Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- MONITEUR DE LA TEINTURE
- ET DE
- L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le Moniteur de la Teinture paraît depuis le or janvier 1857 ; il portait dans le principe le titre de Coloriste industriel.
- Les premiers volumes de sa collection (ancienne série), sont épuisés; ceux qui restent disponibles comprennent les années 1866, 1867, 1868, 1869, 1870-71, 1872, 1873, 1874, 1875, 1876 et le présent volume (nouvelle série), en tout onze volumes.
- Ces collections constituent, dans leur ensemble, le Traité théorique et pratique le plus étendu et le plus complet, concernant les Industries tinctoriales, la quantité de faits, documents, procédés, descriptions, échantillons et gravures qu’elles contiennent, répondant toujours aux nécessités présentes de ces industries, en font un précieux auxiliaire pour toute exploitation industrielle ou commerciale se rapportant au HSHanchimemt, à la TeÂm-turc, à l'Impression, aux Apprêts et à tout Travail des Tissus eu des Com-leurs en général.
- PRIX
- POUR LES ABONNÉS SEULEMENT
- Chaque volume broché à partir de 1870-71....................................... 10 fr.
- Collection complète (onze volumes)................ ............................. 11 —
- (Les années 1867, 1868 et 1869 étant presque épuisées, ne se vendent qu’en Collections complètes et non séparément ; cependant nous pourrions encore céder le volume de 1869 au prix net de 15 fr.) — Franco de port pour l’union des postes.
- Chaque volume est formé d’une année, sauf celui de 1870-71, qui, par suite de l’interruption causée par la guerre, comprend ce qui a paru pendant ces deux années.
- Les volumes reliés de-cette collection, coûtent 2 francs en plus pour chaque.
- Paris. — lmp. A. TURFIN et Ad. JUVET, rue Damiette et cour des Muacles, 9, plus la placc du Caire.
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- 4° SERIE 1877 5° VOLUME
- MONITEUR de la TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS REVUE THÉORIQUE ET PRATIQUE spécialement consacrée
- AU BLANCHIMENT, A LA TEINTURE, A L'IMPRESSION ET A L'APPRÊT DES FILS ET TISSUS A LA PRODUCTION ET A LA PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES EN GÉNÉRAL A LA FABRICATION ET A L'APPLICATION DE TOUS PRODUITS COLORANTS EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE ET DANS LES ARTS
- Publiée le 5 et le 20 de claque mois
- SOUS LA DIRECTION
- DE M P F. BLONDEAU 27
- Ingénieur des Arts et Manufactures
- Prix de l’AAbonnement :
- Taris et Départements : Un an................
- — — Six mois......................
- Étranger..................................
- 2]me ANNÉE
- 15 fr.
- 8
- 20
- PARIS
- ADMINISTRATION ET REDACTION
- 10, Avenue des AMANDIERS, 10
- S’adresser à M, BLONDEAU, Ingénieur -
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- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- DROGUERIE, PRODUITS CHIMIQUES. COULEURS
- Le Moniteur de la Teinture se charge de la fourniture de tout article de Droguerie et de Produits Chimiques à l’usage de la Teinture, de l'Impression, du Blanchiment et des Apprêts; ces Marchandises sont tirées directement des lieux de production ou des fabriques les plus estimées, et ne sont livrées qu’après un examen scrupuleux de leur qualité ou de leur pureté. Elles sont cotées au Tarif publié par le Journal et foui nies au plus bas rix possible. .
- Nous nous occupons tout spécialement des Couleurs d’Aniline , pour lesquelles nous avons des dépôts des principales Maisons, et que nous livrons, soit en gros, soit en détail, aux conditions les plus favorables.
- MACHINES, APPAREILS ET MATÉRIEL INDUSTRIEL
- INSTALLATIONS D'ATELIERS ET D'USINES
- Les Machines, Appareils et Ustensiles de toute nature à l’usage des Industries Tinctoriales son*’ très-nombreux, et tous constituent des spécialités exploitées par autant de constructeurs divers, répandus dans les principaux centres industriels de France et de l’Étranger. Pour traiter ce genre d’affaires, il faut donc une connaissance bien complète de ces industries, et il importe d’avoir des relations aussi nombreuses qu’étendues.
- Le Moniteur de la Teinture est le centre naturel où viennent aboutir tous les documents et renseignements relatifs à cette vaste industrie. N’ayant pas, en outre, comme les construc teurs, de motifs pour livrer un modèle plutôt qu’un autre, nous pouvons choisir avec un complet désintéressement, et avec corpétence, les machines qui offrent toutes garanties aux acquereurs, au double point de vue du travail qu’elles doivent produire et de leur bonne construction. Par suite de traités avec les fabricants, nous les livrons aux mêmes prix qu’eux-mêmes et nous pouvons quelquefois offrir des conditions que ces derniers ne feraient pas à un acheteur avec lequel ils n’auraient pas déjà des relations.
- La Chaudronnerie courante — très-soignée — de fer ou cuivre, est facturée au poids et au cours du jour.
- Le Moniteur de la Teinture publie une liste du Matériel d’occasion à vendre, ou dont on veut faire acquisition; cela présente de grands avantages aux acquéreurs, et permet d'opérer le placement des machines dont on n’a plus l’usage.
- Nous nous chargeons delà rédaction des plans et des devis d’usines et d'ateliers, et s’il y a lieu, de la direction des travaux et de la vérification des mémoires.
- LIBRAIRIE
- Nous fournissons la Librairie de toute nature: industrielle, scientifique ou littéraire, les Journaux et Publications quelconques, aux prix marqués par les éditeurs, affranchissement en sus.
- OPÉRATIONS ET ANALYSES CHIMIQUES
- CONSULTATIONS, ÉTUDES ET TRAVAUX PRATIQUES; PROCÈDES ET EXPERTISES INDUSTRIELLES
- Tout travail scient. fique et pratique se rapportant au Blanchiment, à la Teinture, à l'Impression, aux Apprêts et au Travail des Tissus en général, nous est spécial, et notre compétence en ces matières est affirmée par nos publications et notre expérience.
- Nous procédons également aux Visites d’Ateliers et d’Usines, dans le but d’indiquer 'es perfectionnements à apporter au travail ou les économies à réaliser.
- BREVETS D’INVENTION
- Il existe plusieurs agences très-sérieuses pour la prise des Brevets d’invention, pour les recherches et travaux qui s’y rapportent; mais aucune n’est spéciale aux Industries Tinctoriales, et ne les connaît assez intimement pour pouvoir apprécier la similitude des procédés, ou les nuances si délicates qui établissent des distinctions entre eux, et peuvent, les rendre brevetables, ou les confondre avec des antériorités qui les annuleraient.
- Aucune situation n’est aussi favorable que la nôtre pour être au courant de. toutes les nouveautés qui surgissent dans nos spécialités, et des procédés anciens ou nouveaux qui ont été exploités ou proposés; elle nous permet aussi d’apprécier le fond et la portée d’une invention et de la présenter de la façon la plus favorable. Nous pouvons donc nous charger de tout ce qui concerne 'es Brevets, tant en France qu’à l'Étranger
- Le Moniteur de la Teinture publie une Liste de tous les Brevets d’Invention relatifs à sa spécialité, et donne une analyse de ceux qui lui paraissent offrir un intérêt d’actualité. Nous fournissons le résumé des brevets qui ne sont pas analysés dans le Journal, et que l'on désire connaître, moyennant une rétribution modérée.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Notre publicité est d’une grande ressource pour la Vente des Fonds, Fabriques et Exploitations se rapportant à la Teinture et aux Tissus; et par ce moyen, ce genre de vente s’opère assez facilement.
- Les Fonds à vendre sont publiés dans le Moniteur de la Teinture, avec indication ou non, de l’adresse des vendeurs.
- ANNONCES, PUBLICITÉ
- Le Moniteur de la Teinture, se répandant dans un public spécial, offre, par ses Annonces, une publicité qui va droit à son but et qui ne risque pas de s’égarer parmi des indifférents: aussi est-elle plus fructueuse que toute autre, lorsque les objets annoncés s’adressent à la Teinture, aux Tissus ou aux Couleurs.
- Étant en relations confraternelles avec tous les journaux industriels de France et de l’Étranger, nous pouvons encore étendre cette publicité, lorsqu’on veut la faire sur de plus grandes proportions.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21- Année, No 1. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Janvier 1877.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Album du teinturier et du fabricant (suite et fin), par M. G. Van LAER. — Emploi du sulfate d’ammoniaque pour l’épaillage des laines, extrait du brevet de M. Bérenger. — Mandarine (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur l’éméraldine, par M. Zurcher. — L’industrie de Sainte-Marie-aux-Mines. — Prix de la Société industrielle du Nord de la France. — Le commerce des soieries ; revue de l’année 1876. — Revue sommaire des brevets d'invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Exposition universelle de. 1878. — Le travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie.
- Voici donc ces chiffres :
- CHRONIQUE
- Revue du Commerce extérieur de la France, pendant l’année 1876, et spécialement des Industries textiles.
- Notre commerce pendant l’année qui vient d’expirer n’a pas satisfait nos producteurs; quelques industries même ont éprouvé de réelles souffrances ; celle de la soierie, par exemple, subit en ce moment une crise terrible, et d’autant plus cruelle qu’elle succède à une période d’activité exceptionnelle, qui avait développé cette industrie, multiplié ses moyens d’action, et que le matériel immense et le nombreux personnel qui lui était consacré devient ainsi, brusquement, sans emploi.
- Malgré ces souffrances trop évidentes, et la diminution incontestable de notre commerce d’exportation, il ne faut pas s’exagérer cette situation, et il convient d’établir des comparaisons, non pas seulement avec l’année précédente qui s’est montrée exceptionnellement favorable, mais avec une période de plusieurs années antérieures, dont l’ensemble avait jusqu’à présent paru satisfaisant.
- Aussi, prendrons-nous comme termes de comparaison, les chiffres des échanges effectués pendant la période décennale qui a précédé 1876, et nous pourrons ainsi nous faire une idée exacte de l’importance réelle de cette dernière année.
- Importation.
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- —I=1-[-[-=[=O00.
- O.O‘.CO-9.°.C0—
- Fr. 3.026.514,000 ... 3.303.729.000 ... 3,133-071. 000 ... 2.867.448.000 ... 3.556.670.000 ... 3.570.320.000 ... 3.554.789.000 ... 3.507.705.000 ... 3.536.654.000 ... 3.950.174.000
- Exportation.
- 2.825.910.000
- 2.789.914.000
- 3.074.941.000
- 2.802.099.000
- 2.872.497.000
- 3.761.623.000
- 3.787.306.000
- 3.701.109.000
- 3.872.632.000
- 3.569.891.000
- Il ressort de ce tableau que notre importation a suivi un mouvement ascensionnel qui s’est momentanément arrêté en 1870, pendant la guerre, qui a repris en 1871 pour atteindre en 1872 un chiffre remarquablement élevé. Les années 1873 et 1874 ont été signalées par une décroissance accentuée ; mais, en 1875, une reprise s’est annoncée qui nous a fait atteindre, enfin, en 1876, le plus haut chiffre d’importation qui ait jamais figuré sur nos tableaux dédouanés* Entre les résultats de 1867 et ceux de 1876, l’augmentation à l’importation est de 30 0/0.
- L’exportation a été plus variable. Nous la voyons s’élever, en 1869, au chiffre de 3,074,941,000 fr. Les années 1870 et 1871 arrêtent court ce bel élan. En 1872, 4873 et 1874, notre exportation dépasse toujours 3,700,000,000 de francs. En 1875, elle s’élève à 3,872,632,000 de francs.
- L’année 1876 est loin de présenter des résultats aussi brillants. C’est par 3,569,891,000 francs que se chiffre notre exportation, accusant une diminution de 302,000,000 de francs, si on la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- compare à l’exercice précédent. Mais ne vaut-il pas mieux prendre un autre terme de comparaison? En rapprochant les résultats de 1876 des plus brillants résultats obtenus avant la guerre, c'est-à-dire des chiffres de 1869, on constate une augmentation de 495,000,000 de francs. Si l’on veut une comparaison plus favorable encore, on la trouve en prenant le mouvement de l’exportation de 1867. L’augmentation en faveur de 1876 est alors de 744,000,000 de francs, soit 26 0/0.
- Voici comment se décomposent les résultats généraux du commmerce extérieur :
- importation.
- 1876. 1875.
- Objets d’alim. Fr. 959.307,000 747.451.000 Matières premières 2,310.012.000 2.153.864.000 Produits fabriqués 496.275.000 466.763.000 Autres marchand. 184.580.000 168.576.000
- Total... Fr. 3.950.174.000 3,536.654.000
- Ainsi, la catégorie des objets d’alimentation a augmenté, en 1876, de211,856,000 f. La catégorie des matières premières présente aussi une augmentation de 156,248,000 francs ; enfin, la catégorie des produits fabriqués a réalisé une augmentation de 29,512,000 francs.
- La proportion dans laquelle les diverses catégories de marchandises entren t dans le mouvement de l’importation est en somme des plus satisfaisantes au point de vue économique, et des plus rassurantes pour l’avenir du pays.
- Exportation.
- 1876. 1875.
- Objets fabriq. Fr. 1.931.979.000 2.138.907.000 Matres premières
- et objets alim. 1.448.705.000 1.527.771.000 Autres marchand. 189.207.000 205.954.000
- Total... Fr. 3.569.891.000 3.872.632.000
- Sur la catégorie des objets fabriqués, nous constatons une diminution de 206,928,000 francs en 1876. La catégorie des matières premières et objets alimentaires accuse, de son côté, une diminution qui se chiffre par 79,066,000 francs.
- Les produits de nos manufactures conservent, on le voit, le premier rang dans le mouvement de nos exportations. Ils représentent 54.1 0/0 du chiffre total. Les produits de notre sol figurent
- pour 40.6 O/o ; les autres marchandises pour 5.3 O/o.
- Produits textiles.
- Pour ce qui concerne spécialement les industries textiles, voici la situation de 1876, comparée à l’année précédente.
- Matières premières.
- Parmi les produits naturels importés, nous signalerons en première ligne, comme ayant donné lieu à une diminution, les laines qui ont atteint, en 1875 le chiffre de 337 millions et qui sont descendues à 323 millions en 1876 ; vient ensuite le lin, dont l’importation était évaluée à 90 millions en 1875 et qui, cette année, n’y figure que pour 48 millions.
- Par contre, des augmentations importantes sont à signaler sur plusieurs matières textiles ; ainsi, nous voyons l’importation delà soie, évaluée à 330 millions en 1875, atteindre le chiffre de 388 millions en 1876. L’importation du coton a également augmenté : de 221 millions, chiffre de 1875, elle s’est élevée à 254 millions en 1876. Enfin le chanvre présente aussi une légère augmentation : son importation, de 13 millions en 1875, est arrivée à 17 millions en 1876.
- En résumé, pour ce qui concerne les produits cités, pendant qu’en 1875 nous avons acheté à l’étranger pour 991 millions de matières textiles, nous en avons importé pour 1 milliard 30 millions en 1876, et ce total représentant une matière première à transformer ou à négocier, indique que notre industrie s’est largement alimentée, ou que notre commerce s’est développé sur ces articles.
- En effet, le commerce de ces matières a donné lieu à une partie de cette plus-value ; ainsi nous voyons dans l’exportation de ces produits textiles, des fluctuations correspondant sensiblement à celles que nous venons de signaler pour l’importation.
- C’est ainsi que l’exportation des laines qui se chiffrait par 84 millions en 1875, est descendue à 82 millions en 1876 ; celle du lin qui était de 18 millions est tombée à 13 millions.
- Mais encore ici, l’exportation de la soie, de 133 millions en 1875 est montée à 135 millions ; celle du coton de 52 millions a atteint 82 millions.
- Produits fabriqués.
- Le mouvement des produits de nos industries,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- c'est-à-dire les fils et tissus, ont donné lieu aux résultats suivants :
- Importation.
- 1876 4875
- Fils de coton. . . .Fr — laine........ — lin et chanvre — poils de chèvre — jute . , . . . Tissus de coton . . . —..............laine. . . . —..............soie .... —..............lin, chanvre —..............poil....
- — jute....
- 63.792.000 20.359.000
- 9.925.000
- 7.546.000
- 154.000 81.796.000 79.102.000 39.021.000 14.020.000
- 2.420.000
- 577.000
- 42.562.000
- 18.255.000
- 11.154.000
- 11.493.000
- 51.000
- 84.405.000
- 78.073.000
- 37.232.000
- 12,362.000
- 3.025.000
- 336.000
- Ainsi, sept produits de la filature et du tissage étrangers ont vu leur importation augmenter en 1876 ; mais on remarquera que ces augmentations sont légères. Elles varient entre 1 et 2 millions pour les plus fortes.
- Une seule augmentation sérieuse est à signaler, celle des fils de coton, qui est de 21,000,000 fr. Elle est due, pour la plus grosse part, aux achats de fils de cotons faits en Alsace. Au lieu d’importer, comme en 1875, une quantité de 2,496,941 kilogrammes de ces fils, nous en avons acheté sur les marchés alsaciens-lorrains 6,263,350,000 kilogrammes en 1876. De son côté, l’Angleterre nous en a fourni en 1876 : 2,742,621 kilogrammes au lieu de 1,516,277 kilogrammes en 1875.
- Exportation. 1876. 1875.
- Tissus de laine . Fr. 317.621.000 346.392.000 — soie. . . . 296.818.000 376.000.000 — coton. . . 75.454.000 81.526.000 — lin, chanv. 31.728.000 35.477.000 — jute. . . . 685.000 1.002.000 Fils de laine 30.626.000 39.722.000 — lin, chanvre. 7.412.000 12.711,000 — coton;. . . . 4.509.000 4.095 000 — jute 983.000 1.802.000
- Ainsi, tous les tissus, sans exception, ont vu leur exportation diminuer en 1876. La différence en moins pour les tissus de laine est de 28,771,000 francs ; pour les tissus de soie, de 79,182,000 fr,; pour les tissus de coton, de 6,072,000 francs; pour les tissus de lin et de chanvre, de 3,749,000 francs et pour les tissus de jute, de 317,000 fr.
- Sur l’ensemble des tissus, il y a, au préjudice de 1876, une diminution totale qui se chiffre par 118,091,000 francs, à l’exportation.
- Ces résultats sont assurément des moins favorables, et nous voyons que ce sont nos industries qui ont supporté principalement le poids des souffrances que nous constations en commençant, mais qui, heureusement, n’a pas atteint au même degré toutes les branches de notre production.
- Il nous faudra de vigoureux efforts pour regagner pendant cette année un tel déficit, mais il est juste aussi de constater que les autres nations productives de fils et tissus, ont éprouvé les mêmes réductions, et que la diminution de notre exportation ne tient pas au délaissement de nos produits, mais à un état général de malaise commercial qui a également atteint les producteurs de tous pays.
- F. Gouillon.
- ALBUM
- DU TEINTURIER ET DU FABRICANT {Suite et Fin). Par M. G. Van Laer.
- Résumé de la théorie du mordançage
- Nous avons dit que les matières textiles avaient la faculté de s’unir, d’absorber ou de retenir certains’sels en quantités variables, selon la nature de la matière, selon la température et selon la durée et la concentration du bain, et qu’on donne le nom de mordants aux substances employées pour servir d’intermédiaires entre les parties colorantes et les matières que l’on teint, soit pour faciliter leur combinaison, soit pour la modifier entièrement.
- Les substances le plus souvent employées comme MORDANTS sont les sels D’ALUMINE, D’ÉTAIN, DE CUIVRE, DE FER, DE CHROME; LE TARTRE, L’ACIDE OXALIQUE, etc., etc.
- Il résulte des travaux de MM. Kuhlmann et Ver-deil que les matières textiles d’origine animale possèdent la propriété de fixer une certaine quantité de la base du mordant avec lequel on les met en contact.
- Cette propriété est commune à toutes les substances azotées qui constituent les tissus du corps des animaux.
- Par l’incinération de la laine ou de la soie , on
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- retrouve dans les cendres, soit le fer, soit l’alumine, soit l’étain à l’état d’oxyde.
- La quantité de base ainsi fixée est très-faible.
- M. Chevreul a démontré que la soie se charge d’oxyde de fer par son contact avec une dissolution de sulfate de fer; il a observé, en outre, que la laine et la soie, par leur contact prolongé avec du peroxyde de fer hydraté fixent de l’oxyde de fer, tandis que le coton n’en fixe pas la plus faible quantité.
- Les chiffres suivants indiquent la proportion de cendres que MM. KUHLMANN et Verdeil ont obtenu par l’incinéiation des étoffes mordancées.
- Poids de la cendre sur 100 d’étoffe
- mordancée
- Laine mordancée par l’alun ( 0,75 cendres
- » » 0,72 »
- » » le sulfate d’alumine - 0,86 »
- » » l’alun et le tartre 1,12 »
- » » l’acétate de fer 0,75 »
- » 3) le chloride stannique 1,25 »
- Soie mordancée par l’acétate d’a-
- lumine 0,50 »
- » » l’acétate de fer 1,00 »
- » » l’alun 0,40 »
- Le coton, dans les mêmes conditions, ne fixe pas la moindre partie de la base du mordant.
- Dans un mordançage de 100 de laine par 25 d’alun, 16 de tartre, 6 de composition d’étain, fait au laboratoire de l’école, on a observé que les bains d’eaux de lavage gardaient la moitié de l’alun et les 2/3 de la composition d’étain; ainsi 100 grammes de laine avaient fixé moins de 1,76 d’alumine, soit 17 alun sur 25 employé, et 0,16 gr. d’acide stannique correspondant à 2 gr. de composition fixée sur 6 grammes employés.
- Enfin, pour revenir à ce que j’ai dit, si l’on plonge, par exemple, de la laine ainsi salée et mordancée dans une décoction de colorant, celui-ci réagira et s'unira chimiquement à la matière textile et au sel pour former une laque insoluble qui restera combinée à la matière ; ce mordançage ne se borne pas à rendre le principe colorant insoluble, afin de le rendre résistant aux lavages, mais il agit aussi sur la couleur qu’il modifie en pureté et en intensité ou en bruniture.
- « Ce n’est pas l’étoffe, disait Macquer (t. IV, » Dictionnaire de chimie 1778), qui reçoit immé-» diatement la teinture, mais c’est la base du mor-» dant; en sorte que si les étoffes restent bien
- v teintes après ces opérations, ce n’est qu’autant » que ces précipités colorés sont capables d’y » adhérer, »
- Ainsi donc, il faut d’abord mordancer, c’est-à-dire imprégner le tissu de sel métallique, puis le plonger dans un second bain, dit bain de teinturet où se forme le précipité, c’est-à-dire la laque insoluble.
- M. Havrez, dans son cours, a comparé les réactions qui se produisent dans la teinture aux phénomènes d’endosmose observés par Liébig ; son explication nous a paru manquer de clarté, et nous préférons revenir aux principes posés par Ber-thollet et adoptés par plusieurs chimistes.
- Sans entrer dans une discussion théorique qui manque souvent d’intérêt au point de vue pratique où nous sommes forcément placé, nous nous bornerons à énoncer les principes suivants déduits d’expériences, et nous dirons que tout l’art de la teinture consiste :
- 1° Dans l’imprégnation de la fibre textile à teindre dans une solution d’un sel métallique ;
- 2° Dans un passage plus ou moins long dans une décoction de colorant ;
- 3° Que la dose du sel métallique doit être en rapport avec la dose de colorant à fixer ;
- 4° Que la base du sel doit être de même en rapport avec la nature du colorant et les nuances à obtenir.
- Voilà toute la théorie de la teinture.
- Dans la pratique on classe les mordants en blancs, dont la base est incolore (sels d’alumine, compositions el sels d’étain) (I) et en brunissants
- (1) Les mordants d’étain sont devenus aujourd’hui d’une importance majeure pour la teinture, et ils interviennent dans la plupart des nuancés claires : jaunes, aurores, écarlates, cramoisies, violettes. « La composition d’étain, dit » Gonfreville, art. de la teinture des laines p. 297, est le » mordant le plus employé en teinture. En général il rend » les couleurs stables devant les acides ; par exemple une » teinture au campêche ou au Brésil sur mordant d’alun » ne résiste point aux acides, tandis que les mêmes teintes » sur un mordant d’étain y résistent très-bien.
- 1° Au Fustel, au quercitron et autres colorants jaunes, ils donnent les jaunes dorés, relativement solides.
- 2 A la cochenille, à la laque-dye, ils donnent lés écarlates, ponceau, oranges, cramoisies, etc.
- 3° A la Garance, ils donnent un rouge brillant.
- 4" Au bois rouge et au campêche, ils donnent le pourpre petit teint, et le violet petit teint.
- Enfin ils sont employés dans les grandes fabriques d’ex-trâit de matières colorantes, pour produire des laques pâteuses : jaunes, rouges, etc. L’emploi des sels d’étain pour
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- dont la base est colorée, c’est-à-dire qui ont une ; base ferrugineuse, cuivrique, chromique ; le tartre | et d’autres sels, les acides/les alcalis sont souvent * associés à ces sels métalliques, soit pour aider | l’union des bases avec des colorants, soit pour nuancer, soit pour corriger le calcaire des eaux, soit pour empêcher là précipitation des bases.
- Ces mordants sont ou bien fixés sur la laine, comme je l’ai déjà dit, ou bien ajoutés au bain de teinture après que la laine y a bouilli.
- C’est ainsi que l’on agit dans la teinture par le cachou, le caillatour, etc., etc.; les mordants prennent alors le nom de brunitures.
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- EMPLOI
- DU
- SULFATE D'AMMONIAQUE POUR L’ÉPAILLAGE DES LAINES
- (Extrait du brevet de M. Bérenger.)
- L’invention de M. Bérenger consiste dans l’emploi du sulfate d’ammoniaque, sous l’action de la chaleur, pour détruire les matières organiques végétales que contient la laine.
- Ce procédé est applicable à toute espèce de laine, qu’elle soit brute, filée ou non, à l’état de tissus ou de chiffons. Il supprime donc, dans la draperie, l’opération dite de l’épincetage.
- Il permet de traiter les laines blanches non teintes et les laines colorées grand-teint ou petit-teint, tout en préservant parfaitement les couleurs,
- économiser dans les violets : l'orseille, le sulfate d’indigo, etc., est donc bien connu, et cependant « les ouvriers font un mystère de l’emploi du bichlorure d’étain, dit M. Dumas. Teinture, page 254, et ils le désignent sous des noms bizarres. » — Ce fait montre que ces teinturiers mystérieux sont précisément les plus ignorants des procédés généraux de la science et des secours qu’elle donne.
- Il est admis, disait P. Havrez, au moins implicitement, dans les divers traités de teinture, que les deux espèces de composés de l'étain : les sels stanneux et les sels stanni-ques influent également sur la nuance finale fournie au colorant, et que le mordant stanneux devient stanhique en s’oxydant par l’action de l’air. « L’écarlate, dit Berthollet, art. delà teinture 1,385, 1804, est moins agréable quand la dissolution de l’étain dans l’acide se fait en dégageant beaucoup de vapeur que quand elle se fait lentement et j sans effervescence, en sorte qu’il est à propos que l’étain soit au moindre degré d’oxydation. Il ne reste pas dans et état, et il y a apparence qu’il passe à un degré plus
- soit que la teinture ait été appliquée sur la laine brute, soit qu’elle ait été appliquée sur de la laine en cours de fabrication. Enfin, il est également applicable aux tissus fabriqués en blanc ou en couleur.
- L’agent employé est le sulfate d’ammoniaque, corps bien préférable à tous ceux indiqués et connus jusqu’à ce jour, qu’il s’agisse d’acides, de matières grasses, de chlorures ou de toute autre substance.
- Dans les procédés ordinaires, lorsque la nuance a viré, ce qui arrive souvent, c’est-à-dire quand elle a été atteinte dans le courant de l’opération, on a recours soit à des bains alcalins composés de cristaux de soude, mélangés de terre à foulon, soit à des bains d’ammoniure de cuivre, afin de faire revenir cette nuance.
- Avec le procédé de M; Bérenger, on obtient le même résultat, l’époutillage, d’un seul coup -, et cela, aussi bien pour la laine brute que pour la laine filée ou tissée.
- On immerge cette laine dans un bain de sulfate d’ammoniaque en dissolution dans l’eau, et marquant, suivant les cas, 5» à 6°. On la laisse ainsi submergée pendant quinze à vingt minutes, puis on la soumet à l’essorage, opération indispensable à l’époutillage chimique, qu’il s’agisse de laine, de fil ou d’étoffe.
- On la soumet ensuite, dans une étuve, à l’action d’une haute température. Cette température est obtenue à l’aide d’un des procédés connus.
- Lorsque, par les procédés connus, les nuances ont viré, après avoir traité la laine, comme nous l’avons dit plus haut, par un bain alcalin, on lui fait subir un lavage à grande eau, à froid et à fond.
- Avec le procédé de M. Bérenger, un léger lavage suffit.
- avancé d’oxydation, dans l’opération même do la tein- • tare. «....Pour l’écarlate, dit ailleurs Berthollet, t. II, p. 180, Bancroft recommande une dissolution d’une partie d’étain par le mélange d’un peu plus de deux parties d’acide sulfurique et de trois d’acide muriatique. Cette dissolution est au minimum d’oxydation. » Dans toutes les autres recettes il faut une dissolution au maximum d’oxydation. L’autorité des savants qui ont écrit sur la teinture, nous aurait peut-être fait admettre cette nullité finale d’influence des états stanneux ou stanniques, mais des indications expérimentales nous ont conduit à des essais qui prouvent le danger de jurer par la parole du maître et la nécessité des recherches sur les divers composés d’étain. En effet, on verra que le chlorure stanneux ne s’oxyde ni pendant ni après la teinture et qu’il donne des nuances autres que le chlorure stannique.
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- En résumé, ce procédé consiste dans l’emploi d’un agent nouveau qui permet d’obtenir un résultat également nouveau. Non-seulement, l’épaillage est obtenu comme de coutume, mais encore les nuances ne sont jamais atteintes ; le problème de l’épaillage chimique est donc résolu. Remarquons, en terminant, que les résultats que l'on obtient par ce procédé sont totalement différents de ceux auxquels on arrivait par les anciennes méthodes, puisque les couleurs sont préservées d’une manière certaine, qu’elles soient grand-teint ou petit-teint.
- MANDARINE
- La mandarine est une teinte à la mode et qui reproduit en effet la nuance de l’écorce de mandarine ; les rubans, les cravates, les fleurs, les gants font un grand usage de cette teinte en ce moment ; mais on comprend qu’elle ne s’appliquera guère qu’à ces petits objets, étant trop éclatante pour les tissus ou pièces d’un emploi usuel.
- Il n’existe pas de couleur d’aniline donnant directement la nuance mandarine, mais on l’obtient facilement par le mélange du jaune d'or et de Yéosine.
- On donne d’abord un pied de jaune et l’on nuance ensuite à l’éosine.
- Quelques fabricants ont une éosine à reflets jaunes qu’ils appliquent à la confection de cette nuance, mais ce produit est néanmoins trop rouge et ne dispense pas de l’emploi du pied de jaune ; or, du moment qu’il faut se servir du jaune d’or, il n’importe guère d’en employer un peu plus ou moins, et on peut, dès lors, se servir avec autant d'avantage de l’éosine ordinaire.
- Un fond de rocou, très-légèrement nuancé, mais bien peu, avec du safranum ou mieux avec de l’éosine, donne également cette nuance, et ce procédé peut s’appliquer sur coton.
- La coralline jaune peut également servir de fonds pour la même nuance, mais sa teinte manque toujours de transparence et de fraîcheur.
- CHRONIQUE
- SUR L’ÉMÉRALDINE
- Par M. Zurcher.
- M. Zürcher a signalé à la Société industrielle de Mulhouse une série de réactions intéressantes qui le conduisent à admettre que l'éméraldine est un produit de réduction du noir d’aniline, et que, réciproquement, on peut revenir à ce dernier corps en oxydant l’éméraldine.
- Ce chimiste a constaté, en effet, qu’on obtient l’éméraldine en soumettant le noir d’aniline à l’action d’un réducteur, comme le sel d’étain en solution acide, ou bien à l’action prolongée des acides faibles. Dans ce dernier cas la réduction du noir d’aniline s’effectuerait aux dépens d’une partie de sa propre substance, avec formation de quinone reconnaissable par l’odeur. Cette hypothèse, quoique très-probable, demande encore à être confirmée par l’analyse des produits obtenus.
- Le même chimiste, en soumettant le chlorhydrate d’aniline, en solution faiblement acide, à l’action du bichromate de potassium, a obtenu une cristallisation de chromate d’aniline en belles aiguilles jaunes. 1
- L’INDUSTRIE
- DE SAINTE-MARIE-AUX-MINES
- Aux fêtes du cinquantenaire de la Société industrielle de Mulhouse, M. Jacques Weber, président de la Société industrielle et commerciale de Sainte-Marie-aux-Mines, a prononcé un discours dont nous extrayons les passages suivants :
- « Si vous placez la naissance de l’industrie à Mulhouse à l’année 1745, cette industrie n’est l’aînée de la nôtre que d’une dizaine d’années ; car, à cette époque déjà, un Mulhousois, M. Jean-Georges Reber, fonda, dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, ses premiers tissages ; ces deux industries sœurs, issues de la même souche, se mirent à grandir, bien diversement sans doute; mais pendant que Mulhouse imprima sa première fleur, Sainte-Marie tissa son premier carreau.
- » Il ne m’appartient pas de dire, surtout devant
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- vous, le chemin que fit Mulhouse depuis sa première planche gravée en bois de poirier, et ses applications au pinceau, jusqu’au jour d’aujourd’hui; mais j’ai encore dans ma mémoire, pour les avoir vues de bien près, beaucoup de ces grandes étapes qui ont jalonné cette époque dont les contemporains ne sont plus bien nombreux : l’application du chlore, la découverte du chrome, l’article lapis, l’article fondu, le rouge d’Andrinople et ses enlevages, l’honneur de Daniel Kœchlin-Schouch; c’est une bibliothèque tout entière qu’il faudrait pour enregistrer ces travaux et ces succès.
- » Mais pendant que Mulhouse, à pas de géant, grâce à ses chimistes et à ses dessinateurs, arrivait à étonner le monde par ses produits actuels, Sainte-Marie-aux-Mines, elle aussi entreprit son chemin; car il est long aussi le sentier qui va depuis le coton filé au fuseau et tissé par une navette lancée à la main, jusqu’aux étoffes que vous venez d’examiner il y a quelques instants. D’abord uniquement occupée de tisser le coton teint, en grosses toiles de ménage, étoffes de rideaux et vêtements campagnards, Sainte-Marie-aux-Mines se consacre bientôt à la production d’étoffes plus fines, plus élé-t gantes, destinées à la robe, aux madras, mouchoirs de cou et de tête, articles pour les colonies et l’Amérique ; elle applique ses belles couleurs, qui font encore son mérite, elle cherche la nouveauté par de nouvelles combinaisons de matières, par l’application du battant-brocheur et des métiers Jacquard, et aborde franchement, vers 1844, la fabrication des lainages, des étoffes de soie et laine, reps, damas pour ameublements. Grâce à ses belles teintures et à ses bons apprêts, la place de Sainte-Marie est faite alors. Enfin, le métier à tisser, à plusieurs navettes, fait son entrée dans nos ateliers vers 1860 et nous permet ainsi de nouvelles luttes sur le champ industriel : vous en voyez aujourd’hui quelques résultats.
- » Ces luttes, nous allons les continuer, comme Mulhouse va continuer les siennes, à travers les beaux jours, à travers les mauvais jours.
- » Sociétés industrielles de partout, continuez vos heureux travaux ; travailleurs de l’intelligence, guidez nos pas par de nouvelles découvertes ; union, fais notre force pour marcher vers le Centenaire ! »
- PRIX de la SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DU NORD DE LA FRANCE
- Cette jeune société qui a grandi si rapidement et qui a déjà produit de nombreux et intéressants travaux, vient d’arrêter le programme du concours pour les prix à décerner en 1877.
- De ce programme nous extrayons le chapitre suivant :
- II. — ARTS CHIMIQUES ET AGRONOMIQUES.
- 1° Fabrication du sucre. — Essai des jus. — Indiquer un moyen suffisamment exact et rapide qui permette de constater la quantité de matières organiques contenues dans un jus pendant la fabrication du sucre, principalement au moment de la défécation.
- 2° Étudier les altérations que subissent les sirops de betteraves après leur cuite, et rechercher les moyens de prévenir ces altérations.
- 3° Rechercher le mode le plus convenable d’apprécier rapidement et sûrement la richesse saccharine des betteraves^ au moment de leur livraison, afin de faciliter l’appréciation de leur valeur commerciale.
- 4° Teinture. — Étude chimique sur une ou plusieurs matières colorantes utilisées ou utilisables dans les teintureries du Nord de la France.
- 5° Blanchiment. — Comparer les procédés de blanchiment, d’azurage et d’apprêt des fils et tissus de lin en France et en Angleterre ; faire la critique raisonnée des différents modes de travail.
- 6’ Mêmes questions pour les fils de coton simples et retors.
- 7° Trouver un moyen sûr et pratique de déterminer le point de fusion et de solidification des corps gras.
- 8° Étudier les propriétés physiques et chimiques des différentes huiles d’origine végétale, en vue de faciliter l’analyse de leurs mélanges.
- Lins. — Déterminer l’action du blanchiment sur les différentes espèces de lin.
- On ne sait à quelles causes attribuer les différences de teintes qui existent au blanchiment entre les fils de lin du pays et ceux des lins de Russie traités par une même méthode : rechercher quelles sont les raisons qui président à de semblables anomalies.
- 1 0° Étude sur les manganèses naturels ou arti-
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- ficiels les plus propres à la préparation des ferro-manganèses.
- On pourra s’étendre sur les perfectionnements récents de cette partie de l’industrie du fer.
- 11° Culture du lin.'—Expériences sur la culture du lin, par l’emploi exclusif d’engrais chimiques comparés aux engrais ordinaires. Influence sur plusieurs récoltes successives.
- 12° Étudier V altération que subissent les houilles de diverses provenances exposées à l’air, soit sous hangar, soit sans abri, durant un temps plus ou moins long.
- 13° Indiquer un procédé qui permette de déterminer d’une manière continue la température des gaz qui se dégagent des foyers à leur entrée dans la cheminée d’appel.
- 14° Fermentation. — Étudier la fermentation des jus de betteraves, des mélasses et autres substances fermentescibles, dans le but d’éviter la formation des alcools autres que l’alcool éthylique.
- 15° Outremer. — Étude sur la composition chimique de l’outremer et les caractères qui différencient les variétés bleu, vert, violet, rouge, jaune, blanc et noir, ainsi que sur les causes auxquelles il faut attribuer la décoloration de l’outremer artificiel par l’alun, alors que l’outremer naturel résiste.
- 16° Docimasie. — Dosage, par un procédé volumétrique, des sulfates en présence d’autres sels, tels que chlorures, sulfites, hyposulfites, etc.
- En outre, par une donation particulière de M. Kuhlmann, président de la Société, des médailles d’or, de la valeur de 500 francs chacune, seront décernées pour les progrès les plus signalés dans la région, notamment pour le blanchiment et pour la teinture.
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- LE COMMERCE DES SOIERIES
- Revue de l’année 1876
- On se rappelle qu’à la fin de 1875 et même dans les premiers jours de 1876, une très-légère amélioration s’était produite sur les soies asiatiques; mais cette amélioration de courte durée a été sans influence sur la vente des soieries. Le fabricant, loin de relever ses prix, devançait au contraire la baisse et ne parvenait-à écouler qu'à des cours inférieurs à ceux de la matière première. Les qualités basses étaient toujours exclusivement demandées.
- La fameuse gelée du 14 avril, les mauvaises nouvelles qui avaient suivi et qui survinrent à la fois de tous les pays séricicoles, produisirent encore moins d’effet sur les soieries que sur les soies. Le fabricant, plus découragé eucore que les producteurs de soies par la baisse continuelle des tissus, qui dépassait celle de la matière première, en était réduit, chose passablement étrange, à redouter une abondante récolte qui aurait encore avili la valeur de l’un et de l’autre et rendu impossible la liquidation des anciens stocks. La persuasion qui régnait universellement à ce moment était celle-ci ; quelle que soit la réduction de la récolte, il y aura toujours assez de soie pour satisfaire les besoins de la consommation.
- Cependant, le grand mouvement de hausse qui se produisit, à partir du mois de juin, sur les soies de toute nature et de toute provenance, finit par donner à réfléchir aux acheteurs d’étoffes-, ils commencèrent à s’émouvoir et à comprendre que la hausse était cette fois sérieuse, que le temps était passé où ils pourraient continuer à s’approvisionner au jour le jour et en obtenant toujours des concessions nouvelles sur les prix.
- L’étoffe fut donc à son tour prise dans le tourbillon général. Les acheteurs, les Anglais surtout, vinrent ramasser tout le vieux stock qui se trouvait sur la place de Lyon et dans les maisons de Paris, soit aux anciens prix, soit en payant de légères augmentations, les détenteurs s’estimant heureux de trouver un écoulement facile que la situation des affaires, pendant les premiers mois de l’année, àvait été loin de leur faire espérer.
- Une fois le vieux stock écoulé, de grandes maisons de Londres et de Paris n’hésitèrent pas à donner des commissions considérables en uni noir surtout et à payer une hausse progressive de 5, 10, 15, 20 et 25 p. 100. Pendant le mois d’août et le commencement de septembre, au moment où les soies atteignaient les plus hauts cours, il s’est placé des ordres jusqu’à 40 et 45 p. 100 d’augmentation-
- Le mouvement de spéculation qui avait gagné l’étoffe s’est ensuite étendu jusqu’aux maisons de détail, qui, profitant de ce que les prix n’avaient pas encore atteint leur maximum, se sont largement approvisionnées, stimulées qu’elles étaient par les maisons de gros qui prônaient la hausse et écoulaient entre leurs mains une partie de leurs achats, les faisant profiter des conditions avantageuses auxquelles elles avaient opéré.
- Avec cet élan d’affaires, et après avoir fait fran-
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- chir et assez rapidement aux acheteurs d’étoffes des étapes successives de hausse, étapes qu’ils ne franchissent ordinairement qu’à la longue et auxquelles ils ne s’étaient soumis que sous la pression d’un mouvement sur les soies comme on en n’avait pas vu peut-être depuis le commencement du siècle, le fabricant avait des motifs d’espérer une belle campagne et une brillante réalisation d’opérations exceptionnellement heureuses, réalisation qui l’aurait dédommagé des quatre années de baisse qu’il venait de traverser.
- Il ne devait pas en être ainsi, soit par le fait d’appréhensions plus vives à l’occasion des complications d’Orient, soit parce que la hausse avait été surmenée, soit parce que le marché de l’étoffe était retombé dans sa torpeur. Toujours est-il que, vers la fin d’octobre, les affaires s’arrêtèrent presque subitement. On entrait dans l’ère des déceptions.
- A partir du mois de novembre, en effet, quelques grandes maisons de fabrique se trouvant trop engagées ou craignant sans doute une abstention trop prolongée du marché anglais, se décidèrent à vendre avec une baisse considérable sur les plus hauts prix pratiqués. Quelques acheteurs qui avaient résisté à la hausse et n’avaient pas opéré en profitèrent pour se pourvoir, d’autres pour se faire une moyenne.
- Ces bas prix, répandus par des circulaires, jettent le désarroi sur le marché de l’étoffe. Les maisons de gros, gorgées de marchandises à tous les prix, ne savent quelle base prendre pour l’offrir à leur clientèle et se trouvent de plus en présence de maisons de détail abondamment pourvues et qui n’ont pas eu le temps de faire entrer dans la consommation leurs achats de spéculation. La situation du marché de l’étoffe, qui avait présenté tant d’entrain aux mois de juillet et d’août, est bien changée en octobre. On voudrait aujourd’hui attribuer exclusivement le changement au manque de consommation -, cela n’est vrai qu’en partie. Sans doute, il est manifeste que la consommation n’est guère portée vers les soieries; mais il faut tenir compte de cette circonstance qu’il s’est traité des affaires énormes pendant les mois de juin, juillet et août ; on a fait en trois mois plus d’affaires que l’on n’en fait habituellement en six ou huit. Toute étoffe vendue n’est pas absorbée par la consommation. La hausse même a été un obstacle à un écoulement rapide. Après un mouvement d’affaires aussi considérable, il fallait s’attendre à un ralentisse
- ment certain. Les craintes de guerre n’ont pas été sans exercer une certaine influence; elles ont surtout agi à l’étranger. Cela est si vrai que nos exportations de soieries sont en visible décroissance pendant le dernier trimestre.
- Ce que nous avons dit plus haut s’applique surtout à la production de l’article noir -, l’article uni couleur a suivi à peu près les mêmes fluctuations, mais la consommation de cet article paraît avoir beaucoup diminué; la vente en a été, pendant toute l’année, généralement plus difficile, et, toute proportion gardée, le stock en couleur est, à cette fin d’année, beaucoup plus considérable que le stock noir.
- Le velours, absolument délaissé, a assisté au grand mouvement qui marque cet exercice sans y prendre part en aucune façon ; il n’a pu profiter de l’amélioration des prix dont les autres tissus ont été favorisés pendant la période de hausse. La peluche, par contre, depuis longtemps abandonnée, a repris faveur.
- L’article foulard proprement dit, le foulard imprimé, est presque sorti de la consommation. Les maisons qui fabriquent ce genre d’étoffe le remplacent par une foule de petits articles de nouveauté qui varient d’une maison à l’autre. La fabrication de ces petits articles est en grand progrès ; l’organisation si variée de la fabrique lyonnaise se prête bien aux incessantes créations en ce genre.
- La nouveauté pour robes a été assez favorisée pendant l’année 1876, en tenant compte toutefois du peu de place que cet article tient aujourd’hui dans la consommation et du petit nombre de maisons qui s’en occupent.
- La tendance est toujours au mélange, de la laine surtout; c’est le mélange qui domine dans les commissions données en octobre et novembre pour le printemps de 1877. Ces commissions, du reste, ont été données fort tard; l’acheteur, influencé par le mauvais état des affaires et les craintes de guerre, a attendu le dernier moment pour se décider ; aussi ont elles été très-peu importantes. Là encore, nous trouvons dans le relevé des exportations les indices de cette tendance aux mélangés; c’est le seul article, en effet, qui soit en réel progrès.
- Tandis que la condition des soies a vu ses entrées s’élever en dix ans de 2,605,625 kilos à 5,820,872 kilos, chiffre de 1876, ce qui indique suffisamment combien le marché des soies s’est développé à Lyon, les exportations de soieries de toutes sortes vont en diminuant d’une manière
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- LA TEINTURE
- très-sensible, surtout comparativement à l’année dernière :
- 1867........................F. 422,944,174 1875 ....................... 416, 200,000 1876........................ 311,300,000
- La différence en moins est de plus de 100 millions.
- Pour les soieries pures unies, l’exportation, qui avait atteint en 1875 323,939,259 francs, descend en 1876 à 210 millions à peu près ; différence en moins de 11 h. millions. De quelque façon qu’on s’ingénie à expliquer ces diminutions, elles doivent appeler l’attention.
- (Economiste.)
- REVUE SOMMAIRE
- ’ DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 113,064. — Thornton (les sieurs) et FENTON. Perfectionnements dans les métiers à filer. — L’appareil est étudié pour filtrer les fibres sans faire usage des machines ordinaires entre le car-dage et la filature. Pour cela la matière, en sortant du cylindre cardeur, arrive au cylindre retireur et arrive en bande au rouleau d’entraînement, lequel livre cette bande à la bobine de torsion -, de là le fil est amené aux rouleaux, puis au volant qui complète la filature. Une disposition règle le tirage du fil.
- 113,092. — Opl.—Système propre a régulariser l'envidage des fils sur les ensouples d'ourdissage et d'encollage. — En vue de régulariser l’en-vidage des fils sur les ensouples, soit des ourdissoirs, soit des machines à encoller, le breveté imprime un léger mouvement de va-et-vient au fil au moment où il se dépose sur l’ensouple. Dans la disposition indiquée, c’est le peigne ou rot qui est utilisé comme organe d’action.
- 113,109. — CROMPTON. — Perfectionnements aux métiers mécaniques à tisser dits de fantaisie. — L’invention a pour but de mettre le tisserand à même de trouver le vrai pas après une duite cassée ou mal lancée; elle consiste en des perfectionnements au système Crompton, en usage caractérisé par le débrayage disposé sur l’arbre à manivelle et qui sert à séparer cet arbre de la roue motrice, tandis que les poulies commandant les
- autres parties du métier, les boîtes à navettes et le jacquard peuvent être renversés. L’embrayage est combiné pour mettre en mouvement et indépendamment l’un de l’autre l’arbre qui commande le mouvement d’élévation et de pression du mécanisme servant à former le pas et le jacquard dudit mécanisme et l’arbre du mouvement des boîtes à navettes.
- 113,132. —Vandesmet.— Frotteur métallique applicable aux broyeurs des produits textiles. — Fixe ou tournant, le frotteur se compose de fils de métal réunis en de petits faisceaux, placés à la façon des brosses ordinaires dans un sommier en matière quelconque -, il a pour but d’empêcher l’adhérence aux rouleaux et cylindres des fibres, poussières ou impuretés.
- 113,140. — Binet et Cie.— Feutre tissé dit feutre sécheur, destiné à sécher et à apprêter le papier continu sur la machine, ainsi que toutes les étoffes quelconques. — Les fils de chaîne du feutre sécheur sont composés de fils de chanvre retordus avec des fils de laine, de façon à former des fils chanvre et laine retors • les fils de trame sont, au contraire, de pure laine.
- 113,159. — Nichols. — Perfectionnements dans les machines ou appareils employés dans le lavage ou dégorgement de la laine ou autres fibres. — Le vaisseau du lavage, à double fond, contient un cylindre inférieur placé mi-partie dans la lessive, mi-partie à l’air, et un cylindre compresseur • les fibres sont amenées entre ces deux cylindres par une fourchette disposée pour retenir autant que possible la lessive et le savon dans ces fibres à leur entrée entre les cylindres.
- 113,160. — Person. — Tissu moussu et ses diverses applications, particulièrement à la confection des fleurs, feuilles et feuillages artificiels. — Le fond ou base de ce tissu est quelconque, étoffe ou papier préparé -, on y fixe, à l’aide d’une matière adhésive, de la tontisse, de la bourre de soie, etc.; il peut être à double face.
- 113,177. . — Daudier père et fils. — Bain antiligneux propre au blanchiment de la laine et à son épuration. — Le traitement des laines a lieu au moyen d’un bain unique, à base alcaline (notamment un bain à base de chlorure de calcium) et sans étuvage, désorganisant les ligneux, les crins et le caoutchouc.
- i 113,178. — Desmon-Leloup. — Application de rouleaux ou ensouples en fer-blanc aux métiers
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- à tulle, dentelles, etc. — De longueur quelconque, les rouleaux ou ensouples sont formés d’une feuille unique de fer-blanc, découpée aux dimensions voulues; ensuite cette feuille est roulée sur un cylindre en métal et par les procédés connus. Dans cet état, chacun des rebords de la feuille est replié intérieurement ; puis, rapprochant ces deux rabattements, on les soude extérieurement sur toute la longueur. Chacun des bouts du rouleau reçoit finalement un axe métallique leur servant de support dans les paliers ou coussinets du métier.
- 113,203. — BAGEAU. — Matière imperméable dite feutre-cuir. — Cette matière est composée d’éléments fibreux quelconques auxquels on associe des rognures de cuir dont elle prend dès lors l’aspect et dont elle rend les services ; préparée à base de gutta-percha, on peut en confectionner des bonbonnes pour contenir des acides.
- 113,209. — Corette (dame). — Genre de tapisserie. — On broche la laine ou la soie sur le canevas dans le sens de sa largeur, fil par fil, à chaque rang que l’on fait ; de cette façon, l’envers se trouve aussi net que l’endroit.
- 113,210. —Cribier jeune. — Frange-pompon. — Le breveté emprisonne les fils de laine destinés à former les pompons dans des boucles obtenues en contournant en anneaux les brins de la frange ; ces anneaux remplacent la bride allongée dite « chandelle ».
- 113,268. — Bidaut et Delorme. — Perfectionnements aux métiers à tisser. — Le métier se compose de deux bâtis réunis par des entretoises et au sommet desquels est une traverse supportant un marbre rompu à mouvement rotatif et embrayage spécial. La poulie commandant cet arbre porte un volant qui règle la marche du métier; deux pignons calés sur ce même arbre actionnent deux roues montées sur l'axe de commande des chasse-navettes, ainsi que celle de la marche des lisses, produite par un manchon à cames.
- 113,284. —Hewitt.— Appareil automatique destiné à produire des bandes coloriées sur des tissus bouclés, unis ou à cotes. — Au sommet d’un arbre vertical est assujettie une tige portant une croix dont chacune des extrémités a une goupille qui lui est rivée et se projette de haut en bas, en dirigeant sa pointe vers un guide-fil spécial. Chaque goupille possède à son extrémité inférieure une rondelle et un carrelet pour supporter une can-nette de fil.
- 113,285. — JULLIEN fils et DUCHENAUD.— Compte-duites. — L’appareil se compose d’une roue de 100 dents sur la surface de laquelle est tracé un cadran de 100 divisions; sur son axe est calée une vis sans fin engrenant avec une roue de 10 dents que reçoit une vis à filets dont le pas est de un millimètre ; à l’autre bout de cette vis est calé un plateau à manivelle dont la circonférence est divisée en dix parties égales et numérotées. Enfin, sur ladite vis se meut un écrou portant une aiguille qui suit les divisions d’une règle graduée en millimètres.
- 113,300. — Voutat. —Machine à métrer les rubans. — A sonnerie d’avertissement et à arrêt, cette machine comporte un mécanisme spécial de numération sur une échelle rectiligne horizontale ou verticale.
- 113,316. — Godard-Gavotte et Fauchot-Roy. — Bas crochet maille double obtenu sur tout système de métiers rectilignes faisant la côte. — Les brevetés basent principalement leurs droits sur la suppression d’aiguilles en grande fonture, soit une sur quatre, soit dans une proportion toute différente ; le système du métier dont ils se servent comporte tous les mouvements connus en les combinant pour de la rangée non variée en mécanique et de la rangée non pressée. En mécanique, les inventeurs suppriment encore les aiguilles, soit une sur deux, ainsi que des platines, et c’est le dessin qui fait faire naturellement la diminution.
- 113,342. — Dalan. —Genre de filière dite filière purgeuse, applicable à la filature de la soie ou dévidage des cocons. — C’est un anneau placé entre la filière agate et les cocons de la bassine, à une distance de 5 à 6 centimètres; il a pour but de nettoyer les cocons, de les tenir quelque peu écartés les uns des autres et en faciliter le dévidage et le dépouillement.
- 113,353. —Lauret. — Purgeoir évite-mariage, applicable à. la filature de la soie. — C’est un demi-cercle divisé en cases continuées par une fente très-fine; ces fentes isolent les fils de soie et convergent vers le centre du demi-cercle, lequel centre est placé perpendiculairement au-dessus du trou de l’agate et au-dessus de la bassine.
- 113,378. — Faucille et GEGNON. — Procédé de fabrication de la poudre de laine pour le velou-tage des papiers peints, le dessous des toiles cirées, etc. — La poudre de laine est faite non plus avec de la tontisse, mais avec de vieux tricots, bas,
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- chaussettes, chiffons ou autres tissus ou étoffes de laine préalablement teints.
- 113,379. — Fouillet. — Métier à plisser et et gaufrer les tissus. — Sur deux longerons reposent les extrémités de plusieurs lames d’acier, une première simple et les autres accouplées par superposition ; le tissu contourne ces lames, et quand on a produit le nombre voulu de plis, on passe sur le tout un fer chaud.
- 113,408. — Decaux fils. — Perfectionnement dans le tissage des étoffes tissées cylindriquement et a plat. — Ces perfectionnements consistent dans l’application aux machines à tisser d’un temple (planchette simple ou garnie de galets) entré à force dans l’intérieur de l’étoffe et maintenant le fond de chaînes à une largeur constante ; ce temple est poussé en avant par la chasse et ramené en arrière par une correspondance avec la jacquard.
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- 1 & FAITS DIVERS
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878*
- Le chiffre exact des demandes d’admission à l’Exposition universelle de 1878, actuellement enregistrées au commissariat général, est de 21,500 non compris divers départements, tels que le Nord, la Gironde et le Rhône, dont le travail n’a pas encore été transmis à Paris et dont on peut évaluer le contingent à environ 1,800 ou 2,000 demandes, soit, en nombre rond, un total de 23,500 demandes.
- La Chambre de commerce de Metz, sur la proposition de M. Fietta, a décidé à l’unanimité que, vu les réclamations d’un certain nombre d’industriels, relatives à l’Exposition de 1878, réclamations qu’elle appuie de toutes ses forces, une demande sera adressée au président supérieur à l’effet d’autoriser un comité alsacien-lorrain de correspondre directement avec le commissariat général de Paris et que des fonds soient alloués à cet effet sur le budget d’Alsace-Lorraine ; (elle prie, en outre, le président supérieur de profiter de la session de la délégation provinciale pour obtenir son adhésion.
- le travail dès enfants et des filles mineures EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE.
- M. Dumas, membre de l’Académie française, président de la Commission supérieure du travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie, vient de présenter à M. le Président
- de la République un rapport sur l’exécution donnée à la loi du|19 mai 1874.
- M. Dumas atteste que les dispositions de l'ar-ticle 2, qui fixe l’âge minimum auquel les enfants peuvent être admis dans les ateliers (douze ans révolus), manufactures, etc., continuent à être appliquées d’une manière absolue.
- Quelques industries ont cependant demandé à être comprises dans les exceptions prévues par le règlement du 27 mars 1875 qui autorise l’emploi des enfants de dix à douze ans.
- De semblables demandes devraient être rigoureusement repoussées, sinon, l’on verra les exceptions, année par année, se multiplier et constituer autant d’abrogations partielles de cette loi de protection destinée à défendre les enfants des deux sexes contre l’exploitation meurtrière en permanence dirigée contre eux par des industriels peu scrupuleux.
- M. Dumas dit, à la vérité, que cette autorisation ne sera accordée qu’à deux d’entre elles. Cette double exception est regrettable, et M. Dumas eût dû, dans tous les cas, prendre la peine de désigner par leur nom ces deux industries, pour qu’il fût permis de juger, d’après leur importance, quelle atteinte on se prépare à porter à la loi.
- L’instruction primaire à donner aux enfants âgés de moins de douze ans employés dans les manufactures est visée dans ce rapport.
- M. Dumas se félicite des résultats produits par la nouvelle loi. « L’appel fait aux grands industriels, dit-il, a été entendu, la création dans les usines des écoles privées a pris, depuis le commencement de cette année, un développement relativement considérable.
- » C’est ainsi que, d’après les renseignements parvenus à l’administration, le nombre des écoles créées par l’effet de la nouvelle loi dépasse 150 ; dans un seul département (lequel?) il s’en est établi 14 ; il en est qui peuvent être citées comme des modèles. »
- M. Dumas se plaint en terminant que les commissions locales et les inspecteurs départementaux n’aient pas apporté, à remplir le rôle qui leur était assigné par la loi, le zèle qu’on était en droit d’attendre.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Fabrique d’Acide tartrique Alun de potasse, d’ammoniaque et extra-pur.
- Demande de représentants sur chaque place.
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1" Année, 11° 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Jauvier 1877.
- SOMMAIRE
- Avis. — Montage et conduite des cuves à indigo (suite), par M. Ch. DREVET fils. — Note sur quelques couleurs-vapeur, obtenues avec la nitro-alizarine, par M. L. STAMM. — Tissu-Fleur au caoutchouc, dit étoffe Para (échantillon). — Papier-parchemin coloré (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Ensimage des laines, par MM. SANDERSON et PATERSON. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Récompenses à l’Exposition de Philadelphie. — Un procès au sujet du noir d’aniline en Amérique.
- AVIS
- Des circonstances exceptionnelles ayant retardé la parution des numéros du Moniteur de la Teinture, nous avons pris des mesures pour que ce retard soit promptement regagné, et pour que les numéros qui suivront celui-ci, paraissent à de courts intervalles, jusqu’au rétablissement du service régulier.
- Pendant ces quelques semaines, nous supprimerons l’article Chronique qui, dans ce cas, ne répond pas à la situation de la date que porte le numéro, et qui n’a pas, par conséquent, le caractère d’actualité qui lui convient.
- L’intervalle de quelques jours qui séparera chaque livraison ne laissera pas, du reste, un temps suffisant pour que les événements ou les situations se modifient notablement. Nous aurons, d’ailleurs, toujours soin, de noter et d’indiquer les faits les plus importants.
- Cette situation n’est que transitoire et de courte durée.
- F. GOUILLON.
- ————op=a-a=------------
- montage et conduite
- DES CUVES A INDIGO
- (Suite.')
- travail des laines filées et TISSÉES.
- N’ayant parlé que de la laine en vrac, il me reste à entretenir le lecteur des manipulations que doit supporter la même matière sous les autres formes, tissée ou en pièces et en écheveaux ou filée.
- BLEUS SUR TISSUS DE LAINE.
- Pour qu’un drap foule passé sur cuve soit bien tranché, il faut que celle-ci soit un peu plus chaude que pour la laine en vrac ; il faut que la cuve ait certaines dimensions de manière à ce que la manœuvre en soit facile et ne trouble pas le pied du bain de la cuve.
- Nous savons quel est l’outillage nécessaire : 2 bâtons pour enfoncer l'étoffe, deux pattes de chat pour l’attirer et la conduire, enfin 2 crochets à pied dont un est mobile et mu à l’aide d’un moulinet composé de quatre ailes disposées à angle droit (1).
- Les étoffes foulées devront être dégorgées pendant un temps assez long pour être sûr qu’elles sont complètement débarrassées de savon et de corps gras. Il sera même bon de terminer l’opération par un rinçage à la dégorgeuse pendant une demi-heure avec du carbonate de soude (cristaux de soude), puis par un rinçage final à l’eau pure.
- Si l’on n’a à sa disposition que des eaux calcaires et dissolvant mal le savon, on devra toujours employer la soude dans l’opération du dégorgeage, soit seule, soit avec la terre à foulon; car les sels terreux insolubles qui sont dans l’eau forment toujours dans ce cas des savons insolubles qui se logent dans le tissu et qui ne cèdent qu’à une action mécanique longue et énergique. Or, l’addition de la soude dans l’eau employée a seulement pour but de précipiter ces sels et d’empêcher leur action sur le savon contenu dans la pièce. Et l’on peut aisément prévoir les embarras qui résulteraient, en teinture en cuve, de pièces pial préparées qui offriraient des plaques blanchâtres ou
- (1) Voir. année 1876, pages 287, 234 et précédentes, et 1875, pages 114 et suivantes.
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- 14 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- grises non teintes ou très-imparfaitement teintes.
- La même précaution est de rigueur pour les pièces contenant du savon et mises au dégorgeoir avec des eaux potables, mais, dans ce cas, en vue d’enlever les dernières traces de savon qui seraient nuisibles au bain de la cuve, tout en donnant lieu à des inégalités irréparables.
- De ce qui précède il est facile de déduire ce qui arriverait dans les cas si divers qui pourraient se présenter en ne prenant pas les soins nécessaires, soit que les pièces soient grasses ou mal dégorgées ou contiennent des sels ou des acides qui auraient été employés dans des opérations antérieures ou qui s’y trouveraient fortuitement.
- Les pièces étant donc bien préparées, également mouillées sur un bain d’eau tiède et suffisamment égoutées, on les entre sur la cuve garnie de la champagne et préalablement écumée; précaution absolument indispensable pour éviter que l’écume et la fleurée ne se collent sur le drap et y déterminent des taches grandes et petites d’un aspect cuivré, mais qui, en tout cas, produisent des places plus foncées que sur le reste du drap.
- Si dans le cours de l’opération de la teinture, pendant le palliement, il se reformait de nouveau de la fleurée, il serait bon de la recueillir derrière la planche à écumer.
- Pour la manœuvre, nous l’avons vue décrite (1) dans la seconde partie de cette communication ; cependant je la rappellerai ici succinctement en l’appuyant des observations que je croirai nécessaires à l’intelligence du travail.
- La pièce à entrer étant déposée sur le bord opposé de la cuve à celui où se trouve la personne chargée de l’enfoncer dans le bain, l’autre personne la livre pli par pli, en ayant soin de ne pas la laisser battre le bain, car elle enfermerait dans ses plis des quantités d’air qui donneraient lieu à des évents et qui créeraient de grandes difficultés pour la bien mener. Dans ce cas, il arrive qu’entre les mains d’un ouvrier peu exercé la pièce se renverse, roule dans le bain, que les faces changent de position, que l’ouvrier a de la difficulté à reconnaître l’endroit de l’envers et que finalement et par suite des tiraillements auxquels elle est soumise, elle se noue, et alors c’est un travail long, pénible et qui donne lieu à tous les inconvénients imaginables.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1876, page 26 et suivantes.
- Le moyen sûr pour éviter un semblable embarras, c’est de tirer le pli par un petit coup sec qui rappelle le drap à la surface et qui permet d’en surveiller le déploiement; alors, après qu’on a approché le pli du bord, on écarte les pattes de chat vers les lisières et on noie le pli. Cette marche est moins rapide que celle généralement suivie par un ouvrier exercé, mais elle assure la régularité de marche à un ouvrier novice ou peu sûr de lui-même.
- Le palliement achevé, ©n sort le drap, en ayant soin de bien éventer au large après complète torsion. On refroidit par plusieurs évents et on continue les paillements et les rabats dans l’ordre voulu.
- Les observations que j’ai présentées pour l’obtention des différents types de bleu sur laine s’appliquent aussi bien au drap.
- On doit commencer par déblanchir et multiplier les palliements pour les types foncés.
- Les draps entraînant dans leurs pores une assez grande quantité de matières insolubles du bain, devront être parfaitement rincés après teinture. La laine en vrac a la ressource de la carde en cas de mal uniture, mais l’étoffe, elle, reste telle que la cuve l’a produite.
- Plus une étoffe est épaisse et feutrée, plus long devra être le rinçage.
- Il pourra même être aidé par l’acide chlorhydrique en petite quantité dans l’eau de rinçage et dans le but de former un composé soluble avec les sels terreux logés dans l’épaisseur du tissu. Il va sans dire que, dans le cas d’emploi d’acide, l’opération se terminera par un rinçage à l’eau pure.
- On ne fait que très peu de teintures sur pied de bleu en pièces ; sauf quelques types de bleus remontés, on ne fait ni violets, ni verts, ni fantaisies, et cela se comprend par la difficulté qu’on éprouve à faire des teintures parfaitement égales. Dans les noirs ou les bleus remontés, ces inégalités disparaissent sous le remontage, malgré que l’on constate toujours ou presque toujours des lisières plus foncées.
- On n'a pas encore appliqué de moyens mécaniques à la teinture en bleu de cuve sur pièces, malgré que les cuves à roulettes employées en in-diennerie seraient un point de départ sûr. Pour éviter l’énervement produit par la torsion sur certaines pièces, je pense que l’on pourrait facilement adapter aux cuves un appareil d’expression par rouleau, soit en ruban, soit au large avec un ventilateur à ailettes; le bain de la cuve en serait
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- moins tourmenté et plus disposé à rendre plus de palliements, et j’ose affirmer que les étoffes elles-mêmes seraient plus unies et ne donneraient pas l’aspect de grandes vergettures comme dans le mode actuellement employé.
- Abordant maintenant la manière de remonter les bleus, nous aurons à les considérer au point de vue de leur emploi, soit qu’ils soient destinés à fournir des bleus pour draperie lisse ou pour articles façonnés, ratinés, ondulés, moutonnés, etc.
- Pour les draps lisses, il n’y a que des bleus foncés à produire ; ils peuvent s’obtenir soit par le santal, soit par le campêche et l’orseille, et brunis au moyen des sulfates de cuivre et de fer séparés ou ensemble.
- Pour les draps façonnés, rasés ou hauts de laine, on remonte les bleus soit avec l’orseille seule, ou avec les violets d’aniline, ou avec le campêche au moyen de l’alun et du tartre.
- Sans prétendre entrer dans des détails trop étendus, je vais donner quelques recettes généralement appliquées à ces genres de teinture.
- BLEU BON TEINT SUR DRAPS LISSES, TYPE FONCÉ.
- 1“ Pied de bleu foncé obtenu par deux palliements et un rejet ;
- 2° Passage en chaudière avec, pour 100 kil. de
- tissus :
- Santal......................... 12 kilogr.
- Galle moulue...................... 3 —
- Campêche moulu.................... 3 —
- Couperose....................... 3 —
- On commence par teindre en cuve, puis à parfaitement rincer, puis on entre sur chaudière garnie des matières colorantes et astringentes, à chaleur douce, pour donner à la pièce le temps de bien s’unir et se trancher ; puis on pousse à l’ébullition que l’on soutient modérée pendant une heure et demie.
- On sort, on évente à froid, on rentre à tiède sur le bain de teinture auquel on a ajouté le sel de fer; on mène bien au large en poussant à l’ébullition, que l’on soutient très-modérée pendant 20 minutes environ.
- On sort de nouveau, on évente à froid pour rentrer sur le même bain, que l’on ramène à l’ébullition pour 15 à 20 minutes.
- Le bain ne peut jamais servir pour une seconde entrée, car il est complètement viré par la couperose.
- BLEU BON TEINT SUR DRAPS LISSES, AUTRE TYPE FONCÉ.
- 1°. Pied de bleu foncé obtenu par deux palliements et un rejet ;
- 2° Passage en chaudière avec, pour 100 kil. :
- Orseille....................... 3 kilogr.
- Campêche moulu.............. 3 —
- Sulfate de cuivre........... 500 grammes.
- Sulfate de fer............... 1 kilogr.
- On commence par teindre en cuve, puis à parfaitement rincer, puis on entre en chaudière, garnie avec l’orseille et le campêche, à chaleur modérée; on mène rapidement en poussant le feu très-activement, et on fait bouillir à bouillon franc pendant une demi-heure.
- On lève sur le moulinet et on entre sur bain rafraîchi avec le sulfate de cuivre; on pousse jusqu’au frémissement, que l’on maintient pendant 15 minutes environ ; on enroule de nouveau sur le moulinet et on entre pour la dernière fois sur le même bain contenant la couperose; on mène rapidement et on arrive au bouillon bien soutenu en une demi-heure au plus pour le soutenir bien franc pendant 20 ou 25 minutes.
- Ce bleu est plus violacé que le précédent, moins noir et plus frais à l’œil, mais, par contre, il est moins solide.
- BLEU BON TEINT SUR DRAPS FAÇONNÉS , RASÉS OU HAUTS DE LAINE, TYPE MOYEN.
- 1° Pied de bleu obtenu par un palliement et un rejet, ou un deblanchi et un palliement;
- 2° Passage en chaudière avec, pour 100 kil. :
- Orseille.................... 8 ou 10 kil.
- On commence par teindre en bleu de cuve, puis à bien rincer, et on entre en chaudière à bonne chaleur sur un bain d’orseille tamisée ; on pousse à l’ébullition, que l’on soutient pendant une demi-heure ; on sort, on évente et on rince.
- Le même bain peut servir pour une longue suite d’entrées, en ayant soin de le recharger à chaque entrée.
- Il est bon cependant de ne pas aviver indéfiniment sur ce bain, parce qu’au bout d’un certain nombre d’entrées le bleu devient légèrement gris. Sur les draps d’un certain prix, il vaut mieux reprendre un bain neuf après le troisième ou le quatrième avivage. Sur les étoffes communes, on peut, sans grand inconvénient, pousser jusqu’à dix ou douze entrées.
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- Avec les produits d’aniline, on obtient des bleus plus beaux qu’avec l'orseille et dont le bain ne se grisaille pas. Il faut pour employer ces produits, qui sont les violets-bleus ou les violets-rougës, filtrer dans une chausse ou dans un filtre de gros drap pas trop feutré les quantités à employer, et écumer le bain avec un tamis de soie pour enlever la pellicule irisée qui est à sa surface et qui s’appliquerait sur l’étoffe pour y former des taches noirâtres, ou qui en voilerait au moins la nuance. Il est presque toujours indispensable d’employer l’acide sulfurique qui vire les violets au bleu et qui conséquemment les rapproche de la teinte du fond.
- Ne pouvant donner d’échantillon, il m’est .assez difficile de donner une recette positive; cependant je puis dire que, dans les cas les plus ordinaires et en vue de remonter un pied de cuve de l’intensité fournie par un palliement et un rejet, on peut employer les proportions suivantes :
- BLEU BON TEINT SUR DRAPS FAÇONNÉS, RASÉS OU HAUTS DE LAINE, AUTRE TYPE MOYEN.
- 1° Pied de bleu obtenu par un palliement et un rejet, ou un déblanchi et un palliement;
- 20 Passage en chaudière avec, pour 100 kil. : Violet d'aniline........... 150 grammes.
- Acide sulfurique............... 2 kilogr.
- On commence par teindre en bleu de cuve, puis par bien rincer, et on entre en chaudière à chaleur douce, sur un bain de violet filtré, écumé et viré à l’acide sulfurique par une quantité suffisante d'a-cide pour bleuter le bain, et on pousse à l’ébullition, que l’on soutient pendant une demi-heure.
- Une précaution indispensable pour ne pas précipiter une partie du colorant consiste à étendre l'acide sulfurique d’une notable quantité d’eau ; autrement, l’acide fort détruit par son contact immédiat avec le bain coloré une certaine quantité de violet en le virant au vert foncé, et le précipite.
- On lave de suite après teinture pour éviter que les lisières ne soient colorées par l’égout du drap.
- On obtient des bleus plus foncés en employàht comme avivage des produits plus communs. Alors c’est le produit appelé bleu de Lille qui est employé. Dans ce cas, l’acide sulfurique est absolument indispensable, car ce produit, qui donne des dissolutions plates et violacées, ne développe son véritable colorant qu’avec le concours de l’acide. On ajoute donc des quantités successives d’acide dilué jusqu’à ce que le bain ne vire plus.
- Du reste, la marche à suivre est là même que
- dans le cas précédent-, seulement, vu la qualité du produit et le ton à obtenir, il faut absolument 1 p. 100 de colorant.
- Sur ce genre d’étoffes on emploie aussi les bleus petit teint à base de campêche, ou les bleus remontés à base de bleu de France ; mais comme ces bleus ne passent pas parla cuve, il n’y a pas lieu de s’en occuper ici.
- BLEU SUR LAINES FILÉES.
- Pour les laines filées ou en écheveaux, nous savons qu’il faut des chevalets, des lisoirs, et si les cuves sont petites et les écheveaux longs, deux crochets, comme pour les draps, pour tordre les écheveaux. I IC
- Les écheveaux sont très-difficiles à passer en cuve, parce qu’ils doivent être tenus bien ouverts et sous le bain et passés en petite quantité; deux écheveaux par exemple par lisoir et par homme. Le bain de la cuve ne doit pas être trop chaud pour permettre à l’ouvrier de manipuler facilement et pour que l’échantillonnage en soit plus, facile.
- On opère, comme pour les laines en vrac ou tissées, par des déblanchis, palliements et rejets.
- Les opérations de teinture en bleu grand teint sur les écheveaux sont beaucoup plus limitées que dans les autres cas et ne sont guère requises que quand on veut produire des étoffes légères à carreaux de nuances diverses — bleu et blanc, bleu et nuances modes — et bleu et rouge vif ou noir avec les mêmes couleurs. Dans ce cas, le noir est généralement un bleu très-foncé qui paraît noir par contraste et par rapprochement.
- Le remontage ou l’avivage de bleus de cuve sur écheveaux n’offre aucune difficulté-, il revient à teindre par les procédés ordinaires à l’aide de chaudières rectangulaires et de lisoirs, en employant les mêmes matières colorantes que pour les laines en vrac ou celles qui sont tissées.
- NOIRS GRAND TEINT.
- On obtient les noirs grand teint en donnant d’abord un pied de santal ou de garance, puis en pas -sant en cuve -, mais comme le bleu paraît se précipiter sur des écheveaux ainsi préparés, on doit se servir de cuves d’une force moyenne et pas trop chaudes en ouvrant le plus possible les écheveaux sur les lisoirs.
- BLEU SUR PEAUX GARNIES DE LEURS POILS.
- Pour teindre en bleu grand teint les laines sur peaux entières qui servent pour la bourrelerie ou
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- pour la carrosserie, ou pour tapis, on commence par bien dégraisser ces laines et par les laver à fond, puis quand elles sont très-bien égouttées, mais pas sèches, on fixe les peaux sur des cadres en bois bien dégauchis et on les entre en cuve, la pointe de la mèche dans le bain, la peau en dessus. On approche le plus possible la fleur de la peau de la surface du bain, mais en prenant la précaution qu’elle n'y trempe pas ; par de petits coups secs de droite à gauche et de gauche à droite, donnés dans le plan horizontal, on ouvre les mèches et on lès dispose à prendre également.
- Le palliement achevé, on soulève le cadre et on le laisse égoutter au-dessus du bain soutenu par deux traversés qui s’appuient sur les bords de la cuve.
- D’ailleurs, ces laines ne sont jamais teintes jusqu’au pied de la mèche.
- Ce genre de teinture est susceptible, comme dans les cas précédents, d’ètre complété par des avivages.
- Les moyens rapides sont les meilleurs, car les manipulations sont délicates.
- Voilà, autant que je le crois, les renseignements que je peux fournir au lecteur sur la marche des opérations de la teinture en bleu par l’indigo, à l’aide de la cuve, sur laine.
- Incontestablement, il y a des omissions, et malgré que je sois entré dans bien des détails, il m’en a certainement échappé, et puis chacun a sa manière qui lui est propre. J’ai cru remplir la tâche que je me suis tracée en fournissant les renseignements qui me sont propres et qui peuvent aider celui qui cherche une marche sûre.
- Ma prétention s’arrête là.
- Je vais m’occuper de la teinture des cotons par l’indigo au moyen de la cuve, et je terminerai cette longue communication par les moyens propres à tirer parti des résidus que fournit un guèdre.
- MANIPULATIONS et observations propres a la
- TEINTURE DES COTONS EN BLEU DE CUVE.
- Les cotons qui doivent être teints en bleu de cuve ne se présentent jamais que sous l’aspect d’éche-veaux ou de pièces, c’est-à-dire que le coton en laine n est jamais traité au point de vue du guèdre comme il l’est pour les couleurs petit teint, ce qui a lieu pour l’article bonneterie, quand il s’agit de mélanges par la carde.
- Les opérations préparatoires consistent en un
- débouillage en chaudière autoclave ou même en vase découvert.
- Il n’est pas nécessaire pour les cotons qui doivent être passés en cuve, soit chaude, soit froide, qu’ils soient débouillis à l’eau de soude, et la plupart du temps on se contente d'eau pure ; mais, en tout cas, il faut avoir soin que les cotons soient complètement immergés pendant cette opération, qui dure deux heures au grand bouillon.
- On sort les cotons, qu’on laisse égoutter et qu’on lave à fond, puis on les cheville fortement quand ce sont des écheveaux et qu’on laissé égoutter quand ce sont des tissus. Cette précaution est absolument indispensable, car les cotons gardent toujours une grande quantité d'eau qui introduirait dans le bain un excès d’oxygène qui y est en dissolution et qui occasionnerait des mal-unitures irréparables.
- Si l’on a une essoreuse à sa disposition, on pourra les essorer, ce qui avancera beaucoup le travail, tout en débarrassant les cotons d’une grande partie des impuretés dont ils sont chargés.
- Le débouilli à la soude se fait en chaudière autoclave à double fond, dans un bain chargé de cristaux de soude à raison de 6 kil. de sel poür 100 kil. de coton.
- On peut aussi se servir d’un semblable bain dans les vases ouverts, mais, je le répète, cette marche n’est pas généralement suivie et n’est même pas nécessaire.
- Ch. Drevet fils.
- NOTE
- SUR QUELQUES COULEURS-VAPEUR
- obtenues avec la nitro-alizarine
- Par M. L. STAMM
- Peu après l’intéressante observation faite par M. Strobel de l’action des vapeurs nitreuses sur un échantillon de rouge à l'alizarine artificielle, M. Ro-sentiehl donnait l’explication de cette réaction, en signalant un nouveau corps, dérivé nitré de l'aliza-rine, qui avait la propriété de teindre en orange les mordants d’alumine.
- M. Rosentiehl a fait l’étude de ce corps. Après avoir fait connaître la méthode employée par lui pour la préparer et en avoir fixé la composition, il a indiqué les nuances que ce produit donne par teinture avec les principaux mordants.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- J’ai pensé qu’il serait intéressant de rechercher également quelles sont les « couleurs vapeurs » qu’on peut obtenir avec la nitro-alizarine, qui est devenue maintenant un produit industriel.
- Dans ce but, j’ai fait imprimer, puis vaporiser des mélanges de nitro-alizarine avec les différents mordants et plus généralement avec les oxydes métalliques susceptibles de fournir des laques colorées. Je ne me suis arrêté qu’à celles de ces combinaisons, qui pouvaient présenter quelque utilité, et j’ai cherché à déterminer dans ce cas quelles étaient les meilleures proportions à employer pour arriver à une nuance vive et foncée.
- La plus intéressante de ces couleurs, la nitro-alizarine, est celle qu'on obtient avec l’alumine. C’est un orange-rougeâtre, assez terne après simple lavage, mais devenant très-vif après savonnage et pouvant, sur tissu huilé, rivaliser avec l’orange au chrômate de plomb.
- Il faut, lorsqu’on prépare la couleur, y ajouter une certaine proportion d’acide acétique, afin d’éviter la formation d’une laque avant l’impression.
- L’acétate de chaux en petite quantité avive beaucoup la nuance ; en excès, il la ternit immédiatement.
- L’huile peut être ajoutée avec avantage aux couleurs épaissies à l’amidon.
- L’intensité de la nuance croît jusqu’à un certain point avec la proportion d’alumine. Un excès d’alumine affaiblit la nuance, mais en l’avivant légèrement.
- Enfin les couleurs obtenues avec le nitrate d’alumine sont un peu plus foncées, plus rouges, mais moins belles que celles que donne l’acétate d’alumine .
- Voici, du reste, les proportions qui m’ont fourni les meilleurs résultats :
- 1 litre nitro-alizarine 15 0/0 (Ch. Muller) -,
- 1/2 litre acide acétique ;
- 100 cent. cub. acétate de chaux 18 degrés ; 1/4 litre acétate d’alumine 15 degrés.
- Ou bien :
- 1 litre nitro-alizarine ;
- 1/2 litre acide acétique ;
- 150 cent. cub. acétate de chaux ;
- 1/5 litre nitrate d’alumine 20 degrés.
- En coupant ces couleurs, on obtient une série de nuances assez joliés variant de l’orange à la nuance claire.
- Le pyrolignite de fer ne donne avec la nitro-
- alizarine que des violets ternes et sales. L’acétate de chaux en rend la nuance plus grise ; mais ces couleurs sont râpées et ne présentent aucun intérêt.
- Le prussiate rouge fournit avec ce corps d’assez beaux puces. Avec 150 ou 200 grammes de prussiate par litre d’alizarine nitrée, on obtient un puce assez foncé, solide au savon.
- En prenant un poids double de prussiate, on a une nuance se rapprochant du noir, mais repassant au puce après savonnage.
- Avec les mordants de chrême, 5/10 à 6/10 de litre d’acétate de chrome à 10 degrés par litre de nitro-alizarine, on obtient des grenats. En combinant ces deux derniers mordants (chrême et prussiate rouge), on arrive à produire une série de nuances de grenat et puce dont quelques-unes pourront être utilisées.
- En dehors de ces mordants, les autres oxydes métalliques ne donneront avec la nitro-alizarine que des traces de couleurs, dont la plupart disparaissent complètement au savon. Citons cependant :
- L’oxyde d’uranium qui donne des gris, pas aussi jolis cependant, que ceux qu’on obtient avec l’ali-zarine ;
- Les oxydes de cuivre, de nickel, de cadmium, de bismuth et d’antimoine, qui donnent un rose jaunâtre manquant de vivacité.
- Ces dernières nuances sont trop pâles et trop peu vives pour offrir quelque intérêt.
- En résumé et grâce à la belle couleur orange que donne la nitro-alizarine avec les mordants d’alumine, ce nouveau produit est appelé à prendre place parmi les drogues que consomme l'industrie des toiles peintes.
- Ce qui fait surtout le mérite de cette matière colorante, c’est la grande solidité de ses nuances et la manière dont elles résistent non-seulement aux opérations ordinaires du savonnage et de l’avivage, mais encore à l’action du chlore. Ainsi, l’un de ces échantillons, qui avait passé dix à douze heures dans l’hypochlorite de chaux basique à 6 degrés A B, n’était décoloré que par endroits, et la plus grande partie de l’échantillon n’était que faiblement altérée.
- Ces couleurs finissent cependant par se modifier et se détruire sous l’action combinée de l’hypochlo-rite de chaux et d’un acide.
- A ce propos et à la suite d’une observation de M. Horace Kœchlin, qui avait remarqué que des
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- quantités considérables de chlore pouvaient être absorbées par l’alizarine, j’ai examiné aussi l’action directe du chlore et de quelques autres corps sur l’alizarine ordinaire, ainsi que sur l’alizarine nitrée. Dans ce but j’ai fait passer pendant un ou deux jours, un courant de chlore dans une dissolution sodique de ces deux produits.
- J’ai ainsi préparé un corps (dérivé chloré de l’alizarine), qui a perdu, comme c’était à supposer, toute propriété tinctoriale. La même action semble se produire pour l’alizarine nitrée. Elle se convertit en un corps de nuance olive.
- Mais ces essais ne sont pas terminés, et j’en rendrai compte, s’il y a lieu, dans une des séances suivantes.
- (Société industrielle de Mulhouse.)
- TISSU-FLEUR AU CAOUTCHOUC dit étoffe Para.
- Dans notre numéro du 20 novembre 1876 (page 259), nous avons parlé des étoffes à fleurs, et indiqué les principales conditions qu’elles devaient remplir.
- Nous avons signalé que pour les pétales à fleurs, pour les corolles, ainsi que pour l’article feuilles, on enduisait, dans certains cas, le tissu, d’une matière qui lui donne un glacé particulier, et que le plus souvent, dans ce but, on trempait la fleur ou la feuille dans un bain de cire blanche fondue.
- L’échantillon ci-dessus montre un tissu recouvert d’un apprêt à base de caoutchouc, destiné à remplacer le cirage, tout en produisant le même effet, c’est-à-dire en recouvrant la maille du tissu, et lui donnant cet effet particulier des feuilles naturelles.
- Ce nouvel article est très-apprécié' des fleuristes et simplifie leur travail. L’inconvénient, cependant, qu ils y trouvent, est qu’on y applique difficilement les couleurs au pinceau, pour produire les nuança-ges qui achèvent la fleur ou la feuille : en effet, les couleurs à l’eau ne prennent pas sur cette surface caoutchouquée; l’inventeur recommande d’employer
- les vernis à l’alcool ou à l’eau, mais d’éviter les vernis gras ou à l’essence, qui, dit-il, sont incompatibles avec le caoutchouc.
- Evidemment ce tissu se fabrique en une grande variété de nuances ; nous donnons ci-dessus une teinte feuille-morte.
- Ce tissu peut être fabriqué en y appliquant d’abord une couche d’apprêt d’amidon, laissant sécher, puis en le recouvrant sur une face de une ou plusieurs couches de caoutchouc dissous dans la benzine, auquel on a incorporé une couleur en poudre, broyée finement, correspondant à la couleur recherchée.
- Ou bien sur un tissu préparé selon les procédés habituels, c’est-à-dire enduit d’un apprêt d’amidon coloré, on peut appliquer une couche de vernis au caoutchouc.
- Nous devons d’ailleurs faire remarquer que cet article est breveté; nous donnons néanmoins ces indications, car on pourrait utiliser ces moyens pour d’autres destinations.
- Pour faire facilement un vernis, ou dissolution de caoutchouc, on emploie une pâte de caoutchouc que l’on trouve dans le commerce, et qui se délaie très-facilement dans la benzine : cette pâte n’est autre chose, du reste, qu’une dissolution concentrée de caoutchouc dans la benzine, mais comme cette dissolution est assez lente et difficile à préparer soi-même, on trouve en cela une préparation toute prête à être employée.
- PAPIER-PARCHEMIN COLORÉ
- En parlant du parchemin naturel et factice (numéro du 20 décembre 1876, page 286), nous disions que ce dernier ne pouvait être ni teint, ni coloré :
- Gela est, en effet, l’opinion des industriels qui fabriquent ledit produit, mais elle est trop absolue, et nous aurions pu, en y réfléchissant, remarquer qu’aucune raison sérieuse n’appuie cette idée et que la nature de ce papier parcheminé n’était pas
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- G
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- incompatible avec les couleurs employées en teinture.
- Précisément un de nos lecteurs’nous annonce qu’il arrive parfaitement à teindre en plusieurs nuances, ce parchemin végétal ; qu’il y a bien, à la vérité, quelques difficultés dans ce travail, mais qu’on peut, néanmoins, obtenir des produits très-bien teints et très-unis.
- A l’appui de ces affirmations, ce fabricant a bien voulu nous remettre des échantillons de cet article, et c’est un de ceux-ci que nous soumettons ci-des-sus à nos lecteurs ; sa teinture est obtenue par le carmin de safranum.
- Ces parchemins végétaux ainsi colorés étaient aussi destinés à la fabrication des fleurs : c’est, en effet, la maison Prévost-Wenzel, une des plus anciennes et des plus connues dans l’industrie des apprêts pour fleurs, qui a fabriqué ce produit, et nous a offert l’échantillon ci-dessus.
- Cet article, toutefois, n’a pas trouvé d’application dans l’industrie florale ; dans cette partie, les goûts et les modes sont, d’ailleurs, très-capricieux, mais il est évident que dans beaucoup d’autres directions, ses emplois peuvent être très-nombreux et très-variés.
- ENSIMAGE DES LAINES
- Par MM. Sanderson et Paterson.
- Nous dissolvons dans l’eau le savon mou ordinaire ou savon de potasse de commerce et nous appliquons la solution de savon de la manière suivante :
- Pour la préparation des laines teintes, où la sève naturelle a été enlevée ou neutralisée par l’emploi du bichromate de potasse, du bois de campêche ou , autre matière tinctoriale énergique ou autrement dans des procédés de teinture, nous les faisons passer avant d’être sèches à travers un bain de la solution de savon pour environ 14 parties de laine ou une plus grande quantité élevée quelque fois jusqu’à environ 20 parties.
- Pour la laine peignée, nous employons une solution diluée de savon comportant environ 1 partie en poids de savon pour 6 parties d’eau, et nous l'ap-pliquons à la laine suivant le procédé que l’on suit
- ordinairement pour appliquer l’huile avant le ratinage en employant environ 1 partie en poids de la solution pour 14 parties de laine.
- Pour les laines cardées et filées, nous les traitons comme elles sont ordinairement traitées, avec de l’huile d’olive ou autres huiles végétales en mélangeant ou ratinant; mais nous réduisons considérablement la quantité d’huile employée 'en appliquant avec elle une quantité de la solution de savon.
- Les proportions suivant lesquelles l’huile et le savon doivent être appliqués varient considérablement suivant la nature des laines en traitement.
- Certaines proportions que nous avons reconnues pratiquement avantageuses sont les suivantes.
- Si l’on traite les laines de Buenos-Ayres et les mérinos à l’état blanc, pour 1,000 parties de laines :
- Fils tors :
- Savon de potasse........................ 21 parties.
- Eau................................... 168
- Huile d’olive.......................... 42
- Petits fils :
- Savon de potasse..................... 26 parties.
- Eau........................:......... 168
- Huile d’olive........................ 63
- Il est préférable d’appliquer l’huile d’olive et la solution de savon séparément l’une de l’autre.
- Pour les laines de caractère analogue qui ont été teintes en noir et qui ont été traitées avant d’être sèches, comme cela a été décrit plus haut, nous employons environ, pour 1,000 parties de laine :
- Savon de potasse...............Alaa 26 parties.
- Eau.,:......:..-..—..... ie....;. h 168
- Huile d’olive..............IM..I..... 42
- Si ces laines ont été traitées avec la solution avant le peignage, la quantité de savon est réduite d’une quantité équivalente à celle préalablement appliquée.
- Pour des laines contenant une quantité de sève naturelle,comme les laines domestiques et autres laines fibreuses tordues qui sont lavées sur le dos des moutons, une faible solution peut être employée : ces laines non encore nettoyées peuvent être traitées de la manière suivante, pour 1,000 parties de laine :
- Fils tors ;
- Savon 2................... 1...—.....: 1 partie.
- Eau............:..;..:.L.............! 125
- Huile d’olive.....................:..; 50
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- ET DE L’iMPRESSION DES TISSUS
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- Petits fils :
- Savon.....:........................h.. 1 partie.
- Eau.......................a........... 145
- Huile d’olive.......:........... 63
- Quand ces laines sont entièrement ou partiellement nettoyées, une quantité additionnelle de savon d'environ 10 parties pourrait être employée pour 1,000 parties de laine nettoyée.
- Pour des laines domestiques ou basses laines étrangères ou pour des mélanges de ces laines qui ont été teintes en noir et qui ont été traitées comme cela est décrit plus haut avant d’être sèches, les proportions suivantes seront avantageusement employées, pour 1,000 parties de laine :
- Fils tors :
- Savon de potasse................,..... 26 parties.
- Eau................................:.. 168
- Huile d’olive..........:.............. 50
- Petits fils :
- Savon de potasse.......................... 26 parties.
- Eau.................................... 168
- Huile d’olive............................ 63
- Pour des mélanges de laines teintes en noir ou autres couleurs avec des laines blanches, la laine noire ou colorée devra être traitée, comme cela est ci-dessus décrit, en rapport à la laine noire, et la laine blanche devra être traitée, comme cela est ci-dessus décrit, en regard de la laine blanche, et l’on reconnaîtra qu’il est avantageux d’ajouter à la masse de ces mélanges de laine de 20 parties d’huile d’olive en poids pour 1,000 parties de laine.
- Lorsque les couleurs sont très-dures et très-sèches, la quantité de savon peut être élevée jusqu’à 36 parties, et l’huile à 63 parties pour les fils et à 80 parties pour les petits fils.
- Avec les solutions telles qu’elles sont décrites plus haut, des huiles végétales autres que l'huile d’olive peuvent être employées avec avantage, et elles réduisent en pratique la proportion de savon de potasse.
- Avec de la laine blanche coloniale, par exemple, la quantité de savon peut être réduite à la moitié, et avec de la laine noire à environ quatre cinquièmes.
- Certaines classes de laine peuvent être cardées et filées en employant la solution de savon sans aucune huile.
- L action de la solution de savon peut être généralement établie comme suit : aux laines d’une nature dure et seche, elle donne la mollesse néces
- saire pour le cardage et la filature, et aux laines d’une nature douce et sans résistance, elle communique la consistance adhésive nécessaire.
- Par l’emploi de la solution de savon dans les divers procédés de préparation de la laine, les avantages principaux suivant sont assurés :
- Les laines teintes, desquelles la sève naturelle a été retirée, sont ramenées à la douceur primitive.
- Les laines peuvent être préparées pour le peignage par l’emploi de la solution en remplacement de l’huile d’olive ou autres huiles végétales.
- Les laines ou mélanges de laines avec d’autres matières fibreuses peuvent être préparées pour le cardage et la filature et peuvent être cardées et filées par l’application de la solution de savon, soit par elle-même ou avec de l’huile d’olive ou autres huiles végétales, la solution et l’huile étant appliquées, soit séparément, soit mélangées ensemble comme une émulsion savonneuse ou une crème.
- En employant la solution de savon, le prix du travail est considérablement diminué et les derniers procédés de nettoyage sont rendus plus économiques; les laines sont conservées dans une condition plus douce pendant les diverses opérations qu’elles subissent de cette manière; une apparence plus ronde et plus lisse est donnée aux fils, et les marchandises manufacturées reçoivent un toucher plus plein et plus doux à la main.
- La réduction ainsi effectuée dans la quantité de l’huile employée dans le traitement des laines et la substitution à cet effet d’une substance ininflammable contribue beaucoup à donner une grande sécurité, non-seulement en diminuant la quantité de matière combustible employée et emmagasinée dans une manufacture, mais aussi empêchant à un haut degré les boiseries et autres parties de la construction d’être aussi saturées d’huile qu’elles le sont habituellement.
- La seconde partie de cette méthode est relative à la purification et au nettoyage des couleurs blanches dans les fils de laine et les articles tissés.
- A cet effet nous appliquons aux marchandises ou fils un bain d’acide sulfureux liquide dilué avec de l’eau dans un réservoir en bois ou en poterie.
- Les proportions de la solution acide varient suivant la nature des marchandises à traiter, mais pra-tiquement, nous avons reconnu que 1 partie envi-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ron en poids d’acide sulfureux liquide de la force ordinaire du commerce, quand il est étendu, est suffisante pour le traitement de 20 parties en poids de matières laineuses.
- Au moyen de rouleaux, nous forçons les fils ou tissus à passer lentement à travers la solution acide, chaque portion de la matière étant, par intervalles, forcée de retourner à travers ladite solution de façon à continuer le trempage et à changer les surfaces exposées à l’action de l’acide.
- Ce traitement étant continué pendant environ deux heures a pour effet de blanchir les fils ou étoffes avec une grande uniformité et sans porter préjudice aux couleurs tinctoriales qui y sont appliquées.
- Ce procédé réalise une grande économie sur le procédé ordinaire de sulfuration, d’autant plus qu’il nettoie complètement le blanc des tissus dans l’huile et donne une blancheur supérieure aux marchandises fines en raison de ce qu’il est le dernier procédé à l’état mouillé.
- En résumé, cette invention comprend :
- 1° L’emploi et l’application d’une solution de savon de potasse avec ou sans huile dans les divers procédés de préparation et de fabrication de la laine ou autres fibres animales ou mélanges de laine avec le coton, la soie ou autres matières fibreuses.
- 2° L’emploi et l’application de l’acide sulfureux étendu dans le nettoyage et la purification des couleurs blanches des marchandises et fils de laine.
- (Le Jacquard).
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 113,409. — Baumann (veuve). — Modèle de navettes pour tissage de tous genres. — Un ressort à boudin maintient la plume ou broche porteuse de la trame agissant sur le marteau de cette plume-, cela évite les évidements destinés au logement des goupilles nécessitées par les ressorts à lame jusqu’alors employés.
- 113,416.—Nempe (les sieurs). —Perfectionnements dans le relevage du poil des tissus et dans
- les appareils à ce [destinés. — Ces perfectionnements résident dans l’emploi d’aiguilles en acier appointies, en remplacement du chardon ou carde ordinaire; ces aiguilles sont placées dans un cylindre à rainures longitudinales, ou fixées à des barres en métal que l’on promène sur les tissus.
- 113,423. — Radde. — Perfectionnements dans l’impression en couleurs sur papier, tissus ou autres machines.— La matière colorante employée est d’une consistance solide lorsqu’elle est froide et se réduit aisément à l’état fluide par la chaleur ; cette matière permet la reproduction de peintures en grandes quantités de copies, en variété de couleurs ou teintes.
- 113,437. — Broux. — Métier dit armure, servant au tissage des tissus façonnés.— A une grande simplicité de commande, l’inventeur obtient une solidité parfaite et procède facilement et à peu de frais au changement de dessin. Tout en fonte et fer, le métier se compose de deux bâtis parallèles, réunis par des traverses ; sur le côté est boulonné un bras servant de support à deux bielles dans lesquelles sont emboîtés à charnières deux leviers; l’un de ces derniers traverse les bâtis dans les coulisses, et son autre extrémité s’articule avec une bielle reliée au levier de commande du mécanisme. En avant de chaque bâti sont deux coussinets où passe l’arbre porteur de deux petits disques dont la circonférence est pourvue de six entailles correspondant bien l’une avec l’autre; c’est sur ces disques qu’est posé l’appareil à chaînes sans fin parallèles qui remplace les cartons ordinaires.
- 113,439. — Delamare-Deboutteville fils aîné. — Moyen de diminuer dans une forte proportion les déchets que font les machines a peigner le coton. — L’inventeur fait disparaître toutes les causes de déchet en confectionnant les boudins qui doivent être présentés à la machine à peigner avec des nattes composées de cordons passés au frotteur et beaucoup moins épaisses, quoique pesant ensemble le même poids que celles employées ordinairement.
- 113,461. — Stenfort. — Application du mucus des plantes marines à divers produits et apprêts. — Extraite des algues marines, cette poudre constitue, par des préparations convenables, soit, à l’état liquide, des eaux de toilette, soit, à l’état visqueux, des sirops, soit en gelée ou en pâte, des produits alimentaires, ou des apprêts de tissus ou pâtes à papier. En son état naturel, elle peut être
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- employée pour la destruction du phylloxéra ou être introduite dans les pâtes à savon.
- 113,486. — Imbs. — Fabrication d'étoffes imprimées imitant le cuir bouclé ou coupé au moyen d'effets lumineux résultant de combinaisons de reliefs et de couleurs complètes par certains apprêts. — En vue de produire des effets veloutés dans la coloration des étoffes, le breveté prépare celles-ci à l’aide de matières qui ont des propriétés inégales pour s’assimiler une même couleur, ces matières textiles étant elles-mêmes préparées par une disposition de reliefs résultant de la nature des fils de l’armure employée, des intervalles ménagés et d’un tondage qui, sans être indispensable, concourt à l’effet obtenu. Les combinaisons de matières à utiliser le plus fréquemment sont : une chaîne coton, trame jute, et une chaîne laine anglaise, trame laine mérinos.
- 113,541. — DOUINE frères. —Machine propre a la teinture, au lavage et au blanchiment des matières textiles. — La machine a pour objet de mouiller, laver, blanchir ou teindre toute matière textile en bourre, toison, nappe ou tissu -, elle a pour principe le mouvement rotatif alternatif de deux rouleaux presseurs et superposés. Ces rouleaux étant disposés dans une auge contenant le liquide, la matière à imprégner est amenée par une toile sans fin ; elle est appelée dans les rouleaux par leur mouvement de gauche à droite ; ces rouleaux s’arrêtent, reviennent en sens inverse, mais d’une quantité moindre, puis repartent, reviennent, et ainsi de suite.
- 113,595. — Trafford, — Perfectionnements aux machines à filer, retordre, mouliner, etc., la soie et autres matières fibreuses. — L’inventeur décrit, en regard d’un métier breveté par lui le 16 juin 1874, un mode perfectionné de communiquer le mouvement aux métiers doubles à filer, retordre et doubler, par l’emploi d'un large pignon engrenant avec deux roues de différents diamètres, montés sur l’axe des moulinets ; quand la petite roue est engrenée, la vitesse est accélérée, et vice versâ.
- ——.....a a - .....
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- RÉCOMPENSES DE L’EXPOSITION DE PHILADELPHIE.
- Nous donnons ci-dessous, d’après la liste officielle, les noms des principaux industriels, dans
- nos spécialités, récompensés à l’Exposition du Centenaire des Etats-Unis :
- MM.
- Arbey, à Paris. (Machines à travailler le bois.) Arlès-Dufour, à Lyon. (Soies grèges.)
- Chabert (Jules), à Chomerac. (Soies grèges.) Coëz et Cie, à Saint-Denis. (Matières colorantes.) Dabert et Cie, à Saint-Denis. (Laines teintes.) David, à St-Etienne. (Rubans et passementeries.) Guillaumet, à Suresnes. (Teintures.)
- Giron frères, à St-Etienne. (Rubans de velours.) Guinon fils et Cie, à Lyon. (Couleurs d’aniline.) Kaulek, à Puteaux. (Couleurs.)
- Martin, à Tarare. (Peluches et soies teintes.) Poirrier, Mortier et Muller, à Paris. (Teintures et apprêts.)
- Poirrier (A.), à Paris. (Couleurs d’aniline.)
- Roussel, à Roubaix. (Teintures et impressions sur laine.)
- Sieber et Cie, à Paris. (Cachemires mérinos.) Vanoutryve et Cie, à Roubaix. (Etoffes pour meubles.
- Vrau, à Lille. (Fil de lin à coudre.)
- D’après le Journal officiel, il y a lieu de penser qu’une liste supplémentaire de récompenses sera incessamment envoyée par la commission du Centenaire.
- En outre, des nominations et des promotions dans l’ordre de la Légion d’honneur seront proposées en faveur des exposants qui ont- représenté l’industrie française d’une manière particulièrement remarquable.
- UN PROCÈS AU SUJET DU NOIR D’ANILINE EN AMÉRIQUE.
- F Américain Chemist nous apporte le compte-rendu d’un intéressant procès auquel a donné lieu aux Etats-Unis l’impression des calicots en noir d’aniline
- Malgré les progrès accomplis dans ces dernières années dans l’impression du noir d’aniline, c’est le procédé même de Litghtfoot qui est en question.
- On sait que ce procédé a été breveté en 1863. Il consiste à traiter, sur le tissu même, un sel d’aniline par un agent oxydant, en présence d’un sel de cuivre. Pour cela, on imprime le calicot avec un mélange, dûment épaissi, d’aniline, d’acide chlorhydrique, de sel ammoniac, de chlorate de potasse, et de nitrate ou chlorure de cuivre. La couleur est ensuite développée par une exposition à la chambre d’oxydation.
- Le procédé Lightfootfut acheté pour une somme très-forte par M. J.-J. Muller-Pack, de Bâle, et c’est
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- ce dernier qui vient d’attaquer comme contrefacteur une maison de Lowell (Massachussetts), la Merrimack Manufacturing Company. M. J. Muller intentait aux directeurs de cette Compagnie une action tendant à leur défendre la production et la vente de tissus teints ou imprimés en noir d’aniline. La plainte en contrefaçon a été déposée en février 1872, et c’est seulement au mois d’avril dernier que l’arrêt a été rendu. Les débats ont donc duré quatre ans.
- Les défendeurs repoussaient l’accusation en alléguant qu’ils produisaient bien le noir d’aniline au moyen d’une composition analogue à celle de Lightfoot, mais sans sel de cuivre, et que, dans ce cas, le brevet de Lightfoot était couvert par un brevet de MM. Calvert, Lowe et Chiff pris en 1860.
- Le procédé de MM. Calvert, Lowe et Chiff consiste en effet à imprimer sur un calicot préparé au chlorate de potasse, un chlorhydrate acide d’aniline ; on obtient ainsi une couleur verte, l'éméral-dine, qui, très-foncé, donne du noir. D’après leurs allégations, les défendeurs auraient simplement modifié ce procédé ; au lieu de préparer le tissu au chlorate, ils imprimaient un mélange épaissi de chlorate et de chlorhydrate d’aniline ; ce sont là, en principe, les mêmes ingrédients que ceux employés par Lightfoot, à l’exception du sel de cui-vre. Le point capital de la question était donc de savoir si réellement ils ne se servaient pas de sel de cuivre.
- Or, de nombreuses analyses exécutées par des experts ont démontré que tous les tissus teints en noir d’aniline par la Merrimack Company contenaient du cuivre, ainsi que les compositions employées dans la fabrique pour l’impression des calicots. Au contraire, les matières premières qui servaient à préparer ces compositions étaient exemptes de toute trace de métal. La présence du cuivre dans les tissus teints ne pouvait donc provenir que des vases employés à la préparation des mélanges, et les experts ne tardèrent pas à se convaincre qu'il en était ainsi en assistant à cette préparation. Voici ce que dit l’un d'eux à ce sujet : « Le chlorate d'aniline était puisé, ainsi que le chlorhydrate d’aniline, au moyen de cuillers en cuivre qui présentaient des traces bien apparentes de corrosion; le yase où l’on mélangeait ces deux corps, à chaud, avec l’amidon, était également en cuivre et présentait à l'action des acides une plus large surface ; l’agitateur était lui-même en cuivre et c’était au moyen de cuillers en cuivre que le mélange était transféré à la machine à impri-mer. Dans cette dernière même, l’auge contenant la composition et le rouleau à imprimer étaient tous deux en cuivre. S’ils l’avaient pu, les ouvriers manipulateurs auraient aussi été en cuivre. »
- Avec un pareil mode opératoire, la composition employée dissolvait assez de cuivre pour se trouver dans les mêmes conditions que celle de Lightfoot et donner des noirs de même qualité. En éliminant l’emploi des vases de cuivre dans la préparation des mélanges et imprimant avec des auges et rouleaux en bois, les experts ne purent obtenir de bons noirs sans l’emploi du cuivre (1).
- Les défendeurs prétendirent cependant obtenir des noirs sans cuivre, en effectuant l’oxydation à une température plus élevée que l’on a l’habitude de le faire. C’est alors que l’on dû se demander si cette température élevée, en présence des acides de la composition, n'altérait pas la fibre textile, et déterminer la résistance du tissu après qu’il a été soumis aux divers procédés de développement de la couleur. Il fut démontré que le procédé Lightfoot, ainsi que celui de la Merrimack Company avec emploi de vases de cuivre et oxydation ordinaire, n’altère pas sensiblement la résistance de la fibre, tandis que le procédé sans vases de cuivre, avec oxydation à une température élevée, diminue cette résistance de 26 à 47 pour 100.
- C’était donc bien le cuivre provenant des appareils qui permettait aux défendeurs de produire des noirs d’aniline susseptibles d’être livrés au commerce, et le tribunal a décidé que dans ce cas le procédé employé par la Merrimack Company devenait-identique avec celui de Lightfoot; que la façon tout accidentelle dont le cuivre était introduit dans les compositions n’empêchait pas qu’il y eût usurpation de brevet, et que, d’autre part, le brevet Lightfoot n’était pas réduit à néant par l’emploi antérieur du noir d’aniline, comme couleur d’application.
- En conséquence, gain de cause a été donné à M. J.-J. Muller-Pack, et la supercherie des contrefacteurs américains aura à s’exercer ailleurs pour cette fois.
- (1) Nous savons que maintenant l’emploi du cuivre est entièrement supprimé dans la teinture et l'impression au noir d'aniline.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Fabrique d’Acide tartrique
- Alun de potasse, d’ammoniaque et extra-pur.
- Demande de représentants sur chaque place.
- Les Gênants : F. GOUILLON & P. Blondeau.
- Imp. G. GQLIN; route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
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- Aro Année, No 3. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Février 1877.
- SOMMAIRE
- Noirs d’aniline inverdissables : Note sur un procédé pour empêcher le verdissage du noir d’aniline, par MM. Koechlin frères; Production en teinture et en impression du noir d’aniline, brevet GRAWITZ; brevet antérieur du même auteur. — Leçons sur la teinture des laines, par M. G. JARMAIN. — Noir-Grawitz (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Jaunes au chrômate de plomp, par MM. STORGK et CONINGK. — Etude et théorie de la fabrication du rouge turc ou d’andrinople, par M. Th. Château. — Epaillage chimique, par M. J. Wiessner. — Epaillage chimique. — Nouveau procédé de teinture par l’alizarine artificielle, par M. R. Forster. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Le Congrès des teinturiers et l’Exposition universelle de 1878 à Paris.
- NOIRS D’ANILINE INVERDISSABLES
- La question des noirs d’aniline paraît décidément résolue, et ses moyens d’application sont devenus très-pratiques, mais il restait un dernier inconvénient à surmonter, c’était le verdissage, c’est-à-dire la fâcheuse propriété que possédaient ces noirs de redevenir spontanément verdâtres après quelques mois de préparation.
- Cette imperfection est maintenant corrigée, et nous avons à publier plusieurs procédés à ce propos.
- Nous reproduisons, aujourd’hui, deux documents importants sur cette question :
- 1° Une note de MM. Kœchlin frères.
- 2° Un brevet de M. Grawitz.
- Nous faisons suivre celui-ci, afin de le compléter, d’un brevet antérieur du même auteur, pour noirs d’aniline ordinaires.
- F. G.
- NOTE
- SUR UN PROCÉDÉ POUR EMPÊCHER LE VERDISSAGE DES NOIRS D’ANILINE
- (Pli cacheté déposé à la Société industrielle de Mulhouse par MM. Kœchlin frères le 9 avril 1876 et ouvert sur leur demande dans la séance du 20 novembre 1876.)
- Les noirs d’aniline, soumis à des agents réducteurs acides, tels que l’acide sulfureux ou l’hydrogène sulfuré [soit en dissolution, soit à l’état gazeux), prennent une coloration verdâtre, due surtout à leur transformation plus ou moins complète en éméraldine, qui, bleu foncé à l’état alcalin, devient verte par les moindres traces d’acide.
- Il existe un produit plus oxydé que le noir d’aniline, qui n’est plus transformé en éméraldine par les réducteurs alcalins ou acides, et que l’on obtient de la manière suivante :
- • Le noir d’aniline, imprimé et fixé, est terminé comme à l’ordinaire, puis soumis dans une cuve à une oxydation acide, à une température supérieure à 75° centigrades. Il ne reste plus qu’à savonner ou simplement à laver les pièces.
- Parmi les oxydants qui donnent les meilleurs résultats, nous citerons : les sels de peroxyde de fer, l’acide chromique, certains chlorates facilement décomposables, comme le chlorate d’alumine, etc.
- La solution ferrique se prépare soit avec un sel de fer au maximum, que l’on additionne de 1 à 1 fois 1 /2 son poids d’acide sulfurique à 66°, pour empêcher l’oxyde de fer de se fixer sur tissu. Cette solution s’emploie à raison de 1 à 2 grammes par litre, soit 1 à 2 litres par cuve de teinture pour 6 ou 8 pièces, qu’on y manœuvre pendant une 1/2 heure à une heure à 80° centigrades.
- Les sels ferriques étant moins répandus dans le commerce que les sels ferreux, on préparera une solution comme suit :
- 20 kilogrammes de sulfate ferreux dissous dans 60 à 70 litres d’eau ; on y ajoute
- 5 kilogrammes bichromate de potasse et
- 15 à 18 litres acide sulfurique à 66°.
- Il faut employer la proportion d’eau ci-dessus, à cause de réchauffement de la liqueur par l’acide sulfurique et du peu de solubilité du sulfate ferrique acide. On prendra alors de A à 8 litres de cette liqueur et on opérera comme précédem-ment.
- Pour le genre noir et orange, on se servira de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l'acide chromique, à raison de 3 à 400 grammes par cuve pour 6 à 8 pièces (soit 3 ou 400 grammes de bichromate et un quart de litre d’acide sulfurique), opérant du reste comme avec le fer. Il restera à virer à l'orange en chromate alcalin.
- N. B. — Pour le genre noir et bleu solide, il faudra laisser un léger excès de sel ferreux dans la liqueur (l’acide chromique détruirait le bleu). On prendra pour la proportion ci-dessus h kilogrammes de bichromate au lieu de 5 kilogrammes.
- ----- ===Bi=t=q==.- -
- PRODUCTION
- EN TEINTURE ET EN IMPRESSION DU NOIR D’ANILINE
- Brevet de M. Grawitz, dépose le 21 octobre 1876 et délivre sous le n° 115,160.
- L’objet de ce brevet est le suivant :
- 10 Spécifier la nature chimique du noir à l’état parfait inaltérable.
- 2° Déterminer les conditions de la production, 13° Me réserver le droit exclusif, soit de le produire directement, soit de transformer après coup les noirs parfaits ou imparfaits.
- Ces noirs à l’état parfait présentent ce double caractère spécifique de ne pas devenir verts sous l’action de l’acide sulfureux gazeux ou liquide, de ne pas se dissoudre dans l’acide sulfurique à 66° Baumé, qui les tient seulement en suspension et les laisse précipiter par l’eau à l’état de poudre noire.
- Les noirs imparfaits du procédé Lightfoot verdissent par l’acide sulfureux et se dissolvent dans l’acide sulfurique qui les laisse déposer par l’eau en poudre verte.
- Ces noirs sont jusqu’à présent tous développés sans aérage par l’action de l’acide chromique en solution ou par les chlorates acides.
- La production du noir parfait exige que l’acide chromique exerce son action à chaud au-delà de 80° centigrades et que les chlorates exercent la leur par le vaporisage.
- Il est délicat de conduire tout le temps l’opération à chaud avec l’acide chromique.
- Il vaut mieux opérer comme suit :
- On teint à froid ou à tiède en employant pour 100 d’aniline 160 à 180 de bichromate acide ; on obtient ainsi la teinture en noir imparfait. On change ce noir imparfait en noir parfait en traitant les matières textiles après rinçage par les réactifs suivants :
- Sulfate ferreux....................20 k.
- Bichromate..........................5 k.
- Acide sulfurique à 66° . . . 10 litres.
- Eau................................60 —
- No 2.
- Bichromate..........................3 k.
- Eau................................10 litres.
- Acide sulfurique à 66" . . . 2 lit. 1/2.
- On prend soit 5 litres du premier réactif n° 1, soit 2 litres du réactif n" 2 dans 500 litres d’eau. On chauffe au-delà de 80° et on manœuvre pendant environ trois quarts d’heure en ajoutant un peu de réactif si c’est nécessaire.
- Les chlorates qui, par le vaporisage, exercent une action du même genre sont les chlorates d’aniline et d’alumine.
- Le noir verdit toujours un peu avec les chlorates.
- L’acide nitreux, l’acide hyponitrique ont la même aclion, en général les réactifs oxydants acides.
- Les mêmes réactifs transforment également en noir parfait les noirs imparfaits qui sont les seuls que donne le procédé Lightfoot employés en impression.
- Le noir à l’état parfait peut avoir trois reflets, marron, noir noir, noir bleu.
- Par coupure il donne des gris inaltérables.
- Ces corps noir parfait, gris inaltérables, étant des êtres chimiques définis que j’ai le premier produits sur tissus, je me réserve le droit à la teinture et à l’impression des étoffes quel que soit le moyen ultérieurement trouvé pour les produire.
- Tel est l’ensemble des réactions, des procédés et d’applications que je revendique par le présent brevet.
- PRODUCTION DU NOIR D’ANILINE
- SUR TISSUS DE TOUTE NATURE, ET MÊME EN PATE ET EN POUDRE SÈCHE POUVANT ÊTRE EMPLOYÉES COMME COULEURS DE TOUTE ESPÈCE.
- Brevet de M. Grawitz. (N° 105,130 ; 30 septembre 1870.)
- Ce qui suit est un certificat d’addition en date du 29 avril 1875, venu après le brevet, et un 1er certificat d’addition en date du 3 octobre 1874. (1)
- Le noir est produit par la réaction sur l’huile
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1875, page 126,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- G.
- d’aniline ou sur ses sels par les sels de fer, cuivre, manganèse, aluminium, cérium, chrome, nickel, cobalt, tungstène, vanadium, plomb.
- Je puis procéder de deux manières distinctes :
- 1° Production d’un noir en pâte ou en poudre sèche, insoluble dans tous les réactifs, propre à l’impression des étoffes ou des papiers et à la fabrication des couleurs, des vernis et encres de toute espèce ;
- 2° Production du noir sur les fibres textiles elles-mêmes.
- 1° Production du noir en pâte ou en poudre sèche.
- Voici la meilleure manière d’opérer :
- Je verse dans une dissolution de sel de fer au maximum, par exemple de l’huile d’aniline, tant qu’il se produit un précipité, puis je verse dans la masse demi-fluide qui s’est produite une dissolution acide de bichromate de potasse. Il se forme un précipité noir que je lave sur le filtre ou par décantation, d’abord à l’eau pure, puis à l’eau alcaline pour faire disparaître le reflet verdâtre.
- La quantité totale d’acide en jeu doit suffire à neutraliser la potasse du bichromate et l’oxyde de chrome provenant de la réduction de l’acide chro-mique.
- La réaction est activée par l’élévation de la tém-pérature.
- 2° Production du noir sur les fibres elles-mêmes par impression.
- Je puis opérer des trois manières suivantes :
- 1° J’imprime à l’aide d’un épaississant convenable, amidon, gomme adragante ou autre, un mélange de sel d’aniline, de sel métallique des métaux indiqués plus haut, de bichromate ou chro-mate soluble, et je développe la couleur à l'éten-dage ;
- 2° J’imprime un mélange de sel d’aniline à acide organique et de chromate métallique facilement dé-composable, et je vaporise ;
- 3° J’imprime un mélange de sel d’aniline et de sel métallique des métaux indiqués plus haut, et je passe dans une dissolution étendue et neutre, ou mieux d’acide, de chromate ou bichromate soluble.
- La proportion de l’aniline varie dans le mélange de 5 à 10 p. o/O.
- Les proportions relatives les meilleures de l’aniline, du sel métallique et du chromate ou bichro
- mate doivent être celles des équivalents chimiques.
- Pour teindre les matières textiles en noir avec l’aniline, voici comment j’opère en employant un sel de fer, par exemple.
- Je forme un bain A contenant pour 100 litres :
- Acide chlorhydrique à 19-20° Baumé. 8 litres.
- Huile d’aniline..........................A
- Perchlorure de fer liquide marquant
- 45° Baumé...........................A
- Le reste eau.
- Je forme d'autre part un second bain B contenant :
- Eau................................. 1.000 litres.
- Bichromate de potasse ... 8 kilog.
- Je mordance les matières textiles dans le premier bain A, j’égoutte et j’exprime avec soin le liquide en excès que je recueille, puis je mets les matières ainsi mordancées à digérer pendant cinq à six heures dans le second bain B.
- Le bain B est suffisant pour développer la couleur sur 200 kilogrammes de coton, par exemple.
- Je lave alors le coton au sortir du bain B à l’eau froide, puis à l’eau tiède, et je recommence la même série d’opérations, savoir :
- 1° Mordançage dans le bain A ;
- 2° Digestion dans le bain B, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la nuance obtenue soit suffisamment foncée.
- On reconnaît que l’opération est terminée quand la matière à teindre, parfaitement lavée au sortir du bain de chromate, à l’eau froide puis à l’eau chaude, présente un reflet brun.
- A ce moment, après lavage parfait à l’eau bouillante, on fait virer la nuance au noir bleuâtre, en passant le coton dans un bain bouillant de savon à 10 grammes par litre environ.
- Le carbonate de soude donne une nuance violacée.
- Pour les pièces, le mordançage peut se faire au foulard, et le développement de la couleur peut se faire en passant les pièces au large dans une cuve à roulette ou tout autre appareil semblable.
- La rapidité du développement de la couleur est accélérée par la concentration plus grande des liqueurs et surtout par l’augmentation de leur degré d’acidité.
- Quant au teint du coton, il faut faire attention à ne rien employer qui puisse altérer la fibre.
- Le bain de chromate peut être remplacé par un bain de chlorate, mais cela est plus cher et les nuan-
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- ces sont moins bonnes -, je m’en réserve pourtant l’emploi.
- Je teinte ainsi le coton, le lin, le chanvre, la laine, la soie, les plumes, les peaux, les poils, les bois, et en général toutes les matières susceptibles d’être mouillées.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- Pendant ces vingt dernières années, c’est-à-dire depuis l’époque où M. Perkin fit breveter, en 1856, son procédé pour produire le mauve d’aniline, l’art de teindre la laine a subi de grands changements dans les moyens d’accomplir la plupart de ses opérations. L’introduction d’un nombre considérable de nouvelles couleurs, découvertes par les chimistes, a nécessité ces modifications.
- De nos jours, le teinturier a, par conséquent, conscience qu’il est redevable au chimiste d’un grand nombre de ses plus belles couleurs et qu’il en a même reçu des leçons pour les appliquer, car Schutzenberger et Lalande lui ont appris que la teinture à l’indigo d’une étoffe peut s’opérer autrement que par la cuve au pastel.
- Quand on voit combien le teinturier a été puissamment aidé par le chimiste, il est difficile de comprendre comment ce praticien ne fait pas des efforts plus répétés pour acquérir les principes de la science qui lui fournissent, mieux que tout autre genre de connaissances, les moyens d’exceller dans son art.
- Souvent, lorsque je considère cette habileté de nos teinturiers, acquise par une longue pratique et par une observation soutenue, qui leur permet d’arriver à de si bons résultats, je me sens plus fermement convaincu que cette pratique et cette observation, se combinant avec une véritable instruction scientifique, en feraient des opérateurs sans rivaux. Ils devraient donc bien se pénétrer de l’idée que l’observation et la pratique, poussées même au plus haut degré, ne suffisent pas, et qu’il faut absolument se mettre à même de bien comprendre la nature des opérations qu’ils exécutent, s’ils ne veulent pas être, à la longue, tout à fait dépassés par ceux qui combinent la théorie et le savoir avec la pratique.
- D’un autre côté, le chimiste n’est pas toujours compétent pour expliquer d’une manière satisfaisante certains procédés suivis dans la teinturerie, qui lui paraissent même peu propres à fournir le résultat poursuivi par le teinturier et qui cependant le réalisent.
- Dans ces conditions, il est extrêmement désirable que le chimiste et le teinturier travaillent de concert ; ce sera pour eux le moyen de bénéficier réciproquement de leurs connaissances respectives.
- EAU.
- Cet indispensable élément de l’art du teinturier réclame le premier notre attention. On peut dire que le succès des opérations pratiquées sur la laine dans les divers procédés du dégraissage, du lavage, du blanchiment et de la teinture repose principalement sur le caractère de l’eau employée. Il est donc de première importance de s’assurer de la qualité de l’eau et de sa convenance pour les opérations à exécuter avant d’établir un nouveau travail ou d’en rectifier d’autres déjà en train.
- Ayant eu à examiner dans ma carrière un grand nombre d’eaux de qualités très-variées, au point de vue de leur convenance à la fabrication des laines, je suis arrivé aux résultats suivants que j’appellerai les limites d’impureté de l’eau qu’on peut employer pour le dégraissage et la teinture de la laine. L’eau doit remplir les conditions suivantes :
- 1° Essayée au savon de Clarke, elle ne doit pas donner plus de 7 degrés de dureté, sur lesquels elle ne perdrait que 2 degrés en bouillant pendant une heure, en lui restituant l’eau évaporée.
- 2° Elle ne doit pas déposer un sédiment brun d’oxyde de fer quand elle est exposée à l’air libre pendant quelques heures, ni montrer une coloration bleue lorsqu’on y verse, dans une portion prise à la masse, quelques gouttes de prussiate rouge de potasse.
- 3° Si l’on ajoute à l’eau contenue dans une bouteille en verre blanc quelques gouttes d’une solution de campêche, elle doit prendre une couleur de Sherry (vin de Xérès) comparable à celle qu’on obtiendrait avec de l’eau distillée traitée de la même manière.
- 4° L’eau sera claire, et lorsqu’on la chauffera jusqu’à l’ébullition, elle ne devra pas fournir à la surface de l’écume d’oxyde de fer.
- 5° Des échantillons de laine ou de tissus de laine, mordancés et teints avec les couleurs voulues, devront pouvoir soutenir là comparaison avec
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- de semblables échantillons mordancés et teints avec de l’eau distillée, ou toute autre eau reconnue comme étant de bonne qualité.
- Une eau qui remplit les conditions ci-dessus convient pour le dégraissage et la teinture des laines. Tout écart considérable de ces conditions donnera lieu à de mauvais résultats à moins que l’eau ne soit soumise à quelque traitement ou purification.
- Voici comment se fait l’examen de l’eau :
- Essai au savon de Clarke. — Ce mode d’essai fournit de si amples et si importants renseignements, au laveur et au teinturier de laine, ainsi qu’à tous ceux qui font usage de la vapeur, que je me risque à en répéter les détails afin que tout opérateur intelligent puisse l’appliquer à l’examen des eaux qui l’intéressent.
- Voici les appareils et les matières à employer :
- Une burette divisée en 50 centimètres cubes, en cinquièmes ou en dixièmes de centimètres cubes et munie d’un bouchon.
- Un support à pied et à mâchoires.
- Une mesure de 100 centimètres cubes.
- Une bouteille avec bouchon d’une capacité d’environ 16 onces.
- Une pinte de savon d’épreuve.
- Un flacon moyen, muni d’un bouchon perforé, à travers lequel passe un tube en verre d’une ouverture de 6 millimètres et d’une longueur d’environ lm20.
- Un support à cornue avec brûleur Bunsen ou lampe à alcool.
- Un entonnoir de 75 millimètres et du papier à filtrer.
- Il est plus commode d’acheter le savon d’essai chez un marchand de produits chimiques, car il est assez ennuyeux de le fabriquer. Cependant on trouvera dans nos principaux ouvrages de chimie les moyens de le préparer. Le savon d’essai consiste en une solution de savon dans l’alcool méthy-lique étendu, assez forte pour indiquer, lorsqu’on la secoue avec une quantité déterminée d’eau, la proportion des matières durcissantes ou destructives du savon qui se trouvent dans l’eau soumise a l’épreuve. L’opération s’exécute de la manière suivante :
- On mesure 100 centimètres cubes de l’eau à essayer, et on la verse dans la bouteille préalablement bien nettoyée et bouchée à vide.
- On fixe la burette sur son support et on y verse le savon d’essai jusqu’à la marque supérieure.
- On fait couler le savon d’essai le long du bou
- chon en verre de la burette, par petites portions chaque fois, dans la bouteille contenant l’eau, et on secoue vigoureusement celle-ci à chaque addition. On continue cette opération jusqu’à ce qu’il se forme une forte mousse à la surface de l’eau qui en reste couverte pendant cinq minutes.
- Arrivé à ce point, on lira sur la burette le nombre de centimètres cubes de savon qui a été versé et on trouvera le degré de dureté de l’eau en consultant le tableau ci-joint dressé par le docteur Clarke.
- TABLEAU MONTRANT LE DEGRÉ DE DURETÉ.
- Degré de Mesures du sa- Différence entre les dureté. von d’essai. deux degrés voisins de dureté.
- 0...................................0.0
- 1...................3.2.............1.8
- 2...................................2.2
- 3...................7.6.............2.2
- 4...................9.6.............2.0
- 5..................11.6.............2.0
- 6..................13.6.............2.0
- 7..................15.6.............2.0
- 8..................17.5.............1.9
- 9...................................1.9
- 10 . i . . . . 21.3..................1.9
- 11..................23.1.............1.8
- 12...................................1.8
- 13..................26.7.............1.8
- U .... . 28.5 . . . . . 1.8
- 15..................30.3.............1.7
- 16..................32.0.............0.0
- La première colonne donne le degré de dureté, la seconde le nombre de mesures de savon d’essai, et la troisième indique un nombre fort utile pour déterminer la partie fractionnaire du degré voisin ; c’est le dénominateur d’une fraction dont l’excès sur le nombre de la deuxième colonne, qui représente le degré entier le plus rapproché, forme le numérateur.
- Il arrive souvent que 32 mesures de savon d’essai ne suffisent pas pour produire de la mousse ; on prend alors 50 centimètres cubes de l’eau à examiner à laquelle on ajoute 50 centimètres cubes d’eau distillée, et l’on détermine la dureté du mélange. En doublant le résultat, on obtient la dureté vraie de l’eau.
- La dureté de l’eau, déterminée comme nous venons de le dire, représente la dureté absolue ou totale occasionnée par les ingrédients destructeurs du savon, qui sont contenus dans l’eau et qui peuvent consister en bicarbonate de chaux, bicarbonate de magnésie, bicarbonate de fer, sulfate de chaux, sulfate de magnésie, sulfate de fer, chio-
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- rure de calcium, chlorure de magnésie, acides libres et sels acides.
- Lorsque les degrés de sulfate sont déterminés par rapport au carbonate de chaux ou craie, chaque degré représente un grain (65 milligrammes) de ! chaux par gallon (4 litres 54). Si des matières dur- | cissantes, autres que le carbonate de chaux, sont | la cause de la dureté de l’eau, elles s’y trouvent alors à peu près comme il suit, lorsque la dureté est due respectivement à ces corps.
- Équivalents :
- Carbonate de chaux....................100 parties.
- — » magnésie. ... 84 — — fer 116 — — » chaux (sec). . . 136 — Sulfate » magnésie (sec). . 120 —
- — » fer..............152 •—•
- Chlorure de chaux.................111 —
- — » magnésie. ... 95—
- C’est-à-dire que 100 livres de chaux, dissoutes dans un certain volume d’eau, rendront cette eau aussi dure que si on y avait fait dissoudre 24 litres de carbonate de magnésie, 116 livres de carbonate de fer, et ainsi de suite.
- Lorsqu’on fait bouillir de l’eau qui contient des bicarbonates, ceux-ci décomposés, ils perdent leur acide carbonique et sont convertis en carbonates insolubles qui se précipitent ou forment une incrustation sur le vase qui a servi à faire l’ébullition.
- Il est souvent d’une grande importance pour le teinturier et pour celui qui emploie la vapeur de connaître jusqu’à quel point la dureté de l’eau est due à la présence de ces bicarbonates.
- Opérez de la manière suivante : Versez 100 centimètres de l’eau à examiner dans un flacon propre, muni d’un bouchon et d’un long tube droit. Faites bouillir doucement pendant une heure, en ayant soin que peu ou pas de vapeur ne s’échappe par le sommet du tube, filtrez le tout dans la burette divisée en centimètres cubes, et, s’il le faut, ajoutez de l’eau distillée pour que 'la surface du liquide atteigne la division 100, puis déterminez la dureté de l’eau avec le savon d’essai, en suivant les prescriptions données ci-dessus. La dureté ainsi obtenue est due à la présence de substances autres que le bichromate et est appelée dureté permanente de l’eau-, la perte de dureté résulte de l’ébullition, qui a enlevé les bicarbonates, et cette dureté ainsi perdue est désignée sous le nom de dureté temporaire.
- L’exemple suivant montrera comment on peut
- calculer les résultats d’un examen d’eau par le savon d’essai.
- Un échantillon demande 29,6 centimètres cubes de savon d’essai pour fournir une mousse persistante, et après ébullition d’une heure et filtrage, elle n’en exige que 7 centimètres cubes.
- Par conséquent :
- Dureté totale
- Dureté permanente
- Dureté temporaire
- Différence ou perte
- = 28,5 14 degrés. = 1,1 =1=141
- = 5,4 = 2
- — 16 — 16 — 9 ‘8
- — =12° environ.
- (A suivre.)
- NOIR D’ANILINE INVERDISSABLE
- PROCÉDÉ GRAWITZ
- Cet échantillon a été préparé par M. Grawitz, d’après son procédé breveté, publié plus haut.
- On peut constater la fixité de ce noir qui ne verdit pas par l’action des agents réducteurs, notamment par l’acide sulfureux.
- « 5 S ma -© ee
- JAUNES AU CHROMATE DE PLOMB
- Par Vaporisage
- OBTENUS AU MOYEN DU CHLORATE DE CHROME
- par MM. Storck et de Goninck
- Le chlorate de baryte qu’on trouve dans le commerce à des prix très-abordables, depuis qu’il est employé à la préparation de certains noirs d’aniline, permet, on le sait, de préparer facilement les autres chlorates métalliques.
- L’un d’eux, le chlorate de sesquioxyde dechrôme.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- c
- nous a fourni l’occasion d’observer un fait intéressant.
- Si, à une dissolution chaude et concentrée de chlorate de baryte, on ajoute la quantité d’alun de chrôme nécessaire pour précipiter toute la baryte, on obtient un liquide vert, déposant par le refroidissement, des cristaux de chlorate de potasse et contenant du chlorate de sesquioxyde de chrome.
- Quand on concentre le liquide en le chauffant, il perd peu à peu sa couleur verte et passe finalement au rouge orangé. Il est alors facile d’y constater la présence d’acide chrômique, tandis que le liquide primitif n’en contenait pas.
- Que l’on ajoute à du chlorate de sesquioxyde de chrôme une certaine quantité d’acétate de plomb, et qu’on maintienne le mélange pendant quelque temps à une température suffisamment élevée, on obtiendra un précipité de chrômate de plomb. Cette réaction remarquable nous a conduit à essayer de produire sur tissu le jaune de chôme par vaporisage.
- Un échantillon de calicot, imprégné du bain dont nous venons de parler, présente, après avoir été séché à l’air, la couleur vert-grisâtre des sels de sesquioxyde de chrôme. Quand on le vaporise, il prend une nuance jaune de chrôme assez intense, que les lavages n’enlèvent plus, et qu’un passage en chaux fait virer à l’orange.
- Nous avons essayé d’appliquer le même mélange à l’impression en l’épaississant de diverses manières, et nous avons rencontré beaucoup de difficultés.
- L’acide chrômique, d’une part, est particulièrement réduit par la matière organique, et le sesquioxyde de chrôme, fixé en même temps que le jaune, en ternit sensiblement la nuance; d’autre part la production simultanée d’un oxyde de chrôme affaiblit, à cette température élevée, sensiblement la fibre.
- En nous rendant compte des causes de ces accidents, nous avons réussi à les éviter, en employant l’amidon grillé clair comme épaississant, et en incorporant au mélange une quantité convenable d’oxyde de plomb précipité. Dans ces conditions, quand les proportions d’oxyde et d’acétatede plomb, de chlorate de chrôme, sont bien établies, on obtient non-seulement un jaune vif et brillant, mais l altération de la fibre est réduite à un minimum.
- Nous ajouterons que la production au vaporisage, d’un oxydant aussi énergique que l’acide chrômique,
- ; au sein d’un mélange primitivement inactif, nous j paraît susceptible d’applications diverses.
- (Société industrielle de Mulhouse).
- ÉTUDE ET THÉORIE
- DE LA FABRICATION DU ROUGE TURC OU D'ANDRINOPLE par M. Th. Château.
- L’auteur, M. Théodore Chateau, auquel nous devons déjà un traité encyclopédique sur la fabrication des couleurs d’aniline, le premier ouvrage complet paru sur cette matière, vient de publier dans le Moniteur scientifique, un mémoire très-étendu et très-substantiel sur l’historique et les moyens de fabrication du rouge turc, ainsi que sur la théorie de la formation de cette couleur.
- Ce travail sera un précieux document à consulter, tant par les industriels que par les chimistes qui s’intéressent à la fabrication de cette magnifique couleur. Ne pouvant le reproduire, par suite de son étendue et de son caractère purement historique et théorique, nous en publions au moins la conclusion, résultat de cette laborieuse étude e-qui en résume les données applicables par le pra ticien.
- Voici ci-dessous l’opinion de M. Th. Chateau sur cette question :
- A notre point de vue, il résulte de l’étude attentive des divers procédés de teinture en rouge turc, des observations que nous avons recueillies et des nôtres propres :
- 1° Que le corps gras employé apporte avec lui un acide gras, l’acide oléique, ou donne naissance à un acide gras, le même, ou un acide gras similaire, ou un mélange d’acides gras, où l’acide oléique prédomine -,
- 2° Que dans l’opération de l’anulage, cet acide gras, simple ou composé, se combinent avec une certaine quantité d’alumine mise en liberté dans cette opération, sel gras à base d’alumine qui peut aussi se former par voie de double décomposition entre les sels gras alcalins et les sels d’alumine ;
- 3° Que cet acide gras contracte, en même temps, une sorte de combinaison avec la matière albuminoïde, soit avec l’espèce d’albumine végétale des huiles dites tournantes, soit avec les matières albuminoïdes animales du jaune d’œuf, du sang, du
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fiel, lorsqu’on emploie ces matières, ce qui a lieu encore très-souvent, soit avec les matières albuminoïdes de la bouse de vache ou du crottin de mouton, de cabri, etc. ;
- 4° Que cette triple combinaison d’acides gras, d’alumine et de matière albuminoïde n’a pas la stabilité d’un composé défini, car des liquides neutres comme l’essence de térébenthine, l’acétone, l’essence de pétrole, le sulfure de carbone, l’alcool, etc., la dédouble, ou plutôt la divise en plusieurs parties, les unes solubles dans ces véhicules, les autres insolubles ou restant visqueux ;
- 50 Que cettetriple combinaison ne contractepas de combinaison intime avec la fibre végétale du coton, puisqu’il suffit de l’action de ces véhicules neutres pour la détacher du coton filé ou tissé, sur lequel il a été constaté d’ailleurs qu’elle n’est qu’à la surface, ou, en tous cas, à une faible profondeur, fait qui pourrait bien constituer un des caractères physiques de l'éclat du rouge turc ;
- 6° Que cette triple combinaison s’unit ou plutôt se teint au contact des matières colorantes de la garance, sans pour cela contracter de combinaison intime avec la fibre du coton, comme cela a lieu, ou au moins comme les faits semblent le prouver, dans les opérations de la teinture sur tissus mor-dantés ou mordants ordinaires;
- 70 Que la laque ainsi formée et isolée du tissu, ou produite à part, en dehors du coton, peut s’aviver par les moyens ordinaires d’avivage et de ro-sage ;
- 8° Que l'état d’hydratation, ou mieux ici, que l’état de dessiccation de la triple combinaison d’acides gras, d’alumine et de matière albuminoïde, entre pour une part dans l’élévation chromique du ton du rouge;
- 9° Que, lorsqu’on fait intervenir l’engallage dans la série des opérations (ce qui n’a pas toujours lieu), le tannin peut avoir pour effet d’isoler l’alumine (du sel d'alumine employé), en même temps d’isoler les matières colorantes dominantes de la garance (alizarine et purpurine), et enfin de donner une plus grande fixité à la combinaison quadruple ci-dessus.
- Nous sommes, on le voit, partisan de l’animalisation de la fibre végétale avec l’idée d'une modification intime à faire éprouver à la fibre, dans le but de lui donner la propriété des fibres animales, comme la laine ou la soie - nous entendons par animalisation, le dépôt à la surface, ou à une fai-e profondeur de la fibre végétale, d’un mordant
- organique animal et gras, particulier, qui permet à cette fibre filée ou tissée, servant de support, de se revêtir, dans l’acte de la teinture, proprement dite, d’une couleur uniforme.
- Ainsi que nous l’avons dit dans la première partie de ce travail, nous espérons que nos premières études historiques sur la garance, unies à celles qui forment l’objet du présent mémoire, jetteront quelques clartés sur les origines si obscures du rouge turc et sur la théorie de cette teinture, et pourront être de quelque utilité à de plus heureux que nous pour la recherche delà vérité.
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- EPAILLAGE CHIMIQUE
- REMARQUES SUR L’EFFET DE LA CARBONISATION SUR LES FIBRES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- Par M. J. Wiessner.
- L’auteur se borne à l’étude de la carbonisation des étoffes par l’acide sulfurique étendu, qui est l’agent le plus fréquemment employé pour l'épail-lage. Les différentes matières végétales qui souillent la laine ne sont pas affectées de la même manière par l’acide sulfurique faible. Parmi ces matières, l’auteur a isolé mécaniquement :
- 1° Les petits fruits épineux très-adhérents, connus sous le nom de gratterons; 2° des pailles et tiges de graminées ; 3° des fibres textiles grossières, notamment du jute, provenant sans nul doute de l’emballage ; 4° des fragments de feuilles et de tiges de plantes herbacées.
- A ces matières il faut ajouter les impuretés désignées par le nom de crottes de mouton et qui sont composées de cellulose pure, ligneuse ou pourvue de sa cuticule. Des expériences de carbonisation ont eu lieu sur ces trois variétés de cellulose, qui constituent en réalité le tissu cellulaire des divers éléments végétaux qui accompagnent les laines. Quant aux matières intracellulaires, telles que l’amidon, la chlorophylle, etc., leur destruction et leur élimination ne peuvent pas offrir de difficulté, une fois la cellulose détruite.
- Pour ces expériences, on s’est servi du papier à filtrer suédois comme cellulose pure; de jute et de bois de pin comme cellulose ligneuse ; et de coton brut comme cellulose cuticulaire.
- Ces substances ont été plongées pendant 15 minutes dans de l’acide sulfurique d’une richesse dé-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO
- C5
- terminée, à la température ordinaire, puis exprimées et chauffées à une température déterminée.
- Les fibres ligneuses, traitées ainsi par de l’acide sulfurique à 1 ou 2 0/0, puis chauffées à 55°, prennent rapidement un aspect brun et charbonneux et deviennent fragiles.
- La cellulose pure résiste un peu plus ; elle ne devient cassante qu’à 50°, ne brunit que vers 60° et ne charbonne qu’à 65°.
- La cuticule présente encore plus de résistance, car elle ne brunit, après le traitement à l’acide à 2 0/0, que vers 70-72° et charbonne à quelques degrés au-delà.
- L'effet est plus rapide si l’on augmente la force de l’acide et la température subséquente. Là encore c’est la cellulose ligneuse qui se détruit le plus vite, et la cuticule qui résiste le plus longtemps.
- Il est inutile, pour produire l'épaillage de la laine, de chauffer jusqu’au point où la cellulose brunit et se charbonne • il suffît d’atteindre la température à laquelle la cellulose devient fragile, car le moindre froissement suffit alors pour réduire en poudre les matières d’origine végétate.
- Pendant la carbonisation des matières végétales traitées par l’acide sulfurique faible, il se répand une odeur de caramel. On peut alors en extraire par l’eau des matières brunâtres dont la nature n’a pas été établie ; on a seulement constaté l’absence de sucre.
- Toutes les matières végétales citées plus haut sont en résumé détruites par l’action d’un acide à 2 ou 3 0/0 pendant une heure et par une exposition subséquente à 50-60°. Il en est d’autres, comme le liège et les écorces, qui résistent beaucoup plus. Ainsi le liège n’est pas modifié à 70° après un traitement par l’acide à 5 0/0.
- A ces expériences sur les fibres végétales, l’auteur en ajoute d’autres sur les fibres animales, faites dans les mêmes conditions, et les résultats qu’il annonce offrent un grand intérêt.
- Comme les fibres animales présentent entre elles une grande analogie tant sous le rapport de la structure que sous celui de la composition, l’auteur a choisi pour ses expériences celle qui présente le plus de constance dans sa structure et dans la régularité de son diamètre. Cette fibre est le crin de cheval, ou encore les soies de porc. Les expériences ont porté sur les modifications qu’apporte la carbonisation à la rupture des fibres par tension. Les crins employés mesuraient de 10 à 15 centi
- mètres de longueur sur 1000 de millimètres, ils ont été soumis à l’action de l’acide sulfurique à divers degrés et à des températures variant de 50 à 65°.
- Voici le résultat des expériences :
- VALEUR centésimale de l’acide empl. TEMPÉRATURE. POIDS AMENANT LA RUPTURE.
- Crin primitif. Crin carbon.
- 3 60-65° 495 540
- 4 » 480 568
- 5 » 400 450
- 6 » 410 412
- 7 50-60° 482 412
- 8 » 418 * 240
- En résumé, l’acide sulfurique de 1 à 5 0/0 a élevé la résistance du crin à la rupture. Avec l’acide à 6 0/0 la résistance reste sensiblement la même ; avec un acide plus fort, elle diminue.
- Du poil de chèvre angora a donné à peu près les mêmes résultats ; il en est de même de la laine de moutons {Zaclielwolle). Les fibres dont la résistance est diminuée en raison de la force de l’acide ne paraissent néanmoins pas modifiées dans leur aspect extérieur.
- Il faut avoir soin, dans la carbonisation par l'a-cide sulfurique, de laver les fibres ou tissus avec de la soude faible, afin qu’il ne reste pas d’acide sulfurique faible, qui continuerait à agir pendant la dessication.
- {Bull. Soc. Chimique).
- EPAILLAGE CHIMIQUE
- Un nouveau brevet vient d’être pris pour la destruction des matières végétales existant dans les laines, blousses, fils et tissus de laine neufs, chiffons de draperie, etc.
- C’est par l’emploi du sulfate d’ammoniaque sous l’action de la chaleur que M. Béranger, inventeur de ce procédé, pratique l’échardonnage.
- On immerge les matières à traiter dans un bain de sulfate d’ammoniaque et d’eau marquant 5 ou 6°. Le trempage dure vingt minutes, puis on passe à l’essoreuse et de là à l’étuve.
- Par ce procédé les nuances ne sont jamais atteintes, qu’elles soient grand-teint ou petit-teint.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TEINTURE
- PAR L’ALIZARINE ARTIFICIELLE
- Par M. R. Forster.
- Un beau rouge, semblable au rouge turc, ne peut s’obtenir que par l’intervention d’alumine et d’un acide gras. Pour le rouge turc, le coton à teindre doit être successivement huilé, aluné et passé en garance. Dans le procédé d’impression de Mercer, le fixage du corps gras détermine celui de l’alumine et de la matière colorante. L’auteur a cherché à simplifier ces procédés en fixant simultanément deux des éléments nécessaires. Pour cela, il fixe d’abord le mordant d’alumine, puis le mélange d'a-lizar ine et de matière grasse, en opérant comme il suit :
- Afin d’obtenir un bain contenant l'alizarine et l’acide gras dans un état de division suffisant, ce qui est indispensable, il dissout la quantité nécessaire d’alizarine et de savon, puis neutralise la solution par l’acide sulfurique : l’alizarine et l’acide gras se précipitent en flocons d’une grande ténuité qui se fixent très-facilement sur le mordant pour donner des couleurs très-vives et solides. La neutralisation est très-facile à atteindre : la couleur et les dimensions des flocons précipités sont un guide suffisant.
- (Dingler.)
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES
- TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 113,601.—Bouillet frères. — Machine à diviser et à retourner le poil. — En appliquant directement le ventilateur au dessous du cylindre-cardeur, le poil est attaqué par des aiguilles qui le divisent forcément, l’entraînent dans un courant d’air rapide, bien moins fort que celui du ventilateur ; pendant ce temps, les matières étrangères, plus lourdes que le poil, tombent sous l’action de la pesanteur.
- 113,607. — Delharpe. — Machine et procédé de teinture-impression. — La pièce de tissu passe immédiatement sur le rouleau fournisseur, tandis que le rouleau imprimeur qui porte le dessin ne
- reçoit pas de couleur et fait, en même temps qu’il imprime, l’office de compresseur. Le rouleau-fournisseur est recouvert d’une enveloppe de laine et plonge dans la bâche ou réservoir de couleur.
- 113,619. — HEILMANN-DUCOMMUN et Keilen.— Nouvelles dispositions pour rames ou appareils à sécher les tissus. — Les brevetés se réservent la propriété de toute chaîne garnie d’aiguilles, pinces ou autre moyen de serrage, disposée de telle sorte que, en cas de changement de direction de la chaîne, l’axe d’oscillation du maillon soit dans le prolongement de l’intersection des deux plans qui forment le tissu au moment où la chaîne et le tissu changeront de direction.
- 113,658. — QUINQUARLET-DUPONT. — Appareil à supporter les écheveaux pendant leur dévidage. — L’appareil se compose d’un montant qui suppôt te un balancier oscillant; chacun de ces deux organes est pourvu d’une tournette recevant l’écheveau ; un contrepoids placé à l’autre extrémité du balancier force toujours la matière à être tendue.
- 113,664. — Allard-Rousseau père et fils et Cie. — Application à la peigneuse Holden d’un appareil propre à perfectionner le peignage des matières filamenteuses. — Entre le peigne porteur de la peigneuse Holden et le cylindre d’étirage, les inventeurs interposent, à la partie inférieure, une plaque munie de coulisses de réglage, et, à la partie supérieure, une lame réglée par des vis ; cet assemblage est destiné à produire un effet de pinces qui ajoute au fini du travail.
- 113,667. — Bastardbogain (dame). — Application de l’impression en couleurs aux toiles destinées à la confection des pliants, chaises pliantes et autres meubles similaires. — Cette application donne aux sangles des pliants un effet décoratif imitant la tapisserie, la broderie, etc.
- 113,670. — Bortfeldt. — Moyen de rendre les chapeaux de soie plus souples pour la tête. — Le breveté parvient à ce résultat par l’emploi d’une galette de feutre qui, bien foulée d’une seule pièce, montre dans le bord la structure solide et élastique d’un chapeau de feutre, tandis que la tête est légère et peu serrée.
- 113,683. —'Littée. — Métier à bonneterie perfectionné. — Tous les mouvements de ce métier sont automatiques ; il utilise l’aiguille anglaise à bascule, et la maille se forme comme d’ordinaire; il est à double jeu d’aiguilles; l’une des fontures est horizontale, l’autre verticale. La fonture horizontale peut se déplacer de l’avant à l’arrière, et
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 35
- celle verticale glisse de haut en bas; des vis de réglage les mettent exactement en place. Les barres à crémaillère peuvent être changées de position, ce qui permet de varier à volonté la course des conducteurs.
- 113,684. — MEIFFREN. — Mastic, dit mastic cal-lorique végétal, destiné à protéger contre les pertes par radiation les chaudières et tuyaux de vapeur. — Le breveté amène à une consistance pâteuse un composé de 250 grammes de chiffon, 20 grammes de peau de lapin et 1 kilogramme de papier-, après application en couche de 3 à 5 centimètres, on recouvre l’enduit de coaltar ou autre peinture pré-servative.
- 113,688. — Richard. — Machine à imprimer les étoffes dites encadrées. — L’objet de cette invention est d’opérer mécaniquement le travail de l’impression des étoffes encadrées, au moyen de planches gravées venant alternativement en contact avec la pièce à imprimer et le bain de couleur.
- 113,693. — Tulpin frères. — Emploi de garnitures élastiques dans les machines à ramer. — En liège ou caoutchouc, ces garnitures sont confectionnées sous forme de baguettes de toutes sections logées dans l’intérieur des pinces.
- 113,695.—• Willm, Bouchardat et Girard. — Nouvelles matières colorantes. — Les inventeurs décrivent des matières colorantes obtenues au moyen des hypochlorites et des hypobromites alcalins sur les fluorescéines, et plus spécialement celles préparées avec les hypochlorites et leurs dérivés par l’action de l’acide nitrique.
- 113,718. — Petit. — Violet d’aniline pour teinture des cotons bon teint. — Le violet d’aniline teint les cotons en tissus ou en fils ou tout mélange de cette matière d’une couleur vive et chatoyante.
- 113,737. — Delacroix.—Plieuse rectométri-que, machine à plier, métrer et baguetter les tissus de toute nature et permettant d’obtenir toute longueur de pli. — La machine est basée sur l’idée du métrage de tous tissus au moyen d’un mouve-tuent de va-et-vient rectiligne (et c’est ce mouve-ment qui peut facilement varier) qui plie le tissu, lequel, à chaque pli, est tenu à la pliure par une pince ou plaque en fonte garnie de pointes. Les plis se font horizontalement et au-dessus d’une table ; mais cette table est mobilisée par le mouvement de la machine, de telle sorte que le pliage se fait toujours dans le vide. La bielle qui commande le sabre est attaquée par un levier dans le
- quel est agencée une disposition de vis et d’écrous qui a pour objet de faire approcher ou éloigner du centre d'oscillation du levier, la tête de la bielle, et conséquemment de diminuer ou d’augmenter la course de cette bielle. La table descend sous l’impression d’un mouvement différentiel à friction, le compteur est également à friction.
- 113,748. — Lambotte. — Procédé de^teinture propre au traitement de certaines matières filamenteuses, brutes ou travaillées. — Le procédé a pour objet : la dissolution ou la formation des matières tinctoriales dans les substances d’origine organique lorsqu’on met celles-ci en contact immédiat avec les acétates de soude ou de potasse; la fixation des couleurs obtenues par les composés alumineux et surtout par les aluminates de soude ou de potasse, et le remplacement, comme moyen économique et avantageux sous le rapport de l’intensité des colorations, des acétates alcalins par le suint des laines.
- 113,788. — TAVERNIER (les sieurs) et Ott. — Combinaison nouvelle d’étirage par pince, applicable aux peigneuses ayant une frange circulaire extérieure peignée. — Les brevetés revendiquent : 1° l’application aux peigneuses dites square-motion, parmi lesquelles figurent les peigneuses Hol-den, d'un système d’étirage par pince ; 2° l’application d’une soufflerie ou autre moyen, afin de soutenir les mèches normalement au peigne au moment du pinçage -, 3° la superposition des mèches arrachées à l’aide de gills; 4° l’emploi d’un segment nacteur s'interposant entre la pince et le peigne au moment de l’arrachage, ledit segment pouvant suivre pendant un certain temps le mouvement du peigne circulaire, puis se relevant pour reprendre immédiaiement sa première position; 5° le nettoyage du segment au moyen de brosses, tabliers de cardes ou autrement.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- LE CONGRÈS DES TEINTURIERS ET L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 A PARIS.
- Déjà deux fois j’ai trouvé l’hospitalité dans les colonnes du Moniteur de la Teinture pour développer l’idée d’un congrès des teinturiers de France. Cette fois encore, je réclame des rédacteurs de cette feuille intelligente une petite place pour cette lettre.
- L’exposition offre une occasion favorable à toute
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- réunion d’un caractère général, car incontestablement beaucoup d’industriels voudront juger par eux-mêmes du mérite et de la valeur des choses exposées se rapportant à leur spécialité.
- L’industrie de la teinture est sans contredit une de celles qui aident le plus puissamment à la fabrication de ces milliers d’articles fabriqués, qui servent soit à l’habillement, soit à l’ornementation, soit aux arts ; et en ne perdant pas de vue le but que j’ai proposé d’atteindre, celui de la création d’une école professionnelle,, pépinière de teinturiers et de coloristes vraiment expérimentés, on comprendra que c’est une occasion naturelle dont nous devrons profiter.
- Que chaque intéressé se reporte aux avantages qu’il pourrait tirer d’une exposition faite par une semblable institution et lui offrant soit l’outillage perfectionné qu’il cherche à se procurer soit les moyens d’application des produits nouveaux qui lui sont journellement offerts et il aura une idée juste et précise des services rendus par l’école dont je tente la création.
- Ce ne serait plus une exposition individuelle n’offrant qu’une partie isolée de la chose cherchée, mais une exposition collective de tous les moyens connus et permettant de juger soit en détail, soit par ensemble du mérite des outils, des appareils et des produits employés. Ce jugement serait assis sur des résultats palpables, car dans ce cas et avec l’application industrielle et journalière qui se ferait à l’exposition, chaque intéressé assisterait au travail d’atelier.
- Il est à peu près certain que pour l’exposition de 1878 ce programme ne pourrait pas être réalisé, mais elle fournira une occasion de réunion dont les effets pourraient être prompts si l’empressement était grand.
- De la comparaison des moyens groupés, l’industriel trouverait aisément son chemin et saurait vers quel constructeur, vers quel fournisseur il devrait se diriger, eu égard à ses besoins et au milieu dans lequel il se trouve.
- Je le répète, notre industrie, qui prélude à tant d’industries différentes, n’a pas le moyen de fusionner ses idées ; elle est disséminée sur toute la surface du territoire. Nous tous, teinturiers, nous sommes obligés à des efforts individuels, nous manquons de l’émulation nécessaire.
- Notre apprentissage ne se fait que d’une façon incomplète, car pour nous renseigner sur les méthodes employées dans les milliers de nos ateliers, il faudrait rester apprenti toute sa vie.
- Je ne crois pas être exagéré en supposant 6 ou 7 mille ateliers de teinture répandus dans nos 36 mille communes.
- Sauf les centres qui groupent au plus 100 ate
- liers, les autres sont disséminés par petits groupes de 2 ou 3 par localité.
- Dans cet état, il y a toujours jalousie de métier, souvent concurrence, et en tous cas impossibilité de fusion de moyens.
- Et puis dans les centres où les ateliers sont nombreux, les connaissances sont spéciales — là c’est la laine, ici le coton, dans un autre centre la soie, dans un autre les peaux, ici le bois ou les matières diverses, ivoire, os, cornes, etc., sans oublier que chacune de ces matières se présente sous des formes différentes, pour des applications diverses.
- Et cependant l’industrie tend aujourd’hui à fabriquer des produits nouveaux ou variés où entrent souvent les matières les plus diverses.
- Le teinturier doit avoir des connaissances très étendues, sous peine de ne pas tirer tout le parti possible de son industrie quand il n’enraye pas l’industrie de ceux qui se servent de lui.
- Une école professionnelle de teinture ne devrait pas avoir pour adhérents seulement des teinturiers, mais encore tous ceux qui s’occupent de produits textiles, d’ornement ou d’art.
- Je rappelle donc aux personnes que cette idée ralliera que je serai heureux de me mettre en rapport avec elles et qu’elles peuvent m’écrire à La Moncelle, par Sedan (Ardennes).
- J’ose espérer que Messieurs Gouillon et Blondeau dont la serviabilité nous est connue, mettront leur office à la disposition des adhérents et qu’avec de la persévérance et des efforts nous arriverons à rompre le cercle de notre isolement.
- C. DREVET Fils, Teinturier chimiste, à La Moncelle, (Ardennes).
- Il est évident que le Moniteur de la Teinture ne peut qu’approuver et seconder de son mieux une semblable entreprise, qui serait si fertile en heureux résultats, et mettra à sa disposition tous ses moyens d’action.
- Nous engageons nos lecteurs à accorder à cette proposition toute l’attention et la considération qu’elle mérite. G. et B.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Fabrique d’Acide tartrique Alun de potasse, d’ammoniaque et extra-pur.
- Demande de représentants sur chaque place.
- Les Gérants : F. GOUILLON & P. Blondeau.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21° Année, No 4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Février 1877
- SOMMAIRE
- Montage et conduite des cuves à indigo (suite), par M. Ch. DREVET fils. — Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. G. JARMAIN. — Noir d’aniline sans verdissage, par M. Camille KOCHLIN. — Noir d’aniline, par MM. KOCHLN Frères. — Nouvelle couleur gris-de-fer pour pâtes à papier, par M. Auguste Abadie (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Lavage et battage par un choc liquide, par M. VASSIVIRE. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Exposition universelle de 1878: Classification des produits.
- MONTAGE ET CONDUITE
- DES CUVES A INDIGO
- (Suite) (I)
- Quand on se sert de cuves à froid, on commence par enlever aussi bien que possible l’écume ou la fleurée qui les couvre en la reportant d’une cuve sur l’autre, car elle tacherait les écheveaux ou les tissus de grandes plaques cuivrées-, on reporte cette fleurée sur une autre cuve, car elle contient de l’indigo qui se redissout peu à peu. On tire donc de cette pratique deux avantages : d’abord de ne pas tacher et ensuite de ne pas perdre de l’indigo.
- Les écheveaux se passent sur des lisoirs au nombre de deux ou trois, contenant chacun trois ou quatre poignées.
- On procède, comme nous l’avons vu pour les laines, en passant d’abord sur les cuves les plus faibles pour passer successivement sur les plus fortes.
- Après chaque palliement, on cheville les écheveaux, on les étend, on les ouvre pour que le déverdi soit complet. Ce chevillage se fait au-dessus d’un baquet pour recueillir le liquide exprimé qui retourne dans les cuves. Le lavage ne se donne qu après le dernier passage et quand la nuance voulue est acquise. Il est bon, dans ce cas, de passer les cotons sur un bain acide, soit que l’on emploie l’acide sulfurique, soit que l’on emploie l'a-cide chlorhydrique. Ce dernier est préférable en
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, du 20 janvier, année courante, p. 13 et suivantes.
- ce qu’il forme des sels solubles avec les alcalis terreux qui sont retenus dans les cotons, et qui s’échappent facilement au lavage.
- Les toiles ou les tissus se teignent à l’aide d’une champagne qui a la forme d’un croisillon à six, huit ou dix bras, partant d’un même centre et qui sont garnis sur une de leurs faces perpendiculaires de crochets où se fixent les tissus par une de ses lisières ou par une de ses extrémités s’il s’agit de pièces entières (pièces de bonneterie). Pendant ce temps du palliement, on donne à cette champagne des impulsions de droite à gauche et de gauche à droite pour aider à l’uniture. Le palliement achevé, on enlève le tout perpendiculairement à l’aide d’un palan ou d’une poulie, ou de tout autre système, et on laisse égoutter au-dessus de la cuve.
- Quand on emploie la cuve à chaud, les manipulations subissent des changements assez importants pour être signalés ici.
- Disons d’abord que le coton s’accommode mal de ce genre de cuve, qu’il éprouve une espèce de contraction qui paralyse en partie le peu d’affinité qu’il a pour les bains de teinture, que ce n’est donc qu’avec beaucoup de soins qu’on triomphe de cette répulsion et que le travail de la cuve à chaud pour les cotons entraîne à des longueurs, à des manipulations beaucoup plus nombreuses que celui de la cuve à froid.
- Mais aussi le coton est plus intimement pénétré, la couleur est plus fixe, est aussi grand teint que possible.
- Ayant donc à sa disposition des cuves à chaud, on y passe le coton par petites quantités sur des lisoirs courts et deux poignées à la. fois par chaque lisoir, celui-ci étant complètement couvert par le bain. On manipule constamment en ouvrant tou-
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- 38 LE MONITEUR DE
- LA TEINTURE
- jours les écheveaux et en les vaguant doucement pour ne pas trop agiter le bain.
- Il va sans dire que, dans de grandes cuves, on peut manipuler à trois, quatre, cinq ou même six hommes ensemble, ayant chacun un lisoir à manœuvrer.
- Après chaque palliement, on tord, on évente et on cheville. Toutes ces manipulations doivent être faites rapidement sans traîner.
- On donne autant de palliements qu’il est jugé nécessaire, et en dernier lieu, quand on échantillonne, on n’entre qu’un échantillon à la fois -, dans ce cas et pour ne pas perdre de temps et ne pas confier l’échantillonnage au premier venu, chaque échantillonneur est accompagné d’un manœuvre qui saisit l’écheveau, le tord, l’évente et le cheville.
- Quand il s’agit d’obtenir des bleus résistant aux lessives, ou offrant une grande résistance, on donne d’abord trois ou quatre palliements, puis on passe en acide, on lave et on passe au bain de chlorure de chaux; on lave de nouveau, on cheville fortement, on sèche, puis on recommence une nouvelle séries de palliements, suivis d’une nouvelle série de lavages, de passages en acide et au chlorure de chaux et même d’une lessive au carbonate de soude.
- On comprendra facilement qu’à l’aide de ces précautions, on obtienne des bleus d’une solidité relativement très-grande.
- Disons que l’on donne ainsi jusqu’à trente palliements aux mêmes cotons.
- Les cotons ou les fils de lin ou de chanvre, ou d’autres matières végétales, et qui entrent dans la composition des tissus, qui sont la plupart du temps recouverts par des trames en laine, se teignent en bleu d’indigo par la cuve à froid, et sont remontés par l'oxymuriate d’étain et la décoction de campêche ; c’est du reste la préparation à laquelle on soumet les toiles pour vêtements et qui doivent être teintes en bleu foncé.
- Ce remontage est très-simple, il se fait à froid, en passant les bleus dans un bain d’oxymuriate d’étain (bichlorure d’étain), chargé à 2 p. 100 et pendant quinze minutes -, puis, en laissant égoutter les matières et les manœuvrant ensuite dans un bain de campêche marquant 2/10 de degré à l’aréomètre Baumé, le bleu monte de suite. On termine par un court lavage et un léger chevillage.
- Les bleus sur fibres végétales ne donnent pas lieu, comme sur les fibres animales, à ces types
- nombreux se rapprochant du type indigo; nous n’aurons donc pas à entrer dans l’étude des bleus remontés.
- Ce qui nous reste à dire a trait aux verts, qui empruntent le secours du guèdre, car nous ne devons pas perdre de vue que nous étudions la question du guèdre avant tout, et que notre but n’est pas d’obtenir des types nombreux et divers par cet atelier, mais de nous mettre en garde contre les accidents qui pourraient découler pour nos cuves à indigo du travail qu’elles doivent fournir.
- VERTS GRAND TEINT SUR COTON.
- Les verts grand teint obtenus sur coton diffèrent des verts obtenus sur laine, en ce qu’on commence toujours par la teinture en bleu pour les premiers et qu’on finit toujours par la teinture en jaune.
- Voici,la marche généralement suivie pour produire cette coloration :
- On donne un pied de bleu de cuve à chaud ou à froid, puis on mordante sur un bain d’acétate ou de pyrolignite d’alumine marquant 5° à l’aréomètre et pendant trois ou quatre heures ; on sèche, on lave et on teint sur un bain tiède de quercitron à raison de 50 p. 100 du poids du coton -, enfin, pour aviver ce vert, on le lave dans un bain d’alun.
- Les sels d’étain fournissent aussi de beaux jaunes qui, développés sur des fonds bleus, produisent de beaux verts.
- A cet effet, on alune les cotons bleus sur un bain d’alun, à raison de 15 p. 100, puis on passe sur un bain de sel d’étain marquant un degré Baumé; on tord et on teint en quercitron, puis l’on revient successivement sur les bains de mordant et de teinture ; on lave et on avive en dernier lieu sur un bain d’eau froide contenant un peu de sel d’étain.
- La gaude peut être substituée au quercitron et les mêmes mordants sont employés; cependant le sel d’étain devra être employé en moindre quantité, car les sels d’alumine sont les mordants naturels de cette matière colorante.
- Il n’y a donc aucune observation particulière à faire au sujet de la coloration en vert sur coton par rapport aux cuves, puisque cela revient toujours à teindre les matières blanches en bleu.
- UTILISATION DES RÉSIDUS.
- Les bains épuisés, les outils usés, les égouts sont dans un guèdre des causes de déperdition d’indigo-, or, il ne sera pas inopportun de rechercher les moyens de reprendre cet indigo et de voir de quelle manière on pourra en tirer parti.
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- Les pieds de cuves vieilles seront mis égouttés dans de grands baquets ou jetés sur des filtres en grosse toile et lavés à plusieurs reprises par décantation ou par filtration, et quand on les jugera suffisamment lavés, ils seront traités par de l’acide chlorhydrique à 8 ou 10° Baumé, puis de nouveau lavés.
- L’acide et les lavages entraîneront à peu près toute la chaux du résidu ; il restera de l’indigo, des matières terreuses et des matières végétales. On sèche aussi complètement que possible cette boue, et on la traite par l’acide sulfurique concentré, qui dissout l’indigo et carbonise les matières végétales. Cette dissolution terminée, on l’étend d’eau, qui laisse surnager les parties charbonnées et précipiter les matières terreuses; par décantation, on obtient en dernier lieu une dissolution de sulfate d’indigo très-convenable pour la production des nuances foncées, telles que gros verts, bruns, marrons, etc.
- Quand il s’agit d’outillage, on laisse sécher les outils et on les bat pour en détacher le plus possible des couches solides qui y adhèrent, et on traite ces résidus par l’acide chlorhydrique comme dans le cas précédent.
- Les bois, les cordages, les paniers, etc. incrustés d’indigo sont bouillis pendant huit ou dix heures dans une lessive très-caustique de potasse, qui dé-sagrège la cellulose et qui laisse précipiter la chaux et les matières terreuses ; la dissolution caustique d’indigo peut être directement employée dans les cuves à indigo ou être convertie en sulfate comme dans les cas précédents.
- Les bains d’égout sont généralement employés au remplissage des cuves à la fin de chaque journée ou même pendant le temps du travail-, mais dans le cas où ils ne seraient pas jugés propres à cet emploi, on les laisserait déposer après les avoir vigoureusement fouettés pour en précipiter tout l’indigo à l’état insoluble, et le résidu en serait mis de côté, après décantation et même lavage, pour être traité ultérieurement avec d’autres.
- Je termine cette communication en assurant au lecteur que tous les renseignements que j’ai fournis ont été puisés à l’école de la pratique industrielle, mais en le mettant en garde contre lui-même, car J ai dû forcément et malgré moi laisser une part à l'initiative personnelle. D’ailleurs, chacun a sa manière qui lui est propre d’envisager un même fait, et puis il ne m’est pas donné d’embrasser tous les cas possibles.
- Je crois donc avoir rempli le cadre que je m’étais tracé, surtout si le lecteur veut bien penser que ces documents ont été écrits à main levée.
- Ch. Brevet fils.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- (Suite)
- IL EXAMEN RELATIF AUX COMPOSÉS DE FER.
- Ces composés forment une impureté très-préjudiciable, car un grand nombre de couleurs ne peuvent s’appliquer d’une manière satisfaisante, si l’eau contient du fer, même en petite quantité. Le fer se trouve ordinairement sous la forme de bicarbonate ou sulfate de protoxyde (bicarbonate ou sulfate ferreux), le premier composé d’eau étant le plus fréquent. Quand le fer existe en quantité appréciable, il trahit sa présence par l’eau qui se trouble quand elle est exposée à l’air dans un vase ouvert, et qui redevient plus ou moins claire, quelques heures après, lorsqu’il s’est déposé au fond un sédiment d’un brun rougeâtre. Ce dépôt consiste en fer converti en péroxyde hydraté insoluble (hydrate ferrique) par l’action oxydante de l’air.
- On peut aussi découvrir le fer en ajoutant à l’eau quelques gouttes de prussiate rouge de potasse qui lui donnent une coloration bleue. Quand le fer existe en petite quantité, on le trouve en faisant bouillir une partie de l’eau dans un flacon ou dans une capsule jusqu’à ce que son volume soit réduit au dixième ; le fer à l’état de péroxyde apparaît alors sous forme d’un sédiment brun qu’on peut dissoudre dans une petite quantité d’acide hydro-chlorique et qu’on essaie comme ci-dessus.
- III. EXAMEN AVEC UNE DÉCOCTION DE CAMPECHE.
- La décoction de campêche est un réactif excessivement délicat, car elle montre par les diverses teintes qu’elle prend, les impuretés contenues dans l’eau. Pour obtenir cette décotion, on fait bouillir pendant 5 minutes 1 once (28 gr. 33) de copeaux de campêche dans 4 onces (113 gr. 35) d’eau distillée, on laisse reposer jusqu’à complet refroidis- , sement et puis l’on filtre.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On verse l’eau à examiner dans une mesure de 100 centimètres cubes, ou dans une longue bouteille en verre blanc; on y ajoute ensuite quelques gouttes de l’infusion et on observe la coloration sans agiter l’eau.
- On remarquera les réactions suivantes :
- Eeau distillée.. Couleur d’ambre foncé ou de sherry.
- Eau ne contenant que :
- Sulfate ou chlorure de chaux........... Ambre rouge devenu brun rouge.
- Sulfate ou chlorure
- de magnésie..... Ambre devenu plus foncé.
- Bicarbonate de ch. Claret (vin de Bordeaux) prenant une teinte plus bleue.
- Bicarbonate de magnésie ............ Claret rouge devenu plus bleu.
- Bicarbonate ou sulfate ferreux....... Noir olive passant au noir bleu.
- Carbonates alcalins, carbonate de po-
- tasse ou de soude. Cerise foncé.
- Acides libres...... Ambre clair.
- L’intensité de la coloration est dans chaque cas proportionnelle à la quantité d’impureté spéciale que contient la solution. Quand il existe plusieurs impuretés mélangées, la coloration s’en ressent et prend un caractère mixte, mais on reconnaît facilement, même ne serait-il pas considérable, tout écart du type — l’eau distillée.
- IV. MATIÈRE ORGANIQUE.
- La présence de la matière organique, dans une proportion qui serait nuisible à l’industrie des laines, se trahit généralement par la coloration brune qu’elle donne à l’eau, ou par la production d’une écume brunâtre lorsqu’on chauffe celte eau jusqu’à l’ébullition. On peut cependant confondre cette substance brune avec de l’oxyde de fer qui lui ressemble beaucoup par la couleur. Il suffira, pour en décider, d’enlever une partie de cette matière, de la faire sécher, et brûler -, si c’est un produit organique, il brûlera presque complètement, si c’est de l’oxyde de fer, il restera une poudre rouge.
- V. ESSAI PAR LA TEINTURE.
- Pour savoir si une eau peut être convenablement employée pour obtenir certaines couleurs, il est rationnel de teindre avec elle, sur une petite échelle, des échantillons de laine ; en même temps, on teindra, par comparaison, des échantillons en se servant d’eau distillée ou de toute autre eau reconnue bonne pour la teinture, et l’on aura bien soin de prendre dans chaque cas le même poids de matiè
- res et de couleurs semblables, avec une même température et une égale durée de temps. Enfin, on observera avec la plus grande attention si les articles teints subissent quelque changement sensible de couleur lorsqu’on les a finalement rincés ou lavés à fond dans la même eau.
- Le teinturier avisera lui-même au choix des couleurs qu’il veut essayer.
- Toutes ces petites opérations se pratiquent pour le mieux dans une bassine en fer émaillé que l’on fait chauffer sur un fort bec de gaz.
- Après avoir examiné l’eau par les cinq opérations que nous venons de décrire, on connaît parfaitement ses qualités pour remplir les conditions qu’on en exige, et l’on aura révélé toutes les substances nuisibles qui peuvent s’y trouver.
- Influence des impuretés contenues dans l’eau sur les opérations du dégraissage, du lavage et de la teinture.
- 1. IMPURETÉS CALCAIRES ET MAGNÉSIQUES.
- Leur influence sur le dégraissage avec le savon. — Ces impuretés, sous quelque forme qu’elles se trouvent dans l’eau, décomposent et détruisen comme un détergent leur équivalent de savon, en convertissant celui-ci en savon de chaux ou de magnésie qui est insoluble et graisseux ; non-seulement il n’est pas détersif, mais il ajoute encore à la difficulté que' l’on a d’obtenir ensuite un lavage complet. Chaque livre de craie ou de carbonate de chaux dissoute dans l’eau détruit 10 livres de savon. Le savon insoluble, ainsi formé, ne peut être enlevé que par le lavage de la laine ou du tissu ; il y reste très-fortement attaché et est souvent très-pernicieux dans le bain de teinture, parce qu’il produit des irrégularités dans la réception du mordant et de la couleur. J’ai donc mentionné sept degrés de dureté comme étant la limite extrême que doit posséder l’eau pour qu’elle puisse être employée convenablement pour le dégraissage dans lequel on se sert de savon.
- De plus, pendant le lavage de laine ou du tissu par le savon, le mal est aggravé par l’eau fraîche qui agit sur l’excès de savon qui a été employé dans le dégraissage; cet excès se convertit en savon insoluble qui vient s’ajouter à celui qui s’était déjà formé.
- Leur influence sur le dégraissage avec les carbonates alcalins et l’urine. — Les sels calcaires et magnésiques, à l’état de sulfates ou de chlorures, paraissent n’avoir aucune influence sur la récep-
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- tion du mordant ou de la teinture, les eaux qui les contiennent agissent, en ce qui concerne au moins la teinture des laines, comme des eaux pures.
- Lorsque les sels sont à l’état de carbonates, tenus en solution par l’acide carbonique (bicarbonates} ils occasionnent souvent beaucoup d’embarras.
- 1° Ils diminuent l’effet du mordant et nécessitent beaucoup de soin pour neutraliser cette tendance mauvaise par l'emploi d’un acide de tartre.
- 2° Ils produisent le plus souvent une nuance de couleur différente dans la laine de teinture, et exigent beaucoup d’habileté et d'expérience pour obtenir des résultats uniformes.
- En somme, le teinturier a beaucoup à se plaindre de ces carbonates terreux, car ils bleuissent ses écarlates de cochenille et ses pourpres ; ils bleuissent les rouges de ses bois rouges ; ils renforcent ses couleurs de campêche, du fustic et des écorces, mais aux dépens de leur éclat, et cette vigueur même n’est pas permanente ; ils détruisent son tartre, qui se dépense à convertir les carbonates terreux en tartrates ; leur action a généralement pour effet de diminuer l'énerger du mordant.
- II. IMPURETÉS SOUS LA FORME DE SELS DE FER (EAUX FERRUGINEUSES).
- Leur influence sur le dégraissage. — Avec du savon, ces sels agissent comme les sels calciques et magnésiques ; ils produisent un savon de fer qui adhère à la laine et cause même beaucoup plus de préjudice que les savons de chaux ou de magnésie, car elle affecte sérieusement les couleurs que l’on applique ensuite sur la fibre. Avec les carbonates alcalins (cendre sodique, urine), l’oxyde ou hydrate de fer est précipité, adhère plus ou moins à la laine ou au tissu et constitue une source constante d anxiété et d’ennuis pour le teinturier.
- Leur influence sur la teinture. — Comme les sels de fer ont toujours pour effet d’attrister le ton des couleurs, on espérait en vain obtenir des nuances brillantes quand on emploie de l’eau ferrugi-neuse. Outre les teintes foncées, tristes et noires, 1 usage de cette eau produit des couleurs peu satisfaisantes. J’ai souvent remarqué des nuances et des taches de rouille sur les pièces qui avaient été teintes avec cette eau.
- III. IMPURETÉS SOUS LA FORME DE CARBONATES ALCALINS.
- Leur influence sur le dégraissage. — Quand 1 eau n’est pas aussi chargée de carbonates terreux, la présence des carbonates alcalins est plutôt avan
- tageuse que préjudiciable dans le dégraissage fait soit avec le savon, soit avec/les carbonates alcalins.
- Leur influence sur la teinture. — Je ne connais rien de plus désastreux pour le teinturier qu’une eau dans une condition alcaline. Dans le mordançage. ces carbonates précipitent les bases de fer, d’étain, les sels de cuivre et d’alun, et réduisent le bichromate de potasse à l’état de chromate jaune qui est un mordant bien moins efficace. Ils agissent sur les mordants de même que les carbonates terreux, mais leur action est plus énergique et plus tranchée. Leur mauvaise influence ne peut être évitée que par l’usage d’un acide servant à neutraliser l’alcalinité de l’eau.
- Je le répète, je ne connais pas d’eau qui donne au teinturier autant de tracas que cette eau alcaline, et, malheureusement, elle est trop commune dans les districts à laine du Yorkshire, où le teinturier tire son eau, qui paraît être chargée de carbonate de soude, de puits creusés dans les couches inférieures du terrain houiller.
- (A suivre.)
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- NOIR D’ANILINE SANS VERDISSAGE
- Par M. Camille Kœchlin.
- Lorsqu’une couleur nouvelle apparaît, la mode s’en empare et elle y fait son temps. Ce temps fut d’une période plus prodigue pour le noir d’aniline que pour tout autre. La solidité et la distinction de cette nuance en permirent un usage si varié, si général, que ce qui jadis eût marqué le deuil était devenu nouveauté. Est-ce à cette vogue, ou serait-ce en raison de la simplicité des formes qui, au début, ne consistaient qu’en dessins massifs (fonds, pékins, pois...) ? Le fait est que la consommation garda un silence indulgent sur le côté faible de cette couleur, et que ce n’est que lorsqu’elle parut en impressions fines, légères, en gravures à imitation de tissus que les récriminations vinrent à éclater de toutes parts. Ce noir qui, jusque-là, et contrairement aux autres couleurs, semblait même gagner au porter et aux lessives; ce noir qui avait résisté à toutes nos fabrications, bravé nos températures, nos acides, nos alcalis ; ce noir, sous certaines influences et emmagasinages, était sujet à verdir. Il contractait ce défaut au contact des émanations sulfureuses (acides sulfureux, sulfhydrates). C’était rencontrer son ennemi partout où la houille
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- chauffait, où le gaz éclairait. Cette altération, de la nature des fleurs roses et violettes sous lesquelles on brûlerait des allumettes, n’est qu’une réduction momentanée et non une détérioration irrémédiable dans le genre de celle qu’éprouvait dans.les mêmes circonstances la pourpre de Tyr (murexyde); le noir verdi était déjà susceptible de se refaire en grande partie au premier savonnage. Mais cette malheureuse disposition, cette teinte hideuse qui s’ensuivait mettait sérieusement en question l’existence d’une couleur si commode à notre industrie, si on ne parvenait à réhabiliter la méfiance de la consommation. Eviter le verdissage était un problème posé aux chimistes.
- Ils n’ignoraient pas une recette qui donnait un noir inverdissable : c’était celle dans laquelle le sel métallique de Lightfoot, cuivre ou vanadium, était remplacé par unferricyanure. Cette substitution, mise en pratique dans la maison Schwartz-Huguenin par M. Cordillot peu de temps après la découverte du noir, exigeait, pour donner la solidité en question, ne pas verdir, qu’un vaporisage d’une durée suffisante suivît son aérage. Ce noir d’aniline n’attaquait pas les racles -, il affaiblissait la fibre organique moins que tout autre, supportait le vaporisage, mais, plus cher de composition et de conservation plus éphémère, il fut à tort négligé à une époque où la question de verdissage n’était pas encore soulevée.
- On avait encore pour exemple des laques noir d’aniline au fer, les gris d’aniline provenant d'un fixage direct au chromate de potasse concentré et bouillant, ainsi que les grenats de naphtylamine obtenus par le même procédé, couleurs qui restaient insensibles aux réductions atmosphériques ; enfin, la pratique suivie chez quelques fabricants anglais de laver entre l’aérage et le lavage.
- La propriété exceptionnelle du noir au ferricya-nure suggéra toutefois l’idée d’essayer l’action des ferricyanures sur les noirs ordinaires déjà fixés sur tissus. Sous une influence alcaline, influence si énergique sur les substances organiques, les ferricyanures n’exercèrent ici qu’une action pareille à celle des hypochlorites; le noir rougissait sans y devenir inverdissable. Il n’en fut pas de même de l’acide ferricyanhydrique. La réaction alors devient identique à celle de la couleur au ferricyanure vaporisée : les noirs qui en sortaient avaient perdu toute sensibilité à l’acide sulfureux. M. Jeanmaire, qui avait imaginé ce contrôle heureux, ne parvint pas à l’utiliser en raison du bleu
- que cette opération déposait sur le tissu. Il eut recours à un autre procédé ferrique au nitrate acide. Les noirs y acquéraient la fixité demandée : ceux qui avaient verdi y devenaient inverdissables.
- Le noir d’aniline provenant de simple aérage est donc un noir de composition inachevée. Ce fait établi, les méthodes ne restent pas limitées au métal ferrique. D’autres chimistes y ajoutèrent l’acide chromique ; les chromâtes concentrés (précédant le nettoyage) ; le chlorochlorate d’alumine; procédés qui trouvaient leur application selon que le noir était accompagné ou de cachou , ou de jaune de chrome, ou de rouge garance, etc. Lorsque le procédé des frères Kœchlin commença à s’ébruiter, deux chimistes, MM. Dupuis et Durand, y ajoutèrent simultanément les nitrites. Ces composés exigeraient une température moindre et seraient sans effet sur les couleurs étrangères au noir. Ces avantages engagèrent MM. Durand et Huguenin, de Bâle, à proposer au commerce un produit de leur fabrication, l’acide sulfazotique, acide que M. Guinon, de la maison Guinon, Marnas et Bonet, de Lyon, employait, il y a passé quarante ans, pour la fixation des cachous.
- En devenant inverdissable, le noir atteint son plus beau degré de nuance, au maximum d’oxydation son maximum de coloration. Il perd le ton violacé qui lui restait souvent, perte qui pourrait dégénérer en appauvrissement si le noir n’avait pas eu l’intensité suffisante ou que le fixateur n’ait pas été convenablement titré. Il sera toujours prudent de l’ajouter par fractions, surtout quand l’indigo fait partie delà fabrication.
- Pour être rendu inverdissable, le noir ne cesse pas d’être matière colorante sensible comme toute autre aux réactions acides ou alcalines. Ces réactions ne se manifesteront toutefois que comme reflets plus ou moins roux -, le vert ne sera plus à redouter.
- Les procédés que MM. Kœchlin frères indiquent dans leur pli cacheté, et dont je viens de retracer à la hâte l’histoire, se pratiquent chez eux depuis un an. Les marchandises que ces messieurs avaient à l’exposition en font foi. Ces procédés, en résumé, ne consistent pas en une recette d’un noir inverdissable, mais dans le fait de rendre inverdissable tout noir d’aniline ou dérivé de noir ou couleur alcaloïdale analogue.
- {Moniteur scientifique.)
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- NOIR D’ANILINE
- Par MM. Kœchlin frères.
- Les noirs d’aniline, soumis à des agents réducteurs acides, tels que l’acide sulfureux ou l'hydro- ! gène sulfuré (soit en dissolution, soit à l’état | gazeux), prennent une coloration verdâtre, due | surtout à leur transformation plus ou moins complète en éméraldine, qui, bleu foncé à l’état alcalin, devient verte par les moindres traces d’acide.
- Il existe un produit plus oxydé que le noir d’aniline, qui n’est plus transformé en éméraldine par les réducteurs alcalins ou acides, et que l’on obtient de la manière suivante :
- Le noir d’aniline, imprimé et fixé, est terminé comme à l’ordinaire, puis soumis dans une cuve à une oxydation acide, à une température supérieure à 75° centigrades. Il ne reste plus qu’à savonner ou simplement à laver les pièces.
- Parmi les oxydants qui donnent les meilleurs résultats, nous citerons : les sels de peroxyde de fer, l’acide chromique, certains chlorates facilement décomposables, comme le chlorate d’alumine, etc.
- La solution ferrique se prépare soit avec un sel de fer au maximum, que l’on additionne de 1 à 1 1/2 fois son poids d’acide sulfurique à 66° pour empêcher l’oxyde de fer de se fixer sur tissu. Cette solution s’emploie à raison de 1 à 2 grammes par litre, soit 1 à 2 litres par cuve de teinture pour 6 ou 8 pièces, qu’on y manœuvre pendant une demi-heure à une heure à 80 centigrades.
- Les sels ferriques étant moins répandus dans le commerce que les sels ferreux, on prépare une solution comme suit :
- Sulfate ferreux ... 20 kilogrammes.
- Dissous dans : eau. . . 60 à 70 litres.
- On y ajoute :
- Bichromate de potasse . . 5 kilogrammes.
- Acide sulfurique à 66 degrés. 16 à 18 litres. Il faut employer la proportion d’eau ci-dessus, à cause de réchauffement de la liqueur par l’acide, sulfurique et du peu de solubilité du sulfate ferrique acide. On prendra alors de 4 à 8 litres de cette liqueur et on opérera comme précédemment.
- Pour le genre noir et orange, on se servira de Yacide chromique, à raison de 3 à 400 grammes par cuve pour 6 à 8 pièces (soit 3 ou 400 grammes de bichromate et un quart de litre d’acide sulfu
- rique), opérant comme avec le fer. Il restera à virer à l’orange en chromate alcalin.
- N. B. — Pour le genre noir et bleu solide, il faudrait laisser un léger excès de sel ferreux dans la liqueur (l’acide chromique détruirait le bleu). On prendra pour la proportion ci-haut 4kilogrammes de bichromate au lieu de 5 kilogrammes.
- NOUVELLE COULEUR GRIS-DE-FER
- POUR PATES A PAPIER
- Par M. Auguste Abadie (1).
- Dans la fabrication du papier, les couleurs grises s’obtiennent en mélangeant avec la pâte déjà blanchie un noir minéral ou animal en poudre ; mais les teintes que l’on obtient avec ces procédés primitifs sont généralement ternes ; le noir végétal, qui provient du châtaignier, donne de meilleurs résultats.
- On peut préparer le noir de châtaignier avec l’écorce que l’on extrait des jeunes pousses de cet arbre, cultivé dans les taillis, et ordinairement destiné à la fabrication des cercles de barriques ; après avoir enlevé l’écorce des branches, on la fait sécher, plus tard, on la broie, [et le résidu sert à faire la décoction qui sert à colorer la pâte du papier que l’on veut faire virer au gris ou au noir.
- On trouve également le châtaignier à l'état d’extrait, tel que ceux de campêche, de Sainte-Marthe, de Brésil, etc. C’est avec l’extrait de châtaignier qu’a été préparée la coloration introduite dans le papier dont l’échantillon est ci-dessus. Voici comment on a opéré par 100 kilos de papier :
- 2 kilos extrait de châtaignier,
- 2 kilos de sulfate de fer, dissous ensemble dans 40 litres d’eau bouillante,
- (1) M. Abadie est auteur de procédés spéciaux applicables aux papeteries, tels qu’encollage, coloration, etc.; il a notamment fait connaître plusieurs recettes de coloration des pâtes, nouvellement introduites par lui dans la papeterie, et que nous publierons pour faire suite à la présente communication.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- filtrés et mis avec la pâte en fournissant les piles raffineuses. Avant de descendre la pâte dans les cuviers de la machine à papier, on a ajouté 0,030 gr. de laque rose en pâte, et 0,050 gr. d’outremer.
- On a adopté le collage mixte avec 8 p. 100 de sulfate d’alumine.
- Ces dosages peuvent varier à l’infini; avec de faibles quantités d’extrait de châtaignier et de sulfate de fer, on peut obtenir de jolis gris-clair ; en y ajoutant des jaunes et des bleus de Prusse, on obtient des verts-ardoise-, avec quelques litres d’un lait-de-chaux, supprimant le bleu et maintenant le rose, on obtient des tons chamois; en ajoutant à cette dernière formule un peu de terre d’ombre, on obtient des tons bistres. Le noir de châtaignier entre dans toutes les nuances dont on veut foncer le ton.
- Dans les pâtes fines, il vaut mieux remplacer l’extrait de châtaignier par le produit que l'on obtient avec l’écorce des pousses de l’arbre dont il a été parlé au début de cette notice..
- Le battage y est produit par le choc énergique de l’eau projetée sur la matière, celle-ci appuyée contre un corps résistant pour soutenir ce choc, et le lavage produit simultanément par l’écoulement de l’eau batteuse entraînant aussitôt les particules que son choc a détachées.
- Les liquides comprimés qui s’écoulent sous une pression ou sous une hauteur de charge produisent un jet d’autant plus énergique que la charge qui la pousse est plus élevée.
- La rencontre de ce jet avec un corps résistant peut produire un choc équivalent à celui de deux corps durs ; le choc d’un jet liquide équivaut dans ce cas au choc d’un corps solide, mais il a en plus l’avantage de la continuité d’action.
- Il est possible de répartir sur une surface donnée une série plus ou moins nombreuse de jets de batteurs qui fouillent pour ainsi dire la matière à traiter au lieu d’attaquer seulement sa surface.
- Le caractère distinctif de cette invention est l‘u-tilisation de cette propriété résistante des liquides projetés au battage des matières à laver parla pénétration et la continuité du choc liquide, avec entraînement simultané des particules par l’eau de choc qui devient eau de lavage.
- LAVAGE ET BATTAGE PAR UN CHOC LIQUIDE
- Par M. VASSIVIÈRE.
- Les matières qui doivent être débarrassées de corps étrangers adhérents à leur surface le sont généralement par le lavage ; l’agitation dans l’eau facilite le détachement des corps étrangers, le'lavage à l’eau courante en augmente les effets ; enfin, le battage, soit une série de chocs du corps à laver sur des corps résistants, alternés avec le lavage, produit le maximum d’effet pour désagréger les corps étrangers d’avec la matière à laver et permettre leur entraînement par l’agitation dans le liquide.
- Parmi les matières susceptibles d’être battues et lavées, nous citerons les matières textiles en général et notamment les filaments en écheveaux ; ces derniers, dans les divers traitements qu’ils doivent subir, soit avant, soit pendant, soit après la teinture, peuvent et doivent subir des lavages et battages répétés.
- M. Vassivière a imaginé un appareil qui a pour but le battage et le lavage simultanés des matières.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 113,813. — Nussey et Leachman. — Perfectionnements dans les machines ou appareils servant à la fabrication des tissus. — Les brevetés revendiquent l’application des feuilles de papier, de carton ou de tissu entre les deux plaques des machines ordinaires pour faire la pression des étoffes drapées, tissées ou feutrées.
- 113,817. — Robert père. — Procédé de teinture. — Ce procédé est basé sur l’emploi d’un corps nouveau, l’anindigotine; c’est un liquide d’un brun noir, ayant l’odeur de l’acide pyroligneux et de la nitrobenzine ; on y met les matières à teindre, que l’on enlève ensuite pour les laver et les traiter par une dissolution de cyanoferrure de potassium ou un sel de fer quelconque ; enfin, on passe ces matières dans un bain acidulé, et l’on y ajoute un sel d’aniline et un sel oxydant.
- 113,819. — Scharr. — Composition destinée à
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- remplacer l’huile dans la préparation de la laine pour la filature et autres usages industriels. — C’est un mélange de gomme arabique, de résine, de graine de lin, d’huile d’olive, d’oléine, de che-nevis, de borax, d’ammoniaque liquide, de savon de Castille et de fécule de pommes de terre.
- 113,822. — Villy et Ce. — Mécanique-Jacquard, destinée au tissage à la lève et baisse et à grande vitesse des étoffes façonnées et armures à lisses. — Dans cette mécanique, le battant et les pièces coudées sont remplacés par deux pièces à coulisse inclinée dans laquelle entre l’axe des glissants qui portent le cylindre ; la planche à collets est mobile ; elle monte et descend au moyen de grands leviers et d’un tirant fixé à la pièce de manœuvre des glissants.
- 113,823. — Villy et Cie. — Peigneuse servant à carder et peigner automatiquement les déchets de soie, etc. — Cette machine peut travailler la matière première aussitôt la mise en nappe faite, toutes les autres opérations se faisant avec la nappe du nettoyeur, qui reçoit la matière d’une manière intermittente après chaque iloquette ; celle-ci est peignée et épurée des deux côtés.
- 113,864. — Dorât (dame). — Fabrication de plumes de lophophore artificielles. — Imitation, par la teinture, des plumes de lophophore, en employant des plumes ordinaires se rapprochant par leur forme et leur grandeur de celles naturelles.
- 113,872.—Janard et Guillot. — Machine à imprimer photographiquement et d'une manière continue les tissus en pièces ou les matières textiles. — Cette machine comporte des rouleaux fonctionnant à l’abri de la lumière et munie de compteurs qui permettent l’impression continue, par la lumière, des tissus en pièces et des matières textiles préalablement sensibilisés. Une disposition particulière de leviers donne la -facilité d’appliquer la table supportant l’étoffe contre les châssis.
- 113,886. — Trotry-Latouche frères. — Tapis formés de bandes de feutre découpées et juxtaposées. — On prend une pièce de feutre que l’on découpe en bandes; on pose celles-ci sur champ, et on les perce pour laisser passer la corde ou le fil métallique qui les réunit et les serre les unes contre les autres.
- 113,920. — Thomas. — Épingle industrielle, dite épingle Thomas. — L’épingle est pourvue d’une tête sphérique ou autre qui permet de la saisir facilement et d’appuyer fortement, dessus sans risquer de se blesser.
- 113,922.—Wilkins. —Appareil destiné à la fabrication des tissus à maille ou tricotés. — L’objet de l’invention est de produire une plus grande facilité pour l’assemblage des fils de couleur et de caractères différents ; à cet effet, sur un axe tournant sont placées des roues à rochet proportionnées au modèle ou aux variations demandées pour les largeurs des bandes successives; on applique aussi à cet axe plusieurs distributeurs de fils qui fonctionnent l’un après l’autre. Quand un nouveau fil est employé, un couteau coupe et sépare le fil du distributeur.
- 113,949. — Petit. — Mécanisme produisant une tension automatique et régulière des chaînes sur tous systèmes de métiers à tisser, soit à la main, soit à la mécanique. — Le brevet repose sur la variation automatique d’un poids sur une romaine, en rapport avec le diamètre de l’ensouple de chaînes ; le mouvement de déroulement de l'en-souple est rendu régulier et sans secousses à l’aide d’un ressort faisant frein pour y éviter le frottement irrégulier des chaînes.
- 113,950. — Pierron et Dehaitre. — Machine à assouplir les tissus de soie ou autres après teinture. — Cette machine fait subir aux tissus, au moyen d’une brosse-carde rotative, un brossage, cardage ou grattage, continu ou alternatif, dont l’effet est de détruire les matières gommeuses, résineuses qui enveloppent les fils après la teinture et qui causent leur raideur.
- 113,988. — Wilson et Hacking. — Perfectionnements aux cannetières. — Au lieu d’être fixe, la broche de la cannetière Booth est tournante et pressée en haut par une crapaudine renversée et en bas dans un guide inférieur. Les brevetés emploient en outre une disposition leur permettant de faire les cannettes sur tubes en papier ou en métal du même diamètre que la broche.
- 113,996. — Duboc. — Genre de fabrication et de montage des cardes. — La garniture du tambour est montée comme d’ordinaire, mais celle des travailleurs et du peigneur est posée en sens contraire avec un deboutage opéré suivant le procédé usité, sauf que le ruban est enroulé de droite à gauche ; de sorte que, les deux inclinaisons ayant une situation opposée, les crochets des rubans travailleront sur les deux cylindres contigus d’une façon sensiblement parallèle entre eux.
- 114,014. — Rallu jeunes (les sieurs). — Système de navette à double tuyau pour employer deux fils à la fois et obtenir d'aussi bonnes lisières
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- qu’avec un seul. — La navette, de forme usuelle à l’extérieur, est garnie de pointes à chaque bout; deux cavités oblongues y sont creusées pour recevoir l’une et l’autre une baleine ; un tube met ces cavités en communication. Deux autres petits tubes sont placés obliquement à l’angle de la paroi de séparation, juste au-dessous du tuyau du milieu, et passent vers le dehors de la navette. Les bobines, en forme de fuseaux, sont fixées et tournent sur un axe.
- 1 là,019. — Transberger. — Perfectionnements aux machines à câbler mécaniquement le souflé, la soie, la laine, etc. — Dans cet appareil, les bobines, garnies de leur broche et de leur ailette, reposent sur un plateau et sont commandées par des engrenages disposés de telle sorte que, pendant que les bobines tournent sur elles-mêmes dans un sens pour opérer le premier tour du fil, un mouvement de rotation leur est imprimé dans un autre sens pour effectuer le deuxième tour des fils réunis au-dessous d’elles.
- 1 là,029. —Fournet et Toulet. — Perfectionnement dans le travail du métier mécanique à broder, dit métier suisse, et moyen de réaliser ce perfectionnement. — Les métiers à broder employés en Suisse sont limités dans la longueur de la bande brodée ; les coupons sont de à mètres 20 et sont augmentés ou illimités par la disposition suivante : les bandes sont coupées à toute longueur voulue et seulement cousues sur les draps sur une longueur d’environ à mètres 40 ; l’excédant s’enroule et tombe dans une caisse; quand la première partie est brodée, on l’enroule et on y substitue la partie en caisse.
- 114,043. — MAIFFRÉDY et Laubréaux. — Pei-gneuse. — La peigneuse est pour le travail du sparte et de l’aloès, afin d’en diviser les fibres tout en conservant à celles-ci leur position parallèle et respective. Elle se compose de deux jeux de cylindres cannelés, dont les cannelures s’ajustent l’une dans l’autre, et, entre ces cylindres, de deux autres cylindres armés de dents en acier et tournant dans Gun sens opposé. La matière, distribuée par une table à la première paire de cylindres cannelés, s’écrase, puis se divise dans les cylindres à dents, dont la vitesse est grande, et finalement est reprise par la deuxième paire, qui la livre, peignée, à une chaîne sans fin.
- 1 là,065.— DELAHAUT. — Appareil de chauffage pour couler la lessive, dit système Delahaut. — Des tubes relient le foyer aux boîtes à fumée ;
- l’entrée de la lessive se fait automatiquement au moyen d’une soupape placée intérieurement; la sortie se fait par une tubulure plongeant au-dessus du foyer ; une soupape de sûreté est constamment arrosée d’eau pure pour empêcher l’action corrosive de la lessive sur le métal.
- 11 à,073. —Jenny.—Perfectionnements dans les métiers à filer renvideurs. — Sans renvois, on rend constante la vitesse du dépointage, quel que soit le diamètre du volant placé sur la machine, et cela par une disposition de manchons et poulies, l’une à gorge fixée sur l’arbre moteur, l’autre folle sur la douille d’un manchon à dents faisant partie d’une poulie également à gorge folle sur l’axe des tambours et qui est maintenue en place par un support du châssis. Une détente est adaptée pour que l’ouvrier puisse arrêter, à toute distance de la têtière, le mouvement de la machine.
- 114,074. — Lacassaigne. — Machine à élargir tous tissus. — Cette machine, placée en avant du séchoir, se compose de deux bâtis supportant les arbres sur lesquels sont la commande et les pièces principales. Un arbre inférieur reçoit une roue qui donne le mouvement à l’arbre de commande des disques élargisseurs sur lesquels passe tangen-tiellement l’étoffe.
- Il à,078. — Mirfield et Scott. — Perfectionnements dans les machines ou appareils à peigner la laine ou autres matières filamenteuses. — L’invention a rapport aux machines à peignes circulaires et consiste : 1° dans la disposition des piliers ou colonnes à l’extérieur des petits peignes annulaires tournant dans le grand peigne, et cela en vue d’un démontage facile; 2° dans l’augmentation du diamètre des peignes internes pour effectuer une séparation plus graduelle des filaments et permettre l’insertion de la laine dans les dents des peignes ; à0 dans l’alimentation avec des mèches détachées, par l’emploi des gilles, au lieu d’alimenter avec des rubans.
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- INFORMATIONS & FAITS
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878. —
- Classification des produits.
- (Extrait du Reglement général.)
- ’ La classification des produits à exposer, telle qu’elle a été arrêtée définitivement par la Com-
- 1 mission supérieure, se rapproche beaucoup
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- celle adoptée en 1867 ; elle comprend neuf groupes que nous indiquons ci-dessous, et dont nous donnons le détail de ceux qui se rapportent à nos industries :
- 1er GROUPE : Œuvres d’art.
- 2e GROUPE : Education et Enseignement.
- — Matériel et procédés des arts libéraux.
- 3e GROUPE : Mobilier et accessoires.
- Classe 21 : Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement. — Tapis, moquettes, tapisseries, épinglés ou veloutés. Tapis de feutre, nattes, etc. Tapis de caoutchouc, etc. Tissus d’ameublement, de coton, de laine ou de soie, unis ou façonnés. Tissus de crin, cuirs végétaux, moleskines, etc. Cuirs de tenture et d’ameublement. Toiles cirées.
- Classe 22 : Papiers peints. — Papiers imprimés. Papiers veloutés, marbrés, veinés, etc. Papiers pour cartonnages, reliures, etc. Papiers artistiques. Papiers émaillés et vernissés. Imitation de bois et de cuirs. Stores peints ou imprimés.
- 4e GROUPE : Tissus, Vêtement et accessoires.
- Classe 30 : Fils et tissus de coton. — Cotons préparés et filés. Tissus de coton pur, unis ou façonnés. Tissus de coton mélangé. Velours de coton. Rubannerie de coton.
- Classe 31 : Fils et tissus de lin, de chanvre, etc. — Lins, chanvres et autres fibres végétales filées. Toiles et coutils. Batistes. Tissus de fil avec mélange de coton ou de soie. Tissus de fibres végétales, équivalents du lin et du chanvre.
- Classe 32 : Fils et tissus de laine peignée. — Laines peignées ; fils de laine peignée. Mousselines, cachemires d'Écosse, mérinos, serges, etc. Rubans et galons de laine mélangée de coton ou de fil, de soie ou de bourre de soie. Tissus de poils purs ou mélangés.
- Classe 33 : Fils et tissus de laine cardée. — Laines cardées ; fils de laine cardée. Draps et autres tissus de laine cardée. Couvertures. Feutres de laine ou poil pour tapis, chapeaux. Chaussons. Tissus de laine cardée non foulés ou légèrement foulés ; flanelles, tartans, molletons.
- Classe 34 : Soies et tissus de soie. — Soies grè-Ses et moulinées. Fils de bourre de soie. Tissus de soie pure, unis, façonnés, brochés. Étoffes de Soie mélangée d’or, d’argent, de coton, de laine, de fil. Tissus débourré de soie, pure ou mélangée. Velours et peluches. Rubans de soie, pure ou mélangée.
- Classe 35 : Châles. — Châles de laine pure ou mélangée. Châles de cachemire. Châles de soie, etc., etc.
- Classe 36 : Dentelles, tulles, broderies et passe
- menteries. — Dentelles de fil ou de coton faites au fuseau, à l’aiguille ou à la mécanique. Dentelles de soie, de laine ou de poil de chèvre. Dentelles d’or ou d’argent. Tulles de soie ou de coton, unis ou brochés. Broderies auplumetis, au crochet, etc. Broderies d’or, d’argent, de soie. Chasublerie. Broderies, tapisseries et autres ouvrages à la main. Passementeries de soie, bourre de soie, laine, poil de chèvre, crin, fil et coton; lacets. Passementeries en fin et en faux. Passementeries spéciales pour équipements militaires.
- Classe 37 : Articles de bonneterie et de lingerie. Objets et accessoires du vêtement. — Bonneterie de coton, de fil, de laine ou de cachemire de soie, ou de bourre de soie, purs ou mélangés. Tissus élastiques. Lingerie confectionnée pour hommes, pour femmes etpour enfants, layettes. Confections de flanelle et autres tissus de laine. Corsets, cravates, gants, guêtres, jarretières, bretelles, éventails, écrans, parapluies, ombrelles, cannes, etc.
- Classe 38 : Habillement des deux sexes. — Habits d’hommes, habits de femmes. Vêtements imperméables. Coiffures des deux sexes ; fleurs artificielles et plumes. Perruques et ouvrages en cheveux. Chaussures. Confections pour enfants. Vêtements spéciaux aux diverses professions. Costumes populaires des différentes contrées.
- 5e GROUPE : Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés.
- Classe 46 : Produits agricoles non alimentaires.
- — Matières textiles : cotons bruts, lins et chanvres teillés et non teillés, fibres végétales textiles de toute nature ; laines brutes lavées ou non lavées ; cocons de vers à soie. Produits agricoles divers employés dans l’industrie, dans la pharmacie et dans l’économie domestique ; plantes oléagineuses, huiles, cires, résines. Tabacs en feuilles ou fabriqués. Amadous. Matières tannantes et tinctoriales. Fourrages conservés et matières spécialement destinées à la nourriture des bestiaux.
- Classe 47 : Produits chimiques et pharmaceutiques. — Acides, alcalis, sels de toutes sortes. Sels marins et produits de l’exploitation des eaux-mères. Produits divers des industries chimiques : cires et corps gras ; savons et bougies ; matières premières de la parfumerie ; résines ; goudrons et corps dérivés; essences et vernis; enduits divers ; cirages. Produits de l’industrie du caoutchouc et de la gutta-percha ; substances tinctoriales et couleurs. Eaux minérales et eaux gazeuses naturelles ou artificielles. Matières premières de la pharmacie. Médicaments simples et composés.
- Classe 48 : Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d’apprêt. — Spécimens de fils et tissus blanchis et teints, Échantillons de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- préparations pour la teinture. Spécimens de toiles imprimées ou teintes, de tissus de coton pur ou mélangé, imprimés. Spécimens de tissus de laine, pure ou mélangée, peignée ou cardée, imprimés. Spécimens de tissus de soie pure ou mélangée, imprimés. Spécimens de tapis de feutre ou de drap, imprimés. Toiles cirées.
- 6e GROUPE : Outillage et procédés des industries mécaniques.
- Classe 53 : Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie. — Ustensiles et appareils de laboratoire. — Appareils et instruments destinés aux essais industriels et commerciaux.— Matériel et appareils des fabriques de produits chimiques, de savons, de bougies. — Matériel et procédés de la fabrication des essences, des vernis, des'objets en caoutchouc et en gutta-percha. — Matériel et appareils des usines à gaz. — Matériel et appareils des blanchisseries. — Matériel de la préparation des produits pharmaceutiques. — Matériel des ateliers de tannerie et de mégisserie. — Matériel et procédés des verreries et des fabriques de produits chimiques.
- Classe 54 : Machines et appareils de la mécanique générale. — Pièces de mécanismes détachés : supports, galets, glissières, excentriques, engrenages, bielles, parallélogrammes et joints, courroies systèmes funiculaires, etc. Embrayages, déclics, etc. Régulateurs et modérateurs de mouvement. — Appareils de graissage. — Compteurs et enregistreurs. Dynamomètres ; manomètres ; appareils de pesage; appareils de jaugeage des liquides et des gaz. — Machines servant à la manœuvre des fardeaux. — Machines hydrauliques élévatoi-res : norias, pompes, tympans, béliers hydrauliques, etc. — Récepteurs hydrauliques : roues, turbines, machines à colonne d’eau. — Accumulateurs et presses hydrauliques. — Machines motrices à vapeur. Chaudières générateurs de vapeur et appareils accessoires. — Appareils de condensation des vapeurs. — Machines à vapeur d’éther, de chloroforme, d’ammoniaque; à vapeur combinées. — Machines à gaz, à air chaud, à air comprimé. — Moteurs électro-magnétiques.Moulins à vent et panémones. Aérostats.
- Classe 56 : Matériel et procédés du filage et de la corderie. — Matériel du filage à la main. Pièces détachées appartenant au matériel des filatures. Machines et appareils servant à la préparation et à la filature des matières texiles. Appareils et procédés destinés aux opérations complémentaires : étirage, devidage, retordage, moulinage, apprêts mécaniques. Appareils pour le conditionnement et le titrage des fils. — Matériel des ateliers de corderie. Câbles ronds, plats, diminués, cordes et fi
- celles, câbles en fils métalliques, câbles à âme métallique, mèches à feu, étoupilles, etc.
- Classe 57 : Matériel et procédés du tissage. — Appareils destinés aux opérations préparatoires du tissage : machine à ourdir, à bobiner. Lissage. — Métiers ordinaires et mécaniques pour la fabrication des tissus unis. Métiers pour la fabrication des étoffes façonnées et brochées, battant-bro-cheurs, métiers électriques. — Métiers à fabriquer les tapis et tapisseries. — Métiers à mailles pour la fabrication de la bonneterie et des tulles. Matériel de la fabrication de la dentelle. Matériel des fabriques de passementerie. — Métiers de haute-lisse et procédés d’espoulinage. Appareils accessoires : machines à fouler, calendrer, gaufrer, moirer, métrer, plier, etc.
- Classe 60 : Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions. — Matériel et produits de la fabrication des pâtes à papier de bois, de paille, d’alfa, etc. — Procédés et produits du blanchiment des fibres ligneuses. — Matériel de la fabrication du papier à la cuve et à la machine. — Appareil pour satiner, glacer, moirer, gaufrer et régler les papiers. Machines à découper, rogner, timbrer les papiers, etc. — Matériel du blanchiment, de la teinture et de l’apprêt des papiers et des tissus. — Matériel de l’impression des papiers peints et des tissus. — Machines à graver les rouleaux d’impression. — Matériel, appareils et produits des fonderies en caractères, clichés, etc. Machines et appareils employés dans la typographie, dans la stéréotypie, l’impression en taille douce, l’autographie, la lithographie, la chalcographie, la paniconographie, la chromolithographie, etc., machines à composer et à trier les caractères. Impression des billets de banque, des timbres-poste, etc.
- 7e GROUPE : Produits afimentaires. 8e GROUPE : Agriculture et pisciculture. *
- Classe 83 : Insectes zitiles et insectes nuisibles. — Abeilles, vers à soie et bombyx divers. — Cochenilles. — Matériel de l’élevage et de la conservation des abeilles et des vers à soie. — Matériel et procédés de destruction des insectes nuisibles.
- 9* GROUPE ; Horticulture.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Fabrique d’Acide tartrique
- Alun de potasse, d’ammoniaque et extra-pur.
- Demande de représentants sur chaque place.
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21- Année, No 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 1877
- SOMMAIRE
- Teinture en noir d’aniline inverdissable, procédé de M. H. MALHERBE. — Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. G. JARMAIN. — Sur un moyen de protéger les rouges-vapeur contre l’action du fer, par M. J. Wagner; — Noir d’aniline inverdissable (échantillon). — Gris sur coton par le bleu-noir (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : L’exportation temporaire. — Exposition universelle de 1878 : Liste des membres du jury d'admission.
- TEINTURE EN NOIR D’ANILINE
- INVERDISSABLE
- Procédé de M. H. Malherbe.
- Nous avons fait connaître les procédés de fixation du noir d’aniline breveté par M. Grawitz, et consigné un mois avant le brevet, par MM. Koechlin frères, dans un pli cacheté déposé par eux à la Société Industrielle de Mulhouse.
- Ce procédé consiste, en substance, à faire un noir d’aniline par les moyens ordinaires, puis à faire subir aux matières teintes, une opération additionnelle qui donne à ce noir la propriété de ne point verdir au contact de l’air.
- Dans la méthode que M. Malherbe vient de faire breveter, cette seconde opération n’a pas lieu, et le noir inverdissable s’obtient sans compliquer le travail des noirs ordinaires.
- Ce nouveau procédé est encore caractérisé par la suppression des chlorates et des sels métalliques (cuivre, fer, manganèse, vanadium, etc.) dans les opérations auxquelles il donne lieu.
- La base du procédé est un sel triple d’aniline, de « préparation d’aniline » formé par la combinaison de l'aniline avec les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique.
- Les mateaux de coton (s’il s’agit par exemple, de cette matière) sont baignés dans une dissolution de cette préparation, puis tordus légèrement et plongés dans une dissolution chaude de bi-chromate à 3 Pour 100.
- Après[quoi, les fils de coton sont battus, laissés refroidir, et reposés pendant plusieurs heures, et enfin passés dans une nouvelle dissolution chaude
- de bi-chromate, mais très-légère d’où ils sortent d’un noir parfait, très-franc et ne verdissant pas ultérieurement. Un rinçage termine la teinture.
- L’échantillon joint au présent numéro est préparé par l’auteur lui-même, et l’on voit que le noir possède, en effet, ces qualités; du reste M. Malherbe est teinturier, et emploie couramment son procédé qui lui donne des résultats très-pratiques et très-satisfaisants.
- Comme on peut le remarquer, cette méthode de teinture en noir d’aniline est nouvelle sous bien des rapports. La suppression des chlorates et des sels métalliques en est le point le plus saillant ; il n’est pas encore de formule de noir qui, jusqu’à présent, ne contienne ces deux sortes d’agents sous une forme ou sous une autre, ne serait ce que par les quelques grammes de vanadium, qui pour quelques-uns représentent l’élément métallique.
- La suppression des chlorates, et par conséquent de l’acide chlorique, évite les effets caustiques de cet oxydant, tant sur les mains des ouvriers, que sur les fils ou tissus. C’est en même temps une condition économique, car malgré cette suppression, le noir ne consomme que h litres d’aniline basique par 100 kilogrs. de fils de coton.
- Il est intéressant aussi d’observer que dans sa composition, la a préparation d’aniline » contient une certaine quantité de sulfate, (dont la proportion est même assez élevée), sel qui a toujours été considéré comme impropre à la formation des noirs.
- Enfin, ce noir se développe sans étendange, sans oxydation dans des vases chauffés, et n’a de commun avec les anciennes méthodes, que l’emploi du bichromate ; on remarquera encore que, pour sa proJuction, on ne fait pas intervenir les bains alcalins.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ce procédé est donc très-intéressant tant pour le praticien auquel il offre un moyen très-simple et très-économique d’obtenir des noirs fixes, que pour le théoricien auquel il présente des faits nouveaux et, en partie, contradictoires avec les idées admises.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- {Suite)
- IV. IMPURETÉS ORGANIQUES.
- Les eaux suffisamment chargées de matières organiques, pour leur donner une couleur, ne conviennent pas au blanchiment de la laine, car elles ont une tendance à la salir; mais je n’ai jamais rencontré de cas où ces eaux se soient montrées préjudiciables pour le dégraissage ou pour la teinture, excepté lorsque la matière organique fait partie d’eaux de teinture provenant d’autres usines. Les eaux tourbeuses même ne paraissent pas avoir une influence fâcheuse sur la teinture de la laine et des lainages ; dans tous les cas, je n’en ai jamais entendu faire l’observation.
- V. IMPURETÉS SOUS LA FORME D'ACIDES LIBRES OU
- DE SELS ACIDES.
- Je connais deux classes de ces eaux : eau contenant des acides de la tourbe; eau de surface s’échappant de schistes pyriteux qui les chargent par oxydation de sulfate de fer. A l’exposition, l’acide aqueux dépose beaucoup de fer avec séparation d’acide sulfurique. Mais ces eaux sont excessivement pernicieuses pour les bouilleurs à vapeur ; les acides s’y concentrent par évaporation et attaquent les plaques de tôle.
- Une chaudière neuve pour laquelle on s’était servi d’une eau de la première classe eut ses plaques de 12 millimètres perforées après un usage de trois mois, et les tubes d’un bouilleur multitu-bulaire durent être changés après quelques mois pour avoir été alimentés par une eau de la seconde classe. Ces deux sortes d’eau furent complètement corrigées par l’addition d’une petite quantité de chaux ; aucune d’elles ne conservait trace de ce corps.
- Ces eaux sont impropres au traitement de la laine. Celles du second genre décomposent le savon et en dégagent les matières grasses qui viennent s’attacher à la laine absolument de même que les savons de chaux et de magnésie que j’ai décrits ci-dessus.
- Purification et correction des eaux à employer dans le traitement de la laine.
- Le traitement de l’eau qu’exigent en si grande quantité le dégraissage et la teinture de la laine et des lainages est toujours incommode, coûteux et peu satisfaisant, même lorsqu’il est fait dans les meilleures conditions. Il est donc avantageux d’éviter ce traitement, quand c’est possible, en puisant de L’eau à une autre source ou même en s’établissant sur de nouveaux lieux qui peuvent donner de l’eau convenable.
- Toutefois, dans le cas où ces moyens ne sont pas praticables, on peut employer les procédés suivants, afin de mitiger les mauvais effets d’une eau impropre aux opérations :
- 1. EXPOSITION A l’air, REPOS ET FILTRATION.
- Lorsque les impuretés consistent en matières tenues en suspension ou en carbonate de fer, il suffira généralement d’exposer l’eau à l’air dans un réservoir peu profond et de la filtrer ensuite à travers un lit de sable. Le fer s’oxydera, deviendra insoluble et pourra alors être enlevé par le filtrage. J’ai vu cette opération s’effectuer parfaitement en faisant passer l’eau à travers un lit d’effiloches, qui agit comme un véritable filtre.
- II. TRAITEMENT AVEC LA CHAUX ET REPOS SUBSÉQUENT.
- (Procédé de Clarke pour adoucir l’eau.)
- Ce traitement n’est applicable qu’à l’eau qui contient de la craie, du carbonate de manganèse ou des sels de fer en solution. La chaux se combine avec l’acide carbonique des carbonates de chaux et de magnésie en solution, qui sont ainsi rendus insolubles et se précipitent avec la chaux ajoutée. Ce mode de traitement est très-complet en théorie, mais il soulève des difficultés pratiques qui le rendent d’une exécution peu commode lorsqu’on opère sur de grandes masses d’eau. Si l’on ajoute trop ou pas assez de chaux, l’eau devient souvent pire, et il n’est pas facile de déterminer exactement le point où l’eau a reçu suffisamment de chaux. Si l’on peut traiter de l’eau pour la consommation d’une jour-
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- née, on calculera la proportion de chaux à employer en opérant séparément sur de petites quantités d’eau avec des poids de chaux connus, mais variés, et en déterminant avec le savon d’essai, après le repos du liquide pendant toute la nuit, la proportion qu’il a fallu pour adoucir l’eau. Pour traiter la proportion d’eau pour un jour, on prendra une quantité de chaux d’un poids fixé, et, après l’avoir mélangée avec de l’eau, on la versera dans le réservoir, puis on agitera le tout. Cette opération doit être faite à la tombée du jour. Les carbonates se seront déposés avant le matin. L’eau ainsi traitée est très-limpide et très-claire, et si l’opération a réussi, on verra qu’elle ne convient pas trop mal à la préparation de la laine.
- III. TRAITEMENT AVEC UN SEL FERRIQUE ET PUIS AVEC
- DU CARBONATE DE SOUDE.
- Cette méthode est excellente pour débarrasser l’eau des impuretés organiques solubles et de l’argile fine qui s’y trouve en suspension. Elle a été appliquée avec un grand succès, par le docteur Gunning, aux eaux troubles de la Meuse. Pour traiter 3,000 gallons (13,020 litres), on fait dissoudre une livre de perchlorure de fer sec dans l’eau, et l’on mêle soigneusement cette solution avec la masse. Puis on ajoute une livre de carbonate de soude impur de 52 p. 100, et l’on agite le tout de nouveau. Le peroxyde hydrate de fer se précipite en entraînant avec lui les impuretés organiques, et le sel commun est la seule substance qui reste en solution.
- IV. TRAITEMENT DES EAUX D’UNE DURETÉ PERMANENTE, (Méthode de WANKLIN.)
- Ainsi que je l’ai déjà expliqué, les eaux qui contiennent des sulfates de chaux et de magnésie sont celles qui offrent le plus de difficultés pour les débarrasser de leurs matières étrangères. M. Vanklin a proposé récemment d’adoucir les eaux de cette ctasse en les additionnant d’abord de bicarbonate de soude et puis de chaux. Le bicarbonate de soude commence par convertir le sulfate de chaux en bi-carbonate de chaux, et la chaux qu’on ajoute en-suite précipite le bicarbonate ainsi formé. Le sulfate de soude reste en solution dans l’eau.
- Je n’ai pas eu occasion de voir faire l’essai de ce procédé sur une grande échelle, mais je le considère comme devant accomplir très-bien le but qu’on se propose ; seulement son prix de revient
- me paraît être un obstacle à son adoption dans l’industrie.
- V. TRAITEMENT DES EAUX DURES PAR LE SAVON.
- Si l’on ne peut s’empêcher d’employer une eau dure pour le dégraissage avec le savon, il convient de séparer la matière durcissante en mêlant à cette eau une quantité suffisante d’une solution chaude de savon et de faire passer le tout, avant de l’employer, à travers une couche filtrante. Les savons insolubles se sépareront ainsi sans s’attacher à la laine ou au tissu, et on pourra les recueillir et les traiter avec l’acide hydrochlorique pour les décomposer et en séparer les matières grasses. Celles-ci seront recueillies, et on les convertira en savon en les faisant bouillir fortement avec de l’acide caustique ou même du carbonate de soude. Le savon ainsi obtenu servira de nouveau pour une opération du même genre. L’eau traitée de cette façon convient parfaitement pour le dégraissage de la laine et des lainages.
- VI. TRAITEMENT ET CORRECTION DES EAUX DANS
- LE BAIN DE TEINTURE.
- On pourra faire monter à la surface, et enlever ensuite par l’écumage la matière organique, l’oxyde de fer et souvent une partie considérable de la matière durcissante en faisant dissoudre dans l’eau de l’alun, dans la proportion d’environ 4 onces (113 gr. 32) par 1,000 gallons (4,543 litres) et chauffant le tout jusqu’à un degré voisin du point d’ébullition.
- Si l’on prépare des eaux qui contiennent des carbonates alcalins ou terreux, ou des bicarbonates pour un bain destiné au mordançage ou à la teinture, il faut les traiter avec une quantité d’acide sulfurique qui soit suffisante pour expulser tout acide carbonique et neutraliser tout l’alcali qui aurait échappé au lavage après l’opération du dégraissage. L’emploi du son est souvent avantageux pour débarrasser de ses impuretés l’eau qui compose le bain.
- ÉPURATION DES EAUX VANNES DES FABRIQUES DE LAINE.
- En terminant mes observations sur le sujet de l’eau, je demande à porter votre attention sur le fait que les eaux vannes d’une manufacture de laine contiennent dans leur sein les éléments de leur propre purification. Aujourd’hui l’usage est de faire retour aux cours d’eaux de ces eaux vannes
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- LE MONITEUR DE LA. TEINTURE
- telles quelles, et l’on perd ainsi quelquefois soit des bains de mordançage, soit des bains de teinture dispendieux, du savon ou des liquides alcalins. Ces matières se mélangent toutes dans le réceptacle commun, la rivière, réagissent les unes sur les autres, se précipitent et produisent de ces dépôts noirâtres qui donnent aux cours d’eau de nos districts où l’on travaille la laine un aspect repoussant. J’ai mélangé entre elles des solutions de toutes les substances que l'on emploie dans nos industries lainières et j'ai trouvé qu’elles se précipitent en réagissant mutuellement les unes sur les autres, et laissent l'eau qui surnage dans une condition passable de clarté. Le remède consisterait donc, il me semble, lorsque la pureté de l’eau serait altérée par une manufacture de laines, de faire couler tous les liquides dans un réservoir commun, et de faire passer, s’il est nécessaire, après repos, l’eau à travers une couche filtrante avant de la déverser dans la rivière. On trouverait, je crois, sans beaucoup attendre, l’utilisation du dépôt boueux et noirâtre.
- DÉGRAISSAGE.
- Je vais maintenant porter votre attention sur le nettoyage de la laine et des lainages que l’on prépare pour les traiter ensuite dans la teinturerie.
- Les laines brutes renferment toujours une quantité considérable d’impuretés organiques et terreuses. La plus abondante de ces matières est le suint, corps organique particulier qui contient de la potasse. M. Chevreul a examiné la laine brute de mérinos et a trouvé que, après avoir été séchée à 100 degrés, elle renferme :
- Matières terreuses..............................
- Suint de laine, soluble dans l’eau froide 12,73 Graisses particulières.....................8,67
- Matières terreuses fixées par les graisses 1,40 Laine proprement dite.....................31,20
- 100,00
- Je ne sache pas qu’on ait fait, en Angleterre, aucune tentative pour utiliser le suint de la laine ; mais, en France, on en extrait une potasse beaucoup plus pure que toutes les potasses commerciales.
- MATIÈRES POUR LE DEGRAISSAGE.
- Les substances suivantes sont les détergents en usage dans l’industrie de la laine : urine, ammoniaque, carbonate de soude impur, cristaux de soude, savon (dur et mou) silicate de soude et compositions diverses contenant du carbonate de soude.
- Plusieurs manufacturiers préfèrent employer l’urine vieille qui contient une quantité considérable d’ammoniaque, sorte d’alcali particulièrement doux. La matière organique qui se trouve dans l’urine paraît aussi aider au nettoyage et protéger la fibre laineuse de l’action préjudiciable des alcalis.
- L’ammoniaque estégalement un alcali peu violent, et celle que l’on distille de l’urine est préférable à toute autre pour le traitement de la laine. On détermine la force de l’ammoniaque en prenant son poids spécifique au moyen d’un hydromètre appelé ammoniamètre. Celui dont on se sert généralement dans le Yorkshire a une échelle arbitraire, dont chaque degré équivaut à 3, l’eau étant prise pour l’unité. Ainsi, le poids spécifique d’une ammoniaque à 20 degrés égale 1000 — (20 x3) = 0,940.
- L’ammoniaque brute que l’on distille directement des eaux de condensation du gaz d’éclairage contient souvent des hydrocarbures et du sulfate d’ammonium. On peut facilement reconnaître la présence des hydrocarbures en versant un peu d’ammoniaque sur un plat ; après quelques heures, l’ammoniaque s’est évaporée, et l’on sent parfaitement Codeur goudronneuse des produits carburés. On distinguera facilement les sulfures d’ammonium à la couleur noire que donne l’ammoniaque lorsqu’on la traite par une solution d’acétate de plomb ou au noircissement d’une monnaie d’argent que l’on y plonge; les sulfures noirs de plomb ou d’argent se forment respectivement dans les deux cas.
- Les hydrocarbures attaquent fortement la peau de l’ouvrier, et les sulfates ont une mauvaise action sur la laine.
- Le carbonate de soude est l’agent dégraisseur le plus généralement employé ; il entre largement dans la composition de la plupart des détergents baptisés de noms de fantaisie. Les formes suivantes sont celles sous lesquelles ce produit est principalement employé dans les manufactures de laines : carbonate de soude impur contenant de 30 à 52 pour 100 d’alcali utile (oxyde de sodium) ; cristaux de soude renfermant 21-7 pour 100 d’alcali effectif ; les cendres savonneuses avec 21-7 pour 100 d’alcali effectif et une quantité de savon ou huile de palme; le savon sec (excellent) donnant 2/3 de carbonate de soude et 1/2 de savon ; comme substitut de l'urine des cristaux de soude dissous.
- La valeur de ces substances comme détergents est en raison de l’alcali effectif (oxyde de sodium combiné sous forme de carbonate) qui y est contenu. Le savon sec, toutefois, renferme en plus une
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- quantité considérable de matière savonneuse.
- J’ai vu quelquefois les ouvriers se servir d’un hydromètre pour essayer la force de leurs liqueurs de carbonate de soude impur ; c’est là un moyen ridicule, parce que le sel et les autres impuretés qui se trouvent dans le carbonate de soude faible ajoutent à la densité de la solution et lui donnent une apparence fictive de concentration.
- Il est important que le chef d’atelier connaisse la force réelle du carbonate qu’il emploie, et c’est pourquoi je vais décrire un procédé qui donne des résultats suffisamment exacts dans les mains d’un habile opérateur.
- Appareils nécessaires. — Une burette de 50 centimètres cubes divisée en cinquièmes ; un support pour la dite; une mesure de 100 centimètres cubes graduée; une mesure d'un litre; boite, balance et poids pour faire des pesées de 1/10 de grain, un flacon pour faire bouillir des liquides; un entonnoir et du papier à filtrer ; une lampe à alcool ou un bec Bunsen quand on a le gaz ; un trépied ou un support à pince, et un morceau de toile métallique ; une infusion de tournesol ; un creuset en porcelaine de 15 grammes ; un verre à bec de 115 grammes. La plupart de ces objets se trouvent déjà dans l’outillage pour l’essai au savon.
- Il faut avoir deux solutions types, savoir : l’une d’acide sulfurique et l’autre de soude caustique qui neutralise exactement un volume égal de la solution type d’acide sulfurique.
- L’acide doit être assez fort pour neutraliser par centimètre cube 1/2 grain d’oxyde de sodium (soude).
- La préparation se fait de la manière suivante : On prend 200 grains (12 gr. 8) de carbonate de soude pur, ou, à son défaut, de bicarbonate de Howard, que l’on fait chauffer au rouge, pendant une heure, dans un creuset en porcelaine au-dessus de la lampe, afin d’en chasser l’humidité, etc. Quand il est refroidi on pèse soigneusement 171 grains (10 gr. 944) que l’on dissout dans un verre avec un peu d’eau distillée ; puis on verse la solution dans la mesure de 100 centimètres cubes, et l’on ajoute au rinçage du verre assez d’eau distillée pour que le liquide atteigne la 100° division. On verse ensuite le tout dans une bouteille et on y ajoute 100 centi-mètres cubes d’eau distillée.
- Chaque centimètre cube de cette solution contient 1/2 grain d’oxyde de sodium et sert à préparer une solution d’acide d’une force égale. La solution type d’acide sulfurique se prépare comme il suit :
- Remplissez à moitié la mesure de 1 litre d’eau distillée; versez-y 31 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré à 170 degrés du volumètre de Twedal (67° Baumé) arrivez à la marque du litre avec de l’eau distillée, et versez le tout dans une bouteille pour bien le mélanger. Cet acide sera trop concentré et demandera un surplus d’eau ; il faut néanmoins constater sa force actuelle en le comparant avec la solution préparée de carbonate de soude. Versez 100 centimètres cubes de la solution type de carbonate de soude dans le flacon à faire bouillir; ajoutez-y 100 autres centimètres cubes d’eau distillée et quelques gouttes de tournesol ; remplissez la burette jusqu’à la marque supérieure avec de l’acide sulfurique dilué, et versez-le dans le flacon jusqu’à ce que le tournesol commence à rougir, puis faites bouillir pour chasser l’acide carbonique ; versez un peu plus d’acide sulfurique par petites quantités répétées jusqu’à ce que la couleur bleue rougisse d’une manière permanente, en ayant soin de faire bouillir après chaque addition. Quand le point exact sera atteint, lisez le nombre de centimètres cubes qui ont été usés; si, par exemple, on a employé 94 centimètres cubes de l’acide étendu, on devra, pour lui donner la force voulue, ajouter 6 parties d’eau aux 94 de l’acide d’essai. Pour faire ce mélange, versez 60 centimètres cubes d’eau distillée dans la mesure à litre; remplissez-la jusqu’à la marque avec de l’acide d’essai, et mélangez le tout en le mettant dans une bouteille. Ce sera l’acide sulfurique type dont chaque centimètre cube neutralise 1/2 grain d’oxyde de sodium, et qui, seul, permettra à l’ouvrier d’essayer son carbonate impur de soude et les autresmatières,uniquement valables par la soude effective qu’elles contiennent.
- Voici comment on procède : On pèse 50 grains (32 gr. 35) de carbonate impur, on le met dans le flacon avec 100 centimètres cubes d’eau distillée, on chauffe jusqu’à dissolution et l’on filtre; s’il reste quelque portion qui ne soit pas dissoute, on lave le filtre, on ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol, et l’on verse au moyen de la burette de la solution type d’acide sulfurique ; on trouve le point de neutralisation comme auparavant, en faisant bouillir entre chaque addition d’acide jusqu’à ce que le tournesol donne des colorations en rouge. On lit le chiffre représentant la quantité d’acide versé; le nombre de centimètres cubes d’acide qui a dû être employé donne la teneur pour 100 d’alcali effectif que renferme le carbonate de soude examiné. Il n’est pas besoin de calcul, car
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- chaque centimètre cube d’acide neutralise 1/2 grain d’oxyde de sodium et on a pris 50 grains de carbonate.
- On peut faire l’opération d’une manière plus abrégée et plus exacte en se servant d’une seconde solution type, à savoir d’une solution de soude caustique qui contient 1/2 grain d’oxyde de sodium par centimètre cube. On prépare cette solution en éprouvant avec l’acide type une solution de soude caustique, faite un peu trop concentrée, et en l’étendant ensuite jusqu’à ce qu’elle soit à la force type, comme on a fait pour l’acide sulfurique.
- Pour essayer un échantillon avec les deux solutions, pesez-en exactement 50 grains et faites-les dissoudre avec les précautions indiquées ci-dessus, versez-y une quantité exagérée, mais connue, de l’acide type, soit 60 cent, cubes, si le carbonate de soude à examiner est fort, faites bouillir jusqu’à ce que tout l’acide carbonique ait été expulsé • ajoutez quelques gouttes de teinture de tournesol qui rougiront si l’on a versé une proportion convenable d’acide, et puis neutralisez l’excès d’acide en y versant avec la burette de la solution type d’acide caustique jusqu’à ce que la couleur rouge passe au bleu. Le nombre de centimètres cubes de soude caustique qu’il a fallu pour obtenir ce résultat est une mesure de l’excès d’acide employé ; pour déterminer la teneur de 100 d’alcali effectif, il suffira donc de déduire les centimètres cubes de soude caustique des centimètres cubes d’acide type employés, la différence représentant l’alcali effectif.
- Voici un exemple : 50 grains de carbonate de soude impur ont été dissous dans de l’eau bouillante et filtrés dans un flacon ; on a ajouté 60 cent, cubes d’acide type, et l’on a fait bouillir le tout pendant 10 minutes. Puis on a ajouté de la teinture de tournesol et on a reconnu qu’il fallait 8 centimètres cubes de solution type de soude caustique pour rétablir la couleur bleue de tournesol. La teneur pour 100 d’alcali effectif sera donc de 60 — 8=52 pour 100.
- Les procédés que nous venons de décrire déterminent la véritable proportion pour 100 d’alcali effectif, ce que ne font pas les méthodes absurdes qui sont employées d’habitude par le commerce dans les villes de Liverpool et de Newcastle.
- Ces avantages qui résultent de la connaissance de la quantité d’alcali que renferme un détergent sont :
- 1° Le manufacturier sait s’il a de la marchandise pour son argent.
- 2° Le chef d’atelier connaît les quantités de ma
- tières qu’il devra exactement employer.
- Savon. — Le savon consiste en un acide gras, combiné avec de la potasse .ou de la soude, et avec de l’eau et des impuretés qui n’ont aucune valeur détersive et sont positivement nuisibles. La valeur d’un savon est basée sur les proportions exactes d’acides gras et d’alcali qu’il contient. Pour déterminer les premières substances, on prend 50 grains de savon que l’on fait bouillir dans de l’eau distillée jusqu’à dissolution ; on ajoute 10 grammes de para-fine solide, et puis 10 centimètres cubes d’acide sulfurique étendu dans un peu d’eau -, on fait bouillir le tout doucement jusqu’à ce que le liquide devienne clair et que la matière huileuse surnage complètement ; après avoir laissé reposer et refroidir, on peut enlever le gateau formé par l’acide gras, on le fait sécher sur du papier buvard, et on le pèse. Le poids obtenu, duquel on doit retrancher celui de la parafine ajoutée, donne la proportion des acides gras, dont le double, si l’on a pris 50 grains, est le tant pour cent.
- Pour déterminer le tant pour cent de la soude, on opère comme il a été indiqué pour le carbonate de soude impur. Dans les savons mous qui contiennent de la potasse au lieu de soude, on obtient la potasse (oxyde de potassium) en multipliant le résultat trouvé pour la soude par 1,516, ou en le doublant, si l’on se contente d’une évaluation grossière.
- L’équivalent de la potasse est 94 et celui de la soude 62.
- Silicate de soude. — Cette matière commence à être en faveur comme détergent ; elle nettoie la laine d’une manière satisfaisante, et la laisse dans une condition convenable pour recevoir les teintures et principalement ceil s qui sont faites avec les couleurs d’aniline.
- (A suivre.)
- —=P==@=a—
- SUR UN MOYEN
- DE
- PROTÉGER LES ROUGES-VAPEUR CONTRE L’ACTION DU FER Par M. J. Wagner.
- Les rouges d’impression produits par l'extrait de garance et par l’alizarine artificielle sont d’une grande sensibilité à l’égard du fer métallique, notamment des râcles de rouleaux. On remédie sou-
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- vent à cet inconvénient en employant des râcles de laiton ou des râcles de fer recouvertes de gomme laque. Ce dernier moyen n’est pas toujours suffisant. L’auteur a cherché à parer à cet inconvénient en modifiant complètement la composition de la couleur d’impression. Celle-ci renferme essentiellement de l’azotate d’alumine, de l’acétate de chaux, un excès d’acide acétique et un épaississant. L’addition de 4 0/0 de sulfocyanate de potassium à cette composition met le rouge à l’abri de l’action du fer. Un semblable mélange, mis en contact avec du fer métallique pendant 24 heures, donne sur coton une couleur rouge exempte de violet, tandis que sans addition de sulfocyanate, la couleur obtenue prend une couleur violette.
- M. DEPIERRE ajoute à la note de M. J. Wagner quelques observations qu’il a faites sur le même sujet. Le sulfocyanate de potassium, qui ne peut pas être remplacé par celui d’ammonium, n’est efficace que lorsque le mordant est formé d’azotate d’alumine et non d’acétate. Il a reconnu que l’addition d’un arsénite conduit au résultat cherché. Dans ce cas, le fer qui se dissout se transforme en arsénite qui n’agit pas comme mordant, et qui par conséquent ne modifie pas les couleurs formées par l'alizarine et le mordant d’alumine.
- (Soc. Industr. de Rouen).
- NOIR D’ANILINE INVERDISSABLE
- Cet échantillon a été préparé par M. Malherbe, selon son procédé breveté indiqué en tête de ce numéro.
- Ce noir d’aniline ne verdit pas au contact des émanations ordinaires de l’atmosphère, et n’est donc pas susceptible de changer de nuance, soit en magasin, soit à l’usage.
- GRIS SUR COTON
- PAR LE BLEU-NOIR
- E3 2 9.
- On sait que le bleu-noir donne des gris-perle dans les tons clairs ; de plus, quand on ne veut pas produire des tons foncés, on peut teindre sur fils et cotons, sans mordant ni préparation.
- La teinte de l’échantillon ci-dessus, qui se fait ordinairement au campêche, est bien simple et plus économique, en même temps que plus unie et plus régulière, quand elle est obtenue par le bleu-noir.
- Le bain de bleu-noir se monte à l’eau ordinaire, dans laquelle on verse la dissolution de couleur, avec addition d’une petite quantité d’acide sulfurique.
- La dose de l’acide sulfurique est assez délicate à déterminer, car il importe de ne pas en employer en excès. En général, on peut en mettre la moitié du poids du bleu-noir employé ; ainsi, pour un bain qui contiendrait 100 grammes de cette matière colorante, il faudrait 50 grammes d’acide sulfurique. Toutefois ce dosage dépend encore de l’état d’alcalinité de l’eau : avec une eau très-calcaire, il faudrait en employer davantage.
- Le signe suivant indique si la quantité est suffisante : lorsque le bain est en ébullition, il se forme une écume grisâtre assez abondante ; il faut que la quantité d’acide soit telle, que cette écume se dissolve dans le bain, mais sans dépasser la quantité nécessaire pour obtenir ce résultat.
- La même observation s’applique au bleu-noir employé pour les teintes foncées.
- Ce bleu-noir existe à reflet rouge et à reflet bleu ; on peut donc s’en servir pour les gris-perle bleutés, et pour les rosés comme celui de notre échantillon.
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- INDUSTRIELLE
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 114. 081. — Powers. — Perfectionnements dans le mécanisme et les dispositions pour envider le fil sur les bobines et plus particulièrement sur celles des navettes des machines à coudre. — Disposition devant la bobine, et parallèlement à son axe, d’une tige ou fil de fer en vue d’une distribution uniforme de la matière.
- 114,085. — Tasset. — Moyen d’introduire en un état de division complète le coton et autres matières textiles dans les cardes. — Des peignes, en nombre variable, sont appliqués sur le côté de l'auget qui fait face aux déchireurs ou aux gros tambours des cardes.
- 114. 089. — BALLIN. — Perfectionnements dans la fabrication des fleurs^ feuilles, feuillages, roseaux, fruits, etc., artificiels. •— Préparation en pièces d un tissu recouvert d’une couche de caoutchouc vulcanisé, puis d’une peinture ou d’un vernis qui lui donne la nuance du feuillage à imiter.
- 114,113. — QUINQUARLET-DESCHAMPS. — Disposition de cueillage par platines mobiles sur aiguilles à charnière, s'appliquant aux métiers à bonneterie soit rectilignes soit circulaires. — Jusqu’à ce jour, dans les métiers à aiguilles à charnière, le cueillage se fait par le mouvement va-et-vient de l’aiguille à charnière soudée à des platines à talons ou munie d’un talon faisant partie de l’aiguille, dans des combles ou divisions, sous l’action d’une rainure excentrique qui fait rentrer successivement les aiguilles dans les divisions pour produire l’abatage et le cueillage pour chaque maille. — Dans ce brevet, les pièces indispensables pour la formation de la maille sont : 1° un bancfixe portant les aiguilles à charnière serrées par des plaques à vis et suivant la division voulue ; 2° un jeu de platines mobiles dans des divisions de la face antérieure du banc et concordant avec les intervalles de la division des aiguilles; 3° un excentrique faisant avancer les platines d’arrière en avant, de telle façon qu’elles passent la tête des aiguilles au sommet de
- l’excentrique d’une quantité égale à la longueur que l’on veut donner à la maille; 4° deux rentreuses fixées à une barre mobile, participant au mouvement de l’excentrique et déterminant, après le passage de ce dernier, celui des mailles en arrière des palettes des aiguilles ; 5° un jette-fil qui présente le fil un peu en avant de l’excentrique.
- 114.115. — Sutherland.— Perfectionnements dans les moyens d’imprimer, d’enduire et d'orner la surface des bois, métaux et autres matières. — Les revendications sont : 1° impression en couleur répandue sur la surface du bois préparé et l’enlèvement par le lavage de l’empreinte quand elle a produit son effet ; 2° impression sur le bois préparé sans le colorer et l’enlèvement par le lavage de l’empreinte après que les couleurs et enduits ont été mis sur le bois.
- 114,116. — Torrance. — Perfectionnements dans les marques numériques des matières et tissus en pièces, ainsi que dans les appareils servant à produire ces marques. — Marque numérique et consécutive du nombre de mètres sur ou dans les articles, matières ou étoffes en pièces que l’on vend à la longueur.
- 114,120. — ZINGLER. — Perfectionnements dans les peintures au bronze et autres couleurs métalliques pour décors et autres usages industriels et artistiques. — Un exemple de cette composition est donné. Soit : albumine, 1 kil.; eau, 2 kil.; huile de ricin ou glycérine, 185 à 315 grammes, et bronze ou couleur pulvérisée, 3 kil. L’émaillage de cette peinture bronze est effectué à l’aide d’une troisième composition d’albumine combinée avec de la baryte.
- 114,149. — Simonin et Jeanne père et fils. — Machine a mouliner. — Destinée à donner des moulinets ou des chinés ; le plateau porte-bobine de cet appareil a une vitesse pouvant aller jusqu’à mille tours à la minute ; un casse-fil assure le déclanchement instantané et l’arrêt du système entier dès qu’une rupture a lieu.
- 114,154. — Agnellet frères. — Garnitures et ornements faits avec des étoffes d’une disposition spéciale et destinés à être appliqués aux chapeaux, robes et autres vêtements. — Dans le tissage des étoffes pour garnitures et ornements, on laisse des intervalles non tissés, soit dans la chaîne, soit dans la trame; on obtient ainsi des pièces d’étoffes composées de bandes longitudinales alternées
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- et formées les unes par le corps même du tissu, les autres par les seuls fils flottants de la trame.
- 114,155. — Allard. — Perfectionnements a l'échardonnage mécanique des laines. —Les rubans à dents de scie dont sont garnis les roule-ta-bosse produisent imparfaitement leur effet, à cause de l’écartement relativement considérable formé par le pas de l’hélice qui contourne la paroi intérieure ou cylindre ; c’est dans le but d’augmenter cet effet que l’inventeur a imaginé trois dispositions consistant a diminuer l’écartement dont il s’agit.
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- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- l'exportation temporaire.
- Les personnes qui suivent avec attention les résumés, publiés dans les journaux, des délibérations du Conseil supérieur du commerce, auront pu remarquer qu’à l’occasion des admissions temporaires, dont le Conseil s’occupe en ce moment, la proposition avait été faite d’autoriser une mesure différente, mais parallèle, dont quelques départements, les Vosges, entre autres, se trouveraient très-bien. L’admission temporaire consiste dans l’importation, pour un délai déterminé et sans droits, de marchandises étrangères sous la condition de les exporter après qu’elles auront reçu une façon nouvelle. La mesure dont il s’agit serait la faculté réciproque d’exporter de France des marchandises françaises, qu’on réimporterait sans droits après qu’elles auraient été l’objet, à l’étranger, d’une élaboration complémentaire. Ainsi, par exemple, les manufacturiers français des Vosges, qui font des toiles de coton blanches ou écrues, pourraient les envoyer à Mulhouse, présentement ville étrangère, pour qu’elles y soient imprimées, et, après l’impression, les faire rentrer en France. Avant les désastres de la dernière guerre, cette opération se faisait couramment et sans difficulté entre les deux localités que nous venons de désigner, les Vosges et Mulhouse, alors ville française. Elle est devenue impossible depuis que Mulhouse est au-delà de notre frontière, parce que, à la frontière, il y a une ligne de douanes. Les toiles françaises imprimées, retour de Mulhouse, auraient à payer un droit de 15 0/0. C’est de ce droit qu’on propose de les affranchir par l’exportation temporaire.
- On ne peut qu'applaudir à l’idée de cette innovation et en souhaiter l’adoption qui, dit-on, est vraisemblable. Mais, sur ce point encore, on se
- trouve en présence des préjugés protectionnistes, si puissants dansleGonseil supérieur. Quelques personnes persistent à penser et à soutenir qu’il appartient à telle ou telle catégorie de manufacturiers de se faire payer une redevance par leur concitoyens toutes les fois que ceux-ci consomment ou emploient des objets fabriqués au dehors, de la même sorte que ceux qu’ils manufacturent eux-mêmes.
- Cette prétention déraisonnable ne supporte pas l’examen en général; mais moins que jamais dans le cas particulier dont il s’agit. Ce régime serait très-favorable au travail national aussi bien qu’aux consommateurs. Il développerait nos ateliers de filature et de tissage. On ne peut pas évaluer à moins d’une demi-douzaine de millions ce qu’il ferait gagner annuellement à la France.
- Nous espérons bien que ce régime sera introduit en France, malgré l’opposition que pourraient y faire quelques indienneurs. Dans le cas dont il s’agit, il existe déjà au profit des indienneurs nationaux une protection sérieuse, celle qui résulterait forcément du trajet qu’il faudrait obligatoirement faire subir à la marchandise, premièrement pour qu’elle se rende des Vosges à Mulhouse, et secondement pour qu’elle revienne de Mulhouse en France. Un droit de douane par delà, à la rentrée, rendrait l’opération impraticable. Devant cette raison positive, le Conseil supérieur, et, à plus forte raison, le gouvernement, ne peuvent que s’associer au régime des exportations temporaires ; ce sera un nouvel adoucissement au système protectionniste qui nous gouverne et qui empêche le développement d’un grand nombre d’industries intéressantes. Si l’on ne veut pas abaisser notablement nos droits de douane, il faut au moins parer à leurs inconvénients en développant l'admis-sion temporaire et l’exportation temporaire.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Liste des membres du jury d’admission (Extrait du Règlement général.)
- Cette liste ayant une certaine étendue, nous ne reproduisons que les parties qui concernent nos spécialités.
- (Voir la classification des produits indiqués dans le précédent numéro du Moniteur de la Teinture.
- 3e GROUPE : Mobilier et accessoires.
- Classe 21 : Tapis^ tapisseries et tissus d’ameublement. — Baudoin, fabricant de toiles cirées, président du conseil des prud’hommes. — Braquenié
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- V______________________________________________
- Alexandre), membre du jury (1867) — Garlhian, membre de la chambre de commerce, ancien président de la chambre syndicale des tissus, membre des jurys (1862,1867, 1873). — Dulud, fabricant de cuirs en relief à Neuilly. — Dupland, fabricant de soieries et tapisseries, membre de la chambre syndicale des tissus. — Dupont, ancien membre de la chambre syndicale des tissus. —Mourceau, fabricant de reps et tapis de table, membre du jury (1867). — Nain (Félix), fabricant d’articles de Tar-rare et Saint-Quentin. — Rattier, fabricant de caout-chouc et gutta-percha. -- Tierry-Mieg, membre du jury (1867).
- Classe 22 : Papiers peints. — Bach, fabricant de stores. — Delicourt,ancien président du conseil des prud’hommes, membre de la commission des valeurs en douane. — Desfossé, fabricant de papiers peints, membre du jury en 1867. — Gillon, fabricant, membre de la commission des valeurs en douane, membre du jury en 1867. — Leroy (Isi-dore1, membre du conseil des prud’hommes et de la chambre syndicale des papiers peints.
- 4e GROUPE : Tissus, vêtements et accessoires.
- Classe 30 : Fils et tissus de coton. — Berger (Casimir), chef de l’ancienne maison Gustave Roy et Cie, membre de la commission des valeurs. — Bouffard, ancien juge au tribunal de commerce, ancien négociant en tissus, membre du jury en 1867 à Paris. — Carcenac, maire du 2e arrondissement, ancien négociant en fils, tissus de coton, ancien membre du jury en 1867 et 1873. — Chartier (Alexandre), négociant en rouenneries et tissus de laine. — David, fabricant de tissus de coton façonnés et mousseline. — Fould (Henry), associé de la maison Fould frères, membre de la chambre syndicale du commerce d’exportation. — Grellon (H.), membre de la chambre syndicale des tissus, ancien membre du jury en 1867. — Joriaux, négociant en fils et tissus, membre de la chambre syndicale des tissus. — Journé (P)., négociant en doublures de coton, membre de la chambre syndicale des tissus. — Kœchlin-Schwarts, conseiller général du Haut-Rhin, manufacturier à Mulhouse. — Ponnier, négociant en fils et tissus de coton, membre de la commission des valeurs. — Waddington (Richard) manufacturier, député de la Seine-Inférieure.
- Classe 31 : Fils et tissus de lin, de chanvre, etc. — Bouruet-Aubertot, négociant, ancien membre du conseil municipal de Paris. — Guynet, négociant, membre de la chambre des tissus. — Le-leux, fabricant, membre de la commission des valeurs en douane. — Meunier (Ch.), négociant,
- membre du conseil général de la Seine. — Oudot, négociant. — Saint, négociant, membre de la chambre syndicale des tissus.— Simonnot-Godard, négociant. — Varin fils, négociant, membre du conseil du comptoir d’escompte.
- Classe 32 : Fils et tissus de laine peignée. — Au-diffret, ancien négociant, ancien juge au tribunal de commerce. — Baudoux-Chesnon, président de la chambre syndicale des tissus, membre de la commission des valeurs en douane. -- Bonnaud, commissionnaire, membre de la chambre syndicale du commerce d’exportation. — Faxland, négociant, membre de la commission des valeurs en douane. — Giraudeau, négociant, juge au tribunal de commerce. — Guérin, membre de la commission des valeurs en douane. — Larsonnier (G.), négociant, ancien membre de la chambre de commerce, membre du jury en 1867.—Legrand, fabricant, membre de la chambre syndicale des tissus et de la commission des valeurs en douane. — Pénicaud, négociant, membre du conseil d’escompte à la Banque de France. — Planche, négociant, ancien président de la chambre syndicale des tissus. — Tabourier, négociant, membre de la commission des valeurs en douane, membre du jury (1867). — Willeminot-Huart, manufacturier.
- Classe 33 : Fils et tissus de laine cardée. — Balsan, fabricant, ancien député, membre du conseil supérieur du commerce. — Dauphinot, sénateur, président de la chambre de commerce de Reims, membre du jury (1867 et 1873), membre du conseil supérieur du commerce.— Dubreuil, fabricant, membre de la chambre syndicale des tissus. — Jourdain (Frédéric), ancien fabricant, membre du jury (1867). — Labadié, député, négociant. — Lazare, membre de la chambre syndicale du commerce d’exportation. — Moreno-IIenriquès, délégué de la chambre de commerce de Paris, membre du jury (1867). — Talamon (Félix), ancien négociant.
- Classe 34 : Soies et tissus de soie. — Arbelot, membre de la chambre syndicale des tissus. — Chatel, manufacturier, membre du jury à l’exposition de Philadelphie (1876). — Gaguet (O.), négociant, membre de la commission des valeurs en douane. — Guibert (Alfred), ancien négociant. — Hamelin, négociant, membre de la commission des valeurs en douane. — Louvet, fabricant, ancien conseiller municipal de Paris, membre du jury à Vienne (1873). — Payen, ancien membre de la chambre de commerce de Paris. — Person, président de la chambre syndicale du commerce d’exportation, membre de la commission d’enquête sur la navigation. — Raimbert (Jules), membre de la commission des valeurs en douane, membre du
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- jury (1867). — Ritaud (Charles), ancien filateur. — Sévène, manufacturier, membre du conseil supérieur du commerce. —Tezenas duMontcel, fabricant. — Vatin, ancien fabricant, membre de la commission des valeurs en douane.
- Classe 35 : Châles. — Bideau, fabricant, membre de la chambre syndicale des tissus. — Gaus-sen (Maxime), ancien fabricant, membre des jurys (1855, 1867, etc.). — Hennequin (IL), fabricant, membre de la commission des valeurs en douane. — Hussenot, ancien juge au tribunal de commerce, ancien président de la chambre syndicale des tissus, membre du jury (1867).
- Classe 36 : Dentelles, tulles, 'broderies et passementeries. — Agnellet, négociant, vice-président de la chambre syndicale des tissus. — Aubry (Félix), membre de la chambre de commerce, membre de la commission des valeurs en douane, membre du jury (1867). — Biais, fabricant, membre du jury à Philadelphie (1876). — Hoschédé, chef de l’ancienne maison Chevreux-Aubertot. — Jumelle, fabricant, secrétaire de la chambre syndicale des passementiers. — Lefébure (Constant), ancien juge au tribunal de commerce, membre du jury (1867). — Limal-Boutron, président de la chambre syndicale de la décoration religieuse. — Louvet, fabricant,ancien vice-président de la chambre syndicale des tissus. — Pariot-Laurent, fabricant, ancien président de la chambre syndicale des passementiers, membre du jury à Vienne (1873). — Sajou, ancien vice-président de l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie, membre du jury (1867). — Simon (Ferdinand), fabricant, juge au tribunal de commerce. — Truchy (Emile), fabricant, membre de la chambre syndicale des tissus, juge suppléant au tribunal de commerce. — Verdé-Delisle, négociant.
- Classe 37 : Objets de bonneterie, lingerie, accessoires du vêtement. — Bacot (Raymond), fabricant, ancien' ingénieur des constructions navales; — Boussard, fabricant, président de la chambre syndicale des gantiers ; — Charvet, président honoraire de la chambre syndicale des chemisiers ; — Cour-voisier, juge au tribunal de commerce, président honoraire de la chambre syndicale de la ganterie ; — Dehesdin, fabricant, membre de la commission des valeurs en douane; — Duvelleroy, fabricant, membre du Jury (1867) ; — Gruyer, président de la chambre syndicale des fabricants de parapluies et de cannes ; — Guibal, fabricant, vice-président de la chambre de commerce, membre du jury (1867); — Hayem aîné, ancien président de la chambre syndicale des chemisiers, membre du jury (1867) ; — Marie, sous-directeur du commerce extérieur au ministère de l’agriculture et du com-
- | merce; — Notelle, fabricant, secrétaire du syndi-* cat général de l’Union nationale du commerce ; — i Tailbouis, fabricant, ancien membre de la commis-| sion des valeurs en douanes, membre du jury
- (1867); — Tarbouriech-Nadal, commissionnaire, membre de la chambre syndicale du commerce d’exportation.
- Classe 38 : Habillement des deux sexes. — Armand Dumaresq, peintre, organisateur et président de la classe des costumes populaires en 1867; membre du jury (1867); — Bessand, juge au tribunal de commerce ; — Bouillet, fabricant, juge au tribunal de commerce ; — Giraud, président de la chambre syndicale des marchands tailleurs; — Haas, fabricant, vice-président de la chambre syndicale de la chapellerie, membre du jury (1867) ; — Hielard, président du syndicat général du commerce et de l’industrie, vice-président de la chambre des fabricants de fleurs et plumes ; — Leduc, président de la chambre syndicale de la chapelle-rie; — Lemonnier, négociant, membre du jury (1867); — Lepetit-Charollet, fabricant, membre de la chambre syndicale des tissus ; — Levois, membre de la chambre de commerce, vice-président de la chambre syndicale du commerce d’exportation ; — Marienval, président du conseil des prud’hommes et de la chambre syndicale des fabricants de plumes et fleurs, membre du jury (1867) ; — Nuitter (Ch.), archiviste de l’Opéra, homme de lettres; — Pinaud, fabricant de chapeaux; — Pinet, président honoraire de la. chambre syndicale des fabricants de chaussures, trésorier de l’école professionnelle du 10° arrondissement; — Touzet, président de la chambre syndicale des fabricants de chaussures ; membre du jury (1867) ; — Turney,-Brosset, secrétaire de la chambre syndicale des fabricants de plumes et fleurs.
- 5e GROUPE : Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés.
- Classe 47 : Produits chimiques et pharmaceutiques. — Armet de l’Isle, fabricant. — Berthelot, membre de l’Institut, professeur au collège de France et à l’école de pharmacie. — Camus père, fabricant de produits chimiques, président honoraire de la chambre syndicale des produits chimiques. — Chiris (Léon), fabricant, député des Alpes-Maritimes. — Clermont (Philippe de), chimiste, professeur suppléant au Jardin des plantes. — Drouin, négociant, ancien député de la Seine, ancien président du tribunal de commerce, membre du jury (1867). — Ferrand, président honoraire de la chambre syndicale des pharmaciens. — Fourcade, ancien manufacturier, membre de la chambre de commerce, membre du jury (1867), — Gé-
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- rard, fabricant de produits chimiques, président de la chambre syndicale des produits chimiques. — Kuhlmann fils, fabricant de produits chimiques, membre du jury à Philadelphie (1876). — Morin (Paul), sénateur, ancien fabricant d’aluminium, membre du jury (1867). —. Régnauld, membre de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine, directeur de la pharmacie centrale des hôpitaux. — Schlœsing, directeur de l’école d’application des manufactures de l’Etat, professeur à l’Institut agronomique. — Tiburce Ferry, ancien juge au tribunal de commerce, courtier assermenté.
- Classe 48 : Procédés chimiques de blanchiment, de teinture et d'impression. — Cordier, sénateur, manufacturier. — Descat, manufacturier, ancien député du Nord. — Francillon (Jules), teinturier, membre de la chambre syndicale du blanchiment, de la teinture et de l’impression des étoffes. — — Guillaume, imprimeur sur étoffes, président de la chambre syndicale du blanchiment, de la teinture et de l’impression des étoffes. — Outin (Augustin), ancien négociant, ancien expert de la douane. —Persoz (Jules), directeur de la condition des soies et laines à la chambre de commerce de Paris. — Trouiller, négociant, membre de la commission des valeurs en douane. — Weiss, fabricant de tissus imprimés, membre delà commission des valeurs en douane.
- 6e GROUPE : Outillage et procédés des industries mécaniques.
- Classe 53 : Matériel des arts chimiques de la pharmacie et de la tannerie. — Crapelet, vice-président de la chambre syndicale des caoutchouc et gutta-percha. — Dorvault, directeur de la pharmacie centrale. — Gauthier-Bouchard, fabricant de vernis, membre de l’union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie. — Lauth, chimiste,membre du conseil municipal de Paris, membre du conseil d’administration de l’assistance publique. — Limousin, pharmacien à Paris, lauréat de l’exposition de 1867, membre du jury à l’exposition d’hygiène de Bruxelles, 1876. — Mallet (A.) fabricant de produits chimiques, membre du conseil général de la Seine. — Morane jeune, constructeur-mécanicien, membre de la chambre syndicale des mécaniciens. — Sauchère .(de la),ancien élève de l’école polytecnique. — Scheurer-Kestner, sénateur, chimiste. — Schmitz,ingénieur de la compagnie parisienne du Gaz. — Soyer, tanneur. — Docteur Wurtz, ancien doyen de la faculté de médecine, membre de l’Institut, membre du jury (1867).
- Classe 56 : Matériel et procédés du filage et de la corderie. — Claude, sénateur des Vosges, manu
- facturier. — Feray (Arthur), filateur à Essonnes. — Fouinât fils, fabricant de câbles métalliques, membre du conseil d’escompte du Comptoir d’escompte. — Gresland (C.), filateur de coton, membre de la commission des valeurs en douane. — Guérin, président de la chambre syndicale de la corderie, membre de la société des ingénieurs civils. — Legrand (Léon), filateur, membre de la commission des valeurs en douane. — Rhode, négociant en soies écrues et teintes, membre de la chambre syndicale des tissus.
- Classe 57 : Matériel et procédés, du tissage. — Alcan (Michel), ingénieur civil, professeur de tissage au Conservatoire des arts et métiers. — Cho-queel, fabricant de tapis et ameublements, administrateur del'Union centrale des beaux arts appliqués à l’industrie. — Collin, chef d’atelier à la manufacture des Gobelins, conseiller municipal. -- Dieute-gar (E.), fabricant de passementerie. - Gros-Hartmann (Edouard), de la maison Gros-Marozeau de Vesserling, tissages dans les Vosges. — Lecomte (Ch.), député de la Mayenne, fabricant de dentelle, imitation à St-Pierre-lès-Calais. — Seydoux (Auguste), filateur de laines et fabricant de mérinos, ancien membre du jury (1867). — Turgan, administrateur de la société de zinc de Silésie et de la société de zinc du Midi.
- Classe 60 : Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions. — Baillière, juge au tribunal de commerce,libraire-éditeur. — Balin, fabricant de papiers peints, diplôme d’honneur à Vienne en 1873. — Daguerre, papeteries de l’Epine et de Labarde, à St-Séverin (Charente-Inférieure). — Dumont, directeur des papeteries du Marais et de Ste-Marie. — Ermel, ingénieur, chargé de la fabrication des billets à la Banque de France. — Laboulaye (Charles), ingénieur-expert, ancien fabricant de papiers. — Marinoni, constructeur de presses mécaniques, membre de la chambre syndicale des mécaniciens. — Turquetil, fabricant de papiers peints, membre du conseil d’administration de l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Fabrique d’Acide tartrique Alun de potasse, d’ammoniaque et extra-pur.
- Demande de représentants sur chaque place.
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau.
- Imp. C. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenuer.
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- 21° Année, No 6. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. G. JARMIN. —Teinte corail (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Epaillage chimique : Procédé de neutralisation, par voie de sels insolubres, des sels employés, par M. Durand. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : La Chambre de commerce de Saint-Etienne (Loire) et la question de l’admission temporaire en franchise des fils de laine et de coton pour tissage. — Les enveloppes des jambons américains.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES
- Par M. Georges JARMAIN
- {Suite)
- DÉGRAISSAGE DE LA LAINE.
- Les détergents employés sont : le savon mou pour les laines longues, fines, et pour les laines courtes, tant grossières que fines, l’urine seule, ou l’urine et le carbonate de soude brut, ou ce dernier seul, la silicate de soude, et divers mélanges de carbonates alcalins et de savons.
- La meilleure température pour le dégraissage de la laine est de 52 à 58° centigrades.
- L’ancienne méthode pour dégraisser la laine, et qui donne de bons résultats, consiste à l’immerger dans une cuvé contenant le bain de dégraissage ; on l’y promène dans tous les sens avec un bâton, pendant cinq ou dix minutes, et puis on l’égoutte sur une claie, en la retirant avec une fourche par petites portions à la fois. Quand elle a été dégorgée sur la claie, elle est jetée dans une citerne appelée Wash-of (laveur-purgeur) dont le fond est muni de plaques en fer perforées. On fait alors couler de l’eau dans la citerne par un tuyau de 12 à 15 cen-timètres qui débouche horizontalement, et lorsqu’elle est remplie on y ajoute la laine en tous sens. On fait ensuite écouler l’eau à travers les trous des plaques au moyen d’un clapet. Ce lavage à l’eau est répété deux ou trois fois. Cette méthode demande une grande quantité d’eau, mais elle est économique sous d’autres rapports. Un perfectionnement à ce
- procédé, très-souvent appliqué, consiste à avoir une coquille en tôle de fer perforée, mobile sur un pivot et fixée à une grue. La coquille est descendue an fond de la cuve à dégraisser, et on y lave la laine; quand celle-ci est prête, on retire la coquille au moyen de la grue, et la faisant basculer, on jette la laine qu’elle contient dans la citerne. La laine est lavée deux ou trois fois comme dans la première méthode. Un homme peut laver par le premier procédé de 500 à 600 livres de laine par jour; le second, celui de la coquille perforée, exige deux hommes, mais permet de faire beaucoup plus d’ouvrage.
- Pour certaines sortes de laines, qui demandent l’emploi du savon comme détergent, la matière fibreuse, dégraissée, est passée par des rouleaux au lieu d’être lavée.
- On se sert de fourches à main pour manipuler dans le liquide dégraisseur les laines à longues fibres.
- Cependant, dans les fabriques les plus importantes, on a remplacé le procédé ci-dessus pour débarrasser la laine de ses impuretés naturelles par des machines à dégraisser, dont la première a été inventée en 1851 par M. John-Pétrie jeune de Roch-dale. Cet inventeur a considérablement perfectionné sa machine depuis lors, et la dernière forme, qu’il appelle paragon, laisse peu à désirer.
- Une machine complète consiste en trois boîtes ou boules. La première est alimentée de laine par un enfant. Elle contient une forte lessive dans laquelle la laine est fortement secouée, prise alternativement par des rochets ingénieusement fixés à des axes; de cette boule la matière filamenteuse passe à travers des rouleaux dans une seconde qui renferme une lessive plus faible, et, enfin, dans une troisième, où elle subit l’action de l’eau courante.
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- En dernier lieu, elle passe à travers des cylindres compresseurs et est chassée au dehors par un ventilateur puissant qui la laisse nette et ouverte. La laine sort très-propre et moitié sèche. En réalité, la machine accomplit une somme considérable de travail et d’une manière très-satisfaisante, et les manufacturiers qui l’employaient n'ont dit n’avoir qu’à s’en louer. On en peut dire antant des machines de MM. Naught et Leech, à dispositions différentes, qui sont fort appréciées et produisent d’excellents résultats.
- DÉGRAISSAGE DES ÉCHEVEAUX.
- Les impuretés que le dégraissage doit enlever à la laine en écheveaux se composent de l’huile, qui a servi pour opérer sondroussage et son retordage, et d’un amas de saletés. On emploie pour détergent un mélange de savon et d’ammoniaque, et des liquides alcalins pour quelques écheveaux de qualité supérieure.
- Il est important d’empêcher, autant que possible, le feutrage de la laine, et l’on y parvient en plongeant les écheveaux dans de l’eau bouillante qu’on laisse refroidir avant d’effectuer le lavage.
- Le dégraissage se fait dans une citerne en bois remplie d’un bain détersif; l’écheveau est suspendu sur des bâtons placés en travers de la citerne ; il est fréquemment déroulé, mouliné dans le bain et finalement tordu. La meilleure température pour cette température est de 60 à 66° centigrades.
- DÉGRAISSAGE DES TISSUS.
- Ce nettoyage se fait toujours dans une machine consistant en une cuve ou citerne, avec des cylindres compresseurs placés au-dessus. Les matières varient suivant les sortes de tissus ; on emploie pour les lainages le carbonate de soude impur, les cristaux de soude et les cendres de savon. Le tissu passe dans la lessive chauffée à une température de 65 à 70° centigrades, et puis pendant quelque temps, à travers les rouleaux; par ce moyen, l’huile qu’il contient est enlevée par le détergent sous la forme d’une émulsion. On utilise souvent deux fois le même bain, après l’avoir renforcé par une addition d’alcali. Finalement, on lave le tissu à l’eau claire et courante sur la machine pendant un temps assezlong. Il est très-important d’enlever au tissu tout ce qu’il peut renfermer d’huile, de savon et de graisse, quand on veut ensuite le soumettre à la teinture, car le peu de ces impuretés qui resterait serait un obstacle sérieux à l’action du mordant.
- BLANCHIMENT DE LA LAINE.
- Pour blanchir les articles de laine, le moyen que l’on emploie encore aujourd’hui est d’un caractère tout à fait primitif; il aurait reçu peu de perfectionnements depuis les jours de Pompéi, où, nous dit Pline, on aurait retrouvé dans les ruines les traces de cette industrie. Comme dans ce temps reculé, on se sert actuellement d’une chambre fermée dans laquelle on suspend les articles à blanchir. Cette chambre est remplie de fumées produites par le soufre en combustion, à l’action desquelles on laisse les laines exposées pendant quelques heures.
- Pendant ce temps, la matière colorante jaune de la laine est plus ou moins affectée, probablement par l’action réductive de l’acide sulfureux, et elle est transformée en une substance incolore. Le blanchiment, toutefois, n’est pas d’un caractère très-permanent, car la teinte jaune est sujette à reparaître, surtout si les articles sont traités avec des solutions alcalines qui favorisent souvent l’oxydation. Conséquemment le blanchiment de la laine, au moyen de l’acide sulfureux, n’est pas aussi satisfaisant que le blanchiment du coton avec le chlore.
- Le chlore ne convient pas pour blanchir la laine, parce qu’il attaque et endommage la fibre sans la blanchir. L’acide sulfureux est le seul agent dont l’efficacité soit prouvée pour le blanchiment de la laine. L’opération porte le nom de soufrage ou étuvage. L’étuve à soufrer est construite en briques ou pierres, et souvent revêtue intérieurement de bois. Dans ce dernier cas, il faut user aussi peu que possible de clous pour éviter l’action nuisible du sulfate de fer qui se forme sur ces clous, par la combinaison de l’acide sulfureux et de l’air. Les articles à blanchir doivent être bien savonnés et lavés ; on les suspend dans la chambre lorsqu’ils sont encore humides. On met, au milieu de la chambre, une certaine quantité de soufre dans un plat en fer, et l’on y plonge un morceau de fer porté à la chaleur rouge ; on ferme la porte, et on laisse l’étuve tranquille pendant quelques heures. On ouvre ensuite la porte, le gaz acide sulfureux s’échappe, et l’on retire les articles. On les lave avec soin pour les débarrasser de l’acide sulfureux qui, laissé en contact avec la fibre, se changerait en acide sulfurique par l’action oxydante de l’air.
- On a imaginé quelques perfectionnements dans l’aménagement de ces chambres à soufrer, qui ont pour objet de produire une économie de soufre,
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- une diffusion plus égale de l’acide sulfureux dans > la pièce, donnant par suite plus de régularité à | son action, et, enfin, d’empêcher les effets des- ; tructeurs sur la végétation voisine de l’acide sul-fureux qui s’échappe lorsqu’on ouvre la porte de l’étuve. On trouve dans le Moniteur de la Teinture de l’année 1872 la description d’un dispositif qui semble assez bien remplir le but. L’acide sulfureux, j produit dans un brûleur à soufre, est lancé dans la chambre au moyen d’un petit jet de vapeur, et 1 lorsque les articles y ont été exposés pendant un temps convenable, l’acide sulfureux est tiré dehors par un aspirateur et absorbé par du carbonate de soude, qui le convertit en sulfate de soude. Un autre perfectionnement consiste à faire passer les pièces à travers la chambre au moyen de rouleaux, ce qui permet de faire un blanchiment continu.
- Il nous reste à dire quelques mots sur un ou deux procédés que nous avons signalés plus haut.
- Ces dernières années on a employé quelque temps une solution d’acide, sulfureux sur une vaste échelle, pour le blanchiment de la laine. La liqueur blanchissante offre plusieurs avantages sur le gaz décolorant pour la laine en flocons, qui est plus facile à manipuler dans un liquide que dans une chambre à soufre. D’un autre côté, l’acide sulfureux n’est pas, en solution, un blanchisseur aussi efficace que lorsqu’il est à l’état gazeux, et les solutions sont ennuyeuses à faire ou plus coûteuses que le soufre, seul produit exigé dans le blanchiment par le gaz.
- La solution d’acide sulfureux à employer pour le blanchiment peut être choisie parmi les suivantes :
- 1° Solution du gaz dans l’eau ;
- 2° Solution contenant de 3 à 5 pour 100 de bisulfite de soude, auquel on ajoute un volume égal d’acide hydrochlorique ;
- 3° Solution de 3 à 5 pour 100 de bisulfite, dont on met en liberté l’acide sulfureux dans une opé-ration subséquente.
- La laine à blanchir doit être dégraissée avec du savon, lavée et trempée pendant quelques heures dans une des solutions ci-dessus. Si l’on a employé la Première ou la seconde solution, il faudra laver la laine pour la débarrasser de l’acide. Puis on la mettra quelque temps à l’abri, parfaitement couverte, et dans ces conditions l’action blanchissante se continuera par l’acide sulfureux qui tient à la laine.
- Si l’on fait usage de la troisième solution, on
- fera passer la laine, une fois débarrassée d’humidité, dans de l’eau contenant de 3 à 5 pour 100 d’acide hydrochlorique qui dissociera l’acide sulfureux du bisulfite de soude dont cette laine est imprégnée; l’acide sulfureux en contact avec la fibre et celui qui se trouve probablement dans son intérieur se dégageront, et la matière colorante de la laine sera plus énergiquement attaquée par cet agent blanchissant à l’état naissant qu’elle ne le serait par de l’acide sulfureux libre. Cette méthode ressemble à celle du blanchiment du coton par la poudre blanchissante en ce que l’agent décolorant est décoloré par un acide.
- Les solutions no 1 et 2 perdent rapidement leur force, soit par l’échappement de l’acide sulfureux, soit par la conversion de cet acide en acide sulfurique par oxydation. On éprouve donc quelque perte dans ces solutions quand le blanchiment ne se fait pas d’une manière continue, mais on peut leur conserver la majeure partie de leur acide sulfureux en neutralisant celui-ci avec du carbonate de soude ; à chaque opération il suffira d’ajouter aux liquides de l’acide hydrochlorique pour rétablir le dégagement de l’acide. La solution no 3 conserve sa force beaucoup plus longtemps que les nos 1 et 2, et quoiqu’elle demande plus de travail, elle produit un blanchiment plus effectif.
- On améliore souvent la couleur de la laine en lui donnant un léger azurage, ce que l’on peut faire dans le bain acide de blanchiment, ou mieux dans un bain composé spécialement, après que le blanchiment a été effectué. Une solution de carmin d’indigo me paraît être la plus convenable pour cet azurage, mais il est nécessaire, lorsque la laine est très-jaune, d’ajouter une couleur rouge. La nuance peut être donnée à froid.
- La solution de bisulfite de soude de 45° Tw. (14° Baumé) se vend actuellement 11 fr. 25 les 112 livres.
- Quand on a besoin de grandes quantités de ce produit, soit pour le blanchiment, soit pour la préparation de l’indigo réduit par la méthode de Schul-zenberger et de Lalande, on peut le fabriquer soi-même en absorbant dans du carbonate de soude, le gaz acide sulfureux produit par la combustion du soufre. On peut opérer cette absorption de plusieurs manières et dans des appareils très-simples, en faisant passer le gaz à travers la solution alcaline, soit par aspiration, soit par injection, même après que l’effervescence aura complètement cessé et jusqu’à ce qu’il ne soit plus absorbé.
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- On peut également préparer la solution de bisulfite de soude, s’il n’en faut que de petites quantités , en versant dans un vase en fer du charbon de bois écrasé qu’on aura imbibé d’acide sulfurique concentré, et en conduisant les gaz émis dans une solution de carbonate de soude jusqu’à complète saturation. Enfin, pour l’obtenir encore sur une plus petite échelle, on chauffe dans un flacon de l’acide sulfurique auquel on ajoute de la tournure de cuivre ou du charbon écrasé, et l’on fait arriver le gaz acide sulfureux produit dans une bouteille renfermant une solution de carbonate de soude, en ayant soin de la secouer de temps en temps jusqu’à ce qu’il n'y ait plus absorption du gaz.
- On rencontre des laines ou des déchets de laine dont la couleur jaune est peu sensible à l’action de l’acide sulfureux, mais dont on peut améliorer considérablement le ton en les traitant avec les couleurs complémentaires, bleu et rouge. Après avoir parfaitement lavé dans une lessive savonneuse la laine, les déchets ou les tissus de laine, on immerge dans un bain d’eau chauffé à 120 degrés environ et additionné de matières tinctoriales. J’ai reconnu que les couleurs à employer dans de bonnes proportions sont : trois cuillerées à bouche de Brook, Sympson et Spiller’s Humbolt, deux de bleu no 1 B. Brook Sympson et Spiller’s. Le travail dans le bain se continuera pendant quarante minutes.
- On peut trouver pour d’autres genres de laines d’autres couleurs et d’autres proportions plus convenables; aussi les indications que je viens de donner n’ont-elles pour but que de montrer la marche à suivre.
- INDIGO.
- L’importance de cet agent colorant dans l’industrie des laines ne saurait être trop exaltée ; nos vêtements les plus beaux et les plus coûteux sont teints avec cette substance, et elle forme fréquemment la base sur laquelle sont appliquées d’autres couleurs.
- L’indigo a été connu et employé comme teinture depuis les temps les plus reculés. Les Egyptiens s’en servaient à une époque très-ancienne, car on le retrouve sur les tissus qui enveloppaient les momies; et les anciens Indous, les Chinois, les Grecs et les Romains en connaissaient l’usage.
- L’indigo est un produit du règne végétal; on le trouve quelque fois en petites quantités dans les excrétions animales. On a fait de nombreuses tentatives pour le produire artificiellement pour les
- besoins industriels, mais tous les efforts ont échoué jusqu’à présent. Cependant, la découverte de la préparation artificielle de l’alizarine nous encourage à espérer que le jour n’est peut-être pas éloigné où les chimistes ajouteront à leurs conquêtes dans le domaine des substances tinctoriales, celle de la production artificielle de l’indigo.
- Les plantes d’où l’on retire l’indigo appartiennent principalement à la famille des légumineuses et au genre indigofera. Les espèces les plus cultivées et les plus estimées sont : I. tinctoria, I. disperma, I. anif I. argentea. L’indigo n’est pas seulement produit par le genre indigofera, il est aussi fourni par laplante pastel, vouède, guède, isatis, tinctoria, de la famille des composites, et par d’autres végétaux.
- L’indigo ne paraît pas exister dans le végétal avec aucun de ses caractères bien connus, mais il est le produit d’une espèce de fermentation que subissent les feuilles de la plante pendant sa préparation, dont nous ne suivrons pas le détail.
- Les indigos se classent d’après leur origine, en :
- 1° Indigos d'Asie (du Bengale, d’Oude, de Coromandel, de Manille, de Madras et de Java).
- 2° Indigos d'Afrique (Egypte, Ile de France et Sénégal).
- 3° Indigos d'Amérique (Guatémala, Caraque, Mexique, Brésil et Caroline).
- Les trois variétés les plus estimées sont le Bengale, le Java et le Guatémala.
- Le fabricant de carmin d’indigo préfère le Java à cause de la pureté de sa couleur. Sa teneur pour 100 en matière colorante n’est pas très-forte, et le teinturier donne, par conséquent, la préférence à des variétés plus riches en principes colorants.
- Les meilleures variétés des indigos du Bengale sont d’un bleu violet foncé, à pâte finement granulée ; ils happent à la langue, se laissent facilement pulvériser et prennent un beau cuivré sous le frottement de l’oxyde. Leur poids spécifique est d’environ 0,769. Leur principe colorant, qui fait surtout la valeur des indigos, est de 12 à 72 pour 100.
- L’examen de l’indigo, en ce qui touche au moins l’art du teinturier, comprend :
- 1° La détermination de la quantité pour 100 de la matière minérale qu’il contient;
- 2° Son pouvoir tinctorial, comparé avec un échantillon modèle de bon indigo avec l’indigotine, matière colorante pure de l’indigo ;
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- 3 La quantité d’indigotine qu’il possède comparée avec celle d’un échantillon modèle ;
- 4° Ses caractères physiques, tels que son poids spécifique, sa couleur, sa facilité à être pulvérisé, son aspect sous le frottement de l’oxyde, son action sur la langue et sa cassure.
- 1.
- On détermine la matière minérale en faisant calciner, dans une capsule de platine, sur une lampe à alcool ou sur la flamme d’un bec Bunsen, un poids connu d’indigo pulvérisé, jusqu’à ce que toute la matière charbonneuse disparaisse, et en pesant la cendre. Si l’on a pris 5 fois 20 grains, le poids de la cendre donnera la teneur pour 100 de la matière minérale. La combustion sera complète en une heure environ, et pour faciliter on brisera le coke formé et on en remuera de temps en temps les morceaux avec un fil de platine. Le bon indigo ne laisse pas plus de 10 pour 100 de cendre, et le meilleur Bengale en donne rarement plus de 7 pour 100.
- II.
- Pour trouver son pouvoir tinctorial, par comparaison avec un échantillon type, on met 5 grains de chaque sorte dans une capsule de porcelaine, avec 5 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré, ou mieux d’acide sulfurique fumant, et on maintient le mélange pendant une heure ou deux à une chaleur modérée. La solution étant opérée, on y ajoute de l’eau, on verse le tout dans une mesure graduée en 100 centimètres, et puis dans un flacon pour bien mélanger la solution. On prend alors, avec une pipette, 5 centimètres cubes de l'échantillon à examiner, et on les met dans 100 centimètres cubes d’eau contenus dans un tube en verre ou dans une longue bouteille en verre blanc; puis on verse, au moyen d’une pipette graduée ou de la burette, la solution de l’échantillon type dans 100 centimètres cubes d’eau, jusqu’à ce que l’on obtienne une couleur égale à celle de l'échan-Fillon à examiner. Les quantités relatives de solu-lion exigées pour produire la même intensité de couleur donnent les valeurs relatives tinctoriales des indigos. On met 5 centimètres cubes du reste de chaque solution dans une petite terrine, dans une capsule ou dans un flacon, avec 50 centimètres cubes d’eau, et l’on y teint des bandes d’étoffe de laine, en poussant la chaleur jusqu’à près de l'é-bullition. L’intensité de la couleur obtenue dans
- chaque cas montrera les valeurs relatives tinctoriales des indigos.
- III.
- Pour trouver la quantité d’indigotine, par comparaison avec un échantillon type, on verse 10 centimètres cubes de la solution indiquée à l’article 2 dans un litre d’eau contenu dans un flacon ou bouteille, et l’on ajoute, au moyen de la burette, une solution de permanganate de potasse, jusqu’à ce que la couleur bleue disparaisse, et soit remplacée par une teinte jaune d’or. On traite 10 centimètres cubes de la solution type de la même manière. Le nombre de centimètres cubes qu’il aura fallu dans chaque cas pour amener la décoloration donnera la quantité relative d’indigotine pure contenue dans chaque échantillon. On obtient une solution de permanganate d’une force convenable en dissolvant 5 grains des cristaux de ce corps dans un litre d’eau.
- On peut aussi employer des solutions de bichromate de potasse ou de chlorure de chaux pour détruire la couleur des solutions d’indigo, et calculer le percentage de l'indigotine d’après la quantité de solution que chaque cas a demandé.
- IV.
- L’examen des caractères physiques de l’indigo peut se passer d’explication.
- L’indigo, tel qu’on le trouve dans le commerce, est insoluble dans l’eau, l’alcali, et les acides étendus; son traitement pour le mettre en solution, et l’utiliser comme agent tinctorial, est basé sur le fait qu’il est rendu soluble par l’action de l’hydrogène naissant, par lequel il est converti en indigo blanc, autrement dit indigo réduit, qui est alors soluble dans les liqueurs alcalines, telles que chaux, soude ou potasse. On opère cette conversion par des moyens qui varient suivant les genres d’arti- ' des que l’on veut teindre. Les vases dans lesquels on teint les articles s’appellent cuves, et les substances que l’on emploie pour réduire ou hydrogé-niser l’indigo donnent le nom à la cuve. On peut diviser convenablement ces cuves en : 19 cuves à froid; 2° cuves à chaud.
- Les cuves à froid sont usitées pour la teinture du coton ou d’autres substances végétales; les cuves à froid sont invariablement employées pour la laine et les lainages.
- L’équation suivante expliquera la conversion de l’indigo bleu insoluble en indigo blanc ou indigo réduit.
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- 2CH*AzO-H‘=CAH2Az203 Indigo bleu. Indigo blanc.
- Deux molécules du premier sont converties en une du dernier par l’hydrogène naissant,
- Le tableau suivant met sous les yeux les diverses matières et les moyens qu’on emploie pour opérer la conversion en indiquant le nom de la cuve.
- Cuves à indigo.
- Cuve à la couperose Cuve à la guède (vouède) pastel Cuve au pastel Cuve de potasse au pastel Cuve à urine Cuve allemande à la soude Cuve de Schutzenberger et Lalande Froide Chaude Chaude ou froide..... Couperose, chaux et soude ou potasse Vouède, pastel, garance, son et chaux Pastel, garance, son et chaux Pastel, garance,son, chaux, potasse et, pour quelques genres d’articles, mélasse Urine, sel, garance Son, carbonate de soude, chaux et mélasse Poudre de zinc, bisulfite de soude, chaux. Par fermentation 60° centigrades. Par fermentation pas au-dessus de 70° centigrades Par fermentation35oC55 Par simple mélange. Coton et substances végétales. Laines et articles de laine. Bonne pour les petits teinturiers. Laine et articles de laine. Laines et lainages dans la cuve chaude ; cotons dans la cuve froide.
- Voici comment se produit l’hydrogène naissant dans la cuve à la couperose, pour laquelle on emploie un mélange de couperose et de chaux : la chaux précipite l’hydrate ferreux (hydrate de protoxyde de fer) de la couperose. L’hydrate ferreux s’empare alors de l’oxygène de l’eau, dont l’hydrogène est ainsi mis en liberté.
- La soude et la potasse que l'on emploie quelquefois en place de chaux agissent de la même manière.
- Dans l’acte de la fermentation, le pastel, le son et la garance se comportent comme des ferments, en vertu de la matière azotée que contiennent ces substances ; le sucre de la garance et la farine du son se convertissent successivement en sucre de raisin, en acide lactique, et finalement en acide butyrique, dont la production est suivie de l’évolution de l’hydrogène et de l’acide carbonique.
- L’équation suivante représente la transformation : 2HCH*0‘=HCH‘02+2C02 + 2 H2
- Acide lactique Acide butyrique Gaz acide Hydrogène carbonique
- L’hydrogène naissant, ainsi produit, constitue l’agent réducteur ou hydrogénisant.
- Dans la cuve de Schutzenberger et De Lalande, l'hydrosulfite formé par le zinc, agissant sur le bisulfite de soude, décompose l’eau, en s’emparant de son oxygène et mettant son hydrogène en liberté, et passe lui-même à un état plus élevé d’oxydation.
- Ces changements ne sont pas encore très-bien connus.
- Les seules cuves employées en Angleterre pour la teinture de la laine sont, autant que je le sache, la cuve à pastel (vouède) et celle du Schutzenberger et Lalande. Les teinturiers anglais paraissent être fortement opposés à l’emploi de la soude et de la potasse, parceque ces carbonates alcalins rendent les cuves caustiques en présence de la chaux. La potasse caustique ou la soude sont excessivement préjudiciables à la solidité et à la souplesse de la laine, surtout lorsque ces produits ont été chauffés ensemble, et la cuve de Schutzenberger et Lalande ne fut pas d’abord bien accueillie parce qu’on s’y servait de la soude comme dissolvant de l’indigo réduit et qu’on attribuait de toutes parts la détérioration des lainages à l’emploi de cette substance. Mais cet inconvénient est aujourd’hui évité par l’emploi de la chaux seule comme dissolvant et par le soin que l’on prend de ne pas s’en servir avec excès.
- USTENSILES
- Le moulin à indigo est excessivement important. Si l’indigo n’est pas complètement pulvérisé, on perd beaucoup de cette matière ; il ne peut être réduit que lorsqu’il est à l’état de poudre impalpable. Le moulin est construit avec des pierres meulières, et ressemble aux moulins à moudre le blé ; ou bien il se compose de quatre rouleaux enfer qui tournent suivant un mouvement de va-et-vient an moyen
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- d’engrenages. L’indigo, broyé avec de l’eau, est réduit en pulpe, et l’opération doit être continuée plusieurs jours. La pulpe doit être parfaitement douce au toucher et ne doit contenir aucune particule rugueuse. La cuve est un vaisseau cylindrique en fer de 2 mètres de diamètre sur de 2 mètres de hauteur ou de 2m20 de diamètre sur 2m20 de hauteur. Elle est enterrée dans un ouvrage en maçonnerie, ou dans une caisse en fer, et chauffée par la vapeur; le conduit de vapeur, de 5 centimètres de large, s’élevant du fond de l’enveloppe jusqu’à 9 décimètres du sommet. On chauffe quelquefois les cuves par un serpentin en cuivre placé dans l’intérieur, et cette disposition et très-économique. On emploie rarement le chauffage à feu direct.
- On se sert de râbles pour remuer le contenu des cuves. La tête du râble a 40 centimètres de long sur 12 de large ; et son manche a une longueur de 3 à 4 mètres 50. On plonge le râble au fond de la cuve, et lorsqu’on ramène sa tête près de la surface par un mouvement saccadé, on fait remonter au-dessus une partie du sédiment. Trois ou quatre hommes travaillent vigoureusement la cuve pendant environ dix minutes.
- Lorsque les cuves sont au repos, on les recouvre avec un couvercle en trois morceaux, fait avec des voligesde 18 millimètres d’épaisseur. Ce couvercle empêche la déperdition de la chaleur intérieure, et garantit grandement de l’oxydation la liqueur contenue dans la cuve.
- Quand on veut teindre de la laine, on enfonce dans la cuve un filet à mailles de 12 millimètres. On remue doucement la laine qui repose dans le filet avec une perche en ayant soin de ne pas la soulever hors du liquide.
- Lorsque la laine a séjourné un temps suffisant dans la cuve, on la retire du filet et on la met dans un sac en filet très-fort, que l’on tord pour extraire le liquide dont la laine est imbibée. On reverse ce liquide dans la cuve.
- On remue les pièces qui sont dans le bain avec un instrument, espèce de crochet émoussé, appelé faucon. L’opérateur en tient un de chaque main, et tire la pièce à lui, en ayant soin de ne pas la faire sortir du bain. Pour empêcher la pièce de tomber dans le dépôt ou pâtée de la cuve, on plonge dans cette cuve un cadre en fer de même diamètre Qu’elle, portant un filet tendu à mailles de 10 à 12 centimètres, et que l’on tient suspendu à 1 mètre environ au-dessus de la surface du liquide.
- Une machine mobile à exprimer, consistant en
- deux rouleaux en fer de 15 centimètres de diamètre, fixée dans un bâti en fer, sert à retirer les pièces du bain et à les dégorger. Les rouleaux de la machine peuvent être recouverts de caoutchouc vulcanisé.
- A continuer.
- TEINTE CORAIL
- Parmi les nuances à la mode, nous devons signaler celle de l’échantillon ci-dessus : le corail ; elle se fait plus ou moins foncée -, celle-ci, qui est un tissu pour fleurs, est d’intensité moyenne.
- La coralline rouge est le produit qui semble s’indiquer tout naturellement pour la production de cette teinte ; cependant on l’obtient avec beaucoup plus de fraîcheur et de facilité au moyen de l'éosine.
- Il faut encore citer, comme nuances de mode, les sylvia, sorte de violet pâle dans le genre des lilas ou des scabieuse, puis les tilleul qui sont toujours en faveur, ainsi que les mandarine et les jaunes d'or.
- En général, toutes les nuances de jaune sont très-portées en ce moment.
- INDUSTRIELLE
- ÉPAILLAGE CHIMIQUE
- Procédé de neutralisation, par voie de sels insolubles, des sels employés Par M. Durand.
- Les laines, soies, plumes et poils d’animaux employés dans l’industrie, sont toujours plus ou moins mêlés à d’autres matières étrangères et principalement à des débris végétaux dont il est indispensable de les débarrasser pour obtenir des produits complètement satisfaisants.
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- Le triage à la main, le triage mécanique, ont été successivement employés ; puis est venu un procédé plus complet et plus rapide, connu en industrie sous le nom d’épaillage chimique. Ce procédé consiste à plonger les matières dans une dissolution étendue d’acide, puis à les sécher à une haute température qui permet à l’acide employé d’agir sur la plus grande partie des matières dont on veut se débarrasser en les carbonisant sans attaquer sensiblement la matière animale ; quand la matière a été de nouveau séchée, elle est soumise à des battages qui éliminent les matières étrangères à l’état de poussière charbonneuse.
- L’épaillage chimique a été, pendant ces dernières années, pratiqué sur une vaste échelle.
- On tend aujourd’hui à l’abandonner, parce qu’il a été reconnu que, tel qu'il était pratiqué, il altérait d’une façon très-sensible la qualité des produits, et leur enlevait toute durée et toute solidité. L’acide presque exclusivement employé dans l’épaillage est l’acide sulfurique. Les bains indiqués pour la neutralisation de l’acide sont des bains de carbonate de soude à forte dose.
- Or, l’acide sulfurique, combiné avec le carbonate de soude, forme un sel soluble, le sulfate de soude (Na0,SO3), dont une partie reste toujours dans les matières traitées, et, quels que soient les soins apportés au lavage, ce résidu suffit pour qu’il continue à s’exercer, aux dépens de ces matières, une double action également nuisible, causée, l’une par la soude qui attaque la matière animale en la dissolvant, l’autre par l’acide qui la brûle.
- Pour parer à ce double inconvénient, il suffit de neutraliser l’acide par un corps qui, étant sans action sur les matières traitées, soit facilement dé-composable par l’acide employé, et puisse ensuite former aisément, avec ce même acide, de nouvelles combinaisons peu ou point solubles, et également inoffensives.
- Tels sont, vis-à-vis de l’acide sulfurique et des matières animales, les carbonates de chaux et de baryte, corps complètement inertes en eux-mêmes, et qui, en présence de l’acide sulfurique, abandonnent leur acide carbonique pour former des sulfates que l’on peut considérer comme insolubles, tant à chaud qu’à froid, et qui présentent la même innocuité que 1 3 carbonates eux-mêmes.
- Quant aux moyens d’application, ils ne diffèrent de ceux employés jusqu’à présent que par la substitution d’un bain contenant en suspension l’un des carbonates indiqués précédemment à la disso
- lution de carbonate de soude dans laquelle les matières soumises à l’épaillage étaient plongées et lavées, après que l’acide avait exercé son action sur les matières étrangères qu’il s’agissait de carboniser et de détruire.
- En résumé, ces matières présentent les avantages suivants :
- 1° Faculté d’opérer à froid ;
- 20 Obtention de produits plus blancs, plus nets et plus aptes à recevoir la teinture et à subir toutes les manipulations ;
- 3° Solidité et durée non compromises -,
- 4° Economie dans l’achat des agents de l’épaillage, les carbonates de chaux et de baryte coûtant meilleur marché que le carbonate de soude.
- (Brevet.)
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- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 114,157. — Appel et MONMAN. — Perfectionne^ ments aux machines à imprimer en couleurs. — Les machines peuvent imprimer un nombre quelconque de couleurs; elles sont combinées pour mettre à profit une différence en grandeur ou en nombre, existant entre ce qui sert à imprimer et ce qui esta imprimer; ou encore, un mouvement différentiel d’avance ou de retard, produisant, comme dans le cas précédent, le même résultat, celui de remettre successivement, sur une même feuille, chaque couleur à une place déterminée et régulière. Ainsi, pour le premier exemple, un cylindre à six divisions portera ce qui est à imprimer et tournera de droite à gauche ; puis un rouleau qui sert à imprimer aura; sept divisions et tournera de gauche à droite ; le conducteur encrera d’abord le n° 1, fera faire un tour, puis le n° 2 un autre tour, et ainsi de suite jusqu’à la septième couleur, laquelle, à cause de la différence entre les cylindres, se posera sur la feuille qui ne contient que six divisions.
- 114,163. — Desachy père et Desachy fils. — Perfectionnements aux métiers - côtes anglaises pour gilets fantaisie. —Les perfectionnements ont pour principe l’introduction automatique, par un simple mouvement de pédale, d’un petit baquet sous la bascule du métier à côtes anglaises, de façon
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- à pouvoir libérer ou lever à volonté la barre à moulinets qui supporte les plateaux.
- 114,178. — MOUCHINE. — Machine propre au traitement du lin, du chanvre et autres produits textiles. — La matière à traiter est disposée sur une table, puis amenée à deux paires de cylindres cannelés par l’action de cylindres à cannelures transversales ; ensuite elle passe entre six autres paires de cylindres à cannelures hélicoïdales ; ces cylindres étendent et divisent les filaments sans les rompre, ce qui facilite les opérations de la filature.
- 114,179. — PIVRON. — Battant à navettes combinées, dit système Pivron. — Combinaison de leviers et de cordes ramenant dans la main d’un seul ouvrier le mouvement de toutes les navettes placées sur le métier; la masse du battant porte les boîtes renfermant les navettes, auxquelles le mouvement est imprimé par les chasse-navettes qui glissent dans les rainures des boîtes.
- 114,190. — COFFIN. — Genre d’impression en relief sur tous tissus destinés aux tentures, à l’ameublement et aux ornements d’église, permettant d'imiter les broderies d’or et or et soie qui se font ordinairement à la main. — L’impression sur tissus de satin ou de velours blancs ou teints se fait avec le mordant gras des doreurs et au moyen de planches gravées; finalement, les parties fines de dessin sont imprimées avec le même mordant auquel on a additionné de l’argent en poudre.
- 114,209. — Noël et JULLIARD. — Navette, soit en bois, soit en métal, destinée au tissage de la soie. — Cette navette est pourvue de quatre roulettes, deux à la partie inférieure et deux sur le côté, ce qui produit une tension beaucoup plus régulière.
- 114,220. — Ackroyd, Ambler et Banks.— Perfectionnements dans les machines ou appareils à peigner la laine et autres matières fibreuses. — Applicables à la peigneuse Noble , ces perfectionnements consistent : 1° à élever les peignes inter-cepteurs au-dessus de la brosse ramasseuse et ne les laissant descendre que quand ils l’ont déposée; 2° à appliquer un cercle nettoyeur en cuir, drap ou autre matière convenable, relié à une tige douée d'un mouvement elliptique. Le mouvement de bas en haut amène le nettoyeur en contact avec les dents du cercle et élève les courtes fibres qui, après, sont entièrement retirées par les nettoyeurs ordinaires.
- 114,227. — Delacroix. — Tendeurs automa-tiques, continus ou différentiels, applicables à 1
- l'apprêt de toutes espèces de tissus. — Au travail manuel est substitué une action mécanique fournie par une combinaison de pignons, vis sans fin, roues dentées, tambour, etc., placé sur un bâti approprié.
- 114,235. — Goulding. — Perfectionnements dans les appareils employés dans la filature. — Les appareils dont il s’agit consistent essentiellement dans les bobines et leurs liaisons avec les broches et les pivots ; la bobine est à bague, et le pivot forme saillie sur son extrémité supérieure et avec un retrait ou entaille à son extrémité inférieure pour recevoir la broche. Avec cette disposition, la broche a une petite longueur, et la lame de broche se trouve supprimée.
- 114,245. —Ott. — Mécanisme destiné à faciliter l'opération du dépointage dans les métiers à filer self-acting. — Dans les self-acting, au moment du dépointage, le mouvement de la contre-baguette est trop brusque, et la pression qui agit tout d’un coup sur les fils occasionne beaucoup de ruptures. Pour rendre plus de douceur à ce mouvement et par suite remédier aux inconvénients, l’inventeur fixe sur l’axe de la baguette une pièce à courbure intérieure excentrique, et sur l’axe de la contre-baguette une pièce droite, porteuse d’un galet qui suit la courbure excentrée dans le mouvement de la contre-baguette. Cette courbure neutralise celle-ci pendant le dépointage et agit sur les fils par une gradation mesurée.
- 114,259. — Chevron. — Métier à tisser, propre à la fabrication de toutes espèces de tissus à mailles tordues ou à réseaux. — Deux des peignes du métier sont placés verticalement, et sur l’un d’eux un poussoir maintient les plaquettes porte-fil, puis les passe à l’autre peigne, où un deuxième poussoir les renvoie à leur position primitive; un troisième peigne, placé entre les deux premiers, se déplace à chaque passage des plaquettes d’une ou de deux dents, suivant le genre ou le degré de torsion que l’on veut obtenir.
- 114,261. — Dabert. — Machine à imprimer ou teindre, par sections, les laines ou autres matières filamenteuses pour obtenir des fils mélangés ou chinés d'après le procédé Vigouroux. —Pour régulariser les filaments, l’arrière du système imprimeur est muni d’un gill-box, et la nappe passe entre le rouleau supérieur et le cylindre imprimeur gravé ; le bac à couleur est disposé avec des couleurs de transport de la couleur. Une fois imprimée, la nappe est appelée sur une tournette et
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- passée dans un séchoir chauffé, pour descendre ensuite dans un chariot qui la soumet à la vaporisation.
- 114,300. — Holden (les sieurs). — Perfectionnements dans les machines à carder la laine ou autres matières filamenteuses. — Uniquement applicables à la carde double, ces perfectionnements ont pour but d’augmenter dans une notable proportion le travail de la machine. Le tambour de droite est, comme celui de gauche, en contact avec le peigneur disposé entre eux, et immédiatement en dessous de son contact avec ledit peigneur est placé un second balancier.
- 114,301. — Holden (les sieurs). — Perfectionnements dans les machines à laver la laine ou autres matières filamenteuses. — Ces perfectionnements portent sur trois points : 1° mode de dégraissage au moyen de cinq bassins successifs; au premier en est superposé un autre destiné à contenir le bain d’eau et de savon dans la proportion habituelle ; chaque bassin est pourvu d’une soupape et d’un entonnoir qui permet de parfaire à l'insuffisance du bain s’il est besoin -, l’eau de savon qui alimente tout l’ensemble entre d’abord dans le premier bassin, où la matière est presque dégraissée, puis de là pénètre dans les autres cuves en sens inverse de la matière filamenteuse; 2° système de nettoyage des bassins de dégraissage à l’aide d’un mécanisme spécial manœuvrant les quatre châssis qui composent les faux-fonds ; 3° construction modifiée du mécanisme amenant les fourches : les brevetés conservent la même commande par manivelle, mais ne se servent que d’une seule fourche occupant à peu près toute la largeur de la cuve et munie de deux tiges se mouvant simultanément.
- 114,307. — Pegout, Charpy et Cie. — Procédé d'apprêt des tissus, dit apprêt hydro-hygiénique.— Les brevetés obtiennent des apprêts imperméables et adhérents par l’emploi de gélatine ou colle forte mélangée avec de la résine réduite en poudre.
- 114,317. — VAUTARET et Burgat.— Tissu-fourrure. — Il est fait usage, pour le fond, de l’armure dite gros de tour que l’on applique ordinairement à la fabrication de la peluche ; la chaîne et la trame sont en coton, et le poil est remplacé par de la | laine.
- 114,322. — Bertier. — Machine à lisser et à | satiner les papiers de fantaisie de toutes sortes j et à glacer les tissus. — Sur un tambour polygo- | nal sont disposées sur ressorts plusieurs boîtes, |
- pouvant, sans s’incliner, monter et descendre ; dans chacune est une pierre, et toutes ces pierres sont réglées à égale distance du polygone. Le papier est placé sur la table creuse que les pierres effleurent, de sorte que, quand l’appareil tourne, elles viennent frapper le papier en tous les points de sa surface et le lissent.
- 114,331. — Imbs.— Illustration et décoration des tissus d'ameublements par des effets de chaîne. — Ayant observé que le relief est un excellent moyen décoratif et que la limite d’épaisseur ne permet de s’en servir que dans une mesure restreinte, le breveté s’est attaché à augmenter cet effet de relief en enlevant sur les fonds, par des effets lumineux, les parties de chaînes en relief au moyen du brillant, du perlé et du scintillement.
- 114,357. — Boeringer. — Procédé d'impression des couleurs sur les tissus, papiers, etc., et machine combinée pour l'emploi de ce procédé. — La feuille de papier ou la toile à imprimer est. étendue sur une table, et un ou plusieurs chariots, porteurs de un ou plusieurs rouleaux, passent sur la toile en développant et en imprimant par conséquent les dessins et la couleur des rouleaux; ceux-ci travaillent simultanément ou isolément.
- 114,367. — FLAISSIER frères.-— Article-étoffe applicable aux tapis, portières, descentes de lit, etc., obtenu par la combinaison de plusieurs armures connues donnant un résultat nouveau. L’étoffe est obtenue par l’alliance du tissu jaspé et du tissu écossais, c’est-à-dire par la combinaison des effets de chaîne à rayures sans dessin du premier et des effets de trame avec dessin du second.
- 114,369. — Good. — Perfectionnements aux têtes d’étirage pour machines à étaler, étirer ou tordre le chanvre ou autres matières filamenteuses. — Deux points sont revendiqués : 1° la disposition d’une tête d’étirage pour matières fibreuses construite de manière à effectuer la traction de la matière par le passage de cette dernière à travers un chemin ondulé, entre des séries indépendantes de barres d’étirage pénétrant les unes dans les autres et se mouvant de concert pour accomplir le travail voulu ; 2° la combinaison de séries de barres d'étirage sans fin et de séries de barres rotatives disposées pour agir en relation réciproque.
- 114,375. — LOMBARD-GÉRIN. — Séchoir méthodique et continu appliqué au séchage des matières textiles en écheveaux. — Le séchoir se compose essentiellement de deux chambres servant l’une à l'admission, l’autre à l’échappement de l’air des-
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- tiné au séchage ; entre ces chambres est une série de placards dans lesquels se place la matière textile à sécher, mise en nappes et animée d’un mouvement permettant une action plus complète de l’air. Des réchauffeurs, disposés dans l’appareil, ont pour but de diminuer notablement la quantité d’air à introduire.
- 114 379. — PONCET. —Régulateur-bascule appliqué aux métiers de tissage. — Le breveté supprime la caisse ordinaire et les pièces qu’elles comportent pour l’application d’un régulateur-bascule à contre-poids et engrenages de diamètres différents. Le système se compose de deux appareils semblables, mais renversés, l’un pour la gauche, l’autre pour la droite du métier.
- 114,380. — Reid. — Perfectionnements dans les fers à repasser et le mécanisme qui s’y rattache. — L’air, fourni par un soufflet, passe dans un réservoir extensible, puis dans un vase contenant un hydrocarbure volatil. Le fer à repasser est creux avec l'arrière-partie ouverte pour permettre d’y introduire un brûleur à embranchements munis de robinets.
- 114,392.— DESQUILBET et Cie.— Appareil brise-mariages, applicable aux filatures de tous genres. — Au-dessus de la ligne des cylindres étireurs est placé un arbre de la longueur du renvideur ; sur cet arbre sont fixés les crochets brise-mariages, dont le mouvement est subordonné à celui dudit arbre et qui sont espacés suivant l’écartement des fils ; ces crochets s’ouvrent de manière qu’aucun mariage de fils voisins ne puisse passer au-delà d’une ligne droite déterminée; ce mariage rencontre alors les revers du crochet, sur lesquels il glisse, et pénètre dans le creux de ce dernier, qui, se relevant vivement, le fait tomber perpendiculairement; à ce moment, la torsion supplémentaire a lieu ainsi que le détour des broches, et la rentrée s’opère, pendant que l’appareil, sous l’action de ressorts à boudin, se retire, prêt à fonctionner de nouveau.
- 114,404. — Lebrun. — Machine à élargir, applicable aux tissus apprêtés au cylindre. — Au lieu de l'élargissement manuel qu’on faisait faire, opération toujours pénible et souvent dangereuse pour les ouvriers, l’élargissement s’effectue soit en simple, soit en double, sur la largeur, au moyen de pinces, pour tous tissus dont l’apprêt doit s’obtenir avec les concours des cylindres.
- 114,407. — Mensel. — Méthode propre à obtenir des matières colorantes ou des couleurs par
- | le traitement chimique de la houille. — Pour ob-| tenir les matières colorantes, le breveté traite la houille ou l’anthracite pulvérisé avec des corps oxydants, des acides azotiques, des azotates, de l’acide sulfurique, du chlorate ou du chromate de potasse.
- 114,420. — Bonnamour aîné. — Système de frange-chenille par la chaîne formant un seul corps de tissage, avec adhérence. — La chenille est obtenue par la chaîne du tissu et non par la trame, comme d’ordinaire; elle ne se défile jamais; le tors voulu est donné par une navette de coton tordu, et après découpage, en secouant le tissu, il forme le tire-bouchon ou autrement dit la chenille.
- 114,425. — CLEMMEN.—Procédé de montage de chardons aux cadres des machines à lainer ou apprêter les tissus de toute nature. — Les chardons forment isolément une sorte de petite roulette cylindro-conique montée folle sur un axe ou broche fixe sur le cadre de la machine ; on peut obtenir le même résultat, c’est-à-dire la rotation ou la mobilité des chardons, en les montant fixes sur la broche et en rendant folle celle-ci.
- 114,427. — De SIMPELAERE. — Séricication des textiles. — Utilisation pour le lustrage des substances textiles et leur donner l’apparence et les qualités de la soie, des excréments des vers à soie; ces excréments sont dissous dans l’eau pure et additionnés d’une petite quantité d’alun ou d’ammoniaque, et forment un bain dans lequel sont trempées les substances en écheveaux ou en pièces.
- 114,429. — Good. — Perfectionnements aux machines à peigner le chanvre. — Les fibres sont soumises sur la moitié de leur longueur à des peignages successifs qui les nettoient et les peignent complètement ; à ce moment, les organes pres-seurs et fournisseurs de fibres les retournent et recommencent leurs mouvements d’avance et de recul nécessaires au peignage de la deuxième partie. Les peignes s,ont montés sur des courroies sans fin se mouvant dans des directions opposées; enfin, transversalement, sont encore des séries de peignes à dents grossières et fines qui concourent à l’action du peignage.
- 114,439. — Rydill. — Perfectionnements dans la préparation de la laine, du coton, de la soie et autres matières semblables pour en extraire les fibres végétales et les nettoyer. — Trempage de la laine dans l’eau additionnée de soude caustique ammoniaque, savon, terre-glaise et alcalis ; puis, portée dans un appareil à laver, elle est ensuite
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- soumise à l’hydro-extracteur, qui en retire la plus grande quantité de liquide. Ensuite elle passe dans un bain d’acide sulfurique et d’alun, d’acide sulfurique et d’eau, d’acide muriatique et d’acide nitrique, d’acide et de limaille de fer; elle est alors sèche.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- La Chambre de commerce de Saint-Étienne (Loire) et la question de l’admission TEMPO-RAIRE EN FRANCHISE DES FILS DE LAINE ET DE COTON POUR TISSAGE.
- La Chambre de commerce de Saint-Étienne a adressé au ministre de l’agriculture et du commerce et aux membres du Conseil supérieur du commerce, de l’agriculture et de l’industrie, le texte de la délibération suivante, relative à l’admission temporaire en franchise des fils pour tissage, délibération sur laquelle, à raison de son importance pour l’avenir de notre industrie, elle appelle la bienveillante attention du gouvernement.
- « La Chambre de commerce de Saint-Étienne,
- » Considérant que, dans l’état actuel de l’industrie française du tissage, le marché intérieur ne peut lui suffire et que, dans l’intérêt des classes ouvrières et du travail national, il est nécessaire de favoriser l’exportation des tissus ;
- » Considérant que le droit de douane, en France, sur les fils de coton et de laine est un droit spécifique ; qu’il est de beaucoup supérieur au droit perçu sur les fils similaires par toutes les nations de l’Europe; qu’il s’élève parfois au décuple du droit perçu à l’étranger ;
- » Considérant que l’industriel français, qui veut exporter ses tissus, se trouve par ce fait placé dans une situation très-désavantageuse et ne peut lutter à armes égales sur les marchés extérieurs avec les tisseurs suisses, anglais, belges et allemands;
- » Considérant que les étrangers savent fort bien que, dans l’état actuel de notre législation, l’industrie du tissage ne peut se procurer au même prix que ses concurrents du dehors, les fils servant à la fabrication des tissus; que, de cette situation naît, dans l’esprit de l’acheteur étranger, Une prévention préjudiciable aux intérêts de l’industrie nationale du tissage, prévention qui a pour effet d’écarter du marché français l’acheteur étranger en l’autorisant à croire que les tissus français fabriqués avec des matières premières taxées par la douane sont nécessairement plus chers que les tissus similaires suisses et allemands;
- » Considérant que le Conseil supérieur de commerce a voté, à l’unanimité, le maintien du principe de l’admission temporaire à Videndique, notamment pour les fers ; que le système de Yiden-dique ne s’entend pas au sens absolu du mot; qu’il suffit que les marchandises introduites en franchise soient : 1° transportées à l’usine; 2 introduites par l’industriel autorisé, à charge de réexporter lui-même le produit fabriqué à un degré de fabrication plus avancé ;
- » Considérant que, pour les fils de laine et de coton il est possible, dans la plupart des tissus, de constater l’identité de grosseur et de numéros des fils; et que cette constatation est suffisante pour sauvegarder les intérêts du Trésor et ceux de l’industrie de la filature ;
- » La Chambre de commerce de Saint-Etienne demande au Conseil supérieur de se prononcer en faveur de l’admission temporaire des fils de laine et de coton, matière première du tissage;
- » Les demandes d’introduction de fils de coton et de laine devront être soumises à l’approbation du Comité consultatif des arts et manufactures, qui décidera, suivant les circonstances et la nature des tissus; si l’identité des numéros des fils peut être constatée après teinture et tissage. Il ne sera pas tenu compte des déchets de fabrication. »
- » Veuillez agréer, etc.
- » Le président de la Chambre de commerce,
- » C. Gérentet. »
- LES ENVELOPPES DES JAMBONS AMÉRICAINS.
- Depuis quelque temps, on expédie d’Amérique en France une grande quantité de jambons enveloppés dans des toiles imprégnées d’une substance colorante jaune; ces toiles son revêtues d’une éti-quette portant l’indication de Cincinnati.
- C’est le chromate de plomb qui sert à colorer ces toiles, et bien que les jambons en soient isolés par une feuille de papier, M. le Préfet de police, sur l’avis du conseil d’hygiène, vient d’en interdire la vente, en vertu de l’ordonnance du 15 juin 1862, prohibant l’emploi de substances toxiques pour la conservation des aliments.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine exempt de fer à dix francs cent kilogrammes en fabrique
- Procédé breveté très-simple.
- AGENTS DEMANDÉS
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau.
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- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenmes <
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, K" 7. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 5 Avril 1877
- SOMMAIRE
- Noirs d’aniline inverdissables : Perfectionnements aux tissus teints ou imprimés en noir d’aniline (brevet de M. ORR). — Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. G. Jarmin. — Argentine (liqueur pour argenter). — Beau vert sur os. — Sur la teinture en aloès, par M. V. PRESTON (échantillon),
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Procédé pour la fabrication du sulfate d’alumine pour la teinture et l’épaillage, par M. Bichon. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Tarif des douanes pour les matières textiles et tinctoriales (projet de loi).
- NOIRS D’ANILINE INVERDISSABLES
- Lorsqu'une question est mûre, les solutions surgissent de toutes parts ; c’est ce qui est arrivé pour les noirs inverdissables ; plusieurs brevets ont été pris à de courts intervalles pour des procédés visant à ce même but, et en dehors des brevets, quelques communications importantes ont été faites à ce sujet. (1)
- Nous rappelons que dans notre numéro du 5 juillet 1876 (page 149), nous avons indiqué qu’en passant les tissus teints en noir d’aniline, dans une dissolution bouillante de bi-chrômate, on évitait le verdissage.
- Ci-dessous nous publions un document important sur cette question ; c’est, selon nous, le premier brevet d’invention qui revendique nettement la propriété des noirs inverdissables, et qui indique un procédé pour les obtenir ; nous y remarquons le bain bouillant de bi-chrômate, déjà conseillé par nous, auquel l’auteur ajoute, au besoin, un acide.
- F. G.
- PERFECTIONNEMENTS DANS LE TRAITEMENT DES TISSUS IMPRIMÉS OU TEINTS AVEC DU NOIR D’ANILINE
- Brevet de M. ORR (John, Bryson), déposé le 13 octobre 1876, et délivré sous le no 115,003.
- Les perfectionnements qui font l’objet de la présente demande, sont relatifs au traitement des tissus imprimés ou teints avec du noir d’aniline, et
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, 5 et 20 février et 5 mars, année courante, pages 25, 26, 41, 49 ; année 1876, pages 149 (2° colonne) et 260; année 1865, pages 52 et 67.
- ils ont pour but d’empêcher ce qui est connu sous le nom de verdissage (Greening). (I)
- Lorsque les tissus ont été imprimés et fixés de 24 à 48 heures, comme c’est la coutume dans les usines à impression, ils sont traités comme suit :
- 1° On les fait passer dans un bain bouillant de bi-chrômate de potasse (d’une force de 112 grammes de sel de potasse, pour 4 litres 1/2 d’eau).
- Un peu d’acide ajouté à ce bain est un avantage, car il aide à libérer l’acide chromique.
- On peut substituer au bi-chromate de potasse, de l’acide chromique d’une force équivalente.
- Les tissus doivent être passés à travers le bain sur des rouleaux, le passage durant au moins une minute.
- 2 Les tissus sont lavés avec de l’eau bouillante et du savon.
- 3° ils sont séchés.
- 4° Ils sont ensuite soumis à un bain froid de chlorate d’alumine ou d’autre chlorate, tel que le chlorate d’ammonium (contenant une partie de sel pour 60 parties d’eau).
- 5» Les tissus sont séchés de nouveau.
- 6° Ils sont soumis à l’action de la vapeur pendant une demi-heure environ, ou bien le traitement à la vapeur peut être supprimé, si les pièces sont travaillées d’une demi-heure à une heure dans du chlorate d’alumine bouillant, ou dans tout autre chlorate, tels que : le chlorate d’ammonium contenant une partie de sel pour 100 parties d’eau.
- 7° Le bain de bi-chrômate se conserve et peut être employé plusieurs fois de suite.
- 8° Il est préférable de soumettre les marchandises ou tissus à la vapeur, aussitôt que possible après le séchage qui suit le bain de chlorate.
- 9° On doit prendre soin que le bain de chlorate
- (1) M. Orr est anglais. — F. G.
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- ne soit trop fort : une partie pour 60 (ou bien une partie pour 100, pour les tissus les plus légers) est reconnue suffisante.
- 10® Le traitement indiqué ci-dessus préserve non-seulement les tissus contre le verdissage, mais encore il rend le noir plus parfait, et les blancs plus purs.
- Le même procédé s’emploie pour les tissus teints, mais dans ce cas, cependant, les bains de chlorate sont plus faibles.
- Il doit être bien compris qu’en outre du chlorate d’alumine ou du chlorate d’ammonium, les autres chlorates qui sont décomposés par la vapeur, sans la présence d’un acide, peuvent être employés dans le but sus-indiqué.
- Hésumé. — Je revendique comme mon invention, et désire conserver comme ma propriété exclusive : le traitement des tissus teints ou imprimés avec du noir d’aniline, afin d’empêcher ce qui est connu sous le nom de verdissage.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- {Suite)
- MATIÈRES EMPLOYÉES DANS LA CUVE AU PASTEL. — PASTEL, GARANCE, SON, CHAUX, INDIGO.
- Le pastel consiste en feuilles fermentées de la plante pastel, vouède, guède, isatis, tinctoria. Les meilleurs produits viennent de Provence, du Languedoc, de Normandie, de Thuringe, de Bohême et de Hongrie. Cette plante est aussi cultivéeet exploitée sur une grande échelle dans le comté de Lincoln, en Angleterre.
- On sème au commencement du printemps, et lorsque les plants sont assez forts on les transplante en rangées. Lorsque les plantes ont 12 à 15 centimètres de haut, des enfants enlèvent les feuilles extérieures et les placent sous un abri. On fait ordinairement trois récoltes de ce genre dans une saison. La fabrication du pastel se fait en hiver. On mélange les feuilles avec de la chaux et de l‘urine,et on met le tout en tas pour le faire fermenter. On a soin de retourner souvent les tas à la pelle pour éviter une fermentation excessive, et on renouvelle l'opé-
- ’ ration jusqu’à ce que la fermentation ait cessé. On embarille ensuite le pastel et on l’envoie au marché. Le prix du pastel est actuellement de 650 et 750 fr. la tonne.
- La garance contient du sucre et de la matière azotée en plus de ses matières colorantes. Le sucre se convertit dans la fermentation butyrique, et fournit une partie de l’hydrogène naissant -, la matière azotée agit comme ferment. On emploie la garance de qualité ordinaire ; son emploi n’est pas indispensable dans les cuves de fermentation, et on l’a supprimée dans beaucoup d’établissements. La matière colorante de la garance donne à l’indigo une nuance spéciale qu’apprécient certains manufacturiers. Le son en usage est le son ordinaire qui provient de la mouture du blé. Il contient des matières azotées et de l’amidon. Les matières azotées agissent comme ferment, et l’amidon passe pendant la fermentation aux divers états de glucose, d’acide lactique et d’acide butyrique ; c’est dans cette dernière condition que se produit l’hydrogène naissant.
- La chaux, fraîchement calcinée, éteinte et criblée, • est jetée, en poudre, dans la cuve. Elle sert à neutraliser l’acide butyrique aussitôt qu’il est formé. Quand on néglige trop longtemps d’ajouter de la chaux, l’acide butyrique et d’autres matières se mettent en fermentation putride, et celle-ci agit d’une façon destructive sur l’indigo.
- Les indigos reconnus les plus économiques et les plus effectifs pour la teinture de la laine, sont les qualités moyennes du Bengale, qui valent, en ce moment, de 5 à 6 fr. 25 la livre. Les variétés violettes, couleur de cuivre, ayant un poids spécifique bas, demandent une préparation.
- OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES.
- Quand on veut obtenir pour les articles à teindre en indigo, une fleur, un état particulier, on donne un fond à la laine ou aux tissus de laine. Le cam-wood, le saunders'wood, le cubéar, l’orseille ou la pâte d’orseille sont les matières colorantes que l’on emploie dans ce but. Le camwood [est le bois qui convient le mieux pour la laine. Les bois donnent un éclat bien plus durable que les couleurs tirées de lichen, cubear et orseille, qui sont un peu fugitives.
- On fait bouillir les articles avec la couleur pendant une heure ou une heure et demie, sans faire usage d’aucun mordant ; 16 livres de camwood ou 12 livres de cubear sont des proportions convenables pour avoir un fond parfait.
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- II va sans dire que l’obtention de cette fleur n’est pas le seul objet qui intéresse le teinturier -, il lui importe aussi beaucoup de ménager l’indigo.
- Les articles à teindre doivent être parfaitement exempts de toute poussière, graisse et savon; car, autrement, la teinture ne prendrait pas partout également.
- Dimension de la cuve 2 m. 13 de diamètre sur
- 2 m. 13 de hauteur.
- Matériaux.
- 5 cwt (50 k. 782) du pastel du Lincln-shire à 32-50..... .................. 162 50
- 3 seaux de son pesant 18 livres........ 1 25
- 22 livres de chaux éteinte en poudre sèche.................................... 0 25
- 2 livres et demie de garance............... 1 25
- 24 livres d’indigo..................... 150
- 315 25 MONTAGE D’UNE CUVE AU PASTEL.
- La méthode suivante est celle qui est adoptée dans les districts lainiers du West-Riding. Le pastel est coupé à la bêche et divisé jusqu’à ce que les morceaux ne dépassent pas la grosseur d’un œuf. Il est jeté dans la cuve qui se trouve alors presque remplie d’eau. On chauffe le contenu en dirigeant la vapeur sur le fond de la cuve, jusqu’à ce que la température s’élève à 60 ou 65° centrigrades. On remue la cuvée deux ou trois fois à des intervalles de quinze minutes, et on la laisse reposer toute la nuit. Le lendemain matin, on y met le son, la garance, l’indigo réduit en pâte fine, et la moitié de la chaux, puis on la pallie vigoureusement avec le râble, on la couvre et on la laisse jusqu’au lendemain. Si la fermentation a commencé, la cuve présentera les signes suivants :
- Une légère écume montera à la surface, lorsqu’on remuera légèrement le fond avec un râble ; le liquide, quand on l’agitera, prendra une teinte jaune avec des raies ou des veines bleues, où le vert prédominera, et une écume d’un bleu cuivré, appelée fleurée, paraîtra à la surface de la cuve Si l’on ramène avec le râble une partie du dépôt, on remarquera des symptômes de fermentation accompagnés d’une odeur légèrement piquante. Une pièce de laine immergée dans le liquide s’y teindra en peu de temps. Lorsque la cuve présente ces apparences, cela dénote qu’elle est en bonne marche ; on peut y ajouter un quart de chaux et pallier ensuite fortement. S’il n’y a pas signe de fermentation,on doit attendre pour ajouter la chaux,
- car celle-ci aurait pour effet de retarder la fermentation. Si la cuve mûrit d’une manière satisfaisante, on y ajoute un quart de chaux toutes les deux ou trois heures, en ayant soin de bien remuer après chaque addition.
- La fleurée bleue deviendra plus abondante et le liquide, quand on l’agitera, donnera une teinte jaune avec des veines bleues. Puis on chauffe à 60° centigrades, on couvre et on abandonne le tout jusqu’au jour suivant. Le lendemain (le troisième jour), si la fermentation a marché convenablement, la cuve sera bonne pour la teinture. Il est très-important d’agir avec la plus grande prudence lorsqu’il s’agit d’ajouter la chaux, car, si la cuve en a reçu une trop forte dose, la fermentation s’arrête et il est excessivement difficile de la rétablir. Dans ce dernier cas, on devra probablement abandonner la cuve pendant plusieurs jours avant que la fermentation reparaisse. D’un autre côté, si l’on néglige trop longtemps d’ajouter la chaux, la fermentation passe à l’état putride, et l’indigo est perdu ou coule, comme disent les teinturiers. Le liquide exhale une odeur agréable lorsque la marche de l’opération se fait d’une manière satisfaisante, mais l’odeur change lorsque la cuve contient trop ou trop peu de chaux. Tout dépend des soins et de l’habileté du teinturier, car il est impossible d’indiquer à quiconque n’est pas initié les moyens à adopter dans les phases diverses que peut parcourir la fermentation de l’indigo. Un teinturier en indigo qui a une grande expérience peut régler facilement la marche de la cuve.
- Il y aura quelque utilité, je pense, à vous communiquer les notes que j’ai prises la semaine dernière sur le montage de deux cuves d’indigo.
- Les cuves étaient destinées à la teinture en gros bleu de lainages corsés et de laines.
- Les dimensions des cuves étaient de 2 mètres sur 2 mètres.
- Le mercredi, à midi, on remplit les cuves d’eau, et l’on met dans chacune 41/2 cwt (178 kilog.) de pastel broyé ; le liquide fut ensuite chauffé à 60° centigrades et remué une fois. Le jeudi matin, les cuves furent de nouveau chauffées à 60° centigrades et maintenues tout le jour à cette température. Dans la journée elles furentvigoureusement palliées par quatre hommes armés de râbles. A cinq heures après-midi, on y ajouta 25 livres d’indigo bien réduit en pâte fine, 5 quarts de chaux et 4 seaux de son (chacun de 4 1. 54), on pallia fortement le tout et on laissa reposer la nuit. Le ven.
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- dredi matin, à neuf heures, une légère écume monta à la surface, quand on remua doucement avec un rable. Le fond était légèrement en fermentation et dégageait une odeur douce de son aigri. Le liquide, remué avec la main, prenait à la surface une teinte d’un jaune vert avec des veines bleues. On ajouta un quart de chaux à chaque cuve, on pallia le tout pendant dix minutes comme avant, et l’on couvrit. A onze heures du matin et à une heure de l’après-midi, on donna un autre quart de chaux, et l’on pallia comme précédemment. Il s’accumula alors à la surface une quantité considérable de fleurée d’un bleu cuivré, et le liquide, agité à la main, se montra d’un jaune verdâtre avec des veines bleues.
- L’odeur était favorable et la fermentation marchait régulièrement, étant maintenue au fond par la chaux. A trois heures après midi, on chauffa les cuves à 57° centigrades, on ajouta un autre quart de chaux, on pallia de nouveau, et les conditions continuèrent à être favorables.. A cinq heures trente minutes, les cuves se trouvaient dans des conditions convenables pour servir à la teinture. On donna à chaque cuve 1 1. 1/2 de chaux et 5 livres d’indigo, on pallia soigneusement à la température de 54° 44 centigrades, on couvrit les cuves et on les laissa au repos toute la nuit. Le samedi à neuf heures du matin, on mit dans chaque cuve deux pièces étroites de doeskins (tissu toison, très-épais) de soixante mètres, et lorsqu’elles eurent été manœuvrées pendant une heure un quart, j’en ai pris un échantillon que je mets sous vos yeux, et je quittai l’usine. 9 èi .,
- LES OPÉRATIONS DE LA TEINTURE.
- Les pièces à teindre en gros bleu sont maniées à l'aide de crochets émoussés (faucons) dans une cuve à bain concentré pendant une durée de vingt minutes à deux heures, suivant le genre des articles ; les tissus épais et serrés demandent, pour que la couleur pénètre au centre, plus de temps que les tissus légers et clairs. On retire ensuite les objets du bain et, après les avoir exposés à l’air pendant quelque temps pour permettre à l’indigo de s’oxyder et de passer à un bleu insoluble, on les immerge dans un bain plus faible qui lui donnera la nuance demandée. Pour les bleus clairs, comme ceux qui servent de fond à la teinture en noir, il suffira de travailler les articles une seule fois, pendant vingt minutes environ, dans un bain moyennement faible.
- Pour la teinture de la laine, la meilleure cuve
- ] est celle qui montre une fermentation d’une activité modérée ; mais la teinture des étoffes s’opère d’une manière plus parfaite dans une cuve à fermentation qui reste profonde.
- Quand on retire les articles de la cuve, ils ont' une belle couleur verte qui passe rapidement au bleu. La couleur verte est due à l’oxydation instantanée d’une partie de l’indigo réduit, coloré en jaune, qui produit ainsi un mélange de bleu et de jaune.
- Pour conserver la force de la cuve, on ajoute 15 livres d’indigo tous les deux jours, et un peu de son et de chaux tous les jours. Après le travail de la journée, il est nécessaire de faire ces additions dans les cuves, que l’on pallie fortement et que l’on chauffe à 60° centigrades.
- Le tableau suivant donne les quantités et le coût des matières que l’on emploie dans une grande teinturerie pour le montage d’une cuve au pastel, destinée à teindre des draps en bleu indigo foncé.
- 6.533 Ibs. indigo à5, 6 d. par 1b. (I) 68 ewls. chaux à 1, s. par ewt . 19 3/4 charge de son à 14 s. 6 d. 142 1/2 Ibs. garance à 4 1/2 d... 56 1/2 cwts. pastel à 30 s 12 ewts. terre à foulon
- 1.796 sterl
- 3
- 14
- 2
- 84
- 1
- 11 s. 6 d.
- 8 0
- 6 4
- 10 6
- 15 0
- 16 0
- 1.903 sterl. 7 s. 4 d. Percentaged'un coût total :
- Indigo.................................. 94.34
- Terre à foulon !.......................... 0.10
- Pastel.................................... 4.43
- Garance.................................... 0.13
- Son....................................... 0.76
- Chaux...................................... 0.18
- 99.99
- Draps teints avec les matières ci-dessus 159.180 Ibs. coûtent par livre, 3,67 pence (1 fr. 82).
- Il est à remarquer que le prix des matières exigées. pour réduire l’indigo ne s’élève qu’à 5,52 p. 100 de la somme totale.
- CUVE DE SCHUTZENBERGER ET DE LALANDE.
- Cette cuve diffère tout-à-fait de la cuve au pastel déjà décrite, tant sous le rapport du temps que du nombre des opérations exigées. La réduction de l’indigo est, dans cette méthode, presque instantanée; et, dans le fait, l’indigo réduit peut être préparé d'avance; il suffit alors de l’ajouter à la cuve et de procéder pour le bain da la manière que nous
- (1) La livre poids, 1b. vaut 453,59 grammes. Le quintal ewt (112 Ib) = 50 802 kilogrammes, la livre vaut 25 fr. Le shilling vaut 1 fr. 25. — Le denier vaut 0 fr. 10. — Le pence 0 fr. 60.
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- avons déjà décrite. La réduction se fait comme il suit :
- MATIÈRES NÉCESSAIRES.
- Bisulfite de soude à 45 degrés du volumètre Twe-dal (240 Baumé) coûtant 9 sh. le quintal anglais (1121b.) Poudre de zinc à 23 sh. le quintal’. Chaux éteinte, en poudre, et passée au tamis, vu sous forme de crème de chaux. Indigo, broyé avec de l’eau en pâte pulpeuse et exempte de particules rugueuses.
- USTENSILES POUR LA PRÉPARATION DE L’INDIGO RÉDUIT.
- Un petit baquet ou seau pour préparer l'hydro-sulfite, un tonneau dans lequel on réduit l’indigo.
- Des barils pour emmagasiner l’indigo réduit. Les mêmes cuves et ustensiles que l’on emploie pour les cuves au pastel.
- Pour préparer l’indigo réduit, on procède de la manière suivante : on verse une solution de bisulfite de soude dans un seau ou baquet, et on y ajoute de la poudre de zinc jusqu’à ce que l’acide sulfureux disparaisse, en ayant soin de bien remuer jusqu’à ce moment. Le zinc en poudre nécessaire sera égal en poids au quinzième ou dixième de bisulfite de soude. La solution ainsi préparée s’appelle hydrosulfite.
- Mettez votre pâte d’indigo dans un baquet ou dans un tonneau, ajoutez-y un peu de crème de chaux et chauffez jusqu’à 49° centigrades. Versez ensuite une quantité d’hydrosulfite suffisante pour réduire l’indigo, que vous reconnaîtrez être dans cet état lorsque la surface du mélange prendra une teinte de vert foncé; ajoutez de la crème de chaux pour dissoudre l’indigo réduit, lorsque le mélange devient jaune. On reconnaîtra que la chaux est suffisante quand le bâton qui sert à remuer prend hors du mélange une nuance bronzée et cuivreuse. Si l’on a mis trop de chaux, l’indigo brunit et est en partie détruit; on sent une forte odeur d'ammo-niaque.
- Le fluide crémeux est ensuite conservé dans des barils pour servir au besoin.
- Nous avons déjà indiqué le principe sur lequel est fondée la réduction de l’indigo.
- LES OPÉRATIONS DE TEINTURE.
- La cuve est remplie d’eau ; on la chauffe en une température de 56 à 60° centigrades, et l’on y jette des barils où est emmagasinée la quantité nécessaire d’indigo réduit, La teinture peut être prati
- quée avec cette cuve exactement de la même manière qu’avec la cuve au pastel; seulement, on peut s’en servir avec discontinuité, car on peut la renforcer au besoin et à chaque instant par une addition d’indigo réduit si l’indigo venait à s’oxyder dans la cuve par son exposition à l’air et par l’introduction de celui que les articles y entraînent mécaniquement ; on peut le réduire en ajoutant au bain de l'hydrosulfite et aussi de la chaux, si cela est nécessaire. Comme il n’existe pas dans le fond de cette cuve une accumulation de matière solide comme dans la cuve à pastel, on peut employer des récipients d’une bien moindre profondeur.
- Le teinturier apprend très-vite à conduire ces cuves ; les opérations qu’elles nécessitent sont simples et très-faciles à régler, et l’intelligence de leur pratique est loin, par conséquent, de demander un apprentissage comme dans le cas du procédé par fermentation.
- A continuer.
- ARGENTINE
- LIQUEUR POUR ARGENTER.
- Cette substance liquide récemment introduite dans le commerce et qui sert à argenter les objets en cuivre, bronze ou fer, est formée de :
- Nitrate d’argent........ 55 grammes.
- Eau ...............:....... 1 litre.
- Ammoniaque............... 60 grammes.
- Sulfite de soude......... 100 —
- Craie 11.....1......... 100 —
- Ainsi préparée, cette liqueur peut être plus ou moins allongée d’eau.
- BEAU VERT SUR OS
- On laisse macérer pendant une demi heure, les os dans une dissolution de sulfate de cuivre à laquelle on a ajouté un peu de sucre, puis on les trempe pendant 3 à 5 minutes dans une dissolution de soude tiède et très-étendue.
- Après cela, on répète une seconde fois les mêmes opérations.
- En ajoutant à la dissolution alcaline de la décoction de curcuma ou de baies de nerprun, la nuance devient vert-perroquet.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTE MOYENNE
- A L’ACIDE ALOÉTIQUE SUR LA TEINTURE EN ALOÈS
- Par M. Victor Preston. (I)
- Si, avant la teinture, on neutralise le bain et qu’on l’additionne ensuite de craie, on obtient des nuances vert-olive.
- (Muster-Zeitung.)
- Pour préparer la matière colorante de l’aloès, on introduit peu à peu 10 kilogrammes de cette résine dans 60 kilogrammes d’acide nitrique chauffé au bain-marie. Quand le dégagement de gaz est calmé, on évapore la solution jaune d’abord au bain de sable, puis au bain-marie et l’on reprend le résidu par l’eau, qui précipite la majeure partie de la matière -, on le lave pour enlever tout l’acide nitrique puis on le sèche. La matière jaune, amère, ainsi obtenue, est entièrement soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther ; son rendement est de 66 0/0 de l’aloès employé.
- L’aloès teint la laine sans mordant dans des nuances qui vont jusqu’au brun foncé. On obtient des nuances mode très-variées par des mélanges d'or-seille et d’aloès. On broie par exemple intimement 20 kilogrammes d’orseille avec 1 kilogramme d’aloès et on les dissout dans la soude. On obtient de même des nuances variées par l’emploi des couleurs d’aniline.
- Un mélange d’aloès et de soude calcinée (sel de soude) se dissout dans l’eau avec une belle couleur pourpre qui donne à la teinture des gris bleuâtres bon teint, analogues à ceux qu’on obtient par le bois jaune sur un fond de bleu d’indigo. On dissout 11/2 kilogramme d’aloès dans l’eau et on y ajoute 2 kilogrammes de soude calcinée ; après 12 ou 24 heures, on teint.
- (1) Nous reproduisons ce court article, que plusieurs journaux industriels ont publié, et qui, par suite, a pris une apparence d’actualité ; mais nous ferons remarquer que nous avons déjà inséré il y a dix ans une étude bien plus complète et plus étendue sur le produit dont il s’agit, c’est-à-dire l'acicle aloétique ou chrysammique, en indiquant la grande variété de nuances qu’il peut fournir et dans lequel tous les renseignements ci-dessus se trouvent contenus; cette couleur n’est, du reste, qu’un acide picrique impur, mais qui, toutefois, sous cet état, présente des propriétés remarquables.
- Voir, à cet effet, le Moniteur de la Teinture, année 1867, pages 97 et 112.
- PROCÉDÉ
- POUR OBTENIR LE SULFATE D’ALUMINE LIQUIDE EXEMPT DE FER ET PRÊT A EMPLOYER
- Pour la teinture et l'épaillage chimique à 10 francs les 400 kilos par E. Bichon, fabricant de produits chimiques a Montpellier
- (Breveté en France et à l’étranger)
- Je prends pour cet objet l’alumine hydratée de 60 à 80 % d’alumine anhydre que j’expédie à mes acheteurs à 25 cent.le kilog. d’alumine réelle rendue à domicile en leur accordant la licence à des conditions très-douces.
- Je verse dans une cuve en plomb de 10 hectolitres sur laquelle se trouve 1 robinet et tuyau de vapeur et un tuyau à eau.
- J'ajoute 234 k® d'acide sulfurique à 50° Baumé.
- ou 195 à 58°
- ou 140 à 66°
- Pour l’acide à 66° j’ajoute 1 hect. d’eau ; j’ajoute 50 k. d’alumine réelle en poudre c. à d. 100 k. si la matière à 50 % ou 65 si elle est à 80%; je délaie le tout, j’ouvre le robinet de vapeur en 2 minutes avec l’acide à 66° en 10 minutes avec l’acide à 50°, la combinaison commence et dure une heure sans qu’il soit besoin d'ajouter là matière.
- Dès que la matière devient pâteuse et que la com -binaison diminue, je verse de l’eau par le robinet, la combinaison recommence, le sulfate d’alumine s’hydrate après une demi-heure d’ébullition ; je remplis d’eau la cuve : le sulfate d’alumine est fait.
- Dans 24 heures le dépôt est effectué.
- Si le sulfate d’alumine est destiné à la teinture à laquelle le fer ne saurait nuire, il peut être employé dans cet état.
- J’emploie alors ce sulfate d’alumine après avoir décanté le clair dans une cuve en bois où l’ouvrier prend la quantité dont il a besoin.
- La cuve de 10 hect. contient 350 kil, de sul-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- fate d’alumine ; par conséquent chaque hectolitre contient 35 kil. chaque décalitre 3 kil. et demi de sulfate d’alumine, l’ouvrier prend donc autant de décalitres qu’il a besoin de 3 kil. et demi de sulfate réel.
- Pour les teintures qui exigent l’expulsion du fer, je verse autant de fois 3 kil. et demi de prussiate qu’ily ade kilog. de peroxyde de fer dans la matière employée, le fer se précipite en formant du bleu de Prusse.
- Je décante comme précédemment et j’emploie de même la solution.
- Quand on a décanté toute la dissolution claire, on vide le fond sur 5 à 6 filtres en laine et quand le liquide coule clair on joint ce liquide à celui qui a été décanté et les résidus des filtres sont conservés, pour être vendus ouibien le fabricant régénère lui-même le prussiate avec de la soude.
- En tout cas, j’achète ce bleu en pâte suivant la quantité de bleu qu’il contient.
- Mais en supposant même que ce bleu soit perdu, le coût de la purification ne dépasse pas 3 f r. les % k. de sulfate d’alumine obtenu.
- Le sulfate d’alumine revient donc sans purification à 8 fr. 100 kilos, à l’épreuve du prussiate de 10 à u fr. ies 100 kilos suivant la quantité de fer contenue dans l’alumine et qui ne dépasse pas 3 k.
- BÉNÉFICE DE L'OPÉRATION ;
- 238 kilos acide à 50° 6-50 à 7 fr. 16-35 Eau de combinaison 65 »
- - 50 » alumine à 80 % d’alu-
- mine réelle 13-50 350 » sulfate d’alumine obtenue pour 29-85 Soit 8 à 8 fr. 50 les 100 kilos.
- Dans les grandes fabriques qui emploient plus de 100 kilos de sulfate d’alumine par jour, [telle que papeteries, j'ajoute une troisième cuve supérieure à la cuve de combinaison ou je relève l’épais pour le laver, et l’eau de lavage est siphonnée dans la cuve de combinaison pour l’opération suivante.
- L’épais est jeté à l’égoût, ou coulé sur des filtres si l’on tient à conserver le bleu quand on a précipité le fer. Ce lavage rend du reste toujours le filtrage plus facile et même dans les petites opérations, cette troisième cuve de lavage a son utilité; comme elle peut être en bois la dépense est insignifiante et pour 800 francs tout le matériel peut être installé.
- (Communication}
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 114,440. — Rydill. — Perfectionnements dans l’utilisation de la chaleur perdue pour sécher les chiffons de bourre, laine, poils, lainage, coton, soie et autres tissus de même genre, lorsqu’on les traite chimiquement pour en retirer les substances végétales et étrangères. — La laine préparée comme dans le brevet ci-dessus, est amenée dans des chambres à air chaud ; la chaleur est envoyée dans ces chambres par ventilateur ou machine soufflante ; de l’air frais y est aussi refoulé par un ventilateur. La température, portée d’abord de 80 à 100°, est élevée à 120 ou 160° pendant quelques minutes.
- 114,442. — Schott. — Machine à faire les franges pour foulards, châles, etc.— Emploi d’un chariot mobile porteur d’une table recouverte d’une plaque de caoutchouc sur laquelle se place la pièce à franger. Le bord à franger est amené entre deux rouleaux rotatifs dont l’un est armé de pointes et de lames qui coupent et frangent le tissu; le chariot est ramené en arrière par la détente d’un ressort, un rouleau nettoie le cylindre frangeur, et l’opération recommence.
- 114,447. — TRRYVOUX. — Applications des matières textiles et filamenteuses de tous les règnes, propriétés naturelles ou acquises, à l’imitation des fourrures de toutes espèces. — Les matières filamenteuses et textiles, animales, végétales ou minérales, sont mélangées pour la confection de la nappe de fourrure imitée avant les travaux d’apprêt d’ensemble et définitif.
- 114,477. — OSTROROY (le comte). — Canevas Ostroroy à base de goudron pour sous-doublures de vêtements et matelas. — Le tissu, vêtement, ceinture, gilet, etc., est plongé dans le goudron bouillant auquel on ajoute 5 p. 100 d’acide phé-nique ; on le passe entre deux cylindres, pour le replonger ensuite dans du goudron froid, l’essorer et le sécher.
- 114,/82. — VIMONT. — Modifications au système continu de métiers pour étirer et filer la laine cardée. — Une disposition de graissage automatique permet à l’organe d’envidage ou ailette
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de conserver sur le disque où elle se meut une constante facilité de mouvement.
- 114,485. — Bérenger. — Emploi du sulfate d'ammoniaque dans les opérations dites époutil-lage ou épaillage chimique des laines brutes non filées, filées ou tissées. — La revendication porte sur l’application du sulfate d’ammoniaque à l'é-paillage des laines en général.
- 114,490. — Dismier et JACQUEMAIN. — Fabrication du feuillage artificiel par l'application de la machine à cylindre à imprimer. — Au lieu d’être découpée à l’avance, l’étoffe reste entière, et, passant sous des cylindres gravés en relief et imprégnés de couleurs, elle y reçoit les nuances et dessins divers. Les feuilles sont ensuite découpées et gravées comme de coutume.
- 114,512. —Tabutiaux, Collart et BALMIER.— Trameuse à cônes rotatifs formant entonnoir et navette appropriée. — Cette trameuse réalise une combinaison qui permet de déposer sur un tronc de cône, dans des temps égaux , des quantités uniformes de soie, des laine, coton, etc., de manière à en constituer un cannette régulièrement établie, se dévidant par le centre et contenant sous un même volume une quantité de fil plus grande que celles ordinaires. Ainsi le but proposé était de combiner le mouvement de rotation du cône sur lequel se dispose le fil avec le mouvement de translation du guide qui limite la zone de dépôt, de telle sorte que ce dépôt se fasse régulièrement, avec une tension égale du fil. A la trameuse qui remplit ces conditions est jointe une machine à navette disposée pour recevoir la trame obtenue.
- 114,518. —Adam. —Manchon tricotéen laine et en coton, dit manchon sans couture.— Pour éviter la marque que laisse, sur le feutre ou la soie des chapeaux, la couture provenant des garnitures cousues destinées à empêcher l’adhérence de la matière humide contre la forme en bois des chapeaux, le breveté emploie des manchons en tricot très-serré, sans couture.
- 114,529. — FIRTH. — perfectionnements aux métiers à tisser. — Les fils métalliques formant les boules sont insérés dans le pli ou sous la chaîne au moyen d’un crochet articulé à une plaque dont le tourillon se meut, ainsi que le fil, le long d’une rainure de la barre oscillante du'métier; ce fil est maintenu par la pression d’un ressort qui force la pointe du crochet à s’engager dans le cran de la tête du fil pendant le mouvement en avant de la plaque ;
- pour enlever ensuite le fil métallique, une autre plaque à crochet le porte en arrière de la barre oscillante, et l’on répète l’opération.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- TARIF DES DOUANES POUR LES MATIÈRES TEXTILES ET TINCTORIALES.
- (Extrait de l’Expose des motifs du projet de loi présenté à la Chambre des députés au nom du Gouvernement.)
- Les traités de commerce ont réglé nos rapports avec la plupart des grands Etats qui nous entourent; mais ils n’atteignent pas nos relations avec les pays lointains qui ont gardé vis-à-vis de nous leur entière liberté. Nos rapports avec ces derniers restent subordonnés au régime de protection exagérée qui étaient en vigueur au commencement de ce siècle.
- Cependant tout a changé depuis cinquante ans, les communications se sont multipliées, la vapeur a supprimé les distances et donné aux échanges un immense essor, notre travail national ne s’exerce pas seulement sur des matières produites en France, mais il s’approvisionne dans une large mesure sur les marchés les plus éloignés de l’ancien et du nouveau monde, dont nous sommes aussi les tributaires et qui deviennent par échange les consommateurs des fruits de notre travail.
- Le moment est donc venu de remanier notre tarif général en répudiant les vieilles idées de l’isolement, de l’antagonisme et des représailles, pour ne nous inspirer que des besoins de notre approvisionnement, de l’extension de nos débouchés, de l’intérêt bien entendu de notre industrie et du désir aujourd’hui partagé par tous les esprits sages et clairvoyants, de consolider la situation que quinze années de pratique du régime de liberté commerciale modérée ont créée dans notre pays.
- C’est ainsi que nous avons été amenés à vous proposer d’emprunter les bases principales du nouveau tarif des douanes, aux traités de commerce conclus depuis la réforme économique inaugurée en 1860.
- Nous vous demandons la permission de nous arrêter un instant sur les produits dérivés du goudron de houille, qui jouent, dans la teinture des étoffes, un rôle fort important. A l’époque de la conclusion du traité de commerce avec l’Angleterre, la plupart de ces nouvelles couleurs n’étaient encore qu’un produit, de laboratoire, et si quelques-unes étaient entrées dans la pratique industrielle,
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- c’était à titre d’essai ; et, d’ailleurs, elles étaient l’objet de brevets d’invention qui en rendaient l’emploi très-onéreux.
- Nul intérêt donc à cette époque d’en fixer le tarif d’une manière explicite, et, par suite, elles se trouvèrent rangées dans la classe des couleurs non dénommées affranchies de tout droit à l’importation en France.
- Aujourd’hui que cette fabrication a pris une importance considérable en Allemagne et en France, nos fabricants demandent à ne pas être livrés sans défense à la concurrence des produits similaires venant de l’étranger. Examinée par le comité consultatif des arts et métiers, cette demande a été prise en sérieuse considération, et il a proposé, à la suite de nouvelles études, d’après les observations présentées par les intéressés, d’admettre en franchise l’essence de houille, la benzine et le benzole, et d’appliquer aux couleurs dérivées de ces produits, une taxe spécifique représentant en moyenne 5 pour 100 de la valeur de ces mêmes couleurs. Le conseil supérieur n’a pas partagé cette manière de voir et il a recommandé le maintien de la franchise et sur la benzine et le benzole et sur les couleurs qui en dérivent. Nous n’avons Pas pensé, Messieurs, qu’il fût juste de ratifier dans son ensemble le vote du conseil supérieur. En effet, alors que la généralité, si ce n’est la tota-Eté des produits fabriqués en France, reçoit une protection plus ou moins élevée, on n’aperçoit Pas pourquoi, et en vertu de quel principe une exception serait faite à l’égard d’une industrie qui n’a pas encore pris racine dans notre pays et qui lutte péniblement avec la production allemande.
- Nous avons donc rétabli dans le tarif général les droits adoptés par le comité consultatif des arts et manufactures en faveur des couleurs dérivées du goudron de houille, soit 3 fr. par kilogramme pour celles qui proviennent de l’aniline et de la toluidine, et 1 fr. également par kilogramme pour toutes les autres couleurs.
- Le régime des fils de laine a été également modifié pour réparer une erreur qui S’était glissée dans le tarif des fils de laine au moment delà conclusion des traités de commerce. Ces traités n’avaient fait aucune distinction entre les fils de laine Peignée et les fils de laine cardée. Or, la filature de ces deux espèces de fil n’est pas la même, et, Par conséquent, il n’y a pas non plus similitude entre le numéro qui détermine la finesse relative de chacun de ces fils. C’est pour remédier à cet Inconvénient que le conseil supérieur du commerce a présenté, pour les fils de laine cardée, mais seulement jusqu’au numéro 30, 500 mètres au kilog., ce numéro étant le plus élevé de cette nature de dis, une taxe plus élevée que pour les fils de laine
- peignée dont la finesse ne peut s’élever jusqu’à plus de 100,000 mètres au kilogr. En même temps une modification a été introduite dans le tarif des fils retors en vue d’en régler plus équitablement la tarification. Pour les fils de laine les importations grandissent chaque année ; elles étaient de 7,364,000 fr. en 1867, elles sont aujourd’hui (1876) de 20,354,000 fr., ainsi elles ont presque triplé en dix ans. Il est vrai que nos exportations sont supérieures à nos importations, mais en 1876, elles ont fléchi de plus de 9 millions de fr. et elles sont revenues au point de départ. Ainsi, en 1867, nous exportions pour 3,786,000 francs de fils de laine, en 1875, pour 39,722,000 fr. et en 1876 pour 30,626,000 fr. Il y a là une situation qui semble justifier les modifications introduites dans le régime des fils de laine.
- Notre tarif général frappe les fils de laine de prohibition.
- Aucune modification n’est introduite dans la classification inscrite au tarif conventionnel pour les fils de coton, mais le conseil supérieur du commerce demande qu’une majoration d’un décime sur tous les doits du tarif des fils soit consacrée dans le nouveau tarif général.
- L’exportation de nos fils de coton reste stationnaire, elle est seulement de 4,500,000 fr. en 4876, après avoir atteint le chiffre de 8,904,000 fr. en 1873. Il est vrai qu’au point de départ, c’est-à-dire en 4867, elle n’allait pas au-delà de 4,304,000 fr. L’importation qui, en 4867, était seulement de 9,400,000 fr. s’est élevée à63,792,000 fr. en 4876. Mais il ne faut pas prendre ce dernier chiffre comme l’expression absolue du progrès réalisé par les exportations de fils de coton en France. La malheureuse guerre de 4870 nous a fait perdre 4,700,000 broches qui appartenaient à l'Alsace-Lorraine et appartiennent aujourd’hui à l’Allemagne. Or, si l’on consulte les tableaux d’importation, on voit qu’en 4876, il nous est venu d’Allemagne, c’est-à-dire d’Alsace-Lorraine pour plus de 5,000,000 de fr. de fils de coton qui, avant 4870, comptaient dans le travail intérieur du pays et qu'aujourd'hui nous sommes obligés de mettre au compte de l’importation. Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître que l’importation du fil de coton qui était prohibée par l’ancien tarif général a pris une extension importante. Devant ce résultat et l’extension que prend aux Etats-Unis l’industrie cotonnière, nous admettons la majoration recommandée par le conseil su périeur dans notre tarif général.
- Nous n’avons pas à nous occuper des fils de soie : la franchise leur est acquise; personne ne demande que ce régime soit modifié.
- Le tarif des tissus n’aurait pas comporté des explications développées si les droits ad valorem
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- n’avaient pas été convertis en droits spécifiques.
- Mais ce changement nous oblige à examiner avec vous si les transformations dont il s’agit répondent au but cherché, c’est-à-dire si elles restent dans la limite du droit à la valeur.
- En ce qui concerne les tissus de lin et de chanvre, tous les droits, sauf pour le linge de table damassé, les piqués et les bazins, étaient établis au poids, et par conséquent, nous n’aurions guère à vous entretenir de cette partie de notre nouveau tarif des douanes si une mesure importante, et en même temps parfaitement juste, n’était pas venue régler à nouveau l’ensemble du tarif des tissus de lin et de chanvre. Jusqu’à présent, pour déterminer la classe à laquelle doit appartenir un tissu de lin ou de chanvre, on comptait seulement le nombre de fils en chaîne qui se trouvait dans un carré de 5 millimètres. On ne s’était pas occupé de la trame parcequ’il était de règle que celle-ci était presque toujours en nombre égal avec la chaîne. Mais comme l’industrie, et c’est un droit légitime, cherche toujours à tirer le meilleur parti du tarif qui lui est opposé, on s’est imaginé, dans quelques usines, à forcer autant que possible le nombre des fils en trame, et à diminuer le nom. bre des fils en chaîne; il est arrivé de cette transformation, dans certains tissus de lin et de chanvre, qu’on a pu présenter à l’importation en France, des tissus relativement fins et qui n’acquittaient que le droit de tissu plus ou moins grossier, puisque la chaîne seule déterminait la classe à laquelle ils devaient appartenir.
- L’industrie linière, en France, s’est émue de cette situation et elle a demandé que pour le tarif des tissus de lin et de chanvre, on comptât comme on le fait pour les tissus de coton, les fils de chaîne et les fils de trame. Cette demande était juste, mais nous étions liés par des traités qu’il ne nous appartenait pas de modifier sans le consentement de nos associés. Aujourd’hui que nous faisons un tarif général, nous rentrons dans la plénitude de notre droit, et nous ne pouvons, messieurs, que vous demander d’accepter la modification que nous avons apportée au régime des tissus de lin et de chanvre. Quant aux conversions des droits spéci-ques des quelques taxes ad valorem qui existaient dans le tarif des tissus de lin et de chanvre, elles n’ont, jusqu’ici, soulevé aucune objection. Les importations de tissus de lin et de chanvre sont stationnaires : elles étaient de 14,646,000 fr. en 1867; elles sont atjourd’hui (1876) de 14,020,000 fr. Nos exportations sont en voie d’accroissement, mais cet accroissement est peu sensible. En 1867, nous avions exporté pour 28,747,000 fr. de tissus de lin et de chanvre; aujourd’hni (1876) nos exportations ont atteint le chiffre de 31,728,000 fr.
- C’est un accroissement de trois millions en dix ans.
- Pour les tissus de laine, la situation en ce qui concerne le tarif des douanes, est tout autre que celle des tissus de lin et de chanvre et des tissus de coton. En effet, tous les tissus de laine sont taxés à la valeur dans le tarif conventionnel. On a cherché, dans les transformations opérées, à se rapprocher, autant que possible, de la vérité, c’est-à-dire du taux des droits établis à la valeur. Mais, comme nous l’avons indiqué plus haut, ces transformations, quelque soin qu’on y apporte, grèvent la marchandise bon marché et dégrèvent la marchandise chère. Mais nous avons indiqué les avantages des droits spécifiques. Il s’agit donc de mettre en parallèle les avantages et les inconvénients de chacun des deux systèmes et de faire un choix entre les deux. Ici, d’ailleurs, nous sommes maîtres du terrain, nous faisons un tarif général dont nous n’avons à discuter les bases avec personne. Nous devons donc agir au mieux de nos intérêts.
- L’industrie de la laine est une de celles qui exportent le plus, et elle accuse un accroissement considérable. En 1867, nous avons exporté des tissus de laine pour une valeur de 236,531,080 fr. Aujourd’hui (1876), cette exportation a atteint le chiffre de 317,621,009 fr. C’est 80 millions de plus qu’il y a dix ans, et encore faut-il ajouter que 1876 présente sur 1875 une réduction d’environ 30 millions de francs.
- Dans l’ancien tarif général, les tissus de laine étaient prohibés ou payaient de 240 à 600 fr. par 100 kil. Nous vous proposons de les imposer à 130, 150 et 170 fr.
- Les tissus de coton pesant moins de 3 kil. les 100 mètres et comprenant, par conséquent, la grande masse des tissus qui s’adressent à la consommation ordinaire, étaient prohibés par l’ancien tarif : ils sont taxés au poids dans le tarif conventionnel que aous adoptons, et, par conséquent, ils n’ont pas donné lieu à une conversion de droits. La transformation des droits ad valorem en droits spécifiques, ne s’est appliquée qu’aux tissus fins, aux mousselines unies ou brodées, aux piqués, aux basins, etc. On s’est attaché autant que possible, dans le sein du comité consultatif des arts et manufactures, à respecter la relation qui devait exister, pour le taux du droit, entre la taxe à la valeur et la taxe au poids. Mais ici, comme pour les tissus de laine, les mêmes inconvénients et les mêmes avantages existent. Pour les raisons déjà énumérées, nous nous sommes arrêtés aux taxes spécifiques.
- Il est toutefois une catégorie de cotonnades sur laquelle l’écart considérable qui existe entre la
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- valeur des belles qualités et la valeur des qualités communes, rend le tarif spécifique d’une application difficile ; nous voulons parler des broderies. Le droit de 4 fr. par kilogramme, proposé par le comité consultatif comme l’équivalent du tarif conventionnel actuel de 10 p. 100 à la valeur, réduit à 21/2 p. 100 la protection accordée aux broderies fines. La chambre du commerce de St-Quen-tin avait demandé que ce droit fût élevé à 10 fr. Il n’était pas possible d’admettre une telle majoration qui aurait porté le droit sur les broderies communes à un taux excessif. Le conseil supérieur a proposé de le fixer à 5 fr. par kil. Tel est le chiffre que nous portons au tarif général, avec la pensée de créer plusieurs catégories dans les tarifs conventionnels à venir.
- La situation de l’industrie cotonnière, au point de vue de ses exportations en tissus de coton, est satisfaisante. En 1867, cette exportation était de 57,511,000 fr. Aujourd’hui (1876) elle atteint 75,454,000 fr. C’est une augmentation de 18 millions, et d’autant plus remarquable que, dans ces 18 millions, l’Alsace-Loraine ne figure pour rien. Les importations de tissus de coton sont, il faut le remarquer, en voie de très-grand progrès. Elles étaient de 18,722,000 fr. en 1867. Aujourd’hui (1876) elles ont atteint le chiffre de 81,796,000 fr. Mais, ici, comme pour les fils de coton, on doit, si l’on veut avoir une comparaison égale, retrancher de 81,796,000 fr. représentant l’importation totale, le chiffre appartenant aux envois de l'Alsace-Lor-laine, lequel s’élève à près de 25,000,000 de francs
- qui étaient à l’intérieur et qui aujourd’hui viennent du dehors. Il résulte de là que l’importation réelle ne dépasse guère 57 millions de francs.
- Projet de loi.
- Art. 1er. — Le tarif général à l’importation et à l’exportation est établi conformément aux tableaux A et B annexés à la présente loi.
- Art. 2. — Les produits d’origine extra européenne importés d’un pays d’Europe seront soumis aux taxes spécifiées dans le tableau 6.
- Les sucres non raffinés (autres que les poudres blanches) de fabrication européenne continueront à acquitter la surtaxe afférente aux sucres similaires exotiques importés des entrepôts.
- Les produits européens importés d’ailleurs que des produits d’origine acquitteront les surtaxes spécifiées au tableau D.
- Art. 3. — Les droits et immunités applicables aux produits importés des colonies et possessions françaises sont fixés conformément au tableau E.
- Art. 4. — L’impôt supplémentaire de 4 pour 100 établi par l’article 2 de la loi du 30 décembre 1873, ne sera plus perçu qu’à l’égard des denrées coloniales de consommation.
- Art. 5. — Les droits établis sur les fils et tissus de coton seront augmentés de un dixième.
- Art. 6. — Le gouvernement est autorisé à frapper d’une surtaxe de deux décimes (0 fr. 2) les droits applicables aux produits originaires des pays dont le tarif de douane dépasse en moyenne 15 pour 100 sur les produits fabriqués.
- T AR1F S P R O POSES
- EXTRAIT DES TABLEAUX
- UNITES sur lesquelles portent les droits.
- Bois :
- Bois de teinture en bûches •.............
- — — moulus ..............
- Coton :
- En laine ou non égrené ..............
- En feuilles cardées et gommées (ouate) ..............
- Lin et chanvre bruts, teillés, peignés ou en étoupes 100 kil.
- Jute en brins, teillé, tordu ou peigné •.............
- Phormium tenax, abaca et autres filaments végétaux bruts, teillés, tordus, peignés ou en étoupe ..............
- Joncs et roseaux bruts ..............
- Ecorce de tilleul pour cordages ..............
- Coques de coco, calebasses vides et grains durs à tailler y. .... .
- Teintures, tannins et produits chimiques :
- Garance, soit en racine, soit moulue ou en paille ..............
- Gurcuma en racine ou en poudre ..............
- Quereitron ..............
- Lichens tinctoriaux ..............
- DROITS (décimes compris).
- exempts.
- exempt.
- 10 » exempts I
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ecorces à tan moulues ou non
- Sumac, fustet et épine vinette (écorce, feuilles et brindilles entières ou moulues)
- Noix de galle et avelanèdes entières, concassées ou moulues
- Autres racines, herbes, feuilles, fleurs, baies, graines et fruits propres à la teinture ou au tannage
- Goudron minéral provenant de la distillation de la houille
- Produits chimiques dérivés du goudron de houille :
- Essence de houille, benzine et autres huiles légères
- Huiles lourdes
- Nitrobenzine et aniline pure ou mélangée de toluidine
- Acide phénique
- Naphtaline
- Anthracène
- Non dénommés
- Teintures préparées :
- Cochenille
- Kermès animal
- Laque en teinture
- Indigo
- Indigo pastel, indigue, inde-plate et boules de bleu
- Pâte de pastel grossière
- Cachou en masse
- Rocou préparé
- Orseille préparée humide (en pâte ou extrait)
- — — sèche (Gudbéar)
- Maurelle
- Extraits de bois de teinture et d’autres espèces tinctoriales :
- Garancine et autres extraits de garance
- Autres extraits noirs et violets
- — — rouges et jaunes
- Prussiate de potasse jaune
- — — rouge
- Teintures dérivées de goudron de houille :
- Dérivés de l’aniline et de la toluidine, verts, violets, bleus Autres teintures
- Acide picrique
- Alizarine en pâte humide
- — sèche
- UNITÉ sur lesquelles portent les droits.
- 100 kil.
- 100 kil.
- le kil.
- Non dénommés
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine exempt de fer, pour la teinture et l'épaillage chimique à dix francs cent kilogr. en fabrique.
- Procédé breveté très-simple.
- AGENTS DEMANDÉS
- DROITS (décimes compris)
- exempt.
- même régime que l'indigo exempte.
- 5 »
- 10 » exempte.
- 20 »
- 30 »
- 20 »
- 30 »
- 3 »
- 1
- > 25
- » 60
- 4 »
- 5 % avec facilité pour le Gouvernement de convertir le tarif ad valorem en droits spécifiques équivalents, a-près avis du Comité consultatif des arts et manufactures.
- (A continuer par le tarif des fils et tissus}.
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21* Année, K» 8, ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 20 Avril 1877
- SOMMAIRE
- Sur les machinés à laver employées dans le blanchiment et la fabrication des toiles peintes, par M. J. Demeure. — Leçons sur la teinture des laines (suite!, par M. JARMAIN. — Fabrication des sarronys indiens, genre Batick, par M. J. Schultz.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Purification des eaux de lavage des laines, par M. Marix. — Essorage et épaillage des laines, par M. Bridoux. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Traités de commerce. — Les inventeurs brevetés à l’Exposition de 1878.
- SUR LES MACHINES A LAVER EMPLOYÉES DANS LE BLANCHIMENT
- Et la Fabrication des Toiles peintes par M. J. DEPIERRE.
- Choix des machines suivant le travail à remplir.
- Les diverses machines que nous venons de décrire 1 ayant des destinations diverses, il est superflu de dire que nous n'établirons de comparaison qu’entre les machines similaires, c’est-à-dire destinées au lavage des mêmes tissus. Nous allons donc établir trois catégories : la première comprend les machines donnant le meilleur rendement, pour le blanchiment des tissus tels que, compte 30, longottes, croisés. La deuxième établissant le rendement comparatif des meilleures machines, pour les lavages de ces tissus, après les opérations de la toile peinte, et la troisième, les' machines spéciales au lavage des moleskines, soit pendant les opérations du blanchiment ou de la teinture.
- 1.
- Les machines que nous estimons être les plus avantageuses pour le blanchiment des longottes, croisés et compte 30, sont : le clapeau sans tendon, le clapeau traquet et la machine a laver continue de Welter.
- Examinons d’abord quelles sont les conditions que doivent remplir ces machines dans le lavage
- 1 Le travail de M. Depierre donne d’abord la description complète de chaque appareil laveur employé et cité plus loin ; il continue par l’emploi de ces machines, et c’est cette partie que nous reproduisons. — F. G.
- du blanchiment. Toutes les opérations donnant des composés solubles, il est clair qu’il suffira de les débarrasser de ces substances. Mais il faut encore prendre en considération les effets mécaniques qui peuvent se produire et qui altèrent les tissus. Nous verrons aussi quel est le temps nécessaire pour le lavage d’une pièce de 100 mètres, et enfin, nous comparerons les forces absorbées par chaque machine 1.
- Les clapeaux que l’on employait il y a quelques années avaient l’inconvénient de ne pas ouvrir les plis, et en outre, d’érailler les tissus d’une certaine épaisseur. Les modifications que nous trouvons dans le clapeau sans tension, font qu’aujourd’hui cette machine est d’un excellent rendement pour les tissus précités.
- Le clapeau-traquet est également bon, peut-être supérieur au clapeau sans tension ; mais il absorbe plus de force -, enfin la machine à laver de Welter donne aussi d’excellents résultats. — Dans aucune de ces machines l’éraillement ne se produit. S’il devait, à la longue, avoir lieu, ce serait dans le clapeau-traquet où cet effet se percevrait d’abord. Concernant les plis, le clapeau sans tension, surtout quand il est muni d’une cuve à eau, ne donne plus lieu aux inconvénients que l’on reprochait au clapeau primitif, car la tension n’existant plus, les plis peuvent se détendre et ainsi se modifier.
- Le clapeau sans tension produit cent cinquante mètres par minute, soit neuf cents pièces en dix heures, nécessite un ouvrier à 2 fr. 50 par jour. Cent mètres ou une pièce revient à 0 fr. 0027.
- 1 Les données concernant la force absorbée par les machines à laver, ne sont qu’approximatives ; nous n’avons pas connaissance d’essais dynamométriques sérieux, faits en vue de constater réellement la force absorbée non-seu-lement par les machines à laver, mais en général par les machines employées dans la toile peinte.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La quantité d’eau .nécessaire est de deux cent quarante mètres cubes pour dix heures, ou neuf cents pièces, soit donc, pour une pièce, deux cent quinze litres.
- Le clapeau traquet produit 188 mètres par minute, soit 1,100 pièces en dix heures, nécessite un ouvrier à 2 fr. 50 par jour.
- Cent mètres coûtent 0 fr. 0023.
- La quantité d’eau nécessaire est de 120 mètres
- cubes pour dix heures, ou pour une pièce, cent trente litres.
- La machine à laver continue de Welter produit 125 mètres par minute, ou 750 pièces en dix heures, nécessite un ouvrier à 2 fr. 50 par jour.
- La quantité d’eau est approximativement de 200,000 litres pour dix heures , soit pour 750 pièces. Une pièce, ou 100 mètres, demande 250 litres.
- 1 MACHINES PRODUCTION PRIX DE REVIENT QUANTITÉ D’EAU Force
- en une minute. en dix heu res. 10 heures une pièce. dix heures. 1 pièce. absorbée.
- Clapeau sans tension | Clapeau à chevilles mobiles . . . Clapeau-traquet Machine Welter mètres. 150 150 180 125 pièces. 910 948 1.100 750 fr. e. 2 50 2 50 2 50 2 50 0.0027 0.0026 0.0023 0.003 m. euh. 240 120 120 250 litres. 215 135 120 250 3 1 3 à 4 | 2 à 3
- IL
- Les opérations de la teinture sont aujourd’hui tellement multiples, par suite de la grande variété de genres, qu'il n’est guère possible d’examiner le rendement des diverses machines, suivant le genre de fabrication ou de tissu.
- Nous ne vous présenterons donc nos observations que sur le rendement de ces appareils , appliqués au lavage après teinture, dans des bains contenant des substances insolubles. Il ressortira de la comparaison que nous allons établir, que les machines donnant un bon rendement dans les conditions précitées, seront d’autant meilleures dans le cas où les bains de teinture ne contiendraient pas de substances insolubles.
- Les machines que nous allons examiner sont : les roues à laver, quoique peu employées; les divers clapeaux : la machine Witz et Brown, le traquet Dolfus-Mieg, le clapeau-traquet, la machine à laver continue de Welter.
- Les roues à laver donnent un meilleur .lavage que le clapeau ordinaire, mais elles ont les inconvénients suivants : la production est assez restreinte, de sorte que le prix de revient est plus élevé. Les pièces s’enchevrêtent tellement l’une dans l’autre quand il y en a deux ou plus, qu’il faut des ouvriers pour les démêler. Par suite du frottement des pièces contre les parois de la machine, il arrive ainsi que les pièces deviennent facilement duveteuses. La production est très-limitée, et si nous nous occupons de ces machines, c’est
- pour établir plus facilement la comparaison des appareils usités de nos jours et mieux faire sentir les progrès réalisés.
- Une roue lave en moyenne 230 à 250 mètres par heure, soit 2,500 mètres ou 25 pièces en 10 heures, ou 4 mètres 16 centimètres à la minute (si l’on peut admettre ce mode d’évaluation), ou une pièce en 25 minutes.
- Il faut environ 150 litres d’eau par minute, soit 9,000 litres par heure ou 36,000 litres par 100 mètres.
- Cinq roues sont desservies par sept hommes à 2 fr. 50 par jour, et coûtent donc 17 fr. 50; elles produisent 1,560 pièces; 100 mètres ou une pièce revient à 0 fr. 14 c.
- Ce que nous avons dit précédemment des clapeaux à tension et du clapeau-traquet s’applique aussi bien aux opérations de la teinture qu’à celles du blanchiment ; ajoutons que, pour la teinture, le clapeau-traquet rend mieux, le lavage est fait plus à fond • cependant, il y a toujours la question de l’ouverture des plis en jeu, qui ne se fait pas aussi bien que dans le clapeau à traquet.
- Le clapeau-traquet donne 48 coups par pièce, la machine Welter, 108 coups, la machine Brown, 52 coups; on voit que, dans ces derniers systèmes, il y a des différences notables, quoique le rendement soit également satisfaisant.
- Dans le traquet Dolfus-Mieg, le battage est limité par la vitesse de la pièce, tandis que dans la machine Witz, le battage est indépendant de la vitesse
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- de celle-ci; c’est la seule machine réunissant ces conditions de battage.
- La machine traquet Dolfus-Mieg est très-bonne pour les tissus forts; nous ferons cependant une réserve pour les croisés qui s’éraillent plus facilement.
- La machine Witz et Brown réunit les qualités des diverses machines précitées; ainsi elle lave presque autant que le clapeau à tension. Elle a surtout l’immense avantage de ne pas feutrer les tissus, ni de former de duvet; les étoffes les plus légères, en ayant soin de varier l’écartement des cylindres et l’ouverture des joues de battage, peuvent y être lavées sans le moindre inconvénient; ce qui a nui à la propagation de cet excellent appareil est son prix asez élevé et aussi la force nécessaire qui est considérable relativement à celle des autres machines à laver.
- La machine à laver continue de M. Welter est considérée comme étant supérieure à celle de Witz et Brown ; quelques usines ont même remplacé, pour la teinture et le blanchiment, la machine Witz par celle continue. Un de ses inconvénients,
- qui du reste est signalé par l’appareil lui-même, est l’enchevêtrement qui peut se produire dans les plis qui passent par les chevilles pour se rendre sur l’un des traquets.
- Cette machine enlève complètement les matières solubles et insolubles, n’allonge pas le tissu, ne produit aucun effet de feutrage, puisqu’il n’y a pas de compression et, en somme, exige très-peu de force, surtout eu égard à son rendement.
- En résumé, pour les tissus qui nous occupent et pour les opérations de teinture, nous n’hésitons pas à mettre en première ligne la machine de Welter et la machine Witz et Brown, puis le clapeau sans tension, le clapeau-traquet et le traquet Dolfus-Mieg.
- Nous croyons avoir indiqué assez explicitement les avantages et les désavantages de chacun d’eux; nous présentons dans le tableau ci-bas les données relatives à chacune de ces machines ; il sera beaucoup plus facile de cette manière de se rendre compte et du prix de revient de la pièce et de sa production, etc.
- DÉSIGN A T 10 N des 1 MACHINES. S co r y3 o H TISSU LAVÉ EN in g © p = O 4 i : § - & c P 2 g & © S, E- O .2 S o S 5 = 8 8 EAU ABSORBÉE. LOUPS BATTU S. O 2 o ’S g F 7 U g S o S — o c s c -3 &
- = VJ P O o - w. 2 8 © -0 c c 5 A
- mètres. pièces de 100 m fr. c. fr. c. fr. c. litr. m.c. litres. chevaux. fr.
- Roue à laver 20 4 1 250 7/5 2.50 3.50 » 14 150 90 3.600 80 » 1 àl 1/2 »
- Clapeau à cheville8 mob. 100 150 » 900 1 2.50 2.50 » 0027 200 120 135 » 1 1/22 2250
- Clapeau sans tension . 80 150 » 900 1 2.50 2.50 » 0027 400 240 220 » » 1 5 à 2 2000
- Clapeau traquet 100 488 » 1.100 1 2.50 2.50 » 0023 200 120 120 » 48 3 à 4 2800?
- Traquet Dolfus Mieg. . 60 120 » 720 2 (2.50 (2 14.50 » 0063 ? 2 ? » » 4 1800
- Machine Welter 80 120 » 750 1 2.50 2.50 » 0034 320 200 255 » 108 2 2200
- Machine Witz et Brown 65 122 » 730 2 (2.50 (2 14.50 » 0062 335 200 275 332 52 5 à 6 4000
- Les rendements indiqués dans le tableau précédent sont purement théoriques, excepté celui de la roue à laver qui est ramené aux quantités obtenues en pratique. Il nous a paru préférable de donner ces indications, au lieu de spécifier des rendements avec des tissus ; ceux-ci étant eux-mêmes sujets à variation, les résultats n'auraient pas été suffisamment exacts.
- III.
- Machines spécialement applicables an lavage des moleskines, soit pour les opérations du blanchiment, soit pour celles de la teinture.
- La moleskine et les tissus très-épais ne se fabriquent qu’en quantités relativement minimes, et souvent les fabriques qui impriment ces tissus n’ont pas d’outillage spécial.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On lave après le blanchiment sur la clapoteuse ou traquet, ou en cuve ordinaire à tourniquet. Dans les opérations de teinture, on se sert encore de cet appareil qui donne des résultats passables, mais qui ne produit que fort peu.
- En Angleterre, où généralement l’outillage est bien compris, on ne se sert presque que de la machine Famer. Il y en a alors dans les divers ateliers. Celles pour le blanchiment ont toujours trois caisses ou compartiments. Pour les opérations de teinture, quelquefois (quand on teint avec des substances ligneuses), on a recours au lavage à la main, puis au traquet, et enfin la machine Farmer. Mais, avec les procédés de teinture que l’on a aujourd’hui à sa disposition, le traquet devient complètement superflu.
- En France, la machine à foulards est la plus employée pour les moleskines.
- Elle sert plus spécialement pour le lavage des tissus après teinture. Plusieurs manufactures d’Alsace l’emploient pour le genre dit pantalon.
- La machine Farmer n’exprime pas aussi bien que
- la machine à foulards, mais fatigue peut-etre un peu moins le tissu.
- Cependant, cette dernière lave beaucoup plus à fond, et certains passages donnés dans des bains fortement colorés, ne peuvent être lavés sur la machine Farmer : le tissu a toujours un léger fardage qui ne se produit pas sur la machine à foulards.
- Voici le rendement de chacune des deux machines, nous ne donnerons pas d’autres appréciations sur ces deux appareils ; mais, nous dirons que pour une bonne fabrication de moleskines, nous installerions les deux machines pour pouvoir les appliquer dans les conditions les plus particulières à chaque appareil. Cependant, si, par exemple, limités par la place, nous ne pouvions placer qu’une machine, nous donnerions la préférence à la machine à foulards. Dans cette machine, les vitesses étant variables, nous pourrions en modifier la marche suivant les nécessités de la fabrication, d’une part, et de l’autre, le lavage se faisant dans plus d’eau, doit nécessairement être meilleur.
- DESIGNATION
- de la
- MACHINE.
- Tours par minute.
- PRODUCTION
- Nombre d’ouvriers.
- Total par jour et par machine.
- En une minute.
- Machine Farmer. .
- Machine au large . Grande vitesse. . . id.
- Petite vitesse.. . .
- mètres, mètres.
- 50 30.000
- 60 36.000
- 48 28.000
- francs.
- 0.015
- 0.0124
- 0.0156
- 70
- co o g | Par 100 mètres.
- CO o .3 1
- Force motrice.
- Cout de la machine.
- fr.
- 2.100
- 3.000
- 4.000
- 8 ©
- OBSERVATIONS.
- à 2 compartiments, à 3 compartiments.
- Les prix de machines sont donnés sous toute réserve.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- {Suite)
- OPINIONS DES TEINTURIERS SUR LA CUVE A l’hydrosulfite.
- Depuis l’année 1873, époque à laquelle on a commencé à faire usage de cette cuve dans le
- Yorkshire, les teinturiers en laine ont fait à son sujet des observations très-diverses. Les uns l’ont abandonnée et les autres ont continué à s’en servir.
- Les avantages qui militent en sa faveur sont : qu’elle est facile à conduire ; qu’elle teint proprement les articles de laine anglaise; qu’elle peut être employée également pour les bleus clairs et les bleus foncés; qu’elle dispense des services d’un teinturier habile, au salaire élevé ; qu’elle est rapide.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Les inconvénients qui lui ont été attribués par ceux qui l’ont abandonnée sont : qu’elle est beaucoup plus coûteuse que la cuve au pastel; qu’elle rend les articles plus épais à la main, bien qu’ils aient le même poids et la même teinture, sans que leur résistance soit augmentée, comme le prouve leur essai à la machine de Helden ; que la couleur qu’elle fournit n’est pas aussi bonne, car elle est un peu verte ; qu’elle exige un tiers de plus de fond rouge que la cuve au pastel; qu’elle détruit le duvet de la laine.
- Toutefois, le plus grand reproche qu’on puisse lui faire, c’est d’être trop chère, et ce désavantage peut être considérablement diminué par la récupération de l’indigo qui se perd au lavage, et qu’on peut recueillir en faisant passer les articles dans un lait de chaux avant cette opération. La chaux dissout l’indigo réduit qui n’a pas été fixé à la fibre. On peut faire disparaître la couleur verte en faisant passer les articles à travers de l’acide sulfurique très-étendu dans la machine à laver.
- Le tableau suivant donne le coût d’une teinture en bleu foncé au moyen de la cuve à hydrosulfite ; il a été établi par un teinturier qui voulait bien employer ce système, mais qui recule devant son prix trop élevé. Son prix de revient, comparé avec celui des matériaux qui entrent dans la cuve à pastel, ne lui est pas favorable ; les frais de main-d’œuvre sont à peu près les mêmes dans les deux cas.
- 24.0 Ibs indigo à sh. 6 d....... 66 l.sterl. sh. 0 d. 1978 Ibsbisulfitedesoudeà 1 d...8 4 10 195 Ibs zinc en poudre à 23 sh. le twt (quintal anglais)....2 0 1 . 30 Ibs terre à foulon......... 0 1 0
- Chaux......................... Non indiqué. 76............................5...........................11
- Percentage du coût total : Indigo 86 84 Bisulfite de soude 10 62 Zinc en poudre 2 63
- Terre à foulon.......... Rien. Chaux ... Non indiqué. 100 09
- Draps teints avec les matériaux ci-dessus, 3,420 Ibs, coût par 1b, 5 d. 1/4 (52 cent. 1/2).
- Le prix des matières exigées pour réduire l’indigo s’élève à 13 25 p. 100 de la somme totale.
- EXTRAITS D’iNDIGO (CARMIN D'INDIGO).
- On obtient des dérivés sulfuriques d’indigo en
- dissolvant l’indigo dans l’acide sulfurique concentré et même fumant. L’extrait, qui a une couleur pourpre, contient principalement de l’acide sulfo-purpurique, CIH‘OAz2S03 ; l’extrait bleu contient de l’acide sulfindigotique, CSH*Az0,S0*. La production de ces deux variétés dépend de la concentration de l’acide employé, de la température et de la durée du contact.
- On peut faire l’acide ou acide aigre en ajoutant graduellement deux livres d’indigo bien pulvérisé à 12 livres d’acide du commerce superconcentré, et remuant sans interruption pendant l’addition. Le mélange est ensuite maintenu pendant deux jours à une température d’environ 60° centigrades. Une goutte du mélange jetée dans l’eau devra se dissoudre complètement. On verse le mélange dans l’eau et on peut en faire usage. On se servira pour ces préparations d’indigo supérieur et raffiné.
- L’extrait doux se fait en neutralisant un extrait acide avec du carbonate de soude et de la chaux, substances auxquelles on ajoute aussi du sel. Les acides sulfopurpurique et sulfindigotique forment des sels de soude qui sont insolubles dans les solutions de sels alcalins; la matière colorante peut donc être précipitée, filtrée et lavée. Le procédé suivant donne un excellent extrait doux : ajouter graduellement 9 livres d’acide sulfurique supercon-centré à une livre d’indigo de la meilleure qualité, réduit en poudre fine et tamisée, et bien remuer; laisser reposer pendant une semaine à une température de 15 à 22 1° centigrades; ajouter ensuite une solution de 10 livres de sel commun et 15 livres de cristaux de soude, puis 1/2 livre de chaux pulvérisée ; remuer parfaitement le mélange, jeter sur un filtre et laver avec une solution de sel jusqu’à ce que les eaux de lavage coulent à travers tout-à-fait incolores.
- Pour faire l’extrait pourpre, on emploie un peu plus d’acide et on ne laisse les substances en contact que fort peu de temps.
- Ces teintures n’exigent pas de mordant pour la laine ; elles opèrent mieux dans un bain acide, et le sulfate de soude qu’on y ajoute a l’avantage d’éclaircir le liquide et de produire de l’égalité dans la teinte.
- On ne les emploie pas seules sur les lainages, mais elles entrent largement dans les couleurs composées des articles qui ne demandent aucun nettoyage après la teinture.
- Ce ne sont donc pas des couleurs solides, et el-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- les ne peuvent être comparées avec celles d’indigo, appliquées par la méthode des cuves, qui possèdent un degré de solidité qui leur vaut depuis longtemps une popularité méritée; elles résistent, en effet, sans s’altérer, à la chaleur et au froid, à l’éclat du soleil et à la pluie, aux acides et aux alcalis.
- On a parfaitement défini la couleur en disant quelle était l’impression que produit sur l’œil la lumière réfléchie de la surface d’un corps.
- La lumière solaire renferme sept couleurs que l’on a appelées prismatiques, parce qu’elles on été obtenues à l’aide d'un prisme. Les surfaces des corps ont le pouvoir de réfléchir ces couleurs. Quand elles sont toutes réfléchies, le corps paraît blanc ; quand aucune d’elles n’est réfléchie, le corps paraît noir; quand une partie d'entre elles est réfléchie et l’autre absorbée, les couleurs réfléchies donnent à l’œil leur impression propre, et c’est ainsi que se produit cette variété infinie dans la combinaison des couleurs qui nous sont si familières.
- Comme la lumière du gaz et les lumières artificielles ne contiennent pas la totalité des couleurs prismatiques qui se trouvent dans la lumière solaire, il s’ensuit que les couleurs absentes ne sont pas réfléchies sur la surface des corps qui paraissent souvent colorés par la lumière du gaz autrement qu’ils ne le sont par la lumière solaire. Lorsqu’un corps est vu sous l’influence d’une lumière monochromatique, celle du sodium, par exemple, les effets lumineux se montrent considérablement exagérés. Comme la flamme du sodium ne renferme qu’un seul des rayons prismatiques, à savoir le jaune, c’est sous son influence qu’on voit la portion jaune de la couleur des corps, l’autre paraissant noire ou très-foncée.
- Comme la couleur d’un corps dépend du pouvoir qu’a sa surface de réfléchir certains rayons prismatiques, il est évident que l’art du teinturier consiste à fixer sur le tissu une substance qui rende sa surface capable de réfléchir des rayons différents de ceux qui sont réfléchis par la fibre dans sa condition naturelle.
- Les substances qui ont le pouvoir de changer la condition réfléchissante de la surface d’un corps sont appelées matières colorantes. Plusieurs de ces agents tinctoriaux sont tirés du règne végétal, tels que les bois de teinture ; quelques-uns du règne animal, comme la cochenille; d’autres enfin, qui forment une classe nombreuse et intéressante, sont des productions artificielles. Chaque matière colo
- rante porte en elle des caractères spéciaux qui demandent une étude spéciale, afin d’êtreutilisée pour le mieux par le teinturier. Ces propriétés et particularités individuelles occuperont notre attention dans les leçons suivantes :
- On ne peut utiliser, en teinture, que les couleurs qui sont solubles dans l’alcool ou l’eau, et qui possèdent une attraction ou affinité pour la fibre. La couleur donnée à la fibre doit avoir une beauté durable ou solidité ; elle ne doit pas être simplement une tache irrégulière. Les couleurs insolubles ne sont que des pigments qui peuvent être utilisés par le peintre ou l’imprimeur, mais qui ne peuvent rendre aucun service au teinturier.
- M. Bancroft a divisé les couleurs en deux classes ; il a appelé couleurs substantives celles qui possèdent la propriété de s’attacher à la fibre sans l’aide d’un troisième corps, et couleurs adjectives celles qui exigent l’intervention d’un troisième corps pour se fixer sur la fibre. Cette distinction, bien qu’elle ne soit pas trop tranchée, me paraît très-convenable, et elle a été généralement adoptée.
- Cette distinction n’est pas très-tranchée, parce que les couleurs sont souvent substantives par rapport à une fibre et adjectives par rapport à une autre, et que souvent aussi une couleur substanti-ve peut être considérablement améliorée par le secours d’un troisième corps, devenant alors virtuellement couleur adjective.
- Les couleurs qui sont substantives aux tissus de laine sont les couleurs d’aniline, l’acide picrique, l'indigo, le cudbéar et l'orseille. Les bois rouges et jaunes le sont en partie.
- Les couleurs qui sont adjectives à la laine sont : le campêche, les bois rouges et jaunes, la flavine, le curcuma, la garance, la cochenille et la laque-dye.
- A continuer, --------- --------------
- FABRICATION
- DES SARRONYS INDIENS, GENRE BATICK
- Par M. A. Schultz.
- La fabrication de l’indienne, ainsi que l’indique son nom, nous vient des Indes ; on dit aussi toiles peintes, parce que, dès l’origine, on peignait les tissus comme on peint les tableaux. On peignait avec des mordants d’alumine et de fer qu’on colorait en les teignant dans un bain de garance.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 91
- Encore aujourd’hui, on peint à Java des vêtements en coton portés indistinctement par les deux sexes : c’est le genre Batick.
- Les Indiens l’exécutent en traçant au crayon, sur les tissus de coton, des rayures servant à reproduire le dessin qu’ils peignent sur le tissu avec un godet contenant de la cire fondue; cette cire sert de réserve, et l’artiste cumule de cette manière ce que font chez nous le graveur, le dessinateur et l’imprimeur.
- Lorsque l’Indien a ainsi dessiné avec de la cire fondue son dessin plus ou moins fantastique sur le vêtement de 2 mètres de longueur qu’on appelle sarrony, il cuve le tissu dans une dissolution d’indigo réduit au moyen d’un procédé que nous ne connaissons pas.
- Par le cuvage et autres manutentions, la réserve se casse et il se forme des brisures dans la cire qui sert de réserve ; l’indigo étant soluble, entre dans les brisures que le hasard rend plus ou moins fines et produit, en teignant le tissu, des effets marbrés et fondus bizarres; il y a alors production de teintes et de formes cristallines qui sont dues au hasard et ne se répètent pas régulièrement comme cela ar-rive par l'impression.
- L'indienneur plonge ensuite les sarronys dans une dissolution d’une matière colorante qui ressemble au cachou et qu’il appelle soga.
- Cette matière colorante brune, soluble dans l'am-moniaque, pénètre dans les brisures de la cire et forme un noir bleuâtre avec le bleu cuvé, jaunâtre là où le bleu est pâle et une couleur cachou plus ou moins foncée dans les endroits où la cire s’est brisée après le cuvage et où la dissolution de soga ne s’est pas mélangée avec le bleu d’indigo. Cela augmente l’irrégularité des dessins et donne des effets d’une grande quantité de nuances noires, cachous foncés verdâtres et cachou clair, avec des formes particulières et variées.
- Les Indiens emploient des tissus anglais pour fabriquer leurs sarronys, qui ont 2 mètres à 2 mètres 50 de longueur et se vendent à Java 30 à 40 florins hollandais.
- Les Anglais, les Suisses et les Hollandais fabri-quent pour les Indes les nombreux articles Batick, Lemenias, Madras, Malbrank et autres qu’ils vendent à des prix dix fois inférieurs à ceux des Indiens, parce qu’il leur est impossible d’arriver à la perfection de l’Inde, c’est-à-dire aux nuances et à l’irrégularité qu’ils demandent ; la maison Hofer-Grosjean , à Mulhouse , qui a fabriqué pendant
- quelques années le genre Batick, est celle qui a le mieux imité la fabrication indienne.
- Lorsque les Indiens veulent faire des sarronys en remplaçant le cachou par du rouge, au lieu d’employer la dissolution de sago après le cuvage, ils imbibent leur tissu cuvé en bleu avec une dissolution d’alun, sèchent, dégomment et teignent au moyen d’une racine qu’ils appellent chayaver.
- La chayaver est la racine de Yoldenlandia um-hellata, de la même famille que la garance et doit ses propriétés tinctoriales à la présence de l'ali-zarine.
- Pour imiter le genre Batick, on a essayé d’imprimer au rouleau et à la planche du noir et du cachou sur des tissus mouillés et de teindre en ga-rancine ; on obtenait par cette méthode des fondus et une certaine irrégularité, mais cela n’imitait que d’une manière très-insuffisante les résultats des Indiens.
- Ce n’est que lorsqu’on a employé par impression le même procédé que les Indiens que l’on est arrivé à des résultats imitant davantage les leurs.
- Voici le procédé que j’ai employé en Hollande, chez MM. Prévinaire et Ce, à Harlem, où nous faisions beaucoup le genre Batick.
- L’impression se fait au moyen de planches en fonte à rainures dans lesquelles on fixe des clichés métalliques.
- On imprime au moyen de châssis chauffés à la vapeur la toile écrue, coupée en sarronys d’égale grandeur, avec un mélange de :
- Colophane.................... 5 kilogrammes.
- Huile de colophane 2 — ou bien Colophane 6 kilogr.
- Stéarine..................... 1 — ou bien................Colophane.............. 5 kilogr.
- Cire jaune.................. 1 —
- Après l’impression à chaud avec les réserves ci-dessus, on cuve en bleu dans une cuve composée de :
- Indigo............ 1 partie.
- Chaux vive.................. h —
- Sulfate de fer.............. 4 —
- Après le cuvage en bleu, on rince et on sèche les sarronys.
- Pour les genres où l’on réserve le bleu, on rentre à la planche une des réserves ci-dessus et on fou-larde dans le bain suivant :
- FOULARDAGE EN CACHOU.
- Dissolution de cachou à 20 Baumé 5 litres.
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- Sel ammoniac..................•...... 50 grammes. |
- Sulfate de cuivre................... 25 —
- Foularder les sarronys deux fois dans ce bain, ‘ sécher et donner un second foulardage dans le ; même bain de cachou, sécher, puis passer à froid en bichromate de potasse à raison de 10 grammes par litre d’eau; on laisse les sarronys tremper pendant une heure dans le bain et on lave dans la roue à laver.
- Il s’agit maintenant d’enlever la colophane qui a servi à réserver le bleu d’indigo et le cachou ; pour cela, on passe les sarronys dans une dissolution bouillante de 14 kilogrammes de cristaux de soude dans 200 litres d’eau-, au bout de trois à cinq minutes de contact avec la dissolution de carbonate de soude bouillante, la résine est dissoute, on lave à la roue à laver et on sèche.
- Quand on veut fabriquer les sarronys avec rouge, au lieu de passer en dissolution de cachou, on fou-larde dans une dissolution d'aluminate de soude à 20° Baumé, préparée en dissolvant dans de la soude caustique de l’hydrate d’alumine jusqu’à saturation de la soude caustique. On foularde deux fois dans l’aluminate de soude ainsi préparé, on sèche et on met à l’étendage pendant 18 heures avec 27 degrés d’humidité et 30 degrés de chaleur au spichromètre, on dégomme en prenant pour 100 litres d’eau :
- Bouse de vache................. 8 litres.
- Craie.......................... 1 kilogramme.
- Sel ammoniac................... 1 —
- Après un dégommage d’une demi-heure à une température de 35° centigrades, on lave les sarronys à la roue à laver, on les teint en garancine, et après la teinture, on enlève la résine en les passant au bouillon dans la dissolution de cristaux de soude dont j’ai indiqué les proportions ; on lave et on sèche.
- L’apprêt des Baticks est très-simple-, on parfume le tissu en le frottant à la main avec la composition suivapte :
- Cire blanche................ 7 kilogr. 1/2.
- Encens....................... 4 —
- Huile d’olive............... 1/2 litre.
- On chauffe ce mélange pour le fondre et on le coule dans des moules coniques. Les sarronys sont ensuite calandrés et conservent l’odeur de l’encens.
- (Moniteur scientifique. )
- PURIFICATION
- DES EAUX DE LAVAGE DES LAINES
- Par M. MARIX.
- Voici comment procède M. Marix pour purifier les eaux provenant du lavage et du peignage des laines, et pour en utiliser les résidus.
- La laine en suint est désuintée en subissant un lavage méthodique dans plusieurs cuviers communiquant entre eux au moyen de tuyaux en cuivre, en fer ou en plomb.
- Cette disposition permet d’obtenir l’eau de suint à une densité assez forte pour réaliser une économie sensible sur le charbon servant à la concentration de cette eau, destinée à être transformée en potasse dans un four quelconque.
- La laine qui doit être peignée ne pouvant perdre tout son suint sans se feutrer, ce qui constitue une altération de qualité, et, d’autre part, la purification des eaux ne pouvant être complète qu'autant que la partie soluble du suint reste dans l’eau de désuintage, il fallait trouver un procédé permettant d’obtenir simultanément ces deux résultats, en apparence si opposés.
- Or, M. Marix a eu l’idée d’arrêter le désuintage lorsque l’eau sort des cuviers à une faible densité, soit environ 1° ou 10,5 de l’aréomètre de Baumé, et de l’achever ensuite au moyen d’une faible solution de savon.
- Cette eau savonneuse expulse de la laine ce qui reste de suint, en s’y substituant, et fait ainsi arriver la laine au lavage dans d’excellentes conditions, tant sous le rapport du dégraissage que sous celui du rendement industriel.
- Ainsi dépouillée des matières solubles, tant animales que salines, qu’elle renfermait, la laine passe successivement par plusieurs bains de savon, jusqu’à ce qu’elle soit lavée à fond.
- Les eaux provenant de ce lavage sont traitées de la manière suivante :
- Elles passent d’abord dans une grosse toile posée sur une claire-voie en bois ou en fer, ayant de préférence, la forme d’un pétrain. Là, elles se débarrassent de la laine et des matières animales et végétales les plus volumineuses qu’elles tenaient en suspension.
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- Elles arrivent ensuite, en débordant par un trop-plein, dans une rigole en maçonnerie ayant au moins 0m 30 à 0 m. 40 de largeur, et coupée de distance en distance par un barrage en brique ou en bois, destiné à retenir les matières solides qui, à l’opération précédente, ont traversé la toile.
- Ces matières s’amassent là à l’état de boue, et cette boue peut être utilisée comme engrais.
- Ainsi dépouillées de la plus grande partie des matières solides qu’elles tenaient en suspension, les eaux sont envoyées dans une citerne cimentée où elles séjournent quelques heures et où elles déposent les dernières matières solides qu’elles retenaient encore.
- Un tuyau de pompe, plongeant dans cette citerne jusqu’à 0 m. 20 du fond, afin de ne pas toucher au dépôt qui s’y est amassé, aspire cette eau et l’envoie dans une cuve en bois placée à 1 ou 2 mètres au-dessus du sol.
- Arrivée dans cette cuve, l’eau est mélangée de la quantité d’acide chlorhydrique nécessaire à la saturation des alcalis libres et de ceux qui, combinés aux acides gras, forment savon. La décomposition a lieu, et il se dépose trois couches.
- La couche inférieure et la couche supérieure renferment les acides gras, diverses matières animales extrêmement ténues, et d’autres en dissolution avec les sels. La couche du milieu, qui est d’aspect laiteux, renferme les mêmes matières que les deux précédentes, moins les acides gras.
- Naturellement ces eaux contiennent aussi une petite quantité d’acide chlorhydrique et les chlorures qui se sont formés.
- La couche du milieu est envoyée dans un vase cylindrique, chargé de grosses pierres calcaires. Au contact de ces pierres, l’acide chlorhydrique se dégage de sa première combinaison et forme du chlorure de calcium qui reste en dissolution dans l’eau.
- En sortant de cet appareil, l’eau entre dans une cuve contenant un lait de chaux avec lequel elle est mélangée jusqu’à ce qu’elle donne un dégage- v ment ammoniacal bien prononcé. La matière solide tombe alors au fond de la cuve et l’eau s’é-Claircit.
- Après avoir reposé pendant quelques heures, cette eau passe dans un filtre formé d’une toile de coton très-serrée, posée sur une carcasse en bois d jour. Elle en sort parfaitement épurée.
- Les deux autres couches de la cuve se rejoignent naturellement après l’expulsion de celle du milieu.
- Elles sont envoyées dans un filtre composé, comme le précédent, d’une toile de coton, placée sur un appareil en bois.
- Ce dernier filtre retient les acides gras, sous forme de magma. L’eau qui en sort va dans le premier filtre, puis dans la chaux, et enfin est traitée comme l’eau provenant de la couche du milieu.
- L’eau provenant du lissage de la laine subit exactement le même traitement que celle résultant du lavage.
- Pour les eaux provenant des laines lavées sans savon, mais avec du carbonate de soude, il n’y a pas d’acides gras à retenir ; aussi, après leur traitement par l’acide chlorhydrique, on les envoie immédiatement sur le filtre désacidificateur, puis à la chaux, et enfin au filtre clarificateur.
- Dans ce cas, pour économiser la dépense de l’acide chlorhydrique nécessaire à la saturation du carbonate de soude, on fait cette saturation avec du chlorure de calcium, résidu sans valeur. Ce chlorure de calcium donne, au contact du carbonate de soude, du chlorure de sodium et du carbonate de chaux qui se précipite.
- En résumé, après les opérations ci-dessus décrites, les eaux ne renferment plus que des sels alcalins et calcaires qui n’ont absolument rien de nuisible au double point de vue de la salubrité et de la conservation du poisson.
- Lorsque les eaux renferment de / l’acide sulfhy-drique, on emploie une très-petite quantité d’hy-pochlorite de chaux ou de soude, immédiatement après l’acide chlorhydrique, pour détruire cet acide infectant et ses composés. '{Brevet}
- ESSORAGE et ÉPAILLAGE des LAINES
- Et séchage des produits humides Par M. Bridoux.
- On sait que l'épaillage des laines est une opération qui consiste à brûler ou à enlever, par l’action de l’air chaud, les chardons, pailles et autres matières végétales qu’elles contiennent.
- Pour épailler les laines, on commence par placer les matières dans un bassin contenant un bain composé d’une dose d’acide sulfurique à un degré convenable. Après cette opération préliminaire, on introduit les laines dans une essoreuse qui a pour but d’expulser la plus grande partie de l’humidité, soit 70 pour 100 environ.
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- On place ensuite les laines dans un récipient ou chambre close, dans lequel on fait arriver l’air chauffé à un degré déterminé pour produire : 10 l’expulsion des 30 pour 100 d’humidité qui restent; 2» la carbonisation des matières végétales, chardons, pailles, etc.
- Pour opérer le séchage du linge, des tissus, des fils. déchets, laines, soies, cotons et toutes matières ou produits humides quelconques, on commence aussi par les soumettre à l’action d'une essoreuse ou hydro-extracteur, qui enlève la plus grande partie de l’eau interposée dans les matières ou produits, puis on les retire de l’essoreuse et on les transporte soit dans un séchoir, soit dans une étuve, soit dans un étendage ou appareil à sécher quelconque, qui a pour but d’enlever l’humidité qui subsiste encore, c’est-à-dire de produire le séchage proprement dit.
- Gomme on le voit par ce qui précède, qu’il s’agisse de l’épaillage de laines, des leur séchage ou de celui des tissus, étoffes et matières humides quelconques, il faut toujours transvaser ou transporter ces matières de l’appareil à essorer à l’appareil à sécher, ce qui nécessite une main-d’œuvre, l’emploi d’appareils, d’étuves ou d’étendages pour le séchage, et entraîne, par conséquent, une perte et de temps et d’emplacement considérable.
- Pour obvier à ces inconvénients, M. Bridoux a imaginé un procédé qui consiste à combiner en un seul et même appareil l’action mécanique de l’essorage avec l’action soit chimique, soit physique de l’air chaud, produisant ainsi soit l’épaillage des laines et tissus de laines, soit le séchage complet des matières ou produits humides quelconques.
- Pour la réalisation et la mise en pratique de son procédé, il emploie de préférence les essoreuses, hydre extracteurs ou turbines centrifuges, dont il recouvre la cuve par un couvercle, afin d’en former un appareil parfaitement clos.
- Ce couvercle est ouvert pendant toute la durée de l’essorage, c’est-à-dire pendant la première période de l’opération. L’essorage terminé on le ferme-. et, à l’aide de tuyauterie et de robinets convenablement disposés, on fait arrivera l’intérieur de l’esscreuse de l’air chaud à une température variant avec la nature des matières à traiter et l‘o-pération à produire, qu’il s’agisse de l’épaillage des laines et tissus de laines, ou du séchage des laines, tissu-- • t matières humides quelconques. (Brevet.^
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 114,531. —Godard et Philipps. —Régulateur à levées et levier d'arrêt de Scrolls à effet subit, pour métiers à filer.— L’emploi de ce régulateur à levées permet l’enroulement mécanique du fil au pied de la bobine, et cela d’une façon aussi régulière que si le travail était dirigé à la main ; il permet, en outre, la combinaison du métier avec une disposition de levier produisant un arrêt subit des scrolls à chaque aiguillée que fait le métier à filer.
- 114,532. — GRELEÈRE. —Genre d'épingle dite épingle-progrès. — Cette épingle, qui sert à fixer les étiquettes sur les tissus, est formée d’une partie droite et de deux parties en équerre, constituant un sorte d’U dont les deux branches, après avoir pénétré dans l’étoffe, sont rabattues sur celle-ci.
- 114,536. —HOLDEN (les sieurs}.— Perfectionnements dans les machines à peigner la laine et autres matières filamenteuses. — Les perfectionnements s’appliquent aux peigneuses à mouvement carré, dans lesquelles il arrive que la partie de la mèche, près de la circonférence du peigne circulaire, est moins bien peignée que les deux extrémités et qu’il y reste des impuretés. Pour faire disparaître cette défectuosité dans le travail, on fait intervenir un petit peigne supplémentaire, cintré suivant la courbure du peigne circulaire, et d’une longueur variable suivant les cas. Ce peigne supplémentaire, placé en dessus du mouvement carré, descend vivement dans la mécanique, à ras du peigne circulaire, au moment où chaque peigne a commencé à s’en écarter; il suit alors la marche horizontale de ce dernier, se relève ensuite et revient horizontalement à son point de départ pour repartir de même en combinaison avec le peigne suivant. Une lame adjointe au peigne est destinée à le débourrer au moment de sa marche ascendante.
- 114,548. — Soiblin. — Application d'un nouveau système d'étirage aux métiers à filer le laine, le coton, la soie, etc., permettant d'obtenir du fil composé de deux couleurs et même de deux matières de différente nature. — La colonne du cylindre étireur est conservée comme dans le système actuel. Les colonnes de cylindres de derrière
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- sont remplacées par deux paires de tringles en relation par des engrenages; sur chacune de ces tringles sont montés autant de hérissons très-fins et très-serrés qu’il y a de broches au métier. Si l’on suppose deux mèches d’égal volume et disposées sur les hérissons, ces mèches convergeront jusqu’au point de contact des peignes et ià formeront par leur mélange un fil régulier de couleur uniforme si les mèches sont de même couleur, ou de couleurs variées si les mèches sont de couleurs différentes.
- 114,550. —Write, Crilde et Cie. — Appareil à mesurer les étoffes, quelles qu’en soient la longueur et l’épaisseur. — Sous une traction quelconque, l’étoffe est animée d’un mouvement de translation qui fait tourner une roue dont la circonférence est garnie de pointelles ; cette roue a une circonférence égale à 50 centimètres et porte cinq rayons qui indiquent les décimètres; une vis sans fin transmet le mouvement de la roue à un cadran marquant les mètres jusqu’à 100.
- 114,552.—Bodin. — Application du tour anglais à la mécanique d'armure ou au Jacquard. — Cette application permet de faire toute espèce de grains ou dessins et de faire mécaniquement ce qui ne s’était fait jusqu’ici qu’à la main.
- 114,571. — MARTINOT (les sieurs).— Machine à moutonner les tissus. — Jusqu’ici, les ébourif. feuses qui produisent le moutonnage sont à rouleaux simplement rotatifs ; les inventeurs leur donnent en plus un mouvement alternatif distinct nécessaire pour un moutonnage régulier et au moyen d’une seule et même machine.
- 114,583.—Winom. —Application de bobines multiples aux machines doubleuses Ryo-Catteau et autres. — Adaptation à chaque tête d’un ou plusieurs châssis articulés portant chacun une bobine ; les bobines sont indépendantes comme les chapes qui les supportent. La commande des bobines est obtenue à l’aide de rouleaux ou tambours d’appel actionnant simultanément deux ou trois bobines.
- 114,590. — Bressoli.es. — Système de machine à assouplir tous tissus ou étoffes teintes ou non teintes. — La machine se compose d’une table recouverte d’un matelas sur lequel est la matière à assouplir • les organes d’action sont des baguettes ou pilons qui, mus par des cames, viennent battre le tissu au fur et à mesure de son passage sur le matelas.
- 114,592. — BUxTORF. — Métier circulaire produisant des tricots mailles fixes en spirales conti
- nues en sus des variations des métiers rectilignes, dits à chaînes. — Le but principal de ce métier est l’obtention d’une contexture de tricot qu’on ne saurait avoir sur le métier rectiligne à mailles fixes; ladite contexture consiste à faire prendre et tricoter, sans solution de continuité, et en allant du même côté, chaque fil afférent à une aiguille, successivement par toutes les aiguilles du métier. Le principal organe est un piston actionnant les pas-settes excentriquement et concentriquement. Est également spéciale la partie supérieure du peigne (dans lequel jouent les aiguilles), dont le couteau circulaire sert à abattre les mailles après cueiile-ment.
- 114,606. — Mather. — Perfectionnements dans les appareils à exposer la vapeur et à fixer les tissus imprimés. — Les perfectionnements se réfèrent à un brevet déjà accordé au breveté le 1er mai 1875 ; ils sont caractérisés par la disposition de trois rouleaux chauffés tournant dans une chambre fermée et chauffée à la vapeur. Les tissus, en passant de l’un à l’autre, sont de cette façon soumis successivement à l’action de la chaleur des rouleaux et à l’action de l’humidité de la vapeur, ce qui constitue de meilleures conditions pour l’impression.
- 114,633. — LAINVILLE et Roy. — Application à la reconnaissance des colorations artificielles des vins, d’un papier chimique, préparé sous forme de papier à cigarettes. — Trempé dans une dissolution de sous-acétate de plomb, ce papier prend, au contact des produits employés frauduleusement à la coloration des vins, une teinte caractéristique différant complètement de celle qu’il prend avec le vin pur.
- 114,639. — Marcouyre. — Machine à débarrer les draps. — La machine se compose de quatre pieux en bois reliés par des traverses formant le cadre et de sept rouleaux dont cinq reposent sur ces traverses; l’un, en dedans delà machine, s’appuie sur les deux pieux du devant, et le dernier sur les traverses d’arrière.
- 114,675. — Onfray. — Scie à découper les étoffes, le bois et toutes autres matières. — Le support de la scie est disposé de manière à pouvoir se fixer à la table d’une machine à coudre et à recevoir le mouvement soit du volant de la machine, soit directement des pédales ; l’ouverture des supports des poulies est ovale, pour permettre et faciliter le réglage de la scie.
- 114,677. — RAMETTE. — Perfectionnements
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- aux métiers Jacquard.— L’aiguille, dont la queue est plus longue, porte l’élastique; son étui est pci remplacé par une grille arrêtant l’élastique qui ramène le crochet sur la griffe; à l’anneau des aiguilles est également substitué un cran fait avec le corps de l’aiguille même.
- 114,698. — Hermand. — Fourneau économique pour le chauffage des fers a repasser. — Le foyer est entouré de plaques contre lesquelles sont dressés les fers à repasser ; ceux-ci reposent sur une plaque tournante manœuvré de l’extérieur du fourneau; il s’ensuit qu’on fait présenter devant la porte le fer voulu.
- 114,709. — SCHOFIELD. — Perfectionnements aux machines à couper les futaines et autres tissus. — Combinaison d’une série de couteaux circulaires à mouvement rotatif et déplacement latéral sur leur axe commun; des ressorts-guides préparent les fils de trame avant le passage des couteaux respectifs. Le tissu est tourné sens dessus dessous sur le bord droit, ce qui permet aux couteaux de passer partiellement à travers les guides sans couper l’envers de l’étoffe.
- 114,710. — Simpson et Cross. — Perfectionnements dans la fabrication du tissu dit kutar indien et d’autres tissus analogues et des appareils employés pour cette fabrication. — Le kutar est tissé au métier, et une seule navette, commandée par des index de la Jacquard, fait le tissage des dessins. Le métier est remarquable encore par la combinaison de deux châssis travailleurs que l’on annule par des ressorts , des cames ou des pédales.
- 114,711. -—Spencer et Pingree. —Perfectionnements dans les métiers à tricot à fil de duite.— Le métier à tricot est à barre, permettant d’intercaler une duite ou fil de remplissage dans le tissu à points sans risquer de déranger les aiguilles ou sans tendre et par suite sans casser le fil ou les mailles. Elle concourt encore à un renvidage régulier.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- TRAITÉS DE COMMERCE
- Voici, d’après le Moniteur universel, les propositions formulées par les commissaires anglais dans leur dernière- conférence avec les délégués français pour la conclusion du traité de commerce.
- Traité de dix années, divisé en deux périodes de cinq ans chacune.
- Pendant cinq ans, les droits sur les fils de tout genre subiraient une réduction de moitié et seraient supprimés pendant les cinq autres années.
- Pour les tissus, réduction immédiate d’un tiers et pendant la deuxième période d’un second tiers.
- Pour les fers, droit immédiat de 1 fr.
- Pour la houille, réduction immédiate du droit de moitié du tarif actuel.
- Le Moniteur ajoute que l’administration française étudie en ce moment ces propositions.
- LES INVENTEURS BREVETÉS A L’EXPOSITION de 1878.
- Le droit exclusif qu’un brevet confère à un inventeur cesse à la frontière du pays dont le gouvernement a délivré le brevet. Un inventeur breveté seulement en France ne peut pas poursuivre les contrefaçons faites à l’étranger ; celui qui a été breveté à l’étranger seulement ne peut pas poursuivre les contrefaçons faites en France. L’Exposition de 1878 étant universelle, on y apportera certainement des objets qui seront la contrefaçon d’objets brevetés. Ces produits seront censés ne pas avoir quitté le sol du pays où ils auront été fabriqués ; le règlement général de l’Exposition est formel à cet égard. L’enceinte de l’Exposition renfermera une terre neutre, où chacun sera chez soi ; l’espace enclos sera transformé en entrepôt général des douanes. Enfin, les marchandises voyageront en transit, allant de chez elles chez elles, et seront dites ne pas quitter un instant leur pays.
- Si donc des inventeurs veulent s’assurer le monopole de la fabrication de leurs inventions, ils doivent se munir de brevets multiples et ne pas se contenter d’en avoir un dans leur propre pays. Nous recommandons cette situation à nos industriels, si jalousés en Angleterre, en Belgique, en Prusse, en Autriche.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine exempt de fer, pour la teinture et l’épaillage chimique à dix francs cent kilogr. en fabrique.
- Procédé breveté trèsjsimplë.
- AGENTS DEMANDÉS
- Les Gérants : F. GOUILLON & P. Blondeau.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21° Année, No 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS $ Mai 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Sur la fabrication du carmin d’indigo, par M. Max ROESLER. — Essai des libres de chanvre, de jute et de phormium, par M. F. GOUILLON (échantillons).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention relatifs aux industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Tarif des douanes pour les matières textiles et tinctoriales, projet de loi (suite). — Marques de fabrique déposées en Angleterre.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- {Suite)
- DES COULEURS SOLIDES ET DES COULEURS EAUX-TEINTS OU FUGITIVES.
- Le teinturier doit tenir compte du degré de durabilité ou solidité que l’on demande à ses couleurs ; si les articles, une fois sortis de ses mains, sont destinés à être nettoyés dans le savon ou les liquides alcalins, à être soumis au foulage, et puis, lorsqu’ils sont portés, à être exposés longtemps au soleil et aux influences atmosphériques, à l’embrun de la mer et à la transpiration, etc., il fixera sur eux ses couleurs les plus solides. Mais s’il s’agit d’articles de toilette qui ne doivent pas être lavés et qui ne seront portés que peu de temps, probablement même à la lumière artificielle, il peut se risquer à ne leur appliquer qu’une couche peu résistante ou fugitive. Ces couleurs sont souvent brillantes et belles en raison directe de leur nature fugace.
- Quelques couleurs qui résistent parfaitement à l’action directe de la lumière du jour, telles que les couleurs d’aniline et les lichens, et quelques nuances délicates, telles que lavande, pêche, rose et vert, seront souvent altérées et détruites si elles sont exposées pendant quelques heures à l’éclat du soleil.
- L’action de la lumière sur les couleurs paraît être un agent réducteur et désoxydant.
- La chaleur, l’humidité et la transpiration affectent aussi considérablement les couleurs.
- On connaît depuis longtemps l’action de la rosée sur la couleur, et, avant qu’on se servît du chlore comme agent de blanchiment, on avait coutume de blanchir les toiles de lin et les calicots en les exposant pendant un temps considérable sur le gazon, pour soumettre ces articles à l’action de la rosée pendant la nuit, et à celle de la lumière solaire pendant le jour.
- La solidité de la couleur dépend beaucoup du mode de teinture qu’on a fait subir aux articles ; la durée de l’ébullition, la température du bain de teinture, le genre du mordant employé, ont respectivement leur influence sur la stabilité de la couleur.
- Les matières colorantes ordinaires qu’on peut rendre solides sur les tissus de laine, en employant les moyens convenables, sont lessuivantes : indigo, campêche, bois rouges, garance, bois jaunes, écorce de quercitron et flavine, cochenille et laque-dye.
- Les matières colorantes qui, appliquées sur la laine, sont plus ou moins fugitives, sont les couleurs d’aniline, les cudbéar et orseille, l’acide pi-crique, le curcuma et les graines de Perse.
- En règle générale, les couleurs sont plus solides sur la laine que sur le coton ou la soie ; toutefois, l’indigo est plus solide sur le coton que sur la laine. ,
- Les couleurs minérales ne donnent pas de très-bons effets sur la laine, et le bleu de Prusse est presque la seule couleur minérale que l’on emploie.
- Les couleurs possèdent le pouvoir tinctorial à des degrés bien différents ; ainsi une partie de flavine teindra un poids donné de laine qui exigerait seize
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- parties d’écorce pour donner la même nuance, et l’intensité de couleur de la solution ne fournit aucune indication quant à son pouvoir tinctorial, car une dissolution pâle d'acide picrique teindra beaucoup plus de matières qu’une infusion de fuste] d’une coloration très-foncée.
- FIXATION DE LA COULEUR.
- Les opinions varient beaucoup en ce qui touche le mode de fixation de la couleur sur la fibre. Certains soutiennent qu’il s’opère une véritable combinaison chimique entre la fibre et la matière colorante ; d’autres prétendent qu’il n’y a pas de combinaison chimique, mais que la matière colorante est attachée à la fibre par une force spéciale dans laquelle n’existent pas de proportions équivalentes. D’autres auteurs disent que la force adhésive est complètement mécanique et que les matières colorantes sont absorbées dans les pores de la fibre où elles sont retenues mécaniquement. Certains, encore, soutiennent que la couleur n’est fixée qu’à la surface de la fibre par des attractions moléculaires; d’autres, enfin, pensent que la fibre est parfaitement pénétrée par la couleur. On connaît des réactions spéciales qui semblent donner raison à chacune de ces opinions antagonistes; mais, dans la pratique, toutes ces idées n’ont aucune influence sur les opérations du teinturier et ne sont pour le moment que des considérations théoriques plus intéressantes qu’utiles et peu propres à apporter des améliorations pratiques dans la teinturerie.
- MORDANTS.
- On appelle mordant un sel ou tout autre produit, au moyen duquel on peut fixer de la matière colorante sur la fibre qui n’a par elle-même aucune affinité pour cette matière. On peut donc considérer un tissu comme étant un composé ternaire de couleur, de tissu et de mordant.
- Il n’y a que très-peu de couleurs qui aient le pouvoir de se fixer solidement sur la fibre sans l’aide d'un mordant; et l’on peut dire, en règle générale, que sans cette intervention elles ne produisent qu’une coloration ou teinte qui s’enlève en majeure partie par le savon et l’eau. Et même ces couleurs substantives, pouvant se passer d’un mordant, l’indigo, par exemple, qui fait une remarquable exception, deviennent par son emploi plus brillantes et plus solides.
- Dans le cas de l’indigo, l’oxygène de l’air, qui sert à rendre l’indigo insoluble et à le fixer ainsi
- I sur la fibre, pourrait être considéré comme son i mordant, si l’on n’avait réservé ce nom aux corps qui peuvent s’appliquer en solution.
- On peut classer les mordants en deux groupes : T. — Sels métalliques.
- II. — Huiles. — Albumine et caséine.
- Les sels métalliques sont les seuls mordants dont on fasse usage dans la teinture des tissus de laine, et encore s’en tient-on aux sels ou autres composés d’étain, d’aluminium, de chrome, de cuivre et de fer.
- Ces composés doivent, pour former un excellent mordant, remplir certaines conditions essentielles qui sont les suivantes : le mordant doit être soluble, afin qu’il puisse pénétrer parfaitement la fibre. Si le mordant est déjà en solution, il ne doit pas troubler l’eau quand on l’ajoute au bain. Le mordant doit laisser un dépôt insoluble dans l’intérieur des pores ou à la surface du tissu qui est soumis à son action. Le dépôt insoluble doit être capable de former une combinaison avec la matière colorante; s’il a sur elle, dans tous les cas, une action quelconque, il doit avoir celle de lui donner de l’éclat. La combinaison devra s’opérer lentement et avec régularité.
- Les sels généralement employés comme mordants pour la laine, et que l’on sait remplir les conditions énumérées ci-dessus, sont : l’alun, le bichromate de potasse, la couperose ou protosulfate de fer, le vitriol bleu ou sulfate de cuivre, et les solutions d’étain.
- La plupart de ces sels sont d’un caractère instable, l’acide et la base étant unis ensemble par de faibles affinités ; c’est surtout le cas pour les com-| posés de fer et d’étain. L’alun et le sulfate d’alumine ont plus de stabilité, mais ils sont décomposés par les tissus de laine à la température de l‘é-bullition. Le bichromate est décomposé d’une façon particulière que je décrirai dans la suite.
- La matière insoluble déposée par le mordant sur la fibre est ou l’un des sous-sels de la base métallique, ou un hydrate ou une combinaison des deux.
- La nature de la combinaison qui subsiste entre la matière déposée et la fibre est enveloppée de doutes et d’incertitudes analogues à ceux que nous avons rencontrés en étudiant la fixation de la couleur. D’après l’opinion générale, il paraîtrait que les particules insolubles du mordant sont retenues mécaniquement dans l’intérieur des pores, ou qu’elles sont en contact avec les parois des cellules de la fibre, ou qu’elles adhèrent aux parois externes
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- des cellules par quelque force attractive. Quoi qu’il en soit touchant le mode dont les mordants sont fixés à la fibre, il n’en est pas moins vrai qu’ils conservent encore leurs propriétés de se combiner avec la matière colorante et de former avec elle des composés insolubles.
- LAQUES.
- Comme la matière insoluble, précipitée sur la fibre, est souvent un sel basique, il arrive que l’acide du mordant exerce parfois une influence considérable sur les couleurs obtenues. Un chlorure d’étain donne avec le campêche une nuance de couleur différente de celle qui est produite avec un sulfate ou un muriate d’étain.
- Le fait que les couleurs obtenues sur tissus diffèrent fréquemment sous le rapport de la nuance, de la pureté et de l’intensité, des laques produites avec le même mordant et la même couleur, semble militer en faveur de la théorie d’après laquelle l’affinité qui tient unis le mordant et le tissu est d’un caractère chimique.
- Ces corps insolubles sont des combinaisons de la base des mordants avec les matières colorantes ; on les obtient en ajoutant une solution du mordant à la décoction d’une matière colorante. Souvent, la laque ne se précipite que lorsqu’on ajoute une solution alcaline qui enlève l’acide du sel mordant. Il semblerait donc que l’action de la fibre sur le mordant est un peu analogue à celle qu’exerce sur elle un alcali, en occasionnant un dépôt de l’hydrate mordant.
- A continuer.
- SUR LA FABRICATION
- DU CARMIN D’INDIGO (I)
- Par M. Max Rœsler.
- Lorsque nous commençâmes, il y a un certain nombre d’années, à nous occuper de la préparation du carmin d’indigo, nous cherchâmes en vain des détails sur cette fabrication. C’est ce qui nous a engagé à écrire d’une façon circonstanciée, et en nous attachant surtout à indiquer les tours de
- (l) Cet article est un complément de celui du même au-teur que nous avons publié dans le Moniteur de la Teinture de 1868, page 6.
- main, le procédé que nous avons été conduit à imaginer et que nous avons depuis lors employé avec succès.
- Le carmin d’indigo (sulfindigotate de soude ou de potasse) se prépare, comme on le sait, en traitant l’indigo par l’acide sulfurique-, on ajoute ensuite un alcali à la solution, puis on précipite le composé formé et l’on recueille le précipité. Ce procédé comprend donc les opérations suivantes : pulvérisation et lavage de l’indigo, précipitation et filtration du carmin, et enfin lavage et compression de ce dernier, afin de le purifier et de lui donner la forme sous laquelle il est connu dans le commerce.
- Avantde décrire ces différentes opérations, nous dirons quelques mots de l’indigo lui-même.
- On a souvent agité la question de savoir si, dans la préparation du carmin d’indigo, il serait préférable d’employer des indigos de bonne ou de mauvaise qualité. Il est évident que, seule, la teneur des indigos du commerce en indigo pur doit avoir de l’influence sur le rendement en carmin. Si donc le prix des différentes qualités'd’indigo était en rapport avec la proportion d’indigo qu’ils contiennent, il serait à peu près indifférent d’employer de l’indigo de telle ou telle provenance; mais, en premier lieu, il n’en est pas toujours ainsi, et, d’autre part, la présence d’une certaine quantité d’impuretés dans la matière première, en rendant plus difficile et plus longue la préparation du carmin, en augmente le prix de revient. Il résulte de là qu’il n'y a aucun avantage à. employer les indigos de qualité inférieure. On doit toujours donner la préférence aux meilleures sortes de Bengale ou de Java. En se servant de qualités inférieures de Bengale ou de Guatemala, on s’expose à une grande perte de temps, parce que l’on est alors obligé de laisser déposer et de filtrer ensuite la solution d’acide sulfurique. Les caractères d’un indigo de bonne qualité sont connus ; on doit surtout s’attacher à le choisir léger, poreux et de couleur claire. Il est toujours avantageux d’acheter l’indigo par caisses entières, telles qu’elles arrivent des pays producteurs, et de se renseigner sur la valeur du produit par l’analyse d’un échantillon moyen. Pour cette analyse, la méthode de Mohr est à la fois la plus rapide et la plus sûre.
- Prêt à être livré au commerce, le carmin d’indigo doit former une pâte homogène d’une couleur rouge cuivré; étendu sur une plaque de verre et vu par transparence, il doit être d’un bleu pur, ti-
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- rant un peu sur le violet, il doit, en outre, être parfaitement homogène et ne pas présenter de grains. Comme titre moyen, un gramme de carmin d’indigo doit correspondre à 5 ou 5,5 centimètres cubes d’une solution de permanganate de potasse, dont 55 centimètres cubes sont décolorés par dix centimètres cubes d’acide oxalique normal.
- Nous allons maintenant nous occuper des différentes opérations du procédé.
- PULVÉRISATION DE L'INDIGO.
- Il existe pour cette opération bien des dispositions, et plusieurs sont peut-être plus pratiques que celle que nous allons décrire ; mais nous ne la donnons que comme exemple.
- On prend au maximum 5 kilogrammes d’indigo à la fois et on les introduit, avec trois boulets en fer de 3 kilogrammes chacun, dans un tambour en bois complètement fermé. Comme ce tambour laisse toujours passer par ses jais une certaine quantité de poudre d’indigo, il est placé dans une grande caisse susceptible d’être fermée et dans laquelle il tourne autour de son axe au moyen d’une manivelle. Cet axe ne coïncide pas avec l’axe de figure du tambour, de sorte qu’il en résulte un mouvement excentrique. Au bout de trois heures, l’indigo est en poudre assez fine pour pouvoir être enlevé et passé au tamis. Ce tamis est formé par un prisme de bois creux, sur les faces longitudinales duquel est tendue une gaze de soie fine ; une gaze de cent fils par pouce carré suffît parfaitement. Le tamis est placé aussi dans une caisse bien fermée, dans laquelle on le fait tourner rapidement autour de son axe au moyen d’une manivelle extérieure. Au bout d’un quart-d’heure, toute la poudre d’indigo se trouve dans la caisse. On enlève alors les morceaux restés dans le tamis et on les ajoute à une nouvelle quantité d’indigo à pulvériser. La poudre est alors desséchée ; pour cela, on la met dans de grandes capsules plates que l’on place dans une sorte de four chauffé à 60 ou 70 degrés au moyen de la chaleur perdue d’un foyer. Cette dessication est nécessaire, parce que, si l’on versait l’acide sulfurique sur l’indigo humide, il se produirait un échauffement trop grand.
- DISSOLUTION.
- L’indigo, une fois sec, on le laisse refroidir et on le pèse en portions de poids déterminé pour en opérer la dissolution. On ne saurait apporter trop de soin à cette opération si l’on veut obtenir de
- bons résultats. Nous avons été amené à ne traiter l indigo que par petites quantités à la fois. De cette façon, la manipulation est plus facile et, en cas d’accident, la perte est moins grande. On s’est demandé souvent s’il vaut mieux verser l’acide sulfurique sur l’indigo ou introduire l’indigo dans l’acide sulfurique; la dernière de ces deux manières de procéder est la plus souvent employée, et l’on opère en général sur une proportion assez forte ci indigo. Cependant l’expérience nous a démontré que, de cette façon, le mélange s’échauffe davantage, qu il se dégage de l’acide sullureux ou que la dissolution s’opère d’une façon moins complète ou du moins plus lente que quand on suit la marche inverse. On n’est pas d’accord non plus sur la question de savoir si l’on doit employer de l’acide sulfurique anglais, ou de l’acide fumant, ou un mélange des deux. En tous cas, l’on doit toujours s’assurer que l’acide ne contient pas d’acide azotique (l’acide fumant des fabriques de Bohême en contient le plus souvent) ; une légère addition de sulfate d’ammoniaque pare aux inconvénients qui résulteraient de la présence d’une quantité, même très-faible, d acide azotique. L’emploi de l’acide sulfurique anglais seul ne nous a pas donné de résultats satisfaisants; nous avons alors essayé un mélange des deux acides, et les résultats ont été d autant meilleurs que le liquide contenait plus d acide fumant. Cependant nous avons renoncé à l’emploi de ce dernier seul, et nous nous servons actuellement d’un mélange de 2 kil. 250 d’acide fumant pour 0 kil. 500 d’acide à 660 Baumé. Ce mélange marque environ 68 degrés. Nous devons faire remarquer que, abstraction faite du rendement, moins l’acide est fort, plus le carmin est obtenu violet, lorsqu’on le regarde par transparence sur une plaque de verre.
- On pèse donc dans une capsule à fond plat de 6 pouces de hauteur, de 12 pouces de diamètre supérieur et de 6 pouces de diamètre inférieur, 500 grammes d’indigo pulvérisé sec, et on maintient ce vase dans un bain d’eau froide, de façon à modérer réchauffement produit par l’addition de l’acide.
- On divise en deux portions égales le mélange de 2 kil. 250 d’acide fumant avec 0 kil. 500 d’acide anglais, et on verse rapidement la première portion sur l’indigo en faisant couler le liquide le long du vase ; on agite avec une grosse tige de vert, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, de façon à incorporer peu à peu tout l’indigo à l’acide
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- et en ayant soin qu’il ne se forme pas de grumeaux. On ne peut guère mieux comparer cette opération qu’à ce que font les cuisinières lorsque, pour préparer certains mets, elles placent de la farine dans un plat, pratiquent un creux au milieu de cette farine, y versent un mélange de lait et de blancs d’œufs, et incorporent peu à peu la farine dans le liquide. Autant il peut paraître puéril de s’étendre si longuement sur une semblable opération, autant il est important que l’ouvrier acquiert une grande habileté à l’exécuter, car le rendement final dépend de la précision avec laquelle a été fait le mélange. On continue à agiter, sans s’arrêter, pendant une demi-heure. L’indigo et l’acide forment alors une pâte homogène presque noire et filante. A ce moment, on ajoute la seconde portion du liquide, et on agite plus lentement que la première fois et sans que le mouvement ait besoin d’être continu. C’est un mauvais signe quand, pendant la première partie de l’opération, la masse mousse beaucoup et dégage une grande quantité d’acide sulfureux ; c’est, au contraire, un bon signe, lorsque la solution, abandonnée à elle-même, se recouvre d’une épaisse couche de petites bulles et devient de plus en plus visqueuse. Nous admettrons volontiers que ce mode de solution est long et fastidieux ; car, en opérant ainsi, un ouvrier ne peut guère traiter par jour plus de 5 kilogrammes d’indigo. Mais l’indigo n’est pas encore complètement dissous ; on s’en convaincrait aisément par le résidu abondant que l’on obtiendrait si l’on voulait immédiatement continuer la préparation du carmin. Aussi doit-on inscrire sur les capsules la date de la solution, et, après les avoir couvertes, les conserver dans un endroit chaud et à l’abri de la poussière.
- Au bout de huit jours, on agite fréquemment le liquide, et, vers la fin de l’opération, on chauffe légèrement sur la plaque d’un fourneau. Au bout de quatorze jours, la solution est terminée; la masse est devenue fort épaisse, et à sa surface se trouve une couche de liquide moins dense. Il est toujours avantageux d’abandonner ainsi le mélange à lui-même pendant le plus de temps possible.
- (La fin au prochain numéro).
- ESSAI DES FILS DE CHANVRE, DE JUTE ET DE PHORMIUM.
- Lorsqu’il s’agit de déterminer la nature d’une matière textile dont est composé un fil ou un tissu, on a recours à des moyens très-concluants et très-faciles à appliquer si l’on a affaire à des textiles classiques pour ainsidire, tels que la laine, la soie, le coton, le lin ou le chanvre, etc.-, dans la plupart des cas des essais chimiques très-simples suffisent et un examen microscopique sans préparation de la matière, confirme aisément ces indications.
- Mais quand il faut distinguer le jute d’avec le chanvre, la question devient plus complexe -, ces deux matières ont en effet de grandes analogies de structure et de composition, et il faut une certaine habitude de ces essais pour pouvoir se prononcer avec conviction.
- Pour aider à acquérir cette expérience, voici les observations qu’il convient de retenir.
- La plupart des auteurs qui ont traité de ce genre d’analyses, ont toujours paru confondre le jute et le phormium tenax, et dans la description de leurs procédés, ont employé indifféremment l’un ou l’autre de ces termes, sans établir de distinction entre eux. Ce sont des matières, cependant, très-différentes et qu’il importe de ne pas confondre.
- Pour ces deux textiles, on a indiqué les réactions suivantes :
- 10 On imbibe les fils ou tissus d’acide azotique à 36 degrés, chargé de vapeurs nitreuses, et sous cette influence, ils se colorent en rouge foncé, tandis que le lin ou le chanvre ne se colorent qu’en jaune pâle.
- Voici pour la première méthode; nous verrons plus loin dans quel cas elle est applicable.
- 2° On trempe le tissu dans une eau chlorée assez concentrée pendant environ une minute, puis on y verse quelques gouttes d’ammoniaque; le phormium et le jute prennent alors une belle couleur rouge, qui brunit peu à peu et disparaît graduellement, tandis que le chanvre et le lin prennent des colorations peu marquées (1).
- Voyons maintenant à utiliser ces indications.
- Il faut noter d’abord que le jute, par suite de son apparence à peu près semblable à celle du chanvre, est quelquefois substitué, et même frauduleusement, à des fils ou tissus vendus comme pur chanvre, no-
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1876, page 91.
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- tamment dans les étoffes grossières, telles que toiles à sacs ou à tentes, et cette substitution donne des produits très-inférieurs comme' qualité, car le jute s’altère très-facilement sous l’influence de l’air humide et surtout au contact des matières alcalines.
- Quant au phormium, il n’est guère possible de l’introduire dans les tissus de lin ou de chanvre ; ses filaments grossiers, durs, peu élastiques ne se prêtent pas à la filature, ils ne pourraient, en aucun cas, se confondre avec ceux du chanvre, encore moins avec le lin ; ce textile est ordinairement employé sans mélange pour la sparterie, la corderie, les semelles d’espadrilles, etc.; il n’est pas, d’ail-leurs, de meilleure qualité que le jute.
- On voit ainsi que le jute et le chanvre sont parmi ces textiles les seuls que l’on ait intérêt, au point de vue pratique, à savoir distinguer par des moyens analytiques.
- Or, la réaction par l’acide azotique fumant manque complètement avec le jute, et ne peut s’appliquer qu’au phormium tenax-^ voici donc déjà un moyen auquel il est inutile d’avoir recours dans le cas qui nous occupe ; tout au plus pourrait-il servir à distinguer entre eux le jute et le phormium, si, d’ailleurs, leur apparence ne permettait de les différencier suffisamment à première vue.
- Ainsi, Y acide nitrique fumant est un réactif du phormium tenax, et non du jute.
- L’essai par le chlore et l’ammoniaque est commun aux deux textiles, et donne, notamment, des indications très-nettes avec le jute ; il permet de distinguer, dans une étoffe mélangée, les fils de jute et de chanvre.
- Voici comment on procède :
- L’étoffe est détissée ou les fils sont détordus, puis on les fait baigner pendant une à cinq minutes dans une eau chlorée assez concentrée ; puis on les exprime et, sans les rincer, on les place sur une assiette ou une lame de verre ; on y verse alors quelques gouttes d’ammoniaque, et aussitôt apparaît une belle coloration rouge, qui brunit rapidement, puis s’affaiblit peu à peu et finit par disparaître.
- Cette réaction, avons-nous dit, s’applique au jute et au phormium ; elle est même plus marquée et plus persistante avec le jute, et donne des caractères très-tranchés quand il s’agit de distinguer celui-ci dans une étoffe [mélangée.
- L’eau de chlore que l’on emploie est la dissolution de gaz chlore que l’on obtient en faisant passer jusqu’à saturation, un courant de chlore dans l’eau
- ordinaire, mais on peut aussi se servir de chlorure de chaux, en opérant comme il suit :
- On fait, avec du chlorure de chaux et de l’eau, une pâte très-claire, un lait, dans lequel on immerge les filaments, et on y verse quelques gouttes d’acide chlorhydrique ; on laisse en contact une demi-heure environ, et on continue par l’addition d’ammoniaque, comme il a été dit plus haut.
- Ici, l’action du chlore doit être plus prolongée, mais il ne faut pas non plus la faire trop durer, car l’on n’obtiendrait alors aucune réaction ; on ne doit pas perdre de vue, en effet, que ces réactifs agissent sur la partie résineuse des filaments, et non pas sur la fibre elle-même, qui est, en définitive, une cellulose analogue à celle des autres textiles végétaux ; si donc, ce bain de chlore acide était trop prolongé, il finirait par décreuser le fil, c’est-à-dire, dissoudre et enlever l’enduit résineux, et il ne resterait plus que de la cellulose à peu près pure, sur laquelle les réactifs spéciaux n’auraient plus d'action.
- Pour cette raison, les fibres de phormium ou de jute parfaitement blanchies au chlore, se prêteraient mal à ces essais, mais le commerce, du reste, ne les livre qu’à l’état écru, car ce mode de blanchiment les altère profondément.
- Il reste encore un mode d’essai très-exact et très-précis, c’est l’examen micro-chimique (1), et notamment la méthode de M. Vétillard (2), qui est la plus simple et suffit presque toujours, mais surtout dans le cas actuel.
- Nous avons dit que l’examen de ces fibres, dans leur état ordinaire, ne donnait pas d’indications suffisantes lorsqu’on les observait à leur état naturel, car l’aspect du chanvre et du jute, même sous le microscope, ne présente pas des différences assez tranchées, mais il n’en est plus de même quand, avant l’examen microscopique, on fait intervenir certains réactifs chimiques ou certaines pré-parafions appropriées; à cet égard, les indications de M. Vétillard sont très-exactes, et nous n’avons rien à y ajouter. La coupe polygonale des fibres de jute est-, notamment, un caractère très-net et très-concluant pour l’observateur.
- Toutefois l’usage du microscope exige une certaine expérience, il faut un instrument très-puissant (qui grossisse au moins de 500 diamètres) et la pré-
- (U Voir Moniteur de la Teinture, année 1876, pages 92, 101, 128.
- (2) Moniteur de la Teinture, années 1870-71, pages 219 et 237.
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- paration des sujets, surtout des coupes transversales, est assez délicate. Ce mode d’expérimentation n’est donc pas d’une application toujours facile.
- Il y a, néanmoins, dans les indications de M. Vé-tillard, une réaction à retenir et qui peut s’observer à l’œil nu ; c’est l’action de l’iode sur le jute et sur le chanvre ; tandis que ce dernier ne se colore que d’une façon insensible, le jute, au contraire, retient beaucoup de réactif et prend une teinte rouge-brun (celle de l’iode) très-marquée ; il devient ainsi possible de l’observer sans appareil amplifiant.
- Pour cela on fait une dissolution de-un gramme (environ) d’iodure de potassium dans cent grammes d’eau et on y ajoute 25 centigrammes d’iode.
- Dans cette dissolution, on trempe les filaments pendant deux ou trois minutes, puis on les passe plusieurs fois, comme pour les laver, dans une dissolution de un gramme d'acide sulfurique pour cent grammes d’eau.
- Cet essai est pratiqué en même temps sur des fibres de chanvre d’origine authentique ; on remarque que celles-ci n’ont pris aucune coloration marquée, tandis que le jute s’est coloré assez fortement, et cette expérience est une confirmation de l'essai par le chlore et l’ammoniaque.
- Cet essai appliqué au phormium, lui donne une teinte jaune, tenant le milieu entre le rouge du jute et la teinte nulle du chanvre.
- Lorsqu’on a immergé les fils dans la dissolution d’iode, il ne suffit pas de les imbiber d’acide sulfurique dilué, il faut les laver dans ce liquide, afin d’enlever tout excès d'iode, car le chanvre en retiendrait assez par capillarité pour conserver une coloration marquée et n’offrir qu’une différence insignifiante avec les fils de jute..
- Pour répéter ces essais, si on le désire, nous joignons à cet article quelques filaments de jute et de phormium tenax, d’origine certaine, et que l’on peut considérer comme type de ces matières, et nous récapitulons leurs caractères analytiques :
- L’eau de chlore, puis l’ammoniaque les colore en rouge vif, qui brunit rapidement et s’efface peu à peu; cette coloration persiste, néanmoins, davantage que sur le phormium.
- La dissolution d’iode, suivie d’un rinçage à l’acide sulfurique dilué, lui laisse une teinte rouge-sombre brune persistante.
- Ces réactifs sont sans action sur le chanvre.
- Filaments de Phormium tenax.
- Se colorent en rouge foncé en les humectant d’acide azotique à 36° contenant des vapeurs nitreuses ; l’acide du commerce suffit le plus souvent, mais l’acide fumant donne très-nettement cette réaction.
- L’eau de chlore et l’ammoniaque agissent comme sur le jute, mais d’une manière un peu plus fugace.
- L’eau iodée et l'acide sulfurique donnent une coloration jaune très-appréciable, mais n’arrivant pas au rouge-brun comme sur le jute.
- Comme ci-dessus, ces réactifs, qui sont les mêmes, n’ont pas d’action sur le chanvre.
- Voilà donc, pour ces deux textiles, les réactions qui les distinguent du chanvre, et qui les distinguent aussi entre eux ; nous les indiquons, d’après notre expérience, pour faire cesser la confusion qui paraît résider dans les travaux de quelques auteurs analystes, qui ont traité de cette question.
- F. GOUILLON.
- INDUSTRIELLE
- Sans modification sous,l’influence de l’acide azo-
- Fil de jute.
- tique charge de vapeurs nitreuses.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION .RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 114,725. — Cuzel. — Perfectionnement aux. remises métalliques pour la fabrication de toute
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- espèce d’étoffe. — Les mailles, reçues par un tube en tôle, ont leur extrémité supérieure en forme d’anneau les empêchant de se croiser les unes sur les autres.
- 11 4,752. — Bouhon. — Perfectionnements aux appareils et procédés de séchage des tuiles, linons, mousselines, etc. — Emploi, pour le séchage des étoffes à apprêt d’amidon, de tubes ou de plaques métalliques percées de petits trous livrant passage au gaz ordinaire ou aux gaz d’essences minérales mélangées d’air ; ces derniers ont l’avantage de produire de la vapeur d’eau surchauffée qui fait évaporer l’eau de l’amidon dont sont enduites les étoffes.
- 114,775. —Ratz. —Brosse de peigneuse en plumes pour laine et coton. — La brosse, au lieu d’être faite en soies de sanglier, est faite en plumes
- élastiques et nerveuses qui ne se fendillent pas à l’usure.
- 114,787. —Bélus.—Appareil, dit fuschino-mètre Bélus, destiné a reconnaître la présence de la fuschine. — Tube en verre gradué portant des numéros indiquant les volumes proportionnels que doivent occuper le vin à analyser et les divers réactifs employés dans cette recherche.
- 114,791.—Bridoux. — Procédé et appareils permettant d’obtenir dans un seul et même appareil, soit l’essorage et l’épaillage des laines et tissus de laine, soit l’essorage ou le séchage des produits ou objets humides quelconques. — Réunion en un seul appareil de l’action mécanique de l’essorage avec l'action chimique ou physique de l’air chaud pour produire l’épaillage des laines, tissus, etc.
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- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- TARIFS DES DOUANES POUR LES MATIÈRES TEXTILES ET TINCTORIALES
- (Extrait de l’Exposé des motifs du projet de loi présenté à la Chambre des députés au nom du Gouvernement.) Suite.
- Tarifs proposés pour les textiles.
- ‘u.
- S v S H O O © pe U. G O
- g o
- O
- P o « 8 5 58 PPu
- o G 8 n 2 u
- Fils.
- Fils du lin ou de chanvre pur simples :
- Ecrus, 6,000 mètres au moins
- — plus de 6,000 mètres, pas plus de 12,000
- — plus de 12,000 mètres, pas plus de 24,000
- — plus de 24,000 mètres, pas plus de 36,000
- — plus de 36,000 mètres, pas plus de 60,000
- — plus de 60,000 mètres, pas plus de 80,000
- — plus de 80,000 mètres, pas plus de 100,000
- — plus de 100,000 mètres
- Blanchis ou teints
- Fils de lin ou de chanvre pur retors :
- Ecrus
- Blanchis ou teints
- Fils de lin ou de chanvre mélangés, le lin ou le chanvre dominant en poids
- Fils de jute purs mesurant au kilog. :
- Ecrus, moins de 1,400 mètres
- — de 1,400 mètres inclusivement à 3,700 mètres exclusivement
- 100 kil. 15 »
- — 20 »
- ~ 30 »
- — 36 »
- ~ 50 »
- — 80 »
- — 120 »
- - 200 »
- — § Droits ci-dessus aug-
- | mentés de 30 0/0.
- u
- Bi
- f Droits des fils sim-— { pies écrus augmentés
- | de 30 0/0.
- ( Droits des fils sim-— 3 pies blanchis ou teints
- I augmentés de 30 0/0.
- I Droits des fils de lin — ) ou de chanvre pur.
- — 5 »
- 6 »
- p.104 - vue 113/306
-
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-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 105
- UNITÉ sur lesquelles portent les droits. DROITS (décimes compris) ,
- — de 3,700 mètres inclusivement à 4,200 mètres exclu-
- sivement — 7 »
- — de 4,200 mètres inclusivement à 6,000 mètres indu-
- sivement — 10 »
- ( Mêmes droits que les
- — plus de 6,000 mètres — 2 fils de lin selon la f classe.
- Blanchis ou teints moins de 1,400 mètres — 7 »
- — — de 1,400 mètres inclusivement à 3,700 — — mètres exclusivement — — de 3,700 mètres inclusivement à 4,200 — 9 »
- mètres exclusivement — 10 »
- — — de 4,200 mètres inclusivement à 6,000
- mètres inclusivement 14 »
- ( Mêmes droits que les
- — — plus de 6,000 mètres — 2 fils de lin selon la ( classe.
- Fils de jute mélangés, le jute dominant en poids Fils de phormium-tenax, d’abaca et d’autres végétaux fila- — § Mêmes droits que ) les fils de jute pur.
- menteux non dénommés, purs ou mélangés, le phormium, l’abaca, etc., dominant en poids — § Mêmes droits que les { fils de jute.
- Fils de coton pur, simples, mesurant au demi-kilogr. :
- De 20,500 mètres ou moins — 15 »
- Plus de 20,500 mètres pas plus de 30,500 — 20 »
- - 30,500 — 40,500 — 30 »
- — 40,500 — 50,500 — 40 »
- - 50,500 — 60,500 — 50 »
- — 60,500 — 70,500 — 60 »
- — 70,500 — 80,500 — 70 »
- — 80,500 — ' 90,500 100 kil. 90 »
- — 90,500 — 100,500 — 100 »
- — 100,500 — 110,500 — 120 »
- — 110,500 — 120,500 — 140 »
- — 120,500 — 130,500 — 160 »
- — 130,500 — 140,500 — 200 »
- — 140,500 - 170,500 — 250 »
- — 170,500 — 300 »
- Blanchis 1 Droits des fils sim-
- —1 < pies écrus augmentés I de 15 0/0.
- Fils de coton pur, retors à deux bouts :
- ( Droits des fils sim-
- Teints — 9 pies écrus augmentés ) de 25 francs par 100 ( kilog.
- Ecrus ( Droits des fils sim-
- 2 pies écrus augmentés | de 30 0/0. ( Droits des fils re-/ tors écrus augmentés
- Blanchis
- | de 15 0/0.
- Teints ( Droits des fils retors
- 3 écrus augmentés de 25 ‘ francs par 100 kilog.
- Fils de coton pur retors en trois bouts ou plus, écrus, blan-
- chis ou teints :
- A simple torsion
- Les 1,000 mètres de longueur.
- » 04
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- 106
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- UNITÉS
- sur lesquelles portent les droits. DROITS * . (décimes compris). •
- A plusieurs torsions ou câblés » 12
- I Fils de coton pur, ourdis en chaîne, écrus, blanchis ou ( Mêmes droits que les 1 fils de coton retors en
- teints 1 100 kil. < deux bouts selon l’es-
- 1 pèce et le degré de fi-
- \ . vnesse.
- Fils de coton mélangé, le coton dominant en poids — ( Mêmes droits que les t fds de coton pour
- rds de lame pure, simples, blanchis ou non, peignés, me-
- surant au kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins 10 »
- Plus de 10,000 mètres pas plus de 15,000 15 »
- — 15,000 - 20,000 — 20,000 — 30,500 — 20 25 » »
- — 30,500 — 40,500 o -
- Fils de laine pure simples, blanchis oumon, peignés, mesu- »
- rant au kilogramme :
- Plus de 40,500 mètres pas plus de 50,500 45 »
- — 50,000 — 60,500 55 »
- — 60,500 — 70,500 65 »
- — 70,500 — 80,500 75 »
- — 80,500 — 90,500 85 »
- - 90,500 - 100,500 95 »
- — 100,500 100 »
- Fils de laine pure, simples, blanchis ou non, cardés, me- 1
- surant au kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins 15 »
- Plus de 10,000 mètres pas plus de 15,000 22 50
- — 15,000 — 20,000 100 kil. 30 »
- — 20,000 — 30,500 37 50
- — 30,500 45 »
- Fils de laine pure, simples, teints, peignés, mesurant au
- kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins 35 »
- Plus de 10,000 mètres pas plus de 15,000 40 »
- — 15,000 — 20,000 « 45 »
- — 20,000 — 30,500 50 »
- — 30,500 — 40,500 60 »
- — 40,500 — 50,500 70 »
- — 50,500 — 60,500 80 »
- — 60,500 — 70,500 90 »
- — 70,500 — 80,500 100 »
- — 80,500 — 90,500 110 »
- — 90,500 — 100,500 120 »
- - 100,500 Fils de laine pure, simples, teints, cardés, mesurant au — 125 »
- kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins 40 »
- Plus de 10,000 mètres pas plus de 15,000 47 50
- — 15,000 — 20,000 — 55 »
- — 20,000 - 30,500 — 62 50
- — 30,500 .... 70 »
- Fils de laine pure, retors, pour tissage, blanchis ou non,
- peignés, mesurant au kilogramme ;
- 10,000 mètres ou moins — 13 »
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 107
- sur lesquelles portent les droits. DROITS (décimes compris).
- Plus de 10,000 mètres pas plus de 15,000 —— 19 50
- — 15,000 — 20,000 ----- 26 »
- - 20,000 — 30,500 - . 32 50
- - 30,500 — 40,500 —. 45 »
- - 40,500 — 50,500 — 55 »
- — 50,500 — 60,500 — 65 »
- — 60,500 — 70,500 — 75 »
- - 70,500 — 80,500 — 86 25
- — 80,500 — 90,500 — 97 75
- — 90,500 — 100,500 — 109 25
- — 100,500 - 115 »
- Fils de laine pure, retors, pour tissage, blanchis ou non, cardés, mesurant au kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins — 22 50
- Plus de 10,000 mètres, pas plus de 15,000 — 30 »
- — 15,000 — 20,000 — 37 50
- — 20,000 — 30,500 ... 45 »
- - 30,500 — 52 50
- Fils de laine pure, retors, pour tissage, teints, peignés, mesurant au kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins .... 38 »
- Plus de 10,000 mètres, pas plus de 15,000 JC 44 50
- — 15,000 — 20,000 — 51 »
- — 20,000 — 30,500 57 50
- - 30,500 — 4Q,500 100 kil. 70 »
- - 40,500 — 50,500 J. 80 »
- — 50,500 — 60,500 — 90 »
- — 60,500 — 70,500 J0. 100 »I
- — 70,500 — 80,500 — 111 25 •
- — 80,500 — 90,500 — 122 75
- — 90,500 — 100,500 — 134 25
- — 100,500 — 140 »
- Fils de laine pure, retors, pour Lissage, teints, cardés, mesurant au kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins — 47 50
- Plus de 10,000 mètres pas plus de 15,000 — 55 »
- — 15,000 — 20,000 — 62 50
- — 20,000 — 30,500 .— 70 »
- — 30,500 , — 77 50
- Fils de laine pure, retors, pour tapisserie, peignés, blanchis ou non, mesurant au kilogramme ; 10,000 mètres ou moins — 15 »
- Plus de 10,000 mètres, pas plus de 15,000 — 22 50
- — 15,000 — 20,000 ---- 30 »
- — 20,000 — 30,500 — 37 50
- — 30,500 — 40,500 ...... 52 50
- — 40,500 — 50,500 --- 67 50
- Fils de laine pure, retors, pour tapisserie, peignés, blanchis ou non, mesurant au kilogramme :
- Plus de 50,500 mètres, pas plus de 60,500 ----- 82 50
- — 60,500 — 70,500 i-— 97 50
- — 70,500 — 80,500 — 112 50
- — 80,500 — 90,500 . — 127 50
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- UNITÉS sur lesquelles portent les droits.
- — 90,500 - 100,500
- — 100,500
- Fils de laine pure, retors, pour tapisserie, peignés, teints, mesurant au kilogramme :
- 10,000 mètres ou moins
- Plus de 10,000 mètres, pas plus de 15,000
- — 15,000 — 20,000
- — 20,000 — 30,500
- — 30,500 — 40,500
- — 40,500 - 50,500
- — 50,500 — 60,500
- — 60,500 — 70,500
- — 70,500 — 80,500
- — 80,500 — 90,500
- — 90,500 — 100,000
- - 100,000
- Fils d’alpaga, de lama, de vigogne ou de poils de chameau : Purs
- Mélangés de laine, quelle que soit la proportion du mé" lange
- Mélangés d’autres filaments, la laine d’alpaga, de lama ou de vigogne, ou le poil de chameau dominant en poids
- Fils de poil de chèvre pur ou mélangé, le poil de chèvre dominant en poids
- Fils d’autres poils
- Fils de bourre de soie (fleurets), écrus, blanchis, azurés ou teints :
- Simples, mesurant au kilogramme 80,500 mètres ou moins Simples, mesurant au kilogramme plus de 80,500 mètres
- Retors
- Fils de bourrette, fils de déchets de bourre de soie : Simples, mesurant au kilogramme 30,000 mètres ou moins
- Simples, mesurant au kilogramme plus de 30,000 mètres
- Retors
- DROITS (décimes compris).
- -142 50
- -150 »
- 40 »
- 47 50
- 55 »
- 62 50
- 77 50
- 92 50
- -107 50
- 122 50
- 137 50
- 152 50
- 167 50
- 175 »
- ) Mêmes droits que les • \ fils de laine pure.
- 24 » exempts.
- 75 » 120 »
- Droits ci-dessus aug-{ mentes de 15 0/0.
- 25 »
- Droits des fils de {bourre de soie.
- Droits ci-dessus aug-J mentes de 15 0/0.
- A suivre.
- MARQUES DE FABRIQUE DÉPOSÉES EN ANGLETERRE.
- Les marques de fabrique déposées en Angleterre sont, depuis la promulgation de l’acte du 13 août 1875, publiées dans un recueil officiel intitulé : Trade Marks Journal.
- Le département de l’agriculture et du commerce a pensé qu’il y aurait intérêt à mettre ce recueil, comme celui des marques allemandes, à la disposition des industriels et des commerçants qui trouveront, en le consultant, un moyen certain de découvrir la contrefaçon, dans le Royaume-Uni, dss produits de leur fabrication ou des articles de leur commerce.
- Les 85 premiers numéros du Trade Marks Jour
- nal (du 3 mai 1876 au 3 mai 1877) viennent d’être adressés au Conservatoire des Arts-et-Métiers, à Paris, rue Saint-Martin, 292. Ils y seront, ainsi que les numéros qui paraîtront ultérieurement, communiqués au public sans frais et à toute réquisition.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique
- Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium Alun divers.
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau. Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenn es
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, No 10. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mai 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Sur la fabrication du carmin d’indigo (suite et fin), par M. Max Roesler. — Clair de lune et teintes de mode (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Matières tinctoriales de la confédération argentine. — Sur les encres noires à écrire, par M. E. H. Viedt. — Revue sommaire des brevets d’invention relatifs aux industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : A propos de l’Exposition de 1878. - Incendie par suite d’explosion; responsabilité des compagnies.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- (Suite)
- moyen d’appliquer LES MORDANTS sur LA LAINE.
- Dans la teinture des laines, on mordance tou-ours les articles à la température d’ébullition.
- Cette température parait avoir pour effet d’ouvrir les pores de la laine, d’en chasser l’air et d’ouvrir ainsi un passage au mordant en solution.
- On peut appliquer le mordant soit avant la teinture, soit en même temps que la matière colorante, soit après cette opération. On trouve quelquefois avantageux d’appliquer à la fois le mordant avant et pendant la teinture.
- Il faut éviter avec soin d’appliquer une trop forte quantité de mordant et cette recommandation est surtout utile quand on emploie des mordants fer-reux et bichromatés, car ils produisent respective-ment, lorsqu’ils sont en excès, des teintes de rouille et de vert.
- USTENSILES EMPLOYÉS DANS L'OPÉRATION DU MORDANÇAGE
- Les vaisseaux qui conviennent le mieux pour mor-dancer des articles de laine sent des citernes en bois, avec faux fonds de plaques en fer, de 1m 80 à 2m 40 de longueur, sur 1m 20 à Am 50 de large et 0" 90 à 1m 20 de profondeur. On chauffe l’eau au moyen d’un tuyau de vapeur, perforé de 0m 050 de diamètre, qui passe sous les plaques formant le
- milieu de la citerne. Quand on doit teindre des rouges écarlates, des orangés, et des cramoisis avec un mordant d’étain acide, il faut remplacer par des plaques en étain les plaques en fer du fond qui altéreraient gravement les couleurs, parce qu’il se formerait des sels de fer par l’action de l’acide sur les plaques de ce métal. Le fer métallique décompose aussi les sels d’étain, et celui-ci est précipité à l’état métallique.
- On emploie aussi fréquemment de grandes cuves en fer, tant pour le mordançage que pour la teinture, et l’eau y est chauffée soit par un tuyau qui se dressant du fond lance la vapeur au milieu de l’eau, soit par un feu direct brûlant sous la cuve. Dans ce cas on ne se sert de la vapeur que pour porter à l’ébullition ; les opérations du mordançage ou de la teinture qui suivent se font seulement au feu direct. Plusieurs teinturiers expérimentés préfèrent ce dernier mode de chauffage spécialement pour la teinture, parce qu’ils peuvent en obtenir une température de deux ou trois degrés plus élevée que celle que donne la vapeur seule ; il convient surtout au traitement de la laine qui se trouve maintenue, par l’ébullition de l’eau, dans un état d’agitation plus constant qu’elle ne le serait par la chaleur produite par la vapeur, et qui se trouve aussi moins susceptible de se feutrer et de se recroqueviller.
- Toutefois, on peut arriver à une ébullition et à une agitation plus uniforme du liquide, en multipliant le passage de la vapeur au moyen d’un serpentin, placé au fond de la citerne, et en déposant un tuyau perpendiculaire dont l’extrémité supérieure ouverte vient sur la surface du liquide pour y projeter de la vapeur condensée. Quand la pression de vapeur n’est que de 14 k. '15 par centimètre carré, ce moyen est excellent et économique tant
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pour les bains de mordants que pour ceux de teinture.
- On met en mouvement les pièces à mordancer ou à teindre en les faisant passer sur un tourniquet mû par un mécanisme et placé au dessus de la cuve à teindre ; on coud bout à bout trois ou quatre pièces et on les fait passer ainsi sans discontinuité sur le tourniquet.
- Pour la laine, on ne la laisse jamais au repos et on la remue continuellement avec de longues perches, connues en Angleterre sous le nom de slangs. U est très-important d’agiter sans cesse la laine et de la tenir ainsi divisée,au commencement de l’opération, afin d’empêcher que la matière reçoive inégalement le mordant ou la teinture.
- Le mordançage demande ordinairement de une à deux heures ; on met ensuite la laine à sec en faisant couler le liquide de la citerne, et on y jette dessus deux ou trois fois de l’eau pour la débarrasser du mordant en excès, puis onia met sur un chariot ou wagon couvert et on la laisse toute la nuit et même plus longtemps si on le juge convenable. Cette précaution de laisser ainsi reposer quelque temps la laine donne toujours une couleur meilleure que celle qu’on obtient en faisant passer la matière directement dans le bain de teinture après son mordançage.
- Les pièces une fois mordancées sont retirées du bain, lavées sur la machine à laver, et laissées toute la nuit avant d’être soumises à la teinture.
- ALUN.
- L’alun a été la première substance qu’on ait employée comme mordant. C’est un double sulfate d’alumine et d’ammoniaque ou de potasse. On le fabriquait autrefois avec certains schistes pyriteux qu’on trouvait sur la côte orientale du Yorkshire, mais on l’obtient aujourd’hui en traitant les schistes alumineux calcinés ou l’argile avec l’acide sulfurique et en saturant ensuite l’excès d’acide par l’addition d’ammoniaque ou de potasse, suivant que l’alun demandé doit être ammoniacal ou potassique. L’élément actif qui agit dans l’alun comme mordant c’est l’alumine, dont l’alun potassique contient 10 pour 100 et l’alun amoniacal un peu plus.Ce dernier est aujourd’hui plus fréquent que le premier. Il est facile de reconnaître l’alun ammoniacal, il suffit de prendre une petite quantité de cet alun pulvérisé, de le mélanger avec de la chaux vive ou de la soude caustique et mouiller le tout avec de l’eau. L’odeur ammoniaque se dégagera immédiatement si l’alun
- est ammoniacal. L’impureté la plus nuisible que cor.' tienne l’alun est un sel de fer, qu’on peut aisément découvrir par les épreuves bien connues qui décèlent le fer, c’est-à-dire par l’emploi des prussiates de potasse ou d’une solution de tannin.
- L’alun dépose sur la fibre, avec laquelle on le fait bouillir, de l’hydrate alunique Al2 (HO6) ou sulfate d’alunine, en proportions relatives avec l’alun et la laine. Lorsque l’hydrate seul est laissé sur la fibre, l’acide sulfurique paraît s’être combiné avec l’ammoniaque formée par quelque principe gélatineux de la laine qui est dissous pendant l’ébullition. M. Havrez, ancien directeur des écoles techniques de Verviers, a fait, avant sa mort, de longues recherches sur les diverses réactions que fournit l’alun durant l’opération du mordançage. Les conclusions générales auxquelles il arriva furent, qu’un bain faible d’alun, c’est-à-dire un bain contenant .une quantité inférieure à 1/15 de la laine, devient alcalin et affecte la couleur à la manière des alcalis. Une quantité d’alun supérieure au 1/15 de la laine agit comme un acide faible sur les couleurs donnant des violets avec le campêche et les bois rouges. De fortes proportions d’alun agissent sur les couleurs appliquées au drap comme le fait l’alun lui-même, et produit des effets acides, tandis que de petites proportions se comportent comme les hydrates et donnent lieu à des effets alcalins.
- L’addition d’un acide donne un résultat semblable à celui d’un excès de sel ; il a l'avantage d’extraire le fer de la fibre et par conséquent de le purifier.
- On emploie quelquefois l’alun seul comme mordant, mais le plus souvent on l’associe à d’autres mordants. Seul, il produit de brillantes couleurs.
- Pendant la préparation de ces leçons, l’idée m’est venue qu’il serait utile de connaître l’action que chaque mordant, quand on le fixe sur la laine, peut avoir sur les couleurs communément employées dans la teinturerie. Je suis d’avis que la connaissance de ces effets est beaucoup plus instructive pour les jeunes teinturiers que l’examen des précipités que donnent les mordants avec les décoctions de teinture. En conséquence, j’ai mor-dance des échantillons potasse et couperose, et je los ai teints avec les matières colorantes suivantes : fustet, flavine, écorce américaine, carcuma, sumac, garance, barwood, saunderswood, camwood, et cudbéar. Je les ai disposés suivant cet arrangement tabulaire, de façon qu’on pût lire facilement l’action de chacun des mordants ci-dessus sur les
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 111
- teintures que je viens d’énumérer. On a pris 50 parties de couleur pour 100 de laine avec les teintures suivantes : fustet, écorce, sumac, garance, barwood, saunderswod etcampèche ; 4 pour 100 avec le fustet, 12 p. 100 avec le cudbéar. On I a employé les proportions suivantes de mordants : 2 pour 100 de bichromate pour le campéche, 1 pour 100 pour les autres couleurs, 8 pour 100 de couperose avec addition de 2 pour 100 de tartre, 12 pour 100 d’alun, plus 2 pour 100 de tartre, 8 pour 100 de vitriol bleu, 8 pour 100 de muriate d’étain à 600 Twedal (27° Baumé). J’ai pris 650 gr. de laine blanche, bien nettoyée et bien préparée, ce qui m’a paru une quantité convenable pour faire mes expériences. Les opérations du mordançage et de la teinture ont été pratiquées dans une marmite en fer émaillé, d’une capacité d’environ une pinte, et chauffée sur un fourneau à gaz. On a fait bouillir la laine avec le mordant pendant une heure, on l’a retirée du bain et laissée au repos toute la nuit ; la teinture, qui a demandé aussi une heure, a été faite le jour suivant. (Le professeur montre les échantillons qu’il a obtenus pour bien faire saisir les effets des mordants sur les teintures, et engage fortement les jeunes praticiens à préparer un semblable tableau pour leur usage particulier, afin de se familiariser avec l’emploi des divers mordants et des diverses teintures).
- COUPEROSE.
- La couperose est un autre mordant qui a été longtemps employé ; c’est un protosulfate cristallisé de fer, connu aussi sous le nom de sulfate ferreux. On le fabrique principalement avec des pyrites tendres que l’on rencontre parmi les houilles et dans les schistes houillers. Les pyrites, quand on les expose à l’air et à l’humidité, s’oxydent facilement et forment un sulfate de fer et de l’acide sulfurique libre -, on fait bouillir avec des débris de fer le liquide qui provient de leur lessivage, et puis on le fait cristalliser.
- L’impureté la plus sérieuse qui s’introduit parfois dans la couperose pendant sa fabrication, c’est l’alumine. Pour la découvrir, il suffit de dissoudre de la couperose dans l’eau, de la pleinement peroxy-der avec de l’acide nitrique, de précipiter ensuite avec un excès de soude caustique pure et de filtrer; Si l’alumine est présente, elle se précipitera du filtre par l’addition d’une solution de chlorure d’am-moniaque.
- L’emploi de la couperose a été grandement
- abandonné pour celui du bichromate de potasse comme mordant pour les couleurs de campéche, et particulièrement pour les noirs sur étoffes. Cependant, on fait encore avec la couperose les meilleures teintures en noir sur laines.
- L'explication du dépôt de l’hydrate ferreux sur la laine est semblable à celle que nous avons donnée pour l’alun, avec cette différence que l’hydrate ferreux, déposé très-rapidement, s’oxyde en partie et passe à l’état d’hydrate ferrique par faction oxydante de l’air.
- Toutefois un teinturier m’a dit avoir trouvé du fer, à l’état ferreux, dans la laine, même plusieurs mois après son mordançage. Ce fait semblerait prouver qu’il se produit là une véritable combinaison chimique entre l’hydrate mordant et la laine. Le pouvoir réducteur que possède indubitablement la laine peut aussi aider à restreindre l’action oxydante de l’air.
- On se sert presque invariablement de tartre avec la couperose, afin de maintenir la solution claire et de prévenir la dissociation trop rapide de la couperose. Le tartre, dans ce cas et dans tous ceux où il est employé avec un mordant dans un but semblable, doit être ajouté au bain en premier, car il est plus facile d’empêcher une précipitation que de redissoudre le précipité, une fois formé. On emploie fréquemment la couperose dans le simple but d’éteindre l’éclat de la teinture, car son effet sur les couleurs est de produire des teintes sombres. On l’emploie soit seule, soit en compagnie de l’alun et du sulfate de cuivre, mais jamais avec le bichromate de potasse qu’elle réduit et dont elle paralyse les propriétés spéciales qui en font un mordant si précieux.
- SULFATE DE CUIVRE.
- Ce produit appelé aussi pierre bleue, vitriol bleu et vitriol romain, n’est pas d’un usage très-répandu comme mordant ; on ne l’emploie jamais seul. Associé à l’alun, il sert à obtenir des bleus campéche, et, avec la couperose, à produire des noirs bleus.
- BICHROMATE DE POTASSE.
- Ce magnifique sel se trouve dans le commerce à l’état de pureté chimique presque absolue. Ce mordant est, je crois, plus employé que tout autre dans la teinture des articles de laine. Sa décomposition, lorsqu’il est dans le bain en contact avec la laine, est différente de celle de tout autre mordant, car sa constitution n’est pas la même. Le métal qui est déposé en hydrate sur la laine forme dans ce sel
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- l’acide, et non la base qui est Ja potasse. On peut représenter le bichromate de potasse comme étant un chromate jaune neutre de potasse, en combinaison avec l’acide sec.
- Pour obtenir le plein effet du bichromate comme mordant, on l’emploie ordinairement avec l’acide sulfurique 0e tout ou la majeure partie de l’acide chromique se trouve ainsi mis en liberté.
- L’acide chromique est un oxydant très-puissant, il agit énergiquement sur la laine, il doit être, par conséquent, employé avec précaution, comme nous le verrons plus tard. La laine fournit l’agent réducteur, probablement sous forme d’hydrogène qui agit sur l’acide.
- L’acide chromique, ainsi produit, est déposé sur la laine comme hydrate mordant, et l’on trouve aussi ordinairement sur la fibre une partie du chromate neutre de potasse.
- L’expérience m’a démontré qu’il n’est pas bon d’employer une proportion de bichromate supérieure à 3 pour 100 du poids de la laine, car, avec 4 pour 100 les couleurs deviennent inégales, et avec 12 pour 100 la laine ne peut plus être teinte au campêche et l'on voit se produire les curieux effets du sur-chromage. Ces effets sont dus à l’action oxydante destructive de l’acide chromique sur la laine. Lorsqu’on emploie une plus forte quantité de bichromate avec l’acide sulfurique, la laine est dissoute et l’on obtient une solution d’alun de chrome.
- solutions d’étain.
- On les appelle en général esprits d’étain, et l’on en emploie un grand nombre; chaque teinturier ou fabricant a sa manière de les préparer, et croit fermement que la sienne est la meilleure. Je ne crois pas qu’il soit utile ou intéressant de décrire les divers moyens qui servent à préparer ces solutions, parceque les trois quarts au moins de ces procédés me paraissent inutiles et qu’en outre la plupart d’entre eux sont des secrets de commerce.
- Les variétés utiles et seulement essentielles sont les suivantes :
- Les muriates simples etdoubles. Onles prépare en dissolvant de l’étain granulé dans l’acide hydro-chlorique du commerce marquant de 33 à 60° Twe-dal (15 à 16° Baumé), et en étendant avec de l’eau jusqu’à ce que la solution descende à 60° Twedal (27° Baumé) pour le muriate simple; pour fabriquer le muriate double on monte jusque 80 ou 100° Twedal ou plus (36° Baume).
- On fait le nitrate d’étain en dissolvant dans de
- l’acide nitrique marquant environ 33° Twedal (15° Baumé), et exempt d’acide nitreux. On doit ajouter l’étain successivement en petites quantités, afin d’éviter la précipitation de l’étain en bioxyde insoluble ou acide métastannique.
- Les esprits écarlates se font en ajoutant de l’acide oxalique au muriate simple.
- Les esprits qui donnent de la fleur se font en ajoutant de l’acide sulfurique au muriate préparé comme ci-dessus.
- La solution d’étain a principalement pour but de donner de l’éclat ou de la fleur aux autres couleurs et (excepté dans la teinture en écarlate et en cramoisi) on ne l’emploie jamais seule.
- Dans les leçons suivantes, j’aurai souvent occasion de parler de l’usage de ces esprits.
- A continuer.
- SUR LA FABRICATION
- DU CARMIN D’INDIGO
- Par M. Max RCSLER.
- {Suite et Fin).
- PRÉCIPITATION.
- On agite encore une fois à une douce chaleur le contenu des capsules et on en vide cinq dans un bac élevé. Chaque bac contient donc 2 kil. 5 d’indigo et 13 kil. 750 d’acide. Pour chaque kilogramme d’indigo, on ajoute 50 kilogrammes d’eau pure et froide, et on verse peu à peu dans le bac une solution saturée de sel marin (soit à 23° Baumé ou d’une densité de 1,17), jusqu’à ce que toute la matière colorante soit précipitée. Pour 1 kilogr. d’indigo, il faut environ 10 kilogrammes de sel marin. Précédemment, nous précipitions avec une solution de soude caustique ; mais cela revenait plus cher, et il se produisait une mousse gênante* Plus tard, nous avons reconnu que le sel marin, tout en étant moins coûteux, était d’un emploi beaucoup plus commode. D’un autre côté, comme le liquide contient alors de l’acide chlorhydrique qui altère très rapidement les tissus, nous avons dû modifier les appareils de filtration. Nous nous servons de sel à bas prix employé en général pour l’industrie ou pour le bétail, et, au moyen d’une disposition très-simple, nous en avons toujours à
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- notre disposition une dissolution claire saturée. Nous y arrivons au moyen d’un tonneau élevé, placé debout et tenu constamment plein d’eau. A la partie supérieure de ce tonneau est suspendu un grand filtre en feutre que l’on maintient toujours rempli de sel. Ce filtre doit être nettoyé de temps en temps. De cette manière, on peut toujours avoir une solution assez uniformément concentrée. Pour reconnaître rapidement si la précipitation du carmin est complète, on a recours au procédé suivant :
- On fait tomber sur du papier à filtre une goutte du liquide ; si les bords de la tache sont incolores, ou du moins s’ils ne sont plus bleuâtres, on peut être sûr que l’opération est terminée et que l’on peut filtrer.
- filtration.
- Cette première filtration doit être faite de préférence dans un filtre en forme de caisse. Ce filtre est composé d’une caisse munie d’un double fond percé de trous nombreux. L’espace entre les deux fonds se vide au moyen de petits conduits placés obliquement ; dans celte caisse, on place un tissu à filtrer, de façon qu’il repose sur le double fond et que ses coins passent par-dessus le bord de la caisse. On commence par mouiller ce tissu et on verse dessus le liquide et le précipité résultant de l’opération précédente, puis on laisse égoutter en ayant soin de reverser plusieurs fois dans le filtre les portions qui passent les premières, jusqu’à ce que le tissu ne laisse plus passer de précipité. La liqueur filtrée est vert noirâtre; 10 centimètres cubes de ce liquide doivent correspondre au maximum à 0,3 ou 0,5 centimètres cubes de la solution de permanganate de potasse indiquée plus haut.
- Si l’on faisait la précipitation par la soude, il faudrait, en tout cas, recueillir le liquide filtré dans de grands bassins en briques, le laisser évaporer à l’air et le faire cristalliser. Si, au lieu du sel marin, on emploie le chlorure de potassium, on obtient du sulfindigotate de potasse-, mais ce produit est peu employé à cause de sa très-faible solubilité, bien que, grâce au poids atomique élevé du potassium, il soit très-avantageux pour le vendeur.
- Une fois que tout le liquide s’est écoulé, on enlève le précipité dans la toile et on le soumet à un légère pression entre des planches chargées de pieux. Dans bien des cas, le carmin ainsi préparé est suffisamment pur, et on le trouve dans le commerce sous le nom d'extrait d’indigo ; il sert à la production des teintes vertes les moins brillantes.
- Pour obtenir un produit pur et beau, il faut soumettre le précipité à des lavages répétés.
- LAVAGE (1).
- Le précipité retiré d’un filtre (correspondant, par suite, à 2 kil. 500 d’indigo) est placé dans un bac analogue à ceux décrits plus haut, et on verse dessus 50 litres d’eau bouillante pour chaque kilogramme d’indigo ; on agite avec une grande spatule en bois et on ajoute 2 kil. 500 d’acide anglais; si le liquide acide ne suffit pas à redissoudre tout le précipité, il est toujours en quantité suffisante pour l’amener à un état de très-grande division, et, d’autre part, pour faire passer en solution toutes les impuretés solubles qui, à une deuxième précipitation, restent dans le liquide. Cette deuxième précipitation s’effectue au moyen d’une solution de 2 kil. 500 de carbonate de soude à 90 pour chaque kilogramme d’indigo et d’une solution concentrée de sel marin correspondant à un poids de chlorure de potassium égal à celui du carbonate de soude. Après avoir ajouté ces liquides à la solution d’indigo, on mélange bien le tout, on laisse refroidir, et on verse le liquide et son précipité sur des filtres. Dans ce cas, pour opérer plus vite, on se sert de filtres formés de tissus de laine de quatre mètres carrés, fixés à des cadres de grandeur correspondante et disposés les uns au-desssus des autres sur une sorte d'échaffaudage. Des gouttières en bois recueillent les liquides filtrés. Dans ce cas encore, il faut avoir soin de faire passer plusieurs fois sur le filtre des premières portions. Le liquide filtré est vert sale ; 10 centimètres cubes de cette liqueur ne doivent pas correspondre à plus de 0,2 ou 0,3 centimètres cubes de solution de permanganate de potasse.
- On agite souvent le contenu des filtres avec des spatules en bois; au bout de deux jours, ils sont complètement égouttés. On soumet la matière colorante à un second traitement semblable au précédent, à l’exception du cas où le liquide filtré de l’opération précédente présente une teinte bleu clair. Aussitôt que ce point est atteint, on peut considérer le carmin comme parfaitement pur et propre à être exprimé. Dans la plupart des cas, pour obtenir un produit bien brillant, il est bon de faire encore une dernière opération. Dans ce but, on vide
- (1) Nous avons conservé le terme lavage employé par l’auteur, bien que l’opération désignée par ce mot soit plutôt une reprécipitation qu’un lavage proprement dit.
- (Note du traducteur.)
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- de nouveau les filtres dans le bac, et on verse sur le produit, pour chaque kilogramme d’indigo, 30 litres d’eau bouillante; on supprime l’addition sulfurique et on précipite avec une solution concentrée de sel. On agite bien, on laisse refroidir, on filtre de nouveau et on laisse égoutter aussi bien que possible. Il semble peu pratique d'enlever tant de fois le précipité du filtre; mais nous avons toujours obtenu ainsi de meilleurs résultats qu’en lavant sur le filtre même.
- Si on a employé de l’indigo de basse qualité, le lavage doit être répété trois ou quatre fois, jusqu’à ce que le liquide passe avec une couleur bleu clair. On place alors la matière dans des tissus de laine et on la comprime dans des presses disposées à cet effet. Le carmin est alors prêt à être livré au commerce. Il est sous forme de pâte, dont dix parties doivent correspondre à une partie d’indigo. Pour éviter que le carmin ne se dessèche trop vite, on le mélange avec un peu de glycérine brute. Il faut de temps en temps laver à l’eau bouillante les toiles à filtrer et celles qui servent à l’expression. On fait ensuite rentrer dans la fabrication le liquide ainsi obtenu.
- (Dingler’s Polytechnische Journal.)
- CLAIR DE LUNE
- ET TEINTES DE MODE,
- Le nom est nouveau, mais la nuance ne l’est pas-, nom et teinte sont à la mode : c’est ce qu’il nous importe le plus de savoir.
- Ce nom a-t-il été inspiré par un grand succès artistique du moment : le beau tableau « Clair de Lune » de M. Daubigny, au salon des Beaux-Arts; c’est ce qui est probable, et aussi d’un intérêt secondaire.
- Qnant à la teinte elle-même, on ne peut y voir autre chose qu’un bleu indigo, tel que ceux que l’on obtient par la cuve ou par les bleus d’aniline sombres ; son exécution rentre donc dans les procédés courants.
- L’échantillon ci-dessus est un tissu pour fleurs ;
- c’est dans ces articles qu’on trouve la primeur des ; modes et les variétés de nuances d’une même teinte i les plus complètes ; ce sont donc toujours eux que : nous prenons comme type, lorsque nous n’avons 1 qu’à produire une teinte en faveur, et non à donner la description d’un procédé de teinture, auquel cas . nous devons teindre l’échantillon nous-mêmes, ou avoir la certitude du procédé que l’on a suivi pour l’obtenir.
- Les bleus foncés restent donc toujours à la mode, aussi signale-t-on encore les bleus-marine et les ardoise comme continuant à jouir de la faveur du public-, ces teintes s’obtiennent par les produits d’aniline que l’on nomme bleus-noirs et bleus foncés. Les teintes bronze sont également très-demandées ; ces teintes sont très-connues du teinturier.
- Nous remarquons, toutefois, que toutes ces teintes sont des couleurs foncées et qui semblent peu favorables à la saison d’été ; parmi les claires, nous n’en avons cependant qu’une à signaler, c’est la chartreuse, ou variété de la nuance tilleul : un peu plus foncée que cette dernière, et tirant davantage sur le jaune.
- En général, du reste, les jaunes sont toujours très-portés, ainsi que nous l’avons fait remarquer récemment.
- La mandarine, néanmoins, est peu à peu abandonnée ; quant à la teinte crème, il y a déjà longtemps qu’il n’en est plus question.
- CHRONIQUE
- MATIÈRES TINCTORIALES
- de la
- CONFÉDÉRATION ARGENTINE (1).
- L’art de la teinture, sur le Rio de la Plata, a son histoire comme en tout autre pays. Ce n’est, cependant que depuis 1867, époque où l’établissement A. Prat fut fondé à Buenos-Ayres, que cet art suit réellement les procédés enseignés par la science moderne.
- (t) Nous traduisons du journal industriel et agricole la Plata, publié à Buenos-Ayres, sous la direction de M. L.-M. Massenet, les lignes suivantes, qui intéresseront certainement nos lecteurs
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- Si cette importante usine n’emploie actuellement que 50 à 60 ouvriers, cela tient à ce qu’il n’existe encore aucune fabrique de tissus dans la Confédération Argentine. Ce n’est cependant pas faute de moyens mécaniques, puisque les machines et les appareils sont là, attendant les produits et prêts à fonctionner à l’instar de l’Europe.
- En attendant, l’usine s’occupe principalement de remettre à neuf les tissus détériorés par les avaries de mer et ceux devenus impropres à la vente, par suite du grand approvisionnement des magasins et des changements de mode.
- Nous devons à M. A. Prat les données suivantes sur les matières tinctoriales si richement abondantes dans ces contrées et nous lui cédons la parole :
- « Les indigènes teignent leurs tissus, qu’ils fabriquent à la main, en noir., rouge, jaune, bleu, violet et vert ; ils emploient une variété considérable de racines et de plantes pour produire ces diverses couleurs. Comme mordants, ils se servent de diverses sortes de terres contenant l’alumine, la silice et le fer. Ils obtiennent des couleurs très-solides, quoiqu’elles manquent de brillant et de fraîcheur. Ces moyens d’appliquer les couleurs sont extrêmement longs et grossiers, comparés à ceux employés en Europe.
- Voici les noms vulgaires des matières tinctoriales le plus généralement employées par les indigènes :
- Coloration en noir jaune.
- Muyé (sumac).
- Alyarobiil (fruit du caroubier).
- Racines d’abricotier.
- Jumé (plante).
- Quebracho Colorado (bois) (aspidospernum) .
- Hollin (suie).
- Coloration en rouge.
- Racines colorées (Garance).
- Cochenille.
- Coloration en bleu.
- Anil ) . ..
- Ancallo ( indiso.
- Coloration en jaune.
- Racines de quebrachillo (Curcuma).
- Mûrier.
- Rocou.
- La matière la plus abondante et la plus importante de toutes, pour l’exportation, est le quebracho Colorado (bot aspidospernum) ; à l’exposition de
- Cordoue en 1871. M. A. Prat a exposé un produit cristallisé extrait du quebracho.
- L’extrait de quebracho peut être fabriqué très-couramment sur les lieux même de production où le combustible est peu coûteux. C’est un produit d’une grande utilité pour la teinture sur coton et pour diverses autres industries, la tannerie, par exemple.
- En 1872, M. A. Prat envoyait un échantillon de ce produit à l’importante fabrique d’extraits de bois de teinture, MM. Dubosc et Ce du Hvre, et en 1873, à son retour de France, il expédiait à ces mêmes fabricants, 20 tonnes de bois de quebracho, pour qu’ils pussent faire un essai.
- Depuis lors, il s’en est expédié des milliers de tonneaux, grâce à l’initiative de M. Prat (I).
- SUR LES ENCRES NOIRES
- Par M. E.-H. Viedt (de Braunschweig) 1
- I. — ENCRES A LA NOIX DE GALLE.
- Les parties constituantes essentielles de ces encres sont les suivantes : de l’acide tannique ou un corps qui le contienne, un sel de fer et un épaississant susceptible de tenir en suspension dans le liquide le tannate de fer insoluble qui constitue la partie colorante de l’encre.
- Comme produit contenant de l’acide tannique, on emploie presque exclusivement les noix de galle d’Alep ou de Chine, et plus rarement, le tan, le sumac, le cachou, les racines de tormentille, le bablah, le dividivi ou la gomme Kino. Outre ces corps, on emploie souvent, non pas comme succédané des noix de galle, mais comme substance fortement colorante, la teinture du bois de cam-pêche.
- La solution aqueuse du tannin se convertit par la fermentation en acide gallique et en sucre.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1875, page 275.
- 1 Traduction de M. Aug. Guérout.
- Ce travail publié par M. le docteur Quesneville est l’étude la plus complète et la plus pratique qui ait été faite jusqu’à présent, sur les encres à écrire ; il est ainsi divisé : 1. Encres à la noix de g al le. 11. Encres au campêche. III. Encres noires à l'aniline. \N. Encres à copier. V. Encres en poudre et en tablettes.
- (Pour les encres de couleur à l’aniline, voir le Moniteur delà Teinture, année 1869, page 278 ; année 1874, page 57, et année 1875, pages 93 et 154.
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- Sous l’influence d’un ferment que contiennent les galles d’Alep, cette fermentation se produit d’elle-même pendant l’ébullition à l’air de leur infusion. Les galles de Chine, au contraire, ne contiennent pas ce ferment; en sorte que, pour provoquer le dédoublement de leur tannin en acide gallique et en sucre, il faut ajouter à leur infusion de la levure ou des galles d’Alep.
- Des solutions concentrées de sel de protoxyde de fer donnent avec les liqueurs contenant du tannin un précipité blanc volumineux; quand les liquides sont étendus, il ne se fait pas de précipité. Les sels de peroxyde de fer donnent avec un excès de tannin un précipité noir-bleu de tannate d’oxyde de fer intermédiaire et non de peroxyde, car une partie de l’oxyde se trouve réduit.
- Ce tannate d’oxyde de fer intermédiaire se forme aussi par l’exposition à l’air d’un mélange de solution de tannin et de sel de protoxyde de fer, par suite de l’oxydation du protoxyde. Lorsque le tannin est en excès, les persels de fer eux-mêmes ne donnent pas de précipité, parce que tout l’oxyde se trouve réduit. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que le liquide se colore en noir-bleu ; plus tard, le tannate de fer se dépose au fond du vase et laisse la liqueur surnageante d’un vert sale. Si l’on fait bouillir le mélange d’un persel de fer avec du tannin, il se dégage de l'acide carbonique, et le liquide se décolore -, c’est pourquoi on ne doit jamais chauffer jusqu’à l’ébullition de l’encre déjà faite.
- L’acide gallique se comporte avec les sels de fer à peu près comme l’acide tannique. Les sels de protoxyde ne donnent lieu à aucune réaction ; mais, sous l’influence de l’air, le liquide se colore d’abord en rougeâtre, puis en violet, puis en bleu foncé, et enfin il se produit un précipité noir-bleu de gallate d’oxyde intermédiaire qui tombe au fond du vase. Ce précipité se produit immédiatement avec les sels de peroxyde. Il est à remarquer que le gallate de fer se dépose beaucoup moins vite que le tannate correspondant, et que la liqueur bleu foncé, contenant encore en solution le gallate, est douée d’un grand pouvoir colorant.
- La valeur des matières tannifères pour la préparation de l’encre dépend en première ligne de leur teneur en tannin utilisable. On devra donc, en général, donner la préférence à celle de ces substances qui coûte le moins cher à proportion égale de tannin. Il faut cependant tenir compte de ce que, parmi les acides tanniques, ceux qui bleuissent les
- sels de fer, le tannin par exemple, donnent une encre d’une belle teinte, tandis que ceux qui verdissent les sels de fer (l’acide du sumac par exemple) donne une encre d’un ton vert sale, à peine utilisable. D’un autre côté, un certain nombre de matières contenant des acides bleuissants ne peuvent guère être employées, parcequ’elles contiennent d’autres matières colorantes qui modifient le ton de l’encre; ainsi, les racines de tormentille (tormen-tilla erecta) renferment un piment rouge qui donne à l’encre une teinte fauve désagréable.
- En mettant de côté les matières qui ne peuvent être employées par suite de ces inconvénients, on trouve que, de toutes les matières tannantes, les noix de galle sont encore les moins coûteuses. Les plus avantageuses sont les galles de Chine, qui contiennent 72 p. 100 de tannin et valent(en Allemagne) 2 fr. 20 le kilogramme; viennent ensuite les gallons du Levant (Quercus Ægyplops), les galles d’Alep, qui, avec une teneur de 60 p. 100 de tan-nin, se paient 2 fr. 70, et enfin les qualités inférieures de Morée, d’Istrie, etc. Il est donc préférable d’employer uniquement pour la fabrication de l’encre les galles de Chine. On a souvent dit que cette sorte de noix de galle ne pouvait être employée : c’est une grave erreur. Au contraire, elles sont préférables aux galles d’Alep, non-seulement par leur bon marché et leur teneur en tannin, mais encore parcequ’elles contiennent beaucoup moins de matières gélatineuses extractives, et fournissent en conséquence des encres beaucoup moins sujettes à moisir. Il est vrai, comme nous l’avons déjà dit, qu’elles manquent du ferment que contiennent les galles d’Alep; mais, comme l’acide gallique n’est pas indispensable à la fabrication de l’encre, cela ne peut être considéré comme un défaut.
- Pour extraire le tannin des noix de galle, on les concasse et on les mélange avec une égale quantité de paille hachée ; on introduit ce mélange dans un tonneau de chêne aussi haut et aussi étroit que possible et muni à sa partie inférieure d’un robinet ; et, au-dessus, d’un double fond percé de trous. On tasse bien la masse dans le tonneau, on verse dessus de l’eau chaude et on ouvre le robinet de manière que le liquide chargé de tannin coule très-lentement ; on repasse plusieurs fois ce liquide sur les noix de galle pour les épuiser complètement. Dans cette opération, les fragments de noix de galle se gonflent beaucoup, et cette circonstance empêcherait le passage du liquide sans la présence des fétus de paille. Il vaut mieux employer de l’eau
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- chaude que de l’eau bouillante, parce que cette dernière dissout une trop grande quantité de matières gélatineuses susceptibles de provoquer la moisissure. Dans une fabrication en grand, il devrait être avantageux de remplacer cet appareil d’épuisement par une série de petits diffuseurs, analogues à ceux des fabriques de sucre. Par la méthode d’épuisement, on doit arriver à obtenir un liquide contenant 5 à 6 p. 100 de tannin, ce dont on peut s’assurer par n’importe quel procédé (le plus simplement par la méthode deFehling, par la gélatine, bien que cette méthode ne donne pas des résultats tout à fait applicables à la fabrication de l’encre, puisqu’elle ne tient pas compte de l’acide gallique, qui, pour cette industrie, a une valeur à peu près égale à celle du tannin.)
- Comme nous l’avons dit plus haut, l’acide gallique se forme pendant le traitement par l’eau des galles d’Alep, sous l’influence de l’air; mais il se forme en si petite quantité que l’erreur produite par suite dans le procédé Fehling est insignifiante. Dans le cas des galles de Chine, cette formation d’acide gallique n’a pas lieu. Suivant le résultat de l’essai, on étend le liquide d’épuisement ou on le concentre par évaporation, de façon à l’amener au volume correspondant à 5-6 p. 100 de tannin. Il est bon, pour l’empêcher de moisir, d’ajouter 3 à 5 gouttes d’acide phénique pur par litre, et si l'o-deur de cet acide est trop désagréable, on peut le remplacer par l'acide salicylique. Les autres antiseptiques sont, soit trop chers, comme le sulfate de quinine, soit trop vénéneux, comme l’acide arsénieux, le calomel, etc. ; la plupart des agents proposés pour empêcher la moisissure ne produisent aucun effet, ou bien n’agissent que lorsqu’ils sont employés en grande quantité; tels sont le vinaigre de bois, la glycérine, l’alcool, le sel marin, etc.
- Comme dissolvant du tannin, l’eau est le liquide le meilleur et le moins cher ; elle peut être calcaire sans que cela nuise à l’encre. Il faut rejeter, au contraire, l’huile, que l’on employait autrefois et qui n’est d’aucune utilité, et aussi le vinaigre, qui attaque les plumes.
- Pour ce qui est des sels de fer, il est aisé de voir, à priori, qu’il faut éviter l’emploi des persels, par-cequ’ils forment un précipité qui se,dépose très-vite, même dans un liquide visqueux, et donnent par suite, une encre épaisse et granuleuse ; cette observation s’applique principalement aux sels à acide organique et en particulier à l’acétate des
- sesqui-oxyde de fer que l’on trouve indiqués à tort dans quelques formules d’encre.
- Les sels de protoxyde de fer ne réagissant immédiatement pas sur le tannin, mais donnant naissance très-lentement, sous l’influence de l’air, au tannate de fer, produisent ce composé sous forme de précipité excessivement fin et fournissent une encre bien liée. Les mélanges de persels et de protosels ne sont pas à recommander, car les avantages des derniers se trouvent alors contre-balancés par les inconvénients des premiers. Le mieux est donc d’employer tout simplement un sel de protoxyde de fer ; le seul dont on puisse se servir est le sulfate, car les autres sels de protoxyde sont, soit trop insolubles, soit trop chers.
- L’analyse du tannate de fer extrait de l’encre montre qu’il contient pour 100 grammes de tannin 17 gr. 8 de fer; d’après cela, il faudrait pour 100 grammes de taunin 88 gr. A de sulfate de fer critallisé -, mais comme le sulfate de fer est toujours un peu humide, il est bon d’en prendre 90 parties pour 100 de tannin, ou, ce qui revient au même, d’ajouter à chaque litre d’extrait de noix de galle autant de fois 9 grammes de vitriol vert qu’il y a de parties de tannin pour 100 dans ce liquide. Naturellement, l’encre préparée avec du sulfate de protoxyde pur se colore un peu à l’air, par oxydation; si on laisse cette oxydation aller trop loin, l’encre se dépose facilement -, à part cet accident, on a une encre très-claire et ne noircissant que sur le papier. Pour éviter cette pâleur de l’encre et avoir cependant une solution sans précipité, on emploie deux moyens ; le premier est une addition de décoction de campêche ; le second la coloration du liquide par une matière colorante soluble dans l’eau.
- Sans vouloir nous occuper ici des propriétés de la matière colorante du campêche, nous rappellerons que la décoction de ce bois, en s’oxydant à l’air, prend une teinte qui varie depuis le jaune-brun jusqu’au rouge-pourpre, et qu’elle donne alors avec l’alun et les sels de fer et de cuivre des précipités violet foncé ou noir ; ces précipités se déposent d’ailleurs un peu plus lentement que le tannate de fer. Il s’ensuit que cette addition de campêche ne remédie pas au mal • comme cette décoction cependant est douée d’un grand pouvoir colorant, elle permet, si l’on a soin de conserver le liquide à l’abri de l’air, d’obtenir une encre qui ne dépose pas. Les caractères tracés avec cette encre sont d’abord bruns, puis noircissent. Dans le cas où l’on
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- se sert de campêche, il est bon de l’employer sous forme d’extrait; ce corps contient la matière colorante à son maximum d’oxydation; en outre,il est presque complètement soluble dans l’eau, tandis que le bois de campêche cède difficilement la totalité de son principe colorant ; on trouve souvent des formules indiquant en même temps que les noix de galle et le sulfate de fer, le bois de campêche et le sulfate de cuivre -, ces deux mélanges donnent des précipités noir-bleu ; le sulfate de cuivre produit cependant avec la noix de galle une teinte brune qui nuit à la couleur de l’encre. Il est donc préférable de supprimer le sulfate de cuivre et de n’employer que du sulfate de fer, d’autant plus que ce dernier produit aussi avec le bois de campêche un composé noir.
- 100 parties de bon campêche remplacent 20 parties de tannin ou 30 parties de galle de Chine ; l’extrait de campêche a un pouvoir colorant six fois plus grand que celui du bois lui-même. Une encre à la noix de galle, additionnée de campêche, exige la même quantité de sulfate de fer que l’on aurait employée sans cette addition.
- Au lieu de campêche, on emploie souvent, pour colorer ainsi provisoirement l’encre, d’autres matières colorantes solubles dans l’eau. On peut se servir à cet effet de toute substance douée d’un pouvoir colorant assez intense et qui ne soit altérée ni par le tannin, ni par les sels de fer ; on doit toujours cependant donner la préférence aux couleurs bleues ou noir-bleu, parce que leur teinte se rapproche le plus de celle du tannate de fer et que cette teinte est celle qui se trouve le plus facilement masquée lorsque l’encre noircit. On n’a donc à choisir qu’entre un très-petit nombre de matières colorantes.
- Le bleu de Prusse, le bleu Turnbull et le bleu de Paris sont insolubles ou le deviennent lorsqu’ils se trouvent en présence d’un excès de sels de fer, ce qui a lieu dans l’encre de noix de galle ; les bleus d’aniline et les bleus de méthyle sont altérés par le tannin ; l’outremer est insoluble ; les bleus de cuivre donnent avec le tannin des précipités de couleur sale; il n’y a que les bleus d’indigo que l’on puisse employer.
- On sait que l’indigo n’est soluble en quantité notable que dans l’acide sulfurique concentré ; mais, la solution une fois faite peut être notablement étendue, sans que l’indigo se précipite ; le carmin d’indigo se dissout aussi, bien que difficilement, dans de l’eau (1 partie dans 140 parties d’eau froide).
- Cette espèce d’encre à l’indigo a été introduite dans le commerce par M. Leonhardi (I), sous le nom à'encre a l’alizarine (ali^rin tinte), et elle a conservé ce nom quoique n’ayant rien de commun avec l’alizarine. Le nom pins convenable d’encre à l’iza-tine n’a pas été adopté. L’encre à l’alizarine eut d’abord beaucoup de vogue, mais on reconnut bientôt qu’elle n’avait pas réellement tous les avantages qu’on lui attribuait et on cessa peu à peu de l’employer. Cependant cette encre, préparée convenablement, est une excellente encre à écrire et à copier et on n’en peut que recommander l’emploi.
- Pour préparer une bonne encre à l’alizarine, il faut employer du sulfate de fer bien pur et éviter la .formation dans le liquide du tannate de fer ; l’encre doit donc être parfaitement claire. On prépare d’abord un extrait liquide de noix de galle à 5 ou 6 pour 100 et une solution sulfurique d’indigo. Dans cette dernière solution, on introduit du fer métallique (clous, tournure, etc.) en quantité correspondant à ce qu’il faut de sulfate de fer pour la quantité de solution tannique employée. Le protosulfate de fer se produit dans la solution de sulfate d’indigo, et l’on évite ainsi toute formation de sulfate peroxyde.
- A suivre.
- I | -----------------------------------------
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 1 U,792. — Bureau. — Manche de fouet excentrique appliqué au tissage. — Une entaille et une bosse sont disposées sur le fouet pour former une courbe excentrique suivant laquelle la laine devra être enroulée ; cette disposition supprime les mortaises et embases des fouets ordinaires.
- 114,806. — Patrelle. — Produit solide (soluble) et liquide, dit patagine Patrelle, destiné au nettoyage des étoffes. — Extrait de l’arbre du Chili, appelé patagua et combiné avec du sulfate de magnésie, de la saponaire, de la dextrine et de la fécule de pomme de terre ; après cuisson, le tout forme une pâte homogène.
- 114,809. —Rambouillet. — Tartrifuge végétal
- (1) Journal de Dingler 1856. Avant lui, Stephens et Kayser avient cherché, mais sans y réussir, à introduire dans le commerce des encres analogues. (Voy. Journal de Dingler, 1856.)
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- désincrustant pour appareil à vapeur. — 15 kilogrammes d’extrait d’écorce de cèdre sont mélangés à 20 kilogrammes de mélasse et au blanc de six œufs pour un générateur de 80 chevaux.
- 114,821. —CORRON. — Machine à sécher, à fil droit, toutes matières filamenteuses. — Le but de cette machine est de sécher à fil droit les matières textiles, à l’aide de la force centrifuge. A cet effet, les écheveaux sont placés horizontalement sur un plateau tournant, ou verticalement sur un croisillon monté sur l’arbre de la machine. Tout l’appareil tournant est enveloppé d’un cylindre en tôle percé ou en toile métallique.
- 114,841. — Reyboz et MOLLIER.— Rabot à tournure pour chapellerie. — Destiné à effectuer d’une manière convenable et régulière le bordage des chapeaux, ce rabot peut avoir plusieurs formes ; mais, en tout cas, il porte une lame inférieure coupante, réglée par un coin, selon la quantité de matière que l’on désire enlever sur les bords du chapeau.
- 114,845. — Steel et Smith. — Perfectionnements dans la méthode et l’appareil à adoucir la tension des boudins ou rubans dans les pots à rubans ou pots d’étirage des filatures. — Introduit dans le pot, le ruban repose sur un plateau au-dessous duquel est un ressort à boudin qui opère le soulèvement de la matière à mesure du filage.
- 114,847. — VINCENT. — Traceuse mécanique, rectiligne, fonctionnant à la main, pour carton, papier, cuir, étoffes, etc. — La table reçoit les extrémités d’un fer à double T servant de rail à la traceuse; cette dernière consiste en deux joues garnies intérieurement de plusieurs galets à ressorts de maintien ; sur la face supérieure de l’une des joues est adaptée à une glissière une chape verticale, mobile sous l’action d’une petite vis de pression, et dans laquelle est placée la molette traceuse des cartons.
- 114,869. — IRELAND. — Instrument servant à mesurer ou à vérifier les vitesses relatives des surfaces tournantes, et spécialement destiné à déterminer le degré d’étirage dans les machines de préparation ou de filature, ainsi qu'à apprécier la fourniture ou le renvidage des rubans ou des fils. — Les deux branches de l’appareil, réunies entre elles à l’une de leurs extrémités, portent à l’autre des galets munis de cliquets ; l’un de ces galets porte en outre un cadran indicateur sur lequel la vitesse circonférentielle est indiquée. Chaque galet
- possède un arrêt qui les force à commencer simultanément leur mouvement de rotation.
- 1 14,870. — KALLAB. — Procédé de blanchiment des fibres textiles d'origine animale. — On commence par nettoyer et dégraisser les matières à blanchir, puis on les immerge dans un bain composé d’eau et de li-hydrosulfure de sodium à l’état frais ; ensuite on y ajoute de l’acide acétique ; on remue le tout avant l’immersion des matières à blanchir.
- 114,878. — Ryo. — Perfectionnements aux machines à doubler les fils textiles. — La bobine qui reçoit la matière doublée est portée par une broche adaptée à un bras de levier à charnière; le bras de déclanchement à rotation provoque le soulèvement de ce bras de levier au moyen d’un bouton venant buter contre le plan incliné de la charnière ; ce bras de déclanchement porte une vis servant de tourillon à une pièce demi-circulaire agissant par son poids sur la charnière de la broche ; cette action provoque l’arrêt immédiat de la vitesse acquise du bobinot d’enroulement.
- ! 14,895. — Durand. — Procédé de neutralisation, par voie des sels insolubles, des acides employés pour l’épaillage chimique des laines, soies, plumes et autres dépouilles animales. — L’acide sulfurique habituellement employé dans l’épaillage chimique des laines, soies, etc., est neutralisé par l’emploi du carbonate de chaux et du carbonate de baryte.
- 114,933.—Lamon. — Perfectionnements aux machines peigneuses, système Noble. — Le mouvement rectiligne alternatif des deux brosses qui servent à engager la laine dans les aiguilles des peignes est ici produit à l’aide d’une poulie motrice commandant par courroie une autre poulie ; celle-ci est venue de fonte avec un excentrique qui actionne par une bielle le tourillon solidaire du porte-brosse.
- 114,950. — CANUZAC père et fils. — Procédé de parage des fils en écheveaux pour chaînes à tisser. — Les écheveaux, imprégnés à chaud de colle, sont essorés, puis macérés en tas ; on les étend sur des perches, et c’est après séchage qu’on les présente avec leur perche à la machine à brosser.
- 115,003. — Orr. — Perfectionnements dans le traitement des tissus imprimés ou teints avec du noir d’aniline. — Afin d’empêcher le verdissage, les tissus, imprimés et fixés de 24 à 48 heures comme d’ordinaire, sont passés entre les rouleaux
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- d’un bain bouillant de bi-chromate de potasse avec addition d’un peu d’acide, puis lavés à l’eau bouillante et au savon. Séchés, ils sont ensuite soumis à un bain froid de chlorate d’alumine ; séchés de nouveau, ils sont finalement soumis pendant une demi-heure à l’action de la vapeur.
- 115,005. — Pradalier. — Machine tondeuse, grilleuse, à six cylindres et à lames torses. — Sur un bâti sont six cylindres tondeurs sur lesquels passe le tissu pendant que ce tissu est soumis à l’action du grillage de flammes de gaz.
- 115,016.—Damqn. — Appareil appliqué aux métiers de tissage pour rubans, velours, étoffes, régularisant la largeur du tissu en supprimant la rendue du p eigne, appareil dit régulateur à aiguilles Damon. — A l’aide d’aiguilles plongeantes, l’appareil supprime la rendue du peigne en maintenant constante la largeur qu’il doit donner au tissu -, les aiguilles peuvent être placées extérieurement ou intérieurement sur les bords du tissu.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- A PROPOS DE L’EXPOSITION DE 1878.
- Le Propagateur de l’Industrie et des Inventions publie l’article suivant, aux idées duquel nous nous associons :
- Beaucoup d’inventeurs peu fortunés ont fait des demandes d’admission à l’Exposition; ils espèrent généralement que leur état précaire va cesser, que l’excellence de leur découverte va attirer à eux les capitaux ; pour beaucoup, cet espoir sera trompé.
- Si à l’Exposition de 1878 la place est gratuite, l’exposant n’en a pas moins à supporter, outre les frais de modèle et de fabrication de sa machine, ceux de transport et d’installation; s’il ne peut faire la dépense d’un séjour à Paris pendant tout le temps de l’Exposition, il est obligé de payer un représentant pour faire connaître et expliquer au public son invention.
- Il serait à désirer que, pour venir en aide aux inventeurs dont les ressources sont insuffisantes, et le nombre en est grand, un crédit spécial fût demandé aux Chambres, de manière à pouvoir fournir aux inventeurs qui en auraient besoin les moyens de construire et d’installer leurs inventions à l’Exposition; le Comité d’admission serait chargé d’apprécier la valeur des inventions qu’il s’agirait d’aider et de déterminer les sommes qui leur seraient allouées.
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce doit, dit-on, prendre l’initiative pour cette mesure; espérons qu’il le fera promptement et que les Chambres lui accorderont un crédit qui intéresse au plus haut point la classe des inventeurs, si digne d’intérêt.
- Signalons encore une lacune dans les mesures prises par l’administration de l’Exposition et que jusqu’à ce jour, croyons-nous, on n’a pas encore songé à combler. Après le terme fatal fixé poulies demandes d’admission, beaucoup d’inventions se sont produites et se produisent tous les jours; refusera-t-on de les admettre à aucun titre à l’Exposition? Cela ne serait pas juste, car on ne pouvait demander leur admission avant qu’elles soient nées ; nous espérons bien qu’on leur trouvera une petite place ; seulement, il serait urgent que les nouveaux inventeurs en soient instruits promptement pour avoir le temps de se préparer.
- INCENDIE PAR SUITE D'EXPLOSION ; RESPONSABILITÉ DES COMPAGNIES.
- Le 49 novembre 1874, une explosion éclate à St-Denis dans l’usine de produits chimiques et de couleurs de M. Poirrier. L’enquête à laquelle il est procédé fait ressortir que le préjudice résultant de l’incendie est évalué à 525 fr., et le préjudice résultant de l’explosion à 56,808 fr. Les compagnies d’assurances offrent de payer la première somme, mais non pas la seconde, en alléguant qu’elles avaient assuré contre le feu et non contre une explosion.
- Dans son audience du 31 janvier, le tribunal civil de la Seine a repoussé cette distinction, attendu que les compagnies d’assurances contre l’incendie sont responsables de tous les dommages causés par le feu; qu’il n’est pas contesté par elles que l’explosion a été produite par une flamme qu’un ouvrier a imprudemment approchée de matières inflammables ; que dès lors tous les dommages sont résultés du feu, cause déterminante du sinistre, et doivent être supportés par les assureurs.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique Hydrate d'alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Les Gérants : F. GOUILLON & P. Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, No 11. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juin 1877
- SOMMAIRE
- Note sur le traitement et la teinture des matières textiles, par M. Eug. DURRWELL. — Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Machine à laver, système LEGRAND (gravure). — Couleurs mode : Chartreuse, Loutre (échantillons).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Dosage de l’anthracène. — Sur les encres noires à écrire (suite), par M. E. VIEDT.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Tarif des douanes pour les matières textiles et tinctoriales, projet de loi (suite). — Exposition universelle de 1878. — La fuchsine dans les vins.
- NOTE
- SUR LE TRAITEMENT ET LA TEINTURE DES MATIÈRES TEXTILES (I)
- Par M. Eug. DURRWELL,
- Chimiste-teinturier.
- DES MATIÈRES TEXTILES EN GÉNÉRAL.
- On sait qu’on entend par matière textile tout corps, soit animal, soit végétal, susceptible d’être filé et tissé, de façon à donner un fil et un tissu d’une consistance suffisante pour les besoins auxquels on le destine. Le nombre des matières textiles est très-grand. Au point de vue de la filature et du tissage, tous ces corps se ressemblent, sauf les traitements qui sont du domaine de la mécanique. Au point de vue chimique, il en est tout autrement : la composition chimique de ces corps variant, leurs propriétés changent.
- Les trois types des matières textiles sont : la laine, la soie, le coton ; il en est d’autres qui se rapprochent en composition de ces trois ; nous les classerons ainsi :
- ! Coton, Lin, Chanvre, Alfa.
- Nous ne nous occuperons que des matières ci-dessus nommées, car ce sont les seules qui occupent une place assez grande dans l’industrie.
- En teinture, les matières textiles passent par quatre phases : traitement préalable, blanchiment, teinture et apprêt.
- Le traitement préalable consiste à enlever à la
- (1) Bulletin de la Société chimique.
- matière textile les substances qui lui sont étrangères au point de vue de son utilisation. Il s’opère ordinairement avant la filature et le tissage.
- Le blanchiment ne peut se faire qu’après filature ou tissage ; il a pour but d’enlever toutes les impuretés qui auraient pu s’introduire dans les matières textiles pendant leur traitement mécanique, et d’enlever celles qui auraient pu y rester pendant le traitement préalable.
- La teinture suit le blanchiment ; elle consiste à fixer sur un fil ou un tissu une ou plusieurs matières colorantes, de façon à obtenir la couleur, la nuance et la solidité de teinture désirées. On peut teindre en pièces ou en flottes, c’est-à-dire avant ou après tissage.
- L'apprêt consiste à fixer un corps sur le fil ou le tissu, de façon à leur donner un brillant et de la consistance.
- DE LA LAINE ET DU POIL.
- La laine, telle qu’elle vient de l’animal, est une matière organique azotée, contenant une petite quantité de soufre; elle est recouverte- d’une matière grasse, nauséabonde, nommée suint; cette matière est presque entièrement oxydée ou, pour parler d’une manière plus explicite, rancie. Les autres poils, tels que le poil de chèvre, le poil de chameau, etc., sont d’une composition analogue, mais sont plus ou moins recouverts de suint.
- Tous les procédés ayant pour but de séparer le suint de la laine sont basés sur la saponification de ce suint. On traite la laine par la soude, on lave et on utilise le savon formé en le transformant en savon de chaux. On peut aussi tremper la laine dans de l’huile et saponifier ensuite -, la saponification est plus complète.
- Le suint s’oxydant au sortir des pores de l’ani-
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- mal, et surtout par son long contact avec l’air dans la toison, j’essayai de le désoxyder au moyen de l’hydrogène naissant ; la laine étant ainsi traitée, la saponification est des plus complètes. Afin de détruire les matières étrangères contenues dans la laine telles que chardons, paille, on la trempe dans un bain d’acide sulfurique très-étendu d’eau, et on la place dans un endroit chaud. La matière végétale se carbonise, mais la laine est toutefois un peu attaquée.
- BLANCHIMENT DE LA LAINE.
- Avant la teinture, il faut blanchir la laine, soit en flottes, soit en pièces. Pour cela, on passe les flottes dans un bain de savon bouillant, on lave et on avive dans l’acide sulfurique étendu.
- Les tissus de laine passent sur des rouleaux de bois plongés dans des bains de savon bouillant ; il faut, dans ce cas, éviter toujours les éraillures et les plis, qui occasionnent des cassures après dessiccation et rendraient la pièce inutilisable.
- Après passage au savon, la pièce est traînée dans un bain d’eau pure, puis passée à un léger avivage.
- Le traitement au permanganate de potasse réussit très-bien, mais demande beaucoup de soins. La pièce est passée dans un bain de 5 parties de permanganate pour 100 parties d’eau; lorsque tout le permanganate nécessaire pour oxyder les impuretés s’est transformé en peroxyde de manganèse, on passe dans un bain bouillant de :
- Eau................................ 100 parties.
- Bisulfite de soude...... 8 —
- Acide chlorhydrique..... A —
- Le tissu blanchi, on lave à l’eau bouillante ; il est rare qu’on soit obligé de répéter l’opération.
- Dans le traitement des laines, il faut éviter tout vase en cuivre : ils sont presque toujours la cause de fâcheux accidents. En me servant d’appareils connus sous le nom extenseursy dans lesquels la pièce passe sur des rouleaux en cuivre plongés dans un bain de savon bouillant, j’ai pu observer dans tous les cas, et malgré l’extrême propreté de ces appareils, des taches et des plaques brunes dues à la combinaison du cuivre et du soufre de la laine en présence d’un sel alcalin. Afin de reconnaître ces taches de cuivre, il suffit de passer le tissu dans une dissolution de chlorure d’étain : s’il y a du cuivre, il se forme une tache de la couleur du cuivre métallique.
- Pour enlever les taches de cuivre sur laine, j’ai passé les pièces dans un bain bouillant de 2,300
- parties de cyanure de potassium pour 100 parties d’eau, avivé et lavé.
- TEINTURE DE LA LAINE.
- Notre but n’est point de chercher tel procédé ou tel autre employé dans tel atelier de teinture ; nous chercherons à donner une idée générale de la teinture sur laine.
- La laine se teint au bouillon ; plusieurs auteurs prétendent que la facilité plus ou moins grande que les matières textiles ont à prendre ou à retenir la teinture dépend du nombre, de la grandeur et de la disposition des pores et de leurs proportions avec les matières colorantes.
- En alunant très-fort 500 grammes de laine et 500 grammes de soie, il faut, pour obtenir la même intensité de teinture :
- Pour 500 grammes de soie, 76 grammes de cochenille ;
- Pour 500 grammes de laine. 30 grammes de cochenille.
- Dans la question de mordants, la laine et la soie sont analogues, avec la seule différence que la laine se teint au bouillon et la soie à froid, lorsque cette dernière est mordancée. (G, van Lær.) Le coton se teint à froid parce que ses pores sont plus resserrés, cela est juste; mais en enlevant le mordant, la question doit être considérée tout autrement : il y a une autre cause que la cohésion, il y a souvent affinité chimique, surtout avec les dérivés de la houille. Souvent, aussi, il faut un mordant ; alors ce n’est point la matière textile qui agit, c’est le mordant. Le tissu n’agit là que comme support, le mordant se combine avec la matière colorante.
- Une fois la laine et les poils blanchis, ils sont propres à la teinture.
- Pour teindre la laine avec les sels de bases dérivées de la houille, il faut opérer dans un bain acide et bouillant :
- Sels de rosaniline -, Sels de violaniline ; Bleus solubles, etc.
- Il faut que la matière colorante qui est le sel de la base et non la base, se reforme dans les pores de la laine. Le vert à l’iode qui se décompose au contact d’un acide ne peut être employé dans un bain acidulé : il suffit, pour teindre la laine en vert à l’iode, d’ajouter au bain un sel alcalino-terreux neutre, tel que MgSO’ neutre et teindre au bouillon. Ce sel cède une partie de son acide à la laine et la teinture s’opère sans accidents.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Les extraits de bois, à moins qu’on veuille obtenir une différence de teinte, n’ont pas besoin d’être mis dans un bain acide. La laine a la propriété d’absorber leurs matières colorantes sans l’intervention d’aucun autre corps. Tout le monde sait que la laine absorbe très-facilement le cachou et toutes les matières tanniques en général.
- Dans la teinture en pièces, il faut mettre le moins de matière colorante possible et maintenir le bain bouillant afin d’éviter les plaques. Les bains doivent être très-purs, surtout pour les nuances claires, car la laine a une énorme tendance à se combiner avec les sels minéraux, surtout en présence d’un acide ; cela se prouve facilement en mettant de la laine acidulée en contact immédiat avec du cuivre, du fer, du bismuth, etc., ou avec des sels de cuivre, de fer... Il faut teindre le plus possible dans des barques de bois au fond desquelles se trouvent des serpentins en cuivre étamé et rejeter les barques en cuivre dont on se sert dans la plupart des ateliers.
- Les autres poils se teignent exactement comme la laine, en évitant, lorsqu’ils sont en flotte, les frisures et les enchevêtrements.
- A suivre.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES
- Par M. Georges JARMAIN
- {Suite)
- LEÇON IV. — CAMPÉCHE.
- Il n’est peut-être pas, à l’exception de la garance, de produit tinctorial qui ait une application plus étendue que le campêche, et son utilité dans la teinture des laines où la garance a son emploi plus limité reste jusqu’à présent incomparable. L’usage de mordants convenables et une connaissance plus approfondie des propriétés dont jouit la matière colorante du campêche ont permis au teinturier d’obtenir avec cette substance des couleurs si solides et si permanentes que la réprobation que lui avait méritée la nature des couleurs fugaces primitivement fournies par son emploi est complètement oubliée depuis longtemps.
- L’histoire naturelle du campêche et d’autres bois
- ou produits que j’aurai à signaler et leurs propriétés relatives aux principes colorants ont déjà été si bien décrits, dans cette chaire même, par mes prédécesseurs, et spécialement par le regretté docteur Grace-Calvert, qu’il ne me paraît pas nécessaire d’entrer dans des détails qui se trouvent exposés ailleurs avec une compétence supérieure. Je me propose donc de m’appesantir plus particulièrement sur les. propriétés spéciales des matières colorantes, dont la connaissance intéresse le teinturier praticien, et aussi sur les divers détails de la teinturerie, si essentiels à la réussite des opérations qu’exige l’art du teinturier.
- Le campêche nous arrive, en blocs ou bûches, de l’Amérique centrale et de quelques îles de l’Océan indien. Celui qui vient de Campeachy est le meilleur, mais il est actuellement rare et se vend à un prix élevé. Le meilleur ensuite est celui de Honduras, dont on fait une grande consommation dans la fabrication des laines. Ceux de la Jamaïque et de Saint-Domingue sont des produits de qualité ordinaire dont on fait aussi un usage considérable.
- Le campêche est fourni par le bois d’un grand arbre appartenant à la famille des Légumineuses et qui porte le nom d'Hématoxylon campechianum.
- On le prépare pour le teinturier sous les trois formes suivantes : 1° en copeaux; 2° en poudre ou râpure; 3° en extraits secs ou liquides qu’on obtient en faisant évaporer la décoction du bois.
- Pour développer la matière colorante, on humecte les copeaux ou la poudre avec de l’eau et on laisse la masse en tas pour la faire fermenter légèrement, en ayant soin de ne pas laisser la fermentation aller trop loin.
- L’eau qui sert à mouiller le campêche doit être exempte de fer ou de matière tourbeuse, autrement elle endommagerait l’aspect et la qualité du bois.
- Les copeaux de bon campêche se couvrent graduellement d’une couleur verte, un peu analogue à celle que réfléchit l’aile d’un coléoptère.
- Quand on se sert de copeaux pour la teinture, et c’est la forme sous laquelle on emploie le plus ordinairement le campêche pour la laine et les étoffes épaisses, on les met dans un sac couvert et fait d’une matière grossière qu’on tient plongé dans l’eau bouillante, destinée à former le bain de teinture, jusqu’à ce que la matière colorante soit extraite ; puis on retire le sac et l’on met dans le bain la matière à teindre.
- La matière colorante du campêche se présente sous deux conditions : 1° à l’état incolore, une subs-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tance appelée hématoxyline (C‘6 H44 OG) ; 2° un principe coloré appelé hématéine (C‘ H42 0°).
- Pour le campêche râpé ou en poudre on le jette dans le bain de teinture en même temps que la matière à teindre.
- On observera que la différence qui existe entre ces deux produits est semblable à celle que l’on remarque entre l’indigo blanc et l’indigo bleu ; c’est-à-dire qu’ils ne diffèrent entre eux que par deux atomesd’hydrogène.
- L’oxydation de l’hématoxyline incolore donne lieu, lorsqu’elle est exposée à l’air, à la formation de l'hématéine coloré. Ces faits ont été découverts par M. Chevreul.
- La matière colorante n’existe dans le bois sous aucune de ces deux conditions, mais elle est le résultat de la fermentation d’un glucoside.
- Le principe colorant, l'hématine, est le produit employé par le teinturier comme agent tinctorial ; c’est l’hématine qui donne la couleur rouge au bois de teinture préparé. Quant à la substance verte, avec reflets verts de cantharides, qu’on voit sur les copeaux, c’est de l’hématéine qui s’est dégagée du campêche humide en formant des efforescences qui sèchent à sa surface.
- COULEURS DE CAMPECHE.
- Le campêche seul, employé comme agent colorant, fournit plusieurs nuances de couleur, et il entre dans la composition d’un nombre encore plus grand de couleurs composées. Il est essentiellement une matière colorante bleue, et c’est pourquoi les Français le désignent souvent sous le nom de bois bleus. Les nuances de couleur qu’il donne àla laine sont grandement modifiées par les divers mordants. Les couleurs du campêche sont affectées par les acides qui les font tourner au rouge et par les alcalis qui les font passer au bleu et au pourpre. En variant la quantité de campêche, on obtient diverses nuances de bleu, depuis celle de lavande, avec 2 pour 109 de campêche, jusqu’à celle d’un bleu foncé, avec 30 pour 100, qui devient très-dense si l’on augmente la proportion jusqu’à 60 ou 75 pour 100. On produit constamment dans la teinturerie la couleur la plus foncée de la série tant sur la laine que sur le drap.
- RECETTES
- Bien que les recettes des teinturiers soient souvent instructives en indiquant au fabricant les directions à suivre pour obtenir une couleur donnée ou
- une nuance de couleur, les conditions qu’elles nécessitent par leur application sont sujettes à tant de variations qu’lime paraît nécessaire en principe, de vous mettre en défiance et de vous dire que l’interprétation littérale et l’exécution de l’une quelconque de ces recettes ne donnerait pas des résultats semblables dans les mains de deux teinturiers qui se trouveraient placés dans des circonstances différentes.
- Cela s’explique facilement, si l’on considère que les produits peuvent différer sous le rapport de leur teneur pour cent de matière colorante et de leur ton de couleur, que les mordants peuvent avoir plus ou moins d’énergie, que l’eau n’est pas souvent de même qualité, que les dimensions et les genres de cuves de teinture ne sont pas semblables, que les effets de la vapeur diffèrent de ceux de la chaleur à feu direct, et que l’on n’opère pas toujours sur des poids égaux de laine ou de lainages. Dans le fait, les conditions peuvent varier tant de fois que les recettes de teinture sont souvent illusoires, à cause des différences que nous venons d’énumérer en partie. Je demande donc que les recettes, que je vais avoir occasion de vous indiquer de temps en temps, vous ne les acceptiez qu’avec circonspection, et que vous les interprétiez avec une certaine latitude, relativement aux quantités des produits tinctoriaux, etc., etc.
- Les recettes sont données comme des exemples typiques des procédés actuellement en usage dans les districts lainiers, dans les teintureries opérant sur une vaste échelle, et non comme les meilleures méthodes à suivre ; leur découverte dépend absolu" ment des diverses circonstances dans lesquelles se trouve un teinturier, et elles ne sont souvent que le résultat d’une observation attentive et d’une longue pratique,
- Le terme solide (bon teint) est employé dans les recettes pour qualifier une couleur qui résiste parfaitement au lavage et au foulage, sans qu’il soit nécessaire qu’elle résiste à l’action de la lumière et des influences atmosphériques. On entend par cou-: leur permanente une couleur qui non-seulement ! supporte sans altération les effets du lavage et du foulage, mais qui résiste encore, sans s’altérer, à l’usage pendant un temps raisonnable. Les expressions d’instables et fugitives sont appliquées en opposilion à celles de solides et permanentes. Ces définitions, je ne les donne pas comme exprimant la signification que leur ont souvent attachée les auteurs d’ouvrages sur la teinture; elles me sont per-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- ko
- Ot
- sonnelles, je les crois convenables et elles représentent le sens que je leur donnerai dans nos recettes. A moins d’autre indication, toutes mes recettes s’appliquent à la teinture de 100 livres de laine ou de drap.
- NOIR COMMUN A UNE SEULE OPÉRATION
- ......................... :.......
- Acide sulfurique...................
- Faire bouillir une heure :
- Couperose..........................
- Vitriol bleu.......................
- 40 pour 100 (1) 0,5 —
- 3 pour 100
- 1 —
- Jeter ces produits à l’état solide ou en solution et faire bouillir une demie heure de plus. Retirer les matières et laisser reposer la nuit.
- Couleur peu stable, tournant au puce par l’usage, employée pour teindre des déchets colorés que l’on destine à la fabrication d’articles de qualité inférieure. On peut se servir avec avantage du sumac pour produire un noir de ce genre.
- Cette couleur est peu fixe parce qu’une forte partie de la matière colorante est convertie en laque et se trouve, par conséquent, faiblement attachée à la fibre. « Les anciens teinturiers ne teignaient généralement que dans un seul bain, ce qui explique en majeure partie les mauvais résultats qu’ils obtenaient. » (2)
- NOIR COMMUN DOESKIN (3)
- Mordant :
- Couperose 3 1/2 pour 100
- Vitriol bleu 2 —
- Alun. 2 —
- Tartre rouge (Argol) 3 —
- 3 1/2 —
- Faire bouillir cinq minutes, refroidir avec de l'eau jusqu’à la température de 37° 77 centigrades, introduire les articles, élever à l’ébullition en trois quarts d’heure, et faire bouillir pendant une heure et demie. Oter les matières à teindre et les laisser la nuit. Quelques teinturiers les soumettent immédiatement au lavage, et d’autres les laissent sans être lavées.
- (1) Les teneurs pour cent données dans cette recette et les suivantes s’appliquent à 100 livres de laine ou de lai-nage.
- (2) Van Laer.
- (3) Le produit anglais appelé Dœskin (peau de daim), est une étoffe de laine, compacte, croisée. On dit noir Dœs-kin comme on dit noir de Sedan et d’Elbœuf.
- Teinture :
- ...................;..........;..... 24 pour 100
- Tartre rouge (Argol)................. 1 —
- Faire bouillir cinq minutes, abaisser la température à 82° 22 centigrades avec de l’eau, introduire les articles, élever à l’ébullition dans une demi-heure, plonger successivement les pièces en leur imprimant un mouvement de circulation au moyen du tourniquet — mouvement d’abord rapide — faire bouillir une autre demi-heure, retirer les matières du bain, les faire refroidir sur la perche et les laver à la machine avec de la terre à foulon.
- Si les pièces ont été en partie fabriquées avec des mungos (effiloches de chiffons de laine) qui contiennent souvent des fils de coton communément appelés bourrelets (burls), il est nécessaire de les soumettre à un traitement qui consiste à teindre en noir ces particules de coton. Cette opération consiste à plonger l’étoffe dans une citerne contenant une infusion de matière tannique, ordinairement de sumac ou de myrobolans, et puis de la passer dans une solution de pyrolignite ou soi-disant nitrate de fer (nitro-sulfate de fer). Les pièces sont ensuite lavées définitivement sur la machine avec de la terre à foulon. Cette couleur est solide, mais non très-permanente, car elle devient puce à l’usage.
- A continuer.
- MACHINE A LAVER
- Système Legrand (I).
- Le Moniteur de la Teinture a déjà décrit plu-sieus systèmes de machines à laver. Ces machines sont actuellement d’un usage courant dans les blanchisseries de linge, de chiffons, et dans les teintureries.
- La nouvelle laveuse de M. Legrand, représentée par la figure no 45 est du type des machines dites à double enveloppe. La première cylindrique et fixe reçoit le liquide laveur, chauflé pu non sui-vant les cas. Cette enveloppe est suspendue à deux supports en fonte qui reçoivent également les paliers de l’arbre de rotation du cylindre intérieur. Le mouvement de la machine motrice est transmis par un arbre intermédiaire portant des poulies et un pignon qui engrène avec l’engrenage calé à une extrémité de l’axe du second cylindre. Ce dernier
- (1) Voir pour les autres systèmes, l’année 1872, p. 33.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- est divisé en deux compartiments par une cloison, suivant un diamètre. Cette cloison est faite de deux tôles à fortes ondulations, se continuant pour tapisser la partie cylindrique des compartiments, et laissant entre elles et la partie extérieure du second cylindre des cavités formées par les ondulations de la tôle.
- Dans le mouvement de rotation du cylindre intérieur, les tôles ondulées de la cloison et celles de la surface cylindrique étant percées de trous emprisonnent dans leurs cavités une certaine quan-
- tité de liquide laveur qu’elles déversent en forme | de pluie sur les étoffes à laver, sans cesse re- j tournées, frottées sur elles-mêmes et battues par suite des ondulations des tôles et du mouvement de l’appareil.
- La partie inférieure du cylindre fixe est munie d’une cuvette où viennent se déposer les impuretés lavage que des tuyaux de décharge permettent d’évacuer, ainsi que le liquide laveur. Le rinçage du linge ou des étoffes s’opère dans le même appareil; il suffit, pour l’obtenir, de faire évacuer
- 5, 62
- lEAPT fastane Xe2 A2yAA57 tieeaei
- Figure 45. — Nouvelle Laveuse, système Legrand.
- le liquide laveur et de faire arriver de l’eau dans l’appareil, d’une manière continue ou non suivant les besoins.
- Chaque compartiment du cylindre intérieur “est muni d’une porte destinée au chargement et au
- déchargement des matières à laver. Un mécanisme spécial se compose d’un petit volant à main actionnant une vis sans fin s’embrayant à volonté avec un engrenage hélicoïdal calé sur l’axe de rotation. En donnant le mouvement à cette vis on produit
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- celui du cylindre intérieur et on amène successivement et avec toute la précision voulue les portes chacun des compartiments en concordance avec la porte unique de cylindre extérieur, comme on le voit dans la figure.
- Les portes des deux cylindres sont maintenues ouvertes au moyen de verrous, une tablette fixée au cylindre extérieur près delà partie inférieure de la porte facilite l’entrée et la sortie des matières à laver.
- Les résultats donnés par cet appareil ont été-trouvés très-satisfaisants soit comme supériorité du travail de lavage sans fatiguer les étoffes, soit au point de vue d’économie du temps et des matières employées pour le lavage : Elle nous paraît appelée à rendre de grands services aux industries du blanchissage et de la teinture.
- COULEURS MODE
- Chartreuse.
- Nous donnons un échantillon de la teinte dont nous avons parlé dans notre précédent numéro comme étant la nuance claire la plus portée en ce moment.
- Cette teinte dite Chartreuse est une modification du Tilleul qui a été aussi très-longtemps en faveur.
- Loutre.
- Aux teintes foncées de mode dont nous avons aussi donné une courte nomenclature, il convient d’ajouter la nuance Loutre qui figure parmi les plus demandées.
- L’échantillon ci-dessus montre un type très-exact de cette nuance.
- Il est bien entendu que toutes ces teintes se
- font en plus ou moins foncé sans s’écarter beaucoup, cependant, de nos échantillons, représentant la nuance moyenne.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- DOSAGE DE L'ANTHRACÈNE
- NOUVELLE MÉTHODE
- De MM. MEISTER, Lucius et BRUNING.
- Les observations que nous avons rassemblées au cours de ces dernières années au sujet de la méthode de l’analyse de l'anthracène que nous avons publiée autrefois, nous ont conduit à la rendre plus précise en la modifiant comme il suit :
- Dans un petit matras digesteur à reflux de 500 centimètres cubes, on arrose un gramme de l'an-thracène à analyser avec 43 centimètres cubes d’acide acétique glacial, et on chauffe à l’ébullition.
- On maintient cette température et l’on verse goutte à goutte dans la solution d’anthracène une dissolution de 15 grammes d’acide chromique dans 10 centimètres cubes d’acide acétique glacial et de 10 centimètres cubes d’eau.
- On continue, pendant deux heures, à ajouter la solution d’acide chromique ; et lorsque cette opération est terminée, il faut chauffer le liquide encore pendant deux autres heures -, l’oxydation prend donc en tout quatre heures.
- On abandonne le contenu du matras au repos pendant douze heures ; on l’additionne ensuite de 400 centimètres eubes d’eau froide (1), et on laisse reposer de nouveau pendant trois heures.
- L'anthraquinone séparée est alors rassemblée sur un filtre où on la lave d’abord avec de l’eau pure, puis avec de l’eau bouillante faiblement alcaline, et, enfin, avec de l’eau chaude pure.
- A l’aide d’une pissette, on fait tomber le contenu du filtre dans une petite capsule de porcelaine, et on l’y dessèche à 100° centigr .des.
- L’anthraquinone desséchée est arrosée dans la même capsule avec dix fois son poids d’acide sul-
- (1) Par l’addition d’une petite quantité d’eau supérieure à colle dont on se servait, à ce moment, dans le procédé primitif, on détermine la séparation complète de l'anthra-quinone, de sorte qu’il n’y a pas lieu de faire la correction à laquelle on avait recours autrefois.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- furique fumant à 86° Baumé et chauffé avec cet acide, au bain-marie, pendant dix minutes.
- La solution d’anthraquinone ainsi obtenue est versée dans une capsule plate et abandonnée pendant douze heures en un lieu humide où elle absorbe de l’eau.
- Au bout de ce temps, on ajoute 200 centimètres cubes d’eau froide au contenu de la capsule ; on rassemble sur un filtre l’anthraquinone séparée, et on lave, comme plus haut, d’abord avec de l’eau pure, puis avec de l’eau alcaline bouillante, et, enfin, de nouveau avec de l’eau chaude pure.
- L’anthraquinone lavée est projetée dans une capsule à l’aide du jeu de la pissette -, elle est bien desséchée à 400° centigrades et pesée.
- On chauffe ensuite la capsule jusqu’à ce que l’anthraquinone soit complètement volatilisée, et l’on pèse une seconde fois la capsule avec la cendre et le peu de charbon qui restent.
- La différence entre les deux pesées donne le poids de l’anthraquinone, d’où l’on remonte, par les calculs connus, au poids de l’anthracène transformé en anthraquinone.
- SUR LES ENCRES NOIRES Par M. E.-H. Viedt (de Braunschweig).
- (Suite).
- Après la formation du sulfate de fer, il reste encore de l’acide sulfurique libre, on le saturepres que complètement avec de la craie ou du marbre, il ne reste alors dans le liquide qu’une très-faible quantité d’acide qui s’oppose à l’influence oxydante de l’air. On décante la solution claire d’indigo et de sulfate de fer pour la séparer du dépôt de sulfate calcaire, et on la mêle à la solution de noix de galle de manière à former une encre traçant des traits vert-d’eau ; on ne peut obtenir une écriture d’un bleu pur, parce que la teinte jaune de l’extrait de noix de galle se combine avec le bleu pour donner du vert. L’épaississant nécessaire dans les cas des encres ordinaires à la noix de galle est sans utilité dans l’encre à l’alizarine, puisqu’elle ne contient pas de précipité.
- Les avantages réels de l’encre à l’alizarine se réduisent à un très-petit nombre. Il est faux qu’elle n’attaque pas les plumes ; au contraire, le léger
- excès d’acide qu’elle contient corrode très-notablement les plumes de fer ordinaire. On remédie à cet inconvénient en se servant de plumes cuivrées ou de plumes d’or ou de platine, dont le prix élevé est amplement compensé par leur longue durée. Il est évident que l’on peut se servir aussi de plumes en gutta-percha. L’encre à l’alizarine n’est pas non plus indélébile, puisque le tannate de fer et le sulfate d’indigo sont tous deux susceptibles d’être décolorés; cependant elle est plus difficile à décolorer que les encres ordinaires parce que la solution limpide pénétre dans le papier et que la formation de la matière colorante se fait dans les pores mêmes de ce papier. Dans les encres ordinaires, au contraire, le tannate de fer en suspension dans le liquide se trouve collé mécaniquement sur le papier par l’épaississant, et, grâce à la viscosité de l’encre, le pigment qui se forme après coup ne peut pénétrer profondément dans la masse du papier. L’encre à l’alizarine est d’ailleurs excellente comme encre à copier, mais son grand avantage consiste en ce qu’elle forme une solution claire, exempte de tout dépôt, coulant bien sur la plume ; elle donne en outre une écriture bien noire, et qui, grâce à l’absence d’épaississant, n’a pas l’effet désagréable des encres ordinaires.
- Il est complètement erroné de croire que dans les bonnes encres à l’alizarine il ne puisse et ne doive se former de dépôt; ce dépôt se produit sans l’influence de l’air aussi bien que dans les encres ordinaires à la noix de galle, et il se forme plus rapidement lorsque l’indigo a été employé à l’état de solution neutre de carmin d’indigo (en se servant alors de sulfate de fer tout formé) que lorsqu’on [s’est servi de sulfate d’indigo acide. Cette formation de précipité dans les encres à la noix de galle et au carmin de campêche ne peut être évitée que par l’emploi d’encriers disposés de manière à éviter le contact de l’air.
- Parmi ces encriers, il faut citer en première ligne les encriers syphoïdes et ceux munis d’un entonnoir de verre dans lequel il n’y a jamais que quelques gouttes d’encre. Dans les deux cas, l’air ne peut agir que sur une surface restreinte.
- Il est à remarquer aussi que ces encriers diminuent l’évaporation du liquide, ce qui est un grand avantage, car on évite ainsi que l’encre ne se dessèche.
- A continuer.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- TARIFS DES DOUANES POUR LES MATIÈRES TEXTILES ET TINCTORIALES
- (Extrait de l’Exposé des motifs du projet de loi présenté à la Chambre des députés au nom du Gouvernement.)
- Suite.
- Tarifs proposés pour les textiles.
- Tissus.
- Tissus de lin ou de chanvre, purs, unis ou ouvrés, écrus présentant en chaîne et en trame dans l’espace de 5 millimètres carrés, après division du total par 2 :
- 5 fils au plus : toiles d’emballage
- — autres
- 6 , 7 et 8 fils au plus
- 9 , 10 et 11 fils au plus
- 12 fils au plus
- 13 et 14 fils au plus
- 15, 16 et 17 fils au plus
- 18,19 et 20 fils au plus
- 21 , 22 et 23 fils au plus
- Plus de 23 fils
- Tissus de lin ou de chanvre purs, unis ou ouvrés, blanchis, teints ou imprimés
- Tissus de lin ou de chanvre purs :
- Toile cirée pour emballage
- — ameublement
- Toiles damassées pour literie et ameublement, écrues
- Crêmées, blanchies ou mélangées de fils blancs ou teints
- Linge de table damassé, écru, présentant en chaîne dans l’espace de 5 millimètres :
- 11 fils ou moins
- 12 fils
- 13 et 14 fils
- 15,16 et 17 fils
- (Dans le compte des fils de chaîne comme dans celui des fils de trame, les fractions de fils seront négligées, la somme des deux nombres sera divisée par 2 ; si le quotient de la division est fractionnaire, la fraction de fil sera comptée comme fil entier).
- Linge de table damassé, écru, présentant en chaîne dans l’espace de 5 millimètres :
- 18,19 et 20 fils
- 21, 22 et 23 fils
- plus de 23 fils
- Crêmé, blanchi ou mélangé de fils blancs ou teints
- Dans le compte des fils de chaîne, les fractions seront négligées
- Coutils écrus
- — crêmés, blancs ou mélangés de fils écrus et de fils blanchis ou teints
- sur lesquelles portent (décimes compris), les droits.
- 100 kil. 5 »
- — 28 »
- — 28 »
- - 55 »
- — 65 »
- 90 »
- — 115 »
- — 170 »
- — 275 »
- - 315 »
- — ( Droits ci-dessusaug-
- _________ montés de 30 0/0.
- iog d - Br aiqst angye 9 cjsb anseil
- _ 5 »
- — 15 »
- _ : 90 »
- ( Droits ci-dessus aug • baeit'sos mentés de 30 0/0.
- 100 kil. 63 »
- 75 »
- —-, ! 100 »
- — 130 »
- 195 » 300 » 340 »
- ( Droits ci-dessus aug-i mentés de 30 0/0.
- 00 »
- Droits ci-dessus aug-{ mentés de 30 Q/0.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- UNITÉS sur lesquelles portent les droits.
- DROITS (décimes compris).
- Passementerie et rubannerie écrue, bise ou herbée
- Crêmée, blanchie ou teinte
- Bonneterie
- Dentelles et guipures de lin
- Mouchoirs brodés et autres broderies sur tissus de lin
- Tissus de lin ou de chanvre mélangés, le lin ou le chanvre dominant en poids
- Tissus de jute purs, présentant en chaine et en trame dans l’espace de 5 millimètres carrés, après division du total par 2 :
- Ecrus unis, 3 fils au plus
- — croisés, 3 fils au plus
- — 4 et 5 fils au plus
- — 6, 7 et 8 fils au plus
- — plus de 8 fils
- Blanchis ou teints, unis, 3 fils au plus
- — croisés, 3 fils au plus
- — 4 et 5 fils au plus
- — 6, 7 et 8 fils au plus
- — plus de 8 fils
- (il sera procédé au comptage des fils conformément à ce qui est réglé ci-dessus à l’égard des toiles de lin ou de chanvre).
- Tissus de jute purs, tapis ras ou à poils
- Tissus de jute mélangés, le jute dominant en poids
- Tissus de phormium tenax, d’abaca et d’autres filaments végétaux non dénommés, purs ou mélangés, y compris les tissus d’écorces, en fibres de palmier et autres, le phormium, l’abaca, etc., dominant en poids
- Tissus de coton pur unis, croisés et coutils, écrus, présentant en chaine et en trame dans l’espace de 5 millimètres carrés, ceux pesant :
- il kilog. ou plus aux 100 mètres carrés :
- 35 fils ou moins
- 36 fils ou plus
- De 7 kilog. inclusivement à 11 kilog. exclusivement aux 100 mètres carrés :
- 35 fils ou moins
- De 36 à 43 fils inclusivement
- 44 fils ou plus
- De 3 kilog inclusivement à 7 kilog exclusivement aux 100 mètres carrés :
- 27 fils ou moins
- De 28 à 35 fils inclusivement
- De 36 à 43 fils inclusivement
- 44 fils ou plus :
- [Dans le compte des fils de chaîne et de trame, les fractions de fils seront négligées].
- Tissus de coton pur unis, croisés et coutils, écrus, pesant moins de 3 kilog. aux 100 mètres carrés
- 120 »
- 140 »
- 100 »
- Droits des dentelles et quipures de coton.
- 400
- Droits’des tissus de lin ou de chanvre selon l’espèce.
- _ 10 »
- 12 »
- • 16 »
- 100 kil. 24 »
- J Mêmes droits que les — t tissus de lin.
- _ 15 »
- _ 17 »
- 23 »
- _ 35 »
- 3 Mêmes droits que les — ‘ tissus de lin.
- 20 »
- § Mêmes droits que les t tissus de jute pur.
- 400 kil.
- 50 »
- 83 »
- — 60 »
- — 100 »
- 200 »
- — 80 »
- — 120 »
- — 190 »
- — 300 »
- le kil. 5 50
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- Teints en rouge d'Andrinople
- autres
- 2 fr.
- Brillantés écrus
- Tissus de coton pur unis, croisés et coutils : Blanchis
- Pour les doublures de
- Pour les autres impressions ;
- De 1 et 2 couleurs
- De 3 à 6 couleurs
- De 7 couleurs et plus
- UNITÉS sur lesquelles portent les droits.
- 3
- 5
- 8
- 131
- 100 kil.
- kil.
- r
- 85 110 60 85
- Droits des tissusunis écrus selon la classe augmentés de 1 00 » 92 » 1 50
- »
- »
- »
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- DROITS (décimes compris) ,
- § Droits des tissus écrus (augmentés de 15 0/0.
- Î Droits des tissus écrus augmentés de 50 fr. par 100 kil.
- ( Droits des tissus écrus ’ augmentés de 25 fr. | par 100 kil.
- Tissus de coton pur imprimés, autrement que sur fond teint au rouge d’Andrinople. :
- Droits des tissus écrus, selon l’espèce, augmentés, savoir :
- Par 100 mètres de longueur, la largeur des tissus n’excé pas 1 mètre.
- [Quand la largeur des tissus excédera un mètre, la surtaxe afférente à l’impression sera calculée proportionnellement] .
- Tissus de coton pur imprimé sur fond teint au rouge d’Andrinople :
- Droits des tissus écrus, selon l’espèce,.augmentés : 1° De 50 fr. par 100 kilogrammes. iar. .
- 2 De la surtaxe applicable aux autres tissus imprimés.
- Velours façon soie dit velvets, écrus
- — — teints ou imprimés
- Velours autres [coras, moleskine, etc.] écrus
- teints ou imprimés
- Piqués et reps écrus
- Basins, damassés et linge de table écrus
- Guipures pour ameublement écrues
- [Les mêmes articles s’ils sont blanchis ou teints acquitteront le droit de l'écru augmenté des surtaxes afférentes au blanchiment ou à la teinture].
- Couvertures 100 kil. 55 »
- Bonneterie, gants le kil. 5 50
- — autre — 1 50
- Passementerie 100 kil. 190 »
- Rubannerie ' 9HIDUSADISTI Si 9b € 100 »
- Tulle Dentelles et blondes, soit à la mécanique, soit au fuseau et le kil. 4 »
- à la main le kil. 4 »
- Rideaux : 100 kil. • j DIDSa JEISC ! vD lisat 195 »
- De mousseline brodée pour ameublement [écrus], en pièce De mousseline brodée pour ameublement [écrus], détachés
- [petits ou grands] — 405 »
- De tulle brodé Mousselines brochées pour ameublement ou pour vêtement — 675 »
- [écrues] *=? 230 »
- [Les mousselines brodées ou brochées blanchies, acquittent le droit augmenté de 15 0/0.]
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Broderies à la main ou à la mécanique
- Mèches de lampes
- Toiles cirées :
- Pour emballage
- Pour ameublement, tentures ou autres usages
- Moleskine cuir
- Tissus de coton mélangé, le coton dominant :
- Etoffes
- Passementerie et rubannerie, soie et coton
- Autres
- EXPOSITION UNIVERSELLE DÉ 1878.
- Une circulaire vient d’être adressée aux comités pour les inviter à rédiger des notices qui devront figurer en tête du catalogue de chaque groupe.
- De son côté l’administration municipale ne reste pas inactive. C’est ainsi que demain lundi elle fait procéder, au tribunal de commerce, à l’adjudication des travaux de viabilité du quai de Javel, travaux destinés à faciliter l’accès de l’Exposition. Dans sa prochaine séance, le Conseil municipal doit nommer trois membres pour faire partie de la commission chargée d’arrêter, de concert avec les délégués de l’administration supérieure, les modifications de détail qu’il y aura lieu d’apporter dans la construction du palais projeté au sommet du Trocadéro. Cette intervention des représentants de la ville de Paris est des plus naturelles, puisque celle-ci s’est réservé la faculté de racheter le palais du Trocadéro, après la clôture de l’Exposition, moyennant une somme fixée à trois millions.
- ENCORE LA FUCHSINE DANS LES VINS.
- Tribunal de police correctionnelle de Nantes.
- La fuchsine est-elle un poison ? Les marchands de vins, qui usent de cette matière colorante pour dissimuler la faiblesse de leurs produits, trompent-ils sur la qualité de la marchandise vendue, ou se rendent-ils coupables d’un délit autrement grave ? Des débats très-animés ont été soulevés sur ce point dans les expertises légales et au sein du Conseil d’hygiène.
- Le tribunal de Nantes vient de rendre un jugement qui nous paraît marqué au coin de la sagesse :
- « Attendu que si la question de savoir si la fuchsine est une substance nuisible mélangée au vin est fort discutée ; que s’il est vrai que l’on oppose des expériences et des inductions les unes aux autres, il n’est pas moins certain que l’impression
- sur lesquelles portent les droits, le kil.
- 100 kil.
- le kil.
- unité
- DROITS (décimes compris). 5 »
- 60 »
- 5 »
- 15 ».
- 20 »
- 100 »
- 3 »
- ( Mêmes droits que les (tissus de coton purs.
- (La fin au prochain numéro),
- qui se dégage de ce débat est défavorable à ce produit ;
- » Qu’il ressort en effet de l’ensemble des expériences que si la fuchsine du commerce donnée à des doses variant de 50 à 60 centigrammes n’altère pas gravement a santé, on la pu néanmoins constater dans ces essais des troubles digestifs qui ne permettent pas de l’innocenter complètement; qu’encore bien que la fuchsine ne détermine pas toujours des accidents immédiats et excessifs, elle doit être considérée comme un élément toxique ; que pour beaucoup de substances nuisibles, la persistance de l’usage supplée l’activité, et qu’on ignore où peuvent conduire, en réalité, des troubles digestifs peu intenses, mais permanents, qui, pour le consommateur, peuvent produire l’altération de sa santé et dont il ne connaîtra pas la cause;
- » Attendu que les manipulations des vins par la fuchsine ne laissent aucune sécurité ;
- » Que le vin constitue un de ces éléments usuels, indispensables, qui ne doivent pas être suspectés;
- » Que d’ailleurs l'introduction de la fuchsine dans un vin n’a d’autre but que d’en dissimuler les défectuosités et cause un double préjudice à l’acheteur ; que la coloration du vin par cette substance constitue une manœuvre coupable et qui justifie ce que lui oppose la loi. »
- Voilà la Gascogne et le Roussillon prévenus.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Les Gérants ; F. Gouillon & P. Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenue s
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, No 12. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juin 1877
- SOMMAIRE
- Note sur le traitement et la teinture des matières textiles, (suite et fin), par M. Eug. DURRWELE. — Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Gris impiquable sur cotons et fils, par M. YART. — Produit pour la teinture des laines en bleu-noir, vert et marron, par M. SAVARY.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur les encres noires à écrire (suite), par M. E. VIEDT. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Tarif des douanes pour les matières textiles et tinctoriales, projet de loi (suite et fin). — Exposition universelle de 1878. — Garantie des inventions. — Demandes d’admission et répartition.
- NOTE
- SUR LE TRAITEMENT ET LA TEINTURE DES MATIÈRES
- TEXTILES (I)
- Par M. Eug. Durrwell,
- Chimiste-teinturier.
- Suite et Fin. x
- DE LA SOIE ET DE LA SOIE SAUVAGE.
- La soie contenue dans le phalæna bombyx est liquide, visqueuse ; elle durcit au sortir de l animal et laisse exsuder une matière cireuse jaune qui recouvre le fil comme un vernis. La substance qui compose la soie durcie s’appelle fibroïne (Pelouze etFrémy).
- La matière cireuse jaune est le grès.
- La fibroïne est soluble dans les acides chlorhydrique, phosphorique, et hypo-azotique très-concentrés et dans la liqueur cupro-ammonique ; elle contient, déduction faite des cendres :
- Carbone, 48,53
- Azote, 6,50
- Hydrogène, 17,35 Oxigène, 1 27,62
- Soufre, ) • (Mulder).
- 100,00
- La fibroïne pourrait être considérée comme une vraie base organique.
- En faisant un bain acidulé par 1 p. 100 d’acide sulfurique, y ajoutant environ 5 centimètres cubes de teinture de tournesol sensible, le bain prend évidemment une coloration rouge.
- (1) Bulletin de la, Société chimique.
- D'un autre côté, on prépare une flotte de fibroïne pure. A cet effet, on lave une flotte de soie décreusée et bien blanche à l’eau distillée bouillante, on l’extrait à l’alcool bouillant dans un cohobateur et on lave une seconde fois à l’eau distillée bouillante.
- La fibroïne, dans cet état, présente toujours une réaction alcaline : elle bleuit la teinture rouge du tournesol.
- En passant la flotte de soie dans le bain de tournesol bouillant, ce dernier se trouve absorbé -, la soie se teint, mais en bleu ; il y a donc eu absorption d’acide par la soie. La teinture s’arrête lorsque tout l’acide est absorbé, le tournesol en excès vire alors au bleu dans le bain, il devient neutre. En passant cette flotte teinte dans un bain de 1 p. 100 environ de soude caustique bouillant, elle se déteint immédiatement. En passant une autre flotte de fibroïne pure dans un bain de 1 p. 100 de sulfate de magnésie neutre et de tournesol neutre, faisant bouillir, le tournesol est absorbé et le bain reste bleu.
- En traitant la fibroïne par l’acide chlorhydrique concentré, elle s’y dissout : en laissant évaporer cette dissolution à l’air libre, elle prend une consistance sirupeuse. Cette masse traitée par l’alcool bouillant, laisse, après l’évaporation de l’alcool, une matière cornée, translucide, presque neutre, qui est une combinaison de l’acide chlorhydrique avec la soie.
- Ce corps a la propriété, d’absorber les matières colorantes dérivées de la houille, comme la soie passée dans un bain acide de ces matières colorantes.
- Je me contente déconsigner ces deux expériences assez concluantes et ne veux point en tirer de conclusion théorique ; ce serait émettre une hypothèse
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- trop dénuée de preuves. Toujours peut-on en déduire qu’il faut presque toujours la présence d’un acide pour la teinture de la soie.
- TRAITEMENT DE LA SOIE AVANT TEINTURE.
- Pour préparer la soie à la teinture, il faut lui enlever le grès. A cet effet, on plonge les flottes dans un bain bouillant de 25 parties de savon pour 100 parties d’eau et en maintenant plusieurs heures-, le savon se trouve alors complètement décomposé, il perd sa consistance sirupeuse et sa propriété de mousse, une partie de l’huile surnage.
- Il serait bien préférable de projeter une dissolution de savon bouillante à travers les flottes serrées et placées sur un aspirateur. Ce procédé réussit très-bien en petit et avec économie de savon.
- Les tissus de soie sont soumis à la même opéra • tion, avec la seule différence qu’ils sont suspendus à des cadres en bois et trempés ainsi dans le bain de savon bouillant.
- Pour le décreusage des tissus, le traînage serait préférable. Après le décreusage, les flottes et les tissus sont passés à l’eau et avivés.
- Le blanchiment se termine, pour blancs et couleurs fines, par un passage à la chambre à soufre. Il se forme souvent de l’acide sulfurique dans ces chambres à soufre. Cela provient d’une trop grande humidité et du contact de l’air, aussi faut-il éviter ces deux défauts.
- Le procédé de blanchiment au bisulfite de soude est très-expéditif, mais le résultat est moins bon. On prépare un bain de :
- 10 parties bisulfite de soude ;
- 6 — acide chlorhydrique ;
- 100 — eau.
- On chauffe légèrement le bain et on y lisse les mateaux de soie.
- TEINTURE.
- En teinture, il en est de la soie comme de la laine.
- Les bois prennent au bouillon, en présence d’un acide ou sans acide.
- La soie possède à un haut degré la propriété d’absorber le tannin ; c’est d’ailleurs une des bases de la teinture en noirs chargés.
- Les sels de bases dérivés de la houille prennent en bain acide et bouillant.
- Le rose de Magdala et le vert à l’iode n’ont pas besoin d’acide.
- La soie sauvage qui vient du bombyx du ricin et dont l’emploi devient chaque jour de plus en plus
- étendu, a la propriété de se dissoudre dans les alcalis. Il m’est arrivé de faire des essais de teinture de soie sauvage en tissus en les teignant à la carthamine dans des bains de savon bouillants; j'ai vu le tissu tomber en loques, je dirai presque se dissoudre.
- La teinture de la soie sauvage est la même que celle de la soie ; les teintes sont moins belles.
- DU COTON, DU LIN, DU CHANVRE ET DE L’ALFA.
- Le coton est de la cellulose presque pure. Le chanvre, le lin et l’alfa, après rouissage et blanchiment, ne sont autre chose que de la cellulose dont les fibres sont plus resserrées que celles du coton ; ils ont dore les mêmes propriétés chimiques que ce dernier. Leur teinture ’est plus difficile et cela provient de leur peu de porosité.
- La question de Y animalisation du coton qui, depuis quelques années, a fait le tour de toutes les teintureries, est une utopie ; faire de la soie avec du coton est une chose aussi impossible à un chimiste que de faire un grain de blé avec du phosphate de chaux, de la fécule et du gluten. On ne fera jamais de la soie qu’avec de la soie. En mettant une dissolution de soie sur du coton, comme le fait M. Müller, breveté à Saint-Galle, on ne l’animalise pas. En mettant de l’albumine, de la caséine, de la gélatine, du tannin ou un mélange de ces deux derniers sur du coton, on obtient un mordant et rien d’autre. On a vu dernièrement que le coton-poudre absorbe les matières colorantes dérivées de la houille, parce qu’une matière non azotée transformée en une matière azotée jouit des propriétés de la soie, doit-elle jouir de toutes ses autres propriétés?... Je terminerai en disant que le coton a besoin de mordant ; que ce soit de la soie dissoute et fixée au coton ou tout autre corps, c’est toujours un mordant. Il est quelques matières qui sont absorbées par le coton sans l’intervention d’un mordant; le cachou, par exemple, la phosphine, matière colorante jaune dérivée de la houille et plusieurs autres couleurs jaunes et brunes de même provenance.
- En passant une flotte de coton dans un bain composé de dextrine et de violet Hoffman ou fuchsine, la teinture est immédiate; la dextrine agit-elle comme mordant ou comme épaississant?
- Le tannin est le vrai mordant des dérivés de la houille sur le coton ; il les précipite tous et c’est ce qui lui donne sa propriété de mordancer; de plus, il se fixe très-facilement au coton.
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- Valfa, dont l’emploi commence à s’étendre de plus en plus, surtout en Angleterre, n’a rien de particulier comme solidité de fibre ; il a un brillant qui se rapproche de celui de la soie. Après l’avoir écrasé entre des rouleaux pour le réduire à l’état de fibre, le meilleur blanchiment à lui faire subir, est de le passer directement au bain d’hypochlorite de soude.
- tissus SOIE-COTON.
- Parlons un peu des tissus soie-coton, qui sont devenus l’objet d’une grande branche de l’art de la teinture.
- De prime-abord, la question paraît très-simple -, en effet, qu’est-ce que teindre delà soie et du coton en même temps ? Mais j’en reviendrai à ce que je disais des matières textiles en général. La soie et le coton sont deux corps chimiques différents, et, leur composition changeant, leurs propriétés changent. Laissons toutefois la question d’animalisation de côté, elle est toute tranchée.
- Les tissus sont d’abord passés au grillage sur des cylindres en fonte chauffés au rouge-cerise ; on les décreuse ensuite dans un bain de savon bouillant, comme pour les tissus soie.
- Le bleu soluble et le violet Hoffmann sont les deux dérivés de la houille qui sont le moins également absorbés par le coton et la soie : tantôt la soie est trop claire, tantôt le coton -, le plus souvent c’est le coton.
- Plongeons un tissu satin-coton dans un bain froid de bleu soluble à l'eau, la soie absorbe la matière colorante, le coton reste intact. Plongeons un autre essai dans un bain de tannin, puis dans un bain de Igélatine, la gélatine sera précipitée par le tannin. En passant le tissu ainsi préparé dans le bain de bleu, la matière colorante prendra également des deux côtés. Dans ce cas, le coton est mordancé.
- Les bleus solubles se fixent ordinairement sur satin-coton de la manière suivante : on passe le tissu dans un bain de :
- 100 parties d’eau,
- 2 parties de tannin.
- Le mordant se donne à froid. On passe ensuite dans le bain de bleu froid et additionné d’un peu tannin ; le coton finit par absorber la matière colorante avec autant d’intensité que la soie. Il faut observer de mettre très-peu de bleu à la fois dans le bain. Pour teindre au violet Hoffmann, on passe le tissu dans un bain très-concentré de tannin (le même bain sert à plusieurs opérations en y ajou
- tant chaque fois un peu de tannin), puis on passe au bain de violet très-étendu. Il faut traîner longtemps la pièce pour obtenir un résultat satisfaisant. En prenant des précautions et en mordançant bien le tissu, on parvient même à faire foncer le coton. Comme on le voit, le tannin mordance le coton et enlève à la soie sa propriété d’absorber les matières colorantes. Voici un essai à l’appui : on passe un tissu satin-coton dans un bain de tannin très-concentré et froid :
- Tannin, 30 parties.
- Eau, 100 —
- Puis on le passe dans un bain de pyrolignite de fer, et enfin au bain de bois de campêche et d’extrait de châtaigner ; le coton devient noir intense et la soie ne fait que jaunir. Dans les chinas, où la soie se trouve mélangée au coton, après teinture en noir comme ci-dessus, la soie étant plus claire que le coton, elle lui communique son brillant et rend le tissu bien plus beau. Pour les satins-coton, on peut facilement passer un tissu ainsi teint en noir dans un bain d’une matière colorante dérivée de la houille et obtenir une couleur vive sur soie ; le coton, noir en dessous, nourrit la couleur.
- Pour teindre les tissus satin-coton au vert à l’iode, on mordance au sumac ou au tannin et on passe au bain de vert froid, additionné d’un peu de tannin.
- La fuchsine se fixe à froid sur mordant de tannin.
- Il faut toujours teindre à froid et mettre le moins de matière colorante possible.
- Les noirs sur tissus soie-coton se font très-bien à passant au bain de pyrolignite de fer, lavant en grande eau et teignant comme pour noirs sur coton, en évitant toutefois une trop grande quantité de matières tanniques qui enterreraient la soie ; de plus, observer de toujours teindre à froid.
- VAPORISATION.
- La vaporisation des tissus soie-coton donne de très-bons résultats.
- Le coton fonce et la soie prend du brillant.
- Les verts verdissent au lieu de jaunir, ce qui arrive à la sèche.
- Dans les bleus solubles, le coton rougit et la soie verdit. :3s
- La soie se ramollirait-elle dans la cuve au contact de la vapeur d’eau surchauffée ? Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il y a une oxydation partielle de la matière colorante. En effet, en faisant réagir, en
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tubes scellés, la vapeur d’eau surchauffée sur les dérivés de la houille, on modifie leur couleur.
- Ce travail est, comme on le voit, très-incomplet : ce n’est pas un cours de teinture. J’ai cherché, en rassemblant ces quelques notes, à faire un rapprochement, au point de vue pratique, des. différentes matières textiles et espère pouvoir plus tard m’étendre plus longuement sur cette belle branche des sciences appliquées, la teinture.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- Suite
- 1 UpiLA/09 inl 9119 .{
- NOIR DOESKIN POUR LAINE
- Mordant :
- Camwood........................... 8 pour 100
- Faire bouillir cinquante minutes. Puis ajouter :
- Bichromate........................ g pour 100
- Alun.............................. 1 —
- Tartre brut....................... 1 —
- Faire bouillir cinquante minutes, retirer et laisser reposer la nuit. Teindre dans :
- Mordant : Campêche................. 45 pour 100
- Fustet.......;.............. 8 —
- Sumac.......ah........ ;...... 4 —
- Faire bouillir une demi-heure -, retirer. Couleur solide et permanente.
- Cette formule contient toutes les couleurs nécessaires pour produire un noir, soit : rouge, bleu et jaune. Le camwood fournit le rouge, le campêche le bleu et le fustet le jaune. Les couleurs de campêche chromé ont une tendance à devenir vertes, à cause de la production de l’oxyde chromique ; la présence du camwood ou d’autres couleurs rouges a pour effet de rendre ce changement moins apparent.
- NOIR CHROME AVEC REFLET BLEU POUR LAINE
- Mordant: tibov
- Bichromate de ...................... 2 pour 100
- Acide sulfurique...-..dozuasellaus 0 25 H
- Faire bouillir une heure et demie et laisser passer lanuitsbT Jasaisl ne .jefle n3 .9JnsTOlos 916l3Em bJ I
- Teinture :
- Campêche..................... 45 à 50 pour 100
- Faire bouillir une heure.
- Si le noir doit être très-net, comme dans les mélanges de noir et de blanc (les rayés blanc et noir par exemple), on peut fixer la couleur plus solidement en passant finalement l’article dans un bain chaud contenant 5 pour 100 de bichromate de potasse.
- NOIR CHROME AVEC REFLET VIOLET POUR LAINE
- Le mordançage et la teinture se font comme dans le cas précédent. On obtient le reflet violet en employant le modifiant suivant : Muriate simple d’étain, 1 à 2 pintes (0 litre 567 à 1 litre 135). Mélanger l’esprit d’étain dans 20 ou 30 gallons d’eau (90 à 136 litres), jeter sur la laine, et manipuler le tout pendant quinze minutes.
- NOIR CHROME AVEC REFLET VERT POUR LAINE
- Mordant :
- Bichromate de potasse............. 2 pour 100
- Acide sulfurique.....;............. 0 25 —
- Faire bouillir une heure et demie et laisser passer la nuit.
- Teinture :
- Campêche.............;............ 40 pour 100
- Fustet........:.......'........... 10 —
- Faire bouillir une heure.
- Couleur solide et moyennement permanente, devenant plus verte et plus pâle.
- NOIRS INDIGOS.
- Ce sont les meilleurs noirs tant pour le drap que pour la laine ; pour les obtenir, on teint d’abord les articles dans la cuve d’indigo à une nuance légère ou moyenne, et puis on teint comme pour les noirs chrême, en employant d’autant moins de campêche que le fond d’indigo est plus ou moins foncé. (Couleur solide et permanente.)
- LAVANDE SUR LAINE.
- Alun........................... 1 1/2
- Tartre.. ........................... 0,25 Campêche................ 2 1/2
- Extrait d’indigo............... 0,25
- Faire bouillir cinq minutes, abaisser la tempe-rature jusqu’à 82° 22 centigrades, introduire les articles et faire bouillir une heure. Les retirer et les laver. (Couleur moyennement solide.) del
- CUDBEAR, PATE D’ORSEILLE ET ORSEILLE.
- Ces matières colorantes, quoique ne provenant
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- pas de bois, peuvent être avantageusement décrites ici, parce qu’elles sont souvent employées avec le campêche et les autres bois dans plusieurs couleurs composées. Ces trois matières colorantes sont tirées des mêmes sources, c’est-à-dire de certains lichens dont les deux principales espèces sont To-cella tinctoria et Rocella fuciformis.
- Les lichens ne contiennent pas de matière colorante ; on produit celles-ci en exposant ces plantes à l’action de l’ammoniaque. Les docteurs Sten-house, Schunk, Rochleder, Hesse, De Luynes et autres, ont recherché la matière colorante contenue dans ces produits tinctoriaux et y ont découvert plusieurs principes colorants distincs.
- Le cudbear se fait en desséchant de la pâte d'or-seille et en broyant le résidu à l’état de poudre fine ; les matières colorantes du cudbear sont plus rouges que celles de l’orseille, et celles-ci même diffèrent entre elles suivant la fabrication ; car on trouve sur les marchés des orseilles rouges et bleues.
- On emploie beaucoup ces couleurs comme fond pour l’indigo sur laine et drap, et aussi, comme nous l’avons déjà dit, dans plusieurs couleurs mixtes ou composées, mais celles-ci sont un peu fugitives.
- Les mordants n’affectent que très-peu la nuance de la couleur, et ces produits tinctoriaux peuvent être, dans le fait, employés sans mordant. Ils sont très-affectés par un mordant d’étain, surtout à cause de l’action de l’acide libre contenu dans l’esprit d’étain, qui, comme tous les autres acides, rougit et dénature la couleur qu’il fait passer au marron. On se sert surtout de ces couleurs lichens, comme on les appelle, pour modifier d’autres couleurs et leur donner de la fleur -, mais comme elles sont fugitives, la fleur passe bien vite. Leur éclat et leur beauté les rendent cependant excessivement précieuses et convenables pour les étoffes destinées à la toilette des dames.
- La formule suivante est donnée comme exemple de l’emploi du cudbear concurremment avec le campêche.
- BLEU CAMPECHE POUR LAINE.
- Mordant :
- Bichromate de potasse......... 1 p. 100
- Alun......‘.................... 3 —
- Tartre.........:.................... 11/2 —
- Faire bouillir une heure, retirer et laisser la nuit.
- Teinture :
- Campêche.................. 20 p. 100
- Cudbear.................. 1 —
- Faire bouillir une heure, puis jeter dans le bain 20 quarts (23 litres environ) de muriate simple d’étain, dissous dans 20 ou 30 gallons d'eau (80 à 136 litres d’eau), manipuler quinze minutes, retirer et laver. Couleur moyennement solide.
- A continuer:
- ....—ri=e==
- GRIS IMPIQUABLE
- SUR COTONS ET FILS
- Par M. Yart, manufacturier à Darnetal.
- (Brevet n° 115,046, en date du 18 octobre 1876.) Application d'un procédé tinctorial sur les tissus de coton et de fil, lequel donne une teinture grand teint et a pour résultat d’empêcher le pi” quage des tissus teints par ce procédé.
- PROCÉDÉ DE TEINTURE.
- Pour obtenir des nuances de gris impiquable, il faut employer un produit minéral appelé nigrosine.
- La teinture, à l’aide de ce produit, qui est cristallisé et qui doit être préalablement dissous, se fait dans les conditions ordinaires et la quantité de nigrosine est variable suivant la force des nuances.
- (Reproduction in extenso.)
- Le nom de nigrosine s’applique au produit que nous appelons bleu-noir et que l’on a aussi nommé bengaline, indigoline, gris d’Alsace, etc.
- Le Moniteur de la Teinture a souvent signalé son emploi pour produire des gris sur fils, cotons et tissus ; voir notamment années 1873, pages 67, 127-, 1874, page 115, et 1875, page 23 ; dans ce dernier acticle, nous mentionnons la propriété de ne point piquer que possèdent ces gris.
- PRODUIT
- POUR LA TEINTURE DES LAINES EN BLEU-NOIR, VERT ET MARRON
- Par M. Savary.
- Le produit-Savary est formé par les différentes matières ci-après et est employé comme mordant pour couleurs bon teint :
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1° Alun,
- 2 Tartre,
- 3° Bichromate,
- 4° Et enfin du carmin (l’indigo Iprobablement).
- Ce mélange se travaille pour former une pâte qui se solidifie.
- Les proportions à employer varient selon la teinte à produire.
- En l’employant avec du campêche, on teint la laine en bleu-noir.
- Avec le bois jaune, on obtient du vert.
- Uni au calliatour ou au santal, on produit des marrons.
- L’auteur signale que l’élément principal de son produit est le bichromate.
- (Brevet n° 115.970.)
- K SS = he s
- SUR LES ENCRES NOIRES
- Par M. E.-H. Viedt (de Braun schweig).
- {Suite).
- Disons encore quelques mots de l’épaississant nécessaire aux encres de noix de galle et à celle des noix de galle et de campêche. On emploie pour cela de la gomme arabique, de la gomme du Sénégal et de la dextrine. Leur valeur dépend exclusivement de la propriété qu’elles ont de donner avec l’eau des solutions visqueuses ; on devra donc employer celle de ces solutions qui, à viscosité égale, revient le meilleur marché. D’après cela, la
- Extrait de noix de galle à 5 p. 100..............
- Sulfate de fer...................................
- Gomme............................................
- Solution d'extrait de campêche à 3 p. 100........
- Fer métallique.......
- Indigo...............
- Acide sulfurique.................................
- Craie.....................•......................
- Bien que ces formules puissent être considérées comme normales, elles peuvent être modifiées de bien des façons. Dans la deuxième, les proportions
- gomme du Sénégal devrait être l’épaississant le plus employé-, les premières qualités de gomme arabique sont trop chères et les qualités inférieures trop impures ; le sirop de dextrine est aussi cher que la gomme du Sénégal et son pouvoir épaississant est moindre. Il n'est pas pratique non plus d’employer la dextrine en poudre, parce qu’on n’en trouve dans le commerce que des quantités d’un prix assez élevé et qui, le. plus souvent, ne dissolvent pas sans résidu. Il faut rejeter complètement l’emploi du sirop de sucre, de la mélasse, du sucre et de la glycérine qui rendent l’encre trop collante et trop hygroscopique et qui, d’un autre côté, reviennent assez cher.
- On dissout la gomme du Sénégal dans deux fois son poids d’eau, on passe le liquide et on en ajoute à l’encre une quantité convenable. Il ne faut pas oublier que le seul point à atteindre est de tenir en suspension le précipité de tannate de fer. Une addition de gomme nuit toujours à la fluidité de l’encre; il faut limiter cette addition autant que possible. Pour des encres bien préparées, 30 grammes de gomme par litre doivent suffire ; si l’on en met davantage, les caractères prennent un reflet désagréable.
- Pour juger de la valeur d’un épaississant, on peut se servir du viscosimètre. Cet instrument consiste en un entonnoir en verre de capacité connue et dont le tube est étiré en pointe fine. On dissout dans des volumes égaux d’eau des quantités égales des matières à essayer ; on remplit successivement l’entonnoir des solutions ainsi obtenues et l’on juge de la viscosité des différents liquides par le temps qu’ils mettent à s’écouler.
- La composition des différentes encres que nous donc se libeller
- Encre à l’alizarine-
- 1 litre. » ’ 1 " » 51 » 9 grammes. 6 grammes 25. 25 grammes. 1 gramme.
- ; et d’extrait de
- venons de passer en revue peut ainsi qu’il suit :
- Encre aux noix de galle et au campêche.
- 2/3 de litre.
- 45 grammes.
- 20 à 30 gramm. 1/3 de litre.
- »
- »
- »
- »
- Encre ordinaire aux noix de galle.
- 1 litre.
- 45 grammes. 20 à 30 gramm.
- »
- »
- »
- »
- »
- relatives d’extrait de noix de
- campêche peuvent osciller dans des limites assez étendues, et, dans la troisième, la qualité de l’in-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- digo et l’hydratation de l’acide sulfurique forcent souvent à changer la proportion des autres ingrédients.
- Après avoir ainsi traité d’une façon approfondie de la préparation des encres de noix de galle, nous dirons quelques mots des innombrables recettes qui ont été proposées pour cette fabrication.
- Dans les formules d’ailleurs assez rationnelles, comme celles de Bouth, de Payen, de Ribeaucourt, de Hœnle, de Schmidt, etc., on trouve cependant de grandes différences entre les proportions relatives de sulfate de fer et de noix de galle. Beaucoup d’anciennes formules remplacent l’eau par de la bière ou du vinaigré-, la première, probablement dans le but d’épaissir le liquide ; le second, peut-être pour empêcher les moisissures ; dans ce but, on a préconisé aussi l’emploi du sel marin, de l’alun, de l’alcool, de la glycérine; comme nous l’avons déjà dit, ces moyens ne sont le plus souvent qu’illusoires. D’autres auteurs, Link, par exemple, prescrivent l’emploi de l’ammoniaque pour la préparation d’une encre neutre pour les plumes d'acier. Le terme neutre semble indiquer que l’ammoniaque est destinée à neutraliser l’acide libre qui pourrait attaquer les plumes; peut-être cet alcali pourrait-il empêcher l’oxydation du sel de fer ; cependant cette addition d’ammoniaque n’a pas grande valeur. Lipowitz remplace à tort le protosulfate de fer par du pyrolignite de sesquioxyde de fer.
- Beaucoup de formules contiennent des ingrédients ridicules qui ne sont d’aucune utilité ou même peuvent nuire à l’encre : tels sont le sel ammoniac, le vert-de-gris, le sulfate de cuivre, le carmin, le carbonate de potasse, toutes sortes d’essences. On a prescrit aussi une addition de chlorate de potasse, apparamment en raison du pouvoir oxydant de ce corps ; en tout cas, abstraction faite de la faute commise, cela reviendrait plus cher que d’employer directement un persel de fer. Quelques auteurs, par exemple, Hager et Perry, emploient à la fabrication de leur encre toutes les substances possibles -, ce dernjier, ajoute à l’encre de l’essence de lavande et de citron, puis il évapore à siccité pour obtenir un extrait d’encre; il est évident que pendant cette opération les essences se volatilisent. Haldat se sert du bois de Fernam-bouc, qui communique à l’encre. une teinte fauve.
- A continuer.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,046. — Yart. — Application d'un procédé tinctorial sur les tissus de coton et de fil, lequel donne une teinture grand teint et a pour résultat d'empêcher le piquage des tissus teints par ce procédé. — Dans le but d’empêcher le piquage des tissus teints en gris, le breveté emploie comme base de son procédé tinctorial la nigrosine cristallisée ; la teinture à l’aide de ce produit se fait dans les conditions ordinaires, en variant la quantité de nigrosine à admettre suivant les tons plus ou moins foncés que l’on veut obtenir.
- 115,090. — Gaudciiaux-Picard. — Procédé de détissage chimique. — Ce procédé consiste à donner un emploi aux matières mixtes provenant de tissus détissés, neufs ou vieux, en carbonisant les parties végétales de la chaîne ou de la trame, en en formant un engrais et en conservant les parties animales entières, sans brisures ni altération de qualités.
- 115,091'. — Gaudchaux-Picard. — Utilisation des matières animales provenant du détissage chimique. — Pour employer les matières animales provenant du détissage chimique des étoffes neuves ou vieilles, de soie ou de laine, le breveté fait opérer sur les filaments convenablement lavés des peignés analogues à ceux que l’on fait subir à la soie ou à la laine ordinaire.
- 115,093. — Giraud. — Procédé d'obtention des tissus a poils colorés par la teinture postérieure au tissage. — Le procédé est basé sur l’application du tissage en doubles pièces des tissus pileux, en laissant aux poils leur couleur neutre ou naturelle; puis on soumet les tissus en cet état, et avant toute séparation, à la teinture qu’on veut leur donner.
- 115,097. — Marix. — Mode de purification des eaux provenant du lavage et du peignage des laines brutes et autres. — Les eaux savonneuses provenant du désuintage des laines sont passées dans une toile posée sur une claire-voie et arrivant dans une rigole en maçonnerie coupée de place en place par des barrages retenant les matières terreuses que ces eaux contiennent; puis elles se rendent dans une citerne, où une pompe vient les aspirer -, purifiées par l’acide chlorhydrique, elles
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pénètrent dans une cuve contenant du lait de chaux qui achève de les rendre claires.
- 115,110. — SIVAL La Serve. — Procédés a moyens permettant de produire sur les métiers à tulles et dentelles, et notamment sur les métiers Leaver, toutes les étoffes actuellement fabriquées a la main, ou sur les métiers à tisser ordinaires, telles que brochées, rubans, châles de l’Inde, travail des Gobelins, d’Aubusson, etc. — Tous les
- fils de chaîne sont tendus et commandés au moyen de barres actionnées par la Jacquard et faisant l’armure que l’on désire; les chariots font la trame et servent à relier entre eux les fils de chaîne; enfin, les fils brodeurs sont montés sur des barres indépendantes et brochant sur l’étoffe en passant, selon la demande du dessin, sur un ou plusieurs fils, sous l’étoffe, entre ou sous tel et tel fil de chaîne.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- TARIFS DES DOUANES POUR LES MATIÈRES TEXTILES ET TINCTORIALES
- (Extrait de l’Exposé des motifs du projet de loi présenté à la Chambre des députés au nom du Gouvernement.)
- Suite et fin.
- UNITÉS sur lesquelles portent les droits,
- DROITS (décimes compris).
- Tissus de laine pure. Draps, casimirs, autres tissus foulés et tissus ras non foulés :
- Etoffes pour ameublement pesant plus de 400 grammes au mètre carré
- Moire
- Autres, pesant au mètre carré :
- 400 grammes au plus
- De 401 grammes à 550 grammes inclusivement
- Plus de 550 grammes
- Tissus de laine pure. Tapis :
- Moquette bouclée yign
- Moquette veloutée
- Autres
- Tissus de laine pure :
- Bonneterie, passementerie, rubannerie Tapisseries
- Châles brochés et façonnés autres que les cachemires de l’Inde
- Dentelles
- Velours de laine pour ameublement
- Toile à blutoir sans couture
- Couvertures
- Chaussons de lisières
- Lisières de drap
- Tissus de laine mélangée. Draps, casimirs, et autres tissus foulés, chaîne coton, tissus ras non foulés, la laine dominant, pesant au mètre carré : 200 grammes au plus
- De 201 grammes à 300 inclusivement
- De 301 grammes à 400 inclusivement
- De 401 grammes à 550 inclusivement
- De 551 grammes à 700 inclusivement
- Plus de 700 grammes
- — 1 »
- — » 60
- — 1 70
- — 1 50
- — 1 30
- J. » 60
- — » 70
- » 80
- 2 »
- — 5 »
- — 3 20
- — 3 »
- — 1 80
- — 1 60
- — » 70
- — » 70
- a • . . . exemptes
- le kil. 1 70
- — 1 40
- — 1 10
- •— » 80
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 141
- Tissus de laine mélangée :
- Tissus chaîne bourre de soie, la laine dominant
- Tapis de laine mélangée d’autres matières, quelle que soit la proportion du mélange
- Autres tissus, la laine dominant en poids
- Tissus d’alpaga, de lama, de vigogne, de yack, ou de poils de chameau :
- Purs .. d 7. 2 sm ' ; J
- Mélangés de laine, quelle que soit la proportion du mé-
- lange
- 7] 300s
- Mélangés d’autres filaments; la laine d’alpaga, de lama, de vigogne, de yack ou de chameau dominant en poids
- Tissus de poils de chèvre purs ou mélangés, le poil de chèvre dominant en poids. Fabriqués dans les pays hors d’Europe :
- A la main. Châles de cachemire longs
- — — carrés
- — Écharpes, galeries, bordures, franges
- — Tissus unis
- Au métier. Châles brodés ou brochés
- — unis
- o
- Tissus unis
- Fabriqués dans un pays d’Europe
- Autres tissus de poils purs ou mélangées d’autres filaments, le poil dominant en poids
- Tissus de crin [passementerie et autres], purs ou mélangés, le crin dominant en poids
- Tissus de soie et de bourre de soie 1
- Tissus, foulards, crêpes, tulle, bonneterie, passementerie
- et dentelles de soie pure
- ©
- Tissus, bonneterie et passementerie de bourre de soie pure, écrus, blanchis, teints ou imprimés
- Tissus de bourette pour ameublement, pesant plus de 250 grammes au mètre carré
- Tissus de soie, mélangée de bourre de soie
- Tissus de soie ou de bourre de soie mélangée d’autres matières textiles, la soie ou la bourre de soie dominant en
- poids
- o
- UNITÉS sur lesquelles portent les droits,
- le kil,
- 1 u.
- la pièce.
- le kil.
- la pièce, le kil.
- le kil.
- le kil.
- Tissus passementerie et dentelles de soie et de bourre de soie avec or ou argent fin des
- Tissus passementerie et dentelles de soie ou de bourre de
- soie avec or ou argent mi-fin ou faux 1, " a i LAC
- Rubans de soie ou de bourre de soie pure ou mélangée d’autres matières textiles, la soie ou la bourre de soie
- le kil.
- Q
- DROITS (décimes compris).
- 2 40
- t Droits des {laine pure.
- ç Droits des {laine pure.
- tapis de
- tissus de
- Mêmes droits que les tissus de laine pure.
- CO o 8
- h
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- 10
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- »
- 10 »
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- | Droits des tissus de ’ » laine,
- nb io.I)
- 831 ? 9
- » 30
- 4 »
- exempts,
- 2 »
- 1 50
- (Mêmes droits que les tissus de bourre de soie pure.
- miel Ali eno mmtos 3 yas d-onnod eb qs
- 12 » aenisq no a I
- 3 50
- dominant en poids ;
- Velours,.b Autres
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- Vêtements, pièces de lingerie et autres confectionnés en tout ou en partie
- .(b Vf mon pe nb iod)
- articles en tissus
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- Droits
- 5 »
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Annexe B.
- Fils et tissus de laine.
- FILS DE LAINE.
- 1o Entrée.
- (Loi du 15 mars 1791). les 100 kilog.
- Laines filées 73 44
- 2- Sortie.
- Laines filées 18 36
- TISSUS DE LAINE. J r .A, cr$ 1° Entrée.
- (Loi du 15 mars 1791). les 100 kilog.
- Tapis de laine 146 88
- — de fil et laine 102 »
- Tapisseries d’Anvers et de Bruxelles 81 60 — peintes 91 90 — avec or et argent 489 60 — autres .Tis 244 80 Couvertures de laine 102 » Draps ou étoffes de laines fines 612 » — communes 306 » Bonneterie de laine ou estâmes 204 » — de laine, fil et coton, poil et autres matières mêlées 183 60 — de vigogne f 306 » Rubans, cordons et tresses de laines et fil de chèvre mêlés 122 40
- 2° Sortie.
- (Loi du 22 août 1791).
- Tissus de toute sorte exempts.
- Fils et tissus de coton.
- FILS DE COTON.
- 1° Entrée. (Loi du 15 mars 1791). les 100 kilog.
- Cotons filés, teints ou non teints, provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance 1 23 — d’ailleurs 4 59 Pennes ou paines de coton exemptes.
- [Loi du 22 août 1791].
- Cotons filés pour mèches : à la valeur 10 p. 100 [Comme marchandises omises au tarif d’entrée]. 2° Sortie.
- [Loi du 15 mars 1791]. Pennes ou paines de coton prohibées.
- [Loi du 22 août 1791]. Cotons filés exempts. [Comme marchandises omises au tarif de sortie].
- Tissus de coton.
- 1° Entrée.
- [Loi du 15 mars 1791].
- les 100 kilog.
- Bonneterie de coton 285 60
- Velours et étoffes de coton 306 » [Loi du 22 août 1791]. Etoffes de fil et coton 10 p. 100 de la valeur.
- (Loi du 15 mars 1791). Drap de coton 306 » (Loi du 22 août 1791).
- Basin provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance 402 » — d’ailleurs, basin piqué. 306 » — — basin uni 10 p. 100 de la valeur. Gaze de coton 10 p. 100 de la valeur.
- (Loi du 15 mars 1791).
- Mousselines provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance, unis, rayées ou quadrillées — brodées
- — d’ailleurs, rayées et unies, à carreaux, brochées et fichus unis
- Mousselines et fichus brodés de toute sorte
- Toiles blanches de coton ou de fil de coton
- — de coton, unies, provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance
- (Loi du 15 mars 1791).
- les 100 kilog.
- Mouchoirs de coton rayés ou à carreaux et mouchoirs blancs à bordure de couleurs provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance 408 »
- (Loi du 22 août 1791).
- — d’ailleurs 10 p. 100 de la valeur.
- 306 »
- 408 »
- 612 »
- 816 »
- 153 »
- 76 50
- (Loi du 15 mars 1791).
- Linge ouvré de toute sorte et linge de table 153 »
- — de table ou de lit, provenant du com- P merce français au-delà du cap de Bonne-Espérance 102 »
- Coutils de toute sorte 81 60
- Toiles peintes ou teintes rayées ou à carreaux et guinées bleues provenant du cap de Bonne-Espérance 153 »
- — d’ailleurs, de toute sorte 275 40
- Couvertures de coton 102 »
- (Loi du 22 août 1791).
- Tulle de coton 10 p. 100 de la valeur.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 143
- (Loi du 15 mars 1791).
- Toiles de nankin provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance : les pièces de 5 aunes » 50
- — les pièces d’un aunage supérieur à 4 ou 5 aunes 76 50
- — d’ailleurs de toute sorte par pièce de 5 aunes » 75
- 2° Sortie.
- (Loi du 22 août 1791). Tissus de toute sorte exempts.
- (Gomme marchandises omises au tarif de sortie).
- Fils et tissus de lin ou de chanvre.
- FIL DE LIN OU DE CHANVRE.
- 1° Entrée.
- (Loi du 15 mars 1791).
- les 100 kilog.
- Simples, bis, écrus et blancs » 51
- Retors, écrus, bis et blancs 61 20
- D'étoupes » 51
- A voiles 6 12 De Mulquinerie et de Linon exempt. Teints de toute sorte 122 40 2° Sortie.
- Simple 20 40
- De Mulquinerie et fils de Linon 244 80
- TISSUS DE LIN OU DE CHANVRE. 1° Entrée.
- (Loi du 15 mars 1791).
- les 100 kilog.
- Toiles à voiles grosses ' 20 40
- — dont l’aune ne pèsera pas une livre 51 » Toiles de lin ou de chanvre importées par les bureaux de Lille, Valenciennes, Gi-vet, La Chapelle et Saint-Louis, écrues 73 44 — blanchies 91 80
- — blanchies ou écrues importées par tout autre bureau ou par mer 148 80
- Toiles teintes et peintes exceptées celles ci-après 275 40
- Toiles à carreaux pour matelas 81 60
- Toiles cirées de toute sorte 40 80
- Toiles gommées, treillis, bougrans et autres toiles à chapeaux, noir ou autres couleurs 30 60
- Coutil de toute sorte 81 60
- Toiles peintes sur enduit pour tapisserie 91 80 2° Sortie.
- (Loi du 22 août 1791).
- Toiles de lin ou de chanvre de toute
- sorte, exemptes. (Comme marchandises omises au tarif de sortie).
- Tissus de soie.
- 10 Entrée.
- (Loi du 15 mars 1791).
- le kilog.
- Etoffes de drap de soie unies de toute sorte 15 30
- — brochées sans or ni argent 18 36
- — — avec or et argent fin 30 60
- — mêlées de soie, de fil, de coton et de laine sans or ni argent 6 12
- — avec or et argent fin 12 24
- — d’autres matières sans or ni argent 12 24
- — avec or et argent fin 16 32
- — de soie et de coton 8 16 — avec or et argent faux prohibées.
- — provenant du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance : étoffes de pure soie ou dans lesquelles il
- entre de la soie prohibées,
- si les 100 kilog.
- Couvertures . 204 »
- Tapis de soie ou mêlées de soie 306 »
- (Loi du 15 mars 1791). le kilog.
- Gaze et Marly de soie 30 60
- — de soie et fil 16 32
- — d’or et d’argent ou mêlée d’or et d’argent 61 20 — avec or et argent faux prohibée.
- Crêpes de soie de toute sorte 30 60
- (Loi du 22 août 1791).
- Tulle 10 p. 100 de la valeur.
- (Loi du 15 mars 1791).
- Dentelle de soie 30 60
- — d’or fin 122 40
- — d’argent fin 81 60
- — d’or et d’argent fin 24 48
- Bonneterie de soie 12 24
- — de soie mêlée d’autres matières 9 18
- Passementerie et listonerie comme galons, ganses, jarretières, aiguillettes, franges, rubans et tous autres ouvrages de passementerie et rubannerie : en or et en argent fin 30 60 les 100 kilog.
- — faux 306 » le kilog.
- — en soie, sans or ni argent 15 30 — avec or et argent fin 24 48
- — en soie et coton ou matières mêlées 7 14
- les 100 kilog.
- Rubans ou tresses en poil de chèvre mêlées de soie 204 »
- 2° Sortie.
- (Loi du 22 août 1791 )•
- Etoffes avec or et argent faux prohibées.
- Autres exemptes.
- [Comme marchandises omises au tarif de sortie].
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Service des eaux.
- M. Krantz, commissaire général du gouvernement près l’Exposition, vient de signer avec la Compagnie générale un important traité pour assurer le service des eaux pendant toute la durée de l’Exposition.
- D’après la convention, la Compagnie devra fournir l’eau non-seulement pour la cascade, les aquariums, l’arrosage des jardins, etc., mais aussi celle qui sera nécessaire pour mettre en mouvement les diverses machines qui pourront être placées tant au Trocadéro qu’au Champ-de-Mars.
- GARANTIE DES INVENTIONS.
- Les inventeurs et les auteurs de dessins de fabrique, qui apporteront leurs nouveautés à l’Exposition, sont dispensés de se conformer aux règles établies pour les cas ordinaires. Ils peuvent conserver leur droit exclusif, sans avoir pris un brevet d’invention ou avoir fait le dépôt de leur dessin. Il leur suffira d’avoir demandé à la préfecture de la Seine un certificat constatant l’apport des objets par eux exposés. Leur demande devra être accompagnée d’un mémoire descriptif et de dessins ou échantillons capables de bien déterminer ce à quoi se rapporte le privilège qu’ils réclament.
- Cette demande peut encore être faite pour l’ouverture de l’Exposition, et elle sera accueillie pendant tout le premier mois depuis cette ouverture.
- Le Certificat, délivré gratuitement, aura effet jusqu’après la fin du troisième mois qui suivra la clôture de l’Exposition.
- Toutefois cette garantie n’a son effet qu’en France, et ne protège pas l’inventeur contre la contrefaçon étrangère ; à cet égard, il ne faut pas perdre de vue les recommandations de notre numéro du 20 avril, année courante, page 96.
- demandes d’admission et répartition.
- Un chiffre, entre autres, permettra de juger de l’empressement patriotique des industriels français pour l’Exposition de 1878.14,000 mètres carrés dans l’intérieur du Palais du Champ-de-Mars avaient été mis à la disposition des dix-neuf classes qui composent le sixième groupe : Outillage et procédés des industries mécaniques. C’était beaucoup plus qu’en 1867. Aujourd’hui, cependant, les demandes des exposants s’élèvent à plus de 70,000 mètres carrés.
- La construction d’annexes devient indispensa
- ble, car les adhésions ont tellement dépassé toute attente, qu’elles ne sont pas sans Causer quelque embarras aux organisateurs de l’Exposition.
- Le fait n’est pas particulier, d’ailleurs, aux exposants français; depuis que chacune des puissances qui ont accepté l’invitation pacifique et cordiale de la France, a reçu la notification des espaces qui lui étaient alloués dans la moitié du palais qui borde l’avenue Suffren, le commissaire général se trouve chaque jour en présence de demandes d’augmentations nouvelles, c’est-à-dire en présence du problème qui consisterait à diviser un mètre en cent parties de cinq centimètres chacune.
- Les Anglais, en gens pratiques, ont en même temps reconnu et l’impossibilité d’agrandir le Champ-de-Mars et celle de faire tenir dans l’espace qui leur était alloué tous leurs exposants. Ils se sont décidés à recourir aux annexes et à couvrir de constructions légères tout l’espace que leur président, S. A. R. le prince de Galles, a pu se faire concéder dans les parcs. Cet exemple va être suivi par d’autres nations.
- Les travaux du Palais du Trocadéro seront complètement terminés à la fin d’octobre.80,000mètres cubes de terre végétale sont apportés au Champ-de-Mars et au Trocadéro pour l’arrangement des parcs et jardins, qui resteront ouverts le soir.
- Pour la section française, la force motrice destinée à mettre en mouvement les machines contenues dans la grande galerie de 700 mètres de long sur 35 de large et dans la petite galerie parallèle destinée aux machines moins grandes, sera alimentée par cinq centres de chaudières établies le long de l’avenue Labourdonnaye. Ces chaudières serviront onze machines motrices de la force nominale de 500 chevaux.
- Les galeries de machines des nations étrangères nécessiteront une force motrice au moins égale.
- Le service des eaûx, constitué par 10 kilomètres de conduits et alimenté par une pompe à vapeur spéciale est prêt. Le corps des pompiers étudie te meilleur système pour prévenir tout danger d’incendie.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault).
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 1OO k. pour teinture et épaillage chimique Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Les Gérants : F. Gouillon & P. Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21" Année, No 13. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juillet 1877
- SOMMAIRE
- 3 35401 . BRIS. ([9 9IT : gio. Si IEC 910105izo • 10u lre .i J «12061, * 1 • 00 ) V . 1951: 88 D 0t
- A nos lecteurs. — Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Teinture en noir pour chapellerie. — Ponceau solide par la cochenille artiticielle.— Effets remarquables du contraste des couleurs, par M. CHEVREUL. — Essai des huiles commerciales par l’aréomètre thermique de M. A. PINCHON.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur les encres noires à écrire (suite), par M. E. VIEDT. — Revu® sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Les traités de commerce. — Exposition universelle de 1878
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES, - résultats.
- A NOS LECTEURS
- En succédant à M. Félix GOUILLON, comme Directeur du Moniteur de la Teinture, nous ne nous dissimulons nullement les difficultés de la tâche que nous allons entreprendre.
- Répondre aux besoins et aux intérêts des industries représentées par notre journal, faire participer tous les membres de ces industries aux découvertes théoriques et pratiques, aux perfectionnements, aux applications des produits, des procédés et des appareils nouveaux ; en un mot, à tout ce qui peut être utile au point de vue du progrès de la fabrication et de l’économie de la main d’œuvre : tel sera le but que nous nous efforcerons d’atteindre en y donnant tous nos soins et en y apportant le dévouement Le plus complet.
- Le concours de plusieurs chimistes et de praticiens expérimentés nous est acquis. Nous n’en faisons pas moins appel à tous ceux qui voudront Lien nous aider dans notre œuvre, accueillant la communication de leurs essais, de leurs travaux, de leurs besoins, étudiant tout, donnant la publicité dont nous disposons à ce qui sera reconnu d’utilité et espérant, qu’avez leur concours, nous satisferons nos lecteurs.
- Paul BLONDEAU.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- [Suite]
- LES BOIS ROUGES.
- Ces importants produits tinctoriaux sont rangés en deux classes : 1° les bois rouges dont les matières colorantes sont franchement solubles dans l’eau bouillante : ce sont les bois du Brésil, le bois de Lima, le bois de Sainte-Marthe ou bois de pêcher, le bois de Sapan (cisalpicia Sapan} et le bois de Fernambouc ; 2° les bois rouges, qui sont presque insolubles, même dans l’eau bouillante ; ce sont les camwood, barwood, saunderwood et ca-liatour. Les bois de la première classe sont importés, sous forme de blocs ou bûches, des Amériques centrale et méridionale et des Indes occidentales ; ils sont livrés au teinturier en laine à l’état de poudre. On dit qu’ils contiennent le même principe colorant, désigné par Chevreul, qui le découvrit le premier sous le nom de brésiline. On peut obtenir ce produit cristallisé en aiguilles, qui sont presque incolores et ont un goût de doux-amer. Par l’oxydation, il se convertit en brésiléine par suite d’un changement analogue à celui qui s’opère lorsque l’indigo blanc devient indigo bleu, et que l’hématozyline se transforme en héméatine.
- Je remarque que le bois de pêcher ou de Sainte-Marthe est le seul de cette classe qui soit employé dans la teinture de la laine, et encore dans des limites restreintes; il ne sert jamais seul, et son
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- 146 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- premier usage a pour but de donner un ton pourpre à d’autres matières colorantes.
- La seconde classe embrassant les camwood, bar-wood, saunderswood et caliatour, est très-importante pour le teinturier en laines. Ces bois sont le produit de plusieurs espèces de Pterocarpus qui croissent dans les contrées tropicales. Ils sont importés dans nos pays sous la forme de bûches noueuses ou blocs, que l’on prépare en les râpant pour les livrer au teinturier. Le bois, en raison de la solubilité très-faible de sa matière colorante, est généralement soumis à l’ébullition en même temps que l’article à teindre. Les couleurs qu’il donne à la laine sont le rouge ou le brun-rouge, avec un mordant d’étain, d’alun ou de bichromate, la nuance prenant une nuance plate lorsqu’on se sert de la couperose. Ces couleurs sont très-permanentes et solides, aussi sont-elles beaucoup employées dans la teinture de la laine et des lainages qui ont à subir le lavage et le foulage.
- La matière colorante paraît être la même dans tous ces bois : c’est un principe incolore appelé santal qui se transforme, par l’oxydation, en une matière colorante rouge, santaline, suivant une réaction analogue à celle qui a lieu dans les matières colorantes de l’indigo, du campêche et du bois de pêcher.
- On n’emploie jamais, ou fort rarement, ces bois seuls comme matière tinctoriale pour la laine ; ils servent surtout à donner le ton rouge voulu aux bruns, aux teintes vin-clair (darets), aux violets, aux marrons, aux noirs et autres couleurs qui ont un rouge dans leur composition. Ce sont les meilleurs fonds pour l’indigo que l’on peut appliquer dessus ; ils sont, en effet, plus permanents et bien plus solides que ceux que l’on produit avec l'or-seille et le cudbear.
- BRUN VIN CLAIR (CLARET) SUR LAINE.
- Mordant :
- Bichromate dépotasse... 1 1/2 pour 100
- Acide sulfurique............ 0 25 — Faire bouillir une heure, laisser reposer la nuit.
- Teinture :
- Camwood.................... 34 pour 100
- Barwood .................... 10 —
- Campêche ..................... 2 —
- Cudbear..............:......... 1 —
- Faire bouillir pendant deux heures, retirer.
- On peut considérablement foncer la nuance en ajoutant de la couperose vers la fin de l’opération. I
- GARANCE.
- Cette matière colorante est beaucoup plus employée par le teinturier en coton et l’imprimeur sur calicot que par le teinturier en laines. Elle a été le sujet d’un grand nombre de recherches, et l’on ne connaît pas encore très-bien la composition et la nature de ses principes colorants. Elle est depuis très-longtemps employée comme matière tinctoriale. On dit que les anciens Egyptiens, les Grecs et les Romains en faisaient usage.
- Quoique la garance ne soit pas un bois, il vaut mieux l’étudier maintenant en même temps que les bois rouges, car elle occupe, comme teinture pour laine, une place intermédiaire entre celle des bois rouges et des bois jaunes. C’est la racine d’une plante appelée Ptubia tinctorum.
- Le docteur Schunk observa que la matière colorante existe dans la plante à l’état de glucoside, c’est-à-dire en combinaison avec un sucre. Il appelle ce principe rubian glucoside.
- Les principales matières colorantes fournies par la garance sont l’alizarine, la purpurine et la pseudopurpurine. La première de toutes est la plus importante, car c’est la seule couleur garance qu’on puisse regarder comme solide et permanente.
- La production artificielle de l’alizarine avec l'an-thracène, un des produits de la distillation du coltoar, est un des applications les plus importantes et les plus intéressantes de la chimie qui ait été faite dans ces dernières années.
- En 1868, et Liebermann trouvèrent, qu’en distillant de l’alizarine et du zinc en poudre, on obtenait l'hydrocarbure anthracène (1). Cette matière colorante artificielle paraît posséder toutes les propriétés de l’alizarine de garance.
- Je ne sache pas qu’on ait employé l’alizarine artificielle dans les districts lainiers comme teinture pour laine.
- Dans la teinture des laines, la garance, outre son emploi comme ferment dans la cuve à indigo, sert à produire les gris américains, les bruns et les olives, pour la réalisation desquels conviennent parfaitement ses matières colorantes. Les couleurs obtenues avec la garance sur laine sont très-solides et permanentes.
- BRUN SUR LAINE.
- Mordant :
- Bichromate de potasse............ 0,1 pour 100
- Acide sulfurique................. 5 —
- (1) Ils réussirent en renversant le procédé à produire de l’alizarine de l'anthracène.
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
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- Faire bouillir une heure, retirer et laisser passer la nuit.
- Teinture :
- Garance......................... Il pour 100
- Campeche........... ........... 1 —
- Camwood....................... 8 —
- ...................:.......... 10 —
- Faire bouillir deux heures, couleur solide et permanente.
- (.4 suivre.)
- TEINTURE EN NOIR
- POUR LA CHAPELLERIE (1 >
- Depuis que l’on connaît — grâce aux données de la science chimique — le rôle exact que chacune des drogues employées joue dans un bain de teinture , on a renoncé aux procédés anciens, aux recettes empiriques qu’on entourait des voiles mystérieux du secret le plus rigoureux et que beaucoup pratiquaient sans s’en rendre compte. A cette époque de réticences calculées et d’ignorance naïve, on jetait sans rémission un bain de noir qui avait tourné au roux et l’on recommençait en maugréant-, aujourd’hui, tout le monde sait qu’en pareil cas le sel de soude ramène le bain, lequel demeure parfaitement utilisable.
- Il ne resterait rien à désirer si l’on pouvait sûrement déterminer en théorie les doses exactes des drogues à mettre dans le bain ; mais cela n’est pas possible, il faudrait que les substances eussent toutes rigoureusement le même titre, et, par malheur, il est loin d’en être ainsi.
- Le commerce et l’industrie, corrompus par la concurrence, dénaturent tous les produits, et pour que le teinturier arrive à obtenir la teinte voulue, il lui faut procéder par tâtonnements. Pourtant, il est certaines indications qu’on peut formuler avec certitude. Pour le campêche, par exemple, il vaut mieux en mettre trop que pas assez ; l’excès ne présente aucun inconvénient, sauf sous le rapport de la dépense. Pour l’engallage c’est l’inverse; il vaut mieux mettre moins que plus, attendu que l’acide gallique en excès serait nuisible au beau noir. On le comprendra tout à l’heure.
- (1) Get article commence une série d’articles que nous publierons sur les procédés de teinture usités dans la chapellerie .
- Quant aux sels de fer et de cuivre, on agit par gradation jusqu’à ce qu’il y en ait assez; il est facile de reconnaître pendant le travail si l’on doit en ajouter ou non.
- Disons un mot des réactions chimiques et physiques qui s’opèrent dans un bain de teinture noire. Tout d’abord, il est essentiel que les matières à teindre en noir soient complètement débarrassées de tout acide (sulfurique, nitrique ou autres), car ces acides ayant une grande affinité pour les métaux, s’emparent des sels qui constituent le noir et détruisent ainsi les principes colorants des matières végétales (campêche et autres). Il importe donc, avant tout, de débarrasser les chapeaux des acides qu’ils ont pris à la foule.
- Le bain d’engallage répond à deux objets très-importants : d’abord, il produit du noir par la combinaison de l’acide gallique ou du tannin avec le sel de fer ; en second lieu, il a la propriété de nourrir le feutre, et cette dernière propriété, digne d’une attention particulière, exige quelques considérations spéciales.
- Le tannin que contient le bain d’engallage a la propriété de s’unir et de s’identifier avec les ma-tières animales d’une manière intime ; il fait corps avec elles, les renforce et les rend plus fermes, et ce phénomène est si évident que les teinturiers en soie (pour certaines nuances) rendent deux kilos de soie teinte pour un kilo de soie naturelle ; c’est l’engallage qui a doublé le poids; il en est de même du cuir qu’on laisse 18 mois ou 2 ans dans l’écorce de chêne, afin qu’il durcisse par absorption des principes fortifiants qui lui donnent la rigidité et la durée. L’engallage agit d’une manière identique sur les poils ou la laine du feutre, et celui-ci devient plus dur, plus lisse sous le fer -, le chapeau acquiert un plus bel éclat; tandis que le campêche seul fait friser les poils du feutre, les sèche, et sous le fer le feutre ne prend qu’un éclat factice qu’il perd en se refroidissant.
- Cependant, en tout il y a une limite et un danger et il ne faut pas abuser de cette propriété du tannin, sous peine de la voir tourner au préjudice de nos produits, car si la dose de tannin combinée à la soie est trop forte, celle-ci devient cassante et a moins de valeur. De même, si le bain d’engallage est trop énergique, le feutre rendu trop dur devient cassant, outre que l’acide gallique en excès est nuisible à la teinture, en cela qu’il neutralise une partie du sel de fer (couperose), d’où découle l’obligation de doubler la dose de ce sel, si l’on
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- veut éviter que sous l’action du fer, à l'appropriage, le noir ne tourne au roux. Nous devons faire observer ici que, suivant la qualité du chapeau, il faut augmenter ou diminuer la force du bain d'engal-lage, et cela est très-essentiel; ainsi, pour les chapeaux de basse qualité dont le feutre est mou, il importe de donner un bain d’engallage assez concentré et même 24 heures avant la teinture -, ainsi traité, le feutre acquiert beaucoup de qualité et gagne en force par l’absorption du tannin, ainsi que nous venons de l’expliquer; au contraire, pour les chapeaux de basse qualité, il convient de ménager l’engallage, attendu que le feutre est déjà assez serré de sa nature et un engallage trop concentré nuirait à sa finesse et le rendrait trop dur et cassant. En résumé, on peut fixer approximativement la dose à un kilo d’extrait sec de châtaignier pour l’engallage de 100 chapeaux communs et à un demi-kilo pour 100 chapeaux de belle qualité.
- Ce bain, quoique fait avec l’extrait de châtaignier, est appelé bain d’engallage, parce que, dans le principe, on n’employait que des galles de pays ou d’Alep ; mais ce produit étant d’un prix élevé et la chimie ayant découvert les mêmes principes dans d’autres végétaux, entre autres le châtaignier, on s’en sert de préférence en raison de l’économie qui résulte de leur emploi.
- Toutefois, les galles d’Alep donnent toujours l'en-gallage par excellence et on continue à les employer pour les soies de belle qualité.
- Passons aux sels employés dans la teinture noire : nous avons le sulfate de fer dit couperose et le pyrolignite de fer. Pour un bain noir noir, il convient d’employer les deux, attendu que le sulfate donne un noir bleu et le pyrolignite un noir rouge ; or, on sait par expérience que la couleur noire est la combinaison des rayons bleu, rouge et jaune, et pour donner au bain cette dernière teinte, on n’a qu’à y ajouter, comme chacun le sait, une portion de bois jaune ou de gaude et on obtient ainsi le noir noir. s
- Mais, outre les sels de fer, nous avons encore les sels de cuivre, le sulfate ou vitriol bleu et l’acétate ou vert de gris, et nous préférons ce dernier quoique plus cher; le vitriol bleu, d’ailleurs, ne doit être employé que comme mordant, car il a une si grande affinité pour les matières colorantes qu’il les précipite instantanément et aflaiblirait la teinture si on l’employait dans le bain, tandis que le vert de gris joue un rôle moins énergique. Mis
- dans le bain de teinture, il agit plus lentement et sans le détruire ; les molécules colorantes se fixent au feutre, et il s’opère en même temps une combinaison chimique qui est très-favorable à l’opération. Le cuivre abandonne l’acide acétique qui le tient en dissolution pour se combiner en le neutralisant avec l’acide sulfurique en excès mis en liberté dans le bain. Cet excès d’acide sulfurique se dégage du sel de fer, et s’il n’était pas absorbé, il nuirait considérablement au bain.
- Cette théorie de la teinture noir noir étant bien comprise, il est facile de se rendre compte de tous les phénomènes qui se présentent pendant les opérations, d’ajouter au bain ou d’en retrancher certaines drogues, et de conduire le travail à bonne fin.
- Au prochain numéro la manière d’opérer.
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- PONCEAU SOLIDE
- PAR LA COCHENILLE ARTIFICIELLE
- Ce nouveau produit, qui paraît appelé à se substituer à la cochenille comme l’alizarine artificielle à la garance, permet de teindre à un prix de revient bien inférieur.
- Voici le mode d’emploi :
- Pour 10 kilos laine en écheveaux
- Dissoudre ensemble
- Cochenille artificielle 45 grammes.
- Orange palatine 30 »
- Borax 100 »
- Y faire bouillir la laine 15 minutes et ajouter : Acide tartrique 100 grammes.
- Puis en deux fois :
- Acétate d’alumine préparé avec : Alun 2 kil. 400
- Acétate de plomb » 800 Eau 60 litres.
- Si le bain n’est pas tout-à-fait clair, prendre un peu plus d’acide tartrique.
- Pour 10 kilos laine et tissus :
- Préparer un bain avec :
- Cristaux de tartre, demi-raffiné 1 k. » Acide tartrique 0 500
- Sel d’étain 0 500
- Acide oxalique 1 »
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- Faire bouillir le tissu pendant 15 minutes et ajouter ensuite au bain :
- Cochenille artificielle 80 grammes.
- Flavine concentrée, 30 » Teindre au bouillon pendant une demi-heure.
- - =pr=e=a-
- EFFETS REMARQUABLES
- DU CONTRASTE SIMULTANÉ DES COULEURS
- D’apres une communication de M. GHEVREUL à l’Académie des Sciences
- On sait qu’en 1839, dans un ouvrage célèbre qui fut une véritable révélation, M. Chevreul établissait la théorie des contrastes simultanés des couleurs (1); les lois qui découlent de cette théorie nous donnent l’explication d'un certain nombre d’illusions d’optique. M. Chevreul a déjà donné l’explication de ce curieux phénomène, raconté par Saint-Simon à propos de cheveux verts d’un ambassadeur présenté à la cour de France. Les cheveux de ce seigneur étaient gris; le contraste des couleurs les faisait paraître verts, parce que l’ambassadeur portait un costume rouge.
- Aujoura’hui, M. Chevreul rapporte une autre illusion d’optique demeurée également célèbre. Henri de Navarre, le duc de Guise, dit le Balafré, et le duc d’Anjou jouaient ensemble aux dés dans un endroit vivement écl iré par le soleil; subitement, les points noirs des dés leur parurent rouges. Le lendemain, recommençant la partie dans les mêmes conditions, le phénomène se reproduisit, et les trois princes en prirent un tel effroi qu’ils cessèrent de jouer. La Saint-Barthélemy ayant eu lieu peu de temps après, toute la cour regarda ce phénomène comme un présage sinistre. Ce n’était pourtant là qu’une illusion d’optique.
- Voltaire, dont la foi aux prodiges n’était pas très-Vive, parle de ce fait dans son Essai sur les mœurs des nations, non qu’il le nie, mais pour en combattre l’interprétation ; selon lui, il n’a rien de mystérieux : c’est un simple effet des rayons du soleil tombant sur les points noirs des dés sous Une certaine inclinaison.
- « Le jésuite Daniel, dit Voltaire, qui a recueilli ce fait, devait savoir assez de physique pour ne pas ignorer que les points noirs, quand ils font un
- (1) Voir cette théorie et l’exposé de ces lois dans le Moniteur de la Teinture, année 1875, pages 150 et 173.
- angle donné avec les rayons du soleil, paraissent rouges; c’est ce que tout homme peut éprouver en lisant ; et voilà à quoi se réduisent tous les prodiges. Il n’y eut certes dans toute cette action d’autre prodige que cette fureur religieuse qui changeait en bêtes féroces une nation qu’on a vue souvent si douce et si légère (1). »
- En 1770, un académicien de Berlin, nommé Be-guelin, lisant une gazette dans une promenade publique, le soleil gagnant l’horizon et frappant ses paupières, aperçut les caractères d’imprimerie de couleur rouge, lesquels, dit-il, étaient préservés des rayons du soleil (2). C’est donc à l’insolation de l’œil qu’il attribue avec raison la cause du phénomène et non à l’insolation des points noirs des dés, comme l’avait annoncé Voltaire; mais Be-guelin se trompa à son tour quand il prétendit que ces caractères paraissaient rouges, parce que les rayons, en traversant les paupières, disposaient les yeux à voir les objets de cette couleur ; cependant il observa un fait dont il ne put donner l’explication : c’est que le reflet d’un drap noir sur les caractères d’imprimerie n’en affaiblissait pas la couleur rouge, comme le faisait le reflet d’une étoffe ponceau. Ce fait, en contradiction avec l’explication de Beguelin, s’explique parfaitement par la loi du contraste simultané des couleurs, qui ne fut connue qu’en 1828.
- Afin de ne rien omettre des observations vraies de Beguelin, ajoutons qu’il avait remarqué que si l’œil isolé voyait des caractères d’imprimerie rouges, pendant que l’œil gauche était fermé, il arrivait que si, fermant l’œil droit, on ouvrait l’œil gauche, celui-ci voyait les caractères noirs sur fond blanc. Cette observation, exacte au fond, fut faite accidentellement sans que Beguelin en tirât de conséquence.
- M. Chevreul passe ensuite au récit de ses expériences donnant l’explication exacte d’un fait dont l’histoire a parlé depuis près de trois siècles.
- Première EXPÉRIENCZ.— On se place sur un siège de manière à recevoir sur l’œil droit les rayons du soleil, sous un angle de 20 à 25 degrés , l’œil gauche étant fermé, c’est-à-dire que la lumière d’une fenêtre vient frapper le profil du côté droit de la figure.
- Sur une table éclairée par la lumière diffuse sont
- (1) OEuvres de Voltaire, édition de Beuchot, t. XVIII, page 73.
- (2) Mémoires de l'Académie royale des sciences de Berlin, année 1771, page 8.
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- placées deux plumes de poule ; l’une est noire et l’autre blanche ; la distance qui les sépare des yeux est de 0m 6 à 0m 8. Les barbes bien parallèles réfléchissent à l’œil le plus possible de la lumière qui les éclaire.
- Après deux minutes environ d’insolation de l’œil droit, celui-ci voit la plume noire rouge et la plume blanche vert d'émeraude. Après quelques secondes, la plume noire, de couleur rouge, apparaît bordée de vert, et la plume blanche, vert d’émeraude, d’une couleur rosée.
- Deuxième expérience. — Fermez l’œil droit isolé, ouvrez l’œil gauche qui ne l’a pas été, et la plume noire sera vue noire et la plume blanche, blanche.
- ARÉOMÈTRE THERMIQUE
- A INDICATIONS CONCORDANTES.
- Par M. A. Pinchon, Pharmacien à Elbeuf, professeur de chimie à la Société industrielle d’Elbeuf.
- ESSAI DES HUILES COMMERCIALES
- Les filateurs de la ville d'Elbeuf ou des environs emploient, pour le travail de la laine, des quantités considérables d’huiles que tantôt ils fournissent eux-mêmes, tantôt ils reçoivent des fabricants. Les huiles d’olive, d’arachide, les acides oléiques de saponification ou de distillation sont surtout les produits requis. Depuis dix-huit ans j’ai beaucoup travaillé l’analyse de ces liquides et je ne compte plus le nombre de procédés empiriques ou logiques proposés par divers, tentés par moi. J’ai été appelé comme expert devant les tribunaux, comme intermédiaire entre acheteurs et vendeurs, comme essayeur par des négociants, c’est dans ce dernier cas que j’ai dû faire le plus grand nombre de mes analyses. Souvent trompés, bien servis quelquefois, ils hésitaient à faire les frais de recherches dont aucune indication préalable ne leur fournissait de raisons. Je leur ai bien offert l’alcoomètre de Lefebure, mais devant la nécessité d’un thermomètre, de l’acide sulfurique, des tables de correction, ils ont vu une série d’opérations d’un maniement peu facile, et m’ont demandé mieux ; l’aréomètre que je présente est un moyen non pas d'analyse, mais de conditionnement : c’est un instrument de précision qui indique rapidement et sûrement la bonne ou mauvaise qualité d’une
- huile, il peut servir d’étalon pour des marchés à faire, de base de refus de livraison, de motif de recherches à confier à des chimistes en cas de contestation. Son mode de graduation, la concordance ou la discordance des données qu’il fournit, son fonctionnement dispensent de tout calcul ou correction, il les fait lui-même.
- Ainsi c’est un
- 46. —Aréomètre thermique de M. Pinchon. qu’on le voit par le dessin, fait au tiers, aréomètre muni d’un thermomètre. Le ré-
- servoir de ce dernier est isolé, soudé au-dessus de la boule à lest ; sa tige vient, en se recourbant, s’appliquer contre la paroi du cylindre servant de flotteur. On en lit parfaitement les divisions cor-, respondant au sommet de la colonne de mercure, sur un papier blanc portant les degrés centigrades. La tige de l’aréomètre porte sur l'une de ses faces, en regard du thermomètre, des divisions d’une valeur spéciale, et sur le côté opposé se trouve la densité du liquide sur lequel on opère, aux di-
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- verses températures comprises entre les deux extrêmes, entre 0 et 40, par exemple.
- Le même instrument ne peut servir pour tous les liquides : chacun de ces derniers en exige un spécial, gradué pour lui, selon sa densité à l’état de pureté, selon son coefficient de dilatation. Si cette condition nécessaire paraît un embarras, il n’est qu’apparent, puisqu’il est largement compensé par la netteté du renseignement fourni, et parce que, le plus souvent, les industriels seront suffisamment munis par la possession de deux pour leur commerce.
- Si l’on plonge l’un de ces aréomètres dans le liquide pour lequel il est construit, en le laissant livré à lui-même, il s’enfoncera d’autant plus que la température de son milieu sera plus élevée. Dès que son point d’arrêt sera fixé, on le fera plonger de un degré environ et on le laissera en repos, s’il remonte. Après quinze minutes de séjour, on consultera les chiffres tracés au niveau du sommet de la colonne de mercure et ceux qui sont à la surface du liquide. Si ce dernier est dans les conditions voulues, s’il est pur, les deux données seront identiques, concordantes, soit H degrés au thermomètre, 14 degrés à la tige, 20 et 20 degrés, 30 et 30 degrés, en un mot, l’enfoncement ou l'émergement de la tige dépendant pour un même liquide, des variations de température, le thermomètre indiquera ces dernières et la graduation de la tige est telle qu’elle est en parfaite harmonie avec elles.
- Soit, par exemple, une huile d’arachide. C’est peut-être celle que sur notre place on trouve le plus rarement à l’état de pureté. Dans l’huile pure, l’aréomètre donnera des indications concordantes, à un quart de degré près, au point de vue commercial. Elle est additionnée tantôt d’huile de coton, tantôt de lin, de sésame (l’huile de lin est à l'ordre du jour et son emploi en filature est des plus dangereux), dans ce cas, la divergence sera nette, les degrés du thermomètre seront plus élevés que ceux de la tige, puisque toutes ces huiles sont plus denses que l’huile d’arachide. Si, au contraire, c’est la matière grasse fournie par les graines de colza, oléique, ou l’oléine des graisses (nouveau résidu exploité) qu’on a fait servir au mélange, la discordance des données en sera un indice, puisque les degrés thermométriques seront au-dessous de la tige. Il en sera de même pour toutes les autres huiles ou liquides dont on voudra contrôler la constitution.
- Il est bien entendu toutefois que l’intermédiaire
- des concordances ou discordances ne fournira que lapreuve d’un mélange sans autres indications qualitatives que celle d’une classe de corps ajoutés plus légers ou plus lourds. Je n’ai pas visé d’autre but et je ne crois pas qu’on puisse demander plus à un densimètre.
- Je crois inutile de transcrire la liste des nombreux essais faits avec les aréomètres thermiques. Jusque-là ils ont toujours eu raison, ils ont pu rendre déjà des services sur notre place, et l’analyse chimique, dans le cas de discordance, a confirmé les indications.
- Les applications du principe des aréomètres sont des plus variées : elles ne se bornent pas aux huiles d’ensimage qui m’en ont faitconcevoir l’idée. En général, tous les liquides dont la densité et le coefficient de dilatation peuvent servir d’indice de pureté (huiles, acides divers à tous degrés, glycérines, etc.,) tous ceux qu’on aura intérêt à posséder dans des conditions fixes (lessives, solutions de sels pour engrais, dilutions alcooliques, etc.), pourront être sûrement contrôlés par la concordance des données (I).
- CHRONIQUE
- SUR LES ENCRES NOIRES Par M. E.-H. VIEDT (de Braunschweig).
- (Suite).
- I I. — ENCRES AU CAMPECIE.
- Les encres au campêche sont très-employées depuis quelques années à cause de leur bon marché et de la beauté de leur teinte ; ainsi la majeure
- (1) Nous publierons prochainement une note lue par M. Pinchon à la Société industrielle d'Elbeuf, contenant le recueil d’observations faites par des industriels sur le fonctionnement de ses appareils. L'office du journal peut livrer les aréomètres thermiques actuellement dans le commerce aux prix suivants, emballage et port en sus :
- Aréomètre pour glycérines . . 23 » — — huile d’olive. . . 20 » — — — arachides. . 20 » — — — colza (froissage) 20 » ‘ — — — colza (épuré) . 20 » — — — amandes douces 20 » — — — de lin. . . 20 » — — — d'œillette . . 20 » — acides oléiques . . . 30 »
- Sous peu, nous pourrons également expédier des aréomètres pour huile de paraffine et huile de pieds de bœuf.
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- partie des encres à copier aujourd’hui en usage sont des encres au campêche.
- D’après Daunenberger, on augmente notablement le pouvoir colorant du bois de campêche lorsqu’on l’étend, fraîchement effilé, en couche de 10 à 20 centimètres d’épaisseur, et qu’on l’arrose avec 60 ou 65 p. 100 de son poids d'eau chaude, en ayant soin de remuer souvent pour éviter réchauffement. Ce traitement doit durer pendant six ou huit semaines et il augmente d’environ 16 pour 100 le pouvoir colorant du bois. En épuisant par l’eau le bois ainsi traité et évaporant la solution à siccité, on obtient l’extrait de campêche que l’on trouve dans le commerce en masses brunes, brillantes, entourées de fragments de papier et présentant une cassure conchoïde. Par suite de l’action qu’exerce l’air pendant l’évaporation, la solution de cet extrait est encore plus colorée que la décoction même du bois. -Ces solutions oxydées prennent à l’air une teinte pourpre qui devient de plus en plus foncée jusqu’au noir le plus intense. Ce changement de couleur est dû en grande partie à l’ammoniaque de l’air.
- Les sels de fer et de cuivre produisent, en présence de l’air, dans la solution aqueuse de campêche, des précipités noirs; ceux dus au fer ont une teinte bleuâtre, tandis que ceux produits par le cuivre ont une teinte vert-sale qui passe peu à peu au noir-bleu. L’alun colore la liqueur du campêche en rouge clair ou rouge violet, mais sans produire de précipité. L’alun de fer se comporte à peu près comme les sels de fer. Les sels de chrême donnent des précipités violets devenant noirs; l’acide chromique produit immédiatement un précipité noir foncé. Le chromate neutre de potasse, ajouté en très-petite quantité, colore en noir intense la solution de campêche, mais ne produit pas de précipité -, en grande quantité, il détermine immédiatement la formation d’un précipité noir foncé.
- Le bois de campêche effilé et l’extrait de campêche sont susceptibles de bien des falsifications; il est bon, par suite, d’acheter le bois en bûches et de le faire effiler. Si on se sert d’extrait, il faut faire attention à sa teneur en eau et aux substances étrangères que l’on peut y ajouter : corps insolubles, extrait de châtaignier, etc.
- On peut classer les encres au campêche en quatre espèces :
- 1° Encres au campêche et au chrome ;
- 2° Encres au campêche et à l’alun;
- 3° Encres au campêche et au fer ;
- 4° Encres au campêche et au cuivre.
- Nous ferons cependant remarquer que ces trois dernières espèces se confondent souvent l’une avec l’autre et ne peuvent être nettement distinguées.
- On sait que Runge a découvert en 1848 qu’une solution assez étendue de la matière colorante du campêche, additionnée d’une très-petite quantité de chromate de potasse, donne un liquide coloré en noir foncé qui reste clair, ne déposé pas et peut être employé comme encre. Parfaitement neutre aux papiers réactifs, cette encre n’attaque pas les plumes -, elle est très-peu coûteuse et pénètre si bien dans le papier qu’on ne peut l’enlever par le lavage même en se servant d’une éponge; elle a, en un mot, toutes les propriétés d’une encre excellente. Par contre, elle se décompose à l’air quelquefois très-rapidement et la couleur se dépose sous forme de gros flocons nageant dans un liquide incolore. Cette « gélatinisation » est un grand défaut de cette encre, surtout parce qu’on ne connaît pas les conditions qui la déterminent. Différents moyens ont été proposés pour l’empêcher de se produire. Le meilleur semble être l’additi on de carbonate de soude recommandée par Bœttger : du moins nous nous servons depuis deux ans d’une encre ainsi préparée sans avoir jamais observé de décomposition ; il est vrai que nous employons en même temps un encrier à entonnoir qui évite autant que possible le contact de l’air, et cette dernière condition paraît être la plus essentielle à ob-server.
- Pour préparer cette encre, on prend 15 parties d’extrait de campêche, on les dissout dans 900 parties d’eau, on laisse déposer, on décante, on porte à l’ébullition, on dissout dans le liquide à parties de carbonate de soude cristalisé et on ajoute alors goutte à goutte, en agitant continuellement, une solution de 1 partie de chromate neutre de potasse dans 100 parties d’eau.
- L’encre ainsi obtenue est d’un beau bleu noir ; elle coule bien sur la plume et sèche facilement. L'encre de chrome en poudre de Platsar et Vendre sans acide de Poncelet sont des imitations sans valeur de l’encre originale de l’encre de Runge. Nous parlerons plus loin des encres à copier de Stark et de Bœttger. Une encre noir-bleue, obtenue au moyen de décoction de bois de campêche et d’alun de chrome, n’est pas à recommander; les caractères tracés avec celte encre sont gris et d’une teinte peu foncée. - •
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Les décoctions de campêche, additionnées d’alun seulement (abstraction faite de la gomme et de la glycérine que l’on ajoute pour obtenir les encres à copier), donnent une encre rougeâtre ou violette qui ne noircit que lentement et ne devient jamais noir foncé, et cela est particulier surtout aux encres préparées avec le bois et non avec l’extrait. En outre, ces encres reviennent assez cher, parce que, pour obtenir une teinte suffisamment foncée, on est obligé d’employer des décoctions ou des solutions d’extrait très-concentrées. Il en est autrement lorsque, outre l’alun, on ajoute à la solution de campêche un sel métallique.
- Comme nous l’avons indiqué plus haut, l’alun colore en rouge pourpre la décoction de campêche ou la solution d’extrait, tandis que les sels métalliques produisent dans la solution oxydée de la matière colorante des précipités noirs ou noirs bleus. Ces encres au campêche sont, sous certains rapports, analogues aux encres dites à ralizarine. Dans le cas présent, l’encre est colorée provisoirement par la teinte, exempte de précipité que détermine l’alun ; cette encre donne aux caractères une teinte qui varie, suivant le degré d’oxydation de la matière colorante depuis le rouge-brun clair jusqu’au rouge pourpre. Sous l’influence de l’air, que l’on ne doit laisser agir que lorsque l’encre a été déposée sur le papier, il se produit entre les sels métalliques et la matière colorante une réaction qui détermine la formation d’un précipité noir ou noir-bleu. Pour paralyser autant que possible l’action de l’air et obtenir une encre exempte de précipité, on ajoute au liquide, comme dans le cas des encres d’alizarine, une trace d’acide sulfurique destinée à dissoudre le précipité qui pourrait se produire.
- Cette acidité de l’encre présente les inconvénients que nous avons déjà signalés. Elle attaque les plumes toutes les fois qu’elles ne sont pas en or, en platine ou en gutta-percha. Avec les encres au campêche, dans la composition desquelles entre un sel de cuivre, on ne peut déjà se servir de plumes d’acier, parce que, dans ce cas, elles se recouvrent d'un dépôt de cuivre et enlèvent ainsi à l'encre son pouvoir colorant.
- Dans le cas où ces encres ne doivent pas être employées comme encres à copier, il est inutile d’y ajouter un épaississant tel que la gomme ou la glycérine.
- Il est toujours préférable de n’employer que du sulfate de cuivre; les caractères ont alors une
- teinte noir-bleu qui se distingue avec avantage de la couleur gris-noir, des traits tracés avec une encre contenant du sulfate de fer. Nous ne recommandons pas non plus d’employer en même temps les deux sulfates de cuivre et de fer. Voici, d’ailleurs, la formule que nous considérons comme normale pour les encres au campêche :
- On dissout 20 kilogrammes d’extrait de campêche de bonne qualité dans 200 litres d’eau, on clarifie en laissant déposer et on décante le liquide jaune-brun, ainsi obtenu. D’autre part, on dissout 10 kilogrammes d’alun ammoniacal dans 20 litres d’eau bouillante, on mélange les deux solutions et on ajoute, en remuant bien, 200 grammes d’acide sulfurique, et enfin une solution de 1 kil. 5 de sulfate de cuivre dans 20 litres d’eau. Pour développer la coloration provisoire, on laisse l’encre exposée pendant quelques jours à l’air libre, et on l’introduit ensuite dans des flacons bien bouchés.
- Dans un vase de fer, cette encre a une belle couleur rouge pourpre ou bleu violet; elle coule très-bien sur la plume. Lorsqu’on se sert d’une plume neuve, les traits sont d’abord d’un rouge jaunâtre, puis le précipité qui se forme par oxydation couvre bientôt cette teinte et les caractères prennent une couleur noire très-agréable à l’œil -, avec des plumes ayant déjà servi, l’écriture est presque noire dès l’abord.
- Cette encre et d’autres analogues se rencontrent souvent dans le commerce sous des noms pompeux, tels que : Encre violette de Chemnitz pour écrire et copier. L'encre à copier superfine de Bœttger a aussi une composition analogue : 10 kilogrammes d’alun, 20 kilogrammes de sulfate de cuivre, 40 kilogrammes d’extrait de campêche, 480 litres d’eau. La proportion d’alun indiquée dans cette formule est trop faible, et c’est pourquoi, lorsqu’on vient d’écrire avec cette encre, les caractères sont très-pâles. En outre, comme elle ne contient pas d‘a-cide, il s’y forme rapidement un dépôt.
- L’encre de Normandy, King of Purples, n’est pas à recommander, il en est de même de Vencre bleue rouennaise. L’encre de Normandy, connue sous le nom de tafeltinte, qui, outre l’extrait de campêche, contient du vert de gris, du sulfate de fer, de l’alun, de la gomme et de l’indigo, ne vaut pas, à égalité de prix, l’encre normale indiquée plus haut.
- Il ne nous reste plus qu’à parler de l’encre de Reinige, qui remplace l’acide sulfurique par l’acide oxalique. Cette encre est assez noire, mais elle est
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- chère et dépose facilement. Reinige substitue à l'alun le carbonate de soude, qui produit également une coloration rouge-pourpre, mais ce sel se trouve converti par l’acide oxalique en oxalate de soude, et il ne peut exercer son action.
- Les encres dont nous venons de parler ont toujours d’abord une teinte assez mate ; pour obvier à cet inconvénient, quelques chimistes et particulièrement Stark et Rœltger, ont essayé de préparer une encre au campêche, qui donnât de suite des traits noirs en mélangeant une encre de chrome à une encre de campêche au fer ou au cuivre. En parlant des encres de chrome, nous avons dit qu’elles donnent de suite des caractères noirs dont la teinte ne devient pas ensuite plus foncée ; ces encres n’ont par suite, jamais le ton d’un si beau noir velouté que présentent les encres de campêche au cuivre. Mais si l’on mélange une encre de campêche au cuivre avec une encre de chrome, cette dernière produit la coloration provisoire,' et la première, en noircissant à l’air, donne aux caractères l’intensité de coloration qui leur manquait. L’auteur n’a jamais 1emarqué que la couleur de cette encre se précipitât. On comprendra facilement qu’il faut la présence du contact de l’air.
- D’après une analyse d’Ott, l’encre à copier de Stark se prépare de la manière suivante : on dissout dans 1000 parties d’eau bouillante, 250 parties d’extrait de campêche, 100 parties d’alun, 17 parties de sulfate de fer, autant de sulfate de cuivre et 50 parties de sucre, on passe le liquide et on ajoute une solution contenant 16 parties de chro-mate neutre de potasse, 100 parties de glycérine et 200 parties de sulfate d’indigo. On obtient ce dernier en dissolvant 2,5 parties d’indigo dans 50 parties d’acide sulfurique et étendant de 200 parties d’eau.
- Il y a beaucoup à redire de cette formule. Cette encre contient, pour 1,500 parties de liquide, 250 parties de matières extractives; si l’on tient compte de ce qu’est une encre à copier, et de ce que, par conséquent, elle doit avoir un pouvoir colorant plus grand que celui d’une encre ordinaire, on voit qu’elle serait encore assez intense si elle contenait encore moitié plus d’eau. En outre, la quantité de sels de fer et de cuivre qu’elle contient devrait être trois fois plus grande pour être en rapport avec la proportion d’extrait de campêche. D’un autre côté, le sucre pourrait être avantageusement remplacé par la gomme du Sénégal. Somme toute, cependant, cette encre donne des caractères
- qui sont d’abord d’un brun foncé et deviennent ensuite très-noirs, et elle peut fournir plusieurs copies parfaitement nettes.
- Une autre formule analogue a été publiée par Bœttger, en 1859 : on dissout dans 250 grammes d’eau 30 grammes d’extrait de campêche et 8 grammes de carbonate de soude cristallisé, on ajoute à la solution 30 grammes de glycérine d’une densité de 1,25, puis 1 gramme de chromate jaune de potasse dissous dans quelques centimètres cubes d’eau et 8 grammes de gomme arabique en poudre réduits en pâte avec un peu d’eau.
- Cette encre est excellente à tous les points de vue, y compris l’addition de glycérine. Elle n’attaque nullement les plumes, elle ne noircit pas et est très-noire. Si l’on ne veut pas l’employer comme encre à copier, on prend 30 grammes d’extrait de campêche pour 300 à 400 centimètres cubes d’eau, et on laisse de côté la gomme et la glycérine. Il est, bon d’ajouter aux subtances indiquées 1 gramme de sulfate de cuivre, ce qui rend l’encre encore plus noire.
- En général, ces encres de campêche sont très-bonnes comme encres à écrire, car elles sont peu coûteuses et ont en outre une grande beauté et une grande intensité de teinte.
- 4 continuer.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,111. — TEISSONNIÈRE. — Mode de marque-linge par voie de décalque.— On imprime le chiffre sur papier, à l’encre grasse contenant des sels d’argent ou de tout autre métal réductible, et on applique ce dessin sur le tissu préalablement humidifié par une solution contenant un agent réducteur de ces sels.
- 115,112. — VINEL. — Perfectionnement a la navette employée au tissage mécanique pour tous les tissus en général. — Le breveté applique à la navette un entonnoir en caoutchouc ou en fonte, ayant un petit passage intérieur où le fil se trouve légèrement retenu par adhérence-, la tension qui en résulte évite les mailles des étoffes, que ces étoffes soient en fil, toile ou laine.
- 115,120. — Bourau. — Mode de traitement des écorces des plantes de la nature du mûrier, sus-
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- ET DE L’iMPREbSloN DES TISSUS
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- ceptible de fournir des matières filamenteuses utilisables. — Les tiges du mûrier ou du papyrier sont placées dans un bain d’eau chaude savonneuse qui en enlève les écorces; on met celles-ci dans un appareil spécial dit à rouissage; le liquide qui rouit les écorces a un certain écoulement empêchant la fermentation putride et peut en outre contenir quelque désinfectant; ainsi travaillées, les écorces sont mises dans des étaleuses qui les réduisent en filaments utilisables.
- 115,160. — Grawitz. — Production en teinture et en impression du noir d'aniline inaltérable. — Ce noir est développé sans aérage par l’action de l’acide chromique en solution, ou par des chlorates acides ; une fois que les tissus ont été teints en noir imparfait par l’aniline et le bichromate, on les rince, pour rendre le noir parfait, dans un réactif composé de sulfate ferreux de bichromate, d’acide sulfurique et d’eau.
- 115,169. — Marchal. — Préparation d'un papier similinature, propre à la fabrication des fleurs et feuillages artificiels, veloutés ou non. — Destiné à la fabrication des fleurs et feuilles artificielles, ce papier est préparé avec des déchets de laine broyés et pétris dans un bain d’alun ; on sèche la pâte et on la triture de nouveau, puis on la teint par les divers procédés employés.
- 115,172. — Noury. — Régulateur de température de vapeur surchauffée ou de gaz chauds quelconques. — L’appareil consiste en une capacité fermée de toutes parts, sauf l’orifice d’entrée et celui de sortie où vient passer, après un mélange préliminaire, une certaine quantité de vapeur surchauffée réunie à de la vapeur ordinaire saturée dans une proportion réglée par un appareil spécial. L’appareil thermométrique se compose de tubes en fer fermés par le bas et remplis de mercure, plongeant dans une capacité ménagée au corps de la machine.
- 115,173. —Pauthier. — Impression et application en couleurs, or et argent sur galons, lacets et tresses de laine et de soie. — L’auteur revendique l’impression et l’application en couleurs d’or ou d’argent, imitant sur les galons, lacets et tresses la broderie à la main.
- 115,197. — Imbs. — Perfectionnements aux machines à nettoyer les filés de matières textiles dites par friction, — Une pression est établie sur le fil au point de croisement et de friction de ce fil sur lui-même, au moyen de rouleaux posant sur les cylindres autour desquels le fil est enroulé ; on
- augmente ainsi la friction du fil, ce qui est très-favorable au travail du nettoyage.
- 115,198. — Imbs. — Moyens d'établir dans les velours et tissus pelucheux des effets de reliefs suivant les formes d’un dessin. — Les moyens consistent à coucher suivant les formes du dessin la partie des poils du velours que l’on destine à la production ultérieure du relief, puis à couper les poils restés debout, et finalement à détruire l’aplatissement momentané des poils couchés. Le couchage se fera par pression, gaufrage ou encolage -, et le redressement par brossage ou battage. Dans un velours bouclé, la partie des poils couchés restera velours bouclé, tandis que la partie non couchée, étant tondue, deviendra velours non bouclé.
- 115,203. — Magner. — Traitement des fibres végétales dans le but de leur donner une apparence soyeuse et de les préparer à la teinture. — Le traitement • comporte les opérations suivantes : 1° débarrasser les fibres des matières amidonneuses par l’acide sulfurique et nitrique ; 2° la cellulose bi-nitratée qui en résulte est traitée encore humide par le peroxyde, le bisulfure d’hydrogène ou le chlore naissant; puis, lavée et rincée à l’eau bouillante et à l’eau froide, elle est trempée dans une solution acétique ou ammoniacale de soie ou de plumes ; 4° la matière, mise dans un récipient où l’on établit un vide partiel et une température de 60° à 65°, est devenue blanche; 5° on la fait bouillir de nouveau dans une solution de savon de soude et de perchlorure d’étain ; 6° on lave et rince à l’eau bouillante, et finalement on soumet à un courant d’eau froide; elle est prête à recevoir toutes les couleurs d’aniline ou d’alizarine.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- LES TRAITÉS DE COMMERCE.
- D’après les nouvelles que nous communique le Mancliester-Gardian, il paraîtrait que le traité de commerce avec l’Angleterre est en bonne voie, les négociations ayant pris rapidement une forme définie.
- On se rappelle que les négociateurs français avaient fait une condition sin qua non que les droits anglais sur les vins soient abaissés des deux tiers ; mais les représentants anglais firent certaines objections touchant le degré alcoolique et la valeur des vins. Finalement il aurait été convenu que la réduction affecterait seulement les
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- vins de moins que14 degrés 9 centésimaux et d’une valeur inférieure à 5 livres sterling des 100 litres. En retour, la France céderait à l’Angleterre une réduction de 50 0/0 sur les droits sur le fer, en deux périodes de 25 0/0 chacune, et 20 0/0 sur les tissus. Ce nouveau traité pourrait être en force lé 1er janvier 1879.
- D’une conversation que lord Lyons, l’ambassadeur d’Angleterre, a eue avec M. le duc Decazes, il résulterait que la France a accepté les propositions anglaises, excepté dans quelques détails.
- Le traité avec l’Italie est sur le point d’être conclu, sauf ratification.
- LES TRAITÉS AVEC L'ALLEMAGNE
- La presse allemande commence à s’occuper de nos négociations au sujet de divers traités de commerce : «On croit, dit aujourd’hui le Tagblatt, de Berlin, qu’il n’existe plus de traité de commerce entre la France et l’Allemagne. Seulement, un article du traité de paix de Francfort assure à cette dernière puissance les droits des nations les plus favorisées: Il est donc de notre intérêt de surveiller les concessions que la France peut faire à d’autres peuples dans le domaine politico-commercial, puisque ces concessions seront applicables à notre pays.
- LE TRAITÉ FRANC O-AÜTRICHIEN.
- On lit dans le Journal officiel : « Conformément à une déclaration signée, le 8 juin courant, par M. le ministre des affaires étrangères de France et par M. l’ambassadeur d’Autriche-Hongrie à Paris, le traité de commerce conclu le 11 décembre 1866 entre la France et l’Autriche-Hongrie, continuera à rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 1877.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Les travaux de l’Exposition sont poussés avec la plus grande activité. La construction métallique avance très-rapidement et, dès à présent, on peut être certain qu’elle sera terminée pour le 25 septembre, date fixée. Les entrepreneurs de charronnage, des planchers, de couverture et de vitrerie, sont prêts à commencer leurs travaux. Les plafonds de la galerie qui fait face aux avenues Labourdonnaye et Suffren sont à moitié posés.
- Le terrassement du passage établi le long du quai d’Orsay sera achevé sous peu de jours. On a commencé des fouilles dans le jardin d’horticulture, pour l’établissement des deux grands bassins qui doivent se trouver en face du pont d’Iéna.
- Les entrepreneurs, au nombre de dix-huit, occupent actuellement, sur les chantiers seulement, 1,533 ouvriers.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- Ministère de la Marine.
- Cherbourg, 21 juillet :
- 20,000 toiles à prelart fortes non goudronnées.
- Lorient, 9 juillet :
- 11,000 feuilles de feutre animal à doublage.
- 6,000 k. de feutre animal en bandes.
- 16 juillet :
- 700 k. de fil à voiles.
- Toulon, 27 juillet :
- 3,000 mètres carrés de toiles pour tapis de pied à effectuer en deux contingents égaux de 4 en 4 mois. — Durée du marché, un an.
- 5,600 kil. de coton filé à 2 bouts à livrer en deux contingents égaux de 3 en 3 mois.
- Résultats.
- Ministère de la Mariné.
- Cherbourg, 23 juin :
- Etoupes blanches par transformation. — M. Ham-croux, de Cherbourg, à 50 fr. les 100 kil.
- Prix courant des matières tinctoriales au Havre, Indigos, suivant qualité, le 1/2 k. de. 5 50 12 25 Cochenille , 1 » 4 50 Curcuma les 100 k* . * » : 40 » 70 » Cachou — .... 52 » 76 » Rocou — .... 70 » 125 » Quercitron — .... 26 » 28 » Bois de teinture.
- Campéche coupe d’Espagne, Ire qualité . . . 4 . . 27 » 28 50 Campéche Jamaïque . « . , 13 25 14 50 Brésil rouge Bahia. . . . . 15 » 30 » Calliatour. . . . . . . 18 » 20 » Pernam * . . 6 . . . 40 » 50 » Jaune cuba . . . . . . 25 » 28 >»
- Haïti.............................. . 13 » 14 »
- Lima............................... . 25 » 30 »
- Sainte Marthe.......................... 25 » 26 »
- Santal. . . . . . . . 8 50 9 »
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique
- Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, No A4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juillet 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Note sur l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline. — Teinture en noir pour chapellerie (suite). — Nouveau mordant pour rouge turc (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur les encres noires à écrire «(suite), par M. E. Viedt. — Procédé de préparation industrielle des sels d’alumine purs, par M. Ducla.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Les traités de commerce. — Les tissus de verre. — Bibliographie.-Prix-courant des couleurs d’aniline.
- ADDIJUCATIONS ADMINISTRATIVES, - résultats.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES
- Par M. Georges JARMAIN
- (Suite.)
- ESSAI DES BOIS DE TEINTURE.
- Le meilleur mode d’essai est le suivant : teindre des bandes de drap de poids égal avec des poids égaux de la teinture à essayer, ayant un bon échantillon connu.
- La comparaison, pour chaque bois, avec l’échantillon type, donnera la richesse et la beauté. Le maître teinturier trouvera son profit à essayer lui -même ses teintures ; ce sera pour lui un excellent moyen de savoir s’il a de la marchandise pour son argent.
- Les matières colorantes jaunes que j’ai maintenant à décrire sont les complémentaires de celles que je vous ai déjà signalées, en ce qu’elles permettent au teinturier de compléter la série des couleurs qu’il a à employer dans la teinture des tissus de laine. Couleurs qui doivent être solides et permanentes dans le sens que j’ai donné à ces termes.
- Nous bornerons notre attention, pour le moment, aux couleurs jaunes suivantes : bois jaune, quercitron, flavine, curcuma, graine de Perse.
- Le bois jaune (vieux fustic des Anglais) est le bois d’un arbre appelé Morus tinctoria ; il est importé de l’Amérique centrale et des Antilles ; il est connu des teinturiers sous les noms de fustic et de bois jaune. On le prépare pour l’industrie de la
- teinture sous les trois formes de bois jaune en copeaux, bois jaune râpé, et d’extrait de bois jaune, et il est largement employé dans ces diverses conditions. Quand on se sert de bois jaune en copeaux, on le met dans un sac que l’on plonge dans l’eau bouillante, absolument de même que pour le cam-pêche.
- Les principes tinctoriaux contenus dans le bois jaune consistent en un acide moritannique, substance jaune pâle, cristallisable, parfaitement soluble dans l’eau, et en morin ou acide morique, substance cristallisable, presque insoluble dans l’eau. Comme l’acide morique n’est que faiblement soluble, même dans l’eau bouillante, l’acide moritannique constitue le principal agent colorant qui ait une valeur dans le bois jaune. Celui-ci donne une couleur jaune sur la laine qui a été mordancée avec du chlorure d’étain, de l’alun et du bichromate de potasse, et une couleur olive sur celle qui a reçu un mordant de sulfate de cuivre ou de couperose. On n’emploie jamais le bois jaune tout seul, mais on l’associe presque continuellement au campêche et au bois rouge pour produire cette infinie variété de nuances des couleurs composées, telles que noirs, bruns, olives, gris, pour lesquelles il convient admirablement. Teint sur laine avec un mordant de bichromate de potasse ou de couperose, il produit une belle couleur, solide et permanente.
- Dans les contrées où l’on fabrique les étoffes épaisses de laine, telles que draps pilote, draps pelucheux, castorines, draps à double face, nouveautés pour pantalons, etc., le bois jaune est beaucoup plus employé que tout autre produit tinctorial jaune.
- Pour mieux étudier son usage et son action modifiante sur les autres couleurs, telles que le cam-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pêche et les bois rouges, on devra teindre des poids égaux de laine ou de drap mordancê avec diverses quantités de bois jaune et des bois que je viens de nommer.
- Afin de vous montrer des exemples de son action modifiante, je mets sous vos yeux des échantillons teints avec les quantités suivantes :
- Echantillons mordancés avec 2 p. 100 de bichromate de potasse soumis à un bouillon d'une heure :
- Echantillon. Bois jaune. en Barwood. A Campêche.
- l teint avec O0 U »
- 2 — 30 30 »
- 3 — 60 30 »
- h — 20 40 »
- 5 — 0 60 »
- 6 — 40 20 3
- 7 — 40 20 foncé avec la couperose.
- Echantillon. Bois jaune. Garance. Campêche.
- 1 teint avec 60 0 »
- 2 — 40 20 »
- 3 — 20 40 »
- 4 — 0 60 »
- 5 — 40 20 3
- 6 — 20 40 foncé avec la couperose.
- Echantillon. Bois jaune. Bois de santal. Campêche.
- 1 teint avec 60 20 5
- 2 — 60 20 10
- 3 — 60 20 15
- 1 — 80 10 3
- 2 — 80 30 3
- 3 — 80 50 3
- 4 — 50 80 3
- 5 — 10 80 3
- Echantillon. Bois jaune. Campêche.
- 1 teint avec 60 5
- 2 — 60 10
- 3 — 60 20
- 4 — 60 30
- On observera que chacun des bois rouges et la garance donnent avec le bois jaune leur ton spécial de couleur, et comme le praticien à généralement à teindre sur modèle, il est presque inutile de donner aucune formule spéciale pour des teintes particulières.
- J’arriverai bien mieux à mes fins, je crois, en tâchant de vous indiquer le but essentiel que se propose le teinturier, lorsqu’il fait un choix des
- bois rouges à employer. En règle générale, on obtient les différentes teintes de brun en usant plus d’une couleur rouge, et trois ou quatre couleurs rouges sont, quelquefois, nécessaires pour produire des teintes exactement semblables à celle du modèle donné. A mon avis, il n’est pas, dans la teinture, de partie qui demande autant de soin, d’expérience pratique, et de connaissance de l’action modifiante des couleurs sur une autre, que celle de la production des divers tons de noir, de brun et de gris. On est même étonné en voyant avec quelle précision certains teinturiers habiles peuvent arriver à produire un ton particulier ou une nuance voulue.
- Dans l’emploi des bois rouges comme agents modifiants, il ne faut pas perdre de vue les points suivants :
- 1° Le camwood est plus chaud, plus solide et plus brillant que le barwood et le santal ;
- 2° Le barwood donne de l’éclat et du lustre, mais il manque de corps ;
- 3° Le sanderswood (bois de santal) fournit un rouge plus jaune que le camwood ou le barwood.
- 4° La garance produit la couleur la plus belle, la plus éclatante et la plus solide ; elle contient plus de couleur jaune que les bois rouges, et sa matière colorante rouge est supérieure à celle des bois rouges ;
- 5° Le sumac fournit une nuance jaune olive qui peut aller jusqu’au brun, et aide à foncer quand on emploie la couperose.
- 6° Le campêche, en petites quantités, c’est-à-dire, dans la proportion de 2 ou 3 pour 100, fonce ou assombrit les couleurs des bois rouges et jaunes.
- 7° Le cudbear a pour effet de produire de l’éclat, donnant un ton pourpre aux couleurs.
- Je mentionnerai, incidemment, un effet particulier qui se produit souvent daus la teinture de la laine. Les bouts des flocons de laine prennent fréquemment une nuance de couleur plus intense que la partie restante, et comme toutes les parties de la laine sont complètement mélangées dans les procédés du cordage, du droussage et du filage auxquels la matière filamenteuse est soumise avant d’être convertie en tissu, le teinturier doit tenir compte de l’effet qui résultera de ce mélange de couleurs.
- Dans les cas de ce genre, on peut se faire une idée de l’effet général produit par la teinture en maniant un petit échantillon, de façon que les
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- parties qui le composent forment un ensemble aussi uniforme que possible. Si l’on compare celui-ci avec le modèle, il sera facile de voir si son aspect est convenable, s’il manque ou non de couleur, et quelle est celle qu’il faut y ajouter.
- A continuer.
- — =r=e=a=- -
- NOTE
- SUR L’EMPLOI DU VANADIUM DANS LE NOIR D’ANILINE
- PAR IMPRESSION
- Présentée à la Société Industrielle de Mulhouse, Par M. G. Witz.
- Des divers métaux qui exercent une influence sur le développement des noirs d’aniline par oxydation, à l’aide des chlorates, le vanadium est le plus actif, et sous ce rapport il dépasse de beaucoup le cuivre. Ce fait a été établi en avril 1871 par John Lightfoot, d’Accrington, l’inventeur même du noir d’aniline, dans des recherches faites à l’occasion des travaux spéciaux de M. A. Rosenstiehl sur le véritable rôle du cuivre dans ce genre de couleurs.
- Le vanadium est au nombre des substances les plus rares de la nature, et jusqu’à ce jour ses dérivés n’existaient pas commercialement ou étaient d’un prix très-élevé ; la découverte de Lightfoot resta par conséquent stérile. Il est cependant intéressant, après avoir vu le point de départ, de relater la marche historique des diverses applications industrielles du vanadium, au moment surtout où celles-ci vont prendre, croyons-nous, une grande extension.
- D’après une notice extraite du Textile Colorist d’avril 1876, on doit au Dr Roscoe en 1867, la découverte du vanadium en assez grande abondance dans les résidus provenant de l’extraction du cobalt par le procédé acide appliqué en Angleterre (mine de Mottram-St-André, Cheshire).
- Après avoir servi aux beaux travaux de ce savant, les résidus, environ 100 onces d’acide vana-dique, constituant la quantité la plus considérable qui ait été produite jusqu’alors, furent au printemps de 1870, répartis entre divers fabricants de produits chimiques en Angleterre. C’est ainsi que J. Lightfoot fut mis à même de remplacer si heureusement le cuivre par le vanadium.
- De son côté, M. Robert Pinkney, de la maison Blackwood et C° de Londres, dans des recherches identiques pour améliorer une encre à marquer à base de chlorhydrate d’aniline et de chlorate de soude, arriva aux mêmes résultats, mais indépendamment et dans l’ignorance absolue des expériences de Lightfoot. L’application du vanadium à l’encre d’aniline dite Jétoline, fut faite sur une grande échelle, après avoir été patentée le 16 octobre 1871.
- L’attention a été appelée sur les remarquables propriétés du vanadium par un mémoire important de M. Antony Guyard, présenté an mois de janvier 1876 à la Société chimique de Paris, mémoire dans lequel l’auteur traite particulièrement de l’emploi de cet agent auxiliaire pour la formation de l'émé-raldine et des relations de cette dernière substance avec le noir d’aniline. Un nouveau travail sur ce 99 • sujet a été présenté aussi à la Société industrielle de Rouen par le même auteur.
- M. Guyard n’a cependant expérimenté les composés du vanadium — il le dit lui-même — qu’à la suite de divers brevets pris par M. Pinkney; celui pris en Belgique et relaté parM. Guyard, date de 1874. Toutefois, lorsqu’on examine les recettes pour noir d’aniline, spécifiées dans le brevet Pinkney, on est obligé de reconnaître que de telles inexactitudes de dosage accompagnent l’indication du vanadium, que très-probablement le rôle de ce corps éminemment utile n’a pas été mieux observé que celui des autres métaux cités au même rang que le vanadium, quoiqu’ils soient inactifs.
- Sans nul doute, le nouveau brevet belge de M. Pinkney, par son simple énoncé, eût, lui aussi, passé inaperçu comme tant d’autres : les sels de vanadium possédaient à ce moment une valeur bien supérieure à celle de l’or, et la proportion (1) de l/8e du poids du sel d’aniline qui était indiquée, eût suffi certainement à décourager toute tentative d’application industrielle. Mais, d’une part, la ré-
- (1) Depuis la présentation de ce travail, il a été reconnu que cette indication est inexacte, et due à la méprise d’un traducteur ; la 'même erreur a été produite dans toutes les publications françaises. Le texte anglais dit : 150 parties de sel d’aniline et 1/8° de partie de sel de vanadium; ainsi, le rapport n’est pas de 8 à 1, mais bien de 1200 a 1. Il reste encore malgré cela une différence considérable avec les proportions de vanadium infiniment réduites que M. Witz a été amené à employer en impression.
- Cette rectification est tirée d’une note de l’auteur. Voy. Bulletin de la Société industrielle de Rouen, 4e année, p. 312. (Note du secrétaire du comité de Chimie}.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- duction de l’agent actif à 1/1000 étant annoncée par M. Guyard comme suffisante ; puis, le rôle de l’uranium extrait de la plechbende attribué même aux impuretés du vanadium que ce métal contenait encore; enfin, les idées théoriques et les réactions citées à ce sujet, — l’ensemble d’indications ainsi constitué, méritait d’être étudié par quelques essais.
- Dès que j’ai eu connaissance des curieuses expériences de M. Guyard, j’ai cherché à me procurer des dérivés du vanadium. L’action de cet élément sur des solutions mixtes de chlorates et des sels d’aniline ayant été vérifiée, je l’ai reproduite aussitôt par la teinture en noir d'écheveaux de coton, ce qui a parfaitement réussi sur une petite échelle, tout en démontrant que l’oxydation était considérablement hâtée à mesure que la dessication concentre les bains, tandis qu'inversement elle devenait d’autant plus lente que les liqueurs se trouvaient être plus étendues.
- Ayant remarqué toutefois que la réaction commençait non pas brusquement, mais d’une façon presqu’insensible d’abord pour s’accélérer plus tard et se compléter dans un temps qui variait en raison directe des quantités de métal plus ou moins grandes, quoique toujours très minimes qui étaient en présence, j’ai profité de ces circonstances favorables pour appliquer le même mode de formation du noir d’aniline aux couleurs épaissies pour l’impression.
- En quelques séries d’essais se succédant, pour l’addition du métal, en progression géométrique décroissante, j’ai déterminé la proportion infiniment réduite de vanadium qu’il suffisait d’employer dans la couleur pour déterminer l’oxydation de l’aniline. J’ai opéré soigneusement par des empreintes faites au doigt, en dehors de tout contact avec le cuivre ou les autres métaux, et avec des sels aussi purs que possible.
- Lorsque ces derniers sont remplacés par des produits du commerce, même de première qualité, l’oxydation est encore facilitée, ce qui permet d’attribuer à certaines impuretés non définies, une partie des bons résultats réalisés pratiquement.
- Je suis arrivé finalement à employer dans l’impression une proportion de vanadium tellement minime, qu’elle présente avec celle qui doit déterminer la réaction d’après M. Guyard, encore autant de différence qu’il en existe entre. ce dernier chiffre et celui indiqué d’abord par M. Pinkney • suivant moi, ce n’est guère que par cent millièmes
- du poids du sel d’aniline qu’il faut opérer. Bien plus, je suis assuré que, pour l’impression, l’on ne pouvait dépasser notablement ces dosages si faibles, sous peine de décomposer la couleur épaissie elle-même. On peut donc affirmer que jamais une recette semblable à celle qui a été brevetée n’eût eu, pratiquement pas plus qu'économiquement, quelque chance d’être appliquée. J’insiste sur ce point à cause de son importance aussi bien que de l’originalité du fait signalé ; là est l’écueil qui a dû décourager plus d’un expérimentateur, et faire rejeter des préparations trop actives.
- Des résultats aussi surprenants devaient être mis hors de doute : à cette occasion je me permettrai d’entrer dans quelques détails indispensables.
- Après les essais en petit, je n’ai éprouvé aucune difficulté à réussir ensuite industriellement et à remplacer totalement en grand la préparation au sulfure de cuivre ; ainsi, le 18 février, j’imprimai une série assez considérable de pièces qui étaient déjà suffisamment oxydées après un séjour de vingt-quatre heures dans les chambres où l’on aère régulièrement les noirs d’aniline. Ce sont les premières pièces qui aient été fabriquées en France, et dans d’autres pays, je le crois, du moins dans les conditions véritablement économiques où le noir au vanadium a été produit.
- (A suivre.}
- TEINTURE EN NOIR
- POUR LA CHAPELLERIE (I)
- Nous avons exposé,-dans notre premier article, la nécessité absolue qu’il y a de débarrasser le feutre de tout acide, ou de neutraliser parune opéra-spéciale ce qu’il n’aurait pu en dégorger.
- Cette opération se borne uniquement au trempage des chapeaux dans l’eau froide, ou mieux, dans l’eau chaude, durant 10 à 12 heures. Grâce à l’extrême affinité de l’acide sulfurique pour l’eau, le feutre l’abandonne à peu près totalement, et ainsi se trouve éliminé un élément de perturbation dans l’opération de la teinture.
- Voici maintenant la formule d’un bain d'engal-iage pour 100 chapeaux :
- Dans environ 250 litres d’eau, mettez, suivant qualité des chapeaux :
- (1) Voir le numéro 13, page 147.
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- De 500 à 1,000 grammes d’extrait sec de châtaignier,
- 300 grammes détartré rouge ou blanc,
- 300 grammes de bi-carbonate de soude, ou de cristaux de soude (carbonate).
- Ces drogues étant dissoutes et le bain porté à la température d’environ 60°, on y introduit les chapeaux et l’on chauffe jusqu’à 90°, c’est-à-dire près du point d’ébullition.
- Après un séjour d’une heure dans ces conditions, les chapeaux sont retirés et retournés de l’endroit à l’envers : on additionne au bain 200 grammes de cristaux de soude, et on replonge les chapeaux durant une demi-heure.
- L'engallage est achevé : l’on peut procéder immédiatement à la teinture, ou bien laisser reposer durant 24 heures (1).
- Bain de teinture pour 100 chapeaux,
- 1° Extrait de bois jaune de Cuba 50 gr.
- 2“ Extrait de Campêche 1000 —
- 3° Extrait de bois de Brésil ou de Sainte-Marthe 500 —
- 40 Sulfate de fer de refonte 1000 —
- 5° Pyrolignite de fer 500 —
- 6° Acétate de cuivre pur (vert de gris) 350 — 7° Gomme arabique préalablement dissoute dans l’eau
- Ou bien mélasse 500 —
- Ou encore, graine de lin bouillie dans l’eau 500 —
- (A notre avis, la mélasse donne un meilleur résultat; elle est d’ailleurs, plus expéditive).
- Toutes ces substances sont réunies dans un panier d’osier ou de toile métallique qu’on suspend dans le bain, afin que la dissolution soit parfaite et qu’il n’y ait aucun dépôt ni adhérence d’aucune des matières au fond de la chaudière. Lorsque le bain a tout absorbé, on ramène la température — par le refroidissement — à 50° environ et on plonge les chapeaux engallés (2).
- (1) Si l’on traite des qualités inférieures, le bain d'engallage peut être utilisé pour le bain de noir, sans même avoir besoin de laver les chapeaux engallés. Pour les belles qualités, au contraire, il convient de composer un bain neuf et de laver soigneusement à l’eau courante les chapeaux après l’engallage. L’éclat du feutre se ressent favorablement de cette précaution.
- (2) Les chapeaux ne doivent pas surnager dans la cuve ; à cet effet, on la recouvre d’un couvercle en
- Les choses ainsi disposées, on donne quatre bains successifs d’une heure, en-ayant soin, à chaque intervalle, de sortir les feutres pour les exposer à l’air.
- On sait que l’oxygène joue un rôle important dans les combinaisons intimes auxquelles est due la teinture noire, et l’action atmosphérique ne peut qu’être tout à fait favorable à l’oxydation complète des substances qui fournissent ce noir.
- On a compris déjà que les feutres doivent être retournés de l’endroit à l’envers, et réciproquement à chacun des trois derniers bains d’une heure.
- Dans le courant des deux premières plongées, il faut ajouter au bain 250 grammes d’extrait de campêche et quelques pincées de sulfate de fer, si on le juge utile. On doit également remplacer l’eau perdue par évaporation.
- Nous ferons observer que cette dose de 250 grammes d’extrait de campêche peut être augmentée ou réduite selon le mérite de ce produit, mérite très-variable, comme on sait, et que l’opérateur doit apprécier lui-même par la beauté de la nuance obtenue.
- Les chapeaux étant entièrement teints, il faut les laver avec soin à l’eau courante — autant que possible — et les passer ensuite au bain dit de décuivrage (1).
- Ce bain est de l’eau additionnée d’une cuillerée d’acide sulfurique par litre : on y trempe les chapeaux et on les sort aussitôt pour les soumettre à un coup de roulet sur un plateau; après quoi, on les jette dans l’eau fraîche afin de donner plus d’intensité au noir.
- Nota. Ainsi que nous l’avons indiqué dans les considérations préliminaires de cette étude, il peut arriver que le bain tourne au roux par l’effet du sulfate, du pyrolignite ou même de l’acide en excès absorbé par le feutre ; il faut alors ajouter au bain soit du bi-carbonate de soude soit du carbonate (cristaux de soude). Cette addition a pour effet de ramener le bain au noir.
- Toutefois, il faut agir avec précaution, car la
- bois qui oblige les feutres à s’enfoncer dans le liquide. Sans compter que cette précaution empêche la déperdition du calorique et se traduit ainsi une économie de combustible.
- (1) On dit de la teinture qu’elle est cuivrée, lorsque le feutre au lieu d’être noir laisse apercevoir des reflets cuivrés : Cette imperfection ne se produit que trop souvent, et surtout dans les belles qualités.
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- soude — comme tous les principes alcalins, attaque les matières animales et pourrait, par son action sur la fibre des poils, nuire à la beauté et à la solidité du feutre. Une indication précieuse est fournie d’ailleurs par le bain lui-même, lorsqu’il arrive au point de la saturation de l’acide par l’alcali, à ce moment, il n’y a plus qu’une légère effervescence à la surface de la cuve. C’est l’indice de la formation d’un seul neutre inoffensif, due à la combinaison de l’acide libre avec la soude.
- Pour les chapeaux imper, il sera bon d’employer, par moitié, la soude et la carbonate de chaux (blanc d’Espagne) ; l’apprêt s’en ressentira favorablement.
- A l’occasion du mérite extrêmement variable des extraits de campêche qu’on trouve dans le commerce, nous avons plus d’une fois conseillé l’emploi direct du bois, — coupe d'Espagne, — dans la proportion de 4 kilog. de bois en copeaux pour 1 kilog. d’extrait. Dans ce cas, il est important d’isoler les copeaux de campêche en un sac et de n’additionner le bain des sels à y introduire que lorsque le campêche après deux heures d’ébullition, se sera dépouillé de tout son principe colorant. A défaut de cette précaution, on neutraliserait une partie de ce principe au grand détriment de la nuance du bain.
- Il sera bon de prélever un certain volume de liquide du bain, pour l’alimentation de la cuve, durant l’opération de la teinture. On fait coïncider, avec le refroidissement dû à l’addition de l’eau froide qui remplace le liquide mis en réserve, l’introduction des sels ; l’expérience démontre que si l’on choisissait, pour cette introduction, le moment où le bain est en ébullition, il pourrait très-bien tourner au roux.
- Comme aussi, il est indispensable que ce bain soit ramené à 50 ou 60° lors des premières plongées des chapeaux.
- D. Broche.
- (Moniteur de la Chapellerie).
- MORDANT POUR ROUGE TURC par M. F. Storck.
- Ce nouveau produit fabriqué en France par P. Lhonoré etCie, au Hàvre et à Zurich par le Dr. A. Müller-Jacobs, réalise un progrès très-important de la teinture du rouge turc.
- Nous donnons ci-dessous la notice sur l’emploi de ce nouveau mordant.
- 1° Teinture en rouge turc.
- Après avoir passé le calicot écru en lessive de sel de soude à 3° Baumé, lavé et séché à l’air, on le foularde dans un bain contenant 3 à h parties de mordant rouge turc pour 100 litres d’eau tiède. On sèche à la chambre chaude. Cet huilage peut se faire sur tissu mouillé, mais dans ce cas, il est bon de passer deux fois la préparation. On mordance en acétate d’alumine à 2° Baumé et on dégomme après un aérage convenable en bouse et craie.
- L’acétate d’alumine se trouve dans le commerce; on peut le préparer soi-même de la façon suivante:
- ACÉTATE D’ALUMINE.
- 160 litres eau.
- 60 k. alun.
- 52 1/2 pyrolignite de plomb 5°.
- 1 1/2 craie.
- Dissoudre à chaud, laisser déposer et employer le bain clair.
- On teint avec 1200 grammes alizarine artificielle jaunâtre à 15 0/0 (qualité spéciale pour la teinture en rouge).
- 2,400 grammes son.
- 150 à 200 litres eau.
- 500 grammes mordant rouge turc, pour 10 k. de tissu.
- On entre à froid, puis on élève lentement la température de façon à arriver en une heure et demie à 90 degrés centigrades. Le bain de teinture doit être aussi neutre que possible, et il faut avoir soin de corriger les eaux calcaires par une addition d’acide sulfurique ou d’acide acétique. Après avoir convenablement lavé les pièces, on les passe pendant une-demi heure dans de l’eau à laquelle on a ajouté 2 grammes par litre de mordant rouge turc, ou, ce qui vaut mieux, on les foularde une deuxième fois dans une solution de 4 0/0 de mordant rouge turc ; on sèche, sans laver, aux tambours, puis on vaporise pendant 20 minutes à 0 k. 5 par centimètre carré; on donne ensuite un ou deux passages en chaudière close dans un bain composé de :
- Savon...................... 41,000 grammes
- Cristaux de soude......... 1,000 —
- Sel d’étain.................... 200 —
- On lave et on sèche à l’air.
- Le rouge ainsi obtenu peut se comparer aux plus
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- beaux rouges turcs teints par les anciens procédés, et présente, sur ceux-ci, l’avantage d’une économie sensible et d’une grande rapidité d’exécution. Le même procédé peut être appliqué à la teinture des cotons filés.
- 2° impression.
- Le mordant rouge turc, étant un corps gras miscible à l’eau en toutes proportions, peut être employé dans l’impression des tissus, aux mêmes usages que les huiles tournantes, sur lesquelles il présente des avantages incontestables. On en obtient d’excellents résultats en l’introduisant dans les couleurs d’application à l’alizarine artificielle, dans les couleurs d’aniline à l’albumine, dans le rouge bon teint, etc.
- Ajouté aux teintures des tissus imprimés avec des mordants rouges ou violets, il avive considérablement les nuances. Les proportions à prendre sont :
- Pour 1 partie d'alizarine 15 0/0.
- 2 parties de son.
- 1 partie mordant rouge turc.
- On sèche les genres avec rouge après teinture, on les vaporise et on les savonne à l’ébullition avec :
- 1,000 litres eau,
- 3 à 4 kilog. savon,
- 500 grammes cristaux de soude,
- 200 — sel d’étain.
- Pour les violets, il suffit de passer en eau bouillante et de chlorer aux tambours.
- Nous devons faire remarquer que l’addition de mordant rouge turc empêche les parties non imprimées du tissu de se charger de matières colorantes, et que le blanc est aussi beau sortant de teinture, que celui que l’on obtient après plusieurs savonnages dans les conditions ordinaires.
- Notre produit peut encore servir à la préparation du calicot destiné à l’impression de couleurs vapeur. A cet effet, on foularde dans un bain contenant 4 parties mordant rouge turc pour 100 parties d’eau, et on sèche à la chambre chaude. Les rouges et les roses vapeur à l’alizarine artificielle pren
- nent une grande vivacité sur les tissus traités de cette façon. Le savonnage devient inutile, et un simple passage en eau d’alun tiède (2 grammes par litre) donne des nuances d’une parfaite pureté. On comprendra que ceci permet d’associer les couleurs vapeur les plus diverses, telles que vert vapeur prussiate, bleu vapeur prussiate, noir d’aniline, jaune vapeur, etc., aux couleurs à l’alizarine arti
- ficielle.
- Nous tiendrons à la disposition des maisons qui
- nous en feront la demande, une série de recettes spécialement composées pour ce genre d’impression.
- SUR LES ENCRES NOIRES
- Par M. E.-H. VIEDT (de Braunschweig).
- [Suite]
- III . —Encres noires a l’aniline.
- Comme on le sait, le noir d’aniline proprement dit est insoluble dans presque tous les réactifs-, on est donc obligé pour l’employer comme encre de le fixer sur le papier à l’état de poudre très-fine, ou bien de le produire sur le papier lui-même par la réaction des sels de cuivre sur le chlorhydrate d’aniline. On obtient alors une couleur d’un noir foncé d’une couleur indestructible. Mais le mélange de chlorhydrate d’aniline et de sels de cuivre s’altère rapidement à l’air; il verdit d’abord, puis laisse déposer un précipité noir. Aussi ne peut-il être utilisé pratiquement comme encre ; dans ces derniers temps, cependant, on a préparé des couleurs d’aniline méthylées solubles d’une nuance bleue tirant tellement sur le noir, que l’on a pu les appliquer à la fabrication des encres noires.
- Une de ces matières colorantes est connue dans le commerce sous le nom de Bleu noir soluble ; elle se dissout dans l’eau presque sans résidu, et une solution à 1/80 de cette substance peut servir d’encre sans que l’on ait besoin d’y ajouter un épaississant (1).
- L’encre ainsi obtenue est d’un bleu noir pourpre
- (1) Pour plus de détails sur la préparation et les propriétés de celte encre, voir le Moniteur de la Teinture, année 1872, page 175.
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- à l’état liquide ; sur le papier elle devient immédiatement noir foncé, mais sa teinte n’augmente pas en intensité. Elle coule bien sur la plume, ne moisit pas, et lorsqu’elle s’est desséchée, on peut lui rendre immédiatement ses propriétés en y ajoutant de l’eau. Elle n’est pas tout à fait aussi noire que les encres à la noix de galle, mais elle présente un ton velouté agréable. Bien que préparée avec un sel soluble, une fois sèche, elle ne s’efface pas par le lavage et ne disparaît que très-difficilement lorsqu’on essaie de l’enlever encore humide, à moins que l’on ne l’ait faite trop concentrée. Dans ce cas, la matière colorante ne pénètre pas bien dans les fibres du papier, et reste légèrement adhérente à sa surface. On obvie immédiatement à cet inconvénient par une légère addition d’eau. Les caractères tracés avec cette encre bleuissent parles acides, mais ne sont pas détruits. Grâce à la parfaite neutralité de l’encre de la nigrosine, elle n’attaque pas les plumes, et celles-ci ne se trouvent mises hors de service que par un usage prolongé.
- Après cette encre, qui, croyone-nous, n’est pas encore connue, vient l’encre d’induline de MM. Coupier et Collin, préparée en dissolvant l’induline dans 50 parties d’eau. Les inventeurs ont brigué le prix offert par la Société d’Encouragement de Paris pour une nouvelle encre indélébile.Bien qu’ils ne l’aient pas obtenu, les bonnes qualités de leur encre, spécialement pour les écoles, leur ont fait décerner une gratification de 500 francs. Nous n’avons pu nous procurer d’échantillon d’induline, mais nous croyons que l’encre d’induline est identique avec l’encre de nigrosine. Si la matière colorante de ces deux encres n’est pas la même (1), elles présentent, du moins, les mêmes propriétés.
- IV. — Encres a copier.
- Toutes les encres dont nous avons parlé jusqu’à présent peuvent être divisées en deux classes : celles qui noircissent après avoir été déposées sur le papier, et celles qui ne noircissent pas. Les premières (encres de chrome, d’induline, etc.) contiennent la matière colorante à l’état soluble ; les caractères tracés avec ces encres pénètrent dans les pores du papier. Si l’on place sur une page écrite avec ces encres une feuille de papier humide et que l’on soumette le tout à une pression convenable, la matière colorante est tout d’abord dissoute
- (1) Elle est identique. F. G.
- en partie dans l’eau, puis la solution se répand par diffusion dans la feuille de papier humide, de sorte que si l’on maintient assez longtemps la pression, environ la moitié de la matière colorante contenue dans les caractères passe sur la feuille humide.
- On comprend que cette opération diminue l’intensité de l’écriture ; et elle demande en outre un temps assez long et une forte pression. Pour obvier à ces inconvénients et surtout pour avoir après la copie des caractères assez colorés, il faut d’abord augmenter du double la proportion de matière colorante contenue dans l’encre. Maintenant comme le papier n’absorbe qu’une certaine quantité du principe colorant de l’encre, l’excès restera à la surface et pourra après dessication s’effacer facilement. C’est pourquoi il est nécessaire, lorsque ces encres doivent être employées comme encres à copier, de leur ajouter une matière collante destinée à fixer sur le papier l’excès de principe colorant ; la matière collante employée doit nécessairement être soluble dans l’eau ; ce sera par exemple de la gomme arabique. Cette addition a cependant l’inconvénient d’empêcher l’encre de pénétrer aussi bien dans les pores du papier ; l’encre reste alors à la surface du papier et, sous l’influence de l’humidité, elle se trouble et donne des copies peu nettes. Avec les encres de chrome, on ne peut employer la gomme arabique, parce que les composés chromés la rendent insoluble. Les encres dont le principe colorant est soluble sont donc peu propres à servir d’encres à copier.
- Il en est autrement de celles qui noircissent après avoir été déposées sur le papier, c’est-à-dire des encres à la noix de galle, des encres dites d'aliza-rine et des encres dites au campêche. Tontes les trois ont une proportion caractéristique commune : la couleur de l’encre, au moment où on l’emploie, est plus ou moins provisoire ; ce n’est que par l’action oxydante de l’air que se forme, à l’aide des éléments solubles de l’encre, la coloration noire définitive des caractères.
- Dans le cas des encres à la noix de galle, la coloration provisoire est produite par un peu de tannate de fer tenu en suspension dans le liquide, et la coloration définitive par la combinaison, au contact de l’air, du tannin et du sel de protoxyde de fer. Au microscope, on reconnaît dans l’écriture, immédiatement après la dessication, c’est-à-dire avant l’oxydation, des cristaux de sulfate de fer et des écailles d’acide tannique.
- Une fois l’oxydation terminée, l’écriture ne peut
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- plus être copiée, car elle ne contient alors que du tannate de fer insoluble.
- Il en est à peu près de même des encres d'aliza-rine; cependant, chez celles-ci la coloration provisoire est produite par l'indigo, qui reste toujours soluble dans l’eau; cette encre donnera donc, même après oxydation complète, une copie en bleu faible, mais cette copie ne noircira pas ensuite.
- Dans les encres au campêche, la coloration provisoire est produite, soit par de l’alun, soit par du chromate de potasse, dans le premier cas, l’encre copie d’abord en rougeâtre, dans le second, en gris, et la copie ne devient noire qu’apiès l’oxydation de la matière colorante. Une fois cette oxydation terminée, la coloration provisoire peut seule se transmettre au papier humide, et il n’est plus possible d’obtenir une copie noire.
- PROCÉDÉ
- DE PRÉPARATION INDUSTRIELLE DES SELS D’ALUMINE PURS
- Par M. Ducla.
- (Communication à l’Académie des Sciences.)
- Le sulfate d’alumine ordinaire renferme toujours du sulfate de fer qui le fait rejeter par les teinturiers-, il renferme, du reste, aussi un excès d’acide qui est nuisible dans beaucoup de cas. N’est-il pas possible de préparer à peu près au même prix du sulfate d’alumine exempt de toute trace de sel de fer et ne renfermant pas un excès d’acide ? Ce sulfate d’alumine rendrait à la teinture les mêmes services que l’alun pur. Je parle de la fabrication du sulfate d’alumine pur dans les localités où il n’y a (c'est le cas le plus fréquent) ni argile pure ni bauxite, et où la matière première est de l’argile ordinaire.
- Tel est le problème que je me suis posé, et voici comment je l’ai résolu :
- 1° J’ai d’abord traité le sulfate d’alumine en dissolution par un mélange formé d’un lait de chaux et de carbonate de chaux précipité. Ces deux substances réagissent instantanément sur le sulfate d’alumine et sur le sulfate de fer -, la réaction se fait même à la température ordinaire. Il y a formation de sulfate de chaux, d’alumine hydratée et d’oxyde de fer hydraté, avec dégagement d’acide carbonique.
- On peut constater, aussitôt après avoir fait le mélange, que la décomposition a été complète. En effet, le cyanure jaune est sans action sur la liqueur filtrée, ce qui indique l’absence du fer, et d’autre part, l’ammoniaque pur ne précipite pas non plus cette liqueur filtrée, ce qui indique l’absence de l’alumine. Il est à remarquer que le lait de chaux tout seul produirait la décomposition ; de même le carbonate de chaux précipité produirait seul la décomposition. La réaction se ferait encore avec du carbonate de chaux pulvérisé ; mais elle ne serait pas complète si l’on employait de gros morceaux de chaux ou du carbonate de chaux, parce que, dans ce cas, les morceaux se recouvriraient rapidement d’une couche de sulfate de chaux qui empêcherait la réaction que l’on veut produire.
- 2° Pour séparer l’alumine hydratée des autres substances, j’ajoute une dissolution de soude caustique qui forme un aluminate de soude soluble. Je sépare cet aluminate de soude par décantation.
- 30 Je fais passer dans la dissolution d’aluminate de soude le courant d’acide carbonique produit par l’action du carbonate de chaux sur le sulfate d’alumine. Il se forme du carbonate de soude, et l’alumine est précipitée.
- 40 Je sépare par décantation le carbonate de soude produit et je le traite par un lait de chaux. Je régénère ainsi la dissolution de soude caustique qui a été employée pour séparer l’alumine hydratée de l’oxyde de fer et du sulfate de chaux. De plus, j’obtiens le mélange de lait de chaux et de carbonate de chaux précipité qui doit servir pour la première réaction.
- Ainsi j’ai obtenu l’alumine pure à l’état d’hydrate sans dépense de soude caustique, puisque la solution de soude est régénérée. La seule dépense importante est celle de l’acide sulfurique transformé en sulfate de chaux. Mais on sait que le sulfate de chaux mêlé à des eaux chargées de carbonate d’ammoniaque donne du sulfate d’ammoniaque et du carbonate de chaux. Ce sulfate de chaux peut donc rendre, pour la fabrication du sulfate d’ammoniaque, les mêmes services que l’acide sulfurique qui l’a produit.
- Toute usine peut donc se procurer à peu de frais de l’alumine hydratée pure en attaquant l’argile ordinaire par l’acide sulfurique. Cette alumine hydratée pure servira à la fabrication du sulfate d’alumine pur exempt de toute trace de fer et du moindre excès d’acide.
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- Elle peut servir avec non moins d’avantages à la préparation de l’acétate d’alumine par l’action de l’acide acétique étendu d’eau sur l’alumine. Cet acétate d’alumine pur reviendra certainement moins cher que l’acétate d’alumine préparé en décomposant l’acétate de plomb. En effet, dans le second mode de préparation, on perd par le fait toute la valeur vénale de la litharge qui a donné l’acétate de plomb, puisque cette litharge se transforme en sulfate de plomb.
- Enfin, en traitant le sulfate d’alumine ordinaire comme je l’ai indiqué, on peut se procurer partout de l’aluminate de soude à bon marché, chose qui n’a été impossible jusqu’ici que par la décomposition du bauxite, minerai qui existe seulement dans quelques localités.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- LES TRAITÉS DE COMMERCE.
- La question des traités de commerce est à l’ordre du jour et donne lieu à des discussions fort vives de la part des producteurs, des négociants et des consommateurs ; en outre, les bruits les plus contradictoires ont couru à ce propos et donné lieu à plusieurs communiqués. — La faute n’en est pas aux intéressés mais, disons-le franchement, à l’administration, qui garde un silence obstiné.
- M. de Meaux a bien déclaré tout dernièrement que les négociations anglo-françaises étaient toujours pendantes. Le maréchal Président, de son côté, a dit qu’il soumettrait à ses ministres les observations qui lui avaient été présentées ; il a même ajouté que « quant à présent rien n’était « terminé ni ne pouvait se terminer à bref délai; » mais le fond de la question n’a pas été traité, et de la réserve gardée par le Gouvernement naît une inquiétude que chacun voudrait voir dissiper.
- En effet, sous une menace constante de modification de tarifs, l’industrie ne peut vivre ; il lui faut la sécurité du lendemain. Un fabricant n’ira pas acheter des matières premières et les transformer s’il ne sait à quelle taxe il est exposé. C’est souvent avec un profit de 2 ou 3 0/0 qu’il lutte, qu’il gagne pied à pied du terrain ; il ne fabrique plus s’il est exposé à perdre tout son bénéfice par une modification de tarif. C’est alors l’ouvrier, le commerce, la marine qui supporteront cette perte, et l’exportation sera atteinte dans ses sources les plus vives.
- Dans le cas qui nous occupe, nous savons ce que le gouvernement demande à l’Angleterre, nous ne savons pas ce qu’il* lui offre. On annonce de part et d’autre des concessions, mais on ignore complètement de quelle nature elles seront, et en présence de cette ignorance, voulue par la discrétion du gouvernement, l’inquiétude, nous le répétons, règne partout, inquiétude nuisible aux affaires, nuisible aux producteurs, aux consommateurs et aux intermédiaires, c’est-à-dire aux négociants.
- LE TRAITÉ DE COMMERCE FRANCO-ITALIEN.
- Un fait d’une haute importance pour nos relations internationales vient de s’accomplir : le nouveau traité de commerce entre la France et l'Italie vient d’être signé.
- Voici quelques détails sur ce traité qui ne deviendra exécutoire qu’après avoir reçu l’approbation du pouvoir législatif.
- En résumé, le nouveau traité de commerce consacre la politique libre-échangiste et élargit les bases qui avaient été adoptées par le traité antérieur, signé en 1863. Ce traité, d’ailleurs, avait été favorable aux deux parties contractantes.
- Les négociateurs français ont consenti à d’assez nombreuses réductions de droits, notamment sur les produits qui avaient été surchargés dans le dernier tarif général afin d’augmenter les ressources du Trésor.
- Parmi les produits le plus sensiblement 'dégrevés, nous citerons :
- Les œufs, les viandes fraîches et salées, les fromages, beurres, les gibiers, la volaille, les fruits frais et les différentes sortes de fruits conservés.
- On le voit, il s’agit surtout des produits agrico-les, car c’est l’agriculture qui alimente presque seule les exportations italiennes.
- Parmi les modifications introduites du tarif italien, nous signalerons celle qui a trait aux vêtements confectionnés ; ils paieront le droit relatif au tissu dont ils sont faits; et en plus 10 0/0 de ce droit.
- Il avait été question également de conclure un traité de navigation. Mais, en présence des projets relatifs à la marine marchande qui sont à l’étude dans notre pays, on est tombé d’accord de traiter cette question dans un acte isolé pour la conclusion duquel ces négociations devront être commencées dans le délai d’un an.
- LES TISSUS DE VERRE.
- Il y aurait bien des choses à dire au sujet de l’hygiène du vêtement : il conviendrait de se placer tour à tour au point de vue de divers intermé-
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- diaires par les mains desquels passe chacun de nos vêtements, et enfin au point de vue même du porteur.
- Depuis la main qui prend au mouton sa toison en passant par celle qui la tisse, qui la teint, qui la coupe, qui la coud, jusqu’au dos qui la porte, que de chose à dire !
- Nous parlerons aujourd’hui d’un genre de vêtement comparable à la maison rêvée par le philosophe : d’un vêtement de verre.
- Rassurez-vous, mesdames ; ne vous réjouissez pas, messieurs : pour être de verre, le vêtement dont je parle n’est pas transparent, mais il est de verre.
- Je désire vivement ne faire ici de réclame commerciale à personne ; aussi ne nommerai-je personne ; mais je dois commencer par le commencement et vous dire comment un vêtement peut être de verre.
- Il se fabrique en Allemagne un coton, car coton, simple ouate, est la chose d’aspect, un produit léger, mou, blanc, soyeux, tout comparable à l’ouate, ou plutôt à un paquet de poils de chien havanais blanc, et qui n’est autre chose que du verre effilé.
- Nous avions le verre trempé ; voici maintenant le verre effilé.
- C’est du véritable verre qui, lorsqu’il était semi-liquide, a été littéralement effilé en brins menus, soyeux, qui s’enchevêtrent et forment comme de l’ouate, et qui sont, comme elle, susceptibles d’être tissés. C’est avec ce verre qu’on peut faire des cravates, des gilets et même des pantalons ou des robes, aussi doux et aussi légers que possible.
- J’ai vu et manié de ces étoffes, et personne, en les maniant, ne pourrait les prendre pour autre chose que des étoffes de soie.
- Voilà un vêtement qui sera chaud à l’égal des fourrures, et derrière lequel nous serons désormais à l’abri de bien des accidents, sans parler de ceux de la foudre, car chacun connaît le pouvoir isolant du verre contre l’électricité.
- La pluie ne fera que donner au vêtement uubril-lant nouveau et une propriété plus grande.
- Que vont devenir les teinturiers?
- Ne craignez pas, du reste, qu’une chute malheureuse ne vienne briser votre vêtement.
- Comme le roseau de la fable, il plie et ne rompt pas.
- Ajoutez enfin l’incombustibilité relative de ce vélum de nos futures danseuses — et vous verrez que le vêtement de fer est le vêtement de l’avenir.
- Nos arrière-neveux n’achèteront plus à la Belle-Jardinière d’alors que des complets en verre — et
- les élégantes traîneront derrière elles des traînes plus chatoyantes qu’aucune des étoffes que nous avions vues jusqu’ici.
- Comme le verre se produit de nuances très-variées, l’industrie de la teinture n’aurait rien à faire avec cette mode dont le succès, d’ailleurs, est plus qu’improbable.
- (Chronique scientifique.)
- L’Union des fabricants pour les production des marques de fabrique (44, rue de Rennes) s’empresse de porter à la connaissance du commerce l’avis suivant anglais :
- « Le 1er juillet 1877 étant la date fixée par le Parlement après laquelle des propriétaires de marques de commerce seront sans action pour poursuivre les contrefacteurs de leurs marques, à moins que lesdites marques n’aient été enregistrées auparavant et comme d’après l’article 16 du règlement, un délai de trois mois est nécessaire pour cet enregistrement, il est donc indispensable que les dépôts français parviennent à Londres sans retard.
- ; 9": 1S$SI BIBLIOGRAPHIE
- Agenda du chimiste, à l’usage des Ingénieurs, Physiciens, Chimistes, Fabricants de produits chimiques, Pharmaciens, Essayeurs du commerce, Distillateurs, Agriculteurs, Fabricants de sucre, Teinturiers, Photographes, etc. 1877. — Hachette et Cie.
- Ce petit livre, indispensable aux chimistes, a été fait pour eux dans un laboratoire, celui de M. Wurtz. Il contient, sous une forme concise, un nombre immense de renseignements que l’on est obligé aujourd’hui de chercher dans des ouvrages spéciaux très-nombreux et qui, le plus souvent, ne se trouvent pas entre les mains de tout le monde.
- Conversion des mesures, thermométrie, baromé-trie, dilatation. Tables pour le calcul des densités de vapeur et des volumes gazeux, densités des différents corps et surtout des solutions, avec leur richesse correspondante, points de fusion, d’ébullition, indices de réfraction, pouvoirs rotatoires, etc. Tel est à peu près le sommaire du chapitreIer, plus spécialement consacré aux documents physiques et mathématiques.
- Le chapitre II, purement chimique, comprend une table de corps simples avec leurs équivalents et leurs poids atomiques, puis un résumé des principales réactions de solutions salines et un tableau relatif aux essais au chalumeau. Une autre
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- table donne les caractères spectraux de tous les éléments; c’est la première fois, à notre connaissance, que l’analyse spectrale est introduite de eette façon dans un livre de chimie. Les facteurs pour le calcul d’analyses quantitatives sont aussi consignés dans le même chapitre, qui renferme encore une table des principales propriétés physiques, de la composition de la solubilité d’un très-grand nombre de composés minéraux et organiques.
- Le chapitre III- est consacré à la chimie appliquée. Il renferme un grand nombre de données numériques relatives à la partie chimique de diverses industries françaises. Il contient de plus une indication succincte de la plupart des procédés analytiques employés dans les différents essais : essais des métaux, d’acides, d’alcalis, des man-ganèses, des chlorures décolorants, des matières grasses, des sucres, des alcools, des vins, des tannins, des fibres textiles, des engrais, du lait, des matières colorantes, etc.
- Comme on peut le voir, d’après cette longue énumération, ce n’est pas seulement le chimiste dans son laboratoire, mais l’ingénieur à l’usine et le contre-maître à l’atelier qui consulteront ce troisième et dernier chapitre ; les auteurs se proposent de l’augmenter encore à la prochaine édition.
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE BAISSE DE PRIX
- PRIX RE DÉTAIL :
- Rouges.
- Fuchsine inférieure..*........... le kil. 12 fr.
- — bonne courante................................................................................................................................... — 30
- — extra-supérieure...... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine.......................... — 12
- Safranine en poudre................................ — 100
- Eosine............................................. — 80
- Ponceau (cochenille artificielle). — 80
- Rouge pivoine...................................... — 20
- Ponceau pour coton................................. — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur............................. — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5)................... — 35 —...................................................—.............................................(n° 3)........................................... — 65 —......................................lumière (ne 1).................................... — 75
- Bleu de Lille, ou gros violet...................... — 30 Bleu-noir, ou bleu marin........................... — 20 — par kilo......................................... — 18 Bleu foncé......................................... — 30 Bleu spécial pour coton, suivant qualité.....60 à 90
- «faunes.
- Jaune bouton d’or................ le kil. 45 fr.
- Jaune-orange....................................... — 45
- Orange supérieur pour soies....... — 175
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge.............. le kil. 50 fr.
- — bleu.............................. — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.......... ....................... — 60 Violet moyen... — 65 Violet lumière, bleu................... — 70 Violet pour remontages................. — 30
- Verts.
- Vert lumière......................... le kil. 100 fr.
- — — supérieur.......... — 110
- Divers.
- Marron d’aniline................... — 23
- Gris, par le bleu-noir................ — 23
- Gris-perle, par les violets........... — 70
- Coralline rouge....................... — 30
- — jaune (alcool)......................... — 20
- Purpuraline à l’état sec.............. — 8
- Xanthine (orange)..................... — 35
- Cachou de Laval.................. .... — 2 50
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- Ministère de la Marine.
- Cherbourg, 11 août :
- 13,000 mètres toile à hamacs à fils doubles et 8,000 mètres toile à fils simples pour fonçure de hamac. Dep. 13,000 fr.
- Résultats d'Adjudications.
- Ministère de la Guerre.
- Le 27 juin, à la mairie de Ghateaulin. Fourniture de 26,000 kil. de coton : M. Lejoncourt, à Brest, adj. à 26,000 fr.
- —-63-
- M. F. Gouillon, que nos lecteurs connaissent pour avoir dirigé pendant dix ans la publication du Moniteur de la Teinture, désire mettre au service d’un établissement particulier, ses connaissances dans les industries tinctoriales et textiles.
- Il accepterait donc une position de Directeur, Chimiste ou Associé, dans une maison de France ou de l’Etranger (Allemagne exceptée), qui pourrait utiliser ses aptitudes.
- S’adresser au bureau du journal.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 1OO k. pour teinture et épaillage chimique Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21- Année, No 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Août 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Note sur l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline (suite). — Sur les noirs d’aniline par les sels de Vanadium, par M. HOMMEY. — Nouvelle formation de la fuschine. — Teinture en noir pour chapellerie (suite). — Chiffonnage. — Noir en un bain.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Apprêt des chapeaux de paille. — Savon au bois. — Sur les encres noires à écrire (suite et fin), par M. E. Viedt. — Les eaux employées en Industrie. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS. — Moyen facile de reconnaître la fuschine dans les vins. — Traité de commerce avec la Suède et la Norwège. — Le mouvement commercial. — Les marques de fabrique en Allemagne. — Procédure de légalisation de signature pour le dépôt des marques de fabrique.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES
- Par M. Georges JARMAIN
- (Suite.)
- 11 est un autre effet qui inquiète souvent le jeune teinturier ; les couleurs jaunes et rouges ont des affinités différentes pour la laine mordancée ; les bois rouges déplacent en partie les couleurs jaunes. Si la laine, dans le cours de la teinture, paraît avoir reçu une quantité suffisante de jaune, et qu’il lui manque du rouge, le teinturier s’empressera de combler ce déficit, et de ramener la nuance à celle du modèle, en ajoutant la proportion de rouge qu’il croira convenable. Mais, dans ce cas, il lui arrive souvent d’avoir alors trop de rouge et pas assez de jaune. Le bois que l’on ajoute, en quantités convenables, est sous la forme de bois râpé ou broyé, on le mêle avec les articles dans la cuve et on travaille le tout avec soin; on peut aussi se servir, dans le même but, d’une solution d’extrait :
- Les recettes suivantes sont des exemples de l’emploi de plusieurs bois qui ont été reconnus très-bien convenir à l’obtention d’une nuance particulière de couleur.
- BRUN, COULEUR DE TAN.
- Mordant :
- Bichromate de potasse...... 1 pour 100
- Bouillon d’une heure :
- Teinture :
- Garance................. 3,2 pour 100
- Bois jaune.................... 4,8 —
- Camwood...................... 2,0 —
- Barwood...............,..... 1,75 —
- Sumac........................ 2,2 —
- Bouillon de deux heures :
- BRUN, COULEUR DE TAN, NUANCE PLÙS ROUGE.
- Mordant.
- Bichromate de potasse 1 pour 100
- Bouillon d’une heure.
- Teinture.
- Bois jaune 7.2 pour 100
- Garance 4.8 —
- Camwood 2.8 —
- Sumac 2.4 —
- Bouillon de deux heures.
- a
- CALIFORNIE.
- Mordant.
- Alun 1 pour 100
- Bichromate 1 —
- Acide sulfurique (D. O. V.) 1/3 -
- Bouillon d’une heure.
- Teinture.
- Bois jaune 6. b pour 100
- Garance 2 —
- Camwood 3 —
- Bouillon d’une heure et demie.
- GRIS FONCÉ.
- Teinture,
- Camwpod 6.5 pour 100
- Sumac 2.0 — '
- Garance 2.5 —
- Bois jaune 4.0 —
- Campéche 2.5 —
- Bouillon d’une heure et demie. Fon-
- cer avec 1 p. 100 de couperose.
- GRIS OLIVE Mordant.
- Bichromate de potasse 1 pour 100
- Bouillon d’une heure.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Teinture.
- Bois jaune 10.0 pour 100
- Sumac .2.0 —
- Garance 5.0 —
- Campêche 0.2 —
- Bouillon de deux heures.
- BRUN GARANCE.
- Mordant.
- Bichromate de potasse 1 pour 100
- Bouillon d’une heure.
- Teinture.
- Bois jaune 22.7 pour 100
- Garance 4.0 —
- Cudbear 0.1 —
- Sumac 0.8 —
- Bouillon d’une heure et demie. Foncer avec 2 pour 100 de couperose.
- ÉCORCE DE QUERCITRON.
- Le quercitron est l’écorce intérieure du quercus tinctoria, espèce de chêne indigène de l’Amérique du Nord. L’écorce est livrée au teinturier séchée et broyée.
- La matière colorante principale que renferme ce produit est le quercitrin, glucoside qui peut se dédoubler en sucre et en quercétine. Le quercitrin et la quercétine sont des matières colorantes jaunes qui, appliquées sur la laine mordancée agissent absolument comme la matière colorante du fustic.
- L’emploi de Vécorce, nom sous lequel on désigne souvent l’écorce de quercitron, a été introduit dans la teinture des laines par Bancroft, auquel on doit l’ouvrage anglais le plus important sur l’art du teinturier.
- L’écorce n’est pas d’un usage aussi étendu que le fustic, mais elle peut être employée dans le même but, quoique sa couleur ne fournisse pas autant de corps.
- FLAVINE.
- On emploie souvent une préparation d’écorce, connue sous le nom de flavine, lorsqu’il faut avoir des nuances plus éclatantes que celles que l’on obtient avec le fustic ou l’écorce.
- La flavine, de bonne qualité, consiste dans le principe colorant même, c’est-à-dire en quercitrin ou quercétine ; son pouvoir colorant est donc supérieur à celui de l’écorce. Une once de bonne flavine équivaut, en pouvoir tinctorial, à une livre d’écorce.
- Les meilleures qualités de flavine nous viennent
- d’Amérique, où l’on croit qu’elles sont extraites de l’écorce fraîche ; mais, jusqu’à ce jour, la préparation de ce produit est entourée d’un certain mystère.
- On se sert de la flavine pour la partie jaune des écarlates et des orangés, et presque pour toutes les couleurs qui demandent un bon jaune brillant.
- On peut considérer les matières colorantes du fustic, du quercitron et de la flavine comme étant des teintes solides et permanentes pour la laine.
- Fustet (jeune fustic).
- C’est le bois du Bhus cotinus, arbre qui croît dans l’Europe méridionale et les Antilles.
- Ce produit est préparé en copeaux pour l’usage du teinturier. Le jeune fustic contient un principe astringent et deux matières colorantes, une jaune et une rouge.
- On a donné le nom de fustine à la couleur jaune, qui possède la plupart des caractères du quercitron, mais avec quelques légères différences. Sur de la laine mordancée avec un sel d’étain, la fustine produit une teinte jaune orange, très-belle et assez solide. Elle est surtout employée, dans la teinture de la laine, pour produire, avec la cochenille, les écarlates et les orangés -,. elle remplit admirablement ce but.
- Les deux autres produits tinctoriaux jaunes qu’il me reste à décrire ne peuvent être employés avantageusement, en raison de leur instabilité et de leur caractère fugitif, pour teindre les draps à l’usage de l’homme : ce sont le curcuma et les graines de Perse.
- A suivre.
- NOTE
- SUR L’EMPLOI DU VANADIUM DANS LE NOIR D’ANILINE PAR IMPRESSION
- Présentée à la Société industrielle de Mulhouse, Par M. G. Witz.
- Suite F
- Les caractères du noir, sa beauté et sa solidité étant bien reconnues, il n’y a eu qu’à étudier les légères variations nécessaires suivant les diverses fabrications. J’ai imprimé pour cela plusieurs centaines de pièces en modifiant dans des limites assez étroites les proportions du vanadium ; celles-ci
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- donnent toujours une rapidité d’oxydation proportionnelle au dosage du métal employé, ce qui est une ressource précieuse dans la pratique.
- Il suffit de prendre une quantité de vanadium correspondante au 1/100,000 ou au 1/200,000 du poids du chlorhydrate d’aniline, pour obtenir par impression une oxydation suffisante en peu de jours, à la températuee de 25 degrés centigrades.
- Avec 1/250,0 00 l’action est encore marquée d’une manière sensible dans les empreintes, tandis que sans vanadium la même couleur ne donne qu’un résultat très-imparfait, même après six jours dans les chambres d’oxydation. (1)
- Pratiquement on peut adopter environ 1/50,000 du poids du chlorhydrate d’aniline pour les couleurs à 80 grammes de ce sel formant un litre; je crois bon de ne pas trop s’écarter en grand de cette donnée.
- La proportion que j’ai constamment appliquée aussi bien pour impressions à la planche que pour impressions au rouleau, en diffère peu ; elle correspond pour 1 litre de couleur, pesant près de 1,100 grammes, à Ogr, 00175 de vanadium, soit 1/630,000 du poids de la couleur épaissie.
- La préparation contenant 80 grammes de chlorhydrate d’aniline, le métal s’élève donc à 1/45,700 du poids du sel d’aniline, ce qui, pour une valeur équivalente de 55 grammes d’aniline, représente 1/31,500 du poids de l’alcaloïde pur.
- Les quantités de vanadium employées primitivement étaient encore moindres, et le dosage ci-dessus n’a été adopté que pour se mettre à l’abri d’une oxydation un peu trop lente ou paraissant
- (1) Lorsqu’on opère avec des groduits purs, en cuisant et refroidissant la couleur dans une capsule de porcelaine, puis en l’imprimant au doigt sur du calicot blanc bien purifié, c’est-à-dire en évitant tout contact métallique, on observe cependant un commencement de formation du noir d’aniline qui se produit en dehors de la présence du cuivre. Il est facile de s’assurer par une opération inverse que des traces accidentelles de ce métal ne sont pour rien dans cette formation : on ajoute à la préparation une quantité de cuivre, à l’état de sulfate, représentant 1/40009 du poids du sel d’aniline, et l’on ne remarque guère d’augmentation d’oxydation en agissant comparativement ; la couleur épaissie ne s’altère pas après deux jours. Tandis que la même quantité de vanadium produit au contraire un noir excessivement fort, et même une décomposition de la couleur en moins d’un jour.
- On est conduit à attribuer la formation partielle du noir avec les matières pures à la présence de traces de corps actifs non définis, peut-être même à l’influence de l’ozone delatmonphère. IJI (801
- même parfois incomplète danscertaines impressions ou variantes délicates.
- En deux à trois jours d’aérage vers 25 degrés centigrades et 20 degrés humides, la couleur est entièrement développée, et l’on achève la fabrication par les moyens ordinaires.
- Dès lors les préparations au sulfure de cuivre ont été complètement abandonnées -, nous trouvons en effet un avantage réel à nous assurer des résultats plus prompts, plus parfaits, par l’emploi exclusif du vanadium ; nous évitons ainsi d’une façon absolue le cuivrage des lames d’acier, l’attaque du métal des rouleaux gravés, et, chose remarquable ! nous obtenons en même temps, à l’aide de certaines précautions, la conservation presque indéfinie de la couleur épaissie, c’est-à-dire la conservation sans altération sensible pendant plusieurs semaines, ce qui ne pouvait jamais être tenté avant l’introduction du nouvel agent d’oxydation dans les noirs d’aniline par impression.
- Avec tous ces avantages, le vanadium ne coûte guère actuellement que le onzième de ce que nous avons toujours dépensé avec le sulfure de cuivre, comme nous allons l’établir.
- 1 kilogramme d’aniline dans le noir ordinaire pour impression au rouleau demande par exemple 550 grammes de sulfure de cuivre préparé en pâte, revenant environ à 55 centimes, et contenant 100 grammes de cuivre métallique ; tandis que pour la même quantité d’aniline, 0fr,055 vanadate d’ammoniaque, que l’on obtient actuellement moins de 1 fr. le gramme (1), soit 0,05, remplace parfaitement le sulfure de cuivre dans les mêmes conditions pratiques.
- le vanadate employé représente 0 gr., 0318 de métal, ce qui dans l’exemple cité établit une action 3140 fois plus énergique pour le vanadium que pour le cuivre.
- Lorsque le vanadium à l’état de dérivés valait, comme il y a quelques mois, environ trois fois le prix de l’or, l’avantage économique du remplace, ment du sulfure de cuivre était déjà de 50 0/0-ainsi que je l’ai annoncé.
- D’ailleurs les prix pratiqués en ce moment sont loin d’être définitifs. Bien que ce soit l’un des métaux les moins répandus dans la nature, et surtout
- (1) À la date du 1er juin, M. S. Mellor, Magnésium works, Patricroft près Manchester, offrait le vanadate d’ammoniaque, le perchlorure, l’oxyde, le sulfure de vanadium, au prix de 21 sh. par once anglaise. Le prix de ces produits tmd à diinger encore.
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- l’un de ceux dont les minerais ou matières premières sont ordinairement pauvres, il n’y a aucun doute qu’en devenant un objet de commerce, le vanadium ne soit recherché partout et enfin extrait dans des conditions réellement économiques* Les scories de certains hauts-fournaux notamment pourront être exploitées.
- Il n’est guère possible de prévoir comment les fluctuations de l’offre et de la demande feront varier le prix à l’avenir, mais dès à présent il me semble prouvé que les industriels ont intérêt à s’approvisionner des produits qui contiennent un élément doué d’une aussi grande somme d’activité chimique.
- Evidemment tous les composés solubles de vanadium peuvent servir, puisque le contact de l’acide chlorique les amène toujours au maximum d’oxydation; néanmoins il vaut mieux donner la préférence à des composés solubles et nettement caractérisés par leur forme et leur couleur.
- Le bivanadate d’ammoniaque, qui est en cristaux orangés, inaltérables à l’air, brillants, semble pouvoir être conseillé.
- Le perchlorure de vanadium anhydre est un liquide d’un maniement très-difficile ; il répand d’abondantes vapeurs et est excessivement avide d’humidité.
- L’acide vanadique ou les vanadates d’ammoniaque ou de soude sont offerts commercialement, mais il est particulièrement utile de s’assurer de la pureté de tous les produits qui sont amorphes.
- Voici comparativement la teneur en vanadium des principaux composés :
- Le trichlorure de vanadium, V C 13, liquide rouge foncé, fumant abondamment à l’air et produisant un fort bruissement au contact de l’eau, contient 39,1 0/0 vanadium, ou 2 gr. 56=1 gramme métal ; c’est ce corps qui a servi de base dans nos essais.
- Le vanadate d’ammoniaque, N H' O, V O3, poudre pesante d’un jaunâtre sale, contient 57,8 % vanadium, ou 1 gr. 73 — 1 gramme métal.
- Enfin, le bivanadate d’ammoniaque cristallisé, NH^O^ V O3, contient 65,0 0/0 vanadium, ou 1 gr. 54 — 1 gramme métal.
- Ce dernier sel,où le dosage du vanadium est facile, estpeut-être préférable, àcausede son aspect, au vanadate d’ammoniaque neutre et aux vanadates plus acides.
- Les vanadates alcalins étant en général difficilement solubles dans l’eau, il est utile de les traiter
- à chaud dans une capsule par un peu d’acide chlorhydrique étendu de son volume d'eau, et d’y ajouter peu à peu en remuant, des matières réductrices qui transforment en quelques instants le dépôt pulvérulent d’acide vanadique en chlorure vanadeux très soluble.
- Voici des proportions qui peuvent être suivies :
- 3 p. vanadate alcalin,
- 12 à 15 p. acide chlorhydrique 21° B, étendu de son volume d’eau,
- § 1 p. glycérine incolore, 28° B,
- ( 2 p. eau.
- On ajoute ensuite de l’eau en ajustant à raison de 10 grammes de vanadium formant 1 litre de liquide limpide, d’un beau bleu vif plus ou moins verdâtre.
- Pour l’emploi, on répartit la dissolution dans de petits flacons de service contenant 100 centimètres cubes ; on évite ainsi l’évaporation qui résulte de fréquents mesurages par volumes très-faibles, pris chaque fois exactement au moyen d’une pipette graduée.
- Les quantités de vanadium à ajouter aux couleurs noir d’aniline varient en général en raison inverse de la concentration, c’est-à-dire de la proportion d’aniline qu’elles renferment, ainsi que de la chaleur plus ou moins considérable et de la durée du temps consacré à l’oxydation des impressions.
- La facilité de proportionner l’addition de vanadium afin d’obtenir à volonté une oxydation qui soit complète en un temps déterminé, est précisément un avantage remarquable dans ce genre de couleurs.
- S’il suffit par exemple d’ajouter 3 centimètres cubes d’une dissolution sur 20 litres de noir, pour opérer le développement en vingt-quatre heures dans une chambre d’oxydation à 25 degrés centigrades, on pourra réduire à 2CC,5 pour deux jours d’aérage, ou à 2 centimètres cubes pour trois jours, et de même en plus ou en moins.
- Si la température d’oxydation devait être plus élevée, on pourrait encore opérer des diminutions proportionnelles.
- Les couleurs plus concentrées demandent moins de vanadium, nous l’avons dit. Ainsi, en employant 90 grammes de chlorhydrate d’aniline par litre, au lieu de 80 grammes, la proportion du vanadium qui a été indiquée sera trop forte, et elle devra être diminuée d'environ un quart. Le rapport devient alors 1/68700 du chlorhydrate et 1/47300 de
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- l’aniline ; et la dépense de vanadium est 16 1/2 fois moins grande qu’avec le sulfure de cuivre.
- Il est présumable que le développement des noirs très riches, soit à 100 grammes d’aniline par litre en partie à l’état de chlorate d’aniline, n’exigera même aucune intervention métallique, tandis que les couleurs ordinaires au chlorhydrate d’aniline ne peuvent réussir sans une trace de vanadium ou sans cuivre.
- L’addition excessivement minime de la dissolution de vanadium est toujours faite sur la couleur refroidie et au moment de procéder au dernier tamisage. On ne remarque jamais d’inégalités de répartition en opérant de la sorte.
- Dans nos fabriques nul procédé n’est plus élégant; malgré l’habitude, on ne peut s’empêcher de s’étonner constamment de terminer la préparation d’un baquet de couleur, en y ajoutant un nombre déterminé de milligrammes de métal, ou de prévoir que par une période de temps plus chaude une diminution de quelques milligrammes est nécessaire, et cependant rien n’est plus précis !
- La nature des épaississants exerce, comme on le sait, une grande influence chimique sur la génération du noir d’aniline : les amidons grillés foncés, et surtout la dextrine et la gomme, donnent des noirs beaucoup moins actifs que les épaississages à l’empois d’amidon ou d’amidon grillé pâle -, ces matières ne peuvent donc être employées lorsqu’on se sert seulement [du sulfure de cuivre, qui est un oxydant trop faible. Mais, si l’on veut épaissir les couleurs à la gomme ou à la dextrine, ce qui peut être utile dans certains cas d’impressions délicates, on parvient, en prenant environ vingt fois plus de vanadium, à réaliser le noir en trois jours d’oxydation, comme avec la pâte d’amidon. Là encore nous sommes fort loin de la quantité de 1/8e du sel d’aniline conseillée par M. Pinkney pour ce genre d’épaississants.
- Après les observations précédentes, il serait superflu de vouloir indiquer des formules plus ou moins convenables dans les divers genres de fabrication : j’ai principalement étudié ici les meilleures conditions de remplacement du sulfure de cuivre en général ; dans tous les cas particuliers, il sera facile d’obtenir d’excellents résultats.
- (4 suivre.)
- SUR LE NOIR D’ANILINE
- PAR LES SELS DE VANADIUM
- Par M. Hommey.
- L’auteur a expérimenté la méthode de teinture en noir d’aniline reposant sur l’emploi des sels de vanadium et recommandée par M. A. Guyard ; il a reconnu que cette méthode conduit plus facilement au but que les anciens procédés et donne un noir plus beau. En premier lieu, le traitement préalable de la laine par le bichromate de potasse, le sulfate de cuivre et un acide devient superflu. Il suffit de laisser traîner la laine pendant 20 à 30 minutes dans un bain contenant par litre d’eau 80 grammes de chlorate de potasse, 0 gr. 1 de vanadate d’ammoniaque et 5 à 10 gr. d’acide chlorhydrique; ce dernier a principalement pour but de saturer l’alcali restant dans la laine par suite du désuintage. On étend la laine dans une pièce chaude et on la passe le lendemain au chromate. Pour les draps épais, l’auteur recommande de les passer à deux reprises dans le bain de teinture, d’abord sans vanadium, puis, après expression, dans le même bain additionné de vanadium.
- Cette nouvelle méthode s’applique très-bien à la teinture de tissus mixtes, laine et soie ou laine et coton. Si l’on emploie un bain plus faible que celui indiqué ci-dessus, le coton se teint en vert foncé et la laine en nuance réséda ; après le passage au chromate, le coton est teint en noir brillant, avec une nuance violette ; tandis que la laine prend une couleur jaune brun ou olive ; on obtient ainsi des changements d’une grande beauté.
- L’auteur ne pense pas que le prix des sels de vanadium soit un obstacle sérieux pour l’application de ce procédé.
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen.)
- NOUVELLE FORMATION
- DE LA FUSCHINE.
- MM. Dale et Schorlemmer produisent de la rosa-niline, base de la fuschine, en chauffant à 150° C. pendant quelques jours, de Vaurine rouge ou péo-nine unie à l’ammoniaque alcoolique. La solution jaune contient la rosaniline incolore cristallisée.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Elle se forme aussi en chauffant à 200° de Taurine avec de l’ammoniaque liquide. Pour constater l’identité du corps obtenu avec la rosaniline, on a teint de la manière ordinaire du violet à l’iode, vert d’aniline et bleu d’aniline.
- La base se forme suivant l’équation suivante :
- | 3NH3 — CH17NA + 6 HQ
- Péonine 3X ammoniaque rosaniline 6 x eau mais selon cette équation la base de rosaniline contient trop peu d’hydrogène, car la rosaniline est d’après M. A.-V. HOrMANN C40 H N3.
- Le procédé de fabrication est de grande importance, parce que Taurine rouge est un produit de la réaction de l’acide oxalique et de l’acide sulfurique sur l’acide phénique. Il permettra de produire la rosaniline ou la fuschine de l’acide phénique, à bas prix dans le commerce, tandis que l’obtention du benzol n’est actuellement possible que par l’emploi de l’aniline qui est d’un prix élevé. La fuschine sera donc produite à bien meilleur marché en même temps que plus pure, car le procédé d’oxydation d’aniline donne une quantité considérable de produits goudronneux.
- M. Reimann’s Farber-Zeitung.
- TEINTURE EN NOIR
- POUR LA CHAPELLERIE (I)
- suffit pour 100 chapeaux. Il n’y a plus qu’à apprécier la dose nécessaire pour des quantités moindres; il est toujours prudent de commencer par une dose inférieure, quitte à additionner ce qui devient nécessaire au cours de l’opération.
- Chacun sait que le vert de gris est une substance délétère et qu’il convient de prendre des précautions ponr en opérer la trituration. Il est préférable de l’acheter tout préparé chez les marchands de produits chimiques.
- La teinture en grand, on se le rappelle, n’offre pas le même inconvénient, attendu qu’il suffit de déposer le vert de gris en cristaux dans un panier d’osier ou dans une toile métallique, en suspension dans le liquide de la chaudière.
- Toutes choses préparées d’ailleurs, l’opération de la teinture se réduit à faire chauffer l’eau et à y introduire les drogues pulvérisées en remuant soigneusement la masse avec une spatule pour empêcher que rien ne s’attache au fond de la cuve ou du vase.
- Deux bains d’une heure chacun, un à l’endroit, l’autre à l’envers, suffisent pour parfaire l’opération.
- Si l’on veut obtenir le noir-bleu, il faut supprimer l’extrait de bois jaune et ajouter une pincée d’alun de Rome, de qualité épurée.
- Prochainement, la teinte marron.
- Comme complément de nos articles traitant de la teinture en noir, nous donnons aujourd’hui le procédé, antérieurement publié, et qui par sa célérité convient surtout pour la teinture des manchons.
- Les détaillants en tireront également bon profit, car ils pourront, par l’emploi des drogues pulvérisées et mélangées convenablement, teindre par petites quantités,dans un récipient quelconque et sans que l’opération dure plus de deux heures pour remettre en noir un vieux chapeau.
- Pulvérisez :
- Couperose de refonte... 4 kilog.
- Extrait sec de campêche. 3 — Extrait de bois jaune... 0 — 200 gr.
- Vert de gris....... 1 — 000 —
- Mélangez intimementces substances et conservez-les pour l’usage, en notant que la quantité ci-dessus
- (1) Voir, n° 13, page 146 et no 14, page 160 — année 1877.
- CHIFFONNAGE
- PROCÉDÉS ALLEMANDS EXTRAITS DU REIMANN’S FARBER-ZEITUNG
- PRÉPARATION DES ROBES CHAINE-COTON POUR LA TEINTURE.
- La tendance générale des teinturiers-dégraisseurs est d’arriver à pouvoir teindre dans un seul et même bain, les vêtements chaîne-coton. Cette tendance à un nouveau progrès est pleinement justifiée ; il ne faut cependant pas croire que toutes les couleurs puissent se faire de cette manière.
- Une des opérations principales de la teinture des chiffons est le lavage des étoffes avant teinture. Ce n’est que sur des étoffes bien propres et sans taches que l’on peut obtenir des couleurs vives et égales, et généralement celles qui sont confiées au teinturier sont tachées et malpropres.
- Dans beaucoup d’ateliers on nettoie les étoffes
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- avant teinture au moyen du savon, puis on les rince. Ce mode d’opérer, bon avec des eaux très-pures, n’est que passable dans les autres cas ; une inégalité dans le rinçage des robes lavées produit souvent des taches ou des ombres à la teinture ; il vaut mieux employer le carbonate de soude dans le cas où l’eau est calcaire. Une lessive peu concentrée enlève d’ordinaire la plus grande partie des taches.
- Pour nettoyer 20 robes à teindre, on remplit un cuveau suffisamment grand avec de l’eau à 55° c. dans laquelle on a fait dissoudre 2 kil. de cristaux de soude ; on y met les robes bien au large pendant 4 à 5 heures. Au bout de ce temps on sort une robe après l’autre et on l’étend sur une table bien propre. Dans un seau où l’on a préparé une forte lessive de soude, on trempe une brosse dure, dite brosse de Siam, et on brosse les parties tachées de graisse, etc., jusqu’à disparition complète des taches. (1)
- Pour enlever les taches durcies de stéarine, paraffine, goudron, résine, etc., il est nécessaire d’employer la benzine. On emploie alors un tampon formé d’un chiffon de laine roulé, recouvert d’un petit chiffon de coton ou de toile fine avec un fil, on le trempe dans la benzine et on frotte la tache jusqu’à ce qu’elle ait disparu. Quand la robe a été bien soigneusement lavée et bien nettoyée, on la rince, de préférence dans une cuve à circulation d’eau continue.
- BLEU POUR 20 ROBES CHAINE-COTON.
- Dans un bain à 60° c. on fait dissoudre 500 gr. cristaux de soude et 100 gr. bleu alcalin (bleuâtre), on mélange bien le tout et on entre les robes bien lavées, on tourne une demi-heure et on élève la température à 900 c.
- Dans un second bain à 80° c. on verse 250 gr. d’acide sulfurique et après avoir bien remué on y met les robes, que l’on tourne sur ce bain jusqu’à développement complet du bleu. On chauffe ensuite au bouillon pendant un quart d’heure. On lève et on rince.
- Après cette opération, la laine est teinte en bleu, par contre, le coton reste totalement blanc. Pour teindre le coton, on mordance pendant 12 heures dans un bain contenant 800 gr. de tannin. On lève et après avoir ajouté à ce même bain 400 gr. d’acide sulfurique et l'avoir bien agité, on y plonge
- (1) Ce travail manuel est bien simplifié par l’emploi des machines à laver (voir pages 35 et 187, année 1872.) — P. B.
- les robes, on donne cinq tours, puis on lève et on rince.
- Dans le bain de teinture on dissout 40 grammes de bleu opale, on met les robes dans ce bain et on les y agite tant qu’il contient de la matière colorante, on lève, on ajoute au bain 400 gr. acide sulfurique, on agite, on remet les robes en donnant 5 tours et relevant de temps à autre en les laissant ensuite jusqu’à épuisement du bain, une heure environ (1), puis on lève et rince.
- Au lieu de teindre le coton avec du bleu d’aniline on atteint très-bien son but en opérant avec du prussiate de potasse de la manière suivante :
- On trempe les chiffons pendant la nuit dans un bain de rouille à 2° B, additionné de 50 grammes sel d’étain. Le lendemain on lève et laisse bien égoutter.
- Dans un second bain froid on ajoute une dissolution de 40 gr. prussiate jaune de potasse. Quand le mélange est bien fait, on plonge l’étoffe, on donne 5 tours et on lève. Dans ce même bain on ajoute 70 à 80 gr. acide sulfurique de manière à le rendre acide, on remet l’étoffe, on donne quelques tours et on laisse séjourner une heure. Au bout de ce temps, lever et rincer.
- (A continuer.)
- NOIR EN UN BAIN
- On commence par faire une décoction de bois de campêche (60 kil.), puis on précipite le principe colorant par 7 kil. sulfate de fer et de cuivre (vitriol de Salzbourg). Lorsqu’on s’est assuré que le précipité noir est formé, on le dissout en ajoutant au même bain de Vacide oxalique jusqu’à décoloration ou dissolution complète du précipité, il ne reste plus qu’à rentrer les laines et à teindre en faisant bouillir deux heures dans ce bain qui doit être clair et transparent ; on termine la teinture en ajoutant au bain de la soude ou un alcali quelconque qui a pour effet de neutraliser l’action acide du dissolvant, et le noir apparaît.
- Le bain sert indéfiniment, à condition de le
- (1) il paraît plus simple de mettre les robes lavées au bain de tannin additionné de savon, d’exprimer, et de teindre en chauffant successivement jusqu’au bouillon dans le bleu, de laisser refroidir dans le bain et de passer en acide. (La Rédaction).
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- rendre acide et d’ajouter la dose de précipité nécessaire.
- Sur ce principe, la maison Wattine-Delespierre, de Lille, prépare, par un procédé qu’elle a fait breveter, une pâte ou précipité noir qu’elle a nommé noir direct, produit qui donne de très-bons résultats. (1)
- (Van Laer. — Album du teinturier;)
- INDUSTRIELLE
- APPRÊT DES CHAPEAUX DE PAILLE
- La vogue est, cette année, aux chapeaux de paille apprêtés.
- Les fabricants les tenant à de bons prix, nous pensons être agréables aux détaillants en leur indiquant le moyen d’apprêter eux-mêmes les chapeaux qu’on leur pourrait demander.
- Prendre de la gélatine (colle de Flandre) et la faire gonfler dans l’eau froide pendant 12 heures -, lui faire ensuite prendre un bouillon au bain marie pour la cuire. Tandis qu’elle est chaude encore, on apprête à l’aide d’un pinceau comme pour les chapeaux de feutre, et l’on passe sur la surface une éponge imbibée d’eau froide pour enlever l’excès de l’apprêt. On laisse sécher,
- Pour les chapeaux de paille naturelle, il faut ajouter à l’apprêt quelques pincées d'oxalate de potassé (sel d’oseille), afin d’en opérer le blanchiment; pour la paille de couleur l’usage de ce sel est inutile, il serait même préjudiciable.
- Les chapeaux étant séchés convenablement (il doit rester un peu d’humidité) on les passe au fer entre deux linges; s’ils sont tout à fait secs, il est nécessaire de les humecter légèrement ou de les tenir en lieu frais.
- (1) Sous le nom fantaisiste SArlonine on vend à Tournai (Belgique) un produit semblable. Le noir direct a été dernièrement l’objet de plusieurs brevets. Ën 1864, notre journal faisait mention d'un noir électrique, mélange des différentes matières servant à faire ordinairement le noir. (Voir années 1870-71, page 110, et le Coloriste industriel, 1863, pages 18, 26 et 43). — P. B.
- SAVON AU BOIS
- Par M. G, FEYERABENDT (1).
- Ce savon fabriqué avec le suif ou l’huile de coco, avec adjonction de sciure de bois de frêne, est excellent pour le dégraissage des étoffes, car il exerce une action mécanique qui ne nuit en rien à la solidité des tissus ; son emploi est plus expéditif que celui du savon ordinaire, dont il économise environ un tiers.
- Séché à l’air ce savon renferme :
- Acide gras...*............ 40 0/0
- Soude............... ........ 6
- Bois, glycérine, sels............ 10
- Eau............................ 44
- SUR LES ENCRES NOIRES
- Par M. E.-H. Viedt (de Braunschweig).
- {(Suite et Fin).
- D’après ce que nous avons dit jusqu’ici, on voit que dans une encre à copier, il faut surtout chercher à retarder l’oxydation des composés solubles de l’encre qui, par leur réaction au contact de l’air, donnent ensuite un précipité noir.
- En supposant d’abord que l’on évite autant que possible l’influence de l’air par l’emploi d’encriers convenables, on arrive à retarder l’oxydation en ajoutant à l’encre des substances solubles qui, en séchant, l’enveloppent pour ainsi dire dans une sorte de vernis imperméable à l’air. Parmi ces substances, il faut citer en première ligne la gomme arabique et la gomme du Sénégal. La dextrine et le sucre remplissent aussi le but, mais à un moindre degré ; le sucre a l’inconvénient d’être toujours un peu collant après dessication. L’emploi de la mélasse n’est pas pratique, parce qu’elle contient beaucoup de sels hygroscopiques qui empêchent l’écriture de se sécher complètement. C’est pourquoi on doit rejeter les formules analogues à celles brevetées par Délidon, de Saint-Gilles (Vendée) (2).
- (1) Dingler’s polijtechnisches Journal, t. eexxm, p. 631.
- (2) On fait bouillir 10 grammes de noix de galle, 100 grammes de sulfate de fer, 300 grammes de campêche effilé aveel litre 1/2 d’eau, et on réduit à 1 litre; on décante et
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- Pour les encres à copier, la gomme du Sénégal est préférable à tous les autres épaississants ; il suffit d’ajouter de 30 à 50 grammes de gomme par litre d’encre.
- Le vernis gommeux qui enveloppe les caractères se ramollit au contact du papier mouillé, mais ce ramollissement est très-lent, ce qui rend la copie longue et irrégulière. Nous ne savons pas jusqu’à quel point la gomme est altérée en séchant, par l'oxygène de l’air, mais il est certain qu’elle est al-térée. Pour obvier à cette difficulté de dissolution et accélérer l’opération, (on se sert avec succès de glycérine. On sait que ce liquide a la propriété de ne jamais se dessécher. Si l’on ajoute à l’encre déjà additionnée de gomme, de la glycérine en proportion correspondant à 40 ou 50 pour 100 de la quantité de gomme employée, l’encre se dessèche plus lentement, mais elle est bientôt assez sèche pour n’être plus collante. Au contact de la feuille de papier mouillée, elle se ramollit pourtant immédiatement, de sorte que la copie peut être faite en un temps très-court. Il faut se garder surtout d’ajouter trop de glycérine, parce que l’écriture ne sèche pas et reste collante. Nous ferons remarquer que l’addition de glycérine ne diminue en rien l'imper-méabilité du vernis gommeux.
- Dans la plupart des formules, la proportion de glycérine indiquée est trop forte ; c’est ainsi que Bœttger prend pour son encre à copier, d’ailleurs excellente (voir plus haut) : 120 grammes de ‘glycérine par litre, ce qui rend les caractèrès collants même après dessication. En ramenant la proportion de glycérine à 20 grammes par litre, celte encre est des meilleures.
- Nous considérons comme non-sen s les encres a copier à sec, c’est-à-dire les encres auxquelles on a ajouté tant de glycérine qu’elles ne sèchent jamais, et par conséquent copient sans avoir besoin d’être mouillées. Il est évident que ces encres non-seulement se transportent sur le papier à copier, mais encore souillent les livres de commerce et autres. C’est à ces encres que se rattache celle d’Henny, qui prescrit d’employer une partie de glycérine pour trois parties de bonne encre.
- on ajoute 250 grammes de mélasse, 15 grammes de gomme et 50 grammes d’alcool, dans lesquels on a dissous 5 grammes d’essence ; on laisse déposer et on filtre à travers un tissu grossier. Si on veut obtenir des encres d’une autre couleur, on remplace la noix de galle par les substances convenables. Cette encre ne sèche qu’au bout de 20 minutes, on peut donc copier sans mouiller et même faire plusieurs copies avec le même original.
- La préparation des encres à copier est la même que celle des encres dont nous avons parlé plus haut; cependant, il ne faut employer que 60 à 70 pour 100 des quantités d’eau indiquées, parce que ces encres devant céder une partie de leur matière colorante, se trouveraient trop affaiblies si elles n’en contenaient pas plus que les encres ordinaires. En prenant cette précaution, on peut, par une addition convenable de gomme et de glycérine, transformer en encre à copier toutes les encres qui noircissent sur le papier et principalement les encres d’alizarine et celles au campêche.
- V. — Encres en poudre et en tablettes.
- Il est très-commode, en voyage, d’avoir à l’état sec, les éléments nécessaires pour .préparer immédiatement une bonne encre ; on évite ainsi les accidents qui peuvent résulter du bris d’un encrier. On trouve dans les anciens journaux une quantité de formules de ces encres en poudre. Ce sont la plupart du temps les éléments d’une encre à la noix de galle réduits en poudre fine et qu’on n’a plus qu’à dissoudre dans l’eau froide ; on comprend cependant qu’une pareille encre soit très-pâle et très-mauvaise.
- D’autres recommandent d’évaporer à sec une bonne encre, de pulvériser le résidu et de le délayer ensuite dans l’eau. Comme, dans ce cas, la presque totalité de la matière colorante devient insoluble, on n’a qu’un précipité [en suspension dans l’eau. C’est ce qui a lieu avec les tablettes d’encre de Léonhardi.
- La meilleure poudre d’encre que l’on puisse employer, est le Bleu-noir d’aniline indiqué plus haut (1); cette substance se dissout avec la plus grande facilité dans 80 parties d’eau, et donne immédiatement des caractères parfaitement noirs.
- (Moniteur scientifique).
- LES EAUX.
- EMPLOYÉES EN INDUSTRIE
- M. Gérardin transmet à l’Académie des sciences un nouveau travail sur les eaux courantes et sur le moyen d’en différencier la qualité et les propriétés. Il range les eaux sous deux chefs princi-
- (1) Voir le Monil ‘ur de la Teinture, année 1874, page 57, et 1875, pages 154 et 155; ces notes se rapportent aussi à des encres sèches de couleur.
- Voir aussi l’article : Encres éternelles, année 1875, p. 263.
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- paux : les eaux bleues et les eaux vertes. Les eaux bleues seraient toujours propres aux usages domestiques ; elles renfermeraient très-peu de matières organiques en dissolution ; les eaux vertes, au contraire, ne seraient pas propres aux usages domestiques, mais seraient seules convenables pour les usages industriels. On a remarqué, en effet, depuis longtemps, que les eaux trop pures, c’est-à-dire trop pauvres en matières minérales et organiques, présentaient des inconvénients pour certaines applications de l’industrie. L’eau de la Dhuys, l’eau de la Vanne, excellentes comme eaux potables, sont détestables pour les teinturiers, le dégraissage, etc. Il semble que les impuretés de l'eau soient favorables à certaines manipulations.
- M. Gérardin a pu conclure de ses recherches différentes conséquences utiles pour l’aménagement des eaux. Il a pu aussi préciser les dépôts géologiques qui ont dû se produire dans les eaux bleues et ceux qui ont dû se faire dans les eaux vertes.
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- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,231. — MAIFFREDY et Laubreaux. —Fileuse mécanique à embobinage automatique. — L’appareil reçoit un mouvement général et circulaire destiné à donner la torsion aux fils de caret, un mouvement horizontal participant au mouvement circulaire et présentant le fil à la bobine ; enfin un mouvement lié au mouvement circulaire est dépendant ou non du mouvement horizontal ; ce mouvement est destiné à parer aux effets d’accroissement de rayon de la bobine d’enroulement.
- 115,236. — Richard. — Poudre japonaise destinée à être appliquée sur toute espèce de papiers et de tissus. — Cette poudre se compose de sciure de bois lavée à l’alun et mélangée à du talc ; ce mélange donne à la poudre beaucoup de velouté et de chatoyant ; on l’applique sur du bois, du papier ou du tissu à l’aide d’un mordant quelconque.
- 115,240. — Six. — Impression multicolore des matières textiles. — Le bloc d’impression de la machine est composé de feuilles de métal percées d’autant de trous qu’on veut avoir de couleurs différentes sur les matières textiles ; des feuilles élastiques, dont les trous correspondent à ceux des
- feuilles métalliques, communiquent par des conduits inclinés avec les réservoirs ou distributeurs de la couleur à obtenir.
- 115,253. — Chabanel et Cie. — Machine à élargir, au moyen de pinces métalliques, sur les métiers d'apprêt, les tissus de laine et autres. — L’appareil fonctionne automatiquement par l’appel de la pièce; il s’adapte à la suite des métiers servant à l’apprêt des tissus. Il est établi sur un bâti en foule et se compose de deux séries de pinces métalliques articulées, fixées de chaque côté à une chaîne Galle sans fin marchant sur des rochets horizontaux; ces deux chaînes sont placées sur un deuxième châssis à bascule disposé à l’intérieur du châssis principal.
- 115,280. —- Vicenzi. — Système de mécanique Jacquard à rabat, ou mode d'application de la Jacquard à la commande par levée et baissée. — L’invention a pour but la production de certains genres d’étoffes sans l’emploi de lisses. Cette Jacquard à rabat fonctionne dans les mêmes conditions que les mécaniques armures, c’est-à-dire qu’au moment où une partie des crochets est soulevée par la griffe, l’autre partie qui doit rester au repos descend la planche à collets, étant rendue mobile suivant un mouvement inverse à celui de la griffe. — Dans ce métier, la répartition de tout le poids et de l’action du mouvement de la planche à collets se fait sur quatre pivots au lieu de deux.
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- INFORMATIONS & DIVERS
- A la séance de l’académie des sciences du 28 mai dernier, M. A. Baudrimont a fait connaître un procédé pour reconnaître la présence de la fus-chine dans les vins (Extrait).
- « Si l’on dépose sur la peau de la main une goutte de vin fuschiné, si on l’étend quelque peu et si on attend quelques instants, la peau demeure teinte d’une couleur rouge vif, qui ne peut être enlevée par des lavages à l’eau. Les taches produites par la matière colorante du vin ne résistent point au lavage à l’eau ; ce qui les distingue facilement de celles produites par la fuschine. »
- Par un échange de notes entre le gouvernement français et le gouvernement des royaumes-unis de Suède et de Norwége, le traité de commerce,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- conclu le 14 février 1865, entre les deux puissances, a été prorogé jusqu’au 31 décembre 1877.
- LE MOUVEMENT COMMERCIAL
- La direction générale des douanes publie au Journal officiel des documents statistiques sur le commerce de la France pendant les six premiers mois de l’année 1877.
- Les importations se sont élevées du 1er janvier au 30 juin 1877, à 1,812,638,000 fr., et les exportations à 1,662,976,000 fr.
- Ces chiffres se décomposent comme suit : IMPORTATIONS 1877 1876
- Objets d’alimentation. , 432.774.000 404.437.000
- Produits naturels et matières nécessaires à l’industrie. . . 1.036.377.000 1.077.164.000 Objets fabriqués .. . 228.444.000 242.171.000 Autres marchandises. 95.043.000 85.699.000
- Total. . . 1.812.638.000 1.809.471.000
- EXPORTATIONS
- Objets fabriqués . . Produits naturels, objets d'alimentation et matières nécessaires à l’industrie.
- Autres marchandises.
- Total. . .
- -1877 1876
- 878.111.000 953.075.000
- 703.683.000 739.010.000
- 81.182.000 86.629.000
- 1.662.976.000 1.778.714.000
- La différence en moins,entre les exportations et les importations s’est accrue dans de fortes proportions.
- Pendant les cinq premiers mois de l’année (Journal officiel du 15 juin), le mouvement se décomposait ainsi :
- Importation.................... 1.505.201.000
- Exportation.................... 1.386.619.000
- Différence....................... 118.682.000
- Ce qui représente une moyenne par mois, dans cet écart, de 23,736,500 fr.
- Cette moyenne a été malheureusement dépassée et de beaucoup pendant le mois de juin. En effet, nous trouvons pour les six mois : Importations 1.812.638.000
- Exportations................... 1.662.976.000
- Différence......................... 149.662.000
- Ce dernier chiffre, comparé à la précédente différence, donne :
- Six premiers mois .... 149.662.000
- Cinq premiers mois.... 118.682.000
- 30.980.000
- Le plus fort et le plus regrettable écart du tableau
- ci-dessus est, aux exportations, le chapitre des objets fabriqués : de 953 millions en 1876, il est tombé à 878 en 1877 ; ce qui prouve que la situation est généralement mauvaise.
- NOS MARQUES DE FABRIQUE EN ALLEMAGNE.
- Le gouvernement français vient de faire déposer à l’ambassade de Berlin la collection complète de toutes les marques de fabrique légalement déposées en France. La chancellerie de l'ambassade les a exposées dans une salle, afin que les importateurs et commerçants allemands soient mis à même de distinguer les véritables produits de fabrication française des contrefaçons. Un exemplaire de cet énorme atlas a été envoyé à chaque représentant français auprès des puissances étrangères.
- Le gouvernement français s’est enfin décidé à réagir vigoureusement contre la falsification des marques légales qui, en ces derniers temps, s’est pratiquée sur une si large échelle, surtout celles en usage pour les enveloppes de paquets de tabac et de cigares.,
- À cette occasion, il ne sera pas inutile de rappeler la pénalité édictée par la loi allemande pour ces sortes de contraventions. Non-seulement le fabricant, mais tout individu qui met en vente ou en circulation des marchandises revêtues de fausses marques de fabrique, est punissable d’une amende pécuniaire de 150 à 3,000 marks ou de six mois de prison, en dehors des dommages-intérêts jusqu’à concurrence de 5,000 marks, pour lesquels tous les délinquants condamnés sont solidaires. . .
- Une circulaire de M. le garde des sceaux, datée du 31 mai, vient de préciser un point assez important de procédure commerciale jusqu’ici non fixée.
- Il s’agit de la légalisation de la signature du président du tribunal de commerce, apposée au bas du certificat constatant le dépôt au greffe d’une marque de fabrique. Pour atteindre son but de sauvegarder à l’étranger les droits des commerçants français, ce certificat doit être parfaitement régulier. Or, qui a pouvoir de légaliser la signature du président du tribunal de commerce ?
- Ce devoir de vérification et le droit de légalisation incombent, suivant la circulaire, au premier président de la cour d’appel. — Lorsque les certificats auront été délivrés au greffe d’un tribunal qui siège au même lieu que la cour, ce magistrat fera directement les légalisations. Pour les autres tribunaux, il pourra déléguer les présidents des tribunaux civils ou les plus anciens juges.
- Ces certificats dûment légalisés sont ensuite
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- adressés au ministère de la justice pour y recevoir le complément de légalisation ministérielle et diplomatique.
- ADJUDICATIONS
- Ministère de la Marine.
- Lorient, 6 août :
- 5,000 mètres de toiles rurales supérieures (dépôt de garantie, 530 francs).
- Toulon, 16 août :
- 50,000 kil. chanvre épuré.
- 23 août :
- 11,700 kil. de vieux linge, toile rurale supérieure 4 fils pour confection de sacs pour marin. Dép. de gal’., 1,700 fr.
- Seine-et-Marne.
- Le samedi 8 septembre, 2 h. — Maison centrale de Melun. — Fournitures diverses.
- {er lot. — 600 couvertures de laine pour valide.
- 2e lot. — 1,000 m. droguet de laine.
- 3” lot. — 1,000 m. droguet rayé fil et coton.
- 4e lot. — 1,000 m. droguet uni fil et coton pour pantalons de travail.
- 5e lot. — 2,000 m, tissu coton pour caleçons.
- 6e lot. — 8,000 m. toile coton (avec filet) pour chemises.
- 7° lot. — 1,500 m. toile pour bourgerons.
- 8e lot. — 8,000 m. toile pour draps de valides.
- 9* lot. — 1,000 m. toile pour doublures.
- 10e lot. — 1,500 m. toile pour torchons.
- IIe lot. — 600 m. toile pour tabliers de travail.
- Tout adjudicataire qui n'habitera par la commune de Melun sera tenu d’y faire élection de domicile pour l’exécution de son marché.
- Il sera donné connaissance du cahier des charges et du règlement du 31 juillet 1852, au ministère de l’intérieur, 78 bis, rue de Varennes (direction de l’administration pénitentiaire, bureau des maisons centrales), à la préfecture de Seine-et-Marne et à l’économat de la maison centrale de Melun.
- s. b21s291 an "IOVJOG.S IUP T0 .B1I 9'1
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE BAISSE DE PRIX
- PRIX DE DETAIL :
- Rouges.
- Fuchsine inférieure...............le kil. 12 fr.
- — bonne courante.......... m 30
- — extra-supérieure........... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine.......................................................................... — 12
- Safranine en poudre.............................................................................. — 100
- Eosine............................................................................................. — 80
- Ponceau (cochenille artificielle).................................................................. — 80 Rouge pivoine.......................................... •.................. — 20
- Ponceau pour coton................................................................................. — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire.................................................................................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur............ — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5).,.... — 35 — — (n° 3) , — 65 — lumière (ne 1) — 75 Bleu de Lille, ou gros violet. < ... — 30 Bleu-noir, ou bleu marin n- 20 — par kilo ; — 18 Bleu foncé......, ------- — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or................................................................................. le kil. 45 fr.
- Jaune-orange...................................................................................... — 45 Sg
- Orange supérieur pour soies.... — 175
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge.................... —.. le kil. 50 fr. — bleu ......................... — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.........-400,3 ................. — 60
- Violet moyen........................... — 65 Violet lumière, bleu.,, ................— 70 Violet pour remontages..................................— 30
- Verts. Vert lumière le kil. 100 fr. — — supérieur — 110
- Divers.
- Marron d’aniline....................... — 23 Gris, par le bleu-noir....................................................... — 23 oris-perle, par les violets......................... — 70 ooralline rouge........................ — 30
- — .. jaune (alcool)........................................... — 20
- Purpuraline à l’état sec............... — 8 Xanthine (orange),......................«.................... + 35.
- Cachou de Laval........................ — 2 50
- siom—j foinfeTO—onto
- M. F. Gouillon, que nos lecteurs connaissent pour avoir dirigé pendant dix ans la publication du Moniteur de la Teinture, désire mettre au service d’un établissement particulier, ses .connaissances dans les industries tinctoriales et textiles.
- Il accepterait donc une 'position de Directeur, Chimiste ou Associé, dans une maison de France ou de l’Etranger (Allemagne exceptée), qui pourrait utiliser ses aptitudes. 6 o0g ? I ‘ -S’adresser au bureau du journal.
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- Hydrate d’alumine pure pour chlorure d'aluminium
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- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenuer
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, No 16. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Août 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Note sur l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline (suite). — Note sur l’association d’un olive au chrôme aux couleurs garancine, par M. Mathieu-Plessis. — Sur les emplois industriels du vanadate d’ammonium, par M. R. Wagner. — Tissus ininflammables, par M. IMBS.— Emploi des couleurs d’aniline : Les Orangés et la Chrysoïne, de la maison A. Poisrier.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Le collage des pièces de coton. — Influence des couleurs sur la santé :
- Le Daltonisme. — Les admissions temporaires. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Indicateur centrifuge de vitesse, à liquide, par M. A. Pinel.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Délivrance des brevets et médailles de l’Exposition de Philadelphie. — Projet de traité de commerce avec l’Espagne.
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES
- Par M. Georges JARMAIN
- (Suite. )
- CURCUMA.
- Le curcuma est la tige souterraine du curcuma tinctoria et du curcuma longa ; il est importé de l'Inde, de la Chine, de Java et des îles Barbades. La variété indienne est celle qui a le plus de valeur. Le teinturier reçoit les tiges ou tubercules du curcuma broyés ou réduits en poudre fine ; cette poudre a une odeur forte et un goût aromatique très-prononcé. Le principe colorant contenu dans le curcuma est appelé curcumine. Dans la teinture des laines, l’emploi du curcuma est limité à la production d’une certaine classe de bruns sur étoffes, on l’associe souvent à des couleurs qui possèdent comme lui un caractère fugitif. On n’en fait pas usage dans la fabrication des draps épais, et si l’on venait à abandonner son emploi comme matière tinctoriale pour la laine, ce ne serait pas une grande perte pour le public qui a la mauvaise chance d’acheter des articles teints avec lui. Il est d’une certaine utilité dans le laboratoire -, il sert aux chimistes à préparer leur papier de curcuma, destiné à la recherche des alcalis et de l’acide borique.
- Graines de Perse.
- Les graines de Perse sont le fruit du nerprun et diverses espèces de Ramnus qui croissent en plusieurs parties de l’Europe septentrionale et en Asie. La nature de la matière colorante contenue dans les
- graines de Perse a été le sujet de beaucoup de recherches et elle est encore enveloppée de beaucoup d’obscurité.
- Il semblerait établi, toutefois, qu’il existe dans les graines de Perse un glucoside qui cristallise en aiguilles soyeuses, et auquel on a donné divers noms tels que xanthorhamnine, chrysorhamnine et rhamnine.
- Dans la teinture des laines destinées à la confection d’étoffes épaisses, les graines de Perse ne trouvent aucun emploi, parce que la couleur qu’elles donnent à la laine mordancée n’est pas suffisamment solide pour résister aux opérations du foulage et du dégraissage. Cependant on s’en sert souvent pour donner le jaune aux articles pour dames teints en écarlate ou en orangé.
- Sumac.
- Cette substance astringente est d’une importance considérable dans la teinture en gris et en brun des lainages, parce qu’elle renferme, outre son tannin, une matière colorante jaune qui n’a pas encore été bien étudiée et qui joue un rôle capital dans la production des bruns et des gris.
- L’action du sumac sur la laine mordancée avec le bichromate produit un beau jaune olive-, avec un mordant d’étain, un jaune brillant -, et avec un mordant de couperose une couleur ardoise foncée. Ce dernier effet est dû à l’action du tannin contenu dans le sumac sur le sel de fer.
- Le sumac que l’on trouve dans le commerce s’obtient en broyant les feuilles et les tiges d’un arbre appelé Rhus coriaria qui croît en Sicile, en France, en Espagne et autres contrées. La variété de Sicile est la plus estimée. Le docteur Stenhouse a prouvé que le tannin de sumac est identique avec celui des noix de galle que l’on appelle acide gallo-tannique. Cet acide donne un noir bleu, ou couleur ardoise,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- avec le mordant de couperose. Le composé ainsi formé est le gallo-tannate de fer.
- Le teinturier en laine emploie surtout le sumac pour teindre le coton ou la matière végétale qui peut se trouver dans le sein de la laine.
- 1° Sous la forme de bourrelets, de fils ou de débris de graines ;
- 2° Dans les articles mélangés ou rayés qui ont la chaîne en coton et la trame en laine.
- Après avoir teint les articles comme on fait pour la laine, on les trempe dans une décoction de sumac à froid, et puis dans une solution de soi-disant nitrate de fer ou pyrolignite de fer, si la couleur est noire; mais pour le bois rouge, le bois jaune et les couleurs d’aniline, on porte les articles qui ont été trempés dans la décoction du'sumac dans une solution d’oxymuriate d’étain à 2 ou 3 degrés T w. (0° 9) ou 1° 3 Baume.
- Il se forme probablement, dans cette opération, un tannate d’étain qui dispose le coton à prendre les teintures de la même manière que la laine.
- Je vais maintenant décrire certaines matières colorantes qui sont d’un emploi très-étendu dans une branche de la teinture.
- COCHENILLE.
- La cochenille n’est autre chose que le corps desséché d’un petit insecte qui vit et se nourrit sur un cactus; l’insecte porte le nom de coccus cacti^ et c’est la femelle seule qui fournit le produit tinctorial. Le mâle est muni d’ailes, la femelle n’en a pas et reste stationnaire sur la plante. On détache les insectes des feuille avec une brosse douce, et on les immerge momentanément dans de l’eau bouillante pour les tuer; puis on les fait sécher et on les envoie au marché.
- On trouve dans le commerce deux principales variétés de cochenilles ; a la cochenille argent, qui est recouverte d’une substance farineuse, et b la cochenille noire.
- J’ai rencontré la cochenille argent falsifiée avec du sulfate de baryum qui lui donne à la fois l’aspect poussiéreux et une augmentation de poids. Cette sorte de cochenille laisse beaucoup trop de cendres quand on la brûle.
- Le prix actuel de la cochenille est très-bas. Cette dépréciation est due en partie à l’état peu prospère du commerce des laines, et aussi à la production des couleurs d’aniline qui font concurrence à cette matière tinctoriale.
- On prépare la cochenille pour le teinturier en la broyant dans un moulin semblable au moulin à café. On jette la cochenille pulvérisée dans la cuve en même temps que les articles à teindre.
- Le principe colorant de la cochenille est l’acide carminique ; il donne à la laine mordancée avec du chlorure d’étain une couleur écarlate, et avec de l’alun et du tartre un cramoisi. La couleur est très-brillante et parfaitement solide et permanente.
- Son principal usage sur la laine a pour but de produire les écarlates, les orangés, les cramoisis, les roses et autres couleurs analogues. Les flanelles et les serges composent en grande partie les articles que l’on teint avec les couleurs de la cochenille.
- On obtient la couleur jaune des écarlates en employant la flavine, qui convient admirablement pour cela; ou le jeune fustic, qui donne aussi d’excellents résultats. Enfin on se sert quelquefois, dans le même but, des graines de Perse, mais la couleur jaune que l’on en obtient n’est pas solide.
- Le mordant qu’on emploie dans la teinture des écarlates est un sel d’étain associé à du tartre. Les teinturiers diffèrent beaucoup, dans la pratique, relativement à l’emploi des esprits d’étain pour la teinture des écarlates. Quelques-uns font usage du double muriate‘ordinaire ou du muriate simple; d'autres préfèrent le muriate additionné de 1 ou 2 pour 100 d’acide oxalique; certains, enfin, emploient un nitrate d’argent ou un sulfomuriate. Je ne pourrais pas dire auquel de ces esprits il faut donner la préférence, car je les ai vus,tous produire également d’excellents résultats. Lorsque le mu-riale simple est jugé parfaitement convenable, il me paraît inutile de compliquer l’opération par l’emploi d’un mélange plus complexe.
- Quand les articles sont des lainages durs, un esprit d’étain qui ne contient que peu d’acide libre ne répond pas très-bien au but. La couleur se dépose beaucoup trop à la surface du tissu, en laissant assez souvent le centre sans aucune teinture. D’autre part, une solution d’étain, qui renferme une bonne proportion d’acide libre, facilite davantage la pénétration de la couleur dans le centre de l’étoffe, parceque la laque colorée qui se forme par la combinaison de l’acide carminique avec l’oxyde d’étain est tenue plus longtemps en solution par l’acide libre.
- On arrive aussi à faire pénétrer la couleur dans le centre du tissu en introduisant les articles dans
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- le bain lorsqu’il n’est pas encore bouillant, et en chauffant ensuite celui-ci de manière à le porter très-graduellement à l’ébullition.
- Une proportion de tartre supérieure à 4 pour 100 de la matière laineuse à teindre a pour effet de jaunir la nuance écarlate, et ce jaunissement augmente en raison de l’excès de tartre.
- Un surcroît de mordant d’étain, les autres produits restant les mêmes, a pour effet de rendre plus intense la nuance de couleur sans accroître sensiblement le jaune.
- Dans la teinture des écarlates et des orangés avec la cochenille, on opère le mordançage et la teinture dans le même bain, maintenu à l’ébullition pendant une heure ou une heure et demie. On emploie généralement des citernes en bois pour le bain, et l’on y produit l’ébullition au moyen de tuyaux de vapeur perforés,
- Lac-Dye.
- C’est une matière colorante rouge qui est, depuis des siècles, fabriquée et employée dans l’Inde. On s’en sert maintenant beaucoup en Angleterre conjointement avec la cochenille ou pour la remplacer. La lac-dye produit sur la laine une couleur qui a plus de corps que la cochenille, mais qui est loin d’en avoir l’éclat.
- La lac-dye est un produit secondaire dans la fabrication de la gomme laque ou résine laque, que l’on trouve à la surface des petites branches des arbres appartenant au genre Ficus sur les bords du Gange. Cette substance est déposée sur ces tiges par un petit insecte, appelé coccus lacca, et qui est, par conséquent, du même genre que l’insecte à cochenille.
- On pulvérise grossièrement la matière brute, retirée de l’arbre, et on la fait macérer dans l’ea 1 chaude; puis on fait évaporer le liquide jusqu’à siccité, et le résidu sec constitue la lac-dye qui contient souvent jusqu’à 50 pour 100 de matière colorante.
- L’identité de la matière colorante de la lac-dye avec celle de la cochenille n’a pas encore été parfaitement établie, mais les deux substances se ressemblent beaucoup relativement à l’action qu’elles ont sur la laine mordancée ; elles ne diffèrent principalement que par le ton et l’intensité des couleurs qu’elles fournissent. Les couleurs de lac-dye sont aussi un peu plus solides et permanentes que celles de la cochenille.
- Elle est importée en gâteaux durs que l’on réduit
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- en poudre fine pour l’usage du teinturier. Celui-ci forme une pâte avec la couleur en poudre, de l’acide hydrochlorique et l’esprit d’étain de son choix, et, après l’avoir bien travaillée, il l’ajoute au bain de teinture, en y introduisant les articles à teindre. On opère ensuite la teinture exactement comme avec la cochenille.
- L’expérience a démontré qu’il est avantageux de combiner le brillant de la couleur de la cochenillle avec la solidité et la permanence de la lac-dye ; à cet effet, on commence par teindre les articles dans un bain de lac-dye, et puis dans un autre bain avec la cochenille, en ayant soin de laver les matières au sortir du premier bain et avant de les immerger dans le second.
- Les nombres suivants représentent les proportions et le coût des teintures pratiquées sur une grande
- échelle par ce procédé :
- Écarlate.
- Pour 100 Ibs (livres) d’étoffe : sh.
- Laque (mélangée, variant de 1 sh. 6 d. à 6 d. — par livre) en moyenne 1 sh 8 08
- Cochenille, 2 sh. la livre................... 6 00 Tartre (argol) (110 sh.le quintal), 1 sh. laliv. 5 00 Esprit d’étain de 45° Tw. (20° Baumé), tel que chlorure stanneux 1 1/4 d. la livre... 2 04 Flavine à 2 sh. 6 d., la livre................ 0 08
- Coût des matières pour étoffe de laine.... 21 20
- Soit, environ, 50 fr. les 100 kilog.
- A suivre.
- NOTE
- SUR L’EMPLOI DU VANADIUM DANS LE NOIR D’ANILINE PAR IMPRESSION
- Présentée à la Société industrielle de Mulhouse,
- Par M. G. Witz
- Suite
- il me reste à parler de quelques modifications accessoires qui peuvent être considérées comme des améliorations de la couleur noir d’aniline ordinaire.
- Le sulfure de cuivre étant coloré et employé en quantité assez forte dans les préparations épaissies, la présence de ce corps permettait de surveiller aisément les impressions pendant le travail ; il n’en
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- est pas de même avec le vanadium ; aussi est-on obligé d’ajouter provisoirement un colorant, puisqu’il ne se produit de noir que plus tard. Je conseille de donner la préférence au violet de méthy-laniline (violet de Paris, par exemple, n° 145) -, il suffit d’en employer deux ou trois dix-millièmes du poids total pour pouvoir suivre l’impression des dessins plus ou moins légers obtenus à plusieurs rouleaux.
- Le plus grand avantage de ce colorant violet est de servir aussi dans la préparation même, de réactif indiquant l’état d’acidité du sel d’aniline que l’on épaissit, et de cette manière, de permettre la correction voulue pour la neutralisation de l’acide qui existe toujours en excès plus ou moins grand dans les sels du commerce. On peut ajouter et incorporer à la solution du sel d’aniline de l’aniline rectifiée, par petites quantités à la fois, jusqu’à ce que la nuance bleuie du violet soit revenue au beau violet rouge ; amenée à ce point, on peut être sûr d’obtenir avec cette préparation une couleur qui se conserve parfaitement, et qui n’attaque pas les racles d’acier pendant l’impression.
- Si l’on ajoutait trop d’alcaloïde, l’unique inconvénient serait de retarder un peu l’oxydation après impression, celle-ci ne recommençant que lorsque l’aniline en excès s’est volatilisée. C’est ainsi qu’avec le violet tout excès de chauffage est nettement indiqué par une nuance vert bleu, qui tranche complètement avec celle de l’impression fraîchement faite et desséchée très modérément.
- Le changement de nuance du violet dans la couleur épaissie, avertit aussi des modifications d’acidité ou des décompositions amenées à la longue par la chaleur ou par diverses autres causes d’altération.
- J’estime qu’un excès d’aniline libre de 0 gr. 5 à un gramme par litre de couleur pour le rouleau, convient parfaitement quand la température n’est pas trop élevée ; comme, d’autre part, l’excès d’acide retenu par le chlorhydrate d’aniline cristallisé varie ordinairement de 1 à 3 0/0, il est facile de prévoir à l’avance dans quelles limites l’addition d’aniline peut être faite.
- Dans la pratique, il vaut mieux remplacer l’addition d’aniline par celle d’ammoniaque ordinaire, à la densité de 21 ou 22 degrés, que l’on peut employer simplement à volume égal, car à cette concentration l’équivalent de neutralisation est à peu près le même pour les deux liquides. Un peu d’aniline est mise ainsi en liberté, et le résultat est tout
- aussi bon, puisqu’il se forme une petite quantité de chlorhydrate d’ammoniaque (environ 60 0/0 de la dissolution d’ammoniaque ajoutée), sel qui existe déjà dans la préparation.
- Le sel ammoniac, que l’on a depuis longtemps considéré comme indispensable dans les noirs d’aniline au cuivre, peut être supprimé sans aucun inconvénient lorsqu’on agit avec le vanadium, du moins lorsque l’humidité des ateliers d’aérage est convenablement réglée, car le chlorhydrate d’ammoniaque ne paraît avoir réellement d’autre rôle que de favoriser la réaction en agissant comme corps hygroscopique.
- La suppression totale du chlorhydrate d’ammoniaque peut rendre quelques services dans le noir ou nitrate d’aniline destiné à être imprimé au rouleau en même temps que des couleurs riches en' sels de plomb : on arrive ainsi à se mettre à l’abri des inconvénients d’impression qui résultent de la précipitation du chlorure de plomb.
- On peut avancer d’une manière absolue que les noirs d’aniline au vanadium conviennent à tous les genres de fabrication par impression. Ce procédé s’applique parfaitement aux noirs destinés à être vaporisés après un développement préalable de la couleur par aérage. Il en est de même pour les genres noir d’aniline avec blanc réserve, orange de chrome réserve, etc., qui s’exécutent sans difficultés.
- Le sulfure de cuivre peut donc être supprimé définitivement, et avec lui disparaîtront les accidents qui provenaient de sa trop facile transformation en sel de cuivre soluble, en attaquant alors les lames d’acier et hâtant la décomposition des couleurs, aussi bien que les ennuis de sa préparation et de sa conservation.
- Nous ne saurions néanmoins parler du remplacement du sulfure de cuivre dans les noirs d’aniline, sans payer encore un juste tribut d’hommages à l’ingénieuse idée chimique qui a rendu tant de services à notre industrie. Lorsque M. Ch. Lauth conseilla en 1864 de se servir de ce produit, les difficultés de l’application du noir d’aniline paraissaient insurmontables : et cependant, jusqu’à l’introduction actuelle du vanadium, l’excellente appréciation de M. Camille Kœchlin était restée complètement vraie : « Sans le sulfure de cuivre, le noir d’aniline ne serait pas possible aujourd’hui.(Dictionnaire de chimie de Wurtz, 1868, t. I, p. 327, première colonne).
- C’est par millions de pièces et dans tous les pays,
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- 00 CO O — 71n
- O LO O ©
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Total.
- (4 suivre.)
- 10 litres
- Total.
- (1) Dingler's polÿtechnisches Journal, t. CCXXIII, p. 111.
- O1300 01300 1^500 01300
- Ce mélange est imprimé sans épaississant sur un tissu préalablement maté au rouleau avec l’acétate de potasse à 10 degrés Baumé.
- Le noir que l’on imprime en même temps que
- SUR L’ASSOCIATION D’UN OLIVE AU CHROME AUX COULEURS GARANCINE
- Par E. MATHIIEU-PLESSY.
- (Pli cacheté déposé le 29 novembre 1855 et ouvert dans la séance du 27 septembre 1876.)
- SUR LES EMPLOIS INDUSTRIELS DU VANADATE D’AMMONIUM Par M. Rod. Wagner (1).
- RÉSUMÉ.
- Bichromate de potasse. Acide arsénieux..... Acide sulfurique à 66°. Eau.................
- t—1 00 Cr
- que l’on pourrait évaluer les tissus imprimés en noir d’aniline grâce à la simple innovation du sulfure de cuivre. C’est par suite de cette heureuse idée que des progrès considérables ont été réalisés partout, depuis douze ans, dans les divers genres d’impressions, et que de nouvelles fabrications solides ont été créées. Aussi, devons nous considérer en ce moment le noir d’aniline comme la découverte chimique la plus féconde peut-être qui ait été faite depuis de nombreuses années, comme la source qui a le plus contribué à la prospérité de l’industrie des tissus de coton imprimés, et cela au milieu des merveilleuses inventions qui se sont successivement produites dans le même laps de temps.
- Aujourd’hui même, ce ne sont que de simples variantes de l’ancienne formule de Ligthfoot, si habilement perfectionnée par M. Lauth, qui sont conseillées ; il est facile de s’en assurer en se reportant au procédé original. Celui-ci conserve donc tout son mérite. (Voir Schützenberger, Traité des matières colorantes 1867, t. I, p. 516; surtout: Dictionnaire de chimie de Wurtz, 1868, t. I, p. 326, deuxième colonne.)
- NOTE
- Le nombre des couleurs que l'on peut imprimer en même temps que les mordants de fer et d’alumine, pour la teinture de garancine, est, on le sait, fort limité. L’auteur a réussi, après bien des essais, à associer à ces couleurs un olive au chrome, qu’il prépare comme suit :
- cette couleur est un peu différent de celui que l’on imprime d’habitude ; le rouge et les autres couleurs sont les mêmes. Voici la composition de ce noir :
- Acétate de fer......................
- Arsénite de soude à 500 gr. d’acide
- arsénieux par litre............
- Acide pyroligneux...............
- Amidon grillé.........1........
- Goudron........................
- Traitement :
- Suspendre pendant trois ou quatre jours dans un étendage ;
- Dégommer dans un bain chauffé à 50° R., contenant 1/50 d’ammoniaque caustique et 1/100 de silicate de soude ;
- Peindre en garancine en évitant de dépasser 50 degrés Réaumur ;
- Rétablir le blanc comme dans le genre garancine ordinaire.
- Les principales difficultés que l’auteur a dû vaincre sont les suivantes :
- 1° Obtenir un verre de chrome assez intense ;
- 2° Ne pas attaquer ni le noir ni le rouge aux points de contact ;
- 3° Trouver un bain de dégommage convenable.
- Un échantillon d’un dessin à trois couleurs, noir, rouge, olive, accompagne le pli cacheté.
- [Société industrielle de Mulhouse).
- L’action que le vanadate d’ammonium exerce sur les sels d’aniline a conduit l’auteur à étudier cette même action sur une série de composés organiques.
- Le tannin produit, comme l'avait déjà constaté Berzélius, un précipité noir d’une grande ténuité, restant en suspension et donnant au liquide l’aspect de l’encre ordinaire. Avec l’acide gallique, le précipité se dépose plus facilement.
- Le pyrogallol donne un liquide bleu-noir pouvant servir comme encre, ainsi que l’indique M. Bœttger.
- La maclurine ou l’acide morintannique ainsi que
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- la pyrocatéchine donnent de même un liquide noir, avec un ton verdâtre.
- L’hématoxyline donne avec le vanadate d’ammonium la même réaction qu’avec les chromâtes alcalins. L’extrait de bois bleu teint fortement la laine et la soie en beau noir, lorsqu’on fait intervenir le vanadate. Il en est de même des extraits de bois rouge et du Brésil.
- Le bois jaune et le fustet fournissent des encres verdâtres.
- Le vanadate d’ammonium est sans action sur le phénol, l’acide salycilique, la résorcine, l'hydro-quinone, la caféine, l’éosine et la fluorescéine.
- Le vanadate d’ammonium pourra peut-être servir à la recherche de certaines matières colorantes artificielles dans les vins. Les vins rouges naturels donnent des colorations foncées, d’un rouge brun ; une addition de tannin produit une coloration noire.
- TISSUS ININFLAMMABLES
- Depuis longtemps, on recherche les moyens de prévenir le développement des incendies soit par l’emploi de matériaux incombustibles, soit par des enduits dont on peut imprégner les bois et les tissus.
- Le Bulletin de la Société d'Encouragement, 76e année, tome IV, 3e série, n° 42, p. 315, fait connaître une proposition de M. Jules Imbs, qui, au lieu de fonder son procédé sur des enduits ou des applications à mettre sur les tentures des décors, croit préférable de s’occuper du tissu lui-même et de la matière dont il est composé. L’amiante, dont on a recommandé l’usage en pareil cas, n'est pas d’une application facile en pratique.
- « M. Imbs pense qu’on atteindrait le but qu’on se propose par l’emploi des déchets de certaines fabriques. Si les fibres végétales, si la laine elle-même, telle qu’elle est employée, sont trop facilement décomposées par le feu en produits gazeux qui s’enflamment, il n’en est pas de même de la soie quand elle est serrée, compacte et en grande masse. On peut, avec de la bourre de soie formée de certains déchets du traitement des cocons, fabriquer des étoffes épaisses, lourdes, très-difficilement combustibles. Pour augmenter en elles cette qualité, on les comprime par une sorte de lissage, de manière à avoir un tissu bien plein, très-lisse et, en prenant la précaution de leur faire subir cette préparation avant la peinture, on obtient des ten
- tures qui ont toutes les qualités voulues. Ces étoffes prennent d’ailleurs parfaitement la peinture, comme on a pu s’en assurer par des essais faits à l’Opéra. «
- M. Imbs a fait des expériences devant la Société d’Encouragement. C’est ainsi qu’en présentant à la flamme d’une bougie la tranche d’une de ces tentures, la décomposition parle feu s’opère lentement et avec un peu de fumée, mais sans flamme, et il en résulte dans l’étoffe une petite échancrure angulaire, où le tissu est charbonné, mais où il s’éteint aussitôt qu’il est retiré de la flamme.
- De pareilles recherches sont utiles, car il n’est pas douteux que les mesures préventives pour éviter les incendies devraient avoir une plus grande part dans les préoccupations des constructeurs. Au besoin, l’administration a le devoir de recommander toutes les conditions dictées par la prudence, et, surtout, de donner l’exemple dans les travaux dont elle a la direction.
- EMPLOI DES COULEURS D’ANILINE
- Les Orangés et la Chrysoïne de la Maison A. Poirrier (4).
- Ces produits remplacent le curcuma, le bois jaune, le fustel, le jaune d’or et en partie l’orseille, dans la série des nuances composées, telles que marrons, grenat, olive et leurs dérivés; toutes ces nuances peuvent être obtenues par des mélanges que le teinturier combinera aisément sans indication-, d’ailleurs la gamme des couleurs donnée par les différents mélanges de rouge, de jaune et de bleu est d’un développement si considérable que nous ne pourrions donner des proportions tout au plus que pour quelques-unes.
- Les orangés portent les marques : Orangés n° 1, 2, 3 et Chrysoïne.
- L’orangé donne un reflet doré avec la vivacité du curcuma, mais il a de plus une grande solidité a l'air.
- (1) L’office du Moniteur de la Teinture offre ces produits aux prix de détail suivants :
- Orange n> 1 — couleur feu.............. 40 fr. le kil.
- — 2 — couleur plus vive...... 35 fr. —
- — 3 — nuance jaune............ 40 fr. —1
- Chrysoïne.................................. 50 fr. —
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- L’application sur laine et sur soie est aussi facile que celle du carmin ou de la composition d’indigo, par exemple.
- Le colorant se développant dans un milieu acide donne, avec le carmin ou la composition d’indigo, dans un seul et même bain, toute la série des marrons, grenats, etc. ; pour les nuances plus rougeâtres on peut également ajouter au même bain de l’extrait d'orseille, puisque l’orseille, le carmin ou la composition d’indigo teignent dans un milieu acide.
- L’orangé teint aussi parfaitement la laine sur mordant d’écarlate-, il remplace non-seulement les fustels, mais encore une notable quantité de cochenille, en donnant plus d’éclat au rouge écarlate.
- Employé seul, l’orangé donne sur laine des nuances riches et d’une grande solidité -, la fabrication des tapis trouve dans ce colorant un précieux concours pour les nuances intermédiaires de l’écarlate au jaune serin.
- Sur soie l’orangé employé seul, donne des nuances orangé, mandarine et leurs dérivés en teignant sur bain acidulé, sans savon. Par mélange avec composition ou carmin d’indigo au bleu, il fournit toute la série des marrons foncés comme pour la laine.
- Dissolution. — L’orangé est soluble dans l’eau. On verse sur le produit 50 à 100 parties d’eau bouillante en ayant soin de remuer le liquide. Puis on filtre.
- Teinture de la laine.
- Préparation. — Pour obtenir des nuances unies, vives et brillantes, il est nécessaire de dégraisser complètement la laine, soit au carbonate de soude, soit au savon et de la laver ensuite dans l’eau chaude.
- Teinture. — On teint dans un bain légèrement acidulé en ajoutant au colorant un peu d’acide sulfurique, on chauffe en élevant progressivement la température à 90°. On peut également préparer le bain comme pour l’écarlate de cochenille, soit 3 0/0 sel d’étain et 5 0/0 acide oxalique.
- Pour les nuances composées où il entre du carmin ou de la composition d’indigo, il est nécessaire d’ajouter du sulfate de soude pour faire unir le bleu d’indigo. Il est aussi préférable de mettre le bleu d’indigo dans le bain un peu avant l’orangé.
- Autant que possible éviter de teindre dans des chaudières en cuivre. — Dans les ateliers ne mar
- chant pas à la vapeur, il sera nécessaire d’installer un panier dans la chaudière en cuivre, afin d’obtenir des nuances non tachées.
- Teinture de la soie.
- On teint la soie sur bain acidulé par l’acide sulfurique, sans savon pour les nuances directes telles que orangé, mandarine, etc. Chauffer à 90°.
- On teint sur bain de savon faible légèrement coupé d’acide pour les nuances composées où il entre du carmin d’indigo ou des bleus d’aniline, suivant que l’on veut obtenir des marrons foncés, des grenats, modes, etc.
- Chrysoïne.
- Opérer de la même manière que pour l’orangé. Ce colorant est employé de préférence aux marques d’orangé pour l’obtention des nuances olives, marrons et grenats à reflets très-jaunes. Par un simple mélange avec du carmin d’indigo il donne le mieux la nuance olive. Les jaunes employés jusqu’ici pour ces tons marrons n’ont jamais entièrement satisfait le teinturier.
- Orangé n° 1. — Cette marque qui tient à la fois du rouge et du jaune semble avoir sa place indiquée pour l’obtention de toute la gamme des marrons par simple mélange avec du carmin d’indigo. Dans cet emploi, il remplit à la fois et dans une certaine mesure, le but du curcuma, ou bois jaune, ou jaune d’aniline et de l’orseille, ou de l’extrait d’orseille. Toutefois lorsqu’on voudra obtenir un ton rouge ou un ton jaune plus prononcé on pourra toujours ajouter au bain de l’orseille ou du curcuma.
- Orangé n° 2. — Trouve son application pour les nuances vives, marrons, grenats, olives, etc. Combiné avec la lutécienne, eosine, écarlate et produits similaires il donne des nuances ponceau plus ou moins jaunes en augmentant ou diminuant la dose d'orangé; les deux produits se marient parfaitement dans le même bain. On peut obtenir le même résultat par la combinaison de l’orangé et de la cochenille.
- Orangé n° 3. — Ce produit donne une nuance à reflet beaucoup plus jaune que les précédents et son emploi en remplacement du curcuma, du jaune d’aniline présente un inconvénient, c’est-à-dire qu’en présence de l’eau il a un ton rougeâtre et ne reprend sa couleur naturelle qu’après le séchage.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Cette propriété peut être un obstacle pour des teinturiers plus ou moins expérimentés lorsqu’ils voudront teindre à l’échantillon. La chrysoïne est exempte de cet inconvénient (1).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- LE COLLAGE DES PIÈCES DE COTON
- Dans diverses opérations de la teinture et du blanchiment, les pièces sont d’habitude cousues l’une à l’autre par leurs bouts, de manière à for-mer une seule grande pièce. Pour éviter l’emploi de la machine à coudre, on a cherché une matière pour coller la marchandise sans avoir à craindre que le collage se détruise au passage par de l’eau chaude. MM. Rhem et Reber emploient à cet effet le mélange suivant.
- Faire un empois de 600 gr. amidon et de h litres eau, laisser refroidir et ajouter 1 k. 100 gr. amidon blanc, mêler avec un litre extrait de Saturne à là0 Baumé et bien remuer. Avec cet empois les bouts des pièces sont collés ensemble. Le sous-acétate de plomb produit à une haute température une coagulation de l’amidon, de sorte qu’il devient insoluble à la teinture et tient les pièces l’une à l’autre. Les essais faits ont démontré que ce procédé donnait de bons résultats.
- (Bulletin de la Société de Rouen).
- INFLUENCE DES COULEURS SUR LA SANTÉ
- LE DALTONISME
- On lit dans la chronique scientifique du National :
- « Peut-être quelque jour tirerons-nous du choix des couleurs des bénéfices considérables. Déjà, en Angleterre, on a proposé de se servir de verres colorés en bleu pour obtenir chez les végétaux et même chez les animaux un développement inusité.
- 3——------------------------------------------
- (1) Le prochain numéro du Moniteur de la Teinture contiendra des échantillons teints avec Yorangé n" 2 et la chrysoïne. Ces échantillons fournis par la maison A. POIR-hier, n’ont pu nous être remis à temps pour ce numéro,
- P. B.
- » Des taureaux, des porcs du même âge ou de la même portée, de même poids et soumis au même régime ont été placés les uns dans les conditions habituelles, les autres soumis constamment, au moyen de verres colorés, à la lumière bleue. Dans toutes ces expériences, les animaux et même les végétaux ont prospéré plus que les autres, et les végétaux ont donné plus de fruits.
- » Enfin, dernièrement, un médecin italien, le docteur Ponza, avec l’aide du P. Secchi, le savant directeur de l’observatoire du collège Romain, dont nul ne contestera la compétence en physique, vient d’entreprendre sur les aliénés de curieuses expériences de traitement.
- » Il s’est assuré que l’action des couleurs était très-réelle, mais aussi très-différente, suivant la nuance, sur ces êtres à système nerveux ultra sensible que sont les aliénés.
- » Il a fait construire des chambrées dont les parois sont également peintes d’une certaine couleur-, ces chambres sont éclairées par de larges fenêtres dont les carreaux sont de la même couleur que les parois.
- » Les aliénés, enfermés dans ces différentes pièces, ne tardaient pas à ressentir certains effets, toujours les mêmes, suivant la couleur de la chambre.
- » Les fous furieux enfermés dans la chambre bleue s’apaisaient-, les fous tristes, abattus, en-fermés dans la chambre rouge, se ranimaient.
- » Sans doute, nous avons tous observé sur nous-mêmes une influence non douteuse de la part des couleurs, mais la science n’a guère cherché ou réussi jusqu’ici à approfondir cette influence, jusqu’ici purement artistique (1).
- » Comme après tout cette influence artistique ou même sentimentale, si l’on veut, est réelle, il est probable qu’il s’exerce, par le fait des couleurs, une influence réelle et scientifiquement démontrable, sur le cerveau et sur tout le système nerveux. Cette influence est à étudier.
- » A ce titre, les travaux du docteur Ponza et du père Secchi sont extrêmement intéressants. il y a là tout un monde de faits inconnu ou mal exploré et surtout mal interprété, sur lequel on a beaucoup écrit de sentiment, mais sur lequel il est temps que la science jette sa féconde et lumineuse clarté.
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture, année 1872, page 184.
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- » — Je ne veux pas, à propos de couleurs, empiéter sur le terrain de notre éminent collaborateur chargé de vous parler du Salon, sans quoi je vous parlerais d’une maladie dont plus d’un exemple se trouvera sans doute manifeste au milieu des nombreuses toiles du palais des Champs-Elysées, — cette maladie est le daltonisme.
- » Le daltonisme, ainsi nommé du nom du savant qui en était atteint et qui l’a le premier constatée et décrite, Dalton, consiste dans une impression vicieuse exercée sur la rétine par certaines couleurs.
- » Un peintre affecté de daltonisme et qui verra le vert en rouge, le jaune en vert ou réciproquement, fera de certains paysages que nous avons tous vus.
- » Le malheur, après tout, ne sera pas grand, et ce paysage ne fera de tort à personne, pas même aux moutons. Mais, supposons la même maladie chez les employés de chemins de fer chargés de s’orienter et surtout d’orienter une centaine de voyageurs réunis dans un train, au milieu de disques verts, rouges ou blancs qui sillonnent la voie, et vous aurez la cause de plus d’un accident.
- » L’importance de ce fait est si grande, que la compagnie de Lyon a, depuis 1858, rendu l’examen des couleurs obligatoire pour tout le personnel de la traction. La plupart des grandes compagnies françaises ont suivi cet exemple.
- » La marine n’est pas moins intéressée à éviter le daltonisme chez ses employés. On sait que la nuit la marche des vaisseaux est indiquée par la couleur rouge, verte ou blanche de leurs feux. Ces mêmes couleurs servent à désigner les feux des côtes.'
- » Un récent article du docteur Féris, médecin de première classe de la marine, tend à prouver qu’un grand nombre des abordages, si fréquents depuis quelques années, tiennent à des erreurs de couleur dues au daltonisme.
- » Le docteur Féris s’est assuré, d'un autre côté, qu’un assez grand nombre de daltoniens existaient dans les cadres de la marine.
- » Il demande, avec raison, que des examens spéciaux soient institués à l’école navale, analogues à ceux que subissent les employés de la traction des chemins de fer. »
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- LES ADMISSIONS TEMPORAIRES
- Les observations suivantes, relatives à la question des admissions temporaires, nous sont adressées par un imminent industriel de Mulhouse :
- « Les admissions temporaires des tissus écrus de coton pour l’impression procureraient à la France un bien grand avantage. Depuis l’annexion de l’Alsace, la quantité de tissus imprimés qui entrent en France a énormément augmenté. J’ajoute à cette note le détail des introductions de tissus imprimés en 1868 et 1869, et ce qui a été introduit en 1874 et 1875 et dans les 9 premiers mois de 1876 : renseignements qui m’ont été donnés par le directeur des douanes. Il n’en a été introduit que pour un million en 1868 et pour 14 millions en 1875, dont près de 10 millions fabriqués dans le Haut-Rhin. Cette introduction d’Alsace, en 1875, a payé pour droits d’entrée fr. 1,442,988. Si on accordait à l’Alsace, à l’Allemagne la faculté d’acheter en France le tissu écru pour ce qui est importé imprimé, il resterait acquis à la France toute la valeur de la fabrication du tissu, soit ce qui est dépensé pour la filature et le tissage, y compris le bénéfice normal de ces deux industries. On peut évaluer cela en moyenne à plus de fr. 20 par 100 mètres, soit plus que le double que les droits d’entrée sur le tissu imprimé. Ce droit est de 15 0/0 et la valeur moyenne de 100 mètres de tissus imprimés déclarée en douane est peut-être de fr. 60 au plus, ce qui donne par 100 mètres fr. 9 pour les droits payés.
- » Ce que la douane perdrait avec les admissions serait donc plus que doublement compensé par ce qui reviendrait à la filature et au tissage. Cela permettrait aussi à ces établissements qui emploient un grand personnel d’avoir un travail plus considérable, plus régulier, plus rémunérateur. On créerait aussi de nouveaux établissements. Les départements voisins de l’Alsace retrouveraient leurs débouchés pour les tissus comme avant l’annexion : — une grande partie de ces tissus étaient consommés par les fabriques d’indiennes du Haut-Rhin.
- » Ce qui est introduit aujourd’hui en tissus imprimés par l’Angleterre serait en grande partie remplacé par ce que l’Alsace importerait en tissus français.
- » L’Angleterre ne ferait pas emploi des admissions temporaires, imprimant des tissus d’une qualité très-inférieure, qu’elle ne pourrait pas se pro-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- curer en France et qu’elle aurait à payer beaucoup plus cher qu’en Angleterre.
- » Les imprimeurs de la Normandie ont l’intention de demander les admissions temporaires pour leurs exportations, sous réciprocité avec les pays où les tissus écrus seraient achetés. Cela leur permettrait de lutter plus facilement sur les marchés étrangers avec les imprimeurs anglais ; ils s'opposeront probablement aux admissions temporaires avec l’Alsace ; mais comme la plupart des articles imprimés de Mulhouse ne se fabriquent pas en Normandie ou très-peu, ces admissions temporaires n’empêcheraient pas la production en Normandie, et l’autorisation qui serait accordée de pouvoir introduire les tissus pour l’exportation serait une compensation plus que suffisante pour les imprimeurs de Rouen.
- » On y fabrique spécialement aussi des articles qui ne se font pas en Alsace et qui pourraient, avec les admissions temporaires, trouver une vente facile en Allemagne.
- » Il y aurait donc, sous tous les rapports, grand avantage à accorder les admissions temporaires et la réciprocité avec l’Allemagne pour l’impression.
- » Les imprimeurs allemands, qui souffrent beaucoup de la concurrence de Mulhouse, chercheraient, pour décider l’Allemagne à admettre les admissions avec la France, à obtenir que des concessions au besoin fussent faites par l’Allemagne quand les traités de commerce seront renouvelés, entre autres un abaissement du droit sur les vins, abaissement que la France devra réclamer; ces droits sont de 25 fr. par hectolitre. On doit pouvoir arriver à réduire ce droit exorbitant à moitié. Ce droit élevé nous oblige aujourd’hui, en Alsace, à doubler le prix des vins du Midi, qui étaient beaucoup plus consommés avant l’annexion. Ces vins, excellents pour notre population ouvrière, sont maintenant en grande partie remplacés par l’eau-de-vie, au graud détriment du bien-être de notre population. » Relevé des tissus de coton imprimés exportés en
- France pendant les années 1874-1875, et les 9 premiers mois de 1876.
- 1874. 1875.
- Pays de pro- Quantités. Droits Quantités. Droits
- venance. perçus. perçus.
- — Fr. Fr. Fr. Fr.
- Angleterre 2,563,515 384,528 3,827,911 574,191
- Allemagne 5,753,158 862,975 9,619,933 1,442,998
- Autres pays 419,334 62,906 554,287 83,145
- Totaux 8,736,007 1,310,409 14,002,131 2,100,334
- 9 premiers mois de 1876.
- Droits perçus
- fr. 5,848,400 fr. 877,260
- 2,881,000 432,156
- 358,900 52,860
- Allemagne Angleterre Autres pays
- fr. 9,088,300
- fr. 1,363,276
- Importations pendant les années 1868 et 1869.
- Provenances. Quantités Droits. Quantités. Droits.
- — Fr. _ 1868. Fr. Fr. 1868. Fr.
- Allemagne 234,779 35,219 355,188 53,278
- Angleterre 696,075 104,417 1,344,906 201,736
- Autres pays 160,587 24,090 167,558 25,133
- 1,091,441 163,726 1,867,652 280,147
- (Economiste).
- ------—rr=e=a--------
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,298. —Hingsford. — Gaufrage des plumes pour parures. — Pour obtenir un gaufrage solide et parfait, la plume est préalablement soumise à la rosée d’une vapeur douce, ou autrement humidifiée.
- 115,311. — Simpson, Brooke et Royle. — Perfectionnements dans la préparation de l’alizarine et autres matières colorantes provenant de l’an-thracène. — Préparation, au moyen de la chaux, de l’alizarine et autres matières colorantes analogues obtenues sous forme de poudre sèche.
- 115,317. — Bessy. —Système de corronnelles pour le filage et la torsion de la soie. —La corronnelle de torsion est un cylindre évidé sur lequel repose une rondelle de cuir, mobile autour d’un petit cylindre creux ; ce petit cylindre, qui porte aussi le fil de fer, a une petite rondelle de cuivre assurant le mouvement de la rondelle de cuir ; la corronnelle de filage est un tronc de cône muni d’une rondelle en cuivre maintenant dans une position presque constante le fil de fer qui entoure la corronnelle.
- 115,322.— Durand.— Caisse dite presse-bobine, pour le moulinage de la soie. — Le procédé consiste à aplatir les bobines de soie sur quatre côtés opposés, après l’avoir mouillée, ce qui fait pénétrer l’humidité dans l’intérieur de la bobine, coller légèrement les tours de la soie et en permet le dévidage rapide tout en donnant plus de régularité à
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- l'opération ; on se sert d’une caisse en bois munie de ferrures et dont les côtés peuvent se serrer au moyen de vis à manivelle.
- 115,325. — Gaspard. — Application nouvelle des brosses à plumes aux peigneuses mécaniques. — Le breveté établit les brosses circulaires des machines à peigner, en brins de plumes coupés sous forme de petites lamelles, en remplacement des soies de porc ordinairement employées.
- 115,329.— Haslam.— Perfectionnements dans la construction des métiers à tisser. — Les perfectionnements se rapportent à la partie des métiers désignés sous le nom de « machine index » ou double lift dobbie. Afin d’établir un dobbie à voie étroite, on fait monter parfois les giettes en deux rangées et alternativement, pour en augmenter la force et permettre à la machine de travailler avec une chaîne lourde ou légère -, les giettes inférieures sont reliées à celles supérieures au moyen de leviers et de brides parallèles et équilibrés, quelle que soit la position des lisses. Les deux lisserons sont ratttachés par des fils métalliques, et les grives sont commandées par des leviers équilibrés, coudés pour être mus par une double manivelle de l’arbre à cames.
- Indicateur centrifuge de vitesse, à liquide
- Système A. PINEL, breveté s. g. d. g.
- Cet appareil est destiné à indiquer le nombre de tours que fait l’arbre d’une machine à vapeur dans l’unité de temps.
- Il se compose spécialement d’un vase cylindrique, alésé intérieurement, contenant une certaine quantité de liquide et un flotteur.
- Ce vase est prolongé inférieurement et supérieurement, par deux axes verticaux tournés autour du même axe que le cylindre.
- L’axe inférieur repose sur une crapaudine à pivot, dont le pivot peut être relevé au moyen d’un écrou. Il porte une poulie autour de laquelle on enroule la corde qui vient de l’appareil dont il s’agit de mesurer la vitesse.
- L’axe supérieur passe à travers un collier ; il est creux et laisse passer à son intérieur la tige du flotteur. Celle-ci est terminée par une crémaillère cylindrique, logée dans une gaine qui l’entoure et la protège ; elle communique le mouvement à un pignon, et par suite à une aiguille portée sur le même axe.
- Cette aiguille se meut sur un cadran.
- Lorsque l’appareil est mis en mouvement avec
- une vitesse déterminée, la surface du liquide se creuse suivant un paraboloïde de révolution ; le flotteur s’élève ou s’abaisse selon que la surface suivant laquelle il est en contact avec le liquide, s’élève ou s’abaisse elle-même.
- On gradue l’appareil soit théoriquement, soit pratiquement en lui donnant des vitesses connues.
- Si l’évaporation du liquide ou toute autre cause vient à fausser les indications du Compteur, on le règle à nouveau en lui donnant une vitesse connue, et relevant ou abaissant la vis de réglage, jusqu’à ce que l’aiguille indique le nombre convenable sur le cadran. Comme cas particulier et très-simple, on maintient l’appareil au repos, l’aiguille doit indiquer zéro.
- L’appareil est très-sensible, sans être délicat, et peut être gradué pour toutes les vitesses.
- La graduation se fait suivant les demandes.
- Prix d’un Indicateur : 20 fr.
- S’adresser au bureau du Journal.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- Le ministre du commerce vient de recevoir communication d’une nouvelle qui intéresse vivement les négociants français qui ont pris part à l’Exposition universelle de Philadelphie :
- Le gouvernement américain vient de transmettre à la Commission française, les brevets et médailles.
- Ces pièces sont à la disposition des intéressés, qui peuvent les retirer en s’adressant au commissaire général, M. du Sommerard.
- Le Journal officiel publie la note suivante :
- A la suite d’un accord entre le gouvernement français et le gouvernement suisse, le traité de commerce conclu, le 30 juin 1864, entre la France et la Confédération, et dont les effets devaient cesser le 10 juillet 1877, a été prorogé jusqu’au 1er mai 1878.
- TRAITÉ DE COMMERCE FRANCO-ESPAGNOL
- Nous avons annoncé la conclusion prochaine d’un traité de commerce avec l’Espagne. Voici, en peu de mots, la situation actuelle de notre commerce avec ce pays et quelques indications sur l’ensemble du traité dont s’occupent, en ce moment, les départements des affaires étrangères et du commerce.
- A proprement parler, aucun acte international ne fixe, en ce moment, nos relations avec l’Espa-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- gne. De part et d’autre les produits qui passent la frontière payent les droits du tarif général, au lieu de profiter, comme cela a lieu entre les pays ayant des traités, du traitement de la nation la plus favorisée. A différentes époques, des négociations ont été entreprises, mais n’ont pas abouti.
- Enfin, il y a deux mois, le gouvernement espagnol, désirant conclure un traité, a cru devoir publier un nouveau tarif général qui crée pour les pays n’ayant pas de convention avec l’Espagne, et, par conséquent, pour la France, une situation très- désavantageuse.
- Quelques exemples permettront de s’en rendre compte. Tandis que les vins de tous pays entrent en Espagne moyennant un droit de 37 c. le litre, les vins français ont à payer 50 c. Pour le sucre, nous payons 32 fr. 25, tandis que les autres pays payent 30 fr. 80 par 100 kilog.
- Le gouvernement aurait pu répondre à cette mesure quelque peu brutale, en frappant rudement les importations d’Espagne en France. Mais il a mieux compris, heureusement, les vrais intérêts des deux pays.
- Le nouveau traité va contenir de très importantes diminutions de droits.
- Elles porteront principalement à l’entrée en Espagne sur les tissus, passementerie et rubans de laine, de coton, de soie ; sur la mercerie et boutons, les chevaux, les peaux préparées, les vins, les bestiaux, les laines et déchets, les papiers, les peaux brutes et pelleteries.
- L’entrée en France sur les plombs, les vins, le liège, le safran, la cochenille, la soie et bourre de soie;
- Les vins espagnols ne payeront plus qu’un droit variant de trois à quatre francs par hectolitre, suivant leur richesse alcoolique.
- Nous le répétons, la conclusion du traité est prochaine, et, de plus, très désirable, car il est appelé à régir un commerce qui s’élève pour les marchandises originaires des deux pays, et sans compter les marchandises étrangères qui transitent à travers l’un des deux, pour se rendre dans l’autre, à 250 millions environ par an.
- Rouge-cerise ou grenadine................ — 12
- Safranine en poudre...................... — 100
- Eosine................................ — 80
- Ponceau (cochenille artificielle)....... — 80
- Rouge pivoine............................ — 20
- Ponceau pour coton....................... — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire........................ le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur................. — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5)....... — 35 —................................— (no 3).............................. — 65 —..........................lumière (n’ 1)........................ — 75
- Bleu de Lille, ou gros violet.......... — 30 Bleu-noir, ou bleu marin............... — 20 — par kilo........................................................................................... — 18 Bleu foncé............................. — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- Jaunes. Jaune bouton d’or le kil. 45 fr.
- Jaune-orange.................. — 45 Orange supérieur pour soies.; — 175
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge................le kil. 50 fr.
- — bleu................................... — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.................................. — 60
- Violet moyen.......................... — 65 Violet lumière, bleu................. » — 70 Violet pour remontages........................................................— 30 Verts.
- Vert lumière........................ le kil. 100 fr.
- — — supérieur.......... — 110
- Divers.
- Marron d’aniline....................... — 23
- Cris, par le bleu-noir................. — 23 oris-perle, par les violets............ — 70 ooralline rouge....................... — 30
- — jaune (alcool)......................... — 20
- Purpuraline à l’état sec............... — 8
- Xanthine (orange).......'............ — 35
- Cachou de Laval........................ — 2 50
- M. F. Gouillon, que nos lecteurs connaissent pour avoir dirigé pendant dix ans la publication du Moniteur de la Teinture, désire mettre au service d’un établissement particulier, ses connaissances dans les industries tinctoriales et textiles.
- Il accepterait donc une position de Directeur, Chimiste ou Associé, dans une maison de France ou de l’Etranger (Allemagne exceptée), qui pourrait utiliser ses aptitudes.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21' Année, N» 17. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 1877
- . SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Note sur l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline (fin). — La chrysoline, par M. Frédéric REVERDIN. — Extraction de la matière colorante rouge des marcs de raisin, par M. A. CARPENÉ. — Les orangés et la chrysoïne (échantillons). — Teinture pour la chapellerie (suite) : Marron foncé ; Procédé de teinture des crins destinés à la fabrication des chapeaux. — Teinture mode en un bain, par Van LAER.—Brun en un bain, par le même.—Teinture du drap en noir, par M. Victor Presson.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Essai des savons. — Epaillage chimique des laines, soies, etc. — Encre indélébile pour marquer les tissus de coton et de lin destinés au blanchiment. — Epuration continue des eaux séléniteuses. — Observations sur les assurances, par M. Féron. — Revue sommaire des brevets d’invention relatifs aux industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Prorogation du traité de commerce entre la France et l’Autriche.
- — Congrès des chambres de commerce. — Échéance prolongée du traité de commerce entre la France et la Suisse. — Taxes postales. — Augmentation probable de douane en Russie.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES. - Résultats.
- A partir du 15 Octobre prochain, les Bureaux du Journal seront transférés Avenue des Amandiers, n° 10, près la place du Château-d’Eau.
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- Le prix de l’Indicateur centrifuge de vitesse, à liquide, système A. PINEL, s. g. d. g., et décrit dans notre dernier numéro, page 36, a été indiqué à 20 fr.; c’est 200 fr. (deux cents francs) qu’il faut lire.
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- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- (Suite.)
- Cochenille ammoniacale.
- M Lorsqu’on pétrit la cochenille pulvérisée avec de l’ammoniaque concentrée, c’est-à-dire marquant 16 degrés, pour en former une pâte, sa matière colorante se transforme en une nouvelle couleur, appelée carminamide.
- Cette couleur ne donne ni rouges, ni écarlates, mais elle sert avec la cochenille à la production des teintes roses, des cramoisis et autres couleurs analogues.
- Le mordant qui convient le mieux avec la cochenille ammoniacale est le nitrate d’étain.
- Les proportions suivantes sont celles que l’on emploie sur une large échelle pour produire une nuance rose.
- Pour 150 Ibs. (livre) de 453 grammes d’étoffe de laine :
- 1 1/2 Ibs. de cochenille pulvérisée, mise en pâte avec 1 1/2 pintes (86 centilitres environ) d’ammoniaque à 16 degrés et qu’on laisse reposer une nuit.
- 2 1/2 Ibs. de cochenille pulvérisée.
- 1 1/4 Ibs. d’étain dissous dans 13 Ibs. d’acide nitrique.
- 5 Ibs. de tartre (argol).
- Bouillon d’une heure.
- EOSINE.
- On a récemment ajouté à la liste des teintures rouges une nouvelle couleur [connue sous le nom d'éosine, et comme elle concourt également à la production des écarlates sur laine, j’ai pensé qu’il serait utile d’en dire ici quelques mots.
- Le terme éosine signifie aurore, voulant dire que cette couleur est celle de la teinte rosée du matin. Sur soie, la couleur est celle du rose, mais sur laine elle donne de l’écarlate.
- Pour former l’éosine, on traite une substance
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- appelée résorcine, qu’on peut obtenir de diverses sources, avec de l’acide phtalique ; il en résulte une belle matière colorante, appelée fluorescéine, à cause de la propriété qu’elle a d’être fluorescente à un très-haut degré. Ce nouveau corps lorsqu’on le traite avec du brome, donne la couleur en question, l’éosine, qui est un bromure de fluorescéine L’éosine jouit aussi des propriétés de la fluorescéine ce qu’on peut voir facilement, en versant une solution de cette substance dans un long tube rempli d’eau, et en l’éclairant avec la lumière du magnésium.
- On teint les lainages avec l’éosine, en employant l’alun comme mordant dans le même bain.
- Les articles sont soumis à un bouillon de quelques minutes avec 8 pour 100 d’alun, et l’on verse le colorant en solution dans le bain par intervalles jusqu’à ce qu’on ait obtenu l’intensité de nuance voulue.
- Cette teinture supporte parfaitement le lavage au savon, mais elle ne résiste pas bien à un foulage vigoureux. Elle se combine très-bien pour la teinture avec l’aniline et autres couleurs, et promet d’augmenter très-utilement la liste actuelle de nos produits tinctoriaux.
- Dans ces dernières années, les chimistes se sont beaucoup occupés des moyens d’utiliser les résidus de fabrique, c’est-à-dire d’éliminer les matières ayant quelque valeur des substances inutiles ou positivement gênantes.
- Parmi les résultats qu’ils ont obtenus dans cette voie, on peut citer, comme exemple, l’extraction du phosphore des os, de l’oléine et de la stéarine des lessives savonneuses, de l’indigo des chiffons teints en cette couleur, de la couperose des pyrites, celle enfin, du sulfate d’ammoniaque et de l’ammoniaque des eaux du gaz d’éclairage. Mais dans toute cette série de conquêtes faites par l’industrie chimique, il n’en est certainement pas qui surpasse celle de la production des couleurs merveilleuses qui sont dérivées du coaltar.
- Le temps ne me permet pas de m’étendre beaucoup sur l’histoire de la découverte de ces couleurs, quoiqu’elle soit digne du plus grand intérêt.
- En 1834, Runye extrayait du coaltar une substance qui, mêlée avec du chlorure de chaux, lui donna une belle couleur bleue ; illa désigna.sous le nom de Kyanol, d’un mot qui signifie bleu. Plus tard, Hofmann prouva que cette matière était identique avec la cristalline qui avait été découverte en 1826, par Unverdorben, parmi les produits de
- la distillation sèche de l’indigo, avec l’aniline trouvée en 1840, par Fritzche, en distillant de l’indigo avec de la potasse caustique,- et avec le ben-zidam, préparé par Zinin, en 1842, par l’action du sulfure d’ammonium sur la nitrobenzine. Cette substance connue sous le nom d’aniline, d'anil, nom portugais de l’indigo, resta une pure curiosité de laboratoire pendant vingt ans, c’est-à-dire jusqu’en 1856, époque à laquelle M. Perkin prit une patentepour la production d’un violet au mauve. De ce moment l’aniline n’a pas discontinué d’être la source constante de produits colorés à la découverte desquels ont contribué un grand nombre de chimistes. Parmi ces inventeurs, Hofmann, Medlock Nicholson, Lauth, Girard et Delaire, Poirrier et autres doivent être cités comme occupant le premier rang.
- ANILINE.
- Nous avons vu que l’aniline, connue à l’origine sous divers noms, peut être obtenue de plusieurs sources. Celle de l’indigo doit être évidemment écartée, car elle fournit le produit à des prix trop élevés. Le coaltar (goudron de houille) ne contient que de très-petites quantités d’aniline, environ 1/2 pour 100, en moyenne, et pour l’extraire et la purifier, il faut se livrer à des opérations fort ennuyeuses.
- On obtient l’aniline employée dans la production des couleurs en convertissant un autre produit du coaltar, la benzine, en nitrobenzine, et celle-ci en aniline.
- Les huiles légères de goudron, premier produit de la distillation, contiennent beaucoup de benzine. On distille à nouveau ces huiles et l’on en prend les premières portions.
- On convertit la benzine en nitrobenzine, en la traitant avec de l’acide nitrique concentré mêlé à de l’acide sulfurique.
- Enfin la nitrobenzine est soumise à l’action réductrice de l’hydrogène naissant qui lui enlève entièrement son oxygène, et elle devient hydro-génisée.
- L’aniline est un produit basique comme l’ammoniaque ; elle forme des sels cristallins en se combinant avec les acides. C’est en raison de cette propriété que le nom de cristalline lui fut donné par Unverdorben.
- On comprend mieux sa constitution en la considérant comme une substitution d’ammoniaque, dans laquelle un atome de l’hydrogène de l’ammo-
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- niaque est remplacé par le radical phényle.
- On fabrique maintenant l’aniline de la nitroben-zine sur une échelle immense , on a reconnu que l’action de l’hydrogène naissant produit par l’action de la limaille de fer sur l’acide acétique était le meilleur moyen de réduire la nitro-benzine.
- TOLUIDINE.
- L’aniline du commerce n’est jamais de l’aniline pure, elle contient aussi un autre membre de la même série de corps appelé toluidine, dont la présence, nous le verrons, est essentielle à la production du magenta qui est le point de départ dans la fabrication d’un grand nombre de couleurs d’aniline. La toluidine est tirée du tuluol ou toluène, renfermé avecle benzol dans le naphte du coaltar, par des procédés analogues à ceux qui ont été employés pour convertir le benzol ou benzine, d’abord en nitro-benzine et puis en aniline. Le toluène se transforme par l’acide nitrique en nitro-toluène, qui passe au moyen de l’hydrogène naissant à l’état de toluidine.
- MAGENTA.
- Cette matière colorante est, comme nous l’avons déjà dit, le point de départ dans la fabrication du plus grand nombre des couleurs dites d’aniline. Il convient donc de la décrire tout d’abord, bien qu’elle n’ait pas été découverte la première.
- En 1856, Natanson remarqua qu’il se produisait une couleur rouge quand on traitait l’aniline par le chlorure d’éthylène (liquide allemand); en 1858, Hofmann opéra une réaction semblable, en traitant l’aniline par le tétrachlorure de carbone, et Ver-guin, en 1859, fut le premier a fabriquer le magenta pour le teinturier, produit pour lequel il prit un brevet avec Renard frères. Dans la même année fut mis au jour le procédé de Gerber Keller, fondé sur l’emploi du nitrate de mercure ; mais la méthode qui est aujourd’hui universellement employée sur une grande échelle, a été inventée par M. Medlock et brevetée par lui en janvier 1860. Le droit de patente a été ensuite cédé à la maison de MM. Simpson, Maule et Nicholson. En mai 1860 MM. Girard et de Laire prirent un brevet pour le même procédé. L’agent employé par Medlock pour la conversion de l’huile d’aniline en magenta est l'acide arsénique. On forme cet acide en traitant l’acide arsénieux (arsenic blanc) par l’acide nitrique.
- La fabrication du magenta est maintenant arrivée
- à un état de grande perfection ; mais comme le teinturier est bien plus intéressé à connaître le mode d’emploi de cette matière et des autres couleurs d’aniline, et leurs propriétés spéciales, que de savoir les détails de leur préparation, je ne crois pas nécessaire de m’étendre davantage sur la fabrication de ces produits.
- Le magenta est le sel d’une base, découverte par Hofmann et à laquelle on a donné le nom de rosaniline, appelée aussi base magenta ; la rosa-niline est formée par la soudure en condensation d’une molécule d’aniline et de deux molécules de toluidine qui perdent chacune deux atomes d’hydrogène, soit, ensemble, six atomes d’hydrogène.
- Hofmann a découvert ce fait en observant que le magenta ne se produisait pas lorsqu’on agissait sur l’aniline pure seule, ou sur la toluidine pure seule, et que sa formation exigeait le mélange des deux substances. La base rosalinine, quand elle est parfaitement pure, est incolore, mais lorsqu’elle est combinée avec un acide, elle donne instantanément lieu à la couleur appelée magenta.
- (A suivre.)
- NOTE
- SUR L’EMPLOI DU VANADIUM DANS LE NOIR D’ANILINE PAR IMPRESSION
- Présentée à la Société industrielle de Mulhouse, Par M. G. Witz
- (Suite et Fin).
- Nous n’avons guère examiné dans ce travail que les couleurs noir d’aniline de force moyenne les plus ordinairement employées, et non les noirs concentrés, réservés essentiellement pour certaines gravures très légères ou pour des combinaisons spéciales -, avec ces derniers, les résultats ne seront que plus extraordinaires, puisqu’il faudra réduire l’addition d’autant plus.
- Néanmoins, il est utile de faire remarquer encore que le dosage de vanadium adopté et servant de base aux calculs contenus dans cette note, repose sur un chiffre qui lui-même n’a rien d'absolu, ét qu’il peut varier beaucoup suivant les fabrications et le but que l’on se propose ; bornons-nous à dire que c’est celui qui convient le mieux dans les conditions particulières où les essais ont été effectués,
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- et ajoutons que la (marche en grand a pleinement justifié les avantages que l’on en attendait.
- Ce dosage se rapporte à une concentration modérée de la couleur, à une chaleur plus basse et à une oxydation un peu plus lente qu’on ne les emploie parfois ; on trouvera plus tard généralement qu’il y a avantage à effectuer des diminutions. Le développement du noir imprimé est complet en deux jours environ, à 5 ou 6 degrés d’écart pour un thermomètre à boule humide, avec une température constante de 25 à 30 degrés centigrades. Mais de cette façon, on n’éprouve aucun affaiblissement notable de tissu, le noir est intense et relativement peu sensible aux agents ordinaires du verdissage, les impressions les plus délicates restent nettes et font ressortir tous les détails de la gravure -, enfin la couleur se conserve bien et la dépense est très peu élevée.
- Ces considérations paraissent suffisantes pour justifier l’emploi des proportions choisies.
- Il est assez difficile de se représenter l’état d’extrême division du vanadium dans de semblables impressions.
- Une gravure à ciselures de profondeur moyenne au rouleau, couvre uniformément sur l’une de ses faces 16 à 18 mètres carrés de calicot, avec un litre de couleur contenant Ogr, 00175 de vanadium ;
- 1 gramme de vanadium (dans 572 litres de couleur) suffit donc à recouvrir 10,000 mètres carrés de calicot, ou la surface d’un hectare d’un fond noir d’aniline uni et intense par impression au rouleau gravé.
- Si l’on réfléchit que chaque millimètre carré de cette surface contient une infinité de points visibles —puisque les microscopes permettent de partager une longueur d’un millimètre en plus d’un millier de points — et encore, que sur chacun de ces points les atomes de vanadium ont accompli la série entière des réactions décrites l’esprit est frappé de cette puissance d’action presque infinie de matières solides produisant des couleurs intenses et résistantes, fixées intimement dans les pores des fibres textiles.
- Pour l’exemple choisi, le gramme de vanadium est réparti en un nombre de parcelles aisément appréciables, qui dépasse l’unité suivie de seize zéros.1
- C’est sans doute l’un des plus remarquables exemples de la puissance chimique d’une trace d’un élément sur la marche des réactions colorées utilisées dans l’impression des tissus, réactions que l’on parvient cependant facilement à régler et à proportionner suivant le but à atteindre.
- D’après ces observations, quelques atomes seulement de certaines substances suffisent en réalité pour exercer une influence sur d’autres corps réagissant par grandes masses ; la démonstration matérielle me paraît en être fournie pour l première fois jusqu’à ce point d’évidence, par le rôle que joue le vanadium en doses homéopathiques dans la formation du noir d’aniline. Mais depuis la découverte de l’analyse spectrale surtout, les chimistes connaissent d’autres faits extraordinaires comme propriétés intimes des corps, et ils s'attachent avec le plus grand soin, dans le domaine de la science pure, à examiner les actions moléculaires les plus intimes.
- Les faits constatés consciencieusement dans mes essais d’addition de simples traces de vanadium dans le noir d’aniline par impression m’ont paru tellement en dehors des prévisions ordinaires, qu’après avoir annoncé (le 25 février 1876 au comité de chimie de la Société industrielle de Rouen), les bons résultats obtenus en grand, j’ai voulu cependant laisser se dissiper les doutes sérieux qui de prime abord risquaient de les accueillir.
- Aujourd’hui une pratique suivie depuis plusieurs mois dans des conditions de travail assez variées, me permet d’affirmer avec plus de certitude encore les excellents et merveilleux effets de l’emploi industriel d’un métal considéré comme rare, et de l’introduction de ce précieux élément uniquement en quantités excessivement minimes, dans les préparations destinées à la coloration des tissus.
- Dans les conditions où j’ai été à même d’opérer, l’impression sur coton du noir d’aniline au vanadium, sans autre métal, m’a permis, je le répète, d’obtenir les principaux avantages résumés ci-après:
- 1° Amélioration de la richesse du noir et de la netteté de l’impression ;
- 2° Suppression de l’attaque des râcles et des rouleaux ; .
- 3° Facilité de régler à volonté la durée de l’oxydation ;
- 4° Longue conservation de la couleur épaissie ; 5° Enfin, préparation simple et économique.
- Bulletin de la Société de Mulhouse.
- (1) Lorsque la couleur noire est plus concentrée, le gramme de vanadium produit 11/2 fois plus.
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- LA CHRYSOLINE
- Nouvelle matière colorante jaune dérivée de la résorcine
- Par M. Frédéric REVERDIN.
- La matière colorante dont nous voulons parler et que nous avons préparée, à partir du mois de mars 1877, dans l’usine de MM. E. Monnet et Ce, à la Plaine (Genève), se forme par l’action simultanée de l’acide plia tilique et de l’acide sulfurique sur la benzylrésorcine.
- Benzylrésorcine. — La benzylrésorcine s’obtient très-facilement, soit en faisant agir le chlorure de benzyle sur la résorcine en présence d’une petite quantité de zinc en poudre, soit en chauffant une solution alcaline et alcoolique de résorcine avec du chlorure de benzyle, soit enfin en chauffant au bain d’huile à 150 degrés environ un mélange d’une molécule de résorcine et de deux molécules de cholure de benzyle.
- La manière la plus simple de la préparer consiste à ajouter peu à peu le chlorure de benzyle sur la résorcine en fusion; il se dégage alors une grande quantité d’acide chlorhydrique, et la masse devient rouge-brun. Lorsque tout le chlorure de benzyle a été introduit, on chauffe au bain d’huile à 150 degrés, dans un ballon muni d’un réfrigérant ascendant, jusqu’à ce que le dégagement d’acide chlorhydrique ait cessé. On verse le produit de la réaction dans l’eau, on fait bouillir pour chasser les dernières traces de chlorure de benzyle, on laisse reposer et on décante.
- Le composé ainsi obtenu se présente sous la forme d’une huile fortement colorée, très-épaisse, insoluble dans l’eau et plus lourde que celle-ci; elle distille à une température trés-élevée, en se décomposant partiellement. Elle est soluble dans l’alcool en le colorant en jaune -, cette solution possède une fluorescence verte prononcée. La benzylrésorcine se dissout également en jaune dans la benzine, le chloroforme et l'éther.
- Préparation de la clirysoline. — Cette matière colorante peut se préparer en chauffant la benzylrésorcine de l’acide phatilique et de l’acide sulfurique ; mais il est plus économique d’employer la méthode suivante qui supprime la préparation de la benzylrésorcine.
- On chauffe au bain d’huile à 130-140 degrés dans une cornue de fonte émaillée :
- Acide sulfurique........... 460 grammes.
- Acide phatilique ordinaire 1 kilogramme.
- Ce dernier se transforme dans cette opération en anhydride phalique. On introduit ensuite dans la cornue :
- Résorcine................... 1 kilogramme.
- Acide sulfurique.......... 460 grammes.
- Chlorure de benzyle....... 1 kilogramme.
- Puis on chauffe légèrement au bain-marie. On peut enlever la vapeur lorsqu’il commence à se dégager de l’acide chlorhydrique, et la réaction se continue d’elle-même. Lorsqu’il ne se dégage pas beaucoup d’acide chlorhydrique, ce qui arrive en général au bout de trois à quatre heures, on termine la réaction en chauffant au bain d’huile à 135-145 degrés pendant douze heures; on laisse refroidir, on broie le produit de la réaction devenu solide, et on le dissout dans la soude caustique étendue. Il est bon de faire bouillir assez longtemps, car il paraît se former dans la réaction une petite quantité d’éther de la fluorescéine. Lorsque le résidu ne diminue plus de volume, on filtre et on précipite l’acide de la matière colorante par l’acide chlorhydrique ; on lave le précipité à l’eau froide, on le dissout dans la quantité de carbonate de soude nécessaire pour saturer l’acide formé, puis on évapore à sec. Le sel de soude de la fluorescéine benzylée constitue la chrysoline.
- La chrysoline se présente sous la forme d’une masse à reflets métalliques verts ; elle est rouge-brun lorsqu’elle est réduite en poudre ; elle est soluble dans l’eau et les alcalis ; ses solutions, qui présentent une magnifique fluorescence verte, sont précipitées par les acides sous forme de flocons jaunes. Elle fournit des dérivés bromés, iodés et nitrés qui sont tous de très-belles matières co-lorantes.
- La chrysoline se fixe directement sur la soie et sur la laine. Il est préférable pour teindre la laine de la mordancer auparavant dans un bain d’acétate de plomb et d’alun-, quant au coton, on le mordance au sulfate d’alumine et on teint à tiède.
- La nuance de la chrysoline se rapproche de celle du curcuma; elle résiste très-bien à l’action de la lumière.
- On obtient également des matières colorantes jaunes en remplaçant le chlorure de benzyle par les chlorures, bromures et iodures de la série grasse. La méthylrésorcine, préparée en chauf-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fant le resorcinate de soude en solution alcoolique avec du chlorure de méthyle, donne aussi une ma-tière colorante jaune.
- La Plaine, 7 juillet 1877.
- (Moniteur scientifique.)
- EXTRACTION
- DE LA MATIÈRE COLORANTE ROUGE DES MARCS DE RAISIN
- Par A. Carpenè.
- L’auteur utilise le résidu de la distillation des marcs à la vapeur, provenant de la fabrication de l’alcool. Le marc est égoutté et exprimé, la liqueur colorée abandonnée au refroidissement, pour séparer le bitartrate de potasse et le tartrate de chaux, qui cristallisent. La liqueur ainsi préparée avec un marc de cépage Rabosa avait la composition suivante, rapportée à 1 litre :
- Extrait sec à 110°......................... 23 gr 24
- Acidité exprimée en acide tartrique... 9 45
- Eau....................................... 976 12
- Bitartrate potassique...................... 4 77
- Tannin .............................. 3 22
- Phosphates et sulfates de potasse et de chaux - 1 51
- Matières extractives (albuminoïdes, cellulaires, chlorophylle, matières colorantes)..............-................... 9 32
- A 1 litre de cette liqueur, réduite au quart.....:.....;..............;.... 1000 gr 00 au bain-marie, on ajoute 750cc d’alcool à 94°, et l’on filtre pour séparer un abondant précipité. Acidité de la liqueur filtrée, 4,88. Ce liquide rouge est alors additionné d’un lait de chaux sans arriver à saturation. On filtre et l’on ajoute de l’acide chlorhydrique étendu de façon à reproduire une acidité de 9 p. 1000. On distille alors la liqueur, en ajoutant de temps à autre quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Après distillation, on ajoute 1 gramme de glycérine et encore une fois un peu d’alcool pour enlever, par une nouvelle évaporation, le reste de l’acide chlorhydrique. On obtient ainsi un extrait pesant 12 gr. 3 par litre et ainsi constitué :
- Matières colorante et extractive........ . ablTannin.anzditerzobsaamalsaddtasitdol n06
- Acides tartrique, malique et chlorhydrique J..b.................LO.......... traces
- Chlorures, phosphates, sulfates......... traces
- Glycérine............................. 1gr00
- Alcool................................ trace Eau................................................... 6 gr 315
- 126315
- Cet extrait a l’aspect de carmin de cochenille ammoniacal. Il est insoluble dans l’eau, même acidulée par les acides organiques et minéraux, très-soluble dans l’alcol à 94° cent, et à 50° cent., soluble dans l’eau alcoolisée et acidulée à la fois.
- On peut employer cet extrait à colorer les vins, et d’autant mieux qu’ils sont plus alcooliques.
- La fabrication en est peu coûteuse, puisqu’on retrouve l’alcool et que les bitartrates retirés des eaux-mères paient la main-d’œuvre.
- (Rivista di viticoltura et enologia italiana.) (Traduction du Bulletin de la Société chimique de Paris.)
- -i rdo no ' BTD100 no DRIX9b8!16Dp9/90
- LES ORANGÉS ET LA CHRYSOINE
- De la Maison A. Poirrier (1).
- I, 8
- Orangé
- Orangé
- Chrysorne
- (1) Voir pour l'emploi et les prix, le numéro précédent du Moniteur de la Teinture, page 186. . ai {s : d ;
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
- 199
- TEINTURE
- POUR LA CHAPELLERIE (I)
- (Suite.)
- MARRON FONCÉ.
- Les procédés en usage pour la préparation des chapeaux — préalablement à l’opération de la teinture — sont les mêmes pour toutes les nuances tirées des substances appartenant au règne végétal.
- Cette préparation achevée, voici la composition
- du bain de la teinture marron : Eau 250 litres.
- Extrait sec du bois jaune de Cuba. . 1,000 gr.
- — de Sainte-Marthe........................... 250 »
- Sulfate de fer (couperose de refonte) 1,000 » Vert de gris................................ 250 »
- Orseille violette, bonne qualité............ 4,000 » Extrait de châtaignier liquide...:....!....’.... 1 litre. Mélasse..................................... 500 gr.
- La dissolution de toutes ces substances étant parachevée, on retire de la chaudière une certaine quantité de la teinture (environ un quart) et on la met en réserve pour nourrir le bain à chaque plon-gée. On remplace par de l’eau froide ce que l’on a prélevé dans la cuve et l’on obtient ainsi le refroidissement de la masse, condition essentielle pour ne pas avoir de nuances.
- Les manipulations pendant le travail sont celles que nous avons indiquées déjà et que nos lecteurs connaissent.
- Observations.— Il convient de ne pas laisser les chapeaux entassés au sortir du premier bain ; il faut, au contraire, les ouvrir immédiatement et les exppser à l’air bien déployés. On prévient ainsi les inégalités de ton qui ne manqueraient pas de se produire si toute la surface soumise à la teinture n’était mise, à la fois, en contact avec l’air atmosphérique. Or, ces bariolages sont fort malaisés à corriger.
- Si la nuance est trop rouge ou trop maigre, il faudra ajouter au bain quelques cristaux de soude, afin de saturer l’acide en excès.
- Si l’on veut obtenir une nuance claire, on supprimera l’extrait de châtaignier.
- La mélasse à employer doit avoir la consistance
- 9U8H ‘ BJ'li Q no : DUD L Su 2 . 16 SI : Si
- (ï) Voir Moniteur de la Teinture, 1877, pages 147 et 161.
- du miel, car celle qui est trop liquide a fermenté et tourné à l’aigre, condition défavorable à la beauté de la teinture et qui n’arrive que trop souvent en été. On fera donc sagement de tenir au frais la mélasse.
- Voici l’équivalent des extraits dont la dose a été fixée ci-dessus ; nous donnons cette indication pour ceux qui préfèrent employer le bois au naturel.
- On prendra alors :
- Bois jaune de Cuba................ ' 6 kilogr.
- Bois de Ste-Marthe avec aubier 6 500 — {Moniteur de la Chapellerie.)
- Procédé de teinture des crins destinés à la fabrication des chapeaux (Brevet).
- Par M. Mathias.
- -009 ob btiaîini 9uff bom-inelnos ommon nû
- Jusqu’à ce jour on n’a pu réussir à teindre les tresses de crin pour chapeaux qu’en les trempant dans le liquide tinctorial, ce qui altère la tresse et ôte le brillant naturel du crin.
- Le nouveau procédé de teinture permet d’obtenir toutes les couleurs dans les nuances les plus vives et les plus fraîches, et il a en outre l’avantage de ne pas gripper le crin comme la teinture au trempé et à chaud qui détériore les lisières de la tresse en détruisant leur régularité.
- Cette nouvelle teinture s’applique à froid sur les tresses ou sur le chapeau tout formé à l’aide d’un pinceau.
- Elle se compose de vernis à l’esprit de vin, de couleurs d’aniline dissoutes dans le même esprit et qu’on mélange pour obtenir un vernis coloré, plus ou moins chargé de couleur, selon que l’on désire des nuances plus ou moins foncées.
- Pour les couleurs foncées, on l’emploie tel quel. Mais pour les nuances claires, on mélange dans le vernis coloré des poudres métalliques blanches ou jaunes qui, combinées avec la couleur du vernis, donnent à la tresse de crin un beau brillant.
- La quantité de vernis colorant et de poudre dépend des nuances plus ou moins foncées que l’on veut obtenir.
- Pour les couleurs foncées, on peut teindre le crin noir en toutes couleurs, ce qui, par les anciens procédés,(était impossible.
- Cette teinture présente en plus un triple avan-tage :
- 1° D’imperméabiliser le chapeau où le crin, de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sorte qu’il ne se déforme plus à l’humidité et conserve sa forme ;
- 2° De n’avoir plus besoin de l’apprêter pour obtenir la raideur nécessaire,[soit à la gélatine, soit à la colle de poisson, etc.;
- 3° La teinture est tellement facile par ce procédé qu’on peut teindre les crins sur échantillons de rubans ou nuances de robes afin d’assortir les toilettes.
- TEINTURES MODES EN UN BAIN
- POUR 100 KIL. DE LAINE.— BOUILLON D’UNE HEURE.
- {Extrait de bois jaune (richesse 6) 5 kil.
- Extrait de campêche (richesse 7) 500 gr. Santal..............,.........T..„ 8 kil.
- Sumac de Sicile............................... 5 kil.
- Les colorants les plus en usage pour obtenir ces variétés de teintes sont : la garance, le cachou, le caillatour, le santal, les bois rouges, le campêche, Yorseille, le quercitron, le bois jaune, le fustet, le curcuma, etc.
- Les mordants sont : les sels d'alumine, de chôme, de cuivre, de fer.
- [Album du teinturier et du fabricant, par G. Van Laer.)
- No 1
- Extrait de bois jaune (richesse 6). 2 kil.
- Extrait de campêche (richesse 7)... 2 kil.
- Cachou brun (1)............................. 7 kil.
- On nomme couleur-mode une infinité de couleurs composées de jaune, de rouge, ternies ou brunies, soit par une immersion plus ou moins longue, dans une cuve à indigo, avant la teinture ou après — le plus souvent après — par l’indigo sulfurique, ou par les sels de fer, de chrôme ou de cuivre, etc.
- L’on peut faire absorber ces sels par la laine avant la teinture ; dans ce cas, nous les nommerons mordants.
- Comme bruniture, on les utilise après dans le bain de colorant, et encore on ne les ajoute au bain de teinture que quand celui-ci est épuisé; il faut que la laine ait absorbé tout le colorant que demande la nuance à obtenir.
- / Extrait de bois jaune (richesse 6) 2 kil. 9 1 Extrait de campêche (richesse 7) 250 gr. 1 ) Santal....’......:.:... :.. 10 kil.
- ( Sumac de Sicile............................................................. 5 kil.
- Si l’on ajoutait le sel de fer ou de cuivre au bain de colorant avant que la laine ait pris le colorant que demande la nuance, on s’exposerait fort à n’avoir pour résultat qu’une couleur’ maigre et sans éclat, et ne résistant même pas à un simple lavage à l’eau.
- On peut, en faisant dominer l’un ou l’autre colorant, ou en modifiant le mordant, ou en variant la dose de bruniture, produire une variété, infinie de nuances.
- (1) Les teintures n°* 1, 2, 3 sont brunies après une heure de bouillon en ajoutant au bain colorant 1 kil. de sulfate de fer.
- BRUN EN UN BAIN
- POUR 100 KILOGRAMMES DE LAINE
- BOUILLON D’UNE HEURE.
- Extrait de bois jaune (richesse 6) 6 kil.
- Extrait de campêche (richesse 7) 1 kil.
- Sumac 5 kil.
- Santal 30 kil.
- On fait bouillir 20 à 30 minutes les matières colorantes, puis on plonge la laine dans le bain colorant qu’on fait bouillir lentement une heure, et l’on ajoute pour brunir la nuance obtenue 3 kil. de sulfate de fer ; on la retire aussitôt qu’on est parvenu à l’échantillon pour passer au rinçage.
- (Album du teinturier et du fabricant, par G. Van Laer.)
- TEINTURE DU DRAP EN NOIR
- Par M. Victor Preston.
- On dissout, pour 50 kilogrammes de drap, 2 kilogrammes de bichromate de potasse, 1 kilogr. 5 de crème de tartre et 3 kilogrammes d’acide sulfurique dans de l’eau de rivière ; on porte à l'ébul-lition et on y introduit la laine qu’on y laisse séjourner une heure. Le bain de teinture se compose de 35 kilogrammes de bois bleu, 2 kilogrammes de bois rouge, 1 kilogramme de bois jaune ; ces bois sont enfermés dans des sacs de toile et maintenus pendant deux heures, avant la teinture, dans la quantité nécessaire d’eau bouillante. Le bain de teinture reçoit en outre 2 kilogrammes de sulfate d’indigo et 1 kilogr. 5 d’acide sulfurique. On traîne la laine dans ce bain que l’on porte ensuite à l’ébullition pendant une heure et demie; on lave et sèche.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Irana le S o S me Ee
- ESSAI DES SAVONS
- On prélève sur la masse du savon un fragment de 60 à 80 grammes qu’on dissout dans 1000cc d’eau (volume total mesuré à froid). On prélève 50cc de cette solution pour chaque détermination.
- Alcali total. — On étend 50cc de la solution ci-dessus jusqu’à 200cc et on titre cette solution avec un acide titré, en se servant d’éosine comme indicateur ; le point de saturation est exactement indiqué par la coloration de la liqueur, l’éosine étant précipitée avec l’acide gras.
- Alcali libre. — On ajoute 50cc de solution de savon à 300co d’une solution saturée de sel marin ; le savon neutre est précipité et l’alcali non combiné peut être titré dans la liqueur filtrée (la filtration doit se faire sur un filtre mouillé). L’alcali combiné est donné par la différence entre ces deux titrages.
- Acides gras. — On agite 50cc de la solution avec un excès d’acide et du sulfure de carbone, on répète une ou deux fois l’agitation avec une nouvelle quantité de ce dernier, on décante la solution sulfo-carbonique, on l’évapore à sec, on chasse le reste du sulfure de carbone par la chaleur et on pèse le résidu. Le poids indique l’acide gras mis en liberté ; pour avoir celui qui est contenu dans le savon à l’état d’anhydride (combiné à Na2O ou K20), on multiplie ce poids par le coefficient correcteur 0,97.
- On peut doser rapidement l’acide gras des savons oléiques en décomposant 50cc de la solution par H C1 à une douce chaleur, dans une fiole dont le col est long et gradué. On remplit la panse de cette fiole de manière que tout l’acide gras déposé se trouve contenu dans la partie graduée du col ; on laisse refroidir, on lit le volume occupé par l’acide gras et on multiplie ce volume par la densité 0,9 pour en avoir le poids.
- Eau. — On sèche 50ee de solution, d’abord au bain-marie, puis à l’étuve à 120°, dans une capsule tarée. La quantité d’eau est donnée par le poids de ce résidu sec retranché du poids du savon dissous dans 50cc.
- Matières minérales et matières grasses non saponifiées. — On dissout le savon sec, de l’opération précédente, dans l’alcool fort, et on filtre sur
- un entonnoir chauffé ; les matières minérales restent sur le filtre et peuvent être pesées. La solution alcoolique est évaporée, avec addition de temps à autre d’eau distillée ; le savon reste dissous tandis que les graisses non saponifiées ou la résine se précipitent.
- (Bulletin de la Soc. chimique de Paris.)
- ÉPAILLAGE CHIMIQUE
- DES LAINES, SOIES, ETC.
- Par M. Durand.
- Ce procédé consiste à obtenir la neutralisation de l’acide sulfurique employé pour l’épaillage chimique des laines, soies, plumes, etc., par la combinaison des carbonates de chaux et de baryte complètement inertes en eux-mêmes et qui en présence de l’acide sulfurique abandonnent leur acide carbonique pour former des sulfates insolubles tant à froid qu’à chaud. Les matières à nettoyer sont convenablement foulées, agitées dans ce bain de carbonate de chaux ou de baryt ; elles sont ensuite lavées à l’eau claire, séchées et battues ; en un mot on leur fait subir toute la série d’opérations nécessaires à l’emploi auquel on les destine.
- Par ce procédé, les matières sont plus blanches que celles traitées par le procédé de neutralisation à la chaux. E
- (Le Jacquard.)
- ENCRE INDÉLÉBILE
- POUR MARQUER DES TISSUS DE COTON ET DE LIN DESTINÉS AU BLANCHIMENT
- On étend 10 parties de goudron de houille avec 10 parties de benzine et on y incorpore 1 partie de suie. Dès que la masse est devenue homogène, on peut s’en servir ; puis on fait sécher le linge marqué. En ajoutant de la benzine en plus ou moins grande quantité, on obtient à volonté une encre plus ou moins fluide.
- (Pharm. cent.)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ÉPURATION CONTINUE
- Des eaux séléniteuses (I)
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- Ces eaux contiennent des sulfates de chaux et de magnésie dont jusqu’ici il a été extrêmement difficile de les débarrasser. Le professeur Wanklyn a proposé récemment d’épurer ces eaux par une addition de bicarbonate de soude et de chaux. Le bicarbonate de soude transforme le sulfate de chaux en bicarbonate ; il se forme du sulfate de soude qui est soluble; le bicarbonate de chaux est saturé ensuite par la chaux et forme du carbonate de chaux qui est insoluble et se précipite.
- Si l’eau séléniteuse doit être employée pour le savonage, il faut en séparer les sulfates par une addition d’une solution chaude de savon en quantité suffisante, puis par un filtrage. Le savon calcaire insoluble qui se forme dans cette opération se sépare facilement; on le recueille, puis on le traite par l’acide chlorhydrique qui le décompose et met en liberté les acides gras ; ceux-ci sont recueillis pour être de nouveau convertis en savon au moyen de la soude caustique ou du carbonate de soude caustifié ; puis ce savon régénéré sert à une nouvelle opération d’épurage.
- L’eau ainsi traitée peut être employée dans les usages industriels. Les matières organiques, l’oxyde de fer et souvent une proportion considérable de matière séléniteuse tendent à remonter à la surface-, elles peuvent être alors précipitées par une dissolution d’alun.
- Dans la préparation des bains pour le mordançage ou la teinture, les eaux contenant des carbonates alcalins ou terreux doivent être traitées par la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour chasser tout l’acide carbonique et saturer l’alcali libre qui aurait échappé au lavage qui a suivi le lessivage. L'usage du son est d’un usage fréquent pour épurer l’eau d’un bain.
- Les eaux de lavage des fabriques de drap contiennent en elles-mêmes les agents de leur épuration. Aujourd’hui, la pratique ordinaire consiste à rejeter ces eaux telles quelles dans la rivière ; les bains dé mordançage sont rejetés de même que les bains alcalins, les bains de teinture et les dissolu-
- (1) Nous donnerons prochainement, avec dessin à l’appui, la description d’un appareil pour épuration continue avec dosage mécanique des sels d’épuration.
- fions de savon. Ils se mélangent dans le réceptacle commun, la rivière, se précipitent et produisent ces dépôts noirs qui donnent une teinte d’encre aux rivières voisines de ces usines. Les solutions de ces diverses substances réagissent les unes sur les autres et se précipitent en laissant surnager une eau d’une pureté relative.
- Le remède à un tel état de choses, pour empêcher les fabriques de drap d’empoisonner les rivières, consiste à conduire tous les liquides rejetés dans un réservoir commun, et, après la précipitation obtenue, de faire passer au besoin le liquide surnageant dans un filtre avant de le laisser retourner au cours d’eau. L’utilisation du dépôt abandonné par les eaux peut ensuite se faire rapidement.
- {Paper Trade Journal.)
- OBSERVATIONS sur les ASSURANCES
- Par M. FÉRON.
- Des Compagnies se sont formées en vue de garantir les patrons contre les effets de la responsabilité civile qui leur incombe en cas d’accidents corporels, survenus dans leurs établissements. En général, ces Compagnies,' moyennant une prime annuelle, assurent les indemnités à payer, mais elles se réservent le droit d’en opérer le règlement directement avec les victimes ou leurs ayant-droit. Il en résulte que le patron, qui connaît individuellement ses ouvriers, qui peut, mieux que personne, apprécier leur situation, leur valeur morale, les services qu’ils ont rendus dans le passé,se voit contraint de laisser faire l’agent d’une Compagnie qui ne peut avoir en vue que de réduire au minimum les charges qu’elle s’est engagée à supporter. — L’agent recherche les preuves de l’imprudence de la victime et il les trouvera facilement, car les accidents n’ont ordinairement pour cause que l’imprudence, la négligence ou l’insouciance de l’ouvrier, puis il entrera en négociations avec la famille... Certaines offres faites à propos à des gens nécessiteux, la menace d’un long procès à soutenir, peuvent suffire parfois pour obtenir une transaction désastreuse.
- La Compagnie aura économisé de l’argent ; elle bénéficiera de l’éeart entré la somme consentie et celle que les tribunaux auraient fixée ; mais le patron, il sera compromis dans ses véritables intérêts,
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- dans son honorabilité même ; ce cera toujours jusqu’à lui que remontera l’accusation d’exploiter la triste situation d’une famille privée de son chef. Suivant M. Féron, membre de la Société industrielle du Nord, en matière d’assurance contre les accidents, le seul mode qui mérite d'ètre recommandé, c’est celui dans lequel l’ouvrier, aussi bien que le patron, se trouve garanti contre les suites de son imprudence ou de sa négligence. Lorsque survient l’accident, l’assureur indemnise le patron ; le patron à son tour indemnise l’ouvrier, sans que l’assureur intervienne dans cet arrangement. De cette façon seulement l’assurance contre les accidents reste dans les conditions régulières et morales de l’assurance en général.
- {Résumé d'une communication à la Société industrielle du Nord}. , [9
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,332. — HoUZEAU, Devédeix et Holden. — Procédé d'épuration des. eaux industrielles et de celles provenant. des. égouts .des villes. — Emploi d’une liqueur obtenue à l’aide d’un lessivage : 1° des cendres de houille.; 2° des cendres ou résidus des fabriques de soude ou d’acide sulfurique; des déchets de polissage des glaces ; 3° et de tous autres détritus provenant d’usages industriels. Cette liqueur employée seule ou mélangée à la chaux précipite et épure les eaux vannes.
- 115,345. — Peuch FRÈRES. —Procédé de lavage et de dégraissage des laines. — Pour extraire de la peau toute la toison sans en altérer la longueur, la consistance et la régularité des mèches, et obtenir en même temps un lavage et un dégraissage parfaits, on procède comme suit : 1° tremper les peaux .pendant quelques minutes dans un bain chaud auxsels dessoudé ; 2. sabrer immédiatement les peaux avec une cabreuseà/rouleau presseur ;. 3° passer les peaux à l’eau claire jusqu’à parfait nettoyager; blanchir en trempant les peaux dans un bain à blanchir, essorer et égrainer du côté chair ; appliquer sur ce côté une substance épila-toire, et finalement faire sécher la laine ainsi sabrée, dégraissée à froid et blanchie.
- 115,356. Deschamps. —: Broche à ressort ap-.
- plicable aux navettes servant à tisser. — La broche comprend quatre pièces : la tête, le ressort à aiguilles de maintien du fuseau en papier, puis une goupille et le fuseau.
- 115,362. — JANSSENS. —Système de mécanique Jacquard. — La pièce principale revendiquée est un secteur double qui, muni d’une charnière à ressort, sert à faire fonctionner le cylindre avec le carton, en même temps qu’il permet la descente de la griffe sans que les lames de celle-ci viennent tomber sur aucun bec du crochet.
- 115,364. — Knale et Fournier. — Moyen d'extraction des savons, matières grasses contenues dans les eaux provenant du lavage des laines. — La séparation du savon calcaire est faite par un moyen quelconque ou par l’emploi de l’oxychlorure de calcium, d’un lait de chaux ou de sel marin. Après quoi la liqueur, dans laquelle nage le savon précipité, est envoyée dans un filtre-presse séparateur ; l’opération est terminée à la presse hydraulique.
- 115,367. — Mathieu. —Perfectionnements aux broches de navettes à tisser. — La broche se compose de deux parties hélicoïdales, articulées chacune sur une charnière excentrique -, une de ces charnières, quand on l’abaisse en la faisant tourner autour d’un tourillon, étant plus excentrée, est pressée par un ressort. La partie hélicoïdale à laquelle elle correspond se trouve ainsi soulevée et, en s’écartant de l’autre, produit, quand elle est abaissée horizontalement, le serrage du fuseau ou bobine contre la broche.
- I 81 90011 0D av eq 800 .119 OTC JO nuu 115,433. — Monestier. — Produit destiné à servir de réactif pour révéler instantanément et en une seule opération la présence des matières colorantes introduites dans le vin. — Destiné à l’essai instantané des vins, ce'produit est composé d’une dissolution d’acétate de plomb, de pétasse caustique et d’acide sulfurique à 62°.
- 115,453. — David. — Disposition des peignes à tisser avec des dents d’épaisseur graduée sur les bords, pour éviter la rendue, c'est-à-dire le resserrement des fils;: de chaîne des bordsidu tissu, produit par la tirée de la trame. —Augmentation graduée de l’épaisseur des lames ou dents des bords des peignes à tisser en général et notamment de ceux du métier*à rubans de velours à doubles pièces. aonuosk
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- Le directeur général des douanes vient, dit-on, d’adresser au service sous ses ordres, une circulaire annonçant officiellement qu’aux termes de déclarations diplomatiques échangées entre l’Autriche et la France, le traité de commerce conclu entre ces deux puissances le 1er décembre 1866, et prorogé une première fois jusqu’au 30 juin 1877, a été de nouveau prorogé jusqu’au 31 décembre de cette année.
- M. Teisserenc de Bort, étant ministre du commerce, avait été saisi d’un projet émis par plusieurs chambres de commerce, et consistant à réunir un congrès où toutes ces chambres seraient représentées pour discuter les question s'd'intérêt général. Ce projet va être mis à exécution.
- Le traité de commerce entre la France et la Confédération suisse du 30 juin 1864, conclu pour dix ans, a été prolongé par déclaration de 1874 jusqu’au 10 du mois courant. Cette échéance vient d’être portée au 1er mai 1878 par déclaration signée entre le gouvernement français et le Conseil fédéral, sauf, toutefois, le cas ou en suite des négociations la conclusion d’un nouveau traité interviendrait avant la date précitée, soit le 1er mai 1878.
- Par décret, les taxes et conditions d’envoi fixées par l’article 1er du décret prévisé du 29 octobre 1875 à l’égard des lettres, des cartes postales, des papiers d’affaires, des échantillons de marchandises, des journaux et autres imprimés à destination ou provenant des pays de l’Europe, de l’Egypte, de la Turquie et de la Russie d’Asie, seront applicables aux objets de même nature échangés par la voie de la Turquie ou de la Russie entre la France, l’Algérie et les bureaux français établis en Turquie, en Egypte, à Tunis et à Tanger, d’une part, et la Perse, d’autre part.
- On annonce, de source officielle, une augmentation de douane, en Russie.
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- Office du MONITEUR DÉ LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE NOUVELLE BAISSE DE PRIX PRIX DE DTAIL :
- Kouges.
- Fuchsine inférieure............. le kil. 12 fr
- — bonne courante.............. — 30
- — extra-supérieure........... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine................ — 12
- Safranine en poudre...................... — 100
- Eosine................................... — 80
- Ponceau (cochenille artificielle)..... — 80
- Rouge pivoine..................;......... — 20
- Ponceau pour coton....................... — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur.................................... — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5). — 35 — — (no 3). — 65 — lumière (n 1)................... — 75
- Bleu de Lille, ou gros violet............................. — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin.................................. — 20 —......................................................par kilo..................................................................................................................................................... —...............................................18 Bleu foncé.................................................r................................................— 30 Bleu spécial pour coton, suivant qualité... 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or................ le kil. 45 fr.
- Jaune-orange.................... — 45 Orange supérieur pour soies..... — 175 Orangé n° 1 — couleur feu....... — 40 —......2 — couleur plus vive... .......— 35 —.................3 — nuance jaune.............»... — 40 Chrysoïne....................... — 50
- Violets. Violet ordinaire, rouge le kil. 50 fr.
- — bleu......................... — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge........ ...................... — 60 Violet moyen......s................s. ........— 65 Violet lumière, bleu................ — 70
- Violet pour remontages. — 30
- Verts.
- Vert lumière..................... le kil. 100 fr.
- — — supérieur.. — 110
- Divers.
- Marron d’aniline.»..»....... *... — 23 Cris, par le bleu-noir...... — 23 oris-perle, par les violets........... — 70 ooralline rouge............. — 30
- — jaune (alcool).................... — 20
- Purpuraline à l’état sec.................................. — 8
- Xanthine (orange)........................................ — 35
- Cachou de Laval........................................... — 2 50
- — - ogso------
- Notre Correspondant en Angleterre, M. Léon TISSIER, négociant-commissionnaire, 30, Saint James’s Walk E. C. Londres, se charge de représente!’ nos lecteurs dans tout le Royaume-Uni, pour achats, ventes, recouvrements, prises de brevets et recherches y relatives, etc., etc.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique
- Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réserves.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21' Année, No 18. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite), par M. JARMAIN. — Transformation de l'aurine en rosaniline, par MM. R.-S. Dale et C. SCHORLEMMER. — Mordant remplaçant le tartre, par M. MALFAIT fils. — Bleu de cuve artificielle (échantillons). — Teinture pour la chapellerie (suite) : Marron. — Emploi des couleurs d’aniline (suite) : Violets de Paris.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Rapport des délégués ouvriers elbeuviens à l’Exposition de Philadelphie (extrait). — Procède destiné à empêcher le rétrécissement de la flanelle. — Epaillage chimique (extrait d’un rapport de M. J. GÉRARDIN.)
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Le mouvement commercial.
- AVIS
- A partir du 15 Octobre prochain, les Bureaux du Journal seront transférés Avenue des Amandiers, n° 10, près la place du Château-d’Eau.
- POrs..l.._ . , .
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES
- PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- (Suite. )
- MAGENTA.
- Le magenta du commerce est, ou un acétate ou un hydrochlorate.
- L’acétate est franchement soluble dans l’eau et c’est pour cela qu’il est préféré par le teinturier. Ses cristaux ont l’aspect irisé d’un beau vert d’or, on l’appelle souvent roséine. L’hydrochlorate n’est que peu soluble dans l’eau, il l’est complètement dans l’alcool.
- OPÉRATIONS DE TEINTURE AVEC LES COULEURS D'ANILINE.
- La laine a une si forte affinité pour les couleurs d’aniline, que la principale difficulté, quand on se sert de ces matières dans la teinture, est d’obtenir un travail uniforme. On arrive à ce résultat de diverses manières.
- 1° On introduit vivement les articles à teindre dans le bain à une température bien au-dessous de celle de l’ébullition, et l’on chauffe très-graduelle
- ment pendant une heure et demie, en ayant soin d’agiter continuellement les matières ;
- 2° Lorsqu’il est possible de retirer complètement les articles du bain, il est avantageux d’introduire le colorant à employer à deux ou trois reprises.
- 3° On obtient souvent l’uniformité en ajoutant à un grand bain quelques seaux de cristaux de sulfate de soude ;
- 4° Les matières à teindre doivent être parfaitement nettoyées, et complètement exemptes de toute trace de graisse ; les lavages doivent se faire à l’eau douce. La laine ne demande pas de mordants pour recevoir les couleurs d’aniline ; et les soi-disant mordants qu’on emploie dans l’application de ces couleurs jouent purement le rôle de modifiants, et ne sont aucunement des mordants dans le sens propre du mot.
- Les couleurs d’aniline se conduisent donc envers la laine comme des couleurs substantives.
- Les couleurs d’aniline ne résistent parfaitement ni au foulage, ni au soleil, ni à l'atmosphère -, je ne puis, par conséquent, les classer parmi les couleurs solides et permanentes que j’ai déjà décrites. Toutefois, elles varient beaucoup sous le rapport de la solidité et de la permanence ; quelques bleus supportent assez bien un traitement vigoureux.
- Elles remplissent admirablement bien une condition importante, celle de fournir de magnifiques
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et brillantes couleurs, de toutes nuances, pour les articles qui sont destinés à subir des causes de détérioration ; et, de plus, elles sont bien supérieures en beauté aux couleurs solides. C’es t pourquoi il n’est pas surprenant que la plus aimable portion de l’humanité se complaise et nous charme en se parant de ces superbes couleurs qui rivalisent avec les teintes de l’arc-en-ciel, les tons roses du matin, et les splendides coloris des tribus ailées du Midi ensoleillé.
- On prépare la roséine ou l’acétate de la teinture en la dissolvant dans l’eau bouillante, et en filtrant la solution à travers de la flanelle, de façon que la moindre particule non-dissoute du colorant ne soit pas mise en contact avec les matières à teindre. On ajoute ensuite la solution au bain dans le moment le plus convenable.
- Le magenta ou l’hydrochlorate est mis en solution dans l’eau bouillante dans la proportion de deux gallons (5 lit. 09) d’eau pour chaque once (31 grammes) de colorant ; mais on peut préparer une solution concentrée en dissolvant la couleur dans de l’alcool méthylique et en y ajoutant de l’eau. On obtient une solution très-complète, si l’on pétrit les cristaux avec de la glycérine, de manière à former une pâte avant le traitement par l’eau.
- PONCEAU.
- Le ponceau est un autre rouge d’aniline qui peut être classé avec le magenta et la roséine. Toutefois, c’est un rouge plus pur que les deux autres, et il est considéré comme une couleur plus solide. Le procédé par lequel on le fabrique n'a pas été rendu public, sa solution est préparée et employée par le teinturier absolument conmme celle de la roséine.
- Il existe aussi un écarlate d’aniline, mais il ne produit pas sur la laine un écarlate égal à celui qu’on peut obtenir par d’autres moyens.
- CRAMOISI D’ANILINE.
- Ce produit est un magenta brut, commun, désigné souvent sous le nom de pâte vin clair (claret paste^cerise ou grenat, excessivement, utile pour produire les teintes vin clair, marrons et toutes les couleurs composées qui renferment du magenta On prépare ce colorant pour la teinture en le faisant dissoudre dans de l’acide hydrochlorique, en y ajoutant ensuite de l’eau bouillante et filtrant. Tout excès d’acide peut être facilement corrigé dans le bain de teinture par un alcali.
- VIOLET D’ANILINE.
- Le violet ou mauve de M. Perkin a été, ainsi que nous l’avons dit, la première couleur tirée de l’aniline qui ait reçu une application industrielle. Il est fort naturel, je crois, et fort à propos de répéter ici les termes dont se servait M. Perkin lorsqu’il rendit compte à la Société des arts de la découverte qu’il venait de faire. Il s’exprimait ainsi :.
- « Les chimistes ont, toujours été désireux de produire artificiellement les corps organiques naturels, et ils y ont réussi maintes fois. C’est en essayant de résoudre une de ces questions que j’ai découvert le mauve. Je cherchais à convertir une base artificielle en l’alcaloïde naturel quinine, mais mon expérience, au lieu de me donner la quinine incolore, me fournit une poudre rougeâtre. Dans le désir d’expliquer ce résultat particulier, je choisis une autre base d’une composition plus simple, à savoir, l’aniline, et j’obtins dans ce cas un produit parfaitement noir. Celui-ci fut épuré et séché, et lorsque j’en fis la digestion dans l’esprit de vin, il me donna la couleur mauve. »
- Telle est l’expérience qui a conduit éventuellement à la création d’une industrie complètement nouvelle et à l’utilisation d’une matière gênante et insalubre que laissait la fabrication du gaz d’éclairage.
- Le mauve resta, quelque temps après sa découverte, une couleur très à la mode, mais il a été depuis complètement détrôné par l’avènement des violets d’une plus grande beauté.
- Hofmann trouva bientôt après la constitution de la rosaniline et démontra le fait important qu’on peut remplacer dans la rosaniline quelques atomes d’hydrogène par des radicaux tels que l’éthyle ou le méthyle, et qu’on peut obtenir différentes nuances de violet en remplaçant un, deux ou trois atomes d’hydrogène par ces radicaux.
- Les sels de ces composés par substitution sont le violet, qui passe de la couleur rouge dans le dérivé monométhyl à la couleur bleue dans le trimé-thyl. Les nombreuses nuances intermédiaires sont, sans aucun doute, des mélanges de diverses proportions des trois. On les produit en chauffant sous pression, dans des vases en fer émaillés, un mélange formé de rosaniline, d’une solution alcoolique de potasse caustique ou de soude et d’iodide de méthyle ou d’éthyle, ou d’un composé des deux, suivant la nuance qu’on veut obtenir.
- Ces couleurs sont maintenant connues du tein-
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- turier sous le nom de violets Hofmann ; depuis leur découverte, elles ont été parfaitement accueillies par le public, et sont fort estimées pour les magnifiques et brillantes teintes qu’elles donnent à la laine.
- Une autre série de violets, appelés violets de Paris,ayant la même composition que ceux d’Hof-mann, ont été obtenus par un procédé découvert par Lauth. Ce procédé a été considérablement amélioré par Poirrier, de Saint-Denis, qui fabrique actuellement ces produits.
- On connaît sur la place beaucoup d’autres sortes d’aniline, mais les deux sortes que je viens de décrire sont celles qui sont le plus généralement employées par les teinturiers.
- On teint les articles de laine avec ces violets de la même manière qu’avec les rouges d’aniline. Les matières à teindre, parfaitement lavées, sont introduites dans le bain à une température d’environ 55° centigrades et bien brassées; on chauffe graduellement le bain jusque près du point d’ébullition. On met le colorant en deux ou trois fois. Pour les nuances plus bleues des violets, on a reconnu qu'il était avantageux d’aciduler légèrement le bain avec de l’acide sulfurique, qui a une tendance à développer la couleur bleue.
- Les violets sont les acétates ou les hydrochlorates des méthyles ou éthyl-rosanilines, et sont par conséquent des sels ordinaires. Ils constituent des couleurs substantives pour la laine, car ils n’exigent aucune espèce de mordant ; leur affinité pour la laine est très-grande , mais ils n’ont pas le caractère permanent d’une couleur solide.
- Pour teindre les nuances plus chargées, il convient d’ajouter au bain, pour 100 livres de matière laineuse, à livres d’alun et 10 livres de sulfate de soude, afin d’empêcher la teinture de se faire trop rapidement.
- BLEUS D’ANILINE.
- Ces belles couleurs sont les produits dérivés par substitution de la rosaniline, et le radical substituant est le phényle. Ce sont, en majeure partie, des sels de triphényl-rosalinine.
- Pour les former, on chauffe un mélange de magenta et d’aniline, puis on purifie le produit brut. Ces bleus demandent à être dissous dans l’alcool, ce qui est un inconvénient.
- En 1862, M. Nicholson fit usage d’acide sulfurique dans la préparation de ces bleus, et procéda de la même façon que dans la préparation de l’a-cide sulfindigotique. La couleur connue sous le
- nom de bleu Nicholson est le sel de sodium de l’un de ces acides; le sel de sodium est soluble dans l’eau, l’acide est insoluble. Il convient parfaitement pour les opérations du teinturier en laine, et ses couleurs sont parfaitement solides et permanentes.
- La teinture des laines se pratique de la manière suivante : — On fait une solution de la couleur dans l’eau bouillante et on l’ajoute au bain de teinture que l’on rend alcalin avec du silicate de soude ou de borax. L’acide transforme le sel soluble de sodium, qui a une teinte gris bleuté, en un acide insoluble qui est bleu. Si les articles à teindre doivent être conformes à un modèle, on retire de temps en temps du bain un morceau de la pièce à teindre, et on le met, après l’avoir lavé, dans un bain acide. On ajoute du colorant au bain, s’il en est besoin, et l’on continue l’opération de teinture.
- VERTS D’ANILINE.
- Les teinturiers emploient plusieurs sortes de verts, mais la couleur vert iodine est, je crois, celle qui est préférée.
- La teinture avec le vert iodine est faite dans un bain de silicate de soude, comme avec les bleus alcalins ; la couleur est ensuite développée dans l’acide, ou, mieux encore, dans l’esprit d’étain, qui donne une couleur plus solide.
- On arrive souvent à produire la nuance convenable du vert en ajoutant au bain une quantité suffisante d’acide picrique.
- JAUNE D’ANILINE ET ACIDE PICRIQUE.
- Le jaune d’aniline est un résidu de la fabrication du magenta ; c’est le sel d’une base appelée chry-saniline. La couleur est souvent désignée sous le nom de phosphine. Il existe aussi d’autres jaunes sur le marché. Les opérations de teinture n’ont rien de difficile, et l’on améliore certaines couleurs jaunes en ajoutant au bain de l’acide tar-trique ou du tartre.
- L’acide picrique s’obtient en traitant l’acide phé-nique, phénol ou acide carbonique, par l’acide nitrique concentré.
- L’acide picrique donne à la laine un jaune bril-lant, avec une légère teinte verte qui est un défaut. Il est beaucoup employé pour produire des verts avec les extraits d’indigo, et pour modifier les nuances des rouges et des bruns. Dans le fait, il joue, avec les couleurs d’aniline, le même rôle
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- que les bois jaunes jouent avec les bois rouges, en modifiant leurs nuances.
- La teinture de la laine avec de l’acide picrique n’offre aucune difficulté. Le colorant est complètement soluble dans l’eau. Il est avantageux d’aci-duler le bain avec de l’acide sulfurique.
- BRUNS D’ANILINE. — BRUN BISMARK.
- Ces couleurs constituent une série excessivement utile. Elles teignent facilement la laine et l’on peut aisément pousser leur nuance au rouge par l’emploi du magenta -, au jaune par l’acide picrique, les graines de Perse, ou le curcuma, et au bleu par l’extrait d’indigo.
- On connaît plusieurs moyens de préparer ces bruns -, l’une de ces couleurs plus généralement employée se prépare en agissant sur le dinitro-benzol avec de l’étain granulé et de l’acide hydro-chlorique, ce [qui produit du phélymène diamine, que l’on traite ensuite par un nitrite alcalin.
- On prépare la couleur en solution pour les opérations de teinture, en la faisant dissoudre dans de l’acide hydrochlorique et en étendant avec de l’eau bouillante. La teinture se trouve alors prête et peut être employée.
- {La fin au prochain numéro).
- TRANSFORMATION
- DE L’AURINE EN ROSANILINE
- Par MM. R.-S. Dale et G. SCHORLEMMER.
- L’aurine rouge ou péorine qui prend naissance par l’action de l’ammoniaque sur l’aurine renferme de l’azote et donne à la distillation, avoc la potasse caustique, un produit contenant de l’aniline.
- Lorsqu’on chauffe l’aurine à 150 degrés, pendant quelques jours, avec de l’ammoniaque alcoolique, la couleur rouge disparaît, et l’on obtient une solution jaune ; cette transformation se fait plus rapidement à 180 degrés. Le liquide contient alors une base cristalline incolore, qui possède tous les caractères de la rosaniline; cette dernière se forme également si l’on remplace l’ammoniaque alcoolique par l’ammoniaque aqueuse, en élevant la température à 200 degrés. La base cristalline se dissout dans l’acide acétique, avec une magnifique couleur rouge et donne, avec l’acide chlorhydrique concentré, une solution jaune foncé qui, étendue d’eau, passe au rouge.
- Les auteurs ont transformé cette base, par les réactions connues, en violet Hofmann, en vert et en bleu d’aniline. Ils ont également examiné le spectre de la solution du chlorhydrate, qu'ils ont trouvé identique à celui de la solution du chlorhydrate de rosaniline.
- La formation de cette base peut être exprimée par l’équation suivante :
- C20 II" O3 + 3 NH3 = C20 H17 N3 3 H2 0
- Il faut remarquer que, d’après Hofmann la rosaniline possède la formule G20 H19 N3, qui est confirmée par l’étude de Caro et de Grcebe sur l’acide rosolique, G20 H16 O3, tandis que l’aurine a évidem-demment pour formule C20 H' O3.
- Les auteurs firent les recherches nécessaires pour déterminer quelle est la véritable formule de la rosaniline-, en attendant, ils font remarquer qu’on arrive souvent, dans l’analyse des matières colorantes organiques, à trouver une trop grande proportion d’oxygène.
- Ils supposent que l’acide rosolique et l’aurine sont identiques. L’un d’eux a étudié l’action de l’acide nitreux sur Taurine. Lorsqu’on traite le produit brut, pour le purifier, avec de l’ammoniaque alcoolique et qu’on décompose la combinaison, ainsi obtenue par l’acide acétique, on obtient, par cristallisation dans l’alcool, une substance qui ne se distingue en rien de Taurine. Quelques analyses ont donné la même quantité de carbone que l’aurine, tandis que la production d’hydrogène a toujours été trouvée trop élevée. L’auteur ayant appris que MM. Caro et Grœbe s’occupaient des mêmes objets n’a pas continué ses recherches.
- Ces deux chimistes disent, dans leur travail sur l’acide rosolique, avoir pu isoler, avec difficulté, une aurine qui possède la formule G20 H14 03.
- Ils obtenaient également une combinaison bien cristallisée G40 H28 O7 et, comme produits principaux, des substances toujours plus riches en oxygène.
- MM. Dale et Scharlemmer, par contre, n’ont jamais éprouvé de difficultés pour préparer l’aurine pure. La manière la plus avantageuse de la préparer est de chauffer au bain-marie le mélange d’acide sulfurique et de phénol en excès, puis d’ajouter, peu à peu, l’acide oxalique, en attendant que le dégagement de gaz ait cessé et en terminant la réaction lorsqu’il y a encore beaucoup de phénol en liberté. Dans ce cas, on n’obtient pas de produits résineux dont parle M. Zulkowsky dans sa notice sur la coralline.
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- Les auteurs ne mettent pas en doute, d’après sa formation au moyen de l’acide oxalique et du phénol, ainsi qu’au moyen de l’aldéhyde salicylique et du phénol, que i’aurine possède bien la formule C20 HV O3.
- Les auteurs, en continuant leurs recherches, ont remarqué que I’aurine, chauffée longtemps à 150 degrés, avec de l'ammonique alcoolique, se transforme facilement en bucaniline. L’alcool agit, dans ce cas, comme réducteur, grâce à la température et à la présence de l’ammoniaque. On pourrait ad-m'eter d’après cela, que la transformation de l'au-rine en rosaniline s’effectue d'une manière analogue en vertu de l’équation suivante :
- C20 H’ O+3NR+CHO= C20 H19 N3 + 3 H2 0 + C2 H5 0.
- Tel n’est pas le cas, cependant ; car la rosaniline se forme très-facilement, lorsqu’on chauffe I’aurine à 120 degrés et pendant 20 heures avec de l’ammoniaque aqueuse. Lorsqu’on élève la température à 180-200 degrés il se forme, à côté de la rosaniline, des combinaisons incolores qui paraissent avoir la plus grande ressemblance avec les substances obtenues par Liebermann, en chauffant la rosaniline avec de l’eau.
- (Berichte der deutschen chemischen Gesellschafft).
- MORDANT
- REMPLAÇANT LE TARTRE DANS LA TEINTURE SUR LAINE
- DES COULEURS nécessitant l’emploi des sels d’étain Par M. MALFAIT Fils.
- Faites dissoudre, d’une part, 10 kil. d’alun dans 40 litres d’eau chaude, et, d’autre part, 3 k. 500 d’acide oxalique dans 20 litres d’eau chaude -, mélangez les deux dissolutions et ajoutez 2 kil. d’acide acétique en remuant avec soin. Ce mélange de 60 litres d’eau chaude avec 15 k. 500 de matières produit, après refroidissement, 70 lit. 400, dont le prix est de :
- 10 kil. d’alun à 23 fr. les 100 kil..... 2fr. 30 3 k. 500 acide oxalique à 250 fr. les
- 100 kil............................. 8 fr. 75
- 2 kil. acide acétique à 14 fr. 50 les
- 100 kil................................. Ofr. 30
- Total.......... llfr.35
- Ce qui met le prix du mélange à 0 fr. 16. (1)
- La quantité de tartre que l’on emploie est toujours moitié moindre que celle de cochenille. Pour 1 kil. de cochenille, on prend donc 0 k. 500 de tartre, soit pour 1 fr. 25 ; au contraire, si on se sert du nouveau mordant il en faut 4 litres, ce qui fait une économie de 50 0/0 environ.
- Comme les couleurs sur laine dans lesquelles l’emploi des sels d’étain et du tartre est indispensable se font à la cochenille ou au fustel, il ne sera question ici que de la teinture obtenue avec ces deux matières tinctoriales :
- Teinture à la cochenille. — On commence par faire bouillir la cochenille en poudre avec le mordant de la même manière qu’on la fait bouillir avec le tartre, c’est-à-dire pendant quinze minutes, et on laisse déposer pour décanter ensuite la liqueur claire. On fait ordinairement trois bouillons, mais on ne se sert que des deux premiers pour ponceau et autres couleurs saillantes, tandis que le troisième, peu chargé de matière colorante, est mis en réserve et ne sert que pour rougir les nuances dont la matière colorante prédominante est autre que la cochenille : telles que les jaune-orange, saumon, etc.
- Pour 1 kil. de cochenille on prend h litres de mordant et on y ajoute 20 litres d’eau. Après le premier bouillon, on ne refait bouillir le résidu de cochenille qu’avec de l’eau en quantité égale à la première, et on y opère de même avec le résidu provenant du deuxième bouillon sans ajouter de mordant.
- On monte alors un bain avec la solution de cochenille ainsi obtenue et la composition d’étain, et on y manœuvre la laine à 70° jusqu’à ce qu’elle prenne la nuance demandée. Si cette nuance est un peu jaunâtre, on ajoute au bain une petite quantité de fustel ; si, au contraire, elle est un peu rouge, on ajoute une petite proportion de cochenille ammoniacale, ou, ce qui vaut encore mieux, on passe la laine dans un bain d’eau tiède : dans l’un et l’autre cas, l’importance de ces additions se règle d’après le ton de la nuance.
- Pour les amaranthes et les cramoisis, on emploie la cochenille ammoniacale qui, selon la dose, donne des teintes plus ou moins violacées.
- On pourrait aussi teindre la laine en la passant immédiatement dans un bain composé de mordant,
- (1) Les prix des acides oxalique et acétique ne sont nul-
- lement en rapport avec ceux du commerce.
- Rédaction,
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- de la composition d’étain et de cochenille en poudre ; mais les nuances obtenues par ce moyen ne seraient pas aussi vives, à cause du résidu de cochenille qui embourberait trop le bain. Avant de se servir déjà cochenille, il vaut donc mieux l’épuiser d’abord par le mordant, comme on l’a décrit plus haut.
- Voici maintenant les proportions à employer :
- Cochenille en poudre.................. 1 kil. 600
- Mordant............................... 6 lit. 400
- Composition d’étain................... 2 lit. 000
- Eau (dont 40 lit. à chaque bouillon)... 120 litres.
- On ajoute la quantité d’eau nécessaire dans le baquet, et on y manœuvre la laine à la température de 70 à 80° pendant 45 minutes.
- Teinture au fustel. — Pour la teinture au fustel, il suffît de teindre dans le bassin où se trouvent à la fois le mordant, la composition d’étain et le fustel, en quantité convenable. On emploie le plus ordinairement la décoction de fustel ; à cet effet, on fait bouillir pendant une heure et demie 50 kil. de la substance réduite en petits morceaux dans 50 seaux de 10 litres; on laisse déposer, puis on décante.
- Après avoir garni le bain et mis de l’eau à hauteur, on opère exactement comme pour la teinture.
- Dans le cas où la nuance demande un peu de rougeur, on ajoute dans le bain une petite quantité de cochenille en poudre.
- Préparation de la composition d'étain. — On fait dissoudre, peu à peu, à la température ordinaire, 10 kil. d'étain en baguettes dans un mélange de 40 litres d’acide muriatique du commerce et 20 litres d’acide nitrique.
- [Le Jacquard.)
- BLEU DE CUVE ARTIFICIELLE
- Tous les journaux qui s’occupent de teinture ont offert leur bleu solide, tous les fabricants de couleurs d’aniline et autres ont pensé avoir trouvé un bleu, pouvant remplacé la cuve. Tous ont promis, peu ont tenu leur promesse. Seront nous plus heureux en soumettant à nos lecteurs le bleu de cuve artificielle ? Les échantillons ci-dessous parleront pour nous et les lecteurs du Moniteur de la Teinture pourront essayer avant de se prononcer. Le produit dont nous parlons est de la fabrication de
- M. Victor Hebbelinck, à Tournai {Belgique). Nous avons déjà cité cette maison remplaçant le cochenille.
- Échantillon n° 1.
- L’échantillon n° 1 est fait de la manière suivante: on a préparé une chaudière d’eau propre bouillante, laquelle on a vesé la dissolution de 15 grammes de bleu de cuve, on a ajouté 15 grammes d’alun et un peu d’acide sulfurique par kilog. de laine ; on a mis la laine dans ce bain -, on a manœuvré 1 heure en augmentant graduellement la chaleur, et on a obtenu un bleu soliJe aux acides, solide au savon, solide à l’air. Voilà donc un bleu qui coûte 22 centimes de teinture. A-t-on déjà fait mieux? Le bleu de cuve artificielle se vend 18 fr. ’ le kil.
- Echantillon ns 2.
- Le second échantillon est fait avec 25 grammes de matière colorante; mordant : alun et acide sulfurique.
- Echantillon n° 3.
- Enfin la teinte n° 3 représente le remontage de l’échantillon no 2 avec 1/2 gramme de violet par kilog. de laine.
- Dans l’intérêt de nos lecteurs, nous les engageons à essayer les échantillons que nous leur soumettons; nous pensons que les essais seront satisfaisants, et que le bleu de cuve artificielle aura de l’avenir.
- Nous ne garantissons rien, nous ne voulons pas adopter le système de vanter un produit sans l’a-
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- voir essayé minutieusement. Nous croyons le nouveau colorant appelé à un grand succès. — A nos abonnés d’essayer.
- {Communiqué).
- TEINTURE
- POUR LA CHAPELLERIE (I)
- [Suite]
- MARRON.
- Du moment où cette teinte est appelée à dominer dans les coiffures, il est indispensable d’en propager une variété d’une tonalité encore inédite, à laquelle un reflet bronzé donne un charme fort recommandable.
- Nous donnerons les doses pour 100 chapeaux en engageant toutefois nos abonnés à ne pas tenter l’essai'sur de grandes quantités, dans le but d’atténuer les risques d’une fabrication nouvelle et le danger qui peut résulter du mérite variable des ingrédients mis en œuvre.
- En outre, il est bon de faire en petit l’apprentissage de ce que nous appelons dans le métier, le tour de main.
- Ces réserves exprimées, voici notre recette :
- Dans 200 litres d’eau, élevée à une température voisine de l’ébullition (80°), on fait dissoudre avec soin :
- Crème de tartre..................... 1 kil.
- Sulfate d’alumine................... 1 kil. 250 gr.
- On plonge les chapeaux, on les tient durant une heure au petit bouillon ; puis on les retire pour les mettre à l’envers avant de les retremper durant une demi-heure encore. Après quoi, on les empile et on les laisse au repos pendant une demi-journée (12 heures).
- Ils sont alors prêts à recevoir la teinture dont le
- bain est composé comme il suit :
- Eau, environ...................... 225 litres.
- Bois jaune de Cuba................ 2 kil. 500 gr. (qu’on laisse bouillir deux heures dans le sac ou le panier où il est déposé) :
- Orseille violette ou rouge........ 3 kil.
- Curcuma............................. 2 kil.
- Carmin d’Indigo..................... 0 kil. 300 gr.
- Sulfate d’Indigo.................... 0 kil. 300 gr.
- (1) (Voir le Moniteur de la Teinture n°s 13, 14, 15 et 17, de 1877.
- En raison de l’acabit variable des sels d’Indigo livrés dans le commerce, il conviendra de ne les employer qu’avec prudence et d’en graduer l’introduction dans le bain, jusqu’à ce que l’on ait obtenu la nuance cherchée. Notamment, le sulfate doit préalablement être délayé à l’eau, semblablement au procédé suivi pour l’acide sulfurique : si l’on négligeait cette précaution, la substance pourrait sortir violemment de la chaudière et brûler l’ouvrier.
- Le bain préparé, on en extrait un quart environ, et cette quantité est mise en réserve pour faire face à l’alimentation du bain, au cours de l’opération. On complète avec de l’eau froide le contenu de la chaudière et l’on obtient ainsi le refroidissement de la masse, laquelle doit être seulement tiède pour la première plongée, si l’on veut éviter le danger des marbrures.
- On soumettra les chapeaux à quatre trempages successifs, d'une heure chacun : soit deux à l’endroit et deux à l’envers. Il faut avoir soin, toutes les fois qu’on retire les chapeaux, de les étendre avec rapidité afin qu’ils soient mis simultanément en contact avec l’oxygène de l’atmosphère. C’est le moyen de prévenir le nuançage.
- On foncerait la nuance en introduisant dans le bain 500 grammes de couperose de refonte et 250 grammes de vert-de-gris ; et l’on varierait les tons à l’infini, en variant les doses. Il faut noter que l’orseille nourrit beaucoup.
- D. Broche.
- EMPLOI DES COULEURS D’ANILINE
- (Suite)
- Violets de Paris.
- Dissolution. — Verser sur le produit deux à trois fois son poids d’eau bouillante ; remuer ; quand on a une pâte visqueuse bien homogène, on ajoute une nouvelle quantité d’eau bouillante, de manière à avoir environ un litre d’eau pour dix grammes de produit.
- Maintenir l’ébullition quelques minutes seulement, puis filtrer.
- Eviter l’emploi des eaux calcaires, qui insolu-bilisent partiellement, sous forme de goudron, le violet le plus pur; les corriger au besoin avec un peu d’acide tartrique ou acide acétique.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Teinture de la laine.
- Préparation. — Pour obtenir des nuances unies, vives et brillantes, il est nécessaire de dégraisser complètement la laine, soit au carbonate de soude, soit au savon, et de la laver ensuite dans l’eau chaude pour enlever tous les corps gras.
- Teinture. —. On teint sans mordant dans un bain garni du colorant nécessaire pour la nuance demandée. On entre la laine à 50°, et on monte graduellement à 80° centigrades; on maintient la température un peu au-dessus de 80° centigrades pendant un quart-d’heure.
- Pour une seconde opération sur la même barque, on vide un peu du bain, qu’on remplace par une même quantité d’eau froide, et on garnit de nouveau colorant.
- Quelques marques particulières de violet supportent une légère quantité d’acide, les autres marques de violet de Paris s’emploient généralement sans acide.
- Teinture du coton.
- Préparation. — On peut teindre le coton sans aucune préparation, mais généralement on le mor-dance au sumac de Sicile, soit environ 20 kilogr. de sumac frais pour 100 kilogr. de coton, pendant une heure, à une température ne dépassant pas 80° centigrades.
- On peut aussi préparer le coton à l’acétate d’alumine ou au sulfate d’alumine (mélange de dix parties sulfate d’alumine et de une ou deux parties sulfite de soude). Ce sulfite doit peser 8 à 10° Baumé ; on mordance à froid pendant cinq heures, et on lave avant teinture.
- Quelquefois on mordance le coton dans une dissolution bouillante de sulfoléate d’ammoniaque, seul ou en présence d'oxymuriate d’étain. (Ce sulfoléate s’obtient en traitant l’huile d’olive par moitié de son poids d’acide sulfurique à 66°, et laissant en contact pendant une nuit; le lendemain, on précipite par un peu d’eau, et on dissout le corps huileux dans de l’ammoniaque.)
- Teinture. — On teint sur bain neutre à une température de 60° environ.
- Teinture de la soie.
- Teinture. — On teint dans un bain de savon bouillant (bain de vieux savon de décreusage coupé d’acide sulfurique).
- Laver ensuite dans l’eau froide et aviver sur un nouveau bain acidulé.
- Teinture des cuirs et peaux.
- Préparation. — Les cuirs et peaux, bien débarrassés de matières étrangères, sont préparés à la manière ordinaire.
- Teinture. — La teinture se fait à la brosse, à froid, avec une solution de violet, additionnée d’un peu de sulfate d’alumine.
- Lorsqu’il est inutile de réserver l’envers des peaux, on peut teindre au plongé.
- Teinture du papier.
- Préparation. — La pâte destinée à être teinte doit être neutre et aussi exempte que possible de chlore.
- Teinture. — Les violets de Paris colorent la pâte à papier sans aucun mordant ; on filtre soigneusement la solution très-étendue d’eau et on verse dans la pile la quantité de colorant nécessaire pour la nuance demandée.
- Avivage et remontage des bleus d’indigo sur laine et sur coton.
- On emploie généralement la marque de violet de Paris extra pour l’avivage ou le remontage des bleus de cuve.
- Laine. — Opérer comme pour la teinture de la laine (voir plus haut}.
- Coton. — Les toiles bleues ou les fils sont passés, sans aucun mordant, dans un bain de violet très-dilué. —Faire sécher sans laver.
- CLe, /
- RAPPORT
- DES DÉLÉGUÉS OUVRIERS ELBEUVIENS à l’Exposition de Philadelphie.
- (Extrait.)
- Quelles sont les observations des délégués sur le pressage, le décatissage, etc. ?
- Le pressage, le calandrage, le décatissage étant des apprêts destinés à donner de l’œil aux étoffes de laine sont très-soignés aux Etats-Unis.
- Les presses hydrauliques ne diffèrent aucunement des nôtres. Les cartes sont généralement chauffées au moyen de machines spéciales semblables ou à peu près à celles employées à Reims et à Roubaix,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Les tables à décatir sont peu nombreuses ; presque tout se fait par le pressage à la vapeur sur le décatissage sans plis combiné avec la presse à chaud, à froid, ou avec le calandrage.
- Les nouveautés sont souvent humectées avant le pressage à chaud, ce n’est du reste que la copie de ce qui se fait en Angleterre depuis longtemps.
- Une manière d’humecter les étoffes nous a frappé par sa simplicité ; voici en quoi elle consiste :
- Dans le fond d’une espèce de gouttière métallique de 1 mètre 60 cent, de longueur sur à peu près 30 cent, de largeur et 20 cent, de profondeur, est placé un tuyau percé de trous, relié au générateur de vapeur ; cette gouttière est close à sa surface par un molleton de coton ; puis en dessus, faisant corps avec elle, est adapté une boîte sans fond de même largeur et longueur, mais ayant 80 centimètres de hauteur -, c’est sur la partie supérieure de cette boîte que passe l’étoffe.
- La vapeur arrive donc du générateur dans la gouttière, s’y détend, perd de sa chaleur, passe à travers le molleton, se répand dans la boîte en se refroidissant encore. C’est donc à l’état de buée molle et presque sans chaleur qu’elle rencontre le drap ; elle l’humecte assez profondément, surtout si l’on a eu soin de presser l’étoffe à une vapeur ordinaire avant cette opération.
- Les autres moyens de donner de l’humidité aux étoffes ne présentent rien de particulier, si ce n’est que presque toujours on donne un pressage à la vapeur très-prompt avant d'humidifier.
- Nous avons dit que les Anglais nous devançaient généralement dans cette partie des apprêts, mais nous devons reconnaître que quelques hommes en France l’ont aussi améliorée, et parmi eux nous citerons Philippe Mouchard, d’Elbeuf, inventeur d’un décatissage sans plis, et d’un indestructible horizontal sans plis, outils qui ont rendu et rendent encore de grands services ; Chemery, de Sedan, créateur de la cylindreuse à cuvette, et Jules Des-coubet, d’Elbeuf, inventeur du décatissage-rame.
- L’Angleterre seule fait mieux ou aussi bien que nous les apprêts dont nous nous occupons. La Belgique nous est, suivant nous, un peu inférieure. Vient ensuite Brünn (Autriche). Les draperies des autres nations que nous avons pu examiner sont moins bien apprêtées, mais parmi elles, celles des fabriques russes nous ont paru relativement supérieures.
- Quant à l’Amérique, le travail du décatisseur n’est souvent qu’un trompe-l’œil, car il a surtout
- pour but de dissimuler sous un aspect brillant les imperfections des manipulations précédentes.
- PROCÉDÉ
- DESTINÉ A EMPÊCHER LE RÉTRÉCISSEMENT DE LA FLANELLE.
- Par M. Chauffert.
- Cette invention consiste à faire subir à la flanelle, soit à l’état de toile, soit foulée, un fixage à la vapeur en faisant passer à travers ce tissu de la vapeur sèche à haute pression.
- Cette opération s’accomplit de préférence dans une caisse close où la pièce de flanelle repliée lâchement sur elle-même est placée au-dessus d’une plaque creuse percée de trous et dans laquelle on fait arriver de la vapeur à l’état ci-dessus mentionné.
- La vapeur se dégageant par les trous de la plaque pénètre avec force dans le tissu, redresse les fibres de la laine, et les fixe dans une position com venable qui s’oppose à tout rétrécissement ultérieur, soit par le foulage, soit par le lavage.
- (Le Jacquard.
- ÉPAILLAGE CHIMIQUE
- Extrait d’un rapport au nom de la section des sciences physiques et naturelles
- ParM. J. Girard in
- Sur le procédé d’épaillage chimique des tissus de laine employé par M. Joly, d’Elbeuf.
- Lu en séance générale à la Société libre d’Émulation, du Commerce et de l’Industrie de la Seine-Infr.
- Messieurs,
- M. Joly, industriel à Elbeuf, s’est porté comme candidat à l’une de vos récompenses pour avoir le premier introduit dans le département une industrie nouvelle, à savoir : Yépaillage chimique des laines tissées et teintes en grand ou en petit teint. Sa demande a été renvoyée à l’examen de la section des sciences physiques et naturelles. C’est au nom de cette section à laquelle se sont réunis MM. Pimont et Hermite d’une part, et de l’autre
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- K
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- MM. Pelletier, Blin et Bellest, nos honorables confrères d’Elbeuf, que je viens vous rendre compte de ce qu’elle a fait, pour reconnaître si M. Joly a des droits sérieux à la récompense qu’il ambitionne....
- (Le rapporteur fait ensuite l’historique de l'é-paillage chimique des laines et passe en revue les divers brevets relatifs à cette industrie. Il constate que la partie essentielle de ces brevets réside toujours dans l’emploi des acides minéraux très-affai-blis, aidés de la chaleur. L’acide sulfurique a obtenu généralement la préférence pour les laines en toison et les draps; mais, sans intervenir dans les questions de priorité, il poursuit:)
- Mais si l’emploi des acides, et spécialement de l’acide sulfurique, réalise la carbonisation complète des époutils plus que tout autre agent chimique, ses avantages sont singulièrement limité8 par ce fait, qu’il ne peut être utilisé que pour les tissus blancs et ceux teints en pur indigo, les tissus teints en couleur petit teint ne pouvant supporter le contact des acides, même les plus faibles, sans subir des altérations notables dans leurs nuances.
- , L’expérience a donc démontré que l’acide sulfurique, ayant le grave inconvénient d’être retenu avec force par la laine, malgré les lavages les plus répétés, il en résulte qu’il est introduit avec elle, dans les bains de teinture, ce qui amène généralement des modifications dans toutes les couleurs du petit teint, alors même qu’on a eu recours à des bains alcalins, soit après l'épaillage des écrus, soit après les bains de teinture.
- On prétend, d’un autre côté, que ces petites quantités d’acide qui restent dans les laines finissent à la longue par altérer leur élasticité, et l’on estime la dépréciation qui en résulte à un franc par kilogramme.
- A Elbeuf, ce n’est jamais que la plus petite partie des tissus qui est vendue en écru, la majeure partie va chez le teinturier pour y recevoir des couleurs différentes. Or, comme celles-ci sont généralement de petit teint, il en résulte, d’après ce qui vient d’être dit, que la presque totalité des tissus teints ne peut être soumise à l’épaillage chimique au moyen des acides.
- Les choses étaient dans cet état lorsque M. Joly, après avoir longtemps cherché d’autres agents chimiques excempts des inconvénients précités, les trouva dans la classe des sels métalliques, notamment dans les chlorures de zinc et d’aluminium.
- Ceux-ci, contrairement aux acides libres, ne nuisent en rien à la souplesse de la laine, ni à la solidité de l’étoffe, ni à la teinture ultérieure, et tandis que les acides ne peuvent être employés, après teinture, sur les étoffes petit teint et même sur nombre de couleurs grand teint, les chlorures de zinc et d’aluminium peuvent parfaitement servir dans ces dernières conditions, puisqu’ils n’altèrent aucunement les nuances, quelles qu’elles soient.
- Les expériences de MM. Pommier et Chevreul. celles de M. Salvetat, professeur de teinture à l’école centrale de Paris, M. Barrai, chimiste, M. Lecerf, ancien fabricant d’Elbeuf, nommés tous trois experts par le tribunal de première instance de Rouen, dans la contestation survenue entre M. Frezon et M. Joly, les grandes quantités de tissus en nuances variées unicolores ou multicolores qui sortent des ateliers de M. E. Martin, concessionnaire des brevets pris par M. Joly, le 11 septembre 1873, confirment ce qui vient d’être dit des remarquables propriétés des chlorures de zinc et d’aluminium.
- Les attestations précédentes auraient bien suffi pour nous éclairer sur la valeur du procédé Joly, mais nous avons voulu nous en assurer par nous-même.
- Après avoir entendu, dans une réunion préparatoire, M. E. Martin, représentant de M. Joly, dont nous avons appris avec une vive émotion la mort presque subite, nous nous sommes rendus à Elbeuf, le lundi 30-mars, pour suivre toutes les phases du procédé d’épaillage par le chlorure d’aluminium, sel adopté de préférence, qu’on désigne dans le langage vulgaire sous le nom impropre de chlorhydrate d'alumine.
- Nous devons dire, tout d’abord, que ce composé ne se trouvait pas dans le commerce des drogues avant l’emploi qu'en |a fait M. Joly ; ce n’était, jusqu’à ce moment, qu’un curieux produit de laboratoire ; c’est M. Pommier, très-habile fabricant de produits chimiques de Saint-Denis, qui le prépare maintenant et l’expédie à l’état de solution concentrée marquant 20 degrés à l’aréomètre.
- Voici, en abrégé, les expériences qui ont été pratiquées par M. Martin :
- 1° On a fait passer des pièces de laine non foulées, teintes en bleu, en jaune, en bronze et en écossais, cousues les unes après les autres, dans un bain de chlorure d’aluminium marquant de h à 5 degrés de l’aréomètre, ce qui correspond environ à 36 p. 100 de sel ; les pièces ont circulé dans
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- Or
- le bain pendant vingt-cinq minutes environ, c’est-à-dire jusqu’à complète imbibition , à l’aide de deux rouleaux placés au-dessus de la cuve et tournant d’une manière continue;
- 2° Au sortir du bain, les pièces ont été placées dans une turbine tournant avec une vitesse de six cents tours à la minute, afin d’enlever le liquide en exces, ce qui a exigé de vingt à vingt-cinq minutes. Le liquide sortant de l’essoreuse était réintégré dans le bain précédent, qui peut servir pendant trois jours, en ayant soin d’y ajouter chaque matin une petite quantité de chlorure ;
- 3° Les pièces ont été ensuite portées dans une sécherie chauffée à la température de 50 degrés; elles y ont séjourné pendant plusieurs heures ;
- 4° Au sortir de là, on les a fait circuler durant vingt minutes dans une étuve maintenue à une température de 45 degrés.
- Ce passage s’effectue d’une manière continue à l’aide de cylindres tournant lentement.
- Lesdites pièces ayant été retirées de l’étuve, la commission a constaté que les époutils nombreux, dont elles étaient primitivement chargées, étaient complètement carbonisées en s’enlevaient avec la plus grande facilité par un simple brossage ou même en secouant le tissu.
- Elle a également reconnu que les couleurs n’étaient nullement altérées.
- J’ajouterai que, dans la pratique ordinaire, on termine les opérations par un dégorgeage avec la terre à foulon, afin d’enlever aux pièces tout le sel d’alumine qu’elles pourraient avoir retenu. Nous n’avons pas jugé nécessaire d’assister à cette terminaison de traitement, qui ne nous aurait appris rien de nouveau.
- Pour apprécier par nous-même l’action comparative sur les couleurs petit teint de l’épaillage par les acides, et de l’épaillage par le chlorure d’aluminium, nous avons fait préparer trois bains distincts.
- L’un avec de l’acide sulfurique entre 4 et 5 degrés de l’aréomètre ; un second avec de l’acide chlorhydrique au même degré ; un troisième avec du chlorure d’aluminium, à 5 degrés.
- On y a fait séjourner des bandes d’étoffes de laine teintes en diverses couleurs pareilles à celle qu’on prépare en grand dans la fabrication d’Elbeuf. Après vingt minutes d’immersion, les bandes ont été exprimées, séchées et enfin passées dans l’étuve à 145 degrés, en les attachant aux pièces qui y circulaient.
- La société peut constater, par les échantillons que nous plaçons sous ses yeux, que le chlorure d’aluminium respecte parfaitement toutes les couleurs de petit teint, tandis que les acides les dénaturent complètement.
- J’ajouterai que les bains acidés étaient fortement colorés après le séjour des bandes, tandis que celui du chlorure d’aluminium était resté incolore.
- J’ajouterai encore que MM. Pelletier, Blin et Belleste nous ont afirmé que, sans le procédé de M. Joly, il serait impossible à la fabrication d’Elbeuf d'épailler ses nombreux articles en couleur petit teint. L’honorable M. Blin qui, malgré l’affreux événement arrivé récemment dans sa fabrique, n’a pas hésité à venir nous prêter le concours de ses lumières, nous a déclaré que, bien qu’on employât chez lui l’épaillage par l’acide sulfurique pour les pièces en écru et les pièces teintes en pur indigo, il envoyait chez M. Martin toutes ses pièces petit teint pour y être épaillées au moyen du chlorure d’aluminium.
- De tout ce qui précède nous pouvons donc conclure :
- 1° Que le procédé de M. Joly est réellement efficace pour l’épaillage chimique des tissus de laine teints en toutes espèces de couleurs ;
- 2° Que personne avint lui n’avait reconnu cette propriété remarquable du chlorure d’aluminium de détruire les époutils, sans altérer ni la laine, ni les couleurs dont elle est pourvue ;
- 3° Que sa découverte est des plus importantes puisque, devant l’impuissance des procédés antérieurs d’épaillage chimique des tissus teints, elle a tiré d’embarras une grande partie de l’industrie d’Elbeuf et des autres villes où l’on s’occupe des teintures petit teint.
- Mais, dira-t-on peut-être, la découverte de M. Joly est des plus simples ? Sans doute.
- N’est-ce pas encore ici l’occasion de rappeler l’œuf de Christophe Colomb ?
- En résumé, la section est d’avis que la demande de M.' Joly est fondée et qu’elle peut être reuvoyée à la commission des prix et médailles.
- [Le Jacquard).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- LE MOUVEMENT COMMERCIAL.
- Le Journal officiel publie le tableau du mouvement du commerce de la France pendant les huit premiers mois de l’année 1877.
- Les importations se sont élevées, du 1er janvier au 31 août 1877, à 2,427,003,000 fr. et les exportations à 2,261,745,000 fr.
- Ces chiffres se décomposent comme suit : IMPORTATIONS 1877 1876
- Objets d’alimentation. 600.137.000 569.186.000
- Produits naturels et matières nécessaires à l’industrie. . . 1.399.431.000 1.477.881.000 Objets fabriqués . . 303.844.000 316.348.000 Autres marchandises. 123.591.000 170.265.000
- Total. . . 2.427.003,000 2.533.680.000
- EXPORTATIONS 1877 1876
- Objets fabriqués . . 1.189.200.000 1.266.568.000
- Produits naturels, ob-
- t jets d’alimentation et matières nécessaires à l’industrie. 939.067.000 939.968.000
- Autres marchandises. 133.478.000 121.884.000
- Total. . . 2.261.745.000 2.328.420.000
- La plus-value des importations sur les exportations s’est malheureusement augmentée dans une assez forte proportion pendant le mois d’août.
- En juillet la situation s’était sensiblement améliorée, puisque de 31 millions l’excédant des importations sur les exportations était tombé à 4 millions.
- En août, cet excédant est de 11,689,000 fr.
- En résumé, pendant les huit premiers mois de 1877, la France a reçu de l’étranger pour 153 millions et demi de plus qu’elle ne lui a expédié.
- . —=DE=THae*
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE NOUVELLE BAISSE DE PRIX
- PRIX DE DETAIL S
- Rouges.
- Fuchsine inférieure................ le kil. 12 fr
- — bonne courante..................... — 30
- — extra-supérieure............ — 40
- Rouge-cerise ou grenadine............ — 12
- Safranine en poudre.................. — 100
- Eosine............................... — 80
- Ponceau (cochenille artificielle).. — 80
- Rouge pivoine. *..................... — 20
- Ponceau pour coton...........«..... — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire..................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur..................................... — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5)........................... — 35 — — (no 3). — 65 — lumière (n' — 75
- Bleu de Lille, ou gros violet.............................. — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin................................... — 20 —.......................................................par kilo........................................................................................................................................................ — 18
- Bleu foncé..............................................., — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or.................. le kil. 45 fr.
- Jaune-orange............................................... — 45
- Orange supérieur pour soies.............................. — 175 Orangé n° 1 — couleur feu............................... — 40 — 2 — couleur plus vive.*..— 35 — 3 — nuance jaune........ — 40 Chrysoïne — 50
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge............. le kil. 50 fr. - bleu............................... - 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.................................. — 60 Violet moyen.......................... — 65 Violet lumière, bleu....................,.................. — 70 Violet pour remontages..................— 30
- Verts.
- Vert lumière........................ le kil. 100 fr.
- — — supérieur......... — 110
- Divers.
- Marron d’aniline..............
- Cris, par le bleu-noir........ oris-perle, par les violets... ooralline rouge...............
- — jaune (alcool)............. Purpuraline à l’état sec...... Xanthine (orange)............. Cachou de Laval...............
- 23
- 23
- 70
- 30
- 20
- 8
- 35
- 2
- 50
- A VENDRE D’OCCASION
- QUO1QUE NEUWES
- Au prix de 3 francs le kilogramme.
- Une chaudière pour teinturier contenant environ onze cents litres. — Poids 191 kil. robinet compris. Une chaudière pour teinturier contenant environ deux cents litrés. — Poids 63 kilos, avec robinets. Sur demande, on enverra le croquis coté. S'adresser à l'office du journal.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique
- Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, N° 19.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 5 Octobre 1877
- SOMMAIRE
- Leçons sur la teinture des laines (suite et fin), par M. JARMAIN. — Etude pratique des procédés d’épaillage Frézon et Joly, par M. J. Delong. — Emploi du mordant pour rouge turc dans la teinture et l’impression. — Emploi des couleurs d’aniline : Lutécienne (échantillons'). — Teinture pour la chapellerie (suite). — Tein-
- - ture des matières laineuses par la purpurine. — Sur le noir d’aniline, par l’abbé VASSART.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ; Rapport des délégués ouvriers elbeuviens à l’Exposition de Philadelphie (2e extrait). — Inventions brevetées : Bleu de France sur laine et soie ; Bleu indestructible ; Matière colorante; Lustrine; Auréosine.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : L’album du teinturier et du fabricant, par VanLAER. — Circulaire du ministre de l’agriculture et du commerce.
- AVIS
- À partir du 15 Octobre prochain, les Bureaux du Journal seront transférés Avenue des Amandiers, n° 10, près la place du Château-d’Eau.
- I
- LEÇONS
- SUR LA TEINTURE DES LAINES PROFESSÉES A LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES Par M. Georges JARMAIN
- {Suite et Fin.)
- noir d’aniline.
- Par l’emploi d’agents oxydants très-énergiques, tels que le chlorate potassique associé à un sel de ‘ cuivre ou de vanadium, les sels d’aniline sont convertis en une couleur noire intense qui a été appliquée avec succès dans l’impression des calicots, mais qui ne l’a pas été aussi heureusement, je crois, jusqu’à présent, dans la teinture de la laine pour laquelle ce colorant a moins d’affinité que pour la matière végétale. La couleur, inaltérable par le savon, l’acide ou l’alcali, convient conséquemment très-bien dans la fabrication de certaines étoffes, mélangées de coton et de laine, et pour lesquelles il est indispensable que la teinture au coton soit solide et ne coule pas au nettoyage. Le noir d’aniline semble remplir admirablement ces conditions. Les recherches de M. Samuel Mel-lor, de Patriroft, ont démontré que les difficultés éprouvées dans l’usage du noir d’aniline comme teinture du coton peuvent être, en grande partie, surmontées en employant les substances dans les
- proportions suivantes, et en séchant à une chaleur sèche de 140 degrés.
- Hydrochlorate d’aniline.... 16 onces (170 gr. 03) Chlorate de soude.......... 8 — (85gr. 015)
- Chlorure de vanadium....... 16 grains( 1 gr. 036)
- On fait dissoudre le tout dans de l’eau, de manière à former une solution de 1 gallon (4 1. 54). On peut se servir de cuivre au lieu de sel de vanadium, mais il en faut alors une plus grande quantité. Le coton est trempé dans ce mélange pendant une heure, retiré et séché à la température indiquée ci-dessus.
- Les difficultés qu’il faut vaincre dans l’emploi du noir d’aniline comme teinture sont la tendance de la couleur a devenir verte, et celle du tissu à perdre sa force.
- Le noir d’aniline, se séparant en cela de toutes les autres couleurs d’aniline, n’a qu’une très-faible affinité pour la laine ; il n’est donc pas probable qu’il trouve son emploi dans la teinture de cette matière filamenteues.
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- Teinture des tissus mélangés de coton et de laine.
- BLEUS.
- Teindre premièrement la laine avec un bleu alcalin, de la façon ordinaire, au silicate de soude, en ayant soin qu’elle ait seulement une nuance un peu plus claire que le modèle, parce qu’elle prend ensuite, dans la teinture du coton, un léger sup-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- plément de couleur. La laine une fois teinte, la laver, en développer la couleur dans l’acide et la laver de nouveau. Puis, teindre le coton avec du bleu monté jusqu’à la nuance voulue, en ajoutant pour cela la quantité de colorant qui sera nécessaire. Une solution d’alun doit être ajoutée à la teinture du coton. On teint le coton dans un bain froid.
- Lorsqu'on se sert des autres couleurs d’aniline, après que la laine a été teinte de la manière ordinaire, en prenant la précaution de rester un peu au-dessous de la nuance, pour les raisons indiquées à propos des bleus, on prépare le coton à recevoir la teinture en le lavant à sa sortie du bain au bois de teinture, en trempant ensuite la matière dans la liqueur de sumac et puis dans une solution d’oxymuriate d’étain d’environ 3oTw. (106 Baumé) pendant une heure. Le coton ainsi préparé peut être teint jusqu’à la nuance, à froid, avec la même teinture que celle dont on s’est servi pour la laine. C’est ainsi qu’on peut appliquer sur les articles mélangés le magenta, les violets Hofmann et de Paris et les verts iodine.
- On emploie fréquemment les couleurs d’aniline comme montants d’autres couleurs qui, bien que solides et résistantes, manquent de brillant.
- Le temps ne me permet pas de m’étendre plus longuement sur l’application industrielle de ces couleurs extraordinaires qui, depuis leur introduction, datant juste de vingt ans, ont complètement révolutionné l’art de la teinture dans une branche de ses opérations. Ces couleurs forment une série à part de substances tinctoriales qui permet au teinturier d’obtenir toutes les nuances colorées produites auparavant par d’autres agents; et, malgré leur manque de solidité et de permanence, elle donnent une telle facilité de satisfaire à tous les goûts du public, qu’elles tiendront toujours une place importante dans toutes les teintureries.
- En terminant, le professeur exprime le regret que les principes de l’art du teinturier soient si négligés en Angleterre et que les manufacturiers en articles de laine aient laissé depuis si longtemps cette branche très-importante de leur fabrication entre les mains d’hommes routiniers qui ne connaissent que la pratique pure. Ce n’est pas à dire pour cela que certains de ces habiles artisans n’aient, par l’expérience et les tours de main, porté cette industrie à une grande perfection ;
- mais il est temps d’ouvrir les yeux et de reconnaître que, dans cet âge scientifique, il n’est pas plus possible de lutter contre ceux qui travaillent d’après les principes de la science que de faire la guerre, avec les armes d’autrefois, contre un ennemi qui combat avec les armes modèles de précision. Il conseille donc aux manufacturiers de créer des bibliothèques et des laboratoires dans leurs usines, d’y réunir des jeunes gens auxquels on enseignera la chimie et les diverses opérations de l’art du teinturier, d’encourager les efforts que fait dans ce but la Société des Arts, de façon à former plus tard une légion de praticiens capables de comprendre, de modifier les procédés actuellement employés et d’en imaginer de nouveaux.
- [Traduction du Moniteur scientifique.)
- ------—S--c=clp-c3.3.,------
- ÉTUDE PRATIQUE
- DES PROCÉDÉS D’ÉPAILLAGE FRÉZON ET JOLY
- Par M. J. Delong.
- L’épaillage chimique, comme on le sait, est une opération qui a pour but de dissoudre, désagréger ou carboniser les matières végétales mélangées avec la laine.
- De nombreux brevets ont été pris, tant pour l‘é-paillage des laines, que pour celui des tissus de laine teints ou non teints ; mais à la suite de graves procès qui ont eu lieu, les jugements prononcés en dernier ressort n’ont laissé subsister que deux systèmes vraiment pratiques :
- 1° Celui de Frézon par les acides ;
- 2° Celui de Joly par les sels.
- Quels sont les avantages et les inconvénients de chacun de ces procédés ?
- C’est ce qu’une étude approfondie, appuyée sur des documents sérieux, peut seule résoudre.
- SYSTÈME FRÉZON.
- Le système Frézon, qui, notons-le en passant, n’est breveté que pour l’épaillage des tissus en pièces, tel qu’il est exploité aujourd’hui comporte les opérations suivantes :
- Immersion de l’étoffe dans l’eau acidulée ;
- Egouttage et essorage ;
- Carbonisage ;
- Désacidulage ;
- Lavage.
- De l’ensemble de ces opérations, il résulte bien
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- que la matière végétale se trouve carbonisée, mais, premier inconvénient, l’emploi de l’acide est cause qu’on ne peut employer ce procédé que pour les tissus blancs ou ceux teints en pur indigo, et encore, pour ces derniers, la teinte par suite de l'é-paillage baisse-t-elle un peu -, la nuance est encore beaucoup plus abaissée pour les bleus remontés ou avivés, aussi a-t-on généralement le soin pour les pièces destinées à être épaillées, de teindre la laine un peu plus foncée que le type, si l’on est forcé de donner une couleur demandée.
- Un deuxième inconvénient encore plus sérieux, est celui, parfaitement bien constaté aujourd’hui, de l’altération que subissent la laine ou les tissus de laine, par la présence de petites quantités d’acide qui restent dans la laine ou les étoffes de laine, malgré tous les lavages et même le désaci-dulage, et quelque bien faites que soient ces opérations.
- Pour le premier point : L’action des acides sur les matières colorantes est trop connue pour qu’il soit nécessaire de s’étendre sur ce sujet, cependant, il est bon de se rappeler que par suite des expériences de MM. Salvetat, Barrai et Lecerf, il a été parfaitement bien constaté que l'épaillage effectué suivant le procédé Frézon altère les petits teints, à ce point que les tissus en deviennent invendables ; Que malgré tous les bains alcalins essayés, la nuance altérée n’a jamais pu être ramenée à son état normal.
- Ce n’est pas seulement l’acide sulfurique qui altère les nuances, tous les autres acides, dans les mêmes conditions, se conduisent de même, et cela est facile à comprendre : par suite de son passage dans le bain acide, la matière est non-seulement virée de nuance, mais encore elle est rendue soluble, une partie reste donc dans le bain, une autre Part aussi à l’essorage, et, quelle que soit la force du bain alcalin, il devient impossible de ramener la laine ou le tissu de laine à sa nuance primitive, Puisque, comme on l’a vu, une certaine quantité de matière colorante est disparue.
- La matière colorante ayant subi une altération sensible par son passage dans le bain acide, et étant exposée dans cet état à une température de 110 à 120 degrés centigrades, il y a là encore une cause qui neutralise l’action des alcalis.
- Pour le deuxième point : l’altération des étoffes de laine par l’effet de l’emploi de bains acides, n’est Pas moins bien prouvée que dans le cas précédent ; en effet, indépendamment de ce que l’on peut relever
- dans certains rapports scientifiques, il est un fait qui prouve jusqu’à l’évidence l’effet nuisible des acides sur la laine ; c’est l’action du foulage.
- Pendant un certain temps, l’épaillage s’est fait sur les étoffes en écru, et, toujours le foulage qui suivait cette opération a été mal réussi ; l’étoffe, malgré tous les lavages et dégorgeages qu’on lui faisait subir, foulait difficilement, les tares par suite étaient nombreuses, le déchet en bourre de foulon était incomparablement plus grand que dans les étoffes similaires non épaillées ; enfin, la mauvaise réussite était telle, que l’on a été forcé de renoncer à l’épaillage avant le foulage, et qu’aujourd’hui ce n’est généralement qu’après les premières façons du lainage que l’on effectue cette opération.
- Par ce qui précède, on voit que l’épaillage par bains acides est loin d’être parfait ; cependant, à son apparition, c’était un progrès réel en industrie, puisque ce système permettait d’employer des laines restées sans emploi, ou difficiles à employer, par le trop d’ordures, pailles ou gratterons qui s’y trouvaient mélangées ; ainsi par exemple, les blous-ses à paillons doivent-elles à l’épaillage d’être employées avantageusement aujourd’hui.
- Tel était l’état de la question lorsqu’un nouveau système parut : M. Joly, à la suite de nombreuses recherches et à force d’expériences, avait découvert que certains corps, autres que les acides, pouvaient permettre d’épailler les laines et les tissus de laine, sans altérer aucunement la laine, ni par conséquent les étoffes, mais encore que les nuances, fussent-elles petit teint, étaient complètement respectées par l’emploi de ces corps.
- SYSTÈME JOLY.
- Le système Joly, indépendamment des avantages qui vont être énumérés plus loin, offre déjà cela de particulier qu’il est tout à fait inoffensif pour la santé des ouvriers.
- Avec l’emploi des bains acides, les émanations sont telles que les ouvriers ne peuvent garder sur eux d’étoffes en coton, chanvre ou lin-, pour leur travail, ils se servent de vieux vêtements en laine, en plus, afin d’éviter autant que possible le contact de l’acide sur la peau, l’emploi de gants en caoutchouc leur est indispensable ; par le système Joly-, rien de tout cela, aucune émanation malfaisante et les ouvriers peuvent travailler impunément bras nus, sans rien craindre ni pour leurs effets ni pour leur santé.
- Passage au bain ;
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- LE MONITEUR DE LÀ TEINTURE
- Essorage ;
- Séchage ;
- Carbonisage -,
- Lavage.
- Tel est le travail à faire subir à la laine ou à l’étoffe pour détruire les matières végétales • l’ensemble ressemble à première vue au système Frézon ; mais là où est la grande différence, c’est que d’après le brevet Frézon, ce sont les acides minéraux et surtout l’acide sulfurique qui seuls peuvent servir à l’épaillage ; tandis que dans celui Joly, c’est au moyen des sels en général qu’on obtient ce résultat -, le chlorure d’aluminium est le sel auquel Joly avait donné la préférence.
- L’épaillage par le système Joly a cela de vraiment remarquable c’est qu’il peut s’appliquer aussi bien aux laines qu’aux étoffes de laine teintes ou non teintes, aux déchets, aux gratterons, enfin à tout ce qui est laine et dont on a intérêt à enlever la matière végétale.
- Des expériences qui ont-été faites, principalement par MM. Pommier et Cheyreul, Salvetat, professeur de teinture à l’Ecole centrale de Paris, Barrai, chimiste, Lecerf, ancien fabricant d’Elbeuf, J. Girardin, l’éminent professeur de chimie, à Rouen, etc., il résulte de tous les rapports publiés par ces messieurs que J'épaillage tel qu’il est pratiqué par le système Joly n’altère en rien la laine, ni les étoffes de laine, que les laines ou les étoffes teintes ou non, peuvent être épaillées sans que les couleurs même petit-teint, subissent aucun changement de nuance.
- Comme on le voit, le procédé Joly est infiniment supérieur à tous ceux connus jusqu’à aujourd’hui, aussi est-il avantageusement employé pour :
- A. L’épaillage de la laine mêlée de gratterons provenant du résidu des égratteronneuses mécaniques.
- B. L’épaillage de la laine ordinaire, chargée de pailles ou gratterons, teinte ou non teinte.
- C. L’épaillage des étoffes en écru ou foulées, teintes ou non teintes, que la couleur soit unie ou que l’on agisse sur les tissus dits nouveautés à une ou plusieurs nuances.
- D. Différents essais, semblent même avoir prouvé qu’il est possible de détruire les pailles sans pour cela toucher au coton.
- A. Parmi les laines employées pour la fabrication des draps et nouveautés, il s’en trouve qui sont tellement chargées de graines, chardons, gratte
- rons, etc., que l’on est forcé de les passer dans une machine spéciale dite échardonneuse ; les déchets produits par cette machine sont mélangés de laine dans une assez grande proportion, puisqu’il n’est pas rare de retirer 25 à 30 pour 100 de laine pure de certains déchets ; ce serait vraiment une perte énorme s’il n’y avait pas moyen de séparer économiquement la laine des impuretés végétales qui y sont mêlées ; ce moyen c’est l’épaillage chimique. Par le système Joly, sans altérer aucunement la nuance de la laine, il est facile d’en séparer toute la matière végétale, on peut donc à la suite mêler la laine extraite des gratterons avec le reste du teint pour réaliser une assez grande économie ; de plus, si toutes ces opérations se font dans le même établissement, le déchet général sera sensiblement diminué.
- B. Les raisons qui militent en faveur de la laine extraite des déchets, ont encore plus de force à propos de l’épaillage de la laine, qu’elle soit en blanc ou après teinture.
- La laine après le dégraissage et la teinture est lavée, séchée, battue, triée, puis envoyée à la filature ; le battage et le triage étant des opérations faites mécaniquement ou à la main, laissent toujours plus ou moins à désirer ; il n’en est pas de même de l’épaillage qui, opérant chimiquement, enlève les plus petites parcelles de matière végétale mêlées à la laine.
- La laine teinte, épaillée par le procédé Joly, est envoyée directement à la filature à la suite de l'é-paillage, après battage, sans triage ; l’hydrate d'a-lumine ainsi que le résultat de la désagrégation des matières végétales tombent dans les opérations subséquentes sans qu’il soit nécessaire de s’en occuper .
- C. L’épaillage des étoffes a pris une telle importance aujourd’hui qu’il semble primer l’épaillage de la laine ; cela tient probablement à l’emploi énorme de blousses pailleuses que l’on utilise actuellement, et qu’il est avantageux de faire filer, tisser et épailler en pièce.
- On peut affirmer que sur 100 pièces épaillées par le système Joly, quatre-vingt-quinze au moins le sont en écru ; c’est déjà là une preuve de l’excellence de ce genre de travail, et, ce qui est incontestable, c’est que des pièces épaillées ayant été foulées avec leurs contre-pièces non épaillées, il a été impossible d’observer des différences quelconques dans l’action du feutrage ; toutes les pièces avaient été pesées avant le foulage et après cette
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- opération trouvées, épaillées ou nop, exactement du même poids.
- L’emploi de ce système permettant de passer des pièces teintes en bleu, en vert, en jaune, en bronze et même en garance sans altération de la nuance, il a été possible de conclure de ce fait la possibilité d’épailler les nouveautés quel que, soit leur dessin ; l’expérience a confirmé l’exactitude de ce raisonnement, et aujourd’hui l’épaillage des nouveautés commence à prendre un assez grand essor.
- D. Les matières végétales traitées par les acides et la chaleur sont carbonisées, ce qu’il est facile du reste de constater par les grosses ordures qu’il est possible d’écraser sous le doigt ; il n’en est pas de même avec les sels.
- Quand l’épaillage a été effectué par l’emploi des sels, la matière végétale est à peine colorée, elle se désagrège par frottement ou écrasement et, chose remarquable, ce sont les substances les plus dures qui sont les premières attaquées, les pailles d'abord, ensuite le chanvre, le lin, le coton ; aussi des essais faits, en faisant varier la chaleur et le temps de l'exposition des pièces à l’étuve, ont-ils permis de croire qu’il serait possible industriellement d’enlever les matières végétales dans une pièce sans toucher au coton ; ce serait un avantage immense pour ceux qui font des pointillés coton,
- Deux reproches ayant été faits au système Joly, il peut être bon de les discuter ici :
- il a été dit que les blancs épaillés par le procédé Joly n’étaient pas assez blancs pour pouvoir être livrés en cet état au commerce ? C’était vrai, mais aujourd’hui cela ne l’est plus, en voici l’explication :
- A Elbeuf, on fait si peu de blanc pour rester en blanc, que M. Joly probablement ne s’était pas occupé de ce détail, mais ayant vendu son procédé à la maison Bellot, Douine et Cie, de Reims, on s’est occupé de parer à cet inconvénient qui a vite disparu.
- Par le procédé Joly, comme par celui à l’acide, la laine ou les étoffes de laine sont exposées un certain temps à une température de 120 à 130 degrés ; or, à cette température, la laine blanche jaunit un peu, cela n’a aucun inconvénient pour les pièces à teindre, mais c’est nuisible pour celles à conserver et vendre en blanc. Eh bien ! qu’a-t-on fait ? La température de l’étuve a été diminuée et les pièces y sont restées plus longtemps ; des pièces de blanc épaillées par le procédé Joly et exposées
- à une température de 90 degrés maximum ont été parfaitement réussies comme épaillage et sont restées d’une blancheur éblouissante.
- Quant au second reproche, s’il était fondé, il serait tout aussi bien applicable au système Frézon qu’à celui Joly : il s’agit de la difficulté que l’on peut trouver au foulage pour opérer l’action du feutrage.
- Cela peut arriver par suite d’un mauvais lavage des pièces après l’épailllage -, il est évident que si les étoffes ne sont pas parfaitement bien dégorgées, il restera un hydrate d’alumine qui se combinera avec le savon pour le rendre insoluble, il restera donc dans l’étoffe comme matière inerte très-nuisible, et qu’il sera même difficile d’enlever ; mais il est bon de le répéter, le lavage étant bien fait, cet accident n’est jamais à craindre, au contraire ; certains industriels, parmi lesquels nous pourrions citer M. Bertrand, de Louviers, prétendent qu’ils obtiennent un feutrage plus prompt et plus facile avec les draps épaillés qu’avec ceux qui n’ont pas subi cette opération.
- L’action des acides sur les matières végétales a parfaitement été bien expliquée par M. Aimé Girard, professeur au Conservatoire des Arts-et-Métiers ; mais quelle est l’action des sels dans l’épaillage système Joly ?
- Les experts, MM. Salvetat et Barrai, ont bien dit que « le chlorhydrate d’alumine n’avait aueun rapport avec les acides végétaux ou minéraux ; que l’épaillage par ce sel ne peut être attribué qu’à une propriété particulière tout en dehors de l’influence que l’acide chlorhydrique exercerait s’il était employé à l’état d’acide et complètement inconnu dans l’industrie jusqu’au jour où Joly en a découvert et appliqué les propriétés. »
- Cette réponse, comme on le voit, constate bien la différence entre les sels et les acides, ainsi que celle existant entre leurs effets ; mais ne nous dit rien de la propriété particulière inhérente à l’emploi des sels.
- S’il nous était permis, après les savants qui se sont occupés de cette question, d’émettre une hypothèse sur ce sujet, nous dirions qu’un fait nous a surtout frappé en voyant ce genre d’épaillage : c’est celui déjà relaté plus haut de l’altération subie par les pailles et de l’état de friabilité dans lequel se trouvent les matières végétales au sortir de l’étuve ; n’y aurait-il pas là une espèce de cristallisa-bilité des sels employés, de dépôt de vernis, si l’on veut, qui rendrait les pailles et autres ordures plus
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cassantes ? Ce n’est, nous le répétons, qu’une hypothèse, mais la manière dont épaille la maison Bellot, Douine et Cie semble encore lui donner une apparence de raison ; dans cette maison, les draps blancs au sortir du séchoir qui, comme on l’a vu, n’est chauffé qu’à 90 degrés, sont immédiatement introduits dans une espèce de foulon ou pile sèche ; on les y laisse marcher deux heures, et après ce temps, il ne reste plus aucune trace de matière végétale dans les étoffes.
- Enfin, un dernier fait encore plus probant suivant nous que les autres, est que des gratterons épaillés avec les sels et laissés à l’humidité pendant un jour n’ont pu être pulvérisés ensuite, malgré leur passage au brisoir.
- Tel est l’ensemble des réflexions qui nous ont été suggérées par l’étude que nous avons tenu à faire des deux brevets Frézon et Joly ; si nos préférences sont acquises à ce dernier, c’est que réellement nous y avons reconnu des avantages incontestables.
- (Le Jacquard.)
- EMPLOI DU MORDANT
- POUR ROUGE TURC DANS LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- Le docteur Müller-Jacobs de Zürich a publié une brochure où se trouve décrite la production du rouge turc par son mordant sur les étoffes et les filés (1).
- Nous lui empruntons ce qui suit :
- 1°.— Rouge turc sur pièces ou filés,—pour 100 h. de matières. — Débouillir la matière, laver, essorer puis imprégner, à la main ou au moyen d’une machine à mordancer, dans un bain blanc formé de :
- Mordant pour rouge turc......... 7 kil.
- Eau froide........................ 100 »
- Alcali volatil (ammoniaque) 1 »
- Tordre et sécher de 30 à 45° c., puis étendre 12 heures et retourner deux fois. Exposer ensuite à l’air pendant 12 heures également et porter dans un bain formé à la température de 40 à 45° c. de :
- Eau...................... 1.000 litres.
- Craie.................... 1 kil. 500
- (1) Ce mordant (voir notre numéro 14 du 20 juillet 1877) est à peu de chose près le même que celui fabriqué par P. Lhonoré et Cie, du Havre.
- On peut se procurer à un prix modéré le procédé de fabrication de ce mordant à l'office du journal.
- y manœuvrer les pièces ou les écheveaux jusqu’à humectation complète, pendant 1 heure.
- La matière est alors propre à recevoir la teinture.
- Bain de teinture, pour 100 kil. de matières. On prépare le bain avec :
- Alizarine (artificielle à 15 ...... 8 kil. 500
- Mordant pour rouge turc............ 8 »
- Manœuvrer à froid pendant une demi-heure puis monter lentement au bouillon en deux heures. Faire bouillir encore une demi-heure et lever.
- Les matières doivent ensuite être bien lavées, essorées ou tordues à la cheville.
- La qualité de l’eau employée n’a pas d’influence marquée sur ce procédé de teinture.
- Si l’opération a été bien conduite, les tissus ou les filés auront une belle nuance rouge d’une régularité parfaite,
- L'avivage et le rosage se font comme à l’ordinaire dans une chaudière ouverte ou close contenant un bain composé de savon, de cristaux de soude et de sel d’étain, comme nous l’avons indiqué page 162; on lave et on seche à l’air.
- Après ce lavage, un passage dans une eau froide acidulée par l’acide sulfurique ou chlorhydrique, rend à la couleur un ton plus jaune et plus vif, mais il est nécessaire de laver une dernière fois.
- Le rouge obtenu par ce procédé peut rivaliser avec les plus beaux rouges turcs ordinaires et les égale en solidité, en vivacité et en brillant tout en attaquant moins les fibres que les huilages répétés du procédé ancien.
- A suivre.
- (Fœrber-Zeitung).
- EMPLOI DES COULEURS D'ANILINE
- (Suite)
- Lutécienne.
- Le produit, nommé Lutécienne, et fabriqué par A. POIRRIERde Paris, est d’un rendement égal à trois fois celui de l’éosine ; ce colorant, donnant lestons du ponceau de cochenille, paraît appelé à remplacer cette dernière.
- Dissolution. — Le produit est entièrement soluble dans l’eau chaude, mais pour faciliter la dissolution il est bon d’y mettre un peu d’acétate ou de carbonate de souple ; filtrer la dissolution avant de la verser dans le bain de teinture.
- La Lutécienne s’emploie plus spécialement pour
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- laine ; sur coton on obtient cependant la nuance ponceau au moyen d’un passage sur sel d’étain avant et après teinture.
- Teinture de la laine.
- Préparation. — Pour obtenir des nuances unies, vives et brillantes, il est nécessaire de dégraisser complètement la laine, soit au carbonate de soude soit au savon, et de la laver ensuite dans l’eau chaude, pour bien enlever tous les corps gras.
- Teinture. — On forme le bain en ajoutant au colorant du tartre et de l’alun que l’on met en une seule fois -, l’on continuera à teindre en chauffant jusqu’à 98° c.
- On peut teindre aussi en ajoutant dans le bain de teinture de l’oximuriate d’étain et de l’acide tar-trique.
- L’échantillon n° 1, que nous donnons ci-dessous, est obtenu avec un mélange par parties égales de lutécienne et d’orangé n° 2 — (voir page 186 et 198, n° 16 et 17 du mois d’août dernier).
- L’échantillon n° 2 est obtenu par l’orangé n° 2 et le carmin d’indigo.
- Ne 1- Orangén°2 et Lutécienne (parties égales).
- N* 2. Orangé n° 2 et carmin d'indigo.
- TEINTURE
- POUR LA CHAPELLERIE (I)
- le chapelier n’est qu’un teinturier d’occasion et n’apporte pas à ses manipulations les soins minutieux du teinturier de profession. Il sait que la coiffure n’a qu’une durée éphémère et se dit que la nuance durera au moins autant que le chapeau. Ce qui n’arrive pas toujours malheureusement.
- Disons tout de suite que cette sorte de laisser-aller, excusable chez un petit fabricant, devrait être banni des ateliers de nos grandes usines, dans lesquelles l’outillage, la science des procédés et l’habileté des manipulations sont à la hauteur des meilleurs etablissements tinctoriaux.Là, rien n’empêche le fabricant de faire fouler au sulfate d’indigo tous les chapeaux en belle qualité destinés aux nuances noir, marron et toutes autres foncées. Cette précaution assure une teinte mieux nourrie et d’une grande solidité.
- En dehors de ceci, signalons l’utilité primordiale d’une addition, à dose modérée, de sulfate de soude dans le bain de teinture.
- Cette substance augmente la densité du bain et, par suite, le degré de sa température : en outre, elle neutralise, si besoin est, tout excès d’acide provenant de la foule ou laissé libre par le sulfate de fer.
- Le rôle joué par le sulfate de soude est d’une grande importance, au point de vue surtout de la neutralisation de l’acide en excès : on peut,en suivant les phases de l’opération, constater, à la simple vue, que la nuance, affaiblie par la présence de l’acide, se renforce en raison directe de l’élimination de cet acide, au point que- l’on pourrait aisément nourrir et foncer une nuance jusqu’à l’extrême, si, d’ailleurs, les doses des matières tinctoriales n’étaient pas trop faibles.
- Ce n’est pas la première fois que nous préconisons ici l’emploi du sulfate de soude et nous aurions aimé qu’on tînt un plus grand compte de nos recommandations à cet égard.
- D. Broche.
- (Moniteur de la Chapellerie).
- [Suite]
- On nous signale de divers côtés les inconvénients du peu de fixité du noir dans les chapeaux, notamment dans les impers poil ras, tout lapin.
- Il est bon que les plaignants comprennent ceci :
- (1) Voir les n” 13, 14, 15, 17 et 18 année courante.
- TEINTURE
- DES MATIÈRES LAINEUSES PAR LA PURPURINE
- La purpurine teint fort bien la laine. On mor-dance comme à l’ordinaire, en ajoutant une petite quantité de tannin pour les rouges. Les produits
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- teints sont lavés et offrent alors des reflets brillants et solides.
- On recommande la méthode suivante pour teindre en rouge à la vapeur, avec la purpurine, des tissus mordancés à l’alumine :
- Mêler à la purpurine 20 %/o de son poids de soude, bien mélanger et ajouter de l’eau chaude. On arrive ainsi à un beau ton rouge que l’on filtre et qu’on laisse un peu refroidir ; on mélange ensuite à une pâte d’amidon, de façon à obtenir une constance suffisante pour pouvoir imprimer. Cette couleur se conserve longtemps sans s’altérer. Après l’impression, on passe à la vapeur et on lave. Vingt grammes de purpurine par litre fournissent un très-beau rouge. Si, en filtrant la dissolution de purpurine, il reste sur le filtre quelque matière colorante, ce résidu peut être utilisé dans les opérations de teinture ordinaires.
- En teignaqt la laine à la purpurine, nous mor-dançons comme pour la garancine, soit avec du tartre et de l’alun, soit avec du tartre et une dissolution d’étain.
- La dissolution d’étain qui donne les meilleurs résultats est celle-ci :
- 300 parties d’acide nitrique ;
- 100 parties d'eau ;
- 50 parties de sel ammoniaque ;
- 50 parties d’étain.
- On verse graduellement dans un récipient plongé dans l’eau froide, et l’on fait usage de la dissolution après l’avoir filtrée.
- Pour mordancer la laine, on la met dans un bac à 30° dont on élève la température à 76° 6 dans l’espace d’une heure. La laine est sortie ensuite, tordue, teinte à une température de 30° centigr. dans la purpurine que l’on fait bouillir une demi-heure.
- La purpurine est neutralisée avantageusement au moyen d’un peu de savon ou de carbonate d’ammoniaque cristallisé. On la met à cet effet dans une bouteille contenant une quantité suffisante d’eau bouillante à laquelle on ajoute le carbonate alcalin. Le tout est versé dans le bac à teindre.
- La laine mordancée avec de l’alun et du tartre prend une brillante teinte cramoisie. Mordancée avec une dissolution de tartre et d’étain, elle est nuancée d’un rouge presque aussi fin que celui de la cochenille ; 2 à 4 grammes suffisent pour un mètre carré de mousseline ou de mérinos. Pour un rouge orange la laine est préparée avec du tartre et une dissolution d’étain à laquelle on mélange
- une petite quantité de fustet ou d’extrait de bois de fustet ; le tout est chauffé à 70° dansun récipient d’étain, rincé à l’eau courante, et teint à la purpurine comme ci-dessus.
- Si la nuance n’est pas suffisamment orange, on peut ajouter au mélange de l’extrait de bois de fustet en faible proportion.
- (Textile Manufacturer}.
- SUR LE NOIR D’ANILINE
- Par M. l’abbé VASSART.
- M. l’abbé VASSART donne la première partie de son travail sur le noir d’aniline. Il essayera de répondre à toutes les questions qui peuvent intéresser le chimiste et l’industriel sur cettematière colorante dont les applications sont si importantes, mais hérissées de tant de difficultés.
- 1. Quelle est la constitution atomique du noir d’aniline ? Toutes les analyses qui ont été faites des noirs obtenus dans les conditions les plus diverses montrent que la base du noir dérive de l’aniline et non des homologues supérieurs. Le noir d’aniline type serait une tétramine et résulterait de l’oxydation de l’aniline.
- 2. Quelle est l’aniline préférable pour le noir ? La solution précédente, qui paraît tout d’abord n’avoir qu’un intérêt purement scientifique, fournit la réponse à cette seconde question : l’aniline préférable pour la formation du noir, c’est l’aniline la plus exempte de toluidine, cette dernière entrant dans la formation de la rosaniline et de la mauvaniline, mais n’entrant pas dans la formation du noir. Une méthode des plus simples est proposée pour mettre l’industriel à même de vérifier rapidement les conditions dans lesquelles se trouve l’aniline qu’on lui offre pour noir.
- 3. L’intervention d’un métal ou d’un sel métallique est-elle nécessaire pour la formation du noir? Théoriquement, il faut répondre negativement : industriellement, l’intervention d’un métal, susceptible de passer plus ou moins facilement par deux états d’oxydation minimum et maximum, doit être regardée comme indispensable. Cette proposition est appuyée sur l’étude raisonnée de tous les procédés industriels qui ont été ou qui sont encore actuellement pratiqués : procédés aux sels de cuivre solubles et insolubles, procédés au ferrocyanure,
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- procédés par la teinture bistre ou par la teinture rouille, procédés au bichromate et procédés aux va-nadates.
- [Société industrielle du Nord de la Frunce).
- = MM -e = MM 5 on Imy = MM tees E BS
- RAPPORT
- DES DÉLÉGUÉS OUVRIERS ELBEUVIENS à l’Exposition de Philadelphie.
- (2e Extrait.)
- Quelles sont les observations des délégués sur le dégraissage des étoffes aux Etats-Unis ?
- Le dégraissage des étoffes de laines y est généralement mauvais. Au lieu de suivre notre système, c’est-à-dire dégraisser, épinceter, rentrayer et fouler, l’Américain dégraisse et foule en une seule opération.
- Il n’y aurait peut-être pas là un grand inconvénient si le dégraissage était bien fait et que l’étoffe fût parfaitement bien lavée et dégorgée avant de pro-. céder au foulage, mais on n’y regarde pas de si près.
- Le dégraissage a pour but : 1° d’enlever aux étoffes les corps gras ajoutés à la laine pour faciliter le cardage et le filage, 2° la colle nécessaire pour le tissage, et 3" les impuretés entraînées accidentellement pendant les transformations delà laine en fil et tissu.
- Quantité d’ingrédients ont été employés pour arriver à un bon résultat ; la terre à foulon, le savon et l’urine, seuls ou mélangés, sont ceux qui ont eu et ont encore la préférence -, en dehors de ces corps, on s’est servi de la bouze de vache et de bœuf, de fiente de cochon, de crottins de mouton, etc., délayés et fermentés dans de l’eau ou de l’urine. Tous ces moyens sont bons puisqu’ils reposent sur la théorie des alcalis, et peuvent se combiner avec la graisse pour former un savon soluble qui nettoie les étoffes sans les feutrer.
- Dans l’article ensimage, nous avons vu qu’en Amérique il était employé pour graisser la laine beaucoup d’oléine, ou un mélange d'huile végétale et minérale ; or, tous ces corps sont facilement saponifiables par les alcalis.
- Le manufacturier américain dégraisse beaucoup au carbonate de soude, lequel par sa combinaison avec l'huile d’ensimage produit un savon que l’on
- a intérêt à employer pour le foulage, et c’est précisément ce qu’il fait, mais aussi, toutes les impuretés se mélangeant avec le savon formé, donnent une matière tellement sale qu’il est impossible de bien nettoyer le tissu.
- Ajoutons que les fabricants américains employant beaucoup d’effilochages, ne poussent pas le dégraissage-à fond, afin de faire perdre moins de poids à l’étoffe.
- Ce que nous disons plus haut s’applique aux draperies en général mais il y a des exceptions pour certains tissus, principalement pour les casimirs bleus et les étoffes lisses.
- Les machines à dégraisser employées sont exactement semblables aux nôtres.
- Des essais de dégraissage par le sulfure de carbone, l’éther, la benzine ont bien été faits, mais, comme chez nous, ils ont été vite abandonnés.
- Puisque nous parlons de dégraissage, nous croyons pouvoir ajouter ici quelques renseignements ayant plus de rapport, il est vrai, avec la 25° question qu’avec celle dont nous nous occupons ; mais comme nous ne les avons pas connus plus tôt, nous croyons qu’il vaut mieux en parler maintenant que pas du tout.
- Les Américains utilisent le suint non-seulement pour la fabrication de la potasse, mais encore pour celle duprussiate de potasse, et il paraît que la valeur du rendement est supérieure par la fabrication de ce dernier produit. L’inventeur est M. Haver, chimiste américain, qui, précédemment, exploitait une fabrique de produits chimiques où il se contentait de traiter le suint pour en obtenir de la potasse sèche.
- A ce même endroit de notre rapport nous avons parlé du dégraissage des pièces par le suint. Nous n’avons rien à retrancher ni à ajouter à ce que nous avons dit concernant les résultats que l’on obtient ; mais nous croyions alors ce procédé relativement nouveau. Or, nous avons sous les yeux la recette suivante qui date du milieu du siècle dernier.
- « S’il arrivait qu’on eût des laines qui eussent été mal lavées d’abord, et dont le suint fût très-adhérent, par quelque cause que ce soit, on userait d’une eau qui aurait déjà lavé d’autre laine, et qui serait imprégnée de graisse, elle attendrirait mieux le suint et accélérerait le dégraissage. Si la laine qui aurait trempé la première dans l’eau était plus commune que celle qu’on voudrait y mettre ensuite il faudrait passer cette eau au tamis, pour éviter le mélange des parties grossières qui pourraient y
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- être restées, avec la matière qu’il serait question de nettoyer.
- « C’est ainsi qu’on dégraisse leslainesen Languedoc où jamais l’on n’emploie l’urine qu’on prétend dessécher trop la laine, et l’on met celle-ci dans un filet pour la plonger dans la cuve -, méthode vicieuse, en ce qu’elle ne permet pas d’agiter la laine autant qu’il convient -, nécessaire, lorsque opérant sur une laine déjà lavée on garnit le bain de laine grasse ou en suint avec laquelle on ne veut pas la mêler ; mais cet inconvénient est facile à éviter en lavant d’abord la laine en suint pour en employer l’eau après avoir coulé celle-ci au tamis comme nous venons de l’indiquer. »
- « On agite la laine dans l’eau avec un bâton durant un quart d’heure, après lequel on la laisse reposer une demi-heure; alors on la retire, pour la mettre dans des mannes ou paniers qui sont plongés dans une eau courante et où on l’agite encore avec une sorte de rateau pour qu’elle se décharge parfaitement de la graisse et de la malpropreté. »
- Du dégraissage des laines au dégraissage du tissu il n’y avait qu’un pas ; aussi n’est-il pas étonnant que le Dictionnaire encyclopédique des arts et manufactures ait pu publier cette seconde recette dès l’année 1785.
- « Le dégraissage s’opère très-bien avec un bain de surge, c’est-à-dire avec de l’eau dans laquelle on a dégraissé de la laine en toison, non lavée avant la tonte : c’est ainsi qu’on en use à l’égard des serges de St.-Lô, en les foulant aux pieds dans de grandes auges en bois, creusées en forme cylindrique. »
- Ajoutons enfin qu’aux Etats-Unis, le nombre des fabricants qui emploient aujourd’hui l’eau de suint pour le dégraissage des draps après leur tissage, est plus grand que nous ne l’avions d’abord supposé, et que c’est surtout dans les Etats du centre que ce procédé est le plus en usage.
- Nous avons dit précédemment quelles raisons s’opposaient à la mise en pratique dans notre ville de ce système que nous considérons comme des plus avantageux, tant sous le rapport économique qu’au point de vue de la belle fabrication, mais ces raisons n’existeront pas éternellement, et nous croyons qu’il serait bon que des essais fussent faits aussitôt que possible afin de s’assurer dès à présent de la valeur exacte de celle manière de faire.
- . (A suivre. )
- INVENTIONS BREVETÉES
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Procédés pour obtenir en teinture sur laine et soie les couleurs dites bleu de France.
- Par M. J. BANG.
- Mon procédé a pour but d’employer la presque totalité du cyanogène contenu dans le ferricyanure, à la formation du bleu, et par conséquent d’empêcher toute émanation dangereuse.
- A cet effet, je fais usage du cyanure rouge mélangé avec un sel de fer au maximum, équivalent par équivalent ; mais quelquefois dans des proportions variables suivant la nuance qu’on veut obtenir.
- C’est donc en réalité du ferricyanure de peroxyde de fer que j’emploie. Ce sel est parfaitement soluble, monte graduellement sur la laine ou soie et se transforme par la chaleur en bleu qui reste fixé. On obtient ainsi presque le double de rendement en couleur comparativement avec du cyanure pur.
- Bleus indestructibles
- Par MM. Kinsbouy et Robert père.
- Pendant la formation des noirs obtenus par l’aniline ou même après teinture de ces noirs sur cotons et fils ou tissés, les auteurs ont fait subir à ces noirs en formation ou teints une transformation au moyen d’alcalis et ils ont obtenu de cette façon des nuances semblables aux tons obtenus par l’indigo surtout dans les teintes les plus foncées. Leur solidité aux alcalis et à l’air est pareille à celle de l’indigo.
- Matière colorante
- Par la Société dite Ghemische fabrik echter farben Actien Gesellschaft.
- Ce procédé consiste à séparer du goudron les huiles lourdes et spécialement celle qui a une apparence trouble et jaunâtre. C’est cette huile qui contient la matière colorante. Pour l’isoler on se sert de potasse caustique ou alcali, puis on ajoute aux huiles unies à la potasse de la chaux vive et on sépare à sec par une pression énergique l’oléate de chaux insoluble. Puis on réduit ou concentre la partie liquide, qui est un mélange d’huile et d’alcali, et on l’expose à l’air sur des supports en tissus pour la faire oxyder jusqu’à ce que la matière devienne franchement bleue.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Après l’oxydation à l’air, on peut en extraire la matière colorante. On purifie cette matière en la dissolvant à plusieurs reprises dans un acide quelconque, en la précipitant au moyen d’un alcali et en la lavant.
- Le produit obtenu est d’une couleur violacée, mais c’est une base colorante apte à fournir toutes sortes de couleurs en la traitant par les réactifs convenables.
- Composition chimique dite LUSTRINE Par M. RAFFIN.
- Cette composition, que l’inventeur désigne sous le nom de lustrine, est une combinaison de savon d’huile, d’albumine, d’ammoniaque et de glycérine .
- Ce produit s’emploie pour le dépiquage des peaux, des gants, des soieries, des velours, des rubans et des maroquineries fines, et tous ces objets retrouvent par son emploi le lustre et la fraîcheur qu’ils avaient perdus.
- Matière colorante
- Par MM. WILLM, BOUCHARDAT et Girard.
- On a fait réagir en chauffant entre 150 et 250° les acides diatomiques tels que l’acide oxalique, lactique, citrique, camphorique, succinique, phtalique sur les phénols et dyphénols, par exemple sur la résorcine et sur l’acide phtalique ; sur les produits de la réaction on fait réagir une solution d'hypo-chlorite ou d’hypobromite alcalins.
- On chauffe vers 200° un mélange de 100 parties résorcine et 68 parties acide phtalique anhydre de manière à obtenir le fluorescéine phtalique. Cette dernière étant dissoute dans une petite quantité de lessive de soude, on y ajoute peu à peu 56 litres dits d’hyperchlorite de soude pour un kil. de fluorescéine, on sature et précipite par un acide ; on filtre et lave le précipité à l’eau, on recueille sur le filtre une moitié colorante dont les solutions aqueuses légèrement alcalines donnent un produit jaune-vert par réflexion et rose par transparence.
- Pour teindre, il suffit de tremper la soie dans le bain légèrement acidulé en maintenant la température vers 60°.
- La soie ainsi teinte présente la fluorescence de solution aqueuse.
- On appelle cette matière Vauréosine pour rappeler à la fois son aspect et son analogie avec l'éosine.
- INFORMATIONS &
- DIVERS
- ALBUM DU TEINTURIER ET DU FABRICANT
- Par Van Laer (1)
- La première année de publication de l’Album du teinturier et du fabricant, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, sera bientôt terminée (22 feuilles sur 24 ont paru). L’accueil favorable fait aux œuvres de M. Van Laer (Aide-mémoire pratique du teinturier) l’a engagé à poursuivre la voie dans laquelle il est entré en 1871. Dans l’aide-mémoire, dont le Moniteur de la Teinture a publié de nombreux extraits, l’auteur a donné une série de procédés types en rapport avec les couleurs fondamentales et consacrés par l’expérience .
- L’album est le complément indispensable de l’aide-mémoire. Pour satisfaire aux caprices de la mode, les teinturiers et fabricants, toujours à la recherche de mille nuances nouvelles devant satisfaire les fantaisies et le goût du moment, trouveront dans cet album un aide précieux qui facilitera leurs créations.
- La ire livraison de la 2e année paraîtra dans le courant d’octobre ; elle sera accompagnée d’un travail complet sur les eaux, leur influence en teinture mesurée par les cercles chromatiques de M. Chevreul, avec planches gravées. Les autres livraisons formeront 24 tableaux comprenant 192 procédés et échantillons, en laine, soie, coton et fourrures.
- Il reste seulement cinquante exemplaires de la lre année, au prix de 40 fr. l’un.
- Comme nous l’avons déjà fait l’année dernière, nous recommandons chaleureusement à nos lecteurs cette excellente publication d’un auteur dont ils connaissent depuis longtemps la compétence.
- P. Blondeau.
- CIRCULAIRE DU MINISTRE DE L'AGRICULTURE
- ET DU COMMERCE
- Exposition universelle de 1818. — Exécution de la loi du 23 mai 1868. — Garantie des inventions et marques de fabrique.
- Monsieur le Préfet, dans sa circulaire en date du 30 septembre 1876, mon prédécesseur a appelé votre attention, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, sur l’exécution de la loi du 23 mai
- (I) L’office du Moniteur de la Teinture reçoit les abonnements, payables en souscrivant, aux prix de :
- D'année, Album du teinturier et du fabricant 40 francs.
- 2° année, — — — 30 —
- Aide-mémoire pratique du teinturier........ 20 —
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1868 relative à la garantie des inventions susceptibles d’être brevetées et des dessins de fabrique admis aux expositions publiques.
- Il vous a, en même temps, rappelé que les demandes de certificats de garanties formées pour l’Exposition de 1878 devraient, aux termes de l’article 3 de la loi précitée, être envoyées à M. le Préfet de la Seine, à qui des instructions seraient transmises, en tempS utile, par le département du Commerce.
- j’ai l’honneur de vous informer, pour faire suite à la circulaire de mon prédécesseur, que le 16 juillet courant, j’ai autorisé M. le Préfet de la Seine à accuellir, à partir de cette date, les demandes de certificats de garantie qui seraient déposées à la préfecture ou qui lui seraient adressées directement par la poste.
- Conformément à l’article 3 de la loi 23 mai 1868, ces demandes devront [être accompagnées[d‘une description exate de l’objet à garantir, et s’il y a lieu, d’un plan ou d’un dessin de cet objet. Ces divers documents seront signés soit par l’exposant, soit par son fondé de pouvoirs. Les intéressés auront non-seulement à justifier que l’objet a été admis à figurer à l’Exposition universelle de 1878, mais encore à indiquer d’une manière précise la date de l'admission.
- Je vous prie, Monsieur • le Préfet, de communiquer la présente circulaire au Comité constitué dans votre département en vue de l’Exposition, et d’engager ce Comité à la porter à la connaissance des exposants. Vous voudrez bien, en ce qui vous concerne, la faire insérer dans le Recueil des Actes administratifs de votre préfecture, et m’adresser, avec une lettre d’envoi spéciale, un exemplaire du numéro dans lequel elle aura été publiée.
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE baisse de PRIX
- PRIX DE DETAIL 8
- Rouges.
- Fuchsine inférieure.............. le kil. 12
- — bonne courante.........*.... — 30
- — extra-supérieure........... — 40
- Rouge-cerise OU grenadine........... — 12
- Safranine en poudre................. — 100 Eosine... :............ — 80
- Ponceau (Cochenille artificielle). — 80 Rouge pivoine... .9............... — 20
- Ponceau pour coton.................. — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire..................... lekil. 50 fr.
- Bleu-lumiere supérieur.............. — 200
- Bleu Nicholson pour laine <n° 5).... — 35 —................................— (ne 3)........................... — 65
- — lumière (n'.... — 75
- Bleu de cuvé artificielle.............. — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet.......... — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin............... — 20
- — par kilo............................. — 18
- Bleu foncé........................... — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité...- 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or.................... le kil. 45 fr.
- Jaune-orange........................ — 45 Orange...............supérieur pour soies............. — 175
- Orangé n° 1 — couleur feu............ — 40
- — 2 — couleur plus vive.... — 35
- — 3 — nuance jaune......... — 40
- Chrysoine . 1....u....'....... 2.032 — 50
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge................le kil. 50 fr.
- — bleu..................................... — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.................................. — 60
- Violet moyen.......................... — 65
- Violet lumière, bleu................... — 70
- Violet pour remontages..........,... — 30
- Verts.
- Vert lumière......................... le kil. 100 fr.
- — — supérieur...................... — 110
- Divers.
- Marron d’aniline.................... — 23
- Cris, par le bleu-noir................. — 23 oris-perle, par les violets... — 70
- ooralline rouge........................ — 30
- — jaune (alcool)........................ — 20
- Purpuraline à l’état sec............... — 8
- Xanthine (orange).................... — 35
- Cachou de Laval........................ — 2 50
- A VENDRE D’OCCASION
- Une chaudière pour teinturier contenant environ onze cents litres. — Poids 191 kil. robinet compris.
- Une chaudière pour teinturier contenant environ deux cents litres. — Poids63 kilos, avec robinets. Sur demande, on enverra le croquis coté. — Prix du kilo 3 francs. — Ces chaudières sont neuves quoique d’occasion.
- Essoreuses diverses depuis 0 m. 45 de diamètre au panier, jusqu’à 1 m. 20.
- Métiers d’apprêts, cylindres sécheurs, tondeuses, presses hydrauliques pour apprêts, etc.
- Générateurs de vapeur, machines fixes, locomobi-les, etc., de toutes forces et de tous modèles.
- S'adresser à l'office du journal.
- E. BICHON, Montpellier (Hérault)
- Sulfate d’alumine à 8 fr. 100 k. pour teinture et épaillage chimique
- Hydrate d’alumine pure pour chlorure d’aluminium
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- lmp. G. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, Ne 20. ET DE * L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 1877
- SOMMAIRE
- Exposition de la Société industrielle de Mulhouse (Compte-rendu). — Chauffage des bains de teinture. — Sur le chlorate de chrome, par M. J. Despierre. — Emploi du mordant pour rouge turc dans la teinture et l’impression (suite). — Noir direct, par P. Wattinne-Delespierre. — Teinture pour la chapellerie (suite). — Couleur olive pourrie.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Machine remplaçant les tables à décatir ; Foulage à la bourre sur un seul côté de l’étoffe ; Epaillage chimque; Carbonisation des matières végétales dans les dérivés de la laine et de la soie; Encollage des chaînes-coton.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Propriétés antiseptiques de la garance. — Une nouvelle propriété du suc de porreau.
- AVIS
- Les Bureaux du Moniteur de la Teinture sont transférés Avenue des Amandiers. n° 10, près la place du Château-d'Eau. —Toutes les correspondances, pour ne pas subir de retard, devront nous être envoyées à cette adresse.
- . EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- (Extrait de rapport sur cette exposition).
- Blanchiment
- par M. A. Rosenthiel.
- Le blanchiment n’a pas, en réalité, au point de vue chimique, de progrès à enregistrer. Au point de vue mécanique, nous avons à signaler quelques modifications. C’est d’abord l’extension qu’à prise la machine à flamber au gaz, qui a reçu divers perfectionnements, puis l’introduction du blanchiment au large ; l’impression emploie, en effet', aujourd’hui une bien plus grande variété de tissus qu’au-trefois -, le meuble, notamment, s’imprime sur des tissus lourds, façonnés, qui demandent des appareils spéciaux, dans lesquels on évite de trop tendre le tissu, afin de lui conserver son caractère. Tandis que, durant les opérations du blanchiment, la continuité est obtenue en faisant passer, à travers les appareils, les tissus légers pliés en boyaux, les nouveaux tissus restent au large dans les chaudières, les foulards et les cuves. De même, les clapets ont été remplacés par d’autres machines à laver, perfectionnés, disposés de manière à moins fatiguer les tissus.
- Impressions : Articles d’ameublement.
- Le produit qui a reçu de si nombreuses applications dans l’ornement de nos salles, produit qui décore nos portes, qui garnit nos fenêtres, qui s’étale en tentures, en panneaux, en tableaux même, est nécessairement celui qui sollicite particulièrement nos regards. La fabrication somptueuse des articles d’ameublement est d’ailleurs, de tous les genres d’impression, celui qui exige au plus haut degré le sentiment de l’art.
- Nous ne craindrons pas d’être démenti en affirmant que jamais encore la fabrication alsacienne, qui, pour cette spécialité, reste sans rivale, n’avait paru à une exposition antérieure avec autant d’éclat qu’en 1876. Les produits exposés excellaient, non-seulement par la qualité des tissus employés, mais encore par la parfaite harmonie des nuances et par la précision apportée à la pose des couleurs. Aussi peut-on dire, en toute justice, que la confection de l’article meuble a été portée par les fabriques alsaciennes au plus haut degré de perfection qu’elle ait jamais atteint.
- Le genre meuble paraissait arrivé à son apogée à l’époque où l’on admirait, dans les produits de la maison Schlumberger-Kœchlin et Schwartz-Gugue-nin, leurs successeurs, les plus beaux garancés et les premières imitations de fleurs et de plantes naturelles, œuvres des chimistes Edouard et Gustave
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- O 0 G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Schwartz et de leur dessinateur Tournier -, puis, à cette époque encore où MM. Thierry-Mieg et Cie apportaient à l’industrie des toiles peintes, comme un tribut périodique, de nouveaux colorés et de nouveaux tissus. Malgré leur beauté, tous ces produits, d’une exécution si remarquable, se trouvent dépassés aujourd’hui à tous les points de vue.
- Pour ce qui concerne les dessins, on peut dire que l’augmentation du nombre des artistes dessinateurs et graveurs est venue fournir à la fabrication un nouveau contingent d’élégance et de perfection. L’exagération même des dimensions n’est plus considérée comme un obstacle. Les dessins atteignent aisément jusqu’à un mètre et demi de hauteur, et l’infinie variété de leurs nuances exige parfois jusqu’à trois cents planches gravées pour l’impression à la main. Tous les connaisseurs ont admiré un dessin multicolore, imprimé au rouleau, ayant un mètre quarante centimètres de rapport et portant deux sujets différents, dont l’un était approprié au dossier et l’autre au siège d’un fauteuil.
- . Quant aux tissus, ils se font remarquer par leur extrême variété. Les progrès réalisés sous ce rapport sont surtout relatifs aux tissus de coton et aux tissus mélangés, et sont principalement dus à l’infatigable initiative d’une maison (Thierry-Mieg et Cie) qui, avec un incontestable succès ne cesse de frayer les voies de cette industrie. Les articles perses, lastings et reps laine paraissent avoir fait leur temps.
- Sous le rapport des couleurs, on peut affirmer qu’aucun autre genre n’a plus largement profité des couleurs alcaloïdes. Toutefois la solidité du teint s’est considérablement améliorée, surtout depuis l’introduction si avantageuse des couleurs garances d’application. L’acquisition de ces couleurs a incontestablement marqué une ère nouvelle dans l’histoire des progrès successifs de la fabrication des toiles peintes. Aussi les imprimeurs alsaciens les utilisent-ils aujourd’hui sur une vaste échelle, grâce à la double économie de temps et de main-d’œuvre qui résulte de leur emploi. Ces couleurs offrent d’ailleurs le précieux avantage de permettre de nombreuses associations de couleurs d’enlumi-nage, qu’il eût fallu rejeter autrefois comme incompatibles, ou appliquer seulement après les opérations préalables du garançage et de l’avivage.
- Quoi d étonnant dès lors que, dans les dessins multicolores, la plupart des rouges et des roses, qui ont figuré à l’Exposition, fussent des couleurs d’application, obtenues, soit à l’extrait de garance.
- soit à l'alizarine artificielle ? Ces deux couleurs, en effet, constituent une sorte de noyau, autour duquel viennent se grouper d’autres couleurs vapeur supportant le même traitement et susceptibles, par conséquent, d’être imprimées de concert avec elles. C’est ainsi qu’on est arrivé à imprimer simultanément au rouleau, et par conséquent avec une remarquable précision dans la pose des couleurs, des dessins portant jusqu’à dix ou douze couleurs différentes ayant toutes subi le traitement d’avivage du rouge et du rose (maison Thierry-Mieg etC*6). Nous ferons remarquer, en passant, que les fabricants d’alizarine artificielle fournissent deux produits, dont l’un donne des rouges et des roses violacés, et l’autre des rouges et des roses qui se rapprochent du ponceau. Nous avons même remarqué à l’Exposition un meuble riche, à la planche, dans lequel ce contraste des rouges bleutés et des rouges ponceau avait été utilisé de la manière la plus avantageuse.
- S’il importe de constater que la multiplicité des couleurs vapeur, qui supporte le même traitement, a considérablement augmenté le nombre et la nature des couleurs qui figurent dans la palette dit dessinateur, il faut reconnaître aussi que ce dernier pousse parfois jusqu’à l’exagération la liberté de ses allures. Aussi n’est-ce pas sans un véritable étonnement qu’on a vu la maison citée plus haut octroyer au dessinateur une liberté presque illimitée et pousser la hardiesse jusqu’à entreprendre la reproduction de dessins peints à palette libre. De pareils tours de force ne peuvent s’exécuter que par des effets de gravure ou de savantes superpositions de couleurs, et les laborieuses recherches qu’ils nécessitent ne constituent certes pas une des moindres préoccupations du chimiste.
- Il est de notre devoir de rappeler ici les beaux meubles imprimés sur laine, soie et tissus mélangés, qui ont été mentionnés dans l’introduction, et dont plusieurs maisons avaient exposé d’admirables spécimens (maisons Kœchlin-Baumgartner, Wilhelm Frey et Cie, Thierry-Mieg et Cie.)
- Tous les connaisseurs ont payé un juste tribut d’éloges à la bonne confection des tapis de table, fleurs et fantaisie, imprimés sur laine et sur tissu bourrette par la maison Thierry-Mieg, etc., ainsi qu’à l’article tapis sur tissu canevas coton, petite et grande largeur, exposé par la maison Wilhelm Frey et Cie.
- Nous devons une mention toute spéciale aux velours de coton coupés, à fond uni, en toutes cou-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- leurs, ainsi qu’aux belles impressions au rouleau et à la planche sur le même tissu, exposées par la maison Schlumberger fils et Cie. On sait que le velours donne à toutes les couleurs une intensité de ton qu’il est impossible d’obtenir au même degré avec aucun autre tissu. Mais l’impression écrase les poils du velours, l’épaississement les colle en faisceaux irréguliers, et ce n’est qu’à l’aide d’un outillage spécial et par des procédés d’une exécution délicate qu’on parvient à les isoler et à les redresser, de manière à rendre au tissu toute la fraîcheur primitive. Or, toutes les personnes initiées à cette difficulté, que l’impression sur velours est appelée à surmonter, ont été unanimes à constater que les articles exposés par MM. Schlumberger fils et Cie portaient le cachet d’une fabrication aussi habile que soignée.
- La maison Weiss-Freis avait exposé un très-beau médaillon à personnages, genre Louis XVI, imprimé au rouleau, rentrures à la planche, et qu’on pourrait considérer comme un des derniers représentants d’un genre, qui avait été créé, en 1871, par MM. Thierry-Mieg et Cie, et qui aujourd’hui paraît à la veille de perdre les faveurs de la vogue.
- Un genre spécial, digne à plus d’un titre de fixer l’attention, consiste dans la reproduction du style décoratif particulier aux siècles passés. S’inspirant du génie des artistes français et italiens des XVe et XVI® siècles, le dessinateur a fait à leurs œuvres d’admirables emprunts, et, par l’emploi des couleurs fanées, le chimiste est parvenu à imiter, avec une remarquable fidélité, jusqu’au coloris de ces articles d’ameublement. Ces imitations de vieux Gobelins étaient imprimées à la planche, en couleurs à l’huile, sur tissus spéciaux, et on peut affirmer qu’elles offraient les caractères d’une parfaite réussite (maison Scheurer-Rott et Cie, Kœchlin-Baum-gartner et Cie).
- On a beaucoup remarqué, dans l’étalage de la maison Scheurer-Rott et Cie, un panneau à deux couleurs, sur tissu lourd, imitant par son éclat l’aspect de la soie. L’examen attentif du tissu montrait que cet effet à distance était réalisé par l’impression de paillettes d’or à la planche.
- Le genre verdure, qui a pris une certaine extension, et qui consiste, on le sait, en dessins reproduisant des échappées de forêts et de paysages, encadrant parfois des scènes de chevalerie, de chasse ou de cour, se trouvait admirablement représenté dans les étalages des maisons Kœchlin-
- Baugmartner etCie, Wilhelm-Frey et C'e, Scheurer-Rott et Cie, Thierry-Mieg et Cie.
- La maison Hofer-Grosjean avait également exposé de beaux spécimens de ce genre, mais imprimés entièrement au rouleau.
- Dans le même genre, mais enrichis de guirlandes de fleurs, on admirait les splendides rideaux exposés dans la maison Gros-Roman, Marozeau et Cie, aussi étonnants par l’admirable netteté de l’impression que par la vivacité des couleurs et l’infinie variété desnuances. En effet, on n’y comptaitpas moins de cinquante-deux couleurs différentes, toutes imprimées à la planche.
- (A suivre.)
- CHAUFFAGE
- DES BAINS DE TEINTURE
- Résumé des expériences de P. Havrez.
- Lorsqu’on a de fortes parties de laine à traiter à la fois, il est préférable d’employer de grandes cuves chauffées à feu nu ; elles ont jusqu’à 3m 60 de diamètre et 1m 50 de profondeur, et peuvent contenir de 12 à 24 paniers de laine, pesant chacun 15 kilogr. De petites cuves chauffées à la vapeur seraient alors moins avantageuses -, elles donneraient plus difficilement la même nuance, occasionneraient plus de main d’œuvre, économiseraient moins les colorants (1), utiliseraient moins la chaleur. Les grandes cuves consommeraient des masses de vapeur si on ne les chauffait pas à feu nu.
- En effet, si le bain contient 12 mètres cubes
- (D n serait intéressant de rechercher toutes les causes qui amènent une économie de bois de teinture, lorsqu’on chauffe à feu nu et non par introduction de vapeur. Celles qui paraissent influencer le plus sont : 1° la température très-élevée de la vapeur qui, dans tous les points où elle touche le bois, y coagule l’albumine et s’oppose ainsi à la sortie des colorants, tandis qu’un bain qui s’échauffe uniformément dissout les colorants ; 2° la température du bain et sa concentration ; 3° la laine « se tourne », se sou-lève par la violente ascension de l’eau chaude, produite par le chauffage à feu nu ; elle se teint ainsi plus uniformément que dans le chauffage à la vapeur, qui provoque une ascension trop lente de l’eau pour soulever la laine. Cependant ce dernier point est contesté et des praticiens trouvent qu’un jet de vapeur projeté vers le bas soulève les draps à teindre. L’ascension de l’eau et le bouillon doivent se produire du côté opposé aux ouvriers pour faciliter leur travail de remuement de flocons.
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- d’eau, ou 12,000 kilogr., il faudra, pour chauffer à l’eau de 20° 1000, lui fournir-:
- 12,000 kil, (100—20) 1 c. = 960,000 calories.
- Or, une chaudière à vapeur consomme par cheval et par heure 2 kil. 5 de charbon en moyenne, ce qui, à raison de 7,000 calories utilisées réellement pendant la combustion de 1 kil. de houille, forme 7,000 c. X 2,5 — 17,500 calories.
- Pour fournir les 960,000 calories, il faudrait donc user 900 fois la vapeur d’une machine d’un cheval de force, soit plus de 48 fois la vapeur exigée par un cheval-vapeur pendant une heure, même en admettant que dans le chauffage à la vapeur on transmette toute la chaleur.
- Ainsi, toute la vapeur que pourrait fournir une chaudière de 96 chevaux de force serait prise pendant une demi-heure, ou celle fournie par une chaudière de 48 chevaux pendant une heure.
- Le chauffage à la vapeur des grandes cuves devrait donc s’effectuer deux heures avant d’avoir à faire travailler la machine ; il est par suite peu pratique.
- § 2. — Le moyen pour obvier à cet inconvénient du chauffage à la vapeur des grands bains consiste à chauffer préalablement l’eau dans un réservoir spécial.
- M. Pimont {Dictionnaire Arts Manufact., sup-plém. 161, page 97) chauffe l’eau pure en la faisant circuler en sens contraire des eaux chaudes employées. —MM. Muller et Bouillon emploient des flammes perdues. Le réservoir consiste dans une grande chaudière tubulaire pleine d’eau, posée dans un renflement de la cheminée. — MM. Legris et Choisy (voir suppl. Dict. Arts Manuf. 1864, p. 86, article Chaleur perdue} font tomber l’eau en pluie dans le courant de vapeur; elle s’échauffe à plus de 50° et sort pour alimenter les cuves que l’on achève de chauffer à l’aide de vapeur à haute pression et à haute température. Lorsqu’on veut avoir une eau moins chaude que celle du réservoir, il suffit de la mêler à l’eau froide. Des industriels ont renoncé h l’emploi des flammes perdues, parce que le tirage en était trop ralenti ; on peut dans ce cas l’achever très-économiquement par un ventilateur centrifuge.
- § 3. — Si le chauffage à feu nu est le seul économique pour les cuves contenant 12m3 d’eau, celui à la vapeur est de beaucoup le plus avantageux (même quand on ne dispose pas d’une chaudière de machine), lorsque l’on doit chauffer des cuves petites et nombreuses de 2m à 2m 30 de
- diamètre, contenant de 2 à 4m3 d’eau, et où l’on traite à la fois 6 à 7 mannes de laine, c’est-à-dire 100 kil. environ.
- L’on économise ainsi :
- 1. La main-d’œuvre : il n’y a qu’un seul chauffeur.
- 11. Le temps : il suffit de tourner un robinet pour chauffer plus ou moins une cuve.
- III. Le combustible : on perd moins de chaleur dans un grand foyer que dans dix petits, on y brûle mieux la fumée, on distribue mieux les surfaces de chauffage des chaudières que celles des cuves et on absorbe ainsi plus complètement la chaleur de la flamme.
- IV. Les appareils, car les cuves peuvent être en bois au lieu d’être en cuivre, surtout si on y traite toujours les mêmes colorants.
- L’opération est mieux conduite dans le chauffage à la vapeur, car :
- 1. La température demandée est exactement obtenue.
- IL Les tissus sont partout également chauffés, tandis qu’à feu nu, près des parois chauds, les mordants et les colorants agissent avec une énergie peu uniforme.
- III. Les poudres colorantes qui se déposent ne sont pas exposées à se brûler.
- . IV. Le chauffage à la vapeur salit moins les locaux que celui à la houille.
- § 4. — Les dispositions à donner aux appareils sont surtout les suivantes pour le chauffage par la vapeur.
- 1° La salle des bains de teinture ou de lessivage doit être voisine de la chaudière à vapeur ; les cuves qui doivent être les moins chauffées se placent aux points les plus éloignés du générateur ;
- 2° Lorsque l’eau condensée de la vapeur ne nuit pas au bain (1), les appareils pour la teinture de la laine en flocons admettent le jet de vapeur au fond de la cuve, il se lance verticalement contre une calotte horizontale placée à 8 centimètres du fond, il
- (1) On ne peut employer pour le chauffage des flocons, des serpentins percés de trous parce que la vapeur en jaillit par les points les moins pressés, les moins plongés dans l’eau, tandis que l’eau du bain rentre par les trous placés plus bas, remonte dans le tuyau et sort plus haut, avec la vapeur ; ce courant attire la laine contre les trous inférieurs, et y fait, suivant une expression des ouvriers, une perruque. Cet inconvénient n’existe pas quand tous les trous sont rangés à même profondeur autour d’une calotte placée au fond de la cuve.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- est ainsi rejeté latéralement et pénètre dans le bain par des trous de 2mm au plus de diamètre (1); pour la teinture en pièce, la vapeur jaillit d’un anneau posé près du fond et criblé de trous à sa partie inférieure ; ces trous s’agrandissent d’un tiers en un an sous le frottement de la vapeur;
- 3° Les appareils qui chauffent par le conîact et non par l’introduction de la vapeur sont ou à double fond ou avec serpentin.
- Les figures 313 à 323 du traité de la chaleur appliquée de Peclet, t. II (1860), p. 221, donnent tous les détails sur les meilleures formes à donner à ces appareils.
- C’est le serpentin contourné plusieurs fois sur lui-même et fixé près du fond dans un plan horizontal qui serait à préférer, parce que c’est surtout au fond de l’appareil qu’il faut produire réchauffement, sinon le bas resterait froid, le haut du liquide entrerait seul en ébullition. On doit pouvoir enlever ce serpentin pour nettoyer la cuve ; il suffit pour cela de l’unir au tuyau extérieur à l’aide d’un tuyau de caoutchouc.
- Nous ferons remarquer l’utilité. : 1° d’avoir 'un robinet pour expulser l’air des double-fonds ou des serpentins, et 20 de faire arriver l’eau condensée dans un réservoir fermé, terminé à la partie inférieure par une soupape qui s’ouvre au moyen d’un flotteur quand le niveau de l’eau atteint une certaine hauteur ; on utilise ainsi une plus grande partie de la chaleur, si par un excès de pression dans le générateur, le tuyau ne condense pas toute la vapeur qui y pénètre.
- [Album du Teinturier, par Van Laer).
- —==9=----
- NOTE
- SUR LE CHLORATE DE CHROMEI
- Par MM. Despierres et Tatarinoff.
- Messieurs,
- Parmi les métaux appliqués à la coloration des toiles peintes, il en est peu qui donnent lieu à des combinaisons aussi intéressantes et aussi variées Que le chrome.
- (1) Lorsque le bain doit garder une composition cons-tante on n’introduit la vapeur que pour échauffer l’eau Jusqu’à 20 ou 60°, alors on ajoute les substances à traiter, on cesse de faire arriver la vapeur et on termine par le chauffage à feu nu ou par contact de la vapeur.
- Un nouveau mode de fixation de ce métal, à l’état de chromate de plomb, vient d’être trouvé par MM. Storck et de Conninck, et la particularité intéressante du procédé est que le chromate de plomb est obtenu par l’action du vaporisage. Les auteurs ont essayé d’appliquer ce mélange à l’impression, mais, comme ils le disent dans leur travail, ils ne sont pas arrivés immédiatement à un résultat satisfaisant.
- En employant l’amidon grillé foncé et, de préférence, un épaississant dit gomme marine ou Ly-chô, nous sommes parvenus à obtenir par l’impression des jaunes et des oranges, suivant les proportions de sel de plomb employées.
- Mais avant de nous occuper de ces couleurs, examinons quelques particularités propres au chlorate de chrome.
- En mettant un peu de chlorate de chrome dans un tube et en chauffant, on remarque que ce sel commence à s’altérer vers 55 ou 60 degrés centigrades; que l’on ajoute un sel de plomb, un précipité de chlorate se forme ; mais si l’on chauffe au bouillon pendant une demi-heure, la liqueur de chlorate de chrome seule, tout en se décomposant, reste verte. Les gaz qui se dégagent, absorbés par un alcali, donnent des chlorates et des chlorites.
- Le chlorate de chrome dissout à la température ordinaire environ un cinquième de son poids d’hydrate d’oxyde de chrome bien exprimé ; cette dissolution basique a les mêmes propriétés que celles du chlorate normal, mais un peu moins prononcées. A une température voisine de l’ébullitiou, le gaz chloré se produit et la solution restante donne avec le nitrate de plomb un précipité jaune. Dans l’impression, il faut s’abstenir d’employer le nitrate à cause du dégagement d’acide nitrique, qui attaquerait violemment le tissu.
- Même en présence des acétates, il faut tenir compte de la quantité de produit chloré obtenu, car le tissu est affaibli quand onn’ajoute pas à la couleur un corps destiné à neutraliser l’action du gaz chloré (1).
- En chauffant un échantillon de bleu d’indigo im-
- (1) Le chlorate basique doit être préparé au moment de son emploi, car, quand il a séjourné pendant un certain temps — cinq à six jours, — il y a suroxydation de 1 oxyde de chrome, qui passe à l’état d’acide chromique que 1 on reconnaît facilement à froid par un sel de plomb. Un fait analogue a déjà été signalé par M. Balanche, qui a constaté que le vert Guignet, en présence du chlorure de chaux, passe en partie à l’état d’acide chromique.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- prégné préalablement d’une dissolution de chlorate de chrome, soit normal, soit basique, l’échantillon est décoloré. Le même effet se produit avec le rouge d’alizarine, soit teint, soit fixé à la vapeur.
- Cette action décolorante due à la formation d’acide chromique et aussi de gaz chloré, a déjà été observée par un de nos collègues, M. Ernest Schlum-berger, dans la décomposition du chlorate d’alumine par la chaleur ; seulement, dit-il, la solution préalablement saturée d’alumine ne donne pas lieu aux mêmes phénomènes ; il ne se produit pas d’oxyde hypochlorique, mais seulement un léger trouble blanc provenant de la séparation d’un peu d’alumine, et en opérant avec quelques précautions, on peut même évaporer la solution à siccité, sans que le sel soit décomposé.
- « Un échantillon de coton teint en indigo n’est attaqué à froid par aucune des deux dissolutions ; mais si l’on chauffe, l’indigotine est détruite dans la solution acide et ne l’est pas dans la solution saturée. »
- Dans ce dernier cas, il n'y aurait donc pas formation d’oxyde hypochlorique, où le gaz se combinerait de préférence avec l’alumine en excès, tandis qu’avec le chlorate de chrome, soit normal, soit basique, il y a toujours décoloration et de l’indigo-tine et de l’alizarine, la décoloration ayant lieu non par l’action du gaz chloré, mais par l’acide chromique.
- Jaune de chrome d’application.
- L’étude du jaune de chrome obtenu directement sur le tissu, au moyen du chlorate de chrome et d’un sel de plomb, par MM. Storck et de Conninck, nous a conduit aux observations qui vont suivre -, les couleurs sur lesquelles ont porté nos essais sont : P
- Couleur n° 1.
- 310 grammes chlorate de chrome, 15 degrés, 76 — acétate de plomb,
- 30 — gomme marine ajoutée à froid.
- Couleur n° 2.
- 260 grammes chlorate de chrome,
- 38 — acétate de plomb,
- 22 — gomme marine ajoutée à froid. Que l’on vaporise la couleur n° 1, et l’on obtient un jaune légèrement verdâtre; nous avons supposé, en nous basant sur l’équation indiquée plus haut, que la quantité d’acétate de plomb indiquée par les auteurs est trop forte pour obtenir un chromate
- de plomb neutre ; ce qui nous autorise à émettre cette hypothèse, est déduit des faits suivants :
- Si l’on prend une dose d’acétate de plomb moindre que celle indiquée (soit 14 0/0 au lieu de 24 0/0, couleur n° 2), on obtient un jaune plus intense, mais qui, par le virage en chaux, ne donne pas d’orange, tandis que le jaune, tel qu’il est indiqué par les auteurs, vire parfaitement, tout en gardant une teinte verte caractéristique. Que l’on imprime ces deux couleurs sur un bleu indigo moyen, le dosage primitif (24 0/0) donne un jaune terne, tandis que le dosage modifié (14 0/0) donne un jaune pur et l’indigo est complètement décoloré. Dans le premier cas, le tissu n’est pas sensiblement affaibli, tandis qu’il l’est fortement dans le second. On remédie à ce grave inconvénient en ajoutant à cette dernière couleur une certaine quantité de craie ou d’acétate d’alumine.
- Comme nous l’avons déjà fait remarquer, la décoloration a lieu aussi bien sur le bleu indigo que sur les rouges d’application en garance naturelle ou artificielle.
- Applications diverses du chlorate de chrome.
- Le chlorate de chrome, croyons-nous, est appelé à jouer un certain rôle, non-seulement dans la production du jaune ou orange par vaporisage, mais aussi comme moyen de fixation d’autres matières colorantes, telles que : l’aniline, le cachou, le cam-pêche, etc., surtout en l’employant à l’état de chlorate basique.
- Couleurs d’oxydation.
- On obtient, par oxydation, un beau noir un peu verdâtre avec la couleur suivante :
- 200 grammes chlorate de chrome, 15 degrés, 25 — sel ammoniac,
- 20 — huile d’aniline,
- 100 — sel d’aniline,
- 50 — peroxyde de fer en pâte à 30/1000, 500 — épaississant composé d’amidon et de gomme adragante.
- Nous ferons remarquer que, malgré la grande quantité de base que contient cette couleur, la fibre est cependant légèrement attaquée.
- Nous ne donnons les proportions ci-dessus que comme point de départ, et nous pensons qu’en les modifiant convenablement, on peut arriver à de bons résultats.
- Le cachou se fixe facilement et donne une couleur
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- très-résistante. Voici la formule que nous avons expérimentée :
- Cachou vapeur.
- 250 grammes cachou en dissolution,
- 200 — chlorate de chrome basique,
- 200 — eau,
- 60 — épaississant (amidon blanc),
- 20 — amidon grillé foncé.
- Dissolution
- 100 grammes cachou cub.,
- 50 — eau,
- 100 — acide acétique, 7 degrés.
- L’échantillon ci-joint a été vaporisé une heure, lavé immédiatement, puis savonné à 2/1000 pendant une demi-heure à 60 degres Réaumur.
- Couleurs dans lesquelles le chlorate de chrome joue le rôle de mordant.
- Avec le campêche, on obtient un beau noir, surtout en y mélangeant un peu du cachou ci-dessus.
- Noir campêche.
- 130 grammes amidon blanc, |
- 500 — eau, |
- 65 — amidon grillé, , cuire.
- 400 — campêche 20 degrés, i
- 100 — acide acétique, | et à froid ajouter :
- 200 grammes chlorate de chrome basique.
- Noir mélange.
- 3 grammes noir ci-dessus, 1 — cachou.
- Ces couleurs se conservent parfaitement, les échantillons ont été imprimés avec des couleurs ayant trente-six heures de date.
- En imprimant avec du chlorate de chrome épaissi en amidon grillé foncé et procédant à la teinture après dégommage en silicate, on obtient, par la teinture en garancine, une nuance lie de vin.
- Que l’on passe en ammoniaque, le blanc est moins pur et le chrome se teint moins facilement, tandis que si l’on dégomme en silicate, on obtient des nuances intenses, sans qu’il y ait, pour ainsi dire, altération du blanc.
- Le chlorate basique, traité dans les mêmes conditions, donne une couleur plus intense ; mais il faut avoir soin de dégommer à basse température, vers 40 degrés centigrades, en dégommant à 65 ou 70 degrés, il se fixe moins d’oxyde de chrome.
- La nitro-alizarine teint ce mordant de chrome en
- teinte cachou, mais, particularité assez singulière, il rend beaucoup moins que les autres sels de chrome, à dose égale d’oxyde.
- Nous avons imprimé une couleur à l’acétate de chrome, une autre au nitrate, et enfin une troisième au chlorate.
- Ces couleurs, fixées préalablement, dégommées au silicate, puis teintes en garancine, alizarine artificielle, quercitron, excepté la nitro-alizarine, ont donné avec le chlorate le meilleur rendement. L’acétate rendait le moins. Que l’on teigne avec de la nitro-alizarine, on verra que le nitrate rend beaucoup plus.
- Cette propriété de la nitro-alizarine a, du reste, déjà été observée pour l’orange d'alizarine fixée par un mordant d’alumine. La nitro-alizarine fixée au nitrate donne un orange plus caractérisé que celui obtenu par l’acétate.
- Nous sommes loin d’avoir épuisé la série d’applications auxquelles le chlorate de chrome peut donner lieu. Mais quelqu'imparfaits que soient nos essais, ils nous ont paru présenter un certain intérêt, et c’est à ce titre que nous nous sommes permis de vous les soumettre.
- (Société industrielle de Mulhouse}.
- EMPLOI DU MORDANT
- POUR ROUGE TURC DANS LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- (Suite)
- Erratum. — Après la composition du bain blanc de mordançage ajoutez : Tordue, la matière aura reçu environ son propre poids du liquide ci-dessus, c’est-à-dire que 100 k. de matières auront consommé environ 7 k. du mordant. Sécher à une température ordinaire ou plus élevée dans l’étendage et passer ensuite au mordant d’alumine préparé comme suit :
- Dissoudre 50 k. alun dans 200 litres d’eau bouillante et ajouter à la solution refroidie 42 k. 500 acétate de piomb dissous dans 150 litres d’eau ; bien remuer et laisser déposer.
- Le liquide clair soutiré constitue le mordant d’alumine qu’on emploie à 5° B.
- Après ce second mordançage, tordre et sécher de 30 à 450, etc.
- Continuer comme il est dit, page 222, après la composition du bain blanc.
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- Impression du rouge turc
- 2° — Emploi du mordant pour l’impression. — Le nouveau mordant est ajouté en certaines proportions, 4 kil. pour 5 kil. d’une pâte d’alizarine à 15 p. c. La couleur développée au vaporisage est aussi belle et solide que par l’ancien procédé et ré-siste à l’avivage le plus énergique. Cette méthode sert également pour l’impression en violet solide et en couleur puce. L’emploi du nouveau mordant permet donc d’imprimer le rouge turc en même temps que les autres couleurs.
- Selon le genre à obtenir on peut passer le tissu à imprimer dans un bain d’eau contenant 5 0/0 de mordant, essorer, sécher et procéder ensuite comme à l’ordinaire. Le rouge et le rose vapeur obtenus par ce moyen, seront très-vifs, on aura de plus épargné le savonnage, car le simple passage à une solution tiède de 2 gr. d’alun par litre d’eau donnera des nuances d’une pureté remarquable.
- Le nouveau mordant est miscible à l’eau en toutes proportions. Si l’on ajoute au bain de teinture où l’on teint en rouge, lilas et rose, les étoffes imprimées de mordants de garance, les nuances deviennent de beaucoup plus belles. On emploie dans ce cas, 2 parties de son et 1 p. de mordant pour 1 p. d’alizarine à 15 0/0, on lave et sèche après teinture pour savonner au bouillon en ajoutant un peu de sel d’étain. L’addition du mordant au bain empêche aux parties de l’étoffe qui n’ont pas été imprimées au mordant de garance de prendre le colorant. Le blanc sort aussi bien des bains de teinture que s’il avait été savonné plusieurs fois.
- Une autre qualité de ce nouveau produit c’est d’être nexcellent mordant pour les couleurs d’aniline. On sait que tous les colorants du goudron à quelques exceptions près (vert méthyle et à l’iode, jaune de naphtaline, coralline) sont absorbés très-vivement par les tissus et les filés mordancés par les bains blancs ordinaires. Le mordant nouveau, remplaçant parfaitement le bain blanc, son mode d’emploi devient très-clair ; il suffit de passer par un bain contenant 5 p. de mordant p. 100 d’eau et de sécher. Les couleurs sont ensuite imprimées ôu la matière est teinte dans des bains froids. Si la beauté des couleurs obtenues par ce moyen ne laisse rien à désirer, il n’en est pas de même de leur solidité à l’air et à la lumière.
- A suivre.
- NOIIR DIRECT
- Par P. Wattinne-Delespierre à Lille.
- Le noir direct ou noir en un bain dont le Moniteur de la teinture a déjà parlé, page 175, n8 du 5 août 1877, a été modifié. Le nouveau produit a été essayé par M. Van Laer et il en donne des échantillons au n° 23 de Y Album du teinturier et du fabricant, mais contrairement à la description de M. Wat-tinne, il a dû avoir recours au carbonate de soude pour produire le noir ou finir les teintures.
- Le principe breveté repose sur la transformation de l'hématine en noir avant son application en teinture.
- Les avantages que cette teinture en noir offre sur les anciens procédés, dit M. Wattinne, sont faciles à apprécier.
- La teinture s’opère en un seul bain.
- Le bain sert indéfiniment et forme une véritable cuve d’hématine.
- Le noir obtenu est de toute solidité : à l’air, au lavage, foulage, etc.
- Pour le teinturier, il y a économie de matériel, de temps, de chauffage et de main-d’œuvre.
- Le noir direct est aussi solide que les noirs faits par le tartre, le fer et sumac, parfois précédés d’un fond de cuve.
- La nuance du noir direct, toujours belle et pleine, est facile à varier suivant les types exigés, ainsi que le teinturier le verra dans le mode d’emploi.
- Le noir direct se dissout dans le bain de teinture, chauffé à environ 70 à 80 degrés. On remue bien et on ajoute 12 pour cent du poids du noir, d’acide oxalique, et un demi à un pour cent d’acide sulfurique : le bain dans ces conditions prend une belle teinte ambrée ; s’il restait noirâtre, ce serait un signe de manque d’acide oxalique et on en ajouterait, mais avec précaution.
- On introduit la laine dans le bain préparé, et on chauffe au bouillon que l’on maintient une heure et demie environ.
- On ajoute, au bout de ce temps, l’équivalent de 10.pour cent de bois de campèche en décoction de 2 ou 4 pour cent d’extrait bonne qualité, on prolonge le bouillon encore une demi-heure à une heure.
- Bien rincer après teinture.
- Si après l’introduction de la laine dans le bain de teinture, ce bain, après environ un quart d’heure
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- à 20 minutes de bouillon, prenait une teinte noire, il faudrait rajouter un peu d’acide oxalique.
- Avant d’introduire le campeche à la fin de l’opération, il faut recroître le bain avec de l’eau.
- Si on veut obtenir un noir-charbon, on ajoutera un peu de jaune, curcuma ou bois jaune.
- Ainsi qu’il est dit ci-dessus, le bain de noir se conserve indéfiniment.
- La formation exige une plus grande quantité de colorant.
- Exemple :
- Pour 100 kilos laine ou matière à teindre, on commencera par 40 à 50 pour cent de noir, et 10 à 12 pour cent du poids de ce dernier, d’acide oxalique, et un demi à un pour cent d’acide sulfurique.
- Le bain suivant sera diminué de 10 pour cent de noir, et les bains qui suivront seront formés avec une moyenne de 20 à 30 pour cent de noir, suivant les qualités des matières à teindre.
- Inutile de dire que les proportions des autres produits diminuent en proportion du colorant.
- On peut toutefois, et ceci est laissé à l’appréciation du teinturier, terminer le noir par le noir direct, sans l’addition de la petite quantité de cam-pêche indiquée ci-dessus, mais par l’addition d’une plus forte quantité de noir direct; néanmoins, nous devons dire que la méthode généralement adoptée est celle de l’addition d’un peu de campêche, qui permet mieux d’atteindre le type qui est donné par l’addition du plus ou moins de campêche en décoction ou extrait, suivant la hauteur de sa nuance-, cette addition pouvant se faire en plusieurs fois, jusqu’à obtention de la teinte voulue.
- TEINTURE
- POUR LA CHAPELLERIE
- — Suite. —
- Couleur olive pourrie
- Cette nuance est facile à obtenir, et en varier les nuances, il n’y a qu’à augmenter la dose ou ajouter divers sels et drogues, on arrivera à beau-coups de nuances, mode ou de fantaisie, tel que les aurores, les capucines, les verts, les chamois saumons et les olives.
- Bain de teinture pour 100 chapeaux.
- 250 litres d’eau bouillante, y introduire 1500 grammes bois de fustet en poudre, après demi-heure d’ébullition retirer environ un cinquième du bain, pour alimenter pendant l’opération, et on ajoute de l’eau au bain afin de le refroidir à 50 degrés environ, car pour les nuances claires surtout, n’introduire les matières à teindre jamais au bain bouillant pour ne pas avoir des nuances. Les chapeaux doivent être mouillés auparavant.
- On donne un bain d’une heure qu’on porte, progressivement, au petit bouillon, les chapeaux sont ensuite sortis, exposés à l’air et tournés à l’envers, on ajoute au bain une partie de la réserve et on y plonge les chapeaux pendant une heure, on les tourne de l’endroit et on ajoute au bain 500 grammes sulfate de fer de refonte et 200 grammes vert-de-gris, on y plonge ensuite les chapeaux une demi-heure de chaque côté, cela suffit pour obtenir la nuance voulue.
- N’ajoutez le sulfate de fer qu’à la fin de l’opération à défaut il précipiterait les parties colorantes à flocons et le bain serait détruit ; en y ajoutant du carmin d’idigo on arrive à vert olive naturel.
- {Moniteur de la Chapellerie)
- INVENTIONS BREVETÉES
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Machine remplaçant les tables à décatir Par M. TETREL.
- Ces perfectionnements se rattachent à une machine remplaçant avec avantage les tables à décatir, et ayant pour but de faire disparaître les inconvénients résultant des surépaisseurs des lisières et les plis indestructibles des tables à décatir.
- Ils consistent dans une nouvelle disposition de rouleaux à l’arrière de la machine, dans le but d’opérer l’enroulement avec facilité et dans de bonnes conditions, et d’un changement de forme du cylindre pour obtenir un serrage plus uniforme.
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- Foulage à la bourre sur un seul côté de l’étoffe
- Par M. SLATER.
- Voici quelques renseignements sur ce procédé dont le résultat a eu pour effet de piquer la curiosité de plusieurs manufacturiers qui voyaient pour la première fois des tissus de laine traités par M. Slater.
- On répand, sur la surface à feutrer, les tontisses nécessaires et on en double la pièce par son milieu et longitudinalement, puis on coud les lisières pour ne faire qu’une pièce qui devra former un sac ou tube de drap enfermant à son intérieur la tontisse.
- Cette pièce passe entre les cylindres ou autres organes du foulon, à la manière ordinaire, en ayant soin d’assembler les deux extrémités ouvertes, aussi par couture ; on a ainsi un sac à deux fonds, ou tube sans fin, à l’intérieur duquel la tontisse est confinée.
- Par ce moyen c’est l’intérieur de la pièce de drap qui se garnit de tontisse, tandis que l’extérieur reste à l’abri du garnissage de la tontisse.
- L’inventeur obtient ainsi des avantages importants dans la fabrication, il peut feutrer et fixer la quantité voulue de tontisse sur le drap, et, par suite, donner à celui-ci un poids déterminé par unité de longueur. Aucune perte de tontisse non feutrée n’est à redouter.
- De plus par un perfectionnement apporté dans la fabrication, la tontisse se distribue et se feutre uniformément sur toute la surface du drap.
- Un autre moyen de préserver une surface de la pièce peut être obtenu en cousant ensemble bord à bord deux pièces jumelles de drap et en insérant la tontisse à leur intérieur, ou en cousant sur une pièce une doublure qui ne feutrera pas et en insérant encore la tontisse à l’intérieur du sac ainsi fermé.
- Epaillage chimique
- Système de four à air chaud servant à la carbonisation chimique des matières végétales qui pourraient se trouver dans les tissus de laine, les laines, les déchets, les chiffons, etc.
- Par M. E. Pourpoint.
- Pour produire, concentrer et maintenir d’une manière économique et pratique avec pau de combustible une chaleur moyenne de 1003 C. pour le séchage rapide des tissus, des laines, et la carbonisation des matières qui pourraient s’y trouver mé
- langées, j’ai construit une chambre au coin de laquelle j’ai posé extérieurement un fourneau dont le carneau est disposé suivant un tracé en serpentin avant que d’arriver à la cheminée située à un des coins opposés au foyer.
- Ce carneau (à détours plus ou moins nombreux suivant la grandeur de la chambre destinée à ce four afin d’obtenir la plus grande surface de chauffe possible), est construit en briques réfractaires, couvert par des plaques également en terre réfractaire ou en fonte et sur le tout une couche en sable.
- Cette couche de sable sert à régulariser la chaleur sur toute la surface de chauffe, et empêche de brûler les matières animales en travail.
- A la cheminée, il existe deux registres à l’aide desquels on peut modifier le tirage suivant la circonstance.
- Le premier, étant ouvert, laisse échapper le plus gros de la fumée.
- A feu vif on ferme le registre pour ouvrir celui communiquant avec le ventilateur. Ce ventilateur reprend alors cette chaleur pour la reporter par le conduit remontant en plan incliné dans le bas de la chambre. Dans cette façon 150 à 160 kil. de charbon suffisent pour maintenir une température moyenne de 100° C. pendant 12 heures consécutives de travail, pendant lesquelles un homme peut arriver à sécher 600 kil. de tissus et à carboniser chimiquement les matières végétales qui pourraient se trouver dans les tissus de laine, les déchets, les chiffons et les laines de chiffons effilochées après essorage.
- L’air chaud fourni par le ventilateur formant pression dans le four ou chambre fait partir par un système de cheminée d’aérage prises dans l’épaisseur du mur, les vapeurs suspendues dans la chambre et en empêche la condensation.
- Carbonisation des matières végétales dans les dérivés de la laine et de la soie
- Par M. GAUDCHAUX-PICARD.
- Cette invention a pour but de carboniser les matières végétales contenues :
- 10 Dans la soie à l'état brut ou fabriquée, dans les fils de soie, dans les soies peignées ou cardées, dans leurs blousses et dans tous les déchets que produit la fabrication de la soie, chutes, bouts de tissage, etc., et les produits où se trouve de la soie mélangée à des matières végétales ;
- 2° Dans les peignés, filés ou tissés de laine, etc.
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- Ce procédé a pour but de rendre pures les matières animales en détruisant les parties végétales qu’elles contiennent, et on procède ainsi :
- On traite ces matières par l’épaillage etl'échar-donnage, puis, on emploie pour la carbonisation du végétal les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, à l’état liquide ou gazeux, chauds ou froids, secs ou humides.
- De préférence l’inventeur emploie l’acide chlorhydrique à l’état sec.
- Dans une chambre close, on pose des tuyaux alimentés par un calorifère et on produit une chaleur de 20 à 200.
- Sur le calorifère, on met un récipient d’acide muriatique qui dégage le gaz chlorhydrique grâce à sa faible densité, ce gaz monte au sommet de la chambre où sont disposées sur une toile métallique ou de toute autre manière les matières à carboniser.
- Celles-ci pénétrées par le gaz ne sont attaquées que dans leurs parties végétales qui deviennent fiables et qu’un simple battage élimine facilement.
- Il ne reste que la matière animale que ce traitement ne détériore en aucune façon.
- Encollage des chaînes-coton Par M. PUJOL, de Castres.
- Jusqu’à ce jour, on a collé les chaînes-coton de toutes nuances en faisant fondre de la colle forte sèche en plaques ou en feuilles. Cette opération exigeait un travail de quatre heures, avec un feu continu, et produisait des odeurs insupportables.
- L’invention dont il s’agit consiste à employer de la colle forte soit à l’état liquide, soit à l’état gélatineux.
- L’opération se fait en moins d’une heure et ne produit aucune odeur ; elle réalise une économie de 30 0/0 sur la quantité de colle employée et une économie considérable de combustible.
- Pour empêcher la putréfaction de la colle à l’état liquide ou gélatineux, l’inventeur additionne pour 100 kilos de matières premières :
- 1° Un kil. de sulfate de zinc aiguillé ou en plaque ;
- 2° Un kil. d’alun ou alumine ;
- 3° 200 grammes acide sulfurique ;
- 4° 40 grammes sel de Saturne ;
- 5° 40 grammes sel d’étain.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- PROPRIÉTÉS ANTI-SEPTIQUES
- DE LA GARANCE
- Tout le monde connaît au moins de nom la garance, cette utile plante de la famille des rubia-cées. Elle sert aux teinturiers qui, de la plante, emploient la racine pour donner aux étoffes celle couleur si française qui porte le nom de couleur garance. Deux Français, Robiquet et Collin, en ont retiré une substance devenue d’un usage fréquent dans l’art du teinturier : l'alizarine. A cette substance s’en vint joindre une autre quelques années plus tard : la purpurine. C’est de la garance que se servit Flourens dans une célèbre expérience ( ù des pigeons qu’il en avait nourris avaient le squelette teint en rouge.
- Dans une récente communication à l’Académie, M. Rostaing est venu montrer que la célèbre plante pouvait encore rendre d’autres services et qu’elle pouvait être employée à la conservation d’un grand nombre de substances animales.
- Sans doute jusqu'ici les expériences de conservation qu’il a citées laisseraient à désirer au point de vue de l’usage alimentaire.
- Mais, en dehors de l’usage alimentaire, l’histofre naturelle, le service des sépultures, enfin même, avec quelques modifications, la conservation dh n grand nombre de substances utiles, sinon à l’all-mentation directement, au moins à l’industrie, pourront attendre d’utiles conséquences de la nouvelle expérience de M. Rostaing.
- La voici : Il a placé, le 27 juillet, au fond d’un pot de terre cuite vernissée, 100 grammes de garance en poudre -, sur ce lit, il a déposé 119 grammes de viande de veau non cuite ; elle était enveloppée d’un linge. Autour de ce morceau, et par dessus-lui, il a enfin déposé 150 grammes de garance en poudre et 55 grammes de racine en morceaux. Le tout a été fermé avec un papier attaché autour du vase, comme on eût fait pour un pot à confitures, et placé dans une armoire.
- Le 4 août, le pot fut ouvert. — Ce n’est sans doute qu’en tremblant que vous auriez consenti à flairer le pot qu'on venait de découvrir. — Il é ait pourtant, paraît-il, exempt de toute odeur de viande corrompue.
- La viande sortie du linge qui l’enveloppait, et
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- examinée au microscope, ne présentait, paraît-il aucune altération ; mais son poids était réduit à 62 grammes.
- Le tout fut remis dans les mêmes conditions, et une réouverture du pot fut fixée au 12 août.
- Le 12 août, même absence d’altération; mais le morceau de viande ne pesait plus que 45 grammes.
- Le 21 août, le poids était réduit à 41 grammes.
- La viande avait donc subi en vingt-cinq jours une perte de 65 %.
- M. Rostaing compare l’altération qui était produite à une sorte de momification.
- Voilà le fait, — l’expérience est facile à vérifier.
- — Les applications pratiques viendront ensuite.
- Quant à l’explication, elle est la même pour la plupart des substances qui conservent les substances animales et empêchent ainsi la putréfaction.
- Ces substances sont toxiques pour les petits êtres dont elle est l’œuvre, et ne le sont pas pour les animaux supérieurs.
- Une nouvelle propriété du suc de porreau.
- On nous signale comme une nouvelle propriété du suc de porreau son emploi contre les piqûres d’abeilles, guêpes, etc. Voici comment cette propriété aurait été découverte : Un chien piqué au museau par une guêpe allat, sous l’influence de la douleur, se rouler dans un carré de porreau : sous l’action du suc de cette planté, la douleur ne tarda pas à se calmer et le commencement d’enflure à disparaître. Frappé de ce fait, le maître du chien le fit piquer à nouveau et la douleur fut encore calmée par le suc du porreau.
- Un domestique se livra alors à des expériences, se faisant piquer et se frottant ensuite avec du porreau : chaque fois la douleur fut calmée presque aussitôt.
- Nous livrons, sans appréciations, ce fait à nos confrères qui, du reste, pourront facilement répé-ter l‘expérience.( Pharmacie centrale de France.)
- Safranine en poudre....................... — 100 Eosine.......................... — 80 Ponceau (cochenille artificielle).. — 80 Rouge pivoine................... — 20 Ponceau pour coton.............. — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire.......................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur................ — 200
- Bleu Nicholson pour laine (no 5)........ — 35
- — — (n° 3)........ — 65
- — lumière (ne........ — 75
- Bleu de cuve artificielle............... — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet............. — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin................. — 20
- — par kilo................................... — 18
- Bleu foncé.................................. — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or................. le kil. 45 fr.
- Jaune-orange....................................... — 45
- Orange supérieur pour soies........................ — 175 Orangé n° 1 — couleur feu.......................... — 40 — 2 — couleur plus...vive..— 35 — 3 — nuance jaune... — 40
- Chrysoïne.......................................... — 50
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge...............le kil. 50 fr.
- — bleu............................. — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge................................. — 60
- Violet moyen.......................... — 65
- Violet lumière, bleu.................. — 70 Violet pour remontages................ — 30
- Verts.
- Vert lumière..........................
- — — supérieur..........
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- S’adresser à l'office du journal.
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE BAISSE DE PRIX PRIX DE DÉTAIL :
- Rouges.
- Fuchsine inférieure................... le kil. 12 fr
- — bonne courante.................. — 30
- — extra-supérieure.................. — 40
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- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21° Année, A’0 21. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 5 Novembre 1877
- SOMMAIRE
- Avis. — Chronique de la mode. — Exposition de la Société industrielle de Mulhouse (Compte-rendu), suite. — Sur la formation simultanée de deux trioxiantraquinones et sur la synthèse d’un nouvel isomère de la purpurine, par M. ROSENTHIEL! — Procédé de traitement des fils de bourrette simple, par M. IMBS. — Chiffonnage ; Teinture des robes chaîne-coton (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Epaillage chimique. — Couleur noire. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Nouvel apprêt pour les tissus. — Sur une réaction différente des rouges à l’alizarine artificielle et à l’extrait de garance, par M. J. Wagner. — Production économique de la vapeur, par M. BoUR.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Exposition universelle de 1878 : Garantie des inventions.
- AVIS
- Les Bureaux du Moniteur de la Teinture sont transférés Avenue des Amandiers, n° 10, près la place du Château-d’Eau. —1Toutes les correspondances, pour ne pas subir de retard, devront nous être envoyées à cette adresse.
- CHRONIQUE DE LA MODE
- L’Exposition des nouveautés de la saison vient d’avoir lieu dans tous les grands magasins de Paris. Les tendances de la mode imposeront cet hiver des étoffes épaisses, lourdes et d’aspect peu flatteur. Les draps et les molletonées de laine paraissent devoir primer toutes les autres nouveautés.
- Si les tissus sont gros, très-gros, trop gros même, les dispositions et les couleurs sont des plus variées. Beaucoup de foncés, la couleur prune et ses innombrables variétés, le loutre dans tous les tons, la mousse, le bronze depuis la nuance feuille morte jusqu’aux teintes les plus riches du bronze antique et du bronze florentin. Toutes ces couleurs se trouvent assorties de nuance et de ton sur les mille variétés de tissus et nouveautés créés pour la saison.
- Nous donnerons à nos lecteurs quelques échantillons des teintes les plus remarquables qui comme d’habitude continuent à être désignées sous les noms les plus fantaisistes. On pourra en juger par l'extrait suivant d’un catalogue d’une des premières maisons de Paris.
- Soiries unies de couleur
- Première Série.
- APERÇU APERÇU
- DES DEMI-TEINTES. DES NUANCES DE VILLE
- Havane. Marine.
- Feutre. Marron.
- Acier. Bleu anglais.
- Rubis. Scabieuse.
- Poussière Bordeaux.
- Beige. Grenat.
- Lin. Myrte.
- Mastic. Prune.
- Souris. Mousse.
- Ecru. Bronze.
- Mauve. Acajou.
- Mexico. Crapaud.
- Chanvre. Améthyste.
- Chêne. Laurier.
- Alouette. Capis.
- Onyx. Sarde.
- Blondine. Paon.
- Sureau. Matelot.
- Boue. „ Héliotrope.
- Cendre. Bois.
- Héron.
- Deuxième Série.
- NUANCES DU SOIR. NUANCE DRAPS.
- Blanc argent. Pain brûlé.
- Blanc ivoire. Loutre.
- Tilleul. Corbeau.
- Ciel. Corinthe.
- Pouille. Carmélite.
- Lilas. Tête de Nègre
- Maïs. Dragon.
- Perle. Plomb.
- Rose. Ardoise.
- Crème. Fumée.
- Cerise. Palissandre.
- Cardinal. Olive.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Vert-nil.
- Blé.
- Saumon.
- Argent. Soufre. Chair. Ophélia. Rose-Thé. Crevette.
- Hirondelle. Belle-Poule.
- Monstre. Terre de Sienne. Bronze florentin. Canard. Tabac.
- Scarabée.
- EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- (Extrait de rapports sur cette exposition).
- — Suite. —
- Impressions : articles d’ameublenent
- par M. A. Rosenthiel.
- Un article auquel la fabrication somptueuse du meuble est, sans contredit, redevable d’une partie de ses plus beaux succès, c’est le rouge turc, si remarquable par l’éclat et la solidité de ses nuances. Ce fut à l’exposition de 1810 que Daniel Kœchlin fit voir les premiers rouges turcs, enluminés d’après le procédé d’enlevage qu’il avait découvert en 1808. Ce procédé, qui a si puissamment contribué à la fortune du rouge d'Andrino-pie, n’a guère été modifié depuis. Les dessins même ont conservé le style de l’article fondamental et sont devenus, sous ses formes (cachemires, petits bouquets, ainsi que shawls à fleurs et cachemires), des genres classiques pour plusieurs nations. Quant à l’huilage qui est une des opérations fondamentales du procédé de teinture en rouge turc, il a subi d’importantes modifications. Les expositions sur pré, qui faisaient dépendre cette fabrication de la pluie et du beau temps, ont été supprimées et remplacées par des expositions dans des étuves chauffées à des températures où l’huile commence à jaunir. C’est à notre compatriote, M. Steiner, de Church (Lancashire), que nous devons ce perfectionnement.
- Les enlevages sur rouge d’Andrinople sont parfois poussés à tel point, que le rouge conservé sur le tissu n’occupe plus qu'une très-faible partie de la surface du dessin. Enfin les procédés de couleurs enlevage permettent de faire apparaître les parties enlevées en diverses couleurs, telles que jaune, vert, bleu ou noir, véritables substitutions chromatiques au rouge uniforme primitivement obtenu par teinture. Quant aux blancs, ils peuvent à leur tour
- être chargés de diverses couleurs vapeur rentrées à la planche.
- S’il s’agissait d’expliquer pourquoi la teinture et l’impression des rouges turcs ont aujourd’hui complètement déserté notre métropole industrielle, où elles ont pris naissance, il suffirait de rappeler que, pour l’exportation de l’article rouge turc ordinaire destiné à la grande masse des consommateurs, les industriels alsaciens se trouvaient placés vis-à-vis de l’Etranger, au point de vue de la fabrication à bon marché, dans des conditions d’infériorité manifestes, grâce aux tarifs douaniers en vigueur à l’époque dont nous parlons (1). En effet, la’supériorité de la fabrication alsacienne ne réside nullement dans le bas prix de ses marchandises ; elle ne devient manifeste que dans les articles où le bon goût, c’est-à-dire la parfaite ordonnance du dessin, le choix du tissu, l’harmonieuse association des couleurs, forme une condition essentielle de succès. Mais, si le rouge turc n’a pu s’exporter d’Alsace dans l’article courant, il a néanmoins réussi à se maintenir dans la fabrication du meuble riche.
- Dans l’étalage de la maison Ch. Steiner, de Ri-beauvillé, dont les produits excellent à la fois par leur belle exécution et par la qualité des tissus employés, nous avons observé un fond rose sur tissu huilé, sur lequel on avait imprimé, façon rouge turc, trois autres tons de rouge et de rose. Les blancs enlevés sur fond rose avaient reçu ensuite l’application de diverses couleurs vapeur, de sorte que les rouge et rose primitifs n’occupaient plus qu’une très-faible partie du dessin. Dans le même étalage, un autre article, surtout du mode de fabrication ordinaire, et formant une sorte de réminiscence du passé, consistait en fonds bleus cuvés, auxquels on avait fait subir le même traitement d’enlevage que pour rouge turc, de façon à produire des dessins multicolores très-variés.
- La fabrication du rouge turc, qui est hérissée de tant de lenteurs et de difficutés, a réalisé un important progrès en arrivant à abréger considérablement la durée des opérations, sans aucun préjudice de la belle qualité de la marchandise.
- (1) 11 n’est pas sans intérêt de signaler ici l'énorme développement qu’a prise à l’Etranger, et notamment en Angleterre et en Suisse, la fabrication pour l’article rouge turc ordinaire, développement qui correspond aujourd’hui au décuple de la production primitive de cet article en Alsace. Une seule maison de Glascow emploie annuellement jusqu’à 1,500 kilogrammes d’alizarine artificielle pour la fabrication du rouge ordinaire.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 0O
- c.
- A la fabrication du rouge turc on peut rattacher encore l’application fréquente d’un mordant organique, l’acide sulfoléique qui, proposée à diverses époques à notre industrie, n’y est acceptée d’une manière pratique que depuis l’exemple que nous a donné la maison de Wesserling pour les bleus d’aniline et les rouges à l’alizarine artificielle. Ce procédé, qui ne nécessite plus les opérations du savonnage et de l’avivage, si nuisibles à certaines couleurs, est appliqué aujourd’hui à une foule de couleurs d’enluminage et même dans certaines opérations de teinture. Tous les connaisseurs ont admiré, dans un meuble riche, simplement lavé, qui figurait dans l’étalage de Wesserling, certaine bande rouge, dont l’éclat paraissait aussi vif que celui qu’on obtenait autrefois par voie de teinture.
- C’est au même titre que nous avons à signaler les beaux spécimens des applications de l’alizarine, tels que les fonds rouges et dessins grisailles des maisons Weiss-Fries, Wilhelm-Frey et Ch, Société d’impresssion alsacienne, etc. Ces fonds rouges sont des couleurs vapeur, qui ont presque atteint toute la vivacité des fonds qu’on obtenait autrefois par teinture, résultat auquel on n’a pu parvenir que par la substitution de l’alizarine artificielle à l’extrait de garance, qui n’avait jamais pu fournir des fonds aussi vifs ni aussi unis.
- L’énumération de tant d’articles divers, appartenant à la catégorie du meuble riche, pourrait faire croire au lecteur que l’ameublement somptueux se trouvait seul représenté à l’Exposition. Ce serait une erreur, car, bien que le meuble riche occupât en réalité une très-large place, le meuble simple d’une à cinq couleurs ne faisait point défaut. Certains spécimens de cet article étaient même à tous égards dignes d’attirer les regards du visiteur.
- Nous citerons tout d’abord un grand rideau satin bleu de ciel, dessin fleurs grisailles, à quatre couleurs, de la maison Thierry-Mieg et Ce, dont les nuances, admirablement assorties avec la couleur du fond, produisaient l’effet le plus harmonieux.
- Plusieurs portières des salles d’Exposition, fournies par la Société alsacienne d’impression, étaient également des meubles à deux couleurs, imprimées sur étoffe lourde, et il fallait y regarder de très-près pour s’assurer qu’on avait affaire à des effets d’impression et non de tissage. La même maison avait exposé des dessins à deux couleurs à fond couvert, et notamment des fonds rouges et roses très-bien réussis.
- Dans l’article meuble simple à fond bis nous avons remarqué des dessins ramage, rouge et rose, double-bleu, puce et cachou, grenat et olive, etc., très-soigneusement fabriqués par les maisons Frères Meyer, Zurcher frères, Kœchlin-Baumgartner et Ce, Weiss-Fries, Wilhelm Frey et C°, Société d’impression alsacienne, etc. Dans le meuble fond bis à trois couleurs, nous mentionnerons encore le coloris classique du rouge, noir et orange, pour la production duquel la Société alsacienne d’impression a essayé de se servir de l’orange à la nitro-alizarine, au lieu de l’orange de chrome jusqu’ici exclusivement employé pour cet article.
- Pour terminer, il nous reste à citer dans l’étalage de la Maison Scheurer-Rott et Ce, un article à quatre ou cinq couleurs, dans lequel les ombres et les lumières étaient distribuées de manière à produire l’illusion du relief propre aux articles velours.
- Avec tous les auxiliaires de la science et de l’art que nous avons énumérés, on comprend aisément que le succès ne pouvait faire défaut. Aussi n’y a-t-il point à s’étonner que la fabrication du genre meuble riche ait cessé d’être le monopole de deux maisons, pour devenir une branche industrielle commune à toutes. N’est-ce point elle d’ailleurs qui, de concert avec les splendides impressions sur jaconas et organdis, a puissamment contribué à porter l’industrie alsacienne des toiles peintes dans la sphère élevée, où elle règne sans rivale et où sauront la maintenir l’habileté de nos coloristes et le génie industriel de nos manufacturiers ?
- Impressions : Article vêtement.
- Lorsqu’on passe aux articles d’indienne, on est surpris de n’y plus trouver certains genres classiques, tels que les doubles roses et les doubles violets garance, ainsi que le nankin. Si l’on excepte les articles fond puce avec gris, cachou, rouge, noir, blanc, admirablement représentés dans les étalages des maisons Wilhelm Frey etCe, Scheurer-Rott et Ce, Zurcher frères, etc., on peut dire que le genre garancine tend à disparaître.
- Des fabrications plus anciennes, qui paraissaient à jamais délaissées, s’essaient de nouveau. On remarque notamment des bleus de cuve, clairs et foncés, que la lassitude des couleurs vives, mais fugaces, semble devoir faire tolérer pour quelque temps. La maison Frères Kœchlin avait exposé de très-beaux enlevages sur fonds bleus cuvés, tels que : blancs, jaunes, oranges, rouges, bleus, gris,
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- bruns, soit isolés, soit associés entre eux ou au noir d’aniline. Ces effets étaient exposés sous forme de carreaux, de rayures, de ramages, de cachemire, ainsi que sur bandes double teinte de bleu, fabrication qui n’avait pas encore été pratiquée et qui permet les applications précédentes sur bleu intense sans altération du tissu.
- Si l’idée d’enlever sur fond bleu, n’est point nouvelle, on peut toutefois affirmer que les procédés actuellement employés, permettent de faire des enlevages sur les bleus les plus foncés?
- La maison Kœchlin-Baumgartner et Ce avait également exposé de beaux fonds bleus de cuve avec impression jaune et blanc enlevage.
- Nous avons à mentionner aussi les beaux bleus cuvés, rouges en blanc et noir, de la maison Dol-fus-Mieg et Ce, ainsi que les enlevages blancs, jaunes, oranges sur bleu cuve indigo, clair ou foncé, de l’établissement Wilhelm Frey et Ce.
- La condition de solidité prime en ce moment celle de la vivacité. Aussi l’indienneur se voit-il obligé de renoncer déplus en plus aux couleurs faux-teints, tels que : fuschine, violet, vert, bleu d’aniline, etc., couleurs qui, toutes, ont eu leur vogue et ont rendu de grands services par l’extrême facilité de leur application et leur richesse colorante, mais qui tendent à céder le pas aux couleurs garance d’application et aux nombreuses couleurs chromées.
- Parmi les colorants d’acquisition encore récente, il en est un, le noir d’aniline, qui, grâce à la multiplicité et à l’importance croissante de ses applications, mérite' sans contredit d’occuper la place d’honneur. Cette couleur qui résiste admirablement à la plupart des agents énergiques, qui supporte aussi bien la teinture en garance que les opérations servant à produire les rouges et les roses garancés, qui peut être associée à toutes les couleurs vapeur, cette précieuse couleur, dont l’éclat et la richesse ne laissent rien à désirer, rend à l’indienneur des services tellement éminents que pas un coloriste ne consentirait aujourd’hui à s’en priver. Aussi M. Camille Kœchlin a-t-il pu affirmer avec raison que cette couleur est devenue plus indispensable même qne les classiques couleurs garancées. Mais si le noir d’aniline forme, pour ainsi dire, la base des impressions on aurait tort de croire qu’il ne se prête qu’à la seule impression sur tissu blanc. On l’applique avec un égal succès sur bleu cuvé, en même temps que d’autres couleurs enlevage et grâce à l’emploi des réserves sous noir d’aniline, on est même parvenu à produire des effets de tissage
- extrêmement délicats.
- Il importe, à cette occasion, de ne point passer sous silence la solution donnée par la maison frères Kœchlin d’un problème très-important, à savoir la découverte d’un procédé servant A rendre le noir d’aniline absolument inverdissable.
- (4 suivre )
- SUR LA FORMATION SIMULTANÉE DE DEUX TRIOXIANTRAQUINONES ET SUR LA SYNTHÈSE D’UN NOUVEL ISOMÈRE DE LA PURPURINE Par M. Rosenthiel.
- Les travaux de Runge et de Kulmann mentionnent dans la garance une matière teignant en jaune orange. M. Schutzenberger a trouvé une matiète analogue dans la purpurine commerciale et l’auteur lui-même en a signalé la présence parmi les produits de réduction de la pseudopurpurine. Quoique ne possédant que quelques grammes de cette matière, il a pu la caractériser comme un mélange de purpuroxanthine et d’une nouvelle matière colorante jaune.
- Quand on traite la pseudopurpurine par l’eau bouillante, elle perd un atome d’oxygène et se transforme en purpurine hydratée et en une petite quantité de ce corps jaune, qui reste en partie dissous dans l’eau, en partie adhérent à la purpurine. On arrive à un résultat analogue lorsqu’on abandonne à elle-même une solution alcaline de pseudopurpurine ; sa couleur passe au rouge et elle contient alors de la purpurine et le corps jaune -, par une exposition prolongée à l’air, la première est détruite, tandis que la seconde résiste. Mais dans ce cas, comme dans le premier, le rendement est toujours très-faible.
- La séparation de la purpurine et du corps jaune réussit par deux moyens : le premier consisie à détruire la purpurine, en solution alcaline, par le permanganate de potassium ; le second est basé sur la propriété que possède la purpurine de s’unir par voie de teinture à l’oxyde de fer, auquel le corps jaune ne se combine que difficilement.
- On dissout le produit dans l’alcool aqueux et on le traite d’abord par l’oxyde ferrique qui enlève la purpurine, puis par l’alumine qui laisse la pseudopurpurine et qui se combine à la matière colorante jaune. On met ensuite celle-ci en liberté par un acide. C’est un isomère de la purpurine CV H8 O5,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 20 t. CXr
- et la cinquième trioxyanthraquinone ; l’auteur la désigne par E, la cinquième lettre de l’alphabet.
- La purpurine E forme une poudre légère, d’un jaune orangé, commençant à fondre à 180» et se sublimant à uue température plus élevée. Elle est plus soluble dans l’eau que les autres matières colorantes de la garance. Elle est très-soluble dans l’alcool, l’acide acétique, la benzine et le chloroforme. L’acide sulfurique concentré la dissout et l’abandonne de nouveau par l’addition d’eau. La solution alcaline présente une couleur rouge intermédiaire entre celles de la purpurine et de lapur-puroxanthine. Les laques de chaux et de baryte sont fort peu solubles dans l’eau bouillante ; l’eau alunée la dissout à chaud avec une couleur jaune orangé, sans fluorescence, et l’abandonne presque entièrement par le refroidissement. Elle teint les mordants d’alumine en orangé 3 ou 4 des tables chromatiques deM. Chevreul. Cette couleur ne résiste pas à l’avivage. Elle ne tient pas les mordants de fer.
- Relation de la purpurine E avec les autres matières de la garance. — Le phosphore enlève un atome d’oxygène à la purpurine E, en solution alcaline, et la transforme en purpuroxanthine.
- L’ébullition de sa solution alcaline lui fait éprouver une transformation moléculaire et la convertit en purpurine ordinaire.
- Préparation de la purpurine. — Utilisant la résistance que la purpurine E oppose, en solution alcaline, à l’action des oxydants, l’auteur a réussi à l’obtenir en traitant la purpuroxanthine à froid par une solution aqueuse de manganate de potassium.
- En résumé, la tétroxyanthaquinone ou pseudopurpurine C1 H4 (O H) O2 perd facilement un atome d’oxygène et donne naissance à deux trioxyan-thraquinones Cu H (OH)3 O2, l’une teignant les mordants d'alumine en rouge, l’autre en orange. L’une et l’autre fournissent la purpuroxanthine C4 H6 (O H)2 O2 par réduction.
- (Société chimique').
- PROCÉDÉ DE TRAITEMENT APRÈS TEINTURE DES FILS DE BOURRETTE SIMPLE Par M. Imbs.
- Ce brevet a pour objet la fabrication de fils de bourrette traités à l'état de fils simples, dans le but
- de supprimer le duvet et les boutons qui peuvent s’y trouver.
- Précédemment on procédait par arrachage du bouton et en brûlant le duvet. Ce système d’enlèvement du bouton ne pourrait pas s’appliquer aux fils de bourette simples qui sont trop faibles pour supporter une telle opération.
- L’inventeur a imaginé de faire disparaître les boutons en les cachant dans les fils simples, épanouis par détorsion partielle, et il s’est fondé pour ce traitement sur cette observation que les boutons n’apparaissent dans les fils de bourrette qu’après la torsion qui les met en saillie et en raison de cette torsion.
- Comme il est nécessaire pour la teinture que les fils aient une certaine torsion qui les protège contre la brutalité de l’opération, que d’autre part, on recherche le lisse et le brillant, l’inventeur croit que le traitement suivant peut satisfaire à ces conditions multiples.
- On prend le fil après teinture, après avoir protégé les écheveaux par des ligatures multiples qui, pendant la teinture et pendant les opérations ultérieures décrites ci-après, font qu’il est toujours facile de retrouver et de classer dans leur ordre naturel chacune des divisions de l’écheveau.
- Cette précaution prise et la teinture étant faite, on prend le fil teint et on le lisse, par compression et extension, soit en lui faisant subir un frottement énergique, soit en se servant du procédé connu appelé échevillage, mais en le poussant très-loin, ce qui devient possible par suite delà précaution prise d’établir des divisions fréquentes de l’écheveau, et de les maintenir par des ligatures multiples.
- On obtient ainsi un fil très-allongé et très-comprimé, dont les soufflures ou cuisses sont corrigées et dont les boutons sont comprimés.
- A cet état, un léger gazage brûle le duvet, en coller légèrement le fil et le brillant.
- C’est alors que l’on procède à l’opération caractéristique de ce procédé, c’est-à-dire à l’épanouissement des fibres de ce fil simple de bourrette par une détorsion partielle, ce qui a pour résultat de gonfler le fil, de façon à dissimuler les défectuosités.
- Les moyens d’exécution sont fort simples : s’il s’agit d’un fil simple, la détorsion est faite en même temps que la confection de la cannette, de façon que le fil n’ayant plus à supporter ultérieurement aucune manipulation, ni aucune fatigue, puisse être
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fortement détordu. Cette opération peut se faire convenablement sur desmull-jenny ordinaires.
- On n’a pas besoin défaire observer que le détor-dage de fils de retors ne modifie en rien la position des fibres dans le fil simple et qu’il ne produit pas l’épanouissement cette fois obtenu.
- [Le Jacquard).
- CHIFFONNAGE
- veau pendant 1/2 heure, puis on lève et on lave pour finir.
- Cette manière d’opérer donne un beau noir bleuâtre.
- Noir corbeau. — On obtient ce noir en suivant la même méthode, mais en ayant soin de doubler la quantité de curcuma et de tripler celle de bois jaune. On peut également employer le procédé suivant qui donne d’excellents résultats :
- Mordancer pendant 1 heure dans un bain conte-
- Procédés allemands extraits du Rei-mann’s Fœrber-Zeitung.
- (Suite.)
- nant :
- Sulfate de fer............... 3 kil.
- Sulfate de cuivre............ 1 kil.
- Tartre............................... 0,200 gr.
- laver et rincer.
- Teinture des Robes chaîne-coton.
- Noir bleuâtre.— Pour 25 robes; environ 10 kos.
- Lorsque les robes ont été nettoyées comme nous l’avons indiqué (1) on fait bouillir pendant une demi-heure avec 400 gr. extrait de campèche. On lève et on ajoute dans la chaudière un mélange par parties égales de lk 500 sulfate de fer et sulfate de cuivre, et 50 gr. curcuma. On entre de nouveau et on fait bouillir pendant une heure, puis on lève, on expose 2 heures à l’air et on rince.
- La laine et la soie des robes sont teintes en noir. On procède alors à la teinture du coton de la manière suivante :
- Dans un bac suffisamment grand, faire une décoction froide de :
- Extrait de campèche 500 gr.
- » bois jaune 80 y entrer les robes et laisser séjourner pendant la nuit. Les robes doivent être complètement immergées sous peine d’avoir des parties plus claires. Le lendemain on lève et on entre dans un second bac rempli d’eau froide contenant en dissolution 500 gr. du mélange des sulfates de fer et cuivre, agiter, mettre les chiffons au large et au bout d’un quart d’heure lever et rincer.
- En même temps on ajoute au bain d’entraits 100 gr. cristaux de soude, on remue et on y entre les chiffons bien rincés qu’on y met bien au large. On laisse séjourner une heure, puis on lève et on ajoute au bain I kilo sulfate de fer. Les chiffons après avoir été bien rincés y sont plongés de nou-
- Pour teindre, former un bain avec :
- Campèche................. 2 kil.
- Curcuma..................... 125 gr.
- Entrer, porter au bouillon et cuire une heure, puis rincer. La teinture de la laine et de la soie est terminée.
- Le coton, qui paraît gris clair est teint dans un bain d’eau froide avec :
- Campèche........................ 2 kil.
- Bois jaune...................... 0,500 gr. y laisser tremper les robes bien étendues pendant une nuit, lever le lendemain dans un bain d’eau froide contenant la dissolution de :
- Bichrômate de potasse............ 100 gr.
- Sulfate de cuivre................. 200
- Agiter le bain, et après un séjour d’un quart d’heure, lever et rincer.
- Au 1er bain de campèche, ajouter 600 gr. de cristaux de soude et y entrer les chiffons bien au large, lever au bout d’un quart d’heure, puis ajouter lk500 sulfate de fer, agiter et entrer de nouveau pour laisser séjourner une demi-heure. Lever et rincer pour finir.
- Si d’après ce procédé on veut obtenir le noir bleuâtre, on supprime le curcuma dans le 1er bain et dans le bain de teinture de coton, on n’emploie que la moitié de la quantité indiquée pour le bois jaune.
- A suivre.
- (1) Voir n° 15 de cette année, page 174.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- PS
- S
- INVENTIONS BREVETÉES
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- tissu, consiste à renouveler l’acide chlorhydrique par l’addition d’acide sulfurique et de sel commun en prenant soin d’employer un excès de sel, c'est-a-dire de 59 parties de sel en poids pour 49 d’acide sulfurique.
- Ceci a pour but d’éviter la présence dans le liquide, d’acide sulfurique non combiné.
- Epaillage chimique
- Perfectionnements apportés à l’épuration des tissus de laine, préalablement à la teinture.
- Par M. Rogers.
- L’invention est destinée à produire une économie dans le prix du bain acide employé, à donner un résultat plus parfait et à rendre le travail plus salubre pour les ouvriers.
- On prépare un bain d’acide chlorhydrique pour laver et épurer les tissus, en mettant dans l’eau de l’acide sulfurique avec de la saumure ou son équivalent. L’action de l’acide sulfurique sur de la saumure a pour résultat la formation d’acide chlorhydrique qu’acidulera l’eau et un dépôt de sulfate de soude sur le fond et sur les parois du réservoir. Le tissu est passé dans ce bain où il est travaillé, puis on l’essore et on le rince.
- Pour préparer le bain d’acide chlorhydrique on prend 20 kilos 390 d’acide sulfurique à 12° Twaddle pour le ramener à 2° Twaddle et on y ajoute 24 kil. 470 de sel commun ou cristaux ; une fois le sel dissous, le bain est prêt.
- On manœuvre le tissu dans ce bain environ une demi-heure jusqu’à ce que l’on voie qu’il soit débarrassé des matières étrangères, puis on le retire à l’aide d’un treuil, on l’essore, puis on le lave afin d’éliminer l’acide qu’il pourrait avoir conservé.
- Si l’on transforme le liquide contenant le résidu en solution saturée en y ajoutant les ingrédients ci-dessus et en y faisant retourner le liquide provenant de l’essorage qu’on fait subir au tissu, à sa sortie du bain il se déposera, lorsque le bain refroidira, du sulfate de soude, ainsi que du sulfate de chaux et les autres matières provenant de la laine. Le sulfate de soude, après avoir été séparé de ces matières peut être utilisé comme produit vendable.
- La manière que je préfère pour employer la laine après l’enlèvement de la première pièce de
- Couleur noire
- Par M. Mazet.
- Doses pour 25 litres :
- 1» Extrait de campêche 1 k. »
- 2» Noix de Galle » 500
- 3° Savon vert » 200
- 4° Gomme arabique » 300
- 50 Ammoniaque liquide » 100
- 60 Cire jaune » 500
- 7 Rouille (oxyde de fer) 1 »
- 8° Soie de bois 2 »
- 9° Bois de noyer trituré A »
- Total 9 k. 600
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,464. — KNAB et Fournier. — Moyen de blanchir la laine, et en général les fibres et matières provenant du règne animal, filées, tissées ou non. — Le procédé repose sur l’action blanchissante de l’acide oxalique combiné avec la glycérine.
- 115,478. —Wolf. — Mode de décoration en couleurs des broderies, dentelles, mousselines et autres étoffes. — Application sur les dessins que comportent les étoffes d’une peinture à l’aquarelle.
- 115,487. — Fréchou. — Appareil dit trousse Fréchou-Roudié, destiné à déceler la présence de la fuschine dans les substances sujettes à falsifica. tion et a en indiquer la dose. — Etuis renfermant un flacon contenant de l’éther créosoté phéniqué, et des éprouvettes en verre gradué.
- 115,517.— BROCHOCKL. —Produit décolorant dit concret d’eau de javelle. — Le produit est un hypo-chlorite alcalin cristallisé, obtenu en soumettant à un refroidissement convenable la lessive alcalin» de soude ou de potasse et faisant passer un courant de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- chlore gazeux préalablement refroidi et lavé dans l’eau jusqu’à saturation presque complète de la lessive, maintenue toujours à basse température.
- 115, 524. — DEMARD. — Avertisseur et arrêteur des métiers à tisser de tous genres, marchant a main ou mécaniquement. — L’application sur la navette d’un ressort courbé et d’un petit appareil sur la boîte du battant avertit l’ouvrier par un timbre sonnant et produit l’arrêt du métier.
- 115,540. — Salvetti. — Procédé de dressage de chapeaux en rotin, manille, paille ou bois, avec coiffes adhérentes en tissu animal ou végétal. — Sur la forme, préalablement revêtue d’un manchon en tricot, on étire un morceau d’étoffe en tissu animal ou végétal ; on le fixe solidement à la forme, et on enduit la partie extérieure en gutta, gomme laque, amidon ou autre agglutinant ; puis on enferme sur cette coiffe le chapeau rotin, et on repasse comme de coutume.
- 115,558. — Ferry et Millet. — Perfectionnement aux broderies manuelles de Lunéville, point de peluche et de franges. — Ce perfectionnement consiste en l’application, aux broderies manuelles de Lunéville, (point de peluches et de franges) et autres, de ce que les ouvrières du point de chaînette appellent le point riche. L’extrémité du grand pointest ensuite coupée, et on obtient à volonté une imitation de plume, un flocon de peluche ou une frange.
- 115,567. — Lion (dame). — Machine à feutrer la laine en bandes. — La laine à feutrer est placée sur une toile recouvrant une plaque en métal percée de trous et disposée au-dessus d’un réservoir de vapeur ; un mécanisme convenable dote la plaque d’un mouvement de va-el vient.
- 115,593. — Gauthier fils. — Machine a pailler, tuyauter, gaufrer et plisser les papiers, les tissus de toute nature, etc. — Les fuseaux ou broches avancent mécaniquement en entraînant l’étoffe, qui se trouve pressée et plissée selon la forme des dits fuseaux; ceux-ci ont leurs axes portés par des chaînes sans fin et n’entravent pas les moyens employés pour chauffer l'étoffe au moment où elle va être prise par eux.
- 115,618. — Camus. — Application d'un tissu fabriqué sur les métiers dits warps ou tattings.— Ce tissu est appliqué aux robes et costumes.
- 115,629. — Frey (les sieurs).—Appareil dit casse-fil, arrêtant les métiers à tisser mécaniques, lorsqu'il se produit une rupture dans un fil de
- chaîne. —L’invention comporte l’emploi de pièces suspendues aux fils de chaîne et guidées par des tringles s’étendant parallèlement sur la largeur du métier. Ces pièces occasionnent le va-et-vient d’une autre pièce qui par un crochet et un levier transmet le mouvement à la détente et fait arrêter le métier.
- 115,643. — Raulin. — Perfectionnements au mode de traitement de la laine sous toutes ses formes, applicables a toutes les opérations dans lesquelles on fait agir chimiquement des liquides et des gaz, principalement en vue de la purifier, invention pour lequelle le sieur Raulin a pris un brevet de 15 ans, le 18 mars 1875. — La breveté s’étend longuement sur les perfectionnements que la pratique lui a suggérés dans l’application des principes qu’il a précédemment exposés, notamment dans l’action du gaz ou air chaud sur la laine, puis d’un liquide, et enfin dans l’essorage. La laine, en masse assez épaisse, homogène et sans intervalle, subit successivement l’action de l’air chaud et d’un liquide-, ensuite reposée pendant quelques heures, elle est parée par capillarité.
- NOUVEL APPRÊT POUR LES TISSUS
- M. James Short, directeur de la manufacture de tapis, connue sous le nom de New-Brunswick Car-pet Mills, (New-Jersey), vient de prendre un brevet pour un nouveau mode d’apprêt des tissus. Cette invention est destinée surtout à l’apprêt des tapis à poils longs. Par le procédé en question, les tapis, après avoir quitté la dressing machine, sont vaporisés sous une faible pression, et la vapeur, s’introduisant par l’envers de l’étoffe, pénètre parfaitement toutes les parties du tissu; étant ainsi humidifiés et tendus simultanément, ils deviennennt corsés.
- L’apprêt dontsont revêtus les fils se trouve alors ramolli également, sèche ensuite ; il suffit pour donner aux tissus la consistance voulue sans qu’il soit besoin d’ajouter aucune des substances employées ordinairement dans ce but. La vapeur redresse le poil en l’humidifiant et le replace en le régularisant dans la position qu’il occupait pendant le tissage.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- SUR UNE RÉACTION différente des ronges à l'alizarine artificielle et à l’extrait de garance,
- Par M. J. Wagner.
- L’auteur a reconnu que les rouges à l’extrait de garance sont fortement dégradés par un mélange de soude et de ferricyanure de potasssium, tandis que les rouges à l’alizarine artificielle restent à peu près inaltérés. Cette différence d’action doit sans doute être attribuée à la purpurine 'que contient l’extrait de garance et qui se trouve détruite par cette acticn.
- PRODUCTION ECONOMIQUE DE LA VAPEUR
- INFLUENCE DES GRANDES SURFACES DE CHAUFFE
- Dans les Chaudières
- Par M. Bour,
- Ingénieur de l’Association lyonnaise des propriétaires d’appareils à vapeur.
- Tous les industriels savent combien est variable la quantité de vapeur que peut fournir un générateur. On peut évaporer jusqu’à 100 kilogrammes d’eau par mètre carré de surface de chauffe et par heure dans des appareils exposés par toute leur surface au rayonnement d’un foyer. Dans les chaudières de la marine, on produit 35 kilogrammes de vapeur par mètre carré de surface de chauffe. Pé-clet, dans son Traité de la chaleur, publié en 1843, admet comme production moyenne de chaudières bien établies, donnant 6 à 7 kilog. de vapeur par kilogramme de houille, 15 à 20 kilog. de vapeur par mètre carré de surface de chauffe. Aujourd’hui, tous les ingénieurs considèrent cette production comme exagérée et conseillent de demander aux chaudières peu de vapeur par mètre carré de surface de chauffe, afin d’en obtenir beaucoup par kilog. de charbon consommé. Je me propose d’examiner avec vous aujourd’hui, Messieurs, s’il y a réellement avantage à augmenter les surfaces de chauffe des chaudières, quel est cet avantage et quelle production on peut demander à une chaudière à vapeur sans cesser de la faire travailler dans de bonnes conditions économiques.
- Depuis que Péclet a, pour ainsi dire, créé la physique industrielle, en contrôlant par de nombreuses expériences et en coordonnant, avec un admirable bon sens, les données jusqu’alors empiriques de la pratique, de manière à les faire servir de bases à une branche nouvelle de la science, depuis qu’Ebel-men a publié ses remarquables études sur la combustion, la Société Industrielle de Mulhouse n’a pas cessé de marcher dans une voie heureusement ouverte.
- C’est dans des expériences faites à Mulhouse que nous allons trouver la réponse aux questions que nous nous sommes posées.
- Nous lisons dans le rapport de M. Meunier-Dol-fus, ingénieur en chef de l’Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur, sur le dernier concours des chauffeurs (en 1875) la note suivante :
- « Nous avons cherché à retirer de ces expériences si longues, puisque chaque concours dure environ six semaines, autre chose que la constatation pure et simple du mérite respectif des candidats.
- « Dans ce but, comme le concours de 1874 avait eu lieu en employant deux chaudières, nous en avons employé trois en 1875 afin de reconnaître l’influence de l’augmentation de surface de chauffe, la quantité de combustible variant peu d’une année à l’autre.
- « La consommation moyenne de combustible en 1874 a été par jour de 2,794 kilog. de houille de Ronchamp, en 1875 de 2,619 kilog.; la surface de chauffe, qui était de 108 mètres carrés en 1874, a été de 148 mètres carrés en 1875.
- « La première année, la consommation de combustible par heure et par mètre carré de surface de chauffe était de 2 kilog. 156, la seconde de 1 kilog. 475 ; or, entre ces deux années, les rendements moyens purs varient de 10 p. 100, et sont, l’un de 8 kilog. 662, l’autre de 9 kilog. 606.
- « On ne saurait trop insister sur ce point, que la première condition et l’une des plus importantes d’une marche économique, est de demander peu aux générateurs que l’on emploie. Afin de mieux établir encore l’influence sur le rendement de l’augmentation de la consommation, nous avons, le concours fini, porté la consommation de combustible d’une chaudière à 3 kilog. 086 par heure et par mètre carré de surface de chauffe. Le feu était conduit avec un soin extrême et par un bon chauffeur, néanmoins le rendement est tombé à 8 kilog.
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- PO Ot O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 200, ce qui constitue une différence de près de 15 0/0 entre ce résultat et celui de 1875. Pour traduire d’une manière simple les conditions dans lesquelles il conviendrait de se placer pour être assuré d’un bon rendement, nous dirons que la consommation d’un combustible d’une chaudière à trois bouilleurs de 50 mètres carrés de surface de chauffe sans réchauffeurs, devrait être par 12 heures de 1,000 h 1,200 kilog. »
- Dans cette note un peu trop concise peut-être, nous trouvons tous les éléments nécessaires de la question.
- Prenons le chiffre le plus élevé, 1,200 kilog., il nous donne une consommation de 100 kilog. par heure, soit 2 kilog. par mètre carré de surface de chauffe et par heure. Ce chiffre nous paraît être un maximum, il se rapproche beaucoup plus du chiffre 2 kilog. 156, qui a donné en 1874 un rendement de 8 kilog. 662, que de celui de 1 kilog. 475, qui a donné en 1875 un rendement de 9 kilog. 606 d’eau évaporée par kilog. de houille pure.
- Ce chiffre de 9 kilog. 606 n’est point lui-même un maximum, il serait probablement dépassé si la consommation de houille s’abaissait au-dessous de 1 kilog. 475 par mètre carré de surface de chauffe et par heure.
- Malheureusement les surfaces de chauffe coûtent plus cher ; les industriels ne sont pas en général très-disposés à augmenter le capital immobilisé chez eux à l’état de matériel, et il arrive un moment où les intérêts du capital engagé et l’entretien d’un matériel plus important compensent les avantages donnés par une réduction dans la consommation du combustible. La détermination de cette limite est assez difficile. Au point de vue financier, elle varie avec le prix de revient du combustible. D’autre part, au point de vue technique, il n’est pas avantageux de diminuer trop la consommation d’une chaudière, car les pertes de chaleur par la maçonnerie étant considérables, environ 20 0/0, étant d'ailleurs proportionnelles au temps et à la surface de refroidissement, ne variant presque pas avec la consommation de combustible, arrivent à prendre une influence considérable.
- On admet généralement aujourd’hui qu’il ne faut pas réduire la consommation de combustible à 1 kilog. de charbon par mètre carré de surface de chauffe et par heure.
- En général, à Lyon, nous sommes bien loin de ce chiffre et la plupart des générateurs fournissent
- deux ou trois fois plus de vapeur qu’on ne devrait leur en demander pour l’obtenir économiquement.
- Ce fait s’explique bien facilement. La plupart des industriels de Lyon occupent des locaux dans lesquels ils sont à l’étroit. Ils étaient déjà serrés quand ils ont commencé, leurs générateurs étaient peut-être alors à peine suffisants ; leurs industries se sont développées ; ils sont arrivés à doubler ou tripler leurs productions, leurs générateurs se prêtaient à leurs exigences, ils ont usé et abusé.
- Les chiffres que je vous ai cités plus haut vous démontrent, en effet, que peu d’appareils ont une production plus variable que les générateurs de vapeur ; pour rendre cette démonstration plus évidente, déduisons par le calcul les chiffres qui résultent des données que nous possédons, afin de mettre en relief dans les trois expériences la pro-duction de la vapeur, et groupons-les dans le tableau suivant :
- 1 2 3
- 1873 1874 1875
- Surface de chauffe en mètres carrés........................ Charbon brûlé en 12 heures... Charbon brûlé par mètre carré de surface de chauffe et par heure.................................................. Charbon pur brûlé en 12 hres en supposant, le charbon à 15 0/0 de cendres............. Eau évaporée par kil. de charbon pur....................... Eau évaporée en 12 heures.... Eau évaporée par mètre carré de surface de chauffe et par heure.........................
- 1 ch'“ 2 chre 3 chre
- 54 108 148
- 2.000k 2.794k 2.619k
- 3k086 2156 Ik475
- 1.700k 2.335k 225k
- 8k200 8k662 9k606
- 13.974 20.226 21.383
- 21k6 15k6 12k
- La dernière ligne de ce tableau nous montre que les productions extrêmes des chaudières en expériences ont été 21 .kilog, 6 et 12 kilog. de vapeur par mètre carré de surface de chauffe et par heure.
- Ce dernier chiffre 12 kilogr. par mètre carré de surface de chauffe et par heure, nous permet de croire que la consommation de 1 kilog. 475 de charbon par mètre carré de surface de chauffe et par heure est encore trop forte et que l’on arriverait à des résultats plus favorables en la rédui
- sant.
- Pour des chaudières sans réchauffeurs, ce chiffre est pourtant admissible, car il ne faut pas perdre de vue que, dans les chaudières à bouilleurs, le chauffage n’est pas méthodique et que les gaz qui passent à la cheminée quittent la partie de la chaudière dans laquelle la température est la plus élevée, et que par conséquent, il est difficile de les refroidir suffisamment.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Nous regrettons de ne pouvoir mettre en regard de ces chiffres de consommation de charbon et de production de vapeur, ceux qui représentent la nature du gaz envoyé à la cheminée ; ils nous montreraient sans aucun doute, que même dans le cas le plus favorable il y aurait encore beaucoup à gagner en ajoutant des réchauffeurs à la suite de ces chaudières.
- Le rendement obtenu avec des chaudières qui, tout en étant bien installées, ne sont pourtant pas dans les meilleures conditions possibles, puisqu’elles manquent de réchauffeurs, vous paraîtra peut-être bien élevé, mais nous nous rappelons que, depuis la fondation de l’Association Alsacienne des propriétaires d'appareils à vapeur, les concours de chauffeurs ont toujours été faits avec de la houille de Ronchamp et que cette houille est placée en première ligne parmi celles qui alimentent le marché d’Alsace.
- 11 y a lieu aussi de remarquer aussi que la différence des rendements indiqués colonnes 1 et 2 est plus faible que celles des rendements indiqués dans les colonnes 2 et 3, tandis que, eu égard aux consommations ces différences devraient être plus fortes. Il est probable qu’il faut attribuer ce fait aux conditions dans lesquelles ces essais ont été faits.
- Pour essayer la production maximum de la chaudière, on a choisi un des meilleurs chauffeurs de Mulhouse, le feu a été parfaitement tenu et le chauffeur s’est imposé, d’après ce que nous disait M. Meunier-Dolfus, ingénieur de l’Association Alsacienne, un travail impossible à exécuter dans la pratique ordinaire et des soins que l’on ne prend certainement pas d’habitude.
- Ces précautions ont évidemment atténué dans une proportion considérable les mauvais effets d’une consommation trop forte, mais elles n’ont pas pu les compenser complètement et il reste un avantage considérable aux consommations plus faibles. Nous pouvons affirmer que, dans la pratique, ces différences seraient plus considérables encore, parce qu’un feu moyen est bien plus facile à tenir dans de bonnes conditions qu’un feu trop vif, et que tel chauffeur, qui conduira bien un feu ordinaire, ne prendra pas les soins suffisants pour bien mener un feu trop ardent.
- En effet, il faut charger un foyer d’autant plus souvent qu’il consomme davantage, afin que le charbon y soit toujours introduit en faible quantité. Il ne faudrait pas charger à des intervalles de
- plus de dix minutes dans des foyers à consommation normale. Quand cette consommation augmente il faudrait rapprocher davantage les charges. Or, vous savez tous, messieurs, ce qui arrive dans la pratique. Le chauffeur préfère charger en une fois une forte quantité de charbon ; nous arrivons ainsi à voir des foyers bourrés de combustible, dans lesquels non-seulement la combustion se fait dans de mauvaises conditions, mais dans lesquels les chaudières ont à souffrir de la trop grande proximité du combustible. Avec des feux trop vifs nous avons aussi à craindre que dans une chaudière qui n’est pas trop propre, il se produise des boursouflures, des coups de feu et des fentes dans les tôles au-dessus du foyer. Cet inconvénient se produit fréquemment dans les chaudières à foyers soufflés, à quelque type qu’elles appartiennent.
- On sait depuis longtemps qu’il ne faut pas demander trop aux chaudières. Dans une discussion qui a eu lieu dans une de nos dernières séances, M. Duvergier vous disait : « On marche dans de bonnes conditions quand on produit 10 kilogr. de vapeur par mètre carré de surface de chauffe. » Vous voyez, Messieurs, qu’il n’y a pas d’autres conclusions à tirer des expériences que nous venons de rapporter. Nous ajouterons seulement que ces 10 kilog. de vapeur peuvenr être obtenus avec une quantité de charbon pur qui dépasse très-peu 1 kilogramme, lorsque les chaudières sont bien installées. Le chiffre de 10 kilogrammes de vapeur par kilogramme de houille a même été dépassé dans quelques expériences de rendements de chaudières faites à Mulhouse.
- Ces expériences, si elles ne nous apprennent rien d’absolument nouveau, ont du moins le mérite de mettre en relief des faits importants bien que déjà connus, de les préciser en les accompagnant de chiffres obtenus par des observations bien faites et c’est à ce titre qu’elles nous ont paru mériter votre attention.
- LL A FAITS DIVERS
- Exposition universelle de 1878.
- Garantie des inventions.
- M. le Ministre de l’agriculture et du commerce vient de prendre au sujet de l’Exposition une mesure qui intéresse vivement le commerce interna-
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- ? O co
- LE MONITEUR DE LÀ TEINTURE
- tional. Dans une circulaire récente, il a rappelé que l’Exposition doit être un terrain neutre où les inventions qui ne sont pas brevetées, sont néanmoins protégées. Il suffit pour cela d’obtenir un certificat de garantie, par lequel les droits de l’inventeur sont sauvegardés non-seulement pendant la durée de l’Exposition, mais encore pendant trois mois après sa clôture.
- Les demandes doivent être adressées avant le 31 mai prochain ; elles doivent être accompagnées de dessins s’il y a lieu. En fait, le certificat de garantie exige des formalités analogues à celles qui sont nécessaires pour l’obtention des brevets d’invention, mais il n’y a pas lieu de payer les 100 fr. de la première annuité. (1).
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.................................. — 60
- Violet moyen........................... — 65
- Violet lumière, bleu................... — 70
- Violet pour remontages................. — 30
- Verts.
- Vert lumière.......................... le kil. 100 fr.
- — — supérieur......... — 110
- Divers,
- Marron d’aniline....................... — 23
- Cris, par le bleu-noir................. — 23 oris-perle, par les violets............ — 70
- ooralline rouge........................ — 30
- — jaune (alcool)........................ — 20
- Purpuraline à l’état sec............... — 8
- Xanthine (orange)...................... — 35
- Cachou de Laval........................ — 2 50
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- A VENDRE D’OCCASION
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE BAISSE DE PRIX.
- "S fi P 5 S e » w e
- H F (•
- Rouges.
- Fuchsine inférieure.................. le kil. 12 fr
- — bonne courante..................... — 30
- — extra-supérieure................... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine............ — 12 -
- Safranine en poudre.................. — 100
- Eosine...’........................... — 80
- Ponceau (cochenille artificielle).... — 80
- Rouge pivoine........................ — 20
- Ponceau pour coton................... — 70
- Bleus.
- Dieu ordinaire....................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur............... — 200
- Bleu Nicholson pour laine (no 5).. — 35
- - — (m 3). - 65
- — lumière (ne 1). — 75
- Bleu de cuve artificielle.............. — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet........ — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin............. — 20
- — par kilo........................... — 18
- Bleu foncé........................... — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité...- 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or................. le kil. 45 fr.
- Jaune-orange......................... — 45 Orange supérieur pour soies.......... — 175 Orangé n° 1 — couleur feu............ — 40 —...........................2 — couleur plus vive................................— 35
- — 3 — nuance jaune.......... — 40
- ..................................... — 50
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge................ le kil. 50 fr.
- — bleu.................................. — 50
- Une chaudière pour teinturier contenant environ onze cents litres. — Poids 191 kil. robinet compris.
- Une chaudière pour teinturier contenant environ deux cents litres. — Poids 63 kilos, avec robinets.
- Sur demande, on enverra le croquis coté. — Prix du kilo 3 francs. — Ces chaudières sont neuves quoique d’occasion.
- Essoreuses diverses depuis 0 m. 45 de diamètre au panier, jusqu’à 1 m. 20.
- Métiers d’apprêts, cylindres sécheurs, tondeuses, presses hydrauliques pour apprêts, etc.
- Générateurs de vapeur, machines fixes, locomobi-les, etc., de toutes forces et de tous modèles.
- S’adresser à l'office du journal.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grés.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 416 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- (1) L’office du Moniteur de la Teinture se charge de l’obtention des certificats de garantie. Il enverra à ses abonnés qui lui en feront la demande, la note des renseignements et des pièces à lui fournir.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- N» 22.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Novembre 1877
- SOMMAIRE
- Avis. — Exposition universelle de 1878. — Sur la chrysoïdine, par M. HOrNANN.— Résumé d’un pli cacheté de M. CURDILLOT. — Essai des indigos, par M. V. Tantin. — Teinture des peaux par les couleurs d’aniline.
- Chiffonnage : Teinture des robes chaîne-coton (suite) ; Havane, Bruns (3 procédés).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Machines rotatives pour sécher les fils par l’air ; Epaillage des laines par des gaz anhydres.
- VARIÉTÉS : Une expérience intéressante.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Projet de musée commercial et industriel. — Réforme télégraphique en Italie. — Le tarif général des douanes et les traités de commerce.
- AVIS
- Les Bureaux du Moniteur de la Teinture sont transférés Avenue des Amandiers, n° 10, près la place du Château-^d’Eau. —Toutes les correspondances, pour ne pas subir de retard, devront nous être envoyées à cette adresse.
- 0 gror C a c s =.
- r = som 0 c t. x «
- Nous informons en même temps nos lecteurs que l'Office du Journal se charge moyennant un prix variable suivant l’importance de l’exposition de servir de Représentant ou de Correspondant à tout Exposant pendant toute la durée de l’Exposition.
- P. Blondeau.
- SUR LA CHRYSOÏDINE
- Par M. A.-W. HOFNANN.
- La chrysoïdine, nouvelle matière colorante, introduite dans l’industrie depuis seize mois environ par MM. Thomas et Dower, à Londres, mais fabriquée également, à ce qu’il paraît, par quelques fabriques du Continent, est une belle substance cristallisée, présentant toutes les qualités d’un corps chimique bien caractérisé. Elle forme une poudre cristalline gris foncé. Les cristaux volumineux, souvent très-bien développés, présentent des faces brillantes et des reflets métalliques verdâtres. Ils sont opaques, tandis que les cristaux minces paraissent rouge foncé, vus par transparence. Leur poudre est rouge. Les cristaux sont assez solubles
- dans l’eau froide, très-solubles dans l’eau chaude et dans l’alcool ; insolubles dans l’éther. Leurs solutions, saturées à chaud, se prennent par le refroidissement, et surtout en présence d’une faible quantité d’acide chlorhydrique, en une masse gélatineuse, formée d’aiguilles fines enchevêtrées. Très-souvent il se trouve, dans cette masse, des cristaux volumineux, que l’on obtient du reste facilement en abandonnant à elle-même une solution plus étendue, additionnée d’un peu d’acide chlorhydrique, ou, et c’est ce qui réussit encore mieux, en faisant cristalliser de nouveau la masse dans l’alcool chaud et l’acide chlorhydrique.
- Ces solutions sont d’une couleur orange très-foncé et douées d’un pouvoir tinctorial considérable. Additionnées d’acide chlorhydrique, elles prennent une teinte rouge cramoisi.
- L’analyse du produit commercial, qui est presque chimiquement pur, donna la formule simple d’un chlorhydrate de la composition :
- cz Ilia H. Hi ci. -on
- formule confirmée par l’analyse du chloroplatinate. On obtient ce dernier, qui est d’un beau Müge cramoisi, en ajoutant du chlorure de platine à la solution étendue du chlorhydrate dans l’eau chaude.
- La base du chlorhydrate est mise en liberté et par la soude caustique et par l'ammoniaque aqueux.
- Elle se sépare sous forme d’une masse flocon-
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- neuse jaune clair, peu soluble dans l’eau, facilement soluble dans l’alcool et l’éther. Sa tendance à cristalliser est beaucoup moins prononcée que celle de ses sels. Les meilleurs cristaux se forment par le refroidissement lent de sa solution dans l’eau bouillante, qui l’abandonne en filaments contournés très-caractéristiques. La base fond à 110 degrés. Le nitrate cristallise en aiguilles rouges et ressemble beaucoup au chlorhydrate.
- En essayant d’interpréter la formule donnée ci-dessus, la pensée se porte de suite vers un diami-doazobenzide se plaçant entre deux corps bien connus, savoir : le monoamidoazobenzide ou jaune d’aniline, étudié par Griefs et Garo, et le triami-doazobenzide qui, d’après Griefs et Martius, est le principe constituant du brun de phénylènediamine, découvert par Martius :
- Monamidoazobenzide : G12 H9 (NHI2) N2 = G12 Hi N3 = - [jaune d’aniline.
- Diamidoazobbenzide : C12 H3 (NH*)2N2 — G12 H12 N* = chrysoïdine.
- Triamidoazobenzide : C12 EU (NH2)3N2 = G12 H13 N*= [brun de phénylènediamine.
- Aussi le chlorhydrate de chrysoïdine se rapproche-t-il beaucoup du composé monoamidé tant par l’aspect des cristaux que par la propriété que possède sa solution de se colorer en rouge par l’acide chlorhydrique.
- Il éi ait donc indiqué d’opérer la synthèse de la nouvelle matière colorante d’une manière analogue à celle des combinaisons mono et triamidées.
- Comme ces deux corps prennent naissance par l’action de l’acide nitreux sur l’aniline et sur le phénylènediamine, il y avait probabilité d’obtenir la chrysoïdine par l'action du même oxydant sur le mélange du jaune d’aniline et du brun de phény-lènediamine ; réactions exprimées par les équations suivantes :
- 2 C8 H7 N +HNO= Caz Hi N3 + 2 H2 0
- Aniline Jaune d’aniline
- 2 G8 H8 N2 + H N 02 = C12 H1s Ns +2 H2 0
- Pliénylènedia- ’ Brun de mine. phénylènediamine
- C8 H7 N 1 _ —, C H12 NI + 2 H2 0
- C6 H8 N2 ! Chrysoïdine
- En faisant passer un courant d’acide azoteux dans une solution alcoolique des deux bases, on n’obtient cependant qu’un mélange de jaune d’aniline et de brun de phénylènediamine, résultat qui tient évidemment à ce que la phénylènediamine est ,
- attaquée de préférence et transformée entièrement en brun avant que l’aniline soit entrée en réaction.
- Pour arriver à un résultat favorable, il faut suivre le mode d’opération que voici :
- On fait passer un courant d’acide nitreux dans une solution alcoolique d’aniline, jusqu’à ce que les cristaux de diazoamidobenzide, qui se transforment partiellement en son isomère, l’amidoazobenzide, formés d’abord, se soient redissous, et on ajoute une solution aqueuse de phénylènediamine. Instantanément, il se produit une coloration rouge foncé provenant de la chrysoïdine formée. La réaction est très frappante, surtout quand on ajoute la phénylènediamine après avoir étendu d’eau, jusqu’à décoloration, le liquide coloré fortement par l’excès d’acide nitreux. La coloration rouge foncé apparaît subitement et, pourvu que la solution soit de la concentration suffisante, il se sépare promptement des cristaux de nitrate de chrysoïdine. Or, la solution alcoolique, chargée d’acide nitreux en excès, comme il vient d’être indiqué, renfermant du nitrate de diazobenzide, la réaction s’est accomplie d’après la formule :
- G8 H- N2. H N O3 + G8 H8 N2 = C12 H'2 Nu H N O3
- En effet, on obtient un bon rendement de nitrate de chrysoïdine en ajoutant de la phénylènediamine à la solution de nitrate de diazobenzide, solution qu’on prépare par l’action assez prolongée de l’acide nitreux sur une pâte de cristaux de nitrate d’aniline.
- Le produit ainsi obtenu est recristallisé plusieurs fois dans l’eau et traité par l’ammoniaque pour isoler la base, que l’on transforme ensuite en chlorhydrate. Celle-ci est identique avec le produit commercial.
- Il va sans dire qu’on obtient toute une série de matières colorantes analogues en substituant à la phénylènediamine d’autres amines aromatiques, ainsi que la toluène liamine et en remplaçant le diazobenzide par ses homologues. De cette manière, on peut entrevoir la formation d’un grand nombre de matières colorantes, dont une déjà a été préparée en traitant le diazobenzide (préparé par la pa-rotoluïdine) par la toluènediamine, fusible à 99 degrés. Elle est encore plus belle que la chrysoïdine. La tendance de ses sels et delà base libre elle-même à cristalliser est très-prononcée. La base libre, isolée de sa solution alcoolique chaude par l’ammoniaque, cristallise, par le refroidissement, en aiguilles groupées en étoiles, fusibles à 183 de-
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- grés. Elle est très-soluble dans l’alcool et l’éther, insoluble dans l’eau, même à chaud.
- La composition du chlorhydrate, cristallisant en belles aiguilles rouges, correspond à la formule :
- cu Hi6 N\ H CI formule confirmée par l’analyse du chloroplatinate.
- Mentionnons encore que, pour la préparation de la chrysoïdine, il faut se servir de la phénylène-diamine obtenue par réduction de la dinitrobenzine, fusible à 86 degrés. La modification isomère, dé' rivant de la nitraniline, ne donne pas ainsi de matière colorante.
- RÉSUMÉ D’UN PLI CACHETÉ
- De M. Gürdillot.
- Dépose le 11 juillet 1860, présenté au nom du comité de chimie, dans sa séance du 28 mars.
- Le pli cacheté n° 36, de M. Gürdillot, chimiste chez MM. Schwartz et Hugenin (actuellement Schlumberger fils et Ce), est daté du 11 juillet 1860. Il renferme une observation très-curieuse sur la résistance comparative à l’action de la lumière des roses garancés et des roses de cochenille. Fixés à la caséine, ceux-ci ont résisté plus longtemps que les premiers à une exposition de trois mois aux rayons solaires.
- Le pli cacheté expose ensuite un mode de préparation de la caséine par l’ammoniaque, qui n’a plus qu’un intérêt historique, et mentionne l’emploi de la caséine pour la fixation de la fuschine, du violet d’aniline et du vert Guignet.
- (Bulletin de la Société ind. de Mulhouse).
- ESSAI DES INDIGOS Par M. V. Tantin (1).
- Vous connaissez, Messieurs, toute l’importance qu’il y a pour le teinturier à connaître la qualité de l’indigo qu’il achète et qu’il emploie. Chaque espèce, chaque marque est sujette à de grandes variations, il est donc indispensable au praticien d’avoir un moyen prompt de constater avec exactitude la richesse en matière colorante, c’est-à-dire à l’avance le rendement de cette précieuse substance.
- (1) Bullêtin de la société industrielle de Flers-de-Corne.
- Les caractères extérieurs qui, cependant, ne sont pas à négliger, peuvent fournir des indications fautives, et quelle que soit l’expérience et l’habileté de l’acheteur, il faut qu’il sache bien qu’il est exposé à de graves erreurs, s’il veut estimer un indigo d’après sa marque et ses caractères extérieurs.
- Lorsque je fus chargé du cours de teinture à l’Ecole industrielle de Fiers, mon premier soin fut de rechercher quel procédé d’essai de l’indigo pourrait être facilement employé par le teinturier, j’avais pensé qu’il me suffirait de choisir parmi les nombreux procédés publiés dans les traités spéciaux d’analyse chimique. Madéceptiona été grande, je n’ai pu trouver une méthode à la fois exacte et d’une exécution facile. En effet : les procédés volumétriques, basés sur la propriété que possède la matière colorante de l’indigo, d’être décomposée par différentes substances oxydantes telles que l’eau de chlore, la solution de chlorure de chaux, le chlorate ou le bichromate de potasse, donnent toujours lieu à des erreurs fâcheuses, car l’oxygène n’agit pas seulement sur la matière colorante bleue de l’indigo, mais aussi sur d’autres éléments organiques de ce dernier, le brun d’indigo, le gluten d’indigo et le rouge d’indigo. J’ajouterai que le bichromate de potasse, qui a été tout spécialement recommandé, présente de plus l’inconvénient de donner des liquides verts qui ne permettent que très-difficilement de saisir le point limite.
- La méthode de Houton-Labillardière repose sur un principe rigoureusement exact, mais son colo-rimètre n’accuse pas d’une façon assez sensible les changements de nuance, on peut facilement commettre une erreur de 10 0/0. Au point de vue pratique, l’instrument est donc sans utilité.
- J’en étais réduit à confesser mon impuissance, lorsque j’appris, par l’excellentjournal de M. Gouil-Ion, (2) qu’un habile constructeur, M. J. Salleron, venait de perfectionner l’appareil de Houton-Labillardière de façon à donner à cet instrument toute la sensibilité désirable. Après avoir examiné le nouveau colorimètre deM. Salleron, je constatai, en effet, qu’il était extrêmement facile de saisir les plus faibles variations d'intensité des solutions d’indigo et qu’une quantité de matière colorante, inappréciable au moyen de la balance la plus sensible, pouvait être décelée au moyen du nouvel appareil.
- Ceci admis, il devient facile de rendre le procédé de Houton absolument pratique.
- (1) Moniteur de la Teinture.—Année 1869.
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- Permettez-moi, Messieurs, de vous rappeler que cette méthode est basée sur ce principe : que deux dissolutions formées avec des poids égaux, d’une même matière colorante dans des quantités égalés d’eau, examinées comparativement dans des tubes de même diamètre, présentent des nuances identiquement semblables, et que des dissolutions, faites avec des poids inégaux, d'une même matière, offrent des nuances dont l’intensité est proportionnelle à ces quantités.
- Pour apprécier la différence qui existe dans l’intensité de ces liqueurs colorées, on les introduit dans des tubes gradués sur la même échelle, on les place dans un appareil appelé colorimètre puis on étend la liqueur la plus forte jusqu’à ce qu’elle soit ramenée au ton de la liqueur la plus faible et on apprécie ainsi le rapport qui existe entre les matières colorantes que l’on essaie.
- Colorimètre de M. SALLERON.
- Le nouveau colorimètre de M. Salleron se compose d’une boîte C ayant la forme d’une pyramide tronquée, fixée par un de ses côtés sur un support qu’on peut élever ou abaisser à volonté. A sa partie postérieure, la boîte est découpée convenablement pour qu’on puisse y appliquer le visage sans être incommodé pendant l’observation par la lumière extérieure. A sa partie antérieure, cette même boîte est terminée par un diaphragme composé de deux plaques métalliques noircies, percées chacune
- de deux fentes verticales ff parfaitement identiques. Les deux fentes de la première plaque correspondent à celles de la seconde. En avant de ces plaques se trouve un miroir opalin R, qui sert à réfléchir la lumière diffuse dans l’intérieur de l’instrument. On peut régler à volonté l’inclinaison du miroir par une charnière et une vis de pression. Dans l’espace compris entre les deux plaques métalliques s’engage une cuve en verre T, formée de deux glaces séparées par trois cloisons en verre de même épaisseur -, l’ensemble constitue donc deux tubes, à faces parallèles, fermées par le bas. A sa partie supérieure, la boîte C porte un support en cuivre S, sur lequel on fixe une burette divisée en dixièmes de centimètres cubes que l’on remplit d’eau. Au-dessous de la burette vient se fixer, sur le même support S, un tube en platine A servant d’agitateur et plongeant jusqu’au bas du tube T. Ce tube est fixé dans une armature métallique creuse à l’extrémité de laquelle on adapte un tube en caoutchouc.
- Au risque de fatiguer votre attention, je vous demanderai, Messieurs, la permission de décrire minutieusement le procédé suivi à l’Ecole industrielle; ma communication s’adresse plutôt à des praticiens qu’à des chimistes et j’attache la plus grande importance à ce que l’essai de l’indigo puisse être fait par la personne la moins expérimentée.
- MODE OPÉRATOIRE
- 1° Prélever l’échantillon. — Sur l’échantillon remis par le marchand, on gratte, au moyen d’un couteau, environ 5 grammes de matière. Dans le cas où l’échantillon serait composé de plusieurs morceaux, on devrait en prendre de tous et proportionnellement au poids de chacun d’eux.
- 2° Pulvériser et tamiser. — Les 5 grammes d’indigo composant la prise d’essai sont pulvérisés dans un mortier de fer et passés dans un tamis de soie ayant cent mailles au centimètre carré. La pulvérisation et le tamisage doivent être poussés assez loin pour qu’il ne reste rien-, car si l’on éloignait les fragments les plus durs et les moins faciles à broyer, on ne pourrait pas conclure de l’essai à la valeur réelle de l’indigo.
- 3° Peser. — On pèse dans une balance, sensible au demi-milligramme, 0 gr. 30 centigrammes de chacun des indigos à essayer
- 4° Choisir un type. — On prend Vindigôtine pure. On se la procure en recueillant l’écume (la fleurée) qui se forme continuellement à la surface
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- des cuves de bleu d’indigo et, en traitant cette écume par l’acide chlorhydrique étendu d’eau qui en enlève toutes les substances étrangères. Le résidu de cette opération, lavé sur un filtre et avec beaucoup de soin, après l’avoir desséché on l’introduit dans des flacons bouchés à l’émeri où il est conservé à l’abri de l'humidité.
- La comparaison des indigos avec cette indigotine demande beaucoup d’attention, il faut se servir de cette dernière seulement pour déterminer la valeur d’un indigo qui servira de type, à spn tour, pour les autres indigos.
- 5° Dissoudre les indigos dans l’acide sulfurique. — On introduit les 0 gr. 30 c. de chacun des indigos à essayer le type dans des fioles de forme particulière, connues dans les laboratoires sous le nom de matras d'essayeur, on ajoute 10 grammes de verre cassé bien lavé et parfaitement sec et on introduit dans chaque fiole, au moyen d’une pipette jaugée cinq centimètres cubes d’acide sulfurique chimiquement pur. J’attache la plus grande importance à l’emploi de cet acide de préférence à l’acide sulfurique de Nordhausen. Celui-ci donnedes solutions pourpres et l’œil apprécie avec une très-grande difficulté les faibles variations d’intensité.
- On chauffe les matras au bain-marie à une température de 60 à 70° centigr. en ayant soin d’agiter toutes les demi-heures. Au bout de h heures, la dissolution de l'indigotine étant complète, le produit est étendu d’eau de manière à former un volume de trois litres. Pour plus d’exactitude, on doit faire ce mélange dans un flacon à col étroit, de la capacité de trois litres, à trait gravé sur le col. On laisse ensuite reposer la liqueur pendant une demi-heure avant de la porter dans le colorimètre.
- 6° Comparer l’intensité des solutions au moyen du colorimètre. — On prend 10 cent, cubes de la dissolution à essayer, on la verse dans le tube de droite et l’on verse également dans le tube de. gauche 10 centimètres cubes de la solution type. Les deux dissolutions seront plus ou moins colorées et ordinairement c’est le type qui est le plus coloré. A l’aide de la burette, on verse quelques gouttes d’eau dans le tube de gauche -, puis par le tube en caoutchouc, on insuffle légèrement de l’air pour bien mélanger le liquide et l’eau ajoutée. On observe ensuite en approchant la tête de l’appareil, si les deux dissolutions ont exactement le même ton. Si l’identité des teintes n’est pas encore obtenue, on continue à ajouter de l'eau par petites portions et à insuffler de l’air jusqu’à ce que cette iden
- tité se produise. Alors l’opération est terminée. On lit sur la burette le nombre de centimètres cubes employés et la valeur de l’indigo à essayer sera en raison inverse des chiffres obtenus.
- Supposons qu’il ait fallu ajouter à la solution type 2 centimètres cubes d’eau pour rendre sa teinté identique à celle de l’indigo à essayer. Les solutions contenant le même poids de matière, il est bien évident que le pouvoir colorant de l’indigo type sera à celui de l’indigo à essayer comme 10 + 2 ou 12 est à 10, c’est-à-dire que l’indigo essayé a les f| ou les f de la valeur du type. Si le type a une valeur réelle de 20 fr. le kilogramme, l’indigo essayé ne devra pas être payé plus 20 X 4 ou 16 fr. 66 le kilogramme. '
- Le résultat inverse peut se présenter, l’indigo à essayer peut donner une solution plus colorée que celle du type ; dans ce cas c’est l’indigo à essayer que l’on place dans le tube de gauche et on étend sa solution pour obtenir l’identité des teintes. Sup* posons qu’il ait fallu ajouter 1 centimètre cube 8 dixièmes d’eau, alors le pouvoir colorant de lindigo à essayer sera à celui de l’indigo type comme 10 + 1, 8 ou 11, 8 est à 10. La valeur de l’indigo type étant de 20 fr. le kilogramme, celle de l’indigo essayé sera de20 x 1168 ou 23 fr. 60.
- Si l’on jette un coup d’œil sur le tableau ci-après, on peut se faire immédiatement une idée de l’écart qui existe le plus souvent entre le prix de Vente de l’indigo et sa valeur réelle calculée d’après le ren-dement.
- Pour ne citer qu’un exemple, prenons les quatre échantillons J. Cox et Compagnie essayés en juin 1875. Nous voyons que celui du quatrième rang, comparativement à l’échantillon du premier rang présente à l’acheteur un avantage réel de plus de onze pour cent. 100,
- Un certain nombre des indigos portés au tableau ci-après ont été employés en teinture; le rendement indiqué par la pratique a toujours été en parfaite concordance avec les résultats de l’analyse.
- Il est bon défaire observer qu’on doit, pour avoir des résultats absolument exacts, comparer des in digos de même provenance, car il est bien évident qu’à proportion égale d’indigotine, l’indigo Bengale aura une valeur supérieure au Java ou au Guatemala, par exemple.
- En terminant, permettez-moi, messieurs,. de remercier mon ancien élève et ami Charles Féron du précieux concours qu’il a bien voulu me prêter dans ce long travail d’analyses.
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- ESSAIS D’INDIGOS
- Faits au laboratoire de l’École industrielle de Fiers (Orne).
- NAT—tere g 1 o _L o 21 .e ® a ‘ S I c 9 ' " 5 - 10 e L. 0 OO c1 eerl — CO z S.. P sa. 788 s, » (02 S ti e 9 o — s X bIE 00 s 6 g 5 082 10 00 z P MARQUES des INDIGOS J et R W J et R W H R S J. Cox et Ce J. Cox et Ce J. Cox et Ce J. Cox et C<* E M H et C. R S P J F K A F M et H Met H M et H J et R W J et R W J et RW Moran G N W G N W G L S J F et C Madras 1 Java 1 Java Madras ' Madras VELLORE VELLORE Kurpah Oude J Natif Java Guatemala Colombie Colombie Nicaragua ( Nicaragua indigotine pour 100 Indigos Beng 64.20 63.08 64.34 63.66 63.66 59.57 56.43 59.02 62.27 51.48 55. »» 62.27 64.34 68.20 64.34 61.83 68.84 71.41 68.20 62.82 62.82 67.85 64.08 Indigos de diverses p 39.07 67.05 64.08 34.10 30.79 44.46 49.22 61.27 47.08 48.36 60.26 65.62 72.70 70.13 64.34 53.17 PRIX DE VENTE du kilogramme ale 25 fr. 70 25 10 22. »» 21 30 21 50 22 »» 21 30 20 20 19 80 17 50 19 40 20 60 22 40 22 20 22 50 22 50 29 20 28 60 22 80 19 70 22 50 22 60 23 20 rovenances 12fr.50 20 »» 20 »» 11 60 11 20 14 »» 16 50 14 »» 16 50 15 »» 17 50 21 70 25 20 23 40 18 »» 16 60 PRIX RÉEL d’après le rendement 22 fr.77 . 22 38 22 82 22 58 22 58 21 13 20 02 20 94 22 09 18 26 19 50 22 09 22 82 24 20 22 82 21 93 24 42 25 33 24 19 22 28 22 28 24 07 23 05 • • • •
- EMPLOI DU MORDANT
- POUR ROUGE TURC DANS LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- (Suite et Fin.) (1)
- Observations. — 1° Le restant des bains de mordant peut être employé à nouveau comme mor-
- (1) Voir les n09 19 et 20 de l"année courante, pages 222 et 235. On peut se procurer au prix de 50 francs Je procédé de fabrication de ce mordant à l'Office du journal.
- dart frais, parce que leur contenu n’est pas affaibli par les passages.
- 2° A la teinture on peut se passer de mordant dans le bain, spécialement dans les localités où le teinturier est obligé d’ajouter de la craie à ce bain. Car les deux substances—craie et mordant huileux — formeraient un savon de chaux insoluble qui adhérerait à la matière à teindre et la détériorerait. L’addition du mordant se recommande surtout, comme l’indique la circulaire LHONORÉ et C®
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- (voir page 162), parce que les matières à teindre sortent du bain de teinture avec plus de lustre, une teinte bien uniforme et bien développée.
- Si on passe la matière après teinture une deuxième fois dans une solution de 5 % de mordant dans l’eau, en séchant et en vaporisant à peu de pression, on évite parfaitement l’inconvénient qui pourrait subvenir du manque de mordant huileux dans le bain de teinture.
- Il est absolument nécessaire de verser, pour chaque litre de mordant employé dans l’eau, 20 gr. d’ammoniaque liquide qui sert comme dissolvant.
- Autres modes d’emploi du mordant huileux.
- 1. — Le mordant peut être ajouté au bain blanc ordinaire préparé à l’huile tournante. De cette manière et en donnant après un huilage à l’huile tournante, à une ou deux reprises suivant la méthode ordinaire, un bain blanc contenant 6 à 8 de mordant huileux pour 100 d'eau, en séchant, passant au sumac, à l’alun, à la teinture, etc., on rend plus rapide et plus simple l’ancien procédé de rouge turc.
- 2. — Le mordant est ajouté au bain de teinture. Les étoffes mordancées selon l’ancien procédé sortent plus belles et s’avivent beaucoup mieux. Les proportions sont 5 kil. alizarine à 15 pour cent et 2,5 kil. de mordant.
- 3. — Les étoffes teintes en rouge turc de la manière ordinaire sont passées par un bain à 3 p. 100 de mordant, elles sont séchées, comme il a été dit, puis vaporisées et avivées ensuite. La teinte de la partie traitée de cette façon, sera beaucoup plus solide et plus belle que celle traitée par la méthode ordinaire.
- Toutes les données ci-dessus sont applicables pour l’emploi de garance et de garancine.
- 1 grammes de gomme arabique, on agite bien et on frotte à sec le cuir teint et on laisse sécher.
- 2° Dans 2 litres d’alcool à 96 0/0 on dissout au bain-marie 180 grammes de laque en feuilles. Avec cette dissolution on frotte à sec. La même brosse ne peut servir que pour une même couleur.
- 3° On chauffe 2 litres d’eau à 75° C. et on y ajoute 120 grammes ammoniaque liquide et 90 grammes caséine qu’on y fait dissoudre. On agite en portant au bouillon, on décante et avec la partie -clarifiée on frotte à sec le cuir teint qu’on laisse sécher ensuite.
- Orangé n° 2 sur peau.
- Pour rendre le cuir plus souple après teinture on mélange 10 grammes jaune d’œuf et 5 grammesde glycérine dans un litre d’eau et on frotte la peau avec ce mélange. On laisse sécher à moitié puis on frotte de nouveau avec un chiffon de laine bien propre sans employer de mélange.
- Comme nouvelle couleur nous donnons ci-dessus un échantillon de peau teinte avec l’orangé n° 2 de Poirrier ; voici le mode d’opérer.
- Etendre le cuir sur la table, brosser avec de l’eau de savon puis avec de l’eau pure.
- Dissoudre 10 grammes tannin dans un litre d’eau en brosser la peau à 40> C. et sécher.
- Dissoudre 5 à 6 grammes orangé n° 2 dans un litre d’eau et ajouter dans la dissolution un peu d’acide acétique et 3 grammes colle forte. Brosser la peau 2 fois avec cette dissolution, sécher, brosser au jaune d’œuf et à la glycérine comme ci-dessus et frotter avec un chiffon.
- TEINTURE DES PEAUX
- PAR LES COULEURS D’ANILINE
- CHIFFONNAGE
- Nous avons publié, année 1874, pages 284 et suivantes, les modes de préparation des peaux, d’application de la couleur, d’apprêt et de glaçage.
- On s’est plaint que les peaux fines teintes avec les couleurs d’aniline déteignaient. Pour empêcher cet inconvénient le docteur Reimann propose les trois moyens suivants :
- 1° Dans deux litres d’eau on fait dissoudre 180
- Procédés allemands extraits du Rei-mann’s Fœrber-Zeitung.
- (Suite.)
- Teinture des robes chaine-coton.
- Havane. — Pour 12 robes, environ 5 kilos.
- Préparer un bain à 75° c. avec :
- Cachou.............................. 1 kil.
- Sulfate de cuivre..................... 0 100 gr.
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- y manœuvrer les robes pendant une heure, essorer puis passer dans un nouveau bain, à 85° c. monté avec 250 gr. de bichromate de potasse, et rincer à l’eau froide.
- Entrer et manœuvrer pendant une heure dans un bain à 75°. c. contenant 500 gr. sumac (75 gr. tannin), exprimer et teindre en entrant à froid et progressant jusqu’au bouillon dans un bain contenant du marron d’aniline, rincer et apprêter.
- Brun. — Le mordançage se fait comme précédemment ; après que les chiffons ont été bien égouttés et les avoir bien étalés dans le bassin" de mordançage, on les y laisse une demi-heure sans les remuer et au bout de ce temps on lève et rince fortement.
- Pour obtenir un brun moyen et assez solide on opère comme suit :
- Dans une chaudière on met la décoction refroidie de :
- Lima...........Lale... ulaina. 1 kil. 500
- Boisjaune........................ 1 kil.
- on manœuvre en entrant à froid et progressant jusqu’au bouillon qu’on maintient une demi-heure. On rince pour finir. On peut facilement varier les nuances en les virant soit au jaune soit au rouge en forçant la proportion de bois correspondant.
- Autre brun. — Pour 25 robes environ 10 kil.
- Mordancer comme pour le brun précédent, bien rincer, puis teindre de la manière suivante :
- On monte un bain d’eau tiède et on y ajoute la dissolution de 3 gr. fuschine et de 30 gr. marron d’aniline et la décoction de 500 gr. curcuma. On pallie et on entre les chiffons en les manœuvrant constamment et portant peu à peu le bain à l’ébullition et l’y maintenant une demi-heure. On lève, on refroidit et on rince.
- Le procédé donne un beau brun moyen. *
- Troisième brun. — Pour 30 robes environ 12 kilogrammes.
- Teinture de la laine : monter un bain avec :
- Alun................:........ 2 kil.
- Curcuma.'..................... 1 kil. 500 gr.
- Carmin d’indigo........:...... 0 kil. 030 gr.
- Extrait d’orseille........:.... 0 kil. 060 gr.
- Entrer les robes, après les avoir bien lavées, manœuvrer 2 heures au bouillon, lever, laisser refroidir puis rincer.
- Teinture du coton : Dans un bac suffisamment grand mettre la décoction refroidie de
- Lima............................. 2 kil.
- Bois jaune..................22.60.. 0 kil. 500
- Campêche..............u........... 0 kil. 500 bien pallier et y étendre les chiffons bien au large. Donner un tour et laisser séjourner 2 heures en tournant de temps à autre, puis lever et rincer pour finir.
- L’achèvement de la teinture du coton demande moins de bois jaune, car il a déjà été teint par le curcuma. Le campêche ne servant qu’à foncer est mis de côté pour les nuances claires. Le mordançage sans addition d’alun remplace l’alunage du coton.
- A suivre.
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- INVENTIONS BREVETÉES
- PERFECTIONNEMENTS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX
- Machines rotatives avec courant d’air pour sécher les fils.
- Par M. Weisbach
- Jusqu’à présent, on employait pour le séchage des fils, essentiellement la chaleur, en suspension dans des chambres à sécher les écheveaux et en produisant ensuite par des dispositions convenables de chauffage dans les dites chambres, une haute température.
- Ce genre de chauffage a beaucoup d’inconvénients.
- D’abord, les chambres à sécher sont toujours en danger de prendre feu ; en outre, le séchage des fils au moyen de la chaleur exerce très-souvent une influence préjudiciable sur la qualité des fils sous un double rapport : 1° les fils teints souffrent très-souvent dans leurs nuances fines, notamment quand différentes couleurs sont séchées dans un même espace, ce qui est extrêmement préjudiciable aux teinturiers, et 2 les fils clairs se tachent souvent à ce genre de séchage.
- Le besoin se faisait donc sentir de sécher les fils d’une manière rapide et bon marché en évitant les inconvénients du séchage par la chaleur.
- A ce besoin répond parfaitement un de ces systèmes de machines basées sur le principe d’agiter les fils dans l’air pendant une durée convenable.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Deux supports, présentent à leur partie supérieure deux paliers dans lesquels repose un arbre. Sur cet arbre et près des paliers sont montés des bras disposés en étoile, chaque étoile peut avoir quatre bras en plus ; ce nombre a été reconnu comme étant le plus commode pour le service de la machine. Les bras peuvent avoir la position radiale indiquée sur le dessin, mais ils peuvent aussi avoir une position oblique.
- Les bras finissent en forme de moyeu ou de bossage pour recevoir du côté droit de la machine des boulons qui ont une pointe avancée vers le côté intérieur, ces boulons sont taraudés à leur bout extérieur pour être fixés solidement au moyen d’écrous.
- Le bout en forme de bossage des bras du côté gauche de la machine est taraudé pour recevoir un boulon fileté qui se termine également vers l’intérieur en pointe. Les boulons taraudés présentent à leur bout extérieur une tête carrée pour recevoir une manivelle à main servant à tourner les vis. Ces boulons sont maintenus en position pendant le travail de la machine par le fait qu’on serre l’écrou sur eux vers le côté extérieur des bossages respectifs.
- Les deux pointes de ces boulons qui se trouvent vis-'a-vis à l’intérieur des bras portent entre elles un cylindre ou une pièce pentagonale qui est faite de préférence en bois. Cette pièce est munie à ses deux extrémités de viroles qui sont percées de trous centraux dans lesquels sont enfoncées les pointes des boulons.
- Les bras des étoiles présentent une coulisse fermée aux extrémités et dans lesquelles peuvent se déplacer des coulisseaux. Ces coulisseaux sont munis d’un boulon à vis qui les traverse et au moyen duquel ils peuvent être fixés à n’importe quel point de la coulisse. En outre, chaque coulisseau est fondu avec un moyeu qui porte du côté droit de la machine un boulon vissé solidement et au côté gauche de la machine un boulon taraudé qu’on peut déplacer -, les pointes tournées vers le dedans de la machine de ces deux boulons portent ausssi entre elles une pentagonale de la même construction que celle mentionnée plus haut.
- Il résulte de la description ci-dessus qu'on peut placer d’une manière commode des écheveaux sur deux cylindres ou pièces pentagonales semblables, qu’on porte ensuite entre les 4 pointes de deux bras qui se trouvent placées vis-à-vis et entre lesquels sont alors tendus les cylindres garnis des
- écheveaux au moyen des pointes des bras gauches qu’on peut déplacer. Après avoir introduit les 4 masses de fils dans la machine, on peut la faire tourner à n’importe quelle vitesse, au moyen d’une ceurroie passant sur la poulie fixe de l’arbre.
- La polie folle et le guide-courroie servent pour l’arrêt de la machine. La position radiale des écheveanx pour le mouvement rotatif de la machine donne un résultat favorable relativement à la rapidité du procédé de séchage, tandis que le séchage uniquement obtenu par l’agitation dans l’air est tout à fait sans influence préjudiciable sur la couleur ou la pureté du fil.
- Epaillage des laines par l’emploi des gaz anhydres.
- Par MM. Jourdain et Balan.
- Ce procédé comprend les opérations principales suivantes :
- Préparation de la laine, acidulation, désacidula-tion, neutralisation.
- L’inventeur revendique la propriété des perfectionnements suivants :
- 1° Les laines de toute nature.
- 2° Les chiffons de laine..
- 3° Les tissus mélangés de laine et de matières végétales en chiffon.
- 4° Les chiffons de soie.
- 5° Les chiffons de soie, coton, laine mélangés.
- Ce procédé consiste :
- 1° En ce qui concerne l’acidulation :
- A rendre anhydre, c’est-à-dire privé d’eau, le gaz chlorhydrique ou autre avant de le faire agir.
- A régler l’humidité de la laine avant de la soumettre au gaz.
- A diviser la laine en petites portions pour qu’elle absorbe mieux le gaz.
- Le gaz anhydre est avide d’eau. La laine étant humide l’absorbe. Etant humide au degré voulu, elle n’en absorbe que ce qu’on veut.
- La laine ne sera pas tassée pour que l’air qu’elle contient modère l’énergie du gaz.
- 2° En ce qui concerne la désacidulation ;
- A employer d’abord l’air sec à 4596, presque sec, il enlève de l’humidité à la laine et que c’est surtout cette humidité qui retient l’acide.
- A neutraliser ensuite les dernières traces d’acide avec le gaz ammoniaque ou toute autre substance à réaction alcaline.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- VARIÉTÉS
- UNE EXPÉRIENCE INTÉRESSANTE
- Société des Courtiers-Gourmets de Paris.
- La commission des courtiers-gourmets, chargée d’expérimenter les propriétés de l’acide salicylique, au point de vue de la conservation des vins, s’est réunie au bureau du Syndicat, à l’effet de vérifier l’état des échantillons dont elle s’était occupée dans sa séance du 13 juin dernier.
- Ainsi qu’elle l’avait annoncé, le commerce des vins avait été invité, en la personne de ses mandataires élus, à assister à cette vérification, et presque tous les honorables représentants du commerce de Bercy avaient répondu à son appel.
- M. Schlumberger, (1) chimiste, et propagateur de l’acide salicylique était présent.
- Les échantillons à examiner se composaient de trois espèces de vins blancs, et onze espèces de vins rouges, ainsi que d’un liquide fermentescible établi avec de l’eau, du sucre et de la levure de bière.
- Les vins blancs additionnés d’acide salicylique sont restés dans un parfait état de conservation ; ils n’ont rien perdu de leur saveur, ni de leur limpidité ; ils ont pris seulement une légère teinte jaune, qui paraît devoir être imputée au contact de l’air.
- Mais le Gaillac blanc 1876 a présenté surtout cette particularité remarquable, que l’échantillon type, qui avait été soigneusement ficelé, a fermenté en cave, a perdu sa limpidité, et a pris un goût sulfureux très-désagréable, tandis que l’échantillon salicylé, est resté parfaitement tranquille et limpide et a conservé sa liqueur et son bon goût.
- Le liquide fermentescible salicylé s’est maintenu à l’état d’eau sucrée, aussi fraîche que si elle avait été préparée le jour même, pendant que l’échantillon non opéré s’était transformé en vinaigre. Cet effet de l’acide salicylique trouvera naturellement son application dans le mutage des vins liquoreux et la fixation des moûts de raisins.
- Les résultats obtenus, sur les vins rouges, n’ont
- (1) Dépôt général, rue Bergère, 26 à Paris. — Voir Moniteur de la teinture, années 1875 page 250 et 1876page 56, pour les applications industrielles .
- pas paru aussi satisfaisants, bien que les échantillons opérés aient été préservés de toute acétification, et que ce fût la le point recherché. En effet, leur couleur s’est amoindrie et s’est rapprochée de la nuance jaune des vins vieux ; leur saveur s’est également modifiée et s’est même empreinte d’une certaine âcreté; le vin d'Espagne notamment a perdu une partie de ce goût de terroir qui le caractérise, et l’on a été a peu près unanime a reconnaître que, tant par le goût que par la couleur, tous les vins rouges salicylés ressemblaient à des vins chauffés.
- L’échantillon de vin moisi n’avait pas entièrement perdu son mauvais goût, mais ce goût s’était sensiblement atténué. Seulement, il était beaucoup plus décoloré que les autres échantillons, et comme il avait reçu une dose double d’acide salicylique, ne peut-on pas en induire que' cette substance exerce une certaine action sur les principes colorants du vin ?
- La commission s’était proposé de vérifier si les échantillons salicylés n’avaient subi aucune modification, au point de vue alcoolique ; mais les échantillons ayant été épuisés pour les besoins de la dégustation, cette vérification n’a pu avoir lieu, et elle sera comprise dans les opérations ultérieures, dont il va être parlé ci-après.
- En résumé, les expériences sur les vins blancs peuvent être considérées dès maintenant, comme concluantes et décisives ; mais les expériences sur les vins rouges, ayant uniquement démontré que l’acide salicylique les empêche de tourner à l’aigre nécessiteront des études supplémentaires. L’altéra-tion de la couleur et du goût est-elle imputable à la vidange, c’est-à-dire au contact du vin avec l’oxi-gène de l’air, ou bien à l’action combinée de l’oxi-gène et de l’acide salicylique, ou enfin à l’action seule de cet acide, quelle que soit sa dose, ou seu-lement dans le cas ou le dosage dépasse certaines proportions ? Telles sont les questions que l’on s’est unanimement posées, et auxquelles il sera répondu prochainement.
- Il faut remarquer, d’ailleurs, que la commission laissant momentanément abnégation de sa propre initiative, pour suivre strictement les indications du chimiste, avait eu sciemment recours, pour ses expériences, aux moyens extrêmes et aux éléments les plus défavorables. En effet, sans parler du choix des vins d’un ordre inférieur et d’une susceptibilité excessive, les flacons n’avaient été remplis, dès le premier jour, qu’au tiers de leur contenance totale, alors que chacun sait que, soit dans les fûts,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- soit dans les bouteilles, la vidange ne se produit que graduellement.
- En outre, les flacons étaient restés constamment débouchés', ils avaient été rangés, sur une étagère très-rapprochée de la toiture d’un bureau en planches, et pendant 55 jours, ils avaient été exposés à une chaleur variant de 20 à 30 degrés centigrades, soit à une température tellement élevée au-dessus de la température des caves et des magasins que les échantillons non opérés s’étaient couverts de fleurs dans un délai de 5 à 10 jours, et que, le quinzième jour, ils étaient tous en pleine voie de décomposition.
- Ce ne sont pas là, on en conviendra, les conditions normales, dans lesquelles on place ordinairement les vins que l’on tient à conserver ; et c’est sans doute pour ce motif que M. Schlumberger avait prescrit le dosage de 25 gr. par hectolitre.
- Il est donc permis de supposer, qu’en réduisant notablement le dosage de l’acide salicylique, de façon à annihi er son action contre les principes constitutifs du vin, on pourrait lui conserver néanmoins toutes ses propriétés antiseptiques, et obtenir la parfaite conservation du vin, sans altération du goût ni de la couleur. Dans ce but, la commission se propose de faire prochainement les opérations suivantes :
- Des échantillons de vins opérés à diverses doses, (de 4 à 20 grammes par hectolitre) et parfaitement bouchés, seront déposés en cave à côté d’échantillons semblables, non opérés ; et au bout d’un certain temps, on vérifiera quelle aura été l’influence de l’acide salicylique sur le goût, la couleur et l’alcool du vin.
- On opérera en même temps, avec des doses diverses, (de h à 20 grammes par hectolitre) d’autres échantillons qui resteront à l’air libre, et l’on pourra déterminer ainsi quel est le minimum, le dosage strictement nécessaire et suffisant pour détruire les ferments et éliminer toute cause d’acétification.
- Quand le moment sera venu de procéder à cette vérification nouvelle, la commission invitera a y assister toutes les personnes qui ont bien voulu lui prêter aujourd’hui leur concours éclairé et bienveillant, et elle espère que ce concours ne lui fera pas défaut.
- Le Secrétaire de la Commission,
- E. Bastien.
- INFORMATIONS &
- FAITS
- PROJET DE MUSÉE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL
- On parle de fonder à Paris un Musée commercial et industriel où seraient mis à la disposition du public les matières premières du monde entier, et des échantillons de toutes les transformations que leur fait subir l’industrie. Tous les produits seront classés méthodiquement, de façon que chacun, savant, négociant, industriel ou simple consommateur, puisse trouver, pour ainsi dire sans recherches, les renseignements dont il a besoin. Les lieux de provenance, de fabrication, de vente, d’achat, de consommation, seront rigoureusement indiqués, par un ensemble de cartes et de tableaux clairement dressés et qui donneront en outre des renseignements géographiques d’un intérêt général. Le Musée comprendra aussi une bibliothèque spéciale et une salle où seront données des conférences géographiques, commerciales et industrielles. Cette excellente idée est due à l’initiative de la Société de géographie commerciale de Paris.
- RÉEORME TÉLÉGRAPHIQUE EN ITALIE
- La commission nommée par le ministre des travaux publics d’Italie pour étudier la réforme de la loi sur les télégraphes se réunira bientôt à Rome.
- La commission devra prendre pour base de son travail le respect du secret télégraphique et la libre transmission des télégrammes.
- Elle s’occupera aussi de la réduction des tarifs, de l’amélioration du sort des employés et des moyens de compléter le réseau télégraphique italien.
- Le ministère des travaux publics mettra à la disposition de la commission la législation télégraphique des Etats de l’Europe. '
- Il est question que le ministre de l’agriculture et du commerce demanderait à la Chambre le vote du tarif général des douanes. Avant de prendre cette demande en considération, une commission sera nommée pour l’étude dudit tarif, et il est probable qu’il sera vivement discuté. En effet, nous apprenons qu’un grand nombre d’industriels, n’en admettant pas les articles, ont prié leurs représentants — députés et sénateurs — de faire tout leur possible pour qu’il ne soit voté qu’après révi-sion complète. D’autre part, les mêmes représentants ont l’intention de demander une nouvelle formation du Conseil supérieur de l’agriculture, du
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- commerce et de l’industrie. Ils s’appuient, à tort ou à raison, sur ce fait, que la première section (agriculture) est souvent écrasée par le vote des deux autres (commerce et industrie).
- En somme, une campagne a lieu en ce moment : 1° pour ajourner la conclusion du traité de commerce entre la France et l’Angleterre ; 2° afin de pratiquer une nouvelle enquête sur les grandes industries. .
- (Gazette Commerciale.)
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- Divers.
- Marron d’aniline......................... — 23
- Gris, par le bleu-noir................... — 23
- Gris-perle, par les violets.............. — 70
- Coralline rouge.......................... — 30
- — jaune (alcool)........................... — 20
- Purpuraline à l’état sec................. — 8
- Xanthine (orange)........................ — 35
- Cachou de Laval.......................... — 2 50
- Une fabrique importante de Couleurs d'aniline demande un bon agent dépositaire pour Paris et ses environs. Appointements fixes et commission.
- s’adresser par lettre au bureau du journal.—Initiales G. D. A.
- COULEURS D'ANILINE
- NOUVELLE BAISSE- DE PRIX
- A VENDRE D'OCCASION
- PRIX DE DÉTAIL :
- Rouges.
- Fuchsine intérieure................. le kil. 12 fr
- — bonne courante........................ — 30
- — extra-supérieure...................... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine..................................... — 12
- Safranine en poudre........................................... — 100
- Eosine........................................................ — 80
- Ponceau (cochenille artificielle)... — 80
- Rouge pivoine................................................. — 20
- Ponceau pour coton............................................ — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire...................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur.............. — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5). — 35 — — (no 3). — 65 — lumière (ne................................................— 75
- Bleu de cuve artificielle.................................... — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet................................. — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin............ — 20
- — par kilo............... — 18
- Bleu foncé.......................... — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité... 60 à 90
- launes.
- Jaune bouton d’or................ le kil. 45 fr.
- Jaune-orange..................... — 45
- Orange supérieur pour soies......................... — 175 Orangé n° 1 — couleur feu........................... — 40 — 2 — couleur plus vive..— 35 — 3 — nuance jaune..........— 40
- Chrysoïne.......................................... — 50
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge..............le kil. 50 fr.
- — bleu............................... — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge.................................. — 60
- Violet moyen........................... — 65
- Violet lumière, bleu................... — 70
- Violet pour remontages................. — 30
- Verts.
- Chaudières pour teinturiers.
- Essoreuses diverses depuis 0 m. 45 de diamètre au panier, jusqu’à 1 m. 20. (Grand choix en ce moment)•
- Métiers d’apprêts, cylindres sécheurs, tondeuses, presses hydrauliques pour apprêts, etc.
- Générateurs de vapeur, machines fixes, locomobi-les, etc., de toutes forces et de tous modèles.
- S'adresser à l'office du journal.
- A vendre pour se retirer des Allaires
- FONDS
- , DE
- TEINTURIER POUR CHAPELLERIE
- SITUÉ A PARIS
- L’Etablissement comprend : Un grand atelier, 2 réservoirs d’eau ensemble 11,000 litres, avec distribution sur G chaudières, essoreuse, dresseuse mécanique, baquets, bassines, cassins, etc., etc. le tout agencé à neuf; voiture à bras.
- Deux logements de 3 pièces et une petite cuisine chacun, séchoir, cour, petit jardin. — Bail 9 ans. — Loyer modéré.
- Le vendeur mettra au courant. La maison est ancienne, a une excellente clientèle; ses teintures sont primées. Chiffre d’affaires : 30,000 fr. par an.
- Prix : 10,000 francs, dont moitié comptant.
- S’adresser au Bureau du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réserves.
- Vert lumière...................... le kil. 100 fr.
- — — supérieur.......... — 110
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Gharleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21“ Année, Ne 23. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 5 Décembre 1877
- SOMMAIRE
- Avis. —Exposition universelle de 1878. — Exposition de la Société industrielle de Mulhouse (suite). — Les derniers travaux sur le noir d’aniline. — Nouvel écarlate d’éosine (échantillons). — Dégraissage américain. — Chiffonnage (suite) : Vert; Grenat; Bordeaux; autre Bordeaux; Brun Bordeaux; Bismark; Bronze.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Cuve à vaporiser, par M. D. Sifferlen. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Catalogue des brevets d’invention (Année 1877).
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Les Etats-Unis à l’Exposition de 1878. — Démonétisation de pièces d’argent. — Le mouvement commercial. — Le système métrique.
- AVIS
- Les Bureaux du Moniteur de la Teinture sont transférés Avenue des Amandiers, n° 10, près la place du Château-d’Eau',' —Toutes les correspondances, pour ne pas subir de retard, devront nous être envoyées à cette adresse.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- L'Office du Journal se charge moyennant un prix variable suivant l’importance deson exposition de servir de Représentant ou de Correspondant à tout Exposant pendant toute la durée de l'Exposi-tion et pour les représenter auprès de l’agence générale dont il est question ci-dessous.
- P. Blondeau.
- La section française continue activement ses travaux; les commissions d’admission ont terminé leur tâche, et c’est maintenant au tour des comités d’installation.
- Les membres de chaque classe viennent d’être désignés et sont déjà à l’œuvre. M. Dietz-Monnin, qui jusqu’à présent a si heureusement mené tout ce qui concerne la partie française de l’Exposition, conserve la haute direction. Le commissaire général a désigné pour l’assister en qualité de sous-directeur, M. Giroud, et d’architecte, M. Crépinet. Les attachés au service sont : MM. de Fallois, Lix, Lockert, de la Massue. M. Dheu a été chargé du service du catalogue, et M. Ch. Vincent, du service de la correspondance.
- Les cinq membres des comités d'installation des
- 69 classes françaises comprennent des ingénieurs, des architectes, des notables commerçants et industriels.
- Tous les exposants vont recevoir incessamment un exemplaire du tarif des frais de manutention applicables aux marchandises qui seront admises à l’Exposition.
- On sait que la Chambre de commerce de Paris a décidé que son service de manutention, établi près de la douane-centrale de Paris, serait, comme en 1855 et 1867, mis à la disposition des exposants français et étrangers, sous le titre d’Agence générale.
- Pourvue d’ouvriers habiles, expérimentés et admis sous le contrôle de l’administration des douanes, l’agence générale tiendra, à partir du 1er janvier prochain, son service et ses équipes en permanence dans le bâtiment du Champ-de-Mars et au Trocadéro, et sera ainsi en mesure, avec un puissant matériel, de satisfaire à tous les besoins qui pourraient se révéler tant à l’arrivée qu’au départ des marchandises.
- Elle se chargera; en outre, d’enlever après le déballage les caisses vides avec leur fourniture, de les garder dans des magasins spéciaux avec garant tie contre les chances d’incendie, et enfin de les rapporter aux exposants après la clôture de l'Ex-position.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Voici le tarif d’après lequel se feront ces opérations :
- A l’arrivée, la réception, le déchargement, l'enregistrement et la conduite à pied d’œuvre coûteront 1 fr. 50 par colis de 100 k. et 50 centimes par fraction de 50 k. en sus-, l’ouverture et le déballage, 1 fr. 50 et 75 cent, pour les mêmes poids.
- Pour les marchandises fragiles, telles que bronzes, cristaux et objets d’art, il sera perçu pour l’ouverture et le déballage, 2 fr. 25 c. en sus.
- Pour la conservation des caisses, le transport (aller et retour), le gardiennage, l’assurance, il sera perçu 3fr. par caisse de 1 mètre cube et au-dessous; 75 c. pour chaque mètre cube en sus.
- Au départ, l’emballage, la fermeture, le pesage, le marquage et le rechargement des colis, coûteront 3 francs par colis de 100 kil.
- Les colis destinés à l’Exposition, qui seraient envoyés par anticipation à la douane centrale de Paris, seront reçus dans les magasins de la manutention et tarifés à raison de un franc par mois les 100 kilogrammes, pour déchargement, séjour, assurance contre l’incendie et rechargement.
- EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- (Extrait de rapports sur cette exposition).
- — Suite. —
- Impressions : articles vêtement par M. A. Rosenthiel.
- Notre exposition a eu le privilège d’offrir au monde industriel les primeurs de l’application de plusieurs matières colorantes nouvelles. Nous citerons d’abord l’éosine ou fluorescéine bromée et la primerose ou méthyléosine. Ces matières colorantes, découvertes par MM. Bæyer et Caro, sont au nombre des substances les plus fluorescentes que l’on connaisse. Elles fournissent, la première, des roses et rouges jaunâtres, la seconde, des rouges et roses bleutés, nuances dont l’éclat et la vivacité, la résistance à la lumière même, l’emportent sur celle des couleurs d’aniline.
- Vient ensuite l’orange de garance obtenu par la maison H. Haffely et C®, par M. Ch. Strobel, par l’influence de la vapeur nitreuse sur un tissu rouge rncé. Cette matière colorante, que M. Rosen-tarda point à produire à l’état cristallisé ' vapeurs nitreuses sur l’alizarine
- sèche, et à laquelle il assigna la formule de la mo-nonitro-alizarine, est jusqu’ici le seul corps nitré qui teigne le coton mordancé. La grande solidité de ses nuances fait espérer que cette matière colorante pourra trouver d’utiles applications.
- Mentionnons enfin le violet d'outremer sur tissu,' qui n’avait encore figuré à aucune exposition antérieure.
- Mais ce qui, dans l’article vêtement, a le plus vivement et au plus juste titre sollicité l’attention du public, ce sont les splendides impressions sur percales, satins, organdis et mousselines, exposées par les maisons Frères Kœchlin et Dolfus-Mieg et Ce. Ces articles consistaient, soit en arabesques, impression blanc de zinc sur organdis fonds pâles ou blancs, soit en dessins à fleurs huit et dix couleurs ou fleurs et carreaux sur organdis et mousselines fonds pâles ou blancs, soit en teintes unies sur percales, satins et organdis en éosine, primerose, gris de charbon, bleu, vert et violet outremer, paille au chromate de plomb, oranges clairs et foncés à la nitro-alizarine, etc.
- Les genres japonais, imprimés à la planche sur mousseline-laine, se trouvaient représentés en très-beaux spécimens dans les étalages des maisons Schlumberger fils et C*, Wilhelm Frey et Ce. On sait que la fabrication de ce curieux article d’exportation, avec ses fondus et sa réserve blanche sous toutes les couleurs, n’est pas sans offrir quelques difficultés d’exécution, par suite de l’obligation imposée au fabricant de reproduire servilement, jusque dans ses défauts, l’œuvre de l’industriel japonais.
- La maison Kœchlin-Baumgartner et Ce avait exposé une remarquable série de châles sur laine, dans lesquels l’élégance du dessin et la vivacité des couleurs s’alliaient à la parfaite exécution du travail. De très-beaux spécimens du même article se trouvaient exposés par la maison Thierry- Mieg et Ce. Les cachemires-coton, enlevage sur fond rouge turc, de la maison Ch. Steiner, étaient surtout remarquables au point de vue du procédé de fabrication qui est celui de la cuve décolorante, et du grand effet que produisait cet article d’exportation à bon marché.
- Quant aux fichus, foulards, cache-nez, robes de chambre sur laine, soie et coton, ces articles figuraient en beaux échantillons dans les étalages de diverses maisons, teiles que : Thierry-Mieg et Ce, Wilhelm-Frey et Ce, Kœchlin-Baumgartner et Ce, H. Hæffely et C8,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Si, à côté des divers genres que nous venons d’énumérer, novs voulions nous laisser aller au plaisir de signaler tous les utiles perfectionnements réalisés çà et là dans les divers procédés de fabrication, nous dépasserions incontestablement les limites imposées à notre travail. Nous nous ferons toutefois un devoir de ne point passer sous silence les beaux spécimens de galons d’Alsace fabriqués avec tant de succès par la maison Dolfus-Mieg et Ce, et dont l’élégance simple et de bon goût sollicitait les regards du visiteur au moment où il s’apprêtait à franchir la porte d’entrée du musée.
- Il en est de même de l’article double face, dont l’exécution si difficile est admirablement réussie par la maison H. Hæffely et Ce. Dans cet article, destiné à la confection des parasols, les tissus sont plaqués au rouleau, en couleurs, d’une solidité telle que la pluie n’en puisse opérer le mélange. Les articles exposés présentaient non-seulement une grande variété de coloris, mais encore des couleurs très-belles et très-vives. Nous rappellerons spécialement un échantillon violet à l’endroit et noir à l’envers, un autre, bleu et havane, un troisième, gris et violet, etc. Toutes les personnes initiées aux difficultés à surmonter, lorsqu’il s’agit d'imprimer un fond sur un des côtés de l’étoffe et d’appliquer de l’autre côté une nuance différente sans qu’il y ait mélange au travers du tissu, ont été frappées de l’excellente exécution de ce genre de travail.
- N’oublions pas de mentionner que les maisons Schlumberger fils et Ce, Société alsacienne d’impression, Weiss-Fries, etc., avaient exposé de très-beaux échantillons de moleskines imprimées au rouleau, article pour lequel les fabricants alsaciens l’emportent haut la main sur tous les concurrents étrangers.
- Rappelons enfin, dans l’étalage de Wesserling, une satinette sur un des côtés de laquelle on avait imprimé une couleur opaque en sablé, qui tranchait avec le fond et produisait dans les plis le chatoiement propre au taffetas changeant.
- Teinture.
- La teinture, ou l’art d’appliquer uniformément la couleur sur les fils ou sur les tissus, a profité, plus largement encore que l’impression, de l’acquisition des nouvelles matières colorantes. A part quelques heureuses simplifications qu’elle a su réaliser et certaines difficultés pratiques qu’elle est parvenue à surmonter, les procédés qu’elle met en œuvre n’ont point subi de changements notables dans les dernières années.
- Obligée de se prêter aux caprices de la mode et aux exigences du consommateur, la teinture doit s’adresser tour à tour aux couleurs faux teint, vives et brillantes, ou aux matières colorantes moins éclatantes, mais plus solides.
- La teinture des laines n’est point restée en arrière des remarquables progrès réalisés dans la teinture des soies. Les admirables gammes, exposées par nos teinturiers alsaciens, en fournissent la preuve irrécusable. Nous avons particulièrement admiré la rare perfection que présentaient, au double point de vue de la vigueur des nuances et de toute absence de défauts, certaines teintes unies très-difficiles à établir, telles que : chamois, nankin, gris clair, bleu de ciel, bleu alcalin, couleurs de fantaisie, etc.
- Sous le rapport de la vivacité et de la pureté des nuances, rien ne saurait rivaliser avec les splendides matières colorantes artificielles, telles que’: couleurs d’aniline, éosine, primerose, flavine, etc. Il suffisait, pour s’en convaincre, de visiter, à côté de l’intéressante exposition des filateurs de laine et de coton, une splendide série de gammes chromatiques sur la laine teinte én écheveaux, et dont la vivacité des nuances contrastait singulièrement avec celles du magnifique cercle chromatique, en couleurs franches, exposé par M. Imbach, à Londres, en 1862, et qui figurait à côté comme type de comparaison.
- Un autre reproduction du cercle chromatique de Chevreul, admirablement réussie et exécutée avec des tissus de laine en teintes unies, avait été exposée par la maison H. Hæffely et Cie.
- Pour ce qui concerne les fils et tissus de coton, les teinturiers, en ayant recours à des mordants de diverses natures, sont arrivés à fixer sur la fibre végétale presque toutes les couleurs nouvelles. Ils sont notammentparvenus à réaliser un désidératum, qui avait surgi avec l’apparition du noir d’aniline, à savoir la teinture du coton en noir d’aniline uni. Les beaux spécimens de ce genre exposés par diverses maisons ne laissaient absolument rien à désirer.
- Apprêts (par M. A. ROSENSTHIEL).
- Les apprêts ont acquis dans ces dernières années une importance qu’ils n’avaient pas auparavant. Sous ce rapport, l’exposition est des plus instructives : elle reflète les nouvelles conditions économiques qui ont été faites à l’Alsace par le traité de Francfort. A cette occasion, il n’est pas sans intérêt de jeter un coup d’œil rétrospectif sur l’état de cette branche d’industrie, il y a une vingtaine d’années,
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- 88 G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et de suivre les modifications qu’elle a dû subir pour se plier aux exigences de son nouveau marché.
- Voici quelle était la situation avant 1 860, époque de la conclusion du traité de commerce avec l’Angleterre.
- Pour la marchandise blanche, les deux maisons (1) alors existantes dans le Haut-Rhin donnaient à leur tissus, soit l’apprêt appelé « naturel » ou « blanc fleur », soit l’apprêt « chiffon ». L’une d’elles produisait en outre comme spécialité l’article «moire», l’autre avait acquis une réputation européenne par son apprêt chiffon, qui était et qui est encore sans rival.
- De même, la marchandise imprimée ou teinte recevait des apprêts peu variés ; on n’avait guère que l'apprêt « mat », le plus simple des apprêts, auquel venait s’ajouter l’apprêt « cylindré » et l’apprêt « glacé » employé spécialement pour le meuble « perse ».
- La France était alors le principal malché de l’Alsace et la fabrication s’était façonnée entièrement au goût de cette vente.
- Le traité de commerce avec l’Angleterre étant conclu, on devait craindre la concurrence de ce pays sur le marché français. L’art d’apprêter les étoffes y avait, en effet, été poussé très-loin, nulle part ailleurs on ne savait si bien cacher la pauvreté du tissu sous un habit aussi séduisant. On avait réussi à merveille à imiter avec un tissu de coton léger et de peu de valeur, une étoffe plus épaisse et comportant un prix plus élevé ; on était allé plus loin en donnant au coton l’aspect et le toucher du lin et même de la soie.
- Toutes ces transformations étaient obtenues par des machines, qui, si elles n’étaient pas inconnues alors sur le continent, au moins n’y existaient pas.
- On a fait Venir ces machines d’Angleterre, on a formé un personnel ouvrier capable de les manier, et l’On a imité les divers genres d’apprêts anglais que l’on supposait devoir se vendre en France. Quand tout a été préparé pour soutenir la lutte avec le nouveau concurrent, on a pu constater un fait des plus remarquables, c’est que le consommateur français a rejeté la marchandise anglaise ou celle que l’on avait faite en vue de la concurrence ; ces apprêts appliqués à des tissus de moindre valeur n’ont pas été du goût de l’acheteur, qui leur a
- (1) Mertzdorff, à Vieux-Thann, et Gros Odier Roman et Ge à Wesserling.
- préféré les tissus de bonne qualité, mais apprêtés avec moins d’art. L’outillage coûteux venu d’Angleterre est resté sans emploi dans les fabriques.
- Toutefois l’éveil, qui avait été donné par la conclusion du traité de commerce, n’a pas été sans influence sur les progrès accomplis depuis lors en Alsace dans l'art d’apprêter les tissus fins. On fut conduit à étudier les causes de la grande supériorité des apprêts de Saint-Quentin pour les organdis et de ceux de Tarare pour les tarlatanes.
- C’est de cette époque que date l’introduction des premières rames à pinces en Alsace. Elles avaient été vues à Saint-Quentin, où elles servaient à sécher les organdis et étaient pourvues d’une disposition spéciale permettant de dérailler le tissu. Ce modèle primitif de rames, avec ses pointes serrées par des vis à piession a été le point de départ des rames perfectionnées que l’on possède actuellement et sur lesquelles nous serons obligés de revenir.
- Après bien des études, on est arrivé à imiter l’apprêt de Saint-Quentin au point de lui faire concurrence. Quant à celui de Tarare, l’adresse même de l’ouvrier joue un tel rôle dans son application qu’il n’a pas été possible de faire l’équivalent ; on s’en est approché toutefois de bien près pour certains articles, mais les tarlatanes et quelques autres tissus fins sont restés la spécialité sans rivale de Tarare.
- (A suivre.)
- LES DERNIERS TRAVAUX
- SUR LE NOIR D’ANILINE
- Le noir d’aniline a été, dans ces derniers temps, l’objet d’études intéressantes, qui ont conduit à des découvertes remarquables sur son mode de formation et sa constitution.
- Les anciennes idées sur le noir d’aniline consistaient à l’envisager comme un produit d’oxydation de l’émeraldine, corps vert, qu’on obtient en soumettant le noir à l’action d’un réducteur (1).
- La question du noir d’aniline a été prodigieusement élargie depuis ; son domaine, tout en s’étendant, s’est simplifié, et la lumière est bien près d’être faite sur ce sujet. Nous sommes loin aujourd’hui des deux corps, émeraldine et noir, qui composaient la famille restreinte du noir d’aniline. On
- (1) Zücher. Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, février 1876.
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- 09 C. Co
- pourrait presque se demander si le chef de cette famille, si le véritable noir d’aniline était connu, ou plutôt, s’il n’a pas longtemps été ignoré et méconnu.
- Il existait pourtant. « Les chimistes, dit Camille Kœchlin, n’ignoraient pas une recette qui donnait un noir inverdissable. C’était celle dans laquelle le sel métallique de Lightfoot, cuivre ou vanadium, était remplacé par un ferricyanure. Cette substitution, mise en pratique dans la maison Schwartz-Huguenin, par M. H. Cardillot, peu de temps après la découverte du noir, exigeait, pour donner la solidité en question, ne pas verdir, qu’un vaporisage d’une durée suffisante suivît son aérage. Ce noir d’aniline n’attaquait pas les racles : il affaiblissait la fibre organique moins que tout autre, supportait le vaporisage; mais, plus cher de composition et de conservation plus éphémère, il fut, à tort, négligé, à une époque où la question du verdissage n’était pas encore soulevée. »
- Tout le monde sait que le noir d’aniline est sujet sous certaines influences réductrices, en particulier, les émanations sulfureuses, à contracter une nuance verdâtre des plus déplaisantes. Ce malheureux effet se produisant en magasin, aux plis des pièces en contact direct avec l’air, en rendait la vente impossible.
- La maison Frères Kœchlin, la première, arriva à transformer un noir d’aniline d’impression quelconque en noir inverdissable. C’était presque établir, en même temps, l’existence d’un nouveau corps : c’est lui que nous considérons aujourd’hui comme le véritable noir d’aniline.
- En dépit du noir au ferricyanure, nul n’eût osé affirmer l’existence d’un noir défini,tant au point de vue de sa constitution, qu’à celui de ses propriétés.
- Depuis la découverte du noir d’aniline, sur des millions de pièces imprimées, il ne s’en est peut-être pas trouvé deux dont le noir eût la même composition.
- C’est à la maison Frères Kœchlin, de Mulhouse, que revient, sans conteste, l’honneur d’avoir trouvé en premier et généreusement publié un procédé pour empêcher le verdissage du noir.
- Un pli cacheté déposé à la Société industrielle de Mulhouse, le 9 avril 1876 par MM. Frères Kœchlin, et ouvert, sur leur demande, dans la séance du 29 novembre 1876, en fait foi (1) (2).
- (1) Dans le Bulletin de la société chimique de^Paris,
- (2) Le Moniteur de l a Teinture, auquel le Bulletin de
- M. Jeanmaire, chimiste de cette maison, eut l’heureuse idée d’essayer l’action des ferricyanures sur les noirs ordinaires déjà fixés sur tissus.
- Si la réaction se passe dans un milieu acide, les noirs perdent toute sensibilité à l’acide sulfureux. Cette opération dépose malheureusement du bleu de Prusse sur le tissu. M. Jeanmaire eut alors recours, et avec plein succès, à un autre composé ferrique, le nitrate ou le sulfate acide.
- « En devenant inverdissable, dit M. Camille Kœchlin, le noir atteint son plus beau degréde nuance, au maximum d’oxydation, le maximum de coloration. Il perd le ton violacé qui lui restait souvent, perte qui pourrait dégénérer en appauvrissement, si le noir n’avait pas eu l’intensité suffisante, ou que le fixateur n’ait pas été convenablement titré. » •
- L’opération qu’on fait subir aux noirs pour empêcher le verdissage demande, en effet, à être conduite comme une véritable teinture. La durée de l’oxydation, la température du bain, enfin, pour poursuivre la comparaison, la quantité d’oxygène disponible dans le sel de fer acide, considéré comme matière colorante, sont autant d’éléments variables qui veulent être rigoureusement mesurés.
- La question du verdissage avait occupé la Société industrielle de Rouen, qui l’avait inscrite d’une manière permanente à son ordre du jour.
- Les Bulletins de cette société renferment, dès 1873, d’intéressants travaux de MM. Glanzmann, Lamy et Wits. On pressentait qu’en suroxydant le noir on le rendrait inverdissable. Différents oxydants furent essayés, bichromate de potasse, acide chromique, permanganate de potasse, etc.
- La route était ouverte ; le but fut parfois presque atteint, mais aussi dépassé. Un palliatif contre le verdissage était trouvé. Le noir verdissait moins, sans qu'on fût en droit d’affirmer qu’il ne verdissait plus.
- Indépendamment de ces sels de fer acides, il
- du 20 juillet 1877, se trouvent, à la même page 90, un extrait du pli cacheté de MM. Frères Kœchlin et un brevet pris par M. Grawitz pour la production d’un noir inverdissable, le 21 octobre 1876. Les deux procédés se ressemblent au point de se confondre. Mais quelle que soit l’origine de cette coïncidence, le pli cacheté du 9 avril 1876 prime le brevet du 21 octobre 1876.
- la Société chimique de Paris avait emprunté ces articles, avait indiqué (n° du 5 juillet 1876) le passage au bain de bichromate de potasse bouillant pour empêcher le verdissage.
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- existe d’autres oxydants plus ou moins capables de rendre le noir d’aniline inverdissable. Nous avons cité les chromâtes, l’acide chromique, le permanganate de potasse. On peut joindre à cette liste le chloroclorate d’alumine, les nitrites, l'a-cide sulfazotique et le chlorate de chrome. Ce dernier corps, d’après un récent travail de M. Albert Scheurer, se décompose à l’ébullition, avec production de gaz chloré ou d’oxygène dans un intervalle de quelques degrés de température. Il présenterait peut-être, sur les sels ferriques, l’avantage de ne jamais souiller le blanc des pièces.
- Nons mentionnerons enfin un procédé, dû à-M. Brandt, qui consiste à teindre les pièces en violet d’aniline.
- D’après l’auteur, le violet absorbé par le noir résiste à un chlorage très-énergique, ce qui tendrait à prouver qu’il se produit plus qu’un simple virage.
- Vers la même époque, M. Coquillon, reprenant d’ancienes expériences de Litheby, produisait, par voie électrolytique, un noir d’aniline dont il étudiait les principales propriétés. M. Goppelsrœder venait un peu plus tard enrichir de nouveaux faits l’histoire du noir électrolytique.
- "Il établissait ainsi sa composition élémentaire et assignait à la base du noir d'aniline la constitution suivante :
- C6 Hs — Az
- Cc H5 — Az CG H5 — Az
- C6 Hs — Az
- De son côté, M. Jeanmaire imaginait une vérification ingénieuse de cette formule.
- Si la base du noir d’aniline est une tétramine de la formule C2i H20 Az4, la réaction qui se produit entre du chlorhydrate d’aniline, du chlorate de potasse et des traces de vanadium, n’entrant pas en ligne de compte dans l’équation, pourra se traduire ainsi :
- 12 (Az H2. Co H5. H 0) + 4 CI O3. K — 3 (C24 H20 Az4 H Cl) + 12 H2 O 4- 4 K Cl + 9 H Cl.
- L’expérience a vérifié la justesse de cette hypothèse.
- Le noir d’aniline non verdissant renfermerait probablement de l’oxygène, et serait représenté par la formule :
- O
- C6 H3 — Az ) Cü H5 — Az (
- C6 H5 - Az (
- CG H8 - AZ
- S’inspirant des travaux de Nicholson, M. Goppels-
- rœder traitait par l’acide sulfurique fumant le noir d’aniline, qui, jusqu'alors, avait résisté à toutes les tentatives faites pour le rendre soluble ou pour le réduire.
- La solution sulfurique traitée par l’eau laisse déposer un précipité verdâtre, qui suffisamment lavé et purifié, représente un sulfodérivé de la base du noir d’aniline, en tous points comparable aux dérivés sulfuriques de l’indigo.
- A suivre.
- NOUVEL ECARLATE D’EOSINE
- L’échantillon ci-dessous a été teint avec le nouveau produit de la fabrique d’aniline et de soude de Stuttgard (1).
- Pour 20 kil. de laine.
- Monter un bain avec :
- Ecarlate d’éosine............. 0 kil. 400 gr.
- Sel de seignette (tartrate
- de potasse et de soude) 1 kil.500 gr.
- Manœuvrer 15 minutes à 70° c., puis ajouter au bain 2 kil. d’alun en 3 fois à 10 minutes d’intervalle.
- Au bout de ce temps la teinture est terminée.
- Les nuances obtenues par cette nouvelle couleur et par ce procédé de teinture sont, dit-on, très-solides.
- A nos lecteurs d’essayer.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 271
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- DÉGRAISSAGE AMÉRICAIN.
- Pour robe de soie :
- La robe est décousue et brossée puis mise sur une table recouverte de papier. On lavela robe des deux côtés avec une éponge trempée dans un mélange
- fait avec :
- Eau.......................... 225 gr.
- Fiel de bœuf................. 100
- Ammoniaque..................... 100
- on a soin de frotter surtout les taches.
- L’étoffe encore humide est roulée sur un rouleau de bois en ayant bien soin d’éviter les plis. Elle sèche en cet état, n’a pas besoin de lavage et présente l’aspect d'une étoffe neuve.
- Ce procédé est applicable aux mérinos et aux étoffes de laine en général.
- CHIFFONNAGE (1)
- (Suite.)
- Teinture de Robes chaîne-coton.
- Vert. — Pour 5 kilos, anviron 12 robes.
- Mordancer une heure au bouillon avec :
- Alun....................
- Tartre..................
- Acide sulfurique. Carmin d’indigo Bois jaune......
- 1 kil.
- 0 — 250 gr.
- 0 — 180
- 1 —
- 1 —
- Continuer à chauffer jusqu’à nuance voulue pour la laine.
- Former un bain frais avec :
- Alun........... Bois jaune
- 500 gr.
- 500
- manœuvrer une heure, lever, exprimer et entrer sur nouveau bain contenant 1 kilo sumac.
- Laisser séjourner dans ce dernier bain, en ayant soin de tourner de temps à autre pendant 2 heures, lever, exprimer etteindre sur bain frais à froid avec du vert méthyle.
- Pour des nuances foncées il faut ajouter de la décoction de bois de campêche.
- Grenat. — Pour 25 robes, 10 kilos environ.
- Mordancer avec : Bichromate de potasse......... 0,060 gr.
- (1) Voir les nos 15, 21 et 22 de cette année.
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- Acide sulfurique.................... 0,040
- Sulfate de cuivre ............... 0,020 pendant une demi-heure, puis rincer.
- Entrer dans un bain à 600 C., contenant 2 kil. de cachou et laisser séjourner pendant la nuit ; lever le lendemain et rincer. Ajouter au bain chaud les dissolutions de :
- ............................. 12 gr.
- Violet methyl B..................... 2 entrer après rinçage, mettre au large et porter le bain au bouillon en agitant continuellement. Lever et rincer.
- Grenat a l’orseille. — Pour 25 robes, 10 kil. environ. Mordancer comme pour havane (voir page 259) — on passe au cachou, chromate, et on rince.
- Pour finir on ajoute au bain de teinture la dissolution de :
- Alun...............................
- Curcuma..........................
- Fuschine.........................
- Orseille......................... on pallie et on entre les robes.
- 100 gr.
- 250
- 15
- 1 kil.
- On fait bouillir en agitant continuellement et on maintient l’ébullition pendant une demi-heure. On rince pour finir.
- L’extrait d’orseille remplace avantageusement l orseille. On met la dose en proportion.
- Les deux matières précédentes peuvent être avantageusement remplacées par la purpuraline.
- Bordeaux. — Même quantité. Mordancer comme pour grenat et rincer, puis entrer dans un bain d’eau froide avec 100 gr. de tannin, bien agiter, y mettre les robes au large et les laisser passer la nuit.
- Le lendemain on rince faiblement et on teint dans une décoction de :
- Lima.........................
- Curcuma ...................
- Extrait orseille...........
- Fuschine...................
- 1 kil. 500 gr.
- 0 — 200
- 1 — 000
- 0 — 005
- Entrer à froid, porter peu à peu à l’ébullition en agitant, faire bouillir peu de temps, lever et rincer.
- Autre Bordeaux. — Même quantité. Mordancer comme pour le précédent, donner le bain de cachou et bien rincer ; teindre avec ;
- Fuschine...................... 0 kil. 010 gr.
- Extrait d’orseille...........s 1 — 000
- Curcuma...................... 0 — 200
- Ecarlate d’aniline........... 0 — 005
- Dissoudre les couleurs d’aniline avant de les mettre dans le bain.
- Entrer à froid, porter lentement à l’ébullition et faire bouillir pendant une demi-heure. Lever et rincer.
- Brun Bordeaux. — Opérer comme pour grenat, mais remplacer le violet méthyle par de la Fuschine jaunâtre.
- Nota. Dans tous ces procédés l’extrait d’orseille peut être remplacé par la Purpuraline.
- Bismark. — Pour 20 robes, 8 kilos environ.
- Mordancer comme pour grenat et rincer.
- Passer au bain de Carmin comme pour Bordeaux et rincer.
- Entrer à froid dans un bain contenant la dissolution de 50 gr. Brun Bismark (Marron), puis élever progressivement la température à 80° C. Lever et fîncer.
- L’élévation de la température à 80° n’est nécessaire que pour les robes à reteindre, une température moyenne suffit pour des étoffes neuves.
- On peut virer la nuance au jaune par le curcuma et au rougeâtre avec de la Fuschine.
- Bronze. — Pour 10 robes, 4 kilos environ.
- Les robes bien dégraissées sont mordancées pendant une heure avec :
- Bichromate de potasse .......... 0 kil. 060 gr.
- Acide sulfurique............... 0 — 050
- Sulfate de cuivre.............. 0 — 030
- Lever, éventer et laver.
- Passer au bain de cachou (500 gr.) à tiède, laisser séjourner 2 heures et chrômater avec 120 gr. de bi-chrômate de potasse ; lever et bien rincer.
- Entrer ensuite à froid dans un bain contenant la décoction d’un kilo de bois jaune, porter progressivement au bouillon, laisser séjourner une heure.
- Les robes ont alors une couleur nourrie -, pour la virer au Bronze, on opère comme suit : Dans un bain tiède mettre la dissolution de : Fuschine 3 gr.
- Marron d’aniline :................ 3
- Agiter le bain, entrer, et en agitant toujours, élever la température à 80° C. Lever et rincer.
- A suivre.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 273
- Be s
- S co E
- CUVE A VAPORISER
- Par M. D. SIFFERLEN
- Chimiste, directeur de la manufacture A. Hubner à Moscou.
- Le 5 septembre 1872, M. Ch. Meunier Dolfus a déposé à la Société industrielle au nom de M. Sif-ferlen un pli cacheté, qui a été marqué no 184, et renfermait les plans et descriptions d’un système de vaporisage de son invention.
- L’ouverture du pli a eu lieu sur la demande du dépositaire qui visait dans son invention :
- 1° A supprimer les doubliers et autres accessoires pour le vaporisage ordinaire, en suspendant les pièces pli par pli à des pointes écartées, pour laisser un espace entre chaque pli ;
- 2° Pour éviter la condensation sur le métal en contact avec les autres pièces, il chauffe les porte-pointes avec un tuyau pouvant recevoir de la vapeur -,
- 3° Les taches d’eau du haut de la cuve sont évitées par un couvercle à double fond chauffé à la vapeur ;
- 4° Enfin, pour éviter les pertes de temps résultant du décrochage de la marchandise vaporisée, il a imaginé un mécanisme permettant de décrocher les pièces instantanément.
- En publiant son invention, il n’a eu d’autre but que d’être utile ou agréable à ceux de ses collègues qui s’intéressent à cette question si importante : Le vaporisage.
- Si, par cette démarche, il parvenait à provoquer d’autres recherches, amenant de nouveaux perfectionnements dans le matériel du vaporisage, il s’estimerait entièrement satisfait.
- Trois de ces cuves fonctionnent dans la manufacture d’indienne de M. A. Hubner à Moscou, depuis 1872, comme MM. Meunier-Dolfus, Grosseteste et Welter les ont vues à diverses époques.
- Dominique SIFFERLEN, chimiste, directeur de la manufacture d’indienne A. Hubner, à Moscou.
- Note explicative.
- Couvercle creux ou à double fond. — Afin d’éviter les taches d’eau sur les pièces, pouvant pro
- venir de la condensation de la vapeur au plafond, on fait entrer de la vapeur dans le double fond.
- Le 1er tuyau sert à laisser échapper l’air et ensuite un peu de vapeur, pour que le plafond se chauffe partout également :
- Le deuxième tuyau laisse échapper l’eau condensée.
- Répartition de la vapeur dans l'intérieur de la cuve. — La vapeur se partage dans la cuve au moyen d’un gros tuyau percé de trous sur toute la longueur, puis traverse un plancher en bois criblé. En vue de faire passer la vapeur également sur tous les points dans l’intérieur de la cuve, nous avons fait des deux côtés trois ouvertures, se réunissant dans un même tuyau d’échappement. Cela paraît nécessaire pour obtenir le déplacement régulier de la vapeur et, par suite, un vaporisage égal. Comme la pièce ne change pas de place (comme cela arrive d’ordinaire), pendant la durée du vaporisage, cette précaution paraît utile.
- Chariot et tuyaux porte-pointes. — Sur un chariot repose une rame ou cadre formé par deux tuyaux en fer étamé à l’extérieur, et réunis entre eux par deux traverses en fer, Sur ces tuyaux sont montés les anneaux porte-pointes, dont il y a près de 400 pour un seul tuyau. A l’une des extrémités s’adaptent les bras de leviers,- faisant partie du mouvement de décrochage.
- Manœuvre. — Le travail d’accrochage se fait comme le métrage au rectomètre,avec indifférence que deux gamins avancent les anneaux et arrangent les plis, à mesure qu’un troisième ouvrier accroche. Pour 25 de nos pièces de 40 mètres, il faut 30 à 35 minutes.
- Chauffage des tuyaux et des anneaux porte-pointes. — Pour prévenir la condensation sur les tuyaux et anneaux en contact avec les pièces, on fait entrer dans ces tuyaux de la vapeur directe, au moyen de deux petits tuyaux articulés, pouvant facilement s’adapter. A l’autre extrémité, des petits tuyaux analogues s’adaptent pour l’évacuation de l’eau condensée et de la vapeur qui débouche dans la cuve même. Au bout de huit à dix minutes, les tuyaux sont assez chauds pour que, pendant le vaporisage, il n’y ait point condensation ; on ferme quatre petits robinets, on dévisse les petits tuyaux articulés et l’on entre avec le chariot à la vapeur, c’est-à-dire dans la cuve.
- Décrochage des pièces. — Après avoir vaporisé les pièces, on sort le chariot, on le débarrasse de
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- 274
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’enveloppe, et, au moyen du mouvement de décrochage, on fait tomber toutes les pièces à terre.
- Pendant qu’une partie des pièces se vaporise, on prépare un autre chariot qu’on expose à la vapeur aussitôt que l’autre est sorti, de sorte que la perte de temps pour l’entrée et la sortie est réduit à un quart d’heure.
- Cuve d'essai.— Pour notre cuve d’essai, nous avons deux cadres, pour un seul chariot. Pendant que ce dernier, chargé de pièces, est exposé à la vapeur, on prépare le second cadre, qui repose provisoirement sur quatre pieds en fer, exactement aussi hauts que le chariot lui-même, de sorte qu’on peut accrocher, envelopper et chauffer les tuyaux pendant que l’autre partie est à la vapeur. Supposez que le chariot soit sorti de la vapeur ; après avoir décroché les pièces, comme il a été dit ci-dessus, on soulève le cadre vide au moyen d’une grue, le chariot est disponible.
- On soulève alors également le cadre chargé de pièces, les quatre pieds en fer sur lequel il reposait, disparaissent sous le sol, le chariot est poussé sous les pièces, on descend le cadre chargé, et on entre dans la cuve à vaporiser. C’est ainsi que la manœuvre qui, de prime abord, paraît un peu compliquée, se fait toute la journée sans la moindre difficulté, tout en faisant 80 à 100 0/0 plus de travail qu’une cuve ordinaire.
- (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.)
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,672. — Rubino. — Photographie inaltérable sur étoffes. — Le procédé renferme quatre opérations : la première consiste à immerger l’étoffe dans une composition de gélatine, chlorure de sodium et eau distillée ; la seconde à plonger l'étoffe dans de l’eau distillée additionnée de sulfate d’alumine • la troisième à sensibiliser l’étoffe avec une solution d’azotate d’argent, d’eau distillée et d’acide azotique ; enfin la quatrième à tirer et fixer les épreuves.
- 115,683. — Chatelot. — Système de Usage des dessins de fabrique. — Le système consiste dans l’emploi simultané de quatre plaques fond taffetas sur le cylindre, pour obtenir avec les mêmes
- cartons deux effets ou dessins différents, en lisant un dessin sur un pas et le deuxième sur l’autre pas.
- 115,688. — Hanotte frères. — Casse-fil automatique. — L’invention est basée sur l’idée de placer, entre le point de départ du dévidage de fils ou rubans à réunir et le point d’assemblage, un petit cylindre muni d’une rainure dans laquelle la queue d’un crochet casse-fil est susceptible de s’engager.
- 115,689. — Hutet. — Battant-brocheur à course réduite pour le tissage, aux métiers mécaniques, de deux pièces d’étoffes à la fois. — Ce brevet a pour objet l’emploi de galets ou pignons à double roue dentée, de diamètres différents, qui permettent de réduire la course des deux crémaillères dans une proportion pratique pour le tissage des étoffes de soie ou autres de grande largeur.
- 115.699, —Joos. — Vis différentielle applicable aux bobinoirs. — La vis est disposée sur un levier qui monte et descend au moyen d’un excentrique ; elle porte un écrou auquel se relie une chaîne qui, par des poulies de renvoi, vient agir sur le levier conducteur du fil.
- 115,712. — BOUSQUIER et NOGARET.—Amélioration des soies pour la filature. — Suite de vases communiquants ayant pour but principal de ramener l’eau de chaque bassin à la même température pour régulariser la cuisson de la soie.
- 115,716. — Butler. —Procédés pour donner aux fibres végétales une apparence soyeuse et pour les préparer à recevoir certaines couleurs préparées elles-mêmes dans ce but.— Le breveté réclame : l’emploi de l’acide azotique pour que la cellulose ne se transforme pas en fulmi-coton ; la réduction d’un sulfite alcalin ou de tout sel pouvant abandonner l’acide sulfureux qu’il contient, par l’action d’un courant galvanique pendant l’immersion de la fibre ; la réduction des composés d’aniline par le chlore pour les rendre aptes à teindre les produits après leur préparation.
- 115,729. — LANDENBERGER. — Perfectionnements aux tricots et aux métiers à tricots. — L’invention consiste dans un tissu tubulaire résultant de la combinaison en zigzag de plusieurs fils travaillés sur un métier circulaire, et dans la combinaison d’un cylindre rotatif intermittent, d’aiguilles réciproques et de garde-fils à action intermittente.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION RELATIFS AUX INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- (Année 1877).
- 116,563. 19 janvier.— LABÉRIE et Berthet.— Machine destinée à extraire les fibres des plantes textiles à l’état vert.
- 116,574. 18 janvier. — Smith et Skimer. — Perfectionnements dans les métiers à faire les tissus à poils.
- 116,585.27 janvier. — Bousquier etNogaret. — Double purgeoir, droit ou rectiligne pour le perfectionnement de la soie.
- 116,602. 22 janvier. — KINSBOURG et Robert père. — Obtention des bleus d’aniline dits bleus indestructibles, au moyen du parage préalable des cotons ou autres matières végétales pour le noir d’aniline en teinture.
- I 116,603. 20 janvier. — Katscha. — Temple mécanique perfectionné de métier à tisser.
- INFORMATIONS & FAITS
- LES ÉTATS-UNIS A L’EXPOSITION DE 1878
- La Chambre des représentants des États-Unis a adopté le projet de loi par lequel le gouvernement accepte l’invitation de la France à prendre part à l’Exposition universelle de Paris, en 1878.
- La Chambre fixe à 150,000 dollars le crédit affecté à cet effet.
- DÉMONÉTISATION DE PIÈCES D’ARGENT
- Les pièces d’argent frappées par le gouvernement suisse, de 1860 à 1863 inclusivement, doivent, d’après la convention monétaire du 23 décembre 1863, cesser d’avoir cours à partir du 1er janvier 1878.
- Le public est informé que, jusqu’à cette époque, les pièces de cette nature continueront à être reçues dans toutes les caisses de l’Etat et pourront même y être échangées contre d’autres espèces, mais seulement à la caisse centrale du Trésor public, à Paris, et aux caisses des trésoriers généraux, receveurs particuliers et percepteurs, dans les départements.
- Après le 31 décembre prochain, les pièces suisses aux millésimes indiqués ci-dessus, n’ayant
- plus cours légal, seront, en conséquence, refusées par toutes les caisses publiques. Les détenteurs de ces pièces ont donc intérêt à en opérer le versement avant cette époque.
- LE MOUVEMENT COMMERCIAL.
- Le Journal officiel publie le relevé du commerce de la France pendant les dix premiers mois de l’année 1877.
- Les importations se sont élevées, du 1er janvier au 31 octobre 1877, à 3,080,477,000 francs, et les exportations à 2,853,385,000 francs.
- Ces chiffres se décomposent comme suit : IMPORTATIONS 1877 1876
- Objets d'alimentation. 778.550.000 764.714.000
- Produits naturels et matières nécessaires à l’industrie . . . 1.762.004.000 1.918.630.000 Objets fabriqués . . 374.712.000 386.022.000 Autres marchandises. 165.211.000 215.495.000
- Total. . . 3.080.477 000 3.284.861.000
- EXPORTATIONS 1877 1876
- Objets fabriqués . . 1.518.017.000 1.627.899.000
- Produits naturels, objets d'alimentation et matières nécessaires à l’industrie. 1.179.892.000 1.222.972.000 Autres marchandises. 155.476.000 161.811.000 Total. . . 2.853.385.000 3.012.682.000
- Paris, le 14 novembre 1877.
- Nous avons le regret de constater que pendant le mois d’octobre, généralement favorable au com merce, la situation, déjà mauvaise, s’est aggravée dans une forte proportion.
- Le 30 septembre dernier, les importations dépassaient les exportations de 277,585,000 fr., c’est-à-dire que nous avions demandé à l’étranger 277 millions et demi de plus que nous ne lui avions fourni, savoir : Importation 2.853.385.000 Exportation 2.575.800.000
- En moins..... 277.585.000
- Au 31 octobre, la différence est de 334.827.000 fr., savoir : Importation 3.080.477.000 Exportation 2.745.650.000
- En moins........ 334.827.000
- D’où il résulte que pendant le mois d’octobre le déficit s’est accru de 57,242,000 fr.
- C’est le plus fort déficit mensuel de l’année.
- Ces chiffres sont malheureusement très-éloquents.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LE SYSTÈME MÉTRIQUE
- La question d’un système uniforme métrique revient sur le tapis. La Suède et la Norwége ont admis notre système métrique et décrété qu’il sera obligatoire chez elles dans quelques années. En Danemark, une mesure semblable est sur le point d’être adoptée. La Russie a mis la question à l’étude, et ses dispositions Sont favorables.
- Seule l’Angleterre se refuse à aucun changement; elle a dernièrement encore refusé de prendre part aux conférences et aux travaux du bureau international chargé d’étudier la question.
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- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE BAISSE- DE PBIX
- PRIX DE DÉTAIL :
- Rouges.
- Fuchsine inférieure..............f.. le kil. 12 fr
- — bonne courante.......• ...• — 30
- — - extra-supérieure......... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine.......... — ,1
- Safranine en poudre................ — 19
- Eosine. o .....OU) Ponceau (cochenille artificielle) — 80 Rouge pivoine + *-** ~ 40 Ponceau pour cotort ~ 1
- 193
- Bleus.
- Bleu ordinaire.................Ah... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur ............• — 200
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5)....... — 35 —....................................- (m 3)............................... - 65
- — lumière (ne 1)...... — 75 Bleu de cuve artificielle............. — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet..... — 30 Bleu-noir, ou bleu marin — 70 — par kilo “ 18
- Bleu foncé....................... • -— 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- Jlaumes.
- Jaune bouton d’or.................« le kil. 45 fr.
- Jaune-orange...................... — 45
- Orange supérieur pour soies.......... — 175 Orangé n° 1 — couleur feu........... — 40 — 2 — couleur plus vive.. *..........— 35 — 3 — nuance jaune..........................— 40
- Chrysoïne.........* • ............ f 50
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge..............le kil. 50 fr.
- - bleu................. - 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge............................... — 60
- Violet moyen.......................... ~ 65 Violet lumière,......................bleu................... — 70 Violet pour remontages................ — 30
- Verts.
- Vert lumière........................ le kil. 100 fr.
- — — supérieur....... — 110
- Bivers.
- Marron d’aniline........................ — 23
- Gris, par le bleu-noir.................. — 23
- Gris-perle, par les violets.,........... — 70
- Coralline rouge....................... — 30
- — jaune (alcool)......................... — 20
- Purpuraline à l’état sec................ — 8
- Xanthine (orange)................ ; — 35
- Cachou de Laval......................... — 2 50
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- Une fabrique importante de Couleurs d’aniline demande un bon agent dépositaire pour Paris et ses environs. Appointements fixes et commission.
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- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21e Année, No 24. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Décembre 1877
- SOMMAIRE
- Avis: — Chronique. — Exposition de la Société industrielle de Mulhouse : apprêts par M. A. ROSENTHIEL (suite). — Falsification de la poudre de garance et des dérivés de la garance, par M. C. BENNER. — La Coccine (échantillon). — Eau de blanchiment, par M. J CASTHELAZ. — Blanchiment et teinture de la paille et des chapeaux de paille. — Nettoyage et teinture des gants de peau.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur un nouveau moyen de déterminer la provenance des laines.— Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- AVIS
- La table des matières du 21e volume du Moniteur de la Teinture, année 1877, sera envoyée par la poste à chacun des abonnés avant le 25 courant.
- Nous prions nos abonnés dont l’abonnement expire avec ce numéro, et qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés pour l’année 1877, de nous prévenir par lettre, ou de refuser le premier numéro de 1877,en mentionnant leur refus sur la bande.
- PRIME
- A titre de prime, nos abonnés recevront gratuitement, avec le numéro du Moniteur de la Teinture, à partir du 5 janvier 1877, le Bulletin commercial des industries tinctoriales et textiles, prix-courant de droguerie, matières colorantes, revue des principaux marchés, etc.
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- CHRONIQUE
- L’année 1877 arrive à sa fin dans des circonstances difficiles, pour ne pas dire désastreuses, pour le commerce et l’industrie en général.
- Les industries du Blanchiment, de la Teinture, de V Impression, des Apprêts et de toutes les branches du Travail des tissus ont subi les déplorables effets de la crise dont la prolongation se fait par trop sentir.
- L’ouverture de la saison d’hiver a eu lieu pour
- les tissus de laine avec une indifférence sans exemple, de la part de la consommation. Le stock devient inquiétant pour beaucoup de manufactures. On signale à peine quelques affaires en réassortiment et aucun ordre pour la saison d’été.
- Les représentants du Comité linier de Lille ont fait connaître à la commission d’enquête du Sénat le déplorable état de cette industrie. Un grand nombre d’établissements se sont fermés et restent en chômage.
- L’industrie des cotons n’est pas mieux partagée ; ses délégués ont fait connaître que l’Angleterre fournissait à elle seule 60 0/0 de la consommation en France.
- Le dénouement de la crise politique est encore trop récent pour qu'il soit possible de préciser quelle influence elle aura sur la crise commerciale, mais il est permis d’affirmer, dès aujourd’hui, qu’elle sera très-favorable à une reprise.
- Espérons que l’année 1878 s’ouvrira soüs de meilleurs auspices.
- Le tableau du commerce extérieur de la France, pendant les onze premiers mois, vient d’être publié. Nous avons donné celui des dix premiers mois dans notre dernier numéro. Au 31 octobre la diminution sur l’année précédente était, quanta l’entrée des produits naturels et matières premières, de 156 millions et demi, à la fin de novembre elle s’élève à près de 196 millions, soit 40 millions pour ce dernier mois. Par contre, la diminution sur les produits fabriqués à l’exportation s’est affaiblie. Elle s’est réduite à la fin de novembre à 97 millions et demi, de 109 millions et demi qu’elle était à la fin d’octobre. Ces deux articles caractérisent le mieux la situation commerciale.
- La fin de la crise politique va donner aux tra-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- vaux intérieurs de l’Exposition la plus vive impulsion et la section française s’occupe en ce moment de préparer le règlement spécial à la manutention des marchandises expédiées au Champ-de-Mars et au Trocadéro. Nous ferons connaître les dispositions de ce règlement dès qu’il aura été approuvé par le commissaire général.
- Dans un des premiers numéros de 1878 nous ferons connaître à nos lecteurs les couleurs modes de la saison d’été. Les nouveautés de la saison d’hiver, neigeuses et mousses, sont loin d’avoir reçu du consommateur tout l’accueil qu’on en espérait. On a beau les décorer de nouveaux noms : Draps mouchetés, mousse des Alpes, etc., les stocks n’en restent pas moins assez importants en magasin.
- Le teinturier-imprimeur, avec deux ou trois planches au plus, transformera facilement les robes reteintes en draps mouchetés et en mousses de tous les pays, si se» clientes le désirent.
- Dorénavant, le Moniteur do la teinture donnera le pas dans ses colonnes aux Procédés pratiques, sans pour cela négliger la théorie sans laquelle la pratique ne va plus qu’au hasard. Il recevra, dans ce but, avec reconnaissance, toutes les communications que voudront bien lui adresser ses nombreux lecteurs. Nous leur en adressons à l’avance nos remerciements, en leur présentant nos souhaits de prospérité pour la nouvelle année.
- P. Blondeau.
- EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE (Extrait de rapports sur cette exposition).
- — Suite. —
- Telle était la situation au moment où le traité de Francfort est venu priver l’Alsace du marché auquel elle était habituée, et lui en livrer un autre, dont les besoins, les goûts et les habitudes étaient entièrement à étudier.
- L’Allemagne, de longue date, recevait d’Angleterre une bonne partie de ses tissus blancs, imprimés et teints. Elle était habituée à la marchandise anglaise, pour laquelle l’apprêt joue un rôle si important. L’industrie allemande, de son côté, s’était efforcée de lutter contre la concurrence anglaise, en
- imitant sa manière de faire, et avait même réussi, en certains points, à faire mieux qu’elle (1).
- Quand l’Alsace s’est trouvée en présence de ce nouveau marché, le vieux matériel acquis en 1860 a été utilisé, après avoir été remanié, de manière à tenir compte des progrès accomplis dans l’intervalle, et la fabrication s’est adaptée aux circonstances nouvelles.
- Les modifications que nous avons à enregistrer n’atteignent pas autant les apprêts du tissu teint ou imprimé, que ceux du tissu blanc. Nous en trouvons la raison dans ce fait que Mulhouse avait une réputation universelle pour ses impressions, et qu'on a adopté ses apprêts. Pour le blanc, il n’en a pas été de même, la supériorité de l’Alsace n’était pas aussi incontestée, surtout vis-à-vis de l’Allemagne, qui consommait beaucoup de tissus de toile, dont le coton a dû imiter l’aspect, pour pouvoir le rem-placer.
- Il s’est donc opéré dans les ateliers des apprê-teurs, en peu d’années, une transformation importante. Ce que l’on a pu en voir à l’Exposition de la Société industrielle en donne la preuve. Il ne s’agit plus des trois ou quatre genres d’apprêts dont nous avons parlé plus haut ; mais on peut compter, pour les maisons qui en font spécialité, plus de cinquante variétés différentes.
- En présence d’un tel nombre, nous devons adopter une classification qui nous permette de rendre compte avec méthode de l’état de l’Exposition.
- Commercialement, on distingue, d’une façon générale, les apprêts pour tissus blancs de ceux pour tissus imprimés ou teints. Nous adopterions cette division, si nous y trouvions, au point de vue des moyens de fabrication, une, ligne de démarcation suffisamment nette. Mais tel n’est pas le cas. Certaines opérations s’appliquent aussi bien au «blanc » qu’à la marchandise colorée, et nous serions conduits à de fréquentes répétitions.
- (1) Comme exemple de cette manière de faire différentes nous pouvons citer les apprêts garnis. En Angleterre, pour donner de la main et de l’épaisseur à un tissu qui n’en possède pas naturellement, on incorpore dans l’empois d’amidon, qui sert à boucher les mailles du tissu, tant de substances minérales, que l’on voit s’en dégager des poussières, si on le déchire. En Allemagne, notamment en Saxe et en Silésie, on a évité cet inconvénient. Tout en empesant autant, on sait, par des additions de corps gras, par des cylindrages convenables, donner plus de cohésion à l’apprêt, et l’acheteur allemand ne veut absolument pas de la marchandise présentant les inconvénients signalés plus haut.
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- Nous avons compris que notre rapport devait, non-seulement présenter l’image de la salle de l’Exposition, mais aussi et surtout celle de l’atelier et de l’outillage spécial qu’il renferme.
- En nous plaçant au point de vue des moyens d’action, nous avons été amenés à préférer la division :
- 1° En apprêts qui sont déraillés ou brisés,
- 2° En apprêts qui le sont pas, et nous n’attachons pas à cette classification d’autre valeur que celle que nous venons d’indiquer.
- 1. APPRÊTS DÉRAILLÉS OU BRISÉS
- Ces apprêts s’appliquent aussi bien à la marchandise blanche qu’à celle qui est teinte ou imprimée. Le but que l’on se propose est d’empeser le fil, d’y sécher l’empois en le lissant, tout en évitant que la trame et la chaîne soient collées l’une contre l’autre ; chaque fil, parfaitement cylindrique, se meut librement à l’égard de celui avec lequel il se croise, et la maille est entièrement dégagée.
- On obtient, en réalisant ces conditions, un tissu dont les plis s’arrondissent parfaitement, et prennent en se drapant quelque chose de la souplesse et de l’élasticité de la laine, qualités qui conviennent essentiellement à un article destiné à la robe.
- Le type de ces apprêts est celui que l’on sait donner avec tant de perfection à la tarlatane à Tarare. Viennent ensuite les tissus de jaconas et les organdis, qui étaient longtemps le privilège de Tarare et de Saint-Quentin, et que l’on a appris à apprêter depuis en Alsace.
- Cet apprêt porte aussi les noms de « apprêt élastique, batiste, linon ». La consistance spéciale du tissu apprêté est due à l’emploi de la rame à briser : la pièce, après avoir été empesée (séchée, puis mouillée à nouveau), est fixée par ses deux lisières dans les pinces d’une rame ; elle est ensuite tendue en largeur, et l’on imprime aux bandes à pinces un mouvement de va-et-vient parallèlement à elles-mêmes et dans un plan horizontal. De cette manière, elle se rapprochent et s’écartent entre elles alternativement. Les fils de trame et de chaîne, en frottant les uns contre les autres, se lissent tout en se séchant.
- La disposition des rames varie dans de certaines limites. Pour l’article broderie, on en emploie de très-courtes, et le mouvement est uniquement donné à la main, afin d’éviter les déchirures et les déformations du dessin.
- Pour les tissus unis, on a récemment introduit un perfectionnement important, en donnant le mouve
- ment de déraillage mécaniquement ; il en résulte un travail plus rapide et une économie de main-d’œuvre.
- 2. APPRÊTS NON BRISÉS
- Les apprêts qui ne sont pas brisés sont extrêmement variés, mais ils possèdent un caractère commun : le tissu est empesé plus ou moins, de manière à lui donner une certaine tenue et sans que l’on prenne de précaution spéciale pour maintenir la maille ouverte ; de plus, on ne cherche pas à obtenir un fil cylindrique et indépendant ; au contraire, on l’aplatit souvent par des cylindrages et autres opérations, qui ont pour effet de le comprimer et d’en augmenter la densité. Quand le tissu empesé est sec, il présente un aspect mat, et un toucher plus ou moins rigide, qui ne conviennent pas à toutes les consommations. C’est dans ce moment qu’intervient l’action des machines, qui a pour but d’en modifier l’aspect et le toucher.
- Parmi les machines qui jouent aujourd’hui un rôle important dans l’atelier de l’apprêteur, nous citerons :
- Les puissants cylindres, dont, dans les modèles importés d’Angleterre, on superpose jusqu’à six. Le tissu passe entre eux, soit imprégné de liquides, soit à l’état sec, et il y en a qui sont disposés pour être chauffés, soit à la vapeur, soit au gaz.
- Le beattle, appareil dans lequel la pièce d’étoffe, enroulée, est exposée aux coups répétés de nombreux pilons.
- Enfin, la machine à élargir, formée de cylindres cannelés recouverts de manchons en caoutchouc.
- L’effet de ces engins est secondé par la machine à arroser, qui sert à humecter régulièrement le tissu, et, dans certains cas particulier, par un jet de vapeur.
- L'apprêt que l’on obtient en empesant le tissu au point que la maille en soit entièrement bouchée, prend le nom « d’apprêt garni ».
- Entre ce terme extrême et le tissu à l’état naturel, c’est-à-dire non empesé, on peut concevoir un grand nombre d’intermédiaires, dont on augmente encore la variété par la composition de l’empois, auquel on incorpore des corps gras ou des matières minérales.
- C’est la diversité de la composition de l’empois, combinée avec celle des opération mécaniques, qui caractérise les différents modes d’apprêts actuellement demandés à nos maisons d’Alsace, et dont nous allons signaler les principaux types qui on figuré à l’Exposition.
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- L'apprêt garni, pour madapolam, confection, blanc chiffon, se fabrique en Alsace avec une grande perfection ; sa réputation et sa qualité sont telles que, malgré les droits d’entrée élevés, cet article continue à être importé en France, il n’a pas été modifié depuis et continue à être livré à l’état d’apprêt « mat » c’est-à-dire dépourvu de brillant.
- Pour le faire adopter par l’Allemagne, il a fallu le modifier. Aucun article ne se prêtant mieux à la comparaison entre les exigences des deux marchés que l’Alsace cherche à satisfaire actuellement, nous croyons bien faire en entrant dans quelques détails à ce sujet.
- On sait que le tissu écru « trois quarts», qui a 90 centimètres de largeur, subit un retrait à la suite du blanchiment, qui réduit sa largeur à 80 centimètres. C’est avec ces dimensions qu’il est vendu en France, plié au large, non enveloppé, et portant pour étiquette un chef de pièce brodé.
- Pour l’Allemagne, au contraire, on demande une largeur de 86 centimètres après l’apprêt (quoique le tissu n’ait eu en écru que 90 centimètres), il faut donc, après le blanchiment, étirer la pièce en largeur, ce qui a amené la création de rames puissantes, capables d’exercer une forte traction; ce sont des rames continues, à pinces, capables de sécher chacune 60 pièces de 100 mètres par jour.
- Après être recouvert d’empois, le « chiffon » allemand reçoit un peu de brillant à l'aide du beattle, puis il est plié en deux dans le sens de la largeur.
- La pièce ne reçoit pas de chef brodé, mais est empaquetée dans un papier glacé spécial, de couleur noire, qu’à l’origine il a fallu faire venir d’Angleterre.
- Ce n’est que dans ces derniers temps qu’une usine du pays a réussi à le produire dans des conditions satisfaisantes (nous en avons vu des spécimens à l’Exposition).
- L’apprêt garni s’applique surtout à la marchandise blanche ; il convient moins aux tissus colorés par teinture que par impression ; néanmoins il est appliqué, avec certaines modifications, à l’article chemise, et à quelques tissus teints en uni pour confection.
- Le blanc fleur simple, que l’on fabriquait, il y a quelques années, pour la France, continue à se faire dans les mêmes conditions ; il est obtenu, moins par un apprêt spécial, que par des opérations de blanchiment convenablement conduites. Le tissu n’étant pas destiné à l’impression, n’exige pas d’opérations de dégraissage aussi énergiques, tout en
- diminuant la concentration et la durée des bains, on obtient du blanc, sans enlever à la fibre de coton sa consistance naturelle.
- Cet article se fait avec une telle perfection, en Alsace, que malgré la barrière douanière qui s’élève entre notre pays et la France, et malgré la création d’importants établissements de blanchiment dans les Vosges, le blanc fleur continue à nous être demandé de l’autre côté de la frontière.
- L’apprêt des piqués, des brillantes, des damassés, présente certaines difficultés: car, pour les premiers, il faut maintenir à travers toutes les opérations les côtes en lignes parfaitement droites, et, pour les deux derniers, il faut conserver le relief qui constitue le dessin; ces articles sont représentés par de beaux spécimens à l’Exposition, tant en tissus blancs qu’en tissus de couleur.
- L’apprêt moiré s’obtient par trois procédés différents.
- 1° On fait passer entre deux cylindres deux pièces du même tissu superposé ;
- 2° On enroule la pièce en cylindre sur elle-même, et on la fait tourner lentement soit entre deux plateaux fortement chargés, soit entre trois cylindres qui exercent sur elles une forte pression.
- 3» On gaufre le tissu à l’aide d’un rouleau métallique sur lequel on a gravé un mille-raies. La pièce, en passant sur ce rouleau, reçoit un mouvement de va-et-vient.
- L’apprêt moiré s’applique aussi bien au tissu blanc qu’au tissu teint.
- Je ne mentionne que pour mémoire les apprêts cylindrés et lustrés, qui se font de longue date dans le pays, et qui s’appliquent parfaitement à la marchandise imprimée et teinte, et je signale spécialement un article pour doublure, qui rentre dans cette catégorie et qui est lustré par un procédé particulier, analogue à celui employé pour les papiers peints (par l’emploi de molettes).
- Les apprêts qui imitent la soie sont l’apprêt foulard et celui du satin. Par un empois convenable, dont la composition à la plus grande importance, et par l’emploi du beattle, on donne au coton l’aspect soyeux. C’est un des apprêts qui exigent le plus de soins minutieux ; et ce qui prouve combien cette opération est faite avec succès dans notre rayon industriel, c’est la présence, à l’Exposition, de satins et de percales, soit blancs, soit imprimés, où l’on a imité, à s’y tromper, l’éclat spécial, le toucher et même le craquement que fait entendre la soie, quand on la comprime dans la main. Nous
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- avons admiré un tissu impression foulard sur satin léger, qui est l’imitation la plus parfaite de la soie.
- Dans le nombre des apprêts garnis, qui méritent une mention spéciale, il en est un dont l’introduction dans notre pays a été récemment récompensée par notre Société. Nous voulons parler du drap coton^ dont la fabrication, importée d’Angleterre, tend à remplacer celle delà moleskine imprimée.
- Ici les opérations, dans le détail desquelles nous ne saurions entrer, sont multiples et délicates ; il s’agit en effet de donner au tissu de coton, fort épais, l’aspect, le toucher, la souplesse d’un drap de laine.
- Sous ce rapport, le produit de l’industrie locale est amené au dernier degré de perfectionnement connu,et peut rivaliser avec succès avec les produits similaires fabriqués en Angleterre et en Allemagne.
- Avant de terminer notre énumération des principaux types d’apprêts, il convient de signaler toute une série d’articles, dont la production est d’une introduction récente.
- Ils sont destinés à donner de la tenue à certaines parties du vêtement, tels que la triplure et un apprêt auquel sa rigidité a fait donner le nom de barre de fer. Ajoutons-y encore des articles pour la chapellerie, de fonds de casquettes, de chapeaux qui sont fortement empesés, de même que l’article pour reliure, qui est le plus souvent gaufré. Ces articles se font sur tissu uni ou imprimé et forment l’objet d’une consommation importante.
- Si, après cette rapide énumération, nous embrassons d’un coup d’œil l’ensemble, si nous comparons ce qui se fait aujourd’hui à ce que l’on faisait, il y a peu d’années encore, nous devons reconnaître qu’un travail de transformation considérable s’est opéré ; il est dû à l’énergie et à l’esprit pratique de nos apprêteurs, et a eu pour résultat d’ouvrir des débouchés nouveaux aux produits alsaciens, en remplacement du marché que les événements ont fait perdre à notre pays ; événements qui ont menacé de compromettre pour longtemps sa prospérité industrielle.
- (A suivre. •
- FALSIFICATION
- De la poudre de garance et des dérivés de garance tels que fleur et garancine.
- Par M. Ch. BENNER.
- Remplacer une partie de la mati ère colorante active de la garance par une poudre inerte, à laquelle
- on incorpore un extrait de bois colorant ou un astringent puissant, a, de tout temps, été une manœuvre dont les fraudeurs se sont servis.
- Le tan épuisé des tanneurs, convenablement séché et pulvérisé, se prêtait admirablement à ce genre de fraude ; on y additionnait, selon les besoins, de l’extrait de châtaignier, de l’extrait sec d’écorce de pin, de bois de Lima ou de bois de cam-pêche, ou, selon le cas particulier, un mélange en proportions diverses des trois extraits les plus riches ajoutés à beaucoup de tan épuisé en poudre.
- Ces fraudes se pratiquaient sur une assez forte échelle vers les années 1858 à 1862, et servaient surtout à rehausser la force de certaines garances et garancines qui s’expédiaient à l’étranger.
- La chambre du commerce d’Avignon s’émut de cet état de choses, et, en 1859, elle mit un prix de 10,000 fr. au concours pour le moyen le plus facile et le plus prompt de reconnaître les sophistications de la garance et de ses dérivés.
- De ce concours, un procédé non couronné nous est resté qui, jusqu’à un certain point, remplit le but.
- Ce procédé consiste à préparer du papier buvard blanc qu’on coupe par bandes et que l’on immerge dans une solution de bichlorure d’étain à 2° Baumé ; on laisse égoutter et on le dispose sur une lame de verre. Le second réactif est une solution de sulfate de fer à 2° Baumé dans laquelle on immerge le papier buvard blanc et, après l’avoir convenablement égoutté, on le place à côté de la première bande préparée au bichlorure d’étain.
- On saupoudre une partie de ce papier réactif, tandis qu’il est encore humide, avec les poudres à essayer ; à cette fin, on se sert d’un pinceau et on fait tomber la poudre aussi également que possible sur une partie de ces bandes. Sur une autre partie, on verse une marchandise tout-à-fait exempte de fraude, et sur une troisième partie une poudre qu’on a préparée soi-même dans des proportions définies de différents extraits colorants ; de cette manière, on peut constater par un premier essai la pureté et le degré de plus ou moins grande addition de colorant étranger.
- On laisse réagir pendant un quart d’heure à vingt minutes • au bout de ce temps, on expose à une douce chaleur le dessous de la plaque de verre jusqu’à ce que le papier blanc soit bien sec, alors, on fait tomber la poudre adhérente, et on examine les mouchetures de nuances diverses qu’ont pu produire les divers extraits de bois de teinture et les astringents.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La garance, la fleur de garance et la garancine pure ne donnent point de piquetage suspect à cette réaction, tandis que s’il y a addition de la plus légère parcelle d’extraits tinctoriaux, de bois de teinture ou d’astringent, l’un ou l’autre papier réactif accuse la fraude par des mouchetures d’autant plus nombreuses qu’il y aura beaucoup ou peu de fraude.
- Un corps est cependant difficile à discerner par ce mode opératoire : c’est le tannin vert de certaines écorces de bois résineux, tel que celui de l’écorce de pin. On y arrive partiellement en humectant le papier réactif, après dessication sur la poudre, d’un peu d’alcool, et le laissant évaporer spontanément : la réaction se produit sur le papier ferré.
- Depuis lors, un mode plus parfait d’opérer est dû à trois membres de la société libre d’émulation de Rouen et se trouve consigné dans le Bulletin des travaux de cette société, années 1863-1864.
- On pèse 5 grammes de garance ou d’un des dérivés de celte matière colorante qui est à essayer, on ajoute 65 grammes d’eau distillée chaude à 50 degrés, puis on y verse 35 grammes d’alcool du commerce, on agite cette infusion et laisse réagir pendant un quart d’heure, puis on filtre et reçoit le liquide clair dans une soucoupe en porcelaine. Dans ce liquide on plonge aussi uniformément que possible, et de manière à les imbiber, des bandes de papier Joseph que l’on met sécher à l’air; c’est sur ces papiers soigneusement séchés que l’on fait les réactions avec une dissolution des sels suivants :
- Lorsqu’on procède à des essais, il est naturel de joindre toujours un type étalon de la matière colorante pure, qui permet de se prononcer toujours d’une manière plus certaine sur la diversité des réactions qu’on obtient sur le papier :
- 1° Acétate de cuivre, par double décomposi-
- tion de :
- Sulfate de cuivre...................... 10 gr.
- Acétate de plomb........................... 10
- Eau distillée.......-.................... 100
- 2° Chlorure d’étain acide, préparé avec : Protochlorure d’étain....................... 20 gr.
- Acide chlorhydrique......................... 5
- Eau distillée............................. 100
- 3° Nitrate d’argent à 10 pour 100 de sel;
- 4° Protosulfate de fer à 10 pour 100 de sel;
- 5° Carbonate de soude à 10 pour 100 de sel.
- Le réactif est porté sur le papier avec un pin
- ceau fait en roulant un bout de calicot blanc ; on trace avec ce pinceau une ou deux barres transversales sur le papier imprégné de la solution alcoolique, et on laisse sécher pendant trois quarts d’heure à l’abri du soleil.
- Au bout de ce temps, on compare les réactions entre les différentes bandes de papier, et on juge de la pureté de la matière colorante, pureté facile à constater par les réactions produites sur le papier préparé avec la matière colorante pure qui a servi de type étalon.
- Pour décéler plus facilement le tannin vert qu’on aurait pu ajouter à une matière colorante provenant de la garance, et dans le but d’opérer sur une liqueur moins colorée par les matières fauves naturelles de la garance, on fait fermenter l’infusion de la garance, fermentation qui ne complique guère le procédé d’essai.
- On fait infuser 100 grammes de la matière à essayer dans 375 grammes d’eau chauffée à 40 degrés,-on y ajoute 5 grammes de levure de bière et on laisse le tout passer la nuit dans un endroit chauffé à 40 degrés.
- Le lendemain, on y ajoute 500 grammes d’eau chaude à 50 degrés et 200 grammes d’alcool, on laisse réagir une demi-heure, ou filtre, et dans la liqueur filtrée on passe les bandes de papier Joseph, que l’on sèche et sur lesquelles on se livre aux réactions comme ci-dessus.
- Cette seconde manière de procéder contrôle parfaitement la première.
- Une troisième manière de constater la pureté est la suivante : dans la liqueur alcoolisée, restant de la coloration des bandes de papier, on place une bande de papier Joseph sèche qu’on fait tremper par le bas dans la soucoupe contenant la liqueur alcoolisée et dont on épingle le haut contre une traverse, et on laisse passer la nuit à cet essai ainsi disposé. La capillarité fait monter le liquide dans le papier non collé, et l’oxydation de la matière colorante fait prendre à ce papier un ton particulier selon le corps étranger qui se trouve additionné à une garancine, de sorte que dès que l’on a répété une fois ou deux cette curieuse expérience, rien que le changement du ton du papier indique la nature de la fraude, que, du reste, les réactifs précisent d’une manière tout à fait irréfutable.
- Les matières inertes ajoutées se reconnaissent par le moindre rendement en teinture.
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- LA COCCINE
- MANUFACTURE
- DE
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- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon. *
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- Parmi les nouvelles couleurs d’aniline, dont le succès va toujours croissant, nous devons une mention spéciale à la Coccine de la maison J. Ruch et fils, Paris.
- Le nom de cette couleur (Coccine dérivé de Coc-culus indicus) nom de l’insecte dit : Cochenille, caractérise suffisamment son emploi.
- Elle remplace très-avantageusement la cochenille pour la teinture de la laine ; elle résiste parfaitement à l’action de l’air, du soleil, au savon et au foulon. Elle ne déteint donc pas quand on la frotte sur du blanc.
- Son mode d’emploi est des plus faciles.
- On commence par mordancer le tissu dans un bain bouillant contenant deux pour cent environ d’alun ou mieux de crème de tartre.
- On teint dans un bain bouillant contenant une très-faible quantité du mordant employé et la quantité de coccine nécessaire pour la nuance qu’on veut obtenir ; on entre le tissu dans ce bain en maintenant la température.
- Il faut environ douze grammes de coccine par kilo de laine pour obtenir une nuance foncée.
- On peut mettre la coccine en poudre dans le bain -, sa dissolution est instantanée et il n’y a pas de piqûres à craindre sur les tissus.
- La couleur se fixe graduellement, ce qui est une garantie pour la régularité de la nuance, et, en huit ou dix tours, le bain est complètemeut épuisé.
- Après l’opération de la teinture, on passe le tissu dans une eau froide.
- Une précaution indispensable pour la réussite de l’opération, c’est d’éviter avec soin le contact de tout métal. Les métaux altèrent la couleur et empêchent la vivacité de la nuance. On se servira donc de cuves en bois sans clous, et de baguettes en bois (1).
- Il y a trois types de coccine : la coccine jaunâtre, la coccine bleuâtre et la coccine rougeâtre.
- Nous donnons un échantillon de cette dernière sur laine.
- Coccine rougeâtre.
- (I) Gomme pour le vert méthyle.
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- 284 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- EAU DE BLANCHIMENT
- Par M, J. Casthelaz.
- Un équivalent de carbonate de magnésie naturel pulvérisé, étonné ou non, est mis en suspension dans l’eau ; on y fait arriver un courant d’acide sulfureux, obtenu par un procédé quelconque jusqu’à dissolution complète du sel magnésien. En raison du faible équivalent de magnésie, le bisulfite de magnésie est très-riche en acide sulfureux et peut ainsi rendre de tiès-grands services dans les opérations de blanchiment et dans celles où il est fait usage de l’acide sulfureux liquide ou gazeux, de plus il agit comme apprêt en raison de sa base.
- Cette eau est applicable au blanchiment des matières animales ou végétales, soit brutes, telles que : laine, coton, textiles divers, plumes, etc., soit filées, tissées ou en pièces.
- BLANCHIMENT ET TEINTURE
- DE LA PAILLE ET DES CHAPEAUX DE PAILLE
- C’est pendant la saison d’hiver que le teinturier en chapeaux teint les pailles tressées pour chapeau et que le teinturier-dégraisseur reçoit également des chapeaux de paille confectionnés, à teindre ou à blanchir. Nous allons donc publier, en les réunissant, divers procédés pratiques de blanchiment et de teinture.
- 1. — Blanchiment à l'hyposulfite
- Dégraisser la paille au savon, laver à l’eau, puis la plonger dans une dissolution faite avec :
- Hyposulfite de soude ........... 8 kil.
- Eau....................—.............. 100 litres.
- Après quelques moments d’immersion, on ajoute 1 kil d’acide sulfurique au bain, puis on y remet la paille qui est promptement décolorée.
- 2. — Blanchiment au soufre.
- Les chapeaux ou autres objets en paiile se blanchissent en les lavant dans une légère dissolution de cristaux de soude dans laquelle on les laisse tremper pendant environ 2 heures ; on les lave, on les fait égoutter et on les expose humides au soufroir pendant 12 heures.
- On les passe alors dans l’eau contenant une très-petite quantité de gomme arabique et on les
- fait sécher après leur avoir donné la forme désirée.
- Si l’on doit blanchir des pailles fines ou qui doivent être très-blanches, on les passera, avant de donner l’apprêt à la gomme, dans une dissolution faite avec :
- Acide oxalique................. 100 grammes.
- Eau..................... 5 litres
- On les laissera séjourner une heure, puis on les rincera et on les passera une seconde fois au soufre; enfin, si l’on voulait une blancheur absolue, telle que celle nécessaire aux pailles d’Italie, il sera bon de recommencer le bain d’acide oxalique et de soufrer une troisième fois.
- On termine par l’apprêt gommeux.
- On peut remplacer le lavage dans la dissolution de cristaux de soude en opérant comme suit :
- Verser de l’eau bouillante sur les chapeaux et les laisser tremper pendant la nuit. Faire une solution tiède de savon mou noir assez forte pour qu’elle donne aux doigts un toucher gras. Brosser les cha-p eaux avec cette solution tiède et les mettreimmédia-tement au soufroir après les avoir égouttés (1 ).
- Blanchiment des pailles de luxe.
- On coupe un citron par le milieu, on enlève un ruban de peau autour de la coupure pour mettre l’intérieur à nu ; le tenant par le bout, on le plonge dans la fleur de soufre et on frotte bien toutes les parties du chapeau. Un ou deux citrons suffisent pour un chapeau.
- Cela fait, on lave bien le chapeau, afin de le dégager complètement du soufre qui serait resté. Enfin, on le laisse sécher en lui donnant la forme voulue.
- Teinture.
- Jaune paille. — Les pailles qui ne doivent pas rester blanches, peuvent être jaunies après l’opération du bianchiment en les passant dans un léger bain d’acide picrique, aiguisé d’acide sulfurique.
- Marron. — Pour 25 chapeaux monter un bain :
- Santal moulu..............!........ 750 gr.
- Curcuma en poudre................ 1 kil.
- Sumac ou galle légère............ 200 gr.
- Campêche.................. 750 gr.
- Faire bouillir 2 heures au moins, dans une chaudière assez grande, afin que les chapeaux ne soient pas pressés les uns contre les autres.
- Rincer.
- (1) A la sortie du soufroir, le passage du chapeau ou des objets en paille dans une eau contenant de l’hyposulfite de soude en minime quantité, rend le blanchiment plus parfait.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 00 ex
- reasiesacentux se eaxs I -cos II secara •soz ------
- Faire passer la nuit dans un bain de nitrate de fer (rouille) à 4°
- Rincer et faire tremper dans plusieurs eaux de manière à faire sortir l’acide de la paille.
- Augmenter en santal.
- Faire rougir en campeche ce qui donne un marron plus foncé. Lever et sécher. Une fois la paille sèche, brosser avec une brosse de chiendent, pour donner du luisant.
- Gris. — Pour 25 chapeaux :
- Choisir la paille la plus blanche.
- Faire tiemper dans un bain de cristaux de soude dans lequel on ajoute un peu d’eau claire de chaux, afin de bien enlever le soufre qui sans cela ferait verdir.
- Monter un bain avec ;
- Alun....................-............. 2 kil.
- Acide tartrique..................... 100 gr. bouillir deux heui^.
- Ajouter: cochenille ammoniacale, carmin d’indigo et un peu d’acide sulfurique pour neutraliser l’alcali de la cochenille.
- Carmin d’indigo et cochenille selon la nuance qu’on veut obtenir.
- Bouillir une heure au moins.
- Rincer dans une eau légèrement acidulée.
- Noir. — Pour 25 chapeaux :
- Faire bouillir deux heures dans un bain formé de :
- Campeche................-...... 2 kil.
- Sumac ou galle légère......... 500 gr.
- Curcuma ou bois jaune........... 125 gr.
- Faire tremper dans un bain de nitrate de fer (rouille) à 4°.
- Rincer et faire tremper dans l’eau pour enlever l’acide.
- Sécher et brosser.
- Autre noir. — Ce procédé plus simple que le premier réussit très-bien. On passe les pailles pendant une heure sur un bain de pyrolignite de fer à 3° 1/2 et on les sèche pour les entrer ensuite sans lavage et à froid sur un bain de campêche dans la proportion de 350 gr. de bois en copeaux pour 1000 d’eau et en finissant par un second séchage sans lavage. Il ne reste plus qu’à apprêter.
- Violet. — Pour 25 chapeaux :
- Bouillir deux heures avec :
- Alun.................................. 2 kil.
- Acide tartrique................Z... 0 — 50
- Oximuriate d’étain................. 0 — 50
- Ajouter campêche bouilli et carmin d’indigo suivant nuance.
- Bouillir une heure.
- Rincer dans une eau légèrement acidulée.
- Rouge Brésil. . — Faire bouillir une heure dans une eau alcaline marquant 4° B, (savonou cristaux de soude).
- Rincer.
- Faire bouillir dans une décoction de bois de Brésil dans laquelle on ajoute un peu de composition d’étain pour produire le rouge écarlate.
- Laver et sécher, tremper ensuite dans un peu de gomme en dissolution ponr donner le luisant.
- Vert. — On passe les objets pendant 10 minutes ou 1 Ih d’heure dans l’eau bouillante, et on laisse refroidir dans l’eau. On les plonge ensuite pendant une demi-heure dans une dissolution éclaircie faite avec :
- Eau............................... 10 litres.
- Chlorure de chaux............... 30 gr.
- Cristaux de soude............... 30 gr.
- Ensuite dans l’eau acide suivante : Eau - 10 litres
- Acide chlorhydrique.............- 40 gr.
- On rince, puis on teint dans une dissolution claire de vert à l’iode, à laquelle on a ajouté un peu d’acide picrique. Le bain doit être chauffé à environ 40 degrés.
- à suivre.
- NETTOYAGE ET TEINTURE
- DES GANTS DE PEAU
- Nettoyage. — On fait trois petits bains de benzine (toujours rectifiée), dans de grands bols en porcelaine ou de terre vernissée, on y passe les gants qu’on frotte à la main, successivementsur chaque bain, en commençant par les blancs et ceux de couleurs claires ; ensuite on presse fortement chaque paire entre les mains et on essore dans un linge bien propre, après quoi on redresse les gants en les étirant au moyen d’une pince à gants, on les essuie avec une peau de daim, et on termine en embouchant l’ouverture du gant et en soufflant dedans un petit coup sec pour bien l’ouvrir.
- Enfin, on fait volatiliser la benzine en mettant les gants à la chambre-chaude et ils sont ainsi terminés.
- Les gants d'uniformes ou gants d’officiers se nettoient d’une autre manière. Ils sont lavés au
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- 286 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- savon dans l’eau tiède comme s’il s’agissait de laver un linge ; on ne doit pas se préoccuper du rétrécissement de la peau par ce qu'on pourra l’étirer à sa grandeur primitive, lorsqu’elle redevient sèche-, les tâches noirâtres produites par le frottement des armes qui restent encore apparentes sur le gant mouillé ne le seront plus quand il sera sec.
- Le gant lavé est propre, mais il a une teinte jaune grisâtre qu’on fait disparaître en pressant le gant savonné et rincé mais encore humide dans une petite quantité d’eau dans laquelle on a délayé une pincée de magnésie anglaise (carbonate de magnésie), la peau se recouvre de cette poudre blanche qui y adhère suffisamment pour produire l’effet cherché. On tord ensuite dans un linge et on sèche après avoir étiré, etc., comme il est dit plus haut, et on termine en le secouant pour faire tomber l’excès de poudre non adhérent.
- Un bol d’eau et 2 à 3 grammes de carbonate de magnésie suffisent pour uue paire de gants. En sortant du bain de magnésie la peau doit être légèrement jaunâtre car elle blanchit en séchant.
- Les gants neufs sont apprêtés de la même façon.
- Les culottes de cavaliers en peau de daim et autres peaux blanches, se traitent par le même moyen.
- Teinture des gants.
- Les gants qui doivent être teints sont lavés à l’eau de savon au lieu d’être nettoyés à la benzine et avant d’être secs ils sont préalablement tendus sur une main de bois.
- Blanc. — Les gants mis sur la forme en bois sont brossés avec un pinceau doux trempé dans une dissolution de 10 gr. de savon de Marseille dans 1 litre de lait.. On saupoudre ensuite le gant avec du talc de Venise, puis on le frotte avec un morceau de flanelle. Si le blanc n’est pas suffisant on recommence.
- Paille. — Nettoyer comme ci-dessus à l’eau de savon, bien rincer à l’eau et préparer 2 bains :
- 1. — Bain de Soude à 1/2° B.
- 2. — Bain de Nitrate de fer (Rouille) à 1/2° B.
- On brosse d’abord le gant avec la solution 1, puis on sèche et on brosse avec la solution 2 et enfin on brosse avec de l’eau. Le séchage doit se faire à une douce température.
- Après teinture les gants sont apprêtés avec un mélange de :
- Jaune d’œuf.......... 10 gr.
- Glycérine............... 5 gr. dans un litre d’eau.
- On laisse sécher à moitié et on frotte avec de la flanelle.
- Gris et modes. — On nettoie au savon et après avoir brossé à l’eau on passe à un bain de teinture formé de 3 gr. decampêche bouilli dans 1 litre d’eau avec 2 gr. d'orseille. La solution claire est chauffée à 40° et on en brosse les gants. Dans un second bain fait d’une dissolution de 2 gr. Nitrate de fer dans 1 litre d’eau on fait virer la nuance au gris au moyen de la brosse.
- Pour avoir un ton rougeâtre on ajoute au bain 2 grammes d’alun. On fait sécher et on frotte avec de la flanelle après avoir poudré de farine.
- On obtient encore un gris au moyen d’une décoction de sumac -, on traite ensuite par le sulfate de fer étendu.
- Pour avoir un gris verdâtre on ajoute à la décoction de sumac du fustel et duacmpêche, ou du fustel et du carmin d’indigo.
- Noir. — Après un bon nettoyage à l’eau de savon et avant complet séchage, les gants sont enduits d’une décoction concentrée de campêche,‘au moyen d’un pinceau, puis on les laisse sécher à fond; alors on les couvre d’une couche de pyrolignit e de fer à 4° et toujours, à l’aide d’un pinceau. Le noir est formé mais paraît bleuté. Pour enlever cet aspect on brosse les gants avec soin avec une brosse douce imprégnée d’une très-petite quantité d’huile fine d’olives; ils ont alors un aspect très-noir et une grande souplesse. En opérant ainsi, il est facile de réserver le cordon blanc du poignet, les boutonnières et le liseré de l’ouverture du gant.
- Autre noir. — Les gants sont mis sur la forme. On les brosse trois fois avec une dissolution de 50 gr. extrait de campêche et 10 gr. extrait de bois jaune dans 1 litre d’eau ; puis on les brosse deux fois avec une solution de 10 gr. bichromate de potasse et 5 gr. sulfate de cuivre dans 1 litre d’eau; on brosse une dernière fois avec la dissolution de campêche ; enfin, pour faire virer la nuance on frotte les gants avec un morceau de flanelle trempé dans un mélange de 10 gr. d’ammoniaque dans 1 litre d’eau et on termine par le traitement au jaune d’œuf et à la glycérine comme pour la teinture paille.
- (A continuer.}
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- INDUSTRIELLE
- SUR UN MOYEN DE DÉTERMINER
- LA PROVENANCE DES LAINES
- Sous le titre qui précède, notre compatriote, M. Georges Viret, publie, dans le dernier numéro du Journal de l’Agriculture, quelques notes sur lesquelles il nous paraît bon d’appeler l'attention de tous ceux qui s’occupent d’industrie lainière.
- Parmi les industriels, ceux qui emploient des laines de diverses provenances à la fabrication des étoffes, sont exposés à des fraudes préjudiciables. Il arrive, en effet, que par des mélanges habilement faits, le marchand peut tirer profit de laines d’une valeur ordinaire.
- Ainsi, la laine d’Australie, lavée à dos, est mélangée avec la laine d’Allemagne, d’une valeur double, lavée de même. La laine provenant du Maroc est mélangée avec la laine d’Espagne qui vaut un tiers de plus. Ces deux mélanges sont les plus usités ; il y en a d’autres. On se rend compte, par là, des pertes considérables auxquelles sont sujets les industriels dans les villes comme Louviers et El-beuf, par exemple.
- Il faut donc s’assurer de la provenance des laines avant de les acheter, il faut reconnaître si telle laine que le marchand veut livrer comme étant d’Allemagne ou d’Australie en est bien originaire.
- A quel examen soumettre les échantillons? Dans certains cas, la vérification sera facile.
- Ainsi, la laine russe, qui contient de la folle avoine, et celle de Buenos-Ayres, remplie d’une espèce de petits chardons, se distingueront tout de suite des autres. Mais, en ce qui concerne les laines d’Allemagne, d’Espagne, du Maroc et d’Australie, quelle sera la manière de procéder? L’entomologie vient au secours de l’acheteur et résout la question.
- En effet, les animaux, en se vautrant ou en se couchant simplement dans les herbes de leurs pâturages, recueillent dans leur toison une grande quantité d’insectes coléoptères, qui y restent enchevêtrés et y meurent. Après la tonte, les toisons sont envoyées au loin; partout les échantillons qu’on en détache contiennent des coléoptères, et, au moyen de ces insectes, on constatera la vraie provenance de la laine communiquée et le mélange illicite, s’il y a lieu.
- Les coléoptères ainsi recueillis ne sont presque jamais entiers; mais, comme le plus souvent, les pattes seules leur font défaut, que, de plus, ils sont pour la plupartd’une grosseur moyenne, et qu’un échantillon contient plusieurs individus de la même espèce, on peut les déterminer d’une façon certaine.
- Donc, l’acheteur qui aura des doutes sur la provenance d’un échantillon examinera soigneusement les coléoptères qu’il y aura trouvés et se procurera leurs noms, s’il ne peut les connaître lui-même. Mais si tel n’habite que le Maroc, il ne se trouvera que dans la laine marocaine, tel autre se rencontrera dans des échantillons différents. Aucune difficulté cependant, puisque chaque produit a parmi le nombre ses hôtes particuliers.
- Cette application de l’entomologie qui n’intéresse pas moins l’agriculture que le commerce et l’industrie a été innovée avec succès, il y a quelques années, dans la Seine-Inférieure, par un de mes collègues, M. A. Levoiturier, à qui la Société industrielle d’Elbeuf a décerné une médaille en récompense du service qu’il « rendu aux établissements de cette ville. Je désire vivement que cette application soit connue de toutes les personnes qui s’occupent des intérêts agricoles, industriels et commerciaux. Puisse-t-elle les mettre à l’abri des spéculations auxquelles elles sont sujettes tous les jours I
- Georges Viret,
- Membre de la Société entomologique de France.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,752.—DUFOUR et Burrows. — Perfectionnements à une machine destinée au peignage de tous les textiles, mais spécialement des étoupes. — On sait que les deux extrémités des filaments ne sont jamais peignées avec la même perfection ; la partie maintenue pendant le peignage, soit par les aiguilles d’un peigne, soit par une pince, est toujours la moins propre. — C’est pour remédier à cet inconvénient que les brevetés ont imaginé une machine à deux cercles qui ont pour but de maintenir les filaments pendant le peignage ; ils servent par conséquent de pinces.
- 115,762. — Michel. —Mouvement mécanique
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- 00 00 G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- appliqué aux machines à laver dites lessiveuses.
- — Ce mécanisme, composé d’un arbre horizontal actionné par un volant à manivelle, donne, au moyen d’engrenages coniques, le mouvement à un arbre coudé vertical ; le coude de cet arbre est relié par une bielle avec un secteur denté faisant tourner un pignon de l’arbre porteur de la béquille.
- Ofîice du MONITEUR DE LA TEINTURE
- COULEURS D’ANILINE
- NOUVELLE BAISSE DE PRIX
- PRIX DE DÉTAIL :
- Rouges.
- Fuchsine inférieure................. le kil. 12 fr.
- — bonne courante..................... — 30
- — extra-supérieure................... — 40
- Rouge-cerise ou grenadine............. — 12 Safranine en poudre . ................................. — 100
- Eosine................................ — 80
- Ponceau (cochenille artificielle).. — 80
- Rouge pivoine......................... —- 20
- Ponceau pour coton.................... — 70
- Bleus.
- Pieu ordinaire.................!............................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur.......................................... — 200
- Bleu Nicholson pour laine (no 5)...... — 35 — — (n° 3) — 65 — lumière (ne 1) — 75
- Bleu de cuve artificielle..................................... — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet.................................. — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin........................................ — 20
- — par kilo..................................................... — 18
- Bleu foncé..................................................... — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- t Jaunes.
- J aune bouton d’or................. le kil. 45 fr.
- Jaune-orange......................... — 45
- Orange supérieur pour soies........... — 175 Orangé n° 1 —.....................couleur feu.............. — 40 —.....................................2 —...........................couleur plus vive....................................— 35 —.....................................3 —.............................nuance jaune..............................................— 40
- Chrysoïne.....................4.... — 50 violets.
- Violet ordinaire, rouge............le kil. 50 fr.
- — bleu......................... — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge................................. — 60 Violet moyen...........................;.............................................................................•.........................— 65 Violet lumière, bleu.................. — 70 Violet pour remontages................ — 30
- Verts.
- Vert lumière..................... le kil. 100 fr.
- — — supérieur......... — 110
- Divers.
- Marron d’aniline................... — 23
- Gris, par le bleu-noir............. — 23
- Gris-perle, par les violets.............. — 70
- Coralline rouge.......................... — 30
- — jaune (alcool)..................... — 20
- Purpuraline à l’état sec................ — 8
- Xanthine (orange)........................ — 35
- Cachou de Laval......................... — 2 50
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 289
- TABLE DES MATIÈRES
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE 21° Volume — Année 1877
- A.
- Agenda du chimiste........................... 167
- Album du teinturier....................... 3. 227
- Anthracène (dosage) .......................... 127
- Appareil à mesurer les étoffes.... ;........... 95 —.........................à supporter les écheveaux..................... 34 — de chauffage pour couler la lessive...........46
- — destiné à produire des bandes colo-riées sur tous tissus....................... Il
- Application de l’impression aux toiles des pliants et meubles analogues... 34
- — du mucus des plantes marines à divers produits et apprêts............... %2
- — d’un procédé empêchant le piquage des tissus de coton................... 139
- Apprêt des chapeaux de paille................. 176
- — hydro-hygiénique....................... 70
- — pour les tissus......................... 248
- Aréomètre thermique .......................... 160
- Argentine, liqueur pour argenter............... 77
- Association d’une olive de chrome aux couleurs . garancine................................... 185
- Assurances, observations...................... 202
- Augmentation de douane en Russie.............. 204
- Auréosine.................................... 227
- B
- Bain antiligneux pour le blanchiment et l’épu ration de la laine......................... . • 10
- Bibliographie........................... 167, 227
- Bichromate de potasse......................... 111
- Bismarck pour robes chaîne coton.............. 272
- Blanchiment de la laine................. 112. 247
- — des fibres textiles.............. 119
- — de la paille et des chapeaux de paille................................. 282
- Bleu campeche pour laine..................... 137
- — de cuve artificielle......................... 210
- — de France indeistructible.................... 226 —..........................pour robes chaîne-coton....................... 175 Bois rouge.........................................•.................................... 145
- Bordeaux sur robes chaîne-coton............... 272
- Brun en un bain.............................. 200
- — garance sur laine....................... 170
- — pour robes chaîne-coton...................... 260
- — sur laine. ........................... ... 169
- — vin clair sur laine....................... 146
- Brevets d’invention, revue sommaire, 10, 22, 34, 44, 56, 68, 79, 94, 103, 118, 139, 154, 178, 192, 203, 247, 274 — catalogue .................................. 275
- Bronze sur robes chaîne coton................. 272
- O
- Californie sur laine.......................... 169
- Cam pêche..................................... 123
- Carbonisation des matières végétales contenues dans les dérivés de la laine et de la soie, 228
- Carmin d’indigo, fabrication.............. 99, 112
- Chambre du commerce de Saint-Etienne......... 72
- Chapeaux de paille apprêtés et teints.... 176, 282
- Chapellerie, teinture des feutres, 147, 161, 174,
- 199, 211, 223, 237
- Chartreuse. ................................ 127
- Chauffage des bains de teinture............... 231
- Chiffonnage,‘procédés divers... 174, 246, 259, 271
- Chronique................................. 1, 277
- — de la mode................................. 241
- Chrysoïdine................................. 253
- Chrysoïne . ............................ 187, 198
- Chrysoline.................................. 197
- Clair de lune... . :........................ 114
- Classification des produits à l’Exposition universelle de 1878.............................. 46
- ........................................... 282
- Cochenille.................................. 182
- — ammoniale sur laine........................ 193
- Collage des pièces de coton................. 188
- Colorimètre de M. J. 'Salleron.............. 256
- Commerce des soieries....................... 8
- Concret d’eau de Javelle.................... 247
- Congrès des chambres du commerce........... 204
- — des teinturiers à l'Exposition de 1878, 35
- Corai1, teinte mode......................... 67
- Couleurs d’aniline, emploi.............. 186, 211
- — de campêche................................ 124
- — modes.................................. 114, 127
- — noire..................................... 247
- Couperose.................................. 111
- Cudbéar................................... 187
- Curcuma..................................... 181
- Cuves à indigo, montage.................. 13, 37
- — à vaporiser................................. 273
- 0
- Daltonisme (le)............................... 188
- Décoration des broderies, dentelles, etc...... 247
- Dégraissage américain........................ 271
- de la laine......................... 61
- — des tissus................................... 62
- Délivrance des brevets et médailles de l’Ex-
- position de Philadelphie..................... 191
- D mandes d’admissions à l’Exposition ne 1878, 144
- Démonétisation des pièces d’argent............ 275
- Derniers travaux sur le noir d’aniline........ 268
- Dosage de l’anthracène......................... 127
- Douanes (notes et tarifs), 80, 104, 129, 146,
- 204, 263
- Dressage des chapeaux.......................... 248
- Eau de blanchiment......................... 281
- Eaux employées en industrie................ 177
- Ecarlate.................................. 181
- — d’éosine sur laine filée.............. 270
- Echardonnage des laines..................... 57
- Echéance prolongée du traité de commerce entre la France et la Suisse............... 201
- Effets remarquables du contraste simultané des couleurs................................... 149
- Emploi des couleurs d’aniline...... 186, 211, 222
- — du mordant pour rouge turc dans la teinture et l’impression... 222, 235, 258
- — du sulfate d’ammoniaque pour l'épail-lage des laines........................ 5, 80
- — du vanadium dans le noir d’aniline par
- impression.................... 159, 170, 183, 195
- — industriels du vanadate d’ammoniaque 185
- Encallages des chaînes-coton................. 239
- Encres à copier.............................. 164
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- 290
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Encres à la noix de galle................ 112 —.................................aucampêche.............................. 131 —...................en poudre et en tablettes..................................................... 177 —.............indébile pour marquer les tissus........ 201 —.......................................noires.................................. 115,...............129, 135, 151, 176 —..................................à l’aniline............................. 163 Ensimage des laines..................... 20 Enveloppes des jambons américains......... 72 Eosine sur laine........................... 19 1
- — — neutralisation des sels employés...................................... 67 — —......par un four à air chaud.,. 238 — —.......................procédé Joly .................. 213 — — remarques sur l'effet de la carbonisation sur les fibres végétales et animales. .................................... 32
- Epaillage des laines et séchage.......................... 93 •...........................................................—...........................— par les gaz anhydres... • 261
- — par l’épuration des tissus avant teinture 247
- Epingles progrès ...................................... 94
- Epuration des eaux industrielles..................... 203 — — séléniteuses............. 202
- Essai des bois de teinture.............................. 157
- — des fils de chanvre, de jute et de phormium.............................s..... 101
- des ind gos...................................... 255
- — des huiles commerciales...................... J50
- — des savons..................................... 201
- Essorage et épaillage des laines.................. 93
- Etats-Unis (les) à l’Exposition de 1878................. 275
- Etoffe-Para...................................... 17
- Étude et théorie de la fabrication du rouge turc. 31
- — pratique des procédés d'épail lage Frezon et Joly...................'............ 218
- Expérience intéressante. .............................. 262
- Exposition de la Société industrielle de Mul
- — universelle de 1878 (notes diverses)
- 42, 35, 46, 5.7, 96, 120, 132, 114, 156, 251, 265, 275
- Extraction de la matière colorante des marcs
- de raisin. ....................... 198
- — des savons contenus dans les eaux de lavage...............................1.. 203
- Fabrication du carmin d’indigo............ 99, 112
- d’étoffes imprim es................ 23
- — du rouge turc.................... 31
- — des sarronys indiens............. 90
- Falsification de la poudre de garance.......... 279 Feutres (teinture des). Voir Chapellerie....... Formation de la fuschine. ......................................................................................................... 173
- — simultanée de deux oxianthraqui-nones................... ............... 244
- Foulage à la bourre.......................... 238
- Fourneau économique pour le chauffage des fers...................................:........ 96
- Frotteur métallique............................ 10
- Fuschine (la) dans les vins......... 132, 178, 203
- G
- Gants de peau, nettoyage et teinture........... 283
- Garanties des inventions à l’Exposition universelle de 1878...................... 144, 228, 251
- Graines de Perse.............................. 181
- Grenat à l’orseille........................... 272
- — pour robes chaîne-coton....................... 271
- Gris de fer pour pâtes à papier............... 43
- — foncé sur laine........................ 169
- — impiquable sur cotons et fils........ 137
- - olive sur laine......................... 169
- — sur coton par le bleu noir...............55
- I
- Havane pour robes chaîne-coton............... 259
- I
- Illustration des tissus d’ameublement........ 70
- Impression : article ameublement à l'exposi-lion de la Société Industrielle de Mulhouse.............................. 242
- — article vêlement............. 243 — des étoffes encadrées....... 35 — du rougi' turc.............. 236 — en couleurs................. 23
- — en relief sur les tissus pour tentures 69 — etapplication sur lacets et tresses. 55 — multicolore des matières textiles. 178 — photographique 45 — sur la surface des bois 56
- — sur tous tissus".............. 70
- Incendie par suite d’explosion............ 120
- Indicateur de vitesse..................... 191
- Indigos, essai............................... 255
- Industrie de .................................. 6 Influence des couleurs.........................sur.................la santé............ 188
- — des grandes surfaces de chauffe dans les chaudières 249 inventeurs (les) brevetés à l’Exposition de 1878. 96
- J
- Jaunes au chromât© de plomb par vaporisage, obtenus au moyen du chlorate de chromo.. 30
- • L
- Laine, teinture et blanchiment............... 122 — moyen de déterminer sa provenance... 284
- Lavage et battage par un ch c liquide........ 44
- — et dégraissage des laines................... 203
- Lavande sur laine.......................... 136
- Leçons sur la teinture des laines... 28, 39, 50, 61
- 74, 88, 97, 109, 123, 136, 115, 157, 169, 181, 193, 205, 217 Liqueur pour argenter......................... 77
- Lustrine, composition chimique............... 227
- Lutécieune................................... 223
- M
- Machine à assouplir les tissus après teinture. 45
- — à débarrer les draps........................... 95
- — à élargir les tissus....................... 46, 178
- — à feutrer la laine.......................... 218
- — à imprimer les étoffes encadrées.... 35 — — photographiquement. ... 45
- — à laver, employées dans le blanchiment.-.................................. 85
- — — système Legrand............... 125
- — à moutonner les tissus................ 95
- — à s’cher, à fil droit............... 119 — à pailler, tuyauter et ............. 248
- — pour la teinture et lo blanchiment des matières textiles 23 — remplaçant les tables à décatir 237
- — rotative pour secher les fils......... 260
- — tondeuse grilleuse ................... 120
- Magenta sur laine..................;......... 195
- Mandarine....................................... 6
- Marques de fab ri [ue déposées en Angleterre. 108
- — — en Allemagne.................... 179
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-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 291
- Marques de fabrique légalisation......... 11, 179
- — du linge par décalque......................... 154
- Marron pour chapellerie........................ 211
- Mastic, dit calorique végétal................... 35
- Matière colorante jaune........................ 226 — textiles, traitement et...................teinture.............. 121
- — tinctoriales de la Confédération argentine........................................ 114
- Mécanisme facilitant le dépointage.............. G9
- Méthode pour obtenir des couleurs par le traitement de la houille 71
- Montage d'une cuve au pastel.................... 74
- — et conduite des cuves à indigos. . 13, 37
- — remplaçant le tartre........................ 209
- Mouvement commercial............... 179, 216, 275
- Moyen d’appliquer le mordant sur la laine... 109 — de protéger les rouges vapeur contre l’aciion du fer - 54
- — de reconnaître la fuschine dans les vins 178
- — de rendre les chapeaux de soie plus souples............................... 34
- N
- Nettoyage et teinture des gants de peau................................................................. 283 Neutralisation des acides employés dans l‘é-paillage................................................................................................ 119
- — par voie de sols insolubles des sels employés dans l’épai lage 67 Noir bleuâtre pour robes chaîne coton............................................................. 246 — chrome avec reflet bleu sur laine............................................................ 136 — — — vert —...................................... 136 — — — violet —..................................... 136 — commun à une seule opération................................... 125 — — 125, 136 — corbeau pour robes chaîne-coton........................................................................................... 246 — direct :............................................. 236 — en un bain 175 — indigo ...................... 136 9 + d’aniline inverdissable, procédé...............................................Grawitz. .............................................30 — —. — —...........Malherbe.........55 — — — —........Orr... ........73 — — Notes diverses.................................................................. 25,...........................................................41, 43 — — par l’abbé Vassart ...................................224 — — par les sels de vanadium.. . ...............................173 — . — Un procès en Amérique. .......23 Note sur l’ossociation d’un olive au chrome aux couleurs ......................................................................... 185
- — sur l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline par impression, 159, 170, 183 195
- — sur le traitement et la teinture des matières textiles 121, 133
- — sur quelques couleurs vapeur obtenues avec la nitro-benzine. ....................... 17 — sur un chlorate de chrome..... 233
- — sur un procédé pour empêcher le verdissage des noirs d’aniline....................... 25
- Nouveau procédé de teinture par l’alizarin 34
- Nouvelle couleur gris de fer pur pâtes à papier. ............................................. 43 —.................formation de la fuschine........... 173 —.................matières colorantes................. 35 —.................méthode de dosage de.l’anthracène . 127
- O
- Observations sur les assurances......................................................................... 202
- Olive pourrie pour chapellerie.......................................................................... 372
- Opinion des teinturiers sur la cuve à l’hydro-sulfite....................................... 88
- Oranges et chrysoïne.................... 187,198
- Orangés sur peau............................... 259
- ............................................... 137
- P
- Papier parcheminé coloré....................... 19
- Parage des fils en écheveaux................... 119
- Patagine Patrelle.............................. 118
- Pâte d’orseille ............................... 137
- Perfectionnements dans le traitement des tissus imprimés ou teints avec du noir d’aniline.. 73
- Ponceau solide................................. 148
- Postes...................................... 204
- Préparation des robes chaîne-cotou pour la teinture....................................... 170
- — industrielle des sels d’alumine... 165
- Prix de la Société Industrielle du Nord de la France 7
- Procédé d’apprêt, dit hydro hygiénique....... 70
- — destiné à empêcher le rétrécissement de la flanelle.............................. 213
- — de teinture de certaines matières filamenteuses........................ 3
- — pour obtenir dans un seul appareil l’essorage et l’ëpaillage des laines. 104
- — pour obtenir le sulfate d’alumine liquide, prêt à employer ...................... 78 Procès au sujet du noir d’aniline en Amérique. 23 Production du noir d’aniline sur tous tissus.. 27 — économique de la vapeur................... 219
- — en teinture et en impression du noir d'aniline inverdissible. 26, 155
- Produit pour la teinture des laines en bleu-noir, vert et marron................................. 137 Projet de musée commercial.................... 263 Propriétés antiseptiques de la garance......... 2 9 —.........................nouvelle du suc de poireau.................... 240
- Prorogation du traité de commerce entre la France et l’Autriche........................... 204
- Purification des eaux provenant du lavage et du
- R
- Rabot à tournure pour chapellerie.............
- Rapport dos ouvriers elbeuviens à l’Exposition de Phila lelphie ....................... 213, 225
- Réactif pour reconnaîtré la fuschine dans les vins............................................ 203
- Réaction diff Tente des roiges à l’alizarine et à l’extrait de garance............................ 249
- Récompenses de l’Exposition de Philadelphie. 23 Régulateur bascule •.... 71
- — de température de vapeur sur-chauffée............................... 155
- Réforme télégraphique en Italie........ 263 Risultats d’adjudications.. 156, 168
- Résumé d’un pli cacheté déposé à la Société Industrielle de Mulhouse sur la résistance a la lumière de plusieurs roses 255
- Revue sommaire des brevets d’invention, 10, 22 34, 56, 68, 79, 94, 103, 118, 139 154, 178, 192, 203, -47, 285 Robes chaîne-coton, teinture.. 174, 216, 259, 271 Rouge turc Emploi du mordant dans la lein ure et l’impression 222, 235, 238 — Etude et théorie 31
- S
- Sarronys indiens, genre batick................ 90
- Savon au bois................................. 176
- Scie à découper les étoffes.................... 95
- Séchage des chiffons........................... 79
- des produits humides............................ 93
- — des tulles.................................... 104
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-
-
- 22
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Séchoir méthodique ot continu.................. 71
- Séricication des textiles..................... 71
- Soie et soie sauvage.......................... 133
- Soieries. Commerce.............................. 8
- Solutions d’étain............................. 112
- Sulfate de cuivre............................. 111
- Sumac....................................... 181
- Sur ............................................ 6
- — l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline
- — les emplois industriels du vanadate d’ammonium.................................... 185
- — les encres noires...... 115, 129, 139, 151, 176
- — les machines à laver........................ 83
- — le noir d’aniline.......................... 224 — —................— parles sels de vanadium. 173
- — un moyen de protéger les rouges vapeur contre l’action du fer..................... 54 Synthèse d’un nouvel isomère.................de....la purpurine, 244 Système de frange-chenille................. 71 — métrique (le)........................................................................................... 276
- — propre à régulariser l’envidage des fils 10
- T
- Tarifs des duanes pour les matières textileset
- Taxes postales.................................. 20 i
- Teintes corail................................ 67
- — moyenne à l’acide acétique sur la teinture en aloès........................ 78 Teinture des crins................... 199 — du drap en......noir. 200 — et nettoyage des gants de peau........... 28i — des laines, leçons, 28, 39, 50, 61, 74, 97, 109, 123,136, 145, 157, 169, 181, 193, 205, 217
- — des matières laineuses par la purpurine ..................................... 233
- — des tissus mélangés de coton et de laine............................................ 217 —..............de la laine en orangé............. 187 —..............des peaux......................... 259 --.............de la paille et des chapeaux de.paille. 283 des robes chaîne coton. 174, 246, 259, 27 ! — de la soie en orangé........................... 187 —..............en noir d’aniline inverdissable........ 49 — modes en un bain............................. 200 —..............par l’alizarine artificielle....... 34 —..............pour la chapellerie. 147, 161,.....174, 199, 211,...........223 Tendeurs automatiques pour tissus...................................... 69 Théorie de la fabrication du rouge turc............... 31 Tissus de verre............................ • • • 176 —..............fleur au caoutchouc................ 17 —..............ininflammables.................... 186 —..............mousse........;.................... 10 —..............soie-coton........................ 135 Toluidine sur laine.............................. .... 195 Traitement après teinture des fils de bourette. 245 — des écorces des plantes de la nature du mûrier, susceptibles de four-
- ;nir des matières filamenteuses.. 134
- Traitement des fibres végétales pour leur donner une apparence soyeuse................... 155 — et teinture des matières textiles. 122 133 Traités de commerce.........................96, 155, 166, 178, 191 Transformation de Taurine en rosaniline..... 208
- Travail des enfants et filles mineures employées dans l’industrie.............................. 12
- U
- Ustensi'es employés dans l’opération du mordançage .................................... 109
- — — pour la préparation de l’indigo réduit.......................... 77
- Utilisation des matières animales provenant du détissage chimique........................... 139
- Vanadate d’ammoniaque, emplois industriels.. 185 Vanadium, emploi dans le noir d’aniline. 159, 170, 183, 195
- Vaporisation des tissus..................... 135
- Vert pour robes chaîne coton................ 271 — sur os................................... 77 Vins ......................................................................... 132, 178, 203
- Violet d’aniline pour cotons................. 35 — de Paris, emploi.......................... 211
- Echantillons
- Bleu de cuve artificielle (3 échantillons).. 210 — foncé..................................... 115
- Chartreuse............ ;.................... 127
- ....................................... 198
- Clair de lune............................... 114
- Ecarlate d’eosine (2 échantillons).......... 270
- Fil de jute................................. 103
- Filaments de Phormium tenax ............ 103
- Gris sur coton par le bleu noir. ............ 55
- Loutre...................................... 127
- Mandarine..................................... 6
- Noir d’aniline inverdissible, procédé Grawitz. 30
- — — — — Malherbe 55
- Nouvelle couleur gris de fer pour pâtes à papier ......................................... 43
- Orangés..................................... 198
- — et carmin d’indigo................. 223
- — et .................................. 223
- — sur peau............................. 259
- Papier parcheminé coloré..................... 17
- Rouge turc (nouveau mordant)................ 162
- Teinte corail............................... 167
- — moyenne à l’acide acétique sur la teinture en aloès........................ 78
- Tissu fleur au caoutchouc................... 17
- Gravures
- Pig. 45. Machine à laver, système Legrand.. 126
- Pig. 46. Aréomètre thermique de M. Pinchon 151
- Colorimêtre de M. J. Salleron........ 256
- FIN DE LA TABLE
- Pars.— 1yp. A. Turtin et Ad. duvet, 9, cour des Miracles.
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