Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
-
-
- p.n.n. - vue 1/286
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/286
-
-
-
- p.n.n. - vue 3/286
-
-
-
- -o
- C
- h
- tte : %
- C
- oon
- S.
- * . 2, C 5 cr - -
- Si — . " :>- - — -
- * ' - - — f
- Co
- & ga,
- H — g m,
- 8 -== kst
- .22
- S- 5 - 9. §3
- _ "a ’ -
- 3
- —1
- te
- —
- me
- S g i .c
- 2te, ' 5
- 10 W ‘ r. 7 ....
- auar «M oher? - • "
- L’IMPRESSION DES TISSUS
- --==-=t—
- .......... . . 1-0181 baihsq dloond ordulov olpoi
- 1878
- XJ *
- 1— S* -1
- Y <
- 1 5 C
- = ç c
- % .— 8'
- 2. . -
- e i -
- - 5
- 5: -
- , 03 E
- -7,
- p.n.n. - vue 4/286
-
-
-
- Le Moniteur de^la Teinture paraît depuis le or janvier 1857 ; il portait dans le principe le titre de Coloriste industriel.
- Les premiers volumes de sa collection (ancienne série), sont épuisés ; ceux qui restent disponibles comprennent les années 1866, 1867, 1868, 1869, 1870-71, 1872, 1873, 1874, 1875, 1876, 1877 et le présent volume (nouvelle série), en tout douze volumes.
- Ces collections constituent dans leur ensemble, le Traité théorique et pratique le
- plus étendu et le plus complet, concernant les Industries tinctoriales, la quantité de faits, documents, procédés, descriptions, échantillons et gravures qu'elles contiennent, répon-
- dant toujours aux nécessités présentes de ces industries, en font un précieux auxiliaire pour toute exploitation industrielle ou commerciale se rapportant au WBlanchiment, à la Tein-
- ture, à l’Impression, aux Apprêts et leurs
- à tout Travail des Tissus ou des Cou-
- lseseres “ercoeae' aopas. w L..—Lu
- tnuw C C ==s Cu d
- S H X eiwstat C. wnanw tnya. immminual eenin ".e paeaa
- POUR LES ABONNÉS SEULEMENT
- Chaque volume broché à partir de 1870-71 ......................................... 15 fr.
- Collection complète (douze volumes)............................................ I 20 —
- (Les années 1867, 1868 et 1869 étant presque épuisées, ne se vendent qu'en Collections complètes et non séparément.
- Chaque volume est formé d’une année, sauf celui de 1870-71, qui par suite de l’interruption causée par la guerre, comprend ce qui a paru pendant ces deux années.
- Les volumes reliés de cette collection, coûtent 2 francs en plus pour chaque,
- Paris.— Imp. LAPIROT et Cie, 9, Cour des Miracles.
- p.n.n. - vue 5/286
-
-
-
- 5e SÉRIE
- 00
- ?.
- 00
- 1er VOLUME
- MONITEUR de IA TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS REVUE THÉORIQUE ET PRATIQUE spécialement consacrée
- AU BLANCHIMENT, A LA TEINTURE, A L'IMPRESSION ET A L'APPRÊT DES FILS ET TISSUS A LA PRODUCTION ET A LA PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES
- EN GÉNÉRAL A LA FABRICATION ET A L’APPLICATION DE TOUS PRODUITS COLORANTS EMPLOYÉS DANS L'INDUSTRIE ET DANS LES ARTS'
- Publiée le 5 et le 20 de chaque mois
- SOUS LA DIRECTION
- DE M. P F. BLONDEAU
- Ingénieur des Arts et Manufactures
- 1rix ïie l'Abonnement :
- Paris et Départements: Un an................ 15 fr.
- — — Six mois....................... 8
- Étranger................................... 20
- o
- 2 X K-S
- PARIS
- ADMINISTRATION ET REDACTION
- 10, Avenue des AMANDIERS, to
- S’adresser à M. BLONDEAU, Ingénieur
- Page de titre n.n. - vue 6/286
-
-
-
- re-n " sy
- (T (J
- n. th.
- <f P
- . . c
- 6 ..
- .. * a,
- ' ",
- s • 6 W
- v; .1
- ps
- S
- [T] " ki
- w <
- «i !,
- s ’
- — E!
- — w, "I
- m ” » ^.i G
- O . © :
- <
- O
- - ‘
- 9 ,
- U e oo
- FS" —..........'....... ........ so
- 2Ix wo12* **.• - g
- b9L] -, I bstromeura: Mvu"............... TA IL-
- hrr pt tJpOnusCAECII :
- -
- we
- 5
-
- _ - . w —
- I ‘ ;
- = -• - E ©
- ; " H. t e
- A ..
- . V < we V
- F’ E . s
- " - S..
- 1 "
- CU C zmanai cu P -man
- war’tucb,
- C", “"dnee imslamansn h xraasare seaaanaas, 1 macnon wolnen.
- er]
- L.iy
- CO
- p.n.n. - vue 7/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22° Année, No L ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS b Janvier 1878
- SOMMAIRE
- Avis. — Exposition de la Société industrielle de Mulhouse : Produits chimiques, par M. A. RoSENTHIEL — Les derniers travaux sur le noir d’aniline (suite et fin)- — Note sur quelques matières artificielles fixées sur laine au moyen du soufre. — Nettoyage et teinture des gants de peau (suite). — La Mandarine (échantillon). — Impression à la gouache (échantillons). — Teinture des plumes pour la toilette.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Note sur un épaississant nouveau.—Préparation du picrate d’ammoniaque. — De l’électricité dans les teintureries. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- AVIS
- Le Bulletin commercial des industries tinctoriales et textiles, dont nous avions annoncé la parution avec le présent n° du Moniteur de la Teinture et qui sera envoyé en prime à nos abonnés, a été retardé par les fêtes de Noël et du 1er de l’an. Nos lecteurs le recevront avec le n° du 20 janvier 1878-
- EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- (Extrait de rapports sur cette exposition).
- — Suite. —
- PRODUITS CHIMIQUES
- 11 suffirait de jeter un coup d’œil rapide sur la belle exposition des produits chimiques pour constater, qu’à peu d'exceptions près, les produits étaient ceux qui servent, soit à la fabrication des matières colorantes, soit à la préparation des couleurs d’impression, ou ceux enfin qu’on utilise dans l’industrie des toiles peintes en général.
- Les détails que la plupart des exposants ont consenti à nous fournir sur l’époque de l’introduction de leur industrie dans notre centre manufacturier, ainsi que sur l’importance et les développements progressifs de leur fabrication, trouveront leur place naturelle dans le catalogue général faisant suite au présent rapport, et nous permettront de borner nos citations à la seule énumération des produits qui offrent un intérêt spécial ou qui sont de découverte récente.
- En suivant l’ordre des expositions individuelles, nous nous trouvons d’abord en face des importants produits des fabriques de Thann et de Belle-vue. Ces produits sont universellement connus et justement appréciés des industriels de notre contrée, en raison de leur grande pureté et de la parfaite consistance de leur titre. Outre la série des acides usuels et de leurs principaux dérivés salins, tels que : les sels et cristaux de soude, les silicate, stannate, sulfite et bisulfite, sulfate et bisulfate de sodium, les nitrates de plomb, de cuivre, de fer, le chlorure de chaux etles divers chlorures d’étain, ils comprennent encore le vert Guignet et les produits fournis par la distillation du bois. Nous citerons spécialement un sel d’étain d’une pureté remarquable, le silicate de soude en cristaux et un gros bloc de soufre provenant de la régénération économique d’une partie du soufre contenu dans la charrée que fournit le lessivage des soudes brutes. Nous rappellerons aussi que la fabrique de produits chimiques de Thann est un des rares établissements qui fabriquent l’acide tartrique cristallisé.
- L’exposition de MM. Durand et Huguenin, de Bâle, renfermait une belle collection de matières colorantes artificielles, dont quelques-unes, de découverte assez récente, présentent au plus haut degré le phénomène de la fluorescence. Nous citerons le rose de naphtaline, l’anhydride phtalique, la résorcine et ses dérivés colorés, tels que : la phtaléine résorcique ou fluorescéine, la fluorescéine bromée ou éosine, l’éosine méthylée ou primerose. Ces deux derniers colorants, dont les splendides nuances l’emportent sur l’éclat et la vivacité des couleurs d’aniline, ont eu la bonne fortune de faire leur entrée dans le monde à l’occasion de la fête du bal-coton.
- Viennent ensuite la galléine, oh phtaléine pyro-
- p.1 - vue 8/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- çO
- gallique, et son dérivé, la céruléine, qui, de même que les autres phtaléines, ont vu le jour dans le laboratoire du chimiste Bæyer. La galléine, que ses propriétés tinctoriales rapprochent du campêche, teint en violet les mordants de fer et d’alumine. Quant à la céruléine, elle teint en vert les mordants d’alumine, mais son meilleur mordant paraît être l’oxyde de chrome. Par suite de son insolubilité dans l’eau, elle exige, comme dissolvant, l’emploi du bisulfite de sodium. Ces deux nouveaux colorants, que MM. Durand et Huguenin livrent également au commerce, se font remarquer par la solidité de leurs nuances, toutefois leur défaut de vivacité paraît devoir en restreindre les applications. L’heureuse idée de composer un panneau en étoffes plissées, ainsi qu’un bouquet de fleurs artificielles, teints tous les deux avec les diverses matières colorantes préparées industriellement par MM. Durand et Huguenin, n’a pas peu contribué à attirer l’attention des visiteurs sur la belle exposition dont nous venons de parler.
- MM. d’Andiran et Wegelin ont exposé une vaste collection de couleurs vapeur prêtes à être épaissies et imprimées, ainsi qu’une belle série de laques colorées, à l’usage des teinturiers et des imprimeurs sur coton, laine, soie et papiers peints. Comme produits spéciaux de cette maison, nous avons à signaler d’abord le jaune et l’orange de cadmium, puis le carmin de cochenille, dont les exposants ont été les premiers à introduire la fabrication dans notre centre industriel, et enfin l’alumine en gelée, destinée à préparer l’acétate d’alumine, qui sert de mordant pour les roses et les rouges. Ce dernier produit est régulièrement titré et fournit des mordants sûrement dosés en alumine, avantage précieux pour les consommateurs, qui désirent se dispenser de l’obligation de procéder eux-mêmes à ce dosage.
- L’étalage de la maison CL Courtois et Cio renfermait de très-beaux spécimens de tous les produits de sa fabrication, tels que : benzine, nitrobenzine, aniline, toluène, nitrotoluène, pseudo-toluidine, toluidine cristallisée, nitrate et chlorhydrate d’aniline, laque noire d’aniline, indigo blanc, naphty-lamine, gris et grenat de naphtylamine, etc.
- La benzine employée pour la fabrication de l’aniline doit, selon la destination de cette dernière pour la production du rouge, de bleu ou de noir, renfermer des quantités variables de benzine et de toluène. Toutefois la transformation de pareils mélanges d’hydrocarbures en dérivés nitrés et
- en alcaloïdes correspondants présente certains inconvénients et exige de la part du fabricant une attention tellement soutenue pendant les diverses phases des opérations, qu’on préfère généralement aujourdhui suivre la méthode de Coupier, en réalisant la séparation préalable des divers hydrocarbures, tels que : benzine, toluène, xylène, etc. En soumettant la benzine commerciale à la distillation fractionnée dans l’appareil perfectionné de Coupier, MM. Courtois et Cie en retirent séparément la benzine et le toluène. Ils transforment ensuite chacun de ces hydrocarbures en dérivés nitrés et enfin en aniline et en toluidine. Les beaux échantillons de benzine cristallisable, d’aniline à l’état de pureté presque absolue et de toluidine cristallisée, qui figuraient également dans l'étalage des exposants, dénotent une habileté consommée dans le maniement des alambics. Cette dernière substance, toutefois, constitue plutôt un produit de laboratoire qu’un produit commercial proprement dit, car elle est rarement demandée par les industriels. Parmi les autres produits fabriqués par MM. Courtois et Cie, au prorata des demandes du consommateur, nous citerons encore le grenat et le gris de naphtylamine, le bleu-indigo-vapeur et la laque noire d’aniline. Cette dernière se présente sous forme de précipité et sert à faire des noirs à l’albumine très-intenses. Quant à l’indigo réduit, il offre l’avantage de pouvoir facilement être associé à toutes les autres couleurs « vapeur. »
- Les maisons Charles Gerbaut et Henri Gerbaut qui ont été les premières à introduire dans le département du Haut-Rhin la fabrication de l’albumine du sang, avaient exposé toutes les deux des échantillons d’albumine du sang de très-belle qualité. Quoique l’impression des couleurs claires et vives exige généralement l’emploi exclusif de l’albumine d’œufs, et que l’albumine du sang ne serve qu’au fixage des couleurs foncées et rabattues (gris, modes, etc.), les progrès réalisés dans l’industrie des exposants sont tels, et les produits obtenus de si belle apparence, qu’il y a lieu d’espérer que l'albu-mine du sang ne tardera pas à empiéter considérablement sur le domaine industriel jusqu’ici réservé au blanc d’œuf. Le produit connu dans le commerce sous la dénomination impropre de sang cristallisé est très-employé dans les raffineries pour la clarification des sucres, et peut servir également dans la teinture des rouges turcs. Quant au sang desséché pour engrais, c’est le résultat de la dessication du caillot sanguin, préalablement privé de
- p.2 - vue 9/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Co
- son albumine. Ce produit qui, à l’état sec, renferme jusqu’à 12 0/0 d’azote, possède des propriétés fertilisantes qui, malheureusement, ne sont point appréciées à leur juste valeur par nos cultivateurs alsaciens.
- (A suivre).
- LES DERNIERS TRAVAUX
- SUR LE NOIR D’ANILINE
- (Suite et fin).
- Le sulfodérivé du noir d’aniline s’unit aux alcalis et donne des combinaisons solubles dans l’eau, et réductibles en liqueurs alcalines. La liqueur est incolore et se recouvre à l’air d’une pellicule noir-bleue irisée. M. Goppelsrœder avait espéré utiliser ces propriétés pour arriver à monter une cuve au noir d’aniline soluble comparable à la cuve d’indigo, et donnant par teinture des nuances variant du gris au noir. Il ne semble pas que l’expérience vienne confirmer cette idée. M. Prud’homme, en essayant de reproduire directement et de toutes pièces les dérivés sulfuriques du noir d’aniline par l’action du bichromate de potasse et de l’acide sulfurique concentré sur l’aniline, a obtenu toute une série de corps, variant du noir vert au brun, et comprenant le noir franc. Le corps brun, terme extrême de la série, serait encore plus oxydé que le noir inverdissale.
- Ces sulfodérivés sont solubles dans les alcalis et réductibles-, ils teignent directement, par une sorte d’attraction de la fibre, le coton en nuances grises ou modes, sans jamais permettre d’obtenir du noir. Somme toute, ils se comportent comme les sulfin-digotates, se réduisent comme eux, /mais sont tout aussi incapables de teindre, par la raison que, réduits ou non, ils sont toujours solubles dans les alcalis.
- Là ne se bornent pas les transformatins du noir d’aniline. On pourrait ne considérer celles dont nous venons de parler que comme des modifications physiques. Il en est de plus profondes, s’attaquant à la molécule même pour la dédoubler. M. Goppelsrœder, en fondant la base du noir d’aniline avec du bisulfite de potassium, a obtenu une matière colorante rose, dont les solutions sont fluorescentes à la manière du rose de naphtaline avec lequel on ne saurait pourtant le confondre, car ce
- dernier teint en bain acide tandis que le nouveau colorant ne se fixe sur la fibre qu’en solution alcaline.
- M. Goppelsrœder a extrait de certains noirs d’aniline du commerce, au moyen de l’alcool, une substance rose violette, avec fluorescence de cuivre métallique.
- M. Prud’homme, en traitant de même les sulfodérivés directs du noir d’aniline, a isolé un corps, sinon identique à celui-là, du moins présentant les mêmes propriétés physiques.
- Cette même matière colorante se trouve enfin dans le gris Coupier du commerce qui l’abandonne à l’alcool. Ce fait assez curieux se conçoit aisément, étant donné le mode de préparation du gris Coupier que nous empruntons à l’ouvrage de M. A Wurtz sur les Progrès de l'industrie des matières artificielles (1876). Un mélange d’aniline, de nitroben-zine, d’acide chlorhydrique et de fer est chauffé à 180 degrés pendant quelques heures. Le produit brut qui résulte de cette cuite est chauffé avec de l’acide sulfurique, c’est-à-dire transformé en acide sulfoconjugé, qu’on sature finalement avec de la soude pour le rendre soluble.
- Nous mentionnerons enfin une matière colorante bleue, obtenue par M. Nietzlin, en traitant par l’aniline l’acétate delà base du noir d’aniline. C’est une application du procédé de transformation de la rosaniline en bleu de Lyon.
- Nous venons d’analyser rapidement les travaux sur le noir d’aniline, relatifs à sa constitution et à ses transformations sous l’influence de divers agents.
- Nous ajouterons quelques mots sur la théorie de sa formation.
- On a longtemps admis que le rôle du cuivre, en présence d’un chlorate et d’un sel d’aniline, était de passer constamment du maximum au minimum d’oxydation, et vice versa, de transporter, en quelque sorte, del’oxygène sur le noir d’aniline : l’oxygène était emprunté au chlorate.
- Dès 1865, M. Rosenstiehl avait démontré que le sel de cuivre au maximum n’agit pas sur les sels d’aniline à la température des étendages, et ne sert qu’à favoriser la décomposition des chlorates. Ces expériences, reprises sur des bases nouvelles, l’ont conduit à confirmer la théorie qu’il avait précédemment émise.
- Un morceau d’étoffe imprégné d’un sel d’aniline est suspendu dans un ballon renfermant soit du chlorate d’ammoniaque, soit du chlorate de cuivre.
- p.3 - vue 10/286
-
-
-
- 4
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On chauffe au bain-marie la partie inférieure du ballon.
- Le noir se développe rapidement au contact des produits gazeux émanés des chlorates sous l’influence de la chaleur.
- Bien mieux, les solutions aqueuses du chlore, de l’acide hypochloreux, de l’acide chloreux et de l’acide hypochlorique conduisent aux mêmes résultats.
- « Le tissu se colore d’abord en vert, puis la couleur se fonce de plus en plus, et passe au noir bleu. Dans ce moment, l’effet obtenu est maximum comme intensité. Si on laisse l’action se continuer, lènoir bleu se violacé, devient de plus en plus rouget et prend alors rapidement cette couleur rousse, propre au noir d’aniline, qui a subi l’influence d’un hypochlorite, phénomène bien connu et qui a été étudié en détail par notre habile collègue, M. Camille Kœchlin. »
- Dans l’ensemble des sulfodérivés du noir d’aniline, préparés par M. Prud’homme, se trouve comme extrême limite, au delà du noir franc, un noir brun qui doit présenter une relation analogue avec les termes inférieurs de la série.
- M. Rosenstiehl conclut de ses expériences « qu’un milieu acide et déshydrogénant transforme la substance d’un noir vert, désignée souvent sous le nom d'émeraldine., en noir bleu qui est le noir d’aniline proprement dit ». Puis il ajoute : « D’un autre côté, ou sait que la même émeraldine vire au noir bleu par les alcalis. Ces deux noirs résultant de procédés si opposés et qui se confondent tant qu’à leur aspect possèdent-ils les mêmes propriétés? Evidemment non ; car, tandis que le dernier devient vert par les plus légères influences acides, le premier, nédansun milieu acide, résiste au virage. Il faut des acides concentrés ou des réducteurs tels que l’acide sulfureux, pour transformer le noir d’aniline en émeraldine. »
- M. Brandt avait déjà signalé, en 1872, l’existence simultanée de deux noirs, dont l’un, qu’il regarde comme formé par un dérivé chloré de l’aniline, serait très-solide, tandis que l'autre, résultat de l’oxydation du sel d’aniline, verdirait par la moindre acidité, mais, comme le premier, résisterait parfaitement au savon.
- M. Brandt croyait que le mélange des deux* est nécessaire pour obtenir une nuance convenable. Ce point de vue était ingénieux, en ce sens qu’il permettait d’admettre l’existence de plusieurs noirs et faisait pressentir celle du noir absolu, qui existait
- probablement déjà à l’époque où M. Rosenstiehl écrivait son mémoire, puisque le pli cacheté de MM. Frères Kœchlin est daté du 9 avril 1876.
- Nous signalerons, en terminant, un très-remarquable travail de M. G. Witz sur la production du noir d’aniline au moyen du sel de vanadium.
- Dès le mois d’avril 1871, M. John Lightfort, l’inventeur même du noir d’aniline, avait démontré que le vanadium dépasse de beaucoup le cuivre comme activité productive mais sans assigner la valeur relative des deux métaux. M. A. Guyard, dans un mémoire présenté à la société chimique de Paris, en janvier 1876, annonce que la quantité de vanadium à employer est 1/1000 du poids du sel d’aniline, tandis que M. Pinkney avait fixé le chiffre de 1/8. Ces chiffres sont encore loin de la vérité. D’après M. Witz, «il suffit de prendre une quantité de vanadium correspondant au 1/100,000 ou au 1/200,000 du poids du chlorhydrate d’aniline pour obtenir par impression une oxydation suffisante en peu de jours, à la température de 25° centigrades. »
- Pratiquement, on peut adopter 1/50,000 du poids du chlorhydrate d’aniline pour les couleurs à 80 grammes de ce sel formant;! litre (1) Ces chiffres basés, non sur de simples expériences de labora-
- (I) Le Moniteur scientifique, auquel nous empruntons ce travail avait mis 1 livre au lieu de 1 litre. M. Georges Witz vient de lui adresser une lettre pour rectifier cette erreur dans laquelle il ajoute :
- La rectification est importante, en ce qu’elle permet de transformer en noir d’aniline plus du double de 11 quantité de chlorhydrate d’aniline qui était énoncée.
- D'ailleurs 1 litre de couleur pesant 1100 gr. 0000 ne doit contenir en vanadium réel, d’après mes recherches, que O gr. 0013.
- J’ajoute même, pour ceux qui s’intéressent à la question, que cette quantité, si faible qu’elle soit, est encore un peu trop forte, et que, depuis longtemps, j’ai trouvé utile en grand de la diminuer de 1/10. La proportion du métal se rapproche donc du millionième du poids de la couleur.
- De plus, je dois rappeler que, dans l’article cité, les calculs sont établis d’après le travail que j’ai présenté à la Société industrielle de Mulhouse, c’est-à-dire avec l’équivalent du vanadium de Berzelius, tandis que, dans le Bulletin de la Société industrielle de Bouen (année 1876), je me suis servi des nouvelles données de Roscoe, qui modifient notablement les premiers chiffres.
- Il en résulte que chaque gramme de vanadium rééel agit dans les conditions de producton du noir d’aniline qui ont été décrites, autant que 4200 grammes de cuivre (et non 3000 grammes). On peut porter ce chiffre à 4666 grammes, en tenant compte de la modification que je viens d’indiquer ci-dessus.
- p.4 - vue 11/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 5
- toire, mais sur les résultats de la pratique industrielle, méritent donc toute confiance.
- 1 gramme de vanadium équivaut, dans ces conditions, à 3 kilogrammes de cuivre, ou, en d’autres termes, l’énergie du cuivre est 1/3,000 de celle du vanadium au point de vue de la production du noir.
- L’auteur indique comme mode d’action du vanadium, celui que M. Rosenstiehl a étudié et expliqué, et dont nous avons parlé dans le cours de cette rapide revue des derniers travaux relatifs au noir d’aniline.
- (Moniteur scientifique').
- NOTE
- SUR QUELQUES MATIÈRES ARTIFICIELLES FIXÉES SUR LAINE AU MOYEN DU SOUFRE
- (Lue à la Société industrielle de Mulhouse.) Par M. Vaucher.
- Le 28 juillet 1875, M. Gustave Schœffer et moi, nous vous présentions un rapport sur un nouveau procédé de teinture de la laine en vert d’aniline, imaginé par M. Charles Lauth.
- Peu de temps après, j’entrepris l’étude du rôle de soufre dans la teinture des autres matières colorantes artificielles; mais je dus interrompre momentanément mes recherches, que j’ai reprises depuis, et dont je viens vous présenter quelques résultats avec des échantillons à l’appui.
- Le soufre fixé sur la laine, en faisant bouillir cette dernière dans une dissolution aqueuse d'hyposul-fite sodique, en présence d’acide sulfurique, attire non-seulement le vert d’aniline en teinture, mais il donne avec quelques autres matières colorantes artificielles des résultats d’un intérêt réel.
- L’éosine, ce produit dont l’emploi devient toujours plus fréquent, fournit, sur la laine mordancée en soufre, un rose jaunâtre très-vif, qui, sur cette même fibre, non mordancée, ne peut s’obtenir qu’avec le mélange d’un colorant jaune.
- Le brun d’aniline y donne une nuance plus foncée et plus fraîche, la phosphine y produit une série de teintes que l’on obtient en opérant sans mordancer. Les premières se rapprochent de la couleur mandarine, tandis que les secondes sont havane rougeâtre.
- Au moyen du mordançage en soufre on peut réaliser avec la fuschine et le violet d’aniline des nuances plus foncées, et avec la safranine un rose d’un éclat particulier.
- Les résultats obtenus avec les autres matières colorantes artificielles, telles qne le bleu d’aniline, l’acide picrique, sont insignifiants; aussi ne les ai-je pas mentionnés parmi les échantillons qui accompagnent ma notice.
- -v-=0=a=........
- NETTOYAGE ET TEINTURE
- DES GANTS DE PEAU (1)’
- {Suite)
- Marron au bois. — On obtient la teinte brune ou marron au moyen de fustel et de campêche avec un peu d’alun. Les quantités de teinture à employer dépendent de la nuance que l’on veut produire.
- Pour assombrir une teinte on se sert d’une solution de sulfate de fer.
- Marron à l’aniline. — Les gants sont nettoyés au savon et mis sur la forme, on brosse les gants avec une dissolution de 5 grammes de tannin dans un litre d’eau, et on les brosse ensuite avec 5 grammes de marron d’aniline dissous dans un litre d’eau auquel on ajoute 3 gr. de colle blanche et dont on porte la température à 87° C.
- Pour assombrir, on brosse avec une autre dissolution de 1 à 3 gr. de violet de Paris dans un litre d’eau et portée à 37° C.
- Pour une nuance plus rougeâtre on emploie du marron d’aniline et de la fuschine par moitié, et pour des nuances très-rougeâtres on emploie seulement la fuschine.
- On apprête comme pour les gants paille.
- Brun chocolat. — Faire dissoudre 20 gr. cachou dans 1 litre d’eau et avec la dissolution que l’on a laissé s’éclaircir brosser trois fois les gants mis sur la forme. Répéter cette opération avec 10 gr. bichromate de potasse dans 1 litre d’eau tiède. Pour foncer la nuance on peut passer une ou plusieurs autres couches ou bien se servir de 15 gr. de lima bouilli avec 5 gr. d’alun dans 1 litre d’eau et brosser jusqu’à nuance voulue.
- Après avoir apprêté on peut brosser à sec avec de la farine ou un chiffon de laine pour donner le brillant.
- Vert. — Les gants mis sur la forme sont brossés 3fois à 40° C, avec 25 gr. de noix de galle bouillis dans 1 litre d’eau. On brosse ensuite à froid avec
- — — . 0 Iy0 C
- (1) Voir le n° 24, année 1877.
- p.5 - vue 12/286
-
-
-
- 6
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 10 gr. carmin d’indigo et 10 gr. d’alun dissous dans un litre d’eau.
- On fait dissoudre 10 gr. extrait de bois jaune dans 1 litre d’eau, on en brosse 2 fois les gants puis une dernière fois avec 5 gr. colle dans 1 litre d’eau. Sécher à froid et apprêter comme plus haut.
- Vert russe. — On teint d’abord comme il vient d’être dit, puis on brosse avec un liquide clair obtenu en faisant bouillir 25 gr. bois de campêche dans 1 litre d’eau. On termine en brossant avec une solution de 5 gr. bichromate de potasse dans 1 litre d’eau. —Apprêter comme ci-dessus.
- Vert lumière. — Brosser au tannin 10 gr. dissous dans l’eau comme pour le marron d’aniline, à 30° C ; brosser ensuite avec 5 ou 10 gr. de vert lumière dissous dans 1 litre d’eau en opérant rapidement et a 35° G. On peut relever le vert en brossant avec une dissolution de 5 gr. acide picrique dans 1 litre d’eau mais en opérant soit avant soit après l’application du vert lumière. — Apprêter.
- Bleu d'aniline. — Il est assez difficile d’avoir une teinte bien unie avec ce bleu qui pénètre moins facilement que les autres couleurs.
- On opère avec une solution étendue de bleu et de mordant (sels ammoniacaux pour le bleu soluble, alun pour le bleu à l’alcool, bichromate de potasse pour le bleu alcalin) ; on répète l'application jusqu’à la nuance voulue. A la dernière application on ajoute une trace d’acide sulfurique, on lave soigneusement, on sèche à froid et on apprête.
- Bleu de prusse. — Laver et brosser d’adord les gants avec de l’eau quand ils sont sur la forme, puis les brosser d’abord avec une dissolution de 5 gr. pyrolignite de fer dans 1 litre d’eau, puis avec celle de 5 gr. prussiate de potasse jaune (cyanofer-rurejaune) et 15 gr. d’alun dans un litre d’eau. Brosser avec de l’eau pour terminer.
- Pour foncer, passer une seconde fois la lre et la 2e dissolution avant lavage.
- Pensée. — Laver et brosser avec de l’eau, brosser ensuite à 40 G avec une dissolution de 10 gr. tannin dans 1 litre d’eau, puis à 25° G avec 5, 10 ou 20 gr. violet de Paris dans 1 litre d’eau. Terminer par un brossage à l’eau pris avec une dissolution de 10 gr. colle et 10 gr. glycérine dans 1 litre d’eau.—Sécher.
- Orange. — Mettre les gants sur la forme. Laver avec l’eau de savon et rincer. Brosser ensuite deux fois avec une dissolution de 10 gr. tannin dans 1 litre d’eau à 40° G et sécher. Brosser deux fois avec 5 ou 6 gr. d’orangé, chrysoïne, mandarine, ou au
- tre orange d’aniline, dans 1 litre d’eau. On peut également employer 5 à 6 gr. de coralline jaune en l’additionnant de 3 gr. colle forte dans un litre d’eau. — Apprêter.
- LA MANDARINE
- Nous avons parlé (page 186, année 1877) des orangés et de la crysoïne de la maison Poirrier. Nous avons donné les échantillons d’étoffes teintes avec ces nouvelles couleurs en indiquant le parti avantageux que les teinturiers pouvaient en tirer. On obtient en effet des bruns et des marrons plus ou moins foncés par la combinaison des orangés avec le carmin d’indigo, des violets rougeâtres avec la crysoïne, la lutécienne et la fuschine, des ponceaux avec l’orangé n° 2 et la lutécienne, des verts foncés et des verts olives avec la chrysoïne et le carmin d’indigo, etc.
- L’échantillon de laine pour tapisserie que nous donnons ci-dessous a été obtenu par l’emploi de la mandarine, nouveau produit de la maison J. Ruch et fils qui a son emploi spécial pour les nuances orange foncé sur laine et sur soie.
- Cette couleur sert également à nuancer l’indigo, le carmin et l’orseille. Elle est soluble à l’eau et son mode d’emploi est celui que nous avons donné, pages 186 et suivantes de l’année dernière.
- Mandarine
- Les lilas s’obtiennent par l’orseille, le carmin d’indigo et l’alun -, le jaune de diverses nuances par l’acétate de plomb et le chromate de potasse, ou bien par le rocou et une solution de potasse ; le vert par une solution d’indigo et d’acide picrique ; le bleu par une solution d’indigo et d’alun, ou bien par le nitrate de fer et le prussiate jaune de potasse ; le rouge par la cochenille ou bien le bois de brésil, et enfin le brun par le cachou et le bichromate de potasse.
- Mais on obtient de plus beaux produits en vert, rouge, violet, jaune, orangé et bleu par les couleurs d’aniline qui adhèrent aux plumes avec autant d’éclat qu’au coton et à la laine.
- Nous donnerons les procédés pratiques dans un autre numéro.
- p.6 - vue 13/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 7
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D’ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- o
- K H
- teinturier-
- 90e
- & :
- ? •‘ Set
- it
- dégraisseur, figure la disposition desétoffes mousses, mode de cet hiver, dont nous avons entretenu nos lecteurs au dernier numéro de l’année 1877. La même planche suffit pour les diverses couleurs blanches, bleues, vertes, marron, rouge, figurant les mousses marines, des alpes, etc. (1).
- TEINTURE
- DES PLUMES POUR LA TOILETTE
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- ---- — o e..-----
- Il y a des teinturiers qui éprouvent des difficultés à teindre les plumes principalement en noir. D’abord sont-elles bien dégraissées ? Quelles sont les matières employées pour le dégraissage ? A Paris, les teinturiers se servent de savon et de cristaux de soude -, cependant il reste toujours une certaine substance grasse nuisible à la fixation de la teinture. Il en est des plumes comme de la soie : il reste toujours un corps gras qui ne se dissout que dans l’alcool.
- Dans ces derniers temps, les teinturiers ont employé avec succès le sulfate de carbone, la benzine. Les essais ont été couronnés d’un plein succès. On en arrive ainsi à dégraisser les plumes aussi bien que la soie.
- Nous avons indiqué, page 135, année 1876, les procédés allemands de dégraissage au carbonate d’ammoniaque et le moyen de les teindre avec les couleurs d’aniline.
- La teinture en noir étant une des plus difficiles à exécuter, voici quelques procédés qui donnent de bons résultats.
- (1) La gravure en cuivre de cette planche étant un peu compliquée, l'office du journal ne peut la livrer qu’au prix de 30 francs ; dimension 18 cent, sur 25.
- p.7 - vue 14/286
-
-
-
- 8
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Noir A pour 500 gr.
- Chauffer à 40° c. un bain formé de :
- Eau 50 lit.
- Sel de soude 500 gr. y coucher les plumes dont on a frotté les tuyaux avec un morceau de carbonate d’ammoniaque et les y laisser séjourner 1/4 d'heure.
- Enlever et rincer à l’eau chaude.
- Entrer ensuite dans un bain de nitrate de fer (rouille) à 7° B, laisser 5 à 6 heures ; enlever et rincer à froid.
- Former un bain tiède avec une décoction de :
- Bois de campêche 1 kil.
- Ecorce de quercitron 1 kil.
- y entrer les plumes et les manœuvrer en chauffant jusqu’à ébullition.
- Laissér séjourner jusqu’à ce que les plumes soient parfaitement noires. Enlever et rincer à l’eau tiède.
- On peut remplacer la soude dans le bain de dégraissage par son double poids de carbonate d’ammoniaque, et on laisse les plumes séjourner pendant une nuit dans ce bain, après quoi on opère comme il a été dit ci-dessus.
- Quand les plumes au sortir du bain de teinture ont été rincées à l’eau tiède, on prépare un petit bain avec 100 gr. de carbonate de potasse dissous dans 6 litres d’eau et on y émulsionne 500 gr. d’huie d’olive.
- On passe les plumes une par une dans ce bain et après les avoir éventées en fouettage, sans pression, on les fixe ensuite par leur tuyau à une ficelle étendue dans une chamhre chaude. Plusieurs ficelles de longueur convenable sont nouées en différents points entre les plumes à la ficelle étendue et servent à basculer les plumes, qui sèchent vite, sans pression et en conservant leur lustre naturel.
- On peut remplacer le bain huileux en mettant les plumes après teinture et rinçage dans une boîte en les saupoudrant de plâtre. On les retire encore humides et on les sèche comme précédemment ; puis on enlève le plâtre avec une brosse douce en opérant avec précaution.
- Les tuyaux de plumes sont polis par frottement et les barbes frisées à la longueur voulue avec un fer chaud.
- Noir IB pour 250 gr.
- On opère comme plus haut, puis on trempe les plumes dans un bain chauffé à 50° c. formé avec 1 kil. cachou et soutiré à clair, et on les manœuvre
- quelquefois. On lève et on rentre dans un bain de pyrolignite de fer à 3 ou 4° B pendant une heure, on rince, puis on teint avec du campêche et du quercitron.
- Les autres opérations sont les mêmes que pour le noir A.
- Noir G.
- On donne en premier lieu un petit gris, puis on les fait bouillir dans la teinture noire des chapeliers. La nuance est d’abord mate, ardoisée, sans éclat, et ce n’est qu’après plusieurs opérations qu’on arrive au ton voulu.
- •------------------- Ga-n-.”) 5 “
- CHIRONIQUE ____________________
- NOTE
- SUR UN ÉPAISSISSANT NOUVEAU Présentée par M. G. Vaucher.
- M. Alfred Tissot, d’Asnières, a obtenu récemment pour l’épaississage des couleurs, un nouveau produit, appelé « Ly-chô » qui se range parmi les gommes artificielles.
- Le Ly-chô a beaucoup d’analogie avec les gommes proprement dites, et se rapproche surtout de l’adragante, dont il possède la plupart des caractères ; il se présente sous la forme d’une poudre blanche, semblable à de la dextrine, et exhalant une forte odeur de thé.
- Après avoir été bien malaxé avec l’eau froide et abandonné avec cette dernière pendant vingt-quatre heures environ, le Ly-chô fournit une solution épaisse, neutre, sans beaucoup de cohésion et presque incolore, comme celle de la gomme adra-gante.
- Cette dissolution que l’on peut aisément couper avec de l’eau est coagulée par les sels ferriques, le sous-nitrate et le sous-acétate de plomb, ainsi que par le nitrate de mercure ; l’alcool y produit un précipité.
- Traitée par huit fois son poids d’acide nitrique (d’un poids spécifique de 1,36) la gomme Ly-chô fournit de l’acide mucique et de l’acide oxalique;
- | quand on la traite par de l’acide chlorhydrique à | 2 0[0 d’acide réel il se forme de la glucose ; soumise à une tempéreture de 110° C, elle abandonne 20 0[0 d’eau; calciné fortement, elle donne environ 14 070 de cendres; simplement carbonisée et
- p.8 - vue 15/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- cO
- traitée par l’eau, elle offre des traces de chlore et une notable quantité d'acide sulfurique et de soude.
- Quand on l’examine au microscope, on n’y remarque aucune forme organique.
- Mise en contact avec de la teinture d’iode, on observe une coloration rougeâtre analogue à celle que produit le même réactif dans l’extrait de malt.
- Quatre-vingt grammes de Ly-chô suffisent pour donner un litre d’épaississant, équivalant à ce que produit la même quantité de gomme adragante; mais la gomme Ly-chô étant offerte à 4 fr. 50, et la gomme adragante choisie pour terme de comparaison valant fr. 6, il en résulte que : le litre d’épaississant à la gomme Ly-chô reviendrait à fr. 0,36 tandis que le litre d’eau de gomme adragante coûte environ fr. 0,48, (Dans ce dernier prix ne sont pas comptés les frais de cuisson, qui sont annulés pour la gomme Ly-chô.)
- Il y aurait donc avantage à employer ce nouvel épaississantpour l’impression des couleurs d’aniline, par exemple ; l’éclat des nuances délicates n’est pas terni et le rendement est bon dans les couleurs foncées.
- Le violet d’aniline ne peut pas s’épaissir au moyen d’une dissolution de Ly-chô.
- Mes essais» d’épaississage de mordants, avec la gomme nouvelle, ont pour la plupart bien rendu.
- J’ai, par exemple, imprimé comparativement de l’acétate d’alumine épaissi :
- A la gommeadragante;
- A la gomme Ly-chô ;
- A la gomme Sénégal ;
- Et, après teinture en alizarine artificielle, j’ai constaté que les nuances obtenues par l’emploi du Ly-chô étaient aussi nourries et aussi belles que celles produites au moyen de la gomme adragante.
- Des mordants noir, violet, rose, appliqués sur tissu au moyen de l’épaississant nouveau, m’ont fourni des résultats satisfaisants.
- Pour la préparation des bleus vapeur, verts vapeur et Havraneck, la gomme Ly-chô rendra des services réels et, dans certains cas, elle pourra remplacer les gammes Sénégal et adragante, ainsi que l’amidon blanc, qui sont actuellement en usage ; c'est l’emploi auquel elle est particulièrement destinée, car en l’ajoutant directement aux couleurs, on produira d’une manière facile les tons les plus foncés.
- Ainsi, pour épaissir un bleu vapeur, pris au ha
- sard, je me suis servi, pour vingt-cinq litres envi-ron, ‘d’un mélange de ferricyanure de potassium, d’acide tartrique et de chlorhydrate d’ammoniaque, de neuf kilogrammes de gomme Sénégal, tandis que 1280 grammes de gomme Ly-chô ont suffi pour remplir le même but dans la même proportion de couleur.
- Dans l’impression des bleus solides d’indigo, l’épaississant de M. Tissot sera d’un emploi commode, et j’ai constaté également d’heureuses applications dans quelques couleurs où je l’ai mélangé à d’autres épaississants d’origines végétale et animale.
- Les essais pour l’emploi du Ly-chô dans l’impression à la planche ont donné des résultats analogues à ceux que l’on obtient avec la gomme adragante.
- La gomme Ly-chô étant le produit d’une fabrication nouvelle, l’étude que nous venons d’en faire a été réalisée sur une petite quantité de substance que nous avons reçue, par l’entremise de M. Ro-sentiehl, de M. Depierre, chimiste à Rouen.
- Si l’épaississant de M. Tissot, produit dans de grandes proportions, donne les mêmes résultats que ceux que nous venons de signaler, nous sommes persuadés qu’il rendra des services importants aux chimistes qui s’occupent de l’impression des tissus.
- (Sociét ' ' ’ / ' \ ” .)
- B Caen • ’
- PRÉPARATION
- DU PICRAMATE D’AMMONIAQUE Par M. Eugène DOLFUS.
- Pli cacheté n° 37, déposé le 30 juiliet 1860 et ouvert en séance le 28 mars 1877.
- J’ai préparé le picramate d’ammoniaque en dissolvant 50 grammes acide picrique dans 700 grammes alcool et 250 grammes ammoniaque, et en faisant passer dans cette dissolution du gaz hydrogène sulfuré jusqu’à refus; j’évapore ensuite au bain-marie la dissolution, afin de chasser l’alcool et l’ammoniaque, puis je reprends le résidu par l’eau. De cette manière on obtient une liqueur d’un beau jaune orangé, qui, mélangée dans de certaines proportions à l’extrait d’orseille ou à du carmin d’indigo, m'a servi à préparer des nuances bois sur laine. Ci-joint des échantillons des nuances obtenues.
- (1) Ces échantillons sont déposés aux archives de la Société industrielle de Mulhouse.
- p.9 - vue 16/286
-
-
-
- 10
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- DE L’ÉLECTRICITÉ
- DANS LES TEINTURERIES
- Extrait du rapport de M. l’abbé VASSART.
- Dans les teintureries, la lumière électrique est appelée à rendre des services particuliers, comme lumière permettant de continuer la nuit des travaux qui exigent une exacte appréciation des couleurs. Dans les premiers essais qui ont été faits à Roubaix dans la teinturerie de MM. Motte et Meillassoux, on retrouva les mêmes nuances de couleurs et différences de tons qu’avec la lumière du jour. Tous les teinturiers s’accordèrent à reconnaître que l’échantillonnage était possible. Une machine fut installée chez MM. Hannart frères à Wasquehal, elle a fonctionné chaque soir durant l’hiver dernier, et l’on a constaté que l’on pouvait teindre à la lumière électrique les verts, les bleus, les gris-perle, et que la production de ces derniers a augmenté notablement depuis l’installation de la machine Gramme.
- Une autre machine Gramme de 100 becs a été installée chez M. Gaydet à Roubaix, et a pu fonctionner pendant une grande partie de l’hiver. Il a été constaté chez M. Gaydet que la lumière électrique permettait de teindre en toutes nuances conformes, à l’exception des gris, obtenus par des voies différentes, c’est-à-dire quand le rouge, le bleu et le jaune servant à les produire ne sont pas de même nature.
- Mais la machine dynamo-électrique, si particulièrement avantageuse pour les travaux de teniture, ne serait-elle pas susceptible d’autres applications intéressant au plus haut point cette même branche de l’industrie.
- Quand on cherche à se rendre compte des phénomènes qui interviennent dans le blanchiment des fibres végétales, on ne tarde pas à remarquer qu’au fond de tous ces procédés, si divers en apparence : exposition sur le pré, blanchiment au chlore, aux hypochlorites, aux manganates et permanganates, au bichromate de potasse et acide sulfurique, etc., il y a une action qui se retrouve la même, l’action de l’ozone.
- De plus, un grand nombre de matières colorantes artificielles s’obtiennent par oxydation de l’aniline ou des dérivés de l'aniline au moyen du bichromate, du chlorate de potasse, de l’acide arsénique, etc. et le noir d’aniline a été déjà produit directe
- ment en faisant passer le courant électrique à travers une solution d’un sel d’aniline.
- Les machines dynamo-électriques devenues sources industrielles et économiques d’électricité ne pourraient-elles pas produire cet ozone ou oxzgène actif dans des conditions applicables à l’industrie ? Ne serait-il pas possible de régulariser ensuite son action pour blanchir la fibre et de mettre à profit ses curieuses propriétés pour la préparation de quelques-unes de ces matière colorantes ?
- Ce sont là des questions que je ne puis que me poser à moi-même pour le moment, je prends la confiance d’émettre ces idées pour ce quelles valent, me proposant bien d’en approfondir l’étude par l’expérience dès que j’aurai reçu la petite machine dynamo-électrique qui m’a été promise et qui m’est nécessaire pour donner une base expérimentale à ces intéressantes recherches.
- Permettez-moi, messieurs, de me résumer : l’éclairage électrique se recommande par les plus précieux avantages : économie variable sans doute avec les conditions de l’atelier, mais cependant importante, facilité d’installation, suppression d’une cause permanente d’incendie et, par suite, diminution des tarifs d’assurances, hygiène des ateliers, conservation des nuances. La question fondamentale de production économique d’électricité est résolue par la machine Gramme ou la machine Lon-tin et les essais en grand dans les ateliers mêmes viendront bientôt fixer les idées sur la valeur comparative de ces deux machines au point de vue des applications de l’industrie. Les questions accessoires ont suivi dans leurs perfectionnements une marche rapidement progressive et nous avons le régulateur Lontin et la bougie Jablochkoff qui nous permettent d’espérer prochainement une solution satisfaisante. La machine dynamo-électrique a sa place définitivement marquée dans la teinturerie, non-seulement, sans aucun doute, pour les opérations de teinture, mais encore peut-être pour le blanchiment des fibres et la fabrication de certaines matières colorantes.
- Puissent ces quelques idées être de quelque utilité pour la cause que doivent servir tous les membres d’une Société industrielle, la grande cause du progrès, et puisse le vif désir qui m’anime me servir auprès de vous, messieurs, de remerciaient pour voire bienveillante attention.
- (Société industrielle du Nord de la France').
- p.10 - vue 17/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 11
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,764. — Pourpoint. — Système de four à air chaud servant a la carbonisation chimique des matières végétales qui pourraient se trouver dans les tissus de laines, les laines, les déchets, les chiffons, etc. — Pour concentrer et maintenir avec peu de combustible une machiné à 100° en vue du séchage rapide des laines, tissus, et la carbonisation des matières végétales qui pourraient s’y trouver mélangées, le breveté fait usage d’une chambre réfractaire auprès de laquelle est un fourneau dont le carreau est disposé en forme de serpentin avant d’arriver à la cheminée d’appel.
- 115,771. — Tulin. — Système de peignage mécanique du textile contenu dans la feuille du palmier nain. — Le breveté revendique essentiellement l’application d’un tambour cylindrique tournant et portant un nombre quelconque de peignes à double rangée d’aiguilles à double pointe.
- 115,791. — Füuquier-Dubard. - -Machine vernissant automatiquement les lames de tissage. — Cette machine a pour organes principaux : des brosses circulaires ou sectionnées étendant le vernis sur les lames ; un bac contenant le vernis et pourvu d’un double fond pour le chauffage ; un cadre extensible et réductible et en partie mobile, afin de permettre l’application de lames de différentes hauteurs, cette partie mobile étant sous l’action de ressorts de tension.
- 115,795. — Laur.— Perfectionnements dans la fabrication du sulfate d'alumine. — Le sulfate brut étant dissous pour en séparer la silice par décantation, on introduit dans les caisses des lames de zinc dont l’effet est de précipiter le fer en poudre noire, et ce précipité se déposant avec la silice, l’épuration du sulfate ne nécessite ainsi qu’un seu lavage.
- 115,796. — Lefebvre. — Application aux lai-neries de tous systèmes d'une brosse circulaire débourrant, en marche, les chardons laineurs. — En un point quelconque du pourtour de chaque cylindre de lainerie est une brosse circulaire, marchant en sens inverse du cylindre, et effectuant le débourrage de la laine qui reste ordinairement dans les crocs du chardon.
- 115,804. — ROUILLARD fils et Gaillard.— Machine a fabriquer le feston dit feston suisse sur tous les tissus pour rideaux. — Cette machine, qui produit le feston dans un tissu ein et sans apprêt, il comporte un marbre tournant, armé d’un excentrique actionnant le pied-de-biche et une pièce destinée à recevoir l’aiguille crochet.
- 115,806.— Sauret, Harison et Smith.— Fabrication d'une spécialité de dentelle dite dentelle d’Alger. —- Fait au carreau, cet article présente un mélange de dentelle guipure soie ou laine et d’effets passementerie obtenus par l’emploi du cardon soufflé et la disposition particulière des dessins.
- 115,809. — TULPIN frères. — Sgstème de séchage continu des matières textiles par aspiration de l'air chaud à travers des couches d'épaisseur variable posées sur tabliers mobiles. — Renfermé dans un milieu clos aussi hermétiquement que possible, l’appareil a pour but de sécher d’une façon continue toutes les matières textiles posées sur tabliers sans fin et mobiles, en aspirant, à travers des couches d’épaisseurs variables, de l’air extérieur chaud.
- 115,111. —Belin.— Fabrication d’un genre perfectionné de bobines métalliques. — Cette bobine est composée de deux coquilles ou flans adaptés sur un tube creux d’une façon spéciale.
- 115,812. — Barthelemy-Péras. — Machine à plisser. — Dans cette machine, le plissage est effectué au moyen de deux couteaux qui avancent, reculent et montent de manière à former des plis dans l’étoffe par la combinaison de ces mouvements.
- 115.816. — Bury. — Perfectionnements dans les manivelles coudées employées dans les métiers à tisser. — Dans chaque tête de manivelle est pratiquée une entaille formant, en combinaison avec un bloc, le coussinet du tourillon.
- 115,818. — Denis. — Composition chimique permettant d’enlever les taches d’encre sur les tissus et matières quelconques. — Mélange de 95 parties d’extrait de javelle, 1 partie d’acide acétique et 1 partie d’extrait de violette.
- 115,842. — Warbuton. — Perfectionnements dans le renvidage et le dévidage des fils et dans les appareils y employés. — Le fil à tricoter est ren-vidé sur un tube en papier sous forme conique, à l’aide d’une combinaison mécanique remarquable par le mouvement de friction des tubes et le mou-! vement de va-et-vient des guide-fils.
- p.11 - vue 18/286
-
-
-
- 12
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 115,843. — BABOIN. — Genre de tulle à guimpe continue dit tulle Victoria. — Les effets de guimpe sont étendus à toute la surface du fond, en réseau continu qui se marie avec celui du tulle -, de plus, le fil de guimpe est laissé libre et flottant à l’extérieur.
- 115,848. — DAUDIER père et fils. — Procédé chimique de fabrication des tissus composés de fibres végétales ou animales pures ou mélangées. — Les inventeurs mélangent aux laines, et, après tissage, éliminent en tout ou en partie, par les procédés connus ces substances végétales.
- 115,863. — Prat. — Fer à repasser à poignée froide et mobile. — La poignée en bois est combi née avec un loquetage qui lui permet de s’accrocher au fer ou s’en décrocher instantanément ; ce fer étant évidé en dessus pour le jeu des organes d’attache.
- Office du MONITEUR DE LA TEINTURE
- Violets.
- Violet ordinaire, rouge.................le kil. 50 fr.
- — bleu........................ — 50
- Violet lumière, Hoffmann ou Paris, rouge............ ...................... — 60
- Violet moyen............................. — 65
- Violet lumière, bleu..................... — 70 Violet pour remontages................... — 30
- Verts. Vert lumière le kil. 100 fr.
- — supérieur......... — 110
- Divers.
- Marron d’aniline....................... — 23
- Gris, par le bleu-noir................. — 20
- Gris-perle, par les violets............ — 70
- Coralline rouge........................ — 30
- — jaune (alcool)......................... — 20
- Purpuraline à l’état sec............... — 8
- Xanthine (orange)..................... — 35
- Cachou de Laval...................... — 2 50
- —-----—eris-q-l
- Une fabrique importante de Couleurs d’aniline demande un bon agent dépositaire pour Paris et ses environs. Appointements fixes et commission.
- S’adresser par lettre au bureau du journal.—Initiales G. D. A.
- COULEURS D'ANILINE
- NOUVELLE BAISSE DE PRIX
- PRIX DE DÉTAIL :
- Rouges.
- Fuchsine inférieure................. le kil. 12 fr
- — bonne courante....................... — 30
- — extra-supérieure............. — 40
- Rouge-cerise ou grenadine................................... — 12
- Safranine en poudre......................................... — 100
- Eosine...................................................... — 80
- Ponceau (cochenille artificielle)... — 80
- Rouge pivoine............................................... — 20
- Ponceau pour coton.......................................... — 70
- Bleus.
- Bleu ordinaire...................... le kil. 50 fr.
- Bleu-lumière supérieur.............. — 150
- Bleu Nicholson pour laine (n° 5). — 35 — — (n° 3). — 65
- — lumière (ne.... — 75
- Bleu de cuve artificielle................................... — 20
- Bleu de Lille, ou gros violet............................... — 30
- Bleu-noir, ou bleu marin............ — 20
- — par kilo................... — 18
- Bleu foncé.......................... — 30
- Bleu spécial pour coton, suivant qualité.... 60 à 90
- Jaunes.
- Jaune bouton d’or................... le kil. 45 fr.
- Jauneforange................................................ — 45
- Orange supérieur pour soies................................. — 175 Orange n° 1 —...........................................couleur feu.................................... — 40 —"..........................................................2 —..................................................couleur plus..........................................vive................................................................................— 35 —...........................................................3 —...................................................nuance jaune..........................................................................................— 40
- ........................................................... — 50
- A vendre pour se retirer des Affaires
- FONDS
- DE
- TEINTURIER POUR CHAPELLERIE
- SITUÉ A PARIS
- L’Etablissement comprend : Un grand atelier, 2 réservoirs d’eau ensemble 11,000 litres, avec distribution sur 6 chaudières, essoreuse, dresseuse mécanique, baquets, bassines, cassins, etc., etc. le tout agencé à neuf; voiture à bras.
- Deux logements de 3 pièces et une petite cuisine chacun, séchoir, cour, petit jardin. — Bail 9 ans. — Loyer modéré.
- Le vendeur mettra au courant. La maison est ancienne, a une excellente clientèle; ses teintures sont primées. Chiffre d’affaires : 30,000 fr. par an.
- Prix : 10,000 francs, dont moitié comptant.
- S'adresser au Bureau du Journal.
- On désire vendre à 50 °/ de rabais sur le prix coûtant, une déchiqueteuse pour bois de teinture, système Bérendorf, ayant à peine servi, et produisant 2,000 kil. en 10 heures de travail.
- S'adresser au bureau du journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardennes
- p.12 - vue 19/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22° Année, No 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Janvier. 1878
- SOMMAIRE
- Exposition universelle de 1878. — A propos de l’Exposition universelle, par M. Ch. DREVET fils. — Exposition de la Société industrielle de Mulhouse : Produits chimiques (suite et fin), par M. A. ROSENSTHIEL. — Note sur la transformation de la fuschine en un violet d’aniline, par M. VAUCHER: — Moyens d’enlever les taches. — Blanc de Berlin, sur laine. — Bleu Nicholson, nouvelle nuance (échantillon). —Teinture pour la chapellerie.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Préparation des lainages avant la teinture. — Chiffonnage : Nettoyage et teinture des robes de soie. — Teinture du coton en six nuances.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Composition chimique pour enlever les taches sur les tissus; Préparation de l'alizarine.
- VARIÉTÉS : Bleu d’indigo au petit pot.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- La direction de la section française adressera très-prochainement aux exposants une instruction concernant la manutention des produits qu’ils se proposent d’expédier à l’Exposition. Cette instruction fera connaître les conditions générales de transport et les dispositions relatives à l’expédition, la réception, le déballage et la manutention des colis. Les exposants seront, en même temps, invités d’indiquer à la section française :
- 1° En combien d’envois partiels ils comptent faire parvenir leurs produits à l’Exposition ;
- 2° Combien de colis contiendra chaque envoi ;
- 3° Quel sera le poids approximatif total des colis compris dans chacun de ces envois ;
- 4° Par quelle ligne de chemin de fer seront transportés les colis, et dans quelle gare ils seront expédiés ;
- 5° S'ils se chargent eux-mêmes du transport, et, dans ce cas, le nom du destinataire auquel les colis seront adressés.
- Nous rappelons à nos lecteurs que VOffice du Journal se charge, moyennant un prix variable suivant l’importance de l’Exposition, mais très-modéré, de servir de représentant ou de correspondant à tout exposant pendant la durée de l’Exposition.
- A propos de
- universelle
- Mon cher Directeur,
- Permettez-moi d’élever encore la voix en faveur d’une idée que j’ai déjà développée dans vos co
- lonnes et à laquelle l’Exposition universelle semble donner un certificat de vie. L’idée d’une réunion de teinturiers à Paris, au sujet de leur visite à l’Exposition, trouve des adhérents. En effet, une visite collective aura plus de résultats que des visites isolées et individuelles, elle permettra à l’être collectif d’entrer plus avant dans l’étude des moyens exposés, soit qu’il s’agisse de machines, de produits ou d’applications. Une commission déléguée pourra se mettre en rapport avec les diverses commissions de l’Exposition ou avec les exposants eux-mêmes et obtenir au profit de tous, des explications ou des renseignements qu’il serait d’ailleurs impossible de fournir à chaque teinturier en particulier. D’ailleurs, une commission déléguée se présenterait avec un programme défini, arrêté, débattu en assemblée des intéressés et son action pourrait se prolonger au-delà de la présence de chacun de nous à Paris. Son effet aurait une durée qui ne serait limitée que par la satisfaction de ses recherches.
- Et combien de questions pourraient être élaborées par une semblable commission 1
- Lieux de provenance ou de fabrication des matières tinctoriales.
- Leur étude préparatoire.
- Conditions d’aménagement ou de traitement.
- Etat et conditions des matières à teindre.
- Elude comparative des appareils, procédés de teinture et moyens employés, etc. etc.
- De là, et pour en revenir à cette vieille idée d’une école professionnelle enfantée par la solidarité il n’y a qu’un pas.
- Mais admettons que cette idée ne doive pas être viable encore pour cette fois, il n’en résulterait pas moins un grand profit pour nous tous d’une réunion à Paris.
- Si, comme je le pense, votre estimable journa
- p.13 - vue 20/286
-
-
-
- 14
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pouvait nous servir de trait d’union, nous aurions un moyen tout trouvé de correspondance et nous pourrions espérer que notre commission, bénéficiant de cet avantage, nous soumettrait des rapports fréquents et détaillés sur le résultat de ses travaux.
- Notre réunion devrait s’étendre à tous les genres de teinture, car tous ont un ou plusieurs points de commun.
- Cette proposition aurait un avantage précieux, celui de mettre en rapport de connaissance des hommes intelligents et dont les relations d’estime et même d’intérêt, se continueraient dans l’avenir, rapport qui pourrait avoir un heureux effet sur les enfants en leur créant des centres d'apprentissage par des échanges gracieux.
- Comme le temps presse, et qu’il est temps de se compter, j’engage les teinturiers qui adhéreraient à l’idée d’une réunion à Paris, à envoyer leur adhésion à M. Blondeau, 10, Avenue des Amandiers, ou à M. Ch. Brevet fils, rue de l’Hôpital militaire, 5, Nancy, pour le 15 juin prochain, époque à laquelle les affaires se ralentissent à peu près partout.
- Ch. Brevet fils.
- Nous donnons notre pleine adhésion aux idées et aux propositions de M. Brevet. Le Moniteur de la teinture en avait déjà entretenu ses lecteurs en 1875. L’annéede l’Exposition sera certainement plus propice, l’appel de M. Brevet sera entendu, nous recevrons les adhésions avec plaisir et nous mettrons les bureaux du Journal à la disposition des commissaires pour leur faciliter leurs réunions et la rédaction de leurs rapports.
- Bans le prochain numéro nous dirons un mot des Ecoles professionnelles.
- P. BLONBEAU.
- EXPOSITION
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE (Extrait de rapports sur cette exposition).
- — Suite. —
- PRODUITS CIIMIQUES
- L’exposition de M. Ernest Bourry comprenait une série d’échantillons d’huiles mélangées pour graissage, destinées aux filatures, tissages, ateliers de construction, etc.
- La chimie agricole se trouvait représentée à l’Ex
- position par l’intéressante série des produits que M. Breithaupt retire du houblon. On sait avec quelle facilité le houblon rancit par suite de l’altération de l’huile essentielle à laquelle il doit son arôme. Cette essence, qui se trouve répartie sur une énorme surface dans les feuilles de la plante, se transforme par oxydation en acide valérique ou homologues de cet acide. M. Breithaupt a eu l’heureuse inspiration d’isoler cette huile essentielle et de la mettre en vente par quantités correspondantes à cent hectolitres de bière. Ce houblon, ainsi privé de son arôme, mais renfermant l’intégralité de ses principes amers, se conserve sans altération et s’emploie comme à l’ordinaire. Le brasseur n’a plus qu’à ajouter le principe aromatique au moment opportun. M. Breithaupt prépare également un extrait amer de houblon concentré dans le vide, et qui remplace parfaitement le houblon privé de son huile essentielle.
- L’exposition de M. Müller-Schultz comprenait toute une série de laques colorées et de couleurs « vapeur », ainsi que la plupart des produits chimiques spécialement employés dans l’impression et dans la teinture. On y remarquait de beaux spécimens de carmin de cochenille, des laques ponceau de cochenille, ponceau de coralline, de graine de Perse, la gelée d’alumine pure et les mordants d’alumine, de fer et de chrome, l’orange de chrome, les chromâtes de baryte, de plomb et de zinc, le chlorate de soude, l’acide chlorique pour noir, etc., etc.
- M. Jules Roth avait exposé une collection de produits appartenant à toutes les branches de la chimie industrielle : matières colorantes, huiles de graissage, réactif pour l’essai des huiles, matières protéiques pour le lustrage et le retannage des cylindres de filature, échantillons de coton teints avec des vins purs et mélangés, huile de pépin de raisin, caramel employé comme matière colorante, etc., etc. C’est en faisant agir l’acide azoto-sulfu-rique sur l’acide phénique, que M. Roth obtint, en 1863, la matière colorante brune à laquelle il a donné nom de phénicienne. Ce colorant qui teint la laine et la soie sans le secours des mordants, fournit des nuances très-variées et très-solides appartenant au genre havane. Les fichus de soie et écheveaux de laine et de soie teints par l’inventeur, en 1863, et exposés par lui, avaient conservé l’éclat et toute la fraîcheur primitive de leurs nuances. En soumettant en vase clos l’acide phénique anhydre à l’action prolongée du carbonate sec, M. Jules Roth a
- p.14 - vue 21/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 10
- obtenu récemment une nouvelle matière colorante qu’il appelle grisophénylamide, et qu’il expose, pour la première fois, aux regards du public sous trois formes différentes : en poudre, en pâte et en voie de formation. Ce colorant que l’inventeur n’a pas encore livré au commerce, teint la laine et la soie en très-belles nuances grises, résistant au savon aussi bien qu’à l’action des acides et de la lumière solaire. Plusieurs fichus de soie, teints en gris au moyen de la grisophénylamide, décoraient l’étalage de l’exposant. Quant aux produits lubrifiants désignés sous les noms de pyroléine, de spermaceti inoxydable, de graisse à piston chimiquement pure, ils ont, ainsi que le réactif pour l’essai des huiles et la méthode d’analyse des vins du même auteur, fait l’objet de plusieurs communications présentées à diverses époques à la Société industrielle, et nous n’avons pas à nous y arrêter ici.
- L’intéressante exposition de M. J.-G. Gros contenait les diverses matières colorantes dérivées de l’orseille. C’est en soumettant les lichens à orseille à une série de préparations spéciales, qu’on arrive à transformer les pincipes incolores qu’ils renferment en matières tinctoriales, dont les nuances varient du rouge grenat au rouge violacé et au violet. Ces produits colorants qui se trouvaient exposés en pâte, en extraits et en poudre sèche (cud-bear), sont employés en teinture et en impression sur laine et sur soie, et fournissent les splendides nuances que présentaient les gammes chromatiques exposées par M. Gros. Cette fabrication, jadis introduite à Mulhouse par l’exposant, se tient à la hauteur de tous les perfectionnements et fournit des produits très-estimés, dont la qualité n’a pas encore été surpassée. La même maison fabrique également, par le procédé Jules Roth, l’huile de graissage connue sous le nom de spermaceti.
- L’exposition de l’Ecole supérieure de chimie, par laquelle nous terminerons ce chapitre, a permis à tout le monde de se rendre compte d’une partie du champ d’activité dans lequel se meut cette Ecole. Parmi les produits préparés par les élèves durant les trois derniers mois qui ont précédé l’exposition, nous avons tout d’abord remarqué les préparations obtenues au moyen des résidus de fabrication, ainsi que celles des colorants les plus employés en teinture et en impression. En citant plusieurs de ces préparations appartenant au domaine de la chimie organique, nous ne nous lais-erons pas guider, comme on pourrait le supposer,
- par le choix de quelques noms ronflants, mais bien par l'intérêt scientifique qui s’attache à ces produits, intérêt rehaussé par toute l’étendue des connaissances chimiques que nécessite leur préparation irréprochable.
- Les corps qui ont plus particulièrement fixé notre attention sont les suivants : indigotine, isatine, urée artificielle, biamidobenzol, azodinaphtyldia-mine, azotate de diazobenzol, alpha et bêtasul-fonaphtalate de calcium, acide phtalique, acide chloroxynaphtalique, para et ortho-nitrotoluol, mé-tanitroparatoluidine, acétométanitroparatoluidine, bichlorhydrate d’azonaphtylamine, orthosulfacide de paramidotoluidine.
- MM. Ch. Kopp et Fr. Goppelsrœder, professeurs à l’Ecole de chimie, avaient exposé les résultats de l’analyse spectrale d’un grand" nombre de matières colorantes et d’étoffes teintes et imprimées. Cette étude se trouvait résumée dans une série d’environ deux cents spectres peints au pastel par le professeur Ch. Kopp et provenant de l’examen spectral d’environ quarante substances colorantes, parmi lesquelles nous citerons la murexide, la fuschine, l’azaléine, l’éosine, les corallines jaune et rouge, l’acide picrique, la dinitro-naphtaline, le bleu de Lyon, la cyanine, le bleu de diphénylamine, les outremers vert, bleu et violet, les noirs d’aniline, l’indigo, les verts à l’ahdéhyde et au méthyle, les violets Hoffmann, Poirrier, Perkin, etc.
- Pour les couleurs plastiques, opaques ou insolubles, comme les outremers, noirs d’aniline, etc., l’analyse s’est bornée à l’examen du spectre de projection obtenu en plaçant, dans le faisceau multicolore émergeant d’un prisme de flint, un papier à émeri très-fin, préalablement reconvert d’une couche uniforme de matière colorante.
- Quant aux couleurs solubles dans l’eau, l’alcool ou tout autre véhicule, elles ont été examinées directement au spectroscope. En commençant par des dissolutions au millième, on a poursuivi la dilution par progression géométrique jusqu’à ce que le spectre normal fût atteint, c’est-à-dire, jusqu’à ce que l’influence de la couleur sur le spectre fût devenue insensible. Un gramme de matière colorante se trouvait ainsi successivement dissous dans 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64 ;.... litres de véhicule. La série complète des spectres n’était représentée que pour la cyanine. Pour les autres couleurs, on s’était borné à reproduire les six spectres principaux, c’est-a-dire. ceux dans lesquels une nouvelle couleur s’introduit.
- p.15 - vue 22/286
-
-
-
- 16
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les auteurs se proposent d’ailleurs de poursuivre leurs recherches sur ce sujet et d’examiner successivement :
- « Si une même matière colorante, préparée par différents procédés ou produite directement sur l’étoffe, présente le même spectre -,
- » Q’uelle pourrait être, au point de vue de la nuance et de la puissance tinctoriale, l’influence de l’homologie et de l’isométrie des radicaux organiques introduits dans les colorants ;
- » Quelle est l’influence de la basicité des acides combinés aux bases colorantes et celle de l’acidité et de la nature des bases combinées aux acides colorants ;
- » Ils compareront les couleurs appliquées sans aucun mélange et à l’état sec sur du papier à l’émeri avec ces mêmes couleurs fixées par teinture ou impression d’après les diverses méthodes en usage ;
- » Ils détermineront enfin l’influence des différents épaississants, ainsi que celle du vaporisage et de l’avivage. »
- Les investigations ainsi poursuivies dans toutes les directions promettent d’aboutir à une méthode d’analyse, permettant, non-seulement de distin-guer rapidement l’un de l’autre des colorants de nuances semblables, mais fournissant également un moyen facile et expéditif d’établir la valeur commerciale de certains produits colorants, les indigos par exemple.
- Il nous reste enfin à mentionner toute la série, si riche d’avenir et de curiosité, des matières co-lorantesqneM. Goppelsrœder a obtenues par l'élec-trolyse d’une foule de composés organiques et principalement des corps de la série aromatique. Les études électro-chimiques en question ont déjà conduit leur auteur à d’importantes découvertes, telles que celles de la formation noire d’aniline et de l'a-lizarine par voie électrolytique. Elles ont d’ailleurs fait l’objet d’une communication lue à la Société industrielle dans la séance du 11 mai 1876, et c’est pour cette raison que nous nous bornerons à la simple énumération des divers corps qui ont été soumis à l’action décomposante du courant voltaïque. Ce sont : sels d’aniline pure en solution neutre ou acide, sels de toluidine (toluidine cristallisée et pseudotoluidine), sels d’aniline en solution alcaline, sels d’aniline commerciale pour rouge en solution alcaline, sels de méthy-diphénylamine, sels de diphénylamine, sels de méthylaniline, sels de naphty lamine, anthraquinone.
- La plupart des produits électrolytiques étaient accompagnés de flottes de soie teintes avec les diverses matières colorantes obtenues.
- Dans l’exposition de l’Ecole de chimie, figuraient encore plusieurs composés nouveaux obtenus par M. Camille Kœchlin, et parmi lesquels nous mentionnerons, comme particulièrement intéressant, le chromate double de plomb et de potassium, et l’hydrate d’alumine solide provenant de la gelée d’alumine du commerce, séchée par un procédé qui en conserve la solubilité dans l’acide acétique étendu.
- (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse).
- NOTE
- SUR UNE TRANSFORMATION DE LA FUSCHINE EN UN VIOLET D’ANILINE
- Par M. Vaucher.
- Messieurs,
- En préparant des solutions de fuschine dans quelques dissolvants, afin d’en observer le rendement en impression, je remarquai que l’aldéhyde communiquait à ce colorant une nuance violacée -, cette observation me conduisit à répéter l’expérience par teinture sur soie : chose curieuse, pendant l’intervalle écoulé entre les deux essais, la solution s’était violacée davantage ; je l’abandonnai jusqu’au lendemain ; puis, nouvelle teinture et obtention d’une teinte moins rouge et plus violacée; je continuai de la sorte chaque jour, et chaque jour je m’éloignais du rouge pour me rapprocher du violet, j’ai obtenu de la sorte une jolie gamme de nuances du rouge au violet.
- Les deux échantillons ci-contre en sont les deux extrêmes ; le violet a été obtenu au bout de deux mois.
- Je conclus en disant que la fuschine dissoute dans l’aldéhyde commerciale, et abandonnée à la température ordinaire pendant un temps^ suffisant, se transforme en un violet d’aniline.
- Je crois cette observation assez intéressante pour vous la signaler ; mais, ne connaissant pas assez la nomenclature chimique relative aux couleurs d’aniline, qui est très-riche, je n’oserais prétendre vous annoncer un fait nouveau.
- (Société industrielle de Mulhouse).
- p.16 - vue 23/286
-
-
-
- MOYENS POUR ENLEVER LES TACHES
- - DANS LES TISSUS EN COULEUR
- TACHES DE DANS LE LINGE DANS LA SOIE
- DE COTON DE LAINE
- Sucre, gélatine, sang, albu-mine. Simple lava je à l’eau. •
- | - — " . Graisse. Eau de savon ou lessive alcaline. Eau de savon tiède. Eau de savon ou ammoniaque. Benzine, éther, ammoniaque, poudre de salinelle, magnésie, craie, jaune d’œuf.
- Couleurs àl’huile vernis, résines. Essence de térébenthine, benzine, puis savon. Benzine, éther, savon; frotter avec précaution.
- Stéarine, bougie. Alcool à 93°.
- Couleurs végétales, vin rouge, fruits, encre rouge. Vapeurs d’acide sulfureux; eau chlorée chaude. Laver à l’eau de savon tiède ou à l’ammoniaque. Idem; frotter doucement et avec précaution. s
- Encre d'alizarine. Acide tartriqué; solution d’autant plus concentrée que la tache est plus ancienne. Solution étendue d’acide tartrique si la couleur de l’étoffe le permet. Emploi du même, mais avec précaution.
- Rouille, encre à la noix de galle. Solution chaude d’acide oxalique ; acide chlorhydrique étendu, puis tournure d’étain. Lavages réitérés à l’acide citrique en dissolution, si l’étoffe est bon teint. Idem ; acide chlorhydrique étendu si la laine est de couleur naturelle. Ne rien faire : toutes tentatives ne font qu’aggraver le mal.
- Chaux, lessive, alcalis. Simple lavage à l’eau. Acide nitrique étendu, verser mouillée. goutte à goutte et frotter avec le doigt la tache préablement |
- Acides, vinaigre, moût, fruits acides. Simple «lavage à beau ou à l’eau-chlorée chaude. Ammoniaque plus ou moins étendue suivant la délicatesse du tissu et de la couleur.
- Tannins, brou de noix. Eau de Javelle; eau chlorée chaude; solution concentrée d’acide taririque. Eau chlorée plus ou moins diluée suivant la délicatesse du tissu ment, lavage à l’eau. et de la couleur, et, alternative-
- Goudron, graisse de voiture. Savon, essenee de térébenthine, filet d’eau alternativement. Frictionner avec du saindoux, puis savonner, laisser reposer; enfin laver alternativement à l’essence et à l’eau. a Idem; mais au lieu d’essence, employer de la benzine et laisser tomber le filet d’eau d’une certaine hauteur, agir sur l’envers de la tache.
- p.17 - vue 24/286
-
-
-
- 18
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- BLANCHIMENT DE LA LAINE
- BLANC DE BERLIN
- La manière d’obtenir sur laine le beau blanc de Berlin, connu de réputation, est le suivant.
- Pour 5 kilos :
- Dégraisser avec soin dans un bain de sel de soude ou de savon ou bien encore d’un mélange des deux, chauffé de 40 à fiO0 G. Après dégraissage bien complet, laver à fond et entrer dans un bain d’azurage. Ce bain sera formé d’une dissolution de savon de Marseille à 2° B, bleuté avec un peu de carmin d’indigo surfin et de violet méthyle très-bleuâtre. Les solutions de bleu et de violet devront être soigneusement filtrées et on en ajoutera au bain de savon la quantité nécessaire à l’azurage de la laine. On reconnaît que le bain est assez chargé de bleu, lorsque vu dans une capsule ou une tasse en porcelaine, le liquide du bain présente la teinte du blanc que doit avoir la laine.
- Lorsque ce bain d'azurage a la teinte voulue, on entrefla laine, on lui donne quelques tours rapides, puis on essore à l’appareil centrifuge.
- Il est indispensable d’essorer immédiatement, au sortir du bain d’azurage pour éviter des inégalités qui auraient lieu sans cette précaution.
- Après essorage on suspend, encore humide, au souffroir, pendant deux heures, puis on étend à l’air pour sécher.
- Dans le cas où la laine conserve une légère odeur de soufre, on la passe dans une eau légèrement ammoniacale, soit environ 10 grammes d’ammoniaque par litre d’eau.
- (Fœrber-Zeitung.)
- BLEU NICHOLSON
- Nouvelle nuance.
- De la maison J. Ruch et fils, Paris.
- Les bleus Nicholson ou bleus alcalins sont bien connus des teinturiers et appréciés par eux, grâce à la qualité de ce colorant qui donne des nuances très-pures et résistant assez bien au frottement, qualité très-importante que ne possèdent pas tous les colorants dérivés de la houille.
- Nous croyons donc être agréable à nos lecteurs en leur signalant une nouvelle nuance, la plus
- pure et la plus verdâtre, qui ait été obtenue jusqu’à cejour.
- Bleu nicholson D sur laine.
- b
- L’échantillon ci-dessus a été teint avec le produit (marque D)de la maison J. Ruch et fils. Ge colorant s’emploie comme les autres bleus Nicholson et possède les mêmes propriétés.
- Tous les teinturiers connaissent le mode d’emploi des bleus alcalins. Nous allons toutefois le répéter parce que les teintures obtenues ne sont pas toujours bien unies, faute de quelques précautions.
- Dissolution.
- Ce bleu étant soluble dans l’eau sa dissolution se prépare le plus souvent en faisant bouillir 1 partie de bleu dans 20 à 30 parties d’eau, plus une demi-partie de borax ou de carbonate de soude ou de silicate de potasse ou de soude.
- Teinture de la laine.
- On teint dans un bain bouillant, auquel on ajoute la dissolution de bleu par petites doses. Le bain n’a pas même besoin d’être bouillant, une température de 85 à 90 degrés est suffisante.
- Pour 5 k. de laine, on forme le bain avec :
- Bleu Nicholson (marque D) 30 gr.
- Cristaux de soude 250 gr.
- On entre à 85° et on maintient la température pendant toute la durée de l’opération. On lève ; on lave à l’eau tiède, puis on passe sur un second bain d’eau tiède également et légèrement acidulée par l’acide sulfurique. C’est dans ce second bain acidulé que la nuance perd son aspect gris primitif pour prendre sa couleur avec tout son éclat. On lave et on rince à l’eau courante.
- Teinture du coton.
- Pour 100 kil. — Verser peu à peu un kil. d'huile d’olive dans 500 gr. d’acide sulfurique, mélanger, laisser refroidir, ajouter 2 litres d’alcool puis verser le tout dans de l’eau tiède et enfin ce nouveau mélange dans le bain de mordançage.
- Entrer le coton, le manœuvrer 2 heures, lever et sécher.
- On teint sur bain tiède dans lequel on a ajouté
- p.18 - vue 25/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 19
- un peu d’alun pour développer la nuance du colorant, on lève et on sèche.
- Teinture de la soie.
- Pour 5 kil. préparer un bain d’eau tiède auquel on ajoute :
- Cristaux de soude 150 gr.
- Bleu nicholson D 50 gr. environ.
- Entrer, faire bouillir un moment, lever, laver et aviver dans un bain acidulé dans la proportion de 20 gr. acide sulfurique pour un litre d’eau.
- TEINTURE POUR LA CHAPELLERIE
- Chapeaux teints à la foule. (1]
- Alun 50 gr.
- Mine de plomb 1 kil.
- Fuschine supérieure 60 gr.
- Ce dernier violet est plutôt uu grenat.
- La nuance amélie se fait également par mélange en ajoutant au bain habituel 1 gr. de fuschine par chapeau.
- Enfin en n’employant qu’une très-petite quantité de couleur on obtient le gris par le violet, un rosé par la fuschine et un azuré par le bleu rougeâtre.
- L'orseille peut se remplacer par la purpuraline (quantité équivalente).
- Au prochain numéro l’emploi des couleurs et l’entretien de la foule.
- Proportions. — Les proportions varient suivant les nuances à obtenir ; mais les suivantes sont généralement adoptées pour constituer une foule de six chapeaux (contenance de 30 à 40 litres).
- Nuances pures : 50 gr. alun
- 500 gr. mine de plomb
- 120 gr. couleur (fuschine, violet ou bleu).
- On emploie la fuschine supérieure pour les nuances rouges, le bleu soluble rougeâtre pour les teintes bleues, le violet rouge pour les nuances violettes et pour les violets bleus, le violet bleu et même très-bleu.
- Nuances mélangées : Ces couleurs s’emploient aussi par mélange avec les anciens colorants, mais la beautédes teintes reste alors bien loin des nuances pures. — Voici des exemples de proportion pour des mélanges.
- Gros bleu.
- Orseille 1 kil.
- Sulfate d’indigo 250 gr. Alun 50 gr.
- Mine de plomb 1 kil. Bleu rougeâtre 60 gr.
- Violet. Orseille 1 kil. 500 • Sulfate d’indigo 50 gr. Alun 50 gr. Mine de plomb 1 kil. Violet rouge 60 gr.
- Autre violet par la fuschine. Orseille 2 kil. 500 Sulfate d’indigo 50 gr.
- (1) Voir, Moniteur de la Teinture, pages 147, 161, 174, 199, 211 et. 223 année 1877.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine. Fuchsine violette.
- p.19 - vue 26/286
-
-
-
- 0O
- O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- PRÉPARATION DES LAINAGES AVANT LA TEINTURE
- Pour contenter ses clients et ne pas avoir de désagrément, le teinturier-dégraisseur doit bien examiner les étoffes à teindre, c’est-à-dire, ne pas recevoir pour bleu, lilas, violet, rose, et en général toutes les nuances qui craignent le fond (jaune), des étoffes, qui dans les couleurs, laisseraient à désirer à cause de la teinte primitive.
- On reçoit souvent pour bleu des lainages gris. Cette couleur grise qui a du fond ne permettrait prs d’obtenir un bleu vif. Si le client l’a demandé, il sera certainement mécontent et fera retomber la faute sur le teinturier qui aurait dû le prévenir.
- Toutes les matières grasses s’opposent à la prise de la matière colorante par l’étoffe. Il est donc nécessaire que cette dernière soit bien dégraissée avant la teinture, et voici diverses manières d’arriver à ce résultat.
- L’étoffe sera visitée avec soin sur une large table et toutes les taches de graisses marquées au savon blanc; on dégorgera ensuite les taches en se servant d’un bain d’eau tiède dans lequel on a fait dissoudre une poignée de cristaux de soude. Quand tout est bien détaché on commence par prendre les étoffes à teindre en couleurs claires et à les fouler sur un bon bain de savon, puis sur un bain de soude, et on termine sur bain de rinçage chaud pour bien enlever le savon, et enfin à l’eau froide. On continue par les couleurs foncées en ayant soin de changer le bain de savon quand il est mort, autrement on graisserait au lieu de dégraisser.
- Un autre moyen plus simple et très-bon consiste à marquer d’abord les taches avec du savon vert et à ne rien dégorger. On foule ensuite sur un bon bain gras de savon vert, ensuite sur un bain de soude, puis rinçage à l’eau chaude et enfin à l’eau
- froide. Le savon vert étant plus énergique que le savon blanc, les taches disparaissent par un bon foulage et l’étoffe se dépouille plus facilement de sa couleur primitive.
- Pour les étoffes à teindre en noir un foulage à la soude est, à la rigueur, souvent suffisant.
- Quand les foulages sont terminés et les rinçages faits consciencieusement, on sépare les tissus à faire en couleurs claires et qui ne demandent pas ou peu de fond, et on les pique à l’acide sulfurique bouillant, dans la proportion d’un verre d’acide pour 15 à 20 litres d’eau.
- Cette opération égalise la teinte et fait disparaître les mauvaises taches qui pourraient rester.
- La majeure partie des couleurs foncées peuvent se faire en sortant du nettoyage; cependant, si on avait des étoffes à fleurs éclatantes ou à carreaux, des teintes qui pourraient empêcher de faire à la nuance demandée, on piquerait (dégraderait) alors à l’acide azotique (nitrique) ou azoto-sulfureux au bouillon, et assez fort pour qu’en versant à terre un peu du bain, celui-ci dissolve et marque sa fermentation sur la pierre.
- Ce piquage altère un peu l’étoffe, aussi faut-il le faire le plus vite possible et mettre immédiatement tremper dans l’eau pour éviter le contact de l’air.
- S’il y a du bleu et qu’on veuille le faire disparaître on mettra tremper dans un bain chaud dans lequel on aura ajouté un peu de soude. S’il résiste encore, faire bouillir à l’eau avec un cassin de gros son. (Il s’agit du bleu distillé on du bleu de composition). Les bleus de France se déteignent aussi à la soude chaude ou en faisant bouillir avec tartre et sulfate de cuivre (vitriol bleu).
- Quand les bleus de France sont pour marron, il est inutile de les démonter • on les conserve pour les derniers et on ajoute au bain de teinture une poignée de sulfate de cuivre, et on laisse bouillir un peu plus longtemps,
- Par ce moyen on n’a jamais de nuances et la couleur ne fonce pas en séchant. C’est donc préférable que de risquer d’altérer la force du tissu par le bain de soude fort et chaud. Le fer est du reste un excellent mordant pour les couleurs aussi bien que pour les noirs.
- Ces opérations faites, tout est parfaitement préparé pour subir la teinture, et alors rien ne doit gêner pour avoir un bon résultat.
- Quand on a des draps, il vaut mieux les nettoyer
- p.20 - vue 27/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- G
- à la brosse que de les fouler, car c’est volumineux et dur pour tenir à la main.
- Les ameublements doivent toujours être trempés dans les bains d’eau pure, avant le foulage, pour enlever la poussière et la fumée. Ils restent toujours noirâtres même après le savon, sans cette précaution.
- Au prochain numéro la préparation des soieries avant teinture.
- Un Teinturier de Province.
- 70 GS-=. 3 —......
- CHIFFONNAGE
- Nettoyage de la soie avant teinture.
- Après examen, s’il y a des taches, les enlever à la benzine, essorer, laisser sécher, et faire ensuite dissoudre, pour une robe :
- 1 k. savon dans 20 litres d’eau.
- En faire 2 bains : 10 litres d’un côté et 10 litres de l’autre et ajouter à chaque bain 2 litres d’eau froide.
- Faire un autre bain d’eau froide, y passer la soie pour enlever les impuretés et la passer sur les deux bains de savon ci-dessus et bien lisser. Ensuite passer dans un bain à 30° dans lequel on a ajouté : 125 gr. carbonate de soude, puis à deux eaux tiè-des et une eau froide.
- Faire un autre bain à 80° formé de :
- Eau................:........ 30 litres.
- Acide sulfurique... 500 gr.
- Y passer la soie un quart d’heure, laver et rincer sur deux eaux chaudes et deux eaux froides.
- Après cette opération, passer à la teinture.
- Teinture des robes de soie.
- Noir sur soie pour robes.
- Les robes ayant d’abord été nettoyées comme ci-dessus, on les laisse séjourner une nuit dans un bain de rouille à 7° B. On lève, on égoutte et on rince deux fois puis on passe pendant environ trois quarts d’heure dans une décoction de bois jaune à 60° C. On teint ensuite sur bain frais formé de : .
- Campêche.............. 250 gr.
- Savon de Marseille..... 50 gr. dans lequel on entre à tiède et qu’on chauffe jusqu’au bouillon. On teint jusqu’à ce que l’étoffe, vue par transparence, paraisse bleue ou vert foncé.
- L'apprêt se fait au fambopr avec dp la gomme adragante.
- Noir sur soie par l’extrait de châtaignier.
- Pour 10 robes : 5 kilos.
- Les robes dégraissées et nettoyées comme précédemment sont mises dans un bain de : Eau 200 litres et assez de rouille pour que le bain marque 12° B.; laisser séjourner quatre heures en ayant soin de lisser de temps en temps, lever, tordre pour ne pas perdre d’extrait puis rincer soigneusement.
- 2e bain : Extrait de châtaignier 125 litres.
- Eau bouillante....... 75
- Mener la soie sur ce bain pendant une heure et passer sur une eau.
- (L’extrait pouvant servir plusieurs fois est mis de côté, pour êtrerenforcé et chauffé à nouveau quand on voudra s’en servir.)
- 3e bain : 250 gr. savon blanc.
- 5 seaux, décoction de bois de campêche (2 k. 500 bois).
- Chauffer le bain à 90°, y passer la soie une heure; lever, imprimer, puis porter à un premier bain de rinçage dans lequel on a mis un décilitre d’ammoniaque, a un second à l’eau pure et à un troisième dans lequel on a mis un décilitre d’acide acétique. Essorer et sécher.
- Havane sur soie au cachou,
- Pour une robe : 250 gr. cachou.
- Faire bouillir dans une chaudière de 3 seaux 30 litres d’eau, cuire 20 minutes, puis passer au tamis.
- Entrer la robe dans ce bain de 60 à 70° C et bien mener l’étoffe vingt minutes. Rincer sur une eau.
- Faire un 2° bain formé de :
- Chromate de potasse 5 gr. chauffer à 70° environ ; y passer la soie 20 minutes. Ensuite, bien rincer.
- Faire un 3e bain avec :
- Carmin d’indigo 25 gr.
- Acide sulfurique 15
- y passer la soie jusqu’à la nuance désirée. Rincer et sur la dernière eau ajouter une goutte d’acide sulfurique.
- Havane sur soie à l’extrait de châtaignier.
- Pour une robe :
- Mettez dans 30 litres d’eau à 20 degrés :
- 1 décilitre extrait de châtaignier que vous mélangerez peu à peu.
- Mener la soie sur ce bain pendant une 1/2henre,
- p.21 - vue 28/286
-
-
-
- t© c©
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Bain frais : 30 litres d’eau froide.
- 2 gr. chromate de potasse.
- Menez la soie soie sur ce bain pendant un quart d’heure, lever, rincer sur une eau, essorer, sécher.
- (A suivre).
- TEINTURE DU COTON
- EN SIX NUANCES
- Gris. — Du gris d’argent au gris foncé.
- Le coton a été préalablement blanchi et dégommé (2).
- Pour 5 kilos :
- ire nuance. — Faire bouillir 130 grammes sumac dans 50 litres d’eau, y manœuvrer les éche-veaux pendant une heure, lever et ajouter au bain une dissolution de 130 grammes sulfate de fer (couperose verte), bien remuer, entrer de nouveau et manœuvrer 5 fois, laisser reposer pendant 1/4 d’heure, manœuvrer encore, laisser de nouveau reposer, ‘retirer et passer dans l’eau froide, puis cheviller et faire sécher à l’étuve ou à l’air.
- 2e nuance. — Même manipulation. Les proportions sont :
- Sumac................... 480 gr.
- Couperose verte............ 480 3e nuance. — Même procédé, seulement on prend :
- Sumac......................... 750 gr.
- Couperose verte............ 750 4e nuance. — On opère comme précédemment, mais on emploie une décoction de Sumac...................... 1 kil.
- Couperose verte............... 0 250
- On y passe le coton, on le retire, on ajoute : Couperose verte............ 1 kil. et on y repasse les écheveaux. 5* nuance.—Comme le précédent en employant :
- 1er bain : Sumac......... 1 k. 250
- Campêche....... 1 k. 2e bain :......Couperose verte 1 k. 250
- 6e nuance. — Comme le précédent :
- 1er bain : Sumac.............. 1 k. 500
- Campêche....... 1 k. 500
- 2e bain : Couperose verte 1 k. 500
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1876, page 63 et suivantes, les divers procédés de blanchiment.
- Gris mode.
- Are nuance. — Monter un bain de 50 litres eau chauffée à 25°Cavec 130 gr. sumac et 35 gr. cachou, entrer, laisser reposer une heure, sortir et ajouter au bain 70 gr. nitrate de fer à 40° B. Entrer, manœuvrer 6 fois, sortir, cheviller 3 fois et passer dans un second bain à 45° C, contenant 16 gr. bichromate de potasse, entrer, manœuvrer 6 fois et passer à l’eau froide. La teinture est finie.
- 2e nuance. — La même opération se répète pour les autres nuances, les proportions sont :
- 1er bain à 40° C : Sumac................ 250 gr.
- Cachou préparé..... 70 gr. ajouter : Nitrate de fer 100 gr.
- 2e bain à 40° C : Bichromate........ 32 gr.
- 3° nuance.
- 1er bain à 40° C : Sumac................ 380 gr.
- Campêche............... 130 gr. Cachou préparé......... 100 gr. ajouter...................:.....Nitrate de fer. 140 gr.
- 2e bain à 40° : Bichromate............. 45 gr.
- 4e nuance.
- 1er bain à 40° : Sumac................. 500 gr.
- Campêche............. 250 gr. Cachou préparé....... 140...gr. ajouter.................:...Nitrate de fer 140 gr.
- 2e bain à 40° : Bichromate............... 70 gr.
- 5e nuance.
- 1er bain à 40 : Sumac................... 750 gr. Campêche................................ 500.........................gr. Cachou préparé.......................... 200......................gr. ajouter:......................Nitrate de fer.................. 180 gr.
- 2e bain à 40° : Bichromate............. 100 gr.
- 6e nuance.
- 1er bain à 40° : Sumac................... 1 kil.
- Campêche................ 1 kil.
- ajouter : Nitrate de fer...... 0 270
- 2e bain à 40° : Bichromate.............. 0 180
- (1) La préparation du cachou se fait comme suit: Faire fondre au bain-marie du cachou du commerce, pendant une heure ; le presser tandis qu’il est encore mou, dans un filtre d’étoffe, pour en séparer les corps étrangers. Le faire bouillir de nouveau dans la chaudière au bain-marie, y mélanger 35 0/0 de bichromate de potasse ; après une demi-heure laisser refroidir. On divise ensuite en lui donnant la forme qu’on juge convenable avant qu’il soit refroidi
- p.22 - vue 29/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- INDUSTRIELLE
- INVENTIONS BREVETÉES
- Composition chimique pour enlever les taches sur les tissus.
- Par M. J. Denis.
- La composition de ce liquide peut varier selon les objets sur lesquels ont veut opérer, soit des tissus, des bois ou autres matières.
- Voici sa composition :
- Extrait d’eau de Javel 95 0/0
- Acide acétique 4 0/0
- • Extrait de violette 1 0/0
- Ce dernier produit a seulement pour but d’enlever l’odeur désagréable de l’acide acétique et de l’eau de Javel, il n’a aucune action et peut être remplacé par tout autre extrait ou essence odorifé-rante.
- Préparation de l'Alizarine
- Par MM. Simpson, Brooke et Royle.
- Cette invention a pour but la préparation de l’alizarine et autres matières colorantes obtenues del’anthracine, sous forme de poudre sèche propre à être livrée au commerce et employée pour la teinture.
- On prend 20 parties d’hydrate de chaux et en les mélange avec une quantité d’eau suffisante pour former une pâte, puis on ajoute 800 parties de la matière colorante sous forme de pâte contenant 10 0/0 de couleur ; ou bien on emploie une quantité correspondante d’une pâte à proportions différentes. On mêle bien le tout puis l’on place le mélange dans un séchoir n’excédant pas 100°. Lorsqu’il est suffisamment sec, on passe à travers un tamis, etc., et on obtient une poudre prête à l’usage de la teinture.
- On peut obtenir le même résultat au moyen du « Soda-melt, » lorsque dans le procédé de fabrication la matière colorante a été obtenue en solution dans la soude.
- VARIÉTÉS
- Pourquoi les bonnes gens de la campagne qui teignent eux-mêmes au moyen de l’indigo n’y voient pas toujours du bleu. •
- Je reçois d’un de mes correspondants curieux une demande en explication au sujet de la manière de teindre des paysans dans son pays.
- Pour laisser à cette demande toute son originalité je la soumettrai au lecteur telle que je l’ai reçue et je la ferai suivre de l’explication qui, suivant moi, est la plus rationnelle.
- ... « Dans nos montagnes, hommes et femmes sont habillés d’étoffes bleues ; il se récolte de grandes quantités de laines communes qui sont consommées dans le pays. Chaque habitant récolte sa laine, la teint et la tisse. Le campagnard achète de l’indigo et fait sa teinture lui-même ; voici comment il travaille : il prend 3 ou 4 onces d’indigo, suivant la quantité qu’il a à teindre, met cet indigo dans un petit sac de grosse toile, l’écrase et le fait dissoudre dans un pot en fonte contenant de la lessive ; aussitôt l’indigo fondu il y met de la laine en suint et laisse cette laine un jour ou deux dans le bain, puis il la retire, écrase de nouvel indigo et teint d’autre laine ; il arrive ainsi à obtenir des bleus magnifiques sans autre précaution que de tenir le bain un peu chaud.
- Souvent aussi il manque sa teinture.
- Les uns attribuent ce manque à la qualité de l’indigo, les autres, et c’est le cas le plus fréquent, l’attribuent à la mauvaise vue ; ce sont les superstitieux, mais malgré tout le plus grand nombre obtient de beaux bleus, etc., etc., vous le voyez c’est primitif. »...
- En effet, c’est primitif, mais c’est rationnel ; tout est rationnel même la mauvaise vue car je suis cer • tain que si vous demandez à ces teinturiers campagnards ce qu’ils voient au fond de leur pot, ils vous répondront qu’ils n’y voient rien.
- • Commençons par nous débarrasser des inconnues, éliminons les causes qui n’en sont pas et prenons corps à corps le procédé primitif et nous verrons bientôt pourquoi les campagnards teinturiers obtiennent du bleu.
- Contre les sorciers qui regardent leurs pots de travers ou qui les regardent d’un mauvais œil, j’adresserais une pétition au gouvernement pour qu’on brûlât tous les marchands d’indigo et tous les teinturiers de profession, car c’est incontestablement eux qui doivent être cause des conséquences de la mauvaise vue, les uns pour vendre plus de fois 2 ou 4 onces d’indigo, les autres pour obliger ces teinturiers primitifs à s’adresser à eux et à donner raison à cet axiome qui dit que chacun s’oc-
- p.23 - vue 30/286
-
-
-
- sH G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cupantde ses affaires, lesvach.es seront bien .gardées.
- Cependant je soupçonne un moyen plus simple d’une plus grande efficacité, c’est d’enlever de dessus ces populations montagnardes une couche rugueuse d’ignorance qui empêche leur bon sens de prendre jour dans le milieu ou ils vivent et qui force leur raison à rester cloisonnée dans les aberrations d’un autre âge. Ce moyen c’est l’instruction par l’école, parla bibliothèque, parla conférence ou par un abonnement au Moniteur de la teinture.
- Maintenant si le lecteur veut bien se souvenir que les cendres dont on se sert pour faire la lessive ne doivent leur propriété détersive qu’à la potasse qu’elles contiennent, s’il sait que le suint est une source très-abondante de potasse puisque le' lavage de la laine en suint fournit 17 OjO de carbonate de cette base, il aura le motif de la réussite des teinturiers campagnards. Admettons que ces personnes opèrent, à leur insu assurément, dans des conditions nouvelles, elles monteront sans s’en douter une cuve à la potasse et atteindront des résultats industriels. Voilà pourquoi elles réussissent. Voyons maintenant pourquoi elles ne réussissent pas.
- il y a beaucoup de causes qui peuvent entraîner la non-réussite.
- 1° La qualité des cendres obtenues avec de vieux bois ou des souches qui fournissent peu de potasse.
- 2° L’épuisement à peu près complet de l’alcali par le coulage d’un linge sale ou contenant beaucoup de savon qu’un rinçage préalable n’aura pas enlevé.
- 3° Une laine tondue après une saison de pluie qui aura lavé la toison et qui lui aura enlevé par conséquent une grande partie de potasse.
- 4° Une toison ou une laine entrée sur un bain trop chaud, marquant plus de 15° à l’aréomètre Baumé, sont certainement des causes d’insuccès.
- Car 1° ce sont les parties herbacées des végétaux qui fournissent le plus d’alcali.
- 2° S’il reste du savon dans le linge coulé à la lessive, la partie non saponifiée du savon s’empare de l’alcali, le linge ne s’en trouve pas plus mal, mais l’indigo s’en trouve moins bien.
- 3° le suint du mouton se compose d’alcali (potasse) et de matières grasses (stéarine, oléine), et comme ces matières restent mélangées sans qu’aucune combinaison intervienne pour en modifier l’état, la potasse étant soluble à l’eau froide aban- !
- donnera la toison par le fait de la pluie ou d’un lavage à dos volontaire ou accidentel pour s’égoutter sur le sol et appauvrira d’autant le bain de teinture qui n’étant plus dans un état d’équilibre voulu cessera de teindre.
- Voilà pourquoi les montagnards dont parle mon correspondant peuvent teindre et pourquoi ils en sont empêchés dans certains cas.
- Ils montent une véritable cuve à la potasse et toutes les fois que la quantité d’acali sera suffisante pour correspondre à la dissolution de l’indigo et à la saponification des corps gras contenus dans le suint sous l’influence de la chaleur qu’ils développent, ils obtiendront du bleu.
- 4° Enfin, en entrant leur laine en suint sur un bain trop chaud, ils donnent lieu à une saponifica-tion immédiate des corps gras et entravent l’action dissolvante de l’alcali sur l’indigo, tandis que s’ils entrent sur un bain au-dessous de 15° B, ils dissol-venttoiite la potasse contenue dans la laine, celle-ci agitsur l’indigo qui devient soluble et qui par son affinité et son contact prolongé teint la laine d’autant mieux que la température du bain sera poussée doucement et graduellement jusqu’à un certain point, 50 ou 60° par exemple.
- Il n’y a pas que dans le pays de mon correspondant que l’on teint au petit pot ; dans les Ardennes françaises, et surtout Belges, on teint de même, mais on remplace la lessive et la potasse par de l’urine vieille et chauffée longtemps au contact de l'indigo et l’on teint ainsi des matières dégraissées en courant les mêmes chances de succès et d’insuccès que celles signalées par mon correspondant. Ici l’alcali est l’ammoniaque au lieu d’être la potasse.
- Dans beaucoup de contrées de l’Est et du Nord-Est, il en est de même et l’on teint quand l'on peut les laines lavées ou grasses.
- L’explication donnée plus haut servira dans tous les cas et devra faire un peu de lumière ou il y a encore beaucoup d’obscurité.
- Oh ! pauvres sorciers où est donc votre grand éteignoir ! Vous étouffez vos clients et ils veulent voir et savoir- et du jour où ils verront et où ils sauront votre règne sera passé.
- Ch. Drevet fils.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- lmp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
- p.24 - vue 31/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22- Année, N° 3. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Février 1878
- SOMMAIRE
- De la fabrication de l'anthracène et de l'alizarine artificielle — Encres noires n’oxydant pas les plumes métalliques. — Note sur le noir d’aniline, par M. Prud’homme. — Teinture du coton par les bleus d’aniline (échantillons). — De l’emploi du violet d’aniline dans les teintures sur coton. — Préparation des soieries avant la teinture.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Application du chlorure de magnésium; Application de l’albumine à la teinture; Laques à l’alizarine artificielle. — Revue sommaire des brevets d'inven-Ron concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : La garance. — Ratification et prorogation des traités de commerce. — Oblitération des timbres mobiles. —Suppression de taxes.—Statistique du commerce de la France en 1877.
- DE LA FABRICATION
- DE L’ANTHRACÈNE ET DE L’ALIZARINE ARTIFICIELLE
- Nous trouvons dans le Chemical News^ de novembre dernier, quelques détails donnés par M. F. Versmann sur la fabrication de l’alizarine artificielle et de l’anthracène et l’état de ces industries. Nous les reproduisons presque entièrement, en faisant remarquer seulement que quelques modifications peuvent avoir eu lieu depuis que ces lignes ont été écrites. A. G.
- On se rappelle la profonde sensation produite, il y a quelques années, par la grande découverte de l’alizarine artificielle et de sa fabrication en grand.
- Si l'on se reporte aux espérances qu’avait fait naître cette nouvelle industrie, sa triste position actuelle semble incroyable, et pourtant il n’est que trop évident qu’aucune autre branche des arts chimiques, après avoir été inaugurée sous de si brillants auspices, n’adonné d’aussi maigres résultats, je dirai même, n’a été aussi fatale à presque tous ceux qui se sont engagés dans sa poursuite. Il est vrai que les premiers travailleurs, ceux qui étaient déjà à l’œuvre au moment où l’enthousiasme du premier moment était à son comble, que ceux-là ont été assez sages pour vendre leurs établissements à des prix largement rémunérateurs. Parmi eux, ont peut citer MM. Gessert frères, qui vendirent à une société leur maison alors florissante, et la Fabrique anglaise d’alizarine qui, depuis lors, a changé une seconde fois de mains.
- Mais si l’on met de côté quelques fabricants allemands d’alizarine, qui prétendent travailler avec bénéfice, on se trouve en face d’une écœurante
- liste de grandes maisons insolvables ou bien près de le devenir.
- En Allemagne, toutes les compagnies par actions sont contraintes par la loi à publier leur balance annuelle au moins dans trois journaux, et la Gazette de Cologne, du 10 novembre 1876, nous apporte la balance de la Société industrielle de produits chimiques d’Elberfeld (Chemische Industrie Actien Gesellschaft zu Elberfeld^ autrefois Gessert frères. Ce document parle de lui-même. Il informe les actionnaires que, pendant douze mois de travail, se terminant au milieu de l’été dernier (1876), la perte s’est élevée à un million de francs, et comme ce triste résultat n’est que la répétition de précédentes balances aussi peu satisfaisantes^ il est assez probable qu’à la prochaine assemblée générale, la société se trouvera à bout de ressources et aura perdu la totalité de son capital, montant à la somme de 4,500,000 fr. (1).
- Une autre fabrique d’Elberfeld, une entreprise particulière dirigée par MM. Scheneberg et Hufs-chmidt, a encore suspendu ses paiements avec un actif de 60,000 francs et un passif de 90,000 fr., soit un déficit de 30,000 fr.
- (1) Dans une lettre écrite au nom de la société d’Elber-feld, MM. l'okerny, Fredler et Cie ont fait remarquer à M. Versmann que les chiffres qu’il cite étaient erronés, que la perte de 1 million portait sur trois ans, et que le capital était de 3,750,000 et non de 4,500,000 francs. A cela, M. Versmann a répondu que la balance publiée ne portait nullement que la perte dût s’appliquer à trois ans, et que, d’un autre côté, en 'portant le capital à 4,500,000 il avait ajouté, au capital réel de 3,750,000 francs, une dette de 750,000 francs,
- Néanmoins, avec la correction faite par la société d’El-berfeld, la situation de cette société n’en reste pas moins assez mauvaise et l’assertion de M. Versmann subsiste quand même, A. G.
- p.25 - vue 32/286
-
-
-
- PO
- O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La Stueck farberei Gesellschaft et la Elberfeld Anilin und Alizarin Gesellschaft, deux sociétés par actions, ont cessé de fonctionner depuis quelque temps, après avoir perdu tout leur capital.
- Des faits aussi palpables que ceux que nous venons de citer (et on pourrait en fournir une liste plus complète) amènent tout naturellement à se demander quelle est la cause d’un pareil fléau. On peut dire que la mauvaise conduite de la fabrication, l’impéritie, l’ignorance et par-dessus tout le malaise général du commerce ont quelque peu influé sur l’insuccès de tant d’entreprises, mais nous croyons que la cause première est la mauvaise situation dans laquelle se trouve la fabrication de l’anthracène.
- Le fait est que la production de l’anthracène dépasse de beaucoup les demandes. Il y a quelques années, celles-ci s’élevèrent à un chiffre très-élevé et engagèrent les manufacturiers à fabriquer un produit de qualité très-douteuse ; la concurrence fit monter d’une façon exagérée le prix du goudron, et les principaux bénéfices furent faits par les compagnies du gaz et par elles seules.
- Quelques chiffres montreront clairement cette disposition, et nous pensons qu’ils ne s’écarteront pas beaucoup de la vérité, car nous avons tout lieu de croire à leur exactitude.
- Jusqu’à la fin de 1877, il aura été produit, en Angleterre seulement, y compris le stock actuel en magasin, au moins 1,400 tonnes d’anthracène pur.
- Les exigences de toutes les fabriques d'alizarine, présentement en activité, ne dépassent pas 2 tonnes d’anthracène pur par jour, soit 600 tonnes par an.
- Il est à supposer que l’année prochaine la demande sera plus considérable, mais si, avec les bas prix actuels, nousisupposons même qu’elle soit portée au double, ce qui fait 1,200 tonnes, l'Angle-terre produira encore 200 tonnes d’anthracène de trop.
- Mais il ne faut pas oublier que le Continent en fournit aussi de grandes quantités. La Compagnie parisienne du gaz utilise ses propres résidus, et, en réunissant ses produits à ceux d’autres grandes villes, fournit au moins 250 tonnes d'anhtracène pur. La Belgique et la Hollande sont très-actives, et l’on doit tenir compte également de la production, moins importante pourtant des grandes villes d’Allemagne (Berlin, Hambourg, etc.) et de l’Amérique. On aura donc produit, en 1877, un excès de plusieurs centaines de tonnes d’anthracène pur, et
- par suite, ce produit sera à bas prix. Il en résul fera inévitablement une baisse dans le prix du goudron, et cette baisse se fait déjà sentir en Allemagne. Dans ce pays, en effet, un journal offre depuis quelque temps, à plusieurs reprises, six marchés de goudron, sans recevoir aucune réponse.
- Mais le distillateur de goudron devrait sentir l’avantage de fabriquer un produit plus pur. Il devrait se reporter au début de ses opérations, alors qu’avec un goudron à bas prix, il se trouvait bien de livrer de l’anthracène à un taux modéré.
- Le large stock accumulé en 1877 s’opposera peut-être, pendant quelque temps, à la mise en pratique de cette ligne de conduite, mais après cela, le prix du goudron, devenant de plus en plus faible, permettra délivrer de l’anthracène de bonne qualité à un taux rémunérateur.
- C’est un fait bien connu que l’anthracène pur passe à la distillation à un moment déterminé, et c’est originairement cette fraction qui était livrée telle quelle au commerce. Mais l’accroissement des demandes amena les distillateurs à extraire de leurs goudrons une quantité d’hydrocarbures solides, et la qualité de l’anthracène fut abaissée à un tel point qu’un produit essayé à l’alcool, et donnant un point de fusion de 190 degrés, était vendu comme anthracène. Les produits livrés devinrent bientôt de moins en moins purs, et par des procédés d’analyse plus exacts, le chimiste en vient aujourd’hui à démontrer que la majeure partie de l’anthracène livré au commerce est de qualité très-inférieure.
- La distillation devra donc, croyons-nous, ne pas oublier que de la bonne qualité de l’anthracène dépend en grande partie l’avenir des fabricants d'ali-zarine, et que plus ces derniers seront en prospérité, plus les prix de l’anthracène seront avantageux pour le producteur.
- [Moniteur scientifique.)
- La publication de cet article dans The Chemical News a donné lieu à une réponse de M. DEHAYNIN, grand producteur de dérivés de goudron. Cette réponse n'ayant pas été accueillie par le susdit journal, nous la reproduisons :
- Monsieur Frédéric Wersmann,
- Permettez-moi, Monsieur, de vous répondre que vous examinez très en gros la question, et que si vous avez établi quelques causes véritables sur la
- p.26 - vue 33/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- G
- situation précaire de l'anthracène, vous avez commis une erreur grave sur sa production réelle.
- Je pense qu’il importe, dans l’intérêt de tous, de donner des chiffres véritables, que vingt-cinq années d’expérience et de pratique comme distillateur de goudrons, me permettent de connaître d’une manière sérieuse.
- Vous écrivez que la production pour l’année 1877 sera, rien qu’en Angleterre, de 1.400 tonnes d'an-thracène pur à 100 pour 100. La France produira, dites-vous, au moins 250 tonnes; la Belgique, la Hollande et l’Allemagne, un chiffre important.
- Je crois que vous êtes mal renseigné.
- Tous les goudrons ne produisent pas de l'anthra-cène, et ceux qui en produisent le plus ne donnent qu’une fraction de 0,70 centièmes pour 100 d'an-thracène brut, contenant environ 40 pour 100 d'an-thracène pur, par l’analyse à l'anthraquinone avec appendice.
- De sorte que les chiffres se résument ainsi :
- Angleterre, environ. 120,000 tonnes de goudron. France, maximum 40,000 — Belgique 15,000 —
- Allemagne............. 30,000 —
- Divers............... 20,000 —
- Total............... 225,000 tonnes de goudron, qui, à 70 centièmes pour 100 donnent 1575 tonnes d’anthracène brut, à une richesse de 40 pour 100 d’anthracène pur, soit 630 tonnes.
- Ces chiffres sont plutôt au-dessus qu’au-dessous de la vérité.
- Nous sommes loin, vous le voyez, du chiffre de 1800 tonnes -, vous vous êtes trompé des deux tiers; vous avez pris le produit brut pour le produit pur.
- Ces chiffres sont indiscutables, ils représentent la production exacte.
- Loin d’avoir trop d’anthracène, on en manquera. Je reconnais avec vous la malaise actuel, mais momentané, de l’industrie de l’alizarine, mais cela tient qu’au début de cette fabrication, les fabricants d’alizarine ont acheté toute espèce de produits, et à des prix excessivement élevés.
- La garance avait beau jeu de se défendre; de sorte qu’il y avait sur les marchés de teinture accumulation de produits fabriqués tant par la garance que par l’anthracène ; par suite, avilissement des prix, qui a amené la ruine de quelques fabricants.
- On a aussi fait de très-mauvais produits en aliza-rine, qui ont fait revenir à la garance.
- La guerre d’Orient fait, en ce moment, également un tort considérable.
- La garance ne peut plus être cultivée.
- Elle valait 50 francs les 100 k., elle vaut actuellement 15 fr., et elle coûte 25 à 30 fr. aux cultivateurs.
- Que les fabricants d’alizarine fassent de beaux produits, et c’en est fait de la garance. L’anthracène deviendra alors un besoin considérable de l’industrie pour la teinture en rouge remplaçant très-avantageusement la garance.
- Que les fabricants d’alizarine soient aussi raisonnables dans leurs prétentions d’achat ; qu’ils ne s’entendent pas entre eux pour avilir, à leur profit exclusif, le prix de l’anthracène : ou bien, ils verront se déplacer cette industrie qui passera dans les mains des fabricants d’anthracène à l’exemple d’un distillateur le plus important de l’Angleterre.
- Agréez, Monsieur, mes civilités empressées.
- Dehaynin.
- P.-S. — Ce chiffre de 630 tonnes d’anthracène pur est encore exagéré, l’Angleterre ne produit que des anthracènes d’une richesse de 28 à 30 pour 100, ce qui réduit la quantité d’anthracène pur à 570 tonnes. Je puis ajouter que si le prix de l'an-thracène baisse encore, la production diminuera sensiblement.
- ENCRES NOIRES
- N’OXIDANT PAS LES PLUMES MÉTALLIQUES
- Par M. Leclerc.
- Pharmacien à Beurre.
- On conseillait autrefois de calciner pour ainsi dire le sulfate de fer pour la composition de l’encre. La combinaison entre le protoxide de fer et la noix de Galles paraît plus facile en employant le sulfate de fer cristallisé, puisque d’ailleurs le composé qu en résulte est plus soluble.
- Nous donnons ici une préparation de protoxide de fer liquide. Dans une dissolution faite à froid de sulfate de fer cristallisé (proportion sulfate 1 partie, eau de rivière 2 parties) et bien claire, on verse à plusieurs reprises de l’ammoniaque, jusqu’à ce qn’il ne se fasse plus de précipité ; lorsqu’au bout d’une demi-heure ce précipité abondant est bien déposé, on verse avec attention et à plusieurs reprises une solution concentrée d’acide tartrique, de manière qu’il se trouve un léger excès d’acide dans la liqueur qu’on a soin de bien agiter. Le pré-
- p.27 - vue 34/286
-
-
-
- 00
- Ge
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cipité ferreux ainsi dissous, on a un liquide brunâtre et clair qui dépose, dans les vingt-quatre heures, la majeure partie du tartrate d’ammoniaque formé ; quant au sulfate d’ammoniaque qui reste dissous, il ne nuit en rien à la liqueur de fer; il n'y a plus, avant d’en faire usage, que d’amener cette liqueur à 22° du pèse-sels, en la délayant avec l’eau de rivière. — Cette solution, de protoxide de fer sert à faire l’encre noire et les encres violettes d’aniline.
- Nous sommes d’avis que les encres en général doivent se préparer à froid, les solutions de sulfate, de noix de Galles, ainsi que celle de gomme Sénégal, il n’y aurait à faire que la décoction de cam-pêche, à moins d’avoir recours à l'extrait de cette substance, employer de la gomme inférieure, on n’y trouve que de la perte dans les dépôts mucila-gineux qu’elle forme au fond des vases.
- Proportions pour l’encre noire :
- Sulfate de fer cristallisé.......... 250 gr.
- Noix de Galles ..................... 500
- Gomme............................... 240
- ................................... 125
- Alun................................. 60
- Eau .............................. 8000
- La noix de Galles étant finement concassée, on l’épuise en changeant une fois le macéré au bout de vingt-quatre heures, et le remplaçant par de nouvelle eau de rivière, puis repassant les deux portions sur le marc et à plusieurs reprises. Les solutions étant bien claires, on mêle la gomme avec la noix de Galles, puis le sulfate de fer, et en dernier lieu la décoction de campêche alunée. L’addition de l’alun, comme on sait, sert à modifier le ton trop cru du noir.
- Si l’on voulait remplacer le sulfate par la liqueur de protoxide, comme 25,7 de protoxide sec représente 100 de. sulfate, on pourrait là-dessus déterminer la dose à employer par rapport à la noix de Galles ; il faudrait toutefois remarquer que, dans la liqueur ci-dessus, le protoxide de fer se trouve délayé, ce qui obligerait à en augmenter la quantité.
- Du reste, quant à l’encre noire qui nous occupe, on peut très-bien, et, laissant le fer liquide pour les encres violettes, convertir l’encre noire en encre désacifiée, en y versant avec précaution de l’ammoniaque. Cette addition a pour effet de la rendre translucide avec une nuance pourprée assez vive, ce qui n’altère en rien l’intensité du noir. Nous croyons malencontreux de conseiller d’introduire dans cette encre de l’acide sulfurique dans l’inten
- tion de la rendre plus fluide ; mieux vaut, dans ce cas, diminuer la dose de gomme. L’encre ammo-niacée, comme nous venons de l’indiquer, n’empâte pas les plumes métalliques.
- Pour l’emploi journalier des encres, nous pensons qu’un encrier à goulot et profond est bien préférable à un vase à large surface et qui donne lieu à la vaporisation, ce qui fait que l’on est tenté de délayer l’encre avec de l’eau et même assez souvent avec du vinaigre, procédé vicieux, en ce qu’il y a antipathie radicale entre le vinaigre et l’acétate de fer d’une part, et de l’autre le macéré des noix de Galles.
- Revenant un instant sur la préparation de fer liquide ci-dessus décrite, elle a été présentée par son premier inventeur comme une soluton privée d’acide sulfurique et n’ayant pas le défaut d’oxider les plumes métalliques.
- (Bulletin pharmaceutique^
- NOTE
- SUR LE NOIR D’ANILINE Par M. Prud’homme.
- (Lue à la séance du 30 mai 1877 de la Société industrielle de Mulhouse).
- Dans son dernier et remarquable travail sur le noir d’aniline, M. Goppelsrœder vous annonçait qu’il était parvenu à préparer un sulfodérivé de ce corps, doué de propriétés toutes particulières, toutes nouvelles, en opposition complète avec celles que de nombreuses et savantes recherches nous avaient habitués jusqu’à ce jour à considérer comme l’apanage exclusif du noir d’aniline.
- M. Jeanmaire nous avait montré précédemment que ce corps, réputé si réfractaire à certains égads, était susceptible de transformation, qu’une oxydation dans des conditions spéciales le pouvait modifier et l’amener à un état particulier où il devenait et restait noir indiscutable.
- Les recherches de M. Goppelsrœder portent en deçà et au delà de ce prototype du noir, d’une part par le sulfodérivé, d’autre part par la couleur rose fluorescente qu’il a obtenue.
- Cette dernière est un produit de suroxydation du nouveau noir.
- Le premier jouit des propriétés si longtemps cherchées d’être soluble dans les alcalis et réductible en liqueur alcaline.
- p.28 - vue 35/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- ?9
- O
- M, Goppelsræder prépare ce sulfodérivé en traitant la base du noir d’aniline électrolytique par l’acide sulfurique fumant, versant le tout dans l’eau et filtrant. Le précipité vert ainsi obtenu, lavé à l’eau, jusqu’à ce que celle-ci n’ait plus de réaction acide, se dissout dans l’eau chaude, et se réduit en présence des réducteurs alcalins.
- On peut aussi simplement purifier le noir d’aniline en pâte du commerce, par des lavages à l’eau bouillante et à la soude, et compléter le traitement précédent, ou même, comme je l’ai constaté, traiter à chaud ce noir desséché par l’acide sulfurique à 66°.
- J’ai tenté de reproduire directement et de toutes pièces ce sulfodérivé.
- Le principe de ma méthode consiste à oxyder un sel d'aniline en présence d'acide sulfurique concentré.
- Les divers oxydants qu’on peut mettre en œuvre, dans ces conditions, conduisent à des résultats différents, et j’étudierai, tout d’abord, un cas particulier, celui de l’action de l’acide sulfurique sur le nitrate d’aniline.
- En projetant avec précaution des cristaux de nitrate d’aniline dans l’acide sulfurique à 66° B, on obtient un liquide noirâtre, qui, traité par un excès d’eau et après filtration, abandonne un précipité brun foncé. Ce corps est soluble dans les alcalis et réductible.
- La solution alcaline teint le coton en nuances modes ou brunes, solides. On peut fixer ce corps à l’albumine ou à l’acétate de chrome.
- La fusion avec du bisulfate de potasse, ne donne rien de particulier.
- Enfin, une solution d'hyposulfite de soude en extrait une matière colorante jaune, teignant la laine, et qui pourrait bien être du mononitrophénol.
- Le corps brun est probablement le sulfodérivé de celui qu’Hofmann a obtenu par l’action des vapeurs nitreuses sur l’aniline.
- Le nitrate d'aniline renferme par lui-même le corps oxydant, mais sous une forme particulière, les composés oxgénés de l'azotate.
- C’était donc là, comme je l’ai dit, un cas particulier, et j’arrive à une réaction plus générale.
- On mélange intimement du sulfate d'aniline et du bichromate de potasse en poudre, qu’on arrose d’acide sulfurique à 66°, ou bien on dissout à chaud du sulfate d’aniline dans l’acide sulfurique, et on projette dans la dissolution du bichromate de potasse en poudre.
- Les résultats dépendent non-seulement des quantités réciproques de matière mises en œuvre, mais surtout de la température due à la réaction. En exagérant la dose de bichromate, on altère profondément la molécule et on la détruit même d’une manière irrémédiable.
- Sans pouvoir définir d’une façon rigoureuse les conditions exactes de formation des différents sulfo-dérivés, je me contenterai de dire qu’en variant les conditions d’expérience, on obtient, après lavage, des corps variant du noir vert au noir brun, en passant par le noir franc.
- J’indiquerai néanmoins les proportions suivantes comme assez avantageuses :
- 1° Sulfate d’aniline..................... 50 gr.
- Acide sulfurique à 66°.................... 500
- Bichromate................................. 50
- 2° Sulfate d’aniline..................... 50
- Acide sulfurique à 66°.................... 500
- Bichromate....................;........... 100
- 3° Sulfate d’aniline..................... 50
- Acide sulfurique à 65e.................... 500
- Bichromate................................ 150
- Tous ces corps sont solubles dans les alcalis ou les carbonates alcalins, employés à faible dose, et donnent par teinture des nuances variant du mode au gris pur.
- Je reviendrai plus loin sur cet intéressant sujet de la teinture.
- Ce sont en réalité des sulfodérivés de l’éméral-dine, des différents noirs d’aniline et d’une substance brune nouvelle, probablement analogue à celle qu’on obtient en traitant par l’acide chromi-que les noirs d’aniline fixés sur tissus.
- Si l’on épuise par l’alcool le précipité lavé à l’eau, en saturant par l’ammoniaque la solution alcoolique, elle se colore en rose, ou plutôt elle paraît rose par transmission, et jaune feu par réflexion.
- La solution alcoolique additionnée de borax est plus belle encore.
- Cette nouvelle matière colorante, ne présentant aucun phénomène de fluorescence, ne saurait être confondue avec celle de M. Goppelsræder.
- Il est presque inutile de faire remarquer combien ce mode de préparation des sulfodérivés est simple et avantageux, puisqu’il permet d’en obtenir toute la série par une gradation convenable de l’oxydant.
- Peut-être serait-il intéressant de reprendre l’étude directe des oxydants sur l’acide sulfanilique.
- p.29 - vue 36/286
-
-
-
- 30
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dont la formation est probabledans le second mode de préparation des sulfodérivés que j’ai indiqué plus haut, dissolution à chaud du sulfate d’aniline dans l’acide sulfurique concentré.
- TEINTURE DU COTON
- PAR LES BLEUS A L’EAU, BLEU DE BAVIÈRE, BLEU DE NUIT, BLEU NOIR, GRIS D’ANILINE.
- Pour les nuances claires le coton doit avoir subi les opérations du blanchiment ; pour les nuances foncées il doit être débouilli et lavé.
- Après avoir blanchi le coton, il faut avor soin d’éliminer complètement le chlore, en passant les écheveaux, après lavage, dans une seconde eau dans laquelle on a mis 500 gr. de sel de soude, et bien rincer ensuite.
- Nuances claires. — Pour 25 kil. écheveaux.
- Entrer dans un bain d’eau froide contenant 125 gr. environ de tannin pur, tourner sept fois, lever.
- Ajouter au bain demi-litre d’acide acétique, entrer, tourner sept fois, lever, l’aver deux fois et après avoir tourné cinq fois dans le second bain de lavage, ajouter peu à peu (en 3 ou à fois) la matière colorante en proportionnant la quantité à la nuance voulue.
- Nuances plus foncées. — Pour 25 kil. écheveaux.
- Faire bouillir 5 kil. de galle de Chine, verser la solution claire dans le bain, et entrer les écheveaux.
- Tourner une demi-heure, lever, tordre, entrer dans un second bain contenant de l’eau à laquelle on a ajouté 1 k. 500 de tartre émétique (tartre de potasse et d’antimoine), tourner une demi-heure, lever, cheviller et teindre comme suit :
- Entrer dans un bain dans lequel on a mis la quantité de couleur nécessaire et ajouté de l’acide sulfurique en quantité suffisante pour que l’acidité puisse être perçue au palais, y traiter les écheveaux un quart d’heure, lever, cheviller et entrer une seconde fois.
- Lorsque la teinte obtenue est suffisamment foncée, lever, cheviller et rincer sur une eau légèrement acidulée.
- Le bain de teinture peut servir à d’autres opéi a-tions, en y ajoutant la moi é de la quantité de couleur employée d’adord, et un peu d’acide sulfurique.
- Nuances très-foncées.— Pour 25 kil. écheveaux.
- Après avoir mordancé, traiter les écheveaux pendant un quart d’heure dans un bain d’eau froide avec 625 gr. de gélatine, lever, cheviller, et teindre comme il est dit plus haut.
- Pour les bleus fins, on peut employer le procédé suivant qui donne également des nuances très-foncées, mais ayant toujours une nuance rougeâtre.
- Engaller d'abord les 25 kil. écheveaux, au bout d’une demi-heure lever, cheviller et entrer dans un bain d’eau contenant 500 gr. tartre émétique, le colorant, en quantité voulue et 10 litres mordant d’alun, obtenu par la dissolution de 5 kil. alun et 2 kil. 500 soude dans 30 litres d’eau.
- Après teinture, le bain est épuisé complètement.
- Nous donnons ci-dessous deux échantillons de coton teint avec le bleu Bavière, marque D B, de la Maison J. Ruch et fils, l’un nuance claire, l’autre plus foncée. Cette teinte a beaucoup d’analogie avec celle du bleu Nicholson D sur laine, que nous avons donnée dans le n° précédent.
- Bleu de Bavière — nuance claire.
- Bleu de Bavière. — Nuance plus foncée.
- DE L’EMPLOI
- DU VIOLET D’ANILINE
- DANS LES TEINTURES SUR COTON
- Par M. X... (I)
- Les couleurs d’aniline sont incontestablement appelées à jouer un rôle prédominant dans la teinture, soit qu’elles soient appliquées seules, soit
- (1) M. X... est un teinturier-chimiste, très-distingué, qui a bien voulu répondre à l’appel que nous avions adressé à nos lecteurs dans le numéro qui terminait l’année 1877.
- p.30 - vue 37/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 31
- qu’elles rentrent dans la composition des couleurs anciennes pour produire d’anciens types ou des types nouveaux.
- Je veux aujourd’hui mettre sous les yeux du lecteur les résultats obtenus par le concours du violet d’aniline et du cachou, du violet d’aniline et du bleu d’indigo par la cuve à froid.
- Les échantillons teints indiquent suffisamment le type écru sur lequel ont été obtenus les résultats présentés dans cette communication.
- Type N" 1.
- Le type no 1 est la teinte violette fournie par le violet d’aniline.
- Type No 2.
- Le type n° 2 est la teinte cachou obtenue sur coton écru.
- Type N° 3.
- Le type n° 3 est le résultat de la même teinte cachou, mais sur le pied de violet n° 1.
- Le type n° 4 est le résultat du passage en bleu de cuve à froid, du coton écru.
- Le type n° 5 est le résultat du passage en cuve à froid du coton violet n° 1 (1).
- Pour donner au lecteur l’explication nécessaire à l’intelligence de ces résultats, il est à propos que j’entre dans le détail de la marche que j’ai suivie.
- Ces cotons ont d’abord été débouillis pendant 3 heures à l’eau froide, puis chevillés pour en exprimer l’eau en excès, les nOs 1, 3 et 5 ont été teints sur bain tiède chargé de violet, pendant une demi-heure, à la température de 50°.
- Les types nos 2 et 3 ont été teints à la température de 70°, dans un bain contenant 30 0/0 de cachou jaune, puis développés sur un bain neuf chargé de bichromate de potasse (chromate rouge), à raison de 4 0/0, lavés et rentrés successivement sur le bain de cachou et sur le bain de chromate; lavés, chevillés et séchés.
- Les types nos 4 et 5 ont été passés deux fois sur une cuve très-faible, puis sur une cuve forte, passés sur un bain d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique (acide muriatique). Rincés à l’eau pure, chevillés et séchés.
- J’emploie de préférence l’acide chlorhydrique parce qu’il forme avec la chaux fournie par la cuve un sel de cette base soluble, qui se trouve complètement éliminé par le rinçage à l’eau, tandis que l’acide sulfurique employé généralement, forme un
- CD Les échantillons des types paraîtront dans le prochain numéro.
- sulfate de chaux insoluble et qui ne se trouve éliminé qu’imparfaitement, dont les parties qui restent enchevêtrées dans les fibres ligneuses donnent au coton un toucher dur et poudreux. Je préfère donner un pied de violet aux bleus remontés, parce que l’uniture est beaucoup plus certaine que quand l’avivage est donné après la teinture en bleu d’indigo.
- Une autre considération milite encore en faveur de cette marche, c'est qu’elle permet de piéter sur un même bain et pour des types différents de différentes couleurs des parties séparées, tandis que cette marche serait impraticable après des teintures préalables qui souilleraient le bain d’avivage.
- Il va sans dire que les avantages présentés ici, ne restent pas renfermés dans les limites des types présentés ci-joints, et que les applications peuvent s’étendre à des résultats très-divers. Ainsi, pour obtenir des bleus d’enfer, très-foncés, presque noirs et n’ayant pas de reflet ni de mat violacé, il est nécessaire de faire intervenir une matière colorante jaune qui donne du fond, économise beaucoup d’indigo et fournit des nuances très-intenses.
- Je ferai suivre cette première communication d’une seconde, présentant les résultats que j’annonce.
- De même, en variant l’intensité du pied de violet, et en modifiant les bains de teinture on arriverait à une variété presque illimitée de tons.
- Comme ce n’est pas un cours de teinture que je prétends faire au lecteur, mais simplement lui donner quelques indications, je dois laisser à son initiative la charge de remplir les lacunes qu’il trouvera dans ce travail.
- A suivre.
- PRÉPARATION DES SOIERIES avant la teinture.
- Un célèbre teinturier a dit : Une robe de soie teinte, si bien qu’elle soit, est tout au plus bonne à faire une jupe de dessous. Je suis de son avis pour certaines étoffes et surtout pour l’époque à laquelle il disait cela ; car depuis on a apporté de grandes améliorations dans la teinture des soieries et surtout dans les apprêts.
- En débutant ainsi, je pose en principe que la teinture des soieries offre de grandes difficultés, demande beaucoup de soins et ne supporte pas de
- p.31 - vue 38/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- G
- CO
- médiocrité. Il ne faut donc rien négliger dans toutes les phases pour être certain de réussir au premier coup, autrement on ne fera rien de bon si on est obligé de recommencer plusieurs fois. Il faudrait pouvoir teindre la soie sans la toucher; jugez alors ce qu’elle sera après deux ou trois teintures : un chiffon horriblement cassé, approchant du coton à cause de son brillant disparu.
- Pour préparer la soie à la teinture, on a l’habitude de la débouillir au savon; c’est là la première cause de toutes les cassures qui sillonnent l’étoffe et contre lesquelles les anciens systèmes d’apprêts sont impuissants, c’est-à-dire que le tapis, la rame, le collage à la brosse sur des tables vernies ou tambours chauffés par la vapeur, ne peuvent les faire disparaître. Il faut donc les éviter le plus possible, en opérant toujours sur de grands bains afin que l’étoffe soit constamment bien en large et jamais serrée.
- Le débouillissage au savon est indispensable pour les soieries et rubans à teindre en couleurs claires, mais on peut le pratiquer avec sagesse et discernement. Pour les rubans qui se font en assez grande quantité dans certaines localités, on doit chercher à bien les faire, car c’est encore une bonne recette qui arrive en peu de temps, surtout depuis l’adoption des nouveaux colorants qui dérivent de l’aniline. Pour les rendre bien frais, il faut qu’ils soient bien nettoyés, et voici comment j’arrive à d’excellents résultats.
- Sur une table en marbre, ou garnie en zinc, cuivre, etc., je fais brosser toutes les parties sales et, des deux côtés, au savon vert et avec une brosse un peu dure, puis je prépare un bain de savon blanc, dans lequel je laisse tremper quelques heures pour que la crasse détrempe bien et que le gros des couleurs primitives tombe, ensuite, sur un bain bien gras de savon bouillant, je fais bouillir doucement de 15 à 20 minutes, et en sortant je rince sur trois eaux tièdes pour bien écarter le savon, puis à l’eau froide. Un bon piquage à l’acide sulfurique chaud complète cette préparation à la teinture.
- Pour les robes à teindre en nuances tendres, je fais également tremper et débouillir au savon, seulement quand je sors du savon bouillant, j’ai bien soin de prendre la lisière et je fais prendre l’air, au lieu de prendre l’étoffe avec un bâton et de la laisser égoutter ainsi, comme je l’ai vu faire chez beaucoup de confrères.
- Pour les couleurs foncées, je supprime le bouil
- lon de savon, qui ne peut que casser la soie malgré les plus grands soins, et je me contente d’enlever les taches à la benzine, et de faire tremper seulement sur un bain tiède de carbonate de soude ou d’alcali volatil. Un bon piquage après, et la teinture peut se faire sans inconvénient.
- Les soieries à teindre en noir ne demandent jamais de débouillissage au savon. Je me contente de l’opération précédente quand elles sont bien sales, et la majeure partie du temps, je les passe en rouille toutes sèches, en les menant plusieurs fois pour bien les mouiller. J’ai eu bien rarement à retoucher après la teinture en mettant ainsi les voies sèches en rouille, même assez sales.
- Il est encore un moyen de mieux faire que tout cela, mais il faut avoir de bons prix, car c’est plus long; mais le travail est tellement supérieur que peu de clients regardent à une augmentation de prix, en voyant la différence dans le résultat. Il s’agit simplement de la teinture des taffetas glacés, unis et autres tissus cassants ; avec l’emploi du tendeur qui tient toujours la soie tendue, et l’empêche de se casser. On n’a pas besoin de cet appareil pour le damas, satin, levantines, et en général toutes les soieries qui ne sont pas cassantes, en employant les soins nécessaires, mais on obtient des teintes plus unies en s’en servant.
- Je fais grand cas de cet appareil, car il m’a servi à teindre de vieilles soies en pièces toutes fanées, en noir, qui ont été vendues pour neuves, ce qui a passablement flatté mon petit amour-propre. Il est vrai que l’apprêt de ces pièces fait sur une machine a beaucoup contribué à opérer ce changement de vieux en neuf.
- Lorsque je traiterai les teintures en soies, je reviendrai sur l’emploi du tendeur, et on comprendra que la soie ainsi faite, doit être infiniment supérieure à tous les autres moyens en usage.
- Une recommandation que j’ai oubliée, c’est lorsqu’on sort les soieries d’un bain quelconque, de ne jamais les mettre en tas sur une cheville, mais bien toujours aller et revenir en prenant une lisière sur la cheville. Je le répète, on ne peut prendre trop de précautions pour éviter les cassures, qui ne disparaissent jamais une fois constituées.
- Un Teinturier de Province.
- ---------------------
- p.32 - vue 39/286
-
-
-
- ET DE L’iMFRESSION BBS TISSUS
- CO 00
- INVENTIONS BREVETÉES
- Application du chlorure de magnésium
- Par M. Seguin.
- Ce produit ravive les couleurs et donne du corps aux soies, aux laines, cuirs.
- Il rend les soies brûlées par les teintures en état d’être employées et grossit leur grain.
- Par son emploi le défilage du coton est beaucoup plus facile et donne par suite beaucoup de rendement.
- Pour les cuirs qui ont été tannés à l’aide des acides et qui sont inférieurs à ceux traités par les écorces, son emploi donne plus de tannage et des qualités supérieures, comme souplesse et les rend avantageusement applicables pour la corroierie, la sellerie, bourrellerie et carrosserie.
- En un mot son emploi peut douer les substances textiles végétales ou animales, soies, laines, ou autres et aussi les cuirs de qualités particulières de souplesse et de meilleur rendement; ce produit est le chlorure de magnésium employé par doses variant de 10 à 30 pour 100 suivant les matières à traiter ; ce produit est incorporé dans les bains ordinaires de traitement de ces textiles ou cuirs.
- Application de l’Albumine à la Teinture.
- Par M. Zingler.
- Le sang défibriné est traité avec un certain volume de térébenthine ou d’esprit de résine ou tout autre hydrocarbure qui développe du peroxyde d’hydrogène par l’absorption de l’oxygène, et un courant d’air est forcé à travers le mélange chauffé à environ 15° cent, ou à toute température voulue. On fait usage de l’antiseptique Kingzett et Zingler. On mélange l’albumine incolore avec des couleurs de la consistance voulue pour teindre ou imprimer des matières textiles et autres. Les tissus, après qu’ils ont été imprimés ou teints, sont ensuite soit passés entre des cylindres, ou bien soumis à l’action de le vapeur. Les couleurs d’aniline sont d’abord dissoutes avant leur mélange avec la dissolution d’albumine.
- Laques à l’alizarine artificielle
- Par MM. Ch. Courtois et Cie.
- Rouge.
- 1° Dissoudre l’alizarine artificielle dans une quantité suffisante de soude ou de potasse, par exemple à raison de 75 0/0 de l’alcali, proportion toutefois variable suivant l’intensité de la nuance à obtenir.
- 2° Additionner une quantité d’aluminate de soude ou de potasse correspondant à la quantité prise d'alizarine ;
- 3° Précipiter au moyen d’un acide faible ou au moyen de sel ammoniaque. Dans ce dernier cas, les eaux ammoniacales formées peuvent être neutralisées par l’acide chlorhydrique et servir de nouveau ;
- Ce procédé permet d’ajouter un acide gras et de l’acide stannique à la laque en incorporant dans la solution alcaline d’alizarine un acide gras et du stannate de soude.
- Cette laque pour rouge peut être coupée et fournir ainsi tous les tons roses.
- On peut aussi, en augmentant la proportion d’alumine, produire directement une laque plus faible. •
- Violet.
- En chauffant ensemble au bain marie, des solutions de prussiate jaune ou rouge et de l’alizarine, il se forme une laque violette intense.
- En se servant d’alizarine en solution alcaline, il ne se formera pas de précipité au contact du prussiate ; mais le bain ainsi composé épaissi et imprimé donnera des violets par un vaporisage suivi d’un lavage ou d’un savonnage.
- Puce et Grenat.
- En faisant agir le fer ou ses combinaisons sur la laque rouge, ou sur le mélange des laques obtenues par l’alizarine et la nitroalizarine, ou sur la laque rouge obtenue par le moyen de la fleur, ou encore en mélangeant en proportions convenables ces laques rouges et orangées, avec la laque violette, on obtiendra tous les tons de grenat, de puce, de chocolat, etc.
- p.33 - vue 40/286
-
-
-
- 34
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES
- TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,864. — Prat.— Appareil tendeur spira-loïde pour la teinture des étoffes en tous genres, en pièces ou en morceaux. — L’étoffe est enroulée sur des châssis étoilés montés sur deux moyeux qui sont supportés par des tiges ou axes communs; les bros de ces châssis sont garnis de petites épingles recourbées. Enfin une vis sans fin raproche ou éloigne à volonté ces châssis pour tendre plus ou moins l’étoffe.
- 115,865. — Prat. — Appareil économique à circulation continue, pour le nettoyage des étoffes, vêtements, etc., par les huiles volatiles. — Le laveur est combiné avec un alambic redistillant directement le liquide qui sort du laveur et le renvoyant épuré dans un récipient supérieur. Une étuve-alambic redistille encore le liquide contenu dans les étoffes qui sortent du laveur et envoie ce liquide dans le même récipient supérieur alimen-tateur du laveur.
- 115,870. — Ryo (les sieurs). —Perfectionnements aux métiers continus a filer et a retordre. — Sur un tube fixé à la traverse est montée une broche en acier fondu à ailettes de section ovale; un coulisseau animé du mouvement de monte-et-baisse guide le fil à sa sortie du fuseau.
- 115,873. — Veslot et Bérenger. — Machine à étaler la laine et autres matières filamenteuses. — La machine se compose d’une capacité au fond de laquelle est un tablier de cardes incliné amenant la laine devant un cylindre garni de pointes et précédé d’une batte à deux ailes. Ce cylindre d’alimentation de l’appareil est, avec le tablier, nettoyé par une batte à quatre ailes.
- 115,876. — Aynel etCie. — Appareil de bouchage applicable aux flacons de tous genres pour vevser goutte à goutte les liquides qu’ils contiennent, appareil dit stiligoutte. — Un tube traversant le bouchon de liège, bois ou autre, est fileté à son extrémité saillante pour recevoir, par vissage, une coiffe ou capuchon spécial qui constitue l’organe de fermeture.
- 115,884. — Durançon. — Perfectionnements
- aux machines à laver les matières textiles en écheveaux. — Applicables aux machines à laver les soies après teinture, ces perfectionnements portent : 1° sur la division de l’appareil en deux parties symétriques équilibrées, dont l’une est en travail au-dessous du niveau de l’eau pendant que l’autre est relevée à une certaine hauteur par le dégarnissage et le garnissage ; 2° sur l’application pendant la marche continue des écheveaux d’un mouvement de gassage dans l’eau qui facilite l'en-raine ment des matières ; 3° sur une disposition de guindres permettant d’y placer les matteaux avec le bâton.
- 115,885. — Fayard et Voland. — Décoration des tissus par les procédés de gaufrage et frappage à jour. — Adjonction, sur tout ou partie de de la surface graicée, de picots qui, pénétrant au travers de l’étoffe à gaufrer, y ménagent des jours ou réseaux décoratifs, avec ou sans réserves.
- 115,891. — Hyde père. — Tissu servant à la confection des cardes. — Le tissu est composé de deux lins reliés ensemble avec une légère couche de caoutchouc liquide, et les faces sont recouvertes d’une feuille de gomme naturelle.
- 115,902. — Raffin. — Composition chimique, dite lustrine, pour le dépiquage des peaux, des gants, des soieries, des velours et des maroquineries fines. — C’est un composé de savon, huile, albumine, ammoniaque et glycérine.
- 115,905. — Schoefer et fils. — Procédé de décoration des fourrures modifiant leur aspect. — Le poil de la fourrure est peint avec des couleurs variées et non superposées.
- 115,912. — Beau et Hubert. — Système de plaques a parties divisées, destinées à la fabrication de la bonneterie. — Ces plaques à parties divisées s’appliquent sur tout poinçon servant à reporter le tricot d’une rebrousseuse sur un métier de bonnetier à fonture rectiligne.
- 115,926. — Knab et Fournier. — Moyen de blanchir la laine, la soie, etc. — Deux substances sont employées: l’acide sulfureux gazeux et l’acide oxalique pur ou associé avec la glycérine, l'ammo-niaque ou autres bases.
- 115,938. — Testud de Beauregard. — Nouveau séchoir industriel. — Surmonté d’un appareil aspirateur a gissant à tous les vents, le séchoir comporte en contre-bas un cubilot surchauffeur générateur de chaleur, lequel livre à un tube collecteur le ca-
- p.34 - vue 41/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 35
- lorique destiné à chauffer le milieu ambiant du séchoir, ainsi que l’air admis, animé d’un mouvement ascensionel en vertu de sa dilatation.
- 115,941. — Wild. — Etoffes, tissus, etc. pour rideaux. —• Tissu, mousseline fine blanche', de coton, avec rayures diverses de filés coton de toutes couleurs.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- LA GARANCE
- La culture de la garance avait pris beaucoup d’importance dans notre pays depuis que Althen avait importé dans le Combat-Venaissin des graines de la garance cultivée à Smyrne. Peu à peu elle s’était répandue dans neuf de nos départements. Cette plante, qui exige des terres profondes, et fortement fumées, venait à merveille dans les arrondissements de Carpentras, d’Orange et d’Avignon ; on s’était mis à la cultiver aussi à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, à Uzès et à Nîmes, dans le Gard ; àMontélimar, dans la Drôme -, à Montpellier, dans l’Hérault ; à Forcalquier, dans les Basses-Alpes, et à Viviers, dans l’Ardèche. On en retrouvait enfin dans une région toute différente, à Strasbourg et à Saverne, dans ce sol d’Alsace si merveilleux et si fécond.
- Pendant longtemps la France a produit les garances européennes les plus riches en matière tinctoriale. Ce n’est qu’à partir de 1862 que les garances napolitaines ont commencé à faire concurrence aux nôtres. Cette rivalité était encore bien peu de chose en comparaison du coup que devait porter à cette culture la découverte d’une teinture artificielle donnant des résultats analogues (1).
- En consultant les statistiques agricoles de la France, on peut se rendre compte du développement qu’avait pris la culture de l’alizaris en France et de la décadence qui l’atteint aujourd’hui.
- Voici, en effet, les chiffres des surfaces consacrées à la garance en 1840, 1862, 1873 et 1874 :
- (1) Voir les nos 19 et 20 de l’année courante, pages 222 et 235. On peut se procurer au prix de 50 francs le procédé de fabrication de ce mordant à Office du journal i
- Hectares cultivés en garance
- 1840 1862 1873 1874
- Vaucluse 9.515 13.500 2.500 1.200
- Bouches-dn-Rhône 4.143 3.735 1.453 1.465
- Gard 125 1.395 1.250 1.250
- Drôme 164 1.104 1.325 1.000
- .Bas-Rhin 727 273 » »
- Hérault » 204 » »
- Basses-Alpes » 181 » 18
- Ardèche » 60 » 100
- Var » 11 » 2
- Vosges » » » 24
- Totaux 14.674 20.466 7,000 5.069
- Ce tableau résume l’histoire de la culture de la garance en France. Jusqu’en 1862, il y a, chaque année, à constater une augmentation des surfaces consacrées à la plante tinctoriale ; à partir de 1863, au contraire, l’étendue des champs de garance décroît annuellement. Cette décroissance s’accentue dans les dernières années.
- Naturellement la production suit la même marche.
- Production de la garance.
- 1840 24,872,000 kilog.
- 1862 54,357,606 —
- 1871 26,358,700 —
- 1872 28,041,500 —
- 1873 23,000,000 —
- 1874 17,359,000 —
- De même, l’exportation de la garance et de la garancine diminue constamment. En voici le tableau depuis 1867 :
- 1867 20,842,000 francs.
- 1868 38,850,000 —
- 1869 26,887,000 —
- 1870 19,055,000 —
- 1871 20,682,000 —
- 1872 23.413,000 —
- 1873 13,458,000 —
- 1874 12,225,000 —
- 1875 8,906,000 —
- 1876 4,606,000 —
- Cette matière est l’alizarine artificielle.
- La Chambre doit s’occuper de la ratification du traité de commerce entre la France et l’Italie, mais préalablement une commission sera chargée d’examiner cette convention. — Ajoutons que dans le courant de l’année prochaine, des négociations
- p.35 - vue 42/286
-
-
-
- 36
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- seront entamées relativement au traité de navigation avec l’Italie, ajourné, comme on sait, jusqu’à la solution de la question de la marine marchande.
- En avril prochain, on s’occupera également du traité franco-suisse qui expire le 1er mai 1878.
- Le traité de commerce conclu le 11 décembre 1866, entre la France et l’Autriche-Hongrie, continuera à rester en vigueur jusqu’au 30 juin 1878.
- Les traités de commerce et la convention de navigation, conclus avec l’Italie, le 17 janviei 1863 et le 13 juin 1862, sont prorogés jusqu’au 1er avril 1878, pour le cas où le nouveau -traité, signé le 6 juillet dernier, ne pourrait pas être mis en vigueur avant cette époque.
- Le traité de commerce conclu le 14 février 1865, entre la France et les Royaumes-Unis de Suède et de Norwége, est prorogé jusqu’au 31 décembre 1878.
- Plusieurs de nos lecteurs ignorent peut-être qu’ils s’exposent à une amende relativement considérable en annulant les timbres mobiles des effets de commerce avec une autre encre que l’encre noire usuelle.
- Sur la demande de plusieurs banquiers, adressée au directeur général de l’enregistrement, afin d’être fixés sur la couleur des encres que l’on doit employer pour l’oblitération à la main des timbres mobiles, il a été répondu que, conformément au décret du 19 février 1874, l’encre noire usuelle était la seule qui devait être employée; mais que, pour l’oblitération au moyen d’une griffe, on pouvait se servir indifféremment de l’encre noire ou d’une encre grasse de couleur.
- Le ministre des finances s’est mis d’accord avec la commission du budget pour la réduction de moitié de la taxe sur les transports par petite vitesse à partir du 1er juillet prochain. On espère que les résultats de l’exercice 1878 permettront de supprimer entièrement cette taxe le 1er janvier 1879.
- L’impôt sur les savons sera supprimé le ier avril prochain.
- Celui sur les huiles sera maintenu.
- Le Journal officiel publie le tableau sommaire des documents statistiques sur le commerce de la France pendant l’année 1877.
- Les importations se sont élevées du 1er janvier au 31 décembre 1877, à 3,756,368,000 fr., et les exportations à 3,484,323,000 fr.
- IMPORTATIONS
- Ces chiffres se décomposent comme suit :
- 1877 1876
- fr. fr.
- 957.668.000 972.960.000
- Objets d’alimentation.
- Produits naturels et matières nécessaires
- à l’industrie . . .
- Objets fabriqués .
- Autres marchandises.
- Total. . .
- 2.154.U01.UUU A.0U..O00.UUU
- 450.456.000 463.405.000
- 194.177.000 184.165.000
- 3.756.368.000 3.988.363.000
- 1877 1876
- EXPORTATIONS fr. fr. Objets fabriqués . . 1.846.093.000 1.894.268.000
- Produits naturels, objets d’alimentation et matières nécessaires à l’industrie. 1.418.736.000 1.487.716.000
- Autres marchandises. 189.494.000 193.610.000
- Total. . . 3.484.323.000 3.575.594.000
- Il résulte de ce tableau, qu’en 1877 les importations, c’est-à-dire ce que nous achetons à l’étranger, ont été de 272,045,000 fr. plus fortes que les exportations, c’est-à-dire ce que nous vendons. Le déficit n’est pas aussi élevé qu’en 1876, où il avait été de 412,769,000 fr.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 lig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- On demande un bon Teinturier en laine, connaissant le grand teint sur écheveaux.
- On demande un Apprenti de 15 à 16 ans, gagnant de suite.
- S'adresser chez MM. Boyriven frères, 9, rue de l’Ouest, à Neuilly (Seine).
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, àCharleville (Ardenues
- p.36 - vue 43/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22- Année, No 4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Février 1878
- SOMMAIRE
- Note sur le noir d’aniline, par M. Prud’homme (Suite et fin). — Nouvelles matières colorantes de la série de l'anthracène, par le même. — impression du rouge de cochenille sur laine, par M. KILLUREGER. — Encre pour marquer le linge au noir d’aniline. — Rapport de M. JEANMAIRE sur une note de M. G. Wiltz (Emploi du vanadium dans le noir d’aniline par impression).
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Nacarat (échantillon). — De l’emploi du violet d’aniline dans les teintures sur coton (3 échantillons). — Impression sur laine •.chinage. — Teinture pour la chapellerie : Chapeaux teints à la foule; Chapeaux teints après foulage; Poils teints pour mélanges. — Noir direct (brevet Rave).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Purification des eaux de lavage des laines; Substance colorante. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- VARIÉTÉS -Bataille d'X dans le champ clos d’un erratum.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Les Traités de commercé. — Exposition universelle de 1878.
- NOTE
- SUR LE NOIR D’ANILINE
- Par M. Prud’homme.
- (Lue à la séance du 30 mai 1877 de la Société industrielle de Mulhouse).
- — Suite et fin. —
- J’ai étendu cet ordre d’expériences au gris d'aniline Coupier du commerce, et suis arrivé à produire des sulfodérivés présentant la même gradation de nuances, du noir verdâtre ou bleuâtre au noir brun.
- L’alcool en extrait une substance rose, identique à celle que donne la première série des sulfodérivés.
- Chose curieuse, cette matière colorante préexiste dans le gris d’aniline.
- Si on traite celui-ci par l’alcool froid, on obtient une solution violette par transmission, jaune feu par réflexion, et de violette devenant rose par l’addition de quelques gouttes d'ammoniaque, c’est-à-dire, présentant les mêmes caractères que celle qui provient du noir d’aniline.
- En admettant l’identité de ces deux matières colorantes, c’est un lien très-intéressant entre les deux séries de sulfodérivés issues du gris ou directement d’un sel d’aniline.
- Les sulfodérivés du gris d’aniline sont parfaitement solubles dans les alcalis et les [carbonates alcalins faibles et réductibles en liqueurs alcalines.
- La solution dans les carbonates alcalins donne une encre inaltérable aux acides et aux alcalis, et
- qui résiste mieux au chlore que les encres ordinaires.
- Ce qui différencie ces sulfodérivés de ceux qu’on obtient avec les sels d’aniline, c’est qu’on peut produire avec le gris d’aniline, et par une toute autre méthode, des noirs conservant les mêmes propriétés.
- En oxydant le gris d’aniline à chaud dans une solution aqueuse de bichromate de potasse, additionnée d’acide sulfurique, on obtient des corps solubles dans les alcalis. Les noirs correspondants, provenant d’un sel d’aniline, même du sulfate, sont et restent insolubles. -
- Je noterai, en passant, quelques autres réactions oxydantes sur la dissolution du sulfate d’aniline dans l’acide sulfurique concentré, telles que celles des chlorates, du chlore, de l’acide ferricyanhydri-que, mais seulement pour en constater les résultats quasi-négatifs.
- Le bioxyde de barium et l’acide arsénique, donnent des corps bruns.
- Teinture au moyen des sulfodérivés.
- Si l’on envisage ces deux séries de noirs, au point de vue des propriétés tinctoriales, on constate que la solution alcaline teint directement le coton en nuances claires, mode, havane et gris. Il y a là quelque chose d’analogue à la teinture au moyen des corps dits sulfures organiques. C'est une attraction particulière de la fibre.
- Si à la solution alcaline on ajoute un réducteur, les résultats ne sont pas meilleurs, et cela ne présente rien que de très-naturel. Quand on teint en indigo, la matière colorante se trouve dans la cuve, à l’état d’indigo blanc soluble dans les alcalis ;
- p.37 - vue 44/286
-
-
-
- 38
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- réoxidé, celui-ci repasse à l'état d’indigotine parfaitement insoluble.
- La teinture avec les sulfodérivés du noir ne présente que des analogies lointaines avec la teinture en indigo.
- Il serait plus logique de comparer les allures de ces corps à celles des sulfodérivés de l’indigo, toujours solubles, qu’ils soientou nonréduits, eton arrive à concevoir ainsi les résultats imparfaits au point de vue tinctorial, que nous venons de mentionner.
- La meilleure méthode est alors tout indiquée, c’est de passer les tissus imprégnés de la solution alcaline, rédüite ou non, dans un bain acide, qui, saturant l’alcali, , permet à la matière colorante, insoluble dans ces conditions de se fixer sur la fibre.
- Le sulfodérivé de M. Goppelsrœder me semble conduire aux mêmes résultats.
- En teignant ainsi avec un des noirs bruns en solution alcaline, puis avec celle-ci réduite, l’échan-tillon obtenu dans ce dernier cas est moins brun, plus gris que le premier. Le réducteur semble ramener le noir brun suroxydé au noir franc, terme d’oxydation inférieur, le bisulfite de soude produit, du reste, un effet analogue.
- Si dans la gamme des sulfodérivés on a pris un terme d’oxydation convenable, le gris obtenu par teinture est parfaitement inverdissable. C’est vraisemblablement le sulfodérivé du gris, obtenu sur tissu par M. Glanzmann. [Bulletin de la Société industrielle de Rouen, 1874).
- Enfin, un tissu de laine teint en gris Coupier et oxydé convenablement à chaud dans un bain léger de bichomateet d’acide sulfurique, passe du violet au noir.
- Si on a préalablement mordancé le tissu en bichromate de potasse, les résultats sont meilleurs. On peut enfin teindre en gris d’aniline additionné d’une faible proportion de sel d’aniline et obtenir un noir encore plus beau.
- Je terminerai cette note par une classification des différents sulfodérivés du noir d’aniline, qu’on peut formuler ainsi :
- 1° Noir blanc (analogue à l’indigo blanc), de M. Goppelsrœder ;
- 2° Noir vert (sulfodérivé de l’éméraldine) -,
- 3° Noir bleu (noir ordinaire sur tissu). D’après M. Goppelsrœder, ces trois corps ne renfermeraient pas d’oxygène;
- 4° Noir franc (de M. Jeanmaire), qui renfermerait de l’oxygène -,
- 5° Noir brun, plus oxydé encore ;
- 6° Deux substances roses, dont une fluorescente, de M. Goppelsrœder.
- [Société industrielle de Mulhouse.}
- NOUVELLES MATIÈRES
- COLORANTES
- DE LA SÉRIE DE L’ANTHRACÈNE
- Par M. M. Prud’homme.
- Messieurs,
- Dans le cours de recherches que j’avais entreprises pour tenter de deshydrater certains corps, au moyen d’un mélange de glycérine et d’acide sulfurique concentré, il m’est arrivé de mettre en présence de ces réactifs diverses matières colorantes de la série de l’anthracène, et d’obtenir, d’une manière assez inattendue, des transformations curieuses.
- Mes essais ontportéprincipalement sur l’alizarine et l’alizarine mononitrée.
- On chauffe un mélange composé de :
- Une partie alizarine M. Lucius, n° 1, pour violet, en pâte -,
- Deux parties glycérine blanche;
- Deux parties acide sulfurique à 66°.
- Le liquide fonce assez rapidement en couleur et s’épaissit.
- Un dégagement considérable de gaz prend naissance; il se forme un peu d’acide sulfureux et d’acroléine.
- Il faut avoir soin de retirer à temps du feu la capsule où se fait l’opération, pour éviter que la matière déborde.
- Une température d’environ 200 degrés doit être maintenue quelque temps pour arriver à une transformation complète de l’alizarine. Les conditions de durée et de température demanderaient du reste à être fixées exactement.
- Le liquide doit, en tout cas, devenir brun foncé, presque noir. Après l’avoir laissé refroidir, on le verse dans une grande quantité d’eau et jette sur filtre.
- Le produit jaune verdâtre, qui reste sur le filtre après plusieurs lavages à l’eau chaude, est repris par un mélange, à parties égales d’eau et d’alcool
- p.38 - vue 45/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 39
- froids, qui en extrait facilement une matière colorante de la famille de l’alizarine, mais présentant avec celle-ci de grandes différences.
- En teinture le blanc se salit peu ; les rouges et roses sont beaucoup plus jaunes, les puces moins rouges et plus nourris, les violets plus bleus, les noirs plus beaux qu’avec l’alizarine. Les nuances se rapprochent de celles que donne l'isopurpurine.
- La soude, l’ammoniaque et le carbonate de soude donnent des solutions rouges-orangées, ce qui différencie suffisamment cette matière colorante de l’alizarine, tout en la rapprochant de l'isopurpu-rine.
- Si, à ces solutions alcalines, on ajoute de l’alcool, elles deviennent dichroïques ; rouges par transmission, vertes par réflexion.
- La solution alunique présente les mêmes caractères que celle de l’alizarine.
- La résistance au chlore, au savon et à l’acidulage est aussi la même.
- Quelquefois, à côté de cette matière colorante, il semble s’en former une autre, dont les solutions en soude et enammoniaque sont violettes, celle en carbonate de soude étant rouge, c’est-à-dire présentant les caractères de l'anthrapurpurine de Perkin.
- La mononitro alizarine (provenance Mannheim) se transforme aussi sons les mêmes influences et dans les mêmes conditions, et semble donner, comme le montrent les échantillons joints à cette note, < deux matières tinctoriales différentes.
- Comme pour l’alizarine, on traite par l’eau le produit de la réaction. Les eaux de lavage rouges, traitées par la soude, abandonnent un précipité bleu indigo, que le sel d’étain et la soude réduisent. La cuve est rose et se recouvre d’une fleurée bleue verdâtre.
- La séparation des corps restés sur filtre se fait assez aisément au moyen d’un mélange à parties égales d’alcool et d’eau.
- Le corps qui se dissout dans ce véhicule teint les mordants d’alumine en violet, les mordants forts de fer et les mélanges de fer et d’alumine en noir bleu, les mordants pour violet clair en gris presque bleu (n° 4).
- Il donne, en résumé, des nuances se rapprochant beaucoup de celles du campêche.
- Le corps peu soluble dans l’alcool donne un noir assez beau, un violet grisâtre avec les mordants de fer, et des bruns cachou, sans mélange de rouge, au lieu de rouge, de rose et de puce.
- C’est, je crois, le premier corps signalé jusqu’à ce jour, teignant ainsi les mordants.
- Ces deux matières colorantes résistent bien au savon et à l’acidulage, mais moins bien au chlore que l’alizarine ou la nitroalizarine. Elles teignent la laine sans mordant.
- On a déjà signalé des corps dérivés de l’anthra-cène et donnant avec les mordants d’alumine des violets.
- L’un provient de l’action de l’ammoniaque en vase clos sur l’anthrapurpurine, corps qu’on rencontre en petite quantité dans l’alizarine brute. L’autre, offert au commerce il y a un an environ, sous le nom d’anthraviolet, par MM. Gauhe et Cie, ne semble pas, d’après les essais de M. N. Potier (Société industrielle de Rouen), avoir un grand avenir. L'anthraviolet teint difficilement et peu également : le savon, le son, les chlorages détruisent les couleurs. Je renvoie pour plus de détails, au mémoire précité.
- Je ne ferai pour le moment aucune hypothèse sur la constitution de ces nouveaux corps. Il ne semble pas probable que ce soient des produits d’oxydation, sans quoi on rencontrerait dans le nombre la purpurine si facile à caractériser : de réduction simple non plus, car, parmi les dérivés de l’anthra-cène inférieurs à l’alizarine, il n’existe pas de matière tinctoriale, et les produits que j’obtiens avec la nitroalizarine diffèrent considérablement de ceux que donne la réduction de ce corps par le sel d’étain.
- Peut-être la molécule de la glycérine entre directement enjeu dans la réaction.
- Les autres corps de la série de l’anthracène, les différentes nitroalizarine, la purpurine, l'isopurpu-rine, etc., et même l'anthraquinone, doivent conduire, dans les mêmes conditions, à des résultats analogues.
- Je me réserve de poursuivre cette étude.
- ^Société industrielle de Mulhouse.)
- IMPRESSION
- Du rouge de cochenille sur laine.
- Par M. Killmeyer.
- L’impression de la cochenille sur laine est obtenue par un mélange de décoction de cochenille, de sel d’oseille, d’acide oxalique, de-sep"d‘étain et
- p.39 - vue 46/286
-
-
-
- 40
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- d’un épaississant -, on substitue souvent à la décoction de cochenille et au sel d’étain les laques d’étain et de cochenille. L’acidité de ces mélanges donne à la couleur de la cochenille un ton jaune qui persiste après savonnage ou après passage en eau calcaire si les pièces passent au vaporisage. L’auteur remédie à ce grave inconvénient en associant de l’acétate de soude au mélange. A froid, cette addition est sans ancun effet ; mais à chaud, l’acétate de soude agit comme alcali en perdant son acide acétique sous l’influence de l’acide oxalique, qui se trouve ainsi neutralisé. La couleur obtenue ainsi présente un ton plus chaud et plus rouge, quoiqu’on apparence moins nourri ; en réalité il est moins brun. Si l’on veut donner un ton jaune à la couleur, il vaut mieux l’obtenir par l’addition d’une matière colorante jaune que par un virage sous l'influenee d’un acide. Voici le mélange auquel s’est arrêté l’auteur :
- 14 »» kilogr. de gomme.
- 15 »» — d’eau.
- 17 50 — laque de cochenille.
- 2 25 — laque de fustet.
- On chauffe à 60° jusqu’à dissolution de la gomme et on ajoute :
- 1 »» kilogr. acide oxalique.
- 1 75 — sel d’oseille, puis, après dissolution et refroidissement.
- 2 25 — acétate de soude.
- Après impression, on sèche à une douce chaleur pendant un à deux jours, on vaporise pendant une heure dans la vapeur très-chaude, on sèche, on lave à la rivière et on sèche de nouveau. La nuance obtenue se rapproche beaucoup de celle que fourbit un bain de teinture correspondant.
- L’addition d’acétate de soude pour les jaunes vapeur ou oranges au fustet fournit également des tons beaucoup plus purs. Il en est de même, et d’une manière encore plus frappante pour l’impression de lafuschine sur coton.
- {Oing 1er's polgtechnisches journal. )
- ENCRE
- pour marquer le linge au noir d’aniline.
- Du docteur Jacobsen.
- el allhuge- • . , noi : . ...
- Cette encre se prépare au moyen de deux solu
- tions, l’une de cuivre, l’autre d’aniline, composées comme il suit :
- 1° Solution de cuivre : On dissout dans 60 gr. d’eau 8 gr. 52 de chlorure de cuivre cristallisé, 10 gr. 65 de chlorate de soude et 5 gr. 35 de chlorure d’ammonium.
- 2° Solution d’aniline : On dissout 20 grammes de chlorhydrate d’aniline dans 30 grammes d’eau distillée, et ou ajoute à ce liquide 20 grammes de solution de gomme arabique (1 partie de gomme pour 2 d’eau) et 10 grammes de glycérine.
- En mélangeant à froid 4 parties delà solution d’aniline avec 1 partie de la solution de cuivre, on obtient un liquide verdâtre qui peut être employé directement pour marquer le linge; mais comme ce liquide ne se conserve que quelques jours sans décomposition, il faut conserver les deux liquides séparément et ne les mélanger qu’au moment de s’en servir. L’application de l’encre peut se faire avec une plume aussi bien qu’avec une vignette et un pinceau. Si le liquide ne coulait pas bien sur la plume, on pourrait l’étendre d’un peu d’eau sans avoir à craindre d’affaiblir l’intensité de la couleur. Les caractères tracés sur le tissu paraissent d’abord vert pâle ; en les laissant exposés quelque temps à l’air, ils deviennent noirs ; ils noircissent immédiatement si on passe un fer chaud sur le revers du tissu ou qu’on chauffe ce dernier au-dessus d’une lampe à alcool. Comme la chaleur sèche rend cassantes les fibres recouvertes de cette encre, il vaut mieux tenir le tissu au-dessus d’un vase contenant de l’eau en ébullition violente. La chaleur de la vapeur suffit pour déterminer presque immédiatement la réaction (il se forme du noir d’aniline).
- Après le vaporisage, on lave la place où ont été tracés les caractères dans de l’eau de savon chaude ce qui donne à l’encre une belle nuance bleuâtre. Cette encre résiste aux lessives alcalines ; et si l’on a eu soin que les fibres du tissu soient bien pénétrées par le liquide, de sorte que les caractères soient visibles à l’envers, on n’a pas à craindre l’affaiblissement de la couleur par le lavage.
- p.40 - vue 47/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 41
- RAPPORT
- SUS UNE NOTE DE M. G. WITZ
- Traitant de l’emploi du vanadium dans le noir d’aniline par impression.
- Par M. JEANMAIRE.
- (Séance du 27 juin 1877.) Messieurs,
- La note dont j’ai à vous entretenir a été publiée dans les Bulletins de la Société industrielle, numéro de juillet à décembre 1876.
- L’autorité de son auteur en matière de noir d’aniline et la sanction de plusieurs mois de pratique dans l’une des plus importantes fabriques d’indiennes de Rouen donnaient du reste à ce mémbire le droit d’être publié sans commentaires, et, si le comité de chimie a demandé un rapport sur cet intéressant travail, Ce n’est que pour se conformer aux usages de notre société.
- Pour juger sainement et efficacement un procédé aussi délicat et aussi important, c’est par centaines qu’il faudrait compter les pièces d’essai, et je ne pense pas que le comité de chimie ait exigé cela de son rapporteur.
- Le seul but que je me suis proposé a été de vérifier l’exactitude des faits annoncés par M. Witz, concernant l’action vraiment surprenante du vanadium sur les mélanges capables de produire du noir d’aniline, et j’ai été heureux de constater leur parfaite concordance avec les résultats que j’ai obtenus de mon côté, en me plaçant autant que possible dans les mêmes conditions. J’ai opéré par séries comparatives, en faisant varier à l’extrême les proportions de sel de cuivre et de vanadium dans des couleurs mères composées de chlorhydrate d’aniline, de chorhydrate d'ammoniaque et de chlorate de potasse en solutions aqueuses et épaissies de différentes manières.
- La nature de l’épaississant a une grande importance, et si quelques-uns de nos collègues ne sont pas arrivés à de bons résultats avec les proportions minimes indiquées dans le mémoire, Gela tient, sinon à une mauvaise qualité du sel de vanadium, probablement à l’emploi, dans les couleurs, d’amidon grillé ou de gomme. M. Witz dit, du reste, avec raison, que lorsqu’on emploie ces produits, il faut dix à vingt fois plus de vanadium que pour une même couleur épaissie à l’amidon blanc ou à la gomme adragante. Mais on ne peut pas dire que ce
- soit le vanadium qui permette d’employer de tels épaississants, car on obtient avec les doses ordinaires de sulfure de cuivre un bon noir à la gomme ou à l’amidon grillé, à la condition d’augmenter un peu la concentration de la couleur en sel d’aniline et en chlorate de potasse.
- Le vanadium me paraît avoir une action environ cinquante fois plus énergique que le cuivre dans les couleurs non épaissies et cent fois plus grande dans les couleurs épaissies-, ainsi, 0 gr. 005 de chlorure vanadeux par litre de couleur correspondraient à 0 gr. 50 de chlorure de cuivre. M. Ro-senstiehl avait déjà reconnu, en 1865, que 1 gram. de sel de cuivre par litre suffit pour obtenir un beau noir.
- Il faut cependant convenir que des proportions aussi faibles n’ont pas été trouvées convenables dans la pratique. Quant au sulfure de cuivre, qui ne se décompose en sel soluble sur la fibre que lorsque la couleur est déjà sèche, il se trouve plus ou moins immobilisé et présente, par conséquent, beaucoup moins de points de contact avec les corps sur lesquels il doit agir. C’est ce qui fait que le rapport 1/3000 entre l’action de ce corps et des sels de vanadium, indiqué par M. Witz, n’est pas exagéré.
- Pour contrôler ces essais, j’ai opéré suivant la méthode imaginée par M. Camille Kœchlin, avant que M. Lauth eût trouvé le procédé au sulfure de cuivre, et qui consiste à foularder les tissus en un sel soluble de cuivre, sécher et imprimer sur cette préparation la couleur noire sans métal. J’ai obtenu les mêmes résultats. Les inconvénients de cette méthode disparaissent lorsqu’on remplace le cuivre par le vanadium ; les quantités infinitésimales de ce métal ne peuvent faire éprouver aux tissus la moindre altération, et sont de la plus parfaite innocuité pour les couleurs qui sont associées au noir. Peut-être cette manière d’opérer trouvera-t-elle son emploi pour certains genres.
- Quant à la question de conservation des couleurs, en prenant les précautions indiquées par M. Witz, les couleurs au cuivre se conservent tout aussi bien, sinon mieux, que celles au vanadium ; et, en liqueurs acides, la différence est plus marquée en faveur du cuivre, toutes proportions gardées naturellement, car il est bien évident qu’en forçant les doses métalliques, la rapidité de la décomposition sera augmentée en proportion.
- La décomposition des couleurs dépend en grande partie de leur acidité, et une couleur avec excès d’alcali, ou du moins ne contenant pas d’acide li-
- p.41 - vue 48/286
-
-
-
- H. to
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ber, se conservera indéfiniment avec des proportions relativement considérables de vanadium ou de cuivre, si aucune de ses parties n’est soumise à une action quelconque, chaleur, dessication, etc., capable de rompre son équilibre, en formant, par l a décomposition des chlorates de vanadium ou de cuivre, une certaine quantité d’éméraldine, qui croîtra d’une manière progressive, l’acidité de la couleur augmentant proportionnellement à la quantité du précipité qui s’est formé dans la liqueur. Et, en effet, d'après les analyses de M. Goppelsrœder, le noir d’aniline est une tétramine de la formule C24 II30 N4 et son chlorhydrate G24 H21 N4 CI. Si l’on a en présence, dans une solution, du chlorhydrate d’aniline, du chlorate dépotasse et un sel de vanadium, il me semble que la réaction qui donnera lieu au noir d’aniline pourra s’exprimer ainsi, en laissant de côté le vanadium, qui n’intervient que comme intermédiaire :
- 12 (N H2 G® H3 H Cl) + AK Cl O3 = 3 (O24 H21 N4 Cl) + 12 H2 0 + 4 K Cl +9 H Cl.
- En effet, en prenant les proportions indiquées par la formule, lorsque la réaction est achevée, après séparation du précipité, on trouve dans la liqueur filtrée la quantité correspondante d’acide chlorhydrique et de chlorure de potassium; quant à la quantité de précipité elle est aussi celleindiquée par la formule.
- Il est facile de doser l’acide libre en colorant la liqueur avec du violet de méthylaniline, comme l’a indiqué M. Witz, et ajoutant un alcali jusqu’à ce que la teinte verte passe au violet rouge.
- Le peu d’essais faits en grand ne m’autorise pas à porter un jugement sur un procédé qui est employé avec succès à Rouen depuis plus d’une année. A mon avis, le cuivre ne le cède en rien au vanadium, en ce qui concerne la conservation des couleurs, la beauté et la netteté du noir, l’attaque des râcles et des rouleaux. Mais ce dernier a sur le cuivre l’avantage d’être une méthode simple et économique, de permettre de régler facilement la durée de l’oxydation, sans changer la concentration de la couleur; déplus, au point de vue delà chimie pure, il a un mérite incontestable et il est à espérer que la généralisation de son emploi encouragera, sur des corps peu répandus dans la nature, des recherches qui ne pourront qu’être utiles, sinon à l’industrie, du moins à la science.
- {Société industrielle de Mulhouse.)
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- p.42 - vue 49/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 43
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NACARAT
- L’échantillon ci-dessous a été teint avec le produit n° 126, III, de MM. Ruch et fils. Ce produit est livré au commerce sous trois nuances I, II, III ; celle de l’échantillon est la plus foncée.
- Son emploi en teinture est le même que celui de la fuschine. On teint la laine sur bain neutre, sans mordançage, entrant à 40° et montant progressivement jusqu’à 80° C.
- Pour le coton on mordance préalablement, comme nous l’avons déjà indiqué plusieurs fois, avec sumac ou tannin ou autres, et on teint dans un bain neutre chauffé à 50° C.
- Nacarat, 126, III sur laine filéo.
- DE L’EMPLOI
- DU VIOLET D’ANILINE
- DANS LES TEINTURES SUR COTON
- Voici les échantillons des types que nous avions annoncés dans notre dernier numéro :
- Type N° 1.
- Le type n° 1 est la teinte violette fournie par le violet d’aniline.
- Type N° 2.
- Le type n° 2 est la teinte cachou obtenue sur coton écru.
- Type N’ 3.
- Le type n° 3 est le résultat de la même teinte cachou, mais sur le pied de violet n° 1.
- Nous parlerons prochainement d’une nouvelle préparation de cachou (brevetée), ou nouveau cachou d’un rendement bien supérieur à tout ce qui a encore été fait.
- IMPRESSION SUR LAINE
- (Chinage.)
- Les couleurs préparées comme nous l’indiquerons plus loin, sont faites pour être imprimées sur laine filée au moyen de la machine à chiner.
- Elles peuvent également servir pour les autres machines à imprimer, ainsi que pour l’impression à la main et sur pièces.
- Le caractère principal de ces couleurs est d’être très-simples, car elles ne nécessitent point la préparation de plusieurs couleurs-mères qui se combinent l’une avec l’autre.
- Noir.
- Dissoudre dans 6 litres d’eau bouillante, 3 kil. extrait de campêche, laisser refroidir et déposer, décanter et mélanger la solution décantée avec 500 gr. acétate de fer à 5° B et 125 gr. nitrate de fer à 50° B.
- Epaissir ensuite avec de la gomme adragante (250 gr. ordinairement). Imprimer, suspendre pendant 6 heures et vaporiser 3/4 d’heure à 100° C. — Rincer.
- Brun.
- Dissoudre dans 6 litres d’eau 1 kil. extrait de bois rouge et 500 gr. extrait de quercitron, laisser refroidir et déposer, décanter et épaissir avec 125 gr. gomme adragante, puis y délayer 250 gr. acétate d’alumine à 5° B.
- On peut foncer davantage en ajoutant de l’acétate de fer.
- p.43 - vue 50/286
-
-
-
- 44
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Imprimer, suspendre, vaporiser, et rincer comme pour noir.
- Marron.
- Dissoudre dans 6 litres d’eau 33 gr. marron d’aniline, laisser refroidir et déposer. Décanter et épaissir avec 80 gr. gomme adragante, 80 gr. d’amidon et 50 gr. de colle forte.
- Imprimer, suspendre, vaporiser à 80° C, et rincer.
- Ponceau.
- Faire une décoction de 500 gr. cochenille dans 6 litres d’eau, décanter après dépôt, faire cuire à l’eau le dépôt jusqu’à ce qu’il soit épuisé, mélanger les décoctions et réduire au feu jusqu’à n’avoir plus que 6 litres. Laisser refroidir et déposer, décanter et dissoudre 160 gr. acide oxalique et 80 gr. sel d’étain. — Epaissir avec 250 gr. amidon blanc, 125 gr. colle blanche, imprimer, vaporiser à 80° et rincer.
- Écarlate.
- Opérer comme pour le ponceau, et ajouter suivant la nuance, 10 à 50 grammes extrait de bois jaune dissous à l’eau, ou mieux encore de la laque de Fustet.
- Orange.
- Même nuance que pour l’écarlate, diminuer seulement la quantité de cochenille et augmenter celle d’extrait de bois jaune.
- Ou bien se servir de coccine ou d’orangés, épaissir avec amidon et colle, vaporiser à 60° G. et rincer.
- Magenta.
- Dissoudre dans 6 litres d’eau 15 gr. fuschine, laisser refroidir et déposer. Décanter, épaissir 250 gr. amidon blanc et 125 gr. colle forte.
- Imprimer, vaporiser à 60° G. Rincer.
- Pensée.
- Même opération que pour magenta, mais remplacer la fuschine par du violet au méthyl bleuâtre ou rougeâtre, suivant l’échantillon à reproduire.
- Bleu.
- Dissoudre 500 gr. carmin d’indigo dans 6 litres d’eau, épaissir avec 250 gr. d’amidon et 125 gr. colle forte, puis délayer 500 gr. d’alun en poudre.
- Si l’on veut avoir une nuance rougeâtre, ajouter un peu de violet méthyl bleuâtre.
- Imprimer, vaporiser et rincer.
- Vert.
- Dissoudre dans 6 litres d’eau 250 gr. carmin d’indigo, épaissir avec 250 gr. amidon et 125 gr.
- colle, délayer 500 gr. d’alun en poudre et ajouter 250 à 500 gr. extrait de bois jaune dissous à l’eau.
- Vert lumière.
- Dissoudre 50 gr. vert méthyl dans 6 litres d’eau, épaissir avec amidon et colle forte.
- Imprimer, vaporiser légèrement à 60° G. et rincer. Pour les nuances jaunâtres, ajouter de l’acide picrique.
- (Dr M. Reimann à Berlin.
- -------so**Fsoa-----------
- TEINTURE POUR LA CHAPELLERIE
- Chapeaux teints à la foule.
- — Suite (1). —
- Emploi des Couleurs.
- Le violet de fuschine (marque à l’alcool) doit être dissous à l’alcool avant d’être mis dans la foule, le bleu et la fuschine étant solubles à l’eau, on peut ne pas les dissoudre, mais les verser en poudre, tels qu’ils sont, dans la foule. La foule est avivée à l’acide sulfurique comme d’habitude, on y met les divers produits qui la composent. On fait alors bouillir l’eau 15 minutes environ, en agitant le bain pour les dissoudre complètement.
- Pour mieux assurer l’uniformité de la nuance, il est utile avant de commencer à fouler, de bien mouiller les bastissages dans une foule claire, puis de les tremper complètement dans la foule colorée, afin que la couleur adhère uniformément sur toute leur surface. Lorsque les chapeaux sont à la forme, on peut les dresser de suite sur la même foule. Si la nuance n’était pas assez foncée, on les ferait auparavant tremper dans la foule, jusqu’à ce qu’ils arrivent au ton voulu.
- Entretien de la foule.
- Ces proportions s’appliquent au premier établissement d’une foule, mais la teinture de six chapeaux, bien loin d’épuiser le bain, n’absorbe qu’une très-faible quantité de colorant, qu’il suffit de remplacer à mesure pour maintenir l’intensité du bain de foule.
- Afin de ne pas perdre les produits mis dans le bain, et au lieu de jeter chaque jour l’eau de la foule, on la filtre dans un feutre qui retient toutes les impuretés du travail delà journée. La mine de
- (I) Voir Moniteur de la Teinture, pages 147, 161, 174, 179, 211, 223, année 1877, et page 19, année 1878.
- p.44 - vue 51/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 45
- plomb non dissoute est seule perdue ; mais le bain de foule ainsi filtré, puis complété, est prêt à resservir avec la même efficacité et la même puissance.
- Le prix de la teinture revient ainsi très-bon marché, ce qui ne serait pas si les quantité décolorants indiquées pour l’établissement du bain de foule devaient être complètement absorbées par chaque teinture de six chapeaux.
- Chapeaux teints après foulage.
- Pour ce genre de chapeaux, on peut comme pour les chapeaux foulés, obtenir les nuances les plus variées, soit en employant exclusivement pour les teindre des couleurs d’aniline, soit en leur donnant d’abord un fond de campêche, orseille, prussiate ou tout autre, et en les passant ensuite dans un bain de fuschine de violet ou de bleu.
- Poils teints pour mélanges.
- Il faut mettre dans le bain de teinture, la dissolu-tioh du colorant et non le colorant lui-même.
- Pour la teinture à la fuschine, il faut environ par kil.de poils, 10 gr. de fuschine, et ajouter un bain de teinture 30 gr. de tartre rouge ou blanc.
- Commencer la teinture à froid, chauffer progressivement jusqu’à l’ébullition, puis laisser refroidir le bain en y maintenant le poil.
- Pour la teinture en bleu ou violet, il faut environ 12 gr. de couleur par kil. de poils, et ajouter au bain de l’acide sulfurique et un peu de sulfate d’alumine.
- Commencer à teindre à 25 ou 30° C. puis pousser progressivement à l’ébullition, qu’on maintient 20 ou 30 minutes, suivant la nuance voulue.
- Là, comme pour tous les autres genres, on obtient les nuances les plus variées en variant les quantités de colorants.
- NOIR DIRECT
- (Brevet Rave).
- Nous avons donné (page 236 du Moniteur de la Teinture, année 1877), la formation du bain de teinture du noir direct, fabriqué en France par M. Wattine-Delespierre, à Lille. Ce noir inventé par M.
- Rave, qui l’exploite en Belgique, vient de subir diverses modifications indiquées par les applications industrielles. Le prix de revient en teinture a été considérablement diminué, le colorant est concentré au double, et la poussière qüi se produisait souvent sur la laine peignée en rubans, a disparu complètement.
- Les numéros 9 et 10 de l'Album dù Teinturier, par G. Van Laer (2e année), donnent une série de teintures par M. Rave (16 échantillons sur laine filée). (1)
- Les teintures des quatre premiers échantillons ont été obtenues dans le même bain en diminuant de moitié les doses d’acide oxalique indiquées primitivement, et en ajoutant les doses de noir, campêche et bois jaune, dans les proportions suivantes,
- par chaque 100 kil de laine :
- 1° Noir direct 40 kil.
- Bois de campêche (LagUna) 10 Boisjaune 5
- 2° Noir direct 30
- Bois de campêche 10 Bois jaune 7 500 3o Noir direct 25
- Bois de campêche 10 Bois jaune 7 4° Noir direct 20
- Bois de campêche 10
- Boisjaune 7 500
- Les quatre échantillons suivants donnent la série du gris au noir en employant successivement 10, 20, 30 et 40 k. de noir direct et constamment 5 k. de bois de campêche, pour 100 k. de laine.
- On obtient également une série de teintes modes, du clair au foncé, en employant 10, 20, 30 et 40 k. de noir direct, et respectivement 2 1/2, 5, 7 1/2, et 10 k. de bois de campêche, avec la même quantité de bois jaune, pour 100 k. de laine.
- Combiné avec l'orseille et le bois de campêche, le noir direct donne des teintes prunes, du clair au foncé. Les doses sont, pour 100 k. de laine,respectivement de 10, 20 et 30 k. de noir direct, pour 5, 10 et 30 k. d’orseille et 5, 10 et 10 k. de bois de campêche.
- (i) Voir aux annonces les conditions d’abonnement à cette excellente publication. Nous donnerons dans un pro-chain nümdro le brevet Rave, in-extenso.
- p.45 - vue 52/286
-
-
-
- 46
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- INVENTIONS BREVETÉES
- Purification des eaux de lavage des laines
- Par M. Marix.
- Cette invention consiste en un nouveau mode de purification des eaux provenant des lavages et du peignage des laines brutes.
- La laine est d’abord désuintée en subissant un lavage méthodique dans plusieurs cuviers communiquant entre eux, au moyen de tuyaux placés, à volonté, à la partie supérieure desdits cuviers, de façon à produire un liquide assez dense pour diminuer autant que possible les frais de concentration dans la transformation du suint en potasse.
- La laine destinée à être peignée ne pouvant perdre tout son suint dans l’eau pure, sous peine de se feutrer ; d’un autre côté, l’extraction de la totalité du suint étant indispensable pour arriver à purifier les eaux en question, on a eu l’idée d’arrêter le désuintage à l’eau pure lorsque l’eau sort des cuviers réduite à une faible densité (par exemple 1 degré à 1 degré 5/10 de l’aréomètre Baumé) et alors d’achever le désuintage au moyen d’une eau de savon (de 500 grammes à 1 kilogramme de sa-von à 40 0/0 d’acide gras pour 100 kilogrammes de laine brute). Cette eau savonneuse expulse de la laine le restant du suint, en s’y substituant, et la fait ainsi arriver au lavage dans d’excellentes conditions.
- Substance colorante.
- Par M. Savigny-Collineau.
- Cette substance végétale colorante, d’une innocuité absolue tant dans les manipulations nécessaires à son obtention que dans ses divers emplois, est extraite des feuilles du chou rouge ou du brocoli ; c’est en raison de cette origine qu’on lui a donné le nom de cauline, du latin caulis (chou).
- Préparation : — On enlève l’intérieur du chou ou du brocoli et les nervures des feuilles; on coupe ces feuilles en petits morceaux que l’on projette dans de l’eau bouillante en observant approximativement la proportion de 1,500 grammes de feuilles de chou pour trois litres d’eau. On laisse
- macérer l’infusion pendant 24 heures ; on retire les feuilles et on leur fait subir une pression pour en extraire le jus que l’on mélange ensuite avec le liquide infusé.
- La liqueur ainsi obtenue est d’un bleu violacé intense, elle constitue la cauline ; cette liqueur forme la base d’une série de dérivés suivant qu’on la traite avec telle ou telle matière différente pour obtenir telle ou telle coloration. On obtient ainsi des verts de tous les tons, du bleu-pâle, le violet, le rose, etc.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 116,628. 23 janvier. — Lafon.— Mastic calori-rique destiné à envelopper les tuyaux et toutes sortes de vases ou appareils.
- 116,689. 26 janvier. —Durand. — Perfectionnements dans la construction des peignes de tissage.
- 116,693. 25 janvier. — Flamant et Gasnier. — Montage de métier permettant de tisser tous genre de tissus ou étoffes de fantaisie avec n’importe quels fils ou matières.
- 116,728. 5 février. — Journaudet Vercasson. — Machine à laver les soies et autres textiles dite batteuse-seco ueuse.
- 116,740. 5 février. — Vercasson. — Machine dite retordeuse, avec laquelle on peut retordre, à plus ou moins de bouts, toute espèce de matière textile.
- 116,747. 29 janvier. — Changy (de). — Traitement et blanchiment de toutes les matières textiles d’origine végétale et spécialement du jute.
- 116,774. 29 janvier.— Videlot. — Application de la pierre lithographique à l’impression sur étoffes.
- 116,779. 5 février.— Bichon. — Fabrication de l’hydrate d’alumine pur par la bauxite et son application aux diverses industries qui emploient l’alun et le sulfate d’alumine.
- 116,810. 5 février. — Blay frères et Cie. — Emploi des appareils de lessivage à la vapeur dans la teinture des laines, fils et étoffes de laine.
- 116.814. 1er février. — Froescheis. — Crayon à marquer le linge.
- 116,815. 5 février.— Hervieu,— Système de
- p.46 - vue 53/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 47
- dégraissage des draps et nouveautés, applicable également au dégraissage des déchets de laine.
- g_.==52 g
- VARIÉTÉS
- Bataillé d’X dans lé champ clos d’un erratum.
- C’est ainsi que s’exprime le correspondant qui me fait l’honneur de m’écrire et qui sans miséricorde me fait rendre gorge en me plongeant dans le flanc jusqu’à la garde, la dague de sa logique.
- Ah ! Ah ! monsieur grand X, teinturier-chimiste très-distingué, c’est ainsi que vous pesez de toute votre supériorité sur le commun des martyrs ?
- C’est beau d’être teinturier, on fait voir des couleurs aux gens, on les emberlificote, on les ébau-bit, mais d’être chimiste ! C’est bien mieux ; car on leur enseigne à faire bouillir du coton pendant 3 heures dans de l'eau froide. Que dis-je, on leur enseigne..on ne leur enseigne rien, on avance la proposition, mais de démonstration, point !...
- Et n’allez pas dire que je vous cherche une querelle d’allemand, car dans le cas présent si j’ai la force, j’ai aussi le droit-, relisez l’article que vous avez signé dans le Moniteur de la Teinture du 5 février 1878, vous y verrez qu’au quatrième mot de la seconde ligne du neuvième paragraphe de la première colonne de la page 31, vous dites : « Ces cotons ont d’abord été débouillis pendant 3 heures à l’eau froide. »
- J’aurais compris l’eau pure, c’est-à-dire sans soude, ni urine, ni aucun autre corps.
- Mais je veux être généreux pour cette fois et ne pas vous écraser complètement ; satisfait de m’être mesuré avec vous, je vous laisse votre prestige de grand X (X) et je me contente de prendre la qualité de petit x (x) mais de petit x prime.
- Agréez, mon cher X, les civilités respectueuses de votre x’.
- Voilà ce que c’est que d’écrire à main levée et de ne pas se donner le temps de relire ses écrits, j’ai péché, je suis châtié, je n’ai que ce que je mérite et je sais gré à mon adversaire d’avoir relevé cette erreur qui certainement aura été relevée par la plupart des lecteurs du moniteur, mais aura pu échapper à d’autres.
- Mon intention était bien de mettre le qualificatif pure à la place de froide. X.
- INFORMATIONS & FAITS
- LES TRAITÉS DE COMMERCE
- On écrit de Bruxelles :
- « La Chambre de commerce de Verviers a reçu, de M. le ministre des affaires étrangères, une communication l’informant qu’en raison de la crise industrielle, le gouvernement français ne juge pas le moment favorable pour continuer les négociations tendant au renouvellement des traités de commerce. Les conventions actuelles continueront de régir les rapports commerciaux jusqu’à une époque qu’il est encore impossible de déterminer. »
- D’autre part, on écrit de Londres :
- « Lord Derby, dans une communication qu’il a faite à la Chambre de commerce de Bristol, a annoncé que M. Waddington avait déclaré à lord Lyons, ambassadeur anglais à Paris, qu’il ne pouvait pas reprendre en ce moment les négociations pour la conclusion d’un nouveau traité de commerce entre la France et l’Angleterre, ajoutant qu’il croyait sage de laisser ces négociations en suspens jusqu’au rétablissement de la tranquillité commerciale, qui présentera une nouvelle occasion de les reprendre avec la perspective d’un succès complet.
- « Dans ces circonstances, le gouvernement anglais exprima son assentiment aux idées du gouvernement français. »
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Les comités chargés des installations intérieures ont des réunions nombreuses et poursuivent leur mission avec la plus grande activité. On peut dès à présent, citer un certain nombre de classes dont les travaux sont terminés, c’est-à-dire qui sont en mesure de procéder à leur aménagement, et ont dressé leur plan de détail et assuré le budget des ressources nécessaires à leur organisation. Nous indiquerons notamment la classe 48 (teinture et apprêt d’étoffes), la classe 53 (matériel des arts chimiques), la classe 57 (matériel et procédés de tissage), la classe 58 (matériel de la confection de vêtements) :
- En raison de cet avancement rapide des travaux la chambre de commerce de Paris a pris les mesures nécessaires à la manutention des marchandises destinées à l’Exposition et elle a adressé aux commissaires généraux étrangers et aux pré-
- p.47 - vue 54/286
-
-
-
- 48 LE MONITEUR DE LÀ TEINTURE
- sidents des comités d’installation des classes françaises, au Champ-de-Mars et au Trocadéro, la circulaire suivante dont nous croyons devoir reproduire le texte :
- J’ai l’honneur de vous informer que, par délibération du 21 mars 1877, la Chambre de commerce a décidé que son service de manutention, établi près de la Douane centrale de Paris, serait comme en 1855 et en 1867, mis à la disposition des exposants français et étrangers pendant toute la durée de l’Exposition universelle de 1878, sous le titre d’Agence générale.
- En douane, les opérations de la manutention comprennent : la réception, le pesage et l’ouverture des colis ; le déballage des marchandises; le pesage, le cubage et le marquage des colis ; enfin le rechargement pour le lieu de destination.
- Aux termes de l’article 37 du règlement général, l’enceinte de l’Exposition pour la partie étrangère est constituée en entrepôt réel de douane. L’administration des douanes y établira un service spécial près du quel fonctionnera comme auxiliaire celui de l’Agence générale de la Chambre de commerce.
- Pourvue d’ouvriers habiles, expérimentés et admis par l’administration des douanes, l’Agence générale tiendra, à partir du 1er janvier prochain son service et ses équipes en permanence dans le bâtiment de l’Exposition au Champ-de-Mars et au Trocadéro et sera ainsi en mesure, avec un puissant matériel, qui comprendra les grues roulantes et à la vapeur, de satisfaire à tous les besoins qui pourraient se révéler tant à l’arrivée qu’au départ des marchandises des exposants.
- Elle se chargera, en outre, d’enlever après le déballage les caisses vides avec leurs fournitures, de les garder dans des magasins spéciaux pendant toute la durée de l’Exposition, avec garantie contre les chances d’incendie, et enfin de les rapporter aux exposants après la clôture de l’Exposition.
- Pour faciliter encore à messieurs les exposants étrangers ou français qui désireraient envoyer par anticipation à Paris les colis destinés à l’Exposition universelle de 1878, la Chambre de commerce réduira ses tarifs de magasinage de 50 p. 100 dans les magasins qu’elle administre à la Douane centrale de Paris, rue de la Douane, no 17.
- Ces tarifs comprennent ; l’entrée, la sortie et le dépôt, toute manutention de déchargement et de rechargement comprise.
- Voici les prix d’après lesquels se feront ces opérations :
- A l’arrivée, la réception, le déchargement, l’enregistrement et la conduite à pied d’œuvre coûteront 1 fr. 50 par colis de 100 kil. et 50 centimes par fraction de 50 k. en sus ; l’ouverture et le dé
- ballage, 1 fr. 50 et 75 centimes pour les mêmes poids.
- Pour la conservation des caisses, le transport (aller et retour), le gardiennage, l’assurance, il sera perçu 3 fr. par caisse de 1 mètre cube et au-dessous; 75 cent, pour chaque mètre cube en sus.
- Au départ, l’emballage, la fermeture, le pesage, le marquage et le rechargement des colis coûteront 3 fr. par 100 k.
- A l’égard des colis qui seraient envoyés par anticipation à la douane centrale de Paris, ils seront reçus dans les magasins au prix de 1 fr. les 100 k. (déchargement, séjour, assurance contre l’incendie et rechargement compris).
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- On demande un bon Teinturier en laine, connaissant le grand teint sur écheveaux, et un Apprenti de 15 à 16 ans, gagnant de suite.
- S'adresser chez MM. Boyriven frères^ 9, rue de l’Ouest, à Neuilly (Seine).
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S'adresser au bureau du Journal.
- LAC-DYE
- LES PLUS FINES MARQUES, PULVÉRISÉ A vendre en dessons des prix LOSCHER ET BOMPER (Dusseldorf).
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
- p.48 - vue 55/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, No 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 1878
- SOMMAIRE
- Exposition universelle de 1878. — Le Congrès des Teinturiers à l’Exposition universelle de 1878. — De l'in-fluence de la glycérine sur la fixation de l’indigo, par M. Prud’homme. — Préparation de l’aniline, par M. E. Varenne. — Sur la falsification de l'extrait de campéche. — Application du quebracho à la teinture.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Dégradage d’une robe de laine, grenat ou marron, teinte à l’orseille, et teintures en nuances claires ; Eosine de Méthyl (2 échantillons); de l’emploi du violet d’aniline dans les teintures du coton (2 échantillons).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Laques à l’alizarine artificielle ; Teinture des légumes et des fruits. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Catalogue des dits brevets {année 1877). — Emploi de la glycérine dans le tissage, la teinture, l’impression et les apprêts.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Le billet de banque de 100 francs. — Dépôt de projets de loi. —Exposition universelle de 1878. — L’industrie lyonnaise à l’Exposition.
- EXPOSITION 2 DE 1878
- Nous avons le plaisir d’annoncer à nos lecteurs que notre publication, le Moniteur de la Teinture^ vient d’être admise à faire partie des ouvrages qui prendront place dans la bibliothèque technologique * de l’Exposition.
- Le projet de cette bibliothèque destinée à faire connaître les livres utiles dans lesquels les diverses industries peuvent trouver si abondamment des éléments de progrès, a reçu du public un chaleureux accueil. De nombreuses demandes ont été adressées à M. le Commissaire général de l’Exposition et il est aujourd’hui certain que le projet sera largement réalisé.
- Nous rappelons à nos lecteurs, exposants, que VOfflce du Journal se charge, moyennant un prix très-modéré, de lui servir de représentant ou de correspondant, pendant toute la durée de l’Exposition.
- LE CONGRÈS DES TEINTURIERS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Le Congrès des Teinturiers, dû à l’initiative de M. Drevet et proposé par le Moniteur de la Teinture dans le numéro du 5 février 1878, paraît aussi difficile à réussir que celui qui doit trancher la question d’Orient. — Dût-il, comme ce dernier, changer son nom en celui de conférences, il n’en produirait pas moins un bon résultat, aussi accueillons-nous avec empressement la lettre suivante :
- Mon cher directeur,
- Pardonnez-moi si je frappe encore sur la même corde, c’est que je veux lui faire rendre le même son.
- L’époque de l’Exposition approche sans cesse et le temps presse pour entraîner les hésitants dans la voie que nous leur avons ouverte : celle d’une réunion générale à Paris.
- Ne craignons pas de nous répéter, familiarisons nos clients avec cette idée, elle deviendra bientôt la leur et ils se feront une nécessité de cette réunion ; il entrera dans le programme de leur voyage à Paris de se rendre à cette invitation que nous leur avons faite et que nous leur rappelons encore ici.
- Chacun de notre côté faisons nos efforts pour entraîner des adhésions à notre réunion.
- Vous avez annoncé une étude sur les écoles professionnelles, mettez votre promesse à exécution, et moi, en vous suivant sur le même terrain, j’aiderai de toutes mes forces à la réalisation de celte idée qui serait si avantageuse pour nous tous.
- Nous n’avons pas d’illusion à nous faire sur les résultats qui nous attendent. La tâche est ardue, mais progressiste. Suivons le courant dans lequel nous nous sommes placés, et, si nous réussissons, nous aurons la satisfaction de voir nos efforts récompensés par un progrès immense qui tirera tout son avantage de la solidarité que nous cherchons à établir entre les membres d’une même industrie.
- Et quand même nous ne ferions que d’asseoir le germe de notre idée, quand même nous n’aurions pas la satisfaction de voir cette idée rapporter ses fruits, si l’idée prend racine, elle poussera, grandira, fructifiera, relevée, cultivée, développée par d’autres plus persuasifs que nous.
- p.49 - vue 56/286
-
-
-
- 50
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Frappons le fer pendant qu’il est chaud.
- Poursuivons notre tâche avec une constante persévérance, sans trêve ni relâche.
- Quelle occasion plus favorable peut nous être offerte de nous réunir, de nous entendre et de manifester nos vœux ?
- L’Exposition nous fournira un motif de déplacement et de réunion, qui nous permettra de nous réunir sans que nous en éprouvions aucun dérangement. — Que les teinturiers prennent donc un rendez-vous à Paris, à propos de l’Exposition universelle.
- Ch. Drevet fils.
- DE L’INFLUENCE
- DE LA GLYCÉRINE SUR LA FIXATION DE L’INDIGO
- Par M. Prud’homme.
- (Note lue à la Société industrielle de Mulhouse).
- Messieurs,
- Avant d’aborder la question qui fait le sujet de cette note, je commencerai par vous rappeler les travaux de quelques-uns de mes devanciers.
- Je citerai, par rang de date, le bleu d’indigo-vapeur au cyanure de potassium de M. E. Schlum-berger, et les applications faites par M. Albert Scheurer, du bleu à l'hydrosulfite de soude de MM. Schützenberger et de Lalande. Puis viennent deux mémoires plus intimement liés à mon travail, dont ils renferment en quelque sorte le germe. L’un, de M. Jeanmaire, traite d’un bleu solide alcalin au tartrate de fer. L’auteur (je mets à dessein ce point en lumière) vous y signalait l’heureuse influence de la glycérine sur la fixation des bleus solides. L’autre, plus récent, de M. Zürcher, expose un procédé nouveau de bleu d’indigo-vapeur, qui, pour n’être pas devenu industriel, n’en reste pas moins intéressant.
- En imprimant une couleur à l’indigo, oxyde d’étain en pâte et bicarbonate alcalin, il arrivait à réduire l’indigo sur le tissu. Les résultats obtenus n’étaient bons que pour des échantillons vaporisés en petit, c’est-à-dire dans un fort courant, sans cesse renouvelé, de vapeur très-humide.
- M. Jeanmaire, chargé de faire un rapport sur ce travail, confirmait les conclusions de M. Zürcher, tout en élargissant la question et en montrant que les carbonates alcalins pouvaient remplacer les
- bicarbonates. Il faisait, du reste, ses réserves sur les causes propres à favoriser ou entraver la réaction pendant le vaporisage.
- J’arrive maintenant à mes expériences personnelles.
- Si l’on essaie de réduire, par les carbonates alcalins et l’oxyde d’étain en pâte, de l’indigo en suspension dans l’eau, la réduction est imparfaite, même en maintenant assez longtemps le liquide à l’ébullition.
- Vient-on à remplacer l’eau par la glycérine, on obtient, au bout de quelques minutes d’ébullition, une solution d’indigo réduit parfaitement jaune.
- La réaction commence à froid, car la liqueur prend une teinte de plus en plus verdâtre, mais elle n’est complète et nettement indiquée par la couleur jaune, caractéristique de la solution d’indigo réduit, que quand le thermomètre plongé dans le liquide marque 110 à 120 degrés centigrades.
- J’indique à dessein ce chiffre, sur lequel je reviendrai.
- Si l’on imprime une couleur ainsi composée :
- 45 grammes indigo broyé ;
- 150 grammes oxyde d’étain;
- Ajouter à froid :
- Un demi-litre épaississant gomme et glycérine,
- 300 grammes cristaux de soude, elle se comporte comme la couleur correspondante de M. Zürcher, où l’eau remplace la glycérine, c’est-à-dire ne donne de bons résultats que dans le vaporisage en petit.
- Sur tissus préparés en acides gras, la couleur est plus belle et plus solide.
- Je ferai remarquer, en passant, que ce bleu, comme tous les bleus d’indigo, même fixés déjà sur tissu, perdent au vaporisage, deviennent gris, ce qui a empêché jusqu’ici d’imprimer, comme ren-trure, dans les gros bleus enluminés, des rouges à l’extrait de garance ou à l’alizarine artificielle.
- Ce chiffre de 110 à 120 degrés, dont je parlais plus haut, m’a tout d’abord donné lieu de penser que, ma couleur à la glycérine ne donnant pas au vaporisage de résultats supérieurs, les conditions de température ou de pression de la vapeur étaient défectueuses.
- J’ai alors institué les expériences suivantes, qui n’ont pas confirmé cette hypothèse, mais m’ont conduit à un résultat assez singulier.
- On imprime la couleur non réduite, dont j’ai donné plus haut la recette.
- p.50 - vue 57/286
-
-
-
- ET DE L’iMPRESSÏÔN DES TISSUS
- 51
- 1° Un échantillon est mis en eau bouillante, sans qu’on voie trace de réduction, quelle que soit la durée du contact;
- 2° En remplaçant l'eau par la glycérine, chauffée au bouillon, la couleur se réduit sur le tissu, passe au jaune, pour se réoxyder ensuite à l’air;
- 3“ En élevant le point d’ébullition de l’eau jus-qu’à 115 à 120 degrés, au moyen d’azotate de soude (sel sans action réductrice), le résultat obtenu est nul, comme dans le premier cas.
- Il en est de même avec de l’huile chauffée à 120 degrés.
- Il fallait donc en revenir à cette idée, que la glycérine jouit de propriétés réductrices particulières, et j’ai commencé alors une série d’expériences que, pour me mettre à l’abri de toute cause d’erreur, j’ai faites avec de la glycérine pharmaceutique à 28° Be, distillée dans la vapeur surchauffée.
- J’ai du reste vérifié qu’elle ne renfermait ni chaux, ni sucre, glucose ou dextrine. Son point d’ébullition, plus élevé que celui de la glycérine commerciale, était situé vers 140 degrés.
- Je ne donnerai pas le détail de tous ces essais. ’ Il me suffira de dire que j’ai varié méthodiquement les conditions expérimentales, de manière à éliminer toutes les actions secondaires.
- Je suis arrivé ainsi à constater avec certitude :
- 1° Que la glycérine seule, chauffée en présence de soude caustique, réduit l’indigo.
- 2° Que la glycérine et l'oxyde d’étain conduisent au même résultat, ou plutôt à la formation d’un précipité d’indigo blanc.
- Si, dans la glycérine dont j’ai fait usage, portée au bouillon, on projette de l’oxyde d’étain en pâte, il se produit une réaction tumultueuse, due probablement en partie à l’expansion de la vapeur d’eau, et l’indigo est instantanément réduit.
- Avec de la glycérine blanche commerciale à 22° Be, il faut faire bouillir assez longtemps.
- J’ai laissé de côté la glycérine brune à 28 degrés, qui est fortement chargée de chaux.
- Quelle est donc l’action de la soude caustique sur la glycérine, à une certaine température?
- Elle a été étudiée, il y a longtemps déjà, par MM. Dumas et Stas, et peut se formuler ainsi :
- Transformation de la glycérine en acétate et for-miate de soude, avec dégagement d'hydrogène,
- C3 H8 O3 + 2 Na HO' = G2 H2 O2 Na + GHO2 Na + H {Annales de chimie et de physique, tome LXXIII, page 148).
- La réaction de la soude et de la glycérine sur
- l’indigo ne se borne pas à une simple réduction. En prolongeant le contact ou en élevant la température, on arrive, je crois, à le détruire en partie, car on constate la formation d’une matière gommeuse verdâtre.
- Pour ce qui est de l’action de l’oxyde d’étain sur l’indigo, en présence de glycérine, je serais tenté d’en donner une explication analogue, tout en tenant compte du rôle réducteur qu’il peut jouer par lui-même.
- On comprend dès lors ce qui se produit, lorsqu’on passe en glycérine chauffée un échantillon imprimé avec une couleur renfermant ces trois éléments :
- Indigo, cristaux de soude, oxyde d’étain.
- Du stannite de soude se forme, et à son pouvoir réducteur vient se joindre celui que mettent en jeu les deux réactions fondamentales que j’énonçais tout à l’heure.
- On s’explique aussi qu’au vaporisage ma couleur à la glycérine ne donne pas de résultats supérieurs à celle de M. Zürcher, car le peu qui pénètre la fibre ou reste maintenu à sa surface par l’épaississant est insignifiant, à côté de la masse de la couleur elle-même.
- J’ajouterai que, si parfaite que soit la réduction de l’indigo sur le tissu, après un passage en glycérine, la fixation de la matière colorante, par réoxydation à l’air est peu satisfaisante. J’attribue ce fait (en étendant même l’observation à la généralité des bleus d’indigo-vapeur) à l’insuffisance de la quantité d’alcali en présence.
- L’indigo est réduit, très-bien réduit, mais, n’étant pas dissous, n’arrive pas à pénétrer la fibre.
- Mes recherches ne se sont pas bornées à l’indigo; je les ai étendues aux couleurs d’aniline, que je ne cite que pour mémoire, et à quelques corps de la série de l’anthracène. L’alizarine, l’alizarine nitrée et l’acide rufigallique, réduits à chaud au moyen de glycérine, d’oxyde d’étain et'de carbonate alcalin, donnent tous les trois, en dernier lieu, une solution jaune sale, renfermant des produits de réductions, qui ne rappellent en rien les corps primitifs.
- J’insisterai, en terminant, sur le rôle que joue la glycérine pour exalter, en quelque sorte, l’action réductrice de certains corps. La poudre de zinc ou la glucose, plus un carbonate alcalin, réduisent l’indigo d’une manière plus rapide et plus profonde en présence de glycérine qu’en présence d’eau.
- En résumé :
- Nous avons en main deux nouveaux réducteurs
- p.51 - vue 58/286
-
-
-
- Ct co
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de l’indigo et, quelqu'imparfait qu’il soit, un nouveau mode de fixer une des plus vieilles matières colorantes connues, à ajouter aux procédés de bleu solide, bleu vapeur et bleu faïence.
- On pourrait presque dire qu’il tient des trois à la fois.
- L’indigo étant imprimé non réduit, c’est un bleu faïencé. La couleur renfermant une partie des agents réducteurs, c’est un bleu solide. Enfin, la température élevée à laquelle se produit la réaction nous autorise presque à le considérer comme un bleu vapeur.
- P.-S. — Dans le cours de ces recherches, je me suis servi souvent, comme épaississant, de gomme Sénégal dissoute à chaud dans la glycérine (1 kilo gomme, 2 litres glycérine blanche). Une couleur faite avec cet épaississant, sur le type de celles dont j’ai donné la teneur, se conserve indéfiniment. La même couieur à l’eau de gomme se coagule du jour au lendemain.
- L’empois d’amidon à la glycérine présente les mêmes avantages sur l’empois d’amidon ordinaire.
- Cette observation peut être rapprochée de celle de M. Grosrenaud : Que l’alumine se dissout à 70 degrés dans la glycérine sans se coaguler.
- L’eau de gomme additionnée d’un peu d’alumine jouit des mêmes propriétés comparativement à l’eau de gomme seule.
- (Société industrielle de Mulhouse).
- PRÉPARATION DE L’ŒNOLINE Par M. Eug. Varenne.
- L’œnoline est la matière qui donne au vin sa coloration rouge ; elle a été isolée pour la première fois en 1858 parM. Glénard. Je l’ai obtenue très-rapidement pr le procédé suivant :
- On délaye de la chaux dans du vin ou plutôt des lies de vin, de manière à former une bouillie pas trop épaisse qui prend bientôt une couleur gris-noirâtre. On la jette sur un filtre et on la lave avec de l’eau pour bien la débarrasser du vin qu’elle pourrait retenir ; il est bon d’employer pour cette opération un filtre à succion qui en abrège la durée, On laisse égoutter le plus possible, puis on délaye la masse restée sur le filtre dans l’alcool à 95°, on ajoute alors la quantité d’acide sulfurique juste nécessaire pour saturer la chaux employée. Dès qu’on ajoute l’acide, l’œnoline qui semblait fixée à la
- chaux, se sépare de cette dernière et se dissout dans l’alcool en lui communiquant une couleur rouge très-foncée ; en filtrant le mélange ainsi obtenu, l’alcool passe entraînant l’œnoline. Pour bien dépouiller la chaux de la matière colorante, on la lave avec de l’alcool à chaud jusqu’à ce que ce dernier passe incolore. On réunit tout l’alcool coloré et on le distille au bain-marie de manière à recueillir la majeure partie de l’alcool. On décante ensuite l’alcool qui est resté dans la cornue et qui contient l’œnoline ; il ne reste plus qu’à chasser cet alcool en l’évaporant à l’étuve.
- On obtient aussi l’œnoline sous la forme d’une poudre noirâtre donnant, quand on l’écrase, des traces d’un rouge cramoisi qui ressemble assez à de la cochenille pulvérisée.
- On pourrait, au lieu de chaux, employer le sous-acétate de plomb ; il suffirait alors de précipiter la couleur par ce sel et de continuer l’opération comme avec la chaux, le résultat étant d’ailleurs identique.
- L’œnoline est employée pour renforcer la couleur des vins fins. On conçoit, en effet, que le marchand de vins ait avantagea extraire la matière colorante des lies qu’il a toujours en abondance et qui ne lui sont d’aucune utilité, pour colorer des vins fins qui, par ce seul fait qu’ils sont un peu plus colorés, acquièrent une plus grande valeur.
- Quant au rendement des lies de vin en œnoline il n’est pas possible de le fixer, même d’une manière approchée, car la richesse des lies en matière colorante peut varier beaucoup.
- (Société chimique.)
- SUR LA FALSIFICATION
- DE L’EXTRAIT DE GAMPÊCHE
- Tant qu’on n’ajoute aux matières colorantes du commerce, pour les falsifier, que des substances inertes, d’origine minérale ou organique, telles que le sable, la terre argileuse, la sciure de bois, le tan épuisé, la mélasse, etc., l’essai par teinture avec l’épuisement successif fournit des indications suffisantes et sûres. Mais il n’en est plus de même si on les additionne à d’autres substances de moindre valeur commerciale comme le sumac, l’extrait de châtaignier, les gallons ou résidus de Galles, etc.
- Bien que ces divers ingrédients ajoutés aux produits colorants, en vue de livrer ceux-ci à meil-
- p.52 - vue 59/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 53
- leur marché, ne possèdent pas eux-mêmes de matières colorantes, ou ne possèdent qu’une force limitée, à la dose où on les emploie, leur présence, néanmoins, dans l’extrait de campêche ou la garance, ou la garancine, suffit pour exalter notablement la puissance tinctoriale de ces importants produits.
- C’est encore ce qui résulte des faits consignés dans mon travail. Ainsi le campêche additionné de 10 pour 100 de châtaignier, bien que renfermant moins d’hématine et d'hématoxyline que l’extrait autenthique, procure néanmoins, avec les mordants de fer et d’alumine, des nuances plus riches, plus nourries que celles qui sont fournies par le campêche pur. Les violets et les noirs sont plus corsés.
- Il résulte de ce qui précède, qu’en falsifiant les matières colorantes du commerce par des substances purement inertes, et qu’en corrigeant l’affaiblissement qui en résulte pour leur pouvoir colorant, par une addition déterminée de certains principes astringents, comme l'extrait de châtaignier, de sumac, etc., on met en défaut le procédé d’analyse pour teinture, et on place les coloristes de nos fabriques dans l’impossibilité de reconnaître la fraude.
- Il y avait donc encore utilité à chercher des moyens aussi simples que possible, pour dévoiler la présence de ces matières étrangères.
- A la vérité, la mélasse peut encore être assez facilement reconnue dans les extraits suspects par la proportion exagérée de sulfate qu’ils renferment, défalcation faite de celle qu’ils peuvent contenir à l’état normal.
- Mais il n’en est plus tout à fait de même pour les matières astringentes ajoutées, et en particulier pour le châtaignier.
- Cette question acquerrait ainsi de l'importance même pour les chimistes industriels, à qui de pareils problèmes sont assez souvent posés. On va voir comment elle peut être suffisamment résolue, au point de vue pratique qui nous occupe spécialement.
- La difficulté de séparer les principes astringents et de les distinguer de ceux qui existent normalement dans le campêche m’a lait avoir recours à la méthode suivante- :
- On épuise entièrement par l’éther absolu 1 gr. et 1 décigramme de l’extrait suspect, préalablement desséché à 110 degrés et on prend le poids des matières solubles. La partie de l’extrait qui ne s’est pas dissoute est, à son tour, reprise par l’alcool absolu jusqu’à complet épuisement. La compa
- raison de ces divers poids avec ceux qui sont fournis dans des conditions semblables par un extrait authentique soumis au même examen, suffît pour faire suspecter la fraude :
- Exemple : 100 parties d’extrait ont donné :
- Matières solubles Matières solubles dans l’éther. dans l’alcool.
- Extrait authentique 87,1 14,4
- Ext. suspect du com. 76,9 19,5
- Or, l’extrait de châtaignier n’abandonne rien ou presque rien à l’éther, tandis qu’il est sensiblement soluble dans l’alcool. Il est donc rationnel de trouver dans l’extrait suspect plus de principes solubles dans l’alcool que dans l’extrait authentique.
- A la vérité, pour savoir si l’extrait suspect ne diffère pas seulement de l’extrait authentique par les proportions des matières solubles dans l’alcool ou l’éther, mais aussi par la nature de ces principes, il faudrait soumettre chacun des produits de ces dissolutions à une analyse immédiate approfondie. Au point de vue où nous nous plaçons, ce moyen n’est pas praticable. On arrive, au contraire, rapidement à une naissance analogue, en complétant ces premières indications par un simple essai de teinture pure, épuisement successif. Sous le même poids, les produits solubles dans l’alcool et l’éther de chaque extrait, doivent teindre d’une manière semblable, la même surface de calicot, s’ils ont la même composition, et ils doivent la teindre d’une manière différente, s’ils ne sont pas formés des principes immédiats et en même proportion. C’est ce que l’expérience a confirmé.
- Dans l’exemple cité plus haut, les produits solubles dans l’éther de l’extrait authentique et de l’extrait suspect, ont teint également la même surface de tissu mordancé, étant employé sous le même poids, tandis que les matières solubles dans l’alcool comparées entre elles et à poids égaux, ont fourni en teinture des résultats tout différents.
- C’est en soumettant à une semblable méthode d’investigation divers extraits de campêche livrés au commerce que j’ai pu décéler une fraude toujours difficile à reconnaître par les procédés employés dans les laboratoires de l’industrie.
- En résumé : rendre plus sensible une méthode d’essai des matières colorantes usitées en teinture, en préciser la valeur et les écarts, combiner cette méthode expéditive avec l’emploi de l’analyse immédiate, pour décéler les fraudes qui restaient inaperçues, tel est le but de mon travail.
- {Journal des fabricants de papier.)
- p.53 - vue 60/286
-
-
-
- Ot H.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- APPLICATION
- DU QUEBRACHO A LA TEINTURE
- Par M. J. Arnaudon
- Le nom de quebracho signifie casse-hache, à cause de l’extrême dureté et de la structure de ce bois qui se présente en faisceaux de fibres, de direction contraire, se croisant entre elles comme des coins à la manière du santal.
- Laissant de côté les caractères chimiques et physiques du quebracho qui se trouvent dans la notice que j’ai publiée dans le Technologiste, je me limiterai à dire que pour teindre en jaune avec ce bois, je me suis servi d’une dissolution d’étain faite avec de l’étain dissous dans l’acide nitrique et le sel ammoniac, dissolution à laquelle j’ai ajouté du bi-tartrate de potasse pour mordancer la laine.
- Je rappellerai les conditions dans lesquelles il faut teindre pour obtenir, les meilleurs résultats.
- a) Se servir d’un bois qui ait été le moins possible exposé à l’air et à la lumière, agents qui ont pour effet de développer la matière rouge au lieu de la matière jaune.
- b} Eviter la température au-dessus de 800.
- c) Éviter la présence de l’acide libre dans le bain.
- d) Teindre en présence d’un excès de matière colorante placée dans un sac de toile.
- e) Les mordants d’alumine ne donnent pas de couleurs nourries et fraîches.
- f) Le bichlorure et surtout la composition d’étain donnée plus haut sont les meilleurs mordants pour la matière colorante jaune du quebracho.
- g) La laine, comparativement au coton et à la soie, est l’étoffe qui a le plus d’aptitude à se teindre avec le jaune du quebracho.
- (Bulletin de la Société chimique)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- Dégradage d’une robe de laine grenat ou marron teinte à l'orseille et teinture en nuances claires.
- Dégradage. — Pour une robe :
- Après le nettoyage, bouillir la robe 20 minutes avec 250 gr. son de froment ; ensuite bien rincer. Faire un autre bain de 25 gr. sel d’étain.
- Bouillir un quart d’heure, lever et ajouter à ce bain 30 gr. acide sulfurique.
- Mener un quart d’heure, bien rincer.
- GRIS PERLE.
- Teinture. — Pour une robe :
- 5 gr. cochenille ammoniacale.
- 5 gr. carmin d’indigo.
- 10 gr. acide sulfurique.
- 15 gr. Crème de tartre.
- Bouillir, lever, rincer et sécher.
- VERT CLAIR.
- Teinture. — Pour une robe :
- 5 gr. acide picrique.
- 15 gr. carmin d’indigo.
- 5 gr. acide sulfurique.
- Bouillir jusqu’à la nuance désirée, rincer et sécher.
- RÉSÉDA.
- Teinture. —• Pour une robe :
- 5 gr. acide picrique.
- 5 gr. carmin d’indigo.
- 5 gr. acide sulfurique.
- Bouillir 12 à 1,5 minutes.
- A suivre.
- ---------------------------
- ÉOSINE DE MÉTHYL (1).
- Les deux échantillons que nous donnons ci-dessous, ont été teints avec le produit de la maison J. Ruch et fils, dit : Éosine de méthyl extra, 102, A la vue de ces deux nuances, il est facile de se faire une idée de la gamme de teinture que l’on peut obtenir avec cette couleur.
- Son emploi est le même que celui déjà indiqué par le Moniteur de la Teinture. La dissolution se fait à l’eau chaude, 50° à 60°, et on la filtre avant de la verser dans le bain de teinture.
- La laine teinte sur bain légèrement acidulé par l’acide acétique ou l'acide sulfurique, a plus de douceur au toucher que celle teinte sur bain auquel on a ajouté 3 à 4 0/0 d’alun (du poids de la laine) et du tartre. Avec l’acide il faut éviter l’excès, et en ajouter si le colorant ne monte pas.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1876, page 163 et suivantes, échantillon sur velours, avec mode d’emploi pour teinture sur laine, coton, soie, laine et coton et impression, et page 175 échantillon sur laine.
- p.54 - vue 61/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CX ex
- Pour les tissus de coton pour fleurs, on obtient une nuance rouge très-brillante en passant le tissu dans une solution d’éosine épaissie à la gomme, que l’on plonge après dessication dans un bain d’acétate de plomb. Il se forme une laque très-brillante qui convient pour les pétales de fleurs artificielles.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison .
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- DE L’EMPLOI
- DU VIOLET D’ANILINE
- DANS LES TEINTURES SUR COTON
- Le type n° A est le résultat du passage en bleu de cuve à froid, du coton écru (voir page 31, numéro du 5 février 1878).
- Type N“ 4.
- Le type n° 5 est le résultat du passage en cuve à froid du coton violet du type n° 1 (voir l’échantillon au dernier numéro).
- Type N° 5.
- p.55 - vue 62/286
-
-
-
- 56 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CHRONIQUE
- INVENTIONS BREVETÉES
- Laques à l’alizarine artificielle. Par MM. Courtois et Cle.
- Le procédé que nous avons .imaginé et qui fait l’objet de notre invention a pour but la fabrication des laques à l’alizarine artificielle de différentes couleurs, et notamment rouge, violet, puce et grenat.
- Rouge.
- 1° Dissoudre l’alizarine artificielle dans une quantité suffisante de soude ou de potasse, par exemple à raison de 75 0/0 de l’alcali, proportion toutefois variable suivant l’intensité de la nuance à obtenir.
- 2° Additionner une quantité d’aluminate de soude ou de polasse correspondant à la quantité prise d’alizarine.
- 3° Précipiter au moyen d’un acide faible ou au moyen d’un sel ammoniac. Dans ce dernier cas, les eaux ammoniacales fournies peuvent être neutralisées par l’acide chlorhydrique et servir de nouveau.
- Nota : Ce procédé permet d’ajouter un acide gras et de l’acide stannique à la laque en incorporant dans la solution alcaline d’alizarine un acide gras et du stannate de soude.
- Cette laque pour rouge peut être coupée et fournir ainsi tous les tons du rose.
- On peut aussi, en augmentant la proportion d’aluminate, produire directement une laque plus faible.
- Violet.
- En chauffant ensemble au bain-marie des solutions de prussiate jaune ou rouge et de l’alizarine, il se forme une laque violette intense.
- En se servant d’alizarine en solution alcaline, il ne se formera pas de précipité au contact du prussiate, mais le bain ainsi composé épaissi et imprimé donnera des violets par un vaporisage suivi d’un lavage ou d’un savonnage-
- Puce et grenat.
- En faisant agir le fer ou ses combinaisons sur la laque rouge, ou sur le mélange des laques obtenues par l’alizarine et la nitroalizarine, ou sur la
- laque rouge obtenue par le moyen de la fleur, ou encore en mélangeant en proportions convenables ces laques rouges et orangées avec la laque violette, on obtiendra tous les tons de grenat, de puce, de chocolat, etc.
- En résumé nous revendiquons comme notre invention la fabrication, par le procédé ci-dessus décrit, de laques à l’alizarine artificielle en diverses couleurs, avec toute facilité de varier les proportions suivant l’intensité de la teinte à obtenir.
- Teinture des Légumes et des Fruits, Par MM. Calbineau et Savigny.
- Le procédé est fondé sur l’emploi d’une substance colorante spéciale que les inventeurs ont fait breveter sous le nom de cauline (1).
- Dans 790 grammes environ d’eau de fontaine potable, on met 10 grammes d’extrait pur de cauline.
- Dans cette dissolution, on verse 2 grammes environ d’une dissolution à 25 degrés Baumé, d’un sel alcalin tel que la magnésie calcinée, la crème de tartre, mais, de préférence, le bicarbonate de soude.
- On porte le liquide à l’ébullition et on y jette les petits pois, haricots verts ou fruits à reverdir ; on les y laisse seulement quelques secondes et ils deviennent immédiatement d’un vert magnifique.
- On lave à grande eau les légumes ou fruits ainsi traités, puis on les met en boîtes pour les soumettre ensuite au bain-marie, comme on le fait par les procédés habituels.
- --------=9=------
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES
- TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 115,952. — GAUDCHaux-Picard. — Système de carbonisation des matières végétales dans les dérivés de la laine et de la soie. — Donnant la préférence au gaz chlorhydrique à l’état sec, le breveté décrit un appareil propre à l’obtention de ce corps, appareil consistant en une chambre close à laquelle est adjoint un calorifère surmonté d’un récipient
- (1) Voir le brevet, page 46, n° 4 du Moniteur de la Teinture, année 1878.
- p.56 - vue 63/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION LES TISSUS
- S
- d’acide muriatique. Par la chaleur et l’ébullition, l’acide muriatique dégage du gaz chlorhydrique qui, se répandant dans la chambre close, y est séché pour venir opérer sur les matières à traiter placées au milieu de la chambre.
- 113,970. — Savary. — Produit pour la teinture des laines en bleu, noir, vert et marron. — Après avoir formé une sorte de pâte avec de l’alun, du tartre, du bichromate de potasse et du carmin, on prépare un bain avec addition de campêche, de bois jaune ou de santal selon la nuance à obtenir.
- 115,999. — SAILLARD. — Genre de tissu mixte, spécialement applicable à la confection des carcasses de chapeaux de feutre indéformables, pour hommes, dames et enfants. — Ce tissu est formé d’une chaîne de lin ou de coton et d'une trame moitié lin ou coton et moitié crin.
- 116,010. — Amette fils. — Système de guide fil automatique destiné à perfectionner les cannet-tes pour la fabrication des étoffes de tout genre.— Dans le haut du pilastre pivote un levier variant par le tirage du fil et se déplaçant par l’effet d’un contre-poids.
- 116,025. — Lefèvre. — Addition faite aux métiers à tisser a main ou a la vapeur, ayant pour but d'empêcher la navette de s'échapper du métier. — Destiné à empêcher la navette de s’échapper du métier, l’appareil consiste en une lame de ferblanc garnie de trois petites pentures à charnières.
- 116,038. — Weisbach. — Machines rotatives à courant d'air pour sécher les fils. — Dans ces machines, les écheveaux à sécher sont tendus radiale-ment par rapport au mouvement de rotation et séchés à l’air libre au moyen d’une rotation rapide de l’arbre central.
- 116,039.—Whiteley. — Perfectionnement dans les métiers ù boudinér et a filer la laine et autres matières filamenteuses. —Suivant cette invention, l’action du filage est effectuée par l’application de cylindres alimentaires à mouvement de va-et-vient et bobines d’enroulement.
- 116,043.— et Cie. — Procédé de teinture au noir d’amline des tissus de laine. — Le procédé est basé sur l’association du noir d’aniline avec un colorant végétal, bois de campêche, indigo ou autre.
- 116,044- — Chevallot. — Application des sulfates neutres alcalins au blanchissage du linge par des perfectionnements dans les appareils de lessivage à la vapeur. -- Avec l’application des sulfites neutres alcalins au blanchissage du linge,
- fils et tissus, le breveté revendique l’idée de réfrigération du couvercle du cuvier de lessivage.
- 116,067. — Ryo. — Perfectionnements à lama-chine à réunir les fils textiles dite doubleuse Ryo-Catteau. — Les perfectionnements, par une disposition de charnière à déclanchement lors de la rupture du fil, ont pour but dedétruire la vitesse acquise du bobinot au moment où la dite charnière, qui le porte, se soulève.
- 116,079. — Courouble et Carrette. — Nouveau tissu de velours, dit velours Courouble et Carrette. — Dans ce velours, les inventeurs appliquent le point de gaze au tour anglais; le fil de poil remplit le rôle de fil de tour et fonce alternativement à droite ou à gauche du fil de fond, lequel sert ainsi de fil fixe.
- 116,092. —Legrand et Dubenard. —Procédé de préparation de l’ammoniaque liquide et des sels ammoniacaux au moyen de potasses brutes de distilleries et de peignages des laines. — Ce mode de préparation de l’ammoniaque est basé sur la décomposition des cyanures de potassium par la vapeur d’eau.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES & TEXTILES
- Année 1877.
- 116,817.10 février. —JACKSOF. — Perfectionnements aux machines à laver et essorer le linge.
- 116,825.1er février. — Montmagnon.— Procédé de traitement des chiffons chaîne-coton, en vue d’utiliser leurs fibres textiles constituantes, à l’état de laine en bourre et à l'état d’alcool ou de charbon provenant du coton transformé.
- 116,839. 3 février. — Villiermet aîné.— Procédé de teinture et de lustrage des fourrures et des peaux avec poils adhérents, sans le moindre apprêt.
- 116,877. 12 février. — Badou. — Système de détente de métier à filer, dite détente a volonté.
- 116,879. 5 février. —• Baudoin. — Perfectionnements dans le dépilage des poils ou des laines, des peaux vertes ou sèches, et dans la conservation de ces substances.
- 116,898. 5 février. — Michel. — Application de l’impression en couleurs à la décoration des couvertures de laine.
- p.57 - vue 64/286
-
-
-
- 58
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 116,904. 10 février.—Puyol. — Procédé pour le collage des chaînes-coton de toutes nuances destinées au tissage des étoffes.
- 116,909. 5 février. — Wilkinson. — Perfectionnements dans la construction ou l’arrangement de bobines métalliques pour servir dans les métiers à fabriquer la dentelle-cordonnet et le tulle, et aussi pour adapter les dits métiers à la fabrication de tissus brochés et tissus à poils.
- 116,922. 10 février. — DURUFLÉ. — Utilisation ou application de la force centrifuge pour l’expulsion, après leur traitement, des matières de toute nature soumises à l’action des hydro-extracteurs, facilitant ainsi la marche continue des machines.
- -116,950. 8 février. — CHAUFFERT. — Procédé destiné à empêcher le rétrécissement de la flanelle.
- 116,977, 8 février. — Scholes.— Perfectionnements dans les matières destinées aux dos des cardes servant à carder la laine, le coton et autres matières fibreuses.
- 116,982. 19 février. — Bois. — Emploi et application aux machines de tous genres servant à épurer, travailler et façonner les matières filamenteuses et textiles quelconques, d’appareils dits chargeuse-étaleuse assortie ayant pour but de remplacer le travail manuel de l’alimentation par un travail mécanique.
- 116,996. 12 février. — LIOUD. — Désagrégation des ligneux et textiles en général, et leur conversion en pâte à papier.
- 116,997. 12 février. — Malherbe. — Préparation d’aniline pour noirs inverdissablesetson emploi dans la teinture et l’impression.
- 117,046. 15 février. — Bouniol. — Procédé de teinture, en toutes couleurs, de la substance fibreuse de la noix de coco, appliqué aux articles de la brosserie.
- 117,051. 17 février. — Devaux-Marchand. — Tissu quadruple pouvant remplacer les tissus feutres dans leurs diverses applications.
- 117,079. 19 février. — Blay frères et Gie. — Emploi, dans le dégraissage des laines, fils et étoffes de laine, des appareils de lessivage à vapeur.
- 117,123. 27 février. — DERVIEUX.—Appareil à flamber les étoffes.
- 117,176. 28 février. — Puech frères. — Procédé de préparation de laine à peigne de peau de mouton de la plata dite roubaisienne.
- 117,210. 26 février. — VILL.AIM. — Machine à pelotonner les fils de lin, de laine, de coton et de soie.
- 117,276. 26 février. — Wolf. — Contrôleur de mètres pour métier à filer.
- 117,286. 7 mars. — Deloutre. — Système de broches à laines munies de pointes pour tissage.
- 117,302. 3 mars.—Lemaire.— Production de fils cardés par le système de superposition de nappes de différentes couleurs, ainsi que de matières filamenteuses diverses, laine blousses, soie, coton, etc.
- 117,324. 8 mars. — Bolette. — Modifications apportées aux cardes.
- 117,329. 3 mars. — Floquet.—Perfectionnements aux machines à teindre les peaux.
- 117,337. 3 mars. — MANNIN. — Perfectionnements dans les moyens de produire des surfaces métalliques gravées propres à l’impression et à d’au-1res usages.
- 217,344. 10 mars. — Nuyts. — Perfectionnements aux mécaniques d’armures.
- EMPLOI DE LA GLYCÉRINE
- Dans le tissage, la teinture, l’impression et les apprêts.
- Par M. H. HERRBURGER.
- Quoique la glycérine ait reçu depuis longtemps des applications dans l’industrie, qu’elle se soit impatronisée dans quelques grandes fabriques, et qu’on ait pu constater les avantages pratiques qu’on en obtient, on trouve encore des gens qui craignent d’employer cette substance si avantageuse dans la teinture ou l’impression, ou bien qui n’ont aucune connaissance de son utilité.
- La glycérine est d’abord, pour les pièces de machines, surtout celles qui sont exposées à l’air et aux changements alternatifs de la température extérieure, une des meilleurs matières de graissage, attendu qu’elle ne s’épaissit, ni ne se rancit, et surtout parce qu’elle ne se congèle pas en hiver, qu’elle maintient en tout temps le graissage des pièces frottantes, conditions que ne remplissent pas les autres matières qui sèchent à l’air ou s’épaississent par les poussières, qui, dans quelques fabriques, flottent constamment autour des machines, puis se sèchent, rancissent et obstruent les trous par où doit couler la matière lubrifiante, entravent la marche des pièces de machines qu’on est obligé de graisser.
- Quand on ne veut pas employer la glycérine pure, on peut la mélanger par moitié avec de l’huile
- p.58 - vue 65/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 59
- d’olive. La glycérine n’attaque pas les métaux comme beaucoup d’huile que, pour leur donner du poids, on sophistique avec des acides, etc.
- La glycérine dissout facilement les produits du goudron, tel que toutes les préparations de l’aniline, l'alizarine, etc.
- • Elle a une importance particulière dans la fabrication des peaux et le tannage, en ce qu’elle contribue à la conservation du poids naturel, qu’elle empêche les-produits d’être cassants ou de rancir. Dans les tanneries, elle a reçu les applications suivantes" la peau, légèrement tannée, est plongée pendant vingt-quatre heures dans de la glycérine qu’on a mélangée par moitié avec de l’eau et marquant environ 15® Baumé, puis séchée.
- La glycérine n’a pas moins d’importance dans le tissage. Par son emploi, le parement n’acquière jamais une mauvaise odeur, et l’ouvrier peut travailler, à fenêtres ouvertes et par un temps sec, sans le moindre danger, en même temps qu’il n’a pas à redouter que la chaîne devienne cassante. De plus, l’addition de la glycérine au parement empêche la chaîne de moisir et de fermenter, et prévient les taches qui en résultent. Comme parement à la glycérine, on peut faire usage de la recette que voici et qu’on garantit : 5 kilos de dextrine gommeuse, 12 kilos de glycérine à 28° Baumé, 1 kil. de sulfate d’alumine, 30 litres d’eau.
- Ainsi qu’on l’a déjà dit, la glycérine sert à dissoudre les couleurs d'aniline et diverses autres couleurs; elle sert aussi à conserver pendant longtemps, et à entretenir à l’état moëlleux, les compositions d’albumine, de caséine, les solutions de gomme dont on fait usage pour les apprêts, parce qu’elle est antiseptique et s’oppose à ce que ces matières entrent en putréfaction.
- Elle est, en outre, très-avantageuse pour toutes les couleurs d’impression sur laine, parce qu’avant le vaporisage, les couleurs ainsi imprimées sont maintenues dans un état persistant d’humidité. Pour les couleurs d’impression sur coton, on l’emploie pour accélérer et favoriser à l’oxydation des mordants avant la teinture topique.
- On fait bouillir les cristaux des couleurs d’ani-line dans 750 grammes d’alcool à 88° centésimaux pendant deux heures et au bain-marie, et on y ajoute 250 grammes de glycérine à 28° Baumé, au moyen de quoi on en obtient la dissolution complète. La glycérine s’oppose, quand on épaissit avec l’albumine et autres matières analogues, à la précipitation des couleurs d’aniline, attendu qu’elle
- est le meilleur agent de liaison des produits du goudron.
- En général, on peut, pour les dissolutions des apprêts, des parements, des couleurs, des mordants, etc., employer, par litre, 48 gr. de glycérine.
- La glycérine, pour la teinture, l’impression et les apprêts, n’a pas besoin d’être blanche, et elle rend, quand elle est jaune clair, les mêmes services. Alors elle est d’un prix bien moins élevé. Il n’y a qu’avec les couleurs les plus délicates, telles que l’outremer, etc., qu’il faut faire choix d’une glycérine plus limpide.
- On fait, la plupart du temps, usage d’une glycérine de 26 à 28® Baumé, exempte d’acide ou d’alcali, et qui ne doit pas rougir ou bleuir le papier de tournesol. Il est rare de se servir d’une glycérine à 30° Baumé.
- La glycérine ne doit pas renfermer de' chaux, si on veut qu’elle se combine mieux avec les couleurs. On reconnaît parfaitement qu’elle contient de la chaux lorsqu’on mélange dans un verre à expériences, la glycérine suspecte avec moitié d’eau, et qu’on ajoute quelques gouttes d’une solution d’acide oxalique. Si la liqueur se trouble fortement, la glycérine est très-chargée de chaux, chose qu’on peut constater très-bien en abandonnant à un repos prolongé pendant lequel l’oxalate se précipite.
- Quoiqu’on sophistique assez peu la glycérine, cependant, bien des gens ont tenté de la falsifier. J’ai déjà eu l’occasion de soumettre à l’analyse quelques échantillons, les uns allongés avec du sucre de raisin, les autres avec du sirop ordinaire. C’est surtout lorsque la glycérine est encore à l’état brut, qu’elle n’a pas été évaporée et distillée, et où elle est encore colorée en brun, qu’une sophistication avec le sirop de fécule est très-facile et peu saisissable.
- La glycérine, par l’addition du sirop, perd à peine de son degré aréométrique et conserve sa fluidité épaisse ; seulement elle gagne un peu en épaisseur, et trompe un peu l’acheteur, quand il s’en rapporte seulement à la fluidité sans essayer à l’aréomètre.
- —......-o-d ou '
- INFORMATIONS A FAITS DIVERS
- Les billets de 100 fr. qui depuis quelque temps avaient presque disparu de la circulation, vont être
- p.59 - vue 66/286
-
-
-
- 60
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de nouveau répandus en grande abondance dans le public. La chose a été stipulée expressément entre le ministre des finances et la Banque de France, comme condition du traité qui vient d’être passé avec cet établissement pour une avance de 80 millions à l’État.
- Le ministre des finances s’engage, de son côté, à présenter à l’approbation du pouvoir législatif un projet de loi à l’effet de restreindre la perception du droit de timbre sur les billets au porteur ou à» ordre émis par la Banque à la portion de ces billets en circulation correspondant uniquement aux opérations commerciales d’escompte, de prêt ou d’avances, de telle sorte que le droit en question ne porte pas sur les billets qui devront être considérés comme émis en échange de numéraire.
- Dans la séance de l’Assemblée nationale du 21 février, M. Andrieux a déposé une proposition de loi tendant à la reconnaissance légale des marchés à terme.
- M. Teisserenc de Bort, ministre du commerce, a déposé, dans la même séance, un projet de loi portant dérogation, pendant l’Exposition, à la loi sur les brevets d’invention.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Nous rappelons que d’après le règlement approuvé par M. Krantz, toutes les places qui, au 15 avril, ne seront pas occupées par les exposants seront reprises par l’administration.
- Le prix d’un abonnement à l’Exposition de 1878, pour la saison entière, est de 100 francs par personne.
- Les cartes d’abonnement donnent droit d’entrée tous les jours, et par toutes les- portes, dans le palais et les parcs du Champ-de-Mars, du Troca-déro et du quai d’Orsay, ainsi qu’à l’exposition spéciale d’animaux (Esplanade des Invalides), aux heures d’admission générale du public et aux heures réservées pour les études (8 à 10 heures du matin).
- Toute personne qui demande une carte d’abonnement doit présenter son portrait-carte photographié, en double exemplaire, et apposer sa signature sur le registre de l’agent comptable du Trésor.
- Les cartes d’abonnement sont nominatives et personnelles.
- L’INDUSTRIE LYONNAISE A L’EXPOSITION.
- Malgré tout ce que les circonstances présentent de décourageant, nos manufacturiers en soieries se préparent avec ardeur à l’Exposition. La révision des listes de demandes et d’acceptation se résume ainsi :
- Soies grèges et ouvrées.................. • 58
- Soieries unies noires et couleurs articles à dispositions 30
- Etoffes, nouveautés, cravates, foulards, gaze, grenadine..................,.............. 24
- Tissus pour ornements d’église, ameublements et voitures, étoffes pour le Levant. . Il Velours noirs et couleurs. ......... 7
- Satins........................................ 4
- Haute-nouveauté, grands façonnés.............. 7
- Nouveautés pour modes....................... 10
- Châles........................................ 1
- Dentelles, tulles, broderies............ 6
- Teintures, impressions et apprêts des soies et des tissus. 7
- En tout. . . . 165
- On voit que l’industrie lyonnaise sera largement représentée; ajoutons que l’installation des vitrines ne laissera rien à désirer. Gomme aux expositions précédentes, c’est la Chambre de commerce qui a pris la direction de cette installation collective, laquelle ne coûtera pas moins de 250,000 fr.
- (Industrie progressive.)
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place. S'adresser au bureau du Journal.
- A Céder à Paris
- SUCCURSALE DE TEINTURERIE ÉTABLIE DEPUIS DIX ANS
- Et située dans un quartier de Commerce
- Magasin bien agencé. — Bail, 7 ans à courir. — Loyer, 1,500 fr. — Affaires, 6,500 fr. par an.
- Prix, 6,500 fr. —1/2 comptant. — Facilités pour le reste.
- S’adresser à l’Office du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.60 - vue 67/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, No 6. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 1878
- SOMMAIRE
- Chronique de la mode. — Mémoire sur les outremers, par M. E. GUIMET.—Note sur une nouvelle préparation du vert Guignet. — Sur les matières colorantes azoïques, par M. NOELTING. — Procédé de fixation, du noir d’aniline; Influence de la capillarité sur la teinture des matières en général ; Préparation de l’aniline et du violet d’aniline; Nouveau noir d’aniline.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Fuschines (échantillon). — Teinture du coton, lin, chanvre. — Teinture pour chapellerie: marron au cachou sur feutre.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Blanchiment et épuration des laines. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Catalogue des dits brevets (année 1877). — Prix de la société industrielle de Mulhouse.
- CHRONIQUE DE LA MODE
- En attendant l’ouverture de l’exposition universelle de 1878, nous assistons en ce moment à celles des nouveautés de la saison dans les grands magasins de Paris, Louvre^ Bon marché, et tutti quanti. Il est assez difficile de prédire quel sera le tissu le plus en vogue, on croit cependant que c’est l'écossais qui l’emportera pour la demi-saison. Ecossais à part, les couleurs favorites restent les mêmes que l’année dernière, marron, loutre, vert mousse, bronze, marine, bleu Bouen, etc, parmi les nuances foncées; mousse, paon, chartreuse, pastèque, roseau, poussière, boue, cendres, parmi les demi-teintes, et en nuances claires, vert d'eau, saumon, chair, tilleul, myosotis, ciel de l'Inde, etc.
- Pour donner une idée plus complète des principales nuances de soieries unies qui sont toujours les nuances types, nous extrayons les désignations suivantes du catalogue de la maison du Bon marché qui continue ses succès non interrompus, malgré la perte récente et bien regrettée de son principal chef.
- Nuances foncées
- Marine. Grenat.
- Corinthe. Belle poule.
- Carmélite. Sultan.
- Scabieuse. Laurier.
- Marron. Bleu Rouen.
- Prune. Olive.
- Loutre. Myrte.
- Fumée. Héron.
- Souris. Améthyste.
- Bronze. Florentin.
- Ardoise. Giroflée.
- Demi-teintes
- Beige. Cendre.
- Mousse. Boue.
- Chanvre. Sureau.
- Chêne. Blondinet
- Lin. Poussière.
- Mastic. Isabelle.
- Paon. Onyx.
- Écru. Vieil or.
- Alouette. Pastèque.
- Acier. Roseau.
- Lapis. Chartreuse.
- Nuances de lumière
- Blanc. Crevette. 7
- Vert d’eau. Gris perle.
- On parle d’une nouvelle découverte faite en Suisse d’une nouvelle alizarine artificielle permettant l’impression en vert et en bleu. Nous tiendrons nos lecteurs au courant si la nouvelle est confirmée.
- MÉMOIRE SUR LES OUTREMERS
- Par M. E. GUIMET.
- Lorsque l’on suit les phases de la cuisson de l’outremer tel que l’a préparé J.-B. Guimet, et tel qu’on le prépare généralement de nos jours, on observe diverses colorations qui se succèdent l’une à l’autre dans l’ordre suivant :
- Brun, Violet,
- Vert, J Rose, Bleu. Blanc.
- p.61 - vue 68/286
-
-
-
- 62
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ces couleurs sont le résultat de l’oxydation successive du mélange primitif de kaolin, de soufre et de carbonate et sulfate de soude, destiné à préparer l’outremer.
- En effet, lorsque le four qui contient les creusets renfermant le mélange commence à rougir, le soufre fond, et produit immédiatement avec la soude des polysulfures.
- Les corps qui se forment alors présentent des colorations diverses, mais sont tellement instables en présence de l’air et de l’eau, qu’on ne peut les définir. Ils paraissent, du reste, ne devoir leur coloration qu’aux sulfures qui imprègnent la masse.
- Le premier produit stable est le brun; il apparaît au moment où, le four s’échauffant davantage, on voit sortir des creusets des flammes bleues, indices de la combustion du soufre se transformant en acide sulfureux.
- Lorsque, les-flammes ayant cessé d’apparaître, cette transformation est achevée, si l’on retire un creuset du four, il est rempli d’une matière verte.
- La température étant arrivée à 700 degrés, le bleu commence à se former.
- Si, à ce moment, on continue le chauffage, en laissant comme précédemment entrer de l’air en excès, la matière prend une nuance violette, puis rouge ou plutôt rose, et enfin l’outremer devient blanc. s6imil ob asonsnI
- Cet outremer blanc, mélangé avec un peu de charbon, et chauffé au rouge, reproduit selon la quantité de charbon ajoutée, du rose, du violet, du bleu, du vert ou du brun.
- On peut aussi, en prolongeant ce chauffage et par conséquent l’oxydation, faire redescendre à l’un de ces produits dérivés du blanc, tous les termes de la série et transformer, par exemple, le brun en vert, bleu, rose et blanc.
- Le même fait s’observe avec un mélange de sulfate de soude, kaolin et de charbon, qui se comporte comme l’outremer mélangé de charbon.
- En remplaçant le charbon par l’hydrogène, le sel ammoniac, ou tout autre corps réducteur, on obtient les mêmes résultats.
- Ces faits semblent bien indiquer que la marche de la coloration suit celle de l’oxydation. Nous allons en trouver des preuvesdans l’examen des produits obtenus dans les différentes périodes du chauffage.
- Caractères des outremers. — Ces couleurs, au sortir du creuset, contiennent une partie insoluble, qui est la matière colorante, et une partie soluble
- qui comprend les produits éliminés de la combinaison.
- Nous allons indiquer dans un tableau les divers caractères de ces outremers colorés et ceux de leurs eaux de lavage :
- Brun et Vert.
- Réactions de la matière colorante.
- Chauffés au rouge sombre au contact de l’air, se transforment en bleu.
- Traités par les acides étendus dégagent de l’hydrogène sulfuré ; il se forme un dépôt de soufre et le produit devient blanc.
- Réaction des eaux de lavage.
- Eaux alcalines fortement colorées par des polysulfures de sodium qui se transforment peu à peu en hyposulfures incolores ; les acides y déterminent un abondant précipité de soufre et un dégagement d’hydrogène sulfuré.
- Bleus parfaits.
- Traités par les acides étendus dégagent de l’hydrogène sulfuré mélangé à de l’acide sulfureux, il se forme un dépôt de soufre et le produit devient blanc.
- Eaux neutres. Ne contiennent que du sulfate de soude avec des traces d'hypusulfite.
- Le violet, étant un mélange mécanique de bleu et de rose, participe des propriétés de ces deux outremers,,
- Rose et Blanc.
- Traités par les acides étendus ne dégagent que de l’acide sulfureux ; il se dépose du soufre et le produit devient blanc.
- Eaux acides. L’acidité estproduite par unacide, et non par un sel à réaction acide : les eaux ne contiennent plus que des sulfates sans traces d'hyposulfites: elles contiennent de l’alumine.
- Il se produit daus ce cas un phénomène remarquable : le fer, dont le kaolin contient toujours une petite quantité, et qui, jusqu’à présent était resté insoluble mélé à la matière colorante, le fer, disons-nous, apparaît dans les eaux de lavage qu’il colore fortement en jaune brun, et se précipite rapidement à l’état de sous-sel d’un jaune ocreux. La chaleur produit immédiatement ce dédoublement. Si, lorsque le fer est précipité, on traite les eaux de lavage par l’ammoniaque, il se précipite une quantité considérable d’alumine.
- p.62 - vue 69/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 63
- Production de la matière colorante. — Examinons maintenant comment s’opère le passage d’une couleur à l’autre.
- La transformation du brun en vert n’a pas encore pu être étudiée suffisamment par des méthodes de laboratoire, nous ne pouvons donc pas en parler ici.
- Transformation du vert en bleu. — Dans l’état actuel de la science, on peut dire que tous les travaux faits pour établir une différence dans la composition élémentaire entre le vert, et le bleu obtenu par le grillage de ce vert, n’ont abouti qn'à prouver sous ce rapport l’identité absolue de ces deux produits. ymi slle'up 95 1
- II n’existe pas 1 0/0 de différence dans les proportions des éléments qui constituent ces deux corps.
- Or, l’oxygène n’a pas été dosé, le changement de couleur ne peut donc provenir que d’un changement d’état des composés sulfurés, changement produit sous l’influence de l’oxygène.
- Transformation du bleu en rose. — Il y a, dans ce cas, une véritable différence entre ces deux corps. Nous avons vu, par l’examen des eaux de lavage, que de l’alumine était rendue soluble -, les analyses démontrent que les proportions de soude et de soufre n’ont pas changé sensiblement.
- Nous nous trouvons donc en présence d’un outremer contenant une plus grande quantité de silice, et l’on a souvent attribué la coloration rose à un excès de silice.
- Il n’en est rien. Si l’on prend, en effet, de l’outremer rose, débarrassé par un lavage soigné de toute l’alumine éliminée pendant la transformation du bleu en rose, cet outremer, qui contient un excès de silice, chauffé ‘avec du charbon, se transforme en outremer bleu, qui contient la même quantité de silice et d’alumine que l’outremer rose avant cette transformation.
- C’est donc par une oxydation que la coloration rose est obtenue, et l’on vérifie ainsi les conséquences que faisaient prévoir les caractères chimiques de ce produit [absence de dégagement d'hydrogène sulfuré lors du traitement par les acides^ etc.).
- Nous supposons que c’est l’acide sulfurique, dont la production succède à l’acide sulfureux pendant la réaction, quidésagrége le produit en formant un sulfate d’alumine soluble; c’est aussi cet acide qui favoriserait la formation du rose.
- D’après les caractères indiqués pour ces différen
- tes couleurs, nous pouvons définir ainsi les outre-mersansb etisazesan asq Jas‘nson9teix‘l9aoq
- « Les outremers sont des produits insolubles, composés de silice, d’alumine, de soude, de soufre et d’oxygène ; traités par les acides étendus, ils se décolorent, et cette décoloration est accompagnée d’un dépôt de soufre et du dégagement d'un composé acide du soufre. »
- , . ’ A suivre.
- NOTE
- SUR UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE PRÉPARATION DU VERT GUIGNET pnarm
- Par M. Aug. SCHEURER-KESTNER.
- (Pli cacheté déposé le 3 mars 1865).
- L’analyse m’ayant démontré que le vert Guignet n’est qu’un hydrate de chrome, formé par la décomposition, au sein de l’eau, d’un borate chromi-co-potassique, j’ai cherché à produire un borate chromiqne simple, espérant que, par une décomposition semblable, il se formerait du vert Guignet. L’expérience confirme cette hypothèse. En calcinant un mélange d’hydrate chromique ordinaire et d’acide borique, dans les proportions de cinq à six d’acide borique cristallisé pour un d’oxyde chromique anhydre, on obtient une masse verte partiellement fondue ; cette masse s’échauffe au contact de l’eau et se résout en oxyde hydraté (vert Guignet), qui se précipite, et en acide borique qui entre en dissolution.eld el 19 nnsmloH .M 6q sibu
- Au point de vue théorique, cette expérience a une certaine importance, puisqu’elle établit d’une manière certaine que la potasse ne joue aucun rôle dans le procédé ordinaire. Il se forme un borate chromique décomposable par l’eau.
- Note dé M. Prud’homme sur ce pli cacheté.
- Les faits relatés dans la note de M. Sheurer-Kestner se trouvent consignés dans le Traité des matières colorantes (1) de M. Schützenberger (page 275) qui s’exprime ainsi :
- « M. Scheurer-Kestner est récemment arrivé à produire le vert de chrome en combinant l’hydrate de chrome avec l’acide borique en solution et en expérience intéressante prouve que le borate double chauffant le borate ainsi formé à une température convenable, puis le décomposant par l’eau. Cette
- (1) Voir au catalogue des publications. (Supplément du journal).erg s ob noios'Icq Jneimo’l A'JI .0l8l
- p.63 - vue 70/286
-
-
-
- 64
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de chrome et de potassium, dont M. Salvetat suppose l’existence, n’est pas nécessaire dans la formation de cette couleur. »
- Si l’on se reporte au texte du pli cacheté, on constate une légère erreur dans la rédaction de M. Schützenberger, car M. Scheurer-Kestner combine les éléments du vert de chrome, non en solution, mais « en calcinant un mélange d’hydrate chromi-que ordinaire et d’acide borique ».
- (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse).
- SUR LES MATIÈRES COLORANTES AZOÏQUES
- . Par M. E. Noelting.
- A l’occasion de deux mémoires de M. Hofmann sur la chrysoïdine et sur une matière colorante nouvelle, qu’il nous soit permis d’ajouter quelques remarques sur l’histoire des matières colorantes azoïques.
- C’est à M. Griess que revient l’honneur de la découverte de la classe des corps diazoïques, si importante aussi bien pour la théorie que pour l’industrie. Le même chimiste a découvert et étudié, en collaboration avec MM. Caro et Marlius, des matières colorantes intéressantes appartenant à cette série, le brun Bismark ou triamidoazobenzol et le jaune d’aniline ou amidoazobenzol. La safra-nine, le rose de Magdala, découvert par M. Schiendl et étudié par M. Hofmann et le bleu d'aodiphé-nyle, signalé par MM. Griess et Martius, et étudié par MM. Hofmann et Geyger, vinrent ensuite enrichir coup sur coup cette intéressante catégorie de corps. Puis un moment de repos, mais, depuis deux ans environ, l'industrie des couleurs azoïques est entrée dans une voie nouvelle et féconde ; elle y a déjà trouvé une série de colorants d’une grande beauté et d’une importance industrielle considérable, et elle ne manquera pas d’y faire encore de nouvelle conquêtes. Ce progrès est d en grande partie à la découverte de la chrysoïdine, qui rappela aux chimistes et aux industriels un fait que M. Griess avait déjà noté en passant, savoir que tous les corps diazoïques donnent avec toutes les amines et tous les phénols descombinaisons dont quelques-unes sont des colorantsdoués d’une grande beauté.
- La chrysoïdine fut découverte presque simultané-ment par M. Caro et M. Wilt, au mois de janvier 1876. L’un l’obtient par l’action de la phénylène-
- diamine sur le diazomidobenzol, l’autre en traitant par cette même base le chlorure de diazobenzol. Ce dernier procédé seul est industriel, et il fut immédiatement exploité, sous les auspices de M. Witt, par MM. Villiams, Thomas et Dawer, à Brentford, qni livrèrent au commerce la chrysoïdine dans un état de pureté et de beauté parfaites.
- L’importance de la découverte de la chrysoïdine réside non-seulement dans le fait qu’elle dota l'in-dustrie d’un beau colorant jaune, doué de propriétés basiques, tandis que tous les jaunes du commerce présentaient des réactions acides et ne s’appliquaient pas au coton; elle réside, à notre avis, autant au moins en ce qu’elle imprima aux recherches chimiques industrielles une nouvelle et féconde direction.
- En effet, M. Witt ne s’arrêta pas là. Au mois de janvier 1877, il soumit à l’appréciation des teinturiers un nouvel orangé, l’acide sulfoconjugué du dioxyazobenzol ; et, encouragé par leur approbation. il offrit bientôt au commerce, sous le nom de tropéolines, toute une série de combinaisons sulfo-conjugées des corps azoïques hydroxylés ou amidés.
- Simultanément et indépendamment, la maison Poirrier, de Paris, étudia la même question, et c’est à elle que revient le mérite d'avoir inauguré l’emploi des combinaisons de naphtol, qui forment de très-beaux orangés, et dont M. Hofmann a étudié un représentant.
- Tout nous porte à espérer que, dans un avenir prochain, le champ si fertile des corps azoïques mûrira encore une riche moisson de ces belles matières colorantes qui intéressent à la fois le chimiste et l’industriel, tout en faisant les délices de la plus belle moitié du genre humain (1).
- (Moniteur scientifique.)
- EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX
- Des séances du Comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse.
- 1. — Procédé de fixation du noir d’aniline.
- Le pli cacheté n° 83, du 31 décembre 1863, déposé par M. G. Kœchlin au nom de MM. Steinbach-Kœchlin et Ce, décrit un nouveau procédé de fixa-
- (1) L’orangé II devient d’un emploi considérable en teinture par la raison qu'il peut se mélanger avec toutes les autres matières colorantes et produire avec elles les teintes les plus variées. L'Office du Moniteur de la Teinture, peut livrer actuellement ce produit à fr. 23 par kilo et fr. 30 au détail.
- p.64 - vue 71/286
-
-
-
- ET DE L’iMPRE^SIO^ DES TISSUS
- 65
- tion du noir d’aniline. La découverte que mentionne cette note fitépoque dans l’histoire du noir d’aniline.
- Le procédé de M. Lauth au sulfure de cuivre ne devait venirqueplus tard. M. C.Kœchlin eut l’idée de dédoubler en quelque sorte la réaction qui se formait dans toute couleur devant donner du noir d’aniline, en supprimant le sel de cuivre qu’elle renfermait et en le reportant sur le tissu.
- A cause de l’importance historique de ce procédé nous donnerons les recettes des couleurs indiquées dans le pli cacheté à la date du 13 décembre 1863, c’est-à-dire six mois après sa mise en pratique :
- Bain pour préparer les tissus destinés au noir d’aniline.
- 15 sulfate de cuivre ;
- 2 acétate de cuivre -,
- 60 eau.
- Noir d'aniline.
- I kilo chlorate de potasse ; 1/2 kilo sel ammoniac ;
- 32 litres eau de gomme, 8 lit. chlorure d'aniline à 15°
- ( 4 litres aniline rec-| tifiée,
- \ 4 litres acide chlor-
- | hydrique.
- \ 1/2 litre eau.
- Acide pour retirer le cuivre.
- 15 litres eau ;
- 1 litre acide sulfurique à 66°.
- Après un aérage d’une demi-journée, passer à travers cet acide, laver et chlorer.
- II. — De l'influence de la capillarité sur la teinture des matières en général.
- M. Gustave Engel a fait une série d’essais de teinture de sable siliceux, qui tendrait à prouver que, dans la teinture des fibres, soit d’origne animale, soit d’origine végétale, la composition chimique des fibres n’est pour rien, la composition physique est tout. Avec du sable composé de silice pure, il a obtenu de belles teintures directes en couleurs d’aniline, et, après mordançage, oxydation et dégommage, des teintures en alizarine, qui ont pu être savonnées et avivées comme le rouge et le rosegarancés sur coton, M. Engel a préparé plusieurs échantillons qui seront soumis aux membres du comité.
- Après quelques observations, le comité charge M. Goppelsrœder de lui présenter un rapport sur l’intéressant travail de M. Engel.
- III. — Préparation de l’aniline et du violet d’aniline.
- Le pli cacheté n9 54, déposé le 20 mai 1861, par M. Aug. Scheurer-Kestner.
- M. Scheurer a utilisé, pour préparer l’aniline, la méthode employée par M. Roussin pour obtenir la naphtylamine. A cet effet, on introduit dans un ballon une partie de nitrobenzine et cinq parties d’acide chlorhydrique du commerce, et une quantité d’étain suffisante pour dépasser le liquide. Une vive réaction se manifeste au bout de peu d’instants, et il se forme du deutochlorure d’étain et du chlorhydrate d'aniline.
- Le liquide clair est décanté et traité par des barres de zinc, qui précipitent tout l’étain de la dissolution à l’état métallique, Le même étain peut ainsi servir à plusieurs opérations. La dissolution séparée de l’étain précipité contient un mélange de chlorure de zinc et de chlorhydrate d’aniline, qu’il suffit d’oxyder comme on le fait généralement pour les sels d’aniline pure, afin d’obtenir le violet d’aniline.
- Le violet d’aniline se préparant toujours au moyen d’un sel d’aniline, ce procédé est beaucoup plus avantageux que ceux généralement employés, et qui consistent à isoler d’abord l’aniline, puis à la transformer ensuite en sel. Dans la distillation de l’aniline, il s’en perd toujours des quantités plus ou moins grandes.
- IV. — Nouveau noir d’aniline.
- M. Prud’homme présente aunom deM. Jeannolle, de nombreux échantillons d’un noir d’aniline par teinture et par impression.
- Ce noir est parfaitement inverdissable sous l'in-fluence de l’acide sulfureux, il ne se dégrade ni ne change de nuance.
- Le principe de M. Jeannolle repose sur l’emploi de solutions concentrées et froides de bichromate de potasse. Ce corps agit dans ces conditions d’une manière toute spéciale. Il aide,puissamment à la formation même du noir, tandis qu’on ne l’avait employé jusqu’ici qu’à chaud et pour parachever l’oxydation d’un noir déjà monté, cas auquel, sur-tout en présence d’un acide, il tendrait plutôt à le dégrader.
- Le noir de M. Jeannolle présente cette singularité de n’exiger, au sortir de l'impression, aucune oxydation préalable. La production du noir est en quelque sorte instantanée.'
- p.65 - vue 72/286
-
-
-
- CO CO
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ce noir semble différer totalement de tous les noirs connus jusqu’à ce jour, par son mode de formation et ses propriétés toutes particulières.
- C’est très-probablement un noir renfermant du chlore, analogue à celui que signalait M. Brandt, en 1862, tout comme le noir de M. Jeanmaire renferme de l’oxygène.
- M. Jeannolle se réserve d’envoyer plus tard un travail complet sur son noir.
- tion plus facile, on ajoute 1/2 0/0 de sulfate de soude ; 250 gr. de couleur suffisent pour teindre 100 kil. de laine.
- Teinture du coton. — Pour 5 kilos de coton : mordancer à 85° centigrades avec 1 k. de sumac en laissant le coton pendant une nuit dans le bain. Finir le lendemain dans un bain à 25° centigrades avec 25 à 30 grammes de colorant.
- PROCÉDÉS PRATIQUÉS
- FUCHSINES
- L’échantillon que nous soumettons à nos lecteurs a été teint avec la fuchsine petits cristaux n° 3 de la maison J. Ruch et fils, qui a 4 sortes de fuchsine n° 1, savoir :
- La fuchsine extra, qui est une de celles les plus pures et les plus belles, qui se trouvent dans le commerce.
- La fuchsine gros cristaux et la fuchsine petits cristaux, égales aux meilleures marques connues, et ne différant entre elles que par la grosseur des cristaux.
- La fuchsine petits cristaux jaunâtre, de même qualité que les précédentes, mais d’une nuance un peu jaunâtre.
- Comme fuchsine n° 2, nous mentionnerons : les fuchsines rouge pur, bleuâtre, jaunâtre, violette, etc.
- Voici quelques renseignements sur l’emploi de ces fuchsines :
- Dissolution. — On dissout le colorant dans la proportion d’une partie dans dix parties d’eau bouillante, on remue bien jusqu’à dissolution parfaite, et on filtre au besoin.
- Teinture de la soie. —On teint à 60° centigrades sur un bain faible de savon. Après le lavage, on avive par l’acide tartrique ou par l’acide acétique.
- Teinture de la laine. — On teint à 85» centigrades dans un bain neutre. Pour rendre l’opéra-
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DEPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison .
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à
- p.66 - vue 73/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 67
- l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- ——-seOcsa,---------
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer (I).
- Dans cet article nous traiterons de la teinture du coton, dulin et du chanvre en fils et en tissus quoique ces substances soient différentes.
- Les procédés qu’on emploie pour teindre le coton s’appliquent aussi à la teinture du lin et du chanvre; il existe cependant quelquefois dans divers procédés des différences particulières que je citerai.
- Les teinturiers savent que les fils de coton, de lin, de chanvre n’ont qu’une faible affinité pour les matières colorantes; plusieurs même de ces colorants se fixent d’un façon stable, sur la soie, la laine, les os, etc., etc., sans aucun intermédiaire, et ne teignent qu’à peine les substances en question.
- Ce n’est que par de nombreuses manipulations et par l’action de substances intermédiaires que l’on nomme mordants, que l’on parvient à couvrir les fils ou tissus d’une couche mince de couleur ou teinture.
- Les teintureries de coton diffèrent entièrement des ateliers dans lesquels on ne traite que la laine, la soie, les fourrures. — Le matériel, les chaudières, les cuves, etc., diffèrent complètement. La teinture du coton est tout à fait différente, bien qu’en général, les substancescolorantes et les agents chimiques soient les mêmes.
- Nous donnerons, dans un prochain article, la description des ateliers de teinture, laine, soie, coton, etc., les procédés de lavage, décreusage, blanchissage du coton, etc.
- Les filaments du coton, du chanvre, du lin, sont
- (1) Ce travail est extrait de l’album du teinturier et du fabricant, par M. G. Van Laer, dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs. Les nos 11,12, 13 et 14 de la 2° année, viennent de paraître. (Voir aux annonces du supplément du Moniteur de la Teinture.)
- imprégnés naturellement d’une matière résineuse, peu soluble dans l’eau, qui les empêche de se laisser pénétrer par l’eau qui compose les bains.
- Il faut donc, avant toute chose, débarrasser le coton de cette matière qui le rend imperméable à l’eau, au moyen d’un lavage alcalin bouillant et de plusieurs rinçages. — Pour les couleurs tendres et brillantes, le blanchiment est même nécessaire et s’applique à tous les filaments.
- Les substances que l’on désigne sous le nom de mordants produisent dans la teinture deux effets différents, — servent à fixer les colorants, — à donner plus d’éclat et comme bruniture après la teinture.
- Nous nous occuperons en première ligne des teintures en un bain, les plus simples.
- POLYCHROME
- Mordant pour coton, lin, chanvre, jute, etc.
- Brevets, Rave et Wattine Delespierre à Lille; Rave et Cie, à Vilvorde.
- Le polychrome donne sur les matières végétales des nuances très-fournies, du gris clair bleuté au bleu foncé, du gris de fer au noir, des olives claires, foncées, des jaunes, etc.
- Le polychrome est un mordant métallique ayant la propriété de donner, aux matières végétales textiles, une grande affinité pour les bois de campêche et bois jaune.
- Ce produit ne s’emploie pas comme la généralité des mordants par une imprégnation préalable de la matière à teindre mais s’associe directement aux colorants.
- Les nuances obtenues par ce polychrôme résistent non-seulement à la lumière blanche, mais encore à un haut degré d’acidité.'
- Cette qualité exceptionnelle rend ce mordant avantageux pour la teinture des chaînes destinées pour le lissage des Orléans, satins, etc. .
- Application :
- Le polychrôme se met dans le bain de teinture chauffé à environ 50°. Les proportions dépendent de la dose de colorant à fixer et des nuances à obtenir.
- L'Abum du Teinturier et du Fabricant deM. G. Van Laer, donne les échantillons d’une série de teintures en un bain sur coton, faites avec le polychrome, le campêche et le bois jaune associés, la
- p.67 - vue 74/286
-
-
-
- 68
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- bain à la température de 50 à 90“ centigrades et la durée de la teinture de une à trois heures.
- Les échantillons de la première série, au nombre de 7, non compris celui du coton avant teinture donnent des teintes graduées de l’olive clair au noir. Le premier obtenu, pour 100 kil. de coton,
- avec :
- Polychrome 5 k.
- Extrait de bois jaune 3 Bois de campêche 15 elle dernier, noir, avec :
- Polychrome 14 k.
- Bois de campêche 75
- Extrait de bois jaune 8
- Une seconde série, représentée par quatre échantillons, du gris fer au bleu foncé, est obtenue avec le polychrome et le bois de campêche seulement.
- Le premier, gris de fer foncé, avec :
- Polychrôme 5 k. Bois de campêche 10 Le quatrième, noir, avec : Polychrome 12 k.
- Bois de campêche 70
- La troisième série est formée de quatre échantillons, du jaune clair terne à un jaune foncé également terne, obtenus :
- Le premier avec : Polychrome 5 kil.
- Extrait de bois jaune 3
- Le dernier avec : Polychrome 12
- Extrait de bois jaune 12
- Dans ces teintures, on ajoute le colorant cam-pèche, ou bois jaune, ou les deux combinés, et on maintient la température à 50° environ pendant une heure, puis on l’élève jusqu’à 80° environ.
- Pour les nuances foncées, surtout pour le noir et le bleu, on ajoute ie colorant en deux ou trois fois et on n’élève la chaleur à 80° ou 90° qu’à la dernière addition.
- La durée de la teinture du noir, du bleu foncé et de l'olive dure environ trois heures.
- Pour les bronzes et les noirs on donne, après teinture, un passage dans un bain tiède de 3 à 4 kil. de sulfate de fer.
- Après le fixage au sulfate de fer on peut passer à un bain d’huile et de savon.
- (4 continuer.)
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- ' — Suite (1). —
- MARRON AU CACHOU SUR FEUTRE.
- En admettant que nous ayons 100 chapeaux en quatre nuances différentes, je passe mes 100 chapeaux dans de l’eau bouillante contenant par 400 litres 1 kilo cristaux de soude ; après avoir laissé égoutter je rentre mes 100 chapeaux, dans une chaudière assez grande pour les teindres, où j’ai fait dissoudre 7 kil. cachou brun, je laisse bouillir doucement, je lève et laisse refroidir mes chapeaux, je les rince, puis je prends la première passe de 25 chapeaux, je les rentre dans une chaudière contenant de l’eau à 40 degrés de chaleur où j’ai fait dissoudre 40 grammes bichromate de potasse, je mène mes chapeaux jusqu’au bouillon en faisant chauffer lentement, je les sors et j’ajoute 15 où 25 grammes (selon le produit), acide picrique crista-lisé, un petit verre à eau-de-vie acide sulfurique, je rentre mes chapeaux, je les mène environ 30 minutes au bouillon.
- J’ai obtenu alors un riche marron doré très vif, 2me passe.
- Sur le même bain réduit par de l’eau froide à 40 degrés de chaleur, j'ajoute 30 grammes bicrho-mate de potasse, je mène lentement au bouillon, je lève et laisse refroidir, j’ajoute 500 gr. orseille d’herbe, 250 grammes alun, je fais bouillir demi-heure.
- J’ai obtenu à ce moment un joli marron un peu plus rouge et plus foncé que le premier.
- 3me passe.
- Toujours sur le même bain réduit à 40 degrés par de l’eau froide, j’ajoute 10 grammes sulfate de cuivre, une grossse poignée terra-mérita, je monte lentement au bouillon, laisse bouillir 15 minutes.
- J’ai à ce moment un marron plus foncé qu’à la deuxième passe,
- 4me passe.
- Toujours sur le même bain, réduit à 40 degrés j’ajoute 25 grammes sulfate de fer, je monte lentement au bouillon, laisse bouillir de 20 à 25 minu-tes, à ce moment j’ai un marron très foncé.
- (1) Voir les nos précédents du Moniteur de la Teinture.
- p.68 - vue 75/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 69
- MARRON EN UN SEUL RAIN.
- 100 Chapeaux
- Après avoir passé au bain de cristaux de soude je rentre mes chapeaux dans la chaudière ou j’ai fait dissoudre.
- A kil, cachou.
- 2 kil. extrait liquide à 30 degrés cuba.
- 1 kil. terra-mérita.
- Bouillon de deux heures, lever les chapeaux, les laisser refroidir, ramener le bain à 40 degrés, y faire dissoudre 500 grammes bichromate de potasse, monter au bouillon lentement, bouillir demi-heure, vous obtenez un riche marron jaune.
- AUTRE PROCÉDÉ
- Après avoir passé au bain de cristaux de soude garnir la chaudière de h kil. de cachou, 4 kil. or-seille d’herbe, bouillir deux heures, lever, refroidir, ramener le bain à AO degrés, mettre 500 grammes bichromate dépotasse, monter lentement au bouillon, bouillir demi-heure, vous avez obtenu un marron plus foncé et plus rouge que le premier.
- AUTRE MARRON.
- Passage au cristaux de soude, garnir la chaudière avec 4 kil. cachou, 3 kil. sandal en poudre, 1 kil. terra mérita bouillir deux heures ; lever, faire refroidir, ramener le bain à 40 degrés, mettre 100 grammes sulfate de cuivre, monter lentement au bouillon et laisser bouillir demi-heure, vous avez alors un marron plus foncé que les deux autres, si vous désirez encore des marrons très foncés dits Lord-Byron, ou tête de nègre, vous vous servez de ce même procédé, seulement vous ajoutez 150 grammes sulfate de cuivre, et vous faites bouillir plus longtemps dans tous les marrons, en un seul bain décrit par ces procédés. Il faut à la fin de chaque teinture, vider la chaudière, car le bain ne vaut plus rien.
- OBSERVATIONS
- Il ne faut jamais jeter le bain de cachou, ce bain est très utile en ce sens, que les chapeaux prennent très peu de cachou, ce qui fait que le bain est toujours garni. Lorsqu’on fait de nouvelles teintures, on doit garnir les bains en diminuant les doses de cachou d’un quart au moins.
- Néanmoins on peut tenir le bain toujours très-fort, et diminuer la durée du bouillon qui doit toujours être au moins d’une heure, il faut toujours teindre sur de larges bains, sortir et rentrer les chapeaux au moins des fois pendant chaque opéra
- tion les retourner de l’envers à l’endroit, et vice-vers à surtout pour les qualités fines à la fin de chaque teinture un lavage énergique, ét finir le lavage sur un bain d’eau tiède acidulée avec un peu d’acide muriatique; le cachou contient une matière gommeuse qui rend les chapeaux un peu raides sans un bon lavage-, on peut obtenir toutes les nuances du marron au moyen du cachou, sans avoir besoin d’employer d’autres colorants, la matière brunissante ou mordant jointe à l’avivage, la durée du temps de bouillon suffit pour obtenir des gammes de nuances très-étendues.
- L’acide picrique, l’orseille, la terra-mérita ne servent dans mes procédés que comme enluminage. On peut s’en passer si l’on veut.
- RÈGLE GÉNÉRALE
- Pour la manipulation ne jamais craindre de prendre trop de soins pour empêcher les nuances, il ne faut jamais mettre les sels de fer ni de cuivre, ni de bichromate de potasse en même temps que les matières colorantes, car en mettant tous ces ingrédients ensemble on n’obtient que des nuances fugitives très-maigres, car le sel précipite le colorant et cela au dépens du bain, il vaut bien mieux laisser les chapeaux se saturer de colorant, et mettre après la matière brunissante ou mordant, porter le plus grand soin au lavage, et cette opération est essentielle, on ne lave jamais trop bien.
- DUGENDRE aîné,
- à Eymoutier (Haute-Vienne).
- (Moniteur de la Chapellerie.)
- INVENTIONS BREVETÉES
- Blanchiment et Epuration des Laines. Par M. PLANTROU jeune.
- L’invention a pour but :
- 1° D’effectuer par une seule et même opération le blanchiment de la laine, fils de laine, chiffons et déchets de toute provenance, des étoffes et tissus de laine, ainsi que la destruction des matières végétales, des pailles, gratterons et autres corpuscules étrangers qui sont mêlés à la laine.
- p.69 - vue 76/286
-
-
-
- 70
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 2° D’opérer cette destruction des pailles et gratterons, sans altérer aucunement la matière animale, et de façon à préserver le coton dans les étoffes de laine et coton, ainsi que dans les lisières et chefs de pièces entièrement ou partiellement en coton.
- Pour obtenir ces résultats, on soumet la laine ou les tissus de laine à l’atmosphère gazeuse produite par un mélange chimique spécial renfermant à la fois des agents décolorants de ia matière animale et des agents destructeurs des matières végétales. Les deux éléments essentiels de ce mélange sont le soufre et l’acide chlorhydrique.
- Pour rendre plus efficace l’action du gaz sulfureux et du gaz chlorhydrique, on y joint d’autres composés chimiques, sels et acides et on donne à ce mélange de préférence la composition suivante:
- Soufre 1 kil.
- Sel marin 0 200
- Ammoniaque 0 100
- Acide oxalique 0 200
- Acide chlorhydrique 1 kil.
- Ces composés ainsi que ce dosage peuvent varier suivant la nature des matières animales et végétales, et le genre des tissus à traiter.
- Le mélange préparé avec ces substances est disposé dans un vase, chaudière, cornue ou appareil quelconque, construit de manière à pouvoir être chauffé pour élever la température du mélange et engendre des buées, vapeur ou gaz. C’est à cette atmosphère que l’on expose, dans un soufroir ou dans une chambre convenable la laine et les tissus de laine à blanchir et à épurer. Dans cette opération, les buées, vapeur ou gaz, dégagés de la composition, sont complètement absorbés par les matières végétales, et les détruisent entièrement sans attaquer nullement la matière animale. Après cette opération, qui dure environ 1 h. 1/2, on soumet les produits en traitement dans des chambres-séchoirs, on les fait passer dans des machines spéciales entre des cylindres chauffés de 90° à 120°, afin de carboniser les matières végétales détruites dans le cours de l’opération précédente.
- Ensuite, un simple battage ou broyage suffit pour pulvériser et faire disparaître toutes ces matières.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 116,136. — REGNERY. —Perfectionnements aux cardes fileuses Seigneur à collier pour la laine. —L’objet principal de l’invention est d’imprimer un mouvement de va-et-vient au tambour de la carde.
- 116,149. —Gru.— Application d'un système prévenant la chute des tisszis dans les métiers a bonneterie anglais, français et hollandais. — Tringle soutenue par deux montants à charnière et à coulisses qui reposent chacun sur un levier abou_ tissant à un arbre monté sur couteaux et équilibré par un poids.
- 116,150. — Imbs. — Procédé de traitement, après teinture, des fils de bourette simple. — La disparition des boutons se fait en les cachant dans les fils simples, épanouis par détorsion partielle.
- 116,159. — Neveu. — Procédé de fabrication des tissus a grosses trames, galons, sangles, etc. — Ces articles sont fabriqués au moyen de deux faisceaux de fils de trame parallèle, conduits par deux navettes fonctionnant simultanément et en sens inverse sur le métier de barre.
- 116,223. — Newlands (les sieurs).—Perfectionnements dans la fabrication du sulfate d'alumine. — Le sulfate d’alumine est obtenu au moyen de la bauxite ou autres minéraux similaires qui renferment une quantité considérable d’hydrate d’alumine associé à du péroxyde de fer, à de la silice et autres substances.
- 116,228. — Privé. — Feutre imperméable dit feutre-enduit double hydrofuge. — Application sur le feutre d’une toile enduite.
- 116,229. — Savigny et COLLINEAU. — Préparation cl’une substance végétale colorante, d’une innocuité absolue, dite cauline, et de ses dérivés. — Cette substance est extraite, par infusion, du chou rouge ou du brocoli, ou encore de diverses plantes de la famille des malvacées et des li-liacées.
- 116,231. — Six. — Procédé pour l'impression du velours en pièces.— Comme procédé nouveau, le breveté revendique l’impression du velours écru en pièces, avant tout coupage des boucles, et, comme produit nouveau, le velours coupé ou non imprimé en pièces pour tentures, ameublements, confections, etc.
- p.70 - vue 77/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 71
- CATALOCUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES & TEXTILES
- Année 1877.
- 117,345. 10 mars.—Marissal et Secret.— Perfectionnements aux mécaniques d’armures.
- 117,352. 12 mars.—Duquesne. — Battant de tisseur dont les boites fonctionnent au moyen d’un mouvement à bascule, dit battant Duquesne.
- 1 17,353. 10 mars. — Barthélémy et Brulé. — Agrafe dite agrafe parchemin, servant à fixer le parchemin sur les rouleaux de filature.
- 117,362. 6 mars. — Walch et baradel. —Machine à couper les poils des peaux de lapin, mouton, etc.
- 117,373. 6 mars.—Casthelaz. — Fabrication économique et emploi industriel des sulfites de magnésie.
- 117,389. 7 mars. — Hammer. — Perfectionnements dans la méthode et les appareils pour maintenir les tubes à fils sur les broches des navettes à lisser.
- 117,418. 9 mars. — Sourdet.— Appareil destiné à empêcher la fuite et le débordement de tous les liquides sujets à la déperdition causée par l’ébullition.
- 117,425. 9 mars. — MONDEHARE.—Application de l’alfa et des déchets d’alfa dits étoupe de spa à la fabrication des articles de literie et de tapisserie.
- 117,346.16 mars. — Moulin. —Substitution des sulfates alcalins aux carbonates des mêmes bases dans la fabrication des hypochlorites de potasse ou de soude.
- 117,438. 14 mars. — Lacroix. — Machine à tisser à deux métiers.
- 117,451. 10 mars. — Quiquet. — Appareil élar-gisseur automatique à pinces, applicable aux machines à apprêter les tissus.
- 117,453. 10 mars. — Funk et Eltze. — Perfectionnements apportés aux moyens de lavage.
- 117,454. 10 mars. — Grange et Ci0. — Perfectionnement aux métiers Jacquard.
- 117,475. 12 mars. — Low.— Perfectionnements dans les procédés et appareils pour nettoyer ou laver la laine ou autre matière.
- PRIX
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- La Société industrielle de Mulhouse publie le programme des prix pour être décernés en 1878. La plupart des questions portées dans ce programme ont déjà figuré dans celui de l’année dernière. Si la Société industrielle les maintient au concours, c’est qu’elles n’ont pas encore eu de solutions satisfaisantes.
- De ce programme nous extrayons le chapitre suivant :
- Arts chimiques.
- 1. Médaille de ire classe pour la théorie de la fabrication du rouge d'Antrinople.
- 2. Médaille d’honneur pour l’introduction dans l’industrie de la purpurine artificielle.
- 3. Médaille d’honneur pour la préparation de laques de garance foncées, rouges ou violettes.
- 4. Médaille d’honneur et une somme de 1,000 fr. pour une substance pouvant remplacer, dans l’industrie des toiles peintes, l’albumine sèche des œufs, et présentant une économie notable sur le prix de l’albumine.
- 5. Médaille d’honneur et une somme de 500 fr. pour une albumine de sang décolorée, et ne se colorant pas par le vaporisage.
- 6. Médaille d’honneur pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- 7. Médaille d’honneur pour un procédé de blanchiment enlevant aux tissus de coton écru toutes les substances annylacées qu’ils peuvent renfermer sans altérer le tissu et sans augmentation notable de dépenses.
- 8. Médaille de 1re classe pour un mémoire sur l’emploi des résines dans le blanchiment des tissus de coton.
- 9. Médaille de 1re classe pour une encre devant servir à marquer les tissus de coton destinés à être teints en fonds unis rouge puce et autres couleurs foncées. Cette encre doit encore rester apparente après avoir subi toutes les opérations que ces teintures exigent.
- 10. Médaille d’honneur pour un mémoire sur le rôle que jouent les diverses espèces de coton dans le blanchiment et la coloration des tissus.
- 11. Médaille de 1re classe pour un bleu qui
- p.71 - vue 78/286
-
-
-
- CO
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- portant le contact de toutes les autres couleurs, notamment celles à l’albumine, sans nuire lui-même aux nuances auxquelles on l’associera.
- 21. Médaille d’honneur pour un mémoire sur la composition du noir d’aniline.
- 22. Médaille d’honneur pour toute reproduction, sur un alcaloïde artificiel ou naturel, des réactions qui, avec l’aniline, la toluidine, la naphtylamine, donnent le rouge, le violet, le bleu, le vert et le noir. Le travail devra être accompagné d’échantillons, et recevra sa récompense alors même qu’il serait industriellement inapplicable.
- 23. Médaille d’honneur pour un moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles.
- 24. Médaille de lra classe pour un moyen sûr et pratique d’amener le noir d’aniline, immédiatement après l’impression, au maximum d’oxydation, sans avoir recours à l’aérage ni au vaporisage, et sans
- 15. Médaille de lre classe pour un procédé qui permette de fixer sur coton les dérivés sulfuriques de l’indigo, en les associant aux couleurs vapeur et en leur conservant leur pureté de nuance et leur solidé.
- 16. Médaille de reclasse à celui qui aura le premier livré aux fabriques d’indiennes de l’Alsace un produit artificiel remplaçant avec avantage les dérivés sulfuriques de l’indigo.
- 17. Médaille d’honneur pour la synthèse de l'in-digotine.
- 18. Médaille de 1re classe pour un nouveau ‘pro-cédé de fixer par l’impression les couleurs d’aniline d’une manière plus complète que par l’albumine.
- 19. Médaille d’honneur pour un noir d’aniline soluble dans un véhicule quelconque, pouvant servir en teinture, et résistant à l’action de la lumière et du savon autant que le noir d’aniline actuel.
- 20. Médaille de 1‘e classe pour un noir vapeur, ayant la même intensité et la même solidité que le noir d’aniline, n’affaiblissant pas le tissu et sup-puisse servir à l’azurage des laines, et résister à l’action du vaporisage et de la lumière.
- 12. Médaille d’honneur pour un travail théorique et pratique sur le carmin de cochenille.
- 13. Médaille d’honneur pour un vert transparent, résistant à la lumière et au savon, dont l’éclat, l’intensité, l’application sur tissus de coton et le prix en rendent l’emploi possible en industrie.
- 14. Médaille d’honneur pour un procédé permettant de régénérer, sur tissus, l’indigotine et ses dérivés sulfuriques.
- altérer le tissu, ni attaquer les métaux servant à l’impression.
- 25. Médaille d’honneur pour l’introduction dans l’industrie des toiles peintes, d’une couleur transparente, répondant aux besoins de la fabrication, se développant et se fixant dans des conditions analogues à celles dans lesquelles se produit le noir d’aniline, aussi solide à l’air et à la lumière, résis-tant à l’action du savon, des alcalis et des acides, et ne présentant pas les difficultés d’impression de la naphtylamine.
- A suivre.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 416 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S'adresser au bureau du Journal.
- A Céder à Paris
- SUCCURSALE DE TEINTURERIE ÉTABLIE DEPUIS Dix ANS
- Et située dans un quartier de Commerce
- Magasin bien agencé. — Bail, 7 ans à courir. — Loyer, 1,500 fr. — Affaires, 6,500 fr. par an.
- Prix, 6,500 fr. — 1/2 comptant. — Facilités pour le reste.
- S’adresser à l’Office du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul BLONDEAU. . Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes
- p.72 - vue 79/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, No 7. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Avril 1878
- SOMMAIRE
- Mémoire sur les outremers (suite et fin), par M. E. Guimet. — Sur l’avenir de l’industrie de la garance, par M. J. Dépierre. — Teinture du bois en noir.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Violets au méthyle (échantillon). — Emploi des couleurs d’aniline : vert lumière.
- — Teinture du coton, du lin et du chanvre, par M. G. Van Laer (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Vert inoffensif et ses applications ; Liquide dit philoline; Nouveaux bois pour la fabrication des navettes. — Revue sommaire des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Catalogue des dits brevets (année 1877) — Prix de la société industrielle de Mulhouse (suite).
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Dépôt en Angleterre des marques de fabrique (industries textiles). — Douanes. — Grèves. — Traités de commerce.
- MÉMOIRE SUR LES OUTREMERS
- Par M. E, Guimet.
- (Suite et fin).
- Du rôle de chacun des constituants de l’outremer.
- Oxygène. — Nous lui attribuons, d'après les expériences ci-dessus, la production de la couleur ; et il paraît aujourd’hui démontré qu’en son absence les sulfures ne peuvent former d’outremers ; il faut la présence d’hypo-sulfites pour la production d’une couleur stable.
- Soufre.—Avec les mêmes proportions des autres constituants, peu de soufre donne un bleu clair; et plus la dose est augmentée, plus le soufre devient foncé. Toutefois, lorsque l’on est arrivé à une certaine nuance, qui dépend des proportions des autres corps dans le mélange, tout l’excès de soufre que l’on pourrait introduire serait éliminé, soit par volatilisation, soit à l’état de sulfate de soude.
- Soude. — La proportion de soude est toujours la même dans les outremers; elle est de 20 pour 100 environ; tout excès de soude que l’on voudrait faire entrer dans le mélange primitif disparaîtrait toujours à l’état de sulfate de soude, grâce à l’excès de soufre que l’on est obligé d’introduire dans la masse pour parer aux pertes occasionnées par la volatilisation de ce produit.
- Silice. — Sa proportion est sensiblement constante dans tous les outremers, 37 à 38 pour 100 environ; son rôle n’a jamais pu être bien défini.
- Alumine. — C’est de la quantité d’alumine con
- tenue dans le mélange primitif que dépend la nuance du bleu. Quand la proportion d’alumine diminue, celle du soufre augmente delà même quantité, tandis que les proportions respectives de silice et de soude ne changent pas.
- On a cru jusqu’à présent devoir caractériser les outremers clairs ou bleu pur et les outremers foncés ou rosés, par la dénomination d’outremers pauvres en silice et riches en silice.
- Le fait est que ces outremers contiennent tous la même proportion de silice. Seulement, pour les préparer, on emploie des kaolins plus ou moins siliceux -, c’est ce qui a donné lieu à cette dénomination erronée. Si l’on examine, en effet, la composition d'un outremer clair comparée à celle d’un outremer foncé, on verra que sur 100 parties de ces corps, la silice et la soude sont représentées par le même chiffre ; l’outremer clair contient 8 0/0 de soufre, l’outremer foncé en contiendra 13 0/0, et dans l’outremer clair il y aura 5 parties d’alumine en plus que dans l’outremer foncé.
- Une variation dans la quantité d’alumine est suivie par une variation en sens inverse dans la quantité de soufre combiné.
- En sorte qu’en se servant de kaolins de compositions différentes, on peut faire varier la nuance du produit obtenu depuis le bleu pâle à nuance de lapis, jusqu’au bleu foncé à nuance violette.
- En résumé, la soude et la silice restant sensiblement en quantité constante dans tous les outremers, la quantité de soufre combiné peut varier environ du simple au double, tandis que la quantité d’alumine contenue à l’état de combinaison dans le produit, varie dans la proportion de 1/6 environ.
- p.73 - vue 80/286
-
-
-
- 74 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les outremers ainsi obtenus présentent au microscope une texture cristalline et un aspect parfaitement homogène; il faut donc croire que la proportion de soufre et d’alumine peut varier dans les limites ci-dessus sans que l’outremer cesse d’être un corps parfaitement défini, et c’est ce qui aurait jusqu’à présent empêché l’analyse d’assigner à l’outremer une formule chimique invariable.
- Il fallait donc chercher d’autres procédés que l’analyse pour étudier avec plus de précision le rôle des corps qui constituent l’outremer.
- C’est pour cela que l’on a fait au laboratoire de l’usine de Fleurieu desexpériences de substitution qui ont abouti aux résultats suivants :
- On a, dans le mélange primitif, substitué au soufre, équivalent à équivalent, le sélénium d’abord, et le tellure ensuite, et on a produit les couleurs dont nous donnons le tableau ci-après, en même, temps que celui des outremers au soufre qui leur correspondent.
- Outremers au soufre . Outremers au sélénium Outreners au tellure
- Brun Brun
- Vert • Jaune
- Bleu Rouge pourpre Vert
- Violet
- Rose Rose Gris
- Blanc Blanc Blanc
- Ces corps présentent les mêmes réactions que les outremers au soufre. Comme eux, ils sont décomposés par les acides étendus avec dépôt de sélénium ou de tellure et dégagement d’un gaz sélé-nifère ou tellurifère.
- On peut aussi, en chauffant avec du charbon un des composés de cette série, reproduire tous les autres composés supérieurs.
- Depuis longtemps, la soude avait été remplacée par la potasse dans la préparation de l’outremer, et l’on avait reconnu que le produit blanc ainsi obtenu présentait tous les caractères de l’outremer.
- Les bases alcalines et terreuses comme la chaux, la baryte, la magnésie, la lithine, etc., substituées équivalent à équivalent à la soude, donnent toutes des corps présentant les mêmes réactions que les outremers, décomposition par les acides, dépôt de soufre et dégagement d'acide sulfhydrique ou sulfureux.
- Ces combinaisons sont incolores, excepté celles que donne le baryte. Ce dernier outremer, en gé
- néral, affecte une nuance grise; mais, dans certaines circonstances, il paraît être jaune. Toutefois, nous avons obtenu si peu de cet outremer jaune qu’il nous a été impossible de le caractériser.
- On s’est arrêté, dans ces expériences de substitution, aux métaux dont les sulfures sont insolubles, car le lavage ne pouvant les éliminer, on ne peut savoir facilement si l’on est en présence d’un outremer ou d’un silicate mélangé de sulfures insolubles et pouvant alors présenter les réactions des outremers.
- Nous avons essayé de substituer l’oxyde de chrome à l’alumine, mais cet oxyde agissant comme fondant, à 700°, température nécessaire à la production de l’outremer, la masse s’est fondue, et par suite, n’a pas pu offrir les propriétés physiques des outremers.
- D’après ces études, on voit que le soufre uni à l’oxygène produit la coloration, puisque lorsqu’il est remplacé par les corps de sa famille, l’outremer change de couleur.
- La soude, si elle ne produit pas directement la coloration, est pourtant nécessaire, puisque les autres corps qu’on lui substitue dans l’outremer, empêchent la coloration de se produire,
- Enfin l’outremer n’est pas un corps unique, il existe toute une série d’outremers, les uns colorés (outremers au soufre, au sélénium et au tellure), les autres incolores (outremers à la potasse, à la chaux, à la lithine, etc.), et l’étude de ces corps pourra peut-être jeter un jour nouveau sur la composition chimique de l’outremer.
- Nous avons cru devoir publier dès à présent, ces résultats déduits de l’examen impartial des nombreuses expériences exécutées à l’usine de Fleurieu, et des analyses fournies par les savants français et étrangers qui se sont occupés de l’outremer.
- On voit que le champ des explorations théoriques est encore assez vaste, et il eût peut-être mieux valu attendre de pouvoir offrir des formules positives.
- Mais comme l’attention du monde savant est depuis quelque temps attirée sur ces questions, il est important de revendiquer pour J.-B. Guimet l’honneur de la découverte de la série des outremers au soufre, qu’il avait préparés et étudiés longtemps avant que personne fût même parvenu à produire industriellement l’outremer bleu.
- Nous tenons aussi à signaler les importants tra-
- p.74 - vue 81/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- vaux des chimistes qui nous secondent dans nos recherches.
- Je citerai particulièrement le directeur de l’usine de Fleurieu, M. Th. Morel, qui a trouvé les outremers au sélénium et au tellure, et M. J. Plicque qui a entrepris la synthèse de l’outremer au moyen du silico-aluminate de soude.
- Les expériences se poursuivent avec activité, et l’on peut, dès à présent, entrevoir que la composition exacte de l’outremer, sa formule chimique, s’il y en a une, sera bientôt révélée.
- (Bulletin de la Société chimique.)
- SUR L’AVENIR DE L’INDUSTRIE
- DE LA GARANCE
- Par M. J. Dépierre.
- S’il est un produit végétal qui mérite de fixer l’attention, non-seulement de l’homme de science et de l’industriel, mais surtout de l'agriculteur, c'est bien certainement la garance.
- La culture de cette plante occupe des surfaces énormes, et son emploi, comme matière colorante, est l’objet de transactions considérables. Disons en passant que peu de matières végétales ont donné lieu à des travaux aussi nombreux et aussi considérables ; mais, question scientifique à part, il est d’un intérêt majeur de rechercher si cette plante, si éminemment utile, est destinée à disparaître de nos cultures, ou si, par des moyens nouveaux ou des perfectionnements appropriés, on arrivera à lutter contre sa rivale, née d’hier et déjà si puissante, c’est-à-dire contre l’alizarine artificielle?
- D’abord, peut-on obtenir avec l’alizarine les teintes que la garance, la garancine et leurs dérivés fournissent à la palette du coloriste ?
- En ce moment, non ; car, si l’on peut faire et si l’on fait des rouges, des roses, des lilas, etc., on n’est pas encore parvenu à produire les couleurs intermédiaires, telles que grenat, marron, puce, etc., mais on sait qu’avec un mélange de purpurine et d’alizarine, on peut facilement reproduire ces nuances. Or, la purpurine n’est pas encore un produit commercial, malgré diverses tentatives malheureusement infructueuses, entre autres celles de Holliday de Huddersfield. Cependant ce problème peut être considéré comme résolu, et, dans un
- ( avenir peu éloigné, la purpurine se trouvera dans la consommation.
- Nous ne parlerons pas de la solidité des couleurs à l’alizarine artificielle; les praticiens savent qu’elles sont très-résistantes et, dans certains cas, surpassent en solidité les couleurs faites à la garance. Du reste, le Comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse, dans sa séance du 9 avril 1873, avait déjà agité cette question, d’après l’initiative de M. Iwan Schlumberger, secrétaire de la Société d’horticulture de Mulhouse, lequel avait été consulté, à ce sujet, par la Société d’agriculture de Vaucluse.
- Aujourd’hui, quiconque se sert d’alizarine est fixé sur la valeur de cette matière colorante ; car, aux nombreux perfectionnements dans la fabrication sont venus s’ajouter les perfectionnements dans l’application sur tissu ; — aussi son emploi ne fait-il que croître.
- L’importance industrielle des matières colorantes artificielles résulte des chiffres officiels suivants qui donnent la production en 1875 :
- Allemagne, valeur.-. . . 30,500,000 fr. Angleterre, •— ... 9,000,000 France, — ... 7,000,000
- Suisse, — ... 7,000,000 soit une valeur de 53 millions, alors qu’en 1862, époque où il n’était nullement question d’alizarine, la fabrication de ces produits avait à peine créé une valeur de 12 millions de francs. C’est en grande partie à l’anthracène et à l’alizarine artificielle qu’est due cette augmentation.
- Ainsi, en 1875, l’Allemagne a produit pour 15 millions de francs d’alizarine. On sait qu’il existe une quinzaine de fabriquas réparties comme suit :
- Allemagne.................. 12
- Suisse...................... 2
- Angleterre.................. 1
- France...................... 1
- Leur production journalière totale peut être évaluée à 3,500 kilogrammes, soit annuellement 1,000 à 1,100 tonnes. Cette production peut augmenter, surtout si, ce qui paraît très-probable, l’alizarine parvient à supplanter la garance.
- La production de la garance en Europe peut être évaluée à environ 48 millions de kilogrammes représentant, à 1 pour 100, — 480 tonnes d’alizarine.
- La France produit de 20 à 25 millions de kilogrammes de garance. Pour remplacer ces quantités, il deviendrait nécessaire de fabriquer annuelle-
- p.75 - vue 82/286
-
-
-
- 76
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment 4,800,000 kilogrammes d’alizarine en pâte à 10 pour 100. En admettant que l’anthracène pur puisse donner 50 pour 100 en moyenne de son poids en alizarine sèche, il faut arriver annuellement à une production d’environ 100 tonnes. C’est la quantité qui correspond à une distillation de plus de 1 million de tonnes de houille. Or, l’industrie des gaz consomme, en France seulement, près de 700,000 tonnes, et en Angleterre près de 2 millions de tonnes ; elle est donc en mesure de fournir au-delà de la quantité nécessaire pour une extension aussi considérable de cette fabrication.
- En 1876, l’Allemagne seule a fourni près de 4 millions de kilogrammes d’alizarine à 10 pour 100; nous voyons déjà d'une année à l’autre une progression de production considérable.
- Il y a trois ou quatre ans, on consommait encore de fortes quantités de garance pour la préparation des extraits; mais aujourd’hui ces produits, dont les prix ont dû subir une baisse considérable, se ressentent de l’influence de l’alizarine, et, par contre-coup, diminuent encore la consommation de la matière première.
- Y a-t-il un remède à apporter à cette situation ? Peut-on espérer voir la faveur dont jouit l’alizarine artificielle décroître dans un temps donné? A cette dernière question, nous croyons devoir répondre négativement, l’alizarine s’étant acquis des droits incontestables dans la fabrication, et si la culture de la garance ne fait pas des efforts très-sérieux, la lutte pourra tourner à son désavantage.
- Aujourd’hui (mai 1877), l’alizarine à 10 pour 100 coûte en moyenne 5 francs le kilogramme. Pour établir la parité en garance, il faut pouvoir produire de la garancine valant tout au plus 1 fr. 60 le kilogramme. Or, pour établir ces prix, il faut des paluds coûtant de 30 à 35 francs les 100 kilogrammes.
- Notre collègue M. Leenhardt, membre de la Chambre de commerce d’Avignon, dans une conférence tenue au concours régional d’Avignon, en 1875, faisait remarquer qu’avec des paluds à 50 francs les 50 kilogrammes environ, on pouvait encore obtenir des résultats rémunérateurs satisfaisants pour le cultivateur, mais aujourd’hui, pour pouvoir lutter efficacement, il faut produire des paluds ne coûtant que 30 francs les 100 kilogrammes : là est le nœud de la question.
- Nous n’indiquerons que sommairement à quelles conditions la lutte est possible ; aux intéressés à cette grave question, nous recommandons la lec
- ture du travail de M. Leenhardt (1), et nous nous résumerons en disant avec lui que la lutte de la garancine contre l’alizarine artificielle n’est possible qu’aux conditions suivantes :
- 1° Sélection des graines et choix des terrains; on sait qu’il y a des terrains aptes à produire la garance plus économiquement que d’autres, toutes choses égales d’ailleurs quant aux soins et aux frais de culture;
- 2° Emploi rationnel des engrais et utilisation plus complète des produits fécondants ;
- 3° Traitement moins imparfait de la garance pour la conversion en garancine ou en autres produits ;
- 4° Utilisation plus complète des résidus des eaux de lavage, etc.-,
- 5° Procédés de fabrication plus expéditifs ; par les moyens actuels, on perd des quantités importantes, ce que l’on doit arriver à éviter ;
- 6° Trituration immédiate des racines; les racines perdent généralement, en raison du temps qu’elles passent en magasin, tandis que les poudres de ces mêmes racines gagnent à ce séjour-,
- 7° Enfin, application raisonnée des moyens mécaniques et chimiques connus aujourd’hui.
- Par ces moyens seuls, l’avenir de la garance pourra encore ne pas être trop gravement compromis, mais il faudra toujours d’incessants et sérieux efforts pour que le produit de la nature lutte sans trop de désavantage contre celui de l’art.
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen.)
- TEINTURE DU BOIS EN NOIR
- (Extrait de VAllgememe Chemïlier-Zeüung.)
- Les méthodes suivantes sont recommandables pour ébéner le bois. On fait cuire 250 grammes de bois de campêche avec 1 ou 1 1/4 litre d’eau, on ajoute à la liqueur 30 ou 35 grammes de sulfate de cuivre, on laisse reposer et on décante le liquide clair. Le bois à teindre est plongé dans ce bain encore chaud et chauffé à nouveau, et y séjourne pendant vingt-quatre heures; on l’expose ensuite pendant 12 à 24 heures à l’action de l’air, afin d’oxyder la matière colorante-, puis, on le plonge
- (1) Conférence sur la culture de la garance, faite par M. Leenhardt, membre de la Chambre de commerce d’Avignon et de la Société industrielle de Rouen,
- p.76 - vue 83/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 77
- dans un second bain chaud formé de nitrate de fer à 4 degrés Baumé. Si, en sortant du second bain, le bois n’a pas encore pris une belle teinte noire, on l’immerge de nouveau pendant quelques heures dans le bain de bois de campêche.
- Le système suivant permet de donner au bois une belle teinte noire, d’une grande solidité, dans un seul bain et à froid. On mélange dans une cuve en cuivre 18 litres de bon vinaigre de bois, 5 kilogrammes de bois de campêche râpé et 4 kilogrammes de noix de galle d’Alep pulvérisées; on laisse ce mélange digérer pendant huit jours à découvert, en le remuant plusieurs fois par jour, puis on y ajoute 5 litres d’eau ; on évapore ensuite le liquide jusqu’au volume de 10 litres et on le décante après clarification par dépôt. Dans l'entre-temps, on prépare dans un vase en terre ou en pierre une seconde liqueur au moyen de 1 kilogramme de limaille de fer pur, que l’on recouvre de 5 litres de bon vinaigre de Lois; on remue de temps en temps jusqu’à ce que le liquide marque 13 à 14 degrés Baumé, et on le décante, après l’avoir laissé se clarifier par le repos. On mélange ensuite les deux liqueurs en remuant, on laisse de nouveau reposer, et on décante le liquide clair, dans lequel on plonge simplement le bois à teindre pendant un temps suffisant. Ce temps est naturellement d’autant .plus long, que le bois est plus dur et plus compacte; on atteint plus rapidement le but en chauffant d’abord le bain. On accélère aussi l’oxydation de la matière colorante du bois de campêche en ajoutant à la liqueur 0,7 à 1 gramme d’acide oxalique. On hâte encore l’opération en employant, pour la préparation de la première liqueur, les extraits de bois de campêche et de noix de galle, au lieu du bois de campêche et de la noix de galle, on prend seulement les 2/5 de la quantité indiquée plus haut pour les matières brutes. La solution de fer peut se préparer en décomposant une solution d’acétate de plomb par une solution fraîchement préparée de sulfate ferreux et en décantant le liquide clair. Ce procédé convient très-bien pour teindre en noir les ouvrages de vannerie.
- La teinture de Paris, que l’on vend dans le commerce à des prix très-élevés, a beaucoup d’analogie avec la précédente. On dissout dans l’eau chaude de l’extrait de bois de campêche, de façon que la liqueur marque 10 degrés Baumé, et on y ajoute, par 5 litres, 2 1/2 litres de pyrolignite de fer à 11 degrés et un litre d’acide acétique à 2 degrés; on chauffe le mélange pendant un quart
- d’heure environ. Cette teinture s’emploie à froid et on l’étend légèrement d’eau quand on s’ensert avec des bois tendres.
- Teinture en noir pour bois de placage. — Les placages bruts sont cuits pendant une demi-heure dans une solution de soude caustique à 8 ou 10 p. c., puis on les laisse séjourner pendant vingt-quatre heures dans la lessive. On les débarrasse ensuite de la soude par des lavages répétés, d’abord à l’eau chaude, puis à l’eau tiède; puis, on les place, pendant vingt-quatre heures, dans une solution de une partie de sulfate ferreux pour 30 parties d’eau, chauffée à 40 ou 45 degrés. Par ce traitement, les placages reçoivent dans toute leur épaisseur une belle teinte noire, semblable à celle de l’ébène. Ou les lave encore et, comme la soude les a rendus flexibles comme du cuir, on les sèche entre de fortes feuilles de cartons, puis on les comprime avec ces dernières dans une presse.
- Les placages teints de cette façon surpassent de beaucoup les meilleurs produits de Paris, sous le rapport de l’intensité de la teinte.
- Teinture en noir pour bois de chêne. — Le bois débité est immergé pendant quarante-huit heures dans une solution d’alun saturée à chaud, puis arrosée à plusieurs reprises d’une décoction de bois de campêche; les petites pièces peuvent aussi être plongées, pendant un temps plus ou'moins long, dans cette décoction. Celle-ci se prépare de la manière suivante : on fait bouillir une partie de bois de campêche de la meilleure qualité avec 10 parties d’eau, on filtre sur de la toile, on évapore le liquide à une douce température jusqu’à ce que son volume soit réduit de moitié, et on ajoute à chaque litre de ce bain 10 à 15 gouttes d’une solution saturée d’indigo soluble complètement neutre. Après avoir arrosé plusieurs fois les pièces alunées avec cette solution, on frotte le bois avec une solution saturée et filtrée de vert-de-gris (acétate de cuivre basique) dans l’acide acétique concentré et chaud, et on répète cette opération jusqu’à ce qu’on obtienne une teinte noire ayant l’intensité voulue. Le chêne teint de cette façon ne le cède en rien à l’ébène véritable.
- Suivant M. E. Lauth, le bois peut également recevoir une belle teinte noire à l’aide du noir d’aniline. On plonge le bois dans la solution concentrée d’un sel manganeux, et après l’avoir séché, on le place dans un bain alcalin, qui met l'oxyde manganeux en liberté ; cet oxyde est ensuite transformé en oxyde manganique ou en peroxyde par l’action de
- p.77 - vue 84/286
-
-
-
- 78
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’air ou d’un bain de chlorure de chaux. On peut aussi traiter immédiatement le bois par un manga-nate ou un permanganate alcalin ; il se dépose ainsi du peroxyde de manganèse dans les fibres du bois. Le bois est ensuite plongé dans une solution acide d’un sel d’aniline, qui le teint immédiatement en noir. On peut se servir, par exemple, d’une solution de 50 grammes d’aniline dans 100 grammes d'acide chlorhydrique et 1 litre d’eau. Le noir obtenu a un ton verdâtre, qui devient plus foncé par un lavage au moyen d’une solution d’alcali ou de savon et se transforme en un noir foncé par le lavage à l’aide d’une solution de bichromate de potasse.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- VIOLETS AU MÉTHYLE
- Teinture de la soie.
- On teint dans un bain de savon légèrement acidulé. On lave et on avive dans un bain contenant 5 grammes d’acide sulfurique par litre d’eau.
- Teinture de la laine.
- On teint dans un bain contenant pour 5 kil. de laine, 500 grammes de sulfate de magnésie et 50 grammes de violet. On peut teindre aussi dans un bain neutre.
- Pour obtenir des nuances vives et brillantes, il faut teindre dans un bain neutre et passer ensuite la laine dans un bain tiède contenant un peu d’acide sulfurique.
- Teinture du coton.
- Pour 5 kil. de coton: mordancer le coton au tannin, et teindre dans un bain à 75° centigrades avec 250 grammes de gomme, ou bien :
- Passer le coton au savon, donner un bain d’alun, et finir au violet.
- Nous donnons un échantillon de violet sur laine teint par le procédé indiqué plus haut, avec le violet au méthyl 2 B G n° 193, de la maison J. Kuch et fils, à Paris.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison .
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’em-ploi.
- p.78 - vue 85/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 79
- EMPLOI DES COULEURS D’ANILINE
- Verts lumière.
- Dissolution.—Le vert est entièrement soluble à l’eau. Il est utile de faire remarquer que, lorsqu’on emploie des eaux calcaires, la dissolution de vert se décolore ; la matière colorante n’est nullement altérée-, une goutte d’acide ramène la nuance.
- Teinture de la laine.
- Préparation. — Dans une barque en bois, ne contenant ni cuivre, ni plomb (les tuyaux de vapeur doivent être en étain), on garnit pour 10 kil. de laine bien dégraissée.
- Hyposulfite de soude. . . 2 kilogr.
- Alun.......................... 1 —
- Acide sulfurique.............. 0 400
- Il ne faut ajouter l’acide sulfurique que lorsque l’alun et l'hyposulfite sont bien dissous.
- On entre la laine dans ce mordant et on l’y manœuvre pendant une heure environ, à une température qui ne dépasse pas 80° centig. Le bain, laiteux au commencement, devient limpide à la fin de l’opération. Au sortir du mordant, laver la laine à grande eau, puis la passer par une eau très-peu alcalinisée avec de l’ammoniaque; il faut que l’ammoniaque soit à peine perceptible à la langue.
- Teinture. — Dans une barque également sans cuivre ni plomb, on prépare le bain de vert et acide picrique suivant la nuance qu’on veut obtenir. On ajoute environ 1 kilo acétute de zinc pour 1,000 litres d’eau, en plusieurs fois, dans le but de faire monter l’acide picrique. Si l’acide picrique montait seul, il faudrait neutraliser le bain avec de l'acétate de soude afin de faire monter le vert.
- L’acétate de soude s’ajoute de même en plusieurs fois jusqu’à la fin de l’opération; en tout cas, l’acétate de soude nécessaire pour neutraliser le bain ne devra pas dépasser trois fois le poids de l’acétate de zinc.
- Le bain de teinture ne devra pas dépasser une température de 80° centigrades, et il vaut mieux commencer à teindre à tiède. Après teinture, le bain ne sera pas épuisé complètement, on peut le conserver.
- Teinture du coton.
- Préparation. — Le coton étant bien débouilli, le mordancer pendant deux ou trois heures dans un bain de sumac frais, soit 20 kilos environ de
- sumac de Sicile pour 100 kilos coton; rincer et tordre.
- Teinture. — On teint dans un bain garni des deux tiers du colorant qu’on veut mettre ; ne pas dépasser 45 à 50° centigrades. Après vingt minutes, on lève le coton pour y ajouter le dernier tiers du colorant.
- Teinture des tissus chaîne-coton.
- Préparation — Le tissu bien dégraissé, mordancer pendant une demi-heure dans un bain de 50 à 100° centigrades, composé comme suit :
- Hyposulfite de soude. . : 2 kilogr.
- Alun.......................... 1 —
- Acide sulfurique.............. 0 400 gr.
- Avoir soin de ne pas entrer plus chaud que 50° et n'élever la température que peu à peu.
- Puis laver, mordancer le coton au sumac, et laver de nouveau.
- Teinture. — On garnit le bain de teinture de vert et d’acide picrique suivant la nuance et la hauteur du ton que l’on veut obtenir, plus 1 kilog. d’acétate de zinc par 1,000 d’eau-, après vingt minutes de teinture, saturer le bain, qui est acide, par 3 kilog. au maximum, d’acétate de soude-, on ajoute ce sel en plusieurs fois dans le but de faire monter le vert, qui ne se fixe que difficilement sur le tissu dans un bain acide.
- Teinture de la soie.
- Teinture. — On teint la soie en vert lumière à la température d’environ 40° en ajoutant un peu de vieux bain de savon, afin de faciliter l’unisson. En sortant de ce bain, laver la soie d’une façon parfaite.
- Pour jaunir, faire un bain neuf froid avec de l’acide picrique et très-peu d’acide acétique, car si l’on dépasse la quantité nécessaire, le vert, déjà fixé sur la soie, tomberait dans le bain de jaune.
- Teinture des cuirs et peaux.
- Préparation. — Les cuirs et peaux, bien débar-lassés de matières étrangères, sont préparés à la manière ordinaire.
- Teinture. — On applique le vert à 35° centigrades en opérant rapidement.
- L’acide picrique relève le vert et lui donne plus de stabilité, mais il ne faut pas ajouter directement au vert; on l’applique, soit avant, soit après.
- p.79 - vue 86/286
-
-
-
- 80
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer (I).
- Il existe pour la teinture du coton en noir de nombreux procédés qui laissent tous quelques marques d’imperfection, les uns sont coûteux, les autres donnent des teintures peu stables aux lavages ou à la lumière, enfin n’offrent pas toutes les garanties suffisantes.
- Deux procédés nouveaux qui permettent de remplacer avantageusement les anciennes recettes sont : 1° le procédé de M. Rave, par le polychrome, décrit dans le numéro précédent. 2° le procédé de M. Glanaer, par un produit spécial breveté qu’il nomme chrômine.
- Ces procédés méritent d’être signalés comme étant rapides et donnant d’excellents résultats.
- Comme d’habitude, le coton, après avoir reçu un lavage bouillant et plusieurs rinçages, passe à la teinture ; les teintures, modes, peuvent s’obtenir en un bain, mais pour les noirs il est préférable d’opérer en deux bains.
- L’Album du Teinturier et du Fabricant donne 4 échantillons de velours de coton, le premier est avant teinture, les suivants (teintes modes) obtenues en un bain :
- 1° Chrômine 4 kil.
- Acide sulfurique 1 kil.
- 2° Chrômine 4 kil. 500
- Acide sulfurique 1 kil.
- 3° Chrômine 5 kil.
- Acide sulfurique 1 kil. pour 100 kil. de matière teinte, durée 1 heure à 30° centigrades.
- La marche des teintures par la chrômine n’offre rien de particulier, les manipulations sont simples, le produit permet de produire des gammes très-étendues de nuances en modifiant les doses de mordants, les matières colorantes, la durée des opérations et le degré de température.
- On obtient un beau noir en opérant comme suit pour 100 kil. de matière ;
- (1) Ce travail est extrait de l’album du teinturier et du fabricant, par M. G. Van Laer, dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs. Les nos 11, 12, 13 et 14 de la 2° année, viennent de paraître. (Voir aux annonces du supplément du Moniteur de la Teinture.)
- Mordançage : 1 heure à 30° avec :
- Chrômine 5 kil.
- Acide sulfurique 1 kil.
- Teinture : 1 heure à 30° avec :
- Bois de campêche 40 kil. brunir par 10 kil. de sulfate de fer -,
- Et un noir plus foncé encore en opérant de même, mais en portant à 50 kil. la dose du bois de campêche.
- M. Van Laer ne croit pas nécessaire de connaître tous les procédés de teinture des noirs sur coton. Certains teinturiers n’ont jamais connu qu’une recette et la suivent toujours avec succès, mais les modes et les goûts varient, la concurrence augmente de jour en jour et force l’industriel à produire beaucoup en peu de temps et à peu de frais ; s’il n’en était pas ainsi, il serait le premier à dire : gardez-vous de lire ces recettes multiples qui ne peuvent que nuire à vos intérêts, en vous représentant souvent l’application comme plus facile qu’elle ne l’est en réalité.Mais quand on considère les résultats,les changements que les temps apportent aux différents procédés, on est forcé d’avouer qu’il faut être au courant des progrès pour ne point végéter dans une industrie quelque minime qu’elle soit.
- Souvent, d’une mauvaise idée, d’une fausse application on retire un résultat avantageux ; enfin, le travail, les études comparatives sont nécessaires pour maintenir l’énorme concurrence du moment.
- La chrômine est un mordant métallique qui donne de bons résultats et permet de teindre dans le même bain colorant les tissus de laine coton en élevant légèrement la température.
- Le tableau ne 14 (2me année) de l’album du teinturier et du fabricant porte huit échantillons de teinture au campêche et à la chrômine sur coton en fils, avec un mordançage de 30 minutes à 35° c. et un bain de teinture maintenu pendant une heure entre 30 et 50°. Les doses, pour 100 kil. de matière, varient pour le mordançage, de 2 kil. 500 à 3 kil. chrômine pour 4 kil. sulfate acide de soude.
- Le coton mordancé est d’une teinte bois d’autant plus foncée que la proportion de chrômine est plus forte.
- Les doses de bois de campêche pour le bain de teinture varient de 30 à 70 kil., avec bruniture, pour finir des tons bleuâtres, par 1 kil. sulfate de cuivre, et 5 kil. sulfate de fer, pour finir les noirs.
- (A continuer).
- p.80 - vue 87/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 81
- INVENTIONS BREVETÉES
- Vert inoffensif et ses applications
- Par M. Desnos.
- On prend de préférence un sel de chaux ou de baryte insoluble qu’on appelle le substratum.
- On y joint de l’alumine hydratée, puis de la graine de Perse en dissolution, ensuite du vert d’aniline ou méthyle et finalement du tannin : ces deux derniers aussi en dissolution.
- On opère à froid.
- Les proportions qui sont très-faciles à établir, varient suivant les nuances et le degré d’intensité qu’on veut obtenir.
- On pourrait substituer au jaune obtenu par l’alumine et la graine de Perse, du jaune de chrome ou tout autre.
- On pourrait aussi fixer le vert par l'oxymuriate ou le proto-chlorure d’étain ; mais la réaction est imparfaite.
- Les applications de ces verts sont pour les papiers fantaisie, papiers peints, etc., étoffes, tissus imprimés pour tous usages et notamment pour les tissus des fleurs, feuillages, fruits, herbes, roseaux etc. artificiels.
- Liquide dit philoline ou lessive concentrée pour le lavage, coulage, et blanchissage du linge.
- Par M. Delais.
- Ce liquide est obtenu par l’extinction de quatre parties de chaux vive, six parties de carbonate de soude, par quatre fois autant d’eau que le poids des deux acides réunis.
- De plus, on ajoute par 100 litres de liquide, la centième partie d’essence de térébenthine, et la deux centième d’ammoniaque liquide.
- On met dans un vase vernissé, deux ki logrammes de chaux vive, trois kilogrammes de carbonate de soude, réunissant la somme de ces deux poids, et les multipliant par quatre, le résultat donne le poids de l’eau bouillante à verser dessus.
- On peut remplacer le carbonate de soude par de
- la potasse, en ne mettant qu’une partie de potasse, au lieu de six parties de carbonate de soude ; ensuite, on lui donne ou non, un parfum avec une essence quelconque, et une couleur selon la fantaisie, avec une faible dissolution de caramel (par exemple) on lui donne une teinte jaunâtre.
- Quand l’extinction des matières est terminée, on verse dessus le restant de son eau, on agite bien le tout ; puis on laisse reposer pendant vingt-quatre heures ; on tire au clair, et cette eau est la Philoline.
- Nouveaux bois
- Remplaçant le bitispour la fabrication des navettes.
- Il paraît qu’on a réussi, en Angleterre, à substituer deux sortes de bois américains dans la fabrication des navettes, au buis, dont le prix augmente constamment en même temps que sa qualité diminue. On a jusquici employé d’immenses quantités de ce bois pour ce genre de fabrication.
- Les deux bois qui sont ainsi substitués au buis sont le cornus floridas, probablement le cornouiller, et le diospyros virainiana Le premier, le cornouiller, perd ses feuilles chaque année ; cet arbre d’environ 30 pieds de haut, qui croît abondamment dans les forêts des différentes parties de l’Amérique du Nord. Son bois, quoique de petites dimensions, est dur, pesant et a le grain très-serré. On s’en sert en Amérique principalement pour faire des manches d’instruments et des navettes, et, quand il est convenablement employé, il est de beaucoup supérieur au bois de Perse.
- On peut en dire autant des dispyros, arbre qui appartient à la famille de l’ébénier ; il est indigène aux Etats-Unis, où il croît à la hauteur de 50 à 60 pieds ; son diamètre est d’environ d’un pied. Le cœur du bois est d’une couleur brun-foncé et très-dur. Le tronc est couvert d’une écorce très-éraisse, dure et rugueuse. Pour la préparation de ce bois, il faut observer qu’il a besoin d’être séché graduel-lement par des moyens artificiels. Il fa'at faire la même recommandation pour le cornou'iller, dont le bois a été déprécié par suite du mauveas emploi qu’on en a fait.
- La guerre actuelle a amené l'ane grande diminution dans l’importation du bu's en Angleterre. En 1876, il en avait été importé ‘lus de 10,000 tonnes ; l’année dernière cette imr-tatienn'aplus été que de A à 5,000 tonnes ‘onbttonlelt "LeSTHiELLE de MULHOUSE
- p.81 - vue 88/286
-
-
-
- 00 00
- LE MONITEUR LE LA TEINTURE
- est produit par les forêts de la mer Caspienne. Quoique l’approvisionnement fourni par les provinces de la mer Noire ait été, depuis quelques années, en décroissant, on sait qu’il existe sur le territoire russe des forêts où croît le buis et auxquelles il n’a pas encore été touché. On pense qu’après la guerre ces forêts seront ouvertes au commerce, et que l’on pourra y faire pour quelque temps des approvisionnements.
- [Industrie progressive).
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 116,235. — Chaulow. —Procédé de fabrication de la colle de gélatine. — Du goudron noir animal (résultant de l’action de la vapeur sur les poils, crins, cheveux, etc.), le breveté extrait des colles claires et pures en le mélangeant avec de l’eau et un petite proportion de sang.
- .116,239. — Wastiaux père et fils. —Epaillage chimique et désacidulage des laines, chiffons de laine et tissus. — Les brevetés revendiquent le mode de désacidulage par les bains de dégorgeage des tissus de laine après foulage, et les bains de dégraissage des laines, quels que soient et l’acide et la nature des laines, chiffons de laine et tissus à désaciduler. Une étuve à épailler est également décrite, dans laquelle les gaz d’un foyer se rendent par des carneaux en chicane dans le carneau du générateur de vapeur ; la chaleur se répand dans l’étuve, où arrive aussi de l’air chaud ; enfin les matières à épailler entrent dans l’étuve sur des tables Pasquier et sortent à la partie inférieure.
- 116,242. — ZINGLER. — Perfectionnnements dans la préparation de l'albumine de sang et dans son application à la teinture et à l'impression des tissus et autres matières avec couleurs, ainsi qu'à l'encollage et l’émaillage du bois, du verre et des métaux. — Pour mettre en pratique cette invention, le sang Jéfribiné est traité avec un certain volume de térébenthine ou d’esprit de résine ou autre hydrocarbure qui développe du péroxyde d’hydrogène.
- 116,248. — CORLEY. — Perfectionnements dans la fabrication de l'alun potassique au moyen des roches, terres ou substance alumineuses. — Dans
- le cas de l’alunite, le procédé consiste à mettre en présence un mélange d’environ deux parties d’alunite en poudre avec une partie de chlorure de potassium et trois parties d’acide sulfurique.
- 116,252. — DELAIIERCHE. — Genre de tissus d'ameublement en matière végétale imitant le velours d’Utrecht. — A titre d’application nouvelle, lebre-velé revendique le gaufrage des tissus en chanvre, alin, jute, phormium et autre matière végétale, à l’effet d’imiter sur ces tissus les effets de relief du velours d’Utrecht.
- 116,263. — Démoulin. — Perfectionnements au métier à tisser à lames, dit métier Démoulin. — L’invention consiste à appliquer sur le métier à lames une mécanique d’armure spéciale et de ramener ainsi à une seule pédale le faisceau des nombreuses marches que nécessite le métier à lames.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES & TEXTILES
- Année 1877.
- 117,477. 12 mars. —Babey. — Application sur guipures, tissus-guipures, etc., de décorations en couleur.
- 117,484. 20 mars. — DROUART. — Machine dite étaleur automatique, propre à la filature.
- 117,485. 19 mars. 20 mars. — Baudoin. — Dis position des cylindres cannelés étireurs aux bancs à broches, aux métiers à filer self-acting et continu» etc., pour la filature du coton.
- 1 17,486. 20 mars. — Baudoin. — Encliquetage au mouvement d’arrachage de la peigneuse coton J. Heilmann, permettant d’augmenter sa vitesse et par conséquent sa production de 25 à 30 pour 100.
- 117,488. 20 mars. — SCREPEL-CHRÉTIEN. —Procédé ayant pour objet de produire sur un métier à filer, soit en laine pure, soit en laine mélangée d’autre matière, un fil présentant des sections plus ou moins interrompues de nuances et de matières différentes.
- 117,489. 16 mars.— DURIER.—Système à navettes pour ajuster aux métiers mécaniques afin de tisser des carreaux.
- 117,511 14 mars. — MUNSSUS. — Mixtion mordante pour dorure, argenture, sur papier, carton,
- p.82 - vue 89/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 83
- tentures, cuirs, bois, terres cuites, métaux et impression sur étoffes sans apprêts.
- 117,518. 22 mars. — GLORIE. — Perfectionnements dans les métiers continus à filer ou à retordre.
- 117,528. 22 mars. — Keller, Stoffel et Meyer (Société). — Machine à fabriquer les tubes en papier.
- 1 =r==0=a=------•
- PRIX
- DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- {Suite}
- 26. Médaille d’honneur pour un alliage métallique ou une autre substance propre à servir pour racles de rouleaux, et qui réunisse à l’élasticité et à la dureté de l’acier la propriété de ne donner lieu à aucune action chimique, en présence des couleurs acides ou chargées de certains sels métalliques.
- 27. Médaille d’honneur ou de 1re classe pour une amélioration notable faite dans la gravure des rouleaux.
- 28. Médaille d’honneur de lro ou de 2e classe (selon le mérite respectif des ouvrages) pour les meilleurs manuels pratiques sur l’un ou l’autre des sujets suivants :
- 1° Gravure des rouleaux servant à l’impression;
- 2° Gravure des planches servant à l’impression ;
- 3° Blanchiment des tissus de coton, laine, laine, et coton, soie, chanvre et lin.
- 29. Médaille de lre classe pour un mémoire sur cette question :
- « Quels sont les degrés d’humidité et de chaleur auxquels la décomposition des mordants s’opère le plus rapidement et le plus avantageusement. »
- 30. Médaille d’honneur pour une nouvelle machine à rouleaux permettant d’imprimer au moins huit couleurs à la fois, et offrant des avantages sur celles employées jusqu’à ce jour.
- 31. Médaille d’honneur pour une série de nouvelles couleurs à bases métalliques, inaltérables à l’action de l’air et de la lumière. Ces couleurs, destinées surtout à faire des unis, devront être fixées autrement que par l’albumine, et pouvoir supporter des savonnages.
- 32. Médaille d’honneur de 1r ou de 2e classe pour la découverte ou l’introduction d’un procédé utile à la fabrication des toiles peintes ou des produits chimiques.
- 33. Médailles de 1re classe pour un procédé permettant de régénérer le soufre contenu dans l’acide sulfhydrique ou de transformer pratiquement l’acide sulfhydrique en acide sulfurique, sans que le prix de revient de ce corps dépasse celui de l’acide préparé avec les pyrites.
- 34. Médaille de lre classe pour un appareil transmettant à distance les indications thermométriques.
- 35. Médaille de lro classe pour un appareil réglant automatiquement la température et l’état hygrométrique de l’air dans les étendages des fabriques d’indiennes.
- 36. Médaille d’honneur pour un nouveau mode de traitement des différentes espèces d’huiles propres au graissage des machines.
- 37. (1) Médaille de ire classe à l’auteur d’un mémoire traitant de l’inflammabilité comparée des huiles animales, végétales et minérales qui servent dans les ateliers au graissage des machines.
- 38. Médaille d’honneur à l’auteur d’un mémoire indiquant un procédé qui permette de rendre les huiles minérales moins inflammables, tout en] leur conservant leurs qualités lubrifiantes comme huiles à graisser.
- A suivre.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- Dépôt en Angleterre des marques de fabrique FRANÇAISES
- employées dans les industries textiles.
- Une note insérée au Journal officiel du 16 novembre 1877 a informé le public qu’un acte du 6 août 1877 avait prorogé au 1er janvier 1878, pour le dépôt en Angleterre des marques employées dans les industries textiles, le délai accordé pour l’enregistrement des marques de fabrique des industries textiles.
- Un arrêté de la reine, pris en conseil et conformément à l’article 1er de l’acte du 6 août 1877, a prolongé jusqu’au 30 juin 1878 le délai accordé pour l’enregistrement des marques de fabrique des industries textiles.
- Le Gouvernement croit utile de rappeler que, aux termes de son article 2, l’acte précité du 6 août 1877, entend par marques de fabrique employées dans les industries textiles celles qui sont
- (1) Ce prix et le suivant sont proposés par le Comité de commerce.
- p.83 - vue 90/286
-
-
-
- 84
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- relatives aux matières comprises dans les classes 23 et 35 de l’annexe aux règlements conformes aux lois de 1875-1876 sur l’enregistrement des marques de fabriques, savoir :
- Classe 23. — Coton filé et fil de coton.
- — 24. — Articles de coton de toutes sortes ; étoffes de coton.
- — 25. — Articles de coton non compris dans les classes 23, 24 ou 38.
- — 26. — Toiles et chanvre filés et en fil.
- — 27. — Etoffes de toile et de chanvre.
- — 28. — Article de toile et de chanvre non compris dans les classes 26 et 27.
- — 29. — Fils et tissus de jute et autres articles faits de jute.
- — 30. — Soie filée, tordue et à coudre.
- — 31.' — Articles de soie en pièce.
- — 32. — Autres articles de soie non compris dans les classes 30 et 31.
- — 33. — Fils de laine et de tricots.
- — 34. — Draps et étoffes de laines, filées et tricotées.
- — 35. — Articles de drap et de laines tricotées non comprises dans les classes 33 et 34.
- La classe 38, citée plus haut, comprend, sous le titre d’articles d’habillement : les chapeaux de toutes sortes, les casquettes et chapeaux de femmes, la bonneterie, les gants, les bottes, bottines et souliers, la confection.
- DOUANES
- Deux décisions ministérielles, en date des 31 janvier 1875 et 14 février 1876, ont autorisé le service de Paris à recevoir, pour l’apurement des importations temporaires d’essences de houille, diverses matières résultant de la transformation de l’aniline. Sur l’avis du comité consultatif des Arts et Manufactures, les départements compétents ont décidé, le 1er mars courant, que la même facilité pourrait être accordée, à titre d’essai, pour le chlorhydrate d’aniline, qui est un sel défini, dont il est toujours facile de déterminer la composition et l’état de pureté.
- La régularisation des soumissions s’effectuera à raison de 1 kilogramme 250 grammes de chlorhydrate pour 1 kilogramme d’essence'importée. Gomme pour les autres dérivés de l’aniline, les opérations de réexportation ne pourront avoir lieu qu’à la douane de Paris.
- huit jours (vendredi 22 mars), à l’occasion d’une réduction proposée sur leurs salaires.
- » Malgré les tentatives d’arrangement, la grève continue.
- » M. le sous-préfet de Reims s’est rendu hier jeudi à Boult. Il a proposé aux parties intéressées un arbitrage, dont les membres seraient pris, croyons-nous, dans le tribunal de commerce et le conseil des prud’hommes. Ges propositions auraient été acceptées, et aujourd’hui même, vendredi, les arbitres doivent se rendre à Boult.
- Les ouvriers apprêteurs de Tarare, au nombre de deux cent cinquante environ, se sont mis en grève le 19 mars, à la suite d’une demande d’augmentation de salaire de 75 centimes par jour, de la réduction d’une heure de travail et de la suppression des amendes, que les patrons n’ont pas voulu leur accorder.
- L’entente a eu lieu quelques jours après.
- Par suite d’un échange de notes entre le gouvernement français et le gouvernement de la Confédération helvétique, le traité de commerce conclu, le 30 juin 1864, entre les deux pays, a été prorogé jusqu’au 1er janvier 1879.
- Le Journal officiel promulgue la nouvelle loi sur les taxes télégraphiques.
- La taxe télégraphique, pour tout le territoire de la République, est fixée camme suit :
- Quelle que soit la destination, il sera perçu cinq centimes (0 fr. 05) par mot, sans que le prix de la dépêche puisse être moindre de cinquante centimes (0 fr. 50).
- Cette disposition recevra son exécution au plus tard quatre mois après la promulgation de ladite loi.
- Par un échange de notes entre le gouvernement français et le gouvernement italien, le traité de commerce et la convention de navigation des 17 janvier 1863 et 13 juin 1862, entre la France et l’Italie, ont été prorogés jusqu’au 31 mai prochain.
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S'adresser au bureau du Journal.
- On lit dans le Courrier de la Champagne :
- « Une centaine d’ouvriers tisseurs appartenant à la manufacture de MM. Hennegrave et Barré, de Boult-sur-Suippe, se sont déclarés en grève il y a
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
- p.84 - vue 91/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22- Année, No 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mai 1878
- SOMMAIRE
- Exposition universelle de 1878 : Ouverture; Congrès des teinturiers. — Etude sur les sensations colorées, par M. ROSENTIEHL. — Sur les épaississants pour couleurs d’impression, par M. P. SCHUTZENBERGER. — De l’action simultanée du ferricyanure de potassium et de quelques acétates sur l’indigo, par M. Alb. SCHEURER. — Réclamation à une note de M. VAUCHER.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Teinture du coton, du lin et du chanvre, 'par M. G. Van LAER ; Noirs en un bain (3 procédés); série de bronzes en un bain avec avivage au vert méthyle.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Encre noire au vanadium. — Moulin à fouler. — Inventions brevetées : Noir d’aniline sur laine. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877). — Teinture du thé vert par les Chinois. — Les Tissus de plumes. /
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : La grève des ouvriers filateurs en Angleterre. — Réduction du port des lettres de ou pour l’étranger.
- EXPOSITION
- DE 1878
- L’Exposition est ouverte!...
- L’inauguration a eu lieu au jour indiqué et tous nos lecteurs ont lu le récit de la fête du 1er mai dans les journaux quotidiens.
- Notre tâche va donc commencer, et dès le prochain numéro nous aborderons l’étude détaillée des produits, machines, appareils, etc., etc., des industries dont le Moniteur de la Teinture est l’organe. En même temps, pour répondre à la demande qui nous a été adressée par quelques-uns de nos abonnés, nous publierons un Catalogue raisonné de tous les objets spéciaux présentant de l’intérêt. Nous indiquerons les classes, les numéros, les prix de vente et enfin tous les renseignements qui permettront à .nos lecteurs de les trouver facilement et d’éviter des oublisregrettables.
- M. Ch. Drevet, l’infatigable promoteur du Congrès des Teinturiers, nous adresse la lettre suivante, à laquelle nous donnons notre approbation la plus complète, en invitant les teinturiers à répondre à ce pressant appel et nous leur renouvelons l’offre de recueillir leurs adhésions et de mettre les bureaux du journal à la disposition des adhérents pour les réunions préparatoires.
- P. Blondeau. igas’l insonimib ne no insinemgns ne
- 25 avril!878.
- Mon cher Directeur,
- Je vous remercie sincèrement d’avoir rappelé les efforts que j’ai faits pour entraîner mes confrères à répondre à mon appel réitéré au sujet du congrès
- des teinturiers à propos de l’exposition universelle. Malgré que les adhésions aient fait défaut jusqu’à ce jour, je ne puis croire que cet appel reste sans effet vu l’importance qu’aurait pour nous tous ce congrès, vu surtout l’exemple si largement généralisé des différentes artères de notre industrie et
- de notre commerce national et dont vous donnez une nomenclature approximative dans le numéro de votre journal du 20 avril courant.
- L’exemple est contagieux et certainement que l’industrie de la teinture, qui compte tant de pionniers et assurément un monde respectable d’in-telligences, ne voudra pas rester en arrière.
- Il n’y a pas de temps à perdre et je crois fermement que nous aurons une réunion spontanée vers le 15 juin prochain.
- Si le nombre des membres présents n’est pas suffisant pour donner lieu à un congrès, nous pourrons du moins organiser une réunion dont.le but
- serait de former une commission d’initiative appelant en congrès pour une époque ultérieure les re-tardataires et les hésitants.
- Que chacun de nous fasse un effort que sollicitent ses intérêts et nous sortirons bientôt de cet état de
- torpeur et d’engourdissement qui n’est plus de mode.
- Les réunions, les sociétés, les conférences, les congrès sont à l’ordre du jour et nous tous, teinturiers, nous resterions en dehors du concert universel?
- Notre industrie qui fournit matière à tant de travaux scientifiques, qui est la base de tant d’indus-tries diverses ne révélerait pas son importance par un congrès ou au moins par une conférence ?
- Je ne le crois pas.
- p.97 - vue 92/286
-
-
-
- 98
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Il est hors de doute qu’une fois le premier pas fait nous entrerons dans la voie qui nous est ouverte et que nous revendiquerons notre part de ces glorieux efforts que font les sciences et les arts pour se grouper, se compter, se mesurer, s’apprécier et partir de là pour marcher plus fermement avec le progrès.
- Mes chers confrères, aucun appui ne nous manquera dès que nous aurons manifesté le désir de nous révéler et nous serons tous émerveillés des résultats qui découleront naturellement de notre solidarité.
- J’ai choisi l’époque du 15 juin pour une réunion parce que c’est une époque où beaucoup d’entre nous peuvent le plus facilement disposer de quelques journées; les transactions commerciales pour certains, l’époque de chômage annuel pour les autres laissent à notre industrie le temps de respirer ; et puis cette époque en vaut une autre et nous devions prendre une époque définitive.
- Comme le dit et l’espère notre cher directeur du Moniteur de la Teinture, la lecture de l’article qui suit l’avis en tète du numéro du 20 avril courant engagera certains de ses lecteurs à faire acte d’adhésion.
- Ch. Drevet.
- ÉTUDE
- SUR LES SENSATIONS COLORÉES
- Par M. ROSENTIEHL.
- Le but de M. Rosentiehl a été de rechercher quels sont les effets qu’il est possible d’obtenir par l’association des couleurs complémentaires dans la coloration des toiles peintes destinées à l’ameublement. Son travail n’a pas pu être achevé, aussi ne peut-il en présenter que des fragments. Il communiquera plus tard ce que l’expérience lui a appris relativement au coloris, et ne s’occupera, pour le moment, que du côté physique et physiologique du- sujet, domaine dans lequel il a observé des faits intéressants, et obtenu des résultats qu’il n’avait pas cherchés.
- M. Rosentiehl établit, tout d’abord, ce qu’il faut entendre, par lumière blanche, lumière colorée, couleurs complémentaires, et noir absolu. Il s’est servi, pour ses études, des disques rotatifs. Notre collègue rappelle que ces appareils ont été employés
- par Newton pour faire la synthèse de la lumière blanche, par MM. Plateau, Helmholtz et Dove, pour démontrer la différence entre le mélange des matières colorantes et celui des lumières colorées qu’elles émettent, et enfin, par M. Maxwell, pour étudier les propriétés physiques de l’œil, et pour classer quelques matières colorantes d’après des types choisis arbitrairement.
- En mettant sous les yeux de l’assemblée une expérience ancienne, M. Rosentiehl montre que, si le vert peut être obtenu par le mélange de matières bleues et de matières jaunes, la sensation du vert ne peut être obtenue en superposant les sensations du bleu et du jaune : on obtient ainsi l’impression de la lumière blanche, ces deux couleurs étant complémentaires.
- Passant alors à ses propres expériences, notre collègue fait connaître les trois manières différentes dont il a employé les disques rotatifs. D’abord il montre comment il a procédé pour déterminer les couleurs complémentaires, ainsi que le rapport des surfaces qu’elles doivent occuper pour se neutraliser. Ces quantités sont mesurées directement au moyen d’un cercle gradué sur lequel viennent s’appliquer des secteurs en papier coloré que l’on peut mettre en rotation rapide. L’œil ne distingue plus alors le secteur isolé, les sensations se succèdent si rapidement qu’elles se confondent en une sensation unique. Le disque paraît immobile et d’une couleur parfaitement unie. Les couleurs complémentaires produisent ainsi un gris parfaitement neutre, à la condition qu’elles occupent des secteurs d’un angle relatif bien déterminé. Le gris normal qui sert de type de comparaison est obtenu directement par le mélange des,sensations du blanc et du noir.
- Leblanc est représenté par des secteurs de papier recouvert de sulfate de baryte précipité. Le noir est réalisé par une ouverture circulaire, percée dans une caisse fermée de toutes parts, et tapissée inté-rieurement de velours noir. L’ouverture ne renvoie à l’œil aucune lumière. En faisant tourner devant elle un secteur blanc, il se produit un gris uniforme que l’on peut foncer ou éclaircir à volonté, en augmentant ou en diminuant l’angle du secteur blanc. On mesure ainsi la quantité de lumière blanche reproduite par deux couleurs complémentaires. La comparaison des deux gris est facile, car ils se produisent sur le disque de deux cercles concentriques.
- M. Rosentiehl a classé ainsi un grand nombre de
- p.98 - vue 93/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 99
- couleurs employées en industrie, et les a rapportées aux cercles chromatiques de M. Chevreul.
- Le disque rotatif lui a aussi servi à déterminer la couleur obtenue avec deux couleurs qui ne sont pas complémentaires. C’est ainsi qu’il montre qu’en superposant les sensations de l’orangé et du violet on voit du rouge ; avec l’orangé et le vert, on voit du jaune ; et avec le violet et le vert, on voit du bleu, résultat que l’on n’obtient pas en mélangeant des matières.
- Une troisième méthode consiste à modifier une couleur par le blanc, le noir, ou par les deux à la ibis. On obtient ainsi des dérivés à l’infini d’une seule couleur.
- M. Rosentiehl fait surtout remarquer combien le noir absolu, mêlant son impression à celle d’une couleur, la fonce, tout en lui laissant sa vivacité. Les sensations ainsi obtenues ne peuvent être reproduites par des matières, tellement elles sont foncées, c’est à peine si le velours teint permet d’en approcher. Ce n’est qu’en y introduisant une certaine quantité de lumière blanche qu’elles deviennent imitables sur papier et sur tissu.
- Notre collègue s'applique ensuite à faire ressortir la différence qu’il y a entre le mélange d’une matière colorante et d’une matière bianche ou noire, et le mélange des lumières colorées avec la lumière blanche. Il étudie la gamme, telle qu’elle a été définie par M. Chevreul, et que l’on obtient en affaiblissant une couleur, en suivantune progression géométrique par dû blanc ou par du noir.
- Il constate que les différents tons ainsi obtenus ont tous une autre couleur complémentaire, tous les clairs et tous les bruns se comportent comme s’ils avaient perdu du rouge de la couleur primitive.
- M. Rosentiehl explique ce phénomène, qui est maximum pour le jaune et le bleu, nul pour le rouge et le vert, en le rattachant à un autre bien connu, celui de la fluorescence.
- Le phénomène de la perte de rouge, qui avait passé jusqu’à présent inaperçu, est la cause que les avis sont si partagés quant à l’emploi des couleurs complémentaires dans la décoration. C’est aussi à l’ignorance du même fait qu’il faut attribuer l’erreur des physiologistes qui ont admis deux espèces de couleurs complémentaires : les complémentaires physiques et les complémentaires physiologiques.
- La gamme, telle qu’elle a été adoptée par M. Chevreul, présente dans ses clairs et ses bruns,
- des tons qui sont plus verdâtres que la couleur primitive. Notre collègue lui oppose la gamme vraie, dont tous les tons ont même complémentaire, et montre que les clairs de celle-ci paraissent bien plus rouges que ceux de la gamme précédente.
- C’est ainsi que la couleur « chair » que l’on obtient matériellement en dégradant un orangé rouge, dérive physiquement d’un orangé jaune, et que le « lilas » que l’on considère comme un violet clair, dérive physiquement d’un bleu d’outre-mer.
- Passant ensuite aux applications, M. Rosentiehl montre comment, à l’aide des disques rotatifs, il a pu étudier différentes questions spéciales.
- Nous relevons, parmi elles, celles qui sont relatives à la synthèse physique de quelques couleurs employées en teinture et en impression. Les noirs les plus intenses du commerce ne sont que des gris foncés, comparés au noir absolu, car ils réfléchissent encore de la lumière blanche : on peut les reproduire en faisant tourner devant l’ouverture noire, des secteurs blancs, dont l’angle varie avec les différents noirs, et permet de les définir exactement. Un autre défaut des noirs du commerce (étoffes, etc) consiste dans leur couleur propre. Il faut, pour les reproduire à l’aide du disque, outre les secteurs blancs, de petits secteurs colorés. Les moins beaux sont orangés ou violets, les plus beaux sont violets-bleus ou bleus. Un noir absolument incolore est fort rare. Seul, le velours de soie a paru remplir cette condition et se rapprocher du noir idéal.
- Citons encore la synthèse physique de quelques couleurs employées en impression, on a spécialement remarqué un cachou foncé imprimé sur cretonne, dont l’aspect a été exactement reproduit par un petit secteur orangé-jaune et un petit secteur blanc, tournant rapidement devant l’orifice noir.
- M. Rosentiehl fait remarquer que la couleur du cachou se trouve physiquement définie par deux chiffres, les angles des secteurs coloré et blanc qui la reproduisent, et qu’il serait possible de l’obtenir en tout lieu, si l’on possédait le papier coloré qui couvre le secteur jaune-orangé. Pour qu’il fût possible de réaliser cette dernière condition, il suffirait de mettre dans le commerce des feuilles de papier ou des étoffes colorées correspondant aux types des cercles chromatiques de M. Chevreul ; trente-six nuances différentes suffiraient. — Le problème de la définition des couleurs serait ainsi résolu, et le langage des ouvrages spéciaux y gagnerait en précision.
- p.99 - vue 94/286
-
-
-
- 100
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- En terminant, M. Rosentiehl remercie MM. Thierry, Mieg et Cie des ressources qu’ils ont mises à sa disposition pour l’exécution de ces travaux, et ses collègues qui lui ont prêté le concours de leur expérience et de leur grande habitude de juger les couleurs.
- Cette remarquable communication, dont d’ingénieuses etd’élégantes expériences viennent à chaque instant rehausser l’intérêt, est accueillie par de chaleureux applaudissements.
- {Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse}.
- --------- o--w-----
- SUR LES ÉPAISSISSANTS
- POUR COULEURS D’IMPRESSION
- Par M. P. SCHÜTZENBERGER.
- Les épaississants jouent un rôle important dans la préparation des couleurs destinées à l’impression des tissus ; ils servent à donner du liant et de la viscosité à la couleur.
- La netteté du dessin et la réussite de l’impression mécanique dépendent beaucoup du choix judicieux de l'épaississant et de la manière dont on l’emploie.
- On se sert principalement de l’amidon, de la fécule, de la farine, des diverses variétés d’amidon désagrégé et rendu soluble (amidon grillé leioco-me, dextrine gommeline), des gommes proprement dites (gomme du Sénégal, gomme arabique, gomme adragante, gomme de Bassora, gomme salabreda.) Le salep, le sagou, la graine de lin, le lichen car-raghen ont aussi été utilisés. A côté de ces produits, on emploie certains épaississants d’origine animale (albumine, caséine, gluten); enfin nous pouvons rattacher aux épaississants des produits minéraux insolubles que l’on introduit dans certaines couleurs pour leur donner du corps (kaolin, terre de pipe).
- L’amidon est le produit qui à poids égal épaissit le plus; il convient pour les nuances foncées, les impressions fines au rouleau. On le mélange souvent à l’amidon grillé. On l’emploie beaucoup pur ou en mélange avec l’amidon grillé pour épaissir les mordants.
- Dans les couleurs pour la planche, la proportion employée est d’environ 100 grammes par litre de liquide ; pour le rouleau, elle est de 150 à 200 gr. Les fécules de pommes de terre et de riz ne servent
- que pour l’apprêt, vu’qu’elles épaississent mal les couleurs.
- Pour cuire une couleur à l’amidon, on délaye ce produit à froid avec le liquide, puis on élève peu à peu la température en remuant toujours. Vers 100°, la couleur devient très-épaisse ; par une cuisson plus prolongée, elle s’amincit de nouveau.
- La présence des acides minéraux forts doit être évitée dans la préparation des couleurs à l’amidon, car ils transformeraient ce corps en dextrine.
- Gommes. — La gomme Sénégal est l’épaississant le plus employé, surtout dans l’impression à la main exigeant des couleurs plus liquides et ayant plus de cohésion que celles du rouleau. L’impression sur laine et soie en consomme de grandes quantités. Certains dessins fins au rouleau ne peuvent s’exécuter sans son intervention.
- Son emploi est des plus commodes. Réduite en poudre, on peut l’ajouter telle quelle aux couleurs; elle s’y dissout à froid ou sous l’influence d’une légère élévation de température. On étend souvent les couleurs avec de l’eau de gomme préparée d’avance aux titres de 1,000, 750, 700, 500 gr. par litre d’eau. A cet effet on dissout la gomme entière dans l’eau à 60° ou à l’ébullition, on laisse déposer et on tamise. La gomme se mélange mal avec les autres épaississants, sauf la terre de pipe.
- La gomme Sénégal permet mieux que toute autre substance d’étendre les couleurs pour fonds ; du reste, dans certains cas, elle ne-se comporte pas de même, suivant qu’elle est dissoute directement dans la couleur ou employée en solutions préparées d’avance. Dans les fonds laine, par exemple, l’usage de l’eau de gomme donne lieu à des accidents qui ne se présentent pas si l’on procède par dissolution directe. On peut expliquer cet effet par l’acidification rapide du liquide, que l’on évite, du reste par une ébullition préalable.
- Pour qu’une gomme soit applicable à tous les usages auxquels on la destine dans la fabrication des tissus peints il faut : 1" qu’elle ne ternisse pas l’éclat des couleurs délicates et qu’elle n’affaiblisse pas les mordants ; 2° Qu’elle ne se coagule pas avec certaines couleurs ; 3° Qu’elle épaississe aussi fortement que possible l’eau dans laquelle on la fait dissoudre. Pour juger de l’action des gommes sur les matières colorantes, on choisit une des couleurs les plus délicates comme le rose à la cochenille ou à la fuchsine; on imprime sur laine pure et on vaporise. La couleur obtenue doit être d’un beau rose tendre, après lavage. Les gommes acides affai-
- p.100 - vue 95/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 101
- blissent les mordants, surtout les mordants rose, aussi doit-on les essayer à ce point de vue. On dissout, à l’aide de chaleur, 250 grammes de gomme en poudre dans 35 litre d’eau et 3. litre d’acétate d’alumine à 500 grammes d’alun par litre et l’on remue jusqu’à ce que la gomme soit dissoute et la masse refroidie.
- Ce mordant est imprimé, le tissu maintenu à l'é-tendage pendant 12 heures, on lave et on bouse, puis on teint en garance et on savonne. On doit obtenir un rose vif si la gomme est bonne, tandis que les gommes acides ne laissent presque rien sur le tissu, il convient aussi de mesurer le degré de viscosité qu’un poids déterminé de gomme communique à la même dose d’eau et de le comparer à celui d’une gomme type de bonne qualité. En effet, plus la gomme est visqueuse, moins il en faut pour épaissir; et comme certainesfabriquesconsomment jusqu’à 60,000 kilos de ce produit par an, une différence même faible donne lieu à des économies notables. Le degré de viscosité s’apprécie au moyen d’appareils connus sous le nom de viscosimètre. Le plus simple se compose d’un entonnoir cylindrique gradué à douille étirée au pointe. On y verse la solution de gomme, en notant le temps qu’elle met à s’écouler d’une division à l’autre.
- Le viscosimètre de M. Schlumberger se compose d’une espèce d’aréomètre lesté offrant à la partie inférieure un petit orifice à travers lequel pénètre le liquide visqueux. Le degré de viscosité se mesure aussi par le temps que met l’appareil à se remplir.
- Gomme adragante. — La gomme adragante ne se dissout que partiellement à froid, mais se gonfle notablement, en donnant une gelée. Pour l’emploi comme épaississant, onfait bouillir cette gelée pendant plusieurs heures [5 à 6) jusqu’à ce que le liquide soit bien homogène et liant. On emploie 60 à 100 grammes de gomme par litre d’eau. Cette préparation peu cohérente ne peut remplacer l’eau de gomme ordinaire daus la plupart de ses usages. On associe fréquemment l’eau de gomme adragante à la solution d’albumine pour l’impression des couleurs dites à l’albumine. Employée dans les couleurs vapeurs ou d’application, elle donne plus de solidité à l’impression; les couleurs déchargent moins au lavage. Au lieu de cuire la gomme adragante avec de l’eau à la pression ordinaire, on peut opérer en chaudière close à A ou 5 atmosphères.
- Amidon grillé. — Son pouvoir épaississant est d’autant plus faible qu’il est plus parfaitement
- grillé. Ainsi, après transformation complète en dex-trine, l’amidon épaissit 5 ou 6 fois moins qu’à l’état naturel. Il sert surtout à épaissir les mordants, pour imprimer de grandes masses, telles que les fonds. Il est inutile de cuire les couleurs avec cet épaississant qui est en grande partie soluble à froid. En raison de sa coloration il ne s’emploie pas pour les nuances claires et sert surtout dans l’impression au rouleau.
- On fait quelquefois, mais beaucoup plus rarement, usage des mucilages de graines de lin de coing, du lichen carragahen.
- Les épaississants minéraux sont la terre de pipe et le kaolin. Ces espèces d’argile ne servent jamais seules mais se mélangent aux épaississants végétaux et notamment à la gomme pour empêcher les coulages et faciliter la fourniture plastique.
- Avec la terre de pipe, on peut diminuer notablement la proportion de gomme nécessaire pour épaissir une couleur. Ainsi on épaissit très-bien avec 500 grammes de terre de pipe et 500 grammes de gomme par litre. La terre de pipe entre dans la composition des réserves sous bleu d’indigo cuvé. Associée à la gomme ou à l’amidon grillé elle fournit des couleurs avec lesquelles on imprime le mieux les dessins les plus difficiles, surtout à la planche.
- A suivre.
- » =i=e=a —
- DE L'ACTION SIMULTANÉE
- du ferricyanure de potassium et de quelques acétates sur l’indigo
- Par M. Alb. SCHEURER. (I)
- L’indigo exposé à l’action oxydante d’un mélange de soude caustique et de ferricyanure de potassium est instantanément détruit.
- Ce fait est la base d’un procédé employé depuis longtemps, et avec succès, pour produire l’article enlevage sur bleu cuvé.
- Le tissu teint reçoit l’impression d’une couleur formée de ferricyanure de potassium convenablement épaissi ; un passage en soude caustique termine l’opéràtion.
- La même réaction se produit lorsqu’on expose à la vapeur un échantillon de bleu cuvé sur lequel on a imprimé du ferricyanure de potassium mé-
- (1) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- p.101 - vue 96/286
-
-
-
- 102
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- langé à un acétate quelconque. Dans ce cas, la destruction de la matière colorante varie en raison directe de la puissance de la base dont on emploie l’acétate, en raison inverse de l’énergie avec laquelle cette même base relient l’acide acétique à la température de 100 degrés.
- Les couleurs que j’ai faites renfermaient sous le même volume la même quantité de ferricyanure plus 1 équivalent d’acétate.
- Voici la liste des bases dont j’ai essayé les acétates; je les classe par ordre, en commençant par celles qui ont donné les meilleurs résultats.
- Chaux Manganèse Stronliane.
- Magnésie Baryte Ammoniaque
- Zinc Soude
- Plomb Potasse.
- Cette classification permet d’induire, sauf un cas, celui de la slrontiane, que les acétates qui donnent les meilleurs résultats sont ceux dont l’acide métallique est biatomique et qui, par suite, sont susceptibles de se transformer en sous-sels alcalins.
- Parmi les bases dont la liste précède, il en est deux, l’oxyde de zinc et celui de manganèse, qui se trouvaient dans la couleur à l’état de ferricyanure précipité-, il est curieux de constater que ce fait n’a pas été un obstacle à la destruction de l’indigo.
- Du ferricyanure de zinc lavé et épaissi à la gomme adragante a confirmé ce résultat, tandis que le ferricyanure de potassium seul, placé dans les mêmes conditions, n’attaque que très-légèrement l’indigo.
- Il résulte des faits précédents que certains ferri-cyanures n’ont pas besoin de se trouver en présence d'un alcali pour être susceptibles de réductions. Observons aussi que le ferricyanure de potassium, imprimé simultanément avec du sulfate d’ammoniaque sur du bleu moyen, détruit l’indigo et donne naissance à du bleu de Prusse. Un passage en soude faible fait disparaître ce bleu et régénère le blanc.
- Action des chromâtes sur l'indigo dans une atmosphère de vapeur à 100 degrés, — On a récemment tiré grand parti de l’emploi des chromâtes suivi d’un passage en acide, pour réaliser l’article enlevage sur bleu cuvé.
- Le vaporisage permet de réaliser la même réaction, moins énergiquement, il est vrai, mais susceptible néanmoins de détruire le bleu cuvé moyen.
- Le bichromate de potasse, en présence d’un sulfate ou d’un chlorure métallique et sous l’influence de la vapeur à 100 degrés, détruit l’indigo ; il se
- produit en même temps de l’oxyde de chrome, du chromate de chrome et le chromate du métal employé ; la présence de ce dernier corps permet, dans certains cas où l’action n’a pas été assez violente pour faire disparaître le bleu, de terminer cette action par un passage en acide sulfurique (cas du sulfate de magnésie).
- Voici la liste des couleurs essayées :
- (1) Bichromate de potasse.
- Alun de potasse.
- (2) Bichromate dépotasse.
- Alun d’ammoniaque.
- (3) Bichromate de potasse.
- Alun de chrome
- (4) Bichromate de potasse.
- Sulfate d’ammoniaque.
- (5) Bichromate de potasse. Sulfate de magnésie.
- (6) Bichromate de potasse. Sulfate ferreux.
- (7) Bichromate de potasse Chlorure manganeux.
- (8) Bichromate de potasse. Sulfate de zinc.
- Aucune de ces couleurs ne donne du blanc par suite de la fixation d’oxyde de chrome et de chromâtes sur le tissu.
- La combustion lente, caractéristique des chromâtes, s’observe à différents degrés pour toutes ces
- couleurs.
- Le n° 3 (bichromate et alun de chrome) donne lieu à la coloration bistre du chromate de chrome.
- La nuance sale des couleurs 1, 2 et 4 indique un mélange d’oxyde de chrome et de chromate de chrome avec une assez forte proportion de ce dernier corps.
- Le n° 6 donne lieu à une nuance chamois très-foncée, qui ne manque pas de vivacité. C’est le chromate ferrique.
- Le n° 7 fournit du bistre à l’état de chromate de manganèse.
- N. B. — Les chromâtes ne sont pas les seuls corps capables de communiquer à la fibre la propriété de se consumer comme l’amadou-, les peroxydes de manganèse, de fer, de plomb, partagent cette propriété.
- RÉCLAMATION
- Relative à une note de M. Vaucher.
- Par M. Ch. Lauth.
- Nous avons publié dans le numéro du 20 janvier dernier une note sur la transformation de la fus-chine en un violet d'aniline au moyen de l'aldéhyde^ par M. Vaucher.
- M. Ch Lauth adresse au Bulletin de la Société chimique de Paris qui avait reproduit cette même note la lettre suivante :
- p.102 - vue 97/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 103
- « Sans vouloir diminuer en rien le mérite de l’observation de notre honorable confrère, je rappellerai que j’ai découvert cette réaction en 1860, les publications de l’époque en font foi. J’attache une certaine importance à cette découverte parce qu’elle a montré la possibilité d’obtenir avec la fus-chine d’autres matières colorantes, ce qui n’avait point été réalisé jusqu’alors, et qu’elle a par conséquent été le point de départ de toute une série de travaux nouveaux. Elle a, de plus, été l’occasion pour M. Hugo Schiff de publier un travail scientifique des plus intéressants.
- « Paris, 10 avril 1878. »
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l'action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer.
- (Suite)
- Noirs en un bain.
- 1° Un procédé très-économique de produire le noir bleuté au campêche, résistant aux lavages, se prépare en mordançant le coton dans un bain de bichromate de potasse, d’acide chlorhydrique et d’eau, puis en teignant et en ajoutant graduellement au même bain de la décoction de campêche ou une solution d’extrait. — Les écheveaux ou les tissus sont passés dans le mélange dont on élève la température jusqu’à l’ébullition -, le coton prend une nuance bleu foncé, que l’on modifie par une bruni-ture ou un colorant.
- En associant au campêche du bois jaune, du quercitron ou du curcuma, on obtient des couleurs bronzes très-fournies et très-belles.
- Pour 100 kil. coton :
- Mordançage : bichromate de potasse....... 2 k.
- Acide chlorhydrique......... 4 k.
- Durée du mordançage : 15 minutes entre 20 et 50° centigrades.
- Teinture : extrait de campêche (Richesse 6) 8 k.
- L’échantillon, sans bruniture, est bleu foncé.
- Les échantillons suivants au nombre de 6 forment une gamme du bleu foncé au noir-noir. Ils ont été obtenus avec les mêmes proportions relatives de mordant et d’extrait de campêche, et modifiés par les brunitures suivantes :
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture 1878, n” 6 et 7.
- p.103 - vue 98/286
-
-
-
- 104
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- I. — Addition après teinture (bruniture) 3 kil. d’acétate d’alumine.
- 2. — Bruniture par 3 k. acétatede cuivre.
- 3. — Bruniture par 3 k. sulfate de cuivre.
- A. — Bruniture par 4 k. sulfate de fer.
- 5. — Bruniture par A k. acétate de fer.
- 6. — Bruniture dans un bain de pyrolignite de fer à 4°.
- 2° On obtient encore un très-beau noir bleu indigo foncé, qui passe au noir bleuté par un lavage à l’eau, en teignant dans un bain préparé par une dissolution de campêche à 2° auquel on ajoute du bichromate dissous et additionné d’acide chlorhydrique.
- Pour 1 kil. de bichromate on prend 2 k. d’acide chlorhydrique du commerce ; les fils sont conduits dans le bain dont on élève graduellement la température jusqu’à 90° centigrades.
- 3° On peut aussi teindre en formant un bain avec une décoction ou dissolution d’extrait de campêche et de 2 à 8 k. d’acétate de cuivre, on monte lentement la température à 50° jusqu’à la nuance voulue.
- Anciennement, lorsqu’on voulait faire un noir solide sur coton, on lui donnait un pied de bleu d’indigo, puis on teignait dans un bain de campêche et de sulfate de fer ; on a fait entrer en suite dans le bain de campêche du bois jaune et de l’acétate de fer.
- Aujourd’hui, on remplace l’acétate par le pyrolignite de fer et par les mordants de chrome.D’après M. Chevreul, le pyrolignite donne un noir plus nourri et plus beau que le sulfate et l’acétate de fer.
- Mais comme toute chose a son revers, ce noir est moins agréable à l’usage, parce que l’acide pyroligneux laisse toujours une odeur empyreuma-tiqne désagréable.
- Quand on emploie la noix de galle, avec le pyrolignite, dit M. Chevreul, on a un noir violet qui n est pas désagréable ; quoi qu’il en soit, le pyrolignite vaut mieux que l’acétate et nourrit davantage.
- Le pyrolygnite de fer sert à peu près aux mêmes usages que l’acétate, il contient en plus un carbure huileux, utile dans beaucoup de circonstances, et gênant dans d’autres. Ce carbure maintient en quelque sorte le fer à l’état de protoxyde.
- Il le préserve contre les actions de l’air beaucoup plus longtemps.
- L acétate, au contraire, se décompose très-vite à l’air.
- Série de bronzes en un bain avec avivage au vert méthyle.
- On prépare le bain de mordançage, destiné à la teinture des bleus des bronzes et des noirs, avec 2 kil. de bichromate de potasse que l’on fait dissoudre dans 10 litres d’eau bouillante (pour 100 k. de coton), puis on ajoute lentement 4 k. d’acide chlorhydrique, ensuite l’eau nécessaire pour former le bain et l’on entre les fils de coton que l’on manœuvre pendant 15 minutes entre 30 et 50° centigrades.
- On ajoute ensuite graduellement au même bain le colorant jaune en décoction ou dissolution d’extrait et lecampêche nécessaire à la nuance que l’on veut teindre. On élève ensuite la température jusqu’à 100°; on l’échantillonne pour vérifier la nuance et le ton -, s’il est nécessaire on ajoute les colorants qui manquent, jusqu’à conformité de l’échantillon ou type. On termine la teinture dans un second bain de vert méthyle, puis on rince.
- La durée de la teinture est d’une heure. Les doses de colorants des 6 échantillons de la série du bronze clair au bronze foncé sont :
- 1. — Extrait de bois jaune............. 5 kil.
- — de campêche (richesse 6)............ A
- 2. — Extrait de bois jaune............. 5
- — de campêche.......................... 5
- 3. — Extrait de bois jaune............. 6 —...............................de campêche........................................ 6
- A. — Quercitron...................... 50
- Extrait de campêche.................. 6
- 5. — Quercitron................... 50
- Extrait de campêche.............. 7
- 6. — Curcuma..................... 10
- Extrait de campêche............. 8
- (Au prochain numéro la teinture du coton par les couleurs d’aniline.)
- ENCRE NOIRE AU VANADIUM (1).
- D’après Berzélius (2) on obtient une très-bonne encre à écrire en mélangeant une solution de vana-date d’ammoniaque avec une affusion de noix de --------------------------------— -
- (1) Métaux rares, par le docteur JUL. PHILIPP, professeur à l’Académie des arts de Berlin,
- (2) Traité de chimie, tome III.
- p.104 - vue 99/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 105
- galle. L’écriture tracée avec cette encre est parfaitement noire ; par les acides, elle est colorée seulement en bleu, mais non effacée; elle n’est pas attaquée par des alcalis étendus. L’encre de vanadium est une dissolution parfaite et ne contient pas de précipité en suspension ; quant à la quantité de vanadate d’ammoniaque nécessaire pour la produire, elle est si faible que si ce métal devenait un peu moins rare, il serait à peine besoin d’en tenir compte.
- L’encre de vanadium avait été rappelée par Wagner en 1860 et par Bœttger en 1873. Ce dernier affirme qu’en triturant ensemble, dans un mortier de porcelaine :
- Acide pyrogallique.....................1 partie.
- Gomme arabique en poudre fine et tamisée 3 —-
- Vanadate neutre d’ammoniaque . . 3 — et ajoutant une quantité convenable d’eau de pluie froide, on obtient une encre noire ne laissant rien à désirer.
- MOULIN A FOULER
- De Joël BALDWIN.
- Traduction de l'anglais. (I)
- Le moulin à fouler de M. Baldwin présente sur le foulon ordinaire à ressort plusieurs avantages : il exige moins de place, permet de marcher avec une vitesse plus grande et peut être placé sans inconvénients au-dessus du sol.
- La caisse et le bâti de l’appareil sont construits en partie en métal, ce qui leur donne une solidité plus grande.
- Les têtes des maillets sont en métal et portent au centre une large ouverture à travers laquelle passe l’arbre moteur ; sur cet arbre est fixé un excentrique, qui actionne les maillets par l’intermédiaire de deux pièces, montées sur pivots et munies de vis de réglage, afin de compenser l’usure.
- Les maillets sont attachés à des pièces en bois, suspendues à des pivots ; ceux-ci sont fixés à une forte pièce en bois, située au-dessus de l’appareil, et sur laquelle sont également boulonnés des montants en fer qui consolident les parois de la caisse. Ces dernières, de même que les fonds sont construits en métal non corrosif et les parois latérales,
- (1) Bulletin du Musée de l’Industrie de Belgique.
- que l’on peut aisément renouveler au besoin, sont en bois.
- Cet appareil fonctionne avec succès, depuis deux ans, aux Evans Mills, Jefferson County (New-York). (Scientific american).
- 1 .. . -ri=0=}g-m -.---
- INVENTIONS BREVETÉES
- Noir d’aniline sur laine.
- Par MM. CHALAMEL et Ce.
- On commence par faire monter le noir sur tissus de laine à l’aide des mêmes mordants que pour le bois de campêche.
- Les tissus de laine sont plongés dans les bains de mordants (bichromate de potasse, acide sulfurique, sulfate de fer, de cuivre, le tartre, l’alun, etc.) chauffés et soumis à un ou plusieurs bouillons.
- Après dégorgeage par lavage et séchage, les tissus mordancés sont portés à la cuve de teinture qui est formée par un mélange de noir d’aniline et de bois de campêche ou un mélange de noir d’aniline et d’extrait de bois de campêche.
- On peut renverser l’ordre des opérations, teindre d’abord et mordancer après, ou encore il est possible, dans certains cas, de mêler dans le même bain les mordants et les matières colorantes.
- L’inventeur revendique la combinaison du noir d’aniline avec l’indigo ou tout autre colorant vé-
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES & TEXTILES
- Année 1877.
- 117,844. 5 avril. — Duchamp fils. — Procédé mécanique destiné à remplacer la main de l’homme pour l’opération du lisage de la soie dans la teinture.
- 117,848. 9 avril. —Voland frères et Cousin.— Application de l’impression au frappage et au gaufrage sur toute espèce de tissus.
- 117,851. 7 avril. — Gauthier. —Appareil pour l’étouffage des cocons.
- 117,853. 9 avril. —Basquin, Blériot et fils et Dutel. — Application d’un clavier à la machine Jacquart, pouvant supprimer la lecture, le peignage et les cartons des dessins.
- p.105 - vue 100/286
-
-
-
- 106
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 117,859. 3 avril. — Schôü. —Métier à filer self-acting, dit double renvideuse.
- 117,883. h avril. — PLANTROU. — Procédé de blanchiment et d’épuration simultanés des laines à l’état brut et manufacturés, et notamment des étoffes de laine ou coton.
- 117,896. 12 avril. — BORDEVILLE et Blondiaux fils. — Machine à imprimer continue des dessins sur tous tissus.
- 117,897. 10 avril. — Martinot frères. - - Mouvement appliqué aux laineuses afin d’obtenir deux ou trois contacts de l’étoffe sur le cylindre.
- 117,902. 5 avril. — Averend et Firth. —Application d’un peigne nettoyeur aux machines pei-gneuses.
- 117,922. 12 avril. — Abelous. — Destruction des corps végétaux qui se trouvent dans la laine ou dans les pièces déjà tissées et teintes, soit au grand teint, soit au petit teint; mais surtout applicable aux pièces teintes en rouge garance que porte l’armée.
- 147,939. 7 avril. — Doyen.— Perfectionnements aux renvideurs de tous systèmes.
- 117,962. 9 avril. — VICENZI. — Moyen de rendre une mécanique Jacquart indépendante d’un métier mécanique, au moment de rappeler les cartons pour chercher le pas de trame.
- 117,973. 9 avril. — Letellier. — Métier à tisser mécanique.
- 117,976. 10 avril. —Courtois et Ce (Société). — Fabrication de laques à l’alizarine artificielle.
- 117,981. 9 avril. —Jaucla fils jeune. — Métier à tisser mécanique.
- 118,003. 13 avril. — Bonheur. —Déraillage des tissus de soie légers, gazes et grenadines.
- 118,025. 12 avril. — Vicenti. —Planche d’arcades, à réduction variable à volonté pour métiers à tisser.
- .118,033. 13 avril. — Dabert. — Procédé de chinage des fils pour impression.
- 118,075. 17 avril. — Duport. — Blanchiment des soies Tussah par le bioxyde de baryum et le permanganate de potasse.
- 118,074. 18 avril. — Rendu et Moïse. — Disposition de métier à tisser permettant de faire automatiquement et d’une manière continue le velours, le velours frisé, la peluche, la peluche sans envers, la peluche ondulée ou bosselée, etc., sans le secours des fers.
- 118,092, 17 avril. — Dabert. — Procédé d’application combinée du travail de la machine à coudre et du tissage, pour transformer la nature
- des tissus et obtenir des étoffes à effets nouveaux.
- 118,110. 25 avril. — Diederichs.— Montage double, dit impair et pair, produisant des tissus façonnés et armures en tous genres, au moyen de deux mécaniques Jacquart.
- 118,111. 25 avril. — Diederichs. — Système de tringle de sûreté, dite tringle fixe, pour l’arrêt des métiers à tisser les étoffes en tous genres,
- 118.116. 25 avril. — Giraud. —Machine à refendre sur le poil tous les tissus à poils en double pièce.
- 118,140. 20 avril. — Plantrou jeune. —Procédé de dégraissage et d’épuration simultanée des étoffes de laine, coton, chanvre, etc.
- 118,144. 16 avril. — Rossignol. — Drap verni.
- TEINTURE DU THÉ VERT par les Chinois.
- Le thé vert est teint. Voici les procédés qu’un voyageur anglais a vu employer par les Chinois pour sa coloration : « Le chef des travailleurs, après s’être procuré une certaine quantité de bleu de Prusse, le jette dans un vase de porcelaine ressemblant à un mortier, l’écrase et le réduit en poussière fine. Ensuite on fait cuire des fragments de gypse ou pierre à plâtre dans le feu de charbon de bois qui sert pour le chauffage du thé, afin de pouvoir l’écraser et le réduire en poudre aussi fine que le bleu de Prusse. Les deux substances ainsi pulvérisées sont mélangées dans la proportion de quatre parties de gypse contre trois parties de bleu de Prusse, et il en résulte une poudre légèrement colorée en bleu et toute prête à être employée. Cette matière colorante est appliquée au thé pendant la dernière période du chauffage. Environ cinq minutes avant de tirer les feuilles de thé hors des bassines, l’ouvrier prend une cuiller de porcelaine et jette une cuillerée du mélange dans chaque bassine. D’autres ouvriers se mettent alors à agiter et à retourner très-vivement les feuilles avec les deux mains pour distribuer bien également la coloration. Bientôt leurs mains deviennent toutes bleues. »
- Un jour, à Shanghaï, un Anglais, s’entretenant avec quelques Chinois des contrées à thé vert, leur demanda quel motif ils avaient pour teindre ainsi leur thé, et s’ils ne pensaient pas qu’il serait meilleur si on le laissait dans son état naturel. Ils ré-
- p.106 - vue 101/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 107
- pondirent que sans doute cette teinture, loin de le bonifier, le gâtait, et qu’en Chine on ne se servait jamais de thés ainsi colorés. « Mais, ajoutèrent-ils puisque les étrangers préfèrent une addition de plâtre et de bleu de Prusse qui donne à ce produit une belle apparence, nous ne voyons aucune difficulté à leur en fournir, d’autant plus que, d’une part, ces ingrédients sont à fort bon marché, et que, de l’autre, les thés ainsi traités se vendent plus cher. P.
- Bonne chance à M. Bourguignon, il le mérite. C’est à lui, à sa persévérance, malgré l’exiguité des ressources dont il disposait et les nombreux obstacles qu’il a rencontrés, que la fabrication est redevable de la vulgarisation du procédé d'épail-lage chimique, procédé qui ne rencontre plus de contradicteurs, si ce n’est les méchants, les envieux et les ignorants.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- LES TISSUS DE PLUME.
- La fabrication de draperies de Sedan vient de s’enrichir d’un article appelé à une grande vogue et à un grand retentissement.
- Depuis de longues années, des savants, des industriels, pour lesquels le progrès n’a point de limite, cherchaient le moyen d’utiliser la plume à la fabrication des tissus. Plusieurs, dans la pensée que le but de leurs recherches était atteint, avaient pris des brevets d’invention, mais soit conception vicieuse, soit imperfection de leurs procédés, ils ont dû s’arrêter devant l’impossibilité de la mise à exécution.
- Un ingénieur plus heureux, ou, ce qui est plus exact, plus intelligent que ses confrères en science nous semble avoir, par ses procédés ingénieux, résolu le problème depuis si longtemps cherché.
- M. Bourguignon, manufacturier à Donchery, est parvenu, au moyen de l’application d’une machine» à laquelle il a donné le nom d’Ebarbeuse, à convertir en un duvet léger, fin et soyeux et se prêtant aisément à la filature, la plume des volailles et autres oiseaux qui, jusqu’ici, avait été considérée comme étant de nulle valeur.
- Singulier contraste, M. Bourguignon prend sa matière première sur le tas d’immondices, dans la hotte du chiffonnier, et, au moyen d’opérations ingénieuses dont il a le secret, qu’il ne nous conviendrait point de divulguer ici, il la transforme en un tissu splendide qui, présenté sous des nuances et des formes variées, sera recherché par les dames qui pour leur toilette s’inspirent du bon goût joint à la nouveauté. — Nos élégants, nos dandys y trouveront des articles, qui, taillés sous une forme. élégante et gracieuse, feront disparaitrel'affreux Ulster, ce ridicule vêtement venant d’Outre-Manche, dont ils s’affublent depuis quelques années.
- La grève des ouvriers filateurs
- EN ANGLETERRE.
- Une grève qui a déjà pris des proportions immenses et qui menace de s’étendre encore, vient d’éclater en Angleterre où elle compte déjà, dit-on, plus de 120,000 adhérents. Le Temps a recueilli, à ce sujet, les détails qui suivent ;
- Les filateurs de Preston, de Blackhurn, de Dar-weu, de Burnby et d’Acrington se sont vus dans la nécessité d'afficher dans leurs manufactures un avis annonçant qu’ils étaient obligés de réduire de 10 0/0 le salaire de leurs ouvriers.
- Aussitôt que cette annonce a paru, les ouvriers se sont réunis dans de nombreux meetings et ont adopté la résolution de cesser tout travail à partir du 17 avril, si les patrons ne revenaient pas sur leur décision.
- On nous écrit d’Angleterre que le nombre d’hommes privés instantanément de travaux par ce conflit s’élèvera à 30,000 et que le nombre total de ceux qui prendront part à la grève peut être évalué à 120,000.
- Jamais la lutte entre le capital et le travail n’a encore atteint des proportions aussi effrayantes.
- Si l’affaire ne s’arrange pas, il faut s’attendre à la répétition des scènes qui ont désolé les districts populeux du Lancashire pendant la durée de la guerre de sécession et de la famine de coton.
- Les journaux s’accordent à rendre hommage à la manière claire et calme dont les ouvriers on fait valoir leurs prétentions dans le manifeste qui a précédé la déclaration de la grève. On regrette, généralement que les patrons n’aient point fait également appel à l’opinion publique et se soient contentés de signer une déclaration qui n’est pas purement défensive.
- Ils ont en effet résolu d’aller au devant des grévistes et décidé « que si une grève a lieu dans un district,- toutes les usines de la contrée seront immédiatement fermées. »
- p.107 - vue 102/286
-
-
-
- 108
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Quelques chiffres donnés par le Guardian de Bres-ton, permettront de se faire une idée de l’importance que cette interruption forcée du travail menace de prendre :
- « Dans un district, on nous annonce que 5 millions 760,000 broches seraient arrêtées et que 500,000 seulement continueraient à marcher. Dans un autre on nous dit que 40 ou 50,000 travailleront tandis que un million et demi vont s’arrêter. On pense que le nombre des patrons qui ont annoncé la réduction s’élève à 9 sur 10 et que la grève des 30,000 ouvriers va entraîner la fermeture d’usines dans lesquelles 90,000 trouvent de l’ouvrage. »
- Cette crise n’est pas un coup de foudre dans un ciel serein. Il y a longtemps que les patrons avaient fait pressentir la nécessité de diminuer les salaires, qui ont subi une augmentation considérable en 1873.
- En effet, le développement pris par les filatures américaines, qui ne tiennent aucun compte de la diminution de la consommation, a produit une abondance de marchandises fabriquées dont l’industrie des textiles anglais a eu beaucoup à souffrir, Pendant longtemps on a pu espérer qu’un accroissement de la consommation générale et l’ouverture de nouveaux marchés pourraient conjurer la crise. Mais l’état actuel des affaires européennes a obligé les patrons à prendre la résolution dont la gravité n’échappera à personne, et qui peut avoir pour résultat de porter un coup terrible à la plus grande industrie britannique, si des deux côtés on ne fait des concessions honorables.
- Réduction du port des lettres de ou pour l’étranger.
- À partir du 1er mai prochain, les taxes'applicables, en France et en Algérie, aux lettres à destination ou provenant des pays faisant partie de l’union générale des postes seront réduites, savoir :
- 10 A 25 centimes par 15 grammes, en cas d’affranchissement, et à 50 centimes, également par 15 grammes, dans le cas contraire, par rapport à tous les pays d’Europe, à la Turquie d’Asie, à la Russie d’Asie, à la Perse (voie de Russie ou de Tur-quie), à l’Égype, à Tunis, à Tripoli de Barbarie, au Maroc et en Chine, aux villes de Kalgan, Pékin, Tien- Tsin et Urga (voie de Russie) ;
- 2 A 35 centimes par 15 grammes, en cas d’affranchissement, et à 60 centimes également par 15 grammes, dans le cas contraire, par rapport aux États-Unis de l’Amérique du Nord, au Brésil, à la république Argentine, au Japon, (voie du golfe Persique), aux colonies françaises, espagno
- les, néerlandaises, portugaises et danoises, aux Indes-Orientales britanniques (Aden, Hindoustan, Birmanie), aux colonies anglaises de Ceylan, du Détroit (Singapore, Penang, Weltesley, Malaces), de Laboan, de Hong-Kong, de Maurice, des Seychelles et dépendances, des îles Bermudes, de la Guyane anglaise, de la Jamaïque et de la Trinité, à la Chine (voie de Suez), au Cambodge, au Tonkin, aux villes de Guadur (Bélouchistan), de Mandalay (Birmanie), de Mascate (Arabie), Zanzibar et enfin aux villes de l’Afghanistan, de Cachemire et du Thibet, avec lesquelles des correspondances peuvent être échangées par la voie de l’Inde ;
- 3° Le droit fixe perçu, au départ, par les bureaux de poste français, pour le port des avis de réception des objets recommandés ou des chargements de valeurs déclarées à destination d’étranger, sera réduit, à partir de la même époque, de 20 à dix centimes.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des APPAREILS de CIMIE, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Une Maison à Barcelone (Espagne), connaissant les articles et la clientèle, désire la représentation d’une fabrique d’extraits secs et liquides, et une autre de bleu d’outremer.
- S’adresser à l’Office du Journal.
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S’adresser au bureau du Journal. . a 11
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.108 - vue 103/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, No 10. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mai 1878
- SOMMAIRE
- Exposition universelle de 1878. -- Sur les épaississants pour couleurs d’impression, par M. P. SCHUTZENBERGER (tin). — Nouveau mode de blanchiment, par M. F. W. Hodges. — Sur un bleu d'alizarine, — Sur la céru-léine et la galléine. — Sur un nouveau bleu d'anthracne. — Action de l’ammoniaque sur l'anthrapurpurine:
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Cachou nouveau (3 échantillons). — Teinture du coton par les matières colorantes artificielles, par M. G. Van Laer.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur la carbonisation des laines. — Essai du sel d'étain. — Société indus-trielle du Nord de la France ; Prix et médailles pour 1878. — Verre trempé..
- '9 1 : ' "• •
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Le Jury des récompenses à l’Exposition. — Augmentation du nombre des membres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Le retard apporté dans la publication du catalogue officiel et l’achèvement incomplet des installations ne nous permet pas de commencer dans ce numéro le travail que nous avons promis à nos lecteurs.
- Si l’Exposition est ouverte, elle n’est pas installée, terminée, tant s’en faut. Aussi conseillons-nous aux visiteurs, même aux plus pressés, de ne pas se mettre en route avant le 25 mai, au plus tôt.
- La section française des produits et du matériel des industries tinctoriales et textiles est largement représentée et très-brillante. Le nombre des exposants est considérable. Notre tâche en sera d’autant plus grande ; en conséquence, pour faciliter notre travail, nous engageons MM. les Exposants à se mettre au plus tôt en rapport avec nous, et à nous adresser des explications, des notices, albums, prix courant, clichés, etc., etc , que nous étudierons au préalable afin de n’avoir qu’à les contrôler surplace. ads’lenab 1
- Nous ne parlerons pas aujourd’hui des matières textiles, des fils et tissus de tous genres ni du matériel de peignage, cardage, filature, tissage ; nous donnerons seulement, comme aperçu, le nombre approximatif des exposants dans les classes suivantes :
- Classe 47. — Produits chimiques, concernant le blanchiment, la teinture et les apprêts; plus de 80 exposants.
- Classe 48. — Procédés chimiques de teinture,
- d’impression et d'apprêt; 112 exposants en fesant figurer comme un seul exposant les 16 participants de l’Exposition collective de la Société industrielle de Rouen.
- Classe 53. — Matériel des arts chimiques, concernant le blanchissage, le blanchiment et la teinture ; 20 exposants.
- Classes 56 et 57. — Matériel et procédés du filage et du tissage ; plus de 200 exposants.
- Classe 60. — Matériel et procédés des teintures et des impressions ; 20 exposants.
- P. Blondeau.
- -91 : .. • . ! sl ' ed /109 893115 16q Ui
- - hbe-a-lae ,
- SUR LES ÉPAISSISSANTS
- POUR COULEURS DIMPRESSION
- Par M. Rosentiehl.
- e ; . . 1 oNGs • • 102 1100135 ! 1 *• 108 cUli0
- — Suite et fin. —
- L’albumine, la caséine, la gluten, la gélatine, sont fréquemment employés dans la préparation des couleurs destinées à l’impression. Leur rôle est non-seulement de communiquer au liquide la viscosité convenable, mais surtout de servir de fixateurs plastiques pour les couleurs insolubles ou de mordants pour certaines matières colorantes.
- Parmi ces substances, l’albumine est plus importante et de l’emploi le plus commode; la caseine et le gluten n’ont été proposés que par économie.
- Les deux exemples suivants nous donneront une idée nette du rôle de cette substance dans l’impression des cotonnades.
- p.109 - vue 104/286
-
-
-
- 110
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1° Si nous imprimons sur coton une dissolution aqueuse de violet d’aniline et d’albumine de l'œuf, la couleur après dessication sera terne et sans éclat et tombera au lavage, mais si l’on soumet l’étoffe à l’action de la vapeur d’eau, il se produira en même temps la coagulation et la teinture de falbu-mine et la nuance violette se développera. L’albumine coagulée adhérera à la fibre. Dans ce cas l’albumine fonctionne comme le mordant.
- 2° En mélangeant à la solution d’albumine une couleur insoluble réduite en poudre impalpable telle que l’outremer, le vert guignet, on obtient une préparation qui, imprimée sur étoffe et soumise à l’action de la vapeur d’eau ou de l’eau bouillante se coagule. L’albumine coagulée adhère à la fibre et maintient la poudre colorante. Ce procédé de coloration rappelle la peinture à l’huile par ses effets.
- Les premiers essais d’impressions de cette nature ont été tentés dès 1820 par M. Blondin à la glacière, avec de l’outre-mer naturel.
- On se sert généralement de l’albumine d’œuf ou de sang que l’on trouve dans le commerce en plaques desséchées. La dissolution d’albumine se fait ordinairement à raison de 500 grammes par litre. Cette opération, très-simple en apparence, peut être abrégée moyennant certaines précautions, Ainsi il convient d’employer de l’eau tiède; au lieu de verser l’eau sur l’albumine, on verse l’albumine dans leau, par petites portions à la fois, et en remuant doucement pour éviter les agglomérations, puis on abandonne au repos pendant 24 heures.
- Pour les nuances délicates et claires l’albumine d’œuf est préférable, à celle du sang qui est toujours colorée en jaune.
- Les épaississants étrangers que l’on associe le plus souvent à l’albumine sont l’amidon et la gomme adragante. Un desinconvénients les plus graves des couleurs à l’albumine est de mousser beaucoup pendant le travail du rouleau-, on l’atténue en ajoutant de l’essence de térébenthine, du pétrole ou de l’huile. avuali
- On peut remplacer l’albumine, dans l’impression des couleurs plastiques, économiquement mais non avantageusement au point de vue de la résistance au savonnage et au frottement, par des dissolutions ammoniacales.
- On prend par exemple :
- Eau tiède..................... . 18 litres.
- Caseine sèche........................7 k. 500 gr.
- Ammoniaque caustique à 20 0/0 1 k.
- et l’on remue ainsi jusqu’à formation d’un liquide homogène.
- La solution ammoniacale de caséine abandonne son ammoniaque après l’impression et la dessic-cation et surtout après le vaporisage et la caséine devenue insoluble, maintient la poudre colorante mécaniquement sur le tissu.
- On a proposé dans le même but des solutions alcalines de gluten dont voici des formules :
- 1° Gluten à la soude :
- Gluten sec en poudre. . . 5 kil.
- Eau ......... 36 litres, bien délayer et ajouter :
- Soude caustique à 25° . . 2 k. 500.
- 2" Gluten à la chaux :
- Gluten en pâte....................20 kil.
- Lait de chaux à 250 grammes
- de chaux vive par litre . . . . 1 à 2 litres.
- M. O. Scheurer a utilisé pour obtenir des dissolutions de gluten, l’action de l’eau chargée de quelques millièmes d’acide chlorhydrique. Macéré pendant 24 heures avec son poids d’une semblable liqueur, le gluten est complètement désagrégé et se délaye avec la plus grande facilité dans l’eau acide, qui le baigne. Une addition d’acide acétique complète la liquéfaction. Les couleurs préparées ainsi se fixent par simple application ou par vaporisage -, on ne peut s’en servir pour les matières qui, comme l’outre-mer, ne supportent pas l’action des acides.
- 3° Gluten à l’acide :
- Eau tiède....................... 5 litres.
- Acide chlorhydrique ; . . 180 grammes.
- Mélanger et ajouter :
- Gluten frais.................... 5 kilog.
- Quand la masse est devenue homogène, ajouter :
- Acide acétique à 8° . . 2 litres.
- En dehors des substances albuminoïdes, on a proposé comme fixateurs plastiques des dissolutions ammoniacales de gomme laque : des solutions de caoutchouc dans l’essence de goudron, l’huile siccative, une dissolution de résine dans l’huile de lin ; le copal ramolli dans l’acétone et dissous dans l’essence de lavande.
- Le meilleur moyen pour apprécier le degré de solidité d’une couleur fixée par un fixateur plastique consiste à passer le tissu au savon bouillant, puis à exercer sur lui une légère friction.
- Les principales couleurs que l’on applique sur étoffes aux moyens de fixateurs plastiques, sont :
- 1° L’outremer auquel on associe souvent le blanc
- p.110 - vue 105/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 111
- de zinc pour les bleus moyens et clairs; la couleur devient par la plus couvrante et plus brillante. En associant l’outremer et le carmin, on obtient des teintes intermédiaires. L’outremer, légèrement sali et imprimé avec de l’albumine'de sang donne économiquement une imitation assez parfaite des genres indigo (bleu solide).
- Pour une couleur foncée on prend par litre : Albumine...................... 200 gr.
- Outremer foncé .... 400
- Pour un bleu moyen on emploie par litre : Outremer........................ 300 gr.
- Blanc de zinc......................30
- Au lieu d’albumine on se sert d’un mélange à volumes égaux d’eau de gomme (à 500 grammes par litre) et d’eau d’albumine (à 500 gr. par litre).
- Le bleu clair se prépare avec un outremer clair mélangé à la moitié de son poids de blanc de zinc.
- L’altérabilité de l’outremer sous l'influence des acides ne permet pas de l’imprimer à côté d'autres couleurs susceptibles de dégager des vapeurs acides.
- Le moussage pendant le travail de l’impression et l’encrassement des dessins sont les dangers les plus sérieux que présente ce genre d’impression ;
- 2’ Le vert guignet ou vert émeraude de chrome;
- 3° Le vert de Shweinfurth;
- 4° Le blanc de zinc ;
- 5° Le gris de charbon ou noir de fumée bouilli préalablement à la soude ou traité par l’acide sulfurique;
- 6° Les jaunes et les oranges de chrome ;
- 7° L’oxyde ferrique;
- 8° Le vermillon ;
- 9“ Le carmin de cochenille que l’on dissout dans l’ammoniaque; la dissolution mélangée à de l’eau d’albumine qui fixe le carmin redevenu insoluble.
- NOUVEAU MODE DE BLANCHIMENT
- Par F.-W. HODGES.
- On sait que l’emploi du chlorure de chaux, additionné d’un acide, suffit pour blanchir complètement le coton, mais qu’il n’en est pas de même du lin ; pour cette dernière fibre, on était obligé jus-qu’a présent de terminer le blanchiment par l’exposition sur le pré, et on ne pouvait se pas-er de cette exposition que dans les cas où les fils devraient garder une couleur crème. En outre, l’em
- ploi d’une solution trop forte de chlorure de chaux détériorait le lin, le rendait dur et rude et fixait tellement sa matière colorante et brune, qu’il était ensuite presque impossible de le blanchir presque complètement. M. F.W. Hodges est parvenu à obvier à tous ces inconvénients par l’emploi d’un nouveau procédé qui donne même aux fils un fini tout particulier et un aspect des plus avantageux. Les points principaux de l’invention de M. Hodges consistent :
- 1° Dans l’emploi d’un nouvel agent de blanchi-meot -,
- 2° Dans la préparation de la fibre avant blanchiment ;
- 3° Dans l’établissement de nouvelles machines qui abrègent de beaucoup la durée de l’opération;
- 4° Dans la suppression de l’exposition sur le pré.
- Le composé que M. Hodges substitue à l’hypo-chlorite de chaux est l’hypochlorite de magnésie.
- On avait bien essayé avant lui d’employer ce corps, mais on n’avait pas trouvé la manière convenable de l’appliquer, et on le préparait par un procédé trop coûteux. M. Hodges a d’abord trouvé un nouveau moyen de le préparer, à la fois pratique et peu dispendieux ; il se sert, comme matière première, delà kieserite, sulfate de magnésie naturel que l'on trouve en grande quantité dans les sels de déblaiement (Abraum salze) des mines de sel Stassfurth ; il ajoute une solution de kieserite à une solution de chlorure de chaux ordinaire. Il se forme alors, par double décomposition, de l’hypochlorite de magnésie qui reste en solution, et du sulfate de chaux qui se précipite à l’état de grande division au fond de la cuve. Ce sulfite de chaux recueilli et calciné a, en raison de sa finesse, une valeur commerciale beaucoup plus grande que le plâtre de Paris obtenu par les moyens ordinaires (1). Quant à la solution claire, elle constitue le liquide décolorant employé par M.Hdges et voici comment on l’applique dans la fabrique de W. Sibbald Johnston, à Kiltonga, près Belfast
- (t) Si le blanchisseur est en même temps teinturier, il pourra se servir du plâtre, ainsi que l’a montré M. A. Cosoli, pour obtenir un vert de chrome à bon marché. Il suffit pour cela de chauffer trois parties de ce plâtre avec une partie de bieliromate de potasse. On fait ensuite bouillir la masse avec de l’eau, ou mieux avec de l’acide chlohydrique étendu, et il se dépose une belle poudre verte, très-stable, d’un grand pouvoir colorant, et résistant bien à l’action des acides de l’air et de la lumière.
- p.111 - vue 106/286
-
-
-
- G r
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- (Islande), où le nouveau procédé fonctionne déjà depuis un certain temps. Le principe de la méthode consiste à mettre en liberté le chlore et l’oxygène de l'hypochlorite, non plus par l'action d’un acide, mais à l’aide du carbonate de soude. Il se produit un dépôt de carbonate de magnésie, et les principes actifs sont mis en liberté. Dans la pratique, l’atelier dans lequel se fait l’opération contient dix bacs et douze cuves à tourniquet. Chaque cuve est munie d’eau ou d’une solution active, et de tuyaux de vapeur, et peut manœuvrer à la fois environ 258 kilogrammes de fils. Au dessus de ces cuves sont des rails posés sur des piliers, et une grue mobile pour transporter les tourniquets d’une cuve à l’autre. En relation avec cette grue se trouve une nouvelle pompe hydraulique capable, en quelques secondes d enlever un tourniquet tout chargé d’une cuve pour le transporter sur une autre. Une fois que les éche-veaux ont été bouillis, lavés et exprimés à la manière ordinaire, on les place sur un wagon qui les conduit à la première cuve ; là des petites filles les placent sur les tourniquets que l’on met en mouvement à l’aide de la vapeur, d’abord dans un sens, puis dans l’autre, dans une solution de carbonate de soude chauffée au moyen de tuyaux de vapeur déjà mentionnés. Quand les fils sont bien imprégnés de carbonnate, on relève le tourniquet à l’aide de la pompe hydraulique, et la grue le fait alors arriver au-dessus de la cuve suivante, qui contient le liquide décolorant ; on l’y abaisse au moyen de la pompe hydraulique, et on manœuvre jusqu’à l’obtention de la teinte voulue. On fait passer de même les écheveaux dans une nouvelle cuve remplie d’eau, où on les lave, ou bien on les y abandonne uné nuit. L’opération est alors terminée, et les fils ont, comme nous l’avons dit plus haut, un fini remarquable.
- Outre le progrès réalisé pour le blanchiment du lin, ce procédé semble présenter encore de grands avantages : il peut s’adapter également au blanchiment du coton et autres fibres. En outre, il est préférable, parat-il, à l’ancien procédé, pour le blanchiment des tissus fins, tels que la mousseline, en raison de l’absence de la chaux caustique ; on assure même q ie les fils et tissus blanchis par ce procédé sont plus aptes à fixer les matières colorantes. Enfin, en substituant l’hypochlorite de magnésie à l’hypochlorite de soude dont on se sert en impression pour l’avivage, on a reconnu que le sel de magnésie est moins cher et agit plus rapidement.
- N. GUEROUT.
- SUR UN BLEU DALIZARINE
- Dans la séance du 18 février, M. le professeur Graebe a fait à la Société chimique de Zurich, une communication sur une nouvelle matière colorante bleue dérivée dé l'alizarine, introduite depuis peu dans le commerce par la « Badische Anilin und Soda-Fabrick, » de Ludwigshafen, sous le nom de bleud'alizarine. M. Prud’homme (I) avait signalé la formation d’une matière colorante bleue par l’action combinée de la glycérine et de l’acide sulfurique sur la nitralizarine. M. Brunck a réussi à la préparer industriellement. On la livre au commerce sous forme d’une pâte fluide de couleur violet brunâtre, qui s’emploie à peu près de la même manière que l’alizarine. Comme elle est peu soluble, et qu’elle forme avec la chaux des laques peu solubles, son application est plus délicate que celle de l’alizarine. La teinture se simplifie si l’on ajoute un peu de savon dans le bain. Avec les mordants de fer le colorant ne se fixe pas bien en impression, mais avec le cyanure jaune on obtient des nuances pures.
- Le nouveau colorant donne des laques d’un bleu verdâtre avec la chaux, la baryte et le fer, d’un bleu rougeâtre avec l’alumine, d’un violet bleu, avec le chrome, d’un violet rouge avec l’étain. Les étoffes mordancées avec les sels en question se teignent dans les nuances correspondantes ; celle obtenue avec le fer ressemble beaucoup à l’indigo. Toutes elles se distinguent par une solidité remarquable ; elles ne sont altérées ni par le savon, ni par le chlorure de chaux. Comme l’indigo, le nouveau colorant est réductible en solution alcaline. Avec la poussière de zinc, l’acide hydrosulfureux ou le glucose, on obtient en présence des alcalis des solutions brun jaunâtre ; par l’action de l’air, la matière s'en sépare en prenant une belle coloration bleue. Les étoffes non mordancées manœu-vrées dans cette cuve se teignent en bleu à l’air.
- Par cristallisation dans la benzine, on obtient la matière colorante en aiguilles brun-violet douées d’éclat métallique. Elle fond à 270 degrés ; chauffée plus fort, elle émet des vapeurs orangées qui se condensent en aiguilles noir bleuâtre. Elle est presque insoluble dans l’eau, peu soluble dans la benzine et l’alcool avec une coloration rouge, plus
- =.............................= soe aee emren.ee
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris.
- p.112 - vue 107/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 113
- facilement dans l’acide acétique cristallisable ; ce dernier réactif la transforme à l’ébullition. Les alcalis étendus forment des solutions vert bleuâtre dans un excès d’alcali précipite les sels du bleu d'alizarine.
- Le bleu d’alizarine est une matière azotée : M. Graebe se propose d’en faire une étude complète. (Berichte der deutscheu chemischen Gesellsehaft^
- SUR LA CÉRULÉINE ET LA GALLÉINE.
- Ces deux matières colorantes sont fabriquées maintenant en grand par la maison Durand et Huguenin, de Bâle. D’après M. H. Kœchlin (1) galléine donne en impression des nuances rose et violet, résistant très-bien au savon. Avec le mordant de chrome on obtient des nuances beaucoup plus nourries ; l’oxyde de fer donne un joli gris. La céruléine teint les mordants d’alumine et de fer en olive ; c’est la première matière colorante donnant ainsi directement une nuance verte ; elle résiste très-bien à la lumière et au savon. La céruléine est très-peu soluble dans l’eau, mais elle se dissout dans l’eau à laquelle on a ajoute un poids de solution de sulfite acide de soude à 1.39 égal à celui de la matière colorante (probablement il se forme dans ces conditions le produit de réduction : la céruléine).
- SUR UN
- NOUVEAU BLEU D’ANTHRACÈNE
- Déjà en 1872 M. Springmühl avait signalé une belle matière colorante dérivée de l'anthracène, mais il n’avait pu en préparer des quantités suffisantes pour l’étudier à fond, et ce n’est qu’en 1877 qu’il a pu reprendre ses recherches.
- Le point de départ du colorant en question est l’anthracène aussi pur que possible, traité probablement à l’alcool, à la benzine et au sulfure de carbone, fondant à 210 degrés et après sublimation à 213 degrés. Oxydé par l’acide chromique en solution d’acide acétique cristallisable, ils fournissaient -_________________________________________—---------1—
- (1) Polytechnisches Journal.
- de l'anthraquinone pure qui ne donne pas de bleu ; mais traité dans ce même dissolvant par le bichromate de potasse en poudre, il donnait à côté d'an-thraquinone une autre matière capable de se transformer en bleu. On ajoute le bichromate peu à peu à la solution, et quand la première réaction violente est terminée, on chauffe jusqu'à-ce que la masse paraisse vert-foncé ; on évapore ensuite l’eau formée au bain de sable, sans trop laisser s’élever la température; on reprend le résidu à l’eau bouillante jusqu’à ce que celle-ci ne lui enlève plus rien, et on le soumet à la sublimation. On obtient un sublimé d’aiguilles en parties jaunes, en parties rouges ; les premières sont de l’anthraquinone, les secondes une substance nouvelle essentiellement différente de l’anthraquinone. En effet, traitée par l’acide iodhydrique et le phosphore ou chauffée avec la poussière de zinc, elle ne régénérait pas d’anthra-cène (ce qui ferait croire quelle ne dérive pas de cet hydrocarbure, mais peut-être d’un autre lui ressemblant par ses propriétés et l’accompagnant); fondue avec la potasse, elle ne donnait pas d’acide benzoïque ; elle ne se dissolvait ni dans les alcalis, ni dans l’ammoniaque. Les cristaux rouges, triés à la pincette, épuisés à la benzine bouillante, pour éliminer les dernières traces d’anthraquinone, donnèrent à l’analyse des chiffres concordant le mieux avec la formule CV II7 O3. Ce corps fut chauffé pendant trois heures avec l’acide nitrique fumant au réfrigérant à reflux, l’acide distillé ensuite, et le résidu lavé à l’eau chaude jusqu’à ce que celle-ci ne fut plus acide. On obtenait ainsi une poudre blanche insoluble dans l’eau et l’alcool, mais soluble dans la potasse. La solution potassique fu'c chauffée pendant douze heures en vase clos ; le contenu du tube était incolore et limpide. En '/ouvrant et mettant la solution en contact avec l’rir, en la versant à plusieurs reprises d’un vase dans un autre, elle prit une coloration bleue in’ense. Les acides précipitent le bleu d’anthracène, de sa solution alcaline à l’état de poudre foncée, qui prend en séchant un éclat métallique, et qui, jusqu’à présent, n’a pu encore être obtenue à l’état cristallin.
- Evidemment ce produit n’a po’ar le moment aucune chance de devenir indastriel, mais l’auteur poursuit ses recherches da’is l’espoir de le préparer au moyen de l’anthracène par une voie moins compliquée. (Musterzeitung.)
- p.113 - vue 108/286
-
-
-
- 114
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ACTION DE L’AMMONIAQUE
- SUR L'ANTHRAPURPURINE
- Production d’une nouvelle matière colorante bleue.
- M. Perkin , en chauffant l'anthrapurpurine C‘4 H O2 (OH)3 en vase clos avec l’ammoniaque à 100 degrés, a obtenu une solution bleue dont les acides précipitent une matière violet-rougeâtre, soluble de nouveau dans l’ammoniaque. Ce corps teint les mordants d’alumine en violet-rougeâtre, les mordants de fer faibles en bleu indigo. Il est peu stable et régénère facilement l’anthrapurpurine. Si l’on chauffe la solution ammoniacale à 160-180 degrés, la couleur passe au violet-rougeâtre dans l’eau de baryte bouillante. Reprécipitée de cette solution par un acide et dissoute dans l’alcool, elle forme des croûtes d’un noir verdâtre qui possèdent la composition C14 O9 Az O4. L’auteur la désigne sous le nom d’anthrapurpurinamide ou amidoalizarine.
- Il y a, sans doute, des analogies entre ce corps et celui décrit par M. Graebe.
- (Berichte der deutschen chemischen Gesellschaff).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- CACHOU NOUVEAU
- Cette nouvelle préparation de cachou, qui vient d'e'tre l’objet d’un brevet d’invention, offre de très-grands avantages sur toutes les autres préparations' connues. Ces avantages ont été appréciés par plusieurs-' maisons importantes de teinture qui viennent d. traiter avec l’inventeur pour avoir le droit de faire eux-mêmes cette préparation à l’usage exclusif de leurs établissements.
- L’économie, en matière employée, est d’environ 50 0/0, c’est-a-dire, qu’au lieu d’employer 2 kilog. de cachou habituel, on obtient la même nuance avec I kilog de cachou nouveau, tout en simplifiant considérablement les operations (un seul passage au bain suffit). Le prix de revient de ce nouveau produit est sensiblement le même que celui du cachou jaune pressé.
- Nous soumettons à nos lecteurs quelques échan
- tillons obtenus sur filés de coton, et les procédés qui ont servi à les obtenir :
- N1.— Tourterelle.
- Pour 100 kilog. de coton. — La teinture est faite sans mordançage préalable. Elle se fait à 50° cent., dans un bain, fait avec :
- Cachou nouveau................ 1 k. 500 gr.
- Sulfate de cuivre............. 150 gr.
- Eau, environ.................. 1,200 litres.
- On dissout préalablement le cachou à l’eau bouillante dans laquelle on ajoute le sulfate de cuivre (vitriol bleu) dans la proportion de 100 gr. par kilog. de cachou employé, on verse la dissolution dans le bain. Le coton entré, on donne 5 lisses, on lève et on ajoute au bain 300 gr. sulfate de fer (couperose verte). — Entrer, donner de nouveau 5 lisses, lever, cheviller, puis passer sur un bain de bichromate de potasse, à 70° cent., contenant 300 gr. bichromate pour 100 kilog. coton.
- Lever, essorer, sécher.
- N° 2. — Cachou nature.
- Pour 100 kilog. de coton. — Opérer exactement comme pour le n° 1, en portant les doses du cachou nouveau et du sulfate de cuivre à 5 0/0, et celle du sulfate de fer à 2 0/0 du poids du coton.
- Lever, égoutter, cheviller et passer au bichromate à raison de 2 0/0, à la température de 80° cent.
- N" 3. — Marrron au cachou.
- p.114 - vue 109/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 115
- Pour 100 kilo g. de coton. — Opérer comme pré
- cédemment en garnissant le bain avec :
- Cachou nouveau........................ 10 kil.
- Sulfate de cuivre........................ 1 kil.
- Eau
- ZiOO litr.
- Ce premier bain sert indéfiniment. En le formant avec 5 kilog. cachou nouveau et 500 gr. sulfate de cuivre pour les 25 premiers kilog. de coton, il suffira d'y ajouter la dissolution de 2 kilog. 500 cachou et 250 gr. vitriol bleu pour les 25 kilog. de coton suivant s, et on continuera avec les mêmes proportions.
- On teint à 600 cent. Lever, cheviller, puis passer au bain de bichromate (750 gr.) à 90° cent., lever,, cheviller et sécher.
- Par ces procédés, deux ouvriers teignent facilement 200 kilog. par jour.
- P. B.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D’ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- ---------------—=-o------,
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer.
- — Suite (1). —
- Teinture du coton par les matières colorantes artificielles.
- Les matières colorantes artificielles n’ont pas besoin pour se combiner ou se fixer sur la laine ou la soie d’aucun intermédiaire ; une dissolution de colorant étendue de beaucoup d’eau est toute la préparation que demande la formation des bains de teinture. On chauffe vers 30 à 50°, on y plonge les fils ou tissus que l’on manœuvre en augmentant graduellement la température jusqu’à ce que l’on ait obtenu une teinte uniforme.
- Les filaments de coton, de lin, de chanvre, etc., n’offrent pas la même facilité de se combiner avec les substances colorantes en général, aussi faut-il faire usage de procédés qui diffèrent des premiers pour.obtenir des résultats satisfaisants.
- Lorsque les filaments ou tissus ont acquis le degré de blancheur nécessaire, il importe avant de les plonger dans le bain de teinture, de leur donner les propriétés chimiques nécessaires pour fixer les couleurs qu’elles doivent y prendre de manière qu’elles ne puissent les abandonner aux lavages, Les couleurs dérivées de la houille ne
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture 1878, nos 6, 7 et 9.
- p.115 - vue 110/286
-
-
-
- 116
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sont malheureusement pas douées de cette fixité, aussi les personnes qui s’occupent de cette science dirigent-elles sans cesse tous leurs efforts vers la découverte de quelques procédés tendant à faire passer les colorants de la houille dans la classe des teintures solides.
- Des colorants artificiels, ceux qui offrent le plus de solidité sont l’alizarine artificielle et le noir d’aniline.
- L'acide tannique (noix de Galles, Sumac) est l’agent qui, jusqu’à présent, a fourni les meilleurs résultats pour donner au coton le pouvoir de fixer ou de tenir les couleurs d’aniline; on a fait usage du silicate de soude, ensuite du permanganate de potasse qui est le meilleur pour les teintures foncées, les violets, les bleus-, le brun (I H kilog. pour 100 kilog. coton).
- Le procédé le plus récent, c’est-à-dire celui adopté par plusieurs teinturiers, consiste à faire bouillir 20 minutes les fils ou tissus dans un bain de savon, puis d’ajouter par petites doses au même bain une dissolution d’acide tannique ou de sumac, on manœuvre le coton jusqu’à ce qu’il soit bien pénétré de la décoction. On relève, on tord à la cheville et passe au bain de teinture qui peut être légèrement acide.
- Des teinturiers donnent après le mordançage un léger rinçage dans un bain faible d’alun. L’effet du savon doit être de fixer une légère dose d’acides gras, qui aide la fixation de la couleur en la rendant imperméable à l’eau.
- Le tableau n° 18 (2a année (Album du teinturier et du fabricant) donne 8 échantillons (mordançage et teinture) de coton filé.
- Pour 100 kilog. coton, la durée du mordançage est de 20 minutrs au bouillon. La teinture est faite à la température de 100° centigrades.
- Le bain de mordançage est composé avec 4 kil. de savon de Marseille et 10 kil. de sumac.
- Les doses de matières colorantes employées dans le bain sont, pour 100 kilog. coton :
- Jaune d’aniline,alu...................:. 2 k. 050 gc
- Vert méthyle.......................... 2 — 500 — Bleu alcalin................ 2 — »
- ......................... 1 — 200 — Violet ordinaire................................... 2 — » Eosine....:...................... 2 — 050
- Brun d’aniline..........;...... 2 — »
- A suivre»
- INDUSTRIELLE
- SUR LA
- CARBONISATION DES LAINES
- Par M. WIESNER.
- La laine contient trois sortes d’impuretés végétales ; 1° de la cellulose pure ; 2° de la cellulose lignifiée -, 3° des parois cellulaires couvertes d’une cuticule. L’acide sulfurique à 1 ou 2 pour 100 les détruits toutes trois : 1° est détruit au bout d’une heure à 50-55 degrés, se.carbonise à 65 degrés ; 2° au bout de trois quarts d’heure à 45-50 degrés, se carbonise à 55 degrés ; 3° à 60-62 degrés, se carbonise à 72 degrés ; un acide plus concentré les détruit plus rapidement et à une température moins élevée. La résistance de la fibre animale est augmentée par un traitement à l’acide étendu, diminuée considérablement par un acide trop concentré ; l’acide à 4 pour 100 agissant à 60-65 degrés donne les résultats les plus favorables ; l’acide à 8 pour 100, même à 50-60 degrés» diminue la solidité de la fibre djà de près de moitié. Un traitement ultérieur de la fibre par la soude n’en altère pas la ténacité.
- (Polylechnisches Journal}.
- ESSAI DU SEL D’ÉTAIN.
- M. M. Goppelsræder et Treschsel additionnent le sel d’étaln en solution chaude d'une quantité connue de chromate de potasse (qui l’oxyde à ‘état de tétrachlorure d’étain) ; ils décomposent l’excès du chromate par l’acide chlorhydrique, dirigent le chlore dans une solution d’iodure de potassium et titrent l’iode mis en liberté par l’hyposulfite de soude. Ou bien ils dissolvent le sel d’étain après addition d’Une quantité connue de chromate dans l’acide chlorhydrique ; la réac~ tion finie, ils ajoutent un excès d’iodure de potassium et titrent au bout de cinq minutes par l’hyposulfite.
- [Zeilchrift für analytische chimie).
- p.116 - vue 111/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 117
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DU NORD DE U FRANCE (1)
- Concours de 1878.
- PRIX ET MÉDAILLES.
- Nous extrayons du programme les questions qui suivent et qui concernent plus spécialement les industries tinctoriales et textiles.
- Blanchiment. — Guide-memento du blanchisseur de fils et tissus de lin et de coton. Le travail demandé devrait avoir le caractère d’un guide pratique contenant tous les renseignements techniques de nature à faciliter la mission du chef d’atelier, tels que description des méthodes et appareils employés, produits chimiques, dosages, etc.
- — Comparer les procédés de blanchiment d’azurage et d'APPRÊT des fils et tissus de lin en France et en Angleterre; faire la critique raisonnée des différents modes de travail.
- — Même question pour les tissus et fils de coton simples et retors.
- —Déterminer l’action du blanchiment sur les différentes espèces de lin. On ne sait à quelle cause attribuer les différences de teintes qui existent entre les fils de lin du pays et celles des lins de Russie, traités par les mêmes méthodes de blanchiment; rechercher quelles sont les raisons qui déterminent de semblables anomalies.
- — Moyen économique de préparation de I’ozone et expériences sur l’application de ce produit au blanchiment des textiles.
- Teinture. — Etude chimique sur une ou plusieurs matières colorantes utilisées ou utilisables dans les teintureries du nord de la France.
- —Recherche sur les meilleures méthodes propres à donner plus de solidité aux couleurs dérivées de l’aniline employées en teinture.
- Ce problème, d’une grande importance, ne parait pas insoluble quand on remarque que déjà, pour le noir d’aniline, on est arrivé à des résultats remarquables.
- — Indiquer les moyens à employer pour donner aux fils de lin et de chanvre, avant ou après la teinture, l'ÉCLAT que conserve le fil de jute teint.
- — Etude comparative des divers procédés et matières colorantes différentes, utilisés pour la teinture des toiles bleues, de lin ou de chanvre, au
- ---------------.. singeempdjioonnents*
- (1) Tous les alinéas précédés d'un tiret indiquent une question nouvelle.
- point de vue du prix- de revient, de l’éclat et de la solidité de la couleur, dans les circonstances diverses d’emploi de ces étoffes.
- Une médaille d’une valeur proportionnée aux résultats reconnus par la Société industrielle, est offerte au teinturier de la région du Nord, qui présentera les plus beaux échantillons de teinture en couleurs dites de fantaisie réalisé par lui, avec des matières colorantes de son choix, sur fils et tissus de lin et de chanvre, avec indication des prix de façon exigés.
- Outremer. — Etude sur la composition chimique de I’outremer et sur les caractères qui différencient les variétés de diverses couleurs, ainsi que sur les causes auxquelles il faut attribuer la décoloration de l’outremer artificiel par l’alun.
- Lim. —. Matière première. — Trouver, au point de vue de la facilité et de l’économie du transport des lins en pailles non rouis, et notamment de ceux de l’Algérie, un moyen pratique d’en réduire le volume et la densité, de façon à en former des colis très-compactes, sans en avoir à redouter la fermentation pendant le trajet maritime ou par toute autre voie.
- Peignage du lin. — Indiquer les imperfections du système actuel de peignage de lin et l’ordre d’idées dans lequel devraient se diriger les recherches des inventeurs.
- Inventer et construire une machine à peigner les lins, évitant les inconvénients et imperfections des machines actuellement en usage, en donnant un rendement plus régulier et plus considérable.
- Peignage des étoupes. — Etude sur les machines à peigner les étoupes actuellement employées. Comparer les divers appareils entre eux, et indiquer les meilleures méthodes à suivre pour obtenir, soit un plus grand rendement, soit un produit plus parfait.
- Cardage des étoupes. — Etudier dans ses détails l’installation complète d’une carderie d’étoupes (grande, petite, moyenne). Les principales conditions à réaliser seraient : une ventilation parfaite, la suppression des causes de propagation d’incendie, la simplification du service de pesage, d’entrée et de sortie aux cardes, ainsi que de celui de l’enlèvement des duvets.
- On peut répondre spécialement à l’une ou l’au-tre partie de la question. Des plans, coupes et élévations, accompagnés de devis sérieux, devront être joints à l’exposé du ou des projets.
- — Étude sur l’application à la filature du lin des
- p.117 - vue 112/286
-
-
-
- 118
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- systèmes de curseurs employés dans la filature du coton et de la laine.
- Filature sle Mai. — Appareil compteur de tours applicable à l’étireur des métiers à filer ou aux transmissions et dont le prix ne dépasserait pas 20 francs.
- Cet appareil doit permettre de contrôler le travail des ouvriers et de surveiller la production des métiers.
- Filterie. — Études sur les diverses méthodes de fabrication des fils retors de lin.
- Ce mémoire devra renfermer des renseignements sur la fabrication proprement dite, les usages de filterie, le prix de revient, etc.
- — Exposer les perfectionnements à réaliser dans le filage, le retordage et l’apprêt des fils de lin, à l’effet d’arriver à la. régularité parfaite des fils de coton retors employés pour le travail de la machine à coudre.
- Tissage des tissus de lin. — Trouver une disposition qui permette de changer la navette sur le métier à tisser, sans arrêt ni défaut dans le tissu, et sans embarras pour l’ouvrier.
- — Inventer un métier sur lequel on puisse tisser ensemble deux ou plusieurs chaînes séparées, en laissant à chaque pièce deux bonnes lisières.
- Le but de cette invention devra être de faciliter le tissage économique des toiles et des mouchoirs.
- — Trouver un procédé rapide et exact de déterminer directement, après tissage, le travail de l’ouvrier, soit par un appareil donnant le métrage de la pièce, soit par un compteur de duites, et même par ces deux moyens à la fois.
- — Trouver un système de navettes permettant de mettre des canettes contenant plus de fils que celles dont on se sert aujourd’hui.
- — Trouver un mode d’ourdissage qui permette d’obtenir une tension de tous les fils de chaîne plus égale qu’on ne l’obtient avec les appareils actuellement employés. Mémoire sur les divers systèmes de canetières employés pour le tramage du lin. On devra fournir les indications précises sur la quantité de fil que peuvent contenir les canettes, sur la rapidité d’exécution, sur les avantages matériels ou les inconvénients que présente chacun des métiers ainsi que la force mécanique qu’ils absorbent.
- Filature du Jute. — Trouver un moyen de filer le jute à un numéro qui dépassera le 40 anglais.
- La méthode devra avoir été appliquée dans un ou plusieurs établissements, et le fabricant devra
- prouver qu’une certaine quantité de fils de jute ainsi fabriquée est entrée dans le commerce.
- —Trouver un moyen pratique et sensible, à la portée de tous, de distinguer rapidement le jute du lin dans les fils mixtes, à l’état écru, crémé ou blanchi.
- Travail du coton. — La Société industrielle récompensere l’auteur du meilleur perfectionnement apporté dans le cardage du coton.
- Trouver le moyen de donner aux cotons filés une préparation quelconque, persistant après teinture, pour que le fil ait le toucher et le moelleux désirables.
- —Trouver le moyen de fixer la torsion des fils de coton, sans le jaunir, comme le fait le passage à la vapeur.
- Filature de laine. — La Société industrielle décernera un prix au meilleur travail sur l’une des opérations que subit la laine avant la filature, telles que : dégraissage, cardage, ensimage, lissage, peignage.
- — La Société industrielle décernera une récompense à l’auteur du meilleur mémoire sur la comparaison des diverses peigneuses de laine employées par l’industrie.
- •— La Société industrielle récompensera le meilleur travail sur le renvideur appliqué à la laine et au coton. •
- Ce travail devra contenir une étude comparative entre :
- 1° Les organes destinés à donner le mouvement aux broches, tels que tambours horizontaux, verticaux, broches à engrenages, etc.;
- 2° Les divers systèmes de construction de chariots considérés principalement au point de vue de la légèreté et de la solidité;
- 3° Les divers genres de contre-baguettes.
- L’auteur devra formuler une opinion sur chacun de ces divers points.
- Rubannerie. — Trouver le moyen de régulariser la marche des navettes dans les métiers brocheurs.
- Trouver le moyen de recueillir sur le métier les rubans à grosses lizières, en évitant les inconvénients de l’emmanchonnage actuellement usité avec les cartons.
- Donation de M. Kuhlmann.
- Des médailles en or, de la valeur de 500 fr. chacune. seront accordées pour les progrès les plus signalés dans la région :
- Une médaille pour le blanchiment ;
- Une médaille pour la teinture. faol
- p.118 - vue 113/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 119
- Don de la chambre de commerce de Lille et du comité de la Filature.
- Ce prix sera décerné à l’inventeur d’une machine a peigner les ÉTOUPES, qui réunira les conditions suivantes :
- Le rendement devra être supérieur à celui des peigneuses actuellement en usage.
- Le coût et la production devront être tels que la façon de 1 kilog. d’étoupe brute, convertie en étoupe peignée, suivant les procédés de l’inventeur, ne dépasse pas 10 centimes par kilog. peigné -, main-d’œuvre, frais généraux et amortissement compris.
- Il est entendu que cette machine devra avoir fonctionné dans les conditions ci-dessus, en un établissement de la région, pendant un laps de temps d’au moins trois mois.
- Le prix total de 5,000 fr. sera décerné sur le rapport favorable d’une commission composée de 30 membres donateurs.
- Prix spécial offert par M. Crespel-Tilloy
- Prix de 500 francs auquel la Société industrielle joindra une médaille, sera décerné à l’inventeur d’un système pratique de piennage mécanique.
- La bague ou pienne doit être formée par un double nœud en arrière et un nœud en avant de manière à le rendre fixe, et l’opération devra avoir lieu simultanément sur autant d'écheveaux qu’en comportera le dévidoir auquel sera faite l’application du procédé.
- ii pi=e=‘a = --
- : • VERRE TREMPÉ -
- M. de Luynes a fait, à la Société d’encouragement, dans sa dernière séance, au nom de M. La-bastie, une communication sur les progrès que l'industrie du verre trempé a faits depuis que la Société lui a donné son approbation et ses encouragements.
- Il a montré à l’Assemblée les nombreux spécimens qui sont placés sur les tables et qui présentent les formes les plus variées et les plus correctes. Ce sont des tubes pour verres de lampe et verres de becs de gaz, des gobelets de forme très-diverse, des verres à pied, des mortiers pour laboratoire et leurs pilons : au sujet de ces dernières pièces, il
- rappelle les accidents si fréquents auxquels ces pilons étaient sujets, la moindre chute en causait la rupture, et M. de Luynes montre qu’il n’en n’est pas de même pour ces objets faits en verre trempé. Il présente aussi des capsules, pour la pharmacie et pour la chimie, de toute grandeur et de toute forme, des assiettes en verre, en cristal ou en émail, des tasses à café et à thé, en émail blanc.
- Il termine cette énumération par une expérience frappante : des verres ordinaires sont mis dans un panier à salade avec des verres à boire de même forme, en cristal trempé; après quelques secousses les verres ordinaires sont tous cassés et tous les verres trempés sont intacts.
- On voit que toutes les difficultés de la question ont été résolues ; mais ce qui est plus important, les procédés de fabrication se sont simplifiés et se sont combinés avec les opérations ordinaires de la verrerie, de manière à diminuer considérablement les dépenses et à donner des formes plus régulières et une exécution plus parfaite. Les objets faits avec la matière liquide, quand ils sont encore rouges, sont directement jetés dans le bain de trempage et ne sont plus réchauffés comme à l’origine jusqu’au rammollissement, ce qui causait souvent une altération de leur forme. Les bouteilles, verres à boire, tubes et verres de lampes et autres objets concaves contenant de l’air qui s’opposerait à l’entrée du liquide pendant la trempe, sont reçus sur un tube courbe, sorte de siphon qui, au moment de leur immersion, laisse échapper l’air pendant que le liquide rentre sans effort dans leur cavité.
- Tous ces perfectionnements sont installés à la verrerie de Choisy-le-Roi, et ils donnent lieu à une fabrication courante, assez facile pour qu’on puisse prévoir déjà le moment, peu éloigné, où les objets en verre trempé ne coûteront pas sensiblement plus cher que ceux en verre ordinaire.
- (Moniteur scientifique).
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- Le Jury des récompenses.
- AUGMENTATION DU NOMBRE DES RÉCOMPENSES.
- 808 Rapport au Président de la République^
- Monsieur le Président,
- Le règlement spécial de l’Exposition relatif à la distribution des récompenses, inséré au Journal
- p.119 - vue 114/286
-
-
-
- &
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- officiel du 15 août 1877, fixe à 350 le nombre des membres du jury français.
- Ce nombre avait été basé sur la présomption alors assez générale que l’Exposition de 1878 ne différerait pas sensiblement, comme importance et comme nombre d'exposants, de l’Exposition de 1867, qui était considérée comme ayant obtenu un succès exceptionnel.
- Mais toutes les prévisions ont été dépassées par l’événement et l’Exposition de 1878 laissera bien loin derrière elle toutes celles qui l’ont précédée.
- Dans cette situation nouvelle et pour ne pas imposer aux membres du jury une trop lourde tâche, il a paru nécessaire d’augmenter le nombre des personnes appelées à la composer. Une entente a été établie avec les commissariats étrangers. Elle a eu pour résultat de faire reconmaître qu’une addition de 100 jurés, répartis par portions égales entre la section française et la section étrangère, suffirait à tous les besoins.
- J’ai donc l’honneur, monsieur le Président, de vous demander de modifier le premier paragraphe de l’article 2 du titre Ier du règlement en ce sens, que le nombre des membres du jury international sera porté de 650 à 750 membres, divisés en 400 membres étrangers et 350 membres français.
- Le même règlement porte, articles : que les nominations des membres français et étrangers du jury devront être effectuées avant le 1er janvier 1878.
- Des difficultés matérielles de toute sorte ont rendu impossible la mise à exécution de cette prescription qui n’était pas, d’ailleurs, «à l’abri de critiques sérieuses et fondées. On peut étendre jusqu’au 15 mai le délai accordé pour la désignation du jury sans qu’aucun intérêt ait à en souffrir.
- Si vous voulez bien approuver ces propositions, je vous prierai, monsieur le Président, de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret que j’ai l’honneur de vous soumettre.
- Veuillez agréer, monsieur le Président, l’hom. mage de mon dévouement respectueux.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce, a TEISSERENC DE BORT.
- Décret.
- Le Président de la République française,
- Vu le paragraphe 1er de l’article 2 du décret du 14 août 1877, relatif au règlement des récompenses de l’Exposition universelle internationale de 1878 et organisant les jurys chargés de les répartir, lequel paragraphe fixe le nombre des membres du jury à 650 dont 350 étrangers et 300 français ;
- Vu le paragraphe 4 de l’article 3 du même dé
- cret fixant au 1er janvier 1878 l’époque à laquelle devaient être faites les nominations du jury ;
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce,
- Décrète :
- Art. 1er. — Les deux paragraphes ci-dessus du décret du 14 août 1877 sont modifiés ainsi qu’il suit :
- « Art. 2. § 1. — Le jury international de l’Exposition universelle de 1878 est composé de 750 membres, 400 étrangers et 350 français.
- « Art. 3. § 4. — Toutes les nominations devront être effectuées avant le 15 mai 1878. »
- Art. 2. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 19 avril 1878.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 1 8, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Une Maison à Barcelone (Espagne), connaissant les articles et la clientèle, désire la représentation d’une fabrique d’extraits secs et liquides, et une autre de bleu d’outremer.
- 0 I
- S’adresser à l’Office du Journal.
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S'adresser au bureau du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul BLONDEAU. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
- p.120 - vue 115/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22“ Année, N» 11. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juin 1878
- SOMMAIRE
- . 1 90 as9 :99101èb 19 idossid 19m9ldsis9T0
- /G 10/6/9001446. • P 92:898 619941 ' • ; ,
- Chronique de l’Exposition. — Matières colorantes : Dérivés du Cyanogène. — Note sur le noir d’Aniline au Cérium, par M: CH. WEIDINGER. .. obyxo ! ob tisntx9‘l eb Je supsl el ab 8119v00 u s!
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Vert d’aniline solide, dit Vert Malachite (échantillon). — Teinture du coton’ du lin et du chanvre (suite) : Couleurs minérales sur coton, jaune et orange de chrome; Bleu de France. — Emploi de l’alun de chrome au lieu de bichromate de potasse dans la teinture des laines.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Expériences relatives à la formation de l’outremer artificiel.- Procédés nouveaux d’impression et de teinture {Brevet)
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : La commission des tarifs de douane et les délégués des industries. ' 2 ' 1 .... 1........| 933uE JiEvs ne iup 819 ob anoiv9 89[99Vs agois
- CHIRONQUE DE L'EXPOSITION
- Dans l'énumération des classes, que nous avons donnée dans notre dernier numéro, nous avons omis la classe 46 qui comprend les matières tinctoriales végétales, telles que la garance, le safran, la gaude, etc., et les matières textiles. Le nombre appr.Qxima.tif des expositions qui nous intéressent dans cette classe, est de 42. Nous en donnons le catalogue au supplément du journal.
- Il ne nous est pas encore possible de commencer dans ce numéro le compte-rendu détaillé promis à nos lecteurs-, les retards d'installation ne nous ont pas encore permis le travail de classement préalable nécessaire à la bonne marche de ce travail.
- Le tome IV du catalogue général (sections étrangères, 1re partie) vient d'être mis en vente.
- Dans le tome II (section française, classes 6 à 08) nous trouvons à la classe 48 : Procédés de blanchiment, de teinture, d'impression et d'apprêt, la notice sommaire suivante :
- Le blanchiment, la teinture, l’impression et l'ap-prêt sont quatre industries qui ont pour but d’approprier à nos usages les matières textiles d'ori-gine animale ou végétale, très-rarement utilisées à l’état brut. Les usines où s’effectuent ces opérations travaillent généralement à façon,
- Le blanchiment débarrasse les tissus des corps gras ou résineux qu’ils contiennent. Pour les fibres animales, le dégraissage se fait par des bains successifs de savon et de soude, et le blanchiment par l’acide sulfureux; pour les fibres végétales, les parties résineuses sont attaquées par des lessivages à la c,haux et le blanchissage se fait ensuite au chlore.
- On double les opérations et on azuré le tissu
- avec un mélange de bleu et de violet, quand il doit rester blanc et n’est pas destiné a l'impression. .
- Le tissu destiné à la teinture doit,subir les opérations suivantes :
- 1° Grillage. —• Le tissu écru, tel qu’il tombe du métier, est garni d’un duvet abondant qu’on enlève en passant les pièces, soit sur une plaque métallique demi-circulaire chauffée au rouge, soit dans une flamme de gaz fortement activée par un cou-rant d’air comprimé. oitemotn olnti
- 2° Dégorgeage. — Les étoffes, après le tissage, sont en général grasses et soufflées de taches. On les purifie par des passages en eau chaude, des bains de savon, de carbonate de soude et des rinçages. Ainsi dégorgées, elles sont envoyées à la teinture.
- 3° Teinture. — La teinture consiste dans une combinaison intime de la matière colorante avec la matière textile qui compose le tissu. Cette combinaison n’a pas toujours lieu directement ; il faut avoir recours à des produits intermédiaires, appelés mordants, qui sontengéneraldes si s d'alu-mine, d’étain, de fer ou de cuivré, auxquels on ajoute des acides et divers autres produits chimiques. Les colorants forment avec les mordants les laques insolubles résistant au lavage.
- L'apprêt a pour but de faire disparaître les poils et duvets dont sont garnis les tissus et qui sont relevés pendant la manutention de la teinture. Pour arriver à ce résultat, on se sert de la machine dite tondeuse. Après avoir été soumise à l’action de cette tondeuse, l’étoffe est légèrement humectée avec de l’eau pure ou de l’eau gommée, et ensuite séchée par divers procédés qui lui font acquérir de la souplesse et de la fermeté.
- Impression. — L’imprimeur, comme le teintu-
- p.121 - vue 116/286
-
-
-
- 122 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rier, emploie les matières colorantes et les mordants. Les dessins sont gravés sur des planches de bois ou sur des cylindres en cuivre. Les gravures enduites de cpuleurs sont appliquées sur le t ssu préalablement blanchi et dégorgé ; c’est ce qui constitue l’impression.
- La découverte de la laque et de l’extrait de garance, et celle plus récente de l'alizarine artifi-cielle, ont permis d’imprimer tout à la fois les couleurs garances et les couleurs ordinaires et de les fixer par un même vaporisage.
- La teinture en pièce n’a pas diminué depuis dix ans; plusieurs fabriques nouvelles se sont montées, et Roubaix et Reims ont partagé certaines fabrications avec les environs de Paris, qui en avait autrefois le privilège exclusif.
- Des perfectionnements ont été apportés dans l’outillage et ont permis de diminuer les frais de fabrication ; on peut citer de nouvelles grilleuses, des tondeuses à 2, 3 et 4 cylindres, les appareils à fixer le tissu, les dégorgeuses continues et des baquets de teinture mieux etudiés.
- Un décret ministériel du 23 mai dernier a institué le Congrès international pour < l’unification du numérotage des fils de toute nature » qui doit se tenir au Trocadéro les 25, 26 et 27 juin. La liste des 26 membres proposée par le comité central pour procéder à l’organisation de ce Congrès est approuvée par le même décret.
- MATIÈRES COLORANTES
- Dérivées du Cyanogène (Mémoire présenté au Concours de la Société industrielle de Rouen.)
- PRUSSIATES.
- Je dirai d’abord quelques mots de la seule matière employée jusqu’ici, du bleu ; et, sans revenir sur les détails de ses différents modes d’emploi, je rappellerai seulement qu’on l’applique aujourd’hui soit par précipitation sur une fibre mordancée en oxyde de fer, soit par décomposition de l’acide ferrocyanhydrique libre ou combiné. J’ajouterai deux autres méthodes pour l’application de ce bleu.
- La première de ces méthodes utillise la propriété que possède le bleu de Prusse de se dissoudre dans les tartrates (1) et oxalates neu'res. On dissout donc le bleu de Prusse dans le sel de Sei-gnelle, puis on le précipite sur la matière à teindre au moyen d’un acide, ou mieux d’un sel d’étain acide qui donne une teinte plus vive.
- Comme le ferrocyanure d’étain est également soluble dans les oxalates, on peut le dissoudre en même temps que le bleu de Prusse et précipiter le tout par un acide. On pourrait aussi précipiter par un sel de chaux neutre, de façon à faire toute l’opération dans des liquides neutres ; dans ce dernier cas, la teinte serait plus claire. J’ajouterai qu’au lieu de dissoudre le bleu de Prusse dans ces divers sels, il est préférable de l’y produire direc-tement.
- La seconde méthode que j’ai à indiquer est encore plus simple ; elle est basée sur ce fait que les ferricyanures métalliques proprement dits sont beaucoup plus oxydants et, par suite, plus facilement réductibles que les ferricyanures alcalins (2). Le ferricyanure de fer au maximum jouit de cette propriété ; c’est un liquide brun foncé que l’on obtient en mélangeant des dissolutions de ferricyanurede potassium et de sulfadede peroxyde de fer.
- Pour teindre la laine et la soie en bleu par ce procédé, il suffit de les tremper à fond dans cette
- Toute découverte de la science, quelque théorique qu’elle paraisse, s’appliquera tôt ou tard au bien-être matériel de l’homme.
- La classe si vaste des composés du cyanogène n’a encore fourni aux arts qu’une seule matière colorante : le bleu. Les résultats que j’ai obtenus par une étude plus approfondie de quelques-uns de ses composés m’ont conduit à croire qu’une connaissance plus complète des corps de ce groupe amènera la découverte d’une série importante de matières colorantes encore absolument inconnues.
- (1) Cette solubilité du bleu de Prusse dans les tartrates pourrait expliquer en partie l’emploi de l’acide taririque dans la plupart des recettes données pour la teinture en bleu de Prusse. S’il ne devait servir que comme matière neutralisante, il y aurait intérêt, dans tous les cas où la chose serait possible, à le remplacer par l'acide borique, dont la valeur diminue tous les jours.
- (2) Les ferricyanures de zinc, de cuivre, de mercure possèdent notamment des propriétés oxydantes si énergiques qu’ils engendrent le noir d'aniline instantanément à froid. La réduction de ces corps entraîne en effet la production de cyanures insolubles beaucoup moins réducteurs que les cyanures solubles engendrés dans les autres cas et par suite, moins susceptibles d’entraver l’oxydation des corps mis en présence de ces ferricyanures.
- p.122 - vue 117/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- ko
- CO
- dissolution ; elle est immédiatement réduite en donnant naissance à un précipité vert ; la couleur verte que possède alors la fibre passe ensuite au bleu spontanément ou sous l’influence de réducteurs tels que l'hyposulfite de soude ou le protochlorure d’étain, J’ajouterai que ce ferricyanure de fer (1) teint directement le bois en un très-beau bleu.
- Le coton n’agit pas avec autant d'énergie que les matières précédentes ; il est nécessaire de l’imprégner d’un réducteur, et notamment de protoxyde d’étain.
- On peut avec avantage combiner la production du bleu avec celle d’une autre couleur qui exige une oxydation pour se développer, telle que l’indigo, le cachou. Ce dernier cas trouverait son application dans la teinture d la soie en noir.
- NITROPRUSSIATES
- Il existe encore un composé coloré connu, dérivé des prussiates, mais si fugace qu’on n’a jamais pu songer à l’utiliser ; c'est la magnifique couleur pourpre obtenue par l’action des sulfures sur nitro-prussiates. J’ai cherché à donner plus de stabilité à cette matière en l’unissant à un métal ; et en effet, si l’on donne naissance à cette matière colorante par les procédés ordinaires et qu’on la précipite ensuite par un sel métallique (notamment par un sel de zinc qui permet d’opérer même en présence d’un excès de sulfure), on obtient un précipité rose extrêmement abondant. Cette matière assez stable à froid, ne l’est plus malheureusement autant à chaud, ce qui n’en permet l’emploi que dans des cas restreints, peut-être dans la fabrication des papiers peints. Il faut noter que cette matière s'obtient à très-bon compte lorsqu’on la prépare à l’aide de la dissolution brute de nitroprussiate (qu’il faut neutraliser avec soin, filtrer avant d’ajouter le sulfure).
- Mais je n’en suis pas resté là dans cette voie, et je dois signaler la tentative suivante, bien qu’elle n’ait pas donné de résultats au point de vue qui est envisagé actuellement : — On sait qu’on fait dériver ordinairement les nitroprussiates Fe1 Cy10
- (1) Ce corps est bien du ferricyanure de fer au maximum, car traité par un alcali, il reproduit les éléments de ce composé. Il abandonne peu à peu une poudre brune qui n’a plus cette même composition, car traitée par un alcali, elle donne des ferri et ferrocyanures, en même temps qu’un vif dégagement d’oxygène (fait auquel on devait peu s’attendre — cet oxygène est dépourvu de l’odeur de l’ozone). Une réduction plus avancée donne le prussiate vert signalé plus haut. Enfin, une dernière réduction donne le bleu de France.
- (AzO2)2K‘ d’un prussiate Fe4 Cy‘2K‘ (1). Ce corps ne contenant pas de bioxyde d’azote, devra être beaucoup plus stable et susceptible d’engendrer des composés colorés également plus stables. Pour l’obtenir, j’ai oxydé le prussiate de potasse non plus par l’acide nitrique, mais bien par l’acide chlo-rique ; dans ces circonstances, en chauffant légèrement, la masse se colore tout d’un coup en noir foncé et abandonne à l’eau un liquide fortement coloré en violet intense. Je n’insisterai pas sur les propriétés de ce corps intéressant, car il n’engendre avec les sulfures alcalins qu’une couleur jaune sans intérêt ; on peut néanmoins tirer de ce fait cette conclusion que, dans les nitroprussiates, le principe colorant est intimement lié à la présence du bioxyde d’azote ; il semble donc difficile de pouvoir retirer de ces matières des principes colorants bien stables.
- FERHYDROCYANURES
- Mais il n'en est plus de même des corps dont je vais parler actuellement et qui constituent une série nouvelle de corps pourpres très-riches et très-stables.
- Lorsqu’on ajoute du cyanure de potassium à une dissolution acide d’un sel de cuivre, il se produit une coloration rouge signalée par Meillet et qu’il attribuait à la murexide ; mais il n’en est rien, car on peut la précipiter par un cyanure métallique et la remettre ensuite en liberté par l’oxygène sulfuré. — Ce n’est pas non plus un isopurpurate ; c’est vraisemblablement un hydrate de cyanogène, et il est notamment succeptible de se combiner au fer en dissimulant ses propriétés pour donner des corps analogues aux prussiates, mais colorés en pourpre et très-stables -, c’est d’eux que je vais m’occuper maintenant, car la matière rouge primitive, quand elle n’est pas combinée .au fer est trop fugace, au moins dans le milieu dans lequel elle prend naissance.
- Ces composés pourpres ont pour formule générique, d’après les analyses que j’ai faites sur le composé cuivriqte :
- FeCy'H'O'M
- Ce qui rapproche encore ces corps des prussiates, c’est qu’ils peuvent s’y combiner en donnant des sels doubles de la formule suivante :
- (1) 3e terme de la série, des prussiates :
- Ee Cy3K2 prussiate jaune.
- Fe2CyK3 prussiate rouge.
- Fe-Cy12K+ prussiate noir.
- p.123 - vue 118/286
-
-
-
- 16
- LE MONITEUR D1 IA TEINTURE
- 911 210 90 -1 TeCy’ H 04 N -used an sv ( ReCy3 M2 o
- M potvant être remplacé par un métal quelenque.
- Pour préparerices matières colorantes, on verse un excès de cyanure de potassium'dans une dissolution acide d’un sel de cuivre jusqu’à ce que la coloration rouge produite d’abord ait disparu ; ou introduit alors le fer par l’addition d’un sel de sesquioxyde1 de fer. — Il se produit un précipité de bleu de Prusse qui entraîne là majeure partie de la matière colorante-, une autre* partie de cette matière qui est réapparue à' l’état soluble pendant cette addition, est précipitée par un acide et réunie au précipité de bleu de Prusse. On traite le tout par du carbonate d’ammoniaque bouillant qui redis-sout la matière colorante; on élimine de cette dernière le cyanure de cuivre qu’elle contient par précipitation par un acide et traitement ultérieur du précipité par Ehydrogène sulfuré (pour remettre en liberté la matière colorante entraînée).
- Il ne reste plus alors qu’à neutraliser et à éliminer l’hydrogène sulfuré et le prussiate que peut contenir la liqueur au moyen de l’acétate de plomb. — On a ainsi un liquide directement applicable en teinture. Pour avoir un produit tout à fait pur, on répéterait les derniers traitements, en précipitant par les sels d’argent (1).. / . - l
- Cette matière colorante donne tous les composés analogues aux prusslates; unie à l’hydrogène, elle donne un acide analogue à l’acide ferrocyanhy-drique; ses composés alcalins sont solubles. Elle est précipitée en rose pouipfe par les sels de cuivre, de zinc, de mercure, d’argent ; tous ces précipités sont d’une couleur très-éclatante; le sel de zinc notamment possède une couleur claire fort belle. De même, que les prussiates, ces composés sont; solubles dans les alcalis.
- Les sels de plomb sont précipités en bleu-violet, mais seulement en présence de l’ammoniaque.
- Cette matière colorante est, je l'ai dit, susceptible de s’unir aux prussiates; cette combinaison est précipitée par les sels de plomb, meme acides (il se produit une certaine quantité dé ce compose rose pendant la préparation décrite plus haut, lorsqu’on ajoute l’acétate de plomb).
- En tout cas, la matière colorante, lorsqu’elle est
- (1) On obtient des colorations analogues eh traitant l’oyde de fer par l’acide cyanhydrique et aussi, en exposant au soleil le produit du grillage du ferroryanure de calcium en suspension dans l’eau. — L’action des divers oxydants sur l’acide, oyanhydrique’ ne il’a pas donné de résultats satisfaisants.
- pûrifiée, est douée d’une stabilité remarquable ; elfe résiste à Faction de l’acide sulfureux, des alcalis concentrés et bouillants, des acides étendus. L’acide sulfurique à 66° B fait passer lentement sa teinte au jaune, et Peau rétablit la coloration primitive si l’action n’a pas été trop prolongée; l’acide chlorhydrique eoneentré agit plus faiblement; l’acide azotique amène au contraire une décoloration rapide.
- L’action de l’hydrogène sulfuré est nulle; celle du sulfhrydrate d’ammoniaque très-faible'. L'agent destructeur le plus rapide est certainement le chlore, mais à l’état concentré.
- | L’oxyde de mercure décompose ce corps à la manière des composés cyantres, c’est-à-dire en cyanure de mercure et oxyde de fer.
- L’action de là lumière est peu sénsible, sauf sur t les précipités donnés par les sels de mercure et d’argent. . ,
- Cette matière colorante ne teint directement ni les fibres animales ni les fibres végétales; il faut la' : fixer par précipitation sur les tissus, ou l’employer à l’état de laque, ou s’en servir à l’état de dissolution ammoniacale.
- Le principal défaut de' cette couleur est son prix | dé revient actuel (environ 150 fr. le kil., à l’état de pureté) que je n’ai pu abaisser, malgré les nom-. breux essais que j’ai poursuivis pour trouver un mode de préparation donnant un meilleur rendement ; mais il faut observer que le pouvoir colorant de cette matière est énorme, et qu’elle est aussi belle que les plus belles matières colorantes roses connues dont le prix est toujours tres-élevé.
- SULFHVDRATE DE CYANOGÈNE.
- J’aï dit au commencement de ce mémoire que la matière rouge qui prenait naissance en l’absence du fer semblait être un hydrate de cyanogène ; les conditions dans lesquelles elle prend naissance, la composition de son dérivé ferrique autorisent cette hypothèse. J’ajouterai que si l’on veut donner naissance à cette matière en présence du sulfhydrate d’ammoniaque, on obtient, non plus un composé rose, mais du sulfhydrate de cyanogene, ce quï tendrait encore à confirmer notre hypothèse, en faisant de ce composé l’hydrate inconnu correspondant- ausulfhydrate de' cyanogène.’
- Ce sulfhydr'ate est, oti le sait, doue d'uné ires-belle coloration orange ; j'ai cherché à le combiner au fer pour à voir des matières colorantes stables1 analogues à celles décrites plus haut; mais je ne pense pas être arrivé à obtenir cette union, et, en
- p.124 - vue 119/286
-
-
-
- Er DE L’IMPRESSION DES TISSUS 125
- tout cas, je n’ai pu obtenir de matières colorantes dignes d’être signalées.
- matières NZULNOUES.
- Une dernière analogie devait exister entre ce composé rouge non ferreux dont je parle actuellement et les matières brunes dites azulmiques, si ce corps est un hydrate de cyanogène (on sait que les matières azulmiques ont la composition d'hydrates ide cyanogène condensés). Et, en effet, si dans la préparation on ajoute du cyanure de potassium de façon à rendre la liqueur non-seulement neutre, mais encore alcaline, la coloration rose disparaît, et au bout de peu d’instants elle est remplacée par un abondant dépôt de ces matières azulmiques.
- Ces matières ont des propriétés assez intéressantes au point de vue de la teinture; elles donnent de très-beaux jaunes bruns ; ce qu’elles présentent de plus remarquable, c’est qu’elles teignent directement non-seulement 'la laine et la soie, mais encore le coton. Ces couleurs sont d’une stabilité absolue.
- Ces matières paraissent pouvoir s’unir au feu; elles ont aussi des composés sulfurés qui leur correspondent, au moins par leurs modes de formation.
- J’ajouterai que l’étude de ces matières brunes est très-difficile ; mais, mieux connues, il y aurait peut-être beaucoup à faire avec elles. Que n’a-t-on tiré du goudron de houille dont l’aspect est identique?
- S’il y a encore beaucoup à étudier en ce qui concerne les matières cyanogénées dont j’ai parlé ci-dessus, et je dirai même beaucoup à trouver, que ne doit attendre des résultats d’une étude complète de la grande famille des composés cyanogénés, étude à peine ébauchée ? Lorsqu’on voit cette famille s’étendre depuis les cyanures simples jusqu’aux cyanamides les plus compliquées, pour se perdre ensuite dans de nombreuses séries organiques en s’y dénaturant, et engendrer des matières isolées comme la murexide, on peut, non sans quelque raison, se demander si les industries des ma-tières colorantes n’ont pas quelque surprise à attendre de ce côté.
- -noleasqni’l moq ldeibbie bom 9 39 astbrqeq al ne anoibnsiv9t anoV otidoel M JT9v ob io'qmVb | —*oest"
- # 1
- NOTE • n 6916 fliEd nu I6Q 99c86q Do 994008 .ummun Sur le noir d’Aniline au Cérium
- Par M. Ch. Weidinger. . onsun Présentée à la Société industrielle de Rouen.
- Messieurs,
- }
- L’application du cérium au développement du noir d’aniline n’a été que passagère, mais Payant utilisée pour l’impression, je prends la liberté de vous faire connaître mes observations.
- Cette application a plus qu’un intérêt historique, parce que le cérium est un métal qui, parues qualités analytiques, appartient ’ du groupe de l’aluminium, proche du groupe du fer. Tousles autres métaux en usage pour le noir d’aniline comme le cuivre, le tungstène, le vanadium, sont précipitables par l’acide sulfhydrique ou par le sulfure d’ammonium comme sulfures, tandis que le cérium se précipite comme oxyde hydraté. :
- L’emploi du cérium pour le noir d’aniline a pour base, comme avec les autres métaux usités, la propriété de ses oxydes de se réduire et de se réoxyder aisément. Le cérium forme deux ordres de sels correspondant avec ses oxydes : sels d’oxydule et sels d’oxyde. Les premiers s’oxydent en présence d’agents oxydants, tels, par exemple, que les chlorates ou l’acide chlorique, en formant de l’hydrate d’oxyde de cérium d’une couleur rouge. Le sels d’oxyde de cérium, au contraire, se réduisent en présence des agents réducteurs en sels d’oxydule ; un sel d’oxyde de cérium, par exemple, traité par de l’alcool ‘et de l’acide chlorhydrique se transforme en un sel d’oxydule.
- C’est par suite de ces propriétés que te chlorate employé dans les couleurs de noir d’aniline est décomposé et que l’aniline forme du noir par oxydation. L’action continue jusqu’à Ce que tout te chlorate soit décomposé.
- Les chlorures et les sulfates de cerium sont solubles dans l'eau et, pour les premières recherches, j’ai fait usage du bisulfate de cérium, sel d’une couleur jaune, soluble dans 6 parties d’eau. J’ai pris 5 gr. de bisulfate par litre de couleur pesant 1,100 gr. et contenant 80 gr. de chlorhydrate d’aniline. La couleur s’imprime assez bien et n’exerce que peu d’action sur les racles. Après 1‘impression elle paraît d’un vert très-clair, puis elle devient d’un vert foncé après une oxydation de vingt-quatre heures à une température de 25°
- p.125 - vue 120/286
-
-
-
- G en
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- au thermomètre sec et de 20» au thermomètre humide. Savonnée ou passée par un bain alcalin, la couleur ap parait enfin noir velouté d’une belle nuance. .At; N 10 N Lq
- Mais le bisulfate de cérium, ainsi que le chlorure de ce métal, ne se rencontre pas dans le commerce, tandis que l’on peut se procurer, comme je l’ai fait, de l'oxalate de cérium, sel d’une couleur blanche un peu rougeâtre, qui est presque insoluble dans l’eau : il existe à l’état de poudre assez fine pour pouvoir être mêlé dans les couleurs.
- En prenant 5 gr. d’oxalate par litre de couleur, vingt-quatre heures d’oxydation ne suffisent. pas ; il faut employer plus d’une semaine. J’ai supposé que l’état insoluble est la cause de cet inconvénient, c’est pourquoi j’ai traité l’oxalate avec de l’acide sulfurique dilué en présence d'al-cool. En prenant 8 à 10 gr. d’oxolate par litre, la couleur devient un peu acide et il faut prendre garde à l’action sur les racles pendant l’impression. , ugjam aoujris ae 3976 mine . - |
- J’ai fait usage de cette couleur pour le genre orange de chrome avec soubassement en noir d’aniline. — articles dont je vous soumets une petite collection. Le noir étant oxydé, j’ai fixé le plomb par un bain d’acide sulfurique à 5° B et, après lavage, j’ai terminé l’orange en un seul passage au bichromate de potasse additionné de chaux.
- Je n’ai pas essayé si l’on pouvait mieux le réussir en dissolvant complètement le cérium dans l’acide chlorhydrique, puis neutralisant par la quantité d’aniline nécessaire pour la couleur ; il se peut que l’on obtienne, de cette manière, une couleur plus facile à appliquer.
- En terminant, je tiens à dire que l’emploi du cérium, si intéressant qu’il soit, ne présente pas beaucoup d’avantages sur le noir au moyen du cuivre. Il est vrai que le quart du poids du sulfure de cuivre en sel de cérium suffit pour produire un bon noir, mais cette réduction est contrebalancée par les prix élevés des sels de cérium. En conséquence, ces produits n’ont pas trouvé d’application technique particulière, parce que dans le même temps le vanadium a paru et les a remplacés.
- Néanmoins, nous devons être reconnaissants envers M. Kruis qui, le premier, a signalé les propriétés de ce métal et a augmenté ainsi le nombre des corps simples qui sont applicables pour la for-mation du noir d’aniline.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- VERT D’ANILINE SOLIDE dit Vert Malachite
- Breveté en France et à l'Étranger.
- Nous appelons tout spécialement l’attention de nos lecteurs sur une matière colorante verte toute à nouvelle, brevetée en France et à l’étranger, et dont MM. Ruch et fils sont seuls concessionnaires pour la vente en France.
- Ce colorant, dit :
- VERT MALACHITE s’emploie pour la teinture de la soie, de la laine et du coton exactement de la même manière que le vert méthyle ; mais il se distingue de ce dernier par sa stabilité et sa solidité. Il résiste au savon, aux acides, et peut être teint sur bain bouillant.
- {Voir pour l'emploi — page 79 — n° 7 de cette année du Moniteur de la Teinture).
- Le vert Malachite supporte un bain’ faiblement acidulé, de sorte qu’on peut l’employer simultané-ment avec l’acide picrique, ou d’autres colorants, d’un caractère acide.
- Les nuances obtenues avec le vert Malachite sont plus jaunâtres que celles qu’on obtient avec le vert [méthyle. Nous tenons à faire remarquer que les teintes foncées surtout se distinguent par un vert vigoureux et pur, tandis que les tons foncés du vert méthyle sont très-bleuâtres.
- L’échantillon ci-dessous a été teint avec le produit de la maison J. Ruch et fils.
- Vert Malachite sur coton filé.
- La propriété de résister à une haute température donne à ce nouveau produit une importance considérable pour l’impression.
- Nous reviendrons sur les propriétés et le mode d’emploi du vert Malachite.
- p.126 - vue 121/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S
- MANUFACTURE
- DE ,
- COULEURS I -
- •oihG Marqis AFG •
- Médailles Ci Vienne et à Philadelphie.
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer.
- — Suite (I). —
- Couleurs minérales sur coton.
- Jaune et orange de chrome.
- Il existe une infinité de matières colorantes jaunes qui permettent de teindre la laine et la soie; mais il n’en est pas de même pour le coton, le lin, le chanvre, etc. Très-peu de substances colorantes sont susceptibles de se fixer solidement sur les matières végétales en donnant des nuances brillantes en peu de temps et à bas prix.
- La gaude, le quercitron, le bois jaune, le cur-cuma, la graine de Perse, sont les substances végétales qui réussissent le mieux ; les couleurs minérales sont aussi employées notamment pour l’impression, ce sont : le jaune d'iodure de plomb, l’iodure de mercure, les sulfures d’arsenic, de cadmium, d’antimoine et d’étain, les oxydes de fer, de plomb et d’urane, enfin le jaune de Naples ou anti-moniate de plomb, les chromâtes insolubles de plomb, de bismuth, de zinc, de baryte, de stron-tiane, de chaux, de potasse, etc. Le nombre des matières colorantes jaunes minérales est assez considérable, comme on peut le voir. Quelques-unes ne servent que dans la peinture, d’autres pour l’impression. Il en est qui, grâce à leur solubilité dans certains réactifs ou aux conditions possibles, sont précipités ou produites directement sur la fibre. Le chromate de plomb est le jaune à qui l’on doit donner la préférence et qui rend le plus de services aux teinturiers et aux fabricants d’indienne. C’est à M. J.-L. Lassaigne que l’on doit la première idée de l’application du chromate sur fibre (1820).
- Pour obtenir le jaune que donne le chromate de plomb, on manœuvre un certain temps les éche-veaux dans un bain d’acétate ou de nitrate de plomb, on les lave ensuite à l’eau et on les passe dans un bain de bichromate de potasse-, en prenant de l’acétate basique et en passant dans un second
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture 1878, n-" 6, 7, 9 et 10.
- L’Album du Teinturier et du Fabricant aura sa deuxième année terminée le 1er juillet prochain. A cette même date paraîtra le 1er numéro du 3e volume. (Voir aux annonces).
- p.127 - vue 122/286
-
-
-
- 128
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- bain de chromate neutre, on obtient une nuance orange. On peut encore faire virer le jaune à l’orange en le passant, après le bain d’acétate de plomb, dans un bain d’eau ou de lait de chaux, ou en saturant le bain de chromate par de la chaux. Le sous-acétate de plomb ou acétate basique se prépare, en faisant bouillir dans des proportions équivalentes une dissolution d’acétate de plomb avec de la litharge; elle en dissout le tiers de son poids et ne cristallise plus. (Eau de Goulard).
- L'Album du Teinturier et du Fabricant (no 19, 2e année) donne trois échantillons de coton, lepre-mier jaune serin et les deux autres orangé.
- Pour 100 kil. de coton, la durée du mordançage est de 30 minutes contre 20 et 30°, avec 7 kil. acétate de plomb pour le jaune, 8 kil. sous-acétate pour le premier orangé, et 8 kil. acétate de plomb pour le deuxième orangé.
- Le deuxième bain, ou bain de teinture, est fait avec :
- Jaune : Bichromate de potasse. 7 kil.
- 1er orangé : Chromate neutre....... 8 —. " "Sans lait de chaux
- 2e orangé : Chromate neutre........18° passage à l’eau de chaux après le premier bain.
- Bleu de France.
- L'heureuse application faite par Raymond du bleu de France à la teinture des laines et des soies fit concevoir à Vitalis l’idée de là mise-en pratique ou l'application des teintures de bleu sur coton. Ses expériences lui fournirent deux procédés dis-tincts; dans le premier il emploie directement le bleu formé, dans le second il le forme par le procédé Raymond.
- Premier procédé. — Bleu réduit en poudre, puis délayé dans trois ou quatre fois son poids d’acide chlorhydrique qu'on laisse digérer à froid pendant 24 heures en agitant de temps en temps.
- Il mordance le coton à l’acétate d'alumine à 5 du 6 degrés et tiède; il fait sécher et il lave pour enlever l’excès de mordant; il verse ensuite une quantité suffisante de la composition précédente dans 20 ou 25 fois son poids d’eau chaude, etrentre le coton (Vitalis).
- Dans la teinture du ‘coton, conime pour celle de la soie, on commence par fixer de l’oxyde de fer et on fait ensuite intervenir l'acide ferrocyanhydrique.
- On arrive au bleu.
- 1° En passant les tissus en nitro-sulfate de fer, puis en prussiate jaune acidulé -par l’acide sulfurique (Raymond (1822).
- 2° Eh passant en nitro-sulfate de fer et sel d’étain, puis en prussiate et acide sulfurique.
- 3° En donnant un premier bain de nitro-sulfate de fer, de chlorure stanneux et de chloride stan-niqué (1 heure), puis un second bain de prussiate jaune, de prussiate rouge et d’acide oxalique.
- Il est très-urgent, après le premier bain, de donner. un fort lavage à l’eau courante pour chacune des recettes.
- Le tableau n° i 9 précité donne une série de teintures en bleu de France graduées de la nuance moyenne à la nuance foncée.
- Pour 100 kilog. de coton, la durée du mordançage est d’une heure, entre 20 et 30 degrés et les bains de mordançage sont respectivement formé avec :
- 1 Nitrosulfate de fer à 4° &
- 2 Chlorure stanneux.............. 2 kil.
- Nitrosulfate de fer à 4° B.
- 3 et h Chlorure stanneux............. 2 kil. Chloride stannique_.................. 2 —
- Nitrosulfate de fer à 4° B.
- 5 Nitrosulfate de fer à 4° B.
- La teinture se fait entre 20 et 30°'centigrades et le bain de .teinture ou deuxième bain est respectivement composé de :
- 1 Prussiate de potasse..... 4 kil. Acide sulfurique............. o. 3 —
- 2 Prussiate de potasse...LA 4 — Acide sulfurique...........a.....a h —
- 3 Prussiate jaune...........ne 3 — — rouge........................ 4 — Acide oxalique................. 2 —
- 4 Prussiate jaune.............. h — Acide sulfurique............. 2 — Après rinçage, léger avivage parle violet d’aniline.
- 5 Prussiate de potasse........ 4 kil. Acide sulfurique, us g io rn2 Après rinçage, bouillon de 10 minutes dans un bain de 2 kil extrait de cam-'pêche.
- A suivre.
- O
- p.128 - vue 123/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- to
- co
- EMPLOI DE L’ALUN DE CHROME
- AU LIEU DE BICHROMATE DE POTASSE
- DANS LA TEINTURE DES LAINES
- Par Victor Joclet
- (Extrait de la Deutsche Wollen Gewerbe).
- L’emploi du chrome et de ses combinaisons dans la teinture des laines date du commencement de l'année 1850'; il s’est écoulé un temps relativement très-long avant1 que le chromate de potasse occupe le rang qui lui est' assigné aujourd’hui et l’on ne doit, par conséquent, pas s’étonner si l’alun de chrome est encore peu connu et peu employé, bien que son usage donne des résultats superieurs à ceux produits par le bichromate de potasse.
- Dès 1868, l’auteur a fait des recherches concernant la teinture au moyen de l'alun de chrome et il a renouvelé ces essais cette année, à la demande de la fabrique d’outremer et d'alizarine de Lever-kusen, près Cologne.
- L’action du bichromate dans la teinture est bien connue ; on chauffe la laine avec du bichromate et de la crème de tartre, en ajoutant une petite quantité d’acide sulfurique-, l’acide chromique est réduit par l’acide tartrique et il se forme de l’oxyde chromique. L’acide tartrique n’agit donc que comme réducteur et cette action peut être obtenue d’une autre façon à un prix beaucoup moins élevé; mais les substances que l’on a essayées'ne répondent pas au but qu’on a en vue, si l’on considère comme nécessaire7 la formation de sels de chrome, parce qu’ellès n'exercent pas une action réductrice sur F'acide chromique (du moins les résidus delà fabrication des acides nitrique et chlorhydrique, qui ont surtout été employés). Si Fon tient compte des grandes différences entre lés proportions de chro-mate de potasse, d’acide tartrique et d’acide sulfu-rique employées par les teinturiers, on comprendra aisément que les réactions ne sont pas tou-jours simples •< ainsi par exemple, le chromate non décomposé agira lors de Information1 de la couleur. Cette circonstance, jointe à celle que la production du sel dé' chrome dans le bain très-dilué n’a lieu que petit à petit et d’une manière irrégulière, explique les irrégularités qui se sont produites jusqu’ici dans la teinture au bichromate de potassé'.
- Én outre, en ‘sait que l’acide chromique est forte-ment sensible à faction de 1 lumière ; si l’on im-prègne un tissu de laine de bichromate de’ potasse
- et si on l’expose en certaines parties à la lumière, ces endroits se marqueront au bouillissage subséquent et le tissu sera irrégulier. C’est d’ailleurs sur cette propriété que sont basés les procédés photographiques d’impression aux encres grasses. Cet inconvénient se fait quelquefois sentir d’une manière très-forte ; quand on néglige de protéger les laines, les fils ou les pièces contre l’action directe du soleil et de la lumière, l’étoffe teinte présente les nuances les plus étonnantes.
- Tous ces désagréments disparaissent quand on se sert de l’alun de chrome; l’oxyde de chrome ne doit plus se former et la lumière n’agit plus d’une façon nuisible, parce qu’il n’y a pas d’acide chromique et que l’oxyde de chrome est complètement insensible à la lumière. L’acide tartrique, dont l’emploi est si coûteux, est supprimé, et il suffit d’ajouter une petite quantité d’acide sulfurique et parfois aussi d’alun, de sulfate de cuivre, etc.
- L’alun de chrome, qu’on trouve dans le commerce en cristaux de grosseur variable, d’un violet rougeâtre foncé, se dissout très-aisément dans l’eau/ bouillante; il coûte environ la moitié du prix du bichromate de potasse, et son emploi supprime, en outre, l'usage de l’acide tartrique. L’alun de chrome donne dans l’eau une solution d’un vert plus ou moins clair suivant le degré de concentra- tion et la conteur du liquide n’est guère influencée | par la présence’ de l’acide sulfurique, du sulfate de cuivre, étc.
- On laisse bouillir la laine pendant uné heure et demie dans le bain de mordancage, en la remuant fréquemment; elle prend au début une couleur d’un vert pâte- (dite vert de nil) qui se transforme l peu à peu en vert bleuatre; cette couleur légère ne i change pas, comme celle obtenue dans tes laines I par le chromate de potasse, laquelle est d’abord verte, mais devient jaune-ple à l’air.
- L’auteur a préparé au moyen de l’alun de chrome à peu près toutes les couleurs employées et notamment le noir, le bleu, le violet, le vert pâle et | foncé', l’olive et le brun, dans toutes les nuances imaginables. M. Joclet a reconnu que l’acide sulfurique, quand il est employé én proportion assez forte, est plutôt nuisible qu’utile, surtout dans la teinture en noir à t'aidé de l’alun de chrome-, il suffit, dans ce dernier cas, d’employer une solution dé 250 grammes d’alun de chrome par 10 kilogrammes de laines, d’y faire bouillir la laine pen-| dant une heure et demie, de la retirer ensuite, puis de la teindre au Bout" de deux jours dans un bain
- p.129 - vue 124/286
-
-
-
- 130
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de campêche : le bain de mordançage peut être utilisé jusqu’à épuisement complet.
- L’acide sulfurique produit un meilleur effet dans la teinture en bleu et en vert, mais on doit toujours employer concurremment l’alun; l’addition de sulfate de cuivre fournit des tons plus foncés et le chlorure d’étain change le bleu en violet et donne au vert un aspect bleuté. Pour le brun, on peut également se servir d’acide sulfurique, mais seulement quand on n’emploie pas la garance.
- Le tableau suivant indique les proportions des substances employées par l’auteur avec succès, pour 25 kilogrammes de laine.
- Couleur. Alun.
- gr.
- Brun rouge . . . — — café . . . •
- — à la garance . — Olive — _ Bleu foncé ... 500 — clair. ... 500 Vert foncé . . : 600
- — clair ... 300
- Violet (pensée) . . 1500
- Les couleurs préparées à
- Alun de Acide sul- Sulfate chrome. furique. de cuiv. .gF.* egr. 1. gr.
- 625 50 60
- 600 40 100
- 650 — __
- 630 — 50
- 450 50 50
- 400 50 —
- 500 60 100
- 625 60 —
- 500 50 (40 gram.
- chlorure d’étain), l’alun de chrome sont
- peu ou pas souillantes, de sorte que le procédé convient très-bien pour les nuances claires employées pour les nouveautés; de plus l’alun de chrome empêche la laine de devenir dure et cassante.
- On prépare le sulfate double de potasse et de chrome de deux manières différentes : en faisant arriver l’acide sulfureux, obtenu en brûlant du soufre, dans une solution de bichromate de potasse, ou bien en ajoutant de l’acide sulfurique, puis de 1 alcool à une solution de bichromate et laissant cristalliser-, la première méthode est celle employée en grand.
- EXPÉRIENCES Relatives à la formation de l’outremer artificiel.
- Par M. J.-F. Plicque.
- La plupart des hypothèses qui ont été faites sur la constitution chimique de l’outremer reposent sur des analyses exécutées avec différents produits obtenus dans l’industrie. La composition centésimale des matières réagissantes est toujours rigoureusement déterminée ; mais, comme pendant cette fa
- brication, une partie seulement des composants sert à produire l’outremer, tandis que l’autre donne des produits solubles, éliminés ultérieurement par le lavage; comme, d’un autre côté, les proportions de silice et d’alumine peuvent varier dans les mélanges sans que la couleur bleue soit sensiblement altérée, les facteurs qui dérivent de l’analyse sont tellement complexes, qu'il devient très-difficile d’en déduire une formule rationnelle.
- J’ai essayé de réaliser la synthèse de l’outremer par une méthode de laboratoire qui me plaçait dans des conditions bien différentes de la méthode industrielle, et me permettait d’employer à la forma -tion du bleu des matières (silice, alumine, soude et soufre) chimiquement pures.
- En cherchant dans quel rapport la silice, l’alumine et la soude peuvent se combiner, je remarquai que le silico-aluminate de soude insoluble, obtenu par M. H. Sainte-Claire-Deville,et étudié depuis par M. H. H. Le Chatelier, présentait les mêmes proportions de silice et d’alumine que les mélanges employés dans certaines usines pour produire l’outremer bleu.
- ” Ce silico-aluminate de soude contient :
- Silice.... 44 66 om81o d ob
- Alumine.......- 26 h gja obios’b jis Soude......... 16 3
- Eau...........12 7
- Les rapports de l’oxygène sont 6,3,1, 3. En le chauffant pendant trente heures au moufle avec 25 pour 100 de soufre et 2 pour 100 de résine, on obtient un outremer bleu d’une nuance parfaite; mais désirant examiner les différentes réactions qui se produisent, j’ai opéré de la manière suivante :
- Le silicate de soude, préparé avec des produits purs, et l’aluminate de soude, également pur, étaient mélangés en solutions équivalentes -, le produit que j’obtenais, après avoir recueilli le précipité sur un filtre et l’avoir desséché rapidement à 110 degrés, contenait toujours un excès de soude. Ce composé présentait la composition suivante :
- Silice............................... 31 105 31 150 Alumine............................................ 18 402 18 410 Soude................................ 29 367 29 359 Eau....................... ;..... 20 750 20 749
- 99 62.4 90 668
- On peut remarquer que les proportions de silice et d’alumine correspondent sensiblement à celles du silico-aluminate de soude de M. Henri Sainte-Claire-Deville. L onie c —
- p.130 - vue 125/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 131
- La matière que j’ai employée pour mes expériences renfermait donc 60,86 pour 100 de silico-alu-minate de soude, dans lequel les rapports de l’oxygène sont 6, 3, 1. Ce composé contenait de plus 18,01 de soudeet 20,75 d’eau.
- J’ai fait réagir sur cette molécule (3 Si O2, Al2 O3, Na 0) l’hydrogène sulfuré et l’acide sulfureux à la température du rouge sombre, environ 750 degrés-, j’ai remplacé aussi l’hydrogène sulfuré par le sulfure de carbone.
- 100 de ce silico-aluminate de soude, chauffés pendant quatre-vingt-dix heures dans la vapeur de sulfure de carbone, m’ont donné 96,840 d’un produit sulfuré, blanc, légèrement jaune, qui, exposé à l’air humide, absorbait l’oxygène avec rapidité en devenant bleuâtre; il se dégageait en même temps de l’hydrogène sulfuré. Ces 96,840, chauffés pendant dix heures dans l’acide sulfureux, jusqu’à ce que le poids fût constant, m’ont donné 107,6 de bleu d’outremer.
- L’acide sulfureux était absorbé en très-grande quantité, il s’est dégagé, pendant cette seconde phase des opérations, une très-forte proportion de soufre qui s’est déposé dans les parties froides du tube de porcelaine. Le bleu, ainsi obtenu, à une température d’environ 750 degrés, ne contenait pas de soufre libre, mais il renfermait 41,3 de sulfate de soude qui ont pu être éliminés par un lavage à l’eau bouillante. On a pu constater du sulfure de sodium soluble.
- Cet outremer, lavé soigneusement à l’eau distillée, était d’un bleu pur assez foncé, mais ne présentant pas les tons violets de certains outremers du commerce.
- L’analyse de ce bleu m’a donné les résultats suivants :
- Silice..1.........1......2... 46 810
- Aluminium................ I 27 7 0 2
- Soude.........2...12.2026..... 17 280
- Soufre............-....... 1 5 217
- Oxygène, par différence...... 2 991
- 100 000
- 3 Si O2 Al2 O3 Na O
- En examinant ces chiffres, on voit que la silice, l’alumine et la soude, trouvées dans ce bleu, sont encore dans le même rapport que dans le silico-aluminate de soude insoluble. La soude en excès contenue dans le précipité que j’ai employé, a été transformée intégralement en sulfate de soude. On peut conclure de mes expériences :
- 1° Que, contrairement aux assertions de quelques
- auteurs allemands, l’outremer ne contient pas d’azote -,
- 2° L’outremer bleu proprement dit est formé par un composé oxygéné du soufre, et il est probable que ce composé est fixé et sur le sodium et sur l’aluminium.
- En effet, pendant la première période des opérations, passage du sulfure de carbone, le soufre s’est substitué à une partie de l’oxygène dans la molécule de silico-aluminate de soude, et daus la soude en excès, il a remplacé complètement l’oxygène. L’acide sulfureux, réagissant à son tour sur ce premier composé, s’est substitué à une partie du soufre de la molécule de silico-aluminate de sodium sulfuré, et, détruisant le sulfure de sodium, qui n’était pas lié chimiquement à la silice et à l’alumine, en a fait du sulfate de soude, en vertu de l’équation sui-vante : 9,9378/ in 9y7n
- Na S + 2 S O2 = Na O, S O3 + 2 S
- Pour obtenir ces résultats, il est nécessaire de maintenir la matière à 750 degrés dans la vapeur du sulfure de carbone pendant plusieurs jours. Si l’on élève la température à 1000 degrés, on obtient dans les mêmes conditions d’expériences (C S2 + S O2) un produit noirt aggloméré, qui, traité par l’eau, dégage de l’hydrogène sulfureux et se transforme en bleu d’outremer. Ce produit contient évidemment le sulfure d’aluminium décomposable de M. Fremy, et cette expérience permet de supposer qu’une partie du soufre peut se trouver dans l’outremer à l’état d’oxysulfure d’aluminium.
- En remplaçant l’hydrogène sulfuré par l’hydrogène sélénié et l’acide sulfureux par l’acide sélé-nieux, on a produit l’outremer rouge au sélénium. On obtiendrait par la même méthode l’outremer vert au tellure. On sait que ces deux produits ont été découverts en 1875 au laboratoire de l’usine de Fleurieux, parM. T. Morel.
- C’est, du reste, dans ce même laboratoire que l’auteur de cette note a commencé ses travaux sous les auspices de M. E. Guimet, et c’est grâce à son appui et à ses encouragements qu’il a pu terminer les recherches qu’il publie aujourd’hui.
- (Moniteur scientifique).
- p.131 - vue 126/286
-
-
-
- co ço
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PROCÉDÉS NOUVEAUX D’IMPRESSION & DE TEINTURE
- Par M. J andin (Brevet}.
- Le procédé consiste à amalgamer la matière colorante en dissolution avec un corps gras assez résistant pour former un mucilage qui puisse se prendre à la planche gravée aussi facilement que si elle était épaissie à la gomme. — On obtient un mucilage par une agitation avec toute espèce de corps gras. — Il y en a qui s’y prêtent plus facilement. aussi l’inventeur adopte-t-il la glycérine, qu’il revendique plus particulièrement.
- La couleur ainsi préparée est appliquée par entraînement sur le tissu, que sa capillarité attirée et absorbe entièrement en abandonnant le corps gras. Cette impression n’a donc pas besoin d’être fixée ni lavée, elle traverse le tissu de part en part et ne laisse presque pas d'envers. Il n’y a plus qu’à enlever le corps gras qui reste sur l’étoffe, ce qui se fait d'après les procédés usuels.
- On peut l'imprimer au rouleau, ou à la planche plate ou avec toutes autres machines en usage.
- L’inventeur emploie les mêmes proportions pour teindre les tissus de soie, comme taffetas, failles, satin, et autres armures ou façonnés sortant du métier, qui ne doivent pas être mouillés.
- La création de ce système a été faite pour reteindre ou rafraîchir les pièces fanées au démodées, qui vieillissent en magasin, en les ramenant à leur fraîcheur primitive. L’inventeur revendique la glycérine et tous les corps gras pouvant servir au nouveau système de teinture et d'impression.
- — ----- Q-sne 1 - -
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- La commission des tarifs de douane et les délégués des industries.
- La commission des tarifs de douane a entendu : M. Delesalle, délégué des fllateurs de Lille, qui a réclamé, comme les industriels de la Normandie et des Vosges, une élévation des droits de 50 0/0.
- Il accepte les traités de commerce, à condition qu’on ait un tarif minimum comme base; on aurait un tarif maximum général à appliquer aux puissances qui n’auraient pas conclu de traité de commerce avec nous.
- MM. Noblot d'Héricourt et Ponnier de Senones, délégués des filatures des Vosges. Comme ceux qui les avaient précédés, ils se sont prononcés contre le renouvellement des traités de commerce et pour la mise en vigueur d’un tarif général, ils réclament une majoration de 50 0 0 sur les droits et non de 24 0/0 comme le propose le projet de loi.
- Les délégués de l’industrie des velours de coton et des tissus pour chaussures dans la Somme.
- Comme les filateurs de la Normandie et des Vosges, ces industriels sont opposés au renouvellement des traités d.e commerce; ils demandent la mise en vigueur d’un tarif général et un relèvement des droits de 50 0/0 de manière à protéger efficacement l’industrie française contre l’industrie similaire d’Angleterre.
- M. Feray, sénateur de Seine-et-Oise, qui, comme industriel cotonnier, a fait un intéressant exposé historique des développements del’industrie cotonnière en France, et a conclu à la nécessité de protéger celle-ci contre l’industrie anglaise.
- La lecture d’une protestation des fabricants de tulle et mousseline et des fabricants de couvertures de Tarare (Rhône).
- Les protestataires, au nombre de 77, occupant 40,000 ouvriers, s’élèvent contre la déclaration de leur chambre de commerce. Ils déclarent qu’il est nécessaire de revenir sur les tarifs de 4860, pour leur permettre de lutter contre la concurrence anglaise.
- Enfin, la commission a entendu les délégués des filateurs et tisseurs de Saint-Quentin qui demandent également un relèvement des droits.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l'essai des teintures.
- Vient de paraître : CATALOGUE des APPAREIEs de chimie, 1 vol. orné de 416 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Une Maison à Barcelone (Espagne), connaissant les articles et la clientèle, désire la représentation d’une fabrique d’extraits secs et liquides, et une autre de bleu d'outremer.
- S’adresser à l'Office du Journal.
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S'adresser au bureau du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charlevil le (Ardenues)
- p.132 - vue 127/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22- Année, 12. ET DE E’I MPRESSION DES TISSUS 20 Juin 1878
- = = -=-..- ------------------------------------. - I -= ....•
- SOMMAIRE
- Avis. — Congrès des teinturiers. — Chronique de l'Exposition. — Sur le noir d’aniline inverdissable, par M. Samuel GRAwITZ. — Note sur les dérivés nitrés de l'alizarine, par le même. — Note sur l’alizarine brune, par M. Prud’homme. — Sur le rôle du soufre précipité dans la teinture de la laine, par M. REIMNNN- — Emploi des laques d’éosine et de fluorescine, par M. E. Turpin.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Rubis-Phosphine (ée hantillon). — La Roccelline, nouveau produit de A. Pom-rter. — Teinture du coton, du lin et du chanvre (suite), par J. Van Laer. — Charge des étoiles au moyen du chlorure d’aluminium. | iUl iup bli no: a ne upl(diq 91110 si Jeeinob
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Eclairage électrique à la filature du Champ-du-Pin, à Epinal. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877).
- 397011801/090 //J/// D 06119 c/. Phc
- BIBLIOGRAPHIE : Traité de la teinture des soies, par M. Marius Moyret.
- AVIS
- Nous prions nos lecteurs dont l’abonnement est expiré au 1er juillet et qui ne voudraient pas être considérés comme ayant renouvelé leur abonnement pour un an, de nous aviser par lettre ou de refuser le prochain numéro du journal. — Nous ferons présenter la quittance d’abonnement dans le courant du mois d’août aux personnes qui l’auront continué.
- CONGRÈS DES TEINTURIERS
- Nous recevons de M. Ch. Drevet, la lettre suivante :
- Mon cher Directeur,
- D’après la lettre que vous venez de m'adresser, annoncez bien vite à vos abonnés et à vos lecteurs que nos efforts communs ont fait entrer dans une phase active la question du congrès des teinturiers en France ; dites-leur bien haut que nous avons l’approbation si précieuse du doyen des teinturiers, de l’homme le plus éminent de la science industrielle, théorique et pratique de notre art (1).
- Je me réjouis du pas immense que vient de faire ce projet dont la réussite doterait, sans aucun doute,
- (1) M. CHEVREUL a bien voulu faire remettre la demande de M. Drevet fils, à la commission compétente en ne lui dis-simulant pas l’intérêt qu’il attachait à sa solution.
- Nous profitons de cette occasion pour adresser une seconde fois à M. Chevreul nos plus vifs remerciements pour sa grande obligeance et pour tout l’intérêt qu’il témoigne aux industries de la teinture. P. B.
- l’art de la teinture d’un élément tout puissant qui permettrait à chacun de nous d’en tirer un profit immédiat tout en apportant notre pierre à l’édification d’un monument impérissable qui serait le point de départ d’une ère nouvelle basée sur la solidarité de nos efforts, de nos connaissances, de de notre bonne volonté et de nos sacrifices.
- Dites-leur que notre projet est communiqué à la commission chargée d’organiser les congrès et les conférences des arts dont relève la teinture et que ce serait commettre le crime de lèse-progrès que de rester indifférent aux avances que nous font ces hommes si dévoués à l’avancement des sciences et et des arts, à la richesse nationale.
- Que chacun de nous se sente, se mesure sans amour-propre et sans vanité, et ne craigne pas d’apporter sa pierre à l’édifice commun ; si petite qu’elle soit, elle aura sa place et il emportera en échange le fardeau si précieux des connaissances communes, le fardeau qu’il pourra composer à sa guise et suivant ses aptitudes.
- Le résultat immédiat de notre réunion serait de mettre en communication des hommes dont les intérêts, les besoins et les aspirations sont semblables.
- Le Congrès des teinturiers régulariserait încon-testât lement les rapports entre les producteurs et les consommateurs, car nous sommes encore aujourd’hui à la merci des industriels qui, sans scrupule, nous vendent en les prônant, des machines ou des procédés démodés ou sans valeur réelle.
- Au point de vue de l’arbitrage industriel, nous n’avons aucun contrôle sérieux pour protéger nos intérêts pécuniers. Trop souvent, hélas ! dans cette question des arbitrages, nos juges incompétents s’en remettent à la décision d’arbitres qui, de parti-
- p.133 - vue 128/286
-
-
-
- 134
- LE MONITEUR LE LA TEINTURE
- pris ou dans la limite de leurs connaissances décident du sort d’une industrie dont aucune règle n’établit l’exercice.
- Le Congrès des teinturiers, appelé à décider ces questions si vives, si importantes, jetterait une grande lumière sur ces rapports, sur ces décisions et ouvrirait une voie rationnelle aux éléments de cette richesse.
- Le chercheur heureux trouverait le succès pour ses efforts, le juge une certitude à la place du doute et la fortune publique une sécurité qui lui fait défaut.
- L’émulation naîtrait d’un congrès comme la lumière remplacerait l’obscurité.
- D’ailleurs, il y a un argument qui milite en notre faveur; c’est l’accueil si sympathique, si empressé de ces sommités de la science et des arts pour notre projet.
- Nous tous, travailleurs infatigables, resterons-nous indifférents aux avances de ces hommes? Non, ils nous ouvrent leurs bras, ils nous promettent leur concours, c’est un devoir pour nous tous que d’avancer.
- L’art de la teinture en France a sa place marquée au premier rang des arts nationaux, et a sa place marquée au premier rang dans l’industrie universelle.
- N’oublions pas que dans ce grand tournoi offert au monde entier chaque industrie se mesure et prend conscience de sa véritable valeur ; que celles qui sentiront en elles une infériorité feront des efforts constants pour atteindre le rang qu’ils n’ont pas et que nous serons débordés si nous n’y prenons garde.
- Si nous jetons un regard approfondi autour de nous, nous voyons avec admiration, mais avec un certain étonnement, les arts mécaniques, la chimie, la physique, envahir notre domaine, beaucoup de nous se sentent amoindris en face de ces formules nouvelles qui se multiplient avec une incroyable rapidité -, le bon patricien de la veille est déplacé par le patricien du jour ou le sera par celui du lendemain.
- Tout teinturier soucieux de ses intérêts privés doit se tenir dorénavant sur la brèche et ne pas se reposer.
- Le congrès des teinturiers donnerait la mesure des efforts à faire en les dirigeant, tout en rassurant, en secondant les timides qui trouveraient le point d’appui qui leur manque.
- Dans un précédent appel j’avais annoncé que les
- moyens ne nous feraient pas défaut. J’avais bien auguré de nos juges, de nos organisateurs.
- Aujourd’hui, j’augure bien de mes confrères en affirmant que le Congrès aura lieu.
- A notre cher et dévoué rédacteur de se multiplier auprès de ses abonnés et nous aussi nous aurons notre Congrès.
- Ch. DREVET.
- —...---r==9=a-
- DE L'EXPOSITION
- Nous extrayons de la liste générale des membres du jury international des récompenses les parties qui intéressent nos lecteurs.
- GROUPE III
- MOBILIER ET ACCESSOIRES
- France.— Duval (Ferdinand) préfet de la Seine, président.
- Suisse. — N..., 1er vice-président,
- France. — Dieterle, directeur de la manufacture nationale de Beauvais, membre du comité d’admission, 2° vice-président.
- — Lix, chef du 3e et du 4e groupe, à l’Exposition universelle de 1878, secrétaire.
- — Reynaud (Joseph), secrétaire de la 3e commission, secrétaire.
- — Thurneyssen, attaché au cabinet de M. le commissaire général, secrétaire.
- CLASSE 21
- Tapis, tapisserie et autre tissus d‘ameublement.
- Angleterre et ses colonies. — Vincent Robinson, esq.
- Espagne. — S. Exc. le marquis de Guadalmina.
- Perse, Siam, Maroc, Tunisie, Annam. — H. Hermann, vice-consul de Perse à Paris, 21, rue de l’Échiquier.
- Pays-Bas. — Prosper van den Broek d'Obre-nan.
- France. — Darcel, administrateur de la manufacture des Gobelins.
- — Croué, négociant, juge au tribunal de commerce.
- — Mourceau; fabricant de tissus d'ameuble-ment.
- Suppléants. — Sallandrouze de Lamornaix, manufacturier et maire à Aubusson.
- — Dupont, manufacturier.
- p.134 - vue 129/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 135
- GROUPE IV
- TISSUS, VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES
- Autriche-Hong rie. — Le baron Charles d'Of-fermann, fabricant, vice-président de la chambre de commerce et d’industrie à Brunn, président.
- France. — Feray, sénateur, 1er vice-président.
- Danemarck. — N..., 2° vice-président.
- France. — Casimir Berger, membre de la commission des valeurs en douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878, secrétaire.
- — Ponnier, membre de la commission des valeurs, membre des comités d’admission et d’installation de la classe 30, secrétaire.
- — Henri Vergé, attaché à la direction des sections étrangères, secrétaire.
- CLASSE 30
- Fils et tissus de coton.
- Angleterre et ses colonies. — Malcolm Ross, esq.
- Suède et Nonoège. — C. H. Lundstrom, fabricant.
- Espagne. — S. Exc. le marquis de Valmar.
- Autriche-Hongrie. — Ed. de Portheim, fabricant à Prague.
- Russie. — Waren, fabricant de cotonnades (Finlande).
- Suisse. — Rieter-Fenner.
- Belgique. — Hosten, industriel à Gand.
- Luxembourg, Saint-Marin, Monaco, Val d'Andorre. — Georges Pugh, secrétaire général de la commission de la république d’Andorre, 14, rue des Moines, Paris.
- Pays-Bas. — G. Ovens.
- France. — Lemaire (Eug.), filateur à Rouen.
- — Waddington, manufacturier.
- — Besselièvre, président de la société industrielle de Rouen, filateur.
- — Rousseau, président de la société industrielle de St-Quentin.
- — Thiriez, filateur à Lille (Nord).
- — Godde, manufacturier à Tarare (Rhône).
- — Boigeol-Japy (Ch.), manufacturier à Giroma-gny (Haut Rhin).
- — Carcenac, ancien négociant, maire du 2e arrondissement.
- Suppléant, — Journé, négociant.
- CLASSE 31.
- Fils et tissus de lin, de chanvre, etc.
- Angleterre et ses colonies. — William Quartus Ewart, esq.
- Espagne. — S. Exc. Juan del Peral, ex-secrétaire d’Etat de S. M. la reine Isabelle II, vice-président de la commission des finances d’Espagne, membre du commissariat royal pour l’Exposition et du Congrès littéraire national.
- Autriche-Hongrie. —Robert Siegl, membre de la chambre de commerce d’Olmutz, fabricant de toiles à Maehrisch-Schœnberg.
- Russie. —Iliine, professeur à l’institut technologique à St-Pétersbourg.
- Belgique. — Camille Devos, industriel à Cour-tray.
- France. — Max Richard, manufacturier, ancien député.
- — Laniel (Eug), manufacturier à Vimoutiers et Lisieux.
- — Magnier, négociant.
- — Leblanc, manufacturier, président du comité linier du Nord.
- Suppléants. — Saint (Charles), fabricant.
- — Simmonnet-Godart, manufacturier.
- A suivre.
- ----- -> o -
- SUR
- LE NOIR D’ANILINE INVERDISSABLE
- Mémoire présenté à Société Chimique.
- y Par M. Samuel Grawitz (1).
- Je voudrais appeler l’attention de la Société sur un fait particulier de l’histoire du noir d’aniline. C’est la teinture qui m’a permis de le constater et d’en fixer la théorie.
- Sans entre r dans le détail des opérations, je dirai que mes procédés de teinture consistent essentiellement à faire agir sur l’aniline en solution acide, en présence des matières à teindre, des sels ou des acides métalliques oxydants. Les matières deviennent vertes, de plus en plus foncées, puis noires quand l’oxydation atteint un terme suffisant et le bain reste parfaitement limpide.
- Outre la nouveauté de ce procédé de teinture en bains pleins, je voudrais signaler particulièrement le rôle spécial que joue le métal dans la constitu-
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris,
- p.135 - vue 130/286
-
-
-
- 136
- LÉ MONITEUR DE LA TEINTURE
- tion de ces noirs et qui est tout différent du rôle qu’il joue dans le procédé Lightfoot.
- Dans ce dernier procédé le métal n’a d’autre effet que de décomposer l’acide chlorique, qui n’engendre pas du noir, en ses degrés inférieurs d’oxydation, qui en produisent.
- Les expériences de M. Rosenstiehl sont décisives sur ce point, et expliquent parfaitement comment les doses infiniment petites de cuivre et surtout de vanadium suffisent à développer la couleur.
- Dans les noirs, au contraire, on remarque que, malgré l’acidité des liqueurs, les oxydes métalliques provenant des sels ou des acides employés se fixent sur le tissu en combinaison véritable avec le noir, combinaison bien plus intime que dans les laques ordinaires, et très-probablement à l’état de véritable substitution.
- Les noirs que je produis seraient des noirs de métal-anile.
- Une ou plusieurs molécules d’hydrogène sont substituées par une ou plusieurs molécules de métal, et c’est là ce qui donne aux produits de l’oxydation ultérieure une stabilité spéciale, à cause de la stabilité des oxydes métalliques et de leur affinité pour l’oxygène. C’est ce que je disais textuellement dans mes brevets du 3 novembre 1874, et j’insistais dans le daim de ma patente anglaise du 21 octobre de la même année (description définitive du 20 avril) sur ce fait que cette action métal-lisante des sels métalliques pouvait précéder l’action oxydante ou lui succéder.
- Je revendiquais dès cette même époque l'appli-cation de ces noirs de métal-anile à l’impression, mais je fus arrêté par la difficulté de réserver le blanc ou les couleurs associées au noir.
- Les formules qui ont été données depuis ne sont qu’une application particulière de ma théorie, un dosage spécial des réactifs indiqués par moi, dosage ayant pour but de ne pas salir le blanc et de ne point détruire les couleurs autres que le noir.
- Les auteurs de ces formules à qui j’avais communiqué mes théories et mes résultats ont avancé que le noir ne verdissait plus par suite d’une oxydation plus complète.
- Deux expériences très-simples me permettent de prouver que cette théorie est erronée et que la mienne est seule exacte.
- Prenons, en effet, un tissu à raies noires et blanches, par exemple, imprimé par le procédé Lightfoot et sujet.au verdissage.
- Fixons le noir par un passage en bain bouillant contenant du sulfate ferrique acidulé.
- Quand la transformation sera complète, quand le noir ne verdira plus, nous remarquerons que le bain ne contient plus de sel ferrique et que la totalité de l’oxyde de fer qui en provient se retrouve sur les parties noires du tissu, le blanc n’étant nullement sali, si la proportion d’acide était suffisante.
- Ainsi donc le noir d’aniline en se fixant attire le fer dans un bain assez acide pour qu’il ne s’en dépose pas trace sur les parties blanches du tissu.
- L’exemple suivant est encore plus décisif. Il permet en effet de distinguer deux phases dans l’action du réactif. Dans une première phase, le réactif joue un rôle oxydant ; dans la seconde un rôle mé-tallisant. . 51i6tbse .OC saasl si eb noiisliste
- Fixons le noir en acide chromique acidulé par l’acide sulfurique.
- Dès qu’un tissu imprimé en noir verdissant aura été manœuvré pendant quelques minutes dans un bain bouillant contenant une certaine dose de ce réactif, l’acide chromique sera réduit très-rapidement, et la liqueur, de jaune deviendra verte. A ce moment, bien que le réactif ait épuisé son action oxydante, on remarque que le noir verdit encore à l’acide sulfureux.
- On peut doubler, tripler, décupler la dose tdu réactif, on arrive à griser puis à détruire le noir, on n’arrive pas à l’empêcher de verdir.
- Si, au contraire, on manœuvre le tissu dans le bain avec la dose primitive de réactif pendant une demi-heure à trois quart d’heure, on voit la liqueur de verte devenir violet rouge. A ce moment le noir est fixé, il est devenu inverdissable, il a attiré la totalité de l’oxyde de chrome provenant de la réduction de l’acide chromique dont il n’existe plus trace dans le bain, mais que l’on retrouve sur les parties noires du tissu.
- En résumé, le noir d’aniline est susceptible de contracter avec certains oxydes métalliques de véritables combinaisons qui lui donnent une stabilité particulière.
- Cette métallisation de l’aniline peut précéder l’action oxydante qui la transforme en noir, ou lui succéder.
- Cette combinaison de l’aniline et du métal est une véritable substitution. Le noir d’aniline inverdissable est un noir de métal-aniline très-probablement.
- Il résulte d’autre part, de mes brevets, titres d’une authenticité indiscutable, ayant date cer-
- p.136 - vue 131/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 137
- taine, que ces faits ont été publiés par moi, de septembre 1874 à avril 1875, et que dès cette époque, j’ai fixé la théorie de la génération et de la constitution des noirs métallisés.
- La question de la validité des brevets de M. Gra-witz étant en ce moment soumise à l’appréciation des tribunaux, le Moniteur de la Teinture s’abstiendra de tout commentaire. Si toutefois, cependant, quelque lecteur avait des observations à présenter sur le mémoire de M. Grawitz, nous lui ouvrirons nos colonnes.
- P. B.
- NOTE
- SUR LES DÉRIVÉS NITRÉS DE L’ALIZARINE Par M. Samuel Grawitz. (I)
- La propriété qu’a l’alizarine de fournir des dérivés nitrés est un fait que j’ai signalé, je crois, le premier, dès le 1er septembre 1875, dans un brevet pour la production de la purpurine artificielle.
- Dans des brevets ultérieurs, j’ai déterminé les conditions les plus favorables à la fabrication de ces corps, et cela avant que l’on eût élucidé au sein de la Société industrielle de Mulhouse le point de savoir si les teintes oranges, obtenues par l’exposition d’une étoffe teinte en garance aux vapeurs nitreuses étaient dues à un simple virage analogue à celui que donne l’avivage à l’étain, ou provenaient d’une espèce chimique déterminée et nouvelle.
- En formant les dérivés nitrés de l’alizarine, puis les dérivés amidés, on remarque de profondes différences dans l’échelle des produits, suivant la nature des alizarines employées, bien qu’elles portent la même marque dans le commerce, la marque pour bleu par exemple.
- De plus, une même alizarine pour bleu fournit en général deux dérivés amidés distincts par réduction du dérivé nitré, l’un soluble dans les alcalis, l’autre insoluble.
- Pour un même degré de nitration, il y a sans doute deux dérivés distincts, de même que dans la série du phénol.
- On connaît en effet l'orthonitrophénol et l'iso-nitrophénol.
- Si l’alizarine est l’éther phtalique de l’oxyphénol ou son isomère, il n’y a rien d’étonnant à ce que
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris.
- tous les faits de l’histoire des dérivés nitrés et amidés du phénol se retrouvent dans l’histoire des dérivés nitrés et amidés de l’alizarine.
- On a appelé depuis quelque temps l’attention sur un dérivé de la nitro-alizarine susceptible de teindre en bleu.
- Ce corps renferme de l’azote.
- J’ai signalé il y a deux ans, un autre dérivé par oxydation de l’alizarine donnant également des laques bleues.
- Ce dernier corps est probablement le même que celui qui a été indiqué par Springmühl en Angleterre et qu’il dérive directement de l'anthracène.
- En résumé, je me crois le droit de revendiquer la priorité de la découverte du parallélisme complet des réactions del’alizarine et du phénol en présence de l’acide nitrique, ainsi que des produits dérivés des corps nitrés dans chacune des deux séries.
- NOTE SUR L’ALIZARINE BRUNE
- Par M. Prud’homme (1).
- Ce nouveau produit est vendu par la fabrique d’alizarine de Ludwigshafen, sous le nom à’aliza-rine brune. Il teint les mordants comme la matière colorante signalée par M. Prud’homme en juin 1877 {Bulletin de décembre).
- En application, fixé au ferricyanure de potassium ou à l’acétate de chrome, il donne des nuances claires, variant du mode au gris. Les nuances foncées semblent difficiles à obtenir avec ce produit.
- Sous l’influence des réducteurs alcalins, l'aliza-fine brune donne une liqueur rouge qui se recouvre à l’air d’une pellicule bleue. Elle semble, en vertu de ces divers caractères, être identique, soit avec le corps brun rappelé plus haut, soit avec celui qu’on obtient par la réduction alcaline de la nitro-alizarine. Si l’on chauffe, en effet, assez longtemps une solution de nitro-alizarine dans la soude caustique, en présence de sel d’étain et d’hydrosulfite de soude, on en voit la couleur devenir successivement violette, bleue, rouge et se recouvrir d’une fleurée bleue. De tous les réducteurs, l’hydrosul-fite alcalin semble le plus avantageux. Cette cuve ressemble beaucoup à celle de l’alizarine bleue précipitée, laisse déposer un corps brun, qui, convenablement purifié, teint comme l’alizarine brune
- (l) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- p.137 - vue 132/286
-
-
-
- 138 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de Ludwigshafen, mais en fournissant des nuances plus franches.
- Ce résultat tient à la présence, dans le produit commercial, d’une certaine proportion de nitro-alizarine, comme semble du moins l’indiquer la teinture comparative des deux produits.
- En résumé, le corps pourrait présenter de l’intérêt au point de vue de la production de modes, gris et olives solides, pour remplacer, par exemple à côté des alizarines rouges et bleues, les nuances analogues fixées à l’albumine.
- SUR LE ROLE DU SOUFRE PRÉCIPITÉ DANS LA TEINTURE DE LA LAINE Par M. Reimann (1).
- Pour fixer l’éosine sur la laine, la plupart des teinturiers avaient recours, jusqu’à présent, à un mordançage en soufre précipité. Au lieu de faire bouillir préalablement la laine dans un bain d'hy-drosulfite de soude et d’acide chlorhydrique, comme dans la teinture en vert d’aniline, ils ajoutaient directement la matière colorante au bain de mordançage et obtenaient ainsi des nuances assez belles.
- L’auteur a découvert que le soufre précipité, obtenu par l’action de l’acide chlorhydrique sur l'hyposulfite de soude, ne joue absolument aucun rôle dans la teinture en question, et que le petit excès d’acide chlorhydrique employé constitue le seul agent actif. Selon lui, l’hyposulfite de soude ne saturant l’acide chlorhydrique que d’une manière incomplète, lui communique les propriétés d’un acide faible susceptible de mettre en liberté l’acide tinctorial de l’éosine et d’en permettre l’absorption par la laine. Le procédé de teinture en éosine au moyen de l’alun lui semble basé sur le même principe, le sel aluminique pouvant également fonctionner comme un acide faible.
- D’après les recherches de l’auteur, les meilleurs résultats de la teinture de la laine en éosine sont obtenus par l’emploi de l’acide acétique, tant au point de vue de la beauté des nuances qu’à celui de la simplicité des opérations et de l’épuisement complet des bains de teinture.
- EMPLOI
- DES LAQUES D’ÉOSINE ET DE FLUORESCINE pour la préparation des peintures décoratives sans poison
- Par M. E. TURPIN (I).
- Une solution d’éosine potassique ou sodique du commerce, traitée par un acide, donne un précipité d’acide éosique, insoluble dans l’eau. Ce précipité, lavé jusqu’à ce que l’eau commence à se colorer en rose, est insoluble dans l’hydrate d’oxyde de zinc et forme ainsi une laque très-riche (éosinate de zinc), qui peut varier depuis le rose jusqu’au rouge foncé (teinte vermillon), suivant la quantité d’acide éosique employée.
- L’acide éosique, dissous dans une solution de soude et précipité par l’alun de potasse, donne également une laque très-riche. Ces laques résistent à une température relativement élevée et aux émanations sulfureuses. Elles peuvent être employées à la coloration, dans la masse, des caoutchoucs vulcanisés, car elles résistent parfaitement au degré de température requis pour la vulcanisation et au dégagement d’hydrogène sulfuré qui a lieu pendant cette action. Les teintes obtenues par ces laques sont dans ce cas incomparablement plus belles que les teintes obtenues par le sulfure de mercure (vermillon) et le sulfure d’antimoine, seuls employés jusqu’à ce jour. Appliquées à la peinture, elles peuvent facilement remplacer les vermillons, et ont sur ceux-ci l’avantage d’être absolument inoffensives.
- La fluorescine pure forme également avec l’hydrate d’oxyde de zinc un laque jaune. Employées conjointement, l’éosine et la fluorescine donnent des laques capables de remplacer les rouges et oranges de plomb (minium, orange, etc.), suivant la prépondérance de l’un et de l’autre produit.
- Le chromate de zinc étant traité par une solution potassique d’éosine, si l’on met l’acide éosique en liberté par une addition d’alun, on obtient, par l’évaporation à siccité du produit, des laques remarquables par la fraîcheur des teintes qui peuvent varier depuis le jaune pâle jusqu’au rouge le plus vif.
- Ces laques peuvent remplacer avantageusement à tous les points de vue les chromâtes de plomb si
- (1) Beimann’s Fœrberzeitung.
- (1) Comptes-rendus,
- p.138 - vue 133/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 139
- nombreux, si différents dans leurs teintes et si vénéneux. Ces produits bien qu’attaquables à l’eau peuvent être employés avantageusement en peinture, car ils sont absolument indécomposables par les huiles et les essences, couvrent parfaitement et sont d’un bas prix de revient.
- L’innocuité de ces produits et la richesse de leur coloris ont engagé l’auteur à les appliquer à la décoration des jouets en général, en remplacement des couleurs à base de plomb qui sont appliquées, jusqu’ici, le plus souvent à l’eau, qui n’avaient pu être remplacées et qui sont si dangereuses pour les enfants.
- A l'aide de ces produits nouveaux et de divers autres, l’auteur a pu reproduire approximativement, avec des couleurs sans poison, la table chromatique de M. Chevreul, et composer une série de tubes représentant les 72 couleurs génératrices non dégradées.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D’ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- RUBIS-PH OS PHINE
- Le rubis-phosphine est une couleur d’aniline, formée du mélange du rubis avec la phosphine. Ce mélange, fait dans diverses proportions, donne une variété de nuances Ponceau très-appréciées.
- L’échantillon que nous soumettons à nos lecteurs a été obtenu par le rubis-phosphine, n° 141, de la maison J. Ruch et fils. C’est la nuance, dans laquelle la phosphine entre dans la plus faible proportion, et par conséquent, celle qui a le plus d’analogie avec le rubis.
- Le mode d’emploi est identique à celui indiqué pour le rubis, et nous renvoyons nos lecteurs à notre numéro du 20 mars 1878.
- Rubis-Phosphine sur laine filée.
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle . »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- p.139 - vue 134/286
-
-
-
- 140
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LA ROCCELLINE
- NOUVEAU PRODUIT DE LA MAISON A. POIRRIER, de Paris.
- Ce nouveau produit est destiné à remplacer l’or-seille et l’extrait d’orseille dont il a les propriétés sous plusieurs rapports. Nous avons sous les yeux les échantillons des essais comparatifs faits avec la Roccelline et l’extrait d’orseille. Ces essais ont démontré que son emploi était plus avantageux aussi bien au point de vue de la beauté et de la vivacité des nuances qu’à celui du prix de revient.
- La laine se teint moins facilement que la soie avec ce colorant, mais il est probable que la pratique résoudra promptement les quelques difficultés que rencontre toujours l’application d’un nouveau produit à son début. La couleur monte sur bain acide et sur bain neutre, mais il paraît indispensable de mettre dans le bain le moins d’acide possible, de crainte de gêner l’unisson. L’emploi de l’acide acétique est préférable à celui de l’acide sulfurique.
- La roccelline sur laine résiste au foulon d’une manière très-satisfaisante. Employée avec l’orangé et le carmin d’indigo elle donne de belles nuances marron.
- Le procédé pratique de son emploi sur coton est encore à étudier, pour être donné d’une manière sérieuse.
- Sur soie, son emploi est assuré. Les essais faits à Lyon ont été des plus concluants et des plus satisfaisants.
- Nous reviendrons sur ce nouveau produit et nous avons l’espoir de donner quelques échantillons de teinture sur laine et sur soie.
- P. B.
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer.
- — Suite (1). —
- Il existe une différence réelle entre les teintures obtenues par les produits d’aniline et les couleurs
- (1) Voir le Moniteur delà Teinture 1878, n°-6, 7,9,10 et 11. L'Album du Teinturier et du Fabricant aura sa deuxième année terminée le 1er juillet prochain. A cette même date paraîtra le 1er numéro du 3e volume. (Voir aux annonces).
- obtenues par les bois que nous traitons aujourd’hui; nous savons que les colorants dérivés du goudron fournissent des teintures brillantes de beaucoup supérieures, comme beauté, aux teintures de campêche, etc. Mais au point de vue de la résistance aux lavages alcalins et à la lumière, il est tout à fait impossible d’en faire usage pour les tissus solides, par exemple, pour les étoffes et les draps de laine avec chaîne coton.
- Les procédés que nous donnons ont pour but de simplifier les anciens procédés. Doit-on suivre notre méthode sans examen, nous ne le croyons pas; nous donnons ici les résultats de nos nombreuses expériences au point de vue des teintures solides.
- Le moyen le plus simple de faire et d’appliquer le mordant consiste à dissoudre les sels dans de l’eau chaude, de rentrer le coton dans le bain, de le manœuvrer en maintenant la température. On enlève les fils après le temps nécessaire, on les laisse égoutter au-dessus du bain et on les tord pour extraire l’excédant du mordant qui ne fait que nuire en précipitant une partie du colorant.
- Des teinturiers, pour obtenir des couleurs fournies, donnent deux et même trois mordançages, qui se suivent en séchant chaque fois, puis, pour finir, rincent dans un bain alcalin qui précipite sur les fibres le mordant, c’est-à-dire le rend insoluble.
- Le coton étant ainsi préparé, on commence la teinture.
- Le n° 20 de V Album du Teinturier et du Fabricant contient 8 échantillons d’une série de teintures au campêche, variant du violet clair au noir.
- Le premier échantillon donne l’aspect du coton après le mordançage, dont la durée est de 2 heures entre 20 et 30° centigrades et la composition pour 100 kil. de coton :
- Acétate de soude............. 8 kil.
- Alun....'........................1.. 15 —
- Chlorure stanneux................... 2 —•
- Chlorure stannique.................. 1 —
- Echantillon no 2. — Teinte violet clair, même mordançage et teinture pendant une heure à 30° centigrades dans un deuxième bain :
- Extrait de campêche (richesse 6). 1 kil.
- Echantillon n° 3. — Teinte violette un peu plus claire que la précédente, le chlorure stannique est supprimé dans le bain de mordançage. La composition du bain de teinture est la même que la précédente.
- Echantillon n° A. — Teinte lie de vin, même
- p.140 - vue 135/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 141
- mordançage que le n° 1, et 3 kil. d’extrait de cam-pêche dans le bain de teinture.
- Échantillon n° 5. — Teinte plus foncée que n° 4, même mordançage. Bain de teinture, 4 kil. d’extrait de campêche.
- Echantillon n° 6. — Teinte plus foncée que n° 5 ; bain de mordançage :
- Acétate de soude.......;....... 8 kil.
- Alun............................. 20 —
- Chlorure stanneux............... 2 —
- Bain de teinture : 5 kil. extrait de campêche.
- Echantillon n° 7. — Noir rougeâtre, même mordançage que le no 6. Bain de teinture 8 kil. extrait de campêche.
- Echantillon n° 8. — Noir. Même mordançage que nû 6. — Bain de teinture : 10 kil. extrait de campêche.
- A suivre.
- CHARGE DES ÉTOFFES
- au moyen du chlorure de magnésium.
- Il paraît qu’en Angleterre on charge maintenant considérablement les étoffes de coton au moyen du chlorure de magnésium. Certains « shirtings » perdraient au lavage de 15 à 45 pour 100 de leur poids ! Le chlorure de magnésium est offert dans le commerce, soit sous son nom propre, soit sous celui de « crystalsize.
- On emploierait également à cet usage le sulfate de magnésium.
- A Lyon, on offrait l’année passée, aux teinturiers en soie, une charge de la composition de laquelle on faisait un mystère, et qui n’était autre chose que du chlorure de magnésium. La soie, plongée après teinture dans cette solution, gagnait en effet de 15 à 20 pour 100 en poids, mais elle perdait, et le craquant, et le toucher, et devenait hygrométrique. Nous ne croyons pas que cette .charge ait été adoptée nulle part.
- Malheureusement on charge toujours les soies au sucre, et cette détestable habitude, loin de diminuer, paraît se généraliser de plus en plus.
- L’emploi de « l’oxymuriate d’étain » (tétrachlorure d’étain en solution concentrée 25° Baumé) pour la charge des soies couleur s’est beaucoup restreint, parce qu’il ternit et altère certaines couleurs; en revanche, la charge au sumac et à la noix de galle, qui ne détériore pas la fibre a pris
- de l’extension : on est arrivé à donner aux soies « organsins » une charge de 10 à 15 et aux « souples » une charge de 40 à 60 pour 100.
- Post Leitschrift fur das chemische Grossgewerbe,
- - —pe-e=-
- INDUSTRIELLE
- L/'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- A LA FILATURE DU CHAMP-DU-PIN, A EPINAL.
- NOTE COMMUNIQUÉE
- Par M. William GROSSETESTE, Ingénieur,
- A la Société industrielle de Mulhouse
- Messieurs,
- Je vous ai déjà signalé, il y a quelques mois, l’application de l’éclairage électrique à la filature du Champ-du-Pin, chez MM. David Trouillier et Adhé-mar, à Epinal.
- Les résultats obtenus pendant les trois mois qui viennent de s’écouler ont été des plus satisfaisants.
- La salle ainsi éclairée est un rez-de-chaussée dont la surface totale est de 2926 mètres carrés environ; déduction faite d’une partie séparée par des murs pleins, il reste une superficie de 2646 mètres carrés constituant une salle unique, sans cloisons intermédiaires et tout entière occupée par les machines.
- Les selfactings ne sont pas encore éclairés à l’électricité, qui n’a été appliquée jusqu’ici qu’à la préparation, dont la superficie est de 1314 mètres carrés. Quatre lampes ont été appliquées dans cet espace et y répandent une quantité de lumière assurément trop considérable, surtout si on la compare à celle produite par les soixante becs de gaz qui l’éclairaient auparavant.
- Je ne donne donc pas les indications qui vont suivre pour servir d’exemple d’installation d’une manière générale ; elles ne sont intéressantes qu’au point de vue de la pratique des appareils.
- Les lampes sont munies de globes dépolis ; elles sont placées à 3m, 30 0 au-dessus du sol et éclairent directement à la manière ordinaire.
- Loin de se plaindre de la fatigue qui semblerait devoir résulter d’une lumière aussi intense, les ouvriers la préfèrent à l’éclairage au gaz, et, les crayons ayant manqué pendant trois jours, ils vinrent, dès le premier jour, réclamer l’éclairage électrique.
- p.141 - vue 136/286
-
-
-
- s cS
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Avant l’installation, on avait quelque crainte que les ombres portées par les colonnes, les courroies, les bâtis même des machines, ne fussent un inconvénient.
- L’intensité des ombres étant en raison de l’intensité de la source de lumière, ces craintes avaient lieu de se manifester. L’expérience montra qu’il n’y avait pas à s’en préoccuper ; grâce à l’entrecroisement des rayons émanés des différentes lampes-, grâce aussi à la lumière réfléchie par les plafonds et par les murs qui sont blanchis, les ombres ne constituent pas un inconvénient.
- Cette lumière réfléchie suffit même pour éclairer d’une manière très-satisfaisante les parties de machines où la lumière directe ne peut absolument pas pénétrer.
- Dans un angle, par exemple, situé à une distance de 40 mètres environ de la lampe la plus rapprochée, j’ai pu lire une écriture assez fine en me plaçant de façon à intercepter sur le papier toute autre lumière que celle réfléchie par les murs et les plafonds.
- Quant à la régularité de l’éclairage, elle est très-satisfaisante ; les intermittences sont très-rares et dépendent uniquement de la qualité de charbon. Comme elles ne sont jamais que de courte durée et n’ont jamais lieu pour les quatre lampes à la fois, aucune plainte ne s'est élevée à ce sujet.
- Au point de vue de l’éclairage, la solution est donc satisfaisante.
- A suivre.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES & TEXTILES
- Année 1877.
- 118,146 . 24 avril.—Legrand.— Métier d’apprêt sans courroie pour remettre le fil en place.
- 118,452. 28 avril. — MALLEVAL. — Régulateur à système compensateur pour métier à tisser.
- 118,166. 21 avril. — Berlet. — Machine laveuse-repasseuse.
- 118,209. 24 avril. — Messier. — Produit industriel pour imitation de la dorure inoxydable et pouvant être appliqué au pinceau, à la plume, à la presse, au cylindre, sur papier, tissus, bois, etc.
- 118,227. 25 avril.— COLTMAN. — Perfectionnements dans les métiers à tricoter circulaires.
- 1 18,230. 25 avril. — Leleu. — Mode d’impression, en couleur, des tissus en bois, tels que stores, nates, etc.
- 118,252. 27 avril. —Berchon. — Système de tricoteuse rectiligne.
- 118,265. 1er mai. — Perrin. —Appareil dit étuve à cocons du système Perrin.
- 118,285. 2 mai. — MOTTE-BOSSUT et fils. — Velours à double liage.
- 118,294. 3 mai. — Pernezel et C‘.—Application simultanée du moirage et du gaufrage à l’ornementation des tissus de tous genres.
- 118,295. 3 mai. — Pernezel et C. —Procédé permettant d’obtenir par le gaufrage l’ombrelle dessinée a l’avance sur le tissu.
- 118,296. 5 mai.—Cordonnier (les sieurs).— Genre de fil et les moyens propres à le fabriquer.
- 118,313. 1er mai. — Benoist frères, Poulain et Ce. — Brise-mariage pour toutes les matières filamenteuses.
- 118,315. 1er mai. — Willett. — Perfectionnements dans les machines à laver.
- O
- 118,327. 1er mai. — Rogers. — Perfectionne-ment apporté à l’épuration des tissus de laine, préalablement à la teinture.
- 118,333. 2 mai. — Seaman. — Procédé perfectionné pour éprouver la pureté de la teinture dans les soies noires filées ou tissées.
- 118,336. 2 mai. —Gégnon. —Genre de tissu ou étoffe et sa fabrication.
- 118,342. 9 mai. — Terron aîné. — Appareil à air pour peigneuse Schlumberger et autres.
- 118,351. 12 mai. — COLOMBELLE. — Application de brochés de trois nuances sur tissus, mousselines et gazes, au moyen de la mécanique Jacquart.
- 118,353. 3 mai. — BRADLEY et Campbell. — Perfectionnements dans les machines ou appareils employés dans le peignage de la laine et autres fils.
- 118,361. 3 mai. — Wolff. —Mélanges pour colorer en noir, et vernis produits de l’aniline pour être appliqués au cuir et à d’autres substances.
- 118,371. 12 mai. — Ruyer et Hérold. — Système de temple à tisser.
- 118.382. 14 mai. — DEFRETEIN, Cordonnier frères et Derocq. — Appareil régulateur de tension des plombs sur métiers à filer le lin, étoupe, chanvre et jute.
- A suivre.
- p.142 - vue 137/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 143
- BIBLIOGRAPHIE
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- PRÉCÉDÉE DE L’HISTOIRE CHIMIQUE DE LA SOIE et de l’Histoire de la Teinture de la Soie
- Par M. Marius Moyret (1).
- Enfin! nous pourrons donc désormais répondre affirmativement à cette question, si souvent posée : Existe-t-il un traité spécial de la teinture des soies?
- Grâce à un concours de circonstances heureuses, M. Marius Moyret a pu suivre longtemps dans les ateliers même la teinture de la soie. Ces études pratiques jointes aux connaissances chimiques qu’il avait acquises comme élève de l’école de la Mar-tinière, de Lyon, dont il est sorti le premier en chimie, et comme préparateur de M. le docteur L. Lembert, professeur de chimie, lui ont facilité la réunion des matériaux de l’ouvrage important qu’il vient de publier. Membre de la Société des sciences industrielles de Lyon, M. Marius Moyret a fait à cette société hommage de son œuvre. Actuellement, il est attaché comme chimiste à la manufacture de matières colorantes de MM. Termier fils et Ce, de Lyon.
- Le seul traité complet sur Vart de la teinture des soies date déplus d’un siècle. C’est en 1763 que Macquer publia son traité, très-bon pour son époque, mais tout à fait insuffisant aujourd’hui.
- Le plan adopté par l’auteur pour son ouvrage, écarte toute forme dite manuel, bannit toute formule empirique, pour présenter et discuter successivement les diverses opérations de la teinture des soies, en blancs, couleurs et noirs, dont quelques-unes sont et demeureront les clefs de voûte de la teinture de la soie. La forme suivie est celle allant du plus simple au plus composé. Les produits chimiques n’y sont décrits que lorsqu’ils ont été plutôt étudiés parles industriels, appelés à les consommer journellement en quantité considérable, que par les savants. Tels sont le Rouil, le pyrolignite de fer, etc.
- Ce laborieux travail comprend 16 chapitres di-
- (1) 1 volume in-8° de 680 pages. — Prix : 20 francs. — Librairie J. BAUDRY, rue des Saints-Pères, 1 5, à Paris, ou à YOfjlce du journal. —Prix : 21 fr. par poste, France et Union.
- visés en '250 paragraphes, et traite successivement. L’histoire des travaux chimiques faits sur la soie. L’aperçu de la teinture au commencement de ce siècle, l’état des ateliers et les ressources mécaniques et colorantes à la disposition des teinturiers.
- Les opérations et phases que subit la soie depuis le cocon parfait jusqu’à sa mise en teinture.
- Les propriétés chimiques et physiques de la soie, cuite de la soie, assouplissage, influences diverses telles que celles de l’eau sur la teinture.
- La revue des diverses théories émises sur la teinture des soies. Discussion et application suivant les cas ; teintures directes ; emploi des mordants ; travaux micrographiques du docteur Lembert sur les soies teintes.
- La charge de la soie pour les couleurs claires et blanches, les couleurs foncées-, l’emploi de divers tannins à chaud ; la théorie du tannage de la soie.
- La charge des couleurs foncées et noires ; charges au siècle dernier; charges actuelles-, études sur le pyrolignite de fer, sur le Rouil (1); bleutage des soies rouillées ; théorie du bleutage.
- L’étude des matières colorantes naturelles.
- Celle des matières colorantes artificielles.
- Celle du spectre solaire, du contraste des couleurs.
- La théorie des couleurs spectrales, d’après le docteur Lembert.
- Les essais colorimétriques.
- Ici finit l’exposé des considérations générales traitées dans le livre -, toutes, elles seront d’une utilité incontestable pour l’étude de la teinture proprement dite, que l’auteur aborde dans le chapitre VIII. Nous lui laissons un instant la parole :
- « Pour beaucoup, non initiés aux secrets do la » teinture de la soie, il peraît étrange de dire que » la teinture du blanc n’est pas obtenue par le » blanchiment pur et simple de la fibre soyeuse. » Quelque soit le mode de blanchiment de la soie, » elle garde toujours une teinte jaunâtre qu’il lui » faudra faire perdre par une teinture, aveclacou-» leur complémentaire du jaune, soit un violet, « pour lui laisser plutôt un œil d’azur.
- » La teinture des blancs constitue même une » opération très-délicate, et demande surtout des » grands soins de propreté. J’étudie successive-» ment dans ce chapitre la teinture des blancs » écrus, les divers modes de blanchiment, à l’acide
- (1) A Lyon on emploie par jour 20 à 25,000 kil. de ce pro-duit.
- p.143 - vue 138/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 144
- » sulfureux, à l’eau régale, au sulfate d’acide azo-» teux, le blanchiment Beaumé, la teinture des » blancs souples et l’assouplissage, et je termine » par les blancs cuits, la cuite des soies pour blanc » les précautions à prendre, le soufrage, l’azurage » et des considérations générales sur le toucher et » la charge.
- « L’étude des couleurs claires vient naturelle-» ment après celle des blancs dans le chapitre sui-» vant. L’ordre suivi pour ce chapitie est le même » que pour le précédent, il commence par les soies » écrues et continue parles soies souples et cuites; » quant aux couleurs, j’ai adopté l’ordre de l'arc-» en-ciel, soit celui des couleurs spectrales : vio-» let, bleu, vert, jaune, orangé, rouge, en interca-» lant toutes les nuances dites intermédiaires; ce » chapitre ne traite absolument que des couleurs » dites franches, c’est-à-dire non rabattues par du » gris et par du noir, et se termine aussi par des » considérations générales sur le toucher et la » charge de ce genre de teinture.
- « Dans le chapitre X, qui est celui qui montre » vraiment le talent du teinturier, je traite des » couleurs foncées et rabattues, mélanges binaires » et ternaires de couleurs non franches par elles-» mêmes, et donnant ces teintes impossibles, aux » noms capricieux, rappelant quelquefois, comme » havane, cuir botte, vert crapaud, bleu marine, » etc., des points de comparaison naturels; d'au-» très fois baptisés d’une façon fantaisiste, comme » les bruns Bismark, vert Metternich, etc. »
- Si l’espace nous le permettait, nous ne pourrions mieux faire que de continuer à reproduire l’exposé de l’ouvrage, lu par son auteur à la Société des sciences industrielles de Lyon, d’autant plus que les chapitres suivants consacrés à la teinture des noirs et à celle de la soie en pièces sont les plus importants, cette teinture différant considérablement par le matériel et les précautions à prendre de celle des soies en flottes.
- Ces chapitres comprennent successivement :
- Les noirs fins, qui peuvent être considérés comme de véritables couleurs; les noirs non chargés-, l’avivage pour toucher craquant et celui pour toucher mou.
- Les noirs primitifs, dits noirs à la galle ; les perfectionnements de ces noirs par l’introduction de l’extrait de chataigner. Les manipulations spéciales pour les terminer.
- Les noirs sur soie cuite d’après les nouvelles méthodes, tels que noirs fins rouillés, noirs rouilles
- bleutés, noirs rouillés bleutés et cachoutés avec addition de sel d’étain qui permet le maximum de la charge, et les terminaisons spéciales de chacun de ces noirs. Les précautions nécessaires pour éviter l’inflammation spontanée, les taches, mousses, rancissage, à travers lesopéralions longues et multipliées de la teinture.
- Les noirs souples, l’assouplissage sur le bleu de Prusse et les opérations finales qui diffèrent de celles des noirs précédents. La description du chevillage.
- La teinture de la soie en pièces est traitée spécialement dans le chapitre XV, qui contient aussi des généralités sur la teinture des tissus mixtes : soie et laine, soie et coton.
- Le chapitre XVI termine l’ouvrage. Il contient des considérations générales sur l’état actuel et l’avenir de la teinture; il insiste sur la solidarité bien comprise qui doit exister entre tous les manipulateurs de la soie et d’où dépend la beauté de l’étoffe fabriquée.
- A la fin du volume, se trouve un tableau indicateur pour la détermination de la matière colorante fixée sur une soie teinte.
- Une bonne nouvelle pour finir ! L’auteur nous dit (page 659) qu’il a l’intention de publier incessamment une suite à son œuvre traitant de la laine et du coton. NoussouhaitonsqueM.MariusMoyret réalise promptement son intention. En attendant, nous recommandons vivement à nos lecteurs le Traité de la Teinture des soies, ouvrage où la théorie est toujours accompagnée de la pratique, au courant des progrès les plus récents et indispensable, en un mot, à tout teinturier désireux d’être au courant des progrès de son art. C’est les nommer tous.
- P. Blondeau.
- a91DTsuD Inob ai0 39 8TUA[I02 aosid 419 9108
- Une Maison à Barcelone (Espagne), connaissant les articles et la clientèle, désire la représentation d’une fabrique d’extraits secs et liquides, et une autre de bleu d’outremer.
- S’adresser à l'Office du Journal.
- UN HOMME connaissant parfaitement la teinture de la laine, désire une place.
- S'adresser au bureau du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenuer)
- p.144 - vue 139/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, No 13. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juiillet 1878.
- SOMMAIRE
- Avis. — Chronique de l’Exposition. — Sur les phtaléines de l’acide pyrogallique, par M. Durand. — Laques pour impressions sur coton et papiers ne contenant pas de produits arsenicaux, par M. Ch. Girard. — Note sur la teinture des immortelles.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : La curcumine. — Teinture du coton, du lin et du chanvre (suite et lin), par M. G. Van Laer. — Teinture pour chapellerie (suite). — Emploi du silicate de soude dans le blanchiment des tissus de coton.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Procédé destiné à empêcher le rétrécissement de la laine à l’état de matière première, de ruban, de fil, de déchet, de tissu et de vêtement, par MM. G. Bellot et DoUINE. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877).
- BIBLIOGRAPHIE : Cours de tissage professé à la Société industrielle d’Amiens, par Edouard Gand.
- AVIS
- Nous prions nos lecteurs dont l’abonnement est expiré au 1er juillet et qui ne voudraient pas être considérés comme ayant renouvelé leur abonnement pour un an, de nous aviser par lettre ou de refuser le présent numéro du journal. — Nous ferons présenter la quittance d’abonnement dans le courant du mois d’août aux personnes qui l’auront continué.
- DE L'EXPOSITION
- Ün certain nombre de nos lecteurs nous ayant demandé de publier la liste des constructeurs et des machines ou appareils concernant la teinture, les apprêts, l'impression, le blanchiment, etc., nous donnons plus loin cette liste, que nous faisons précéder d’un extrait de la notice du Catalogue officiel, précédant les Classes 53, 56, 57 et 60 qui contiennent les objets exposés. Nous passons l’article filage et corderie s’occupant plus particulièrement de statistique et nous arrivons à l’article intitulé :
- Tissage.
- La série des machines et moyens qui servent à transformer les fils en tissus, comprennent :
- 1°. — Machines préparatoires, bobinoirs et ourdissoirs pour les chaînes, machines à encoller les fils, machines à parer les chaînes, machines à can-neter les trames, machines à lire et à piquer les cartons ;
- 2° — Métiers à tisser. — Métiers à bras, ou
- métiers mécaniques, métiers de toutes sortes à tisser avec mécanique Jacquard, métiers de bonneterie, métiers à tulle, métiers de passementerie, métiers à espouliner ;
- 3° — Machines destinées à apprêter les tissus, machines à fouler la draperie, machines à presser, machines à étendre en long ou en large les tissus, à gratter, à tondre, à griller, à battre les étoffes.
- L’industrie du tissage est très ancienne en France comme dans tous les pays; sauf les métiers à espouliner, qui ont été importés d’Asie, et le métier à navette connu de toute antiquité, presque tous les autres métiers et les appareils qui s’y adaptent sont d’invention française.
- Les métiers à espouliner à hautes et à basses lisses employés aux Gobelins, à Beauvais, à Au-busson et dans le département de la Seine sont les plus simples de tous les métiers et laissent à l’ouvrier tout le travail d’exécution, ce qui permet de faire des tissus très beaux, mais de très grand prix.
- Les apprêts des tissus constituent à eux seuls toute une industrie ; dans bien des cas, et dans la draperie notamment, le tissu est transformé par ce travail qui par des moyens très divers permet d’obtenir des effets très variés.
- Tantôt il s’agit de rendre absolument lisse le tissu, et dans ce cas, les grillages, les tondages, les pressages sont employés ; tantôt il faut au contraire lui donner un aspect velouté, alors on a recours au battage; ou bien il faut faire ressortir les fils de chaîne ou de trame, et alors le tissu est séché sous tension ; tantôt enfin, on se contente de donner une apparence particulière au tissu au moyen de pressages et de gaufrages, etc. Tous ces apprêts qui sont des opérations délicates sontgéné-
- p.145 - vue 140/286
-
-
-
- 146
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- râlement exécutés à façon dans des usines bien outillées et placées, ou dans les centres de production, ou dans les centres de consommation.
- En résumé, sauf les métiers mécaniques, qui ne représentent que le quart des métiers à tisser existant en France, et sauf les machines de la bonneterie, du tulle et les machines d’apprêt, tout le reste de l’outillage du tissage consiste en métiers dont on doit louer les dispositions ingénieuses et la bonne exécution, mais qui n’ont pu, en raison de l’avancement industriel antérieur à l’Exposition de 1867, donner lieu depuis à des modifications fondamentales.
- CLASSE 53
- Annexe de la Galerie des Machines, côté de l’Ecole Militaire.
- 109. — Henry. — Filtres pour liquides.
- 161. — Jost. — Essoreuses.
- 183. — Legrand. — Essoreuses et laveuses.
- 155. — MOEGLIN. — Chaudière et bassine pour fondre la colle.
- 170. — Vaudin. — Essoreuses à moteur.
- 133. — Walecque ft Ce. — Moyens de purification des eaux provenant du peignage et du dégraissage des lames.
- 168. — WAUTHIER. — Laveurs mécaniques; Calandres.
- CLASSES 56 ET 57
- Les nos 1 à 196 sont dans la galerie des machines. Les nos 197 à 204 sont dans l’annexe.
- {Les machines à filer et à tisser seront indiquées dans le supplément du journal).
- 32. — Dacheux. — Machines à dévider et à apprêter les fils.
- 77. — Déraison. — Presse pour les tissus de laine.
- 93. — DESPLAS fils. — Machine à fouler les draps.
- 82. — DEVILDER. — Machine à cylindres extenseur à lames mobiles pour tissus de laine. calandre assou-plisseuse pour tissus de lin et de coton.
- 94. — DUSSEAUX. — Machine à fouler les draps, dites : pile à maillets.
- 88. — Grosselin père et fils. — Tondeuse à 2 et à 4 cylindres, fouleuses à ressort et à contrepoids avec appareils à métrer ; machine à velouter.
- 198. — HERTZOG. — Machine à ramer à pinces métalliques pour tissus de toute nature.
- 80. — Leclère et Damuzeaux père et fils. — Tondeuse, fouleuse, laveuse, dégraisseuse, machine à chiner les tissus.
- 127; — Makcadier. — Machine à détirer les tissus dans leur largeur et à les ramener au fil droit.
- 91. — MARTINOT frères. — Tondeuse double, épeu-tisseuse, moutonneuse.
- 115. — RAULIN. - Machines pour l'épaillage chimique des laines.
- 92. — Tierce frères. — Pareuse-encolleuse.
- 202. — TULPIN frères. — Machines à encoller, à sécher, à ramer, calandre, hydro-extracteurs, machines à laveries cheveaux.
- CLASSE 60
- La notice se termine par ces quelques lignes, après avoir parlé de la papeterie et de l’impression sur papier.
- « Enfin, dans l’industrie de la teinture et de l’apprêt des fils et étoffes, on peut signaler de nombreux perfectionnements apportés aux machines à laver, étirer et secouer la soie, à nettoyer et gazer les fils de bourre de soie, à gazer les tissus de coton et de laine, à celles qui servent à tordre les cotons, aux appareils de teinture, de blanchissage et d’apprêt des tissus.
- « Rien n’a été modifié dans le matériel pour l’impression des étoffes. »
- Les objets numérotés 1 à 90 sont dans la galerie des machines, ceux portant les numéros 91 à 146 sont dans l’annexe.
- Nos lecteurs feront bien, dans leur visite à l’Exposition, de ne pas perdre leur temps à chercher les n°s, car la plupart de ceux du Catalogue ne correspondent pas aux objets indiqués. Ils devront vérifier seulement si le numéro que nous indiquons place l’objet dans la galerie des machines ou dans l’annexe et agir en conséquence.
- 116. — AUBERT. — Machine à moirer.
- 135 et 136. — BUrFAUD frères. — Machine à étirer et lustrer, machines à dresser et secouer les soies, à cheviller les soies.
- 138. — Corron. — Outillage complet de teinture.
- 102. — CUVELLIER-PARMENTIER. — Table sécheuse et vaporiseuse.
- 140. — Delacroix. — Machine à plier, machine à doubler.
- 144. — Descombes et Cie. — Machine pour l’apprêt des tissus, bassine pour la préparation de la gomme à apprêter.
- 143. — Girard. — Appareil à cuire les bois de teinture, les apprêts.
- 146. — Kientzy frères. — Machine à friction à 5 rouleaux.
- 19. — LETELLER et VERSTRAET. — Cylindres pres-seurs garnis en caoutchouc.
- 137.— Nicolet. — Machine à tordre les cotons, les fils de lin, les fils de laine et de soie.
- 103. — Pallier. — Dorure, passementerie, tour tambour avec ses accessoires (réduit) servant au coloriage des laines peintes.
- 134. — Pierron et Dehaitre. — Machines et appareils pour teinturiers, apprêteurs, imprimeurs sur étoffes.
- — TULPIN frères. — Machines pour blanchiment, teintures et impression (voir Classes 56 et 57).
- Les essoreuses de MM. Buffaud frères sont exposées dans la classe 54, Galerie des machines, n°s 13 et 333.
- Nous publierons dans le prochain numéro la liste générale des membres du Jury international
- p.146 - vue 141/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 147
- des récompenses pour les classes 32 à 37, nous donnons aujourd’hui celle qui intéressent plus particulièrement nos lecteurs.
- GROUPE IV (suite)
- CLASSE 32.
- Fils et tissus de laine peignés.
- Angleterre et ses colonies. — Henri Mitchel, esq. président de la chambre de commerce de Bradford.
- Espagne. — Hilario Nava y Cabeda.
- Russie. — Kleiber, conseiller de manufacture à St-Pétersbourg.
- Belgique. — G. Mullendorf, industriel à Ver-viers, membre de la commission belge.
- Danemark. — L. J. Groen, vice-président de la commission royale de Danemark. (Paris, 1867. — Vienne 1873.),
- Etats de l’Amérique centrale et méridionale. — Joseph Leroy, commissionnaire exportateur, 36, rue de Maubeuge.
- France. — Dauphinot, sénateur, membre du conseil supérieur du commerce de Reims.
- — Kœchlin-Schwartz, manufacturier, conseiller général du Haut-Rhin.
- — Delatte (Jules), manufacturier àDorigny, près Douai (Nord).
- — Bossut (Henri), président du tribunal de commerce de Roubaix.
- — Legrand, fabricant.
- — Boca (Paul), ancien élève de l’Ecole polytechnique, manufacturier à St-Quentin.
- Suppléants. — Warnier, ancien député à Reims.
- — Bonnaud, commissionnaire.
- CLASSE 33.
- Fils et tissus de laine cardée.
- Angleterre et ses colonies. — G.-E. Bousfield.
- — N...
- Suède et Norvège. — J. Lenning, fabricant.
- Espagne. — Enrique Guillen.
- • Autriche-Hongrie. — Le chevalier Gustave de Scholler, fabricant de tissus de laine à Brunn.
- Russie. — Le baron Zachert, fabricant à Bialas-tack.
- Belgique. — Grandjean-Chapuis, industriel à Verviers.
- Portugal. — A. d'Almeida Santos, négociant, rue Roy, 9.
- Pays-Bas. — J.-H.-A. Diepen, président delà chambre de commerce de Tilbourg.
- France. — Baudoux-Chesnon.
- — Pépin, manufacturier à Orléans.
- — Blin, manufacturier à Elbeuf.
- — Balsan, ancien député, membre du conseil supérieur de commerce.
- — Cormouls-Houlès, manufacturier à Mazamet.
- — Prat (Ed.), manufacturier à Vienne.
- — Gunin-Gridaine, sénateur, manufacturier à Sedan.
- — Danet (Georges), manufacturier à Louviers.
- — Labadié, député, négociant.
- Suppléant. — Talamon (Félix).
- CLASSE 34.
- Soie et tissus de soie.
- Angleterre et ses colonies. — W.-H. Clabburn, esq.
- Italie. — Bozzotti Cesare, conseiller communal de Milan.
- Chine. — Prosper Giquel, 27, rue du Faubourg-St-Honoré.
- Espagne. — S. Exc. Angel Vallejo de Miranda.
- Autriche-Hongrie. — Adolphe Wiesenburg, conseiller impérial, fabricant de rubans de soie à Vienne.
- Russie. — J. Marix, correspondant du conseil du commerce et des manufactures, adjoint à la commission impériale de Russie.
- Suisse. — Mayer-Burkly.
- Perse, Siam, Maroc, Tunisie, Annam. — Baron Alquier, capitaine de frégate.
- Portugal. —Francisco Antonio de Vasconcellos, chef de division au ministère des travaux publics, et secrétaire du conseil de commerce à Lisbonne, 186, boulevard Haussmann.
- France. — Rambert (Jules).
- — Person, membre de la commission officielle pour le développement du commerce extérieur.
- — Marcilhacy, négociant, membre de la chambre de commerce de Paris.
- — Mathevon, manufacturier, ancien juge au tribunal de commerce de Lyon.’
- — Colcombet, président de la chambre de commerce de St-Etienne.
- — Bourdon (Louis), filateur à Uzès.
- — Rondot (Natalis), délégué de la chambre de Lyon.
- — Vatin, ancien fabricant.
- Suppléants. — Rhodé, négociant.
- p.147 - vue 142/286
-
-
-
- 148
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- — Louvet (Eugène), fabricant.
- CLASSE 35.
- Châles.
- Angleterre et ses colonies. — Edward prinsep, esq.
- France. — Gaussen (Maxime), ancien fabricant, publiciste.
- Suppléant. — Hussenot, ancien juge au tribunal de commerce.
- CLASSE 36.
- Dentelles, tuiles, broderies et passementeries.
- Angleterre et ses colonies. — Thomas-Isaac Birkin, esq.
- Suède et Norwége. — C. Arnberg, fabricant.
- Espagne. — S. Exc. le duc de Banos.
- Autriche-Hongrie. —Charles Drachsler, passementier de la cour impériale et royale de Vienne.
- Suisse. — Steiger-Meyer.
- Belgique. — Duhayon, membre de la commission belge, industriel à Bruxelles.
- France. — Aubry (Félix), ancien membre de la chambre de commerce.
- — Flaxland, négociant et membre de la commission des valeurs en douane.
- — William-Cliff, manufacturier à St-Quentin.
- — Biais, fabricant.
- — Cordier, membre de la chambre consultative de Calais.
- Suppléant. — Louvet, fabricant.
- CLASSE 37.
- Articles de bonneterie et de lingerie. Objets accessoires du vêtement.
- Angleterre et ses colonies. — Robert Walker Smith, esq.
- Autriche-Hongrie. — Max Stiasny, fabricant de gants à Vienne.
- Suisse. — Blumer Egloff.
- France. — Rayera, membre du jury en 1867.
- — Hartog, fabricant.
- — Couvoisie, juge au tribunal de commerce.
- Suppléants. — Buxtorff (Emmanuel), manufacturier à Troyes.
- — Gruyer père.
- — Tabouriech-Nadard, commissionnaire.
- A suivre.
- SUR LES PHTALÉINES
- DE L’ACIDE PYROGALLIQUE
- Par M. Durand
- (Séance du 27 mars 1878 de la Société indus trielle de Mulhouse}.
- Messieurs,
- L’intérêt que les industries de la teinture et de l’impression portent depuis quelque temps aux nouvelles matières colorantes dérivées de l’acide pyrogallique m’engage à vous communiquer ces quelques lignes] relatives à l’obtention et à l'appli-cation de ces colorants si intéressants par leur solidité :
- La découverte de ces matières colorantes, gal-léine et céruléine, appartient au chimiste Bayer, qui en a publié les réactions en 1871. Depuis cette époque, aucune publication importante sur ce sujet n’a été faite ; d’ailleurs, Bayer en a formulé les préparations et les propriétés avec une telle netteté que, du premier coup, le travail a été complet.
- Trois ans après cette publication, la maison L. Durand et Huguenin, à Bâle, entreprit la fabrication de ces produits, et, en juin 1874, elle livrait ses premiers essais à M. Horace Kœchlin.
- Le résultat des recherches de ce chimiste fut que l’oxyde de chrome était le meilleur mordant de la galléine et de la céruléine et que cette dernière devait être, pour l’impression et pour la teinture, additionnée de bisulfite de soude.
- Galléine. — La galléine s’obtient par la réaction de l’acide phtalique sur le double de son poids d’acide pyrogallique. Le mélange est maintenu de 190° à 200° centigrades, jusqu’à ce que la masse durcisse. Le produit brut de cette réaction est traité par l’eau à l’ébullition, afin d’extraire les parties d’acide pyrogallique et phtalique qui se sont soustraites à la transformation. Le produit est dissous à l’aide d’un carbonate alcalin et précipité par un acide, ce qui permet de le mettre dans un état de carmination nécessaire à son emploi comme couleur d’application.
- La galléine est peu soluble dans l’eau bouillante, à laquelle cependant elle communique une teinte j d’un rouge vineux; elle est, pour ainsi dire, inso-1 lubie dans l’eau froide, mais très-soluble dans l’alcool chaud; la solution concentrée a une teinte acajou. Les alcalis caustiques la dissolvent avec une coloration d’un bleu violet.
- p.148 - vue 143/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 149
- Ces solutions concentrées se transforment rapidement au contact de l’air, perdent leur teinte bleue et produisent des matières brunes. La gal-léine est influencée diversement par les acides métalliques. Mais l’oxyde qui donne les plus belles teintes est l’oxyde de chrome, comme me l’a indiqué M. Horace Kœchlin dans la formule de la couleur vapeur que je donne ci-joint.
- Il faut avoir soin d’imprimer la galiéine et la cé-ruléine sur tissu préparé en sulfoléate d’ammoniaque :
- 40 litres galiéine en pâte,
- 20 litres eau de gomme,
- 4 litres acétate de chrome 18°
- Cette matière colorante teint également le coton et la laine, à la condition que les matières soient imprégnées d’oxyde de chrome, résultat auquel il est facile d’arriver en les mordançant, soit par des solutions d’alun de chrome, soit par des passages alternatifs en chromate de potasse et sur bisulfite ou en vapeurs sulfureuses.
- Le coton mordancé en oxyde de plomb se teint aussi en une très-belle nuance gris-violet.
- La teinture après mordançage doit se faire comme pour la garance, en ajoutant au bain la quantité de matière nécessaire pour obtenir la nuance et en élevant graduellement la température du bain jusqu’à l’ébullition.
- Après teinture, on peut développer la finesse de la nuance par un savon chaud.
- Ces teintures possèdent une solidité qui n’a de rivale que la garance et l’indigo.
- Sur la laine, la galiéine donne par impression la teinte des extraits d’orseille, un peu moins bleue cependant; mais, avec addition de violet de méthyle ou d’alun, on obtient des teintes similaires. Momentanément, le prix de la galiéine est trop élevé, relativement au prix des extraits d’orseille ; cette substitution ne présente donc aucun intérêt actuellement et je ne le signale qu’à titre de renseignements.
- Céruléine.—Cette matière colorante verte est un dérivé de la galiéine ; aussi, dans son emploi et ses propriétés, présente-t-elle les mêmes particularités, nécessitant les mêmes mordants et exigeant pour son application les mêmes précautions à la teinture et à l’impression.
- Son insolubilité dans l’eau est encore plus grande que celle de la galiéine, et il est nécessaire de la développer par une légère réduction, que M. Horace Kœchlin obtient par additions de bisulfite de
- soude, soit dans le bain de la teinture, soit dans la couleur d’application.
- Voici, d’ailleurs, la formule d’impression qu’il a bien voulu me communiquer :
- Pour laine :
- 10 litres céruléine,
- 30 » eau de gomme,
- 2 » 1/2 glycérine,
- 1 » 1/4 bisulfite de soude (ajouter au moment du travail).
- Pour coton :
- 20 litres eau de gomme,
- 8 » céruléine,
- 1 » bisulfite de soude (ajouter au moment du travail).
- 2 » acétate de chrome à 18°.
- Avec des additions d’alizarine et de graine de Perse, ou tout autre jaune, ou de cachou, on transforme ces recettes en teintes bronze, olive, mousses, qui présentent sur les compositions au vert d’aniline ou au campêche, une solidité que les fabricants de meubles apprécient particulièrement. Ces nouvelles couleurs se réservent avec la plus grande facilité.
- M. Horace Kœchlin recommande aussi en impression, comme mordant, le prussiate jaune, qui doit être employé au maximum de 250 grammes de prussiate par litre de céruléine. Cette quantité maximum donne des teintes un peu trop bleues, dues à un développement simultané de bleu de Prusse, qui disparaît au savon et laisse une teinte plus grise, mais d’une intensité proportionnellement plus grande que celle qui fixe l’oxyde de chrome.
- Pour la teinture de la laine et du coton, il faut procéder exactement comme nous l’avons dit au sujet de la galiéine : même mordançage et même traitement ; seulement, il convient pour obtenir de bons résultats, de délayer la céruléine avec une préparation de 2 kilos de bisulfite de soude à 40 pour 1 kilode céruléine ; il est même convenable de laisser quelques heures ce mélange avant de l’ajouter au bain de teinture.
- La céruléine présente la propriété de se réduire comme de l’indigo et de se réoxyder à l’air, en reprenant sa couleur primitive, sur les tissus imprégnés du produit de sa réduction ; ce qui permet d’employer ce moyen, soit pour la teinture, soit pour l’impression. Le meilleur réducteur à employer dans ce cas est le zinc en poudre en présence d’un peu d’ammoniaque.
- Les teintures et les impressions obtenues avec la
- p.149 - vue 144/286
-
-
-
- 150
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- céruléine, sont d’une grande solidité à l’air et au savon, auquel elles résistent aussi bien que les couleurs d’alizarine.
- Je suis persuadé que l’industrie du drap trouvera dans cette matière un excellent agent tinctorial pour l’obtention des draps gros-vert, qui exigent une grande solidité par l’emploi qui en est fait comme draps militaires.
- Celte matière colorante s’obtient par l’action de l’acide sulfurique concentré sur la galléine ; à cet effet, l’on chauffe à 200° une partie de galléine sèche dans 20 parties d’acide sulfurique. Le produit de la réaction est coulé dans l’eau, puis lavé jusqu’à parfaite neutralité.
- La céruléine n’est pas altérée par les alcalis caustiques, ni par les acides; elle est donc le type de la matière colorante grand teint, et elle est la seule matière colorante verte naturelle ou artificielle qui présente ces précieuses qualités.
- LAQUES POUR IMPRESSIONS
- SUR COTON ET PAPIERS
- NE CONTENANT PAS DE PRODUITS ARSENICAUX
- Par M. Ch. Girard.
- On prend 50 grammes d’alumine en pâte bien lavée et pressée et on la délaye dans 65 grammes d’alcool. Lorsque la pâte est bien homogène, on ajoute 15 grammes de fuchsine sèche ou cristallisée ou de toute autre matière colorante, dérivée de l’aniline.
- On chauffe au bain-marie, en remuant constamment, jusqu’à dissolution complète de la matière colorante, puis on laisse refroidir et on ajoute :
- 25 grammes d'antimonite neutre de sodium.
- 10 grammes d’antimoniate neutre de sodium.
- 50 grammes d’eau.
- On passe le tout à la broyeuse, puis au tamis.
- Pour l’impression a la planche il convient de prendre :
- 30 grammes de laque.
- 90 grammes d’acétate d’alumine.
- On agite pendant 10 minutes environ, puis on y ajoute 120 grammes d’un empois d’amidon composé de la manière suivante :
- 80 grammes d’amidon,
- 80 grammes de farine;
- 1 litre d’eau.
- On délaye l’épaississant et on le fait bouillir.
- Pour l’impression au rouleau il vaut mieux employer un empois d’amidon double pour la même proportion de couleur, l’épaississant devant naturellement varier suivant les dessins.
- Après l’impression on vaporise une demi-heure à la manière ordinaire, on lave à l’eau courante et on bat bien la pièce, soit à la roue, soit au clapot.
- L’antimonite de sodium s’obtient en ajoutant une solution de chlorure d’antimoine, S b Cl, à une solution froide de carbonate de sodium. On doit éviter de chauffer le produit de la réaction et ne pas le conserver trop longtemps.
- Pour obtenir l’acétate d’alumine, on emploie :
- 1 k. 800 de sulfate d’alumine.
- 2 k. 070 d’acétate neutre de plomb.
- 3 k. 600 d’eau.
- Après avoir effectué la dissolution, on agite, puis on laisse déposer le sulfate de plomb. On ne se sert que du liquide clair surnageant, qui marque environ 15° Baumé.
- On peut également mettre à profit la propriété que possède le phosphate d’alumine d’être insoluble dans l’acide acétique. A cet effet, après avoir effectué le mélange intime de 50 grammes d’alumine, 65 grammes d’alcool e1 15 grammes de matière colorante, on ajoute 30 à 40 grammes de phosphate de sodium, Na2 HP 04 + 12 H2 O, préalablement dissous dans 30 ou 60 grammes d’eau. Pour le reste les dosages et manipulations sont-exactement les mêmes que dans le procédé précédent, si ce n’est qu’il convient d’ajouter à l’acétate [d’alumine de 15 à 20 grammes d’acide acétique ordinaire. Enfin, par une addition de glycérine, on parvient à donner plus de liant à la pâte.
- (Bulletin delà Société chimique de Paris).
- • ---------------------
- NOTE
- SUR LA TEINTURE DES IMMORTELLES.
- On commence par faire rouir les fleurs. A cet effet les immortelles disposées en bouquets, sont rangées dans des cuves en bois ou en maçonnerie, chargées de pierres et abandonnées au sein de l’eau pendant quelques semaines. On les retire ensuite et on les fait sécher à l’air et au soleil, sur des fils de fer. Les fleurs sont alors d’un jaune sale.
- Pour teindre en nuances claires, il faut préalablement blanchir les fleurs en les faisant tremper
- p.150 - vue 145/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 151
- pendant douze heures dans du chlorure de chaux liquide. On les sèche directement au sortir de ce bain.
- La teinture en noir s’obtient par le campêche et le sulfate ou le pyrolignite de fer; il est inutile de blanchir ni même de rouir les fleurs.
- Le rouge orangé s’oblient en plongeant la fleur naturelle dans une solution froide de borate de soude à 2 p. c.
- Toutes les autres couleurs sont dérivées del'ani-line.
- (Bulletin de la Société chimique de Paris}.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- LA CURCUMINE
- C’est sous ce titre que la maison Max Singer de Tournai (Belgique), offre un colorant destiné à remplacer le Curcuma.
- Le curcuma (Terra merita, Safran de l’Inde) est employé principalement en teinture pour les grosses couleurs qui ont besoin d’un riche reflet jaune. Les couleurs de curcuma sont de faux teint et très fugaces surtout quand des sels à base d’étain n’ont pas aidé à leur fixation ; en outre, l’huile volatile que contient la dissolution aqueuse du produit et qui donne une odeur désagréable à la marchandise teinte, les poussières dont se trouvent encrassées les lames en écouailles et autres, étant des inconvénients sérieux, pouvent être évités par l’emploi de la Curcumine.
- Ce produit remplace, en effet, avec avantage le Curcuma, ce qui justifie à peu près le nom de Curcumine (substance colorante pure du Curcuma) donné par M. Max Singer.
- On obtient avec la curcumine et la cochenille de magnifiques ponceaux.
- Curcumine.
- Employée avec l’Eosine, la Lutécienne, le rouge impérial, la Nopaline, elle produit des écarlates de toute beauté.
- Curcumine et Nopaline
- Ajoutée à l’orseille elle donne des teintes Carmélites solides et vives. Enfin, associée au Carmin ou au sulfate d’Indigo, elle produit des verts/ feuilles mortes, olives, etc.
- Curcumine et Sulfate d’indigo
- La curcumine de M. Max Singer donne les mêmes teintes que l’Orangé n° h de la maison Poirrier dont nous avons parlé, page 89 du Moniteur de la Teinture du 20 avril 1878. Reste à comparer le rendement des deux produits.
- P. B.
- MANUFACTURE
- DE COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- p.151 - vue 146/286
-
-
-
- or co
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4 R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- a c-sesl=Rs2 s ____
- TEINTURE
- DU COTON, DU LIN ET DU CHANVRE
- Par M. G. Van Laer.
- — Suite et fin (1). —
- Le tableau ne 22 de la 2me année de P Album du Teinturier et du Fabricant termine la teinture du coton par une série de gris au cachou et au cam-pêche, en 8 échantillons (2).
- Pour 100 kil. de coton en écheveaux le bain de mordançage est formé avec :
- Acétate de soude............. 2 kil.
- Alun..........:.............. 5 —
- Sulfate de cuivre............. 2 —
- La durée du mordançage est de 2 heures à 30° centigrades. La composition du bain est la même pour tous les types de la série de teinture.
- (1) Pour traiter avec l'inventeur du cachou nouveau s’adresser à l’Office du journal.
- (2) . Nous prévenons les personnes qui s'étaient abonnées par notre entremise à la publication de M. Van Laer, de vouloir bien nous dire par lettre qu'elles continueront la troisième année, afin qu’il nly ait pas d’interruption dans l’envoi de l’Album.
- P. R
- Le premier échantillon montre l’aspect du coton en 2 heures de mordançage.
- Le second échantillon, teinte cachou nature, a été obtenu en teignant, après mordançage, dans un bain contenant 10 kil. de cachou jaune. Il est à remarquer que la teinte n’est qu’un peu plus foncée que l’échantillon n° 1, Tourterelle, page 114 du Moniteur de la Teinture, 1878, obtenu avec 1 kil. 500 de cachou nouveau.
- Les autres échantillons font voir la série des gris, de la teinte demi-foncée à celle voisine du noir. La durée de la teinture varie de 20 à 60 minutes et entre 20 et 50° cent.
- La composition des bains est successivement : Echantillon n* 3. — Cachou jaune.......... 10 kil.
- — Extrait de campêche... 1 —
- — n° h. — Cachou jaune........ 10 —
- — Extrait de campêche.. 2 —
- — n° 5. — Cachou jaune......... 10 —
- — Extrait de campêche... 3 — — n° 6. — Cachou jaune 12 — — Extrait de campêche. 3 — — n° 7. — Cachou jaune 14 —•
- — Extrait de campêche.. 3 —
- — no 8. — Cachou jaune........ 14 —
- — Extrait de campêche h —
- Le tableau no 23 contient 7 échantillons de teinture sur china-grass et 1 échantillon sur bourre de soie.
- Nous donnerons sous peu ces recettes de l’album et nous les compléterons par d’autres.
- A la fin de ce tableau se trouve la composition de la chromine dont nous avons indiqué l’emploi pour la teinture des velours de coton (page 80}. Cette composition est la suivante :
- Permanganate de potasse......... 2 parties. Bichromate de potasse................................. 3 parties.
- Le tableau n° 24 qui termine la seconde année de l’Album, donne 3 échantillons de teinture sur feutre de laine et commence l’étude de la teinture des fourrures, par les préparations des peaux avant teinture.
- Le 1er échantillon de feutre de laine est teint au moyen du noir direct de MM. Rave et Wattine-Delespierre. Le bain est composé :
- Noir direct................................ 65 kil.
- Extrait de bois jaune..................... 15 — Bois de campêche....,.............. 10 —
- Acide oxalique
- Acide sulfurique jusqu'à décoloration (voir
- p.152 - vue 147/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 153
- page 236 du Moniteur de la Teinture (année 1877).
- Le second échantillon est teint en un bain, comme nous l’avons indiqué (page 175 du Moniteur de la Teinture, année 1877).
- Le troisième (teinture en un bain) est obtenu par un bouillon de deux heures dans un bain composé de :
- Extrait de Calliatour 30 kil.
- — de bois jaune 5 —
- — de campêche 3 —
- Bruniture par 7 kil. sulfate de fer après 2 heures de bouillon.
- Le reflet de cet échantillon de noir est marron-rouge.
- Nous parlerons des fourrures dans le prochain numéro.
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- — Suite (1). —
- TEINTURE BRUNE POUR SIX DOUZAINES DE CHAPEAUX
- Pesant de 7 à 9 kilogrammes.
- Procédés américains.
- Lavez les chapeaux dans une dissolution de soude à environ A0° Réaumur, rincez-les bien avec de l’eau et faites-les ensuite bouillir pendant 3/4 d’heure avec 3 kilogrammes de cachou préparé (2), 1 kilogramme de noix de Galle, 500 grammes à 2 kilogrammes de bois de campêche et un kilogramme et demi de crème de tartre.
- TEINTURE BLEUE POUR SIX DOUZAINES DE CHAPEAUX DE FEUTRE
- Pesant de 7 à 9 kilogrammes.
- Faites-les bouillir pendant 3/4 d’heure avec 1 kilogramme d’alun, 500 grammes d’acide oxalique, 750 grammes crème de tartre, 90 grammes de chromate de potasse, et 40 grammes de sulfate de cuivre, otez-les ensuite, rincez-les et plongez-Us pendant encore une heure dans un nouveau bain composé de 3 kilogrammes et 750 grammes
- (U Voir page 19, 44 et 68, du joyrnal, année 4838,
- (2) Le cachou nouveau dont parle le numéro 10 du Moniteur de la teinture, 1878, est bien preferable au cachou préparé.
- de bois de campêche et 250 grammes d’indigo soluble.
- [Clothier and Hatter
- ——- -=P==9--
- EMPLOI
- DU SILICATE DE SOUDE
- DANS LE BLANCHIMENT DES TISSUS DE COTON
- M. Richard Meyer recommande l’emploi du silicate de soude pour le blanchiment des étoffes de coton. -, au moyen du procédé qu’il indique on arrive à blanchir d’une manière plus complète et plus rapide que par le procédé généralement employé, qui consiste à faire bouillir les étoffes pendant douze à quinze heures avec de l’argile, puis pendant six à huit heures avec une solution de cristaux de soude.
- Voici comment il convient d’opérer d’après M. R. Meyer.
- On déploie le coton à blanchir, sans le mouiller auparavant, dans une caisse munie de squeezers, renfermant une solution de silicate de soude et disposée dans le tonneau à blanchir.
- Ce dernier consiste en un cylindre de fer, ouvert et muni d’un double fond.
- La solution qu’il renferme se compose de 1 litre de silicate de soude à 20° Baume et de 100 litres d’eau.
- Lorsque le coton est imprégné de cette solution, on le couvre complètement avec une solution pareille et on fait bouillir pendant 2 heures. On tire le liquide fortement coloré et on le remplace par de l'eau bouillante, puis on maintient l’ébullition pendant une heure. On répète cette opération encore une fois; le blanchiment est terminé; il ne reste plus qu’à essorer le coton, ce qu’il convient de faire lorsqu’il commence à se refroidir puis à le laver.
- Il importe dans cette opération de faire les premiers lavages avec de l’eau bouillante, car si l’on employait de l’eau froide ou tiède, on précipiterait les impuretés dans le coton, et pour la même raison d’essorer avant le refroidissement du coton.
- (Muster-Zeitung.)
- -ier-msssrsffitio
- p.153 - vue 148/286
-
-
-
- or
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- INVENTIONS BREVETÉES
- PROCÉDÉ DESTINÉ A EMPÊCHER LE RÉTRÉCISSEMENT DE LA LAINE
- A L’ÉTAT DE MATIÈRE PREMIÈRE, DE RUBAN,
- DE FIL, DE DÉCHET, DE TISSU ET DE VÊTÉMENT.
- Par MM. G. Bellot et DOUINE.
- Ce procédé comprend les deux opérations suivantes :
- 1° Fixation sur la laine d’un sel d’alumine;
- 2° Fixation de l’alumine.
- Première opération. — Pour le traitement des tissus, par exemple, nous les trempons dans un bain contenant en dissolution un sel d’alumine. L'énergie du bain sera réglée par l’opérateur selon la qualité et la nature de la laine, et selon aussi la quantité de liquide du bain que le tissu absorbera après immersion, et qu’il est susceptible de garder après l’essorage.
- En présence d'éléments aussi variables que ceux que l’on peut rencontrer, il est impossible de limiter le degré du bain pour obtenir le résultat cherché. Toutefois, nous devons dire que nous avons atteint de bons résultats en préparant nos bains à 10° B. environ.
- Le tissu ayant été passé dans le bain de façon à être bien trempé sera essoré puis séché.
- Deuxième opération. — Lorsque le sel d’alumine employé sera décomposable à une température inférieure à celle à laquelle la laine continue à l’altérer, on séchera le tissu et de préférence par l’emploi d’une chaleur humide.
- L’alumine étant fixée par suite de la décomposition, le tissu sera lavé, passé au savon, lavé et séché.
- Dans le cas où le sel d’alumine ne serait pas décomposable dans les conditions énoncées plus haut, il sera nécessaire de précipiter l’alumine à l’état d’oxyde ou de sel insoluble par un acide, une base ou un sel, que ces corps soient d’origine minérale ou organique.
- A cet effet, on fera passer le tissu dans un bain contenant en dissolution l’acide, la base ou le sel choisi, et en réglant la force du bain d’après la quantité d’alumine que pourra contenir le tissu après son passage dans le premier bain.
- Une proportion d’acide, de base ou de sel supérieure à celle qui serait juste nécessaire pour précipiter l’alumine, aura pour effet dans bien des cas de redissoudre une certaine quantité d’alumine déjà précipitée.
- Quand le second bain aura produit son action, le tissu sera lavé, passé au savon, lavé et finalement séché.
- Ce dernier bain pourrait être remplacé par une exposition du tissu dans une étuve renfermant des vapeurs acides basiques ou des sels volatils et si l’atmosphère de cette étuve est humide, la réaction s’en trouvera facilitée.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIE TINCTORIALES & TEXTILES
- Année 1877.
- 118'392. 5 mai. — Agnelles frères. — Applica-cations obtenues en toutes couleurs sur tissus et présentant des effets métalliques.
- 118,410. 7 mai. — Chevallot. — Procédé et moyen de blanchissage et de blanchiement du liège, des tissus, fils et matières végétales.
- 118,422. 7 mai. — OFFERMANN. — Perfectionnements aux peignages des laines, cotons, soie et autres matières filamenteuses.
- 118,438. 16 mai. — Boulanger. — Pile à maillet, à échappement libre, pour le foulage des draps de laine.
- 118,448. 8 mai. — Moore. — Perfectionnements dans les machines à sécher et ouvrir la laine.
- 118,457. 8 mai. — WANSLEBEN frères. — Machine à teindre et à tourner les écheveaux.
- 118,472. 7 mai. — Baudet jeune. — Procédé de teinture, dite teinture galvanique, pour être spécialement appliquée sur les peaux mégissées, pour gants et chaussures.
- 118,473. 9 mai. — Petit-Toulouse. — Système de montage de métier, applicable aux métiers mécaniques.
- 118,496. 14 mai. — DELAMARE de BoUTTEVILLE fils aîné. — Machine à frotter et dévider les fils de coton et d’autres matières textiles.
- 118,537. 14 mai.—Margery. — Machines à manœuvrer les fils textiles dans les bains et lavage de teinture. k 9 st -otoM.
- 118,612. 26 mai. — Fombonne et PONCHION. —
- p.154 - vue 149/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 155
- Procédé de réduction de la soie et des déchets en poudre, et leur application sur papier et tissus comme effet de velouté.
- 118,647. 23 mai. — Suzor. — Bobine métallique servant au bobinage des soies, fils, lins, etc., et outillage spécial pour leur fabrication. .
- 118,701. 30 mai. — Gorron. — Appareil de teinture mécanique des matières filées, mises en écheveaux.
- 118,702. 30 mai. — CORRON. — Application de la machine à essorer, à fil droit, à la teinture et au lavage de toutes les matières filamenteuses en écheveaux.
- 118,719. 5 juin. —Jordery et Bellot des Minières. — Brosse mobile à friction et son application aux tampons-brosses à détacher les étoffes.
- 118,735. 4 juin. — Barnicaud. — Procédé d’extraction du principe colorant naturel des vins.
- 118,772. 31 mai. — Jubier. —Machine à laver les laines.
- 118,782. 31 mai.— Desnos. — Vert inoffensif A$ et ses applications.
- 118,793. 1er juin. — BESEME.—Procédé de blanchiment des matières végétales.
- 118,823. 9 juin. — Hardmeyer. — Extracteur continu pour les encolleuses.
- 118,828. 12 juin. — DALAIS. — Liquide dit pho-liline, ou lessive concentrée pour lavage, coulage et blanchissage du linge.
- 118,855. 12 juin. — Fressinet. — Mécanisme dit raquette-tambour, destiné à maintenir le pas ouvert sur les métiers de tissage à tambours, et notamment sur ceux qui fabriquent des rubans unis et de velours.
- 118,863. 6 juin. — Gérard. —Bronzage d’un tissu propre à la fabrication de la bruyère artificielle.
- 118,864. 6 juin. — DUrRÉNOY. — Machine à couper les draps, étoffes et tissus, dite sabreuse mécanique.
- 118,868. 9 mars. — Broi. — Système de tissage à main, du drap, ayant pour but de simplifier le travail ordinaire et d’augmenter la production.
- 118,874. 25 mai. — Kinsbourg et Robert père. — Procédé permettant d’obtenir, sur toutes matières végétales, tissées ou non tissées, des bleus d’indigo sans indigo, dits bleus Kinsbourg et Robert .
- 118,878. 4 juin. — CHEvALLOT. — Application nouvelle des sulfites alcalins au décreusage de la
- soie et au nettoyage des déchets gras de cette matière.
- 118,895. 6 juin. — Chetail. —Procédé de blanchiment de toutes les matières textiles, végétales et animales.
- 118,908. 7 juin. — LESPREMONT. — Appareil laveur méthodique de chiffons.
- 118,918. 8 juin. — Gasnier. — Procédé de gravure industrielle pour impressions sur étoffes, etc.
- -----— o -
- BIBLIOGRAPHIE
- COURS DE TISSAGE
- Professé à la Société industrielle d’Amiens, Par Edouard Gand
- (Trois gros vol. in-8° avec planches, tableaux et nombreuses figures dans le texte (1)
- Sous la devise :
- Travaille !... Le travail a des leçons fécondes
- Qui font jeter à l’art des racines profondes,
- M. Edouard Gand a présenté, en 1875, à la Société industrielle du Nord de la France, l’ouvrage que nous présentons à nos lecteurs, et qui lui a valu le plus haut prix que cette Société ait décerné jusqu’à ce jour.
- La publication de cette œuvre de longue haleine touche à son terme. Le premier volume a paru en 1876, le second en 1877.
- Le nom de l’auteur de ce remarquable ouvrage est connu et respecté en France et à l’étranger. M. Gand n’en est pas à ses débuts : entrainé par une vocation irrésistible, il se consacre depuis de longues années à l’enseignement de l’industrie textile; il a créé à Amiens des cours munis d’un admirable matériel de démonstration ; il y a formé des élèves qui vont porter partout l’esprit d’analyse et de pratique à la fois qu’il leur a inspiré.
- M. Gand ne se borne pas à coordonner, à expliquer, à discuter et à critiquer les machines et les procédés qui existent -, il crée, de toutes pièces, de nouveaux appaieils qui facilitent et améliorent merveilleusement le travail. Nous citerons entre
- (l).Les deux premiers volumes ont parus. — Le tome III est en préparation. Prix de chaque volume : 20 francs, à la librairie polytechnique de J. Baudry, éditeur, Paris, 15, rue des Saints-Pères, et à l’office du Journal. Prix par poste : 21 francs.
- p.155 - vue 150/286
-
-
-
- 156 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- autres les nombreuses applications de son compositeur automatique, clavier combinant des armures et imprimant leur contexture, pour lequel M. Gand avait été lauréat en 1873 de la Société citée plus haut.
- Le résumé que nous donnons ci-après de cet ouvrage en fera mieux connaître l’importance que tous les éloges que l’on pourrait lui adresser.
- Le tome I, contenant 8 tableaux, 190 figures dans le texte et un album de 31 planches, résume la presque totalité des connaissances théoriques et forme de fait un Traité élémentaire de tissage.
- En voici le sommaire : Textiles de convention -, Principe fondamental de la confection des étoffes à fils rectilignes ; —Armures fondamentales;—Etude de la toile ; Etude du Batavia ; — Étude du Sergé et de la Serge ; — Dérivés de ces armures ; — Etude et procédé de construction des satins réguliers et irréguliers ; Art de décomposer les tissus ; — Mise en carte des tissus analysés; — Définition analytique des termes ; — Etude du métier à lames ; — Etude des divers remettages ; — Remettage suivi, à pointe, à pointe et retour ; — Remettage sauté, amalgamé, interrompu, à plusieurs corps ; — Remettage combiné ou à paquets; — Remettage sinueux ; — Etudes des satins à large module; Armures-tissu, armures-dessin, mosaïques ; — Armures par permutation chiffrée ; — Armures par substitution de cadence ; — Etude complète de la mécanique Jacquard et des emboutages les plus usités ; — Tableaux articulés.
- Le tome II, contenant 14 tableaux, 220 figures dans le texte et un album de 41 planches, comprend les 25 leçons de seconde année, qui peuvent se résumer ainsi : Description des machines au point de vue de l’enseignement technique; — Tissage mécanique; —- Velours par trame, coupés longitudinalement sur table, après tissage, savoir : 1° Velours de coton ; 2° Velours de laine, simple face -, 3° Velours de laine, double face ; — Transpositeur, description de ce tableau articulé; — Métier compositeur, couronné en 1873, par la Société industrielle du Nord de la France ; — Velours par chaîne, coupés transversalement sur métier pendant l’opération du tissage, savoir : 1° Velours de laine; 2° Velours à textiles mélangés; 3° Velours de soie, unis ; 4° Velours de soie multicolores ; 5° Velours bouclés, frisés, astrakans, pelages,- etc., ; — Tableau traducteur; description de cet appareil de cours; exercices divers; — Etude des nattés, des gaufrés, des cachemires et des tissus à plusieurs
- lats ; — Étude des battants à plusieurs boîtes ; fonctionnement des boîtes ; — Etude des tissus à mailles pour bonneterie; Etude du métier à faire mécaniquement les filets de pèche (90,000 mailles à l’heure).
- Le tome III en préparation contiendra également un grand nombre de tableaux et de figures dans le texte et un album de planches/ Il comprendra les 25’ leçons de troisième année ayant trait aux divers systèmes de lissages -, — Aux empoutages compliqués (suite des dernières leçons de première année) ;. — A la mise en carte (tissage artistique); — Aux cannelés; —Aux tapis; —Aux espoulinés(battants brocheurs divers); — Anx rubans et galons; — Aux tulles-guipures ; — A la bonneterie (suite des leçons de seconde année sur ce sujet) ; — Aux diverses préparations antérieures au tissage ; — Et enfin aux découvertes récentes sur l’art de fabriquer les étoffes.
- Les dessins qui accompagnent le texte sont d’une clarté remarquable, bien rare dans certains ouvrages de même genre, ils rendent les études faciles et attrayantes, la division en leçons y contribue également.
- Nous engageons donc vivement nos lecteurs à enrichir leur bibliothèque technologique de l’ouvrage de M. Gand, édité par M. J. Baudry avec le même soin qu’il a mis dans l’exécution matérielle des ouvrages de notre regretté Michel Alcan.
- P. Blondeau.
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grés.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. C. CoLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.156 - vue 151/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22° Année, N° 14.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 20 Juillet
- SOMMAIRE
- Avis. — Chronique de l’Exposition. — Sur le noir èn teinture.— Mode de traitement des eaux perdues des lavoirs de laine et des fouleries d'Ed. Neumann.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Nouveaux colorants. — Couleurs l'aniline s’appliquant à froid et sans mor-dançage sur coton et sur soie (échantillons). — Teinture du oton par des couleurs de résorcine. — Teinture des tissus mi-soie (procédés allemands).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Emploi de la craie dans la tenture des laines. — Sur le noir d’aniline, par M. l’abbé VASSART. — Bibliographie. — L’acide salicylique et ses diverses applications, par A. SCHLUM-BERGER.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Promenades instructves à l’Exposition universelle de 1878. — L’acide sulfureux dénonciateur. — Production de la soie en Cine. — Fin de la grève des ouvriers appré-teurs de Lyon. — Commencement de grève des ouvriers teintiriers de Saint-Chamond.
- AVIS
- Ce numéro commence la cinquième année du Journal. Nous prions les personnes dont l’abonnement est expiré et qui ne voudraient pas être considérées comme ayant renouvelé leur abonnement pour un an à partir du 15 juillet 1878, de nous prévenir par lettre ou de refuser ce numéro. Nous les prévenons aussi que la quittance de leur abonnement pour la cinquième année leur sera présentée dans le courant du moi d’août.
- CHRONIQUE DE L'EXPOSITION
- Nous terminons aujourd’hui la publication de l’extrait de la liste des membres du jury international des classes qui concernent plus particulièrement les industries tinctoriales et textiles. Le jury poursuit ses opérations avec la plus grande activité. Ses travaux seront très prochainement terminés et les présidents de groupe procéderont à l’opération de la répartition qui sera soumise à la commission supérieure.
- Les Congrès et les Conférences continuent au Trocadéro. Le Congrès de Paris pour l’uniformité du numérotage des fils a terminé ses travaux, il a confirmé les décisions des Congrès de Vienne, de Bruxelles et de Turin, dont le Moniteur de la Teinture a rendu compte. Nous donnerons le résumé de ces décisions. Parmi les conférences nous remarquons celle de M. Bertin, professeur de l’association polytechnique, sur les produits dérivés delà houille, dont nous dirons quelques mots.
- Dans le prochain numéro, sous le titre de Visites
- à l'Expsition, nous commencerons le compterendu de produits, des machines et des appareils qui peuent intéresser nos lecteurs, et nous le con-tinueror régulièrement.
- Au swplément du journal nous continuerons égalemeit l’extrait du catalogue officiel ponr faciliter les isites à l’exposition.
- Liste tes membres du Jury interna-tional des récompenses
- GROUPE V
- CLASSE 47.
- Proaiits chimiques et pharmaceutiques. Angleterre et ses colonies. — Professeur Roscoe, F. R. S.
- Etats-Inis. — Professeur W. H. Chandler.
- Suède t Norwège. — L. Mourad-Krohn, pharmacien à Bergen.
- Italie. — Alphonse Cossa, professeur.
- AutricJe-Hongrie. — Michel Malscheko, président de la Société industrielle pour la Basse-Autriche.
- Russie.— Beilstein, professeur à l’institut technologique de St-Pétersbourg.
- Suisse. — Piccard, professeur à Bâle.
- Belgique — P. Dewilde, professeur 'a l’Ecole militaire d: Bruxelles.
- Danemark. — V. Jœrgensen, fabricant de produits chimiques à Oeresund, près Copenhague.
- États de T A mériq ue centrale et méridionale.— Torrès-Caïcedo, ministre du Salvador à Paris, président de la commission du Salvador, 27, boulevard Haussmann.
- p.157 - vue 152/286
-
-
-
- 158
- LE MONTEUR DE LA TEINTURE
- Portugal. — R. D. Silva, membre de l’Aadémie des sciences de Lisbonne, chef des travaux de chimie analytique à l’école centrale des arts e manufactures, 19, rue Soufflot.
- Pays-Bas. — Serrurier.
- France. — Berthelot, membre de l'instiut, professeur au Collège de France.
- — Fourcade, ancien manufacturier, membre de la chambre de commerce.
- — Chiris (Léon), fabricant, député des Alpes-Maritimes.
- — Lauth, chimiste, membre du Conseil minicipal de Paris.
- — Troost, professeur de chimie à la fatuité des sciences. -
- — Schicesing, directeur de l’école d'aplication des manufactures de l’État.
- — Jules François, inspecteur général de mines.
- — Ferrand.
- — Guibal, fabricant, vice-président de a chambre de commerce.
- - - Renard, manufacturier de produits climiques, à Marseille.
- — Chevallier-Escot, fabricant de prodits chi-miques, à Marseille,
- Suppléants. — Ph. de Clermont, directeur adjoint du laboratoire de chimie à la Sorbome.
- — Jungfleisch, professeur à l’école de pharmacie, à Paris.
- — Boude, raffineur de soufre, à Marselle.
- CLASSE 48.
- Procédés chimiques de blanchiment, de teinture] d'impression et d'apprêt.
- Angleterre et ses colonies. — Profeseur Williamson, M. D. F. R. S.
- Suisse. — Emmanuel Meyer.
- Belgique. — Chaudelon, professeur à l’Université de Liège.
- France. — Decaux (Ch.), sous-direteur des teintures aux Gobelins.
- — Weiss, fabricant de tissus imprimés.
- — Schutzenberger, professeur de chimie minérale au Collège de France.
- Suppléants. — Blanche, manufacturier, maire de Puteaux (Seine.)
- — Persoz fils, directeur de la condition des soies à la chambre de commerce.
- — Francillon (Jules), teinturier.
- GROUPE VI.
- CLASSE 56.
- Matériel et procédés du filage et de la corderie.
- Angleterre et ses colonies. — T. H. Sidebotton, esq. M. P.
- France {classes 56 et 57 réunies). — Claude, sénateur, manufacturier.
- —Simon (E.), ingénieur.
- — Lecomte, ancien député, fabricant de dentelles.
- — Gros-Hartmann, de la maison Gros-Maro-zeau.
- Suppléant. — Turgan, ingénieur.
- CLASSE 57.
- Matériel et procédés du tissage.
- Angleterre et ses colonies. — Richard Tonge, esq.
- France. — N...
- CLASSE 60.
- Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- Angleterre et ses colonies. — Sir Sydney, Wa-terlom Bart, M. P.
- Suède et Norwège. — A. Anderson, professeur à l’école supérieure technique.
- Belgique. —Duysberg, industriel à Huy.
- France. — Çh. Laboulaye, ingénieur-expert, ancien fabricant de papier.
- — Ermel, ingénieur, chargé de la fabrication des billets à la Banque de France.
- Suppléants. — Turquotil, fabricant de papiers peints.
- — Deresnémesnil, ancien directeur de l’Imprimerie nationale.
- ----—-pee-a—............
- SUR LE NOIR EN TEINTURE.
- Lyon, 7 juillet 1878.
- Monsieur Blondeau,
- En vous remerciant de l’article que vous avez bien voulu consacrer à mon Traité de teinture sur la soie, je viens vous prier d’insérer dans votre journal les quelques lignes qui suivent et qui ont trait à la théorie de la formation du noir.
- Dans le même numéro, qui contient l’article dont je vous remercie, soit celui du 20 juin dernier, vous
- (1) Traité de la teinture des soies. — Prix 21 fr,, par poste.
- p.158 - vue 153/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 159
- publiez un article très-intéressant sur le noir d’ani-Une inverdissable, de M. Samuel Grawitz.
- Cet article m’a d’autant plus intéressé que la théorie de M. Samuel Grawitz, pour le noir d’aniline inverdissable et ses métaux-aniles, rentrent dans ma manière de voir.
- A mon avis, d’après les données optiques actuelles, il est très-difficile de se rendre compte de la formation du noir en teinture. En traitant de cette question dans mon ouvrage, pages 387-388-389, que je vous autorise à reproduire in-extenso, si vous pensez que cela intéresse vos lecteurs, depuis le dernier alinéa page 387 jusqu’à la fin, en traitant, dis-je, de cette question je pose en fait que, sauf le cas unique du noir d’aniline, il est impossible d’obtenir du noir en teinture sans le concours des sels de fer.
- Je suis le premier qui ait appelé l’attention des coloristes sur ce fait ; pour moi le fer est le métal mélanogène par excellence, dans quelques cas le chrome peut lui être substitué, mais ces cas sont très-rares (noir au bois d’Inde et au chromate). J’ai fait une exception en faveur du noir d’aniline, mais je vois avec plaisir que les travaux de M. Grawitz, lorsqu’il s’agit d’obtenir le noir d’aniline vraiment solide, viennent confirmer ma manière de voir en détruisant cette exception.
- Je suis donc partisan de la théorie des métaux-aniles, et, comme conclusion, je dirai que, sans le fer et le chrome dans quelques cas, il n’y a pas de noirs possibles en teinture et en impression. C’est là une donnée nouvelle qu’il faut faire entrer dans la théorie des couleurs.
- Espérant, etc.
- Marius MOYRET.
- {Extrait de l’ouvrage de M. Moyret) (1).
- « Pour résumer ce qui a rapport aux couleurs dans leurs applications pour le teinturier ou le peintre, ce qui n’est pas la même chose que dans le cas des couleurs spectrales, on admet :
- 1° Qu’il y a trois couleurs primitives simples : le rouge, le jaune et le bleu ;
- 20 Que parties égales de 2 couleurs simples mélangées donnent une couleur binaire composée, pure ou franche ;
- 3° Que le mélange à parties égales des trois couleurs simples donne du noir.
- Et à ces trois propositions, j’ajoute la suivante :
- 4 Que le mélange de trois couleurs simples, à
- (1) Traité de la Teinture des soies. — Prix : 2 fr. par poste. 890/P17061 8990838 80 an£p
- parties inégales, donne une couleur mélangée de noir, dite rabattue, où le ton qui domine est celui de la couleur dominante.
- Ces propositions sont cependant un peu du domaine des hypothèses, et elles souffrent beaucoup d’exceptions, et, quoique le mélange des trois couleurs simples donne en pratique du noir, cela n’a pas toujours lieu, et la loi des complémentaires reprend ses droits, comme on le verra dans le chapitre VIII en parlant du blanc; il se produira donc du bimc et non du noir dans plus d’un cas, surtout lorsqi’on opérera dans les teintes claires.
- Le teinturier, avec les ressources dont il dispose, peut donc obtenir à peu près tout ce qu’il désire, surtoit avec les riches dérivés de l’aniline et autres corps obtenus du goudron de houille.
- Avec les magnifiques couleurs artificielles, il peut produire des couleurs composées, comme avec les couleurs spectrales.
- Avint de terminer ce paragraphe et de présenter la thiorie de M. Lembert, j’émets un doute sur la formition du noir d’après la théorie actuelle.
- Avec les couleurs pures de la houille, correspondant à celles du spectre, il est impossible d’obtenir du nir par un mélange ternaire des trois couleurs simp.es rouge, jaune et bleu, prises dans leur plus grand état de pureté et toutes les combinaisons de couleurs franches de la houille donneront des couleurs franches ou plus ou moins dégradées de blanc.
- Peur arriver au noir, il faut opérer avec les vieilles couleurs de bois ou autres, qui sont loin d'êtr franches, c’est-à-dire analogues à celles du specre, et qui contiennent toujours du noir. En mélageant trois couleurs simples contenant du noir ne se passe-t-il pas purement et simplement le fat de la destruction des couleurs proprement dites pour faire du blanc, tandis que le noir contenu dans les trois couleurs employées s’additionne pour donier un ton noir.
- Tous ceux qui ont suivi avec attention la teinture des noirs modernes, tels qu’ils seront vus à la fin eu chapitre XII, savent que le noir est produit par une teinture violette au campêche donnée sur le fond vert du dernier cachou ; par le fait, ce violet et ce vert contiennent les trois couleurs simples jaure, bleu et rouge; mais les couleurs vertes et violettes, prises isolément sont déjà très-sombres et fortement mélangées de noir.
- Il y a de plus des réactions colorées qui donnent directement du noir, comme, par exemple, les réac-
- p.159 - vue 154/286
-
-
-
- O
- C
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tions des tannins divers sur les sels de fer -, comme application de ces réactions, on a les noirs au pied et à la galle, qui seront vus dans les chapitres XI, XII, XIII, etc. Le noir, dans ces cas, n’est jamais absolu, pas plus que dans tous les cas possibles de teinture en noir; il offre toujours un ton ou reflet plus ou moins bleu, ou violet, ou jaune, ec., et c’est l’obtention de ce reflet déterminé qui crée généralement au coloriste les plus grandes difficultés.
- Il est également un fait très-curieux à consater, c’est que, sauf le cas unique du noir d’aniline,il est impossible d’obtenir du noir sans le concours des sels de fer ; les teinturiers le savent bien d’aileurs pratiquement, car toujours, dans l'obtention de couleurs dégagées, ils cherchent l’emploi des mor-dants, aussi exempts que possible de sels de fer, ils savent tous que les moindres traces de ces sels dans l’alun suffisent pour brunir les couleurs nécessitant son emploi.
- Enfin, pour terminer ce qui a rapport au nar et à la vieille théorie spectrale, faut-il admettre que le noir est le résultat, ou de combinaisons telles que celles des astringents et des sels de fer, noires ou à peu près, susceptibles d’absorber presquetous les rayons colorés (je dis presque, car, comae il est dit plus haut, les noirs sont toujours tentés d’une couleur), ou encore qu’il est le résultat du mélange de couleurs primitives, mais celle-ci étant en couches épaisses et toujours sous l’influence des sels de fer.
- Il faut admettre également qu’il n’y a pas de noir-noir, c’est-à-dire de noir absolu en teintire; tous les noirs sont assez teintés pour pouvoir être considérés comme des couleurs très-rabattues et très-foncées; pour s’en convaincre, il suffit de mettre en présence deux noirs différents, qui, vus ensemble par l’effet du contraste des couleurs, paraîtront immédiatement teintés chacun d’une nuance différente. Le noir-noir, dans le sens du mot, représenté par le charbon ou noir de fumée, bien lavé, n’existe donc pas en teinture; lui seul, additionné de blanc, donne du gris, qui n’existepas par le fait en teinture.
- Les gris, depuis le gris le plus clair au gris le plus foncé obtenus par le coloriste, sont également toujours teintés, et ne se rapprochent que plus ou moins des gris absolus par un lavis d’encre de Chine.
- Jnonnob iup dscorbemmepesmer
- -osb eel 9lqmxe IsQ .8012109 Tiog ph fnem-
- MODE DE TRAITEMENT
- DES EAUX PERDUES
- DES LAVOIRS DE LAINE ET DES FOULERIES d'Ed. Neumann.
- (Extrait de la Deutsche Wollen~Gewerbe.)
- On s’est servi jusqu’ici de deux méthodes diffé-rentes pour traiter les eaux de lavoirs de laine et des fouleries. Dans le procédé à la chaux, les eaux sont mélangées dans des grands bassins en maçonnerie avec du lait de chaux -, il se produit un savon calcaire, qui se sépare au bout de quelques jours sous forme d’un précipité boueux; l’eau claire qui surnage est décantée ou filtrée à travers le fond creux du bassin ; le dépôt boueux est séché et traité ensuite pour en retirer la graisse.
- L’avantage de cette méthode, c'est qu’on peut utiliser toutes les eaux, même celles qui contiennent peu de matières grasses ; cependant, elle présente des inconvénients tels, qu’elle s’est peu répandue. Il faut d’abord disposer d’un espace considérable pour l’installation des bassins, qui doivent être au nombre de deux au moins, pour permettre un travail continu, et doivent pouvoir contenir plusieurs milliers d’hectolitres d’eau ; ceci nécessite, par conséquent, des frais d’installation très-grands. Le séchage et l’enlèvement du résidu exigent beaucoup de main-d’œuvre, ce qui élève notablement le prix de revient de la matière obtenue. Il en ré-suite que les petites fabriques ou celles qui ne disposent que d’un espace limité doivent renoncer à l’emploi du procédé à la chaux.
- Dans le second système, qui a été le plus employé jusqu’à présent, la matière grasse est séparée par l’acide sulfurique ; après avoir laissé reposer pendant un certain temps, on enlève, au moyen d’écu-moirs, la couche de graisse; impure, mélangée de boue et de poils de laine, qui flotte sur l’eau. L’eau entraînée mécaniquement est d’abord exprimée à froid, puis on comprime à chaud, afin de faire écouler la graisse.
- Cette méthode présente aussi plusieurs inconvénients. Elle nécessite également un emplacement considérable et un capital d’établissement très-élevé, par suite du grand nombre d’appareils qu’elle exige et, bien que ces inconvénients ne soient pas aussi sérieux que dans le procédé à la chaux, cette méthodq ne donne des résultats rémunérateurs que dans les grandes fabriques.
- p.160 - vue 155/286
-
-
-
- ET DE I,'IMPRESSION DES TISSUS
- 161
- Les eaux perdues sont dirigées dans de grands tonneaux munis de robinets, additionnées d’acide sulfurique jusqu’à ce qu’elles donnent une réaction légèrement acide, puis chauffées par la vapeur jusqu’à l’ébullition; après les avoir fait bouillir pendant 4 à 6 heures, on les laisse reposer quelque temps, jusqu’à ce que la graisse soit entièremont séparée et surnage ; on enlève la graisse à l’aide d’écumoirs et on fait écouler l’eau par les robinets. Quand on a réuni de cette façon une grande quantité de graisse impure, on la fait bouillir encore une fois et on l’exprime.
- Il est aisé de comprendre que ces opérations sont très-coûteuses et que l’on ne peut utiliser, par conséquent, que les eaux les plus riches. De plus, cette méthode n’est fructueuse que lorsque les laines ou les draps sont lavés avec de l’urine ; mais elle n’est pas économique quand on su sert de lessives salines (résidu des savonneries) ce qui est souvent le cas; il n’est pas alors possible de tenir les vannes et les canaux propres. Enfin un inconvénient très-sérieux de la méthode acide, c’est l'odeur désagréable qui se dégage des fabriques, ce qui oblige à les placer dans des endroits écartés.
- La nouvelle méthode de M. Neumann a pour but de trouver le moyen d’atteindre le résultat qu’on a en vue dans toutes les circonstances, — qu’on emploie pour le lavage l’urine ou d’autres matières, — de permettre de traiter les eaux les plus pauvres ne matières grasses et de tenir les canaux dans un état de propreté parfaite. De plus, le système doit être tel, qu’on puisse l’installer partout et que le traitement soit encore profitable dans les fabriques les plus petites et situées dans les lieux les plus écartés.
- A cet effet, on emploie deux réservoirs placés dans le sol, dans lesquels les eaux de lavage s’écoulent par des vannes ou des tuyaux, une pompe aspirante et foulante et un filtre-presse (1) avec rigole.
- On dissout dans un poids égal d’eau du chlorure de calcium brut ou un autre sel formant avec les matières grasses un savon insoluble dans l’eau et on verse 1,11/2 ou 2 0/0 de cette solution dans le réservoir no 1, suivant la teneur en graisse des eaux * perdues ; puis on fait arriver les eaux de lavage. Le mouvement produit détermine le mélange intime de la solution de chlorure de calcium avec les eaux de lavage et le savon calcaire formé immédia-
- (1) Nous donnerons prochainement la description des presses à filtrer. (Rédaction.)
- temen se sépare à l’état de flocons fins, qui restent en suspension dans le liquide. Quand le réservoir n° 1 eit rempli, on pompe son contenu dans le filtre-presse et on laisse couler, pendant ce temps, les eaix de lavage dans le réservoir n° 2, dans lequelon introduit, au préalable, la quantité voulue de solition de chlorure de calcium.
- Le tavon calcaire, les poussières, les poils et autres impuretés restent dans le filtre-presse et l’eau, contenant en solution de la potasse, de la soude et le chlorure de calcium qui pourrait être en exès, s’écoule parfaitement clarifiée dans la rigole. ;près que le réservoir n° 1 a été vidé par la pompe, on vide le réservoir n° 2, et on remplit le réservir n° 1, et ainsi de suite, jusqu’à ce que, après huit à douze heures, la presse soit remplie, ce qu'on reconnaît aisément à cette particularité que les robinets ne coulent plus que faiblement. La presse est alors ouverte et les gâteaux sont enlevés u moyen d’une spatule en bois, quand ils ne tombeit pas d’eux-mêmes -, on referme la presse, la poupe est remise en activité et le travail recommence Les seules opérations qui exigent l'inter-ventioi de l’ouvrier sont la mise du chlorure de calciun dans les réservoirs, l’ouverture et la fermeture des robinets, l’enlèvement des gâteaux de la presse et la mise en train de la pompe ; mais ces diverses opérations se font en quelques minutes, de sore qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un ouvrier spécial pour cela.
- Les gâteaux retirés de la presse sont séchés à l’air et utilisés pour la fabrication du gaz ou bien pour ei retirer la matière grasse. L’extraction de la grasse constitue une partie distincte du traitement ces eaux perdues et peut être entreprise par les fouleries et les lavoirs de laine eux-mêmes, lorsque ces établissements sont assez importants ; mais les petites usines feront mieux de revendre les botes grasses aux fabriques qui s’occupent du traitement des corps gras. Si, au lieu du chlorure de calcium, on se sert de produits de peu de valeur et qu’en n’a pas besoin, par conséquent, de chercher à récupérer, l’extraction des matières grasses est encore beaucoup plus simple et moins coûteuse.
- Cette méthode présente les avantages suivants :
- 1. Elle n’exige qu’un petit capital et peu de place, parce que l’extration du savon s’opère à mesure que les eaux s’écoulent.
- 2. Les vannes, conduits, etc., sont toujours pare faitement propres,
- p.161 - vue 156/286
-
-
-
- 162
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 3. Le traitement des eaux les plus pauvies est rémunérateur et l’on retire presque toute l'hile et le savon gras employés.
- 4. Les lavoirs ne dépendent pas de la prisence sur les lieux d’une fabrique de corps gras, pare que la valeur des boues obtenues permet de lesexpé-dier plus ou moins loin.
- 1,000 kilogr. d’eau de lavage donnent eiviron 20 kilog. de résidu gras séché à l’air valantlO fr. les 100 kilog., de sorte qu’une foulerie qui traite par jour 4 à 5 pièces de drap retire un poduit auxiliaire d’une valeur de 1,250 à 1,500 rancs par an.
- Au point de vue des fabricants de corps gras cette méthode offre les avantages suivants :
- 1. Le résidu gras s’achète au poids, de sore que le fabricant n’a plus à s’occuper de l’habiletéet des soins que le fouleur apporte dans ses opératims.
- 2. Il n’y a à transporter et à traiter que lOOkilog. de résidu, au lieu de 5,000 kilog. d’eaux, de façon que le produit fini a un prix de revient moinire.
- 3. Le traitement est plus facile et plus rapde et, par suite, les frais de main-d’œuvre sont moins élevés.
- (Bulletin du Musée de l'industrie de Belgque).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOUVEAUX COLORANTS.
- Fuschine S.
- Ce nouveau produit qui vient d’être livré à la consommation a sur la fuschine ordinaire ur avantage marqué.
- En effet, la Fuschine S, en solution mêlée aux acides, n’a plus l’inconvénient de virer au bleu avec l’acide acétique ou l’acide sulfurique et au jaune par l’acide chlorhydrique. La solution du nouveau colorant, mêlée aux acides, conserve sa couleur primitive, ce qui lui assure de nombreux emplois dans la teinture en couleurs rabattues.
- Marron S.
- Ce nouveau colorant possède les mêmes propriétés que la Fuschine S.
- Les prix des deux colorants n’est pas plus élevé que celui des anciens produits de même nom, en première qualité. (Voir au prix courant, supplément du journal.)
- Bleu Méthylène.
- Cette nouvelle matière colorante organique, très-vive, est d’une assez grande solidité n’étant pas attaquée parle chlore elle est précieuse pour l’azurage. Mélangé avec certaines couleurs d’aniline, ce bleu sert à obtenir les nuances modes et combiné avec le vert méthyl il donne toutes les nuances du vert paon.
- MANUFACTURE
- DE COULEURS D’ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- J. RUCH& FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine. Fuchsine violette.
- La Goccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’em-ploi.
- p.162 - vue 157/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 163
- COULEURS D’ANILINE
- S’APPLIQUANT A FROID ET SANS MORDANÇAGE
- SUR COTON ET SUR SOIE
- La maison J. Ruch et fils, de Paris, offre en ce moment une série de nouvelles couleurs d'aniline, qui permettent de grandes facilités aux industries de la teinture.
- Jusqu’ici certaines nuances obtenues facilement sur laine au moyen de couleurs d’aniline, ne pouvaient l’être sur soie ou sur coton, sans exiger une préparation très délicate et très-compliquée, et ne donnant dans la plupart des cas que des résultats tout à fait incomplets.
- Les nouvelles couleurs dont nous parlons aujourd’hui, sont à l’état liquide mais en dissolutions très concentrées. Pour teindre, il suffit de faire tremper la soie ou le coton à l’eau froide puis de tordre ou exprimer de façon à ne laisser qu’une légère humidité.
- On entre ensuite dans le bain contenant la couleur liquide à froid, on donne deux ou trois tours, on lève, on tord et on sèche. Une simple terrine peut servir de vase pour contenir le bain. Telle qu’elle est livrée, la couleur liquide donne la nuance foncée; il suffit d’ajouter de l’eau pour obtenir tous les tons de dégradation.
- Le bain de teinture ne s’épuise pas, il suffit, à chaque opération, de le remonter en ajoutant un peu de colorant liquide.
- La manipulation étant la même pour le coton que pour la soie, on peut teindre les étoffes mixtes soie et coton.
- Les échantillons ci-dessous ont été teints sur coton filé, avec la couleur dite : Ponceau-Cochenille, en trois nuances, en opérant comme il a été dit plus haut.
- D’autres couleurs pour toutes nuances suivront d’ici peu. Nous tiendrons nos lecteurs au courant.
- oit
- 2 es
- TEINTURE DU COTON
- Par des couleurs de résorcine (1)
- Les procédés indiqués jusqu’à ce jour pour teindre le coton au moyen des couleurs de résorcine laissent en général à désirer, tant sous le rapport de l’épuisement du bain de teinture que sous celui de la solidité des nuances. Aussi nous empressons-nous de signaler à nos lecteurs un progrès réalisé dans ce sens par MM. P. Monnet et CiB, qui viennent de publier le procédé suivant :
- On savonne le coton à chaud au savon de Marseille pendant une heure et on tord sans laver.
- Mordançage. — On fait une dissolution de 25) gr. alun dans un litre eau bouillante, et on étend à 10 litres; on ajoute 50 grammes de cristaux de soude, on laisse reposer et on tire le liquide au clair. On introduit le coton dans ce bain qu’on maintient à l’ébullition pendant 10 à 12 heures; on le passe ensuite dans un bain renfermant 10 litres d’eau et 200 à 300 grammes d’huile spéciale pour le mordançage du coton (il faut avant de mélanger l’huile avec 10 litres d’eau la mettre en émulsion avec 1 litre d’eau, on agissant énergiquement), on laisse tirer à froid pendant 1 heure, on tord et on sèche.
- Teinture. — Le bain se compose de :
- Eau pure..........:.................-...4* 10 lit.
- Solution d’acétate d’alumine à 5° B...... 0,200
- (1) Eosine, etc. enidsiL e
- p.163 - vue 158/286
-
-
-
- 164
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et de la quantité nécessaire de solution colorante.
- On commence à teindre à 50° C, puis on chauffe jusqu’à 85-90° C., on laisse tirer jusqu’à épuisement du bain, on tord sans laver et on sèche.
- Il faut éviter d’employer dans cette teinture des eaux calcaires.
- TEINTURE DES TISSUS MI-SOIE
- Procédés allemands.
- La teinture des tissus mixtes de soie, soit chaîne-coton et trame-soie ou chaîne-soie et trame-coton, est exécutée en teignant d’abord le coton, puis la soie suivant les procédés employés pour leur teinture particulière ; il convient cependant, toutes les fois que cela se trouve possible de réunir les deux procédés en un seul. Il arrive parfois qu’après la teinture finie le coton paraît d’une nuance plus claire que la soie ; dans ce cas on répète l’opération de la teinture sur coton seul, jusqu’à ce qu'on obtienne une teinte uniforme.
- Les étoffes de soie à chaîne de coton, lorsque salies par l’usage, elles ont été confiées au teinturier-dégraisseur doivent être lavées à l’eau pure, au savon et à la soude.
- Pour dégrader les couleurs primitives et enlever les taches et rayures on fera bien, après savonnage et rinçage, de les plonger dans l’eau de chlore et de les y laisser séjourner jusqu’à ce que le but soit atteint, en prenant les soins nécessaires pour ne pas altérer l’étoffe.
- Après chlorage, rincer puis entrer pendant 1/4 d’heure dans une solution faible de bisulfate de soude et rincer de nouveau.
- Mordançage et Teinture (Pour 5 kil.)
- Magenta sur soie chaîne-coton.
- Mettre les étoffes préparées pendant trois heures dans une décoction chaude et claire de 500 gr. sumac ou de 100 gr. tannin, lever, passer à l’eau froide et teindre à tiède dans un bain où l’on a mis 5 à 20 gr. fuschine, selon la nuance.
- Rose sur soie chaîne-coton.
- Passer au sumac à chaud pendant 3 heures dans un bain, avec 500 gr. sumac ou 180 gr. tannin, et une solution de 250 gr. savon de Marseille, exprimer fortement et teindre dans un bain de 5 à 30 gr. safranine.
- Violet sur soie chaîne-coton.
- La teinture se fait comme la précédente ; au lieu de safranine on emploie une solution de 5 à 20 gr. violet méthyl, de la nuance qui convient.
- Ponceau, écarlate et rouge-soie chaîne-coton.
- Passer au sumac et au tannin comme pour Magenta, laver et teindre par 15 à 50 gr. safranine jaunâtre, monter de tiède au bouillon et laisser séjourner dans le bain de teinture jusqu’à refroidissement du bain.
- De cette manière on obtient le ponceau. Si on n’a pu se procurer la safranine jaunâtre donnant directement le ponceau, il faut employer la solution clarifiée de safranine ordinaire, mais ajouter au bain de teinture selon le besoin la solution clarifiée de 5 à 20 gr. orange d’aniline (chrysaniline). En ajoutant davantage d’orange d’aniline, on peut obtenir toutes les nuances jusqu’à l’écarlate, et en employant moins de safranine, toutes les nuances d’orange jusqu’au jaune d’or. Cependant on obtient le jaune d’or directement et à meilleur compte en se servant du produit connu sous ce nom.
- Pour obtenir le jaune d’or, l’orange et l’écarlate, on peut aussi donner un pied de 1 kil. curcum ou de 500 gr. rocou et de 200 gr. soude dans un bain bouillant, puis monter à un bain frais de safranine. Ce dernier procédé et celui à la cochenille sont à peu près abandonnés.
- A l’aide d’éosine, on obtient des nuances rouges brillantes d’un reflet double. En employant au lieu d’éosine un mélange de ce colorant avec la chry-soïdine, ou l’aurantia ou le soi-disant écarlate, on obtient de véritables nuances d’écarlate d’un lustre brillant. La teinture à l’éosine et à l’écarlate est faite comme suit :
- Pour 5 kilos. — Manœuvrer pendant une heure dans un bain d’acétate d’alumine à 2° B., exprimer et teindre dans un bain tiède par une solution clarifiée de 30 à 50 gr. éosine, rouge impérial, luté-cienne, ou écarlate selon la nuance à obtenir en y ajoutant environ 100 gr. d’acide acétique.
- Si le coton ne prend pas assez de couleur, il faut passer l’étoffe dans une solution de 100 grammes acétate de plomb, exprimer et teindre à nouveau.
- Jaune sur soie chaîne-coton.
- Manœuvrer une heure dans un bain tiède de 500 gr. curcuma, lever, exprimer, rincer et sécher.
- Aujourd’hui on emploie les couleurs artificielles.
- p.164 - vue 159/286
-
-
-
- LE MONITEUI DE LA TEINTUKE
- o. Cr
- On passe dans un bain de 500 gr. sumac ou de 180 gr. tannin pendant trois heures, on exprime, on lave et on teint dans un bain acidulé par l’acide acétique contenant une solution clarifiée de 5 à 20 gr. Chrysoïne, curcumine, jaune d’or, aurantia, orangé n° 4 (Poirrier).
- Dr REIMANN, Berlin. A suivre.
- EMPLOI DE LA CRAIE
- DANS LA TEINTURE DES LAINES
- (Extrait de la Deutsche WOLLEN GEWERBE).
- L’emploi de la craie, qui a reçu dans la teinture du coton une application pour ainsi dire générale, est totalement inconnu de presque tous les teinturiers en laine. Cependant celte substance offre un moyen très-avantageux de supprimer ou, du moins, de diminuer beaucoup les inconvénients qui se présentent dans la teinture des laines. Tous les fabri-cants et les teinturiers savent que les laines et les pièces d’étoffes brunes et les teintes noires qui sont préparées au bain et doivent être fortement foncées au moyen de sulfate ferreux possèdent une certaine rudesse et une certaine raideur. Dans les étoffes, ces défauts se révèlent au toucher -, le tissu est rude et dur, comme la toison d’un bouc ; pour les laines, ils se traduisent par une diminution notable de la solidité et de la propriété feutrante, ainsi que de celle de se laisser fouler. On rencontre surtout des difficultés quand on doit filer ces laines en fin.
- Ces inconvénients proviennent principalement de l’acide sulfurique libre, qui est contenu dans le sulfate ferreux ou est mis en liberté par la décomposition ou l’action du sulfate, c’est-à-dire par la combinaison du fer avec les bois de teinture.
- Ces difficultés sont entièrement surmontées quand on ajoute au sulfate ferreux dans le fonçage une certaine quantité de craie; cette craie absorbe d’abord l’acide sulfurique libre que tous les sulfates renferment en proportions variables. L’excès de craie n’agit pas sur le sulfate neutralisé • mais il recommence à absorber de l'acide sulfurique aussi-tôt que la moindre trace de cet acide est mise eq liberté dans le bain, et ce dernier est toujours
- maintenu à l’état neutre. Comme la craie elle-même est une substance insoluble neutre, l’excès n’agit pas et ne peut exercer aucun effet nuisible. Ceci explique pourquoi on consomme moins de sulfate ferreux dans cette méthode qu'autrement, parce que l’acide libre enraye considérablement la décomposition du sulfate ou l’absorption de l’oxyde de fer par la matière colorante ; il en résulte que, quand l’acide est neutralisé à mesure qu’il est mis en liberté, l’effet du sulfate, ajouté peut être complet.
- On emploie une partie de craie pour 4 de sulfate ferreux ; quand ce dernier est très-fortement acide, on augmente légèrement la proportion de craie. Pour la teinture en pièces, il est à conseiller de dissoudre le sulfate séparément et d’introduire ensuite la craie. L’acide carbonique se dégage rapidement, ce qui gêne un peu le travail, par suite des fortes bulles qui se produisent.
- Les laines et les étoffes traitées de cette façon restent beaucoup plus douces et plus souples et se travaillent bien mieux.
- L’emploi de la craie dans la cuisson du bois de campêche mérite aussi de fixer l’attention. Une eau chargée d’acide carbonique épuise bien mieux et plus rapidement le bois que de l’eau pure. Quand l’eau est pauvre en acide carbonique, on fera donc bien d’ajouter un peu de craie au commencement de l’opération et de verser ensuite par portions successives, pendant la cuisson, un peu d’acide sulfurique, qui dégage de l’acide carbonique. On met 1 partie d’acide pour 3 parties de craie. Si le bois est devenu jaune, c’est qu’on a ajouté un peu trop d’acide et il faut neutraliser ce dernier par une addition de craie, qui rend le bain de nouveau rouge.
- On peut, de même, neutraliser par la craie un bain de teinture devenu tout-à-fait mauvais et le rendre ainsi complètement rouge ; on peut alors s’en servir comme d’un bain frais -, la formation du sulfate de chaux n’entraîne aucun inconvénient et le prix minime de la craie en poudre est largement compensé par la meilleure utilisation de l’acide et de la matière colorante.
- (Bulletin du Musée de l’Industrie de Belgique.)
- p.165 - vue 160/286
-
-
-
- 166
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- SUR LE- NOIR DANILINE
- Par M. l’abbé Vassart (1).
- M. l’abbé Vassart donne la première partie de son travail sur le noir d’aniline. Il essayera de répondre à toutes les questions qui peuvent intéresser le chimiste et l'industrielsur cette matière colorante dont les applications sont si importantes, mais hérissées de tant de difficultés.
- 1. — Quelle est la constitution atomique du noir d’aniline?
- Toutes les analyses qui ont été faites des noirs obtenus dans les conditions les plus diverses montrent que la base du noir dérive de l’aniline et non des homologues supérieurs. Le noir d’aniline type serait une tétramine et résulterait de l’oxydation de l’aniline.
- 2. — Quelle est l'aniline préférable pour le noir?
- La solution précédente, qui paraît tout d'abord n’avoir qu’un intérêt purement scientifique, fournit la réponse à cette seconde question : l’aniline préférable pour la formation du noir, c’est l’aniline la plus exempte de toluidine, cette dernière entrant dans la formation de la rosaniline et de la mauva-niline, mais n'entrant pas dans la formation du noir. Une méthode des plus simples est proposée pour mettre l’industriel à même de vérifier rapidement les conditions dans lesquelles se trouve l’aniline qu’on lui offre pour noir.
- 3. — L'intervention d’un métal ou d’un sel métallique est-elle nécessaire pour la formation du noir?
- Théoriquement, il faut répondre négativement ; industriellement, l’intervention d’un métal, susceptible de passer plus ou moins facilement par deux états d’oxydation minimum et maximum, doit être regardée comme indispensable. Cette proposition est appuyée sur l’étude raisonnée de tous les procédés industriels qui ont été ou sont encore actuellement pratiqués; procédés aux sels de cuivre solubles et insolubles, procédés au ferrocyanure, procédés par la teinture bistre ou par la teinture rouille, procédés au bichromate et procédés aux vanadates.
- (I) Bulletin de la Société industrielle du Nord de la Fra nce (Assemblée générale mensuelle du 31 juillet 1877)
- BIBLIOGRAPHIE
- LE TEINTURIER UNIVERSEL
- ECHO DES APPLICATIONS
- DES
- MATIÈRES COLORANTES AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- Journal spécial
- De la teinture et de l'apprêt des étoffes, de la production .et de la préparation des matières tinctoriales, de l'impression et de la fabrication des papiers peints.
- Tannage et coloration des cuirs.
- Publié sous la direction de M. Jacob.
- La publication que nous signalons aujourd’hui à nos lecteurs n’est pas nouvelle, elle n’en présente pas moins un grand intérêt.
- Contemporaine des cours professés aux Gobelins par M. Chevreul, au conservatoire des arts et métiers, par M. Persoz pour la teinture, par M. Payen, pour les industries utiles à la teinture, et aucollége de France par M. Balard pour les produits chimiques, elle donne les compte-rendus fidèles des leçons de ces maîtres de la science, leçons qui resteront toujours comme bases .fondamentales des études théoriques et pratiques en ces matières. Ces documents sont à peu près introuvables aujourd’hui. La publication contient, en outre, une foule de documents inédits relatifs à la teinture et à l’impression. Cent quarante-sept échantillons de teinture avec les modes d’opération (mor lançage, teinture, tours de mains), de nombreux articles sur le blanchiment et les apprêts, l’étude des colorants et des produits chimiques employés, font de cette publication un complément indispensable du travail de tout teinturier jaloux de son art.
- Nous recommandons d’autant mieux cet ouvrage à nos lecteurs qu’il a été dirigé dans sa publication par un homme compétent et qu’il comble une lacune existant depuis plusieurs années dans la collection du Moniteur de la Teinture dont les années antérieures à 1866 sont épuisées.
- Les 4 volumes du Teinturier universel et les 11
- (1) Quatre volumes in-4° parus de 1860 à 1864, contenant chacun 50 échantillons. — Prix 20 francs. — Chaque volume se vend séparément 6 francs.-'— Librairie J. BAU-dry, 15, rue des Saints-Peres, à- Paris, où à l’Office du Moniteur de la Teinture Ni} 90 t uied J J ensb brzedi
- p.166 - vue 161/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 167
- volumes du Moniteur de" la Teinture constituent le traité théorique et pratique le plus étendu et le plus complet concernant les industries tinctoriales, dont ils sont l’auxiliaire le plus précieux.
- L'ACIDE SALICYLIQUE
- ET SES DIVERSES APPLICATIONS
- Par A. SCHLUMBERGER, De la Maison Schlumberger et Cerckel.
- Sous ce titre, M. Schlumberger vient de publier une brochure très-intéressante dont nous nous proposons de rendre compte, d’une façon détaillée. Dès aujourd’hui, nous pouvons mettre sous les yeux de nos lecteurs la table des matières contenues dans ce volume.
- Préface 6. — Propriétés générales de l’acide sa-licylique, 9. — Conservation de la bière, 14. — Conservation du vin et du cidre, 42. — Conservation des moûts, 43. — Mutage des vins, 49. — Conservation des vins, 51. — Conclusions, 56. — L’acide salicylique dans les ménages, 58.—Légumes, 61. — Viande et poisson, 63. — Beurre, 65. — OEufs, 66. — Lait, 67. — Fruits, confitures, 68. — Apprêts^ parements, colles et albumine, 69. — Cuirs, 70. — Encre, extraits de bois et de plantes médicinales, 70. — Action physiologique, 71. —Biographie de l’acide salicylique, 79.
- On voit qne M. Schlumberger a traité la question de la façon la plus complète.
- INFORMATIONS & FAITS DIVERS
- PROMENADES INSTRUCTIVES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Le 2 juillet a eu lieu la première des promenades instructives à l’Exposition : Section, mécanique (vapeur, chaleur,, générateurs, forces motrices, etc.) organisée par M. Testud de BEAUREGARD, ingénieur, 162, rue de Lafayette, qui se met à la disposition des adhérents (1) à sa publication (Lettres-causeries).
- (1) Brochure in-8, 80 pages. — En vente au Bureau du Journal. Prix : 1 fr. 25 par poste.
- (1) Les abonnés au Moniteur de la Teinture jouiront du même privilège que les adhérents aux Lettres-Causeries.
- Ces promenades se continuer ontchaque mardi et vendredi et le 2me dimanche de chaque mois jusqu’à la fermeture pour les personnes qui, occupées en semaine, ne peuvent disposer que des jours fériés. Le rendez-vous des personnes intéressées aura lieu, soit chez M. Testud de Beauregard, 162, rue Lafayette, jusqu’à une heure précise, soit à l’Exposition à deux heures, classe 53, en entrant par la porte Rapp, sous la galerie vitrée. Là un commissaire spécial sera chargé de présider à la réunion.
- Nota. — L’administration des Lettres-Causeries prie les personnes qui voudraient profiter des explications données par M. Testud de Beauregard à l’Exposition, de bien vouloir écrire à l’avance, en indiquant le lieu de rendez-vous qu’elles auront choisi. L’administration prie ces personnes de bien vouloir mettre un timbre dans leur lettre afin qu’il soit possible d’avertir dans le cas où une circonstance quelconque nécessiterait une réponse.
- Ces promenades instructives sont entièrement gratuites.
- L'administrateur, Ch. de DIENHEIM Brochockl
- L’ACIDE SULFUREUX DÉNONCIATEUR.
- ~ '
- Les époux S..., teinturiers, rue Malet, à Paris, étaient partis dimanche pour se rendre au spectacle, et, comme ils avaient donné congé à leur bonne jusqu’à minuit, il ne restait personne chez eux. Quand ils arrivèrent au théâtre, il se trouva qu’ils avaient été mal renseignés au sujet de la represen-lation, et qu’on ne donnait pas la pièce qu’ils voûtaient voir. Ils remirent la partie à une autre fois.
- De retour à leur domicile, ils s’aperçurent que le secrétaire placé dans la chambre à coucher avait été ouvert et qu’on en avait enlevé une somme relativement importante.
- Tandis qu’ils se livraient à ces constatations, des éternuments violents et répétés se firent entendre tout à coup dans un cabinet voisin. Le sieur S... s’y rendit avec de la lumière et vit sortir de dessous une robe, faisant partie d’un amas d’étoffes, un jeune homme qu’il employait quelquefois à faire des écritures.
- Ce jeune homme, nommé V..., était en proie à une toux convulsive et paraissait menacé de suffocation. Ce ne fut qu’avec une extrême difficulté,
- p.167 - vue 162/286
-
-
-
- 186
- ET DE L’IMPISSION DE- ISSUS
- dit le Droit, qu’après s’être jeté aux pieds du sieur S... et lui avoir demandé pardon, qu’il put donner quelques explications.
- Une clef ayant été égarée un certain temps auparavant, on en avait fait refaire une autre ; plus tard, V... l’avait retrouvée et l’avait gardée. Sachant hier que tout le monde était sorti, il avait eu la mauvaise pensée de s’en servir pour entrer dans l’appartement et commettre un vol. Déconcerté par le retour imprévu des époux, il s’était caché sous les étoffes déposées dans le cabinet, espérant pouvoir sortir quand les époux seraient couchés et endormis.
- Mais les étoffes, et surtout la robe, destinées à la teinture, avaient été passées au soufre et se trouvaient fortement imprégnées d’acide sulfureux. Le malheureux n’avait pu résister à l’effet produit sur ses organes par l’excitation de cet acide. S il se fût contraint plus longtemps, il aurait probablement péri suffoqué.
- Le sieur S... lui eût peut-être pardonné ; mais sa femme, alarmée, s’était élancée au dehors en criant au voleur. Plusieurs personnes et, parmi elles, un gardien de la paix, étaient, accourues et le voleur peu chanceux a dû être arrêté.
- PRODUCTION DE LA SOIE EN CHINE
- On vient de publier une statistique intéressante de la production de la soie en Chine, pour les districts desservis par le port de Shangai.
- L’exportation totale, qui avait été, en 1876-77, de 74,458 balles, ne s’est trouvée être, cette année, que de58,300, et la consommation indigène estimée à 32,000 balles, contre 25,000 dans la saison précédente. Il est intéressant de connaître que la France a importé 25,600 balles, alors que les chiffres n’ont été, pour Londres, que de 22,350 ; Brindisi (Italie-Suisse), 2,100: Amérique, 4,350; Bombay et la côte, 3,900 balles.
- De même qu’en 1875-76, 1876-77, 1877-78, le chiffre des importations de soies de Chine a été supérieur, en France, à celui d’Angleterre, et c’est avec satisfaction que l’on constate le développement des importations directes, alors que, pendant tant d’années, l’Angleterre semblait avoir le monopole du commerce des soies.
- FIN DE LA GRÈVE DES OUVRIERS AFFRÉTEURS DE LYON
- Les patrons apprêteurs lyonnais avaient décidé que les tarifs proposés aux ouvriers, mais non
- acceplés par eux, entreraient en vigueur de toute façon à partir du 1er août.
- La corporation a considéré que les ouvriers obtenaient par ce nouveau tarif ce qui formait le point essentiel de leur demande, la réduction d’une heure sur la durée de la journée de travail.
- En conséquence, elle a décidé que la rentrée dans les ateliers s’effectuerait le 5 juillet 1878, à 6 heures du matin, à condition qu’elle soit générale et qu’aucun ouvrier ne subisse d’exclusion pour avoir pris part à la grève.
- COMMENCEMENT DE GRÈVE DES OUVRIERS TEINTURIERS DE SAINT-GHAMOND
- Le Moniteur de la Loire annonce que les ouvriers teinturiers de Saint-Chamond ont pour la plupart donné leur huitaine, à la suite de la présentation d’un tarif que les patrons n’ont pas cru devoir accepter.
- Fabrique de couleurs d’Aniline. LAZARD-GODCHAUX
- 60, rue de Méerode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et . Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation i
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que Von obtient par la cochenille; la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit parleur action.
- Ecarlate pour coton. I Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu’à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- EleuNicholson. — Bleu marine. — Bleus spèciaux pour coton.
- Envoi gratis du 'prix-courant, type de produits et modes d’emploi pour la teinture.
- Le Propriétaire-Gérant ; Paul BLONDEAU.
- Tous droits réservés.
- Lmp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.168 - vue 163/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, N° 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Août 1878.
- SOMMAIRE
- Revue de l’Exposition. — Influence du grillage des tissus mérinos et de l’encollage des tissus de laine sur la teinture de ces tissus, par M. POIRRIER aîné. — L’éclairage électrique à la filature du Champ-du-Pin, à Epinal (fin).
- PROCÉDÉS PRATIQUES : La roccelline (échantillons). — Teinture des tissus mi-soie (procédés allemands) (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Perfectionnements dans les machines à sécher et ouvrer la laine, par
- M. Moore. — Rouleaux presseurs en caoutchouc pour impressions, de MM. Le TELLIER et VESTRAET. — Remarques sur l'essai des tartres bruts, par MM. SCHEURER-KESTNER.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Numérotage uniforme des fils.
- REVUE DE L’EXPOSITION
- GROUPE V
- France. — Classe 47.
- L’exposition la plus importante et la plus remarquable des colorants artificiels est, sans contredit, celle de la maison A. Poirrier de Paris, si connue de nos lecteurs.
- De belles coupes de cristal contiennent ces produits qu’on peut croire enchantés quand le regard s’arrêtant successivement sur le colorant et l’étoffe qu’il a servi à teindre, compare le produit avec les nuances admirables des étoffes qui entourent les pieds des coupes et capitonnent les intervalles laissés entre elles.
- Combien de visiteurs, ébahis, on peut le dire, devant ce bloc brillant au reflet vert-bronze, ont-ils pu s’imaginer qu’ils avaient devant les yeux le célèbre violet de Paris ou violet de diméthylaniline, découvert par M. Ch. Lauth en 1861 et fabriqué industriellement pour la première fois dans l’usine de St-Denis, en 1866, avec la collaboration de M. Bardy ? »
- Leur étonnement n’est pas moindre quand ils considèrent un bloc de dimensions plus modestes, formé par l’enchevêtrement de magnifiques cristaux de fuschine, placé dans le vase qui couronne l’Exposition.
- Mais laissons-là le public et ses étonnements -, nos lecteurs sontfamiliarisés depuis longtemps avec ces produits qu’ils savent si bien apprécier, et continuons notre compte-rendu.
- Parmi les matières premières auxiliaires de la
- fabrication des colorants figurent, en cristaux remarquables par leurs dimensions et leur beauté, la Résorcine, la Diphenylamine, Vorcéine, la Diben-zylaniline, les acides benzoïque, naphtylique etc.
- En suivant l’ordre chronologique des découvertes et de la fabrication industrielle des colorants, nous remarquons successivement :
- Le violet au bichromate de potasse, première matière colorante dérivée de l’aniline, découverte par Perkins en 1858, fabriquée et livrée à la consommation sous le nom de Rosalane, par la maison Poirrier depuis 1860.
- Viennent ensuite la fuschine, le violet et le bleu de rosaniline, le vert lumière et le violet Hofman, puis le violet de Paris, dont nous avons parlé, et le violet de diméthylaniline benzylé. Ce dernier a été obtenu en 1868, à l’usine de St-Denis, en substituant aux iodures le chlorure de benzyle, dont MM. Ch. Lauth et Grimaux avaient précédemment signalé l’action remarquable sur la rosaniline. Les violets benzylés ont permis aux teinturiers d’obtenir les différents tons depuis les violets les plus rouges jusqu’aux plus bleus ; ils sont aussi bleus que les violets éthyles ou méthylés, mais plus purs de nuances et ont l’avantage de pouvoir teindre la laine en présence d’acides.
- Dès 1869, l’exposant avait substitué avec avantage le violet de Paris à la rosaniline, pour l’obtention du vert lumière. En 1871, avec la collaboration de M. Baubigny, ce vert a pu être obtenu par la réaction, sur le violet, du nitrate de- méthyle au lieu des iodures. Le nitrate valait h fr. et les iodures 90 fr. le kilo.
- Mais si le nitrate de méthyle était bon marché, son maniement était des plus dangereux. L’explo-
- p.169 - vue 164/286
-
-
-
- 170
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sion du 19 novembre 1874 en est malheureusement la preuve ; aussi ce sel est-il aujourd’hui remplacé par le chlorure de méthyle.
- Sous la direction de M. Luizet, l’un des nombreux collaborateurs de M. Poirrier, l’usine de St-Denis a organisé à la fin de 1876 la fabrication du brun de Phényléne-diamine et de la chrysoïdine.
- Le brun se fabriquait avant cette époque, exclusivement en Angleterre.
- La chrysoïdine présente un assez grand intérêt pour la teinture du coton.
- Dans le but, qu’il a toujours poursuivi, de maintenir au premier rang l’industrie française des matières colorantes dérivées de la houille, M. Poirrier n’a reculé devant aucun sacrifice. Dernièrement il a installé à l’usine de St-Denis un laboratoire exclusivement destiné aux recherches, dont la direction spéciale, de même que la direction générale des fabrications, a été confiée à M. Rosensthiel, dont le nom est connu de tous les lecteurs du Moniteur de la Teinture, qui a publié une partie de ses nombreux travaux.
- Les inventeurs de nouveaux produits colorants, qui peuvent avoir quelque intérêt pour la consommation, sont toujours certains de recevoir bon accueil à l’usine de St-Denis, ainsi que va le démontrer l’énumération des produits suivants, découverts par des tiers inventeurs et dont l’usine a créé la fabrication.
- En continuant par ordre de date, nous trouvons le cachou de Laval, découvert par MM. Croissant et Bretonnière, dont la fabrication a commencé en 1876. Nous avons publié de nombreux articles sur ce colorant, nous n'y reviendrons pas aujourd’hui.
- A la fin de 1875, le savant chimiste M. Roussin, bien connu par ses travaux sur la naphtaline, fit la découverte des orangés, de la Roccelline, de la chrysoine, et céda le droit d’exploitation à M. Poirrier, dès le commencement de 1876.
- Il fallut un an pour sortir des difficultés toujours inhérentes à la transformation des travaux de laboratoire en travaux d’ateliers et pour l’installation de la fabrication des matières premières des produits. Le premier produit obtenu a été l'orangé n° 1, qui donne la nuance capucine -, puis l'orangé n° 2, l’orangé n° 3, l'orangé n° h, obtenus par la réaction du dérivé diazoïque de l’acide sulfanilique sur le naphtol A, pour le premier et successivement sur le naphtol B, la méthylaniline et la diphényla-mine pour chacun des trois autres. La fabrication de
- la roccelline n’a commencé qu’en 1877. (Voir dans ce numéro l’échantillon de roccelline sur soie.)
- A la suite du mémoire'publié il y a quelques mois par M. Hofmann indiquant la composition et le mode de préparation de ces produits, les fabricants étrangers ont reproduit ces mêmes colorants, il en est même qui ont cru devoir faire breveter les découvertes de M. Roussin, exploitées depuis plus de 18 mois par la maison Poirrier.
- D’autres produits, dans la même série, sont à l’étude, nous les ferons connaître à nos lecteurs, lors de leur entrée dans le monde des industries tinctoriales.
- Citons encore Véosine et le dérivé nitré de l’éosine, ou lutécienne très-apprécié du consommateur.
- La production des bleus alcalins et des bleus pour coton, se développe chaque année, ce qui prouve en leur faveur.
- La fabrication de la safranine a pris de plus en plus d’importance.
- Enfin, pour satisfaire aux exigences.de la consommation, la maison s’est assurée le droit d’exploitation de la diphénylamine et du bleu de diphény-lamine en achetant une licence aux inventeurs, MM. Girard et de Laire.
- Nous terminons ce compte-rendu par quelques indications générales sur la puissance de production de l’usine, ses machines et outillages, l’organisation et la division du travail, la participation des collaborateurs, etc.
- L’usine de St-Denis comprend une superficie d’environ 3 hectares. La force motrice est produite par 15 générateurs, représentant une surface de chauffe de 850 m. carrés (c’est-à-dire plus de 556 chevaux-vapeur) et 25 moteurs à vapeur d’une puissance totale de 175 chevaux ; le nombre des ouvriers est de 350 en moyenne.
- Les appareils spéciaux utilisés dans la fabrication sont : des vases clos fonctionnant à très haute pression -, des appareils clos munis d’agitateurs pour les dissolutions, les réactions, les lavages; des filtres presses, des appareils à filtrer pour le vide, des appareils distillatoires ; un four à sole tournante, un grand nombre de machines à pulvériser.
- Le chiffre d’affaires s’élève annuellement à environ quatre millions de francs, dont un peu plus de moitié pour l’exportation. Ce chiffre a pu être maintenu grâce à la qualité des produits et à la réputation universelle que l’usine avait acquise par la
- p.170 - vue 165/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 171
- supériorité incontestée de ses procédés pour l’obtention des verts et des violets.
- La baisse énorme du prix des produits, la concurrence des fabriques étrangères, privilégiées par l’admission en franchise des produits fabriqués, quand toutes les matières premières que doivent importer les usines françaises sont frappées de droits de douanes, de droits d’exercice et de régie sur le sel marin et l’alcool nécessaires à la fabrication ; la situation inégale créée aux inventeurs français par la législation française et les législations étrangères sur les brevets d’invention (I) ont été des difficultés considérables, que l’usine est parvenue à surmonter en réalisant de grands progrès dans ses différentes fabrications.
- En dehors du chef de la maison, qui a la haute direction de la production et de la vente, et de la direction du laboratoire de recherches et de la direction générale de l’usine, chaque branche de l’industrie est dirigée par un chimiste spécial qui a des contre-maîtres sous ses ordres. Un ingénieur dirige les ateliers de construction et d’entretien du matériel de l’usine.
- A la tête de la partie commerciale est placé un directeur. La vente se fait par l’entremise de voyageurs et d’agents dans les centres de consommation de tous les pays -, ces agents ont un dépôt des produits en toutes marques (et ce n’est pas peu dire).
- En dehors des appointements fixes, tous les coopérateurs de la production, chimistes, contre-maîtres, ouvriers, au bout de deux années de séjour à l'usine, et ceux de la vente, participent aux bénéfices dans des conditions particulières et proportionnelles appropriées aux services rendus, au chiffre d’affaires, aux salaires, etc. Les ouvriers reçoivent le montant en un livret de caisse d’épargne, dont le capital ne peut être touché avant un délai déterminé, ce qui grossit leurs économies. La part totale des participants est d’environ 40 p. 100. C’est une large part.
- Il n’y a pas de caisse de secours ni d’institution de prévoyance, mais l’ouvrier reçoit quotidiennement et gratuitement du lait et du café froid pendant les chaleurs, l’établissement contient 12 baignoires pour les ouvriers; chacund’eux reçoit gratuitement ses vêtements de travail.
- (1) Un Congrès international sur la propriété industrielle doit avoir lieu prochainement. Le Moniteur de la Teinture en rendra compte.
- Des dispositions sont prises pour assurer un bon aérage des ateliers. Tout ouvrier malade reçoit 1/2 salaire, les soins du médecin et les médicaments aux frais de l’usine, ou le paiement d’un lit à l’hôpital s’il préfère s’y faire soigner. Ce qui remplace la caisse de secours ou la société de secours mutuels.
- Dans l’exposé que nous venons de faire, nous nous sommes un peu écarté de ce que l’on est convenu d’appeler un compte-rendu d’Exposition. Nous espérons que nos lecteurs ne nous en voudront pas pour cela. L’Exposition n’est pas seulement un concours de produits, c’est également un concours d’industries, et c’est un devoir pour l’écrivain de décrire avec quelques détails, celles qui comme la maison Poirrier sont une des gloires de l’industrie française.
- P. Blondeau.
- A suivre.
- INFLUENCE DU GRILLAGE DES TISSUS MÉRINOS
- ET DE L’ENCOLLAGE DES TISSUS DE LAINE
- SUR LA TEINTURE DE CES TISSUS
- Mémoire présenté à la Société industrielle de Reims
- Par M. Poirrier aîné.
- L’espace nous manque pour publier en entier le remarquable et intéressant travail de M. Poirrier aîné, qui a obtenu la médaille dJor au concours de 1877 de la Société industrielle de Reims. Nous nous contenterons donc de donner le résumé qu’en a fait le rapporteur et nous le ferons suivre des conclusions de l’auteur, M. J. Martin-Ragot, président honoraire de la Société.
- « L’auteur du mémoire a suivi un ordre rationnel en partageant son travail en deux parties : traitant ce qui concerne le grillage dans la première partie, et ce qui se rapporte à l’encollage dans la seconde.
- » La première partie se compose de l’historique et d’une étude très-complète des divers procédés de grillage et de leur influence sur la teinture-, de nombreuses expériences sont consignées dans le mémoire et les échantillons levés sur les pièces qui ont servi à faire ces expériences en rendent les résultats palpables. Ce travail sera lu avec intérêt par tous les praticiens; et quoique publié dans le bulle-
- p.171 - vue 166/286
-
-
-
- 8
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tin, restera en minute déposé dans nos archives avec la carte d’échantillons pour être mis à la disposition des sociétaires qui voudraient le consulter.
- » Dans la seconde partie, l’auteur s’excuse de ne pouvoir faire sur l’encollage un travail aussi complet en raison de l’impossibilité matérielle de se procurer des tissus encollés d’une façon authentique avec toutes les variétés de colle qu’il importe d’étudier, et surtout à cause de la nécessité de laisser vieillir certains parages pour s’assurer, par une longue expérience, si en devenant le siège d’une fermentation, ils ne pourraient pas produire des taches à la teinture.
- » L’auteur est donc resté pour cette partie dans les généralités -, mais il a profilé de cette occasion pour rendre un vrai service à la teinture en divulguant un procédé d’une facile application, pour enlever les taches de paraffine qui se révèlent dans beaucoup de tissus après traitement, et qui, jusqu’alors, semblaient presque indélébiles, b
- CONCLUSIONS (1)
- L’opération du grillage des tissus marque la première étape des difficultés qu’éprouve le teinturier dans l’application d’un art qui exige les connaissances les plus variées et les plus étendues ; qui exige une expérience consommée, qui ne s’acquiert que par de nombreuses années de labeurs incessants. C’est un art en un mot si difficile, que malgré la vaste étendue du champ à exploiter, il n’attire à lui aucun des hommes de science et d’études qui encombrent tant d’industries diverses ; et que seuls, quelques hommes intelligents, énergiques, fils de leurs œuvres pour la plupart, ont su élever au premier rang de nos industries nationales.
- Il ressort de ce qui a été dit sur les différents systèmes de grillage énoncés dans ce mémoire :
- 1° Qu’une même pièce, dont la moitié était grillée sur colle à la plaque, et l’autre moitié non grillée, se comportait à la teinture aussi bien d’un bout que de l’autre, comme nuance tranchée et bien unie ; mais que la partie grillée absorbe un peu moins de matières colorantes que celle qui ne l’est pas, et qu’il faut un peu plus de temps à cette dernière pour arriver au même ton de nuance ;
- 2° Qu’une même pièce grillée, moitié sur colle
- (1) Les expériences ont porté sur des tissus grillés : 1° à la plaque cintrée; 2° à la machine Tulpin frères, de Rouen (au gaz) ; 39 à la machine Blanche, perfectionnée par Pierron et Dehaitre, de Paris (au gaz).
- à la plaque et moitié après le désencollage et le dégorgeage, se teignait également bien, mais que cette dernière moitié est plus claire que l’autre;
- 3° Que le grillage active la prise de la teinture, et que celui à la plaque arrive plus vite au même ton de nuance que celui au gaz ;
- 4° Que la co-existence de la colle favorise l’opération du grillage par rapport à la teinture, en donnant aux tissus plus d’affinité pour les matières colorantes, et que le grillage n’exerce aucune in-fluence sur les différentes espèces de colle ;
- 5° Que le grillage sur colle, au gaz, exerce une influence moins sensible sur l’ensemble des nuances que celui à la plaque, et que les différences variables entre les nuances sont peu marquées entre les parties grillées et celles non grillées ;
- 6° Que le grillage fait après le décollage n’a pas eu beaucoup d’effet sur l’ensemble des nuances.
- L’expérience paraît démontrer que les nuances foncées gagnent un peu par le grillage sur colle, et que les nuances claires semblent se comporter d’une manière indifférente dans les divers modes de grillage.
- Chaque industrie peut employer à son gré la plaque ou les machines à gaz.
- Le travail fait, soit sur l’une, soit sur les autres, possède un mérite que le jugement de chacun peut classer, il ne faut qu’éviter les écueils inhérents à chaque système.
- Avant que la machine Blanche ait été perfectionnée par l’addition d’une seconde rampe, par le changement de soufflet à air et son remplacement per une pompe, par l’installation d’un réservoir d’air, que j’appellerai régulateur, on pourrait dire que la priorité pouvait être attribuée à la plaque, pour les tissus forts à teindre en noir ; mais que la préférence, indubitablement, devait être accordée au gaz pour les tissus de toutes qualités, qui doivent être teints en couleurs, ainsi que pour tous les tissus sans distinction de forces, ni de qualités, ni de nuances.
- En outre de sa perfection dans le travail, cette dernière machine à gaz possède l’immense avantage d’une production considérable, et réalise, sur les autres systèmes de grillage, des économies si évidentes, que je me crois dispensé de les déterminer en les rapprochant.
- Les intéressés seront assez clairvoyants pour les distinguer.
- J’ai fini, messieurs, cette étude. Elle renferme
- p.172 - vue 167/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 173
- dans son ensemble tout ce qui a été écrit par de nombreux savants sur le grillage.
- J’ai complété cette question, en y ajoutant des éléments qui ne peuvent être puisés que dans le travail pratique.
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- A LA FILATURE DU CHAMP-DU-PIN, A EPINAL,
- NOTE COMMUNIQUÉE
- Par M. William GROSSETESTE, Ingénieur,
- A la Société industrielle de Mulhouse
- — Fin —
- J’ai dit que l’intensité de l’éclairage était assurément exagérée dans cette installation ; c’est ce qui résulte en effet de la comparaison des pouvoirs lumineux. MM. Heilmann et Schneider ont établi, par les expériences dont ils vous ont communiqué les résultats, qu’une lampe, munie de son globe dépoli, donne une lumière équivalant à quatre-vingts lampes carcel, pour une force absorbée de deux chevaux-vapeur environ. M. Hippolyte Fontaine, dans son étude sur l’éclairage par l’électricité, dit que, grâce à des améliorations, qu’il ne décrit pas, un demi-cheval produit le pouvoir éclairant de cent lampes carcel ; ce serait cinq fois plus que les chiffres trouvés par MM. Heilmann et Schneider. Si, pour certaines applications, cette augmentation est avantageuse, il n’en est pas de même pour les applications spéciales qui intéressent nos industries. Pour celles-ci, la solution du problème consisterait à augmenter le nombre des sources lumineuses, plutôt que leur puissance.
- Admettons donc le minimum, soit quatre-vingts becs; l’ensemble constituerait donc l’équivalent de trois cent vingt becs pour les quatre lampes. Or, la salle était éclairée par soixante becs pour la préparation et soixante-cinq pour les selfactings.
- Ces chiffres montrent quel excédant relatif de lumière résulte de cette installation-, mais, dans l’état actuel des choses, cette condition est indispensable, car, pour l’éclairage d’ateliers de filature ou d’autres analogues, tous les efforts doivent tendre à faire de la lumière diffuse qui ne peut s’obtenir qu’au prix d’un grand sacrifice de lumière directe.
- Quoi qu’il en soit, les résultats obtenus chez MM. David Trouillier et Adhémar sont des plus encourageants, et, si l’on tient compte des quelques modifications que la pratique indiquera successivement, on peut dire que cette application a été couronnée de succès.
- Dans le cas particulier, l’économie est réelle, malgré l’immense supériorité de la nouvelle source lumineuse. La force motrice est prise sur un moteur hydraulique, dont l’excédant de puissance fournit, et au-delà, la force nécessaire. C’est là un des avantages spéciaux aux usines qui se trouvent munies de moteurs de cette nature, et, pour le plus grand nombre, ce sont celles-là qui dépensent le plus pour l’éclairage, comme par exemple les usines placées dans des vallées éloignées des voies ferrées, et qui paient pour les charbons des prix très-élevés.
- Mais ce n’est pas seulement au point de vue de l’éclairage que cette installation est intéressante La combustion du gaz élève la température des salles, surtout dans le rez-de-chaussée, d’une manière souvent gênante pour les ouvriers; l’éclairage électrique supprime cet inconvénient. Au Champ-du-Pin, réchauffement de l’air est insensible, comme le montre l’expérience suivante ; la salle avait été éclairée au gaz, comme à l’ordinaire, jusqu’au moment de l’arrêt du travail ; l’éclairage électrique ayant été mis en train, la température s’est abaissée en une demi-heure de 3 à 4 degrés.
- Les produits de la combustion du gaz, qui ne présente pas d’inconvénients sensibles quand la durée du travail est courte, finissent par devenir gênants quand le travail dure toute la nuit, surtout dans un rez-de-chaussée, car la ventilation est toujours très-difficile à y établir.
- Il n’en est plus de même avec l’électricité, et ce sont là, messieurs, des avantages dont l’importance est à prendre en considération.
- Vous serez d’avis, bien certainement, qu’il convient d’encourager les tentatives faites dans cette voie.
- Les applications se multiplient d’ailleurs et les progrès se font de plus en plus sentir.
- J’ai vu récemment, au Hâvre, au Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, plusieurs installations très-remarquables.
- Les travaux de l’avant port s’exécutent la nuit aussi facilement que le jour, grâce à l’éclairage électrique; les phares de la Hève sont munis de
- p.173 - vue 168/286
-
-
-
- 174
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lampes électriques; les transatlantiques portent, à l’avant, un phare électrique.
- A Rouen, M. Manteau éclaire son tissage à l’électricité; le square de l’hôtel de ville est souvent éclairé par six lampes électriques, dont l’effet ne peut être comparé à celui obtenu par aucun autre système d'éclairage.
- Enfin, messieurs, vous n’avez pas oublié l’application qui en a été faite, l’an dernier dans la salle du banquet, lors des fêtes de notre cinquantenaire.
- C’était très-probablement la première application faite à une réunion de ce genre. La supériorité bien marquée de l’électricité sur le gaz, au point de vue de la température de la salle, a pu être appréciée par chacun de vous.
- Il serait certainement prématuré de considérer cet éclairage comme pouvant remplacer l’éclairage au gaz dans tous les cas ; l’application ne saurait en être faite, dans l’état actuel, sans bien apprécier au préalable les conditions spéciales à remplir. Avant de pouvoir entrer dans la pratique courante, l’éclairage électrique devra subir encore bien des modifications; mais actuellement déjà, il peut être utilisé dans bien des cas, et vous apprécierez, sans doute, messieurs, qu’il est d’intérêt général de faire connaître chaque application nouvelle.
- A la filature du Champ-du-Pin, une partie seulement de l’atelier a été éclairée à l’électricité, mais, très-prochainement, l’éclairage au gaz sera complètement remplacé par l’éclairage électrique.
- Quand cette installation aura fonctionné pendant quelque temps, je pourrai, grâce à l’obligeance de MM. David Trouillier et Adhémar, et au bon vouloir de notre collègue, M. Ed. Mény, gérant de la maison, vous communiquer les résultats obtenus.
- PROCÉDÉS
- échantillon de la combinaison de ce colorant avec le bleu D (bleu soluble, nuance très-noire).
- Le produit est obtenu par la réaction du dérivé diazoïque de la naphtylamine sulfo-conjuguée avec le naphtol B, de préférence. La nuance assez semblable à celle de l’orseille est beaucoup plus vive. Les teinturiers en soie qui emploient beaucoup aujourd’hui la roccelline, l’apprécient à cause de son bon marché, de sa beauté et de sa fixité.
- L’extrême affinité de ce colorant pour la fibre de la laine, crée quelque difficulté au teinturier pour l’unisson, et empêche ce produit de remplacer complètement l’orseille dans la teinture de la laine.
- Le mode d’emploi est celui des orangés, que nous avons donné page 186 et suivantes du Moniteur de la Teinture, année 1877.
- 2. Roccelline et Violet de Paris 300 BBN.
- LA ROCCELLINE
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs du nouveau produit de la Maison A. POIRRIER, de Paris, la Roccelline (1); nous donnons aujourd’hui un échantillon de Roccelline pure sur soie, un échantillon de soie teinte par un mélange de Roccelline et violet de Paris, 300 BBN (très-très bleuâtre), et enfin un
- (1) Voir page 140 du Moniteur de la Teinture, année 1878.
- 3. Roccelline et Bleu D.
- p.174 - vue 169/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 175
- MANUFACTURE
- DE COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS * 5
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- TEINTURE DES TISSUS MI-SOIE
- Procédés allemands.
- (Suite).
- Bleu sur soie chaîne-coton.
- Pour 5 kil. — Manœuvrer 3 heures dans un bain chaud de
- Sumac....... 500 gr. ou tannin 180 gr. et savon de Marseille, 250 gr. en solution claire ; lever, exprimer, puis teindre en manœuvrant sur un bain bouillant formé d’une solution clarifiée de :
- Bleu Nicholson...... 20 à 50 gr.
- Sel de soude........ 50 gr. continuer à manœuvrer jusqu’à ce qu’un échantillon passé à une eau acidulée d’acide sulfurique montre la nuance demandée. Celle-ci obtenue, lever, exprimer, laver à l’eau ordinaire puis entrer dans un bain d’eau froide additionnée de 50 gr. d’acide sulfurique, rincer et sécher.
- Si au lieu de bleu alcalin on veut employer le bleu soluble, il faut d’abord mordancer au sumac, puis teindre dans un bain bouillant de bleu soluble, lever et passer dans un bain chauffé à 50° C. contenant 500 gr. d’alun et 100 gr. d’acide sulfurique.
- Vert sur soie chaîne-coton.
- Pour 5 kil. — Mordancer au sumac ou au tannin dans un bain bouillant, sans addition de savon, lever, laver et teindre dans un bain tiède contenant la solution de 20 à 70 gr. vert méthyl, en y ajoutant celle de 5 à 20 gr. d’acide picrique.
- Pour les nuances bleuâtres, employer le vert méthyl seul, si l’on veut un vert moins vif, mais plus foncé et plus saturé, donner un pied au bleu Nicholson, comme il est dit plus haut, et monter avec du vert méthyl et de l’acide picrique; pour les nuances foncées avec l’acide picrique seul.
- Vert Russe sur soie chaîne-coton.
- Teindre comme pour le vert précédent; mais ajouter au bain de teinture un peu de violet méthyle préalablement dissous et filtré et en ajouter d’autant plus que la nuance demandée doit être plus foncée et moins vive. Pour des nuances foncées tirant sur le noir, ajouter encore une solution de marron d’aniline (Bismarck).
- p.175 - vue 170/286
-
-
-
- 176
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Brun vif, Havane et Bismarck sur soie chaîne-coton.
- Pour 5 kil. — Mordancer au sumac ou au tannin à chaud comme précédemment, lever, exprimer et teindre au bain tiède selon la nuance voulue en employant la solution filtrée de 30 à 100 gr. Bismarck (marron d’aniline).
- En ajoutant de l’orange d’aniline, on rend la nuance plus jaune, par la fuschine, on l’obtient plus rouge et plus foncée et moins vive en employant le violet méthyl.
- Gris et couleurs modes sur soie chaîne-coton.
- Pour 5 kil. — 1. Avec les couleurs d’aniline.
- Mordancer à chaud au sumac ou au tannin comme plus haut, enlever, exprimer et teindre dans un bain tiède dans lequel on a versé une solution de .violet d’aniline jusqu’à nuance voulue. Pour ternir la nuance, ajouter un peu de solution de marron d’aniline.
- On obtiendra la couleur mode verdâtre en ajoutant un peu d’acide picrique, la couleur rougeâtre par un peu de fuschine.
- Pour 5 kil. — II. Couleur mode rougeâtre, bon teint.
- Manœuvrer les étoffes 1 heure dans une solution claire et chaude de 1 kil. cachou préparé; lever, exprimer, puis manœuvrer une demi-heure dans un bain froid dans lequel on aura mis 90 à 200 gr. de nitrate de fer, lever et manœuvrer dans un bain chaud contenant 50 gr. bi-chromate de potasse, lever et rincer.
- Gris bon teint.
- Pour 5 kil. — Manœuvrer 1 heure à 50° C. dans un bain de 500 gr. sumac, lever, exprimer et manœuvrer 1 heure dans un nouveau bain froid de 200 gr. sulfate de fer, puis rincer.
- Couleur mode verdâtre (réséda).
- Pour 5 kil. — Mordancer au sumac et passer au sulfate de fer comme il vient d’être dit pour le gris, rincer puis manœuvrer une heure dans un bain d’acétate d’alumine à 2° B., lever et exprimer. Entrer dans un bain nouveau à 100° C., contenant 100 gr. extrait sec de quercitron et maneuvrer jusqu’à nuance voulue, lever, rincer et apprêter.
- Si la nuance n’est pas assez bleuâtre, ajouter au quercitron la solution de 5 à 10 gr. de carmin d’indigo.
- Pour foncer la nuance, ajouter au bain de quercitron une décoction de bois de campêche.
- Dr M. REIMANN, à Berlin.
- (A suivre).
- s g E
- INVENTIONS BREVETÉES
- PERFECTIONNEMENTS
- DANS LES MACHINES A SÉCHER ET OUVRER LA LAINE
- Par M. Moore.
- Le but de cette invention est de sécher la laine après qu’elle a subi le procédé du lavage. Par ce moyen la laine est séchée plus promptement que par tout autre système et en combinant un grand cylindre à pointes, on peut avec le même appareil enlever à la laine toute la poussière qu’elle pourrait contenir, après le lavage. Par une seule opération, la laine est rendue propre à la fabrication sans subir d’autre procédé de nettoyage.
- Pour faire fonctionner l’appareil, la laine mouillée est chargée sur le tablier inférieur ou sur des rouleaux porteurs et transportée par l’un ou l’autre de ces mécanismes jusqu’à ce qu’elle atteigne un tambour à pointes auquel on donne un mouvement rotatif rapide par une courroie de transmission de force.
- Pendant sa rotation ce cylindre prend la laine sur les pointes rayonnantes, l’entraîne circonférentiel-lement et la jette sur le tablier supérieur ou rangée de rouleaux, d’où elle est portée en avant à l’extrémité antérieure de la machine et tombe sur une plaque inclinée qui la dirige dans des rouleaux inférieurs. La rotation continue des rouleaux a pour effet que la laine circule tant que la machine est en mouvement. Lo tambour à pointes étant armé de dents en fer, il ouvre la laine et, par son action, en élimine toute matière tinctoriale ou autre poussière. Cette opération a lieu jusqu’à ce que la laine soit suffisamment sèche et propre.
- De plus, pour aider au procédé de séchage, un ventilateur par aspiration est établi sur la partie supérieure de la machine servant à l’échappement de la vapeur provenant de la laine par suite de la haute température à laquelle elle est soumise. De l’air frais est admis à la partie inférieure de la machine en quantité correspondante, à travers des ouvertures, lequel s’échauffe en passant sur des tuyaux de vapeur.
- Pendant que la ventilation fait appel de l’air
- p.176 - vue 171/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 177
- humide, ce dernier ne peut entraîner la laine elle-même par suite de l’interposition d’un filet.
- Pour vider la machine lorsque la laine est suffisamment sèche, il est établi une porte à l’arrière du tambour à pointes. Lorsque cette porte est ouverte, elle a pour effet de changer l’action du tambour sur les laines, c’est-à-dire chasser la laine par la porte dans un récipient placé pour la recevoir au lieu de la projeter du tablier inférieur sur le tablier supérieur.
- Des portes établies au fond de la boîte permettent d’enlever la poussière lorsque l’opération est nécessaire.
- ----------------------------
- ROULEAUX PRESSEURS
- EN CAOUTCHOUC POUR IMPRESSIONS
- de MM. Le TELLIER et VESTRAET.
- On sait que dans l’impression sur tissus et sur papiers, on se sert de draps sans fin dont l’emploi entraîne de sérieux inconvénients bien connus des fabricants. Outre leur prix relativement élevé, il suffit de citer le montage, les déchirures et coulures, la surveillance et les soins incessants qu’ils réclament, les retraits partiels et la perte d’élasticité qui se produisent et qui sont autant d’entraves à la régularité et à la netteté de l'impression.
- De nombreuses tentatives, faites dans le but de les remplacer par quelque procédé moins imparfait, sont restées infructueuses ou n’ont donné que des résultats partiels. A ce dernier titre, mentionnons l’idée de faire enduire de caoutchouc les draps auxquels l’usage a fait perdre leur élasticité; mais l’emploi de ces draps constitue une économie dans les frais généraux plutôt qu’un véritable progrès industriel.
- Les essais tentés étaient presque tous basés sur le remplacement des draps sans fin par une garniture de caoutchouc appliquée sur le rouleau pres-seur. Le principe était excellent en lui-même-, mais la pratique ne répondit pas aux espérances des inventeurs, dont l’insuccès provenait principalement des deux causes suivantes :
- lo La difficulté de donner au caoutchouc une élasticité appropriée à son usage-,
- 20 Le manque d’adhérence de la garniture sur le resseur.
- Tantôt, en effet, le caoutchouc, d’une densité mal calculée, formait bourrelet sous la pression, inconvénient plus grave encore quand il s’agissait d’imprimer à plusieurs couleurs. Tantôt, et c’était l’écueil ordinaire, la garniture glissait sur le pres-seur par défaut d’adhérence.
- Bref, on s’est vu obligé de revenir aux draps sans fin et de subir tous les inconvénients attachés à leur emploi.
- Il y a deux ans qu’à l’instigation de M. Bourdon, de Rouen, et avec son concours, MM. Le Tellier et Verstraet ont repris pour leur compte le problème abandonné de la suppression des draps sans fin, et, après des essais multipliés, ils ont eu la satisfaction d’en découvrir une solution pratique qu’ils ont soumise à l’application de la Société industrielle de Rouen.
- Les expériences qui en sont faites depuis deux ans en Normandie, en Alsace et à l’étranger, établissent avec évidence les avantages que l’impression peut retirer de l’emploi des presseurs garnis de caoutchouc.
- 1° Suppression des draps sans fin et, par suite, de tous les inconvénients attachés à leur emploi.
- 2° Impression aussi bonne et aussi nette qu’avec les meilleurs draps de laine ou de coton enduits de caoutchouc, et, dans certains cas, supérieure à l’impression obtenue par les draps.
- 3° Economie réalisée par Remploi des presseurs en caoutchouc.
- Les meilleurs appréciateurs de la valeur de l’invention de MM. Le Tellier et Vertraet sont évidemment les fabricants qui en font l’application dans leurs usines. Or, à l’heure qu’il est, cinq manufactures d’indienne, en Normandie, ont une partie de leurs machines pourvues de rouleaux presseurs en fonte garnie de caoutchouc souple adhérent, et, sur ces cinq maisons, trois les emploient depuis assez longtemps pour en avoir reconnu les avantages dans la plupart des genres qu’elles fabriquent, et principalement dans les genres fond blanc. Près de cent mille pièces de 100 mètres ont été imprimées sur ces presseurs qui ont fonctionné pour la première fois dans la région.
- En conséquence, et quoique l’invention de MM* Le Tellier et Verstraet n’ait eu jusqu’à présent qu’un emploi restreint, et que ses avantages, bien que très-réels, n’aient encore été constatés que par un petit nombre de juges compétents, la Société industrielle de Rouen, pour récompenser le progrès
- p.177 - vue 172/286
-
-
-
- 178
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- incontestable réalisé par ces industriels, et pour encourager leurs efforts, leur a décerné la médaille d’or du programme.
- REMARQUES
- SUR L’ESSAI DES TARTRES BRUTS Par MM. SCHEURER-KESTNER
- (Mémoire présenté à la Société chimique de Paris) [I].
- Depuis que l’emploi de la crème de tartre (bitar-trate de potasse) et de l’acide tartrique s’est développé au point de faire renchérir considérablement le prix de la matière première, les fabricants de produits ou composés tartriques ont vu s’accroître l’intérêt qu’ils ont toujours eu à n’acheter que des matières préalablement essayées, soit au moyen d’une analyse chimique, soit par leur emploi, sur une échelle réduite.
- Pendant longtemps, on ne se préoccupait, en achetant des tartres, que de déterminer par l’emploi d’une liqueur titrée, la quantité de bitarlrate de potasse qu’ils renfermaient. Ces 'essais, d’une approximation satisfaisante lorsqu’il ne s’agissait que de matières peu chères, sont devenus insuffisants, aujourd’hui qu’il importe de connaître la richesse d’une tartre à 1 ou 2 centièmes près. Les procédés plus perfectionnés de la fabrication de l’acide tartrique obligent les fabricants à rechercher avec soin, dans les tartres, les matières susceptibles de donner de l’acide tartrique, et les exigences du commerce, mieux instruit, les forcent à tenir compte dans leurs calculs de matières utiles qu’on pouvait négliger autrefois.
- La précision apportée dans les ventes et dans les achats des tartres, ainsi que dans l’extraction des produits utiles qu’ils renferment à porté a la connaissance des savants et des industriels quelques faits nouveaux qu’il est, selon nous, utile de vulgariser, dans l’intérêt de la sécurité des transactions.
- Les tartres renferment l’acide tartrique à l’état de bitarlrate de potasse et de tartrate de chaux neutre. Lebitartrate de potasse, ou crème détartré, en forme l’élément principal ; le sel calcaire ne s’y rencontre pas toujours, Cependant il entre, dans certaines espèces, pour une large proportion de leur richesse tartrique.
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris.
- Dosage du bitartrate de potasse. — Le dosage de la crème de tartre se fait généralement au moyen d’une liqueur titrée de soude ou de potasse caustique.
- On la remplace aussi quelquefois par la titration du produit provenant de la calcination du tartre. La calcination transforme le bitartrate en carbonate ; mais dans ce cas, on risque de titrer le carbonate de chaux provenant du tartrate de chaux en même temps que la crème de tartre, et à commettre, de ce chef, une erreur si on ne la rectifie pas par un dosage spécial du tartrate de chaux. Dans la titration de la crème de tartre par celle du produit calciné, il est donc nécessaire de tenir compte de la présence du tartrate de calcium, et si le tartre renferme du sulfate de calcium, on est exposé à voir le titre s’abaisser par l’action du carbonate de potassium sur le plâtre.
- Il existe une troisième méthode, la plus ancienne de toutes et qui s’appelle le procédé à la casserole. Elle consiste à faire bouillir le tartre dans une quantité mesurée d’eau, à recueillir les cristaux de crème de tartre obtenus et à les peser. La teneur du tartre, en crème de tartre, est calculée au moyen d’un coefficient qui tient compte du bitartrate de potasse retenu en dissolution dans le volume d’eau employé. C’est un procédé grossier, mais dont on fait usage encore dans bien des cas, quoique ses résultats soient très-incertains.
- Lorsque l’analyse doit porter sur des tartres ou des substances tartriques exemptes de sels calcaires, la titration du produit calciné conduit à des résultats parfaitement exacts. Il n’en est pas toujours de même pour la titration directe de l’acidité au moyen d’une dissolution de soude titrée. Certains tartres, certaines lies surtout, renferment des produits organiques, acides différents de l’acide tartrique et dont la présence expose à des erreurs d’appréciation et d’évaluation très-graves, lorsqu’on s’en remet à la seule titration directe. On peut donc dire, qu’abstraction faite des influences perturbatrices apportées par les sels calcaires, il convient avant tout de ne s’en remettre qu’à la titration du produit calciné. Une fois ce titré connu, il faut rechercher le tartrate de calcium.
- Ce sel fournissant pour la même quantité d’acide tartrique une quantité double de substance alcaline, de celle produite par la crème de tartre, on se tromperait étrangement en traitant directement le produit calciné, par l’acide titré. Dans ce cas, il
- p.178 - vue 173/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 179
- convient de traiter par l’eau le produit calciné, jusqu’à ce que tous les sels solubles soient dissous, et de titrer la dissolution obtenue. Cette méthode ne laisse rien à désirer lorsque le tartre est exempt de plâtre ; dans le cas contraire, il se forme, pendant la dissolution, du sulfate de potassium et du carbonate de calcium. Il reste alors à évaluer le tartrate de chaux contenu dans les tartres.
- Dosage du tartrate de calcium. — La présence du tartrate de calcium dans les tartres n’est connue que depuis une vingtaine d’années. Le dosage régulier de cette substance dans les matières tartriques a été introduit dans la fabrique de produits chimiques de Thann en 1857, époque à laquelle aucune publication n’avait encore signalé sa présence. Ce n’est qu’en 1860 qu’on en trouve les premières traces dans une note de M. Brescius. Le procédé de dosage employé à cette époque, consistait dans la dissolution du tartre à essayer, dans l’acide chlorhydrique et dans la précipitation de la liqueur chlorhydrique par l’ammoniaque.
- M. Brescius critique cette méthode et préconise la calcination et la titration.
- Calcination du tartre, dissolution dans l’eau ; filtration, lavage du dépôt resté sur filtre -, titration de la liqueur filtrée, ce qui donne par le calcul, la teneur en crème de tartre : titration du dépôt resté sur le filtre, ce qui donne par le calcul le tartrate de la chaux.
- L’auteur de ces lignes a publié dans la même année (1860) un autre procédé : dissolution dans l’acide chlorhydrique, précipitation de la chaux par le carbonate de soude ; titration du carbonate de chaux par un acide. Ce procédé dispense de la calcination, mais est moins expéditif que le précédent, à cause des longueurs du lavage du carbonate de chaux.
- Ces deux procédés reposent sur le dosage du calcium. Le premier donne des résultats exacts -, il n’en est pas de même du second lorsque les tartres renferment du sulfate de calcium. Cette remarque a été faite en 1863 par M. Guido Schnitzer. Du reste, la présence du sulfate de calcium dans les tartres autorise encore moins l’emploi du procédé de précipitation par la soude ou une autrebase dans la liqueur chlorhydrique.
- Au moment où la neutralisation a lieu, le sulfate de calcium réagit sur le tartrate; de sorte qu’en employant ce procédé pour compléter la titration de l’acidité au moyen d’une liqueur titrée, on
- compte deux fois une quantité d’acide tartrique équivalente au sulfate de calcium.
- Nous ne saurions trop insister sur l’importance de cette question. La présence ou l’absence de sulfate de calcium doit être constatée avec soin dans toute substance tartrique dans laquelle on veut rechercher ou doser le tartrate de cette base. Si la substance est exempte de sulfate de calcium, en d’autres mots si sa dissolution chlorhydrique ne donne pas avec le chlorure de baryum de précipité considérable, on peut recourir, pour le dosage du tartratS de calcium, soit à sa précipitation parla soude, soit au dosage du calcium dans la dissolution chlorhydriqne. Si, au contraire, les matières essayées renferment du sulfate de calcium, il est indispensable, sous peine de s’exposer à commettre de grossières erreurs, d’employer des méthodes qui excluent la présence simultanée, à un moment quelconque, d’un tartrate neutre soluble, et du sulfate de calcium. La double décomposition est si complète que ce procédé ne le cède en rien aux autres pour la quantité d’acide tartrique obtenu.
- (J suivre.)
- INFORMATIONS h FAITS DIVERS
- NUMÉROTAGE UNIFORME DES FILS
- Conclusions du Congrès de Paris.
- Les membres composant le congrès de Paris réunis dans le but de chercher le moyen de rendre uniforme le numérotage des fils, ont arrêté les résolutions suivantes :
- « Le congrès confirme les décisions prises pour le numérotage international des fils dans les congrès de Vienne, de Bruxelles et de Turin, décisions qui se résument comme suit :
- « 1° Le numérotage international des fils sera basé sur le système métrique ;
- « 2° Le numérotage des fils sera déterminé par le nombre de mètres de fil correspondant à un gramme, sauf la modification pour la soie grège et moulinée qui fait l’objet des articles 6 et 7 ;
- a 3° La longueur de l’écheveau admise pour tous les genres de fils dévidés est fixée à mille mètres avec subdivisions décimales ;
- « 4° Tout système de dévidage, à condition qu’il donne mille mètres par écheveau, est légal ;
- p.179 - vue 174/286
-
-
-
- 180
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- « 5° Le numéro de tout fil, soit retors, soit teint ou blanchi, sera déterminé, sauf stipulation contraire, par le nombre de mètres correspondant à un gramme -,
- « 6° Le numéro delà soie grège et moulinée sera déterminé par le nombre de grammes que pèse un fil d’une longueur de 10,000 mètres ;
- « 7° Les essais se feront sur la base de l’unité de longueur de 500 mètres et de l’unité de poids de 50 miligrammes ;
- « 8’ La base légale du titrage des fils est le conditionnement Le conditionnement est facultatif, mais il devient obligatoire à la demande d’une des parties intéressées ;
- « 9° Les taux de reprise au conditionnement sont les suivants :
- « Soie....................
- « Laine peignée...........
- « Laine filée.............
- « Coton...................
- « Lin ....................
- « Chanvre...............*
- « Jute. ... ..... .
- « Etoupe..................
- « Le congrès décide que
- 11 p. 100.
- 18 1/4 -
- 18 —
- 8 1/2 —
- 12 —
- 12 —
- 12 3/4 —
- 12 1/2 —
- ces résolutions seront
- transmises au Gouvernement français, dans la personne de M. le Ministre de l’agriculture et du com
- merce. Il exprime le vœu que ces résolutions reçoivent des différents gouvernements intéressés une sanction légale, et à cet effet il prie M. le ministre de l’agriculture et du commerce de provoquer la réunion d’une commission composée de délégués officiels des différents pays représentés au congés et chargés d’étudier les moyens de consacrer définitivement, par une convention internationale, l’unification du numérotage des fils.
- « Paris, le 27 juin 1878.
- « Les commissaires délégués par le congrès, « Signé : Gustave Pacher ; Dauphinot, président, G. Roy Mullendorf, Pastor, Meigerka, Gron, J. Peyrat, A. Perret, Karcher, »
- (1) M. Gustave Roy, membre du comité consultatif des arts et manufactures, avait présenté à la Société d'encouragement pour l’industrie, un rapport sur la question du numérotage des fils, en prévision du Congrès, rapport qui a été lu dans la séance du 26 avril dernier.
- Nous en reproduisons les deux derniers paragraphes ayant rapport, à la brochure et au tableau de M. Léon Gauche, qui peuvent être utiles à nos lecteurs.
- « Votre comité du commerce a été amené à l’étude de cette question par l’envoi qui lui a été fait d’une brechure de M. Léon Gauche, négociant à Lille, et d’un tableau dans lequel il établit la comparaison du numérotage français,
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoires industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des tein-tures.
- Vient de paraître : Catalogue des APPAREILS de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Fabrique de couleurs d'Aniline.
- LAZARD-GODCHAUX
- 60, rue de Mérode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille; la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. [ Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu’à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Bleu Nicholson. — Bleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du prix-courant, type de produits et modes d’emploi pour la teinture.
- avec les numéros de fils anglais allemands, belges et hollandais.
- « Ce tableau peut servir de guide au commerce, et notre Comité de commerce ne peut que vous proposer d’adresser à M. Léon Gauche les remerciements de la Société d'encou-ragement au sujet de son intéressant travail ; il exprime, toutefois, le désir qu’une entente internationale vienne lui ôter bientôt une grande partie de son utilité.
- Le Propriétaire-Gérant ; Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenuer)
- p.180 - vue 175/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 224 Année, No 16. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Août 1878.
- SOMMAIRE
- Revue de l’Exposition. — Distinction du jute et du lin dans les tissus, par M. Alfred RENOUARD.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : La roccelline de la maison Poirrier (échantillon).— Marron S.—Remarques sur l'essai des tartres bruts (suite et fin), par MM. SCHEURER-KESTNER. — Teinture des tissus mi-soie (procédés allemands) (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Inventions brevetées : Fabrication et application d’un nouveau mordant.
- — Encre en poudre. — Applications de couleurs genre impression. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Les marques de fabrique.
- BIBLIOGRAPHIE : Les Trappeurs parisiens au XIX- siècle, parP.-L. Imbert. — Une poignée de héros, par A. Salières.
- REVUE DE L’EXPOSITION
- GROUPE VI
- France — Classe 56, 57 et 60.
- Le compte-rendu de l’Exposition parlera, tour à tour, des produits tinctoriaux, des machines, appareils et des teintures sur fils, étoffes, etc. Nous commençons la partie mécanique par l’exposition de MM. Tulpin frères, ingénieurs-constructeurs à Rouen.
- En 1840 ; M. Tulpin père commençait dans les plus modestes proportions, avec un capital de quinze cents francs, fruit de ses économies d’ouvrier. A force de travail et de persévérance, il est parvenu sans le secours de personne à augmenter l’importance de l’atelier qu’il avait créé, et à le doter d’une notoriété universelle dans le genre de construction qu’il s’était approprié et qui s’appliquait aux industries suivantes :
- Blanchiment des tissus et des filés.
- Apprêts de tous genres de tissus.
- Impression des tissus et des filés.
- Teinture des tissus et des filés de tout genre.
- Continuateurs de l’œuvre de leur père, MM. Tulpin frères (Frédéric et Alfred) ont adopté le même genre de construction, auquel ils ont ajouté les machines servant à l’industrie des papiers peints, les machines d’apprêts pour les filés, les machines à blanchir le linge et les pompes à eau d’un système spécial.
- Le nombre des types divers de machines est d’environ 150, dans lesquels la moitié au moins ont été créés par la maison, et le reste a subi de
- tels perfectionnements qu’on peut dire hautement qu’ils sont sa propriété.
- Les ateliers fournissent du travail à 200 ouvriers; le chiffre d’affaires actuel est d’environ sept cent mille francs par an.
- Comme institutions de prévoyance, les ouvriers sont assurés contre les blessures et une caisse de secours les garantit contre les éventualités enassu-rant l’existence de leur famille.
- Parmi les nombreuses récompenses reçues par la maison citons : le grand diplôme d’honneur à l’exposition de Vienne en 1873 -, la croix de la Légion d’honneur à M. Frédéric Tulpin, et la grande médaille d’or décernée en 1869 par la Société d’encouragement de Paris.
- L’exposition actuelle de la maison affirme des progrès constants, la plupart des machines exposées sont en effet des créations récentes.
- Machine à cylindrer ou calandrer les tissus.
- Cette machine, qui nous paraît la plus complète de son genre, permet de faire toutes les opérations possibles de cylindrage de tissus.
- Ses caractères distinctifs sont :
- 1° D’être à double effet, c’est-à-dire d’avoir deux cylindres métalliques chauffés disposés de telle sorte que l’envers du tissu s’applique sur l’un deux et l’endroit sur l’autre, par conséquent de donner du brillant aux deux côtés du tissu dans un seul passage.
- 2° De pouvoir être utilisée à simple effet de cy-lindrage en ne se servant que d’un seul des rouleaux mécaniques chauffés à volonté.
- 3° De pouvoir frictionner, c’est-à-dire lustrer les tissus d’un seul côté.
- p.181 - vue 176/286
-
-
-
- 182 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 4° De pouvoir exercer des pressions considérables sans crainte d’accident par suite de sa robuste construction.
- 5° D’être actionnée directement par un moteur à vapeur à deux cylindres d’angle permettant de travailler isolément, à toutes vitesses et à toutes pressions, sans nuire à la marche régulière d’un établissement.
- Machine à pinces pour apprêter, élargir et sécher les tissus.
- Cet appareil se distingue de ceux du même genre :
- 1° Par son agencement général permettant en une seule opération d’apprêter, d’élargir et de sécher les tissus.
- 2JParle système très-simple des pinces employées pour saisir les lisières des tissus. Elles sont disposées de telle sorte que le serrage du tissu augmente en raison de la tension exercée sur lui, résultat rationnel et des plus remarquables.
- 3° Par la possibilité de sécher les lisières lorsqu’elles quittent les pinces dans lesquelles elles ne peuvent se sécher.
- 4° Par le système de commande à friction employé permettant de régler la vitesse générale de la machine, et le rapport exact devant exister entre toutes ses parties.
- 5° La possibilité de la construire à toutes longueurs et à toutes largeurs suivant l’application et la production. Cette même machine peut être établie pour saisir les lisières avec des picots au lieu des pinces.
- Machine circulaire à laver les écheveaux Brevetée S. G. D. G.
- Cette machine, dont un journal allemand a dit deux mots, et dans laquelle il n’a vu aucune différence avec celles de son pays, si ce n’est que les bâtons sur lesquels les écheveaux sont posés sont ronds au lieu d’être carrés et en cuivre, mérite une attention toute spéciale. Nous la recommandons à nos lecteurs par suite des particularités suivantes :
- 1° Le trajet fait par les écheveaux à laver qui entrent dans l’eau sale pour ressortir dans l’eau propre, le courant d’eau de lavage formé par le fond incliné du bassin se faisant en sens contraire de leur circulation.
- 2° La rotation particulière de chaque bobine pour déplacer les écheveaux, afin d’assurer la régularité de leur lavage.
- 3° Le secouage des écheveaux dans l’eau, imitation parfaite de celui que l’on fait manuellement pour produire leur lavage.
- 4° Le mécanisme breveté, donnant en même temps le mouvement de rotation général de toutes, les bobines, celui particulier à chaque bobine et celui du secouage des écheveaux.
- 5° La production considérable, deux hommes pouvant laver par jour 4,500 à 5,000 kilos de coton en écheveaux.
- Appareil à cuire les couleurs et les apprêts.
- Cet appareil a reçu divers perfectionnements importants, nous lui trouvons les caractères distinctifs suivants :
- 1° Construction de chaudières à triples parois, celle intérieure faite de retreintes et d’un seul morceau sans soudure; la 2e servant de récipient de vapeur et la 3e d’enveloppe pour empêcher le contact de l’air ambiant par l’interposition d’une couche de sciure de bois. (1).
- 2° Renversement des chaudières mécaniquement par roues et vis sans fin.
- 3° Agitateurs ou remueurs à double effet pour les grandes chaudières et à simple effet pour les petites avec possibilité d’un démontage facile et prompt pour opérer leur nettoyage.
- 4° Distribution d’eau dans chaque chaudière pour la cuisson des matières et pour une circulation dans le récipient de vapeur pour le refroidissement de ces dernières après cuisson.
- 5° Distribution de vapeur particulière à chaque chaudière.
- Tamiseur des couleurs
- Nous avons rendu compte de cet appareil inventé par M. Rosensthiel dans le numéro du 5 février 1874, page 25 et nous en avons donné le dessin année 1875 page 80 avec la description et le maniement.
- Hydro-extracteurs (Essoreuses), com-mandées en dessous.
- Les appareils exposés consistent :
- 1° Essoreuse commandée en dessous par friction et par courroie motrice, avec panier perforé.
- 2° Essoreuse du même genre avec panier formé
- (1) La sciure de bois nous paraît inutile, sa conductibilité pour la chaleur étant plus grande que celle de l’air. Ce dernier serait préférable à la condition de le rendre stagnant.
- p.182 - vue 177/286
-
-
-
- ET DE L IMPRESSION DESTISSUS
- 183
- de fils continus, qui en donnant une somme de vide plus considérable et un passage plus facile au liquide, permet d’essorer aussi bien qu’avec la précédente avec moitié moins de vitesse, d’où naturellement une grande économie de force motrice.
- 3° Essoreuse commandée en dessous par friction et par moteur à vapeur adhérent, avec panier à fils continus.
- Les avantages de ce modèle d’essoreuses, consistent dans la sécurité complète contre les taches d’huile ; dans un service plus facile parce que le panier est complètement dégagé à la partie supérieure, dans un démontage facile du panier. Malgré ces avantages on leur préfère encore généralement pour des ouvrages qui exigent de grandes vitesses ou pour essorer des matières lourdes le modèle à arcade en dessus, qui évite le porte à faux du panier et assure plus de solidité à l’appareil.
- L’application du moteur adhérent aux essoreuses a été un grand progrès, en ce qu’il permet de mettre la machine en marche progressivement, d’où économie de force motrice. Il permet de plus de se maintenir à la vitesse voulue suivant le degré d’essorage et la nature des matières à essorer.
- Machine à encoller, avec séchage des fils par la circulation de l’air chaud, aspiré ou refoulé par une ventilation. (Brevetée s. g. d. g.)
- Cette machine comprend trois parties bien distinctes :
- 1° L’encollage;
- 2° Le séchage ;
- 3° L’enroulage de la chaîne ;
- Nous décrirons donc chaque partie séparément, en indiquant les perfectionnements qu’elle comporte.
- Encollage.
- L’encollage se fait comme dans toutes les autres machines, par des rouleaux exprimeurs de la colle, prise par les fils plongeant dans le bain, tenu à une température convenable, par un chauffage à vapeur.
- MM. Tulpin frères y ont fait les deux applications suivantes, donnant d’excellents résultats :
- 1° Celle d’un agitateur, composé de deux arbres, portant des palettes à plans inclinés inversement dans chacun d’eux et s’engrenant entr’elles, dans un mouvement circulaire donné à volonté mécaniquement ou à bras. Par ce mécanisme le mélange,
- fait en tous sens, est d’une homogénéité parfaite ;
- 2° Celle de l’application d’un compartiment spécial, pour la cuisson de la colle, qui se fait d’une façon continue et suivant la demande de la dépense produite par l’encollage des fils.
- Séchage.
- La chambre de séchage, qui a environ 3 m. 30 de longueur, est partagée en sept compartiments égaux, dans lesquels circulent l’air chaud et les fils à sécher, ces derniers font ainsi un parcours d’environ 23 mètres.
- Les cloisons de ces compartiments sont formées, pour deux d'entr'elles à la partie supérieure et pour trois à celle inférieure, de plaques creuses, chauffées par la vapeur et servant au chauffage de l’air appelé ou poussé par un ventilateur ou tout autre appareil soufflant, au sens contraire de la marche des fils, qui sont séchés sous l’action de cette circulation, recevant l’air froid, à la sortie de la chambre de séchage et chaud, à son entrée, la température s’élevant graduellement dans le parcours de l’air qui, dans sa marche, enlève en même temps, les vapeurs dégagées durant le séchage.
- Enroulage de la chaîne.
- L’enroulage comprend, comme disposition particulière =
- Un système de friction, à double frein, pour la commande du manchon de l’ensouple.
- Un système d’appel, livrant les fils aux ensou-pies, avec la plus grande régularité et sans étirage des fils.
- Un mouvement de ralentissement, qui permet, presque dans tous les cas, de réparer les accidents des fils et donne la possibilité du remplacement des ensouples sans arrêt.
- Un système de pression, agissant sur l’ensouple avec plus ou moins de force, suivant la charge des leviers de pression, qui est variable à volonté.
- L’application de tambours côniques, variant la vitesse générale de la machine dans la proportion de 1 à 2 1/2 suivant la force des fils à sécher et de la colle.
- Ces cônes peuvent être remplacés dans certains cas et dans l’emplacement qu’ils occupent par un moteur à vapeur, à haute pression, qui permet toutes variations de vitesse et en même temps, de ren-dre la marche de la machine encolleuse complètement indépendante, ce qui permet son fonctionne-
- p.183 - vue 178/286
-
-
-
- 184
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment, sans faire marcher le moteur général d’un établissement.
- Emplacement occupé par la machine.
- En longueur, avec 6 ensouples à l’avant 1 lm50 En largeur, pour des tissus de .......... 2m60
- Production.
- La production en chaîne 12 à 16 est d’environ 800 à 900 mètres par heure et pour des chaînes 24 à 28, 1,000 à 1,500 mètres.
- Avantage du système.
- 1° Production égale, souvent supérieure, à celle des encolleuses à deux cylindres, séchant par contact et huit fois plus considérable que celle des machines à parer, que cette machine peut remplacer avantageusement, dans un grand nombre de cas.
- 2° Douceur de toucher, pouvant être comparé à à celui obtenu avec les machines à parer ;
- 3° Ténacité des fils encollés, qui ne subissent aucune altération.
- 4° Conservation de la forme des fils, qui restent ronds.
- 5° Introduction de la colle jusqu’à 40 0/0 du poids des fils, dans lesquels elle pénètre sans tomber durant le tissage.
- 6° Absence des bavures de la colle, produites ordinairement par l’application et la tension des fils sur des surfaces métalliques, dans le séchage par contact.
- 7° Augmentation de production au tissage, évaluée à 5 ou 6 p. 100 de plus, qu’avec les fils encollés, séchés par contact.
- Pour les cas de fabrication, où le parage est nécessaire, on peut faire de cette machine une encol-leuse pareuse, en appliquant un système de brossage donnant l'effet de celui des pareuses, et dans ce cas, les constructeurs placent en avant des brosses, des verges tournantes de séparation des nappes de fils.
- Ces machines fonctionnent déjà dans sept manufactures.
- Il est bon de remarquer que l’appareil sécheur de cette encolleuse, étant complètement indépendant, peut être appliqué à toute autre machine à encoller existante, dont on voudrait modifier le séchage.
- Le même système peut être employé pour les tissus divers et les papiers peints ou unis, chaque
- fois qu’il s’agira de leur séchage par rayonnement, et de leur éviter tout contact avec des surfaces métalliques chaudes.
- Machine à imprimer pour laboratoire.
- Nous terminons la nomenclature des appareils exposés par MM. Tulpin frères et concernant plus spécialement les industries de la teinture et des apprêts par celle d’une petite machine pour les essais d’impression, dans le laboratoire, soit pour des démonstrations, soit qu’on veuille se rendre compte de certaines couleurs ou de certains dessins recherchés.
- Il nous resterait encore à parler de la disposition des moteurs spéciaux aux appareils que nous avons décrits. Ils feront partie d’une revue spécale des moteurs et des générateurs qui sera publiée dans la suite.
- A suivre. P. B.
- ----—___________________-
- DISTINCTION DU JUTE ET DU LIN
- Dans les Tissus
- Par M. Alfred Renouard
- Action, et l'œil nu, des réactifs.
- Peu de procédés jusqu’ici sont connus. — M. Boussingault a indiqué depuis longtemps la coloration rouge que prend le phormium sous l’influence de l’acide azotique à 36 degrés chargé de vapeurs nitreuses (c'est-à-dire contenant de l’acide hypoazotique).
- Sous l’influence de cet agent, les fils du chanvre se colorent en jaune pâle à chaud et à froid. Les fils de lin à froid ne présentent aucun phénomène décoloration; mais à l’aide de la chaleur, ils acquièrent bientôt une légère teinte rose qui passe ensuite au jaune. Quant aux fils de phormium, à la température ordinaire, ils prennent, par l’action de l’acide nitrique, une teinte rouge peu après l'imbi-bition. Si l’on désirerendrela réaction plus prompte, il suffît de faire usage d’un acide plus concentré ou plus chargé de vapeurs nitreuses ; le phormium se colore alors en rouge sang.
- Ce moyen a le tort de n’être applicable qu’aux tissus écrus et d’exiger un acide très-concentré pour amener une réaction bien sensible. La plu-
- p.184 - vue 179/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 185
- üdeaenee » —.MI II 11 ^^11 IIIII Iirm | ! I IMIBM -aoa.oe wmmi.n— part des industriels, peu habitués aux colorations que prennent les diverses variétés de textiles, doivent très-souvent, lorsqu’ils emploient ce réactif, opérer tout d’abord sur un tissu de phormium dont ils connaissent exactement la composition ; ils comparent alors les teintes obtenues avec celles des échantillons d’essai.
- Le procédé par l’acide azotique peut encore induire en erreur, en ce sens qu'il sert à déceler la présence de deux textiles : l'abaca et l'agave^ qui entrent dans la fabrication de certains tissus anglais, et qui ne présentent aucunement les inconvénients du phormium, c’est-à-dire qui ne se détériorent pas sous l’influence de l’air humide. M. Payen a en outre trouvé (mais ceci a moins de portée) que la réaction s’appliquait encore aux fibres ligneuses et corticales de plusieurs espèces de cocotiers, de pandanus, de cordynile, de cypsus, à la mauritia flexuosa, au phellandrium aquaticum, auraphanus, salivuseta deux pastras du Brésil.
- Le moyen le plus généralement employé jusqu’ici par l’industrie, le négoce et les bureaux de douane, a été indiqué par M. Vincent. Il consiste à observer la manière dont se comportent, sous la double action du chlore et de l’ammoniaque, les résines ou matières gommo-résineuses (acide pec-tique) qui entourent les fibres des lin, chanvre, jute ou phormium.
- On trempe d’abord le tissu dans le chlore pendant une minute ; on l’étend ensuite sur une assiette, après l’avoir effilé pour mettre bien à découvert la chaîne et la trame : en y versant quelques gouttes d’ammoniaque, il se produit aussitôt une coloration marquée. Le phormium prend alors une belle couleur rouge, qui devient sombre et brunit en une minute.
- Le lin et le chanvre, soumis aux mêmes influences, prennent des tons fauves ou orangés, suivant le degré de rouissage de la plante, mais qui ne peuvent être confondus avec la teinte du phormium.
- Ce moyen est évidemment plus pratique que l’autre parce qu’il est plus sensible, plus rapide et n’exige que des liqueurs d’un usage très-répandu ; mais il a aussi l’inconvénient de n’être applicable qu’aux tissus écrus.
- Voici deux moyens peu connus qui peuvent être parfois de quelque secours, et qui sont convenables pour la matière crêmée ou blanchie :
- En traitant par l’ammoiaque liquide concentré,
- | un tissu blanchi qui contient lin et phormium, on voit ce dernier textile reprendre sa couleur écrue, | et, sur le premier, peu de changement.
- D’un autre côté, on arrive à un résultat satisfaisant en plongeant un tissu du même genre dans une solution aqueuse d’une couleur d’aniline contenant environ un décigramme de matière colorante par litre d’eau ; on peut à volonté employer la fuchsine ou le bleu d’aniline, mais avec ce dernier la coloration est moins nette. Après quelques heures de bain, on lave le tissu à l’eau de savon, le lin ou le chanvre prennent une teinte très-blanche ou bien rosâtre, le phormium reste fortement coloré. Si l’on veut se rendre compte de la réaction de suite, il suffit de plonger le tissu pendant quelques secondes dans le même bain chauffé à 50 ou 804,
- Au moyen de quelques grammes de fuchsine, cette seconde expérience très-simple, et qui ne demande aucun soin, peut être renouvelée à peu de frais. La première aussi donne de bons résultats en pratique, sans constituer cependant un procédé délicat; appliqué à la recherche du phormium dans le papier, il ne fournit aucune coloration, les différentes fibres étant alors trop intimement mélangées.
- Malheureusement ces deux derniers moyens, il faut l’avouer, ne s’appliquent qu’à des tissus dont le jute forme l'un des éléments, chaîne ou trame, genre de tissu dont l’emploi prend peu d’extension à cause de la difficulté de crêmer le jute, ils n’ont qu’une action presque nulle sur des fils mixtes, où les filament s exotiques sont intimement liés au lin et au chanvre. On sait en effet que quelques fila-teurs français fabriquent des fils ainsi composés, soit en doublant leurs rubans mélangés aux étirages, soit surtout, et alors le mélange est plus intime, en réservant à l’étaleuse la moitié des cuirs pour l’un et l’autre textiles. Parfois ces fils mixtes, expédiés de l’étranger, viennent sur nos marchés faire une concurrence redoutable à nos fils de lin indigènes ; ils nous arrivent alors surtout de Dunec, cette ville d’Ecosse qui absorbe la plus grande quantité de jute exporté de Calcutta, et que l’on a quelquefois dérisoirement nommé Jutebour g.
- Je conclus. Il existe des moyens assez précis pour distinguer à l’œil nu le coton du lin, la laine du coton, mais on n’en connaît pas d’assez exacts pour distinguer dans un tissu le jute pu le phormium en mélange intime avec le lin. Pour arriver à une solution, le comité de filature de la société
- p.185 - vue 180/286
-
-
-
- 186
- LE MONITEUR. DE LA TEINTURE
- industrielle du Nord s’est décidé à placer dans son programme une question dans ce but, afin d’encourager les chimistes ou les industriels qui s’occupent de rechercher l’action des agents chimiques sur les filaments végétaux, à porter leur attention sur les fibres dont je vous entretiens en ce moment.
- Action de la vapeur d'eau.
- Je ne ferai que signaler pour mémoire le moyen qui consiste à soumettre la toile soupçonnée, pendant quatre heures à l’action de la vapeur à haute pression ; le jute, détruit de cette façon, doit se séparer complètement de l’étoffe essayée. Je m’occuperai ultérieurement de la miscroscopie et de la microchimie de ces textiles.
- Gomment doit-on expliquer la théorie de la désagrégation du jute ? Si l’on en croit M. Vincent, ceci proviendrait de ce que les filaments proprement dits sont reliés entre eux par des substances albumineuses qui ne peuvent supporter l’influence de la chaleur humide ou des alcalis.
- J’avouerai que cette explication ne me paraît pas du tout satisfaisante. J’ai essayé, en effet, de désagréger quelques parties de jute et je suis arrivé à de bons résultats. J’ai constaté que le jute avait, contrairement au lin, le désavantage d’être ramifié et d’être entouré d’une quantité considérable de matières gommo-résineuses.
- Le traitement par le carbonate de soude amène la dissolution d’une partie de cette résine ; les rameaux surtout, plus ténus que la tige, en sont dépouillés presque complètement, ils viennent s’étendre et faire corps avec elle pour former un tout plus affiné. (4 suivre.)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- LA ROCCELLINE
- de la maison P O IR RI ER (I)
- L’échantillon que nous soumettons aujourd’hui à nos lecteurs est obtenu avec la roccelline pure sur laine.
- La teinte est une teinte moyenne; on peut obtenir beaucoup plus foncé.
- (1) Le prix de la Roccelline est par kilo de fr. 28.
- L’office du Moniteur de la Teinture peut livrer au détail à raison de fr. 32 le kilo.
- Le bain est acidulé avec l’acide acétique de préférence et très-légèrement pour ne pas gêner l’unisson.
- MARRON S.
- Ce nouveau colorant, que nous avons déjà signalé à nos lecteurs, est d’un emploi des plus avantageux combiné avec le jaune solide. — Son prix n’est que de fr. 10 le kilog., celui du jaune solide est de fr. 21.
- Nous donnerons dans notre prochain numéro des échantillons de teinture sur laine en écheveaux de la combinaison de ces deux colorants, en indiquant le procédé de teinture pour chaque échantillon.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D’ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- p.186 - vue 181/286
-
-
-
- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 187
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle » Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- REMARQUE
- SUR L’ESSAI DES TARTRES BRUTS
- Par MM. SCHEURER-KESTNER
- (Mémoire présente à la Société chimique de Paris) (1)
- — Suite et fin. —
- La présence du sulfate de calcium dans les tartres provient, soit du plâtrage des vins, soit d’un mélange fait après coup. Lorsqu’on plâtre les vins, une partie du sulfate de calcium réagit sur la crème de tartre. MM. Busny et Buignet ont établi que, dans ces conditions, la crème de tartre perd la moitié de son acide tartrique, qui est remplacée par une quantité équivalente d’acide sulfurique. Cet acide paraît exister dans la liqueur à l’état de bisulfate, et il se forme du tartrate de calcium. L’excès de plâtre se dépose sur les tartres des tonneaux. Quelle que soit la provenance du sulfate de calcium dans les tartres, il faut, en présence de cette substance, combiner les dosages des sels potassique et calcaire, de manière à éviter des doubles décompositions qui faussent les résultats. Les procédés d’analyse peuvent varier-, mais il faut rejeter sans hésitation ceux qui reposent sur la neutralisation du bitartrate, en présence du plâtre ; nous avons montré que, dans ces conditions, il se forme du tartrate de calcium. On ne peut pas non plus, en présence du plâtre, se borner à calciner les tartres et à doser le tartrate
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris.
- de calcium dans le résidu insoluble. Dans ce cas, la dissolution du carbonate alcalin réagit sur le sulfate de calcium, et il se produit du carbonate de calcium qui vient s’ajouter à celui dont la formation devait permettre d’évaluer le tartrate de calcium naturel.
- Lorsque les tartres contiennent du plâtre, il est à peu près impossible de déterminer avec exactitude les quantités relatives de bitartrate de potassium et de tartrate de calcium. Cela n’est possible qu’en l’absence des matières acides, étrangères à l’acide tartrique; car dans ce cas, on peut doser le bitartrate par l’emploi d’une liqueur alcaline titrée, doser à l’état de tartrate calcaire tout l’acide tartrique de la matière à essayer (tant celui du bitartrate que celui du sel calcaire), et par le calcul, rétablir la proportion des deux sels préexistants. Lorsque cette condition n’existe pas, il faut se borner à doser l’acide tartrique total. On obtient des résultats concordants et exacts, en employant le procédé suivant.
- La matière tartrique à essayer est dissoute dans l’acide chlorhydrique. La dissolution filtrée est précipitée par la soude caustique, après avoir été additionnée dans la chlorure de calcium. Afin d’éviter une précipitation d’hydrate de calcium, on achève la saturation avec de l’ammoniaque. Au lieu de soude caustique, on peut aussi se servir d’ammoniaque pour précipiter le tartrate de calcium ; mais il faut, dans ce cas, limiter la quantité d’acide chlorhydrique employée, le tartrate de calcium étant un peu soluble dans le chlorhydrate d’ammoniaque. Le tartrate de calcium précipité est recueilli sur un filtre, lavé, calciné et dosé au moyen de liqueurs titrées.
- Cete méthode a été essayée en dosant le tartrate de calcium, en présence du plâtre, et en déterminant la quantité de ce sel, obtenue en précipitant un poids commun de bitartrate pur.
- 1. — 10 grammes de crème détartré pure ont été saturés par la soude et précipités par le chlorure de calcium. Le précipité a été recueilli sur un filtre et lavé. Le filtre encore humide a été calciné dans une capsule en platine, et le produit de la calcination a été titré. On a obtenu ainsi une quantité de carbonate de calcium correspondant à :
- Trouvé : Employé :
- 99 gr. 47 10 gr. 000
- II. — On a fait un mélange composé de crème de tartre, de plâtre et de tartrate de calcium.
- p.187 - vue 182/286
-
-
-
- 188 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La matière a donné à l’analyse les résultats suivants : Trouvé
- Calculé I I Bitartrate de potassium. 92.3 92.5 91.8
- Tartrate de calcium total obtenu , . . . 128.2 128.5 127.5
- III. — Afin de mettre en lumière la manière dont se comporte la crème de tartre, en présence du plâtre, lorsqu’on procède au dosage du tartatre de calcium par précipitation, on a fait un mélange composé de 10 grammes de crème de tartre et 2 grammes de sulfate de chaux. La matière a été dissoute dans l’acide chlorhydrique. Lorsqu’on a ajouté à la dissolution la liqueur alcaline, on a obtenu un précipité de tartrate de calcium, comme s’il préexistait dans le mélange. Le produit obtenu a été calciné et titré. Il renfermait une quantité de calcium correspondante au sulfate de cette base employé dans le mélange. On a constaté, en effet, que lorsque la saturation a été achevée, la liqueur séparée du précipité est à peu près exempte de calcium.
- Il serait à désirer que les chimistes chargés de faire des dosages d’acide tantrique, pour le commerce, s’entendissent sur l’emploi d’une méthode uniforme. Il arrive fréquemment que des erreurs graves sont commises dans les expertises, par suite de l’emploi de procédés défectueux. La présence du plâtre dans les tartres est certainement une des causes les plus fréquentes de pareilles erreurs. Bu moment que la dissolution chlorhydrique donne, avec le chlorure de baryum, un abondant précipité de sulfate, il faut prendre les précautions indiquées ci-dessus.
- TEINTURE DES TISSUS-MI-SOIE
- Procédés allemands.
- {Suie et fin).
- Brun sur soie chaîne coton.
- Pour 5 kilos. — Faire bouillir l’étoffe une demi-heure dans un bain où l’on a mis la dissolution de 700 gr. extrait de campêche, exprimer, éventer pendant une heure, puis entrer et manœuvrer pendant une demi-heure dans un bain tiède contenant :
- Bichromate de potasse.............. 180 gr. ...
- Sulfate de cuivre..................... 90 ( )
- Lever et entrer de nouveau dans le premier bain dans lequel on a fait dissoudre 500 gr. d’alun et qu’on a laissé refroidir jusqu’à ce qu’il ne soit plus que tiède; manœuvrer pendant une demi-heure.
- Si on veut un brun plus clair et plus vif, on opère de la même façon en employant moitié d’extrait de campêche et moitié extrait de lima,
- Noir sur soie chaîne-coton.
- Pour 5 kilos. — Préparer un bain bouillant de 650 gr. extrait de campêche, entrer et manœuvrer pendant une heure, lever, exprimer, exposer à l’air pendant une heure.
- Entrer et manœuvrer une demi-heure dans un bain tiède (1) comme ci-dessus, lever, exprimer et rentrer dans le premier bain, devenu tiède et dans lequel on dissout 90 gr. de sel de soude. Manœuvrer pendant une demi-heure, lever, rincer et sécher.
- Si le noir n’est pas assez foncé, on ajoute au dernier bain 25 gr. de sulfate de fer, on entre et on manœuvre de nouveau pendant un quart d’heure à la température de 65° C., on lève, on évente pendant une heure, on rince et on sèche.
- Ce procédé donne le noir bleu. Pour avoir le noir corbeau, il faut ajouter, à l’extrait de campêche, un cinquième d’extrait de quercitron.
- Pour apprêter l’étoffe, on opère comme pour la soie, et pour cela on arrose l’envers de l’étoffe d’une solution de gomme arabique ou de gomme adragante; 250 gr. de gomme pour 9 lit. 750 d’eau. La masse est légèrement teinte par le colorant qui sert à la teinture de l’étoffe.
- On sèche et on calandre. Pour les chiffons, on sèche au tambour. On peut aussi se servir de la colle forte pour apprêter ces étoffes; la proportion de colle est la même que celle de gomme.
- Blanc sur soie chaîne-coton.
- Pour 5 kilos. — L’étoffe doit être bien lavée au savon, puis parfaitement rincée dans une dissolution froide de 50 gr. de permanganate de potasse dans 10 litres d’eau, contenus dans un vase de cuivre ou de terre. Onia manœuvre dans cette dissolution jusqu’à ce que la couleur violet-rouge du liquide ait disparu et que l’étoffe ait pris une faible teinte brune.
- Lever ensuite, rincer et entrer dans un bain d’eau froide dans laquelle on a ajouté suffisamment d'une dissolution d’acide sulfureux pour qu'on en sente l’odeur. On y manœuvre plusieurs fois l’étoffe jusqu’à ce que la couleur brune disparaisse pour
- p.188 - vue 183/286
-
-
-
- ET DE L’TMPRESSION DES TISSUS
- 189
- faire place au blanc pur. On azuré en ajoutant au bain sulfureux un peu de violet méthyle en solution bien clarifiée. On peut aussi azurer dans un nouveau bain après le traitement de l’acide sulfureux en employant une dissolution du même violet.
- L’apprêt des étoffes blanches se fait également avec la gomme arabique ou la gomme adragante, mais on doit choisir les sortes blanches.
- INDUSTRIELLE
- INVENTIONS BREVETÉES
- Fabrication et Application.
- d'un nouveau mordant des fibres textiles par les sels de protoxyde de fer, maintenus a l'état réduit au moyen de Vhydrosulfite de soude.
- par MM. Chaudet et Naudin.
- Les inventeurs ont trouvé qu’en maintenant les sels de protoxyde de fer (acétate, nitrate, oxalate, sulfate, etc.), à l’état réduit au moyen de l'hydro-sulfite de soude, on pouvait mordancer à froid la laine, le coton, le chanvre, le lin, la paille et même le bois.
- Ces sels de protoxyde s’oxydent au contact de l’air -, se transforment en sel de sesquioxyde qui se combinent très-intimement à la fibre.
- Ce genre de mordançage résiste au foulonnage.
- Ce nouveau produit auquel on donne le nom de chromogène ferrique réduit, se fabrique en mélangeant l'hydrosulfite sodique au sel de protoxyde de fer.
- Les proportions sont très variables mais les plus convenables'sont :
- Sels de protoxyde fer, h p. en poids.
- Hydrosulfite sodique 1 p. —
- Pour l’appliquer il suffit de plonger la matière dans le bain, de l’y laisser séjourner une demi-heure (plus ou moins) de l’exposer à l’air douze heures (plus ou moins) de laver et teindre comme à l’ordinaire.
- Ce sel de sesquioxyde de fer peut servir de mordant aux matières colorantes d’origine animale, végétale et même aux couleurs d’aniline.
- Encre en poudre
- Par M. Brachet,
- L’invention consiste dans la fabrication d’une nouvelle encre en poudre plus soluble et moins susceptible de moisissure que les autres produits de ce genre connus jusqu’à ce jour.
- Cette nouvelle encre se compose de :
- 1° Violet, noir, bleu ou rouge d’aniline : dix grammes.
- 2° Dextrine : dix grammes.
- 3° Alun : un gramme, finement pulvérisés et intimement mélangés ensemble.
- La poudre ainsi préparée se dissout complète^ ment en quelques secondes, dans de l’eau froide, et donne une encre coulante et résistante qui n’exerce aucune action oxydante sur les plumes métalliques. On peut au besoin l’appliquer à l’état de solution pâteuse, à l’intérieur des plumes destinées aux travaux du dehors, etc., et qui, portant ainsi leur provision d’encre sèche, n’ont besoin que d’être trempées dans quelques gouttes d’eau pour pouvoir être employées à la minute.
- Application de la peinture dissoute à l’aide de produits chimiques, àtous tissus et à toutes tapisseries.
- Par M. Nezel.
- Ce procédé a pour objet de peindre sur n’importe quel tissus, calicot, percale, velours, soie, satin, toile, coton, lin, en un mot tous les tissus en général sans que l'étoffe perde de sa souplesse, puisse se casser en la ployant ou roulant et sans que les couleurs ou nuances s’écaillent, ne changent de ton et cela malgré la durée du temps, même en nettoyant ou lavant les morceaux ou panneaux peints ; par ce procédé les tons ne chan-gent même pas et ne peuvent s’altérer.
- On peut avec ce procédé peindre et imiter n’importe quel dessin, quelle peinture ancienne ou mo-derne, imiter les vieilles tapisseries, également les modernes, quel que soit le style ou le sujet, il peut être appliqué à la tapisserie pour le commerce.
- Ce procédé est employé pour peindre comme on peint à l’aquarelle.
- On obtient toutes les nuances, on peut repeindre plusieurs fois dessus les autres sans crainte que la peinture s’écaille comme il est dit ci-dessus.
- p.189 - vue 184/286
-
-
-
- 190
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- II peut être appliqué soit par les procédés employés pour le chromo et également par les presses et rouleaux pour papier peint.
- Matières. Dissolvants Couleurs correspond.
- Picrate de potasse Eau Bichromate id. —
- Rocou —
- Cachou Alcool
- Ext. de campêche Eau Ext. de bois du Brésil —
- —deFernambouc —
- — de Ste-Marie — Aniline rouge Alcool
- Aniline bleue —
- Aniline jaune —
- Extrait d’indigo —
- Campêche, alcali ) p Sulfate de fer ) -a"
- Jaune de chrome clair — — foncé
- Terre de Sienne brûlée Terre d’ambre brûlée Terre de Cologne Laque foncée Laque rose
- Laque capucine Rouge vif
- Cendre bleu Chrome ordinaire Bleu de Prusse foncé
- Noir intense
- On se sert pour foncer ou éclaircir les tons, des acides, alcools, etc., etc., ci-dessous, à l’état tiède.
- Acide sulfurique, ammoniaque liquide, alcool, acide nitrique, alun, écorce d'Autun, sulfate de fer.
- Préparation de la toile.
- On la mouille avec une éponge trempée dans l’eau et alun, il faut qu’elle soit imbibée paitout.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 118,934. 11 juin. — Chaudet et Naudin. — Système de fabrication et d’application des acéto-oxalates et des acéto-nitrates métalliques et terreux, pour mordant dans la teinture.
- 118,974. 19 juin. — Monnier. — Mécanique-armure pour métiers à tisser mécaniques.
- 118,975. 19 juin. —Monnier. — Perfectionnements aux six-boîtes à tisser du métier mécanique.
- 118,978. 12 juin. — DEPLANQUE. — Appareil à chauffer les fers à repasser.
- 118,982. 12 juin. — Bernier. — Perfectionnements aux métiers à filer le coton, la laine, la soie et autres matières filamenteuses.
- 118,997. 13 juin. — Rossignol. — Système moteur de transmission, appliqué aux essoreuses ou appareils à force centrifuge.
- 119,001. 17 mai. —Lagarde. — Filage du cocon de soie, enveloppant à la bassine même, un fil de quelque nature que ce soit.
- 119,011.14 juin. — Walton. — Perfectionnements dans la fabrication des tissus à relief pour tentures.
- 119,900. 14 août. — PLANTROU jeune et Ce. — Machine destinée à briser, pulvériser et enlever les pailles qui se trouvent dans les tissus et les matières textiles, en général.
- 119,910.22 août. — Dirson.— Temple pour métier à tisser.
- 119,919. 17 août. — Nezel. — Application de la peinture dissoute à l’aide de produits chimiques, à tous tissus et à toutes tapisseries.
- 119,926. 17 août. — Imbs. — Procédé d'exécu-tien des dessins dans les tissus spoulinés, tapis, tapisseries, châles, étoffes de toutes sortes.
- 119,927. 17 août. — Société anonyme pour la MANUFACTURE DE FEUTRES ET CHAPEAUX. — Machine à feutrer perfectionnée.
- 119,928. 17 août. — Jungst et Heinzerling. — Composition dite : olival, pour graisser la laine, et mode de fabrication de cette composition.
- 119,932. 24 août. — Valois et Renard (société). — Mat grillé identique à celui de la dentelle et servant à faire des dessins sur les métiers à tulle Leavers.
- 119,97 3. 21 août. — Marion. — Battant-bro-cheur dit : système-Marion.
- 119,974. 22 août. — Dumollard. — Impression, avec ou sans relief, sur tissus légers, avec planche à pivots irréguliers.
- 119,977.25 août. — Petit-Girard. — Pince à étirer les tissus.
- 119,985. 21 août. — Delattre-Camblain. — Procédé d’imputrescibilisation des toiles à bâches avant tissage.
- 119,986. 21 août. - Delattre-Camblain et Cia (société). — Fabrication mécanique de la toile à tente à rayures repsées.
- 119,989. 21 août. —Jay. — Genre d’outil propre au découpage des boutonnières dans toutes espèces d’étoffes, peaux, cuirs, etc.
- 120,034. 25 août. —Leblanc et Houzeau. —Méthode d’épuration et d’épaillage de la laine, du coton et des tissus simples de ces matières.
- 120,036. 25 août. — Imbs.— Mode de macérage, décreusage et blanchiment des déchets de soie, de la soie, des matières végétales et pour le blanchissage du lin.
- p.190 - vue 185/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 191
- 120,038. 25 août. — Pabst et Girard. — Préparation de nouvelles matières colorantes.
- 120,056. 26 août. — Cordonnier. — Fabrication d’un tissu à effet mélangé.
- 120,061. 1er septembre. — Compagnie des Mines d’Anzin. — Application de la soufflerie aux fours à griller les tissus.
- 120,067. 28 août. — Michelin et Cornillon. — Moyen de dorer ou de bronzer les plumes en général, la fourrure, la dentelle, la guipure, les imitations de dentelle, le tulle, la gaze, la mousse, les feuillages et les fleurs artificielles.
- 120,068. 28 août. — Hutinet. — Emploi typographique des chlorures métalliques, permettant d’obtenir par l’impression des dessins ou images variant de couleurs avec la température.
- 120,080. 1er septembre. — CHAVANT et BELIN-gard. — Tissus nouveaux obtenus par l’application nouvelle du tissage combiné avec l’impression.
- 120,081. 3 septembre. — Tournus. — Calorifère à brûler la tannée et les déchets de bois de teinture secs ou humides.
- 120,090. 29 août. — Imbs. — Mode de filature des déchets de soie.
- 120,120. 4 août. — DUPIRE. — Machine dou-bleuse, retordeuse, dévideuse ou bobineuse.
- 120,129. 3 septembre. — Goulon aîné. — Etoffe pour ameublement, vêtements, etc.
- 120,132. 8 septembre. — Funck. — Perfectionnements au tissage.
- 120,146. 1er septembre. — Ehlers. — Appareil servant à déterminer ou mesurer la résistance des tissus, étoffes, etc.
- 120,153. 8 septembre. — Magaud. — Appareil à matrice dit tournurière pour la chapellerie.
- 120,179. 4 septembre. — Tattersall. — Mouvements de débourrage perfectionné pour les machines à carder.
- 120,180. h septembre. — Kottgen. — Perfectionnements aux métiers mécaniques à tisser.
- 120,188. h septembre. —Arger et Cie (société). — Procédé de décoration phosphorescente et inaltérable des plumes, fleurs et autres objets.
- 120,209. 10 septembre. — Béranger. — Application aux frotteurs, de cylindres évitant la rupture des fils.
- 120,228. 7 septembre. — BERCHON. — Système de métier rectiligne perfectionné.
- -------—a-0-.•—.—
- INFORMATIONS & FAITS
- Marques de fabrique.
- Une note insérée au Journal officiel du 3 mars 1878 a informé le public qu’un arrêté de la reine, pris en conseil et conformément à l’article 1er de l’acte du 6 août 1877, avait prolongé jusqu’au 30 juin 1878, pour le dépôt en Angleterre des marques employées dans les industries textiles, le délai fixé au 1er juillet 1877 par l’acte du 24 juillet 1876.
- Un nouvel arrêté de la reine en date du 29 juin dernier, à prorogé au 30 décembre 1878 le délai accordé pour l’enregistrement des marques de fabrique des industries textiles.
- Aux termes de son article 2, l’acte précité du 6 août 1877 entend par marques de fabrique employées dans les industries textiles celles qui sont relatives aux matières comprises dans les classes 23 à 35 de l’annexe aux règlements conformes aux lois de 1875-1876 sur l’enregistrement des marques de fabrique, savoir :
- Classe 23. Coton fil de coton.
- — 24 . Articles de coton de toutes sortes ; étoffes de coton.
- — 25. Articles de coton non compris dans les classes 23, 24 ou 38.
- — 26. Toile et chanvres filés et en fil.
- — 27. Etoffes de toile et de chanvre.
- — 28. Articles de toile et de chanvre non compris dans les classes 26 et 27.
- — 29. Fils et tissus et autres articles faits de jute.
- — 30. Soie filée, tordue et à coudre.
- —• 31. Articles de soie en pièce.
- — 32. Autres articles de soie non compris dans les classes 30 et 31.
- — 33. Fils de laine et de tricots.
- — 34. Draps et étoffes de laines filées et tricotées.
- — 35. Articles de drap et de laines tricotées non compris dans les classes 33 et 34.
- La classe 38, citée plus haut, comprend, sous le titre d’« articles d’habillement » : les chapeaux de femmes, la bonneterie, les gants, les bottes, bottines et souliers, la confection.
- p.191 - vue 186/286
-
-
-
- 192
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- BIBLIOGRAPHIE
- LES TRAPPEURS PARISIENS
- An XIXe siècle
- Par P.-L. IMBERT
- Un vol. in-18 jésus. — 3 francs
- (André SAGNIER, éditeur, 31, rue Bonaparte, à Paris)
- Depuis longtemps n’avait paru livre si curieux, si étrange, si pittoresquement coloré.
- Continuant les traditions des Rétif de la Bretonne, des Mercier, des Privât d'Anglemont, M. Imbert nous initie anx mœurs étonnantes, presque invraisemblables, d’un monde tout à fait inconnu. Audacieux chercheur, il plonge dans les bas-fonds parisiens et saisit sur le vif, d’une plume spirituelle, des types extraordinaires, des scènes inouïes, fantastiques comme un conte d’Hoffmann, bizarres comme une eau forte de Callot.
- Par la forme autant que par l’idée, ces singulières études s’adressent aux visiteurs de l’Exposition universelle, étrangers et provinciaux de passage qui voudront, après avoir admiré les merveilles de la splendide capitale de la France, en connaître les dessous pleins d’ombre mystérieuse.
- Les Trappeurs parisiens, ces ventres creux qui s’ingénient à vivre de leur chasse à la bouchée de pain et à la bête humaine, sont enfin assurés, grâce à M. Imbert, de faire une rapide fortune parmi le grand public venu de toutes les parties du globe.
- •— . —b-=9-{a-
- UNE POIGNÉR DE HÉROS SCÈNES DE LA VIE DE CAMPAGNE
- Par A. Salières
- 1 joli volume in-18 jésus de 310 pages. 3 francs.
- (André SAGNIER, éditeur, 31, rue Bonaparte, à Paris)
- L’auteur des Soirées fantastiques de l’artilleur Baruçh (ouvrage si justement remarqué et que la presse, unanime dans ses éloges, a souvent comparé aux œuvres populaires de J. Verne) vient de publier, chez l’éditeur André Sagnier, un nouveau roman militaire sur lequel nous appelons toute l’attention de nos lecteurs.
- M. Salières, dont la compétence est incontestable, a su faire entrer dans un cadre de fantaisie, plein de situations originales et de péripéties émouvan
- tes, toutes les curieuses opérations de la petite guerre, telles que reconnaissances, ruses, stratagèmes, attaque et défense des bois, des villages, des convois de chemins de fer, espionnages, surprises, embuscades, etc., etc.
- Ces scènes attrayantes de la vie de campagne, où le combat héroïque coudoie l’intrigue amoureuse, offrent tous les attraits des romans d’aventures, et le lecteur, tout en s’attachant au drame lui-même, profite, presque à son insu, de la science répandue sous ses pas.
- Nous pouvons donc prédire à Une poignée de Héros un grand et légitime succès. Cet ouvrage, soumis à une commission spéciale d’examen, a été immédiatement adopté par le Ministère de l’Instruction publique pour les bibliothèques créées sous son patronage, à la suite d’un rapport des plus favorables. Ce témoignage officiel de sa valeur vulgarisatrice est un avant-coureur certain du bon accueil qui lui sera fait par le public.
- Fabrique de couleurs d'Aniline. LAZARD-GODCHIAUX
- 60, rue de Mérode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille) la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. I Verts au méthyle. Rouge cardinal. | Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu'à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Ileu Nicholson. — Eleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du prix-courant, type de produits et modes d'emploi pour la teinture.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.192 - vue 187/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, N 17. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 1878.
- SOMMAIRE
- Revue de l’Exposition : L’industrie du blanchiment à l’Exposition universelle de 1878, par M. A. Kopp. — La chrysoline dans ses applications sur coton, par M. R. GLANZMANN.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Le noir bleu réductible de M. Ch. Collin (échantillon). — Noir sur laine chaîne-coton. — Teinture des housses.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. —Inventions brevetées : Extraction et récupération®tles graisses, colles, sels et acides du traitement des textiles ; Produit rendant les étoffes imperméables ; Réactif instantané de la coloration des vins. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS : Le crin végétal. — Le Congrès international de la propriété industrielle.
- REVUE DE L’EXPOSITION
- L'INDUSTRIE DU BLANCHIMENT
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Par M. Adolphe Kopp (1).
- C’est Berthollet, qui, le premier, fit connaître l’action destructive exercée par le chlore sur les matières colorantes; c’est donc à cet illustre chimiste qu'il faut attribuer la découverte du blanchiment par le chlore, en 1784.
- Depuis cette époque et malgré les innombrables découvertes de la science, aucun autre agent n’a pu le remplacer, et, sauf dans certains cas particuliers, c’est toujours le chlore que l’on emploie dans le blanchiment des fibres végétales. Dans celles-ci, la matière colorante se trouve ordinairement à la surface et peut être facilement détruite par les agents chimiques. Dans les matières textiles d’origine animale, la soie et la laine, la matière colorante pénètre intimement la substance organique; celle-ci est, d’ailleurs, d’une nature plus altérable, et l’agent décolorant que l’on emploie, l’acide sulfureux, ne détruit pas la matière colorante, mais la masqne pour ainsi dire, en formant avec elle une combinaison incolore.
- M. R. Wagner a divisé les corps blanchissants en deux catégories bien distinctes : ce sont ceux qui contiennent ou qui produisent de l’ozone, et l’acide sulfureux.
- Pour les matières végétales (lin et coton), en se servant soit du blanchiment naturel ou du blanchi-
- (1) Moniteur scientifique^
- ment artificiel avec le chlore, c’est, toujours d’après ce chimiste, l’ozone qui agirait en oxydant les matières colorantes étrangères sur la fibre même. Dans le blanchiment sur le pré, il se forme de l’ozone par suite de la décomposition de l’eau sous l’influence de la lumière, et l’hydrogène naissant produit, dans ce cas, avec l’azote et l’oxygène de l’air, de l’ammoniaque et de l’acide azoteux. (M. Armand Müller de Zurich.).
- Les corps oxydants qui donnent naissance à des acides et qui exigent la présence d’un alcali ont été nommés agents alcalipathiques ; les plus employés sont, outrel’ozone atmosphérique, le chlore, l’acide hypochloreux, le ferricyanure de potassium, l’eau oxygénée.
- Les corps acidipathiques, c’est-à-dire, qui s’em-ploient dans un milieu acide, sont surtout ceux qu’à recommandés M. Tessié du Motay : l’acide permanganique, le peroxyde de fer, l’acide chro-mique, etc.
- L’action de l’ozone dans le blanchiment est loin d’être démontrée et d’être admise généralement ; on a également avancé différentes hypothèses sur l’action du chlore.
- Le chlorure de chaux lui-même ne peut agir qu’autant qu’il est au contact de l’air et de la lumière. Quant au chlore, il paraît qu’il se combine avec l’hydrogène de la matière colorante pour former de l’acide chlorhydrique. D’après d’autres savants, il se substituerait à l’hydrogène en produisant des dérivés chlorés incolores. On peut aussi admettre que le chlore décompose l’eau ; il se forme de l’oxygène qui brûle une partie des matières colorantes, ou bien se combine avec elles, en donnant ainsi naissance à des composés oxydés incolores, ou solubles dans l’eau et les alcalis.
- p.193 - vue 188/286
-
-
-
- co
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- M. Kolb a étudié avec soin ces faits délicats. D’après lui, le chlorure de chaux serait décomposé par la matière colorante, qui s’empare de son oxygène tandis qu’il est transformé en chlorure de calcium ; l’acide carbonique ne doit avoir aucune action dans le blanchiment. Le chlorure de chaux agit donc comme oxydant, et en effet il peut être remplacé par des corps oxydants.
- Examinons rapidement le blanchiment des matières textiles les plus usitées, ainsi que les perfectionnements qu'on'y a apportés.
- Blanchiment du coton. — Le coton est souillé par une matière colorante jaune, un corps gras, l’apprêt, et par les différentes impuretés dont il peut s’être chargé pendant la filature et le tissage ; il s’agit de le débarrasser de ces substances.
- La première opération est le flambage, qui a pour but d’enlever toutes les inégalités, nœuds, duvet, etc., de la surface du tissu. Autrefois on tondait les pièces avec des ciseaux ; on emploie souvent encore la machine inventée par M. Courlier, la tondeuse (le tissu, très-tendu, passe au-dessus de lames hélicoïdales en acier, animées d’un mouvement de rotation très-rapide). Mais, généralement, on brûle le duvet sur la machine à griller, qui consiste en une plaque métallique chauffée au rouge, ou par le flambage, dans lequel on fait lécher la pièce par la flamme produite à l’aide d’un mélange de gaz d’éclairage et d’air. Les nouvelles machines sont verticales, soit celles de MM.Tulpin, ou les machines plus récentes encore, de M. Blanche, construites par MM. Pierron et Dehaitre, à Paris. Ces dernières peuvent griller par heure vingt pièces de 100 mètres de long et de 0m75 de large ; elles ont deux rangées de becs très-larges et très-rapprochés les uns des autres, de sorte qu’il ne se forme, pour ainsi dire, qu’une flamme. Le tissu, après avoir passé sur ces becs, arrive dans une caisse où l’on injecte de la vapeur d’eau pour l'hu-mecter.
- Le blanchiment lui-même se fait en traitant le coton par de l’eau bouillante, en le faisant bouillir assez longtemps avec un lait de chaux, eusuite avec une solution de carbonate de soude ou avec du savon de colophane. Les corps gras deviennent ainsi solubles, par suite de la formation d’un savon ou d’une émulsion. On fait suivre ces opérations par un traitement avec une lessive de soude caustique, qui enlève une espèce de résine ; ensuite, les tissus sont portés dans une dissolution de chlorure de
- chaux, à moins que l’on préfère le blanchiment sur le pré.
- Pour les tissus délicats, on emploie du chlorure de magnésie ; on chauffe le bain avec de la vapeur d'eau ; on rince les pièces dans de l’eau contenant de l’acide chlorhydrique ou sulfurique ; ou lave à l’eau, quelquefois encore dans un bain d’hyposul-fite de soude ou d’ammoniaque dilué pour enlever l’excès de chlore-, enfin, les pièces sont passées à l’eau bouillante.
- On a préconisé dans ces derniers temps un nouveau procédé de blanchiment intitulé : Blanchiment au silicate sulfureux. Ce produit est fabriqué par M. Van Baerlé et Ce, à Worms ; il consiste en une solution limpide et concentrée de silicate et de sulfite alcalin. Le tissu écru est immergé pendant vingt-quatre heures dans la solution de silicate sulfureux à 2° Baumé, passé immédiatement en acide chlorhydrique à 2° Baumé dans un clapot, lavé à l’eau froide et chloré légèrement, puis de nouveau lavé à grande eau.
- D’après M. Grothe, on emploie avec succès le verre soluble dans le blanchiment du coton et du lin. On place les écheveaux pendant quinze à vingt minutes dans une solution de silicate de soude à 85 ou 100 degrés (sur 50 kilog. d’eau, on emploie 3 à 4 kilog. de silicate); on lave à l’eau chaude et à l’eau froide, et on donne un bain de chlore faible. On passe en acide et on lave de nouveau. Tandis qu’on est obligé de faire bouillir le coton et le lin six à huit heures dans une solution concentrée de carbonate de soude, il ne faut que les agiter dix à quinze minutes dans un bain très-chaud de silicate de soude.
- Nous trouvons aussi dans la classe 47, des produits chimiques, un soi-disant nouveau décolorant à base alcaline, le chlorozone de M. Ch. de Dien-heim-Brochoki. Son prix doit être le même que celui du chlorure de chaux, et ses avantages doivent consister dans la suppression de la préparation du bain décolorant au chlorure de chaux (mais, par contre, la fabrique doit préparer elle-même l’hypo-chlorite alcalin) ; suppression de l’emploi des acides : pas de contact direct de la matière à blanchir avec la chaux; enfin, suppression des lavages alternatifs à l’eau et aux acides, entre plusieurs bains décolorants.
- Le chlorozone lui-même n’est qu’une solution alcaline caustique ou carbonatée saturée à froid par un courant d’acide hypochloreux mêlé à un courant d’air. L’hypochlorite alcalin marquant près de 40°
- p.194 - vue 189/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 195
- Baumé, et 100 à 120° chlorométriques, additionné de carbonate de soude desséché, donne le chloro-zone solide, masse compacte qui se laisse mouler, mais qui se ramollit déjà à 20 degrés. Le produit de M. de Dienheim aurait-il la prétention de remplacer le chlorure de chaux ?
- Nous ne pouvons décrire, sans des planches, toutes les machines et appareils employés dans le blanchiment, bien que ce soit principalement sur leurs perfectiofnements qu’aient porté les progrès dans ces dernières années. Mais citons le clapot, qui consiste essentiellement dans deux cylindres en bois, de diamètre inégal, le supérieur exerçant une pression assez forte sur l’inférieur. On les remplace souvent aujourd’hui par d’autres machines à laver disposées de façon à moins fatiguer les tissus. Pour soumettre à l’ébullition les pièces imprégnées de lait de chaux, on se sert de vastes cuves en tôle recouvertes à l’intérieur de bois et munies d’un double fond. On chauffe presque généralement à l’aide de la vapeur d’eau. On distingue les appareils à basse et haute pression.
- Avec les appareils à basse pression, la lessive bouillante est élevée, au moyen de la pression fournie par sa propre vapeur, dans un tuyau se trouvant au centre ou au côté du cuvier, et vient se déverser à la surface des tissus entassés, qu’elle traverse dans toute leur masse. Ou bien, une pompe aspire la lessive au-dessous du double fond et la déverse sur les pièces; d’autrefois encore, elle est chauffée dans un appareil spécial. M. J. Decou-dun a décrit un appareil dans lequel on fait monter la lessive dans un tuyau, placé au centre du cuvier, au moyen d’un jet de vapeur surchauffée, faisant fonction d’injecteur de Giffard. A la partie supérieure du tuyau central s’en trouve un autre horizontal pouvant tourner autour de son axe et garni de trous. Le mouvement de rotation est produit par l’écoulement de la lessive, les trous étant pratiqués aux deux extrémités du tube, mais en sens inverse. On obtient ainsi une répartition égale de la lessive sur toute la surface du tissu, et sa température peut être élevée graduellement.
- Parmi les appareils à haute pression qui fonctionnent tous, non avec des pompes, mais à l’aide de la vapeur surchauffée, nous aurions à décrire ceux de M. Lendelbury, de M. Barlow, enfin, une combinaison des deux précédents de M. Spirk, à Cosmanos. L’appareil deM. Lendelbury se compose d’un cuvier et d’une petite chaudière, tous les deux en tôle, ils sont reliés par des tuyaux. Au moyen
- de la vapeur à trois atmosphères, on chasse d’abord l’air du cuvier, ensuite on fait passer le lait de chaux ou la dissolution de savon de la chaudière sur les pièces entassées dans le cuvier, et, quand la lessive a traversé le tissu, on la fait de nouveau revenir dans la chaudière.
- L’appareil de M. Barlow se compose de deux réservoirs, dans lesquels on entasse les pièces ; la lessive, dirigée également par la vapeur, traverse alternativement les deux réservoirs. Enfin, à Cos-menos, on intercale encore, entre les deux cuviers une chaudière destinée à recevoir la lessive, qui y est portée à l’ébullition avec de la vapeur; la lessive, après avoir traversé les pièces, est chaque fois chassée dans la chaudière.
- Pour des tissus légers, on emploie le blanchiment au large; les tissus pliés en boyaux, traversent au large les chaudières, les foulards et les cuves.
- Pour le dégorgeage on se sert de Squeezers, c’est-à-dire de deux cylindres presseurs, garnis à leur surface de caoutchouc, entre lesquels on fait passer les toiles ou bien, plus généralement aujourd’hui, d’essoreuses à force centrifuge (1).
- {A suivre.)
- LA CHRYSOLINE
- DANS SES APPLICATIONS SUR COTON
- Rapport de M. R. GLANZMANN, à la Société industrielle de Rouen.
- Peu d’industries ont pris un aussi grand développement que celle des matières colorantes artificielles, et les talents remarquables qui s’y consacrent nous présentent chaque jour la réalisation d’une nouvelle idée. Les progrès sont si rapides, que les praticiens ont peine à suivre ces nombreuses découvertes pour en faire valoir les applications industrielles. Quoiqu’un grand nombre de ces produits n’aient qu’un intérêt exclusivement scientifique, il est nécessaire et fort utile d’étudier avec persévérance chacune de ces nouvelles matières, afin d’en trouver l’emploi et de ne pas laisser infructueux les efforts des premiers chercheurs.
- (1) La suite de ce travail complet sur l’état actuel du blanchiment, paraîtra dorénavant dans le corps du journal. La Revue de l’Exposition continuera le compte-rendu des produits exposés dans le prochain numéro.
- p.195 - vue 190/286
-
-
-
- 106
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- C’est ainsi que vous m’avez chargé d’étudier la nouvelle matière colorante, désignée sous le nom de chrysoline, dans ses applications sur coton.
- La chrysoline a été livrée au commerce en mars 1877 (1); elle est employée depuis ce moment dans la teinture de la laine et de la soie.
- C’est le sel de soude de la fluorescéine benzylée, découvert et reproduit industriellement par M. Frédéric Reverdin.
- Comme l’auteur a décrit lui-même dans plusieurs publications (2) les principales propriétés du nouveau produit, ainsi que sa production en grand, je ne vous citerai que les réactions marquantes que j’ai eu l’occasion d’observer dans mes essais préliminaires.
- Ce colorant se dissout en toute proportion dans l’eau et dans l’alcool.
- Dans la glycérine étendue d’eau, il est moins soluble et la glycérine concentrée ne le dissout qu’à chaud. Il est insoluble dans les huiles et l’essence de térébentine.
- Cette dernière le précipite de ses solutions aqueuses.
- Les dissolutions sont d’une magnifique couleur verte à la lumière réfléchie et de couleur orange par transparence.
- Les alcalis favorisent la dissolution, tandis que les acides et tous les sels métalliques, excepté les carbonates, provoquent un précipité orange dont la nuance varie selon la base du sel.
- Parmi ces précipités, les plus remarquables sont ceux obtenus par le chlorure d’étain et le nitrate de plomb. Le dernier devient encore plus vif en précipitant une dissolution froide, peu concentrée, rendue légèrement alcaline.
- La chrysoline contient deux matières colorantes différentes : l’une est précipitée en jaune par les acides et les sels métalliques, l’autre en rouge ou rose par les sels de plomb.
- La dernière n’est pas solide ; le jaune est plus stable. En laissant déposer le précipité obtenu à l’aide du chlorure d’étain, il surnage un liquide orange clair ; celui-ci rendu ammoniacal est additionné d’une dissolution faible de nitrate de plomb, laisse déposer un magnifique précipité rose, qui parait provenir d’une certaine quantité d’éosine ou se produisant dans la fabrication en même temps que la matière colorante jaune.
- (1) Usine de MM. E. Monnet et Ce.
- (2) Moniteur scientifique du Dr Quesneville, année 1877, page 860.
- On ne peut teindre directement le coton par la chrysoline ; sur les mordants d’alumine et de fer, elle ne laisse que des traces roses.
- Le mordant de plomb prend une belle teinte rose claire, dont l’intensité est peu en rapport avec la quantité totale de la chrysoline employée dans le bain de teinture. C’est la matière rouge, déjà signalée, qui teint seule. Le blanc est toujours chargé.
- Quand on passe du coton dans -une solution aqueuse de chrysoline (2 gr. par lit., par ex.) et qu’on sèche, on obtient une très-belle nuance orange. Cette couleur, propre à la chrysoline, n’est pas fixée sur le coton et montre une grande sensibilité à la lumière ; quelques heures d’exposition la font pâlir et même disparaître.
- En passant ce coton coloré dans un bain de mordant gras en séchant, une partie de jaune se fixe assez pour résister à un simple lavage.
- Un bain faible de nitrate de plomb fixe également la matière colorante avec une teinte orange où l’on voit surtout l’influence de la matière rouge.
- Le coton préparé préalablement en mordant gras épuise promptement le bain et se colore en orange foncé. Cette couleur résiste mieux à la lumière, sans toutefois pouvoir supporter un lavage.
- Impression. —Après ces essais préliminaires, j’ai tenté d’appliquer la chrysoline par impression.
- Une dissolution de 2 gr. par litre, épaissie à l’albumine d’œufs donne un beau jaune assez intense après le vaporisage. Le lavage enlève beaucoup de jaune et il ne reste qu’une couleur altérée de peu de vivacité.
- Meilleur est le résultat en imprimant des précipités à raison de 4 gr. de chrysoline dans 900 gr. de couleur.
- Je vous présente deux précipités appliqués à l’albumine : l’un obtenu par le nitrate de plomb et l’autre par le chlorure d’étain (1). Le premier, quoique le plus beau, doit être abandonné, car il se ternit fortement au vaporisage et à l’air. Le précipité au sel d’étain, d’un très-bel orange, se déve-
- (1) Précipités imprimés :
- 500cc Dissolution contenant 1 gr. de 'chrysoline ; précipiter lentement et à froid par :
- 15ce Dissolution de sel d’étain ou de nitrate de plomb, 100 gr. par litre, laver deux fois par décantation ; laisser déposer jusqu’à :
- 150cc de précipité liquide et épaissir avec :
- 73 gr. albumine d’œufs.
- 2 gMconleup contenant ! er. do chysoline préciité.
- p.196 - vue 191/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 197
- loppe au contraire par la vapeur et il résiste mieux à la lumière.
- Les deux couleurs se dégradent fortement et changent de ton par un léger savonnage -, elles présentent alors une couleur chair qu’on ramène facilement au jaune par les acides.
- Il me reste à vous parler d’un troisième mode d’application, par l’arsénite d’alumine. Sur du calicot mordancé en acétate d’alumine, on imprime une dissolution de chrysoline à k gr. par lit., contenant la quantité nécessaire d’arsénite de soude et épaissie à l’amidon blanc. Les résultats sont meilleurs sous le rapport de la solidité, mais aux dépens de la beauté. L’orange est moins intense, se rapproche plutôt du jaune et manque de vivacité; il résiste au lavage et notablement à la lumière. C’est l’application la plus solide.
- Teinture. — J’ai voulu aussi vous soumettre quelques échantillons de teinture en échevettes. Pour cela, j’ai dû me baser sur les procédés qui m’ont déjà servi pour l’impression. Les résultats ne sont guère plus satisfaisants.
- La première échevette mordancée en acétate d’alumine à 5° Baumé a été plongée dans un bain de chrysoline et d’arsénite de soude; tordre également -, sécher, vaporiser et laver. On obtient un assez bel orange résistant un peu à la lumière.
- L’échevette n° 2, également mordancée, a été teinte dans un bain contenant les mordants d’acétate d’alumine et d’acide arsénieux dissous en glycérine. Tordre, sécher, vaporiser etlaver. La teinte est beaucoup plus jaune en raison du bain légèrement acide.
- Certaines précautions sont à recommander pour ce mode d’opérer, car il est assez difficile d’obtenir des fils également teints.
- Sur l’échevette no 3, la teinte a été produite en passant le coton, imbibé d’une dissolution de chrysoline et séché, dans un bain de nitrate de plomb. Le résultat est une belle teinte orange, peu solide.
- Enfin, la 4e échevette mentre le colorant fixé à l’aide du chlorure d’étain. La teinte est un peu moins rouge que la précédente. En général, toutes les couleurs et teintes provenant de l’application de la chrysoline deviennent jaunes par les acides et sont ramenées à leur état primitif par les alcalis, comme les échantillons soumis à votre examen le prouvent.
- En terminant je puis encore relater un fait déjà remarqué sur d’autres matières colorantes artifi-cielleg.
- Un jaune teint au quercitron est considérablement rehaussé en le mettant simplement dans un bain faible de chrysoline (à 2 gr. par litre). Après avoir séché, la matière colorante est fixée et résiste au lavage.
- Je vous ai cité les essais les plus concluants ; en passant sous silence un grand nombre sans résultats importants. Malgré mes efforts, Messieurs, j’ai le vif regret de ne pouvoir vous soumettre que des conclusions peu favorables.
- La matière colorante la « chrysoline » est difficile à appliquer et surtout elle n’est pas assez solide pour recevoir une application étendue dans la teinture ou l’impression sur coton.
- La nitroalizarine, dans ce cas, peut remplacer la chrysoline dans tous ses emplois; cette matière donne des teintes solides et presque aussi brillantes.
- La chrysoline trouvera son emploi dans la teinture de la soie et de la laine, matières qu’elle teint directement et sans mordants tout en présentant beaucoup plus de solidité sur ces fibres.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOIR BLEU RÉDUCTIBLE
- De M. Ch. Collin (breveté s. g. d. g.)
- Ce nouveau colorant mérite la plus sérieuse attention des teinturiers en laine. Véritable succédané de l’indigo, ce produit a le tort, à notre avis, de porter le même nom que son ancêtre, avec lequel on le confond, tandis qu’il en diffère complètement.
- Le noir bleu ou bleu noir dont le Moniteur de la Teinture a bien souvent entretenu ses lecteurs est, en effet, soluble à l’eau, ce qui lui donne l’avantage de pouvoir se mélanger à la plupart des autres couleurs d’aniline, et à d’autres colorants, de remplacer en un mot, avec profit, le carmin d’indigo, pour former les teintes comparées.
- Le noir bleu réductible est, au contraire, insoluble dans l’eau, et, comme l’indigo, nécessite une réduction pour se fixer aux fibres textiles, mais il a, sur l’emploi de ce dernier, l’avantage d’une économie considérable, alors que la solidité est tout aussi grande.
- Pour fixer les idées sur cette économie, nous rappellerons ce que nos lecteurs savent tous, c’est
- p.197 - vue 192/286
-
-
-
- 198 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- que pour teindre 100 kilos de laine en bleu de cuve foncé (3 entrées) on emploie en moyenne 10 kilos d’indigo, du prix de 20 fr. le kilo, soit 200 fr. de matière colorante, tandis qu’avec le nouveau colorant de M. Collin, il suffit de 5 kilos à 15 fr. le kil., soit une dépense de 75 fr. de colorant. L’économie est donc de 125 fr. ou 37,5 0/0 par 100 kil. de laine.
- L’échantillon que nous donnons ci-dessous a été 'obtenu avec 5 0/0 de colorant. La teinture se fait en cuve couverte ou fermée. On procède d’abord à la préparation de la cuve, c’est-à-dire à la réduction du colorant et quand ce dernier est bien réduit, on procède à la teinture.
- Préparation de la cuve et réduction du noir bleu pour 100 kil. de laine.
- La cuve étant en bois on en métal, chauffée par un serpentin où circule la vapeur, on y fera arriver 3,000 litres d’eau, que l’on rendra très-légèrement acide, dès le début, et on portera au bouillon.
- Pendant ce temps ou préalablement on a broyé, très-finement (1), 5 kilos de colorant, marque A N, mélangé avec 3 à h fois son poids de zinc en poudre, et un peu d’eau pour en faire une pâte.
- Quand la cuve est au bouillon, on y ajoute ce mélange broyé bien finement.
- Il est préférable de recouvrir le serpentin qui garnit le fond de la cuve d’un appareil, dit à circulation, semblable à celui des savonneuses ou des lessiveuses de ménage, ce qui évite de pallier la cuve pour la réduction et de manœuvrer pour teindre. En supprimant la main-d’œuvre, cet appareil a encore l’avantage de mettre le bain en contact plus intime et plus renouvelé avec la laine.
- Au bout d’une demi-heure de bouillon, on ajoute de l’acide sulfurique en poids égal au 15e du poids du zinc, soit pour le cas actuel 1 kilo à 1 k. 333, en prenant la précaution de diluer l’acide avant de le verser dans l’eau bouillante.
- Un quart d’heure après, le bain devient jaune, mais il doit être d’un jaune vert, et non d’un jaune
- bleu, ce dernier cas indiquant que la réduction n’est pas complète. . sl ~
- La réduction étant finie (couleur jaune vert du bain), on entre la laine dans la cuve et on laisse bouillir à l’abri de l’air 3 ou A heures selon la teinte à obtenir, on doit avoir au bout de 4 heures un noir bleu comme l’échantillon.
- On peut négliger le fond du bain, quand on a obtenu une teinte foncée.
- Lorsque les échantillons, levés et exposés à l’air où le colorant se fixe et se développe, ont indiqué que la teinte voulue est obtenue, on lève, on exprime et on expose à l’air, qui oxyde la matière colorante et la fixe à l’état insoluble sur la fibre.
- On rince et on recueille les eaux de lavage qui, par le repos, laissent précipiter la matière colorante non réduite interposée dans les fibres et on la recueille pour l’employer de nouveau dans la cuve de réduction.
- Si la teinture obtenue était violacée, il faudrait aviver dans un bain très-légèrement acidulé.
- La cuve étant neutre ou très-faiblement acide, les fibres textiles peuvent, sans altération, y supporter une ébullition prolongée.
- Le bain se recharge en ajoutant du mélange (colorant et poudre de zinc finement broyés) et de l’acide s’il y a lieu pour opérer la réduction, comme il a été dit plus haut, et proportionnellement à ce qui a été dépensé dans la teinture précédente.
- Observations. — Le broyage du colorant est de première importance ; faction de l’hydrogène étant rapide, toute partie de colorant non suffisamment divisé échappe à son action et reste inerte dans la cuve.
- En doublant ou triplant la dose de métal et d’acide on rend la teinture plus rapide (1).
- Prochainement nous rendrons compte d’un nouveau colorant de la même maison qui donne directement les teintes prune, sur laine, et qui peut remplacer très-avantageusement l’orseille dans les mélanges pour couleurs combinées. P. B.
- (1) Nous nous mettons à la disposition de nos lecteurs pour tout renseignement supplémentaire et pour envoi d‘é-chantillons du colorant.
- (1) Voir les broyeurs aux annonces du supplément du
- Journal.
- p.198 - vue 193/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 199
- MANUFACTURE
- ♦ DE
- COULEURS D'ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine et soie.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Violet de méthyle 6° B. et 4° R.
- Bleu Nicholson D (verdâtre).
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Aurantia pour laine et soie.
- Mandarine » »
- Eosine de Méthyle »
- Coccine pour laine.
- Fuchsine violette.
- La Coccine remplace avantageusement la cochenille sur laine ; elle résiste à l’action de l’air, de la lumière, au savon et au foulon.
- Envoi gratuit de prix-courants, d’échantillons de nuances et de renseignements sur les modes d’emploi.
- NOIR SUR LAINE CHAINE-COTON
- Par M. Jacob.
- (Extrait du Teinturier universel),
- Quoiqu’on en ait dit, la teinture du noir sur laine exige beaucoup de précautions, et une suite de manipulations minutieuses, lorsqu’on veut un noir pur, sans reflets rougeâtre ou jaunâtre. Ce sont là deux écueils que l’on oublie trop souvent. Tout le monde peut faire une bruniture, mais peu de teinturiers savent neutraliser d'une manière exacte les trois couleurs : rouge, jaune et bleu, avec lesquelles on fait en réalité le noir.
- Voici la marche que nous avons suivie; elle se rapproche beaucoup de celle des Gobelins, qui permet d’obtenir un noir de bonne qualité.
- Mordançage. — La laine a été mise pendant douze heures dans de l’eau de chaux, puis elle a été lavée à grandeeau. On l’a mordancée pendant une heure et demie au tartre en ajoutant au bain du sulfate de fer et un peu de sulfate de cuivre. L’eau était portée à la température de 50 à 60°. Après cette opération, on l’a plongée pendant une heure et demie dans un bain contenant du sumac et de la noix de galle; le bain était toujours à la même température. On a eu soin d’éventer la laine après chaque bain.
- Enfin, on l’a mise dans un bain de campeche toujours au bouillon, pendant une heure environ.
- Comme souvent on a une couleur qui domine l’autre, on ajoute tantôt uh pied de bleu d’indigo et tantôt un pied de jaune de gaude pour neutraliser les reflets. C’est dans la juste proportion du jaune avec le pied de bleu que se trouve la condition la plus favorable pour enlever le ton violet.
- Une remarque non moins importante, c’est que le sumac est très-utile, lorsqu’il y a du coton dans la laine; la teinture noire s’effectue mieux.
- Je crois qu’il ne faut pas tant donner de bleu qu’on en donne. Ainsi on piète l’étoffe quelquefois pendant deux heures.
- Proportions. — Pour 100 kil. de laine on emploie 200 de campéche, 50 de sumac, 2 et h de noix de Galle et 125 environ de sulfate de fer.
- On peut remplacer le sulfate de fer par l’acétate ou mieux le pyrolignite de fer. Mais lorsque la laine a été piétée, le sulfate de fer a plus d’activité pour ôter le reflet violet. Certainement, on fait un noir économique en employant amplement le sulfate de fer, le tartre, un peu de sulfate de cuivre, de bois
- p.199 - vue 194/286
-
-
-
- 29
- 8
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Jaune et de campêche. Mais il faut le reconnaître, la qualité est singulièrement augmentée quand on a donné un pied de bleu d’indigo. La couleur rousse se trouve totalement enlevée.
- Au reste, dans une recette on introduit des modifications suivant le temps et les circonstances (1).
- TEINTURE DES HOUSSES.
- La teinture des housses en couleurs unies est la même que celle de la laine, et se fait de 42 à 45 degrés de chaleur.
- La cuve est munie d’un filet ou d’un panier pour que la housse ne tombe pas au fond de la cuve ; au moyen d’une grue, on plonge ou on monte le panier hors de la cuve.
- Recette pour faire des housses bleu ombré.
- On fixe une peau sur une planche au moyen de crochets ou de petits clous, aux quatre extrémités de cette planche.
- Du même côté où est fixée la peau, on place un morceau de liège exactement du même poids et de la même grosseur en tous les sens.
- La peau fixée sur la planche, est plongée dans la cuve, à plat, bien entendu; on charge la planche d’une manière très-régulière]pour qu’elle plonge. On l’agite un peu pour bien faire descendre la laine, et on la laisse plonger le temps que l’on juge nécessaire pour obtenir le bleu clair.
- On ôte ensuite cette première charge et on la remplace par une autre, plus légère, et ainsi de suite jusqu’au bleu foncé.
- On lève ensuite et on laisse déverdir.
- Ce même moyen est employé pour teindre en couleur la laine des housses, qu’on désirerait en nuances diverses.
- L’inverse peut se faire également, on entre d’abord la housse, pour qu’il n’y ait que l’extrémité seule de la laine qui baigne; on charge ensuite la planche pour qu’elle descende graduellement dans la cuve et on obtient le même résultat.
- (1) Ce procédé, quoique ancien, a son intérêt. — Au-jourd hui que les méthodes dites du Progrès sont à la mode, il faut du noir direct, noir en un bain. — Nous avons l’espoir de faire connaître prochainement à nos lecteurs un nouveau mordant, remplaçant le bichromate de potasse et l’acide sulfurique, et permettant les noirs en un bain et en deux heures. — Ce noir a été essayé et adopté à la suite des essais par deux fortes maisons de teinture.
- P P.
- INVENTIONS BREVETÉES
- EXTRACTION ET RÉCUPÉRATION des graisses, colles, sels et acides employés au traitement des divers textiles.
- Par M. CHARBONNEAUX.
- Ce procédé a pour but d’extraire la colle des tissus avant qu’ils soient soumis au dégraissage, pour récupérer la colle et permettre ensuite de retirer l’huile des eaux de dégraissage en les traitant par les acides. En outre, il s’applique aux laines et tissus de laine épaillés par les acides et évite les frais de neutralisation :
- Voici comment on opère :
- Extraction de la colle des tissus.
- Lorsque le tissu écru ou teint sort des mains du tisseur, il arrive chez l’apprêteur pour y être dégraissé et recevoir l’apprêt. C’est avant l’opération du dégraissage qu’on applique ce procédé. A cet effet, la pièce traverse une série de bassins remplis d’eau, dont la température varie selon la nature ou la quantité de colle contenue dans l’étoffe, et se trouve soumise à un lavage méthodique. Les bassins sont au nombre de 3, mais ils peuvent être plus ou moins nombreux, selon les différents genres de tissus qui se présentent. A la sortie de l’appareil, le tissu passe au dégraissage pour recevoir le traitement habituel ; mais les eaux de dégraissage, purgées de la colle que contenait la laine, sont facilement décomposées par les acides et mettent l’huile en liberté.
- Au début de l’opération, les trois bassins sont remplis d’eau chaude dont la température est généralement maintenue aux environs de 60 degrés ; après un certain temps, l’eau du premier bassin se trouve chargée d’une grande quantité de colle, on le vide alors par un robinet et on le remplit avec l’eau du second bassin par un autre robinet. Le second bassin est à son tour rempli avec l’eau du troisième bassin, lequel est rempli d’eau chaude. De cette façon, on ne recueille que les eaux du premier bassin, et c’est toujours le troisième bassin qui reçoit l’eau pure.
- Tl'ean chargée de colle retirée du premior buccin
- p.200 - vue 195/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 201
- a entraîné ainsi un peu d’huile contenue dans le tissu; on la débarrasse de cette huile en l’agitant avec du sulfure de carbone ou bien de l’essence de térébenthine, de l’essence de pétrole, de l’éther ou de l’alcool, substances plus légères que l’eau, qui dissolvent les graisses et les entraînent à la surface du liquide. L’eau chargée de colle est soutirée et on l’évapore jusqu’à consistance solide.
- Extraction des matières employées pour répaillage des laines.
- Jusqu’à ce jour, on a épaillé les laines par l’emploi des acides minéraux qui carbonisent les pailles et corpuscules ligneux, et aussi avec différents sels ayant la propriété de désagréger les pailles ou corpuscules, en permettant de les réduire en poussière et de les chasser des tissus par un foulage et un battage.
- Tous ces agents d’épaillage sont solubles dans l’eau ; ils sont ajoutés à la laine ou aux tissus après que ceux-ci ont été parfaitement nettoyés et dégraissés. En soumettant les tissus aussitôt après l'épaillage au lavage méthodique dans l’appareil ci-dessus décrit, on recueille en dissolution dans l’eau; les acides sulfurique, chlorhydrique ou nitrique et les sels tels que chlorure d’aluminium ou de magnésium, les silicates de potasse et de soude. En évaporant les eaux ainsi saturées, en régénère les acides et les sels susnommés, lesquels peuvent ainsi être utilisés au traitement de nouveaux tissus. Le passage dans l’appareil n’empêche pas de laver ensuite la pièce, comme il est d’usage, dans une grande quantité d’eau pour la débarrasser de toutes trace d’acide ou de sel.
- Pour la laine épaillée, avant d’être convertie en fil ou tissu, il suffit de la bien mouiller par un trempage dans un bassin spécial contenant de l’eau froide pour les acides et chauffée pour les sels, particulièrement les silicates, puis on procède à un essorage centrifuge, et l’eau qui s’échappe est recueillie pour être concentrée et éva-porée comme il est dit plus haut.
- PRODUIT
- RENDANT LES ÉTOFFES IMPERMÉABLES
- Par M. Becker (Jean-Pierre.) (Brevet dans le domaine public.)
- Composition à employer pour rendre imper-manhloc 49 mètros do drans :
- 12 litres d'eau;
- 93 grammes de graine de lin ;
- 93 — d’huile de coco ;
- 64 — beurré de cacao ;
- 31 — gomme ou résine élémi ;
- 93 — gelée ou gélatine de veau ;
- 217 — d’alun.
- 24 heures à l’avance, on opère le mélange et on procède, dans un vase de terre vernissée, à la fusion de l’huile de coco, du beurre de cacao et de la résine élémi ; après la fusion de ces mélanges, on en opère, au moyen d’un filtre, la clarification.
- On fait bouillir dans 3 litres d’eau, pendant environ 4 minutes, la graine de lin, et on la passe ensuite à travers un tamis.
- Ensuite on dissout de la gelée ou gélatine de veau dans environ 3 litres d’eau, que l’on passe également après dissolution à travers un tamis.
- Après la clarification de l’huile de coco, du beurre de cocao et de la résine élémi, on mélange avec ces diverses substances les extraits de graine de lin et de gélatine, auxquels on ajoute alors 217 grammes d’alun préalablement fondu.
- On commence par bien agiter le mélange, on y trempe ensuite le drap une seule fois, on le retire et on l’étend sur une corde, à l’effet de laisser échapper l’excédant du liquide absorbé par l’étoffe. Au bout de dix minutes, on passe le drap dans de l’eau de puits -, cette opération a pour but de faire adhérer lesdites substances sur le drap. Après le complet séchage, on procède à l’opération du décatissage et alors le drap est en état d’être employé.
- Il est facile de reconnaître, d’après ce qui précède, que les matières qui composent l’apprêt n’ont pas assez d’affinité avec l’eau pour vaincre l’adhérence qu’ont entre elles les molécules de ce fluide, en sorte qu’il ne peut passer à travers ces toiles, percées cependant d’une infinité de trous assez grands ; que c’est en détruisant, ou au moins en diminuant beaucoup l’attraction des fibres capillaires qui favorisent le passage de l’eau et des autres liquides dans les tissus ordinaires, que l’apprêt ' empêche le fluide de pénétrer les étoffes ainsi préparées.
- L’apprêt donné aux étoffes par cette composition ne leur ôte pas la souplesse ni leur moelleux, et n’altère nullement leur couleur.
- Quant à la durée des étoffes ainsi préparées, elle doit Atro i Ing grande, car.. ne retenant nas l'humi.
- p.201 - vue 196/286
-
-
-
- 29
- S
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dite comme les étoffes ordinaires, elles ne sont pas sujettes à se pourrir.
- Les étoffes ainsi préparées peuvent servir à la confection des manteaux, redingotes, pantalons, capotes, des tentes, couvertures de voitures, etc.
- (Addition).
- L’inventeur substitue au beurre de cacao indiqué dans le brevet primitif, la cire de carnauba, tirée du corypha cerifera, palmier du Brésil.
- Ainsi, pour rendre imperméables 12 mètres de drap, on emploiera la composition suivante : 12 litres d’eau, 93 grammes de graine de lin, 93 grammes d’huile de coco, 15 grammes de cire de carnauba, 31 grammes de gomme ou résine élémi, 93 grammes de gelée ou gélatine de veau, 217 grammes d’alun.
- Réactif instantané de la colocation artificielle des vins.
- Pour préparer le réactif en question, on dissout 10 grammes d’acétate de plomb dans 100 grammes d’eau; la dissolution marque de 8 à 9° Baumé. D’autre part, on fait fondre 6 grammes de potasse caustique en pastilles, dans 100 grammes d’eau, pour obtenir une dissolution marquant de 5 à 6° Baumé, à laquelle on ajoute 5 grammes d’acide sul-urique de Nordhausen à 62° Baumé. Cette liqueur doit rougir le papier bleu de tournesol, mais si son acidité était trop prononcée, il faudrait saturer l’excès d’acide par un peu de potasse caustique.
- En mélangeant ensemble les 110 grammes de dissolution d’acétate de plomb avec 40 grammes de la solution potassique, on obtient 150 grammes du réactif breveté.
- Mode opératoire : On verse dans un tube de verre une certaine quantité du vin suspect et on y ajoute un volume double du réactif préalablement agité. On remue vivement le mélange et on observe qu’il se sépare en deux couches. Le fond est formé d’un précipité de couleur cendrée, surmonté d’un liquide incolore, si le vin n’a pas été falsifié. Dans le cas contraire, ce liquide présente l’aspect de la matière étrangère qui a servi à la sophistication. Quelques secondes suffisent pour se prononcer.
- On pourrait substituer le bisulfate de potasse à la liqueur potassique, mais l’auteur préfère l’emploi de son réactif.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 120,229. 7 septembre. — BRIOLAT et Berthet (société). — Application de pointillage sur toutes espèces de fourrures.
- 120,236. 7 septembre. — Moog. — Perfectionnement apporté aux machines à carder pour nettoyer le coton.
- 120,239. 13 septembre. — Denis. — Bobineuse mécanique universelle.
- 120,241 . 17 septembre. — De MONTIGNY. — Machine graveuse perfectionnée pour graver le bois et les métaux.
- 120,247. 8 septembre. — Chêtelat. — Appareil préservateur dit : appareil Chêtelat applicable à toute machine.
- 120,257. 6 septembre. — Compagnie Franco-Algérienne. — Système de compression rapide de l’alfa et autres matières végétales, telles que, coton, ramie, laine, foin, etc., dit : système Lucas.
- 120,265. 10 septembre. — SCHLUMBERGER et Cie (société). — Perfectionnements aux machines à peigner.
- 120,274. il septembre. — Compagnie dite SULLEY and Farmer Limited. — Perfectionnement dans le fonctionnement des appareils à dentelle tordue pour obtenir des étoffes qui, jusqu’ici, n’ont pas été produites avec ce genre d’appareil.
- 120,276. 18 septembre. — LEFEBVRE-GARIEL. — Perfectionnement au cuir mixte à l’usage des cardes.
- 120,279. 1er septembre. — Hertzog. — Application d’un ruban métallique sans fin, articulé ou non, garni de cardes, pour remplacer les platines à picots ou à pinces dans les machines à rainer ou tout métier à élargir, servant pour les tissus de toute nature, laine, coton, fils ou soie, etc.
- 120,280. 1 1 septembre. — Zipperer. — Appareil à mesurer les pièces d’étoffes.
- 120,282. 20 septembre. — Aubert et Pillet. — Opération de la presse à chaud et à froid, sans plis, ni en long, ni en large, par la mise en cartes.
- 120,293. 12 septembre. — Bright, INGHAM et Friedling. — Perfectionnements dans le dévidage et la mise en bobines du coton, de la soie, de la laine et d’autres substances fibreuses.
- 120,363. 17 septembre. — BERNDT. — Séchoir perfectionné.
- p.202 - vue 197/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DESTISSUS
- 203
- 120,378. 18 septembre. — RIDING et Bodin. — | Perfectionnements dans les métiers à tisser.
- 120,386. 24 septembre. — Bourg. — Battant permettant de tisser deux pièces côte à côte.
- 120,388. 25 septembre. —Dufour. — Peigne à tisser extensible.
- 120,399. 19 septembre. — Johnson et Robey. — Perfectionnements dans la fabrication des filtres pour la purification de l’eau et autres liquides.
- 120,421. 10 septembre. — RÉVOLLIER-BIÉTRIX et Cie. — Perfectionnements apportés aux presses hydrauliques.
- 120,428. 27 septembre. —- Lejeune, — Machine à broyer le lin.
- 120,451. 22 septembre. — Michel. — Procédé d'épaillage chimique des laines, chiffons de laine, draps, etc.
- 120,457. 24 septembre. — Imbs. — Procédé ayant pour but de faciliter et de rendre plus rapide d’exécution le tissage des étoffes spoulinées, ainsi que celui des tapis, tapisseries, châles, étoffes diverses.
- 120,477. 25 septembre. — Balin. — Application du poil de certains animaux en remplacement des tontisses et pour l’imitation des fourrures.
- 120,481. 27 septembre. — Picard. — Application du système de boîte de jonction aux cannelés des étirages des textiles, en général.
- 120,487, 26 septembre. — Lacassaigne. — Perfectionnements aux machines destinées à élargir les tissus.
- 120,488. 26 septembre. — Benoit et Bouvier.— Système de navette à deux cannettes pour le tissage des étoffes de laine.
- 120,490. 29 septembre. — LAMOURETTE et Leroux frères. — Procédé de fabrication d’un fil irrégulier.
- 120,492. 3 octobre. — Desbarbieux. — Moyen mécanique propre à façonner les fils bouclés.
- 120,493. 4 octobre. — Bétremieux. — Système d’épeuleuse supprimant le graissage des broches.
- 120,513. 28 septembre. — Duché, Reyrel et Cie (société). — Appareil pour la fabrication des velours avec fers placés dans le sens de la chaîne.
- 120,518. 22 août. —Broux frères.— Mécanique d’armure pour métier à tisser.
- 120,520. 29 août. — Cuignet. — Machine à teindre et àr laver.
- 120,522. 5 octobre. — Bertrand. — Appareil à vaporiser les fils de coton et de laine sur bobines, cannettes ou en écheveaux.
- 120,534. 29 septembre. — WALKER, Stevenson
- et Stephenson.—Perfectionnements dans les moyens ou appareils servant à peigner la laine et autres matières fibreuses.
- 120,546. 9 octobre. — FROMM.—Appareil casse-fil.
- 120,552. 2 octobre. — Bottomley. — Perfectionnements dans le filage.
- LE CRIN VÉGÉTAL
- On appelle crin végétal un produit fabriqué avec les feuilles du palmier nain.
- La quantité de crin végétal expédiée de l’Algérie en 1872 est estimée à plus de 9 millions de kilogrammes. Le végétal, appelé duoms en arabe, croît abondamment dans le Tell, et particulièrement dans les provinces d’Alger et d’Oran. Ses feuilles, convenablement préparées, fournissent des filaments que l’on teint en noir, et qui, frisés, donnent un crin végétal. On en tire un bon parti dans l’ameublement, pour remplacer économiquement le crin de cheval. Le prix des feuilles sur pied est de 2 fr. à 2 fr. 50 les 50 kilogrammes. Un homme peut en couper 200 kilogrammes par jour.
- La préparation des feuilles est fort simple ; des femmes et des enfants séparent les fibres des côtes ; on les sèche et on les frise, pour les envoyer à la fabrique. Les fibres destinées à la teinture sont passées dans plusieurs bains de sulfate de fer et de bois de campêche, elles sont ensuite frisées et replongées dans les bains.
- Il existe plusieurs usines en Algérie dans lesquelles la fabrication du crin végétal marche sur une grande échelle. La matière brute, non teinte, vaut 20 ou 22 francs les 50 kilogrammes, lorsqu’elle est teinte, elle se vend de 29 à 38 francs, suivant la qualité.
- On emploie ce nouveau textile à la fabrication des cordes, des paniers, des malles, etc. On s’en sert aussi pour fabriquer du papier.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DE LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- Le Comité d’organisation du Congrès international de la propriété industrielle vient d’arrêter dans sa dernière séance l’ordre des travaux du Congrès.
- p.203 - vue 198/286
-
-
-
- 3
- Ge
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Il a été décidé que la séance d’ouverture, qui aura lieu le jeudi 5 septembre prochain, serait consacrée à l’exposé général des travaux du Comité et à la lecture des rapports préparés par chacune des trois sections.
- La séance du vendredi 6 septembre sera dévolue à l’examen des questions d’ordre général, et parmi celles-ci, l’étude de la nature du droit de l’inventeur; s’il est nécessaire, la discussion se continuera le lendemain 7 septembre.
- Les séances des 9, 10 et 11 seront consacrées à l’étude des questions relatives aux brevets d’invention ; celles des 12 et 13, aux questions relatives aux dessins et modèles de fabrique, et celles des 14 et 16, aux questions qui concernent les marques de fabrique et les noms de commerce.
- La séance de clôture aura lieu le mardi 17.
- Les séances plénières, qui auront lieu à deux heures de l’après-midi, dans la salle du Trocadéro, seront préparées dans les réunions des sections, qui se tiendront le matin à neuf heures au pavillon de Flore (palais des Tuileries).
- Le Comité d’organisation vient de publier une première liste des adhérents au Congrès, qui comprend déjà près de 250 noms appartenant à l’élite de la magistrature, du barreau, des sciences et de l’industrie de la France et de l’étranger. Des délégués chargés de suivre les travaux du Congrès ont été désignés par plusieurs gouvernements étrangers et par un certain nombre de Chambres de commerce et de sociétés industrielles ; des journaux importants de l’étranger ont également demandé à envoyer des délégués à ce Congrès, qui, par l’intérêt d’ordre général des questions qui s’y traiteront sera l’un des plus importants de la session ouverte au Trocadéro aux études économiques internationales.
- La cotisation a été fixée à 20 francs. Chaque membre adhérent recevra le volume contenant le compte-rendu des séances du Congrès, qui sera publié avec le concours du Comité d’organisation.
- Les adhésions doivent être adressées à M.Houette, président de la Chambre de commerce de Paris, place de la Bourse, trésorier du Comité d’organisation. Les mémoires, notes et documents que les adhérents se proposent de présenter au Congrès doivent être adressés à M. Ch. Thirion, secrétaire du Comité central des congrès et conférences de l’Exposition universelle de 1878, au palais des Tuileries, pavillon de Flore.
- (Journal officiel du 21 août 1878.)
- A. FONTAINE
- Ancien Fabricant de Produits chimiques
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS APPAREILS DE CHIMIE Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoire industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Fabrique de couleurs d'Aniline. LAZARD-GODCHIAUX
- 60, rue de Mérôde, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille; la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. I Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu’à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Bleu Nicholson. — Bleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du prix-courant, type de produits et modes d'emploi pour la teinture?
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- Par Marius MOYRET
- 1 vol. in-8°. — Prix : 21 fr. par poste Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.204 - vue 199/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 11* Année, No 18.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 1878.
- SOMMAIRE
- Chronique de l'Exposition. — Revue de l’Exposition. — L’industrie du blanchiment à l’Exposition universelle de 1878 (suite), par M. A. KOPP.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Marron S et Jaune solide (échantillons). — Teinture de la paille en noir. — Apprêt des chapeaux de Panama. — Teinture des soies en pièces par M. Marius Moyret. — Emploi du verre soluble pour le blanchiment des tissus de coton.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Distinction du jute et du lin dans les tissus (suite), par M. Alfred RE-NOUARD.
- DE L'EXPOSITION
- Publication anticipée de la liste des récompenses.
- Nos informations nous permettent de dire que les exposants récompensés ne tarderont pas à être informés officiellement de la récompense qui leur a été accordée ; ils pourront donc en afficher la nature à leur exposition.
- Réclamations.
- Des réclamations tendant à faire infirmer les décisions des jurys de classes relativement au degré des récompenses décernées, dont quelques-unes avaient été connues par suite|d’indiscrétion, n’ont pu être ad mises.
- Il a été décidé par le Jury des présidents qu’à part rectification d’erreurs matérielles, il y avait lieu de s’en tenir définitivement aux décisions indiquées sur les procès-verbaux signés par les jurys de classes, décisions qui avaient été ratifiées par les jurys de groupe et le Jury des présidents.
- La question de la publication des récompenses, celle de la date de leur distribution, l’appréciation des actes du ministre, du commissaire général et des directeurs, la discussion entamée au sujet des décisions du Jury international par quelques journaux, n’en ont) pas moins provoqué en haut lieu une certaine émotion.
- Un article, qui paraît émaner de source officielle, publié par le Journal des Débats, entreprend de disculper le ministre, le commissaire général et les directeurs et de laisser aux membres du Jury
- une responsabilité qu’ils n’ont jamais déclinée au sujet de l’attribution des récompenses.
- Nous ne reproduirons pas cet article qui ne nous paraît pas fait pour jeter de l’eau sur le feu.
- La question est d’un ordre plus élevé ; suivant nous, elle touche aux principes d’organisation des expositions et à ceux de la formation des jurys d’admission et de récompenses, question qui ne manquera certainement pas d’être soulevée après la fermeture de l’Exposition.
- Nous ferons part à nos lecteurs de notre manière de voir à ce sujet. Pour le moment, revenons à notre sujet.
- Le Congrès de la propriété industrielle a adopté quelques résolutions, après discussion contradictoire dans les séances qu’il a tenues.
- Nous citons seulement les résolutions, la publication des débats nous entraînerait trop loin.
- « Il sera créé une commission permanente chargée d’assurer, dans les limites du possible, la réalisation des résolutions adoptées par le congrès de la propriété industrielle. »
- « Un des buts de cette commission, créée par l’initiative privée, sera d’obtenir d’un des gouvernements la réunion d’une conférence internationale officielle, à l’effet de jeter les bases d’nne législation uniforme. »
- Le congrès décide ensuite qu’une délégation se présentera chez M. le ministre du commerce et de l’agriculture de France, afin de le prier de prendre l’initiative pour qu’une commission internationale soit appelée à traiter officiellement les questions relatives à une législation uniforme sur la propriété industrielle.
- Le bureau du congrès sera chargé de désigner
- p.205 - vue 200/286
-
-
-
- 0© C S.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- les membres de la commission de permanence de porter au ministre du commerce les vœux du congrès.
- La commission permanente sera chargée seulement d’assurer la réalisation des résolutions qu’elle aura adoptées.
- Est ensuite votée la proposition suivante :
- « Le congrès international de la propriété industrielle émet le vœu que, au regard des pays d'Orient qui n’ont point pourvu par des lois à la protection de la propriété industrielle; et notamment au regard de l’Egypte, où fonctionne une juridiction mixte internationale, l’action diplomatique intervienne pour obtenir des gouvernements de ces pays qu’ils prennent des mesures efficaces qui assurent aux inventeurs et auteurs industriels le respect de leur propriété. »
- Le congrès adopte les deux résolutions suivantes :
- « Il serait à désirer que le dépôt des demandes de brevet pût s’effectuer simultanément à l’autorité locale compétente et aux consulats des diverses puissances étrangères. »
- « Les brevets doivent assurer pendant toute leur durée aux inventeurs ou à leurs ayants cause le droit exclusif d’exploiter l’invention et non un simple droit à une redevance qui leur serait payée par les tiers exploitants. »
- Dans une séance ultérieure, le congrès de la propriété industrielle a voté les déclarations suivantes :
- 1. — « La protection accordée par la loi aux auteurs de dessins et modèles doit être subordonnée à la condition d’un dépôt préalable. Le dépôt restera secret pendant toute la durée spécifiée par le déposant. Le certificat de dépôt devra être délivré aux risques et périls du déposant. »
- 2. — « A l’expiration du délai déterminé pour le dépôt à couvert, les dessins et modèles doivent être mis à la disposition du public, mais ne doivent pas être publiés officiellement. » Paragraphe additionnel : « Néanmoins, la feuille officielle du service de la propriété industrielle de chaque pays doit publier périodiquement la liste des noms des déposants et l’indication de l’objet des dépôts. »
- 3. — « Il est à désirer que, dans tous les pays, la loi prescrive la radiation des enregistrements reconnus frauduleux par l’autorité ou la juridiction compétente, ainsi que la substitution du nom du véritable propriétaire sur les registres du dépôt. Le poids du pli cacheté ne doit pas dépasser dix kilogrammes. »
- A . — « Il y a lieu de soumettre le déposant au paiement d’une taxe minime. »
- 5 . — « Il n’y a pas lieu de soumettre les auteurs de dessins et modèles à la déchéance pour défaut d’exploitation.
- « Pour bénéficier de la protection légale, les auteurs de dessins ou de modèles industriels enregistrés doivent, autant que possible, les marquer d’un signe spécial indiquant l’enregistrement ainsi que la date et la durée du dépôt. »
- 6 . — « La contrefaçon d’un dessin ou d’un modèle industriel déposé est un délit de droit commun. »
- Dans une troisième séance, le congrès a adopté successivement les propositions suivantes :
- « 1° Les stipulations de garantie réciproque de la propriété industrielle doivent faire l’objet de conventions spéciales et indépendantes des traités de commerce, ainsi que des conventions de garantie réciproque de la propriété littéraire et artistique ;
- « 2° Un service spécial de la propriété indus-trieile doit être établi dans chaque pays. Un dépôt central des brevets d’invention, des marques de fabrique et de commerce, des dessins et des modèles industriels doit y être annexé pour la communication au public. Indépendamment de toute autre publication, le service de la propriété industrielle doit faire paraître une feuille officielle périodique ;
- « 3° il y a lieu d’accorder une protection .provisoire pour les inventions figurant aux expositions internationales ;
- « 4° La durée pendant laquelle sont protégées les inventions marquées, modèles et dessins figurant aux expositions internationales officielles, doit être déduite de la protection légale ordinaire, et non lui être ajoutée ;
- « 5° La protection provisoire accordée aux inventeurs et auteurs industriels qui prennent part aux expositions internationales officielles devrait être étendue à tous les pays qui sont représentés à ces expositions ;
- « 6° Le fait qu’un objet figure dans une exposition internationale ne saurait faire obstacle au droit de saisir réellement cet objet, s’il est argué de contrefaçon ;
- « 7° Chacune des branches de la propriété industrielle doit faire l’objet d’une loi spéciale et complète ;
- « 8e il est à désirer qu’en matière de propriété industrielle, la même législation régisse un État et
- p.206 - vue 201/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 8
- ses colonies, ainsi que les diverses parties d’un même Etat. Il est également à désirer que les conventions de garantie réciproque de la propriété industrielle conclues entre deux Etats soient applicables à leurs colonies respectives. »
- Dans une autre réunion, le congrès de la propriété industrielle a émis le vœu que :
- « Le brevet d’invention doit être délivré à tout demandeur, à ses risques et périls.
- « Cependant il est utile que le demandeur reçoive un avis préalable et secret, notamment sur la question de nouveauté, pour qu’il puisse à son gré maintenir, modifier ou abandonner sa demande. » Le congrès a décidé, par votes séparés, que la taxe doit être « périodique » et « annuelle. »
- Que la date ne serait exigible que dans le cours de l’année.
- A suivre.
- — -sr 0 —
- REVUE DE L'EXPOSITION
- GROUPE VI
- Classe 53. — France.
- 222903: 30 S.1VS.10 Cl Iie DUr U i.b30bit: . *
- Is0 UD aLlOU B 2108 84019 : 10M1V [19 D. Di UD Dans l’annexe de la galerie des machines, du côté de l’Ecole militaire, nous trouvons en suivant l’ordre des numéros les expositions suivantes :
- Henry, à Paris, 19, rue du Poteau, expose différents filtres pour liquides ; parmi ces appareils il en est un qui intéresse tout particulièrement l’industrie tinctoriale et auquel nous consacrerons un article spécial. C’est un filtre épurateur dosant mécaniquement les dissolutions salines nécessaires à rendre insolubles les sels contenus dans les eaux, dont l’analyse a été faite préalablement. Après avoir été agitées mécaniquement avec les dissolutions salines, les eaux traversent un filtre qui retient les sels insolubles et sortent pures de l’appareil.
- Jost, à Paris, rue Moret, 8, nous mentre des essoreuses à bras et à force motrice. Ces appareils ne diffèrent par aucun perfectionnement à signaler des appareils de même genre.
- Legrand, à Paris, boulevard de la Villette, 42, expose des essoreuses dites toupies, avec mouvement par côté et en dessous, et des essoreuses à
- bras et à force motrice, dont le Moniteur de la Teinture a déjà rendu compte. Il n’y à rien de particulier ni de nouveau dans la construction de ces appareils. L’exposition renferme une presse à vis, dite à percussion, avec socle et chapiteau en fonte et colonnes en fer.
- Vaudim, à Rueil (Seine-et-Oise), a exposé des essoreuses à bras et à force motrice qui ont beaucoup d’analogie avec celles de M. Legrand.
- Walosque et Ce, à Saint-Maurice, près Lille (Nord), montrent les moyens de purifier les eaux provenant du peignage et du dégraissage des laines. Nous rendrons compte du procédé dans un article spécial.
- Classe 60.
- Dans la même annexe se trouvent les expositions de MM. :
- Aubert, 4, rue Claude-Vellefaux, à Paris, exposant des machines à gauffrer et moirer les étoffes.
- Les modèles de ces machines sont toujours ceux que nous avons décrits l’année 1873.
- Bufaud frères, 27, rue Baraban,à Lyon.— L’exposition de MM. Buffaud frères est très-remarquable. Nos lecteuis connaissent les essoreuses construites par cette maison, ils savent que comme forme, comme proportions et comme fini de construction ces appareils ne laissent rien à désirer. Les autres appareils exposés par ces Messieurs concernent plus spécialement le travail mécanique des soies, ce sont :
- La lustreuse-étireuse à étirage double, à moteur direct ou à courroie, avec distribution de vapeur dans les cylindres pour soie de couleur ou avec cases à vaporiser pour soires noires, est une des spécialités de la maison.
- Dans l’opération du lustrage, la soie en matteau, une fois teinte et séchée, quelquefois un peu humide, est soumise à un étirage par des cylindres (autrefois en fer) en acier poli, tournant dans le même sens. Pour les soies de couleur, ces cylindres sont chauffés intérieurement par la vapeur ; pour les soies noires, deux cases ou enveloppes métalliques mobiles forment une chambre autour des matteaux placés sur les cylindres et un jet de agissant sur la vapeur soie pendant l'entratnement achève le lustrage.
- Parmi les nouvelles machines exposées par la maison Buffaud, citons la nouvelle machine à che-
- p.207 - vue 202/286
-
-
-
- 2© © 00
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- viller les soies qui se construit à 4, 6 ou 8 chevilles et à moteur direct ou à courroies.
- Le principe de ces appareils consiste à maintenir la soie tendue verticalement entre deux tourillons parallèles et en porte à faux, dont le supérieur n’a qu’un mouvement de rotation, autour de son axe, et l’inférieur tourne sur un pivot perpendiculaire à l’axe,- ce qui produit la torsion comme dans le chevillage à la main.
- L’arbre qui porte le tourillon inférieur est muni d’un poids qui maintient le matteau fortement tendu. Pour garnir l’appareil, une poignée permet de relever le poids et par conséquent le tourillon et de placer le matteau ; on agit de même pour le retirer. Le mouvement est combiné de façon que, lorsque le tourillon inférieur a exécuté une rotation complète et est revenu à sa position première, le tourillon supérieur fait une demi-révolution qui change le matteau de place et ainsi de suite jusqu’à ce que l’opérateur trouve les matteaux suffisamment chevillés.
- Dans un article spécial avec dessin à l’appui nous décrirons les dispositions spéciales à la machine Buffaud.
- Un autre appareil plus récent encore èst la se-coueuse à deux fins ; un des caractères qui la font différer des autres machines de ce genre, c’est qu’elle secoue un matteau pendant que l’ouvrier enlève et remplace l’autre, et que par conséquent le travail est continu.
- Nous consacrerons également un article spécial à ce nouvel appareil.
- Corrom, à Valbenoite, près St-Etienne (Loire).
- — M. Gorron expose, nous ne dirons pas un atelier complet de teinture mécanique en écheveaux, mais les principaux appareils qui le composent.
- Nous nous contenterons d’exposer aujourd’hui les principes des appareils ; dans un numéro prochain nous en donnerons une description complète avec les dessins à l’appui.
- La machine à teindre les échevaux a pour principe un mouvement de va-et-vient alternant avec un mouvement d’ascension des écheveaux suspendus à leurs bâtons placés eux-mêmes sur des cadres qui opèrent l’opération du lisage aussi bien et même plus régulièrement qu’on ne le fait à la main.
- Un ouvrier peut conduire 100 mètres de barques, ç'est-à-dire qu’il en remplace 20 à 30.
- Il existe 400 mètres de barques marchant de
- cette façon chez M. Corron, qui n’est pas constructeur mais bien teinturier.
- L’essoreuse en bâtons à fils droits, qui permet de sécher les écheveaux sans les enlever des bâtons, supprimant la mise en matteaux, letordage à la main, le redressage des écheveaux et la remise en bâtons, diffère des autres essoreuses en ce que le panier est remplacé par deux cadres métalliques horizontaux soutenant des pièces en forme de fer d’angle et verticales, et en dessous un plateau circulaire. Les écheveaux tout mouillés sont placés avec leurs lisoirs par couches horizontales et successives. Les lisoirs sont retenus aux- deux extrémités par les pièces d’angle et au milieu par un bras de force. Quand l’essoreuse est en mouvement les écheveaux obéissant à la force centrifuge se tendent en se soulevant suivant un rayon de la machine et débarrassés du liquide ils retombent parallèlement lorsque l'essoreuse s’arrête.
- La secoueuse dresseuse vient ensuite supprimer le secouage à la main ou au' chevillon, très-fati-gant pour l’ouvrier. Le principe de l’appareil est une cheville cylindrique fixe animée d’un mouvement de rotation sur son aie. Un chevillon cylindrique monté à l’extrémité d’un battoir est animé au moyen d’une came d’un mouvement de va et vient.
- Le matteau placé sur la cheville est redressé quand le chevillon retombe sous le poids du battoir et subit un mouvement de déplacement et de secousse par la rotation de la cheville supérieure quand le chevillon se relève, de sorte que toutes ses parties ont subi successivement le même effort mécanique.
- La même exposition renferme une chevilleuse mécanique simple. Une cheville en forme de crochet est attachée à l’extrémité d’un arbre qui se meut dans des supports, parallèlement à son axe et est tendu par un contre poids. Un mouvement permet de l’approcher à volonté de l’autre cheville de même forme, pour placer le matteau. Ce dernier étant placé, un embrayage permet de donner un mouvement de rotation dans les deux sens au se-* cond crochet ce qui permet de tordre et détordre à volonté. q t yot.
- L’appareil est placé au-dessus de la barque de teinture.
- Il nous paraît bien compliqué pour n’opérer que sur un seul matteau.
- Cuvellier- Parmentier, à Arras (Pas-de-Calais); expose une table sécheuse et vaporeuse
- p.208 - vue 203/286
-
-
-
- ET DR L’IMPRESSION DES TISSUS
- 209
- (sic, aucataloge officiel). Cette table a la forme des tables système Lyon, plus bombée, avec des trous plus grands pour la sortie delà vapeur. Une rivure réunit la tôle de cuivre supérieure à celle inférieure. L’admission de vapeur se fait par un tuyau muni d'un robinet et d’une longue clef que l’ouvrier peut manœuvrer quand il travaille, sans se déplacer. Le tuyau d'admission de vapeur se divise plus bas en trois branches au lieu de deux, chaque branche étant elle-même munie d’un robinet. Sous les trois robinets se trouve une auge, servant probablement à recueillir l’eau qui peut s’écouler des robinets ou la graisse si on s’en sert. Au-dessous de l’auge se trouve un compartiment ou chambre destiné probablement à recevoir la vapeur condensée ou l’eau entraînée par la vapeur. Cette caisse est munie d’un tuyau et robinet de vidange.
- Les deux tuyaux d’écoulement de la vapeur condensée à la partie inférieure de la table, et un certain espace de la partie convexe de la table nous ont fait supposer qu’il existait des divisions à l’intérieur qui permettraient de travailler à l’avant, au milieu, ou à l’arrière, à volonté en ouvrant un des robinets d’admission de vapeur correspondant.
- Si M. Cuvellier, qui lira très-probablement ces lignes, veut bien nous faire part des avantages que présente sa table sur celles de M. Lyon, nous nous empresserons de les publier.
- A suivre. P. B.
- .. — v==0=}a --- -
- L’INDUSTRIE DU BLANCHIMENT
- A L’EXPOISTION UNIVERSELLE DE 1878
- Par M. Adolphe KOPP
- — Suite (I) —
- Blanchiment du lin et du chanvre. — D’après M. Kolb, il faut enlever principalement deux corps : l’un est l’acide pectique; l’autre est un produit d’altération qui s’est formé pendant le rouissage. On se sert soit du blanchiment sur le pré ou bien l’on traite ces tissus avec une solution de chlorure de chaux. Dans l’un et l’autre cas, le corps gris est oxydé et l’acide pectique est enlevé par l’eau, soit à l’état d’acide libre, soit à l’état d’acide métapec-tique.
- Autrefois, l’opération exigeait beaucoup de
- temps, il fallait dix à douze passages en soude, suivies d’autant de lavages et un nombre égal d’expositions sur le pré. Aujourd’hui elle se fait plus vite. Outre trois lessivages au sel de soude, on en donne autant dans de l’eau de chaux, puis on passe au chlorure de chaux, à l’acide sulfurique dilué, et on lave.
- D’autres procédés hâtant encore l’opération, ont été proposés depuis, mais sans l’emploi d’autres matières décolorantes.
- Dans la classe 46 des matières textiles, nous trouvons de beaux résultats de blanchiment du chanvre, du lin, du coton et surtout d’une fibre de beaucoup d’avenir, la jute provenant de l’Inde et produite par différentes sortes de corchorus. Nous voulons parler de la vitrine de MM. Schadrack et Lepage, de Paris. Les agents décolorants ne sont autres que ceux qui sont généralement employés dans le blanchiment des matières végétales, mais les mêmes résultats sont obtenus plus rapidement et plus économiquement, sans porter atteinte à la solidité des fibres. Le prix de revient doit varier de 5 à 25 francs les 100 kilogr. de fibres textiles ou de tissus. La jute prend, en outre, par ce procédé, un lustre et un soyeux que le blanchiment ordinaire lui enlèverait-, malheureusement nous n‘a-vons pu apprendre aucun détail sur le mode préparatoire.
- En ‘1866, MM. Tessié du Motay, Rousseau et Maréchal, ont rendu pratique un ancien procédé de blanchiment, consistant dans l’emploi des permanganates alcalins. Pour blanchir à froid toutes les fibres, soie, coton, laine, lin, on porte les tissus dans un bain de manganate de soude, en les agitant de temps en temps. Au sortir de ce bain ils sont fortement colorés en brun par l’oxyde de manganèse, qui s’est précipité sur les fibres; on les plonge immédiatement dans de l’eau acidulée. L’oxyde de manganèse, qui se précipite dans les bains, est séché et fondu avec de l’azotate de sonde, en insufflant de l’air dans la masse. Le manganate formé est dissous, et en aujoutant au liquide une solution de chlorure de magnésium, ou bien de chlorure de calcium, on obtient, d’après M. Tessié du Motay, du permanganate de soude, du bioxyde de manganèse, des sels alcalins et de l’hydrate de magnésie ou de chaux; 2 à 6 kilog. de manga-nate de soude devaient blanchir 100 kilog. de matières textiles, qu’on laissait quinze minutes dans le bain. Après ce temps, on les portait dans un autre bain alcalin ou acide. On faisait digérer à 100 de-
- p.209 - vue 204/286
-
-
-
- 210
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- grés pendant quelques heures. L’acide employé était l’acide sulfureux; ainsi, pour la laine et la soie, on laissait ces tissus trente minutes dans un bain de savon et d’acide sulfureux. Plus tard, on a employé, avec plus de succès, à la place de l’acide sulfureux, les acides sulfurique et chlorhydrique pour dissoudre le mélange de peroxyde et d’hydrate de manganèse qui se précipitent sur les fibres.
- Ce procédé, auquel on a cherché à donner une grande vogue, n’a pas répondu à l’attente générale ; aujourd’hui, il n’est plus usité pour aucune fibre ; le manganate attaque beaucoup trop les tissus et l’oxyde de manganèse ne s’enlève que difficilement. D’ailleurs, M. Jean-Marie, en étudiant l’action des alcalis sur la laine et le lin, a montré que lorsque ces fibres ont été imprégnées d’une solution d’un chromate ou d’un permanganate, et qu’elles sont lavées après la réduction de ces sels, elles ne présentent aucun changement apparent, mais qu’elles perdent tout à fait leur solidité dès qu’on vient à les traiter par un liquide alcalin.
- M. Merat avait proposé, bien avant M. Tessié du Motay, l’emploi du ferricyanure de potassium dans le blanchiment, et l’application de ce corps repose sur les mêmes réactions.
- Le procédé de blanchiment par l’acide perman-ganique n’étant pas applicable en grand, M. Tessié proposa bientôt après de décolorer les fibres avec des solutions de différents sulfures, comme ceux de calcium, de baryum, de sodium ; mais avec beaucoup moins de succès encore. Ce procédé avait, d’ailleurs, été déjà proposé il y a cinquante ans, par M. Higgin.
- M. Malmedie a imaginé un appareil qui doit permettre de traiter les fils de lin, dans un seul et même cuvier, avec les différents liquides servant au blanchiment : solution de ohlore, alcali et acides dilués.
- L’appareil se compose essentiellement de deux récipients cylindriques, placés l’un à côté de l’autre, qni peuvent être fermés hermétiquement et qui sont bien étamés à l’intérieur.
- On place les fils sur les perches qu’on suspend dans l’appareil; au-dessous de celui-ci se trouvent trois réservoirs en ciment ou en asphalte qui con-tiennent les liquides.
- On fait le vide dans l’appareil et la solution est aspirée et baigne les fils. Des tuyaux spéciaux permettent l’envoi d’eau froide ou de vapeur dans le récipient.
- Le principal avantage consiste en ce que cet ap
- pareil permet de mettre les fils de lin alternativement en contact avec les différentes solutions, dans un temps très-court.
- MATIÈRES TEXTILES D'ORIGINE ANIMALE.
- La laine et la soie contiennent des. substances grasses, résineuses ou cireuses, et des matières colorantes. Pour les débarrasser des premières, on ne peut faire usage de lessives caustiques qui rendent les fibres raides, sèches, en même temps qu’elles les attaquent et les affaiblissent plus ou moins.
- On se sert de savon ou de cristaux de soude ; pour le blanchiment on remplace le chlore par l’acide sulfureux à l’état gazeux ou en solution, par l’eau oxygénée ou par l'hypochlorite d’ammoniaque avec excès d’ammoniaque.
- A la place de l’acide sulfureux, on se sert souvent du bisulfite de soude, sous le nom de leuco-gène, qu’on décompose peu à peu par de l’acide chlorhydrique. Après le traitement à l’acide sulfureux, la fibre animale garde encore une teinte jaunâtre, que l’on cache, au besoin, par un léger azurage au carmin d’indigo ou au bleu d’aniline.
- On a aussi proposé d’employer l’indigo directement, et voici comment l’on procède : on manœuvre l’étoffe de laine dans un bain contenant de l’indigo qui a d’abord été très-finement broyé; après avoir foulardé quelque temps dans ce bain, on sort la laine et on la met dans un cuveau qui peut se fermer hermétiquement et qui contient de l’hydro-sulfite de soude avec quelques traces d’acide acétique; on laisse la laine quelques heures dans ce bain. Le bleuissage est beau, mais il n’est pas plus solide que celui qui est obtenu avec le bleu d’aniline. Au savonnage, la laine reprend presque sa teinte primitive.
- M. Frézon recommande de traiter la fibre avec une solution d’acide oxalique et de chlorure de sodium avant d'azurer. A cet effet, il dissout, dan ; un réservoir contenant 1,000 litres, 2 kilogrammes d’acide oxalique et 2 kilog. de chlorure de sodium dans de l’eau ; il laisse séjourner douze heures la fibre dans ce bain, laisse égoutter et bleuit à la manière ordinaire dans un bain acidulé de carmin d’indigo ou de bleu d’aniline.
- A suivre.
- p.210 - vue 205/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- — GQ?
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- MARRON S ET JAUNE SOLIDE
- Breveté s. g. d. g.
- Ces nouveaux colorants, comme nous l’avons déjà indiqué, résistent à l’acide, ils se substituent très-avantageusement à l'orseille dans la teinture de la laine.
- La teinture se fait au bouillon à l’acide sulfurique ou au bisulfate de soude. Pour que le bain soit complètement épuisé, il faut employer une quantité suffisante d’acide.
- Avec le marron S combiné au Jaune solide, à l’orangé n° 2, au carmin d’indigo on peut obtenir dans un seul bain toutes les couleurs mode et brunes possibles. On peut encore remplacer le carmin d’indigo en teignant d’abord avec du bleu alcalin et en remontant au bain acide de jaune solide.
- Les échantillons ci-dessous ont été obtenus en employant pour 10 kilos de laine :
- N° 1. — Bisulfate de soude..... 2 kil.
- Marron S....................... 250 gr.
- Jaune solide................... 65 —
- Carmin d’indigo............:.. 65 —
- N' 1.
- N° 2. — Bisulfate de soude......... 2 kil..
- Marron S.............................. 250 gr.
- Jaune solide....'.................. 65 —
- Carmin d’indigo.................... 250 —
- N° 2.
- Dans le prochain numéro nous donnerons deux autres échantillons extrêmes des teintes modes avec le dosage de teinture ce qui permettra à nos lecteurs de doser eux-mêmes les nuances intermédiaires.
- Nous rappelons que les prix du marron S (10 fr. le kilo) et celui du jaune solide (22 fr. le kilo) permettent d’obtenir ces teintures à un prix extrêmement bas.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine, soie, etc.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Vert de Malachite, breveté en France et à l’étranger ; seule concession pour la vente en France.
- Bleus Nicholson nouveaux types.
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Bleus pour coton.
- Violet rouge teignant sur bain acide, pour coton, laine et soie.
- Phosphine et Aurantia, couleurs orange, résistant au foulon, pour laine et soie.
- Coccine, résistant au foulon et remplaçant la cochenille sur laine.
- Nouvelles couleurs liquides, toutes nuances, teignant, sans aucun mordançage, le coton et la soie.
- Le Vert de Malachite, ou Vert d’aniline solide, est un vert jaunâtre, s’employant sur coton, laine et soie. Résistant aux températures élevées, il peut se teindre sur bain bouillant. iaob no 1 sup Jnsllid
- Envois de Prix-Courants et d‘É-chantillons franco sur demande.
- p.211 - vue 206/286
-
-
-
- c 1—3 to
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE DE LA PAILLE
- en noir
- Par M. Jacob.
- On éprouve souvent des difficultés sérieuses, lorsqu’il s’agit de teindre la paille en noir. Quelque précaution que l’on prenne, il y a presque toujours des parties qui ne reçoivent pas assez de teinture. Des expériences assez nombreuses nous ont prouvé qu’on pouvait éviter la plupart des inconvénients en opérant de la manière suivante. On fait une lessive de potasse ou de soude, on y ajoute du gluten qu’on a eu soin de faire dissoudre vingt-quatre heures à l’avance. Gomme ce dernier se dissout très-bien dans la potasse ou la soude, on obtient ainsi une lessive dans laquelle on plonge la paille pendant 24 heures, après avoir passé la solution à travers une toile grossière, si toutefois elle n’est pas assez claire. Par ce moyen on dégraisse la paille et on l’animalise pour ainsi dire.
- La paille est ensuite séchée convenablement puis op la plonge dans l’eau contenant du chlorure de fer ou une solution de nitrosulfate de fer, c’est-à-dire une dissolution de sulfate de fer avec un peu d’acide nitrique. On laisse la paille douze heures dans le bain à froid,[puis on la fait sécher.
- Cette opération faite, on fait bouillir du cam-pêche et on plonge à chaud la paille dans cette solution à laquelle on ajoute une solution de noix de galles, de sumac, de brou de noix ou de tout autre tannin ; un peu de bichromate de potasse dans le bain ne produit pas mauvais effet.
- Pour donner à la paille le luisant dont elle a besoin, on peut employer plusieurs moyens : 1° on peut, comme nous l’avons fait, employer de la gomme en dissolution dans le bain de teinture ; il faut avoir soin alors d’agiter le liquide pour éviter toute espèce de magma ; 2® On peut aussi ajouter un corps gras à la solution, comme un peu d’huile, ou frotter après le séchage la paille avec un morceau de laine imbibée d’huile. Dans ce cas on a soin de passer la paille après l’opération dans un linge de laine sèche de manière à ne laisser aucune trace du corps gras sur la matière.
- Il y a un double avantage à introduire dans la manipulation untpeu d’huile, parce que outre le brillant que l’on donne à la paille, on lui donne plus de souplesse et de douceur.
- , il est évident que si la paille ne prend pas suffi
- samment de teinture après une première opération on doit recommencer à la plonger dans le mordant de fer, puis dans le bain de campêche. Ces précautions sont de toute nécessité, même dans les teintures les plus faciles à exécuter.
- APPRÊT DES CHAPEAUX de Panama.
- Dissoudre avec 2 litres alcool à 95°
- 1 kilogramme sandaraque 200 grammes essence de térébenthine faire digérer pendant 10 jours.
- Apprêter en donnant deux couches en dedans et deux en dehors.
- On peut employer le méthylène au lieu d’essence et d’alcool.
- TEINTURE DES SOIES EN PIÈCES
- (Extrait de l’ouvrage de M. Marins MOYRET.)
- SOMMAIRE. — Teinture des soies en pièces ; cuite et blanchiment des pièces, soie pure, soie et fantaisie, soie et coton, soie et laine. — Mordançage des pièces. — Teinture en blanc. — Teinture en couleurs claires. — Teinture en couleurs rabattues. — Teinture en noir. — Avivage des pièces teintes.
- La teinture des soies en pièces constitue une branche des plus intéressantes de la teinture. Ainsi qu’on le voit par l’exposé du sommaire, elle peut se faire sur des pièces de diverses natures, soit : chaîne et trame soie, chaîne soie et trame fantaisie genres foulards ; chaîne soie et trame coton, ou encore chaîne soie et trame laine. La soie forme, pour ainsi dire, presque toujours la chaîne dans les étoffes mixtes.
- La teinture des soies en pièces a pour but généralement de permettre l’emploi de matières premières inférieures, et conséquemment l’obtention de tissus à des prix relativement bas. En effet, tel brin qui ne supporterait pas les efforts du tissage après les opérations réitérées de la teinture peut, une fois tissé, supporter impunément les opérations tinctoriales.
- Il y a cependant des cas spéciaux où la teinture, même avec les plus belles matières, ne peut se faire qu’en pièces, comme pour les tissus dits crê-peset crêpes deChine.
- p.212 - vue 207/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 29 co
- Le teinturier n’a donc pas à se préoccuper, dans les diverses manipulations, de ménager le traitement des fibres employées; mais en place il a d’autres inconvénients non moins redoutables. Il doit se préoccuper surtout d’obtenir un bon unisson de la teinture, qu’elle ne soit pas foncée par places et claire à d’autres, c’est-à-dire marbrée ou vergée ; de plus, dans les étoffes mixtes, il a de grandes difficultés à vaincre pour obtenir une teinture égale pour les deux fibres tissées ensemble.
- Généralement, les étoffes qui lui sont confiées sont à armures simples et bien liées, comme les genres taffetas, sergés, etc.-, mais il y a aussi des étoffes moins bien liées, telles que les genres satins, ou des armures ayant des effets de lancés de trames ou de flottés de chaîne, pour imiter des effets de relief, il faut alors qu’il prenne de grandes précautions dans les diverses manipulations pour éviter d'érailler le tissu.
- Incidemment, tous les teinturiers peuvent teindre en pièces ; mais généralement cette branche de teinture nécessite, ainsi qu’on le verra plus loin, de grands outillages spéciaux, ce qui fait que quelques maisons ont monopolisé et l’ont portée à son maximum de perfection et d’importance.
- Les imprimeurs sur foulards font également beaucoup de ces genres, qui ont d’ailleurs, pour eux, du rapport avec la teinture des garancés, la différence consistant seulement en ce qu’elle se fait sur fond uni, au lieu de présenter des effets de dessin, par suite de l'emploi de mordants plaqués à place, tandis que dans la teinture en pièces, les mordants, s’il en est besoin, se donnent uniformément.
- Pour terminer ces généralités, disons que la charge ne joue aucun rôle dans la teinture en pièces, de plus, que celle-ci se fait toujours après la cuite, ou décreusage complet, et jamais sur des pièces en écru ; l’assouplissage ne joue également aucun rôle,
- La cuite, le blanchiment et les opérations de mordançage, s’il y a lieu, doivent donc toujours précéder les opérations tinctoriales.
- Cuite et blanchiment des pièces.
- Ces deux opérations ont pour but, la première, comme son nom l’indique, de priver la soie de son grès et dans le cas des étoffes mixtes, de débarras-ser également le coton ou la laine de leurs impurer tés naturelles. La seconde, d’amener les pièces
- dans le plus grand degré de blancheur, surtout s’il s’agit de faire sur elles des blancs ou des couleurs très claires.
- Je divise ce paragraphe en trois parties, soit ;
- 1° Cuite et blanchiment des pièces toute soie ou fantaisie ;
- 2° Cuite et blanchiment des pièces soie et coton ; 3° Cuite et blanchiment des pièces soie et laine.
- (A suivre.)
- LE VERRE SOLUBLE
- Par M. Richard Meyer
- (Extrait du Dingller’s Polytechnisches Journal).
- 1. Emploi du verre soluble pour le blanchiment des tissus de coton.
- Les expériences de M. Meyer l’ont amené à la conclusion que le verre soluble peut jouer un rôle utile dans le blanchiment des tissus de coton. Il s’en est servi pour lessiver du coton brut destiné à être teint -, dans ce cas, le blanchiment n’avait pas pour but d’obtenir un produit d’un blanc parfait, mais il s’agissait d’enlever complètement toutes les matières grasses et autres qui pouvaient empêcher le mouillage dans le bain de teinture.
- Le verre soluble s’est montré tout spécialement approprié à ce but, parce que, même en solution étendue, il agit bien plus énergiquement comme agent dégraisseur qu’une solution de soude beaucoup plus concentrée.
- L’emploi de l’argile, onéreux à plus d’un titre, est entièrement supprimé ; l’opération est achevée en un temps bien plus court et nécessite, par conséquent, beaucoup moins de vapeur et de combustible que la méthode ordinaire ; tandis que, avant l’introduction du blanchiment au verre soluble, les marchandises devaient être lessivées pendant 12 à 15 heures avec de l’argile et pendant 6 à 8 heures avec une solution de soude, afin d’obtenir un degré de pureté suffisant. La nouvelle méthode se pratique de la manière suivante :
- Le produit brut est conduit directement, sans être mouillé au préalable à l’eau, dans l’appareil lessiveur en passant à travers une caisse contenant la solution de silicate et munie de cylindres pres-seurs. L’appareil lessiveur est formé d’un récipient cylindrique en fer, ouvert et muni d'un double fond. La solution était formée de 1 litre de solution
- p.213 - vue 208/286
-
-
-
- 214
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de silicate de soude à 20 degrés Baume dans 120 litres d’eau.
- Après que les pièces imprégnées de la solution étendue de silicate sont fixées solidement dans l’appareil, on laisse encore couler de la solution jusqu’à ce que les pièces en soient entièrement recouvertes, puis on chauffe pendant 2 heures au moyen de vapeur. La lessive fortement colorée en brun est alors évacuée et remplacée par de l’eau bouillante, puis on chauffe encore pendant une heure. Le liquide étant encore coloré, dans l’expérience on chauffe encore une fois pendant une heure avec de l’eau bouillante fraîche. Après avoir évacué l’eau, la pièce était débarrassée de la lessive à tel point, qu’il suffit de la rincer et de la laver une ou deux fois à la machine à laver. Le blanchiment est alors terminé. s
- Il est bon de faire le rinçage aussitôt que la pièce s’est un peu refroidie dans le récipient, sans quoi des matières résineuses ou grasses, qui sont encore restées dissoutes, se reprécipitent aisément sur le tissu.
- C’est également pour cette raison que, après avoir chauffé avec la solution de silicate, on ne fait pas arriver l’eau à l’état froid dans le récipient, mais bien à la température de l’ébullition ou très-près de ce point.
- Le résultat obtenu a été des plus satisfaisants; le coton était très-propre et se distinguait par sa souplesse et sa douceur.
- Les données ci-dessus ne s’appliquent évidemment qu’à un cas particulier et devront être modifiées suivant la nature du produit à blanchir, l’usage auquel on le destine et autres conditions variables.
- (4 suivre).
- (Bulletin du Musée de l'Industrie de Belgique.)
- DISTINCTION DU JUTE ET DU LIN
- Dans les Tissus
- Par M. Alfred Renouard nisnelnoo e2alss enSuite— jneeasd n
- Les matières albumineuses, dont je parlais tout à l’heure, ont été soumises assez longtemps à l’action d’une eau bouillante et d’un sel alcalin, le jute |
- est resté cependant tout aussi entier qu'aupara-vant.
- Il serait donc téméraire de vouloir admettre une explication précise à cet égard. A mon sens, ce point n’est pas encore éclairci.
- De l’emploi du microscope pour l’examen des fibres textiles.
- Lorsqu’on veut distinguer d’une manière facile et sûre les fibres naturelles brutes les unes des autres, il est nécessaire, en dehors des caractères généraux et des réactions chimiques dont la valeur est incontestable, d’augmenter la puissance de l’œil à l’aide du microscope, qui seul permet de se rendre compte de la structure particulière de chaque fibre.
- Celui qui est tant soit peu familiarisé avec l’usage de cet instrument pourra toujours, au bout d’un certain temps, se prononcer avec certitude sur l’espèce de la fibre qu’il aura à étudier.
- Dans une remarquable brochure sur les fibres textiles, publiée en 1853, le docteur Schacht dit, au sujet du grossissement que doit produire cet appareil, qu’un grossissement de 120 fois, donnant une image claire, est tout à fait suffisant pour distinguer toutes les fibres textiles, mais depuis l’époque où a été publié cet opuscule, le nombre des fibres qu’emploient les industriels est devenu triple ou quadruple, les caractères spéciaux de chacune d’elles doivent aussi être déterminés avec plus d’exactitude ; maintenant un grossissement linéaire de 350 fois, avec une image bien nette, est absolument indispensable ; tandis que s’il s’agit simplement de reconnaître du coton, de la soie, du lin et de la laine de mouton, un grossissement de 30 à 70 est parfaitement suffisant.
- Pour enseigner le maniement du microscope^ je ne puis me contenter d’une simple description, il faut nécessairement une instruction pratique • cependant dans les lignes qui vont suivre, j’entreprends de donner quelques indications sur cette partie ; ce n’est guère ici qu’une faible tentative dont le but est de rendre plus faciles les premiers pas des personnes qui débutent dans les recherches microscopiques.
- On doit installer le microscope dans un endroit où il se trouve complètement à l’abri des vapeurs aqueuses et surtout des vapeurs acides. Pour le préserver de la poussière, le mieux est de lerepla-cer dans sa boîte après chaque observation • toute-
- p.214 - vue 209/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DESTISSUS 215
- fois, comme il serait incommode, lorsqu’on s’en sert fréquemment, de le sortir et de le replacer continuellement dans la boîte, on le couvre souvent avec une cloche de verre, et il se trouve suffisamment protégé.
- Toutes les fois qu’on vient de se servir du microscope, comme d'ailleurs avant de s’en servir, il est nécessaire de nettoyer soigneusement les verres à l’aide d’un pinceau de poil fin, ou si celui-ci n’est pas suffisant pour enlever toutes les matières qui peuvent salir les verres, avec un cuir mou ou un morceau de vieux linge.
- On installera l’instrument sur une table suffisamment haute et solide ; pour ce qui concerne l’éloignement de la fenêtre, Naigelz et Schwendever disent qu’il est surtout favorable lorsqu’il ne dépasse pas 90 centimètres ; il faut seulement, lorsqu’on se sert de l’éclairage oblique, avoir soin d’écarter la lumière réfléchie par la table et le pied du microscope.
- L'éclairage nécessaire pour l’examen des fibres naturelles s’obtient presque toujours au moyen de la lumière transmise, qui, reçue par un miroir situé sous la platine du microscope, est réfléchie à travers son ouverture sur l’objet et à mesure que le grossissement devient plus fort, il faut avoir soin, au moyen des diaphragmes, de diminuer la grandeur de cette ouverture.
- Il est évident que, pour chaque cas particulier, il est nécessaire de déterminer expérimentalement la position à donner au miroir ; on fait tourner celui-ci jusqu’à ce que l’éclairage soit suffisamment intense. On ne doit pas dépasser une certaine limite, parce qu’un élairage trop vif nuit aussi bien à la netteté de l’image qu’à l’œil de l’observateur ; aussi, si le microscope est muni de deux miroirs, dont l’un est plan et l’autre convexe, on fera bien d’employer le dernier seulement pour les forts grossissements.
- M. Schlesinger indique ensuite la solution alcoolique d’iode, qui n’est qu’une copie modifiée du réactif Vétillard.
- Voici, en résumé, comment se comportent, lorsqu’ils sont écrus, le chanvre, le jute ou le phormium, avec ces différents réactifs.
- Pour le lin. — L'acide sulfurique froid y concentré dissout à peu près la fibre ; l’ammoniure de cuivre donne lieu à un gonflement irrégulier et finit aussi par dissoudre la membrane interne qui
- offre le plus de résistance ; le sulfate d'aniline indique des quantités variables de substance ligneuse, la potasse caustique colore en jaune orange (le chanvre est aussi coloré).
- Pour le chanvre. — L'acide sulfurique le colore en vert ; l’ammoniure de cuivre produit un fort gonflement et une dissolution partielle, et la membrane interne reste sous forme d’une utricule plis-sée comme un sac ; le sulfate d’aniline donne lieu à une coloration jaune plus ou moins intense ; la potasse colore en jaune orange.
- Pour le jute. — Après un traitement préliminaire par l'acide chromique étendu, auquel on ajoute un peu d’acide sulfurique, le jute prend une couleur bleue ; l’ammoniure de cuivre le gonfle faiblement ; le sulfate d'aniline produit une coloration jaune très-intense, qui indique que la fibre est fortememt lignifiée.
- Pour le phormium-tenax. — L'acide azotique fumant colore en rouge les cellules libériennes non altérées, mais jamais la fibre blanchie ou simplement les cellules libériennes non altérées.
- Outre ces données, obtenues à l’aide des réactifs, nous avons à signaler les suivantes :
- Pour le lin. — La teinture de garance colore la fibre en orange ; la fuchsine et une immersion dans l’ammoniaque pendant 1 à 2 minutes lui communique une belle couleur rouge ; elle est colorée en noir par le bichlorure d’étain anhydre ; en jaune peu intense par une lessive de soude -, l’iodure de potassium lui communique une coloration bleue, en présence de l’eau, et dissout ensuite à peu près la cellule ; immergé dans l’huile ou la glycérine, exprimé fortement, il devient transparent.
- Pour le chanvre. — L’acide chlorhydrique décompose la fibre non rouie et la rend cassante ; la soude a la même action que la potasse ; la fibre non rouie est colorée par l’ammoniaque d’abord en vert puis en jaune ; la fibre rouie en violet pâle.
- Pour le phormium-tenax. — L’eau de chlore et l’ammoniaque donnent lieu à une coloration violette.
- Les fibres teintes n’ont jamais été examinées concurremment. L’étude eûtété trop longue si l’on eût voulu examiner ces quatre textiles sous l’action des couleurs les plus employées. Voici seulement les caractères principaux qui ont été déterminés sur le lin teint aux couleurs d'aniline.
- p.215 - vue 210/286
-
-
-
- 0 h O)
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rose.
- violet.
- bleu
- AMMONIURE de cuivre.
- se décolore
- rose pâle
- lentement
- se décolore
- LESSIVE de soude.
- rale, les fibres tordues par la filature doivent êire détordues soigneusement; cela fait, il faut les étendre longitudinalement sur le porte-objet du microscope, les imbiber de glycérine ou de chlorure de calcium pour les rendre transparentes, puis les recouvrir avec un verre mince carré.
- A suivre.
- se décolore
- bleu très-clair
- lentement
- se décolore
- sulfurique.
- ACIDE
- Fabrique de couleurs d’Aniline.
- se décolore
- se décolore
- lentement
- se décolore
- chromique.
- ACIDE
- jaune-orange
- jaune
- jaune
- IODE.
- rouge
- noir-bleu
- au microscope.
- COULEUR
- Rouge
- Noir
- l’œil nu.
- COULEUR
- ü«i
- Les remarques indiquées par M. Vétillard portent sur les fibres envisagées dans le sens de leur longueur et sur une coupe faite perpendiculairement à leur axe;
- Celles du docteur Schlesinger sur la couleur des fibres, la dimension de la lumière des cellules, etc. —Je vais résumer rapidement leurs observations :
- D’après M. Vétillard, les fibres provenant d’une filasse, d’un fil, d’une corde provenant d’un tissu, présentent trois cas ;
- Elles sont écrues, apprêtées ou enfin teintes. Dans le premier cas, elles doivent être tenues pendant une demi-heure dans une eau légère de sous-carbonate de soude, puis lavées ; dans le second, on les traite par l’eau distillée ou légèrement alcaline, bouillante ; si elles sont teintes, il faut les décolorer aussi bien que possible. D’une manière géné -
- LAZARD-GpCHAEX
- 60, rue de Mérode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille; la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. I Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu’à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Bleu Nicholson. — Bleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du pria;-courant, type de produits et modes d'emploi pour la teinture.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- Par Marius MOYRET
- I vol. in-S*. — Prix : 21 fr. par posté Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul BLONDEAU. Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charlevillé‘(Ardenues)
- p.216 - vue 211/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, No 19. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Octobre 1878.
- SOMMAIRE
- Chronique de l’Exposition : Les récompenses. — Revue de l’Exposition (suite). — L’industrie du blanchiment à l’Exposition universelle de 1878 (suite), par M. A. Kopp. — Le noir d’aniline sur laine et sur toutes matières textiles, par M. DELORY, chimiste (brevet).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleu noir réductible (erratum). — Violet au méthyle 4 R (échantillon). — Marron S (2 échantillons). — Aide-mémoire du dégraisseur.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Distinction du jute et du lin dans les tissus (suite), par M. Alfred RE-NOUARD. — Congrès de la propriété industrielle : Résolutions. — Huile tournante artificielle pour la teinture et l’impression. — Annonces.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LES RÉCOMPENSES
- On assure que la clôture de l’Exposition sera reculée du 31 octobre au 20 novembre.
- La raison qui aurait fait adopter cette mesure serait la nécessité d’accorder aux exposants récom-. pensés le temps de profiter de leurs récompenses.
- Pendant les vingt jours de prolongation, il sera accordé aux exposants la faculté de vente, et les acheteurs pourront immédiatement emporter les objets qu’ils auront acquis.
- Nous donnons d’ailleurs cette nouvelle sous toutes réserves, car aucun renseignement présentant un caractère officiel n'a transpiré.
- On assure également que la liste complète des récompenses est depuis plusieurs jours entre les mains de l’imprimeur, qui a peut-être déjà envoyé les premières épreuves au commissariat général pour faire les corrections nécessaires. Le tirage définitif de la liste générale des récompenses pourra avoir lieu dès les premiers jours de la semaine prochaine.
- A propos de la liste des récompenses et de la fâcheuse décision quevientde prendre la commission, de faire paraître les nominations par ordre alphabétique et non par ordre de mérite, un de nos confrères publie les considérations suivantes, que nous reproduisons sous toutes réserves:
- «Suivant les instructions reçues, les jurys avaient 'fait un travail sérieux où le mérite de chacun était placé au degré qui lui convenait, et les
- premiers nommés pouvaient, comme les élèves des grandes écoles de l’Etat, polytechnique, normale et autres, êtres fiers de leur place.
- «Quelques membres influents de la commission, cédant sans doute aux récriminations d’exposants classés inférieurement dans les récompenses, ont fait détruire ce classement équitable et confondre le mérite de tous ceux qui sont primés dans telle ou telle catégorie.
- « N’est-ce pas décourageant pour les exposants dont les efforts avaient été le mieux appréciés par leurs pairs ?
- « Puisqu’on a triplé le nombre des récompenses, surtout les médailles d’or, et que de ce fait, elles perdent leur valeur morale, n’était-ce pas rationnel, avec une telle profusion, de faire une distinction entre la première et la vingtième, la trentième ou la quarantième?
- « Il va de soi que les premières nominations pour la médaille d’or se rapprochent de la médaille d’honneur, tandis que les dernières tiennent presque à la médaille d’argent.
- « Deux ou trois lauréats peuvent être ex-œquo} mais non quarante.
- «Pourquoi alors les placer au même rang, si ce n’est pour donner satisfaction aux récriminations d’anciennes maisons désappointées de se voir dépassées par de plus jeunes ? »
- Nous reprendrons prochainement la suite de nos considérations sur le mode de nomination du Jury desrécompenses, et sur les difficultés d’asseoir sur des bases sérieuses les récompenses décernées. Pour terminer, citons un fait qui ne touche nullement les industries tinctoriales et textiles, mais qui vient à l’appui de la thèse que nous nous proposons de soutenir.
- p.217 - vue 212/286
-
-
-
- 218
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La liste des récompenses des exposants facteurs de piano, a été arrêtée sans que le concours qui avait été promis et reconnu indispensable ait eu lieu. L’opinion des artistes les plus compétents et celle des membres du Jury français étaient d’accord pour constater qu’il était impossible de juger les pianos dans la salle ou ils se trouvent entassés. La salle, qui avait été promise sur leur demande pour y faire le concours fut refusée par MM. Dietz-Monnin et Berger, chefs des sections françaises et étrangères.
- Une protestation rédigée par une commission nommée par la chambre syndicale, et soumise préalablement au président du Jury de la classe 13, fut remise à M. le Ministre de l’agriculture et du commerce qui dans l’audience accordée parut très étonné qu’on pût juger les instruments sans, les entendre.
- La réclamation soumise par le Ministre et le Président du 2e groupe au Jury des présidents, a donné lieu à la réponse suivante, signée du secrétaire du 2e groupe, et adressée aux délégués de la chambre syndicale :
- « J’ai le regret de vous faire savoir que MM. les présidents des groupes ont décidé qu’aucun changement ne serait apporté aux décisions du Jury des classes. »
- REVUE DE L'EXPOSITION
- Erratum. — Dans notre dernière revue, page 208, nous avons attribué à M. Corron, une chevil-leuse mécanique simple. Cette chevilleuse à crochet, destinée à tordre les cotons, les fils de lin, les fils de laine ou de soie, est exposé par M. Nicolet, à Deville-ies-Rouen (Seine-Inférieure).
- GROUPE VI
- Classe 60. — France. (Dans l’annexe).
- Descombes et Cie, à Paris, 8 et 10, boulevard Contrescarpe. — L’exposition comprend une machine à apprêter, à feutre sans fin, pour chiffo-nage et pièces, avec un petit moteur adhérent. Le modèle se fait aussi sans moteur. Le principe de cette machine est toujours basé snr un cylindre de grand diamètre entraînant un feutre sans fin et entre lesquelles passent le chiffon ou la pièce. Pour faciliter l’entrée du chiffon, une disposition spéciale
- analogue à celle des repasseuses Decoudun, mueau moyen d’une pédale, approche ou éloigne le feutre du cylindre et permet de pincer une extrémité du chiffon ou de la pièce, ce qui provoque son entraînement.
- On remarque encore dans cette exposition une chaudière à bascule, avec chauffage à la vapeur au moyen d'un serpentin avec retour d’eau condensée afin de ne pas allonger le bain.
- Mientzy frères, 14, rue de la Folie-Re-gnault, à Paris. — Les cylindres à friction exposés par MM. Kientzy, concernent plutôt la papeterie que les apprêts, mais ces mêmes modèles peuvent également servir pour les tissus. Il en est de même de la machine à imprimer les papiers en plusieurs couleurs. Les cylindres à friction comprennent un modèle à 5 rouleaux pouvant cylindrer les deux faces dans un seul passage et un modèle à 3 rouleaux dont 1 en fonte et 2 en papier.
- La maison de MM. Kientzy est connue pour la bonne et solide construction de ces diverses machines.
- Pierrom et Dehaitre, 19, rue Doudeau-ville, à Paris. — Le Moniteur de la Teinture a donné, en leur temps, une description détaillée de chacun des appareils qui composent l’exposition de MM. Pierron et Dehaître, dans l’annexe; nous ne les rappellerons donc que pour mémoire.
- La machine à griller les tissus, système Blanche, dont nous avons donné le dessin et la description, pages 102 et suivantes (année 1876), a subi quelques perfectionnements dans ses dispositions, en ce qui concerne l’adaptation de deux, quatre ou plusieurs rampes-de brûleurs, pour le grillage d’un seul côté ou de deux côtés du tissu. Pour rendre le grillage aussi efficace que possible, on a ajouté un tambour sécheur sur lequel passe le tissu avant d’arriver aux rampes, ce qui le débarrasse de toute humidité. La poulie folle de l’arbre de commande a été également remplacée par un mouvement différentiel à débrayage, qui peut être commandé à la main ou par une pédale, ou bien encore par un moteur direct.
- Les organes de manœuvre des rampes ont été également modifiés de manière à produire la simultanéité de leur mise en marche ou leur arrêt instantané.
- Les essoreuses exposées comprennent les différents types que construit la maison, depuis l’essoreuse à bras, jusqu’à l’essoreuse à moteur direct,
- p.218 - vue 213/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DESTISSUS
- 219
- types avec mouvement en dessus et mouvement en dessous.
- Les machines à laver, dont nous avons rendu compte en 1872, sont aussi exposées sous la forme à double enveloppe pour lavage et rinçage des cha-peaux de feutre et sous la forme à simple enveloppe pour les lavages aux savon, soude, rinçage et nettoyage à sec. Nos lecteurs ont déjà apprécié depuis longtemps les avantages de ces machines, comme travail rapide et économique.
- Les machines a apprêter, grand modèle pour force motrice et petit modèle pour marcher à la pédale, ont également été décrites par nous, page 89 (année 1873) et page 246 (année 1876). Nos lecteurs y trouveront les dessins de ces machines.
- Cette exposition renferme encore un appareil en cuivre pour la cuisson des bois de teintures à la vapeur. C’est l’appareil à bascule, en forme de poire connu depuis longtemps.
- Pour terminer le compte-rendu des objets exposés dans l’annexe du côté de l’école militaire, il nous reste encore à parler des machines exposées parM. Hertzog, successeur de la maison Pasquier, de Reims, qui expose dans l’annexe une machine à ramer à deux parcours, et de l’exposition de M. Pallier, de Lyon, qui expose entre autres un tour tambour (réduit) servant au coloriage des laines peintes. Nous décrirons ces deux expositions dans un prochain numéro.
- GROUPE VI
- Classe 53. — France.
- Chenailler, 5, avenue de Bouvines, à Paris. — L’exposition de M. Chenailler comprend un éva-porateur à lentilles creuses, à trois batteries de lentilles. Nous avons rendu compte et nous avons donné les dessins de cet appareil. Il s’applique à la concentration des extraits de la matière colorante des bois de teinture. L’appareil à concentrer dans le vide, qui se trouve à côté du premier, est analogue à celui des sucreries et sert à obtenir les extraits secs.
- M. Chenailler est inventeur d’un système d’extraction méthodique de la matière colorante des bois de teinture, qui permet à peu de frais et presque sans main-d’œuvre la fabrication des extraits.
- Mœglim, 51, rue Boulard, à Reims. — Expose des bassines à double enveloppe pour fondre la
- colle à la vapeur, avec trop plein, indicateur de pression, soupape de sûreté, etc.
- David, à Paris, rue St-Jacques, 140. — L’appareil exposé est destiné au blanchiment du coton par l’oxygène; nous en rendrons compte dans notre première revue des machines.
- A suivre.
- L'INDUSTRIE DU BLANCHIMENT
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Par M. Adolphe Kopp.
- — Suite —
- Laine. — La laine est d’abord désuintée, en la lavant soit sur le dos même du mouton, soit en toison; mais elle retient encore des matières grasses que l’on enlève par un passage dans de l’eau tiède contenant de l’urine putréfiée (ce corps est remplacé aujourd’hui généralement par du carbonate d’ammoniaque), ou du savon vert, ou encore par les corps gras provenant du suint lui-même. La laine perd ainsi de 20 à 30 p. c. de son poids.
- Le blanchiment, si l’on emploie l'acide sulfureux gazeux, se fait pendant douze heures dans les sou-froirs, vastes chambre pouvant être fermées her-métiquement. Comme la laine est imprégnée d’eau, l’acide sulfureux agit en solution, mais la quantité d’humidité qui imprègne le tissu a une grande influence sur la réussite de l’opération. Il faut éviter la condensation de vapeur d’eau à la partie supérieure du soufroir; en effet, cette eau contient toujours de l'acide sulfurique se formant surtout à la fin du soufrage), et elle peut dégoutter sur la laine. D’après M. Grothe, il faut 5 à 6 parties de soufre pour 100 parties de laine lavée. L’absorption du soufre est de 0.7 ou 0.8 p. c., pour la laine peignée et filée, elle n’est que de 0 5 ou 0.6.
- Par une immersion dans un bain alcalin, on peut enlever tout le soufre fixé pendant le soufrage, et la laine reprend sa teinte sale, tandis que les lavages en eau de savon ou en eau chaude ne font qu’enlever l’excès de l’acide sulfureux.
- A la place des chambres pour blanchir à l’acide sulfureux, M. Bailly a proposé d’introduire les tissus ou les soies à blanchir dans une turbine en communication avec un appareil dégageant de l’acide
- p.219 - vue 214/286
-
-
-
- 220
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sulfureux, de façon que l’air aspiré par la rotation de la turbine, comme par un aspirateur, soit chargé d’acide sulfureux en traversant les tissus encore humides.
- Nous trouvons dans la classe 48, procédés chimiques de blanchiment, etc., un procédé pour blanchir la laine, breveté, par MM. Plantron et J. de Holden, à Reims. Ces industriels paraissent employer à l’état naissant les trois gaz suivants : de l’acide sulfureux, de l’oxygène et de l’acide carbonique préparés pour les réactions classiques.
- Soie.. —- La soie grège contient, d’après les recherches de MM. Roard et Mülder, de la fibroïne, de l’acide cérotique, un principe colorant rouge qui manque dans la soie blanche, des matières grasses, des matières résineuses, de la gélatine et de l’albumine. Pour être employée en teinture, la soie doit être débarrassée, à des degrés divers, de ces différentes substances, on obtient ainsi les soies cuites et les soies souples. Quant à la soie écrue, elle ne peut guère être teinte qu’en couleur foncée ; mais il faut la soumettre à uneopération préalable, qui lui fait perdre 1 à 2 pour 100 de son poids : c’est la teinture acide au craquant ou bien la teinture sur sa/on.
- Les soies de première qualité, pour atteindre toute leur souplesse et leur brillant, subissent le dégommage ou décreusage à l’aide de savon bouillant.
- Cette opération s’effectue dans des chaudières en cuivre ou barques, chauffées par des serpentins à 90 et 95 degrés. Sur les bords reposent les bâtons autour desquels on a enfilé les matteaux ou pantes de soie du poids de 300 à 400 gr. Pour 100 parties de soie on emploie 30 à 35 parties de savon blanc de Marseille.
- Après vingt à vingt-cinq minutes, on retire la soie et on la fait passer dans une seconde ou même une troisième chaudière, contenant des solutions plus faibles de savon ; ce sont des bains de repassage; puis on l’essore dans un hydro-extracteur, et elle est prête à subir la cuite. Celle-ci a pour but d’enlever les dernières portions des matières gélatineuses et cireuses. On introduit les soies dans des sacs en grosse toile, afin qu’elles ne s’emmêlent pas dans le bain, qui consiste, pour 100 parties de soie, en 5 à 600 parties d’eau et 25 à 30 de savon. On chauffe à l’ébullition dans de grandes chaudières rondes, munies souvent d’un double fond, et l'on plonge les sacs dans le liquide, on les y laisse vingt-cinq minutes. Après cela, on tord les pantes, on les
- rince dans de grandes barques à l’eau pure et on les dresse de nouveau.
- Bientôt, sans doute, on supprimera l’emploi des sacs. En effet, MM. Corron et Vignat, de Saint-Etienne, opèrent dans des barques toutes les opérations que nous venons de passer en revue.
- Les bâtons portant la soie sont portés par un châssis qu on peut, à volonté, abaisser et faire glisser d un bout de l’atelier à l’autre. Pour éviter l’opération du tordage et le travail à la cheville, si nuisible à la soie, on a construit des essoreuses qui reçoivent les soies avec les bâtons mêmes.
- La décoloration de la soie se fait à l’aide de l’acide sulfureux, dans des chambres en maçonnerie, recouvertes souvent de lames de plomb. Ces chambres doivent etre parfaitement closes et à l’abri des courants d air. Si l air arrivait au contact des soies, il pourrait se produire de l’acide sulfurique. Les matteaux sont rangés très-près les uns des autres ; on prend, pour 10 k. de soie, 500 gr. de soufre qu’on brûle soit dans une terrine en fonte, soit dans la cavité d’une grande pierre ; le soufrage dure vingt, trente, quarante heures, suivant le degré de blancheur que l’on veut obtenir. Au sortir du sou-froir, on dessoufre en lissant les matteaux dans des barques remplies d’eau.
- (A suivre.)
- LE NOIR D’ANILINE
- SUR LAINE
- ET SUR TOUTES MATIÈRES TEXTILES
- Par M. DELORY, chimiste
- (Brevet d'invention du 7 juin 1878.) Libellé in-extenso.
- Les procédés employés dans l’industrie pour produire le noir d’aniline sur les matières textiles sont loin d’avoir acquis en teinture une aussi grande importance que dans les fabriques d’impressions et se bornent malgré les nombreuses tentatives qui en ont été faites, pour éviter des inconvénients inhérents à ces procédés, à des applications très-restreintes sur le coton, sans qu’il ait été possible jusqu’ici d’appliquer cette belle matière colorante à la teinture de tous les textiles et surtout à ceux d’origine animale.
- p.220 - vue 215/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- g. G
- La question du noir d’aniline est une question qui présente un intérêt énorme et plein d’actualité. C’était un problème difficile et très-délicat, mais que les réactions que je vais indiquer, résolvent de la manière la plus heureuse et la plus inattendue.
- Ces réactions reposent sur la propriété oxydante qu’exerce, dans des conditions spéciales de température , conjointement avec un autre oxydant, l’acide chromique sur un sel d’aniline et sur la combinaison de ce même acide chromique, produit comme le précédent par le bichromate de potasse avec les matières textiles d’origine animale -, combinaison ou mordançage qui les dispose à recevoir la teinture et fait perdre à la laine en particulier le rôle de réducteur qu’elle joue vis-à-vis du noir
- d’aniline au chrome en formation dans le bain de teinture.
- Mordameage de la lalme. — La laine parfaitement dégraissée est abattue de préférence étant sèche dans le bain suivant :
- Bichromate de potasse . . . . 100 gr.
- Acide sulfurique à 66° B. . . . 100 »
- Eau................................10 lit.
- Mordancer pendant quelques minutes à 100°C.; laisser la laine dans le bain à la température ordinaire pendant 24 heures ; lever, laisser parfaitement égoutter et teindre.
- Tous les agents oxydants capables de se combiner avec la laine peuvent aussi être employés dans le mordançage. Tels sont les manganates et les permanganates alcalins, les chlorures et hypochlo-rites décolorants étendus, réagissant à froid sur la laine pendant plusieurs heures, mais aucun de ces mordançages ne donne des noirs aussi solides et d’une aussi grande beauté qu’au chrôme.
- Teinture au bain normal. — Dissoudre dans 9 litres d’eau, à la température de 28° C., 30 grammes de chlorhydrate d’aniline ; d’autre part, dissoudre dans un litre d’eau, à 100° G., 55 grammes de bichromate de potasse et verser dans cette solution chaude 48 gr. d’acide sulfurique à 66° B. Mélanger les dissolutions de bichromate et de sel anilique; le bain marquant 30° au maximum, abattre immédiatement la matière textile prête à recevoir la teinture, manœuvrer une heure sans chauffer ; élever activement la température à 95-100° C., maintenue pendant 25 à 30 minutes et ajouter, au moment de chauffer, 10 à 12 gr. de sul-fats de cuivre préalablement dissous. — Lever, laver très-fortement et passer au bain alcalin, sa
- von, soude, auquel ou ajoute 0 gr. 2 à 0 gr. 5 de violet d’aniline par litre d’eau employée.
- Un des grands. avantages que présente le mordançage par le bichromate de potasse est de pouvoir employer dans l’opération de teinture le bain qui a servi à ce mordançage. Il suffit d’élever ce bain à la température de 20° C.; dissoudre 30 gr. de chlorhydrate d’aniline ou une quantité proportionnelle dans une très-petite quantité d’eau tiède, mélanger les deux dissolutions et teindre en suivant exactement les indications données.
- La soie se teint sans mordançage en noir dégradé et rougeâtre. On obtient de très-bons résultats en mordançant dans le bain suivant :
- Bichromate de potasse. . 55 gr.
- Acide sulfurique à 66° B . 65 »
- Eau.................................10 lit.
- Mordancer pendant cinq à six heures à la température de 60-70° C. et teindre en deux opérations de teinture en employant pour la première opération le bain de mordançage, laver simplement à l’eau et monter un second bain comme il a été dit plus haut.
- Le coton se teint sans mordançage préalable en noir solide difficilement verdissable ; la fibre n’est pas altérée. Cependant, pour des articles délicats, il est bon d’ajouter au moment d’élever la température une petite quantité d’eau de sel préservateur de Casthelaz ou simplement une quantité d’eau correspondant au cinquième de celle primitivement employée.
- Les proportions que je viens d’indiquer pour la teinture et le mordançage donnent les meilleurs résultats sur 250 gr. de laine et 300 gr. environ des autres textiles. Industriellement il suffira de multiplier proportionnellement ces quantités pour les matières à teindre pour obtenir des noirs d’autant plus beaux qu’on opérera sur une plus grande échelle, à la condition, toutefois, de manœuvrer la laine énergiquement, pendant quelques minutes, pour le mordançage, et toute la durée de l’opération de teinture pour les matières textiles; d’autre part, en teignant une très-grande quantité de matière par rapport aux produits employés, on obtiendra, par dégradation, des nuances très-solides variant du gris très-foncé au gris clair.
- Les proportions employées dans le bain de teinture, tout en donnant de très-bons résultats, n’ont cependant rien d’absolu, et peuvent varier dans certaines limites pour modifier les nuances. Ainsi un excès d’acide donne des noirs rougeâtres. Il en
- p.221 - vue 216/286
-
-
-
- PO
- 25
- 5
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- est de même du chauffage, qui, trop prolongé, donne des noirs quelquefois dégradés et toujours d’un lavage très-difficile. Si, au contraire, la température n’est pas maintenue assez longtemps, les noirs présentent un ton rougeâtre et verdissent en présence des acides concentrés.
- La température exerce également une influence énorme sur le résultat dans la première partie de l'opération de la teinture, Car, si cette température est trop élevée le noir se précipite dans le bain -, si, au contraire, elle est trop basse, le noir ne se forme que très-difficilement.
- J’ajouterai, pour compléter ces indications,qu’on peut substituer au chlorhydrate d’aniline un autre sel d’aniline, sulfate ou nitrate, remplacer l’acide sulfurique par un autre acide minéral et le sulfate de cuivre employé pour donner de la solidité au noir, par un sel ferrique ; mais ces substitutions ne sont nullement avantageuses.
- Les opérations de la teinture du noir d’aniline au chrome sont si simples, qu’il y a très-peu de chose à ajouter. Je ferai seulement remarquer que le prix de ces noirs étant inférieur aux prix des noirs solides obtenus actuellement dans l’industrie, tout en présentant sur ces derniers l’avantage d’une grande solidité ; que, de plus, ces procédés, permettant l’emploi d’une grande quantité d’eau, peuvent s’appliquer à la teinture de tous les textiles en noir grand teint, particulièrement à la laine, et sont appelés à rendre à la teinture d’aussi grands services que le noir d’aniline au vanadium à l’impression.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOIR BLEU RÉDUCTIBLE
- De M. Ch. Collin (breveté s. g. d. g.)
- Erratum. — Dans l’article que nous avons publié sur le noir bleu réductible de M. Collin, nous avons dit (page 198) que l’économie était de 125 fr. ou 37 p. c. par kil. de laine. L’économie, argent, est bien de 125 fr.-, et au lieu de : l’économie est de 37 p. c., il faut lire : la dépense n’est plus que de 37 p. c. par kil. de laine.
- VIOLET AU MÉTHYLE 4 I
- L’échantillon ci-dessous a été teint avec le violet au Méthyle marque 4 » de la maison J. Ruch et fils.
- Dissolution. — Le colorant doit être dissous dans l’eau bouillante, en proportion de dix parties d’eau pour une décolorant; remuer jusqu’à dissolution complète et filtrer.
- TEINTURE DE LA LAINE.
- Composition du bain pour 5 kil. de laine :
- Sulfate de magnésie............ 500 gr.
- Violet au Méthyle.............. 50 gr.
- Entrer à 30° et monter graduellement à 80° c. ; maintenir la température un peu au-dessus de 80° c. pendant un quart d’heure.
- On peut teindre aussi sur bain neutre.
- Violet méthyle, 4 B, sur laine zéphyr.
- TEINTURE DU COTON.
- Pour 5 kil. de coton :
- Mordancer le coton au sumac ou au tannin, puis teindre à la température de 75° c. environ, sur bain neutre contenant la quantité voulue de colorant et 250 grammes de gomme.
- TEINTURE DE LA SOIE.
- La soie se teint dans un bain de savon légèrement acidulé ; on lave et on avive dans un bain contenant 5 grammes d’acide sulfurique par litre d’eau.
- MARRON S
- Breveté s. g. d. g.
- Nous avons omis de dire dans notre dernier numéro que le marron S breveté et le jaune solide qui avaient servi à teindre les deux échantillons étaient fabriqués dans l’usine établie en-France par la société B. A niline et Soda-fabrik de Stuttgard, qui a un dépôt à Paris.
- Les échantillons que nous donnons aujourd’hui sont teints avec les mêmes produits. Ils font partie de la gamme des teintes modes et brunes, variables à l’infini et qui peuvent être obtenues en un seul bain.
- p.222 - vue 217/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO
- G G
- COMPOSITION DU BAIN DE TEINTURE POUR 10 KIL.
- DE LAINE.
- N8 3. — Bisulfate de soude..... 2 kil.
- Marron S.......................... 35 gr.
- Jaune solide................... 160 —
- Carmin d’indigo................ 65 —
- N* 3.
- N4. — Bisulfate de soude........... 2 kil.
- Marron S................. 65 gr.
- Jaune solide.......... 160 —
- Carmin d’indigo....... 190 —
- N 4.
- Les opérations de teinture sont les mêmes que celles indiquées dans le dernier numéro pour les échantillons no 1 et n° 2.
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D’ANILINE
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine, soie, etc.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Vert de Malachite, breveté en France et à l’étranger ; seule concession pour la vente en France.
- Bleus Nicholson nouveaux types.
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Bleus pour coton.
- Violet rouge teignant sur bain acide, pour coton, laine et soie.
- Phosphine et Aurantia, couleurs orange, résistant au foulon, pour laine et soie.
- Coccine, résistant au foulon et remplaçant la cochenille sur laine.
- Nouvelles couleurs liquides, toutes nuances, teignant, sans aucun mordançage, le coton et la soie.
- Le Vert de Malachite, ou Vert d’aniline solide, est un vert jaunâtre, s’employant sur coton, laine et soie. Résistant aux températures élevées, il peut se teindre sur bain bouillant.
- Envois de Prix-Courants et d’Échantillons franco sur demande.
- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR
- La profession de dégraisseur, qui s’allie le plus souvent avec celle de teinturier, exige certaines connaissances qui peuvent se résumer par :
- 1° La connaissance des divers corps qui peuvent tacher une étoffe ;
- 20 La connaissance des substances auxquelles il faut recourir pour dissoudre ou enlever les corps étrangers déposés sur l’étoffe;
- 3° La connaissance des couleurs simples et composées, et leur manière de se comporter avec les divers réactifs dont on a fait choix pour faire disparaître la tache ;
- h° La connaissance de la nature de l’étoffe, et de la manière dont elle est affectée par les substances dont on peut se servir pour enlever les taches;
- 5° L’art de rétablir une couleur altérée ou de ramener des nuances affaiblies et inégales à une Cou-leur uniforme.
- Ce résumé indique la classification que nous suivrons dans ce travail dont les éléments com-
- p.223 - vue 218/286
-
-
-
- sH G. G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- prennent, outre les moyens donnés dans divers ouvrages introuvables aujourd’hui, ceux que l’expérience et la pratique ont indiqués depuis.
- Nature et propriétés des corps qui peuvent tachér et altérer les étoffes blanches ou colorées.
- Parmi les corps si nombreux qui tachent ou altèrent le plus ordinairement la couleur des étoffes, nous citerons :
- La pluie, l’humidité, les acides, les alcalis, les sucs de certains végétaux, les sucs qui contiennent beaucoup d’acide, les sucs astringents, l’urine, la sueur, le sang, le vin, la bière, le cidre, le poiré, les décoctions d’herbes et de fruit, le café, le thé, le chocolat, les sirops, les confitures, les sucs de mures, de cassis, de merises,- les liqueurs, l’absinthe verte, l’huile de rose et autres, le ratafia, les compositions ferrugineuses, les huiles comestibles et à brûler, la graisse, le suif, la pommade, le beurre, la sauce des aliments, le bouillon, le vernis, la peinture, les résines, les gommes résines, le bitume, les encres d’imprimerie, la craie, la bougie stéarique, l’encre, la rouille, le cambouis, la suie, les égouttures de tuyaux de poêle, la fumée, etc.
- Toutes ces substances qui varient beaucoup dans leurs éléments, agissent différemment sur les étoffes blanches et teintes. Pour parvenir à reconnaître sûrement la nature des taches qui existent sur le tissu, il est nécessaire d’étudier d’abord la composition chimique des corps qui les ont produites, et la manière dont ceux-ci se comportent avec l’étoffe. Il faudra ensuite bien connaître les propriétés des corps qu’il conviendra d’employer pour enlever telle ou telle tache sur un tissu quelconque, sans altérer le blanc ou la couleur.
- On voit donc, ainsi que le disait Pascal, l’auteur du premier traité de l’art du dégraisseur, « que tous les problèmes que le dégraisseur a pour but de résoudre, sont tous des problèmes de chimie compliqués et très-difficiles. »
- Malgré ce dire, il sera toujours facile au dégraisseur d’atteindre le but proposé, car la science lui fournit d’utiles renseignements et des moyens, à peu près sûrs, d’opérer.
- Pour faciliter et éclairer la marche de la pratique, nous allons passer rapidement en revue les renseignements fournis par la science.
- L'eau, qui tombe goutte à goutte sur certaines étoffes neuves, dissout les substances gommeuses, gélatineuses ou autres qui ont servi à les apprêter. Le lustre disparaît par places, et l’étoffe présente
- à sa surface de petites taches, plus ou moins espacées entre elles, et qui paraissent d’une couleur, tantôt plus claire, tantôt plus foncée que celle de l’étoffe.
- Certaines étoffes apprêtées, généralement les soieries et les doublures de coton, lorsqu’elles restent longtemps dans un endroit humide et peu aéré prennent des taches ou piqûres. Les taches se forment d’abord par la putréfaction du principe mu-cilagineux de l’apprêt ou du textile lui-même, uni à une certaine quantité d’eau; elles se développent ensuite par la décomposition de la matière colo-rante appliquée sur l’étoffe. Dans ce dernier cas, les taches sont très-difficiles à enlever par les procédés connus.
- Les acides minéraux attaquent aisément tous les tissus sans exception, presque toujours en opérant sur eux une véritable combustion ; pourtant ils n’altèrent le lin, le chanvre et le coton que quand ils sont concentrés..
- Les acides, affaiblis par l’eau, changent, nuancent, modifient, altèrent ou détruisent la plupart des couleurs dites faux teint sur quelque étoffe que ce soit, voire même quelques couleurs dites bon teint. Ils rougissent les bleus végétaux en faux teint, le noir surtout, lorsqu’il entre dans sa composition du campéche et des sels de fer, et généralement toutes les nuances obtenues sur la laine avec l’orseille et les astringents. Ils rosent le ponceau, avivent et éclaircissent le bleu indigo, le bleu de Prusse, et en partie les rouges formés par les bois de Brésil et de Fernambouc.
- (A suivre).
- DISTINCTION DU JUTE ET DU LIN
- Dans les Tissus
- Par M. Alfred Renouard
- I 3 0
- 1
- Pour ménager sa vue, on fera bien de ne pas accommoder l’œil à l’image microscopique, mais de présenter l’objet à l’organe visuel à ses diffé-
- (1) Par suite d’une erreur de mise en pages, l’article qui suit doit être replacé et lu entre le 5e et le 6“ paragraphe de la l10 colonne de la page 215 du dernier numéro, après les mots qui terminent le 5e paragraphe : seulement pour les forts grossissements.
- Le paragraphe qui commence par : M. Sclilesinger indique... devra être lu à la fin de l’article actuel.
- p.224 - vue 219/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- ?O co Ot
- rentes hauteurs, en faisant mouvoir continuellement la vis micrométrique.
- En outre, comme en dehors de la structure spéciale des fibres, leurs dimensions offrent aussi des caractères distinctifs qu’il est important de connaître, on doit apporter les plus grands soins dans leurs déterminations.
- L’instrument que j’emploie pour me rendre compte de ces dimensions respectives est le micromètre oculaire, sorte de disque de verre gradué que l’on introduit dans l’oculaire. La division de ce disque peut être quelconque, mais les opticiens la disposent généralement de façon que cent traits correspondent à un centimètre.
- D’un autre côté, pour déterminer exactement la valeur relative de chaque trait, on emploie une plaque de verre sur laquelle est gravée une division, dans laquelle cent traits correspondent à un millimètre ; c’est le micromètre-objectif.
- On place ce nouvel instrument au-dessous de l’objectif, puis le micromètre oculaire dans l’oculaire même, en faisant coïncider les traits des deux micromètres, et on lit combien 50 ou 100 traits de la division du micromètre-oculaire couvrent de traits du micromètre-objectif. Ainsi par exemple, si les micromètres étaient bien exactement disposés, 100 traits du micromètre-oculaire couvrent 26,2 traits du micromètre-objectif, ils correspondent à 0m262, | puis un trait du micromètre-objectif a une valeur de 001; d'où l’on peut inférer que, dans ce cas, un trait de la division du micromètre-oculaire correspond à 0m00262. C’est pourquoi il est bon, lorsque c'est possible, de déterminer la valeur avec 100 traits, parce qu’alors les erreurs que l’on commet sont rendues 100 fois plus petites par la division.
- Lorsqu’on a pu fixer d’une manière exacte, pour les différentes combinaisons du microscope, la valeur relative des divisions dn micromètre, le mieux est alors de dresser des tables sur lesquelles on inscrit la valeur de 1 à 10, 25 ou 50 pour chaque combinaison de lentilles, de sorte qu’après avoir compté les divisions, on pourra lire directement sur ces tables le nombre de millimètres que mesure l’objet.
- Dans la mensuration, on commet toujours inévitablement certaines erreurs, mais celles-ci tiennent généralement à ce que la coïncidence des divisions n’est pas exactement établie-, mais Comme, lorsque la coïncidence estparfaite, il est presque impossible d’éviter des erreurs pouvant s’éleverjusqu’à 0,0005,
- il n’y a pas lieu de tenir compte de la quatrième décimale. Les nombres que j’indiquerai plus loin, à propos de la détermination de la grandeur du diamètre transversal des fibres textiles, se rapportent toujours à la largeur maxima de celle-ci, c’est-à-dire que lorsqu’on veut mesurer une fibre, on l’examine suivant sa longueur et l’on cherche le point le plus large, qui évidemment ne doit pas avoir été produit par écrasement. On effectue cette opération sur un nombre de fibres aussi grand que possible, et avec les résultats obtenus on peut déterminer les valeurs extrêmes des diamètres maxima.
- J’ai suivi, aussi bien sur ce point que sur quelques autres, la méthode de Wiesner.
- Pour l’examen microscopique des fibres textiles, on a encore besoin, indépendamment des porte-objets (plaque de verre à glace) et des verres à couvrir d’une minceur convenable (couvre-objets), de quelques aiguilles à pointe mince et effilée, et de couteaux bien tranchants.
- Étude microchimique des textiles.
- Les découvertes les plus récentes qui ont jeté quelque lumière sur la question de la microchimie des fibres textiles, sont dues, en France, à M. Vétil-lard ; à l’étranger, au docteur Schlesinger, qui a résumé, en dernier lieu, les découvertes de tous les maîtres allemands.
- Je résumerai tout d’abord, le plus brièvement possible, les données établies par M. Vétillard, sans m’occuper ici de questions de priorité, et bien qu’un docteur allemand ait soutenu dernièrement qu’elles n’étaient qu’une légère modification des principes publiés par Schacht en 1853.
- La solution employée se compose d’iodure de potassium dissous dans cent parties d’eau distillée, avec addition d’une petite quantité d'iode au liquide.
- On place alors les filaments à examiner sur une lame de verre, où l’on a laissé tomber une large goutte de la solution précitée. Au bout de quelques minutes, et après avoir enlevé l’excès du liquide avec du papier buvard, on recouvre les fibres d’un verre mince carré, puis on laisse échapper sur l’un des côtés — une goutte d’acide sulfurique étendu d’eau Ou de glycérine dont on absorbe l’excès du côté opposé, de la même façon.
- Pour observer les fibres intérieurement, on les réduit en un faisceau de trois centimètres de longueur et de la grosseur d’une plume d’oie, qu’on maintient par le milieu avec un fil. On plonge suc-
- p.225 - vue 220/286
-
-
-
- CO G G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cessivement chacune des extrémités du faisceau dans une colle liquide à base de gélatine, puis après avoir tordu et détordu légèrement les filaments de façon à faire pénétrer la matière collante à l’intérieur, et en prenant soin de rétablir, le plus possible, le parallélisme des fibres, on les laisse reposer douze heures ; une fois sec, le faisceau est fixé dans la cavité cylindrique d’un étau à main : puis, au moyen d’un rasoir bien tranchant, on le divise en lames aussi minces que possible que l’on reçoit sur une lentille.
- Les observations énoncées par M. Vétillard sont les suivantes :
- 1° Dans le liny la fibre estconstituée par un tube de cellulose rempli intérieurement d’une matière colorée en jaune. Extérieurement, la coloration paraît bleue, mais, en examinant au microscope l’un des tubes scindé en deux parties, on remarque que sa section transversale présente l’aspect d’une circonférence jaune entourée d’un anneau bleu,
- 2° Dans le chanvre, la coloration vue en masse semble verdâtre, mais on remarque, par un exa-men attentif, que lemilieudu tube est blanc, et que la matière colorable en jaune forme à l’extérieur une mince membrane très-transparente, qui détermine cet aspect.
- 3° Dans \cjute, la proportion de matière colorable est très-considérable, et elle domine partout. Elle semble cependant plus foncée à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le jute très-blanc se colore en bleu sale ou verdâtre.
- 4° Le phormium-tenaxse colore en jaune comme le jute, mais d’une manière tout autre. La teinte est d’autant moins foncée que la fibre est plus blanche.
- Les examens microchimiques de M. Vétillard ne sont donc basés que sur l’emploi d’un réactif unique.
- D’après le docteur Shlesinger, les principaux réactifs dont on a besoin pour l’examen microchimique, sont les suivants :
- 1° Acide sulfurique ;—concentré et étendu; il sert aussi bien pour dissoudre et pour gonfler la membrane des cellules, que pour colorer en bleu la cellulose mélangée avec de l’iode ;
- 2° Acide azotique; — pour rendre plus évidente la stratification et la structure (ainsi que les écailles de fibres naturelles) ;
- 3° Acide chromique; — comme dissolvant pour la substance intercellulaire; il constitue, par suite, le moyen le plus rapide pour produire l’isolement
- des cellules; le plus souvent la cellulose elle-même est aussi gonflée et dissoute par cet acide ; on l’emploie rarement pur, mais on se sert généralement d’un mélange d’acide chromique et d’acide sulfurique, que l’on obtient, d’après Wiesner, en ajoutant à du bichromate de potasse un excès d’acide sulfurique. Après la dissolution, on étend l’acide chromique séparé avec son volume d’eau ;
- 4° Ammoniure de cuivre ; — il s’obtient en dissolvant du cuivre métallique dans de l’ammoniaque, et il sert pour dissoudre ou pour gonfler la membrane des cellules ;
- 5° Sulfate d’aniline ; — pour reconnaître la lignification, d’après l’intensité de la coloration jaune des fibres ;
- 6° Potasse caustique (étendue): — pour rendre plusieurs tissus plus transparents et pour isoler ; la fibre est aussi, le plus souvent, fortement gonflée par ce réactif.
- A suivre.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DE LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- Voici la suite des résolutions adoptées par le congrès de la propriété industrielle.
- « Toute marque de fabrique doit être admise, aux risques et périls du requérant, quels que soient la nature du produit et le choix des signes distinctifs. Cependant le requérant recevra un avis préalable et secret, notamment sur la question de nouveauté, pour qu’il puisse à son gré maintenir, modifier ou abandonner sa demande.
- » Cet avis sera donné par le service spécial de la propriété industrielle auquel le dépôt central est annexé. »
- Le congrès a discuté ensuite la question de l’usurpation des médailles et récompenses industrielles, et a adopté la proposition suivante :
- « L’usurpation, sous quelque forme que ce soit, d’une récompense industrielle, à l’occasion d’une exposition à l’organisation de laquelle l’autorité supérieure a pris une part manifeste, doit être considérée comme un acte illicite relevant de la juridiction pénale. »
- La proposition additionnelle suivante a été également votée :
- « Doit être également considérée comme illicite
- p.226 - vue 221/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S
- G
- l’usurpation des prix, médailles et approbations accordées par les corps scientifiques officiels. »
- Le congrès a voté ensuite la série des résolutions qu’on va lire :
- « Si le fait d’usurpation a été commis dans l’enceinte d’une exposition ouverte dans les conditions ci-dessus indiquées, la peine devra être élevée au maximum.
- » Indépendamment de l’action publique, il devrait être reconnu à toute partie lésée une action en justice réglée conformément aux dispositions de la loi sur les marques de fabrique.
- » La taxe consiste dans un droit d’enregistrement proportionnel au nombre des signes distinctifs à protéger, mais indépendant du nombre des produits à protéger. Des marques, se distinguant seulement par la dimension ou la couleur, ne seront comptées que pour une seule.
- » Les marques seront réunies et mises à la disposition du public‘sans frais et en la forme déterminée par les règlements dans le dépôt central de la propriété industrielle.
- » Les marques seront classées dans des registres, par nature de produits et par ordre de réception.
- » Des catalogues alphabétiques, tenus constamment à jour, seront également mis à la disposition du public dans les mêmes locaux.
- » On devra imprimer des fac simile des marques de fabrique, et on fera une publication périodique qu’on enverra aux chambres de commerce ou autres corps locaux pour y être mis à la disposition du public.
- » L’exercice des actions civiles relatives aux marques n’exclut pas l’action pénale.
- » Les acheteurs trompés doivent avoir une action comme les propriétaires des marques contrefaites ou imitées. »
- « Tous les produits étrangers portant illicitement la marque d’un fabricant résidant dans le pa ys d’importation ou une indication de provenance dudit pays, sont prohibés à l’entrée et exclus du transit et de l’entrepôt, et peuvent être saisis en quelque lieu que ce soit, soit à la diligence de l’ad ministration des douanes, soit à la requête du ministère public ou de la partie lésée.
- » Sont assimilés aux contrefacteurs et imitateurs frauduleux de marques :
- » 1° Ceux qui ont fait un usage illicite d’une marque portant ces mentions telles que : façon de..., système de..., procédé de..., à la..., ou
- toutes autres propres à tromper l’acheteur sur la provenance du produit.
- » 2° Ceux qui, sans autorisation de l'intéressé, auront fait intervenir le nom ou l’imitation du nom ou l’adresse d’un tiers, de nature à tromper le public, dans le libellé de leurs étiquettes, marques, prospectus, réclames, circulaires, enseignes ou autres manifestations écrites, faites publiquement à l’occasion de la mise en vente ou de la vente d’un produit.
- » Ceux qui vendent ou mettent en vente des marchandises dont la marque a été usurpée, sont obligés de fournir au propriétaire de ces marchandises des renseignements complets, par écrit, sur le nom et sur la provenance ainsi que sur l’époque où la vente a commencé à avoir lieu. Ils pourront être contraints à faire ces déclarations, et seront autrement, considérés comme complices du délinquant. »
- « Tout acte de dépôt d’une marque peut être annulé en vertu soit d’une demande légalisée du déposant ou de son ayant droit, soit en vertu d’une décision judiciaire devenue définitive.
- » Cette annulation est mentionnée : 1° en marge de l’acte de dépôt ; en regard de la marque déposée. »
- « Le nom commercial constitue une propriété du droit des gens qui doit être protégée partout, sans distinction de nationalité et sans obligation de dépôt.
- « Sous tous les rapports autres que celui du dépôt le nom est assimile aux marques. »
- HUILE TOURNANTE ARTIFICIELLE
- Pour la Teinture ou l’Impression.
- Depuis quelque temps les ateliers de teinture sont en possession d’un nouveau mordant huileux destiné à remplacer, dans une certaine mesure, les huiles naturelles et à permettre de nouveaux genres de couleurs vapeur.
- Dès l’apparition des extraits de garance et plus tard de l’alizarine artificielle un essor nouveau a , été donné aux applications des couleurs grand teint.
- Les opérations plus longues de la teinture ont été remplacées avantageusement par l’impression et
- p.227 - vue 222/286
-
-
-
- 0 co 00
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cela sans nuire beaucoup à la solidité proverbiale des couleurs garance.
- Restait un seul point à élucider et qui était de trouver le moyen d’obtenir par cette voie rapide des nuances aussi belles et aussi brillantes que par la teinture en rouge Andrinople.
- Cet éclat, dû en totalité aux huiles fixées sur tissu, pendant le mordançage, avait fait admettre une certaine quantité de ces huiles dans les préparations pour couleurs vapeur. Mais les résultats étaient loin d’être satisfaisants, par suite probablement de la non-solubilité des huiles et de la résistance qu’elles offraient à une interversion rapide.
- Aujourd’hui, au contraire, les nouveaux produits, que nous fabriquons de toute pièce, remplissent parfaitement bien ce rôle et permettent d’obtenir à l’impression des couleurs rouges d’un feu aussi éclatant que celles données par la teinture.
- Bien que leur emploi soit tout nouveau, et que des perfectionnements en étendront sûrement l’usage, ils ont cependant acquis une place importante dans les ateliers de teinture»
- On peut les utiliser de plusieurs manières. En teinture et à l’impression.
- Dans le premier cas, elles peuvent être associées aux huiles naturelles dans la proportion de 20 à 30 0/0 dans le bain blanc, ou seules, ce qui est bien préférable puisqu’elles permettent de réduire considérablement le temps anciennement exigé. On foularde les pièces de calicot ou le coton filé à plusieurs reprises dans un bain de sel de soude, puis dans l’huile artificielle en solution dans l’eau, on sèche ensuite etmordance en acétate d’alumine faible. La teinture se fait avec les extraits de garance et l’alizarine dans une eau corrigée, plutôt acide que calcaire, sans monter jusqu’au bouillon. On fixe ensuite la couleur par un vaporisage de 1/2 heure et un avivage en chaudière close.
- A l’impression, elles remplacent avec profit les huiles tournantes naturelles et présentent sur ces dernières des avantages incontestables soit par leur composition, soit par leur solubilité dans l’eau. Elles peuvent être associées à la plupart des couleurs vapeurs et de plus servir à la préparation des calicots destinés à l’impression dans le but de donner plus d’éclat et de pureté aux couleurs obtenues.
- A. FONTAINE
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoire industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des tein-lures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Fabrique de couleurs d’Aniline.
- LAZARD-GODCHAUX
- 60, rue de Mérode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers»
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille; la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. I Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu'à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Bleu Nicholson. — Bleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du prix-courant, type de produits et modes d’emploi pour la teinture.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- Par Marins MOYRET
- 1 vol. in-8°. — Prix : 21 fr. par poste
- Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.228 - vue 223/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22- Année, No 20. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 1878.
- SOMMAIRE
- Chronique de l’Exposition : Sur le bleu d’anthracène dit : « Alizarine bleue » par MM. Koechlin et Prud’homme.
- — De la solidité des couleurs par M. A. SCHULTZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Paille orangée au rocou. — Aide mémoire du dégraisseur. — Grenat A S de MM. Collin et LENIGQUE (échantillons). — Teinture des soies en pièces (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Le chlorozone. — Huiles pour l’ensimage des laines. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- L’abondance des matières nous force à remettre au numéro prochain la suite de notre Revue de l'Exposition, qui continuera sans arrêt.
- DE L'EXPOSITION
- La circulaire suivante vient d’être adressée aux commissaires étrangers et aux présidents des groupes. En raison des importantes questions qu’elle règle, il est nécessaire de la reproduire textuellement :
- « Paris, le 11 octobre 1878.
- » Monsieur le sénateur commissaire général m’avise que le gouvernement a décidé que la durée d’ouverture de l’Exposition sera prolongée jusqu’au 10 novembre prochain.
- » C’est seulement à partir de cette date qu’il pourra être procédé au rétablissement des voies ferrées de service à l’intérieur du palais et dans les parcs.
- » Toutefois, le commissariat général français s’en tiendra à la lettre du règlement général. Les exposants qui ne voudront pas laisser leurs installations dans l’état actuel jusqu’au 10 novembre auront la faculté de procéder à l’emballage de leurs produits dès le 1er novembre.
- » Un ordre de service réglera les heures et le mode d’introduction des caisses vides dans les enceintes de l’Exposition.
- » A partir du 1er novembre, la sortie des objets vendus par les exposants sera autorisée, et les acheteurs pourront librement emporter ou se faire immédiatement adresser les objets dont ils auront fait l’acquisition. Mais l'entrée de marchandises nouvelles sera rigoureusement interdite et, par con
- séquent, le stock de chaque exposant ne pourra pas être renouvelé.
- » Quant à MM. les exposants qui, ayant compté sur le délai de six mois présentement annoncé, voudraient, dès le 1er novembre, procéder à l’enlèvement des objets présentés par eux, ils auront la faculté d’emballer leurs produits et d’expédier leurs colis, en se conformant, bien entendu, aux mesures qui seront prises, pour que les visiteurs puissent facilement et utilement circuler dans les galeries pendant la durée de la prorogation.
- » Jusqu’au 1er novembre, aucune réexpédition ne sera tolérée, et il demeure interdit de procéder aux emballages. »
- Les exposants français, titulaires des hautes récompenses (grand prix, diplômes d’honneur, médailles d’or) ont été invités par lettres individuelles à venir retirer la carte d’invitation personnelle et nominative à laquelle chacun d’eux a droit.
- Les présidents, ou, à leur défaut, les secrétaires des jurys de classes seront pourvus d’un certain nombre de billets d’entrée à répartir entre les autres exposants récompensés de leurs classes.
- Le travail sur la distribution des décorations de la Légion d’honneur est terminé au ministère du commerce.
- Le chiffre total s’élève à 568, ainsi réparti :
- Aux exposants français, 260 croix de chevalier de la Légion d’honneur et 40 croix d’officier de la Légion d’honneur.
- Aux exposants étiangers, 208 croix de chevalier de la Légion d’honneur et 60 d’officier de la Légion d’honneur.
- p.229 - vue 224/286
-
-
-
- 230
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- SUR LE BLEU D’ANTHRACÈNE
- DIT « ALIZARINE BLEUE »
- Par MM. Koechlin et Prud’homme
- Messieurs,
- Vous nous avez chargés de vous présenter un rapport sur une nouvelle matière colorante de la série de l‘anthracène,que la fabrique d’alizarine de Ludwigshafen livre au commerce sous le nom d’alizarine bleue.
- Ce corps n’a de commun avec 1’alizarine proprement dite que le nom. Il renferme de l’azote, ce qui le range de fait dans une classe de composés toute particulière et le rapprocherait de l’indigo. Nous verrons que ses propriétés sont intermédiaires entre celles de l’alizarine et celle de l’indigo.
- L’alizarine bleue se trouve dans le commerce sous forme de pâte de couleur brun-violet; certains échantillons sont pourtant bleus.
- La richesse en matière colorante est de 10 p. c.
- Par cristallisation dans la benzine, on obtient des aiguilles à éclat métallique, brun-violet. Celles-ci fondent à 170° C., puis émettent des vapeurs rouge-orangé, qui se condensent de nouveau sous forme d’aiguilles d’un noir bleu.
- Le bleu d'anthracène est presque insoluble dans l’eau.
- L’alcool et la benzine se dissolvent assez difficilement en donnant une solution rouge.
- L’acide acétique le dissout plus aisément et le transforme même à la température de l’ébullition.
- Avec l’acide sulfurique concentré, la solution est d’un beau rouge; chauffée pendant un certain temps et traitée par l’eau elle laisse déposer un précipité bleu dont les caractères tinctoriaux ne semblent pas s’écarter grandement de ceux du corps primitif.
- L’acide arsénique, marquant 70° B., dissout très-facilement le bleu d’anthracène. La solution est rouge-orangé et passe au rouge-fuchsine par l’addition de glycérine. Le mélange de ces trois corps, chauffé, puis additionné d’eau, régénère la matière colorante sous forme de flocons bleus.
- C’est sous le même aspect enfin qu’elle se présente lorsqu’on traite à l’ébullition, par l’acide chlorhydrique ou sulfurique étendu, les vieilles couleurs d’où l’on veut la retirer.
- Dans les alcalis étendus, le bleu d’anthracène est soluble en bleu ou bleu verdâtre. Au bout d’un certain temps, et sous l’influence d’un excès d’alcali, il se précipite à l’état de sel insoluble.
- D’après les observations de M. Kopp, qui a bien voulu se charger de l’examen spectroscopique du nouveau corps, il subirait, sous l'influence des alcalis, différentes modifications faciles à suivre sur le spectre.
- La chaux, la baryte et la strontiane donnent des laques bleu vert.
- Les sels alcalins, en général, semblent former avec l’alizarine bleue des laques plus ou moins insolubles.
- Une solution d’alun ou de sulfate d’alumine ne dissout pas trace de cette matière colorante, propriété caractéristique qui suffirait, indépendamment de sa constitution chimique, à la séparer nettement de l’alizarine, de la purpurine et de leurs isomères.
- En teinture, les nuances obtenues avec les mordants actuels sont les suivantes :
- Alumine, bleu violacé.
- Fer, bleu verdâtre.
- Chrome, violet.
- Etain, violet rougeâtre.
- L’oxyde de nickel, fixé sur tissu, se teint, d’après les recherches de M. E. Dollfus, en un bleu dune nuance beaucoup plus pure que les autres mordants.
- La matière colorante étant peu soluble dans l’eau, on ajoute au bain de teinture une petite quantité de savon, on mieux de l’acide sulfoléique ou sulfo-ricinique, avec un faible excès d’ammoniaque.
- Les proportions à employer sont :
- 1 partie alizarine bleue 10 p. c.
- 1 à 2 parties acide gras.
- On chauffe le bain de teinture à 70• C., température où la matière colorante se dissout à la faveur de l’acide gras et de l’ammoniaque. On pousse jusqu’à l’ébullition en une heure et l’on s’y maintient une demi-heure.
- La présence de certains sels alcalins, tels que le phosphate de soude, favorise l’opération de la teinture, il suffit de donner ensuite un savon à 50° ou 60° C.
- L’alizarine bleue peut servir à teindre les tissus, à la manière de l’indigo.
- Elle jouit, en effet, de la propriété excessivement curieuse de se réduire en solution alcaline, en donnant une cuve rouge à fleurée bleue. En tenant
- p.230 - vue 225/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 0O 0
- compte de son peu de solubilité dans l’eau et de sa tendance à former des laques avec la chaux, on arrive à teindre le coton avec une cuve d'alizarine bleue montée, soit au zinc et à la soude, soit à l'hydrosulfite de soude.
- Le tissu imprégné de la solution réduite est exposé à l’air; quand la réoxydation est jugée convenable, on le passe à froid dans un bain de chlorure de plus ou moins d’eau de chaux.
- La teinture ne se produit pas par simple imbibi-tion du tissu et à la faveur d’une réoxydation ultérieure. Le rôle d’attraction de la fibre, bien connu pour l’indigo, existe pour le bleu d'anthracène. Il est facile de le vérifier, en teignant pendant des intervalles de temps différents, et de constater que l’intensité de la nuance grandit avec la durée de la teinture proprement dite.
- La solution d’alizarine bleue réduite peut aussi être appliquée sur tissu par voie d’impression.
- La couleur suivante donne de bons résultats, du moins comme vivacité de nuance, car la résistance au savon et à la lumière laisse à désirer :
- Alizarine bleue, 10 p. c............ 1/4 de lit.
- Eau de dextrine à 1,000 gr. par lit. 3/4 »
- Glycérine à 28°....................... 1/16 »
- Soude caustique à 36°................ 1/16 »
- Zinc en poudre...................... 25 gr.
- Le peu de solidité de cette couleur tient à l’absence de mordant proprement dit dans sa composition.
- En y incorporant du chrome ou du fer, sous forme de sels non précipitables par les alcalis, on obtient de meilleurs résultats.
- L'alizarine bleue,, réduite au stannite de soude et épaissie à la dextrine, donne, après vaporisage, un violet qui résiste bien au savon.
- On pourrait enfin fixer ce corps sur tissu, par un procédé analogue à celui du bleu faïence, c’est-à-dire en l’imprimant convenablement épaissi et en faisant passer le tissu alternativement dans un bain réducteur et un bain alcalin.
- Le véritable intérêt présenté par l’alizarine bleue réside dans son application facile sur tissu, par voie de vaporisage, et dans sa solidité, ce qui, en dehors de son prix encore trop élevé (10 fr. le kil. 10 p. c.), la place de prime-abord bien au-dessus de l’outre-mer ou de l’indigo-vapeur.
- Les meilleurs fixateurs que nous lui connaissions sont le ferrocyanure de potassium ou d’ammonium et l’acétate de chrome, qui donnent des nuances solides, mais d’un bleu un peu violacé.
- L’addition d’acétate de chaux à la couleur pour faire virer la laque au bleu verdâtre est peu avantageuse. La couleur est d’un bleu plus pur, il est vrai, mais sans éclat et sans vivacité.
- M. Dupuy emploie concurramment l’acétate de chrome et le chlorure de calcium.
- Nous avons trouvé que le chlorure de magnésium est d’un emploi préférable à celui de ce dernier corps, et nous composons une couleur de la ma
- nière suivante : Epaississant...................... 250 gram.
- Alizarine bleue 10 p. c............. 50 » Acétate de chrome à 10®...... 16 c. cubes.
- Chlorure de magnésium à 10° 16 » Ferrocyanure de potassium à 10° 8 c. cubes.
- Glycérine........................... 32 »
- Epaississant.
- Eau................................ 3 litres.
- Amidon blanc..................... 125 grammes.
- Amidon grillé clair.............. 375 »
- Huile d’olive.................... 150 »
- (Cuire une heure et demie).
- La question de l’épaississant est assez délicate. Le peu de solubilité de la matière colorante engendre ce grave inconvénient de mettre en évidence sur le tissu les hachures du rouleau gravé. Comme la fixation de la couleur est presque intégrale, cela se traduit par des inégalités dans l’intensité du bleu. L’épaississant que nous indiquons, en le faisant varier d’après la profondeur de la gravure ou l’eau de gomme, qui fournit des nuances plus pâles, nous paraissent assez convenables.
- L’addition à la couleur acétique envisagé comme dissolvant est peu avantageux. La nuance en est impressionnée et devient à la fois plus pâle et plus grise.
- On imprime la couleur sur tissu préparé en acide gras; c’est une condition essentielle pour la réussite. La préparation doit être de force moyenne, environ 1 partie d’acide sulfoléique pour 20 à 30 parties d’eau.
- Vaporiser une heure et demie à deux heures.
- Laver et savonner au bouillant. Ce savonnage ramène la nuance au bleu presque pur.
- Du reste, les trois nuances obtenues après le premier savonnage, après le passage en chaux, et, finalement, après le savon bouillant, correspondent aux tons suivants du cercle chromatique de M. Chevreul.
- p.231 - vue 226/286
-
-
-
- G) CO
- G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 5e bleu........ 1/10 de rabat, 7e ou 8e ton.
- 3e bleu........ 1 /10 » »
- 1er bleu....... 1/10 » »
- La soude et la potasse étendue font virer le bleu violacé au bleu franc.
- Certains oxydes, presque insolubles, tels que la magnésie hydratée ou l’oxyde de zinc, agissent d’une manière durable sur le bleu d’alizarine déjà fixé, pour en modifier la nuance.
- Cet ensemble de réactions est applicable aux mordants teints en alizarine bleue; les différentes nuances ont toutes une tendance sensible à devenir plus bleues sous leurs influences.
- Le bleu d'anthracène, obtenu d’après notre procédé d’application, résiste bien au chlore et à la lumière. Il devient, il est vrai, plus gris sous l’influence des rayons solaires, mais il jouit assurément d’une résistance comparable à celle du bleu d’indigo cuvé. Voilà, messieurs, les résultats pratiques auxquels nous sommes arrivés. Cette étude est bien incomplète ; elle suffira pour montrer l’originalité d’allures de la nouvelle matière colorante et pour engager nos confrères à entreprendre de nouvelles études sur ce sujet.
- (Bulletin
- Mulhouse)
- DE LA SOLIDITÉ DES COULEURS
- Par A. Schultz.
- Les matières colorantes qui peuvent se fixer sur le coton sans l’intermédiaire des mordants, sont à l’exception de l’indigo tellement peu stables qu’elles ne supportent que l’action du lavage, ce sont :
- Le carlhame, le curcuma et le rocou.
- Les matières colorantes telles que l'orseille, l'in-digo, l’acide picrique et les couleurs d’aniline se fixent sur la laine et la soie sans l’intervention de mordants.
- Les mordants d’alumine, de fer, d’étain et de chrome sont les seuls qui fixent et attirent puissamment les matières colorantes de manière à donner des couleurs intenses et saturées qui supportent l’action de la lumière et les savonnages.
- L’arsénite d’alumine, l’albumine, la caseine, le tannin, les compositions grasses, et en général tous les astringents servent à fixer les couleurs d’aniline sur le coton,
- A l’exception du noir et du brun, les couleurs d’aniline ne résistent ni au savon, nià la lumière, ce
- pendant elles sont plus ou moins solides suivant le mode de fixation employé ; en les faisant pour teinture et en employant comme mordant le tanin, elles résisteront très-bien au savon, elles résisteront mieux à l’air lorsqu’elles seront faites à l’albumine qui donne des couleurs solides avec les couleurs minérales.
- Les bruns d’aniline que l’on n’emploie qu’en teinture se fixent d’une manière solide, même sur coton, sans l’intervention d’aucun mordant.
- Pour l’impression des tissus de coton et de la soie, on fixe les mordants d’alumine et de fer en imprimant les pièces avec de l’acétate d’alumine et du pyrolignite de fer, seuls ou mélangés, on sèche, on oxyde, on dégomme et on teint.
- Ou bien on mélange les mordants avec les matières colorantes, on sèche et on soumet les pièces à l’action de la vapeur d’eau.
- Le teinturier en écheveaux et toiles de coton passe généralement d’abord les fibres ou le tissu dans la matière colorante, puis il plonge dans des dissolutions de fer, d’étain ou d’alumine -, les pores du coton retiennent les matières colorantes qui y sont fixées par les mordants.
- Pour teindre la laine, on mordance le tissu au fer, à l'étain et à l’alumine en ajoutant à la composition d’étain ou à l’alun, du tartrate de potasse, on fait bouillir.
- Les acides des mordants d'alumine et d’étain, s’emparent de la potasse du tartrate de potasse, de manière à rendre l’alumine ou l’oxyde d'étain libres, ceux-ci se combinent alors avec la laine.
- Les couleurs d’aniline se fixent le plussouventsur laine et sur soie sans l’intermédiaire du mordançage, elles ne résistent pas à la lumière et sont moins sensibles aux savonnages.
- Une couleur garance, non saturée par la teinture, ne supportera pas les savonn: ges qu’on est obligé de lui donner pour la rendre bien vive ; la même couleur saturée, c’est-à-dire teinte avec la quantité de matière colorante suffisante, sera bon teint et au lieu d’être déteinte par l’exposition à l’air et les passages en savon, en acide, en dissolution acide d’étain, ou en chlorure de chaux, elle sera avivée.
- Comme couleurs vapeur, l’alizarine artificielle et l’extrait de garance, mélangés avec les mordants dans des proportions convenables seront bon teint ; ainsi que pour la teinture, elles ne supporteraient pas les savonnages si on ne saturait pas les
- p.232 - vue 227/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2 CO CO
- mordants avec la quantité nécessaire de matière colorante ou si on ne les vaporisait suffisamment.
- Obtenues par vaporisage, les couleurs à l’extrait de garance et à l’alizarine sont aussi solides que celles que donne la teinture, mais jusqu’à présent, on n’est pas arrivé à obtenir, par ce système de fixation, les nuances vives et transparentes que fournissent les procédés de teinture ; on y arrivera certainement en se mettant autant que possible dans les mêmes conditions.
- Ce qui vient d’être dit pour l’extrait de garance et l’alizarine, peut être appliqué à toutes les couleurs-vapeur qui toutes seront plus solides lorsqu’elles sont faites dans des proportions convenables de saturation.
- La cochenille, le campêche, le quercitron, les bois rouges et jaunes, seront plus ou moins stables suivant les mordants avec lesquels on les emploiera, ou suivant la manière de les fixer par des passages subséquents, ainsi le bichlorure d’étain et les sels de chrome, de même que les passages oxydants tels que le bichromate de potasse, donneront, avec ces matières colorantes, des nuances beaucoup plus solides que l’alumine et le fer.
- Les deuils teints en campêche, en employant l’acétate d’alumine seul ne jauniront pas comme ceux qui se font par le pyrolignite de fer employé seul ou mélangé avec l’acétate d’alumine.
- Le noir au campêche pour fonds à l’acétate de chrome, après avoir été savonné, approche de la solidité du noir d’aniline ; imprimé pour dessins légers, il jaunit à l’air.
- Le noir d’aniline vapeur préparé au moyen du chlorate de baryte et du ferrocyanure d’ammonium ne verdit pas.
- Les noirs d’aniline d’application au sulfure de cuivre verdiront plus ou moins selon la manière dont ils auront été préparés et oxydés.
- Toutes les matières colorantes végétales sont plus ou moins avivées par les acides ; soumises à leur influence, les couleurs garance ou alizarine jauniront, le noir d’aniline verdira, les couleurs à l'or-seille, au campêche, au lima et à la cochenille, prendront une teinte rouge ou jaune.
- Cette action sera beaucoup moins sensible lorsque les mordants seront saturés ou lorsqu’ils auront été bien oxydés ou passés au savon après la teinture ; dans ce cas, les couleurs garance jauniront plus difficilement, le noir d’aniline verdira moins au ne verdira pas,
- Les rouges et roses garances sont d’autant moins
- impressionnables aux acides qu’ils auront été plus saturés de garance et de savon et avivés ou acidés à une température plus élevée.
- Donc les acides attaqueront fortement les rouges non saturés, moins les rouges saturés, moins encore les rouges savonnés, très-peu les rouges avivés et pas du tout le rouge d’Andrinople qui est insensible à l’action des acides et du chlorure de chaux à 5° B., propriété qui, à l’exclusion de toutes les autres couleurs, lui permet de supporter le passage en eau décolorante pour enlevages.
- La matière colorante de la garance et de l'aliza-rine peut, par conséquent, selon la saturation, selon le traitement et selon la manière dont elle est appliquée et fixée, contracter une combinaison intime avec la fibre ou n’y adhérer que faiblement, rester inaltérable dans certaines conditions ou s’altérer et disparaître dans d’autres.
- L’indigo est la seule matière colorante qui ne varie pas par les passages en acide, c’est à cause de sa grande solidité que cette matière colorante se prête, plus que toute autre, à de nombreux genres de fabrication, elle supporte les passages en bichromate de potasse et les passages alcalins et acides mais ne résistera pas au chlorure de chaux.
- [Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- PAILLE ORANGÉE
- . Au Rocou.
- On sait que le rocou ne s’applique que sur coton et sur soie. Autrefoison s’en servait beaucoup pour le coton, parce qu’il donne des couleurs d’un jaune doré à bon marché.
- On fait dissoudre dans l’eau chaude le rocou avec de la potasse et un peu de chaux. L’expérience a démontré que pouri de rocou, on pouvait employer 2 de potasse de commerce et 8/10 de chaux.
- C’est le meilleur moyen pour dissoudre le rocou,
- Le rocou nous arrive toujours en pâte. Qn pourrait en faire des tablettes avec de l’alun et de la chaux ; mais jusqu’à présent cependant on ne le prépare pas ainsi.
- Ce qui est à remarquer c’est que dans le rocou il y a toujours deux matières ; l’une tend plus au
- p.233 - vue 228/286
-
-
-
- —
- CO G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rouge que l’autre. Le principe jaune se fixe moins sur le coton et sur la paille que le rouge. Il n’en est pas de même sur la soie.
- Lorsqu’on a fait une décoction de rocou dans de l’eau avec de la potasse et de la chaux, on passe l’étoffe dedans pendant six heures environ.
- Quant à la paille, après l’avoir fait tremper pendant 24 heures dans de l’eau de potasse ou de soude on la plonge dans le bain de rocou, et onia laisse 6 à 7 heures au moins. Lorsqu’il s’agit de teindre la soie on fait bouillir l’eau contenant le rocou à 66°, et on y met du sous-carbonate de soude au lieu de chaux.
- La soie n’est presque jamais teinte en rocou simplement; on la passe dans un bain de rocou, le plus souvent pour lui donner un pied avant de la passer dans un bain de cochenille avec de la composition d’étain.
- Le rocou donne la couleur aurore, la couleur orangée, mordorée. Quand on se sert de bois de Brésil au lieu de cochenille, on a une teinture peu solide.
- Il est d’usage de passer le coton dans de l’eau acidulée avec de l’acide tartrique ou autre après la teinture.
- En résumé, pour teindre la paille avec le rocou, on la plonge d’abord dans de l’eau de potasse ou de soude, puis on la fait bouillir dans une dissolution de rocou. On peut varier à volonté la nuance, à l’aide de sels de fer ou de cuivre et des bois.
- GRENAT A S
- DE
- MM. Collin et Lenicque.
- Breveté s. g. d. g.
- Ce nouveau colorant, succédané de l'orseille dans les mélanges, permet d’obtenir directement toutes les nuances de grenat, prunes, puces, etc. Outre son emploi sur laine, il est d’un intérêt considérable pour la teinture des soies, surtout celles destinées à la couverture des parapluies.
- Le bon marché du produit (13 fr. le kil. en gros ajoute encore à ses avantages et aux services qu’il est appelé à rendre à la teinture.
- Les échantillons que nous donnons ci-dessous ont été teints avec ce colorant en opérant comme pour la plupart des bleus alcalins.
- Le bain doit être légèrement alcalin, on peut même ajouter soit du carbonate de soude, soit du silicate pour faciliter l’unisson.
- Le colorant dissous'préalablement dans l'eau pure est ajouté au bain, on commence par faire monter la nuance à l’ébullition, puis on ajoute, peu à peu de l’acide sulfurique, jusqu’à ce que le bain présente une réaction légèrement acide. La couleur monte et se fixe.
- Grenat A S sur molleton de laine.
- Grenat A S sur laine filée.
- MANUFACTURE
- DE COULEURS D’ANILINE Marque AEG Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine, soie, etc.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Vert de Malachite, breveté en France
- pooIropo.:
- p.234 - vue 229/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 102 C. G
- et à l’étranger ; Seule concession pour la vente en France.
- Bleus Nicholson nouveaux types.
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Bleus pour coton.
- Violet rouge teignant sur bain acide, pour coton, laine et soie.
- Phosphine et Aurantia, couleurs orange, résistant au foulon, pour laine et soie.
- Coccine, résistant au foulon et remplaçant la cochenille sur laine.
- Nouvelles couleurs liquides, toutes nuances, teignant, sans aucun mordançage, le coton et la soie.
- Le Vert de Malachite, ou Vert d’aniline solide, est un vert jaunâtre, s’employant sur coton, laine et soie. Résistant aux températures élevées, il peut se teindre sur bain bouillant.
- Envois de Prix-Courants et d’Échantillons franco sur demande.
- AIDE MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR.
- (Suite}.
- Certains acides minéraux détruisent les tons clairs de l'orangé-jaune, du jaune et du jaune-vert, et pâlissent les tons foncés de ces mêmes couleurs. Ils font passer au bleu certains verts. Ils jaunissent les bruns-rouges, les violets à l'orseille, le ponceau obtenu par la garance et le fer, le bleu produit par bois de campêche et le sulfate de cuivre (couperose bleue).
- Les acides végétaux étant généralement peu corrosifs n’altèrent ordinairement ni les étoffes ni les couleurs; mais le vinaigre, les jus de citron, de l’orange, de la groseille, de l’oseille, et de certaines productions végétales qui contiennent beaucoup d’acide, donnent aux nuances obtenues parles préparations ferrugineuses et astringentes une couleur rouge-orangé. Ils n’ont pas d’action cependant sur l’indigo, sur les couleurs dans lesquelles entre le bleu de Prusse,sur le noir obtenu par les préparations ferrugineuses, et sur les violets faits avec la garance et l’indigo; mais ils altèrent sensiblement les tons foncés du bleu de Prusse obtenus sur soie et remontés par l’alcali.
- Les sucs astringents nuancent, modifient, altèrent et font virer au brun verdâtre toutes les couleurs dans lesquelles on fait entrer les oxydes de fer. Les alcalis caustiques désorganisent complètement les tissus de laine et de soie, en dissolvant les fils et forment un savon en se combinant avec eux.
- Les alcalis fixes et purs, surtout la potasse, la soude et la chaux, détruisent généralement presque toutes les couleurs et attaquent les étoffes de laine et de soie. Ils décolorent complètement la couleur du bleu de Prusse teinte ou imprimée sur la laine ou la soie; mais il n’affectent pas sensiblement les bleus-indigo au pastel et tournesol.
- Les alcalis modifiés avec de l’eau font tourner au violet les rouges faits au bois de campêche ou de fernambouc, ceux faits à la laque dont la matière colorante est d’origine végétale et montés à la cochenille.
- Ils jaunissent les verts obtenus sur la laine et qui ont l’indigo pour base, ainsi que toutes les couleurs composées avec les sucs astringents et les sels métalliques.
- Les alcalis foncent tous les violets sur la laine, et les orangés-jaunes faits avec du bois de fernambouc, en donnant à ces derniers une teinte plus rouge ; ils jaunissent le ponceau fin, et font tourner l’écarlate fait à la cochenille en couleur cramoisi obscur ou lie de vin.
- De tout cet exposé, il résulte donc que les acides et les alcalis apportent presque sur toutes les couleurs des altérations ou des modifications directement opposées les unes aux autres, c’est pour cela aussi que l’on dit en chimie que ces agents ont le pouvoir de se neutraliser réciproquement. Le dégraisseur, à son tour, utilise ce pouvoir, soit l’acide affaibli par l’eau pour neutraliser une tache faite par un alcali et réciproquement, soit un acide faible et même l’alcali modifié avec l’eau pour rehausser et faire revivre des couleurs altérées.
- Les urines récentes et chaudes, et surtout celles de certains animaux, altèrent les couleurs, comme le font les acides; elles jaunissent presque toutes les couleurs, telles que le rouge, l’écarlate, le cerise, le rose, le violet à l’orseille, le bleu, le noir, et toutes les couleurs obtenues par les décoctions astringentes et les sels ferrugineux.
- Les urines anciennes qui sont devenues alcalines par la formation d’une grande quantité d’ammoniaque produisent l’effet contraire.
- p.235 - vue 230/286
-
-
-
- O CO G.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La sueur produit le même effet que les alcalis.
- Le sang fraîchement déposé sur une étoffe blanche est d’une couleur rouge vif, et très-reconnaissable. Peu à peu il perd cette couleur et devient d’un teinte rouge rabattu ou rouille qu’il conserve longtemps. Dans ces deux états, le sang se mêle, en toute proportion, avec l’eau pure qui le dissout entièrement.
- Les décoctions d’herbes, de thé, le chocolaté l’eau et au lait, les sirops, les confitures, les sucs de mûres, de cassis, de merises, les liqueurs spi-ritueuses, l’absinthe verte, colorée par une teinture d’indigo et de safran; les huiles de rose ou autres, qui sont colorées par la cochenille, etc.-, le ratafia composé d’alcool et d’acide, la bière, le cidre, le poiré, et presque tous les composés d’herbes ou de fruits alimentaires forment des taches très-reconnaissables par leurs couleurs propres, et qui masquent seulement celles des étoffes.
- L’encre à écrire, formée ordinairement d’une infusion de noix de galle, de gomme ou de gélatine, et de sulfate de fer, attaque certaines couleurs en les teignant en noir plus ou moins intense. La rouille qui n’est autre chose que du fer plus ou moins oxydé, se fixe facilement sur les tissus, et avec une telle adhésion qu’aucun moyen mécanique ne saurait la séparer. Les étoffes de lin, de chanvre et de coton sont les plus sujettes à prendre la rouille, parce qu’étant plus facile à être mouillées, elles ont ainsi plus d’affinité pour le fer lorsqu’il passe à l’état de rouille ou d’oxyde. C’est pour cette raison qu’il convient de bien garantir ces étoffes du contact du fer.
- Le cambouis, qui est un mélange de veille graisse et d’oxyde de fer avec d’autres substances, que nous étudierons à l’article graisse de voiture, masque et affecte légèrement la couleur d’étoffe qui prend une teinte plus foncée et moins vive,
- Les boues des grandes villes et des routes très-fréquentées, celles des fossés, des égouts, ruisseaux, mares et étangs, dans certaines localités, produisent très souvent le même effet, elles sont sujettes à retenir des terres colorées des débris de matières végétales, animales et ferrugineuses; et dans ces divers cas, elles prennent des nuances très-variées qui forment sur les étoffes des taches diversement colorées.
- La suie, les dégouttures de tuyaux de poêle et principalement la fumée, déposent sur les étoffes une teinte jaune-verdâtre souvent très-brune, due à de l’acide pyroligneux qui est un véritable vinai-
- ’ gre, lequel lient en dissolution plusieurs sels qui I adhèrent au tissu.
- Les corps huileux et gras donnent d’abord aux couleurs de l’étoffe sur laquelle ils sont posés des nuances plus foncées; ils s’étendent beaucoup pendant plusieurs jours, surtout quand ils sont soumis à l’action de la chaleur. L’huile d'éclairage épurée altère souvent les couleurs à cause de l’acide sulfurique qu’elle contient toujours ou presque toujours.
- Les corps gras attirent et retiennent fortement la poussière que le simple frottement de la brosse ne saurait enlever; dans cet état, les taches prennent indistinctement une nuance gris sale qui tranche a vec celle de l’étoffe. Le beurre, le bouillon, la sauce de nos aliments qui retiennent toujours une certaine quantité de corps gras, produisent sur les tissus des effets analogues quoique à un degré bien moindre.
- Le vernis, la peinture a l’huile cuite, l’encre grasse d’imprimerie, la cire, la bougie stéarique, les résines, le goudron, la poix jaune, sont très-faciles à distinguer, les substances, d’ailleurs, ne font que couvrir et adhérer plus ou moins avec 1 e-toffe en se figeant sur elles; cet effet a presque toujours lieu ainsi, car ces produits tombent ordinairement sur l’étoffe sans être liquide, mais dans un premier degré de fusion et de solidité.
- (A suivre.)
- - - Df-0-a-=-
- TEINTURE DES SOIES EN PIÈCES
- (Extrait de l'owvrage de M. Marins MOYRET.)
- — Suite —
- Cuite et blanchiment des pièces toute soie ou fantaisie.
- Je joins ensemble les pièces toute soie et celles soie et fantaisie qui se cuisent de même, et n'of-frent d’autre différence que dans la perte à la cuite, qui est moindre lorsqu’il y a de la fantaisie, qui, ainsi qu’on l’a vu à diverses reprises, ne perd que 10 à 12 p. c. degrés, en ayant déjà perdu une quantité notable dans le travail préliminaire du filage.
- Les pièces soie et fantaisie doivent, avant d’être mises en teinture, subir l’opération du grillage ou gazage, pour brûler le duvet, lorsqu’il s’agit de faire des couleurs très-claires ou des blancs.
- Cette opération peut se faire après la teinture
- p.236 - vue 231/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 237
- lorsqu’on fait des couleurs très-foncées et des noirs; mais il est de règle à peu près générale de la faire précéder toute opération.
- Les pièces peuvent être manœuvrées à la main-, mais dans les ateliers bien montés, on les passe sur les bains, en les étalant sur des cylindres situés au-dessus des barques, et on ajoute une série des pièces bout à bout.
- Le cylindre formé par huit traverses reliées à un axe central, tournant au-dessus de la barque, et placé en travers de celle-ci, prend le nom de trinquet; sa longueur dépasse un peu celle des pièces les plus larges. Il est animé par une manivelle mue à bras d’homme, d’un mouvement tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, et les pièces sont entraînées d’un côté ou de l’autre par la simple adhérence, et.ce n’est qu’à la fin d’une opération qu’on fixe un des bouts à l’une des traverses et qu’on les enroule autour du trinquet pour les laisser égoutter.
- Pendant qu’un ouvrier manœuvre le trinquet pour dérouler les pièces, un autre, avec des bâtons de lise, maintient les pièces, soigneusement étalées dans le bain de cuite. Ces précautions mécaniques sont d’ailleurs toujours les mêmes dans toutes les opérations, et c’est d’ailleurs d’elles que dépend surtout l’unisson.
- Ceci dit, j’arrive à la cuite, qui s’effectue en deux passages : le premier dit dégommage, et le second qui est la cuite proprement dite. Ces deux opérations ont la plus grande analogie avec le dégommage et la cuite des soies en flottes.
- Pour le dégommage, le bain, qni n’est autre chose qu’un bain de cuite de la veille, étant porté à l’ébullition, les soies, enroulées en paquets autour d’un trinquet, sont immergées dans ce bain et, après le déroulement complet, sont soumises durant une heure à un mouvement de va et vient, puis enroulées de nouveau autour du trinquet où on les laisse égoutter de leur bain de dégommage» Ce dernier qui s’est chargé de la majeure partie du grès et des impuretés de la soie, complètement altéré, est jeté au canal ; puis dans la même barque, on remonte un bain de cuite en faisant dissoudre 30 à 48 p. c. de savon blanc et l’on porte à l’ébullition. Le bain étant prêt et maintenu comme précédemment à une faible ébullition, les soies sont de nouveau manœuvrées durant deux heures environ pour achever de les cuire; elles sont alors prêtes à être blanchies, s’il s’agit de faire des couleurs très-claires ou des blancs, ou à être rincées
- si elles sont destinées à des couleurs foncées ou à des noirs.
- Pour les rincer, après un égouttage convenable d’une demi-heure, pour recueillir le bain de cuite sur la barque, le trinquet avec la pièce enroulée est porté sur une autre barque contenant une dissolution étendue et tiède de cristaux de soude, où l’on manœuvre les pièces durant un quart d’heure; puis, après ce lavage, elles sont exposées dans des lavoirs à eau courante, en ayant même la précaur tion de les battre sur un plancher en bois, avec une planche en bois mise au bout d’un bâton, pour bien les dégorger. Elles sont alors bonnes à être diablées et à suivre les opérations de teinture.
- On peut également cuire les pièces en les mettant. comme les soies en flottes, dans des poches, et dans ce cas on peut les cuire plus rapidement, l’ébullition pouvant être plus vive.
- Si les pièces sont destinées à des couleurs très-claires ou à des blancs, il faut, sur le bain de cuite, leur donner un petit bain de savon neuf à 50° de chaleur; puis, après les avoir laissé égoutter sur ce bain, les soumettre à l’action de l’acide sulfureux gazeux, comme les soies en flottes. Selon le degré de blancheur demandé, on réitère plusieurs fois le soufrage, en ayant soin de donner un léger savon sur chaque passage.
- Pour accélérer ces opérations toujours fort longues, un soufrage demandant de six à douze heures, on a essayé comme pour les soies en flottes, mais avec le mêmes insuccès, l’action de bains d’acide sulfureux ou de bisulfite de soude étendus.
- Cuite et blanchiment des pièces soie et coton.
- La cuite n’offre rien de particulier sur celle des étoffes toute soie, le coton se décreuse sous l’influence du savon bouillant, aussi bien que la soie; mails il n’en est pas de même pour le blanchiment. Le coton, pour arriver à son plus grand degré de blancheur, demande à être chloré, action qui attaque profondément la soie ; en place, il craint l’action de l’acide sulfureux, surtout gazeux. Pour les pièces mixtes soie et coton, les bains d’acide sulfureux et de bisulfite de soude conviennent assez bien.
- On est arrivé à obtenir d’assez beaux blancs en blanchissant à l’aide de la méthode de M. Tessié de Mottay, c'est-à-dire en passant les pièces dans des bains successifs de permanganate de potasse
- p.237 - vue 232/286
-
-
-
- 00 CO G.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et d’acide sulfureux. Pour obtenir ce résultat, il I faut manœuvrer les pièces rincées sur la cuite avec le plus grand soin, dans un bain étendu et froid de permanganate, jusqu’à ce que celui-ci soit décoloré, et que les pièces aient pris une teinte bistre foncée due au peroxyde de manganèse déposé sur les fibres; sans les rincer, elles sont alors passées sur une solution étendue et froide d’acide sulfureux, où elles acquièrent un blanc parfait ; rincées sur ce bain et diablées, elles sont alors prêtes à suivre les opérations de teinture.
- Cuite et blanchiment des pièces soie et laine.
- La cuite de ces pièces offre les plus grandes difficultés, car la soie exige, pour bien se cuire, l’emploi des liqueurs alcalines, qui attaquent la laine, même sous forme de savon, surtout à l’ébullition.
- Pour bien ménager la laine, il faut opérer avec des bains de savon très-gras, de manière à pouvoir cuire à une température voisine de l’ébullition sans y arriver, et dans le moins de temps possible.
- La cuite aux acides pourrait donner de bons résultats. Je ne sais pas si elle a été appliquée en grand dans ces genres; mais il est évident que c’est celle qui conviendrait le mieux, car la soie se cuirait dans un bain sans action sur la laine.
- Néanmoins, comme les pièces mises en teinture peuvent être plus ou moins grasses, il conviendrait de faire précéder cette opération d’un dégraissage à l’aide d’un bain faible de cristaux de soude et à tiède.
- Quant au blanchiment de celte variété de pièces, il n’offre rien de particulier sur celui des étoffes toute soie, la laine ne craignant pas l’action de l’acide sulfureux gazeux.
- A suivre.
- CHLOROZONE
- Nouveau décolorant à base alcaline
- De M. Th. Dienheim Brochocki
- Ingénieur civil
- Breveté en France et à l’Étranger (1).
- Ce produit a pour but de remplacer, avec un avantage considérable, le chlorure de chaux et
- (1) La note de M. Kopp (voir pages 194 et 195, du précédent numéro) concernant le chlorozone, étant très-brève,
- l’eau de javelle ou la liqueur de Labarraque dans l’art du blanchiment.
- Il peut être alcalin ou acide, et peut posséder une richesse chlorométrique des plus considérables. La partie prédominante de sa composition est Yoxygène fixé au chlore et à la base, cette dernière étant la soude ou la potasse.
- Le chlorozone alcalin, marquant 30° Bé et 50° chlorométrique, se conserve indéfiniment dans des bonbonnes en verre ou en grès, à l’abri de la chaleur, sans rien perdre de son pouvoir décolorant.
- Délié dans dix à cinquante fois son volume d’eau, suivant la qualité de la matière à blanchir, il devient principalement applicable dans la teinturerie et dans le blanchiment des tissus fins, ainsi que dans le blanchissage du linge, car en dehors de ses principes décolorants, il possède encore, grâce à sa base alcaline, un pouvoir saponifiant. Il est entendu qu’en ce qui concerne la matière écrue, l’action du chlorozone alcalin ou acide doit être précédée d’un lessivage convenable, ainsi que d’un lavage à l’acide et à l’eau.
- Quant au chlorozone acide, il doit être employé immédiatement après sa fabrication, ce qui exige que cette fabrication se fasse dans l’endroit même de l’application.
- Il est destiné principalement au blanchiment des matières végétales écrites, telles que : pâte à papier de toute provenance, et tissus de coton, de lin, de chanvre, etc.
- Son action chimique sur la matière colorante est très-rapide, presque instantanée et nullement destructive, car elle est due principalement à l’action de l'ozone, dont les propriétés décolorantes sont accompagnées, comme on le sait, d’un phénomène particulier, celui de renforcer la matière ligneuse au point de vue de la résistance dynamométrique de ses fibres, ainsi que cela a lieu dans le blanchiment sur les prés.
- Le prix de revient du chlorozone acide par 100 kil. de matière à blanchir, ne dépasse en rien le prix du chlorure de chaux actuellement employé pour le blanchiment d’une quantité pareille de matière, et les avantages de l’emploi du premier sur le second sont les suivants :
- 1° Suppression d’une préparation défectueuse et longue du bain décolorant de chlorure de chaux ;
- 2° Suppression de l’emploi des acides que l’on met pour activer la réaction du bain décolorant, ces nous pensons être agréable à nos lecteurs en reproduisant la notice du fabricant de ce produit.
- p.238 - vue 233/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2 CO O
- acides produisant toujours une déperdition sensible d’acide hypochloreux et une grande altération de la fibre ;
- 3° Suppression du contact direct de la matière à blanchir avec la chaux qui, sous forme de sels insolubles, s’incruste dans les fibres, résiste au lavage et finit à la longue par détruire la fibre ;
- 4° Suppression des lavages intermittents à l’eau et aux acides, entre plusieurs bains décolorants -, il suffit d’un seul bain de chlorozone d’une force convenable pour blanchir toute matière végétale, sans que l’on ait besoin de répéter le traitement, d’où économie de main-d’œuvre, d’acide, d’eau, de machines, d’outils, de combustibles et de frais généraux ;
- 5° L’action décolorante étant des plus rapides et nullement destructive, elle est accompagnée d’une action saponifiante due à la base alcaline soluble, d’où la possibilité d’obtenir, dans un espace de temps très-restreint, un blanc parfait, sans altération de la fibre et sans augmentation des déchets, d’où encore économie de temps, de matières premières et de frais généraux ;
- 6° L’utilisation des résidus du bain décolorant, ceux provenant du bain de chlorure de chaux étant sans aucun emploi.
- En dehors de ces avantages, notons encore que la matière substituante, qui est toujours le résultat du blanchiment par chlorure de chaux et dont la propriété est de ternir le blanc obtenu, ne se forme presque pas du tout, lorsque le chlorozone a été convenablement employé. Ceci s’explique facilement, sachant que ladite matière substituante est le résultat de la combinaison du chlore avec quelques principes de la matière colorante, et que le chlorozone ne blanchit que par l’action directe d’ozone qui constitue, comme nous l’avons dit, la parlie prédominante de sa composition ; le chlore n’y étant qu’en partie moindre, il se porte toujours sur la base alcaline de la dissolution, avec laquelle il forme des sels solubles et par conséquent en-levables par le lavage.
- Notons encore que l’introduction du chlorozone dans le blanchiment n’exige aucun changement du matériel existant. Le coût des appareils nécessaires pour la production du chlorozone ne dépasse pas une somme de 1,000 à 2,000 fr., et l’emplacement qu’ils demandent est de cinq mètres carrés environ au-dessus du niveau de la pile.
- On supprime le réservoir à chlorure de chaux dont la dissolution devient désormais inutile.
- La fabrication du chlorozone ne dure qu’une heure environ ; elle est des plus simples et des plus faciles, chaque ouvrier peut la conduire.
- HUILES pour l’ensimage des laines.
- La plus grande analogie existe entre les huiles à graisser et les huiles pour l’ensimage.
- Dans les unes comme dans les autres, on doit rechercher celles qui sèchent le moins vite, c’est-à-dire s’oxydent le moins facilement, gardent le plus longtemps leur fluidité et se laissent saponifier à froid le plus aisément possible avec le carbonate de soude seul.
- Pour ces deux emplois différents les huiles d’olive sont seules recherchées. Elles offrent sur toutes les autres l’avantage d’une résistance plus grande aux agents de décomposition, et par conséquent une facilité plus grande de dégraissage.
- Ce n’est pas à dire que seules les huiles d’olive doivent être employées et que les huiles de sésame ou d’arachide ne puissent en aucune façon servir à cet usage. Les huiles soumises à une bonne épuration sont assez résistantes aux influences oxydantes extérieures, mais elles ne jouissent pas d’une onctuosité aussi grande que les premières. Or, pour l’ensimage des laines, c’est une condition première dont il faut tenir grand compte et qui est tout aussi indispensable que l’inaltérabilité.
- Moins une huile se résinifiera, plus elle sera grasse, onctueuse, — meilleure elle sera pour la filature. — Une bonne huile ne doit pas durcir la laine, même après une année de séjour en magasin. Elle doit former, avec du carbonate de soude seul, une émulsion non huileuse à la surface. C’est même à ce dernier caractère que l’on peut reconnaître si une huile est propre ou non à l’ensimage.
- Pour cela, il faut prendre une partie d’huile que l’on agite avec 40 parties de dissolution de carbonate’ de soude à 3° Baumé. Si l'huile forme une émulsion laiteuse, assez persistante sans gouttes huileuses à la surface, on peut être assuré que le dégraissage s’effectuera avec une grande économie, même en n’employant que du carbonate de soude seul.
- p.239 - vue 234/286
-
-
-
- 240
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 120,579. 4 octobre. — Sablery. — Système de tondeur pour les soies tissées.
- 120,593. Mi septembre. — Watteau. — Machine à délainer les peaux de moutons.
- 120,636. 6 octobre. — BEAUCHAIN. — Procédé perfectionné d’ensimage des laines.
- 120,641. 8 octobre. — Bérenger. — Application des sels métalliques pour le foulage et l’épaillage simultanés des étoffes de laine, draps et nouveautés.
- 120,643. 9 octobre. — Messelier. — Etirage-trieur automatique appliqué aux peigneuses à laines ou à toutes autres matières filamenteuses.
- 120,666. 10 octobre. — CHEVALLOT. — Nouveau moyen de désagrégation des chiffons, et machine employée en vue de ce résultat.
- 120,676. 8 octobre. — Roland, Diot et comp.— Système de frangeage par l’application de la double étoffe à une frange rapportée.
- 120,677. 12 octobre. — Fraisse. — Secoueuse-tendeuse pour écheveaux de soie.
- 120,685. 11 octobre. — Meunier. — Système de montage des barrettes à aiguilles sur les segments des peignes des peigneuses pour la laine et autres matières.
- 120,687. 11 octobre. — HEINRICH. — Procédé de teinture en rouge grand teint, ou rouge d'Andri-nople.
- AVIS
- ——•
- Nous pouvons offrir à nos lecteurs un exemplaire, demi-reliure, en bon état, quoique d’occasion, pour le prix de 75 francs, du
- Traité théorique et pratique
- DE
- L’IMPRESSION DES TISSUS
- Par PERSOZ
- 4 vol. in-8°, contenant 165 figures et 429 échantillons d’étoffes dans le texte, acccompagnés d’un atlas in-4° de 10 planches dont 4 sont coloriées. L’ouvrage de M. Persoz devient très-rare.
- S'adresser à l’office du Journal.
- Librairie scientifique Ambroise Lefèvre 47, quai des Grands-Angustins, Paris.
- Grande occasion, 35 francs au lieu de 100 francs
- DICTIONNAIRE — DES TISSUS
- Anciens et Modernes
- Traité complet du tissage de toutes les matières textiles
- 2e édition, 1867, 8 volumes in-8° accompagnés d’un atlas in-folio de 452 planches (pians de métiers. dessins de machines, d’armures, etc.). Prix............................. 35 fr.
- Envoi franco contre un mandat-poste.
- Fabrique de couleurs d'Aniline.
- LAZARD-GODCHAUX
- 60, rue de Mérode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille; la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. | Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu’à 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Bleu Nicholson. — Bleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du prix-courant, type de produits et modes d’emploi pour la teinture.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- Par Mains MOYRET
- 1 vol. in-Sn. — Prix : 21 fr. par poste
- Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. ) Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
- p.240 - vue 235/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, N° 21. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Novembre 1878.
- SOMMAIRE
- Avis. — Exposition universelle de 1878 : Promotions et nominations dans la Légion d'honneur Liste des récompenses, classe 46. — L’industrie du blanchiment à l’Exposition, par M. A. KOPp (fin). — Sur les apprêts, par M. Alex. SHULTZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Un nouveau noir d'aniline (échantillons). — Teinture des soies en pièces (suite). — Bleu méthylène.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Lettre de M. Samuel GRAWITZ. — Huiles industrielles par Jean fils. — Fabrication du dorure de chaux sec par M. MALETRA.
- AVIS
- Nous avons le regret d’apprendre à nos lecteurs, que par suite de considérations diverses, la publication de la 3° année de l’Album du Teinturier et du Fabricant, de M. Van Laer, ne paraîtra pas.
- Les personnes qui ont payé entre nos mains le prix de l’abonnement à cette 3e année peuvent se faire rembourser à nos bureaux. Il sera envoyé un mandat-poste à celles qui en feront la demande.
- P. B.
- EXPOSITION ______- DE 1878
- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES
- Parmi les exposants promus ou nommés dans l’ordre de la Légion d’Honneur, et ayant obtenu des médailles et mentions honorables, nous remarquons les noms suivants, dans les industries tinctoriales et textiles :
- Décorations.
- Au grade de commandeur :
- M. Feray père, manufacturier à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Au grade d'officier :
- Dauphinot, manufacturier à Reims (Marne).
- DESCAT-LELEUX, tissus de laine teints et apprêtés à Lille (Nord).
- Galline, président de la chambre de commerce de Lyon (Rhône).
- Koechlin-Schwartz, manufacturier à Mulhouse (Alsace).
- Lecomte (Charles), fabricant de tulles et dentelles à Saint-Pierre-lès-Calais (Pas-de-Calais).
- MARIENVAL, fabricant de fleurs et plumes à Paris.
- Au grade de Chevalier :
- AGACIE, directeur de filature de lin et étoupes à Lille (Nord).
- Audresset (Jules), fabricant de tissus cachemires à Paris.
- Ayle-Idoux, fabricant de broderie à Paris.
- * Bacot, fabricant de draps à Sedan.
- Bertrand-Milcent, fabricant de batistes à Cambrai (Nord).
- BESSELIÈVRE, fabricant de tissus à Maromme (Seine-Inférieure).
- Blanche, teinturier à Puteaux (Seine).
- Blanchon, filateur-moulinier à Saint-Julien en Saint-Alban (Ardèche).
- Blin, fabricant de draps à Elbeuf.
- Bocquet, filateur de jute à Ailly-sur-Somme.
- Bourgeois-Botz, fabricant de plaques et rubans de cardes à Reims (Marne).
- Boussus, filateur de laine à Fourmies (Nord).
- BUFFAUD, mécanicien à Lyon (Rhône).
- Colombet (Victor), fabricant de soie à Saint-Etienne (Loire).
- Colin, chef d’atelier aux Gobelins (Paris).
- CORMOULS-HouLÈS, fabricant de draps à Mazamet (Tarn).
- Corron, teinturier en soie à Saint-Etienne (Loire).
- Coupier, fabricant de dérivés du goudron de houille à Creil (Seine-et-Marne).
- p.245 - vue 236/286
-
-
-
- 246
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Deschamps, fabricant de bleu d’outremer à Vieux-Jean-d'Heurs (Meuse).
- Fouquet, filateur de coton à Oissel (Seine-Infé-férieure).
- GIRARD, inventeur de matières colorantes à Paris.
- Guynet, fabricant de batistes à Paris.
- Hiclard, fabricant de plumes et fleurs à Paris.
- Hubert, fabricant de pluches de soie à Paris.
- Lamy, fabricant de tissus de soie à Lyon (Rhône).
- Lasnier, directeur de manufacture d’indiennes à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure).
- Lauth, collaborateur de la maison Poirrier (colorants).
- Le Blan, filateur de lin et d’étoupes à Lille (Nord).
- Lefébure (E.), fabricant de dentelles à Paris.
- Maraval, fabricant de chapeaux de paille à Albi (Tarn).
- Marnos, de la maison Gumon, Marnos Bonnet et Ce, à Lyon (Rhône).
- Martin, fabricant de soies grèges à Lassalles (Gard).
- Motte (Alfred), draperie, teinture (et apprêts à Roubaix (Nord).
- Rebour (Charles), fabricant de rubans à Saint-Etienne (Loire).
- Rogelet, filateur de laine à Reims (Marne).
- Walbaum (Auguste), fabricant de mérinos, cachemires et flanelles à Reims (Marne).
- Médailles d’Or
- GROUPE V. — CLASSE 46. — France.
- Comité linier du littoral (Côtes-du-Nord) ; lins. Compagnie générale chanvrière (Leoni et Coblentz), à Paris; chanvres et lins.— Hutin, à Lessart (Aisne) ; toisons de mérinos.
- Médailles d’argent.
- Brisse-Dacheux, à Caudas (Somme) ; lins. — Chaudon de Briailles, à Romont; laines, mérinos bruts, filés, peignés. — Daniau fils aîné, à Bordeaux ; bois de teinture. — Gilbert, à Wideville (Seine-et-Oise) ; toisons de brebis mérinos. — Hoff (Nouvelle-Calédonie) ; indigos, lin, coton.— Marchenay, à Gaubertin (Loiret); safran. — Mas-quelier (Algérie); laine, coton. — Mollier (Algérie) ; cocons et soie filée. — Perriolat (Guadeloupe) ; rocou. — Bossus, à Wignehies (Nord) -, laine brute. — Textoris, à Cheney (Yonne) ; toi
- sons de laine de mérinos bourguignon. — Valette, à Claris (Gard) ; cocons de vers à soie.
- Médailles de bronze.
- Bataille, à Pussy-en-Valois (Aisne); toisons métis-mérinos. — Beer frères (Algérie) ; laines en suint. — Bonfort (Algérie); laines. — Bourgoing (Algérie); cocons. — Camus, à Pontru (Aisne); laines mérinos. — Conseil-Lamy, à Ouchy-le-Château (Aisne) ; toisons en suint. — Delizy, à Montemafray (Aisne) ; toisons mérinos en suint. — Duclert, à Edrolles (Aisne) ; laines mérinos. — Flachaire fils, à Montelimar (Drôme) -, sumac. — Cagneux, à Boynes (Loiret); safran. — Grasas, à Marseille; safran. — Guyonnet (Algérie) ; coton. — Hartog (Algérie) ; lins. — Hecquet (Inde française); indigo. — Langlois (Guadeloupe); coion. Laurent (Algérie); chanvres, lins, coton.— Le Contour (Réunion); laines. —Lefebvre (Réunion); fibres textiles. — Mistral frères, à Saint-Remy (Bouches-du-Rhône) ; chardons. — Potigny (Réunion) ; laines. — Puech frères, à Mazamet (Tarn) ; laines.
- Mentions honorables.
- Allain-Targé, à Mousseaux (Loiret) ; safran.— Bignon, domaine de Salles (Allier) ; toisons de moutons. — Caminade fils aîné, à Paris; chiffons de laine désagrégés et épurés. — Chappelier, à Paris; safran. — Coquelin aîné (Réunion); coton. — Dufour (Algérie) ; cotons. — Ecole de Bône (Algérie); toisons. — Hoff (Nouvelle-Calédonie) ; coton, indigo, fibres textiles (3 mentions au Catalogue officiel). — Jus (Algérie) ; textiles. — Le Dentu (Guadeloupe) ; fibres d’Alsace. — Nouguier frères et Bousquet, à Lodène (Hérault) ; chardons. — Bebattu et C^ (Algérie) ; toisons. — Saint Ger-main-Massieux (Guadeloupe); soies, coton. — Schadrack et Lepage, à Paris ; fibres textiles blanchies. — Sien et Srey (inspection de) (Cochin-chine); indigo, coton, cocons.
- Observation. — Si le Catalogue officiel (liste des récompenses) a été long à paraître, en revanche, il ne brille pas par sa clarté en ne désignant que le nom et le pays de l’exposant, de sorte que pour savoir à quel produit exposé se rapporte la récompense, il faut recourir à une infinité de catalogues. C’est un travail très-long et fastidieux au possible que nous ferons pour nos lecteurs, mais en nous bornant à la France et à ses colonies.
- Beaucoup de noms d’exposants récompensés ne
- p.246 - vue 237/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 247
- figurent pas au catalogue des produits exposés. S’il y a des exposants qui se plaignent, souvent à juste titre, de ne pas avoir de récompenses, il en est d’autres qui pourraient se plaindre d’en avoir trop. Citons, entre autres, M. C. Hoff, à Nankoutukouin (Nouvelle-Calédonie), qui dans la seule classe 46a quatre récompenses: une médaille d’argent et trois mentions honorables ; il est vrai que M. Hoff est représenté à Paris par MM. Badoulleau, Levillain et Vaillant (raison sociale), et c’est probablement pour cette raison. Nous félicitons M. Hoff, il ne sera pas dans la situation de cet exposant de bronzes d’art, dont le nom est universel, qui a dû refuser sa promotion au grade de grand-officier de la Légion d’honneur, pour qu’on puisse nommer officier un de ses collaborateurs. En gardant pour lui la médaille d’argent, M. Hoff pourra distribuer une mention honorable à chacun des trois membres de la raison sociale qui le représente à Paris, et tout le monde sera content; ce qui n’est pas peu dire.
- _________ a -------
- L’INDUSTRIE DU BLANCHIMENT
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Par Adolphe Kopp
- (Suite et fin).
- Comme la soie perd par le dégommage et la cuite 25 à 40 pour 100 de son poids et une partie de sa consistance, on a cherché à produire des genres intermédiaires, comme le souple ou mi-cuit. L'as-souplissage fait perdre à la fibre 4 à 8 pour 100 de son poids : dégraissage, blanchiment, soufrage et assouplissage. On passe d’abord la soie, pendant une heure, dans un bain chauffé de 25 à 35° et renfermant 10 parties de savon pour 100 de soie et on recommence la même opération. Le bain de blanchiment consiste dans un mélange de 1 partie d’acide azotique et de 5 d’acide chlorhydrique, on l’abandonne 4 à 5 jours à 25° avant de l’employer, et alors on l’étend de beaucoup d’eau de manière à la mener à 2,05 ou 3° Baumé. On place les matteaux sur des bâtons qu’on plonge et que l’on manœuvre sans cesse dans le bain chauffé de 20 à 35°. L’opération dure un quart d’heure et l’excès d’acide est enlevé immédiatement par des lavages à l’eau. On soufre ensuite une ou plusieurs fois la soie, et on la soumet à l’assouplissage ; cette opération con
- siste à plonger la fibre pendant une heure à une heure et demie dans de l’eau bouillante additionnée de crème de tartre; on emploie 3k. deselpout 800 litres d’eau. On termine par un bain d’eau tiède. L’assouplissage est une opération difficile à conduire et qui demande une longue pratique ; la soie se gonfle, devient douce à la main, et facilite beaucoup la teinture. En Suisse, on remplace la crème de tartre par du sulfate de magnésie additionné d’acide sulfurique ; pour 50 kilos de soie on emploie :
- Sulfate de magnésie................ - 2 kilos
- Acide sulfurique à 66 degrés.......-.. 500 gr.
- M David a proposé de remplacer le sel de magnésie par du sulfate de soude.
- Pour soufrer on emploie aussi une solution d’acide sulfureux dans de l’eau, ou bien, on décompose une solution étendue de bisulfite de soude par de l’acide chlorhydrique ou sulfurique.
- Plusieurs autres procédés de blanchiment ont été proposés, mais ils ne peuvent remplacer avantageusement les autres, du moins pour la soie du bombyx Mori. Ainsi, dès 1862, M. Rigaut, de St-Quen-tin, a voulu substituer au savon des solutions étendues de carbonates de soude et de potasse; mais ces substances rendent la fibre raide et l’affaiblissent beaucoup. Il en est de même des alcalis caustiques ou du lait de chaux.
- M. Michel, de Lyon, a pris un brevet pour un procédé de décreusage qu’on a appelé cuite à la vapeur. On immerge la soie durant une nuit dans une eau de savon épaisse, chauffée par de la vapeur. '
- On la tord et on l’étire ; elle est ensuite suspendue dans une caisse en fer ou en bois doublée de cuivre et munie d’un double fond percé de trous. On arrose la soie d’une forte dissolution de savon. , de palme, et, après avoir fermé l’appareil, on fait arriver la vapeur sous le double fond. La température doit rester entre 100 et 102°, et l’opération dure vingt à trente minutes.
- Un grand nombre de corps alcalins ou acides ont été proposés pour le décreusage ; ainsi M. Bolley a trouvé que le borax enlève les grèges à la soie sans l’altérer. MM. Sanial et Bérougon ont pris un brevet pour l’application des sulfures et des polysulfures alcalins, ainsi que pour l’application de l’aluminate de soude et de potasse. MM. Gillet et Tabourin ont voulu remplacer, dans le dégom_ mage, le savon par un mucilage de graines de lin additionné de cristaux de soude ; plus tard, ils ont
- p.247 - vue 238/286
-
-
-
- Q 8
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- préconisé le silicate de soude.
- M. Etienne Chevalot a employé, toujours pour le même usage, les sulfites neutres à base alcaline. Pour 100 parties de soie, il prend 5 à 10 parties de sulfite de soude qu’il dissout dans l’eau; dans ce bain, porté à l’ébullition, il manœuvre la soie pendant quatre ou cinq heures.
- MM. Gillet et fils ont utilisé, pendant quelque temps, l’acide arsénique pour le décreusage de la soie ; ils ont encore trouvé que l’acide phospho-rique, le biphosphate de chaux, pouvaient également être employés. Les Chinois ont un procédé de décreusage particulier qui donne de très-bons résultats, mais que nous ignorons; il paraît qu’ils remplacent le savon par du carbonate de potasse.
- Baumé avait basé une méthode de blanchiment sur la solubilité de la matière colorante de la soie dans l’alcool. Voici comme il opérait. On plonge la soie dans l’eau chaude, on l’y mouille bien, puis on l’introduit dans un bain formé de 200 litres d’alcool concentré, additionnés de 1 kilogramme d’acide chlorhydrique. Le tout est porté à l’ébullition dans une chaudière autoclave en cuivre, jusqu'à dissolution de la matière colorante. Le lendemain on retire la soie, on la lave bien et l’on soufre. Plus tard, M. Giobert a employé le chlore dans le même but. La soie est plongée alternativement dans de l’eau de chlore et dans une solution d’acide sulfureux, jusqu’à ce qu’elle soit devenue incolore; la fibre a ensuite besoin d’être assouplie. Nous avons vu que le procédé de blanchiment de M. Tessié du Motay, basé sur l’emploi de permanganate et d acide sulfureux, n’a pu s’introduire dans aucun atelier.
- Il y a une dizaine d’années, on a importé en Europe, sous le nom de tussah, des soi s sauvages; par leur bas prix, elles firent naître de belles espérances, mais on s’aperçut bientôt que les moyens ordinaires de décreusage et de blanchiment ne suffiraient pas. L’importation avait à peu près cessé, lorsqu’en 1875 M. Tessié du Motay fit breveter un nouveau procédé, basé sur l’emploi du bioxyde de baryum. Ce décreusage permet de teindre les soies sauvages sur toutes nuances, depuis le blanc et les teintes les plus claires, comme le bleu du ciel, jus-qu’aux tons les plus foncés et même jusqu’au noir, comme le montrent les beaux échantillons exposés par différents teinturiers de Lyon et de Paris.
- M. Tessié du Motay, comme il l’a fait autrefois aussi avec les permanganates alcalins, s’est préoccupé de la fabrication industrielle du bioxyde de
- baryum, et il le livre à ses concessionnaires à un prix relativement peu élevé.
- Le bioxyde doit être pulvérisé très-finement, et débarrassé de la baryte caustique qu’il pourrait contenir au moyen d’un courant d’acide carbonique. On le verse dans l’eau bouillante, en employant vingt-cinq parties de bioxyde de baryum pour cent parties de soie sauvage et une proportion moindre pour les autres soies.
- Après avoir refroidi ce bain, on y porte le corps à blanchir, on l’y laisse en moyenne une heure, mais l’on chauffe à quatre-vingts degrés, celui-ci cède peu à peu son oxygène qui se dégage à l’état naissant, mais, d’après l’auteur, ce serait surtout l’acidité de la soie elle-même qui décompose le bioxyde. Le résidu du bain est du carbonate de baryte.
- La difficulté du procédé, que l’expérience cependant permet de vaincre facilement, c’est d’évaluer le temps que doit durer l’action du bain; en effet, la fibre laissée trop longtemps au contact du bioxyde se gonfle, durcit et s’affaiblit.
- Tout récemment, un autre procédé pour le blanchiment des tussah, des soies échappées de toutes natures et du lin, a été proposé par M. Charles Girard, et appliqué en grand par la maison Lebou-teux à Paris. Le blanchiment se fait dans un milieu alcalin, ne laissant dans la soie aucune matière étrangère. Ce milieu alcalin est l’ammoniaque très-diluée, ou les sels ammoniacaux. Comme corps oxydant, on emploie l’eau oxygénée ou l’hypochlo-rite d’ammoniaque ou bien encore le mélange de ces deux corps. On fait subir aux opérations suivantes : l’un bain d’acide chlorhydrique faible afin d’enlever les sels calcaires; 2° un décreusage au carbonate de soude ou à la soude caustique marquant 2° Baumé, suivi d’un rinçage ; 3° un ou plusieurs bains d’hypochlorite d’ammoniaque faible, suivant la nature de la matière textile; 4° un passage dans de l’acide chlorhydrique suivi d’un rinçage; 5° un bain d’eau oxygénée légèrement ammoniacale, suivi d’un lavage final.
- L’hypoclorite d’ammoniaque se prépare en décomposant le sulfate ou le carbonate d’ammoniaque par une solution d’hypoclorite de chaux. Le blanchiment se fait en partie à froid et dure souvent plusieurs jours, suivant la nature de la fibre Celle-ci au sortir du bain doit conserver tout son brillant et toute sa solidité.
- L’action chimique est lente, les matières colorantes sont dissoutes au fur et à mesure de leur
- p.248 - vue 239/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 249
- oxydation, et l’on est obligé d’ajouter de temps en temps un peu d’ammoniaque, de façon à entretenir l’alcalinité du bain.
- Il est possible qu’à l’action chlorurante de l'hy-pochlorite d’ammoniaque vienne s’ajouter celle du chlorure d’azote qui semble se produire dans la réaction. On prend 1 kilogramme de chlorure de chaux marquant 100 à 110 degrés chlorométriques dissous dans 25 à 30 litres d’eau.
- Cette solution pour les soies et schappes doit être étendue au vingtième.
- Pendant les opérations du blanchiment, on constate parfaitement une odeur analogue à celle du chlorure d’azote.
- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. Schultz.
- Avant d’imprimer, on passe le tissu convenablement blanchi et séché par les tondeuses pour en détacher le duvet dont une partie a déjà été éliminée par l’opération du grillage ou flambage subie par les pièces écrues.
- On finit d’enlever le duvet et la poussière qui se trouve encore sur les pièces au moyen de la machine à nettoyer à brosses.
- Les pièces étant bien nettoyées et ne renfermant plus ni poussière ni duvet sont humectées pour être séchées et enroulées au moyen des rames.
- Ôn rame les pièces pour corriger les tiraillements et les dérangements que la trame et la chaîne subissent pendant les opérations du blanchiment continu et par les nombreux lavages au clapot.
- Pour obtenir une belle impression au rouleau, se cadrant bien sur toutes les parties des pièces et conservant l’élégance ei la netteté des formes, il est très-important que les fils soient dans la position primitive que le tissage leur donne;'pour cela et aussi pour donner de la facilité à l’imprimeur, il est quelquefois nécessaire de sécher deux et trois fois à la rame, lorsque les dessins sont difficiles à imprimer.
- Les petits pois, les dessins quadrillés, les mille raies, les mille points, les milles carreaux, les guil-lochéset tous ceux qui se déforment facilement par la tension qui a lieu par les passages au clapot, la teinture, les lavages, savonnages et autres opéra-tions, reprendront étant ramés à fil droit avant l’impression, plus facilement leurs belles formes
- primitives, par le dernier séchage qui se fait après avoir apprêté les pièces.
- Donc, il est de toute nécessité pour obtenir une bonne impression, d’un rapport exact et régulier, conservant aux dessins la forme que la gravure leur a donnée, que les pièces soient séchées à la rame et enroulées, une, deux et même trois fois pour les dessins difficiles à cadrer.
- Le dernier séchage à la rame, après avoir apprêté les pièces, a pour but de donner aux mille carreaux, aux grands quadrillés et autres dessins nombreux, la forme et la position qui leur convient et de briser l’apprêt pour lui donner par les arrosages, les enroulages et les cylindrages, l'élasti-cité et le toucher que la consommation exige.
- C’est en grande partie à cette manière d’opérer que les imprimeurs alsaciens, secondés par de bons ouvriers, doivent la supériorité de leurs impressions sur tout ce qui se fait ailleurs.
- Aprêt percale, 22 fils.
- 14 kilogr. amidon blanc.
- 3 à 4 kil. fécule.
- 100 litres eau.
- 400 gr. savon de stéarine.
- On fait entrer la vapeur dans ce mélange au moyen d’un barbotteur, l’amidon s’épaissit avant l’ébullition.
- Dès que l’amidon commence à s’épaissir, on ferme la vapeur.
- Préparation du savon de stéarine.
- 5 kil. stéarine qu’on fait fondre, ajouter 2 litres eau bouillante.
- 150 gr. soude caustique à 36° B.
- Remuer jusqu’à froid.
- On bleute à l'outremér, oh apprête à l’envers et sécher sur rames.
- Les pièces sont humectées à la machine, les laisser enroulées pendant une nuit.
- On les cylindre avec les trois cylindres en ayant soin de faire toucher le métal à l’endroit.
- On donne un second humectage en laissant les pièces enroulées pendant une nuit afin que l’eau se répande bien également sur toutes les parties des pièces, elles sont passées ensuite une deuxième fois par les trois cylindres en observant les mêmes précautions qu’au premier cylindrage.
- Afin de conserver droits les dessins à carreaux et les bandes en travers, on plie les pièces après le séchage à la rame en supprimant les arrosages et les cylindrages.
- p.249 - vue 240/286
-
-
-
- 2 s
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- En séchant sur rames, surtout lorsqu’on se sert des rames tambours, il faut avoir soin de bien mettre la marchandise à fils droits.
- (A suivre).
- (Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l’auteur).
- MANUFACTURE
- H
- COULEURS
- !
- Nouvelles couleurs liquides, toutes nuances, teignant, sans aucun mordançage, le coton et la soie.
- Le Vert de Malachite, ou Vert d’aniline solide, est un vert jaunâtre, s’employant sur coton, laine et soie. Résistant aux températures élevées, il peut se teindre sur bain bouillant.
- Envois de Prix-Courants et d’Échantillons franco sur demande.
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOUVEAU NOIR D’ANILINE
- INVERDISSABLE ET INALTÉRABLE
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine, soie, etc.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Vert de Malachite, breveté en France et à l’étranger ; seule concession pour la vente en France.
- Bleus Nicholson nouveaux types.
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Bleus pour coton.
- Violet rouge teignant sur bain acide, pour coton, laine et soie.
- Phosphine et Aurantia, couleurs orange, résistant au foulon, pour laine et soie.
- Coccine, résistant au foulon et remplaçant la cochenille sur laine.
- Ce nouveau noir d’aniline, dont la solidité surpasse tout ce qu’on a produit, ne change pas par l’addition des acides et supporte même le blanchiment.
- Il n’éprouve aucune altération par une exposition de trois mois à l’air et n’attaque aucunement les fibres -, il peut, par conséquent, être tissé avec la laine écrue et autres matières textiles, et supporter les teintures les plus acides après le tissage, ce qui permet de fabriquer facilement de nouveaux articles qui n’ont pu être exécutés jusqu’à présent avec les noirs qu’on emploie.
- Le prix de revient de ce noir ne dépasse pas 60 centimes par kil. de coton, la teinture en est simple, facile et régulière. Elle n’affaiblit pas les fibres. (1)
- 1 Noir d’aniline sur coton.
- (1) Pour renseignements complémentaires, s’adresser à l’Office du Journal.
- p.250 - vue 241/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2
- OC
- TEINTURE DES SOIES EN PIÈCES
- 900 (Extrait de l’ouvrage de M. Marins Moyret.)
- — Suite. —
- Mordançage des pièces.
- Cette opération préliminaire, indispensable dans quelques cas, présente beaucoup d’analogie avec celle des soies en flottes.
- Pour les pièces toute soie ou soie et fantaisie, elle comprend l’alunage et le rouillage principalement, les autres mordants se donnant généralement avec les matières colorantes.
- Pour aluner les pièces, il faut, après les avoir bien essorées sur le rinçage qui suit la cuite ou le blanchiment, les manœuvrer au trinquet, sur un bain d’alun, de même force que pour les soies en flotte; puis on peut, après une demi heure, les abandonner en sotte dans le bain, en évitant qu’aucune partie ne veille. Après quelques heures d’immersion, on les enroule autour du trinquet, puis on les laisse égoutter, et on leur donne un rinçage à grande eau.
- Pour les rouiller, comme la charge n’a aucune importance, on se contente de les manœuvrer une demi-heure à une heure sur un bain faible de rouil; au bout de ce temps, on les enroule sur le trinquet, puis on les laisse égoutter, on les rince à grande eau et on fixe le rouil, en les passant sur un bain de savon bouillant, additionné d’un peu de cristaux de soude. On se contente ordinairement d’un seul rouil.
- Pour transformer ce rouil fixé en un fond de‘bleu de Prusse, on passe les pièces sur un bain faible de prussiate jaune acidulé et chauffé de 45° à 50° centigrades.
- Les pièces soie et coton mélangés s’alunent, se rouillent et se bleutent comme ci-dessus, mais par suite du peu d’affinité du coton pour certaines couleurs, telles que celles d’aniline, on peut leur faire subir certaines préparations pour rendre le coton apte à tirer ces couleurs.
- Le plus praticable consiste à passer les pièces dans un bain d'un astringent, galle fine, sumac, ou même acide tannique, ce dernier lorsqu’il s’agit de couleurs très-délicates.
- On peut encore les passer dans un bain concen
- tré d’acétate d’alumine pour les charger d’alumine, qui fait tirer les produits d’aniline sur le coton. Le stannate de soude a été employé également avec quelque succès.
- On a aussi proposé d’animaliser le coton par des passages en albumine, ou encore mieux, pour l’économie, dans un bain de caséine dissoute dans l’ammoniaque.
- On prépare actuellement, sous forme d’émulsion, une composition à base d’acides sulfoconjugués, acides sulfo-oléique et sulfo-margarique , émulsionnés à l’aide de l’ammoniaque. Les pièces sont pour ainsi dire malas ées dans cette composition, puis une fois imprégnées uniformément, elles sont abandonnées quelques jours au séchage à air libre; le coton est alors devenu apte à se teindre convenablement. La préparation d’acides sulfoconjugués n’est autre chose que le résultat de l’action de l’acide sulfurique concentré sur l’huile d’olive. Au bout de quelques heures, l’action étant complète, on ajoute un peu d’eau, puis avec ménagement de l’ammoniaque, en remuant soigneusement, on forme ainsi un magma blanc laiteux.
- Dans ce travail dit huilage des pièces, il faut éviter l’entassement de celles-ci, car par la fermentation, elles pourraient s’échauffer jusqu’à prendre feu.
- L’alunage, le rouillage et le bleutage des pièces soie et laine n’offrent rien de particulier. Il n’y a pas à se préoccuper ici de l’aptitude de la laine à tirer les couleurs, car généralement elle les tire aussi l ien que la soie, étant également de nature animale; mais il y a à se préoccuper de l’action de certains mordants qui, tels que la crème de tartre, le muriate d’étain, sont indispensables pour faire donner sur la laine tout l’éclat de certaines couleurs telles que la cochenille. La teinture sur ces étoffes peut donc, dans certains cas, être précédée d’un passage à chaud dans un bain de crème de tartre, additionné ou non de muriate d’étain. Par économie, on peut remplacer une partie de la crème de tartre par du bi-sulfate de soude.
- Teinture des pièces en blanc.
- Cette teinture, qui demande les plus grands soins de propreté, est en place la plus simple, et se fait de même sur les pièces de toute nature.
- Elle se fait de même que la teinture en blanc sur flottes (1 ); les tons blancs demandés sont les mêmes et les matières colorantes également.
- (1) Nous publierons plus tard les modes d’opérations,
- p.251 - vue 242/286
-
-
-
- Ct
- s
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- F La seule différence consiste à manœuvrer rapidement des pièces sur les bains colorants, au lieu de liser des flottes. Il faut avoir soin de bien étaler les pièces dans le bain pour éviter les marbrures, et le blanc étant obtenu, il faut les rincer à grande eau, les essorer, les aviver, s’il y a lieu, puis les sécher à une chaleur ménagée et à l’ombre, en les laissant pendre bien étalées sur des perches.
- Teinture des pièces en couleurs claires.
- Comme pour la teinture des pièces en blanc, celle en couleurs claires a les plus grandes analogies avec la teinture des soies en flottes.
- Plus encore que pour la teinture en blanc, il faut manœuvrer rapidement les pièces pour éviter les marbrures et opérer avec des bains faibles, additionnés fréquemment de matières colorantes, jusqu’à obtention du ton voulu. A chaque addition de matière colorante les pièces sont enroulées sur le trinquet, et déroulées ensuite rapidement.
- C’est pour la teinture en pièces que les bleds Nicholson ont été créés; ils unissent bien mieux que les bleus ordinaires, et pour s’en servir il faut verser leur solution dans un bain rendu alcalin, par le borax ou le carbonate de soude. Les pièces sontmanœuvré-s dans ce bain, à tiède; elles y prennent une teinte grise, devenant bleue dans un deuxième bain acid ulé. L’habitude conduit à arrêter la teinte sur le bain alcalin, ou encore, l’ouvrier touche de temps en temps un morceau de la pièce dans un bain acide.
- Comme pour les teintures en blanc, les pièces finies sont lavées, puis avivées s’il y a lieu, essorées et séchées à l’ombre.
- Teinture des pièces en couleurs foncées.
- Elle offre, comme les précédentes, les plus grandes analogies avec la teinture en flottes, et comme pour elles il n’y a pas à se préoccuper de la charge, tout consiste dans un bon unisson. Dans l’emploi des brunitures, donnant des bains boueux, telles que les brunitures au bois d’Inde et au bois jaune, avec addition de verdet et de couperose, il faut soigneusement dégorger les pièces ; pour faciliter le rinçage, le wash-wheel ou roue à laver des anglais peut rendre de grands services.
- Teinture des pièces en noir.
- Il y a une différence profonde entre la teinture en noir des soies en pièces et celles en flottes.
- La charge ne jouant aucun rôle, le noir à obtenir
- est une véritable couleur. L’on peut faire des noirs anglais ou des noirs ayant reçu un fond de bleu de Prusse et terminés en noir fin, si l’on veut des noirs plus profonds; dans tous les cas, sur les opérations, il faut rincer soigneusement pour éviter les marbrures. Les bains d’astringents employés le sont simplement pour donner du fond et non du poids.
- Les pièces finies sont rincées soigneusement et avivées, s’il y a lieu, puis séchées.
- Avivage des pièces.
- Généralement, on se contente de passer les pièces finies sur un bain légèrement acidulé, pour leur donner du craquant, si ce toucher est exigé. Plus rarement, pour les noirs, on peut donner un peu d’huile émulsionnée pour donner du brillant.
- Quelquefois, si les pièces doivent être moirées, on leur donne un avivage anx deux huiles.
- Pour terminer ce qui a rapport à ce genre de teinture, je répéterai encore une fois que la différence avec la teinture en flottes consiste dans l’outillage et non dans les procédés ; le lisage est remplacé par des manœuvrages sur'des cylindres, et les pièces, entraînées plus ou moins rapidement dans les bains, ne sauraient être trop étalées, pour éviter les marbrures. De même, les bains doivent être encore mieux gradués, et les lavages doivent appeler une très-grande attention. Les séchages doivent se faire en tenant les pièces étalées sur des perches situées au haut de pièces vastes, élevées et peu éclairées, pour éviter des destructions dans les couleurs fines et à places.
- — o-
- • BLEU MÉTHYLÈNE
- Breveté s. g. d. g.
- La maison B. Anilin et Soda-Fabrik, de Stutt-gard, fabrique industriellement depuis quelque temps un colorant qu’elle a fait breveter sous le nom de bleu méthylène, et qui paraît devoir rendre de grands services pour la teinture du coton, l’azurage et la coloration des pâtes à papier, par suite de sa résistance au chlore et de son assez grande solidité.
- Nons passerons sous silence le mode de fabrication de ce colorant, dont l’idée première appartient à M. Ch. Lauth, collaborateur de la maison Poir-
- p.252 - vue 243/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO 203 G
- rier, qui vient d’obtenir à l’Exposition universelle de 1878 une grande médaille et la décoration de la Légion d’honneur.
- Le bleu méthylène se mélange facilement aux couleurs d’aniline pour obtenir les nuances modes.
- Pour mordancer le coton on commence par passer au tannin, lever et bien tordre, puis passer en solution de tartre émétique (tartrate d’antimoine et de potasse), lever et tordre une seconde fois. En-trer, en troisième bain, dans une dissolution de savon, lever et bien laver.
- La teinture se fait en entrant à froid et en élevant lentement la température du bain jusqu’au bouillon pendant que l’on ajoute peu à peu la couleur préalablement dissoute.
- Le bain peut être complètement épuisé. L’extrait de quercitron remonte directement le coton mor-dancé et teint comme il vient d’être dit, tandis qu’il faut ajouter au bain un peu d’acide sulfuriqne pour le remonter du bleu soluble, du violet d’aniline, etc.
- Nous avons sous les yeux 6 échantillons de coton teints avec ce nouveau produit.
- Le premier est obtenu avec le bleu méthylène pur.
- Le deuxième avec le bleu méthylène remonté avec du bleu soluble rougeâtre à une teinte de bleu marin bleuâtre.
- Le troisième, avec bleu méthylène remonté par du violet méthyle à la teinte du bleu marin violâtre.
- Le quatrième, avec bleu méthylène remonté avec l’extrait de campêche, donne un noir bleuâtre.
- Le cinquième, avec bieu'méthylène remonté avec l’extrait de quercitron, donne un noir jaunâtre.
- Enfin le sixième, avec bleu méthylène remonté avec de l’extrait de quercitron et de l’extrait de campêche, donne un vert foncé noirâtre.
- Les trois premières teintes sont fort belles, les autres peuvent trouver leur application.
- INDUSTRIELLE
- LE NOIR D’ANILINE
- pris par M. Debry pour la teinture de la laine et autres matières textiles en noir avec l’aniline.
- La nombreuse clientèle que possède le Moniteur de la Teinture m’engage à lui signaler que le brevet de M Debry n’est que la copie presque textuelle d’un des miens.
- Voici ce que j’écrivais dans un certificat d'addi-tion en date du 15 février 1877.
- Je prends, par exemple, pour 10 kil. coton :
- Eau.............................150 litres
- Acide muriatique...............A litres
- Huile d’aniline.................. 1 litre
- Bichromate de potasse... 2 kil. 500.
- J’entre à froid, je manœuvre environ trois quarts d’heure à la température ambiante, puis j’élève progressivement la température jusque vers 100° et je maintiens cette température au moins un quart d’heure.
- Les noirs ainsi obtenus sont insolubles dans l’acide sulfurique 66° froid et ne verdissent pas par l'acide sulfureux.
- Je teins ainsi le coton, la laine « et en général tutes les matières textiles végétales ou animales. »
- Dans le brevet principal j’avais dit :
- Pour la laine il vaut mieux commencer par la teindre en jaune par l’acide chromique ou l’acide nitrique dans une opération préalable. Je puis ajouter certains sels métalliques (j’énumérais le cuivre et le fer entre autres).
- Dans les bains de teinture, je me réserve d’employer tous les acides minéraux ou organiques en combinaison soit avec l’aniline, soit avec les métaux (indiqués au brevet), soit même libres dans les bains de teinture.
- Les proportions indiquées sont les meilleures, mais n’ont rien d’absolu.
- Ces citations textuelles suffiront, j’espère, Monsieur le Rédacteur, à éclairer vos nombreux lecteurs sur l’antériorité dont est frappé le brevet de M. Debry, qui serait excellent s’il n’etait postérieur de près de dix-huit mois à mon certificat d’addition et de près de quatre ans à mon brevet principal.
- Veuillez agréer, etc.
- Samuel Granitz,
- Ingénieur civil, 31, boulevard Henri IV, Paris.
- Nous recevons la lettre suivante :
- Monsieur le Directeur,
- Vous avez publié, dans le numéro du 5 octobre de votre estimable journal, le texte d’un brevet
- p.253 - vue 244/286
-
-
-
- t© Ot H
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- HUILES INDUSTRIELLES
- RECHERCHES SUR LEUR COMPOSITION CHIMIQUE, LEUR ACIDITÉ OU NEUTRALITÉ, LEUR TRAITEMENT, LEURS ESSAIS TECHNIQUES & LEURS DIFFÉRENTS EMPLOIS
- Par Jean fils, fabricant d’huiles, à Avignon. (1)
- Mordants pour la teinture en rouge-turc
- HUILE TOURNANTE VÉGÉTALE OXYDÉE.
- A l’opposé des réactions que l’on fait subir aux huiles végétales destinées aux graissages des machines se trouvent celles destinées aux huiles tournantes.
- Si, dans les premières, on s’applique par tous les moyens possibles, à ne pas modifier la constitution intime des huiles, à éviter le dédoublement des corps gras et à empêcher toute oxydation ultérieure ; dans les secondes, au contraire, le résultat cherché est tout autre. Ce n’est pas qu’une oxydation, dans le sens chimique du mot, soit réellement àpréconiser et d’une pratique bien efficace ; ce n’est pas davantage une fixation pure et simple d’atome d’oxygène que l’on se propose d’obtenir; ce que l’on veut entendre par là est la modification encore inexpliquée, mais réelle, qu’il faut faire subir aux huiles végétales pour les rendre aptes à attirer en bains de garance une suffisante quantité de matières colorantes.
- Depuis de nombreuses années, quantité de procédés ont été mis en œuvre pour atteindre ce but.
- La plupart font intervenir les oxydants empruntés au règne minéral ; quelques-uns d’ordre physique, cherchent dans les matières mucilagineuses ou caséuses un milieu favorable à la persistance de l’émulsion sodique. D’autres enfin ont recours, pour produire cette réaction caractéristique, aux moyens employés par la nature.
- Les oxydants directs n’ont pas, que noussachions, donné des résultats satisfaisants, et les matières mucilagineuses de nature animale ou végétale doivent plutôt être rangées parmi les procédés méca-
- (I) Nous détachons du travail complet sur les huiles industrielles par M. Jean fils, les chapitres qui traitent des huiles tournantes et d’ensimage. (Prix de la notice complètes 1 fr. 25 par poste).
- niques que chimiques. Ils ne peuvent, en effet, avoir aucune action ultérieure sur les huiles, ni les prédisposer à cette modification mystérieuse. Restent les corps à oxydation lente secondés par une température favorable et une durée assez prolongée. C’est à ce genre de traitement que nous avons recours.
- L’interversion des huiles, si l’on peut s’exprimer ainsi, ne doit pas être complète. Tout moyen brutal dépasserait le but, et, dans nos nombreux essais, nous avons toujours reconnu que plus cette interversion était profonde, moins les huiles avaient propension à subir des modifications ultérieures. Le dédoublement des corps gras ne doit pas être complet, si par le traitement une trop grande quantité d’acides gras libres se formait, le but serait dépassé.
- Quelques fabricants se contentent de mêler aux huiles végétales une certaine proportion d’acide oléique du commerce. De telle huiles, après quelque temps de séjour en fosses, donnent une émulsion assez persistante. Cette émulsion est encore plus forte si l’on ajoute une égale quantité d’huile de ricin. Mais comme la proportion d’acide oléique est déjà considérable (15 à 20 p. 0/0) et que ni le ricin ni l’acide oléique ne paraissent agir sur les tissus par eux-mêmes, mais seulement par la modification que ce dernier acide fait subir aux huiles avec lesquelles il est mélangé, les résultats que l’on obtient par ce procédé ne sauraient être assez avantageux.
- Une bonne huile tournante est celle qui, ne contenant aucun mélange étranger, fait une émulsion grasse persistante en non huileuse à la surface.
- Le traitement que nous employons pour prédisposer les huiles en général et surtout les huiles d’olives à subir cette interversion, est d’une durée assez prolongée. Il est aidé par une température de 50e environ et facilité par certains réactifs à oxydation très-lente qui permettent de modifier l’état intime des corps gras, sans amener cependant un dédoublement complet de la margarine ou de l’oléine. Nous reconnaissons les progrès de cette modification à la manière dont se comporte un échantillon prélevé sur la masse avec des dissolutions sodi-ques d’un titre de plus en plus élevé, en commençant par 1° B, pour arriver à 4° B, terme de notre opération. Toutes nos huiles passent exactement par les mêmes phases de traitement et sont toutes semblables entre elles. Nous les livrons donc
- p.254 - vue 245/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2 Ot t
- d’un titre déterminé, absolument pures de tout î mélange, assuré par une longue pratique que nos | vues sur ce sujet étaient justes et que le traitement que nous faisons subir à nos huiles est des plus rationnel.
- ----====8=-------
- FABRICATION MÉCANIQUE
- DU CHLORURE DE CHAUX SEC par M. MALÉTRA.
- Ce nouveau procédé est basé sur une absorption très-rapide du chlore par la chaux, et pour cela on prend, par exemple, un cylindre en tôle de 5 à 7 millimètres, de 4 mètres de longueur sur 0m80 de diamètre, fermé des deux bouts, avec une porte à chaque extrémité et une dans le milieu, à la partie inférieure : un wagon mis sous cette porte reçoit le chlorure fabriqué qui est poussé dedans par les portes des bouts. Une trémie est disposée au-dessus d’une ouverture spéciale du cylindre, afin d’introduire la chaux que l’on veut transformer en chlorure.
- On introduit dans ce cylindre, formé, à cet effet, de deux parties cylindriques se raccordant au moyen de cornières disposées sur les côtés, suivant deux génératrices symétriques, et sur les fonds suivant deux diamètres également symétriques, un arbre en fer armé ds tiges portant des palettes en tôle. Ces tiges avec palettes sont disposées sur l’arbre de distance en distance, de telle sorte que l’on constitue ainsi une sorte de spirale agissant d’une manière continue sur les matières renfermées dans le cylindre : l’arbre est mis en mouvement par une commande mécanique, engrenage ou courroie faisant douze à vingt tours à la minute.
- Chaque palette de vingt-cinq sur quinze centimètres vient à son tour soulever la chaux et l’amener à la partie supérieure du cylindre, et il s’opère ainsi un mélange intime et complet par la multiplication indéfinie des surfaces, due à ce mouvement rotatif. Tout autre moyen de malaxage ou remuement des matières tendant au même but peut également être employé.
- Le chlore arrive à la partie supérieure du cylindre, par quatre tubulures mises en communication avec les générateurs de ce gaz, et il est
- absorbé intégralement à mesure qu’il se trouve en présence de la chaux.
- Un thermomètre placé au sommet du cylindre, dans lequel il plonge, indique la température intérieure -, c’est le guide de la marche de l’opération, l’absorption du chlore par la chaux produisant une élévation de température, le thermomètre indique si le gaz arrive en trop grande abondance ou non.
- Un robinet placé sur la conduite principale du. chlore permet d’en régler l’arrivée ; des tubes de verre mis entre deux caoutchoucs le laissent voir, sa couleur verte décelant sa présence.
- A la partie supérieure du cylindre sont pratiquées deux ouvertures de 30 sur 15 centimètres, se fermant à volonté par de simples couvercles en tôle donnant passage à la chaleur et à l’humidité ; l’absorption du gaz est tellement rapide et complète que l’opération peut se faire sans presque jamais fermer ces ouvertures.
- Dans l’été, une si grande élévation de la température extérieure ne permettrait pas à la tôle de l’appareil de se refroidir suffisamment; on pourrait obvier à cet inconvénient par un courant d’eau sans cesse renouvelé dans une double enveloppe ou tout autre moyen analogue.
- Pour assurer une marche régulière de cette fabrication, il faudra toujours marier au moins deux appareils, de sorte que l’on puisse toujours, à volonté, renvoyer le chlore de l’un sur l’autre.
- Par ce procédé, on peut faire 100 kilogrammes de chlorure de chaux en douze heures par mètre cube.
- Le cylindre décrit ci-dessus, d’une contenance de dix mètres cubes, doit pour cela recevoir 600 kilog. de chaux en poudre.
- L’opération se fait avec une facilité extraordinaire et sans la moindre perte de chlore ; on peut constamment en suivre la marche en restant auprès de l’appareil, d’où ne s’échappe aucune odeur gênante.
- Ce système mécanique permet de construire des appareils infiniment moins coûteux que ceux employés actuellement et qui occuperont une place ne représentant pas le sixième de la surface exigée aujourd’hui.
- Par ce procédé à vase ouvert, on est parfaitement maître de régler sa fabrication, puisque l’on peut prendre à chaque instant des échantillons dont l’homogénéité est absolue, ce dont on s’assure par le titre.
- p.255 - vue 246/286
-
-
-
- 256
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le chlorure de chaux ainsi fabriqué, homogène dans toutes ses parties, ne présente plus les chances de décomposition des chlorures fabriqués par couches plus ou moins épaisses, mais immobiles : on évite ainsi une perte considérable dans la fabrication de ce produit très-instable.
- La rapidité de la production, l’éconemie dans l’installation des appareils et dans la main-d'œuvre, •la facilité du travail ne produisant plus aucune gêne pour l’ouvrier, sont autant d’avantages très-sérieux qu’on ne peut méconnaître.
- [Echo industriel).
- AVIS
- Nous pouvons offrir à nos lecteurs un exemplaire, demi-reliure, en bon état, quoique d’occasion, pour le prix de 75 francs, du
- Traité théorique et pratique
- DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Par PERSOZ
- 4 vol; in-80, contenant 165 figures et 429 échantillons d’étoffes dans le texte, acccompagnés d’un atlas in-4’ de 10 planches dont 4 sont coloriées. L’ouvrage de M. Persoz devient très-rare.
- S'adresser à l'office du Journal.
- A. FONTAINE
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès.
- Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoire industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- Vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. — Prix : 5 fr. franco par la poste.
- Librairie scientifique Ambroise Lefèvre 47, quai des Grands-Angustins, Paris.
- Grande occasion, 35 francs au lieu de 100 francs
- DICTIONNAIRE
- DES TISSUS
- Anciens et Modernes Traité complet du tissage de toutes les matières textiles
- 2e édition, 1867, 8 volumes in-80 accompagnés d’un atlas in-folio de 152 planches (pians de métiers. dessins de machines, d’armures, etc.). Prix............................ 35 fr.
- Envoi franco contre un mandat-poste.
- Fabrique de couleurs d’Aniline.
- LAZARD-GODCHAUX
- 60, rue de Mérode, à BRUXELLES
- Couleurs d’Aniline
- Pour Teinturiers, Imprimeurs sur étoffes et Fabricants de papiers.
- Fuschine double cristallisation.
- Ecarlate et Ponceau sur laine par l’aniline, nuance solide.
- Mon écarlate par l’aniline remplace avantageusement et économiquement celui que l’on obtient par la cochenille ", la nuance est solide et résiste à l’action du foulen et du lavage ; ces deux opérations rendent la nuance plus vive et plus éclatante, taudis que celle donnée par la cochenille brunit par leur action.
- Ecarlate pour coton. I Verts au méthyle. Rouge cardinal. I Oranges solides.
- Violets depuis la marque RR jusqu’à, 6 B.
- Violets pour fonds et remontage de bleu de cuve.
- Bleu Nicholson. — Bleu marine. — Bleus spéciaux pour coton.
- Envoi gratis du prix-courant, type de produits et modes d'emploi pour la teinture.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES Par Maius MOYRET
- 1 vol. in-^. — Prix : 21 fr. par poste
- Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues
- p.256 - vue 247/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22e Année, N° 22.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 20 Novembre 1878.
- SOMMAIRE
- Exposition universelle de 1878 : Distribution des récompenses (suite). — Procédé pour blanchir les fibres textiles végétales, de C. Beyrich. — Les apprêts de tissus de coton, par Alex. Schultz (échantillon).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Nouveau procédé rapide de rouge turc (échantillon). — Teinture noire sur laine avec reflet bleu, par M. Jacob. — Aide-mémoire du dégraisseur (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Nouvelle fabrication d’étoffes avec les déchets et des rebuts. — Essai des savons, par M. E. Baudoin. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Annonces.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES
- Classe 47. — France.
- Grandes médailles.
- Poirrier, à Paris. Matières colorantes. — Solvay, collaborateur, à Varangéville-Dombasle (M. et M.). Soude.
- Médailles dor.
- Casthelaz, à Paris (Rappel). Dérivés de la houille et matières colorantes. — Coez ‘et C6, à St-Denis. Laques et extraits. — Coupier et CQ, à Creil (Oise) (Rappel). Dérivés de la houille, matières colorantes. — Deschamps frères, à Vieux-Jean-d'Heurs (Meuse). Outremers. — Guimet, à Lyon. Outremers artificiels. — Marquet de Vasselot, à Paris. Couleur pour teintures. — Meissonnier, à Paris. Extraits et matières colorantes. — Richter, à Lille (Nord). Bleus d’outremer. — Tessié du Motay (Rappel), à Paris. Procédés de blanchiment.
- Médailles d’argent.
- Bouquet, à l’Ile St-Denis (Seine). Glycérines. — Bourgeois jeune, à Ivry (Seine). Albumine de sang. — Ve Brigonnet et fils, à St-Denis (Seine). Dérivés de la houille. — Clolus, à Billancourt (Seine). Produits pour blanchiment, teintures et apprêts. — Dubosc et Ce (Rappel), à Graville-Sainte-Honorine (Seine-Inférieure). Bois de teinture et extraits. — Gondolo,àSuresnes (Seine). Matières colorantes.—
- Guignon fils et C^, à Lyon. Produits pour teinture et impression. — Guigi^a jeune et Picard, à Lyon. Matières colorantes. — Jacques-Sauce et Ce, à Paris. Matières colorantes, tontisses. — Koch et C°, à Lyon. Extraits de bois de teinture.—Lacourt au Petit-Quevilly (Seine-Inférieure). Huiles d’ensimage, apprêts d’encollage, savons spéciaux pour teinture. — Mulatonet C*, à Lyon. Acide tartrique. — Nolot, à Paris. Albumine d’œufs. — Pernod (Rappel), à Avignon. Garance, etc. — Pommier et Ce, à Gennevilliers (Seine). Matières colorantes. — Rogelet, Houzeau et Cc, à Reims. Sels extraits du suint. —Société anonyme de Croix, près Roubaix. Matières colorantes, sels. — Thomas frères, à Avignon. Garance, etc. — Vedlès, à Clichy (Seine). Aniline et dérivés.
- Médailles de bronze.
- Bertrand, à Annonay (Ardèche). Colle gélatine.
- — Clauseau père et fils, Palun et Cc, à Avignon Garances, etc. — Foullon, à Nanterre (Seine). Colles pour apprêts. — Gerbaut, à Nancy (M. et M.) Albumine de sang. — Kaulek, à Puteaux (Seine) Extraits de bois tinctoriaux. — Landrin, à Paris. Couleurs végétales salubres. — Robelin, à Dijon (Côte-d’Or). Bleu d’outremer artificiel. — Saint-Germain, à Paris. Carmin de Safranum. — Totin frères, à Montreuil-sous-Bois (Seine). Colles pour apprêts.
- Mentions honorables.
- Balois frères, à Dole (Jura). Bleu spécial pour azurage. — Crevoisier, à Dole (Jura). Bleus divers. — Daloz, à Dôle (Jura). Bleu spécial pour teinture.— Malpas père et fils, à Dole (Jura). Bleus pour teinture. — Pellegris, à Paris. Blanc de magnésie. — Ve Régnier, à Marseille. Essence de pé-
- p.261 - vue 248/286
-
-
-
- 262
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- trole pour détacher. — Selle, à Amiens (Somme). Teinture de famille. — Sevoz, à Paris. Matières colorantes.
- Collaborateurs.
- Médailles d’or.
- Girard et de Laire (Rappel), à Paris.—Rosens-thiel, à Pari». Travaux et découvertes. — C. Vincent, à Paris, découvertes.
- Médailles d’arent.
- Jourdin, chez M. Marquet, à Paris. — Morel, chez M. Poirrier, à Paris. — Poussin, découvertes. —Simonin, chez M. Gasthelaz, à Rouen.—Willm. Bouchardat et Girard, chez M. Casthelaz, à Paris.
- Médailles de bronze.
- ^Bourdillon, directeur de l'usine Coëz, à St-Denis. — Luizet, chimiste, chez M. Poirrier.
- Mention honorable.
- Jacquelain, chez M. Guion fils et Ce, à Lyon.
- Classe 48. — France.
- Médailles d’or.
- Blanchisserie et teinturerie de Thaon (Vosges). Tissus blanchis, teints et imprimés. — Briffaud, à Paris. Soies et cotons teints. Corron et Vignat, àValbenoite (Loire). Soies et cotons teints. — Descat (Rappel), à Fiers (Nord). Teintures et apprêts. — Descat-Leleux, à Lille. Tissus teints et apprêtés. — Fauquet, à Rouen. Cotons blanchis et teints. — Gillet et fils, à Lyon. Soies teintes en noir. — Guillaume frères, à St-Denis (Seine). Tissus teints et imprimés. — Les fils de A. Guil-laumet, à Suresnes (Seine). Teintures et apprêts. — Guinon, Marnas, Bonnet (Rappel), à Lyon. — Soies teintes. — Hulot et Berruyer, à Puteaux (Seine). Teintures. — Lenormand, à Rouen. Cotons teints.—Maës, à Clichy-la-Garenne. Teintures et apprêts. — Motte et Meillassoux frères, à Roubaix. Tissus teints et apprêtés. — Poiret frères et Neveu, à Paris. — Fils de laines teints. — Poirier, Mortier et Muller, à Reims. Teintures et apprêts. Renard, Villet et Bunand. Soies teintes. —Société industrielle de Rouen. — Blanchiment, teinture, impression. — Tausin, à St-Quentin (Aisne). Cotons blanchis et apprêtés. — Vandewynkèle père et fils, à Comines et à Halluin (Nord). Fils de lin
- blanchis. — Vessière et fille, à Puteaux (Seine). Teintures et apprêts.
- Médailles d’argent.
- Anest, à Elbeuf. Draperies pour effets d’apprêts.
- — Bourgin et Schuler, à Courbevoie (Seine). Apprêts sur étoffes de laine. — Chalamel, à Puteaux (Seine). Teintures. — Charnelet, à Paris. Tissus apprêtés. — Chatel, à Darnétal (S.-L). Cotons teints à la garance ou alizarine. — Chiffray, à Ma-romme (S.-L). Impressions sur draps, stores, etc. Cliff et Ce, à St-Quentin (Aisne). Blanchiment, apprêts et teintures. — Dassonville et Phalempin (Rappel), à Halluin (Nord). Blanchiment sur fils végétaux. — Delamare (Rappel), à Rouen. Teintures et chinage. — Descat frères et Cc, à Amiens (Somme). Velours de coton teints et apprêtés. — Fauquet, à Darnétal (S.-L). Tissus blanchis et apprêtés. — Garnier, à Lyon. Apprêts ordinaires et imperméables. — Gantiilon et &, à Lyon. Teinture double face par apprêt. — Grison, à Lisieux (Galvados). Teinture, apprêts, impression sur drap. — Grobron et Cc, à Miribel (Ain). — Teinture. — Henry et fils, à Savonnières (Meuse). Cotons rouge d'Andrinople. — Houpin, à Reims. Teintures et apprêts sur tissus de Reims. — Lainé (Rappel), à Paris. Teintures et nettoyages. — Rebouteux, à Paris. Fils de soie blanchis et teints. — Leduc-Danset, à Halluin (Nord). Fil de lin crémé, blanchi et ocré. — Martin, à Lyon. Teintures noires sur soie, peluche, velours. — Ménager, à Paris (Rappel). Teintures sur étoffes de laine. — Motte et C^, à Roubaix. — Teintures et apprêts sur draperies, articles pour robes, cotons teints. — Petitbon et Kasnengieser, à Reims. Epaillage, teinture. — Richard et Putod, à Saint-Chamond (Loire). Teinture spéciale pour noir. — Savigny père et fils, à Lyon (Rappel. Soieries teintes en couleurs. — Schwabe et Salis (ne figurent pas au catalogue). — Soins père et fils, à Lille (Nord). Fils de coton teints et glacés.
- Médaille de bronze.
- Baudoin, à Lyon. Laines teintes. — Besançon aîné, à Paris. Soies teintes en noir. — Masson-Boissel (F.) à Laval (Mayenne). Teintures sur cotons, fils, laines. — Bridoux, à Deville-lès-Rouen. Blanchiment et apprêts sur coton. — Browaeys fils, à Roubaix. Nuances sur laine. — Caron, à Arceuil-Cachon (Seine). Blanchiment, teinture, apprêts sur coton. — Daliphard et Heilmann, à
- p.262 - vue 249/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO
- O G
- Saint-Léger-du-Bourg-Denis ( Seine-Inférieure ). Toiles de coton blanchies et apprêtées. — Détré, à Reims. Laine teinte et rubans. — Ferrand, à Nantes. Teinture, apprêts et blanchiment sur tissus divers coton. — Fleurisse, à Roubaix. Teintures.— Jadot, à Rouen. Teinture en noir spécial et couleurs. — Janard et Guillot, à Ecully (Rhône). Impressions qjhotographiques sur tissus. — Fourné, à Troyes. Teintures et apprêts pour doublures et pour meubles. — Laboré, à Paris. Teinture sur soie en écheveaux. — Léchopiez et Lamarre, à Amiens (Sommes). Velours coton teints et apprêtés. — Lecœur frères, à Bapaume-lès-Rouen. Cotons filés teints. — Lyon, à Alger. Tissus de soie transformés de nuance par un nouveau procédé. — Mare et Ce, à Notre-Dame-de-Boudeville (Seine-Inférieure). Tissus blanchis, teints, apprêtés.— Montenot, à Paris. Etoffes et vêtements nettoyés, teints, imprimés. — Nicolet, à Deville-lès-Rouen. Cotons teints bleu indigo et divers. — Raulin et Bourry (pas au catalogue officiel). — Roussel, à Roubaix. Fils et tissus de laine teinte. — Ve Thuillier et Bonnefond, à Darnetal (Seine-Inférieure), Teintures et impressions.
- Mentions honorables.
- Arvieux, à Deville-les-Rouen. Teinture en chiffonnage. — Bruno, à Paris. Impressions sur tissus d’ameublement. — Dulac frères, à Paris. Fils de coton teints. — Losserand, à Paris. Impressions de bannières, costumes, etc.
- Collaborateurs.
- Médaille d’or.
- Boyer, à Paris. Etoffes d’ameublements. — Gat-tiker, à Paris. Dessins imprimés sur étoffes.
- Médaille d’agent.
- Catteau à Paris. Etoffes imprimées pour meubles. — Feldtrappe, à Paris. Rouleaux gravés.
- Médaille de bronze
- Contour (A), où? pour quoi? — Prévost (même observation.
- Classe 57. — France.
- Médaille d’or.
- Desplas fils, à Elbeuf. Machine à fouler les draps. — Orelle, à Lyon. Navettes avec leurs accessoires
- pour tissus divers.— Poron frères, à Troyes (Aube). Métiers de bonneterie. — Tailbouis, Renevey, Touzé et Bonamy, à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Machines diverses pour bonneterie, chaussons, filets de pêche. — Tulpin frères, à Rouen. Machines à encoller, sécher, ramer, calandrer, essorer, laver les écheveaux.
- Médaille d’argent.
- Bachelart, à Reims. Machine Jacquart perfectionnée. — Bons, à Bolbec (Seine-Inférieure): Peignes à tisser, etc. —: Bosche, à Paris. Plan de machine Jacquart pour cachemire. — Carbonnier et Ce. Machines à tricoter. — David, Etrois et C°, à Lisieux. Peignes, lames, etc. — David, à Boën (Loire). Métier mécanique à tisser. — E. Gand (Rappel), à Amiens. Cours de tissage. — Grosselin père et fils, à Sedan (Ardennes). Tondeuses, fou-leuses, etc. — Hertsog, à Reims. Rame à pinces. — Jouannin et Ce, à Paris. Machine à lacer les filets de pêche. — Leclère et Damuztaux père et fils, à Sedan (Ardennes). Tondeuses, fouleuses, laveuses, etc. — Martinot frères, à Sedan. Tondeuse double, époutisseuse, moutonneuse. — Meghe et Ce, à Puteaux (Seine). Pelotonneuses, bobineuses. — Meunier et C°, à Paris. Métier à tisser le damassé. — Radiguet, à Paris. Tricoteur mécanique perfectionné. — Roger-Durand, à Paris. Aiguilles et machine pour bonneterie. — Sal-lier aîné, à Lyon. Machine à tisser. — E. et. P. Sée, à Lille. Dessin et Maquette d’une filature. — Souton, à Lyon. Peignes à tisser. — Tournier, à Lyon. Métier de tissage. — Verdol et C°, à Paris. Métier Jacquart avec substitution du papier au carton.
- Médaille de bronze.
- Berchon, à Nay (B. P.). Métier à Bonneterie. — Me Chambeauet C°, à Paris. Métiers à lacets, pe-lotoneuse. — Coint, Bavarotet C», à Lyon. Peignes à tisser. — Coué et Ce, à Lyon. Régulateurs, com-pensateurs de tissage. — Daltroff, à Paris. Machine à broder. — Delporte, à Roubaix. Nouveau montage de métier Jacquard. — Devilder, à Cambrai. Cylindre extenseur pour tissus laine ; assou-plisseuses tissus coton. — Dusse aux, à Louviers (Eure). Pile à maillets (pour fouler les draps). — Elmering père, fils et C, à Rouen. Rouleaux d'en-souple en fonte mince' — Fouquier-Dubard, à Lille. Machines à vernir les lames ou harnais. —
- p.263 - vue 250/286
-
-
-
- O o —
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Fribourg, à Paris. Métier à tisser. — Gallet, à Fiers (Orne). Dévideuse de coton. — Grange et C6, à Paris. Métier à tisser ; substitution du papier au carton. — Hallet, à Paris. Métier à tisser les tapis de sparterie. — Lacroix, à Paris. Métier à lacets. — Leprince, à Elbeuf. Dessinatrice Jacquard pour relief sur étoffes. — Leroudier et Raton, à Lyon. Dessins pour le tissage de la soierie. — Marcadier, à Paris. Machine à élargir et ramener au fil droit. — Mariolle frères, à Saint-Quentin. Brodeuse au plumetis. — Mary, à Paris. Métier passementerie et Jacquard. — Mollière, à Lyon. Tricoteuse. — Pehose et Dardart, à Reims. Peignes, lames, etc. —Sainton, à Troyes (Aube). Aiguilles à bonneterie. — Simon Félix ? — Tierce frères, à Rouen. Pareuse-encolleuse ; métiers à tisser. — Tresca, à Paris. Mise en carte de tapisserie.
- Mentions honorables.
- Beau, à Paris. Métiers divers. — Bellavoine, à Paris. Planches gravées. — sellion, à Lyon. Can-netière pour tissage de soie. — Berchoud, à Paris. Jacquard avec papier. — Carpentier et fils, à Paris. Lisage pour piquer les dessins. — Cuau aîné et fils, à Paris. Appareils de saturation pour ateliers de filature et de tissage. — Fayet, à Saint-Etienne (Loire). Métreuse à rubans. — Gadel, à Bohain (Aisne). Métier Jacquard. — Garlandat. Raffraî-chisseurs et saturateurs pour filature et tissage. — Joyot, à Beaumont-sur-Oise (Oise). Métier à passementerie. — Laplante et à Paris. Métier à mailles pour bonneterie. — Lemaître-Demestère et fils ? — Lemonnier ? — Percheron, à Paris. Métier à ruban, paille, velours. — Peter et Del-peuch, à Paris, Métier à chaussons de lisières. — Raze, à Paris. Métiers pour cordons de montre. — Régnault, à Rouen. Taquets et repousse-taquets — Richard et Ce, à Paris. Métiers à ourder. — Ri-vette, à Elbeuf. Jacquard à main à deux marches. — Simon, à Paris. Métier à bas pour varices. — Soret !— Touilleux, à Paris. Métiers à lacet et passementerie. — Voutat, à Saint-Etienne (Loire). Métreuse à rubans. — Wallet, à Neuilly (Seine). Métier pour restaurer les anciennes tapisseries.
- Collaborateurs.
- Médaille de bronze.
- Claudel, maison Tresca. — Coltmann, maison Tailbouis et Ce, — Gommeretz, maison Poron
- frères. — Lohrmann, maison Tulpin frères. — Morris, maison Tailbouis et Ce. — Weidknecht, maison Tulpin frères.
- Mentions honorables.
- M lie Bouvier, maison Mollière. Pétremant, maison Coint-Bavarot et Ce. — Ségard, maison Tailbouis et Ce.
- Au prochain numéro, nous indiquerons les récompenses de la classe 60, et nous reprendrons le compte-rendu de l’Exposition.
- Dans ce compte-rendu, nous indiquerons les récompenses obtenues par les étrangers, en même temps que nous relaterons les expositions des objets qui intéressent nos lecteurs.
- P. B.
- (A suivre}.
- — • -oa> Q-weu
- PROCÉDÉ POUR BLANCHIR
- les fibres textiles végétales de C. Beyrich
- (Extrait de la Deutsche-Indusirie-Zeitung.)
- La méthode généralement employée pour blanchir les fibres textiles et surtout les fils et les cotons de lin consiste à dissoudre d’abord les matières collantes et autres impuretés contenues dans les fibres en faisant bouillir ces dernières pendant plusieurs jours avec une lessive alcaline, afin de les préparer pour le blanchiment au chlore qui doit suivre. Dans le blanchiment proprement dit, on soumet la matière à l’action des bains de chlore d’abord concentrés, puis devenant de plus en plus faibles et alternant avec des bains d'acide chlorhydrique ou sulfurique et avec des lessives de soude. Les bains acides ont spécialement pour but de mettre en liberté le chlore qui est resté dans les fibres et de neutraliser la chaux combinée à l’acide hypochloreux, tandis que les bains alcalins neutralisent l’acide dans les tissus et enrayent ainsi l’action destructive exercée sur ces derniers par les acides. Pendant ces opérations, les tissus sont lavés plusieurs fois avec la plus grande quantité d’eau possible, puis on les transporte au pré, afin d’obtenir un blanc pur en combinant l’action de la lumière avec celle des réactifs chimiques.
- Ce procédé présente différents inconvénients ; il exige de grandes quantités d’eau et de produits chimiques, on doit chauffer, le capital du premier éta-
- p.264 - vue 251/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 265
- blissement est considérable, ainsi que les frais d’achat des outils et du combustible, et enfin il demande beaucoup de temps et de main-d’œuvre. De plus, le blanchiment au pré, qui est nécessaire pour l'obtention d’un produit bien blanc, empêche de travailler pendant toute l’année et les bains de chlore n’agissent presque pas en hiver.
- C’est afin de remédier à tous ces inconvénients que M. C. Beyrich, d’Ansdorf (Silésie), a imaginé son procédé, qui repose sur les trois points suivants : 1° l’hypochlorite de chaux combiné avec l’acide oxalique ou l’oxalate de potasse possède des propriétés notablement plus énergiques au point de vue du blanchiment que lorsqu’il se trouve en présence des autres acides ou qu’il est seul; 2° l’acide oxalique ou l’oxalate de potasse n’attaque pas si fortement les fibres que les autres acides employés jusqu’ici dans le blanchiment ; 3° les matières végétales, que l’on doit enlever dans le système ordinaire avant le blanchiment, ne gênent pas cette opération en présence de l’acide oxalique ou des oxalates.
- Suivant M. Beyrich, une partie de l’acide oxalique se combine avec la chaux de l’hypochlorite dissous dans l’eau, met ainsi l’acide hypochloreux en liberté, et ce dernier, par suite de son extrême instabilité, se décompose très-vite en chlore et oxygène, qui, à l’état naissant, ont une action très énergique ; cette action n’est même pas gênée par les matières organiques étrangères, qu’on devait enlever au préalable dans l’ancienne méthode ; en outre, une autre partie de l’acide oxalique agit probablement sur les fibres, par suite de sa force dissolvante, pour le séparer des substances collantes.
- L’application de ce procédé se fait dans des conditions variables, suivant la nature du tissu et autres circonstances ; cependant, on opère généralement de la façon suivante : le tissu est traité d’abord pendant cinq à six heures dans un bain de chlorure de chaux additionné d’acide oxalique, la durée de l’opération dépend de la nature spéciale de l’étoffe; la température du bain est de 18° à 20° au minimum, et de 25 à 26° au maximum. On rince ensuite l’étoffe avec soin et on la traite par une solution faible d’acide sulfurique ; cette opération peut cependant être éventuellement supprimée.
- Il convient de ne pas ajouter en une seule fois au L ain de chlore tout l’acide oxalique ou l’oxalate, mais de n’en mettre qu’une forte partie et d’y plonger ensuite très-rapidement le tissu, parce que le chlore et l’oxygène dégagés par l’acide agissent
- surtout à l’instant du dégagement. Au bout d’un certain temps, on ajoute le restant de l’acide oxalique. Le bain d’acide faible qu’on emploie après le bain de chlore n’a pas seulement pour but de mettre en liberté l’acide hypochloreux absorbé par le tissu et de le rendre actif, mais encore de transformer en sulfate de chaux la chaux contenue dans le tissu sous forme de carbonate et d’hypochlorite ; ce sulfate de chaux ne nuit pas à la couleur blanche et à l’éclat du tissu. Après le passage à l’acide, on rince le tissu, on le passe dans un bain de soude, afin de neutraliser l'acide resté dans le tissu, puis on cylindre.
- Ces opérations sont répétées plus ou moins souvent avec des bains de plus en plus faibles, suivant l’espèce de tissu en traitement, jusqu’à ce qu’on obtienne une couleur d’un blanc parfait. Après le second lessivage, il est bon déplacer l’étoffe quelques jours au pré : cela conserve le tissu et augmente la blancheur ; mais on ne doit le faire qu’a-près le passage au bain alcalin, sans quoi on obtiendrait un effet contraire. Ce procédé convient pour tous les tissus de lin et de chanvre ; les cotons bruts et les fibres très-grasses doivent d’abord être bouillies avec de la soude, mais se blanchissent ensuite très-rapidement.
- (Bulletin du Musée de l’industrie de Belgique.)
- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. SCHULTZ.
- (Suite}.
- Pour tous les apprêts, on prend un peu plus ou un peu moins 'd’eau, selon la quantité de l’amidon, sa force épaississante et aussi selon le cylindrage.
- Les apprêts cuits à haute pression seront toujours plus ou moins durs et cassants et ne se laisseront pas écraser par le cylindrage.
- Pour apprêter à l’envers, on se sert de rouleaux presseurs, la pièce est plus ou moins tendue sur le fournisseur au moyen de deux roulettes qu’on peut abaisser et élever à volonté et qui sont disposées comme l’indique la figure suivante :
- p.265 - vue 252/286
-
-
-
- PO O. 05
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- O
- R
- O )”o
- PP Roulettes remplaçant le presseur ; *
- F Fournisseur ;
- R Rouleau gravé marchant en sens inverse de la pièce, ainsi que cela est indiqué par les flèches -,
- C Racle.
- *
- t a
- t
- * I
- 4
- *
- Echantillon d’apprêt 22 fils.
- ( Voir page 249 du journal).
- * d
- * e
- X
- * *
- 3
- que la quantité nécessaire, cet apprêt ne se conservant pas.
- Apprêt pour les brillantés :
- Les brillantés sont humectés et cylindrés une fois avant l’apprêt, puis apprêter avec :
- 16 kilog. amidon blanc.
- 2 kilog. fécule.
- 150 litres eau.
- 400 grammes de savon de stéarine.
- On cuit aussi peu que possible à basse pression au moyen d’un jet de vapeur.
- L’eau condensée augmentant le volume de la masse, on met dans l’apprêt 10 à 15 litres moins d’eau qu’il n’en faut.
- Après la cuisson, la hauteur que doit occuper la portion ci-dessus étant marquée dans la cuve, on complète par une addition d’eau le volume que doit occuper la masse.
- On ferme la vapeur dès que l’amidon commence à s’épaissir.
- Après l’apprêt, les pièces sont séchées sur rames tambours ou sur rames fixes, en ayant soin de ne pas trop élargir, puis on les enroule.
- Apprêt mère pour tissus légers :
- 100 litres eau.
- 14 kilog. amidon blanc.
- Zi kilog. fécule.
- Cuire cinq minutes à l’appareil Simon.
- Apprêt pour 16 îils :
- 27 kilog. amidon blanc.
- à kilog, albâtre (1).
- 100 litres eau.
- Chauffer directement par un jet de vapeur jusqu’à épaississement, fermer la vapeur, remuer et ajouter :
- 12 litres dissolution de savon de Marseille à 50 grammes par litre. Délayer d’abord l’amidon avec 40 litres eau 30° C., passer au tamis, puis chauffer l’albâtre avec 20 litres eau, passer encore au tamis, réunir le tout, faire entrer la vapeur et l’arrêter dès qu’il se forme des boursouflements, ajouter alors, en remuant bien, 20 litres eau froide puis la dissolution de savon, puis encore 8 litres eau froide.
- On apprête à chaud et on a soin de ne préparer
- (1) L’albâtre empêche les piqûres.
- Apprêt Batiste :
- 20 litres apprêt ci-dessus pour tissus légers.
- 6 litres dextrine à 500 grammes par litre, cuite pendant 3 ou 4 minutes dans l’autoclave Simon (I).
- 4 à 61itres eau.
- Apprêt pour Jaconas :
- 60 litres apprêt ci-dessus pour tissus légers.
- 10 litres eau de dextrine à 500 grammes par litre, ci-dessus.
- Apprêt pour Organdis :
- 60 litres apprêt pour tissus légers, ci-dessus.
- 30 litres eau de dextrine à 500 grammes par litre.
- (1) Voir la description de l’autoclave Simon, page 270, année 4873 du Moniteur de la teinture.
- p.266 - vue 253/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- to G
- Tous ces tissus sont brisés sans être séchés.
- On brise trois fois l’apprêt batiste.
- Dès que les pièces sont sur rames, on leur donne 20 balancements, puis on sèche à moitié et on brise de nouveau.
- Enfin on brise une dernière fois à sec. Chaque fois qu’on a brisé, on élargit la pièce.
- A suivre.
- (Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur).
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS DANT
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29,
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine, soie, etc.
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Vert de Malachite, breveté en France et à l’étranger ; seule concession pour la vente en France.
- Bleus Nicholson nouveaux types.
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Bleus pour coton.
- Violet rouge teignant sur bain acide, pour coton, laine et soie.
- Phosphine et Aurantia, couleurs
- orange, résistant au foulon, pour laine et soie.
- Coccine, résistant au foulon et remplaçant la cochenille sur laine.
- Nouvelles couleurs liquides, toutes nuances, teignant, sans aucun mordançage, le coton et la soie.
- Le Vert de Malachite, ou Vert d’aniline solide, est un vert jaunâtre, s’employant sur coton, laine et soie. Résistant aux températures élevées, il peut se teindre sur bain bouillant.
- Envois de Prix-Courants et d’Échantillons franco sur demande.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- RAPIDE DE ROUGE-TURC (1).
- Ce rouge-turc, dont nous donnons ci-dessous un échantillon sur coton filé, égale en vivacité et en solidité l’ancien rouge et attaque moins les fibres que les huilages, dégraissages et séchages plusieurs fois répétés de l’ancien procédé qui exige pour les filés et les pièces une installation spéciale, tandis que le nouveau procédé se faisant par un seul mordançage, une seule teinture et un avivage, peut être exécuté en deux jours avec le matériel ordinaire qui se trouve chez tous les teinturiers.
- Il va sans dire que cette simplicité d’opérations permet d’obtenir une économie importante et des résultats beaucoup plus réguliers que par l’ancienne méthode.
- (1) Pour renseignements complémentaires, s’adresser à l’Office du journal.
- p.267 - vue 254/286
-
-
-
- 268
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE NOIRE SUR LAINE
- avec reflet bleu
- par M. Jacob
- Mordançage. — Pour teindre la laine en noir bleu, on peut tremper d’abord le tissu dans de l’eau de chaux pendant douze heures ou le passer dans une eau contenant un peu de sous-carbonate de soude. On lave ensuite, de manière à ne laisser aucune trace de la chaux ou de la soude. Cela fait, on fait chauffer de l’eau, à la température de 60 à 70°, avec de la crème de tartre et de l’alun. On y passe le tissu pendant deux heures au moins, puis on trempe le tissu, après l’avoir abandonné à lui-même pendant quelque temps, dans une dissolution de sulfate de fer, ou mieux de pyrolignite de fer ; on y ajoute un peu de sulfate de cuivre et on lave. On ajoute au bain de fer une solution de campêche, un kilog. pour 10 kilog. de laine suffit, et on peut terminer l’opération en passant le tissu dans une dissolution de prussiate jaune de potasse. On lave ensuite à grande*eau.
- Il y a des teinturiers qui emploient simplement, pour faire un noir bleu, du tartre, du vitriol bleu, de la couperose verte et de l’alun. Certainement on peut réussir en composant de la manière indiquée. Toutefois, il arrive souvent que le noir ne se fait pas uniformément ; alors, on ajoute du campêche, lequel tourne au bleu par le sulfate de cuivre; mais presque toujours ces noirs changent au contact de l’air. On peut alors leur donner la solidité nécessaire en ajoutant un peu de chromate en dissolution.
- Quand on met du tartre, du vitriol bleu et de la couperose, on n’a pas, en réalité, du noir ; il faut ajouter de la noix de galle, ou une matière qui donne du tannin, et par suite un précipité noir.
- Généralement, pour le premier bain d’engallage, il faut au moins deux heures, et une heure et demie pour les bains suivants. Ce qu’on ne peut trop recommander, c’est le lavage ; la laine devient plus douce par ce moyen ; elle se sépare de toutes les matières qui sont dans ses pores.
- Que de recettes n’ont pas été données pour teindre en noir avec le reflet bleuâtre ! Ainsi on a employé le bleu de cuve, le rouge cochenille, la crème de tartre, l’alun et le cachou. On a essayé de teindre en noir avec le chlorure de manganèse, le bleu
- de cuve, l’alun et le tartre ; on a préconisé, pendant un certain temps, l’acétate d’indigo, les bois rouges et l’alun ; on a fait des noirs en teignant d’abord en rouge turc et en donnant ensuite un pied de bleu de Prusse.
- On fait des noirs en se servant comme mordant de la noix de galle, du sumac, du bablah, en un mot de toute matière astringente et tannante et en plongeant le tissu dans un sel de fer.
- On fait des noirs en se servant du sulfate d’alumine, du sulfate de fer et du campêche.
- On en a produit avec le sulfate d’alumine, le campêche et le bichromate de potasse. On engendre encore des noirs en plongeant le tissu dans une dissolution de chaux, en lavant le tissu et le plongeant alternativement dans un sel de fer et dans une dissolution de campêche.
- Tous ces noirs présentent un reflet particulier. Quand le rouge domine, le reflet est rougeâtre ; au contraire, quand le bleu est en plus grande abondance, le tissu présente une nuance bleue. Le reflet verdâtre apparaît quelquefois par la combinaison du jaune et du bleu. Comment peut-on être maître de la matière ? Pour cela il faut nécessairement de la pratique. On ne doit jamais oublier que les sels de fer ont toujours une tendance à s’oxyder, et par suite à brunir le tissu et à lui donner une teinte de rouille. L’expérience montre que, quand on peut faire entrer les sels d’alumine dans les noirs, on a moins à craindre les effets fâcheux.
- Nous ne pouvons pas tirer de conséquence aujourd’hui, parce que nous sommes loin d’avoir épuisé la matière à ce sujet. Comme on ne peut juger les résultats en teinture que par comparaison, nous prions nos lecteurs d’attendre la fin de la série des faits que nous développons pour exiger les observations les plus judicieuses et les plus utiles à la pratique.
- _-Rtt=5so_
- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR
- (Suite.)
- Substances et réactifs convenables pour enlever les tâches. (1)
- L’eau pure, froide ou chaude, ou saturée d’acides est destinée à laver ou rincer les étoffes, afin de
- (4) Tous les réactifs, à l’exception des huiles essentielles, doivent être étendus d’une suffisante quantité d’eau, afin que leur action ne soit pas trop énergique sur les tissus, et ne puisse endommager l’étoffe ou la couleur.
- p.268 - vue 255/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 269
- les débarrasser de tous les corps étrangers et neutres qui couvrent la couleur.
- La vapeur d'eau a la propriété d’amollir les matières grasses et de faciliter ainsi leur dissolution par les réactifs.
- L'acide sulfurique peut être employé dans certains cas particulièrement pour aviver et rehausser les couleurs verte, rouge, jaune, etc ; mais il faut l’étendre au moins de 100 fois son poids d’eau et augmenter cette dose suivant la délicatesse des nuances.
- L'acide chlorhydrique est utilisé avec succès pour enlever les taches d’encre et de rouille sur une grande quantité de couleurs qu’il n’altère pas sensiblement.
- L'acide sulfureux ne s’emploie que pour blanchir les étoffes non teintes, les chapeaux de paille, etc., et pour enlever les taches de certains fruits sur des étoffes de laine et de soie blanche -, on se sert aussi pour cet objet, du "gaz sulfureux, mais l’acide sulfureux liquide est moins dangereux.
- L’acide oxalique (sel d’oseille) s’emploie pour enlever les taches de rouille, d’encre et celles produites par les dissolutions ferrugineuses, ainsi que le reste de la tache de cambouis ou de boue qui a résisté au dégraissage par les autres agents, on peut aussi l’employer pour détruire les taches de fruits ou de sucs astringents ; les taches de l’urine qui a vieilli sur une étoffe, etc. Toutefois, on ne peut s’en servir que sur les tissus non teints, car il attaque les couleurs faux teint, et les nuances bon teint et claires. La meilleure manière de l’employer est de le dissoudre dans l’eau froide, quelquefois dans l’eau tiède, et de le laisser reposer un instant sur la tache avant de la frotter avec les mains.
- L'acide citrique est destiné à faire revivre et rehausser certaines couleurs, particulièrement le vert et le jaune, il détruit l’influence des alcalis, et les rosures sur l’écarlate (1).
- A son défaut on peut employer Vacide acétique (ou vinaigre rectifié.)
- L'alcali volatil ou ammoniaque liquide est l’agent le plus énergique et le plus utile que l’on puisse employer pour dégraisser les étoffes, les chapeaux de soie et pour neutraliser promptement les effets des acides ; dans ce dernier cas, il suffit souvent d’exposer les taches à la vapeur de cet
- (1) En teinture on désigne par rosures les teintes ou tâches rouges, cramoisies et bleuâtres que prend l’écarlate.
- alcali qui les fait disparaître entièrement. C’est le réactif qu’emploient journellement les fripiers qui veulent eux-mêmes dégraisser et remettre à neu les vieux habits.
- L'ammoniaque fait virer au violet toutes les couleurs faites à la cochenille, au bois de Brésil ou de campêche, à la laque et montées à la cochenille. Il ne détériore pas les étoffes de soie, mais il attaque sensiblement les étoffes de laine à une température élevée. On s’en sert pour rétablir la couleur noire sur la soie qui a été endommagée par l’humidité.
- Le carbonate de soude (cristaux de soude) sert également pour la plupart des cas où l’ammoniaque est employé. Il est bon pour les chapeaux de soie altérés par la sueur. .
- La soude et la potasse ne servent que pour le éfoffes blanches de lin, de chanvre et de coton, car ces alcalis attaquent les couleurs en même temps que la ténacité et la souplesse de la laine et même de la soie. Par la même raison, le savon blanc ne s’emploie convenablement que pour nettoyer les étoffes de laine blanche.
- Le savon marbré convient pour le dégraissage des grosses étoffes de laine et de coton, telles que les couvertures qui ne sont pas soumises au frottement et à l’usure ; pour ces étoffes, quand elles n’exigent pas une grande souplesse et nne grande douceur au toucher on peut encore augmenter l’action du savon par une petite addition de potasse.
- Le savon vert, dit savon gras à la potasse, peut s’employer avec succès en dissolution avec la gomme arabique ou d’autres matières mucilagineu-ses pour le dégraissage des étoffes de couleur et principalement des étoffes de soie unies ; on doit même préférer cette composition au savon blanc ou marbré, parce qu’elle enlève plus facilement les taches et qu’elle attaque beaucoup moins les couleurs.
- Le bain de savon sert à opérer le lavage à fond des étoffes blanches et en bon teint. Il peut s’employer dans les machines à laver, comme la dissolution de cristaux de soude et souvent après le passage dans cette dernière dissolution. On le prépare en faisant dissoudre des tranches minces de savon que l’on a préparées dans l’eau à la température de l’ébullition. Ce bain se conserve dans un vase de terre ou un baquet en bois.
- La poudre de savon, que l’on trouve chez tous les parfumeurs, est principalement employée pour le nettoyage des gants d’agneau ou de chevreau.
- p.269 - vue 256/286
-
-
-
- 270
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le fiel de bœuf, que l’on trouve chez les bouchers ou tripiers, dans une espèce de poche membraneuse, a la propriété de dissoudre la plupart des corps gras peu résistants sans altérer ni les étoffes ni les couleurs. On peut s’en servir préférablement au savon pour le dégraissage des étoffes de laine ; mais on ne doit pas l’employer pour le nettoyage des étoffes de nuances claires et délicates qu’il ternit, en leur donnant une teinte d’un jaune verdâtre et parfois d’un vert foncé. On le mélange aussi avec d’autres matières, de l’essence de térébenthine, de l’alcool, du miel, du jaune d’œuf, de l’argile, etc., et dans cet état on s’en sert pour dégraisser les étoffes de soie.
- Pour produire un effet satisfaisant, le fiel doit être très-frais. Pour le conserver un moyen simple consiste à lier fortement avec une ficelle le col de la membrane qui renferme le fiel ; puis à mettre cette enveloppe dans l’eau bouillante pendant quelque temps. Cela fait on le retire et on le sèche à l’ombre.
- Le jaune d'œuf possède à peu près les mêmes propriétés que le fiel de bœuf, mais il est d’un emploi plus coûteux. Il faut aussi l’employer le plus frais possible, car il perd son efficacité en vieillissant.
- Quelquefois pour donner une action plus énergique au jaune d’œuf on le mélange avec de l’essence de térébenthine, par volume égal, et on l’emploie en le chauffant à la température de l’eau tiède.
- (4 suivre). s
- - ' =>D-0=3= .
- CHRONIQUE
- NOUVELLE FABRICATION d’étoffes avec les déchets et des rebuts.
- Par M. Rydill.
- M. Georges Rydill, de Londres, vient de prendre un brevet en Angleterre et en France pour les perfectionnements dans la fabrication des toiles double face, unies et de fantaisie, bures, couvertures, nappes, velours, etc., en utilisant les rebuts et les déchets de soie et autres tissus ou étoffes de soie tondues, déchets extraits de soie, ou chiffons de soie extraits qui contenaient une chaîne végétale de coton ou de fil de lin. Ces matières sont déchirées et transformées par une machine à chiffons ou machine à déchets de coton, dite machine Garnett,
- en un duvet de soie ou laine à carder, filer, peigner, et propre à produire des fils pour la fabrication de toiles perfectionnées, unies ou de fantaisies, bures, couvertures ou imitations de toiles cirées ou de velours à poils, couvre-pieds, jupons, etc., toiles supérieures ou autres, ayant une face tramée, laine ou lainée, d’un côté de la pièce, et une face tramée soie de l’autre côté.
- Des pièces de toiles et tissus peuvent être faites avec les chaînes de coton ou de fil de lin ou autre végétal, ou de soie filée, alpaga, mohair, poil de chameau, poil de vache, poil de veau ou de chèvre, laine extraite, laine ou chaîne lainée, avec une face tramée soie d’un côté, soit unie, de fantaisie ou veloutée à poils, et l’autre face en alpaga, mohair, etc., comme trame sur l’envers.
- Les pièces d’étoffes ou tissus peuvent aussi être faits avec une face de velours de soie tirée à poils, provenant de chiffons de soie ou duvet de soie ou laine, ou velours de coton tondu, et l’autre face en soie ou coton uni, de fantaisie ou à poils. Ou bien encore les pièces de toile cirée ou de velours à poils, provenant de chiffons de soie ou duvet de soie ou laine, et l’autre face ou envers avec une trame de poil ou duvet de lapin ou de lièvre, ou laine, soie végétale, duvet, plumes, filés ou mélangés avec le duvet de soie ou laine, alpaga, mohair, etc.
- La soie de l’endroit ou de l’envers de ces pièces d’étoffes est ornementée ou à dessins, suivant les modèles ou dessins ordinaires de teinture, impression et tissage, avec trames ou chaînes teintées ou imprimées, ou trames de soie, laine ou lainages, alpaga, mohair, etc., de façon à constituer les pièces d’étoffes ou tissus unis, de fantaisie, imitation de toile cirée, velours à rectiligne ou circulaire.
- Pour obtenir du duvet de soie ou laine, rapidement avec de grandes quantités de chiffons de soie, et à peu de frais, les chiffons de soie et déchets sont d’abord nettoyés par un lavage et ils sont traités par l’acide sulfurique, muriatique ou chlorhydrique, nitrique, ou soumis à l’action de chlorures métalliques, chlorure d’aluminium ou alun liquides ou de leur gaz ou vapeurs acides, pour retirer les subtances végétales. Comme beaucoup de chiffons de soie contiennent une trame ou une chaîne de coton, l’extraction des substances végétales par des acides donne un beau déchet de soie, après que les acides sont retirés de la soie par un lavage à l’eau, l’ammoniaque, la potasse, l’eau de
- p.270 - vue 257/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- G
- chaux, la soude caustique , le savon ou autre alcali liquide.
- Les eaux de rebut provenant de ce lavage acide ou alcalin servent à précipiter et à nettoyer les eaux sales extraites des chiffons de soie.
- Les chiffons ou déchets de soie, chiffons ou déchets de satin, après qu’ils ont été nettoyés à l’eau alcaline et débarrassés du coton et des substances végétales et matières étrangères, sont assortis en couleurs, classés et transformés en un duvet de soie en laine, ou duvet de satin en laine, que l’on carde, condense et file pour en faire une trame ou chaîne de soie ; ou bien l’on carde et peigne les chiffons désagrégés et l’on file en une chaîne ou trame pour la fabrication d’étoffes unies, de fantaisie, imitation de toile cirée, velours à poils, pièces d’étoffes ou tissus, lesquels fils, chaîne ou trame, sont teints ou imprimés en nuances diverses, comme on le désire, avant le tissage ou en pièces.
- Dans certains cas, les chiffons de soie sont nettoyés et transformés en un tissu de soie et laine, sans que les fils de coton et les substances végétales soient retirés; puis ils sont cardés, condensés et filés en fils pour constituer des pièces d’étoffes de genre ordinaire ou autres articles textiles ; et alors les substances végétales ou coton sont teintes dans les pièces d’étoffes.
- (Technologiste.)
- ESSAI DES SAVONS
- Par M. E. Baudouin, chimiste.
- ÉTUDE DES ACIDES GRAS RETIRÉS DES SAVONS
- Les expériences que j’ai entreprises dans le but de connaître la nature et les mélanges des corps gras composant un savon, ainsi que la présence d’une substance étrangère soluble dans les acides gras, comme la résine, m’ont démontré que les acides gras des différentes huiles conservent la plupart des caractères et réactions des huiles dont ils proviennent.
- Densité des acides gras
- De ces caractères, la densité subit la modification la plus profonde. Mais la différence qui existe entre la densité des différentes huiles se retrouve également entre la densité des acides gras de ces huiles. Ce moyen d’investigation a donc la même
- valeur pour les acides gras que pour les huiles neutres.
- La difficulté de prendre la densité des acides gras d’un point de fusion plus élevé que la tempé-ture ambiante fait quelque peu hésiter à employer ce moyen ; mais il est facile de prendre la densité de ces corps gras à une température supérieure à leur point de fusion en opérant comme il suit.
- Le flacon à densité dont on se sert est muni d’un bouchon ouvert dont l’extrémité extérieure se termine en un tube effilé pouvant laisser sortir le liquide dilaté par la chaleur ; il est taré puis jaugé de la manière déjà indiquée pour les huiles.
- On fait fondre, à la plus basse température possible, les acides gras dont on veut prendre la densité ; on en remplit le flacon à densité qu’on bouche et qu’on place ensuite dans un bain-marie étroit, de manière qu’il ne repose pas directement sur le fond et qu’il soit recouvert presque entièrement par l’eau du bain-marie. Un thermomètre, fixé par un support à pince, plonge dans l’eau qu’on chauffe modérément.
- Dès que le corps gras, en se dilatant par la chaleur, commence à s’écouler par la partie effilée du bouchon, on cesse de chauffer. On essuie avec soin, à l’aide de rognures de papier à filtrer, l’extrémité du bouchon, à mesure que des gouttes de corps gras y arrivent ; en même temps on mélange bien avec un agitateur les différentes couches du bain-marie, afin d’en rendre la température bien uniforme, et, observant les thermomètre, on choisit, pour en noter les degrés, le moment où, le flacon étant exactement plein, la température reste stationnaire un instant, puis commence à baisser.
- On enlève alors le flacon du bain-marie, on l’essuie et on le pèse.
- Pour le reste, voir la densité des huiles.
- J’ai ramené à 30 degrés la température de la densité des acides gras, la plupart de ceux retirés des savons ordinaires étant liquides à une température inférieure. D’ailleurs, la dilatation des acides gras étant la même que celle des huiles, le même calcul pourra servir à faire connaître la densité à une température quelconque.
- (4 suivre}.
- p.271 - vue 258/286
-
-
-
- 272
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCENANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- seur statique contrôleur, destiné à peser et à élever les corps divisés employés dans l’industrie en général.
- 120,907.-— Muller. — Brocheuse à tisser les étoffes de soie étroites, à plusieurs pièces.
- 120,689. 12 octobre. — Hubner. — Machine à peigner les matières filamenteuses.
- 120,703. 13 octobre. — Robertshaw. — Perfectionnements dans les temples mécaniques employés dans le tissage.
- 120,722. 9 octobre. — Plantrou jeune et comp. (Société}.— Système de guide, maintien ou tension automatique, applicable aux appareils à retendre, à ramer et apprêter les tissus.
- 120,772. 17 octobre. — Plantroujeune et comp. (Société). — Procédé d’irrétrécissement des tissus de laine, etc., etc.
- 120,781. 26 octobre. — Demeuse et comp. — Perfectionnements aux échardonneuses.
- 120,792. 19 octobre. — Chalamel et comp. (Société). — Procédé de teinture, à réserves, des matières textiles et filamenteuses.
- 120,799. 15 octobre. — Rivoire. — Nouveau montage de lisses.
- 120,801. 17 octobre. — CHARBONNET et Roche. — Tissu velours dit : velours aux fers.
- 120,802. 17 octobre. — Coche. — Système d’extenseurs pour tissus.
- 120,807. 23 octobre. — Reynaud et COrFIN. — Application du chlorure de cobalt ou autre substance hygrométrique sur tous tissus destinés à faire des foulards.
- 120,810. 26 octobre. — DEJOUX et Venet.— Système de pompage du coton et autres matières textiles en trame, cannettes ou fuseaux.
- 120,825. 30 octobre. — Mariage. — Balancier chasse-navettes, avec boîte centrale.
- 120,827. 30 octobre. — Strakosch, — Lainerie ! dessins et ses fonctions.
- 120,859. 24 octobre. — Dendy et Beard. — Perfectionnements dans les métiers à tisser les étoffes de nouveautés.
- 120,860. 24 octobre. — Compagnie franco-américaine de caoutchouc durci et souple. — Fabrication de rouleaux de filature en celluloïd.
- 120,865. 29 octobre. — Ligois. — Métier à filer les matières filamenteuses, à renvidage continu, formant la cannette ou la bobine sur tube en papier.
- 120,901. 27 octobre. — Schreiber.— Ascen-
- AVIS
- Nous pouvons offrir à nos lecteurs un exemplaire, demi-reliure, en bon état, quoique d’occasion, pour le prix de 75 francs, du
- Traité théorique et pratique
- DE
- L'IMPRESSION DES TISSUS
- Par PERSOZ
- 4 vol. in-8°, contenant 165 figures et 429 échantillons d’étoffes dans le texte, acccompagnés d’un atlas in-43 de 10 planches dont 4 sont coloriées. L’ouvrage de M. Persoz devient très-rare.
- S’adresser à l’office du Journal.
- Librairie scientifique Ambroise Lefèvre 47, quai des Grands-Angustins, Paris.
- Grande occasion, 35 francs au lieu de 100 francs
- DICTIONNAIRE
- DES TISSUS
- Anciens et Modernes
- Traité complet du tissage de toutes les matières textiles
- 2e édition, 1867, 8 volumes in-80 accompagnés d’un atlas in-folio de 152 planches (plans de métiers. dessins de machines, d’armures, etc.). Prix............................... 35 fr.
- Envoi franco contre un mandat-poste.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- Par Maius MOYRET
- 1 vol. in-Sn. — Prix : 21 fr. par poste Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- . _________ . . « ____________________
- lmp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.272 - vue 259/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- aobjgpil ajjitbog-fe offi od si b abviib aob asol I nilusD alsa ab 80079 Jenuoid IIOaismI sJ
- 22“ Année, Ne 23. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Décembre 1878. a asislts asb aliua Jelxqot STUS slle'op anozoqqrre i -om si mreJ u s olla 9nilias‘b aneluoo ab ataso -ioiosLobobolinbcu/nlluani.NCtoineyue"bollisb
- 19 usemgf iupXusetol | ,, anvkaloS'l ot, exzazoln+unq bisoë
- anon 3nob loçaoanoqmonbneob inls. . anq SOMMAIRE _ ol
- Exposition universelle de 1878 : Distribution des récompenses. — Revue de l'Exposition (suite). HulDes noirs sur soie, par M. Marins MofrET. Les apprêts de tissus fils de coton (suite), par Alex. SCHULIZ (3 éolan-tillons). sj)lobiqsnoevTub.eniaosI C °
- PROCÉDÉS PRATIQUES, —h Série de verts pour ameublements, billards, etc., par VAN LAR9 — Teinture pour chapellerie (suite) : Mode foncée sur feutre poils tle lapin. — Procédé pour blanchir les libres .textiles animales. — Noir direct (Brevet Rave).
- • /. Jiul IQ. 29— -1887 o | .a, II 0 Su61SD120100 9niaf SflLf 111800 189.8
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Un nouveau tissu. — Ensimage des laines. — Catalogue des, brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. — Annonces.
- -o— .. —i— -h —9 -N
- EXPOSITION UNIVERSELIE DE 1878
- T-neh tal onisC) : /H US, I 1e bemelsd
- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES
- ________________________
- Classe 60. — France. I
- —8
- Médailles d’or.
- Buflaud frères, à Lyon ; machines à étirer et lustrer les soies, secoueuses, chevilleuses. — Corron, à Valbenoite, près St-Etienne (Loire) ; Outillage complet de teinture. —Pierron et Dehaitre, à Paris; machines et appareils pour teinture, apprêts, impression sur étoffes. —-, Tulpin frères, à Rouen; machines pour blanchiment, teinture et impression.
- Médaille de bronze.
- Delacroix, à Deville-les-Rouen (Seine-Inférieure); Machine a plier, machine à doubler. — Devienne, à Paris. Cylindres gravés. — Girard, à Paris. Appareil à cuire les bois de teinture, les apprêts. — Klentzy frères, à Paris. Cylindres à friction.
- . : t • * oi s •" a.s . an ie ) / a ( -
- Mentions honorables.
- Aubert, à Paris. Machines à gauffrer, moirer— Descombes, à Paris. Machine à apprêter, bassine pour préparer la gomme à apprêter. •— Guerry et CP, au Gond (Charente). Feutres séchéurs. — Mattardet Dernier, à Chateauneuf (Charente). Feutres séchéurs. — Nicolet, à Deville-les-Rouen (Seine-Inférieure). Machine à tordre lesécheveaux.
- - abot01 —iohik -L
- Collaborateur.
- MÉDAILLE DE BRONZE: : in
- Gonfara, maison Tulpin frères, à Rouen.
- REVUM DE L’EXPOSITION • b atuefuo
- -ns’h sguorub siotairl’I fi jiv19a 100q afnomn ob Classe 47. — France.
- —
- I 91190 — -ei 98) Yiloio s ablh”
- Administration des mineside Boux-willer, à Laneuville-devant-Raon (M.-et-M.) — Le prussiate jaune de potasse exposé par celte fabrique; qui a introduit la première en France cette fabrication, est de toute beauté. Depuis l’annexion de l’Alsace, cette maison a établi une fabrique à Laneuville près de Nancy, pour conserver cette in-dustrie à la France. La production est très-impor-tante, elle est de 500 à 600,000 k. vendus exclu-sivementen France. Elle a obtenu a l’Exposition un rappel de médaille d’or
- .0295/3332363
- Ve Brigonnet et flls, àj St-Denis (Seine). —.Cette maison exploite les procédés de M. Camille Vincentpour la préparation du chlorure de méthyle qui a rendu de grands services aux pro-ducteurs de couleurs d’aniline, dans la fabrication de produits méthylés, tels que le violet Hoffmann, le vert méthyle, l’eosine méthylée, etc. Le chlorure de méthyle sert encore à l’obtention économique du froid, dans les laboratoires et dans l’industrie.
- Il permet en effet d’abaisser la température d’un bain liquide à 23° sans activer son évaporation et à 53° en l’activant. Nous publierons plus tard une. note détaillée sur sa préparation et ses emplois.
- p.277 - vue 260/286
-
-
-
- 00
- 8:
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La maison Brigonnet expose des sels d’aniline» méthyle aniline, etc. Matières premières des fabricants de couleurs d’aniline, Elle a obtenu la médaille d’argent et M. C. Vincent la médaille d’or.
- Société parisienne de l’éclairage et du clauffage par le gaz. — Médaille d’or. — Le produit remarquable de cette exposition est l'anthracène pur en magnifiques cristaux, l'anthra-cène pur en neige et l’anthracène riche sublimé. On y voit également du bleu de Prusse extrait des matières d’épuration du gaz (industrie pour laquelle il s’est construit une usine considérable en Angleterre), de la naphtaline purifiée, des huiles lourdes, etc.
- M. Audouin, directeur des usines à goudrons de la Compagnie a obtenu la médaille d’or.
- Dehaynin, à Paris. — La maison Dehaynin s’occupe également des dérivés de la houille, elle expose de l’anthracène, etc, et de l’alizarine pour rouge.
- Le directeur de la fabrication est M. Théodore Château dont tous nos lecteurs connaissent l’ouvrage sur les couleurs dérivées de la houille et les documents pour servir à l’histoire du rouge d'an-drinople. M. Dehaynin a obtenu la médaille d’or.
- Vedls, à Clichy (Seine). — Cette fabrique nous montre l’aniline, et, parmis ses dérivés, des produits très-intéressants tels que : Toluidine, nitro-toluidine, benzine, nitro-benzine, acétani-line, méthylaniline, binitrobenzine, binitrotoluène, xylène, etc., et trois échantillons de soie teinte en jaune et orangés. Ces échantillons placés dans des tubes de verre sont peu visibles. — Rappel de médaille d’argent.
- Coupler et Ce, à Creil (Oise). — Rappel de médaille d’or. — Le nom de l’exposant est bien connu de nos lecteurs.
- On doit à M. Coupier la découverte de différents rouges, de la fuschine sans arsenic, du bleu de Coupier, etc. Parmi les produits exposés on remarque l'alcool de houille, la benzine et le toluène purs, le xylène, la toluidine cristallisée, le bleu noir à l’alcool, le rouge de Toluène purs, le violet noir, la pseudotoluidine de M. Rosensthiel, la fuschine raffinée, la fuschinesans arsenic, etc., etc., et des échantillons de teinture sur laine et soie.
- Patry et Ce, à Paris. —Mention honorable.— Cette maison ne figure pas au catalogue officiel des exposants, mais comme elle expose des échantil
- lons des dérivés de la houille en produits liquides et solides et entre autres le bleu de Puteaux, nous supposons qu’elle aura repris la suite des affaires de la maison Kinsbourg, George et Guyard, de Puteaux, qui figure au catalogue des exposants et ne figure pas à celui des récompenses, et dont nous n’avons pas trouvé l’exposition. On voit dans la vitrine du brun, du bleu et du gris.de résorcine, de l’eosine, du crysonaphtol (jaune d’or) du Crysophe-nol (jaune) et des échantillons de soie teinte.
- Guignon fils et Ce, à Lyon. — Médaille d’argent. — Les produits exposés sont : des pains de corallines rouge, jaune, capucine, solubles à l’eau et à l’alcool, des extraits secs de campêche prima, de cuba, de châtaignier, des extraits à 30° et de l’acide azoto sulfurique cristallisé. La maison à la spécialité des corallines (procédé breveté).
- Dubose et Ce, au Havre (Seine-Inférieure).— Médaille d’or. — La maison Dubosc est une des plus importantes pour les bois et les extraits de bois de teinture. Les produits exposés consistent en échantillons de bois en grume, effilés, en poudre, des extraits secs et à 30° de campêche, cuba, quercitron, lima, quebracho, des poudres de cur-cuma, Santal, Fernambouc, Fustet.
- La maison Dubosc a importé la première en France le bois de quebracho dont il a été beaucoup parlé dans ces derniers temps, très-riche en tannin et recherché actuellement par la tannerie.
- A suivre.
- DES NOIRS SUR SOIES
- (Extrait de l’ouvrage de M. Marius Moyret) (1).
- SOMMAIRE. — Des Noirs. Classification. — Noirs sur soie écrue. Classification.—Noirs anciens à la galle et au pied. — Noirs à fond de bleu et terminés à la galle et au pied. — Noirs anglais sur soie écrue. — Noirs légers. — Du pied ancien. — Du pied moderne. — Avivages des noirs.
- Des Noirs. Classification.
- Depuis la lecture de la préface à la Société des Sciences industrielles de Lyon, j’ai jugé à propos de modifier légèrement le sommaire concernant la partie descriptive si importante des noirs, laquelle comprend quatre chapitres. J’ai d’abord, ainsi que cela se pratique dans les ateliers, divisé les noirs en trois grandes classes, soit :
- (1) Voir aux annonces.
- p.278 - vue 261/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 279
- Les noirs sur soie écrue ;
- Les noirs sur soie cuite -,
- Les noirs sur soie souple.
- De la classe des noirs sur soie cuite, j’ai fait deux grandes subdivisions, soit :
- Les noirs sur soie fine-,
- Les noirs sur soie grosse, fantaisie, shappes, floches, etc.
- Les noirs sur soie écrue sont l’objet du chapitre XL
- Les noirs sur soie cuite fine sont l’objet du chapitre XII.
- Les noirs sur soies grosses, fantaisie, shappes, floches, cordonnets fantaisie, sont celui du chapitre XIII.
- Et enfin les noirs sur soie souple, celui du chapitre XIV.
- Je suis toujours le même ordre successif : soie écrue, cuite, souple, qui m’a paru le plus rationnel, prenant d’abord la soie à son état naturel et telle qu’elle a dû être teinte au début, c’est-à-dire écrue, puis la cuite étant venue après, et enfin l'assouplis-sage, qui ne date que de ce siècle.
- Des noirs sur soie écrue. Classification.
- Les noirs sur soie écrue se sont faits dès le début et ont dû précéder les noirs cuits -, ils se font encore de nos jours couramment et par des méthodes qui diffèrent peu des anciennes. Ils se font toutes les fois que la soie est destinée, organsin ou trame, à former un tissu qui, comme pour la toile du velours, ne joue qu’un effet d’envers et demande une certaine fermeté que la cuite enlèverait à la soie, ou pour des articles tels que les satins, dans lesquels la trame est complètement couverte par un flotté de chaîne qui seul fait l’effet désiré et où, à la rigueur, on pourrait remplacer la soie par du coton apprêté pour cela ou non. Le teinturier, pour teindre les soies écrues en noir a peu à se préoccuper de l’élasticité et de la force, qui sont ménagées naturellement par le grès, mais en place il a moins de ressources à sa disposition, les soies ainsi teintes ne pouvant supporter nulle action de la part du savon chaud.
- Dans les noirs écrus, comme dans tous ceux qui suivent, les opérations de la charge se lient à leur production et font partie de la teinture même -, elles ne sont donc plus indépendantes comme dans les teintures en blanc, couleurs claires et couleurs rabattues.
- De même, il est diverses opérations nouvelles
- qui, telles que le lustrage, s’y lient également et sont vues à la suite de chaque noir.
- Je divise les noirs écrus en quatre classes soit :
- Les noirs sur soie écrue anciens, par galle et pied;
- Les noirs sur soie écrue modernes, par galle et pied;
- Les noirs sur soie écrue bleutés, terminés par galle et pied ;
- Les noirs sur soie écrue ne pouvant supporter une foule d’opérations tels que ceux sur soie grège et faits en noirs fins, ou noirs anglais, noirs légers.
- En résumé, ce que l’on demande aux noirs écrus, c’est plutôt à cause de leur destination, de la fermeté et de la plénitude dans la nuance que des nuances dégagées. De plus, par la présence du grès, l’on peut arriver à des rendements considérables, jusqu’à 200 p. c.; aussi ces noirs prennent souvent le nom de gros noirs, et nécessitent de forts adoucissages pour ramener un bon toucher.
- Noirs anciens sur soie écrue, par galle et pied.
- Au milieu du siècle dernier et au commencement de ce siècle, on teignait en écru les soies écrues jaunes, de préférence aux écrues blanches. Les soies, dénouées et mises en matteaux, bien mouillées à l’eau tiède, étaient soumises à un fort engallage à froid. On commençait par les liser sur le bain pour les imprégner à froid, au fond de la barque. Il est assez curieux de voir conseiller l'en-gallage à froid dans les recettes anciennes ; cela doit venir sans nul doute de ce que dans des engal-lages à chaud, en chauffant imprudemment, quelques teinturiers ont dû obtenir des commencements dassouplissage et que ne pouvant régulariser celte action, qu’ils ne pouvaient s’expliquer, ils ont dû avoir de graves mécomptes, et ont alors préféré recourir à l’action du temps, pour suppléer à celle de la chaleur.
- Les soies suffisamment engallées, on les retirait de la barque, on les laissait bien égoutter, puis on les lavait avec soin et on les égouttait de nouveau. On les passait à plusieurs reprises sur un pied de noir plus faible que pour les cuits, vu leur grande affinité pour la teinture, déjà nettement constatée au temps où écrivait Macquer. Le tannin employé pour l’engallage était toujours la galle fine ou les velanèdes. Quant au pied, dont la base était un sel de fer, rien d’aussi complexe que sa composition et sa fabrication. Le pied ancien et le pied moderne
- p.279 - vue 262/286
-
-
-
- g
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sont l’objet des deux derniers paragraphes de ce chapitre.
- Les soies engallées écrues étaient donc lisées sur un pied faible, ou quelquefois même sur la disbro-dure, ou première eau de lavage en barque des soies cuite sortant d’un pied concentré.
- Peu à peu, dans ces conditions, le fer contenu dans le pied se fixe sur la soie, et au bout d’une heure à froid, elle a pris une teinte gris d’acier; les soies étaient alors levées sur des grilles, pour laisser retomber dans la barque l’excès de bain qu’elles contenaient, puis égouttées; elles étaient ensuite mises avec les bâtons sur deux grandes barres de bois dites vergues absolument comme dans la barque, afin de les aérer; peu à peu la couleur montait au noir. Les soies, promenées sur les vagues, laissent égoutter du bain, qui se rassemble dans une rigole pour venir dans une cavité, d’où on le remonte peu à peu dans le pied, qui sert donc indé-.Animent. 1 19 ion 51 J1o1
- Les soies, après un premier aérage sur les. vergues’, étaient remises sur le pied, et repassées sur les vergues. Cette opération était répétée jusqu’à trois fois, car c’est d’elle que dépend l’intensité du noir, par la formation d’un composé magnétique de tannin et de fer. |
- Le noir était alors lavé à la rivière, et recevait une ou plusieurs battures, pour bien le dégorger des précipités interposés, mais non combinés. Les soies étaient ensuite égouttées et séchées. I al |
- Le noir obtenu dans ces conditions avait un ton noir bleu, un peu clair, un peu plombé, un toucher dur, ce qui était sans importance pour les articles auxquels on le destinait, gazes, dentelles, etc. L’auteur (Macquer) ne dit rien du rendement ; mais il est probable que les teinturiers obtenaient de 25 à 30 p. c.
- Si nous avons décrit avec tant de soin le mode d’obtention de ces noirs, c’est que depuis Macquer ils n’ont subi que des progrès, très-faibles, et sont restés, sauf quelques légères modifications, ce qu’ils étaient en soie écrue et en soie cuite, comme nous le verrons dans le paragraphe suivant, et, pour les soies cuites, dans le chapitre XII. Les modes d’opérer, les expressions même, tout est resté, et de nos jours, pour des articles spéciaux, ces noirs sont arrivés à un grand degré de perfection et ont porté la charge à sa plus grande expression.
- La théorie de la formation du noir est la même que celle de la formation de l’encre ancienne : le
- tannin étant fixé sur la soie par voie d’affinité chimique, attire l’oxyde de fer contenu dans les pieds, et, comme on le verra en parlant de ceux-ci, pour remplacer cet oxyde de fer, il faut constamment maintenir de la ferraille dans les barques de pied -, cette fixation du fer sur la soie se fait surtout sur les vergues, au moment de l’aérage. Encore une fois, je ne saurais trop le répéter, les combinaisons de tannins et d’oxyde de fer qui se forment sur la soie sont des combinaisons magnétiques, et pour y aniver, il faut passer par l’intermédiaire des sels ferreux, et dans ce cas ce sont les pieds qui les apportent. La soie lissée sur les vergues contient du tannin fixé; elle est de plus mouillée par un sel ferreux ; peu à peu, au contact de l’air, il se forme de l’oxyde magnétique qui se combine au tannin, et l’acide reste dans l’eau qui mouille la soie. Cela est tellement vrai, que si l’on prenait un sel ferrique pour pied, le résultat ne serait plus le même, par la raison que celui-ci brûlerait, par son excès d’oxygène, le tannin fixé sur la soie.
- (A suivre).
- 1 sl96ia.solasup.91sb n iup eas2
- .noknoikeesi) oroè loa IIr2 2ios 200 LES APPRETS DES TISSUS DE COTON 1uds 1890 (81 308 92801338108/102 1011 28 . siobnetn01 Par Alex. SCIULTZ.
- (Suite).
- De tous les agents qui contribuent à la beauté et à la perfection des tissus imprimés, l’humidité est incontestablement le plus important.
- Ce n’est que par l’intervention de l’humidité qu’on arrive à produire de bons apprêts.
- Aucune oxydation, aucune impression, aucune fixation, aucune combinaison des mordants et des couleurs avec les fibres des tissus ne peut bien se faire sans l’intervention de l’humidité.
- Lorsque vous obtenez des couleurs ternes et manquées, cela provient le plus souvent d’une cause où l’humidité joue le rôle principal (1).
- Il est nécessaire pour l’impression de certaines gravures fines, comme les guillochés, les mille carreaux et autres, que les tissus contiennent de
- (1) Pour l'humectage des tissus, qui est une des parties les plus importantes de l’apprêt des tissus, voir le Moniteur delà Teinture, année 1872, page 214, et surtout l’excellent article de M. F. Gouillon intitulé : Pulvérisation des liquides et humectation des tissus, machine de MM. Welter et Weid-knecht, qui se trouve dans le n° 16 du Moniteur de la Tein -1 ture, année 1874, page 185.
- p.280 - vue 263/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2 GO hod
- l’humidité, c’est pourquoi, il est indispensable par les temps secs, de les apprêter avec de l’eau, en les exposant pendant quelque temps dans un endroit humide, soit en les passant dans la chambre à oxyder continue, soit en les étendant dans les salles d’oxydation humide ou à l’air pendant la nuit.
- Une expérience très-simple, expliquera facilement la nécessité de l’humidité pour bien réussir certaines impressions.
- Qu’on mette une goutte d’eau gommée sur un tissu de coton blanc et sec, elle restera parfaitement ronde et ne s'étendra pas, tandis que la même goutte d’eau sera absorbée immédiatement par le même tissu rendu humide.
- Répétez cette expérience d’une autre manière, en prenant une pièce contenant la quantité d’humidité convenable pour votre impression, partagez la pièce en deux, imprimez en même temps et avec la même couleur les deux parties avec un guillo-ché ou un autre rouleau, d’une gravure très-fine, la toile humide reproduira correctement toutes les formes du dessin, tandis que la toile sèche refusera la couleur et donnera une mauvaise impression.
- Ceci est tellement vrai, qu’au moment où le genre soubassement-guilloché était à la mode, il n’a jamais été mieux réussi qu’en Angleterre et cependant les imprimeurs d’autres contrées se servaient de rouleaux gravés dans ce pays.
- L’erreur provenait, tout simplement, de ce que les Anglais, dont le climat est très-humide, avaient à leur disposition, pour imprimer les guillochés, des pièces humides, tandis que nos pièces plus sèches, refusaient la couleur en reproduisant mal le dessin.
- Les imprimeurs anglais qui excellent à imprimer au rouleau leurs fonds, de manière à avoir l’envers des pièces presque blanc, ce qui leur produit une économie de matière colorante, doivent ce résultat à leurs gravures profondes, qui leur permettent de fournir assez de couleur sur leurs pièces humides, tandis que la gravure des mêmes fonds serait insuffisante pour l’impression des pièces sur le continent, où le climat est moins humide.
- Ceci explique aussi pourquoi le climat humide des Anglais, si favorable à l’impression, à la bonne et prompte oxydation des mordants et à la fixation par le vaporisage, leur permettait, sans en connaître la cause, d’obtenir une fabrication supérieure à celle des [ autres pays, (tout en employant
- les mêmes procédés) à l’époque où les principes de l’oxydation humideétaient inconnus.
- Si l’on ne se sert pas ou très-peu de l’oxydation continue sur le continent, c’est encore une question de climat.
- L’oxydation continue réussit très-bien en Angleterre pour tous les genres de fabrication et elle est insuffisante en France, parce que déjà pendant l’impression les mordants par l’humidité des pièces s’oxydent mieux chez eux que chez nous ; cette facilité d’oxydation, favorisée par l’humidité de l’air avec lequel les pièces sont continuellement en contact, permet d’obtenir par un passage de 10 à 15 minutes dans la chambre à oxyder continue des résultats parfaits qui ne peuvent s’obtenir chez nous aussi bien que chez nos voisins d’outre Manche.
- A l’époque où l’oxydation humide n’était pas encore connue, et au moment où le genre soubassement-guilloché était à la mode, j’ai essayé, en Allemagne, où l’air est souvent agité par des vents secs et froids, beaucoup de moyens d’humectation et doxydation ; le procédé suivant m’a donné des résultats pareils à ceux que l’on obtenait en Angle-terré.
- On foularde les pièces dans le bain suivant :
- Eau, 7 litres.
- Chlorhydrate de magnésie à 15° B, 1/4 litre. Chlorate de potasse, '60 gram.
- Nitrate d'ammoniaque, 30 gram.
- On sèche les pièces et on imprime après le fou-lardage les mordants de fer et d’alumine convenablement épaissis.
- La proportion de sel d’étain pour les rouges à l’acétate d’alumine doit être plus forte que pour l’oxydation humide par les étendages.
- Le nitrate d’ammoniaque se prépare directement ainsi que le chlorhydrate de magnésie ; ces sels déliquescents donnent aux tissus l’humidité convenable pour obtenir une bonne impression et une oxydation donnant des couleurs plus belles et plus régulières que n’importe quel autre procédé d’oxydation.
- L’oxydation déliquescente instantanée a, en outre, l’avantage de donner, comparativement aux autres systèmes, une économie de garancine que j’estime de 600 à 700 grammes par pièce de 100 mètres pour les fonds pure garancine.
- Voici les échantillons de trois des apprêts dont nous avons donné la formule dans le précédent numéro du Moniteur de la Teinture :
- p.281 - vue 264/286
-
-
-
- Q 00 G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- $
- Echantillon d’apprêt pour Jaconas.
- A suivre.
- t
- Échantillon d’apprêt pour 16 fils.
- . : ses
- h.
- Échantillon d’apprêt pour batiste.
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation l’auteur.
- do
- MANUFACTURE
- DE
- COULEURS D'ANILINE
- Couleurs nouvelles, spéciales à notre Maison :
- Vert de Malachite, breveté en France et à l’étranger ; seule concession pour la vente en France.
- Bleus Nicholson nouveaux types.
- Bleu de Bavière pour coton et soie.
- Bleus pour coton.
- Violet rouge teignant sur bain acide, pour coton, laine et soie.
- Phosphine et Aurantia, couleurs orange, résistant au foulon, pour laine et soie.
- Coccine, résistant au foulon et remplaçant la cochenille sur laine.
- Nouvelles couleurs liquides, toutes nuances, teignant, sans aucun mordançage, le coton et la soie.
- Le Vert de Malachite, ou Vert d’aniline solide, est un vert jaunâtre, s’employant sur coton, laine et soie. Résistant aux températures élevées, il peut se teindre sur bain bouillant.
- Envois de Prix-Courants et d’Échantillons franco sur demande.
- Marque AFG
- Médailles à Vienne et à Philadelphie.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- DÉPOSITAIRES
- J. RUCH & FILS
- 29, rue Sévigné, 29.
- PARIS
- Couleurs d’aniline pures pour teinture et impression sur coton, laine, soie, etc.
- SÉRIE DE VERTS pour Ameublements, Billards, etc. Par G. Van Laer (1).
- Les verts purs, depuis le plus tendre jusqu’au plus foncé, s’obtiennent toujours par la combinaison du jaune et du bleu, bien que le règne végétal
- (I) Extrait de l'Album du Teinturier et du Fabricant (Voir , aux annonces.)
- p.282 - vue 265/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 283
- fournisse des sucs qui pourraient teindre directement (le Lo-Kao).
- Pour obtenir des verts,le bleu violet, ou le jaune orange doit être rejeté. Les teinturiers savent que la présence du rouge qui, avec le bleu produit le violet ou avec le jaune l’orange, ne peut produire que du vert terne ou du bronze qui s’obtient toujours par la réunion des trois couleurs primitives. — Enfin la richesse de la teinture dépend de la pureté des deux couleurs.
- Les nuances obtenues sont dues aux doses des deux couleurs primitives, par exemple, pour les verts jaunâtres, le jaune doit se trouver en excès, etc.
- Il faut une grande expérience pour assortir convenablement le bleu et le jaune aux différentes nuances de vert à imiter.
- Les séries variées que l’on peut obtenir par les modifications des proportions du bleu et du jaune, nous offrent souvent des difficultés au point de vue de la stabilité, aussi fait-on très-peu de verts clairs pour tissus ayant à supporter l’action du foulon, c’est-à-dire réunissant la richesse de reflet, le brillant, la fraîcheur, le bon teint.
- Pour les teintures n’ayant pas à supporter l’action du foulon, mais résistant cependant aux lavages alcalins simples, l’on commence toujours comme pour les autres teintures, par mordancer la laine dans un bain d’eau contenant en dissolution de l’alun, du tartre ou du sulfate d’alumine, du chlorure de sodium, etc. — On termine par le bain de teinture que l’on prépare suivant les nuances du vert à obtenir.
- Souvent les colorants sont ajoutés aux bains des mordants, c’est-à-dire qu'après que la laine a bouilli quelques minutes, on la relève pour ajouter au bain les colorants, qui sont le plus souvent le bois jaune, le curcuma, la gaude, le quercitron presque toujours, l’acide picrique pour les draps, pour ameublements et billards, le carmin d’indigo ou le bleu de Saxe.
- On manœuvre les tissus dans le bain le temps nécessaire à la fixation des colorants ou à la formation de la nuance, dont on s’assure en tordant de temps en temps un petit échantillon que l’on compare à un échantillon-type (voir Aide-Mémoire^ page 158).
- Pour la série dont nous donnons ci-dessous les doses, voici comment l’auteur a opéré :
- Le drap, après avoir reçu un lavage et un rinçage
- à fond, est passé pendant 20 minutes dans un bain d’eau et d’alun, à une température voisine de l'ébullition ; il ajoute au même bain un peu de gaude, afin de donner à son drap un léger fond jaune, ce qui empêche souvent les marbrures que l’on rencontre trop souvent dans les verts pâles.
- Il retire ensuite le drap de la chaudière, en ayant soin de bien l’éventer, puis il prépare le bain de colorant en y ajoutant de l’acide sulfurique, et les colorants (carmin d’indigo, acide picrique), parfaitement filtrés au tamis de drap, il rentre enfin les pièces qu’il manœuvre rapidement au moyen du tourniquet ; il élève la température du bain jusqu’au bouillon, et il continue en attendant le développement de la couleur qu’il modifie en ajoutant, petit à petit, soit du bleu, soit du jaune. — Il ne reste plus qu’à rincer.
- Le tableau suivant indique les doses approximatives de chaque colorant employées pour 100 kil. de draps. Le carmin d’indigo étant très-riche et très-pur.
- La durée du mordançage est de 20 minutes. Le bain contient pour chaque numéro de la série :
- Alun.......................10 kil.
- Acide sulfurique. ... 2 »
- Gaude..............................5 »
- Composition du bain de teinture, du vert tendre ou vert très-foncé :
- No 1. — Acide picrique. . . . 400 gr.
- Carmin d’indigo . . . 3, kil.
- No 2. — Acide picrique. . . . 400 gr.
- Carmin d’indigo . . . 4, kil.
- No 3. — Acide picrique. . . . 500 gr.
- Carmin d’indigo . . . 4,500 »
- No 4. — Acide picrique. . . . 550 »
- Carmin d’indigo . . . 4,500 »
- No 5. — Acide picrique. . . . 550 »
- Carmin d’indigo . . . 5, kil.
- No 6. — Acide picrique. . . . 650 gr.
- Carmin d’indigo . . . 5,500 »
- N° 7. — Acide picrique. . 600 »
- Carmin d’indigo . . . 6, kil.
- No 8. — Acide picrique. . . . 650 gr.
- Carmin d’indigo . . . 7, kil.
- p.283 - vue 266/286
-
-
-
- 284
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- — Suite (I) —
- Couleur mode foncée sur feutre poils de lapin.
- Pour 100 kilogs. — Mordancer une heure dans un bain formé de :
- Alun...........................1 kil. 500
- Bichromate de potasse. . . 100
- teindre ensuite avec :
- Bois jaune. . .......................8 kil.
- Barwood......................». h n
- Bois rouge (Fernambouc) ... 2 »
- Après deux heures de bouillon, bruniture par 500 grammes de sulfate de fer.
- Les bois résineux Santal, Calliatour, Camvood, Barwood, cèdent peu de colorant à l’eau bouillante ; aussi faut-il des doses très-fortes pour obtenir des teintures fournies.
- Le procédé qui donne les meilleurs résultats consiste à traiter le bois en poudre par un alcali ; ainsi, ajouter un peu de soude au bain de colorant qu’on fait bouillir avant d’y mettre la matière à teindre. — On peut encore traiter d’abord la matière colorante par la soude ou la potasse, dans un cuvier spécial. On économise, de cette façon, un 5m° de colorant en obtenant des teintures plus fournies.
- PROCÉDÉ POUR BLANCHIR
- LES FIBRES TEXTILES ANIMALES de F.-V. Kallab.
- (Extrait de la Deutsche Industrie Zeitung.)
- La laine blanchie à l’aide d’acide sulfureux par l’un ou l’autre procédé présente toujours une teinte jaunâtre ; afin de masquer cette dernière, on introduit par la suite dans les fils ou les tissus différentes matières colorantes bleues et violettes, telles que l’indigo-carmine, le bleu ou le violet d’aniline, l'ultramarine, le bleu de Berlin, le bleu de Cobalt et autres. Bien que l’on obtienne ainsi un résultat satisfaisant au point de vue de la pureté du blanc,
- (1) Voir pages 19, 44, 44, 68 et 153 du journal, année 1878.
- il est à remarquer que ces matières colorantes résistent mal à l’action de l’air et de la lumière ou à celle de la vapeur d’eau ou de savon.
- Une nouvelle méthode a été proposée par M. Kallab pour blanchir la soie et la laine en employant l’acide hyposulfureux de Schützenberger et en se servant d’indigo pour produire un bleu résistant à la lumière, à l’air et au foulage.
- Après avoir débarrassé l’étoffe à blanchir de toutes les impuretés à l’aide des moyens ordinaires, on la plonge dans un bain d’eau pure à la température ordinaire et auquel on a ajouté au préalable 0,5 à 1 gramme d’indigo bleu-rougeâtre finement pulvérisé par 100 litres de liquide ; cette solution, présente une teinte bleue très-légère. Après avoir séjourné quelque temps dans ce bain, l’étoffe est exprimée ou tordue, puis placée dans le bain de blanchiment.
- Ce dernier est placé dans un réservoir en bois, à fermeture étanche et se compose d’une solution d'hyposulfite de soude fraîchement préparé, d’une densité de 1,0069 à 1,0283, suivant les besoins. On ajoute par litre de solution 5 à 20 centimètres cubes d’acide acétique à 50 p. c., exempt d’acides minéraux et on mélange bien le tout, puis on y plonge les fils ou les tissus et on ferme le réservoir, afin d’empêcher l’entrée de l’air. L’indigo, qui était simplement adhérent à l’étoffe, est réduit et transformé en indigo blanc et absorbé sous cette forme soluble par les fibres, tandis que l’acide sulfureux dégagé par l’hyposulfite sert à produire le blanchiment. Lorsque cette opération est terminée ce qui arrive, suivant la nature des fibres, au bout de douze à vingt-quatre heures ou plus et quelquefois moins, on retire du bain une prise d’essai qu’on lave et qui doit être d’un blanc pur avec un reflet bleuâtre. On enlève alors l’étoffe, on la laisse égoutter et on expose à l’air. L’indigo blanc se retransforme en indigo bleu et produit un azurage complètement pur des fibres. Lorsqu’on emploie des bains de blanchiment concentrés, il est bon de traiter ensuite l’étoffe par une solution de soude cristallisée à 0,5 ou 1 p. c. On rince ensuite soigneusement l’étoffe dans une eau courante, on la fait égoutter et on la sèche à l’air ou dans une étuve chauffée à 30 ou 350.
- On peut aussi placer les fils ou tissus imprégnés de poudre d’indigo dans le bain de blanchiment et n’ajouter l’acide acétique qu’après, en retirant d’abord naturellement les produits à blanchir. Toutefois, on perd de cette façon un des avantages
- p.284 - vue 267/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- P 00 OK
- de l’emploi de l’acide acétique ; ce dernier n’a pas seulement pour but de retenir sur les fibres l’indigo blanc qui se forme, mais il empêche aussi le bleu d’indigo, qui n’a été déposé que mécaniquement, de se séparer de l’étoffe. On peut se convaincre aisément de cette influence de l’addition de l’acide en dissolvant de l’indigo en poudre fine dans de l’eau pure ; l’eau reste teinte en bleu pendant très-longtemps ; mais si on y ajoute un peu d’acide acétique ou d’acide chlorhydrique, tout l’indigo se précipite rapidement.
- Pour le blanchiment des laines non filées, on ajoute l’indigo au bain d'hyposulfite même, on plonge la laine après un quart d’heure dans le bain et l’on ajoute, après une demi-heure et lentement, la quantité nécessaire d’acide acétique dilué (10 parties d’eau pour 1 d’acide) sans retirer la laine. L’opération marche ensuite comme précédemment.
- Si le produit blanchi n’est pas complètement blanc, on le place une seconde fois dans un bain de blanchiment sans le bleuir de nouveau; on peut se servir à cet effet d’un vieux bain auquel on a ajouté de l’acide chlorhydrique. On essaye d’abord si ce bain, traité par du chlorure d’argent fraîchement précipité, réduit de l’argent métallique et si l’acide chlorhydrique en sépare du soufre ; lorsque ces deux réactions se produisent, cela dénote que le vieux bain contenait encore de l’acide hyposulfu-reux. Dans le cas contraire, on ajoute au bain 1/10 ou 1/4 de la quantité d’hyposulfite employée d’abord et on y plonge les produits à moitié blanchis, ou bien aussi les produits frais bleuis; on les laisse séjourner dans le bain jusqu’à ce que l’hyposulfite soit entièrement transformé en sulfite. On les retire ensuite et, après avoir ajouté au liquide assez d’acide chlorhydrique pour que l’on sente nettement l’odeur de l’acide sulfureux, on les replonge dans le bain, afin de les blanchir à fond. La première immersion fixe l’indigo sur les fibres et la seconde correspond à l’ancien procédé de blanchiment par l’acide sulfureux.
- Avec les laines non filées, on peut employer un bain plus concentré (densité 1,0536 à 1,0431) et sans addition d’acide acétique. Ce bain qui ne renferme, après qu’on s’en est servi, que du sulfate de soude, peut être régénéré en y ajoutant de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que le liquide répande une forte odeur d’acide sulfureux, puis du zinc métallique.
- Quand on a à traiter une laine teinte en jaune, on
- remplace le sel de soude par de l’hyposulfite de chaux. Le sel de soude se prépare en ajoutant du zinc métallique à une solution de bisulfite de soude en fermant le vase et en remuant de temps en temps ; au bout d’une heure environ, on décante le liquide clairet on le verse directement dans le bain de blanchiment. Pour obtenir l’hyposulfite de chaux, on ajoute au liquide précédent du lait de chaux jusqu’à ce que la liqueur présente une réaction légèrement alcaline; on fait alors un bain d’une densité de 1 à 1,0283 et on y plonge la laine immédiatement, sans la bleuir au préalable à l’indigo. Après le blanchiment, on lave la laine, on la traite par l’acfde acétique dilué, puis on la lave encore une fois à l’eau.
- Si la laine présentait un aspect verdâtre, on la plongerait dans un bain d’acide chlorhydrique ou d'acide sulfurique extrêmement dilué, ayant simplement la saveur acide. Si la teinte était violacée ou rougeâtre, on ferait passer, la laine dans un bain contenant une matière colorante capable de donner la nuance voulue. On peut augmenter, dans une certaine mesure, la quantité d’indigo, pour obtenir les nuances spéciales.
- Pour la soie, les bains de blanchiment doivent être moins concentrés que pour la laine ; le degré de concentration dépend d’ailleurs de la coloration plus ou moins forte de la substance à blanchir. Cette méthode s’applique également à la laine mélangée de soie, aux toiles, au chanvre, au coton, au bois et à la paille; la durée de l’opération diffère seule. Le procédé n’est pas plus coûteux que les autres et présente sur eux plusieurs avantages.
- (Bulletin du Musée de l'Industrie de Belgique.)
- MATIÈRE TINCTORIALE
- DITE
- NOIR DIRECT
- [Brevet Rave du 19 avril 1876, in-extenso.)
- La teinture du noir en général est le résultat de l’application du campêche sur les matières à teindre préalablement imprégnées de mordant qui sont d’ordinaire les sels de fer, de chrome et de cuivre.
- Mon invention consiste à former par le campêche ou son extrait, la matière colorante noire pure et
- p.285 - vue 268/286
-
-
-
- 29 co 05
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’appliquer ensuite sur les matières destinées à être teintes, spécialement laine et feutre.
- Mon noir direct offre à l’industrie de la teinture de grands avantages, outre que le prix de revient du colorant n’est pas augmenté (ou peu).
- Opérant la teinture en un seul bain exempt de mordant, la laine n’est pas châtiée comme elle lest trop souvent par le procédé ordinaire.
- Je ne tache ni ne barre et ensuite, pour la teinture, il y a économie de moitié de temps et de chauffage.
- Mon noir direct donne aussi les nuances de gris solide.
- Je forme mon noir en fesant une décoctior. de bois ou extrait de campêche et, en ajoutant l’un des mordants ou sels qui font virer le campêche au noir, j’obtiens un précipité qui est recueilli sur filtre et lavé.
- J’obtiens ainsi une pâte noire homogène et dans cet état je la livre à l’industrie, laquelle s’en sert suivant les indications que je donne et qui renrent dans le domaine de la teinture.
- Je revendique donc, comme ma propriété, la formation d’un noir, par le campêche et les sels qui serviront à son oxydation et que j’ai désigné en partie, pouvant s’appliquer directement sur laine, en général, feutre, etc., et en un mot la formation de la matière colorante noir direct et je revendique également son application à la teinture en gris.
- Certificat d’addition du 14 avril 1877.
- Dans la description de notre premier brevet, nous avons revendiqué le principe de l’application d’un colorant noir direct à la teinture, colorant obtenu par l’oxydation de la matière colorante du campêche (hématine).
- Nous avons indiqué les différents sels qui ont la propriété de virer le campêche au noir, ces sels sont d’un usage général comme oxydants. Ce sont : le bichromate de potasse, le sulfate de fer ou autres, sels de même base tels que (nitrate, muriate, acétate, pyrolignite, etc.) et les sels de cuivre en général.
- Nous avons dit que le campêche en décoction provenant du bois ou de l’extrait était traité par l’un ou plusieurs des sels désignés ci-dessus, et que la décoction virée au noir se précipitait et était recueillie sur filtre ; le produit obtenu, lavé, consti
- tuait le colorant dont nous revendiquions l’application à la teinture comme notre propriété.
- A ces données premières et sans sortir du principe que nous avons breveté, l’expérience et la pratique nous ont amené à préciser différents points de notre invention que nous croyons assez importants pour faire l’objet d’une addition à notre brevet principal.
- Pour répondre aux besoins de l’industrie, nous avons été forcés de faire différentes qualités de noir direct ; voici comment nous procédons actuellement.
- Pour une proportion de 100 kil. de bois de campêche nous fesons bouillir le bois dans environ 1500 kil. d’eau ; si, au lieu de bois, nous employons de l’extrait de campêche tel que le fournit l’industrie, c’est environ 20 à 30 kilos que nous dissolvons dans la même quantité d’eau ; à ces dissolutions nous ajoutons de 5 à 6 pour 100 de bichromate de potasse, et, après une demi-heure de contact, nous introduisons environ 8 à 10 pour 100 d’un sel de fer (tout en donnant un résultat analogue) lequel opère la séparation du colorant de l’eau.
- Le tout est jeté sur filtre et le produit lavé est propre à la teinture, suivant les indications que nous donnons plus loin, et sur lesquelles nous nous appuyons fortement, ce mode d’application de teinture entrant dans l’ensemble de notre invention de teinture du noir direct.
- Une autre qualité du noir que nous faisons consiste à oxyder la dissolution de campêche par un sel de fer (sulfate, nitrate, acétate), (ce dernier offre de grands avantages) dans la proportion d’environ 10 pour 100 de bois et de mettre le bichromate après, pour séparer les colorants, jeter sur filtre et laver.
- On peut supprimer l’addition du bichromate dans cette qualité, mais la séparation est plus lente.
- Pour en revenir au paragraphe ci-dessus concernant le mode de teinture du noir direct, voici les instructions que nous donnons aux teinturiers et que nous nous réservons spécialement comme partie intégrale de notre application de noir direct.
- Le premier bain est formé d’une assez grande quantité de colorants. Ce bain se conserve indéfini-tivementet forme une véritable cuve d'hématine.
- Après la teinture d’une première partie, le colorant est diminué et ainsi de suite à chaque partie suivante. Pour arriver à former ce que nous nom-
- p.286 - vue 269/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 00
- GV
- mons le bain ou cuve, nous ajoutons au colorant noir direct environ 5 pour 100 d’acide oxalique et 2 pour 100 d'acide sulfurique « ce dernier n’est pas indispensable » ; ce bain se désoxyde et est propre à la teinture.
- Nous nous réservons comme propriété et considérons comme une éludation (sic) de notre privilège :
- 1° — Tout procédé de teinture qui tendrait avec l’aide de l’acide oxalique et un des sels précédemment désignés, à produire une dissolution de cam-pêche (bois ou extrait) un noir direct en un bain.
- 2° — Tout mélange d’extrait de campêche avec l’un ou plusieurs des sels désignés et appliqué, comme nous venons de l’indiquer, en un bain additionné d’acide oxalique pour arriver directement à la teinture en noir.
- Relève par ïüffîce du Moniteur de la Teinture.
- -------aetreFs.. -............
- UN NOUVEAU TISSU
- Le Journal de la Société des Arts de Londres indique le procédé d’un nouveau tissu inventé en Amérique et fait avec le coton parcheminé. Le coton brut, bien nettoyé, est plongé pendant vingt-quatre heures dans une solution composée d’une partie d’acide sulfurique concentré, une partie de sulfate de glycérine et trois parties d’eau à la température de 63°,5 Fahrenheit (17°,65 centig.) -, on le met, ensuite, sous presse entre des cylindres de verre, jusqu’à ce que le papier de tournesol n’accuse plus dans les fibres aucune trace d’acide. Après séchage on trouve que les fibres ont acquis quelques-unes des qualités qui distinguent la laine de mouton, et, pour leur faire subir les différentes opérations de la filature, du tissage et de la teinture, elles doivent être soumises auparavant à une sorte de feutrage.
- On dit que les tissus faits avec ce nouveau coton ressemblent beaucoup à ceux de laine naturelle, et qu’on ne reconnaît bien la matière cotonneuse que par l’odeur qu’elle répand en brûlant. Les propriétés remarquables du coton parcheminé vont probablement permettre de le substituer aux autres matières employées jusqu’ici dans la fabrication des articles où la laine n’entre que pour moitié. Le fil
- de coton parcheminé peut, dit-on, remplacer avantageusement le fil de lin, dont il acquiert les qualités, tout en ayant plus de force que lui. Comme il est beaucoup moins cher, surtout dans les numéros fins employés dans la fabrication de la batiste, on voit que le nouveau procédé peut être très-avantageux.
- = bp=-e-a--
- ENSIMAGE DES LAINES
- Perfectionnements dans l’huilage de la laine ou autres fibres pendant la préparation ou le cardage.
- Brevet Gamelt.
- L’invention consiste à huiler la laine au moyen de l’un des cylindres ou rouleaux de carde, le cylindre cardeur intérieur étant le plus convenable à et ceteff. Au dessous de ce cylindre est établie une auge destinée à contenir l’huile et dans cette citerne ou auge est disposé un rouleau uni.
- Au dessous et en contact avec ce rouleau est un autre rouleau recouvert de soies, toile, drap, feutre ou peluche qui est aussi en contact avec le cylindre cardeur.
- L’huile est prise au rouleau uni par le rouleau recouvert et de ce dernier par le cardeur, dont les dents sont ainsi alimentées d’huile pour que celle-ci puisse être transmise à la laine ou aux fibres quand elles y passent.
- L’auge à l’huile est régulièrement alimentée au moyen d’un siphon.
- <---
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCENANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- — Suite —
- Année 1877
- 120,947. 9 novembre. — Blaquiêre. — Machine à délampourder les peaux de moutons.
- 120,998. 9 novembre. —Blaquière. — Machine à enduire les peaux de matière épilatoire.
- 121,016. 13 novembre. — Guénet. — Aéro-
- p.287 - vue 270/286
-
-
-
- 288
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- mètre à poids constant, donnant à l’affleurement la densité des liquides dans lesquels il est plongé,
- 121,020. 14 novembre. — Dujardin. — Perfectionnements à la peigneuse Heilmann, construite et modifiée par Schlumberger.
- 121,021. 14 novembre. —Dujardin. — Broyeuse de lin.
- 121,070. 16 novembre. — Morel. — Nouveau traitement final du ruban velours.
- 121,071. 16 novembre. — Valois et Renard.— Nouveau mat grillé devant servir à faire des dessins dans les imitations mécaniques de dentelles dites : de Chantilly.
- 121,072. 16 novembre. — Valois et Renard. — Fond de tulle Bischop charrié produit sur les métiers à tulle.
- 121,073. 17 novembre. — Lepoutre. — Perfectionnements apportés à la construction des machines à purger le fil.
- 121,076. 24 octobre. — Birch. — Perfectionnements apportés à la construction des machines à exprimer l’eau des étoffes.
- 121,089. 10 novembre. — Bellot et DOUINE (Société). — Procédé destiné à empêcher le rétrécissement de la laine à l’état de matière première, de ruban, de fil, de crochet, de tissu et de vêtement.
- 121,091,19 novembre. — Bonbon et C®. — Système d’apprêt des tissus à mailles en pièces.
- 121,092.19 novembre. — Bessÿ frères. — Application sur les étoffes, rubans, velours, passementeries et tout tissu de matières cristallines et métalliques, or, agent et de toute couleur, produisant des effets dits : diamantés.
- 121,095. 12 novembre. — Roze. — Procédé d’impression des toiles cirées.
- 121,113. 3 novembre. — Doguin et Ce. — Machine à broder dite : brodeuse fixe à navette tournante.
- 121,117. 10 novembre. — Benson et HICKTON.— Perfectionnements dans les métiers à la Jacquart, pour la fabrication de la dentelle et autres produits.
- 121,176.16 novembre. — Doerflinger et Lévy (Société). — Genre de tissu simple, à trame et chaîne multi-colores.
- 121,177.16 novembre. — Pierrard. — Procédé de teinture des fonds d’éventails, permettant de supprimer les appliques et de faire les dégradés.
- 121,179.16 novembre. — LAINÉ. — Genre de
- peinture pour la mise en couleur des baguettes pour tissus en bois, employés comme stores.
- 121,180. 21 novembre. — Becquart-Panien. — Laveuse à pression." nisd 5
- i_________.________'____. 100193 Si 6 91Q I
- i tanooisstiqosqemmoanovisaeTanonenol Librairie scientifique Ambroise Lefèvre 47, quai des Grands-Angustins, Paris.
- I O VE ' I »3 r.fjp 57 • 1 J13: 9 b M 90Tq tuoT — Grande occasion, 33 francs au lieu de 100 francs
- DICTIONNAIRE GÉNÉRAL DES TISSUS
- 5 Anciens et Modernes
- Traité complet du tissage de toutes les i matières textiles
- 2 édition, 1867, 8 volumes in-8° accompagnés d’un atlas in-folio de 152 planches (plans de métiers. dessins de machines, ; d’armures, etc.). Prix......................... 35 fr.
- Envoi franco contre un mandat-poste.
- A. FONTAINE
- 18, rue Monsieur le Prince, PARIS
- APPAREILS DE CHIMIE
- Verrerie, Porcelaine, Terre grès. | onatip-tanivinchayogno— d Appareils et Ustensiles de toute sorte pour Laboratoire industriels. — Spécialité d’appareils pour l’essai des teintures.
- vient de paraître : Catalogue des Appareils de chimie, 1 vol. orné de 446 fig. dans le texte et de nombreuses notices. —Prix ; 5 fr. franco par la poste.
- TRAITÉ DELA TEINTURE DES SOIES
- Par Maius MOYRET
- 1 vol. in-S0. — Prix : 21 fr. par poste
- Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Un Contre-Maitre très-habile dans l’impression au rouleau ( a imprimé 12 couleurs) désire un - emploi.
- .S’adresser à l’Office du Journal. |
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- ------—--------------------------------.----------- lmp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.288 - vue 271/286
-
-
-
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 22° Apnée, No 24. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Décembre 1878.
- SOMMAIRE
- Avis. — Chronique. — Revue de l’Exposition (suite). — L’art de teindre les chapeaux de feutre en noir. — Les apprêts des tissus de coton, par M. Alex. SCHULTZ, 4° article (3 échantillons).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Vert malachite (échantillon). — Chiffonnage : Bleu marin sur laine, sur laine et coton, sur soie. — Des noirs sur soie (suite), par M. Marius Moyret.— Aide-mémoire du dégraisseur (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — La musique des couleurs. — Annonces.
- H æ
- La table des matières du 22° volume du Moniteur de la Teinture, année 1878, sera jointe au numéro du 5 janvier 1879.
- Nous prions les abonnés, dont l’abonnement expire avec le présent numéro, et qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés pour l’année 1879, de nous prévenir par lettre ou de retirer la table qui accompagne le numéro du 5 janvier, et de remettre ce dernier au facteur en mentionnant leur refus sur la bande.
- Nous prévenons également les personnes qui auront renouvelé leur abonnement, soit en ne refusant pas le numéro du 5 janvier 1879, soit en nous donnant avis, et qui ne nous auront pas réglé directement, que notre quittance de fr. 15.50 pour les départements, et de fr. 20.50 pour l’étranger, leur sera présentée dans la dernière quinzaine du mois de janvier prochain (1).
- L’année 1878 finit dans des circonstances bien meilleures que l’année 1877. Bien que la crise commerciale ne soit pas encore terminée, tout fait présager sa fin dans un délai assez rapproché.
- (1) Les 50 centimes d’augmentation sur le prix de l’abonnement reprsentent moitié des frais d’encaissement de la quittance.
- La commission d’enquête pour le tarif des douanes a terminé ses travaux; elle a entendu des dépositions très-contradictoires, qui ont souvent plutôt obscurci que fait la lumière. Le rapport de la commission sera déposé à la rentrée des Chambres au mois de janvier prochain, à un moment où la politique cédera le pas aux affaires.
- L’état du commerce de la France pendant cette année de crise sera d’un grand poids dans la décision future des Chambres, et si nous en jugeons par les résultats des onze premiers mois de l’année, le régime de la protection à outrance aura beaucoup à faire pour être admis. Voici le tableau publié par l’administration des douanes, que vient de publier le Journal officiel :
- IMPORTATIONS 1878 1877 fr. fr.
- Objets d’alimentation. 1.394.437.000 912.604.000
- Produits naturels et matières nécessaires à l’industrie . . . 2.050.519.000 1.851.842.000 Objets fabriqués . . 406.528.000 367.166.000 Autres marchandises. 193.387.000 213.168.000 Total. . . 4.044.871.000 3.345.080.000
- EXPORTATIONS 1878 1877 fr. fr.
- Objets fabriqués . . 1.684.256.000 1,622.187.000
- Produits naturels,, objets d’alimentation et matières nécessaires à l’industrie. 1.188.881.000 1.310.018.000 Autres marchandises. 164.994.000 173.442.000 Total. . . 3.038.131.000 3.103.647.000
- Pour ne pas aboutir à des conclusions inexactes, il faut regarder de très-près aux chiffres de la statistique douanière. On constate en effet, en les décomposant, une marche satisfaisante de
- p.293 - vue 272/286
-
-
-
- s o G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nos exportations d’objets fabriqués. Pour ces derniers, la différence entre l’exportation : 1,684 millions et l’importation 406 millions, est de 1,278 millions au profit de notre industrie. Au 31 octobre, l’écart analogue n’était que de 1,154 millions; novembre a donc accru de 124 millions l’excédant de nos exportations d’objets fabriqués sur nos importations du même genre.
- En 1877, nos exportations d’objets fabriqués avaient été, pendant les onze premiers mois, de 1,622 millions -, nous venons de voir qu’au 30 novembre dernier, elles étaient de 1,684 millions, elles se sont donc relevées au lieu de décroître. L’augmentation est, en effet, de 62 millions, et le mois de novembre accuse une atténuation sensible de la crise que nous traversons.
- Pour tenir compte en même temps des deux variations, il est juste d’observer que de 1877 à 1878 l’augmentation de l’importation n’a été que de 39 millions, contre 62 millions d’exportations en plus.
- Dans l’ensemble de nos échanges, nos entrées et nos sorties d’objets fabriqués atteignent 55 1/2 0/0 de la totalité de nos exportations, et celles-là à peine 10 0/0 de nos importations. Voilà les proportions de nos échanges d’objets fabriqués relativement au mouvement total de nos affaires avec l’étranger.
- Les produits que nous avons reçus de l’étranger cette année, et qui ont rendu si défavorable l’aspect de nos échanges, sont de deux ordres. Ils comprennent, d’une part, des produits naturels et des matières premières que notre industrie utilise et transforme, puis des objets d'alimenta-lion. On ne peut que se féliciter du développement des premiers quand il coïncide avec un progrès de nos exportations d'objets fabriqués ; et quant aux seconds, en'cas d’insuffisance de nos récoltes, nous en sommes bien réduits à les trouver satisfaisants. Il est certes permis de faire entendre des doléances sur l’écart final qui en résulte à notre détriment vis-à-vis de l’étranger ; nous sommes constitués débiteurs au lieu d’être créanciers; mais, au fond, cela équivaut à dire qu’une bonne récolte eût bien mieux fait notre affaire.
- Les cours publics et gratuits de sciences appliquées aux arts au Conservatoire des arts-et-métiers en 1878-79, se sont ouverts, comme
- d’habitude, au commencement du mois de novembre. Le cours de chimie appliquée aux industries de la teinture, etc., est professé par M. de Luynes, le lundi et le jeudi, à sept heures trois quarts du soir.
- L’enseignement professionnel est à l’ordre du jour, aussi bien de la Chambre des députés que de celui des sociétés industrielles et de l’opinion publique. On sent mieux, dans ces temps de crise des industries, qu’il est important pour la France de rester au premier rang dans les créations nouvelles et la bonne fabrication. L’Exposition universelle aura été, pour cela, un bon enseignement, en nous montrant que pour certaines de nos industries nous étions atteints sinon dépassés. En Angleterre on a créé et on crée des écoles professionnelles dans tous les grands centres manufacturiers. En Allemagne elles exis’ent également. On ne peut en dire autant de la France, et nous appelons leur venue de tous nos vœux. Nous donnerons-sous peu, à ce sujet, un extrait du compte-rendu de la Société industrielle d’Amiens qui montrera ce que peut l’initiative privée lorsqu’elle veut s’en donner la peine. ____
- Pendant l’année 1878 le Moniteur de la Teinture a fait tous ses efforts pour tenir ses lecteurs au courant de tous les progrès des industries dont il est l’organe. La publication du travail de M. SCHULTZ sur les apprêts de tissus de coton, travail très-remarquable, sera continuée. L’auteur a bien voulu nous promettre un travail aussi important sur le blanchiment, dont nous commencerons la publication dans le mois de février prochain. Nous rappelons à ce sujet que nous recevrons toujours, avec reconnaissance, toutes les communications que voudront bien nous adresser nos lecteurs dont le nombre s’accroît considérablement. Nous les en remercions à l’avance, leur promettant de notre côté de leur adresser le journal avec une régularité à laquelle ils n’étaient pas habitués avant 1878 et en les priant d’accepter nos souhaits de prospérité pour la nouvelle année (1).
- P. Blondeau.
- (1) A partir du 5 janvier le prix-courant des produits chimiques en gros sera remplacé par un prix-courant de ces matières, en gros et en détail sur la place de Paris, et sera certainement plus utile à nos lecteurs. S’il est d’autres reformes qu’ils souhaiteraient voir réaliser, nous leur serons reconnaissant de nous les signaler.
- p.294 - vue 273/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 09 O Ot
- REVUE DE L'EXPOSITION
- France. — Classe 47.
- Jolan Casthelaz, à Paris. — Rappel de médaille d’or. — Parmi les nombreux produits chimiques purs exposés par M. Casthelaz et qui sont la spécialité de la maison, nous avons remarqué l’acide picrique cristallisé et en poudre; l’acide pi-crique anhydre-, l’acide picramique, les picra-mates de soude, d’ammoniaque et de potasse ; le naphtol, l’acide phtalique anhydre, hydraté, en neige, en aiguilles, le phtalate de chaux, la phtali-mide XX, l’acide chloroxynaptalique et ses sels de fer, de zinc, de nickel, de chaux, de baryte, d’étain et de cuivre.
- Les produits brevetés de MM. Wilm, Bouchardat et Girard, acides rubéosique et auréosique, l'auréo-sine XL et CXX, l’orange de résorcine sont également exposés avec de la résorcine bien cristallisée et de la fluorescine.
- La vitrine renferme également le benzol pur, la nitrobenzine, la binitrobenzine cristallisée, en aiguilles et du commerce, le toluol, la toluidine, l’aniline pure, le chlorhydrate d’aniline anhydre, cristallisé, en poudre, le sel préservateur de Casthelaz, pour le noir d’aniline, leParis-black soluble à l’alcool, le bleu marine soluble à l’eau et soluble à l’alcool, le violet d’aniline au chromate, la safra-nine n° 1, l’éther amylique et valerianique, etc., l’acide butyrique.
- Comme produit de blanchiment, le sulfite de magnésie industriel, comme mordants pour teinture, l’alun de chrome, le sel de seignette, etc.
- Des écheveaux de soie et de laines teints avec les principales couleurs énumérées plus haut.
- M. Casthelaz nous avait promis une note sur son exposition. Elle aurait certainement plus intéressé nos lecteurs que la nomenclature aride et incomplète que nous venons de faire. Malgré les nombreuses occupations de M. Casthelaz, qui l’ont empêché, jusqu’à ce jour, de remplir sa promesse, nous ne perdons pas tout espoir de publier prochainement cette communication.
- CIatillon fils, successeur de Zuccani, à Paris. — Mention honorable. — Tous nos lecteurs connaissent les bonnes qualités de l’esprit minéral fabriqué par cette maison. Il n’a qu’un défaut, c’est
- d’être trop cher et de ne pouvoir être employé, par cette raison, pour les en plein. Il doit être réservé pour les travaux délicats du nettoyage, gants, etc.
- HIorteloup, à Bapeaume (Seine-Inférieure). — Cet exposant ne figure ni au catalogue des exposants ni à celui des récompenses. Les produits exposés sont : du noir pour impression, du mordant blanc pour rouge et écarlate, pour rose et rouge en teintaie et en impression et divers autres mordants pour impression.
- Bommeville et Ce, à Paris. — Mention honorable. — Le produit principal de l’exposition est le mordant huileux pour rouge turc (procédé Schultz) des teintures en rouge turc sur coton en fil et en pièces et des impressions.
- Koeln et Ce, à Lyon (Rhône). — Médaille d’argent. — La spécialité de la maison est l’acide gallique (extrait de châtaignier) qui est exposé à l’état liquide, dit sec et cristallisé. Des écheveaux de soie sont teints en noir avec les produits de cette maison et les échantillons exposés indiquent un rendement de 150, 200 et 350 p. c.
- Meissommier, à Paris. — Médaille d’or. — Les produits exposés consistent eu extraits, mordants et colorants divers pour teinture. Les extraits sont à l’état sec et à 30°. Quercitron, fustet, graines de Perse, sumac, etc. Il y a un grand nombre de laques.
- On y remarque l’orseille pure concentrée, l'or-céine, l'orcéine cristallisée, du pourpre et du caroubier; de la purpurine en pâte et cristallisée, de la purpurine en pâte et cristallisée pour rouge; de l’alizarine pure et cristallisée, de l’alizarine en pâte pour rouge; divers autres produits, alun de chrome, quercetine, bleu vapeur solide A.
- Les plus beaux produits de cette exposition, contenus dans trois grands flacons, sont : de magnifiques aiguilles de purpurine sublimée, de très-beaux cristaux aiguillés d’hématine et d’alizarine sublimée.
- La maison Meissonnier a la première importé en Russie la fabrication des extraits de bois de teinture.
- Thomas frères, à Avignon (Vaucluse). •— Médaille d’argent. — Cette maison exploitait en France l’alizarine artificielle brevetée en France par la Badische Anilin et Sodafabrik qui vient de monter une fabrique dans le Rhône. Les produits exposés sont : racine de garance, paluds et rosés, garan-
- p.295 - vue 274/286
-
-
-
- 296 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cine 1re qualité, garancine pour rouge turc, pour violet, fleurs de garance, extrait sublimé, acide purpurique. On y voit également de nombreux échantillons de teinture et d’impression qui n’ont rien de remarquable.
- Clauseau père et fils, Palun et Ce, à Avignon (Vaucluse). — Médaille de bronze. — Cette composition renferme également tous les produits de la garance, des teintures et des impressions à la garancine de plusieurs teintes, java, madras, etc. On y voit des racines, des fleurs, des extraits, des laques, des poudres, de l’alizarine naturelle, de l’alcool de garance, de l’huile tournante et de l’huile pour l’ensimage des laines. L’usine est montée pour traiter 15,000 kil. de garance par jour.
- Pernod, à Avignon (Vaucluse). — Rappel de médaille d’argent. — Expose également de la garance et ses extraits, de l’alcool, de l’acide oxa-. lique et de la gomme artificielle.
- Guimet, à Lyon (Rhône). — Médaille d’or. — M. Guimet est bien connu pour ses produits et les divers travaux qu’il a publiés sur les outremers artificiels. Les produits exposés sont des outremers d’expériences, plutôt que pratiques. Tels, à l’argent, au sélénium, au tellure, au soufre, au silico-aluminate de soude.
- Desehamaps frères, à Vieux-Jean-d’Heurs (Meuse). — Médaille d’or. — Les produits des exposants sont bien connus et estimés. Outre les marques diverses d’outremers bleus, la vitrine renferme également des outremers violets, verts et rouges.
- Riehter, à Lille (Nord). — Médaille d’or. — Les bleus d’outre-mer exposés sont également de très-beaux produits.
- Parmi les fabricants d’extraits de bois de teinture, qui sont assez nombreux, nous signalerons les extraits secs, à 30°, et les laques exposés par
- MM. Coez et Ce, à Saint-Denis (Seine). — Médaille d’or-,
- M. Hauleck, à Puteaux (Seine).—Médaille de bronze ;
- M. Gondolo, à Suresnes (Seine).—Médailled'ar-gent.
- Dans le prochain numéro nous terminerons la classe 47, produits chimiques et matières colorantes et nous commencerons la classe 48 par le
- chiffonnage, la plus modeste des industries tinctoriales, mais celle qui par contre exige le plus de connaissance, car elle renferme, en petit, les industries du blanchiment, de la teinture, des impressions et des apprêts.
- A suivre.
- L’ART DE TEINDRE
- Les chapeaux de feutre en noir.
- Depuis que grâce aux enseignements de la chimie, les teinturiers sont arrivés à connaître l’influence de chacun des ingrédients qui composent un bain de teinture, ils ont abandonné, avec les recettes et procédés anciens, l’emploi d’une foule de substances tenues jusqu’alors en grand honneur, non pas parce qu’une analyse sérieuse en avait démontré l’utilité mais uniquement parce qu’une vieille routine le voulait ainsi.
- A l’époque où les inventeurs des méthodes nou-velles conservaient leurs secrets pour eux-mêmes et que le public ignorait les principes sur lesquels reposaient les procédés les plus simples, on voyait journellement (nous ne voulons prendre qu'un exemple entre mille) des teinturiers jeter leur bain parce que, au lieu de la couleur fraîche et brillante qu’ils en avaient espérée, il avait donné au feutre une teinte sale, laide ou indéfinie. A présent tout le monde sait qu’un tel bain détérioré pourra regagner son efficacité primitive sous l’influence de la soude.
- Aujourd’hui on a appris à peu près tout ce qu’il importe de savoir pour pouvoir produire une bonne teinture, et il ne reste en effet que d'arriver à pouvoir déterminer d’une manière précise les quantités qu’il faudra prendre de chaque substance dans des cas déterminés ; or comme la composition et la qualité de ces substances varient à l’infini, il est et restera probablement toujours impossible de donner des règles fixes à ce sujet.
- Aussi facile qu’il est pour le teinturier de trouver dans le commerce les différentes couleurs dont il aura besoin, aussi difficile le trouvera-t-il de se procurer les qualités qu’il désire, car la concurrence toujours croissante fait que les fabricants ne regardent plus les qualités de leurs produits que comme une question secondaire, tout ce qu’il leur importe c’est de pouvoir réduire les prix de venté autant que possible.
- p.296 - vue 275/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 09
- 3
- Pour ce qui regarde l’emploi des matières colorantes, nous donnerons ci-après quelques indications qu’on ne trouvera peut-être pas tout à faits inutiles.
- Quand on emploie du bois de campêche et qu’on ne sait pas au juste la quantité qu’il faudra en prendre, il vaudra mieux en prendre trop que trop peu -, car (la question de dépense à part) une quantité un peu forte ne pourra jamais faire du mal. Or, pour la noix de galle c’est tout le contraire, ici il vaudra mieux prendre une quantité trop petite, car en employant trop d’acide gallique dans le bain il sera impossible de produire une belle couleur noire.
- Quant aux sels de fer et de cuivre'on sait qu’il ne faudra les ajouter que graduellement au bain de teinture. Pour l’ouvrier un peu au courant de son affaire il n’est pas difficile de juger si à tel moment de l’opération il faudra mettre de ces sels ou non.
- Nous allons dire quelques mots à présent sur les changements physiques et chimiques qui se produisent dans le bain. Pour obtenir une belle couleur noire il faudra avant tout faire disparaître toute trace d’acide sulfurique, nitrique, etc; car, par suite de la grande affinité que tous ces acides ont pour les métaux, ils décomposent les sels qui forment la base de la couleur noire et détruisent ainsi la composition colorante.
- L’emploi du bain de noix de galle a un résultat double. Premièremement il produitune couleur noire par l’union de l’acide gallique (ou de tannin) au sel de fer, deuxièment il fait paraître le feutre plus compacte. Ce dernier résultat est si important qu’il mérite bien qu’on s’y arrête un moment. En effet, le tannih que contient le bain de noix de galle a la propriété de s’unir étroitement aux substances animales leur communiquant ainsi plus de force et plus de solidité. Le plus souvent les teinturiers obtiennent ainsi deux kilogrammes de soie teinte pour chaque kilogramme de soie brute. Quelque chose de semblable se produit dans les tanneries où l’on voit des cuirs qui y ont été conservés peri-dant dix-huit mois ou deux ans, devenir, par l'ab-sorption du tannin d’Une très grande dureté et résister, par conséquent, plus longtemps à l’usure. Sur les poils ou sur la laine du feutre, la noix de galle agit d’une manière identique. Ainsi, le feutre préparé avec l’acide gallique, devient sous l’action du fer plus dur et plus lisse, et le chapeau prend un brillant noir très prononcé, tandis qu’en employant du bois de campêche, on n’arrive qu’à sécher et qu’à friser les poils du feutre auquel le fer ne
- pourra donner alors qu’un brillant factice qui disparaît aussitôt que le feutre se refroidit,
- il va cependant sans dire qu’il ne faudra pas non plus employer une quantité trop forte de tannin, autrement la soie deviendra cassante et perdra de sa valeur. Ainsi, chaque fois qu’on a employé trop de noix de galle, le feutre dévient trop dur et se brise très-facilement, sans compter qu’un acide tannique trop fort détériore toujours la couleur parce qu’il neutralise une partie des sels de fer (le sulfate) et il faudra donc doubler la quantité du sel si l’on veut éviter que l’action du fer ne change pas la couleur noir en rouge. Il faut d’ailleurs augmenter ou diminuer la force du bain de noix de galle selon la qualité des chapeaux qu’on veut teindre. S’agit-il par exemple d’un chapeau de feutre noir de qualité inférieure, il faudra, avant de procéder aux opérations de la teinture, le laisser dans un bain fortement concentré pendant 24 heures. Ce traitement améliorera la qualité du feutre qui, ainsi qu’il a été dit plus haut, acquerra plus de force par l’absorption du tannin. Pour des chapeaux de qualité supérieure il faudra, au contraire, modérer la force du bain, car le feutre étant déjà ici suffisamment compacte, un acide trop actif ferait du tort à la finesse du chapeau et le rendrait dur et cassant. En général, un kilogramme d’extrait de chataigner suffira pour 100 chapeaux de qualité ordinaire et un demi kilogramme sera assez pour autant de chapeaux de qualité supérieure. C’est ce bain d’extrait de châtaignier qu’on appelle toujours bain des noix de galles, bien que les noix de galle d’Alep auxquelles ce bain doit son nom, ne soient plus employées depuis longtemps que pour des chapeaux très-fins; pour ceux de qualité inférieure, l’extrait de châtaignier, bien moins cher que celui de noix de galle, suffit parfaitement.
- Les sels employés pour la teinture des chapeaux sont le sulfate de fer et le pyrolignite de fer. Pour produire la couleur noir-charbon on emploie les deux sels, le premier donne un noir-bleu, le second un noir-rouge, or, comme la couleur noire proprement dite, est composée d’un mélange de bleu, de rouge et de jaune, on n’a qu’à ajouter cette dernière couleur au bain, ce que l’on fait en y mettant dufustic et de l’herbe de teinturier (ge-net).
- Extrait de la Deutsche Hutmacher Zeitung.
- (Moniteur de la Chapellerie )
- - --------------------—.
- p.297 - vue 276/286
-
-
-
- 298
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. Schultz (1).
- (Suite).
- Je reviens à l’apprêt des pièces finies où l’humidité par les arrosages et les foulardages est indispensable pour donner aux pièces le brillant, l’élasticité et le toucher convenables.
- Apprêt cretonne, 75 P. 26 fils.
- 12 kilog. amidon blanc, 4 » fécule.
- 90 litres eau.
- Cuire à basse pression au moyen d’un barbot-teur, on ferme la vapeur dès que l’amidon commence à s’épaissir et on ajoute :
- 1 kil. savon de stéarine.
- On humecte et on enroule sans cylindrer après le séchage sur rame tambour.
- ücidodudoklcavdoi Ainniiii TNnost Hnnnnn -ppopopopopoey waesvavssaw wasvnovt aavsvevaaow
- RRRRRR Anninii tnnninii NNAAAA mevyyyyy. Sonevsavgvaug aevavvevivonon Axivevvanovaw
- Echantillon d’apprêt cretonne.
- Echantillon d’apprêt pour organdis.
- (Voir la formule page 266.)
- Apprêt Londres.
- 14 kil. amidon blanc.
- 10 » fécule.
- 800 gram. cire.
- 240 litres eau.
- Cuire 10 minutes dans l’appareil Simon. Ajouter 8 à 12 litres eau; après cuisson, humecter à l'arro-
- (1) Erratum. — Dans le dernier numéro, page 281, 1re colonne, 7e paragraphe, il fant lire : « doivent ce résultat à leurs gravures peu profondes », et non profondes, ce qui changeait complètement le sens.
- soir a brosses et cylindrer trois fois avec les trois cylindres, une fois à l’envers et deux fois à l’endroit.
- Apprêt pour piqué.
- 10 litres eau.
- 1 » eau de gomme adragante à 100 gr. par litre.
- 5 à 6 litres apprêt-mère pour tissus légers.
- (Voirpage 266 la formule de l'apprêt-mère.) Les piqués sont séchés sur rame fixe.
- Echantillon d’apprêt pour piqué.
- Apprêt pour satins.
- On ne prend pas d’apprêt pour les satins, ils sont cylindrés deux fois à chaud et passés une fois dans la machine à élargir.
- On obtient plus de brillant en cylindrant deux fois à froid et une fois à chaud.
- Les pièces qui prennent trop de cylindre ou qui sont trop lisses sont passées deux fois par la machine à élargir.
- Les satins unis sont passés à l’eau et séchés sur une rame fixe.
- Les unis sont brisés 20 fois à sec.
- Apprêt Popeline.
- 2 litres apprêt percale 22 fils.
- (Voir page 249 la formule de cet apprêt.)
- 1 litre eau de gomme adragante à 100 grammes par litre.
- 10 litres eau.
- Les popelines sont cylindrées légèrement avant l’apprêt, passées dans l’apprêt ci-dessus. Sécher sur rame fixe en ayant soin de mettre bien à fils droits et humecter.
- Apprêt Linon.
- 10 litres apprêt percale 22 fils.
- (Voir, page 249, la formule de cet apprêt.
- 3 litres eau de gomme adragante à 100 gr. par litre.
- 5 à 6 litres eau.
- 350 grammes savon de stéarine.
- (Voir, page 249, le mode de préparation de ce savon.)
- p.298 - vue 277/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 299
- Sécher sur rames tambour et humecter une fois.
- Les noirs sur campêche et les nuances qui salissent l’apprêt, ne passent pas en plein apprêt mais seulement entre le premier et le deuxième cylindre de foulard, l’envers en l’air.
- Quand l’apprêt est très-mince, on supprime le fournisseur et la bassine profonde est rempiacée par une bassine moins profonde évidée des deux côtés, ainsi que l’indique la figure; afin que le premier cylindre du foulard tourne bien dans l’apprêt et y plonge à peu près de la moitié de la circonférence, il faut que l’axe du cylindre ne touche pas trop les côtés évidés de la bassine.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- VERT-MALACHITE
- Breveté s. g. d. g.
- Dans le numéro du 5 juin 1878, page 126, nous avons donné un échantillon de vert-malachite sur coton filé.
- Ce nouveau colorant breveté et exploité en France par MM. J. Ruch et fils, seuls concessionnaires, vient d’être'l’objet de nouveaux perfectionnements qui ont permis de créer de nouveaux types et de réduire le prix d’une manière sensible.
- Les produits actuels, plus riches et plus concentrés que les anciens, sont :
- Vert malachite soluble à l’eau.
- — — en pâte pour impression.
- — — extra —
- — — soluble à l’alcool.
- Les deux derniers types sont de la même richesse et leur rendement est égal, sinon supérieur à celui du plus beau vert méthyle cristallin et d’une nuance plus jaune, soit un véritable vert.
- Nous rappelons à nos lecteurs que le vert malachite diffère du vert méthyle en ce qu’il supporte la température de 100° C., sans se transformer en violet. Le mode d’emploi pour la teinture de la soie, de la laine et du coton est le même que celui du vert méthyle, dit vert lumière (voir page 79, n° du 5 avril 1872). Le vert malachite est plus solide, résiste mieux au savon et aux acides que le vert mé
- thyle. Cette dernière propriété lui donne une importance considérable pour l’impression.
- La teinture qui se fait au bouillon daus un bain faiblement acide, permet l’emploi simultané d’acide picrique et d’autres colorants acides. On peut obtenir des nuances foncées sur laine en teignant directement dans un seul bain, où l'on a ajouté un peu d'hyposulfite de soude et d’acide minéral. Le mordançage préalable de la laine, n’étant pas nécessaire, la teinture des pièces de lainages devient d’autant plus facile et plus économique.
- Nous donnons ci-dessous un échantillon du nouveau produit sur laine de tapisserie.
- Pour se mettre en garde contre des produits similaires, qui ne sont que des contrefaçons de vert-malachite, breveté en France, et qui, outre leur mauvaise qualité, peuvent attirer des désagréments aux consommateurs, il est de l’intérêt de ces derniers d’exiger, à défaut de l’étiquette ou de la marque de fabrique des concessionnaires, une garantie de leur vendeur.
- CHIFFONNAGE (1)
- Bleu marin sur laine. [Ancien procédé).
- Pour une robe :
- Après le nettoyage,
- Alun................. 125 gr.
- Crème de tartre 125
- Oxymuriate d’étain 60
- Bouillir une heure et demie ; ensuite lever et éventer.
- Vider la chaudière aux trois quarts, puis la remplir d’eau propre. Ajouter à ce bain :
- (1) Le bleu marin étant très à la mode cet hiver, nous croyons utile de donner les procédés de teinture sur laine, sur laine chaîne-colon et sur soie. — Nous continuerons à donner les recettes pour toutes les teintes préférées de la mode pour cet hiver.
- p.299 - vue 278/286
-
-
-
- 300
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Bois de campêche effilé 125 gr.
- Carmin d’indigo...........: 30 à 35 gr.
- Acide sulfurique............ 15
- Bouillir 15 à 20 minutes, lever, remuer et sécher.
- Bleu marin sur laine.
- [Nouveau procédé).
- Pour une robe :
- Après le nettoyage,
- Acide sulfurique...............» 15 gr.
- Bleu marin supérieur............ 2/3 de la quantité nécessaire pour obtenir la nuance demandée (3 à 6 gr.)
- Teindre à 70 ou 80° C., puis lever quand le colorant semble tiré, et ajouter le reste du colorant. Retitrer et bouillir 10 minutes pour bien fixer le bleu, lever et laver.
- Bleu marin sur robes Chaîne-coton.
- Pour une robe :
- Après nettoyage,
- Mordancer pendant 12 heures (une nuit) dans un bain ou l’on a ajouté la décoction de :
- Sumac 200 gr.
- Savon 100
- Après ce temps, exprimer et teindre à 90° environ, à nuance voulue avec :
- Bleu alcalin rougeâtre 3 à 6 gr. (dissout àl’eau bouil.) Cristaux de soude 100 grammes.
- Lever, exprimer et laver.
- Passer ensuite dans un bain acidulé avec 20 à 25 gr. d’acide sulfurique.
- On peut nuancer au besoin au violet méthyle.
- Si le bleu est trop clair, il faut, après le mordançage au savon, passer à un bain de sulfate de fer (5 à 6 gr.)
- Bleu marine sur soie.
- Pour une robe : |
- Après nettoyage,
- Former un bain avec :
- Vieux bain de savon....... 5 litres.
- Eau tiède.................-. 25 litres.
- Acide sulfurique étendu de 10 fois son poids d’eau 1 litre du mélange.
- Verser dans le bain la moitié de la dissolution de bleu marin supérieur nécessaire pour la nuance demandée, et commencer la teinture à 80° environ ; après 10 minutes, ajouter un litre d’eau acidulée
- comme ci-dessus et le reste du colorant; pousser à l’ébullition et bouillir 20 minutes.
- Lever, tordre, aviver sur bain acidulé; tordre, laver et sécher.
- DES NOIRS SUR SOIES (Extrait de l’ouvrage de M. Marius MOYRET) (1).
- — Suite —
- Noirs modernes à la galle et au pied.
- Ces noirs ont subi peu de progrès sur les anciens, et les améliorations consistent principalement dans l’emploi du gallique ou extrait de châtaignier, dû à M. Michel, de Lyon, et à une modification du pied par l’emploi du pyrolignite de fer. Le mode d’opérer est sensiblement le même. Les soies colorées en jaune sont quelquefois décolorées par le blanchiment à l’eau régale ; dans tous les cas, bien mouillées, elles sont soumises à une suite d’opérations selon le poids désiré, soit :
- Premier engallage.
- Pour le premier engallage, les soies sont lisées sur un bain neuf, ou sur un vieux bain de gallique à une température de 40 à 45° ; au bout de ce temps, les soies sont égouttées, lavées avec soin» On peut opérer avec un bain contenant 100 pour 100 de gallique du poids de la soie.
- Premier pied.
- Les soies rincées et diablées fort, sûr le premier engallage, sont lisées sur un pied à une tempéra-rature de 50 à 60°, après quelques lises, elles sont levées sur les grilles, puis promenées une demi-heure sur les vergues pour les aérer convenablement et développer la combinaison du tannin et du fer. Après cette première aération, on les repasse au pied dans les mêmes conditions et on les aère de nouveau.
- Le noir peut être arrêté sur ces deux opérations, mais généralement il n’a ni la charge voulue, ni le ton de noir assez plein. On rince donc les soies à grande eau, avec une petite batture pour bien les dégorger, et on recommence.
- Deuxième engallage.
- Ce deuxième engallage se donne dans les mêmes
- (1) Voir aux annonces.
- p.300 - vue 279/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 301
- conditions que le premier, avec la différence que la charge attirée par l’oxyde de fer prenant abondamment, on met 150 pour 100 du poids de la soie , on opère à la même température, mais en laissant traîner davantage les soies sur ce bain. On remarquera que les soies perdent en nuances sur les engallages, qui suivent le premier pied, et qu’il faut toujours les finir sur le pied pour ramener la nuance ; en même temps, l’on observe que le brin gonfle sensiblement. Les soies engallées, le bain est écarté au canal ; il est d’ailleurs à la fin complètement tourné, noirâtre et boueux, de jaune-brun liquide qu’il était au début. Les soies sont rincées à grande eau et reçoivent une batture pour bien les dégorger des précipités mécaniques qui les terniraient ; puis diablées fort sur le rinçage, elles sont prêtes à recevoir le deuxième pied.
- Deuxième pied.
- Ce deuxième pied se donne dans des conditions analogues au premier, la nuance dégradée au deuxième engallage remonte par cette nouvelle action des sels de fer. Les soies peuvent être finies sur ce deuxième pied, elles ont acquis une charge et un noir bleu convenable.
- Sur un engallage et un pied elles prennent environ 30 pour 100.
- Sur deux engallages et deux pieds elles prennent environ 70 pour 100.
- On remarquera que la prise est proportionnelle aux engallages et que les derniers donnent toujours plus que les précédents. Ainsi par
- 3 engallages et 3 pieds on peut obtenir 120 à 130 pour 100, et par
- 4 engallages et 4 pieds on peut aller de 180 à 200 pour 100,
- charge énorme pour si peu d’opérations. Néanmoins ce rendement nécessite souvent cinq passes complètes à la galle et au pied, au lieu de quatre, ce qui est encore fort beau.
- La question des eaux joue un rôle considérable dans ce genre de noirs ; en opérant les rinçages avec des eaux granitiques, les sels de fer sont moins bien fixés, les résultats sont irréguliers et il faut de plus trois passes complètes pour obtenir l’effet de deux, obtenu par le rinçage dans les eaux calcaires du Rhône et de la Saône.
- Adoucissage.
- Les soies sortants de ces passages ont pris un toucher un peu dur, et un aspect qui serait terne si
- on les séchait sur le rinçage du pied. Pour leur rendre en partie leurs qualités, on les adoucit en les passant sur un savon froid fait avec 30 à 40 pour 100 de savon blanc du poids de la soie ; on les lise durant une demi-heure sur un bain, puis on les rince à grande eau avec une petite batture, elles sont alors prêtes à être avivées.
- Avivages.
- L’avivage, que nous avons déjà vu dans les couleurs, a une bien plus grande importance dans les noirs -, il est toujours accompagné de l’emploi de l’huile d’olive. Celle-ci a pour but de donner de la souplesse, du brillant à la soie, et de garnir le noir. Ainsi tel noir, séché sans addition d’huile, qui paraîtra griser, gagnera en plein par un 3 très-petite addition de ce corps ; il ne faut cependant pas tomber dans un excès contraire car l’on s’exposerait à de graves mécomptes.
- L’avivage se fait ordinairement avec 6 à 10 et même 12 pour 100 d’huile selon les noirs; la quantité de 6 pour 100 augmente à mesure que la charge en rend, par son accroissement, l’utilité indispensable. Cette opération si importante dans l’art de la teinture en noir, forme d’ailleurs l’objet d’un paragraphe spécial à la fin de ce chapitre. Il suffit de savoir pour le moment que l’avivage complète un noir par l’apport de l’huile, et qu’il en augmente toujours le ton.
- Le bain d’avivage pour les soies est monté tiède, et dans ce cas on peut employer un acide minéral, l’acide chlorhydrique, de manière à donner à l’eau une saveur aigrelette-,l’huile est alors émulsionnée convenablement, le bain est vivement brassé, et les soies toutes prêtes avec leurs bâtons, sur des grilles, sont abattues et lisées vivement quatre ou cinq fois ; l’avivage est alors complet et les soies ont pris un bon toucher craquant. Le bain est écoulé ; les soies égouttées, diablées modérément, sont portées et étalées sur des perches à l'étendage. Par une température trop élevée à la chambre chaude, le noir jaunit toujours quelque peu. Généralement les opérations précitées, bien faites ; sont mathématiques et donnent des résultats certains comme rendements à quelques centièmes près. Mais il peut arriver que le poids obtenu soit de beaucoup inférieur à celui désiré; dans ce cas, on recommence une nouvelle passe, et pour éviter de trop rendre, on donne l'engallage avec une quantité de galle déterminée avec soin.
- p.301 - vue 280/286
-
-
-
- CO vo
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Noirs à fond de bleu de Prusse terminés à la galle et au pied.
- Ces noirs diffèrent des précédents, en ce que pour modifier quelque peu le ton, et accélérer en même temps le poids donné par les engallages, on donne dans ce cas deux ou un plus grand nombre de rouils, par les méthodes décrites chapitre VI, et de plus un bleutage.
- L’ensemble de ces opérations donne 8 pour 100 de poids à chaque rouil bleuté, soit 24 pour 100 pour 3 rouils bleutés avec un fond de bleu très prononcé, déjà presque noir ; de plus, sur le premier engallage qui suit immédiatement ces opérations, le tannin au lieu d’être attiré purement par l’affinité de la soie, l’est en même temps par l’affinité du bleu de Prusse, et dans ces conditions, la première passe, faite identiquement comme sur la soie pure, mais avec plus de gallique, 150 pour 100 au lieu de 100 pour 100, donnera environ 40 pour 100 et même 50 pour 100 au lieu de 30, car les rendements'peuvent varier quelque peu. Comme teint, le fond de bleu joue réellement un certain rôle pour la nuance, de même que pour le poids ; il est vrai que celui donné par le bleu de Prusse revient plus cher que celui donné par le gallique et le pied, mais le noir a un bien plus joli ton.
- En résumé, sur soie écrue bleutée sur trois rouils et une passe complète, l’on peut obtenir jusqu’à 70 pour 100 et atteindre plus de 200 pour 100 en quatre passes complètes.
- Les soies ainsi commencées sont ensuite traitées rigoureusement comme si l’on partait de la soie pure. Avant de quitter ce genre en soie écrue, je terminerai en disant que si l’on désire, mais le cas est rare, des noirs plus dégagés, l’on remplace le gallique par une décoction de galle fine ou de dividivi, qui joue un grand rôle dans les noirs comme succédané de celle-là.
- Noirs légers sur soie écrue. — Noirs anglais.
- Les noirs qui précèdent ne peuvent s’appliquer que pour des soies écrues montées,[susceptibles de pouvoir résister aux nombreuses manipulations et à la grande charge dont elles sont l’objet ; mais il est des cas où ces méthodes ne peuvent s’appliquer. Dans ce cas, on peut faire d’assez beaux noirs légers en peu d’opérations, en imitant les noirs anglais, qui seront vus pour des noirs cuits, qui se font en deux passes seulement et sans se préoccuper de
- donner du poids. Les opérations comprennent surtout : une bruniture, une teinture et, pour terminer, un adoucissage et un avivage.
- Bruniture.
- Cette opération consiste à promener les soies écrues bien mouillées dans un bain chauffé d’abord à 40 ou 50° et contenant :
- La décoction de 50 à 60 p. c. de bois d’Inde •
- » 25 à 30 p. c. de bois jaune ;
- » h à 5 p. c. couperose ;
- » 1 à 2 p. c. verdet raffiné en cristaux.
- Le bain doit être fait de manière à représenter en volume vingt fois celui de la soie. Les décoctions de bois mélangées sont additionnées des solutions des deux sels. Vivement agité, le bain est alors tourné et moitié précipité, mais susceptible quand même de teindre, sous l’influence de ces réactions multiples des deux bois et des deux sels.
- Les soies sont abattues sur ce bain, Usées une demi-heure, puis relevées sur des grilles, pour permettre de réchauffer le bain à 60° ; plongées de nouveau, elles sont encore lisées une demi-heure, et ont acquis une teinte brunâtre. Le bain épuisé, noir boueux, est écoulé au canal, les soies sont laissées dans la barque pour les faire égoutter, et on les laisse revenir à l’air en les lisant sur les vergues pour les aérer ; au bout d’une heure, on peut les rincer. Une petite batture est d’ailleurs utile pour bien les dégorger ; bien rincées, diablées fort, elles sont prêtes à suivre les opérations et à aller en teinture.
- Teinture.
- Cette opération a pour but d’enrichir la nuance, en fixant une masse nouvelle de campêche, grâce aux mordants fixés par la bruniture ; pour ce, les soies sont, après avoir été dressées et passées de nouveau en bâton, lisées sur un bain chauffé à 50° et contenant la décoction de 50 pour 100 de bois d’Inde, environ une heure.
- Le bain épuisé et tourné peut alors être jeté au canal, et les soies sont alors nourries en couleur ; il ne reste plus qu’à les écouler, les rincer, pour les terminer par un adoucissage et un avivage.
- Adoucissage.
- Cette opération a pour but non-seulement d’adoucir les soies, mais encore de développer la belle couleur du campêche. Nous la reverrons fréquemment et avec plus de détails ; pour le moment, je me contenterai de dire que les soies, après avoir été
- p.302 - vue 281/286
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 303
- diablées fort sur l’opération précédente, sont lisées dans un bain de savon contenant de 30 à 30° de savon blanc, environ une heure et à tiède. Au bout de ce temps, les deux effets désirés étant obtenus, les soies sont levées, le bain est écarté au canal ; égouttées, elles sont rincées à grande eau, et après diablage, prêtes à être avivées.
- Avivage.
- L’avivage doit être fait comme précédemment, mais il demande moins d’acide, et même un acide végétal, l’acide acétique ou une liqueur acide, le jus de citron, conviennent mieux ; puis les soies diablées modérément sur l’avivage sont séchées. Le noir obtenu est assez fin, à ton vert et ne rend aucun poids.
- Pour résumer, il serait possible de faire d’autres noirs sur soie écrue, en modifiant les combinaisons qui seront vues plus loin dans les autres genres, mais cela a peu d'importance. Les noirs cités répondent à tous les besoies en soie écrue qui joue d’ailleurs un rôle modéré dans les tissages, et souvent un rôle effacé où quelquefois, tel que dans les articles satins, on peut la remplacer par du coton dans les effets de trame. Ce que l’on demande souvent à la soie écrue, tel que pour les genres velours, c’est de garder sa fermeté due au grès qu’il faut donc ménager avant tout.
- (A suivre.)
- AIDE-MÉMOIRE DU DEGRAISSEUR (Suite.)
- Les huiles volatiles ou essentielles rectifiées, telles que celles de houille (benzine), de pétrole (essence légère), de térébenthine, de citron, de lavande et de bergamotte, le sulfure de carbone, enlèvent facilement les taches d’huile, de graisse, de résine, goudron, poix, bitume, etc., sur les étoffes propres. Pour dégraisser à fond les étoffes salies par l’usage, il faut le nettoyage en plein ou à sec, dont le Moniteur de la Teinture a décrit les opérations (I) et dont nous parlerons plus loin.
- L’essence de térébenthine employée encore par un certain nombre de teinturiers dégraisseurs, doit être employée pure et dégagée de sa partie grasse, qui produirait infailliblement un cerne autour delà tache mouillée. Un procédé bien simple consiste à l’agiter dans un vase fermé avec de la soude caus-
- (1) Voir année -1872. Pages 33, 141 et 159.
- tique à 36°, laisser reposer, agiter de nouveau, puis décanter et filtrer la partie supérieure au dépôt.
- Pour faire disparaître l’odeur que laissent les huiles essentielles mal rectifiées il suffit d’exposer les étoffes à l’action simultanée de deux courants, l’un de vapeur d’eau et l’autre d’air sec. On enlève aussi l’odeur en trempant dans l’alcool, mais ce moyen est coûteux.
- L’alcool rectifié dissout facilement la cire, le suif à l’état concret, la bougie stéarique, et toutes les matières résineuses déposées superficiellement sur une étoffe quelconque. Il peut enlever les taches de vernis, de peinture, de poix, de goudron, sur des étoffes de laine tirées à poils, et quelquefois même sur des tissus lisses qui n’ont pas été pénétrés.
- L’alcool peut être mélangé avec plusieurs agents de dégraissage, tels que le fiel de bœuf, les jaunes d’œufs, soit pour les conserver, soit pour leur donner plus d’énergie et de force de pénétration.
- Terres grasses et absorbantes (argile, terre à foulon, terre de pipe, plâtre, cendres tamisées.) On emploie ces terres pour enlever les corps graisseux de dessus les étoffes, mais il faut s’en servir avec discernement, selon l’espèce de tissu et la nature des couleurs.
- Aussi pour les étoffes blanches, on se sert de plâtre en poudre, et pour les étoffes teintes on se sert de terre grasse en poudre, ou de terre de pipe ou de cendres.
- La craie et la céruse du commerce ont la propriété de nettoyer parfaitement les étoffes de laine claires, le satin blanc, les tapisseries, etc. On les réduit en poudre très-fine et on saupoudre l’étoffe bien tendue qu’on frotte avec une brosse de flanelle. Ceci fait, on bat l’étoffe avec précaution pour enlever la poudre superflue.
- Saponaire. — C’est avec la décoction alcaline des feuilles, des fleurs et de la racine de cette plante qu’on nettoie et dégraisse parfaitement les étoffes de laine et de cachemire en leur laissant toutefois une teinte jaunâtre qu’on enlève par un lavage à l’eau saturée de quelques gouttes d’acide citrique ou acétique.
- Sel de tartre (sous-carbonate de potasse). Ce sel dissout et enlève avec facilité tous les corps gras ; mais on ne doit l’employer que sur les draps bleus, noirs, gris, verts foncés, et généralement sur toutes les couleurs réputées bon teint. Par pure précaution, on neutralise encore son action par l’ammoniaque liquide.
- p.303 - vue 282/286
-
-
-
- O C.
- LE MONITEUR, DE LA TEINTURE
- Sel d'oseille (bi-oxalate de potasse). Il dissout les oxydes métalliques ; aussi est-il employé avec quelque avantage pour enlever les taches d’encre, de rouille, etc., surtout lorsqu’on le mélange avec une partie d’étain pur.
- L'eau de javelle (chlorure de potasse) ne doit être employée que sur les étoffes de chanvre, de lin et de coton non teintes, soit pour les blanchir, soit pour enlever certaines taches de fruits.
- La crème de tartre (bi-tartrate de potasse) est bonne pour enlever les taches formées par les compositions où il entre quelques particules d’oxyde de fer comme, par exemple, les taches de cambouis qui résistent après avoir été frottées avec de l’essence de térébenthine, les taches produites par la rouille et même par la boue. Du reste, elle n’agit pas ausi promptement que le sel d’oseille ou l’acide oxalique qui doit être préféré.
- La dissolution d'étain est destinée à combattre les effets des alcalis sur les couleurs ponceau et écarlate, ainsi qu’à enlever les taches d’urine sur tous les vêtements de laine en bon teint. Cette composition détruit les rosures sur l’écarlate et les taches occasionnées par les sucs astringents sur la couleur ponceau.
- Compositions polychrestes, dites à détacher. — Recette indiquée par Chaptal et recommandée par lui comme étant la meilleure. On dissout du bon savon blanc dans de l’alcool, on broie le mélange avec 4 ou 5 jaunes d’œufs, en y ajoutant peu à peu de l’esssnce de térébenthine. Dès que la pâte est unie, on y incorpore de la terre à foulon très-divi-sée,pour donner au tout une consistance convenable et en former des savonnettes.
- Lorsqu’on veut faire usage de cette composition, on humecte l’étoffe avec de l’eau et l’on frotte dessus avec la savonnette pour en dissoudre une partie ; alors, à l’aide de la main, d’une éponge ou d’une brosse, on l’agite fortement pour la faire pénétrer, on l’étend, et peu de temps après, on lave l’étoffe pour enlever la dernière trace de ce savon.
- Nous n’avons point classé au nombre des substances convenables pour le dégraissage des étoffes les infusions de marron d’Inde, de thé, de tabac, les colles végétales de feuilles de pommes de terre, d’amidon, de farines'de riz, de seigle, etc., les bains de son, l’eau dans laquelle on fait bouillir les haricots, et beaucoup d’autres liquides mucilagi- , neux et amylacés que l’on a vantés et préconisés comme des moyens détersifs, et qui n’ont pas d’autre mérite à notre avis que celui de diviser les
- agents dissolvants, et de faciliter ainsi leur action sur les étoffes.
- Nous n’avons pas parlé non plus de l’usage très-répandu d’enlever les corps gras en les volatilisant à l’aide d’un fer chaud, au moyen d’un papier non collé. Ces deux moyens ne font que dissimuler momentanément les taches de graisse qui reparaissent quelques jours après avec plus d'étendue.
- (A suivre.)
- INDUSTRIELLE
- LA MUSIQUE DES COULEURS
- MM. Apston et Perry, professeurs de physique au collège impérial de Tokio (Japon), viennent d’adresser à la Société de physique de Londres un mémoire sur un nouveau genre de musique dont l’idée leur a été suggérée par la manière dont les Japonais savent tirer des effets artistiques de la combinaison habile de certaines nuances avec des mouvements rhythmés. Ces deux savants prétendent que l’œil des Japonais est habitué à saisir des délicatesses semblables à celles que perçoit l’oreille d’un dilettante européen, et que le groupement harmonieux d’objets colorés produit sur l’intelligence des effets absolument inconnus en Europe, et dont le kaléidoscope ne peut donner qu’une faible idée.
- Ils ont présenté à la Société de physique de Londres un instrument qui permet de « jouer un air de couleurs » sur un écran avec un disque, dont on fait changer la teinte et les dimensions d’une façon susceptible d’être réglée et notée.
- Des expériences peu susceptibles d’être décrites et qui seront prochainement répétées à Paris ont terminé la séance.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES Par Maius MOYRET
- 1 vol. in-8°. — Prix : 21 fr. par poste
- Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Un Contre-Maître très-habile dans l’impression au rouleau ( a imprimé 12 couleurs) désire un emploi.
- S’adresser à V Office du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
- p.304 - vue 283/286
-
-
-
- p.n.n. - vue 284/286
-
-
-
- p.n.n. - vue 285/286
-
-
-
- p.n.n. - vue 286/286
-
-