Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 1. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Janvier 4888
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- DES VIEUX BAINS DE TEINTURE.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- FABRICATION D’UNE MATIÈRE COLORANTE.
- PRÉPARATION DE L’ACÉTONE.
- LES SOIES SAUVAGES.
- EXPOSITION DE MELBOURNE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- Par arrêté de M. le ministre de l'Ins-truction publique, en date du 29 décembre 1887, M. Edmond Rousset, directeur des Moniteur de la Teinture, est nommé officier d’Académie.
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- CHAUFFAGE DES BAINS DE TEINTURE ET D’APPRÊTS Par M. Laval.
- Lorsque les appareils ne sont pas chauffés à feu nu, il est habituellement fait usage de tuyaux perforés qui, disposés au sein même du liquide, maintiennent la température au degré voulu par le moyen de nombreux jets de vapeur. L’inconvénient du dernier système est que la vapeur entraîne des sels calcaires ou autres, susceptibles d’altérer les matières colorantes, puis que la condensation modifie rapidement l’état de concentration du bain.
- M. Laval emploie des tuyaux non perforés, présentant une surface assez grande pour déterminer par rayonnement l'ébullition du liquide. Dans ce cas, non seulement le double Iconvénient signalé ci-dessus se trouve évité, mais l’eau de condensation recueillie à la sor
- tie des serpentins convient à l’alimentation des générateurs de vapeur.
- MACHINE A CUIRE LES TISSUS Par MM. Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Cie.
- Les machines à cuire ou à décruer et teindre les tissus, se composent, en principe, de deux cylindres plongés dans un bain et sur lesquels l’étoffe s’enroule alternativement, la partie libre de l’étoffe, entre les deux cylindres, passant sur des rouleaux de renvoi pour augmenter la surface de contact avec le liquide. Sans rien changer à cette disposition, les brevetés se sont proposés d’obtenir, d’une manière entièrement automatique, la marche alternative de l’étoffe. Dans ce but, la commande est formée de deux poulies fixes séparées par une poulie folle et agissant tour à tour sur des arbres distincts, qui correspondent aux deux cylindres.
- Le passage de la courroie de l’une à l’autre des poulies, s’obtient à l’aide d’une sorte de fléau de balance, aux extrémités duquel sont suspendus deux doubles crochets. Chaque bout de pièce se coud à une baguette transversale qui, en arrivant aux crochets, s’y engage et fait basculer le fléau porte-fourchette. Le tissu chemine et s’enroule alors en sens contraire de la marche primitive jusqu’à ce que la baguette de l’autre bout détermine, à son tour, le renversement de la marche.
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- APPAREIL A TEINDRE LA LAINE PEIGNÉE EN BOBINES
- Par MM. Harmel frères.
- Cet appareil, à mouvement alternatif, est surtout destiné à la teinture de la laine peignée en bobines ; il peut, cependant, s’employer pour teindre la laine sous ous états, ainsi que les autres fibres textiles.Les opérations successives d’ «engallage», de rinçage, del avage, etc., s’effectuent sans déplacer les matières.
- Un ou plusieurs réservoirs en bois, ou en métal, portent, chacun, un clapet mobile de fond, communiquant avec un tuyau, qui est relié, d’une part, à la cuve où se fait la teinture et qui se termine, de l’autre, par un robinet de vidange.
- Les bobines sont placées dans des récipients cylindriques ou tronconiques à fonds perforés ; les couvercles, également perforés, sont mobiles et soumis à l’action de ressorts et de vis de réglage. Ces divers récipients se trouvent suspendus à des traverses qui, par l’intermédiaire de cames, reçoivent un mouvement vertical alternatif.
- En raison du va-et-vient des récipients au sein du liquide (maintenu par un jet de vapeur à la température convenable) les bobines s’imprégnent rapidement de liquide. Lorsque l’opération est terminée, un giffard ou une pompe de système quelconque refoule le liquide dans le réservoir qui l'a fourni, si le bain est utilisable pour un traitement ultérieur.
- MACHINE A DÉGRAISSER ET A BLANCHIR LES ÉTOFFES
- Par MM. Bergerat et Tranchet.
- Cette machine se compose d’une enveloppe fixe en tôle et d’un tambour cylindrique, en fer creux, ne faisant, à chaque révolution,que les 4/5 d’un tour, tantôt dans un sens, tantôt en sens contraire. Le liquide est contenu à l’intérieur de l’enveloppe fixe et les étoffes sont logées dans le tambour mobile.
- L’avantage de la rotation alternativement
- de direction contraire est d’éviter l’emmêlage de l’étoffe, maintenue dans sa largeur.
- Pour les tissus suffisamment résistants, un diaphragme dit «ramasseur», établi à l’intérieur du tambour, prend les étoffes, les relève jusqu’à la partie supérieure de l’appareil, d’où elles retombent brusquement dans le liquide, puis les ramasse de nouveau, et ainsi de suite.
- Lorsqu’il s’agit de tissus légers, de mousseline, par exemple, on supprime le ramasseur pour éviter les actions brusques, qui pourraient déterminer des avaries.
- MACHINES A IMPRIMER LES COTONNADES Par M. Debiève.
- Dans les machines en usage, la descente du cylindre presseur, qui reçoit l’étoffe à imprimer, s’effectue au moyen de leviers calés sur un arbre horizontal. Ce système n’assure pas un contact absolument exact et identique aux deux extrémités du cylindre imprimeur. Delà des différences dans les motifs imprimés et une proportion anormale de déchets.
- Pour y obvier, M. Debiève substitue aux leviers, deux vis verticales à filet carré, de même pas, emmanchées dans les coussinets du cylindre presseur, de manière à tourner librement. Chaque vis porte une roue conique, actionnée par un pignon ; les deux pignons sont clavetés sur un arbre horizontal, mû à l’aide d’un volant-manivelle.
- Il suffit donc de faire tourner ladite manivelle d’une certaine quantité pour les vis se meuvent d’une quantité correspondante , en réagissant uniformément sur le contact du rouleau de pression et du cylindre imprimeur.
- «CHEFS » IMPRIMÉS POUR MOUSSELINES. ETC Par M. Sengel.
- Ces chefs sont imprimés sur des bandes d’étoffe, en chromolithographie ou au rouleau. Afin de faciliter l’impression et d’obtenir des dessins bien couverts, M. Sengel ap ' plique préalablement en dessus de la bande
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- qui doit former chef, un apprêt de nature à remplir le réseau du tissu. Les dessins en noir ou en couleurs sont alors imprimés par les moyens connus de la chromolithographie.
- On pourrait également faire usage des procédés de décalcomanie.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 182343. 22 mars 1887 ; Société Piet et Cie. — Système de machine à laver le linge, les tissus, les chiffons et autres matières, dite roue batteuse.
- Le système d’appareil à laver qui fait l’ob— et du brevet, fonctionne à la fois d’après le système connu sous le nom de « boîte à la-ver », et d’après celui qui est dénommé « Machine à laver à foulon ».
- L’appareil se compose :
- 1° D’une caisse avec une cloison; 2o d’un batteur articulé par l’une de ses extrémités et oscillant autour de cette articulation une Porte peut être ouverte ou fermée suivant Ion emploie la machine pour rincer ou pour laver. Dans ce dernier cas, la porte est néces-saire pour empêcher soit le refroidissement de l’eau savonneuse chaude, soit l'évapora-hon des benzines.
- La machine se complète par une disposition consistant en une loge munie d’une grille d entrée qui a pour but de séparer le liquide de la matière à laver.
- Le batteur-laveur-compresseur agit sur la matière à laver à chaque demi révolution du recipient et par le fait même du mouvement de ce récipient.
- 182346. 22 mars 1887 ; Collin et Benoist.— Nouveau mode de la fixation de la matière colorante par déverdissage à haute tempéra-lure des fibres textiles.
- 182359. 25 mars 1887 ; Voland. — Produc-hon nouvelle de dessins variés sur tous genres de tissus à poils, peaux, etc.
- L0 traitement consiste uniquement à faire ehuffer à une température suffisamment éle
- vée, une surface métallique ou autre, sur laquelle les tissus à reproduire se présentent gravés en relief ou en creux, puis à l’appliquer contre le tissu sur lequel on veut opérer et cela sans exercer de pression contre ce dernier. Il s’en suit que le dessin en relief ou en creux de cette surface est seul mis en contact avec les poils du tissu et ce contact produit sur ces poils une altération sur une épaisseur suffisante pour faire apparaître en creux ou en relief avec une très grande netteté le dessin en question.
- 182360. 26 mars 1887; Four et Pocachard. — Nouveau procédé de polissage des étoffes.
- L’objet du brevet consiste dans l’application d’un mouilleur aux machines à polir les tissus, ainsi que l’application d’un galet chargé roulant sur l’étoffe afin d’en écraser les fils pour faire une couverture complète du tissu.
- La manière d’opérer consiste :
- 1° A mouiller le tissu avant polissage au moyen d’un appareil quelconque, un seul appareil pouvant servir pour plusieurs polisseuses.
- 2o A ajouter à l’action du mouillage proprement dit, l’action de substances onctueuses et lubrifiantes, qui en permettant aux fibres du tissu de glisser plus facilement les unes sur les autres, facilite le polissage et permettent de l’obtenir plus parfait et en moins de temps.
- 3o A disposer l’appareil à galet qui produit l’aplatissement des fibres du tissu après polissage, de manière à ce qu'au lieu d’un seul galet, il puisse en recevoir plusieurs et à ce que de cette façon, son action soit plus rapide et plus énergique.
- 182393. 23 mars 1887 ; Gantillon. — Nouveau moyen d’appliquer la teinture sur les tissus mélangés de soie et de coton simultanément avec l’apprêt, principalement les satins, les velours et les peluches.
- L’objet du brevet consiste dans l’application simultanée de la teinture avec l’apprêt pour tout tissu mélangé de soie et de coton, principalement les coions, velours et peluches;
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- Le tissu sortant du blanchiment est préparé sur rouleau et calandre comme pour l’apprêt. L’on prépare la gomme colorée à la nuance que l’on veut obtenir avec le mordant mélangé à la couleur plus foncée que celle de la soie qui fait l’endroit de l’étoffe et l’on fait sécher à fond pour solidifier la couleur du coton.
- On prend ce même rouleau pour le passer au baignage en mandarine pour employer le bain de la même couleur mais liquide. Ce baignage se fait au moyen d’une petite bâche ou passe l’étoffe qui est retenue plongeant dans le bain par un rouleau fixé dans la bâche. Le tissu remonte pour replonger dans une ba-cholle qui contient la même couleur et deux rouleaux en cuivre enveloppés de calicot qui fonctionnent l’un sur l’autre avec pression pour exprimer le liquide sortant des mouilleurs.
- Il ne faut faire passer l’étoffe aux sécheurs que lorsque l’on a bien obtenu la nuance que l’on désire. On achève ensuite la manipulation du tissu comme s’il sortait de l’apprêt.
- 182410. 24 mars 1887; Richard.- Perfectionnements apportés au tissu dit « gallià ». 182429. 25 mars 1887 ; Korscheet. — Fabrication de l’extrait des bois de campêche.
- L'objet du brevet comprend la fabrication de l'extrait du bois de campèche par l’addition de ses alcalis ou ses sels, contenant des acides indifférents soit à l’eau dans laquelle le bois de campèche râpé est infusé, soit à la teinture obtenue par l’infusion du bois de campèche dans de l’eau, soit enfin dans l’extrait ordinaire de bois de campêche dissous au préalable dans un peu d’eau.
- 182466. 30 mars 1887 ; Martinot. — Laineuse métallique continue avec mouvements alternatifs des rouleaux garnisseurs.
- L’objet du brevet comprend :
- lo L’application au mouvement alternatif rectiligne ou curviligne au lainage ou garnissage des étoffes de laine, coton, soie, lin, chanvre, etc., dans le sens delà chaîne, avec des rouleaux garnis de cardes en fer, en lai
- ton, en acier ou chiendent, bruyères, baleines, caoutchouc ou toute autre matière destinée à tirer le poil des tissus. Les garnitures des rouleaux pourront être semblables ou différentes I sur la même machine suivant les effets à I obtenir.
- 2o L’emploi de cylindres presseurs ou rai-disseurs augmentant le contact des rouleaux garnisseurs sur l’étoffe suivant qu’elle est plus ou moins difficile à garnir.
- 30 L’application d’un peigne à épeutir destiné à nettoyer les étoffes boutonneuses avant le lainage.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de I propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- EXTRACTION DE L’ETAIN DES VIEUX BAINS DE TEINTURE
- En ce moment, plus que jamais, les préparations d’étain à l’état d’oxyde stanneux ou stannique jouent un grand rôle dans une foule de teinture, soit comme mordant de couleur, soit comme charge pour la soie. Or, dans tous ces emplois, c’est à peine si la moitié du métal est utilisée ; l’autre moitié part dans les eaux de lavage des fils ou tissus saturés de préparations stanneuses ou stanniques.
- Ce métal ayant une valeur assez forte, ordinairement de 200 à 250 fr. les 100 kil., atteignant comme en ce moment 400 fr. et plus et même ayant été jusqu’à plus de 500 fr les 100 kil., les eaux de lavage ont donc une certaine valeur, de même les bains que 1‘on jette.
- Pour retrouver une partie de cette valeur qui va au canal, pour polluer nos rivières, il faut recueillir les bains ou les eaux de lavage dans des citernes ; puis, par une addition de zinc en lame ou mieux en poudre, connu sous le nom de préparât, on précipite l’étain a l’éfat métallique. Cet étain, mêlé à de l’oxyde stannique, est recueilli sur des filtres en laine et le dépôt, lavé et séché, est fondu dans
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- des creusets avec un peu de zinc en lame et du borax comme fondant à une température du rouge blanc.
- Le zinc réduit l’oxyde d’étain, et l’excès du premier métal distille sous l’influence de la température élevée. Et finalement, sous le fondant, il reste un culot métallique d’étain ayant une plus grande valeur que celle du zinc employé. Cette méthode est d’ailleurs assez avantageuse et est exploitée largement dans plus d’une teinture. Il est des industriels qui emploient actuellement pour 100,000 fr. et plus, annuellement, de préparations stan-niques.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.}
- Teinture des articles de coton en rouge Conyo.
- Le rouge Congo, produit nouveau et très employé pour teindre le coton en rouge solide ; il monte sur un bain fait de la façon suivante :
- Aluminate de soude................. 5%10
- ° i 3 .9
- Savon mou.................... 6 ( 8 E
- Huile pour rouge turc...... 15 ( 9 —
- Rouge Congo.................. 5 ) 5 9
- On mène longuement (deux heures environ) à tiède et on rince.
- Pour les passes suivantes, il faut ajouter :
- Aluminate de soude ... 3 %
- Savon mou..................... 4
- Huile........................ 10
- Rouge Congo................. 3
- L’article doit rester sur le bain alcalin ; une seule eau suffît pour terminer. Le bain de rouge Congo doit se conserver.
- Un bain acidulé fait tourner le rouge Congo en bleu. Ce phénomène physique se produit comme sur la teinture de tournesol, mais à l’inverse. Le tournesol devient bleu au contact d’un alcali quelconque et rougit l’acide.
- Donc, le rouge Congo reste rouge sur un bain alcalin et bleute sur un bain acidulé.
- Nettoyage et teinture des gants de peau.
- Le gant de peau se nettoie à la benzine ; ce article est fait par des spécialistes.
- Le gant est trempé quelques minutes dans une terrine de benzine et rincé sur un ou deux bains propres ; il est ensuite frotté à la main avec des chiffons propre en forme de tampon sur une baguette ; on l’étend ensuite sur une corde, une fois sec, on passe dans chaque doigt un fer tiède à tuyauter. Avec un litre de benzine légère on peut uettoyer vingt paire de gants environ.
- Teinture en noir des gants de peau.
- Les gants ayant déjà servis ne se retei-gnent pas en couleur; on ne les reçoit généralement qu’à teindre en noir.
- L’ancien procédé consistait en une application de bois de campêche avec un sel de fer quelconque ; ce procédé très primitif ne donnait pas de bon résultat,le gant déteignait, il était terne et mat, la peau devenait dure et, au bout d’un certain temps, jaunâtre.
- Aujourd’hui les spécialistes le font de la façon suivante :
- Le gant est d’abord collé, à l’entrée, sur un morceau de carton pour éviter l’introduction du bain dans l’intérieur du gant, qui doit rester blanc, la colle se prépare avec de la gomme arabique ou colle de pâte et alun; une fois collé et dépassant suffisamment l’extrémité de l’ouverture du gant, on l’entre dans un bain qui sert continuellement; ce bain est fait dans une retite barque de bois carré de 0m,30 de profondeur, 1 m. de long et 0m,50 de large environ et peut contenir cent paires de tringles ou barres en fer ou en bois, qui sont placées longitudinalement ou transversalement pour y placer les gants cousus ensemble sur le carton. Le bain est composé de :
- Acide pyrogallique.
- Sulfate de fer.
- On laisse séjourner plusieurs heures, même
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- du soir au matin, on retire, on laisse égoutter et sécher à l’air. En retirant du bain, le gant est gris et n’acquiert le noir qu’au bout d’un instant d’exposition à l’air. Il faut quelquefois les plonger à deux ou trois reprises, et cet inconvénient n’arriverait pas si les spécialistes nettoyaient les gants avant de les teindre.
- Lorsque le gant est sec, on le frotte au savon gras de Windsor ou autre sans odeur, ensuite il est essuyé fortement avec un chiffon de laine enduit du même savon.
- Le gant, bien essuyé, ne doit pas déteindre; plus il est frotté, plus il est brillant et souple. Si le carton est bien collé, le bain ne s’introduit pas dans l’intérieur du gant. On le décolle ensuite, on l’apprête avec un fer à tuyauter tiède. Ce nouveau procédé donne d’excellents résultats et ne coûte, par cent paires, que 25 fr. environ.
- Batifois.
- CReproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- ROSES et magentas a la fuchsine
- Nous allons aborder maintenant les roses obtenus par les produits d’aniline ; aussi, avant d’aller plus loin, nous ferons ici quelques observations générales sur les solutions colorantes. Ces remarques seront d’une utilité certaine pour lecteur.
- La dissolution des couleurs dérivées du goudron est une opération importante, qui doit être faite avec beaucoup de soin, et l’habitude qu’ont certains teinturiers de mettre le colorant dans le bain de teinture, sans l’avoir dissous préalablement, peut présenter de graves inconvénients.
- Cette dissolution doit être faite dans une eau, exempte de chaux, parce que celle-ci peut rendre le produit partiellement insoluble. Il faut donc l’effectuer de préférence dans
- de l’eau distillée, ou à son défaut, dans de l’eau de pluie filtrée.
- Si l’on est forcé d’employer de l’eau calcaire, il est absolument nécessaire de la neutraliser soit par de l’acide acétique ou de l'acide chlorhydrique, soit par tout autre moyen.
- Pour dissoudre la matière colorante, on la jette dans 100 parties d’eau bouillante, on maintient l’ébullition pendant quelques minutes, en ayant soin de remuer continuellement, puis, lorsque la dissolution est complète, on filtre.
- Il est toujours préférable de filtrer ; on évite ainsi en teinture bien des taches.
- Il est bon de ne pas préparer des solutions concentrées, surtout lorsqu’on se propose de les conserver pendant un certain temps.
- Quand elles se refroidissent, une partie du colorant, dissous par la chaleur, se précipite facilement. Il est nécessaire de faire bouillir les anciennes solutions avant de s’en servir. Le mieux est de les réchauffer en y introduisant de la vapeur ; de cette façon on évite le brûlage.
- Les solutions alcooliques se font dans la proportion de 10 gr. de produit pour 100 gr. d’esprit de vin. On chauffe en vase clos jusqu’à dissolution et on filtre.
- On doit opérer la dissolution des produits tinctoriaux dans un endroit spécial, clos, et éloigné des ateliers de teinture, principalement de celui où se font les couleurs claires.
- La fuchsine se dissout en eau bouillante dans la proportion de 8 à 10 gr. par litre. On se sert de la solution chaude et filtrée.
- Pour obtenir des nuances unies, ayant beaucoup de vivacité, il est nécessaire de préparer la laine comme nous l’avons indiqué dans les généralités sur les Roses. (Voir les numéros 21 et 22 du Moniteur de la teinture, pages 245 et 255.)
- La laine peut se teindre avec la fuchsine dans un bain d’eau pure, chaud, sans aucune addition de mordant. Mais, comme en industrie, il est très difficile d’avoir en quantité de
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- l’eau chimiquement pure, nous conseillons de mordancer légèrement le bain de teinture afin d’en corriger l'eau, et par cela même, d’en neutraliser les sels calcaires qui forment avec la fuchsine des résidus insolubles. Ces précipités de matière colorante occasionnent non seulement une perte de colorant, mais ils produisent aussi une teinture inégale.
- C.-E. M., chimiste coloriste.
- 'Reproduction interdite-).. (A suivre.}
- --------------—-ore-e2dCangemgee. - - — --
- PRÉPARATION D’UNE MATIERE COLORANTE
- DÉNOMMÉE STYROGALLOL A l’aide de l’acide GALLIQUE ET DU TANNIN
- Par M. Emile Jacobson, à Berlin.
- L’acide cinnamique et l’acide gallique se condensent avec la plus grande fluidité, en présence d’un agent déshydratant , suivant l'équation :
- CSHSCH=CH- CO OH [-CeH2(OH)3.
- CO OH-CIH1O5-1-2H20
- Dans les mêmes conditions, le tannin (acide digallique) engendre le même produit de con-Sensation.
- Exemple. - Un mélange de :
- Acide cinnamique....... 10 parties(l moléc.) » gallique............. 17 » (1 » )
- » sulfoniq. concentré.150 » est chauffé pendant 2 ou 3 heures au bain-marie à 45-55..
- La fusion colorée en rouge intense est versée dans une grande masse d’eau ; il se pré-cipite alors une poudre verte pâle, formée d’aiguilles microscopiques, qu’on lave à plu-sieurs reprises à l’eau bouillante aiguisée d’un Peu d’acide acétique.
- Le produit de la réaction, « styrogallol »,est Quasi insoluble dans la plupart des solvants neutres, à l’exception de l’alcool bouillant, de lacide acétique glacial et de l’aniline.
- Il cristallise de l’alcool en petites aiguilles Jaune clair, qui ne fondent pas encore à 360* et qui subliment a température plus élevée,
- presque sans décomposition , en aiguilles jaune orangé.
- Le styrogallol se dissout dans l’ammoniaque ou dans les lessives d’alcalis fixes en beau vert, passant au bleu, puis au rouge lorsque l’on chauffe.
- L’acide sulfurique concentré le dissout en jaune orangé ; à chaud, il l’oxyde avec déga--gement de gaz sulfureux.
- Traité par l’anydride acétique, le styrogallol se transforme en un dérivé triacétyle de la formule C22H1608 cristallisant en aiguilles concentriques jaune pâle.
- Le rendement en styrogallol,aussi bien avec le tannin qu’avec l’acide pyrogallique, atteint 90 à 92 0[0 de la théorie.
- Les nuances que produit le styrogallol ressemblent à celles que l’on obtient avec la ni-troalizarine ; suivant les mordants, elles sont jaune ou brunes, presque moires. Elles résistent absolument au savon. On peut transformer le styrogallol au moyen d’acide sulfurique fumant, de chlorhydrine sulfurique, etc , en acides sulfoniques; assez peu solubles dans l’eau froide, bien solubles dans l’eau chaude et qui teignent la laine en nuances jaune clair.
- PROCÉDÉ DE PRÉPARATION DE L’ACÉTONE
- Par H. de GROUSILLIERS, à Berlin.
- Objet du brevet :
- Préparation de l’acétone par distillation au moyen de vapeur d’eau surchauffée d’un mélange intime de bois (sciures de bois) et de chaux.
- Description :
- On mélange le bois aussi divisé que possible, le mieux en sciures avec de la chaux éteinte ou mieux en bouillie épaisse, dans la proportion de 50 à 80 parties de chaux supposée caustique pour 100 parties de bois. Plus le mélange est intime et homogène, meilleur est le résultat.
- On emplit une cornue avec ce mélange fa-
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- çonné en briquettes de forme quelconque ; on chauffe vigoureusement en même temps que l’on dirige dans le vase un courant de vapeur d’eau surchauffée. Les liquides condensés contiennent beaucoup d’acétone que l’on isole par les méthodes connues.
- Le résidu de la calcination peut être employé comme couleur noire.
- LES SOIES SAUVAGES (Extrait d’une Conférence faite devant l’Association pour l’avancement des sciences de Berlin.)
- Par le docteur O.-N. Witt.
- Sous le nom de soies sauvages, il faut entendre toutes celles qui sont fournies par d’autres larves que le « bombyx mori » (Linné), ver à soie domestiqué. Comme bien d’autres, l’industrie des soies sauvages remonte à des milliers d’années. Après un long temps de prospérité, elle est tombée, en Europe du moins, dans un oubli complet d’où l’on tente depuis quelques années de la tirer : un prochain avenir nous dira si ces tentatives aboutiront à la résurrection d’une grande et intéressante industrie.
- La soie du « bombyx mori » est bien connue : son histoire est plus complète que celle d’aucune autre fibre textile, depuis surtout que l’on a pu, aux textes des historiens et des chroniqueurs des pays d’Occident, opposer et comparer les indications plus complètes des livres et des traditions de l’Extrême-Orient. Nous savons ainsi que, depuis plus de7,000ans, la soie du ver du mûrier est connue, utilisée et manufacturée par des procédés qui diffèrent peu de ceux que nous mettons en œuvre de nos jours.
- Confinée depuis longtemps au cœur de l’empire chinois, l’industrie de la soie paraît s’être implantée vers le IV- siècle avant J.-C., d’abord au Japon, puis dans les Indes. Ce n’est qu'au II- siècle précédant notre ère, que les
- Grecs et les Romains reçurent, par l’intermédiaire des Parthes, les premiers tissus de soie véritable.
- Nous ne nous étendrons pas sur les détails que l’histoire nous a laissés, vérité ou légende, sur l’élevage des vers à soie dans les palais de l’empereur Justinien, puis dans l’île de Cos. Il nous suffit de retenir ceci : c’est qu’avant le IV- siècle, la Chine seule élevait le ver du mûrier et manufacturait la soie qu’il produit, la soie type.
- Cette constatation a son intérêt, car les littératures de l’Asie occidentale, la Bible, les inscriptions cunéiformes, les livres sacrés de l’Inde et nombre des documents antérieurs aux II- et IV- siècles avant J.-C., font mention de divers tissus qui ne peuvent avoir été composés avec les fibres végétales connues dans ces temps. La plupart des commentateurs — ainsi Luther dans sa traduction de la Bible — ont vu dans ces tissus des étoffes de soie ; et cependant nous savons que l’élevage du ver à soie a quitté l’Empire du Milieu vers 400 ans avant J.-C. seulement. Que conclure de ces faits, sinon qu’à défaut de la soie type, presque tous les peuples, dès la plus haute antiquité, ont filé la soie des divers saturnides fixés sur leurs territoires, la soie sauvage. Il n’est pas de pays où ne se rencontrent des papillons de nuit dont les larves s’enveloppent de cocons plus ou moins riches en soie. Lorsque l’on observe une chenille bâtissant son cocon, développant son fil et l’entre-croisant par un continuel va-et-vieut, on ne peut méconnaître l’analogie de ce travail avec celui du tisseur : quoi de surprenant à ce que les pre-miers peuples civilisés aient cherché à dévider ce fil pour en faire des étoffes.
- En Grèce et à Rome, on se servait des étoffes de Cos fabriquées avec de la soie du « bombyx otus. » Aristote nous a laissé une description assez circonstanciée du travail de cette soie, description que Pline a reproduite plus tard ; il nous apprend comment cette industrie fut créée par une jeune fille de Cos, nommée Pamphyle, comment le cocon était ramolli.
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- désagrégé, puis la fibre mise en fuseau et filée à la manière du lin.
- Dans les Indes, les soies sauvages étaient connues et employées dès les temps les plus reculés; les Hindous n’apprirent rien de véritablement nouveau lorsqu’ils furent initiés par les Chinois à la production de la soie du « bombyx mori ; » ce ne fut là qu’un perfectionnement apporté à une vieille industrie nationale, l'adjonction d'une espèce, dont la soie est plus belle et plus abondante, aux nombreuses variétés d’insectes à soie qu’ils utilisaient déjà.
- En Europe, au milieu des continuelles luttes de nations et de races, l'industrie des soies indigènes, des soies de Cos, est tombée dans l’oubli; seule, la soie du « bombyx mori» a continué, depuis son importation, à être mise en œuvre. Mais les peuples d’Extrême-Orient n’ont, à aucune époque, abandonné l’industrie des soies sauvages qui, dans les Indes et la Chine, prospère toujours à côté de l’industrie de la soie type. Certains peuples, à civilisation rudimentaire utilisent les soies sauvages suivant des procédés inventés très probablement dans le pays même.
- C’est ainsi que les Madécasses fabriquent, avec la soie du « borocera madagascarensis » (Bois-Duval), des étoffes connues sous le nom de « Lamba-Landy, remarquables par leur exceptionnelle solidité.
- On se souvient qu’il y a quelque dizaine d’années, des maladies, que l’on a attribuées à des micro-organismes parasitaires, ont failli anéantir la sériciculture européenne. Le mal fut rapide et si intense que l’on vit en peu d’années la production de la soie tomber de 60, 80 et même de 90 0(0. Devant ce désastre, l’attention de nos industriels se reporta de nouveau sur les soies sauvages.
- On avait oublié que, vers le milieu du XVIII siècle, un médecin allemand,Rumphius, attaché en qualité de botaniste à la Compagnie hollandaise des Indes orientales, avait décrit soigneusement plusieurs insectes producteurs de soie sauvage, notamment celui
- qui fournit la soie « Tussur. » Ce savant dit, dans son ouvrage devenu extrêmement rare : « Si nos nationaux (les Hollandais et les Allemands) s’entendaient mieux à travailler la soie, ils obtiendraient avec ces cocons des étoffes aussi belles que celles que produisent les Hindous. » Mais, nous l'avons dit, les travaux de Rumphius étaient tombés dans l’oubli, et la nouvelle découverte des soies sauvages, vers 1850-60, éveilla un grand mouvement d’intérêt et de curiosité. La France qui, de tout temps, s’est occupée avec prédilection de l’industrie de la soie, envoya des missions au Japon et en Chine pour y étudier la culture des producteurs de soies sauvages et en rapporter les semences; sous l’habile et énergique impulsion de Guérin-Méneville, l’acclimatation de ces espèces nouvelles fit de rapides progrès. On s’arrêta surtout à la chenille de l' « Ailanthus » qui fournit bien vite de beaux et nombreux cocons. Le succès de ces tentatives eut été complet si l'on ne s’était buté à une difficulté qui, aujourd'hui encore, n’est pas vaincue : la chenille de « l'Ailanthus » produit un cocon bien moins régulier que la chenille du mûrier, qu’aucune des anciennes machines n’arrive à dévider convenablement.
- Avant d’exposer l’état actuel de cette question, voyons quelles sont les méthodes d’élevage des différents vers à soies sauvages dans leur pays d’origine.
- C’est dans les Indes qu’on trouve le plus grand nombre d’insectes séricifères; on en a décrit plus de cinquante variétés qui produisent des cocons assez riches en soie pour être, au besoin, utilisés par l’industrie. En réalité, les indigènes ne recueillent qu’un petit nombre de ces cocons, parmi lesquels le plus important est celui de la chenille « Tussur » (d’un mot hindou, « tusuru », qui signifie « navette de tisserand). La chenille, comme le papillon, est de grande taille ; elle est extrêmement rustique et se nourrit indifféremment de plus de trente espèces de plantes; elle est très répandue par toutes les Indes.
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- Dans les jungles, on rencontre, attachés aux rameaux des arbres, d’assez gros corps de forme ovoïde ; ce sont les cocons du « Tus-sur », qui apparaissent deux fois dans l’année ; en effet, cet insecte passe par deux éuolutions complètes dans l’espace d'un an, et ce n'est pas là un petit avantage sur le « Bombyx mori », qui n’évolue qu’une fois par an. La chenille « Tussur » vit pendant 30 à 40 jours, puis elle tisse son cocon. Après 4 à 6 semaines, en sort les papillons, dont les œufs fournissent une deuxième génération de chenilles. Celles-ci s’enveloppent à leur tour et leur cocon reste suspendu aux arbres, durant la saison des pluies, c’est-à-dire pendant 7 à 8 mois, avant que le papillon n’en sorte.
- Le cocon «Tussur » est extrêmement régu-lier de forme, enuiron 3 à 4 fois aussi gros que celui du ver du mûrier. Il se compose d’un fil double, ininterrompu, d’environ 1,400 mètres de long, qui se dévide facilement depuis qu’on a appris à le débarrasser du grès dont il est imprégné. Ce grès se compose à peu près uniquement d’urate acide de sodium, et il suffit, pour le dissoudre, de traiter le cocon par une lessive alcaline. Une pareille opération serait impossible avec la soie ordinaire, et ceci nous montre déjà que la soie « Tussur » doit avoir une autre composition.
- Depuis des milliers d’années, la chenille « Tussur dst domestiquée dans les Indes. On la rencontre, il est vrai, à l’état sauvage dans les jungles ; mais à l’entour des villages elle est élevée et soignée. Son élevage est même réglementé par de nombreux préceptes religieux qui documentent la haute antiquité de cette industrie. Le papillon « Tussur » est un gros insecte de couleur brun-cuir ; ses ailes sont historiées de quatre yeux transparents à bordure violette, signes sacrés, marques du dieu Wishnou. Ce papillon est par suite un être vénéré, un « Mahadheva », protégé par le dieu de la terre, que seuls doivent approcher et servir les individus d’une certaine
- caste, soumis, durant la période de l’élevage, à une foule de lavages, de fastes et de cérémonies rituelles. Lorsque les cocons sont achevés, on les rassemble, et, après un sacrifice au dieu protecteur, brebis, coq ou cochon, la récolte est rentrée au village.
- Il n’en est pas ainsi des autres séries de séricifères. Leurs cocons sont, en général, récoltés dans les jungles. L’espèce la plus intéressante est l’ « Attacus cynthia, voisine de celle qu’on a essayé de domestiquer en Europe sous le nom de chenille d’ « Ailan-thus ; cette chenille vit sur le ricin et fournit un cocon généralement blanc. En Assam, on trouve une chenille, le « Mbga » (Antherœa assama), dont les cocons sont fort beaux. Sur le mangolier, essence très abondante dans la presqu’îile hindoue, vit une chenille, « Cri-cula trifenestra », qui file un cocon très particulier, d’une couleur d’or métallique, de forme irrégulière. Ce cocon est souvent si abondant que l’arbre en paraît entièrement recouvert.
- En Chine, il existe des séricifères analogues, dont le plus important, F « Antherœa Pernyi », est régulièrement élevé dans la province de Se-Tschuan ; en le préservant des oiseaux et des souris, cet insecte fournit des récoltes abondantes.
- Il est difficile de se procurer des cocons authentiques de ces espèces, parce que les Chinois les désagrègent et les dévident eux-mêmes : ils utilisent aussi le cocon de F « Attacus atlas », le plus beau et le plus grand de tous les papillons, nuancé des plus vives couleuuss. Ce papillon file un cocon énorme, couvert aux deux bouti d’une soie très abondante connue sous le nom de « soie Fagara ».
- Au Japon , nous avons la chenille de F « Ailanthus »; puis le merveilleux Yamamaï, qui fournit une soie vert- pomme du plus bel éclat, et si estimée que, jusqu’en ces derniers ans, elle était réservée pour l’usage exclusif du Mikado et que la peine de mort menaçait quiconqus eût exporté des œufs d'Ya-mamaï. On commence à cette heure à cultiver
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- cette espèce dans le Midi de la France, où l’on fonde sur elle de grandes espérances.
- Presque tous les pays ont leurs séricifêres spéciaux, moins connus que ceux dont nous venons de parler, parce qu’ils n’ont jusqu’ici aucun intérêt industriel ; mais en présence de " la demande de jour en jour croissante du marché européen, on peut prévoir que bientôt 4 d’autres pays apporteront leurs soies spé ciales pour la couvrir. (A suivre)
- EXPOSITION DE MELBOURNE
- L’avis suivant émane du ministère du commerce et de l’industrie :
- Le gouvernement français vient de décider i la participation officielle de la France à l’ex-position internationale séculaire qui doit s’ouvrir à Melbourne (Australie) le 1er août 1888, et a confié les fonctions de commissaire général au consul de France à Melbourne.
- A la suite d’une entente avec le gouverne-ment français et le gouvernement de Victoria, le délai pour la production des demandes d’ad-mission présentées par les exposants français a été prorogé du 1er janvier au 1er mars 1888. Ces demandes devront être adressées le plus tôt possible au ministère du commerce et de industrie (direction du personnel et de l’en-seignement technique, bureau du personnel et du secrétariat, 80, rue de Varennes); elles de-vront être écrites très lisiblement sur des for-mules spéciales, qui sont déposées au minis-lere du commerce et de l’industrie et qui seront envoyées par la poste aux personnes qui en feront la demande.
- Les industriels français qui auraient déjà adressé directement leurs demandes d’admis-sion soit aux commissaires exécutifs de l’ex-Position à Melbourne, soit à l’agent général du gouvernement de Victoriat, à Londres, de-"ront faire parvenir sans retard des « dupli-cata » de ces demandes au ministère du com-merce et de l’industrie (direction du personnel et de l’enseignement technique, bureau du Personnel et du secrétariat, 80, rue Varennes).
- PERFECTIONNEMENT
- DANS LA PREPARATION DU SEL DE SOUDE
- OU DU BICARBONATE DE SODIUM
- Avec la soude brute du procédé Leblanc ou avec le sulfure de sodium brut, ou avec le bicarbonate de sodium brut du procédé à l’ammoniaque. Par Nicl. Mathieson et Josef. Hawliczek, à Liverpool.
- Objet du brevet :
- Addition aux lessives d’où l’on précipite le bicarbonate de sodium par l’acide carbonique, de dissolution de sulfate ou de chlorure de sodium qui favorisent la séparation du bicarbonate.
- Description :
- Si l’on ajoute à la dissolution d’un chlorure ou d’un sulfate alcalin, convenablement concentrée, une lessive du soude brute (du pro cédé Leblanc) ou une liqueur de sulfure de sodium, et que l’on dirige dans ce mélange un courant de gaz carbonique, presque toute la soude réduite, — la soude à l’état de sulfures, exysulfures, etc., — se sépare à l’état de bicarbonate par cristallin, que l’on sépare très facilement par le filtre à vide de la liqueur de sulfate ou de carbonate.
- Le bicarbonate recueilli est lavé, sur filtre, avec une petite quantité d’eau froide : il est alors quasiment pur.
- Pour le traitement des lessives brutes de soude Leblanc, nous employons des solutions à 16-19 0[0 de chlorure de sodium.
- Pour traiter les sulfures de sodium bruts, on les dissout directement dans des liqueurs salées de la concentration ci-dessus (16-19 0[0 N a Cl).
- On traite, dans l’un et l’autre cas, par un courant de gaz carbonique. Ce gaz précipite d’abord certaines impuretés (chaux et oxydes métalliques divers) : aussi convient-il d’interrompre le passage du gaz lorsque l’on s’aperçoit, à eertains signes, que la précipitation du bicarbonate est imminente : on filtre alors, puis on traite par CO2 jusqu’à parfaite séparation de Na H. CO3.
- Le principe de ce procédé s’applique égale-
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- ment à la purification de la soude à l’ammoniaque. Le bicarbonate brut est légèrement calciné ; l’ammoniaque et le gaz carbonique qui se dégagent sont recueillis pour servir à des opérations ultérieures. On reprend le produit formé en grande partie à l’état de carbonate neutre par une eau salée à 16-19 0[0 NaCl et l’on traite celle-ci, comme précédemment, par le gaz carbonique.
- Les mêmes liqueurs de chlorure ou de sulfate de sodium peuvent servir en grand nombre de fois à la purification des soudes brutes ; on y rajoute les eaux de lavage de bicarbonate précipité, concentrées au préalable.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Roubaix.— Formation de la Société en nom collectif Pierre Catteau, apprêt des tissus, rue Pellart, 156. — Durée : 9 ans. — Acte du 2 juillet 1887, modifié par un autre acte du 12 novembre suivant , lequel stipule que M. Catteau retire de la Société la jouissance de l’établissement de la rue Pellart, 156, et que son seul apport consiste dans une somme de 30,000 fr.
- Marseille. — Formation de la Société en nom collectif Lardet et veuve Laffiite, teintures et dégraissages, rue Grignan, 18.- Durée : 10 ans. — Cap. : 100,000 fr.— Acte du 25 novembre.
- Valenciennes. — Formation de la Société en nom collectif Daniaux et Cie, Teinturerie du Vert-Gazon. — Durée : 10 ans. — Cap. : 26,000 fr. — Acte du 19 novembre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Gehret (César) et Loubet père (impression sur étoffes), rue Garibaldi, 27. — Dnrée : 2 ans. — Cap. : 5,000 fr. ~ Acte du 30 nov. 1887.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Elbeuf. — Dissolution, à partir du 25 no
- vembre, de la Société E. Martin fils et Cie, teinturiers, rue des Bains, 2, 4, 6 et 7,— Ltquid. : les deux associés, MM. Martin et Cerfon. — Acte des 11 et 15 novembre.
- Cambrai — Dissolution, à partir du 26 novembre, de la Société Bricout, Défossez et Picard, teinture et apprêt des tissus. —Acte du même jour.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Magnina vendu à M. X..., rue Rougemont, 5, chez M. Rouget, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Londres, 44.
- M. Cluchet a vendu à M. Douriaux, rue de Lancry, 32, chez M. Bauzier, de suite, un fonds de teinturerie, rue Froissart, 4.
- Mlle Oudet a vendu à M. X..., rue Réau-mur, 80, chez MM. Tulet et Perrier, 10 décembre, un fonds de teinturerie, rue du Temple, 157.
- M. Gros a vendu à M. Régniez, boni. de Sébastopol, 73, chez M. Caille, 1er décembre, un fonds de teinturerie, rue Sainte-Anne, 14.
- M. Tissier a vendu à M. X..., rue Montmartre, 12, chez M. Petitjean, de suite, un fonds de teinturerie, rue Bleue, 16.
- COMPAGNIE UNIVERSELLE Dü CANAL INTEROCÉANIQUE DE PANAMA
- Société Anonyme au capital de 300 millions.
- En exécution d’une décision du conseil d’administration en date du 27 décembre 1887, MM. les actionnaires sont convoqués en assemblée générale pour le samedi 28 janvier 1888, à deux heures très précises, salle de la société nationale et centrale d’horticulture de France, 84, rue de Grenelle-St-Germain, à l’effet de recevoir com munication du programme des travaux pour l'ou: verture à la grande navigation, en 1890, du canal interocéanique et d’approuver les voies et moyens.
- Pour assister ou se faire représenter à l’assemblée, les actionnaires, propriétaires de vingt actions doivent justifier, rue Caumartin, 46, à Paris, du dépôt de leurs titres dans la caisse centrale, ou chez un des correspondants de la compagnie: Cette justification doit être faite au moins cinq jours avant la réunion.
- Le Secrétaire général,
- H. Boudet
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- 32’ Année, IV 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Janvier 4888
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- LA COMPOSITION DES TISSUS.
- COULEURS D’ANILINE SOLUBLES.
- LE BOIS DE SANTAL.
- LES SOIES SAUVAGES.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- fo enrl
- © Gl
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE A COURANTS INVERSÉS Par M. Mœglin.
- L’appareil décrit par M. Mœglin a pour but de réaliser la teinture uniforme des matières textiles au moyen de courants alternatifs de haut en bas et de bas en haut, de dehors en dedans et de dedans en dehors, que la matière soit en poil ou à l’état brut, en fils sur pochets ou canettes, en écheveaux, en rubans peignés.
- Dans le dernier cas,que semble viser spé-cilaement le breveté, la broche métallique, sur laquelle est passée la bobine, est ajustée au centre d’un plateau fixe, le corps de la bro. che est cannelé extérieurement suivant des rainures héliçoidales et perforé de trous débouchant dans ces cannelures.
- A la partie supérieure, un disque en bois, en bronze phosporeux, en cuivre, en caout-chouc ou autre matière convenable, presse, sur la bobine de préparation et se trouve maintenu dans une chambre ménagée de ma-nière à assurer une fermeture hermétique entre la broche et la paroi intérieure du plateau.
- Les perforations de la broche déterminent
- des courants horizontaux tandis que les cannelures héliçoidales dirigent les liquides verticalement ; il en résulte une pénétration intime et rapide des bobines.
- Afin d’obtenir des nuances régulières, M. Mœglin utilise, par les mises successives d’une même partie, un bain préparé en une fois. Les broches, disposées en batteries dans les cuves de teinture et reliées aux conduites d’amenée et d’évacuation au moyen de robinets ou de valves, permettent à un seul ouvrier de traiter 7 à 800 kilogrammes de matière par jour.
- HUMIDIFICATION DES ATELIERS Par M. Kœchlin.
- Pour humidifier l’atmosphère des salles de filature et de tissage, il est habituellement fait usage d’appareils pulvérisateurs, placés d’une façon invariable en différents points des locaux. L’inconvénient de cette méthode est de saturer exclusivement l’air ambiant dans la zone qui entoure l'appareil, sans humidifier le reste de la salle.
- M. Kœchlin a imaginé de rendre mobile le pulvérisateur et de lui faire parcourir automatiquement un circuit déterminé. A cet effet, l’appareil est monté sur wagonnet.
- La commande du pulvérisateur et les déplacements du wagonnet sont produits par une machine dynamo-électrique réceptrice. La dernière, fixée au wagonnet, est actionnée
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- par une dynamo-génératrice, avec laquelle elle communique au moyen des rails métalliques qui portent le wagonnet.
- TIMBRE-ROULE A U POUR DESSINS DE BRODERIES ET DE DENTELLES
- Par M Kaiser.
- Pour dessiner les broderies sur les étoffes ou les dentelles, sur les « patrons » servant à guider la pose des épingles, on s’est servi jusqu’ici de timbres ordinaires que l’on applique sur les pièces, l’un au bout de l’autre. L’opération est délicate et longue.
- Le timbre décrit par M. Kaiser est formé d’un manche en bois, ou autre matière, portant une fourchette métallique à deux branches. Entre les branches est monté un rouleau en bois ou en métal tournant autour d’une tige centrale. L’une des extrémités de la tige se termine en vis et prend dans une vis femelle de la fourchette, l’autre extrémité est munie d’un bouton de serrage. Le rouleau est enveloppé d’une bande de caoutchouc collée ou clouée, portant en relief ou en creux le dessin à imprimer.
- A la naissance de la fourchette se place un réservoir avec couvercle à ressort; dans le réservoir, une bande de drap transmet au timbre, par capillarité, la matière colorante nécessaire à l’impression.
- « IMPERMÉABLE UNIVERSEL » Par Mme Vve Orlay
- L’acétate d’alumine a été employé depuis longtemps déjà pour rendre les tissus imperméables, mais ce sel d’alumine à l’état pulvérulent, se détache sous l’action des frotte -ments , auxquels sont nécessairement soumises les étoffes.
- Mme Orlay s’est proposé d’y remédier en ajoutant à l’agent imperméabilisateur, un vernis insoluble et non poudreux, qui n’obstrue pas les entrelacements du tissu. Ce substratum insoluble est appliqué à sec et à chaud après le passage dans les bains d’acétate d’a
- lumine, de savon d’alun et après séchage à l’étuve, à la température de 30°.
- Le bain de savon se compose d’une solution de savon, de paraffine et de résine. Le bain d’alun se prépare à 4 0[0. Pour les toiles, le bain d’acétate d’alumine doit être précédé d’un bain à la noix de galle, bien connu des teinturiers.
- Après ces préparations, l’étoffe est posée sur une plaque métallique chauffée entre 36 et 40 degrés ; elle reçoit alors la dernière préparation, composée de :
- Paraffine................. 60 grammes.
- Cire...................... 30 —
- Vaseline.................. 15 —
- On peut ajouter, suivant la couleur à obtenir, un savon métallique tel que savon de fer, de cuivre, de zinc, etc. Le procédé est également applicable aux papiers, aux cuirs,aux cordages.
- ROULEAU EXTENSEUR DE TISSUS Par M. Berthelet.
- Il existe de nombreux systèmes de rouleaux servant à étendre les tissus, à effacer les plis qui se forment au lavage après blanchiment ou après teinture.
- M. Berthelet revendique la disposition d’un rouleau de ce genre qui, au lieu d’être entraîné par l’étoffe, tourne sous l’action directe de la transmission ou d’une manivelle à bras.
- MACHINE ÉTIREUSE DE LA LAINE BRUTE Par M . Dubois .
- L’appareil a pour but d’écraser les chardons pendant l’étirage et se compose d’une série de cylindres horizontaux, superposés par paires ; le premier couple sert à l’alimentation et présente des cannelures périphéri ques, destinées à assurer la prise des fila-ments. A la suite, trois paires de cylindres étireurs sont munies de garnitures élastiques, caoutchouc ou substance analogue, pour aug' menter l’adhérence des fibres sans arrêter les corps durs étrangers.
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- Dans son passage entre ces cylindres successifs, la laine s'allonge, se parallélise tandis que les chardons, les pailles se trouvent écrasés et détachés. Deux dernières paires de cylindres complètent la préparation et sont suivies de volants à ailettes, destinés à détacher la laine.
- LES INVENTIONS BREVETEES
- 182481. 2 mars 1887 ; Lepaulard et Christophe. — Procédé de mordançage pour teinture instantanée inaltérable et imperméable des étoffes en général, des cuirs, corne, cor-rozo et autres substances.
- 182505. 10 mars 1887; Tessier et Allion. — Perfectionnements aux fouleries dit faitagé combiné.
- L’objet du brevet est caractérisé par la combinaison de diverses paires de rouleaux dont les générateurs de contact sont diposées dans des sens divers, par exemple, les unes horizontales les autres verticales ou inclinées sous divers angles et foulant successivement le tissu.
- 182689. 7 avril 1887; Vandewynchele. — Appareil de lessivage à double circulation.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- LU TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.}
- V ELOURS DE SOIE ou DE COTON RETEINT, VELOURS D'UTRECHT POUR AMEUBLEMENT, RETEINTS ET gaufrés ou frappés avec dessins différents.
- Le velours reteint, gaufré ou frappé, est une des plus belles applications que l’on ait faite pour pouvoir utiliser les vieux vêtements et confections, d’ameublements, etc., velours d Utrecht, velours de soie, velours tramé, ven
- Jours tout coton; les dessins variés de tous les styles charment la vue et font à peu près l’effet du velours neuf.
- Ces dessins, d’un genre nouveau, dissimulent les éraillures, les accrocs, les places détruites par les vers.
- Ce gaufrage est fait par un procédé de M. Losserand, spécialiste pour teinturiers et les théâtres. Pour être frappé, l’article doit être défait.
- CYLINDRAGE.
- Le cylindrage comprend l’apprêt des services de table, damassés ou autres, toiles à matelas, doublures de percale, de cretonne pour ameublements, taies d’oreillers, traversins, en un mot, tous les articles de toile, de calicot, de cretonne défaits ; il est fait sur une machine composée de trois cylindres assemblés sur des bâtis, la pression est donnée par des leviers. Le cylindre du milieu est en fonte et chauffé par le gaz, la vapeur ou des boulons ; les deux autres, supérieur et inférieur, sont formés de rondelles en papier superposées. La vitesse est environ de 15 mètres à la minute.
- On peut cylindrer à froid ou à chaud ; le cylindrage à froid donne un apprêt mat et uni ; il est préféré par beaucoup de maisons de Paris. Pour obtenir du brillant, on cylindre à chaud.
- Avant de passer au cylindre, les articles doivent être légèrement arrosés, c’est-à-dire très régulièrement humectés.
- Glaçage.
- Quelques maisons font encore du glaçage sur les housses ; les costumes de toile, coton, sont faits garnis de volants, de plissés, etc., à la main, par l’ancien système, qui consiste en une roulette de verre fixée sur une monture verticale en bois, qui s’appuie sur une planche faisant ressort, placée au plafond de l’atelier. La main-d’œuvre de cette manière de faire étant très coûteuse, a été remplacée par un même mouvement mécanique qui avance à peu près du double que'fait ala
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- main. Le mouvement de va-et-vient de la roue de verre est obtenu par le moyen d’une bielle actionnée par un plateau portant un bouton de manivelle.
- Le glaçeur peut travailler assis et peut changer à volonté les places de l’étoffe à glacer qui est placée sur une tête de turc mobile ; une pédale est à sa portée, qui lui permet de lever ou de baisser à volonté la tablette sur laquelle est placée l’étoffe, pour obtenir plus de pression sur le tissu.
- Un ouvrier travaillant à la main ne peut faire que 15 à 16 housses ordinaires par jour, tandis qu'an glaçoir à la vapeur, il peut en faire le double. Avis aux intéressés.
- (Reproduction interdite. )
- Batifois.
- (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- Les roses et magentas se font avec la fuschine ordinaire, en une seule opération.
- Dans une barque bieu propre, où on a eu le soin de faire bouillir préalablement un bain d’acide muriatique très dilué, afin d’en retirer toute coloration étrangère, on met une quantité d’eau proportionnelle au poids des étoffes à teindre On mordance de l’une des façons qui suivent, puis on fait successivement deux fois le bain. Pour les détails de l’opération, nous prions le lecteur de bien vouloir se reporter au numéro 23 du Moniteur de la teinture.
- Lorsque le bain a été affranchi, c’est-à-dire bien épuré, rendu parfaitement homogène, par deux passages de pièces destinées pour nuances foncées, on le mordance définitivement. On entre les pièces disposées pour rose à 40° environ, et on élève progressivement la température du bain jusqu’à 600. On teint à la température jusqu’à la nuance demandée. On abat au large, on évente et on lave dans une eau très propre.
- Voici les proportions des différentes mé
- thodes employées pour le mordançage roses et magentas à la fuschine :
- des
- Première méthode.
- (Pour 100 kil. de laine.)
- 1er passage. — 5 kil. de sel marin.
- Faible quantité de fuschine.
- 2e passage. — 4 kil. de sel marin.
- Faible quantité de fuschine.
- Bain de teinture. — 2 kil. de sel marin.
- Quantité nécessaire de fuschine pour obtenir la nuance voulue.
- Deuxième méthode.
- (Pour 100 kil. de laine.)
- 1er passage. — 12 kil. de savon de Marseille.
- Faible proportion de fuschine.
- 2e passage. — 9 kil. de savon.
- Faible proportion de fuschine.
- Bain de teinture. — 6 kil. de savon.
- Quantité nécessaire de fuschine pour obtenir la nuance désirée.
- Troisième méthode.
- (Pour 100 kil, de laine.)
- 1er passage. — 10 kil. de sulfate de soude.
- . Faible proportion de fuschine.
- 2e passage. — 8 kil. de sulfate de soude,
- Faible proportion de fuschine.
- Bain de teinture. — 5 kil. de sulfate de soude.
- Quantité voulue de fuschine pour arrivera la nuance demandée.
- Quatrième méthode.
- (Pour 100 kil. de laine.)
- 1er passage. — 10 kil. de sulfate de magnésie.
- Petite quantité de fuschine.
- 2e passage.—6 kil. de sulfate de magnésie-
- Petite quantité de fuschine.
- Bain de teinture. — 3 kil. de sulfate de magnésie.
- Poids nécessaire de fuschine pour obtenir la nuance voulue.
- On comprendra que nous ne pouvons paS "indiquer de proportions pour la fuschine
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- même dans les passages de pièces servant à faire le bain. Le colorant doit être mis dans les bains préparatoires, comme dans le bain de teinture définitif, en quantité relative à l’intensité du rose obtenir. La fuschine, lorsqu’elle est pure, a un pouvoir tinctorial considérable ; il faut donc garnir prudemment.
- La chaleur fait descendre la fuschine; aussi quelques bons praticiens conseillent-ils de laisser refroidir les pièces dans le bain même. On épuise ainsi plus complètement le bain.
- De cette observation il résulte, par conséquent, que l’on chauffe lorsqu'on est trop foncé en fuschine, et que, quand on est un peu plus clair, on cesse de chauffer jusqu’à ce qu’on ait atteint la nuance demandée.
- Les bains de fuschine ne s’épuisent jamais entièrement. On doit les conserver pour s’en servir une seconde fois en les remontant. Quand le bain de teinture est encore trop chaud pour entrer immédiatement une nouvelle passe, on en vide un peu, on remplit avec de l'eau froide et on garnit de nouveau.
- Nous avons expliqué, dans le dernier chapitre (roses à la rougeur), les avantages qu’il y avait à conserver les bains de rose ; nous ^ajouterons que ceci : c’est que, non seule-aient le prix de revient se trouve ainsi réduit, mais encore, c’est que la seconde passe et les suivantes sont plus belles que la première.
- Les roses et magentas sont rendus plus vifs et plus brillants par l’addition, en quan-tité pour ainsi dire atomique, de l’un des jau-nes suivants :
- Jaune de naphtol, jaune d’or, jaune so lide, etc. Ils sont ternis avec une très faible Quantité de carmin d’indigo.
- Pour éviter les taches de matière colorante, Produites par de tous petits cristaux, qui sont toujours en suspension dans l’atmosphère d’un atelier de teinture, il est bon d'envelopper de folles spéciales, bien propres, les pièces des-tinées à être teintes en rose.
- C.-E. M., chimiste coloriste. (Reproduction interdite.) (A suivr),
- Procédé pour reconnaître
- LA COMPOSITION DES TISSUS
- Il existe plusieurs méthodes pour déterminer qualitativement et quantitativement les matières de diverses natures qui entrent dans la constitution des étoffes. Voici un ensemble de renseignements qui pourront être consultés d’une façon fructueuse.
- Chacun sait que les matières textiles en général, se classent en deux grandes catégories, qui sont : l0 matières textiles du règne animal ; 2. matièras textiles du règne végétal. Cette distinction de provenance donne tout d’abord un moyen efficace de reconnaître si un tissu quelconque est composé de fil d’origine végétale ou animale, ou d'un mélange de fils de ces deux natures. Il suffira d'éffiler un morceau de trois à cinq centimètres et de brûler chaque brin isolément à la flamme d’une bougie Les fils d’une nature animale, tels que ceux en laine, chèvre, alpaga, etc., produiront un charbon spongieux, boursoufflé et laissant une cendre relativement abondante ; l’odeur caractéristique de cette combustion est celle de la corne brûlée. Les fils de nature végétale, tels que ceux en coton et substances similaires, brûlent, au contraire, avec une flamme vive, sans résidu appréciable après combustion complète et presque sans odeur.
- Uu autre moyen d’appréciation consiste à faire bouillir pendant quelques temps dans de l’acide azotique ou de l’acide nitrique, un fragment de l’étoffe qu'on veut vérifier. Le résultat indique à quels textiles on a affaire. En effet, sous l’influence du réactif, la soie se trouve colorée en jaune clair, la laine en jaune plus foncé ; le coton, le chanvre restent blancs. D’un seul coup d’œil, on est donc éclairé.
- Mais la curiosité des intéressés peut ne pas vouloir s’arrêter là, surtout pour les tissus employés à l’habillement, qu’il est utile de pouvoir apprécier au point de vue de leur qualité réelle. Dans la variété des lainages, par exemple, il se trouve une quantité énorme de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tissus qui passent pour être faits de laine pure, trndis qu’en réalité ils contiennent une quantité plus ou moins grande de laine artificielle, de coton, de ramie ou d’autres matières. Souvent la fabrication est si parfaite et les étoffes si bien apprêtées qu’à première vue la distinction devient très difficile, même pour les plus expérimentés.
- Dans la plupart des cas, il est suffisant de pouvoir se rendre compte de l’existence du coton et des matières frauduleuses dans un tissn de laine ou de soie. L’expérience de la çombustiun pouvant être douteuse parfois, à cause du retordage d’un brin de laine avec un brin de coton, par exemple, ou encore du mélange intime de ces substances, avant la filature, il sera préférable d’employer la méthode suivante :
- On verse dans une capsule allant au feu, ou dans une éprouvette de verre, une solution de soude caustique dans laquelle on plonge l’échantillon à éprouver; cette solution est amenée à l’ébullition à la flamme d’une lampe à alcool. Toutes les matières animales se dissoudront entièrement, tandis que les fibres végétales resteront inattaquées et pourront se recueillir sur un filtre.
- La solution de soude caustique peut se préparer de la façon suivante : on prend une certaine quantité de soude calcinée, marquant 95 à 98°, qu’on dissout dans douze fois et demie son poids d’eau, et on porte cette dissolution à l'ébullition dans un vase en fonte. Au préalable, on pourra préparer un lait de chaux assez clair avec de la chaux vive fraîche et on en versera peu à peu dans la lessive bouillante. Un échantillon prélevé sur celle-ci et filtré ne devra plus entrer en effervescence au contact d’un acide pour que cette lessive soit à point.
- Pour déterminer d’une façon précise la quantité de chaque matière qui entre dans la composition d’une étoffe, il faudra recourir à une analyse quantitative qui, il est vrai, demandé’déjà une certaine pratique, mais
- qu’on acquiert rapidement après quelques essais.
- Après avoir lavé soigneusement au savon, on rincera à l’eau claire, afin d’en enlever toute trace de substance, un morceau de l’étoffe à analyser; puis on séchera complètement. L’opération pourra se faire sur un morceau de tissu de cinq grammes ; ce poids suffit pour obtenir des résultats certains.
- Cet échantillon sera plongé dans une éprouvette remplie au tiers avec de la soude caustique, et en la tenant avec précaution au-dessus d’une flamme quelconque on amènera peu à peu le mélange à l’ébullition. Dès les premières secondes, les matières animales auront été dissoutes et on versera le contenu de l’éprouvette sur un filtre qui pourra s’improviser en plaçant une feuille de papier non collé, sur un verre ordinaire. La lessive coulera rapidement à travers le titre en y laissant toutes les fibres végétales. De l’eau pure versée ensuite, en quantité, éliminera entièrement la soude coustique imprégnant la matière du filtre; celui-ci est réuni et séché vigoureusement en ayant soin qu’aucune partie du filtre ne se perde, car on comprend que les résultats obtenus ne seraient plus exacts.
- Si le morceau d’étoffe a pesé 5 gr. et si le résidu du filtre a été de lg,5 en poids, on saura qu’il y avait dans le mélange 3g,5 = 7 p. c. de laine ou matière textile animale, dissoute par la lessive et lg,5 = 30 p. c. de coton ou autre matière textile végétale, restée sur le filtre. L’exactitude de cette méthode ne laissera rien à désirer après une pratique de quelques analyses ; elle se recommande par sa simplicité de préférence à toute autre.
- Voici maintenant un moyen de reconnaître en une seule opération un tissu composé de coton, soie et laine.
- Une solution de cuivre ammaniacal (liqueur de Schœnbein) dissout non seulement le coton, mais encore la soie ; seulement la dissolution, qui est rapide pour le coton, est lente pour la
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- soie. Il suffit de laisser tremper l’étoffe pendant une demi heure au contact de l'ammo-niure de cuivre, et tout le coton sera dissous; plongez-la de nouveau pendant un jour, et toute la soie se séparera ; le reste sera de la laine.
- S'il s’agit de reconnaître une étoffe de laine d’un tissu de fibres textiles coton, lin, chanvre, etc., on se sert d’une solution d’oxyde de cuivre ammoniacal qui dissout la cellulose pure des fibres végétales et n'a aucune action au contraire sur les fils de la laine.
- COULEURS D ANILINE SOLUBLES
- DANS LA BENZINE
- Procédé A. Muller-Jacobs
- Les précipités formés par les sels métalli-ques (alun, sulfate de zinc, etc.), dans les solutions de savons de résine, entraînent avec eux les matières colorantes qui se trouvent dissoutes dans la liqueur en même temps que le savon. Ceci s’applique surtout aux matières colorantes dérivées du goudron de houille à caractère basique, telles que la fuschine, la safranine, le violet de Paris, le vert malachite, etc. On obtient ainsi des savons métalliques, résinates d’alun, de zinc, colorés, qui offrent 1^ propriété de se dissoudre avec leur couleur dans les solvants neutres comme la benzine, le chloroforme, l’éther, le sulfure de carbone, et peuvent servir à la coloration de vernis à l huile, de solutions de caouchouc, etc.
- Voici un exemple de préparation d’un savon coloré de ce genre.
- Dans une marmite à double fond de vapeur, on introduit :
- Colophane, Eau, Soude cristallisée (cristaux de soude),
- Hydrade de sodium (solide ?)
- 30 livres.
- 200 —
- 1
- 10 —
- 3 —
- On poursuit l’ébulition jusqu’à ce qu’il se soit produit une dissolution claire. On étend
- ensuite, dans un bac en bois avec 100 litres d’eau et on ajoute de 1 à 5 livres d’une couleur d’aniline, dissoute, suivant nature, dans l’eau ou dans l’alcool. On verse maintenant, peu à peu, dans la liqueur, la solution du sel métallique, jusqu’à ce que la masse soit devenue épaisse et cesse d’écumer par l’agitation.
- Il faut pour cela :
- Sulfate d’alumine, environ 7 livres 1/2 Sulfate de zinc, 10 livres.
- Le précipité fortement coloré est recueilli sur filtre. Il peut être employé à l’état de pâte lavée, pour couleur d’impression, soit pour étoffes, soit pour papiers peints.
- Pour les autres emplois indiqués ci-dessus, on sèche à une température qui ne doit pas dépasser 50° centigrades. Il est alors facilement solubles dans les solvants neutres, benzine, sulfure de carbone, etc., auxquels il communique sa brillante coloration.
- PROCEDE
- Pour transformer en matière colorante soluble DANS l’eau LE PIGMENT DU BOIS DE SAN-
- TAL OU DES AUTRES BOIS DES ILES CONTENANT de la santaline. Par le Dr. Alb Zander, à Koenigsberg.
- Le brevet a pour objet la solubilisation de la matière colorante insoluble du bois de santal et des autres bois analogues (bois de Ca-liatour, bois de Madagascar, Barwood, Cam-wood) (1) en traitant l’extrait sec de ces bois
- (1) Pelletier a isolé du bois de santal (Pte-rocarpus santalimus'), qui croît dans l’archipel de la Sonde, dans l’Inde (notamment sur la côte de Coromandel), dans l’ile de Ceylan et sur la côte occidentale de l’Afrique, environ 17 pour cent d’un pigment rouge, la santaline. Cette matière colorante est une poudre cristaline, insoluble dans l’eau froide, à peine dans l’eau bouillante, soluble dans les alcalis caustiques, l'alcool, l’éther, etc.
- La santaline paraît également former le principe colorant des espèces suivantes : bois de Caliatour ou Cariatour, originaire de l’Inde et de l’île de Ceylan, variété du Pieroc. san-
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- par l’acide sulfurique concentré ou fumant, soit à chaud, soit à la température ordinaire.
- Description :
- L’extrait des bois ci-dessus, à peu près insoluble dans l’eau, est bien séché, finement pulvérisé et traité par l’acide sulfurique dans la proportion de :
- Extrait de santal, 100 kil.
- Acide sulfurique anglais, 660
- Baumé 600 »
- On agite incessamment le mélange que l’on porte à 35-450 centigrades jusqu’à ce qu’un échantillon prélevé dans la masse se dissolve facilement dans l’eau.
- On peut aussi faire usage d’acide sulfurique fumant ou opérer complètement à froid. On emploie dans ce cas ;
- Extrait de santal, 100 kil.
- Acide sulfurique à 10 pour 100 d’anhydride, 400 »
- Il va sans dire que les proportions d’acide, et par suite la température de réaction, peuvent être variées entre de larges limites.
- Lorsque la solubilisation a atteint le point voulu, on verse la liqueur dans 5 fois son volume d’eau salée concentrée. La matière colorante est peu soluble dans l’eau chargée de sel marin, facilement soluble au contraire dans l’eau ordinaire chaude ou froide.
- LES SOIES SAUVAGES
- (Extrait d’une Conférence faite devant l’Association pour l’avancement des sciences de Berlin.)
- Par le docteur O.-N. Witt.
- (Suite et fin)
- Ce n’est pas que l’industrie ait tiré dès le principe un parti bien brillant des soies sau-tal., bois de Madagascar, très voisin du précédent.
- Barwood, Pterocarpus angolensis ; originaire de la côte occidentale de l’Afrique.
- Camwood, Baphia laurifolia ; très abondant au Gabon.
- vages qu’on lui offrait en remplacement de la soie vraie, devenue rare et menacée de disparaître en Europe. Elle s’est butée tout d’abord à la difficulté de dévider les nouveaux cocons, qui se compoutent tout autrement que le cocon du « Bombyx mori ».
- Beaucoup de séricifères ont l’habitude d’insérer entre leurs fils soit de jeunes pousses ou des feuilles ; d’autres agglutinent leur cocon avec un grès extrêmement adhérent, adhérent, gomme ou mucilage, que l’on n’arrive pas à dissoudre ou ramollir suffisamment ; il en est dont le tissu est irrégulier, brisé ou noué par places, etc.
- On pensa surmonter ces difficultés au moyen de dévidoirs perfectionnés, mais là n’était pas la solution C’est à un industriel anglais, Samuel G. Lister, que revient le mérite d’avoir indiqué le moyen de tirer parti des cocons qui ne se dévident pas régulièrement comme ceux du bombyx du mûrier. Ce fabricant s’était occupé d’abord de tirer parti des résidus de la filature et du dévidage de la soie, fils perdus, débris de toutes grandeurs, dont on ne faisait rien d’utile. Il eut l’idée de filer ces déchets après un moulinage, comme on le fait habituellement pour le coton ou pour la laine, et obtint aisni une fibre nouvelle, la bourre de soie, bientôt fort recherchée par l’industrie.
- Lorsque les résidus des filatures de soie d’Europe ne suffirent plus à la demande, Lister importa et mit en œuvre les déchets des magnaneries asiatiques, puis les soies sauvages. En même temps, le gouvernement des Indes cherchait à développer par l’institution de prix, la production de ces soies.
- Nous citerons un deuxième nom, celui du teinturier Thomas Wardle de Leck, dont les travaux sur le sujet qui nous occupe méritent un juste tribut d'éloges. Wardle s’est adonné avec une ardeur et une persistance peu ordinaires, à l’étude des soies hindoues, des pro-cédés de préparation et de fabrication suivis par les indigènes, de leurs moyens de décreusage, etc. Puis il s’est efforcé d’introduire
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- ces méthodes dans la métropole tout en les perfectionnant, surtout au point de vue mécanique. Les publications de Wardle (I) n’ont pas peu contribué à appeler l’attention des industriels européens sur les soies sauvages.
- Grâce à ces efforts réunis, on sait aujourd’hui tirer un fil de tous les cocons sauvages, soit par dévidage, soit par filature, retordage, etc. Aussitôt se sont créées, tant dans la métropole que dans les Indes même, des fabriques munies d’un outillage perfectionné qui produisent, à moins de frais, des fibres belles, plus brillantes et plus fines que celles que les Hindous obtenaient avec leurs méthodes traditionnelles rudimentaires.
- On dévide aujourd’hui, dans les Indes, le coton « Tussur » avec des machines de provenance italienne. Les « Eria » et « Nurga y ne peuvent être dévidées à la machine ; celles qui servent à la consommation indigène assez abondantes continuent à être traitées suivant les anciennes méthodes ; le reste est exporté à l’état de cocons pressés que l’on désagrège, que l’on carde et que l’on file en Angleterre.
- Les soies sauvages de l’Inde sont presque exclusivement consommées dans les îles Britanniques, et c’est par exception que quelques parties, peu importantes, arrivent sur le continent. La demande toujours croissante de l’industrie continentale est couverte par la Chine ; tous les ans Shanghai exporte des quantités importantes de soie de l’« Antherœa Pernyi (soie du ver du chêne). Cette soie ressemble beaucoup à la soie « Tussur »; elle a en général un peu plus de couleur et moins de brillant; on la désigne le plus souvent sous le nom de soie « Tussah », mot qui sans doute une corruption chinoise du mot Hindou ( « Tussur ».
- Le commerce confond le plus souvent les soies «Tussah» et «Tusssr», ce qui n’est
- (1) Thomas Wardle, « Handbook of the Collektion of the wild silks of India », London 1881, et Thomas Wardle, « Descriptive Catalogue of the silk Culture court of the Colonial and Indian Exhibition », London 1886.
- pas étonnant en raison des analogies, non seulement de nom, mais aussi de propriétés et d’aspect de ce produit. Cependant un examen microscopique permet de distinguer la soie hindoue de la soie chinoise.
- On sait que certaines soies vraies sont fortement colorées, soit en jaune d’or, soit en vert. Cette coloration disparaît au décreusage, et la soie apparaît alors parfaitement blanche.Il n’en est pas ainsi avec les soies sauvages ; celles-ci sont presque toutes colorées en brun foncé et cette coloration pâlit à peine au bain de savon. Le microscope nous donne l’explication de cette différence.
- Le brin de soie vraie est formé de deux fils cylindriques blancs, enduits et agglutinés par un grès plus ou moins coloré ; au décreusage ce grès disparaît. La soie sauvage n’a pas de grès; elle est formée de deux rubans aplatis, composés eux-mêmes d’un grand nombre de fibrilles colorées en brun de place en place. Cette coloration n’existe pas au moment où l’insecte fait son cocon. Elle apparaît ensuite d’abord faible, puis de plus en plus foncée. Il est remarquable que la couleur est d’autant plus prononcée que la nourriture de l’insecte séricifère est plus riche en tannin. L’auteur de cette étude a élevé en Europe des chenilles « Tussur » indiennes. Les unes, nourries avec des feuilles de pommier riches en tannin, ont fourni une soie bien plus colorée que celles fournies avec les feuilles de poirier ou de prunier moins chargées de sub-tance tannique.
- Un autre observateur, le major Coussma-ker, dans les Indes, a remarqué que les insectes nourris de certaines plantes pendant les quelques jours qui précèdent leur travail, font des cocons qui restent blancs. Il est donc bien démontré que la coloration des soies sauvages n’est pas inhérente à leur coloration même, mais qu’elle provient uniquement de la décomposition de certains principes de la nourriture des chenilles.
- Il s’agissait maintenant de blanchir ces soies sans compromettre la résistance ou le
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- brillant de la fibre. Longtemps les essais furent vains ; enfin le but fut atteint à l’aide d’un procédé proposé par l’inventeur français bien connu, Tessié du Mothay. On blanchit les soies sauvages au moyen de l’eau oxygénée, Au début on plongeait les soies brunes dans un lait de bioxyde de baryum finement divisé et suspendu dans l’eau que l’on acidu-lait ensuite au moyen d’acide sulfuriqu étendu. Aujourd’hui j l’on préfère se servir de l’eau oxygénée qui est, comme l’on sait, devenue un article de commerce ; on immerge les soies dans un bain d’eau oxygénée à laquelle on ajoute une trace d'ammoniaque ou de carbonate de sodium On réussit encore mieux en imprégnant les fibres avec une solution forte d’eau oxygénée, les suspendant dans des caisses en bois et vaporisant.
- On obtient de la sorte des soies parfaitement blanches qui peuvent être teintes dans les nuances les plus tendres.
- Le problème de l’utilisation des soies sauvages se trouve donc résolu d’une façon pleinement satifaisante dans toutes ses parties.
- Voyons maintenant quel peut être l’avenir économique de cette nouvelle industrie. Car une question se pose :
- Nous avons cherché à utiliser les soies sauvages comme substituts à la soie vraie, dent la production semblait devoir disparaître en Europe. Or d’une part la maladie des vers à soie a été combattue avec succès, et d’autre part les producteurs de l'Extrème-Orient qui étaient restés indemnes ont augmenté leurs élevages. Quel intérêt peut offrir la soie sauvage, alors que les besoins du marché peuvent être couverts par la soie vraie qui est toujours préférée ?
- Or il est advenu ce qui se produit souvent avec les succédanés : on les propose pour remplacer un produit similaire qui, momentanément, fait défaut sur un marché, puis bientôt ils se créent une place propre; il se trouve qu’ils répondent à un besoin particulier, Aujourd’hui la soie sauvage n’est plus demandée comme substitut de la soie type ,
- elle sert à faire certains articles spéciaux, qui ne peuvent être confectionnés qu’avec elle et non avec la soie classique.
- Les soies sauvages se distinguent par leur grande élasticité ; leur brin est plus grossier, moins souple et offre une analogie marquée avec le poil. Ces propriétés le rendent propre à nombre d’applications fort curieuses. La soie sauvage tient rang, comme fibre spéciale, entre la soie vraie et le mohair (poil de de chèvre) qui, lui aussi, avait pris pied dans l’industrie textile en qualité de substitut.
- Tout le monde connaît les imitations de fourrures en mohair; aujourd’hui cette matière première est remplacée par la soie sauvage qui permet de pousser l’imitation à un degré de perfection à peine croyable. Ces peluches imitant la fourrure ne peuvent s’obtenir avec la soie véritable.
- Une autre application de la soie sauvage consiste dans la fabrication de tissus tricotés qui exigent un fil souple et élastique. Au moyen de certaines torsions et croisements de la fibre, on obtient des effets de relief très particuliers, dont on n’avait point d’idée jusqu'en ces dernières années, aucune autre fi-bre connue ne se prêtant à des tensions aussi énergiques. Cette nouvelle industrie a été créée par un Zurichois; mais elle est aussi très florissante en Saxe où elle compte actuellement des milliers de métiers.
- Enfin la soie sauvage est très employée à des filés mélangés, coton ou laine, qui se prêtent à de fort jolies applications, soit en tissus, soit en tricots.
- En résumé, l’auteur conclut que la soie sauvage est appelé0 à un rôle important dans l’industrie des tisous européens, non comme succédané et remplaçant de la soie vraie, mais comme fibre spéciale. Il estime que l’acclimatation des insectes à soie exotiques, sur laquelle on fondait tout récemment encore beaucoup d’espérances, n’a pas grand avenir, surtout dans l’Europe centrale.
- L’opération intelligente et lucrative consiste à acheter, dans leurs pays originaires, les
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- cocons des séricifères sauvages pour les importer sur les marchés européens ; et à ce point de vue, l’auteur fait observer que si les Indes et la Chine ont seules jusqu’ici le monopole de la production des cocons sauvages, c’est uniquement en raison de l’iniative commerciale des négociants anglais ; que tous les autres pays chauds, l’Amérique du Sud, l’archipel australien, l’Afrique centrale ont des soies indigènes et qu’aujourd’hui que l’Allemagne a ses colonies propres, qu’elle détient le monopole de fait des transactions de régions importantes ; par exemple, dans l’Amérique du Sud, elle devrait attacher plus d’intérêt qu’elle n’a fait jusqu’ici à cette question des soies sauvages et ne pas se laisser dépasser, sur ce terrain, par l’Angleterre.
- On lit dans le « Petit Ardennais » :
- « Il paraît qu’un apprêteur de notre ville aurait accepté l’entreprise de 8,000 pièces de draps de provenance allemande.
- « Ces pièces devaient entrer en franchise, puis être retournées en Allemagne avec la marque « Sedan ». Ce qui aurait pu donner à penser qu’elles avaient été faites en quelque sorte dans la ville, et ensuite revenues en France pour faire ainsi une concurrence déloyale à nos produits.
- « Cette manœuvre, nous dit-on, n’aurait manqué son effet que grâce à un industriel de notre place bien connu pour son patriotisme, et Qui, en ayant connaissance, s’est empressé de le dévoiler au ministère. »
- AVIS JUDICIAIRES
- DIFFAMATION. — GRAWITZ CONTRE REBOUX LE TRIBUNAL de première instan e, séant à Lille, a rendu le jugement suivant :
- , * Attendu que le Journal de Roubaix, dont le pré-enu est gérant, a publié dans son numéro du deuv mai 87 u. article contenant les passages suivants : « Un 1 chimiste se disant Français et qu’on soupçonne d'être “If-Prussien eut des difficultés avec la teinturerie , senaisienne comme il en a eu avec Roubaix. Il surgit , s ce propos une émeute où la population ouvrière de . “enaix prenant trop vivement la défense de ses pa-. rons, faillit écharper ledit !uif Le Bourgmestre inter-. int pour rétablir l'ordre. Il exposa sa vie pour dé-endre celle du Juif. Mauvaise affaire comme vous
- « verrez ! Enfin ne parvenant pas à le tirer autrement « des griffes des ouvriers, il lui conseilla de signer « devant l’émeute une renonciation évidemment nulle, de « ses droits, vrais ou faux, contre les teinturiers renai-« siens. Avec ce semblant d’acte, la population se « calma et notre Juif put s’en aller, remerciant même « M. de Malander de l’avoir, au sacrifice de sa propre « vie, tiré de ce mauvais pas. Le Juif prussien fit pro-« noncer la nullité de sa renonciation, ce qui ne souffrit « pas de difficultés. Et tout à coup, pour prouver sa « reconnaissance à son sauveur, il le dénonça sur « d’autres conseils venus on ne sait d’où comme cou-« pable d’extorsion de signature. Le public tomba des « nues. Le public avait tort, car cette fois la haine « libérale tenait son homme. Pour tout colorer, on im-« pliqna dans la poursuite les fabricants envers qui le « Prussien avait signe son désistement et qui avaient « entamé avec lui la question de la renonciation. • Attendu qu’il est constant et reconnu d’ailleurs par Reboux que le chimiste visé dans cet article n’est autre que Grawitz. Attendu que l'imputation dirigée contre lui de se cire Français sans l’être est diffamatoire, puisqu’elle revient à l’accuser de rerier sa nationalité pour en usurper une autre, ce qui implique à la fois de sa part un mensonge et un manque de patriotisme. Que cette imputation, il est vrai, paraît d’abord n’être émise qu’à l’etat de simple soupçon, mais que dans la suite de l’article, l'auteur affecte à maintes reprises de qualifier le chimiste dont il parle de Prussien, de Juif ou de juif prussien. Attendu que les qualificatifs de juif et prussien considérés en eux-mêmes et d’une façon abstraite ne présentent pas de signification injurieuse ; mais qu’un mot tout à fait iooffensf ou indifférent en soi peut, suivant l’intention de l’auteur, le public auquel il s’adresse et les idées que ce public y attache, constituer une véri-tible injure Que tel est le caractère des mots juif et prussien prodigués dans l’article avec une intention méprisante qui n’est pas douteuse ; que cette intention résulte du choix même de ces expressions qui ne devraient en aucune façon être appliquées à Grawitz, puisqu'il n’est ni Prussien, ni Juif, mais Français de nation et protestant de religion et dont l’auteur n’a pu se servir à d’autres fins, que d’exciter contre lui les sentiments légtimes ou non de ses lecteurs.
- • Attendu, en outre, que Grawitz est représenté comme s’étant rendu coupable d’un acte d’odieuse ingratitude envers le Bourgmestre de Renaix qui lui aurait sauvé la Vie, au péril de la sienne, et qui, en récompense, d’un pareil service, aurait été de sa part l’objet d’une dénonciation à la justice belge ; — Que cette imputation porte une atteinte évidente à l’honneur et à la considération de Grawitz ; que, pour en apprécier la mauvaise foi, il est nécessaire et il suffit de rappeler qu’elle est en complète opposition avec un arrêt de la Cour de Gand connu de Reboux, puisqu’il y est fait allusion dans l’article, qui a condamné le prétendu sauveur de Grawitz à quatre mois d’emprisonnement du chef d’extorsion de signature commise à son préjudice. — Que la Justice rendue à Grawitz à l’étranger eût dû lui épargner dans son pays les appréciations malveillantes de l’article incriminé.
- « Attendu que Grawitz est très connu à Roubaix où il a soutenu des procès pour la défense de ses brevets ; que Reboux ne pouvait, ignorer sa nationalité et qu’il lui était facile de se renseigner sur la religion auquel il ap-partena:t au lieu de l’affilier tout a fait gratuitement au culte juif Attendu que Reboux a fait sciemment coïncider la publication de l’article avec l’ouverture devant a Cour de Douai de débats où Graw.tz avait pour adversaires des teinturiers de la région du Nord et entre autres de Roubaix ; que le but du prévenu en le publiant était de flatter les sentiments et servir les intérêts de sa clientèle en jetant sur un adversaire le discrédit et la aèconsidératicn. Par ces motifs, vu les articles 23, 29, 32. 33 et 42 de la loi du 29 juillet 1881, 365 et 394 du Code d’instruction criminelle,
- Le tribunal déclare Reboux coupable de diffamation et d’injures publiques sans provocation par la voie de la presse envers Grawitz En conséquence le condamne par
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- corps à une amende de cent francs. Et statuant sur les conclusions de la partie civile :
- « Condamne Reboux par corps à payer à Grawitz à titre de dommages-intérêts la somme de quatre cents francs. Fixe de ce chef la contrainte à quarante jours. Dit que le présent jugement sera inséré en entier en première page dans le numéro du Journal de Roubaix qui suivra l'expiration du délai d'appel, aux frais de Reboux- Autorise Grawitz à le faire publier en entier ou par extrait dans quatre journaux à son choix. Dit Reboux tenu des frais de ces insertions, mais à concurrence de quatre cents francs seulement.
- « Fait et prononcé à l’audience publique le six juillet mil huit cent quatre-vingt-sept. Présents : MM. Hedde. vice-président ; Labbe et Dufresne, juges ; en présence de M. Guillemin, substitut du Procureur de la République, assistés de M. Oyer, commis-greffier ».
- Plaidant.: M* E. Pouillet pour Grawitz, M’ Boyer-Chomard pour Reboux.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- CLOTURES POUR INSUFFISANCE D’ACTIF
- Bordeaux. — Bouzeran ( André ), teinturier, rue de l’Eglise-Saint-Seurin, 146.— Jug. du 20 décembre. — S. : M. Videau.
- Paris. — Reynaud, teinturier, à Arcueil.— Jug. du 30 novembre.
- Paris.— Haussemberg (Eugène), teinturier, rue du Bac, 46. — Jug. du 30 novembre.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Léger et Thoridenet, soieries, rubans, dentelle, velours crêpes, etc., boni. Sébastopol, 99. — Durée : 11 ans. — Cap. : 100,000 fr. pouvant être porté à 200,000 fr. — Acte du 24 décembre. — J. g. dJA.
- Marseille. — Formation de la Société en nom collectif Lardet et veuve Laffitte, teinture et dégraissage, rue Grignan, 18. — Durée : 10 ans du 1er octobre 1887. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 25 novembre.
- Trévoux. — Formation de la Société en nom collectif Grobon et Cie (rasage, grillage et apprêt des étoffes), à Miribel. — Durée : 9 ans. — Cap. : 380,000 fr. — Acte du 7 déc. 1887.
- Cambrai. —Formation de la Société en nom collectif Hennino, Défosez et Picard, teinture, blanchimdent et apprêt es tulles en soie et cotons.— Durée : 10 ans. — Cap. : 40,000 fr. — Acte du 15 décembre.
- Lille. — Formation de la Société en nom collectif Bernard et Duhem, fab. de toiles, confections et tissus en général, rue de Paris, 92. — Durée : 15 ans.—Cap. : 800,000 fr. — Acte du 19 décembre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Rouen. — Dissolution, à partir du 17 novembre, de la Société Legros et Duchan, commerce d’indigos, rue de Buffon. 33.— Liquid. : M. Hervé. — Acte du même jour.
- Reims. — Dissolution : 1° de la Société en commandite formée le 29 octobre 1886, Le Blanc et Cie, explotation d’un procédé d'imperméabilisation des tissus, papiers, etc.; — 2o de la Société de fait existant actuellement entre MM. Le Blanc, Génin et Declo-quement. — Liquid. : M. Mauclaire, comptable, qui est également nommé liquidateur de la Société en nom collectif V. Génin et Le Blanc, formée le 20 juillet 1886, et dissoute le
- 29 octobre suivant.— Jug. du 6 décembre 1887.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mlle Blanc a vendu à M. X..., rue du Commandant-Rivière, 3, chez M. Hanssens, 1er janvier, un fonds de teinturerie, rue Legendre, 93.
- La communauté André a vendu à Mme veuve André, fanb. du Temple, 101, 22 décembre, un fonds de teinturerie, faubourg du Temple, 101.
- M. Pégneaux a vendu à M. X..., bouL de Sébastopol, 75, chez M. Candegabe, de suite, un fonds de teintureris, avenue Trudaine, 33.
- Mlle Mercier a vendu à M. X..., rue Saint-Honoré, 108, chez M. Antoine, de suite, un fonds de teinturerie, rue Dauphine, 31.
- Mesdames Lagarde ont vendu à M. X." rue du Commandant-Rivière, chez M. Hanssens, de suite, un matériel de teinturerie, rue Grenier-Saint-Lazare, 11.
- M. Duval a vendu a M. X..., rue d’Haute-* ville, 22, chez M. Henry, de suite, un fonds de teinturerie, rue Blondel, 19.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32- Année, N° 5. BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Février A888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- REVUE DE L’ANNÉE TINCTORIALE A LYON.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- UN NOUVEAU FOYER.
- LE ROUGE RONGO,
- TARIFS DE CHEMINS DE FER.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE MÉCANIQUE DE LA LAINE PEIGNÉE EN BOBINES
- Par MM. Gaydet père et fils.
- L’appareil comporte trois bacs servant à la préparation des bains de dégraissage, de mordançage et de teinture ; chaque récipient est muni d’une prise de vapeur et d'une prise d’eau, puis d’une soupape de vidange, qui permet de déverser le contenu des bacs dans une « barque » située en contre-bas. Un tuyau, monté sur ce dernier réservoir, le met en communication avec l’appareil à teindre Proprement dit : une pompe interposée sur le Parcours du tuyau puise le liquide dans la barque pour le refouler à travers un canal ra-mifié sous les pots qui contiennent les bobines de laine peignée.
- Ces pots sont cylindriques et disposés ver-ticalement. Afin de faciliter les nettoyages, tus fonds reposent simplement sur des cornières et s’enlèvent à volonté. Les couvercles sont également faciles à démonter, pour donner la faculté d’extraire une bobine quelcon-que au cours de l’opération et en vue de l’échantillonnage.
- Les orifices inférieurs par lesquels débou
- chent les branches du canal distributeur au centre même des pots portent un taraudage, de manière à recevoir un bouchon vissé, lorsque les pots doivent rester inemployés. Parce moyen, il devient possible de faire fonctionner l’appareil avec un nombre variable de bobines.
- Lorsque la préparation est suffisamment imprégnée de liquide, le sens de rotation de la pompe est renversé et le liquide aspiré retourne au réservoir qui l’a fourni s’il est encore utilisable.
- ANIMALISATION DES FIBRES VÉGÉTALES EN VUE DE LA FABRICATION D’ÉTOFFES FEUTRÉES
- Par MM. Raabe et Henning.
- MM. Raabe et Henning obtiennent des fils et des étoffes feutrés au moyen de fibres animales et de fibres végétales mélangées, les dernières étant préalablement traitées de façon à acquérir des propriétés comparables aux caractères des fibres animales.
- Les filaments végétaux sont disposés dans une citerne contenant une solution alcaline (soit 6 kilog. de potasse ou d'alcali analogue, ou de mélange d’alcalis pour 1000 ht. d’eau). Le bain est porté à la température de l’ébullition et maintenu à cette température pendant deux heures environ. Après égouttage, la masse fibreus est immergée dans un second bain, renfermant de 12 à 15 litres d‘u-fine pour 1000 litres d’eau.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La température est la même que dans le premier cas, mais la durée du traitement est limitée à une heure. Au bout de ce temps, on rince à l’eau tiède, on sèche lentement, puis les fibres sèches sont battues, cardées et filées comme la laine à carde.
- COUPE DES DESSINS VELOUTÉS Par M. Boll.
- M. Boll décrit un appareil applicable aux métiers à tapis pour couper « en velours » des dessins quelconques en des points variables de la surface. Les couteaux, chargés de cette coupe automatique, sont indépendants les uns des autres et placés derrière les épingles d’une mécanique Jacquard.
- Suivant que le carton repousse ou non les épingles, les couteaux restent inactifs ou sont, au contraire, dirigés de haut en bas par les touches d’un cylindre, ou tambour, simul-nément animé a’un mouvement de rotation. Les couteaux, en s’abaissant , pénètrent à travers les boucles du tapis (soutenues, à la partie inférieure, par des épingles horizontales rainurées en forme de gouttière)et fendent les boucles ainsi supportées.
- MACHINES A PEIGNER LES MATIERES FILAMENTEUSES
- Par MM. Bourcart fils et Cie.
- Les perfectionnements revendiqués par MM. Bourcart fils et Cie, s’appliquent aux peigneu-ses du genre Josué Heilmann et consistent :
- 1- Dans la suppression du mouvement de recul, remplacé par un mouvement saccadé (dans un sens) des ou du cylindre arracheur, ou délivreur, et du cylindre cannelé ;
- 2- Dans l’application d’une mâchoire, concentrique au cylindre cannelé, soulevant le ou les cylindres délivreurs, celui-ci ou ceux-ci pouvant fonctionner en même temps comme arracheurs ;
- 3- Dans le doublage ou superposition des fibres de mèches successives, facultativement variable sans recul ;
- 4- Enfin, dans le peignage, également facultatif, des « queues » de fibres par les segments peigneurs.
- « LE PRÉSERVATEUR » Par M, Décloquement.
- M. Décloquement désigne ainsi un mélange propre à rendre imperméables et imputrescibles les courroies, tissus, cordages, etc.
- Ce mélange est formé de :
- Goudron rectifié, Ammoniaque, Huile de lin, Noir (?) de charbon, Acétate (?), Huile de houille,
- Essence minérale, Eau de source.
- AMIDON ET PEINTURE ININFLAMMABLES par M. Harrisson
- Par « amidon » M. Harrisson entend l’apprêt en général, car il s’agit d’un composé, par parties égales, de sulfate d’ammoniaque, de borax et d’alun.
- Le breveté revendique ce composé, dans les proportions de 16 onces de chaque ingrédient pour 4 1/2 litres d’eau. Après filtrage il ajoute 1 once d’acide borique. Les tissus immergés dans l’apprêt deviennent ininflammables et la peinture (pour décors sur bois) mélangée avec la solution ci-dessus acquiert la même propriété1
- REVUE DE L’ANNÉE TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- L’année 1887 aura vu éclore de remarquables progrès à Lyon. Et parmi ceux-ci il faut noter les nouvelles charges organiques pour souples de couleurs, et les nouveaux encollages pour trames.
- De même l’on est arrivé à des nuances sur
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- soie résistant au foulon et au soufre ou mieux pour le dernier cas à l'acide sulfureux.
- Les charges au bioxyde d’étain out pris dans ces derniers temps une très grande extension a Lyon, qui, il faut rendre justice à nos teinturiers, sont très bien faites, et sous ce rapport Lyon tient toujours le haut du pavé comme dans tous les articles pour soie. On est arrivé dans les soies cuites et les trames souples à donner couramment jusqu’à 100 0[0 de poids avec le bioxyde d’étain, c’est-à-dire que 100 k. de soies mises en teinture rendent 200 k. en cuit ou souple.
- Dans les cuits perdant en moyenne 25 0[0 degrés à la cuite, on donne donc 125 kil. de charge à l’étain et dans les souples perdant à l’assouplissage 70 0(0, on donne 110 kil. Ces charges ne se pratiquent que pour des couleurs. Les noirs ont d’autres ressources pour charger et infiniment moins coûteuses.
- On est arrivé à de très beaux résultats, et à la vue il est difficile de se rendre compte de cette charge, dont l’ensemble des opérations n’est un secret pour personne à Lyon. Ce n’est qu’en soulevant les mateaux que l’on s’aperçoit du poids exagéré.On sent alors à la main que l’on est en présence d’une charge métallique, ainsi que j'ai pu m’en rendre compte chez M. Feydel, qui excelle dans ce genre de charge.
- La charge à l’étain a le grand avantage d'être incolore et de ne pas abîmer la fibre. Le dioxyde d’étain n’a pas d’action ultérieure sur la fibre, comme par exemple le peroxyde de fer ou le bleu de Prusse qui, peu à peu, Par effet d'oxydation, détruisent la fibre en servant de véhicules pour le transport de l'o-xygène, qui opère la destruction de la fibre.
- L’origine de la charge au bioxyde d’étain dont Lyon a tiré le meilleur parti, est de très vieille date et se perd dans la nuit des temps. Inconsciemment, il y a longtemps que nos teinturiers en faisaient sans le savoir, toutes les fois qu'ils faisaient des couleurs de coche-nille mordantées avec les préparations stan-niques (oxymuriate ou bichlorure d’étain). Ce
- n’est qu’autour de 1857 que MM. L. Gauthier, chimiste, et A. Marnas, manufacturier, reconnurent que les soies ainsi préparées prenaient sensiblement du poids dû à l’étain et eurent l’idée de développer cette charge qui, tout en donnant du poids, donne en même temps un certain gonflé et est de plus incolore et très solide.
- Encore une fois, comme je l’ai déjà dit à à diverses reprises, la charge de la soie n’est pas un fléau, comme on le croit, dû à Lyon : c’est un effet de la concurrence générale, et ainsi dans les noirs, c’est l’Allemagne qui a donné le premier pas pour les grandes charges ; Lyon a suivi en mieux simplement.
- Aujourd’hui c’est une opération nécessaire, en gonflant le brin soyeux, on en a abaissé le prix de revient, on a démocratisé la soie pour toutes les classes, car il ne faut pas perdre de vue que le poids est ou doit toujours être suivi de gonflement de la fibre.
- En 1867, je me rappelle avoir vu dans une vitrine de l’Exposition des brins de soie exposés derrière une grosse loupe et ou l’on voyait clairement l’augmentation du diamètre au fur et à mesure des opérations, donnant successivement du poids à une même soie, en tours comptés; c’est-à-dire d’un diamètre uniforme.
- L’on produit d’ailleurs des étoffes sans charge, pourvu que le client y mette le prix, et encore les étoffes moyennement chargées leur sont-elles supérieures comme main-d’œuvre et durée.
- Cet effet est absolument constaté pour les noirs cuits. Les noirs sans charge perdant 20 à 25 0[0 à la cuite, ne valent pas les noirs ne perdant rien, ou même gagnant jusqu’à 50 00 comme ceux de MM. Gillet et Fils ou de M. Bredin.
- Dans ces noirs les engallages donnent du corps à la soie et viennent couvrir heureusement les préparations métalliques. Je laisse de côté les charges exagérées rendant jusqu’à 300 et même 500 0[0, c’est-à-dire que 100 kil. de soie rendent 400 ou 600 kil. de soie teinte. Elles ne se font que sur la demande du fabri-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cant ou commissionnaire, et le teinturier ne fait que s’y conformer. Les autres fibres ne se chargent pas ou du moins très peu, quelques pour cent au plus. La laine principalement est rébarbative ou si elle se charge, cela se connaît à la simple vue. Les préparations métalliques que l’on y met la rendent cassante et poudreuse.
- La laine, les poils divers, le coton, la ramie, Je chanvre, le liu, le jute, etc. ne tirent les tannins qu’en très petite quantité et de plus leur contexture microscopique ne se prête pas à une augmentation de volume, conséquence de la charge.
- La laine et les poils sont de la famille des matières cornées, c’est-à-dire très compactes et non poreuses et susceptibles d’élasticité comme la soie ; de plus, quoique azotées, elles ne se combinent que difficilement avec les tannins ou les sels métalliques, tandis que la soie se rapprochant de la fibrine et de lagélatine,s‘y/combine avec une extrême facilité, selon les équivalents chimiques absolument comme le parchemin ou le cuir.
- Cette considération est de premier ordre. Quant aux fibres végétales elles s’imprègnent des divers tannins, mais ne s’y combinent pour ainsi dire pas. Et la preuve c’est que pour faire tirer les couleurs d’aniline sur les fibres végétales on imprègne celles-ci de substances astringentes, que l’on fixe à l’aide de l’émétique ou de l'oxalate double de potasse et d’antimoine.
- Les couleurs d'aniline ou mieux artificielles se fixent sur les fibres végétales ainsi préparées et d’une manière solide, en raison de la propriété qu’elles ont de former avec les divers tannins des couleurs ou laques insolubles, — combinaisons de la couleur employée, du tannin et de l’oxyde d’antimoine. — Si l’on veut obtenir des couleurs claires, on emploie des tannins très pâles, voire même décolorés, principalement les extraits de sumac ou de galle. Il est un fait curieux à noter, c’est que l’acide tannique pur à l’éther ne donne pas des résultats convenables, question de prix à
- part. L’impression seule en tire un parti convenable, de même des tannins à l’alcool.
- Cela tendrait à prouver que les mucilages contenus dans les extraits naturels, jouent un rôle très sérieux et peut être l’acide gallique qui est assez abondant dans les feuilles du sumac. J’ai eu l’occasion de vérifier souvent ce fait.
- A propos du sumac j’ouvre une parenthèse, le sumac de Sicile est celui préféré de tous; celui de Donzère en France (Drôme) ne joue qu’un rôle secondaire, il est surtout trop coloré. Mais la couleur de ce dernier ne vient pas comme on le croit du terroir ou de la qualité de l’arbuste cultivé, mais bien d’une mauvaise culture. En Sicile, dans les forêts de Sumac, on a expurgé tous les arbustes étrangers, et cela constitue une industrie sérieuse pour le pays. A Donzère, ainsi que j’ai pu m’en rendre compte, parmi les arbustes sumac, on trouve des buis, des fusains, etc. et ce sont les feuilles de ce dernier, qui récoltées pèle mèie avec celles des premiers qui fournissent la couleur foncée, et un principe acide démontant les mordants. Que Donzère imite la Sicile, et ses produits conviendront pour tout.
- Toujours à propos du sumac, qui joue un si grand rôle de nos jours, on ne l’achète plus en poudre, mais bien en feuilles, il doit contenir le moins de petites branches, et avoir de petites graines rouges dans la masse.
- En l’achetant en feuilles, le consommateur est bien plus certain de son origine qu’avec la poudre, qui peut être frelatée. L’extraction du tannin, qui se fait d’ailleurs à froid, est également plus facile qu’avec la poudre. On ne fait l’extraction à chaud que dans la fa-brique d’extrait, où l’on ne veut obtenir un grand degré aréométrique, ce qui ne signifie pas grand chose pour la richesse en acide tannique ou acide similaire, car rien ne démontre, jusqu’à présent, que les divers tannins des nombreuses substances astringentes analogues en apparence soient conformes.
- Le tannin du sumac appartient à la famille
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- des tannins bleus, par opposition aux tannins verts, qui, comme le cachou, colorent ou précipitent les sels de fer en vert, tandis que les premiers les colorent ou précipitent en bleu selon le degré d’oxydation et la nature du sel de fer.
- Dans la teinture sur coton ou autres fibres végétales, il est donc bien entendu que, pour les couleurs artificielles, celles-ci ne tirent convenablement et ne sont fixées que par la présence d’un dépôt intime, dans la fibre, de tannate d’antimoine. La couleur d’aniline venant en contact avec la fibre saturée de ce corps est attirée par l’acide tannique, se combine avec, disputant ainsi le principe astringent à l’oxyde d’antimoine, en formant une combinaison triple de couleur artificielle, d’acide tannique et d’oxyde d’antimoine. Il se forme une laque de composition triple interposée intimement dans la fibre, sans que celle-ci soit teinte elle même. Bref, il en est ainsi, comme pour les rouges de garance ou d'alizarine artificielle, où un dépôt d’alumine donné avec intelligence attire la couleur, et forme une loque rouge ou rose interposée, mais non combinée, avec la fibre elle-même.
- L’action des tannins et de l’émétique, pour fixer les couleurs artificielles sur le coton, est arrivée, ces derniers temps, à son plus haut degré de perfection, et nous sommes loin des premières couleurs artificielles, dites pour coton. Aujourd'hui, chaque teinturier lyonnais manœuvre à sa guise les tannins et les sels d’antimoine pour obtenir des teintes, résistant non seulement au lavage à grande eau, mais encore à de légers savonnages, au foulon, lorsqu’ils doivent être mêlés à des artcles de laine devant subir plus tard l’action du foulon, et quelques-unes résistent à l’ac-bon de l’acide sulfureux.
- Tous ces progrès ont même amené, dans la droguerie lyonnaise, une certaine transfor-mation, et les couleurs artificielles font de plus en plus concurrence aux vieilles ma-tières.
- Sur soie, la combinaison de tannin et d’oxyde d’antimoine est non seulement inutile pour fixer les couleurs artificielles, puisque cette fibre animale, de même que la laine, les tire par voie d’affinité chimique et directe, mais elle est même nuisible.
- Ainsi, une soie fortement engallée et émé-tiquée ne tire plus les couleurs ; c’est ce qui fait que, dans les noirs sur soie, où les tannins joueut un grand rôle, les couleurs artificielles ne donnent pas les résultats attendus pour violeter ou bleuter la massé. Souvent, on obtient que des effets de cuivrage ou des nuances mordorées.
- La raison en est que le tannin, en contact avec la soie, se combine avec elle, et, de cette combinaison, il résulte que tous les deux perdent leurs propriétés. La première, de se combiner avec les couleurs, et le tannin de les précipiter. /
- Cette propriété a été mise à profit, comme nous l’avons déjà vu, pour la teinture des étoffes soie et coton.
- Après avoir teint la soie à la hauteur voulue et directement par une couleur artificielle, on engalle le tissu mixte et on l’émétique ; après cette nouvelle opération, la soie ne se teint plus ; quant au coton, on le teint en nuance supérieure à celle de la soie et à volonté. Il faut toujours teindre le coton en nuance beaucoup plus foncée que la soie, car la fibre végétale a toujours des tendances à pâlir et à couler à l’apprêt.
- Le noir d’aniline joue maintenant un grand rôle à Lyon, de même que dans toutes les villes où l’on teint des étoffes mixtes soie et coton. Bien entendu que le noir d’aniline ne s’applique qu’au coton, et qu’une deuxième teinture couvre la soie en noir et vient même renforcer la teinture noir d’aniline du coton.
- Ici, c’est l’inverse de la teinture en couleurs : au lieu de commencer à teindre la soie, on teint d’abord le coton. Jusqu’à présent, à mon avis, le noir d’aniline, dans les étoffes mixtes, teintes n’importe où, ne me
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- a
- paraît pas justifier sa réputation. Il verdit facilement, coule à l’apprêt. Si l’on aborde les grands noirs véritablement solides sur coton, ils donnent une nuance bronzée et un toucher dur et ne valent rien pour s’allier avec le toucher moelleux de la soie. Il y a des intérêts tellement graves d’engagés dans cette question du noir d’aniline, que je ne donne ici que mes appréciations personnelles, sans prétendre vouloir l’imposer à qui que ce soit. Mais, pour moi, encore une fois, le noir d’aniline ne répond nullement au desiderata des mélanges avec la soie, et un noir authentiquement beau, solide et brillant, est encore à trouver sur coton, de même que sur soie sau
- vage.
- H [ t ? O 2
- en P e 2
- (Reproduction interdite.)
- (A suivre)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- {Suite.')
- La moire sur les robes de soie noire ou de couleur se fait sur le même cylindre qui sert aux cretonnes, en donnant plus ou moins de pression pour écraser le grain de la soie, plus la soie est de belle qualité, plus la moire ressort.
- Avant de passer au cylindre, la soie est gommée et doit être laissée sur un léger bain d’alun ; il est convenable d’attacher les lez sur le tapis, mais il est inutile de mettre les épingles trop près les unes des autres, le principal est de bien redresser la soie en tirant sur la longueur des lez. Les lez sont ensuite cousus par quelques points de fil fin. deux par deux, superposés l’un sur l’autre, les lez droits, puis, les lez en pointes et les morceaux de corsage, les côtés, les devants, les -manches, le dos est doublé sur l'endroit, les ceintures sont repliées en deux sur elles-mêmes. On passe d'un coté une première fois au cylindre suffisamment chauffé et siné ; on retire et on passe une seconde fois du deuxième côté, puis une troisième fois en biais,
- c’est-à-dire en enfilant par une des pointes de l’article. Dans quelques minutes on moire une robe ; le plus long est de la préparer, afin que les fils de chaîne et de trame soient bien rectifiés ; l’article est ensuite décolé, ébarbé et plié.
- NETTOYAGE DES TAPISSERIES DES GOBELINS, DE BEAUVAIS, d’aUBUSSON, ETC.
- Les couleurs des tapis des Gobelins, Beauvais, Aubusson sont solides, bon teint. Dans les imitations, elles sont généralement faux teint, surtout le rouge et le vert ; il faut donc avoir une grande attention en nettoyant ce genre de tapis mouillé. Si ils ne sont pas trop grands et tachés d’huile, on les nettoiera à sec ; si ils sont trop volumineux, on les bat-tra et on enlèvera les principales taches grasses à la benzine, ensuite on mouillera entièrement. Après avoir été établi à terre sur un des emplacements de l’atelier en ciment, et, muni d’un balai, on brossera à grande eau, légèrement additionné de carbonate de soude ; on rincera jusqu’à ce que l’eau coule claire ; on arrosera d’un léger vinaigre d'acide sulfurique et on rincera à grande eau ; si on peut essorer, on laissera égoutter sur des tréteaux.
- Les Gobelins et Beauvais se font à froid , au savon, à la brosse douce, sur une table ; on les rince bien sur plusieurs eaux ; on pique fortement et on rince à nouveau dans des eaux chaudes et froides.
- Cemme apprêt, les Gobelins doivent être attachés au tapis et gommés à l’éponge, à l’envers, ensuite roulés et non pliés pour les livrer.
- Notes sur les tapisseries. — La manufacture des Gobelins fait la tapisserie sur le métier à haute lisse, chaîne et trame ; la trame seule paraît à l’endroit et à l’envers ; la chaîne en travail est tendue verticalement.
- Les Beauvais, tapisserie pour meubles, est fait sur le métier à basse lisse ; la chaîne est tendue horizontalement.
- La manufacture de Savonnerie fabrique le
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- . ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tapis velours, façon turque ; la chaîne est en laine, la trame est en chanvre.
- Les tapisseries de Flandre contiennent 4 à 5 fils au centimètre ;
- Les tapisseries des Gobelins contiennent 8 à 9 fils an centimètre ;
- Les tapisseries de Beauvais contiennent 10 à 11 fils au centimètre ;
- Les tapisseries de Paris contiennent 7 1[2 fils au centimètres ;
- Les tapisseries de Bruxelles contiennent 6 1[2 fils au centimètre ;
- Les tapisseries d’Alençon contiennent 3 1[2 fils au centimètre.
- Les plus remarquables sont à Paris, au musée de Cluny, Angers, Arras, Aulhac, Auxerre, Beauvais, Berne, Dijon, Nancy, Reims, Valenciennes, etc.
- teinture des popelines laine et soie
- EN COULEURS.
- La teinture des popelines laine et soie en couleurs est une des plus grandes difficultés fie la teinture en chiffons, le tissu étant très serré, tranche difficilement, la laine est sou-vent d’une couleur et la soie d’une autre.
- L’article a quelquefois même été lavé par la blanchisseuse avant de nous être remis ; on est obligé de démonter soit à l’acide azotique, soit au carbonate de soude, ce dernier laisse souvent des places blafardes malgré lès rinçages. On commence par enlever les taches grasses à la benzine, on lise sur deux légers bains ne savon ; on rincera dans plusieurs eaux et on passera sur un piquage, on rin-cera à nouveau. Ceci pour les articles clairs, tels que les gris, havane, bleu clair, etc., à teindre d’une couleur plus foncée, grenat, bleu marin, marron, loutre, etc. Si l’article est bleu ordinaire ou vert, pour teindre grenat or-dinaire, ou marron pour bleu marin foncé, etc., on sera obligé de passer à l’eau-forte pour descendre les fonds qui gênent et d’unir en teignant ; il est préférable de traîner quel-Iues instants de plus sur un bain léger à 2 ou 3 degrés que de vouloir aller vite sur un bain
- plus fort ; il faut y mettre le temps, car l'o-pération est délicate. Les robes, une fois nettoyées et démontées, parfaitement nettes, sont bonnes à teindre.
- TEINTURE EN GRENAT DES POPELINES LAINE ET SOIE.
- On teint la laine aux trois quarts du ton de l’échantillon, comme il a été dit à la teinture des laines en grenat, à l'orseille et rouge solide, en arrivant seulement à un léger bouillon ; on lève et on rince ; ensuite à tiède, on donne à la bassine pour la soie, sur un bain acidulé extrait d’orseille et fuschine acide, jusqu'à ce qu’on arrive au ton demandé. On rince sur une eau froide et on laisse sur une eau acidulée d’acide acétique ou d’alun. On peut foncer en ajoutant du carmin d’indigo.
- Les couleurs prune se font de la même manière, en ajoutant du bleu marin à l’orseille ; on termine avec du violet bleu ou rouge, à l’acide, selon l’échantillon.
- Marron, loutre. — La laine est teinte à l’orseille, au terra et carmin d’indigo, aux trois quarts de l’échantillon, comme pour les cachemires ; on lève, on met en rouille une heure, on retire, on rince et on donne du Brésil, bois jaune et bois d’Inde à tiède en quantité suffisante.
- Les places blanchâtres qui restent sont dues au manque de rinçage de la rouille. Pour les enlever, on passera sur une eau tiède dans laquelle on aura ajouté trois cas-sins de Panama ébouillanté.
- Les bronze, havane se font de la même manière, en modifiant la quantité de colorant et en forçant en terra.
- Pour les bleu marin, on donne un fond de bleu de Lille et d’indigo à la laine ; la soie se teint à tiède à la bassine avec du carmin d’indigo, ou bien en mettant en rouille et finir par un bain de campêche très léger.
- Les gros vert, comme les bronze, se font au terra et carmin d’indigo, en ajoutant une petite quantité d’orseille pour la laine. La soie se teint presqu’à froid, avec carmin d’in -
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- digo et jaune naphtol ; on laisse sur un bain de rinçage acidulé ou d’alun.
- Les bleus peuvent se faire d'une seule fois au bleu de Nicholson. On commence à tiède à la chaudière, en chargeant le bain progressivement à mesure qu'il chauffe jusqu’à 90 degrés environ ; au bout d’une heure de lise, la soie et la laine doivent être du même bleu ou à peu près ; on rince, on pique à chaud à l’acide sulfurique, on rince dans deux eaux.
- Batifois.
- {Reproduction interdite.} (A suivre.}
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- CERISES ET ROSES A L'EOSINE.
- L’éosine se dissout facilement en eau bouillante ; il faut filtrer la solution avant de l’employer.
- Les étoffes de laine doivent être préparées comme nous l’avons déjà indiqué dans les généralités sur les Roses, c’est-à-dire que lorsqu’elles ont été parfaitement dégraissées, il est bon de les passer soit dans un bain ammoniacal, soit en léger bain de chlorure de chaux.
- La teinture de la laine par l’éosine se fait avec addition d’alun dans le bain de teinture. On fait le bam une première fois avec 10 kil. d’alun épuré que l’on met dans la quantité d’eau nécessaire contenue dans un baquet bien propre, exempt de toute coloration étran-gère.On entre une pièce destinée pournuauce foncée, on ajoute au bain une faible quantité d’éosine, puis on monte à l’ébullition.On abat et on évente.
- On fait le bain une seconde fois en le garnissant de nouveau avec 8 kilog. d’alun ; on y ajoute une petite proporion d’éosine, puis on manœuvre pendant une demi-heure une nouvelle pièce également disposée pour grenat ou pour prune, après quoi on abat et on évente.
- Le bain étant ainsi bien épuré par deux
- passages successifs de pièces, on garnit définitivement, pour 100 kil. de laine, avec
- 5 kil. d’alun épuré.
- Quantité voulue d’éosine pour arriver à a nuance demandée.
- On entre les pièces à 40° environ et on monte progressivement jusqu’à l’ébullition.On regarnit s’il est nécessaire, puis, lorsque l’on a obtenu la nuance désirée,on abat, on évente et on lave dans une eau très propre.
- Il y a plusieurs autres procédés pour teindre la laine par l’éosine ; nous allons les indiquer. La marche à suivre est toujours la même : on fait le bain une ou deux fois suivant la vivacité des couleurs qu’il faut obtenir, puis on garnit pour la teinture définitive, après quoi on lave soigneusement avant de sécher.
- DEUXIÈME PROCÉDÉ
- Pour 100 kil. de laine, on garnit sur bain fait de la manière suivante :
- 15 kil. de sulfate de soude,
- 3 kil. 500 d’acide sulfurique à 66° R.,
- Quantité nécessaire d’éosine pour obtenir la nuance demandée.
- On met d’abord le sulfate de soude,on manœuvre la laine pendant 10 minutes environ, puis on verse l’acide sulfurique dilué dans de l’eau. On manœuvre les pièces encore pendant 10 minutes, après quoi on ajoute peu a peu la matière colorante dissoute préalablement en eau bouillante. Finalement on monte graduellement et lentement au bouillon.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction inter dite.} (A suivr).
- LA TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES
- EN RUBAN
- Nous reproduisons ci-dessous le rapport pré senté à la Société industrielle de Mulhouse; par MM. Schlumberger, Alb. Scheurer et Alf. Bœringer, sur la demande de MM. Hartmann, Reichard et Cie, à Erstein, pour l'ob-tention du prix II des Prix divers.
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- ET DE D’IMPRESSION DES TISSUS
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- Messieurs,
- MM. Hartmann, Reichard et Cie, d'Erstein, par leur lettre du 30 décembre 1886, demandent à concourir pour le prix II des Prix divers relatif à l’introduction d’une nouvelle industrie dans la Haute-Alsace.
- Cette industrie consiste dans la teinture des laines peignées en rubans et la filature de ces laines en couleur, soit en uni, soit en mélanges, comme cela se pratique depuis longtemps pour la laine cardée.
- Je n’entrerai pas dans dans les détails de cette fabrication, le mémoire joint à la demande étant assez explicite et donnant une idée suffisante des procédés employés.
- J’insisterai cependant encore tout particulièrement sur les difficultés que l’on rencontre dans les manipulations de cette fabrication. La teinture des rubans de peignés sur bâtons, telle qu’elle a été pratiquée jusqu’ici et dont ces messieurs se sont servis pendant plusieurs aunées, présente de graves difficul-tés ; les rubans s'emmêlent, la laine se feutre et les opérations subséquentes de la filature se ressentent de cet état, tant sous le rapport de la production d’un fil de bonne qualité que sous celui de la quantité de déchets.
- Ce n’est que par la teinture mécanique de ces rubans par divers procédés, tous brevetés, tels que le procédé Obermaier, dont je vous donnais la description il y a peu de temps, ou celui du dévidoir à étages employé Par MM. Hartmann, Reichard et Cie, qu’on est parvenu à obvier à ces inconvénients et à obtenir des rubans de peignés non feutrés et dont les filaments conservent leur parallélis-me, évitant ainsi les déchets considérables que l’on produisait précédemment.
- La filature de ces laines teintes est aussi beaucoup plus compliqué ; il ne faut pas seu-lement compter avec les difficultés que pré-sentent les différentes opérations de la fila-ture, difficultés beaucoup plus grandes pour les laines teintes que pour les laines écrues ; les mélanges demandent des soins tout parti-euliers, tant sous le rapport de leur régula
- rité pour éviter les barres qui se produisent au tissage par l’emploi de filés inégalement mélangés, que sous celui d’un fondu suffisant pour obtenir un effet d’uni lorsqu’on considère l’étoffe à quelque distance.
- Dans la visite que nous avons faite à l’établissement de MM. Hartmann, Reichard et Cie, nous avons pu nous rendre compte, grâce à l’obligeance de ces messieurs, de leurs procédés de fabrication, et nous ne pouvons que leur exprimer notre satisfaction pour l’intelligence et les soins qu’ils apportent à cette industrie si difficile.
- MM. Hartmann, Reichard et Cie débutèrent dans cette industrie en 1869 et la firent si bien prospérer qu’ils en sont arrivés aujourd’hui à occuper leur filature de 35,000 broches presqu'exclusivement à la fabrication de ces filés teints et mélangés.
- Nous nous trouvons donc en présence d’une spécialité que nous pouvons cousidérer comme une industrie nouvelle dans notre région ; car, à notre avis, les quelques essais faits par d’autres filateurs ne peuvent entrer en ligne de compte avec cette industrie si complète et si bien organisée.
- L’utilité de cette industrie est incontestable, car elle alimente la fabrication de Sainte-Marie-aux-Mines et a beaucoup contribué à lui donner la renommée qu’elle a acquise par les articles de nouveautés, dits articles de Sainte-Marie. De plus, elle date d’assez longtemps, comme je viens de le dire, pour être considérée comme viable.
- Votre comité estime donc que MM. Hartmann, Richard et Cie auraient droit au prix II des Prix divers qu’ils sollicitent, et il vous proposerait de le leur décerner.
- Mais le texte de notre programme des prix est formel, et l’établissement de ces messieurs ne se trouvant pas dans la Haute-Alsace, nous nous voyons forcés de décliner leur demande, tout en regrettant profondément cette décision, et en leur adressant nos vives félicitations pour le degré de perfection auquel ils ont mené l’industrie, non seulement de la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- t . einture, mais encore de la filature des laines peignées teintes.
- (A suivre.)
- Economies de Combustible
- UN NOUVEAU FOYER
- De MM. E. HERRMANN et Cohen, Ingénieurs-Constructeurs (I)
- Le développement constant et progressif de l’emploi de la vapeur, soit comme force motrice, soit comme conducteur de chaleur, a occupé nombre d’ingénieurs, pour chercher à restreindre le coût de sa production, en même temps qu’à retirer de son emploi le plus grand effet.
- Si l’on se rapporte à une vingtaine d’années en arrière, à l’époque de l’Exposition universelle de 1855 par exemple, où l’on remarquait comme exceptionnelles, les grandes et coûteuses machines Cornwall, qui seules permettaient alors de produire le cheval vapeur avec une dépense de 15 kilos de vapeur par heure, tandis que les autres moteurs à vapeur, à haute pression, demandaient encore 22 à 30 kilos d’eau vaporisée, on constate que les machines à vapeur généralement usitées aujourd’hui, réalisent un progrès considérable, en obtenant le résultat de 75 km par seconde avec une dépense de 6 à 7 kil. seulement de vapeur par heure.
- Mais si un aussi excellent résultat a été obtenu par les moteurs, on ne peut pas constater le même progrès dans la production de la vapeur, c’est-à-dire dans le domaine du chauffage. On n’est pas encore arrivé, de ce côté, à utiliser complètement les calories, qui se dégagent par le procédé chimique de l’oxydation du carbone et de l’hydrogène, les deux principales valeurs calorifiques du charbon.
- Il faut donc, pour que le principe du chauffage soit parfaitement réalisé, que le procédé d’oxydation soit préparé le mieux possible, pour dégager le maximum des calories du du combustible et transmettre ce maximum, à l’eau de la chaudière.
- C’est l’installation du foyer même qui doit répondre à la première opération, taudis que la construction de la chaudière doit remplir la deuxième.
- Nous ne nous occuperons aujourd’hui que des foyers.
- Avec la façon ordinaire de charger, tout le monde sait qu’il y a une grande perte de calorique à subir. En effet, pour déposer le charbon sur une grande grille horizontale et
- (1) Rue de Châteaudun, 5, Paris.
- pour décrasser les barreaux, il faut ouvrir fréquemment les portes qui laissent pénétrer trop d’air froid au foyer.
- Ce mode chargement consistant à recouvrir les charbons en ignition avec des charbons frais, a pour inconvénient d’empêcher momentanément le rayonnement, et de causer une trop grande production de mâchefers
- Il existe bien, il est vrai, déjà nombre d’autres grilles à chargemeut continu, mécanique et automatique, mais elles ont été fort peu appliquées, soit dans l’industrie, soit aux moteurs à traction, à cause de leur délicatesse de fonctionnement, qui ne s’accorde pas avec la variabilité et souvent les exigences du service dans la pratique.
- Il nous paraît donc intéressant de faire ici mention d’une nouvelle grille, que l’on vient d’appliquer au chauffage d’une chaudière à vapeur, dans les environs de Paris et qui réalise une combustion parfaite du charbon, c’est-à-dire avec une fumivorité et une économie reconnues, tout en paraissant répondre complètement aux besoins de l’industrie pratique.
- Cette grille, ou plutôt ce foyer, système Cohen, est construite sur un principe des plus rationnels, lequel peut se diviser comme suit:
- 1- Distillation des éléments gazeux et leur combustion complète.
- 2- Combustion du charbon ou coke laissé par cette distillation.
- C’est au commencement de la combustion que la distillation a lieu, et que se produisent les gaz d’une grande valeur calorimétrique, lesquels sont assez difficiles à brûler.
- Il est absolument reconnu, que pour brûler ces gaz, il est indispensable d’avoir l’air en quantité nécessaire, et surtout une température très élevée, et que pour les brûler complètement; il faut absolument le faire, avant qu’ils se soient accumulés sous un gros volume.
- Le dessin ci-contre, représentant le foyer Cohen, démontre que cet appareil répond bien aux données qui précèdent.
- Il y a deux grilles superposées B et C. La première partie de l’opération, c’est-à-dire la distillation et la combustion des gaz de distillation s’opère sur la grille B, et la combustion finale a lieu sur la grille C.
- Un récipient ou trémie à charbon avec une grille froide A est placée au-dessus de ces grilles. Cette trémie reçoit le charbon à la pelle ou par un autre moyen.
- La grille B est mobile, ses barreaux sont accrochés sur le cadre b2, qui tourne autour de l’axe b3.
- L’arbre ou axe porte un levier b5 hors du foyer, au bout inférieur duquel se trouve u contrepoids b6 servant à contrebalancer Ie
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- poids de la grille B et celui du charbon qu’elle supporte.
- En face de cette grille B, il y a une porte Q en briques réfractaires.
- Le charbon en descendant sur la grille B, par sa perte naturelle, laisse un espace libre, entre sa surface et la paroi inclinée de ladite voûte, formant ainsi une chambre, qui se trouve terminée dans le haut par une traverse creuse D en fonte.
- Cette chambre est fournie d’air frais, par les espaces de la grille bl de la grille B, en
- meme temps que par la traverse D, laquelle a ses deux extrémités hors du foyer et constitue un appel d’air constant.
- Le charbon de la grille B se chauffe au con-lact de celui de la grille inférieure qui est en 8nition, ainsi que par l’effet de la chaleur rayonnante de la maçonnerie de la voûte, il Se distille, les produits de la distillation sont constamment mélangés à l’air arrivant par la raverse et passent ainsi bien préparés pour a combustion, après avoir traversé la couche de charbon en grand feu, sous l’autel renversé ormé par la voûte.
- Leur combustion est donc alors faite, bien exactement, d’après les conditions énoncées Precedemment.
- Le levier b5 sert à activer la descente du charbon, en remuant la grille B, ce qui remplit tous les vides produits par la combustion, en faisant descendre le charbon sur toute la longueur des grilles.
- La pente de la grille C peut se varier pour régler sa couche de charbon, plus ou moins épaisse, les barreaux de la grille C, sont supportés à leur extrémité inférieure, par une barre en fer rond N et ils sont soutenus à leur partie supérieure, par une traverse U. On trouve l’arbre O qui porte cette traverse sur ses deux leviers P, au moyen d’une roue dentelée M, en contact avec la vis sans fin m, placée sur l’arbre à manivelle n.
- Enfin on rabat cette grille C jusqu’à la position indiquée en ligne ponctuée pour l'allu -mage.
- Le décrassage se fait sans déranger le feu, on introduit une lance dans les espaces inférieurs seulement de la grille C, en l’appuyant dans les entailles des barreaux et on chasse le mâchefer, qui tombe au fond, d’où on le ramasse aisément par un crochet. La quantité de mâchefers obtenue par ce mode de chauffage est fort diminuée en comparaison avec la production des grilles ordinaires.
- L’accès d’air à chacune des deux grilles B et C est isolé par une cloison X et peut être réglé séparément pour chaque grille. Pour l’accès d’air de la grille B on manœuvre le registre b7 et pour la grille C les rosettes R.
- Les principaux avantages qui ont été constatés avec le foyer Cohen, sont :
- 1: Une très grande économie de combustible
- 2: La possibilité de brûler toutes espèces de charbons, même les fines;
- 3: La fumivorité ;
- 4’ La suppression des jetés-bas du feu pendant la marche ;
- 5- L’éloignement du foyer incandescent des bouilleurs ou de la chaudière;
- 6- L’absence totale de chaleur rayonnante extérieure.
- 7: Enfin un adoucissement du travail des chauffeurs, qui n’ont plus à soigner de grilles de longues dimension.
- 8• Facilités de chargement.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- SUR L EMPLOI DU ROUGE CONGO
- POUR LE TITRAGE DE LANILINE Par M. F. Jalius.
- Une dissolution aqueuse de rouge Congo vire au bleu sous l’influence des acides. En ajoutant quelques gouttes d’eau d’une dissolution de rouge Congo à une solution aqueuse d’aniline, on peut titrer le liquide par l’acide sulfurique ou l’acide sulfurique normal jusqu’à coloration violet bleu. Il faut une certaine habitude pour reconnaître la fin de l’opération. On arrive ainsi en opérant avec précaution à ne pas dépasser une erreur en plus ou en moins de 0,2 0[0.
- TARIFS DES CHEMINS DE FER
- Chemin de fer de l’Est
- M. le Ministre des travaux publics a homologué, à titre provisoire, une proposition de la Compagnie de l’Est ayant pour objet d’inscrire :
- 1- Dans le § XII de son tarif spécial P. V. n' 20 {tissus de coton imprimés et teints emballés}, un prix de 58 fr. 60 par tonne, frais accessoires compris, pour le parcours de Châtel-Nomexy à Paris La Villette ;
- 2* Dans le § XIII {tissus de coton croisés, blanchis, emballés}, un prix de 42 fr. 30 par tonne, frais accessoires compris, de Châtel-Nomexy à Paris La Villette.
- 3' Dans le § XV {déchets de J r isons, de soie,etc.} des prix de 54 fr. 80 et 56 fr. par tonne, frais accessoires compris, pour les parcours de Paris La Vilette ou Paris-Reuilly à Petit-Croix frontière ou Delle-frontière ou vice-
- versa.
- Voy. l’affiche du 8 mars 1887.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Paris. — François-Jules Balley, apprêteur de chemises à neuf, rue Chariot, 7. — J.-c.:
- M. Garnier. — S.: M. Hécaen. —- Jug. du 16 janvier.
- Bordeaux. — Bouzezan (André), teinturier, rue de l’Eglise-Saint-Seurin, 146. — Jug. du 20 déc. 1887. — S. : M. Videau.
- Tourcoing.—Delahousse, Paul, nég. en laines.--Jug. du 23 janv.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Cambrai. —- Formation de la Société en nom collectif Hennino, Défossez et Picard, teinture, blanchiment et apprêt des tulles en soie et coton, à Caudry. — Durée : 10 ans. — Cap. : 40,000 fr. — Acte du 15 décembre.
- Marseille. — Formation de la société en nom collectif Lardet et Ve Laffitte (teinture et dégraissage), rue Grignan, 18. — Durée : dix ans, du 1er oct. 1886.—Cap. : 100,000 fr. — Acte du 25 nov. 1887.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Mercier a vendu à Mme veuve Rousseau, rue Saint-Gilles, 6 et 8, chez M. Mauger, de suite, un fonds de teinturerie, rue Lepic, 12.
- COMPAGNIE UNIVERSELLE DU CANAL INTEROCÉANIQUE DE
- Société anonyme au capital de 300 millions
- Le Conseil d’administration de la compagnie a l’honneur d’informer MM. les actionnaires que, par suite de l’insuffisance du nombre d’actions déposées dans les délais fixés par les statuts, l’as-semblée générale convoquée pour le 28 janvier courant est remise au jeudi 1er mars prochain, à deux heures de relevée, salle de la Société nationale et centrale d’horticulture de France, 84, rue de Grenelle-St-Germain.
- Aux termes des statuts, les membres présents à la deuxième assemblée délibèrent valablement, quel que soit leur nombre et celui des actions qu’ils représentent, mais ils ne peuvent délibérer que sur les objets qui étaient à l’ordre du jour de la première assemblée. «
- Les cartes d’admission délivrées pour le 25 janvier seront valables pour le 1er mars et dépôt des actions continuera à être reçu à 2 caisse centrale ou chez un des correspondant8 de la compagnie, jusqu’au 24 février au soir.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Février 1888
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- NOIR DIRECT SOLIDE POUR LAINE.
- EXPOSITIONS DE MELBOURNE ET DE BARCELONE.
- TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES EN RUBAN.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS —'ANNONCES
- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX /
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, «analyse des brevets de nature à intéresser nos ’cteurs.
- MACHINE A TEINDRE LES ÉCHEVEAUX
- Par MM .Zaingraff et Pierron et Dehaitre.
- Au-dessus des bords supérieurs de la « bar-Que» de teinture et longitudinalement sont disposées deux barres de fer horizontales, sur lesquelles reposent les perches transversales Porte-écheveaux ; les barres reçoivent, par : l'intermédiaire d’excentriques, un mouvement de va-et-vient. D’un autre côté, les perches se terminent à l’une de leurs extrémités, par des poulies en bois qui, une fois la barque 8arnie, se touchent entre elles.
- La première poulie est pourvue d’un ro-chet: à chaque oscillation des barres (action-nées par les excentriques) un cliquet fixé au chassis de la barre, fait tourner le rochet, l'une dent et la perche correspondante,d’une certaine quantité. La poulie que porte cette perche, frottant sur la poulie de la seconde Perche,entraîne celle-ci dans son mouvement, la seconde actionne la troisième et ainsi de Proche en proche.Toutes les parties des éche-yeaux viennent donc plonger successivement dans le bain et s’imprégner uniformément de leinture.
- MANŒUVRES DES COUVERCLES DE CUVES A LESSIVER
- Par M, Chasles.
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- Pour manœuvrer les couvercles des cuviers à lessive, on emploie habituellement des treuils avec chaînes et contrepoids, qui nécessitent des points d’appui au-dessus des cuves, encombrent, par conséquent, les ateliers et peuvent, en cas de rupture, occasionner de graves accidents.
- L’invention consiste à soulever ces couvercles au moyen de tiges métalliques verticales, concentriques aux appareils à lessiver et mises en relation soit avec une petite pompe de compression, soit avec une distribution d’eau comprimée. Chaque tige se meut à la manière du piston plongeur des presses hydrauliques et guide le couvercle en même temps qu’elle le soulève ou l’abaisse.
- MACHINE A FOULER LES ETOFFES, A CHIFFONNER LE PAPIER, ETC. Par M. Griaon.
- Cette machine a pour but de produire des frottements qu’on ne pouvait obtenir autrement qu’à la main ; elle se compose d’une ou de plusieurs séries d’anneaux, ou lunettes, montés à l’extrémité de bielles oscillantes, soit que les mouvements résultent de l’interposition d’excentriques, ou d’un montage à vilbrequin.
- L’étoffe (ou le papier) guidée par des rou-
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- 38 LE MONITEUR
- DE LA TEINTURE
- leaux d’appel tant à l’entrée qu’à Ja'sortie, chemine à travers les anneaux consécutifs, animés de mouvements contrariés, qui assouplissent les fibres sans les briser. On comprend qu’en faisant intervenir des liquides appropriés, la machine Grison convient également au foulage des lainages, au lessivage et au lavage u dlinge,etc.
- PEIGNE BRISÉ TISSO-BRODE U R Par M. Souton.
- Comme les autres peignes à tisser la perle, le peigne breveté par M. Souton se compose d’une partie inférieure fixe et d’une partie supérieure mobile, pour faire passer la perle en avant, dans le mouvement de baisse du battant. Le caractère essentiel du peigne Souton tient a ce que la partie supérieure, droite aux deux extrémités, est bombée en son milieu et constitue une sorte de « réservoir de sûreté ». Le renflement ne sert pas seulement à guider la perle, mais empêche qu’elle n'échappe à un moment inopportun et se prête à l’usage des perles de toutes grosseurs.
- PRÉPARATION DE FIBRES DE CELLULOSE SUSCEPTIBLES D’ÊTRE FILÉES ET BLANCHIES Par M. Wolf.
- M. Wolf indique deux genres de préparation du bois et des autres substances végé talés pour arriver à l’extraction des fibres et à leur transformation en fils et en cordages d'une grane résistance :
- 10 Le bois, découpé en morceaux assez longs, est soumis à la cuisson d’après un des procédés connus pour l’obtention de la cellulose et ramolli dans des conditions telles que, par le simple agitation dans l’eau, ce bois se sépare en fibres fines.
- Le bois ainsi débouilli, ou cuit, est divisé après (ou sans) lessivage, en longs filaments, soit à la main, soit mécaniquement, à la suite d’un séchage complet ou partiel.
- 2o Le bois est soumis à la cuisson, comme
- ci-dessus, mais de façon à ne point pousser la désagrégation aussi loin, c’est-à-dire que l’agitation dans l’eau, du bois débouilli, ne suffit plus à déterminer la dissociation des fibres. La division des filaments s’effectue, ainsi que dans le cas précédent, à la main ou mécaniquement.
- Les fibres résulant du premier traitemet se filent et se blanchissent à la manière du coton, les filaments provenant de la seconde méthode conviennent surtout à la fabriration des cordages.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 182778. 9 avril ; Brimelow. — Perfectionnements dans les cylindres presseurs des machines à encoller et dans les appareils qui les supportent et les règlent.
- L’invention qui fait l’objet du brevet consiste à employer trois rouleaux presseurs, celui du milieu étant plus court que la longueur comprise entre les rebords de l’ensouple et un ou plusieurs galets antifriction, sur lesquels tourne le cylindre presseur et comportant un collier qui s’engage dans une rainure correspondante pratiquée dans ledit cylindre, de sorte que pendant sa rotation, on en empêche tout déplacement latéral.
- Les deux autres cylindres presseurs sgi t de longueur suffisante pour atteindre les rebords de l’ensouple et dépasser les extrémités du cylindre central ; ils sont montés chacun sur des galets antifriction portés par une paire de petits bras adaptés sur un arbre transversal.
- Chaque c /lindre plus court a une rainure entaillée dans sa circonférence, dans laquelle pénètre un collier ou saillie formée suri un de ces galets antifriction porteurs, de sorte que sans retarder leur rotation, il en empe che tout déplacement longitudinal.
- Les galets antifriction ayant des colliers ou saillies sont montés et pourvus d’un réglage8 vis par lequel ces galets et les cylindres plus
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- courts qu’ils supportent sont déplacés longitudinalement, de manière à régler l’extrémité extérieure de chaque cylindre presseur contre la surface intérieure de chaque rebord de l'en-souple. La longueur des ensouples les plus courtes étant suffisante pour dépasser ou traverser les extrémités de l’ensouple presseuse la plus large et la rainure qui y est pratiquée. 182792. 9 avril ; Société Gebrüder Wolff. — Procédés pour tendre les rideaux anglais, les tulles unis en leur largeur originelle ou en 1[2 largeur originelle sur plusieurs châssis superposés.
- J. FAYOLLET,
- A vocat, ingénieur conseil en matière d propriété industrielle, 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE L'ANNÉE TINCTORIALE A LYON EN 1887
- {Suite}
- Le développement de la teinture en pièces mixtes à Lyon et ailleurs a amené une perturbation profonde dans les teintures et amoindri dans une certaine mesure la teinture en flottes qui seule peut donner des produits vraiment beaux, où Lyon, St-Etienne et St-Chamond excellent. On peut dire qne l’on fait de la pa-cotille ; mais à cela que répondre : rien. La mode le veut ; or, cette dernière est impitoyable.
- Une conséquence des plus curieuses au Point de vue économique pour les départements du midi de la France, et en même temps des plus fâcheuses pour leur prospé-"ité, c’est que dans les tissus mixtes à chaîne soie et trame coton, l’on n emploie pour la chaîne que de la soie grège qui à l’état cru est assez forte pour résister au tissage, et non seulement on n’emploie plus que de la grège, mais souvent des soies de provenances étran-8ères et toutes filées, tandis qu’avant il fallait de beaux organsins. Nos mouliniers et ou-vreurs de soie ont donc de ce fait reçu un rude coup.
- D’un autre côté, les étoffes mixtes n’étant pas chargées se teignent plus rapidement, plus facilement ; les ouvriers teinturiers et les fabricants de produits spéciaux pour la charge ont de même subi un contre-coup des plus fâcheux. Dans l’intérêt de tous, il est à souhaiter pour la prospérité de Lyon et des départements séricicoles français, que l’on revienne aux étoffes toute soie, et chargées modérément
- Pendant que le coton prend rang de cité à Lyon, il faut également constater que la soie sauvage commence à y jouer un rôle important ; l’on est arrivé avec elle à de jolis tissus spéciaux. Les pays d’origine noue l’envoient mieux montée que jadis, et avant peu elle aura un très grand emploi ; elle donne des tissus moins beaux que ceux en soie ordinaire, mais d’une durée indéfinie.
- La shappe a également pris une très grande importance à Lyon ; on fait avec elle de très beaux velours et peluches. Lyon, d’abord distancé par l’Angleterre , lui tient maintenant vaillamment tête.
- Une autre matière textile qui se présente dès le début discrètement, c’est la ramie. Jusqu’à présent, on a fait à l’égard de celle-ci fausse route, en voulant lui faire remplacer le coton : là n’est pas son rôle ; elle aura le sien bien marqué, c’est-à-dire de remplacer dans bien des cas la shappe.
- La ramie, en terme de teinturier, est gourmande de couleurs, c'est-à-dire qu’à poids égal et à intensité égale de coloris, elle demande plus de couleurs que le coton.
- La ramie est susceptible, bien menée en teinture, de prendre tous les coloris, de sortir avec un beau brillant. De même on peut lui donner tous les touchers possibles comme à la soie. Aussi est-elle appelée à un grand succès dans les tissus mixtes velours et peluches. Elle prendra la place de la simili-soie de M. Jules Imbs, de Paris, mélange en filature de lin' et de soie, qui a eu son moment de vogue et qui certainement était digne
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- d’une vogue plus durable à Lyon. M. Jules Imbs aurait dû être mieux encouragé dans ses efforts sur notre place.
- M. Jules Imbs a d’ailleurs subi le contrecoup d’essais de divers mystificateurs qui avaient, il y a quelques années, Entrepris la transformation du coton en soie, et qui n’ont opéré que de véritables tours d’escamotage, qui n’ont pu tromper nos fabricants.
- D’un autoclave où on avait mis une flotte de coton on retirait à l’aide d’un tour a la Robert Houdin, une flotte de soie Malheureusement, la transformation était si complète, qu’il est arrivé de retirer de l’autoclave où l’on avait mis une flotte de coton câblé à deux bouts, une flotte de trame soie à trois bouts et d’un guindrage différent? Les actions de cette simili-soie qui avaient atteint des prix désordonnés, furent à la suite de ce dernier essai, et d’un de mes articles dans le « Moniteur des soies de Lyon », ramenées à leur juste valeur, c’est-à-dire à zéro.
- Ce qui a quelque peu découragé pour la simili-soie de M. Imbs, c’est la difficulté de teindre d’une manière uniforme le mélange de de lin et et soie ; mais nul doute qu’avec un peu de persévérance l’on ne fût arrivé à teindre convenablement ce mélange de fibres si différentes.
- La ramie teinte a, disons-le cependant, un inconvénient qui la différencie essentiellement du coton à premièie vue Lorsque l’on secoue une flotte de ramie, e'Ie laisse toujours échapper de la poussière, qu’elle soit écrue, cuite, teinte ou non. Il est probable que l’on arrivera à parer a cet inconvénient secondaire par des encollages spéciaux n’altérant ni son brillant, ni son toucher.
- La question des encollages étant sur le tapis, est d’ailleui s à l’ordre du jour par suite de la teinture en pièces qui se développe de plus en plus et avec l’emploi de matières secondaires, telles que des grèges de Canton, pour la chaîne.
- Jadis dans nos environs, Roanne et Ville-franche-sur-Saône avaient seules besoin de
- ces encollages pour donner de la force et de la souplesse aux chaînes de coton. Aujourd’hui Lyon a dû se mettre dans le même cas : l’emploi de parements pour soie.
- On emploie de même des encollages dans certains cas pour finir les soies teintes et leur donner des qualités spéciales, selon les genres. On en compte au moins dix ou douze, selon les genres désirés. Quelques-uns sont d’origine suisse.
- Il y a un autre but poursuivi avec les soies encollées après teinture : c’est celui de simplifier l’apprêt. Au lieu - d’apprêter et de cy-lindrer les étoffes, on se contente, avec les soies encollées en teinture, d’un simple cylindrage.
- Dans les environs de Lyon, à Voiron (Isère), on a monté par les soins de M. A. Favier, directeur de la Société la « Ramie française »/ dont le siège est à Paris, un tissage de linge de table en ramie. On obtient de fort beaux produits et d’une longue durée. C’est, en définitive, une heureuse importation pour notre région, surtout en ce moment où "tous les pays nous ferment leurs portes à nos produits, si ce n’est déjà fait.
- Lyon se préoccupe d’ailleurs et à juste titre du renouvellement des traités avec l’Italie.
- Il est probable que celle-ci sera moins récalcitrante lorsqu’elle aura réfléchi au sort probable en cas de non renouvellement des 500,000 Italiens occupés en France , tandis qu’il n’y a qu’un nombre insignifiant de Français en Italie.
- La ramie donne de très beaux résultats pour les câbles de marine; plus résistante que le chanvre, il faut de moins gros câbles qu’avec le chanvre. De plus, elle résiste à Peau de mer mieux que ce dernier et à tel point que, parlant dernièrement à un fabricant de filets de pêche qui s’organise à Lyon, je lui disais :
- « Pourquoi, au lieu de les faire en chanvre du Nord, ne les faites-vous pas en ramie. »
- Celui-ci me répondit :
- « Que me dites-vous là, moi et mes collé"
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- gués nous le savons bien, mais nous ne tenons pas à une durée illimitée! »
- La marine hollandaise a pour ainsi dire adopté l’usage exclusif des cables de ramie. Si je m’étends sur cette intéressante fibre, en dehors des usages de Lyon, c’est qu’entre les mains de M. A. Favier, elle est en train de devenir l'objet d’une grande industrie nationale, et, par ce temps de concurrence universelle dans les vieux produits, nous avons bien besoin d’une nouveauté.
- M. A. Favier, inventeur d’une machine à décortiquer à sec, a, de plus, fait de très grands efforts pour le développement de la culture de la ramie dans le midi de la France, efforts couronnés de succès dans les Pyrénées-Orientales. Cette culture s’est propagée également en Espagne et en Egypte. Madagascar est d’ailleurs à même d’en fournir des quantités illimitée, elle y croît à l’état sauvage. Or, Madagascar est pour ainsi dire propriété française ; ce sera une source de fret pour nos marins et de commerce pour la France.
- L’impression des étoffes, si délaissée depuis quelques années, a eu en place cette dernière, et cela continue un regain d’activité tellement considérable, que les matériels ne suffisent plus, à ce point qu’un fabricant me disait en riant :
- « Je ne reçois pas mes pièces, je crois que mon imprimeur me les a vendues. »
- L’impression de Lyon et de la région est peu connue du public dans le dehors ; elle ne ressemble nullement aux impressions sur coton de Mulhouse et Rouen.
- On compte à Lyon une seule maison ; à Pierre-Bénite, près Lyon une autre maison; a Neuville-les-Lyon, trois maisons ; à Bour-goin (Isère), deux maisons, et à Tournon-sur-Rhône, enfin, deux autres maisons. Total, dix imprimeurs sur tissus de soie pure, foulards ou soies et coton, faisant très peu de coton pur. A Tain (Drôme), on compte une maison imprimant le genre satinette .coton,
- en noir d’aniline (genre Suisse). Dans le même genre, deux autres maisons se sont montées, une à Lyon et l’autre à Saint-Sym-phorien-d’Ozon, près Lyon. Il y a de plus, dans la banlieue de Lyon, un quatorzième imprimeur sur tulle, faisant avec des planches à aiguilles ou à épingles des perles artificielles. Je laisse de côté les petits imprimeurs faisant ce que l’on appelle de la gouache sur les étoffes reteintes. En tout, sauf erreur, nous avons dans la région un total de quatorze imprimeurs. Il y a quelques temps, il y en avait dix-huit, mais quatre ont disparu, soit une au Cheylard (Ardèche), une à Bourg-Argentals (Ardèche), une à Saint-Julien-Molin-Molette (Ardèche) et enfin la dernière à Roanne (Loire).
- Je vais étudier les divers genres faits à Lyon et dans la région, avec soin, cela intéresse certainement le lecteur, qui y verra les merveilles accomplies par nos manufacturiers, au prix de grandes difficultés et de non moins grands sacrifices.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.)
- ÇA suivre)
- LU TEINTURE EN CHIFFONS ÇSuite.)
- Les popelines reteintes, après les opérations qu’elles ont subies, nettoyage, bain de carbonate de soude, démontage à l’acide nitrique et diverses autres manipulations, se sont énormément racourcies. Pour l’apprêt et faire revenir au mieux de leur longueur primitive les lez et morceaux, il faut avoir recours au tapis et souvent les attacher deux fois en les saisissant à une forte chaleur.
- Si on a sous la main un métier de Saint-Quentin ou rame, le résultat sera meilleur. Dans ce cas, on bâtira tous les lez droits ensemble, cousus pour former une pièce.
- L’article de popeline, étant terminé, ne doit pas rester en magasin à l’humidité, car l’étoffe se grippe et, de nouveau, il faut le réap-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- prêter ; si cela est possible, il faut le rendre au client aussitôt terminé.
- Comme on a pu le voir dans les teintures qui précèdent, la rouille joue un rôle des plus importants pour les soies et les cotons, les laines et soies ; aussi, dans beaucoup de maisons qui ont de l’emplacement, on la prépare soi-même.
- Préparation de l’azotate de fer ou rouille.
- Voici les deux procédés employés : Premier procédé.
- Sulfate de fer...... 100 kilogr.
- Acide nitrique........... 12 »
- Acide sulfurique .., 6 »
- On jette le sulfate de fer dans une chaudière en fonte fermée par un couvercle percé de deux trous, l’un pour recevoir un tube en grés qui dégagera l’acide hypo-azotique et sera recueilli dans des touries contenant de l’eau et placées à la suite les unes des autres; il se produira de l’acide azotique. L’autre ouverture sert à introduire l’entonnoir pour y verser la préparation d'acides nitrique et sulfurique mélangés, et pour remuer la liqueur dans la chaudière ; on verse et on chauffe très lentement jusqu’à 50 degrés ; on remue jusqu’à ce que la couperose soit dissoute.
- Comme essai, on emploie le cyanure jaune de potassium mélangé, il ne doit pas faire changer la rouille de couleur ; s’il devient vert, c'est qu’il est trop chargé de couperose et qu’il y manque de l’acide nitrique ; on chauffe de nouveau ; si la couleur devient bleu, c’est qu’il y a trop d’acide sulfurique ; on ajoute alors acide nitrique et couperose en chauffant.
- Deuxième procédé.
- Dans un tonneau défoncé d’un côté et placé sur deux marchons, empli de vieille ferraille, on verse de l’acide sulfurique ordinaire et on ajoute de l’eau, de façon à obtenir 30 degrés au pèse-acide ; on chauffe au barbotteur jusqu’à ce que le fer soit dissout ; on couvre. Le couvercle est percé de deux trous, l’un pour verser l’acide nitrique par petite quantité,
- l'autre pour remuer ; on soutire et on verse dans l’entonnoir à plusieurs reprises pour activer l’opération de la dissolution des ferrailles et vieilles tôles [qu’on aura eu soin d’ajouter pour remplir le tonneau ; lorsque le tout est dissout, on laisse reposer et refroidir le liquide, qui peut être employé de suite.
- TEINTURE DRS ARTICLES SATIN, SOIE ET COTON MÉLANGÉS. — PROCÉDÉS DIRECTS.
- Satin trame coton pour crème.
- On teint directement sur un bain tiède, avec du rocou et du terra,:on ajoute un peu de carbonate de soude, on avive ensuite sur un bain froid d’acide tartrique.
- Le même en Jaune.
- On fait un bain chaud avec terra et acide acétique, terra à volonté, selon la nuance demandée.
- Orange. Teindre de même que pour les jaunes en ajoutant au bain une petite quantité de rocou.
- Rose. L’article est mordancé à la galle de Chine, à raison de 1 kilogr. pour 10 kilogr. d’étoffes ; on rince sur une eau froide et on teint sur un bain froid avec acide tartrique, carmin de safranum et rocou.
- Autre Rose. On teint directement sur un bain de savon gras, coupé avec de'l’acide sulfurique ; on ajoute carmin de safranum et rocou.
- Cerise. On mordancé à la galle et on teint sur un bain avec acide acétique et safranine.
- Rouge On donne à la soie un fond à moitié de l’échantillon, avec du rose Bengale ou bien de la floxine et orange ou éosine ; on ajoute de l’acide sulfurique, on rince, on mordancé à la galle pendant une heure et ensuite au sel d'étain ; on lève, on rince et on teint ensuite sur un bain froid avec de la safranine et acide tartrique.
- Bordeaux et grenat.
- L’opération est la même que pour les rouges, sauf qu’après le bain de noix de galle et sel d’étain, on doit, sur un bain froid, griser
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- le coton avec une petite quantité de rouille et d’acine chlorhydrique, selon la nuance ; on termine sur un bain frais avec safranie et fosphine.
- Erratum. — Dans le no du 5 février : page 30, 1re col., ligne 21, lire « serré » au lieu de «siné ». — Col. 2, ligne 19, lire « étallé » au lieu d’« établi ». — Ligne 26, lire « si on ne peut ».
- Batifois.
- 'Repfocluction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite)
- TROISIÈME procède
- Pour 100 kilog. d’étoffe de laine, on met dans un bain fait :
- lk,500 d’acide acétique à 7 0 Bé.
- Quantité nécessaire d’éosine pour monter à 1 intensité voulue.
- On entre à froid et on élève graduellement la température du bain jusqu’à 80°. On teint a cette température. Il ne faut verser l’acide acétique dans le bain que peu à peu, par Parties et en plusieurs fois (par exemple en Quatre ou cinq fois), parce que, si l’on met Ion met l’acide en une seule fois, il s’évapo-rera sous l’action de la température élevée du bain, et l’éosine ne montera pas faute de mordant.
- On recommande parfois d’ajouter au bain, lorsqu’il est tiré, soit un peu d’acide sulfuri-Que (0 kil. 300 0[0), soit une nouvelle quantité d acide acétique (0 kil. 500 0(0). On manœuvre encore les pièces pendant quinze ou vingt mi-nutes, en maintenant la température à 80 de-8res, puis on abat. Nous avons obtenu avec cette méthode des couleurs très brillantes, et nous la recommandons tout particulièrement.
- QUATRIÈME PROCÉDÉ
- Ce quatrième procédé de mordançage pour Teindre la laine sur bain d’éosine est très “conomique • il permet de ménager la matière
- colorante tout en donnant de très belles nuances.
- On fait une première fois le bain avec 1000 de phosphate de soude. On manœuvre dans cette solution, pendant trente minutes, à la température de 80 degrés environ une pièce destinée pour nuance foncée, puis on l’abat. On regarnit ce même bain avec 8 0[0 de phos-phate de soude, on y manipule encore pendant une demi-heure, en maintenant la température à 80 degrés, une nouvelle pièce également disposée pour nuance foncée, après quoi on l’abat. Ensuite, on garnit définitivement, pour 100 kil. d’étoffe de laine, sur ce bain fait avec 6 kil. de phosphate de soude.
- On entre les pièces à froid, on chauffe le bain jusqu’à l’ébullition, puis on donne quelques tours de bouillon. On cesse de chauffer, et on ajoute
- 2 kil. de composition d’étain (1)
- On donne de nouveau quelques tours de bouillon. On arrête la vapeur, on rafraîchit suffisamment le bain, puis on ajoute lentement et en plusieurs fois la matière colorante, en montant graduellement au bouillon. On teint à cette température jusqu’à la nuança voulue.
- Il ne faut pas trop remplir la cuve en commençant l’opération, afin d’avoir suffisamment de place pour contenir l’eau qui devra rafraîchir le bam.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) a suivre).
- UN NOUVEAU SEL D ANTIMOINE
- Dernièrement M. Scheurer a lu, dans une séance de la Société industrielle de Mulhouse, un rapport de M. Frey sur l’usage en teinture et impression d’un sel d’antimoine appelé à remplacer l’émétique ainsi que l’oxalate d’antimoine. En réalité ce sel d’antimoine est
- (1) Cette proportion est calculée pour une composition d’étain marquant 35 degrés à l‘a-réomètre de Baumé.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- formé de fluorure d’antimoine et de sulfate d’ammoniaque.
- On a constaté, qu’alors que l’émétique (tar-trate de potasse et d’antimoine) renferme 43, 4 0[0 d’oxyde d’antimoine et l'oxalate d'an--timoine 23, 6 0[0; le sel d’antimoine qui nous occupe en contient 47 0[0 et que de plus 100 parties d’eau froide peuvent aisément en dissoudre 140 parties.
- Si maintenant nous examinons, en nous basant sur les cours actuels, le prix des 100 kil. d’oxyde d’antimoine, dans les trois produits dont nous venons de parler, nous voyons qu'il est de :
- 485 francs dans le sel d’antimoine.
- 710 » dans l’émétique.
- 640 » dans l’oxalate d'antimoine.
- Le sel d’antimoine est employé de la même façon que l'émétique. On mordance, selon les besoins, avec du tannin, des noix de galles ou bien du sumac, puis on agit avec une dissolution de sel d’antimoine. Avec 0 kil. 9CO gr. de ce sel on obtient le même résultat qu’avec 1 kil. d’émétique et 0 kil. 500 gr. suffisent pour remplacer 1 kil. d’oxalate d’anti-moine.
- Le sel d’antimoine, d’après sa composition, présente des propriétés acides très faibles, analogues à celles de l’alun.
- Lorsqu’on désire teindre des nuances foncées qui sont après un bain de tannin passées au bois de campêche et aux sels de fer, il est préférable de se servir d’émétique.
- On a remarqué qu’en faisant uniquement usage du sel d’antimoine, ce sel, en raison de son acidité, n’est pas apte à fixer le tannin; mais rien de plus facile de parer à cet inconvénient et d’atteindre un excellent résultat en effectuant sa neutralisation à l’aide de carbonate de soude cristallisé ou cristaux de soude.
- Afin d’opérer d’une manière exacte, on met, par litre 4 gr. de sel d’antimoine et 1 gr. de carbonate de soude cristallisé et on procède aux passages à la température ordinaire (4 gr.
- de sel d’antimoine correspondant à 5 gr. d’émétique).
- Dans ce cas les nuances ont plus de vivacité qu’avec l’émétique, elles paraissent plus franches, indices qui démontrent que la couleur a été fixée dans les meilleures conditions
- Il est nécessaire de ne mettre la dissolution de sel d’antimoine que dans des cuves de bois ou de cuivre rouge.
- Nous pensons que ce produit encore peu connu sera très apprécié pour la teinture des pièces de coton de demie-laine et de demie-soie.
- (Reproduction interdite).
- NOIR DIRECT SOUDE POUR LAINE
- OU FEUTRE.
- Mode d'emploi. (Pour 100 kilogr. de feutre, de laine ou de poils )
- On fait dissoudre 14 kilogr. sel colorant dans l’eau bouillante avec 500 grammes d’acide oxalique.
- On teint au bouillon, en une heure un quart environ ; la nuance devient grise au commencement de l’opération et noire ensuite.
- Si le bain paraît jaune après l’addition de l’acide, on le neutralise avec un peu d’ammoniaque ou de sel de soude ; on fait bouillir a nouveau pendant une demi-heure et le bain devient tout à fait noir.
- Le bain ne s’épuisant pas, pour les opérations suivantes ne prendre que 10 à 12 kilogr. de colorant.
- Pour les articles tels que chapeaux de laine ou de feutre qui contiennent encore de l’acide sulfurique au moment de la teinture, on peut n’employer que 200 ou 300 grammes d’acide oxalique au lieu de 500.
- Prix du kilogr., 2 fr. 50 en boîtes.
- Par 100 kilogr. en baril, 2 fr.
- Maison Armand Plichon, 36, rue de Seet gné, Paris.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE MELBOURNE
- Un décret du 17 janvier, paru à VOfficiel du 31, a institué, sous la présidence du ministre du commerce, une commission spéciale en vue de la participation de la France à l’Exposition internationale de Melbourne, de cette année. Par arrêté du 24, le ministre a nommé membres de cette commission :
- MM. Decaux, directeur des teintures aux manufactures nationales de tapisseries des Gobelins et de Beauvais, membre des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889, et Léon Guillaume, président delaCham-bre syndicale de la teintnre, apprêts et blanchiment, secrétaire des comités d’admission à l’Exposition universelle de 1889.
- EXPOSITION UNIVERSELLE De Barcelone
- Les services du commissariat général installés au Palais de l’Industrie (porte n‘ 1) préparent activement la participation de la France à l’Exposition universelle de Barcelone.
- Les membres de la commission d’initiative répartis en groupes correspondant à la clas-Sification de l’Exposition, s’occupent du recru-Ornent des exposants et de l’examen des de-mandes d’admission.
- Chaque jour, des adhésions nouvelles arri-vent au commissariat.
- Nous rappelons à cet effet que la date extrême pour l’envoi des demandes d'admis-sion a été fixée au 28 février prochain.
- Afin de hâter les travaux du commissariat et de mieux défendre à Barcelone même les ntérêts de nos nationaux, en organisant d’une façon plus brillante encore la participation de la France, M. Charles Prevet, commissaire 8énéral a demandé que M. le consul général de h rance à Barcelone devienne son collabo-rateur et soit nommé commissaire général
- délégué. Un arrêté ministériel conforme paraîtra dans quelques jours.
- Ainsi, pendant que le commissaire général aura ses services à Paris, M. le consul général de France, commissaire général délégué à Barcelone, prendra en mains les intérêts de nos industriels et de nos artistes en attendant l’action commune pendant toute la durée de l’Exposition. Cette organisation assure désormais à tous les exposants une sécurité complète, et prépare le succès de la section française à l’Exposition universelle de Barcelone.
- LA TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES
- EN RUBAN
- {Suite.'}
- Plusieurs membres de la Société industrielle ayant exprimé l’avis que pour reconnaître le degré de perfection auquel MM. Hartmann, Reichard et Cie ont porté leur industrie, il y aurait peut-être lieu de leur attribuer une médaille hors concours, le comité de mécanique s’est déclaré prêt à modifier ses conclusions daes ce sens, et, sur sa proposition, la Société industrielle a décerné une médaille hors concours à MM. Hartmann, Reichard et Cie.
- NOTICE
- Sur l’introduction, en Alsace de filés mélangés et imprimés, ainsi que de la teinture et de l'impression mécaniques du peigné,par MM. Hartmann, Reichard et Cie à Erstein.
- A une époque peu reculée, la teinture avant filature de la laine peignée en rubans de peignage était encore inconnue. Les fabricants de tissus de laine étaient réduits à l’emploi exclusif des filés écrus, que, selon les besoins de leur fabrication, ils faisaient teindre en écheveaux avant tissage ou bien tisser en écru et teindre en pièces après tissage, ce qui limitait singulièrement les ressources de leur fabrication.
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- 46 LE MONITEUR DE
- LA TEINTURE
- Toute innovation dans cette industrie, et notamment la production de filés d’un genre et d’un aspect nouveaux, permettant de produire des effets variés dans les tissus, devait nécessairement être accueillie avec satisfaction. Tel fut le cas lorsque l’industrie de la filature de laine cardée produisit les premiers filés en couleurs unies et mélangées, lesquels, dès leur apparition, eurent un grand succès, soit qu’ils fussent faits de laine en couleur naturelle brune (provenant de moutons noirs), soit qu’ils fussent composés de laines teintes et filées en nuances unies ou en nuances combinées.
- Cette innovation, très facile à introduire dans l’industrie du « cardé »,où il se réduisait à de simples combinaisons nouvelles de laines teintes dont l’emploi se pratiquait depuis longtemps, n’était toutefois pas aussi facile à appliquer à l’industrie de la < laine peignée», attendu que les manipulations compliquées auxquelles il fallait soumettre le ruban pouvaient altérer la matière, feutrer le brin, en déranger le parallélisme et donner lieu à une foule d’inconvénients nuisibles à laproductiou d’un bon fil.
- Néanmoins quelques filateurs de laine pei -gnée, tant en Angleterre que dans le nord de la France, essayèrent de faire teindre les rubans de peignage et de les filer en couleurs unies ou mélangées pour procurer aux industriels de cette régi»n les éléments nécessaires à la fabrication de ces nouveautés. Ils s’attachèrent de préférence aux laines communes, longues et dures, dont la manipulation en teinture présentait moins de difficultés que celle des laines mérinos.
- Afin de suivre le mouvement et de ne pas rester en infériorité vis-à-vis de leurs concurrents du Nord, les fabricants de nouveautés en Alsace durent s’adresser à Roubaix-Tourcoing, et surtout à l’Angleterre, pour s’alimenter dans ce nouveau genre de filés. L’impossibilité pour eux de se procurer dans le pays même cet aliment devenu indispensable à leur fabrication, les rendait forcément tri—
- butaires de filatures étrangères et éloignées, dont les produits, au point de vue de la filature (c’est-à-dire comme filés), n’atteignaient pas la perfection à laquelle on était arrivé en Alsace.
- Par suite de nos bonnes relations avec la fabrique de Sainte-Marie et de son rayon, nous avions été frappés de cette lacune, et pressentant pour cette nouvelle branche de l industrie lainière un avenir plein de succès, nous nous mîmes résolument à introduire dans notre filature, depuis l’année 1869, l’emploi du peigné teint; emploi qui se développa de plus en plus et absorba successivement la production entière de notre établissement et lui créa ainsi, jnsqu’à ce jour, une spécialité exclusive.
- L’emploi des filés mélangés dits beiges était limité au début, ainsi que nous l’avons dit, à des articles assez communs. Les gammes de coloris étaient pauvres ; « le bège » (tel est le nom de ces nouveautés), entre les mains de Roubaix, arrivait rarement à franchir le cercle des articles pour la campagne ; le mérite de l’avoir introduit dans la nouveauté se trouve partagé entre quelques maisons de choix du nord de la France et la fabrique de Sainte-Marie. Cette dernière surtout s’appliqua avec intelligence et avec son énergie traditionnelle à produire, avec l’élément nouveau, ses articles les plus riches et les plus variés. C’est bien grâces aux bons conseils de nos amis de Sainte-Marie que nous sommes arrivés à perfectionner et à développer cette branche d'industrie ; nous nous faisons un devoir de le reconnaître avec gratitude et de le constater ici. De notre côté, tous nos efforts ont tendu à leur procurer, dans ce genre nouveau, les éléments dans toutes les variétés de tons et de matières dont ils avaient besoin pour assurer à leur industrie des succès nouveaux, à tel point que les tissus exécutés avec nos filés se distinguèrent bien vite de tous les autres et obtinrent de la part des acheteurs une préférence très marquée.
- Au début, et pendant un certain nombre
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- d'années, nous faisions teindre nos peignés « à façon », tant à Roubaix et à Reims qu’à Strasbourg et à Molsheim, d’après les procédés en usage, même encore actuellement, c’est-à-dire « a la main », autrement dit « au bâton «, procédés copiés sur la teinture du fil en écheveaux.
- Par suite de l'extension que prit l’article, nous fûmes amenés à monter dans notre établissement même, il y a quatre ans, une teinturerie pouvant produire environ 2,000 kilos par jour ; mais pour remédier aux inconvénients signalés plus haut, nous remplaçâmes l’ancien mode de teinture par un procédé mécanique et continu, imaginé par M. Rümmelin, directeur de notre filature, et breveté pour l’Empire le 23 septembre 1883, ainsi que pour d’autres pays, sous le nom de « Dévidoir à étages ». (A suivre).
- LA
- FABRICATION DESSULFOCYANURES
- Dans ces dernières années, les sulfocya-nures de divers métaux ont été employés à l’impression des indiennes. Dès 1875, M. Spence, de Manchester, se mit à produire de grandes quantités de sulfocyanure d’ammonium tirées des résidus des usines à gaz,et plus tard, lorsque l’ammoniaque se fut élevé de prix, le sulfocyanure fut livré sous forme de sel de calcium.
- La maison J. Nichloson et Son, de Leeds, ensuite, tourna son attention vers cette fabrication et jeta une grande quantité de cet article sur le marché. La plus grande Partie de la production fut absorbée par la Clayton Aniline C°, et par MM. Higgin, Lloyd et Co, de Gaythorn. On eut à supporter la concurrence de l’article plus pur importé du continent, «mais l’usage de ce sel moins purifié devint général en Angleterre et sa fabrication se développa.
- C’est sur cette fabrication que nous dési-rons appeler votre attention.
- La quantité d’eaux de condensation et de lavage produite par toutes les usines à gaz du Royaume-Uni ne s’élève pas à moins d'un million tonne (1016 kil.) actuellement. Une tonne de ces eaux contient en moyenne 6,350 kilog. de sulfocyanure d’ammonium, de sorte qu’au prix de 1,85 fr. le kilog., la valeur totale de ce sel contenu dans les eaux ammoniacales du Royaume-Uni Britannique s’élève à 1,178,331 fr.
- Nos lecteurs pourront s’étonner qu’un produit d’une pareille valeur ait été perdu pendant si longtemps. Le fait est exact cependant.
- En 1864, M. Peter Spence prit une patente pour des « Perfectionnements dans la fabrication du sulfocyanure d’ammonium et d’autres sulfocyanures. »
- Le procédé consistait à traiter l’eau mère par une solution'contenant une quantité égale de sulfate de cuivre et de protosulfate de fer. On obtenait ainsi un précipité gris blanc de sulfocyanure de cuivre qu’on décomposait après lavage, par le sulfure du métal qu’on désirait combiner avec le sulfocyanure. De ce traitement, il résultait du sulfure de cuivre et une combinaison du métal basique avec le sulfocyanogène.
- Beaucoup du sulfocyanure actuellement sur le marché sert à former une solution de sulfocyanure d’aluminium, composé qu’on emploie beaucoup pour l’alizarine artificielle et pour cette préparation on préfère partir du sulfocyanure de baryum.On mélange une solution de ce sel avec une solution de sulfate d’alumine, il se forme un précipité insoluble de sulfate de baryte et du sulfocyanure d’aluminium.
- Le procédé pour la fabrication du sulfocyanure de baryum mérite l’attention des fabricants de sulfate d’ammoniaque.
- On laisse reposer l’eau épuisée par la distillation au point de vue du sulfate d’ammoniaque, pour précipiter la chaux tenue en suspension. Lorsque la solution est claire, on l’acidifie avec de l’acide sulfurique dilué
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et l’on ajoute ensuite une solution composée de 12,699 kilog. de sulfate de cuivre et de 13,607 kilog. de sulfate de fer, le tout par 998 litres d’eau épuisée.
- On agite bien le mélange, puis on laisse reposer, et lorsque le magma précipité reste stationnaire, on le recueille et on le passe dans un filtre-presse et on le lave jusqu’à ce qu’il soit libre de toutes impuretés solubles.
- Le sulfure de baryum qu’on doit employer ensuite peut être obtenu ou acheté.
- On peut le produire facilement en grillant du sulfate de baryte avec de la houille menue, mais ce produit est aujourd’hui fabriqué sur une si grande échelle qu’il y aura généralement intérêt à l’acheter.
- Quoiqu’il en soit, on ajoute du sulfure de baryum et il se forme un dépôt de sulfure noir de cuivre et une solution claire de sul-focyanure de baryum qu’on évapore et qu’on fait cristalliser.
- La méthode décrite ci-dessus peut paraître compliquée, mais en pratique elle est des plus simple et peut être appliquée par l’homme le moins expert en ces sortes de travaux. Il y a seulement un point à surveiller, c’est de ne pas perdre de cuivre.
- Pour éviter cette perte, le sulfate de cuivre ne doit jamais être ajouté en excès dans l’eau épuisée Un essai très simple au ferro-cyanure indiquera la proportion à ne pas dépasser.
- Le sulfure de cuivre formé en dernier lieu est recueilli et grillé dans un fourneau à une très douce chaleur ; il se forme du sulfate de cuivre avec un peu d’oxyde de cuivre. On lave la masse grillée à plusieurs reprises avec une solution faible d’acide sulfurique et le sulfate obtenu rentre dans le cycle des réactions indiquées.
- Ce procédé mérite l’attention de tous les fabricants de sulfate d’ammoniaque, car en l’employant avec soin, on peut en retirer un bénéfice de 37,50 fr. par tonne de sulfate d’ammoniaque produit.
- Les eaux ayant produit une tonne (1016 k) i de sulfate d’ammoniaque, peuvent donner environ 101,6 kilog. de sulfocyanure de baryum. Quelques eaux sont considérablement plus faibles, mais les chiffres ainsi indiqués sont environ la moyenne des essais que nous avons faits.
- La teinturerie de M. Sauvé, rue de Dunkerque, à Lille, a cessé de fonctionner par suite du manque de travail. Les 115 ouvriers qui y étaient occupés ont reçu leur livret. On prête à M. Soins, propriétaire de la teinturerie de M. Sauvé, l’intention de reprendre cet établissement, qui serait, dit-on, réouvert sous quelques jours.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Rouen. — Formation de la Société en nom collectif A. Lerebours et Delory père, teinturiers en tous genres au Petit-Quevilly. — Durée): 6 ou 9 ans. — Cap. : 60,0.00 fr. --- Acte du 12 janv. 1888.
- Roubaix.—Formation de la Société en nom collectif Motte et Meillassoux frères, teinturerie et apprêt des tissus, rue du Coq-Français.— Durée : 10 ans. — Cap.: 50,000 fr. — Acte du 13 déc.
- St-Etienne. — Formation de la société en commandité Jules Gerin et Cie, fab. de rubans unis et façonnés, place Mi-Carême.—Durée : six ans.— Cap. : 150,000 fr., dont 110,000 fr. en commandite. — Acte des 26 et 27 déc. 1887.
- Amiens. - Formation de la Société en nom collectif A. Régnier et Gve Boucher, couleurs, teintures, drogueries, etc. — Durée : 12 ans. — Acte du 8 déc. 1887.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 20 nov. 1887, de la société David et Mathieu, teinturiers, rue du Cardinal-Lemoine, 51. — Acte du même jour. — L.
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- 32- Innée, N° 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 4888
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- LES DROITS SUR LES SOIES D’ITALIE.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- NOUVEAU NOIR DIRECT.
- TEINTURES INALTÉRABLES.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES EN RUBAN.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, canatyse des brevets de nature à intéresser nos cteurs.
- APPRÊT DU TRICOT CIRCULAIRE Par MM. Mauchauffée et Cie
- On sait que le tricot circulaire s’enroule au-tomatiqaement, au fur et à mesure de la pro-duction, toujours dans la direction de la maille, soit horizontalement, soit verticalement. Aussi la pièce sortant du métier est-elle dans les meilleures conditions pour subir la coupe. Toutefois il convient de faire intervenir un apprêt : 1® pour fixer la maille, empêcher le retrait soit en longueur, soit en largeur; 2 pour atténuer, autant que possible, certains défauts de fabrication, 30 pour éviter, à la coupe, l’enroulement du tricot' sur lui-même.
- Les procédés actuels consistent à passer l’étoffe à l’eau chaude ou à la vapeur. Le pre-mier inconvénient, dans les deux cas, est de nécessiter le déroulement de la pièce, de per-dre, par' conséquent, le bénéfice du roulage automatique. De plus, l’eau chaude détermine le feutrage du tricot, rend l’étoffe plus lourde, en augmente le prix.
- L’apprêt à la vapeur est immédiatement suivi d’un passage entre rouleaux sécheurs, qui écrasent la maille, allongent et rétrécis
- sent le tricot. Une seule opération est insuffisante ; or des passages multiples décolorent la matière première et [s’il s’agit notamment de coton Jumel, lui enlèvent la feinte écrue, qui est particulièrement recherchée de l’acheteur.
- MM. Mauchauffée et Cie obvient à ces divers inconvénients en utilisant la « machine à fixer le grand teint » déjà employée dans une autre industrie. La chambre de l’appareil étant remplie de vapeur à la température voulue, on y introduit les pièces enroulées telles qu’elles descendent du métier et pendant un temps variable suivant l’épaisseur du tricot. Une exposition à l’air, d’une demi-heure seulement, à la suite du vaporisage, permet de procéder aussitôt à la coupe.
- Les avantages de la méthode se résument comme suit :
- Fixité de la maille, suppression du retrait après la coupe, gonflement de la maille et effacement du « grippage » produit par les aiguilles du métier, l’étoffe ne se roule plus, ne se recroqueville pas à la coupe et le vaporisage, dans ces conditions, n’occasionne aucun foulage.
- MACHINE A SÉCHER LES MATIÈRES TEXTILES Par M. Lorimer.
- Cette machine consiste en deux ou plusieurs grands tambours horizontaux, perforés sur toute la périphérie. La matière à sécher
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- (coton, laine ou autres) est pressée autour des tambours cylindriques à l’aide de bandes, de toiles ou tabliers sans fin, tandis que les trous ménagés à travers l’enveloppe des cylindres livrent passage soit à de la vapeur sèche, soit à de l’air chaud, voir même à de l’air froid, pourvu qu’il soit assez sec pour entraîner l'humidité contenue dans les fibres.
- De plus, les tabliers sans fin sont disposés de telle sorte que l’une des surfaces de la couche filamenteuse arrive au contact de l’un des cylindres, tandis que la surface opposée est tangente au cylindre suivant.
- Enfin, l’air ou la vapeur peut traverser la matière à sécher soit par aspiration, soit par refoulement.
- RÉCUPÉRATION DU BICHLORURE D’ÉTAIN PERDU DAMS LES OPÉRATIONS DE TEINTURE
- Par MM. Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Cie
- Le chlorure d’étain s’emploie en quantité considérable pour la charge des soies.Mais les fils ne retiennent que 25 à 30 0[0 du sel stan-nique, le reste, soit 70 à 75 0|0, se perd, en majeure partie, dans les eaux de lavage. Les brevetés recueillent ces eaux dans de vastes citernes et précipitent l’étain tantôt à l’état d’oxyde, par la chaux, le carbonate de soude, de chaux, de magnésie, etc., tantôt à l’état de sulfure, par le sulfure de sodium, l’hydrogène sulfuré, les charrées de soude, etc.
- Après avoir décanté la partie claire, ils filtrent le piécipité, laissent égoutter, puis essorent ou non.
- Le précipité est ensuite repris par l’acide chlorhydrique, à chaud ou à froid, et donne le bichlorure d’étain plus ou moins concentré. On peut alors remettre ce sel directement en service ou le concentrer, pour le livrer au commerce.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 182829. 12 avril 1887 ; Kœchlin. — Procédé de blanchiment des fibres végétales, telles que le coton, le lin, le chanvre, etc.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à traiter les fibres de coton eu autres à l’état brut filées ou tissées, par les sels alcalins des acides suivants : sulfureux hydrosulfureux, hyposulfureux, dithionique tri-thionique, tétrathionique, péritathionique. Les sels de chaux de ces acides sont employés de préférence.
- 182854. 13 avril; Compagnie parisienne des couleurs d’aniline. — Procédé de production d’amidobenzo phénones dialhylees.
- 182962. 19 avril ; Société Badische Anilin et Soda Fabrik. — Application de la naphta-zarine à la teinture et à l’impression de la fibre textile sous forme de ses laques de chrome, et sous forme d’un nouveau dérivé soluble à l’eau de cette matière colorante.
- 183144. 23 avril ; Just. — Etoffes imprimées à chaîne et à trame diversicolore.
- 183156. 28 avril ; Delhaye. — Nouvelle teinture devant remplacer l’indigo en tout ou. en partie dans la teinture ordinaire des fibres végétales ou animales tissées ou non tissées.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à passer d’abord les fibres dans un bain qui les rend roses ou rouges ; on les transporte ensuite dans un autre bain étendu ou concentré contenant, avec de l’eau de l’aniline, un acide quelconque, par exemple l’acide sulfurique ou chlorhydrique, un réatif suffisamment énergique, tel que le bichrome, le chlore, le vanadium ou autre en quantité capable de produire l’oxydation,
- Au sortir de cette opération, et après rinçage à l’eau chaude, les fibres sont de couleur lie de vin, et il suffit de les passer ensuite sur une faible cuve d’indigo avec rinçage à l’acide sulfurique ou dans une dissolution de bleu d’aniline pour obtenir une nuance bleue très foncée.
- 183196. 29 avril ; Olivier. — Perfectionnements dans la fabrication des rouleaux pour calandres et autres appareils.
- L’objet du brevet consiste à construire ces rouleaux au moyen d’une fibre ligneuse obte-tenue en réduisant le bois à l’état filamen-
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- teux, de façon à ressembler en quelque sorte au chanvre ou à l’étoupe On enfonce alors des rouleaux en les conformant de la meme manière que pour fabriquer des rouleaux de coton. Dans la pratique, on comprime de préférence la matière sous forme d’anneau que l’on enroule en certain nombre sur un arbre. On comprime ensuite ces anneaux ensemble avec plus ou moins de force selon le degré que le rouleau doit avoir. On termine alors le rouleau en le tournant à la forme et au diamètre voulus, comme on le fait pour les rouleaux ordinaires.
- 183246. 2 mai ; Ferrier, Magnier et Airault. — Nouveaux procédés de blanchiment.
- 183292. 3 mai ; Chasles. — Nouveau système de machine à apprêter les tissus.
- 183338. 4 mai ; Société les fils de Ph. Julien et Société Pierron et F. Dehaître. — Système de machine à lustrer les écheveaux.
- L’invention consiste en un nouveau système de machine à lustrer les écheveaux comportant la combinaison dans une enveloppe formant étuve à vapeur de deux ou plusieurs paires de rouleaux lustreurs à mouvements combinés portant les écheveaux en travail avec des systèmes de mécanismes articulés pourvus de brosses rotatives ou de rouleaux lustreurs auxiliaires dont le degré de pression contre les écheveaux peut être réglé facilement à la volonté de l’epérateur.
- Cette combinaison comprend aussi l’emploi d’un ou plusieurs pistons à pression hydraulique pour donner à l’ensemble des rouleaux lustreurs supérieurs un mouvement ascensionnel produisant sur les écheveaux en traitement le degré de tension désirable pendant le travail.
- 183339. 4 mai ; Gantillon. — Systèmes de rouleaux avec application de matières simples en relief en remplacement de la gravure pour la production des effets brillants ou dessins de tous genres, sur velours, peluches, etc.
- L’invention consiste à appliquer sur un des-sin qui sera préalablement tracé sur un rou-leau de bois des matières souples, telles que
- du caoutchouc, des torsions de laine ou feutre souple, etc.
- On prépare l’une desdites matière qui se prêtera le mieux aux dessins et l’on colle ou coud suivant la matière, en ayant soin de suivre bien exactement toutes les sinuosités du
- dessin tracé.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- LES DROITS SUR LES SOIES D ITALIE
- C’est fait, la Chambre des députés a voté des droits sur les cocons, soies filées et moulinées de provenances italiennes. Elle a mitigé les droits demandes et votés par le Sénat en les réduisant de moitié. C’est-à-dire que l’on a voté 0 fr. 25 pour l’entrée des cocons, 9 fr. pour les soies filées et 2 fr. pour les soies moulinées d’origine d’Italie.
- Evidemment c’est très malheureux à première vue pour la fabrique lyonnaise et stéphanoise, mais dans un tarif général, la soie ne pouvait faire exception. On aurait pu admettre comme palliatif l’admission temporaire des soies italiennes, restait à déterminer le côté pratique de la chose.
- Maintenant n’est-ce pas quelque peu un coup de sabre dans l’eau, et n’est-ce pas le cas de répéter avec le poète anglais : « Much ado about nothing. » (Beaucoup de bruit pour rien).
- Les soies d’Italie ne font concurrence chez nous qu’à celles de pays avec lesquelles elles rivalisent pour la qualité. La majeure partie non imposée de provenance étrangère, vient de la Chine, du Japon, etc.
- Qu’arrivera-t-il? Nos sériculteurs, filateurs et mouliniers vont évidemment relever leurs prix, et l’Italie, pour écouler ses soies, baissera son prix de vente. Il y aura émulation dans les procédés pour les perfectionnements et tout le monde en bénéficiera, pour les belles soies de France et d’Italie.
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- Actuellementetde plusieurs années la Suisse et l’Allemagne ne sont pas à même d’utiliser les soies italiennes vendues en France. Et l’Italie elle même ne peut toutes les écouler. Avant peu elle sera amenée à revenir sur le pas de clerc qu’elle a fait en dénonçant les traités de 1881 sur les instigations de l’Allemagne.
- La preuve que l’Italie ne saurait souffrir longtemps d’une pénurie dans ses ventes, c’est que l’année passée elle a crée un consortium pour soutenir le prix de ses soies avant le tissage (réunion de banquiers, pour l’accaparement) que l’Italie voit ses soies reléguées chez elle, elle sera la première à demander le retour aux tarifs de 1881. Elle importe plus chez nous, que nous n’exportons chez elle : elle a tout à perdre à ce jeu et rien à y gagner. Et surtout que nos journaux politiques ne sèment pas l’alarme en disant que la Suisse et l’Allemagne n’attendent que cela pour supplanter l’industrie lyonnaise. Leurs articles sont lus et traduits avec soin, surtout ceux venant des feuilles de Lyon.
- A nos séricultevrs, fllateurs et mouliniers français de profiter de ce bénéfice très passager du relèvement des prix pour se tenir prêt à faire de nouveau tète à l’orage, et peut être à l’état d’arriver à une diminution dans les impôts pour p rmettre aux industriels en question de rivaliser pour les prix de revient, et de soutenir la fabrique lyonnaise et stéphanoise, sans que celles ci soient à la merci des soies d’Italie. C’est peut être là le côté le plus pratique de cette révision des traités de commerce avec l’Italie. Jadis le midi de la France fournissait pour ainsi dire toutes les belles soies nécessaires à Lyon et à Saint-Etienne. Aujourd’hui de très grandes quantités viennent d'Italie; en place l’Italie ne nous offre qu’un faible débouché pour nos tissus de Lyon et Saint-Etienne. Ne soyons pas trop Don Quichotte, soyons Français.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.)
- REVUE DE L ANNÉE TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- (Suite)
- Jusqu’à présent, cher lecteur, nous avons causé ae teinture, pour varier le thème et causer quelque peu d’impression, quoique dans une revue de teinture. La raison en eot que celle-ci se marie aujourd’hui tellement intimement à la teinture et aux apprêts, qu’il viendra un moment où ces trois industries, dans la région lyonnaise, n’en feront qu’une.
- Si vous le voulez, nous allons commencer par des souvenirs rétrospectifs sur l’impression de la région lyonnaise (dans un rayon de vingt-cinq lieues).
- Disons que l’impression a des périodes de vogue, suivies d’accalmies bien plus sérieuses que la teinture; de là des moments de prospérité suivis de marasmes très grands. C’est ce qui explique que les teinturiers n’ont pas cherché à monter l’impression, et qu'en place les imprimeurs ont monté la teinture en pièces, et quelquefois fait des tentatives pour monter la teinture en flottes, sans succès, il faut le dire, pour cette dernière. Il y a trop de différences dans les manipulations pour cette dernière et l’impression des étoffes.
- Si vous le voulez, pour le commencer et par rapport aux genres, nous commencerons par Le Cheylard, qui les a crées. Le Chey-lard, bourgade jadis très industrielle au confluent de la Dorne et de l’Eyrieux, avait jadis de puissantes impressions, des filatures de soie, des tissages, etc.; aujourd’hui, tout cela est bien déchu, et Le Cheylard est pour ainsi dire ruiné.
- La difficulté des communications n’est pas étrangère à cet état de ruine ; situé au pied du Meyzenc, versant du Rhône dans l’Ardèche (arrondissement de Tournon), pour y aller soit par Valence et Beauchastel, soit par Tournon et La Mastre, il faut une journée
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- pour faire douze lieues. De mêmes difficultés pour le port des marchandises.
- En outre de la surélévation du prix de transport, il y a le proverbe anglais : « Times is money » (le temps est de l’argent), qui a joué un grand rôle pour la ruine du Cheylard. Ajoutons à cela l’état de marasme dans lequel est là sériciculture française par suite de l’invasion des soies étrangères et nous aurons l’explication de la décadence de cette bourgade, qui a été jadis dans l’Ardèche ce qu’était Wesserling en Alsace.
- Les magnifiques eaux granitiques très douces et très pures de la Dorne et de l'Eyrieux (ce dernier tombe dans le Rhône à Beauchas-tel, en face de la rive de Valence) ont été la cause du développement de ses impressions et de ses filatures.
- Ici, une dernière fois pour toutes, qu’il me soit permis de parler des soies filées dans les Cévennes aux eaux granitiques.
- Elles sont les premières du monde à tous les points de vue. Leur rendement est quelque peu inférieur, mais elles perdent moins à la cuite. Les soies de France, filées dans la Drôme avec des eaux calcaires, tout en étant très belles, sont inférieures aux premières ; mais le rendement des cocons mis en bassine est plus fort. Toutes deux ont leurs avantages. En définitive, les soies de France Sont les premières du monde, et il faut à tout prix en soutenir la production nationale.
- Le midi de la France, encouragé par le gouvernement, peut produire 200,000,000 de francs de soies ouvrées par année et supprimes à tout jamais l’importation des soies similaires d’Italie, d’Espagne et du Levant.
- Le genre garance, pour ainsi dire créé au Cheylard, je parle pour la soie, grâce aux eaux douces de la Dorne et de l’Eyrieux a eu ses moments de très grande splendeur entre les mains de deux puissantes maisons qui ont quitté Le Cheylard.
- Une de ces maisons, jadis très puissante, a eu ses ateliers emportés par une crue de la Dome, dans la nuit du 16 août 1866 (à la suite
- d’une trombe, la Dome roula environ 1,800 m3 à la seconde ; la Seine, au Pont Neuf, à Paris, a atteint ce débit dans la crue de 1878 ; à cette époque mémorable date de la décadence du Cheylard, l’Eyrieux roula à son embouchure 4,500 m3 et atteignit dans les gorges en amont de Beauchastel un étiage de 17 mètres !). On retrouva ses chaudières à vapeur et son matériel métallique à 1 kilomètre de loin. La même maison, qui avait de très grands ateliers à Valence, les vit ruiner par un incendie, et aujourd’hui, ses ateliers reconstruits forment l’arsenal de Valence.
- La seconde maison a cessé d’imprimer pour son compte au Cheylard, par suite de la difficulté des communications pour donner son travail aux imprimeurs de la région de Lyon.
- Le garancé foulard de Lyon, comme je l’ai déjà dit, n’a rien de commun avec celui sur coton de Rouen, Mulhouse, etc., ainsi qu’on va le voir. Il est d’ailleurs très peu connu et, sauf l’emploi de l’alizarine au lieu de la ga-rancine, se pratique pour ainsi dire toujours de même.
- C’est un mélange de teinture et d’impression.
- Il ne se fait pour ainsi dire point d’impression directe genre garancé, et les couleurs cherchées et obtenues sont les rouges, les bruns ou puces et les noirs, avec des fonds chamois. On ne cherche même pas des rouges ou roses éclatants comme sur les cotons. De même pour les fonds, on ne teint pas aux fonds dépouillés ; loin de là, on cherche des fonds chamois.
- Les foulards soie pure ou fantaisie, ou soie et fantaisie, sont destinés principalement à être imprimés pour former des carrés ayant au maximum 0 m. 90 de côté. On ne fait pour ainsi dire pas des pièces proprement dites imprimées au rouleau. Et l’on ne fait qu’un nombre restreint de carrés d’un même dessin. On appelle carré le foulard isolé, et une coupe .l’ensemble de sept foulards.
- La première opération consiste à cuire soi-
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- gneusement les foulards au savon bouillant et à les soufrer comme les foulards soie ou fantaisie le veulent.
- Les foulards étant soigneusement cuits et soufrés, sont séchés. L’opération de la cuite est singulièrement facilitée pour les rinçages par les magnifiques eaux douces de la Dome que nous retrouverons plus loin, à Tournon et ailleurs.
- Les foulards secs sont destinés, comme je l’ai dit précédemment, à recevoir trois nuances et un fond chamois
- Le violet des garancés coton ne se produit pas sur soie, cette nuance est absolument délaissée.
- Règle générale, la couleur noire forme la bordure en dessin fin, obtenue à la planche plate, en cuivre, gravée en creux, et donnant mécaniquement en quatre coups de planche le dessin noir. Chaque coup de planche forme un des angles et les quatre coups sont ajustés de manière à donner un dessin se reliant sans solution de continuité au milieu des côtés.
- Le mordant est à base de fer avec épaississant d'amidon grillé.
- Les foulards préparés pour noir sont séchés sur cette première application, puis sur de longues tables recouvertes de draps ; ils reçoivent avec des planches à la main les mordants pour puce et rouge.
- Marius Moyret.
- (A suivre.)
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- TEINTURE DES SATINS SOIE ET COTON (suite)
- Bleu foncé. — On donne d’abord à la soie un fond à moitié de l’échantillon avec du bleu de Nicholson et Borax, on lève, on rince et on pique à chaud assez fort avec de l’acide sulfurique et on rince, on mordance ensuite comme il a été dit pour les bleu clair, on teint
- sur le même bain en forçant en colorant ; le bain doit être conservé pour resservir.
- Bleu gendarme. — L’opération est la même que pour teindre en bleu foncé, on ajoute au bain une certaine quantité de vert à l’acide selon l’échantillon.
- Bleu marin. — Comme pour les bleu foncé, on donne à la soie un fond de Nicholson, on pique chaud et fort avec acide sulfurique et bois d’Inde mêlés, on mordance le coton à la galle, on donne ensuite un bain froid de rouille et d’acide chlorhydrique pour griser, on rince et on termine sur un bain frais avec du vert à l’acide et violet à l’acide, légèrement acidulé.
- Gris et modes. — On mordance à la galle et on teint sur un bain froid dans lequel on ajoute rouille et acide chlorhydrique. Même opération pour obtenir les modes, on ajoute un bain, jaune, rouge ou bleu d’aniline selon l’échantillon, et acide chlorhydrique. Si toutefois on avait trop de griseur on pourra rabattre sur un bain léger et froid d’acide muriatique.
- Vert clair. — On mordance à la galle et on teint sur un bain froid en ajoutant du terra, vert à l’acide avec acide chlorhydrique faible.
- Vert foncb — On donne à la soie un fond sur un bain de terra et vert à l’acide, on mordance à la galle et on passe sur un bain de rouille et d’acide chlorhydrique, on rince et teint sur un bain avec du terra, vert à l’acide et acide chlorhydrique. Si on veut foncer on ajoutera au bain froid une certaine quantité d’orseille ébouillanté, ou d’extrait d’orseille.
- Olive. — L’opération est la même que pour les vert foncé, on ajoute au bain un peu plus de curcuma et orseille selon échantillon.
- Havane marron. — Donner à la soie a demi échantillon avec orseille, terra, vert à l’acide et acide sulfurique, on rince, on mordance à la galle, on grise ensui te le coton sur un bain froid avec rouille et acide chlorhydrique, on rince et on termine sur un bain froid avec brun d’aniline et acide.
- Violet et prune. — Teindre la soie à moitié de ton de l’échantillon avec violet rouge ou violet bleu à l’acide et acide sulfurique. Pour
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- les prunes, on ajoute de l’orseille en quantité suffisante, on mordance le coton à la galle, on teint sur un bain froid avec du violet et acide chlorhydrique. On pourra donner après la galle un bain de rouille et acide.
- On teint aussi les satins soie et coton, rose, bleu pâle, mauve et mordançant sur un bain d’émétique, de noix de galle et d’acide tar-trique ; on peut laisser passer toute la nuit, on rince et on teint sur un bain froid à la safra-nine et acide pour les roses ; au bleu de coton pour les bleu clair; au violet de methylani-line pour les mauve et violet.
- azurage des articles de cachemire blanc, FOULARDS SoiE BLANC NETTOYES
- Après avoir été retirés du soufroir et bien rincés, les articles sontlisés sur un bain tiède dans lequel on ajoute une petite quantité du mélange suivant :
- Eau........................ 1 litre
- Cochenille ammoniacale. 100 grammes
- Carmin d’indigo............ 100 »
- Le liquide doit être bien dissout et passé au tamis fin, on obtient ainsi un très bel azurage.
- TEINTURE DE LA SOIE VÉGÉTALE EN COULEUR
- La soie végétale ou pongis, se teint en cou-leur aussi bien qu’en noir soit sur robes, jupes, costumes ou vêtements tout faits ou défaits.
- Ce genre de tissus supporte la javéle, les bains acidulés très fort, se passe au soufre, sans subir d’altération.
- Après avoir été parfaitement nettoyés les articles sont teints comme la soie ordinaire, mais au bouillon, avec des bains plus nourris et en les y laissant plus longtemps. Les bains sont acidulés d'acide sulfurique.
- Les grenats se font à l’orseille, à l’oscéine, rouge solide, à la fuschine acide.
- Les bleus marins se font au bleu de Lille "vec une légère addition de curcuma, on ter-mine par une entrée de rouille et campêche.
- Les jaunes se font au terra et jaune naphtol.
- Les marrons s’obtiennent au cachou (12 heu-"es de trempage), on passe au bichromate de
- potasse, puis à la rouille, on finit sur un bain chaud de bois d’Inde et bois jaune.
- Les gros verts, au bleu de Lille, curcuma, puis un tour de rouille et finir sur un bain chaud de bois d'Inde, bois jaune en petite quantité, tourner ce dernier bain avec une pierre de sulfate de cuivre.
- Pour les gris, on fait un bain de campêche, bois jaune, vitriol bleu, sulfate de fer, sulfate de zinc, on laisse bouillir deux heures, on lève, on rince et on passe en javèle ; il va s’en dire qu’on ne promet pas d’’échantillon exact pour la teinture des soies végétales, encore moins pour les gris qui ne se font que pour les manteaux, cache-poussière, vêtements de voyage, etc.
- La soie végétale se rencontre aujourd’hui dans une grande quantité de costumes, dans des fichus mélangés avec de lu soie, dans quelques passementeries, etc. On est alors obligé de la teindre ou tout au moins d’atténuer son aspect caractéristique.
- Pour les couleurs foncés on grisera au pyrolignite de fer et au bois.
- On a cherché à blanchir la soie végétale, soit par des cuites de savon, des passages dans des bains forts de carbonate de soude et de javèle, de passer à plusieurs reprises au soufre, acide sulfureux liquide ou gazeux, etc., ou a obtenu aucun résultat, il n’y a que l’eau oxigénée et encore ce procédé n’a-t-il été applique que dans les laboratoires, du reste, il n’a pas guande importance dans la teinture en chiffons.
- L’article en soie végétale, après nettoyage ou après teintures, soit en noir soit en couleur, n’a pas besoin d’être gommé, il s’apprête tel qu’il sort du dernier bain de rinçage.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- NOUVEAU NO:R DIRECT pour la teinture de la lame et du feutre.
- Nous venons appeler votre attention sur un nouveau produit donnant des résultats très
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- LE MONITEUR DE LA. TEINTURE
- satisfaisants pour la teinture de la laine, du feutre de laine et du feutre de poils.
- Ce produit s’emploie directement et présente, principalement pour la chapellerie, des avantages incontestables sous le rapport de la célérité et du bon marché, le prix de revient n’étant que de 3 centimes 1[2 par chapeau.
- Il se combine avec toutes les couleurs d’aniline acides ; mélangé avec le carmin d’indigo, il produit des" noirs-bleus et des gris azurés, et avec l’orseille un marron très foncé.
- En somme, on peut obtenir par ces diverses combinaisons une infinité de nuances fantaisie très variées.
- Mode d’emploi
- du Noir direct solide pour laine ou feutre (Pour 100 kilog. de laine, feutre de laine ou de poils )
- On fait dissoudre 16 kilogr. de colorant dans l’eau bouillante, avec 500 grammes d’acide oxalique.
- On teint au bouillon, en une heure un quart environ ; la nuance devient grise au commencement de l’opération et noire ensuite.
- Si le bain paraît jaune après l’addition de l’acide, on le neutralise avec un peu d’ammoniaque ou de sel de soude ; on fait bouillir à nouveau pendant une demi-heure et le bain devient tout à fait noir.
- On peut, vers la fin de l’opération, ajouter un peu de campêche et obtenir un noir plus nourri.
- Le bain ne s’épuise pas, et pour les opérations suivantes, il suffit de prendre 10 à 12 kilogr. de colorant.
- Il est nécessaire de neutraliser, par un bain de cristaux de soude, les articles tels que chapeaux de laine ou de feutre, qui contiennent encore de l’acide sulfurique au moment de la teinture.
- Prix du noir direct :
- Par kil., 3 fr., — 10 kil., 2 fr. 50, — et par 100 kil. en fûts, 2 fr.
- Chez M. Armand Plichon, 36, rue de Séoi~ gné, Paris.
- ESSAIS
- D- TEINTURES INALTERABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- pour fibres de bois, osiers , pailles, etc.
- No 1. Jaune clair.
- A.—Pour I kilo de matière à teindre, suffisamment blanchie, faites le bain suivant:
- Eau, 20 kil.,
- Auramine I, en poudre, 25 gr,, sans addition de mordant.
- Entrez vivement la matière à teindre dans la solution d’auramine chauffée à 70 ou 80' centig. Manœuvrez pendant 20 minutes, puis enlevez.
- Observation — On obtient un beau jaune, suffisamment solide, mais inférieur aux jaunes provenant du bain C et du bain D.
- B.—Pour I kilo de matière blanchie, faites un bain unique avec :
- Eau, 20 kil.,
- Auramine I en poudre, 25 gr.,
- Alun ordinaire, 100 gr.
- Entrez dans le bain à 70 ou 80° de chaleur.
- Manœuvrez 20 minutes, puis abattez.
- Observation.— Le jaune obtenu par ce procédé est assez beau, mais il est également in férieur au jaune C et au jaune D qui suivent.
- C.— Pour 1 kilo de matière blanchie, préparez un bain avec :
- Eau, 20 kil.,
- Auramine I en poudre, 25 gr.,
- Sumac, 250 gr.
- Entrez à 80° centig. Remuez 20 minutes; ensuite retirez.
- Observation.— La couleur jaüne ainsi pre parée est vive; fraîche et bien tranchée. EH0 résiste parfaitement bien à l’action de l’air et à celle du soleil.
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- D.—Pour I kilo de matière blanchie, composez un bain avec :
- Eau, 20 kil.,
- Auramine I en poudre, 25 gr.,
- Emétique, 20 gr.
- Chauffez ce bain à 80° et entrez-y vivement la marchandise. Manœuvrez-la pendant 20 minutes, puis abattez.
- Observation. — Cette couleur D a toutes lee qualités du jaune C, c’est-à-dire qu’elle est vive, tranchée et absolument solide.
- C. M.
- (A suivre.)
- (Reproduction interdite).
- TEINTURE DES LAINES en pièces
- (Suite.)
- CINQUIEME PROCÉDÉ
- Pour 100 kil. de laine on garnit sur bain fait avec
- 2 kil. de tartre blanc cristallisé.
- On entre à tiède, on ajoute peu à peu la quantité d’éosine nécessaire pour atteindre la nuance demandée, puis on monte graduelle-ment à l’ébullition. On continue un léger bouil-on jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la nuance exigée. Ensuite, on abat, on évente et on lave.
- On peut produire des couleurs plus jaunâ-tres en ajoutant au bain plus ou moins de chlorure d'étain, selon les couleurs que l’on veut obtenir.
- Quelques praticiens mordancent aussi avec " mélange d’alun et de tartre. Dans ce cas °n diminue la proportion d’alun de ce qu’on "oute en tartre, de façon à avoir un total de 445 0[0 de mordant. On met le plus ordinai-"ement :
- 2,5 0[0 d’alun épuré,
- 1,5 0[0 de tartre blanc cristallisé.
- Valun est excellent comme mordant d'éo-Stne, mais les étoffes de laine mordancées par Car .
- Astringent ont moins de douceur au tou-cher que celles préparées par l’acide acétique.
- Pour toutes ces teintures il faut éviter l'emploi des eaux calcaires, ou bien alors on devra les corriger avec de l’acide acétique ou de l’acide tartrique.
- ROSES A L’ÉCARLATE d’ÉOSINE
- On obtient de belles couleurs roses, vives et brillantes, avec l’écarlate d’éosine. Pareillement aux roses à l’éosine, ceux-ci se font avec les mordants suivants : l’alun, le sulfate de soude, l’acide acétique, le phosphate de soude et la composition d’étain, le tartre, l’alun et le tartre mélangés. Ils se teignent de la même façon que les précédents.
- Les diverses observations que nous avons faites au sujet des cerises et roses à l’éosine sont applicables ici.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) ‘ suivre).
- LA TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES
- EN RUBAN
- (Suite.)
- Ce procédé remplit parfaitement son but en ménageant le parallélisme et le délié des brins de laine ; il permet de conserver le ruban de la bobine dans toute sa longueur et d’éviter l’emploi des étendages et des séchoirs à air chaud, qui nuisent à l’éclat des nuances et au moelleux de la laine; il permet enfin d’arriver à une régularité aussi parfaite que possible de tous les coloris.
- Nous joignons à cette notice une description du procédé.
- Mais nos efforts ne se sont pas arrêtés là et, pénétrés de cette vérité que toute industrie qui ne progresse pas recule, nous n’avons pas tardé à ajouter, comme corollaire de notre teinturerie, le matériel nécessaire pour imprimer les rubans de peignage écrus ou teints d’après le système d'impression appelé « procédé Vigoureux », du nom de son inventeur.
- Ce procédé n’était appliqué jusqu’alors en
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Angleterre et en France qu’à des laines dures ou communes, employées dans quelques genres de bonneterie ou de tissus ; mais nous arrivâmes, après une courte période d’essais, à l’appliquer aussi aux laines les plus douces et les plus fines, et à offrir ainsi de nouvelles ressources à nos fabricants de nouveautés en les mettant à même de produire des genres plus riches et plus parfaits encore que ceux qu’ils produisaient déjà avec nos mélangés. C’est en quelque sorte une industrie toute distincte de la teinture que nous avons introduite en Alsace, où elle était inconnue.
- Au moyen des laines mélangées et imprimées nous avons fourni aux fabricants de nouveautés, aux tisseurs de lainage, ainsi qu’à la bonneterie, un effet décoratif nouveau, qui permet à ces diverses industries de tripler le champ dans lequel elles se meuvent, quand elles doivent varier les genres selon les exigences de .la mode.
- Aux sept couleurs primitives, fournissant par leur dégradation les riches collections de coloris livrées par la teinture, nous avons ajouté par l’impression un complément presque aussi important et qui peut joner son rôle à lui seul ou en combinaison avec les couleurs de la teinture.
- Ce fait notable dans les annales de notre industrie a créé en Alsace un foyer de prospérité nouvelle ; si nous ne sommes pas. à vrai dire les inventeurs, du « mélangé » et de l’ « imprimé », nous avons illustré cette fabrication par la perfection de nos produits et lui avons acquis le droit de cité dans notre pays.
- Erstein, le 5 mai 1887.
- Hartmann, Reichard et Cie.
- MÉMOIRE DESCRIPTIF
- Déposé à l’appui d’une demande d’un brevet d'invention formée par M. Eugène Rümme-lin, à Erstein (Alsace), pour un procédé de teinture et de blanchiment de matières textiles de tous genres et des appareils à ce destinés (dévidoirs à étages), acquis par MM. Hartmann, Reichard et Cie.
- Dans les différentes opérations qui se pré
- sentent lors du traitement (particulièrement la teinture et le blanchiment) des matières textiles de tous genres, telles que le dégraissage, le blanchiment, le mordançage, la teinture, le rinçage et séchage desdites matières, soit que ces dernières soient soumises aux opérations susdites à l’état de rubans, de traits (peigné) ou sous forme de mèches ou boudins, soit encore à l’état d’une sorte d’écheveau ou bien nouées ensemble de toute autre façon, ce mode de traitement entraîne avec lui l’inconvénient que, par suite du mouvement du bain, amené inévitablement par l'ébullition, les fibres de la laine sont déplacées et frottées les unes contre les autres, ce qui finalement produit un feutrage des matières. En outre, dans les anciens procédés, l’agitation des matières dans la cuve de teinture se fait à la main, ou bieu lesdites matières sont pendues ou en filées à une perche et suspeudues dans la cuve, de telle sorte que l’absence d’un contact simultané du liquide avec toutes les parties des matières susdites occasionne facilement des inégalités de teinture, et amène, par suite de ce qu’on ne peut employer que de petites longueurs, la formation de boutons, laquelle est une cause de production de déchets. (A suivre.}
- CANAL DE PANAMA
- Assemblée extraordinaire du 1er mars 1888.
- Le Rapport in extenso est envoyé à tout6 personne qui le demande à la Compagnie, rue Caumartin, 46, à Paris.
- EXTRAIT DU RAPPORT DE M. Ferdinand de LESSEPS
- Nous vous avons convoqués extraordinairement, pour vous exposer la situation de l’entreprise et vous soumettre les moyens que no avons adoptés pour ouvrir le Canal à la grand6 navigation en 1890. ..
- Nous ne laisserons dans l’ombre aucun détail / nous répondrons à votre, confiance, comme nou? l’avons fait jusqu’ici, en ne vous dissimula rien.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- en co
- Vous n’avez peut-être pas oublié cette parole, prononcée le jour où le Congrès international de 1879 votait l’exécution du canal de Panama : « Le Canal de Panama coûtera le double et « rapportera le triple du Canal de Suez. »
- Nous avions demandé en 1885, au gouverne-ment de la République, l’autorisation d’émettre des obligations à lots, pour alléger les charges d’intérêts devenues lourdes; nous avons présenté dernièrement la même requête dans le même but.
- La lettre de votre Président au Ministre com-mençait ainsi :
- « La Compagnie du Canal de Panama se « trouve actuellement dans la situation où se « trouvait la Compagnie du Canal de Suez, deux « ans avant l’inauguration du Canal mari-« time.
- « Pour l’achèvement du Canal de Suez, et en « pareille occurence, le Gouvernement Français « accorda à M. Ferdinand de Lesseps l’autori « sation d’émettre des obligations à lots.
- '< Ces obligations à lots, émises au prix de « 300 francs, valent actuellement 565 francs. »
- Divers incidents ne nous permirent pas d’at-tendre le vote de la Chambre des députés. Il fallait marcher, continuer le creusement, sous Peine de perdre le fruit de travaux considérables, et nous dûmes procéder à un emprunt dont le succès fut complet, mais dont les charges vinrent augmenter encore celles que nous supportions déjà.
- La pétition que vous avez adressée à vos Sénateurs et à vos Députés, ne dit-elle pas, en termes respectueux, que votre but principal est la recherche de la vérité ?
- Les Représentants de la Nation n’oublieront pas les vœux émis par les Chambres de com-merce de Bordeaux, de Saint-Nazaire, de Rouen ede Marseille, au retour des Délégués que ces Chambres avaient envoyés à Panama.
- Le tracé du Canal à biefs, que l’on exécute actuellement, ne diffère pas du tracé adopté pour e Canal à niveau.
- Ce Canal aura, sur toute» sa longueur, dans chaque bief, autant de largeur et de profondeur beau que le Canal définitif.
- Les plus grands navires (les navires de 150 m-h’es de longueur et de 8 mètres de tirant d’eau) pourront passer en 1890 d’un Océan à l’autre Océan.
- Tous nos efforts se sont concentrés sur la necessité dominante d’ouvrir le Canal à la navigation universelle avec la plus grande rapidité, Par des moyens absolument certains. Nous avons IR conviction d'y avoir réussi.
- Après l’inauguration, le seul produit des taxes de transit étant de 125,218,750 fr. et toutes les charges étant de 103.926,260 fr., il reste une marge, en chiffres ronds, de 21 millions de wancs, distribuables aux Actionnaires après les Prélèvements des réserves et de la redevance au
- ouvernement Colombien.
- Le 20 janvier dernier, je vous faisais connaître aue je ne renoncerais pas à la demande que J "vais faite d’être autorisé à émettre des obli-optons à lots, et je vous engageais à signer une Pétition :
- * N’ayant rien à cacher, vous disais-je, je veux
- | « un débat public où la véritable siituation de | « l’entreprise sera exposée. Ce n’est donc pas « une mise en demeure que mes associés, que | « que les électeurs transmettront à leurs re-« présentants, mais une respectueuse requête « n’ayant pour but que la vérité. »
- Vous avez répondu à cet appel, et les Représentants de la France sont saisis de la question.
- Cet examen peut prendre un certain temps.
- Mais, là-bas, dans l’Isthme, on travaille, et le temps marche ! Et si nous voulons inaugurer le Canal à sa date, nous ne devons rien négliger. Plus on travaille, plus nous devons veiller à l’exécution des marchés que nous avons passés. La moindre suspension des travaux, pour une cause quelconque, amènerait un grand retard, et nos adversaires, qui veulent s’emparer de votre œuvre, en dépréciant le cours de vos titres ne manqueraient certes pas l’occasion.
- J’ai donc proposé de procéder tout de suite à l’émission d’une troisième série à'Obligations Nouvelles, qui offrira précisément les garanties de remboursement que je veux assurer aux obligations à lots, c’est-à-dire qu’un prélèvement proportionnel sera fait pour qu’un achat de Rentes françaises assure, garantisse le remboursement à 1,000 francs de toutes les obligations.
- Cet emprunt étant comme à valoir sur l’emprunt définitif de 600 millions, il est juste que les souscripteurs jouissent d’un privilège :
- La Compagnie réservera donc à chaque souscripteur aj l’émission actuelle des Obligations Nouvelles, troisième série, et suivant les circonstances, dans le cas bien entendu où l'autorisation d’émettre des obligations à lots me serait accordée, ou le droit de souscrire avec irréductibilité à un même nombre d’Obligations à lots, ou le droit d’échanger (aux conditions qui seront alors déterminées) les Obligations nouvelles de la troisième série qu’il aura souscrites, contre un même nombre d’Obligations à lots.
- Grâce à cette émission partielle, nous continuerons avec la même vigueur indispensable le creusement du Canal maritime de Panama ; et le Parlement aura le temps d'examiner les conditions diverses de l’œuvre que nous avons entreprise.
- Je terminerai en rappelant une parole prononcée dans l’Isthme devant de nombreux témoins.
- M. Ponce de Léon, ingénieur du gouvernement des Etats-Unis de Colombie, qui venait de visiter les chantiers, s’exprima ainsi : « Nous « sommes à même d’apprécier quelle foi, quelle « force de volonté et quelle constance ont été « nécessaires pour commencer, organiser et « installer les travaux de l’excavation du Canal. « Je ne doute plus maintenant du succès de « l’entreprise : la France a commencé l’œuvre, « et la France la terminera. »
- L'Assemblée a approuvé, à l’unanimité, les résolutions présentées par le Conseil d’administration.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- INE A CALENDRER
- Système Dronsfield
- Les filateurs de coton et toutes les personnes engagées dans cette industrie savent combien il est important, au point de vue de la bonne fabrication du fil, d’avoir des rouleaux parfaitement recouverts. Ces rouleaux, qu'ils soient enveloppés de flanelle, de cuir ou de toute autre substance, doivent avant tout présenter une forme absolument cylindrique, sans quoi leur action n’est plus ni sûre, ni régulière. Il faut aussi que les bandes de cuir soient également tendues pour donner un fil uni, présentant partout la même résistance. Ce sont là les points essentiels d’une bonne fabrication,! et cependant ils sont très difficiles à réaliser. Les flanelles, les peaux, etc., employées pour recouvrir les rouleaux, ont souvent une épaisseur variable ; leurs extrémités mal ajustées, présentent trop fréquemment des saillies.
- MM. Dronsfield, ont cherché à éviter ces inconvénients au moyen d’une machine destinée à calendrer les rouleaux recouverts de cuir entre deux surfaces plates chauffées, de manière à les rendre plus cylindriques et à donner au cuir une surface douce et parfaitement polie. Dans le corps de la machine existe une boîte à vapeur, munie de robinets d’entrée et de sortie de la vapeur, ainsi que d’un robinet purgeur par lequel on évacue l’eau produite par la condensation. La partie supérieure de cette boîte est polie et présente une surface parfaitement plane; au-dessus se trouve une autre plaque, montée sur galets, et pouvant se déplacer sur les rails ; elle est' animée d’un mouvement de va-et-vient que lui donne une manivelle.
- Les rouleaux sont placés sur une table qui est légèrement inclinée vers le centre de la 1 machine, et introduits successivement entre les deux plaques ; chacun d’eux est roulé quatre fois en avant et en arrière parla plaque supérieure et sort ensuite du côté opposé à celui par lequel il est entré, c’est-à-dire sur
- une autre table Tous les mouvements étant automatiques, on n’a simplement qu’à placer les rouleaux sur la première table et les recevoir à la seconde ce qui peut être fait par un enfant.
- A la vitesse de 135 tours, la machine calen-dre 10 rouleaux par minutes (on peut d’ailleurs augmenter, si l’on veut, cette vitesse). Au repos, les deux plaques doivent être au contact, afin qu’elles soient à l’abri de la poussière. Pour faire travailler la machine, on commence par introduire la vapeur dans la boîte en fonte et on n’enlève la plaque supérieure que lorsqu’elle est chaude ; on le fait au moyen de la manivelle jusqu’à ce qu’elle repose sur les rouleaux, ses roues restant à environ 0,8 millimètres des rails.
- RENSEIGNEMENTS
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Fiers. — Formation de la Société en nom collectif V. Henri Lehugeur et Cie, cotons filés et autres textiles. -- Durée : 10 ans. — Cap. : 200,000 fr. — Acte du 23 janv.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Avesnes.— Dissolution, à partir du 30 janv., de la Société Parfait Dubois et Cie, peignage et filature de laines. — Liquid. : M. Dubois, avec le concours de MM. Druart et Lecohier, commanditaires, et de M. Bachy, nég. en laines à Fourmies. — Délib. du même jour.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme Vve Le Bailly, a vendu à M. X..., rue d’Hauteville, 22, chez M. Henry, de suite, un fond de teinturerie, faub. Poissonnière, 57•
- M. Tarrachie a vendu a M. X..., rue Biehat 28, chez M. Nonavade, 4 mars 1888, un fond de teinturerie, rue des Martyrs, 50.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 6. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L'ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- FIXATION DU FER DANS LES MORDANTS.
- TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES EN RUBAN.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, ^analyse des brevets de nature à intéresser nos cteurs.
- TEINTURE DES TISSUS PAR PROJECTION DELIQUIDES COLORANTS PULVÉRISÉS
- Par MM, Danzer, Simian et de Marcieu
- Dans la teinture des tissus sans immersion, par pulvérisation et projection des liquides colorants, avec vaporisage simultané par contre-projection de vapeur, il se forme sur l’étoffe une condensation telle que les avantages du système disparaissent en grande partie.
- Afin d’obvier à l’inconvénient, les brevetés font passer le tissu devant la ligne de pulvérisation et de manière à fermer complètement la cuvette métallique ou auge à double fond, 1 ont le tuyau vaporisateur occupe le centre. Le liquide pulvérisé est projeté sur le tissu, du côté opposé et au même niveau.
- La vapeur, qui remplit le double-fond de l’auge, est maintenue sous une pression de 4, 5 ou 8 atmosphères tandis que la vapeur arri-vant par le pulvérisateur et provenant d’une autre chaudière est à 2 atmosphères seule -ment. La différence des températures correspondant à la différence des pressions suffit à empècher la condensation de la vapeur projetée contre le double fond; la température du dernier est, en effet, assez élevée pour trans
- former la vapeur humide en vapeur sèche légèrement surchauffée. De plus et toujours dans le même but, l’air froid, du côté de l’appareil pulvérisateur, est remplacé par de l’air chaud.
- APPAREIL A NETTOYER LES DÉCHETS DE COTON Par MM. Hillard et Goldsmith.
- L’appareil se compose de trois tambours coniques, dont les axes parallèles sont situés dans le même plan horizontal. Ces axes sont armés de dents, battes ou bras rayonnants, et tournent dans des enveloppes en tôle. A l’intérieur des enveloppes sont deux rangées (ou plus) de dents correspondant aux intervalles des bras. Chaque enveloppe est divisée longitudinalement en deux parties égales; la moitié inférieure est immobilisée, la moitié supérieure, formant couvercle, est montée à charnières sur un bord et arrêtée sur l’autre, au moyen d’oreilles s’engageant dans des serrures.
- Les tambours sont inversement placés, c’est-à-dire que le sommet du cône intermédiaire se trouve compris entre les bases du premier et du troisième. Chaque arbre porte une poulie fixe et une poulie folle et, pour que les tambours tournent dans le même sens, des poulies-guides folles sont interposées entre les précédentes. Ajoutons qu’à l’extrémité du plus grand diamètre, les bras nécessairement de longueurs croissantes, sont remplacés par des
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- palettes, destinées à produire l’aspiration des flocons légers.
- Les déchets jetés dans une trémie (située en-dessus et au sommet du premier tambour conique) sont aussitôt entraînés, en vertu de la force centrifuge, vers les points de croisement des baguettes et des goujons fixes de l'enveloppe et, en même temps du plus petit diamètre au plus grand, c’est-à-dire du sommet à la base du cône. Les filaments longs tendent à s’enrouler autour de l’arbre central, tandis que les parties duveteuses s’en éloignent. Les poussières sont aspirées par des ventilateurs convenablement placés. Arrivés à la base du premier tambour, les déchets rencontrent un passage, à travers lequel les poussent les palettes déjà indiquées; ils sont alors repris par le second tambour, qu’ils parcourent longitudinalement, comme le premier, du sommet à la base, puis par le troisième, qui achève l'épuration et chasse les fibres nettoyées par un canal de sortie.
- MACHINE A TEINDRE LA LAINE PEIGNEE EN BOBINES Par M. Lefebvre.
- Cette machine est caractérisée :
- 10 Par l’emploi de tubes porte-bobines, percés de trous, progressivement plus grands de la base au sommet, ou de trous uniformes, mais entourés de tubes régulateurs, également perforés et formés de plusieurs parties mobiles et indépendantes. Dans le dernier cas, en faisant varier l’orientation des recouvrements annulaires, on produit l’obturation partielle des trous du tube central et l’on régularise, sur la hauteur, l’émission du liquide colorant, de manière à teindre uniformément les bobines superposées.
- 2o Un plateau « tasseur », actionné par une crémaillère, maintient les bobines dans la partie du tube qui qui est percée de trous, ou dont les trous sont découverts par les éléments correspondants du tube régulateur.
- 30 Le bac inférieur, où se prépare le bain
- de teinture, comme celui où sont teintes les bobines et qui est superposé au premier, se trouve partagé en deux par une cloison verticale,de manière à pouvoir obtenir deux nuances avec un seul bac, les compartiments étant desservis par des pompes centrifuges, ou rotatives, distinctes. Ces pompes installées aux bouts opposés du bac, laissent libre toute la partie supérieure qui, dans les systèmes ordinaires, est encombrée de tuyaux et de courroies.
- APPAREIL A MESURER LES ETOFFES Par M Davies.
- M Davies monte sur un arbre horizontal, une série de tambours, dont la circonférence est égale à une unité de longueur déterminée, un mètre, par exemple. Les tambours extrêmes sont munis, sur les bords, de doigts, ou leviers articulés, actionnés par des cames. Ces doigts appliquent tour à tour le tissu contre la surface des tambours, autour desquels l'étoffe décrit un arc de cercle, pour tomber dans un récipient approprié.
- Un compteur adapté à l’un des supports de l’arbre central permet de contrôler, à tout instant, la longueur débitée. Un fourreau fileté, monté sur le même axe et solidaire d’un ou de plusieurs tambours, permet à l’aide d’une clef ajustée dans une rainure longitudinale, de mo-difier l’arasement de l’appareil suivant la largeur des tissus.
- TEINTURE DU COTON EN NOIR INVERDISSABLE- NE DEGORGEANT PAS SUR LE BLANC
- Par MM. Abel Henry et Cie.
- Le coton est débouilli pendant 12 heures dans une chaudière close, avec lessive à 2 degrés Beaumé, séché à fond, à la suite de ce débouillage et lentement, vers 40 degrés centigrades, puis laissé refroidir.
- Les opérations de teinture comprennent ensuite deux mordançages :
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 1er mordançage. — Pour 900 kil. Un premier bain est composé de :
- Chlorate de potasse, 8 kilog
- Ammoniac en poudre, 14 »
- Sulfate de cuivre, 14 »
- dissous dans 100 litres d’eau bouillante, puis on ajoute 14 kilog. d’azotate de fer à 480 B., dissous, d’autre part, dans 160 à 210 litres d'eau froide, suivant l’intensité de la nuance à obtenir.
- Le bain ci-dessus est laissé en bac fermé jusqu’au moment de s’en servir.
- Un second bain est formé au moyen de :
- 24 litres d’huile d’aniline,
- 24 » d’acide muriatique.
- On remue et on laisse en contact pendant 1 [4 d’heure, puis on verse 24 litres d’eau froide et l’on ajoute 4 kilog. d'acide tartrique dissous dans 100 à 120 litres d’eau bouillante.
- Les bains 1 et 2 sont tenus séparés jusqu’au moment de les utiliser.
- On prépare alors dans une, ou dans plusieurs terrines, un bain, que les teinturiers appellent une « avance », composé, pour moitié, avec le n- 1 et, pour moitié, avec le n‘ 2. On mélange, on agite fortement et on immerge une petite quantité de coton filé, I kilog.; on foule, on tord de 4 à 6 fois, on secoue sur chevillon.
- Chaque kilogramme de coton sortant est Par une même quantité de fils, après avoir nourri le bain de la terrine avec un 1[2 litre d'un bain contenant 2(6 de litre du n- 1 et 1]6 de litre du n* 2.
- Le coton mordancé est étendu sur perches dans un séchoir ventilateur, à la température de 350, en évitant l’air et le soleil, puis porté dans un séchoir ordinaire, à 300, jusqu’au lendemain.
- 2e mordançage. — Dans 1,200 à 1,400 litres d’eau bouillante on fait dissoudre :
- 60 kilog. de bichromate de potasse, puis on ajoute progressivement :
- 12 kilog. d’acide sulfurique.
- Le coton est plongé dans ce bain bouillant, tordu faiblement, laissé au repos pendant 2
- heures à l’ombre et retourné à plusieurs reprises.
- Suit un lavage énergique, puis le séchage.
- Pour assouplir le coton, il est facultatif d’employer un bain de 2 k. 500 d’huile et de 2 k. 500 de savon mélangés dans 80 litres d’eau bouillante (pour 150 kilog. de coton lavé avant séchage).
- LAINEUSE DOUBLE A CHARDON MÉTALLIQUE A CONTACT ET ACTION VARIABLES
- Par MM. Bauche frères.
- Les particularités caractéristiqes de cette laineuse consistent :
- 1- Dans le montage des coussinets des travailleurs ;
- 2’ Dans le système d’entraînement des mêmes organes ;
- 3- Dans le mode de réglage du contact de l’étoffe ;
- 4* Dans la construction des paliers-graisseurs.
- Les axes des travailleurs reposent dans des coussinets dont la mobilité, ou plutôt l’élasticité est obtenue au moyen de ressorts formant supports. L’action des ressorts résulte de la résistance de l’étoffe au contact du chardon métallique ; les garnitures ne s’engagent dans le tissu que suivant la force variable adoptée pour les ressorts.
- Les travailleurs sont groupés par trois et répartis sur deux cercles parallèles, constituant ce que les brevetés appellent un «porte-système ». Le porte-systme reçoit un mouvement de rotation, auquel participent nécessairement les trois travailleurs, mais,de plus, chaque travailleur reçoit successivement un mouvement circulaire, qui lui est propre.
- A cet effet, les extrémités des axes des travailleurs sont munies de galets, actionnés par courroies. Lorsque l’un des travailleurs (au cours de l’évolution du porte-système) vient au contact du tissu, les courroies parallèles qui passent sur les deux galets du même tra-vailleur, forcent la garniture métallique à pé-
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- nétrer dans l’étoffe pour en dégager les fibres aptes au garnissage.
- Le réglage du contact s’obtient à l’aide d'une crémaillère, qui rapproche plus ou moins des porte-systèmes, les rouleaux-guides de l’étoffe.
- ÉTOFFES D’AMEUBLEMENT IMPRIMÉES AVEC DOUBLURES SIMILI-CUIR Par M. Prudhon.
- Les étoffes imprimées pour ameublement, en calicot ou en cretonne, ne possèdent pas, suivant M. Prudhon, une solidité suffisante. Les rideaux doivent être doublés et la couleur de la doublure s’altère à la lumière; les sièges sont rapidement usés par le frottement
- M. Prudhon s’est proposé de remédier à l’inconvénient au moyen d’enduits imperméables appliqués sur l’envers et dénommés « simili-cuir » en raison de la consistance et de l aspect de cette doublure toute particulière.
- wLe premier apprêt est un mélange d’huile de lin et de kaolin pulvérisé formant une sorte de mortier liquide, qui bouche les trous du tissu sans altérer les parties décoratives de la face imprimée. Cet apprêt s’applique soit à la la main, avec une brosse,soit plutôt au moyen d'une machine à encoller les tissus ou les papiers.
- Après séchage de l’étoffe à l'air, ou à l’étuve, les couleurs en pâte à base d’huile sont déposées par le même procédé, c’est-à-dire à la main ou mécaniquement, le nombre de couches variant suivant l’épaisseur voulue et le le degré de souplesse recherché.
- Pour terminer, une couche d’essence donne à la doublure l’aspect mat du cuir, puis un passage de l’étoffe entre les cylindres gravés simule le grain de la peau maroquinée.
- APPAREIL A TEINDRE LA LAINE EN BOBINES Par M. Vassart.
- L'appareil repose sur l'utilsation de la force élastique de la vapeur pour faire pénétrer le
- liquide colorant dans la matière à teindre. Le bain est préparé dans un réservoir à ciel ouvert, en bois ou en métal, placé au-dessus du récipient clos, où s’effectue la teinture, et relié avec le dernier par des tuyaux munis de clapets de retenue.
- Cette tuyauterie est complétée par des conduites de vapeur sous pression. Une simple manœuvre de robinets donne la possiblité de faire pénétrer le liquide tinctorial du réservoir ouvert au vase fermé et réciproquement, c’est-à-dire de faire traverser alter-tivement les bobines de préparation de bas en haut et de haut en bas, autant de fois qu'il est utile.
- Pour éviter toute déformation, les bobines sont maintenues entre le fond de la cuve sous pression et un diaphragme perforé. De plus, afin de ménager les fibres, l’opérateur a soin de ne point laisser le niveau du liquide s’abaisser au-dessous de ce diaphragme. La laine est donc toujours baignée dans la teinture et la vapeur agit simplement comme un piston soit pour refouler le liquide, soit pour l’aspirer à la suite d’un vide partiel.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 183406. 7 mai; Société G. Fernan et Cie.— Description d’un nouveau mode de propulsion de la laine dans les bacs laveurs (leviathans) et dispositifs mécaniques à cet effet.
- 183501. 11 mai; Sévin. — Toiles tapisseries avec esquisses imprimées pour peindre en imitation des tapisseries Gobelins, Beauvais, Aubusson et de Flandre.
- 183514. 16 mai ; Barette aîné. — Nouveau procédé d’épuration des des draps dit : épuration système Barette.
- Le nouveau procédé consiste à se servir d’eau chaude au lieu d’eau froide pour désavonner et dégorger les pièces de drap.On termine par un passage à l’eau froide pour refroidir l’étoffe.
- 183555. 13 mai ; Boursier. — Procédé de teinture à froid par les hydrocarbures.
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- 183591. 21 mai ; Société Skène et Devallée. -Perfectionnements apportés aux machines à teindre, particulièrement la laine peignée en bobines et en général toutes les matières textiles employées dans l’industrie,
- 183559. 13 mai ; Schumchert. — Procédé pour faire dissoudre l’indigo employé en teinture et remplacer la cuve au pastel.
- Le nouveau procédé consiste à composer un bain en faisant dissoudre l’indigo dans de l’eau en présence de guano préparé,auquel on ajoute des corps absorbant l’oxygène, telle que la poudre de zinc, le tout chauffé à environ 50 ou 60°. Ce bain remplace la cuve à pastel employé jusqu’ici.
- 183618. 16 mai , Société Perret, Gros et Million.—Perfectionnements dans l’apprêtage des tulles, dentelles, etc.
- L’objet du brevet consiste à faire courir au-dessus du tulle fixé sur un cadre un appareil combiné de façon à effectuer mécaniquement et a la fois la pose de l’apprêt, le brossage et le baguettage, sans qu’il soit besoin pour cela de déplacer en aucune façon le tulle.
- Cet appareil est une sorte de chariot monté sur galets et roulant sur rails. Sur ce chariot sont disposés les différents organes destinés à effectuer le travail demandé et qui sont les réservoirs à apprêt, l’appareil à brosses et le dispositif à baguettes
- 183654. 21 mai ; Bertrand. — Nouvelle disposition de lisseuse destinée à lisser et sécher les matières filamenteuses en fils, rubans, tissus, etc , après lavage, teinture, apprêt, etc.
- J. FAYOLLET, Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE L’ANNÉE TINCTORIALE A LYON EN 1887
- {Suite)
- Les puces sont obtenus par un mélange de mordant d’alumine et de fer ; les rouges le
- sont par l’acétate d’alumine très pur ou mordant d’alumine.
- L’acétate d’alumine est obtenu en précipitant l’alun exempt de fer,jadis l’alun de chrome, aujourd’hui l’allun d’ammoniaque de troisième raffinage, c’est-à-dire ayant subi trois cristallisations. On ajoute au mélange en proportions équivalentes d’alun et d’acétate de plomb un peu de craie pous obtenir un sous-acétate d’alumine.
- Les planches en bois sont en relief, comme pour l’impression des enluminés. Pour faciliter le raccord des coups de planches, les mélanges épaissis qui sont pour ainsi dire incolores, sont colorés artificiellement aujourd’hui avec un peu de fuchsine, qui partira dans les opérations ultérieures.
- Après cette dernière impression, où les puces et les rouges forment les fonds et contre-fonds, les foulards vont que dernière fois au séchage, qui demande de très grandes précautions. S’il est trop long, les mordants coulent ; s’il est trop rapide, comme en été, ils plaquent.
- Dans cette dernière saison, pour modérer le séchage, il faut souvent ajouter très peu de glycérine dans l’épaississage. Le séchage est, en définitive, une opération des plus délicates et c’est de là que dépend le succès d’un bon garançage.
- Les foulards revenant du séchage sont durs et, sauf de pâles nuances, il est très difficile de distinguer les dessins d’avec les fonds.
- L’opération du bousage vient immédiatement, c’est-à-dire qu’il s’agit de dégommer les foulards des épaississants et de neutraliser les acides des mordants, qui auraient une influence fâcheuse dans la teinture qui va suivre.
- Le bousage s’effectue rigoureusement avec la bouse de vache, d’ailleurs facile à se procurer dans l’Ardèche, et qui est l’objet d’un petit commerce. Sauf dans des cas très rares, lorsqu’il y a surabondance de travail, l’on emploie concurremment, mais à regret, du
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- co co
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- sel à bouser ou silicate de soude très peu alcalin.
- Pour le bousage, on fait un bain tiède et visqueux de bouse de vache ; lorsque le bain est bien homogène, on manœvre dedans pendant deux heures les pièces de foulards pour garancer, sortant du dernier séchage sur les mordants ; on se sert pour ce travail d’un tourniquet sur lequel on les enroule et déroule dans le bain, en les manœuvrant dans le bain avec un bâton.
- Dans cette opération, les épaississants sont soigneusement éliminés, les mordants saturés par les principes alcalins de la bouse de vache. L’opération finie, ce que l'on reconnaît au toucher doux et uniforme, les pièces sont enroulées sur le tourniquet, puis vont au rinçage, qui est encore rendu très facile par les eaux douces des montagnes granitiques de l’Ardèche. Quelquefois même l’on s’aide de la roue à laver, ou « Dash-Weell » des Anglais. Les pièces bien rincées, la plupart du temps en eau courante, sont soumises à l’essorage, dressées et enroulées, développées sur un tourniquet, pour aller de là à la teinture en garançage, d’où elles sortiront avec des desA sins noirs, puces et rouges, où l’on applique les mordants et des fonds chamois, où l’on n’a rien mis. Sortant du débousage, l’on ne distingue pour ainsi dire rien sur les foulards, et ce n’est qu’après la teinture que l’on distinguera les dessins et les fonds.
- Les pièces foulards étant soigneusement bousées, débousées et essorées, sont soumises à l’opération de la teinture. Et c’est ici que commence la différence profonde entre le genre lyonnais et ceux sur calicot de Rouen et de Mulhouse, ainsi qu’on va le voir par la desciption suivante.
- Pour teindre les pièces, on monte un bain tiède d’eau des Cévennes, supérieures aux eaux calcaires de Lyon ; à ce bain l’on ajoute pour l’animaliser, pourquoi? du sang de bœuf, du sumac de Sicile en poudre (l’explication de ce dernier est facile à comprendre : l’acide tannique servira à amener les noirs et
- les puces, à renforcer les rouges et à donner les fonds chamois aux parties sans mordants). On ajoute de la garancine en quantité voulue, selon le nombre des foulards à passer. Dès le début on a mis de la fleur do garance.
- On ne s'explique guère le mélange du sang avec le sumac dont l’acide tannique précipite l’albumine du premier. Mais là nous sommes en présence d’un fait industriel acquis, devant lequel il faut s’incliner.
- Le sumac de Sicile est le sumac préféré, il donne les fonds chamois convenables, le sumac de Donzère ou de pays donne des fonds trop chargés, de plus trop acide, il démonte les mordants.
- La garancine provient de nos belles marques d’Avignon; en thèse générale, les marques d’Alsace n’ont jamais un grand succès dans la région lyonnaise, même avec de sensibles écarts de prix.
- Lors de l’apparition de l’alizarine artificielle, il s’est produit un fait très curieux, c’est que cette dernière, très pure et convenant admirablement pour les cotons, où l'on veut des nuances éclatantes et des fonds dépouillés, n’a rien valu pour les foulards soie et il a fallu employer des mélanges d’alizarine artificielle et de garancine inférieure.
- Je me suis même laissé dire que les belles marques d’Avignon, les plus estimées pour les foulards soie, contenaient quelques pour cent d’extrait de châtaignier sec. C’est ce qui en faisait la supériorité sur la garancine d’Alsace...
- Le même fait se produit en ce moment pour les extraits de campêche ou bois d’Inde, destinés aux noirs pour coton, où l’addition d’une certaine quantité d’extraits de châtaigniers faite avec intelligence ne constitue pas une falsification et permet d'en abaisser le prix de revient, dans des conditions plus avantageuses qu’avec la mélasse pour les extraits liquides et de la dextrine pour les extraits secs. Ces derniers produits étant des produits inertes, moins coûteux que le princk pal et frauduleux.
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- Le bain étant monté dans une chaudière de cuivre dont le volume est en rapport, ainsi que celui des drogues employées, avec les foulards à teindre, l’on apporte ceux-ci sur un tourniquet que l’on installe au-dessus de la chaudière; chauffée à feu nu.
- Un faux fond percillé de troux empêche les foulards de toucher le fond., chauffé directement.
- On manœuvre les foulards peu à peu en les étalant avec des bâtons de lise ; peu à peu les dessins apparaissent et se distinguent selon la nature des mordants. En même temps l’on augmente la température par le chauffage, à mesure que l’on enroule et déroule les pièces sur le tourniquet.
- Un point capital, c’est qu’il faut aller très lentement, on met de quatre à cinq heures pour atteindre l’ébullition. Si l’on va plus vite on fait plaquer ; arrivé à l’ébullition, on la maintient un quart d’heure en continuant de manœuvrer les pièces sur la chaudière.
- L’ébullition doit être celle à feu nu, si l’on tient réellement à la solidité ; celle au rameau de vapeur ne convient pas, car, sous l’influence du remuement de l’eau par la vapeur du rameau, celle-ci bout à 950 au lieu de 1000. Or, ces 50 d’écart suffisent pour amener une profonde différence dans la fixation de la garance.
- Le Cheylard a 382 m. d’altitude au-dessus de la mer, où l’eau bout à 99° est déjà une limite pour la fixation par la chaleur d’un bon garançage. A 1.000 m. au-dessus de la mer, où l’eau bout à 97° environ, on aurait Incontestablement de moins bons garançages Qu'au niveau de la mer.
- Si l’on tient dans les garancés soie à des nuances moins éclatantes et à des fonds cha-mois, c’est d’ailleurs pour deux raisons :
- La première, c’est que la soie tire les ma-hères fauves avec avidité, même dans les parties non mordancés, ce qui n’a pas lieu pour les tissus végétaux, et qui! ne saurait être question de l’emploi du chlore, qui altère
- profondément la fibre soyeuse, pour dépouiller les fonds et obtenir des grands blancs, comme avec les tissus de coton, où l’on détruit non seulement les fauves fixés sur les fonds sans mordants, mais encore le peu d’aliza-rine ou purpurine qui s’y est fixé par teinture directe.
- La deuxième, c’est que les garancés sur soie ont pour but de faire concurrence aux produits des Indes, qui produisent des types ayant un cachet accepté, leur marque d’origine qu’il faut respecter, avec des fonds chamois et des rouges non éclatants. L’ensemble des coloris est une garantie de la qualité du tissu.
- Et cela est tellement vrai, que l’on en est arrivé à faire, des dessins irréguliers dans le raccord des coups de planche pour imiter les dessins faits dans les Indes. Nos dessins, faits avec une merveilleuse précision, sont trop corrects. A la rigueur, çà et là quelques taches dans les tissus des Indes en font tout le relief. Mais en Angleterre, à Manchester, on est arrivé à imiter tout cela. C’est l’histoire des châles cachemire des Indes, où l’irrégularité des dessins ajouts et cousus bout à bout à la main sont une garantie comme merveille du patience et de solidité du colori et de la finesse de la laine employée. Ceci dit, le lecteur comprendra donc la profonde différence qu’il y a entre le garançage sur foulard soie et celui sur coton.
- Marius Moyret.
- (A suivre.}
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.}
- Teinture des articles de velours soie en noir
- Les articles de velours soie, cosaque, manteau, rotonde etc., de couleur ou déjà noir se teignent très bien en noir ; de préférence l’article doit être décousu morceau par morceau et rebâti, le velours est traité comme la
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- soie, et peut être teint bâti sur le même tendeur. A défaut de tendeur on le teint à la main avec précaution pour éviter les cassures, en le levant de la chandière, on évitera de mettre les lez les uns sur les autres. Si l’article est en couleur, on le passera dans un bain de carbonate de soude et d’ammoniaque chaud pour le démontage, s’il est déjà noir un léger bain d’ammoniaque suffira, on rince, on pique à l'acide sulfurique et on entre en rouille des soies. Le bain de teinture se fait au bois d’inde seul en ajoutant une pierre de sulfate de cuivre, on obtient ainsi un noir bleu, le velours se pique à l’acide ou est javelé à ve-lonté. Si on veut un noir foncé, on ajoutera du bois jaune ou du terra.
- Si le velours est tramé coton, ce qui arrive souvent, on donnera après teinture de la soie une entrée à froid sur un bain de campéche et de sumac ; les satins soie et coton en noir se font identiquement de même, le velours ne s’essore pas, après avoir égoutté, il est étendu sur les perches du séchoir.
- Les articles de velours tout coton, se traitent comme les cotons ordinaires, on met en rouille, et on teint sur un bain de bois d’inde et de bois jaune, on passe sur une dissolution de sulfate de fer et on rince.
- Apprêts des Velours
- Les velours étant secs sontdébâtiset passés à la platine ou table vapeur pour le relever le mieux possible, étant alors très humecté par la vapeur, on l’étend à nouveau sur des cordes, on l’attache ensuite sur le tapis, pour lui donner un peu de fermeté on le gomme à l’éponge sur l’envers avec de la gomme arabique bien délayée et passée au tamis, on le retourne et on l’attache bien droit; une assez forte chaleur est indispensable pour bien le saisir.
- Si le vêtement est tout fait et dédoublé, après l’avoir bien redressé à la platine on le gommera à l’envers et on le passera au coque.
- La platine rend les plus grands services, non-seulement pour les velours, mais pour
- tous les vêtements de grosse étoffe elle est indispensable dans un atelier.
- Par les mêmes procédés qui servent à teindre la soie en couleur, on teint également tous les velours en couleurs il n’y a que des précautions à prendre dans la manipulation, ne pas tordre, lisser l’article sans le serrer dans les mains, ne pas les tasser dans la chaudière, etc.
- La teinture des articles peluche en noir ou couleur se fait relativement bien, mais l'ap-prêt en est absolument défectueux, la peluche une fois mouillée ne peut plus être relevée et remise en place, surtout si elle est de qualité ordinaire ou inférieure, aussi la plupart des teinturiers en chiffons ne s’en chargent pas.
- Teinture de la plume
- Quoiqu’il y ait des spécialistes pour la teinture et le nettoyage des plumes, ce travail se fait aussi dans quelques ateliers. La plume à nettoyer se blanchit au savon et ensuite trempée dans un bain d’eau et d’acide oxalique ou mieux encore d’eau oxygénée; l’apprêt se donne à l’amidon et l’azurage à l’indigo et la cochenille ammoniacale, on passe ensuite au frisage. La plume étant refrisée. ne doit pas rester dans un endroit humide, mais bien dans un endroit sec.
- Avant teinture, la plume doit être parfaitement nettoyée sur un bain de carbonate de soude et passée au savon. Elle se teint à chaud à 50 degrés environ pour les plumes tendres et presque au bouillon pour les plumes dures, les bains sont généralement acidulés d’acide sulfurique. Les produits employés sont l'or-seille, l’indigo, le terra, la plupart des pro-duits d'aniline etc. La plume est en un mot traitée comme la soie et teinte avec les memes colorants.
- Les rouges se font à l’orseille, à l'orcéine, à la fuschine acide, au rouge solide, à l éor sine, au carmin de safranum, à la safranime, au rouge bengale etc., selon les tons à obtenir.
- Les marrons et dérivés, avec orseille, terra et bleu d’indigo, on emploie.aussi le brun da
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- . BT DE LIMPRESSION DES TISSUS
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- niline, on peut foncer au bois d’inde et bois jaune.
- Le violet, au violet bleu ou rouge, selon échantillon.
- Les bleus, à l’indigo, au bleu de Nicholson, au bleu marin, pour verdir on ajoute jaune Martius, acide picrique, terra etc.
- Les jaunes, vieil or et dérivés, au terra, à l’acide picrique, au jaune Martius etc.
- Les gris, au gris d'aniline, au carmin d’indigo et violet,
- Pour les noirs, après le nettoyage on entre en rouille pendant 12 heures, on unit et on teint sur un bain de campêche, bois jaune, quercitron et terra à 60 ou 70 degrés environ, on ajoute une poignée de couperose verte et d’acétate de cuivre, en entre et on laisse deux ou trois heures, on lève et on laisse à l’air quelques instants ; on charge le bain à nouveau et on les laisse jusqu’au lendemain sans chauffer, on retire, on rince et on passe au savon on rince ensuite.
- Si le bain est bien préparé, la plume doit être d’un beau noir et la côte bien teinte, elle est ensuite amidonnée et frisée.
- Batifois.
- {Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES en pièces
- {Suite.)
- Roses a L’ERYTHROSINE.
- L’érythrosine est susceptible de produire d’assez belles couleurs roses, de nuances particulières et suffisamment vives.
- Pour obtenir des nuances tranchées, jouis-sant d’une grande vivacité et de beaucoup de Cillant, il est nécessaire de dégraisser complètement la laine, soit au savon, soit au car-Sonate de soude, puis de la laver en eau cliaude, afin d’enlever tous les corps gras. Ensuite on la passe dans un bain contenant "nlitre d’ammoniaque'liquide par 100 litres "eau, puis on la rince en eau pure.
- La teinture de la laine se fait le plus généralement par addition d’alun ou d’acide acétique dans le bain de teinture.
- Lorsque le bain a été bien fait pas un double passage de pièces destinées pour nuances foncées, on le garnit définitivement, pour 100 kilog. de laine, avec 5 kilog. d’alun épuré, quantité nécessaire d’érythrosine pour obtenir l’intensité voulue.
- Les étoffes sont entrées à tiède. On les manœuvre pendant quelques minutes sans élever la température, puis on monte progressivement jusqu’à l’ébullition. On maintient cette chaleur jusqu’à ce qu’on ait obtenu la nuance demandée, après quoi on abat au large, on évente et on lave dans une eau absolument claire.
- Deuxième procède.
- L’acide acétique convient également bien comme mordant d’érythrosine. On fait d’abord le bain deux fois consécutives, puis on y met la quantité nécessaire d’érythrosine pour obtenir la couleur exigée. Lorsque la dissolution du colorant est parfaite, on ajoute à ce bain d’érythrosine l’acide acétique dans la proportion de 1 kil. 500 d’acide à 7° Bé pour 100 kilog. d’étoffes de laine. On entre à froid et on élève graduellement la température du bain jusqu’à 700 ou 800 centigrades. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue. On ne doit mettre l’acide acétique dans le bain de teinture que peu à peu et par parties, parce que, sans cette précaution, il s’évapore sous l’influence de la température élevée du bain et le colorant ne monte pas.
- Lorsqu’on est arrivé au ton demandé, on abat au large, on évente, puis on lave soigneusement avant de sécher.
- De même que pour l’éosine, on peut aussi obtenir des Roses à l’Erythosine en mordan-çant la laine avec l’un des mordants suivants : le sulfate de soude, le phosphate de soude et la composition d’étain, le tartre, j’alun et le tartre mélangés.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Nous avons traité de l’applications de ces mordants au chapitre des Cerises et Roses à l’éosine.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) A suivre).
- NOTE SUR LA FIXATION DU FER DANS LES MORDANTS DE FER ET L'ALUMINE PRÉSENTÉ A LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE par M. Oscar Scheurer
- Tous les chimistes qui se sont occupés de l’impression du coton connaissent la difficulté qui existe à fixer sur cette fibre, d’une façon régulière et suivie, les mordants mélangés de fer et d’alumine.
- Cette difficulté, qui a été amoindrie, dans une proportion notable, par l’emploi des éten-dages d'aération ou d’oxydation dans lesquels on peut maintenir à volonté un degré d’humidité et de température donnés, n’en existe pas moins encore dans une certaine mesure, et l’on est obligé, pour l’éviter à peu près complètement, d’ajouter de l’arsenic dans la couleur ou au bain de dégommage.
- L’emploi de ce corps vénéneux n’a jamais produit que je sache, d’accidents d’empoisonnements dans les fabriques, oi d’inconvénient d’aucune nature pour les personnes ayan t porté des tissus traités de cette façon. Les quantités d’arsenic retenues par les tissus sont du reste très faibles et en combinaisons totalement insolubles,
- Néanmoins il a été édicté, il y a peu d’années, dans certains pays (notamment en Suède) des lois spéciales défendant d’une manière absolue la mise en vente des tissus imprimés contenant de l’arsenic, et il en est résulté pour le fabricant des ennuis multiples pour l’entrée de sa marchandise dans les pays en question.
- J’ai pensé qu’il y avait dès lors une certaine importance à pouvoir remplacer l’arsenic par un corps non vénéneux, et j’ai entrepris des essais pour voir si les acides phosphoreux ou
- hypophosphoreux ne pourraient pas remplir ce but.
- Le résultat da ces essais a démontré qu’il en est réellement ainsi et que l’acide phosphoreux agit sur la fixation du fer dans les mordants mélangés de fer el d’alumine d’une manière analogue à l’acide arsénieux, et que l’addition directe d’acide phosphoreux à b couleur peut donner, dans certaines conditions, le même résultat que le dégommage en arseniate de potasse ou de soude.
- L’action de l’acide arsénieux ajouté dans la couleur est beaucoup accentuée par l’adjonc-d’un sel de cuivre, ainsi que l’a constaté M. H. Schlumberger dans un travail déjà ancien inséré au tome XIII du Bulletin de la Société industrielle. Il en est de même de l’acide phosphoreux.
- En ajoutant à un kilogr. de couleur puce 2 grammes d’acide phosphoreux et 3 grammes d’un sel de cuivre, on obtient sensiblement l’effet du dégommage en arséniate, et la petite quantité de cuivre que contient la couleur n'est pas suffisante pour en gêner l’impression.
- Il reste à expliquer la raison pour laquelle le mordant de fer se fixe mieux lorsqu’il est seul que lorsqu’il est mélangé a un mordant d’alumine. Ce dernier mordant est généralement obtenu par la double décomposition de l’alun ou du sulfate d’alumine et contient par conséquent des sulfates qui, agissant sur le pyrolignite de fer, le font passer à l’état de sulfate ferreux. Or le sulfate ferreux est un mauvais mordant qui n’abandonne, par aérage, que fort peu d’oxyde au tissu, tandis que le même sel, additionné d'acide arsénieux ou phosphoreux et d’un sel de cuivre, en fixe une bien plus forte quantité.
- J’ajouterai qu’il n’est pas avantageux, au point de vue de la richesse du puce, de pousser trop loin la fixation du fer et qu’il vaut mieux rester dans limites inférieures.
- Il est à remarquer encore que le mode de dégommage est à peu prés sans influence icl et que l'on peut employer indifféremment 10
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- bouse, le silicate et le phosphate de soude; la quantité de fer fixé sur le tissu ne varie pas ; seul le passage en arséniate donne encore une plus forte proportion de fer fixé. Mais ce résultat peut être obtenu aussi par l’addition d’une plus forte proportion d’acide phosphoreux à la couleur. Dans les deux cas la richesse de la nuance en soufre, et il vaut mieux s’en tenir aux quantités indiquées plus haut.
- LA TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES
- EN RUBAN
- (Suite.)
- L’invention décrite ci-après a pour but d’obvier à ces inconvénients, en soumettant aux opérations indiqués les matières susdites dans un état de tension, laissant beaucoup de place à l’action du liquide, de telle sorte que par là le temps nécessité par chaque opération devient beaucoup plus court et l’action du liquide beaucoup plus intense et uniforme que dans tous les procédés qui ont été employés jusqu’à ce jour.
- Pour atteindre ce but, on doit employer un appareil sur lequel s’effectue la tension de la matière brute et qui en outre rend une grande quantité de la matière qui est enroulée sur lui facilement accessible à l’action du liquide.
- On atteindra, le plus parfaitement, ce but proposé au moyen du dévidoir à étages. Cet appareil se compose d’un axe longitudinal, de deux rondelles portant chacune quatre bras, et quatre barres reliant chacune deux de ces bras.
- Sur le dévidoir en croix formé de la sorte on enroule d’une extrémité à l’autreles rubans à traiter, de telle sorte que ces derniers vien-nent à se juxtaposer, et une fois arrivés à 1 extrémité opposée du dévidoir, forment autour de ce dernier un manteau complet. Une fois qu’on en est arrivé là, on place sur les quatre bras des tringles munies de douilles
- à leurs extrémités, chacune des tringles reliant deux bras opposés et l’on forme ainsi de nouveau un dévidoir. Le ruban est ainsi conduit, sans être déchiré, du dévidoir inférieur au second dévidoir supérieur que l’on vient de former et on l’enroule de nouveau, comme précédemment et dans le sens opposé. Dès que le second manteau est complètement formé, on adap e de la même façon quatre nouvelles tringles aux bâtons et ainsi de suite. Ces manipulations peuvent par conséquent se répéter souvent, de telle sorte que l’on peut enrouler des longueurs quelconques de la matière brute à traiter.
- Une fois que l’on a enroulé une longueur suffisante, on noue l’extrémité du ruban. La distance radiale des tringles dépend de l’épaisseur des rubans sur lesquels on opère ; elle doit toutefois être toujours suffisamment grande pour qu’il reste entre deux couches de rubans un intervalle d’environ 2 à 3 centimètres, de façon à ce que le ruban soit entouré vers le haut et vers le bas d’une couche de liqueur de 2 à 3 centimètres de hauteur, lorsqu’on l’introduit dans la cuve.
- Le dévidoir à étages, une fois garni de la sorte, est prêt pour toutes les manipulations se présentant dans la teinture, par exemple pour effectuer le dégraissage, le mordançage, le blanchiment, la teinture, le fixage, l'agi-tage et le séchage. Le ruban ne doit être déroulé que lorsqu’il a passé par toutes les opérations constituant la teinture.
- On peut disposer dans la cuve de teinture, transversalement ou longitudinalement, un nombre quelconque de ces dévidoirs, nombre variant d’après la grandeur des dévidoirs ou celle de la cuve ; on peut aussi les disposer comme dévidoirs à étages garnis d’un nombre quelconque de couches de rubans superposées ou aussi de telle façon qu’une seule couche de rubans se trouve enroulée.
- En ce qui concerne la façon dont on doit opérer dans chaque cas particulier, l’on ne peut que s’en rapporter au teinturier. Ainsi pour la quantité de la matière à traiter, la
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- disposition la plus avantageuse consistera à placer le dévidoir transversalement dans la cuve ; dans ce cas on doit établir des supports, de telle façon que les dévidoirs garnis jusqu’à leur plus grand diamètre s'écartent dans leur point le plus bas d'environ 8 à 10 centimètres du fond de la cuve et se trouvent dans leur point le plus élevé à environ 5 centimètres sous la surface supérieure du liquide. Pour faciliter l'iutroduction des dévidoirs, on pratique dans les supports une coulisse allant jusqu’au bord supérieur de la cuve. Cette position des dévidoirs permet d’amener pendant la teinture, et grâce à une légère révolution périodique ou continue du dévidoir, toutes les parties de la matière à teindre dans toutes les couches du liquide, et d'obtenir de la sorte une teinture absolument régulière.
- Le montage de ce dévidoir peut se faire également de façon à ce qu’il tourne autour d’un axe vertical.
- On peut obtenir le même résultat d’une façon plus simple mais moins parfaite, en employant un appareil en forme de cadre sur lequel la matière est dévidée avec une légère tension, et par exemple dans une industrie où il n’est pas nécessaire d’obtenir une teinture absolument régulière, ni en général d’opérer sur des longueurs de quelques centaines de mètres, il suffira déjà de garnir des cadres rectangulaires avec la matière à teindre ou à traiter d’une façon quelconque, cette matière étant quelque peu tendue, et de glisser ces cadres verticalement ou horizontalement dans le sens transversal ou horizontal de la cuve contenant le bain, en veillant seulement à ce que ces cadres ne touchent pas le fond et aussi à ce que, en outre de la distance suffisante à maintenir entre eux, ils soient maintenus à une petite distance sous la surface du liquide, afin que toutes les parties de la matière soient accessibles à l’action dudit liquide.
- (A suivre.)
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Caen. -- Lahure, Eugène-Amédée, teinturier, rue de l’Ancienne-Comédie, 10. — S.: M. Renard. — Jug. du 6 janv.
- RAPPORTS DE FAILLITES
- Bordeaux. -- Ortéga (F.), teinturier, rue d’Ornano, 221. — Jug. du 20 déc.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- Paris. — Loddé fils (Cl.-A.), teinturier en plumes, rue Stephenson, 25, Pinet, 1 fr.
- Paris. — Blanchet, Auguste, apprêteur d’étoffes, Levallois. — Jug. du 10 janv.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris.—Formation de la Société en nom collectif Louis Fousset et Cie, teinture, cité Henri, 19. — Durée : 3 ans. — Cap. : 4,900 fr. — Acte du 12 janv. — A. P.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Ch. Prud’hon et Ginet, fab. de tissus pour parapluies et ombrelles, soie et fantaisie, rue Rozier, 3.— Durée : 6 ans.— Cap.: 50,000 fr. — Acte du 1er fév.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 31 déc., de la Société Trotry et Cie, apprêteurs de tissus, rue Croix-Nivert, 90. — Liquid. : M Trotry. — Acte du même jour. — G. T.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 6 fév., de la Société Fargère, Buchard et Cie, fab. d’étoffes soies et nouveautés, place Croix-Paquet, 5. — Liquid.: M. Fargère. — Acte du même jour.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Prorogation, du 16 juin 1888 au 15 déc. 1893, de la Société Boussuge et Magnifiât, fab. de foulards et articles de soieries, rue Coustou, 6. — Acte du 7 fév*
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, Pi0 7. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Avril 4888
- S OM MAI RF
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES.
- MORDANTS DIVERS
- TEINTURE DES l.AINES PEIGNÉES EN RUBAN (suite et fin).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DE LA LAINE ET DES POILS EN NOIR D’ANILINE INVERDISSABLE A L’AIR
- Par MM. Collin et Errani.
- La fibre est immergée à froid dans un bain de mordançage, composé d’eau (non séléni-teuse) en quantité suffisante et de permanganate de potasse, à raison de 8,5 O[O du poids de la laine.
- On fait barboter continuellement jusqu’à décoloration complète du bain, rouge pourpre au début de l’opération qui dure une heure environ.
- La matière textile est alors soulevée, tordue, rincée, incomplètement essorée et plongée dans le bain de teinture. Ce bain est formé d’eau en quantité convenable pour la masse en traitement, et de chlorhydrate d'a-niline, dans la proportion de 10 0[0 du poids de la laine. Si la teinture se fait à froid, il ne faut pas moins de douze heures, pendant les-Quelles la matière doit être retournée et brassée fréquemment. Une heure suffit si le bain est porté à la température de 60 à 70 degrés. On tord sur la cuve même, on rince à grande eau, on passe en eau de savon très faible et * on essore à sec.
- Le bain est à peu près épuisé après chaque opération, mais peut être remonté en chlorhydrate pour l’opération suivante. Dans ce cas, le noir est plus bleuté qu’avec un bain neuf.
- MACHINE A TEINDRE LA LAINE EN BOBINES Par M. Denutte.
- Les bobines sont rangées à l’intérieur d’une cuve ordinaire en métal ou en bois., entre un faux* fond et un plateau perforés. Des presses à vis serrent le plateau sur les bobines, qui sont, de plus, comprimées latéralement au moyen d’un plateau, ou cale également actionnée par des presses à vis. Les bobines ainsi tassées les unes contre les autres forment un tout homogère.
- Le bain de teinture est préparé dans une seconde cuve semblable, communiquant avec la première par une double série de tuyaux, qui permet tantôt de refouler le liquide colorant sous le faux-fond perforé, tantôt d’aspirer ce même liquide, c’est-à-dire de faire circuler la teinture alternativement de bas en haut et de haut en bas, à travers la « préparation ».
- Dans un certificat d’addition, M. Denutte, substitue à ce moyen, une sorte de balance, dont les deux cuves forment les plateaux. Deux porte-bobines symétriques sont fixés à un niveau invariable et les cuves correspondantes, tour à tour soulevées ou abaissées,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- viennent imprégner les bobines de teinture, tantôt de bas en haut, tantôt de haut en bas.
- On conçoit qu’il est encore possible d’obtenir des effets analogues en immobilisant les cuves et en imprimant, au contraire, un balancement régulier aux supports des bobines.
- GRILLAGE DES FILS ET DES TISSUS Par M. Bertolus.]
- On sait que les procédés en usage pour produire le « grillage », le « gazage », le « flambage », le « roussi » des fils et des tissus, c’est-à-dire pour enlever les duvets qui en altèrent la surface, consistent à faire passer rapidement les fils ou les étoffes soit sur des plaques, sur des cylindres chauffés, soit au-dessus de rampes à gaz. Les divers systèmes présentent le grave inconvénient d’altérer la résistance des produits, en même temps que les nuances.
- M. Bertolus substitue aux appareils ordinaires des conducteurs chauffés directement ou indirectement par un courant électrique.
- Svivant les substances dont elles sont formées, les plaques sont disposées « en tension » ou « en dérivation » sur le courant principal. Le nombre des plaques est variable ; le contact des fils ou des tissus est plus ou moins prolongé, plus ou moins intime. La température des appareils se règle d’ailleurs en augmentant ou en diminuant l'intensité du courant.
- ROUISSAGE CHIMIQUE ET MÉCANIQUE DU UN DU CHANVRE, ETC.
- Par MM. Aulagne frères.
- Le procédé comporte trois phases :
- 1* L’écrasement ou aplatissement à sec des tiges de lin, de chanvre ou autres plantes fibreuses ;
- 2- La détrempe de ces tiges dans des bains composés d’une double dissolution de sels alcalins et de savon ;
- 3- Le dégommage proprement dit, le lavage et le séchage.
- La première opération s’effectue soit au moyen de cylindres, soit à l’aide de presses unies ou armées de pointes, horizontalement ou verticalement.
- Pour la seconde préparation, il est fait usage de sulfate, de phosphate tribasique, ou mieux de carbonate de soude.à chaud,la température variant de 50 à 100°.
- Les brevetés comptent, pour 1 kilogramme de lin :
- 30 litres d’eau ;
- 0 k. 500 de sels alcalins ;
- 0 k. 200 de savon.
- Après avoir fait une dissolution exclusivement savonneuse, MM. Aulagne mélangent les deux liquides, pour y plonger les tiges pendant 1 h 1[2 environ. Viennent ensuite un premier lavage à l’eau pure, tiède ou froide, un second lavage à l’eau froide, puis un séchage à l’air chaud.
- L’appareil utilisé pour la détrempe, le dégommage et le rinçage, se compose d’un ou de plusieurs tambours, placés sur un axe rotatif, à l’intérieur d’une cuve ouverte. CoS tambours sont munis de cloisons rayonnantes, ajourées,qui forment autant de tiroirs propres à recevoir les textiles. Des couvercles retiennent les tiges en bout dans leurs compartiments respectifs et les empêchent de glisser pendant la rotation.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 183704. 21 mai 1887 ; Bulliat. - Nouveau procédé pour décolorer les matières textiles animales teintes.en toutes couleurs.
- Le nouveau procédé qui fait l’objet du brevet consiste à faire passer les fibres à décolorer une ou plusieurs fois.
- lo Dans un bain composé de soude caustique, du sulfure de sodium dissouts dans l‘eau à la température de 0 à 100 degrés, sans ja mais arriver au bouillon suivi de lavage ;
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSÜS
- et
- 2o Dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique ou chlorhydrique à froid ou à chaud, suivi de lavage ;
- 30 Par un passage au savon ;
- Et 4e par un blanchiment s’il y a lieu.
- 183745. 23 mai ; Société les fils de Ph. Julien et Société Pierron et F. Dehaître. — Système de machine à teindre ou à laver les écheveaux.
- L’invention a pour objet un nouveau système de machine à téindre ou à laver les écheveaux de fils de toutes matières textiles, fondé sur l’emploi d’un genre spécial de guin-dres reproduisant sensiblement les mouvements produits par le travail à la main, en combinaison avec des bacs mobiles et indépendants pouvant être élevés ou abaissés au moyen de l’un ou de l’autre de divers mécanismes à vis de rappel, à vis sans fin, à contrepoids, à crémaillère, à déclanchement électrique, à cames ou leviers, etc. Les guin-dres étant actionnés ou non par un système de mouvement progressif, soit par un moteur direct, soit par une transmission quelconque.
- 183750. 25 mai ; Maire. — Application nouvelle à moire Tavernier, à l’obtention de moires et satins.
- 183794. 25 mai ; Echlmann. — Procédés et appareils propres à humecter par le dépôt d’une fine poussière liquide, divers produits ou des gaz.
- 183802. 25 mai ; Lister. Perfectionnements apportés aux machines ou appareils destinés au séchage de la peluche, du feutre et des tissus de toutes sortes.
- 183805. 25 mai ; Martins. — Procédés de fabrication de couleurs orangées et rouges Par l’action de la phénanthréne quinone, de l'isatine ou de la méthyl-isatine sur les acides sulfoconjugués d’hydrazines aromatiques.
- 183806. 25 mai; Martins.—Procédé pour la fabrication des colorants azoïques.
- 183889. 28 mai ; Société Fabre et Canal.
- — Machine à dérompre par engrènement les tissus de toute nature.
- J. FAYOLLET, Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE L'ANNEE TINCTORIALE A LYON EN 1887
- (Suite)
- En ce moment, il se vend à Lyon des quantités de foulards des Indes qui obtiennent un grand et légitime succès, à cause de la beauté du tissu, qui défie toute concurrence pour le prix, la main-d’œuvre étant, comme je l’ai déjà dit dans des articles précédents, à vil prix dans les Indes (un ouvrier gagne l’équivalent de 5 fr. par mois, et un employé celui de 10 à 15 fr.).
- Ces foulards, comme ceux de France, se vendent par coupes de sept. Il sont obtenus comme coloris avec des succédanés de la garance, car les coloris sont moins vifs que les nôtres.
- Le mode de teinture doit être le même et l’on doit également employer du sang dans le bain de teinture ; j’ai vu des coupes qui, ma rincées, avaient gardé une odeur de matière animale putréfiée qui ne disparaissait que par l’emploi du savon, en bain chaud ; la couleur ni le ton chamois ne changeait pas.
- La teinture des foulards étant terminée, on enroule le tissu sur le tourniquet, on laisse fortement égoutter, puis le tourniquet est porté sur une cuve contenant de l’eau desavon blanc, 3 00 de l’eau chauffée à 500-600 centigrades. On manœuvre plusieurs fois sur ce bain.
- On enroule de nouveau sur le tourniquet, et l’on ajoute une petite quantité de eel d’étain au bain, on brasse vivement et l’on manœuvre de nouveau les pièces, puis finalement on les sort de ce bain, qui a pour but de dépouiller et d’aviver les rouges.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On rince alors les pièces à grande eau courante en les laissant flotter librement dans un canal. On les retire en les battant avec des battes en bois, sur un plancher en bois, on les rince de nouveau. On les met en paquet et on les essore très fortement. De la elles vont à la chambre chaude, puis à l’apprêt.
- Je ferai observer que le garancé ne comporte que trois tons : rouge, puce et noir, plus le fond chamois, qui sont toujours les mêmes. Ce sont des tons à toutes hauteurs ; l’on ne nuance pas.
- Il y a quelques années il a été fait des faux garancés, mais cela a eu un bien triste résultat, car les Arabes de la côte méditerranéenne en sont bien vite revenus,et cela avait même discrédité les véritables garancés. Et cependant les faux garancés étaient vendus pour tels.
- Les garanceurs de l’Ardèche teignaient dans le temps exclusivement pour l’ameublement des soies en rouge très solide. Pour ce, les soies cuites soigneusement, passées au soufre, désoufrées soigneusement sur une eau de cristaux de soude, rincées,essorées étaient imprégnées du même mordant d’alumine (acétate à 6°) que pour l’impression, étaient mises à sécher lentement, puis les mateaux suivaient les mêmes opérations que les foulards imprimés, bousage, débousage, garançage et avivage. On obtenait un ton unique, un rouge feu éclatant, très solide, résistant au savon et au soufre.
- Aujourd’hui il se fait à Lyon même de plus grandes quantités de garancé rouge sur fils soie, destinés à former dans les pièces soie et coton, les lisières pour celles destinées à être teintes en couleurs claires. Ces lisières ou cordons résistent à la cuite et au soufrage, et ayant été par le garançage engallée, ne se teignent plus, et si l’on teint en bleu clair, elle se détachent en rouge éclatant.
- Pour certains mélanges de laine et de soie, on a teint des quantités de bourrettes soie, qui, mêlées à la laine, doivent supporter les opérations du soufrage et du foulon»
- Avec l'alizarine artificielle on a simplifié le travail ; au lieu de sécher sur le mordant, on se contente de laisser traîner les soies imprégnées du mordant, dans une couverture de laine quelques jours. Les soies sont rincées alors soigneusement, puis passées sur un bain tiède de silicate de soude à %o Beaumé, une heure, rincées de nouveau et garancées.
- Il est indispensable d’employer du silicate de soude, très exempt de soude caustique, car celle-ci redissoudrait l’alumine fixée sur la soie. De même il faut soigneusement éviter toute trace de fer ou contact avec ce métal, car une trace de fer brunit la nuance. Il faut employer des vases en cuivre, chauffés à feu nu ou des doubles fonds.
- Le rameau de vapeur r e chauffe pas assez et de plus il peut y avoir entraînement de traces de traces de fer de la chaudière à vapeur.
- Si l’on a une partie brunie par ce métal, il faut la démonter pour recommencer les opérations à nouveau. Pour ce, les soies, sont manœvrées sur un bain tiède fortement aiguisé d’acide chlorhydrique qui dissout l’alumine. Rincée à grande eau, la couleur de la garance part presque toute sur un savon bouillant.
- La qualité de l’eau joue un très grand rôle; il faut éviter tout séjour dans des réservoirs en fer, et même dans les grandes villes il faut se méfier de celle qui a parcouru de longues canalisations et qui est toujours plus ou moins ferrugineuse. Il faut donc pour les garancés la pomper directement.
- Si elle est trop calcaire, d’après l’analyse, il faut pour celle du bain de teinture la faire bouillir pour précipiter la chaux du bicarbonate de chaux, et précipiter les bases terreuses par l’oxalate d’ammoniaque.'
- Les cordons de lisière à Lyon, les articles mixtes de Vienne (Isère) et de Roubaix, en soie, ont fait naître la nécessité de couleurs solides résistant au foulon et au soufrage, sur lesquels je reviendrai plus tard. De même sur les autres applications des couleurs artificiel'
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- les dérivées de l’anthracène autre que l'ali-zarine et la purpurine artificielles.
- Le moment est venu de parler de la pourpre des anciens dérivée de coquillages de la famille des murex.
- Ainsi que je l’ai écrit dans la 2me édition de teinture l’année passée, livraisons 1 et 2, la pourpre des anciens n’est pas le résultat du coloris par le murex directement ; la matière gélatineuse de ce coquillage ne servait que pour animaliser le lin, et finalement l’on teignait avec la garance ou des succédanés de cette racine, avec ou sans combinaison de bleu de cuve d’indigo ou de pastel. Ces mélanges expliquent pourquoi les anciens nous décrivent les couleurs de pourpre avec des tons variant selon chaque historien ou production. La garance et l’indigo ont d’ailleurs été connus de toute antiquité de nos teinturiers. Tyr s’y était, à cet égard, acquis une très grande réputation.
- Aujourd’hui, l'alizarine artificielle a pour ainsi dire tué la garance et ses dérivés, mais rien ne dit que l’on n’y reviendra pas. L’Etat, pour ses draps de troupe, exige encore des nuances garance naturelle (fleur de garance).
- Beaucoup de teinturiers emploient encore des mélanges d’alizanne et de garancine à cause de la solidité.
- Bisons que l’on a bien accéléré le travail des garancés coton et lin, mais j’ai la convic-bon que c’est au détriment de la solidité, pour la résistance à l’air à travers les siècles.
- Il en est pour les garancés comme pour les peaux tannées.
- Marius Moyret.
- (A suivre.}
- (Reproduction interdite.)
- EXPOSITION DE 1889
- Par arrêté ministériel du 21 mars, ont été nommés memores du comité d’installation de la classe 46 (procédés chimiques de bianchi-ment, de teinture, d’impression et d’apprêt) :
- MM. David, de la maison David et Cie, teinturier et apprêteur.
- Chappat (Ferdinand), teinturier sur étoffes.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS {Suite.}
- Un abonné du Moniteur de la Teinture nous demande comment il faut s’y prendre pour teindre une partie d’ameublement laine et soie bouton d’or, pour reteindre même nuance bouton d’or, composé de rideaux, dessus de lit, de fauteuils, canapé, etc., mesurant ensemble à peu près cinquante mètres d’étoffe. Voici comment il faut opérer :
- Découdre d’abord les garnitures, cordelières, crêtes, etc.; retirer les doublures pour être teintes à part. Si l’article est frappé d’air et que la couleur soit détruite sur la laine, on sera obligé de la reteindre, sinon on ne s’occupera que de la soie. Si le meuble est très sale, fumé, taché de gras et suffisamment payé (vaut 2 fr. le mètre en grande largeur), on le fera nettoyer à sec.
- On donnera ensuite un léger bain de carbonate de soude tiède, sans le fouler, en le lisant seulement. On ne passera pas au savon pour éviter les blancheurs; après rinçage, on passe sur un piquage d’acide sulfurique tiède et on rince à nouveau.
- Pour teindre la laine, on prépare un bain avec du curcuma, acide picrique et jaune solide en quantité suffisante, selon l’échantillon. Comme mordant, le tartre blanc et l’alun épuré; on fait bouillir une heure en lisant les rideaux les uns après les autres. Après ce temps, on lève, on rince.
- On fait un second bain tiède, acidulé à l’acide acétique et on ajoute du jaune Martius pour la soie jusqu’au ton demandé.
- On termine sur un rinçage acidulé du même acide.
- Dans ce cas. il n’est pas utile de reteindre le coton des garnitures, franges, crêtes, etc,,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- le curcuma monte suffisamment et ne doit presque pas être apparent, après teinture de la laine et de la soie.
- Comme apprêt, les rideaux sont passés sur une légère gomme arabique ; on passe à l’essoreuse et on attache au tapis, on met ensuite en presse en serrant assez fort.
- Les doublures de satinette en coton, pour même couleur, se font au terra sur bain légèrement acidulé ; on peut rougir avec une petite quantité de fuschine ou verdir au bleu ; on gomme fort à l’amidon et on fait cylindrer, Les doublures de satinette et autres en coton peuvent se gauffrer.
- Batifois.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- Cerises d'aniline
- On obtient des roses clairs et foncés, ainsi que des cerises de toutes intensités, avec les cerises d’aniline.
- La dissolution des cerises d’aniline se fait en eau bouillante, légèrement additionnée d’acide acétique, dans la proportion de 10 grammes de produit par litre d'eau. On se sert de la solution chaude et filtrée. La filtration est ici indispensable.
- Il existe plusieurs méthodes pour la préparation des roses et des cerises obtenus avec les cerises d’aniline, voici quelles sont les principales :
- Premier procédé :
- Pour 100 kilog. d’étoffe de laine bien dégraissée et parfaitement rincée, on garnit dans un bain fait avec
- Eau, q. s.
- Sulfate de soude, 5 kil.
- Quantité voulue de cerise pour arriver à la nuance demandée.
- On entre les pièces disposées pour rose, ou pour cerise, à 40• environ, puis au bout de quelques minutes on chauffe le bain, et on
- en enlève progressivement la température jusqu’au ton demandé, après quoi on abat au large, on évente et on passe en eau claire.
- Deuxième procédé :
- Sur bain fait on garnit, pour 100 kilog. de laine, de la manière suivante :
- Eau, q. s.
- Savon de Marseille, 6 kil.
- Quantité nécessaire de cerise pour obtenir la nuance désirée.
- On entre les étoffes à tiède et on teint à 60' centigrades, ensuite on abat, on lave et on sèche.
- Troisième procédé :
- Sur bain fait on garnit pour 100 kilog. de laine avec :
- Eau, q. s.
- Sulfate de magnésie, 3 kil.
- Poids nécessaire de cerise pour avoir la nuance voulue.
- Dès qu’on est arrivé à la couleur demandée, on abat, on évente et on lave.
- On fera bien de conserver les bains de cerise parce qu’ils ne s’épuisent jamais complètement.
- Roses à la Cyanosine
- Nous avons obtenu avec la cyanosine soluble à l’alcool de jolis roses, ayant suffisamment de vivacité, en mordançant légèrement la laine avec du sulfate de soude et de l’acide sulfurique, soit pour un bain fait, et pour 100 kilog. de laine :
- 8 kil de sulfate de soude aiguillée.
- 2 kil. d’acide sulfurique 66- Bé.
- On met d’abord dans le bain le sulfate de soude, on chauffe légèrement, et on entre les pièces à 40- environ. On les manœuvre ainsi pendant quelques minutes, puis on verse l’acide sulfurique dilué dans une quantité d’eau suffisante. On laisse tourner les pièces de nouveau pendant 10 minutes, ensuite on ajoute la matière colorante dissoute préalablement dans l’alcool. On fait quelques tours sans chauffer, après quoi on monte graduel -
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- lement et lentement jusqu’à 90-85-. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue. Finalement on abat au large, on évente, et on lave soigneusement avant de sécher.
- 4
- Roses à la safranine
- La safranine est une des matières colorantes les plus employées pour la confection des roses. Elle produit une couleur rose se rapprochant de la nuance du carmin de sa-franum. Du reste, de là son nom de safranine.
- Sa dissolution doit être faite avec précaution en eau bouillante. On maintient l’ébullition jusqu’à ce que la dissolution soit complète puis on filtre.
- La laine se teint avec la safranine sans aucune addition de mordant. On fait le bain une ou deux fois suivant la vivacité des nuances qu’on doit obtenir, puis le bain étant tiède, on y entre les pièces disposées pour rose. On les manœuvre ainsi pendant 15 minutes environ, après quoi on met dans le bain la quantité nécessaire de dissolution de safranine pour arriver presque du coup à l’intensité demandée. On fait de nouveau quelques tours sans chauffer, puis on monte lentement jusqu'à 60- ou 65’. Il ne faut pas dépasser 65-, parce qu’une température plus élevée nuirait à la vivacité de la nuance. Abattre au large et laver soigneusement après la teinture.
- On arrive à des couleurs plus vives en ajoutant des bains de teinture, avant d’y entrer les pièces, de 3 à 5 0[0 de savon de Marseille. Cette addition empêche aussi l‘-Puisement des bains, ce qui permet de les conserver.
- Bien entendu, il y a dans le commerce un grand nombre de marques de safranines ; il faut donc choisir celle dont le ton convient le mieux à la nuance demandée.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) A suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- • A l’air ET AU SOLEIL pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- (Suite et fin.}
- N’ 2. — Vert émeraude
- A. Pour 1 kil de matière suffisamment blanche pour obtenir toute la fraîcheur de nuance voulue, faites le bain suivant :
- Eau, 20 kil.
- Vert brillant extra, 16 gr. 70.
- Tannin, 40 grammes.
- Entrez la matière à teindre dans ce bain chauffé à 70 ou 80- centigrades ; manœuvrez pendant 20 minutes, puis enlevez et lavez.
- Observation. — On obtient une nuance verte assez belle, relativement solide, mais inférieure comme éclat aux couleurs B et C qui suivent :
- B. — Pour un kilo de matière blanchie, faites un bain avec :
- Eau, 20 kil.
- Vert brillant extra, 16 gr. 70.
- Teignez sans aucune addition de mordant dans ce bain porté à une température de 80’ centigrades. Manœuvrez 20 minutes, puis abattez et lavez.
- Observation. — La nuance verte ainsi obtenue est assez bonne, plus vive que la précédente, mais cependant inférieure à la couleur C que voici :
- C. Pour 1 kilo de matière suffisamment blanche, composez un bain avec :
- Eau, 20 kil.
- Vert brillant extra, 16 gr. 70.
- Alun ordinaire, 100 grammes.
- Entrez de 70* à 80 centigrades. Remuez 20 minutes environ, ensuite retirez et lavez.
- Observation. — Cette couleur verte est la plus parfaite des trois; elle est vive, brillante et tranchée. Elle résiste à l’action de l’air et à celle du soleil.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- N- 3. — Lilas
- A. — Pour I kilo de matière suffisamment blanche, préparer le bain suivant :
- Eau, 20 kil.
- Violet cristallisé, 3 gr. 20.
- Pas de mordant.
- Chauffez le bain à 80' centigrades; entrez vivement la matière à teindre. Agitez-la, puis retirez au bout de 20 minutes. Ensuite, lavez et séchez.
- Observation. — La couleur obtenue est assez belle, mais elle s’unit difficilement. Elle est inférieure comme éclat aux deux lilas qui suivent.
- B. — Pourl kilo de matière blanchie, faites un bain avec
- Eau, 20 kil.
- Violet cristalisé, 3 gr 20
- Emétique, 15 grammes.
- Entrez vivement la matière à teindre dans ce bain chauffé à 70 ou 80' centigrades. Remuez pendant 20 minutes puis abattez et rincez.
- Observation. — Cette couleur est belle, mais elle ne s’unit pas encore suffisamment bien, quoiqu’elle tranche mieux que la présé-dente. Elle est également inférieure à la couleur G.
- C. — Pour I kilo de matière blanche composez un bain avec :
- Eau, 20 kll.
- Violet cristalisé, 3 gr. 20.
- Alun, 100 grammes.
- Entrez à 80' centigrades, manœuvrez bien pendant 20 minutes à cette température, puis retirez et rincez.
- Observation. — La couleur mauve ainsi obtenue est vive et jolie. Elle tire un peu au rougeâtre. Elle résiste bien aux actions combinées de l’air et du soleil.
- Le mordançage au sumac n’a produit aucun résultat; le colorant n’est pas monté.
- C. M.
- (Reproduction interdite.)
- MORDANTS DIVERS
- Mordant pour violet d’aniline Pour 100 kil. de laine :
- Sulfate d’alumine, 5 kil.
- Tartre, 8 kil.
- Oxymuriate d’étain, 800 grammes.
- Mordant pour marron au bois Pour 100 kil. de laine : Bichromate de potasse, 2 kil. Sulfate d’alumine, 2 kil.
- Bisulfate de soude, 2 kil.
- Merdam pour bleu azuline Pour 100 kil. de laine :
- Carbonate de soude, 10 kil. Silicate de potasse 15 kil.
- Avivage : acide sulfurique, 5 kil.
- Mordant pour vert lumière Bouillon du baquet :
- Acide chlorhydrique, 500 grammes. Pour 100 kil de laine : Alun, 20 kil.
- Acide sulfuriqua, 4 kil.
- Hyposulfite de soude, 10 kil.
- Mordant pour bleu azuline Pour 100 kil de laine : Silicate de potasse, 3 kil.
- Borax, 2 kil.
- Avivage : acide sulfurique, 5 kil.
- Mordant pour mode Pour 100 kil. de laine : Sulfate d'alumine, 10 kil.
- Tartre, 5 kil.
- C. Muller (Reproduction interdite.)
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- LA TEINTURE DES LAINES PEIGNÉES
- EN RUBAN
- {Suite et fin)
- Cette disposition serait plus pratique en exigeant toutefois plus d’espace, si l’on ajoutait à des cadres rectangulaires des tourillons, reposant dans des supports, de façon à pouvoir faire tourner ces cadres. On pourrait disposer de la façon ci-dessus les cadres dans le sens de la longueur ou dans le sens de la largeur de la cuve, de telle sorte que, en faisant mouvoir ces cadres, on pourrait obtenir un contact encore plus intime de la matière avec le liquide opérant. En outre, ces cadres peuvent aussi, lorsqu’on leur a appliqué des tourillons, être introduits verticalement dans la cuve; dans ce cas, on établit un support ou collet sur le fond même de la cuve et sur le dessus une simple tige conductrice, de telle sorte qu’ici l’on peut de même faire mouvoir le cadre avec la matière y enroulée.
- Ces cadres peuvent être construits aussi comme cadres à étages.
- Le cadre proprement dit porte sur ses deux cotés des bras de longueur différente s’étendant obliquement, et sur lesquels sont montés, comme dans les dévidoirs à étages, les bras. De cette façon on peut former un nombre quelconque décadrés qui tous se meuvent autour du même axe. Un tel cadre à étages offre beaucoup de ressemblance avec le dévidoir à étages.
- Les bras du dévidoir en croix (croisillon) Sont plats au lieu d’être ronds et portent à une distance convenable déterminée des fen-les ou ouvertures correspondant au profil des tringles
- Les tringles reposent par leurs extrémités dans ces fentes ; on les met en place en les disant glisser horizontalement au travers de ces fentes ou ouvertures d’un croisillon à autre. Pour empêcher que les tringles ne glissent ou ne s’échappent latéralement des croisillons (ou dévidoir en croix), on ménage
- à chacune de leurs extrémités un léger épau-lement, lesquels sont distants entre eux d’une longueur identique à l’écartement des arêtes intérieures des croisillons (dévidoir en croix), de façon à empêcher chaque tringle de se déplacer latéralement.
- Le procédé décrit ci-dessus procure les avantages suivants :
- lo il supprime le feutrage de toutes les fibres textiles, principalement des fibres de laine en rubans et en fils, occasionné jusqu’aujourd’hui par l’ébullition pendant la teinture, et leur conserve par conséquent leur position parallèle et ouverte ainsi que leur douceur entière.
- 2» Il permet de teindre des longueurs con sidérables de ruban sans interruption et sans qu’il soit nécessaire de les toucher pendant toutes les manipulations qu’exige la teinture, grâce à quoi l’on évite l’enchevêtrement des fibres produit par les contacts et l’on supprime toute formation de boutons et de déchets amenés par ces derniers.
- 30 Le procédé permet d’obtenir une teinture plus uniforme, par suite de ce que toutes les parties de la matière à teindre séjournent complètement et pendant le même espace de temps dans le bain ; en outre, attendu que les différentes couches des bains de teinture présentent des densités inégales ou des degrés de température différents, le dévidoir à étages permet, par suite de sa révolution sur son axe, de conduire toutes les parties de la matière à teindre au travers de toutes les couches des liquides, ce qui produit une teinture parfatie.
- 40 Par suite de ce que les objets soumis à la teinture ne dépassent pas la surface du liquide, l’on peut recouvrir la cuve entière au moyen d’un couvercle consistant en un cadre recouvert d’étoffe, lequel évite un refroidissement inégal dans la surface du bain, ce qui occasionne ainsi une ébullition régulière et supprime toute perte de chaleur, sans empêcher aucunement d’examiner | et d’inspecter les couleurs pendant l’opération.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 5° Le procédé, ainsi que l’appareil qu’il nécessite, peuvent être introduits dans toutes les teintureries existantes sans exiger de mo-dificetions importantes aux installations déjà établies et moyennant les frais relativement légers d’acquisition du dévidoir ou des cadres de manière que non seulement la grande industrie, mais aussi les teintureries ordinaires peuvent introduire et exploiter de nouveau procédé.
- En résumé, je revendique comme de mon invention :
- lo Un procédé pour dégraisser, blanchir, mordancer, teindre, rincer et sécher la laine et toutes autres espèces de matières textiles en rubans, en trait, en mèches ou boudins, etc., en introduisant ces matières dévidées sous une certaine tension au moyen d’un appareil en forme de cadre ou de dévidoire, dans la cuve de teinture, de telle sorte que le liquide opérant entoure complètement la matière, peut aussi, le cas échéant, circuler dans les intervalles de la matière, et que, grâce à un mouvement rotatoire communiqué éventuellement à l’appareil, on obtient un contact encore plus intime de la matière et du liquide, tout en empêchant, cependant le feutrage des fibres et des rubans.
- 2o Le dévidoir à étages employé pour réaliser le procédé décrit et dans lequel, grâce à la disposition des tringles munies de douilles et placées successivement sur les bras en croix du dévidoir, on arrive à enrouler d’une façon ininterrompue et un nombre de fois quelconque sur ce dévidoir, la matière à traiter et à soumettre ainsi aux différentes opérations au moyen d’un appareil de grandes quantités de la matière à traiter,
- 30 Le cadre à étages employé pour l’application du procédé décrit et dans lequel, de même façon que dans le dévidoir à étages, on place successivement des tringles sur les arbres sbtenant ainsi un enroulement plusieurs fois répété et ininterrompu de la matière à traiter sur le cadre.
- 40 Une modification du mode d’attache ou
- d’assemblage des tringles, modification con-sistant à donner aux extrémités des tringles une forme ou section plate, à les munir d'é-paulements et à les engager ou introduire dans des ouvertures ou fentes pratiquées dans les bras des croisillons du dévidoir, les tringles étant assurées au moyen des épaule-ments contre tout déplacement latéral.
- RECHERCHES SUR LES HYDRATES FERRIQUES
- Par M. D. Tomassi.
- De l’ensemble de toutes ces recherches, il résulte que tous les hydrates ferriques peuvent se diviser en deux séries isomères entre elles :
- (a) Hydrates ferriques rouges.
- (3) — — jaunes.
- Hydrates de la série (a).
- On obtient ces hydrates toutes les fois que l’on précipite un sel ferrique par la potasse, la soude ou l’ammoniaque, ou bien par le carbonate de potassium, de sodium ou d’ammonium. Ils ont une teinte brun rougeâtre que tout le monde connaît. Les acides, même les plus faibles, les dissolvent aisément.
- Ces hydrates sont très solubles dans le chlorure ferrique, avec lequel ils forment des oxychlorures que certains acides ou certains sels décomposent en mettant en liberté de l’hydrate ferrique.
- Ces hydrates possèdent en outre la propriété :
- lo De se déshydrater facilement lorsqu'on les fait bouillir avec de l’eau ;
- 2 De donner par la calcination un oxyde noir ;
- 3° De donner un hydrate lorsqu’ils ont été séchés à 35-40», et un monohydrate lorsqu’ils ont été séchés à 90° ;
- 40 De se présenter enfin sous deux modi-cations, l’une soluble et l’autre insoluble.
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- Les premiers se distinguent de la série a en ce qu’ils sont solubles dans l’eau, tandis que les autres, quoiqu’ils aient la même teinte et le même aspect que l’hydrate a, en diffèrent cependant en ce que, dissous dans l’acide acétique, il se laissent précipiter par le chlorure de sodium, l’acide sulfurique,etc. Ces deux modifications de la série a sont peu stables et reviennnent à leur type pri-mitif, soit par l’action du temps, soit sous l’influence de la chaleur.
- Hydrates de la série |3.
- Ces hydrates sont obtenus par l’oxydation de l’hydrate ferreux, de l’hydrate magnétique ou du carbonate ferreux. Ils sont in-solubles, ou du moins fort peu solubles dans les acides, à l’exception toutefois de l’acide chlorhydrique.
- Calcinés, ils donnent un oxyde dont la teinte varie du rouge vif au jaune de Sienne brûlé.
- Ils sont plus stables que les hydrates de la série a.
- Us ne deviennent jamais anhydres par une ébullition prolongée avec l’eau.
- Lorsqu’on les fait bouillir avec une solution concentrée de chlorure de calcium, ils ne changent pas de teinte et conservent toujours une molécule d’eau.
- Ils donnent un tribydrate peu stable qui se transforme aisément en 3 (Fe203)2.5 H20, décomposable à 700, et un bihydrate qui résiste à une température de 100°, tandis que, comme on l’a vu, les composés de la série « ne possèdent pas de trihydrate, et leur bihydrate se décompose vers 92°.
- Les hydrates p se transforment dans la modification à toutes les fois qu’on les dis-s°ut dans l’acide chlorhydrique et qu’on les Précipite par l’ammoniaque.
- Ils ne se combinent pas au chlorure fer-ique pour former des oxychlornres et sont, Par conséquent, complètement insolubles dans cette solution.
- (Moniteur Quesneville )
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Jeannolle et Cie, teinture de toutes les fibres végétales ou animales filées ou non filées, tissées ou non tissées, à Deville-ls-Rouen, avec succursale à Paris, r. Thévenot, 9.—Durée : 6 ou 11 ans du 1er décembre 87. Cap.: 50,000.—Acte du 20 déc.—J. g. d’A.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif J.-B. Blandin et Roberge fils, doreurs sur étoffes, rue St-Sauveur, 14. — Durée : 3, 6 ou 9 ans. — Cap.: 40,000 fr. — Acte du 20 fév. — A. P.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Bossé et Laurence, fab. de ruchés, plissés, dentelles et articles nouveautés, avec siège rue de Crimée, 19, et bureau et magasin rue de Cléry, 23.- -Durée jusqu’au 31 déc. 1897.—Cap.: 122,500 fr.—Acte du 20 février. —G. T.
- Rouen. — Formation de la Société en nom collectif Jeannolle et Cie, teinture de toutes les fibres végétales ou animales, filées ou non filées, tissées ou non tissées, à Deville-lès-Rouen, route Nationale de Rouen à Dieppe, 313, avec succursale à Paris, rue Thévenot, 2. — Durée : 6 ou 11 ans du 1er déc. 1887. — Cap.: 50,000 fr. — Acte du 20 déc.
- Condé-sur-Noireau. —- Formation de la Société en nom collectif Paris et Bessin, appré-teurs, rue Saint-Pierre. — Durée : 21 ans et 9 mois. — Cap.: 50,000 fr. — Acte du 31 décembre 1887.
- Tourcoing. — Formation de la Société en nom collectif Paul Desmaretz et Cie, teinturerie de fils de coton, rue de Guisnes, 104. — Durée : 9 ans du 1er nov.- Cap. : 30,000 fr.— Acte du 26 fév.
- Vervins. — Formation de la Société en commandits P. Duval et Cie (filateurs de laines peignées à façon), auNouvion. — Durée : 1 ans. — Cap : 150,000 fr. — Acte du 11 mars 1888.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Elbeuf. Formation de la Société en nom collectif Dehan et Grubben (épaillage, dégraissage, teinture, effilochage, etc., de tous les textiles, achat et vente de laines et déchets), rue Marignan. — Durée : 9 ans et 6 mois. — Gap. : 10,000 fr. — Acte du 15 dé-cembre 1887.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris.—Dissolution, à partir du 7 fév. 1888, de la Société Tuquet, Stugocki et Bossé, fabricants de ruchés, plissés, tulles, dentelles, etc., rue de Cléry, 23, avec usine rue de Crimée, 19.—Liquid.: M. Bossé qui a constitué une nouvelle Société. — Acte du même jour.—G. T.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er janv., de la Société Bourbon, Juillard et Cie, fab. d’étoffes de soie. — Liquid. : M. Juillard. — Acte du 5 janv.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 31 janv., de la Société C. Garnier et Cie, usine d’apprêts, rue Boileau, 50. — Liquid.: M. Garnier père et M. Jean Garnier fils.- Acte du même jour.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 4 février 1888, de la Société J. Chatelard et Henri Guitou (fab de soieries), rue du Griffon. 5.— Liquid. : M. Chatelard. — Acte du même jour.
- Sedan. — Dissolution, à partir du 1er janv. 1888, de la Société A. Mousset et Cie (fab. de draps). — Liquid. : les associés. — M. Mousset continue la fabrication et M. Richon, son ancien associé, reste dans la maison avec procuration générale. — Acte du 17 janvier 1888.
- MODIFICATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Modification de la Société en nom collectif J. Gay et Cie (polissage des étoffes par procédés brevetés), rue de Marseille, 33, en ce sens que la signature sociale appartiendra désormais à M. Gay seul. — Acte du 1er fév. 1888.
- Rouen. — Modification de la Société Gi
- rard et Cie (fab. de tissus imprimés). — Par suite du décès, le 24 fév. 1886, de M. Lanier qui seul avait la signature sociale, cette signature appartient désormais à MM. Chamont et Laveissière. — Acte du 2 mars 1888.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lille.--Prorogation au 31 août 1892 et mo-dification de la Société Coisne et Lambert, fab. de toiles à Armentières, dans laquelle entrent MM. Henri et Charles Coisne fils. — Cap.: 550,000 fr.—Acte du 20 fév.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- Mme Desquibé a vendu M. Languillet, rue St-Honoré, 100, chez Mmes Henry et Puel, le 16 janv. 1888, un fonds de teinturerie, rue Richer, 23.
- Mme Vve Leclercq a vendu à M. X., rue des Halles, 26, M. Dorlet, le 8 fév., un fonds de teinturerie, boul. de Magenta, 120.
- M. Ribaucourt a vendu à Mlle Letellier, r. des Messageries, 18, le 1er fev,, un fonds de teinturerie, r. des Messageries, 23 bis.
- M. Hallu a vendu à M. X., r. de la Douane. 5, chez M. Béthout, de suite, un fonds de teinturerie, boul. Voltaire, 212.
- Mlle Duru a vendu à M. Marcille, r. Mes-lay, 50, chez Mme Hardy, de suite, un fonds de teinturerie, r. Blanche, 69.
- Mlle Palmier a vendu à M. X., r. des Four-neaux, 46, chez M. Colomb, le 15 janv., un fonds de teinturerie, r. de Vaugirard, 158.
- M. Taupin a vendu à M. X , r. de laChaus-sée-d’Antin, 21, chez Mme Tellier, le 15 fév. un fonds de teinturerie, r. Montorgueil, 27.
- M. Debord a vendu à M. Blanchet, boul: de Magenta, 45, chez M. Marin, le 12 fév. un fonds de teinturerie, r. Turenne, 25.
- M. Prélier a vendu à M. X., r. Réaumur, 80, chez MM. Tillet et Perrier, fin fév., un fonds de teinturerie, r. Taitbout, 11.
- MM. Colinière et Cie, ont vendu à M- * r. St Honoré, 106; M, Henry, le 1er mars, un fonds de teinturerie, r- de la Victoire, 83.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32- innée, N 8. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Avril 4888
- SOM MAI RF
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- NOUVEAUX COLORANTS AZO1QUES.
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- MACHINE A LAINER
- BREVETS D'INVENTION.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DES FILS ET DES TISSUS Par M. Descroix.
- Le titre du brevet est exactement : « Procédé pour teindre les fils et les tissus à l’aide des résultats de la réaction mutuelle de l'ani-line ou de ses sels et des bichromates solubles. »
- Ce procédé, qui a pour but de supprimer, c’est-à-dire d’économiser les grands bains de teinture et une notable partie de la main-d’œuvre, est basé sur une idée émise par Persoz en 1871-1872. M. Persoz pensait, en effet, qu’il serait avantageux de faire arriver sur les tissus en mouvement les solutions d’aniline et de bichromate, successivement ou simultanément, mais dans un grand état de division ou de pulvérisation, ou bien encore, soit de « foularder » le tissu dans une Solution de bichromate et de pulvériser im-médiatement après, à la surface de l’étoffe, le 8el d’aniline, soit, au contraire, de foularder dans le sel d’aniline et de pulvériser le bi-chromate.
- La méthode indiquée par le savant chi-miste présentait des difficultés d'application. M. Descroix ayant constaté que, lorsque les solutions séparées d’aniline et de bichromate
- sont amenées successivement au contact des fibres, avant qu’une réaction ait pu se produire, il y a teinture et non précipitation, opère comme suit :
- Les fils ou tissus, préalablement débouillis, sont « matés » au foulard dans une solution « froide » de bichromate, puis foulardés dans une solution froide d’aniline, qui est dirigée à travers un bac très étroit, au fur et à mesure de l’absorption résultant du passage des fils ou des tissus. Dans ces conditions, 6 à 8 litres suffisent pour 100 mètres carrés de tissus, soit environ 1 litre par kilogramme de textile.
- Pour la teinture des fils, il convient d’employer la machine à mordancer « en continu» d’un usage général, en modifiant, toutefois, les bacs comme il vient d’être expliqué.
- Les nuances obtenues sont très unies et vont du gris au noir marron foncé, selon le pourcentage des sels employés.
- Lorsque la teinture doit se terminer avec le concours des divers tannins et matières colorantes végétales, M. Descroix ajoute à la solution d’aniline de la couperose ou sulfate de protoxyde de fer, qui produit le mordançage.
- UTILISATION DE L’ÉCORCE DE MURIER Par M. Scott.
- M. Scott fait bouillir l’écorce des jeunes branches dans une chaudière sous pression,
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- LEMONITEUR DE LA TEINTURE
- suivant une méthode analogue au mode de préparation des fibres végétales ponr pâte à papier.
- Le contenu de la chaudière est ensuite versé dans un récipient, où la masse infuse pendant plusieurs jours, à une température de 25 à 35 degrés centigrades. L’infusion est de nouveau soumise à l'ébullition dans l’autoclave, afin d’achever le dégommage, puis lavée, séchée partiellement, battue, de manière à détacher les parties ligneuses encore adhérentes.
- Le traitement se termine par un deuxième lavage, suivi d’un séchage complet, après quoi les fibres peuvent être soumises aux préparations ordinaires de la filature.
- La matière obtenue dans ces conditions se mélange bien au coton, au lin, à la laine, à la soie, en vue de la fabrication des tissus mixtes.
- MACHINES A DRESSER LES TEXTILES EN FLOTTES OU ECHEVEAUX Par M, Formenti.
- Les perfectionnements décrits par M. Forment! s’appliquent aux machines, qui dressent et assouplissent les fils en écheveaux par les chocs répétés d’un batteur tandis qu’un organe de tension maintient ces flottes entre deux chocs successifs. D’après les dispositions adoptées, le batteur, quelles que soient ‘es différences de guindrage, fournit toujours la même course et frappe au même point, agit, par conséquent, d’une façon toujours identique sur le tendeur.
- Ce dernier organe n’est plus violemment rappelé par la chûte du batteur, mais revient en place sous la seule pression de l’écheveau, de manière à atténuer le choc sur les buttées.
- Le mouvement de rotation des guiudres est obtenu au moyen d’une came spéciale, au lieu d’être pris sur le tendeur ; par suite, il est soustrait aux chocs, qui réagissaient sur l’évolution des guindres.
- Dans un certificat d’addition, M. Formenti
- propose d’utiliser les mêmes machines au lustrage des fils, en faisant traverser les guindres mobiles supérieurs par un courant de vapeur, le batteur et le tendeur restant alors inactifs.
- REVUE DE L'ANNEE TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- {Suite)
- « La durée du cuir obtenu est raison de la durée et du soin apportés à l’opération du tannage. »
- Quittons maintenant le Cheylard, berceau du garançage sérieux sur soie. On y a fait également de très beaux enluminés, mais avec plus de difficultés qu’à Lyon.
- En effet, les eaux douces, supérieures pour les garancés ne valent rien pour les enluminés qu’elles font couler facilement.
- A l’usine de Valence on faisait de très beaux enluminés, grâce aux eaux calcaires; aujourd’hui ce magnifique établissement est transformé en cartoucherie Lebel.
- Si nous passons à Tournon-sur-Rhône, à l’embouchure du Doux, aux eaux non moins pures que celles de l’Eyrieux et de la Dorne du Cheylard, nous y trouvons actuellement deux puissants établissements d’impression sur foulard-soie. On y fait comme jadis au Cheylard tous les genres, et grâce aux eaux du Doux (ne pas confondre avec le Doubs de Besançon ; le nom de Doux masculin de douce, doit sans nul doute provenir de la qualité très douce de ses eaux, où l’on vient laver le linge de 20 kilom. à la ronde), on y fait de très beaux garancés.
- Il y a été fait une tentative pour créer la teinture des soies noires chagées, avec les eaux du Doux, mais l’on a justement débute par le genre qui ne convenait pas, celui des soies dites brûlées (cordonnets et floches, soie ou fantaisie chargées); les eaux douces démontent les charges — St-Etienne et St-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Chamond en savent quelque chose—. En place elles conviennent merveilleusement pour les cuits moyennement chargés et les souples noirs auxquels elles donnent des qualités ; elles ont fait la fortune de ces deux villes.
- A Tournon-sur-Rhône il a été fait des ten-tives pour la création d’un genre dù à Dan-gevilliers de Châlon-sur-Saône.
- Ce genre consistait en une impression grasse sur tissu, malheureusement les tissus gardaient toujours une odeur d’huile de lin, ce qui l’a fait abandonner. Mais si ce genre n’a pas réussi sur tissu en place, il a eu un très grand succès sous le nom d’oléographie sur papier, et maintenant on en voit de tous les côtés. L'on produit réellement de fort jolies choses imitant la peinture à l’huile, seulement cela est devenu tellement commun que l’on y fait plus attention et que cela est tombé dans le quinzième dessous pour la valeur artistique.
- Le même Dangevilliers a créé à Tournsn-sur Rhône deux genres qui s’y font encore avec succès :
- 1° Le genre indien jaune ;
- 2° Le genre indien vert.
- Pour le genre indien jaune, les foulards ga-rancés étant avivés ainsi qu’il a été vu précédemment sont teints dans un bain de cur-cuma. La couleur éclatante du curcuma quoi-Que de nature très fugace seule, devient dans ce cas [relativement solide ; par son addition les rouges deviennent oranges, les puces et les noirs voient leurs tons rouges éteints et les fonds deviennent jaunes. C’est d’ailleurs ce qui se fait à Toulouse et ailleurs sur coton pour les foulards dits pochettes. Seulement Pour ce dernier le curcuma est remplacé comme colorant par le quercitron attiré par un mordançage préalable.
- Les indiens verts sont obtenus sur les mê-mes foulards finis en garancé par l’obtention d la place du bleu de France ; pour ce les foulards terminés, sont étirés et remis à nou-veau sur les tables d’impression, et l’on im
- prime des dessins avec un mélange épaissi de cyanure rouge et d’acide tartrique. Les foulards secs sont soumis au vaporisage comme pour les enluminés. Sous cette influence l’acide tartrique réagissant sur le cyanure rouge le décompose, et finalement il reste comme dans la teinture en bleu de France sur laine une espèce de bleu de Prusse, très bien réussie.
- Les foulards vaporisés, sont rincés à grande eau et teints en curcuma comme les indiens jaunes. Sous l’influence de cette teinture le bleu devient vert et le rouge orange.
- On obtient ainsi des effets très agréables de coloris. Les indiens jaunes et verts sur soie, sont d’ailleurs les équivalents des genres cachemires et lapis sur coton, obtenus par des combinaisons de couleurs imprimées ga-rancées, avec des effets de bleu de cuve et de jaune quercitron. C’est-à-dire par des effets de conversion.
- On appelle couleur de conversion en impression le résultat de la superposition de deux couleurs, ou même de la même couleur. Ainsi une bande de bleu croisant une bande de jaune, il se produira au croisement des deix bandes et par conversion, un vert. De sorte que par l’application d’une planche de bleu et d’une planche de jaune l’on produira la conversion aidant trois couleurs.
- Il arrive même que la superposition de deux bandes de même couleur, prenons deux roses identiques, produira au point de croisement des bandes un rose plus foncé ; l’on aura ainsi avec le même mélange épaissi, deux couleurs. Et s’il y a avec la même nuance plusieurs croisements superposés on produira des tons fondus aux points de croisements, formant des espèces de camaïeux.
- On appelle camaïeux, en termes d’impression, un effet de fondu, ce que l’on appelle ombré en teinture. Les camaïeux comportent de trois à quatres tons. Si nous prenons une rose par exemple du centre à la circonférence, il y aura quatre tons du rouge au rose du centre à la circonférence. Ces tons pour-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ront être obtenus soit par l’impression de couleurs dégradées en allant du centre à la circonférence, ou par la juxtaposition successive de la même couleur de la circonférence au centre. On produit alors des effets de conversion, qui demandent de très grands soins de la part du coloriste, pour rester dans une heureuse harmonie.
- Ainsi si l’on imprime au centre un premier rouge, qu’on le dégrade successivement avec de l’eau pour faire l’ombré en allant à la circonférence, le rose tendra à verdir, et il faudra soutenir les couleurs dégradées par un peu de violet pour rester dans la tonalité. C’est ce qui fait que les camaïeux par conversion ou juxtaposition successive de couleur n’ont jamais la même finesse, que ceux obtenus par des coups de planches avec des couleurs dégradées, mais tenus dans le ton par un coloriste habile.
- Quittons maintenart Tournon-sur Rhône où l’on fait tous les genres que nous retrouverons plus loin.
- Mais avant de quitter la région, traversons le Rhône pour aller en face à Tain (Drôme). Il y a là une impression sur tissus, où l’on a fait un genre, qui a eu son succès dans le temps à Lyon, C’est l’impression sur châles pacotilles : châles de laine, genre tauris, mérinos,-cachemires et thibets (en poils de chèvres) Hélas ! cette industrie jadis florissante ne l’est plus maintenent.
- Marius Moyret.
- (A suivre.)
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- (Suite.)
- TEINTURE PES VIEUX CHAPEAUX DE FEUTRE EN NOIR
- Les vieux chapeaux de feutre sont d’abord mouillés et trempés dans une solution tiède de earbonate de soude et d'ammoniaque pendant
- 2 ou 3 heures, voire même une nuit, on les retire,on les brosse avec ce même bain à l’endroit et à l’envers et on rince sur deux eaux tièdes.
- Si les chapeaux sont impers, apprêtés, il faudra les ébouillanter au moins 30 minutes, pour faire tomber l’apprêt.
- Pour teindre, on prépare un bain qui sert tous les jours, on le change une fois par semaine seulement. Il est composé, pour cent chapeaux de feutre ordinaire, de :
- Sulfate de fer, 1 k.,
- Sulfate de cuivre, 500 gr.,
- Acétate de cuivre, 200 gr.,
- Campêche extrait solide, 2 k.,
- Bois jaune, 1 k., Gomme arabique, 100 gr.
- Ce produit étant bien dissout dans la chaudière, on entre les chapeaux et on laisse bouillir pendant 2 heures au moins en lisant les uns après les autres, on lèvera et on éventera une fois en rechargeant le bain ; si la passe des chapeaux est claire, ce qui arrive souvent, on chargera de la moitié du colorant; si elle est foncée, on devra réussir du premier coup et obtenir un beau noir plein.
- Après le bouillon de 2 heures, on lavera sur une eau et passera sur un piquage da cide chlorhydrique tiède et on rincera sur plusieurs eaux chaudes et froides ; on peut leur donner un coup de brosse au Panama et à 1 alcali pour terminer et rincer ensuite, on essore, on étend au séchoir, les chapeaux vont ensuite au formeur.
- Depuis que l’on vend des chapeaux de feur tre,de laine, bon marché et faux teint,on n en a jamais autant reteint qu’aujourd’hui et ceux qui peuvent faire ce genre de travail en grand sont certains d’un large bénéfice.
- Les vieux chapeaux de couleur claire peUT vent se reteindre en loutre, noir bleu.
- Après nettoyage, on fait un bain de :
- Sulfate de fer,
- Sulfate de cuivre,
- Orseille,
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- Terra,
- Campêche et bois jaune.
- On laisse bouillir pendant 2 heures, on lève et on rince.
- Ou bien :
- Tartre,
- Noix de galle,
- Campêche et cachou.
- Pour les bleus marin foncé, on fait un bain de :
- Tartre,
- Acide oxalique,
- Sulfate de cuivre ét sel d’étain.
- On bout 1 heure, on lève, on jette le bain et on brunit sur campêche et carmin d’indigo avec une pierre d’alun; après 1 heure de boul-ion, on lève et on rince à extinction.
- Batifois.
- 'Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES en pièces
- (Suite.)
- ROSES DITS BENGALES
- La dissolution du produit d’aniline nommé Rose bengale s’effectue parfaitement dans l’eau bouillante ; on filtre ensuite.
- On se sert de différents procédés dans le mordançage des tissus disposés pour cette couleur ; voici les plus employés :
- Premier procédé
- Pour 100 kil. d’étoffe de laine parfaitement dégraissée, on compose un bain de teinture avec :
- Eau q. s.
- Acide acétique à 7° Bé 2 kil.
- Quantité suffisante de rose bengale pour monter à l’intensité voulue.
- Le bain ayant été épuré, avant cette gar-niture, par le passage préalable d’une pièce disposée pour nuance foncée, on entre le tissu À tiède, puis, au bout de quinze minutes en
- viron, on élève la température du bain, progressivement jusqu’au petit bouillon. On se maintient à cette température jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la nuance demandée. On abat au large, on évente et on rince.
- Afin d’éviter l’évaporation de l’acide acétique, laquelle se produirait sous l’action de la température élevée du bain, il ne faut le verser que peu à peu et en plusieurs fois.
- Deuxième procédé
- Sur bain fait on garnit, pour 100 kil. de laine avec :
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- Eau q. s.
- Tartre blanc cristallisé 2 kil. 500
- On entre à 40° c., on manœuvre quelques minutes dans le mordant, puis on ajoute peu à peu la quantité nécessaire de produit pour atteindre l’intensité demandée. On élève graduellement la température du bain jusqu’à l’ébullition, et on continue un léger bouillon jusqu’à ce qu’on ait atteint la nuance exigée. Ensuite on abat au large, on évente et on lave soigneusement.
- On obtient des nuances plus jaunâtres en ajoutant au bain de teinture plus ou moins de chlorure d’étain, selon les couleurs que l’on veut obtenir.
- Troisième procédé
- Sur bain fait on garnit, pour 100 kil. de tissu de laine, de la manière suivante :
- Eau q. s.
- Alun épuré 6 kil. 500
- On entre les pièces à tiède. Après dix minutes de manœuvre dans le mordant, on met peu à peu la quantité voulue de Rose bengale pour arriver à la nuance demandée, puis on chauffe jusqu’au petit bouillon. On maintient cette température pendant toute la durée de l’opération. Finalement on abat, on évente, on lave et on sèche.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) 4 suivre).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVEAUX COLORANTS AZOIQUES
- Brevetés s. g. d. g.
- Dans notre numéro du 20 septembre 1887, nous avons soumis à nos lecteurs, quelques échantillons teints sur coton, avec ces nou veaux produits de la maison J. Ruch et fils, à Pantin, qui teignent le coton sans mordant, en donnant des nuances solides au savon.
- Aujourd’hui ont est arrivé à employer ces mêmes produits sur laine, en obtenant des nuances solides au savon et au foulon, et ne déchargeant pas sur le blanc.
- Voici échantillons teints sur laine, avec :
- Rouge Congo.
- Congo brillant R.
- Brun Corinthe.
- La teinture se fait en ajoutant au
- 10 0[0 du poids de la laine, de sulfate de soude et en faisant bien bouillir.
- Le bain de teinture se conserve et se recharge d’environ moitié pour les teintures suivantes;
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRARLES A l’air ET AU SOLEIL pour fibres de bois, osiers, pailles, ete.
- {Suite)
- No 4. — Violet,
- A. — Pour 1 kil. de matière à teindre, suffisamment blanchie, faites le bain suivant:
- Eau 20 kil.
- Violet cristallisé 12 gr. 50
- Sans aucune addition de mordant.
- Entrez vivement la matière à teindre dans cette solution chauffée à 70 - 80 centigrades. Manœuvrez pendant vingt minutes, puis enlevez. Rincez et séchez.
- Observation. — On obtient un beau violet, suffisamment solide au soleil, qui résiste bien à l’action de l’air.
- B. — Pour 1 kil. de matière blanchie, faites un seul bain avec :
- Eau 20 kil.
- Violet cristallisé 12 gr. 5
- Alun ordinaire 100 gr.
- Entrez dans ce bain porté à la température de 70 - 80o c. Manœuvrez vingt minutes, puis abattez, rincez et séchez.
- Observation. — Le violet obtenu par ce procédé est vif, frais et bien tranché.
- Il est légèrement supérieur au précédent, et comme lui, il résiste bien à l’action de l’air et à celle du soleil.
- C. M. (Reproduction, interdite.) (A suivre).
- LES ATELIERS D AFFRETEURS
- M. Et. Ferrand a fait à la Société des sciences industrielles de Lyon une communication dans laquelle il réclame le classement des ateliers d’apprêteurs parmi les établissements insalubres et incommodes. M. Gantil-Ion, dans une excellente réponse, a réduit à néant toutes les plaintes de M. Et. Ferrand. L’attaque et la défense étant également inté-
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- Fessantes pour nos lecteurs, nous les reproduisons successivement.
- Voici la communication de M. Ferrand :
- SUR LES ATELIERS D’APPRÊTEUaS Par M. Et. Ferrand.
- Dans les ancienne, comme dans la nouvelle (1) nomenclature des établissemeuts insalubres, dangereux et incommodes, on voit figurer, entre autres motifs de classement, les fumées, les odeurs, les émanations nuisibles, les dangers d’incendie, le bruit, etc., toutes choses fâcheuses réunies ou prises plus ou moins séparées.
- Or, nous trouvons ces conditions ou inconvénients tous groupés dans l’industrie des apprêts d’étoffes de soie et autres qui compte à Lyon une centaine de représentants.
- Considéré à tort comme accessoire, l’apprèt est une des branches les plus importantes de l’industrie textile ; il prend le tissu chiffonné au sortir du blanchiment ou de la teinture ou simplement du métier du tisserand pour le rendre au fabricant sous les aspects les [plus variés et les plus séduisants ; mais il faut convenir que, dans ces derniers temps surtout, cette industrie dite modeste n’a pas joué, à tous les points de vue, qu’un rôle effacé, car elle semble n’avoir rien négligé pour faire parler d’elle.
- Déjà ses ateliers, tels qu’un passé d’un siè-de nous les a légués, étaient défectueux à plus d’un titre. Les progrès réalisés par l’extension donnée à l’industrie en général ont fait disparaître des vices importants en les faisant ressortir là où ils ont persisté, en même temps qu’ils en ont introduit d’autres grandis et multipliés par la puissance des moyens mis en œuvre aujourd’hui pour pro-duire davantage et plus économiquement. La lutte s’est engagée avec la concurrence étrangère : les grandes maisons se sont syndiquées Pour affecter à telles d’entre elles la spécialisation de certaines parties de leur industrie
- (1) La dernière est du 3 mai 1886.
- complexe ; la nécessité du perfectionnement de l’outillage a fait créer de nouvelles machines dont la puissance a fait naître à son tour du nouveaux sujets de plaintes parvenues tantôt à la mairie, tantôt à la préfecture, et de là au conseil de salubrité.
- A l’appui de ces griefs anciens ou récents, voyons d’abord les principaux modes opératoires qu’un emploi défectueux rend dangereux ou incommodes et citons les exemples de faits ayant donné lieu à des plaintes motivées.
- Je n’ai pas ici à suivre et à détailler toutes les opérations de l’art de l’apprêteur qui réalise le lustrage et le mat, l’empesage et le maniement convenable, le vrai luxe ou l’apparence, etc., suivant les divers procédés appropriés au genre de tissu pur ou mélangé, ou suivant enfin, ce qui est bien plus indéfini, le goût du jour.
- Ici, c’est l’extension de la pièce revenue de la teinture ou du blanchiment, là ce sont les gommages divers, puis les cylindrages, calandrages, gauffrages, satinages, moirages ; ailleurs, la vaporisation, le rasage, alors que le flambage du duvet précède souvent et toujours suit ces opérations variant de cent manières différentes.
- Or, quel que soit le but poursuivi, il a toujours pour objet de faire, soit par le remplis-sage direct des mailles du tissu, soit par l’écrasement du brin ou fil, ou encore par des enlèvements du duvet, de faire, dis-je, des surfaces moins à jour, plus unies, mates au besoin, ou généralement brillantes et finalement offrant soit des nuances, soit des reflets plus homogènes et plus vifs.
- Eh bien, tous ces eflets, y compris ceux de la pression le plus souvent indispensable, font intervenir leur complément constamment nécessaire, l’élement chaleur à différents dégrés, depuis la douce caléfaction de l’air chaud de l’étuve jusqu’à celle du chalumeau avec la combustion du gaz oxhydrique hardiment appliquée aux tissus les plus légers, les plus délicats, les mélangés soie et coton surtout
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- ne pouvant s’en passer. C’est ainsi qu’en ramenant, en quelque sorte, à l’unité l’objectif de mes investigations, je m’occuperai presque exclusivement de ce côté de la question, c’est-à-dire des modes d’emploi de la chaleur pour justifier ma demande de classement à appliquer aux ateliers d'apprêteurs d’étoffes de soie, industrie essentiellement lyonnaise. Les apprêts des cotonnades sont ailleurs justiciables des mêmes mesures. Voir gazage et poussière, question traitée par M. Arnould concluant à la nocuité. (Lille).
- 1. — Et d’abord, s’agit-il de l’apprêt à la « rame » ? On promène sous l’étoffe tendue sur une grande langueur un grand chariot de fer chargé de braise plus ou moins recouverte de cendre; ce n’est point là le plus grand inconvénient, quoiqu’on opère pendant plusieurs heures dans un milieu confiné, mais bien celui qui consiste à allumer ledit brasier de plusieurs mètres de surface dans le même local souvent sans cheminée ; les fumées, en effet, les vapeurs empyreumatiques, les dégagements d’acide carbonique, d’oxyde de carbone, après avoir infecté l’atelier au détriment des ouvriers, s’échappent en général, par les fenêtres pour se répandre du rez-du-chaussêe dans le corps du logis. La différence de 1[3 entre le prix du charbon de bois ordinaire et celui provenant des distilleries d’acide pyroligneux (5 fr. 50 p. 3 fr. 50), fait souvent préférer le moins coûteux à celui plus épuré, moins riche en fumerons, des carbonisations en forêt et ce choix des plus fâcheux ajoute encore par son incommodité aux faits d’incurie et de mépris à l’égard de la santé des ouvriers et des habitants du voisinage.
- Un exemple de cette nature, qui avait eu des conséquences graves a occupé le Conseil de salubrité de notre ville, il y a à peine deux ans.
- C’était à propos de l’atelier du sieur G...., situé rue Royale au rez-de-chaussée et au premier étage d’une maison occupée en grande partie par l’institution dite « la Martinière des filles Les plafonds des ateliers troués ça et là
- par des déplacements d’esseliers, les fissures multiples d’une cheminée hors d’usage avaient distribué d’étages en étages les gaz délétères, sans compter le trop plein s’échappant parles portes et fenêtres toujours ouvertes sur la cour.
- Nous n’ignorons pas que beaucoup d’ateliers d’apprêteurs présentent les mêmes vices de fonctionnement et cependant il serait bien facile d'établir, même dans les espaces exigus où les métiers semblent absorber toute la place, une large hotte avec parois pendantes et articulées qu'on peut replier contre la muraille, une fois l’allumage accompli. La hotte communiquerait nécessairement avec une cheminée, et la chaleur développée, la hauteur des maison de la ville aidant (5 étages pour la plupart), assurait un tirage suffisant, tirage enfin dont on est toujours maître avec un ventilateur intervenant comme aspirateur.
- En définitive : fumée de charbon de bois, odeurs, gaz délétères constituant des émanations nuisibles, tout est réuni dans l’espèce, d’où il ressort que cette industrie ne saurait échappera une réglementation entraînant demande préalable et prescriptions appropriées.
- II. Les « cylindres métalliques », sur lesquels les tissus sont passés et souvent laminés, sont diversement chauffés, ici avec des boulons de fer que l’on fait préalablement rougir au feu avant de les introduire par les deux extrémités ouvertes du rouleau creux. Mais ce mode qui a ses défauts de caléfaction, quoique très efficace par les 300 à 350 degrés dont il dispose, est remplacé ailleurs par un autre plus dangereux pour la santé du personnel et du voisinage: je veux parler du chauffage intérieur des cylindres par le gaz d’éclairage. Ce dernier, en effet, y est introduit mélangé à de l’air par une tige creuse munie de distance en distance de petits becs.
- Le plus ordinairement, ce sont deux tubes de fer soudés comme les deux canons d’un fusil double et de proche en proche sur leur longueur percés de trous se faisant face, 1 un
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- des tubes apportant l’air, l’autre apportant le gaz.
- Dans les deux cas, c’est le mélange gazeux qu’on laisse simplement se dégager jusqu’à répartition convenable, avant de l’allumer, ce qui ne se fait pas sans explosion et sans perte dans l’atmosphère. Cette circonstance vicie encore à un notable degré l’air déjà peu res -pirable de l’atelier, jusqu’à ce que, par la dispersion au détriment du voisinage, cet air soit renouvelé, ce qui n’arrive qu’à la fin du travail, Cette pratique est expéditive, mais peu prudente, et, en attendant mieux, l’intérieur du cylindre avant l’allumage pourrait être mis en rapport avec la cheminée à l’aide d’un tube de caoutchouc muni à sa partie inférieure d’un bouchon percé et d’un robinet qu’on fermerait avant de retirer le bouchon et d’allumer. Mais pourquoi ne pas présenter plus simplement avant le dégagement, ce qui exigerait moins d’attention, la flamme qui allume, en laissant prédominer sur l’air le gaz d’éclairage, soit 1[10 de ce dernier au lieu de 1[13 ultérieurement nécessaire ?
- (A suivre.)
- MACHINE A LAINER
- A CHARDONS METALLIQUES ET A ÉNERGIE VARIABLE
- De MM. Grosselin père et fiis
- Constr -mécan. à Sedan (Ardecnes).
- RAPPORT fuit par M. Edouard Simon, au nom du comité des arts mécaniques de la Société d'encouragement pour l’industrie nationale.
- Messieurs,
- L’apprêt connu sous le nom de « lainage » consiste à recouvrir les entrelacements réalisés par le tissage, d’une couche duveteuse, empruntée aux fils mêmes et surtout à la tra-me, qui est toujours moins tordue que la chaîne. Ce «garnissage», effectué tantôt à l’envers, tantôt à l’envers et à l’endroit, n’a pas seulement pour but d’améliorer l’aspect du tissu, mais de rendre l’étoffe moins per
- méable, d’en accroître l’épaisseur sans augmentation de poids.
- Jusqu’au commencement du siècle, le lainage était exclusivement pratiqué à la main, soit à l’aide du chardon naturel, dit « chardon à cardes» ou «chardon de bonnetier », soit à l’aide d’autres plantes épineuses, ou parfois d’une peau de hérisson (1).
- Avec le développement industriel se sont multipliées les machines à lainer, constituées habituellement par un ou plusieurs cylindres horizontaux recouverts de chardons. En tournant au contact de l’étoffe (animée d'un mouvement de translation), ces tambours grattent le tissus, tirent à eux les filaments superficiels et les parallélisent.
- Sans entrer dans le détail des opérations qui nécessitent l’action progressive de garnitures neuves, puis de garnitures partiellement usées, l’intervention de l’eau pour humecter l’étoffe et faciliter le dégagement des fibres, le séchage, le nettoyage des chardons em-bourrés, etc., l’indication seule de ces manipulations, les emplacements nécessaires à l’étente et à l’emmagasinage des garnitures de rechange, expliquent comment les inventeurs se sont ingéniés à simplifier le lainage, à substituer notamment au chardon végétal un produit artificiel plus actf, plus résistant, moins coûteux d’entretien.
- Dès 1816, M. Auzoux Dubois, de Louviers, prenait un brevet « pour des chardons métalliques propres à remplacer le chardon végétal dont on se sert ordinairement pour lainer les draps»; mais, ainsi que le remarque M. Michel Alcan dans son « Traité du travail des laines», cette tentative et d’autres ultérieures « demeurèrent sans succès, soit faute de « de persévérance de la part des innovateurs, « soit par suite de certains défauts des orga-« nes nouveaux, soit enfin parce que les arti-« clés auxquels cette sorte de chardon con-
- (1) Voir « Traité du travail des laines », par M. Alcan, t, I, pp. 14 et suiv.; t. II, pp. 2G1 et suiv.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- « vient le mieux, n'existaient pas encore (2).» Le chardon métallique est une véritable «garniture de carde »,c’est-à-dire une plaque ou ruban en cuir, en caoutchouc ou en tissu, dans lequel sont implantés des fils, souvent en laiton, repliée sous forme de crochet.
- Parmi les inventeurs qui ont amélioré la fabrication de ces garnitures et contribué à leur vulgarisation, il est juste de citer M. Nos d’Argence, dont la « laineuse-velouteuse » fut appréciée vers 1867.
- La mode, en délaissant les lainages à « poil debout », restreignit momentanément le rôle du chardon métallique ; par contre, le « grattage » des tissus de coton donna lieu à de nouvelles applications. MM. Grosselin père et fils ont largement contribué au dernier résultat. La machine, que ces constructeurs soumettent aujourd’hui à l’examen de la Société d’Encouragement, convient à la fois au garnissage des tissus de laine cardée et de laine peignée et à l’apprêt des cotonnades de toutes épaisseurs.
- Précisément, les principales objections à l’usage du chardon artificiel reposaient sur le défaut d’élasticité de ce produit, sur la nécessité d'avoir des rechanges appropriés aux différents genres de tissus, rechanges qui renouvelaient les inconvénients des garnitures végétales sans en conserver les avantages.
- Depuis 1878, MM. Grosselin se sont consacrés à l'étude de la question et, après des tâtonnements inévitables, des essais nombreux, des perfectionnements successifs, ils ont résolu le problème comme suit : L’organe laineur est toujours un tambour horizontal, dont l’axe tourne à une vitesse de 140 à 150 tours par minute ; sur eet axe sont calés deux croisillons symétriques,qui portent, à la périphérie, un nombre égal de coussinets ; cha-paire de coussinets reçoit un petit cylindre en fer creux, recouvert de chardon métallique et dénommé « travailleur». Grâce à cette dispo-
- (2) Voir « Traité du travail des laines », par M. Alcan, t. II, p. 286.
- 1 sition, les travailleurs, au nombre de 14, par • I ticipent au mouvement circulaire des croisillons et atteignent succcessivement la surface à lainer en cinq points déterminés par les rouleaux-guides du tissu.
- Si les travailleurs ne tournaient sur eux-mêmes que par l’effet de ces contacts répétés a /ec l’étoffe, l’action des garnitures demeurerait invariable et se bornerait au roulement du chardon métallique. Mais, aux deux extrémités des travailleurs, sont montées des poulies d’un diamètre supérieur (de 15 pour 100) au diamètre des garnitures. Des courroies sans fin enveloppent ces groupes de poulies situées de chaque côté de la machine et passent sur deux autres poulies portées par un arbre de renvoi. Le dernier peut être immobilisé ou bien tourner soit d’arrière en avant, soit d’avant en arrière, avec des vitesses variables.
- Dans ce but, l’arbre intermédiaire est muni d’un cône à cinq diamètres, claveté en regard d’un cône semblable, mais inversement placé sur l’arbre moteur
- Lorsque l’arbre de renvoi est immobilisé, l'axe du tambour n’en tourne pas moins à la vitesse normale (140 à 150 tours); les travailleurs, entraînés dans le mouvement, glissent à l’intérieur des courroies fixes, uniformément tendues sur leurs poulies-galets et, par suite de cette friction, tournent en sens contraire des croisillons et du crochet de la denture. La différence entre la circonférence des galets et la circonférence des garnitures (égale à 15%) représente alors le rapport entre le chemin rétrograde ou « négatif » parcouru par le chardon et le développement du tambour.
- En d’autres termes, le tambour fournissant 100 m. dans l’unité de temps, les travailleurs développent 85 m. et la diférence 100—85=15 mètres indique le travail effectif des chardons métalliques. C’est ce que MM. Grosselin appellent l’« énergie moyenne » de la machine.
- Pour atténuer cette énergie, il suffit d’actionner les cônes de la commande intermédiaire au moyen d’une courroie droite, I"1
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- accélère la vitesse des travailleurs dans la même direction que ci-dessus et réduit d’autant la différence indiquée. L’action des cardes serait complètement annulée si la vitesse négative des travailleurs devenait égale à la marche inverse du tambour.
- i;
- Pour augmenter, au contraire, l’action des organes laineurs, il faut croiser la courroie des cônes de manière à diminuer la vitesse négative ou rétrograde des travailleurs, ce ralentissement se traduisant par une action plus intense de la garniture de l'étoffe.
- En pratique, un écart de 2,5 p. 100 entre les développements du tambour et des travailleurs convient au « grattage » des étoffes légères ; une différence de 25 p. 100 est rarement dépassée pour les étoffes les plus fortes ; les cinq diamètres des doubles cônes permettent d’établir, du minimum au maximum, une gradation régulière.
- Ajoutons que l’exécution matérielle de l’appareil, dont on a essayé d’indiquer l’ingénieuse combinaison, est particulièrement étudiée en vue d’assurer la régularité des transmissions de mouvement, d’éviter le glissement des courroies, réchauffement des tourillons.
- Les efforts des constructeurs ont comblé une importante lacune ; la preuve en est dans le nombre des machines vendues en France et à l’étranger.
- D’après un état fourni par MM. Grosselin, 292 laineuses pour cotonnades et pour draperie fonctionnent actuellement dans les principaux centres industriels d’Europe et aux Etats-Unis, de nombreuses commandes destinées à l’Angleterre, à l'Allemagne, à l’Autriche et à la Russie sont en cours d’exécution.
- En présence de faits aussi dignes de vos encouragements, le Comité des arts mécaniques vous propose. Messieurs, de remercier MM. Grosselin père et fils de leur très intéressante communication, et de voter l'inser-tmn au « Bulletin » du présent rapport, avec
- les dessins nécessaires et une légende explicative.
- Signé : Ed. Simon, rapporteur.
- CAUSTIFICATION DANS LE VIDE
- Vers la fin de l’année dernière, M. H. Herbert, de Barmen (Allemagne), a fait breveter un procédé pour caustifier dans le vide les lessives de carbonates alcalins.
- Ce procédé consiste à traiter les solutions de carbonate de soude ou de potasse dans un appareil spécial d’où l’on a expulsé l’air, en présence d’hydrate de chaux à une température convenable. Quand la décarbonatation de l’alcali est opérée, on filtre la lessive caustique, toujours sous l’action du vide, et on s’occupe de laver le carbonate de chaux obtenu avec de la vapeur d’eau à haute pression, de telle façon qu’on puisse arriver à en éliminer la lessive caustique qu’il retient avec une quantité de liquide aussi faible que possible. Voici, du reste, quelques détails sur la méthode que nous venons d’indiquer :
- Après avoir dissous dans un bac ordinaire le carbonate de soude ou de potasse, on y met la quantité de chaux propre à la caustification. On transvase ensuite la masse totale dans un appareil clos hermétiquement d’où l’on enlève l’air à l’aide d’une trompe à eau ou à vapeur et en faisant fonctionner un agitateur à palettes on tient en suspension la chaux afin d’éviter son dépôt et en même temps favoriser sa combinaison avec l'acide carbonique qu’elle enlève au carbonate alcalin en traitement.
- Dès qu’on juge que la caustification est terminée, on aspire la lessive dans un filtre fermé et de telle sorte que le carbonate de chaux soit très uniformément réparti sur la surface filtrante. Afin de recueillir la totalité de la lessive, on se sert de vapeur à haute pression et on arrive à ne laisser dans le carbonate de chaux aucune trace d’alcali.
- Comme dans la méthode que nous venons d’exposer, la chaux ne doit pas être mise en
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- morceaux dans le bac qui contient la dissolution de carbonate alcalin, mais à l’état de lait de chaux, nous croyons devoir donner ici les densités des laits de chaux.
- Degrés Baumé. Densités, CaO dans 100 kilog. CaO dans 100 litres.
- 10 1,074 10,6 13,3
- 12 1,091 11,6 15,2
- 14 1,107 12,7 17,0
- 16 1,125 13,7 18,9
- 18 1,142 14,7 20,7
- 20 1,161 15,7 22,4
- 22 1,180 16,5 24,0
- 24 1,199 17,6 25,3
- 26 1,220 17,8 26,3
- 28 1,241 18,3 27,0
- 30 1,262 18,7 27,7
- {Reproduction interdite).
- BREVETS D'INVENTION
- 184501. Société des matières colorantes et produits chimiques de St-Denis ; 28 juin 87.— Matières colorantes azoïques allant du jaune à l’orange et du rouge au violet.
- 184524. Société des matières colorantes de St-Denis; 29 juin 87. — Matières colorantes azoïques.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Perpignan. — Malacamp (J.), teinturier. — Jug. du 2 mars 1888. — S. : M. Clément.
- HOMOLOGATIONS DE CONCORDATS
- Paris. —Conort, ex-teinturier, rue du Roi-de-Sicile, 52. — Jug. du 12 mars 1888. — Abandon de l’actif réalisé et 25 fr. 0[0 en 5 ans par 5me. — Intervention de Mme Conort comme caution.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la société en nom
- collectif Jeannolle et Cie (teinture de toutes les fibres végétales ou animales filées ou non filées, tissées ou non tissées), à Deville-lès-Rouen, avec succursale à Paris, rue Théve-not, 9. — Durée : 6 ou 11 ans du 1er déc. 1887. — Cap. : 50,000 fr. — Acte du 20 déc. 1887. - J. g. d’A.
- Roubaix. — Formation de la Société en nom collectif Planckaert et Cogez (déchets de laine et coton), rue de Tourcoing, 131. — Durée : 10 ans. — Cap : 4,323 fr. 45 . — Acte du 20 fév.
- Lille. — Formation de la société en nom collectif Delfortrie et P. Montpellier (teinturerie de toiles), à Haubourdin. — Durée : 9 ans et 10 mois du 1er mars 1888. — Cap. : 40,000 fr. — Acte du 18 fév. 1888.
- Lyon. — Formation de la société en nom collectif Paccalin et Morel (teinture et apprêts pour chapellerie), rue Sébastien-Gryphe, 70. — Durée: 2 ans. — Cap. : 80,000 fr. — Acte du 4 fév. 1888.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- M. Fourastié a vendu à M. X., boul. Beaumarchais, 2, chez M. Gentien, 15 avril, un fonds de teinturerie, rue des Filles-du-Cal-vaire, 6.
- M. Louvigny a vendu à M. Faure, rue de Ménilmontant, 62, 15 avril, un fonds d'ap-prêteur, rue Jeoffroy-Langevin, 15.
- Mlle Krempff a vendu à M. X., boul. Magenta, 45, chez M. Martin, 10 avril, un fonds de teinturerie, boul. Voltaire, 29.
- Mme Vve Peinte a vendu à M. X., 50, rue Meslay, chez Mme Hardy, de suite, un fonds de teinturerie, rue St-Didier, 36.
- Mme Aubry a vendu à M. Mercier, 50, rue Meslay, chez Mme Hardy, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Londres, 7.
- Mme Vve Bourgeois a vendu à M. X., rne des Juges-Consuls, 3, chez M. Bérard, 15 avril 88, un fonds de teinturerie, rue Carnot, 3, Levallois.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mai 1888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- Revue de L'ANNEE tinctoriale a lyon (suite).
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- LES ATELIERS D’AFFRÉTEURS.
- LE CONDITIONNEMENT DU COTON.
- BREVETS D'INVENTION.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- , Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- TEINTURE DE LAINE EN BOBINES Par M. Vassart.
- Il existe de nombreux appareils plus ou moins compliqués et coûteux pour effectuer la teinture de la laine en bobines. Les liqui-des colorants, préparés dans des bacs spéciaux, sont refoulés dans les cuves ou bacs à teindre, par des pompes, etc. L’outillage décrit par M. Vassart, se borne à une cuve et à un châssis mobile ; les dimensions extérieures du châssis correspondant exactement aux dimensions intérieures de la cuve, qui est construite en cuivre ou en bois et de forme quelconque.
- Dans la cuve même est préparé le bain de teinture, qu’un tuyau de vapeur permet de Porter à la température convenable. Le châs-sis, également en cuivre ou en bois, est percé d’ouvertures circulaires, sur les bords des-quelles sont fixés verticalement des manchons cylindriques perforés, qui reçoivent les bobines de préparation. Le cadre peut être abaissé et soulevé, comme un double-fond mobile, au moyen d’une crémaillère.
- Le bain une fois prêt, le châssis garni de bobines est descendu au fond de la cuve et, en
- vertu de son poids (augmenté, au besoin, d’un poids additionnel) exerce sur le liquide une pression, qui oblige la teinture à traverser les bobines de bas en haut.
- Le déplacement inverse, c'est-à-dire l’ascension du châssis force, au contraire, le liquide, sous la pression de l’air atmosphérique, à retraverser les bobines de haut en bas.
- Pour assurer ces effets, qui se répètent un nombre de fois indéterminé, le pourtour du châssis est rendu étanche à l'aide d'une garniture élastique, caoutchouc ou autre.
- Le cadre porte-bobines fonctionne donc à la manière d’un piston.
- MACHINE A DÉGRAISSER AU LARGE ET A « FIXER » LES TISSUS EN LAINE
- Par M. Guizard.
- Cette machine, construite pour traiter plusieurs pièces simultanément, comporte, à la partie inférieure, un bac contenant le bain de dégraissage ; à la partie supérieure, deux groupes symétriques de rouleaux, servant alternativement à l’enroulement et au déroulement des pièces.
- Sur l’arbre de la poulie motrice, est calé un plateau de friction qui, par l’intermédiaire d’un galet, plus ou moins rapproché du centre de ce plateau, permet de faire varier la vitesse d’un second arbre horizontal, situé à angle droit avec le premier. L’arbre ainsi
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- le voit, le dégraissage et le
- n
- robinet permet de faire affluer volonté, dans l'un ou dans
- fixage résultent d’un nombre de passages variable selon l’état et la nature des tissus.
- fo
- P’ tr
- cadres, et un le liquide, à l’autre.
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- pre: aut soli
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- APPAREIL’DESTINÉ AU NETTOYAGE DES MATIÈRES FIBREUSES
- Par MM. Watson et Davidson.
- MACHINE POUR ORNEMENTER LES TISSUS Par M. Renard.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- commandé se termine, aux deux extrémités, par des manchons d’embrayage qui, tour à tour actionnent, en sens inverse, les groupes de rouleaux déjà mentionnés.
- Si, par exemple, le groupe situé à gauche de l’axe de la machine porte les rouleaux garnis d’étoffe, c’est le groupe de droite qui est commandé directement et qui détermine le déroulement des pièces ; celles-ci sont passées dans le bac de dégraissage et superposées les unes aux autres entre trois tamb-bours embari eurs, le tambour intermédiaire étant surmonté d’un cylindre de pression. — De même, chaque rouleau d’étoffe supporte un cylindre presseur, qui assure le cheminement régulier du tissu.
- Enfin, sur chaque bord du bac, formant successivement l’entrée et la sortie, sont disposés des cadres élargisseurs. Ces cadres sont formés de tubes cannelés, dirigés, moitié à droite, moitié à gauche de l’axe longitu-didal de la machine et percés de trous qui, du côté de l’entrée, livrent passage à un liquide sous pression.Une canalisation unique à double embranchement dessert les deux
- Le perfectionnement revendiqué par les brevetés s’applique spécialement aux appareils, dans lesquels la matière (tiges de lin ou autres) est soumise à l’action de broches, pointes ou aiguilles, les dernières étant montées sur des cadres à mouvement de va-et-vient et disposées de manière que le mouvement les fasse passer dans les intervalles de grilles fixes et pénétrer dans la masse fibreuse, introduite entre ces grilles.
- Avec les systèmes en usage, les parties ligneuses et la poussière s’accumulent peu à peu entre les pointes, notamment à la base, derrière les grilles et finissent par entraver le fonctionnement de la machine, qu’il faut arrêter de temps à autre pour le nettoyage.
- Les brevetés évitent l’inconvénients en appliquant entre les rangées de pointes, des baguettes en bois, qui se meuvent le long de ces pointes, dans l’intervalle des grilles fixes et des plaques à pointes. Les dimensions sont telles que les baguettes remplissent presqu’en-tièrement les intervalles, lorsque les pointes percent la matière fibreuse et occupeut la limite extrême de leur course en avant.
- Ces baguettes sont tantôt dentées, tantôt munies de pointes saillantes ou d’aigrettes en crin, pour assurer le nettoyage, facilité, d’ailleurs, par un mouvement transversal alternatif entre les rangées d’aiguilles.
- Cette machine est essentiellement composée d’une plaque porte poinçons horizontale, animée d’un mouvement vertical alternatif au moyen d’une bielle et d’un excentrique.
- L’étoffe chemine d’un mouvement intermittent en rapport avec le va-et-vient des poinçons, entre cette plaque mobile, située en dessus, et une plaque fixe, également horizontale, placée en dessous. La dernière est chauffée pour sécher partiellement l’enduit préalablement déposé à l'envers du tissu et destiné à fixer les mouches en velours, etc. déposées par les poinçons.
- Des molettes garnies d’aiguilles maintiennent l’étoffe latéralement en avant et en arrière de l’appareil de poinçonnage. De plus, un premier tablier sans fin, en toile ou en cuir, reçoit une matière pulvérulente, et, passant en même temps que l’étoffe sur par tie de la circonférence d’un tambour chauffé, applique cette poudre à l’envers des mouches
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- pour dissimuler l’enduit adhésif ; un second tablier, en feutre, en drap ou en caoutchouc, presse la face opposée de l’étoffe contre une autre fraction du tambour chauffé pour consolider les mouches.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 186697. 31 octobre ; Société Badische, Ani-lin et Soda Fabrik.--Préparation de nouvelles matières colorantes appartenant à la classe des métamidophénolphtalcines.
- 186763. 3 novembre; Zimmer. — Production de matières colorantes, jaunes, rouges et violettes, dérivées du tétrazodiphenyle et du té-trazoditolyl.
- 186774. 7 novembre ; Bertrand. — Appareil destiné à la teinture de la laine et autres matières filamenteuses en bobines déchets, flocons, blousses, etc.
- L’appareil se compose en principe d’une charpente métallique mobile comprenant des récipients horizontaux destinés à recevoir les matières à teindre et plongés ou suspendus seulement dans des bacs de teinture. La partie inférieure de ces récipients est perforée convenablement sur une certaine étendue, tandis que leur partie supérieure est reliée par des tubulures à un réservoir reposant Sur le bac contenant le liquide tinctorial
- Ce dernier est puisé au fur et à mesure au fond du bac et déversé dans le réservoir su-périeur d’où il redescend dans ledit bac en traversant les matières à teindre par les tubulures et les perforations du fond des récipients. L’infiltration continuelle du liquide au travers des matières à teindre constitue le Principe du foctionnement de cet appareil.
- 186788. 4 nov.; Alexander.— Perfectionne-ments dans la méthode de teinture de la laine longue et dans les appareils y appartenant.
- L’invention a pour objet un appareil perfectionné pour teindre la laine longue, dans lequel la laine est placée autour d’un cylindre Perce, disposé dans un récipleni convenable
- et par lequel le bain peut être forcé à travers la laine dans le récipient, et « vice versa », de manière à produire une parfaite circulation du bain à travers la laine.
- 186851. 8 nov.; Société J. Moret et Asselin. — Nouveau produit solide principalement destiné au dégraissage, lavage, lessivage et blanchiment de toutes matières textiles, tissus, chiffons, etc., ainsi qu’au dépilage des peaux et autres opérations analogues.
- Le nouveau produit qui fait l’objet du brevet est obtenu par la cristallisation d’une liqueur alcaline sulfurée, composée en principe d’un mélange de soude ou de sel caustique avec du sulfhydrate de soude ou du monosulfure de sodium. Cette cristallisatian étant obtenue de préférence par addition de carbonate de soude seul ou additionné de silicate ou autre sel de soude.
- 186874. 9 nov.; Gross.— Procédé servant à teindre en noir le coton.
- L’objet du brevet consiste à supprimer l'emploi d’un procédé spécial de mordançage dans la teinture en noir du coton par l’addition d’une décoction d’érica au bain de teinture, ce qui a pour effet de provoquer l'action de l’éricoline qui, à l’état de principe amer, détermine la combinaison fixe et durable de la couleur avec la fibre et permet de supprimer le lavage du coton pour en extraire les matières nuisibles.
- 186913. 14 nov.; Velory. — Fabrication de produits applicables spécialement à l’incombustibilité des bois et des toiles.
- L’objet du brevet repose sur la fabrication et l’application industrielle des zincate sulfo-zincate et chlorizincate d’ammoniaque obtenus par précipitation et redissolution de l’oxyde d’un sel de zinc à l’incombustibilité des bois et des toiles.
- J. FAYOLLET,
- Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- brssuino
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- 100 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 3 : g REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- {Suite)
- Ces châles ou carrés bordés de franges, aux dessins impossibles et à grandes palmes, destinés à l’Italie et à l’Espagne, se font aujourd’hui directement dans ces pays. Il s’est monté un outillage pour cela aussi bien à Naples qu’à Barcelone.
- En place, Tain a déplacé un genre d’impression essentiellement étranger et principalement suisse, c’est celui des satinettes ou carrés en coton, imprimés en noir d’aniline solide non vaporisé.
- Les tissus cuits comme les tissus coton ordinaires, à la soude bouillante, et chlorés pour les blanchir, rincés et séchés sont imprimés au rouleau de cuivre gravé eu creux, par quantités du même, dessin, après l’aération, pour développer le noir d’aniline, et se-chage, on les rince à grande eau. On leur donne un bain en soude bouillante, on les rince, puis on les sèche. On les plie par coupes de sept, comme les foulards de soie. On obtient dessins d’une finesse extrême avec des rouleaux gravés à la molette.
- On appelle graver à la molette, obtenir des dessins en creux sur des cylindres en cuivre, en comprimant dessus la surface de ces cylindres des dessins gravés en relief sur des cylindres ou molettes en acier trempé après la gravure. Le relief des cylindres en acier trempé s’incruste finement dans la surface des cylindres en cuivre. Et avec une molette, on peut graver en creux un certain nombre cylindres en cuivre rouge.
- Les rouleaux, comme les planches plates pour les garancés, sont tous munis d’un racle ou docteur, qui enlève soigneusement l’excès de couleur déposée dans les creux. Et l’impression se fait en comprimant légèrement le tissu contre le cylindre.
- De Tain (Drôme), cette industrie s'est dé’
- veloppée à St-Symphorien d’Ozon (Isère) et à Lyon. Un inventeur, du nom de Kien, a créé nouvelle machine pour accélérer le travail et imprimer en plusieurs couleurs. C’est une machine dans le genre de la Verrotine. Ce genre d’impression comporte un matériel accessoire assez compliqué pour le séchage et l’étirage des foulards après le blanchiment. C’est d’ailleurs le matériel de tambours étireurs et sé-cheurs employé à Villefranche-sur-Saône et ailleurs pour la teinture des cotons en pièces, afin de produire des masses à vil prix.
- Pour terminer ce qui a rapport à ce genre, je dirai que, jusqu’à présent, je n’ai pas vu des noirs ainsi faits par oxydation à froid, réellement inverdissables. Les satinettes que j’ai eues venaient-elles de Suisse? C’est ce que je ne sais pas. Ce qu’il y a de certain, c’est que j’ai eu des carrés devenant parfaitement verts et ne redevenant pas noirs par le lessivage. Peut-être veut-on produire a trop bas prix, ce qui est un tort.
- Après avoir oxydé à froid, il conviendrait peut-être de vaporiser les tissus pour fixer les noirs d’aniline par la chaleur, selon les indications de M. Samuel Grawitz. Le noir serait peut-être moins beau, plus bronzé et moins velouté au début, mais il gagnerait à rester à l’air et à être lavé plusieurs fois.
- Le noir obtenu est d’ailleurs un noir au chlorate et non un noir au chromate. La formule traîne depuis longtemps dans une foule de recueils.
- En satinettes, on produit également des genres postiches, c’est-à-dire des impressions obtenues avec un épaississage à l’albumine et des couleurs d’aniline. Par le vaporisage, l’albumine se coagule et fixe la couleur sur le tissu.
- Ces genres ne se rincent pas et ne sont pas de durée. On fait également des impressions solides, mais en petites quantités.
- Si nous quittons Tain, nous allons, comm souvenirs rétrospectifs, à Bourg-Argent» (Annonay), où les eaux de la Deusne af-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 2
- fluent de la Cance, et similaires de celles du Cheylard et de Doux de Tournon, avaient fait créer un puissant établissement qui n’existe plus. De même, dans le voisinage, à Saint-Julien, Molin, Molette, la même qualiité d’eau y avait également fait créer une impression, aujourd’hui disparue, toujours à cause de la difficulté des communications.
- A Bourg-Argental, on faisait les genres précédents. En plus, j’y avais fait faire un genre qui se fait toujours. C’est celui dit : en. levage orange, et un genre tigré sur foulards soie.
- Étant donné un carré teint uniformément en rouge ou bleu d’aniline, si l’on imprime dessus avec des planches en relief un mélange épaissi de gomme, de terre de pipe, de zinc métallique en poudre impalpable et de bisulfite de soude ou d’ammoniaque, le tout très soigneusement mélangé ; si après dessiccation, l’on passe à un vaporisage d’une heure, partout où l’on aura imprimé ce mélange, les couleurs artificielles, sauf la phosphine et le violet d’aniline au chromate, seront rongées et il se formera des dessins blancs très nets.
- Les étoffes sortant de la caisse à vapeur sont soigneusement rincées à grande eau, battues sur une planche de bois avec une batte en bois, rincées de nouveau et, selon les couleurs plus ou moins délicates, avivées avec une eau plus ou moins acidulée pour dépouiller les blancs.
- Ce procédé d’enlevage est dû à M. Durand, de la maison Durand et Huguenin, de Bâle. C’est le début de l’enlevage orange. Les blancs très nets immédiatement tendent toujours à remonter quelque peu. Aussi, souvent procédait-on par voie différente. Au lieu de ronger les couleurs, on matait la résiste, c’est-à-dire que l’on imprimait sur le fond blanc le mélange rongeant, puis, quand il était sec, on teignait la couleur uniformément au rouleau mateur avec une légère pression, du côté de l’impression. Partout où se trouve le mélange rongeant, la couleur ne prend pas et, après fixage au vaporisage et rinçage, comme pré
- cédemment, l’on avait des blancs aussi nets que précédemment, et ne remontant pas à l’oxydation à l’air.
- La destruction des couleurs, et ce d’une manière radicale, est due à l’acide hydrosulfureux, indiqué pour la première fois par M. Schützenberger, et qui est le produit de la réaction du bisulfite de soude sur le zinc métallique, de préférence en poudre impalpable. C’est un réducteur extrêmement énergique, employé d’ailleurs avec succès pour l’obten tion des nouvelles cuves d’indigo, dites cuves à l’hydrosulfite.
- Le zinc métallique en poudre provient de la Belgique ou de la Silésie. C’est du zinc sublimé et condensé dans des chambres comme pour la fleur de soufre. Il faut avoir soin de le tenir dans des endroits très secs, sinon à l’humidité il s’oxyde facilement et se transforme en oxyde de zinc inerte. Chaque fois que l’on s’en sert, il faut avoir soin de le broyer dans des engrenages coniques très serrés, pour écraser les agglomérations possibles. Les moulins à couleurs de ce genre ressemblent d’ailleurs à des moulins à café.
- Marius Moyret.
- (A suivre.)
- (Reproduction interdite.)
- LA TEINTURE EN CHIFFONS (Suite.)
- Teinture de la paille, du bois, de la sparterie de tous tissus végétaux.
- Dans le chiffon, on reteint les vieux chapeaux de paille en noir et loutre ; les vieux tapis de sparterie se font en rouge et en grenat.
- Pour les chapeaux de paille, on retire d’abord les coiffes, les rubans et garnitures, et on les fait bouillir une heure dans un léger bain de carbonate de soude et de savon, on brosse à la brosse douce, on rince et on les met au soufre ; comme pour les flanelles ordinaires, on rince, on fait sécher. Ils passent ensuite entre les mains du formeur.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On peut aussi les nettoyer comme il est dit précédemment au savon, et les entrer dans un bain de permanganate de potasse, on lève et on laisse tremper 12 heures dans un bain d’acide sulfurique liquide, ensuite on rince.
- Pour la teinture en noir, on laissera tremper les chapeaux pendant 12 heures dans un bain de carbonate de soude où, pour activer, on les fera bouillir 1 heure sur un bain plus ort, on rincera et on teindra sur un bain de curcuma et bois d Inde ; 1 heure de bouillon peut suffire, cela dépend des qualités de paille soit Yoko, Manille, Panama, Palmier, etc.
- Après ce temps de bouillon, on lève et on entre à froid dans une forte dissolution de couperose verte, on les laisse une nuit, le lendemain on lève, on rince et passe sur un apprêt de gélatine, on étend au séchoir.
- Pour les tapis-brosse de sparterie, après avoir été bien nettoyés à la laveuse et rincés, on leur donnera une entrée à tiède avec de la grenadine et fuschine.
- Les autres couleurs ne se font pas sur ce genre de tapis.
- Teinture des peaux de lapin et de lièvre.
- Pour 100 peaux.
- Un premier bain de 5 k. de carbonate de soude pour enlever les matières grasses, bain tiède ; après rinçage, on fait un bain de cam-pêche, de terra et de vitriol bleu, eau en quantité suffisante ; on entre une première fois en chauffant au barbotteur à 30°.
- On lève, on laisse refroidir les peaux, on chauffe à 35° en ajoutant le vitriol bleu, et ainsi de suite jusqu’à 50° maximum ; après ce degré, les peaux seraient cuites, étant sèches deviendraient dures ; on rince, on étend au séchoir et on passe à la sciure de bois dans un moulinet spécial pour donner le lustre aux poils.
- Des spécialistes ont pu faire de bonnes affaires en teignant des peaux de lapin.
- Batifois.
- (Reproduction interdite..) ÇA suivra.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite.)
- Roses a la Roséïne
- La roséïne est un produit tout spécial qui convient parfaitement bien pour la fabrication des roses.
- La roséïne monte sur laine dans un bain chaud, sans aucune addition de mordant; cependant nous conseillons de mordancer légèrement le bain de tienture, et cela de l’une des manières suivantes :
- Premier procédé
- Pour 100 kil. de laine, on mordance sur bain fait avec
- 6 kil. de savon de Marseille.
- On entre les pièces à 400, on les monœu-vre quelques minutes dans le mordant, puis on ajoute la qualité nécessaire de roséïne pour obtenir la nuance désirée. On manœuvre de nouveau dix minutes sans chauffer puis on élève progressivement la température du bain jusqu’à 60° c. On teint à cette température jusqu’à la nuance demandée. On abat au large, on évente, et on lave dans une eau bien propre.
- Deuxième procédé
- Pour 100 kil. de laine, on compose un bain ds teinture avec.
- Eau q. s.
- Sulfate de soude 5 kil.
- Quantité voulue de roséïne pour arriver à la nuance demandée.
- Le bain ayant été préalablement fait, on y met le sulfate de soude, puis on chauffe légé-rement. On entre les tissus a tiède, on les manœuvre quelques minutes et on ajoute le colorant. On chauffe jusqu'à 60 et on se maintient à cette température, sans toutefois la dépasser, jusqu’à la fin de l’opération.
- Troisième procédé
- On peut remplacer les 5 kil. de sulfate de soude indiqués dans la méthode précédente par 3 à 4 kiL, (pour 100 kil, dé laine) de sul-
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- KT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 103
- fate de magnésie. Ce mode de mordançage produit également de bons résultats
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) d suivre).
- LES ATELIERS D AFFRETEURS
- (Suite)
- III. A ces exemples journaliers, auxquels tend à se substituer la caléfaction du cylindre par l’emploi de la vapeur, ne se bornent point les inconvénients de cette indu; trie empruntant chaque jour aux sciences chimiques et mécaniques des agents et des engins nou -veaux. C’est ainsi que nous avons été appelé à voir un quartier envahi par les vapeurs chlorhydriques suffocantes employées chez un appréteur à donner du craquant à des Pèces de soie pour foulard; ailleurs nous avons eu connaissance d’apprêts résinoïdes avec dissolutions hydroalcooliques et gélatine, produisant des phlyctènes sur les mains, ou alcalines savonneuses; ailleurs, encore des dissolutions de paraffine dans la benzine Pour apprêts hydrofuges, avec senteur infecte et commencement d'incendie !
- On le voit, Messieurs, une fois de plus, la question de salubrité est assurément moins visée dans ces ateliers que la question de production. En effet , vapeurs irritantes, odeurs, dangers d’incendie, gaz irrespirables, rien n’y manque, sans compter ce (pii nous est réservé ; et déjà la teinturerie, classée en troisième catégorie, tend à absorber l’apprêtage.
- Notre critique ne vaut que par sa sincé-"Ate, et, à ce point de vue, je dois ajouter que J ai vu à.Lyon des ateliers modèles du plus grand mérite.
- IV. —Un quatrième ordre de faits vient toi terminer la série : je veux parler du bruit. Déjà dans la deuxième et dans la troisième classe , on trouve rangées les industries bruyantes ; battage des tapis, des cuirs, des lainen, bourrer et dachets, atellere de serrua
- reries, laminoirs, moulins, machines, tréfile-ries, pour bruit, poussières et fumées ; tout cela en dehors, bien entendu, des marteaux-pilons et grosses œuvres de première classe.
- Sans contredit, notre intention n’est point de forcer la note, de chercher l’assimilation où elle peut ne pas être, et ne pas tenir compte des tolérances que les tribunaux concèdent facilement au profit de la liberté commerciale et, à plus forte raison, lorsqu’il s’agit d’une industrie locale comme celle de la soierie, qui a fait longtemps la fortune et la gloire de notre cité.
- C’est ainsi que nous nous garderons de nous élever contre le tapage des métiers à la Jacquard confinés dans certains quartiers ; cliquetis des rémisses et chocs des battants; à peine oserions-nous parler des clapotte-ments des courroies, des roulements des engrenages, des ronflements des ventilateurs(1) dans les ateliers des apprêteurs en grand. Mais lorsque ces bruits de toutes sortes y sont augmentés et dominés par les sifflements des grilleuses, la mesure est comble et le classement comprenant des mesures restrictives est devenu nécessaire.
- Nous avons étudié la type de ces machines sifflantes dans l’affaire A..., venue devant le Conseil d’hygiène, à la suite d’une pétition motivée . de soixante-dix plaignants de la rue C...
- Nous avons non seulement observé la chose de près avec les poussières irritantes des villosités carbonisées, mais déjà sur la voie publique nous avons perçu les trépidations du sol et entendu les sifflements aigus, stridents des flambeuses rivalisant avec les sifflets des locomotives, et ce. de 6 h. du matin à 6 h. du soir d’une manière continue.
- Dans les nombreux ateliers similaires que j’ai visites, j’ai trouvé trois types de grilleuses avec une, deux ou trois rampes à gaz, les uns silencieux, les autres rappelant le
- (1) Une maison de Lyon fait actuellement des ventilateurs avec des palettes infiniment moins bruyantee.
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- DE LA TEINTURE
- chant des harpes éoliennes avec plus ou moins d’amplitude,et enfin les sifflets majeurs déchirant les tympans, ce dernier fait étant imputable à l’extrême pression des gaz oxhydriques, gaz d’éclairage et air. Or, on peut obvier à cette incommodité grave ainsi qu’il va être dit.
- Ces grilleuses consistent en autant de métiers munis de rouleaux divers, en bois, servant à dérouler les pièces de tissus ajoutées les unes aux autres par bouts sur une longueur de plusieurs centaines de mètres, pièces qu’ils amènent successivements par un mouvement rapide, sous des cylindres métalliques sous lesquels on pousse et maintient des rampes à feu.
- Ces rampes lumineuses variant d’une à trois, et de la largeur du métier, se composent d’autant de tubes creux parallèles aux rouleaux et étroitement fendus au sommet pour donner passage au mélange gazeux destiné à produire la flamme.
- Des réglettes pénétrant à chacun des bouts dans l’intérieur de ces tubes servent à limiter la rampe de fer à la largeur du tissu à flamber qui peut varier de 0m,50 à lm,80.
- Le gaz à brûler est un mélange de gaz d’éclairage (1 partie) et d’air (12 parties), le premier arrivant sous sa pression habituelle de 25 à 30 et le second sous 80 m/m de colonne d’eau poussé par un ventilateur ; les les deux se réunissent, ce dernier prenant le premier par travers et d’entraînant dans un tube unique pour arriver dans le cylindre du répartiteur ou brûleur, et s’échapper enfin avec force par la petite fente longitudinale signalée plus haut. Ce gaz oxhydrique, allumé,brûle avec une flamme bleue à sa base, violette au-dessus, en dégageant une chaleur intense de chalumeau. Avec une proportion d’air moindre, la flamme serait blanche et fuligineuse, tandis qu’avec plus d’air, il y aurait extinction.
- Autrefois, on flambait les étoffes à la flamme de l’alcool.
- Le phénomène du sifflement exige, pour se
- produire, des conditions particulières. Telle grilleuse est non seulement silencieuse, mais encore on ne peut lui faire rendre ucune sons plus ou moins aigus ; telle autre vocalise, pour ainsi dire, en rappelant avec plus on moins d’amplitude les ondes sonores des harpes éoliennes ; telle autre enfin, comme celles qui nous occupent, siffle à outrance. J’en ai vu de toute espèce dans les dix ateliers que j’ai visités et j'en ai trouvé jusqu’à douze dans une seule maison de soieries. Il y a d’abord entre elle des différences de constitution correspondant aux trois modes de fonctionnement.
- Les machines silencieuses sont munies d’un double tube ; le tube intérieur persillé sur toute sa ligne horizontale apporte à plein bord le mélange gazeux dans la feute de la rampe à flamme.
- (A suivre.)
- LE CONDITIONNEMENT DU COTON
- Un bureau de conditionnement du coton vient d’être institué à Lyon, voici le texte du décret d’institution et du règlement d'administration intérieure de ce bureau :
- DÉCRET
- Article premier. — Un bureau public est établi à Lyon, dans le bâtiment de la condition des soies, pour le conditionnement des cotons : bruts ou filés, écrus ou teints. Les opérations dudit bureau sont facultatives ponr le commerce et l’industrie.
- Art. 2. — La condition des cotons sera régie sous la surveillance de la Chambre de commerce de Lyon, par le même directeur que la condition des soies et des laines.
- Art. 3. — Le traitement du directeur, Ie nombre des employés et agents à placer sous ses ordres ainsi que leurs appointements et salaires, seront fixés par la Chambre de commerce ; elle nommera à tous les emplois de la condition et pourra révoquer les employés:
- Art. 4. — Le procédé pour le conditionne-
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- ment des cotons aura pour base la dessication absolue.
- Art. 5. — Les produits de conditionnement des cotons appartiendront à la Chambre de commerce, chargée des frais d’outillage, d’installation, d’exploitation et d’administration.
- Art. 6. — Un bulletin de condition, signé du directeur, accompagnera toujours les échantillons prélevés pour le conditionnement, lorsqu’ils seront rendus à leurs propriétaires. Ce billet reproduira les dispositions du bulletin primitif, sans lequel ballot n’est admis à la condition ; il indiquera le nombre des échantillons soumis à la dessiccation absolue, leur poids avant et après cette opération, et le poids de dessiccation absolue du ballot total.
- Art. 7. — Il sera facultatif au vendeur et à l'acheteur d’assister à l’extraction des lots d’épreuves qui.se fera dans les bureaux de la condition.
- Art. 8. — Tous les poids seront reconnus et relevés contradictoirement, et leur identité Sera constatée avant de les soumettre au calcul. Tous les calculs seront faits et chif-frés en double.
- Art. 9. — Le tarif des droits à percevoir Pour le conditionnement des cotons est éta-bli comme suit :
- Pour chaque partie de coton, du poids total de 100 kilog. ou au dessous. 3 fr. 50.
- Pour toutes les quantités au dessus de 100 kilog., 0 fr. 035 par kilogramme.
- Ces tarifs pourront être révisés sur l’avis de la Chambre de commerce.
- Art. 10. — Les opérations de conditionn-ment des cotons seront faites sous la surveil-lance et la responsabilité du directeur.
- Art. 11. — Les comptes du bureau de conditionnement des cotons seront distincts de ceux des soies. Ils seront établis et tenus sous a surveillance de la Chambre de commerce, apurés pas elle, et soumis à l’approbation du Préfet, et qui en rendra compte au ministre.
- Art. 12. — Il sera dressé, par les soins de
- la Chambre de commerce, un réglement d’administration intérieure pour la régie de la condition des cotons. Ce reglement sera soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie.
- Les présents statuts, le règlement, ainsi que les modifications que l’expérience pourrait ultérieurement y introduire, seront affichés dans l’établissement même, de manière à ce que le public en puisse toujours prendre facilement connaissance.
- Art. 13. — Ce règlement est applicable aux cotons teints, et, dans ce cas, les avaries provenant des appareils de dessiccation seront à la charge du destinataire.
- REGLEMENT
- Article premier. — Les opérations du conditionnement du coton se feront à l’aide des appareils employés pour les soies, mais la température de l’air chaud ne devra pas dépasser 1050.
- Art. 2. — Tout ballot, pour être admis au conditionnement, devra être accompagné d’un bulletin portant son numéro, sa marque, les noms du vendeur et de l’acheteur. Aucun prélèvement d’échantillons ne se fera en dehors de l’établissement.
- Chaque ballot, à son arrivé, recevra un numéro d’entrée à la condition, et l’on suivra cet ordre de numéros pour le conditionnement.
- Art. 3. — Le poids brut du ballot sera reconnu à une balance sensible à deux déca-grammes et la tare de l’enveloppe, caisse, sache, etc., sera faite à une petite balance.
- Art. 4. — L’extraction des lots de condition sera faite comme pour la soie et la laine ; on prélèvera trois lots.
- Art. 5. — Il sera fait une opération distincte pour chaque ballot.
- Art. 6. — Sur les trois lots pesés séparément, deux seront soumis à la dessiccation absolue, le troisième sera mis en réserve, pour servir de contrôle s’il y a lieu.
- Art. 7. — Lorsque les résultats de la dessiccation des deux premiers lots présenteront
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- une différence n’excédant pas « demi pour cent », la moyenne du poids absolu servira de base pour fixer la perte ou le gain de l’échantillon entier.
- Lorsque cette différence excédera « demi pour cent », mais ne dépassera pas « un pour cent », le troisième lot mis en réserve sera soumis à la dessiccation absolue. Si la différence entre la perte au cent et celle des deux autres lots n’excède pas « un pour cent », les trois opérations réunies serviront à établir le poids absolu total de l’échantillon ; mais si elle excède « un pour cent », les trois lots seront mis de nouveau à la dessiccation absolue. Le résultat de cette dernière opération servira à déterminer le poids absolu de la totalité de. l’échantillon.
- Enfin, lorsque la différence entre les pertes au cent des deux lots de la première operation excédera!« un pour cent ».ces deux lots seront soumis de nouveau à la dessiccation ; le troisième lot y sera soumis de même et la moyenne résultant de cette opération, déterminera le poids absolu total de l’échantillon.
- Art. 8. — Le présent règlement sera soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie. Toute modification dont l’expérience démontrera l’utilité, devra être préalablement soumise à la même approbation.
- LE PROJET DE LOI RELATIF à la salubrité du travail et à la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels.
- Le 13 janvier 1887, M. Lockroy, alors ministre du commerce et de l’industrie, a présenté à la Chambre des députés un projet de loi relatif à la salubrité du travail et à la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels. Ce projet, dont l’examen a été renvoyé à la Commission du travail dans les manufactures, peut venir prochainement en diseussion. La commission lui fera sans doute hubir quelques medifientions.
- Notre législation, qui se préoccupe de l’insalubrité des diverses industries, au point de vue des dangers et des incommodités qui peuvent en résulter pour les voisins, ne prescrit des mesures pour assurer la salubrité ou la sécurité des travailleurs, que lorsque les enfants sont employés dans l’industrie; encore la loi appliquée dans ce cas est-elle relativement récente (19 mai 1874). La loi nouvelle aurait pour but de mettre pendant leur travail, les ouvriers « à l’abri des maladies ou des accidents devenus si fréquents depuis que l’usage des machines a pris une grande extension.
- Le projet se compose de trois titres :
- Le premier est relatif aux règlements concernant les établissements d’industrie, c’est-à-dire les manufactures, usines, mines, chantiers et ateliers de tout genre autre que les ateliers de famille où aucun ouvrier étranger n’est employé. Le comité consultatif des arts et manufactures et le comité consultatif d’hygiène publique prépareront des réglements généraux ayant pour but d’assurer dans ces établissements : l0 la salubrité tant intérieure qu’extérieure ; 2o la salubrité du travail qui y est exécuté ; 3 la sécurité des travailleurs qui y sont employés.
- Le titre II institue les inspecteurs adjoints de l’hygiène publique, chargés de l’inspection des établissements d’industrie, à l’effet d’assurer l’application de la loi et des règlements rendus pour son exécution.
- Le titre III est consacré à l’exécution et aux pénalités. Les tribunaux correctionnels puniront d’une amende de 50 à 2,000 francs toute infraction aux prescriptions de la loi ; pour la non execution dans le délai fixé des travaux d’amélioration prescrits, l’amende sera de 100 à 3,000 francs, de même que pour récidive, qui, en outre, entraînera, à la charge du contre vaut, les frais d’affichage et de pu-blication.
- A en juger par le titre qu’elle porte, cette lo1 semble devoir s’appliquer à tous les travail-leurs de l'industrie, sans aucune distinetion)
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- et c’est évidemment dans le sens le plus large de son application qu'elle a été conçue ; son texte, au contraire, et l’exposé des motifs, paraissent viser plus particulièrement les ouvriers conduisant des machines ou s’en servant. La rédaction actuelle pourrait peut-être laisser dans certains cas le doute se produire, à l’égard de l’application de la loi ; ainsi quand il s’agira d’un local où se font les études des machines exécutée dans une usine, la composition des dessins d’une broderie, etc, cette pièce devra-t-elle être considérée comme un atelier ou comme un bureau, et les individus qui y travaillent seront-ils des ouvriers ou des employés? dans la dernière hypothèse, la loi projetée aura-t-elle son ac-ùon et, par exemple, l’éclairage, l’aération, etc., seront-ils soumis aux règlements? En un mot, protégera-t-on au même titre tous les « travailleurs » de l’industrie au point de vue de la salubrité, de l’hygiène, comme on pro-Particulièrement contre les accidents de machines ou l’action des matières toxiques tous ceux qui, par leurs fonctions, seront appelés a se servir des unes ou des autres !
- S’il nous est permis d’avancer une opinion sur l’exercice de l’inspection, nous émettrons l'avis que, surtout dans les conditions actuel-les de notre budget, la création d’inspecteurs et d’inspecteurs-adjoints spéciaux ne nous Paraît pas indispensable, et que les inspec-leurs du travail des enfants pourraient être Ivestis des pouvoirs nécessaires pour sur-veiller à la fois, dans leurs tournées, l’application de la loi relative au travail des enfants mineurs, et de la loi nouvelle. Nous ne pen-sonspas qu’il soit nécessaire de nommer dans cet emploi des spécialistes, d’autant plus que les mesures à prescrire seront aussi bien, uivant le cas, du domaine de la mécanique °u de la chimie que de l’hygiène ; et que "ailleurs les inspecteurs seront, pour chaque 8enre d’industrie, guidés quant aux condi-bons générales à exiger, par les règlements dont l’élaboration sera confiée aux Comités consultatifs des arts et manufactures etd'hy-
- giène publique. Îl semble même à ce point de vue, que les inspecteurs du travail des enfants, ayant tous des connaissances techniques, seront à même, mieux que d'autres, de faire des observations utiles sur les moyens pratiques de concillier l’intérêt des industriels et l’exécution des règlements.
- D’ailleurs l’article 6 établissant que les inspecteurs de l’hygiène pourront être assistés dans leurs visites et enquêtes par les membres des conseils et des commissions d’hygiène publique délégués par les préfets, les agents en question pouvant être ainsi secondés, dans les cas où ils auront besoin de lumières spéciales, paraissent parfaitement en mesure de remplir toutes les charges de leurs nouvelles fonctions.
- En raison de l’intérêt qui s’attache pour les classes laborieuses, à la mise en vigueur de cette loi, il est permis d’espérer qu’elle sera promptement votée par le Parlement. Mais son application ne pourra être effective que dans un délai forcément éloigné, car elle n’aura établi qu’un principe, et le travail qui incombera aux Comités consultatifs chargés d’étudier les règlements généraux sera complexe et délicat ; il pourra demander un temps assez considérable.
- Léon Delphieu, Ing. civil.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Lyon. — Dubost (Jacques), nég. en cotons, quai St-Clair, 11. — S.: M. Regaed. — J. du 3 avril.
- Elbeuf. — Lecerf (Edouard-Edmond), ap-prêteur de draps, rue Mazagran, 49. — S.: M. Thuillier. — J. du 27 mars.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la société en nom collectif P. Montenot et fils, expi. de la maison de teintures Magnier « Au Chapeau rouge »,
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- rue de l’Hôtel-de-Ville, 69 et rue de Rivoli, 66. — Durée : 7 ans. — Cap.: 400,000 fr. — Acte du 1er mars 1888. — Bull. mun. du 31 mars 1888.
- Roubaix. —Formationde|lasociété en nom collectif A. Cocheteux, Deldicque et Wan-denbrocke, teinturiers, rue Racine. — Durée: 8 ans. — Cap.: 120,000 fr. — Acte du 8 mars 1888.
- Lyon. — Formation de la société en nom collectif Cholut, Crépet et Dumont, teinturiers rue Pierre-Corneille, 49 et 51. — Durée : 11 ans et 135 jours. —Cap.: 6.000 fr. — Acte du 10 fév. 1888.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er avril 1888, de la société J. Périgaud et Daloz, teinturiers, rue St-Joseph, 16 et 18, et boul. de la Croix-Rousse, 154. — Chacun des associés reprend sa maison personnelle. — Acte du 10 mars 1888.
- Lyon. — Dissolution, par suite de la cession par MM. Collioud et Joseph Berthoux de tous leurs droits à M. François Berthoux, de la Société de fait existant entre eux trois sous la raison Berthoux et Cie, apprêteurs, rue Vieille-Monnaie, 21. — Liquid.: M. Ray, défenseur. — Acte du 24 fév. 1888.
- Tours. — Dissolution, à partir du 5 mars 1888, de la société de fait Sardou et Ricart (brunissage et autres couleurs de peaux). — Liquid. : MM. Brottier et Drouaux, agréés. — Acte du 3 mars 1888.
- Lille. — Dissolution, à partir du 10 mars 1888, de la société Blondel et Cie (teinturerie de laine, coton, etc.), à Fiers. — Liquid: les associés. — Acte du même jour.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- St-Etienne. — Prorogation, au 1er janvier 1895 de la société C. Targe, Four et Derrieux (teinture à façon de la soie), à St-Chamond. — Cap. : 50,000 fr. — Acte des 31 janv. et 2 fev. 1888.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- M. Moriaz a vendu à Mlle Leuilliot, rue La-condamine, 10,11 mars, un fonds de teinturerie, rue Durantin, 28.
- Mlle Fastré a vendu à M. X..., rue Mes-lay, 50, chez M. Hardy, de suite, un fonds de teinturerie, avenue d’Amsterdam, 52.
- Mme Pégneaux a vendu à M. X..., rue des Mathurins, 25, chez M. Perrin, de suite, un fonds de teinturerie, avenue Trudaine, 33.
- M. Valés a vendu à M. X..., rue de Meaux, 14, chez M. Pagès, 25 mars, un fonds de teinturerie, rue des Chaufourniers, 7.
- Mme Monge a vendu à M. X..., rue des Halles, 26, chez M. Dorlet, 1er avril, un fonds de teinturerie-nettoyages, rue des Vinaigriers, 53.
- M. Saint a vendu à M. X..., rue de Paris, 137, Saint-Mandé, chez M. Richard, de suite, un fonds de teinturerie, rue Miromes-nil, numéro non indiqué.
- M. Motard a vendu à M. X... ,rue de Poissy, 6, chez MM. Blaesz et Cie, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Clignancourt, 13.
- Mme Vildé a vendu à Mlle Roevens, rue de Tourtille, 44, 1er avril, un fonds de teinturerie, rue Condorcet, 64.
- Mme veuve Bazan a vendu à M. X...,rue Richer, 46, au cabinet le Mentor, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Maubeuge, 100.
- M. Révocat et Cie ont vendu à M. Sellier, boul. du Temple, 10, de suite, un fonds de teinturerie, boul. du Temple, 10.
- Mlle Lallement a vendu à Mme Seintier rue de la Verrerie, 52, chez M. Buchillet, 1er mars, un fonds de teinturerie, rue Cujas, .
- M. Lecointe a vendu à M. X..., rue Jean'
- Q Jacques-Rousseau, 23, chez M. Jacquin, avril, un fonds de teinturerie, rue de Mos cou, 23.
- M. Ribaucourt a vendu à Mme veuve Des granges, rue des Messageries, 23 bis, 16avrib un fonds de teinturerie, rue des Messageries 23 bis.
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- 32e Année, Ne 10. BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mai 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L'ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- DU CHLORURE D’ANTIMOINE.
- LES ATELIERS D’APPRÈTEURS.
- CHROMOGRAPHIE. — JURISPRUDENCE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. - ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, ^analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES FILS EN ECHEVEAUX par MM. H. David et Cie
- Le procédé est basé sur l'immersion complète de l’écheveau dans le bain de teinture, au moyen de deux bâtons placés parallèlement et à une distance telle que non-seulement l’écheveau suspendu verticalement ne soit pas tendu, mais encore qu’il existe un espace assez grand entre le bâton inférieur et le bas de l’écheveau.
- Cette disposition évite le feutrage et facilite la pénétration de la teinture, attendu que, par l’effet de l’ébullition, les brins de l’écheveau peuvent s’écarter les uns des autres, de plus, le déplacement de l’écheveau sur le bâton qui le supporte, au lieu d’être continu, 8 effectue alors, sans inconvénient, d’une façon intermittente, soit simplement à la main, soit à l’aide d’un double mouvement alternatif, Imprimé verticalement et horizontalement à un cadre qui solidarise tous les supports des écheveaux.
- Le liquide colorant est, d’autre part, cons-tamment agité par des palettes, des pistons, des injecteurs ou dispositifs équivalents.
- Quant aux « bâtons 9, ce sont des tringles en cuivre, recouvertes d’une gaine tubulaire en caoutchouc. Dès que la garniture est usée, on la remplace en passant un tube neuf sur la tige.
- TRAITEMENT AVANT TEINTURE DES ÉTOFFES SOIE ET LAINE MÉLANGÉES Par MM. Cadgène et Cie.
- Les procédés de teinture des tissus soie et aine donnent habituellement un produit terne, feutré, rugueux au toucher, par suite du recroquevillement de la laine lors de son passage à travers les bains de teinture, notamment à travers les bains alcalins à température élevée.
- Pour obtenir un apprêt lisse et brillant, MM. Cadgène et Cie font subir à l’étoffe une préparation, qui a pour résultat de » neutraliser » la laine, d’en empêcher le feutrage. L’étoffe est enroulée très serrée et tréstendue dans un cylindre creux, percé, sur tout le pourtour, de petits trous rapprochés ; ce cylindre étant noyé dans un récipient rempli d’eau bouillante, les perforations ont pour but de livrer passage au liquide.
- Après 1 heure 1[2 d’« ébouillantage », le tissu est apte à subir les opérations de la teinture, qui n’exigent jamais une température supérieure à 70 ou 80°.
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- DEGRAISSAGE ET FOULAGE DES FILS ET ETOFFES DE LAINE
- Par M. et Mme Rohart.
- En raison de l’affinité des matières grasses pour le soufre, les brevetés proposent de faire agir, au cours du dégraissage et du fou-foulage, un sulfhydrate de sulfure. Le corps gras s’empare du soufre, forme un savon soluble en se combinant avec la base du sulfure (sodium ou potassium) et les résultats sont aussi avantageux qu’avec les procédés ordinaires où interviennent le savon et le carbonate de soude.
- L’important est de procéder à un trempage des pièces (qui doivent être foulées le lendemain) dans de l’eau aussi pure que possible, additionnée de sulfhydrate. Le temps de l’égouttage est également favorable au succès du traitement. Le foulage s’effectue avec de l’eau contenant aussi une certaine proportion de sulfhydrate. Le dégraissage a lieu comme de coutume.
- BROYEUSE A LIN Par M Delattre.
- L’appareil comporte :
- 1 Une paire de cylindres cannelés en fonte, qui engrènent l’un avec l’autre et entraînent la matière broyée ;
- 2 - Une paire de rouleaux en bois, rayés ongitudinalemement pour empêcher les glissements et chargés de pousser la poignée dans une sorte de tiroir, qui constitue la particularité caractéristique de l’invention.
- Ce tiroir, situé immédiatement après les rouleaux en bois, a pour but de « fouler », d’assouplir le lin ; il se compose de deux parties cannelées intérieurement. La partie inférieure est fixe, la partie supérieure s’ouvre et se ferme comme le dessus d’un livre, à l’aide de charnières adaptées du côté opposé à l’entrée. De plus, cette couverture ou mâchoire supérieure est chargée de poids, qui peuvent être augmentés ou diminués selon la nature des lins à travailler.
- MOULIN POUR TEILLAGE Par M. Casse.
- Il existe plusieurs moyens pour débarrasser les fibres du chanvre, du lin, etc., de la paille ou écorce qui les entoure. L’une des méthodes les plus usitées consiste à broyer ou à piquer les tiges fibreuses, puis à les battre à l’aide de moulins horizontaux ou verticaux.
- Ce système présente l’inconvénient de fatiguer la filasse.
- Avec la machine brevetée par M. Casse, les matières textiles sont étendues, frottées, traînées diagonalement sur les angles vifs de deux séries de volants, reliés entre eux par des palettes batteuses.
- La pince servant à suspendre les « poignées » est continuée et constituée par plusieurs câbles sans fin, qui cheminent parallèlement sur des poulies à gorge ; c’est-à-dire que les poignées se trouvent serrées d’un bout entre les câbles et les peignes de guidage.
- Pendant sa translation, la filasse reçoit successivement les chocs des deux groupes de batteurs, qui tournent en sens contraire et frappent sur les faces opposées. Simultanément, les arêtes vives des volants porte-palettes déterminent des frottements suivant une direction oblique, qui facilite le détachement des parties corticales et l’étalage des fibres, sans emmêlage.
- MACHINE A DÉCOUPER LES BRODERIES GUIPURES, ETC-
- Par MM. Rittmeyer et Cie.
- Le principe de cette machine peut se résumer comme suit :
- Transmission d’un mouvement rapide de va-et-vient dans la direction verticale, à un petit couteau pouvant se déplacer et évoluera la main dans tous les sens pour découper 1 6 toffe partout où il est amené.
- La partie inférieure du porte-couteau est enveloppée d’une gaine, qui tourne aisément entre le pouce et l’index et sert à diriger la pointe du couteau sur l'étoffe tendue horizon-
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- talement par deux cylindres parallèles. Contre le couteau et également à l’intérieur de la gaine est une petite plaque d’acier, terminée vers le bas en forme de crochet aigu avec encoche. La pointe du couteau rencontre l’étoffe en même temps que celle-ci est saisie par l’encoche, dont le bord inférieure est tranchant ; ce bord forme ainsi avec le couteau une véritable paire de ciseaux à bras non articulés.
- FABRICATION DE DESSINS D’OMBRELLES SUR MÉTIERS A TULLE Par M. Cordier-Levray.
- Jusqu’ici les dessins d’ombrelles ont été découpés dans des lès, par conséquent sans harmoniser les dessins avec la forme particulière de l’objet à recouvrir.
- M. Cordier-Levray fabrique des bandes triangulaires, séparées par un simple fil, dont les bases et les sommets alternent régulièrement. Une ligne de petits anneaux, ou œillets, ménagée sur les bords de chaque triangle, sert à la fixation du motif, de manière à rendre le rattachement invisible.
- (Reproduction interdite.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 186997. 15 nov.; Meinert.— Mécanisme régulateur ou procédé et appareils pour régulariser automatiquement la conduite des tis-sus, feutres, toiles à tamis, papiers, cartons, etc., conduits par des cylindres conducteurs. 187021. 18 novembre ; Pervilhac. — Nou-veau genre de sommier pour polisseurs d'é-toffes et tous genres de machines ayant be-soin de sommiers ou tampons non rigides.
- Ce sommier se compose d’un cadre ou réservoir dans lequel on introduit du mercure et fermé à sa partie supérieure par une peau ou toute autre surface souple obviant à l'échap-Pement de ce mercure.
- On peut alimenter ce réservoir de mercure par un tube ayant à son extrémité une petite pompe ou organisation de leviers et poids permettant de refouler plus ou moins le mercure. On peut aussi adapter en dessous ou sur les côtés, des vis de pression ou ressorts.
- 187037. 17 novembre; Brigot. — Perfectionnements aux machines à élargir, dites machines à étirer ou ramer les tissus.
- Les perfectionnements qui font l’objet de ce brevet, reposent sur les points caractéristiques suivants :
- 1- La combinaison dans les machines à élargir de disques divergents ou chemins élargisseurs avec des picots porte-lisières.
- 2- La combinaison de disques divergents avec des guides d’étoffes spéciaux, disposés à l’avant pour redresser les lisières avant leur mise en picots.
- 3- La combinaison des disques divergents avec des rouleaux en caoutchouc pour la mise en picots des lisières du tissu à élargir
- 4 La combinaison des disques divergents avec des courroies détacheuses de l’étoffe ramée.
- La commande directe de l’arbre brisé des disques divergents par une roue d’engrenage à calage spécial.
- 187059. 21 novembre; Société Martinel fr.— Nouvelle rame discontinue à rotation et ventilation.
- Cette rame se compose de deux fortes bras-sures parallèles traversées en leur centre par un arbre et portant des barres fixes à piquer.
- L'une des brassures est calée directement sur l’arbre , la seconde est calée sur un manchon qui peut au moyen d’une clé fixe qui lui est adaptée, coulisser parallèlement dans une rainure droite pratiquée sur l’arbre. Ce manchon est commandé dans son mouvement par un volant à main calé sur une pièce formant écron sur un filetage de l’arbre.
- Deux poulies folles et fixes calées à l’une des extrémités du même arbre, permettent de
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- lui communiquer un mouvement de rotation.
- L’un des plateaux ou croisillons est muni de tôles formant cornet et dont toutes les ou-vertures se trouvent de même sens par rapport au mouvement de rotation.
- Enfin les deux plateaux ou croisillons portent les barres à piquer des rames, fixes. Ces barres peuvent être disposées suivant deux lignes en spirales parallèles ou en lignes brisées également parallèles.
- 187109. 21 novembre ; Coste. — Tissu cuir en bourre de soie pure dite : costaline.
- 187145. 23 novembre ; Poland. — Perfectionnements aux machines à rouler les rubans.
- L'objet du brevet consiste à obtenir dans les machines à rouler les rubans une vitesse variable par l’application à ces machines d’un mode connu de transmission de mouvement par frottement, consistant en un disque en traînant par frottement ou adhérence, une roulette dont on peut faire varier à volonté la distance au centre du disque.
- 187155. 23 novembre; Carrol (Mme). — Nouveau produit tinctorial à base végétale pour teindre et empeser à froid,
- Ce nouveau produit est composé principalement de la substance végétale dite « fleur d’amidon » prise à l’état de poudre chimiquement pure. A cette substance qui ne possède aucune propriété colorante, on incorpore de l’aniline marron soluble dans l’eau et de l’aniline noir également soluble. Ces deux produits sont mélangés avec la fleur d’amidon et forment une pâte que l’on fait sécher dans une étuve. Une fois l’évaporation complète, la poudre est pulvérisée et tamisée pour obtenir une certaine impalpabilité.
- J. FAYOLLET,
- Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE L'ANNÉE TINCTORIALE A LYON EN 1887
- (Suite)
- J’ai parlé du rouleau mateur, qui rend de très grands services et qui est peut-être appelé à en rendre de plus grands encore. Si vous le voulez, chers lecteurs, nous allons le décrire aussi clairement que possible, en l’absence de tout dessin.
- Comme son nom l’indique, il a pour but de faire des mats unis, qui sont, grâce à son intervention, d’un unisson parfait. Il n’en est pas de même avec les planches en bois de grande surface ; unies, malgré l’habilité de l’ouvrier, tous les raccords des planches se connaissent. Néanmoins, l’emploi de ces dernières est indispensable pour les carrés à fonds, où la teinte de fond ne suit pas constamment dans la pièce.
- Le rouleau mateur ressemble à première vue au rouleau ordinaire : c’est un cylindre creux en cuivre ayant un diamètre extérieur de 0,30 à 0,40 c., et à surface soigneusement dressée. Mais tandis que le rouleau ordinaire présente en creux des dessins quelconques, des rayures, fleurs, motifs, etc., obtenus comme je l’ai dit précédemment, par la gravure à la molette, le rouleau mateur offre une gravure presque imperceptible à première vue, et s’étendant dans toute la longueur correspondant à la largeur du tissu.
- Avec un rouleau ou cylindre mateur, on peut d’ailleurs faire des nièces plus étroites que sa longueur. Tout le monde connaît ce que l’on appelle du miel en peigne, tel qu'il sort de la ruche avec ses alvéoles hexagonales dont les parois sont formées par la cire, et le contenu constitue le miel. Si l’on examine le miel en peigne, on reconnaît une merveille de patience, de précision dans la disposition et la régularité des alvéoles.
- Or, le rouleau mateur, examiné à la loupe, ne nous offre pas autre chose qu’une série de chambres hexagonales où les parois sont en
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- cuivre et l’intérieur est en creux, obtenu par des molettes en acier où le creux des hexagones du rouleau est obtenu par des hexa- ] gones en relief.
- Les hexagones sont plus ou moins petits. Les plus fins sont pour les rouleaux destinés à des tissus très peu épais, lorsqu’il faut donner peu de couleur ; les plus gros sont pour les tissus épais, lorsqu’il s’agit de donner plus de couleur. Dans un atelier bien outillé, il faut donc un jeu de rouleaux mateurs.
- Avec des mateurs à fines alvéoles et des tissus épais, on peut arriver à produire des impressions doubles faces — un vert à l’en-droit, par exemple, et un rouge à l’envers. La quantité de couleur donnée à chaque face suffir juste pour mouiller un côté sans pénétrer le tissu. La couleur épaissie, préparée à l’avance, soigneusement tamisée, est contenue, comme pour les rouleaux ordinaires, dans une bâche en cuivre, où le cylindre baigne par sa partie supérieure ; constamment il emmène de la couleur, et constamment on remplace celle -ci par de la nouvelle.
- Au sortir de la bâche, un racle ou docteur essuie le rouleau, qui ne garde de la couleur que dans les alvéoles, et à la partie supérieure il vient avec une pression plus ou moins forte se mettre en contact avec le côté du tissu à un prisme qui est attiré constamment et va s’enrouler sur un tambour; mais avant d’en arriver là, le tissu passe sur des sécheurs à vapeur, de sorte que le tissu enroulé est sec.
- De là, il va au vaporisage, puis au rinçage, etc.
- La teinture en pièces, qui se fait aujourd’hui en barque, se fera certainement un jour en grande partie au rouleau mateur. Il y aura rapidité de travail, économie de main-d’œuvre et de couleur. Mais pour ce, il faut un certain nombre de pièces à faire de la même nuance.
- Dans l’état actuel, où sur cent pièces mises en teinture, il y a quelquefois quarante nuan-çes, cela ne serait pas avantageux, vu le
- temps à perdre pour mettre un rouleau en mouvement.
- Le grand avantage de ce genre de teinture, lorsqu’on a des grandes quantités à teindre, c’est qu’une fois la couleur ajustée, l'on peut marcher jour et nuit sans échantillonner, pourvu que l'on entretienne dans la bâche toujours la même préparation épaissie.
- A l’enlevage blanc de Durand, de Bâle, j’ai fait faire une addition qui a donné des résultats très heureux, qui s’est faite en grandes quantités, et se fait encore. C’est celle d’une matière jaune irréductible par l’acide hydrosulfureux, produit par la réaction du bisulfite de soudre sur le zinc en poudre.
- On a produit ainsi un enlevrage orange éclatant. La matière colorante pure ajoutée était dans le temps la xanthine, de MM. Destrée et Wiesher, de Bruxelles, devant sa couleur à un jaune analogue, sinon identique, avec la couleur jaune de la phosphine ou chrysaniline.
- Si donc, sur un fond de couleur d’aniline bleu ou rouge, ou violet, l’on imprime un mélange épaissi de gomme, de zinc en poudre, de bisulfite de soude et de xanthine ou de phosphine qu’on vaporise, etc., il restera finalement un fond bleu ou autre, avec des dessins jaunes éclatants soigneusement encadrés et du plus heureux effet. Comme pour l’enlevage blanc, on peut faire l’inverse, imprimer d’abord l’enlevage en rongeant jaune et mate la couleur par dessus, au rouleau pour les pièces à fonds sans solution de continuité, et à la planche de bois pour les carrés à solution de continuité dans les fonds.
- Les produits obtenus sont bien un peu éclatants et quelquefois trop éclatants pour nos yeux, mais ils ont un très grand succès pour le Brésil et le- pays de l’Amérique du Sud ; ils s'harmonisent avec les couleurs des oiseaux et de la végétation de ces contrées. Il en est de même pour les noirs sur soie destinés à la Russie ; d’un bleu trop pâle pour la France,
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- DE LA TEINTURE
- ils s’allient admirablement avec le ciel bleu vaporeux de ces plaines sans limites.
- D’après les mêmes principes, on a fait des genres tigrés du plus heureux effet, en teignant ou imprimant en uni des foulards soie en gris d’aniline (indigo artificiel, induline, etc.; bref, ce produit est connu sous divers noms), de manière à avoir une nuance aussi foncée que possible, presque noire.
- Puis dessus, l’on imprimait un enlevage blanc et un enlevage orange. En vaporisant l’enlevage blanc ne réduit qu'imparfaitement le gris d aniline et il reste toujours un ton gris très prononcé ; et avec l’enlevage orange, la couleur orange se marie au ton gris et produit un ton jaune rabattu. Si l’on a imprimé des dessins convenables, l’on a des effets complets imitant une peau de tigre.
- Fait à noter. L’enlevage blanc ou orange donne de très mauvais résultats sur les tis sus coton. Le zinc durcit la fibre végétale, il impossible de ramener la douceur, même par des lavages, battages et avivages prolongés. Il faut d’ailleurs, même pour la soie, attacher une très grande importance à ces opérations pour garder le toucher soyeux.
- Outre l’enlevage blanc et orange, l’on a créé quelques autres enlevages, mais qui ont eu moins de succès. On a fait des enlevages en bleu de cuve sur fonds d’autres couleurs, en violet Pékin sur d’autres nuances. De même, on a marié ces divers enlevages et obtenu des effets plus ou moins sérieux.
- Marius Moyret.
- (A suivre.}
- (Reproduction interdite.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite.}
- Chairs et Saumons.
- Les nuances chair sont des couleurs roses très pâles, tirant un peu sur le jaunâtre. Les « saumons » sont des couleurs roses franche—
- ment jaunâtres, et tenant le milieu entre les roses proprement dits et les orangés clairs.
- Les chairs et les saumons peuvent s’obtenir par le mélange de la cochenille ou de la rougeur avec un jaune quelconque (graine de Perse, acide picrique , jaune de naphtol, jaune solide, etc.), par la combinaison de la fuchsine ou de la safranine avec ces mêmes matières colorantes jaunes.
- Les procédés de teinture et les proportions d’ingrédients à employer sont ceux que nous avons déjà donnés dans les précédents numéros du « Moniteur de la Teinture ».
- Mais on obtient plus particulièrement de jolies nuances, ayant la vivacité désirable, avec l’éosine (ton jaunâtre), l’éosine et le jaune de naphtol, l'érythrosine jaunâtre (pour les chairs), les orangés rougeâtres, les ponceaux rougeâtres et le mélange de ponceau et d’orange.
- Les couleurs chair et saumon exigent beaucoup de prudence dans le garnissage du bain de teiniure, car non seulement il entre très peu de matière colorante dans leur composition, mais en outre, les produits employés sont très riches en principe colorant, surtout les jaunes et les orangés. Du reste, règle générale, plus une couleur est claire, plus elle demande d’attention de la part du coloriste pour éviter qu’il ne « s’enfonce ».
- Chairs avec l’èosine
- L'éosine d’un ton jaunâtre convient bien pour l’obtention des couleurs chair. La laine se prépare avec l’un des mordants suivants : alun épuré, sulfate de soude, acide acétique, phosphate de soude et tartre blanc cristallisé. Les proportions sont celles déjà données précédemment au chapitre des cerises et roses à l’éosine.
- Saumons et chairs avec l'éosine et le jaune naphtol
- Ce procédé de teinture donne des nuances très vives et très brillantes. Pour 100 kil. de laine on garnit sur « bain fait » avec :
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- 2 kil. de tartre blanc cristallisé :
- 0 kil. 500 de bichlorure d'étain.
- On entre les pièces à tiède, on les ma- ' nœuvre pendant vingt minutes afin qu’elles | s’imprègnent bien de mordant, puis on ajoute | peu à peu les quantités d’éosine et de jaune | naphtol nécessaires pour atteindre la nuance | demandée. On donne de nouveau quelques tours sans chauffer, puis on élève graduellement.la température du bain jusqu'au petit | bouillon. On maintient cette température jus- | qu’à la nuance voulue. Ensuite on abat au | large, on évente et on lave.
- On peut aussi mordancer la laine avec le 1 sulfate de soude et l’acide sulfurique dans les ! proportions suivantes, calculées pour 100 kil. | de laine.
- !
- 12 kil. de sulfate de soude ;
- 3 kil. d’acide sulfurique ;
- 0 kil. 500 de bichlorure d’étain.
- On opère ainsi qu’il vient d’être dit plus haut.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.)suivre). |
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- {Suite.}
- No 5. Bleu Paon.
- A. — Pour 1 kil de matière suffisamment blanchie, faites un bain avec : Eau 20 kil.
- Bleu méthylène B 5 gr. sans addition de mordant.
- Entrez vivement la matière à teindre dans ce bain chauffé à 70-80 c. Remuez pendant 20 minutes, puis abattez et rincez.
- Observation. — La couleur obtenue est assez belle, mais elle est inférieure aux deux bleus paons qui suivent. Sa solidité est suffisante.
- B. — Pour 1 kil. de matière blanche pré- ’
- Parez le bain suivant :
- Eau 20 kil.
- Bleu méthylène B 5 gr.
- Alun 100 gr.
- Entrez à 80° .c. Manœuvrez bien, pendant 20 minutes à cette température, puis retirez et rincez.
- Observation. — La couleur est belle; supérieure à la précédente, mais inférieure a celle qui suit. Sa solidité est bonne.
- C. — Pour 1 kil. de matière blanchie, préparez le bain suivant :
- Eau 20 kil.
- Bleu méthylène B 5 gr.
- Emétique 20 gr.
- Chauffez ce bain à 80, et entrez-y vivement la marchandise. Manœuvrez pendant 20 minutes, puis abattez.
- Observation. — Cette couleur est la meilleure des trois ; elle est unie et suffisamment vive. Elle résiste bien à l’action combinée de l’air et du soleil.
- Le mordançage au sumac n’a produit aucun résultat : le bain n’a pas tiré et la matière s’est teinte très inégalement.
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- EMPLOI DU CHLORURE D ANTIMOINE POUR LA FIXATION DES COULEURS DÉRIVÉES
- DU GOUDRON Par M. G. Watson.
- Dans ces derniers temps, on a proposé dans ce but plusieurs substances comme succédanés du tartre stibié (émétique), de l’oxalate double d’antimoine et de potasse, de la solution sécaline de l’oxyde d’antimoine dans la glycérine ou dans la glucose, etc. Le chlorure d’antimoine était rejeté dans la plupart des applications qu’on eût essayées, à cause de sa trop facile précipitation en présence de l’eau. Ce défaut disparaît quand le chlorure d’antimoine est à l'état de sel double, soit de sodium, soit de magnésium : ce dernier surtout paraît, d’après l’auteur, remplir absolument
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- le but. La formule du bain qu’il recommande, en faisant usage du chlorure d’antimoine ordinaire du commerce, est la suivante :
- Eau............................... 45 litres.
- Sel ordinaire..................... 14 kilog.
- Chlorure de magnésium (cristallisé) 9 —
- Si l’on veut éliminer le sel de cuisine, il faut élever la dose de chlorure de magnésium à 28 kilogrammes pour 45 litres d’eau.
- Les avantages que présente sur le tartre émétique le chlorure d’antimoine ne consistent pas seulement dans une diminution de prix, mais dans une grande facilité avec laquelle se produit la fixation sur les tissus de coton préparés au tanin par le chlorure. Le tannate d’antimoine est insoluble dans les solutions de sel marin, et il ne se produit pas d’enlèvements accidentels de laque, la précipitation étant complète. Comme, à mesure de son emploi, le bain s’acidifie, il convient de le diluer avec de l’eau progressivement, afin d’éteindre l'acidité en partie. A l’aide de cet expédient, on peut épuiser complètement les bains, et, après les avoir neutralisés par un alcali, on peut réutiliser les résidus de chlorure de sodium et magnésium, pour de nouveaux bains, en ajoutant la proportion voulue de chlorure d’antimoine.
- {L'Industrie, revue technique.)
- CHROMOGRAPHIE
- La gélatine a la propriété d’absorber avec facilité les couleurs dérivés du goudron : le violet de Paris, la fuchsine, etc.
- Si, sur une feuille de papier, l’on écrit ou l’on dessine avec une dissolution de violet de méthylaniline par exemple, puis que l’on applique cette feuille, dont l’encre doit être sèche, sur une plaque de gélatine molle, cette dernière absorbera l’encre en reformant identiquement les différentes lignes qui auront été tracées sur le papier. On pourra reproduire ce dessin autant de fois qu’il plaira. Il suffit pour cela d’appliquer une feuille de papier sur
- la plaque de gélatine, puis de passer légèrement la main sur le verso de cette feuille, afin de la faire adhérer, après quoi on la sépare. On aura ainsi « chromographié ». On voit par cette définition tout expérimentale, combien sont multiples les applications de la chromographie.
- On prépare de la manière suivante la plaque de gélatine qui sert de chromographe : On dissout au bain marie 100 grammes de gélatine en petits morceaux dans 200 grammes d’eau. Lorsque la dissolution est complète, on ajoute 400 grammes de glycérine et 50 grammes de glucose; on agite eton tamise si c’est nécessaire, puis on coule dans un vase rectangulaire à rebord peu élevé. On enlève les bulles et la mousse superficielles et on laisse refroidir. Lorsque la gélatine est prise, on peut faire le tirage. La pâte ainsi obtenue doit être molle et collante.
- L’addition de glycérine dans cette pâte a pour but de la maintenir visqueuse. L’emploi du glucose sert à la rendre hydrométrique. Le glucose peut être pris en sirop.
- Voici la préparation d’une encre violette qui est excellente pour chromographier.
- On prend 1 gramme de violet de méthylaniline, on le dissout dans 5 grammes d’alcool, puis on étend cette dissolution de 5 à 10 grammes d’eau.
- En substituant la fuchsine au violet, on obtient une encre rouge.
- Le coût de la pâte chromographique, préparée comme nous venons de l’indiquer, est très minime. Voici le prix de revient d’un chromographe de vingt centimètres de longueur, 15 centimètres de largeur, sur environ
- 1 centimètre d’épaisseur :
- 100 gr. eau, »
- 50 gr. de gélatine à 2 fr. le kil , 0.10
- 200 gr.de glycérine à 1 fr. 501e kil., 0.30
- 25 gr. de glucose, 0.05
- Total 0.45
- Nous donnons ici diverses proportions pour la préparation des pâtes chromographiques:
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le mode opératoire est celui employé ci-dessus.
- Deuxième préparation
- Eau, 375 gr.
- Gélatine, 100 »
- Glycérine, 375 »
- Kaolin, 50 »
- (Lebaigue).
- Troisième préparation
- Eau, 200 gr.
- Gélatine, 100 »
- Glycérine, 800 »
- Dextrine, 100 »
- Sulfate de baryte, 50 »
- (C. M.).
- Quatrième préparation .
- Gélatine, 1000 gr.
- Glycérine, 1200 »
- Bouilliede sulfate de baryte
- taxé par décantation, 500 c. c.
- (W. Wartha).
- Cinquième préparation
- Eau, 500 gr.
- Gélatine, 100 »
- Glycérine, 400 »
- (Kwaysser et Husak).
- Sixième préparation
- Eau, Gélatine, Glycérine,
- 300 gr
- 100 »
- 700 »
- C. Muller.
- (Reproduction interdite.)
- LES ATELIERS D AFFRETEURS (Suite)
- Dans les grilleuses que nous nommerons chanteuse ou moyennement bruyantes, on remarque de la partie supérieure du cylindre, plus ou moins rond et constituant la base de la rampe, une section à angle droit s’ouvrant sous la fissure porte-feu, tandis que pour les sifflantes le cylindre n’est point rond mais Piriforme, large à la base, rétréci à son som-met terminé supérieurement par une sorte de
- premier étranglement qui est très marqué, puis suivi d’un renflement conique qui va se perdre dans les lèvres de la fissure longitudinale.
- On observe donc, dans les premières, une arrivée simple et à plein bord du gaz divisé par les pertuis du tube intérieure persillé et dans les autres un et même deux rétrécissements plus ou moins accusé ; il y a donc pour ces dernières plus de résistance et conséquemment plus de force dans l’écoulement ou jet du gaz à brûler.
- Eh bien ! dans les trois cas, le mélange gazeux lorsqu’il n’est point allumé s’échappe sans bruissement différentiel bien sensible ; mais dès que le feu est communiqué, la flamme s’élève à 3 ou 4 travers de doigts de hauteur, bleu pâle à sa base et un peu rougeâtre au sommet avec cette circonstance que les plus puissantes donnent lieu à des vibrations sonores plus on moins aiguës. Puis, lorsque cette même flamme est poussée et écrasée sous les rouleaux métalliques porte-pièces, l’intensité du son augmente, atteint son maximum d’acuité et sous les langues de la flamme renversées en deux parts, on observe dans les bords de celles antérieures refoulées jusqu’à la base devenue plus bleue, des sortes de mouvements giratoires.
- En fait, il y a là des phénomènes de sonorité produits en raison directe de la pression des gaz et dont l’intensité augmentée par l’étranglement préposé à leur sortie, est encore accrue par la haute température de la flamme brisée, c’est-à-dire tant par la pression donnée que finalement par l’appel plus énergique du gaz à brûler, comme si la plus grande somme de calorique produite ajoutait au tirage.
- Le phénomène dont il s’agit est-il analogue à celui de « l’harmonica chimique » avec série de petites détonations, suivant l’interprétation connue, et se confondant en une projection persistante ? Les lames épaisses en bronze ou en fer entres lesquelles existe la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fente à feu jouent-elles, comme les corps solides mis en contact avec le diapason vibrant, le rôle de résonnateur ? Toujours est-il que si l’on commande à l’ouvrier de MM. A... de faire taire sa machine sans qu’elle cesse de fonctionner, il lui impose silence en diminuant la pression, c’est-à-dire le diamètre du trou d’arrivée des gaz, en fermant un peu son robinet central, surtout l’aërifére.
- Ailleurs, j’ai obtenu le même résultat ; ce que voyant, on est tout heureux de conclure à la possession du remède, à la solution trouvée.
- Eh bien ! au point de vue de l’industriel, il n’y a rien de fait, car ce sifflement qui nous offusque est pour lui un signe de maximum d’effet sur lequel il compte pour faire prévaloir la supériorité de son appareil, et en même temps, dit-il, le haut mérite de son travail. Or, à l’appui de son assertion, en une seule « passée », le tissu est régulièrement et parfaitement flambé, c’est-à-dire, privé du duvet ou villosités qui ternissaient son éclat; avec les silencieuses, on est obligé de passer 3 et 4 fois l’étoffe sur les rampes et, dans un atelier possédant une douzaine de grilleuses, c’est, au dire de tous les ouvriers, la siffleuse qui fonctionne le mieux.
- En résumé, de ces longs détails, que devrons-nous conclure, sinon que les inconvénients signalés doivent, dans l’intérêt général, d’une manière ou d’une autre, être notablement atténués ?
- Deux ou trois solutions se présentent à la pensée : la première, plus théorique, consiste à rechercher, par exemple, à uniformiser la pression des gaz, comme dans les expériences de gaz oxydrique sur le bâton de craie, dans le but de produire le maximum de chaleur et d’incandescence. L’assimilation peut aller plus loin, car avec le mélange d’oxygène et d’hydrogène purs, donnant beaucoup plus de calories que l’hydrogène carboné et l’air ici employés, on pourrait notablement diminuer la pression sans rien perdre de l’effet industriel voulu. Mais de ce côté, quelle se
- rait la part économique ? L’oxygène pourrait être remplacé par de l’air, mais l’hydrogène souvent arsénié devrait être pur, etc...
- La seconde consisterait à modifier l’étranglement qui précède la sortie des gaz.
- La troisième, plus pratique et plus immédiate, si elle est suffisante, consisterait à enlever ces grilleuses logées dans un appartement avec fenêtres ouvertes sur la rue, à les transporter au centre de l’établissement qui possède de vastes locaux et les fermer dans une pièce munis au besoin de doubles parois avec intervalle amortisseur.
- Nous ajouterons une observation, à savoir que l’espace consacré aux grilleuses soit fermé avec fenêtres constamment closes pendant le travail ; mais, vu la chaleur et la grande quantité d’acide carbonique produite, une ventilation énergique sera nécessaire. En effet, un minimum de 200 litres d’hydrogène bi-carboné brûlé, dans l’espèce, en moins de 5 minutes, égale 83 litres d’acide carbonique. soit 1,022 litres à l’heure, sauf quelques courtes interruptions, ce qui produirait par journée de 10 heures, 10 mètres cubes d’acide corbonique répartis dans un appartement mesurant même 200 m3 de capacité et fournirait encore 5 0/0 de gaz carbonique, somme 5 fois supérieure à celle de nos théâtres ou amphithéâtres les mieux éclairés et les plus bondés de public.
- A un dernier point de vue enfin, ces grands ateliers qui empruntent à la vapeur la force motrice puissante dont ils ont besoin (ceux qui nous occupent en sont autant d’exemples) consomment des quantités considérables de houille et obscurcissent l’atmosphère par des nuages d’une fumée très épaisse, attendu que la fumivorité n’est appliquée nulle part dans notre ville, sous prétexte que les procédés autrefois prescrits étaient coûteux et altéraient promptement grilles et chaudières. D’un côté, on s’est soustrait aux prescriptions et de l'autre on a laissé faire. Cependant, a Bâte, sur un ordre de la municipalité, dans un délai de 3 mois, les nombreuses usines de
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- cette localité, qui n’est qu’industrielle, ont toutes brûlé leur fumée et le succès a surtout été obtenu avec grande économie à l’aide de charges automatiques. (A suivre)
- JURISPRUDENCE
- CONSEIL D'ÉTAT.
- CONTRIBUTIONS DIRECTES,
- Professions multiples dans un même local; droit proportionnel dû pour les locaux mixtes d’après le tarif afférent à la profession imposable au droit fixe, et pour les locaux affectés spécialement à une industrie d’après le taux afférent à cette profession.
- Réclamation. — Avis du directeur. — Le directeur des contributions directes peut-il, dans le même rapport, formuler régulièrement son avis sur des réclamations relatives à deux exercices différents ? — Rés. aff.
- Expertise demandée après le délai de dix jours à partir du dépôt du dossier à la sous-préfecture. (Rejet.)
- (67,251. 30 décembre. Berthier. — MM. Ra-varin, rapp., Valabrègue, c. du g).
- (Recours contre deux arrêtés du 22janv. 1886 ; Rhône ; patente : 1884 et 1885 ; comm. de Villefranche ; teinturier pour les fabricants et les marchands, et apprêteur d’étoffes pour les fabriques (tableau C) ;
- Vu les lois des 21 avril 1832 et 15 juillet 1880;
- En la forme :
- Considérant que, si le directeur des contributions directes a examiné dans un seul rapport les deux réclamations afférentes aux an-nées 1884 et 1885, le requérant n’est pas fondé à se prévaloir de cette circonstance pour soutenir que l’instruction a été irrégulière ;
- Considérant, d’autre part, que ledit requé-rant a reçu, le 11 juin 1885, avis du dépôt de son dossier à la sous-préfecture, et que c’est seulement à la date du 14 janvier 1886, c’est-a-dire après l’expiration du délai fixé par l’article 29 de la loi du 21 avril 1832, qu’il a fait connaître son intention de recourir à l’exper
- tise pour sa réclamation de 1885 ; que, dès lors, le conseil de préfecture a pu statuer sans qu’il ait été procédé à cette vérification ;
- Au fond :
- ) Considérant que le sieur Berthier ne justifie pas qu’en fixant à 17,000 francs la valeur locative de l’usine qu’il possède à Villefranche, rue de l’Arc, et à 12,000 francs celle de son usine de la route de Trans, le conseil de préfecture ait fait desdites valeurs locatives une inexacte appréciation ;
- Considérant qu’en vertu de l’art. 15, § 1 de la loi du 15 juillet 1880, lorsqu’un patentable exerce dans le même établissement plusieurs professions, le droit proportionnel applicable est celui de la profession pour laquelle il est imposé au droit fixe ;
- Considérant qu’il résulte de l’instruction que le sieur Berthier a été assujetti au droit fixe de patente en qualité de teinturier pour les fabricants et marchands ; que, dès lors, par application dudit art. 15, § 1, il était passible du droit proportionnel sur le taux du 50e afférent à cette profession, excepté pour les locaux distincts et séparés qui, étant affectés exclusivement à des opérations d’apprêt, sont imposables seulement sur le taux du 60e, conformément au § 2 du même article; que dans ces circonstances, le conseil de préfecture, ayant procédé pour les locaux mixtes à la répartition de la valeur locative entre ladite profession de teinturier et celle d’apprê teur d’étoffes pour les fabriques, le requérant n’est pas fondé à se prétendre surtaxé...
- (Rejet.)
- INFORMATIONS
- Le gouvernement brésilien vient de faire procéder à l’analyse de divers tissus de soie fabriqués à Nova-Trento, province de Santa-Catharina. Les experts nommés ont trouvé le tissu imparfait, en raison de l’imperfection de l’outillage des colons. Mais ils ont reconnu l’excellence du fil et de la teinture. Ce n’est pas seulement la province de Santa-Catha-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rina qui s’occupe de créer l’industrie sérici-cole, elle se développe aussi dans la province de Rio-Grande-do-Sol.
- L’industrie de la soierie prend de l'extea-sion à Saint-Etienne.
- « Depuis quelque temps nos métiers battent fort à Saint-Etienne, écrit-on de cette ville. Les acheteurs sont enfin arrivés et ont donné quelques commandes importantes.Disons que, contrairement à ce que l’on espérait, les façonnés ne paraissent pas devoir tenir la tête de la haute mode ; les unis au contraire semblent favorisés. Les rubans à rayures mélangées auront, nous en sommes certains, une très grande vogue.
- Ajoutons que, d’après les renseignements qui nous sont fournis, les velours reprendraient bientôt un essor nouveau. Espérons-le pour nos braves veloutiers qui depuis trop longtemps sont plongés dans le chômage.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Paris. —Conort, ex-teinturier, r. du Roi-de-Sicile, 52.—J.-c.: M. Roucher.—6 fr. 27.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif E. Binet et Cie, peinture, teinture et nettoyage, r. d'Alésia, 56.—Durée : 9 ans. — Cap.: 6,500 fr.—Acte du 15 avril.—J. g. d’A.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris.—Dissolution, à partir du 7 avril, de la Société L. Javal frères, commissionnaires en droguerie, teinturerie, etc., rue Hauteville, 42.—Liquid.: MM. Oscar et Edmond Javal. — Acte du même jour.—D.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- M. Denoits a vendu à Mme veuve Senève,
- rue du Temple, 176, 1er mars, un fonds de teinturerie, rue Joquelet, 3.
- Mme Lecomte a vendu à M. Féron, rue St-Antoine, 170, 1er mai, un fonds de teinturerie, rue des Pyramides, 7.
- Mme veuve Cherrier a vendu àM. X..., boulevard Bonne-Nouvelle, 6, chez M. Guyon,de suite, un fonds de teinturerie, rue du Cherche-Midi, 66.
- M. Gilibert a vendu à M. X..., rue de Rivoli, 34, chez M. Girard, 1er mai, un fonds de teinturerie, rue Réaumur, 36.
- M. Cuny a vendu à M. X..., rue Valiton, Clichy, chez M. Berton, 15 avril, un fonds de teinturerie, sans adresse.
- M. Houvet a vendu à M. X..., rue du T emple, 150, chez M. Provins, 30 avril, un fonds de teinturerie, rue de Maubeuge, 54.
- M, Louvigny a vendu à M. Colle, rue Ram-buteau, 12, chez M. Mérou, de suite, un fonds d'apprêteur de neuf, rue Geoffroy-Lange-vin, 15.
- M. Cuny a vendu à Mlle Geoffroy, au fonds, 15 avril, un fonds de teinturerie, rue du Bou-loi, 23.
- M. Suzonni a vendu à M. X..., rue Mes-lay, 50, chez Mme Hardy, de suite, un fonds de teinturerie, rue Meslay, 7.
- Mme Pavé a vendu à M. Crévillier, avenue de Clichy, 21, chez M. Guy, 15 mai, un fonds de teinturerie, rue Biot, 26.
- M. Mantelet a vendu à M. Roth, boul. de Magenta, 45, chez M. Marin, 15 mai, un fonds de teinturerie, rue Madame, 43.
- Mme veuve Provot a vendu à Mme Arnould, rue Rambuteau, 4, chez M. Reveu, 22 mai, un matériel de teinturerie, rue de Lo-gelbach, 14.
- M. Baveux a vendu à M. X..., rue de Van-ves, 57, chez Mme Aubouin, de suite, un fonds de teinturerie, rue Mayet, 12.
- M. Révocat et Cie ont vendu à M. Conort, rue du Vertbois, 5, de suite, un fonds de teinturerie, rue Réaumur, 44.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 11. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juin 4888
- SOMMAIRF
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- TEINTURE EN CHIFFONS (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- LES ATELIERS D'APPRÈTEURS (suite).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- TEINTURE EN BLEU SANS INDIGO Par MM. Abel Henry et Cie.
- Le procédé décrit vise particulièrement la teinture sur coton et a pour objet d’obtenir une nuance ne dégorgeant pas sur le blanc. On commence par faire bouillir le coton, pendant 12 heures, dans une chaudière close, qui contient une dissolution sodique à 20 B. Au bout de ce temps, le coton est lavé à l’eau, séché lentement à la température de 40° centigrades, puis laissé refroidir.
- La teinture proprement dite comporte deux opérations distinctes :
- 1. La matière textile est immergée par petites quantités, dans un bain formé de deux solutions, dont le mélange s’effectue au moulent même de l’immersion. La première solution contient :
- 8 k. de chlorate de potasse,
- 14 k. de sulfate de cuivre,
- 14 k. de chlorhydrate d’ammoniaque, le tout dissous dans 100 litres d’eau bouillante ; on y ajoute 4 kil. de nitrate de fer li-quide marquant 48oB., puis 160 litres d’eau froide et on laisse la liqueur dans un bac fer-mé jusqu’au moment d’en faire usage.
- La deuxième solution est préparée au moyen de :
- 48 litres d’aniline (ou de toluidine, ou de xylidine),
- 24 » d’acide muriatique;
- après agitation pendant 1[4 d'heure environ, il convient d’ajouter :
- 24 litres d’eau froide, puis
- 4 kilog. d’acide tartrique dissous dans 100 litres d’eau bouillante.
- On prépare alors, dans une ou plusieurs terrines, un bain composé, pour moitié :
- De la première solution (1)
- De la seconde — (2)
- Après avoir fortement agité le liquide afin de rendre le mélange plus homogène, on y plonge une petite quantité de coton, 1 kilog. par exemple, on foule suffisamment et l’on tord de 4 à 6 fois, puis on secoue 2 fois sur un chevillon.
- Le bain partiellement épuisé est régénéré par l'addition de 2[6 de la solution no 1 et de 1[6 de la solution no 2. En ayant soin d’ajouter de nouveau le mélange, le bain est dans les conditions voulues pour le traitement d’une quantité de coton égale à la première mise, et ainsi de suite.
- Le coton extrait du bain est étendu sur des perches dans un séchoir ventilateur et maintenu à une température de 35°, au maximum, en évitant, pendant une heure, l’action de l’air et du soleil. A la sortie du ventilateur, le coton est ouvert, retourné rapidement, puis
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- porté dans un séchoir obscur, où il séjourne durant 12 heures, à la température de 30o. La fibre prend une teinte vert foncé.
- 11. Si l’on suppose une partie de 900 kilog., il convient de la diviser en 12 chaudronnées et d’employer, pour chaque chaudronnée, 7 kil. 500 de solution d’alizarine à 10 0[0, dans une barque contenant de 1,000 à 1,500 litres d’eau. On monte au bouillon en 1 heure 1[2 ; on avive soit avec une solution de cristaux de soude titrant 1 1[2o B., pendant 2 ou 3 heures, soit avec une émulsion de savon pendant 3 à 4 heures ; on laisse remonter une heure et on lave.
- La couleur bleue, qui résulte de ce traitement, ne dégorge pas, mais verdit par les acides, tourne au violet par l'alun et au marron par le chlore. Toutefois un simple avivage à la soude ou au savon ramène la nuance primitive.
- APPAREIL A TEINDRE LA LAINE EN BOBINES Par M. Douvry.
- Les particularités de cet appareil consistent :
- 10 Dans l’application du pulsomètre à l’injection du liquide tinctorial à travers la masse fibreuse soit sous pression forcée, soit par circulation libre ;
- 2° Dans l’adaptation d’un tube perforé, au au centre de chaque bobine, pour permettre le passage du liquide de l’intérieur à l’extérieur de la préparation ;
- 3o Dans l’emploi de «lances» également perforées, réparties en des points excentriques, pour distribuer uniformément la matière colorante ;
- 4° Dans l’adjonction aux tubes déjà mentionnés, de rondelles supérieures perforées pour projeter la teinture à 4 ou 5 centimètres des parois ;
- 5o Enfin dans le perçage du faux-fond en regard des axes des bobines, exclusivement.
- IMPERMEABILISATTON DES DRAPS Par M. Duhois-Mauduit.
- M. Dubois-Mauduit revendique l’emploi d’une solution contenant un sel d’alumine, du sulfate de potasse et de l’acétate de plomb, pour imperméabiliser les lainages drapés, sans leur enlever le lustre, ni la souplesse.
- IMPRESSIONS SUR TOILES CIRÉES Par M. La Béalle.
- M. La Béalle applique la chromozincogra-phie à l’impression sur toiles cirées et emploie la presse lithographique en usage pour l’impression des papiers.
- Avant d’imprimer la toile cirée, il convient de dégraisser la surface avec un chiffon imbibé d’essence de térébenthine ou garni de blanc de Meudon. On peut exécuter des desdessins mesurant 1m. 50 et 2 mètres à l’aide d’une seule feuille de zinc et imprimer ces dessins à raison d’un coup de presse par couleur.
- COTES COUVERTES SUR BONNETERIE PAR IMPRESSION
- Par MM. Gobinot et Herzog.
- L’impression se fait directement sur la côte du tissu et réserve le fond, qui reste écru ou , peut être teint d’une nuance autre que celle imprimée. L’intérieur du tricot, écru ou blanchi, présente l'avantage de ne pas irriter la peau comme les matières imprégnées de teinture. Au point de vue de l’économie, le procédé est plus avantageux encore, car pour obtenir la côte couverte par la méthode ordinaire, il faut avoir recours à un métier dont la construction assez compliquée est onéreuse, employer un supplément de- matière première et faire appel à d’habiles ouvriers.
- Le petit appareil utilisé pour l’impression fonctionne à la main et se compose d’un cylindre en bois, surmonté d’une auge sans fond en métal. Cette auge contient la couleur, I"1 est constamment en contact avec le rouleau
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- et dont le débit est réglé par un des côtés de l’auge formant « racle ». Une fourche relie l’axe du rouleau à une poignée, de manière à ce que l’ouvrier puisse aisément diriger l’outil.
- Le tricot est fortement tendu sur une longue table, dans le sens de la côte, afin d’éviter que la couleur ne pénètre sur le fond.
- Grâce à un simple tour de main, l’opération s’effectue parfaitement en une fois.
- MACHINE A TEILLER Par M. Martiny.
- M. Martiny évite l’emploi d’organes tranchants tels qu'aiguilles, etc., pour opérer la séparation des parties corticales. Les « liteaux briseurs » sont semblables à ceux de l’ancienne broie à main.
- De même que dans les autres teilleuses automatiques, les tiges sont maintenues entre des pinces, presses ou mordaches, animées d’un double mouvement de translation, vertical alternatif et horizontal ; introduites par un bout de la machine sur une table ou chariot, qu’un jeu de cames soulève et abaisse périodiquement, les presses avancent, après chacune des doubles courses verticales, d’une quantité déterminée, vers l’autre bout du chariot.
- La particularité essentielle, réside dans la disposition de deux jeux de longs liteaux briseurs, entre lesquels cheminent les tiges et dont l'un est constamment animé d’un mou-vement horizontal de va-et-vient, l’autre restant immobile aussi longtemps que dure l’introduction de la poignée entre les broies. Lès que les tiges se sont retirées, le liteau demeure immobile fait un mouvement instantané en arrière, puis en avant, pour reprendre ensuite l'état d’immobilité.
- APPAREIL A SÉCHER LES BOBINES DE LAINE APRÈS TEINTURE
- Par M. Bertrand.
- Le but est de réaliser le séchage des bobi
- nes de laine teinte, cardée ou peignée, sans déroulage. Ce résultat s’obtient au moyen d’un courant d’air chaud forcé.
- L’appareil comporte un premier réservoir pouvu d’un fond fixe, de deux doubles-fonds mobiles (entre lesquels sont disposées les bobines comme dans les appareils à teindre) et d’un couvercle avec cheminée.
- Les doubles-fonds sont perforés et les espaces existant entre les bobines sont remplis par des & bouche-trous » en métal ou en bois. La capacité limitée en dessus par le faux-fond inférieur, en dessous par le fond fixe,est occupée par un serpentin de vapeur.
- Un second récipient, rempli d’air (chauffé par un autre serpentin à vapeur) est mis en communication, d’une part, avec la chambre dont il vient d'être parlé, de l’autre, avec un compresseur.
- L’air chaud arrive donc fortement comprimé sous le faux-fond inférieur qui supporte les bobines, traverse lesdites bobines de bas en haut et entraîne les liquides contenus dans les fibres, à l’état de vapeurs. Ces buées se dégagent par la cheminée adaptée au couvercle de l’appareil.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 187146. 24 nov.; Pouchot.—Encres à écrire préservant les plumes métalliques de l’oxydation.
- 187174. 24 nov.; Grunhut. — Procédés perfectionnés et moyens employés pour la teinture du coton et autres matières fibreuses dans le noir d’aniline.
- L’objet du brevet consiste à placer les ma-tièresà teindre dans un vase convenable contenant pour chaque 100 livres environ 2270 litres d’eau et 1[2 livre de rouge du Congo ou rouge purpurine, de blendazurine ou de chry-samine, ou de bleu de paraphenylène, ou de Delta purpurine, ou de rouge de Messine, ou de benzo-azuline, ou de bleu azoïque, ou de Congo Corinthe, ou de violet de Messine, on
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- de pourpre de Messine ; ou bien à placer les-dites matières dans un vase convenable contenant une matière aqueuse semblable d’environ 1]2 livre chacune de rouge du Congo et de bleu azurine ou avec environ 10 livres de cristaux de soude, ou avec environ 10 livres de carbonate de potasse ; ou bien à placer les dites matières à teindre dans un vase convenable contenant une solution aqueuse d’un mélange de l’une quelconque des matières colorantes ci-dessus indiquées, où dans chacun de ces cas on fait bouillir lesdites matières dans la solution employée pendant environ une 1[2 heure ou un temps suffisamment long pour que lesdites matières soient convenablement mordancées ou imprégnées desdites matières colorantes.
- Après que lesdites matières ont été ainsi traitées elles sont lavées et elles sont ensuite oxydées et teintes dans le noir d'aniline en les plaçant dans un vase convenable contenant pour chaque cent litres desdites matières environ 900 litres d’eau et pour chaque 900 litres envirou 8 litres d’huile d’aniline, 32 livres d’acide hydrochlorique et environ 10 livres de bichromate de potasse, ou bien 4 livres d’huile d’aniline, 4 livres de sel d’aniline, 24 livres d’acide hydrochlorique et 12 livres de bichromate de potasse, ou bien 12 livres d’huile d’aniline, 20 livres d’acide hydrochlorique, 20 litres d'acide sulfurique et 16 livres de bichromate de potasse. Lesdites matières étant placées dans l’une quelconque de ces solutions oxydantes et [teignantes refroidies et étant convenablement agitées ou mélangées pendant environ une heure ou un temps suffisamment long pour être complètement oxydées et teintes ou imprégnées de ces solutions salines, après quoi la solution employée est graduellement chauffée jusqu’à environ 70° centigrades,après quoi lesdites matières sont retirées de la solution et sont lavées, savonnées et séchées.
- 187188. 24 nov.; Turner. — Perfectionnements apportés aux machines pour imprimer des dessins sur papier ou autre matière con
- venable, applicables surtout pour la décoration de la faïence et de la porcelaine, du verre, du granit et d’autres matières analogues.
- Cette invention comprend un cylindre creux et chauffé sur lequel est placé la couleur et contre lequel est pressé le ruban de papier ou d’autre matière sur lequel on désire imprimer le dessin Ce ruban de papier est dressé contre le cylindre chauffé par un rouleau ou cylindre autour duquel passe une suface de caoutchouc ou dont la surface peut être couverte de caoutchouc dans le cylindre, il est utile de faire passer de l’eau froide pour empêcher le cylindre chauffé d’endommager le caoutchouc.
- La couleur est appliquée par une plaque de préférence en cuivre et chauffée convenablement, sur laquelle est placée la couleur, qui, la plaque étant sur un pan incliné, glisse en bas de cette plaque, cette dernière servant pour presser la couleur sur ou dans le cylindre et pour y gratter le surplus.
- 187203. 25 nov.; Grosselin père et fils. — Système perfectionné de machine à lainer à chardons métalliques, à énergie variable.
- 187214. 28 nov ; Léman.— Machine à teindre en écheveaux.
- Le principe sur lequel repose cette invention consiste à teindre en écheveaux par un procédé de brassage mécanique combiné avec immersion partielle et continue de l'écheveau à teindre.
- 187263. 30 nov.; Chandelier. — Machine à molletonner les tissus sans tension et dont les organes se débourrent et s’aiguisent d’eux-mêmes d’une façon continue.
- 187305. 30 nov.; Hannemann. — Laveur à cylindre pour draps et étoffes de tous genres.
- Le laveur à cylindre perfectionné qui fait l’objet du brevet est caractérisé par :
- !• L'emploi de 4 paires de cylindres dont 2 paires sont placées près du fond de la machine et les 2 autres disposées de façon à ce que les cylindres supérieurs se trouvent en dessus du bord de la cuve ;
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- 2' La commande du cylindre supérieur servant de cylindre renvideur à l’aide d’un système à déclic déterminant le mouvement forcé uniquement pendant la période de renvidage;
- 3. La commande du dispositif de change-gement de marche par des roues calées sur des cylindres inférieurs ;
- 4- Un système d’agitateurs composé de pelles recevant un mouvement d’oscillation commandé par l’arbre principal.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE : TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- (Suite)
- Nous ne quitterons par la région de Tour-non sur Rhône, sans signaler aux lecteurs, la fabrication de l’albumine d’œufs, qui se fait sur une vaste échelle à Annonay. Les jaunes servent dans la mégisserie, pour nou-rir les peaux.
- La mégisserie a d’ailleurs pris une importance considérable à Annonay, toujours grâce aux eaux très pure de cette ville. Annonay emploie pour ainsi dire exclusivement des produits de l’Ardèche, peaux de chevreaux et œufs qui y sont l’objet d’un grand commerce.
- L’albumine d’œufs sert quelquefois en teinture pour animaliser les fibres végétales, On l’emploie pour charger les soies souples couleurs. On s’en sert comme épaississant pour les couleurs dites « postiches » sur le coton.
- On imprime simplement les couleurs ainsi épaissies, solubles, ou en poudre. On sèche et l'on vaporise, sous l’influence de la chaleur l’albumine se coagule et fixe la couleur mécaniquement. Ces couleurs sont tout à fait peu solides, car elles ne peuvent supporter le moindre passage à l’eau, et surtout le moindre lessivage. Les articles produits sont
- d’ailleurs très apparents et faits en couleurs éclatantes,
- L’albumine de sang peut bien lui faire concurrence, mais elle apporte toujours un certain ton rouge sale et de plus elle expose les tissus à prendre en placard une odeur infecte.
- On fabrique également à Annonay, avec les rognures de peau, des colles très estimées en teinture et connues sous le nom de « colles d’Annonay ».
- Cette revue s’étant transformée sous ma plume et étant devenue une revue de l’industrie de la région lyonnaise en ce qui concerne les tissus, nous ne passerons pas devant Vienne (Isère) sans parler de cette importante cité manufacturière.
- A Vienne on fabrique des quantités considérables de draps dans tous les genres et dans tous les prix, depuis les draps dits « renaissance » jusqu’aux plus fins en pure laine neuve.
- On appelle draps renaissance ceux fabriqués avec des mélanges de vieille laine, cardée à nouveau et additionnée à de la laine neuve. Quelquefois même on y joint du coton, principalement pour les noirs.
- On teint généralement les produits en bourre, et il faut des couleurs assez solides pour résister au foulon.
- On opère dans d’immenses chaudières, et la bourré est descendue dedans dans des filets. Opérant ainsi on peut produire à bas prix. La cuve d’indigo se fait à Vienne. On opère d’ailleurs avec toutes sortes de matières colorantes et de mordants pour laine et coton.
- Le noir d’aniline grand teint, obtenu à chaud par la réaction du bichromate de soude ou de potasse sur le chlorhydrate d’aniline, se pratique pour les cotons depuis quelque temps.
- On teint également en flottes et en pièces.
- La plupart des usines sont établis sur les bords de la Gère, dont les eaux ont une température plus constante que [celles du
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Rhône, et vu la grande pente de cette rivière dans le faubourg de Pont-Evêque, actionne de nombreuses roues hydrauliques, ce qui donne à cette partie de Vienne, l’aspect de la rue des Teinturiers à Avignon — où toutes les roues hydrauliques sur la Sorgue, se touchent.
- A Vienne il existe également un atelier d’impression sur laine. Les pièces sont imprimées au rouleau. On produit des effets communs à ce genre d’impression en une ou plusieurs couleurs.
- Depuis quelque temps, l’on a introduit à Vienne, l’emploi des déchets de soie, mariés à la laine. Quelquefois l’on emploi par éco-mie, des déchets très inférieurs dits « blases » ou dessous de cardes, derniers débris des fabriques de shappes et fantaisies soie. Mariés à la laine, ces débris offrent l’avantage de se teindre comme celle-ci, ce qui n’a pas lieu lorsqu’il se trouve des déchets de coton, qui dans une teinture commune, ne prennent rien, et nécessitent sur les draps finis l’opération de l’époutillage, qui a pour but de détruire le coton par des agents chimiques, n’attaquant pas la laine.
- Dans des tissus de luxe l’on a introduit l’emploi de la bourrette de soie.
- La bourette est un fil bourrasseux très solide, que l’on obtient avec la dernière enveloppe du cocon, après que l’on en a tiré le fil de soie à la filature.
- Longtemps on en a fait dans les pays séri-coles, des bas et des étoffes, d’un aspect soyeux moins éclatant que celui de la soie, mais d’une durée extrême.
- Généralement dans les draps, la bourette est tissée soit en chaîne, soit en trame d’une nuance différente de celle de la laine. On produit des effets de rayure, de pointillés ou d’armures quelconques des plus heureux.
- Les nuances de bourette doivent être solide et résister au foulon. On renforce la solidité des couleurs d’aniline, par un passage des bourrettes teintes en aniline sur un engallage, puis sur un bain d’émétique.
- Vienne a également monté la fabrication et la teinture des chapeaux de laine, dits 3 fr. 60 de création anglaise et qui font une grande concurrence aux chapeaux en poils de lièvre ou de lapin (articles de Romans, Drôme).
- Sauf le secrétage (ouverture des poils de lièvre ou de lapin) par le nitrate acide de mercure acide, pour préparer la foule, le travail des chapeaux de laine est sensiblement le même à Vienne qu’à Romans. On y produit également des feutres mous et durs. La dureté est obtenue par l’emploi de la gomme laque et de la gomme de cerisier.
- La gomme laque est la laque brune, et la gomme de cerisier vient de la Limagne d’Auvergne, où elle est l’objet d’un commerce assez important. La gomme de cerisier ne peut être remplacée par les autres
- La teinture des chapeaux se fait de deux manières au bourbier ou en chaudière.
- Pour les nuances claires, et pour éviter les marbrures, le cône ou la ouate, qui par la foule, doit se rétrécir dans la longueur en s’épaississant; en devenant ferme, en se feutrant de léger duvet qu’elle formait, la ouate dis-je se teint graduellement en ajoutant peu à peu la couleur, au fur et à mesure du foulage.
- On obtient ainsi des nuances très délicates et très unies par cette méthode dite au bourbier.
- Pour la teinture en chaudière, lorsque le chapeau est feutré et épais, c’est plus difficile, surtout pour obtenir la pénétration de la couleur jusqu’au centre.
- Il faut teindre au bouillon, sortir plusieurs fois les chapeaux, les laisser égoutter et revenir à l’air, puis les replonger. Pour les noirs qui se font généralement au bois d’Inde et au bois jaune, avec la couperose verte et bleue, il faut plusieurs passes, avec des aérations intermédiaires de cinq à six heures.
- MARIUS MOYRET.
- (A suivre.)
- (Reproduction interdite).
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- LA TEINTURE EN CHIFFONS
- Des apprêts. — Les apprêts des articles teints ou nettoyés se font de deux façons : au fer quand ils sont tout faits, au tapis, au cylindre quand ils sont défaits. Primitivement on collait sur une table de bois dur et on exposait au soleil : il faut croire que dans ce temps, ce même temps n’était pas précieux, et que la main-d’œuvre n’était pas chère ; quant au tapis, qui est certainement indispensable pour certains articles, il n’est pas avantageux pour les petits morceaux de robe qu’on ne finit plus d’attacher.
- Les premiers cylindres à coller se composaient d’une simple virole en cuivre chauffée au charbon ; peu après ce procédé de chauffage a été remplacé par la vapeur.
- Quoique le cylindre à coller ne remplisse pas parfaitement le résultat désiré, il est indispensable pour certains articles de soie légère, surtout les tissus rayés, carreaux, ayant été teints ; étant obligé de gommer un peu fort pour faire tenir sur le cylindre, il s'ensuit que l’article a un aspect plaqué, car-teux ; par contre, les satins se font mieux au collage qu’au cylindre à toile sans fin, le coup de brosse bien donné, et le tampon ensuite donne à peu près au satin l’aspect du neuf.
- Il est vrai que si l’on a des étoffes trop fer-mes, trop apprêtés, on a recours au peigne à assouplir déjà décrit, et qui donne d’excellents résultats.
- Le cylindre à toile sans fin remplit toutes les conditions pour obtenir un beau travail ; cette machine est composée d’un cylindre en cuivre étamé suffisamment épais pour résister a une pression de 3 kilog., monté sur de so-Mes pieds en fonte ; le joint est fait avec des rainures et boulons d’entretoises pour produire lassemblage ; ce joint métallique est d’une '°ngue durée et, quoi qu’il arrive, d’une réfec-tion facile, puisqu’il suffit de démonter le cylindre, de nettoyer les rainures et d’y met-tre une corde en amiante avant de resserrer les bonlons.
- L’arrivée de vapeur s’effectue du côté gauche du cylindre, son échappement du côté opposé ; à l’intérieur, se trouve un ramasseur qui, à chaque révolution du cylindre, conduit au dehors toute l’eau condensée, qu’on trouve trouve à recueillir et à utiliser.
- Le cylindre est monté sur des bâtis et tourne sur des piliers on des galets ; il est actionné par une roue et une vis sans fin dont l’arbre reçoit son mouvement du moteur ou de la pédale.
- Le feutre sans fin est placé sur le cylindre et passe ensuite sur une série de rouleaux métalliques et en bois disposés parallèlément.
- Batifois.
- /Reproduction interdite.)
- (A suivre.)
- DES
- f VL
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- (Suite.)
- No 6. — Cerise
- A. — Pour 1 kil. de matière à teindre, faites le bain suivant :
- Eau, 20 kil.
- Erythrosine I, 25 gr.
- Sans addition de mordant.
- Entrez vivement la marchandise à teindre dans la solution d’érythrosine chauffée à 70 | 80° cent. Manœuvrez 20 minutes, puis enlevez.
- Obseroation. — On obtient un cerise bien teint, assez vif, suffisamment solide, mais moins beau cependant que celui provenant du bain D.
- B. — Pour un kil. de matière, faites un seul bain avec :
- Eau, 20 kil.
- Erythrosine I, 25 gr.
- Alun, 100 gr.
- Entrez dans ce bain à 70 | 80 cent. Ma nœuvrez 20 minutes, puis abattez.
- Observation. — Le cerise obtenu dans ce
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- bain est moins vif que le précédent, l’alun portant au foncé.
- C. — Pour 1 kil. de matière blanchie, préparez un bain avec :
- Eau, 20 kil.
- Erythrosine I, 25 gr.
- Sel marin, 100 gr.
- Entrez à 80 cent. Remuez 20 minutes, ensuite retirez.
- Observation. — La couleur cerise ainsi préparée est bien unie, assez vive, mais moins cependant que la suivante.
- D. — Pour un kil de matière blanchie, composez un bain avec :
- Eau, 20 kil.
- Erythrosine T, 25 gr.
- Borax, 100 gr.
- Chauffez ce bain à 75 | 800 cent. Entrez, manœuvrez pendant 20 minutes, puis abattez.
- Observation. — Cette couleur D est la mieux réussie des quatre essais. Elle est assez vive, et, bien qu'elle passe légèrement par un séjour prolongé au soleil, elle résiste très bien à l’air.
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- {Suite.}
- CHAIRS AVEC L’ÉRYTHROSINE.
- L'érythosine jaunâtre est employée avec succès pour la confection des couleurs chair. Cette matière colorante s’allie très bien avec les différents jaunes habituellement employés, et les nuances qu’elle produit sont vives et brillantes.
- On mordance la laine destinée pour cette teinture le plus généralement avec de l’alun ou de l’acide acétique, et dans les proportions que nous avons déjà indiquées dans le n° 6, page 69, du Moniteur de la Teinture. Nous prions le lecteur de bien vouloir s’y reporter.
- SAUMONS AVEC l’oRANGÉ.
- Les orangés rougeâtres conviennent parfaitement bien pour l’obtention des couleurs saumon, tons jaunâtres, et ils ont l’avantage de produire des nuances qui, bien que pâles, sont absolument solides à l’air et à la lumière.
- L’orangé se dissout facilement dans l’eau bouillante, mais il est bon de n’employer la solution que chaude, parce que la matière colorante se précipite facilement. Etant donnée la délicatesse des nuances à produire, il est nécessaire ici de filtrer cette solution.
- Différentes méthodes sont employées pour fixer ce produit sur la laine ; les plus usitées sont : lo le mordançage à l’acide sulfurique ; 2° le mordançage à l’acide sulfurique et au sulfate de soude, avec ou sans addition d’alun ; 3o le mordançage au bisulfate de soude ; 40 le mordançage par l’acétate de soude.
- Premier procédé.
- Dans un baquet bien propre, contenant une quantité d’eau suffisante, on verse, pour 100 kil. de laine :
- Acide sulfurique, 4 kil.
- On paille (1), on entre dans ce bain la laine suffisamment nettoyée, on la décreuse quelques minutes dans ce mordant, puis on garnit avec la quantité d’orangé nécessaire pour arriver à la nuance voulue. Surtout mettez beaucoup de prudence dans votre garnissage afin de ne pas vous enfoncer, c’est-à-dire dépasser l’intensité de la couleur demandée. On porte progressivement la température du bain au bouillon, et on la maintient jusqu’à ce qu’on ait atteint la nuance désirée. Ensuite on abat au large, on évente et on lave à pleine eau.
- Il faut tenir, au sortir du bain de teinture, la couleur de la laine un peu plus jaune que celle de l’échantillon à imiter, parce que Ie lavage et le séchage la font virer légèrement
- (1) Agiter le liquide pour en opérer le mélange homogène.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S eo
- au rouge. Cette recommandation est générale pour tous les saumons.
- Deuxième procédé.
- Cette seconde méthode est celle qui a notre préférence, parce qu’elle nous a semblé donner les meilleujs résultats. Voici quelles sont les proportions pour 100 kil. de tissus de laine :
- Eau, q. s.
- Acide sulfurique, 3 kil. 500
- Sulfate de soude, 20 »
- Alun épuré, 3 »
- On verse l’acide sulfurique dans le sulfate de soude, puis on met ce mélange dans le bain de teinture. On paille le bain, on y ajoute l’alun et on remue de nouveau. Ensuite on entre à froid les pièces destinées pour cette teinture, on les manœuvre pendant 20 minutes dans ce mordant, on garnit avec la quantité nécessaire d’orangé, après quoi ou chauffe le bain progressivement. On teint au bouillon et on se maintient à cette tempéxature jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la nuance voulue. Dès qu’on a atteint la teinte demandée, on ajoute au bain :
- 1 0 0 de chlorure d’étain.
- On manœuvre encore pendant quelques minutes, puis on abat, on évente et on lave.
- Le chlorure d’étain a la propriété de donner à la couleur plus de vivacité, en même temps qu’il en augmente la solidité. Il est inutile de dépasser la proportion de 1 0/0 que nous venons d’indiquer.
- On ne devra pas faire cette teinture dans des cuves de cuivre, mais seulement dans des barques en bois.
- Le mordançage avec l’acide sulfurique et le sulfate de soude, dans les mêmes proportions que celles données plus haut, sans addition ni d’alun, ni de chlorure d’étain, s’emploie aussi très fréquemment pour fixer l’orangé sur laine.
- Troisième procédé.
- Quelques coloristes préfèrent employer com-mordant le bisulfate de soude, qu’ils trouvent
- moins énergique, au mélange de sulfate de soude et d’acide sulfurique.
- Si le bain sur lequel on opère, est neuf, c’est-à-dire s’il n’a pas encore servi, on le garnit avec 3 à 4 kil. de bisulfate de soude et une très faible quantité d’orangé, puis on y entre une pièce, destinée pour nuance foncée, qu’on y manœuvre pendant 20 minutes environ, à la température de 80-90° C., et qu’on abat ensuite. Le bain étant ainsi fait, c’est-à-dire épuré, on y met pour chaque passe qui suit, et pour 100 kil. de laine :
- Bisulfate de soude, 20 kil.;
- Quantité nécessaire d’orangé pour arriver à la nuance voulue.
- Il est bon de passer sur un tamis fin la dissolution d’orangé avant de la verser dans le bain de teinture ; c’est là une bonne précaution à prendre pour éviter les taches et le mal-uni.
- On rafraîchit le bain s’il est nécessaire afin qu’il soit froid ou légèrement tiède au début de l’opération, puis on y entre les étoffes à teindre qui doivent avoir été parfaitement dé-graissées et rincées à l’eau chaude. On élève progressivement la température à 80-90oC. et on la maintient jusqu’à ce qu’on ait atteint la couleur demandée.
- On ne devra pas trop presser la teinure afin de laisser au colorant le temps de s’unir parfaitement. Ensuite, abattez au large, lavez et séchez.
- Quatrième procédé.
- On peut remplacer aussi le bisulfate de soude par l’acétate de soude, en ajoutant peu à peu au bain du bisulfate de soude, soit pour 100 kil. de laine :
- Acétate de soude, 15 kil.;
- Bisulfate de soude, 5 kil.
- On opère comme nous venons de le dire au troisième procédé.
- Certains praticiens mordancènt aussi le bain de teinture de la même façon que s’ils avaient à faire des ponceaux à la cochenille; ils emploient, pour 100 kil. de laine :
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- Acide oxalique, 5 kil.;
- Sel d’étain. 2 k. 500 ;
- Acide sulfurique 660 B., 1 kil.
- Il ne faut mettre l’acide oxalique et le sel d’étain dans le bain qu’en solution aqueuse, puis verser ensuite l’acide sulfurique dilué dans de l’eau. Eviter un trop grand excè d a-cide qui ne peut que nuire aux tissus traités.
- La marche à suivre pour la bonne réussite de l’opération est celle indiquée ci-dessus.
- Il est bon de ne pas faire les cinq teintures précédentes dans des chaudières de cuivre.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) a suivre).
- LES ATELIERS D AFFRETEURS (Suite)
- Ne sait-on pas que l’on brûle 6 à 7 fois plus de combustible que cela est nécessaire pour un travail ou production de vapeurs déterminé ? Ne sait-on pas que le chiffre d’économie de charbon qu’un bon chauffeur intéressé peut réaliser par jour est très considérable ? Or, cette économie serait encore un bénéfice pour la pureté de l’atmosphère.
- En définitive, après cet exposé, il nous paraît indispensable de classer une industrie, celle des apprêteurs, qui donne lieu à des fumées abondantes, à des émanations nuisibles, c’est -à-dire à des gaz et vapeurs délétères, à des chances d’incendie et d’explosion, à des bruits insolites, stridents, intolérables, soit qu’elle spécialise ou qu’elle généralise ses opérations.
- Ce classement est d’autant plus nécessaire qu’il comportera des conditions très atténuantes pour le voisinage, pour les ouvriers eux-mêmes, conditions enfin non très onéreuses pour l’industriel.
- Sur l’industrie des apprêteurs au point de vue de l’hygiène, par M. Gandillon (réponse à la communication de M. Ferrand.
- Tout en remerciant notre savant et hono-
- rable collègue, M. Ferrand de sa communication sur l’industrie des apprêteurs au point de vue de l’hygiène, nous regrettons que ses renseignements n’aient pas été pris à une source meilleure. Nous éviterons de suivre pas à pas son intéressant rapport, vrai réquisitoire, qui appelle les foudres de l’administration sur notre industrie.
- Le législateur, en promulgant la loi de 1810 et tous les décrets qui ont suivi, poursuivait deux buts :
- Ou réglementer les manufactures appartenant à des industriels peu soucieux des droits de leurs voisins :
- Ou reconnaître, défendre et surveiller les industries utiles à la fortune publique, tout en étant éminemment insalubres, dangereuses ou incommodes.
- Nous ferons remarquer de suite que nous ne parlons que des apprêteurs d’étoffes de soie ou mélange de laine, coton et soie, c’est-à-dire de l’industrie à laquelle nous appartenons, laissant aux apprêteurs de chapeaux, aux apprêteurs de gants, aux apprêteurs de peaux, etc., le soin de se défendre.
- Peut-on, en demandant le classement des apprêteurs, les réunir à l’une ou l'autre des catégories qui ont motivé la loi de 1810 ? Nous ne constituons certainement pas une industrie suffisamment dangereuse pour qu’on ait besoin de l’avis du Conseil d’hygiène pour nous laisser exister. Au contraire, M. Ferrand nous dit : « Le classement de l’industrie des apprêteurs est d’autant plus nécessaire qu’il atteindra tous ces ateliers petits et grands pour en régler les agissements nuisibles ».
- Eh bien 1 voyons si notre industrie a attendu le classement pour marcher dans la voie du progrès,
- Je suis le doyen d’âge des patrons et des ouvriers apprêteurs :
- En 1825, à l’âge de 12 ans, je commençais mon apprentissage ; il suffira, je crois, de rappeler mes souvenirs pour montrer combien a été rapide l’amélioration apportée pendant
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ces 63 années dans la marche de nos usines au point de vue qui nous occupe, c’est-à-dire de l’hygiène pour nos ouvriers et de la commodité pour nos voisins. Et cela, tout en restant à la hauteur de notre tâche, et en aidant noire fabrique lyonnaise à se maintenir au premier rang.
- L — En 1825, on comptait 12 ateliers d’ap prêt. Aujourd’hui, nous comptons 14 usines réunies et 4 usines libres, en tout 18 ; nous sommes donc loin de la centaine annoncée par M. Ferrand. Il est vrai que les usines actuelles sont beaucoup plus importantes : la maison C. Garnier et Cie emploie à elle seule plus d’ouvriers que les 12 usines de 1825.
- A cette époque, la vapeur n’était pas employée, et le séchage se faisait par les terrasses de charbon de bois ; les ouvriers travaillaient dans des endroits confinés, comme nous le disait très bien M. Ferrand, se souvenant de l'atelier de son père, ou de son parent en 1825, rue des Feuillants.
- Mais rapidement la fabrique lyonnaise prend une grande extension, grâce à nos fabricants, soutenus par nos teinturiers et nos apprêteurs.
- Ces industriels créent un outillage sans rival et ne cessent d’aller de succès en succès. La teinture en pièce vient à la même époque donner un nouvel essor à la soirie.
- En 1826, nous voyons M. Duplomb prendre un brevet pour l’emploi de la vapeur au chauffage des presses, au moyen de plateaux en fer creux supportant une pression de deux atmosphèses.
- En 1830, la maison Bon installe les premiers tambours en cuivre pour sécher les étoffes, simultanément avec le baignage des l’apprèt.
- A la même époque, M. Guillermé rempla-Sait le manège du cheval, seul moteur employé pour la marche des calandres, par la machine à vapeur.
- En 1846, je prenais un brevet pour les machines à apprêter les foulards.
- Grâce à ces progrès, Lyon luttait avec la
- production anglaise ; on voyait se monter les tissages mécaniques, les teintures, les impressions. Neuville, Vizille, Valence, Bour-goin, etc., travaillaient jour et nuit. Jamais Lyon n’avait tant produit.
- Bientôt le chauffage des outils à basse pression ne suffit plus ; les cylindres de cuivre soudés avaient fait explosion ; des accidents avaient eu lieu en 1844 chez M. Bon père. Je pensais alors à faire appliquer à nos tambours sécheurs les joints boulonnés, et j’arrivais ainsi à faire supporter à ces outils la pression des générateurs. De là, séchage plus rapide, production plus grande et, en même temps, sécurité pour notre personnel.
- Puis, poursuivant nos améliorations, nous ne ménageons rien pour tenir nos usines à la hauteur de tous les progrès.
- Continuellement à la recherche de toutes les découvertes, on nous voit essayer, puis employer soit les ventilateurs Blackmann, dès leur apparition, soit beaucoup d'autres perfectionnements qu’il serait trop long d’énumérer. Aussi quel changement dans la vie de l'ouvrier ! Au lieu de tourner à bras toutes les machines, de briser l’apprêt, de se brûler les mains en écartant l’étoffe sur des brasiers de charbon de bois, et de tant d’autres travaux usant le corps et la santé, il n’a aujourd’hui qu’à employer ses forces intellectuelles, soignant les machines, qui le remplacent dans toutes les opérations.|Aujourd’hui nous voyons la dérompeuse brisant 200 pièces par jour, le baignage humectant 400 pièces par jour, les rames sans fin, baignant, étirant, séchant d’une seule fois.
- Autrefois l’humecteur, se servant de l’éponge pour l’apprêt liquide, du couteau pour les gommes épaisses, arrivait à peine à 50 pièces par jour.
- Mais si le progrès s’est accentué pour notre industrie, les frais généraux ont augmenté dans les mêmes proportions. Uu fond d’apprêt très important avait peine à arriver à 40 ou 50,000 francs ; aujourd’hui, il faut
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- parler de 7 à 800,000 francs et pendant que le prix de la main d’œuvre doublait, celui du travail baissait de 15 ou 20 centimes à 6 centimes le mètre.
- On voit par là ce qu’il faut arriver à produire pour obtenir un bien petit résultat. Comme je le rappelais en commençant, nous ne sommes guère plus nombreux qu’en 1825, et alors un outillage de 400,000 francs, produisait 600,000 francs d’apprêt. Aujourd’hui il faut 6 millions d’outillage pour produire 4 millions d’apprêt.
- (A suivre.)
- COMPAGNIE UNIVERSELLE
- DU
- CANAL INTEROCEANIQUE DE PANATYA
- Société anonyme au capital de 300 millions
- MM. les actionnaires sont convoqués en Assemblée générale ordinaire pour le mercredi 27 juin 1888, à deux heures, salle de la Société Nationale et Centrale d’Horticulture de France, 84, rue de Grenelle-Saint-Germain.
- Pour assister ou se faire représenter à l’Assemblée, les actionnaires propriétaires de vingt actions doivent justifier, rue Caumartin, 46, a Paris, du dépôt de leurs titres dans la caisse centrale, ou chez un des correspondants de la Compagnie.
- Cette justification doit être faite au moins cinq jours avant la rénnion.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Tarbes. — Gaspalou (Maurice), teinturier.
- — Jug. du 27 avril. — S : M. Carret.
- Paris. — Blum (Léon), imp. sur étoffes, r. St-Joseph, 6. — Abandon de l’actif et obligation de parfaire 15 fr. 0(0. — J. du 19 avril.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Lepanlard et Cie, expi. d’un nouveau procédé breveté pour teinture, boul. de Cha-ronne, 176. -- Durée : 15 ans. — Capital :
- le brevet et 1,000 fr. — Acte du 9 avril. — G. P.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Lefebvre et fils, indigos et drogueries pour teintures, etc., rue de Bondy, 60, à Paris, avec succursale au Havre et à Saint-Nazaire. — Durée : 25 ans du 1er janvier. — Cap. : 1,080,000 fr. — Acte du 19 avril. -J. g. d’A.
- Lyon. — Formation de la Société en commandite Alexandre Billion et Cie (soies), quai de Retz. — Durée : 5 ans du 1er juill.—Cap.: 2,300,000 fr., dont 1,88,000 fr. en commandite. — Acte des 25, 30 janv., 25, 28 fév., 1er, 5, 10, 15, 20 maru, 2 et 17 avril.
- Lyon. — Formation de la Société en commandite L. Vaesen et Cie, fab. de cravates et foulards, rue de la République, 6. — Durée : 4 ans 112. — Cap.: 80,000 fr., dont 20,000 fr. en commandite. — Acte du 19 avril.
- Elbeuf. — Formation de la Société en nom collectif Veuve Edouard Thibault et Cie; fab. de draps, rue de Caudebec, 37. — Durée : 3 ou 6 ans. — Cap.: 330,000 fr. — Acte du 25 avril.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Meynard, à vendu à M. X..., faub. St-Denis, 34, chez M. Châtelain, 15 mai, un fonds de teinturerie, rue de Richelieu, 26.
- M. Révocat et Cie ont vendu à Mlle Puech, rue Clignancourt, 36, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Clignancourt, 36.
- Mme Duminil a vendu à M. X..., rue Saint-Antoine, 170, chez M. Guibé, 31 mai, un fonds de teinturerie, rue de Paris, 182, St-Mandé.
- Mlle Krempf a vendu à M. X..., rue du Grand-Prieuré, 6, chez M. Tatu, 16 mai, un fonds de teinturerie, boul. Voltaire, 29.
- M. Schmalzer a vendu à M. X..., rue Mes-lay, 50, chez M. Hardy, 22 mai, un fonds de teinturerie, rue Marbeuf, 29.
- M. Schmalzer a vendu à M. X..., rue Mes-ley, 50, chez M. Hardy, 22 mai, un fonds de teinturerie, rue de Prony, 55.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE \
- 32e Innée, N 12. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juin 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite;.
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- LES ATELIERS D'APPRÈTEURS (suite et fin).
- MÉTHODE POUR DISTINGUER LES FIBRES ANIMALES DES FIBRES VÉGÉTALES,
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS — ANNONCES.
- 3
- 2/ Els
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion . Analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- APPRÊT DES TISSUS LÉGERS Par MM. Ch. Vignet, ses fils et Cie.
- MM. Ch. Vignet, ses fils et Cie, définissent comme suit, dans le titre de leur brevet, la méthode dont ils se réservent la propriété.
- « Application par contact de toutes matiè-res susceptibles de charger et apprêter les fils, spécialement des tissus légers. » Le but est l'apprêt des gazes, des crêpes, des tulles, etc., dans dee conditions telles que ces articles ne soient pas exposés à des salissures ni à des déformations, comme il arrive avec les procédés par immersion, voire avec le cylindre au moyen de rouleaux gravés ou de rouleaux recouverts d’une enveloppe spon-pieuse. Il est à remarquer, d'ailleurs, que ces moyens ne permettent pas de régier, à vo-Ionté, la charge d'apprêt.
- Pour employer des matières denses et pou-voir en modifier la quantité par unité de sur-face, les brevetés ne laissent aux cylindres, entre lesquels passe le tissu, que la fonction de rouleaux presseurs et mettent ce tissu en contact avec un organe indépendant, sur le Iuel est étendue très uniformément la subs-Wnce constituant l’apprêt. Ledit organe est
- une toile sans fin complétée par une règle, dont le rôle consiste à limiter l’épaisseur du dépôt. Le tissu passe contre un des rouleaux supportant la toile et reçoit ainsi une première couche d’apprêt. Après séchage, l’étoffe est chargée d’un second dépôt, puis d'un troisième, le tissu étant toujours séché après chaque opération.
- APPRÊT DES TISSUS AU MOYEN DE LA VAPEUR D’EAU
- Par MM. Roger et Robia.
- MM. Royer et Robin ont surtout en vue l’apprêt des tissus «jerseys», pour lequel il il est actuellement fait usage de la presse hydraulique avec cartons et plaques chaudes interposés dans les plis.
- Ce procédé présente, en effet, plusieurs inconvénients. Lorsque le tricot est confectionné, les fers chauds et les linges mouillés, qui servent à aplatir les coutures, produisent des barres mates et des taches ; les plis, à la suite du pressage, sont ineffaçables, le grain de l’étoffe est écrasé.
- Les brevetés enroulent les tissus sur des tubes percés de trous, en même temps que des pièces de toile très tendues ; la toile serre le tricot sans qu'il soit nécessaire de tirer sur le dernier. Les rouleaux ainsi formés sont placés dans des récipients à fermeture hermétique où pénètre de la vapeur. Au bout d’un temps variable suivant la nature de la ma-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tière, le tissu prend un brillant inaltérable à l’eau et acquiert de la douceur et de la main.
- APPLICATION SUR TISSUS, DE POILS ET AUTRES MATIÈRES MOULUES OU COUPEES
- Par M. Renard,
- M. Renard prend un papier, ou un tissu, de longueur et de largeur égales à celles de l’étoffe, sur laquelle les poudres ou poils doivent adhérer. Dans le premier cas, le papier doit être bien laminé ; dans le second, il faut employer un tissu fortement apprêté.
- Le papier ou le tissu est enduit de colle liquide, soit à la brosse, soit au tireligne (comme dans l’industrie des papiers peints lorsqu’on étend de l’huile de lin demi-cuite), puis passé dans un tambour à trépidation, ou sur une toile bien tendue (moleskine, cuir, etc.). On jette en même temps ou l’on tamise la matière pulvérulente, le poil, sur la surface enduite de colle et lorsque ce liquide est sec, la poudre ou le poil adhère assez fortement pour être caoutchouté sous une râcle, qui repartit la gomme uniformément.
- Le papier ou le tissu est alors appliqué sur une étoffe caoutchoutée ordinaire, en ayant soin que les deux faces enduites de caoutchouc soient en contact , les matières pulvérulentes se trouvent donc enfermées entre un tissu et un papier ou entre deux tissus. Pour enlever le papier ou le tissu, qui a servi de support provisoire, il suffit de mouiller ce support avec une éponge, ou de jeter le tout dans de l’eau, de préférence dans de l’eau chaude. Les substances pulvérulentes ou les poils dé barrassés de la feuille ou toile de transport, apparaissent seuls à la surface du caoutchouc.
- (^Reproduction interdite.)
- LES INVENTIONS BREVETÉES 187333. 1er décembre ; Inabata. — Nou velle disposition de machine éteindre et à laver les textiles en écheveaux.
- La machine qui fait l’objet du brevet se compose essentiellement d’un appareil rotatif portant à sa circonférence un certain nombre de guindres.
- L’appareil rotatif est creux et est monté sur une colonne dans laquelle peut tourner un tuyau faisant corps avec l’appareil rotatif et pouvant également glisser dans le presse-étoupe porte à sa partie supérieure par la colonne.
- L’appareil rotatif est supporté et tourne sur un cercle de galets lequel roule sur un autre cercle venu de fonte avec un engrenage fixe placé au sommet de la colonne.
- Le mouvement de rotation est donné à l’appareil par une paire d’engrenages placée à la partie supérieure et par deux poulies folles et fixes. Sur le pourtour de la pièce rotative qui est creuse, se trouve un certain nombre de tubulures dans lesquelles sont vissés des arbres creux sur lesquels sont montés les guindres terminés à leurs deux extrémités par des presse-étoupes et par des joues.
- En dessous de ces premiers guindres s’en trouvent d’autres pouvant monter et descendre et recevant l’écheveau à teindre et laver. Pendant le mouvement de rotation de l’appareil, les guindres reçoivent un deuxième mouvement de rotation sur eux-mêmes par l’intermédiaire de pignons et d’engrenages fixes.
- Les guindres et les guides sont plongés dans une barque circulaire dans laquelle se trouve le bain de teinture et que les guindres parcourent d’un mouvement plus ou moins lent, entraînant ave : eux les écheveaux.
- 187318. 30 novembre ; Société Raoul Tanel et Georges Blay.
- Machine à teindre et à rincer après teinture la laine peignée ou cardée soit en rubans soit en nappe ou toute autre matière textile
- Le principe de l’invention consiste dans l’emploi d’une toile ou drap ou d’un tablier sans fin marchant dans le bain de teinture el dans ceux de rinçage et conduisant les rubans ou les nappes à travers les laines de teinture ou de rinçage sans les détériorer ou les déchi
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- , ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- rer ni les feutrer jusqu’à leur sortie des bains.
- Le rinçage a lieu dans un ou plusieurs bacs ou cuves en bois, fer, cuivre, plomb ou fonte à deux compartiments ou plus. Chaque compartiment exige un châssis muni des mêmes organes que celui de la teinture. A la sortie du rinçage, les rubans ou nappes peuvent être dirigés directement sans arrêt ou automatiquement soit dans un séchoir quelconque, soit à une lisseuse, soit à une calibreuse.
- 187365. 2 décembre ; Société dite : Farben— fabriken, Vorm, Friedz, Bayer et Cie.
- Procédé de fabrication des matières colorantes azotées, teignant directement en bleu noir.
- 187379. 3 décembre ; Société dite : Farben-fabriken, Vorm, Friedr,Bayer et Cie.
- Procédé de fabrication de matières colorantes brunes teignant directement.
- 187425. 6 décembre ; Graemiger. Procédé et appareil pour toindre, nettoyer blanchir et traiter de toute autre manière les fils sur bobines.
- 187457. 12 décembre ; Société Skène et Devallée.
- Perfectionnements apportés particulièrement à l’appareil sécheur des machines dites lisseuses et en général à toutes les machines à sécher les matières textiles, soit en fils, mèches ou nappes.
- Les perfectionnements qui font l’objet du brevet consistent à appliquer :
- 1° Une série de tuyaux supplémentaires chauffés que nous plaçons au dessus de l'ap-Pareil sécheur.
- 2o Sous l’appareil sécheur un aspirateur qui appelle l’air venant du haut et qui se chauffe en passant entre les tuyaux de chauffage appliqués à la partie supérieure. Cet air appelé par l’aspiration en descendant régu-fièrement entraîne avec le tout l’humidité dégagée par les matières textiles qu’il traverse et est ensuite expulsé.
- 187477. 8 décembre; Société anonyme des
- matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis.
- Fabrication de matières colorantes azoïques orangées et rouges.
- L’invention consiste dans l’obtention de matières colorantes de nuances et propriétés spéciales par l’emploi de nouveaux naphtols sulfones sur les amines, les diamines, les amidouzo, les acides amydes et les dérivés sulfones de ces corps.
- 187482. 9 décembre ; Stanchfield.
- Composition dite : introleum destinée à améliorer la qualité et la fluidité des encres nouvelles et anciennes ainsi qu’à assurer le bon fonctionnement des appareils des presses à imprimer.
- Cette substance est composée d’huile de kérosine, d’éther, d’huile essentielle, de sar-safras, dans les proportions suivates : Huile de kérosine, 64 parties.
- Ether, 8 »
- Huile essentielle de girofle, 1 » Huile essentielle de sarsafias, 1 »
- Ces ingrédients doivent être mélangés bien intimement en les agitant, puis on prend une petite quantité que l’on verse sur de l’encre vieille et épaisse, on remue avec une spatule et l’encre ne tarde pas à s’amollir et à atteindre la consistance voulue.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle, 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- {Suite}
- Les chapeaux finis sont rincés, séchés et soumis aux opérations d’apprêtage et de mise à la forme, c’est-à-dire que, de cônes de feutre, ils prennent toutes les formes voulues, dures ou molles.
- Quittons Vienne et transportons-nous dans
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- la vallée du Gier, à Saint-Chamond (Saint-Chamond par corruption de Saint-Eunemond), à la jonction du Gier et du Janon (Loire), qui tous deux tombent dans le Rhône à Givors (Rhône). C’est de Saint- Chamond, à 380 mètres au-dessus de la mer, que partaient les magnifiques aqueducs qui jadis desservaient le vieux Lyon, après un feu roulant de travaux d'art plus audacieux les uns que les autres et un parcours de 84 kilomètres. Leur construction fut décrétée par l’empereur Claude, enfant de Lyon. Pour les lecteurs parisiens, Saint-Chamond est quelque peu plus haut que le sommet de la tour Eiffel.
- La bonté des eaux douces ou granitiques du Gier et de son affluent supérieur, le Ban, dont le barrage magnifique de la Valla alimente Saint-Chamond, de même que le barrage magnifique de Saint-Marcel-ls-Anno-nay alimente Annonay. a fait la fortune de Saint-Chamond.
- Aujourd’hui, cette ville a la spécialité de la teinture en souples noirs concentrée entre les mains de quelques puissantes maisons établies à Saint-Chamond même ou au faubourg d’Izieux, ou au Creux, sur les bords du Gier. Les unes et les autres sont alimentées par les eaux du Gier avec des captages privés, ou par les eaux du barrage de la Valla, tenant en réserve 2,000,000 de m3 au plein. Vu sa population, Saint-Chamond est la ville la plus riche en eaux de la France entière (Annonay vient ensuite, son barrage tient en réserve 2,800,000 m3), et vu le développement de son industrie, cela n’est pas suffisant pour les besoins de sa teinturerie en particulier. Au magnifique barrage du Ban, il est question d'en adjoindre un second sur le Gier lui-même, avant sa jonction avec le Ban. Tous les deux sont ou seront à plus de 700 mètres au-dessus de la mer, et établis sur les flancs du Pilat, montagne qui, avec le Pilate, en Suisse, se dispute l'honneur d’avoir vu mourir Ponce Pilate.
- Chose curieuse, Saint-Chamond s’est surtout spécialisé dans les souples noirs, pour
- lesquels elle est sans rivale. Elle fait néanmoins des couleurs quelque peu. Mais la pureté de ses eaux fait qu’elle ne peut rivaliser pour la charge des soies cuites. On fait également à Saint-Chamond des laines quelque peu, pour les lacets, dont il se fait dans cette ville une très grande quantité. Saint-Chamond teint également des cotons noirs et autres pour Lyon.
- Je reviendrai un jour sur la teinture des souples uoirs.
- Si nous changeons de bassin, pour passer de celui du Rhône dans celui de la Loire, à Saint-Etienne, sur les bords du Furens, nous y trouvons toujours, grâce aux eaux du Furens descendant comme celles de Saint-Chamond et d’Annonay, l’industrie de la teinture très florissante, mais toujours dans les mêmes genres.
- Sur les bords du Furens, dont les eaux sont aménagées par deux magnifiques barrages (Rochetaillée et Pas-de-Rios) tenant ensemble 2,600,000 m3, il y a des nombreuses teintureries de couleurs sur sur soie et coton, renommées par le toucher que les eaux donnent aux fibres.
- Mais, fait curieux, le souple noir, qui a fait la fortune de Saint-Chamond, ne s’est jamais implanté à Saint-Etienne sérieusement.
- On fait à Saint-Etienne surtout des souple8 couleurs et des couleurs non chargées sur soie comme à Saint-Chamond. De même qu’à Saint-Chamond, les charges métalliques ont de la peine à réussir comme à Lyon, comme avec les eaux calcaires du Rhône et de la Saône. Là où il faut donner trois rouils a Lyon, il en faut au moins quatre à Saint -Etienne. De mêm. pour les charges à l’étain. En place, à Saint-Etienne, on fait de très-beaux engallés.
- C'est d’ailleurs de Saint-Etienne que sont parties les premières teintures en couleur d’aniline, faites au savon coupé. On appelle teinture en savon coupé celle faite avec un savon de cuite, coupé ou tranché par l'addi-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tion d’un peu d’acide acétique ou sulfurique pour neutraliser la soude du savon. Par ce
- moyen, avec le corps gras du savon et le grès de la soie, on embourbe le bain, la couleur tire moins vite et d'une manière plus uniforme et est plus dépouillée. On a d’abord ainsi fait les bleus dits « bleu Mexico », dont le ton était plus lumière que fait directement.
- En résumé, Lyon, Saint-Etienne et Saint-Chamond se complètent pour la teinture sur soie.
- Terminons ce qui a rapport à Saint-Etienne en disant que l'altitude de cette ville, environ 900 mètres au-dessus de la mer, offre dans certains cas un obstacle à quelques teintures.
- En effet,à cette altitude, l’eau bout à 970 au lieu de 100°, et, par des temps d’orage ou de basse pression, à 950. Je parle de l’ébullition au feu nu ou en double fond ; au rameau, elle peut bouillir à 93 et même 920.
- Cette différence de température de l’ébullition de l’eau explique peut-être pourquoi certains genres n’ont pu s’implanter sérieusement à Saint-Etienne.
- Ainsi la teinture de la laine, qui exige souvent franchement 1000 au bouillon et à feu nu ou au double fond, aurait de la peine à réussir à Saint-Etienne, surtout par des jours d’orage. De même les vrais garancés foulards.
- Ici, j’ouvre une parenthèse à Saint-Etienne comme à Saint-Chamond : l’on ne peut réussir convenablement les charges métalliques, cela ne viendrait-il pas de ce que l’on savonne a l’ébullition les charges métalliques pour les fixer, les quelques degrés d’ébullition en moins que l’on a, grâce à l’altitude, suffisent Pour rendre les oxydes métalliques fixés sur la fibre, moins allotropique et moins solubles dans les bains métalliques qui suivent.
- Ainsi il est bien reconnu, à Lyon, que pour fixer convenablement le rouil ou mordant l’oxyde ferrique pour noir sur la soie, il faut après rinçage savonner au bouillon très faible Pour ne pas embrouiller les soies. Mais ce bouillon, pendant une heure, doit être produit d feu nu, au double fond ou au serpentin à
- vapeur fermée, et non au rameau, qui, provoquant l’ébullition à 95 ou 96° au lieu de 100 degrés centigrades, fixe incomplètement l’oxyde ferrique qui se se redissout dans le bain ferrique suivant, lorsqu’il y a plusieurs 1 passes métalliques successives.
- Souvent j’ai vu chercher de grandes causes pour de grands effets, quand il s’agit de petits. Ainsi l’altitude d’une ville est à considérer pour la teinture. A 2,000 mètres au-dessus de la mer beaucoup de teintures seraient impossibles, de même des impressions, à cause du point d’ébullition de l’eau et de la température de vaporisage.
- MARIUS MOYRET.
- (A suivre.)
- (Reproduction interdite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- SAUMONS AVEC LES PONCEAUX
- On obtient avec les ponceaux des couleurs saumon d’un très bel éclat, et, par leurs combinaisons avec les rouges et les jaunes montant sur bain acide ou sur bain neutre, ces matières colorantes permettent l’obtention de plusieurs gammes complètes de chairs et de saumons. Les ponceaux peuvent donc s’allier avec les colorants rouges suivants : cochenille, rougeur, fuchsine, éosine, écarlate d’éosine, érythrosine, cerise d’aniline, rose bengale, roséine, safranine, etc., et se combiner [parfaitement bien avec les jaunes : graine de Perse, acide picrique, jaune de naphtol, jaune solide, orangé, etc., etc.
- Les ponceaux se dissolvent en eau chaude, et on en filtre les solutions.
- Les pièces destinées pour cette teinture doivent être rigoureusement propres.
- Différentes méthodes sont employées pour unir les ponceaux sur laine ; la plus usitée et le mordançage au sulfate de soude et acide sulfurique, avec ou sans addition d’alun.
- Viennent ensuite le mordançage au tartre
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et alun; au tartre, alun et oxymuriate d’étain, et celui à l’acétate de soude.
- Première méthode.
- Pour 100 kil. de tissus de laine, on compose un bain avec :
- Eau Q. S.
- Sulfate de soude 15 kil.
- Acide sulfurique 4 —
- Beaucoup de praticiens se contentent du mordançage au sulfate de soude et acide sulfurique, mais il est bon d’y ajouter :
- Alun épuré 3 kil.
- On entre les pièces et on les manœuvre dans ce mordant pendant vinqt minutes environ, à la température de 40 ou 50. On rafraîchit le bain si c’est nécessaire, afin de l’amener à 40°, puis on le garnit avec la quantité nécessaire de ponceau (en dissolution bien entendu) pour obtenir la nuance demandée, après quoi on en élève la température jusqu’à 70/75° C. Ce degré de chaleur ne doit pas être dépassé. On échantillonne au bout de 45 à 50 minutes, on regarnit si c’est nécessaire, puis lorsqu’on est arrivé à la couleur voulue, on abat au large, on évente et on lave en eau très propre. Tenir moins rouge l’échantillon à copier.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) A suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- {Suite.)
- No 7. — Mordoré
- A. — Pour obtenir cette couleur, on prépare la matière à teindre en en faisant manœuvrer un kilog dans un bain composé de Eau, 20 kil.
- Vésuvine S, 25 grammes.
- Sans addition de mordant.
- On entre à 7580o C., et on maintient cette température pendant 20 minutes, après quoi on abat, on lave et on sèche.
- Observation. — On obtient une couleur mordorée un peu claire, mais fraîche, et qui résiste bien à l’air et au soleil.
- B. — On compose le bain de teinture pour 1 kilog. de marchandise à teindre avec
- Eau, 20 kil.
- Vésuvine S, 25 gr.
- Alun, 100 gr.
- On remue bien le tout, on chauffe; puis, lorsque le bain est à 80° c., on y entre les fibres ou les tiges, qu’on y remue pendant 20 minutes à cette température. Ensuite on enlève, on laisse égoutter et on lave.
- Observation. — L’alun porte au foncé, ce qui fait que la nuance obtenue est un peu moins claire que la précédente ; mais elle résiste également bien à l’action combinée de l’air et du soleil.
- C — On fait manœuvrer 1 kilog. de tiges à teindre pendant 20 minutes à la température de 75[80o c. dans un bain composé de :
- Eau, 20 kil,
- Vésuvine S, 25 gr.
- Tanin, 40 gr.
- Dès qu’on a obtenu la couleur voulue, on retire la marchandise à teindre et on la lave. Observation. — Le tanin porte au demi-foncé ; ayant opéré sur des proportions identiques, la couleur contenue est un peu plus claire que la précédente. Elle résiste parfaitement à l’air et au soleil.
- D. — I kilog. de tiges ou de filaments qu’on manœuvre pendant 20 minutes à 80° C• dans un bain composé de :
- Eau, 20 kil.
- Vésuvine S, 25 gr.
- Sel marin, 100 gr. puis qu’on lave et qu’on sèche, prennent une belle couleur mordorée res agréable à l‘oil• Observation. — Cette couleur, comme les précédentes, est très solide à l’air et au soleil.
- No 8. Mordoré.
- A. — Pour 1 kilog. de végétaux à teindre, on fait fondre, dans 20 kilog. d’eau,
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- Vésuvine 000 extra, 25 gr.
- sans ajouter aucun mordant.
- Lorsque le bain est à 75800, on y entre la marchandise à teindre, qu’on y manœuvre pendant 20 minutes environ, après quoi on l’enlève, on la fait égoutter, on lave et on sèche.
- Observation. — La couleur obtenue est assez bonne, mais moins belle que les suivantes. Elle résiste à l’air et au soleil
- B. — On prépare 1 kilog. de tiges à teindre de la manière suivante :
- Vésuvine 000 extra, 25 gr.
- Lorsque le colorant est complètement dissout, on ajoute au bain :
- Stannate de soude, 50 gr.
- Manœuvrez pendant 20 minutes à 800 c., puis abattez, lavez et séchez.
- Observation. — La couleur ainsi faite est claire, comparativement aux couleurs A, C, D obtenues avec le même colorant. mais elle est bonne, et résiste parfaitement bien à l’air et au soleil.
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre) .
- 13 Juin 1886.
- On se souvient que M. de Lesseps avait promis aux souscripteurs de la dernière émission de Panama de leur accorder, lors de l’émission des obligations à lots, ou bien un privilège d’irréductibilité, ou bien un droit d’échange, titre pour titre.
- Plus généreux qu’il ne l’avait promis, M. de Lesseps ne choisit pas lui-même la combinai-naison : il en laisse le choix aux souscripteurs eux-mêmes.
- En conséquence, les souscripteurs de la dernière émission peuvent dès maintenant, par correspondance, ou bien demander, avec un privilège d'irréductibilité, un nombre d'obligations à lots égal au nombre d’obligations de la dernière émission qu’ils avaient. sous -crites, ou bien échanger simplement les titres de la 3me série contre des obligations à lots
- en se servant de la soulte pour souscrire une nouvelle obligation à lots.
- Le privilège d’irréductibilité nous paraît le meilleur, car il arrivera très probablement que l’émission des obligations à lots sera couverte par des unités, et ceux qui auraient fait seulement un échange risqueraient, en ce cas, de ne pas avoir les deux obligations à lots qu'ils auraient demandées.
- LES ATELIERS DAPPRETEURS {Suite et fin)
- II. - Que dirais-je maintenant de ces vapeurs d’eau, ces fumées, ces gaz délétères, ces chances d’incendie, etc., dont parle M. Ferrand ?
- La statistique médicale prouve que notre profession est celle où il y a le moins de maladies. Les épidémies terribles du choléra et du typhus n’ont pas eu de prise sur notre personnel. Nos ouvriers vivent bien et longtemps ; ce qui démontre que l’air chargé de vapeur n’incommode nullement la santé. Jeunes et vieux, tous, nous nous portons bien, et l’industrie qui permet à son plus vieux champion, après 63 ans d’exercice, d’être encore sur la brèche, ne doit pas être bien terrible pour ses voisins.
- Quant aux odeurs, nous répondrons simplement que nous ne les connaissons pas et que nous n’employons jamais de colles tournées, donnant de mauvaises odeurs. Notre honorable collègue connaît aussi bien que nous, pour pour les vendre en remède, les gommes adra-gante, Sénégal, arabique, ainsi que les fécules et les amidons ; et il sait bien, qu’en bon état, ces produits ne dégagent aucune odeur.
- Pour les fumées, M. Ferrand nous apprend qu’à Bâle, sur un ordre de la municipalité, en trois mois la fumée avait disparu.
- D'après les renseignements qui nous sont parvenus, il a été fait à Bâle essai de 4 fumi-vores :
- 1 Système Rober (Saxe).
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- 2 » Orvis (France).
- 3 » Tenbrink (Allemagne).
- 4 » Remmerick »
- Les deux premiers systèmes ont été rapidement abandonnés, ne donnant pas de résultats satisfaisants.
- Quant aux systèmes allemands, ils fonctionnent bien, donnant économie de combustible et diminution de fumée. Mais que M. Ferrand me permette de lui faire remarquer que Bâle est encore dans la période d’essai.
- Quant à nous, désireux de nous maintenir au niveau de tous les progrès, nous sommes tout disposés, dès qu’un système aura reçu la sanction de la pratique, de l'appliquer à nos générateurs.
- Reste le bruit si incommode pour les voisins. C’est la première fois que cette question est soulevée. Mais si l’on veut bien y faire attention, toutes les professions sont plus ou moins bruyantes : le musicien avec ses éternelles gammes, le tisseur avec son battant et sa navette, le liseur avec ses presses, le boulanger avec ses plaintes, voire même le pharmacien avec son pilon, nous sommes tous incommodes.
- Et lagrilleuse, dite sifflante, est-elle si coupable ? Pour comparer son bruit à celui des hurleurs des plaines de la Pampa, ne faut-il pas beaucoup d’imagination? Et puis n’est-il pas surprenant de voir, dans un quartier ouvrier et industriel possédant des scieries à vapeur, 70 habitants dénoncer si rapidement cette grilleuse qui fonctionne depuis 3 mois à peine, et seulement quelques heures par jour ? Ne serait-il pas sage de voir s'il n’y a pas, en dehors de toute incommodité, une rancune personnelle que le chant de la sirène (comme l’appelle M. Ferrand, serait venu réveiller.
- D’après ce que j’ai appris, il y a là aussi un bruit moins strident, mais qui aurait dû être étudié.
- III.—En résumé, nous pensons être dans le vrai en soutenant que la profession d’apprê-teur n’a rien de nuisible et d’incommode, et en réclamant pour elle la liberté dont elle
- jouit depuis si longtemps et dont elle n’a jamais abusé. Aussi demandons-nous qu’elle ce qu’elle était et qu’elle soit exempte de tout classement.
- NOUVELLE MÉTHODE
- POUR DISTINGUER LE® FIBRES ANIMALES des fibres végétales.
- Depuis longtemps les chimistes ont cherché un moyen rapide et sûr pour distinguer si une fibre est d’origine animale ou si elle vient d’un végétal. La manière dont une fibre se carbo-nise, l’odeur qu'elle répand alors, la cendre qu’elle laisse, la manière dont elle se comporte vis-à-vis d’une solution alcaline concentrée, vis-à-vis de l’acide azotique, de l’oxyde de cuivre ammoniacal, ou encore dans un mélange d’acide sulforique et d’acide azotique concentré,tout cela constitue des moyens différents d’investigation.
- Cependant on sait, en chimie, le peu de confiance que l’on peut avoir dans chacun de ces moyens en particulier, et il faut avoir recours à plusieurs de ces réactions simultanément quand on veut pouvoir conclure avec quelque certitude.
- La nouvelle méthode permet d’obtenir le résultat cherché avec certitude et rapidité. Ce moyen d’investigation est basé sur deux nouvelles réactions du sucre. Comme il a été dit dans une autre publication, les différentes espèces de sucre (sucre de canne, sucre de raisin, maltose, sucre de lait et sucre de fruits) présentent une réaction particulière et caractéristique avec le naphtol ou le thymol en présence d’acide sulfurique.
- Quand on mélange, par exemple, 5 cc. d’une dissolution de sucre avec deux gouttes d’une solution alcoolique de naphtol à 20 010 et qu’on ajoute de l’acide sulfurique concentré en excès, on voit se former, quand on agite, une magnique coloration violette. En étendant d’eau, on obtient un précipité bleu vio”
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- let. Si l’on remplace le naphtol par le thymol, on obtient une coloration rouge rubis, carmin ou vermillon ; après addition d’eau, le précipité qui se forme est rouge carmin.
- Cette réaction du sucre est des plus sensibles,elle est plus sensible encore que les réactions de Trommer et de Fehling ; sa sensibilité est telle que l’urine humaine, étendue de 100 à 300 fois son volume d'eau, détermine la réaction colorée, malgré la faible quantité de sucre qu’elle contient.
- Les hydrocarbures ainsi que les glucosides déterminent « indirectement » cette réaction, car ils donnent naissance à des sucres quand on les traite par l’acide sulfurique. Or la cellule végétale se compose en grande partie d’un hydrocarbure, la ce'lulose, qui demande de nombreuses opérations chimiques.
- En présence de l’eau et de l’acide sulfurique, la cellulose se transforme en sucre, et c’est pourquoi les « fibres végétales » (coton, lin, chanvre, jute, etc.) donnent « indirectement » la réaction caractéristique du sucre.
- Les fibres d’origine animale ne contiennent ni sucre ni hydrocarbure et par conséquent elles ne réagiront ni sur le naphtol ni sur le thymol. Cette métuode permet donc de reconnaître par une réaction simple et rapide à quel genre de fibres on a affaire.
- Après de nombreuses expériences, on s’est arrêté au procédé suivant comme donnant les meilleurs résultats : «On met dans une éprou-« vette 0 gr. 01 de fibres bien bouillies avec « icc. d’eau, puis on ajoute 2 gouttes d’une « solution alcoolique de naphtol à 15 ou 20 « p. 100; enfin on verse une quantité d’acide « sulfurique concentré égale au reste du li-« quide. — Le naphtol -p ne donne pas « cette réaction, bien qu’il soit isomère du * naphtol. Si l’on a affaire à une fibre végé-« taie, le liquide prend, quand on l’agite, une « teinte violet foncé, et la fibre se dissout « complètement. Si la fibre est d’origtne ani -« male, le liquide prend une teinte plus ou " moins jaune ou rouge brun. »
- Quand on emploie du thymol, ont obtient
- une couleur vermillon ou carmin, cette dernière teinte seulement si l’on étend d’eau.
- On a répété ces expériences avec un grand nombre de fibres végétales (coton, lin, chanvre, jute, china-grass, ramie, phormium, aloès, fibre de coco, paille, etc.), et l’on a a toujours obtenu le même résultat. Comme le bois et même le bouchon donnent cette réaction, on peut en conclure que n’importe quelle parcelle végétale est caractérisée par la réaction sucrée avec le naphtol et le thymol. Les fibres animales telles que laine, alpaga, poil de chameau, fourrure, etc., ne contiennent aucun élément susceptible de se transformer en sucre sous l’influence de l’acide sulfurique et ne donnent par conséquent aucune réaction.
- La soie se comporte comme la laine ; cependant il est à remarquer que certaines espèces de soie pure, telles que celle qu’on appelle « Wild silk » donnent une réaction faible et passagère lors même qu’on a longuement fait bouillir les fibres.
- La soie contient probablement des traces d’un corps qui se transforme en sucre sous l'influence de l’acide sulfurique ; il ne peut être question de sucre libre, car la soie bouillie et par conséquent purgée de sucre donne la même réaction. Quoi qu’il en soit, la réaction, quand elle se produit, est si faible et si passagère qu’on ne peut hésiter entre la coloration donnée par la soie et celle que donnent les fibres végétales.
- Comme la réaction est extrêmement sensible, il ne faut employer, dans l’analyse des fibres animales, que des parties tout à fait pures en évitant celles qui contiennent des graterons. Ces impuretés, qui sont végétales, donneraient une réaction fausse.
- Il est nécessaire de faire bouiilir préalablement les fibres, parce que l’on emploie souvent dans l’apprêt de certains tissus d’origine animale, surtout pour la soie, de la gomme, de la graine de lin ou du sucre, afin de donner du brillant à l’étoffe ; l’ébullition et le lavage éliminent ces différents corps.
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- La méthode s’applique aussi bien aux fibres teintes qu’aux fibres brutes, car les colorations que les fibres animales et le liquide prennent dans l’essai au naphtol-a différent du violet, et lors même qu'elles se rapprocheraient de cette nuance, la durée et l’intensité de cette coloration sont si faibles qu’il est impossible de confondre avec la couleur que donnent les fibres végétales. Les couleurs dont sont imprégnées les fibres, ne gênent ni ne masquent en rien la réaction ; il est donc indifférent que les fibres soient teintes ou non.
- A part l’essai au naphtol-a, le degré de solubilité des fibres indique si l’on a affaire à un tissu composé uniquemement de fibres animales ou végétales, si c’est un mélange des des deux, ou s’il n’est composé que de soie.
- Ainsi :
- 1er Echantillon : l’essai au naphtol-a ne donne que peu ou pas de coloration, ou une coloration faible et passagère ;
- 2e Echantillon : l’essai donne une belle coloration ;
- 1er Echantillon : le tissu se dissout complètement. Soie ;
- 1er id. le tissu ne se dissout pas.Laine animale ;
- 1er id. le tissu se dissout en partie. Laine et soie ;
- 2e Echantillon : le tissu se dissout complètement. Fibrevégétale pure ou mêlée de soie ;
- 2e id. le tissu se dissout en partie. Fibre végétale et laine.
- Si l’on analyse séparément la chaîne et la trame dans un tissu au lieu de se borner à l’analyse d'un morceau d’étoffe, on pourra restreindre et préciser beaucoup les recherches.
- (Trad. du Dinglers polytechnisches journal.}
- LES
- LAINES DE LA PLATA A Bordeaux
- Il est bon de faire connaître au commerce les nouvelles mesures que la Compagnie des Messageries Maritimes vient de prendre dans le but d’aider au développement de l’importation des laines et peaux de la Plata.
- Actuellement, sur un steamer venu au fret de 20 fr. pour Bordeaux et 30 fr. pour Maza-met, les balles, qui se vendaient à Bordeaux à destination de Mazamet ou autres centres jouissant de l’option, ou qui s’y réexpédiaient après les quatre jours accordés pour jouir du tarif de transit, payaient de Bordeaux à Mazamet 15 50 de transport par chemin de fer, soit en tout depuis Buenos-Ayres 35 50 au lieu de 30 fr., tout compris, payés parles balles en transit direct.
- Afin d’égaliser les situations, les Messageries ont décidé de porter à quatre mois de l’arrivée le délai d’option
- Sur toutes les balles qui, dans ce délai de 120 jours, se vendront ou s’expédieront à destination de Castres, La Bruguière, Mazamet, Soult, Saint-Amand, Carcassonne, Bédarieux et autres centres qui seraient admis plus tard à l’option, les Messageries bonifieront aux réceptionnaires, la différence nécessaire pour ramener le prix du transport à Mazamet, après séjour à Bordeaux, aux prix payés pour les balles chargées directement à Buenos-Ayres ou Montevideo pour Mazamet, par le même steamer.
- Les conditions du transit sont donc maintenues intactes, mais il y a amélioration sensible dans la situation des balles séjournant à Bordeaux.
- Cette nouvelle mesure est appliquée depuis à partir de l’arrivée du « Congo », arrivé à Bordeaux dans les premiers jours de ce mois.
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- COMPAGNIE UNIVERSELLE DU CANAL INTEROCÉANIQUE DE
- PRÉSIDENT DIRECTEUR: M. FERDINAND DE LESSEPS
- EMPRUNT DE 720 MILLIONS
- ^prunt autorisé conformément aux prescriptions de la loi du 2 mai 1836, par la loi du 8 juin 1888, mais sans aucune garantie ou responsabilité de VEtat.
- Souscription publique à Deux Millions d’Obligations à Lots
- ÉMISES A 360 FRANCS
- RAPPORTANT 15 FRANCS PAR AN
- Payables semestriellement les 1er Décembre et le 1er Juin de chaque année
- IMBOURSABLES PAR DES LOTS OU A 400 FRANCS DANS UN DÉLAI MAXIMUM DE 99 ANS
- TABLEAU DES LOTS TIRÉS CHAQUE ANNÉE
- 6 tirages par an, du 16 Août 1888 au 15 Juin 1913. — 1" tirage le 16 août 1888
- S lots de 800,000 fr. — 3 lots de 230),000 fr.
- 6 lots de 100,000 fr , etc.
- 16 Août Francs otde 500,000 1 - 100,000
- Ede 10,000 20,000 ; - 5,000.10 000
- - 2,000.10,000
- 15 Octobre. Francs’ 5 Décembre Francs 15 Février. Francs]
- 250,000 1 lot de 500,000 1 lot de
- 100.000 1 — 100,000
- 1 lot de
- 250,000
- 100,000
- 02 on non!
- 1 — 1UUUUU 1 — Aww, 1 — AwW,
- 2 lots de 10,000.20.000 2 lots de 10,000 20,000 2 lois de 10.000.20.000 2 5,00 0.10,00 0 2 — 5.000.10,000 2 — 5,000 10,000
- 1.000.50,000 50
- 2,000.10 000 5 1,000 50,00050
- 2,000.10,01)0
- 1 000.50,00050
- * to. c c
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- • O C
- > © 5
- > O c > O C > O C
- 1
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- 1,000.50,000 50
- 15 Avril. Francs lot de 500,000 — 100,000
- lots de 10,000.20,000 — 5,000 10,000
- — 2.000.10,000
- — 1 000.50,000
- 15 Juin. Francs
- 1 lot de 250,000
- 1 — 100,000
- 2 lots de 10,000 20,000
- 2 — 5,000.10,000
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- 50 — 1,000.50,000
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- Par an : 336 Lots s'élevant à Fr. 3,390,000
- 16 août 1913 jusqu’à complet amortissement
- as
- 4 tirages par an, du
- lots de 100.000 fr.,
- de 210.000 fr.
- * lots de 200.000 fr.
- * lots
- etc.
- ’6 Août. Francs 15 Novembre Francs 15 Février Francs 15 Mai Francs
- lot de.. 500,000 1 lot de 250,000 1 lot de 500,000 250.000
- -. 100 000 1 100 000 1 — 100.000 1 — 400.000
- 10 000 1 10.000 ( — 10.000 1 — 10 000
- — 5 000 1 . . 5 000 1 — 5.000 1 - 5 000
- lots de 2.000 .. 10.000 5 lots de 2,000... 10 000 5 lots de 2.600. 10.000 5 lots de 2.000.. 10.000
- T 1.000... 50.000 50 — 1,000... 50.000 50 — 1.000. 50.000 50 — 1.000.. 50.000
- lots s’élevant à Fr 2.200.000
- Par an : 236
- Le paiement des lots aura lieu un mois après chaque tirage
- .e Remboursement à 400 francs et le paiement des lots seront garantis par un dépôt de Rentes aises ou de Titres garantis par le Gouvernement Français, conformément aux termes ci-es de la loi du 8 juin 1888 (art. 1er, paragraphe 4) :
- ’ Le rcmboursement de cet emprunt dans un délai maximum de 99 am et le paiement des lots seront gdrantis r “n dépôt suffisant, acee affectation spèciale, de Rentes françaises ou de Titres garantis par le Gouverne-ert Français ».
- Indépendamment de l’amortissement qui se fera chaque année par le paiement dos lots, Famortissoment à rancs commencera à partir de 1913.
- tstke dpôt en Rentes françaises ou Titres garantis par le Gouvernement Français sera admi-"e par une Société civile spéciale, indépendante de la Compagnie de Panama.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1" Versement
- 2* —
- 3* -
- 5* —
- 5- —
- 6* —
- 7' —
- Prix d’émission payable comme suit : Sommes nettes à verset
- § 20 fr. en souscrivant......................................................20 fr. »
- { 40 fr. à la répartition (du 5 au 10 juillet 1888)........................»... 40 » y
- 60 fr- du 20 au 25 Août 1888, sous déduction des intérêts acquis à raison de 4 0/0 l’an 59 84 | :
- 60 fr. du 5 au 10 Novembre 1888 — — 59 18
- 45 fr. du 5 au 10 février 1889 — — 43 44 c
- 45 fr. du 5 au 10 Mai 1889 — — 43 10 ;
- 45 fr. du 5 au 10 Août 1889 — — 42 60 §
- 45 fr. du 5 au 10 Novembre 1889, sous déduction des intérêts à raison de 4 0/0 ë
- l’an jusqu’au 1" Décembre 1889. . r..................................41 18 r
- Total................................................ 349 fr. 34
- La Souscription sera ouverte et close le ^Juin
- A la Compagnie Universelle du Canal Interocéanique, 46, rue Caumartin.
- A la Compagnie Universelle du Canal de Suez, 9, rue Charras.
- Au Comptir d’escompte de Paris, 14, rue Bergère.
- A la Société générale de Crédit Industriel et Commercial, 72, rue de la Victoire.
- A la Société de Dépôts et de Comptes courants, 2, place de l’Opéra.
- A la Société Générale pour favoriser le développement du Commerce et de l’Industrie en France, 54, rue de Provence.
- A la Banque de Paris et des Pays-Bas, 3, rue d’An tin.
- Au Crédit Lyonnais, 19, boulevard des Italiens.
- A la Banque d’escompte de Paris, place Ventadour.
- A la Banque Franco-Egyptienne, 3 et 5, rue Saint-Georges.
- 1888
- \ Et dans leurs j bureaux de quartier i à leurs r agences en province } et à l’Etranger 1 et chez | leurs correspondant en France / et à l’Etranger
- On peut souscrire dès à présent par correspondance.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- RAPPORTS DE FAILLITES
- Versailles. — La Société Collineau et Cie, fab. de matières colorantes, à Argenteuil, et personnellement les associés. — Jug. du 26 mai.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. -- Formation de la Société en nom collectif Ernest Guillaume et Maingot, teinture des peaux, rue de la Glacière, 51. — Durée : 12 ans. — Cap. : 75,000 fr.— Acte du 31 mai. — J. g. d’A.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif C. Carnier et Cie, apprêteurs, rue Boileau , 50. — Durée : 12 ans. — Cap. : 250,000 fr. — Acte du 25 mai.
- Lyon. — Formation de) la Société en nom collectif Pujin et Fabre, droguerie et produits chimiques pour la teinture, impressions, apprêts, etc., quai Saint-Vincent, 58. — Durée : 6 ans. — Cap. : 60,000 fr. — Acte du 1er mai.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Roubaix. — Dissolution, à partir du 1er mai, de la Société L. Lelong et Marion, teinturiers, à Annappes. — Liquid. : M. Lelong. — Acte du 3 mai.
- MODIFICATION DE SOCIÉTÉ
- Lyon. — Modification de la Société en nom collectif Gantillon et Cie, comprenant onze usines etatelier d’apprêts, place Tholozan, 21, par l'entrée dans le comité de gérance, avec droit à la signature de M. Justin Fouilleron, apprêteur, cours Vitton, 106. — Délib. du 25 avril.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- Mme veuve Héleine a vendu à M. X..., rue rue Meslay 50, chez M. Hardy, 10 juin, un fonds de teinturerie, boul. Saint-Germain, 7.
- Mme Brivoual a vendu à M. Pinçonnat, impasse Hélène, chez M. Monnot, 13 juin, un fonds de teinturerie, avenue Victor-Hugo, 114.
- Mlle Tellier a vendu à M. Lamouche-Stin-ville, rue Saint-Martin, 11, chez M. Doucet, 10 juin, un fonds de teinturerie, rue Montor-gueil, 27.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 13. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juillet 1888
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- REVUE DE L’ANNEE TINCTORIALE A LYON (suite et fin).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- LES PRODUITS TINCTORIAUX DU TONKIN.
- JURISPRUDENCE
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion. l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. (Reproduction interdite.)
- FEUTRAGE DES FILS DE LAINE Par M. Ischierret.
- La production de fils feutrés, tentée, il y a une vingtaine d’années, n’a pas réussi pour les diverses causes ci-après :
- Les tabliers sans fin, destinés à conduire et à feutrer la « préparation », s’usaient très-rapidement et ne pouvaient être maintenus dans le sens de la largeur, les toiles de recouvrement des rouleaux feutreurs s’usaient aussi trop promptement ; les jonctions des tabliers sans fin déterminant des irrégularités de filage et même des ruptures ; l’étirage était insuffisant, faute de torsion ; enfin le mouillage des organes feutreurs manquait d'uni-formité.
- M. Ischierret a repris l’étude de la question et construit une machine destinée à remédier aux inconvénients signalés : les « mèches ou boudins » passent entre des cylindres feutreurs (chauffés intérieurement par un cou-rant de vapeur) et des rota-frotteurs formés de trois rouleaux ; un manchon flexible enveloppe deux de ces rouleaux et est tendu au moyen du troisième.
- Les toiles qui, dans les premiers appareils
- recouvraient les cylindres feutreurs, sont ici remplacées par des bandes minces de métal, montées et fixées à la manière des garnitures de cardes ; il n’y a donc plus à redouter le glissement latéral des enveloppes.
- D’autre part, pour éviter les jonctions et les inégalités de tension, le manchon du rota-frotteur est tissé sous forme de tuyau(en fils retors de lin ou de chanvre), puis coupé de longueur. Les rouleaux introduits dans ce manchon, préalablement guillochés en pointes de diamant, assurent une grande adhérence.
- Les rota-frotteurs successifs sont animés de mouvements de sens contraires qui, en imprimant aux mèches de laine une « fausse torsion*», facilitent l’étirage.
- Enfin le mouillage des organes feutreurs est régularisé par de petits appareils pulvérisateurs, basés sur le principe de l’injecteur Giffard et uniformément répartis.
- (Reproduction interdite.')
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 187540. 12 décembre ; Schleber. — Procédé et dispositif permettant de fixer, laver, blanchir ou teindre les tissus à l’état de tension.
- L’invention qui fait l'objet du brevet consiste à appliquer à la machine servant au fixage, au lavage, au blanchiment ou à la
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- 146 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- teinture deux chaînes sans fin pourvues d’aiguilles, de pincettes ou de tenailles saisissant le tissu pendant son passage à travers le bain par les bords et qui maintenues elles-mêmes à des distances déterminées, maintiennent le tissu constamment tendu.
- Au guidage des chaînes sont appliqués de préférence des disques pourvus sur leurs pourtours d’une rainure dans laquelle passe la chaîne et qui sont disposés d’une manière ajustable dans le récipient recevant le bain ; au lieu de ces disques rotatifs on peut appliquer des pièces de guidage fixes se réglant suivant la largeur du tissu et faisant passer ce tissu à travers, soit en ligne droite soit en zig-zag ou de toute façon. Aux points d’entrée et de sortie du tissu, sont disposés en outre des guides ajustables pour les chaînes, permettant d’augmenter ou de diminuer graduellement la tension.
- 187578. 13 décembre 1887 ; Bréarley. — Perfectionnements aux machines à tondre les tissus.
- L’invention qui fait l’objet du brevet consiste à établir la règle ou support sur lequel glissent les tissus et au dessus duquel se fait le tondage, de façon à ce qu’il soit très élastique et cède facilement devant les nœuds ou saillies qui peuvent se présenter sur l’envers du tissu. Ces aspérités ne seront plus nuisibles puisque arrivées sur la règle, celle-ci leur permettra de se dérober sous la pression des couteaux du cylindre tondeur.
- Le point caractéristique de l’invention réside dans l’emploi d’une table ou support avec arrêt élastique et cédant facilement, au dessus de laquelle est tendue l’étoffe, cette arête est formée par un tube en caoutchouc disposé dans le bout rigide de la table et maintenu en position par une bande qui passe par dessus.
- 187585. 16 décembre 1887; Travers.—Perfectionnements dans les polisseuses en travers dites à chariot.
- 187585. 16 décembre 1887 ; Travers et Per-vilhac.
- Machine à polir les étoffes de soies et soieries mélangées.
- 187627.15 décembre 1887 ; Baquès.— Nouveau produit industriel consistant en des pla-ques doublées pour y enrouler les étoffes de laine ou de coton servant aux confections pour dames.
- 187703. 20 décembre 1887 ; Mittler et Société C. Goget et H. Lacour.
- Nouveau procédé de teinture en noir.
- 187705. 20 décembre 1887 ; Dor-zelle. -Procédés servant àrendre inflammables toutes les matières combustibles par l'emploi du chlorure de zinc.
- 187713. 20 décembre 1887 ; Scott. - Perfectionnements dans les machines ou appareils pour la coupe des velours à côtes et autres étoffes à poil analogues.
- 187744. 23 décembre 1887 ; Doury. - Machine à teindre les laines peignées en bobine et en vrac et toutes autres matières textiles. :
- 187790. 23 décembre 1887; Société Ru-dolph Kœpp et Cie.
- Application du florure de chrome et des sels doubles de florure de chrome à la teinture et à l’impression.
- 187932. 19 décembre 1887 ; Michaud. -Procédés nouveaux pour la confection des planches et des cylindres gravés destinés a l’impression ordinaire sur papier et sur étoffes ainsi qu’aux impressions en relief ou au gaufrage des surfaces souples.
- 187821. 26 décembre 1887 ; Nietzki. -Procédé de production de matières colorantes jaunes et brunes.
- 187957. 3 janvier; Lewin. -- Perfectionnements au procédé de fabrication d'étoffes en soie ou en laine, cheveux, passementerie soie et laine, etc., étoffes obtenues par la fixation de duvet de plumes sur un tissu recouvert d’une couche de caoutchouc.
- 187968. 6 janvier ; Gay. — Nouvel appareil brûleur pour machine à griller ou flamber les tissus.
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- ET DK L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 188011. 7 janvier; Thomas. - - Fabrication de certaines matières tinctoriales.
- Le but de l’invention est la fabrication de certaines matières tinctoriales bleues.
- 1: Par la condensation de dérivé de parani-trosiques de monamines tertiaires, c’est-à-dire des monamines dans lesquelles deux équivalents du radical d’un alcool remplaçant les deux équivalents d’hydrogène alliés à l’azote avec des monamines, telles que aniline, ortholindine, etc., et leurs dérivés alkyls secondaires et tertiaires, dans des solutions acides diluées et en présence d'hydrogène sulfuré à l’état naissant au moyen de chlorure de zinc, après quoi on oxyde le produit de la condensation par des agents oxydants convenables, tels que le chlorure de fer, l’acide chromique.
- 2- Par la condensation des dérivés parani-trosiques des monamines tertiaires en présence de l’hydrogène sulfuré à l’état naissant, au moyen du chlorure de zinc, et en oxydant ensuite le produit de la condensation au moyen des mêmes agents oxydants.
- 188038. 9 janvier, Société Badische, Anilin et Soda Fabrik.—Préparation de matières colorantes azotiques violettes.
- Cette préparation s’obtient en faisant réagir les sels de linitrodiazobenzine sur les acides monodi ou polysulfoconjugés, de la beta-naphtylamine.
- L’opération se fait de la manière suivante : On emploie 18,5 kil. d’aniline binitrée asymétrique, modification découverte par Gott-lieb, fondant à 180° centigrades. On transforme ce corps et son dérivé diazotique en dissolvant le corps dans 100 kilog. d'acide sulfurique à 66o Beaumé, dans lequel 6,9 kil. de nitrate de sodium ont été préalablement dissous. La dissolution de l’aniline binitrée étant Achevée, on verse le liquide en filet mince sur de la glace : de cette manière on obtient une solution claire et limpide de sulfate de binitrodiazobenzine, que nous introduisons dans une solution .froide aqueuse de 26,5 kil. de bitanaphtylamine, monosulfonate de so
- dium additionnée d’une quantité d’acétate de sodium équivalente à la totalité d'acide sulfurique employé.
- La matière colorante se forme de suite et se dépose sous forme d’un précipité foncé, violet qui se dissout dans l’eau bouillante et se dépose par refroidissement.
- 188047. 9 janvier; Dratz fies sieurs). —Nouveau procédé de teinture ou peinture sur étoffes.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste dans la façon d’imprégner de couleurs et de leur mordant les matières textiles filées ou en flocons, ainsi que toutes autres matières.
- Cette imprégnation s’obtient au moyen d’une projection de vapeur qui, entraînant la couleur par aspiraiion, ou bien la chassant par compression contre un jet de vapeur, la pulvérise et en injecte le tissu ou la matière à teindre. Cette force de’ projection étant proportionnelle à la tension de la vapeur utilisée, peut atteindre une force considérable permettant d’imprégner des tissus de forte épaisseur aussi bien que plusieurs étoffes tendues les unes sur les autres.
- 188072. 10 janvier; Meyerson.— Producton d’une matière colorante bleue.
- Pour préparer cette matière colorante, on procède comme suit : on part de l’aldéhyde mésitylénique que l’on prépare dn mésityline par l’un des procédés déjà usités pour la préparation de cette classe de corps, par exemple, en distillant le mésityléniate de baryum ou de calcium avec du formiate de baryum ou de calcium à pression réduite ; ou bien en traitant le mésityline monobrômé ou monochloré par le nitrate de plomb.
- L’aldéhyde mésitylénique obtenu est ensuite transformé en aldéhyde mésitylénique nitré. A cet effet, on prépare un mélange de 15 parties d’acide sulfurique à 66° Beaumé et de 5 parties d’acide nitrique concentré, ou bien on fait dissoudre 4 parties de nitrate de potasse pulvérisé, dans 16 parties d’acide sulfurique à 66° Beaumé. Le mélange ou la dissolution étant refroidie à 0°C., on y fait couler lente-
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- 148 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment une partie d’aldéhyde mésitylénique, en veillant à ce que pendant la réaction la température ne dépasse pas 5° C.
- On laisse reposer pendant 24 heures et l’on verse dans 80 parties d’eau froide. Il se précipite alors des flocons blanchâtres qui sont filtrés et lavés à l’eau. On peut les employer directement, ou bien les purifier par cristallisation dans l’alcool.
- Ce corps peut être transformé en titra-mé-thyle-indigotine en le traitant :
- 1* Soit par l’acide pyrotartrique et l’acide chlorhydrique, de manière à obtenir de l’acide d'éméthyle-cinnamyle-formique nitré , qui fournit la matière colorante, lorsqu’il est traité par une solution concentrée de carbo nate de soude.
- 2- Soit par l’acide pyrotartrique et une so lution de soude caustique, ou
- 3’ Par l’acétone et une solution de soude caustique, ou encore
- 4- Par l’acétat déhyde et une solution de soude caustique.
- 188083. 11 janvier ; Wood. — Système de commande à renversement de marche et arrêt automatiques pour machines à teindre et à fouler.
- 188115. 12 janvier ; Société Robert Chad-wick et Son. — Matière colorante perfectionnée pour teindre, imprimer, peindre ou mettre en couleurs.
- Notre matière colorante perfectionnée est produite par le mélange d’une solution d’indigo-Bengale dans l’acide sulfurique avec de l’extrait d’indigo, de l'acide sulfurique, de l’écarlate d’aniline, ou autre écarlate soluble dans les acides et du jaune acide ou autre jaune qui exige de l’acide pour se développer. 188290. 27 janvier; Perrin. — Application mécanique des tontines sur tissus éclairs, telles que grenadines, tarlatanes, tulles, etc.
- 188300. 26 janvier ; Steib. Appareil destiné au vaporisage des filés, écheveaux, tissus, fixage de couleurs, etc., etc.
- Cet appareil se compose d’un récipient ayant une forme quelconque, fermé à une
- extrémité et muni à l’autre d’une portière démasquant entièrement l’intérieur de l’appareil. Ce récipient surmonté d’un collecteur établi pour servir à la fois de récepteur, de distributeur et de conduit d’échappement de vapeur; à toute sa partie supérieure surchauffée au moyen d’une table à vapeur sans joints ni rivures, sa partie inférieure légèrement convexe est munie sur son pourtour d’un serpentin perfore servant en même temps a chauffer et a répartir la vapeur dans l’appareil.
- La fermeture qui est surtout caractéristique se compose :
- 1- D’un encadrement rivé à l’appareil et mnni sur tout son pourtour d’une garniture encadrée devant former joues.
- Cet encadrement porte a la partie supérieure un arbre horizontal mû par un volant et commandant au moyen de roues coniques deux arbres verticaux à vis sans fin s’engrenant avec des pignons formant écrous fous à denture hélicoïdale dont le mouvement circulaire imprime un mouvement rectilique à leurs axes filetés.
- Ceux ci sont réunis à leur partie supérieure par des barres qui servent en même temps de guides a la portière qui monte et descend pa-ralèlementa l’encadrement.
- 2- D’une portière a coulisseaux glissant verticalement le long des barres. Cette portière équilibrée par un contrepoids est ma-nœuvrée a la main comme un registre de machine a vapeur.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle, 43, rue Turbigo, Paris.
- REVUE DE L’ANNÉE TINCTORIALE
- A LYON EN 1887
- {Suite et fin)
- Si nous quittons Saint-Etienne, il faudrait passer par Roanne.Mais j’ai déjà parlé de son
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- ET DR L'IMPRESSION DES TISSUS
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- industrie dans les colonnes du journal. Tout ce que j’ai à dire en plus, c’est de parler de son établissement de teinture en noir pour les peluches soies, qui a conquis dans ce genre une très grande importance. Ce sont d’ailleurs des noirs légers.
- De même nous glisserons sur les établissements très importants, et pour la même raison, d’Amplepuis, de Cours et de Thisy, ce que l’on appelle à Lyon : la Montagne, si ce n’est pour dire que, dans les fabriques très importantes de ces régions, pour les couvertures, l’introduction des déchets de soie mariés à la laine s’y est faite et produit de très heureux effets.
- Tarare est un centre très important pour les mousselines, qui sont simplement cuites, azurées et apprêtées.
- Par azurage, il faut bien s’entendre, car souvent l’on donne, au lieu d’un ton bleu à la mousseline, un ton rose avec le safranum ou carthame (jadis, Tarare a employé de très grandes quantités de safranum), ou un ton crème avec l’épine-vinette.
- L’industrie de Tarare, quoique très[floris-santé, est d’ailleurs limitée par le manque d’eau. Souvent la Turdine, qui l’alimente en eaux douces, est pour ainsi dire à sec, et Tarare n’a pour toutes ressources que les eaux captées par la Compagnie du P. L. M-dans le tunnel des Sauvages, qui fait correspondre Amplepuis avec Tarare.
- Villefranche-sur-Saône est très florissante Par ses cotonnades, teintes principalement en pièces. Il s’y fait cependant quelque peu de la flotte-coton.
- Il y a dans les usines de Villefranche-sur-Saône de magnifiques outillages mécaniques, qui prennent les pièces sur la cuite et les fondent non seulement teintes, mais encore apprêtées et mesurées.
- De Villefranche-sur-Saône, nous passerons à Miribel-sur-Rhône (Ain) à 15 kilomètres de Lyon, il y a un important établissement de
- teinture en pièces sur soie, soie et coton. On peut même dire que c’est le premier du genre. Que de progrès se sont réalisés depuis la fondation de cet établissement; à son début, on ne se doutait guère, à Lyon, qu’un jour viendrait où la teinture en pièce ferait une terrible concurrence à la teinture en flottes, et bouleverserait l’industrie soyeuse. Je parle d’il y a quarante ans. Il y a même seulement trente ans, que l’on méprisait la teinture en pièces !
- A Neuville-sur-Saône (près Lyon), à Pierre-Bénite (près Lyon) et à Coluire (Lyon), on trouve divers établissements d’impression renommés par leurs enluminés, ou imprimés sur soie.
- Les couleurs de bois ou autres naturelles ont fait la fortune de ces établissements, en dehors des garancés, grâce à la nature calcaire de leurs eaux, qui les rendaient supérieures aux enluminés faits dans les montagnes de l’Ardèche, et pour le prix de revient, et pour la beauté du coton.
- Les eaux trop pures des montagnes de l’Ardèche ne valent rien pour les enluminés.Avec elles, le coloriste éprouve des difficultés, même avec les couleurs d’aniline.
- A Lyon, on fait beaucoup de réserves. On appelle réserver un tissu, imprimer dessus une impression grasse à base assez complexe, de térébenthine, de colophane, de suif et de blanc de baleine.
- L’impression étant faite et sèche, on teint en pièces.
- Partout où l’on a imprimé de la réserve, la teinture faite à froid ne prend pas. Les pièces teintes et sèches sont lavées méthodiquement à la benzine, pour les dépouiller de la réserve grasse et faire apparaître les blancs, qui sont d’ailleurs très nets.
- A Lyon même même, où l’on teint actuellement toutes sortes de fibres, teintures sur lesquelles je reviendrai, à l’état pur ou mélangé, en flottes ou tissus, l’on fait également
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ct o
- quelque peu de chapellerie. Une maison y a créé une teinture très importante, celle des peaux de lapin, de renard et de lièvre de Russie, en noir. C’est par centaines de mille de peaux que l’on reçoit les marchandises par les marchés de Leipsik.
- Il existe à Lyon une seule maison faisant le genre de Villefranche-sur-Saône.
- De plus, une maison faisant le perlage pour impression, avec des planches à aiguilles mobiles sur tulles.
- Chers lecteurs, nous allons terminer cette revue, par trop longue, à Bourgoin-sur-la-Bourbre aux eaux calcaires, dans le genre de celles de la Dhuys et de la Vanne, de Paris (210 hydrotimétrique).
- A Bourgoin, il y a plusieurs établissements sur soie, faisant un peu de tout. Mais on y a créé l’impression pour robes foulard, sur chaîne soie, et l’on y fait des merveilles.
- La soie étani cuite et blanchie, on tisse sur métiers avec quelques coups de trame par-ci par-là pour la lier, un tissu très léger, conséquemment en trame, et fourni en chaîne. Ce tissu ainsi fait est envoyé à Bourgoin, où on l’imprime avec un luxe de précautions artistiques comme coloris et pour ne pas déranger la chaîne, faiblement liée par quelques coups de trame.
- Imprimé, vaporisé et rincé, il revient à Lyon, où on le remet sur le métier pour faire le tissu définitif avec une réduction convenable de trames.
- Au fur et à mesure du tissage, l’ouvrier, avant le passage au remisse, sort la première trame qùi le liait grossièrement avant l’impression.
- On obtient ainsi, par des trames colorées ou non et des effets d’armures, des fondus admirables, qui ont fait la réputation de quelques maisons de Lyon.
- On a ainsi produit des dessins en cinquante-deux couleurs !
- Pour terminer : beaucoup croient que l'im-pression est une imitation du lainé ou bro
- ché ; il n’en est rien ; les effets artistiques produits ne sont pas les mêmes.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- DEUXIÈME MÉTHODE
- Après avoir fait le bain, on garnit pour 100 kil. de laine avec :
- Alun épuré, 8 kil.
- Tartre blanc pulvérisé, 4 »
- Oxymuriate d’étain, 2 »
- Quantité voulue de ponceau pour avoir la couleur exigée.
- On fait fondre ces ingrédients, on entre les étoffes, on les manœuvre dans le mordant pendant vingt minutes, puis on fait la garniture nécessaire en colorant. On entre à 400 et on teint à 70 -750. Ensuite on abat, on lave et on sèche.
- L’oxymuriate d’étain (bichlorure d’étain) peut-être remplacé par du nitro-muriate d’étain.
- On emploie aussi pour fixer les ponceaux, le mordançage suivant :
- Alun épuré, 10 kil.
- Tartre blanc cristallisé, 5 »
- On opère comme précédemment.
- L’acétate de soude s’utilise pour le mordançage des ponceaux avec addition, faite peu a peu, de bisulfate de soude, dans les propor tions suivantes :
- Acétate de soude, 15 0|0
- Bisulfate de soude, 6 0[0
- Du poids de laine à teindre. Même mode opératoire que ci-dessus.
- De tout ce que nous venons de dire à propos des ponceaux considérés comme « colorants auxiliaires », il faut donc surtout rete-
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- . ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- nir ceci : c'est que les ponceaux très vifs peuvent être employés avec succès dans la confection des saumons, auxquels ils donnent une vivacité de coloris toute particulière. Quant aux proportions, elles varient naturellement suivant l’intensité de la couleur à obtenir, mais elles sont généralement très petites ; aussi, est-il nécessaire de mettre le colorant dans le bain de teinture avec une extrême prudence. A de rares exceptions près, on peut mordancer dans tous les cas avec du sulfate de soude aiguillé et de l’acide sulfurique.
- Le mélange d’orangé et de ponceau, en toute petite quantité, donne une fort belle couleur saumon qui est très éclatante.
- La coccinine R nature d’une part, et la coc-cinine R additionnée d’une très petite quantité de jaune naphtol, d’autre part, nous a donné de jolis saumons, le premier légèrement bleuâtre, le second faiblement jaunâtre et que nous avons appliqués avec succès sur des tissus flanelles.
- L’échantillonnage de toutes ces couleurs se fait à la « torse », c’est-à-dire que lorsqu’on veut se rendre compte de l’intensité d’une nuance, on tord l’étoffe à sec par un petit tour de main spécial, et on la compare avec l’échantillon à imiter.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) A suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES |
- A l’air ET Au SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- {Suite.)
- C, — On obtient cette couleur pour I kilog. de paille, d’osier ou de bois, en composant le bain suivant : Eau, 20 kil.
- Vésuvine 000 extra, 25 gr.
- Alun, 100 gr.
- Chauffez à 80° c., manœuvrez la marchandise pendant 20 minutes à cette température, puis abattez et lavez.
- Observation. — La couleur ainsi faite est bonne, plus foncée que les nuances B et C du même numéro, et solide à l’air et au soleil.
- D. — Pour 1 kilog. de matiére on compose le bain de teinture avec :
- Eau, 20 kil.
- Vésuvine 000 extra, 25 gr.
- Tanin, 40 gr.
- On chauffe, on fait fondre le colorant et le mordant, puis on entre à 75° et on teint à 80° C. pendant 20 minutes. Ensuite on abat, on lave et on sèche. .
- Observation. — Cette couleur D. est très bonne, plus foncée que les trois qui précèdent, surtout les nuances A et B et résiste parfaitement bien à l’action de l’air et à celle du soleil.
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- LES
- PRODUITS TINCTORIAUX DU TONKIN
- Rapport de M. A. Bor à la Société industrielle d'Amiens
- Messieurs,
- M. Eugène Gallet, l’honoré président de notre Société industrielle, a soumis au comité de physique, chimie et agriculture, au nom de la Chambre de commerce d’Amiens, quelques échantillons de produits tinctoriaux adressés au .commerce métropolitain par le résident général du Tonkin, le regretté M. Paul Bert.
- Nos colonies de l’Extrême Orient ainsi que les pays soumis au protectorat de la France, sont favorisés d’un climat essentiellement propice aux cultures de bien des plantes plus ou moins utilisées dans nos continents.
- Avec la Cochinchine, des échanges commencent déjà à s’opérer, mais l’étendue considérable du terrain, que le courage, le dévouement de nos troupes, les grands sacrifices que notre budget s’est imposés, nous ont
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- permis de couvrir du drapeau national, va fournir au commerce français l’occasion de nouvelles transactions.
- Les produits qui nous ont été adressés et que vous avez sons les yeux nous viennent du Tonkin, pays relativement neuf pour l’exportation lointaine, mais qui jouit d’une activité naturelle bien des fois hélas ralentie par les dissensions intestines et les incursions soudaines et terribles de ces pirates, rebuts de la Chine, de si triste connaissance pour nous, les Drapeaux noirs ou les Pavillons noirs.
- Maintenant que la pacification marche à grands pas, et que l’on peut compter sur la sécurité des ports du Tonkin, surtout de ceux du Delta, les deux grandes villes de Hay-phong et de Hanoï, centres d’importation et d’exportation assez importants, vont voir s’ouvrir pour elles une ère commerciale et industrielle prospère, seul but désiré et louable de toute expédition lointaine.
- Le mouvement du port d’Hayphong est du reste déjà assez considérable ; il est porté par les renseignements récents à 1,200,000 taëls. Le tael valant environ 7 fr. 43, c’est une équivalence d’à peu près 9 millions de francs.
- Cétte vie commerciale n’est rien, si l’on considère ce qu’est appelé à produire le Tonkin.
- En suivant l’ordre d’importance, les marchandises expédiées sont ainsi représentées :
- 1o La soie grège et les tissus de soie ;
- . 2 Les minerais d’étain du Yunnam ;
- 3° Les porcs vivants ;
- 4° Le coton déjà égréné ;
- 50 Le sucre de canne ;
- 6° Le Cunao.
- De l’huile à laquer, de l’essence de badiane (anis étoilé), et enfin des médecines, espèces de spécialités pharmaceutiques dont la Chine et le Tonkin font un échange mutuel et continu.
- Je ne fais entrer dans cette liste, ni le riz, si largement cultivé dans le protectorat (les
- deux récoltes de l’année en fournissent au moins 30 à 40 millions de piculs — un picul vaut 60 kil.), ni le riz, dis-je, ni le charbon qui, comme on le sait, y est assez abondant.
- Quant aux marchandises qu’on peut envoyer de nos pays dans le Tonkin et le Ynn-nam, les plus courantes sont : l’horlogerie et la bijouterie, la quincaillerie, la verrerie; comme étoffes, des cotonades, des soieries grossières et des tricots de coton ; des articles de chauffage et de cuisine et des chaussures à bon marché.
- Trois types de produits sont dans nos mains, expédiés par les soins du résident général, sous le nom et le cachet de la maison Gayme, directeur de la Société de drogueries, distillerie et produits chimiques de la ville de Hanoï.
- Ce sont :
- lo Deux échantillons Curcuma ;
- 2° Un échantillon Indigo vert de Chine ;
- 3° Un échantillon de Cunao.
- 1.
- Curcuma, racines et extrait de Curcuma.
- Le curcuma est assurément la matière tinctoriale qui fournit le plus beau jaune orangé, mais malheureusement en teinte si fugace, qu’il a fallu l’abandonner.
- Son nom de safran des Indes semblait révéler cette propriété.
- Ce n’est pas en réalité une racine, c’est une tige souterraine appelée en botanique rhizome, bien reconnaissable aux restes foliacés qui apparaissent sur son parcours.
- La plante qui le fournit est le curcuma tinctoria de la famille des Amomées ou Amo-macées : lieux d’origine, Chine, Java, Batavia, Barbades, mais plus estimé du côté de Bombay.
- Le curcuma se présente sous la forme de morceaux peu volumineux, allongés ou arrondis avec prolongements secondaires, de couleur grise ou jaune rougeâtre suivant que l’épiderme existe encore ou a été enlevé.
- Aussi considère-t-on un curcuma long et un
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- curcuma rond ; l’échantillon que nous avons reçu en rhizome est de la variété ronde.
- Sa saveur est aromatique avec amertume marquée à cause de la résine et des produits essentiels qu’il contient.
- Ce produit qui contient une si belle matière colorante bien apparente à la cassure fournit à l'eau à peine de sa riche nuance dorée ; il a donc fallu dans le commerce le présenter broyé et encore en poudre assez fine. Le mode d’extrait qui, à première vue, paraît anormal n'a jamais été adopté ou du moins très rarement.
- C’est cependant sous cette forme que la manufacture de produits chimiques d’Hanoï nous le soumet.
- Le prix devra en être relativement élevé sans un rendement bien supérieur.
- Tout fait croire que le premier traitement d’épuisement a été opéré à l’alcool, mais la nécessité de reprendre par l’eau comme dans les extraits hydroalcooliques a chance de séparer une assez bonne partie de la matière résineuse en laquelle réside surtout le principe de coloration, ou qui l’accompagne intimement.
- La substance colorable doit être un gluco-side, pensée qui serait confirmée par la réaction particulière de l’acide borique suivie de réactions différentes sous l’influence de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique.
- Le curcumaest, comme agent de coloration encore en usage assez fréquent dans l’Extrême Orient ; les Chinois teignent la soie dans une décoction acidulée d’acide citrique : on peut également teindre la laine et le coton avec des mordants appropriés, mais aucun mordant n’augmente la solidité de la nuance assez belle et vive de curcuma.
- Son peu de résistance à la lumière et aux agents chimiques les plus faibles (comme la salive même et les alcalis très étendus) sont la cause du peu d’estime que l’on aen Europe pour le curcuma.
- On ne l’emploie que pour mélange(quelques
- verts par exemple), ou pour dorer certains jaunes comme ceux de gaude.
- Mais il est utilisé daus la préparation des papiers peints, du bois et du cuir teinté, pour la coloration de la pâtisserie, du beurre, du fromage, des huiles et des pommades ; pour le fond des dorures, mais surtout pour la nuance de la moutarde.
- IL
- Indigo vert de Chine
- On aurait pu supposer que c’était le fameux Lokao, premier et presque seul vert végétal que la teintue ait entrevu, autour duquel on avait fait tant de bruit.
- Le prix élevé auquel il est annoncé dans la notice du résident général semblait l’indi-quer, et de plus il y avait encore rapprochement particulier pour la plante qui fournit ce vert exceptionnel, le nerprun.
- On nous dit que c'est d’un nerprun qu’est tiré l’indigo vert de Chine, dont nous possédons échantillon dans ce gentil petit pot de grès. de forme ancienne.
- Mais non, c’est bien une espèce d'indigo à reflet verdâtre, assez curieux assurément par suite de cette particularité ; mais la physionomie de cet indigo ne suffit pas [pour compenser le prix exorbitant de 50 francs le kilo qu’on imposerait ou commerce.
- Bien des plantes sont susceptibles de donner de l'indigo, ce sont en général les feuilles et les jeunes pousses qui contiennent cette substance tinctoriale si estimée à un état pour ainsi dire caché.
- Une fermentation développe et réduit l’indigo, qui alors possède la propriété de se dissoudre ; il ne reste plus qu’à le précipiter en l’oxydant par un battage méthodique au contact de l’air. La bouillie bleue mêlée d’alumine et de sels de chaux est moulée, desséchée et expédiée ainsi sous forme de petites briquettes.
- Les indigotiers ou indigofera de la famille des légumineuses, l'isatis ou pastel de la famille des crucifères (indigo d’Europe), long-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- temps cultivé dans la basse Normandie et du Midi de la France ; le polygonum tincto-rium, de la famille des polygonées appelé aussi Renouée et persicaire originaire de Chine, que l’on a réussi à acclimater en France.
- Egalement un autre isatis aussi des crucifères, l’satis indigotica, cultivé sur une large échelle en Chine où on l’appelle Teinhoa ou Teinching, et dont l’indigo est vendu en pâte visqueuse tout-à-fait analogue à celle qui a été adressée à la Chambre de commerce d’Amiens. Plusieurs explorateurs pensent que c’est lui qui sert à la coloration des thés verts.
- Il n’est donc pas étonnant que les feuilles du Rhamnus catharticus ou nerprun soient susceptibles ne fournir un indigo, puisque les produits jaunes et bleus sont très développés dans la plante.
- L’échantillon d’indigo vert de Chine que nous vous présentons n’est pas en masse solides, comme les indigos du Bengale et de Java ; il est en pâte épaisse, bleue, comme le Teinhoa cité ci-dessus.
- C’est de la poudre d’indigo délayée dans cette masse. Il n'y a rien de soluble comme matière colorante dans l’eau, l’alcool, les acides, les alcalis comme du reste pour les indigos de bonne famille.
- Lapoudre.de zinc,l’hydrosulfite réduisent et décolorent la pâte étendue dans une certaine quantité d’eau.
- Sa composition va nous indiquer ce qui nous oblige à négliger son étude.
- L’analyse accuse :
- Humidité......... 76,70
- Matières solides.. 23,30
- 100 »
- Les 23,30 de matières solides sont constitués par :
- Indigo....... 6,50
- Sels fixes ... 16,80 qui sont presque entièrement formés de carbonate de chaux.
- Malgré les résultats que serait capable de donner un tel produit ; au point de vue pratique, dans les conditions d’humidité (plus de 75 %) et de prix (50 fr. le kilo) il n’est pas utilisable.
- III.
- Arrivons au troisième produit, le Cunao, le seul qui offre de l’intérêt pour l’industrie de notre ville et encore nos renseignements sont si incomplets qu’on ne nous dit pas quel est l’arbre qui le fournit, ni le prix auquel on peut le livrer à notre teinturerie.
- C’est aussi une matière tinctoriale dont les éléments rappellent ce que nous possédons sous le nom de Cachou, quoi qu’il nous soit adressé sous une forme totalement différente.
- Nous avons vu dès l’énumération des marchandises d’exportation qu’il tenait un rang digne d'être cité.
- Le mouvement est déjà de 130 à 140 mille francs.
- Qu’est-ce que le Cunao ?
- Nous ne pouvons vous dire que bien peu de choses concernant son développement, sa récolte, l’arbre qui le fournit,. et. la forme sous laquelle il est employé au Tonkin et en Chine.
- Nous savons seulement que ce fameux Cunao qui fournit une teinture de couleur brune très résistante, se trouve à l’état sauvage dans la région montagneuse qui s’étend entre Hanoï et la frontière chinoise.
- Comment se présente-t-il ?
- Ainsi que vous pouvez le voir sous la forme d’une espèce de fruit du volume d’une grosse noix de coco, du poids moyen de 500 grammes, et d’un volume de 750 cm3 environ.
- Quoique la lettre d’envoi nous le donne comme fruit, les caractères extérieurs, la constitution interne nous font supposer tout autre mode de production.
- Le Cunao (Koa-Ho) nous offre une écorce grisâtre souillée d’un ton jaunâtre assez ferme rugueuse, épaisse fendillée et toute déformée par la dessication: tout l’aspect d’un épiderme
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- a an
- cortical plutôt que des enveloppes externes du péricarpe.
- A la partie qui semble la base, peut-être le sommet, existent les restes d’un pédoncule ou pédicelle encore suffisamment allongé.
- Vers le côté opposé une cavité arrondie de plusieurs centimètres cubes de capacité (2cm3 1/2 de diamètre pour 1er»3 de profondeur).
- Est-ce l’empreinte d’un corps étranger qui s’est moulé pendant le développement du Cu-nao ? C’est fort probable.
- Un trait de scie nous fait entrevoir l’intérieur, un parenchyme uniforme, de forme cellulaire, assez mou, collant aux doigts avec une sève rougeâtre dont la nuance se déve -loppe à l’air et à l’ébullition.
- Pas de graines, pas de traces d’organisation carpellaire ; le tout forme comme une pulpe épaisse, gluante, se roulant facilement en masses, et d’un jaune rougeâtre.
- La saveur est fortement astringente depuis l’écorce jusqu’aux parties centrales ; l’odeur rappelle le bois moisi ou muiterné.
- La couleur est d’abord blanche, puis prend à l’air un aspect roussâtre : la partie imprégnée de la sève rougeâtre reste elle-même teintée en rouge mais superficiellement.
- La portion jaune desséchée au contact de l’air ne rougit pas et reste d’un jaune roux assez régulier.
- (A suivre)
- LES MARQUES DE FABRIQUE
- ET DE COMMERCE.
- Dans sa dernière réunion, la Chambre ne commerce d’Elbeuf, après avoir entendu les diverses observations présentées sur le projet de loi de la commission du Sénat sur les marques de fabrique et de commerce :
- « Considérant que la création d'un dépôt central pour les marques de fabrique et de commerce est d’une utilité incontestable pour faciliter les recherches et donner les rensei
- gnements aux intéressés, mais que le dépôt au greffe du tribunal de commerce de la circonscription doit être maintenu ;
- « Considérant qu’il y a lieu d’assimilerle dépôt du nom commercial aux marques de fabriques et de commerce ;
- « Considérant que l’article 14 vise surtout la fraude tendant à faire passer pour français des produits étrangers, mais qu’il importe aussi de prévenir un autre genre de fraude qui consiste à vendre à l’intérieur des produits inférieurs en leur attribuant pour ori -gine le nom d’une ville industrielle dont on peut ainsi discréditer la réputation ;
- « Considérant qu’il est de toute justice que les étrangers ne puissent jouir des bénéfices d’une loi française que si leur pays d’origine accorde la même réciprocité aux Français;
- « A émis les vœux suivants ;
- « lo Que le dépôt au greffe du tribunal de-commerce de la circonscription soit maintenu, et que le nombre des exemplaires de la marque soit porté à quatre ;
- « 2o Que le dépôt du nom commercial et de la raison de commerce soit assujetti aux mêmes formalités que les marques de fabrique et de commerce et soit protégé dans la même mesure ;
- « 3o Que la commission du Sénat complète l'article 14 par l’alinéa suivant :
- « Nul n’a le droit, dans ses prospectus, ni « sur ses factures, de se dire fabricant ou « commençant dans une ville industrielle, s’il « n’y possède aucun établissement ou s'il n’y « est pas patenté. »
- « 4o Que les étrangers ne puissent profiter du bénéfice de la présente loi que si le pays d’origine accorde la même réciprocité aux Français ;
- « Et décide que cette délibération, et le rapport qui l’accompagne seront adressés à M. le ministre du commerce et de l’industrie, à M. le rapporteur de la commission du Sénat et à MM. les sénateurs et députés de la Seine-Inférieure. »
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- LE MONITEUR DELATEINTURE
- Réduction de tarifs. — Les Compagnies des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, de l’Ouest et de la Grande-Ceinture, d’accord avec l’administration du réseau italien de la Méditerranée viennent d’arrêter un nouveau tarif commun de transit qui va permettre à notre commerce de lutter contre la concurrence anversoise dans des conditions meilleures.
- Le tarif dont il s’agit établit, en effet, des prix de transports légèrement inférieurs à ceux d’Anvers à Milan par le Saint-Gothard et vice-ver sâ.
- Ce tarif comprend à peu près toutes les marchandises et autorise le groupage des expéditions, afin d’atteindre un chargement de 5,000 et 10,000 kilogrammes par wagon complet : limite indiquée pour pouvoir bénéficier de la réduction des prix de transport que consentent les Compagnies de chemins de fer.
- JURISPRUDENCE
- COUR D’APPEL DE DOUAI
- LES MARQUES DE FABRIQUE
- La cour d’appel de Douai vient de rendre un arrêt qui intéresse l'industrie textile et limite, en cette matière, l’étendue et les effets du dépôt des marques de fabrique.
- La doctrine qui se dégage de l’arrêt peut être résumée ainsi : les dépôts de marques de fabrique ne peuvent protéger que les produits de la fabrication du déposant. Les fils de lin et les fils de coton ne sont pas des produits similaires. En conséquence, le dépôt d’une marque effectué par un fabricant de fil de lin ne l’autorise pas à poursuivre pour imitation de cette marque un fabricant de fil de coton.
- En voici le principal motif :
- Attendu, dit l’arrêt, que les fils à coudre en lin et les fils à coudre en coton ne sont pas des produits de même nature ; que le lin et le coton, avant d’être travaillés, n’ont aucune
- ressemblance entre eux; que si, après avoir été manufacturés, ils présentent une certaine ressemblance et concourent aux mêmes usages, ils restent cependant toujours assez différents pour que les personnes qui s’en servent habituellement ne puissent les confondre ; que leur solidité et leur aspect ne sont pas les mêmes ; que, pour qu’il y eût confusion possible entre ces deux produits de nature différente, il faut supposer un acheteur bien inexpérimenté et en même temps un vendeur bien peu scrupuleux...
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en commandite J.-M. Pralus et Cie, expl. d’un système de teinture des peaux de lapins, lièvres, etc., rue de la Voûte, 14. — Durée : 9 ans. — Cap. : 23,000 fr. dont 15,000 fr, en commandite. — Acte du 10 avril.— J. g. d’A
- Grenoble. — Formation de la Société P. Dubé et A. Charvet, teinturiers en peaux pour la ganterie, à la Tronche. — Durée : 10 ans. — Cap. : 2,300 fr. — Acte du 12 avril.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Claris et Prévost, teinturiers, rue Montbernard, 48. — Durée : 6 ans. — Cap. : 4,000 fr. — Acte du 27 avril.
- Le Havre. — Formation de la Société en nom collectif Gransire, Dreyfus et Cie, expl. de teintureries, notamment celle de MM. Gransire père et fils, à Bolbec, et une autre à établir à Maromme, avec siège à Bolbec. — Durée : 18 ans. -- Cap. : 77,465 fr. — Acte du 29 mars.
- Tarare. — Formation de la Société en nom collectif Poizat-Coquard, teinturerie, filature et tissage mécanique, à Bourg-de-Thizy. — Durée : 15 ans. — Cap. : 500,000 fr. — Acte du 17 mai.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32’ Année, No 14. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juillet 4888
- SOM M AIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- PRÉPARATION DE L’ACIDE FORMIQUE.
- LES PRODUITS TINCTORIAUX DU TONKIN (suite et fin;.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS .
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- LAVAGE ET BLANCHIMENT SIMULTANÉS DE LA LAINE Par M Zebrowski.
- M. Zebrowski a cherché à éviter le déchet qui résulte du lavage à chaud de la laine dans les dissolutions alcalines ; il commence par plonger les toisons en suint dans un bain acide et froid. L’acide sulfurique convient bien à la condition d’être exactement dosé d’après la proportion de potasse caustique et de carbonate de potasse contenus dans les fibres et convertissables en sels neutres. L’acide est, d’ailleurs, dilué dans une quantité d’eau suffisante pour immerger entièrement la partie traitée.
- Lorsque ce lessivage est à point, on laisse écouler le liquide et l’on continue à laver dans l'eau pure jusqu’à ce que cette eau, constamment renouvelée, reste limpide.
- La laine est ensuite séchée à l’air puis essorée sous une pression de 1[2 atmosphère.
- Le dégraissage et le blanchiment des fibres ainsi préparées s’effectuent simultanément dans un appareil spécial permettant de faire intervenir la benzine et le vide partiel. Afin d’éviter tout dégagement d’électricité capable
- de provoquer la combustion de la benzine et de la laine, le fond des récipients est établi en deux métaux différents, soit cuivre et zinc.
- A l’action de la benzine s’ajoute l’effet du chlorure de Thionule qui, en présence de l’humidité inhérente à la laine, donne naissance à de l’acide sulfureux et à de l’acide chlorhydrique. La laine blanchie dans l’air raréfié acquiert de la souplesse.
- APPLICATION MÉTALLIQUE SUR TISSUS Par M. Vaillavt-Nosl.
- M. Vaillant-Noël, fixe l’or, ou l’argent pulvérisé sur les motifs décoratifs de tous tissus tels que tulles, dentelles, tarlatanes, etc. La poudre métallique, préalablement délayée dans un liquide siccatif, est appliquée soit à la main, soit à l’aide de tous appareils appropriés, mais sans recourir aux procédés de l’impression.
- BRONZAGE DE VELOURS PAR IMPRESSION Par MM. A. Finger et Cie.
- Contrairement au précédent, MM. A. Finger et Cie, font usage des moyens connus de l’impression, mais dans des conditions spéciales afin de donner plus de résistance au bronzage.
- Les brevetés déposent sur la planche portant la gravure du dessin (au moyen d’un rouleau en caoutchouc et à froid) un mélange de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- poudre de bronze et de laque, ou de résine, à l’état de bouillie visqueuse.
- La planche est ensuite appliquée sur le velours, dont l’envers est soutenu par une surface élastique et poreuse, feutre ou tissu. Le tout est fortement comprimé sous Une presse chauffée à la température de 80 degrés centigrades.
- La résine ou la laque, en se liquéfiant, soude intimement la poudre de bronze au « poil » du velours, tandis que l’excès du véhicule résineux est absorbé par le feutre, ou le tissu formant matelas à l’envers de ce même velours.
- BATTAGE MÉCANIQUE DES COCONS
- Par MM. Francezon et Berthaud fils.
- Le breveté revendique les particularités suivantes :
- lo La combinaison d’un mouvement rotatif, alternatif, horizontal et d’un mouvement vertical produisant sur le cocon, les mêmes effets que la main armée de F « escourbette » ;
- 2° Le soulèvement mécanique de la brosse, qui indique, même à distance, l’achèvement du battage ;
- 3° Le réglage variable de la durée du battage suivant la nature des cocons ;
- 4o Le dispositif, qui permet le battage des cocons neufs pendant un temps déterminé, la batteuse s’arrêtant automatiquement pour l’addition à la « battue », des cocons « dépondus », et achevant l’opération dans un temps également déterminé ;
- 5o La commande au moyen d’un arbre intercalé entre l’arbre des tours et un double cône, pour modifier la vitesse suivant besoin ;
- 6° Enfin la construction de la brosse, dont la monture est dépourvue de toute partie ligneuse, afin d’en empêcher la déformation sous l’action de l’eau et de la vapeur et dont les « mouchets » en bruyère, etc., régulièrement espacés, présentent une surface continue.
- (^Reproduction interdite.)
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 188304. 27 janvier 1886 ; de Chardonnet. — Dénitratation de teinture des pyroxyles.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à maintenir le pyroxyle à 30 ou 35 centigr. dans un bain d’acide nitrique à 1-32 de densité environ. En quelques heures, il perd une partie de son azote et descend au-dessous de la cellulose tétranitrique. On reconnaît cette transformation, soit par une analyse, soit par une épreuve de solubilité, soit en observant un commencement de ramolissement que subit le pyroxyle. On lave rapidement à l’eau tiède ou froide ; on trempe à ce moment dans le bain de teinture, on lave à l’eau froide et on sèche dans un courant d’air tiède.
- 188381. 27 janvier; Société Bertel frères.— Nouveau procéné d’apprêts des tissus de coton et produit qui en résulte.
- 188417. 28 janvier; Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis. — Fabrication de matières colorantes.
- Cette fabrication est obtenue en condensant les sels de métadiamines ou d’orthodiamines sur les corps aldihydiques ou acétoniques en traitant par l’acide chlorhydrique et en oxydant la leucobase obtenue.
- 188443. 30 janvier ; Société anonyme Compagnie parisienne des couleurs d’aniline.
- Le brevet comprend :
- 1 Un procédé de production de naphtyline-diamines par chauffage des dionypraphtalines avec de l’ammoniaque ou des sels ammoniacaux.
- 2- Un procédé de production de matières colorantes azoconjuguées et de matières colorantes azoconjuguées mélangées ou mixtes par la combinaison des tétrazonaphtalines avec les amido-composés et oxy-composés aromatiques.
- 3- Un procédé de production de diazomido-composés compliqués par combinaison d’une molécule de tétrazo-naphtaline avec une molécule d’aniline totindine et nylidine.
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- . ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S v-
- 4- Un procédé de production de matières colorantes azoconjuguées par l’action du produit diazoté de ce composé sur des amines et phénols.
- 1888537. 5 février ; Société dite Farben-fabriken Vorm Friedr. Bayer et Cie. — Procédé de fabrication de matières colorantes azotées bleues.
- 1888538. 4 février ; Société dite Farben-fabricken Vorm Friedr. Bayer et Cie. — Procédé de fabrication de couleurs à imprimer d’induline.
- 188602. 7 février ; Société Jeannolle et Cie. — Procédé d’imperméabilisation des libres végétales ou animales filées ou non filées et tissées ou non tissées.
- 188633. 15 février ; Mathieu. — Nouvel agencement de rame carboniseuse ou simplement sécheuse ventilée à air chaud et pouvant, au moyen d’un calorifère à vapeur seul, fonctionner à des températures bien contantes et toujours facilement réglables, atteignant 150° et 170° dans certaines parties de l’étuve.
- 188657. 10 février ; White (les sieurs). — Impression polychrome.
- 188720. 17 février; Puech (dame). — Nouveau procédé d’apprêt de l’article tissu appelé Péruvienne, pour en produire un nouveau drap désigné sous le nom de drap de Venise.
- La suite des opérations qui constituent le nouveau procédé d’apprêt est la suivante :
- 1» La chaîne est en coton et encollée comme l’ancien système.
- 2° La trame est employée en gras comme elle vient de la filature ou dégraissée en éche-veaux si l’on veut.
- 3° Garnissage à sec comme dans l’ancien système.
- 4o Après ce garnissage, on fait dégraisser et laver la pièce dans une machine désignée sous le nom de fouleuse, la pièce étant alors Propre on lui fait subir :
- 5o L’essorage.
- Ceci fait, si on veut produire du drap en travers, on fait giser et brosser mécanique
- ment ou à la main, la pièce dans le sens d’une lisière, et pendant que le drap est encore humide, cette opération fixe parfaitement le poil et lui donne un brillant très fin.
- On fait alors sécher ou ramer la pièce et le poil séché de cette manière, conserve au drap pendant toute sa durée, la forme de drapé que l’opération du brossage bumide lui a donné.
- On fait tondre et calendrer ou presser avec des cartons.
- Si on veut produire du drapé dans le sens de la chaîne, au lieu de brosser en travers, on brosse dans le sens de la chaîne. Le reste des opérations est le même.
- 188729. 14 février; Tuck. — Perfectionnements dans les machines à imprimer au bloc, destinées a l’impression des toiles cirées et autres tissus.
- Cette invention comprend la combinaison dans une machine automatique possédant une table fixe sur laquelle le tissu à imprimer est étendu et voyage, des organes suivants :
- lo Un alimenteur de tissu à actionnement intermittent adapté pour agir d’une façon intermittente sur le tissu à imprimer et à le faire avancer le long de la surface à imprimer.
- 2° Un mécanisme d’actionnement de l’alimentation qui fait d’abord avancer d’une distance prédéterminée l’alimenteur engagé avec le tissu et ensuite le fait revenir une fois dégagé dudit tissu.
- 3° Une série de porte-blocs culbutant, oscillant ou à renversement alternatif chargés chacun sur sa face imprimante de toute forme voulue du bloc imprimeur.
- 40 Un mécanisme d’actionnement des porte-blocs adaptés pour effectuer alternativement la descente simultanée des porte-blocs sur le tissu étendu sur la table et le retour ascensionnel desdits porte-blocs à l’écart de la table, contre les organes colorants placés au dessus.
- 5° Des organes alimenteurs de couleurs supportés au dessus de la table et adaptés pour fournir la couleur aux blocs imprimés, et 6o Un mécanisme convenable pour le fonc-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tionnement concomitant et associé du mécanisme alimenteur et d’actionnement des porte-blocs.
- Cette invention comprend de plus les moyens pour maintenir le tissu raide ou sans tension sur la table, les moyens pour retenir ledit tissu dans sa position avancée contre tout recul possible ; les moyens convenables pour régler les mouvements respectifs de l'alimen-teur de tissu et des porte-blocs, de façon que l’alimenteur cesse de faire avancer le tissu un instant avant la descente des porte-blocs, sur le tissu ainsi avancé ; la construction d’un organe spécial fournisseur de couleur, soit un pour chaque porte-bloc employé, comprenant un tablier sans fin actionné par intermittence, combiné avec un bac, une auge ou autre récipient contenant de la couleur, pourvu d’une surface élastique formant coussin au bloc imprimeur, lorsqu’on l’y applique et d’un râ-cloir pour enlever l’excès de couleur du tablier après son passage à travers l’auge et avant sa présentation à la couche élastique, et pourvu en outre de moyens convenables pour effectuer la marche intermittente du ta" blier, pendant l’intervalle durant lequel le bloc imprimeur après avoir quitté sa surface descend sur le tissu à imprimer, et la cons-tructiou d’un alimenteur spécial de tissu à fonctionnement intermittent, pour agir sur un ou les deux bords du tissu, le long de sa partie de sa longueur qui se trouve sous les porte-blocs.
- 188743. 14 février ; Société A. Giraud et Cie. — Perfectionnements apportés aux machines polisseuses des effets de soieries
- L’objet du brevet consiste dans la combinaison de deux polisseuses séparées, polissant l’une en long l’autre en travers. Les perfectionnements s’appliquent aux lames polisseuses montées sur des courroies sans fin, aux pièces servant à régler la tension ou la pression de ces courroies et de ces lames et enfin à la partie appelée sommier, sur laquelle glisse l’étoffe à polir.
- 188744. 15 février ; Burlat. — Machine à dérompre ou assouplir les étoffes.
- Cette machine est caractérisée par la combinaison de rouleaux de rompeurs garnis de chevilles en bois ou métal convenablement arrondies à leurs extrémités. L’étoffe passe entre ces rouleaux, les entraîne dans son mouvement et subit l’effet plus ou moins énergique de l’action de leur chevilles sur elle, pour cela les rouleaux peuvent s’approcher ou s’éloigner l’un de l’autre pour permettre à leurs chevilles de s’engager plus ou moins l’une dans l’autre suivant le besoin.
- 188915. 23 février ; Muller. — Cylindre élastique à appliquer la couleur aux machines à imprimer le papier peint.
- 188920. 23 février ; Smith. — Perfectionnements dans la construction des pinces ou pièces de retient employées dans les machines à tendre ou à finir les tissus.
- Les perfectionnements qui font l’objet du brevet consistent à faire construire la chaîne de façon à la rendre « autogénide » en munissant le bout conducteur de chaque maillon d’un épaulement à tour et disposé à angles droits aux centres, ce qui permet de guider la pince à un certain angle en entrant dans la machine, pour y faciliter l’alimentation du tissu.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- Par décret du 12 juillet, est nommé chevalier de la Légion d’honneur :
- M. Lederlin, maire de Thaon (Vosges), directeur des établissements de Thaon, des blanchisseries et teintureries de Thaon depuis leur fondation; occupe 2,000 ouvriers, titres exceptionnels ; fondateur d’une caisse de retraite, d’une société coopérative de consommation et d’une école primaire supérieure.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres.
- Il été émis jusqu’à ce jour, et par des gens
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- H* pt
- très compétents, des théories diverses sur la fixation des matières colorantes par voie de teinture ou d’impression. Or, comme dans toutes les questions scientifiques ou pratiques de nos jours, je serais obligé de faire des emprunts à mes prédécesseurs. Le lecteur est donc prévenu. Je condenserai et compléterai tout ce qui a été dit et écrit jusqu’à ce jour, en mettant à profit mes travaux personnels et les merveilleuses découvertes récentes.
- A la fin du siècle dernier, Hellot, Le Pileur d’Apligny, Macque, et de nos jours Persoz père, Walter-Cruns, Crace-Calvert, etc., ont émie des théories tour à tour conformes ou en désaccord.
- Il ne faut pas jeter la pierre à nos prédécesseurs s’ils n’ont pas toujours exprimé la vérité, quoique expérimentateurs des plus sérieux. La raison en est qu’il leur manquait une foule de connaissances physiques modernes. Plus heureux que nos devanciers, nous allons, dans l’intérêt des lecteurs du Moniteur de la teinture, essayer de les mettre à profit.
- Les couleurs se fixent par teinture ou impression de deux manières :
- lo Par voie d’affinité ou de combinaison avec la fibre même. C’est ce que j’appellerai la fixation directe.
- 2o Par l'intermédiaire des mordants. C’est ce que je nommerai la fixation indirects.
- A ces deux modes de fixage, qui constituent des impressions ou teintures intimement fixées à la fibre, il convient d’en ajouter un troisième, constituant ce que je classerai sous le nom de dépôts mécaniques fixés intimement sans être combinés aux fibres ou juxtaposés à leur surface.
- En dehors des affinités chimiques, dans cette étude, il faudra tenir compte des propriétés physiques des diverses fibres, modifiées ou non par les opérations annexes de la
- teinture, telles que celle du blanchiment pour le coton, du décreusage pour la soie ou de son assouplissage, etc.
- Les propriétés physiques à étudier dans le courant de ce travail sont :
- lo La porosité ;
- 2 La cohésion ;
- 3° La capillarité ;
- 4° La transparence de la fibre ;
- 5° Les phénomènes d’endosmose ;
- 60 La dialyse appliquée à la teinture.
- Les études microscopiques jouent, de plus; un grand rôle pour suivre les phénomènes de pénétration dans la fibre ; dans ce cas, pour être fructueuses, elles doivent être faites sur des sections en travers des fibres à examiner.
- Dans la teinture directe, il y a combinaison de la couleur par voie de la force chimique, dite affinité, avec la fibre textile.
- En général, la laine, la soie et les matières azotées se combinent assez bien avec la plupart des matières colorantes, sans aucun intermédiaire, à froid ou à chaud.
- Le coton et les fibres végétales se combinent plus difficilement avec les couleurs, sauf avec quelques-unes d’elles, qui, telles que le carthame ou safranum, ont une prédilection pour le coton et se combinent en donnant des nuances de toute beauté, malheureusement trop coûteuses.
- La ramie qui, en ce moment dans les mains de la Société française sous la direction de M. A. Favier, est en train de prendre un grand essor, est encore plus rebelle que le coton à la teinture directe. Et il faut, dans bien des cas, tenir compte de la transparence.
- Quand une fibre a été saturée directement d’une couleur, elle n’a pas pour cela perdu son affinité pour d’autres couleurs ; quelquefois, au contraire, elle en a gagné. C’est ainsi qu’on arrive à des couleurs composées, dont les effets varieront comme coloris, non seu-
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- c2 to
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lement selon les proportions, mais encore selon les modes d’opérer.
- Quand les couleurs ne tirent pas directement, on opère indirectement par la voie des mordants ou préparations dont on sature la fibre ou le tissu, et les fibres convenablement mordancées se chargent de couleurs avec des tons quelquefois conformes à ceux de la matière colorante, d’autrefois modifiés.
- Le mordançage des fibres offre souvént des difficultés extrêmes pour arriver à de bons résultats, et, fait curieux, qui à première vue paraît irrationnel, lorsque l’on veut obtenir des nuances claires, pour leur assurer leur solidité, il faut des mordants aussi forts pour des couleurs claires que pour des foncés ; c’est sur la matière colorante qu’il faudra faire des réduction.
- Un des principaux éléments dans la fixation des mordants consiste dans le temps, auquel on ne peut suppléer. Je reviendrai plus loin sur la fixation des mordants, qui est variable avec chaque fibre ; ainsi, l’acide sulforicinique, qui donne de bons résultats pour les rouges de garance sur coton, en donne de détestables sur la ramie.
- Ces considérations de temps et en plus de quantités de matières mises en jeu font que souvent on ne réussit pas en petit. L’on veut aller trop vite.
- La porosité des corps n’est autre chose que la propriété qu’ont les molécules ou atomes (parties théoriques les plus ténues et échappant à la vue, même avec les plus forts instruments grossissants) de ne pas se toucher entre eux et d’être séparés par des espaces non moins invisibles. Un corps a un volume apparent, celui que nous voyons, son volume réel paraît celui des atomes réunis sans les vides.
- Il ne faut pas confondre les pores ainsi définis, dénommés pores physiques, avec ceux apparents, visibles à la vue, ou avec des verres grossissants.. Exemple le liège, les
- éponges. Ces pores sont dits apparents.
- Les premiers seuls jouent un rôle sérieux en teinture, les seconds ne servent que de chemins pour arriver aux premiers.
- Une fibre absolument dénuée de pores serait pour ainsi dire rebelle à toute teinture, et la couleur glisserait dessus comme sur du verre (qui est très peu poreux), comme sur du marbre, du métal, etc.
- MARIUS MOYRET.
- {Reproduction interdite.} (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- GRENATS, PRUNES, BYRONS
- On donne le nom de « grenats » à des couleurs rouges, généralement vives, et plus ou moins bleuâtres. On nomme « prunes » des couleurs rouges bleuâtres qui ressemblent aux couleurs des fruits du prunier. Les « by-rons » sont des couleurs prunes foncées.
- Beaucoup de méthodes sont suivies pour la production de ces couleurs ; mais aujourd’hui ce sont les procédés de teinture avec les matières colorantes d’aniline qui sont le plus usitées. Parmi ces derniers nous citerons : les grenats et les prunes à la fuchsine S (solide), les grenats et prunes avec le grenat S (solide), les grenats et les prunes avec les rouges solides, les grenats et prunes avec le rouge français, les grenats et prunes à la roccelline les grenats, prunes et byrons avec les couleurs d’alizarine, enfin les prunes et byrons aux violets rouges et aux verts lumière.
- Nous parlerons aussi des anciennes méthodes de teinture en grenat, prune et byron, lesquelles du reste sont encore employées pour la teinture de certains genres de tissus. Ce sont : les grenats et prunes avec l'orseille et le carmin d’indigo, les grenats, prunes et byrons avec le campêche et l’orseille, les grenats et prunes à la cochenille et au carmin d’indigo, les grenats et prunes à la cochenille et au sulfate d’indigo, les grenats et prunes
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 1
- à la laque dye, et les grenats et prunes au fernambouc et à la composition d’indigo.
- Les grenats prunes et byrons font partie de ce qu’on est convenu d’appeler les nuances foncées ; aussi, suffit-il généralement de passer les pièces disposées pour cette teinture dans un bain de carbonate de soude, puis de les bien rincer ensuite, pour qu’elles soient suffisamment préparées à recevoir la teinture. Les tissus destinés à être teints en grenat très vif doivent être dégraissés au bain de savon, détachés et rincés ensuite dans de l’eau chaude.
- Pour ces couleurs, il est inutile de « faire » le bain préalablement.
- A la sortie du bain de teinture il fait tenir la nuance des étoffes plus fraîche un peu moins rouge et moins bleue que celle de l’échantillon à copier, parce que ces couleurs grisent et foncent légèrement au lavage, à la sèche et à l’apprêt.
- Les grenats et les prunes s’obtiennent par les mêmes procédés ; les proportions de colorant sont seules à varier.
- L’échantillonnage de ces couleurs se fait à la « torse ».
- GRENATS ET PRUNES A LA FUCHSINE ORDINAIRE
- La laine se teint en un seul bain qu’on mordance le plus généralement avec du sulfate de soude et de l’acide sulfuriqne. Dans la
- quantité d’eau nécessaire, kil. de laine :
- Sulfate de soude,
- Acide sulfurique,
- on met pour 100
- 15 kil.
- 5 »
- On chauffe le bain, puis on le paille pour bien mélanger le mordant avec l’eau. On entre les étoffes à 400 C., et on les manœuvre quel-Iues minutes afin de les imprégner de mor-dart. On garnit ensuite avec les quantités né-‘essaires de fuchsine et de carmin d’indigo Pour obtenir la couleur demandée.
- On met généralement peu de carmin d’in-“igo pour les grenats, mais il en faut une as-*8 forte dose pour les prunes.
- On ajoute aussi au bain une certaine quan-
- p o “g.
- 1 tité de jaune (soit du jaune nà
- aune
- solide ou de l’orangé II), si le ton de la couleur demandée l’exige. Dans la confection des grenats et des prunes, il est préférable d’employer pour jaunir les orangés parce qu’ils ont le double avantage de fournir une notable quantité de rouge et d’être solides à l’air et à la lumière.
- Le bain étant garni des colorants voulus, on le chauffe progressivement jusqu’au bouillon qu’on maintient pendant une heure au moins. On échantillonne, on regarnit si c’est nécessaire, puis on fait bouillir de nouveau, afin d’assurer la nuance, pendant plus ou moins de temps (de 20 à 40 minutes) suivant l’importance d la dernière garniture. Enfin on lève, on évente puis on lave à l’eau courante.
- Le carmin d’indigo fournit le bleu nécessaire à la nuance grenat ; c’est lui qui grise la couleur, c’est-à-dire qu’il détruit l’excès de vivacité que produit la fuchsine ; il donne également beaucoup de fond.
- Le lecteur sait déjà que la fuchsine monte en raison du refroidissement du bain de teinture. Lorsqu’on est prêt d’atteindre la nuance demandée, il est donc prudent de ne pas ajouter de fuchsine quand la couleur des pièces est un peu moins rouge que celle de l’échantillon à imiter ; il suffit alors de cesser de chauffer le bain, et on abat dès qu’on a atteint la couleur voulue.
- Le bouillon est indispensable dans cette teinture pour unir, et le carmin d’indigo, et la grande quantité de fuchsine que réclame toujours la confection d’un grenat.
- On peut remplacer le carmin d’indigo par du sulfate d’indigo ; dans ce cas on mordance avec une quantité moindre d’acide sulfurique (de 2 a 4 kil. par 100 kil. de laine suivant ce que l’on emploie de sulfate d’indigo).
- Un bain de grenat ou de prune doit toujours avoir une saveur légèrement piquante, sans pour cela être trop acide, car dans ce dernier cas il aurait une action nuisible sur les tissus qu’on y a plongés.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le remplacement du mordançage au sulfate de soude et à l’acide sulfurique peut très bien s’effectuer par un mordant liquide dont l’emploi est beaucoup plus commode et moins dangereux.
- Nous rappelons ici la composition d’un mordant liquide qui nous a toujours donné de bons résultats, et que nous avons donnée antérieurement dàns notre étude sur les couleurs bleues. Pour 1,000 litres d’eau :
- 70 kil. d’acide sulfurique,
- 60 kil. de sulfate d’alumine,
- 130 kil. de sulfate de soude.
- Ce mordant s’emploie dans la proportion de 50 0(0 (du poids de la laine) lorsque le bain est neuf, c’est-à-dire quand il est exempt de tout mordant, et de 30 00 si le bain a déjà été utilisé. Cette proportion de 30 0(0 doit être diminuée si le bain devient trop acide, soit par une forte addition de sulfate d’indigo, soit pour tout autre cause.
- On teint aussi fréquemment la laine en grenat et en prune avec des produits d’aniline appelés « cerises ».
- Ces matières colorantes de sont que des résidus de fuchsine ordinaire, et s’appliquent sur laine par les mêmes procédés que cette dernière.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) ‘4 suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc, {Suite.)
- No 9.—Ponceau.
- A. On obtient cette couleur en faisant ma-nœuuvrer I kilog. de végétaux à teindre dans un bain composé de :
- Eau, 20 kil.,
- Ponceau GG N, 20 gr.,
- Alun, 100 gr.
- On chauffe et on remue bien afin de faire dissoudre complètement le colorant. Quand la dissolution est parfaite, et que le bain a une température de 80° C., on y entre les fibres ou les tiges, qu’on y remue pendant 20 minute. Ensuite on abat, on laisse égoutter et on lave.
- Observation. - On obtient une couleur assez bonne, un peu pâle peut-être, mais qui résiste complètement à l’air et au soleil.
- B. Pour cette couleur on prépare le bain de teinture suivant, dont les proportions sont calculées pour 1 kil. de tiges ou de filaments végétaux :
- Eau, 20 kil.,
- Ponceau G G N, 20 gr.,
- Stannate de soude, 50 gr.
- On chauffe à 75(80° C., et dès que la dissolution du colorant est complète, on y entre les végétaux qu’on y laisse pendant 20 minutes, en ayant soin de les remuer de temps en temps, après quoi on les enlève et on les lave.
- Observation. — Les matières ainsi teintes prennent une couleur ponceau qui est vive et unie, plus éclatante que la précédente, et qui résiste aussi complètement à l’air et au soleil,
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre)'
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE ROUEN
- PRIX DE L’EXPOSITION DE 1889
- Conditions du Concours
- Dans la séance générale de février 1890, 'a Société industrielle de Rouen décernera un prix de 1,200 fr. — espèces — à l’auteur d une œuvre d’utilité publique et d’intérêt généra, consistant soit en une découverte ou une111 vention, soit en un ouvrage manuscrit ou 1" primé. Cet œuvre devra en outre trouver®011 application dans le commerce ou l’industr16 et ne devra avoir été présentée à aucun con cours.
- En cas d’insuffisance dans les travaux Pre
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- MT DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- or
- sentés, la Société se réserve le droit de récompenser d’office et à son choix l’auteur d’un travail intéressant paru dans une des cinq dernières années du Bulletin de la Société.
- Les mémoires présentés au concours devront être adressés à M. le président de la Société Industrielle de Rouen, place Haute-Vieille-Tour, 24, au plus tard le 30 juin 1889.
- Tout concurrent conserve la faculté de prendre un brevet d’invention, mais la Société se réserve le droit de publier, en totalité ou en partie, les travaux qui lui seront adressés.
- La Société ne restituera ni les mémoires, ni les dessins qui seront envoyés au concours, mais les auteurs pourront en prendre copie. Les modèles seuls seront rendus.
- Les manuscrits devront être présentés sans la signature des auteurs ; ils seront révêtus d’une épigraphe et accompagnés d’un pli cacheté qui portera extérieurement l’épigramme du Mémoire et contiendra intérieurement le nom, la qualité et l’adresse de l’auteur.
- Le concours est ouvert indistinctement aussi bien aux Membres de la Société industrielle qu’aux personnes étrangères à la Société.
- Une circulaire des douanes russes datée du 3(15 mai 1888, dit que le canevas en coton apprêté est taxé d’après l’art. 213 (poud) 0 R. 50 k. — 100 k., 6 fr. 35).
- D’après une autre circulaire du 13-25 avril 1888, les bouts de filés de coton, mélangés d’une petite quantité de cordons en coton tendu ne mesurant pas plus d’une archine de longueur et constituant des déchets de filature et de tissus, sont taxs d’après le § 1 de l’art. 24 à l’égal du coton écru (poud 0 R. 45 k-- 100 k., 10fr.99).
- SUR LA PREPARATION DE L’ACIDE FORMIQUE Par M. Martinon.
- Les débouchés industriels de l’acide acéti
- que sont trop connus pour qu’il soit nécessaire de les rappeler. Or, la teinture consomme pour sa part une assez grande quantité de cet acide et son prix élevé de 35 à 40 fr. les 100 kil. pour de l’acide à 40 %, le fait entrer sérieusement en compte dans les prix de revient de cette industrie.
- Il y avait donc lieu de rechercher s’il n’était pas possible de substituer à l’acide acétique un autre produit d’un prix moins élevé. Homologue inférieur de l’acide acétique, présentant avec ce dernier, en outre des analogies chimiques, de grande? ressemblances physiques, l’acide formique paraissait devoir être un succédané tout indiqué de l’acide acétique.
- Ce problème, une fois posé, il fallait tout d’abord s’assurer :
- 1° De la possibilité de remplacer par l’acide formique, l’acide acétique actuellement employé dans l’industrie de la teinture;
- 2o Du débouché possible des diverses for-miates.
- Or, par de nombreux essais faits dans diverses opérations tinctoriales on a pu se convaincre de l’efficacité de l’acide formique. Les nuances tendres, celles obtenues par exemple avec les matières colorantes dérivées de la fluoresceïne, conservent toutes leur beauté avec l’acide formique comme avec l’acide acétique ; la teinture en noir, celle de la pièce soie et coton, peuvent également employer cet acide.
- lo Le formiate de cuivre (CHO2)2 Cu+4 H2 0 qui se prépare facilement par l’action en présence de l’air de l’acide formique sur le cuivre et qui cristalise aisément en magnifiques cristaux prismatiques bleu verdâtre, peut remplacer facilement leverdet dans toutes ses applicatione tinctoriales. Les résultats obtenus à l’application ont été même légèrement supérieurs à ceux donnés par l’acétate.
- 2o Le formiate de plomb (CHO2)2 Pb peut parfaitement remplacer l’acétate de plomb dont l’emploi est du reste assez restreint.
- 3° Le formiate d’alumine a été préparé, soit
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- LE MONITEUR DE LA TEINTUr T,
- en dissolvant de l’alumine gélatineuse dans de l’acide formique étendu, soit par double décomposition entre le formiate de plomb et sulfate d’alumine. Comme mordant, ce produit a donné en teinture des résultats parfaitement comparables à ceux donnés par l’acétate. En impression, les essais de laboratoire que nous avons faits, donneraient plutôt une supériorité au formiate.
- 4° Le formiate de fer n’a pas donné de bons résultats, et le pyrolignite de fer actuellement employé paraît bien supérieur au formiate.
- Ce dernier est, en effet, assez peu soluble, ce qui est un inconvénient, et il existe dans pyrolignite de fer, divers produits, tel que l’acide oxyphénique, par exemple, qui jouent dans l’application un rôle utile.
- En résumé les résultats positifs acquis étaient plus que suffisants pour nous engager à produire économiquement l’acide formique.
- Des divers procédés procédés pour la préparation de cet acide, le seul qui paraisse devoir conduire à une application industrielle est le procédé synthétique indiqué en 1877 par MM. Metz et Tibiriéa. (I)
- Dans ce procédé, l’oxyde de carbone, que l’on peut obtenir dans d’excellentes conditions économiques, est conduit sur de la chaux sodée et il y a formation de formiate de soude suivant l’équation :
- CO + NaOH = CO2 HNa
- Des essais répétés ont été faits en vue de rendre cette réaction industrielle ; ces essais que nous ne détaillerons pas, ont conduit aux résultats suivants :
- La préparation de la chaux sodée joue un grand rôle dans la marche de la réaction ; 6 parties de chaux pour 1 de soude paraît être la proportion préférable.
- La température de 250-2600 est la plus convenable à l’absorption.
- Il n’y a jamais, même dans les opérations les mieux réussies, plus du quart de la soude convertie en formiate, quoique l’on ait opéré avec de l’oxyde de carbone pur.
- A la suite de ces résultats, et d’un autre
- côté le procédé de Dupré (action prolongée à 100o du charbon sur le carbonate de potasse), ainsi que l’action de l’effluve électrique sur un mélange d'hydrogène et d’acide carbonique, ayant donné des résu’tats plus défectueux encore, la question a été abandonnée.
- La recherche d j la fabrication de l’acide formique était poursuivie parallèlement parla maison Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Cie de Lyon et par la Société pour l’industrie chimique de Bâle ; les résultats obtenus des deux côtés ont été identiques. Mais, quoique nous n’ayons pas abouti, je conserve pour mon compte personnel l’espoir qu’il est possible de réussir, et il se pourrait que, dans quelques années, la synthèse pratique de l’acide formique fut un fait acquis.
- Aussi, bien que j’aie abandonné ces recherches pour d’autres qui nous touchent de plus près, je n’ai pas voulu les passer sous silence, pensant qu’elles pourraient être de quelque intérêt pour ceux que l’industrie de l’acide acétique et par conséquent la préparation de l’acide formique intéresse au plus haut degré.
- LES
- PRODUITS TINCTORIAUX DU TONKIN
- Rapport de M. A. Bor à la Société industrielle d’Amiens
- (Suite et fin)
- Les hypothèses sont donc les suivantes :
- 1° Ou bien une excroissance pourrant sur les racines à fleur de terre ou sur le tronc d’un arbre d’une famille indéterminée ;
- 2° Ou encore une galle, sorte d’excroissance se développant par suite de la piqûre d’un inrecte ;
- 3e Ou une racine même ;
- 4° Ou enfin un fruit.
- L’idée du fruit étant écartée par suite du défaut d’organisation, celle de la galle à cause de son volume et de la nature cellulaire et non cornée, il nous reste la suppssition d’une ex-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 167
- croissance naturelle à une certaine famille, plus ou moins provoquée par des cause inconnues ou une racine.
- M. [e docteur Richer, à qui nous avons soumis la question a bien voulu la discuter et nous donner son appréciation de si estimable " valeur pour nous.
- Il croit à l’excroisnance ou à la racine et je me range, vous devez le croire, à mon avis jusqu’à ce que, ayant un Cunao à notre disposition nous puissions en faire et suivre les coupes histologiques d’une façon méthodique.
- Le côté important reste le même, c’est le principe astringent contenu dans le Cunao qui est riche en tannin et qui renferme en sus une substance soluble développant une couleur rougeâtre aux alcalis et auxoydants.
- Cette manière de se comporter rappelle le Cachou, le Gambir et le Kino.
- On l’appelle du reste Cunao ou faux Gambir.
- Le vrai Cachou employé d’une façon régulière pour les nuances à fond tranché et solide qu’il vienne de l’acacia-catechu (légumineu-1 ses) ou de l’areca-catechu (palmiers), ou en-| core de l’uncaria Gambir (Rubiacées) tient sa I valeur tinctoriale de la catéchine, substance totalement blanche qui donne à l’oxydation (japonique et rubinique) qui jouent le rôle I principal dans la teinture des tissus par le I Cachou.
- I II est bon que le teinturier sache qu’en traitant son cachou à l’alcali caustique il développe un rouge noirâtre, tandis qu’aux car-I bonates alcalins la teinte développée est le I rouge seul.
- Mais en plus de cette catéchine, principe I Colorable des cachous, on observe aussi une | forte proportion d’acide catéchique, ou caté-] cucique, analogue au tannin de la noix de I galles et du sumac, mais colorant ou précipitant les sels de fer en vert.
- Ces deux produits importants se retrouvent dans le Cunao et à peu de chose près avec les mêmes caractères.
- Par les échantillons ci-joints vous rendre compte de l’utilisation que l’on peut faire du Cunao : des demi-pieds pour olive, pour mordoré, pour brun et qui se présentent avec des nuances de grand rapport avec le Cachou.
- Ces diverses considérations nous ont amené à nous intéresser un peu au Cunao, malgré l’absence de renseignements précis.
- Pour les velours de coton, il y a un intérêt capital à se servir du Cachou qui imprègne parfaitement la chaîne et laisse toujours un fond suffisamment teinté, même quand la portion veloutée est usée ; au point de vue commercial l’importance est très grande.
- Peut-être en travaillant sur de nouvelles données le cachou parviendra-t-on à obtenir de lui plus de matière colorante utile, toujours est-il qu’en ce moment on devrait en employer beaucoup, et qu’il est un peu cher, 85 à 90 fr. le kilo.
- La question pour le Cunao est donc la suivante : peut-on avec lui produire un extrait qui reviendrait seulement à 60 ou 65 fr.; ce serait alors une bonne trouvaille pour nous et un sentiment de reconnaissance sincère pour notre nouveau protectorat.
- Nous avons voulu nous rendre compte de ce que l’on pouvait obtenir d’extrait : estimation faite et en rapportant le tout en Cunao frais, nous croyons que celui-ci peut produire 15 à 17 % d’extrait, dont vous pouvez apprécier l’état physique.
- A notre avis, il faudrait que le Cunao puisse être acheté sur place de 6 à 8 fr, les 100 kil. par le fabricant d’extrait.
- Car il n’y a pas de doute, c’est sous la forme d’extrait qu’il serait accepté sur notre place, d’autant plus que le traitement qu’il aurait subi n’aurait fait que développer sa matière colorante sans nuire sensiblement à l’astrio-gence.
- Nous résumant en quelques mots sur les trois produits tinctoriaux envoyés, nous pouvons conclure pour nous teinturiers.
- Curcuma. — On n’en emploie plus ; il n’offre aucun intérêt. •
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Indigo vert de Chine. — Il est trop pauvre ét trop cher.
- Cunao. — Si l'on peut nous fournir de l’extrait de Cunao à 55 ou 60 fr. environ les 100 kilos, que l’on essaye la fabrication. On a grande chance de réussir et d’être utile à notre place en rendant service à notre nouveau protectorat du Tonkin.
- PRODUCTION DE-LA LAINE DANS LE MONDE ENTIER
- Il n’existait, jusqu’à présent, aucun travail d’ensemble sur la production de la laine. Cette lacune vient d’être comblée par le sous-intendant militaire Leroy qui,chargé d’une mission spéciale par le ministre de la guerre français, a étudié la question au point de vue de la fabrication des draps de troupe.
- Voici les principaux passages du rapport de M. Leroy :
- La production totale des laines du globe peut être évaluée annuellement à 800 millions de kilog. représentant une valeur totale de 5 milliards de francs.
- L’Australie et la Nouvelle-Zélande possèdent 75 millions de moutons produisant 100 millions de kilog. de laine valant 600 millions de fr. Au Cap de Bonne-Espérance, les troupeaux produisent 15 millions de kilog. de laine pour une valeur d’environ 250 millions de fr Aux Etats-Unis, paissent 50 millions de moutons ne produisant cependant pas assez de toisons pour l’industrie américaine, qui est obligée d’importer un grand nombre de cargaisons de la Plata et de l’Australie. L Europe possède 200 millions de moutons donnant 200 millions de kilog. de laine d’une valeur de 900 millions de fr. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie produisent de la laine en quantité très appréciable. Il y a 40 ans, la France possédait 35 millions de moutons ; par suite de l’abaissement du prix de la viande, les troupeaux ne comprennent plus que 22 millions de têtes.
- En Europe, c’est la Russie qui tient le premier rang comme production de la laine. Puis
- viennent l’Angleterre, l’Allemagne, la France, l’Autriche, l’Italie, l’Espagne.
- Les anciens troupeaux espagnols de mérinos sont maintenant remplacés par ceux de Rambouillet et de Vineville, qui exportent leurs magnifiques béliers dans le monde entier. L’Inde, l’Asie centrale, la Chine sont évaluées comme production à 150 millions de kil. Sur le total de 800 millions, indiqué par les statistiques, pour la production générale du monde, la majeure partie des laines de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Cap et de la Plata est importée par Londres, Anvers, Liverpool, Brême, le Havre, Marseille, Dunkerque, Bordeaux et Gênes.
- L’industrie lainière emploie chaque année 100 millions de kilog. de laine.
- (Journal de la Chambre de commerce de Constantinople.)
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris — Formation de la Société en nom collectif Ernest Guillaume et Maingot, teinture des peaux, rue de la Glacière, 51. — Durée : 12 ans. — Cap. : 75,000 fr. — Acte du Si mai. —J. g. d’A.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif C. Garnier et Cie, apprêteurs, rue Boileau , 50. — Durée : 12 ans. — Cap. : 250,000 fr. — Acte du 25 mai.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Prorogation de 5 ans du 1er juin 1888, de la Société Wissel et Cie, impression sur étoffes, à Neuville-sur-Saône. — Cap. 31,500 fr. — Acte du 31 mai.
- VENTE DE FONDS DE COMMERCE
- Mlle Gautier a vendu à Mme veuve Geor get et à M. Peyrau, rue J.-J.-Rousseau, 23, chez M. Terron, 1er juillet, un fonds de tein turerie, rue des Billettes, 12.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N° 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Août 1888
- SOM MAI RF
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION (suite).
- LA SOIE AU TONKIN.
- LA RAMIE. — CORRESPONDANCE.
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- TEINTURE EN COULEURS D’ANILINE
- Par la Société Campion-Delplanque frères et sœurs.
- Les bains, qui servent à teindre les fils et les tissus en « éméraldine », en « azurine », en noir d’aniline, donnent lieu à des dépôts non adhérents sur les fibres, d’une partie du colorant. L’inconvénient tient, d’après les brevetés, à la trop grande rapidité avec laquelle se produisent les réactions chimiques ; c’est-à-dire que pendant les moments où une portion du bain n'est pas en contact immédiat avec la fibre, la couleur produite dans cette portion n’adhère que mécaniquement.
- Les bains à action lente obvient d’autant mieux à l’inconvénient que la teinture nécessite plus de temps.
- On admet, il est vrai, qu’en étendant ces bains avec de l’eau, ce qui en diminue l’acidité, ils deviennent impropre à la teinture et et cela proportionnellement à la désacidification.
- Cette incapacité est seulement apparente et il suffit de prolonger la durée du bain, pour s’en rendre compte.
- Au lieu de déplacer les matières à teindre, les brevetés impriment le mouvement aux li
- quides tinctoriaux. Ce résultat, obtenu au moyen d’appareils à lessiver et de pompes, permet de donner aux bains une vitesse de translation inusitée, qui restreint les moments pendant lesquels le contact entre les fibres et le liquide colorant ne se réalise pas immédiatement.
- APPAREIL DE TEINTURERIE Par M. Watmough.
- Cet appareil, destiné à la teinture des étoffes en pièces, comporte un récipient en forme de V. Trois rouleaux, dont deux situés à l’entrée et à la sortie, le troisième, au fond du récipient, guident l’étoffe et l’étendent transversalement pendant son passage à travers le bain. Le tissu s’engage ensuite entre deux rouleaux essoreurs, dont il est facile de régler le serrage, puis contourne un troisième cylindre, horizontal comme les précédents situé à une faible distance des premiers et surmonté d’un mandrin cylindrique autour duquel s’enroule la pièce.
- Le mandrin (engagé, des deux bouts, dans des coulisses verticales parallèles) s’élève librement au fur et à mesure que la pièce augmente de diamètre.
- TEINTURE EN BLEU PAR L’ALIZARINE Par M. Gevaert
- Quelle que soit la forme sous laquelle se présentent les matières à teindre (coton ou lin)
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- la couleur bleue s’obtient en superposant une couche de bleu d'alizarine d’indigo, ou de bleu d'aniline, sur un fond de violet d'alizarine, produit par l’alizarine rouge en combinaison avec un mordant de fer quelconque additionné, ou non, d’autres mordants.
- Le violet d'alizarine produit dans ces conditions possède la propriété de virer au bleu indigo sous l’action d’une quantité minime de bleu d’alizarine d’indigo, ou de bleu d’aniline, dont il est recouvert ensuite. Les nuances définitives sont très solides et d’un prix de revient peu élevé.
- En employant le bleu d’alizarine, on teint, de préférence, avec l’alizarine rouge et l’alizarine bleue dans le même bain
- L’alizarine rouge teint d’abord à froid les mordants de fer en violet; l’alizarine bleue teint seulement à chaud ; il en résulte que, malgré le mélange des deux alizarines, le bleu est toujours superposé au violet.
- PROCÉDÉ ET APPAREIL POUR TEINDRE LES TEXTILES
- Par MM. Smith et Aykroyd.
- L’invention a pour but de remédier à l’inconvénient des plis, ou du « lâche », qui se forment soit dans les tissus, soit dans les écheveaux, lors du passage des pièces d’étoffe ou des matières filées à travers les bains de teinture.
- Les brevetés indiquent, à titre d’exemple, l’application du procédé au traitement d’une chaîne ourdie. La chaîne, immergée dans le bain de teinture, est guidée et tendue par des galets jusqu’à la sortie de la cuve, puis déposée (en rangées ou piles successives et uniformes) sur une toile sans fin horizontale; celle-ci chemine d’un mouvement réglable à volonté, pour alimenter une seconde toile 1 composée, comme la première, de battes en ‘ bois, mais formant plan incliné.
- La chaîne se trouve ramenée dans le bain de teinture suivant un cycle régulier.
- PROCÉDÉ POUR RENDRE IMPUTRESCIBLES LES TISSUS IVÉGÉTAUX Par MM. Pfirsch et Kirchner.
- Afin de rendre imputrescibles les tissus végétaux , notamment les toiles servant à la confection des « boyaux » pour pompes à incendie, les brevetés font bouillir ces tissus dans 10 parties de goudron de bouleau et 90 parties de graisse de Virginie (préalablement mélangées à froid). Après quelques minutes d’ébullition, MM. Pfirsch et Kirchner lavent les tissus à l’eau bouillante pendant une 1[2 heure environ, puis décantent et font sécher. A la suite du séchage, il convient de frotter la toile avec de la sciure de bois et on termine par un brossage.
- {Reproduction interdite.}
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 188948. 24 février; Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis.—Production d’une matière colorante jaune.
- Cette production a lieu de la manière suivante : à une solution titrée de chlorhydrate de phényldrazine carbonylée, on ajoute une solution également connue de dionytartratede soude dans l’acide chlorhydrique.
- Les proportions du mélange sont deux molécules de phényldrazine pour une molécule d’acide dionytartrique. On chauffe très lentement au bain-marie, puis quelques heures à 80°. Il se forme tout d’abord un précipité jaune clair qui peu à peu change de couleur et devient orange.
- La condensation terminée, on laisse refroidir, on filtre et on lave à l’eau pure ou légèrement acidulée par de l’acide acétique.
- 188978. 25 février ; Société Marchai, Falck et Cie.—Impressions rongées grand teint sur articles de bonneterie en laine.
- 189011. 1er mars; Roussel.—Nouvellle application en teinture de produits connus.
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- 189021. 28 février ; Reull. — Lames en plaques de sciure de liège couvertes de tissus.
- 189097. 5 mars ; Bertrand. — Appareil destiné à teindre la laine en rubans par sections de couleurs différentes alternées.
- Cet appareil est caractérisé par les points suivants :
- lo Emploi d'un tambour cannelé et perforé pouvant être fixe ou rotatif, avec ou sans fonds, horizontal ou vertical, circulaire ou prismatique.
- 2° Emploi de plaques à joints mobiles destinées à pincer ces matières à teindre contre les barettes du tambour.
- 3° Circulation continuelle du liquide tinctorial produit par un moyen quelconque et ayant pour but de bien pénétrer les parties des rubans à teindre de deux côtés à la fois ou séparément, soit de l’intérieur ou de l’extérieur du tambour.
- 189280. 12 mars ; Vandermeirssch. — Machine à teindre la laine peignée et toutes matières textiles en bobines ou en tout état de préparation, système Vandermeirssche.
- 189323. 17 février; Sir Scrive.— Machine à teindre les textiles en écheveaux.
- 189345. 14 mars ; Société Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Cie.—Teinture ou impression superficielle sur tissus, velours ou simi- ( laires.
- 189349. 17 mars ; Mugnier. —Nouveau système de décoration des tissus à jour par voie d’impression.
- 189359. 14 mars ; Société dite : Badische anilin et Soda Fabrik. — Préparation d’une nouvelle classe de matières colorantes par condensation d’amines aromatiques avec les dérivés mononitrosés des métamidophénols dialkylés.
- 189402. 17 mars; Blondel. — Machine à oxyder et sécher les fils en écheveaux par rotation ou déplacement rapide de l’air.
- 189451. 19 mars ; Société Actien-Gesells-chaft , fur chemische Industrie. — Procédé Pour fabriquer des matières colorantes par
- l’action des acides aromatiques hydrasine sulfuriques sur le retenechinone.
- L’extraction des matières colorantes qui fait l’objet du brevet a lieu de la manière suivante :
- Les quantités nécessaires de retechinone et l’acide hydrasine sulfurique (par exemple 26,4 kg. (1 molécule) de retechinone et 37,6 kg. (2 molécules) d’acide phénylhydrasine sulfurique) sont introduites dans la quantité d’eau qui est nécessaire pour dissoudre les matières colorantes qui se forment.
- Le liquide est chauffé peu à peu, jusqu’au point d’ébullition et maintenu à l’état d’ébullition jusqu’à ce que l’acide sulfurique et le chinone se soient transformés en un liquide clair et teint en rouge. On neutralise ensuite la soude et la matière colorante est précipitée à l’aide du sel commun
- 189463. 21 mars ; Guillon et Escorbia. — Impression de dessins de tous genres et de toutes couleurs sur tissus végétaux.
- 189477. 20 mars; Yaux.—Nouveau procédé de décoration des tissus d’ameublement et autres analogues.
- Ce système consiste en principe à employer pour la production d’un dessin colorié sur un tissu quelconque, une série de découpages correspondant chacun à l’une des couleurs à déposer sur le tissu, de sorte que par l’emploi successif de ces découpages on obtient le dessin complet.
- 189548. 23 mars ; Prinvault. — Fabrication d’une nouvelle matière colorante minérale violette.
- 189587. 26 mars ; Michaelis Smethurst et Wood. — Perfectionnements aux machines à lainer employées dans le finissage des tissus
- L’invention qui fait l’objet du brevet est relative aux machines à lainer du système Grosselin. Elle consiste spécialement dans l’emploi et l’application d’une commande à friction, pour transmettre le mouvement de renvoi au cylindre laineur, dans le but de donner plus de facilités pour régler exactement la mesure des vitesses variables néces-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- saires pour le bon fonctionnement de la machine ; de cette manière l’efficacité du traitement est plus grande et on peut donner au tissu plus ou moins de tension, suivant qu’il est nécessaire.
- 159608. 27 mars ; Société Alexandre et fils. — Nouveau produit servant au dégraissage industriel.
- Le nouveau produit qui fait l’objet du brevet est préparé de la manière suivante :
- On introduit dans un chaudron à feu découvert ou autre :
- 510 litres d’eau rendue caustique avec de la soude ou de la potasse à 120,
- 300 kilog. de carbonate de soude,
- 50 » d’huile d’olives?
- 50 » d’huile de marc de raisin,
- 50 » d’huile de coco,
- 15 » de colle animale,
- 15 » de colophane,
- 10 litres d’ammoniaque.
- A mesure que la pâte se chauffe on l’agite au moyen de batteurs plats ou autrement et on laisse bouillir jusqu’à former complète émulsion.
- Ensuite on verse 8 kilog. de sel marin et on maintient l'ébullition jusqu’à la coagulaton. On sort après le mélange par un robinet placé au fond du chaudron.
- On fait réchauffer jusqu’à l’ébullition, en sortant aussitô la pâte par le robinet du fond du chaudron et on la jette dans des réfrig--rants ou dans des moules, dans lesquels elle se convertit après quelques heures en une masse compacte.
- On retire cette masse des moules ou réfrigérants et on la concasse plus ou moins, selon le but qu’elle doit remplir, au moyen de marteau de cylindres ou d’une autre machine quelconque.
- J. FAYOLLET
- Avocat, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, RUE TURBIGO, Paris.
- THÉORIE
- DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres
- (Suite')
- En général, et c’est le propre des matières organiques, les fibres sont très poreuses ; mais dans certains cas, elles le sont peu, tel est celui des poils, des cheveux, qui se teignent très difficilement. Ces dernières substances sont de la famille des matières cornées et l’eau glisse dessus sans les imbiber.
- Les pores des fibres textiles sont assez grands pour laisser passer les matières parfaitement dissoutes dans l’eau, couleurs ou mordant, mais pas assez pour laisser passer les matières en suspension dans l’eau, si ténues qu’elles soient.
- Quelquefois en apparence, comme avec le gris bleu artificiel, dit indigo artificiel, on teint sur les bains d’acide avec un produit en suspension dans l’eau acidulée, mais cela n’est qu’apparent. La poudre en suspension, très peu soluble dans l’eau acidulée, se dissout au fur et à mesure que ce qui était dissout se fixe sur la fibre, et, dans ces conditions, il faut manœuvrer pendant un temps plus ou moins long la fibre sur le bain, qu’on finit par tirer à l’eau, c’est-à-dire à épuiser complètement de la matière colorante.
- J’ai eu l’occasion, en 1867, de constater un fait très curieux qui s’explique comme le précédent, par une faible solubilité. L’addition de l’alun dans un bain de cyanure jaune, pour le bleutage des soies destinées à être teintes en noir (opération qui se donne sur un fond de peroxyde de fer pour l’obtention du bleu de Prusse), quoique donnant un précipité insoluble, conduirait cependant à une application très bien faite d’alumine sur la fibre.
- Les pores apparents sont d’un puissant secours dans certains cas pour venir en aide aux pores physiques.
- La laine surtout bénéficie de deux porosi
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- tés; à peine après avoir été dégraissée et blanchie est-elle mise dans un bain de teinture ou de mordant, qu’elle s’en impreigne uniformément, par voie de la porosité apparente, résultat de sa contexture physique.
- L’eau la pénètre absolument comme si elle agissait sur du sable sec. De même elle s‘é-coulera de cette fibre avec facilité.
- Je parle, bien entendu, de la laine en bourre ou en flotte, et cela est bien heureux, quoique cela devienne quelquefois une gêne lorsqu’il s'agit de teindre des mélanges de cette fibre avec la soie, par exemple, comme cela se fait pour les articles de Reims, Roubaix, etc.
- Grâce à cette exagération de la porosité, la laine se teint et se mordance facilement en flotte ou en bourre sans beaucoup de manipulation. Son affinité vient encore en aide.
- S'il en était autrement, le maniage prolongé de cette matière textile la feutrerait et rendrait la bourre impossible à carder et les flottes indévidables.
- Lorsqu’on la sort des bains ou du rinçage, elle égoutte facilement, absolument comme un tas de sable mouillé. Il est, pour ainsi dire, inutile d’essorer la laine, comme on le fait pour la soie et le coton.
- Il est incontestable que si l’on faisait subir à des flottes de laine, comme cela se pratique dans certains genres de noirs sur soie des 30 ou 40 essorages avec des essoreuses marchant à 1,600 ou 1,800 tours à la minute; avant la moitié des opérations, on aurait non plus des flottes, mais bien des molletons.
- Dans beaucoup de teintures en laine, on a d’ailleurs conservé l’usage d’essoreuses spéciales pour laines en bourres, et dites folles ou paniers à salade, marchant au maximum a 200 ou 300 tours à la minute, et encore en fait-on usage le moins possible.
- MARIUS Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA SOIE AU TONKIN
- M. Arnal, d’aprè le Lyon Républicain du 25 juillet, a publié en date du 17 juin, dans Y Avenir du Tonkin, le commencement de ses travaux sur la culture de la soie dans ces contrées. C’est dans la province de Bien-Hoa que les meilleurs résultats ont été obtenus. Les cocons frais ont donné 1 k. de grège pour 9 k. de cocons. Les autres provinces ont des résultats inférieurs :1k. de soie seulement, pour 13 ou 14 k. de cocons, et la qualité de ces dernières est inférieure à celle des premières.
- M. Arnal espère arriver ainsi à paralyser l'importation des soies de Chine ; il propose pour cela le croisement des races et le développement des mûriers partout où sa culture sera possible. En cela, il est dans le vrai ; mais où il pèche, c’est quand il croit par ces nouvelles soies relever l’essor des filatures françaises ; en ceci, il est dans l’erreur que les filatures de France filent n’importe quel cocon ; elles n'en marcheront ni plus ni moins bien.
- Ce qu’il faudrait, tout en développant la culture de la soie pour les qualités secondaires dans nos colonies, ce serait d’améliorer celle des belles races dans nos pays du midi de la France.
- En dehors des travaux de .M. Pasteur sur la sélection des graines, rien n’a été fait pour l’amélioration du mûrier; rien, absolument rien. Qui dit que par une culture raisonnée du du mûrier même, l’on n'arriverait pas à doubler le rendement des cocons par pied de mûrier. Ce que l’on a fait pour le blé, ne pourrait-il réussir pour la soie? Ainsi M. Bredin, de Lyon, me disait être arrivé, par une culture raisonnée et intensive, à faire produire 45 et même 50 hectolitres de blé à l’hectare au lieu de 17 1 pour des terrains défrichés de la Bresse.
- Pendant mon séjour dans le Midi, j’ai constaté que la récolte de la soie n'était l’objet d’aucun soin pour le mûrier, et, à mon avis,
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- c’est une très grande erreur. Je crois qu’en | partant du mûrier, on obtiendra de plus ( grandes quantités de cocons, avec le même nombre de pieds, les mêmes mains-d’œuvre ou à peu près, les mêmes frais généraux, etc.
- Conséquemment l'on obtiendra davantage 1 de soie de pays, les races de Chine et de l’Extrême Orient nous envahiront moins et ce sera alors le moyen le plus rationnel pour relever nos filatures, qui travailleront sur place les cocons de France et pourront lutter pour la qualité et le prix à toutes les filatures du Midi.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite).
- LA RAMIE
- Divers lecteurs me demandent où en est la question de la ramie. En attendant une étude complète sur cette intéressante fibre, à laquelle je travaille en ce moment, je donnerai ici quelques appréciations sur son avenir actuel.
- La ramie, par son aspect soyeux, est appelée, non pas à remplacer la soie, ce qui est une grande illusion de la part de ceux qui le croient, mais à jouer un rôle nouveau, vu ses propriétés spéciales.
- De même, je l’ai déjà dit, elle ne remplacera jamais le coton, dont elle n’est nullement la rivale — ses qualités particulières, en dehors des applications nouvelles, en font plutôt une fibre rivale du lin, pour l’article d’ameublement.
- Je laisserai de côté ses applications pour les filets de pêche et les câbles de marine. Sa ténacité extraordinaire et sa résistance à l’eau de mer font que son emploi est tout indiqué pour ces usages. La marine hollandaise n’emploie, d’ailleurs, que des câbles en ramie pour ses vaisseaux de guerre.
- Pour les toiles, elle donne également des résultats magnifiques, en tant qu’elle doit rester blanche; cependant, à côté de la
- grande durée de ces tissus, il y a, dit-on, un inconvénient, c’est celui qu’ils ont de durcir, à la longue, par les lavages successifs. Je n’ai pas constaté ce fait et le donne sous toutes réserves.
- Quant à son application dans les tissus soyeux, la ramie est plutôt appelée à remplacer la schappe et la fantaisie que la soie. Mais, de même que ces dernières matières, elle subit un contre-coup par suite du bas prix extraordinaire des sioes. Jamais l’on avait vu les soies à des prix pareils.
- L’on a de beaux organsins à 54 fr. le kilogramme, des trames à 45 fr. et à 30 fr. Les cocons de belle race française se sont vendus, cette année, au prix de 3 fr. 20 le kilogramme ! Jamais l’on n’avait vu un effondrement pareil des matières soyeuses, qui déteint non seulement sur les fantaisies et les schappes, mais encore sur les cotons filés employés à Lyon dans les tissus mixtes, mais encore sur l’emploi naissant de la ramie et des soies sauvages.
- Les pays de l’Extrême-Orient nous inondent de soie, grâce aux communications de plus en plus faciles avec l’Europe ; de plus, les filatures se sont outillées dans ces contrées et filent aussi bien qu’à l’européenne, et nul ne peut prévoir où s'arrêtera cet effondrement du prix des soies, en laissant de côté des variations passagères de hausse et de baisse, selon les récoltes et les bruits de guerre ou de paix.
- De plus, la grande production des tissus mixtes teints en pièce a complètement bouleversé le marché des soies dans un autre sens. Au lieu d’employer des organsins pour la-chaîne, l’on se contente de la grège, qui donne de meilleurs résultats pour la couverture de la trame, et coûte meilleur marché que l’organsin.
- Le coton, lui-même, voit pâlir son étoile dans les tissus mixtes teints en pièce par les prix des tramés.
- En effet, les cotons spéciaux numéros 120 à 140, et même plus employés pour ces usages.
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- reviennent encore relativement à des prix élevés. La soie aura toujours pour elle son brillant inimitable et même dans les tissus mixtes une qualité inappréciable, celle de pouvoir supporter une certaine charge, qui lui donne, dans une certaine mesure, des qualités, en augmente le gonflé, la ténacité et le brillant. Bref, une charge modérée, comme 1 me le disait dernièrement M. Paul Bredin, bien connu de la teinture à Lyon, garnit la soie et conséquemment le tissu.
- La soie et le coton sont employés à l’état de fils extrêmement fins ; la ramie, jusqu’à présent, n’a pu, malgré les efforts persévérants de M. A. Favier, directeur de la Ramie française,être obtenue qu’à l'état de filé no 70, si je suis bien renseigné ; on parle bien de filés no 80, mais je n’en ai pas vus ; je sais bien que, vu la densité supérieure de la ramie sur celle du coton, cela correspond à du no 100 de ce dernier, mais en même temps le prix déjà élevé de la ramie augmente dans la même proportion. C'est ce qui fait que nos fabricants disent que la ramie « ne couvre pas ».
- La ramie ne fera concurrence à tous les points de vue au coton, que lorsqu’elle atteindra des numéros 160 et 180, pour le tissus mixtes. Quant à faire concurrence à la soie, il n’y faut point songer. Les difficultés de la ramie pour se teindre, ainsi que le dit très bien M. Adolphe Renard, sont un grand obstacle à son emploi {Teinture du coton et de la ramie par M. Adolphe Renard). De plus, la la soie écrasera toujours cette dernière, par sa propriété de recevoir une charge modérée, qui la gonfle ; je ne parle pas des charges exagérées, dont j’ai toujours été l’ennemi déclaré, et qui ont tué la belle étoffe toute soie.
- Dans les conditions actuelles, la ramie fera-t-elle concurrence à la schappe et à la fantaisie ? G’est encore une grosse illusion que de le croire, avec les prix actuels. La soie sauvage a déjà de la peine à se tenir.
- Et cette dernière fibre est encore plus brillante que la ramie, mais comme celle-ci elle
- a les difficultés de la teinture et surtout ces deux fibres ardoisent facilement. Il est regrettable que la ramie se teigne difficilement en noir d’aniline, en cela elle diffère complètement du coton.
- Comme conclusions, en présence du bas prix des soies de toutes natures et de leurs dérivés, est-ce à dire qu’il faille jeter le manche après la cognée ? Non, mais il faut se lancer dans d’autres voies.Tout en améliorant le degré de filature de la ramie, en perfectionnant sa teinture, il faut avoir surtout pour but de créer des effets nouveaux, analogues à ceux produits par le lin, où la ramie est appelée à un plein succès. Le champ est d’ailleurs des plus vastes. Mais il faut absolument perdre tout espoir de supplanter le coton dans les tissus mixtes, et de faire concurrence aux matières soyeuses.
- Marius Moyret.
- {Reproduction interdite)
- CORRESPONDANCE
- On me demande des renseignements sur des anomalies dans la charge des soies par le bichlorure d’étain ; j’ai traité dans le temps, dans les colonnes du journal, des différences existant dans les sels de bioxyde d’étain, ayant en apparence la même composition, et absolument la même au point de vue de l’analyse centésimale, comme quantités de bioxyde d’étain et d’acide chlorhydrique.
- Comme je l’ai dit dans le temps, il y a deux bioxydes d’étain : le bioxyde d’étain proprement dit et l'acide métastannique, et c’est de la présence de ce dernier, venant du mode de préparation, de l’insalation des bains de charge, du chauffage, etc., en plus ou moins grande quantité dans le bichlorure normal, que viennent les anomalies.
- Seul le bichlorure normal ou combinaison d’acide chlorhydrique et de bioxyde d’étain normal, charge les soies sans les altérer.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On peut impunément manœuvrer celles-ci sur des bains à 30° Beaumé à froid et à l’ombre, de bichlorure d’étain.
- Il n’en est plus de même s’il y a des quantités plus ou moins grandes d’acide métastan-nique dans le bain. Ce dernier n’est pas combiné avec l’acide chlorhydrique, il est simplement en dissolution dans l’acide. Cette dissolution, d’ailleurs très instable, dépose facilement au fond des barques de l’acide mé-tastannique jaune. Elle ne charge pas ou très peu les soies. En place, l'acide chlorhydrique étant pour ainsi dire à l’état libre, attendrit facilement les fibres.
- La charge à l’étain joue d’ailleurs maintenant un rôle considérable , même dans les noirs. Elle fait un tort considérable à la charge avec les persels de fer, dite rouillage des soies. Elle donne moins de fond et permet d’obtenir des noirs plus dégagés. Employée concurremment avec le vert à l’acide, elle a bouleversé la teinture en noir, dans les noirs fins, et réduit considérablement le nombre des opérations. Là où il fallait par exemple plusieurs teintures au bois de campêche, avec les opérations préliminaires, on n’en donne plus qu’une; de même au lieu de cinq ou six rouils, l’on se contente de deux ou trois au plus.
- Marius Moyret,
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- GRENATS ET PRUNES A LA FUCHSINE S.
- La fugacité des couleurs avec la fuchsine ordinaire en restreint considérablement l’emploi dans la fabrication des grenats et des prunes. Elle est remplacée aujourd’hui par la fuchsine S qui donne des couleurs résistant à l’action de la lumière et à celle des acides.
- La fuchine S est très soluble dans l’eau, Elle s’emploie comme la fuchine ordinaire c’est-à-dire qu’on la fixe sur laine, soit avec le sulfate de soude et l’acide sulfurique, soit
- avec le mordant liquide dont nous venons d’indiquer la composition.
- La fuchsine S se combine parfaitement bien avec le jaune naphtol, le jaune solide, les orangés et le carmin d’indigo. Elle permet donc d’obtenir des gammes complètes de grenats et de prunes
- On entre les étoffes de laine dans le bain de teinture à 40 environ, on le chauffe graduellement jusqu’à 900 C., et on maintient cette température jusqu’à la nuance voulue, après quoi on abat au large et on sèche.
- Quant aux détails de l’opération, ils sont les mêmes que ceux indiqués dans la teinture des grenats et des prunes avec la fuchsine ordinaire.
- GRENATS ET PRUNES AVEC LE GRENAT S.
- De même que la fuchsine S, le grenat S produit des couleurs solides à la lumière et aux acides ; comme elle, il est très soluble dans l’eau chaude.
- Le grenat S donne des nuances rouges bleuâtres. Ce produit permet donc, lorsqu’on n’a pas à obtenir une couleur demandée, de faire grenats d’un seul coup, c’est-à-dire avec une garniture unique, sans préoccupation d’aucun mélange, et sans courir le risque de s’enfoncer dans l’une des trois couleurs fondamentales qui composent un grenat ou un prune : le rouge, le bleu et le jaune.
- Ce colorant s’unit aussi très bien et en toutes proportions, avec le jaune naphtol, le jaune solide, les orangés et le carmin d’indigo.
- Le bain de teinture ayant été mordancé comme si on devait y mettre de la fuchsine ordinaire, on y entre les pièces à tiède, puis on le chauffe progressivement jusqu’au bouillon. On maintient cette température pendant 1 heure au moins, afin que le colorant puisse se bien unir ; ensuite on abat, on lave et on sèche.
- Le lecteur trouvera les détails de l’opération et les proportions des mordants au paragraphe des grenats et des prunes à la fuch-
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- sine ordinaire, dans le précédent numéro du journal le Moniteur de la Teinture.
- GRENATS ET PRUNES AVEC LES ROUGES SOLIDES.
- Les Rouges solides sont des produits d’aniline qui remplacent les bois rouges et l’or-seille dans la plupart des cas où ceux-ci peuvent être employés. La grande solidité de ces colorants à la lumière et aux acides leur a permis de remplacer presque complètement la fuchsine dans la fabrication des grenats et des prunes.
- La dissolution des Rouges solides se fait en eau chaude, et on doit en filtrer les solutions.
- La teinture de la laine s’opère de la manière suivante :
- Dans une quantité d’eau suffisante, on met, pour 100 kil. de tissus de laine :
- Sulfate de soude, 15 kil.
- Acide sulfurique, 66° Beaumé, 4 —
- Alun ordinaire, 3 —
- Lorsque ces mordants sont entièrement fondus, on paille fortement le bain de teinture pour le rendre homogène, puis on entre les étoffes qu’on y manœuvre pendant 15 ou 20 minutes, afin de les laisser se bien imprégner des mordants. Au bout de ce temps, on cesse tout chauffage, on rafraîchit le bain, si c’est nécessaire, par une addition d’eau froide, afin de l’amener à une température de 30 ou 400 C, au maximum, puis on y ajoute les quantités nécessaires de Rouge solide, de jaune et de carmin d’indigo pour arriver à l’intensité du grenat ou du prune demandé. On laisse tourner les tissus pendant 15 minute» environ sans chauffer, puis on élève la température du bain, progressivement et sans se presser, jusqu’au petit bouillon, soit 90 C environ. On teint à cette température jusqu’à la nuance voulue, après quoi on abat au large, On lave à pleine eau et on sèche.
- Les Rouges solides peuvent se combiner avec les fuchsines solides, les rangés, le jaune napthol, le carmin d’indigo, et permettent ainsi d'obtenir toutes les nuances de grenat et de prune.
- On applique également sur laine, par des procédés identiques à ceux employés pour la teinture des grenats et des prunes avec les Rouges solides, un produit d’aniline dénommé Rouge d'orseille, qui se rapproche beaucoup de ces dernières matières colorantes. Comme l’indique son nom, ce produit a été mis dans la consommation dans le but évident de remplacer l’orseille.
- Le Rouge d’orseille s’emploie en dissolution filtrée ; il se teint sur laine à la température du bouillon, avec addition d’acide sulfurique seul (5 kil. d’acide pour 100 kil. de laine). Entrer les étoffes à froid et ne pas trop hâter la teinture.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) - suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTERABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- {Suite.}
- No 10. — Cerise.
- A. — Pour cette couleur, on prépare 1 kil, de végétaux à teindre de la manière suivante :
- Dans 20 kil. d’eau on fait fondre, à chaud :
- Cerise II 10 gr.
- Borax 50 —
- Dés que la dissolution du colorant est complète, on amène le bain à la température de 750 C., puis on y entre la marchandise, qu’on manœuvre pendant vingt minutes, après quoi on la retire et on la lave.
- Observation. — La couleur, ainsi faite, est vive et bien unie. Elle résiste bien à l’air et au soleil.
- B. — Pour 1 kil. de marchandise à teindre en couleur cerise, on compose le bain de teinture avec :
- Eau 20 kil.
- Cerise II 10 gr.
- Acide sulfurique 66° 30 —
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- •h os
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On fait fondre le colorant, puis on entre dans le bain, chauffé à 75° G., les végétaux destinés à être mis en cerise. On teint à cette température pendant vingt minutes, en ayant soin de remuer assez fréquemment, afin que la couleur soit bien unie. Ensuite on abat, on évente et on lave.
- Observation. — La couleur, préparée de cette manière, est moins vive que la précédente. Elle et plus foncée est légèrement vineuse, et résiste bien à l’air et au soleil.
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- «- —
- SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Cette Société décernera s’il y a lieu, en 1889, un prix de 2,000 fr. pour la substitution à l’acide sulfurique dans la teinture, et notamment dans la teinture des soies, d’un autre composé donnant aux fibres l’apprêt voulu, mais n’exerçant pas sur elles la même action destructive.
- Le gouvernement russe vient de confier à MM. E. et P. Sée, de Lille, la construction des ateliers du chemin de fer du Trans-Caucase, à Tiflis, s’élevant à plus de cinq millions.
- NOTE sur l’épuration des eaux sales provenant
- DU LAVAGE DES LAINES BRUTES
- Présentée à la Société industrielle de Mulhouse, par M. Junock.
- Messieurs,
- Sur la demande de M. Th. Schlumberger, secrétaire de votre Comité de mécanique, je viens vous décrire les procédés employés dans notre filature de Malmerspach pour l’épuration des eaux ayant servi au lavage
- des laines. J’ajouterai quelques détails sur un procédé différent qui n’a pas encore fait ses preuves et sur un mode de lavage sans eau essayé dernièrement et qui n’a pas tenu ses promesses.
- Nous faisons à Malperspach, pour arriver à une épuration suffisante de nos eaux de lavage, trois opérations, qui sont :
- lo Dessuintage des laines ;
- 2° Traitement par l’acide sulfurique des eaux sales venant du lavage ;
- 3° Traitement par la chaux et un sulfate ou un chlorure quelconque des eaux abandonnées après la précipitation par l'acide sulfurique.
- Le dessuintage des laines donne comme produit du carbonate de potasse, le premier traitement des eaux, de la graisse de suint, et le second, un savon de chaux appelé suinter, et utilisé pour la fabrication du gaz d’éclairage.
- Je vais décrire succinctement chacune de ces opérations.
- lo Dessuintage. — Le dessuintage consiste à enlever aux laines en suint tout le suint soluble à l’eau pure et à le recueillir pour en extraire le carbonate de potasse. Il n’est pas indispensable. Beaucoup de praticiens le repoussent complètement. Nous avons constaté nous-mêmes que les laines [dessuintées à fond durcissent et consomment plus de savon aux lavages subséquents.
- Ces inconvéniens ne se produisent pas quand on use modérément du dessuintage.
- Ce traitement facilite les épurations ultérieures en enlevant la potasse, dont la présence nécessiterait plus tard une dépense plus considérable en réactifs.Il laisse en outre un bénéfice qui couvre en partie les pertes des deux autres opérations.
- Pour dessuinter la laine, on l’entasse dans des réservoirs cylindroconiques ouverts par le haut, fermés par le bas et munis à quelques centimètres de la paroi inférieure d’un double fond perforé. Lorsque le réservoir est rempli, on y laisse couler de l’eau pure, froide ou
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tiède, et quand cette dernière a bien imprégné la masse de laine, on ouvre un robinet de vidange fixé à la paroi inférieure du réservoir sous le double fond perforé. L’eau s’écoule par le robinet en filtrant à travers la laine, se chargeant du suint qu’elle peut dissoudre.
- Suivant que les laines sont plus ou moins riches en suint, l’eau ainsi obtenue mesure, à aréomètre Beaumé, de 6 à 9o,
- Elle est pompée dans un bassin d'où elle coule une seconde fois à travers des laines en suint pour être encore repompée et uti-Usée une seconde fois, afin de se charger de plus en plus de suint.
- Arrivée à une densité d’environ 12 à 150, elle est évaporée jusqu’à consistance sirupeuse, et la pâte ainsi obtenue calcinée dans un four à reverbère. Le résidu de la calcination est une masse noire qui est sortie brûlante du four, mise en tas en ajoutant couche sur couche, et laissée en tas pendant trois à quatre semaines, jusqu’à ce que la carbonatation soit bien achevée. Il se présente alors sous la forme d'une matière poreuse, grise ou blanchâtre et nuancée de diverses couleurs, suivant la nature des sables ou des terres contenues dans les laines brutes. Cette matière est mise en tonneaux et livrée à la consommation. Son principal emploi consiste dans la fabrication du savon. Sa composition chimique est généralement la suivante :
- 78 à 82 0/0 carbonate de potasse,
- 5 0/0 carbonate de soude,
- 10 à 12 0/0 de sulfates et chlorures divers, et quelques pour cent de matières insolubles.
- Son prix varie naturellement avec celui des potasses. Aujourd’hui, la potasse de suint vaut par kilogramme 100 fr. 44 à 46 le degré de carbonate de potasse pure.
- On peut extraire jnsqu’à 5,50 0/0 de potasse de suint de 100 kil. de laine en suint. Nous nous contentons d’en retirer 3,50 0/0.
- Pour enlever aux laines dessuintées le reste du suint soluble et les graisses insolubles à T’eau pure qu’elles renferment, on leur fait
- traverser successivement plusieurs bains chargés de savon.
- Au sortir de chaque bain, elles passent entre les rouleaux d’une presse puissante, qui en exprime les parties grasses dissoutes ou émulsionnées par le savon.
- Les eaux chargées de ces matières grasses s’écoulent, épurées ou non, dans les fleuves ou les rivières.
- (A suivre.)
- moraree
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- CLOTURES DE FAILLITES
- I
- Paris. — Boittaux père, ex-teinturier, à Billancourt. —Jug. du 20 juin.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société anonyme des Matières tannantes et colorantes, place Saint-Georges, 32.— Durée : 20 ans.— Cap. : 1,150,000 fr.--Acte du 11 juin.—C.
- Roanne. — Formation de la Société en nom collectif A. Sifferlen fils et Weinbrenner (teinture et impression sur cotons filés). — Durée : 11 ans et 6 mois. — Cap.: 20,000 fr. — Acte du 25 juin.
- i
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société H. Porée et Cie, tissus et apprêts pour fleurs, rue des Petites-Ecuries, 18. — Liquid. : M. Porée. — Acte du même jour. — L.
- Grenoble.—Dissolution, à partir du 13 juin, de la Société Dubé et Charvet, teinturiers en pèaux pour ganterie. — Liquid : M. Dubé.— Acte du même jour.
- Lyon. — Dissolution de la Société Challiol et Charmetant, fab. de soieries. — Liquid. : M. Charmetant, rue des Missionnaires, 3. — Jug. du 1er juillet.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 1er juillet, de la Société Barraud, veuve Piot et Cie, gazage, lustrage et pliage des soies et fantai-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sies, rue du Commerce, 38.—Liquid. :M. Pradel, teneur de livres, cours Vitton, 52.— Acte »
- du 27 juin. J
- —..... î !
- MODIFICATION DE SOCIÉTÉ
- Paris. — Modification des statuts de la So - | ciété anonyme dite Société générale de la Ra- | mie, dont le siège social est transféré de la rue | de Constantinople, 31, à la rue de Londres, 7, et dont le capital est porté de 150,000 fr. à 1 200,000 fr. --Délib. du 11 juin 1888 et acte !
- du 30 du même mois. — J. g. d’A. |
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Cressent a vendu à M. Decroix, rue de ! l’Olive, 9, le 15 juillet, un fonds de teinturé- | rie, rue de l’Olive, 9.
- M. Judt a vendu à M. Lieure-Vesson, rue | Bleue, 13, chez M. Arnaud, de suite, un fonds j de teinturerie, faub. Poissonnière, 91.
- i
- M. Biaise a vendu à Mlle Ravilly, rue du j Commandant-Rivière, 3, chez M. Hanssens, ’ le 4 juillet, un fonds de teinture, rue Pierre- |
- Picard, 11. 1
- Mme Vve Petit a vendu à Mme Vve Ga- I ranché, rue du Pont-Vert, 55, à Bagnolet, j de suite, un fonds de teinturerie, boul. St- j Martin, 29.
- Mme Mercier a vondu à Mme Odier, rue i Dauphine, 31, de suite, un fonds de teinture- I rie, rue Dauphine, 31.
- Mme Dumoulin a vendu à M. X..., rue Ri- | cher, 46, au cabinet « le Mentor », le 1er août, 1 une usine de teinturerie, rue de Pans, 2, à , Puteaux.
- Mme Duminil a vendu et résilié à M. X..., au fonds, de suite, une teinturerie, rue de ’ Paris, 182, à St-Mandé.
- BULLETIN FINANCIER
- Les dispositions de notre place sont toujours excellentes. On n’enregistre du reste aucune i nouvelle tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de na- i ture à troubler la question du marché.
- Nos fonds publics mènent allègrement la cote et le 3 0 0 tend chaque jour à se rapprocher du cours de 84 fr.
- Le comptant est plus réservé vis-à-vis des fonds d’état Etrengers.
- La fermeté de nos rentes ne nous surprend nullement car les disponibilités sont toujours aussi abondantes et quand un établissement de Crédit sérieux lance une émission solidement
- gagée on peut se rendre compte de l’entrain que montrent les capitaux dès qu’on les sollicite pour une œuvre intéressante.
- C’est précisément le cas qui va se présenter dans quelques jours avec le Crédit Foncier pour l’émission des bons de 100 fr. qu’il pré pare pou le 7 août.
- Le prix de 100 fr. est payable 20 fr. en souscrivant, 30 à la répartition, 50 du 10 au 20 octobre 1888
- L’emprunt est. de 15 millions, sur lesquels 5 seront mis à la disposition des populations éprouvées par l’invasion des sauterelles.
- Le solde de 10 millions servira à constituer par la capitalisation le fonds nécessaire pour le paiement des lots et le remboursement total des bons dans les conditions ci-après :
- Les bons seront remboursés en 75 ans, par voie de tirages, soit à 200 fr., soit avec lots
- Le nombre des bons remboursés à 200 fr. sera de 120 par an pendant les dix premières années et ira ensuite en progressant chaque année.
- Les tirages de lots seront au nombre de six pendant les deux premières années, et de quatre les deux suivantes; il y aura un seul tirage par an à partir de la cinquième année.
- Les lots de la première année, au nombre de 72, porteront sur une somme de 864,000 fr., ceux de la seconde sur une somme de 780,000 fr.. ct ainsi de suite, en diminuant. A partir de la onzième année, le nombre des lots sera de 8 chaque année. Pendant la période de remboursement, chaque tirage comprendra un lot de 100.000 fr. En 75 ans, le Crédit Foncier aura remboursé un capital de 40,106,400 fr., dont 10,272,000 en lots de 1,000 à 100 000 fr.
- L'ensemble du marché est très satisfaisant.
- Les transactions portent principalement sur le Panama à 290, sur le Suez qui s’élève à 2,190.
- La Société des Métaux, après avoir facilement supporté quelques réalisations de bénéfices, conserve une excellente allure. Les opérations très suivies sur le marché du terme ne le sont pas moins sur le marché du comptant.
- Le 26 courant a eu lieu à Bruxelles et à Paris l’émission de 20,000 actions de la Société fermière Cornet Smelting Works Company, dont le but est l’exploitation des Mines de Cornet et de Cactus situées dans le district de San Francisco.
- Ces actions sont au capital nominal de 100 r: Le prix d’émission est fixé à 75 fr payables 30 n’en souscrivant et 40 fr. à la répartition contre remise des titres.
- Depuis quelques temps, l’épargne s’est portée sur les valeurs minièies. Nous appelons son atten, tion sur ce titre qui semble offrir des chances d sérieux avenir.
- Les demandes de titres doivent être adressée au siège administratif de la Société, 14, Taitbout, à Paris.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32“ Année, N° 16 ET DE L’IMPRESSION DES TISSDS 20 Août 1888
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- DE LA TEINTURE DE TOURNESOL
- DE I.A NAPHTAZARINE ET DES SULFITES.
- TEINTURE DES FIBRES TEXTILES.
- DU LAVAGE DES LAINES.
- INFORMATIONS. - BREVETS D’INVENTION. - BULLETIN FINANCIER.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE.
- COURS. — ANNONCES.
- Ohu... 2 “Ip
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. (Reproduction interdite.)
- CYLINDRES GRAVÉS POUR IMPRESSION Par MM. Kerr et William.
- Le procédé de gravure revendiqué par MM. Kerr et William s’applique aux cylindres métalliques destinés soit aux gaufrage, soit à l’impression. S’il s’agit d’un cylindre en cuivre, par exemple, le métal est tout d’abord recouvert d’un dépôt galvanique de zinc. Un fac-similé du dessin, qui, suivant les cas, s’obtient positif ou négatif par l’un des procédés connus de la lithopraphie ou de la zinco-graphie, est ensuite transporté sur le cylindre, préalablement mouillé, et laissé jusqu’à complète adhérence. Le papier enlevé laisse sur le cylindre la reproduction du dessin que l’on traite avec de la noix de Galle, puis se succèdent l’encrage et le saupoudrage, de la manière usitée pour la zincographie, jusqu’à ce que le dessin ait acquis assez de « corps » pour résister à l’action des acides.
- La gravure proprement dite s’effectue avec une solution faible d’acide sulfurique ou avec un mélange d’acide sulfurique et d’acide chlo-rhydrique. Lorsque l’épaisseur de zinc est rongée, on utilise un liquide plus énergique, capable d’attaquer le métal même du cylindre
- et de le graver à la profondeur nécsssaire. Le « reste » est enlevé par un lavage à la térébenthine.
- Pour empêcher l’action corrosive de certaines matières colorantes, le dessin gravé peut être protégé par une couche de nickel.
- IMPRESSION DES TAPIS-BROSSES Par M. Doithier.
- La grosseur des fils employés en sparterie et la raideur de la matière première rendent difficile le tissage façonné des tapis-brosses. La peinture superficielle des dessins après tissage ne résiste pas à un service de quelques jours.
- M. Doithier se sert d’une cuvette métallique de dimensions correspondantes aux tapis à imprimer, avec bords relevés de quelques centimètres. A l'intérieur de la cuvette des cloisons doubles, soudées au fond et de même hauteur que les rebords figurent le dessin. Ces cloisons communiquent toutes entre elle s ou sont, au contraire, isolées les unes des autres selon que l’impression doit être à une ou à plusieurs couleurs. Ces alvéoles une fois remplies de teinture, le tapis est appliqué dessus (le « poil » tourné vers l’intérieur de la cuvette) et le tout est porté sous une presse de manière que la partie duveteuse pénètre dans le bain. La matière colorante arrive ainsi jusqu’à la chaîne qui constitue la base du tissu.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- FOULERIES A MAILLETS Par M. Leleu fils.
- M. Leleu fils établit la fouleuse avec un seul maillet dans la largeur ; ce maillet est guidé et maintenu latéralement par des galets qui, roulant dans des glissières, assurent la régularité du fonctionnement.
- Le maillet unique foule plus vite que deux maillets à mouvement alternatif. En outre, la présence de deux maillets dans le même bassin occasionne souvent des emmélages et des inégalités de foulage.
- ROUISSAGE MÉTHODIQUE Par la Société dite « Consortium J. van Mullem, P. F. Deswarte et E. Lutzer.
- Le procédé repose : 1' sur l’usage de l’eau des rivières simplement débarassée des matières nuisibles par un traitement approprié; 2' sur l’emploi de bassins étanches disposés en séries de manière que, dans chaque série les bassins communiquent (a) entr’eux de proche en proche, (b) avec un conduit d’alimentation, (c) avec un canal de décharge.
- L’eau entre pure dans l’un quelconque des bassins, passe successivement, suivant l’ordre déterminé par la disposition des jonctions dans tous les autres, à l’exception du bassin mis momentanément hors du circuit pour chargement, déchargement, nettoyage ou réparations.
- Cette eau arrive en sens inverse du degré de préparation, c’est-à-dire que le bassin chargé en dernier lieu reçoit le liquide provenant de tous les autres récipients, tandis que la filasse dont le rouissage est le plus avancé est terminée dans la première eau. Chaque bassin, après sa mise hors circuit pour le déchargement et le chargement d’une nouvelle quantité de tiges, rentre dans la série et parcourt les mêmes phases indéfiniment.
- Le but des brevetés est de supprimer les inconvénients bien connus du rouissage à
- l’eau courante, tant au point de vue des transformations ultérieures de la fibre que de l’hygiène. Les eaux vannes sont dirigées sur des terrains, où elles ne peuvent nuire, jetées à la mer lorsque la situation du routoir le permet, ou épurées chimiquement.
- {Reproduction interdite)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES (Suite.)
- GRENATS ET PRUNES AVEC LE ROUGE FRANÇAIS.
- Le Rouge français peut être employé avan-tageusement pour grenats et prunes, mais il a surtout de l’intérêt pour les nuances écarlates qu’il permet d’obtenir à des prix de revient peu élevés.
- C’est un colorant d’une grande solidité aux acides et à la lumière, qui se développe dans un milieu acide, permettant ainsi de le combiner avantageusement avec le carmin d’in-digo, le sulfate d’indigo. l’orseille, l’extrait d’orseille, les orangers, le jaune naptol, les jaunes solides, etc., etc., sens qu’il soit pour cela nécessaire de changer le bain à chaque addition d’un nouveau colorant. On peut obtenir, par le mélange raisonné de ces matières colorantes avec le Rouge français toutes les séries des grenats, prunes, etc.
- Le Rouge français est soluble dans l’eau chaude et s’emploie en dissolution filtrée.
- On peut appliquer ce produit d’aniline sur laine en la mordançant avec du sel d’étain et de l’acide oxalique ; mais comme on fait le plus généralement des nuances composées dans lesquelles il entre divers colorants, il est préférable de mordancer la laine soit avec le mordant liquide dont nous venons d’indiquer la composition à propos des grenats et des prunes à la fuchsine ordinaire (Voir le « Moniteur de la Teinture » du 20 juillet dernier, page 163), soit avec du sulfate de soude et de l’acide sulfurique.
- En ce qui concerne l’emploi et les propos tions du mordant liquide, nous prions le lec-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- teur de vouloir bien se reporter à la page indiquée.
- Quant au second mode de mordançage, en voici l’application :
- Dans la quantité d’eau nécessaire on met, pour 100 kil. de tissus de laine :
- Sulfate de soude aiguillé, 16 kil.
- Acide sulfurique, 66° Beaumé, 4
- On entre à froid les étoffes qui doivent avoir subi un dégraissage d’autant plus complet qu’elles sont destinées à une nuance plus vive ; on donne quelques tours sans chauffer, puis on met dans le bain les quantités voulues des divers colorants nécessaires à l’obtention de la nuance demandée. On chauffe graduellement le bain de façon à arriver au petit bouillon (90o C environ) au bout d’une demi-heure. On se maintient à cette température iusqu'à la fin de l’opération. Lorsqu’après une ou plusieurs nouvelles garnitures, on est arrivé à la couleur demandée, on lève, on évente au large, on abat et on sèche, à l’air ou à la sécheuse à vapeur.
- Le bain sera conservé, car il peut servir à de nouvelles teintures en grenat, prune, by-ron ou marron.
- GRENATS ET PRUNES A LA ROCCELLINE.
- La Roccelline est un colorant rouge qui a beaucoup d’analogie avec le Rouge français. De même que ce dernier, elle donne des grenats, prunes, etc., très solides à l’air, à la lu-mière et aux acides et qui, de plus, s’obtiennent dans des conditions économiques très favorables.
- La Roccelline est une matière colorante excessivement riche, dont l’emploi principal est de remplacer l’orseille dans les grenats rouges ; elle s’allie, dans un seul et même même bain, avec tous les produits tinctoriaux I qui se développent dans un milieu acide, tels 1 que le carmin d’indigo, le sulfate d’indigo, la fuchsine, les orangés, le jaune naphtole, le curcuma, le bois jaune, l’acide picrique, etc.
- Son mode d’emploi est le même que pour le Rouge français.
- GRENATS ET PRUNES AVEC L’ALIZARINE ROUGE.
- UAlizarine rouge (I) est l’une des matières colorantes les plus solides qu’on ait produites jusqu’à ce jour, et l’on peut même dire que c’est l’une des plus précieuses pour le colo-iste . Les couleurs obtenues avec l’alizarine résistent totalement à l’action de l’air et du soleil, à celle du foulon, du savon et du chlore, et elles ne laissent rien à désirer, tant pour la fraîcheur que pour la richesse du reflet.
- L’Alizarine est surtout employée pour les étoffes d’une certaine valeur, susceptibles de supporter un prix de façon relativement élevé, comme la draperie, par exemple.
- La teinture de la laine avec l’Alizarine nécessite deux opérations différentes : le mordançage et la teinture proprement dite.
- Mordançage. — Pour 100 kil. d’étoffes de jaine, destinées à cette teinture, on prépare le bain suivant :
- Eau, q. s.
- Bichromate de potasse, 3 kil.
- Tartre, 2 500
- On fait dissoudre ces ingrédients, puis on entre dans le bain les tissus, lesquels doivent être parfaitement dégraissés et bien rincés. On chauffe et on les manœuvre au bouillon pendant deux heures, après quoi on les abat au large et on les évente jusqu’à complet refroidissement.
- On peut teindre les tissus immédiatement après leur sortie du bain de mordançage.
- Teinture. — Dans une quantité suffisante d’EAU calcaire (2) pour permettre l’immersion complète des tissus, on verse de l’acide acétique technique à 80 Beaumé, dans la proportion de 1 litre d’acide acétique pour 1,000 li-
- (1) Alizarine artificielle dérivée de l'an-thracène.
- (2) Les couleurs d’Alizarine ne se développent dans de bonnes conditions qu’en présence d’une eau calcaire renfermant la chaux combinée avec un acide faible.
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- très d’eau ; pour de l’eau très calcaire, on double la dose d'acide (1).
- On garnit avec la moitié du colorant nécessaire pour obtenir la couleur demandée, puis on agite fortement le bain. On entre les étoffes à froid, et on donne quelques tours sans chauffer ; ensuite, on chauffe progressivement le bain de façon à atteindre le bouillon (95[96o C. environ) dans l’espace de 40 ou 45 minutes. Il faut éviter une ébullition trop énergique afin de ne pas feutrer les tissus. On maintient cette température de 95[96o C. pendant 2 heures 1[2 ou 3 heures, jusqu’à ce que, arrivé à la nuance exigée, un échantillon ne perde plus de colorant par l'action du savonnage.
- Il est nécessaire de manœuvrer activement les étoffes, jusqu’à ce que le bain soit tiré, ce qui a lieu après 30 ou 40 minutes de bouillon; il suffit ensuite de remuer modérément.
- On donner au bain très lentement le reste du colorant, et il faut alors cesser de chauffer. On manœuvre ensuite les tissus 5 ou 10 minutes sans chauffer, puis on porte ne nouveau lè bain au bouillon.
- Lorsqu’on a obtenu la nuance voulue et que les étoffes ne perdent plus de colorant, on les abat au large, on les évente jusqu’à complet refroidissement, on les lave et on les sèche.
- Il faut éviter de teindre dans des chaudières en cuivre.
- L'alizarine rouge se combine avec l’aliza-rine bleue, l’alizarine orange, la galléine et la céruléine dans toutes les proportions voulues. Elle peut aussi être employée conjointement avec le bois jaune, le bois bois de campêche, le bois rouge, le carmin d'indigo et l’indigo-tine. De plus, chaque couleur d’aniline qui se fixe sur laine en présence d’acide, peut être remontée dans un bain d'alizarine.
- Nous àvohs obtenu un béau grenat rougeâtre, de nuance moyenne, et excessivement
- (2) L’emploi de l’acide acétique est indispensable poUr la bonne réussite de la teinture, et un grand excès n’est nullement nuisible.
- solide sous tous les rapports, avec l’alizarine rouge WR 20 0[0 de concentration, en employant 10 0{0 de colorant et le mordant suivant : 3 0[0 de bichromate de potasse et 25 0[0 de tartre.
- L’alizarine rouge WB 20 0[0 nous a donné, avec 15 0[0 de colorant et le même mordant, un grenat moyen , légèrement bleuâtre , et aussi très solide.
- PRUNES ET BYRONS AVEC LA GALLEINE
- La galléine possède les mêmes qualités de solidité, de fraîcheur et de reflet que l’ali-zarine; c’est une matière colorante violette qui se fixe sur laine avec les mêmes ingrédients que cette dernière: bichromate de potasse et tartre.
- La galléine se combine également bien avec les couleurs d’alizarine, la céruléine, le bois jaune, le bois de campêche, le bois rouge, le carmin d’indigo et l’indigotine, et toutes les couleurs d’aniline qui se fixent sur laine en présence d’acide.
- On peut donc produire avec ce colorant, dans un seul et même bain, toute la série des prunes, violets et gros bleus.
- Nous avons obtenu sur laine avec la galléine W en pâte, employée dans la proportion de 30 00, et en présence du mordant de bichromate de potasse et de tartre, un prune très foncé, d’un beau reflet.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- (Reproduction interdite.) .A suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A L’AIR ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- (Suite.)
- No II. — Grenat.
- A. — On obtient cette couleur en faisant manœuvrer 1 kil. de végétaux à teindre dans un bain composé de :
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- Eau, 20 kil.
- Cerise D 4, 10 gr.
- Tartre émétique, 20 gr.
- On chauffe et on remue bien afin de faire dissoudre complètement le colorant. Quand la dissolution est parfaite et que le bain a une température de 80° C, on y entre les fibres ou les tiges, qu’on y remue pendant 20 minutes. Ensuite on abat, on laisse égoutter et on lave.
- Observation. — On obtient une couleur assez bonne, moins belle que celle qui suit, mais qui résiste bien à l’air et au soleil.
- B. — Pour cette couleur on prépare le bain de teinture suivant, dont les proportions sont calculées pour 1 kil. de tiges ou de filaments végétaux.
- Eau, 20 kil.
- Cerise II 4, 10 gr.
- Stannate de soude, 50 gr.
- On chauffe à 75[80o C, et dès que la dissolution du colorant est complète, on entre les végétaux dans le bain, et on les y laisse pendant 20 minutes, en ayant soin de les remuer de temps en temps ; après quoi on les énlève et on les lave.
- Observation. — La couleur grenat ainsi obtenue est unie, plus éclatante que la précédente, et résiste également bien à l’air et au soleil.
- C. M.
- (Reproduction interdite.) (A suivre).
- DÉCOLORATION DE LA TEINTURE DE TOURNESOL
- EN VASE CLOS Par M. R. Dubois.
- Tous les chimistes savent que la teinture de tournesol conservée en vase clos ne tarde Pas à pâlir et à se décolorer complètement, et que la coloration bleue reparaît au contact de l’air.
- On ne trouve dans les ouvrages spéciaux
- aucune explication de ce phénomène, qui fait fait supposer qu'au sein même de ce réactif coloré s’effectue à l’air libre une véritable res-piration suivie d’une sorte d’asphyxie lorsque le contact avec l’air est supprimé.
- L’examen microscopique donne à cette hypothèse une valeur plus grande encore, car il montre que la teinture de tournesol renferme une flore et une faune véritables composées d’infusoires, de zoospores, d’algues et de champignons, de micro-organismes de diverses espèces.
- Nous nous sommes demandé si ces microorganismes n’étaient pas les agents de la décoloration en vase clos.
- Pour élucider cette question, nous avons introduit, le 15 février dernier, trois échantillons de teinture de tournesol provenant de la même source dans trois ampoules de verre.
- Deux de ces ampoules ont été stérilisées, l’une par le chlorure de mercure, l’autre par la chaleur, et toutes deux fermées à la lampe. L’ampoule contenant le troisième échantillon a été simplement fermée à la lampe. Toutes les trois renfermaient une petite provision d’air.
- Le 15 février, le liquide contenu dans cette dernière avait perdu sa teinte bleue. Il était devenu rouge vineux. Il ne tarda pas à pâlir et finit par être complètement décoloré le 1er mai.
- Depuis le commencement de l'expérience, et malgré leur exposition à la lumière, la teinte de la liqueur bleue stérilisée n’a pas varié.
- On peut donc être certain que la stérilisation, c’est-à-dire la destruction des germes, suffit pour assurer la conservation de la coloration bleue, même en vases clos.
- Tous les germes contenus dans la liqueur bleue n’interviennent pas au même degré, tout au moins comme agents décolorants, car on ne retrouve dans le liquide décoloré qu'un seul micro-organisme vivant.
- Nous avons pu l’obtenir en assez grande
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- quantité en inoculant un tube de gélatine-peptone légèrement alcalin avec une trace de liquide décoloré, dans lequel nous avions préalablement constaté son existence.
- C’est un très petit micrococcus, parfaitement sphérique. Dans les préparations colorées, ce micrococcus forme des groupes de quatre disposés en losanges.
- Dans les cultures, la colonie creuse rapidement des entonnoirs au fond desquels elle forme une tache grisâtre. La liqueur bleue décolorée par ces micro-organismes a repris instantanément sa coloration à l’air libre.
- De ces faits, on peut conclure que la décoloration de la teinture de tournesol est l’œuvre d’un ferment qui devient anaérobie en vase clos et réduit la matière bleue en un leuco dérivé très oxydable qui engendre, par oxydation, la maiière bliua si communément employée dans les laboratoires comme réactif.
- Cette observation peut servir à attirer l'attention sur des faits de même ordre, mais d’une importance plus considérable, particulièrement daus l’industrie tinctoriale.
- {Bull' de ÏAssoc. des Chim.
- PRÉPARATION DE COMBINAISONS SOLUBLES DE LA NAPHTAZARINE ET DES SULFITES
- Teinture en tous noirs ou gris au moyen de cette combinaison ou de la naphtazarine.
- Par Badische anilin und Sodafabrik , à Ludwigshafen-sur-Rhin.
- On traite la naphtazarine à l’état aussi divisé que possible et au mieux sous la forme d’une pâte à 10 0/0 de substance sèche par 2 ou trois fois son poids d’une solution de bisulfite de sodium à 380-40 Baumé. Après avoir bien malaxé la pâte, on l'expose pendant quelques jours à une température de 50o-70o Baumé. Dans ces conditions, la naphtazarine se dissout peu à peu ; on sépare par le filtre une certaine quantité de substance
- inattaquée que l’on reprend en charge dans une opération subséquente.
- La naphtarine se trouve dans le liquide filtré sous la forme d’une combinaison soluble qui peut être utilisée dans la teinture et l’impression.
- On obtient un résultat semblable en traitant la naphtazarine par les bisulfites de potassium ou d’ammonium, ou par les sulfites neutres en proportions convenables.
- Voici les propriétés de la combinaison bi-sulfitique de la naphtazarine : elle n’est pas modifiée par les acides, tandis qu’au contraire les alcalis libres ou carbonates la détruisent facilement. Ses solutions aqueuses sont colorées en brun avec une fluorescence bleue-verte bien marquée ; elles peuvent être traitées par l’acide chlorhydrique concentré ou l’acide sulfurique de moyenne concentration, sans que la naphtazarine se sépare, même à l’ébullition.
- En ajoutant du carbonate de sodium à la solution de naphtazarine bisulfite et chauffant au contact de l’air, la liqueur passe d'abord au vert, puis au bleu foncé. L’addition d’un acide à cette liqueur bleue en déplace la naphtazarine. On observe le même phénomène avec les alcalis caustiques; il est, dans ce cas, encore plus marqué et s’achève même à froid.
- Comme mordants de chrôme, on peut em-ployer presque tous ceux dont on fait usage habituellement pour la teinture ou l’impression, notamment pour le coton, l’acétate de chrome, et, pour la laine, l’alun de chrome ou le chromate de potassium associé aux acides tartrique, oxalique, sulfurique, etc.
- Pour empêcher le dédoublement du sulfite double et le dépôt de naphtazarine dans le bain de teinture, on ajoute, par mètre cube, environ 1 litre d’acide acétique à 7° Baume pour les eaux moyennes, un peu plus pour les eaux dures.
- Les fibres animales peuvent être d’abord mordancées en chrome et teintes ensuit0 dans le bain de sulfite de naphtazarine ; mais
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- il est généralement plus commode de mor-danccr et de teindre dans un seul et même bain.
- Pour le coton, il convient de le préparer d’abord en chrome et de teindre ensuite.
- Voici des exemples de couleurs pour l’impression des fibres végétales :
- Composition pour noir :
- Pâte de naphtazarine à 10 0/0.... 4 kil.
- Bisulfite de sodium de 38 à 40oBé. 0 lit. 600 Après 24 heures de digestion, on a ajouté : Acétate de chrome à 20° Bé 0 lit. 600 Acide acétique à 6° Bé 0 — 500 Epaississant (amidon) 4 — 500
- Composition pour gris :
- Composition pour noir di-dessus 1 kil.
- Epaississant (amidon)........... 1 —
- Si, au lieu d’employer la naphtazarine, on emploie sa combinaison bisulfitique, que l’on peut concentrer par évaporation ou mettre en pâte en la déplaçant par le sel marin, on remplacera la naphtazarine par le double de son poids de combinaison bisulfitique supposée sèche. Les autres éléments de la couleur comme ci-dessus.
- Les opérations suivantes : impression, vaporisage, lavage, avivage, ne diffèrent en en rien de celles usitées pour les couleurs d’alizarine.
- Préparation d’une couleur pour la TEINTURE DES FIBRES TEXTILES
- Par Thomas Maxwell, à Kutherglon, et Jonh Yung, à Glascow.
- lo On prépare une matière colorante propre à la teinture en mélangeant intimement des pigments de chrome ou de fer, du bleu de Prusse, de l’outre-mer, du cinabre, de la suie, etc. (?) très finement divisés, avec une huile non saponifiable, telle qu’un hydrocarbure lourd.
- 2 On se sert de la composition préparée
- suivant (1o) pour teindre, par aspersion ou par arrosage, les fibres au moment de leur préparation dans les machines d’Opener ou de Wolf.
- Description :
- Notre invention consiste en perfectionnements dans la préparation et l’application des couleurs sur les fibres textiles avant leur filage. Le travail, pour notre nouveau procédé, est à la fois plus rapide et plus économique. Nous nous servons des pigments les plus répandus dans le commerce : oxydes ou sels de chrome, de fer, bleu de Prusse, outre-mer, noir de fumée, cinabre, etc. Si la couleur commerciale n’est pas encore à un degré de division suffisant, nous la soumettons à un broyage préalable pour l’amener à l’état de poudre impalpable.
- La couleur est ensuite mélangée avec une huile non saponifiable, en proportions telles que, par un bon malaxage, on obtienne une pâte bien homogème. Nous opérons ce mélange dans une marmite munie d’un agitateur à palettes où nous chargeons d’abord la poudre colorante et où nous faisons arriver peu à peu, en agitant continuellement, l’huile nécessaire, et, lorsque le produit paraît bien uniformément composé, nous le tamisons pour briser les grumeaux qui ont pu se produire et augmenter encore la pénétration du corps solide par l’huile.
- On obtient de bons résultats avec 1 partie d’huile pour 4 parties de pigment. Comme huile, on peut se servir de n’importe quel hy-hrocarbure lourd.
- La teinture s’obtient en arrosant ou aspergeant les fibres pendant leur passage dans les machines (cardeuses ?) d’Opener ou de Wolf.
- Ces machines étendent bien également la matière colorante sur la fibre. Nous employons environ 1 partie de couleur pour 16 parties de fibre textile.
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- NOTE
- SUR l’épuration DES EAUX SALES provenant DU LAVAGE DES LAINES BRUTES
- (Suite)
- Le problème de leur épuration a beaucoup préoccupé les villes de Roubaix, Reims et Fourmies, dont le travail de la laine est la grande industrie; il a donné lieu à beaucoup de travaux et de recherches, et à différentes solutions théoriques.
- Cependant, malgré la pression et la mise en demeure de l’administration, aucune de ces villes n’a pris une mesure générale pour remédier aux inconvénients causés par l'eva-cuation telle quelle de ses eaux industrielles.
- C’est que la purification de ces eaux revient cher, et que le placement des produits extraits n’est pas des plus faciles.
- Une Société qui s’était fondée à Fourmies, il y a plusieurs années, pour traiter les eaux de lavage, a vu son capital se fondre très rapidement et a dû cesser une exploitation qui a fort peu duré.
- En Allemagne, l’administration et les municipalités ont imposé l’épuration à un grand nombre de peignages situés sur des cours d’eau peu importants.
- Nous nous trouvons à Malmerspach dans la même situation ; si nous traitons nos eaux de lavage avant de les jeter à la Thur, c’est que l’autorité nous y a obligés.
- Après divers tâtonnements , nous nous sommes arrêtés, comme la plupart de nos confrères d’Allemagne, au double traitement indiqué au début de ce travail et dont je vais vous entretenir maintenant.
- 2o Traitement des eauæ de lavage par l’acide sulfurique. — Pour faciliter ce traitement, il est bon de laisser se déposer les boues, terres et sables contenus dans les eaux. A cet effet, nous faisons d’abord passer ces dernières par quatre grands bassins munis de chicanes. De là elles vont dans des réservoirs en bois d’environ 12 mètres cubes chaque, où on leur
- ajoute une proportion d’acide sulfurique variable avec la quantité de matières grasses en suspension. On peut se servir de l'acide à 52° ou à 60° ; c’est une question de prix de revient. L’acide sulfurique peut aussi être remplacé par l’acide chlorhydrique. Mais les vapeurs nuisibles dégagées par ce dernier le font généralement abandonner.
- La quantité d’acide sulfurique employée varie de 0,3 à 0,5 0(0 du volume des eaux.
- L’acide ajouté aux eaux grasses, on brasse intimement le mélange à l’aide d’un jet de vapeur, puis on le laisse reposer pendant environ une heure, au bout de laquelle les graisses viennent surnager.
- La séparation faite, on ouvre un robinet placé dans le fond du réservoir, et par lequel s’écoulent les eaux débarrassées des matières que l’acide leur a enlevées. Ces eaux ont une couleur laiteuse, tiennent encore des corps gras en suspension, renferment des sels, souvent un excès d’acide, et sont soumises à une épuration dont je parlerai plus tard.
- Quand la graisse commence à arriver à la suite de ces eaux, on la dirige dans des fi lires en toile de coco.
- Si la séparation a été bien faite, l'eau mélangée à la graisse filtre très rapidement, et il reste une masse grise assez compacte qu’on emballe dans de la cretonne, en tourteaux d’environ 8 cent, d’épaisseur et 30 cent, de côté.
- (A suivre.)
- ---:-----------— ..........-
- INFORMATIONS
- M. Grobon, teinturier à Miribel, avait fondé, il y a quelques années, une caisse de retraite au profit des ouvriers de ses vastes aie liers. Une somme de 60,000 fr» avait été versée par lui à cet effet.
- M. Grobon vient de compléter son œuvre en instituant une caisse de secours pour les ouvriers malades et nécessiteux. L’administra-
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- tion en est confiée à un conseil composé de cinq membres élus par les ouvriers. 20,000 fr. prélevés sur les bénéfices de la maison, viennent d’être répartis ainsi : 19,500 fr. affectés à la retraite et 500 fr. à la caisse de secours.
- Inutile de dire que ces deux institutions seront alimentées par des dons annuels de M. Grobon.
- Voilà donc 80,000 fr. donnés en quelques années par cet honorable industriel à ses employés, sans que, pour cela, leur liberté d’action soit enchaînée.
- En présence de cette libéralité, les ouvriers ne pouvaient rester insensibles ; aussi, dans une réunion tenue il y a quelques jours, ont-ils accepté à l’unanimité une proposition faite par l’un d’entre eux, proposition tendant à l’érection d’un buste en bronze destiné à perpétuer le souvenir de M. Grobon et de son acte de généreuse prévoyance. L’exécution de buste est confiée à M. Pagny, le statuaire lyonnais, auteur du groupe des enfants du Rhône.
- Par de récents arrêtés ministériels, des médailles ont été décernées aux employés ou ouvriers dont les noms suivent :
- Dans l’Ain : Médailles de bronze à MM. Bo-cheux, ouvrier apprêteur dans la maison Carpentier, à Saint-Quentin.
- Dans l’Aube : Médaille d’argent à M. Thierry, ouvrier teinturier dans la maison Favreau, àRomilly-sur Seine.
- Dans l’Aude : Médaille de bronze à M. Bour-gès, ouvrier teinturier dans la maison Dan-toine, à Limoux.
- Dans la Charente-Inférieure : Médaille de vermeil à M. Miaut, ouvrier teinturier dans la maison Auger père et fils, à Saintes.
- Dans un récent rapport, le gérant du consulat de Belgique à Tripoli de Barbarie fait observer que, en ce qui concerne les manufactures de coton, l’Angleterre seule les fournit à la Tripolitaine, soit pour la consomma
- tion locale, soit pour être envoyées dans l’intérieur de l'Afrique. Aucun autre pays n’a réussi jusqu’ici à offrir ces tissus, qui sont incontestablement l’article de commerce le plus important et essentiel même, fourni à Tripoli par l’étranger, soit aux mêmes, soit à de meilleures conditions que les fabriques de Manchester.
- Il y aurait, ajoute-t-il, autant à dire pour les tissus de lin et de laine, avec cette différence qu’ils ne sont, pour la Tripolitaine, que des articles secondaires à l’encontre des tissus de coton, dont on fait un grand usage et une grande consommation, non seulement ici, mais au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Egypte.
- Le gouverneur de l’Etat de Vera-Cruz vient de rendre le décret suivant :
- « Art. 1er. — Les capitaux qui s’emploieront à la culture des plantes textiles et à l’extraction des fibres de ces plantes ne payeront point de contributions à l’Etat ni aux municipaliiés, durant un laps de temps de cinq années, à compter du jour où commenceront les opérations, pourvu toutefois qu’elles commencent dans un délai de dix ans, à partir de la date du présent décret.
- « Le coton n’est pas compris dans les plantes textiles auxquelles se réfère cet article.
- « Art. 2. - L’exemption dont il s’agit ne s’étend pas à l’impôt foncier qui s’applique en vertu des lois respectives en vigueur. »
- BREVETS D'INVENTION
- 187585. Travers et Pervilhac; 16 décembre 1887. — Polisseuse pour étoffes de soie.
- 187627. Bagues ; 15 décembre. — Plaques d’enroulement des étoffes.
- 189682. Hampe junior; 30 mars. — Teinture des textiles.
- 189724. Benda ; 31 mars. — Matière colo-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rante blanche donnant le brillant de la soie. 189733. Noroy ; 30 mars. — Teinture.
- nég. en indigos, rue Sylvabelle, 54. — Li-quid. : les associés. — Acte du même jour.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Paris.— Carteron (veuve), teinturière, avenue de Versailles, 188. — J.-c. : M. Morel-Thibaut. — S. : M. Cotty. — Jug. du 20 juillet.
- Paris. — Vinois fils (Louis-Achille), teinturier-dégraisseur, rue Monge, 41. — J.-c. : M. Godet. — S. : M. Maillard. -- Jug. du 28 juillet.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Saint-Etienne. — Formation de la Société en nom collectif Grenetier et Richard, teinturiers de soies et cotons, chemin des Grandes-Molières, 5.—Durée : 6 ans.— Cap. : 60,000 fr. — Acte du 30 juin.
- Saint-Etienne. — Formation de la Société en nom collectif Berne et Peyret, teinturerie en noir des soies et cotons, rue des Trois-Meules, 19. — Durée : 10 ans. — Cap. : 20,000 fr. — Acte du 21 juin.
- Tourcoing.—Dissolution, à partir du 15 juillet, de la Société Catel et Dhal, teinture des laines. — Liquid. : les associés. — Acte du 10 juillet.
- Marseille. — Formation de la Société en commandite Duranteau, Eschmann et Cie, nég. en indigos et autres articles, rue Sylva-belle, 54. — Durée 5 ans. — Cap. : 190,000 fr. dont 130,000 fr. en commandite.— Acte du 30 juin.
- Troyes. — Formation de la Société en nom collectif Roussel-Cotel et E. Houzelot, teinture de la laine, du coton et des articles de bonneterie.—Durée : 12 ans.— Cap. 37,571 fr. 10 c. - - Acte du 15 juin.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Marseille.—Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société Duranteau, Eschmann et Cie,
- MODIFICATION DE SOCIÉTÉ
- Troyes. —Modification du capital de la Société anonyme de blanchiment, teinture, impression et apprêt de Saint-Julien, à Saint-Julien, augmenté de 76,000 fr. — Délib. du 21 juin.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Marmey a vendu à M. Sempol, rue Ro-chechouart, 28, de suite, une part d’un fonds de teinturerie, boul. Rochechouart, 66.
- M. Masset-Dolon a vendu à M. X..., rue Montmartre, 116, chez M. Lardin, 30 juillet, un fonds de teinturerie, rue Saint-André-des-Arts, 36.
- M. Dupont a vendu à M. Scboen, rue Du-long, 58, 1er août, un fonds de teinturerie, rue du Rocher, 85.
- Mme veuve Chouan a vendu à M. Hallu, avenue de Ségur, 15, 1er août, un fonds de teinturerie, rue de Cléry, 100.
- CANAL DE PANAMA
- Assemblée du 1er Août 1888
- Le Rapport in extenso est envoyé à toute personne qui le demande à la Compagnie, rue Caumartin, 46, à Paris.
- EXTRAIT DU RAPPORT
- de M. Ferdinand de LESSEPS
- Comme en 1867, deux ans avant l’ouverture du Canal de Suez, les adversaires de votre entreprise ont essayé de s’en emparer, et vous savez par quels moyens?
- « Pour apprécier la situation, a dit l’honorable « M. Thévenet, à la Chambre des députés, il « faut remonter à 1867, il faut lire les journaux « du temps, il faut lire les débats parlementaires, « et il faut se demander ce qu’on disait à ce mo-« ment contre la Compagnie de Suez. Elle avait, « elle aussi, des adversaires puissants, détermi-« nés, très opiniâtres, qui disaient contre elle « précisément ce qu’on dit aujourd’hui. Des in-« génieurs très compétents, des sommités, au
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- « point de vue technique, prétendaient que ja-« mais Je Canal de Suez ne pourrait être fait. »
- Le député du Rhône ajoutait :
- « Pour le moment, je constate que toute cette « dépense qui a abouti à des installations, à des « travaux, à des résultats certains, toute cette « dépense peut être reprise par des spéculateurs « du lendemain, par des spéculateurs qui atten-« dent peut-être le résultat de votre décision pour « édifier sur ces ruines que vous auriez accumu-« lées une véritable fortune due tout entière, non « pas à l’initiative d’un homme, non pas à une « grande idée, mais à une misérable spéculation « financière. »
- Voilà la vérité, Messieurs.
- Il eût été plus simple, en effet, comme on nous le conseillait froidement, de reculer devant notre devoir — car on a osé écrire ceci dans des journaux français ! — de procéder à une liquidation : c’est-à-dire de donner à de nouvelles et faciles fortunes l’occasion de s’élever sur la ruine de ceux qui nous ont suivis et qui nous ont soutenus.
- J’ai eu l’occasion dernièrement, à un Banquet offert au Président de la République de l’Equateur, d’expliquer et de justifier mon attitude :
- « En 1879, ai-je dit, au Congrès international, « réuni à Paris, les représentants de toutes les « nations me demandèrent de prendre la direc-« tion de l’œuvre dont ils réclamaient l’exécution « au nom des intérêts universels.
- « J’acceptai, malgré les hésitations de mes « meilleurs amis, en disant qu’un général qui a « gagné une bataille n’a pas le droit de se refu-« ser à un deuxième combat.
- « Mes amis avaient raison, parce qu’ils pré-« voyaient le renouvellement des luttes de Suez; « et je n’avais pas tort, parce que j’envisageais « la grandeur de l’entreprise, la gloire de mon « pays, la fortune de mes compatriotes, le ser-« vice immense à rendre à l’humanité, et qu’en « conséquence une fois décidé rien ne me ferait « reculer. »
- C’est à cette réunion mémorable de 1879 qu’assistait Gambetta et que sa parole ardente, en m’encourageant par un titre que le peuple a accepté, justifia ma décision, me dicta le devoir impérieux, patriotique, de marcher en avant ; je ne m’arrêterai pas.
- Ai je le droit de m’arrêter, quand j’ai derrière moi une armée de fidèles associés, qui sont prêts à tous les sacrifices pour assurer l’achèvement du Canal, et quand la moindre défaillance compromettrait leur fortune?
- Ai-je le droit de m’arrêter, quand j’ai la conviction profonde que les obstacles que je rencontre ne résultent pas de la nature de l’entreprise, mais sont suscités par la mauvaise humeur de quelques ambitieux déçus ou par la convoitise de capitalistes toujours prêts à semer la tempête pour s’enrichir avec les épaves des naufragés?
- Ai-je le droit de m’arrêter, quand la passion et l’acharnement avec lesquels on cherche à s’emparer de votre œuvre sont la meilleure démonstration de la valeur que lui reconnaissent nos ennemis ?
- Notre éminent Ministre de la guerre, M. de Freycinet, disait récemment :
- « Il y a des conjonctures, dans la vie des peu-
- « pies comme dans celle des individus, où la « vraie sagesse consiste à mépriser tout calcul et « à n’écouter que son courage et son honneur. « L’estime du monde, la confiance en soi, l’ac-« croissement des forces morales, prélude et « condition des lendemains réparateurs, sont le « prix de ces grandes témérités que la froide « raison semblait condamner. »
- Ces conjectures se rencontrent aussi dans la vie des grandes entreprises ; mais une fois engagé dans la lutte, le devoir n’est-il pas de marcher en avant, loyalement et honnêtement? Il faut alors « n’écouter que son courage » et mépriser les « calculs » de l’égoïsme.
- Si le percement de l’Isthme de Suez fut une « de ces grandes témérités », les actionnaires de Suez ont vu le « lendemain réparateur » ; votre persévérante énergie assurera le succès d’une seconde témérité : le percement de l’Isthme de Panama.
- La Parlement a voté et le Gouvernement de la République a promulgué la loi nous autorisant à émettre des Obligations à lots.
- La même loi nous oblige à déposer en « Rentes françaises ou titres garantis par le Gouvernement Français, » les sommes suffisantes pour assurer le paiement des lots et le remboursement à 400 francs des obligations souscrites ou placées.
- Il a été décidé que le dépôt serait effectué dans les caisses du Crédit Foncier de France.
- Sur ma demande et la proposition de l’honorable gouverneur du Crédit Foncier, M. Christople, le Conseil d’Administration du Crédit Foncier de France a accepté ce dépôt.
- Vous me dispenserez de rappeler les écœurantes machinations, les calomnies perfides, les coups de Bourse, les envois de fausses dépêches, les manœuvres coupables, en un mot, dont on s’est servi pour vous empêcher d’exécuter votre entreprise.
- Vous êtes, pour la plupart, d’anciens et solides actionnaires du Canal de Suez, et vous n'avez pas oublié nos batailles.
- Les procédés qu’emploient les adversaires du Canal de Panama sont donc exactement les mêmes que ceux qu’employaient les adversaires du Canal de Suez. Vous opposez aux spéculateurs éhontés, comme aux esprits faux qui méconnais sent la grandeur de l’entreprise, le même calme, le même dédain qui ont fait la force des actionnaires du Canal de Suez.
- Votre attitude conservera à notre Patrie la gloire et les bénéfices de l’exécution du second grand Canal maritime universel.
- Nous avons démontré, d’une part, que le Canal provisoire à écluses donnera facilement passage au trafic de 7 millions 1 2 de tonnes prévu par le Congrès international (trafic dont la seule taxe de transit donnera une recette de 112 millions 1/2 de francs), et, d’autre part, nous sommes convaincus qu’il faudra poursuivre l’exécution du Canal à niveau, par la suppression successive des écluses, au fur et à mesure du développement du trafic, c’est-à-dire de l’augmentation des recettes, et cela au moyen d’un prélèvement sur le surplus des bénéfices, ainsi que nous le pratiquons à Suez pour l’élargissement et l'approfondissement du Canal maritime.
- L’exposé de la situation des travaux montre
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- des parties importantes du Canal maritime achevées» d'autres en achèvement, toutes en voie d'exécution pratique.
- A ces faits, nous n’ajouterons qu'un témoignage, celui du Représentant officiel de la République de Colombie, du général Alejandro Posada, qui, le 10 juin dernier, dans un discours éioquent, s’est exprimé ainsi au sujet des travaux du Canal de Panama :
- «Je suis en mesure de rassurer ceux qui pour-« raient en avoir besoin, parce que je connais « parfaitement bien le pays théâtre des travaux, « parceque j’ai été Gouverneur du département « de Panama pendant ces deux dernières années ; « et parce que je viens de visiter avec la plus « soigneuse attention, et dans tous les détails, « les chantiers des travaux, où j’ai pu me rendre « compte de la lutte héroïque qu’ont eu à soute-« nir les ingénieurs de l’entreprise, lutte dans « laquelle ils ont vaincu les plus redoutables des « difficultés inhérentes à cette œuvre colossale.
- « Eh bien, moi, je n’ai pas le moindre doute « sur lecourornement complet de cette œuvre ; « et la Colombie, ou les travaux s’exécutent, a « octroyé à la Compagnie du Canal une étendue « de territoire plus considérable que quelques-uns « des royaumes de l’Europe. C’est vous dire, « Messieurs, la foi qu’eile a dans la complète réus-« site de l’entreprise. »
- Que pourrions-nous ajouter à une pareille déclaration ?
- L’ensemble de tous les chantiers donne, fin juin, un total de cubes effectués supérieur d’environ 500.000 mètres aux engagements contractés ; mais notre prévoyance est devenue extrêmement susceptible et nous ne permettrons, sur aucun point de l’Isthme, aucune éventualité de retard possible.
- En même temps que nous poursuivions l’exécution du Canal maritime, nous ne négligions pas la constitution de votre Domaine dont la valeur doit être un jour considérable.
- Vous savez qu’aux termes de notre Acte de concession, le Gouvernement de la République de Colombie doit nous donner « gratuitement et avec « toutes les mines qu’ils pourront contenir », 500,000 hectares de terrains à prendre sur le territoire de la République.
- Vous savez également que ces terrains doivent nous être délivrés au fur et à mesure de l’avancement des travaux, et que le Gouvernement Colombien, évaluant, dès 1887, l’effort accompli pour l’exécution du Canal comme égalant la moitié de l’effort total nécessaire, avait mis à notre disposition 250,000 hectares.
- Le 22 mars, nous avons reçu un télégramme nous annonçant que le solde des 250,000 hectares adjugés avait été choisi.
- Ces faits étaient intéressants à produire au moment où nos adversaires viennent de parler de liquidation ! Ils savaient nos richesses, ces adversaires, quand ils jetaient sciemment ce cri d’alarme, auquel vous avez su rester, comme votre président, imperturbablement sourds. Ils savaient bien qu’en proposant de vous ruiner, ils s’enrichiraient !
- Nous avons donc obtenu du Parlement et du Gouvernement français, l’autorisation démettre des Obligations à lots.
- Nous ne retiendrons, si vous le permettez, des longs débats du Parlement que cette déclaration officielle, qui a été comme la haute justification de l’autorisation donnée :
- « La Compagnie de Panama, par le nom et le « passé des hommes qui la dirigent, par les col-« laborateurs éminents dont elle s’entoure, par le « caractère grandiose et en quelque sorte huma-« nitaire de l’œuvre qu'elle poursuit, parles efforts « sérieux qu’elle fait encore pour mener cette « œuvre à bien, mérite la bienveillance des pou-« voirs publics. »
- Cette «bienveillance » nous a permis d’émettre 2 millions d’Obligations à lots, au prix de 360 francs, rapportant 4 OjO l’an, toutes remboursables à 400 francs et participant à des tirages qui auront lieu tous les deux mois, avec des lots de 500,000 francs, de 250,000 francs, de 100,000 francs, etc.
- Une clause spéciale de la loi nous oblige à déposer en « Rentes françaises ou titres garantis par le Gouvernement Français», la somme suffisante pour garantir le paiement de tous les lots et le remboursement de toutes les obligations souscrites ou placées.
- C’est un placement exceptionnel, jouissant de garanties et d’avantages qu’aucunes autres obligations quelconques émises jusqu’ici ne pouvaient offrir.
- A nos 400,000 associés, plus de 250,000 nouveaux adhérents, souscripteurs aux Obligations à lots, sont venus s’adjoindre, prenant 800,000 titres, nous apportant ainsi 290 millions de francs.
- Une grande partie de ces souscripteurs, en se libérant entièrement, on accru nos ressources disponibles.
- Pour braver nos adversaires, pour défier définitivement leurs manœuvres, pour achever par la France et au bénéfice de la France le Canal maritime de Panama, pour dispeter cette œuvre nationale aux convoitises de nos pires ennemis, aux « misérables spéculateurs financiers », qu’a flétris l’honorable député du Rhône, il faut que nos Obligations à lots soient placées.
- Votre Président, Messieurs, vous a donné sa vie tout entière; ses collaborateurs, animés d’un dévouement absolu, n’ont reculé devant aucun labeur, devant aucune responsabilité, n’ayant en vue que la grandeur de l’œuvre entreprise, l’hon-neur national engagé et les bénéfices d'avenir, incalculables, à défendre.
- Mais ni votre président, ni vos administrateurs, ni les héroïques travailleurs qui luttent et qui succombent dans l’Isthme, ne peuvent rien,.ou presque rien, devant cette nécessité financière qui se résout, en somme, en une souscription d’Obligations à lots, titres dont le capital apporte est absolument garanti jusqu’au dernier centime-
- La France entière, en peut le dire, s’est associée pour l'exécution du Canal maritime de Panama. Actuellement, plus de 600,000 de nos compatriotes sont directement intéressés au succès prochain de l’entreprise. Que chacun d’eux prenne ou fasse prendre deux Obligations à lots, et le Canal est fait !
- L’Assemblée a approuvé, à l’unanimité, toutes les résolutions présentées par le Conseil.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, r 17. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LA RAMIE. - THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION. — CORRESPONDANCE.
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- LE PRIX DE LA GOMME ARABIQUE.
- COULEURS D'ANILINE SOLUBLES.
- LA FIXATION DU CHROME PAR LA LAINE.
- DU LAVAGE DES LAINES (suite).
- INFORMATIONS. — BREVETS D’INVENTION. — BULLETIN FINANCIER.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE. — COURS. — ANNONCES.
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- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. (Reproduction interdite.)
- APPLICATION DE L’HYPOSULFITE DE BARYTE A L’APPRÊT DES TISSUS IMPRIMÉS Par M. de Bechi.
- Pour donner aux tissus imprimés, un éclat nacré, on a essayé divers ingrédients tels que silicates terreux, métaux très divisés, etc.
- M. de Bechi propose de substituer auxdites substances, l’byposulfite de baryte. Ce sel, à peu près insoluble dans l’eau, offre un aspect nacré qu’il communique aux surfaces sur lesquelles il est déposé. Le produit se fixe sur le tissu par les moyens en usage dans l’industrie de l’impression sur étoffes.
- Il est facultatif soit de mélanger l’hyposul-fite avec des matières colorantes, soit d’ap-pliquer le sel sur les surfaces déjà teintes ou imprimées.
- ESSOREUSE-LAVEUSE Par M. Tournier.
- M. Tournier revendique l’application au lavage des matières textiles, filées ou tissées, de l’hydro-extracteur.
- Un cylindre ajouré, placé au centre du pa-nier, reçoit l’eau de lavage par un tuyau d’a-menée pourvu d’un robinet et le liquide pénè
- tre ainsi toutes les parties de la masse fibreuse en s’échappant à la périphérie. Toutefois, lorsque l’hydro-extracteur est utilisé au lavage, M. Tournier adapte à la commande un mécanisme à vitesse ralentie.
- Le système peut également être employé à l’injection de liquides autres que l’eau.
- IMPERMÉABILISATION DES TISSUS
- Par MM. De Lagénardière et Broallier.
- Les tissus à imperméabiliser sont passés dans un premier bain composé d’eau de pluie, ou d’eau dè rivière, additionnée de :
- 10 0(0 d’huile,
- 5 » de sulfate de fer, de cuivre ou de baryte (suivant nature de l’étoffe),
- 10 » de cristaux d’alun,
- 2 » de carbonates pulvérisés.
- 5 » de terre de Sienne
- Un second bain est formé d’huile siccative mi-partie cuite, mi-partie à l’état naturel, additionnée de :
- 2 0(0 de vernis du commerce,
- 4 » de gomme adragante en dissolution,
- 1 » de copal,
- 3 » de sulfate d’alumine, ou de chlorure d’étain.
- Après cette double immersion, les tissus destinés à la confection des vêtements sont teints à l’aniline, les grosses toiles pour bâches, paillassons, etc., reçoivent une couche de teinture à l’huile grasse.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- BLANCHIMENT ET TEINTURE DES MATIÈRES TEXTILES Par M. Lorimer.
- Dans deux brevets consécutifs, M. Lorimer indique une disposition applicable : 1- au séchage et au blanchiment : 2- à la teinture des matières fibreuses, laine, coton, etc.
- L’appareil se.compose d’une grande chambre de séchage ou étuve, dans laquelle circulent, guidées par des rouleaux, de doubles toiles sans fin, entre lesquelles est placée la matière à traiter. Ces toiles peuvent recevoir un mouvement alternatif d’avant en arrière et d’arrière en avant, lorsque l’opération nécessite plusieurs passages successifs. A la partie inférieure de la chambre, des soufflets ou des ventilateurs chassent l’air dans toutes les parties du système et simultanément les agents gazeux de blanchiment ou désinfectants (chlore, acide sulfureux, etc.).
- Si, au lieu de blanchir ou de désinfecter, on veut teindre par la même méthode, on substitue aux corps gazeux des substances colorantes pulvérisées qui, également entraînées par les courants d’air, pénètrent toutes les couches fibreuses
- MACHINE A LAINER Par MM. Ville fils et frères.
- Cette machine, destinée à l’apprêt des lainages et des cotonnades, est spécialement applicable aux tissus peu résistants. Elle agit sur l’étoffe par petites surfaces, c’est-à-dire le contact des chardons avec le tissu est notablement réduit afin de ménager l’étoffe et de diminuer proportionnellement la dépense de force motrice.
- Ces résultats sont obtenus eu diminuant le diamètre du cylindre laineur.
- D’autre part, le rouleau servant à approcher le tissu de l’organe laineur, est porté sur deux bras oscillants, dont l’axe est commandé par une vis à filet très fin. Cette construction empêche l’ouvrier d’opérer brusquement le rapprochement des surfaces.
- Enfin le rouleau d’appel est garni de ruban
- de carde dans des conditions telles que la trame se trouve maintenant en ligne droite.
- TEINTURE DU COTON PAR LES COULEURS AZOIQUES Par M. Holliday.
- L’invention concerne les couleurs azoïques pouvant être formées directement sur le coton ou autre fibre végétale et consiste en un fixage au moyen d’huile ou autre corps gras, appliqué sur la fibre avant teinture.
- M. Holliday indique, à titre d’exemple, une partie de cent kilogrammes de coton, sur lequel le fixage du corps gras a été effectué par l’une des méthodes connues.
- Le coton est passé, 1o dans un bain contenant en dissolution dans l’eau chaude 2 à 3 kilogr. de naphtol, 2 dans le bain diazoïque (préparé en traitant une solution froide de 0 k, 500 de naphthylamine, de 0 k, 500 de ro-saniline et de 2 k, 500 d'acide chlorhydrique dans 200 litres d’eau, par une solution aqueuse de 1 k, 125 de nitrite de soude et en neutralisant la solution, quelques minutes après avec du carbonate de chaux et de l’acétate de soude).
- Après avoir laissé déposer, on verse la liqueur claire dans de l’eau en quantité suffisante pour y travailler le fil.
- La couleur, fixée sans emploi ultérieur d’alcali, est lavée et séchée.
- MACHINE LAVEUSE ÈTIREUSE Par M. De.erue.
- Les laines brutes sont, dans cette machine, lavées et étirées simultanément, de manière à être livrées aux peigneuses ou aux machines préparatoires sans cardage préalable, sans que les chardons retenus par les fila ments se trouvent brisés et divisés.
- L’appareil se compose d’un bac muni d’une série de cylindres horizontaux, superposes par paires et recouverts de caoutchouc ; entre ces couples de rouleaux lamineurs à pression élastique tournent des hérissons cylin driques. A la suite de la dernière paire d’etl reurs, la laine est disposée sur une toile ou
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- tablier sans fin, qui la livre sous forme de nappe ou de ruban, à un système quelconque d’essoreur.
- Des jets d’eau verticaux frappent de haut en bas et détachent les filaments, des garnitures en caoutchouc, afin d’empêcher la production de « barbes » autour des cylindres.
- Les chardons arrivent intacts aux organes de peignage et sont détachés immédiatement sans se fractionner, comme d’ordinaire, en morceaux à peu près impossibles à éliminer.
- ÉCHARDONNAGE ET ÉPAILLAGE DES LAINES EN SUINT, DES TISSUS, ETC-Par MM. Benker et Langlois.
- Le procédé repose sur l’emploi de l’acide chlorhydrique gazeux et sec mélangé sous pression et en proportion déterminée, avec un volume d’air variable suivant la nature des fibres, tissus ou chiffons à travailler.
- Le degré d’humidité de ces matières doit être réglé entre 4 et 6 0/0 de leur poids.
- L’acide chlorhydrique est chassé, après épaillage, par un courant d’air chaud, également sous pression, qui dirige le gaz à travers un second appareil, préalablement chargé de fibres à échardonner, de manière à économiser le temps et le gaz désagrégeant.
- TEINTURE DE LA LAINE Par M. Holliday.
- Le procédé est caractérisé par la formation, sur la fibre, de divers produits colorés insolubles provenant de la combinaison des composés nitrosés d’alpha ou de bêtanaphtol avec des oxydes métalliques isolés ou combinés eux-mêmes avec d’autres matières co-Etant données cent parties de fil de laine, on fait bouillir, pendant une heure, dans de l’eau contenant en solution 3 parties de bichromate de potasse ou de soude et 1[2 partie de crème de tartre. On lave dans l’eau, puis on chauffe dans de l’eau également, avec addition de 15 parties d’une pâte contenant 10 0[0d’alphanaphtolnitrosé. On obtient ainsi un brun fixe.
- En substituant au bichromate, un sel de fer, la laine est teinte en vert ; un sel de cuivre donne un gris brunâtre, etc.
- FABRICATION DE LA PELUCHE ET DU VELOURS GLACÉS Par M. Beusch.
- Pour réaliser des effets « changeants » ou « glacés », M. Beusch commence par teindre la soie, qui doit former « poil », de manière à montrer déjà l’aspect changeant, lorsqu’on la coupe ; ensuite le breveté a soin que les fils constituant le fond de la peluche présentent une nuance appropriée à la couleur de la surface veloutée. Si le poil est de couleur grise tirant sur le rouge, les fils de fond devront être d’un rouge plus ou moins sombre.
- D’autre part, l’étoffe tissée est apprêtée chaude entre deux cylindres de calandre, munis de dessins en relief et tournant en sens contraire ; il en résulte que le poil se trouve partiellement comprimé et relevé suivant des directions diverses, qui complètent les effets recherchés.
- (Reproduction interdite')
- LA RAMIE
- Nous apprenons que la filature de la ramie est arrivée, entre les mains de M. A. Favier, directeur de la ramie française, à pouvoir produire des n • 80.
- C’est là un grand pas, qui facilitera peu à l’emploi de la ramie dans les tissus soie. Plus l’on aura des filés fins et plus il sera facile de teindre cette fibre,qui pour un travail semblable à celui du coton, offre des difficultés très grandes dans les gros fils, et surtout dans les câblés.
- L’emploi de la paraffine conduit à un grand brillant, mais à un toucher qui ne convient pas pour les articles de Lyon.
- Néanmoins, dès maintenant le «succès de la ramie s’affirme dans les articles d’ameuble-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment, les dentelles, etc., où elle remplace le lin avec succès.
- Marius Moyret.
- THEORIE DE LA TEINTURE ET DE L’iMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres {Suite)
- Ainsi à Pau, où l’on teint en cuve d’indigo, beaucoup de laines en bourre,on laisse celles-ci s'égoutter naturellement dans des grands paniers, sur les bains ou sur des rinçages à grande eau. On préfère même la sécher naturellement humide au soleil ou dans les séchoirs, qu’essorée quelque peu, pour la rendre moins humide.
- La rapidité de la laine à se teindre en bourre ou en flotte, grâce à l’exaltation des deux porosités, disparaît quelque peu selon les qualités, comme on le verra plus tard dans les laines tournant au poil (Thibet, poil de vigogne, poil de chameau, etc.); de même avec les maladies des animaux.
- La laine coupée sur les animaux morts, dite laine pelade, est également moins poreuse et se teint plus difficilement que celle coupée sur le même animal en vie. (Il en est de même pour le coton mort ou non mûr.)
- Cela tient à deux causes :
- 1* A l’absence de vie au moment de la tonte ;
- 2: A l’emploi de mélange de chaux et d’orpiment employé par les mégissiers pour dépiler les peaux, et faire tomber les poils d’animaux morts, avec très grande facilité ; au lieu de couper la laine avec des ciseaux, com-sur l’animal vivant. La laine est arrachée avec des couteaux non coupants, jusqu’à la racine.
- Dans les mélanges de soie et de laine, c’est généralement la laine qui est plus gourmande (terme technique) et se teint en plus foncé que la soie, jouant à l'égard de celle-ci le rôle que cette dernière joue vis-à-vis du coton dans les mélanges de soie et de coton.
- Le moyen le plus sûr d’y remédier, serait
- de n’employer dans les tissus laine et soie, que des laines pelades. Ces dernières, inférieures dans les tissus pure laine, offriraient des avantages dans les tissus soie et laine.
- L’on doit à la teinture lyonnaise d’avoir créé une nouvelle théorie avec application industrielle, celle de réveiller ou d’annuler les propriétés de porosité, etc., des fibres textiles. Et cela a une très grande importance pour toutes les villes soyeuses.
- . Ainsi la soie sauvage ou Tussah, manufac turée aujourd’hui par les procédés européens sous l’impulsion de MM. L. Payen et Cie, de Lyon, n’aurait cependant qu’une importance relative, si l’on n’eût révélé son aptitude à se teindre par l’emploi de l’eau oxygénée.
- MM. Renard, Villet et Bunand, de Lyon, se sont signalés dans ce genre de teinture.
- Disons cependant que la soie sauvage, de même que la ramie, par son grand brillant métallique, grisaille toujours ; elle offre un aspect ardoisé, que l’on ne peut cacher complètement qu’à grand renfort d’huile ou de paraffine. Il est à souhaiter que l’on trouve mieux. Dans les nuances claires sur soie sauvage, on fait de très belles choses. De même en remie ; seulement, pour cette dernière fibre, certaines couleurs ne se marient pas à la fibre et en altèrent l'éclat Ce ne sont que les couleurs foncées et les noirs qui ardoisent.
- Lorsque par l’action du foulage, pour l’obtention des draps ou des chapeaux de laine, on a feutré cette fibre, on a diminué la porosité apparente.
- La teinture se fait alors plus difficilement ; elle est plus longue, il faut faire intervenir l’ébullition prolongée. Cependant les pièces de drap égouttent encore avec assez de facilité-Mais la teinture pénètre difficilement à l’intérieur, qui reste toujours plus clair que les surfaces ; il est facile de s’en rendre compte en examinant la section d’un drap coupé ou celle d’un chapeau.
- Le même phénomène a lieu pour les chapeaux en poils de lapin, de lièvre, castor, etc. Si l’on veut faire des nois conformes au cen-
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- tre et à la suface, il faut une séries d’opérations répétées. Pour les couleurs, on ne peut agir ainsi, le centre reste toujours clair; aussi la chapellerie, pour teindre les chapeaux en couleurs foncées, qu’ils soient en laine ou en poils, emploie-t-elle la méthode dite du bourbier. On teint en foulant.
- MARIUS MOYRET.
- Reproduction interdite.} (A suivre.}
- CORRESPONDANCE
- DÉCOLORATION DE LA TEINTURE DE TOURNESOL
- A M. Edmond Rousset, directeur du Moniteur de la Teinture.
- Dans votre numéro du 20 août dernier, page 185, sous la signature de M. H. Dubois, vous reproduisez un article sur la décoloration en vase clos de la teinture de tournesol, phénomène attribué par M. H. Dubois à des microbes anaérobiques.
- La théorie et les observations de M. H. Dubois sont très justes ; dans des vases clos, peu à peu la décoloration se fait, et la couleur primitive, décolorée par désoxydation, mais non détruite, ne reparaît qu’à l’air.
- L’application des antiseptiques tels que bi-chlorure de mercure, pour tuer les germes et empêcher la décoloration est très rationnelle. Ce fait de décoloration est d’ailleurs connu dans les fabriques d’orseille en pâte ; je ne parle pas de l’extrait d'orseille, qui fermente facilement et se décolore, surtout lorsqu’elle est de qualité inférieure. Aussi emploie-t -on divers antiseptiques pour empêcher la décoloration de l’orseille en pâte, ou mieux faite sur l’herbe. L’orseille dst d’ailleurs de la famille du tournesol, comme matière colorante.
- Le plâtre jouit de propriétés antiseptiques, mais quelquefois on a aussi employé à de très faibles doses, c’est vrai, l’acide arsénieux pour prévenir la pourriture et la décoloration, qui quelquefois est tellement avancée, que la couleur primitive ne reparaît plus à l’air
- L’orseille en pâte ne se fait presque plus ;
- | aujourd’hui elle est à peu près remplacée par l’extrait d’orseille. Elle a joué un certain rôle ; dans la coloration de certaines liqueurs ou de | bonbons. Lorsqu’on l’emploie pour cet usage, il y a conc lieu de l’employer fraîche et de spécifier qu’elle ne contient aucun antiseptique dangereux, tel que par exemple l’acide arsénieux.
- Je dois cependant faire une remarque : tout en admettant la théorie de la décoloration par les microbes, à l’abri de l’air, il faut cependant admettre dans certains cas, la même décoloration sans leur concours.
- Ainsi j’ai vu des teintures d’orseille dans l’alcool concentré se décolorer à la longue à l’abri de l’air. Or, dans ces conditions, les productions de microbes sont impossibles. Il doit se produire des phénomènes de réduction d’un ordre différent. La couleur reparaît d’ailleurs comme précédemment par l’agitation à l’air. Ces phénomènes expliquent pourquoi, pour la confection du thermomètre à alcool, il est convenable d’employer pour la coloration de l’alcool, de la teinture d’orcanette au lieu de celle d’orseille ou de tournesol.
- Marius Moyret.
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- Grenats a l’Orseille
- L^Orseille est un colorant dont on ne fait pas usage dans toutes les teintureries, parce que les couleurs qu’elle produit ne sont pas solides ; l’air, le soleil ou l’humidité les détériorent vivement et leur font perdre facilement tout éclat.
- Les couleurs qui proviennent de l’orseille sont parfois très agréables, mais leur fugacité ne nous permet pas d’en conseiller l’emploi exclusif.
- L’orseille est employée en teinture soit à l’état naturel (c’est-à-dire sous forme de lichens fermentés assez semblables, sauf leur couleur lie de vin, à de la choucroute), soit
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- à l'état d’extraits, liquide ou solide. L’extrait quand il est pur, est de beaucoup préférable à de l’orseille naturel, parce que ce dernier, laisse dans le bain une boue épaisse et abondante qui en nécessite fréquemment la vidange.
- Pour ces couleurs, on prépare la laine pour la teinture avec du tartre et de la composition d’étain, ou avec de l’alun, ou bien on l’humecte seulement avec de l’eau.
- 1er Procédé
- La première de ces méthodes pour la teinture de la laine avec l’orseille, celle où on mordance la laine avec du tartre et de la composition d’étain, comprend deux opérations différentes : le bouillon ou mordançage et la teinture proprement dite.
- Bouillon. — Dans la quantité d’eau nécessaire pour permettre l’immersion totale des étoffes, on met pour 100 kil. de tissus de laine.
- Tartre rouge réduit en poudre, 7 kil. 500. On chauffe, et lorsque le tartre est bien dissous on y ajoute :
- Composition d’étain (1), 10 kil.
- On donne de nouveau quelques tours de bouillon, puis on cesse de chauffer. Alors on entre les étoffes qu’on fait bouillir dans ce bain pendant 1 heure 1/2 ou 2 heures, suivant le poids des étoffes à traiter (2), après quoi on les abat au large et on les évente jusqu’à complet refroidissement.
- Teinture. — Ayant fait un bain avec un
- (1) Nous ne reviendrons pas sur la préparation de la composition, ou dissolution d'é-tain, que nous avons déjà indiquée ici à différentes reprises.
- (2) Il est à remarquer qu’une étoffe légère, tel qu'un mérinos de quelques croisures seulement, ne nécessite pas un bouillon aussi prolongé qu’une étoffe épaisse, comme du drap par exemple : et, cela s’explique par ce fait que les ingrédients employés, dans le mordançage, pénètrent d’autant plus rapidement au centre des fibres des tissus que ces fibres sont moins serrées les unes contre les autres.
- volume d’eau proportionnel à la quantité des étoffes à traiter, on le garnit, pour 100 kil. de laine, avec :
- Tartre rouge réduit en poudre 5 kil.
- Quantité nécessaire d’orseille pour arriver à la nuance demandée.
- On fait bouillir le tout pendant une demi-heure environ, puis on y entre les étoffes, mordancées comme nous venons de l’indiquer plus haut, qu’on manœuvre au bouillon pendant 1 heure. Au bout de ce temps on échantillonne, et si on a atteint la couleur désirée, on abat, on évente et on lave soigneusement en eau courante ; sinon on regarnit de nouveau, on fait bouillir encore pendant 25 ou 30 minutes, puis on termine l’opération de la manière ordinaire.
- La proportion de 60 d’orseille pour 100 de laine nous à donné, sur un mérinos mordancé avec du tartre et de la composition d’étain, une couleur rouge analogue à la couleur ama-ranthe.
- On emploie le carmin d'indigo pour ternir et donner du fond, et on rafraîchit la nuance, si cela est nécessaire, avec un peu de fuchsine.
- On peut jaunir avec le bois jaune, le jaune solide, le jaune naphtol, les orangés, l’acide picrique, etc.
- On peut réduire les deux opérations du bouillon et de la teinture en une seule, et ne faire qu’un seul et même bain ; on fera d’abord bouillir les étoffes dans les mordants indiqués ci-dessus, puis on garnira avec le colorant nécessaire à l’intensité de la nuance voulue.
- Cette méthode simplifiée a même, à notre avis, l’avantage de produire un bain de teinture acide, lequel permettra au coloriste d’employer avantageusement le carmin ou le sulfate d’indigo, si la nuance exige l’emploi du bleu.
- Il n’est pas nécessaire de vider le bain de teinture après chaque opération, surtout si on a employé l’orseille à l’état d’extrait.
- Lorsque le bain de teinture est prépare
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- avec du tartre seul, on peut égalementbleuir la nuance avec du carmin d’indigo, mais alors ce dernier se fixe moins solidement sur la fibre lainière que lorsqu’on emploie un mordant acide.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) ‘d suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- {Suite.}
- No 12. Saumon.
- A.-.Pour cette couleur, on prépare 1 kil. de végétaux suffisamment blancs, pour donner toute la fraîcheur de nuance désirable, de la manière suivante :
- Dans 20 kil. d’eau on fait fondre à chaud :
- Erythrine X, 13 gr.
- Alun, 100 gr.
- Dès que la dissolution du colorant est complète, on amène le bain à la température de 750 C , puis on y entre les végétaux qu’on y manœuvre pendant 20 minutes, après quoi on les retire et on les lave.
- Observations. — La couleur ainsi faite n’est pas très unie, et elle plus pâle que la suivante ; néanmoins elle résiste à l’air et pas mal au soleil.
- B. — Pour 1 kil. de tiges ou de filaments suffisamment blanchis, on compose un bain de teinture avec :
- Eau,'20 kil.,
- Erythrine X, 13 gr.
- Sulfate de soude, GO gr.
- Acide sulfurique, 25 gr.
- On met d’abord dans le bain le sulfate de' soude et l’acide sulfurique, puis on ajoule le colorant. Quand l’érythrine est totalement dissoute, on entre dans le bain chauffé à 750C. les végétaux destinés à être mis en saumon.
- On teint à la température de 750 pendant 20 minutes, en ayant soin de remuer assez
- fréquemment afin que la couleur soit bien unie. Ensuite on abat, on évente et on lave.
- Observations.—La couleur préparée de cette manière est plus vive et plus unie que la pré-cédente, et elle résiste très bien à l’air et pas mal au soleil.
- C. M.
- {Reproduction interdite.) (A suivre).
- LE PRIX DE LA GOMME ARABIQUE
- La gomme arabique vient à peu près du Sénégal et de la Haute-Egypte. C’est dans les grandes plaines de la Nubie et dans le Sahara occidental, deux pays qui ont d'ail-y leurs bien des ressemblances, que croissent les acacias gommifères. Quand, après les abondantes pluies tropicales, se lèvent et soufflent les vents brûlants et desséchés de l’intérieur de l’Afrique, l’écorce du gommier, comme celle de beaucoup d’autres espèces, se fend et laisse couler la sève, d’autant plus abondante que les pluies ont été plus considérables. Ce suc qui s'épaissit et durcit promptement sous l’action du soleil et la sécheresse du vent, forme ainsi la gomme.
- Dans le Sahara sénégalais, les Arabes augmentent quelque peu la production naturelle, en faisant artificiellement des incisions longitudinales sur l’écorces des gommiers.
- Mais, d’une manière générale, on peut dire que la production est stable, variant peu d’une année à l’autre.
- La proportion était à peu près celle-ci :
- L’Egypte fournissait environ neuf millions de kilogrammes et le Sénégal environ trois millions.
- Or, depuis quelques années, la production égytienne est insignifiante. L’état profondé -ment troublé du Haut-Nil ne permet pas la descente des récoltes, si toutefois elles ont pu être faites,
- il est cependant à présumer qu’un grand stock de gommes doit être entassé dans les vallées du Haut-Nil, prêt à passer quand il pourra.
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- Dans ces conditions il n’y a guère, sur le marché, que des gommes du Sénégal, c’est-à-dire environ le quart, le tiers tout au plus, de la production d’autrefois. Aussi beaucoup d’industries ont remplacé la gomme par des produits similaires ; mais toutes ne peuvent pas faire cette substitution.
- La demande est considérable et l'offre a diminué notablement.
- Cette situation a eu pour conséquence d’inciter, dans le pays de production, les acheteurs à se procurer quand même une denrée si évidemment recherchée et si chèrement payée.
- Ils ne se sont plus contentés d’attendre, comme autrefois, l’arrivée des caravanes, mais sont allés bien loin an-devant d’elles, les arrêtant au passage, les détournant de leur destination, promettant et donnant des primes, des cadeaux considérables, et renchérissant les uns sur les autres, à la grande joie et quelquefois mâme à l’ébahissement du vendeur indigène.
- Des désordres regrettables ne pouvaient manquer de naître d’une concurrence faite de la sorte. L’administration du Sénégal a dû réglementer l’achat des gommes. La production de la rive gauche ne pourra désormais être achetée que dans les escales françaises; celle de la rive droite, c'est-à-dire de la rive française, pourra être achetée partout le long de cette rive. De la sorte, les achats se feront toujours sur une terre française, avec toute la sécurité nécessaire à la liberté et à l’honnêteté des transactions.
- Mais la concurrence ne s’est point affaiblie pour cela. C’est en vain que l’on a essayé d’établir une entente, toujours violée.
- Les prix, au Sénégal même, se sont élevés forcément, et la gomme s’y vend plus de trois francs le kilog. A ce prix, il faut joindre les frais divers, le fret, le déchet, la manutention du triage, etc.
- Tout cela explique la hausse de plus en plus accentuée de la gomme sur les marchés d’Europe. Malgré l’apport de tout le disponi
- ble d’une bonne récolte, les prix actuels ne subiront pas de sérieuses modifications.
- COULEURS D'ANILINE SOLUBLES DANS LA BENZINE
- Par Armand Muller-Jacobs, à New-York.
- Les précipités formés par les sels métalliques (alun, sulfate de zinc, etc.), dans les solutions de savons de résine, entraînent avez eux les matières colorantes qui se trouvent dissoutes dans la liqueur en même temps que le savon. Ceci s’applique surtout aux matières colorantes dérivées du goudron de houille à caractère basique, telles la fuchsine, la sa-franine, le violet de Paris, le vert malachite, etc On obtient ainsi des savons métalliques, résinâtes d’alun, de zinc, colorés, qui offrent la propriété de se dissoudre avec leur couleur dans les solvants neutres comme la benzine, le chloroforme, l’éther, le sulfure de carbone, et peuvent servir à la coloration de vernis à l’huile, de solutions de caoutchouc, etc. .
- Voici un exemple de préparation d’un savon coloré de ce genre.
- Dans une marmite à double fond de vapeur, on imroduit :
- Colophane.............................. 30 livres.
- Eau................................... 200 »
- Soude cristallisée ( cristaux de soude)...................... 10 »
- Hydrate de sodium (solide ?).. 3 »
- On poursuit l’ébullition jusqu’à ce qu’il se soit produit une dissolution claire. On étend ensuite, dans un bac en bois avec ICO livres d’eau et l’on ajoute de 1 à 5 livres d’une cou-| leur d’aniline, dissoute, suivant sa nature, i
- dans l’eau ou dans l’alcool. On verse main-/ tenant, peu à peu, dans la liqueur, la solution du sel métallique, jusqu’à ce que la masse soit devenue épaisse et cesse d’écumer par l’agitation.
- Il faut pour cela :
- Sulfate d’alumine, environ 7 livres 112.
- Sulfate de zinc................. 10 livres.
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- Le précipité fortement coloré est recueilli sur filtre. Il peut être employé à l’état de pâte lavée, pour couleur d’impression, soit pour étoffes, soit pour papiers peints.
- Pour les autres emplois indiqués ci-dessus, on sèche à une température qui ne doit pas dépasser 50o centigrades. Il est alors facilement soluble dans les solvants neutres, benzine, sulfure de carbone, etc., auxquels il communique sa brillante coloration.
- ÉTUDE SUR LA
- FIXATION DU CHROME PAR LA LAINE
- PAR M. Ed. Knecht,
- Parue dans Zeitschrift fur die Chetnische Industrie.
- L’analyse de cette étude nous a parue devoir être présentée par les mêmes raisons qui ont décidé son auteur à l’entreprendre :
- « Depuis que le bichromate de potasse a « été appliqué, vers 1840, au mordançage de « la laine, il n’a pas été publié d’indications « précises sur les quantités relatives d’oxyde « de chrome fixées ou sur la nature des réac-« tions chimiques qui se produisent durant « le mordançage. »
- Ce point de vue spécial nous a semblé devoir intéresser les teinturiers de notre région, et les essais suivants nous ont semblé dignes de leur attention.
- L’auteur a fait usage pour ses essais d’une flanelle lavée et foulée divisée en carrés du poids de 10 grammes et laissant 0,60 de cendres.
- QUANTITÉ DU CHROME FIXE.
- Six échantillons mordancés en les maintenant pendant une heure dans un bain chauffé à 100°, et contenant par rapport au poids de la laine :
- 1. — 1 % bichromate de potasse.
- 2. — 3 % » »
- 3. — 6 % » »
- 4. — 12 % » »
- 5. 13% » »
- ( 1 % acide sulfurique.
- _ ( 6 % bichromate de potasse.
- 6. — <
- I 2 % acide sulfurique.
- L’échantillon, sorti du bain, a été égoutté aussi bien que possible, et le liquide exprimé réuni au bain correspondant. Ensuite on a lavé à l’eau froide et séché ; chacun des échantillons a été ensuite incinéré, et dans les cendres on a dosé le chrome à l’état d’a-chromique. De même le chrême resté dans les bains a été titré à l’état d’acide chro-mique.
- Le résultat de ces essais est consigné ci-
- après, les quantités fixées ou restées dans le
- bain ont été multipliées par 10, de manière à être rapportées à 100 gr. de laine.
- Expériences La solution. Sur la fibre. Perte.
- no 1. — 0,354 0,565 0,081
- 2. - 1,770 0,987 0,245
- 3. - 4,320 1,626 0,054
- 4. — 9.826 1,858 0,316
- 5. - 1,646 1,287 0,099
- 6. — 3,194 1,782 1,024
- La perte indiquée par ce tableau est attri-
- buée par l’auteur à ce fait qu’une partie de l’acide chromique a dû être réduit par la laine
- à l’état d’oxyde de chrome, et a ainsi échappé à l’analyse.
- Bichromate de sodium employé en quantités ÉQUIVALENTES ET REMPLACEMENT DU BICHRO-
- MATE DE POTASSIUM.
- 7. — 2,67 bichromate de potasse.
- 8. — 5,34 » »
- 9 | 2,67 bichromate de soude.
- 1 3,»» crème de tartre.
- „ ( 3,»» bichromate de soude.
- 0. — o
- ( 3,»» creme de tartre.
- Mêmes conditions d’expérences que pour la ire série.
- Dans les bains contenant du tartre, l’acide chromique résiduel n’a pas été dosé.
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- 2. =o
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- Voici les résultats rapportés à 100 grammes de laine :
- La solution. Sur la fibre. Perte.
- 7. - 1,965 0,826 0,200
- 8. — 4,323 0,983 0,694
- 9. — » 0,855 ))
- 10. - » 0,934 »
- « (A suivre.)
- Voici la fin des médailles d’honneur décernées à l’occasion du 14 juillet.
- Dans le Rhône, des médailles d’argent à MM.Chanfray,ouvrier apprêteur de la Société anonyme des teintures et apprêts de Tarare ; Crozier, ouvrier teinturier d ms la maison Renard, Villet et Bunaud, à Villeurbanne ; Jul-lien, ouvrier teinturier dans la maison Corron et Baudouin, à Lyon ; Nuzillard, ouvrier teinturier dans la maison Ramel,Bonnet Savigny, Giraud et Cie, à Lyon, et Perrin, ouvrier teinturier dans la maison Boiron, à Givors.
- Et des médailles de bronze à MM. Moyat et Rigault, employés dans la maison Gillet et fils, teinturiers, à Lyon.
- Dans Seine-et-Marne, des médailles d’argent à M. Alex. Ané, ouvrier imprimeur sur étoffes, dans la maison Japins, Kastner et Cie, à Claye-Souilly.
- Dans Seine-et-Oise, des médailles d’argent à MM. Dujonequoy, ouvrier apprêteur dans la maison Langlois, à Pussay.
- PRÉSERVATION DES TISSUS, CORDES. ETC.
- De Un et de chanvre
- Le moyen le plus simple pour préserver de la pourriture les toiles et les cordages de tout genre en lin et'en chanvre, est de les faire tremper pendant quatre fois vingt-quatre heures dans une solution de sulfate de cuivre à 20 g. par litre, de les laisser sécher puis, dans le but de soustraire le sulfate au lavage par la pluie, de les goudronner ou de les
- tremper dans une solution de savon à 100 g. par litre. Dans ce dernier cas il se forme un savon cuivrique insoluble.
- Outre que ce procédé à l’avantage de ne pas affaiblir sensiblement les cordages, comme le fait le goudronnage ordinaire, il garantit absolument les objets traités des atteintes des rats, etc.
- NOTE sur l’épuration des eaux sales provenant
- DU LAVAGE DES LAINES BRUTES Présentée à la Société industrielle de Mulhouse, par M. Jungck.
- (Suite)
- 3° Traitement par la chaux et un sulfate quelconque des eaux abandonnées après la précipitation par l’acide sulfurique. — J’ai dit plus haut qu’après le traitement par l’acide sulfurique, les eaux séparées des graisses renfermaient encore en suspension des corps gras et contenaient différents sels et un excès d’acide. Elles sont donc soumises à une nouvelle purification.
- Les matières employées pour cette seconde épuration sont très variables et dépendent de la proximité des lavages de laines et des usines de produits chimiques dont les résidus peuvent souvent être utilisés avantageusement. — En principe, on cherche, avec les matières grasses à précipiter, à former un savon de chaux, en mettant cette dernière en présence d’un sel, de préférence un sulfate, que la chaux décompose en s’emparant de son acide sulfurique pour se transformer en sulfate de chaux. Ce sulfate de chaux précipite les graisse par une action mécanique et se combine avec elles.
- Les chlorures peuvent aussi remplacer les sulfates.
- Aujourd’hui, nous opérons comme suit :
- Nous faisons couler les eaux dans des bassins, nous les laissons refroidir, nous ajoutons une proportion déterminée de lait de
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- chaux, puis de la kysérite que nous prenons à Stassfurt et qui est un résidu des fabriques de potasse de ce rayon. Cette kysérite renferme environ 55 0(0 de sulfate de magnésie qui est le principe actif dans notre épuration.
- Après l’addition de la kysérite, on brasse le mélange et l’on voit aussitôt se former un précipité qui tombe au fond du bassin, tandis que l'eau de la surface se clarifie rapidement et finit par ne plus conserver qu’une faible coloration brune provenant de sels alcalins qu’elle retient encore en petite quantité; mais elle est débarrassée de toute matière organique, et peut sans inconvénient retourner à la rivière.
- Quand la précipitation est parfaite, on décante l’eau claire qui est à la surface des réservoirs pour la laisser couler dans la rivière, et les boues résultant du précipité sont dirigées dans de grands fossés creusés dans la terre.
- L’eau mélangée aux boues se sépare lentement, surnage au-dessus d’elles, est décantée au fur et à mesure, et à la fin il reste dans les fossés un magma assez compact que l’on sort en été pour l’étendre sur le sol en couches minces et le faire sécher. Lorsqu’il est sec, on le met à couvert sous des hangars, et il forme le suinter dont nous employons une partie pour la fabrication de notre gaz d’éclairage, et dont nous vendons l’autre pour un semblable usage.
- Recueillir les boues dans des fossés pour les étendre sur le sol et les sécher en été est seulement pratique lorsqu’on dispose de grands terrains bon marché à proximité de son usine.
- Quand on est l’étroit sous ce rapport, on fait couler les boues dans des filtres-presses, d’où on les retire sous forme de gâteaux contenant encore 25 à 30 0[0 d’humidité. Ces gâteaux sont séchés au fur et à mesure dans des séchoirs construits ad hoc.
- Au lieu de kyrérite pour la précipitation, nous avons déjà employé des eaux-mères des usines de Bouxwiller, contenant des sul
- fates de fer et d’alumine, puis des sulfates d’alumine impurs provenant de la fabrique de produits chimiques de Thann.
- Le sulfate de fer, les résidus de chlorure de manganèse, les chlorures de calcium, provenant de la fabrication de la soude Solvay, peuvent aussi être employés.
- Le choix du réactif est guidé d’après son prix de revient et n’est souvent qu’une question de transport.
- D’après ce qui précède, l’épuration des eaux de lavages considérée en elle-même, ne présente plus de difficultés pratiques. Elle laissait, il y a quelques années, un léger bénéfice. Comme je vous l’ai dit plus haut, la baisse de tous les corps gras a fait tomber le prix de la graisse de suint de 30 à 20 fr., et même au-dessous pour des produits impurs.
- La baisse des houilles, l’extension de la lumière électrique, ont également réduit de 50 à 60 0[0 le prix du suinter. Les opérations que je vous ai décrites sont donc devenues onéreuses ; elles le deviendraient encore davantage si, par suite d’une mesure administrative, tous les lavages de laines étaient obligés de clarifier leurs eaux.
- La surabondance des produits de l’épuration augmenterait encore leur dépréciation, et je doute qu’on arrive à trouver leur placement. Aussi convient-il de continuer et d’encourager les recherches de procédés qui diminueraient les frais d’épuration et permettraient de tirer un meilleur partie des sous-produits.
- Les chimistes sont déjà à l’œuvre, mais jusqu’ici leurs essais n’ont, à mon su, rien donné de pratique, et les solutions qu’ils préconisent n’ont pas encore reçu la sanction de l’expérience.
- Je vous ai signalé dans les tourteaux, résidus de la fabrication de graisse de suint, la présence de 25 0[0 de graisse perdue ; le suinter,, lui aussi, en contient une proportion qu’il serait bon de pouvoir recueillir.
- Si l’on parvenait à s’emparer facilement de toutes ces graisses, on doublerait presque le
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- rendement en graisse de suint, et on réduirait le prix de revient.
- La benzine permettrait d’arriver à ce résultat. Elle a été employée et essayée. Le procédé à la benzine supprime l’emploi de l'acide sulfurique. Les eaux sont, de suite à leur sortie du lavage, traitées par la chaux avec l’adjonction d’un sulfate ou d’un chlorure, comme nous le faisons dans notre second traitement. Les boues précipitées sont essorées dans- des iltres-presses et traitées ensuite par la benzine qui en retire toute la graisse. Cette manière d’opérer paraît être simple au premier abord. Elle s'est heurtée à divers écueils. Les graisses obtenues conservaient une odeur de benzine qui en rendait la vente impossible. Pour permettre à la benzine d’agir, il fallait sécher à fond les boues précipitées. Cette opération était coûteuse et de plus dangereuse : quand elle n’était pas surveillée, elle donnait lieu à des combustions spontanées.
- Un chimiste allemand,qui s’est beaucoup occupé d’épuration d’eaux industrielles, prétend avoir trouvé le moyen de triompher de tous ces inconvénients, de doubler le rendement en graisse et de diminuer de moitié le prix de revient. Nous n'avons pas encore essayé sa méthode ; nous le ferons probablement, mais jusqu’ici je ne puis me prononcer sur sa valeur pratique.
- Il a essayé également de décomposer la graisse de suint et d’en retirer des produits qui devaient donner une exploitation lucrative.
- Ces produits sont une cire qu’il désigne sous le nom de Wollwachs, puis de l’acide oléique, et enfin une graisse analogue à la graisse Tovote, employée pour le graissage des transmissions.
- Une fabrique qui devait traiter des graisses provenant des eaux des filatures de laine peignée et de laine cardée des provinces rhénanes s’était même montée à Dusseldorf, d’après les procédés de cet inventeur. L’un des filateurs intéressés, que j’ai eu l’occasion
- de voir dernièrement, m’a appris que la fabrique de Dusseldorf avait cessé son exploitation.
- Nous avons nous-mêmes fait faire des essais dans cette voie, mais, par suite de divers accidents, nous n’avons pu en tirer de conclusions suffisantes.
- Nous continuons l’étude de la question.
- (A suivre.)
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Paris. — Garnier, Jean, fab. de ruchés et plissés, boul. Ornano, 15 bis.—J.-c.: M. Ber-nhard.—S.: M. Chardon.—Jug du 31 juill.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Dissolution, à partir du 30 juin, de la Société Lebouteux et Cie, teinturiers de soie et coton, rue des Ursins, 17. — M. Lebouteux, cessionnaire des droits de son coassocié, reste seul propriétaire du fonds. — Acte du 13 juillet. -- G. P.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 28 juin, de la Société J. Gay et Cie, expl. d’un brevet pour le polissage des étoffes. — Liquid. : M. Feys. — Jug. du même jour.
- Tourcoing. — Dissolution, à partir du 15 juillet, de la Société Catel et Dhal, teinture des laines. — Liquid. : les associés. — Acte du 10 juillet.
- MODIFICATION DE SOCIÉTÉ
- Société en commandite par actions, au capital de 500,000 francs. — Filature et Teinture de Laines des Côtes-du-Nord. —Suivant une décision de l’Assemblée Générale ordinaire et extraordinaire, qui a eu lieu le 16 août 1888, la raison sociale sera, à partir de ce jour, Fernand Cachot et Cie, en conservant toujours la dénomination de Société de Filature et Teinture de Laines des Côtes-du-Nord.
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- 32’ Année, V 18. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- ÉTAT DE LA TEINTURE A LYON - AVENIR DES COULEURS ARTIFICIELLES.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- DES MATIERES COLORANTES ARTIFICIELLES.
- LA FIXATION DU CHROME PAR LA LAINE.
- DU LAVAGE DES LAINES (suite).
- BULLETIN FINANCIER.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BIBLIOGRAPHIE. - COURS. — ANNONCES.
- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, Ïanalijse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- MORDANTS POUR HOIRS, BLEUS ET AUTRES NUANCES SOLIDES, SUR UN SEUL BAIN
- Par M. Chesneau-Forteneau.
- Le breveté revendique l’emploi du pyrolignite de fer avec l'oxalate de potasse pour obtenir des noirs et des bleus directs.
- A titre d’exemple, M. Chesneau-Fonteneau indique la formule suivante, pour 100 kilogrammes de mordant noir direct :
- 30 kilog. de sulfate de cuivre,
- 30 — d’oxalate de potasse,
- 40 — de pyrolignite de fer.
- En plus, pour le bleu :
- 30 kilog. d’alun.
- Pour fixer les couleurs d’aniline, le breveté supprime le sulfate de cuivre et le pyrolignite de fer, la composition comprend alors :
- 15 0/0 d’alun,
- 15 — d’oxalate de potasse,
- 15 — de crème de tartre,
- 30 — de sulfate de soude,
- 5 — d’acide oxalique,
- 20 — d’acide sulfurique.
- APPAREIL A ENSIMER LES LAINES Par MM. Klein, Hundt et Cie.
- Il arrive souvent que les laines sont ensi-mées à l'avance avec des émulsions contenant une grande proportion d'eau et que cette eau s’évapore avant que la matière fibreuse ne passe à la carde. D’autres fois, la matière lubrifiante, l’huile qui constitue l’élément de graissage, a le temps de s’oxyder, la laine devient poissante et donne lieu à une quantité anormale de déchet.
- Pour parer à ces inconvénients, MM. Klein, Hundt et Cie effectuent l’ensimage sur la première carde, à l’aide d’un appareil disposé immédiatement après le briseur. Ledit appareil se compose de deux rouleaux garnis de feutre et superposés l’un à l’autre, entre lesquels passe la matière à travailler. Ces rouleaux sont constamment imbibés d’huile on d’émulsion, grâce à une chaîne sans fin munie de godets, qui puisent le liquide d’ensimage dans un réservoir placé sur le sol, en dessous de la carde, et le déversent dans une cuvett supérieure, d’où il retombe, en quantité déterminée, sur toute la largeur des rouleaux.
- LIQUIDE OLÉAGINEUX DESTINÉ AUX OPÉRATIONS DE TEINTURE
- Par M. Menzies.
- M. Menzies agite ensemble, à l’aide d’un appareil spécial, de l’huile végétale (huile de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- roseau, huile de bois, etc.) et de l’acide sulfurique, en proportions non déterminées. Après quelques heures, il convient d’ajouter une certaine quantité d’eau que l’agitation mélange intimement à l’huile et à l’acide, puis le tout est abandonné au repos.
- Au bout de plusieurs heures, l'huile ayant remonté à la surface, l’eau et l’acide sont soutirés. L’huile qui reste est alors additionnée d’une nouvelle quantité d’eau. Par l'agitation, l’huile se clarifie; on y mélange de l’huile minérale lubrifiante, raffinée, puis une solution de chlorure de magnésium avec ou sans chlorure de baryum. Enfin on termine par l’incorporation d’un grand volume d’huile de veau marin ou de baleine.
- LAVEUSE MÉCANIQUE
- Par M. Vial.
- Cette laveuse est destinée au traitement des linges fins, des fils et étoffes blanchis ou teints, des filasses rouies par procédés manufacturiers et, d’une façon générale, de toutes matières qu’il importe de ne pas manipuler.
- Un arbre, placé horizontalement sur deux supports au-dessus d’un bassin ou réservoir quelconque, occupe le centre de l’appareil. Vers les extrémités de l’arbre sont calés deux systèmes de croisillons symétriques auxquels sont suspendus trois ou quatre « berceaux » en fer ou en zinc perforé, tournant librement sur les axes de suspension.
- D’après ce qui précède, lorsque le système est mis en mouvement soit par une chute hydraulique agissant directement sur les berceaux, comme sur les auges d'une roue, soit par l’intermédiaire d’engrenages actionnés par un moteur quelconque, les berceaux évoluent autour de l’arbre central sans le toucher et sans se renverser.
- La disposition permet d’effectuer rapidement les lavages avec une dépense d’eau relativement minime.
- TISSUS FAÇONNÉS DE VELOURS ET DE PELUCHE Par M. Chwalla.
- Pour obtenir sur les tissus veloutés tous dessins, M. Chwalla découvre certaines par
- ties du fond en faisant agir à l’envers, venablement préparé, des cardes, des leaux à émeri ou des rabots.
- La localisation des effets s’obtient en
- con-
- rou-
- com-
- primant, en feutrant les parties du poil à conserver et en leur donnant ainsi la résistance voulue pour éviter l’arrachage.
- Un des moyens indiqués consiste à faire passer le tissu bien tendu au-dessous d’un rouleau gravé en relief fournissant un développement égal à la progression de ce tissu ; la face veloutée touchant le rouleau pendant que la carde ou le cylindre émerisé agit à l’envers et tourne à une vitesse considérable suivant la ligne de contact de l’étoffe avec le rouleau gravé, toutes les parties du poil qui passent sur des reliefs sont arrachées ; les parties correspondant aux creux se dérobent, au contraire, à l’action de la carde ou de l’émeri.
- D’après un autre procédé basé sur le même principe, on applique à l’envers, aux places correspondant aux parties à conserver, de. la résine, de la cire oa un apprêt tel que les encollages usités pour l’impression des étoffes. Aussitôt sec, le tissu est soumis, comme précédemment, à l’action de la carde ou de l’émeri et le poil se détache partout où il ne se trouve pas consolidé par l’enduit.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 189682. 20 mars 1888 ; Hampe Junior. — Appareil servant à teindre les matières textiles.
- Cet appareil fonctionne de manière que la pression nécessaire pour la pénétration uniforme du liquide colorant dans les bobines de matière filamenteuses, soit effectuée par colonne du liquide elle-même.
- L’appareil se compose d’un nombre quel'
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- ro
- • t
- conque de godets placés verticalement et vissés à leur extrémité inférieure, chacun sur un tube de cuivre, le tout est logé dans un récipient commun.
- Les tubes sont des embranchements d’un plus grand tube fixé au fond d’une cuve à couleur placée de manière à se trouver à une hauteur déterminée au dessus des godets.
- Le liquide est refoulé au moyen d’une pompe dans la cuve à couleur.
- 189697. 30 mars ; Société A. Leonhardt et Cie. — Procédé de préparation de matières colorantes dérivées de l’acide paranitroto-luolsulfonique.
- 189724. 13 mars ; Société George Benda et frères.
- Fabrication d’une matière colorante blanche, donnant le brillant de la soie.
- La matière colorante dont la fabrication fait l’objet du brevet a pour base une matière naturelle dénommée « antonite » qu’on trouve en Californie et dont la nuance varie suivant les gisements, du gris au jaune.
- La particularité essentielle de l’invention consiste à épurer l’antonite naturelle en la faisant cuire avec de l’acide chlorhydrique plus ou moins étendu d’eau. Après cette cuisson, l’antonite est lavée dans l'eau pour la débarrasser de tout son acide.
- L’antonite ainsi obtenue est additionnée d’une certaine quantité de colle végétale pour lui donner la viscosité nécessaire pour son application à la fabrication des papiers peints et des papiers de fantaisie. La substance visqueuse mêlée à l’antonite décolorée peut être de la gomme, de la colle de fucus ou toute autre colle végétale.
- Le produit ainsi obtenu est délayé lors de son emploi dans 150 0|0 d’eau et appliquée comme une couleur ordinaire sur le papier que l’on passe ensuite aux cylindres pour lui donner le brillant et le lustre désirés.
- 189733. 31 mars ; Noroy. — Nouvelle méthode de teinture en noir par l’emploi d’une matière nouvelle applicable à tous les textiles d’origine végétale et d’origine animale soit en
- poils soit en fils, soit en étoffes mélangées ou non entre eux en toutes quantités et de toutes manières applicable aussi aux peaux de toutes espèces.
- L’objet du brevet comprend :
- 1° L’application nouvelle à la teinture en noir d’un produit nouveau provenant de la réaction oxydante de l’acide azotique sur l’amidon ou la fécule, en général sur les diverses formes de ligneux et de la cellulose produit dénommé amidon nitré.
- 2° La méthode nouvelle de teinture résultant de l’application de cet amidon nitré et consistant principalement en l’emploi de bains dont le premier renfermant les matières astringentes tannifères le plus habituellement usitées déjà en teinture mais auxquelles on ajoute pour renforcer leurs effets soit de teinte soit de résistance, un sel de cuivre ou certaines quantités de matières colorantes à origine de goudron, de houille ou autre et dont le second bain à base d’amidon nitré, retient en dissolution alcaline soit un, soit plusieurs des oxydes ou sels que la présence de l’amidon nitré empêche de précipiter. Le second bain comme le premier peut être additionné de matières colorantes non astringentes tan -nifères qui peuvent coexister dans le milieu alcalin.
- 3° L’application nouvelle en teinture noir de bain résultant :
- A d'un mélange alcalin dans lequel l’acide arsénieux est associé à l’oxyde de cuivre et à l’alumine et dans lequel tous autres oxydes pouvant être dissous par l’amidon nitré pourraient être ajoutés.
- B d’un mélange alcalin dans lequel l'oxyde d’antimoine est associé à de l’oxyde de fer, de l’alumine et dans lequel tous autres oxydes pouvant être dissous par l’amidon nitré pourraient être ajoutés.
- C d’un mélange alcalin dans lequel l'oxyde d’étain est associé à de l’alumine, à de la magnésie et à de l’oxyde de fer et dans lequel également pourraient être ajoutés les mêmes oxydes.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- D enfin de tous mélanges qu’à l’aide de l’amidon nitré peuvent retenir des oxydes métalliques, des oxydes terreux, des matières colorantes, etc., mélangées à réaction alcaline, réaction acide mélanges neutres trou vant leur application à la teinture en général.
- 189,775. 4 avril ; Allen. — Appareil à arroser ou à vaporiser des papiers et des matières filamenteuses quelconques.
- J. FAYOLLET,
- Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris
- ÉTAT DE LA TEINTURE A LYON
- Je crois utile de publier, dans le Moniteur de la teinture, quelques lignes concernant l’état de la teinture à Lyon, par rapport aux nombreux abonnés du journal, dans la région, et qui viennent fréquemment chercher du travail dans notre ville, comme teinture, bien entendu.
- L'Express, de Lyon, dans son numéro du 14 septembre dernier, a publié un lamentable article sur l’état de la teinture lyonnaise, au nom de l'Union des travailleurs de la teinture lyonnaise et similaire. Tout en reconnaissant le marasme dans lequel se trouve l’ouvrier teinturier lyonnais et similaire, qui ne fait plus que cinq journées sur six, en moyenne, et quelquefois moins, il faut avouer cependant que Lyon travaille énormément. Seulement, les procédés se sont étonnamment simplifiés, de même l’outillage mécanique a coupé un grand nombre de bras. A cela, qu’y peut-on ? Rien du tout. C’est la loi du progrès, contre laquelle on ne saurait réagir. Les patrons sont les premiers à être touchés, et ce n’est pas un paradoxe. Tout en faisant beaucoup de kilogrammes, ils font moins de chiffre d’affaires, et conséquemment gagnent moins. Ainsi, tel noir qui se payait il y a quelques années 10 fr. le kilogramme, vaut aujourd’hui 5 fr. et même moins.
- La teinture en pièce marche à pas de géants et bouleverse tout.
- Lorsqu’on teint en flottes avant tissage, il faut des ouvriers exercés ; avec la teinture en pièce, il n’en est pas de même, le premier manœuvre venu, avec un bon contremaître, peu suffire. De là avilissement de la main-d’œuvre. Aussi est-ce pour cela que j’écris ces quelques lignes, pour éviter à vos lecteurs qui le voudraient de venir chercher de l'ou-vrage à Lyon.
- Maintenant, dans la même note, les ouvriers lyonnais se plaignent de ce qu’ils se monte partout des teintures, voire même au Japon.
- Comment empêcher cela ? Encore une fois, c’est la loi du progrès.
- Les pays de l’Extrême-Orient,d’où viennent nos plus grandes quantités de soie, s’outillent à l’européenne. Ils veulent nous expédier des étoffes teintes et apprêtées, au lieu des matières premières. Qu’y faire?
- De tous les côtés, la soierie française en général, et celle de Lyon en particulier, a suscité de puissantes jalousies. Peut-être, comme le dit la lettre en question, a-t-on trop facilement accueilli les étrangers à Lyon, dans les ateliers et dans les écoles. Mais le mal est fait. Nos mécaniciens ont d’ailleurs puissamment contribué à cette diffusion du progrès, en vendant les machines spéciales ; ils ont aidé, en fournissant les indications voulues pour s’en servir, de même des ouvriers pour les conduire.
- Il en faut donc prendre son parti, et maintenant tout est dans le relèvement de nos belles soies de pays, sans rivales dans le monde entier, dans le relèvement du bon goût, dans l’abaissement des charges exagérées pour lesquelles Lyon n’aurait pas du suivre l'Allemagne.
- L’avenir de Lyon est dans une meilleure culture du mûrier, qui permettra d’obtenir de la belle soie de pays à bon compte, et, conséquemment, de plantureuses récoltes de vers à soie avec moins de frais.
- Les races de pays ont des qualités hors
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ligne, et il viendra un jour où la France, pour sa fabrication d’étoffes de soie, ne devra compter qu’avec elles.
- Or, encore une fois, tout est dans le mûrier, qui trop souvent donne des races étiolées, sur lesquelles se développent, à la faveur de l’étiolement, des parasites ou microbes, qui sont la suite d'une anémie du ver provenant de celle du mûrier, et non la cause, C’est là où, tout en reconnaissant une valeur réelle aux travaux de M. Pasteur, je ne suis plus d’accord avec ce savant.
- La microbomanie fait un tort énorme. En France, on pousse tout à l’extrême. Après avoir ri de Raspail et de ses insectes, l’on est allé beaucoup plus loin, et il n’y a pas de raison pour que cela finisse. En lisant les travaux de nos savants modernes, il ne reste plus qu’à se brûler la cervelle pour ne pas mourir des microbes. Les insectes, parasites et microbes, ne sont pas des germes de maladies mais vivent et se développent sur des des terrains affaiblis, et alors, l’un entretenant l’autre, il n’y a pas de raisons pour que cela finisse. Il en est ainsi pour la soie.
- Des fumures intelligentes données aux mûriers appauvris, une récolte moins soutenue des feuilles, et l’on aura, avec moins de frais généraux, de belles récoltes de cocons de pays.
- On prouve d’ailleurs, en ce moment, à Lyon, ce que j’avance pour la vigne.
- M. Chatin en a fait récemment part à ^Académie des Sciences. Avec un engrais phosphoré et une taille moins fréquente des plants de pays, on obtient des ceps où le Phylloxéra peut être semé impunément. Chers lecteurs je vous fais d’ailleurs ici une confi-dence. Ily a quinze ans, je n’ai jamais pu phylloxérer une vigne, grâce à des engrais convenables.
- D’ailleurs avec le sulfure de carbone (pour terminer cette parenthèse), si vous voulez être certains du résultat, n’hésitez pas à faire des analyse du sol et a y ajouter ce qui lui manque •omme matière minérale. Autre
- ment le sulfure tue bien les phylloxéras, mais voilà tout. Et avec des engrais rationnels vous pouvez vous passer de sulfure de carbone.
- De même pour les champs de mûriers, n’hésitez pas, redonnez ce que manque au sol, et vous aurez une feuille nutritive, vous donnant des vers beaux et robustes, pouvant vivre en paix avec tous les microbes possibles, et surtout laissez reposer vos champs de temps en temps.
- Marius Moyret.
- {Reproduction interdite)
- AVENIR DES COULEURS ARTIFICIELLES
- En présence des progrès de l’éclairage électrique, il en est un autre qui se dresse tout naturellement, c’est celui de la production des couleurs artificielles. Actuellement l’électricité est dans l’enfance, elle se débat malgré cela elle gagne constamment du terrain, et l’on peut dire que les progrès du gaz sont stationnaires. Dans quelques jours ce dernier reculera. Il ne disparaîtra jamais, mais sa consommation étant moindre, celle de la production du goudron, source première des matières colorantes artificielles diminuera graduellement. Conséquemment les couleurs artificielles tendront à augmenter de prix, et tout spécialement la famille des alizarines artificielles.
- Pour ces dernières, c’est aux habitants de Vaucluse principalement, à prévoir un retour favorable en faveur de la garance et de ses dérivés naturels. C’est à eux d’étudier dès maintenant de nouvelles méthodes de cultures, pour donner des racines plus riches en matières colorantes. Comme pour l’article précédent il faut analyser les sols, et voir les engrais convenables. Absolument comme la betterave, où l’on fait produire à volonté d’après les engrais des racines plus ou moins grosses, plus ou moins riches. et d’une extraction du sucre plus ou moins facile.
- Marius Moyret.
- {Reproduction interdite).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres
- (Suite)
- — li
- On ajoute la couleur peu a peu, à mesure du rétrécissement en longueur de ce qu’on appelle le cône, dont le rétrécissement en longueur et l’épaississement formera le chapeau destiné à être mis à la forme. Il faut même arriver à la nuance voulue avant le milieu de la foule, pour bénéficier des pores apparents.
- Au début de la foule, le cône représentant une ouate légère se teint très bien et uniformément, mais peu à peu en se feutrant, le y centre ne reçoit plus de couleur.
- Le coton et les fibres végétales, de même que la soie et ses diverses variétés ne bénéficient que très peu des pores apparents. Et quant aux poils proprement dits, de la famille des matières cornées, comme on l’a déjà vu, ils n’en bénéficient pas du tout. Aussi dans la chapellerie, la teinture des feutres de poils, bénéficie-t-elle de l’opération dite sécrétage, qui a pour but de les ouvrir, de les rendre duveteux comme la laine, afin d'en faciliter l’agglomération et le feutrage à la foule.
- En dehors de la teinture, la porosité apparente rend de très grands services aux industriels ; le charbon de bois, et encore mieux le noir d’os lavé ou non à l’acide chlorhydrique, jouissent de la singulière propriété de condenser dans leurs pores les matières colorantes.
- On s’en sert avec succès pour la décoloration des liquides. L’industrie sucrière fait un grand emploi du charbon d’os pour décolorer les sirops. De même on peut décolorer les tannins aestines à ‘charger les soies par la macération et filtration sur du charbon d’os. Les tannins ainsi décolorés donnent des charges plus claires qu'avec le produit naturel.
- Quelquefois on se sert de la même propriété pour isoler des matières colorantes
- perdues au sein d’une masse d’eau et en contact avec des produits ne se fixant pas par la porosité.
- Il y en deux exemples frappants :
- 1° Dans la fabrication du rose carthame, on se sert de la propriété du coton de condenser une grande quantité de carthamine à l’exclusion des autres matières colorantes fauves qui l’accompagnent,pour le séparer du liquide provenant de l'extraction de la fleur de carthame.
- Puis on fait lâcher le coton saturé de couleur dans des bains alcalins, et de ces bains on précipite la matière colorante par l’acide citrique et on la recueille pure sur des filtres.
- 2° La fabrication du carmin d’indigo emploie également la laine tontisse ou des poils de veau pour prendre le bleu d'indigo noyé dans des masses d’eau acide et souillé par des matières verdâtres. Le bleu seul tire sur la fibre animale en quantité considérable. Quand celle-ci est saturée, on la rince, puis, comme pour la carthame, on fait lâcher la couleur dans un bain alcalin de volume modéré, et de ce bain on précipite le bleu par le sel marin pour le recueillir sur des filtres.
- Cette application de la porosité pour le carmin d’indigo remonte à près de 50 ans et est due à MM. Ribollet frères, de Lyon.
- Il est un fait à noter : c’est que seules les couleurs nettes tirent par la porosité; le9 nuances indécises, la plupart du temps, n’ont point d’affinité.
- La filtration du liquide est également une application de la porosité apparente. Le pa' pier non collé, la laine, le coton, l’amiante ou asbeste ont été mis à contribution Ipour faire des filtres. Je laisse de côté la description de ces engins suffisamment connus de tous poUr m’occuper de l’application de la porosité aP parente par l’emploi des corps poreux, tels que les briques non vernies, les aires en pla tre gâché et desséché à l’air, les assiettes en terre siliceuse. Ces dernières sont de créa-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 211
- tion récente et rendent de très grands services dans les laboratoires industriels, et plus que tout autre le chimiste du laboratoire de teinture, d'impression ou de matières colorantes, est appelé à s’en servir.
- Avec ces corps poreux, on peut absorber des liquides très acides, qui brûleraient tous les autres filtres.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- Deuxième Procédé
- Le deuxième procédé pour l’application de l’orseille sur laine, nécessite également deux opérations distinctes : le bouillon et la teinture.
- Bouillon. — Pour 100 kil. de laine on prépare ce bain de mordant avec :
- Eau, q. s.
- Alun ordinaire, 15 kil.
- On entre dans ce bain les étoffes qu’on y fait bouillir pendant 2 heures, après quoi on les abat au large, on les empile et on les laisse reposer 10 ou 12 heures sur le mordant.
- Certains teinturiers recommandent de laisser reposer les étoffes pendant 24 heures dans le bain devenu froid. Mais pour suivre cette recommandation, il faut avoir à teindre peu d’étoffes avec l’orseille, et il est souvent difficile de laisser dans un atelier de teinture une cuve inoccupée pendant un temps aussi long. Du reste, quoique la pratique ait démontré l’efficacité du procédé, cette action prolongée du mordant sur les tissus n’est pas indispensable pour la réussite de la teinture, et nous conseillons de ne l’appliquer qu’au-tam qu’on en aura le temps. L’empilage, pendant quelques heures (6, 8, 10 et même 12 heures), des tissus sortant du bain de mordant remplit, dans bien des cas, le même but
- que l’immersion prolongée des étoffes dans le bouillon.
- Teinture. — On compose le bain de teinture de :
- Eau, q- s.
- Tartre rouge réduit en poudre, 5 kil.
- Quantité voulue d’orseille pour obtenir la couleur exigée.
- On fait bouillir le tout pendant 30 minutes, on y entre les étoffes alunées comme nous venons de l’indiquer, puis on continue la teinture de la même manière qu’au premier procédé, lequel est publié dans le précédent numéro du « Moniteur de la Teinture ».
- La proportion de 60 d’orseille pour 100 de laine nous a donné, sur un mérinos mordancé avec de l’alun. une couleur rouge amaranthe, mais cependant plus pâle que celle obtenue par le premier procédé.
- On emploie également ici le carmin d’indigo pour ternir, la fuchsine ou un produit similaire pour rafraîchir, et on jaunit avec les mêmes ingrédients que ceux énoncés au premier procédé.
- Troisième Procédé
- La laine simplement humectée d’eau, puis traitée dans un bain de teinture semblable à celui du premier procédé, y prend (toujours avec la proportion de 60 d’orseille pour 100 de laine) une couleur rougeâtre bleuâtre, qui approche beaucoup de la couleur des giroflées rouges bleuâtres, mais qui est un peu moins solide que les deux nuances précédentes.
- C.-E. M., chimiste coloriste (Reproduction interdite.) 'A suivre).
- MÉMOIRE sur une méthode d’analyse qualitative des matières colorantes artificielles, par M. Ed. Weingaertnfr, assistant à VEcole de chimie de Mulhouse.
- (Société Industrielle de Mulhouse.)
- Il est d’une grande importance pour le teinturier et l’imprimeur à qui l’on vient presque
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- journellement offrir des matières colorantes, de pouvoir se rendre compte par quelques essais simples et rapides de la nature chimique et des propriétés des produits qu’on lui présente. Souvent, en effet, des matières déjà connues depuis longtemps reviennent sous des noms nouveaux, et fréquemment aussi on affuble de noms pompeux de simples mélanges de couleurs anciennes.
- Un chimiste expérimenté arrive évidemment toujours à tirer la question au clair, mais souvent en dépensant un temps et un travail peu en proportion avec l’importance du sujet. Pour ceux qui sont moins familiarisés avec ce genre de recherches, le problème est encore plus difficile. Il existe bien dans les traités d’analyse industrielle des tableaux résumant les réactions des matières colorantes, mais ils sont anciens, incomplets, et ne rendent plus guère de service.
- En janvier 1886, M. Otto-N. Witt a publié dans le «Chemische Industrie», de Berlin,un excallent petit travail sur l’analyse des matières colorantes artificielles solubles dans l’eau, dans lequel il indique les moyens de reconnaître rapidement et facilement la nature de ces produits commerciaux. J’ai, de mon côté, en me basant sur les recherches en question, élaboré une méthode d’analyse, qui permet de reconnaître aisément non seulement les colorants solubles, mais encore les les produits en pâtes et le produits insolubles. Par quelques réactions très simples, je subdivise les couleurs en groupes, puis je donne les moyens de distinguer les représentants de chacun de ces groupes. Pour plus de simplicité, j’ai adopté la forme de tableaux, si commode pour l’analyse qualitative des substances minérales.
- En suivant ces indications, même une personne peu familiarisée avec ce genre de recherches peut trouver facilement la nature d’un colorant. Plusieurs élèves de l’Ecole de chimie de Mulhouse se sont servis de cette méthode avec un plein succès. Ces tableaux contiennent, sinon toutes, du moins les ma
- tières colorantes les plus importantes, qui se trouvent dans le commerce jusqu'à ce jour.
- On trouve souvent dans le commerce des matières colorantes qui, quoique portant un nom spécial, ne sont que des mélanges de deux ou de plusieurs substances tinctoriales. Il est par conséquent nécessaire de s’assurer tout d’abord qu’on n’a pas entre les mains un mélange, car, dans ce cas, les réactions n’étant pas nettes, pourraient conduire à des erreurs.
- Les mélanges mécaniques se reconnnais-sent de la façon suivante :
- On dépose sur un morceau de papier à filtrer une trace de colorant, qu’on sonffle sur une seconde feuille de papier à filtrer préalablement humectée Les parcelles du colorant sont de la sorte projetées sur le papier et se dissolvent en formant des traînées colorées. Si la substance est pure, les traînées sont uniformes, sinon chaque colorant se dissout avec sa couleur propre, et l’on peut même tirer des conclusions concernant la composition quantitative de la substance.
- Souvent on ne mélange que de très petites quantités de matières colorantes étrangères au colorant principal ; dans ce cas, on les néglige, l’analyse quantitative donnant quand même de bons résultats.
- Les colorants azoïques, qui se trouvent dans le commerce sous les noms les plus fantaisistes, sont souvent des mélanges. Mais dans ce cas la méthode précédente est peu sensible, les nuances varient très peu pour tes corps de composition absolument différente. Il est préférable alors de se servir de la propriété que possèdent ces corps de se dissoudre dans l’acide sulfurique avec des colorations variées. On verse dans une petite capsule de porcelaine quelques gouttes d’acide sulfurique pur, puis on y projette avec précaution des traces de la substance à essayer en observant avec soin si les différentes parcelles se dissolvent avec la même couleur ou avec des couleurs différentes.
- Cette méthode est très sensible.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 213
- Outre les mélanges mécaniques on fait souvent des mélanges intimes, par exemple en précipitant simultanément deux colorants. On tient dans ce cas successivement quelques échantillons de laine ou de soie jusqu’à épuisement complet du bain. 1
- Si le dernier échantillon n’a pas la même f nuance que le premier, il est à peu près sùr | qu’on a entre les mains un mélange. Les matières colorantes renferment souvent des sels minéraux ou des substances organiques : sels ammoniacaux, carbonate de potassium ou de sodium, chlorure de sodium, sulfates de sodium ou magnésium, dextrine, etc. On les recherche de la façon suivante : le sel marin se trouve dans presque toutes les matières colorantes non cristallisées; il provient le plus souvent des procédés de fabrication. Pour en constater la présence, on calcine une petite quantité de le substance et l’on recherche le chlore.
- Le sulfate de soude se trouve le plus souvent dans les matières colorantes azoïques. On dissout dans l’eau, on précipite le colorant avec une solution saturée de chlorure de sodium chimiquement pur, et l’on recherche dans la solution filtrée l’acide sulfurique.
- Le sulfate de magnésie n'est employé que très rarement à la place du sulfate de soude. On le recherche comme ce dernier, en faisant les réactions de l’acide sulfurique et du magnésium.
- Les carbonates alcalins se trouvent quelquefois dans les phtaléines. Dissoudre la substance dans l’acide chlorhydrique, afin de rechercher l’acide carbonique.
- La dextrine se reconnaît facilement à son odeur, lorsqu’on dissout dans l’eau chaude ; on peut aussi dissoudre le colorant dans l’alcool, la dextrine, s’il y en a, reste insoluble.
- Remarques. — Les matières colorantes sont d’abord classées suivant leur solubilité ou insolubilité dans l’eau. Dans le cas où la matière est soluble, on en prépare, pour effectuer les réactions, une solution moyenne,ment
- concentrée (10 ou 20 gr. par litre). Cette solution doit être filtrée.
- Les solutions sont classées en acides ou basiques à l’acide d’un réactif tannique, composé comme suit :
- 25 gr. de tanin.
- 25 gr. d’acétate de sodium.
- 250 gr. d’eau.
- Il suffit de quelques gouttes de ce réactif; de plus, il faut chauffer la solution en le faisant réagir, car certains dérivés sulfonés du triphénylméthane donnent d’abord des précipités qui se dissolvent lorsque la température s’élève.
- Dans le cas d’une matière colorante basique, la solution filtrée doit être à peu près incolore. (Voir les tableaux.)
- A
- Fuchsine. — La solution aqueuse est rouge-bleuâtre- L’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique le font passer au jaune-brun ; l’acétate de soude fait reparaître la couleur primitive. Le produit solide a un reflet vert-métallique ; il se dissout en jaune-brun dans l’acide sulfurique concentré.
- Rouge neutre ou de toluylène {Cassellay — La solution aqueuse est rouge-bleuâtre. L’ammoniaque en précipite des flocons bruns so lubies dans l’éther avec une fluorescence jaune-verdâtre. L’acide chlorhydrique dissout la matière en bleu ; l’acide sulfurique en vert-brun et la solution traitée par l’eau passe successivement au bleu, au violet, puis au rouge.
- Safranine. — La solution aqueuse additionnée d’alcool présente, une fluorescence orange. L’acide sulfurique dissout la matière en vert et la solution traitée par l’eau passe au bleu violacé et au rouge.
- (A suivre.}
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ÉTUDE SUR LA
- FIXATION DU CHROME PAR LA LAINE
- PAR M. Ed. Knecht, Parue dans Zeitschrift fur die Chemische , Industrie.
- --
- (Suite et fin)
- Chrome fixé par mordançage a l’alun de CHROME EMPLOYÉ EN QUANTITÉS ÉQUIVALENTES EN REMPLACEMENT DU BICHROMATE DE POTASSÉ.
- Alun de chrome 0[0 de laine. Corres- Quantité pondant fixée ex-à bichro - primée
- mate de potasse en bichromate.
- 11. — 10,30% o 0/ ° Zo 1,916
- 12. — 20,61» 6 » 3,184
- .. ( 10,30 » 16• — I • ( o,»» «acide tertrique (3 » 1,920
- Influence de la durée du bain.
- Bains préparés avec 3 0|0 bichromate de
- potasse. Les échantillons ont dans le bain bouillant : été maintenus Chrôme
- Bichromate fixe cal-dans la culé en bi-liqueur. chromate.
- 14. — Pendant 10 minutes 2,506 0,494
- 15. — » 20 » 2,456 0,544
- 16. — » 30 » 2,113 0,887
- 17. — 40 » 1,818 1,182
- 18. — » 50 » 1,818 1,182
- 19. — » 60 » 1,780 1,220
- Influence de la température.
- Plus la température s’élève, plus la quantité de ehrôme augmente , cela est mis en évidence par les deux essais suivants, l’un à 800, l’autre à 100., bains à 3 grammes de bichromate 0[0 de laine.
- Bichromate resté
- Température. en solution. Bichromale fixe
- 800 2,310 0,690
- 1000 1,768 1,232
- Quantité de chrome fixée après chaque REVIVIFICATION DU BAIN.
- Ces essais ont été faits en se rapprochant le plus possible des conditions dans lesquelles on se trouve industriellement.
- La laine a été passée soit dans un bain à 3 0[0 de bichromate, soit dans un bain à 3 0(0 de bichromate et à 1 0[0 d’acide sulfurique. Après chaque essai, le bain était remonté avec la même quantité de bichromate et d’acide sulfurique.
- Bichromate Bichromate
- Bichromate seul. dissous. fixe.
- Bain initial...... 1,770 0,987
- Iro revivification. 3,243 1,523
- 2e » 4,275 1,893
- Bichromate et acide Bichromate Bichromate
- sulfurique. dissous. fixe.
- Bain initial 1,646 1,287
- Ire revivification. 2,653 1,920
- 2e - » 3,214 2,240
- A QUEL ÉTAT LE CHROME EST-IL FIXE SUR
- LA LAINE.
- Les opinions des savants et des praticiens sont très divisées sur ce sujet.
- Les uns prétendent que le bichromate est réduit par la fibre et fixé sur elle à l’état d’hydroxyde de chrome.
- D’après une autre théorie, il serait retenu tel quel par simple absorption mécanique.
- Cette manière de voir n’est pas admise par l’auteur qui fait valoir que, si on examine un bain ayant servi au mordançage, on constate qu’il renferme à côté du bichromate une proportion notable de chromate neutre. Ainsi dans un bain d’industrie ayant servi à 15 opérations successives, on a trouvé :
- Pour 1 litre :
- bichromate de potasse. 1 gr. 676
- chromate neutre........ 1 gr. 672
- On doit donc admettre qu’il y a dédoublement en acide chromique et en chromate neutre, le premier se fixant sur la fibre.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- a
- Ci
- Une autre hypothèse a cours d’après laquelle le chrome se fixerait à l’état de chro -mate de chrôme. C’est celle qui compte le plus grand nombre de partisans.
- Valeur relative du chromate neutre, du BICHROMATE ET DE l’aCIDE CHROMIQUE POUR LE
- MORDANÇAGE.
- Ces trois composés ont été employés en quantités équivalentes, et le chrome fixé exprimé en acide chromique.
- Chrome fixé exprimé en acide chromique pour
- Mordançage. 103 de laine. avec le chromate neutre, 0,605 avec le bichromate 0,805 avec l’acide chromique... 1,658
- Résumé et conclusions.
- La quantité de chrome fixée dans le mordançage au bichromate varie avec la concentration de la liqueur.
- Si on emploie simultanément l’acide sulfurique, la proportion du chrome fixé augmente tout en dépendant de la concentration du bain. Il est à remarquer que, dans le mordançage à 3 0[0. habituellement pratiqué dans la teinture, il n’y a qu’un tiers environ du bichromate qui se trouve fixé par la fibre.
- Lorsqu’on remplace le bichromate de potasse par le bichromate de soude en quantité équivalente, c’est-à-dire à égalité d’acide chromique, la quantité de chrome fixé augmente.
- L’addition de crème de tartre n’exerce pas d’influence.
- La quantité de chrome fixé dans un bain d’alun de chrome est à peu près le double de celle que prend la fibre dans un bain équivalent de bichromate.
- La température et la durée de l’immersion suivant que l’une est plus élevée et l’autre plus longue augmentent la quantité de chrome fixé.
- Dans la pratique, la quantité de chrome
- dissous augmente dans le bain en raison du nombre des mordançages exécutés successivement. Il conviendait donc de ne remonter le bain après chaque opération que de la quantité de chrome fixé, et d’ajouter un poids d’acide sulfurique nécessaire pour, faire passer le chromate neutre formé à l’état de bichromate.
- En raison de la grande quantité de mordant non fixé, les pièces de tissus, les fils de laine, à la sortie du bain, devraient être égouttés, de telle façon que les eaux d’égouttage puissent être recueillies et remises à nouveau avec le bain.
- NOTE sur l’épuration des eaux sales provenant
- DU LAVAGE DES LAINES BRUTES Présentée à la Société industrielle de Mulhouse, par M. Jungck.
- {Suite et fin)
- L’écueil contre lequel nous nous butons, c’est l’emploi et la valeur de la cire, qui ne répondent pas aux espérances de l’inventeur.
- Je vais terminer en vous parlant d’un procédé de lavage qui, s’il avait réussi, aurait supprimé la question d’épuration en supprimant presque exclusivement l’emploi de l’eau.
- Les chimistes cherchent depuis longtemps à retirer les matières grasses contenues dans la laine, en recourant à l’éther, au sulfure de carbone, à la benzine ou à d’autres corps analogues.
- Il y a une vingtaine d’années, le docteur Braun avait breveté un procédé qui consistait à traiter la laine en vases clos, au moyen de l’éther. J’ignore, tout en les devinant, les raisons qui l’ont fait échouer. Récemment, on avait proposé l’emploi du toluène, moins volatil et beaucoup moins cher que l’éther.
- Le toluène devait servir indéfiniment, les potasses contenues dans le suint devaient se séparer d’un côté, et les graisses à l’état
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- LK MONITEUR DE LA TEINTURE
- marchand d’un autre. La laine, après avoir été traitée par le toluène, on n’aurait plus eu besoin que d’un lavage à l’eau fraîche pour être débarrassée des sables, terres, pailles et autres matières végétales.
- Le système présentait des apparences très séduisantes.
- Un peigneur de laines de Roubaix en a fait l’essai et a dépensé dans ce but une somme assez considérable.
- J’ai vu l’installation, il y a une quinzaine de jours, elle est complètement arrêtée. La séparation des graisses et de la potasse ne s'éiait pas faite comme on s’y attendait ; la laine, en sortant des appareils, restait visqueuse, et, au lieu d’un simple rinçage à l’eau froide, demandait encore un lavage coûteux au savon.
- Le problème du lavage chimique des laines reste donc toujours entier, et celui de l’épuration des eaux provenant du lavage par la méthode ancienne, conserve toute son importance.
- Il laisse le champ ouvert aux recherches, et toute solution qui le fera avancer mérite une des récompenses dont la Société industrielle honore d’habitude les travaux des inventeurs.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITES
- Lyon. — Cachard etCie, ex-teinturiers, rue Suchet, 5, actuellement rue de Sèze, 124. — Jug. du 2 août. — S. : M. Canavy.
- Troyes. — Content (Félicie), dame, épouse divorcée Barbotte, teinturière, rue du Temple, 8. — Jug. du 23août. — S. : M. Guyotot.
- CLOTÛRE POUR INSUFFISANCE D’ACTIF
- Paris. — Dupetitrieux (Alexandre-Joseph), teinturier, rue Condorcet, 22, avec atelier faub. Poissonnière, 150. — Jug. du 20 juillet. — S. : M. Hécaen.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif veuve Demolliens et Cie, teinturiers, rue Saint-André-des-Arts, 36. — Durée : un an. — Cap. : 3,800 fr. Acte du 31 juillet. — G. T.
- Tourcoing. — Formation de la Société en nom collectifif Vernier et Dupont, laines et déchets, rue Leverrier — Durée : 8 ans — Acte du 8 août.
- Elbeuf. — Formation de la Société en nom collectif Dehan et Grubben, épaillage, dégraissage, lavage, teinture, effilochage des laines et déchets de laine et leur commerce, etc., rue Marignan, 6; — Durée : 3 ans, du 1er août.—Cap.: 175,000 fr. — Acte du 31 juillet.
- PROROGATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lille. — Prorogation de 20 années, à partir du 30 juin 1889, et modification de la Société G. Fontaine et C. Bocquet, teintures, apprêts, produits chimiques, rue de Thion-ville, 7. — Cap. : 200,000. fr. — Acte du 20 juillet.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. André a vendu à Mlle Chagourin, rue Rivay, 31, Levallois, chez M. Rameaux, 1er août, un fonds de teinturerie, rue des Abbesses, 3.
- M. Bclterre a vendu à M. Lebert, rue de la Gaîté, 19, chez M. Saumon, de suite, un matériel de teinturier, bd Voltaire, 150.
- Mlle Merle a vendu à Mme veuve Gri-vaud, avenue des Gobelins, 1, chez M. Desmoulins, de suite, un fonds de teinturerie, rue des Mathurins, 28.
- Mme Bertin a vendu à M. X..., Grande-Rue, 44, Saint-Mandé, chez M. Renault, 24 août, un fonds de teinturerie, avenue Dau-mesnil, 138.
- M. Seillier a vendu à Mme veuve Bonnet, rue Grenéta, 60, chez M. Gavard, huissier, 24 août, un fonds de teinturerie, boul. du Temple, 10.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 19. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 3 Octobre 1888
- S OM MAI RF
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- BULLETIN DE LA SOIERIE A LYON.
- CORRESPONDANCE.
- LA RAMIE.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L'IMPRESSION (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- DES MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES (suite). NÉCROLOGIE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BULLETIN FINANCIER.
- BIBLIOGRAPHIE. - COURS. — ANNONCES.
- PERFECTION NE MENT S
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. (Reproduction interdite.)
- MACHINES A APPRÊTER
- Par MM. Garnier et Rochet.
- Dans ce genre de machines, les tissus, imprégnés d’humidité, sont tout d’abord soumis à un étirage transversal, puis séchés immédiatement sur un cylindre chauffé.
- Malgré l’emploi d’un feutre sans fin pour accompagner et presser l’étoffe, l’élargissement obtenu se perd plus ou moins, soit de l’appareil élargisseur au tambour sécheur, soit au cours du séchage même. De plus, les étoffes légères ne peuvent subir la pression du feutre.
- MM. Garnier et Rochet effectuent ou commencent le séchage pendant que le tissu est encore sur l’élargisseur ; ces messieurs utili— lisent le système Palmer, formé de deux roues divergentes, à la circonférence desquelles les lisières sont maintenues par la pression de deux chaînes ou de deux courroies ; ils disposent entre les roues une rampe à gaz, des tuyaux de vapeur ou autre mode de chauffage.
- L’inclinaison variable des disques se règle Par l’intermédiaire de deux vis rendues, à vo
- lonté, solidaires ou indépendantes. L’emploi de rotules permet de conduire les disques au moyen d’un seul arbre,quels que soient l’écartement et l’inclinaison de ces disques.
- FABRICATION ET APPLICATION D'UNE MATIÈRE COLORANTE
- Par MM. Maxwell et Young.
- Les brevetés font usage de terres naturellement coloriées, de précipités ou dépôts, broyés en poudre fine, puis mélangés avec de l’huile non saponifiable, en quantité convenable pour rendre la masse homogène après agitation. Le mélange est tamisé, puis incorporé aux fibres végétales par arrosage, pendant que ces fibres (lin, chanvre, etc.), subissent le teillage, ou à toute autre période pendant le peignage.
- MACHINES A LAINER
- Par M. Montforts.
- Le tissu subit, sur ces machines, des garnissages réitérés, grâce à son passage au contact d’un certain nombre de rouleaux formant cercle ou tambour.
- Pour atténuer la tension, régler, à volonté, cette tension par rapport à chaque champ de lainage compris entre deux rouleaux entraîneurs, pour empêcher enfin le rétrécissement de l’étoffe, M. Montfort dispose, le plus près possible des champs de lainage les cy-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lindres entraîneurs garnis de rubans de carde à fine denture.
- D’un autre côté, afin d’empêcher la projection dans l’atelier, des déchets lancés en vertu de la force centrifuge, une paroi cylindrique continue est établie à l’intérieur du cercle des organes laineurs et tendeurs.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 189780. 5 avril ; Schmidt. — Nouvel appareil pour laver, teindre, sécher, etc., des matières textiles.
- Cet appareil est caractérisé par un ou plusieurs vases de forme cylindrique ou autre disposés dans une cuve et munis d’un fond perméable simple ou multiple au-dessous duquel se meut une roue à ailettes de façon à produire un mouvement continu et circulaire du liquide dans les vases afin d’exposer les matières à traiter à l’action de ce liquide.
- 180794. 9 avril ; Grau. — Nouveau précédé pour rendre les étoffes imperméables.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet consiste à appliquer sur les toiles une composition que l’on obtient en faisant chauffer jusqu’à ébullition un litre d’huile de lin dans lequel on ajoute 5 grammes de litharge et 5 g. d’acétate de plomb préalablement mélangés. On laisse bouillir pendant une heure en agitant de temps en temps, puis on laisse refroidir et reposer, et on décante.
- 189838.9 avril ; Lepaulard et Huard aîné. — Mordant fixateur pour la teinture d’étoffes feutres et matières ligneuses.
- Ce mordant se compose des matières sui
- vantes :
- lo Acide sulfurique........... 10 %
- 2° » nitrique.............. 5 »
- 3° Sel gemme.................... 2,5 »
- 40 Bichromate de potasse.. 7,5 »
- 50 Farine ou fécule........... 10 »
- 60 Acétate de cuivre.......... 1 »
- 70 Bioxyde de fer................. 2 »
- 80 Eau de rivière................ 62 »
- Tous ces produits sont mis dans un réci
- pient ad-hoc dans lequel ils sont brassés, après un brassage parfait on laisse reposer la masse jusqu’à clarification complète on décante alors et le liquide obtenu sert à mor-dancer les objets devant être soumis à la teinture.
- 189842. 9 avril ; Kron. — Appareil pulvérisateur de liquides.
- 189977. 16 avril ; Société A, Monpin et H. Saint-Rémy. — Perfectionnements apportés dans les machines à teindre les matières textiles.
- Cette demande de brevet à pour objets différents perfectionnements apportés dans la disposition et construction des machines à teindre les matières textiles en bobines ou en vrac au moyen d’un liquide tinctorial à circulation continue. Ces perfectionnements ont pour point caractéristique l’emploi d’un baquet en bois, tôle, cuivre, etc., divisé en un certain nombre de cases de dimensions appropriées à la grosseur des bobines à teindre.
- 190065 18 avril ; Société Ewer et Pick. — Perfectionnements apportés à la préparation des matières colorantes azoïques.
- L’objet du brevet comprend :
- 1° La préparation de matières colorantes azoïques ainsi que de composés dits intermédiaires, en combinant avec l’Al A3 dioxy-naphtaline ou avec des acides sulfoniques de celles-ci, le trétrazodiphényle, le trétrazodi-tolyle, la trétrazostilbène et la trétrazodimé-thoxyde,
- 2o La préparation de matières colorantes azoïques par la combinaison avec l’A1 A3 d'oxy-naphtaline ou avec des acides sulfoniques de celles-ci, des composés dits intermédiaires résultant de la combinaison des composés té-trazones avec des acides sulfoniques, des naphtols.
- 190087. 18 avril ; Société pour l’industrie chimique. - Production de matières colorantes par l’action du phenylinetamidophénol, du paratolyhnétamidophénol et de l'ortholyl-métanidophénol sur l’acide phtalique anhydre et ses dérivés chlorés.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- 190091.19 avril; Société Léopold Cassella et Cie. — Préparation de nouvelles matières colorantes bleues,
- 190138. 21 avril ; Schad. — Procédé de préparation de matières colorantes azoïques obtenues avec le nouvel acide et naphtol disul -tonique décrit dans la demande de brevet du 31 mars 88.
- 190140. 21 avril ; Schad. — Procédé de préparation de matières colorantes bleues qui teignent le coton non mordancé obtenues avec un nouvel acide naphtol.
- 190143. 21 avril ; Société pour l’industrie chimique. — Fabrication de nouvelles matières colorantes variant du rouge violet au violet avec une forte fluorescence et obtenues par la fusion des dérivés dialtylés du méta-midophénol avec l’anhydride ou tétrachloro-phtalique.
- 190264. 23 avril; Bedford. — Perfectionnements dans la fabrication des matières colorantes,
- 190299. 30 avril ; Lee (les sieurs) et Brad-shaw. — Nouvel appareil à teindre la laine, le coton et autres matières fibreuses.
- 190256. 27 avril ; Worms. — Procédé de fabrication de nouvelles matières colorantes.
- 190281.28 avril ; Chaudet. —Nouveau procédé d’obtention des composés azoïques bleus de l’aniline sur laines, soies, etc.
- J. FAYOLLET,
- Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris
- BULLETIN DE LA SOIERIE A LYON
- Le calme tend toujours à persister. Du côté de l’Italie, on signale des faiblesses dans les prix des soies, les détenteurs s’aperçoivent du tort que leur causent les nouveaux traités de commerce avec la France, et dont à bénéficié l’Espagne.
- Les commissions d’hiver se livent en fabrique avec un courant ordinaire.
- L’article teint en pièce sauf, sauf pour le satin, se tient toujours bien.
- L’article peluche est de plus en plus délaissé par la consommation.
- Le tissage urbain mécanique ou à bras est en faiblesse.
- Somme toute, calme dans les affaires.
- La teinture se ressent toujours de cet état de choses. On produit d’ailleurs trop dans les périodes d’activité, et il faut ensuite écouler les stocks, ce qui devient de plus en plus difficile avec la tendance de chaque peuple à produire ce qu’il consomme, et dans tous les genres d’industries.
- Le relèvement de l’agriculture est l’avenir de l’industrie française, qui est appelée, pour faire face à la concurrence étrangère, à sortir des grandes villes pour se fixer dans les banlieues, où toute usine sera doublée d’une exploitation agricole et où, en même temps, les frais généraux seront moindres.
- Le libre-échange poussé à outrance envers et malgré tout, a tué l’industrie française, et aujourd’hui chaque peuple se couvre de droits protecteurs, véritables murailles de Chine commerciales, pour développer ses industries. De plus, nos capitaux et nos élèves ont puissamment aidé à cet état de choses ; ne nous plaignons donc pas et luttons vaillamment en abaissant les prix de revient par l’abaissement des frais généraux.
- Marius MOYRET,
- (Reproduction interdite.)
- CORRESPONDANCE
- Mon dernier artiele, intitulé : Etat de la teinture à Lyon, m’a valu quelques observations de la part de divers lecteurs du journal habitant le Midi de la France.
- En réponse et ne voulant pas étendre ce ce débat dans un journal, qui n’est pas une feuille d’agriculture, mais voulant en même temps rendre service aux nombreux lecteurs, petits teinturiers et en même temps pro-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- priétaires de vignobles ou de mûriers, je dirai que je maintiens ce que j’ai avancé dans mon article du 20 septembre dernier.
- A Meyssieu, près de Lyon, en plein territoire phylloxéré, on a démontré que, par des tailles intelligentes et des fumures au phosphore, on pouvait avoir des ceps de vigne de pays, et non d’Amérique, pouvant vivre en paix avec le phylloxéra et autres maladies de la vigne. L’idée d’appliquer le phosphore à la culture de la vigne n’est pas nouvelle, elle remonte à près de huit années et est due à M. Serve fils, de Givors, qui, le premier, a conseillé, avec brevet à l’appui, l’emploi du phosphure de calcium pour tuer non seulement les phylloxéras, par le développement de l’hydrogène phosphoré, mais encore pour reconstituer la vigne par l’absorption du phosphore sous la forme d’hydrogène phosphoré.
- Je maintiens tout ce que j’ai dit : la micro-bomanie a fait un tort énorme à l’agriculture française ; les microbes et les insectes ne vivent et ne se développent que sur des sujets malades par l’épuisement du terrain. Tout est dans l’analyse du sol, il faut même arriver à l’analyse spectrale J’ai commencé dans le temps des travaux à cet égard, concernant le mûrier.
- Par exemple, l’analyse spectrale ayant démontré que la betterave contient des métaux très rares, tels que le Cæsium et le Rubidium, il est évident qu’un sol qui n’en contiendra pas la moindre trace ne pourra leur en fournir, et conséquemment que l’on n’aura par la culture de cette racine dans ces sols que des betteraves maladives.
- De même pour le mûrier, c’est dans l’analyse des cendres normales d’une bonne soie qu’il faut voir la constitution du sol voulue pour le mûrier, de même pour la culture de la garance À l’égard de ces derniers, mûrier et garance, l’on n’a rien fait comme agriculture, et nul doute que, par des cultures plus ra tionnelles comme engrais et moins surmenées, l’on n’eût obtenu des produits plus beaux en couleur et en rendement pour la garance,
- moins sujets aux maladies et plus fructueux pour la soie.
- El malgré toutes les fumures possibles, il faut laisser reposer les champs, quels qu’ils soient.
- Je maintiens ce que j'ai dit à diverses reprises, après mon séjour dans le Midi de la France; il est plus avantageux comme récolte de soie de laisser reposer le mûrier de temps en temps, on a autant de kilog. de cocons frais, malgré les années de chômage, sur l’ensemble, et avec moins de frais généraux.
- Marius Moyret
- LA RAMIE
- Cette nouvelle fibre a toujours de la peine à s’implanter à Lyon, quoiqu’elle ait déjà pris rang de bourgeoisie à Roubaix. Les fils ir 60, souples, doubles ou triples, sont trop gros pour la fabrique lyonnaise, et l’on attend avec impatience des n" 70 et même 80, que la Société Française est en train de produire.
- On reproche à la ramie d’être filée trop irrégulièrement et surtout de ne pouvoir, dans les articles de Lyon, passer aux peignés très fins, où elle s’éraille, se couvre de duvets et de bouchons.
- Si d’ailleurs la ramie a de la peine, à Lyon, pours’implanter,c’est peut-êtreunpeu la faute aux lanceurs de cette fibre. Ils ont trop annoncé qu’lle remplacerait la soie sous tous les rapports. Or, nos fabricants lyonnais veulent ce qu’on leur a promis — à tort, bien entendu.— En définitif, la ramie ne remplacera jamais la soie ; présentée différemment, il s’en consommerait déjà pas mal, car elle a de réels avantages. Elle remplacera le lin avec avantage pour l'ameublement. Le lin est d’ailleurs la fibre avec laquelle elle a le plus d’analogie. Quant au coton, elle ne lui fera jamais concurrence.
- Pour rivaliser avec ce dernier, elle est trop chère, trop dense, en résumé, pour les articles vulgaires ne convient pas assez.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- 29 l=h
- Quant au coloris, on fait déjà de jolies choses en ramie, et même des noirs. A l’égard de ces derniers, il ne faut d’ailleurs se faire d’illusion. On a en ramie, j’y suis arrivé, des noirs plus beaux que sur coton
- Et en ce qui concerne les noirs cotons, il n’y a pas de milieu, ou l’on fait des noirs à vils prix, ou d’une certaine valeur. Et encore dans les teintures en pièces, comme avec les noirs d’aniline sur coton, n’a-t-on que de la saleté, comme noir coton, après l’apprêt, bien entendu.
- Jusqu’à l’apprêt, tout est beau, mais ensuite il en faut considérablement rabattre, les noirs coton deviennent pisseux, même en aniline. Si l’on veut les rendre absolument solides, ce qui est possible, on rend en même temps la soie poudreuse et dure, par suite du chromatage à chaud.
- A Berlin, l’on arrive, dit-on, à augmenter le brillant naturel de la ramie par une combinaison d’opérations mécaniques avec l’emploi de la paraffine ; mélange de beetlage (laminage ou battage) avec un mouillage à la paraffine, mais ce brillant ne convient pas pour les étoffes de Lyon.
- Où la ramie est appelée à un succès réel, c’est pour les velours et les peluches. A la coupe transversale, elle a un très beau brillant naturel presque égal à celui de la soie ou de la shappe.
- Un fait très curieux, c’est que la ramie, fibre très solide comme ténacité, ne supporte pas des opérations mécaniques comme la soie, telles que l’étirage, le battage, etc. Ainsi le battage, pour beetlage. n’est plus donné comme le battage pour la soie dans les lavoirs. La ramie se désagrège facilement filée et demande certaines précautions mécaniques dans la teinture.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.)
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres
- {Suite)
- C’est ainsi que l’on prépare l’acide chromi-que. Après l’avoir précipité dans une solution concentrée de bichromate de potasse par l’acide sulfurique, on obtient un dépôt de petits cristaux rouges imbibés d’une solution très concentrée de sulfate de potasse fortement acide.
- Le mélange pâteux est mis sur une brique siliceuse et, peu à peu, le sulfate acide de po-asse passe dans la brique, et les cristaux restent dessus, débarrasés de la majeure partie du liquide gênant.
- Les assiettes siliceuses remplissent le même but, elles offrent l’avantage de pouvoir servir indéfiniment ; en effet, après avoir recueilli le produit égoutté, on peut les laver à grande eau et les faire sécher.
- J’ai reconnu que c’était le plâtre gâché et séché à l’air qui avait la plus grande puissance absorbante. Il peut même rendre de très grands services à l’industrie, vu son bas prix, on peut jeter les aires ou moules en plâtre après s’en être servi.
- Dans divers travaux, j’ai déjà indiqué, et notamment dans les colonnes du Moniteur de la Teinture de Paris, l’application de cette propriété absorbante des aires en plâtre à la fabrication du carmin d’indigo, opération toujours longue et coûteuse dans l’industrie, même avec les filtres presses. De plus dans le carminage de l’indigo, par l’emploi du sel marin, on verdit toujours 1 a couleur bleue du dérivé sulfurique de l’indigo.
- Comme application industrielle, beaucoup de petits teinturiers et même de grands, peuvent faire leur carmin eux-mêmes, en partant directement de la composition ou sulfate d’indigo, faite par eux ou achetée dans de bonnes conditions,
- Pour ce, ils n’ont qu’à faire des moules en
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- G G OI
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- plâtre et les laisser sécher, et sur un moule pesant 1 kil. comme plâtre sec, en mettant dessus 1 kil. de composition d’indigo le soir, ils trouveront le lendemain matin, si la composition est, par exemple, faite avecl d’indigo et 5 d’acide sulfurique à 600, sur le moule un produit très ferme, représentant comme poids environ 170 kil. d’acide sulfindigotique très pur, teignant en beau bleu sans acides.
- Ce produit est facile à détacher du moule, dont il se sépare naturellement.
- Les 830 autres grammes réprésentent l’excès d’acide sulfurique entrainant avec lui toutes les impuretés de l’indigo dans le plâtre qui se fendille, devient très acide, vert sale, et n’est bon qu’à jeter.
- Cette méthode très élégante pour carminer, donne du carmin presque à aussi bas prix que la composition d’indigo.
- J’y ai été amené par une suite d’observations très délicates qui m’ont démontré que la composition d’indigo, n’était autre chose que de l’acide sulfindigotique en suppression dans l'acide sulfurique à 60° Beaumé tenant en dissolution les impuretés brunes et verdâtres de l’indigo naturel.
- Le bas prix du plâtre permettra de l’employer pour l’absorption de liquides mêmes très acides, pour éviter les filtrations longues et coûteuses dans une foule de cas.
- Je crois même qu’on pourra employer avec succès cette propriété pour la dessication des bourres et des poils, teints et rincés, que l’on égoutte que très imparfaitement par l’essorage, absolument comme l’on fait dans les amidonneries.
- Ainsi dans des chambres chaudes, au lieu de déposer les poils ou bourres sur des filets, on les déposera sur des aires en plâtre peu épaisses et soumises constamment à la dessication.
- En déposant les poils ou bourres sortant des essoreuses dessus ces surfaces ou aires, l’humidité sera aspirée par le plâtre et la dessication accélérée. Les surfaces en plâtre se dessécheront constamment et peuvent avoir
- une très longue durée dans ces conditions.
- Dans certains cas, par exemple, pour des laines en bourres, que l’on ne voudrait pas essorer pour ne pas les feutrer, après les avoir égouttées naturellement dans des paniers, on les exposera sur ces aires qui absorberont le restant de l’humidité.
- Ici se termine ce qui a rapport à la porosité dans ses rapports avec la teinture et industries similaires.
- De la cohésion. — Les rapports ce cette propriété physique des corps avec la teinture, sont assez mal définis, en ce qui concerne les fibres textiles.
- Néanmoins l’on peut dire que plus la poro • si té est grande, plus la cohésion est faible et que les fibres les plus cohérentes ou dures, sont les moins faciles à teindre, et conséquemment les moins poreuses, tel est le cas de la ramie, du lin et du chanvre.
- Marius Moyret.
- [Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- Prunes et byrons aveg les violets (a l’acide)
- ET LES VERTS LUMIERES
- Bien que nous Payions annoncé au début du chapitre traitant des grenats, prunes et byrons, nous avons omis, dans le dernier numéro du Moniteur de la Teinture^ de parler des prunes et byrons obtenus par le mélange des verts lumières et des violets rouges (à l’acide).
- Les verts lumières S, SOF, etc., peuvent être combinés avec la fuchsine S, le rouge solide et surtout avec les violets 4RS et 5RS (résistant à l’acide) pour remplacer dans bien des cas le mélange du carmin d’indigo et d’une matière colorante jaune réunis.
- On obtient, par le mélange raisonné des différentes marques de verts lumières et de violets rouges, des nuances prunes et byrons d’une certaine solidité. Nous avons déjà parlé
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- de ces matières colorantes utilisables également à la teinture des gros-bleus ; nous rappellerons donc, aussi succintement que possible, leur application à la teinture de la laine.
- La dissolution des produits se fait en eau tiède ; les solutions doivent être filtrées avant d’être employées, celle du vert lumière ne peut être conservée longtemps sans se décomposer.
- On mordance la laine de différentes façons : par addition, dans le bain, d’un mordant liquide, d’acide sulfurique seul, ou bien encore d'acide sulfurique et de sulfate de soude.
- 1er Procédé.
- La teinture de la laine se fait directement c’est-à-dire en un seul bain.
- On compose le bain de teinture avec la quantité d’eau proportionnelle au poids des étoffes à traiter, et on le mordance avec le liquide (1) déjà décrit au paragraphe des grenats et prunes à la fuchsine. One hauffe au bouillon et on laisse manœuvrer les pièces dans le mordant pendant 30 minutes environ. On cesse de chauffer, puis on met dans le bain les quantités nécessaires de colorants pour obtenir la couleur imposée. Les colorants doivent être employés en solutions filtrées. On donne d’abord aux pièces quelques tours, puis on chauffe graduellementle bain jusqu'au bouillon, température qu’on maintient pendant toute la durée de l’opération. Si c’est nécessaire, on termine la nuance avec de la fuch sine et du carmin d’indigo.
- Afin de permettre aux colorants précipités de bien s’unir, il est bon de laisser au moins 30 ou 40 minutes entre la dernière garniture et l’abattage des pièces.
- (1) Pour 1600 litres d’eau :
- 70 kil. d’acide sulfurique ;
- 60 kil. de sulfate d’alumine;
- 130 kil. de sulfate de soude ;
- 30 de {mordant pour 100 de laine sur bain fait.
- 50 de mordant pour 100 de laine sur bain neuf.
- Au sortir du bain de teinture les pièces sont lavées à grande eau.
- Les verts lumières résistent déjà par eux-mêmes au foulon et à l’acide ; aussi, les prunes et byrons obtenus comme nous venons de l’indiquer, lorsqu’ils sont bien préparés, subissent-ils l’action des acides et celle du foulon sans détérioration bien appréciable.
- 2e Procédé.
- Pour ce second procédé on compose le bain de teinture, pour 100 kil. de laine, de :
- Eau q. s.
- Acide sulfurique 5 kil.
- Quantités voulues de vert lumière et de violet rouge pour obtenir la couleur demandée.
- On opère ensuite comme dans le premier procédé, ci-dessus indiqué.
- L’acide sulfurique est le mordant indispensable pour appliquer sur laine aussi bien les verts lumières que les violets rouges résistants à l’acide. Cependant, nous pensons qu’il est bon d’employer d’autres ingrédients, tel que le sulfate de soude, pour aider à l’application du carmin d’indigo, qu’on est presque toujours obligé d’utiliser pour la confection des prunes et byrons.
- 3e Procédé
- Cette troisième méthode, absolument semblable, quant aux détails de l’opération, au premier procédé dont nous parlons plus haut, diffère de ce dernier dans la composition du mordant.
- Pour 100 kil. de laine, on prépare le bain de teinture avec :
- Eau q. s.
- Sulfate de soude 15 kil.
- Acide 5 »
- Quantités nécessaires de vert lumière et de violet rouge pour arriver à la nuance demandée.
- On opère la teinture comme il a été dit au premier procédé.
- Grenats et prunes avec le vert lumière S, LES FUCHSINES, ETC.
- Nous avons déjà dit que le vert lumière S
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pouvait être combiné avec les fuchsines solides et les rouges solides ; on peut donc obtenir des grenats, prunes et byrons par le mélange du vert lumière S et de ces divers colorants, en opérant, pour l’application sur laine, comme il a été dit pour les prunes et byrons produits par la combinaison des verts lumières et des violets rouges (à l’acide).
- C.-E. M., chimiste coloriste ' (Reproduction interdite.) ‘A suivre).
- MÉMOIRE sur une méthode d'analyse qualitative des matières colorantes artificielles, par M. Ed. Weingaertnfr, assistant à VEcole de chimie | de Mulhouse.
- (Société Industrielle de Mulhouse.)
- C
- Vert malachite. — Facilement soluble dans l’eau avec une belle coloration verte. Les al calis précipitent en rose ou en gris. L’acide salfurique dissout en jaune, mais la solution, étendue d’eau, passe au vert.
- Vert brillant —Soluble dans l’eau avec une plus jaunâtre que la précédente. L’ammoniaque ne donne pas de précipité ou bien un précipité très faible. L’acide sulfurique dissout en jaune, et la solution, étendue d’eau, revient au vert, mais plus lentement que dans ’e cas | du vert malachite.
- Vert méthyle.—Soluble dans l’eau avec une coloration bleu-verdâtre. Les alcalis la décolorent sans produire trace de précipité. L’acide sulfurique dissout en jaune et la solution I passe au vert par addition d’eau. Un échan- i tillon d’étoffe teint par cette couleur passe au violet lorsqu’on le chauffe à 100o.
- D
- Bleu méthylène. — Facilement soluble dans l’eau. La solution passe au vert et pâlit par addition d’acide chlorhydrique. La soude con- j centrée produit dans la solution également j
- concentrée un précipité violet-noir. La couleur renferme du zinc. Une solution de chlorure de chaux de 50 B. ne détruit le colorant qu’après quelques heures. L’acide sulfurique dissout la substance en vert.
- P
- Bleu nouveau {Casselld).— Soluble dans l’eau avec une nuance bleu-violacée. La soude donne un précipité brun-noir. En réduisant par le zinc et l’acide acétique, le liquide colore d’abord en vert. L’acide sulfurique dissout en vert, et la solution , par addition d’eau, passe au bleu puis au violet. La matière colorante se présente en poudre fine qui provoque l’éternuement
- On a récemment vendu sous le nom de « bleu nouveau» une substance présentant les réactions suivantes :
- Solution violette à chaud,verte à froid. Les alcalis y déterminent un précipité brun-rouge ; l’acide chlorhydrique un léger précipité bleu. L’acide sulfurique dissout en rouge-violet, et la solution, par addition d’eau, passe au violet.
- Cette dernière substance est probablement un mélange.
- Muscurine {Durand et Huguenin). — Difficilement soluble dans l’eau froide, facilement dans l’eau chaude avec une nuance violette. Le tannin donne un précipité bleu-indigo. La soude concentrée donne un précipité brun-rouge. L’acide sulfurique concentré dissout en vert-bleuâtre, et la solution, par addition d’eau, passe au bleu, puis au violet en laissant un précipité qui n est soluble que dans beaucoup d’eau.
- E
- Violet méthyle (violpt Hofmann). — Facilement soluble dans l’eau. Les alcalis donnent un précipité brun-violacé. D’acide sulfurique dissout la substance solide en jaune, et la solution, par addition d’eau, passe au vert, au bleu, puis au violet.
- Violet neutre {Castel la).— Peu soluble dans
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- l’eau froide. Les alcalis précipitent la solution des flocons bruns. L’acide chlorhydrique le fait passer au bleu. L’acide sulfurique dissout la substance solide en violet-sale, et la solution, par addition d’eau, passe au bleu, puis au violet sale.
- (A suivre.)
- NÉCROLOGIE
- NICOLAS-AUGUSTIN MOREL
- On annonce la mort de M. Morel qui implanta l’industrie du peignage mécanique à Roubaix et à Tourcoing.
- Mécanicien et inventeur remarquable, il est l’un de ceux à qui ces deux villes devront le plus de gratitude parmi tous les hommes utiles de cette génération.
- Celui dont l’admirable machine devait y révolutionner l’industrie de la laine était le fils d’un gardeur de moutons des Ardennes. Il était né au Nouvion en Porcien en 1817.
- Son enfance et sa jeunesse se passèrent loin des écoles et des instituts. Jusque treize ans il fut berger.
- Vers cet âge il quitta son village pour entrer comme ouvrier dans une filature de Si-gny-l’Abbaye. C’est ici que ses dispositions pour la mécanique s’affirmirent. Il trouva un régulateur pour les roues hydrauliques. L’invention était heureuse et on prit un brevet en son nom. Le curé du village, l’abbé Cou-sinard, émerveillé dn génie précoce de son je une paroissien, voulut le présenter au préfet du département. Augustin Morel était dans sa voie.
- Deux ans plus tard, à dix-huit ans, il obtenait un second brevet, cette fois pour une machine à faire « de la corde à broche ». Le département des Ardennes lui décerna le prix de 5.000 fr., qu’il accordait à l’idée la plus utile mise au jour dans une période déterminée.
- Après avoir fait son service militaire, M. Augustin Morel vint à Lille, toujours comme ouvrier de filature. On allait inaugurer la ligne
- du chemin de fer du Pont du Lion-d’Or, à Mouscron. Augustin Morel fut curieux d’expérimenter « les machines à feu qui traînaient des voitures », pour parler le langage du temps.
- En compagnie de son frère il prit le premier train qui vint à Roubaix. Les deux frères avaient projeté de retourner à pied. Surpris par un orage, ils durent remettre leur départ au lendemain, et s’en allèrent loger dans un estaminet de la rue de l’Alouette qui existe encore sous la même enseigne : « A la Chasse ». Le lendemain, en se promenant à travers la ville, Augustin Morel vit des établissements industriels qui l’intéressèrent. Il jugea qu’il y avait plus d'avenir pour lui à Roubaix qu’à Lille et il résolut d’y rester.
- Il entra comme fileur chez M. Merlin, rue des Fabricants. Son patron, voyant ses étonnantes aptitudes comme mécanicien, lui confia la réparation de ses machines.
- Il entra ensuite à la filature, de laine mixte de M. Dujardin-Colette, comme débou-reur de cardes
- En quinze jours, il avait modifié les machines. On le fit surveillant puis contre-maître. Ayant alors des coudées franches, il commença par construire une « machine à laver ». A l’époque où il entra chez Dujardin-Collette, la laine employée était tellement chargée, que tout collait dans les machines. C’est Augustin Morel qui, le premier, eut l’idée de laver la laine mécaniquement. Il demanda une salle séparée, l’obtint, et commença à dessiner les principales pièces de cette fameuse laveuse, qui, aujourd’hui encore, est le type de toutes les machines à laver connues.
- La laveuse Morel donna d’excellents résultats et la filature de M. Dujardin, devint une des meilleures de la ville ; les fileurs y gagnaient des journées fabuleuses.
- Non satisfait encore de son succès, Morel rêva de peigner la laine aussi mécaniquement. Ce travail se faisait à la main et encore ne peignait-on que des laines dites : anglaises ou de Hollande, les laines courtes généralement
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- se filaient au « gras ». Morel avait bien entendu parler d’une peigneuse mécanique qui se trouvait en Alsace, la peigneuse Heilmann, mais ne la connaissait que de nom.
- A partir de 1849, il travailla avec acharnement, chercha, fit fausse route, eut beaucoup de déboires, mais ne se découragea jamais. En désaccord avec M. Colette, ingénieur, beau-frère de son patron, il quitta la maison Dujardin et s’en alla à Marcq, diriger la filature de M. Jules Delerue.
- II reprit de nouveau sa peigneuse et fit de nouveaux essais qui ne donnèrent pas non plus les résultats attendus. Après plusieurs années d’un travail opiniâtre, il quitta la maison J. Delerue et revint se fixer à Roubaix, triste, découragé, subissant les sarcasmes des envieux et des ignorants, mais ne se sentant pas vaincu.
- Il continua ses recherches et, un jour, il crut pouvoir dire : j’ai trouvé ! Sa peigneuse était à peu près terminée mais pour cela il avait fallu s’endetter, surtout chez le fondeur. Ce fondeur était M. Adolphe Binet.
- Un jour, raconte « Roubaix-Artiste » M. Binet revenait de Lille, il monte dans une voiture de troisième et se trouve nez à nez avec son débiteur, Augustin Morel.
- Naturellement, entre le fondeur et l’inventeur, il fut question de mécanique. On parla de la fameuse peigneuse ; cette peigneuse qui avait coûté tant de peine, qui avait fait passer tant de nuits blanches à son créateur.
- — Ma peigneuse marchera dit Morel, il ne me manque plus qu'un mécanicien qui consente à me faire les dernières pièces. Vous êtes au mieux avec le constructeur Jules De-régnaucourt, ne pourriez vous lui proposer d’examiner mon invention, nous l’exploiterions ensemble.
- M. Binet sourit de la confiance qu’avait Morel dans sa machine qui, jusque là, n'avait pas fait ses preuves. Néanmoins, il promit de voir le constructeur. M. Binet qui était fort tenace, amena Derégnaucourt voir cette peigneuse à la fonderie, où elle était presque
- montée. « Cette machine a du bon dit-il, je pense pouvoir en faire quelque chose, dis à Morel qu’il peut la monter chez moi ».
- Si M. Morel avait le génie, M. Binet, lui, avait l’intelligence commerciale. De suite, il | proposa une association pour l’exploitation de |la peigneuse Morel. L’acte d’association fut fait et les essais commencèrent.
- La nouvelle société installa un peignage de laines à façon, rue de l’Ermitage, derrière l’église Notre-Dame. Les commencements furent pénibles.
- On essaya diverses laines fines et cela ne marchait pas. On alla, jusqu’à essayer de l'étoupe et l’espoir revint à l’inventeur. Enfin, M. Binet eût une idée. Si l’on essayait les grosses laines de Perse ? On trouva une petite balle de ces laines en suint.
- Madame Morel prépare de l’eau chaude dans une cuvelle et lave elle-même la laine qui, séchée, doit servir à faire de nouveaux essais.
- La laine est mise en rubans grossiers et portée sur la peigneuse. Il sort du «peigné», avec cinquante et un pour cent de blousses, il est vrai, mais, enfin, on peut peigner la laine de Perse.
- De suite, on construisit une deuxième peigneuse et on alla s’installer dans l’ancienne usine du « gaz portatif » derrière l’église Notre-Dame.
- Là de nouvelles déceptions surgirent ; pour commencer, il aurait fallu beaucoup d’argent car il y avait des machines préparatoires à acquérir et une quantité de frais à faire.
- On marcha donc péniblement, mais on marcha. La peigneuse manquait d’un organe essentiel, on était obligé d’attrapper à la main la laine peignée qui sortait des cylindres; Morel para à cet inconvénient, en inventant son tambour nappeur. Un peu plus tard il inventa son fameux démêloir. C’est une machine fort ingénieuse que la carde n’arrivera jamais à remplacer pour les laines longues. Le travail de ce démêloir se rapproche le plus possible du peignage à la main.
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- En 1859, le gouvernement, qui préparait les traités de commerce, fit savoir aux industriels résolus à engager la lutte contre la concurrence étrangère, qu’il aiderait financièrement ceux qni ne disposeraient pas de ressources nécessaires.
- La maison Morel et Cie demanda et obtint un prêt de 300,000 fr. Ce prêt permit de commencer le grand établissement de la rue de Tourcoing.
- C’est alors que la Société Morel et Cie fit construire cet immense peignage qui n'occupe pas moins de 40,000 mètres carrés et où fonctionnent une quantité innombrable de machines, laveuses, cardes, gills, étirages, pei-gneuses, lisseuses, etc.
- Depuis 1853, Morel avait pris un brevet pour sa peigneuse.
- Tout en exploitant sa principale invention, il poursuiuait ses recherches mécaniques. Il inventa une lisseuse qui fut bientôt connue et adoptée par l’industrie linière du monde entier.
- Il n’avait pas voulu, cette fois, prendre un brevet ; il disait que sa nouvelle machine était appelée à rendre trop de services pour qu’il se crut le droit d’en limiter la construction.
- Il fit aussi différentes nouvelles peigneuses pour les laines longues et pour les laines courtes.
- Quand la guerre vint suspendre les affaires M. Morel, qui occupait 900 ouvriers ou ouvrières, transforma son peignage en cartoucherie. Partout ailleurs on faisait les cartouches à la main. Il trouva le moyen de fournir avec des machines trois fois plus de cartouches que les autres cartoucheries du Nord, à personnel égal.
- Il livra 4.600.000 cartouches à l’armée du Nord. Il sut éviter chez lui les explosions qui se produisirent dans les autres cartoucheries de la région.
- Après la guerre, M. Morel entra dans la vie publique en même temps que son associé, M. Jules Derégnaucourt. Il fut conseiller muni
- cipal, adjoint, conseiller d’arrondissement. L’influence que lui valaient et ses services à l’industrie roubaisienne et sa popularité parmi les ouvriers (il n’eut jamais de grève chez lui) furent beaucoup dans ses succès électoraux. Sa santé et le soin de ses affaires le déterminèrent, après un temps relativement court, à abandonner les mandats dont on l’avait revêtu.
- En 1878, il avait été décoré de la Légion d’honneur pour services rendus à l’industrie et à l’armée.
- M. Morel eut un mérite qui n’est pas celui de tous les arrivés ; il se souvint toujours de ses origines ; il recommandait instamment autour de lui de traiter son personnel avec douceur et considération.
- Il savait combien il est dur pour l’ouvrier d’être brutalisé. Il était charitable, et le nombre est grand, nous dit-on, des misères qu’il qu’il soulagea.
- Ses concitoyens garderont la mémoire de ce travailleur opiniâtre, de ce chercheur étonnant, sans instruction et sans culture, mais si admirablement doué qu’il dut tout à son intelligence et à sa volonté.
- Le seul luxe qu’il se soit réservé pour l’heure du sommeil dans la tombe, c’est un caveau de famille sur lequel plane une figure allégorique avec ses mots : « après le travail, le repos. »
- C’est au milieu d’une affluence considérable qu’ont été célébrées les funérailles de M. Augustin Morel.
- Les représentants du commerce et de l’industrie de Roubaix, de Tourcoing, de Lille, avaient tenu à rendre un suprême hommage à sa mémoire et les ouvriers de leur côté, ont, en foule fait cortège au cercueil de leur patron.
- Le char était recouvert de couronnes.
- Les cordons du poêle étaient tenus par MM. Julien Lagache, maire de Roubaix, Achille Scrépel, sénateur, Jean Lefebvre, peigneur de laines à Roubaix, Vinchon, adjoint an maire,
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- peigneur de laines, Leloire, ancien adjoint, administrateur des Hospices, et Paul Dubrule, peigneur de laines, à Tourcoing.
- Le deuil était conduit par M. Jules Morel, fils du regretté défunt.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- REPARTITIONS DE FAILLITES
- Paris. -- M. Morin, teinturier, avenue d'Orléans, 30. — S. : M. Mercier. -- 15 fr. 20.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif Bedenne et fils, teinturiers en bois, rue de la Roquette, 118 bis, Cour Bebille, 7. — Durée : 8 ans et demi. — Cap. : 12,000 fr. — Acte du 29 juillet. — L.
- Paris. — Formation de la Société en commandite V. Blanchard et Cie, teinturerie, boul. Richard-Lenoir, 16 — Durée : 12 ans du 1er février 1888,— Cap. : 4,000 fr. dont 3,000 fr. en commandite. — Acte du 25 août. — A. P.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Robert a vendu à Mme Ruiz, rue de Strasbourg, 8, chez MM. Henri et Proust, 1er octobre, un fonds de teinturerie, faubourg Saint-Martin, 234.
- M. Schœnowerk a vendu à M. X..., boul. Montmartre, 17, chez M, Lardin, de suite, un fonds de teinturerie, rue de Bellechasse, 62.
- M. Judt, a vendu à M. Lieure, au fonds, de suite, une résil. vente teinturerie, faub. Poissonnière, 91.
- M. Hébrard a vendu à M. X..., rue de Moscou, 23, chez M. Poulain, 20 septembre, un fonds de teinturerie, rue de de Tocqueville, 27.
- Mme Seintier a vendu à M. X. ., avenue de Vaudreuil, 4, Bois-Colombes, chez M. Morand, 3 septembre, un fonds de teinturerie, rue Cujas, 18.
- M. Lafond a vendu à M. X..., avenue de la République, 8, chez M. Leproux, 15 septembre, un fonds de teinturerie, faub. Saint-Antoine, 119.
- Mlle Courtillon a venduàMlle Bergeot, boul. de Magenta, 45, chez M. Marin, 12 septembre, un fonds de teinturerie, boul. de Magenta,2. 3 M. Fleury a vendu à M X..., rue Meslay, 43, chez M. Hardy, 20 septembre, un fonds de teinturerie, rue de Rome, 27.
- B ER
- Les opérations de la liquidation mensuelle se sont moins bien terminées qu’on ne le pensait généralement.
- Les acheteurs ont dû payer des reports plus chers que de coutume. Mais la Bourse s’est promptement remise comprenant fort bien que cette élévation du prix n’était que temporaire et que l’argent était toujours aussi abondant.
- Somme toute les acheteurs sont encore en bénéfice, cest là le point essentiel.
- Deux affaires nouvelles vont être présentées au public cette semaine.
- C’est d’abord la Banque Parisienne qui offre à sa clientèle 30,000 obligations de 500 fr. du gouvernement de Catarnarca, province de la République Argentine.
- Ces titres, qui rapportent 30 francs par an, sont émis à 473 fr. 75 ou 472 fr. 50 si on se libère à la répartition, ce qui représente 6.53 0[0 avec la prime de remboursement.
- Il s’agit là d’un pays plein d’avenir, et les garanties offertes aux souscripteurs sont de nature à leur inspirer toute confiance.
- Le public fera également bon accueil aux 64.000 obligations de 500 fr. de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest de l’Espagne. Ces obligations émises à 412 fr. jouissance juillet 1888, seront délivrées à 400 fr. jouissance janvier 1889 pour les titres libérés à la répartition.
- Une première hypothèque a été prise au profit de ces obligations sur les 350 kilomètres déjà exploités
- En outre la Compagnie des chemins de fer Portugais garantit ie paiement des intérêts et l’amortissement de ces obligations pendant toute la durée de construction et pendant les 10 premières années d’exploitation.
- A signaler dans l’ensemble de la cote la fermeté du Fonciér à 1375, du Panama 280 et du Suez à 2250.
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- LE MONITEUR DE
- 32 Année, Ne 20: BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- CARMINAPHTE:
- . BULLETIN DE LA SOIERIE A LYON.
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- ESSAI DE TEINTURES INALTÉRABLES (suite).
- DES MATIERES COLORANTES ARTIFICIELLES (suite).
- BLANC SUR LAINE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BULLETIN FINANCIER.
- BIBLIOGRAPHIE. — COURS. — ANNONCES.
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l’analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.}
- FOULAGE, DÉGRAISSAGE ET TEINTURE SIMULTANÉS
- Par MM. Pascal-Valluit et Cie.
- La méthode s’applique à tous tissus mélangés de fibres animales et de fibres végétales, LeS brevetés commencent par teindre à froid le coton ou autre textile végétal en ajoutant à l’agent de dégraissage et de foulage (le sa-von), tous produits colorants (la benzo-pur-purine, par exemple) capables de se fixer sur les fibres en présence de cet agent de foulage ou de dégraissage.
- Le tableau ci-après fait saisir les différences entre l’ancien et le nouveau procédés.
- Procédé ancien :
- 1* Dégraissage et foulage ;
- 2- Lavage;
- 3- Séchage ;
- 4’ Teinture à froid ou matage ;
- 5- Séchage.
- Procédé nouveau :
- 1- Dégraissage, foulage et teinture simul-tanés ;
- 2- Lavage et complément de teinture, si besoin ;
- 3* Séchage.
- APPAREIL DE TEINTURE Par MM, Hamel frères.
- Il s’agit principalement de la teinture des matières textiles en bobine. Les bobines sont placées verticalement entre deux faux-fonds perforés et calées à ,l’aide de coins en bois, qui en épousent exactement la forme extérieure.
- Une hélice ou vis, de dimensions et de pas variables,fixée soit au centre de la cuve, soit extérieurement et latéralement dans une gaine cylindrique, sert à faire circuler le liquide tinctorial de bas en haut ou de haut en bas, ou alternativement dans les deux sens.
- Lorsque l'hélice est extérieure, les bobines sont réunies dans une boîte unique, munie de bras pour permettre de relever simultanément toute la mise. Le cylindre vertical, où tourne l’hélice, communique alors par une tubulure, avec la partie inférieure de la cuve et, par un déversoir,avec la partie supérieure, de manière à établir une circulation continue.
- IMPERMÉABILITÉ DES TISSUS ET VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS
- Par M. Ducosté.
- La particularité de l’invention consiste dans l’emploi de la benzine ou de l’essence de pétrole pour tenir en dissolution des substances qui, après évaporation du véhicule liquide, restent imprégnées dans les fibres et les rendent imperméables à l’eau, mais non à l’air.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- M. Ducosté indique, à titre d’exemple, la proportion de 5 kilog. de paraffine pour 100 litres d’essence ou de benzine.
- Les tissus et vêtements, immergés dans une semblable solution, puis essorés et séchés, conservent l’imperméabilité après lavage au savon et résistent également à l’action des alcalis et des acides.
- SECHOIRS A VAPEUR POUR TEINTURE ET APPRÊT DES ÉTOFFES Par M. Hanrion.
- L'invention repose sur l’adaptation aux appareils à sécher, employés dans la teinture et l’apprêt des étoffes, d’une commande directe, propre à diminuer la dépense de force motrice et à régulariser la tension des pièces sur la longueur, tandis que dans les appareils en usage cette tension varie entre entre les différents cylindres ou tambours.
- Le breveté supprime les roues droites et intermédiaires qui, d'après les anciens dispositifs, transmettaient les mouvements de proche en proche ; il les remplace par une vis sans fin à double filet, qui actionne autant de roues dentées qu’il existe de cylindres , l’axe de chaque cylindre portant un de ces pignons.
- EMPLOI SPÉCIAL DES PRODUITS OBTENUS EN TRAITANT LES CORPS GRAS PAR L ACIDE SULFURIQUE Par M. Grawitz.
- Le noir d’aniline sur coton, lavé après teinture et séché, présente un reflet mordoré qui, par le savonnage, se transforme en noir bleuté ; cette teinte recherchée s’acquiert aux dépens du toucher, qui devient plus ou moins gras ; le coton prend aussi une odeur particulière. M. Grawitz substitue au traitement habituel, le procédé ci-après :
- Pour 100 kilog. de coton teint en noir d’aniline, le breveté prend :
- 200 à 250 litres d'eau,
- 5 litres d’acide sulfurique à 65 ou 660 B ,
- 10 lit. de sulforicinate concentré de soude.
- Le coton est plongé à froid ou à tiède, dans ce bain, qui est chauffé progressivement jusqu’à ce que la fibre ait absorbé la matière grasse provenant de la décomposition du sulforicinate par l’acide sulfurique.
- La combinaison de la matière grasse avec le noir est rendue stable par l’élévation de la température, soit par le rinçage à l’eau chaude ou bouillante, soit par le vaporisage.
- Le coton soumis au savonnage après cette préparation, s’encolle aisément et n’a aucune odeur.
- GAUFRAGE SUR TOUS TISSUS Par M Aubert
- Le but de l’invention est de rendre le gaufrage résistant, en imperméabilisant l’étoffe. C’est, en effet, l'humidité qui, le plus souvent, détruit les reliefs obtenus sur les appareils à gaufrer.
- M. Aubert commence par soumettre le tissu à l’action d'une dissolution appropriée (de sel d’alumine, par exemple); le moyen le plus pratique est de faire cette imperméabilisation dans une dégorgeuse, où le tissu circule sans discontinuité pendant deux heures environ.
- L’essorage se fait au large sur une machine à foularder ou «foulard », le séchage, sur la rame dite «métiers de St-Quentin». La pièce sèche est enroulée et portée ainsi sur la machine à gaufrer.
- Les dessins imprimés par gaufrage résis-alors aux influences de l’air humide, voire de la pluie et conviennent à tous genres de confections pour robes et chapeaux.
- BLANCHIMENT DES TEXTILES VÉGÉTAUX Par M. Rubay.
- M. Rubay s’est proposé la suppression complète de l’exposition sur le pré, des fils de chanvre, de lin et d’étoupes (qui doivent arriver aux blancs dits 314 et 44), ainsi que la diminution des étendages sur le pré,des tissus devant subir des blancs avancés.
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- 2îl
- Pour les fils, M. Rubay commence par les soumettre, pendant 2 ou 3 heures, à l’action d’une lessive, chauffée entre 50 et 60 centig. et formée de carbonate de soude, de soude caustique ou de potasse, dans la proportion de 1 à 2 0[0 du poids des matières à blanchir.
- Après un lavage, les fils sont immergés de nouveau, pendant plusieurs heures, dans un bain de chlorure de chaux et de savon, puis vient un second lavage, auquel succède un troisième bain, cette fois, dans l’acide sulfurique étendu d’eau.
- En répétant le même traitement, on obtient les fils à la nuance dite 1(2, 3[4 ou 414 blanc.
- Pour les tissus, après lessivages comme ci-dessus, M. Rubay ajoute au bain de chlorure de chaux, soit de la saccharine et de l’acide acétique, soit de la saccharine et de l’acide oxalique.
- TEINTURE DU COTON EN NOIR GRAND TEINT Par M. Grawitz.
- La teinture du coton (non filé) en noir d’aniline présente de grandes difficultés. M. Grawitz traite la matière en cours de « préparation», c’est-à-dire qu’il met en écheveaux le coton à l’état de « rubans » ou de « mèches », puis le soumet au débouillissage et à la teinture, ayant soin d’enserrer les écheveaux dans des sacs en treillis ou bien entre des cadres à jour, pour éviter l’emmêlage des fibres.
- La préparation teinte et séchée est soumise aux transformations complémentaires de la filature, sans modification à la méthode ordinaire.
- Dans un certificat d’addition, le breveté re-Vendique l’extension du procédé à la teinture du coton en toutes nuances.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 190417. 4 mai; Compagnie dite The Continental Oxygen, Cie Limited. — Procédé per-Actionné pour le blanchiment de toutes matières.
- Ce procédé consiste en principe à employer pour le blanchiment l’oxygène ou l'air atmosphérique concurremment avec la chorure de chaux ou chlore.
- Quand l’oxygène ou l’air est employé en combinaison avec le chlorure de chaux on le fait arriver sous pression, au sein du bain de blanchiment contenant le chlorure de chaux ou autre sel décolorant et dans lequel on place la matière à blanchir. Cette opération s’effectue de préférence dans un appareil muni d’agitateurs permettant de remuer toute la masse pendant l’opération, une pile de papeterie convient très bien dans ce but.
- L’appareil peut d’ailleurs être fermé ou ouvert ; dans le premier cas, si on fait usage d’oxygène, on peut recueillir l’excès de ce gaz à la sortie de l’appareil afin de l’employer dans des opérations ultérieures.
- Quand l’oxygène ou l’air est employé en combinaison avec le chlore, on peut le faire arriver directement et sous pression dans l’appareil de blanchiment, ou bien on peut introduire l’oxygène ou l’air dans l’appareil générateur du chlore pour faire arriver le mélange gazeux ainsi formé sur la matière à traiter.
- L’oxygène ou l’air peut d’ailleurs être employé soit avec le chlore gazeux, soit en dissolution dans l’eau.
- 190420. 5 mai ; Bor. Appareil hydro-insuf-flateur au nouveau procédé de teinturerie par hydro-insufflation sur laine, sur soie, sur coton et sur tous les tissus en général.
- L'objet du brevet consiste à insuffler simultanément deux ou plusieurs liquides aspirés en même temps, mélangés intimement par la pulvérisation et réagissant chimiquement dans le corps du tissu pour fournir l’action de teinture désirée.
- 190485. 8 mai ; Farnier. — Perfectionnements à l’impression et au gaufrage des toiles cirées, tissus et autres matières, et aux machines employées à cet effet.
- Dans le procédé qui fait l’objet du brevet, on emploie une table à mouvement alternatif
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- LR MONITEUR DE LA TEINTURE
- composé d’une plateforme inférieure qui sont toutes les deux montées de matière à pouvoir être réglées sur des supports mobiles portés par des glissières disposées sur la machine.
- Le tissu à imprimer voyage sur la plate-forme inférieure et avance dans la machine sous l’action d’un cylindre rugueux ou à garniture de carde ou bien d’un autre organe et le bloc imprimeur est fixé sur le dessous de la plateforme supérieure. La table reçoit son mouvement d’un mécanisme quelconque disposé de manière à abaisser la plateforme supérieure et à la maintenir en contact avec le tissu d’une certaine quantité, puis à un moment donné de ressorts relèvent la plateforme supérieure et l’écartent de la plateforme inférieure. L’encre ou la couleur d’impression qui doit imprégner le bloc est contenue' dans un encrier porté par le bâti près de la table et dans cet encrier se trouve un rouleau tournant qui ramasse l’encre et en dépose une couche mince sur un second rouleau qui l’applique sur un rouleau encreur ordinaire ayant un diamètre tel que dans un tour il fasse plus que couvrir le bloc.
- Pendant l’encrage, le tissu avance lentement de manière qu’au moment où la manivelle a fait un tour complet et où la plateforme supérieure s’abaisse de nouveau une portion neuve de tissu soit arrivée en position prête à être imprimée.
- On peut imprimer successivement plusieurs couleurs sur le tissu avec la même machine.
- 190535. 11 mai ; Société Farbenfabriken Vorm Friedrick, Bayer et Cie. — Procédé de fabrication de nouveaux sulfo-acide.
- 190567. — 12 mai ; Scheurer et Forest. — Procédé d’impression de plume de parure.
- 190620. 15 mai ; Bohrenger. — Procédé et appareil pour teindre, laver et sécher les matières végétales ou animales et autres analogues.
- Ce procédé consiste à faire communiquer les matières filamenteuses placées dans le tambour perforé d’une turbine, à l’aide d’une conduite continue, avec un récipient à tein
- ture, à un réservoir à eau, et un tuyau à air de façon à remplir d’abord à l’aide d’un robi— net à trois voies par le conduit commun, le tambour contenant les filament et toi te la turbine, pour faire circuler alors (en tournant’ convenablement le robinet à trois voies) le liquide tinctorial à travers le tambour et le conduit commun
- On laisse alors écouler ce liquide, après quoi on tourne le robinet à trois voies, de façon à ne chasser par le conduit commun que l’eau de lavage à travers le tambour qui tourne. On tourne enfin ce robinet de façon à envoyer par le conduit commun pour sécher les matières teintes et lavées, de l’air sec dans le tambour qui tourne plus rapidement.' 190699. 26 mai ; Société Désiré Carette et Cie. — Fabrication d’un produit appelé Ensinoleum, destiné à ensimer les laines et supprimant le dégraissage.
- Ce nouveau produit est obtenu au moyen d’un solution composée de savon de glycérine et d’eau mise en présence d’une quantité de carbonate de soude.
- 190701. 24 mai ; Monet. — Procédé de teinture en noir d’aniline sur coton. ;
- 190741. 26 mai ; Bollaert.— Nouveau pros duit dit : gomme lyonnaise. ;
- 190746. 24 mai ; Monnot, — Procédé d’im-perméabilisation des tissus confectionnés 0ù en pièces.
- Ce procédé consiste essentiellement à tremper le tissu à imperméabiliser dans un bain formé de benzine lourde, de blanc de baleine et de vaseline.
- La composition de ce bain peut naturellement varier dans de certaines limites. Voici la composition employée de préférence : ... . •
- Blanc de baleine ... 25 grammes.
- Vaseline................... 2 »
- Benzine lourde........... 1 »
- Toutes les benzines du commerce peuvent être employées pour composer ce bain, benzine pure, benzine à détacher, etc., mais on donne la préférence à cette dernière à cause de son bon marché.
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- an G
- Après immesion, on laisse égoutter ou on assore et on sèche à froid ou dans une étuve.
- 190959. 1er Juin ; Clayton et Holdroyd. — Méthode et appareils perfectionnés pour dégraisser, laver, teindre et sécher la laine, le coton ou autres matières à fibres.
- Le procédé qui fait l'objet du brevet consiste à placer les matières à teindre dans un bac à teinture ouvert sur des tubes perforés, à diviser ensuite les matières ou pelotes ou parties et à sécher partiellement ces matières daus une essoreuse et à terminer ensuite le séchage sur des tubes perforés ajustables ou fixes.
- 190992. 4 Juin ; Société Marchai Falck et Cie. — Production d’un noir d’aniline inver-dissable et indégorgeable sur fils de coton et fils d’Ecosse.
- Cette production s’effectue de la matière suivante ;
- Les dévidés décreusés à la manière ordinaire sont traités après lavage, essorage et séchage dans un bain unique composé d’une dissolution de chlorate de potasse et de chlorhydrate d’ammoniaque, d’huile d’aniline délayée dans de l’eau, d’acide muriatique et de sulfure de cuivre en proportions variables.
- Au sortir de ce bain les fils en écheveaux sont essorés et séchés puis portés dans une chambre d'oxydation dont l’atmosphère est maintenue humide par une injection permanente de vapeur d’eau.
- Après cette oxydation les filés sont chrô-matés comme de coutume et le traitement se termine par les opérations de rinçage, séchage, adoucissage.
- 191100. 8 Juin ; Warschauer. — Perfectionnements dans la fabrication du linge lustré imperméable à l’eau et facile à laver.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet s’effectue de la manière suivante :
- Le morceau ou tissu de papier, toile, etc , découpé en conséquence ou tout autre étoffe pouvant généralement être employés à la fabrication du linge, sont enduits au pinceau d’une solution de celluloïd préparée à cet ef
- fet et on les recouvre d’une couche de cette solution. Celle-ci se compose de 50 grammes d’éther sulfurique 1000 grammes (95 0/0 d'alcool) et 10 grammes de celluloïd pulvérisé en petits grumeaux.
- On obtient ainsi une couche solide qui en quelques minutes est sèche. On prépare alors une secoude solutiou composée de 10 grammes de celluloïd pulvérisé dans 50 grammes d’éther sulfurique et 500 grammes d’alcool dont on enduit la première couche et qui donne un recouvrement solide qui est sec en quelques heures et imperméable.
- 191137. 11 juin ; Sillars. — Manière de produire des dessins ou des inscriptions en relief sur étoffes de toutes sortes.
- 191215, 16 juin. — Société Réquillart et Scrive. — Nouveau produit industriel, consistant en tissus de lainage dans lequel on a introduit en chaîne ou en trame du coton teint qui se présente après teinture en pièces du tissus sous la forme de bourettes multicolores ou d’éffets de mélangés de plusieurs nuances opposées à celles du fond du tissu.
- 191216.16 juin ; Société Réquillart et Scrive. — Nouveau produit industriel consistant en tissu de lainage dans lequel on a introduit en chaîne ou en trame des fils de coton granuleux qui, retordus ou non, avec un fil de laine se présente après teinture en pièces de tissu, sous forme de fils bourrelés granuleux de nuances diverses toujours opposées à celles du fond du tissu.
- 191151. 11 juin; Société Dahl et Cie. — Production de nouvelles matières colorantes violettes.
- Des matières colorantes nouvelles sont obtenues par la fusion de l’a amidoazonaphta-line, de l’a amidonaphtaline azobenzol ou de l’a amidonaphtaline azotoluol avec de la pa-raphenylne, diamine et, une addition d’acide benzoïque.
- J. FAYOLLET, Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
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- CARMINAPHTE
- Les modes ont exigé depuis quelques années l’emploi de toutes sortes de fibres, et quelquefois l’emploi de la même fibre à des degrés de torsion différents et dans des sens divers. Ce dernier cas se présente pour les laines.
- Le tisseur doit distinguer facilement les brins des torsions différentes, directes ou inverses pour les laines, sinon par un oubli il produit dans l’étoffe des défauts qui en diminuent la valeur.
- Pour ce, on a imaginé de colorer les fils d’une torsion en une couleur, en laissant les autres en blanc.
- Le tissage fini, la matière colorante dun genre de fil doit s’enlever facilement, afin que toute l’étoffe reste blanche et puisse se teindre uniformément.
- Jusqu’à présent, rien n’a pu satisfaire complètement, il reste toujours aux fils colorés en matières minérales ou autres un ton plus ou moins coloré, et c’est pour remédier à cet inconvénient que MM. Gilliard, P. Monnet et Cartier, de Lyon, ont créé une matière colorante spéciale rouge, dénommée carmiraphte, d’un emploi facile pour la teinture des fils à distinguer des autres, et non moins facile à enlever après le tissage.
- Voici le mode d’emploi pour 100 kilos de laine :
- Dans un bain d’eau pure acidulée à l'acide acétique 40 0(0 cristallisable, 15 0[0 du poids de la laindre à teindre, on ajoute une dissolution de carminaphte. On entre à froid la laine et l’on chauffe progressivement jusqu’à 50 degrés centigrades, en manipulant comme d’habitude. La laine se teint en rouge plus ou moins foncé, suivant la dose de colorant employé. On tord et l’on sèche.
- On peut également l’employer sur les bains d’encollages préparés comme suit :
- Pour 100 kilos de laine :
- Eau......................... 400
- Fécule . ........... 4
- Carminaphte........ 1
- Le carminaphte ne s'ajoute qu’après cuisson de la fécule et refroidissement de la masse.
- Les fils de laine sont encollés dans le bain à une température de 70° centigrades.
- I On sèche ensuite à une étuve entre 70 et 80°; au-dessus de 800, la teinte disparaît.
- Il faut dans toutes ces opérations éviter la présence d’un métal quelconque et opérer dans le bois ou le grès.
- Pour le démontage, lorsque le tissage est fait, tous les tissus de laine subissent l’opération du dégraissage dans des bains plus ou moins chauds alcalinisés par le carbonate de soude seul ou mélangé de savon. Pendant cette opération normale, la teinture en rouge du carminaphte disparaît complètement, et le tissu devient absolument blanc, ce qui n’avait pas lieu jusqu’à ce jour.
- Cette teinture revient d’ailleurs à des prix très faibles.
- Marius Moyret.
- BULLETIN DE LA SOIERIE
- POUR LYON
- Même calme que précédemment sur le marché soyeux. Faiblesse générale sur les prix, Toute vélléité de hausse ne peut se faire jour. Les fabricants en profitent, mais non les producteurs, et surtout ceux d’Italie, que la dénonciation du traité de commerce met à notre discrétion, malgré la consortium crée pour maintenir le prix des soies il y a quelques années.
- En fabrique rien de nouveau, on commence à donner quelques articles de printemps, de peu d’importance d’ailleurs.
- Beaucoup de plaintes de chômage pour le tissage de la campagne et celui mécanique travaille mieux.
- La teinture a eu une faible reprise, mais nous sommes loin d’une période d’activité.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Certains ateliers ne font toujours que 5 et même 4 jours par semaine, principalement pour la teinture en flottes.
- La teinture en pièces tient toujours le haut du pavé.
- La ramie commence à faire parler un peu d’elle, pour l’ameublement et la passementerie, mais très discrètement. On attend toujours des filés plus fins que des numéros 60, dont avis à la Société de la ramie française.
- A propos du voyage de M. Carnot à Lyon, voici l’énumération des robes qui ont été offertes par la Chambre du commerce de Lyon, à Mme Carnot « et qui sont de véritables merveilles ».
- 1o robe vénitienne, fond gris clair, broché, métal argent (Shulz, Gourdon et Cie).
- 2® magnifique lampas Louis XVI, fond satin crme, bandes brochées en fleurs diverses (Lamy, Giraud et Cie).
- 3o robe fond poult de soie avec magnifique impression sur chaîne (Brunet-Lecomte Moïse et Cie).
- 40 robe, crêpe de Chine, ivoire, brochée même nuance (Brunet-Lecomte, Moïse et Cie).
- 50 robe, damas antique, avec bordures directoire (Tresca frères et Sicard).
- 6° robe damas noir, grand dessin, style persan, (Tresca frères et Sicard).
- 7o robe, peking vénitienne, fond vieux bleu, bandes cachemire et moire (Devaux et Bachelard).
- 80 Manteau matelassée, imitation cuir de Cordoue, fond noir, avec feuilles de bégonias, gris acier (Devaux et Bachelard).
- 9° robe, fond électrique, lainé noir, (Bérard et Ferrand).
- 10o robe satin de Lyon, noire nommé Ragd-Imir, sans envers (les petits-fils de Claude Joseph Bonnet).
- llo robe cuir de soie, myrte, (Ducôté, Co-quet-Vauzells et Cie).
- 12o robe poult de soie blanc (Bardon, Ritton et Cie).
- 13o robe velours uni noir (Gustel et Pon-son).
- 14° robe velours nacarat (Gauthier et Cie).
- 15o magnifique panneàu décoratif, reproduction de Delassalle (Chatel et Tassinan).
- Beaucoup d’autres merveilles non acceptées par la Chambre du commerce de Lyon, se retrouveront à l’exposition de 1889.
- Marius Moyret. . /oES
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
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- Grenats, prunes et blrons par l’orseille ET LE CAMPÊCHE.
- Avant tout nous devons faire remarquer que les grenats un peu vifs ne peuvent être obtenus par cette méthode de teinture, seuls les grenats ternes et foncés peuvent être produits par le campêche.
- Nous donnons ici trois procédés pour la préparation des grenats, prunes et byrons par l’orseille et le campêche ; le premier procédé est surtout applicable aux grenats foncés, le second aux prunes et le troisième aux byrons.
- 1er Procédé
- Comme toutes les teintures au bois, celle-ci nééessite deux bains différents : le bain de bouillon ou mordançage et le bain de rabat ou de teinture.
- Bouillon. — Le bain de mordançage est préparé de la manière suivante :
- Pour 100 kilos de laine, on met dans une quantité d’eau suffisante :
- Alun 12 kil.
- Muriate d’étain (Protochlorure) 4 » 500 Tartre 4 » 500
- Lorsque ces sels sont dissous, on entre les étoffes que l’on manœuvre pendant deux heures dans le bain en ébullition, après quoi on les abat et on les évente au large.
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- LE MONITEUR DB LA TEINTURE
- Le bain de bouillon ne se vide pas après chaque opération, il peut se conserver 15 ou 30 jours suivant le nombre de passes qu’on y fait.
- Lorsqu'on opère sur un bain dont on se sert pour la première fois (qu’on nomme alors bain neuf) on double les proportions des in-grédients indiqués ci-dessus.
- Teinture. — Dans une cuve convenablement remplie d’eauon met les quantités nécessaires d'orseille et de campêche pour obtenir la couleur demandée, on paille, puis on tourne le bain par une addition d’acide sulfurique faite dans la proportion de 1 0[0 environ du poids de la laine. On renue de nouveau en tous sens, puis on entre les étoffes mordancées préalablement comme nous venons de l’indiquer. On les manœuvre au bouillon (90 à 100° C.) pendant une heure, on échantillonne, on ajoute au bain les colorants qui pourraient manquer et on fait bouillir de nouveau.
- Lorsque l’on a atteint la nuance voulue, on donne quelques tours de bouillon, puis on abat et on lave avec soin.
- Si la teinture ne s’unit pas parfaitement, on ajoute au bain 1 ou 2 0|0 de tartre pour en faciliter l’application.
- 2e Procédé.
- Le second procédé est principalement uti-lisable pour la confection des prunes, il consiste comme le précédent en deux opérations : e bouill on et la teinture:
- Bouillon. — On compose un bain de bouillon, pour 100 kil. de laine avec :
- Eau q. s.
- Oxymuriate d’étain (bichlorure) 5 kil.
- Alun 7 » 500
- On manœuvre les étoffes dans ce bain de mordant pendant 2 heures, puis on teint.
- Teinture. — On prépare le bain de teinture avec les quantités voulues d’orseille et de campêche pour obtenir la nuance demandée, on le tourne comme il a été dit ci-dessus, puis on y entre les étoffes. On continue en
- suite de la même façon qu’au premier procédé.
- Les détails de l’opération sont ceux indiqués plus haut dans le premier procédé de teinture des grenats, prunes et byrons par l'orseille et le campêche.
- Nous prions le lecteur de bien vouloir s’y reporter.
- 3e Procédé
- Le troisième procédé est surtout applicable aux couleurs prunes foncées appelées byrons. Deux opérations sont également nécessaires.
- Bouillon. — Pour 100 kil. de laine.
- On manœuvre les étoffes au bouillon pendant deux ou trois heures dans le bain suivant :
- Eau q. s.
- Oxymuriate d étain 3 kil.
- Tartre 5
- Sulfate d’alumine 10
- Teinture. — On compose le bain de teinture avec les quantités nécessaires d’orseille et de campêche pour obtenir la couleur exigée, on le tourne, puis on entre les étoffes. On teint au bouillon jusqu’à hauteur de la nuance demandée, puis on abat et on lave.
- Pour les détails du mode opératoire, on est prié de se reporter au premier procédé du présent paragraphe.
- Grenats et Prunes a la Cochenille et au Carmin d’indigo
- Nous décrirons deux procédés pour l'ob-tention des grenats et des prunes avec la cochenille et le carmin d’indigo.
- On peut se servir de l’un ou de l’autre de ces procédés pour teindre indifféremment avec de la cochenille en poudre ou avec de la cochenille ammoniacale. Cependant, la première méthode est principalement applicable à une teinture faite avec de la cochenille en poudre, et la seconde pour une teinture faite avee de la cochenille ammoniacale.
- Ces couleurs se teignent après bouillon.
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- ET DE L’TMPRESSION DES TISSUS
- 23
- - ler Procédé.
- 011001111333 9:310. i * OIv i (1 0139 or tg , 7" ÈoùiUon. —On mordance la laine de la 10133308 <1 9 p Iy f 2fafia 't, 3 e manière suivante : pour 100 kil. de tissus on met, dans une cuve.convenablement remplie .DMOIV z d eau :
- 10 kil de tartre cristallisé et réduit en poudre fine ;
- 10 kil de composition d’étain. On ne doit ajouter la composition d’étain que [lorsque la tartre est bien dissous. Ensuite, on fait bouillir le bain pendant quelques minutes, puis on y entre les étoffes qu’on y manœuvre pendant deux heures au bouillon, après quoi on les abat et on les évente.
- Teinture. — On prépare le bain de teinture comme il suit : dans un volume d’eau bouil-lante, proportionné à la quantité des étoffes à traiter, on met, pour 100 kil de laine :
- • 1 kil. 500 de tartre cristallisé et pulvérisé,
- 1 Quand le tartre est dissous et que le bain Commence à bouillir, on y ajoute les quantités de cochenille (réduite en poudre fine) et de carmin d’indigo nécessaires au ton de la couleur que l’on veut obtenir, puis l’on fait bouillir pendant trente minutes environ. On verse'ensuite :
- ’ 6 kil de composition d’étain, on fait bouillir de nouveau quelques minutes, puis on entre les étoffes qu’on manœuvre au bouillon pendant une heure au moins. Lorsque l’on a atteint la couleur voulue et que la nuance est bien tranchée, on abat, on évente et on lave avec soin.
- Pour un bain neuf, on augmente la proportion des mordants indiqués pour le bouillon,
- On peut jaunir la nuance avec l’un des colorants suivants : graine de Perse, bois jaune, jaune naphtol, jaune solide, orangé, etc.
- Si l’on avait à obtenir des grenats très vifs, il serait bon de faire le bain avant la teinture, avec une pièce destinée à être teinte en couleur foncée.
- 2 me Procédé, , /65
- Bouillon. — On prépare le bain de bouillon ou de mordançage, avec :
- Eau, q. s. ;
- Alun, 20 kil. ;
- Tartre cristallisé et réduit en poudre fine, 10 kil:
- Lorsque le bain bout et que les sels sont bien dissous, on y ajoute :
- Oxymuriate d’étain, 3 kil.
- On remue bien le tout, puis on entre les étoffes qu’on y fait bouillir pendant deux heu-' res.
- On abat ensuite, on évente et on laisse égouter.
- Teinture. — On compose le bain de teinture avec :
- Eau, q. s. ;
- Tartre, 2 kil. 500.
- Cochenille ammoniacale et carmin d’indigo en quantité nécessaire pour obtenir la couleur demandée. •
- On fait bouillir le bain pour dissoudre le tartre et c’est seulement lorsque ce sel est dissous qu’on ajoute les colorants. Ensuite, on entre les pièces mordancées comme nous venons de l’indiquer, et on les manœuvre pen-dant une heure ou une heure et demie au petit bouillon (90° centigr environ). Une température plus élevée pourrait nuire à là fraîcheur de la nuance.
- C.-E. M., chimiste coloriste (lieproduction interdite.) '^suivre).
- ESSAIS DE TEINTURES INALTÉRABLES
- A l’air ET AU SOLEIL
- Pour fibres de bois, osiers, pailles, etc.
- (Suite.)
- No 13 SAUMON.
- A. — Pour cette couleur on compose le bain de teinture suivant dont les proportions sont calculées pour 1 kilog. de tiges ou de filaments végétaux.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Erythrine R. R., 13 gr. ;
- Acide tartrique, 40 gr.
- On chauffe ce bain de teinture à 75[80o c., et dès que la dissolution du colorant et du mordant est complète, on y entre les végétaux (suffisamment blanchis pour donner toute la fraîcheur de nuance désirable) qu’on y laisse pendant 20 minutes, en ayant soin de les remuer de temps en temps, afin d’en unir la couleur. Ensuite on les retire et on les sèche.
- Observation. — Les matières végétales ainsi teintes prennent une couleur saumon un peu terne qui n’a pas les qualités de fraîcheur et de vivacité de la suivante ; néanmoins elle résiste bien à l’air et pas mal au soleil.
- B. — On obtient cette couleur en préparant le bain de teinture suivant :
- Pour 1 kilog. de végétaux :
- Eau, 20 kil. ;
- Erythrine R. R., 13 gr.
- Alun, 100 gr.
- On chauffe et on remue pour faire dissoudre le colorant. Lorsque la dissolution est complète et que le bain a atteint une température de 80° c. environ, on y entre les matières végétales suffisamment blanchies, qu’on y manœuvre pendant 20 minutes, après quoi on les lève, on les fait égoutter et on les sèche.
- Observation. — On obtient une couleur saumon qui est vive et unie, supérieure à la précédente et qui résiste bien à l’air et pas mal au soleil.
- C. M.
- (Reproduction interdite.)
- MÉMOIRE sur une méthode d'analyse qualitative des matières colorantes artificielles, par M. Ed. Weingaertner, assistant à l'Ecole de chimie de Mulhouse.
- (Société industrielle de Mulhouse.)
- (Suite.)
- Mauvéine (Rosolane). Violet Perkin.— Mé
- diocrement soluble dans l’eau. Par les alcalis on a un précipité violet. L’acide sulfurique dissout la substance en gris, et la solution, par addition d’eau, passe au bleu de ciel, violet et enfin au rouge-violacé.
- Améthyste (fuchsia, giroflée). — Soluble dans l’eau avec une coloration rouge-violacée. Par addition d’alcool, la solution manifeste une fluorescence rouge-carmin. L’acide sulfurique concentré dissout en vert, et la solution, étendue d’eau, passe au bleu puis au violet.
- Violet cristallisé. — Soluble dans l'eau avec une nuance très pure. L’acide chlorhy drique la fait passer à l’orange.
- F
- Chrysoïdine, — Teint la laine en jaune. La solution aqueuse faite à chaud, se prend par le refroidissement en une masse gélatineuse rouge-sang. L’acide su’furique dissout en rouge-brun.
- Vésuvine (brun Bismark), — Teint la laine en orangé-brunâtre. Par refroidissement, la dissolution ne devient pas gélatineuse.L’acide sulfurique dissout en brun-jaune.
- Auramine. —Soluble en jaune. Les alcalis donnent un précipité blanc-laiteux, soluble dans l’éther, sans fluorescence. Bouillie avec de l’acide sulfurique, la solution se décolore peu à peu complètement. Si l’on réduit par la poudre de zinc et l’acide acétique, on voit apparaître un instant une coloration verte.
- Bleu Victoria. — Assez soluble dans l’eau. Les acides colorent la solution en jaune-brun et les alcalis y donnent un précipité rouge-brun. La décoloration produite parle zinc et l'acide acétique est permanente.
- Vert méthylèné. — Solution aqueuse vert-foncé, devient absolument incolore pendant la réduction, et repasse ensuite au bleu de
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- ciel en présence de l’air. La matière solide se dissout en vert-foncé dans l’acide sulfurique.
- G
- Eosine. — Solution aqueuse rouge pur avec fluorescence d’autant plus sensible que la solution est plus étendue. Par les acides, il se forme un précipité orangé floconneux, soluble dans l’éther en jaune-franc. L’acide sulfurique concentré dissout la matière en jaune; si l'on chauffe, vapeurs blanches d’acides bromhydrique ; si l'on ajoute du bioxyde de manganèse, il se dégage du brome.
- Safrosine (écarlate d'éosine). — La solution
- aqueuse rouge est plus bleuâtre que la précédente, et très peu fluorescente. Par les acides il se forme un précipité brun-jaune, soluble en jaune dans l’éther. L’acide sulfurique concentré dissout la matière en jaune d’or et, si l’on chauffe, tout se passe comme dans l’éosine. La solution ammoniacale, réduite par ir poudre de zinc, se recolore facilement à l’air. En chauffant sur la lame de platine, brûle vivement avec formation de serpents de Pharaon.
- Phloxine. — La solution aqueuse est rouge-bleuâtre, avec une légère fluorescence verte. Avec l’acide chlorhydrique précipité couleur
- TABLEAU I
- MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES SOLUBLES DANS L’EAU La solution aqueuse traitée par le réactif tannique donne un précipité.
- MATIÈRES COLORANTES BASIQUES
- La solution aqueuse est réduite par la poudre de zinc et l'acide chlorhydrique, neutralisée et jetée sur du papier à filtrer.
- La nuance primitive reparaît La nuance primitive ne reparaît pas
- ROUGE JAUNE OU ORANGE VERT BLEU VIOLET
- Violetmèthyle Chrysoïdine
- Fuchrine Phosphine Vert malachite Bleu Violet Vésuvine
- Rouge Flavanilines Vert brillant méthylène Hoffmann Auramine
- de toluylène Vert méthyle Bleu nouveau Mauvéine Bleu Victoria
- Safranines A B C Muscarine D Améthyste Violet cristallisé E ' Vert méthylène F
- Observations. — Après avoir réduit les matières colorantes basiques avec la poudre de zinc et l’acide chlorhydrique, on filtre rapidement. Il est très important de neutraliser le liquide filtré par l'acétate de sodium, l’acide chlorhydrique en excès pouvant former avec les colorants basiques des sels acides dont la couleur est différente de celle des sels neutres.
- Pour les matières colorantes rangées dans la colonne F, la nuance primitive ne reparaît pas par oxydation, mais, dans certains cas, l’oxydation peut faire apparaître des nuances différentes de cette nuance primitive. Lorsqu’on réduit le brun de Bismark (vésuvine), ou la chrysoïdine, il se forme des di- et triamines qui s’oxydent facilement à l’air avec une coloration rouge-brunâtre. Il est très important de savoir distinguer cette nuance de la primitive, qui était brune ou jaune. Après réduction et oxydation, le vert méthylène donne une nuance bleue.
- Lorsqu’on a versé la solution réduite sur le papier à filtrer, il est bon de faciliter l’oxydation en chauffant légèrement. Certains colorants s’oxydent avec une telle facilité que la coloration primitive apparaît déjà lors de la filtration.
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- 240 . -LE MONITEUR PELA TEINTURE
- chair, soluble dans l’éther avec une coloration blanc-jaunâtre. L’acide sulfurique se comporte vis-à-vis de cette matière colorante comme vis-à-vis de l'éosine. (A suivre)
- BLANC SUR LAINE
- 7 . « . :
- Une intéressante communication vient d'è-tre faite par M. Hofmann, de Dresde, au « Moniteur scientifique », sur les procédés employés pour donner à la laine une teinte blan-che et pure.
- On sait qu’il est presque impossible avec ies agents de blanchiment les plus actifs d'en-lever à la laine, une petite nuance jaune, .sensible surtout lorsqu’on rapproche une laine d’un blanc de coton ou de soie.
- Lorsqu’on essaye d’éteindre cette nuance au moyen d’un bleu complémentaire comme cela se fait pour les cotons, les toiles, les papiers, etc., on n’obtient que de mauvais résultats.
- On a cherché depuis longtemps à donner à la laine un blanc plus éclatant au moyen de corps blancs couvrants, comme le carbonate de magnésie, par exemple, qui a été pendant quelque temps employé à cet effet. Mais on a dû renoncer à ce moyen à cause de la poussière qui décharge de ces laines après .quelque temps de magasinage. L’auteur pensé obtenir un bien meilleur résultat en végétali-sant la laine, c"est-à-dire en l’imprégnant dans une solution d’oxydule cuivreux ammoniacal. La fibre passe ensuite dans une liqueur sucrée ou dans une eau acidulée qui in-solubilise le coton en le fixant.
- Pour rendre, enfin, à cette cellulose gélatineuse son opacité et sa blancheur, on donne finalement un bain d’éther.
- Pour arriver au même résultat, F.-V. Hallab emploie l'hydrosulfite de soude et l’indigo. L'effet produit est double : d’une partl'hydro-sulfite agit comme décolorant réducteur énergique, et, d’autre part en solubilisant l’indigo déposé mécaniquement à la surface du tissu, il fait pénétrer ce pigment bien également dans la fibre. Par l’oxydation ultérieure à
- l'air, l'indigo se, reforme avec sa nuance bleue complémentaire de la. teinte jaune dela-laine qui se trouve complètement éteinte.
- Il est fort douteux que l’on arrive, même dans ces conditions, à un équilibre parfait entre la nuance jaune qu’il s’agit de faite dis-paraître et le pigment bleu. Nous l’avons dit plus haut, les essais nombreux déjà tentés dans cette voie ont toujours échoué avec les matières colorantes les plus diverses : outremers, acides sulfindigotiques, bleus d'aniline, etc. Quoiqu’il en soit, d’après la « Deutsche Farber Zeitung», voici comment il convient d’opérer : ' ; (
- La solution d’hydrosulfite de sodium doit être préparée immédiatement avant l’usage. A cet effet, on fait digérer 7 parties de pou-dre de zinc ou 20 à 30 parties de zinc en grenailles ou en lames dans une solution concentrée de sodium représentant environ 100 parties de sel supposé sec. On opère en vase bien clos, que l’on retourne de temps à autre l’espace d’une heure. On décante la liqueur claire qui, à côté d’hydrosulfite de sodium contient encore du sel zincique.
- D'un autre côté, on passe le tissu de laine soigneusement purifié, lavé, dégraissé, etc.., et bien également, mouillé au préalable dans un bain d’eau froide où l’on a mis en suspension de l’indigo dans le plus grand état dp di-vision. L’indigo qui convient le mieux est celui qui fournit dans la teinture à la cuve des nuances bleues rougeâtres vives." L’étoffe sort de ce bain également parsemée de particules d’indigo déposé à la surface, on la plonge maintenant dans le blanchiment proprement proprement dit.
- Celui-ci se compose d’eau et de liqueur hydrosulfitique préparée comme ci-dessus en quantité telle qu’il marque de 1 à 4° Baume. Au moment de passer le tissu, on ajoute une quantité d’acide acétique équivalente à la quantité d’hydrosulfite contenu. La partie passe dans le bain où elle est convenablement manipulée de manière à éviter toute inégalité dans la réduction de l’indigo.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N° 21. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Novembre 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- BULLETIN DE LA SOIERIE A LYON.
- EMPLOI UES COULEURS NON FIXÉES.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D'AMIENS.
- INFORMATIONS.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BULLETIN FINANCIER.
- BIBLIOGRAPHIE. - COURS. — ANNONCES .
- PERFECTION NEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analysé des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- APPAREIL D’ÉPURATION, DE BLANCHIMENT, D’ÉPAILLAGE ET DE TEINTURE-
- Par MM. G. Lombard et Cis.
- MM. G. Lombard et Cie décrivent un certain nombre de modifications apportées à la machine à teindre (qu’ils avaient antérieurement brevetée) en vue d’obtenir une grande homogénéité de nuances. Les bobines ou cannettes, dont il convient de dégraisser, de débouillir, d’épailler, de blanchir ou de teindre le fil, sont toujours indépendantes les unes des autres.
- Le bain est contenu dans une cuve cylindrique, dont le fond est muni d’une large tubulure ; sur la dernière s’emmanche un plateau à joint hermétique, pourvu en-dessus de deux saillies annulaires concentriques. A même ces anneaux sont pratiquées, suivant les directions radiales, des encoches demi-circulaires, qui reçoivent les extrémités des tubes coniques, perforés, des canettes. Deux anneaux de recouvrement, avec encoches complémentaires, s’appliquent exactement sur les saillies du fond et emprisonnent les tubes.
- Un certain nombre de plateaux circulaires
- ainsi garnis de cannettes sont successivement superposés.
- Le plateau supérieur, surmonté de deux parois cylindriques concentriques, reçoit une tige centrale avec crochet, pour faciliter l’extraction de l’ensemble lorsque l’opération est achevée.
- Une pompe, mise en communication avec la tubulure inférieure, aspire le liquide de dehors en dedans, force, par conséquent, ce liquide à traverser les couches de fil envidées sur les tubes perforés, puis le refoule à la partie supérieure. Il s’établit une circulation, qui se continue, suivant besoin, aussi longtemps que fonctionne la pompe.
- PROCÉDÉ DE CRÉPAGE DES TISSUS DE SOIE Par Mlle Graissot.
- L’étoffe est tout d’abord immergée dans un bain froid de chlorure de zinc et d’eau, dont la densité varie entre 20 et 40 degrés Beaumé suivant qu’il s’agit d’un tissu léger ou d’un tissu fort. La durée de l’immersion varie également entre 1/2 à 3/4 d’heure et 1 h. à 1 h. 1/2.
- A la sortie du bain, on essore et l’on porte les pièces dans une étuve chauffée entre 25 et 30 degrés centigrades.
- Après le temps voulu pour produire le rétrécissement, le « crépage », on plonge l’étoffe dans une dissolution froide de carbonnate de potasse marquant 10 degrés Beaumé, pendant
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- 89. th. t9
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- un quart d’heure ; on lave à grande eau après un premier essorage, on essore, de nouveau, après lavage et l’on cuit au savon.
- Il est facultatif de supprimer le bain de carbonate et de cuire au savon dès la sortie de l’étuve.
- MACHINE A LAVER L A LAINE Par M. Dicktus.
- La laine chemine dans le bain, d’un mouve ment lent et intermittent; après avoir parcouru une longueur déteminée, elle est abandonnée par le propulseur, puis cet organe agit de nouveau, à la suite d’un repos dont la durée se règle à volonté. Lorsque ledit engin de translation fonctionne, la laine se meut avec la même vitesse ; lorsque le propulseur s’arrête, les fibres continuent à avancer en vertu de la vitesse acquise, puis l’engin se remet en action, rejoint la laine qui acquiert de nouveau la même vitesse que précédemment, jusqu’à l’arrêt suivant. Cette succession de rencontres (sans chocs appréciables) de l’organe propulseur (marchant à faible vitesse) avec la laine, qui nage librement dans un grand volume d’eau, débarrasse les fibres des parties terreuses et du suint, sans corder, ni feutrer ces filaments.
- Le propulseur est constitué par un certain nombre de barres transversales, armées de dents, de formes et dimensions appropriées au traitement : lavage, dégraissage, rinçage, acidification, etc.
- IMPERMÉABILISATION DES PASSEMENTERIES CONTENANT DES FILS MÉTALLIQUES Par MM. Kühmoyer et Cie.
- Les passementeries d’or et d’argent s’oxydent assez rapidement. Pour soustraire les produits tels que galons, porte-épée, lacets, etc., à l’influence des agents atmosphériques, les brevetés les font passer à travers une solution dans l’éther, de succinéine, de laque en écailles et de sandaraque ou autre résine analogue, puis les sèchent aussitôt.
- « MÉTALLISATION » DES TISSUS POUR VÊTEMENTS Par M. Moricoui t.
- M. Moricourt désigne ainsi un apprêt,qui a pour but de soustraire les vêtements (en laine principalement) aux effets des mites et aussi les personnes au contage des maladies parasitaires.
- Les étoffes (flanelle, drap, etc.) sont immergées, pendant une heure, dans un bain en ébullition, composé de :
- Eau.............................. 1000 litres
- Sulfate de cuivre.............. 4 kilos Acide sulfurique............... 1 »
- A la suite du bain,le tissu est calandré et séché. L'apprêt persiste après plusieurs lavages.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 191223. 14 juin ; Delamare fils. — Système de teintures en mèches par pression et appareils qui s‘y rattachent.
- Le principe qui sert de base a cette invention consiste à soumettre les mèches de coton isolées, convenablement réunies en nappes minces à des pressions successives et réitérées de manière à en expulser complètement l’air et a permettre une pénétration plus intime et plus complète du liquide décreusant et colorant ainsi que de l’eau de lavage ou du mordançage.
- Ces pressions successives et réitérées sont produites au sein de la masse liquide dans des bacs ad hoc contenant des rouleaux compresseurs en nombre convenable et ces bacs sont disposés dans un ordre déterminé et même combinés avec des chambres d’oxydation et de séchage, soit par l’air soit par la vapeur.
- J. FAYOLLET,
- A vocal, ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris-
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- • ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- BULLETIN DE LA SOIERIE
- POUR LYON
- Les affaires prennent un peu plus d’animation pour la vente de la soie brute, par suite des commissions de printemps qui prennent un bon courant. Il y a cependant loin de là à la hausse de la soie, mais une fermeté bien soutenue sur les prix.
- Paris et Londres ont donné des commissions assez importantes, qui ont nécessité des demandes de soies asiatiques et d’Italie. Les vendeurs des dernières font bonne contenance.
- Pour la mode d’hiver, il se portera avec la soie beaucoup de tissus de drap, de cachemires, de vigognes, unis portants comme ornements des lisières tissées faisant garnitures. Les étoffes de tous genres rayées sont également en grande vogue.
- Les nuances à la mode sont : le vert grenouille, couleur cigare, cresson, vieux bleu, veri d’automne etc., pour les tissus ; quelquefois on les décore par des griffes noires ou marrons au tissage ou à l’impression qui produisent le plus heureux effet.
- Il se fait beaucoup de dentelles, et d’articles chenilles pour les châles. Les nuances à la mode sont le bleu de ciel, le vieil or et le corail, de la carte du syndicat des fleurs et plumes de Paris.
- La soie sauvage entre de plus en plus dans la consommation, on est arrivé d’ailleurs, comme filature, moulinage et teinture à de véritables tours de force, dans ces dernières années, et il faut être connaisseur pour la distinguer de l’autre. La ramie aura surtout à lutter contre la soie sauvage.
- Dans ma revue dernière, j’ai bien parlé des cadeaux offerts par la ville de Lyon à Me Carnot, mais j’ai omis de le dire, que M. Carnot, s’était empressé de remettre 5.C00 fr. à la disposition de la Chambre de commerce de Lyon, pour les ouvriers tisseurs.
- Dans son numéro du 16 octobre dernier, le Salut Public de Lyon, a publié sur l’exposition du 25 septembre dernier à Paris, de la ramie, et sous la signature de A L. un article d’éreintement concernant les décortiqueuses européennes et la ramie elle-même, ramenant tout l’honneur aux Chinois.
- Je me figure que M. A. L. y met un peu de parti pris; ne serait-il pas l'auteur de travaux sur la ramie, qui jusqu’à présent ont fait fort peu de bruit, de là la colère. Dans tous les cas les Chinois ne nous expédient que de la filasse brute, et sont loin de rivaliser pour la filature avec l’Europe. Quant à la teinture, elle fait en ce moment de très grands progrès. Je suis arrivé personnellement à obtenir sur cette fibre des noirs très profonds. Si les Chinois ont devancé l’Europe dans beaucoup d’industries, en place ils restent stationnaires et viennent à leur tour s’éclairer chez nous. Ex.: la soie sauvage. Si cette dernière a pris un grand essor, les progrès qui en sont la cause viennent d’Europe. Il en est de même pour la ramie.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
- DU DANGER D’EMPLOI
- DES COULEURS NON FIXÉES Sur les fibres.
- Il arrive fréquemment d’employer en teinture des couleurs pour finir une nuance et sans se préoccuper de leur fixage sur la fibre. Quelquefois même l'on sorties flottes de bains très chargés et l’on sèche sans rincer, car l’eau emporterait tout ou presque tout. Souvent cela n'a point d’inconvénient, mais d’autres fois il peut arriver de très graves désagréments,
- Prenons un exemple que j’ai vu récemment. Sur un tissu blanc très riche, on a broché des fleurs marron ; or pour terminer la nuance on a employé de l’épine vinette, jaune qui se
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- fixe mal, et non rincé, r, qu’est-il arrivé ? c’est qu’à l’apprêt par le mouillage, les fleurs ont rappliqué à l’enroulage sur le blanc. De là contestations.
- Cela revient d’ailleurs toujours à ce que je n’ai cessé de dire depuis de longues années, il y a solidarité entre le teinturier et l'apprê-teur, et ces deux manipulateurs devraient avoir des rapports plus fréquents.
- Marius MOYRET. ^Reproduetion interdite)
- ----------a--------~
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres
- (Suite)
- INFLUENCE DE La CAPILLARITÉ
- La capillarité, phénomène accompagnant celui de la porosité, joue un très grand rôle en teinture et en impression. Moins les fibres seront poreuses et moins elles se prêteront à la capillarité, et conséquemment on détruira l’influence de la capillarité en atténuant la porosité, soit par la formation de dépôts, soit par des enduits gras appliqués aux fibres. De même des fibres non dégraissées des enduits naturels sont moins poreuses et moins capillaires.
- Pour bien se rendre compte de ce phénomène, prenons un tube de verre, étirons-le à la lampe d'emailleur de manière à ce qu’il devienne aussi fin qu'un cheveu ; malgré ce grand degré de ténuité, il aura conservé son caractère de tube, et présentera dans toute sa longueur un vide intérieur et jouira alors de la propriété de la capillarité, d’autant plus qu’il sera plus fin.
- Pour nous rendre compte de cette propriété,mettons le tube de verre ainsi effilé trempé à là base dans un liquide très coloré, bleu, rouge, vert, bref d’une nuance très,visible et plaçons derrière le tube posé verticalement
- une feuille de papier blanc, on verra alors le liquide coloré s’élever dans le tube, au-dessus du niveau du liquide du vase, et contrairement aux lois de la pesanteur et ce d’autant plus,que le tube sera plus fin; il pourra s’élever de 0 m. 30, Om. 40 et même plus. Si le tube est trop court, le liquide perlera en gouttelettes au sommet.
- Ce raisonnement est admissible seulement et ne Se vérifie d’ailleurs que si le liquide mouille le tube, ou si le tube est très propre.
- Mais il suffit d’opérer avec un liquide qui ne mouille pas, tel que le mercure, ou un tube gras, pour constater l’inverse, et dans ces cas, loin d’avoir une élévation dans le tube, il y a dépression et le liquide est refoulé dans le tube au-dessous de la surface du vase le contenant.
- Ceci explique pourquoi le coton brut, par exemple, et encore des soies séchées sur l’alun, sont très difficiles à mouiller et à s’immerger dans l’eau, quoique plus dense que ce liquide.
- Toutes les fibres sont plus denses que l’eau, plus ou moins, selon leur nature, mais leurs pores sont remplis d’air qui en diminue apparemment la densité, et elles ne vont au fond de l’eau que lorsque celle-ci a chassé l’air. Mais si pour une raison ou une l’autre, l’eau ne peut les mouiller,elles flottent à la surface de ce liquide, absolument comme certains insectes qui marchent sur l’eau, grâce à un enduit gras qui empêche l’eau de les mouiller.
- Une deuxième expérience est nécessaire : si vous regardez le liquide quand il s’élève dans Un tube capillaire, vous remarquerez que sa surface supérieure est concave dans le tube ; elle offre une forme de coupe liquide dont les parois se relèvent en s’attachant à celles du tube, tandis que lorsque le liquide s’abaisse dans le tube, vous remarquerez que la surface est convexe, ou pour me faire comprendre de tous, fait le dos d’âne, les parois liquides s’abaissent le long du tube, et la partie comprise entre la convexité et le tube, par suite d’une répvlsion, vient diminuer les ef-
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- fets de la pesanteur spécifique du corps gras, immergé dans l’eau.
- Si donc vous voulez qu’un coton brut se baigne dans l’eau, vous êtes obligé de le cuire très soigneusement pour le ramener à ses propriétés normales de porosité et de capillarité, en le privant des corps gras ou autres qui lui ont été ajoutés ajoutés en filature, etc. De même une soie séché sur l’alun, ou imperméabilisée avec de la paraffine, ne se remouillera plus qu’en la débarrassant, dans le premier cas par un nouveau passage en alun, dans le deuxième par un traitement à la benzine ou autre solvant de la paraffine.
- Un praticien reconnaît d’ailleurs qu’une fibre est bien dégraissée, lorsqu’elle se baigne facilement et franchement dans l’eau.
- Il faut toujours avoir soin de dégraisser soigneusement les fibres ; Ex.: la soie écrue, devant rester telle en teinture, lorsqu’on veut les teindre, sinon l’on pourrait obtenir des effets de mauvais unisson de teinture, des marbrures, placages, etc.
- De même, durant tout le temps des opérations de teinture, on ne saurait trop ménager cette propriété en évitant des teintures trop rapides, formant des dépôts à là surface. On ne saurait trop appeler l’attention sur les rinçages entre chaque opération.
- Il faut bien connaître la composition des eaux en rapport avec la couleur employée. Ce n’est pas dans les flots d’eau qu’il faut souvent chercher un bon rinçage, mais bien dans la manière d’employer ce véhicule.
- Ainsi, l’on aura beau rincer un mateau de soie sur le savon dans des flots d’eau calcaire on rincera mal. Tandisqu’avec beaucoup moins d’eau, et avec deux ou trois passages en barque, à l’eau tiède débarrassée de sels de chaux par une addition convenable de carbonate de soude et de chaux caustique (cette opération doit se faire au préalable dans de grands réservoirs, le carbonate de soude précipite les sels de chaux et de magnésie autres que le bicarbonate, et la chaux caustique rigoureusement calculée d’après l’analyse
- de l’eau, précipite le carbonate de Chaux) on rincera infiniment mieux et une dernière eau froide toujours en barque suffira.
- Dans le premier cas,on formera des savons calcaires, surfont en hiver quand l’eau est glacée ; ces savons s’attacheront à la soie ou autres fibres, et leur donneront un toucher exécrable en les privant de leurs propriétés.
- Je sais que l’on y peut remédier par un avi vage suivant les rinçages à l’acide acétique ou chlorhydrique, mais c’est là un mauvais moyen, car ces eaux, en décomposant le savon calcaire laisseront toujours dessus la fibre un corps gras acide moins préjudiciable que le savon calcaire, mais encore nuisible. C’est d’ailleurs pour cette raison de rinçage sur le savon, que les eaux granitiques très fines, ont fait la fortune de St-Etienne et de St-Chamond.
- Et quand même l’on rince des fibres sur le le savon avec des eaux douces, granitiques, épurées ou distillées, pour un travail soigné, il convient toujours de rincer des fibres sur le savon, sur une première eau, et même une deuxième à tiède. Les savons, surtout avec l’eau glacée en hiver, ont une tendance à se dédoubler en savon gras acide, qui reste sur fibre, et l’empâte, et en savon alcalin qui reste dissous dans l’eau.
- S’il faut ménager cette propriété de la capillarité liée à celle de la porosité, il est cependant des cas où il convient de la diminuer, mais ce d’une matière intelligente et voulue. Ainsi les nouvelles couleurs d’aniline ayant souvent trop d’affinité, tirent à la surface de la fibre beaucoup plus qu’il ne le faut, et pour modérer ce phénomène qui entraîne des placages, on teint dans des bains de savon coupé, et le peu de corps gras en s’attachant à la fibre, modère et régularise le tirage la couleur sur la fibre, mais c’est là une exception.
- En parlant de la capillarité,j’ai voulu parler
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de celle qui s’exerce de la circonférence au centre de toutes les fibres, qu’elles soient pleines comme la soie, ou percées d’un trou dans la longueur, comme la laine, les poils, les cheveux, le coton, etc.
- Cette dernière ne paraît jouer qu’un rôle insignifiant.
- Les fibres tabulées dans le sens de la longueur se teignent souvent plus mal que la soie qui ne l’est pas.
- MARIUS Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- Lorsqu’on a obtenu la couleur demandée, on fixe les colorants par quinze ou vingt minutes de léger bouillon,puis on abat les pièces, on les évente et on les lave.
- Si la délicatesse de la nuance à produire nécessitait de faire un bain de teinture, on le ferait avec une pièce désignée pour être mise en grosse couleur, et on garnirait ce premier bain avec 5 0|0 de tartre. Par contre, on n’ajouterait pas au bain de teinture les 2k.500 de tartre que nous indiquons ci-dessus.
- Quant au bain de bouillon, qui peut être vidé, on en double les proportions lorsqu’il sert la première fois, c'ert-à-dire lorsqu’il est neuf.
- Si le ton de la couleur à faire le demande, n jaunit avec l’un des jaunes mentionnés dans le procédé précédent.
- Grenats et prunes a la cochenille ET AU SULFATE D'INDIGO.
- On peut obtenir des grenats et des prunes par le mélange de la cochenille et du sulfate d'indigo (appelé aussi dissolution d’indigo) en opérant conformément à l’une des méthodes suivantes.
- 1er Procédé.
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On fait un bain avec
- Eau q. s.
- Alun 20 kil.
- Bouillir 2 heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture suivant.
- Eau q. s.
- Tartse 12 kil.
- Cochenille q. s.
- Sulfate d’indigo q. s.
- Jaune q. s.
- Manœuvrer les étoffes au bouillon pendant une heure ou une heure et demie suivant le tranchage.
- 2me Procédé.
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On prépare un bain avec
- Eau q. s.
- Alun 15 kil.
- Tartre 4 »
- Bouillir 2 heures.
- Teinture. — Qn compose un bain de tein-
- ture comme suit : Eau q. s.
- Tartre 10 kil.
- Cochenille q. s.
- Sulfate d’indigo q. s. Jaune q. s.
- Manœuvrer les pièces au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- 3e Procédé.
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On fait un bain composé de Eau q. s.
- Tartre 10 kil.
- Composition d’étain 10 »
- Bouillir 2 heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture
- avec
- Eau q. s.
- Tartre 6 kil.
- Cochenille q. s.
- Sulfate d’indigo q. s.
- Manœuvrer les pièces au bouillon pendant une heure à une heure et demie.
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- 4e Procédé.
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On prépare le bain de bouillon
- comme suit :
- Eau q. s.
- Alun 15 kil.
- Tartre 3 »
- Compositon d'étain 5 »
- Bouillir 2 heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture
- avec.
- Eau q. s.
- Tartre 9 kil.
- Cochenille q. s.
- Sulfate d’indigo q. s.
- Jaune q. s.
- Manœuvrer les étoffes au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- Le mode opératoire des quatre procédés que nous venons de décrire étant le même, nous l’avons résumé ci-après, afin de simplifier, et de rendre par cela même plus compréhensible la description des procédés qui nous occupent.
- On mordance les étoffes de la manière suivante : dans une quantité d’eau suffisante pour permettre l’immersion complète des étoffes à teindre, on met les proportions des mordants indiqués au bouillon de l’un des quatre procédés ci-dessus, puis on élève la température du bain jusqu’à l’ébullition. Lorsque les sels sont dissous, on cesse de chauffer, et, on entre dans le bain les tissus de laine qu’on y fait bouillir pendant deux heures en ayant soin de l’agiter continuellement. Ensuite, on les abat et on les évente.
- On compose le bain de teinture avec du tartre, dont les proportions sont indiqués à chaque procédé, et la quantité de cochenille nécessaire à l’intensité de la couleur demandée. On fait bouillir le tout ensemble pendant trente minutes environ, puis on ajoute au bain du sulfate d’indigo et un jaune quelconque (graine de Perse, bois jaune, jaune naph-tol, jaune solide, orangé, etc.) en quantités
- suffisantes pour produire le ton de la nuance exigée, après quoi on fait encore bouillir pendant dix ou quinze minutes.
- Enfin, on entre les étoffes qu’on manœuvre une heure, une heure et demie ou même deux heures, suivant que les garnitures ont été plus ou moins heureuses pour arriver rapidement à un échantillon d’une nuance déterminée.
- Finalement, on abat, on évente et on lave à fond.
- Il n’est pas inutile de rappeler que le sulfate d’indigo doit être employé avec les plus grandes précautions, afin d'éviter les brûlures que pourrait occasionner l'acide sulfurique concentré qu’il renferme. Il est prudent de délayer le sulfate d’indigo dans de l’eau froide avant de l’ajouter à un bain de teinture dont la température est presque toujours très élevée.
- Lorsque le bain de bouillon sert pour la première fois, on double les proportions des ingrédients qui le composent. Ce bain ne se vide jamais.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- {Reproduction interdite)
- (A suivre.)
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D’AMIENS
- Dans le programme des questions mises au concours par cette Société pour l’année 1888-1889 nous relevons les questions suivantes :
- 11e question.—Une médaille d’or à l’inventeur d’un bon temple mécanique, spécialement applicable à la fabrication de tons les genres de velours de coton :
- lo L’appareil devra être essayé pendant trois mois dans un tissage mécanique de la ville d’Amiens ;
- 2o II ne sera jugé définitivement qu’après l’examen des pièces teintes et apprêtées ;
- 3o Eu égard au temps qu’exige l’épreuve ci-dessus imposée, ce temple devra être livré avant le 1er mars 1889, délai de rigueur.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 0 oe
- 3 3e question.—Une médaille d’or à un perfectionnement sérieux dans les machines à parer et à encoller les chaînes pour le tissage.
- 30e question.—Une médaille d’or pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- 31e question. — Une médaille d’or au meilleur mémoire sur le blanchiment du chanvre et des jutes, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle
- 32e question. — Une médaille d’or pour un moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles dans la teinture des matières produites par les industries locales.
- 33e question. — Une médaille d’or à la personne qui trouvera, pour les velours d'Utrech, et les velours de coton, un mode de piétage ou un apprêt réalisant une amélioration sérieuse sur les procédés actuellement en usage dans le Département.
- Les concurrents ne sont pas tenus de faire connaître la composition de l’apprêt qui réalisera les conditions ci dessus. Ils devront seulement présenter leurs pièces avant le 30 teril 1889, déclarer leur prix de vente et jus-ifier que ces pièces ne sont pas obtenues par des moyens exceptionnels, mais qu’elles appartiennent à une fabrication courante.
- 34e question.— Une médaille d’or pour une composition chimique qui s’appliquerait, au moyen de caractères d’imprimerie, sur les chefs des pièces de tissus de laine ou de coton, et qui serait encore apparente après les opérations de dégraissage et de teinture.
- Les prix seront décernés dans une assemblée générale extraordinaire.
- Les mémoires ne devront pas être signés. Ils porteront une épigraphe qui sera reproduite sur un pli cacheté contenant les nom, prénoms et-adresse de l’auteur et l’attestation que le mémoire est inédit.
- Quant aux auteurs des appareils qu’on ne pourra juger qu’eu les soumettant à des ex
- périences suivies, ils devront se faire connaître en en faisant l’envoi.
- Ces appareils devront fonctionner à Amiens de préférence, ou sur un point de la région à proximité d’Amiens.
- Tous les manuscrits, brochures et mémoires avec plans adressés pour le concours, resteront acquis à la Société qui se réserve le droit de les publier en totalité ou en partie, mais les auteurs pourront en prendre copie.
- Les appareils que l’on rendra aux inventeurs après le concours, devront être accompagnés de plans qui deviendront la propriété de la Société.
- Les concurrents devront envoyer, leurs manuscrits ou machines, franco, au président de la Société industrielle, rue de Noyon, 29, àAmiens (Somme), d’ici au 30 avril 1889, term e de rigueur.
- Le comité des arts et mécanique n’examine pas, pour le concours, aucun appareil ni mémoire pendant qu’ils sont soumis à l’examen d’une autre Société industrielle ou après qu’ils ont été récompensés par l’une d’elles.
- En ce qui concerne les appareils soumis à l’examen du comité, et fonctionnant à Amiens ou dans la région, le comité appréciera si les dispositions adoptées par les concurrents permettent un contrôle satisfaisant. Les frais nécessaires pour l'installation et le déplacement des appareils ou pour l'établissement d’engins accessoires sont à la charge des personnes qui présentent les appareils. L’installation sera faite par les soins des concurrents eux-mêmes.
- Les mémoires qui ne contiendraient que des descriptions d’appareils ne sont pas admis au concours.
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- Le 5 novembre courant se sont ouverts, au Conservatoire des Arts-et-Métiers, des cours publics et gratuits de sciences appliquées à l’industrie.
- Le cours de chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique et de la ver-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- K)
- C0
- rerie a lieu les lundis et jeudis à 7 h. 3/4 du soir.
- M. V. de Luynes, professeur.
- Etude chimique des fibres , opérations préliminaires à la t einire et à l’impression, blanchiment, mordançage, matières colorantes naturelles et artificielles, teinture, impression, papier peint.
- FETE A L’USINE GROBON
- M. Grobon, teinturier à Miribel (Rhône), consacre chaque année une partie de ses bénéfices à la constitution d’une caisse de retraite pour la vieillesse, en faveur de tous ses ouvriers.
- Ceux-ci, afin de reconnaître ce bienfait, se sont cotisés pour lui offrir son buste, ce qui s’est fait le 28 octobre, et a fourni l’occasion de réjouissances publiques.
- La ville était toute pavoisée et enguirlandée. Partout des écussons H. G. Concours d’une société philarmonique de Lyon et des représentants d’un grand nombre de maisons de soieries de la région, cortège, vin d’honneur, discours, rien n’a manqué à la cérémonie.
- En remettant le buste à M. Groslon, un ouvrier, M. Jacob, a rappelé tout le bien fait au pays par son patron comme chef d’une industrie prospère, comme maire et comme fondateur d’une caisse de retraite.
- M. Louis Gourgond, au nom des réprésentants autorisés de la clientèle lyonnaise, a raconté les luttes et les efforts de M. Grobon pour arriver au développement et au progrès des tissus teints en pièces, genre qui a su prendre une large place dans le commerce de la soierie lyonnaisse.
- Après les remerciements émus et acclamés du héros de la fête, a eu lieu un Banquet de 450 couverts environ, à la fin duquel de nombreux toasts ont été portés. Le soir, il y a eu illuminations, retraite aux flambeaux, feu
- d’artifice et bal, fête complète enfin, pleine d’entrain et de cordialité.
- MÉMOIRE sur une méthode d'analyse qualitative des matières colorantes artificielles , par M. Ed. WEINGAERTNER, assistant à l'Ecole de chimie de Mulhouse.
- (Société Industrielle de Mulhouse.)
- (Suite.)
- Rose bengale. — Solution aqueuse rouge-bleuâtre foncé sans fluorescence. Solution alcoolique rouge avec belle fluorescence jaune d’or. L’acide chlorhydrique donne un précipité rouge-ponceau, soluble en orangé dans l’éther. La solution réduite ne se réoxyde que peu à l’air. L’acide sulfurique dissout la substance en orangé et, si l’on chauffe, l’iode se dépose sur les parois du tube.
- Uranine Chrysoline. — Solution brun-jaune avec une remarquable fluorescence verte qui, par addition d’acide chlorhydrique, disparaît avec formation d’un précipité jaune.
- Coralline, Aurine. --Solutionrouge d’éosine. L’acide chlorhydrique y produit un précipité jaune. L’acide sulfurique concentré dissout la substance en jaune. En chauffant, on ne voit paraître ni iode ni brome. La solution aqueuse a l’odeur du phénol.
- H
- Fuchsine acide. — La solution aqueuse rouge est décolorée à chaud par la soude ; l’acide acétique fait reparaître la couleur. L‘a-cide sulfurique dissout la substance en jaune; un excès d’eau fait reparaître la couleur rouge.
- Vert acide (Helvetia). — Facilement soluble dans l’eau avec une faible coloration verte. Les alcalis décolorent. Les acides renforcen
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- d’abord l’intensité de la teinte ; en ajoutant un excès elle passe au jaune.
- Bleu alcalin (B-6 B}. — Les alcalis décolorent presque complètement la solution apueuse. La laine plongée dans une solution ammoniacale de ce colorant, puis lavée et plongée dans un bain acidulé, devient bleu-foncé.
- Bleu soluble. — Facilement soluble dans l’eau. La laine ne se teint que dans une solution acidulée. Les alcalis ne précipitent pas la solution aqueuse. Se présente d’ordinaire en fragments d’aspect métallique.
- Violet acide (souvent liquide). — La solution aqueuse est violette. L’ammoniaque la décolore sans la précipiter. L’acide sulfurique dissout en orange, et la solution, par addition d’eau, passe au vert-bleu, puis au violet.
- Induline, Nigrosine. — La matière est gris-d’acier ou gris-d’argent ; elle se dissout dans l’eau, avec une coloration qui varie du bleu-gris au rouge-grisâtre. L’acide chlorhydrique y détermine un précipité bleuâtre ou rougeâtre. Les alcalis donnent des précipités rouges ov violets. L'acide nitrique ne décolore pas, même à chand.
- 1
- Acide picrique. — La solution aqueuse d’un jaune-verdâtre a un goût amer. Les alcalis la font passer au jaune-foncé et, en ajoutant de l’acide chlorhydrique, il ne se forme pas de précipité. La matière ne déflagre que si l’on a eu soin de la mélanger à du carbonate de soude.
- Jaune de Martius. — Soluble en jaune d’or. L’acide chlorhydrique produit un précipité blanc-jaunâtre, soluble dans l’éther.
- Jaune de naphtol S. — Soluble en jaune d’or. L’acide chlorhydrique ne produit pas de précipité. L’éther agité avec la solution ne se colore pas.
- Aurantia. — Solution aqueuse concentrée rouge, jaune si elle est étendue. L’acide sulfurique ne donne pas de coloration. L’acide chlorhydrique détermine un précipité jaune, et les alcalis en excès un précipité rouge-foncé. La matière colorante est, en général, un sel ammoniacal.
- J
- Rouge Congo. — Solution aqueuse rouge, devient bleu avec une trace d’acide chlorhydrique. L’acide sulfurique concentré dissout en bleu-ardoise, et la solution, étendue d’eau, ne change pas de couleur.
- Benzopurpurine. -- Solution aqueuse rouge-orangé. Les acides sulfurique ou chlorhydrique y déterminent un précipité brun ; en étendant, on a une solution brune.
- (A suivre.}
- APPAREIL A ESSAYER LA RÉSISTANCE DES TISSUS.
- De M. Amsleb-Laffon.
- Cet appareil a été construit pour MM. Schlumberger fils et Cie.
- Voici tel que l’explique la « Revue industrielle », le principe sur lequel repose son fonctionnement :
- Une bande de tissu, saisie aux boüts par deux pinces, est tendue au moyen d’une vis, et la tension produite se mesure par la com -pression d’un ressort à boudin.
- Les chocs violents au moment de la rupture du tissu son tévités par l’application d’une cataracte à huile.
- Comme on peut fabriquer des ressorts à boudin d’uniformité presque parfaite, ne changeant guère même pendant des années d’usage, on a pu adopter le ressort pour mesurer la tension du tissu, ce qui rend l’appareil plus simple qu’avec l’emploi de tout autre dispositif.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- Cet appareil a été présenté récemment à la Société industrielle de Mulhouse.
- Il est constitué par deux traverses, deux entretoises et la plaque de base qui forment le bâti.
- Une traverse sert de palier à l’écrou tournant placée au-dessus de la vis. On fait avancer ou revenir la vis en tournant l’écrou au moyen d;une manivelle.
- Pour des essais répétés et au point de vue de la régularité, il serait préférable de faire tourner le pignon par une courroie d e transmission avec débroyage automatique.
- La marche régulière de l’appareil est importante, parce que l’allongement d’un tissu ne dépend pas seulement de la force de tension, mais en même temps de la durée de cette tension.
- Si l’on arrête par exemple la vis tendue, le tissu continue à s’allonger, ce qui rend la tension plus faible.
- Deux tissus semblables, de mêmes dimensions, ne rompront pas à la même charge si l’un d’eux est tendu plus vite que l’autre.
- Pour être en état de comparer la résistance de différents tissus, il faut augmenter la tension dans le même rapport pour tous les essais.
- La vis dont il a été parlé est attachée à une pince qui doit saisir le tissu ; l’autre pince est fixée à la tige du piston. La tige porte à l’extrémité une rondelle s’appuyant sur le ressort à boudin.
- Le piston se meut dans un cylindre rempli d’huile. Le piston est pourvu d’une petite soupape laissant passer l’huile sans résistance sensible quand il avance.
- A la rupture du tissu, la soupape se ferme, et le piston recule très lentement en fonctionnant comme une cataracte.
- A côté de l’entretoise, il y a une règle butant contre la seconde pince. Quand on étire le tissu, le ressort se comprime, et cette pince avance en poussant la règle qui glisse dans deux coulisses.
- Un index fixe et des divisions gravées sur la règle indiquent la charge, en kilogrammes correspondant à la compression du ressort. Cette charge est égale à la tension du tissu.
- Un autre index porté par la deuxième pince et des divisions sur la règle servent à l’allongement du tissu. La lecture de ces divisions donne directement la longueur correspondant à la charge indiquée par les divisions gravées mentionnées précédemment.
- Les augmentations de longueur correspondent alors aux augmentations de charge.
- A la rupture du tissu, la règle reste en place et donne la charge de rupture sans erreur possible.
- Avant de commencer un autre essai, il faut faire buter la règle contre la seconde pince.
- La résistance et l'allongement du tissu sont en même temps enregistrés sur un tambour tournant.
- Les pinces sont arrangées de manière qu’on peut serrer très énergiquement le tissu sans"le rendre moins résistant aux bouts.
- La section dangereuse de l’échantillon ne tombe pas nécessairement dans les parties serrées.
- Chaque bout du tissu est plié autour d’une lame qu’on serre dans la pince au moyen de deux vis à volant. La lame est empêchée de sortir de la pince par deux butées faisant partie de la pince.
- Le tissu, à mesure qu’on l’étire, diminue d’épaisseur, ce qui rend nécessaire de sesser-rer les pinces de temps en temps pendant l’essai.
- On se sert avec avantage de différents ressorts, suivant la résistance des tissus.
- L’échange des ressorts se fait très facilement.
- A l’ordinaire, deux ressorts sont suffisants pour toutes les opérations : par exemple de 250 et de 500 kil. de résistance maximum.
- La course du ressort est de 10 cm ; la bande de tissu a une longueur de 20 à 40 cm ; sa largeur ne doit pas dépasser 10 cm.
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- i - :________________________
- Sur la sensibilité limitée des indicateurs.
- On a proposé depuis quelques années un assez grand nombre de nouveaux indicateurs, pigments végétaux ou matières colorantes artificielles, tous appelés, au dire des inventeurs à remplacer avantageusement l’antique tournesol.
- La mode s’en mêlant, on néglige de plus en plus le classique indicateur pour se servir de ces substituts : tropéolines, orangés, rouge congo, etc.
- Cependant, d’après E. Dieterich, rien de
- Papier sensibilisé
- Tournesol bleu................... ........
- » rouge....................................
- Curcuma....................... ...........
- Alkanna (orcanette) rouge..............
- » bleu.................................
- Bois de campêche ................’........
- » de Pernambouc............................
- Violettes....................................
- Myrtilles.................................
- Baies de sureau............ .............
- Cassis....................................
- Cochenille................................
- Phtaléine du phénol.......................
- Tropéoline (orangé 3)............
- Acide rosolique...........................
- Rouge Congo..................... ......
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DECLARATIONS DE FAILLITES
- Paris. -- Trussart (Jules-Joseph), teinturier en plumes, rue de Bondy, 74, cité Riverin, 7. — J.-c, : M. Houet. — S. : M. Cotty. — Jug. du 18 septembre.
- Paris. — Davoine (Marie), teinturière, rue de Provence, 4. — J.-c. : M, Godet. — S. : M. Châle. — Jug. du 28 septembre.
- Lyon. — Joubert et Pouget, teinturiers, rue Sébastopol, 27 et 29. — Jug. du 1er octobre. — S. : M. Regaud.
- moins justifié que cet engouement, si ce n’est peut-être par la commodité qu’offre la préparation d’une liqueur sensible avec une couleur de goudron. Cet auteur a fait la comparaison des divers indicateurs les plus répandus actuellement au point de vue de leur sensibilité à l’égard des acides ou des alcalis.
- Le tableau suivant résume ses observations. Les colonnes 1 et 2, 3 et 4, indiquent le degré de dilution auquel les acides sulfurique ou chlorhydrique et l’alcali fixe ou volatil affectent encore nettement le papier sensible préparé avec les substances suivantes :
- 1 S 03 2 H Cl 3 K 0 H 4 Az H
- 40.000 50.000 » »
- » » 20.000 60.000
- » » 18.000 35.000
- » » 25 000 80.000
- 60.000 80.000 » »
- » » 35.000 90.000
- » » 30.000 80.000
- » » 8.000 20.000
- » » 6.000 15.000
- » » 5.000 10.000
- » » 15.000 35.000
- 8.000 10.000 » »
- » » 20.000 »
- 10.000 15.000 » »
- » » 20.000 90 000
- 2.500 3.000 » »
- REPARTITIONS DE FAILLITES
- Elbeuf. — Martin (Jacques-Mathieu, teinturier et fab. de produits chimiques, à Saint-Aubin- Jouxte-Boulleng. — 6 fr. 16 c. 0(0.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Placet et Le Vernay, apprêt, foulage et dégraissage des tissus, rue de la Part-Dieu, 97. — Durée : 5 ans et 3 mois. —Capital : 50,000 fr. — Acte du 25 septembre.
- Lyon. —- Formation de la Société en com mandite Brondel et Cie, fab. de tulles et den
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N° 22. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Novembre 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS (suite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- ANALYSE DES MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES (suite).
- INFLUENCE DE L’EAU SUR LA LAINE.
- INFORMATIONS.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BULLETIN FINANCIER.
- BIBLIOGRAPHIE. - COURS. — ANNONCES .
- PERFECTIONNEMENTS
- Et PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Nous donnons sous ce titre, et sans discussion, l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs. {Reproduction interdite.)
- MACHINE A APPRÊTER LES TISSUS Par MM. Pierron et Dehaître.
- La machine ci-dessus indiquée est construite pour apprêter une pièce large ou deux pièces étroites à la fois. L’appareil élargisseur de l’entrée, établi d’après le système Palmer, est donc simple ou double, suivant les cas. Le « foulard » qui sert au transport de l’apprêt sur le tissu est muni d'une commande par cônes, afin de faire varier la vitesse à volonté. À la suite se présente un grand tambour enveloppé d’un feutre sécheur. Le tambour est creux et formé de deux viroles, l’une, extérieure, en acier, l’autre, intérieure, en fer, emboîtées dans des fonds en tôle épaisse. L’arbre central du tambour est évidé sur toute la longueur et partagé en deux par une cloison médiane.
- A un bout, arrive la vapeur qui, par des tuyaux sinueux (en vue des effets de dilatation et de contraction) se répand entre les viroles du tambour; à l’autre bout et par des tuyaux symétriques revient l’eau de condensation.
- Au-dessus du grand tambour, et en avant, est monté un second cylindre de moindre dia •
- mètre, destiné à sécher rapidement le feutre, dans le cas où l’apprêt contiendrait un acide, qui amènerait la prompte destruction de ce feutre.
- Un autre cylindre, placé à l'arrière de la machine, complète le séchage de la pièce, lorsque le grand tambour n’a pas suffi.
- Enfin une boîte de refroidissement renferme deux tuyaux, fendus sur la longueur, pour le passage d’un courant d’air sous pression. Le tissu, guidé entre les deux tubes, reçoit l’action rafraîchissante de l’air sur les faces d’endroit et d’envers, avant d’être plié ou enroulé.
- MACHINE A DÉROMPRE LES TISSUS Par MM. Bonnet et Angelier.
- On sait que le « dérompage » est un assou-plissage des tissus apprêtés, obtenu le plus souvent sur un cadre rectangulaire, à côtés articulés.
- MM. Bonnet et Angelier font simplement passer l’étoffe entre des rouleaux de tension et des rangées interposées de petites sphères en matière dure. Ces sphères ou billes, d’un diamètre quelconque, sont logées bans les rainures parallèles d’un plateau horizontal et tournent librement dans tous les sens,au contact de l’étoffe entraînée par les rouleaux d'appel.
- L’avantage du système, indépendamment de la simplicité de la construction, est d’éviter le « rayonnement », qui se produit sur les autres machines à dérompre.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- APPRÊT DE LA MOIRE ANTIQUE
- E Par M. Ch. Vignet et ses fils.
- Le procédé permet de réserver tous tissus formant bandes dites « pékin » dans l’obtention de la « moire antique » ; il consiste à enrouler la pièce à apprêter, doublée liseré sur liseré, avec interposition d’une toile, sur un rouleau à réserves. A la faveur de ces réserves, les effets voulus s’obtiennent en un seul calandrage, tandis que par les anciennes méthodes, il fallait enrouler et calandrer plusieurs fois pour régulariser le brillant. La toile interposée entre les couches concentriques du rouleau d’étoffe empêche tout déplacement.
- ESSOREUSE UNIVERSELLE Par M. David.
- Dans cette machine, spécialement destinée au traitement des fils textiles de toutes sortes, les échevaux sont tendus suivant des directions radiales autour d’un axe horizontal.
- Ledit axe est creux et perforé à la périphérie ; en même temps qu’il tourne à des vitesses variables suivant besoin, il livre passage à de l’eau, à un liquide tinctorial ou autre, à de l’air chaud, à de la vapeur, etc., selon la nature des agents, auxquels doivent être soumises les matières filées.
- Les écheveaux sont passés sur les bâtons, pui servent, d’ordinaire, à immerger les fils dans les bacs de teinture.
- Chaque bâton porte une égale quantité d'écheveaux et se loge dans les coulisses circulaires de deux croisillons claveté sur l’arbre central déjà mentionné. Un enclanche- j ment de sûreté maintient les bâtons pendant la rotation de l’ensemble.
- La machine brevetée par M. David se prête à des opérations multiples : mouillage ou ébrouissage, essorage, mordançage, oxydation, teinture, savonnage, lavage, vaporisage, séchage, passages, en soude, en chlore, en | acide pour le blanchiment; elle justifie donc | la dénomination d’ « essoreuse universelle ». !
- Les autres avantages de l’appareil sont d’assurer la tension des écheveaux en ligne droite, d’accélérer les diverses traitements ci-dessus indiqués, d’éviter les taches, qui se produisent fréquemment avec les autres systèmes d’essoreuses.
- ESSOREUSE A BATTANT Par M. Vial.
- Cette machine est construite en vue des filasses de lin, de chanvre, etc., provenant du rouissage ; elle se compose de deux parties essentielles : l0 l’essoreuse proprement dite est un tambour cylindrique, à axe vertical, mesurant de 40 à 50 centimètres de diamètre.
- Des crochets fixés à la périphérie suivant des cercles ou des spires hélicoïdales servent à suspendre les paquets de filasse,
- Le mouvement est donné au tambour par l’intermédiaire d’un manchon d’embrayage (muni d’un levier à poignée) et d’une paire de cônes de friction, qui permettent d’accélérer et de ralentir la vitesse, dans des limites déterminées.
- En raison de la force centrifuge, les paquets, accrochés comme il a été dit, se soulèvent presque horizontalement et le liquide, dont il sont imprégnés, s’échappe.
- 2o II n’en est pas de même des corps durs adhérents aux fibres et c’est ici qu’intervient le second élément de l’invention, le « battant » sorte de porte un peu plus haute que le tambour, pivotant sur ses gonds, de quantités variables, à l’aide d’une vis à manivelle et de leviers articulés. La face du battant tournée vers le tambour est convexe et ondulée.
- Pendant la première phase de l’essorage, le battant est rabattu sur les bielles et hors du champ de giration ; lorsque la majeure partie du liquide s’est dégagée, l’ouvrier modère la vitesse, puis rapproche le battant de façon à exercer sur les paquets un frottement progressif. La connexité du battant a pour but d’éviter ce qu’on nomme le « coup de fouet » et les ondulations, d’empêcher le rebondissement de la filasse.
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- TISSU-CUIR SCULPTÉ
- Par Mlle Bressac.
- Le produit diffère des « tentures en relief » connues en ce que l’étoffe de fond n’est pas entièrement recouverte par l’enduit destiné à à imiter le cuir. Suivant le motif à reproduire, Mlle Bressac fait usage du moule plan ou du cylindre.Lorsque l’enduit fondu, dont la composition sera donnée plus loin, a pris assez de consistance pour ne pas adhérer au métal, on applique fortement l’étoffe contre le cylindre ou contre le moule, de manière à la souder aux reliefs fournis par ce moule ou ce cylindre.
- L’un des enduits les plus résistants consiste en un mélange, dans les proportions suivantes. de :
- Gélatine.................
- Poix ou résine.....
- Poix de Bourgogne.
- Glycérine.......... Huile..............
- 500 grammes.
- 250
- 250 »
- 250 »
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- {Reproduction interdite.}
- LES INVENTIONS BREVETÉES
- 191289. 18 juin 1888; Forestier. — Incrustation de tissus dans un autre tissu pouvant se faire également en feutre.
- 191367. 21 juin ; Jourdain. — Appareil à teindre le coton, la laine et les autres matières textiles.
- Cet appareil est caractérisé essentiellement par le maintien de la matière textile dans un récipient perforé logé dans une cuve de teinture au moyen d’un piston non jointif à rainures périphériques facultatives, le liquide tinctorial étant injecté dans l’intérieur de la matière textile à teindre au moyen d’un tube perforé central communiquant avec une pompe, un injecteur, un pulsomètre, etc.
- 191379. 22 juin ; Dehaître. — Machine à fermer et fixer le dos des tissus doublés.
- Cette machine se compose de deux cylindres en tôle d’acier chauffés intérieurement
- par la vapeur et supportés par deux bâtis en fonte.
- Chacun des cylindres est partiellement entouré d’un feutre sans fin que l’on peut tendre et régler à volonté. Ces deux cylindres sont entraînés par le frottement des feutres qui reçoivent leur mouvement de rouleaux d’appel communiquant par un engrenage d’angle à un mouvement progressif qui transmet le mouvement à toute la machine. La machine est en outre munie d'une plieuse et d’un enrouleur placés à la sortie.
- Les dispositions des cylindres et des feutres qui les enveloppent permet d’avoir une face du tissu en contact avec un cylindre, tandis que l’autre face est en contact avec l’autre cylindre ; de là l’avantage de pouvoir apprêter des deux côtés un tissu doublé tout en fermant le dos.
- 191478. 2 juillet ; Société J. Leclère et Da-muzeaux père et fils. — Perfectionnements apportés aux machines laineuses à chardon métallique.
- 191534. 30 juin ; Grupe et Martiny. — Fabrication d’un nouveau produit du stéarum destiné aux usages du cuir, du linoléum, du caoutchouc, de la gutta-percha, etc., pour tapis, tentures, couvertures d’édifices et autres usages industriels.
- Ce produit est obtenu en mélangeant du brai de la stéarine et de la poudre de liège dans les conditions suivantes :
- Le brai est mélangé à chaud avec de la poudre de liège dans des proportions qui peuvent varier de 1 de brai pour 1 de liège jusqu’à 1 de brai et 3 de liège, selon les qualités du produit à obtenir.
- On soumet le mélange à un laminage prolongé entre deux ou plusieurs cylindres jusqu’à ce que la pâte ainsi obtenue s’agglomère et prenne la consistance d’une feuille continue semblable à du cuir, pouvant varier d’épaisseur.
- Les feuilles ainsi obtenues peuvent être immédiatement, avant refroidissement ou siccité rendues adhérentes avec des étoffes ou tissus
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de toutes sortes destinés à les doubler à l’envers, ou bien quand le stéarum est froid et sec, on peut y coller les tissus ou étoffes.
- 191582. 3 juillet ; Dalman y Pujadas. — Fabrication d’un nouveau produit de teinture.
- Ce nouveau produit, qui peut être obtenu en tel état que l’on désire, solide ou liquide, est obtenu eu mélangeant aux extraits de couleurs tinctoriales certaines substances chimiques, telles que le chromate de potasse, le sulfate ou acétate de cuivre, l’acide borique, le sel d'aniline, la chaux vive.
- Pour 100 kil, d’extrait tinctorial (bois de campêche, du Brésil, de Cuba, graine de Perse, Quereston, Gaude, etc.), nous employons :
- Chromate de potasse, 10 kil.
- Sulfate ou acétate de cuivre, 10 à 20 »
- Acide borique, 3 à 8 »
- Sel d’aniline, 1 à 2 »
- Chaux vive, 2 à 5 »
- Le mélange se fait dans les conditions suivantes :
- On fait dissoudre le chromate de potasse et le sulfate dans 2 fois ou plus leur poids d’eau à 40 ou 50 degrés ; ceci fait, on ajoute le sel d’aniline, puis l’acide borique. Après dissolution et mélange complets, on introduit dans le l’extrait tinctorial et on remue jusqu’à ce qu’on ait un mélange parfait à l’état de pâte. On ajoute alors la chaux vive à l’état de lait de chaux ; on retire alors la pâte de la chaudière, on la met en caisses pour former des pains et on fait sécher.
- 191G70. 3 juilct ; Dérily et Hatiet. — Procédé de teinture en toutes couleurs de la corne, de l’os, de l’ivoire, des bois, du corozo, du cuir, etc.
- Le procédé qui fait l’objet du brevet repose sur la formation par double décomposition dans les pores de la corne et à une certaine profondeur d’un précipité insoluble blanc, grisâtre et neutre aux réactifs de protochlorure de mercure ou de chlorure d’argent.
- Les pions ou rondelles de corne tout venant
- sont mis à macérer à froid pendant 2 à 3 jours dans une dissolution d’azotate de mercure ou de bichlorure. La concentration de la liqueur n’a pas besoin de dépasser 5 à 6 0[0. La corne prend dans le bain une teinte brune variable. On rince pour récupérer l’excès de réactifs, puis on jette les boutons dans une dissolution à chaud de protochlorure d’étain à 1 0[0 environ, acidulée par l’acide chlorhydrique en proportion variable, suivant l’intensité du gris que l’on veut obtenir (1 à 5 0[0 environ). Il se forme dans les pores de la corne du protochlorure de mercure blanc accompagné de mercure métallique très divisé, qui produit du gris. Des pions teints en gris peuvent être séchés et vendus comme tels, ou passés aux différents bains de teinture en couleur.
- La corne ainsi préparée absorbe et retient les couleurs.
- J.. FAYOLLET,
- Avocat,ingénieur conseil en matière de propriété industrielle,
- 43, rue Turbigo, Paris.
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L’iMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres
- {Suite}
- Endosmose et exosmose.
- Je suis le premier qui ait appelé l’attention sur les phénomènes d’endosmose et d’exosmose, [appliqués à la théorie de la teinture, dans mon traité de teinture de la soie, 1876. — Jusqu’alors personne n'en avait tenu compte.
- Les lois de l’endosmose et de l’exosmose ont été découvertes et appliquées par Dutro-chet, de même appliquées aux lois de la végétation.
- Si nous prenons un tube de verre ouvert aux deux bouts, et si nous fermons l’une des extrémités par un parchemin solidement ficelé de manière à faire un réservoir d’une
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- part ; d’autre part, si nous remplissons à moitié de sa longueur ce tube, qui devra avoir un certain diamètre de deux centimètres environ, pour échapper aux lois de la capillarité vues précédemment, si donc nous remplissons à moitié ce tube d’un liquide aqueux, ou même d’eau pure, mais dans tous les cas il faut que les liquides du tube et du réservoir puissent se mélanger sans réactions chimiques, nous observerons les phénomènes suivants :
- lo Dans le cas où le tube et le réservoir contiendront de l’eau pure, les lois de la pesanteur se feront sentir, et peu à peu leliquide contenu dans le tube, passant à travers le parchemin, ira rejoindre celui du réservoir, et le niveau s’abaissera dans le tube, jusqu’à égalisation avec celui du réservoir.
- 2o Si nous mettons dans le tube un liquide plus danse que celui du réservoir, qui pourra par exemple n’être que de l’eau pure, l’on [ verra peu à peu et contrairement aux lois de la pesanteur, l’eau du réservoir passant à travers le parchemin, fera élever le volume du liquide dans le tube. Au bout d’un certain temps celui-ci, s’il était de un mètre au-dessus du réservoir, atteindra deux mètres. L’élévation sera d’autant plus forte que le liquide contenu dans le tube sera plus dense.
- En réalité les deux liquides se mélangent, mais le courant est plus fort du liquide léger au liquide plus lourd, c’est ce que l’on appelle courant endosmique ; quant au courant du liquide le plus lourd au plus léger, on le nomme exosmique.
- Si l’on a pris une solution de sulfate ferrique, dite rouil en teinture, et à 30 Beaumé, l’on verra rapidement leliquide dutubes’élé-ver, et celui du réservoir se reteinter légèrement en rouge ocrate en s’abaissant.
- 30 Si dans le tube on met de l’eau pure, et un liquide plus dense, dans le réservoir, les mêmes solutions que précédemment, l’on voit rapidement l’eau s’abaisser dans le tube, jusque-là rien que de très naturel, mais lorsque les deux liquides seront de niveau, l’on
- verra celui du tube descendre'au dessous de celui du réservoir.
- J’ai été amené à appliquer les lois de l’endosmose à la teinture par ce fait que des soies engallées, ne prennent plus de charge par le passage en rouil ou sulfate ferrique, et ce parce que les propriétés endosmiques de la soie ont été détruites par la combinaison du tannin, quelle que soit sa nature avec la fibrome de la soie.
- Et comme démonstration, j’ai pris du parchemin divisé en deux parts, une a été en-gallée. Des tubes fermés d’une part par des parchemins naturels, d’autre part par des parchemins engallés ont offert des différences frappantes.
- Avec les tubes fermés par des parchemins naturels, contenant de l’eau pure, et plongés dans des solutions métalliques, ou l’inverse des lois de l’endosmose se sont toujours vérifiés, tandis qu’avec des parchemins engallés, elles ne sont jamais reproduites, seules les lois de la pesanteur ont eu leurs effets.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- Grenats et Prunes a la laque-dye.
- Ce procédé de teinture, que nous n’indiquons qu’à titre de renseignement, est peu usité aujourd’hui. Il donne cependant de bons résultats, mais il est un peu compliqué.
- L’opération se fait en deux bains : le premier dit bain de teinture, le second appelé bain d’avivage.
- Bain de teinture. — Pour 100 kil. de laine, on prépare;un bain avec:
- Eau q. s.
- Tartre 10 kil.
- Composition d’étain 15 »
- Cochenille en poudre 1 »
- On fait bouillir, puis, lorsque le tartre est
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dissous, on entre les pièces qu’on manœuvre au bouillon pendant 30 ou 40 minutes. Ensuite, on ajoute au bain de la laque-dye — préalablement délayée dans de l’eau chaude — en quantité suffisante pour fournir l’intensité de la couleur demandée, ainsi qu’une quantité de carmin d’indigo qui varie suivant la nuance à produire. S’il est nécessaire, on jaunit avec l’un des jaunes suivants : jaune naphtol, jaune solide, orangé, etc., puis on verse dans le bain de teinture :
- Composition d'étain 10 kil.
- On manœuvre de nouveau les pièces au bouillon pendant 50 ou 60 minutes, puis on les abat, on les évente et on les lave, après quoi on les entre dans le bain d’avivage.
- Bain d'avioage. — On compose un bain d’avivage avec :
- Eau q. s.
- Tartre 7 kil. 500
- Composition d’étain 15 » Cochenille en poudre 1 »
- On met d'abord le tartre dans le bain, et c’est seulement lorsqu’il est dissous que l’on ajoute la composition d’étain et la cochenille réduite en poudre fine. On fait bouillir ensuite quelques minutes, puis on entre les pièces qui sortent du bain de teintnre.
- On fait une nouvelle garniture de colorants si la nuance des étoffes est trop claire, puis on les manœuvre au bouillon pendant 45 mi -nutes environ. Lorsque la couleur est bien montée, on les abat, on les évente et on les lave.
- Pour faire cette teinture, on a coutume de procéder ainsi qu’il vient d’être dit; mais, si l’opération est bien conduite, il suffit, à notre avis, de monter un seul bain, le second n’ayant d’autre but que d’unir exactement la couleur sur toute l’étendue des tissus.
- La cochenille peut être supprimée en tout ou partie, car elle est employée ici pour soutenir la nuance et lui donner la fraîcheur que comporte l’échantillon à imiter.
- Les bains de teinture et d’avivage doivent
- être franchement acides, et selon que l’on emploiera la composition d’étain plus ou moins étendue d’eau, on devra en verser beaucoup ou peu dans les bassins.
- Grenats, prunes et byrons avec le FERMAN-BOUC ET LE SULFATE d’ïNDIGO.
- Quoique le fernambouc ne produise pas de couleurs très solides, on l’utilise cependant encore suffisamment pour que nous devions décrire ici la préparation de ces dernières.
- On se sert pour cela de divers procédés dans lesquels la laine est mordancée avec de l’alun seul, le mordançage par l’alun et tartre s’employant surtout pour les couleurs bleues rougeâtres foncées (c’est-à-dire les gros-bleus) ; dans le bain de teinture on emploie du sulfate de zinc (appelé aussi vitriol blanc), du sulfate de chaux (ou plâtre), de l’acétate de cuivre (désigné aussi dans le commerce sous les noms de verdet, de vert-de-gris), et du tartre.
- Suivant qu’on emploie dans le bain de teinture tel ou tel sel, on obtient des nuances différentes. C’est ainsi qu’en préparant trois bains de teinture, semblables quant aux proportions de fernambouc et de sulfate d’indigo, et en introduisant dans le premier bain du sulfate de zinc, dans le deuxième du sulfate de chaux et dans le troisième de l’acétate de cuivre, la laine, mordancée avec de l’alun, y prendra dans le premier bain une couleur rouge un peu foncée, qui tirera sur le rouge de cerise ; dans le second bain une couleur brune rougeâtre foncée, qui tirera légèrement sur le violet, et enfin dans le troisième une couleur rougeâtre foncée analogue à celle d’une cerise brune.
- Le sulfate de chaux, le sulfate de zinc et l’acétate de cuivre sont les ingrédients les plus favorables dans le mélange du fernambouc et du sulfate d’indigo. Ce sont ces sels qui produisent les couleurs les plus solides.
- Les différentes méthodes de teinture que nous exposons ci-dessous ayant le même mode opératoire, nous allons donner les pro-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- portions des divers ingrédients afférents à chacune d’elles , puis nous indiquerons la marche génnérale à suivre pour procéder dans de bonnes conditions à l’obtention des grenats, prunes et byrons avec le ternambouc et le sulfate d’indigo.
- Toutes ces couleurs s’obtiennent après bouillon préalable.
- Premier procédé
- Pour 100 kil. de laine :
- Bouillon. — On prépare le bain de bouillon comme suit :
- Eau, q. s.
- Alun, 20 ki).
- Bouillon deux heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture avec :
- Eau, q. s.
- Sulfate de zinc, 15 kil.
- Fernambouc, q. s.
- Sulfate d’indigo, q. s.
- Jaune, q. s.
- Manœuvrer les étoffes au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- 2e Procédé
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On fait un bain composé de : Eau, q. s.
- Alun, 20 kil.
- Bouillir deux heures.
- Teinture — On compose le bain de teinture de :
- Eau, q. s.
- Sulfate de chaux, 30 kil.
- Fernambouc, q. s.
- Sulfate d’indigo, q. s.
- Jaune, q. s.
- Manœuvrer les pièces au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- 3e Procédé
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On prépare un bain avec :
- Eau, q. s.
- Alun, 20 kil.
- Bouillir deux heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture comme suit :
- Eau, q. s.
- Acétate de cuivre, 15 kil.
- Fernambouc, q. s.
- Jaune, q. s.
- Manœuvrer les pièces au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- 4e Procédé
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On fait un bain avec :
- Eau, q. s.
- Alun, 20 kil.
- Bouillir deux heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture suivante :
- Eau, q. s.
- Tartre, 15 kil.
- Fernambouc, q. s.
- Sulfate d’indigo, q. s.
- Jaune, q. s.
- Manœuvrer les pièces au bouillon pendant une heure ou une heure et demie.
- Ce dernier procédé ne donne pas d’aussi bons résultats-que les précédents : de plus, les couleurs qu'il produit sont peu solides et pas si vives que celles obtenues par l’une des trois premières méthodes.
- Le mode opératoire de ces quatre méthodes de teinture est le suivant :
- Mode opératoire. — On mordance la laine en la faisant bouillir pendant deux heures dans un bain garni de 20 kil. d’alun, et en les laissant reposer pendant douze heures dans le bain devenu froid, ou bien encore en éventant les tissus à leur sortie du bain de bouillon et en les empilant pendant le même laps de temps.
- On compose le bain de teinture de la quantité nécessaire de fernambouc pour obtenir la couleur demandée et du mordant afférent à chaque procédé. On fait bouillir ensemble le fernambouc et le mordant pendant une heure, puis on ajoute les quantités de sulfate d’in-
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-
- ae O O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- digo et de jaune nécessaires pour donner à la couleur la tonalité voulue; on remue le bain et on le fait bouillir encore pendant quelques minutes. Ensuite on y entre les étoffes qu’on y manœuvre pendant une heure ou une heure et demie, suivant que la teinture est plus ou moins rapide et que le tranchage est suffisamment parfait. Enfin, on abat les pièces, on les évente et on les lave.
- Le bain de bouillon se conserve indéfiniment; on en double les proportions lorsqu’il sert pour la première fois.
- On jaunit avec l’un de ces jaunes : bois jaune, curcuma, acide picrique, jaune naph-tol, jaune solide, orangé, etc.
- PRUNES ET BYRONS AVEC LE FERNAMBOUC ET LE CAMPÊCHE
- Le mélange du fernambouc et du cam-pêche donne naissance à des couleurs foncées qui sont grises, brunes ou rouges-noi-râtres, suivant les proportions dans lesquelles on fait le mélange, et aussi suivant les ingrédients dont on s’est servi pour mordancer la laine.
- Nous ne nous occuperons ici que des couleurs rouges-noirâtres dont font partie les couleurs prunes foncées et lesbyrons. Nous donnons ci-dessous plusieurs méthodes pour l’obtention de ces couleurs,
- Premier Procédé
- Pour 100 kil. de laine :
- Pas de bain de bouillon.
- Teinture. — On fait un bain avec :
- Eau, q. s.
- Fernambouc, q. s.
- Campêche, q. s.
- Sulfate de cuivre, 20 kil.
- Manœuvrer les pièces pendant une heure et demie ou deux heures au bouillon.
- 2e Procédé
- Pour 100 kil. de laine:
- Pas de bouillon.
- Teinture. — On prépare le bain de teinture suivant :
- Eau, q. s.
- Fernambouc, q. s.
- Campêche, q. s.
- Sulfate de chaux, 40 kil.
- Manœuvrer les tissus au bouillon pendant une heure et demie ou deux heures.
- 3e Procédé
- Pour 100 kil. de laine:
- Pas de bouillon.
- Teinture. — On fait un bain unique avec :
- Eau, q. s.
- Fernambouc, q. s.
- Campêche, q. s.
- Sulfate de fer, 10 kil.
- Sulfate de cuivre, 10 kil.
- Faire bouillir la laine pendant deux heures.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- {Reproduction interdite)
- (A suivre.)
- MÉMOIRE
- sur une méthode d'analyse qualitative des matières colorantes artificielles , par M. Ed.
- WEINGAERTNER, assistant à l'Ecole de chimie de Mulhouse.
- (Société Industrielle de Mulhouse.)
- {Suite.)
- Bleu azoique. — Solution bleu-violet. Les alcalis dissolvent en rouge, l’acide sulfurique concentré en violet. L’acide chlorhydrique détermine dans la solution aqueuse un précipité violet.
- K
- Erythrosine. — Solution rouge-bleuâtre.
- Avec l’acide chlorhydrique, précipité orangé. — L’acide sulfurique concentré dissout la substance en orangé, et il sublime de l’iode quand on chauffe.
- Remarque. — Tous les amidoazo sulfones, ainsi que les tetrazo, deviennent presque incolores lorsqu’on les réduit par l’ammoniaque et la poudre de zinc. (Eviter de chauffer). Après avoir filtré, la solution devient jaune-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSÜS
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- clair. Quelques gouttes jetées sur du papier à filtrer et chauffées au-dessus de la flamme, provoquent une coloration intense. Les autres colorants azoïques ne donnent pas de taches ou donnent des taches brunes. Les réactions avec les chlorures de baryum ou de calcium doivent être toujours faites sur une solution concentrée de la matière colorante.
- Jaune solide (R-G). R est le plus soluble. — L’acide sulfurique concentré dissout en jaune, et la solution, par addition d’eau, passe au rouge-brun, puis à l’orangé. Solution aqueuse jaune. Le chlorure de baryum précipite, le chlorure de calcium ne précipite pas.
- Jaune de diphény lamine. Tropéoline OO. — L’acide sulfurique dissout en violet, et la
- TABLEAU II
- MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES SOLUBLES DANS l’eAU
- La solution aqueuse traitée par le réactif tannique ne donne pas de précipité.
- MATIÈRES COLORANTES ACIDES
- La solution aqueuse est réduite par la poudre de zinc et Vacide chlorhydrique ou par la poudre de zinc et l'ammoniaque
- La solution est décolorée La solution prend une coloration brun-rouge. La couleur de la solution ammonia-
- La couleur primitive reparaît sur le papier. La couleur primitive ne reparaît pas
- cale reparaît le papier. sur
- La solution ac dulée par l'a drique et trai L’éther dissout la matière colorante et la solution devientpres-que incolore jueuse est aci-acide chlorhy-tée par l’éther. L’éther reste incolore. La matière co déflagre sans dégager de vapeurs colorées lorante, chauffée sur la lame de platine, brûle tranquillement ou déflagre légèrement en dégageant des vapeurs colorées. Chauffer dans la solution aqueuse un morceau de calicot non mordancé. Alizarine S Bleu d'alizarine 5 Cé.ruléine S
- Phtaléines Aurine Rosanilines sulfonées Indulines sulfonées Matières colorantes nitrées (nitrophénols) La coloration de l’étoffe résiste au savon chaud. La coloration ne résiste pasausavon chaud.
- (Amines nitrées) Couleurs azoïques de la benzidine Colorants azoïques Tartrazine Erythrosine
- G H 1 J K L
- Observations. — (d) La réduction des colorants acides jaune, orange, ponceau ou bordeaux non fluorescents, exige des précautions spéciales. Le mieux est de se servir de la poudre de zinc avec l’acide chlorhydrique, et de neutraliser ensuite par l’acétate de sodium, comme il a
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- 263 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- déjà été dit. La réduction des groupes NO? que la substance peut contenir, serait souvent trop lente si l’on se servait de l’ammoniaque ou de l’acide acétique.
- (6) De même que précédemment, il faut comparer avec le plus grand soin la couleur primitive avec celle qui se produit par reoxydation, afin de ne pas se tromper sur leur identité ou leur différence. Dans la réduction des substances nitrées ou azoïques, il se forme des diamines et des amidophénols qui, par oxydation, donnent des nuances sales ou brunes. Dans la catégorie K il faut également ranger l'érythrosine, car, lors de la réduction, il se sépare de l’iode et il y a formation de fluorescéine.
- (c) Tous les colorants non spécifiés dans le paragraphe (a) seront réduits par le ziné et l’ammoniaque.
- (d) Lors de la réduction de?; matières colorantes acides, la solution, tant qu’elle est en présence de la poudre de zinc, doit être incolore ou tout au plus teintée légèrement en jaune ou en rouge.
- (e) Les dérivés nitrés de la fluorescine et des matières colorantes azoïques se reconnaissent facilement lorsqu’on les chauffe en quantité notable (1/2 gr.) sur la lame de platine ; on voit se former les serpents de Pharaon.
- (f) Pour rechercher le groupe NO2 dans les matières colorantes jaune clair, il est nécessaire de les mélanger d’abord avec un peu de N a 2 C O3 (acide picrique).
- (g) Il est très difficile de réduire complètement l’alizarine S. Elle est classée dans la colonne L. La couleur de la solution ammoniacale revient en effet le plus souvent, mais si la réduction a été poussée trop loin, cette couleur ne reparaît plus.
- couleur devient plus rouge par addition d’eau; il se forme en même temps nn précipité gris-ardoise. La solution aqueuse jaune cristallise par refroidissement. Le chlorure de calcium donne un précipité cristallin. Le chlorure de baryum donne aussi un précipité.
- On trouve encore sous ce même nom, dans le commerce, un dérivé nitré. Après réduction on a sur le papier une tache brune, et le colorant, chauffé sur la lame de platine, défla-gre en dégageant des vapeurs jaunes.
- Orange de méthyle. — L’acide sulfurique dissout en jaune, et la solution, étendue d’eau, devient rouge-carmin. La solution aqueuse jaune cristallise par le refroidissement en lamelles d’un jaune brillant. Les acides étendus en précipitant des paillettes rouge-violacé.
- Jaune N (Poirrier). — L’acide sulfurique dissout en vert-bleuâtre, et la solution, par addition d’eau, passe au violet avec formation d'unprecipit bleu-ardoise. La solution aqueuse jaune cristallise par refroidissement. Par le chlorure de baryum, précipité jaune qui cristallise en paillettes.
- Lutéoline. Actiengesellschaft für Anilinfa-brication, Berlin. — L’acide sulfurique pro
- duit une solution vert-jaunâtre qui, étendue d’eau, passe au violet avec formation d’un précipité-gris. La solution adueuse est jaune et cristallise par le refroidissement. Le chlorure de calcium donne un précipité orange, qui devient rouge et cristallise par l’ébullition.
- (A suivre.)
- INFLUENCE DE L'EAU SUR LA LAINE
- Un article récent du journal allemand, « Das Deutche Woliengewerbe», consacré aux intérêts de l’industrie de la laine, contient une dissertation sur l’influence de l’eau sur la fibre de la laine.
- Voici un extrait de cet article :
- De même que les autres fibres textiles, la laine, dans son traitement commençant même à son existence sur le dos du mouton jusqu’aux derniers procédés de perfectionnement, doit plus à l’eau qu’à un autre ingrédient. L’eau agit alors de deux façons sur la laine, soit comme un dissolvant de diverses substances requises pour sa préparation telles que l’urine, les sels, remplaçant le savon, la terre à foulon, les teintures, l’empois, etc., et qui sans l’eau,seraient impuissantes, ou com-
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- c2 co Ge
- me agent direct, dans les procédés de lavage, de foulage, etc.
- Sans la présence de l’eau, toutes les opérations seraient inutiles ou d’un caractère différent, et souvent plus nuisibles que bienfaisantes.
- L’eau, spécialement quand elle est à une haute température, adoucit la fibre et la rend plus souple, tandis qu’en son absence, spécialement après qu’on a enlevé la graisse fournie par la nature pour le même objet, la fibre de la laine devient raide, cassante.
- Sans parler des procédés pour laver la laine sur le dos des moutons ou dans l’usine, ce qui, bien entendu, ne peut être fait sans eau, la première opération est généralement la teinture ; pour cela il faut absolument que la qualité de l’eau soit convenable pour ce que requiert le teinturier : douce et pure.
- La filature requiert moins la présence de l’eau qui n’est employée que pour délayer l’huile avant le cardage.
- Après le tissage vient l’importante opération du foulage, et ici l’eau joue un rôle important Par son action, jointe à celle du savon et des alcalis, les parties saillantes de la fibre de la laine sont, pendant le foulage débarrassées de la graisse ; leurs lisières serrées ouvertes, et ainsi l’enlacement de la fibre appelé foulage est rendu possible.
- Que l’eau pénètre à l’intérieur de la fibre et par cela même l’adoucisse, c’est un fait qui n'a pas toujours été admis.
- La chaleur joue aussi un rôle important l’opération du foulage, car par son action, la substance dure de la fibre est adoucie et l’opération facilitée.
- Que l’eau ait pour effet d’adoucir les fibres de la laine, cela a été démontré par le fait suivant : un morceau de drap mouillé est plus facilement déchiré qu’un morceau sec, et ses propriétés hygroscopiques sont si bonnes, qu’il peut, sans difficulté, retenir 30 0(0 de son poids d’eau, sans être ni mouillé ni même humide. D’un autre côté, il est admis par les manufacturiers que le drap qui contient en
- core de la graisse, ce qui empêche l’eau de pénétrer, ne se feutre jamais aussi bien que les matières qui ont été bien lavées.
- Mais si la présence de l’eau facilite l’opération du foulage, elle agit aussi au détriment du drap, s’il reste trop longtemps soumis à son action, car alors elle le raidit et lui donne un toucher particulier qui ne peut toujours être enlevé en séchant.
- Si, cependant, le drap est bien trempé, et non pas séché en partie dans une essoreuse, et alors placé dans une étuve très chauffée, il prendra un beau brillant,et sera plus «plein» au toucher; prouvant ainsi que l’action de l’eau est très importante dans le fini.
- Le séchage du drap est aussi influencé par l’action préalable de l’eau, car si le drap très mouillé est pendu pour sécher à l’air, et ainsi séché lentement, on remarquera que le côté qui était en bas, et vers lequel l’eau a par conséquent coulé, sera plus difficile à fouler que la partie qui était sur les crochets plus haut.
- Cependant l’eau n’a pas toujours les mêmes effets sur la laine, ou pour parler correctement, les différentes espèces de laine ne sont pas également affectées par l’action de l’eau. Il y a des laines qui ne deviennent pas assez flexibles sous l’influence de l’eau et qui, quoique très humides, ne gonflent pas bien, tandis que d autres ont besoin de très peu d’humidité pour prendre une apparence pelucheuse et brillante.
- Sous ce rapport, l’origine de la laine joue un rôle important. Dans la première peuvent être classées les laines du Cap et les plus grosses laines d’Allemagne, tandis que celles de Buenos-Ayres, de Sydney et de Port-Philippe appartiennent à la seconde.
- La qualité de l’eau a naturellement une très grande importance, car toutes les propriétés de l’eau indiquées ei-dessus n’ont trait qu’à l’eau pure : l’eau douce qui ne contient ni carbonate de chaux ni autres ingrédiens ; tandis que l’eau dure qu'on trouve généralement dans les sources fraîches des montagues et
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- dans les puits, rend beaucoup d'opérations difficiles et inutiles.
- Cela peut être facilement essayé, en soulevant deux morceaux de drap, l’un mouillé d’eau de pluie, et l’autre d’eau distillée ou condensée. Aussi, quelques industriels remettent le foulage au printemps alors que leur réservoir est augmenté par les sources des collines qui fournissent de l’eau dure. Les réservoirs dans lesquels l’eau peut être exposée quelque temps à l’action adoucissante de l’air, sont par conséquent d’un avantage tout spécial.
- fab. de soieries à Lyon. — Acte du 7 septembre.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Pellé a vendu à M. Bressand, rue de Sèvres, 48, à Boulogne-sur-Seine, 15 octobre, un fonds de teinturerie, rue de la Tour, 101.
- M. Barbin a vendu à M. Bachetot, avenue de Breteuil, 57, 1er novembre, un fonds de teinturerie, boul. Richard-Lenoir, 110.
- M. Force a vendu à M. Dumont, rue de la Verrerie, 99, chezM. Nicolle, 15 octobre, un fonds de fab. de bleus, rue deSévigné, 14.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Lyon.— Puliat-Mardienne (François-Jules), seul gérant de la Société Puliat-Mardienne et Cie, déchets de soie, rue St-Polycarpe, 10. — Jug. du 15 octobre. — S.: M. Canavy.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon.—Formation de la Société en nom collectif L. Couturier et Cie, fab. d’étoffes de soie, rue Pizay, 14. — Durée 5 ans et 8 mois, du 1er novembre 1888. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 9 octobre.
- Annonay. — Formation de la Société en nom collectif Pugin, Duby et Bloch, impressions sur étoffes et fabrication du foulard coton, à Tournon. — Durée : 12 ans. — Cap. : 70,000 fr. — Acte du 18 septembre.
- Tarare. — Formation de la Société en nom collectif Perrin et Speckel, teinture en flottes des cotons, laines et soies, à Thizy. — Durée : 15 ans. — Cap. : 30,000 fr. — Acte du 18 septembre.
- MODIFICATIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Modification de la Société Delore, Delay et Cie, teinture et impression sur étoffes, à Saint-Genis-Laval, par suite de la cession par M. Delore, de tous ses droits à M. Diot,
- BULLETIN
- On annonçait ces jours-ci que le gouvernement russe avait l’intention d’émettre sur notre place, par l’enrtemise de la Banque de Paris, un emprunt de 500 millions de francs.
- Cette nouvelle a réveillé la spéculation. On a vu là des tendances de rapprochement entre la France et les nations voisines, l’emprunt devant se faire coucurremment sur les places de Paris et Berlin.
- Le 3 0[0 s’est relevé à 82 95 ; le 3 010 amortissable, 85 95 ; le 4 1{2 0[0, 104 60.
- Les fonds d’Etat étrangers sont toujours fermes ; nous retrouvons l'Italien à 96 70.
- Le Foncier est demandé à 1,370. Les Obligations ont toujours de très nombreuses demandes.
- Aujourd’hui aura lieu, à la Banque Parisienne, l’émission des 33.000 obligations de la Compagnie des chemius de fer brésiliens de Bahia Minas.
- Ces titres, de 500 fr., remboursables en 24 années, sont émis au prix de 467 fr, 50, payable par versements échelonnés jusqu’en juin 1889 ou 460 fr. libérés à la souscription.
- L’intérêt annuel, qni est de 25 fr., payable semestriellement, est , garanti par une annuité de 7 0[0 sur un capital de 17 millions par la province de Hunas Geraes.
- Cette garantie, transférée par la Compagnie aux 33,000 obligations, constitue une ressource annuelle supérieure à l’annuité qu’exigent l’intérêt et l’amortissement de l’emprunt en 24 ans.
- Les obligataires possèdent en plus une garantie hypothécaire sur les 377 kilomètres de ligne, ainsi que sur le matériel fixe et roulant qui sera fourni par la Compagnie française de Fives-Lille.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 23. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Décembre 4888
- SOMMAIRE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- BULLETIN DE LA SOIERIE A LYON
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- GREVE DE TEINTURIERS A GRENOBLE.
- COMPOSITION DU BLEU DE PRUSSE.
- ANALYSE DES MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES (suite).
- JURISPRUDENCE.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BULLETIN FINANCIER.
- BIBLIOGRAPHIE. — COURS. — ANNONCES.
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- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion l'analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- PROCÉDÉ ET APPAREIL A MORDANCER ET TEINDRE LE COTON
- Par M. Jagenburg.
- Au lieu de faire bouillir le coton pendant plusieurs heures dans une solution destinée au mordançage ou à la teinture, ce qui a pour résultat de détruire l’élasticité et la souplesse des fibres, M. Jagenburg imprègne le coton, des mêmes dissolutions, à froid ou à basse température, en faisant intervenir l’action du vide.
- Si, par exemple, il s’agit de couleurs d’aniline, le coton est, tout d’abord, imprégné d’une solution de tannin, de cachou ou autre substance contenant de l’acide tannique, dans un appareil à faire le vide ; puis, après essorage pour enlever l’acide en excès, traité dans un second appareil identique au premier, en présence d’une solution métallique (oxyde d’antimoine, sulfate ou sous-acétate de cuivre).
- Le coton est essoré une seconde fois, mis à l’étente pendant quelques heures et lavé.
- L’appareil à faire le vide n’offre d’autres particularités que d’être monté sur tourillons,
- pour faciliter le chargement et le décharge-de la chaudière (munie comme d’ordinaire de la soupape de sûreté), puis d’être partagé, sur la hauteur par des cloisons perforées entre lesquelles circule le liquide.
- MACHINE A LAINER
- Par MM. Leclère, Damuzeaux père et fils, Vautrin et Cachelin.
- Le principe de cette laineuse consiste à remplacer par un seul numéro de chardon métallique, droit ou à crochet, auquel on donne graduellement et mécaniquement le degré d’intensité voulu, les différents numéros de fils de carde, ou les différentes forces de chardons, employés pour le garnissage des tissus.
- A cet effet, toutes les plaques mobiles du tambour garnisseur, ou douves, montent ou descendent, ou plutôt se rapprochent ou s’écartent du centre, pendant la marche, à l’aide d’une commande unique. Le moyen est basé sur l’emploi d’un plateau central, percé d’autant de coulisses allongées qu’il existe de plaques mobiles garnies de chardon.
- PRÉPARATION DU COTON ET DE LA LAINE A TEINDRE AVANT FILATURE
- Par M. Grawitz.
- Sur un cylindre creux en treillis métallique est enroulée la matière fibreuse, à l’état de
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- nappe ou de ruban, soit que cette matière provienne d’un batteur, d’une carde ou d'une peigneuse. Un treillis concentrique au premier maintient l’ensemble, qui se présente sous la forme d’une grande bobine. Un arbre horizontal, fixé au centre de ladite bobine, sert à imprimer à cette dernière un mouvement de rotation dans une « barque », pour procéder aux diverses opérations de débouillage ou débouillissage, de mordançage, de teinture, de savonnage, etc. Les fibres, conservées dans leurs situations relatives, ne s’emmêlent pas et, après séchage, peuvent subir, sans préparation supplémentaire, la succession des opérations ultérieures de la filature.
- TISSU POUR RIDEAUX Par MM. David, Trouljier et Adhémar.
- Les brevetés revendiquent l’application de la gaze damassée à l’article étamine brochée; cette application se combine avec les effets réalisés, par les procédés habituels, dans les rideaux étamines, tels que rayures sergées et satinées, jours à la main et autres. Les armures du fond de gaze damassée peuvent être également variées ainsi que les sortes et numéros de fils. La chaîne est passée dans le peigne à raison de deux ou de trois fils en dent.
- TRAITEMENT PRÉPARATOIRE DES FILS Par M. Beney .
- Il s'agit des fils gris écrus pour le tissage des cotonnades et des étoffes de lin. Ces fils sont ourdis sur une ensouple, dont l’axe tubulaire est perforé sur toute la périphérie. Les plateaux fermant les deux extrémités, sont munis de tubulures à brides, afin de pouvoir relier l’ensouple, avec des réservoirs qui contiennent, suivant la nature de l’opération, de l’eau savonneuse, un liquide colorant, de la vapeur, etc.
- L’ensouple étant placé sur un bac, les liquides, refoulés par une pompe ou par tout
- autre dispositif, de l’intérieur du tube axial à l’exterieur des fils, sont recueillis dans ce bac, 1 puis aspirés et refoulés de nouveau jusqu’à | l’achèvement de l’opération en cours.
- ILe séchage s’effectue sur le même appareil en remplaçant le liquide par un courant de vapeur ou d’air chaud.
- Enfin, dans certains cas, M. Beney fait , tourner l’ensouple sous une série de maillets, qui frappent le fil extérieurement et aident ainsi à la pénétration des liquides.
- BULLETIN DE LA SOIERIE
- POUR LYON
- Période d’activité considérable en ce moment. On travaille activement dans tous les genres, à la ville et à la campagne. Les droits protecteurs mis par l’Italie sur nos soieries n’empêchent pas celles-ci d’avoir reconquis leurs positions sur les marchés de la péninsule Italique; en place, les articles légers fabriqués par Côme principalement n’ont pu soutenir le choc en France.
- De là le marasme du travail à Côme pendant que Lyon est débordé.
- De même les soies italiennes n’ont pas fait le manque que l’on craignait, en suite de la mise de droit par le gouvernement français, droit qui est d’ailleurs supporté par les producteurs italiens, s’ils veulent écouler leurs produits.
- Le travail porte d’ailleurs sur tous les articles, depuis les plus courants jusqu’aux plus riches. Teinturiers en flottes et en pièces travaillent à qui mieux mieux.
- La ramie continue toujours à faire parler d’elle très modestement sur notre place. Décidément, c'est une fille rangée des [plus vertueuses. Cependant nos fabricants, alléchés par de fallacieuses promesses, attendent toujours des filés fins, au moins du numéro 80, qui seuls ont pour eux quelque intérêt. Dont avis à MM. Favier, de la Compagnie fran-çaise, et à M. Gavelle- Brierre, de Lille. Ce
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- qu’il faut à Lyon, et avant tout, c’est de la finesse ; il faut rivaliser, dans une certaine mesure, avec le coton, que Lyon emploie au titre courant de 140. Enfin, pour la ramie, on se contenterait du numéro 80 pour commencer, à titre d’encouragement, pour cette nouvelle fibre.
- La teinture en soie et laine et en pièce prend une extension réelle, et on fait vraiment de fort jolies choses dans genres popelines, sergés, etc., en plusieurs teintes.
- La teinture en pièces dans le genre soie et coton travaille énormément et devient un des plus beaux apanages du commerce lyonnais. On fait non seulement dans ce genre d’étoffes mêlées, mais encore dans les soies pures, des teintures en pièces pour des articles riches.
- Les progrès de la mécanique, soit comme tissage, soit teinture, de même ceux de nos apprêteurs ont tout bouleversé la vieille tein- . ture lyonnaise. La flotte se teint de moins en moins, et avec elle la charge exagérée des soies tend de plus en plus à disparaître. Que le lecteur me comprenne bien, j’ai dit la charge exagérée, qui est la cause principale du délaissement de l’étoffe soie pure pour le tissé teint en pièce, qui ne peut se charger. La charge exagérée nous vient de l’Allemagne, et Lyon aurait dû réagir plus énergiquement contre et s’en tenir, par exemple, pour les noirs, aux charges modérées, qui donnent des qualités à la soie, tels par exemple que pour les noirs des maisons Gillet et fils, Bredin, etc.
- On teint maintenant en pièces des satins riches, grâce à tous ces progrès mécaniques ou autres. Il y a vingt ans, que l’on n’aurait pas osé en parler. De même les apprêteurs n’ayant pas voulu rester en arrière, il est très difficile, après l’apprêt, de distinguer certaines étoffes pour le genre de travail.
- Ce bouleversement, comme je l’ai déjà dit, a porté sur le moulinage et comme chaîne pour satin principalement. L’organsin est remplacé avec succès, et comme économie
- de prix et comme brillant, après la cuite de l’étoffe par- la grège. Evidemment, la soie grège cuite et teinte ne pourrait supporter les effets du tissage, tandis qu’à l’état cru elle se comporte admirablement. Et aujourd’hui, concuremment aux cotons pour la trame, s’emploie-t-il des quantités de soie grège pour la chaîne, au grand détriment de nos moulinées pour organsin. La soie grège est d’ailleurs plus brillante une fois teinte dans des conditions égales que l’organsin, même le mieux ouvré.
- Et la grège étant d’une part meilleur marché que l’organsin, de même le coton que la trame soie, annule les bénéfices réalisés par la charge.
- Les progrès des nouvelles couleurs d’aniline ont d’ailleurs aidé aux précédents. De plus en plus, les nouvelles couleurs bouleversent tout, et la vieille teinture s’effondre, les procédés anciens disparaissent, les manipulations se simplifient, l’eau oxygénée remplace le soufrage dans bien des cas. Entre des mains habiles, l’eau oxygénée est d’ailleurs un produit donnant des résultats certains, plus rapide et d’un emploi plus commode que l’acide sulfureux.
- Je termine ici cette longue revue par l’examen d’une nouveauté appelées à révolutionner la fabrication des rubans et a porter un rude coup à Saint-Etienne et à Bâle.
- Je veux parler de la fabrication des rubans tissés et teints en pièces. Actuellement, les rubans sont faits au métier à la barre, et, autant de rubans autant de pièces de faibles largeurs, et, jùsqu’à présent, l’on ne pouvait faire des rubans qu’avec des matières teintes en flottes
- Aujourd’hui, prenons par exemple des rubans de 0m,06 de largeur avec les cordons, supposons qu’on en fasse au métier à la barre dix à la fois, soit dix pièces comme chaîne mises en mouvement et dix navettes, ou une par pièce ; je parle du genre uni. Chaînes et trames devront être teintes au
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- préalable. On ne pourra donc employer que. de beaux organsins paur la chaîne.
- Or, le progrès actuel, qui est appelé à un très grand retentissement, consiste en ceci :
- On tisse en écru même compte de fils de chaîne et de trame une étoffe de 0m,60 de largeur au lieu de dix pièces de rubans de 0m,06 de largeur ; de là économie considérable : lo dans l'emploi de grège au lieu d’or-gansin ; 2° économie considérable dans le tissage d’une pièce unique de 0m,60 au métier mécanique à grande vitesse, au lieu du tissage de dix pièces de rubans au métier à la barre.
- Puis l'on teint en pièces, nouvelle économie. Et après l’apprêt, il suffira de découper la pièce dans le sens de la longueur en dix pièces de 0m,06 de largeur, pour avoir dix pièces de rubans. Mais pour cela il fallait arrêter les cordons de ces dix pièces, et c’est en cela que consiste le progrès.
- La pièce de 0m,60 devant fournir les dix pièces de rubans de 0m,06, soigneusement tendue dans tous les sens, est attirée sous des petits cylindres compresseurs, qui font par écrasement les neuf cordons doubles intermédiaires, pendant que, d’autre part, on fixe l’effet des rouleaux compresseurs par un encollage énergique.
- Au sortir de cette opération, la pièce offre donc deux cordons externes et primitifs et neuf doubles cordons intérieurs, et par la section en long et par le milieu de ces neuf cordons doubles on séparera les dix pièces de rubans.
- Les rouleaux compresseurs sont d’ailleurs faits pour imiter exactement, dans les neuf cordons doubles, le grain dos deux cordons externes.
- Cette nouvelle manière de fabriquer les rubans n’est d’aileurs qu’à son début, et déjà elle fait sensation. Évidemment, pour les connaisseurs, il y a une différence, mais pour l’acheteur la différence de prix passera sur tout. La différence n’existe d’ailleurs que dans les cordons pour arrêter les fils de
- trame ; à la loupe, on verra facilement qu’ils ont été collés.
- MARIUS MOYRET.
- (Reproduction interdite).
- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- 4e Procédé.
- Pour 100 kil. de laine.
- Bouillon. — On prépare le bain suivant :
- Eau, q. s.
- Alun, 20 kil.
- Bouillir deux heures.
- Teinture. — On compose le bain de teinture comme suit :
- Eau, q. s.
- Fernambouc, q. s.
- Campêche, q. s.
- * Sulfate de fer 10 kil.
- Sulfate de cuivre, 10 kil.
- Manœuvrer la laine pendant deux heures.
- Mode opératoire. — On compose le bain de teinture des quantités nécessaires de fernambouc et de campêche, pour obtenir la nuance demandée, et l’on doit employer d’autant plus de fernambouc qu’il s’agit de produire nne couleur plus rougeâtre.
- On fait bouillir le bain pendant une heure, puis on y ajoute le mordant indiqué dans l’un des procédés ci-dessus.
- On agite le bain et on fait encore bouillir pendant une demie-heure environ. Enfin, on y entre les étoffes de laine (simplement humectées d’eau ou alunées, suivant, le cas), et on les manœuvre au bouillon jusqu’à ce qu’on soit errivé à la nuance exigée ; après quoi, on abat, on lave et on sèche.
- Si, au lieu des bois de fernambouc et de campêche, on emploie des extraits, la dissolution des colorants sera beaucoup plus rapide et n’exigera pas une heure, temps nécessaire, que nous indiquons plus haut.
- Dans cette teinture, le fernambouc est Je
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- principe rouge, et le campêche, le principe gris bleuâtre ; on obtiendra donc les nuances rougeâtres en forçant le fernambouc et des nuances brunes tirant sur le violet en augmentant la proportion de campêche.
- Si la nuance le demande, on jaunit avec l’un des jaunes indiqués précédemment.
- PRUNES AU CAMPÊCHE
- On fait aussi avec le campêche seul des couleurs prunes qui ne sont peut-être pas très vives, mais qui, en revanche, reviennent à bon marché. Ces couleurs s’obtiennent après bouillon ; en voici la préparation.
- Bouillon. — Pour 100 kil. de laine on compose le bouillon avec :
- Eau, q. s.
- Alun, 7 kil. 5CO.
- Oxymuriate d’étaiu, 5 kil.
- On chauffe, et lorsque les sels sont dissous et bien répandus dans l’ensemble du bain, on y introduit les étoffes qu’on manœuvre au bouillon pendant deux heures. Ensuite on les abat et en les évente jusqu’à complet refroidissement.
- Si on en a le temps, il est bon d’empiler les pièces afin de les laisser 12 heures, ou même 24 heures, en contact avec le mordant devenu froid.
- Le bain de bouillon ne se vide pas et on en double les proportions lorsqu’il sert pour la première fois.
- Teinture. — Le bain de teinture peut se composer d’une décoction de bois de campêche seul, sans addition d’aucun autre ingrédient. Nous sommes cependant d’avis d’y ajouter de l’alun pour [rendre le bain moins crû et du tartre rouge pour aider au tranchage, c’est-à-dire pour faciliter l’application régulière du colorant sur la laine. Ces sels s’emploient dans les proportions suivantes :
- Alun, 2 kil. 500.
- Tartre, 1 kil. 500 à 2 kil.
- On fait bouillir le bain et, lorsque le tartre est dissous, on y ajoute la quantité nécessaire de campêche (en décoction ou en extrait) pour
- arriver aussi complètement que possible à l’intensité de la couleur demandée. On fait bouillir de nouveau pendant dix ou quinze minutes, puis on entre les tissus mordancés comme nous venons de l’indiquer. On les manœuvre une heure au bouillon, on échantillonne et on garnit de nouveau si la nuance des étoffes est trop claire, ou si elle n’est pas dans le ton de l’échantillon à imiter. Lorsqu’on a obtenu la couleur voulue, on la fixe par une ébullition de 30 ou 40 minutes, puis enfin on abat les étoffes, on les évente et on les lave à pleine eau.
- S’il y a lieu, on jaunit la nuance avec le curcumaou avec toutautre jaune d’aniline s’alliant avec le campêche, et on rougit soit avec de l’orseille, soit avec un rouge d’aniline quelconque s’unissant au campêche.
- On donne de la vivacité à la couleur avec du violet, ou bien encore avec de la fuchsine solide, mais il est bon de n’employer ces deux colorants qu’en très petites quantités.
- Au sortir du bain de teinture, il faut tenir la nuance des étoffes un peu plus fraîche que celle de l’échantillon, parce qu’elle se ternit légèrement au lavage et à la sèche.
- Le bain de teinture se conserve indéfini-meni; plus il est vieux, plus il est favorable à la production des couleurs. On diminue peu à peu les quantités d’alun et de tartre qui entrent dans ce bain, de sorte, qu’au bout de quelques passes, on n’y ajoute plus de mordant ; il se produit donc une économie qui n’est pas à dédaigner, surtout aujourd’hui où les prix de teinture sont devenus rénumérateurs.
- PRUNES ET BYRONS A LA COCHENILLE ET AU BLEU ET CUVE
- On fait des prunes et des byrons de bon teint en teignant la laine en bleu dans la cuve d’indigo et en la faisant bouillir ensuite pendant 2 heures dans un bain composé pour 100 kil. de laine, de :
- Eau, q. s.
- Tartre, 3 kil.
- Alun, 15 kil.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On prépare le bain de teinture avec de la cochenille, en quantité suffisante pour fournir le rouge nécessaire à la nuance et on le mor-dance avec 3 hil. de tartre. Les tissus teints en bleu sont plongés dans ce bain, y sont ma-nœuvrés au bouillon pendant 1 heure 12 environ, puis abattus et lavés.
- En variant l’intensité du pied de bleu et la quantité de cochenille, on peut produire toute une gamme de couleurs plus ou moins foncées, depuis les plus rougeâtres jusqu’aux plus bleuâtres.
- Les couleurs produites par ce procédé sont très solides, mais les frais et le temps nécessaires à leur préparation sont considérables, ce qui fait qu’il est peu usité aujourd’hui dans lee ateliers de teinture.
- RUBIS, CARDINAUX, ET CAROUBIERS
- On nomme rubis, cardinaux et caroubiers des couleurs rouge-écarlate qui tiennent le milieu entre les ponceaux, qui sont toujours jaunâtres, et les grenats, dont le propre est de tirer sur le bleuâtre.
- Les étoffes de laine destinées à être teintes en rubis, cardinal ou caroubier, doivent être parfaitement dégraissées, soit au carbonate de soude, soit au savon, et lavées ensuite en eau chaude.
- Le séjour de la laine dans un bain très léger d’ammoniaque, suivi d’un rinçage, rend les couleurs plus vives.
- Pour ces couleurs, il est bon de faire préalablement le bain de teinture.
- Il faut tenir la nuance des étoffes, a leur sortie du bain de teinture, plus fraîche, un peu moins rouge et pas aussi bleuâtre que celle de l’échantillon à imiter ; le lavage, la sèche et l’apprêt terminant et fonçant légèrement la couleur.
- Les rubis, les cardinaux et les caroubiers s’obtiennent par les mêmes procédés ; ils s’échantillonnent à la torse.
- La préparation des rubis, des cardinaux et des caroubiers est identique à celle des gre-
- nats, mais on les obtient plus particulièrement par le mélange de la fuchsine solide (ou d’un produit d’aniline similaire) avec un jaune d’aniline (orangés, jaune naphtol, jaune solide, jaune d’or, etc.). La teinture se fait * dans un bain légèrement acidulé et mordancé avec un peu d’acide sulfurique et du sulfate aiguillé.
- Les matières colorantes communément employées pour la confection de ces couleurs sont : la fuchsine ordinaire, la fuchsine solide, le rouge français et la roccelline.
- Parmi les matières colorantes végétales, il n’y a guère que la cochenille qui puisse fournir des nuances suffisamment vives. Voici un y procédé qui permet d’obtenir de très belles couleurs avec la cochenille.
- Pour 100 kil. de laine :
- Bouillon. — On compose un bain avec :
- Eau............................... q. s.
- Acide oxalique.................. 5 kil.
- Sel d’étain....................... 3 »
- Acide sulfurique... . 1 »
- On fait fondre les sels, puis on entre les étoffes qu’on fait bouillir pendant une heure et demie, après quoi on les abat et on les évente.
- Teinture. — Dans une quantité d’eau suffisante, on met les proportions de cochenille et d’orangé d’aniline nécessaires à l’obtention de la nuance que l’on veut produire, puis on fait bouillir le bain pendant quinze ou vingt minutes; ensuite on paille et on rentre. Au bout d’une heure de bouillon on échantillonne et si la nuance obtenue correspond à la couleur demandée, on abat et on lave, sinon on garnit de nouveau, jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la couleur exigée.
- On peut faire un seul bain des deux qui précédent.
- Lorsqu’on désire avoir des couleurs excessivement vives, on ajoute au bain de teinture une certaine quantité de ponceau d'aniline, mais pour que cette addition puisse être faite, il faut que le bain de teinture ait été mordancé
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- soit avec un peu d’acide sulfurique et de sulfate de soude,soit pour le mordant d’écarlate.
- C.-E. M., chimiste coloriste
- {Reproduction interdite}
- {A suivre.)
- GRÈVE DE TEINTURIERS A GRENOBLE
- Les ouvriers teinturiers de la maison Foster sont en grève. Voici quelques renseignements sur cette grève, toute partielle et de peu d’importance :
- La maison Foster, dans un but d’économie, annexait récemment à ses ateliers, une teinturerie de peaux, afin de teindre elle-même ses matières premières. Au bout de quelque temps, le directeur de la maison annonça aux ouvriers que le noir chevreau ne serait plus payé que 55 centimes, au lieu de 85, et le fin chevreau 65, au lieu de 85 Par contre, les autres catégories étaient portées de 85 centimes à 1 franc.
- Les ouvriers n’acceptèrent pas ce nouveau tarif. Ils ajoutèrent à leurs griefs des observations sur les conditions du travail, sur la distribution des heures, sur différentes questions d’organisation et de main-d’œuvre.
- Les patrons ayant refusé d’acquiescer à ces réclamations, les six ouvriers de l’annexe de teinturerie quittèrent la maison. Les palis-sonneurs, au nombre de quatre, suivirent l’exemple des ouvriers teinturiers, par esprit de solidarité.
- Ajoutons que la grève n’ira pas plus loin, la maison Foster paraissant avoir renoncé à son annexe de teinturerie. Les ouvriers qui ont quitté cet atelier se placent un à un. En attendant, la Chambre syndicale vient en aide à ceux qai sont inoccupés.
- A titre de renseignement statistique, la. moyenne de la journée varie, pour les ouvriers teinturiers, entre 4 et 5 francs. Leur nombre total est, pour Grenoble, d’environ 210.
- SUR LA COMPOSITION DU BLEU DE PRUSSE et du bleu de Turnbult
- E.-J. Reynold {Chem. Soc., t. 51, p. 644).
- On admet en général, surtout depuis les travaux de A.-W. Williamson {Ibid., mém., t. 3, p. 125), que ces deux produits sont : le premier, du ferrocyanure ferrique ; le second du ferricyanure ferreux, respectivement Fe7Cy18 et Fe5Cy12, avec une certaine quan • tité d’eau d’hydratation. Depuis, ces formules ont été contestées, et' on a même admis l’identité des deux bleus.
- L’auteur s’est attaché à les préparer en faisant réagir à l’état de pureté, à l’abri du contact de l’air, les acides ferro- ou ferri-cyanhydriques, respectivement sur des solutions aqueuses de sulfates ferrique ou ferreux. L’analyse des produits est venue à l’appui des formules classiques établies par Williamson, pour les composés supposés anhydres. L’eau est variable, environ 14 et 12 H20, pour chacun des deux sels.
- {Bulletin de la Société chimique).
- MÉMOIRE sur une méthode d'analyse qualitative des matières colorantes artificielles , par M. Ed. WEINGAERTNER, assistant à l'Ecole de chimie de Mulhouse.
- (Société industrielle de Mulhouse.)
- {Suite.)
- Citronine. ]aune indien. Curcumine. — L’acide sulfurique produit une solution rouge-carmin qui, étendue d’eau, passe au jaune. La solution aqueuse est jaune et souvent trou ble. Une solution alcoolique de soude la rend rouge, puis violette. La substance chauffée sur la lame de platine forme des serpents de Pharaon.
- Oranyé DRP 3229. — L’acide sulfurique
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- 9 to
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- produit une solution orange-foncé qui ne change pas par addition d'eau. Solution aqueuse orangé. Avec le chlorure de calcium, on obtient une belle cristallisation du sel correspondant.
- Tropéoline O (Chrysdine). — L’acide sulfu-
- rique dissout en orangé, et l’addition ne produit aucun changement. Solution aqueuse jaune. En présence de traces d’acide chlorhydrique, la substance cristallise en feuilles jaunee ; un excès d’acide détermine un précipité d’aiguilles grises.
- TABLEAU III
- MATIÈRES COLORANTES SOLIDES OU EN PATE INSOLUBLES DANS L’EAU
- La matière colorante est traitée pnr l'eau et par quelques gouttes d’une solution de soude à 5 OjO.
- Elle se dissout Elle ne se dissout pas
- La solution alcaline est filtrée, traitée à chaud par la poudre de zinc, puis versée sur le papier à filtrer. La matière coloraute est chauffée avec de l’alcool à 70 0[0.
- La couleur de la solution alcaline reparaît. La couleur de la solution alcaline ne reparaît plus ou bien la solution alcaline change de couleur pendant la réduction et cette nouvelle Elle se dissout Elle ne se di ssout pas
- La solution alcoolique n’est pas fluorescente. Ajouter un peu de soude à 3300. La solution alcoolique est fluorescente. Ajouter un peu de soude à 33 0[0. Indigo
- Céruléine en pâte Galléine Gallocyanine Gallofavine nuance persiste.
- Canarine Alizarine Anthrapurpu-rine Flavopurpurine Changement de coloration, passage au brun -rouge. Pas de changement de coloration. La fluorescence disparaît La fluorescence ‘persiste
- Nitroalizarine Marron d'aliza-rine Bleu d’alizarine Chrysamine Vert solide (di-nitrosorésor-ci ne) Induline Nigrosine Bleu de rosaniline Bleu de diphénylaminé. Indophénol Rouge de Magdala Primerose Cyanosine
- , M N 0 P Q R s
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- C ca
- Orangé II (Mandarine). — La solution dans l'acide sulfurique est rouge-carmin ; une faible addition d’eau y détermine un précipité orangé. La solution aqueuse est rouge-orangé ; le chlorure de calcium y détermine un précipité jaune qui cristallise en aiguilles rouges de l’eau bouillante en excès. Le chlorure de baryum donne un précipité cristallin peu soluble.
- Orangé I (Tropéoline 000). — Solution violette dans l’acide sulfurique. Par l’eau, elle donne un précipité brun, puis une solution orangé. Solution aqueuse rouge-orange passant au carmin par addition de soude.
- Tartrazine. — Solution aqueuse orangé ; en solution concentrée précipité jaune, obtenu par refroidissement. L'acide sulfurique dissout en jaune. Le chlorure de baryum précipite la solution eu jaune. Le chlorure de calcium ne donne rien.
- Jaune de Métanile. — La solution dans l’acide sulfurique est violet-sale, elle passe au rouge-fuchsine par addition d’eau. La solution aqueuse est orangé, et le chlorure de baryum y détermine un précipité pen soluble.
- Ecarlate de Biebrich. — La solution aqueuse concentrée devient gélatineuse par refroidissement. Les acides y déterminent un précipité floconneux brun-rouge. L’acide sulfurique dissout en vert, et la solution, additionnée d'eau, passe au bleu, puis au violet, et forme un précipité brun-sale.
- Ecarlate de crocéine. — Par le chlorure de calcium, précipité floconneux rouge qui, à l’ébullition, devient subitement brun et cristallin. La solution sulfurique* est d’un bleu-indigo, elle passe au violet, puis au rouge, par addition d’eau uu précipité brun.
- Ecarlate de crocéine 7 B. — La solution aqueuse concentrée, traitée par le sulfate de magnésie, laisse déposer, par refroidissement,
- de longs cristaux soyeux de sel de magnésium. La solution sulfurique est bleue. La laine est teinte en beau rouge-écarlate. La solution ammoniacale une fois réduite ne revient pas au jaune.
- Ponceaa R — Ri et G. Hœchst. — Solution aqueuse d’un beau rouge. Solution sulfurique rouge-éosine. Précipité presque insoluble par le chlorure de baryum. Par le chlorure de calcium précipité se formant peu à peu.
- Coecine Coccinine. — Solution aqueuse d’un beau rouge passant au brun par l’ammoniaque. Solution sulfurique rouge-fuchsine passant au rouge pur par l’eau. Le chlorure de baryum donne un précipité brun peu soluble. Par le chlorure de calcium on voit apparaître lentement un précipité rouge.
- Roccelline. Rouge solide. — Solution d’un rouge-brunâtre et foncé. Solution sulfurique violette passant au rouge par addition d’eau. La solution aqueuse concentrée abandonne le sel de soude lorsqu’on y ajoute une solution de carbonate de soude également concentrée. Ce sel se précipite en paillettes brunes brillantes.
- Bordeaux G et R. — Solution aqueuse rouge-bordeaux. Le chlorure de baryum donne un précipité peu soluble. Le chlorure de calcium donne un précipité brun-rouge facilement soluble. La solution sulfurique bleu-indigo passe au rouge si on l’étend d’eau.
- Ponceau S. — La solution sulfurique est bleue. La solution aqueuse traitée par l’ammoniaque donne une coloration d’un violet-rouge foncé. La solution ammoniacale réduite revient en jaune intense sur le papier à filtrer.
- Azoflavine. Badische Anilin-und Soda-Fa-brik. — Solution aqueuse orangé passant au violet par l’acide chlorhydrique. La solution ammoniacale réduite revient en jaune. La
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- solution sulfurique est rouge-violacé et passe par addition d’eau au rouge-fuchsine. Par le chlorure de baryum précipité cristallin peu soluble. Par le chlorure de calcium rien.
- (A suivre.}
- JURISPRUDENCE
- COUR DE CASSATION
- Arrêt du 14 mars 1888.
- BREVET d’invention. — CONTREÇON. — ÉCHANTILLON (SAISIE D‘). — CAUTIONNEMENT. — POUVOIRS DU JUGE.
- Le prélèvement d'échantillons d’un bain de teinture argué de contrefaçon constitue une véritablé saisie, autorisant le président du tribunal à imposer au requérant le dépôt préalable d’un cautionnement, conformément à l’art. 47 de la loi du 5 juillet 1844.
- Le président a un pouvoir discrétionnaire pour apprécier la nature et l’étendue du préjudice pouvant résulter de cette saisie et pour fixer le chiffre du cautionnement. Les motifs qu’il donne à l’appui de sa décision échappent au contrôle de la Cour de cassation.
- Ainsi jugé par le rejet de pourvoi de M. Grawitz contre un arrêt de la Cour de Lyon, en date du 24 mars 1887, rendu au profit de M. Decroix.
- M. Grawitz, propriétaire de brevets pour l’application à la teinture des matières textiles du noir d'aniline ou de couleurs dérivées de l’aniline, a présenté requête au président du tribunal de Villefranche pour être autorisé à faire procéder à la saisie d’échantillons des matières textiles, des tissus teints et des produits tinctoriaux existant dans l’usine de M. Decroix à Villefranche, sous prétexte que les procédés employés dans cette usine étaient une contrefaçon des brevets appartenant audit Grawitz.
- Cette requête ayant été répondue d’une ordonnance conforme, M. Decroix s’est opposé à son exécution. Sur cette opposition, les parties ont été renvoyées à l’audience.
- A la date du 19 octobre 1886, le tribunal de I Villefranche a rapporté les ordonnances rendues par son président. M. Grawitz ne justifiant pas, par la production des quittances de taxes annuelles, du maintien de ses brevets.
- I Sur l’appel de M. Grawitz, qui apportait Iles justifications non produites en première instance, M. Decroix a conclu à ce qu’un cautionnement fût imposé à M. Grawitz, conformément à l’art. 47 de la loi du 5 juillet 1044.
- La Cour de Lyon, faisant droit à ses conclusions, a, par arrêté du 24 mars 1887, déclaré que la saisie demandée par M. Grawitz n’aurait lieu que moyennant le versement préalable d’un cautionnement de 25.000 fr.
- M. Grawitz s’est pourvu en cassation de cet arrêt pour fausse application de l’art. 47 de la loi du 5 juillet 1844 en ce que l’arrêt attaqué a ordonné que M. Grawitz serait tenu de verser un cautionnement de 25,000 fr, affecté à la garantie de M. Decroix, alors qu’il s’agissait non d’une saisie réelle, mais d’une simple description avec prélèvement d’échantillons.
- Sur quoi la Chambre civile', après avoir entendu M. le conseiller Crépon en son rapport, M-* Sabatier et Léon Choppart, avocats des parties, en leurs observations respectives, et les conclusions conformes de M. l’avocat général Desjardins, a statué ainsi qu’il suit :
- La Cour,
- Attendu, en droit, que d’après l’art. 47 de la loi du 5 juillet 1844, lorsqu’il y a lieu à saisir des objets contrefaits, le président du tribunal de première instance peut imposer au requérant un cautionnement que celui-ci est tenu déconsigner avant d’y faire procéder;
- Attendu que cette disposition est absolue et doit recevoir son application toutes les fois qu’un industriel s’est vu enlever contre son gré, par suite de la mesure ordonnée, une partie quelconque de sa propriété;
- Qu’il en est notamment ainsi lorsqu’il y a eu ce que le pourvoi appelle simple prélèvement des produits fabriqués, ces échantillons.
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- ET DE L’MPRESSON DES TISSUS
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- en dehors d’une remise volontaire, ne pouvant, avant jugement passer des mains du prétendu contrefacteur en celles de l’inventeur que par voie de saisie ;
- Attendu en fait que l’arrêt attaqué constate que dans sa requête, Grawitz demandait à être autorisé à saisir des échantillons des produits tinctoriaux qu’il trouverait dans l'usine Decroix ; que le jugement avait autorisé cette saisie ;
- Attendu, par suite, qu’en imposant au sai-sissant l’obligation de verser un cautionnement de 25,000 fr.. préalablement à toute saisie, l’arrêt attaqué n’a fait qu’user de la faculté qui lui était conférée par la loi, et ainsi n’a pas violé les articles invoqués par le pourvoi :
- Par ces motifs, rejette...
- CONSEIL D’ÉTAT.
- CONT. DiR. (Pat.) — Etablissements distincts.
- Loi visée : 15 Juillet 1880.
- Le teinturier qui possède dans une ville deux établissements distincts dont un seul est muni d’une machine à vapeur, ne doit-il pas être imposé comme teinturier ayant un machine à vapeur à raiscn même de la boutique où il n’en possède pas, s’il envoie tous les objets qui y sont reçus à l’établissement qui en est muni ? — Rés. aff.
- (68,196. 24 février. Hallu. MM. Tardieu, rap.;
- Valabrègue, c. du g.)
- (Recours contre un arrêté du 15 avril 1886 ; Seine ; patente ; 1885 ; Paris ; teinturier-dégraisseur travaillant avec une machine à vapeur.)
- Considérant qu’il est établi par l’instruction et reconnu par le sieur Hallu qu’il possède à Paris, avenue de Ségur, no 15, et rue Saint-Honoré, no 277, deux établissements’distincts de teinturier-dégraisseur, mais que ledit requérant soutient que l’établissement de la rue Saint-Honoré, ne contenant pas de machine à vapeur, ne doit être imposé que d’après le tarif de la 6e classe ,
- Cons. que si ledit établissement ne renferme pas de machine à vapeur, il résulte de l’instruction que tous les objets qui y sont reçus par un préposé spécial sont expédiés pour y être teints à l’établissement situé avenue de Ségur, qui fonctionne au moyen d’une machine à vapeur; que, dès lors, le requérant doit être considéré comme exploitant, rue Saint-Honoré, n° 277, un établissement de teinturier-dégraisseur pour les particuliers, travaillant avec machine à vapeur (tableau A, 4 c’asse) . . (Rejet.)
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Lyon. — Peronnet (Joseph), apprêteur à façon, montée du Gourguillon, 1. — Jug. du 25 octobre. — S. ; M. Rolland.
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Tarare. — Formation de la Société en nom collectif Perrin et Speckel, teinture en flottes des cotons, laines et soies, à Thizy.— Durée: 15 ans. — Cap. : 30,000 fr. — Acte du 18 septembre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Perret, Gros et Million, fab. de tulles soie unis en tous genres, rue Pizay, 24. — Durée : 10 ans. — Cap. : 170,000 fr. — Acte du 10 octobre.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Dubost et Maître, droguerie pour l’industrie, peinture et teinture, place de la Miséricorde, 3. — Durée : 3 ans et 2 mois. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 25 octobre.
- Roubaix. — Formation de la Société en commandite Fernand Ponette et Cie, retordage à façon, rue Watt, 62, 64 et 66. — Durée : 12 ans. - Commandite : 10,000 fr. — Acte du 4 octobre.
- Roubaix. — Formation de la Société en nom collectif Deledalle et Debarde, achat de tissus pour les revendre après les avoir or-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nementés, rue Richard-Lenoir. — Durée : 12 ans. — Gap. : 60,000 fr.— Acte du 14 octobre.
- Reims. — Formation de la Société en commandite G. Lenoble et Cie, tissus de la fabrique de Reims, rue de Thillois, 43. — Durée : 6 ans et 6 mois.— Cap. : 130,000 fr. dont 100,000 fr. en commandite. — Acte du 27 octobre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Lyon. — Dissolution, à partir du 15 octobre, de la Société Placet et Le Vernay, apprêt, factage et dégraissage de tissus, rue de la Part-Dieu, 97. — Liquid. : M. Placet. — Acte du 25 septembre.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Boidin a vendu à Mme veuve Bizot, 1er décembre, un fonds de teinturerie, nettoyage, rue Rochechouart, 67. Opp. rue de Strasbourg, 8, chez M. Henri.
- Mme veuve Sabran a vendu à Mme Dumas, 15 novembre, un fonds de teinturerie, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, 10. Opp. boul. de Sébastopol, 37, chez MM. Royer et Cie.
- Mme Couperie a vendu à Mme Gattelet, 30 octobre, un fonds de teinturie, rue Cardi-net, 35. Opp. imp. Hélène, 5, chez M. Monot.
- Mme veuve Ventadour a vendu à M. Ballot, de suite, un fonds de teinturerie, rue André-del-Sarte, 13 Opp. rue André-del-Sarte, 13.
- Mme veuve Vallon a vendu à M, Sémery, 15 octobre, un fonds de teinturerie, rue Saint-Honoré, 185 ; au fonds.
- Mme veuve Vallon a vendu à M. Sémery, 15 octobre, un fonds de teinturerie, rue Saint-Honoré, 185. Opp. rue Saint-Honoré, 185.
- M. Cassard a vendu à M. X..., rue Montmartre, 12, chez M. Petitjean, 8 octobre, un fonds de teinturerie, avenue Michelet, 44, St-Ouen.
- MM. Fousset et Cie, ont vendu à M. Ma-
- nois, rue de l’Arbalète, 13, chez M. Tournois, 15 octobre, un fonds de teinturerie, rue Compans, 42.
- BULLETIN FINANCIER
- Notre place a été fortement éprouvée pendant les journées des 28 et 29 novembre. La baisse était dirigée contre le Panama, et malheureusement, le marché pris à l’improviste, s’est trouvé un moment en pleine déroute. . Puis finalement et ainsi que cela se pratique généralement on est revenu à une plus saine appréciation de la situation.
- Les acheteurs ont du reste trouvé de nouveaux encouragements dans les nouvelles qui nous sont parvenues au sujet de la liquidation de Londres.
- Sur cette place, l’opération mensuelle s’est terminée d’une façon normale sans que les haussiers aient eu à souffrir des exigences des capitaux.
- Ici la situation de place est à peu près nette. Les timides ont abandonné la partie et vraisemblablement les acheteurs actuels sont de bonne qualité. Aucune défection à craindre de ce fait.
- Le 3 010 était tombé à 82 57 1[2, mais il n’a pas eu de peine à revenir à 83 fr. Le 4 1[2 est à 104.
- La perspective du prochain coupon de 2. 17 soutient seul l’Italien aux environs de 97 fr. Quel beau cours pour vendre quand il en est temps encore 1
- En pesant bien le pour et le contre on ne peut voir que la baisse de ce fonds.
- Les fonds russes sont fermes.
- Le Crédit Foncier est demandé à 1.355.
- Les bénéfices des 10 premiers mois de l’exercice sont sensiblement supérieurs à ceux de la même période de l’année 1887.
- Les obligations de cet établissement restent dans les hauts cours, n’étant nullement sujets aux fluctuations qui se produisent sur les autres valeurs.
- Le Panama était tombé à 200. Nous le laissons à 240.
- Les représentants des grands établissements de crédit se sont réunis mercredi matin, au siège de la Compagnie du Panama, sous la présidence de M. de Lesseps.
- A l’unanimité, il a été décidé que la Compagnie procédera prochainement à l’émission publique du solde des obligations à lots émises en juin dernier.
- Le Suez est à 2.215.
- Le Gaz à 1,410.
- Aucun changement sur les actions de nos Chemins de fer.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 32e Année, N 24. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S OM MAI RE
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- BULLETIN DE LA SOIERIE A LYON
- THÉORIE DE LA TEINTURE ET DE L'IMPRESSION (suite).
- LA SOIE AU MEXIQUE.
- BLEU SOLIDE ARTIFICIEL SUR COTON
- TEINTURE DES LAINES EN PIECES (suite).
- TEINTURE DU COTON
- ANALYSE DES MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES (suite et fin).
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX.
- BULLETIN FINANCIER.
- BIBLIOGRAPHIE. - COURS. — ANNONCES.
- 20 Décembre 4888
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX.
- Nous donnons sous ce titre et sans discussion V analyse des brevets de nature à intéresser nos lecteurs.
- APPAREIL A TEINDRE LA LAINE EN BOBINES, FILS, ÉTOFFES.
- M. Binand
- Cet appareil comporte deux chaudières en cuivre communiquant entre elles et munies des soupapes de sûreté réglementaires ; dans l’une, se trouve le liquide colorant, dans l’autre sont placées, entre deux faux-fonds perforés, les matières à teindre. Lorsque le chargement a été effectué dans la dernière, un jet de vapeur, introduit dans la voisine, porte le liquide tinctorial à l’ébullition et engendre une certaine pression. Par l'effet de cette pression (l’arrivée de vapeur étant suspendue), le bain de teinture est chassé jusqu’à l’autre autoclave, à travers les matières fibreuses.
- La laine une fois imprégnée de teinture, le liquide non absorbé retourne à la première chaudière, en raison du vide partiel qui s’y est produit par le refroidissement.
- FABRICATION DU DRAP FEUTRÉ A DESSIN
- Par la « Dittersdoffer Filz et Kratzentuehfabrik ».
- Habituellement le drap feutre est imprimé après fabrication c’est-à-dire à la surface
- seulement; l’envers et l’intérieur de l’étoffe restent monochrômes. Pour donner plus de solidité aux dessins, la Société brevetée dispose, en arrière de la machine à carder, un rouleau portant des bandes, « rubans ou boudins » (diversement colorés suivant les effets à obtenir), qui passent avec la nappe fibreuse et sont simultanément détachés par le peigne, à la sortie.
- Si, au lieu de simples rayures, il convient de produire des dessins contrariés, des « bâtons rompus » ou façonnés analogues, il suffit d’imprimer, soit au râteau qui sert de guide aux rubans de couleur, soit au tambour sur lequel sont enroulés ces rubans, un mouvement de va-et-vient perpendiculaire à la direction du cardage.
- LAINEUSE ROTATIVE Par M. Hanson
- L’invention consiste dans la disposition d’une série de petits cylindres laineurs, évoluant autour d’un arbre central, en sens contraire du déplacement longitudinal du tissu à garnir.
- Les cylindres laineurs tournent dans des coussinets, fixés à l’extrémité de bras qui sont reliés parallèlement au moyen de deux châssis symétriques. Les châssis sont clave-tés sur l’arbre moteur, d’autre part, les cylindres laineurs sont munis d’engrenages, qui s’engagent dans la denture de deux cou-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ronnes ajustées à l’intérieur des «flasques » de la machine. Il en résulte que la rotation des rouleaux laineurs est inverse de celle des bras, les derniers marchant dans le même sens que l’étoffe et celle-ci cheminant un peu plus vite que les organes laineurs.
- ÉTOFFE DE FEUTRE ÉLASTIQUE
- Par la « Dittersdorfer Filz et Kratzentuchfabrik »
- Pour obtenir un feutre élastique, la Société brevetée, double la nappe cardée, d’un tricot de laine, ou de coton, à maille très-écartées. Les fibres de la nappe se logent dans les intervalles de ces mailles et font perdre leur trop grande extensibilité, tandis que le feutre acquiert, par son assemblage avec le tricot, un degré d'élasticité exceptionnel.
- MACHINE A MESURER LE DRAP ET AUTRES ETOFFES Par « the Fabric measuring and packakinh Company »
- Cette machine, particulièrement destinée au mesurage et au pliage du drap, mesure l’étoffe, la double dans le sens longitudinal et l’enroule, en une seule opération. Le tissu n’est pas tendu tout d’abord, afin de ne pas fausser la mesure, mais seulement après qu’un tambour à surface rugueuse et de développement exactement calculé a fourni une lon
- gueur déterminée. Ce tambour très léger porte un compteur, qui imprime sur les li
- sières, les mesures linéaires indiquées par la cadran du même compteur.
- ^Reproduction interdite.)
- BULLETIN DE LA SOIERIE
- POUR LYON
- Avec l’année 1888 s’achève peut-être une des meilleures années pour la soierie lyonnaise en général ; tous les genres ont eu plus ou moins de vogue, mais, en définitive, ont travaillé quelques-uns à pleines voiles.
- Peu à peu l’on s’habitue aux bruits de guerre, on se familiarise d’ailleurs avec le
- temps à tout, et puis, chers lecteurs, il y a si longtemps que ça dure, que cela finit par en devenir monotone. Au fond de tous ces bruits, on finit par ne plus voir que des coups de Bourse ou des nécessités d’emprunts par telle ou telle puissance.
- Malgré les entraves mises par l’étranger, sauf l’Angleterre, aux transactions commerciales, Lyon et St-Etienne. grâce à leurs puissantes organisations, à leurs sages administrations, aux progrès incessants de nos teinturiers, mécaniciens spéciaux et apprê-teurs, viennent à bout de maintenir leur supériorité sur tous les marchés, et à refouler les productions étrangères sur les places de France.
- Par la Tunisie et le Congo français, de nouveaux débouchés s’ouvrent à nos articles tissus de pacotilles, soie pure ou soie et coton; et actuellement le Soudan, est envahi par des étoffes aux nuances éclatantes et bon marehé, d’origines lyonnaises.
- Je nommerais bien une maison, mais, lecteurs, gardez-moi le secret, autrement je vais effaroucher un négociant aussi modeste qu’intelligent, M. Charmettant, qui a su également maintenir le drapeau de la France en Birmanie, m igré les difficultés suscitées par les Anglais qui, patriotes avant tout, n’aiment guère voir s’implanter n’importe quel étranger dans leurs possessions. Sous ce rapport nous devrions bien un peu les imiter.
- Les prix des soies n’ont pas subi de fluctuations qui vaillent la peine d’être signalées en 1888. Décidément, la rupture des traités avec l’Italie est désastreuse pour cette nation. Et plus cela ira, plus il en sera ainsi. La France et l’Espagne arriveront à produire, et au-delà, les belles soies destinées à la fabrique lyonnaise et stéphanoise.
- Les soies moulinées, principalement dans le genre organsin, perdent de plus en plus de leur importance, par suite de l’extension de la teinture en pièces soie pure ou soie et coton, ou soie et laine. Dans ces genres de tis-
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- sus, il suffit et même il cenvient d’employer de la grège au lieu d’organsin pour faire la chaîne.
- Les tissus soie et laine, ou laine et soie sauvage, ou laine et ramie, tendent à s’implanter à Lyon; on fait d’ailleurs ae fort jolies choses. Et quant aux mélanges de ramie, si cette dernière était filée plus fin, elle y trouverait un grand débouché.
- Le Pongis et autres tissus de l’Extrême-Orient prennent de plus en plus de l’importance sur notre place. Les tissus tout imprimés dans les Indes anglaises, ont également une certaine vogue, j’en ai parlé dans le temps.
- Citons en passant une heureuse innovation sur notre place et qui sans nul doute vient de Paris; pour vulgariser la ramie, nos épiciers donnent en prime avec une livre de chicorée ou de chocolat et sans augmentation de prix, une serviette en ramie. Et convenons-en, chocolat, chicorée et serviettes sont irès bons et bien tissés.
- Avant de terminer cette revue, qui va s’arrêter avec ce que l’on appelle en France, la trêve des confiseurs, ou encore la nécessité des inventaires de fin d’année, esquissons à grande lignes les grands progrès de ces der- ) nières années.
- • Il y a premièrement la vulgarisation de l’étoffe de soie par la teinture en pièces, et le mélange du coton. Une tendance de plus en plus prononcée à abandonner les charges exa gérées (et ce n’est que bien) pour la soie, deuxièmement dans les charges de la soie; la tendance à abandonner de plus en plus les charges au fer, en tant que base de charge, et non base de colorant ; nos dames par leurs toilettes vont cesser de devenir l'écoulement des vieux débris de fer de nos arsenaux maritimes ou terrestres
- En place par la charge à l’étain, les Hol-lande is ont trouvé un débouché assuré pour leurs gisements de Banca et Mallacca. Mais
- cette charge si elle ne gonfle pas, n’offre pas d’inconvénients.
- Les charges purement organiques, tendent de plus en plus en prévaloir, et c’est là qu’est l’avenir. Il vaut mieux une charge de 30 0[0 organique, qu’une charge de 100 00 métallique. Les charges organiques gonflent et améliorent la soie, les charges métalliques donnent du poids sans gonfler, et si le fer y domine l’étoffe se détruit rapidement.
- Je termine ici, chers lecteurs et vous prie de recevoir dans ce dernier numéro de 1888, mes souhaits pour la nouvelle année qui va commencer ; qu’elle ne soit pas trop troublée par les bruits de la future guerre, d’ailleurs à cet égard, faites comme moi, depuis 18 ans qu’on en parle, je finis par m’y habituer.
- MARIUS MOYRET.
- {Reproduction interdite).
- THÉORIE DE LA TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION
- Appliquée à toutes les fibres
- {Suite)
- Cette expérience, conforme dans les résultats avec ce qui passe sur la soie engallée, est suffisamment concluante pour démontrer que les phénomènes de l’endosmose et de l’exosmose jouent un très grand rôle en teinture.
- Dans la soie naturelle, ils ont une très grande intensité ; dans la soie engallée elle est nulle. Certains bains entrent et sortent dans la soie sans se fixer après l’engallage. On met d’ailleurs à profit cette propriété lorsqu’on engalle [et émétique les soies pour les assommer dans la teinture en pièces soie et coton.
- Après avoir teint la soie, on détruit son affinité et sa propriété endosmique, pour ré-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- veiller au contraire celles du coton qui se teindra alors en couleur d’aniline, conforme à la soie ou d’une nuance différente, sans que la soie prenne rien.
- La laine de même est assommée par le tanin et l’émétique. En place les propriétés du coton sont réveillées ou mieux révélées par la nitrification. Ex : le coton-poudre tire les couleurs d’aniline qui ne sauraient prendre sur le coton pur.
- C’est d’ailleurs là un moyen de teinture qui n’est pas industriel. Il a été signalé par Rhul-mann, de Lille, à titre de curiosité pure.
- D’ailleurs, chers lecteurs, figurez-vous une dame habillée en tissu coton-poudre ; la moin dre étincelle tombant sur sa robe en ferait un véritable volcan ; c’est [pour le coup que nos femmes ainsi vêtues incendieraient tous les cœurs.
- J’ai mis à profit ce réveil de l’affinité du co ton pour les couleurs artificielles comme moyen de découvrir des matières colorantes artificielles dans l’orseille et le carmin d’indigo. L’indigo et l’orseille ne tirent même pas sur le coion-poudre, en place, la moindre quantité de couleur est décélée. On peut se servir de ce moyen pour l’analyse des vins frelatés par les couleurs artificielles.
- Dans un autre ordre d’opération, John Mer-cer en 1834, à Manchester, ayant observé que le coton perd de ses propriétés tinctoriales lorsqu’il n’est pas mûr (coton mort) a remarqué au contraire qu’il se teignait plus facile -lement lorsqu’il avait été manœuvré dans la soude caustique concentrée et à froid. Opération dans laquelle il se réduit dans la longueur pour s’épaissir. On le nomme « mercerisage » du nom de l’inventeur.
- Si donc on tisse du coton mercerisé avec un qui ne l’est pas, quoique tous deux de même me origine, le coton mercerisé se teindra plus rapidement que l’autre ; il y aura toujours inégalité de teinte.
- Il est bien entendu que dans le coton-pou-pre et le coton mercerisé, outre la révélation
- des phénomènes d’endosmose, il y a de nouvelles affinités chimiques créées.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.) (A suivre.)
- LA SOIE AU MEXIQUE
- Sous l’impulsion de M. Hippolyte Chambon (probablement descendant des Chambon, célèbres sériciculteurs, filateurs et mouliniers, dont les usines de moulinage et filatures de soie du Cheylard, dans l'Ardèche, furent emportées en quelques heures et dans la nuit, en août 1866, par une crue de la Donne qui roula jusqu’à 1800 m. cubes à la seconde, débit supérieur à celui de la Seine au Pont-Neuf, dans ses crues historiques), voici le Mexique qui se met à cultiver le mûrier, élever le ver à soie et monter des filatures et moulinages à l’européenne.
- Tout est bien au début, l'avenir est radieux et c’est un nouveau facteur dans l'abaissement du prix de cette riche matière première, dont le cours dans les articles riches moulinés ont descendu de 140 à 60 fr. le kilog ! et il y a peu d'espoir que les cours se relèvent.
- La soie se démocratise ; elle va devenir au fur et à mesure des nombreux centres de production à un vil prix, et vu ses qualités incontestables elle pourra, malgé son prix relativement élevé, tenir vaillamment tête à toutes les autres fibres. La charge exagérée, , perd d’ailleurs constamment de son importance et c’est un bien. On ne charge pas le coton à cause de son bas prix ; il en sera de même de la soie, lorsque celle-ci atteindra, par exemple, le prix de 40 fr. le kilog. Tout le monde en profitera d’ailleurs, sauf les marchands de cachous, de sels de fer et d’étain.
- Le Mexique se prête d’ailleurs bien à la culture du mûrier, de même à toutes les cultures, vu sa configuration géographique, formés de plateaux s’élevant sous les Tropiques du bord de la mer aux neiges éternelles.
- Sous le rapport des productions naturelles,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSU»
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- c’est une région prédestinée : chaleur étouffante sur les bords de la mer, pour atteindre les froids sibériens aux pieds des neiges en passant par les régions tempérées.
- Marius Moyret.
- {Reproduction interdite).
- BLEU SOLIDE ARTIFICIEL SUR COTON
- Par ces temps [d'exubérance dans les découvertes des couleurs artificielles, arrivées à désespérer le teinturier et l’imprimeur, qui ne savent plus où ils en sont, je me permettrai de signaler aux lecteurs un nouveau blau indigo sur coton : Bleu artificiel, solide aux acides, aux alcalis et à l’air, dû à MM. Gil-liard, Monnet et Cartier, de Lyon.
- Voici son mode d’emploi, qui le rapproche un peu des vieilles couleurs. Ce bleu est connu sous le nom de bleu Monnet.
- Procédé de Teinture.
- On mordance le coton dans un bain à 50 centigrades contenant 3 à 5 gr. de tanin par litre d’eau; on manœuvre 3[4 d’heure, on sort, on égoutte, puis on passe le coton dans un deuxième bain chauffé à 40° centigrades contenant 5 à 8 gr. d’émétique par litre d’eau, on manœuvre une demi-heure et on tord sans laver,
- On prépare ensuite un bain avec :
- Eau, q. s.;
- Sulfate de cuivre cristallisé, 1 0[0 du poids du coton.
- On entre le coton dans ce bain et l’on manœuvre à froid 10 minutes ; on ajoute alors au même bain le bleu Monnet quies liquide à raison de 1 0[0 du poids du coton.
- On manœuvre le coton 10 minutes et l’on élève peu à peu la température en lisant jusqu’à 90° centigrades.
- On lave le coton.
- On savonne bouillant pour dépouiller et fixer.
- On lave, tord et sèche.
- Nota.—La proportion de cuivre suit surtout
- colle du bleu. Il faut dans les nuances claires moins de bleu, et conséquemment moins de sulfate de cuivre. Ce dernier doit être aussi pur que possible, et non mélangé avec du sulfate de fer en quantité, comme il arrive fréquemment dans le commerce.
- Marius Moyret.
- (Reproduction interdite.)
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- TEINTURE DES LAINES EN PIÈCES
- (Suite.)
- RUBIS ET CARDINAUX AVEC L'ALIZARINE ROUGE OU L'ALTZARINE ORANGE
- On produit des couleurs rouge-rubis et rouge-cardinal, excessivement solides sous tous les rapports, avec l'alizarine rouge ou avec l’alizarine orange. On emploie pour cela deux bains différents : le bouillon et le bain de teinture.
- Bouillon. — Pour 100 kil. de laine, on compose un bain avec :
- Eau, q. s.
- Tartre, 4 kil.
- Aluu, 6 kil.
- On chauffe, et lorsque les sels sont dissous, on y entre les tissus, qui doivent être parfaitement dégraissés. On les abat après deux heures de bouillon, puis on les évente.
- Teinture. — On remplit une cuve (laquelle doit être de préférence en bois de sapin), avec une quantité suffisante d’eau calcaire, puis on y verse de l’acide acétique technique à 8° Bau-mé, dans la proportion de 1 à 2 litres d’acide pour 1,000 litres d’eau, suivant que cette dernière est plus ou moins calcaire.
- On garnit le bain avec la moitié environ du colorant nécessaire pour obtenir la couleur demandée, puis on agite fortement. On entre les tissus de laine à froid et on les manœuvre 10 ou 15 minutes sans chauffer. On élève ensuite progressivement la température du bain, de façon à l’amener à 96O C., dans l’espace de 40 à 50 minutes, pendant lesquelles on doit
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- manœuvrer activement les étoffes ; il suffit ensuite de les remuer modérément.
- On donne au bain très lentement le reste du colorant.
- Il faut cesser de chauffer chaque fois qu’on procède à une nouvelle garniture, à la suite de laquelle on doit manœuvrer les pièces cinq ou dix minutes sans élever la température du bain ; ensuite, on porte ce dernier de nouveau au bouillon.
- On maintient la température de 96° C. pendant deux heures et demie ou trois heures, jusqu’à ce que. arrivé à la nuance exigée, un échantillon, pris dans le chef d’une pièce ne perde plus de colorant par l’action du savonnage.
- Lorsqu’on a obtenu la nuance voulue et que la laine ne perd plus de colorant, on la retire, on l’évente, on la lave en eau courante et on la sèche.
- On obtient des nuances écarlates en ajoutant au bain de bouillon, du sel d’étain dans la pro-portionde0,2à 0,6 0[0(dupoids de la laine) suivant la vivacité des couleurs que l’on veut obtenir.
- Qn peut bleuir la nuance avec l'alizarine bleue, le carmin d’indigo ou l'indigotine. On la jaunira avec l’alizarine orang ou avec tout autre jaune qui se fixe sur laine en présence d’acide.
- Marrons, Bronzes, Olives
- On nomme couleurs marron des couleurs composées des trois nuances fondamentales (le jaune, le rouge et le bleu;, qui sont claires ou foncées, plus ou moins jaunâtres, rougeâtres ou bleuâtres, et dont le type est le fruit du marronnier.
- Les bronzes sont des couleurs brunes ver-dâtres qui ont la nuance de bronzes anciens dont la surface s’est recouverte d’une légère couche de vert de gris. |
- On appelle olives des couleure d’un vert ’ terne, généralement peu foncées, et qui ressemblent au fruit de l’olivier.
- Le nombre des couleurs qu’on peut pro-
- duire par le mélange du jaune, du rouge et du bleu est considérable ; aussi existe-t-il une quantité pour ainsi dire indéfinie de couleurs marron, bronze et olive.
- Les nombreuses méthodes employées pour teindre la laine en marron, en bronze ou en olive, peuvent être divisées en deux catégories : celles qui exigent un bouillon préalable, c’est-à-dire qui comprennent deux bains différents, ce sont :
- Marrons avec le campêche et l’orseille.
- Marrons au bois-rouge (1).
- Marrons avec le bois rouge et le campêche.
- Marrons avec le Fernambouc et le bois jaune.
- Marrons au santal.
- Marrons avec le campêche et le santal.
- Marrons avec l’orseille et l’indigo.
- Marrons foncés avec l’orseille et le bois jaune.
- Olives avec l’indigo et le bois jaune.
- Bronzes et olives avec le sumac, l’indigo et le bois jaune.
- Bronzes et olives au bois jaune.
- Marrons rougeâtres avec le fernambouc et la gaude.
- Marrons jaunâtres avec la gaude et la garance.
- Marrons et bronzes avec la cochenille et le bois jaune.
- Marrons avec la cochenille et la gaude.
- Marrons avec le caillatour et l’orseille.
- Bronzes et olives avec la céruléine.
- Marrons jaunâtres avec l’alizarine orange
- Bronzes avec la céruléine et l’alizarine 2o Celles qui ne nécessitent qu’un seul bain et qu’on désigne sous la dénomination des couleurs faites du coup ; les voici :
- Marrons avec l’indigo et l’orseille.
- Bronzes avec le sulfite d’indigo et l’orseille-
- (I) On appelle indifféremment « Brésil », « Bois de Brésil », « Fernambouc » ou « Bois rouge », un arbre dont le bois produit une | belle couleur rouge.
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- Marrons avec le marron d’aniline ( en 1 poudre ). 1
- Marrons avec le marron S ( en poudre ), Marrons bronzes et olives avec le rouge solide et l’indigo.
- Marrons bronzes et olives avec la fuschine ! S et l’indigo.
- Marrone avec les vésuvines.
- Marrons avec les couleurs dites cannelles.
- Marrons avec les marrons en pâtes.
- Marrons avec les couleurs dites nankins.
- Marrons avec les couleurs dites bruns acides.
- Marrons avec les couleurs dites bruns d’aniline.
- Marrons brunâtres avec le santal seul.
- Marrons jaunâtres avec le bois jaune seul.
- Marrons brunâtres avec le fernambouc et le bois jaune.
- Marrons jaunâtres avec le bois rouge et la garance.
- Les marons, les bronzes et les olives sont des couleurs généralement peu délicats ; il suffit donc, à de rares exceptions prés 4e dégraisser les pièces qui leur sont destinées, dans un bain de carbonate de soude, puis dè les rincer en eau chaude.
- Il faut avoir soin de tenir la nuance des étoffes, à leur sortie du bain de teinture, un peu plus jaune et légèrement moins rouge que celle de la couleur à imiter, parce que le jaune tombe au lavage et que le rouge monte à la sèche et aux apprêts.
- Les marrons, bronzes et olives s’obtiennent de la même manière; les proportions respectives des colorants jaunes, rouges et bleus sont seules à varier. On peut donc faire alternativement, dans un même bain de teinture, l’une ou l’autre de ces couleurs, à la condition, toutefois, que les colorants qui restent en suspension dans le bain, ne soient pas susceptibles de faire dépasser en jaune, en rouge ou en bleu la couleur qu’il convient de pro- ' duire. C’est là, du reste, un fait assez rare et qui ne se produit guère que lorsqu’on fait une
- nuance relativement claire à la suite d’une couleur foncée.
- L’échantillonnage de ces couleurs se fait à la « torse ».
- C.-E. M., chimiste coloriste
- ^Reproduction interdite)
- (A suivre.}
- LA TEINTURE DU COTON
- ET LES COULEURS SUBSTANTIELLES
- Il n’existe peut-être pas d’industrie qui ait été plus profondément révolutionnée par les découvertes de la science moderne que la teinture, et la teinture du coton plus encore que celle de la soie. Il y a peu de temps encore, on croyait fermement que les matières animales et les matières végétales exigeaient des traitements absolument distincts : les fibres animales, azotées, se combinent généralement avec les matières colorantes sans intervention de mordant ; les fibres végétales, constituées par de la cellulose plus ou moins pure, exigeaient l’opération préalable du mordançage pour prendre la couleur.
- Cette distinction fondamentale est en train de disparaître par l’emploi de substances tinctoriales , dites : « substantielles » , qui agissent sur le coton et les fibres végétales comme les anciennes teintures sur la soie ou la laine ; la teinture sur coton va cesser d’être plus coûteuse que celle de la laine, en même temps qu’elle deviendra aussi solide, aussi résistante à l’action de la lumière et du savon.
- Les nouvelles couleurs s’appliquent avec une simplicité remarquable, et comme, pour se mieux fixer sur la fibre, elles doivent être employées en solutions savonneuses ou alcalines; on comprend qu’elles n’aient rien à redouter des savonnages ou des lessivages ultérieurs.
- Ces couleurs appartiennent au groupe appelé azoïque, dérivé du diphenyl et autres
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- composés homologues, qui a fourni des centaines de couleurs applicables aux laines, et qui va fournir une aussi longue série à la teinture des cotons.
- Nous n’entrerons pas ici dans l’étude théorique de la constitution de ces matières intéressantes et de leur groupement moléculaire ; nous dirons seulement qu'on sait en obtenir déjà les rouges, les écarlates, les violets, les bleus foncés, les jaunes, et toutes leurs nuances, à l’exception, toutefois, du vert et du bleu clair.
- Par elles, on est en possession de teintures économiques et solides pour les cotons, teintures qui pourront s’appliquer aux mélanges de laine et de coton, sans rien avoir à craindre du foulage et de ses solutions saturées de savon ou d’alcali ; la laine elle-même, ainsi teinte, sera moins sujette à déteindre que dans les anciens procédés. La teinture en pièces des étoffes mélangées de soie et'de coton ne manquera pas de tirer parti de ces ressources nouvelles.
- L’introduction de ces nouvelles couleurs a rencontré dès le premier jour un succès sans précédent ; elles ne tarderont pas à supplanter pour les tissus d’origine végétale toutes les anciennes substances ; c’est une révolution aussi profonde que celle dont nous avons été témoins à la découverte des premières couleurs dérivées de la houille, et d’une portée plus grande encore, puisque la production cotonnière représente à elle seule la produc-tindeo tous les autres textiles.
- {Salut public).
- LE
- PROCÉDÉ DE BLA L H ERMITE
- Recherche de laboratoire sur l’électrolyse du chlorure de magnésium
- Sous ce titre, MM.Cross et Bevan ont publié dans le numéro d’avril 1881 du Journal of the Society of Chemical Industry, an [travail pour réfuter une communication que Dr Hurter
- avait faite à la même Société, communication par laquelle il contredisait formellement, et et dans des termes souvent fort peu courtois, les chiffres avancés par ces Messieurs, relativement au procédé de blanchiment par l’électrolyse de M. Hermite. il contestait tous les résultats qu’ils avaient obtenus et prétendait notamment que, par l’électrolyse, il y avait formation de chloraie de magnésie et par conséquent grande perte du chlore dégagé.
- MM. Cross et Bevan ont repris leurs recherches et, par une longue et minutieuse série d’essais de laboratoire, ils ont démontré victorieusement la fausseté des résultats par le Dr Hurter, qui avait opéré dans des conditions défectueuses et était parti d’un point de vue inexact. Non seulement ils ont retrouvé les chiffres d’économie qu’ils avaient obtenus précédemment, mais ces chiffres ont même été dépassés.
- Ainsi, dans une série d’essais faits à Belfast, au cours desquels on employa un baril de 5 quintaux de chlorure, on détermina la consommation de ce produit par les différentes qualités de fil de lin et pour les diverses nuances de blanc. Dans une journée de travail, 4.088 écheveaux, pesant 1.200 liv. anglaises, furent blanchis en différentes opérations par le procédé électrolytique, et ce en 10 heures 1/2. Pour blanchir cette même quantité par l’ancien système on a employé 175 liv. de chlorure de chaux.
- Le courant total par le procédé Hermite avait été de 770 ampères a 5 volts. Les calculs pour la force employée sont basés sur le prix de 1/5 penny par heure, qui est le prix généralement adoppé à Belfast.
- La dépense totale fut de 4 shillings, 8 pence, par le procédé Hermite, contre 14 shillings, 4 pence par la chlorure de chaux.
- Un autre point de vue important en faveur de la méthode électrolytique est la rapidité avec laquelle s’effectue le blanchiment. Dans les essais ci-dessus, le temps moyen [pendant lequel chaque écheveau de fil fut soumis à
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
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- Ge
- l’action blanchissante, a été de 15 minutes, contre 47 par la méthode ordinaire. Ce résultat fut obtenu, quoique la solution étectro-lytique ne contint que 2 1/2 grammes de chlorure actif par litre, force qui fut constamment maintenue; tandis que la solution de chlorure de chaux en contenait 15,2 grammes par litre.
- M, Cross fait observer que le procédé électrolytique a été mis en œuvre au mois de janvier dernier dans une importante fabrique de papiers en Amérique et que, depuis lors il a fonctionné parfaitement et sans subir le moindre accroc.
- Il possède le témoignage de la Compagnie américaine, constatant que toutes les garanties qui avaient été offertes ont été plus que rempiles.
- En outre les résultats obtenus s’étendent sur un grand nombre de substances différentes, qui ont été blanchies.
- Dans la discussion qui suit cette communication, un membre de la Société [déclare que, d’après des lettres qu’il a reçues d’Allemagne, on est parfaitement satisfait du rendement en grand, et que d'autres maisons ont commandé des appareils Hermite.
- M. Hermite, de son côté, dit que, sans aucun doute, les résultats varieront selon les conditions dans lesquelles on opérera ; d’autant plus qu'il lui avait fallu cinq années d’un travail constant avant d’arriver à un résultat pratique.
- Il revient d’Amérique, où il a mis en route les procédés pour blanchir diverses pulpes pour papier. Le dernier travail fait le fut dans la proportion de 4 1[2 tonnes par jour, en opérant avec une solution contenant 1 gramme de chlore actif par litre. La solution de chlorure de magnésium était simplement passée sur l’électrolyseur et arrivait sur la pâte. Il avait blanchi ainsi de la pulpe d’épinette, que dans cette établissement on avait considérée comme incapable d’être blanchie, vu que les effets qu’on avait faits dans ce sens, avaient toujours détruit la pâte. Avec le procédé
- électrolytique, au contraire, on était arrivé à blanchir cette pulpe avec une liqueur ne contenant même pas 1 gramme de chlore actif par litre et sans nullement altérer la fibre. L’établissement en question se monte actuellement sur une plus grande échelle, et il espère sous peu être en mesure de faire voir des résultats plus importants, représentant un remplacement de 10 tonnes de chlorure de chaux par jour.
- Cette communication a été publiée dans le numéro du 30 avril 1888, du Journal of the Society of ehemical Industry.
- J. II.
- MÉMOIRE sur une méthode d’analyse qualitative des matières colorantes artificielles} par M. Ed. WEINGAERTNER, assistant à l’Ecole de chimie de Mulhouse.
- (Société Industrielle de Mulhouse.)
- {suite et fin)
- L
- Alizarine S. — Solution jaune-brunâtre dans l’eau ; jaune dans l’acide chlorhydrique; rouge dans l’ammoniaque. La soude ajoutée à une solution concentrée la rend violette. Précipité rouge par le chlorure de calcium. Solution sulfurique jaune-d’or, passant au jaune-paille par l’eau. Se réduit difficilement.
- Céruléine S. — Solution brun-olive dans l’eau et verte dans l’ammoniaque. Par réduction à l’aide du zinc en solution ammoniacale on obtient un liquide d’un brun-rougeâtre qui s’oxyde très vite à l’air en donnant un précipité vert.
- Bleu d’alizarine S.—Solution aqueuse rouge-brunâtre, passant au bleu-verdâtre par l’ammoniaque, au vert par la soude, au jaune-orangé par l’acide chlorhydrique. Par réduction en solution ammoniacale, on obtient un
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- 286 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- liquide brun-rougeâtre qui s’oxyde très vite à l’air en déposant un précipité bleu.
- M
- Gallocyanine {Violet solide).— Solution violette dans la soude et bleue dans l’acide sul -furique. La matière colorante tire sur tissu mordancé au tannin. Elle se présente dans le commerce sous forme de pâte.
- Galléine. — Solution bleu-indigo dans la soude concentrée, passe, par addition d’eau, au violet-rougeâtre. Se dissout en orangé dans l’acide sulfurique. Cette matière colorante se présente dans le commerce sous forme de pâte.
- Céruléine— Solution dans la soude avec une coloration verte, dans l’acide sulfurique avec la même couleur. Se trouve dans le commerce en pâte.
- Galloflavine. Badische.— En jaune-sale dans la soude, et en jaune dans l’acide sulfurique. Se présente sous forme de pâte jaune-paille.
- N
- Canarine.—Poudre jaune-orangé, soluble en jaune dans la soude. Teint en jaune résistant au savon le coton non mordancé.
- Alizarine. — Pâte jaune soluble en bleu-violet dans la soude. Cette solution sodique additionnée à froid de poudre zinc donne sur le papier une coloration d’un rouge-violet
- Anthrapurpurine et flavopurpurine.-----Solution rouge-fuchsine dans la soude.
- En général, ces trois derniers colorants se trouvent dans le commerce mélangés entre eux. Ces mélanges constituent les alizarines de différentes marques.
- Chrysamine.—Solution sodique orangé. Solution sulfurique rouge-fuchsine donnant, par addition d'eau, un précipité brun. Tire directement sur coton dans un bain de savon.
- Nitro-alizarine. — Solution sodique rouge. La solution réduite, puis jetée sur le papier à filtrer forme une tache bleu-indigo foncée.
- Marron d1 alizarine.--Solution dans la soude en brun-olive. La solution réduite revient en violet-sale. La solution sulfurique est brun-rouge.
- Bleu d'alizarineDifficilement soluble dans la soude avec une coloration verte. La solution une fois réduite revient en bleu par réoxydation.
- Vert solide {Dinitrosorésorcine). • — La solution dans l'eau, en présence de quelques gouttes de la solution sodique à5 0[0, est jaune foncé. Après réduction elle est grenat,et cette nouvelle couleur persiste. La solution dans l'acide sulfurique est brun foncé. Un peu de la matière, jetée dans un mélange de phénol et d’acide sulfurique, se dissout d’abord en brun, puis la couleur passe lentement au violet-ardoisé foncé. Tire en vert sur mordant de fer.
- O
- Induline, Nigrosine.— La couleur de la solution alcoolique varie du bleu-grisâtre au gris-rougeâtre. Une petite quantité de la substance sèche chauffée en présence d’une solution de soude à 5 0(0, puis extraite à la benzine, donne une solution incolore ou jaunâtre avec une fluorescence ‘brun-rouge très intense.
- Bleu de rosaailine, bleu de diphéylamine.
- — Soluble dans l’alcool avec une intense coloration. Par l’acide chlorhydrique coloration tirant sur le vert ; avec la soude teinte baune. Solution sulfurique brun-rouge. Pas de fluorescence avec la benzine.
- P
- Indophénol. — Solution alcoolique bleue : passe au brun rougeâtre par addition d’acide chlorhydrique.
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- ET DE L'IMPRESSION DES T1SSÜS
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- Q
- Rose de Magdala. — Solution alcoolique rouge bleuâtre avec une belle fluorescence rouge cinabre très intense.
- R
- Primerose à l‘ alcool. — Solution alcoolique rouge-bleue et fluorescence jaune-verte, disparaissant par addition d’acide chlorhydique qui fait tourner la coloration au jaune.
- Cyanosine. — Solution alcoolique bleu-rouge avec fluorescence couleur de brique, disparaissant par l’acide chlorhydrique qui provoque une coloration orange,
- S
- Indigo. — Insoluble dans tous les réactifs. Le colorant pulvérisé donne, avec la poudre de zinc et l’ammoniaque, la coloration jaune verdâtre de la cuve d’indigo.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX — •
- DÉCLARATIONS DE FAILLITE
- Paris. — Gatange (Françoise- Alexandrine) Mlle, teinturière, rue Saint-Placide, 42. — J.-c. : M. Samson. — S. : M. Cotty. — Jug. du 19 novembre.
- Asnières. — Pierrot, teinturier, avenue d’Argenteuil, 65. — J.-c. : M. Brunei. — S. : M, Rochette. — Jug. du 27 novembre.
- RAPPORTS DE FAILLITES
- Lyon.— Joubert et Pouget, teinturiers, rue Sébastopol, 27 et 20.-- Jug. du 12 nov.
- REPARTITIONS DE FAILLITES
- Paris. — Parrot, Cam.-Léon, teinturier, r. Bonaparte, 24. S. M. Hécaen. 60 fr. (Ire).
- FORMATIONS DE SOCIÉTÉS
- Paris. — Formation de la Société en nom
- collectif P. Barthélémy et Cie, réparation et apprêt de dentelles noires et blanches, rue Sainte-Anne, 63. — Durée : 10 ans. — Cap. : 6,800 fr. — Acte du 25 oct. 1888. — D.
- Pau. — Formation de la Société en nom collectif Samson et Esquerre, tissus. — Durée : 10 ans. — Cap. : 125,000 fr. — Acte du 8 nov. 1888.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Placet et Cie, apprêt, foulage et dégraissage des tissus, rue de la Part-Dieu, 97. — Durée : 8 ans et 8 mois.— Cap.: 40,000 fr. — Acte du 8 nov. 1888.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Tabard, Cécillon et Chaput, fab. de tissus de soierie, rue de l’Arbre-Sec, 16. — Durée : 5 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 22 octobre.
- DISSOLUTIONS DE SOCIÉTÉS
- Saint-Etienne. — Dissolution, à partir du 31 octobre, de la Société Duclaux-Monteil et Dumond, nég. en soies. — Liquid. : M. Du-mond. — Acte du 9 novembre.
- VENTES DE FONDS DE COMMERCE
- M. Cassard a vendu à M. X..., 8 oct., un fonds de teinturerie, av. Michelet, 44, Saiut-Ouen. — Opp. rue Montmartre, 12, chez M, Petitjean.
- MM. Fousset et Cie ont vendu à M. Ma-nois, 15 oct., un fonds de teinturerie, r.Com-pans, 42. — Opp. rue de l’Arbalète, 13, chez M. Tournois.
- M. Favé a vendu à Mme veuve Bessin, 1er décembre, un fonds de teinturerie, rue Saint-Placide, 20. Opp. rue Delbet, 4, chez M. Boittiaux.
- Mme Lebel a vendu à M. Guichard, de suite, un fonds de produits de vernis et teinture, boul. Pereire, 219. Opp. boul. de Cour-celles, 120
- M. Pelle a vendu à M. Bressand, 15 oct., un fonds de teinturerie, r. de la Tour, 101. — Opp. r. de Sèvres, 48, Boulogne-sur-Seine.
- M.Barbin a vendu à M. Bachetot, 1er nov.,
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- QC O
- LK MONITEUR DE LA TEINTURE
- un fonds de teinturerie, bd Richard-Lenoir, 110.— Opp av. de Breteuil, 57.
- M. Force a vendu à M. Dumont, 15 oct., un fonds de fabr. de bleus, r. de Sévigné, 14. — Opp. r. de la Verrerie, 99, chez M. Nicolle.
- M, Dumortout a vendu à M. Lallement, de suite, un fonds de teinturerie, r. de la Rey-nie, 17.— Opp. r. de la Reynie, 17.
- Mme Lecointe (divorcée Hérodier) a vendu à M. X..., de suite, un fonds de teinturerie, r. de Moscou, 23. — Opp. r. des Mathurins, 25, chez M. Perrin.
- Mme veuve Margoulet a vendu à Mlle Beu-net, 4 déc., un fonds de teinturerie, r. Dauphine, 31. — Opp. r. Meslay, 50, chez M. Hardy.
- M. Nallée a vendu à M. Boidin, 1er janv., un fonds de teinturerie, r. Louis-ie-Grand,20. Opp. bd Ornano, 54.
- Mme veuve Ruel a vendu à M. Cousin, 8 janv. 89, un fonds de teinturerie, rue du Chemin-Vert, 48.— Opp. pl. de Courcelles,41, Levallois.
- B______ - FINANCIER
- La Bourse est plus agitée que jamais et les opérations de la liquidation de quinzaine se sont ressenties de l’inquiétude où est en ce moment le monde de la Bourse relativement au Panama.
- On sait en effet que la Compagnie devançant la décision des Chambres vient de suspendre momentanément ses paiements.
- L’action se tient cependant aux environs de 150. Personne ne veut plus vendre, car l’on comprend facilement qu’une combinaison quelconque permettra l'achèvement de l'œuvre entreprise par M. de Lesseps. Nous avons vaguement entendu parler de l’intervention de l’un de nos principaux établissements de crédit,mais jusqu’ici les renseignements détaillés font défaut.
- Le 3 00 vaut de 83 05 à 83 10; le 4 1[2 0[0 est à 103 85.
- L’Italien est toujours lourd à 96 55. L’Extérieure qui était remontée à 73 15 revient à 72 85.
- Le Hongrois 4 00 vaut 86 50.
- Peu de variations depuis huit jours sur les valeurs de crédit.
- La Banque de France vaut 3,950. On traite le Foncier à 1,365.
- Les obligations à lots des derniers emprunts sont aux mêmes cours. Les prix actuels nous paraissent susceptibles d’une certaine plus-value.
- Avec une obligation foncière 1879, une communale 1879, une obligation 1880 et une obligation 1885 on participe à 24 tirages par an et il y a 1,036 lots pour 5 millions 760,000 fr.
- Avec quatre obligations on a donc une moyenne de deux tirages par mois et l’on participe à des chances de lots très importantes. Si l’on est pas favorisé par le sort on n’en a pas moins fait un placement très solide et productif d’un intérêt raisonnable. Au remboursement on gagne encore de 20 à 30 fr.
- Les valeurs du cuivre sont en stagnation complète ; il ne se fait obsolument rien. Les métaux cotent nominalement 865; le Rio-Tinto est offert à 637 50.
- Lyon 1,275, Nord 1,625, sans changement appréciable.
- Le Gaz est assez bien tenu à 1,427 50. Le Suez est à 2,200.
- En somme, les tendances ne sont pas trop mauvaises. La spéculation reste pour l’instant dans le plus prudent statu quo.
- BIBLIOGRAPHIE
- VIENT DE PARAITRE:
- ANALYSE CHIMIQUE DES SUBSTANCES COMMERCIALES MINÉRALES ET ORGANIQUES
- Par M. RAOUL JAGNAUX, ingénieur, directeur du Laboratoire Hautefeuille, professeur de Chimie à l’Association philotechnique, membre de la Société des Ingénieurs civils. — Un volume grand in-8* d’environ 1000 pages, avec gravures dans le texte.
- Cet ouvrage diffère des « Traités d’analyse chimique » de Rose, de Gerhardt et Chancel, de Frésénius, etc , en ce qu’il ne s’occupe pas des méthodes générales d’analyses. Il a surtout pour but de servir de guide dans les analyses spéciales des substances commerciales. Uu grand nombre des procédés qui y sont exposés sont dus à E. Hautefeuille et à l’auteur. Toutes les méthodes qu’il contient ont été contrôlées et employées dans le Laboratoire Hautefeuille, dont l'auteur est le directeur ; elles se recommandent par leur exactitude, leur simplicité et leur rapidité relative d’exécution.
- L’ouvrage comprend trois parties :
- Dans la première se trouvent les analyses des principaux métalloïdes et de leurs composés ,
- La deuxième partie traite des analyses des minerais, des métaux, des alliages et des principaux composés métalliques.
- Dans la troisième partie sont exposées les méthodes d’analyses des substances organiques les plus répandues dans le commerce et l’industrie.
- Nous croyons que l’Analyse chimique des substances commerciales rendra de grands services aux ingénieurs, aux métallurgistes, aux essayeurs du commerce, aux pharmaciens, etc.
- Prix : 2o francs.
- Envoi franco contre mandat-poste, adressé au bureau du Journal-
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- TABLE DES MATIERES
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- 32e Volume — Année 1888
- A
- Pages
- Acide formique (Martinon).................. 165
- Amidon et peinture ininflammables (Har-risson....................................... 25
- Analyse d’un savon à base de pulpes d’olives 11 Animalisation des fibres végétales (Raabeet ............................................ 25
- Appareil à ensimer les laines (Klein, Hundt et Co)..................................... 205
- » à essayer la résistance des tissus 250 » à mesurer les étoffes (Davies).... 62 » à nettoyer les déchets de coton (Hillard et Goldsmisth) 61 » à nettoyer les matières fibreuses (Watson et Davidson) 98 » à sécher les bobines de laine après teinture (Bertrand) 123 « à teindre (bermaïer). 35 » » la laine en bobines (Vas-sart 66 » à teindre la laine en bobines, fils, étoffes (Binaud) 277 » à teindre la laine (Douvry) 122 » d’épuration, blanchiment, épaillage et teinture (Lombard et Cie)... 241 » de teinture (Hamel frères) 229 » de teinturerie 169
- Application de l'hyposulfite de baryte à l'ap-prêt des tissus imprimés (de Becchi).................................... 193
- » métallique sur tissus (Vaillant-Noël)....................... 157
- » sur tissus de poils et autres matières moulues ou coupées (Renard)............................. 134
- Apprêt de la moire antique (Vignet et fils). 254 » de tissus au moyen de la vapeur d’eau (Roger et Robin) 133 » de tissus légers (Vgnet et fils) 133 Ateliers d’apprèteurs..... 90, 103, 117, 130, 139
- Avenir des couleurs artificielles.......... 209
- Battage mécanique des cocons (Francezon et Berthaud fils)........................
- 158
- Pages
- Bibliographie, à la fin de chaque livraison et dans
- les suppléments. Blanc sur la laine.......................... 240
- Blanchiment et teinture des matières textiles (Lorimer) 194
- » des textiles végétaux (Rubay), 230
- Bleu solide artificiel sur coton.......... 281
- Bronzage de velours par impression.......... 157
- Broyeuse à lin (Delatre)................ 110
- Bulletin de la soierie pour Lyon, 219, 234, 243
- 266, 278
- C
- Carminaphte............................... 234
- Caustification dans le vide.............. 95
- Chlorure d’antimoine (Natson)........... Chromographie .......................... 116
- Composition des tissus (Procédé pour con-' naître la)............................ 17
- » du bleu de Prusse et de Turn--.................................... 271
- Conditionnement du coton.................. 104
- Côtes couvertes sur bonneterie par impression (Gobinot et Hergoz)................. 122
- Couleurs conversion avec la galléine et la céruléine (Lamy)........................... 6
- » d’aniline solubles dans la benzine
- (Muller-Jacob)......................... 19, 200
- Coupe de dessins veloutés (Boll).......... 26
- Cylindres gravés pour impression (Kerr et William) 181
- J
- D
- Dangers d’emploi de couleurs non fixées.. 243
- Dégraissage et foulage des fils et étoffes de laine (Pohart)........................... 110
- Dessins variés sur tous tissus à poils, peaux, etc. (Voland)....................... 2
- E
- Echardonnage des laine (Chemin).......... 45
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- 290
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Pages
- Echardonnage et épaillage des laines en
- suint, des tissus, etc.
- (Benker Langlois).......... 195
- Ecorce de mûrier (Scott)........................ 5
- Emploi spécial des produits obtenus en traitant les corps gras par l’acide sulfurique .............................................. 230
- Essai de teintures inaltérables à l’air et au soleil, 79, 90, 115, 127, 138, 151, 164, 177, 184, 199, 237 Essoreuse à battant 254
- » laveuse (Tournier)........................... 193 » universelle (David)......................... 254 Etat de la teinture à Lyon ................... 208 Etoffe de feutre élastique.................... 278
- Etoffes d’ameublement imprimées avec doublures simili-cuir (Prudhon)................ 64 Exposition de 1889................................ »...................internationale de Melbourne....................45 ».........................universelle de Barcelone ..................... 45
- F
- Fabrication de dessins d’ombrelles sur métier à tulle (Cordier-Levray)................. 111
- »........................................de la peluche et des velours
- glacés (Beusch)........... 195 ».du drap feutré à dessin 277
- » et application d’une matière colorante (Maxwel et Young). 217
- Feutrage des fils de laine ............... 145
- Fixation des matières colorantes sur les fibres textiles (Colin et Benoist) 2 » du chrome par la laine (Knecht), 201,214 » du fer (Scheurer) 70 Foulage combiné (Tessier-Allien) 1
- » dégraissage et teinture simultanés (Pascal Valluit et Cie) 229 Fouleries à maillet (Leleu fils) 182
- Foyer nouveau de Hermann et Cohen........ 34
- G
- Gaufrage sur tous tissus (Aubert)......... 230
- Gomme arabique............................ 199
- Grillage des fils et des tissus (Bertholus)... 74
- Grève des teinturiers à Grenoble.......... 271
- H
- Histoire de la teinture à travers les âges.. 46
- Humidification des ateliers (Kœchlin)..... 14
- 1
- Imperméabilisation des draps (Duchois-Mauduit).................................. 122
- » des tissus (de Lagénar-dière et Broallier).......... 193
- Imperméabilité destissus et vêtements confectionnés (Ducosté)...................... 229 » des passementeries contenant des fils métalliques (Küh -moyer).................................... 242
- Imperméable universel (Vve Orlay)......... 14
- Impression des tapis brosses (Doithier)... 181 » sur toiles cirées (La Bealle).... 132
- . . Pagas
- Influence de l’eau sur la laine............. 263
- Inventions brevetées (Fayollet), 15, 38, 64, 74, 99 111, 123, 134, 146, 158, 170, 206, 218, 231, 242 255
- J Jurisprudence...................... 119,156, 274
- L
- Laineuse double à chardon métallique, à contact et action variables ............... 63 » rotative (Hanson). 277
- Laines de la .............................. 142
- » et blanchiment simultanés de la laine ..................................... 157
- Laveuse mécanique (Vial).................... 206
- Liquide oléagineux destiné aux opérations de teinture (Menziès)....................... 205
- M
- Machine à apprêter les tissus (Pierron et DeLaître) 253 » à apprêter 217 » à découper les broderies, guipures (Rittmeyer et Co) 110 » à déplisser les tissus (Bernot). ... 45
- » à dégraisser au large et à fixer les tissus en laine (Guizard).. .... . 97
- » à dérompre les tissus (Bonnet et Angelier).................................................... 253
- » à dresser les textiles en flottes ou écheveaux (Formenti).................... 86 ».....................................à fouler les étoffes, à chiffonner le papier (Grisou)..................................................................... 37 ».....................................à lainer (Grosselin)................. 93
- » à lainer (Leclère, Dannureau, Vautrin et Cauchelin)............... 265 ».............................à lainer (Ville fils et frères) 194 ».............................à lainer (Montfors).......... 217 Machine à laver la laine (Dicktus) 242 ».............................à laver le linge et autres tissus (Piet et Co).................. 8 ».............................à............................mesurer le drap et autres étoffes. 278 ».............................à............................ornementer les tissus (Renard). 98 ».............................à............................peigner les matières filamen-» teuses (Bourcart fils)......... 26 ».............................à............................teiller (Martiny). 123 ».............................à............................teindre les écheveaux (Zaingraff-Pierron)...................... 37
- » à teindre les bobines de laine (De-nutte)......................................................... 73
- » à teindre les laines peignées en bobines (Lefebvre).................. 62 ».étireuse de la laine brute (Dubois). 14 »...........laveuse étireuse (Delerne)...... 194 Manœuvre de couvercles de cuves à lessives ............................ 37
- Marques de fabrique....................... 155
- Matières colorantes artificielles (Laffite-Can Mautrand) 10
- Mémoire sur une méthode d’analyse (Wein-gaertner)..... 211, 224, 238, 249, 260, 271, 285
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- ET DE L'IMPRESSION DES TISSUS
- 291
- Pages
- Métallisation des tissus pour vêtements .......................................... 242
- Méthode pour distinguer les fibres animales. 140 Moulin pour teillage (Casse) 110 Mordants divers 80
- » pour noirs, bleus et autres nuances solides, sur un seul bain (Ches-neau-Fonteneau)...................... 205
- N
- Naphtazarine et des Sulfites (de la)...... 186
- Noir direct solide pour laine....*....... 44
- Nouveau sel d’antimoine.................... 43
- Nouveaux colorants azoïques................ 90
- P
- Peigne brisé tisso-brodeur................. 38
- Polissage des étoffes (Four et Pocachard).. 1
- Préparation des fibres de cellulose (Volff). 37
- » du coton et de la laine à teindre avant filature .................. 265
- Préservation des tissus, cordes........... 202
- Préservateur (Decloquement)................ 26
- Procédé de blanchiment (Hermite).......... 284
- » de crépage des tissus de soie (Mlle Graissot)............................ 241
- » et appareil à mordancer et teindre le coton (Jagenburg)................. 265
- » et appareil pour teindre les textiles
- (Smith et Aykroyd)........................ 170
- » pour rendre imputrescibles les tissus végétaux (Pfirsch et Kirchner) 170
- Production de la laine dans le monde entier...................................... 168
- Produits teinctoriaux du Tonkin (Bor). 151, 166
- Projet de loi relatif à la salubrité et à la sécurité.................................... 106
- R
- Ramie............................ 174, 195. 220
- » (Teinture de la) .................... 46
- Recherches sur les hydrates ferriques (To-massi)..................................... 82
- Revue de l’année tinctoriale à Lyon en 1887.
- 26, 39, 65, 75, 86, 100, 112, 125, 135... 148
- Rouge Congo (Julius)....................... 36
- Rouissage méthodique...................... 182
- » par la diffusion (Paray)................. 45
- Rouleau extenseur de tissus (Berthelet). .. 14
- Rouleaux en métal blanc (Dépierre)....... 50
- S
- Savon à dégraisser......................... Il
- Séchage de la laine......................... 8
- Pagas
- Séchoirs à vapeur pour teinture et apprêt (Hanrion)................................. 230
- Situation commerciale à Lyon.............. 46
- Société industrielle d’Amiens............ 247
- » industrielle de Rouen, prix de l’Exposition 1889 .................... 164
- Soie (la) au Mexique..................... 280
- » au Tonkin............................... 173
- Soies sauvages............................ 20
- Sulfocyanures (fabrication des)........... 47
- T
- Table.................................... 289
- Tarif des chemins de fer.................. 36
- Teinture à courants inversés (Mœglin).... 13 » de laines en bobines (Vassart)... 97 » de la laine (Holliday) 195
- » de la laine et des poils en noir d’aniline inverdissable à l’air (Col- 73 » des fils en écheveaux (David).... 109 » des fils et des tissus (Descroix)... 85 » des fibres textiles (T. Maxwel)... 187 » des laines en pièces, 16, 32, 43, 69, 7 8, 88, 102, 114, 128, 137, 159, 162, 176, 182,197, 211, 222, 235,
- (Daucer, Simian, de Narcieu) 61 » du coton noir inverdissable, ne dégorgeant pas sur le blanc (Henry).................................... 62
- » du coton pour les couleurs azoi-ques (Holliday) 194
- » du coton et les couleurs substantielles 283 » du coton en noir grand teint (Gra-witz) 231 » en chiffons, 15, 30, 41, 48 bis, 67,
- » en bleu par l’alizarine (Gewaert). 169
- » en bleu sans indigo (A. Henry etCo) 122
- » en couleur d’aniline (Campion- 169
- » et apprêt simultanés des tissus mélangés soie et coton (Gautillon). 1
- » mécanique de la laine préparée en bobines (Gaydet.) 12 Théorie de la teinture et impression,160,172,
- Timbre rouleau pour dessin de broderie et dentelles (Kaiser).......................... 14
- Tissu cuir sculpté (Mlle Bressac)......... 254
- Tissus façonnés de velours et peluche (Chwalla).................................. 206
- Traitement avant teinture des étoffes soie et laine mélangées (Cadgène)... 105
- « préparatoire des fils (Beney).... 266
- Paris. — Imprimerie Ed. ROüSSET et Cie, rue Rochechouart, 7.
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