lecamus).................. 94
- Chauffage des bassins à tremper le lin (par M. Henby)................................ 189
- Colle pour tissage (par M. Welté)........ 70
- Commerce de Lyon.................. 11, 46 57
- Commission de la Ramie .................. 283
- Composition pour le blanchiment (par M.
- Toppan)................................... 250
- Correspondance.................... 3, 36 280
- Couleurs d’amline sur fibres végétales... 129
- D
- Débrayage automatique des ourdissoirs, en-colleuses etc. (par MM. Ryo frères)...... 214
- Décatissage des tissus à l’eau et à sec (par M. Giéring).............................. 226
- Dégraissage à sec de la laine et des déchets de laine (par M. Holzer et Cie).......... 213
- Dégraissage et lavage de la laine (par M . Dicktus............................... 21
- Dégraissage, blanchiment, teinture des fils en bobines (par MM. Niquet etDétré)... 81
- Dessins sur étoffes pour décolorations (par M. Villers).............................. 119
- Dosage des matières étrangères............ 42
- Dressage des filaments de la laine (par
- MM. Dubois et Mérelle).................... 249
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- E
- L
- Eau oxygénée................................ 148
- Eaux et savons au point de vue industriel.. 276 Echardonnage des laines (par M. Chemin).. 45
- Echardonneuseépailleuse(parM. Brouxfils) 153
- École professionnelle manufacturièred’Elbeuf 91
- Em barrage applicable aux fouleuses (par
- M. Leleu).................................... 10
- Emploi de la bourre de soie.................. 12
- Emploi du quercitron en Amérique............. 83
- Emploi pour apprêt et repassage (par M.
- Giesser)............................. .... 57
- Essai chimique des tissus............... 149 161
- Essai d’une analyse qualitative des matières colorantes 7
- Etoffes en Afrique.......................... 186
- Etoffes insubmersibles (par M. Brewster).. 106 Etudes sur les soies sauvages 167, 181, 191
- 205, 215, 228, 241, 251..................... 262
- Exposition de 1889.......................... 63
- F
- Fabrication du crêpe anglais de couleur (par M. Gillet et fils)..................... 153
- Fabrication des lacets drapés apprêtés par M. Renard frères)............................ 82
- Fabrication d’une matière colorante avec l’acide anthragimone ...................... 282
- Fabrication de chenille à 2 couleurs mécanique superposées (par M. Bonnefond) ............. 177
- Fixation de couleurs sur tissus (par MM Collin et Benoist)............................. 178
- Fineuse à mouvement alternatif, (par MM. Barretej 227
- G
- Guiloflavine (par M. le docteur Z. Knecht). 29
- Guindre pour teinture en pièces (par MM.
- Guillon, oncle, neveu et ..................... 57
- H
- Histoire de la teinture 46, 58, 73, 83, 94, 106 122
- I
- Imitations des tissus piqués-ouatés (par M.
- Renard)....................................... 274
- Impression ur tissus de bonneterie (par
- Mme Lardière)................................. 81
- Industrie des apprêts en Alsace............. 280
- Influence du mode surles rapports des couleurs 257
- Informations............................ 159 184
- Inventions brevetées, 34, 71, 79, 92, 115, 119
- 139, 166, 179, 189, 199, 202, 223, 227, 229
- 234, 250, 261................................ 275
- J
- Jaune foulon pour laine................... 219
- Jurisprudence................. 17, 163, 174 187
- K
- Kounao du Tonkin (par M. B. Martinon).. 162
- Laminoirs de guimpiers (par M. Goux)...... 201
- Lavage continu des laines (par MM Lor-thiois)................................... 189
- Lavage des laines (par M. Morel).......... 69
- Législation Commerciale Etrangère......... 16
- Lustrine Alsacienne pour l’apprèt du linge 165
- M
- Machine à polir (par M . Travers........ 154
- Machine à fouler (par M. ............... 273
- Machineàplierles étoffes (par M. Humbert) 166
- Machine à déplisser les tissus (par M Ber-not..................................... 45
- Machine à teindre les matteaux par la « Teinturerie Stéphanoise » ............. 21
- Machine à teindre les fils (par M. Hanson) 189
- Machine à presser et à repasser les tissus
- (par MM. Bask Wolf, Preslan et Bash)
- Machine à teindre et à laver les écheveaux
- par M. Pierron et Dehaître................. 69
- Machine à chiner les fils en échevaux, par
- M. Gaydet père et fils.................... 142
- Machine à teindre les tissus............ 141
- Machine à fixer (système Bertrand), par Mme Florin 93
- Machine à imprégner de liquide toutes matières filamenteuses, par MM. Douine et
- Cie...................................... "0
- Machine à teiller et à peigner, par M. 166
- Machine à teiller et à peigner, par Mme Vve Coulon 71
- Machines à laver dites « Léviathans » par MM. Peltzer et fils 238
- Machines à lainer....................... 271
- Marque de fabrique des tissus de soie.... 2
- Matières colorantes.................. 146 169
- Matières colorantes ................... 148
- Matières colorante à l’aide d’acide gallique par M. Emile Jacobson 147
- Modifications au tarif des douanes en Autriche-Hongrie 172
- Mordançage des fibres végétales en oxyde Chrome, par M. Max Becke 268
- Mordançage des textiles végétaux par M. le Dir. • 105
- Mordant pour teinture, par M. Walte...... 201
- Mordant pour noirs et autres couleurs par MM. Lallemand et Cheneau-Fontineau 34
- Mordant pour couleurs d’aniline sur laine par M. 118
- Mordant pour teinture d’aniline, par MM. Verlinden frères et Cie 22
- Mordant double pour teinture solide sur un seul bain, par M. Cheneau-Fonteneau. .. 70
- N
- Nouveau mordant........................
- Nouveaux tanins, par .M. Villon......... Nouveaux colorants azoiques............ Nouvelle matière colorante jaune....... Nouvelle potasse caustique............. Nouvelle mesure de volume d’un corps solide
- 0
- Ornementation des tissus pour tentures, par MM. Mencke et Pottier.................. 35
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- P
- T
- Peigneuses, par M. Offermann................ 142
- Potasse caustique française................. 113
- Potasse caustique d’Amérique................ 138
- Potasses blanches........................... 139
- Préparation du bleu de résorcine............ 145
- Préparation des cordages, des filets de pèche, etc.................................. 94
- Préparation de la ramie, par M. Schiefner. 1
- Procédé et appareil de teinture, par M.
- Smithson................................. 225
- Procédé et appareil pour le blanchiment des matières textiles végétales, par M. Mather. 10
- Procédés de blanchiment Mather-Tomp-son............................... 197, 210 220
- Procédé pour obtenir avec la graisse du suint des laveries de laines.............. 149
- Production de l’eau oxygénée.................. 88
- Purification de l’anthràcène brut........... 270
- R
- Régénération des savons....................... 23
- Renseignements commerciaux 17, 31, 42, 55
- 76. 79, 92, 103,115, 127, 139, 151, 163, 175
- 188, 199, 212, 223, 235, 248, 260, 271 ... 284
- Reprise de la soierie à Lyon.................. 3
- Revendication delà découverte de laFuschine 114
- Rifloir pour découpage des tulles et dentelles, par M. ........................... 153
- Rouge de Naphtaline......................... 147
- Rouissage par la diffusion, par M. Parsy 45, 65 102
- Rouissage du lin, du chanvre, etc , par M. , Baur 9
- Rouissage artificiel des lins, chanvres etc.,
- Rouissage et séchage artificiel du lin, par MM Maizier et Reitz.......................... 214
- Rouleau exprimeur en caoutchouc, par M. ............................................. 129
- Rouleaux en métal blanc........................ 50
- S
- Saflorine grand teint......................... 111
- Savon spécial pour enlever les tachesde graisse 213
- Séchage des lin rouis etc., par M. I utilleul. 166
- Séchage des matières filamenteuses, par M.
- Bertrand.................................... 165
- Séchage des matières filamenteuses, par
- M. Paray ................................... 275
- Société Industrielle d'Amiens............... 6 245
- Société industrielle de Rouen.. ............. 111
- Taches de grenade et d’ananas.............. 83
- Teilleuse, par M. Taylor-Burrons.......... 141
- Teilleuse-peigneuse, par M Brookes ....... 119
- Teinture en chapeaux...................... 154
- Teinture des chiffons, 4, 12, 25, 38, 48, 60
- 75, 85, 96, 108, 125, 130, 142, 155, 169, 182
- 193, 205, 217, 229, 243, 253, 263........... 277
- Teinture de laine en bleu, par MM. Lohmann et ........................................ 261
- Teinture des laines en pièces.. 244, 255, 266 279
- Teinture de la laine peignée, par un teinturier, 5, 14, 26, 41, 49, 61, 77, 87, 98, 144
- 157, 170, 183, 195, 208, 217, 231, 244, 256 267 Teinture du coton ou autres matières textiles avant filage, par M. Lecomte 93
- Teinture desfeutresettissus,par MM. Mayer et Klinkenberg.............................. 10
- T einture de la soie végétale, par M. Saignette 249
- Teinture des velours en pièces, par MM.
- Giron frères................................ 213
- Teinture Lyonnaise........................ 15%
- Tissu et enduit pour les décors de théâtre.. 221
- Tissu-ouate dit « Caroline » par M. Cribier 226
- Tissus à effets de « velours sans pareil » par M. Chwala 118
- Tissus incombustibles..................... 172
- Traitement des cocons, de la soie brute et de la bourre desoie, par M. Randall....... 82
- Traitement des peluches avant et après teinture, par M. Vignet......,.............. 94
- Traitement de la ramie..................... 46
- Transport des dépôts métalliques d’une surface dure sur une surface souple, par M. Millot.................................. 226
- U
- Usages des acides pour l’impression des
- étoffes bleues............................... 185
- Usages de la glycérine........................ 91
- Utilisation de la soie végétale, par MM. Ren-neteau père et fils et Benoist............ 178
- V
- Velours façonné, par M . .................... 165
- Vers a soie au Tonkin........................ 234
- Paris. Imp. Edm. Rosset et Cie. 7, ru Rochechouart.
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