Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- MONITEUR DE LA TEINTURE
- ET DE
- L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le Moniteur de la Teinture paraît depuis le 1er janvier 1857 ; il portait dans le principe le titre de Coloriste industriel.
- Les premiers volumes de sa collection (ancienne série), sont épuisés ; ceux qui restent disponibles comprennent les années 1866, 1867, 1868, 1869,1870-71, 1872, 1873, 1874, 1875, 1876, 1877,1878 et le présent volume (nouvelle série), en tout treize volumes.
- Ces collections constituent dans leur ensemble, le Traité théorique et pratique le plus étendu et le plus complet, concernant les Industries tinctoriales; la quantité de faits, documents, procédés, descriptions, échantillons et gravures qu’elles contiennent, répondant toujours aux nécessités présentes de ces industries, en font un précieux auxiliaire pour toute exploitation industrielle ou commerciale se rapportant au Banehîment, à la Telnture, à l’Impression, aux Apprêts et à tout Travail des Tissus ou des Couleurs en général.
- PRIX
- Chaque volume broché à partir de 1870-71........................................... 13 fr.
- Collection 1870-71 à 1879 (neuf volumes)........................................... 90 fr.
- Collection complète (treize volumes).............................................. 130 fr.
- (Les années 1867, 1868 et 1869 étant presque épuisées, ne se vendent qu’en collections com plètes et non séparément).
- Chaque volume est formé d’une année, sauf celui de 1870-71 qui par suite de l’interruption causée par la guerre, comprend ce qui a paru pendant ces deux années.
- Les volumes reliés de cette collection, coûtent 2 francs en plus pour chaque.
- Charleyille, Imp. de G, COLIN.
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- 5e SÉRIE
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- 2° VOLUME
- MONITEUR DE LA TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- REVUE TIIEORI2UE & PRATI2UE Spécialement consacrée
- AU BLANCHIMENT, A LA TEINTURE, A L’IMPRESSION ET A L'APPRÊT DES FILS ET TISSUS, A LA PRODUCTION ET A LA PRÉPARATION DES MATIÈRES TEXTILES
- EN GÉNÉRAL A LA FABRICATION ET A L'APPLICATION DE TOUS PRODUITS COLORANTS EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE ET DANS LES ARTS
- PUBLIÉE LE 5 & LE 20 DE CHAQUE MOIS
- Sous la direction de M. P.-F. BLONDEAU, Ingénieur des Arts et Manufactures,
- PRIX DE L’ABONNEMENT :
- Paris et Départements : Un an......................... 15 fr.
- — — Six mois................................. 8
- Étranger........................................ 20
- VINGT-TROISIÈME ANNÉE
- PARIS
- ADMINISTRATION & RÉDACTION
- , 10, Avenue de la République, 10
- S’adresser à M. P.-F. BLONDEAU, Ingénieur.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23- Année, No 1. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 5 Janvier 1879.
- SOMMAIRE
- Avis. — Revue de l’Exposition (suite). — La teinture et l’impression à l’Exposition universelle. — Les apprêts des tissus de coton, par M. Alex. SCHULTZ, 5e article (3 échantillons). • as .
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Chiffonnage : Vert-bronze sur laine, etc. (Nuances modes de la saison). — Chiffonnage : Procédés allemands. — Aide-mémoire du dégraisseur (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. - Les sociétés et les
- AVIS
- La table des matières du 22e volume du Moniteur de la Teinture, année 1878, est jointe à ce numéro.
- Nous prions nos abonnés dont l’abonnement expire avec le présent numéro, et qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés pour l’année 1879, de nous prévenir par lettre ou de retirer la table qui accompagne ce numéro du 5 janvier, et de remettre ce dernier au .facteur en mentionnant leur refus sur la bande.
- Nous prévenons également les personnes qui auront renouvelé leur abonnement, soit en ne refusant pas le numéro du 5 janvier 1879, soit en nous donnant avis, et vqui ne nous auront pas réglé directement, que notre quittance de fr. 15.50 pour les départements, et de fr. 20.50 pour l’étranger, leur sera présentée dans la dernière quinzaine du mois de janvier.
- Pour satisfaire au désir exprimé par un certain nombre de nos lecteurs, nous avons disposé-la moitié du supplément du journal, contenant la revue des marchés et le prix des drogues, etc., sur la place de Paris, de façon qu’elle puisse être détachée et reliée avec les numéros du journal.
- Les retards apportés par suite des remaniements occasionnés par cette amélioration et la nouvelle nomenclature des drogues et produits chimiques pour la teinture ne nous ont pas permis de mettre les prix dans ce premier numéro, ils paraîtront régulièrement à partir du numéro prochain.
- écoles industrielles à l’Exposition.
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- REVUE DI L'EXPOSITION
- GROUPE V.
- France. — Classe 47. ob ZUstalTo
- Société anonyme de Croix, à Croix, près Roubaix. — Médaille d’argent. — Les principaux produits exposés sont l'orseille et l'indigo. On y remarque aussi divers produits chimiques, tels que carbonate de potasse, potasse caustique, etc. La vitrine renferme des teintures sur pièces de mérinos à l’extrait d’orseille sans mordant et avec mordant acide; des teintures au carmin d’indigo, au sulfate d’indigo, etc. bpoaobotsn
- Cuinom Jeune et Pienrd, à Lyon (Rhône). — Médaillé d’argent. — Exposition de produits pour teinture, impression, blanchiment, orseille, indigo, safranum, cochenille ammoniacale, côral-line soluble à l’eau et à l’alcool, cardinal pour fleurs, dulecogène, et de l'acide azoto sulfurique/'
- 0 .00818 8 XU leho 2072 999 ne uprilto Marquet de Vasselot, à Paris. fotrMé-s daille d’or. — Le produit le plus remarquable de cette exposition est de l’oréine cristallisé, garnis-sant le fond d’une bassine; les autres produits qui concernent la teinture et l’impression sont des extraits d’orseille secs et autres, la groséine, la grenadine, le cudbear, l’indigotine, le sulfate et le carmin d’indigo.
- Sevoz, à Paris. — Mention honorable. — La spécialité de la maison est les couleurs pour la teinture des cuirs. Les produits exposés [sont : la
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- carthamine, le jaune aurine, nankin, rouge russe, rouge cuir, rouge grenade.
- Saint-ermain, à Paris. — Médaille de bronze. — Spécialité de rose végétal au carmin de safranum. La vitrine contient de l’extrait sec, cristallisé, liquide. Les échantillons teints sont : de la ficelle, un bouquet de rose et des écheyeaux de soie.
- Moulin, à Saint-Denis (Seine). — Médaille de bronze. — Expose des sels d’étain, oxymuriate et des cyanures de potassium, jaune, rouge.
- Pommier et Ce, à Gennevilliers (Seine). — Médaille d’argent. — Cette maison expose des produits divers pour teinture, orseille, cudbear, cochenille, carmin d’indigo, laques divers, sulfate d’alumine, cristaux et poudre, acétate d’alumine, etc.
- Société générale des aluns, à Paris. — Médaille d’or. — L’exposition nous montre de magnifiques blocs d’alun de Rome en gigantesques cristaux, de l’alun en poudre et du sulfate d’alumine.
- Société anonyme de produits chi-miques (établissement Maletra), à Paris. — Médaille d’or, — La vitrine renferme des acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, des sels d’étain, de la soude caustique, etc.
- Société de produits chimiques de Saint-Gobaim, Chauny et Clrey, à Paris. — Médaille d’or. — Magnifiques cristaux de carbonate de soude, sels de soude.
- Mulaton et cle, à Lyon (Rhône). — Médaille d’argent. — La spécialité de la maison est la fabrication de l’acide tartrique. L’exposition montre de très-beaux produits d’acide tartrique en cristaux, en neige, granulé, des lies de vins blanches, rouges, du tartre naturel en tablettes, de l’acide citrique en neige, gros cristaux et granulé. On doit à M. Mulaton l’application des appareils à évaporer dans le vide à la fabrication de l’acide tartrique.
- Vincent, Camille, à Paris. — Médaille d’or.— Sels divers de méthylamine obtenus par son procédé de fabrication, alcool méthylique de synthèse.
- De Diemhelm-Brochocki.— Chlorozone, produits chlorurés, marquant 32° B, 40 B, 30° B et marquant respectivement 60°, 80°, 30° chloro-métriques. La vitrine renferme des échantillons blanchis par le chlorozone, tels que coton filé, en ouate, du lin, du chanvre et du phormium. |
- Tessié «lu Motay, à Paris. — Médaille d’or. — Expose des étoffes et des fils de soie Tus-sah décreusés par ses procédés, indique les maisons qui ont préparé les produits et comme comparaison, expose des soies Tussah décreusées par l’ancien procédé, ces dernières ont moins de brillant.
- (4 suivre).
- LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (Extrait du Mémoire de MM. Edouard et Adolphe Kopp, publié par le Moniteur scientifique.)
- Noir d’aniline.
- Nos connaissances sur la nature et la production du noir d’aniline se sont considérablement accrues dans ces dernières années; les procédés d’impression sont devenus plus simples et plus rapides, enfin on est également parvenu à appliquer cette matière colorante à la teinture.
- Le noir d’aniline diffère des autres couleurs d’aniline en ce qu’il est complètement insoluble dans les dissolvants ordinaires, et qu’il faut le produire sur les fibres même -, de plus il a une affinité très-faible pour les fibres animales, mais se fixe très-bien sur les fibres végétales, ; il sert principalement à l’impression du coton.
- MM. Fritsche et A.-W. Hofmann avaient déjà remarqué la formation de cette matière colorante en faisant agir le bichromate de potasse sur le chlorhydrate d’aniline. M. E. Willm, en 1860, fut le premier qui eut l’idée d’appliquer cette réaction à la teinture. MM. Calvert, Lowe et Clift l’employèrent pour l’impression, mais les nuances ainsi obtenues étaient plutôt vertes que noires et les matières colorantes étaient appelées éméraldine ou azurine.
- C’est à M. J. Lighfoot d’Akrington qu’on doit le premier procédé d’impression du véritable noir d’aniline. Les essais datent de 1868 et, en 1863, il prit un brevet pour la France et l’Angleterre. A un épaississant convenable il ajoutait un mélange de chlorate de potasse, d’aniline, d’acide chlorhydrique, de chlorure cuivrique, de sel ammoniac. Mais son procédé, tout en donnant un très-beau noir, présentait un grand nombre d’inconvénients dont
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- les principaux étaient l’acidité du mélange qui attaquait très-facilement les racles et altérait les les fibres.
- M. Camille Kœchlin obvia à la plupart de ces défauts en plaquant en sels de cuivre et imprimant ensuite un mélange de chlorate de potasse et un sel d’aniline, de préférence le tartrate. Malheureusement peu d’articles se prêtaient à ce traitement, toutes les couleurs ne supportant pas la présence des sels de cuivre solubles.
- Peu après M. Cordillot proposa de remplacer les sels de cuivre par les ferricyanures ou ferrocyanu-res ; outre le prix assez élévé de ces corps, le mélange se décompose également très-rapidement avant l’impression. Cependant, ce noir est assez souvent employé, en effet, par l’introduction de l’extrait de garance et de l’alizarine artificielle ; l’on a besoin d’un noir se fixant par vaporisage.
- Enfin, en 1864, M. Ch. Lauth substitua le sulfure de cuivre insoluble aux sels de cuivre solubles ; cette modification a été rendue pratique par les essais et les formules de M. Camille Kœchlin. Cependant, au bout d’un certain temps, surtout à une température élevée, la couleur peut s’oxyder. Pour prévenir cette décomposition, on ajoute au mélange, avant l’addition de l’acide tartrique, 1 à 3 millièmes de sulfhydrate d’ammoniaque.
- Depuis on a publié un grand nombre de formules pour produire le noir d’aniline ; les compositions varient selon l’idée que se font leurs auteurs sur la formation du noir.
- Ainsi une méthode employée assez longtemps consiste, d’après M. Paraf, à mélanger du fluosili-cate ou fluorure d’aniline et du chlorate de potasse. Plus tard, M. Rosenstiehl recommande l’emploi du chlorate d’ammoniaque] avec du sel ammoniac; mais bientôt ce chimiste reconnut que son noir, ainsi que celui préparé d’après la formule de M. Paraf, ne pouvait se produire qu’en présence du cuivre, qui provient d’ordinaire du vase où se fait le mélange des corps ou bien des rouleaux. Jusque-là, on expliquait la formation du noir d’aniline par la propriété que possède le cuivre de former deux séries de sels. En présence du sel d’aniline, le sel de cuivre est réduit, l’oxygène sert à oxyder l’aniline et à former le noir, le chlorate oxyde de nouveau le sel de cuivre, et comme cette série de réactions peut se renouveler indéfiniment, on voit qu’il faut une quantité de métal excessivement petite.
- M. Rosenstiehl a émis dès 1865, une autre théorie
- qui est généralement adoptée aujourd’hui. D’après lui, le cuivre qui se trouve à l’état de sel dans le mélange, produit avec le chlorate une double décomposition ; il se forme du chlorate de cuivrez Ce corps seul ne se décompose qu’à 60 degrés, en donnant des dérivés oxygénés du chlore ; mais, mis en présence des tissus ou de sels d’aniline, cette décomposition s’opère déjà à 35 degrés, et les pro-duits, en réagissant sur l’aniline, forment le noir.
- D’ailleurs des expériences directes ont démontré que la présence de sels de cuivre n’est pas indispensable ; en effet, des morceaux de coton imprégnés de sel d’aniline purs et soumis à un courant d’air mélangé d’ozone et de chlore se coloraient très-rapidement de noir ; de plus, MM. Coquillon et Goppelsrœder ont produit le noir par électrolyse, en ayant soin de remplacer les électrodes de platine par d’autres en charbon.
- Mais, en général, dans toutes les méthodes qui ont été indiquées pour préparer le noir d’aniline (sauf le noir électrolytique), on emploie un sel d’aniline et un agent oxydant, de préférence le chlorate de potasse, puis un corps capable de décomposer le chlorate, d’ordinaire un sel de cuivre, plus récemment un sel de vanadium.
- Le chlorate de potasse étant assez difficilement soluble, on a proposé de le remplacer par les sels de baryte, de chaux ou d’ammoniaque, surtout de soude. M. Schlumberger a indiqué une méthode facile pour préparer ces sels au moyen du chlorate d’alumine.
- Le chlorate d’alumine est assez employé, surtout avec le tartrate d’aniline ; en effet, lorsque ce dernier est associé avec du chlorate de potasse, il cristallise du tartrate de potasse dans le mélange, ce qui est très-préjudiciable dans l’impression. Le chlorate d’alumine donne de bien meilleurs résultats, le tartrate d’alumine étant soluble. Enfin, pour préparer le chlorate d’aniline, on décompose le chlorate d’alumine avec de l’aniline sans être obligé de séparer l’alumine qui se dépose.
- A la place du sulfure de cuivre on a également proposé l’emploi du sulfocyanure de cuivre, ou des composés d’autres métaux comme le fer et le manganèse.
- M. Lightfoot a indiqué le premier la formation du noir sous l’influence du vanadium; ce métal agit bien plus rapidement que les sels de cuivre et il en faut des quantités bien moindres ; de plus le noir est bien plus riche, les racles et les rouleaux ne sont pas attaqués et l’oxydation peut très-bien être
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- réglée. D’après M. Guyard, le pouvoir du vanadium est au moins cent fois plus considérable que celui du cuivre, une partie de chlorure de vanadium doit transformer 500 parties de sel d’aniline en noir. De tous les métaux le vanadium passe avec une facilité presque égale de l’état d’oxydation maximum à l’état d’oxydation minimum et réciproquement. Au contact du chlorure de vanadium les chlorates sont décomposés, il se forme de l’acide vanadique et il se dégage du chlore; .le vanadate alcalin est réduit immédiatement par le chlorhydrate d’aniline, et les mêmes réactions se continuent jusqu’à ce qu’il ne reste plus de chlorate à décomposer et de sel à oxyder.
- M. G. Witz prouve que le vanadium agit par quantités infinitésimales, il suffit de prendre 1/135000 du poids du chlorhydrate d’aniline pour obtenir par impression une oxydation complète en peu de jours, à 25 degrés. En pratique on doit employer 1/67000 du poids du sel d’aniline.
- D’après M. Rosenstiehl il y a probablement toute une série de noirs. Il y a des noirs qui, selon leur préparation, résistent parfaitement à l’action de l’air et de la lumière ; d’autres, au contraire, mis en contact des acides ou soumis à certaines influences réductibles, principalement de l’acide sulfureux ou de l’hydrogène sulfuré, deviennent verts. Plus le noir d’aniline est riche en couleur, pins il résiste à ces agents. La matière colorante produite au contact d’un excès d’aniline verdit beaucoup moins facilement, et supporte beaucoup plus l’action du chlore. La question du verdissage a beaucoup préoccupé les praticiens ; grâce aux efforts d’un grand nombre de chimistes, on est parvenu à rendre le noir inverdissable. M. Brandt considère le noir comme le résultat d’un mélange de couleurs produites par dpux réactions différentes : action des dérivés chlgréssur l’aniline et oxydation de l’aniline et oxydation de l'aniline elle-même. Le noir provenant des dérivés chlorés est très-stable, mais il n’est pas aussi beau que le produit d’oxydation qui a une coloration foncée d’un violet-noir devenant vert par l’action des acides. Le mélange des deux noirs, le bleu et le violet, forme le noir d’aniline ordinaire. M. Brandt conseille pour empêcher le noir de verdir de chlorer fortement après le bain de carbonate de soude, et de passer dans un bain de savon concentré ; on obtient ainsi un noir passant difficilement.au vert et qni ne s’altère pas dans les magasins, surtout lorsque ajoute une certaine quantité de magnésie à l'apprêt.
- Le premier noir inverdissable fut celui au ferri-cyanure, préparé dans la maison Schwartz-Hugue-nin, par M. Gordillot.
- M. Rosenstiehl explique le verdissage en admettant que le noir d’aniline provenant d’un simple aérage est un mélange du véritable noir et d’émé-raldine, et que le premier dérive par oxydation du second. L’éméraldine passe au bleu-noir par les alcalis, mais verdit par les acides. Par une oxydation ultérieure on parvient à transformer cette éméraldine en noir.
- M. Glanzmann prépare des noirs solides qui ne verdissent pas par des‘passages en acide chromi-que (bichromate de potasse et acide sulfurique).
- M. Lamy recommande l’emploi d’un bain de bichromate et d’acide hydrofluosilicique.
- MM. Kœchlin frères et Jeanmaire ont résolu la question de rendre le noir inverdissable. M. Jean-maire essaya l’action des ferricyanures sur le noir déjà fixé sur le tissu, les noirs après ce passage ne verdissent plus ; en remplaçant les ferricyanures parle nitrate acidede fer, la matière colorante atteint une grande stabilité ; le noir a alors atteint son maximum d’oxydation.
- Un grand nombre d’autres oxydants ont encore été proposés, comme l’acide chromique, les chromâtes, les nitrites, l’acide sulfo-azotique, le chloro-chlorate d’alumine, le chlorate de chrême, le sulfo-chromate ferrique.
- M. G. Witz a publié un article très-intéressant sur l’action des réactifs divers sur le noir d’aniline, principalement des agents oxydants sur le noir déjà formé, pour le rendre inverdissable.
- Par une action trop énergique le tissu est brûlé ce qui arrive en chlorant les pièces. Il n’y a que l’acide chromique libre qui rende le noir inverdissable ; la température a une grande influence sur la réaction ; celle-ci est presque nulle au-dessous de 80 degrés et elle n’a lieu qu’à 100 degrés.
- Les agents réducteurs ne peuvent plus transformer le noir inverdissable en noir ordinaire. L’acide sulfureux transforme le noir ordinaire ou celui traité par les agents oxydants au-dessous de 75 degrés en un vert jaunâtre, tandis que le noir, oxydé entre 75 et 100 degrés, n’est pas attaqué.
- Pour la formation du noir d’aniline, la nature de l’huile d’aniline employée a une grande importance. M. C. Hartmann a trouvé que l’aniline pure de M. Coupier, ainsi que toutes les huiles bouillant de 180 à 185 degrés, donnent un noir très-brillant, tandis que la toluidine et les huiles qui ont leur point
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- d’ébullition au-dessus de 192 degrés donnent un brun sale.
- La naphtylamine, traitée par des agents oxy-dants, comme le perchlorure de fer, l’acide chro-mique, le chlorure d’étain, donne de même que l’aniline un produit d’oxydation. Il se forme d’abord un précipité bleu, qui passe au rouge. M. Piria a appelé ce corps naphtaméine, et M. H. Schiff oxy-naphtylamine. M. Kielmeyer remplaça l’aniline par la naphtylamine dans la formule pour noir dans l’impresion sur le coton. Il obtient une couleur violette assez belle et solide, en diminuant de beaucoup la proportion du chlorate de potasse et supprimant l’emploi du sel ammoniac, et même celle de cuivre. ’ *99 6 8
- M. Lamy obtient une matière colorante brun-rouge, en imprimant un mélange de chlorate de potasse, d’un sel de cuivre ou de fer, de naphtylamine et d’acide chlorhydrique avec un épaississant approprié. Après un étendage des tissus dans les chambres d’oxydation, on les passe dans un bain de bichromate de potasse et d’un acide.
- D’ailleurs les nuances obtenues avec les sels de naphtylamine se rapprochent plutôt du puce que du violet ; et jusqu’à présent elles n’ont pas encore trouvé d’application très-étendue.
- Noir d’aniline en teinture.
- Pour la teinture en noir d’aniline on a fait de nombreux efforts pour arriver aux beaux résultats obtenus en impression ; aussi commence-t-elle à prendre beaucoup d’extension.
- En 1865, M. Allard avait déjà breveté un procédé pour teindre le noir d’aniline par passages alternatifs en bichromate de potasse et sel d’aniline. MM. Paraf-Javal, à Thann, employaient à la même époque le même procédé ; mais ils rencontrèrent de grandes difficultés pour régulariser l’oxydation, même en tenant les dissolutions près de 0 degré, le noir se déposait souvent dans les cuves ou brûlait les tissus.
- M. J. Persoz a essayé de développer le noir sur les fibres en les imprégnant d’abord d’un corps oxydant et en les plongeant ensuite dans un bain renfermant de l’aniline. Sur les pièces bien tendues, on répand des solutions d’aniline et de bichromate de potasse, soit alternativement, soit simultanément à l’aide de brosses horizontales, animées d’un mouvement vertical. On obtient de cette façon d’abord une teinte verte, qui, par lavage et passage au savon, devient d’un noir franc. On a
- employé avec avantage un appareil insufflateur pour pulvériser les liquides et égaliser ainsi le noir ; M. Depouilly applique encore ce procédé pour les apprêts.
- En 1873, M. Ch. Lauth mordance les tissus avec du chlorure de manganèse, passe à l’ébullition dans de la soude, ensuite en chlorure de chaux et teint en bain de chlorhydrate d’aniline.
- MM. Jarosson et Müller-Pack ont breveté en 1872 une méthode qui consiste dans l’emploi d’une solution de chlorure ferreux à 12°. Baumé, on y plonge ensuite les tissus pendant vingt-quatre heures, et après on laisse au contact de l’air pendant douze heures -, les pièces sont ensuite imprégnées d’une solution d’un mélange de chlorate de potasse et de chlorhydrate d’aniline, et au sortir du bain, chauffées pendant quatre heures dans des tambours mobiles autour de leur axe et portés à 40 degrés.
- Plus tard, M. Grawitz a pris également des brevets analogues pour produire du noir sans aérage par la formation de sels doubles d’aniline à acides métalliques peroxydés au moyen de chlorates ou de chromâtes.
- Pour les filés, M. Ladureau a proposé de passer les écheveaux de coton débouillis dans un bain de chlorhydrate d’aniline, de chlorate de potasse, de chlorure de manganèse et de bichromate de potasse. Après les avoir tordus on les expose pendant vingt-quatre heures à l’air et l’on développe le noir par un bain de bichromate.
- Enfin, en 1877, M. Goppelsrœder a proposé une cuve préparée avec son noir d’aniline électrolytique. Le noir d’aniline est soluble dans l’acide sulfurique fumant ; cette dissolution, versée dans de l’eau, donne une solution qui, alcalisée, est bleu-violacée. Elle se décolore en rose par la glucose, l'hydrosulfite de calcium de M. Schützenberger, par le zinc et par le mélange de glycérine et de stannite de soude, proposé par M. Prud’homme. A l’air, la fibre teinte dans cette cuve devient gris-bleu, et par une suite de passages, noire. Cette cuve n’a pas encore été appliquée industriellement.
- Constitution du noir d’aniline.
- Dans ce chapitre il est parlé des travaux du noir électrolytique de M. Coquillion qui a confirmé les travaux de M. Rosenstiehl; le noir a été également étudié par M. Goppelsrœder.
- Les recherches de MM. R. Neetzki, Arm. Müller et R. Kayser sont également relatées, mais, comme le Moniteur de la Teinture en a déjà parlé et
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- esuidelmnsoemnim e nemyeruzysppermecreuncpnnrsrarvengee.zispenecsmerprmppppprseryrerspampppvepeurppmpemepezvapmrerasma qu’elles sont encore loin d’être le dernier mot sur la constitution du noir d’aniline, nous ne les reproduirons pas.
- (A suivre).
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- LES APPEÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. SCHULTZ (1).
- (Suite).
- On prépare aussi les tissus pour les couleurs vapeur en les foulardant dans une dissolution de stan-nate de soude à 10° B, puis en les passant en acide sulfurique à 1° B.
- En ajoutant au stannate de soude une dissolution de caséine dans du borate de soude, on obtient de meilleurs résultats.
- Par cet apprêt ou préparation qui est très-connue et qu’on a beaucoup employée, il se forme sur le tissu de l’oxyde d’étain qui favorise la fixation des couleurs vapeur avec les fibres du coton, donne des couleurs beaucoup plus belles et des résultats plus réguliers que ceux que l’on obtient en imprimant sur les tissus non apprêtés.
- Apprêt cretonne 12 et 14 fils.
- Apprêt pour satins
- (Poir page 298 année 1878).
- P -32 1-{.
- 31
- 4,
- E HE:, *ré-u-$ <122 Ps 4-yrme
- Apprêt mousseline
- (F-'oir la formule, page 266, année 1878),
- (En employant l’apprêt suivant on peut employer au rouleau les couleurs chaîne-coton qui malgré leur acidité n’attaqueront pas le coton et donneront des résultats pareils à ceux qu’on obtient avec les tissus chaîne-coton.
- Animalisation du tissu
- permettant d'imprimer sur le coton des couleurs chaîne-coton.
- {0 Foularder deux fois au stannate de soude à 10°B;
- 2° Passer les pièces en cuve carrée, en acide sulfurique à 2° B ;
- 3° Laver au large au foulard;
- 4° Foularder deux fois en sulfochlorhydrate d’étain à 2° B -,
- 5° Passer dans une cuve carrée au chlorure de chaux à 1/2° B -,
- 6° Laver et sécher;
- 7° Foularder deux fois en dissolution de caséine suivante :
- Préparation de la dissolution de caséine
- 625 grammes caséine ;
- 2 1/2 litres eau ;
- 1/4 » ammoniaque forte.
- Laisser reposer jusqu’au lendemain et ajouter :
- 7 1/2 litres eau-, 4/2 » huile d’olive; 1/30 » ammoniaque forte.
- Préparation du sulfochlorhydrate d’étain
- 3k,250 sel d’étain ;
- 15 litres eau;
- lk,750 acide sulfurique étendu de
- 15 litres eau.
- Mélanger les deux dissolutions et les mettre à 5° B.
- On s’est servi en Angleterre et en Allemagne de 1 la préparation ci-dessus pour imiter l'article chalne-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- coton et pour le genre meuble, on emploie encore l’apprêt suivant :
- Mordant pour les meubles vapeur
- 1,000 eau;
- 40 caséine;
- 10 ammoniaque;
- 10 savon de Marseille.
- Foularder dans cette dissolution, sécher et fou-larder avec du bichlorure d’étain à 20° B, laisser reposer 1 à 2 heures, tirer par l’eau et donner à froid, dans la caisse à compartiments, un passage en 500 grammes acétate de soude pendant 20 minutes, pour 12 coupes; alimenter le bain avec 250 grammes acétate de soude pour 12 autres coupes.
- Mettre à l’hydro-extracteur sans laver, sécher à l’étendage.
- 1 pièce de 100 mètres prend 6 6/10 litres de dissolution de caséine et autant de deutochlorure d’étain.
- Dans le troisième volume du Moniteur de la Teinture, page 10, année 1875, se trouve un bon procédé servant à animaliser la fibre végétale, pour la teinture du coton en safranine ; ce procédé consiste à fixer de l’albumine sur le tissu ou les fils de coton, devant être teints en couleurs d’aniline, ce qui permet d’obtenir des teintes dont la vivacité et la vigueur approchent de celles qu’on obtient sur la soie et la laine en teignant sur des bains préparés comme pour la soie.
- Ce procédé a l’inconvénient de donner de la raideur au fil et aux tissus, tandis que l’animalisation que j’ai indiquée pour les couleurs vapeur, conservera aux fibres leur souplesse et donnera par teinture, avec beaucoup de couleurs d’aniline, des teintes pareilles à celles que l’on obtient sur laine et avec la soie.
- L’apprêt à la caséine, donnant au coton certaines propriétés de la laine et de la soie, est désigné par les teinturiers et les imprimeurs par l’expression : animalisation du tissu, quoique la caséine ne joue que le rôle d’un mordant et ne change aucunement la nature du coton.
- En Angleterre où le travail continu est souvent employé, on passe les pièces par l’apprêt à l’envers au moyen d’un foulard qui fournit l’apprêt, par un rouleau en cuivre gravé mille carrau qui marche en sens inverse de la pièce ainsi que l’indique le dessin du n« 22 du Moniteur de la Teinture (article Apprêts).
- Au sortir de l'apprét, les pièces passent sur les
- tambours à sécher, l’endroit en contact avec le métal, d’où elles sortent encore un peu humides.
- Derrière les cylindres à sécher se trouve la machine à cylindrer par laquelle les pièces passent, elles sont alors prêtes à être ployées.
- De cette manière les pièces sont apprêtées, séchées et cylindrées d’une manière continue.
- Ce système peut bien s’employer pour de la marchandise bon marché, mais il ne donne pas pour les dessins quadrillés mille, carraux et travers, l’élégance des formes, le fini et la régularité des apprêts à la rame au moyen des humectages et cylindrages décrits.
- (A suivre.)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- CHIFFONNAGE
- TEINTURES EN VOGUE DE LA SAISON
- Vert-bronze sur laine.
- (Ancien procédé).
- Pour une robe. Après nettoyage :
- Premier bain :
- Eau, quantité suffisante.
- Bichromate de potasse...............- 20 gr.
- Acide sulfurique.................... 10 —
- Faire dissoudre à chaud, puis manœuvrer l’étoffe trente minutes au bouillon et rincer à fond.
- Deuxième bain :
- Eau, quantité suffisante.
- Bois de campêche...................... 5 kil.
- — jaune......................... 2,5 à 5 —
- Boullir 45 minutes, lever quand on est à la nuance voulue, égoutter et rincer.
- Vert-bronze sur laine.
- (Nouveau procédé).
- Pour une robe. Après dégraissage :
- Teindre au bouillon à l’acide sulfurique ou au bisulfate de soude, avec :
- Bisulfate de soude.............— Ikil.
- Jaune solide___________________ 30 à 50 gr.
- Carmin d’indigo________________ 50 à 100 —
- Vert-bronze sur ehaîne-coton.
- Pour une robe. Après dégraissage :
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- G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Bouillir une heure et laisser refroidir trois heures dans un bain de : - 2 kil. à 2 kil. 500 gr.
- Alun.......................... 300 —
- Passer ensuite sur un bain tiède de : Carmin d’indigo.. 300 gr. à 500 gr.
- Alun......-..........- 500 —
- Monter au bouillon après avoir travaillé la pièce pendant une demi-heure, laisser refroidir l'étoffe et rincer.
- — — -pi=g-a-— -
- CHIFFONNAGE (1).
- — Suite —
- (Procédés allemands}.
- -.........-- *
- Des robes noires chaîne-coton fini déteignent.
- Il arrive assez souvent que certaines étoffes noires déteignent après teinture. La cause, dans la plupart des cas, est due au manque de nettoyage ou d’un nettoyage incomplet avant la teinture, souvent aussi elle provient d’un rinçage incomplet après la teinture. Si on observe ces deux points, le défaut se présentera bien rarement. La couleur n’est pas fixée sur l’étoffe, mais à la graine et aux autres matières adhérentes. Si le défaut existe, un rinçage répété ne le détruira pas complètement, il faudra avoir recours aux manipulations suivantes :
- 1. — Les vêtements tels que manteaux, pardessus, robes de chambres, et autres vêtements doublés, sont acidulés faiblement après teinture, au moyen de l’acide sulfurique très-étendu d’eau, on les presse avec les mains et on les rince fortement au moins deux fois. Les étoffes fortes seront traitées dans un bain contenant une proportion d’acide plus forte que celui destiné aux étoffes plus légères ; les premières devront aussi séjourner plus longtemps dans le bain que les dernières. Après avoir manœuvré les étoffes pendant cinq minutes environ, on les sort et on les entre immédiatement dans une cuve pleine d’eau froide ; on donne quelques tours et on les rince une seconde fois. Les étoffes auxquelles ce traitement doit être appliqué sont celles qui contiennent beaucoup de laine et celles qui
- (1) Voir, année 1877, pages 174, 246, 259, 271 ; année 1878, pages 21, 163, 175, 1887et299.
- contiennent du coton et du lin, mais cachés par la laine foulonnée.
- 2. — Les robes chaîne-coton qui déteignent sont traitées de la manière suivante : On délaie avec de l’eau 15 grammes d’amidon blanc de première qualité, puis on y verse de l’eau bouillante de manière à obtenir une bouillie assez consistante; on verse alors le tout dans un vase rempli d’eau tiède, on remue bien et l’on y met une robe que l’on y travaille bien soigneusement pendant dix minutes. On lève, on essore légèrement et on sèche.
- Brun sur robe chaîne-coton.
- Pour 10 kilos.
- Après avoir été bien dégraissées et bien rincées les robes sont mordancées pendant deux heures avec :
- Bichromate de potasse.............. 160 gr.
- Acide sulfurique.................... 80 »
- Sulfate de cuivre................. 60 »
- Ce mordançage de deux heures a encore pour but d’égaliser les robes dans le bain, il 'devient donc inutile de les aciduler une seconde fois.
- Le temps écoulé, on lève, évente et lave.
- Dans un bac suffisamment grand, chauffé à 80° G, on ajoute la décoction de lk500 cachou Pégou de bonne qualité et 100 gram. de sulfate de cuivre. On met les robes au large dans ce bain, on les retourne et on les y laisse séjourner une nuit. Le lendemain on les lève et on les entre dans un bain rempli d’eau très-chaude dans lequel on a fait dissoudre 300 gram. de bichromate de potasse. On lève et rince bien. Pour finir on met les robes dans un bain froid contenant la décoction d’un kilo de bois jaune, on chauffe progressivement au bouillon qu’on maintient pendant une heure. On lève et rince.
- Noir sur robe de soie,
- Pour une robe :
- Manœuvrer l’étoffe dans un bain de soude, chauffé à 40° G, jusqu’à nettoyage complet; passer dans un bain d’acide chlorhydrique à 1 1/2° B.; rincer. Entrer et laisser une heure dans un bain de nitrate de fer à 12° B, rincer et teindre à 750 C, avec 500 gram. campêche et 50 gram. de cur-cuma.
- Si on veut un noir-bleuâtre, il faut passer la robe teinte dans un bain de chlorure de soude à 1/2° B. jusqu’à ce que les fils de la couture, en coton, paraissent blancs. Lever, rincer et apprêter.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO
- Bleu de drap sur laine chaîne-coton.
- Pour 10 robes :
- Pour obtenir un beau bleu vif sur chaîne-coton, on procède comme suit :
- On mordance les étoffes pendant une heure dans un bain formé de ;
- ____________ 40 gr.
- Bichromate de potasse.................... 40 »
- Sulfate de cuivre..................•20 » lever, éventer, rincer soigneusement et teindre sur un bain contenant :
- Décoction de ..................... 700 gr.
- Dissolution de bleu alcalin........ 10 »
- Entrer à froid, chauffer progressivement jusqu’au bouillon et bouillir une heure en ayant bien soin de tourner de temps en temps. Lever, rincer.
- La laine seule étant teinte, il reste à teindre le coton. Pour cela, on entre les robes à froid, dans un bain contenant la décoction de 500 gram. cam-pêche pendant une heure en ayant soin d’agiter de temps à autre. Lever et entrer dans un second bain monté à froid avec 80 gram. de sulfate de fer, donner cinq tours, lever et rincer. Remettre ensuite pendant un quart d’heure les robes sur le premier bain de campêche en relevant soigneusement de temps en temps, lever, ajouter au bain 50 gram. de sulfate de fer, rentrer, donner trois tours, lever et rincer.
- Ce procédé donne un beau bleu bien nourri.
- Pour obtenir un bleu moyen, il faut réduire aux trois quarts la quantité indiquée de campêche et avoir soin d’ajouter au bain de teinture la dissolution de 3 à 5 gram. de violet d’aniline.
- Lilas sur robe laine chaîne-coton.
- On peut teindre les chiffons en lilas de deux manières, soit en teignant d’abord la laine, puis le coton, soit en teignant simultanément les deux. Le premier procédé est le meilleur.
- 1er Procédé. — Teintures successives. — Pour
- 10 kilos.
- Mettre dans une chaudière :
- Eau de pluie
- Violet de Paris (Méthyle)...;,...-.......;.. 20 gr.
- Savon de Marseille........................... 40 »
- agiter le bain, entrer les robles préalablement bien nettoyées, les mettre bien au large et manœuvrer pendant le chauffage jusqu’au bouillon pour continuer à bouillir pendant une demi-heure. Lever et rincer.
- Dans un bac assez grand rempli d’eau froide on ajoute 100 gram. tannin. On y entre les robes bien au large et on les y laisse de 4 à 6 heures. Ensuite on lève et on ajoute au bain 50 gram. d’acide sulfurique et on remue bien soigneusement.
- Les robes sont rentrées dans le bain ; on donne cinq tours, puis on lève et on rince à l’eau courante. Pour finir la teinture, les robes sont passées autant qu’il est nécessaire, pour obtenir une teinte bien unie, dans un bain froid contenant la dissolution filtrée de 20 à 25 gram. de violet méthyle, bien répartie dans le bain. Au bout d’une heure on lève et on rince.
- 2me Procédé. — Teinture simultanée. — Pour 10 kilos.
- Passer au tannin comme dans le 1er procédé et tremper une nuit dans un bain de sumac clarifié et préparé avec 2 kilos de sumac-redon cuit dans l’eau nécessaire.
- Le lendemain lever l'étoffe et ajouter à ce bain 100 gram. de bichlorure d’étain dissous dans l’eau, rentrer, manœuvrer cinq fois, lever et rincer.
- Préparer ensuite un nouveau bain d’eau de pluie ou de rivière avec la dissolution de 40 à 50 gram. violet méthyle; bien remuer pour bien répartir la dissolution ; puis entrer les robes d’abord à froid, chauffer progressivement jusqu’au bouillon ; boui-lir un quart d’heure, sortir et rincer.
- La nuance obtenue correspond naturellement à la marque du violet-rougeâtre, moyen ou bleuâtre.
- Rouge sur robes chaîne-coton.
- Pour 10 kilos. — Après dégraissage et lavage.
- Monter un bain avec :
- Cochenille......................... 500 gr.
- Crème de tartre.......1........... 200 »
- Dissolution d’étain................. 250 »
- Flavine............................ 15 »
- La cochenille doit être préalablement broyée puis trempée à l’eau tiède. On entre et on teint au bouillon pendant une heure environ. Quand la nuance est obtenue on sort et on rince.
- D M. Reimann, Berlin.
- (4 suivre.)
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- 10
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR
- — Suite —
- Outils, machines et ustensiles nécessaires au dégraisseur.
- Table de travail dite à détacher, de 2 mètres de long sur 1 mètre de large, légèrement en pente pour faciliter l’écoulement des eaux de lavage. Pour opérera vec plus de propreté et pour éviter de répandre de l’eau sur le plancher, on ajoute un petit cheneau en zinc ou en fer-blanc, qui, placé au bas de la pente de la table, reçoit les eaux de lavagé et les conduit soit au dehors, soit dans un baquet placé en-dessous.
- Autre petite table de réserve et à son défaut une simple tablette placée horizontalement à l’extrémité de la table de travail, et à la portée du dégraisseur. On place sur cette tablette les différentes étoffes à dégraisser, les compositions et drogues à détacher, etc.
- Un baquet avec un fouloir qui n'est autre chose qu’une planche cannelée en lignes horizontales, garnie ou non en zinc, comme la table à détacher, et sur laquelle on frotte les étoffes pour enlever les salissures.
- Des brosses diverses dites : à détacher, à plati-ner, à égaliser, en poils de sanglier, chiendent, flanelle, dont le nom indique l’emploi, des pinceaux courts pour rétablir les couleurs.
- Générateur à vapeur. — L’emploi de la vapeur étant nécessaire, comme nous l’avons déjà dit, pour amollir les taches huileuses et grasses sur quelque étoffe que ce soit, pour relever et lustrer le velours altéré et particulièrement pour fixer les couleurs appliquées sur les étoffes, soit par l’impression, soit à l’aide de pinceaux courts. A défaut de générateur de vapeur, on peut se servir d’une marmite un peu profonde où l’on fait bouillir de l’eau et que l’on recouvre d’une toile d’emballage bien tendue pour éviter les projections d’eau.
- Machine à sécher les tissus, telles que les essoreuses ou les cylindres garnis de caoutchouc. Les premières sont préférables, elles ne font pas de plis aux étoffes et permettent de recueillir la benzine ou les huiles essentielles du nettoyage à sec. A défaut de ces appareils on se sert d’un sac à tordre les étofes, qui n’est autre chose qu’une espèce
- de filet ou hamac en canevas de fil ou de coton, armé à chaque extrémité d’une suite d’anneaux métalliques dans lesquels on passe un bâton ou lissoir. On place les étoffes mouillées dans le sac, puis deux personnes tordent les bâtons à force de bras et en sens inverse. A l’aide de ce moyen bien simple et surtout très-économique’on évite, jusqu'à un certain point, de déplacer,, d’allonger, de désorganiser, ou de déchirer mêmeiles tissus.
- Séchoir, ou chambre bien aérée pour faire sécher les étoffes dans laquelle on allume pendant l’hiver un calorifère à air chaud pour enlever plus promptement l’humidité qui reste toujours dans les tissus, lors même qu’ils ont été passés à l’essoreuse, à la calandre en caoutchouc, ou au sac à tordre. Le mode de séchage à l’air chaud ou à l’air libre doit être très-prompt afin que l’humidité n'ait pas le temps d’altérer les couleurs des étoffes et surtout celles des châles, des broderies et des tapisseries qui pourraient se dissoudre et se répandre les unes sur les autres.
- Cylindre colleur, cadres, rames ou châssis, tapis tournant, etc., de plusieurs grandeurs. Le cylindre colleur, pour pouvoir étendre l’étoffe à la brosse et la faire sécher par un courant de vapeur intérieur au cylindre, après avoir trempé l’étoffe dansl’apprêtsic’estnécessaire. Lescadres,etc.,sont garnis d’une étoffe verte et bien tendue sur les quatre côtés. On tend et attache les étoffes sur ces châssis avec des épingles, afin de les faire sécher et de leur donner ainsi l’apprêt et le lustre convenables soit avec les brosses, soit avec des fers à repasser, soit avec des lissoirs en verre.
- Tables à vapeur, métier d’apprêt. — Les tables à vapeur, système Lyon, dont a parlé plusieurs fois le Moniteur de la Teinture, sont aussi d’un excellent usage pour les vêtements d’homme, les draps, les étoffes à longs poils, le velours, les robes que l’on nettoie sans les découdre. Les cylindres à toile sans fin ou métiers d’apprêt rendent également de grands services par la vitesse, la régularité et le fini du travail ; les divers modèles de ces appareils ont tous été décrits dans notre publication.
- Presse à vis, presse hydraulique, calandres. — Le premier de ces appareils sert seul au dégraisseur, les autres sont plus souvent employés par les apprêteurs, ils servent à apprêter et lustrer ou non les étoffes, tissus de laine et de coton, tels que casimirs, mérinos, châles brochés, indiennes, calicots, etc., etc.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 11
- Les machines à laver, soit sous forme de cylindres, système Pierron et Dehaitre, soit sous forme de caisses {Turbulente) servent au dégraissage à sec, avec la benzine, elles servent également au lavage aux cristaux de soude, au savon, et au rinçage en simplifiant beaucoup les opérations.
- Battoirs, seaux, cuviers, pour battre jles grosses étoffes en les nettoyant, les sceaux et les cuviers servent à faire les lavages et les rinçages quand on n’a pas de machine à laver.
- Le soufroir est également nécessaire pour faire le soufrage des étoffes de laine et de soie qui ont besoin d’être soumises à l'action du gaz sulfureux. On peut construire économiquement cette étuve avec des planches de sapin du Nord, en ayant soin d’avoir un bon assemblage pour que la vapeur ne puisse pas s’échapper. Les étoffes doivent être supportées par des baguettes de verre préférable-mentauxbâtonsdebois blanc, si le soufre est enflammé à l’intérieur de la chambre même du soufroir, il est prudent de placer une plaque de faïence, un peu élevée, au-dessus du vase, pour que la flamme du soufre n’endommage pas les étoffes.
- A suivre.
- INDUSTRIELLE
- Les Sociétés et les Ecoles industrielles
- A L’EXPOSITION
- Société industrielle d’Amiens
- Extrait du mémoire remis au Jury des récompenses par M. N. PONCHE, président.
- La classe 7 de l’Exposition universelle comprenait les expositions collectives des sociétés industrielles dues à l’initiative privée, de même que les écoles professionnelles réunies dans la même classe.
- Voici l’extrait du mémoire de M. Ponche que nous avions promis à nos lecteurs.
- Lors de la révolution économique provoquée par les traités de commerce en 1860, quelques indus-riels d’Amiens, pénétrés de l’importance des
- changements considérables introduits dès lors dans la vie de l’industrie, jugèrent avec raison qu’il était urgent de parer à cette situation toute nouvelle et pleine de périls si on n’y avisait.
- Ils comprirent qu’il fallait non-seulement faire les efforts les plus énergiques pour lutter avec ardeur contre la concurrence étrangère à laquelle nous allions être soumis plus encore qu’aupara-vant, mais ils pensèrent aussi qu’il était de toute nécessité de faire pénétrer dans toutes les classes industrielles la confiance qu’elles devaient avoir dans les ressources et les moyens d’action dont elles pouvaient disposer.
- Faire connaître et apprécier ces ressources et en opérer la concentration sur un même point, c’était le moyen le plus efficace pour arriver au but poursuivi.
- Quinze personnes se réunirent alors dans cet esprit de progrès chez M. Vulfran Mollet, l’un des principaux promoteurs de cette idée féconde ; c’étaient les quinze créateurs de l’œuvre autour et à l’appel desquels se groupèrent bientôt 256 membres.
- La première assemblée générale eut lieu le 15 décembre 1861 : l’année suivante la société industrielle d’Amiens était reconnue d’utilité publique.
- Depuis lors elle a constamment lutté pour le développement des forces industrielles du pays.
- Pour atteindre ce but la société a organisé des cours dont voici la nomenclature : allemand ; anglais ; mécanique appliquée ; appareils à vapeur ; levé de plans de machines ; droit commercial ; droit industriel ; comptabilité commerciale ; tissage; théorique et pratique ; teinture ; coupe de velours et bonneterie ; géographie commerciale.
- Le nombre des élèves est en moyenne de 900 à 1,000 par an (d’octobre à Pâques); plusieurs de ces cours sont mixtes, c’est-à-dire accessibles aux femmes.
- Et ce ne sont pas des cours de pure théorie. Citons le mémoire de M. Ponche :
- Depuis deux ans, la Société est installée dans un local digne d’elle (rue de Noyon, 29), et elle en est propriétaire, grâce au concours intelligent et libéral d’un certain nombre de ses membres.
- Nos salles de cours sont très-nombreuses, vastes, aérées et répondent à tous nos besoins présents. Nos lieux de réunions diverses sont très-bien appropriés à leur emploi.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Nos cours pratiques sont munis de tous les appareils nécessaires pour le fonctionnement régulier des machines.
- La force motrice est donnée à nos cours de tissage par une machine fixe à vapeur de trois à quatre chevaux.
- Pour le cours de teinture, nous avons tout nouvellement établi une machine à gaz.
- Notre installation est aujourd’hui tout à fait appropriée à l’enseignemen t donné et aux études faites au sein de la société, et nous avons eu la satisfaction de voir plusieurs sociétés, nouvellementcréées, venir étudier chez nous nos moyens d’action et se les approprier.
- Ajoutons que les cours sont absolument gratuits.
- On comprend sans peine qu’une telle organisation nécessite de grads frais ; aussi ne sera-t-on pas étonné d’apprendre que la société dépense intégralement son budget, qui s’élève à une moyenne de 32 à 34,000 fr. par an, ce qui fait un total de 550,000 fr. pour les dix-sept ans d’existence.
- Les ressources sont : les cotisations des membres actifs et des membres honoraires, au nombre de 390 à 400 ; les dons particuliers.
- Il n’est pas besoin de faire ressortir l’importance d’un enseignement professionnel aussi bien compris que celui de la Société industrielle d’Amiens.
- Voici qui est plus général. M. Ponche note l’émulation des élèves, la fortune faite par quelques-uns des plus intelligents; puis, il ajoute :
- En outre, l’esprit industriel qui, pour un moment, paraissait sommeiller chez nous, s’est réveillé plus actif et plus ardent ; de nombreuses créations, nées des études auxquelles nous nous sommes livrés, sont venues donner une sanction à nos efforts. C’est ainsi, qu’à la suite de travaux faits au sein de la Société, ont été créés les Magasins généraux dont est dotée notre ville, la Société des maisons ouvrières, qui a rendu, rend et rendra longtemps encore tant de services à nos travailleurs, l’association des propriétaires d’appareils à vapeur des départements de la Somme, de l’Aisne et Oise, et nombre d’autres institutions qui, étudiées et créées par la Société, s’en détachent quand elles sont susceptibles de vivre de leur vie propre, mais gardent toujours des rapports bien utiles avec la Société qui leur a donné le jour et les a dirigés dans leurs débuts.
- Cette incitation au progrès, cette procréation d'institutions utiles sont un honneur pour la Société industrielle d’Amiens.
- Plusieurs écoles et Société industrielles avaient exposé parmi celles qui s’occupent plus spécialement des industries tinctoriales et textiles, nous citerons : l’école de la Martinière à Lyon, l’école de tissage de Roubaix, l’école industrielle de Flers-de-l’Orne, l’école supérieure du commerce et du tissage de Lyon, Sociétés industrielles d’Elbeuf, de Reims, de St-Quentin.
- Dans la classe 8 figurent les écoles et les sociétés pour l’enseignement supérieur.
- Récompenses de la classe 7.
- Médailles d’or : Ecole de la Martinière, Ecole municipale professionnelle de Reims, Ecole de commerce et de tissage de Lyon, Ecole de commerce et d’industrie de Rouen, Société de l’enseignement professionnel du Rhône, Société industrielle d’Amiens, Société industrielle de St-Quentin.
- Médailles d’argent : Société industrielle d’Elbeuf.
- Médailles de bronze : Ecole professionnelle d’Evreux.
- Mentions honorables : Ecole de tissage de Roubaix.
- Dans la classe 8, l’Ecole centrale des arts et manufactures, à Paris, a oblenu la grande médaille et la Société industrielle du Nord de la France, à Lille, la médaille d’or.
- TRAITÉ DE LA TEINTURE DES SOIES
- Par Maius MOYRET
- 1 vol. in-8°. — Prix : 21 fr. par poste
- Envoyer mandat poste à l’ordre de P. Blondeau.
- Un Contre-Maitre très-habile dans l’impression au rouleau ( a imprimé 12 couleurs) désire un emploi.
- S’adresser à l’Office du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Jamvier 1879.
- SOMMAIRE
- Revue de l’Exposition (suite). — La teinture et l’impression à l’Exposition universelle (suite). — Les apprêts des tissus de coton (échantillon), par M. Alex. Schultz (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleu de gentiane en impression (échantillon). — Machine à cheviller la soie. — Teintures pour chapellerie (suite). — Teinture des boutons de Corozo. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877). — Annonces.
- REVISE DE L'EXPOSITION
- GROUPE V.
- France. — Classe 47.
- Solvay et C°, à Varangéville-Dombasle (Meurthe-et-Moselle). — Grande médaille. — La récompense décernée à la maison Solvay et Ce n’est que la juste appréciation des difficultés inouïes et des grands sacrifices causés par la fabrication rendue industrielle de la soude à l'ammo-niaque, procédé dont M. Ernest Solvay est l’inventeur et pour laquelle son collaborateur en première ligne est son frère, M. Alfred Solvay.
- Nous nous étendrons sur ce produit plus que ne peut le supporter d’ordinaire le cadre de nos comptes-rendus, parce qu’il intéresse à un haut point les industries dont le Moniteur de la Teinture est l’organe.
- La réaction fondamentale consiste, comme on le sait, à mettre en présence, dans une dissolution, le chlorure de sodium et le bicarbonate d’ammoniaque qui, par double décomposition, produisent du bicarbonate de soude et du chlorhydrate d’ammoniaque. Le bicarbonate de soude est décomposé par la chaleur pour donner du carbonate de soude, tandis que le chlorhydrate d’ammoniaque est soumis à une distillation, pour reformer ensuite le bicarbonate d’ammoniaque nécessaire.
- Cette réaction fondamentale est si simple, si facile à obtenir au laboratoire, que ceux qui en ont
- eu l’idée, et ils sont nombreux, ont cru que, pour n’avoir pas réussi industriellement, on ne devait jamais avoir imaginé de l’appliquer. Il est cependant bien loin d’en être ainsi, et il suffirait de nommer ceux qui l’ont tentée, pour établir qu’il s’agit, au contraire, d’une fabrication qui présente de grandes difficultés.
- Contentons-nous de dire que la première idée d’une application industrielle de cette réaction paraît due sans conteste à Harisson Grey Dyar et John Hemming, qui ont décrit leur procédé dans un brevet pris en Angleterre en 1838. Une usine fut montée pour l’exploitation du procédé; depuis, d’autres essais infructueux ont été tentés, en Angleterre, près de Leeds, à Newton, en France près de Nancy, à Puteaux, etc., et tous ont échoué par suite de l’imperfection des appareils conçus pour vaincre les difficultés.
- Commencés en 1863, les essais de M. Solvay ont continué avec une énergique persévérance pendant plusieurs années avant d’arriver à une fabrication régulière. C’est dans l’usine de Couillet, en Belgique, que toutes les difficultés furent vaincues. Cette usine produit actuellement 7,500,000 kilog. de carbonate de soude par an, celle de Varangéville-Dombasle, en France, en produit 20,000,000 de kil. et enfin celle d’Angleterre fabrique annuellement 13,000,000 de kilogrammes. Il se fabrique donc actuellement 40,000,000 de carbonate de soude Solvay par année.
- Le carbonate de soude est presque chimiquement pur, au titre minimum de 90 1/2 degrés Descroi-zilles garantis, soit une richesse de 98 à 99 p. c. de carbonate de soude. Exempt de causticité, il ne contient que des quantités à peine appréciables de fer. Voici, du reste, une analyse :
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- 14
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Eau 0,147
- Silice et charbon . 0,053
- Chlorure de sodium 0,064
- Sesquioxyde de fer 0,003
- Alumine .... 0,009
- Carbonate de chaux 0,071
- — de magnésie. 0,021
- — de soude 99,632
- 100,000
- 11 est bon de noter que la soude Solvay, n’ayant pas la même densité que celle des autres soudes, les comparaisons doivent être faites au poids et non au volume, en tenant toujours compte de la richesse exceptionnelle du nouveau produit.
- Parmi les nombreuses applications du carbonate de soude Solvay, nous citerons :
- Remplacement des cristaux de soude dans la teinture, le dégraissage, le blanchiment, le lavage des laines.
- Chacun sait que les cristaux de soude sont d’un usage très-onéreux, principalement à cause des frais de transports, qui s’élèvent, eu égard à leur teneur, à près de trois fois ceux des soudes pures calcinées. Cependant, avant l’introduction du procédé Solvay, les prix des carbonates de soude purs étaient tellement élevés et ces carbonates étaient si difficiles à obtenir, que les industriels qui ont absolument besoin de ce produit pur en étaient arrivés à employer le carbonate de soude cristallisé.
- Depuis que le procédé Solvay produit un carbonate pur, l’emploi des cristaux de soude n’a plus de raison d’être, il disparaît peu à peu et devra disparaître complètement un jour. En effet, la soude Solvay peut être considérée comme de la soude provenant de la dessication des cristaux, et elle a une pureté même plus grande que ces cristaux, étant exempte de sulfate; la seule différence est qu’elle ne contient pas d’eau. L’absence absolue de caustique la rend d’un emploi précieux pour les tissus de grande finesse.
- Enfin, il faut tenir compte du titre irrégulier des cristaux de soude, titre souvent très-bas dans certains pays, de telle sorte qu’on peut dire d’une manière générale que 100 kil. de carbonate de soude Solvay remplacent 300 à 400 kil de cristaux de soude.
- Le temps viendra où ces cristaux de soude ne seront plus employés, même dans la consommation domestique.
- En ce qui concerne le lavage des laines, les ;
- mêmes qualités qui viennent d’être indiquées font rechercher la soude Solvay, car elle leur conserve toute leur souplesse alors que les autres soudes, contenant toujours une certaine proportion de soude caustique, rendent les laines cassantes.
- L’absence de fer est également précieuse pour cet usage.
- Remplacement des soudes caustiques dans le blanchiment, le lavage des laines, etc.
- Les industriels, qui recherchent des lessives partiellement caustiques, tels que certains blanchisseurs, désirent ou bien ne pas attaquer les tissus, et alors il faut exclure absolument la causticité, ou bien ils ne craignent pas cette altération des tissus, et, dans ce cas, il est beaucoup plus simple d’employer des lessives complètement caustiques, mais convenablement étendues d’eau, de façon à restreindre l’action corrosive au degré exactement voulu.
- La préparation d’une lessive caustique avec le carbonate de soude Solvay est une opération simple et facile, et que nos lecteurs connaissent. L’opération est d’autant plus simple que l’on a besoin d’une dissolution moins concentrée, ce qui est le cas pour le remplacement des sels caustiques. Ceux-ci ont l’inconvénient très-sérieux, outre leur
- mpureté, de n’avoir pas même causticité, de sorte râlement une dissolution
- toujours exactement la que l’on emploie géné-plus caustique qu’il ne
- serait nécessaire et qu’on altère ainsi inutilement les tissus préparés. Cet inconvénient n’existe pas en employant les lessives entièrement caustiques; mais diluées comme il convient, parce qu’alors on peut toujours obtenir, d’une manière rigoureuse, un liquide de même énergie.
- La vitrine de l’exposition Solvay et Ce contenait des échantillons de soude, de chlorure de calcium, de chaux, etc. Disons, pour terminer, que la maison Solvay et Ce a obtenu le diplôme d’honneur à l’Exposition universelle de Vienne en 1873 et la médaille à l’Exposition internationale de Philadelphie (1876).Ajoutons pour nos lecteurs que MM. Solvay et Ce ont un bureau commercial à Paris, rue Pastourelle, 15.(1).
- Kulmann père, à Lille (Nord). — Médaille d’or. — La Société, anonyme des manufactures des produits chimiques du Nord, dont M. Kul-mann est le directeur, est bien connue sous ce
- (1) M. Ernest Solvay a été nommé chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Hsmnezasp-sermmrescnmencpreasesenmangenereregpppangnmeeeseepgeecpsnssnsppesmeseepsepyagrspepopmconsemmem dernier nom, outre les nombreux produits chimiques qu’elle fabrique, pour la fabrication des peintures siliceuses, soit à l’état d’enduit incolore pour le durcissement des pierres de taille, etc., soit à l’état de véritable peinture par la combinaison des silicates alcalins avec des oxydes minéraux.
- La vitrine contient des échantillons de peinture siliceuse, des silicates de soude et de potasse à l’état sec, pâteux et liquide, des cristaux de soude, des sels de soude, de la potasse indigène, etc., etc., tous très-beaux produits.
- L’honorable et savant président de la Société industrielle du nord de la France (1/ fondée en 1872, est auteur de nombreux travaux de recherches scientifiques et de publications diverses. Au début de son professorat à Lille, son travail sur la garance fut publié par la Société industrielle de Mulhouse et lui valut une médaille de bronze de cette Société. Cet encouragement, disait-il, dans le discours d’ouverture de la première séance de la Société industrielle du nord de la France, qui venait de le nommer président par acclamation, a exercé une puissante influence sur la direction scientifique de ma vie, il a établi pour moi de sympathiques rapports qui, dans les circonstances actuelles (moins d’un an après la guerre), m’ont conduit à accepter plus facilement la responsabilité qui s’attache à l’honneur de vous présider.
- Péchiney et Ce, à Salindres (Gard). — Rappel de médaille d’or. — Cette Compagnie des produits chimiques d’Alais et de la Camargue, expose de très-beaux échantillons de divers produits chimiques et entre autres les sulfates de magnésie, sulfate de soude, sulfate d’alumine, divers produits du chlore, etc., et des lingots d‘ aluminium.
- Parmi les exposants de safran, nous remarquons dans la classe 46 :
- Chappelier, à Paris. — Mention honorable. — M. Paul Chapellier a introduit le premier en } France en 1862 le safran Græcus.qui plus tard, en 1873, sur sa demande, a été importé de l’Archipel grec par le conseil général du Loiret et distribué aux safraniers du Gatinais. Cette variété du safran est à peu près l’égale de celle du Gatinais comme principe colorant, il lui est supérieur comme récolte en stigmates. C’est encore grâce à la sollicitation de M. Chapellier que la Société d’acclimatation a introduit en 1868, pour la première fois le
- safran de la Chine en Europe. Ce dernier est supérieur au safran du Gatinais.
- il y a 35 ans que l’exposant se livre exclusivement aux travaux de sélection de multiplication, de variétés, d’amélioration de la culture et il a obtenu des résultats très-importants. Sa collection, certainement la plus riche qui existe, comprend environ 40 espèces et un très-grand nombre de variétés, à l’état de culture.
- La vitrine renferme des oignons, les tiges, les fleurs, les stigmates, les graines, le polychroïte (principe colorant) de diverses espèces, gatinais, græcus, chine, etc.
- Allain Targé, à Mousseaux (Loiret). — Mention honorable ;
- Marchenay, à Gaubertin (Loiret): — Médaille d’argent ;
- Grasas, à Marseille (B.-du-R). — Médaille de bronze-,
- Cagneux, à Boynes (Loiret). — Médaille de bronze, exposent également des échantillons de safran.
- Plus heureux que beaucoup d’exposants de la classe 46 dont un septième seulement a reçu des récompenses, les exposants de safran ont tous été récompensés.
- Pour terminer la classe 47 il nous reste à parler des teintures des ménages, familles, concurrence peu sérieuse au teinturier-dégraisseur, mais qui cependant a pris une certaine importance depuis l’application des couleurs d’aniline.
- Selle, à Amiens (Somme). — Mention honorable. — Expose des teintures de famille, marron, noir, etc., un nouveau mordant pour noir sur laine et sur laine-coton en 2 bains, des teintures diverses sur étoffes qui n’ont rien de remarquable.
- Gervais-Roussel, à la Ferrière-sur-Risle (Eure). — Teinture noire en tablettes. Le Moniteur de la Teinture a publié le brevet, comme il avait publié en 1864 le noir électrique, l’ancêtre de tous les noirs directs actuels.
- A suivre.
- (1) M. Kulmann père a obtenu la grande médaille.
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- 16 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (Extrait du Mémoire de MM. Edouard et Adolphe KOPP, publié par le Moniteur scientifique.)
- — Suite. —
- L'Alizarine et ses dérivés.
- M. Persoz, dans son rapport sur l’Exposition de Paris en 1867, fait remarquer combien on avait de tendance à employer des couleurs d’application, c’est-à-dire de fixer la matière colorante directement sur tissu non mordancé comme on le fait, par exemple, pour les extraits de Dois.
- Depuis la découverte de l’alizarine artificielle, en 1868, par MM. Graebe et Liebermann, cet espoir a pu se réaliser. Les produits dérivés de |l‘anthra-cène ou de garance, employés encore aujourd’hui dans l’industrie cotonnière, sont :
- L’alizarine jaune et la purpurine commerciale, d’après Em. Kopp ;
- L’extrait de garance naturelle, d’après Meisson-nier et Pernot ;
- L’alizarine artificielle pour rouge et violet ;
- La purpurine artificielle, d’après Lalande ;
- L’alizarine orange;
- L’alizarine bleue ;
- L’alizarine brune.
- L’extrait de garance Meissonnier et Pernot nous arrive en pâte et on l’applique directement sur tissu. A cet effet, l’on ajoute à un épaississant convenable la matière colorante, avec addition d’acide acétique qui sert de dissolvant pour la couleur et facilite son transport sur les mordants. Comme mordant on emploie l’acétate d’alumine et le nitrate d’alumine avec addition d’acétate de chaux.
- Ualizarine artificielle est livrée surtout en deux qualités : pour rouge à 10-15 pour 100, et pour violet à 12-15 pour 100.
- L’alizarine pour violet se fixe par impression, en employant un mordant de fer à la place du mordant d’alumine, et dans les mêmes conditions que pour le rouge ; la couleur réussit bien avec le prussiate rouge.
- L’alizarine pour rouge a trouvé . dans notre industrie un emploi considérable, si bien qu’elle
- remplace à peu près complètement la garance naturelle. Elle s’applique en impression de la même manière que l’extrait de garance.
- Les mordants d’alumine donnent du rouge et du rose.
- Les mordants de fer donnent des violets.
- — de chrome — des puces.
- — d’urane — des gris.
- On peut très-bien chromer les couleurs alizari-ne et l’on arrive à des couleurs très-foncées en prenant comme mordants du prussiate rouge, de l’acétate de chrome et des extraits de bois.
- Grâce à l’action de certains acides gras, modifiés, que l’on plaque directement sur le tissu avant d’imprimer la couleur, on est arrivé à obtenir des rouges très-fixes et de toute solidité.
- La purpurine artificielle est fabriquée depuis quelque temps par MM. Courtois et Ce, à Mulhouse. Ce produit est un essai.
- Rouge-Turc.
- Depuis 1867, la fabrication du rouge-turc s’est peu à peu complètement modifiée par suite de l’emploi de l’alizarine artificielle. Nous allons d’abord esquisser l’ancien procédé qui, sous peu, sera sans doute complètement abandonné.
- Les pièces blanchies sont plaquées à plusieurs reprises dans des bains d’huile tournante et dans des bains de carbonates alcalins (potasse ou soude), ou bien les pièces sont plaquées plusieurs fois en bain blanc, c’est-à-dire dans une émulsion d’huile.
- Ainsi préparées, elles sont alors exposées sur le pré ou placées dans des étuves jusqu’à ce que l’huile soit complètement modifiée, ce qui demande trois semaines environ.
- On dégraisse ensuite les pièces en les macérant dans des bains plus ou moins alcalins, puis on les lave, on les sèche et on peut alors plaquer le mordant d’alumine.
- On varie beaucoup les opérations ; une méthode assez généralement employée est la suivante :
- Les pièces sont foulardées dans une décoction de noix de galle (engallage), puis séchées et foulardées dans un bain d’acétate d’alumine, d’alun, d’aluminate de soude, ou de sous-sulfate d’alumine. Certains fabricants se passent d’engallage, d’autres en donnent deux. Après avoir été séchées, les pièces sont passées en craie ou en bouse, suivant 1 le mordant qu’on a. employé, et sont ainsi prêtes à ! recevoir la teinture.
- I Le bain de teinture se monte en général avec de
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- la garance, du sumac, du savon et de la craie. Après teinture, les pièces sont lavées et avivées en chaudières closes, d’abord en bain monté avec un carbonate alcalin, puis avec du savon et du sel d’étain. On voit que la fabrication du rouge-turc par la garance est une opération bien difficile et très-longue.
- Grâce à l’alizarine artificielle, le procédé s’est énormément simplifié. L’époque du premier emploi de l’alizarine artificielle pour rouge-turc est difficile à fixer, mais elle remonte certainement à quatre ou cinq ans. On affirme qu’en 1875 une maison de Glascow employait journellement jusqu’à 1,500 kilogrammes d’alizarine pour le rouge-turc ordinaire.
- Depuis deux ans on a introduit pour cette fabrication de nouveaux mordants gras très-précieux ; ce sont des sulfooléates alcalins combinés avec d’autres substances. Pour la teinture en rouge-turc on plaque dans une émulsion de ces corps gras ; on sèche, puis on plaque en acétate d’alumine, on fixe, bouse et teint en alizarine artificielle en supprimant l’emploi du sang. En outre, les avivages sont beaucoup moins longs.
- Le résultat de l’opération dépend beaucoup de la préparation des corps gras. M. Muller Jacobs donne sur leur constitution les détails suivants :
- On traite l’huile de ricin avec 20 pour 100 d’acide sulfurique à 66° Baumé, qu’on ajoute peu à peu et à froid à l’huile. Après un contact suffisamment prolongé, on neutralise avec des cristaux de soude.
- On obtient ainsi une huile qui se mélange facilement avec l’eau et qui même s’y dissout complètement. Les huiles d’œillette, de sésame, de pavot, de navette, d’arachide, de colza et d’olive, traitées de la même manière donnent aussi des sulfooléates, mais le rendement est inférieur à celui de l’huile de ricin.
- M. Muller prépare ensuite un second corps en traitant à chaud 100 parties de colophane avec 250 parties d’acide nitrique, évaporant et chauffant le résidu pendant une demi-heure à la température de 260-280 degrés dans un autoclave. Après refroidissement, la masse fluide est traitée par 10-20 pour 100 d’acide sulfurique à 66° Baumé et neutralisée par delà soude, ilseformelesulfotérébenthinatede soude. Ce sel, séparé du sulfate de soude qu’il contient, est mélangé en parties égales avec le sulfori-cinate de soude précédentet, d’après M. Muller, c’est là le mordant gras employé pour la fabrication du
- rouge-turc. Pour la teinture en garance, M. Haus-mann est le premier qui ait signalé la nécessité d’ajouter de la craie au bain. M. Schlumberger en a déterminé le rôle en montrant qu’elle se fixe pendant la teinture en même temps que la matière colorante, et M. Schützenberger fait remarquer que dans le rouge de garance avivé, l’alumine, de même que le calcium, se trouvent dans des rapports définis.
- M. Rosenstiehl a recherché le rôle que jouent dans la teinture les diverses matières colorantes de la garance. Il a trouvé que l’alizarine délayée dans l’eau distillée ne sature pas les mordants.
- Les résultats sont meilleurs lorsqu’on ajoute une dissolution de chaux carbonatée jusqu’au moment où la quantité de calcium correspond à une laque monocalcique de l’alizarine, une plus forte quantité de carbonate calcaire est nuisible.
- Dans ses essais, M. Rosenstiehl s’est servi de bichromate de calcium en place de la craie qui ne donnait pas de résultats constants à cause de sa faible solubilité..
- Nitroalizarine.
- En 1876, M. Strobel, chimiste dans la maison H. Haeffely et G0, à Mulhouse, est parvenu, en nitrifiant l’alizarine des tissus, à obtenir un bel orange. A l’Exposition universelle de Mulhouse, cette maison, ainsi que les frères Kœchlin et la maison Doll-fus-Mieg, ont exposé, au milieu de leurs riches tissus, des toilettes en orange nitro-alizarine.
- M. Schaeffer, dans son rapport sur cette nouvelle matière colorante a signalé les inconvénients de la préparation de cet orange sur tissu, et exprimé le vœu de voir bientôt cette matière préparée commercialement pour l’industrie. Cet espoir a été réalisé presque aussitôt par la fabrique d’aniline de Ludwigshafen. M. Caro a préparé un produit qui se fixe sur coton comme l’alizarine artificielle pour rouge, et qui donne des oranges très-beaux, surtout avec les mordants d’alumine, et des grenats avec l’acétate de chrome.
- Alizarine bleue.
- D’après MM. Prud’homme et H. Kœchlin, le meilleur moyen pour fixer ce corps par impression est d’employer comme mordants le ferrocyanure de potassium ou l’acétate de chrome concurremment avec le chlorure de magnésium. On a trouvé que l’addition d’acide acétique à la couleur, devant servir de dissolvant, est peu avantageuse. La couleur
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- est imprimée sur tissu préparé en acide gras. Pour la teinture, la matière colorante étant peu soluble dans l’eau, on ajoute au bain de teinture une petite quantité de savon ou d’acide sulforicinique. On fait la teinture au bouillant. Les mordants de fer se teignent en bleu-verdâtre, ceux d’alumine en bleu-violacé, ceux de chrome en violet, ceux d’étain en violet-rougeâtre. Les mordants de nickel et de cobalt donnent de très-beaux résultats, on obtient des bleus foncés très-francs.
- Ces nuances ne sont altérées ni par le savon, ni par le chlore, elles sont un peu moins stables à la lumière. C’est une matière colorante, autant qu’on peut en juger par un temps relativement restreint, qui a beaucoup d’avenir et sera un concurrent sérieux de l’indigo.
- Elle est réductible en cuve alcaline, par le zinc en poudre, l’acide hydrosulfureux ou le glucose, de même que l’indigo, mais avec coloration rose. A l’air, elle redevient bleue.
- A suivre.
- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. Schultz (1).
- (Suite).
- Mais les apprêteurs anglais font aussi de la belle marchandise et font des apprêts aussi compliqués et parfois supérieurs à ceux employés en France, surtout ceux donnant au coton uni, au moyen des passages à la machine à bittler, l’aspect et le bri-lant de la soie, tels sont les apprêts suivants :
- Apprêt imitant la soie, pour satins, piqués et chemises.
- (Satins and silk finish in either twills or shirtings.)
- 10 Humecter (damped) ;
- 2° Bittler 20 minutes et tourner 20 minutes (beatled 20 minutes) ;
- 3° Fixer les bouts (ends fasted) ;
- h° Passer par la calandre froide ;
- 5° Glacer à la calandre à friction ; 60 Foularder dans de l’eau ;
- 7° Sécher aux cylindres ;
- (1) Voir les quatre derniers numéros de 1878 et le n° 1 de 9879 du Moniteur de la Teinture.
- 8° Humecter légèrement ;
- 9° Bittler uue heure et tourner une heure.
- Apprêt des piqués-brillantés,
- (To finish twilled Silesius.)
- 1° Humecter;
- 2° Bittler 20 minutes (beatled) ;
- 3o Fixer les bouts (ends fasted) ;
- 4° Passer une fois par la calandre froide ; 5° Passer à la calandre à friction avec chaleur, mais sans friction ;
- 6° Bittler une heure et tourner une heure.
- Apprêt des brillantés-imprimés.
- ‘(finish printed Silesius.)
- 1° Humecter très-légèrement-,
- 2° Bittler 20 minutes et tourner 20 minutes (turned 20 minutes);
- 3° Fixer les bouts ;
- h° Calandrer à froid ;
- 5° Passer par la calandre à friction, avec chaleur mais sans friction.
- Apprêt A pour blanc chiffon pour 60 portées, 12, 14 et 16 fils.
- Fécule blanche........................ 10 kil. | Eau chaude à 400 G..................................... 30............lit.
- I Dissolution de savon à 50 gr. par . litre .............................. 8 »
- Talc -............................... 10 kil.
- Albâtre.........-........ :............. 7 » 500 Eau chaude à 40° G........ 30 lit. Outremer......... 0 kil. 030
- Saindoux fondu préalablement dans un peu d’eau»....................... 2 »
- Apprêt B pour 68 et 70 portées. ( Fécule blanche 24 kil. ) Eau 120 lit. ) Dissolution de savon à 50 gr. par 1 litre 10 » ' Albâtre 16 kil.
- Talc.................................. 14 »
- Eau.......................... —..... 120 lit.
- Outremer............................... 80 gr.
- Suif................................... 3 kil.
- Apprêt C pour 75 portées et percales.
- Eau.................................. 120 lit.
- Fécule blanche......................... 32 kil.
- Dissolution de savon à 50 gr. par litre................................ 6 lit.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Eau................................ 120 »
- Albâtre............................. 16 kil.
- Outremer.......................... lOOgr.
- Suif................................. 6 kil.
- Les apprêts ci-dessus sont cuits au moyen d’un barbotteur par la vapeur directe et à basse pression (1/4 d’atmosphère).
- Fermer la vapeur dès que l’apprêt commence à s’épaissir.
- Faire toujours les mélanges de fécule et de savon dans des vases ne contenant pas de sels calcaires.
- Eviter l’emploi d’eau calcaire qui, avec les proportions indiquées, donne toujours de mauvais résultats.
- Employer, à défaut d’eau pure, de l’eau de condensation ou de l’eau de pluie, dissolvant le savon d’une manière limpide et donnant une dissolution exempte de grumeaux.
- Apprêt D pour tissus fins 80 ou 90 portées et tissus renforcés.
- Fécule blanche.......................... 5 kil.
- Eau...................................... 60 lit.
- Albâtre................................... 1 kil.
- . Suif.......-....................... 1 »
- Outremér...........:..................... 40 gr.
- Dissolution de savon à 50 gr. par litre..................................... 3 lit.
- Les apprêts A et B doivent être séchés, soit à l’étendage, soit dans une étuve.
- On sèche les apprêts C et D sur les tambours à sécher.
- Apprêt des doublures glacées.
- Eau...........—................... 60 lit.
- Fécule blanche...................... 6 kil.
- Suif -...........-.................. 1/2 »
- Cuire 1 1/2 heure à la vapeur et ajouter après cuisson -, Glycérine blanche ou blonde 2 1/2 lit.
- Apprêt de doublure glacée.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l auteur.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- BLEU DE GENTIANE N 77
- de MM. Ruch et fils.
- Cette couleur convient principalement pour l’impression sur coton, laine et soie, elle résiste aussi bien à l’air qu’au savon et ne doit pas être confondue avec d’autres bleus d’aniline « en pâte » qui, quoique très-beaux à l’apparence, n’offrent pas de solidité.
- Bleu de gentiane.
- (Impression sur coton).
- L’échantillon ci-dessus a été imprimé par le pro-
- cédé suivant :
- Epaississant A. . . .56 kil.
- Bleu en pâte . . . 36 »
- Glycérine....................7 »
- Acide acétique à 6° B . . 8 »
- Formule de l’épaississant A.
- Acétate d’alumine à 15° B., 86 k. ) .. 1 r 70 ki
- Amidon . . . -14 k. 9
- Glycérine arsenicale B . . 15 » Acétate de chaux à 15° B . . 2 »
- Gomme adraganthe liquide (8 gr. de gomme dans 100 gr. d’eau) . 17 »
- Formule de la glycérine arsenicale B.
- Concentrer par évaporation 110 kil. de glycérine à 22° B. de manière à n’avoir que 67 k. 600 gr.; dans ces 67 k. 600 gr. faire dissoudre au bouillon 33 kil. 400 d’arsenic blanc. Cette solution ne se conserve que quelques jours, par conséquent, il ne faut en préparer que la quantité nécessaire.
- Après l’impression vaporiser pendant une heure, laver pendant 45 minutes, jusqu’à ce que la nuance ne déteigne plus, passer au savon faible à 75° C. | (1 kil. 500 savon, pour 10 pièces de coton) et laver de nouveau.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- MACHINE A CHEVILLER LA SOIE de Henri Bercthold, ingénieur
- à Zurich (Suisse).
- Parmi les appareils dont la mécanique a enrichi la teinture de la soie, il faut citer les chevilleuses. Autrefois le chevillage des soies avait surtout pour but de presser et égaliser les brins de soie d’un mateau pour qu’ils soient bien unis. Aujourd’hui il a pris plus d’importance par suite de la fabrication des souples, ou le chevillage achève l'assouplis-sage, et la mécanique est venue en aide aux teinturiers et a créé des appareils où à à 8 mateaux peuvent être chevillés ensemble. Voici le principe de ces machines :
- La soie est maintenue très-tendue, verticalement entre deux chevillons cylindriques, dont le supé
- rieur fixé tourne sur lui-même autour de son axe et l’inférieur tourne également mais sur un pivot perpendiculaire à l’axe de manière à imiter l’action du chevillage à la cheville.
- Le cylindre inférieur, qui se relève facilement pour qu’on puisse garnir l’appareil, est soumis dès qu’il est garni, à l’action d’un contrepoids qui rend le mateau fortement tendu. Il exécute une rotation complète sur son pivot, imitant l’action du chevillon puis revient à son état normal ; à ce moment le chevillon supérieur exécute une demi-révolution sur son axe, qui change le mateau de place, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ouvrier trouve les mateaux assez chevillés.
- Pour les grosses soies et fantaisies fortement montées, le chevillage leur donne un très-grand lustre et il est indispensable pour les articles destinés à la couture. Pour les soies souples, blancs et couleurs, le chevillage est l’opération qui vient en dernier lieu, il complète l’assouplissage.
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- La chevilleuse dont nous donnons le dessin ci-dessus, représente un des modèles que construit M. Henri Berchold, de Zurich. C’est le modèle à
- huit chevillons, il se fait également à quatre et six chevillons. A droite du dessin on voit l’arbre moteur sur lequel se trouve la poulie de commande et
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- la poulie folle. Cet arbre porte un pignon denté qui engrène avec une grande roue d’engrenage calée sur un arbre de peu de longueur. Ce pignon et cette roue sont recouverts par un tambour en tôle, figuré au dessin, pour éviter les accidents et les taches de graisse.
- Un bouton fixé sur un bras de la roue d’engrenage actionne une bielle (que l’on voit dans le dessin en-dessous des chevillons inférieurs), reliée au bouton d’une crémaillère à son autre extrémité. La crémaillère horizontale, dont on voit les deux extrémités sortant du bâti de la machine, engrène avec huit pignons fixés chacun sur un petit arbre vertical. L'extrémité supérieure de chacun de ces arbres se recourbe et sert d’axe au chevillon cylindrique inférieur, rivé en forme de manchon. L’extrémité inférieure supporte un contrepoids.
- Chaque contrepoids porte une fente intérieure qui donne passage à un levier à poignée dont la partie inférieure porte le contrepoids de sorte qu’il suffit d’abaisser le levier pour que le contrepoids se trouve librement suspendu par l’arbre vertical portant le chevillon inférieur et inversement, relever le levier pour relever le contrepoids et par suite le même chevillon.
- Avant de mettre en marche on garnit la machine, c’est-à-dire qu’on met un mateau de soie à cheval sur le chevillon supérieur, on soulève le levier pour pouvoir passer la partie inférieure du mateau autour du chevillon inférieur, puis en abaissant ce levier, le contrepoids n’étant plussupporté, tend le mateau. On garnit de même les autres chevillons. Cela fait, on met en marche ; la crémaillère dans son mouvement de va et vient fait tourner les chevillons inférieurs et par suite tord les mateaux successivement à droite et à gauche. Quand la bielle qui conduit la crémaillère est horizontale, c’est-à-dire aux points morts, le chevillon inférieur est parallèle au chevillon supérieur et le mateau est tendu, mais non tordu ; c’est en ce moment que le chevillon supérieur, qui reste immobile pendant tout le mouvement de torsion, fait 1/5 de tour par chaque mouvement de va et vient de la crémaillère. Ces mouvements intermittents qui font changer le mateau de place après chaque mouvement de torsion, amènent successivement toutes ses parties à subir la torsion et le frottement.
- Le mouvement intermittent de rotation des arbres qui portent les chevillons supérieurs, est donné par un levier placé sur un des arbres et relié à la tige d’un excentrique calé sur l’arbre moteur ; des
- roues d’engrenages fixées sur chacun desarbres de ces chevillons et engrenant les unes avec les autres font que le mouvement périodique transmis à l’une, l’est également à toutes les autres.
- Les principaux avantages qui rendent très-économiques les modèles construits par M. H. Berchtold peuvent se résumer comme suit :
- Grande économie de place; la longueur occupée par le modèle à 8 chevilles n’étant que de lm,90 et sa largeur 0m,30, par suite le poids de la machine est peu considérable, malgré sa solide construction, ce qui économise les frais de transport.
- La hauteur très-faible de l’appareil permet à l’ouvrier une manœuvre facile de même que toutes les parties parfaitement accessibles, facilitent l’entretien.
- Les leviers des contrepoids agissent à droite de la machine et non à gauche, ce qui rend le travail plus facile à l’ouvrier, l’arrêt se faisant toujours à la même place.
- L’arbre moteur placé en bas, permet plus de stabilité à la machine et plus de solidité. Les organes moteurs sont protégés et abrités, ce qui permet une plus grande propreté.
- Un frein permet l’arrêt presque instantané (1).
- TEINTURES POUR CHAPELLERIE
- — Suite (2) —
- Les recettes que nous donnons ici sont prises sur des journaux étrangers. Nous les reproduisons telles quelles, sans recommandation. Cependant, nous croyons pouvoir appuyer le mordant ci-après, quoique nous ne l’ayons pas essayé ; sa composition nous paraît bonne.
- RECETTE POUR préparer UN MORDANT
- La préparation de la solution d’étain est une des opérations les plus importantes de la teinturerie, car, si elle est faite par quelqu’un qui ne s’y connaît pas bien ou qui ne procède pas avec toute la prudence nécessaire, elle peut influencer d’une manière fâcheuse sur la couleur à produire. Or,
- (1) L’Office du Moniteur de la Teinture enverra les prix et conditions à tout teinturier qui en fera la demande.
- (2) Voir les années précédentes du Moniteur de la Teinture et dans l’année 1878 les pages, 19, 44, 68, 153, 284 et 296
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- voici comment une telle préparation doit être faite. Verser dans un pot verni assez grand, 500 grammes d’acide muriatique ordinaire de 22° Baumé, et 500 grammes d’eau pure de rivière ; ajouter prudemment et peu a peu, 500 grammes d’acide sulfurique de 65 degrés Baumé et faire] dissoudre dans ce mélange quelques feuilles de zinc, dont il ne faut prendre que 10 à 15 grammes à la fois. Douze heures après que le zinc a été complètement dissous, ôtez tout le dépôt du liquide, qui est prêt alors à être employé pour la teinture. Ce liquide pourra être conservé indéfiniment, il ne perdra pas ses qualités et produira toujours le même effet.
- Mordant préparatoire
- Pour 48 chapeaux de feutre. — Quelle que soit la couleur que l’on désire donner aux chapeaux, il faudra toujours les soumettre à l’influence d’un seul et même mordant, qu’on peut préparer de la manière suivante : Versez de l’eau pure dans une chaudière de cuivre, laissez-là bouillir et ajouter alors :
- 500 grammes de sulfate cuivre,
- 500 grammes de chromate rouge de potasse, 500 grammes de la solution d’étain, (mentionnée di-dessus).
- Laissez bouillir ce mélange pendant huit minutes, puis refroidissez brusquement, en y versant de l’eau pure, froide. Trempez les chapeaux dans de l’eau chaude et plongez-les ensuite dans le mélange, où il faudra les laisser bouillir doucement pendant une heure en les remuant toujours. L’heure passée, ôtez les chapeaux et laissez-les refroidir. Préparés de cette manière, les chapeaux pourront recevoir n’importe quelle couleur, elle sera toujours belle et égale partout.
- RECETTE
- POUR TEINDRE LES CHAPEAUX DE FEUTRE
- Couleur de bronze
- Pour 50 chapeaux de feutre. — Faites bien tremper les chapeaux, et mettez-les ensuite bouillir lentement, pendant une heure et demie, dans une décoction composée ainsi qu’il suit :
- 3 kilogrammes de fustet,
- 2 » 250 grammes de bois de santal,
- 375 » de sumac,
- 375 » de tartre rouge pulvérisé.
- Otez les chapeaux, et ajoutez 375 grammes de sulfate de fer au mélange susdit. Remuez bien, mettez les chapeaux encore une fois dans le bain et laissez-les bouillir pendand une heure, après quoi il faudra les ôter de nouveau. Enlevez un tiers du liquide, et remplissez vite la chaudière avec de l’eau froide ; ajoutez une solution d’un kilogramme et 775 grammes de sulfate de fer, et replongez pour la troisième fois, les chapeaux dans le bain. Remuez vivement, [faites chauffer le liquide de nouveau et laissez bouillir les chapeaux doucement pendant une heure ; enlevez-les ensuite, laissez-les refroidir et lavez-les bien.
- Vert d’olive
- Pour 30 chapeaux de feutre.— Commencez par bien tremper les chapeaux, puis suivant la nuance que vous désirez obtenir, teignez-les en bleu clair ou en bleu foncé (avec de l’indigo) et lavez-les bien. Mettez de l’eau pure dans la chaudière, laissez-la bouillir et ajoutez une décoction de :
- Fustet....................... 1 kil. 500 grammes
- Litmus........................... 60 »
- Alun............................ 500 »
- Tartre rouge en poudre fine. ... 187 »
- Laissez bouillir pendant 10 minutes, plongez ensuite les chapeaux bleus dans le bain, et laissez-les bouillir lentement pendant une heure et demie, ôtez-les et laissez-les refroidir pendant 24 heures : lavez-les et procédez enfin, pour les teindre, de la manière suivante. Mettez de l’eau pure dans la chaudière, faites-la bouillir et ajoutez une décoc
- tion de :
- Fustet. . ...................... . 750 grammes
- Garance (demi-fine)................... 250 »
- Noix de galle, moulue finement et tamisée ensuite....................190 »
- Plongez les chapeaux dans ce liquide et laissez-les bouillir lentement pendant trois quarts d’heure, en les remuant continuellement ; ôtez-les et laissez-les refroidir. Ajoutez ensuite 190 grammes de sulfate de fer, plongez les chapeaux une deuxième fois dans le liquide et laissez-les bouillir pendant une demi-heure, en ayant soin de les remuer sans cesse. Otez les chapeaux, ajoutez encore 125 grammes de sulfate de fer au bain et plongez-y les chapeaux pour la troisième fois. Laissez-les bouillir doucement, remuez-les toujours, ôtez-les, laissez-les refroidir et lavez-les.
- Si l’on désire obtenir un vert d’olive tirant sur le
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO
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- brun, on n’aura qu’a ajouter de la garance. On obtient une couleur plus foncée en augmentant la dose de sulfate de fer.
- Vert très foncé
- Pour 50 chapeaux de feutre. — Commencez par teindre les chapeaux en bleu (clair ou foncé) et rincez-les ensuite. Mettez de l’eau pure dans la chaudière, laissez-la bouillir et ajoutez une décoction de :
- Fustet...................... 1 kil. 500 grammes
- Litmus. ... ;........................30 »
- Alun.............................. 300 »
- Tartre rouge pulvérisé..............188 »
- Acide sulfurique (dans une solution d’indigo) 10 »
- Laissez bouillir ce mélange pendant huit minutes et plongez-alors les chapeaux teints en bleu, continuez la cuisson pendant trois quarts [d’heure, ôtez alors les chapeaux et laissez-les refroidir.
- Ajoutez ensuite 188 grammes de noix de galle, finement pulvérisée et tamisée ; remettez les chapeaux bouillir pendant trois quarts d’heure, ôtez-les et laissez-les refroidir.
- Enlevez la moitié du liquide et remplissez de nouveau la chaudière avec de l’eau froide et ajoutez 500 grammes de sulfate de fer ; les chapeaux, après avoir été manipulés comme nous venons de le dire, recevront une teinte foncée de la manièrehabituelle; laissez-les encore bouillir pendant huit minutes, ôtez-les et lavez-les bien.
- Vert d’acier
- Cette couleur si goûtée et restant depuis si longtemps à la mode, s’approche, dans la réalité, plutôt du noir que du vert. Pour produire cette couleur il faudra commencer par teindre les chapeaux en bleu (avec de la soude et de l’indigo). Mettez ensuite de l’eau pure dans la chaudière, laissez-la bouillir et ajoutez une décoction de :
- Fustet................................ 500 grammes
- Tartre rouge pulvérisé et tamisé. 188 »
- Noix de galle........................188 »
- Acide sulfurique (dans une solution d’indigo)............................. 5 »
- . Laissez bouillir ce mélange pendant huit minutes et plongez-y alors les chapeaux bleus (préalablement bien rincés), laissez bouillir le tout pendant une heure et demie, ôtez ensuite les chapeaux et laissez-les refroidir. Pour obtenir une teinte foncée ajoutez 500 grammes de sulfate de fer [et procédez comme d’habitude, puis laissez bouillir encore dou
- cement pendant un quart d’heure. L’addition de 10 à 20 grammes de litmus, au dernier bain, produira une teinte plus prononcée.
- (Moniteur [de la Chapellerie d’après le Correspondent).
- TEINTURE DES BOUTONS
- DE COROzO.
- Par M. le Dr REIMANN, de Berlin.
- Préparation.
- Bouillir les boutons pendant une heure dans une lessive de soude caustique à 2° B., les lever et les bien laver. Passer ensuite à la teinture.
- Noir.
- Bouillir une heure dans un bain extrait de cam-pêche à 2° B., lever et manœuvrer une demi-heure dans,un bain froid de pyrolignite de fer à 15° B., enlever, rincer, brosser et sécher.
- Brun.
- Bouillir les boutons préparés pendant une heure dans une solution de 2k500 de cachou préparé dans 30 litres d’eau, lever, laisser égoutter et manœuvrer une demi-heure dans un bain chaud de 500 gr. bichromate de potasse pour 400 litres eau, enlever, rincer, brosser et sécher.
- Gris-argent.
- Tremper les boutons, préparés, une nuit dans une décoction de 250 gr. noix de galles pour 30 litres eau à 45° G., lever et manœuvrer pendant une demi-heure à 56° G., dans un bain de 100 gr. sulfate de fer pour 30 litres eau, laisser égoutter, rincer, brosser, sécher.
- On obtient des nuances plus claires en employant moins de noix de galle et respectivement moins de sulfate de fer. ..
- Gris-bleu.
- Faire bouillir les boutons, préparés, pendant une heure dans une solution de 2 à 5 gr. carmin d’indigo, 5 gr. oseille et 20 gr. acide sulfurique pour 30 litres d’eau.
- Pour leur donner un plus grand brillant, on met les boutons séchés dans un tambour et on les tourne avec un peu de solution faible d’une laque-vernis à l’alcool.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- L’auteur a remarqué dans des magasins des imitations de boutons de corne de buffle avec des boutons de Corozo qui paraissent tachés, même souvent marbrés. Au premier coup-d'œil on les croirait teints, mais on est étonné de la régularité du dessin qui ne peut être exécuté par hassrd ou par aspersion. Pour les boutons marbrés cette disposition doit être exclue. Sur quelques boutons on a même marqué les initiales des fabricants.
- Après avoir bien examiné ces boutons, il a trouvé que les dessins n’étaient nullement produits par teinture, mais qu’ils étaient appliqués par brûlage. Pour chaque sorte de boutons on se sert d’une matrice en forme de pince en fer ou en cuivre, gravée en creux ou en relief, suivant la forme du bouton ; on chauffe le moule, mais non au rouge, pour y presser successivement chaque bouton, jusqu’à ce que le dessin soit bien venu. On les met ensuite dans le cylindre à vernir, d’où on les enlève pour les sécher et les frotter.
- Le brûlage donne à la surface du bouton une faible teinte imitant assez bien la corne de buffle, teinte de la même manière.
- Le Moniteur de la Teinture donnera prochainement les recettes pour teindre les mêmes boutons avec les couleurs d’aniline (procédés français).
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONGENANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- — Suite —
- 121,182. 26 novembre. — Piron. — Machines servant à l’appropriation des chapeaux de feutre (système Simon-Piron).
- 121,193. 20 novembre. — Gauthier frères. — Procédé pour couper et détacher les fils inutiles de certains tissus.
- 121,196. 22 novembre. — Pinier. — Teinture violet, grand teint, applicable à la fabrication des toiles et cotons, pour mouchoirs et habillements.
- 121,203. 19 novembre. — Brooke jeune et Stake. — Perfectionnements dans les machines à peigner la laine et autres matières filamenteuses.
- 121,204. 19 novembre. — SCHOFIELD. — Perfectionnements dans les machines laineuses-rele-
- veuses employées dans l’apprêtage des tissus de laine et autres matières filamenteuses.
- 121,205. 19 novembre. — Puech frères (Société). — Procédé pour préparer et filer la laine à carde ou laine cardée peignée.
- 121,238. 20 nvembre. — Delaye. — Perfectionnements dans la fabrication des tissus, genre velours, à boucles coupées ou non coupées.
- 121,341. 20 novembre. — Gilles. — Application d’un tissu à trame de panama et chaîne en fil métallique, en fil de soie, coton, etc., à la confection des chapeaux de fantaisie.
- 121,264. 21 novembre. — Hanotin. —Application de teinture sur ivoire de toutes provenances, formes et dimensions.
- 121,275. 22 novembre. — David, Troullier et ADHÉMAR (Société). —Appareil compensateur pour régulariser la tension des fils de chaîne dans la fabrication mécanique des tissus-gaze.
- 121,288. 28 novembre. — Magnier (les sieurs). — Système d’apprêt premier pour la teinture des étoffes de laine et soie, et de toute espèce de tissus.
- 121,301. 23 novembre. — Letalle. — Appareil dit : brise-mariage applicable aux cardes fileuses dans la laine cardée.
- 121,331. 26 novembre. — Mathot. — Tissu végétal applicable à la chapellerie, aux confections et autres articles.
- 121,335. 28 octobre. — GANCEL. — Appareil à découper automatiquement en rubans les étoffes tissées au métier, et principalement applicable à la fabrication de la chenille plate.
- 121,371. 4 décembre. — MOEGLIN aîné. — Bassine d’encolleuse démontable, et appareil indicateur de l’ébullition d’eau pour bassine d’encolleuse et pot à cuire la colle.
- 121,372. 7 décembre. — Domen. — Appareil de peignage.
- 121,376. 29 novembre. — Sahlstrom. — Méthode pour la fabrication d’ichthyocolle, de gélatine ou de colle, en général.
- 121,381. 29 novembre. —Galbiati. — Système pour pantiner les manteaux de soies, ou les éche-veaux d’autres matières, sans nœud apparent.
- (A suivre).
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23° Année, No 3. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Février 1879.
- SOMMAIRE
- Correspondance : Vert solide. — La teinture et l’impression à l’Exposition universelle (suite). — Les apprêts des tissus de coton (3 échantillons), par M. Alex. Schultz (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleu alcalin, nouvelle nuance (2 échantillons). — Sur le vert solide et le vers malachite. — Blanchiment des soies. — Des noirs sur soie, par M. Marius MOYRET (suite).
- BIBLIOGRAPHIE. — Essai sur le conditionnement, le titrage et le décreusage des soies, etc., par M. Jules Persoz. — Echelle des couleurs de Radde.
- Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877). — Annonce
- VERT SOLIDE
- Nous recevons la lettre suivante :
- « Monsieur le Directeur,
- » En nous référant à l’avertissement de la Berli-ner actiengesellschaft, pour la fabrication des couleurs d'aniline, publié par ses agents, MM. Ruch et fils, à Paris, dans le no 24 du Moniteur de la Teinture du 20 décembre 1878, nous nous permettons d’attirer l’attention de vos lecteurs sur l’arti-cle, publié plus loin, traitant du vert solide et du vert malachite.
- » Nons recommandons tout particulièrement aux teinturiers et aux imprimeurs, notre vert solide qui est très-brillant et très-riche ; et nous leur donnons l’assurance qu’en employant notre produit, ils n ont absolument rien à craindre du brevet concernant la fabrication du vert malachite.
- » Baie, janvier 1879.
- » BINDSCHLEDER et Busch. »
- LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (Extrait du Mémoire de MM. Edouard et Adolphe KOPP, publié par le Moniteur scientifique.)
- — Suite. —
- Couleurs d’aniline.
- L’Exposition de 1867 nous a montré l’application déjà considérable des couleurs d’aniline. Leur em
- ploi facile et économique ainsi que leur brillant ont fait oublier leur faible stabilité, cela a été la cause de nombreux déboires dans la fabrication et dans la vente.
- Depuis quelque temps, nous voyons de grands progrès sejréaliser dans cette fabrication ; on produit des matières colorantes, résistant mieux au lavage et à la lumière.
- Comme matière colorante violette, nous avons le violet de Poirrier qui, depuis 1873, s’est substitué au violet Hofmann. Cette matière colorante se dissout bien dans l’eau, l’acide acétique et dans l’alcool. Elle se fixe en impression, en épaississant soit à l’albumine, ou avec un épaississant végétal. Comme moyen fixateur on a le tannin, l’arsénite de soude et l’aluminate de soude ; et en vaporisant après impression, on obtient des nuances assez solides. Pour la teinture on mordance au tannin, et l’on teint en dissolution étendue de violet.
- Pour le rouge nous avons la fuchsine et la safra-nine ; ces deux matières, dont la plus soluble est la fuchsine, se fixent comme les violets -, on a vu les premiers échantillons de safranine à l’Exposition de Vienne. .
- Les bleus sont nombreux, les plus usités sont les bleus méthyle ; ils sont solubles dans l’eau et se fixent par impression avec les mordants d’alumine et l’arsenite de soude. Les bleus alcalins pour coton sont aussi solubles dans l’eau ; en épaississant une de ces dissolutions et en y ajoutant du bisulfite de soude, on obtient par un fort vaporisage un bleu que l’on avive en passant dans un bain contenant un acide minéral.
- Pour les verts, on se sert en teinture du vert à l'aldéhyde que le teinturier prépare au fur et à mesure de ses besoins. Les verts méthyle sont
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- très-employés -, ces produits se dissolvent bien dans l’acide acétique, et se fixent au moyen du tannin ; par vaporisage, on obtient des nuances résistant au savonnage.
- Dans ces derniers temps, sont apparus des verts nouveaux très-beaux, les verts malachites, découverts par MM. O. Docbner et O. Fischer, sur lesquels nous reviendrons.
- Parmi les matières colorantes industrielles plus récentes, nous avons à signaler d’abord les couleurs dérivées de la résorcine.
- L’éosine et la primerose. Ces deux matières colorantes, la première surtout, sont vendues à un prix si bas qu’elles ont pris une extension énorme. L’éosine est très-soluble dans l’eau, et se fixe facilement sur tissu par impression, en ajoutant, comme mordant, à la couleur épaissie, de l’acétate ou du nitrate d’alumine avec addition d’arsénite de soude -, on fixe par vaporisage.
- Pour la teinture on foularde simplement en dissolution aqueuse d’éosine et l’on passe ensuite soit dans un bain contenant de l’acétate de plomb ou du bichromate de potasse. M. Dépierre le premier a indiqué le mode d’emploi de l’éosine.
- MM. Durand et Huguenin, à Bâle, sont les premiers qui aient fabriqué des laques aux sels de plomb, qui se fixent très-bien au moyen de l’albumine.
- La fabrique Monnet et Ce, à Genève, a produit dans ces derniers temps, quelques nouveaux déri-rés : la phloxine, lapyrosine et la chrysoline; ces matières n’ont pas encore été essayées par impression. Pour la teinture, on mordance le coton en alumine et mordant pour rouge turc ; la teinture se fait dans un bain contenant de l’acétate d’alumine.
- M. Poirrier livre un produit soluble dans l’eau, la lutécienne, qui s’applique de la même manière que l’éosine et donne des tons plus foncés et plus jaunâtres.
- Parmi les nouveautés, nous ne pouvons passer sous silence le bleu méthylène, que M. Caro a fait breveter. Ce corps rentre dans la série des corps sulfurés découverts par M. Lauth, il se dissout bien sans l’acide acétique, ainsi que dans l’alcool et l’eau ; il est facilement réductible, surtout par les sulfures alcalins.
- Pour l’employer en impression, on le fixe au moyen de l’acide tartrique et tannique, et par un vaporisage l’on parvient à avoir un beau bleu résistant très-bien au savonnage, à la lumière et au
- chlore. Ce bleu s’associe aux couleurs d’alizarine, mais par contre ne se laisse pas chromer, sa nuance passant au vert.
- Comme gris d’aniline, nous avons le gris Coupler, le bleu noir de M. Collin, la nigrosine de MM. Binschedler et Busch ainsi que Vinduline de MM. Willams, Thomas etDower. Ces produits sont solubles dans l’eau et se fixent par impression au moyen de tannin ou des mordants d’alumine. En teinture on foularde en dissolution aqueuse, contenant de la glycérine arsenicale, puis on sèche à l’air.
- MM. Durand et Huguenin, à Bâle, sont les premiers qui soient arrivés à produire industriellement deux matières colorantes dérivées de l’acide phtalique : la galléine et la céruléine.
- La galléine est une matière colorante rouge, insoluble dans l’eau. Elle se dissout dans l’alcool et les liqueurs alcalines, qu’elle colore en bleu ou en violet. Le calicot mordancé en alumine ou en fer donne des nuances bleues plus foncées que celles produites au campêche, et, en outre, plus solides. Avec un mordant de plomb, la galléine produit un bleu violet qui résiste au savon. La galléine a été employée en grand, à Rouen, pour produire des violets ; mais on y a renoncé à cause du peu de solidité de ces nuances à la lumière. La céruléine nous arrive en pâte d’un noir bleuâtre, presque insoluble dans l’eau ; soluble en bleu dans l’aniline et en vert dans les alcalis. La céruléine teint les mordants d’alumine en vert, et les mordants de fer en brun ; pour dissoudre la matière colorante on emploie le bisulfite de soude liquide; en ajoutant aux couleurs épaissies de l’acétate de chrome, du prussiate jaune, on obtient, après vaporisage, des verts qui résistent au savonnage.
- La céruléine se combine bien aux couleurs aliza-rine en donnant des nuances mode et cachou.
- Indigo.
- Les méthodes pour fixer l’indigo sur tissu n’ont pas varié beaucoup, malgré le rôle si important que cette matière tinctoriale joue depuis si longtemps en teinture et en impression.
- M. Schunck a trouvé, en 1865, que l’indigofera contient un glucoside particulier qui se dédouble en indigotine et en sucre.
- L’indigotine, traitée par l’acide sulfurique concentré, se dissout ; il se forme l’acide sulfindigoti-que ou bleu de Saxe, dont l’usage est presque aban-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- donné, on l’a remplacé par son sel de soude sous le nom de carmin d’indigo.
- Les acides sulfuconjugués de l’indigo ne servent que pour couleurs d’application. Pour l’impression, le carmin est acidulé par de l’acide oxalique, épaissi à la gomme, imprimé et vaporisé.
- La plupart des procédés pour fixer l’indigo, principalement sur coton, reposent sur la propriété que possède l’indigotine de passer à l’état d’indigo blanc et de se dissoudre dans les alcalis, lorsqu’elle est soumise à l’action des agents réducteurs.
- La réduction de l’indigotine en indigo blanc se fait dans des cuves ; la plus ancienne est encore très-employée, elle est montée avec du sulfate de fer et de la chaux. L’acide sulfurique forme avec de la chaux du sulfate de chaux ; le protoxyde de fer s’oxyde et réduit l’indigotine.
- La chaux ne doit pas être en très-grand excès, car elle forme, avec l’indigo blanc, un composé insoluble. Il se produit toujours un grand dépôt dans ces cuves, formé par le sulfate de chaux, la combinaison de l’indigotine avec l’excès de chaux, le peroxyde de fer et un composé insoluble de fer avec l’indigotine. De nombreuses propositions ont été faites pour utiliser de nouveau l’indigo contenu dans ces dépôts.
- MM. Cohen frères ont apporté un notable perfectionnement au montage des cuves. Ils la composent avec de l’indigo finement pulvérisé, de la tournure de fer, du zinc en poudre et de la chaux vive.
- Le zinc, en présence de la chaux, décompose l’eau, l’hydrogène réduit l’indigotine.
- Une autre cuve, employée assez fréquemment depuis quelques années, est celle de MM. Schützen-berger et Lalande, basée sur le pouvoir réducteur de l’acide hydrosulfureux SO2 H2. Le zinc se dissout dans l’acide sulfureux sans dégagement d’hydrogène; le liquide prend une couleur jaunâtre et acquiert des propriétés décolorantes très-grandes.
- Pour préparer l'hydrosulfite industriellement, on agite le zinc en grenaille ou en poudre avec une solution de bisulfite de soude à 30 degrés; la liqueur obtenue, additionnée d’une certaine quantité d’un alcali pour dissoudre l’indigo blanc, sert à réduire l’indigo ; on chauffe à 50-60 degrés. L’in-digo réduit par l’hydrosulfite sert également à l’impression : à cet effet, on additionne la solution réduite de l’acide chlorhydrique, l’indigo blanc se précipite ; on le filtre, lave et épaissit la pâte avec de la gomme.
- Pour la teinture de la laine, on se sert principa
- lement des cuves fonctionnant à chaud ; la réduction de l’indigo est obtenue à l’aide d’une fermentation particulière de substances azotées et sucrées, en présence d’une liqueur alcaline. On a la cuve au pastel, la cuve d’Inde, qui se monte avec du son et de la garance; la cuve allemande, etc.
- M. Leuchs remplace ces corps par l’acide pecti-que ou la pectine contenue dans le navet, la betterave, etc.
- Pour teindre le calicot, on l’immerge dans la cuve d’indigotineréduite; après un temps suffisant, on retire le cadre, on l’expose à l’air, et on passe à la fin dans un bain faible d’acide sulfurique.
- Pour produire des dessins blancs et jaunes sur fond bleu, on emploie deux procédés : Yenlevage et la réserve.
- Dans le genre enlevage, on détruit l’indigo par places sur les fonds bleus unis, au moyen d’agents oxydants énergiques ou d’acides organiques, on plaque le tissu en bichromate, en ferricyanure de potassium; on imprime un mélange épaissi d’acides tartrique, oxalique, azotique ou de soude caustique.
- Les réserves se font par impression de mélanges inertes, imperméables à la matière colorante, comme la terre de pipe, ou bien à l’aide d’agents chimiques (sels de cuivre), qui oxydent l’indigo blanc avant qu’il n’ait pu pénétrer dans les fibres. Il y a différents procédés pour imprimer en bleu d’indigo.
- Le bleu au pinceau s’obtient en imprimant sur le tissu, au moyen d’un pinceau, la dissolution d’indigotine préparée d’avance.
- Pour le bleu faïencé, on applique l’indigo broyé avec de l’acétate de fer -, après dessiccation, on passe les pièces successivement en lait de chaux, sulfate ferreux, soude caustique et acide sulfurique.
- Ces deux procédés ont été remplacés dans bien des fabriques par le procédé dit du bleu solide, beaucoup plus facile à exécuter. On réduit l’indigo, dans une cuve, à la chaux et au sulfate ferreux ; on précipite l’indigo blanc par l’acide chlorhydrique ; ce précipité est épaissi à la gomme, à laquelle on ajoute encore du chlorure de fer. On imprime, puis on passe en chaux, pour dissoudre la matière colorante qui imprègne le tissu ou bien l’on passe dans un bain acide et l’on oxyde à l’air.
- Le bleu solide peut encore être obtenu par le procédé à l’hydrosulfite de soude de MM. Schützen-berger et de Lalande.
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- 28, LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- L’indigo est réduit par la soude caustique etl'hy-drosulfite acide ; l’indigo réduit précipité par l’acide chlorhydrique; le précipité épaissi à la gomme s’appelle bleu gommé. On prend le bleu gommé, auquel on ajoute de l'hydrosulfite de soude saturé par fa chaux ; après impression, on étend les pièces dans les chambres, puis on lave à grande eau et on savonne. Ce bleu s’allie au noir d’aniline, au rouge d’alizarine et aux couleurs au chrome. M. Gros Renaud indique plusieurs formules pour ce procédé.
- Parmi les autres, mentionnons encore :
- Le bleu indigo vapeur, M. Sacc a fait le premier, dès 1854, des essais pour produire du bleu indigo vapeur ; aujourd’hui on emploie le bleu cu cyanure de potassium de M. Schlumberger.
- Les applications faites par M. Scheurer du bleu à l’hydrosulfite de soude; le procédé de M. Jeanmaire, au tartrate de fer, et le procédé de M. Zurcher pour un nouveau bleu d’indigo vapeur, qui consiste à imprimer l’indigo, l’oxyde d’étain en pâte avec un bichromate alcalin. Enfin signalons les recherches intéressantes de M. Prud’homme de l’action de la glycérine sur l’indigo, en mélangeant ce dernier avec de l’oxyde d’étain et de carbonate alcalin. Ces recherches conduisirent l’auteur à proposer un procédé combiné du bleu faïencé consistant à imprimer le bleu non réduit, du bleu solide qui imprime la couleur avec une partie des agents réducteurs du bleu vapeur, et utilisant une température élevée pour faciliter les réactions.
- L’indigo est une des matières colorantes les plus employées -, malheureusement, son prix est assez élevé ; aussi a-t-on fait depuis longtemps de nombreux efforts pour réaliser sa synthèse ou pour lui trouver des substituts. On a préparé et on emploie assez fréquemment : un dérivé du campêche (de M. Geigy), obtenu en traitant la matière colorante avec du bichromate de potasse et de l’acide sulfurique, les indulines, les bleus marine et le bleu noir de M. Coupier, le bleu de Puteaux de M. Patry, etc. Ces corps n’ont ni le même pouvoir colorant, ni la même stabilité que l’indigo. Quant à l'aliza-rine bleue et le bleu au méthylène, ils ne sont pas encore sortis de la période d’essais, mais on peut dès maintenant leur prédire un assez grand avenir.
- La synthèse de l’indigo a été résolue très-récemment par M. Baeyer, un des chimistes les plus distingués de notre époque, auquel la science et l’industrie sont redevables d’un grand nombre de
- belles recherches ; malheureusement, cette synthèse n’a encore qu’un intérêt tout scientifique.
- Arrivera-t-on à préparer l’indigo industriellement ? Nous sommes en droit de l’espérer après la découverte de l’alizarine artificielle, et après les beaux résultats obtenus par la chimie dans la fabrication des matières colorantes ; la prochaine Exposition nous montrera peut-être cette espérance accomplie.
- Résumons les résultats auxquels on est arrivé aujourd’hui.
- M. Schunck démontra en 1865 que les plantes capables de fournir l’indigo contiennent un gluco-side : Vindicane^ qui se dédouble en indigotine, et en sucre particulier, Vindiglucine. L’indigotine traitée par des agents oxydants, comme l’acide azotique, se transforme en isatine, acide indigotique ou nitrosalicyque et acide picrique. L’isatine réduite par l’acide sulfurique et le zinc, forme Visa-tyde.
- En 1857, M. Freidel, en distillant un mélange d’acétate et de benzoate de chaux secs, a préparé l’acétophénone. MM. Emmerling et Engler croient avoir réussi à préparer synthétiquement une petite quantité d’indigotine au moyen de ce corps. L’acétophénone traité par l’acide azotique fumant forme deux dérivés nitrés isomères l’un cristallin, l’autre sirupeux. Ce dernier est chauffé jusqu’à ce qu’il se prenne par refroidissement en masse résineuse; ou le mélange avec 9 parties de poudre de zinc et 1 partie de chaux sodée. Ce mélange est chauffé dans des tubes étroits; il sublime une substance de couleur foncée qui doit être de l'indi-gotine.
- En faisant agir sur l’isatine ou sur l’isatyde de l’amalgame de sodium, en présence de l’eau, M. Knop obtint en 1865 un corps qu'il nomme acide hydrindique de dioxindol.
- Le dioxindol forme des prismes rhomboïdaux blancs, opaques, solubles dans l’eau ; il est fusible à 132 degrés et se décompose à 216 degrés en dégageant de l’aniline. Le dioxindol et l’indigotine ne diffèrent que par les éléments de l’eau.
- Malgré les tentatives faites pour enlever de l’eau au dioxindol, on ne put réussir à former de l’indi-gotine.
- Le dioxindol, soumis à l’action des agents réducteurs se transforme en oxindol, aiquilles incolores, très-solubles. Ce corps, distillé avec de la poudre de zinc, produit ïindol, qui cristallise en lamelles blondes ressemblant à l’acide benzoïque. D’après
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- HT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- O. G
- M. Nenki et M. Kuhne, l’indol est un des produits de l’action du suc pancréatique sur l’albumine, la fibrine, etc.
- MM. Baeyer et Emmerling ont effectué la synthèse de l’indol au moyen de l’acide cinnamique. L’acide nitrocinnamique est mélangé avec de la tournure de fer et de l’hydrate de potasse, et l’on chauffe jusqu’à ce que ce corps entre en fusion. La masse, après refroidissement, est dissoute dans de l’eau -, on agite avec de l’éther qui dissout l’indol, et un peu d’aniline ; cette dernière est enlevée par de l’acide chlorydrique.
- A suivre.
- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. Schultz (1).
- — Suite —
- Apprêts garnis servant pour les tissus blancs et pour les tissus imprimés.
- {Procédé anglais.)
- Les Anglais apprêtent le plus souvent leurs tissus imprimés à l’envers, au moyen de la râcle (2), en prenant de l’empois d’amidon, auquel ils ajoutent du talc, du suif, du chlorure de calcium et de la glycérine ; ils prennent jusqu’à 200 grammes de talc par litre d’apprêt.
- La pièce passe sur le rouleau gravé en mille carreaux avec une légère pression et colle l’apprêt seulement à l’envers ; sécher au tambour, l’enduit en contact avec le métal.
- Les pièces séchées sont foulardées dans une dissolution d’acide sulfooléique, puis séchées une seconde fois sur les tambours et cylindrées.
- Toutes ces opérations se font d’une manière continue et en une seule fois.
- L apprêt garni s’emploie surtout pour les tissus blancs.
- En Angleterre et en Allemagne, on donne, au moyen de l’apprêt garni, à de très-mauvais tissus, une belle apparence en y incorporant, au moyen de l apprêt, une grande quantité de matières minérales, le tissu devient par cette tromperie tellement parfait qu’on ne distingue plus la chaîne et la trame et le pauvre diable, qui est souvent forcé d'ache-
- (1) Voir les quatre derniers numéros de 1878, ainsi que les n" 1 et 2, année courante,du Moniteur de la Teinture
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, page 266, année 1878.
- ter bon marché, ne reconnaît plus sa chemise, passée à l’état de canevas, après un premier blanchissage, il ferait tout aussi bien d’acheter pour 40 centimes, à la grande manufacture de Leipzig, un devant de chemise, un faux-col et des manchettes en papier et de se passer de chemise ou bien de se servir de la même marchandise anglaise ne coûtant pas plus cher et fabriquée avec du canevas garni d’apprêt, de manière à remplir les mailles des tissus.
- C’est avec les apprêts garnis que l’Allemagne et l’Angleterre imitent l’aspect et le toucher des toiles de lin, cet apprêt est quelquefois tellement bien fait que ce n’est qu’après le premier blanchissage que les amateurs du bon marché s’aperçoivent qu’ils sont volés.
- J’ai donné la composition des différents apprêts garnis pour blanc chiffon, madapolam (1) :
- Pour 60 portées, 12,14 et 16 fils ;
- Pour 70 portées et 68 portées ;
- Pour 73 portées et percales ;
- Pour 80 ou 90 portées (tissus fins).
- J’ai aussi donné les formules d’apprêt pour les croisés, peignés, damassés, brillantes, satins et apprêts foulard, ainsi que les divers traitements des pièces ; cela ne veut pas dire que le premier venu pourra réussir avec les procédés que j’ai indiqués, qui réclament beaucoup d’expérience et un outillage spécial, très-coûteux et bien choisi ; il est même quelquefois nécessaire de changer la manière d’opérer et les proportions, selon la qualité et l’état du tissu, selon la saison, l’état hygrométrique de l’air, le milieu dans lequel on opère et enfin, cela va sans dire, selon les exigences de la consommation.
- L’art d’apprêter est une des parties les plus difficiles et les plus compliquées du traitement des tissus de coton, déjà très-difficultueux dans toutes ses parties ; ce qui le prouve, c’est que Tarare et Saint-Quentin, ont eu longtemps le monopole des apprêts pour les mousselines, les jaconas, les organdis, la tartalane, l’apprêt linon et l’apprêt batiste, mais après bien des efforts et des sacrifices l’Alsace qui déjà, pour le blanc fleur simpley ne connaissait aucune rivale, est arrivée à faire aussi bien que les privilégiés du Midi de la France et les Anglais (2) qui obtiennent, au moyen du beatlet
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture, page 18, année courante
- (2) Voir l'extrait des rapports sur l’exposition de la So-n ciété industrielle de Mulhouse, par M. A. Rosensthiel dans le Moniteur de la Teinture, page 278 et suivantes, année 1877.
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- 30 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- leurs apprêts foulards et satins {satins and silk finisch in either twills or shirtings) (1), tellement perfectionnés qu’on dirait qu’ils sont arrivés à faire avec du coton des étoffes de soie, dont ils imitent à s’y tromperie brillant, l’éclat spécial, le toucher et même le craquement que produit la soie quand on la comprime dans la main.
- Parmi les apprêts intéressants que la province française annexée, a récemment importés d’Angleterre, il faut mentionner le drap coton dont la fabrication tend à remplacer celle de la moleskine imprimée ; cet apprêt donne au tissu de coton, fort épais, l’aspect, le toucher et la souplesse de la laine ; les Anglais, dans bien d’autres articles coton, imitent la laine, j’ai vu vendre des chemises, des bas, des caleçons et encore bien d’autres articles en coton pour de la laine.
- Apprêt des croisés, piqués, damassés et brillantés.
- ‘.{Méthode anglaise.)
- 30 litres eau.
- 2 kilog. fécule blanche.
- 2 litres glycérine.
- 1° Apprêter ;
- 2° Sécher;
- 3° Lustrer très-fort ;
- 4° Après le lustrage, foularder en eau de gomme en prenant pour : 30 litres eau
- 1/L litre eau de gomme, 1/2 kil. par litre.
- 5° Sécher immédiatement après le passage en eau de gomme sur rame tambour fortement chauffée, en mettant l’envers sur le tambour.
- Par le séchage n° h des croisés, piqués, damassés et brillantés, les tissus mouillés et déjà amidonnés, il y a évaporation d’eau et, par conséquent, gonflement du relief des côtes, qu’il est indispensable de maintenir en lignes parfaitement droites, la même cause gonfle et produit le relief des dessins brillantés et damassés et lui donne l’élégance et la beauté du relief qu’on ne peut pas aussi bien reproduire par un autre procédé.
- Dans une grande partie de leurs apprêts, les Anglais ont, depuis un peu de temps, remplacé les savons, le suif et autres graisses, par de la glycérine qu’ils ; prennent le plus souvent dans une proportion de 6 à 7 pour 100.
- (1) Voirie Moniteur de la Teinture, année 1879, page 18, et pour l’échantillon, année 1879, page 6.
- Apprêt des croisés, piqués, etc.
- Apprêt .B, 68 et 20 portées.
- (Voir formule, page 18).
- -C -C
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- *
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- P . .
- Apprêt Linon.
- (Voir formule, page 298, année 1878).
- (A suivre).
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l'auteur.
- PRATIQUES
- BLEUS NICHOLSON
- Nouvelles nuances
- De MM. Ruch et fils, à Paris.
- Les échantillons ci-dessous ont été teints avec la marque 3 B n° 66 pour le ton la plus foncé et avec la marque 6 B n° 129 pour le ton le plus clair.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- C
- Nous avons donné, page 18, numéro 2 du Moniteur de la Teinture, année 1878, le mode d’emploi des bleus Nicholson (alcalins) sur laine et sur coton.
- SUR LE VERT SOLIDE
- ET LE
- VERT MALACHITE
- Jusqu’à présent, on a transformé la diméthylani-line en vert méthyle en oxydant la diméthylani-line et en méthylant ensuite le violet obtenu par l’oxydation.
- Depuis longtemps déjà les fabricants de couleurs d’aniline désiraient établir le vert directement de la diméthylaniline sans passer par le violet et en se basant sur les travaux théoriques du professeur A. Bayer, Otto Fischer, de Munich et Oscar Doebner à Berlin, on a réussi à produire le vert directement de la diméthylaniline et cela même à un prix très-modéré.
- Ces verts directs se trouvent aujourd’hui dans le commerce sous la dénomination de vert solide et vert malachite et ils ont chimiquement, approximativement les mêmes qualités. Quant à la pureté de nuance et au pouvoir tinctorial ces verts se distinguent selon le procédé qu’on a employé pour la fabrication et selon les soins qu’on y a mis.
- Tous les verts directs se distinguent cependant facilement du vert méthyle en ce que la soie, la laine et le coton teints avec du vert direct peuvent être chauffés très-fortement sans que la couleur verte tourne en violet. Au contraire, lorsqu’on touche, avec un fer chauffé au-dessus de 120°, les étoffes teintes avec du vert méthyle, on voit la couleur verte se changer en violet.
- Le travail théorique de M. Otto Fischer, de Munich, cité plus haut, a été publié dans les comptes rendus de la Société berlinoise de chimie en date du 11 août 1877.
- Fischer y décrit une nouvelle base qu’il obtient par la réaction de la diméthylaniline, du chlorure de zinc et de l’essence d’amandes amères; il dit en outre que par l’oxydation des sels de cette base il se crée des couleurs d’un beau bleu-verdâtre.
- La mise en pratique de cette invention très-intéressante a été retardée assez longtemps par suite du prix trop élevé de l’essence d’amandes amères.
- Depuis, nous avons réussi à fabriquer ce dernier produit tellement bon marché et le rendement en substance colorante s’est augmenté de telle façon
- que le prix de notre vert solide peut concourir facilement avec celui du vert malachite. De plus, comme la réaction de la formation de la substance colorante s’opère sans aucun obstacle, notre ver solide est mieux et plus complètement soluble à l’eau que le vert malachite et, en outre, surpasse ce dernier par le brillant et la pureté de la nuance
- Comme on sait, le vert malachite a tout d’abord été fabriqué par la Société berlinoise pour la fabrication de couleurs d’aniline.
- ; Son procédé de fabrication se base sur le travail théorique d’Oscar Doebner qui a paru à Berlin en date du 27 mai 1878 et par lequel Doebner prouve que le vert peut être obtenu par la réaction de la diméthylaniline, de chlorure de zinc et du trichlo-rure de benzyle.
- Avant la publication du travail de Doebner, la Société berlinoise pour la fabrication de couleurs d’aniline qui s’était entendue avec ce dernier, obtenait pour l’Allemagne un brevet d’invention à la date du 29 mars 1878, qu’elle s’est fait confirmer depuis aussi en France et en Angleterre, revendiquant la production du vert malachite par l’action de la diméthylaniline sur le trichlorure de benzyle, en présence du chlorure de zinc.
- En dehors du procédé indiqué plus haut d’arriver au vert direct en employant l’essence d’amandes amères, il y a encore d’autres méthodes pour obtenir des verts directs.
- En outre, on peut obtenir un vert très-joli et bon marché par l’oxydation du produit de la réaction de la diméthylaniline, du chlorure de zinc et du di-chlorure de benzyle.
- De ce qui précède, il est clairement prouvé qu’il existe diverses méthodes de fabrication pour établir le vert direct et que notre vert solide ne touche en aucun point au domaine du brevet concernant le vert malachite.
- Il faut donc que la Société berlinoise pour la fabrication de couleurs d’aniline pour faire honneur à la stricte vérité rétablisse avec plus de précision l’avertissement publié par ses agents, MM. J. Ruch et fils, à Paris, dans le n° 2 du Moniteur de la Teinture du 20 décembre 1878.
- Le brevet de cette Société ne revendique aucunement la substance colorante, le vert, mais seulement le procédé de fabrication du vert malachite par la réaction de la diméthylaniline, du chlorure de zinc et du trichlorure de benzyle.
- Tout autre procédé pour établir le même vert ou d’autres verts chimiquement analogues est par-
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- G?
- CQ
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- faitement admis; ainsi tous ceux qui emploient les verts ont par conséquent le droit d’acheter notre vert solide sans avoir rien à craindre de la Société berlinoise pour la fabrication de couleurs d’aniline au sujet du brevet en question.
- Bâle, janvier 1879.
- Bindschedler et Busch.
- BLANCHIMENT DES SOIES (1).
- Brevet Lecouteux et Charles Girard.
- Les inventeurs ont recours à un mélange d’eau oxygénée (exempte de fer) et d’ammoniaque faible, seule ou en présence d’un sel de cette base, tel que le perchlorate, l'oxalate ou le formiate d’ammoniaque. Ils emploient, par exemple, pour 1 kilogramme de soie de Tussah :
- Eau oxygénée à 1/8 de volume d’oxygène 50 lit. Ammoniaque ordinaire.... de quoi rendre le bain alcalin.
- On laisse la fibre en contact avec le liquide durant 24 heures à froid, puis on chauffe à 50° et on maintient à cette température pendant 12 heures.
- Ce temps écoulé, on renouvelle le bain, s’il y a lieu, en opérant comme la première fois.
- La soie rincée et passée sur un savon à une chaleur moyenne puis rincée à nouveau, est prête à recevoir la teinture.
- Ce procédé s’applique indifféremment aux soies de toutes sortes, trames, organsines, ovales, etc., quelle qu’en soit la provenance.
- Les soies jaunes ou celles de couleur foncée sale se blanchissent beaucoup plus facilement et plus vite que le Tussah. On les soumet à l’action du mélange décolorant pendant 12 heures à froid et 12 heures à chaud, sans dépasser la température de 60°, puis on rince à grande eau. Au sortir de l’opération, elles sont encore très-jaunes, mais abandonnent complètement cette nuance par un simple passage au savon bouillant, et peuvent être teintes en un beau blanc.
- Cette méthode a l’avantage sur l’ancienne de conserver à la soie une plus grande solidité, car la perte qu’elle occasionne est sensiblement moindre. Elle conduit, en outre, à un résultat des plus remar-
- (1) Extrait de l’ouvrage de M. Jules Persoz sur le conditionnement des soies. — Voir l’article Bibliographie, page 34 de ce mémo numéro.
- quables, en ce qu’elle permet l’emploi des soies marinées, concurremment avec celles qui ne le sont pas ; le marinage disparaissant en partie en même temps que la couleur. Pour détruire le marinage des soies de belle qualité, on les laisse immergées, pendant 12 heures à froid et 12 heures à 60° environ, dans un bain faible d’eau oxygénée ammoniacale. Il ne reste plus qu’à rincer, à passer sur savon bouillant et à rincer une dernière fois.
- Suivant les auteurs on arrive aux mêmes effets i décomposant directement, par un courant d’acide carbonique, un bain de bioxyde de baryum contenant une petite quantité de bichromate d’ammoniaque.
- Enfin, dans la réaction précédente, on peut remplacer l’ammoniaque ordinaire par certaines ammoniaques composées.
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius Moyret.
- (Suite.)
- Du pied de fer ancien.
- Je donne à titre historique le pied de fer ancien, tel qu’il se faisait au temps de Macquer, et même au commencement de ce siècle, avant les progrès de la chimie moderne. Avant d’aborder la partie technique, disons que le pied était contenu dans des caisses longues, en cuivre épais, ayant la forme de barques, et montées sur des foyers, de manière à pouvoir être chauffées à feu nu, l’emploi de la vapeur étant alors inconnu. Le pied était, on l’a vu, suivi dans le sens de la longueur de barres de bois, maintenues horizontales par des supports, et dites vergues, destinées à faire subir une aération aux soies sortant en pied, après égouttage sur des grilles. En même temps, une rigole contenue entre les pieds des vergues recevait l’excès de liquide qui s’écoulait des soies pendant cet aérage, pour le conduire dans un récipient, d’où on le remontait de temps en temps dans la barque en cuivre. Voilà pour la partie mécanique. Quant à la composition de ce bain, rien d’aussi complexe, et Macquer lui-même avoue que les trois quarts des ingrédients constituants peuvent être supprimés sans inconvénients-, je cite d’ailleurs Macquer à titre de curiosité.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Co G.
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- Art de la teinture, par Macquer, (1763, page 172).
- « En général, toute teinture noire est composée, » pour le fond, des ingrédients avec lesquels on » fait l’encre à écrire; c’est toujours du fer dis-» soutpar les acides, et précipité par des matières » astringentes végétales.
- » Les diverses manufactures ont différentes mé-» thodes de faire le noir ; mais elles reviennent » toutes à peu près au même pour le fond.
- » Nous allons donner ici, pour faire cette cou-» leur, un procédé qui est en usage dans plusieurs » bons ateliers, et qui nous a bien réussi, quoiqu’il » paraisse qu’il entre dans la recette beaucoup » d’ingrédients superflus.
- » Il faut prendre vingt pintes de fort vinaigre, le » mettre dans un baquet et y faire infuser à froid » une livre de noix de galle noire, pilée et passée » au tamis, avec cinq livres de limaille de fer bien » propre et qui ne soit point rouillée. Pendant que » cette infusion se fait, on nettoie la chaudière où » l’on veut poser le pied pour noir, et l’on pile les » drogues suivantes, savoir :
- » 8 livres de noix de galle noire ;
- » 8 » de cumin;
- 4 » de sumac -,
- » 12 » d’écorce de grenades, encore em-» ployée de nos jours dans le Midi par quelques pe-» tits teinturiers;
- » 4 livres de coloquinte ;
- » 3 » d’agaric;
- » 2 » de coques du Levant ;
- » 10 » de nerprun, ou de petits pruneaux » noirs;
- » 6 litres de graine de psillium ou de graine » de lin.
- » On se sert, pour faire bouillir toutes ces » drogues, d’une chaudière, qui tient la moitié de » celle où l’on veut faire le pied de noir et on l’em-» plit d’eau ; on y jette ensuite vingt livres de bois » de campêche haché, qu’on a soin de mettre dans » un sac de toile, afin de pouvoir le retirer com-» modément, si on n’aime mieux le retirer avec un » cassin percé ou autrement, parce qu’il faut le » faire bouillir une seconde fois ' avec les autres » drogues.
- » Quand le bois d’Inde a bouilli environ pen-» dant une heure, on l’ôte et on le conserve pro-» prement; pour lors, on jette dans la décoction » du bois d’Inde toutes les drogues ci-dessus men-
- » tionnées, et on les y fait bouillir l’espace d’une » bonne heure, ayant l’attention de rabaisser de » temps en temps le bouillon avec de l’eau froide, » lorsque le bain menace de s’enfuir.
- » Quand cette opération est finie, on coule le » bain dans une barque au travers d’un tamis ou » d’une toile, pour qu’il ne passe point de gros » marc, et on le laisse reposer; il faut avoir soin » de conserver le marc de toutes ces drogues pour » le faire bouillir une seconde fois.
- » On met alors dans la chaudière destinée au » pied de noir, le vinaigre chargé de sa noix de » galle et de sa limaille de fer, et on y verse le » bain où ont bouilli toutes les drogues dont nous » venons de parler ; ensuite on met dessous un peu » de feu, et on y jette aussitôt les ingrédients sui-» vants :
- » 20 livres de gomme arabique pilée et écrasée ;
- » 3 » de réalgar ;
- » 1 b de sel ammoniac;
- » 1 » de sel gemme ; » 1 » de cristal minéral ; » 1 » d’arsenic blanc pilé ; » 1 » de sublimé corrosif ;
- » 20 » de couperose verte ;
- > 2 » d’écume de sucre candi;
- » 10 » de cassonade;
- » à » de litharge d’or ou d’argent pilée ;
- » 5 » d’antimoine pilé ;
- » 2 » de plumbago, ou plomb de mer pilé;
- » 2 » d’orpiment pilé.
- » Il faut que toutes les drogues pilées soient » passées au tamis ; au lieu de gomme arabique, » on peut employer de la gomme de pays, qu’on » fait fondre de la manière suivante (suit une des-» cription pour faire fondre la gomme dans la » décoction de bois d’Inde, que nous croyons inu-» tile de citer.)
- » Lorsque les ingrédients dont nous venons de » parler sont dans le pied de noir, il faut avoir soin » de donner une chaleur suffisante pour faire fon-» dre la gomme arabique, supposé qu’on l’ait em-» ployée, et les sels; mais il ne faut jamais laisser » bouillir ce bain. Quand le bain est suffisamment » chaud, on ôte le feu et on saupoudre de la li-» maille bien propre, en quantité suffisante pour » recouvrir le bain.
- » Le lendemain, on remet le feu sous la chau-» dière où l’on a fait bouillir les drogues, et l’on y » refait bouillir le bois d’Inde dont on s’est déjà » servi ; on le retire ensuite et l’on met dans cette
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- » seconde décoction les drogues ci-après, savoir : » 2 litres de noix de galle noire pilée ;
- » 4 » de sumac;
- » li » de cumin ;
- » 5 » de nerprun ;
- » 6 » d’écorce de grenades pilée ;
- » I » de coloquinte pilée ;
- » 2 » d’agaric pilé ;
- » 2 » de coques du Levant pilées ;
- » 5 » de psillium ou de graines de lin.
- » On fait bouillir toutes ces drogues ; on passe » le bain, on le verse dans le pied de noir, comme » il a été dit ei-dessus, et l’on garde le marc. On » met un peu de feu sous la chaudière comme pour » la première fois, et l’on y met aussitôt les dro-» gués suivantes, savoir :
- » 8 onces de litharge d’or ou d’argent pilée ; » 8 » d’antimoine pilé ; » 8 » de plomb de mer aussi pilé ; » 8 » d’arsenic blanc pilé ;
- > 8 » de cristal minéral ; » 8 » de sel gemme ; » 8 » de fénu grec ; » 8 » de sublimé corrosif ;
- » 6 livres de couperose ;
- » 20 » de gomme arabique ou de pays.
- » Quand le bain est devenu suffisamment chaud, » on retire le feu, on saupoudre le bain comme les » premières fois, avec de la limaille, et on le laisse » reposer deux ou trois jours.
- » Au bout de ce temps, on pile deux livres de » vert de gris qu’on délaye avec six pintes de » vinaigre dans un pot de terre, et on y ajoute en-» viron une once de crème de tartre ; on fait bouil-» lir le tout pendant une bonne heure, ayant » attention de rabattre le bouillon avec du vinaigre » froid, lorsqu’il veut s’enfuir, et l’on garde cette » préparation pour la mettre dans le noir lorqu’on » veut teindre. »
- Nous voici arrivé au terme de cette longue citation du pied de noir, tel qu’il se faisait dans le siècle dernier, et si nous l’avons donnée, ce n’est pas à titre de pure curiosité, mais pour montrer à quels écarts peut se livrer l’empirisme, lorsque la théorie ne vient pas à son aide. En résumé, le pied des anciens, comme celui que nous verrons dans le paragraphe suivant, avait pour but de donner avec facilité du fer à la soie engallée, à l’aide de l’acétate ferreux qu’il contenait. Chercher à établir une théorie rationnelle de toutes ces drogues mélangées est impossible, aussi nous y renonçons. Pour termi
- ner ce qui a rapport au pied dont nous avons vu l’emploi précédemment, disons que les soies sortant du pied étaient rincées dans un très-petit volume d’eau, ce que l’on appelait lisbroder ou disbroder, et l’eau du lavage, assez concentrée pour servir de pied dans quelques cas spéciaux, prenait le nom de lisbrodure ou disbrodure ; ce nom est encore resté dans la pratique et s’applique toutes les fois que l’on rince dans un petit volume d’eau pour garder la première eau de lavage.
- A suivre.
- —....-i=e=la— -...
- BIBLIOGRAPHIE
- ESSAI
- Sur [le conditionnement, le titrage et le décreusage de la Soie SUIVI DE L’EXAMEN DES AUTRES TEXTILES (Laine, coton, lin, etc.)
- Ouvrage comprenant les caractères et le dosage des principales fibres, et accompagné de tables pour la conversion des titres
- Par Jules Persoz
- Directeur de la condition des soies et des laines de Paris (1)
- Cet ouvrage, tout à fait nouveau et qui n’a pas d’analogue, a été écrit en toute connaissance de cause par le fils de celui qui fonda à Paris, en 1853, l’établissement connu sous le nom de Condition des soies. En écrivant ce volume, dit M. Jules Persoz, nous n’avons pas l’intention de reprendre aucun des travaux considérables qui ont été édités sur la soie, mais d’examiner certaines questions spéciales qui, à notre connaissance, n’ont pas encore été traitées avec tous les développements qu’elles comportent. Il y avait là une lacune que nous avons essayé de combler. Bien que notre étude s’applique particulièrement au conditionnement, au titrage et au décreusage de la soie, il nous a semblé indispenable de la faire précéder d’un aperçu sommaire sur l’origine et la culture du
- (1) Un vol. in-88 de 504 pages, avec une planche hors texte et 57 figures dans le texte. Prix : 15 fr. — Librairie Georges Masson, libraire-éditeur, boulevard Saint-Germain, au coin de la rue de l’Eperon, ou à l’Of/ice du Moniteur de la Teinture qui l’envoie franco par poste, contre un mandat-poste de fr. 16 à l’ordre de P. BLONDEAU,
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- bombyx mori, et de parler avec quelques détails des propriétés physiques et chimiques de la matière soyeuse. Enfin, nous avons jugé utile d’entrer dans des considérations générales sur le conditionnement et le titrage des autres textiles, et d’indiquer des méthodes propres à caractériser ou à doser les fibres les plus communément en usage.
- L’ouvrage de M. Persoz est divisé en huit chapitres où l’on traite successivement, après le premier chapitre consacré à V aperçu historique, à l'histoire naturelle et aux renseignements techniques sur tout ce qui concerne les vers à soie et leur élevage, — des propriétés physiques et chi-miques de la soie; — du conditionnement ou des meilleurs procédés pour reconnaître l’état hygrométrique de la soie en dehors de la quantité d’eau qu’elle contient normalement; — du titrage ou de la détermination sur une certaine masse du fil de soie à essayer, du rapport du poids à la longueur; — du décreusage ou de la préparation de la soie pour la teinture; enfin, du conditionnement et titrage de diverses fibres et des caractères des principaux textiles.
- Le chapitre VI, consacré au décreusage, à la décoloration et au blanchiment des soies, décrit les diverses méthodes industrielles appliquées en France et à l’étranger pour la pratique de ces opérations. Une addition à ce chapitre indique le nou-veau'procédé breveté de MM. Lebouteux et Girard pour le blanchiment des soies que nous avons reproduit dans le corps du journal.
- Le chapitre VII, spécial au conditionnement et titrage de la laine et des autres diverses fibres laine et soie, coton, lin, chanvre, jute, décrit les instruments servant à établir le numéro de la laine, — donne une méthode permettant d’établir la composition d’un tissu sans faire de pesées ; le dosage des impuretés contenues dans la laine, — et termine par le conditionnement du coton, lin, etc.
- Le chapitre VIII, qui finit l’ouvrage, énumère les caractères physiques des principaux textiles, décrit les caractères chimiques qui permettent de les distinguer entre eux, indique la méthode générale d’analyse qualitative de quelques mélanges de textiles, — l’analyse quantitative, — décrit d’autres méthodes,—l’application du microscope à l’analyse quantitative d’un fil ou d’un tissu mixte, — les propriétés des soies teintes en noir chargé, — le dosage de la charge, par méthodes expérimentales et méthode scientifique.
- En résumé, l’ouvrage offre un grand intérêt;
- malgré son aridité apparente, les détails techniques qu’il renferme seront lus très-utilement par les nombreux membres des industries tinctoriales et textiles.
- ECHELLE DES COULEURS de Radde.
- Cette publication, faite par la Société sténochro-mique, a figuré à l’Exposition universelle de 1878 ; elle ne contient pas de texte, mais elle se compose de 42 gammes de couleurs avec environ 900 tons. Chaque gamme comprend 21 tons, imprimés en chromolithographie sur une largeur de 6 centimètres et une hauteur de 4 centimètres avec un fond de hachures qui simulent le tissu ; chaque gamme est collée sur*une carte mobile, qui porte le nom caractéristique de la gamme et chaque ton est lui-même désigné par une lettre de l’alphabet : a indique le plus foncé et b le plus clair.
- Il y a 14 cartons précédés d’une table qui montre les couleurs types au nombre de 42. Chaque carton porte 3 cartes mobiles.
- Pour voir quelle est la couleur de l’échelle correspondante avec la nuance à échantillonner, on enlève celle des cartes mobiles qui contient la nuance semblable et pour bien juger de l’identité des deux tons, on passe la carte mobile dans un étui de carton percé seulement de trois ouvertures, séparées par deux bandes pleines, ce qui ne laisse voir à la fois que trois tons de la gamme; en mettant l’échantillon à côté de ces ouvertures et en faisant glisser la carte mobile on arrive assez rapidement à trouver le ton qui correspond à celui de l’échantillon. Ce ton trouvé, on se reporte à la table des couleurs types et on voit de suite de quels éléments il se compose.
- Toutes les gammes des couleurs types sont représentées par 10 cartons, contenant chacun trois gammes. Ce sont successivement : n° 1, vermillon; le» passage, vert orange; 2° passage, vert orange. — N° 2, orange; 1er passage, vert jaune de chrême ; 2e passage, vert jaune de chrême. — No.3, jaune de chrome; 1er passage, vert olive; 2’passage, vert olive.—N° 4, olive; 1er passage, vert pré; 2e passage, vert pré. — N° 5, vert pré; 1er passage, vert bleuté; 2e passage, vert bleuté. — N° 6, vert bleuté; Ie' passage, au bleu ; 2e passage, au bleu. — No 7, bleu; 1” passage, vers violet; 2e pas-
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- CD.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sage, vers violet. — No 8, violet; 1er passage, vers pourpre; 2e passage, vers pourpre. — N° 9, pour pre; 1er passage, vers carmin; 28 passage, vers carmin. — No 10, carmin; 1er passage, vers cinabre; 2e passage, vers cinabre. Ces types superposés à la table complètent bien les couleurs fondamentales du spectre.
- Les autres tableaux donnent des gammes couleurs composées suivantes : n° 11, teinte neutre grise cinabre gris; brun. — N° 12, orange gris; jaune gris; jaune vert gris. — N° 13, vert gris; bleu vert gris ; bleu gris.— N° 14, violet gris; pourpre gris ; carmin gris.
- Les cartons portant les cartes mobiles et l’étui à coulisse sont renfermés dans une élégante boîte ayant la forme d’un livre relié format grand in-4o. Le prix (bien réduit depuis la faillite de la Société sténochromique) est de 30 fr.
- Il existe un plus petit format, dit de poche, dans un étui, dont le prix est de 10 fr. (1).
- Outre les services que peut rendre l’échelle de couleurs Rabbe pour la composition des. couleurs rabattues, rompues, grises ou ternes, comme elle contient pour ainsi dire tous les tons possibles, le teinturier-dégraisseur peut l’utiliser également pour faire désigner par ses clients la teinte de leur choix, c’est-à-dire s’en servir comme d’un album d’échantillons. C’est, en effet, l’album le plus complet, puisqu’il contient environ 900 tons différents.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCENANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1877
- 121,389. 6 décembre. — Bolette. — Système de machine à sécher les matières filamenteuses.
- 121,404. 23 novembre. — Pellet et Ce. — Reproduction directe des dessins, dentelles, etc., sur papier, bois, porcelaine, tissus, métaux, etc.
- 121,420. 1er décembre. — Dupée. — Perfectionnement dans l’impression des tissus.
- 121,422. 7 décembre. — MOLIN. — Foulards soie et coton, [sans envers, à deux faces, dissimulant la présence sur les deux faces.
- (1) S’adresser à Y Office du Moniteur de la Teinture.
- 121,424. — 8 décembre. — Fayard et Voland. — Application des marques de fabrique sur les lisières de tous tissus, par le moyen du frappage ou du gaufrage.
- 121,482. — 5 décembre. — Bateman. —Perfectionnement dans les méthodes et les appareils de fabrication des cardes en fil d’acier.
- 121,493. — 15 décembre. — Binet (père). — Procédé de séchage des matières textiles.
- 121,502. — 6 décembre. — Hitchen. — Perfectionnements dans la fabrication de l'étoffe, dite : serge de verries.
- 121,505. — 6 décembre. — Rochette. — Perfectionnements dans le lavage des tissus de laine et de coton.
- 121,529. — 13 décembre. — Meunier et Trency. — Presse hydraulique à deux pressions directes.
- 121,547. — 10 décembre. — Boëns. — Composition propre à l'encollage des fils de chaîne.
- 121,560. — 11 décembre. — Balin. — Nouveau produit industriel dits : poils décolorés.
- 121,564. — 11 décembre. — SALMON aîné.— Perfectionnements dans l’apprêtage des tissus.
- 121,580. — 20 décembre. — Pillot. —Coloris de diverses nuances sur feuilles métalliques, appliqué à la fleur artificielle.
- 121,584. — 13 décembre. — Buxtorf. — Bobi-noir à renvidage bi-conique perfectionné.
- 121,590. — 13 décembre. — Cowburn. — Perfectionnements dans la construction des métiers à tisser.
- 121,596. — 18 décembre. — Zierer. —Machine chargeant mécaniquement les matières textiles dans les machines de filature.
- 121,604. — 13 décembre. — Péchinot et LENO-ble (Société). — Métallisation de la soie et de toutes matières textiles, à l’aide des bronzes en poudre et des feuilles d’or, argent, platine, aluminium.
- 121,608. 14 décembre. — Garnett. — Perfectionnements dans l'huilag de la laine ou autres fibres pendant la préparation ou le car-dage. x
- 121,620. — 24 décembre. — Taylor Burrows. — Guide-frein pour mèches de filature.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenue:)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23- Année, No z. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Février 1879.
- SOMMAIRE
- Revue de l’Exposition (suite). — La teinture et l’impression à l’Exposition universelle (suite). — Emploi des sulfures métalliques comme mordants sur coton des couleurs d’aniline. — Les apprêts des tissus de coton par M. Alex. Schultz (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleu de Roi : Impression sur coton (1 échantillon). — Rouge solide (2 échantillons).— Chiffonnage : Teinture en noir bon teint par l’extrait de châtaignier, préparé.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Observations sur les bleus d’anthracène et leur résistance comparative à la lumière, par M. G. Witz. — Des noirs sur soie, par M. Marius MOYRET (suite).
- Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877). — Annonces.
- REVUE DE L’EXPOSITION
- GROUPE V
- France. — Classe 48.
- La teinture dite en chiffon n’était représentée que par quatre exposants, dont trois pour Paris et un pour la province. C’était bien peu pour une industrie qui compte en France plus de six mille établissements. Il est vrai que parmi les maisons qui ont exposé à Paris, il en est des plus importantes et à la tête du progrès -, nous avons nommé MM. Petitdidier et Laimé ; M. Magnier (teinturerie du chapeau rouge) ne figure pas au catalogue-, la maison Vve Thuillier et Bonnefond, de Dar-netal,est bien connue pour sa réclame.Nous rendrons compte de ces expositions dans le prochain numéro. Disons toutefois que MM. Petitdidier et Lainé ont obtenu chacun un rappel de médaille d’argent et Mme veuve Thuillier une médaille de bronze. M. Magnier aura probablement été oublié dans la liste des récompenses, comme il l’a été dans le catalogue.
- Les industries du blanchiment, de la teinture et des apprêts sont représentées par un assez grand nombre d’exposants. On en voit figurer, une seconde fois, la plupart à la classe 30, fils et tissus de coton. Dans la classe 48, le jury a examiné le procédé chimique et dans la classe 30, la meilleure fabrication au point de vue du vêtement. Citons les expositions suivantes :
- Blanchisserie et teinturerie de Thaon (Vosges). — Médaille d’or. — Cette belle exposition nous montre comme échantillons de son blanchiment, de ses impressions, de ses teintures et de ses apprêts une grande quantité de tissus tels que : satinettes unies et brochées, teintes, imprimées, à double face ; mignonnettes glacées, imprimées; croisés, percalines piqués, reps en toutes nuances, rouges unis et brochés grand teint. Les blancs et les apprêts sont faits d’après le procédé de Wesserling (Gros, Roman, Mazoreau et C®.
- Parmi les blancs on voit : madapolam, moiré, simple, double, blanc-fleur, mouchoirs, pekin.
- En impressions : satinettes, mignonettes, peki-nades, pekin rouge rentré en vert et chamois, etc.»
- En teinture, dans toutes les nuances, reps, piqués croisés, glacés, mignonettes glacées, satinettes grandes laizes et étroites, des teintures pour parapluies, etc;
- Exposition collective de la Société industrielle de Rouen. (Diplôme). — Au lieu d’examiner les expositions particulières des seize exposants collectifs dont nous avons donné la liste au catalogue, nous reproduisons les lignes suivantes extraites du compte-rendu de MM. Edouard et Adolphe Kopp.
- La fabrication rouennaise.
- La place de Rouen fabriquait généralement des genres garancine bon marché, et il y a certains articles que Mulhouse n’a pu dépasser. Aujourd’hui, sur une production de 600,000 pièces, il ne se fait plus que 50,000 pièces de garancine. Les articles violet alizarine se font très-bien, ainsi que l’article garancine chromé, qui a été travaillé spécialement dans la maison Cordier.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Pour ce qui concerne les fonds blancs, cretonnes, toiles renforcées, percales, les maisons qui réussissent le mieux cet article sont les maisons Rondeaux, Girard, Kettinger, Hazard et Besselièvre, Cordier, Lemaître, Lavotte.
- Tous les articles avec noir d’aniline sont faits sur la place de Rouen, soit avec des couleurs garan-cine, soit avec couleurs vapeur, orange de chrôme, gris divers, etc., ainsi que les couleurs naphtyla-mine. Les articles deuil sont largement et supérieurement produits par les maisons Kettingen, Girard, Duliphar, Cordier, etc. Cet article se fait soit par teinture avec enlevages ou rongeants et réserves ou bien réserves par gravure; on est aussi arrivé à faire par application.
- On fait également les meubles, types de Rouen, et les meubles riches, au rouleau, solides ou vapeur. Les moleskines sont aussi fabriquées en Normandie et supérieurement, on en fait plus de 80,000 pièces. Rouen n’est jamais restée en arrière relativement aux découvertes de la chimie. Les dérivés de l'anthracène ont en peu de temps supprimé la garance et la garancine.
- Les articles teinture rouge, violet et puce, ont été remplacés en grande partie par des couleurs d’application faites au moyen des extraits de garance de Meissonnier et Pernod.
- Les extraits de garance ont été remplacés ensuite par les alizarines, et les maisons qui employaient dans le temps 250 à 300 barriques de produits de la garance, se sont totalement affranchies de cette racine, de sorte qu’en ce moment la garancine ne se trouve plus que chez quelques teinturiers qui ne teignent que des rouges en écheveaux. La suppression des dérivés de la garance est un des plus grands progrès faits en Normandie depuis 1867; à cette époque l’article garancine était l’apanage exclusif de la place de Rouen, en ce moment il n’est plus qu’entre les mains de trois ou quatre fabricants, Besselièvre, Cordier, Lemaitre, Lavotte.
- Le noir d’aniline est aussi une couleur qui a pris, depuis 1867, beaucoup d’importance.
- Depuis cinq à six ans l’article albumine s’est généralisé à Rouen et a pris une extension énorme relativement à ce qui a été fait antérieurement.
- Pour les articles indigo, nous avons la teinture en bleu indigo foncé, à reflet métallique, faite sur filés à Condé-sur-Noireau vers 1873-7 4 ; à la même époque on devait en faire dans le département du Nord. A Rouen, deux teinturiers réussissent bien cet article en écheveaux. En impression, on a uti
- lisé le bleu indigo à l’hydrosulfite, ainsi que le bleu indigo vapeur de MM. Courtois et C% à Mulhouse.
- La nitroalizarine a été employée dans les articles meubles. Pour les rouges d’Andrinople, en 1867, M. Cordier était le seul qui fût arrivé à fabriquer un rouge dans l’espace de trois ou quatre jours. Aujourd’hui, depuis l’apparition de l'alizarine et des mordants gras à l’acide sulfo-oléique, d’autres maisons ont commencé à faire des rouges unis.
- La fabrication rouennaise fait aujourd’hui tous les genres qui puissent se faire au rouleau, mais elle se distingue surtout par le bon marché.
- (JL suivre).
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- LA TEINTURE ET L’IMPRESSION
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- {Extrait du Mémoire de MM. Edouard et Adolphe Kopp, publié par le Moniteur scientifique).
- — Suite. —
- Plus tard, MM. Baeyer et Emmerling parvinrent à transformer l’isatine en indigotine. L’isatine est chauffée à 80 degrés avec cinq fois son poids d’un mélange de parties égales de trichlorure de phosphore et de chlorure d’acétyle contenant du phosphore en solution. Ce dernier enlève de l’oxygène à l’isatine. Le liquide vert, exposé à l’air, laisse précipiter une substance bleue, qui consiste en un mélange de deux corps : l’un, rouge et soluble dans l’alcool, est l'indigopurpurine; l’autre, bleuet soluble, est l’indigotine.
- M. W. Suida est parvenu à réduire l’acide isatique en dioxindoL et en oxindol.
- L’isatine fut traitée par de l’acide acétique anhydre; elle se transforme en acétylisatine, qui, dissous dans de la potasse, donne de l’acétylisatate de potasse par décomposition avec un acide, on obtient l’acide acétylisatique. Ce corps, chauffé avec l’acide iodhydrique, donne de l’oxindol.
- L’oxindol se laisse également préparer très-facilement au moyen de l’acide phénylacétique. Cet acide est d’abord nitré avec de l’acide azotique fumant; le produit est réduit avec de l’étain et de l’acide chlorhydrique; l’étain précipité avec de l’hydrogène sulfuré; le liquide acide neutralisé par du carbonate de calcium est fait bouillir avec du car-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- bonate de baryte. Les sels amidés forment des sels de baryte, tandis que l’acide orthoamidoacétique se dissout dans l’éther à l’état d’anhydride sans former de sels. C’est l’oxindol qui fond à 120 degrés; réduit avec la poussière du zinc, il donne l’indol.
- Comme nous l’avons vu, on est parvenu à passer de l’isatine à l’indol; pour opérer la synthèse du premier de ces corps, il n’y a donc plus qu’à faire l’opération inverse. Or, MM. Baeyer et Knosp ont préparé le nitrosoindol ; en oxydant l’amidooxindol, qu’on en retire, au moyen du chlorure de fer ou de l’acide azoteux, on arrive à l’isatine.
- MM. Baeyer et Emmerling ont transformé l'isa-tine en bleu d’indigo à l’aide du trichlorure de phosphore, du chlorure d’acétyle et du phosphore. Mais cette réaction est loin d’être simple ; il se forme toujours en même temps avec le bleu un corps rouge.
- Le pentachiorure de phosphore P Cl5 est beaucoup mieux approprié ; en effet, lorsqu’on chauffe doucement l’isatine avec ce corps, il se dégage de l’acide chlorhydrique, et la masse devient d’un rouge brun. L’eau précipite un corps brun jaunâtre difficile à purifier, le chlorure d’isatine qui, par réduction au moyen du sulfhydrate d’ammoniaque, donne l’indigo, accompagné d’assez peu d'indigopurpurine.
- Couleurs végétales.
- Les matières colorantes végétales sont trop connues pour en parler longuement. Le campêche nous arrive dans le commerce sous forme de bûches, d’extraits secs ou d’extraits liquides. Avant la découverte du noir d’aniline et les noirs produits avec les noix de galle, le campêche était le seul produit donnant un noir un peu fixe.
- L’hématoxyline, soumis à l’action de corps oxydants. prend une teinte violette ; il se forme de Vhématéine qui agit dans la teinture. Avant de préparer les extraits avec le bois effilé, on l'humecte et on le soumet à une fermentation longue.
- Le campêche sert à obtenir sur coton des bleus de teinture imitant les bleus cuvés. On teint dans un bain préparé avec une dissolution d’extrait et additionné d’acétate de cuivre.
- Pour le noir, on mordance le tissu en pyrolignite de fer, on oxyde; enfin, on bouse et l’on teint en décoction de campêche.
- Pour obtenir le noir par impression, au lieu de plaquer en mordant ferro-aluminique, on imprime ce dernier avec la décoction de campêche, et on passe ensuite en bichromate de potasse.
- Les gris au campêche s’obtiennent par impression, en imprimant une solution faible de campêche, et ensuite on passe dans un bain contenant du bichromate de potasse et du sel de soude.
- Les bois de Brésil, de Sainte-Marthe, de Sapan et de Lima proviennent du genre cæsalpina; leur principe colorant est la brésiline.
- Les dérivés des bois rouges ne servent guère dans la teinture du calicot ; les extraits sont employés principalement pour obtenir des roses et rouges.
- La brésiline donne, avec les mordants de fer et d’alumine, des couleurs analogues à celles qu’on obtient avec la garance.
- Des violets avec les sels de fer, des rouges avec les sels d’alumine, et des puces avec les mélanges des deux.
- Pour imprimer les extraits, on leur ajoute de l'acétate d’alumine, du chlorure d’étain, de l’acide oxalique ou de l’acétate de cuivre, et on vaporise.
- Les bois de santal et de barwood du genre Pte-rocarpus, contiennent du santal et de la santaline; le bois de santal sert à donner un fond aux tissus de laine qu’on veut ensuite teindre en indigo.
- Le bois de barwood sert à produire sur l’écheveau de coton un rouge orangé devant imiter le rouge turc.
- La noix de galle avec l’alumine, et le sumac avec le sel d’étain, servent comme mordants de différentes matières colorantes et pour produire des noirs. Le sumac sans mordant sert à teindre la laine et la soie en jaune, et à fabriquer des indiennes genre garancine.
- La cochenille a gardé un usage assez étendu pour teindre la laine et la soie ; on lui associe de la crème de tartre, de l’alun ou un sel d’étain. On l’emploie encore dans l’impression du calicot pour produire des rouges et des roses, genre vapeur.
- Le quercitron et la flavine, préparation provenant d’un traitement du quercitron à l’acide sulfurique, servent à teindre la laine et les tissus laine et coton; comme mordant on emploie la crème de tartre et l’alun.
- Le bois jaune du morus tinctorum, le fustet du rhus cotinus et la gaude, réséda luteola, servent à teindre la laine en jaune ou en olive; on se sert d’alumine comme mordant.
- Les graines de Perse sont employées pour produire en genre vapeur» des jaunes et des verts ; pour les jaunes on mélange la décoction fraîche avec du chlorure d’étain ou du sulfate d’alumine, pour les verts avec du ferrocyanure d’étain.
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- 40 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le cachou cubique donne des bruns bon marché, il se fixe par vaporisage en introduisant dans la couleur des agents oxydants, puis en passant au bichromate de potasse ou sel de soude qui exalte l’affinité de la catéchine pour l’oxygène. Les matières premières contenant du tannin comme les noix de Galle, le sumac, les extraits de châtaignier, le divi-divi et les cachous, sont très-employées aujourd’hui. Par l’engallage, on arrive à fixer les couleurs d’aniline sur coton ; de plus, les matières astringentes servent pour la teinture des soies en noir. Depuis un certain nombre d’années, on suit le mauvais principe de surcharger les fibres de substances étrangères; on charge la soie jusqu’à 400 p. 100 avec des matières tannantes et des oxydes de fer.
- Couleurs minérales.
- Gomme matière minérale blanche nous avons le blanc de zinc qui se met en pâte avec l’eau, et que l’on épaissit soit à l’albumine, soit à l’amidon blanc.
- L'argentine est de l’étain en poudre qui, après avoir été imprimé sur tissu, reçoit l’éclat métallique en passant par une calandre à friction. Il y a de fort beaux spécimens à l’Exposition.
- Le vermillon se fixe à l’albumine ; il est surtout employé pour les genres bleus cuvés rouge.
- L'hydrate de peroxyde de fer se fixe directement sur tissu, par double décomposition, suivie ou non d’une oxydation, selon qu’on emploie un sel ferrique ou ferreux. En employant l’acétate ferreux, on obtient les nuances rouille, nankin et chamois. Pour former des oranges, les chromâtes de plomb, rouges et jaunes se fixent par l’albumine.
- Pour les bleus, nous avons les outremers roses et violets qui se fixent à l’albumine. Par vaporisage on obtient des nuances très-solides.
- Bleu de Prusse. — Ces couleurs bleues sont formées sur la fibre même ou bien n fixe d’abord l’acide ferrique, et on passe le tissu dans un bain de ferrocyanure avec un acide, ou les acides ferro et ferricyanhydriques sont appliqués par voie d’impression et transformés en bleu, soit par vaporisage, soit par un bain oxydant. On emploie beaucoup le prussiate d’étain associé à l’acide tartrique ou oxalique ; la nuance prend ainsi une belle teinte pour-pre.
- Les bleus vapeur que l’on imprime sont des mélanges à base de prussiate jaune ou rouge ; on développe la nuance après vaporisage par un passage au bichromate de potasse.
- Pour les genres bistres, nous avons le [bioxyde
- de manganèse; on imprègne le tissu d’une solution d’acétate ou de chlorure de manganèse ; après dessication on passe en lessive de soude caustique, il se précipite de l’hydrate de protoxyde de manganèse, qu’on oxyde en laissant exposé à l’air. L’oxyde blanc se transforme et devient brun ; pour compléter l’oxydation on passe dans un bain contenant de l’hypochlorite de chaux (ou mieux encore du bichromate de potasse).
- Pour l’orange au chrome, on se sert aussi du chlorate de chrome ; on obtient ce corps en décomposant l’alun de chrome par le chlorate de baryte, on a ainsi une solution qui, épaissie et avec addition d’acétate de plomb, donne par un fort vaporisage un beau jaune. Le noir charbon est aussi d’un grand emploi pour les couleurs albumines. Le vert de chrome ou vert Guignet se fixe en prenant la pâte du commerce, l’épaississant à l’albumine et vaporisant.
- Après avoir rappelé d’une manière abrégée les matières colorantes et les procédés employés pour les appliquer par teinture et impression, nous aurions voulu jeter un coup d’œil rapide sur les ateliers où ces procédés sont mis en œuvre.
- Nous n’avons pu découvrir à l’Exposition un ensemble, quelque peu systématique, des machines employées. Nous ne pouvons pourtant passer sous silence la branche la plus importante de l’impression, la gravure. Nous nous bornerons à un exposé sommaire du perfectionnement apporté à l’impression sur rouleau pour les genres gravés à la molette. Ils sont très-employés pour l’impression des genres les plus courants.
- L’introduction d’un grand nombre de couleurs et des procédés nouveaux permettant de varier les nuances a énormément facilité le travail du dessinateur. Ce dernier a aujourd’hui à sa disposition une palette de couleurs bien autrement riche qu’autrefois, et, par conséquent, il peut se mouvoir avec une grande liberté pour créer des dessins pleins de goût et dont la variété peut satisfaire toutes les exigences de la mode.
- La gravure ordinaire à la molette se décompose en deux opérations distinctes : la première consiste à préparer pour la gravure du rouleau une première molette ou matrice, gravée en creux, qui ensuite est reproduite en relief sur une deuxième molette. Ce n’est alors que commence l’opération toute mécanique de reporter le dessin de la deuxième molette sur le rouleau. Très-souvent le rouleau molleté est repris par un graveur qui, par le
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
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- guillochage ou même à la main, ou à l’aide du pantographe, achève l’œuvre commencée.
- La première molette est un rouleau d’acier adouci et de la meilleure qualité, devant répondre par sa circonférence à la hauteur du dessin à reproduire et être en rapport avec les dimensions du cylindre à imprimer. Cette molette est bien exactement préparée sur un tour à tourner et à polir les molettes.
- L’auteur décrit ensuite :
- 1° Le tour à tourner et à polir les molettes;
- 2° La machine à tracer les molettes ;
- 3° La machine à marquer les hachures sur les molettes -,
- 4° La machine à diviser les molettes;
- 5° Le porte-molette de graveurs -,
- 6° La machine à relever les molettes ;
- 7° Le tour à graver et moleter les rouleaux ;
- 8° Le tour à tourner, polir et brunir les rouleaux d’impressions;
- 9° La machine à couper les hachures dans les rouleaux d’impression.
- Ces diverses descriptions intéressant plus le graveur que l’imprimeur, nous ne les reproduirons pas.
- NOTE sur l’emploi des sulfures métalliques comme mordants sur coton des couleurs d’aniline,
- Présentée à la Société industrielle de Rouen Par M. Balancée
- Messieurs,
- Il y a quelques années, M. Lauth trouva le moyen de teindre la laine en vert d’aniline d’une nuance vive, en la mordançant au préalable dans une solution d’hyposulfite de soude additionnée d’acide sulfurique, fixant ainsi du soufre sur le tissu. M. Vaucher, se basant sur les travaux de M. Lauth, essaya le soufre comme mordant sur laine des couleurs d’aniline et le résultat de ces recherches fut que ce corps fixe un certain nombre de couleurs dérivées du goudron de houille. J’ai à vous parler de faits se rapprochant de ceux découverts par ces deux chimistes, mais en différant essentiellement, en ce qu’ils s’appliquent au coton ; ils peuvent se formuler ainsi : les sulfures métalliques agissent comme mordants des couleurs d’aniline sur coton.
- Les essais qui m’ont conduit à ce résultat, je les ai commencés en l’année 1870, dans la maison Pa-
- raf, Javal et Ce, sous l’inspiration de M. Mathias Paraf -, abandonnés depuis cette époque, je viens de les reprendre et les étendre pour vous les présenter, pensant qu’ils peuvent être de quelque intérêt.
- Des échantillons de calicot ont été préparés, les uns en sulfure de zinc, les autres en sulfure d’étain. Pour le sulfure de zinc, le tissu a été foulardé en sulfate de zinc dissous dans l’eau à raison de 15 p. c. de sel séché, puis passé pendant 2 minutes en sulfure de sodium à 15° B. Pour le sulfure d’étain, le calicot a été foulardé dans le bain suivant : 44 litres stannate de soude à 20° B., et 1/4 litre sulfhydrate d’ammoniaque; puis passé, mouillé en acide sulfurique à 2° B.
- On peut encore, pour mordancer en sulfure d’étain, foularder en solution de sel d’étain dans l’eau, et passer en sulfure de sodium.
- Les échantillons, ainsi préparés, ont été teints à chaud dans différentes solutions aqueuses de couleurs d’aniline; à chaque essai, un morceau de calicot non préparé accompagnait le tissu mor-dancé ; après teinture, ils ont été fortement lavés dans l’eau chaude, de manière à ce que je pusse obtenir la certitude que la coloration était due à une combinaison de la matière colorante avec le sulfure et non à un simple dépôt sur la fibre.
- Tandis que, après lavage, le calicot non préparé est presque blanc, le calicot préparé est teint en nuance plus ou moins foncée. Le violet de Paris, la fuchsine, le brun Bismarck sont fortement attirés; le bleu d’aniline l’est un peu moins bien, sr-tout pour le sulfure de zinc, la safranine faiblement -, quant au vert-méthyl, il ne l’est pas du tout, et il y a même à remarquer, pour cette dernière substance, que le bain se décolore sans que l’échantillon se teigne.
- Si, sur tissu mordancé en sulfure métallique, on imprime une solution de couleur d’aniline, violet de Paris, fuschine et bleu, par exemple, épaissie à la gomme Sénégal, et qu’on vaporise, on peut laver et savonner sans enlever la couleur. Il y a fixation.
- Il vient à l’esprit de se demander si, dans ce genre de teinture au moyen des sulfures métalliques, le métal est nécessaire, ou s’il n’a pour objet que de fixer du soufre sur le tissu, et qu’alors le soufre seul attire la matière colorante. Pour résoudre ce problème, j’ai essayé de préparer du calicot en soufre en le foulardant dans une solution de foie de soufre et en le passant ensuite dans un acide sulfurique très-étendu. Ainsi préparé, le tissu n'at-tire que faiblement la couleur, mais cela provient
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- peut-être de la difficulté qu’on rencontre à fixer sur coton une quantité suffisante de soufre." Cet essai ne me permet donc pas de conclure.
- Mes recherches se sont portées aussi sur les cyanures métalliques insolubles, sur le cyanure de zinc en particulier, que j’obtiens sur calicot en foular-dant le tissu en solution de cyanure de potassium puis en le passant en sulfate de zinc dissous dans l’eau. L’opération inverse ne pourrait se faire parce que le cyanure de zinc est soluble dans le cyanure de potassium. Le calicot ainsi préparé se teint en couleurs d’aniline, telle que le violet de Paris, mais beaucoup moins bien que le calicot mordancé en sulfure métal.
- Voilà des faits que je désirais vous signaler, quoiqu’ils n’aient peut-être pas grande utilité pratique, mais qui me semblent pourtant intéressants au moins par leur nouveauté.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- ROUGE SOLIDE
- Les {échantillons que nous donnons ci-dessous ont été teints avec le Rouge solide de la Badische Anilin et Soda fabrik, fabriqué dans sa succursale française de Neuville-sur-Saône.
- Rouge solide sur laine filée.
- Rouge solide sur étoffe de laine.
- (Teinture avant tissage.)
- BLEU DE ROI
- De MM. J. Ruch et fils.
- L’échantillon ci-dessous a été imprimé par le même procédé que celui que nous avons donné, n° 2, du 20 janvier 1878, page 19. Nous ajouterons qu’au lieu de concentrer de la glycérine à 22° (qui n’est pas commerciale en France), comme il est dit dans la formule de la glycérine arsénicale B, il nous paraît beaucoup plus simple d’employer la glycérine à 30° qui se trouve dans le commerce. La recommandation de ne préparer que la quantité nécessaire de cette glycérine arsénicale parcequ'elle ne se conserve que quelques jours, ne semble pas fondée, vu le caractère antiseptique de la solution.
- Bleu de Roi.
- (Impression sur coton.)
- Les échantillons ci-dessus ont été teints comme suit :
- Pour 15 kil. de laine (flocons) :
- Acétate de soude..................1 kil. 500
- Rouge solide......................0 — 150
- Ajouter le colorant en deux fois, bouillir 30 minutes, lever, rincer et sécher (1).
- Ce nouveau colorant, spécialement destiné à faire les cramoisis sur laine, nous paraît appelé à simplifier et à rendre plus économique la teinture des bérets et des bonnets turcs en chapellerie. Résistant à l’acide comme le marron S, il peut également donner par sa combinaison avec le jaune solide et le carmin .d'indigo toutes les nuances modes et brunes. Sur soie, il donne des ponceaux, des marrons et des grenats qui se distinguent par leur éclat et leur très grande solidité.
- Le rouge solide a une grande analogie avec la ’ Roccelline de la Maison POIRRIER, de Paris, dont le Moniteur de la Teinture a rendu compte (2).
- (1) Au lieu de 1 kil. 500 d’acétate de soude on peut employer 2 kil 250 gr. de bisulfate de soude.
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, année 1878, mode d’emploi, page 140; échantillons sur soie, page 174; échantillon sur laine, page 186.
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- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON, par Alex. Schultz (I)
- (Suite) (2).
- Apprêt bittlé. — Apprêt foulard.
- Satins and silk finisch in either tivills or shirtings.
- Différentes manières de procéder peuvent être
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- Calandre Deblon (3). >
- La machine à calandrer, pour laquelle M. Deblon s’est fait breveter en France et à l'étranger, se compose d’un rouleau supérieur mobile et de deux
- (1) Voir les quatre derniers numéros de l’année 1878, ainsi que les numéros 1, 2 et 3 de l’année courante.
- (2) Erratum. — Dans le dernier n°, page 29, 3° ligne du 2e paragraphe de l’article, au lieu de : Yenduit, lisez : l’en-droit ; et à la 25° ligne de la 2e colonne de la page 29, au lieu de : peignés, lisez : piqués; page 30, Ie colonne, avant dernier numéro, au lieu de : Par le séchage n° 4, lisez : Par le séchage n* 5.
- (3) La calandre Deblon est construite, en France, par M. Alexandre Kling, de Lille. Le prix, qui était autrefois de 10,000 francs, a été abaissé à 8,500 francs. L’Office du Moniteur de la Teinture reçoit les commandes et se charge égale-
- employées pour obtenir l’apprêt bittlé :
- 1° Le beatle anglais (beatle mill) ;
- 2 La calandre Deblon-, 3° La calandre en pierres.
- rouleaux inférieurs, placés dans le même plan, comme l’indique le tracé ci-dessous.
- ment d’indiquer les avantages comparatifs que présente cet appareil sur l’ancienne calandre en pierres.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le travail avec la calandre à pierres est très-difficile et demande une longue expérience; l’apprêt moiré se fait en plaçant la pièce àmoirerau milieu de la calandre et aux extrémités de l’énorme machine on met en même temps la pièce enroulée destinée au satinage. On commence le mouvement de va et vient par une pression très-faible en l’augmentant graduellement. Quoique la calandre à pierres soit très-encombrante, certains négociants en toile préfèrent le travail que produit cette machine, qui donne plus de variétés de moirés que la calandre Deblon, mais d’autres apprêteurs emploient avec succès la calandre Deblon en obtenant un travail plus abondant et des résultats, sinon meilleurs, du moins beaucoup plus faciles à obtenir, on peut avec cette machine, qui convient beaucoup pour l'apprêt moiré, donner une pression variant de 1 à 100,000 kiiogr.,'cela permet de faire les calandrages forts et faibles.
- Pour obtenir le bittlé avec la calandre Deblon, on donne pour éviter le moiré une pression plus faible, on passe ensuite par le cylindrage pour effacer le moiré lorsqu’il se produit.
- Le bittlage anglais, généralement employé pour le satinage du coton, est le système qui imite le mieux l’aspect soyeux, le brillant, le toucher et même le craquement que fait entendre la soie, quand on la comprime dans la main.
- Lorsqu’on se sert d’empois pour l’apprêt foulard et satin, sa composition varie selon les tissus, selon le résultat que l’on veut obtenir et selon les opérations mécaniques auxquelles on soumet les étoffes ; dans beaucoup de cas on n’emploie aucun épaississant, dans d’autres on emploie l’empois suivant :
- 30 litres Eau,
- 3 kil. Fécule blanche,
- 2 litres Glycérine.
- Cet empois varie beaucoup, on prend suivant le besoin moins de fécule blanche et moins de glycérine, qu’on remplace quelquefois par du savon seul ou un mélange de savon et de cire, dans d’autres cas on ajoute, à l’empois composé seulement de fécule, des corps gras et de la glycérine ; d’après le traitement qu’en donne aux pièces, ces additions contribuent à leur donner l’aspect soyeux.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- CHIFFONNAGE
- TEINTURE EN NOIR BON TEINT des robes laine-coton et soie-cotom
- Par l’extrait de châtaignier, préparé de MM. Marchal et Bories (1).
- Le Moniteur de la Teinture a déjà donné, année 1874, pages 172, 266 et 278, la marche à suivre et les ficelles, indiquées par M. Ch. Drevet fils, pour obtenir de beaux noirs sur laine, coton, laine et coton, etc. Nous renvoyons donc nos lecteurs à ces articles pour les précautions à prendre, sans lesquelles on n’obtiendra pas de beaux noirs parfaitement égaux. Le procédé actuel, plus économique, remplace le campêche et le bois jaune par l’extrait de châtaignier (préparé), de MM. Marchai et Bories. Voici la manière d’opérer :
- Robes laine et coton.
- Pour les robes de laine chaîne-coton, on commence par teindre la laine par les procédés ordinaires, on rince ensuite dans une eau, puis on les entre dans une barrique contenant le bain où l’on a mis de l’extrait de châtaignier (préparé), de manière que ce bain marque 4 à 5 degrés au pèse-sirop. On entre à froid et on laisse séjourner pendant une heure à une heure et demie. Ce temps écoulé on lave, exprime et rince à deux eaux. Une fois bien rincées, on rentre les robes dans une seconde barrique, contenant un bain de pyrolignite de fer à 1 degré, dans lequel on les lisse une demi-heure, puis on lève et rince ; la teinture est terminée.
- S’il se trouve des noirs trop clairs on donne un bain très-léger de campêche avec un peu de bois jaune.
- Robes soie et coton.
- Ce procédé est également très-bon pour les robes de soie chaîne-coton. On commence par en-galler les robes à l’extrait-de châtaignier (préparé), puis on rince à une eau. Une fois bien lavées, on les mordance sur un bain de rouille et on teint comme si elles étaient tout soie. On termine par l’avivage à une eau de javelle très-légère.
- (1) S’adresser, pour achat d’extrait préparé, à MM. Marchai. et Bories, fabricants à Maurs (Cantal). Les demandes doivent être, au minimum, d’un fût pétrole (environ 200 kil). Les livraisons se font en gare de Maurs, au prix de 30 fr, les 100 kil., à 90 jours ou 30 jours 3 p. 100.
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- . ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Robes coton ou lin.
- Pour les robes tout coton ou tout lin, on opère comme il a été dit pour les robes laine et coton après la teinture de la laine. Le bain d’extrait de châtaignier (préparé) doit marquer 6 degrés au pèse-sirop.
- Observation.
- Les bains d’extrait de châtaignier (préparé), et de pyrolignite de fer doivent être conservés. Il suffit, lorsqu’on veut s’en servir, de les ramener au degré voulu.
- OBSERVATIONS
- sur les Bleus d'anthracène et leur résistance comparative à la lumière.
- Par M. G. Witz.
- Messieurs,
- Le bleu d’anthacène, désigné d’abord sous le nom d’alizarine bleue, fournit, comme on le sait, par l’impression des bleus assez vifs et d’une nuance même supérieure à celle des bleus moyens d’application à base d’indigo, tout en possédant l’avantage sur ce genre de couleurs de produire beaucoup plus facilement les tons foncés et celui, non moins important, de pouvoir s’associer aisément à d'autres couleurs solides. Le meilleur procédé publié, indiqué par M. Prud’homme, repose sur l’emploi simultané de mordant d’acétate de chrome ou de chlorure de magnésium, avec une très-petite proportion de ferrocyanure d'ammonium, —- le tout imprimé sur préparation sulfoléique, vaporisée très-longuement et savonné à basse température, avec un passage intermédiaire de une à deux minutes en eau de chaux bouillante.
- C’est ce traitement alcalin qui avive le plus la nuance et la fait virer vers le véritable bleu ; mais il est nécessaire d’ajouter que l’effet obtenu n’est pas stable : il est détruit au contact d’eau ne contenant qu’une quantité d’acide acétique tellement minime que la langue la perçoit à peine ; le reflet bleu disparaît même spontanément à l’air en peu de jours, sans doute sous l’influence d’acides très-faibles existant dans l’atmosphère. Arrivée à ce terme, bleu violet un peu gris, la nouvelle matière
- conserve une stabilité relativement considérable, aux divers agents chimiques. Il n’en est malheureusement pas de même à la lumière.
- Action de la lumière. — Des bleus d’anthracène provenant de la méthode décrite, ont été échantillonnés à la même nuance que des bleus d’indigo d’application à l’étain. Exposés ensemble à la lumière solaire peu intense, (le 21 septembre, à partir de 10 heures du matin), en préservant une partie avec des écrans en carton, on a observé qu’en 5 heures le bleu d’indigo diminuait d’une façon à peine sensible, tandis que la nouvelle matière bleue était partiellement décolorée et perdait sa vivacité.
- Lorsque l’insolation est prolongée plusieurs jours, la différence de résistance s’accuse de plus en plus, l’eau de chaux à l’ébullition ne régénère pas la couleur.
- La décoloration à la lumière du bleu d’anthracène est donc plus prompte que celle de l’indigo ; dans beaucoup d’expériences sur des bleus moyens du même procédé d’impression, on l’a évaluée peut-être trois fois plus rapide -, cependant, l’indigo ne possède lui-même guère de solidité dans ce genre d’épreuves : c’est la résistance aux savonnages qui lui donne son principal mérite.
- L’indigo par teinture en cuve se comporte comme celui qui est imprimé par application. Les tissus de coton se décolorent notablement plus lentement lorsqu’ils sont apprêtés.
- Il nous a paru utile, au moment où l’attention se porte sur la remarquable matière colorante découverte par M. Prud’homme, de placer encore une fois ces résultats en regard d’affirmations contradictoires, d’abord pour éviter des mécomptes industriels, puis pour encourager les chercheurs à améliorer les procédés de fixation, qui semblent imparfaits eu .égard à la stabilité du nouveau bleu vis-à-vis des hypochlorites, etc.
- C’est en effet une chose bien singulière que la résistance toute spéciale d’une matière organique à des agents chimiques énergiques, tandis qu’un rayon de soleil suffit pour commencer ou amener sa destruction : le chlorure d’argent, dans la série minérale, présenterait sous. ce rapport certaines similitudes de propriétés avec l’alizarine bleue.
- Il résulte de nos essais que les préparations sul-foléiques, qui donnent aux bleus d’anthracène plus d’intensité et de résistance aux savonnages ne procurent pas à ces couleurs plus de solidité à la lumière.
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- Une forte proportion de mordant d'acétonitrate de chrome tend à produire des bleus plus verdâtres, parce que l’oxyde chromique en excès, se fixe et vient ajouter sa nuance à celle de la laque colorée : la solidité n’en est pas augmentée.
- A ce propos, le bleu d’anthracène, par sa manière de se comporter avec les mordants de chrome, rappelle les observations que nous avons mentionnées autrefois : les acétates des sesquioxydes métalliques, lorsqu’ils sont purs, ne constituent pas de bons mordants pour les couleurs par vaporisage ; mélangés de nitrates des mêmes bases ou d’autres sels décomposables par la vapeur, les acétates deviennent alors beaucoup plus efficaces. Cette règle se confirme pour les mordants d’oxyde chromique, comme pour les mordants d’alumine et aussi sans doute, les mordants d’oxyde ferrique, elle est vraie avec le bleu d’anthracène, comme avec l'ali-zarine et les autres matières colorantes végétales.
- Les ferrocyanures eux-mêmes n’améliorent pas les bleus d’anthracène, puisque le bleu de Prusse, formé par le vaporisage, est ensuite attaqué par le savon. On reconnaît aisément la présence du bleu de Prusse lorsqu’il existe mélangé dans la couleur, même à très-faible proportion; ce dernier a la propriété de résister à l’action de quelques gouttes d’acide nitrique à 36° B., tandis que le bleu d’anthracène est détruit en peu d’instants aussi complètement que l’est l’indigo.
- En combinant l’emploi de certains mordants d’oxyde ferrique et d’oxyde chromique, il semble cependant possible d’augmenter la résistance à (a lumière des bleus d’anthracène. Plusieurs remarques ont été faites dans ce sens.
- Des bleus foncés teints ont été comparés à des bleus de cuve de même intensité; ils se sont dégradés à la lumière solaire à peu près dans le même temps et en présentant les particularités suivantes :
- Le bleu de cuve détruit par la lumière se transforme en matière d’une nuance jaune bleuâtre peu intense, que les lavages et l’action du savon font disparaître totalement, de manière à ne laisser sur l’étoffe qu’un bleu plus clair que le ton primitif, mais assez vif et nettement caractéristique de l’indigo.
- De leur côté, les bleus d’anthracène se ternissent aisément puis, tout en se décolorant, en général beaucoup plus vite que l’indigo, le résidu formé paraît d’une coloration jaunâtre beaucoup moins forte ; le savon l’enlève aursi en grande partie. Il
- reste finalement des tons clairs qui sont bleu-violets ou gris, et assurément moins beaux que ceux de l’indigo.
- Signalons en passant certaines applications industrielles.
- L'alizarine bleue employée plus ou moins mélangée de cachou et d’autres matières colorantes solides, avec le fixage simultané à l’aide de mordants de chrome par vaporisage et chromatage, donne de jolis gris et des nuances modifiées qui résistent beaucoup mieux à la lumière, à l’air et à l’influence de l’humidité (piqûres et moisissures), que les couleurs mixtes du même genre où le campêche est employé.
- Dans les articles d’ameublement, et peut-être aussi pour doublures, pantalons, etc., le remplacement de couleurs imprimées à l’albumine ou au chrome présente de grands avantages de solidité et parfois d’économie, en même temps qu’il fournit des teintes très-unies -, mais, pour ces couleurs claires, la gomme ne saurait convenir comme épaississant et il vaut mieux dans ce cas donner la préférence à la dextrine.
- Bleus d'anthracène et bichromates. — Les couleurs de bleu d’anthracène supportent tout aussi bien que l’indigo le passage et le foulardage dans une solution de bichromate de potasse, à 70 grammes par litre, par exemple ; on peut même opérer la dessication à l’air chaud sans que la nuance s’affaiblisse d’une manière sensible.
- Lorsqu’on imprime sur du bleu d’anthracène ainsi chromaté une couleur concentrée à l’acide oxalique, l’enlevage se produit, mais encore avec beaucoup plus de difficulté que sur les bleus d’indigo.
- En résumé l’acide chromique et les chromâtes acides se comportent comme les hypochlorites et ont bien moins d’action sur le nouveau bleu que sur l’indigo.
- J’ai traité à l’ébullition, pendant plus d’une heure, des bleus d’anthracène moyens, en les agitant constamment dans une grande quantité de solution de bichromate de potasse à 20 gram. par litre, sans pouvoir constater la moindre altération d’intensité ; le bain produit simplement le même virage de nuance que les acides les plus faibles.
- L'enlevage au prussiate rouge, imprimé sur des bleus d’anthracène moyens, les ronge également beaucoup moins que les bleus d’indigo. Il y a là encore une complète similitude d’action entre le
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- ferricyanure en solution alcaline chaude et le bichromate avec acide oxalique. Le passage en soude caustique à l’ébullition altère fortement le nouveau bleu : il vaut mieux l’employer à la température de 60° C et ne prolonger le contact qu’aussi peu de temps qu’il est nécessaire pour ronger.
- Acide phosphorique et bleu d’anthracène. — Il convient d’ajouter l’acide phosphorique aux dissolvants déjà indiqués pour cette matière colorante: une solution aqueuse à 44° B (contenant 60 p. 100 d’acide phosphoriqueordinaire trihydraté, ou 43,66 p. 100 d’acide anhydre), se colore à froid, au contact du bleu d’anthracène en un beau rouge orangé qui supporte l’addition d’eau sans précipiter.
- L'alizarine pure n’est qu’à peine attaquée par le même dissolvant non étendu d’eau ; la pâte floconneuse se teinte en jaune d’or; la nitroalizarine, de même en beau jaune vif, et la purpuraline en orangé. La céruleineest plus soluble et donne un liquide olive presque noir.
- Le bleu d’anthracène purifié et bien divisé est cependant totalement insoluble dans l’eau pure à froid ; il ne se dissout ni dans l’alcool à 90° C, seul ou alcalinisé, ni dans la glycérine à 28° B. A chaud ce dernier liquide ne se colore pas, mais une légère pellicule bleue à la surface semble indiquer un commencement de réduction.
- Par sa facilité à dissoudre le bleu d’anthracène sans attaquer les tissus, l’acide phosphorique est un réactif commode qui permet de caractériser rapidement de petites quantités de la nouvelle matière colorante ; on voit se produire une dissolution rosée que les alcalis virent au bleu pur.
- (Bulletin de la Société industrielle de Bouen).
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marins Moyret.
- (Suite.)
- Du pied de fer moderne.
- Le pied de fer moderne, s’il a conservé ses allures comme installation, a bien changé dans sa préparation et en cela la théorie est venue rendre un service considérable à la pratique.
- Comme installation, les pieds modernes sont
- généralement chauffés à la vapeur à l’aide de longs serpentins, et non par des rameaux persillés, qui introduiraient l’eau de condensation dans le pied. Les pieds sont formés par des barques à liser ordinaires, mais plus profondes d’environ 20 centimètres ; comme dans les anciens, ils sont suivis par des vergues pour aérer les soies. En général, dans un atelier important, il y a plusieurs pieds que l’on tient dans un endroit isolé des autres manœuvres à cause de la malpropreté inhérente à cette opération. Comme constitution chimique, le pied moderne, après une suite de transformations successives depuis le siècle dernier, est arrivé de nos jours à être tout simplement une solution de pyrolignite de fer, ce sel si important que nous avons étudié dans le chapitre VI. Ordinairement le pied titre de 9 à 10° Baumé, et on l’entretient à ce titre par des additions de pyrolignite normal titrant 15 à 16° Baumé.
- De tous les nombreux ingrédients qui entraient dans les anciens pieds, les teinturiers en ont conservé deux seulement : la gomme et le sucre ou mieux la mélasse. Il est en effet d’une bonne prati-tique d’ajouter à un pied un peu de gomme, ce qui se fait en maintenant, dans un des bouts de la barque, un petit sac de toile plein de gomme arabique ou de Sénégal de basse qualité ; quant à la mélasse, on en ajoute de temps en temps.
- Chaque passage de soie affaiblit le pied, et par l’eau qu’elle renferme, et par l’oxyde de fer qu’elle lui soutire. Pour remplacer l’affaiblissement du titre par l’eau apportée par la soie, il est de règle de faire bouillir les pieds, à la fin de chaque journée, un moment pour les concentrer, et comme on tient dans le fond de la barque de la menue ferraille (c’est pour cette raison que les barques de pied sont plus hautes que les barques ordinaires, à cause du volume de la ferraille), cette ferraille se dissout avec dégagement d’oxygène et maintient le pied saturé de fer. Pendant l’ébullition, il monte à la surface du pied des matières noires poisseuses, qu’il faut avoir soin d’écumer. Les soies sortant des vergues, dans un atelier bien installé, ne doivent pas aller directement au rinçage, elles doivent être diablées fort et le liquide qui s’écoule, recueilli avec soin, doit être réajouté au pied.
- Pour terminer, les pieds ne doivent pas trop travailler, sinon ils n’ont pas le temps de remplacer le fer soutiré par la soie, et ils donnent de moins bons résultats comme rendement et comme nuance ; il faut donc nécessairement avoir plusieurs pieds
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- montés, et au besoin les laisser reposer un jour de temps en temps.
- Avivage ou adoucissage des noirs.
- Nous avons déjà vu que dans les couleurs l’avivage jouait un certain rôle, pour donner aux soies teintes ce toucher doux et craquant, qui est leur apanage; mais c’est dans les noirs que l’avivage joue le plus grand rôle, et souvent, outre le toucher qu’il donne, il complète la nuance. Dans les avivages pour noirs, la présence de l’huile est indispensable, et il faut en tenir compte, cette addition faisant toujours un peu monter la nuance ; dans certains cas, on ajoute également de la colle forte à l’avivage, lorsqu’il s’agit de donner de la fermeté à la soie teinte, et surtout lorsque celle-ci est formée par des brins qui tendent à s’écarter, à former le duvet, comme dans les noirs sur fantaisie, les noirs souples. L’avivage a généralement pour but de donner un toucher craquant ; il y a cependant un avivage spécial pour donner un toucher mou, ce qui fait qu’il faut diviser les avivages en deux catégories, soit :
- Les avivages pour toucher mou,
- Les avivages pour toucher craquant.
- (A suivre.}
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCENANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1877
- 121,6A7. — 15 décembre. — HORROCKS (les sieurs). — Perfectionnements dans le mécanisme pour renvider, doubler et filer les matières textiles.
- 121,660. — 17 décembre. — Cowper. — Perfectionnements dans les ailettes à bobines des machines de filature.
- 121,667. — 26 décembre. — David. — Mécanique Jacquart, à double marchure.
- 121,677. — 18 décembre. — Cowper. — Perfectionnements dans les ailettes de filature.
- 121,679. — 19 décembre. — Hertzog. — Système d’effaçage des marques de pinces sur les lisières des tissus, à la sortie des machines à
- | ramer, par mouillage à haute température et pression variable.
- 121,689. — 19 décembre. — Tweddell. — Système perfectionné propre à actionner les machines hydrauliques à action directe.
- 121,694. — 19 décembre. — MARTIMORT. — imitation de froncés, tuyautés, plissés, bouillon-nés, frangés, dentelles, etc., par impression sur étoffes.
- 121,697. — 21 décembre. — Gailhard. — Fabrication d’allumettes dites : en fer, et application nouvelle des moyens mécaniques connus, destinés à l’enroulement de fibres textiles autour des fils métalliques pour l’obtention desdites allumettes en fer.
- 121,700. — 20 décembre. — Lévy (frères). — Nouvelle application aux foulards soie et coton de l’impression faite sur chaîne coton, avant le tissage.
- 121,702. — 28 décembre. — Richerod. — Procédé de fabrication des velours coupés.
- 121,703. — 29 décembre. — Rochon. — Carde métallique fondue, système Rochon.
- 121,704. — 20 décembre. — BOURGINet Schuler. — Emploi de la vapeur pour effacer la marque produite sur les tissus parles pinces.
- 121,710. — 20 décembre. — Pinet. — Système de bordure passe-poil à liseré en relief, dite : bordure Pinet.
- 121,714. — 20 décembre. — Hayem. — Fabrication en celluloïd des articles de lingerie, tels que manchettes, faux-cols, liserés de cols militaires, boutons de linge, etc.
- 121,717. — 20 décembre. — Bouvet. — Appareil sécheur de vapeur ou de gaz.
- 121,731. — 28 décembre. — Dégageux. — Tissu dit : chaîné, intercalé par des bandes verti-les d’un chaîné différent, et machine produisant ce tissu.
- 121,732. — 28 décembre. — RAPICAULT. —Genre de bobinot.
- 121,749. — 21 décembre. — Thioust. — Perfectionnements dans l’établissement des cylindres en bois destinés à l’impression des papiers, étoffes, etc.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 1879.
- SOMMAIRE
- Révolution industrielle : Nouveau mode d’emploi de la vapeur, par M. Testud de BEAUREGARD. — Rapport sur une note relative à la substitution du chrome au vanadium dans l’impression en noir d’aniline, par M. G. WITZ. — Coloration de bois par l’aniline, le sel d’aniline et la soude, par M. G .-A. SGHOEN. — A propos de verts. PROCÉDÉS PRATIQUES. — Les apprêts des tissus de coton (2 échantillons), par M. Alex. Schultz (suite et fin). — Bleu d’indigo extra, n° 230, de MM. J. Ruch et fils (2 échantillons). — Impression des tissus : Réserves, par A. Schultz. — Des noirs sur soie, par M. Marius Moyret (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1877).
- CORRESPONDANCE. — Note sur les huiles d’olives.
- RÉVOLUTION -
- Nouveau mode d'emploi de la vapeur.
- Breveté en France et à l’Étranger.
- Par M. Testud de BEAUREGARD (1).
- M. Testud de Beauregard a bien voulu nous faire hommage des plans d’ensemble d’une application de sa découverte à une machine à vapeur du type dit : à balancier.
- Nous regrettons vivement de ne pouvoir faire passer cet ensemble sous les yeux de tous nos lecteurs. Il fixerait beaucoup mieux leurs idées que ne pourra le faire la description suivante, tracée de main de maître par M. Bougarel, auquel nous laissons la parole.
- P. B.
- M. Testud de Beauregard se livre depuis un grand nombre d’années à des études incessantes, dans le but de produire la vapeur le plus économiquement possible, d’en employer toute la puissance, et de prévenir en même temps les explosions de chaudières à vapeur.
- De ces études, dans lesquelles il a bien voulu, quelquefois, m’appeler à le seconder, il résultera prochainement la production en public, de plusieurs spécimens de machines motrices et de plusieurs applications physiques, d'un nouveau mode d’emploi de la vapeur.
- (1) Un volume broché in-8“. — Prix 1 fr. 25 pour la France, port en sus pour l’Etranger. — La brochure contiendra les appréciations de MM. Bougarel, L. Poillon et Jules Armengaud jeune.
- Adresser les souscriptions à Vadministration des LETTRES-CAUSERIES, 162, rue Lafayette, à Paris.
- En attendant l’apparition d’un travail complet et tout-à-fait technique, qui va être publié à part et adressé aux lecteurs des Lettres-Causeries qui en feront la demande, je vais, en quelques lignes, tâcher de faire comprendre aux lecteurs en quoi consiste la nouvelle invention de M. Testud de Beau-regard, invention qui doit, comme ce dernier l’annonce, et si nos prévisions ne sont pas déçues, produire une véritable révolution industrielle.
- 1° Applications dynamiques. (Machines).
- La vapeur d’un générateur quelconque timbré et fonctionnant à 6 kilogr., par exemple, sera admise à une pression de 5 kil. seulement, dans un récepteur (1 ) établi entre ce générateur et une machine à vapeur quelconque, par l’intermédiare d’un compensateur (2). Ce récepteur, qui aura une capacité égale à 5 ou 6 fois la capacité du cylindre de la machine à vapeur, sera rempli d’eau aux 2/3 environ de sa capacité ; cette eau sera foulée, par la pression de la vapeur du récepteur, sur un côté du piston de la machine, dont le tiroir devra être simplifié et modifié de façon à ce que les lumières d’admission et d’émission du cylindre soient alternativement ouvertes ou fermées pendant toute la durée de la course du piston (sauf peut-être un peu d’avance).
- Le liquide, comprimé par la pression de la vapeur contenue dans le récepteur, agira sur le piston dans les mêmes conditions que la vapeur agit, di-
- (1) Cylindre vertical avec enveloppe.
- (2) Appareil dont l’invention est due à M. Testud de Beauregard, qui l’a produit lors de la création de son générateur pneumato-sphéroïdal, il appelait alors cet appareil, pompe d’équation.
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- rectement actuellement, dans nos machines, et cela sans aucune contre-pression ; l’eau qui remplira la capacité du cylindre opposée au sens du mouvement du piston, sera appelée par une batterie d'aspirateurs (I); les aspirateurs seront desservis par de la vapeur, prise directement au générateur, ayant une pression supérieure de 1 kil. à celle du récepteur et qui sera, en outre, préalablement surchauffée, afin d’augmenter sa puissance (dans un petit appareil ad hoc, encore créé par l’auteur de l’invention qui nous occupe, lequel a, il y a déjà bien longtemps, attaché son nom à la vapeur désaturée et surchauffée); ces aspirateurs appelleront l’eau du côté négatif du piston, et la refouleront dans le récepteur en créant, de ce côté du piston, un certain vide. — La vapeur ainsi dépensée par les aspirateurs pour refouler, dans le récepteur, l’eau qui aura servi dans le cylindre de la machine cédera à cette eau toute sa chaleur et lorsque cette eau atteindra, dans le récepteur, une température égale à celle de la vapeur fournie par le générateur, le jeu du compensateur modérera l’entrée de la vapeur dans ce récepteur. — Le niveau de l’eau dans le générateur sera entretenu, par la pompe alimentaire de la machine, par un injecteur, ou par une bouteille alimentaire à niveau constant, qui prendront l’eau dans le récepteur. La même eau, de l'eau pure, servira indéfiniment ; dès lors, plus de dépôts calcaires incrustés ou boueux, — danger d’explosion évité !
- Dans ce nouveau mode de fonctionnement des machines à vapeur, les frottements deviennent presque nuis ; ainsi le piston peut, sans inconvénient, jouer très-librement dans le cylindre, puisqu’il n’y a pas à craindre le passage du fluide moteur d’un côté à l’autre du piston, comme il en est avec la vapeur. Les presses-étoupes de la tige du piston et de celle du tiroir pourront aussi être très-libres. Le graissage du piston et du tiroir deviendra, naturellement, inutile ; enfin les espaces nuisibles n’existent plus.
- Ce nouveau système d’emploi de la vapeur est applicable à toute espèce de machines à vapeur, aux plus perfectionnées, telles que les machines genre Farcot et celle des genres Corliss, comme aux anciens systèmes de machines, à distribution
- (1) Les aspirateurs, ont été créés par M. Testud de Beau-regard en 1858 et 1860, pour remplacer la soufflerie des cubilots. Ils produisent, dans un cubilot, un vide de 0m35 de mercure, et, appliqués directement sur la colonne barométrique, ils déplacent jusqu’à 0"71 de mercure.
- imparfaites, pourvu que les soupapes ou tiroirs d’admission et d’émission soient modifiés comme il est dit ci-dessus.
- Mais là où l’application de ce système doit avoir le plus de succès et produire les résultats les plus considérables, si nous ne nous trompons pas sur le principe de l’invention de M. Testud de Beaure-gard, c’est aux machines rotatives, dont les défauts essentiels, au point de vue de leur fonctionnement avec la vapeur, deviennent, avec la marche hydraulique, des qualités essentielles. — Ce qui rend, en effet, l’emploi de ces machines impossibles à terre, où elles coûteraient beaucoup moins et occuperaient moins de place, et sur les navires de guerre et du commerce où, avec les précédents avantages, elles commanderaient plus facilement et plus simplement les hélices que les machines actuelles, c’est la dépense beaucoup trop considérable de vapeur à laquelle elles donnent lieu, par suite de la fermeture non hermétique de l’organe qui remplit l’office de piston.
- Avec le nouveau mode d’emploi de la vapeur qui nous occupe, ce qui est désavantageux pour l’emploi de la vapeur, dans les machines rotatives, devient avantageux, puisque le jeu inévitable du piston, dans le cylindre, est nécessaire à la bonne marche hydraulique des machines.
- Dès lors, si les machines rotatives étaient ainsi appliquées à la navigation, quelles énormes économies la marine de guerre et la marine de commerce n’en recueilleraient-elles pas ?
- Economie incalculable de combustible ! Economie considérable d’emplacement et de poids (tout en trouvant la facilité d’installer double appareil moteur, pour prévenir les cas d’avaries de guerre ou autres)-, économie considérable de place et de poids aussi pour les générateurs qui, n’ayant plus besoin de présenter d’aussi grandes surfaces de chauffe, pourront être construits suivant des formes plus résistantes que celles qui sont employées aujourd’hui et fonctionner à des pressions plus élevées convenant à l’emploi des machines rotatives et au mouvement des hélices. Et par suite, quelle place gagnée pour les engins destructifs et le personnel, dans la marine 'de guerre, et pour le fret dans la marine de commerce ! Il est inutile d’insister sur l’économie de premier établissement et sur celle de l’entretien, non plus que sur la diminution des chances d’explosion.
- Si le système rotatif était rendu ainsi avantageusement applicable à la navigation, qu’est-ce
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- qui empêcherait qu’il soit appliqué aussi utilement aux machines locomotives des chemins de fer et des tramways, ainsi qu’aux machines routières?
- La réussite du nouveau mode d’emploi de la vapeur proposé par M. Testud de Beauregard serait donc une véritable révolution industrielle et humanitaire ; elle serait pour le pays une source d’économies incalculables : économies dans le budget de la marine de guerre ainsi que dans l’exploitation des transports maritimes. Le prix de ces transports pourrait être considérablement diminué..... Les bienfaits d’une telle révolution se feraient ressentir jusque chez le petit industriel, qui pourrait facilement se procurer une machine motrice d’un prix peu élevé, d’un poids insignifiant et consommant très peu de combustible.
- 2° Applications physiques.
- M. Testud de Beauregard s’est proposé aussi de donner à ce nouveau système d’emploi de la vapeur des applications physiques.
- Il a pensé notamment que l’eau contenue dans le récepteur décrit ci-dessus, pourrait circuler à une pression ad libitum dans les doubles-fonds ou serpentins des appareils à chauffer, à évaporer, à distiller, à cuire, dans les conduites de chauffage d usines et d’établissements hospitaliers ou autres.
- L’eau venant du récepteur, après avoir circulé dans les appareils de chauffage, dans lesquels on fait circuler et perdre aujourd’hui tant de vapeur, pour obtenir lentement un résultat chèrement acheté, reviendrait à ce récepteur, soit naturellement, si les appareils à chauffer se trouvaient plus élevés que ce récepteur, soit refoulée, qu’elle y serait par des aspirateurs, fonctionnant en avant ou en arrière des appareils à chauffer.
- Ici le résultat est plus palpable que dans l’application dynamique ; en effet, rien de plus simple : Là où circule de la vapeur, l’eau-peut circuler ! Or, avec la vapeur, dès que le liquide à chauffer, à évaporer, à distiller ou à cuire, est arrivé à 40 ou 50 degrés, la vapeur passe sur les surfaces chauffantes sans y abandonner une quantité de chaleur notable ; elle emporte avec elle et elle perd une quantité très-considérable de chaleur et l’opération marche lentement. —Avec la circulation de l’eau, même à faible pression et grâce à l’emploi d’un surchauffeur, élevant la vapeur des aspirateurs à tel degré nécessaire, on chauffera promptement, sans aucune perte de la chaleur non employée, puisque l’eau reviendra nécessairement au récepteur.
- Pour donner une idée de la différence qui existe entre l’emploi de la vapeur et celui de l’eau comme véhicule calorifique, supposons, d’une part, un kilog. de vapeur à 150°, ou à 5 at., ayant-circulé et étant (ce qui arrive peu) entièrement condensée dans un serpentin, un double fond, ou dans tout autre appareil de chauffage, après y avoir occupé un espace de 134 litres ; ce kilog. de vapeur, qui a coûté 650 calories, dont 500 pour la transformation de l’eau en vapeur sont entièrement perdues, sans aucune utilité, ne transmettra au chauffage que 50 calories environ, les 100 autres calories resteront dans l’eau de condensation ; d’autre part, il circulera, dans le même temps et dans le même appareil, 134 litres ou kilog. d’eau, qui, à la même température de 150° contiendront 20100 calories, dont la moitié ou le tiers seront abandonnés au chauffage, et dont l’autre moitié ou les deux autres tiers reviendront au récepteur !
- Bougarel.
- RAPPORT
- Sur une Note relative à la substitution du chrome au vanadium dans l’impression en noir d’aniline.
- (Société industrielle de Rouen}
- Par M. G. Witz.
- Messieurs,
- La note adressée sous ce titre par M. S. Grawitz, à la Société industrielle (I) a été renvoyée, par le Comité de chimie, à l’examen de trois de ses membres.
- Après quelques préliminaires sur l’historique de
- (1) Voici le texte intégral de la note de M. Grawitz :
- Messieurs,
- Vous n’avez pas oublié la surprise qu’excita parmi les chimistes, la découverte des propriétés si curieuses des sels de vanadium dans la génération du noir d’aniline.
- Signalés pour la première fois par Lightfoot, puis par Pinkney et Guyard, cette réaction fut analysée dans ses moindres détails par notre savant confrère, M. G. Witz.
- Dans son beau travail sur le noir d’aniline, M. Witz montra quelle activité vraiment merveilleuse possédait le vanadium, et, grâce au dosage infinitésimal qu’il reconnut suffisant pour ce réactif, il fit voir que le noir au sulfure de cuivre était plus cher que le noir de vanadium, malgré le prix très-élevé de ce métal.
- L’industrie de l’indienne adopta promptement ce perfectionnement, mais le haut prix du vanadium lui fit bientôt chercher un succédané. Le cérium fut proposé dans ce but.
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- l’emploi du vanadium dans la génération du noir d’aniline et sur son application industrielle en quantités infinitésimales, l’auteur cite le cérium, qui a été proposé comme succédané, mais il indique à tort le chiffre de trente fois moins actif, tandis que l’un de nous a reconnu que trois mille parties en poids de ce métal donnaient encore en impression un résultat inférieur à celui d’une seule partie de vanadium.
- D’après lui, Lighfoot aurait commis l’erreur de conclure à l’inertie du chrome et cette erreur se serait perpétuée en arrêtant les recherches ultérieures.
- Il suppose ainsi que l’on n’a plus songé à essayer
- mais son activité, environ trente fois Ç*) moins grande que celle du vanadium, d’après M. Witz, fit voir qu'il n’y avait aucun avantage à cette substitution.
- Il est assez curieux que l’on n’ait pas songé à un méta de la famille du vanadium, dont l’abondance dans la nature et le bas prix dans l’industrie fait un des réactifs le meilleur marché de la chimie.
- L’acide chromique et les sels agissent dans les mélanges pour noir avec une énergie encore plus considérable que les sels de vanadium.
- Dans les mélanges non épaissis ou épaissis très-légèrement à la gomme arabique, le noir se développe encore en mettant un dixième de milligramme,de bichromate de potasse dans un litre de couleur tenant cent grammes d’aniline à l’état de sel,
- Lightfoot, qui a le premier signalé l’énergie d’action du vanadium, a conclu à l’inertie du chrome. C’est une des rares erreurs de l’éminent chimiste, erreur qui a probablement arrêté toute recherche ultérieure dans ce sens.
- Les avantages de l’emploi des composés chromiques à la place des composés vanadiques sont les suivants :
- 1° L’économie. Elle est énorme : le bichromate de potasse vaut au plus 1 franc le kilog, et le bivanadate fr. 4,500 au moins.
- 2° La grande solubilité du réactif, tandis que la faible solubilité des composés vanadiques empêche leur parfaite distribution dans la masse de la couleur et amène des accidents d’impression.
- 3° La possibilité de faire varier, dans des limites très-étendues, la rapidité du développement du noir et ses qualités, par l’augmentation de la dose du reactif employé sans dépasser, toutefois, un prix de revient très-modéré.
- Ainsi, un litre de couleur à 1 gramme de bivanadate, coûterait, de ce chef, 4 fr. 50 ; à 1 gramme de brichromate il coûte 1/10 de centime'; à 40 grammes, on ne dépasse encore que 1 centime, et les propriétés de la couleur obtenue sont très-heureusement modifiées.
- Je développerai plus tard ces divers points. Je tiens seulement aujourd’hui à prendre date pour l’emploi des sels chromiques dans la génération du noir en présence des chlorates, persuadé que les avantages qu’il présente seront appréciés par les membres si compétents de la Société industrielle.
- (") « Le nombre cité par M. Grawitz n’est pas exact : le travail original, publié dans le Bulletin de la Société industrielle de Rouen, apnée 1877, dit en toutes lettres que le cérium est trois mille fois moins actif que le vanadium.
- « {NotedeM. G. Witz). »
- le chrome et ses dérivés ; puis, lui attribuant une énergie encore plus considérable qu’au vanadium il préconise à son tour l’emploi du bichromate de potasse à la dose de 1/10 de milligramme par litre de couleur, légèrement épaissi à la gomme, contenant 100 grammes d’aniline à l’état de sel.
- Il signale encore en faveur des composés chromiques l’avantage de l’économie, et conclut que l’on peut augmenter la dose de bichromate jusqu’à un gramme ou même 10 grammes par litre de couleur en obtenant de bons résultats à un prix moindre qu’avec le vanadium. Il ajoute que la faible solubilité des composés vanadiques empêche leur parfaite distribution dans la couleur et amène des accidents d’impression.
- Enfin l’auteur, tenant seulement, comme il le dit, à prendre date pour l’emploi des sels de chrome dans la génération du noir d’aniline en présence des chlorates, annonce qu’il se réserve de développer plus tard ces divers points.
- Nous sommes malheureusement loin d’être d’accord avec M. Grawitz sur ces conclusions, quoique la substitution qu’il propose actuellement ait déjà été de sa part l’objet d’un nouveau brevet.
- Voici un bref exposé des faits sur lesquels nous nous sommes basés dans cette étude.
- Les bichromates, comme tout le monde le sait, ont été employés dès les premières recherches de coloration sur l’aniline et ses sels ; jusqu’à ce jour on n’a même jamais cessé d’en faire largement usage dans la teinture en noir, verdissable ou non. Mais l’addition de bichromates dans une solution ou un mélange épaissi pour l’impression contenant dès sels d’aniline, est bien différente : il est facile de concevoir que l’acide chromique doit réagir rapidement au contact de l’aniline en produisant des matières colorées insolubles, et qui par conséquent ne se fixent plus intimement sur la fibre ; il y a tendance à une coagulation de la masse, trop brusque pour que la réaction puisse avoir lieu en présence du tissu. Lorsqu’on opère sur une pâte faiblement épaissie, la précipitation du noir est déjà achevée en moins d’une dizaine de minutes : de là une impossibilité pour ainsi dire absolue dans la pratique. La gomme est encore l’épaississant le moins favorable.
- . En réagissant sur l’aniline, l’acide chromique passe, par ce fait, à un degré d’oxydation inférieur, et il ne peut être régénéré par les chlorates, à 30° G., par exemple, comme le sont certains autres composés métalliques : l’action de ceux-ci se re-
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- nouvelle sans interruption et paraît rester illimitée tant qu’il existe de l’acide chlorique, aussi suffit-il de les employer dans une très-faible proportion.
- L’acide chromique agit d’une manière essentiellement différente et uniquement en raison des équivalents en présence, parce que le résidu chromique reste au contraire à l’état inerte. La substitution du chrome au vanadium dans les couleurs avec chlorates semble donc devoir être nulle ou peu probable à priori.
- C’est, en effet, ce que nous avons pu constater dans nos essais.
- (A suivre).
- COLORATIONS DE BOIS
- PAR L’ANILINE, LE SEL D’ANILINE ET LA SOUDE
- Par M. G.-A. SCHCN.
- Séance du 30 octobre i8T8 de la Société industrielle de Mulhouse.
- Désirant donner un ton vieux à différents objets en bois de chêne, j’essayai d’y arriver en les frottant d’huile d’aniline, qui, comme l’on sait brunit spontanément et assez rapidement.
- Je n’obtins pas de bons résultats. Le bois prit une teinte qui rappelait à peu près l’acajou. — La coloration était très-superficielle, l’huile ayant peu pénétré.
- J’eus alors l’idée de peindre préalablement le bois avec une dissolution de sel d’aniline. Celui -ci, comme chacun sait, pénètre le bois avec une facilité singulière, en le colorant en jaune ; cela est visible en particulier par la coloration que prennent les caisses de sel d’aniline faites en bois de sapin ou de peuplier.
- Ayant de la sorte fait pénétrer l’aniline dans le bois, sous forme de sel, je passai sur cette première teinture une couche de soude caustique pour mettre l’aniline en liberté.
- Il se produisit ainsi instantanément un ton brun foncé rappelant le vieux chêne. — Le même effet s’observe avec le noyer, le prunier, etc. J’essayai l’action de la soude caustique seule et constatai qu elle produit un effet approchant, quoique moins bon qu en présence du sel d’aniline. C’est cependant à elle qu il faut attribuer le principal rôle dans cette coloration, qui ne réussit pas de même avec tous les bois.
- J’ai cherché aussi à produire une teinte noire sur le bois, en imprégnant celui-ci successivement de sel d’aniline, de bichromate de potasse et de soude; laissant sécher après chaque application.
- La teinture se fait très-également, sans marquer plus ou moins les parties tendres du bois que les nœuds.
- Cette teinture en noir réussit avec toutes les essences sur lesquelles j’ai pu opérer, c’est-à-dire les principales essences du pays et quelques bois exotiques.
- La teinte jaune donnée par le sel est générale aussi pour tous ces bois. Un vernissage ou un polissage à l’huile de lin a pour effet de foncer les nuances.
- Je ne sais si ces observations sont toutes nouvelles, ni si elles trouveront leur application ; ces colorations ont pour elles la facilité et la rapidité de leur production, ainsi que leur bas prix de revient; c’est ce qui m’a poussé à en parler.
- A PROPOS DE VERTS
- Dans le langage des couleurs, vert signifie : Espérance. Le vert est aussi l’un des signes caractéristiques du printemps. C’est probablement par suite de l’approche de cette saison, bienvenue à remplacer un hiver long, rude et pénible, que nous voyons surgir des verts de tous côtés.
- Nous avons parlé du vert malachite de MM. Ruch et fils; du vert solide de MM. Bindschedler et Busch.
- Nous parlerons prochainement : des verts Victoria, de la Badische anilin et soda fabrik ; du vert d’éthyle, de MM. Gerber et Uhlmann; et enfin, du vert acide, de M. Poirrier.
- Pour être le dernier venu, le vert acide de M. Poirrier pourrait bien être le plus avantageux, si nous en croyons les renseignements que nous avons déjà. recueillis'sur ce nouveau colorant.
- Nos lecteurs s’attendaient probablement à trouver dans ce numéro la réponse de MM. Ruch à la demande de MM. Bindschedler et Busch. La réponse ne paraîtra pas dans notre publication.
- La question de validité de brevet est, en effet, une question fort délicate que personne n’oserait préjuger avant que les tribunaux n’aient prononcé en dernier ressort. Il y a, de plus, de telles anomalies dans les lois des divers pays, que pour n’en
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- citer qu’une seule sur la brevetabilité desproduits chimiques, nous allons indiquer leur situation.
- En France, Belgique, Angleterre, Etats-Unis, Autriche, Suède, Russie, Italie, on peut faire breveter un produit chimique indépendamment du moyen ou du procédé par lequel il sera fabriqué.
- Au contraire, en Allemagne, Espagne, on ne peut jamais breveter le produit, mais seulement le procédé -, et en Suisse, comme en Hollande et en Turquie, il n’y a pas de brevet du tout.
- La discussion sur cette question a été très-vive au Congrès tenu, à Paris, pour la propriété industrielle, pendant l’Exposition. Nous avons indiqué le vœu formulé par le Congrès sur cette question.
- Le Congrès de Paris n’a pas encore terminé l’examen de toutes les questions qui lui étaient soumises ; mais la commission permanente, nommée par lui, fait ce travail en ce moment.
- Le point le plus important, c’est que le Ministre de l’agriculture et du commerce a accepté officiellement de prendre l’initiative pour qu’une commission internationale soit appelée à traiter officiellement la question relative à une législation uniforme sur la propriété industrielle.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- LES APPRÊTS DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. SCHULTZ.
- — Fin. —
- Apprêt des doublures pour la chapellerie.
- Les articles doublures pour les fonds de chapeaux et de casquettes sont fortement empesés; on ne teint pas le tissu canevas dont on se sert pour ce genre de fabrication.
- Les couleurs qu’on emploie ordinairement pour la chapellerie bon marché sont le bleu d’outremer et le solferino.
- Apprêt bleu d’outremer pour la chapellerie.
- 220 litres eau.
- 30 kilos fécule.
- 2 kilos suif.
- 44 kilos bleu outremer.
- Bien tamiser afin que le bleu d’outremer forme
- un mélange homogène avec l’empois, cuire à l’appareil Simon.
- Tamiser encore une fois.
- Passer deux fois, en se servant de l’apprêt chaud par les rouleaux, page 266, année 1878, une fois d’un côté, l’autre fois de l’autre côté des pièces et sécher à la rame. Cylindrer.
- Apprêt Solferino pour la chapellerie.
- 215 litres eau.
- 75 kilos fécule.
- 4 kilos suif.
- 570 grammes fuchsine dissoute dans 160 litres eau.
- Passer 3 fois par les rouleaux page 266, année 1878 du Moniteur de la Teinture^ une fois d’un côté des pièces et deux fois de l’autre, sécher à la rame et cylindrer.
- Satin bittlé à l'anglaise.
- Cretonne bleutée apprêtée sans amidon.
- Fin des apprêts.
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- BLEU D’INDIGO EXTRA
- No 230.
- De MM. J, Ruch et fils.
- Pour 5 kilos de laine :
- Bien laver la laine, puis la faire bouillir dans un bain de
- 175 gr. Acide oxalique.
- 175 Crème de tartre.
- 10 Sel d’étain.
- 40 Bichromate de potasse.
- 500 Alun.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- et la quantité nécessaire de Bleu d’indigo extra ; on obtiendra ainsi la nuance de l’échantillon n° 1 (clair).
- Pour la nuance de l’échantillon n° 2 (foncé), opérer comme ci-dessus, puis bouillir une demi-heure dans un second bain de 1 k. 750 gr. de bois de campêche.
- Si l’on veut obtenir l’échantillon n° 2 d’un ton bleuâtre, on ajoute, après ce second bain, 100 gr. ou plus, s’il le faut, de cristaux de soude.
- 2
- Nous donnons le procédé tel qu’il nous a été transmis. Si la laine n’est pas mordancée, ce ne sera certes pas faute de mordants. Nous avons donné, page 210, année 1877, 3 échantillons de Bleu de cuve artificielle, auquel il suffit de 15 gr. d’alun et d’un peu d’acide sulfurique pour avoir un bleu indigo solide au savon, solide aux acides et solide à l’air. A nos lecteurs de choisir.
- IMPRESSION DES TISSUS
- RESERVES
- Par Alex. Schultz.
- Les réserves ou résistes inventées par les Indiens, qui s’en servent encore aujourd’hui pour la fabrication des Baticks (1), permettent de varier beaucoup l’impression des tissus et d’obtenir des articles particuliers qu’il serait impossible de faire autrement.
- (1) Voir l’article « Sarrongs indiens, genre Batick » du Moniteur de la Teinture, année 1877, page 90.
- Les mots réserve et résiste sont syno-nimes, ils comprennent un grand nombre de genres, qu’on a beaucoup fabriqués et qu’on imprime encore maintenant, et dont la plupart ont été créés par les fabricants d’Alsace ; les principaux sont les suivants :
- Genres réserves, sousbasés après teinture, d’une très-grande variété ;
- Genres réserves cuvés, d’une très-grande variété ;
- Genres réserves garancine, d’une très-grande variété;
- Genres réserves lapis, d’une très-grande variété ;
- Genres réserves sous bleus de France;
- Id. deuil;
- Id. violet garance savonné ;
- Id. rose garance;
- Id.- orange de chrome;
- Id. noir d’aniline;
- Id. puces et modes naphty-lamine très-variés, et enfin les genres réserves sous couleurs vapeur d’une très-grande variété dont la création est également due aux imprimeurs alsaciens qui sont et resteront les seuls initiateurs, malgré l’annexion.
- Dans ces derniers temps, on a fait beaucoup de genres résistes sans couleurs vapeur, surtout en Angleterre (imitation de Mulhouse), mais les genres résistes qui s’impriment le plus se font par teinture ; ce sont les plus simples, parce que pour ce genre de fabrication il suffit de détruire et d’enlever les mordants, tandis que pour les genres réserves vapeur, il faut détruire les mordants et les matières colorantes qu’on imprime sur les résistes en empêchant la couleur sous basement de se fixer sur le tissu.
- Les mots réserves et résistes signifient : produire le blanc et d’autres couleurs dans un dessin couvert par un fond gravé ou par teinture ces expressions désignent une composition qui résiste aux mordants et aux couleurs, de manière à produire du blanc et toutes les autres colorations.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Quand on dit résiste ou réserve rouge, cela signifie une couleur composée de mordant rouge, lorsqu’il s’agit de couleurs teintes en garance.
- Lorsqu’il est question de l’article vapeur, c’est-à-dire des couleurs se fixant par le vaporisage, ce qu’on désigne sous le nom de réserve rouge, est alors une couleur composée d’un mélange de matière colorante rouge et d’un mordant rouge à l’alumine, mélangé dans certains cas, d’un sel stanneux ou stannique, d’un corps hygros-copique et de tout autre mordant, oxydant ou agent contribuant à la fixation du rouge, mêlé avec des épaississants solubles ou insolubles et des huiles, des corps gras ou résineux pouvant résister aux couleurs qu’on imprime par dessus la réserve ou à la teinture à laquelle on soumet l’étoffe sans la faire passer par l’impression, comme cela se fait pour certains genres bleu-indigo vapeur pour lesquels le cuvage est remplacé par un foulardage ou placage avec le précipité d’indigo blanc.
- Il en est de même de toutes les autres réserves vapeur colorées, telles que réserves jaunes, réserves bleues, réserves vertes, violettes, cachou, etc., qui seront composées d’une seule ou de plusieurs matières colorantes, d’un seul ou de plusieurs mordants, d’un seul ou de plusieurs oxydants, auxquels on ajoute quelquefois des sels déliquescents ou d’autres agents hygrosco-piques et résistants pouvant aider à la fixation des résistes, et à la destruction du sous-basement, qu’on imprime par dessus ou précipiter et empêcher la teinture à laquelle on soumet l’étoffe sans l’imprimer.
- On emploie généralement, comme résistes, pour produire le blanc sous les mordants d’alumine et de fer, du jus de citron, dont la concentration varie suivant la force des mordants ou les gravures plus ou moins profondes qui servent à les imprimer.
- Pour réserver du blanc sous du noir, sous du cachou garancine ou sous du puce à teindre en garancine ou au bois, le jus de
- citron, devant détruire des mordants de 5 à 8 degrés B., doit être employé beaucoup plus fort que lorsqu’il s’agit de réserver, par exemple : du violet garance, ou du rose garance à 1/4 ou 1/8° Baumé. Dans le premier cas, on emploiera du jus de citron de 10 à 15° B., et dans le second cas, du jus de citron à 1 ou 2° B. suffira pour réserver le blanc, mais il arrive qu’on imprime, par exemple : au rouleau à deux couleurs, du mordant puce ayant 5 à 8° B., et du mordant violet ne marquant que 1/4 degré, à l’aréomètre Baumé, il faut alors, pour obtenir du blanc sous le puce, imprimer du jus de citron, de 10 à 15° B. Mais cette résiste devant détruire avec la même gravure et la même réserve de 10 à 15° B, le puce à 8 degrés et le violet à 1/4 degré, présente un grave inconvénient, le dessin blanc qu’elle produira sous le puce, deviendra beaucoup plus petit que le dessin blanc réservé par le violet.
- Le dessin blanc, sous le puce, sera net et régulier, tandis que le dessin blanc formé dans le violet sera gras, irrégulier, coulé et aura perdu toute son élégance, parce que le jus de citron, en présence d’un mordant très-faible (trente-deux fois plus faible que le mordant puce) en détruira une quantité plus grande et s’étendra beaucoup plus.
- Comment empêcher cela?
- Il suffit d’ajouter un sel d’acétate de chaux ou d’acétate de soude, au mordant violet, de manière à obtenir le même degré à l’aréomètre Baumé que pour le puce, dans ce cas le jus de citron trouvera à se combiner avec le sel de chaux ou de soude (acétate qu’on aura ajouté au mordant de violet plus faible), la réserve blanche ne s’étendra pas davantage sous le violet que sous le puce, et ce tour de main bien ingénieux permettra d’obtenir sous les deux couleurs le même dessin.
- Il en sera toujours de même quand on imprimera en même temps au double rouleau, sur la réserve blanche, des mordants, ayant de grandes différences de force, il
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- faudra toujours, et pour tous les mordants, pour obtenir le même blanc, sous les deux mordants, ajouter au mordant plus faible, un sel qui l’empêchera de s’étendre ou de couler.
- Le nitrate de soude, employé au même degré, donne les mêmes résultats que le jus de citron.
- Lorsqu’on imprime, et surtout lorsqu’on plaque sur les réserves, il faut avoir soin de sécher bien également pendant l’impression, car dans les parties des pièces où elle resterait mouillée, la réserve au jus de citron ou toute autre étant plus longtemps en contact avec le mordant ou la couleur imprimée, a une action plus décomposante sur le mordant, et les parties du dessin réserve, qui sèchent plus lentement que les autres, seront plus déformées, et quelquefois coulées et rappliquées si le séchage se fait par trop inégalement.
- La concentration, pour les réserves au jus de citron et au nitrate de soude, et pour toutes celles qui s’étendent facilement par l’humidité du sous-basement ou placage, se règle d’après la profondeur de la gravure, qui pour les réserves sujettes à couler ne doit pas être très-forte, tandis que pour les résistes vapeur et surtout pour les résistes lapis et gros bleu cuvés, elle doit être plus profonde, de même que pour les résistes mécaniques, c’est-à-dire celles qui ne sont composées que de substances insolubles, telles que la terre de pipe, la craie, le phosphate de chaux et les corps gras ou résineux et qui, par conséquent, n’exercent aucune action chimique sur la couleur du sous-basement et empêchent, ainsi que le mot le dit, mécaniquement la couleur de marquer sur la réserve.
- La nature et la composition de la résiste, dépend des mordants et des matières colorantes, imprimées comme sous-basement, ou de la nature et de la composition des bains de teinture, en ne passant pas par l’impression.
- Après l’impression des sous-basements, on les teint, quand ce sont des mordants.
- Quand les sous-basements imprimés sont des mélanges de matières colorantes et de mordants, on les fixe par l’oxydation humide suivie d’un lavage, par le chromage, par le vaporisage, par des passages alcalins, soit en chaux, soit en soude, etc.
- Nous avons déjà vu que pour réserver les mordants de fer et d’alumine, on se servait d’acide citrique.
- Les réserves au jus de citron peuvent aussi être employées, pour les couleurs d’application, telles que les cachous, modes, et autres qu’on prépare en mêlant des mordants de fer, d’alumine, de naphtylamine et de chrome, aux différente s matières colorantes.
- La fabrication résiste, se divise en deux, principaux genres, qui sont :
- 1° Les articles réservés, avec sous-base-ment ou placage.
- 2° Les différents et nombreux articles cuvés.
- Je me contenterai d’indiquer la composition des résistes qui sont le plus généralement employées, le cadre du Moniteur de la Teinture ne me permettant pas de m’étendre longuement sur cet important sujet. Il a donné naissance à une foule de fabrications et de genres des plus compliqués, demandant de la part du chimiste une longue pratique, et donnant une variété infinie de marchandises, si diverses par leur exécution et par leur aspect, et que le tissage ne peut pas rendre, ne disposant pas des ressources si nombreuses de l'impression, qui a été un moment abandonnée et qui l’est encore maintenant, mais les innombrables moyens dont elle dispose lui permettront de reprendre le dessus. Il arrivera certainement une époque, où le public, fatigué de la monotonie des genres obtenus par le tissage, reviendra aux tissus imprimés.
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- (4 suivre.)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius MOYRET.
- — Suite —
- Avivage pour toucher mou, avivage aux deux huiles.
- Lorsque les soies sont destinées à des articles devant subir certains apprêts, tel que l’apprêt dit moirage^ elles doivent avoir un toucher mou spécial dit toucher pour moire. Ce toucher se donne à l’aide d’un avivage spécial, très-difficile à bien exécuter, et dont il a déjà été question. Cet avivage se fait en décomposant, selon le terme des ateliers, de l’huile d’olives par de l’acide sulfurique à 66° Bau-mé, ou huile de vitriol, de là le nom d'avivage aux deux huiles ; pour ce, on bat dans une casse en cuivre poids égaux d’huile et d’acide, de manière à former une émulsion, qui n’est autre chose, quand elle est terminée, qu’un mélange d’acides sulfo-margarique, sulfo-oléique et sulfo-glycérique. Cette émulsion, faite avec 5 à 6 pour 100 d’huile du poids des soies, est vivement délayée dans l’eau d’avivage toute prête et tiède ; d’autre part, les soies également prêtes sur des grilles et sur la barque, doivent être abattues et lisées immédiatement.
- Règle générale, tous les avivages veulent être menés avec une grande célérité, aussi les soies abattues sur les barques sont menées et lisées cinq ou six fois très-rondement ; au bout de cinq ou six lises, l’avivage est terminé et l’huile émulsionnée est fixée sur la fibre. On écarte le bain des barques parles soupapes et les soies écoulées sont diablées sur l’avivage sans les rincer, puis soumises au séchage. A la suite de l’avivage aux deux huiles, les soies ont perdu tout maniement, et de plus ont pris un toucher mou spécial. Dans quelque cas on peut enlever le toucher, en terminant les soies par un avivage sur un bain de savon blanc sur lequel on ne rince pas. C’est ainsi que l’on termine les soies noires pour velours.
- Avivage pour toucher craquant.
- Ces avivages sont les plus importants et sont ceux qui jouent le plus grand rôle ; ils ont toujours pour base principale la présence d’un acide, lequel peut être un acide minéral ou un acide végétal.
- L’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique peu
- vent être employés; dans tous les cas, ils doivent l’être avec ménagement, car à haute dose ils peuvent faire tomber la nuance de certains noirs délicats. On emploie de préférence l’acide chlorhydrique car l’acide sulfurique, en se concentrant sur la fibre, peut l’altérer et la brûler. L’acide chlorhydrique s’emploie surtout dans les cas d’avivages sur soies teintes, par passages successifs en gallique et pieds. Ces noirs, moins délicats que ceux qui seront vus plus loins, demandent également un acide énergique pour relever le toucher • néanmoins un excès d’acide fait toujours jaunir les nuances. On peut employer jusqu’à 10 à 12 pour 100 d’acide chlorhydrique du commerce pour certains noirs ; d’autres fois, 6 à 8 pour 100 suffisent.
- Les acides végétaux les plus employés pour les noirs fins, sont les acides acétique et citrique ; ce dernier est représenté dans le commerce par le jus de citron. Les acides tartrique et oxalique sont laissés de côté, ce dernier parce qu’il altère le traitement des soies, et l’acide tartrique n’est pas entré dans les habitudes du teinturier en soie, comme dans celles du teinturier en laine.
- L’acide acétique s’emploie à la dose de 10 à 12 pour 100 ; il laisse un très-bon toucher et n’offre aucun danger ni pour le traitement, ni pour la nuance ; malheureusement, cet acide étant volatil, les soies perdent peu à peu leur maniement; inconvénient que n’offrent pas les avivages faits au jus de citron. Ce produit, dont il s’emploie des quantités considérables, à Lyon principalement, est le produit de l’expression des citrons ; il forme un liquide jaune louche, à odeur parfumée de citron, saveur acide agréable due à une quantité notable d’acide citrique. On l’emploie à la dose de 20 à 25 pour 100 du poids des soies, auxquelles, outre un bon toucher, il laisse une bonne odeur de citron.
- Quel que soit l’acide employé, les bains d’avivage étant montés ordinairement à 25 ou 30° de chaleur, l’acide nécessaire y étant ajouté, on y verse, avant d’abattre les soies, la préparation d’huile émulsionnée faite comme suit :
- Émulsion d’huile pour avivage.
- L’huile employée pour les avivages doit être toujours une huile d’olives surfine ; malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi, et le teinturier, comprenant souvent mal ses intérêts, emploie des huiles d’olives de qualités inférieures, qui souvent l’exposent à de graves mécomptes, par l’odeur qu’elles peuvent laisser à la soie. Cette huile dg
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- être émulsionnée, c'est-à-dire réduite à l’état de globules microscopiques tenus en suspension dans de l’eau, et ressemblant à du lait.
- Pour obtenir ce résultat, il faut battre l’huile avec une dissolution de carbonate de potasse ou de soude à tiède. La solution de carbonate de potasse est celle qui fait le mieux ; par économie on peut employer une solution mixte. La quantité d’huile voulue, 6 à 10 même 12 pour 100 du poids delà soie, est battue vivement avec un balai dans un vase cylindrique avec son volume de solution étendue des carbonates ci-dessus, jusqu’à ce que le mélange forme un véritable lait persistant quelque temps. Dans certains cas, on emploie la soude caustique en plaques à faible dose pour obtenir ce résultat ; c’est lorsqu’on avive avec des acides minéraux.
- L’émulsion étant bien faite, pendant qu’un ouvrier brasse vivement la barque d’avivage dans laquelle l’acide a été préalablement ajouté un autre ouvrier verse cette émulsion dans le bain, et après un brassage énergique et rapide, si l’émulsion a été bien faite, l’huile reste en fines gouttelettes dans le bain, et ne doit pas monter à la surface.
- Emploi de gélatine.
- Dans certains cas, il est dans l’habitude de mettre dans la barque d’avivage 6 à 10 pour 100 de colle forte ou gélatine dissoute à l’avance dans l’eau; on l’introduit avant l’acide. En général, on emploie pour cet usage des colles inférieures comme blancheur, les colles de menuisier, mais qui ont plus de force que les autres.
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- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCENANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1877
- 121,759.— 31 décembre. — Lehoux et Rigot. — Système de métier à tisser.
- 121,775. — 22 décembre. — Johnstone et STAI-ton. — Perfectionnements apportés aux machines propres à nettoyer les peaux à longs poils et à laine.
- 121,780. — 22décembre. — Hoffmann (le doc-
- teur). — Mode de production des violets et des rouges d’outre-mer.
- 121,787. — 24 décembre. — Mast. — Fourneau à chauffer l’air, destiné au séchage de toutes matières.
- 121,799. — 9 novembre. — Bernardotti. — Lessiveuse perfectionnée.
- 121,802. — 21 décembre. — Sa vigny et CoLLI-neau. — Ensemble de procédés de teintures des étoffes de toute nature, au moyen de la cauline et de ses dérivés.
- 121,814. — 27 décembre. — Brook jeune et Stake. — Perfectionnements dans les machines à peigner la laine ou autres matières filamenteuses.
- 121,820. — 27 décembre. — Rave et WATTINE-DELESPIERRE. — Nouveau produit dit : polychrome et son application à la teinture de toutes matières textiles.
- 121,823. — 28 décembre. — Boucher. — Procédé de fabrication de sulfate d’ammoniaque au moyen de déchets de cuirs, peaux, poils, etc.
- 121,837. — 29 décembre. — Maxten, Robert et Cie. — Perfectionnements dans la fabrication mécanique de la dentelle.
- 121,839. — 29 décembre. — Maître. — Perfectionnements à l’épaillage chimique des chiffons et tissus de laine.
- 121,880. — 22 décembre. — Overend et Firth. — Perfectionnements apportés aux machines pei-gneuses.
- 121,883. — 31 décembre. — Blaise. — Appareil propre au séchage des matières textiles et des chiffons.
- 121,895. 5 janvier. — Société Jean-Baptiste David. — Perfectionnements au pliage des rubans de velours.
- 121,897. 7 janvier. — Dreyfus (frères). — Application d’une chaudière à vapeur fermée, munie d’un filtre métallique pour la fabrication des lies de vin en cristaux de tartre et du tartre en crème de tartre de premier jet.
- 121,898. 7 janvier. — Brénier et Cie. — Perfectionnements aux machines peigneuses circulaires pour les déchets de soie.
- 121,904. 5 janvier. — Marrel (frères). — Appareil destiné au pliage des ranchers, double ou simple.
- 121,906. 9 janvier. — Paul et Berthelier. — Perfectionnement apporté aux peignes à tisser pour | les rendre invariables.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CORRESPONDANCE
- Nous recevons de notre correspondant de Marseille la note suivante :
- Note sur les huiles d’Olives.
- La récolte d’olives ayant été cette année, des plus abondantes, le prix des huiles à fabrique est assez bas pour qu’on puisse, dans le Nord, engager l’industrie à s’en livrer telles quelles, et à opérer elle même leur transformation en huiles limpides, neutres ou tournantes.
- Le cours actuel de la marchandise disponible est 55 fr. la millerole de 64 litres (90 fr. 20 environ les 100 k.), etôn vendrait aisément à livrer, avril-mai-juin 54 50 à 55 la mill. Ces prix sont à l’acquitté ; pour l’étranger, il y aurait à en défalquer les 4 francs de droits de douane.
- Il n’est pas probable que ces prix varient beaucoup avant septembre prochain, époque à laquelle ils pourraient s’élever, si la récolte prochaine était moins favorable.
- L’huile se vend, à Marseille, par millerole de 64 litres qui, conventionnellement, correspond à 581750 de sorte que le jaugeage est contrôlé par le poids net. Au jaugeage on déduit le pied, c'est-à-dire les impuretés qui troublent l’huile dont l’évaluation se fait au jugé et peut varier de 1 à 4 pour 100 ; cette déduction est fort à l’avantage de l’acheteur, la moitié au moins de ce trouble étant due à de la margarine en excès.
- L’huile se vend nette de tare, nue, c’est-à-dire fûts à rendre. Effectivement, ces fûts sont généralement pris en location par l’importateur pour la durée de l’expédition. Mais on trouve facilement, à Marseille, à acheter de bons fûts, de 3 à 4 francs par 100 kil. de contenance, suivant qualité, et garantie du tonnelier qui les a rebattus.
- Le courtage habituel sur les huiles d’olives est de 1/2 pour 100 et la commission usitéede 2 pour 100. Cette commission est assez élevée parce qu’on doit opérer le débarquement et veiller avec assiduité au jaugeage, au renfûtage et à l’expédition, D’ailleurs, les huiles achetées à la pile, c’est à-dire de seconde main, coûtent au moins, 2 à 3 francs de plus, parce qu’elles ont déposé (elles valent, en moyenne, 5 francs de plus si elles sont devenues lampantes,
- c’est-à-dire presque limpides) et on est à peu près certain que ces huiles sont mélangées, principalement d’huile de coton, dont le prix est très inférieur.
- Pour avoir 1 a certitude de recevoir de l’huile d’olives pure,- il faut l’acheter au débarquement et en exiger le certificat. C’est pour cela que nous engageons nos lecteurs à s’approvisionner d’huiles à fabrique à l'arrivage, afin d’y trouver et une certitude et leur pureté et une grande économie sur le prix, attendu que les résidus de la filtration ont, en savonnerie, un débouché à valeur presqu égale à celle des huiles à fabrique elles-mêmes.
- Notre position, à Marseille, nous permet de nous charger aux conditions ci-dessus, d’acheter, de recevoir, de soigner et d’expédier, pour compte de nos commettants, des huiles d’olives de provenance certaine, munies de leur certificat d’origine.
- Nous ferons observer que l’huile à fabrique peut être filtrée sans déchet plus considérable que celui qu’accorde le jaugeage et à peu de frais, surtout avec le filtre-presse à garniture de papier à filtre que nous construisons aujourd’hui, et être ainsi transformée avec 0,30 ou 0,40 c. de frais en huile limpide qui, pour l’ensimage des laines et d’autres emplois, possède un prix bien supérieur. Le prix de ce filtre passant 500 litres à l’heure est de 1.500 fr.
- Nous pouvons encore, moyennant une faible redevance, ou somme à forfait, enseigner à nos commettants deux procédés fort simples, l’un à l’aide duquel on transforme n’importe quelle huile, en huile tournante s’émulsionnant avec 25 fois son poids d’eau à 1 pour 100 de carbonate de soude ; l’autre, qui permet de neutraliser parfaitement l’huile d’olives à fabriques, acide ou rancie et de la rendre propre au graissage des machines, acquérant ainsi une valeur supérieure d’environ 10 francs par 100 kilogrammes. (I)
- (1) L’office du Moniteur de la Teinture se charge de transmettre, sans frais, les ordres de commissions à son correspondant. Ces ordres doivent être accompagnés de remises ou d’autorisation de traite à courts jours. Notre correspondant exécutera également les ordres concernant la droguerie et les teintures de la place de Marseille.
- Le Propriétaire-Gérant ; Paul BLONDEAU.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 6. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 1879.
- SOMMAIRE
- Blanchiment des tissus de coton par M. Alex. Schultz. — Rapport sur une note relative à la substitution du chrome au vanadium dans l’impression en noir d’aniline, par M. G. Witz. — Réponse de M .GRAVITZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Les apprêts des tissus de coton : La Calandre DEBLON (2 échantillons d’apprêt). — Chiffonnage : Dégradage du noir en laine et en soie et teinture en une autre couleur. — Procédé pour fabriquer soi-même le bisulfate de soude. — Impression des tissus : Réserves, par A. Schultz. (suite).
- — Sur le bleu d'anthracène dit « alizarine bleue ». par MM. Koechlin et Prud’homme.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Procédé de teinture de la soie : Brevet.-- Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (année 1878).
- CORRESPONDANCE. — Note sur les huiles d’olives.
- BLANCHIMENT
- DES TISSUS DE COTON
- L’art du blanchiment date de la découverte du chlore par Scheele, en 1774.
- Peu de temps après la découverte du célèbre chimiste suédois, Berthollet fut le premier qui en proposa l’application en indiquant la préparation industrielle du chlorure de chaux et la manière de s’en servir pour décolorer les substances végétales (1).
- Depuis cette époque les principaux perfectionnements dans le blanchiment consistent :
- Dans l’emploi d’un grand nombre de systèmes d’appareils à lessiver à haute pression (2), dans le lessivage au savon de colophane (3) et dans la création importante du blanchiment continu (4).
- (1) Voir le tome II des Annales de chimie, publié à cette époque.
- (2) Le lessivage à haute pression, d’origine anglaise, a été employé dès 1844 chez MM. Girard et Ce, à Rouen, et plus tard à Mulhouse.
- (3) Nous devons à M. Jean Fries l’importation d'Angle-terre du lessivage à la colophane. Essayé en 1831, chez MM. Witz Creuter et Co, à Guebviller, ce lessivage n’a été employé avec succès en Alsace et en Normandie qu'a-près 1848, et à dater de celte époque les perfectionnements des blanchisseurs de l’Alsace ont généralisé, même en Angleterre, l’emploi important, surtout pour la teinture des articles garancine non savonnés, du lessivage au savon de colophane.
- (4) M. Jean Fries, étant chez son frère, chimiste chez MM. Fauquet-Besselièvre frères, à Déville, vit qu’on en-cuvait dans cet établissement les pièces mécaniquement, cela lui donna l’idée du blanchiment continu, qu’il établit dans son usine à Guebviller (Fries Caillas) tel qu’on l'em-Ploie encore aujourd’hui. En 1838, un imprimeur anglais vit fonctionner à Guebviller le blanchiment continu et l'in-Produisit en Angleterre.
- Avant de décrire les procédés de blanchiment actuellement employés et afin de pouvoir faire connaître en même temps les progrès accomplis depuis un siècle, c’est-à-dire depuis l'application du chlore au blanchiment, par l’illustre chimiste français Berthollet, j’emprunte l’extrait suivant au meilleur ouvrage de l’époque :
- EXTRAIT DE l’Art du blanchiment des toiles, fils et colons de tout genre
- Par Pajot-des-Charmes
- Inspecteur des Manufactures et blanchisseur
- Ouvrage en un fort volume publié à Paris en l’an VI de la République (1798)
- CHAPITRE VIII
- Préparation à donner aux diverses marchandises
- Là préparation à donner à la toile avant son immersion dans l’acide muriatique oxygéné (1), consiste : 1° à la faire tremper douze heures environ dans l’eau, pour en dissoudre et détacher l’apprêt ou parement, lequel n’est pour l’ordinaire que de la colle de farine ou de l’amidon. Les toiles ainsi trempées pendant le temps convenable, on les enlève plis par plis et on les laisse s’égoutter sur un chevalet, puis on les dégorge dans un moulin à foulon. Dans ce foulonnage, on ne saurait prendre trop de soin pour faire détacher tout le parement des pièces.
- (1) L’acide muriatique oxygéné n’est autre chose que du hlore dissous dans de l’eau.
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- 62 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La seconde opération que doit subir la toile de coton après [son déparement, c’est la macération qui consiste à la faire tremper dans de la vieille lessive, pour ainsi dire usée, mise de côté et en réserve pour cet usage. On fait en sorte que la lessive surpasse la toile de coton, de manière à ce que celle-ci ne s’élève pas au-dessus de la liqueur, on les laisse séjourner dans cette vieille lessive 48 heures au moins, même en été et sans rien craindre. On reconnaît que la macération se détermine et produit son effet, quand la lessive se couvre de bulles et commence à renvoyer une odeur fétide. On ne saurait croire combien la macération dans les vieilles lessives avance la toile de coton, elle fait autant que deux lessives de coulage ou de bouillon; ce qui économise, comme l’on sait, le temps, le feu et la main-d’œuvre.
- Après la macération, on passe au foulon jusqu’à ce que l’eau sorte claire, puis on élargit les pièces, on les attache l’une au bout de l’autre et on les passe au large au moyen d’une manivelle (tourniquet) en acide muriatique oxygéné inodore, on les tourne pendant une demi-heure, on les retire alors de dessus le treuil, on les laisse plongés un quart d’heure dans l’acide, on repasse de nouveau une demi-heure sur le moulinet et lorsque l’eau acide n’agit plus sur la toile, on les retire et on les rince à la rivière et on les foule. Les blanchisseurs de France, tels que ceux de Mayence et environs, qui ont l’usage de passer leurs tissus après le blanchiment pour les apprêter à l’acide sulfurique, ont coutume de composer leur bain de 60 pots d’eau et 1 pot d’acide sulfurique, et ils y laissent leurs toiles pendant toute une nuit. On peut se servir du bain froid, mais celui qui est chaud est plus prompt et plus efficace. Après le passage en acide muriatique oxygéné inodore, on donne pendant 1 heure 3 lessives en montant jusqu’au bouillon à 1 1/2 degré sous zéro de l’aréomètre, entre chaque lessive, on donne un passage en acide muriatique oxygéné sans odeur ainsi qu’il est indiqué ci-dessus. Si après 3 lessives et h passages en acide muriatique oxygéné sans odeur, les pièces ne sont pas encore blanches, on continue les lessives et les passages en acide muriatique oxygéné jusqu’à ce que le tissu soit blanc et on expose les pièces sur pré si cela est nécessaire, il est rare qu’on soit obligé d’employer plus de 4 à 5 lessivages et 5 à 6 passages en acide muriatique oxygéné inodore.
- Au sortir du dernier bain acide oxygéné, les toiles doivent être soumises- à la presse ou retor
- ses, et mises de suite en grande eau et pendant longtemps, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’en les tordant par ci par là, et posant la langue sur la partie exprimée, l’on n’y sente aucun goût d’acide. Dans le cas contraire, on laisserait tremper de nouveau la toile, si c’est en eau courante ; ou en nouvelle eau, si on la mettait dans des baquets. •
- Les toiles bonnes à retirer, après être pressées, retorses ou exprimées à la manivelle sont passées ensuite au bleu. Le coup d’œil de bleu peut leur être donné en les passant dans une eau chaude ou froide de savon blanc dans laquelle on a délayé un peu d’indigo fin, trempé d’avance et, renfermé dans un rouet de linge.
- Chacun sait que les mousselinettes et mousselines rayées, unies, mouchetées, etc., sont d’autant plus belles qu’elles sont moins mousseuses ou couvertes de duvet. Aussi les Anglais, qui partout ont l’attention de n’employer que des cotons dont les soies sont longues, ont-ils le plus grand soin de les rendre rases le plus possible ; pour faire disparaître cette mousse qui nuit singulièrement à la réflexion et à l’éclat du blanc, sur une belle et fine pièce, grillent leurs tissus ; à cet effet, après avoir bien tendu les pièces, on les frotte à la brosse pour en relever le poil à griller, puis sur la surface supérieure de la toile, qui doit toujours être l’endroit de la pièce, on promène promptement et légèrement une barre de fer coudée et plus ou moins rouge; cette barre, suivant son degré de chaleur, est passée deux à trois fois sur le même endroit après l’avoir promenée rapidement sur une lisière, on la ramène insensiblement vers l’autre. Quand le duvet de cette première avalée est bien ras, ce que l’on observe en regardant la pièce dans le sens de sa largeur et longueur au niveau de sa surface, on tend une nouvelle avalée de la pièce que l’on déroule à cet effet, puis on procède à son grillage.
- Les toiles qui ont deux faces sont grillées des deux côtés, mais plus promptement et légèrement sur le côté d’envers, c’est-à-dire, on y porte beaucoup moins d’attention.
- Il faut au moins deux à trois fers dont l’un chauffe tandis que l’on grille avec l’autre ; on a surtout la précaution de les bien purger chaque fois avant de s’en servir sur un chiffon ou sur du grès d’un grain fin, et au sortir du fourneau où on les met chauffer. Cette attention est recommandée par la crainte qu’il ne se rencontre sur cet instrument quelque corps gras, ou de la suie, etc., qui
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- pourrait en s’enflammant brûler ou percer la toile. Ces fers peuvent être chauffés indifféremment avec de la tourbe, du charbon de terre, comme avec du bois.
- La toile de coton ou mousseline, que l’on rend ainsi rase et unie, prend aussitôt cet apprêt par lequel on commence toujours le blanchiment, prend, dis-je, une teinte rousse, semblable à celle que reçoit le linge sur lequel on a laissé reposer un fer à repasser un peu chaud. Mais cette couleur disparaît souvent à la première ou à la seconde immersion, sans aucune lessive intermédiaire.
- Prix de revient des drogues en 1791 pour la préparation de racide muriatique oxygéné : (1)
- L’acide sulfurique de Rouen, rectifié pour l’usage du commerce à 66 degrés........ Il sous la livre.
- Le manganèse cristallisé en aiguilles, tiré tout épluché de chez Pelletier, apothicaire, rue Jacob .................*...... 8 » »
- Le muriate de soude gris....... 2 » »
- Le boisseau de charbon pesant 5 à 6 livres, suivant la qualité du bois 3 » »
- La potasse de Dantzich, ou celle jaune et en pierre d’Yorck. 8 » »
- Le savon blanc et marbré de Marseille........................ 12 » »
- La sachée de tourbe contenant quatre mannes..................... 8 » »
- Dépense pour la préparation de deux tonneaux d'acide muriatique inodore.
- Acide sulfurique 5 1/2 livres.... 3 livres 6 d.
- Manganèse 2 1/2 livres......... 1 » Muriate de soude gris 8 livres 8 sous.
- Un boisseau de charbon de bois...................................... 3 »
- Une journée d’ouvrier.......... 1 livre.
- Potasse 2 1/2 livres........... 1 » 10 sous.
- 7 liv. 1 s. 6 d.
- Pour préparer l’acide muriatique oxygéné odorant, on prend les proportions ci-dessus en supprimant les 2 1/2 livres de potasse.
- Présentement je vais examiner à combien re-
- (1) Scheele a découvert le chlore en 1774 et Lavoisier qui regarda le chlore comme étant formé d’acide muriatique et d oxygène, l’appela acide muriatique oxygéné. Berthollet en a le premier proposé l’application à la coloration des substances végétales dans le tome II des Annales de chimie.
- viendrait la livre de fil ou l’aune de toile de coton tirant deux aunes à la livre sur une aune de lèze ou largeur ; ma toile sera censée de cent quatre-vingt aunes ou deux pièces de quatre-vingt-dix aunes.
- Une première immersion neuve d’acide muriatique oxygéné inodore............. 7 livres 1 sous 6 d.
- Deux autres immersions neuves d’acide muriatique oxygénée inodore................. 11 » 3 »
- Trois lessives neuves.......... 12 »
- Trois sachées de tourbes 1 *
- Une journée pour lessiver 1 »
- Total...... 32 livres8 sous 6 d.
- Ce qui établit la livre de fil de coton à 7 sous 6 d., et l’aune de toile de coton à 3 sous 9 d.
- Par ce qui précède, copié de l’ouvrage : L'Art du blanchiment des toiles par M. Pajot-des-Charmes, l’on voit que l’opération du blanchiment en grand, consistait à ne prendre pour chaque opération que deux pièces de 90 aunes chaque ou 180 aunes qui revenaient à 32 livres, 8 sous 6 deniers. Aujourd’hui les blanchisseurs font payer fr. 2, pour la même quantité de tissu en blanc d’impression.
- Alex. Schultz.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- RAPPORT
- Sur une Note relative à la substitution du chrome au vanadium dans l’impression en noir d’aniline.
- Par M. G. WITZ
- — Suite —
- Nous avons préparé un empois d’amidon assez faiblement épaissi pour l’impression, contenant par litre 80' grammes de chlorhydrate d’aniline pur et du chlorate de potasse en proportion voulue. Le contact du métal a été soigneusement évité pendant la cuisson, le tamisage et l’impression.
- En exposant à l’air chaud, à la façon habituelle, nous avons vu que la préparation ne produisait pas de noir d’une manière appréciable.
- Puis, une partie du mélange a été additionnée d’une solution très-diluée de vanadium pur en quantité égale à un millionième du poids total, soit un
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- milligramme par kilogramme de couleur, proportion usitée industriellement depuis longtemps : — le noir a pris alors son développement complet en deux ou trois jours dans une atmosphère à 25° C.
- Au même moment, le vanadium avait été remplacé dans d’autres essais par des quantités de bichromate de potasse du même poids, puis 10 fois, f 100 fois, 1,000 fois et 10,000 fois plus considérables. Ces deux dernières proportions, c’est-à-dire environ 1 gramme et 10 grammes de bichromate par litre agissent en précipitant dans la couleur une laque d’un noir roux qui ne se fixe que très-imparfaitement sur le tissu. Mais le développement du véritable noir par oxydation à l’aérage est absolument nul dans tous ces mélanges. Il en est ainsi, que l’on opère en imprimant une heure ou vingt-quatre heures après la préparation des couleurs, ou en les conservant plus longtemps, ou même en augmentant leur concentration.
- En réalité, la réaction, telle qu’elle est annoncée, n’existe pas. Il y a même ce fait particulier à remarquer : loin d’être favorables, les additions de bichromates sur des mélanges à base de chlorates paraissent toujours nuire légèrement à la génération du noir d’aniline.
- D’ailleurs, l’emploi des chromâtes a été tenté par tout le monde et il a été rejeté aussitôt, du moins .dans les conditions indiquées par l’auteur de la note. En 1870, M. F. Lamy a même imprimé quelques pièces avec une dose assez faible de bichromate de potasse dans la couleur, mais le noir n’était pas bon et il a reconnu ensuite, comme cela est arrivé dans maintes circonstances analogues, que la coloration provenait simplement du cuivre du rouleau, dissous par le contact du mélange un peu acide.
- Les chromâtes insolubles ajoutés dans des couleurs neutres ont même été expérimentés dans l’espoir de faire agir sur l’aniline et en présence de la fibre, l’acide chromique qui aurait pu être mis en liberté peu à peu sous l’influence des acides engendrés pendant la formation du noir ordinaire par les chlorates.
- Les sels d’oxyde de chrome ont été, comme les chromâtes, essayés maintes fois dans des mélanges à base de chlorates, et le résultat est complètement resté nul. Nous ne parlons en ce moment que des conclusions de nos propres recherches avec des dissolutions pures, sans vouloir étudier comment autrefois on a appliqué en grand, divers sels de chrome, notamment le tungstate, l’arséniate, le
- nitrate, le chlorure, etc., dans des préparations du même genre.
- Dans une série d’essais d’additions de sels chro-miques, tels que du chlorure chromique exempt de cuivre et d’excès d’acide, sur le mélange épaissi contenant uniquement du chlorate de potasse et du chlorhydrate d’aniline — préparation qui est par conséquent inactive à la température ordinaire, — nous avons constaté, comme nous-l’avions déjà fait pour l’acide chromique, que la présence d’une quantité d'oxyde de chrome équivalent à un décigramme de bichromate de potasse par litre, nuit déjà d’une façon appréciable à la production de la couleur ; l’obstacle est encore plus marqué avec des quantités équivalentes à un gramme et à 10 grammes. On met facilement en évidence les différences d’activité de ces préparations en élevant la température de l’aérage des échantillons imprimés comparativement, de manière à forcer le développement du noir.
- Ainsi à ces divers états, dans les conditions énoncées, non-seulement le chrome est impropre à la formation du noir d’aniline à l’aide des chlorates, mais la présence de ce métal paraît même être légèrement nuisible.
- Quant au peu de solubilité des composés vanadi-ques, on sait qu’étant employés dans la pratique à l’état réduit, ils sont au contraire excessivement solubles; la proportion usitée est tellement minime qu’il est facile de les répartir uniformément dans les couleurs.
- Enfin, au point de vue de l’économie, leur supériorité n’est pas moins évidente : trente centimes environ de vanadium, aux prix de vente pratiqués depuis plusieurs années, suffisent à développer l’oxydation parfaite de cent litres de couleur pour l’impression noir d’aniline au rouleau.
- Nous concluons en demandant l’autorisation de publier le présent Rapport dans le Bulletin de la Société^ en y annexant en note le texte du travail, d’ailleurs assez court, soumis à l’appréciation du Comité, à titre de pièce justificative, afin que toute équivoque soit évitée dans l’esprit de ceux qui ne seraient pas à même de répéter nos expériences, et aussi, Messieurs, en raison de l’intérêt que présente la question qu’il nous a été donné de traiter devant vous (1).
- (1) (Novembre 1878.)
- Depuis la présentation de ce rapport, nous avons lu dans les (Jomptes-rendus de l'Académie des sciences, tome LXXXVII, page 844, séance du 25 novembre 1878, l’extrait d’une lettre
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- La publication de la première partie du rapport précédent nous a valu la lettre suivante de M. Gra-vitz, que notre impartialité nous fait un devoir d’accueillir. Les trois membres de la commission chargée, par la Société industrielle de Rouen, de l’examen de la note de M. Gravitz étaient : MM. F. Lamy, R. Glanzmann et G. Witz, rapporteur.
- La lettre de M. Gravitz, au lieu de discuter le rapport des membres de la commission, semble viser plus particulièrement le rapporteur, M. Witz. S’il plaît à ce dernier de répondre à M. Gravitz,
- de M. S. Grawitz à M. Dumas, secrétaire perpétuel, traitant du même sujet.
- Un seul fait précis s’y trouve indiqué :
- « 1/10 de milligramme de bichromate de potasse, pour » 125 grammes de sel d’aniline dissous dans 1 litre d’eau, » développe encore le noir. L’essai se fait très-facilement » en formant une encre et développant le noir sur du » papier. »
- Le contrôle a été tenté scrupuleuse ment : même avec un milligramme de bichromate de potasse, en présence de chlorate de potasse, à froid ou en employant la chaleur, la coloration noire indiquée ne s’est développée ni dans le bain, ni sur du papier Berzélius. Avec un centigramme de bichromate le bain verdit ; par le repos de légers flocons vert foncé s’isolent du liquide à peine brunâtre ; la séparation est plus prompte à l'aide de la chaleur et la laque n’occupe que fort peu de volume, mais la réaction ne continue pas et il n’existe aucun indice de formation d’encre, etc.
- Nous résumons le résultat de toutes nos recherches comme suit :
- Les sels de chrome ne peuvent remplacer les sels de vanadium dans leur action sur les sels d’aniline en présence des chlorates.
- Les composés vanadiques possèdent, au contraire, dans les mêmes circonstances, une énergie véritablement extraordinaire.
- Dans une dissolution qui contient au volume d’un litre, 125 grammes de chlorhydrate d’aniline et de chlorate de potasse ou du chlorate de soude, en proportion équivalente ou réduite au dixième de l’équivalent chimique, la quantité excessivement minime de « un cinquantième de milligramme» de vanadium, sans aucun autre métal, suffit pour développer la production du noir d’une manière très-sensible ; dans les bains conservés, un ou deux jours à la température ordinaire, les flocons vert foncé deviennent d’autant plus abondants qu’il existe plus de vanadium en présence.
- On peut encore reconnaître plus aisément la formation de la couleur en laissant tomber une simple goutte de chaque solution mixte sur du calicot blanc et exposant comparativement pendant deux jours à l’air à 25° C. la réaction se produit ainsi sur 1/20 de centimètre cube qui renferme seulement 1/100,000,000 de gramme de vanadium.
- (Comité de chimie du 13 décembre 1878). — G. W.
- nous lui ouvrirons bien volontiers les colonnes du Moniteur de la Teinture.
- P. B.
- « Monsieur le Directeur,
- » Voudriez-vous avoir l’obligeance de publier, en réponse au rapport de M. Witz sur l’emploi des sels de chrême dans la génération du noir d’aniline, la lettre que je viens d’adresser à M. le président de la Société industrielle de Rouen.
- » Le rapport de M. Witz, basé sur des expérien-riences faussées dans leur essence même par une erreur facile à éviter, pose des conclusions qui pourraient mettre en erreur nombre de fabricants et d’industriels. En opérant en liqueurs trop acides il a laissé se produire la réduction du réactif chromi-que dans le bain lui-même et ne s’est jamais trouvé dans les conditions du brevet.
- » Veuillez, etc.
- » Samuel Gravitz. »
- Lettre à M. le Président de la Société industrielle de Rouen.
- 7 Mars 1879.
- « Monsieur le Président,
- » C’est avec un étonnement voisin de la stupéfaction que j’ai lu le rapport de M. Witz, affirmant que les sels de l’acide chromique sont sans action ou même nuisibles dans la génération du noir d’aniline par les chlorates.
- » J’avais insisté dans mon brevet sur ce fait que, pour posséder toute leur énergie, les composés du chrome devaient être à l’état de sels de l’acide chromique et non pas des sels de sesquioxyde.
- » Pour réaliser ces conditions, il faut éviter toute réduction préalable du réactif chromique et le faire arriver sur tissu, bien réellement à l’état de chro-mate, en Tprésence du mélange chlorate et sel d’aniline.
- » Le moyen est simple, et je ne le croyais pas au-dessus de l’habileté pratique (d’un chimiste tel que M. Witz.
- » Puisque ce dernier n’a pas su ou n’a pas voulu le mettre en pratique, je lui dirai qu’il consiste à rendre le mélange alcalin, par l’ammoniaque, ou même parfaitement neutre.
- » Dans ces conditions le mélange se conserve indéfiniment sans réagir, tandis qu’après l’impression, à la sèche, sur tissus, la réaction part comme une traînée de poudre.
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- » Je maintiens donc absolument l’exactitude des faits suivants :
- » 1° Avec une dose suffisante de réactif chromi-que, le noir se développe entièrement en trois minutes, à la température de 60,à 70°;
- » 2° Il est obtenu noir, sans lavage ultérieur -,
- » 3* Il se produit directement à l’état inverdis-sable ;
- » 4° Il résiste au chlore beaucoup mieux que les noirs même verdissants, au cuivre ou au vanadium, ce qui contredit une affirmation antérieure de M. Witz ;
- » 5° La réaction commence dans un milieu parfaitement neutre et même alcalin, contrairement à ce qu’ont affirmé tous les auteurs. De plus, la couleur sur tissu ne peut jamais devenir acide ; car, si la transformation de l’aniline en tétramine ou en amine même plus condensée monoacide, met en liberté les 3/1, ou plus, de l’acide primitivement combiné, cet acide est immédiatement et constamment saturé par la potasse du chromate et par l’oxyde de chrome provenant de sa réduction, dès que le chromate occupe dans le mélange une proportion facilement donnée par le calcul des équiva-' lents chimiques.
- » On évite ainsi tout affaiblissement des fibres même les plus délicates.
- » 6° Le noir est un noir vapeur.
- » Il se développe par un vaporisage très-court, quelques minutes, sans aérage préalable, et même en séchant à température assez basse pour éviter tout commencement de réaction à la sèche.
- » Ces avantages et d’autres que je ne juge pas encore à propos de divulguer au public, transforment complètement le noir d’aniline, et en font une couleur vraiment universelle, la plus simple et la plus féconde de toutes.
- » Ils sont assez considérables, j’espère, pour que MM. les industriels ne s’arrêtent pas aux conclusions erronées du rapport de M. Witz, qui aura eu du moins cet avantage pour moi de constater, par ses négations même, la nouveauté complète des résultats que j’ai obtenus, et de consacrer ainsi la validité du brevet dont il parle si légèrement.
- » Je suis à la disposition de la Société industrielle pour répéter devant elle toutes les expériences.
- » Veuillez agréer, etc.
- » Samuel GRAVITZ. »
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- LES APPRÊTS DES .TISSUS DE COTON
- Calandre Deblon (1).
- L’article que nous avons publié, page 43 du Moniteur de la Teinture, année courante, et dans lequel il a été question de la calandre en pierre et de la calandre Deblon, a paru à un certain nombre de nos lecteurs, tendre à prouver que, dans certains cas, la calandre en pierre était préférable à la calandre mécanique du système Deblon.
- Nous avons reçu, à ce sujet, plusieurs lettres de fabricants qui emploient conjointement la calandre en pierres et la calandre Deblon. Il ressort clairement des renseignements qui nous sont parvenus, que la calandre Deblon fait mieux et plus vite que l’ancienne calandre tous les genres de calandrage, sans en excepter un seul et quels que soient les tissus à calandrer. Dans le calandrage des toiles, elle donne un lustrage glacé et a la propriété fort rare d’empêcher les fils de dévier, grâce à la fixité de ses cylindres. En somme, plus de production, travail mieux réussi et plus économique, telles sont les affirmations, résultant d’une longue pratique, et présentées par un certain nombre d’industriels, parmi lesquels il suffit de citer MM. Cerebours fils de Rouen, Aug. Delcourt, P. Lecourt et Ce, à Lambessart-les-Lille, Deneulin, à Lille, etc., etc.
- Nous ajouterons qu’au point de vue de l’installation et de la conduite, la calandre Deblon présente encore sur la calandre en pierres les avantages suivants. Elle ne nécessite pas de fondations coûteuses; trois mètres de long sur deux de large, suffisent; en quelques jours un ouvrier d’une intelligence ordinaire, parvient à la faire fonctionner dans la perfection ; elle n’offre pas le moindre danger dans son fonctionnement, enfin la force motrice utilisée pour son fonctionnement atteint à peine deux chevaux vapeur.
- P. B.
- Ci-dessous deux échantillons d’apprêt sur tissu de coton : Le n° 1 est l’apprêt Londres dont la for-
- (1) Constructeur privilégié en France M. Alexandre KLINC, a Lille (Nord).
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- mule a été donnée, page 298, numéro du 20 décembre, année 1878. Le n° 2 est l’apprêt par humectage en enroulant.
- N 1.
- CHIFFONNAGE
- NOIR EN LAINE OU EN SOIE
- Dégradage et teinture en une autre couleur
- Soit : Vertt Marron ou Havane
- Pour une robe :
- Après le nettoyage :
- 25 gr. acide sulfurique.
- 15 gr. bichromate de potasse.
- Bouillir une demi-heure. Bien rincer.
- Marron (pour une robe)
- Faire un bain frais dans lequel vous mettez :
- Alun............-............... 125 gr.
- Carmin d’indigo..............-.-. 25 gr.
- Terra, curcuma ou jaune solide 15 gr.
- Bouillir 25 minutes, lever, rincer et sécher.
- Autres manières de dégrader une robe.
- Prendre 30 litres d’eau bouillante et 250 gr. d’acide sulfurique. Mettre le tout ensemble ; mener la robe dans ce bain 20 à 25 minutes. Ensuite bien rincer.
- Ce procédé est moins bon que le premier, car, lorsque les noirs se ressentent d’un fond d'oxymu-riate d’étain, au lieu d’avoir, après l’opération, un fond noisette, il vous reste fond unviolet qui souvent est nuisible pour la teinture que l’on désire
- faire, attendu que si on a une robe pour vert, on ne peut faire quelque chose de frais. Mais pour grenat ou pour marron, le fond qui lui reste ne nuit en rien et il est un peu moins coûteux que le premier.
- On obtient un meilleur résultat en remplaçant l’acide sulfurique par l’acide azoto-sulfurique.
- On peut encore se servir avantageusement, pour le dégradage, du savon noir (marque du Nord) délayé dans la proportion de 1 kil. de savon pour 2 cassins d’eau chaude. Foularder la robe en bain de soude, tordre et mettre tremper à froid au bain de savon, pendant 12 à 18 heures, fouler ensuite, échauder et rincer.
- Moyen de produire soi-même le bisulfate de soude, pour les teintures modes et brunes sur laine, par le marron S, \q jaune solide et le carmin d’indigo.
- Nous avons indiqué les proportions pour ces teintures avec échantillon à l’appui, pages 211 et 233, année 1878. Plusieurs de nos abonnés ayant éprouvé certaines difficultés à se procurer du bisulfate de soude, voici le moyen qu’ils peuvent employer pour le faire eux-mêmes.
- Pour un kil. de sulfate de soude (poids du sel cristallin), ajouter environ 250 gr. d’acide sulfurique, dans la dissolution du sulfate de soude. On obtient alors une solution qui contient 1 k. 250 gr. de bisulfate de soude et dont on emploie alors une quantité proportionnelle à celle du bisulfate de soude (sel cristallin) .
- IMPRESSION DES TISSUS RÉSERVES Par Alex. Schultz.
- —, Suite (1). —
- Réserve blanche à la main, sous toutes espèces de couleurs, vapeur sur coton, laine et autres tissus.
- il kil. phosphate de chaux en poudre très-fine (os de mouton calcinés et réduits en poudre.
- 250 gram. terre de pipe, délayer avec 1/2 litre eau de gomme à 500 gram. par litre.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n° 5, année 1879.
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- Après, ajouter peu à peu le mélange de : 0,125 lit. eau de gomme à 500 gram. par litre avec 12 blancs d’œufs.
- Broyer la résiste plusieurs fois dans un moulin pour qu’elle s’imprime mieux et crasse moins facilement la planche, et la passer au tamis de soie très-fin.
- Il faut rappliquer la résiste pour qu’elle fasse un certain relief sur le tissu, en posant le deuxième coup de planche légèrement sur le premier. À toutes les tables, il faut brosser la planche avec une brosse un peu humide ; faire tous les deux jours de la nouvelle couleur en mélangeant l’ancienne avec la nouvelle et l’imprimer dans un local un peu frais et pas chaud.
- Pour l’impression des tissus de laine, on rapplique avec des couleurs vapeur un peu épaisses, vaporiser une demi-heure à la colonne avec une vapeur un peu forte et bien sécher, pour que le placage ou sous-, basement ne soit pas humide, afin que la couleur ne pénètre pas la résiste. Les em-barrages de l’enrouloir et derrière le rouleau, doivent tourner pour ne pas casser la réserve.
- Après le vaporisage, mettre tremper les pièces dans l’eau et laver au tourniquet.
- J’ai réservé de cette manière sur laine et chaîne coton des fonds puces et noirs épaissis avec un mélange d’amidon blanc et de léïocome.
- Réserve blanche, au rouleau, sous toutes espèces de couleurs vapeur, verts, noirs, puces, sur coton laine et autres tissus.
- 200 gram. phosphate de chaux en poudre. 125 gram. eau bouillante.
- 1/2 litre eau de gomme contenant 375 gram. acide tartrique par litre.
- Au moment d’imprimer ajouter :
- 1/2 litre couleur A.
- Préparation delà couleur 4.
- 3/4 litre eau de dextrine à 1,250 gram. par litre.
- 1/4 litre eau bouillante.
- 250 gram. chlorate de potasse.
- Le phosphate de chaux est, préparé par double décomposition avec le sel à bouser et l’acétate de chaux.
- Mettre le moins de couleur possible dans la bassine car lorsque la résiste est trop remuée et battue, elle ne détruit plus les couleurs qui tombent dessus. Organiser la chaleur de la course de manière à ce que l’acide chlorique ne se dégage pas de la résiste.
- Réserve blanche sous bleu vapeur.
- 400 gram. muriate de zinc à 60° B.
- 1 litre eau de gomme à 500 gram. par litre.
- Autre réserve blanche sous bleu vapeur.
- I kilog. craie pulvérisée et tamisée.
- 1 litre eau de gomme.
- Réserve orange sous bleu vapeur.
- 16 litres extrait de quercitron à 10° B.
- 2 kilog. amidon blanc.
- Cuire et ajouter :
- 4 kilog. sel d’étain.
- 1 » acétate de chaux à 18° B.
- Réserve blanche sous couleurs à l’albumine.
- 500 gram. sulfate de zinc.
- 1 litre eau de gomme.
- Réserve blanche sous couleurs vapeur et chromées.
- 3 kilog. 200 gram. bichromate de potasse.
- 8 litres eau.
- 5 kilog. 200 gram. crème de tartre.
- Dissoudre, mettre le liquide à 10 litres, ajouter :
- 600 gram. sulfate de zinc.
- 2 kilog. 500 gram. amidon grillé foncé.
- Réserve blanche sous cachou, cuir, écrin et modes.
- 10 litres eau.
- 6.400 kilog. bichromate de potasse.
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- 10.400 kilog. crême de tartre.
- 0.700 » acide tartrique. Mettre à 12 litres, et ajouter : 6 litres acétate d’alumine à 15° B.
- 3 kilog*. amidon grillé foncé.
- 3 » terre de pipe en poudre.
- Réserve sous couleurs d’application et chromées.
- 65 gram. sulfate de zinc.
- 300 » acide citrique. 1/2 litre eau; ajouter à froid :
- 340 gram. soude caustique à 36° B.
- 375 » gomme en poudre.
- 350 » terre de pipe.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- SUR LE BLEU D’ANTHRACÈNE
- dit « Alizarine Bleue ».
- Par MM. Kœchlin et Prud’homme.
- Messieurs,
- Vous nous avez chargés de vous présenter un rapport sur une nouvelle matière colorante de la série de l'anthracène, que la fabrique d’alizarine de Ludwigshafen livre au commerce sous le nom d'alizarine bleue.
- Ce corps n’a de commun avec l’alizarine proprement dite que le nom. Il renferme de l’azote, ce qui le range de fait dans une classe de composés toute particulière et le rapprocherait de l’indigo. Nous verrons que ses propriétés sont intermédiaires entre celles de l’alizarine et celles de l’indigo.
- L’alizarine bleue se trouve dans le commerce sous forme de pâte de couleur brun-violet ; certains échantillons sont pourtant bleus.
- La richesse en matière colorante est de 10 0/0.
- Par cristallisation dans la benzine, on obtient des aiguilles à éclat métallique, brun-violet. Celles-ci fondent à 170° G., puis émettent des vapeurs rouge-orangé, qui se condensent de nouveau sous forme d’aiguilles d’un noir bleu.
- Le bleu d’anthracène est presque insoluble dans l’eau.
- L’alcool et la benzine se dissolvent assez difficilement en donnant une solution rouge.
- L’acide acétique le dissout plus aisément et le transforme même à la température de l’ébullition.
- Avec l’acide sulfurique concentré, la solution est d’un beau rouge ; chauffée pendant un certain temps et traitée par l’eau elle laisse déposer un précipité bleu dont les caractères tinctoriaux ne semblent pas s’écarter grandement de ceux du corps primitif.
- L’acide arsénique, marquant 70° B., dissout très-facilement le bleu d’anthracène. La solution est rouge-orangé et passe au rouge fuchsine par l’addition de glycérine. Le mélange de ces trois corps, chauffé, puis additionné d’eau, régénère la matière colorante sous forme de flocons bleus.
- C’est sous le même aspect enfin qu’elle se présente lorsqu’on traite à l’ébullition, par l’acide chlorhydrique ou sulfurique étendu, les vieilles couleurs d’où l’on veut la retirer.
- Dans les alcalis étendus, le bleu d’anthracène est soluble en bleu ou bleu verdâtre. Au bout d’un certain temps, et sous l’influence d’un excès d’alcali, il se précipite à l’état de sel insoluble.
- D’après les observations de M. Kopp, qui a bien voulu se charger de l’examen spectroscopique du nouveau corps, il subirait, sous l’influence des alcalis, différentes modifications faciles à suivre sur le spectre.
- La chaux, la baryte et la strontiane donnent des laques bleu vert.
- Les sels alcalins, en général, semblent former avec l’alizarine bleue des laques plus ou moins insolubles.
- Une solution d’alun ou de sulfate d’alumine ne dissout pas trace de cette matière colorante, propriété caractérisque qui suffirait, indépendamment de sa constitution chimique, à la séparer nettement de l’alizarine, de la purpurine et de leurs isomères.
- En teinture, les nuances obtenues avec les mordants actuels sont les suivantes :
- Alumine, bleu violacé, Fer, bleu verdâtre.
- Chrome, violet.
- Etain, violet rougeâtre,
- L’oxyde de nickel, fixé sur tissu, se teint, d’après les recherches de M. E. Dollfus, en un bleu d’une nuance beaucoup plus pure que les autres mordants.
- La matière colorante étant peu soluble dans
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’eau, on ajoute au bain de teinture une petite quantité de savon, ou mieux de l’acide de sulfoléique ou sulforicinique, avec un faible excès d’ammoniaque.
- Les proportions à employer sont :
- 1 partie alizarine bleu 10 0/0
- 1 à 2 parties acide gras.
- On chauffe le bain de teinture à 70° C., température où la matière colorante se dissout à la faveur de l’acide gras et de l’ammoniaque. On pousse jusqu’à l’ébullition en une heure et l’on s’y maintient une demi-heure.
- La présence de certains sels alcalins, tels que le phosphate de soude, favorise l’opération de la teinture, il suffit de donner ensuite un savon à 50° ou 600 G.
- L’alizarine bleue peut servir à teindre les tissus, à la manière de l’indigo.
- Elle jouit, en effet, de la propriété excessivement curieuse de se réduire en solution alcaline, en donnant une cuve rouge à fleurée bleue. En tenant compte de son peu de solubilité dans l’eau et de sa tendance à former des laques avec la chaux, on arrive à teindre le coton avec une cuve d’alizarine bleu montée, soit au zinc et à la soude, soit à l’hy-drosulfite de soude.
- Le tissu imprégné de la solution réduite est exposé à l’air ; quand la réoxydation est jugée convenable, on le passe à froid dans un bain de chlorure de plus ou moins d’eau de chaux.
- La teinture ne se produit pas par simple imbibi-tion du tissu et à la faveur d’une réoxydation ultérieure. Le rôle d’attraction de la fibre, bien connu pour l’indigo, existe pour le bleu d’anthracène. Il est facile de le vérifier, en teignant pendant des intervalles de temps différents, et de constater que l’intensité de la nuance grandit avec la durée de la teinture proprement dite.
- La solution d’alizarine bleue réduite peut aussi être appliquée sur tissu par voie d’impression.
- La couleur suivante donne de bons résultats, du moins comme vivacité de nuance, car la résistance au savon et à la lumière laisse à désirer :
- Alizarine bleue, 10 0/0............ 1/4 de lit.
- Eau de dextrine à 1,000 g. par lit. 3/4 »
- Glycérine à 28“....................1/16 »
- Soude caustique à 36°.........1/16 »
- Zinc en poudre..................... 25 gr.
- Le peu de solidité de cette couleur tient à l’ab- |
- sence de mordant proprement dit dans sa composition.
- En y incorporant du chrome ou du fer, sous forme de sels non précipitables par les alcalis, on obtient de meilleurs résultats.
- L’alizarine bleue, réduite au stannite de soude et épaissie à la dextrine, donne, après vaporisage, un violet qui résiste au savon.
- On pourrait enfin fixer ce corps sur tissu, par un procédé analogue à celui du bleu faïence, c’est-à-dire en l’imprimant convenablement épaissi et en faisant passer le tissu alternativement dans un bain réducteur et un bain alcalin.
- Le véritable intérêt présenté par l’alizarine bleue réside dans son application facile sur tissu, par voie de vaporisage, et dans sa solidité, ce qui, en dehors de son prix encore trop élevé (10 fr. le kil: 10 0/0.), la place de prime-abord bien au-dessus de l'outre-mer ou de l’indigo-vapeur.
- Les meilleurs fixateurs que nous lui connaissions sont le ferrocyanure de potassium ou d’ammonium et l’acétate de chrome, qui donnent des nuances solides, mais d’un bleu un peu violacé.
- L’addition d’acétate de chaux à la couleur pour faire virer la laque au bleu verdâtre est peu avant-tageuse. La couleur est d’un bleu plus pur, il est vrai, mais sans éclat et sans vivacité.
- M. Dupuy emploie concurramment l’acétate de chrome et le chlorure de calcium.
- Nous avons trouvé que le chlorure de magnésium est d’un emploi préférable à celui de ce dernier corps, et nous composons une couleur de la ma
- nière suivante :
- Epaississant........................ 250 gram.
- Alizarine bleue 10 0/0............... 50 » Acétate de chrome à 10°............. 16 c. cubes.
- Chlorure de magnésium à 10 0/0. 16 »
- Ferrocyanure de potassium à 10°. 8 » Glycérine • . . . . 33 »
- Epaississant.
- Eau................................... 3 litres.
- Amidon blanc.........................150 gram.
- Amidon grillé clair................. 375 »
- Huille d’olive...................... 150 »
- (Cuire une heure et demie).
- La question de l’épaississant est assez délicate. Le peu de solubilité de la matière colorante engendre ce grave inconvénient de mettre en évidence sur le tissu les hachures du rouleau gravé. Comme
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- la fixation de la couleur est presque intégrale, cela se traduit par les inégalités dans l’intensité du bleu.
- L’épaississant que nous indiquons, en le faisant varier d’après la profondeur de la gravure ou d’eau de gomme, qui fournit des nuances plus pâles, nous paraissent assez convenables.
- L’addition à la couleur d’acide acétique envisagé comme dissolvant est peu avantageuse. La nuance en est impressionnée et devient à la fois plus pâle et plus grise.
- On imprime la couleur sur tissu préparé en acide gras ; c’est une condition essentielle pour la réussite. La préparation doit être de force moyenne, environ 1 partie d’acide sulfoléique pour 20 à 30 parties d’eau.
- Vaporiser une heure et demie à deux heures.
- Laver et savonner 20 minutes à 50° c ; passer ensuite dans un bain d’eau de chaux bouillant monté à raison de 1 gramme de chaux vive par litre d’eau, ce qui produit le virage au bleu vert, par suite de la formation d’une laque calcaire.
- Bien laver et savonner au bouillant. Ce savonnage ramène la nuance au bleu presque pur.
- Du reste, les trois nuances obtenues, après le premier savonnage, après le passage en chaux et finalement, après le savon bouillant, correspondent aux tons suivants du cercle chromatique de M Che-vreul.
- 5e bleu............ 1/10 de rabat, 7e ou 8e ton.
- 3e bleu............ 1/10 » »
- 1er bleu .... 1/10 » »
- La baryte et la strontiane produisent sur le bleu d’anthracène un effet analogue à la chaux.
- La soude et la potasse étendue font virer le bleu violacé au bleu franc.
- Certains oxydes, presque insolubles, tels que la magnésie hydratée ou l’oxyde de zinc, agissent d’une manière durable sur le bleu d’alizarine déjà fixé, pour en modifier la nuance.
- Cet ensemble de réactions est applicable aux mordants teints en alizarine bleue ; les différentes nuances ont toutes une tendance sensible à devenir plus bleues sous leur influence.
- Le bleu d’anthracène, obtenu d’après notre procédé d’application, résiste bien au chlore et à la lumière. Il devient, il est vrai, plus gris sous l’influence des rayons solaires, mais il jouit assurément d’une résistance comparable à celle du bleu d’indigo cuvé.
- Voilà, messieurs, les résultats pratiques auxquels
- nous sommes arrivés. Cette étude est bien incomplète ; elle suffira pour montrer l’originalité d’allure de la nouvelle matière colorante et pour engager nos confrères à entreprendre de nouvelles études sur ce sujet.
- (Suit un échantillon d’impression obtenu par vaporisage et un échantillon obtenu par teinture (nickel).
- [Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse),
- - 111 m o qm
- CHRONIQUE
- PROCÉDÉ DE TEINTURE DE LA SOIE
- Brevet de la Société LOPEZ, Florès y GOMEZ
- Pour la mise en pratique de cette invention on procède comme suit : On fait subir aux cocons un léger lavage à l’eau tiède -, ensuite on les fait rester pendant une heure dans l’eau de savon chauffée à environ 35 à 40° et dans la proportion d’environ 10 grammes de savon par kilogramme de cocons ; après ces deux opérations on transporte les cocons dans la bassine de tirage de la soie, dans laquelle bassine on a mis le bain colorant maintenu chauffé de 75 à 80° C, pour faire remplir à cette bassine le double rôle de bassine de tirage et de cuve de teinture.
- On obtient ainsi la teinture de la soie en même temps que se fait le tirage ou dévidage.
- Les bains de teinture sont tous les bains ordinaires èmployés pour teindre en écheveaux ou en tissus.
- Ce procédé a l’avantage de conserver à la soie toute la force de sa fibre et toute la gomme qu’elle possède et de lui donner une souplesse et un éclat de couleur bien supérieurs à ce qu’on obtient par les procédés employés jusqu’à ce jour.
- De plus, la teinture de la soie ainsi pratiquée, donne une solidité de couleur supérieure à celle des autres procédés, et ceci parce que chaque brin de soie se trouve teint isolément au sortir même de la bassine et que l’on forme un fil d’autant plus compacte et serré, que la soie a conservé tout son principe gommeux.
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- 72 ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1878
- 121,912. 2 janvier. — Collin et Lenicque. — Procédé de réduction des produits sulfoconjugués dérivés de l’aniline et autres produits tinctoriaux imilaires, applicable à la teinture et à l’impression
- 121,938.10 janvier. — Durier. —Boîte en fonte dite : garde-champêtre, pour être adaptée aux métiers à tisser anglais, afin d’économiser les lanières de cuir sur lesquelles le chasseur vient frpper.
- 121,949. 7 janvier. — Hertzog. — Batteuse-chargeuse à travail variable et à projection déterminée, servant au chargement automatique dans les machines à sécher la laine.
- 121,954. 3 janvier. — Scrépel-Chrétien. — Procédé ayant pour objet de produire sur métier à filer, dit : Mull-Jenny ou renvideur, un fil de laine autour duquel s’enroule, par sections inégales et plus ou moins abondamment fournies, un fil de coton de soie ou de toute autre matière, de même nuance que la laine ou d’une autre nuance.
- 121,975. 17 janvier. — Deschamps frères. — Perfectionnements aux mécaniques d’armures.
- 121,987. 8 janvier. — ALBENOIS et Jeansoulin. — Procédé de désagrégation de la ramie.
- 121,990. 7 janvier. — Asburg. — Perfectionnements apportés aux fers à repasser.
- 121,998. 5 janvier. — Matran. — Application du genre de tissu dit : satinette^ à la fabrication de tubes pour fleurs.
- 122,033. 18 janvier. — Coué. — Appareil de compensation d’enroulement des duites inégales pour le tissage de toutes étoffes.
- 122,050. 10 janvier. — Collin et Lenicque. — Application dans la teinture, l’impression, etc., de divers agents chimiques pour réduire les colorants sulfoconjugués dérivés de l’aniline et autres.
- 122,061. 21 janvier. —Ryo (les sieurs). — Perfectionnements aux métiers continus à filer et à retordre (invention pour laquelle ont pris un brevet de 15 ans, les sieur Ryo, le 11 décembre 1876). 122,076. 12 janvier. —Leroux. — Système de métier à ouvrer la soie, dit : métier Leroux-René.
- 122,092. 14 janvier. — Bédu. — Procédé de
- s blanchiment des plumes par l'azotite de sodium et le peroxyde d’hydrogène.
- 122,114. 18 janvier.—Hertzog. — Machine à sécher les écheveaux, échets, ou flotte de toute nature, laine peignée ou cardée, coton, soie, etc.
- (A suivre).
- cloS-m-cs » *----
- CORRESPONDANCE
- Notre correspondant nous écrit de Marseille :
- Les prix des huiles d'olives à fabriques sont faibles à la cote suivante : fr. 54 50 disponible ; fr. 53 50, 1ertrimestre; fr. 54 50 à 55, 3e trimestre; fr. 55 50, 3 derniers mois, la millerole de 64 litres.
- Les huiles d’Algérie sont délaissées en ce moment, par suite de leur qualité et ne peuvent se coter que fr. 52 à toute réduction.
- Lampantes. — On cote : fr. 97 les 100 kil. de la pile et fr. 94 du débarquement.
- Ressences et raffinées — Très-calmes ; on cote : ressence calabre fr. 51 ; raffinée fr. 50 ; Provence . fr. 49 50, le tout par 64 litres.
- Savons. — Le marché est actif, on cote : savon blanc à l’huile d’olive, garanti sans mélange fr. 80 à 85 les 100 kil., en gare Marseille franco d’emballage ; — Bleu pâle et vif, coupe ferme, marque spéciale fr. 64. — Bonnes marques fr. 60 à 61.
- E. T.-P.
- Nous rappelons à nos lecteurs que nous nous chargeons de transmettre sans frais, à notre correspondant, leurs ordres de commission accompagnés de remises ou d’autorisation de traites à courts jours, aux conditions de la note du n° 15, page 160, c’est-à-dire 1/2 p. 0/0 courtage, 2 p. 0/0 commission et les frais stricts.
- Les huiles d’olives à fabrique, du débarquement, ne peuvent être obtenues que par commande de 50 milleroles (3.000 kil.) environ.
- Notre correspondant exécutera également les ordres concernant la droguerie et les teintures sur la place de Marseille.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 7. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 5 Avril 1879.
- SOMMAIRE
- Blanchiment des tissus de coton par M. Alex. Sghultz (suite). — Les noir sur soie, parMARIUS MOYRET (suite). — La question du noir d’aniline.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Réserves par Alex. Sghultz (suite). — Les apprêts des tissus de coton (2 échantillons). — Noirs sur laines ; Mordant-Grelletj. — Noir solide sur coton, lin, jute, par la teinture réelle.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Aide-mémoire du dégraisseur (suite). — Utilisation rationnelle des eaux des fouleries, par A. GAWALOVSKI. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctorales et textiles (1878).
- BLANCHIMENT
- DES TISSUS DESTINÉS A L’IMPRESSION ET A LA TEINTURE
- — Suite (1) —
- Grillage.
- Tous les tissus, sauf les organdis, sont grillés ou flambés.
- Les uns sont grillés deux fois en écru, on marque le côté grillé, bon pour l’impression.
- D’autres tissus, tels que les 75 portées, 26 fils, percales et en général ce qui doit être bien grillé, sont grillés d’un côté en écru et des autres côtés après le lessivage ; on marque le côté grillé deux fois. •
- Encre pour marquer les pièces avant le blanchiment.
- 250 grammes plombagine.
- 1 litre goudron de houille.
- Etendre à la benzine ou essence de térébenthine.
- Blanchiment de 100 pièces de 100 mètres, système de lessivages à basse pression.
- Les 100 pièces de 100 mètres pesant 900 kilog.
- 1° Passer par un clapot dans lequel les 100 piè- i ces absorbent 25 kilog. chaux vive mélangée avec la quantité d’eau qu’il faudra pour les 100 pièces.
- Le lait dé chaux doit être préparé dans un petit cuveau et tamisé avec soin, car le moindre grain de chaux ou de sable pourrait trouer les pièces ; en sortant du clapot les pièces entrent immédiatement —----------------------------------------------
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, numéro du 20 mars 1879.
- dans la cuve où on les fait bouillir pendant 20 heures avec la quantité d’eau suffisante.
- 2° Après l’ébullition en lait de chaux, on lave bien au clapot où les pièces entrent d’une manière continue;
- 3° En sortant du clapot qui a servi à lessiver, les pièces entrent d’une manière continue dans un autre clapot contenant de l’acide chlorhydrique de 1/2 à 3/4° B. d’où elles sortent pour être empilées sur un rateau en bois qui a un double fond ; y laisser les pièces pendant deux heures et plus longtemps si le temps le permet.
- L’acide qui s’égoutte coule de nouveau dans l’auge du clapot au moyen d’un tuyau qui communique avec le double fond qui pour cette raison doit être placé plus haut que le clapot.
- A côté du clapot à acide muriatique, il y a un petit réservoir en boislié avec des cercles en plomb, muni d’un robinet en plomb, contenant 75 kilog. de liquide. Quand le clapot marche, on ouvre le robinet de telle manière que les 75 kilog. de liquide s’écoulent en 40 minutes, de sorte que l’acide est également partagé sur les 100 pièces. Plus haut il est dit que le bain acide du clapot marque 1/2 à 3/4 degrés B., on complète 30 kilog. d’acide chlorhydrique à 22° B., pour les 100 pièces.
- Ces 30 kilog. d’acide chlorhydrique à 22° B., sont mis dans le réservoir pour avoir 75 kilog. de liquide qui, mélangé avec l’eau contenue dans les pièces, donnera de l’acide de 1/2 à 3/4° B.
- 4° Laver les pièces au clapot et les faire aller d’une manière continue dans la cuve à lessiver ; quand celle-ci commence à bouillir, on ajoute 25 kilog. sel de soude à 80° dissoute dans la quantité nécessaire d’eau ; deux heures après on ajoute une dissolution de :
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 25 kilog. sel de soude à 80®.
- 25 > galipot.
- 300 litres eau.
- Faire bouillir pendant 4 heures et quand le savon de colophane est formé, on le passe par un tamis et on le met encore tout chaud dans la cuve.
- Faire bouillir les pièces pendant 40 heures dans le savon de colophane ; il faut qu’il y ait continuellement du liquide au haut de la cuve ; s’il venait à manquer, il faudrait ajouter de l’eau de manière à à bien couvrir les pièces.
- Après l’ébullition de 40 heures, on fait couler de l’eau froide dans la cuve, il ne faut pas faire découler la lessive plus vite que l’eau qui y rentre jusqu’à ce que l’eau qui s’en va par en bas sorte claire et sans écume ;
- 5® Sans sortir les pièces de la cuve, on remplit celle-ci d’eau qu’on chauffe jusqu’à l’ébullition, puis on ajoute 5 kilog. sel de soude à 80° et on fait bouillir 6 heures.
- On rince les pièces comme il est dit au n» 4, c’est-à-dire qu’on fait entrer dans la cuve de l’eau jusqu’à ce qu’elle coule claire par en bas; si ceci n’était pas fait, il faudrait employer une plus grande quantité de chlorure de chaux, car le jaune de la marchandise entrerait dans la lessive et ne s’en irait pas par le lavage.
- 60 Laver les pièces au clapot et les faire aller directement, toujours par le système continu, dans la cuve à chlorure de chaux -, à cet effet, on emploie trois cuves, celle du milieu est dans la terre et contient une dissolution de chlorure de chaux à 1/8° B. Les pièces sont mises dans une des deux autres cuves au bas de laquelle on laisse égoutter l’eau pour ne pas avoir trop de liquide -, quand la cuve est rempli par les pièces, on y pompe du chlorure de chaux deux ou trois fois qu’on laisse couler chaque fois par le bas dans la cuve du milieu et y laisser les pièces jusqu’à ce qu’elles soient blanches ; pendant ce temps, on remplit la seconde cuve de pièces, de sorte qu’il n’y a jamais d’interruption dans le travail.
- 7* Faire aller les pièces par le second clapot à acide rempli d’acide muriatique, ainsi que cela est indiqué au n° 3, seulement il faut employer de l’acide à 1°B.
- Quand on n’a à sa disposition qu’un seul clapot à acide muriatique pour les pièces après le lessivage en chaux et pour les pièces après le passage en chlorure de chaux, il faut toujours le vider, lors
- qu’on y a passé les pièces sortant de la chaux pour obtenir des pièces bien blanches.
- Après le dernier passage en acide chlorhydrique à 1° B., on laisse reposer les pièces sur le rateau pendant deux heures, pour laisser à l’acide le temps d’agir, pour les laver par deux passage au clapot, les faire passer par la machine à exprimer l’eau, les élargir et les sécher au cylindre.
- Alex. Schultz.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- LES NOIRS SUR SOIE
- Par Marius Moyret
- — Suite (1) —
- Sommaire. — Des noirs sur soie cuite. — Préparation de la soie pour noirs cuits. — Noirs anciens à la galle et au pied. — Noirs modernes à la galle et au pied. — Noirs fins, noirs anglais sur soie cuite. — Noirs rouilles cachoutés ou non terminés en noirs anglais. — Noirs velours non chargés. — Noirs velours chargés. — Noirs bleutés terminés en noirs fins. —Noirs bleutés, terminés avec bruniture au pyrolignite de fer entre deux cachous et teinture au campêche. — Noirs bleutés avec addition du sel d’étain sur le cachou, terminés avec teinture au •ampêche. — Noirs précédents terminés avec bruniture au pyrolignite de fer entre deux cachous et teinture au campêche. — Noirs à plusieurs teintures. — Emploi du violet d’aniline dans les noirs. — Du lustrage des noirs cuits. — Noirs sur soie Tussah.
- Des noirs sur soie cuite.
- Les noirs sur soie cuite, dits aussi noirs fins, ont reçu des modifications considérables depuis la fin du siècle dernier. Après avoir suivi d’abord les mêmes progrès que les noirs précéddnts sur soie écrue, c’est-à-dire des changements notables dans l'engallage et dans le pied, les noirs primitifs ont été peu à peu abandonnés devant l’apparition d’autres noirs faits par des méthodes nouvelles et donnant des résultats supérieurs.
- Dans l’exposé des divers procédés, après avoir donné les noirs anciens et modernes à la galle et au pied, je suis comme classification, un ordre allant du plus simple au plus composé/ et en même temps des noirs légers aux noirs lourds. Les premiers noirs tout à fait légers qui se présentent dans cet ordre d’idées, sont : les noirs dits noirs
- (1) Voir année courante et année 1878 Moniteur de la Teinture.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- anglais, ne rendant rien, puis viennent les mêmes noirs rouillés au préalable, et cachoutés ou non, terminés comme les précédents et susceptibles de rattraper une partie du poids perdu par l’opération de la cuite ; viennent ensuite les noirs pour velours, non chargés, et qui sont de véritables bleus foncés. Déjà vus précédemment, ces noirs velours perdent comme les précédents; néanmoins il est possible de rattraper une partie du poids perdu à la cuite, et même de rendre quelque peu dans les noirs velours chargés. Enfin, on peut considérer que les noirs dits légers se terminent par les noirs bleutés et cachoutés terminés en noirs fins. Dans les noirs qui viennent immédiatement après et que j’appelle noirs demi-lourds, c’est-à-dire qui commencent à rendre plus que le poids confié, on trouve d’abord les noirs minéraux, faits sur fond de bleu de Prusse, avec un emploi plus important du cachou et le tout terminé par une teinture au campêche; puis les mêmes noirs avec une opération de plus, celle de la bruniture au pyrolignite de ter entre deux cachous, avant la teinture au campêche, pour développer la nuance. Après les noirs demi-lourds, l’application du sel d’étain sur le premier cachou a permis de porter à la charge de son maximum et de créer les noirs lourds, qui, par suite de l’introduction de ce sel, joignent au poids une plus grande beauté de la nuance. Ces noirs peuvent se terminer par une teinture sur le sel d’étain, ou comme les précédents, avec une bruniture au pyro-lignite entre deux cachous et une teinture au cam-pêche. De nos jours l’on est arrivé à pousser ces noirs à leurs dernières limites de poids et de beauté, dans les noirs dits à plusieurs teintures, et de plus on a trouvé moyen d’y introduire l’emploi des violets d’aniline. Enfin, pour terminer ce chapitre, je décris l’opération si importante et si intéressante du lustrage dans les noirs fins, et, comme appen-dice, je parle des noirs sur soie Tussah.
- Dans les noirs sur soie cuite, ne sont vus absolument que les noirs sur soie fine. Les noirs sur soies fortement montées, grenadines, floches, cordonnets soie, et sur fantaisie, shappes, floches et cordonnets fantaisie, sont l’objet du chapitre suivant. 11 y a beaucoup de considérations générales sur les noirs fins, mais qui seront vues après le chapitre des noirs souples, dans les considérations générales pour tous les noirs.
- Préparation de la soie pour noirs cuits.
- La soie pour les noirs cuits se prépare comme
- pour les couleurs foncées, déjà vues. Il est évident qu’il est inutile, pour la production de noirs, de soufrer et de se préoccuper du petit ton jaune laissé à la soie par la cuite; il faut cependant éviter soigneusement les places non cuites dites biscuit tées, et, dans ce cas, remettre les pantimes qui auraient de ces plaques dans une cuite suivante, car l’on s’exposerait à des taches correspondant à ces plaques.
- Si la cuite pour noir demande peu de soins pour le blanchiment, il n’en est pas de même pour le traitement, car les opérations multipliées, nécessaires pour faire certains noirs, altèrent passablement la soie, et il faut donc la ménager le plus possible à la cuite, et quoique généralement une ébullition prolongée sur le savon, soit indispensable pour lui donner toutes ses qualités, et surtout l’aptitude à bien se charger, comme on l’a vu à l’article cuite des soies, il faudra néanmoins, dans le cas de soies fines, comme les organsins d’un denier peu élevé et de provenance des nouvelles races du Japon surtout, cuire avec les plus grandes précautions dans des savons gras, en barque, sans faire bouillir et dans le minimum de temps possible.
- On peut cuire les soies pour noir, en les dégommant dans un bain contenant 33 p. c. de savon d’acide oléique, à moins que l’on ne cuise pour des noirs ne se savonnant plus ; dans ce cas, il faut employer du savon d’olive. Les soies dégommées sont cuites dans le savon de dégommage pour achever de les cuire. Le savon de cuite des noirs n’est jamais perdu ; il sert toujours avec des additions de savon neuf, pour savonner les rouils, et c’est là l’échec de tous les procédés pour remplacer le savon dans la cuite des noirs.
- Pour terminer ce qui a rapport à la cuite pour les noirs, disons que c’est surtout pour les noirs que la cuite au piano s’exécutait et qu’elle ne fut abandonnée qu’à la suite d’accidents sérieux.
- L’opération de l’étirage sur la cuite que l’on a vue dans les précédents chapitres, a une grande importance dans les noirs; on la pratique, pour ainsi dire, couramment à 2 p. c. d’étirage. La soie gagne du brillant et du lustre sans perdre trop sensiblement de ses propriétés, mais au-delà elle perd de sa force et de son élasticité.
- Noirs anciens à la galle et au pied.
- Déjà du temps de Macquer les noirs se divisaient en noirs légers et en noirs pesants: L'engallage,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- analogue à celui que nous avons vu pour les noirs écrus, se faisait à chaud.
- Les soies étaient engallées avec soin, ce qui se faisait en les laissant traîner dix à douze heures en sotte, après les avoir bien lisées sur le bain de •galle; puis bien rincées, elles étaient passées au pied de noir et à chaud, avec les mêmes précau-lions que pour les noirs sur soie écrue, c’est-à-dire qu’on les aérait à trois reprises sur les vergues durant le passage sur le pied, en ayant soin de réchauffer celui-ci avant chaque passage des soies.
- Ordinairement, les soies étaient passées une seule fois sur la galle et une seule fois, par conséquent, sur le pied; elles avaient alors acquis une charge modérée, rattrapant le poids perdu à la cuite et un peu au-delà, et avaient un ton noir bleu suffisant. Pour les terminer, après les avoir rincées soigneusement sur le pied, on les adoucissait par un passage d’une demi-heure sur un bain léger de savon froid, sur lequel on les séchait après les avoir fortement écoulées à la cheville ; par cette opération, dite adoucissage, on leur ôtait un cri et une âpreté désagréable dans la fabrication.
- Noirs modernes à la galle et au pied.
- Les mêmes perfectionnements, que nous avons vu effectuer pour les noirs à la galle et au pied, sur soie écrue, sont venus modifier la teinture des mêmes noirs sur soie cuite. Mais, malgré cela, ces noirs ne sont cités que pour mémoire, car, peu à peu, depuis l’introduction du bleutage et du cachou, ils ont complètement disparu de la teinture. Les perfectionnements dans ces noirs ont consisté dans l’introduction du gallique ou extrait de châtaignier, et c’est le principal, en 1818, et dans l’emploi de pieds plus rationnels.
- Les engallages se font à chaud, ainsi que les passages en pied, et vers la fin de ces noirs, au lieu de se contenter d’unengallage et d’un pied, on réitérait ces opérations plusieurs fois, afin de donner le plus de poids possible. Pour terminer ces noirs, après les avoir adoucis comme précédemment par un savon froid, on les avivait à l’acide chlorhydrique, avec addition d’huile émulsionnée, pour en augmenter le brillant.
- L’introduction, comme pour les noirs écrus, d’un fond de bleu de Prusse, n’eut pas un grand emploi, car presque à la même époque est venu le cachou, qui a changé complètement la face de la teinture pour les noirs cuits.
- Avant d'aborder les noirs où le bleu de Prusse et
- le cachou réunis jouent un si grand rôle, il nous reste à décrire les noirs modernes dits noirs fins, noirs légers, rendant au plus le poids perdu à la cuite, et perdant souvent de 15 à 25 pour 100.
- Noirs fins, noirs anglais sur soie cuite.
- . Ces noirs sont les premiers qui soient venus, par leur mode de teinture, faire diversion sur les précédents; ils ne rendent absolument rien sur la soie cuite, c’est-à-dire que la soie rendue perd tout le poids de son grès. Il en a déjà été question dans le chapitre précédent, mais c’est pour les noirs cuits qu’ils jouent le principal rôle.
- La teinture des noirs anglais, outre la cuite, comprend quatre phases, soit : la bruniture, la teinture, l’avivage et le lustrage. Ces noirs s'em-ploient seulement pour des soies très-tendres, ne pouvant supporter les opérations réitérées pour la charge, ou pour des soies destinées à être combinées dans des effets de tissage avec des soies blanches ou de couleurs non chargées ; enfin, dans le plus grand nombre de cas, les noirs anglais se font pour les genres dits reteints; c’est-à-dire pour des soldes de soies blanches ou teintes en couleurs, dont l’ensemble forme des petites parties remises au teinturier pour être couvertes en noir anglais. Dans ce cas, ces soies déjà cuites subissent un sondage, ou passage dans un bain de cristaux de soude à 40 ou 50°, pour faire tomber les couleurs fixées, autant que possible, afin d’obtenir une teinte plus uniforme dans l’ensembie.
- Il est à remarquer que les soies teintes en marron cachou ne peuvent plus être couvertes, et teintes en noir, elles gardent toujours un aspect marron.
- Bruniture des noirs anglais sur soie cuite.
- La bruniture, comme son nom l’indique, a pour but de donner à la soie un fond noir brun; elle provient, comme on l’a vu dans le chapitre précédent de la réaction multiple des sels de fer et de cuivre sur un mélange des bois d’Inde et de bois jaune, ce dernier amenant, par l’action des sels métalliques employés, un ton noir verdâtre, qui complète heureusement le,ton noir violet apporté par le campêche.
- Pour la bruniture, on emploie les décoctions de 50 pour 100 de bois d’Inde et de 50 pour 100 de bois jaune, avec 5 à 6 pour 100 de couperose et 2 à 3 pour '100 de verdet raffiné. Le bain étant monté à une température de 50 à 60°, a un aspect
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- noirâtre -, les soies y sont manœuvrées une demi-heure, puis relevées sur des grilles ; le bain est réchauffé à 70°-, les soies, abattues de nouveau, sont encore lisées une demi-heure ; enfin le bain est jeté au canal, et on laisse égoutter et revenir les soies, environ une heure, en les laissant dans la barque, sur les bâtons. Les soies sont ensuite bien rincées et prêtes à suivre en teinture.
- Teinture pour noirs anglais.
- Cette opération se fait en passant les soies brunies sur un bain monté avec 50 pour 100 de savon et une décoction de 50 pour 100 de bois de campê-che ; les soles sont entrées sur cé bain à une tem-pérature de 50 à 60° centigrades et après les avoir lisées une demi-heure, elles sont levées sur des grilles, et le bain est rechaufé de 70 à 75° de chaleur ; les soies sont alors terminées par un nouveau manœuvrage de même durée que le premier. Le bain de teinture se coupe peu à peu et, d’une nuance rouge violettée assez jolie, devient violet sale-, en même temps, les soies se couvrent d'un noir assez fin à ton verdâtre. La teinture étant finie, le bain est écoulé au canal, et les soies peuvent recevoir une première eau dans la même barque, puis on les rince à grande eau ; diablées sur ce rinçage, elles sont prêtes à recevoir l’avivage.
- Avivage des noirs anglais.
- Cet avivage se fait pour toucher craquant seule-Jement ; les soies n’étant pas chargées, il suffit de très-peu d’huile dans le bain d’avivage, de 2 à 4 pour 100 seulement.
- Lustrage des noirs anglais.
- Cette opération, spéciale aux noirs, a pour but d’augmenter le brillant de la soie et quelquefois de foncer le noir, s’il ne l’était pas assez au sortir de la teinture. Elle a d’ailleurs l’objet d’un paragraphe spécial à la fin de ce chapitre.
- LA QUESTION DU NOIR D’ANILINE
- Nous nous étions abstenus de reproduire les notes de M. Girardin et Witz qui ont paru dans le Bulletin de la Société industrielle de Rouen (livraison portant la date de septembre et octobre 1878). bien que ces notes fussent appelées à jeter un grand jour sur la question du noir d'aniline. Le motif de notre abstention était d’éviter de passionner les
- esprits sur ce sujet, en attendant la décision des tribunaux qui doivent trancher la question.
- Cependant nous recevons de M. Grawitz, d’un côté, d’un de nos abonnés qui a beaucoup étudié le noir d'aniline, d'un autre, deux communications qui nous sont parvenues trop tardivement pour être insérées dans ce numéro.
- La note de M. Grawitz répondant à celles de MM. Girardin et Witz, si nous la publions dans notre prochain numéro, nous la ferons précéder de celle de ces Messieurs. Elle est du reste reproduite dans la note de notre abonné qui fait l’historique de la question et a repris personnellement des expériences comparatives sur le procédé Grawitz avec des solutions neutres ou alcalines.
- eh." P. B.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RÉSERVES
- Par Alex. SCHULTZ.
- — Suite (1). —
- Réserve blanche sous violet d'applica-tion au bichlorure d'étain et sous bleu vapeur.
- D’un côté :
- 3,250 kilog. craie en poudre.
- 2 litres eau.
- D’un autre côté : .......
- 1,250 kilog. sulfate de zinc.
- 1 litre eau.
- Mêler les deux parties et ajouter : 1 litre eau de dextrine.
- 1 kilog. dextrine.
- Réserve blanche sous violets, bleus, verts d’aniline et autres couleurs d'aniline.
- 1,500 kilog. zinc en poudre.
- 1 litre eau de gomme à 500 gram. par litre.
- 11/4 » bisulfite de soude à 40° B.
- 1/8 » glycérine.
- 1 /8 » soude caustique à 36° B.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, ne 5 et 6, année 1879.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Eau de coupure.
- 1 litre eau de gomme à 500 gram. par litre.
- 1/10 » bisulfite de soude à 40° B. 1/20 » glycérine.
- 1/20 » soude caustique à 36° B.
- Réserve blanche sous cachou garancine.
- 3,200 kilog. bichromate de potasse.
- 10 litres eau bouillante.
- 5,200 kilog. crème de tartre. 10 litres jus de citron à 28° B. 6 kilog. amidon grillé foncé.
- Réserve sous orange et sous rouge et puce, teints en fleur de garance ou ali-zarine.
- 2 litres jus de citron à 28° B. 1,500 kilog. sulfate de zinc cristallisé.
- Réserve blanche sous noir d’aniline. 1,500 kilog. zinc en poudre. 1 litre eau de gomme. 1/4 » glycérine.
- Autre réserve blanche sous noir d’aniline.
- 0,900 kilog. acide nitrique.
- 0,115 » sulfate de zinc.
- 1 litre soude caustique à 36° B. On chauffe légèrement ; d’un autre côté : 14 litres terre de pipe broyée. 0,500 kilog. gomme pilée.
- 3,500 » arséniate de soude.
- 2, 70 litres eau. — Mêler les deux parties.
- On réduit par la cuisson à 10 kilog. et ajoute à froid 700 grammes tartre de chrome à 30° B.
- Lorsque les gravures sont fines et usées, ajouter delà soude caustique à cette réserve.
- Pour l’impression on prend :
- 1 litre réserve ci-dessus.
- 200 gram. sulfate de zinc.
- Préparation de la terre de pipe broyée.
- 25 kilog. terre de pipe en poudre.
- 20 litres eau.
- 8 » eau de gomme à 750 gram. par litre.
- 4 » glycérine.
- Préparation du tartrate de chrome à 30- B.
- 1 kilog. bichromate de potasse.
- 4 litres eau bouillante.
- Ajouter peu à peu :
- 1,500 kilog. acide tartrique.
- Article rouge résiste sous noir d’aniline.
- On emploie comme résiste, le rouge à l'aluminate de soude.
- Ce rouge n’a pas besoin d’oxydation.
- Après l’impression du soubassement ou d’un mattage en noir d'aniline, on oxyde ce dernier pendant 18 heures, avec 30° d’humidité et 38® de chaleur au psychromètre.
- Dêgommage.
- On dégomme dans deux cuves à roulettes en silicate de soude, les cuves communiquant entre elles par un tube de 5 centimètres de diamètre. Chacune de ces cuves contient 4,500 litres d’eau. On monte la première cuve avec :
- 30 litres silicate de soude à 20° B ; et la seconde cuve avec :
- 20 litres silicate de soude à 20° B.
- On dégomme à 55° R.
- La pièce met environ trois minutes à passer par les deux cuves. Après le dégommage, les pièces passent en eau chaude. Ce lavage se donne dans un bac ordinaire où la pièce passe en boyeaux pendant 24 heures à 40° R.
- Lavage au clapot traquet.
- 2me Dêgommage.
- 800 litres eau.
- 2 » bouse.
- 2 » silicate de soude à 20 B.
- Dégommer une demi-heure, laver au clapot traquet.
- Teinture.
- La cuve est de 600 à 800 litres d'eau.
- On teint en alizarine ou en fleur de garance avec 5 °/. de craie, lorsqu’on se sert d’eau pure ou pas de craie, quand l’eau qu’on a à sa disposition est très-calcaire.
- On entre à 30® R., pour arriver en deux
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- heures à 60°. Arrivé à ce point, on détache un échantillon de la pièce ainsi que l’échantillon de saturation et l'on juge si la quantité de matière colorante est suffisante pour saturer les pièces pendant la troisième heure de teinture, pendant laquelle on élèvera encore la température à 70° R.
- La teinture étant finie, on refroidit les pièces avant de les retirer du bac, puis on les lave en les faisant passer 4 ou 5 fois au clapot traquet.
- Premier savon.
- 800 litres eau.
- 3 kil. savon.
- Pour 6 pièces de 100 mètres.
- On savonne 3/4 d’heure à 55° R., lavage au traquet.
- Deuxième savon.
- Comme le 1er savon à 60* R., lavage au traquet.
- Avivage.
- 800 litres eau.
- 1 kil. nitromuriate d’étain.
- 750 gr. savon.
- Pour 6 pièces de 100 mètres. On reste dans le bain d’avivage 30 à 50 minutes, jusqu’à ce que le rouge ait la vivacité voulue, en entrant à froid et en poussant la température de 40° à 60° R., d’après l’aspect du rouge.
- Troisième savon.
- Comme le premier au bouillon.
- Quatrième savon.
- Comme le premier au bouillon.
- Lorsque l’eau est calcaire, on la corrige avec des cristaux de soude.
- Laver et passer en eau chaude.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- LES APPRÊTS
- DES TISSUS DE COTON
- Les deux échantillons suivants sont :
- N°1. — Apprêt anglais au stannate de soude seul (tissu animalisé).
- N° 2. — Tissu animalisé (voir la formule pour meuble vapeur, page 6, n° 1 de l’année courante du Moniteur de la Teinture).
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- NOIRS SUR LAINES
- MORDANT-GRELLEY (1)
- Le but du mordant Grelley est d’éviter le mordançage préalable des lainages (laines en poils, peignées, filées ; étoffes de laine de toutes sortes) destinées à être teintes en noir, et, par conséquent, de permettre de teindre en un seul bain. Il présente, sur tous les produits connus sous le nom de noir direct l’avantage considérable de ne changer en rien les méthodes employées par les teinturiers; ils opéreront comme ils ont l’habitude de le faire en considérant simplement les lainages écrus comme mordancés.
- (1) Le mordant est liquide et livré en fûts à pétrole pesant, net, 250 kil. environ (fût perdu). — Pour des essais, il peut être expédié dans de petits fûts de 25 à 30 kil. — Dans ce dernier cas, l’emballage se paie en plus. — Prix du mordant : 70 fr. les 100 kil. (30 jours, 3 p. c.) — L’Once du Journal se charge de la transmission des commandes au fabricant.
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- 80 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- MODE D’EMPLOI
- 1° Formation du Ier bain.
- Après avoir mis dans le baquet de teinture la quantité d’eau convenable et l’avoir amenée à la température de 60° à 70°, on y verse un poids de mordant égal à 20 p. c. du poids de matières à teindre. Après avoir bien pallié, on garnit de colorant comme on a l’habitude de le faire pour les pièces mordancées. On peut mettre en une seule fois la quantité de campêche nécessaire pour arriver à la nuance, mais il est préférable de garnir en deux fois : on pallie à nouveau. Le bain formé, on entre les lainages, et, après leur avoir fait faire deux tours environ, on monte au bouillon, et l’on opère comme dans la teinture en deux bains.
- Si les eaux sont trop calcaires ou les lainages insuffisamment dégorgés, on le reconnaîtra soit à ce que le bain prendra une teinte bleue, soit à ce que restant encore marron il ne sera pas d’une limpidité parfaite ; il faudra alors le tourner avec une petite quantité d’acide sulfurique dilué que l’on ajoutera par fraction ; le bain sera reconnu bon, lorsqu'étant bien limpide, il présentera une teinfe brou de noix un peu jaune.
- On comprendra qu’il est impossible d’indiquer à l’avance la quantité d'acide sulfurique à ajouter-, cette quantité dépendant de la nature des eaux employées et du plus ou moins bon dégorgeage des lainages.
- La durée de la teinture varie selon les matières et la nuance que l'on veut obtenir. Pour un noir bien plein, il faut 1 h. 15 m. à 1 h. 30 m. pour les laines peignées et 2 h. à 2 h. 20 m. pour la draperie épaisse. Ce sont là les deux extrêmes.
- 2° Formation des bains suivants.
- Pour former le 2e bain on ajoutera au bain précédent une quantité de mordant égale à 20 p. c. du poids des matières à teindre à nouveau, et on regarnira en colorant comme la première fois. Il suffira pour le 3e bain et suivants de mettre une quantité de mordant égale à 10 à 12 p. c. du poids des matières à teindre. Dans le cas où, dans la suite des opérations, on s’apercevrait que le bain est pauvre en mordant, on peut en rajouter en marche comme on le fait pour le colorant.
- Un bain bien entretenu et bien soigné peut durer plus d’un mois ; il faut avoir soin, comme nous l’avons dit plus haut, de le maintenir toujours lim-pide et de la couleur brou de noix un peu jaune,
- par des additions faites à propos d’acide sulfurique dilué.
- Le mordant Grelley donne avec le campêche seul un noir bleuté d’un vif éclat; si l’on désire un noir noir, il est nécessaire d’ajouter au campêche, en petite quantité, un colorant jaune quelconque, tel que bois de cuba, curcuma, orangés de Poirrier, etc... '
- On voit par ce qui précède que la teinture se fait comme par les procédés habituels, à cette différence près que le mordançage est supprimé : il s’opère en même temps que la teinture.
- Le fait de la suppression du mordançage diminue de moitié le temps pendant lequel les lainages sont soumis au bouillon, la fibre se trouve moins altérée, et, il est possible, avec des laines données, d’obtenir à la filature quelques numéros de plus qu’avec les mêmes laines teintes par les procédés ordinaires. Cette diminution du temps d’immersion à la température du bouillon réduit dans une grande proportion le rétrécissement des étoffes qui, à quelques centimètres près, conservent la laine qu’elles avaient en écru.
- Le noir obtenu par le mordant Grelley a sur le noir su chrome l’avantage de ne pas verdir à l’air; un acide qui démontera complètement un noir au tartre, ne décolorera que faiblement le noir obtenu par ce mordant.
- Observations.
- Il faut autant que possible faire en sorte que le mordant soit toujours en léger excès, c’est-à-dire que le bain en contienne une quantité un peu plus f rte que celle strictement nécessaire pour former une laque avec la matière colorante. • • ne
- On sera certain d’être dans ces conditions en n’employant qu’une quantité de matière colorante correspondant à A—4 1/2 d’extrait de campêche 10° pour 1 de mordant. Un essai très-simple permet de comparer facilement les décoctions et les extraits ordinaires à l’extrait à 10°.
- Les quantités de mordant à employer varient suivant les matières à teindre. Les laines en poil, qui sont généralement incomplètement dégraissées, nécessitent une plus grande quantité de’ mordant que les laines peignées qui sont dégraissées à fond. Pour ces dernières on peut former le 1er bain avec 15 p. c. de mordant seulement et se contenter de 10 p. c. et même 8 p. c. pour tous les bains sui-| vants. Pour les premiers, au contraire, le premier bain devra contenir 25 p. c. de mordant, le second I 20 p. c., et les suivants de 12 à 15 p. c.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS . 1 - M ' '
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- Les étoffes de laine, très-bien dégraissées, peuvent être traitées comme la laine peignée, et, en aucun cas, on ne doit dépasser la quantité indiquée plus haut, dans le corps de cette note, c’est-à-dire 20 p. c. pour le premier bain, 15 p. c. pour le second, et 10 à 12 p. c. pour les suivants-.
- Les laines peignées et les fils peuvent, après teinture, subir l’opération du fixage dans un bain de bichromate de potasse ; ce fivage s’opère comme pour les laines et fils teints au chrome.
- Nous ajouterons à la note ci-dessus, lesconsidé-rations' suivantes sur l’emploi de ce mordant au point de vue de la simplification et de l’économie de la teinture.
- Le prix de ce mordant (70 fr. les 100 kil.) est tel que si l’on compare le prix de revient de la teinture au tartre au prix de revient de la teinture par son emploi, on trouve une différence en sa faveur d’au moins 30 p. c. En effet, pour obtenir une bonne nuance, il faut employer un minimum de 5 p. c. de tartre valant actuellement 2 fr. 20 le kil., soit fr. 11 pour 100 kil. d’étoffe, tandis qu’il suffit d’employer 10 à 12 p. c. du mordant Grel-ley, soit fr. 8.40 au maximum. Ainsi, non-seulement on économise toute l opération du mordan-çaget mais de plus, on fait sur les mordants une économie considérable, puisqu’on en emploie pour une somme inférieure au prix du tartre seul.
- P. B.
- NOIR SOLIDE SUR COTON, LIN, JUTE
- »PAR LA
- TEINTURE REELLE
- La teinture réelle, tel-est in nom donné par son inventeur à un produit tinctorial liquide donnant sur coton un noir solide, garanti.
- Voici le mode d’emploi :
- Pour 100 kil. de fils de coton, de lin ou de jute débouillis :
- 1er bain froid. — Mettre les fils pendant douze heures dans 30 kil. de sumac; lever et tordre.
- 2e bain froid. — Passer les fils pendant une demi-heure dans la solution de
- Nitrate de fer............8 kil.
- Pyrolignite de fer. . . . 12 —
- Bichromate de potasse . . 0,500
- 3e bain chaud, à 45° c. — Ajouter au bain 25 kil de teinture réelle. Entrer les fils, les manœuvrer jusqu’à la nuance désirée, lever, rincer, tordre et passer pour finir dans un légei bain de savon de Marseille ou de saindoux.
- Ce noir est grand teint et bon marché, deux avantages qui généralement s’excluent l’un l’autre. Le produit est liquide, marquant 24 à 25° B., il est expédié par fût de 200 kil. (fût perdu) livré en gare de Lille, au prix de fr. 100 les 100 kil., esc. 2 p. c , 30 jours. — L'Office du Journal transmettra sans frais au fabricant les demandes qui lui seront adressées.
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- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR (I)
- — Suite (?) —
- Précautions à prendre avant de com mencer le dégraissage.
- On doit toujours commencer par examiner la nature de la tache, l'espèce de l étoffe et le genre des couleurs qui y sont/ posées avant de choisir l'agent convenable à employer. Généralement le coup d’œil et le plus ou moins de connaissance qu’on a de l’effet des corps sur les étoffes suffisent pour éclairer dans la pratique. Mais, le plus souvent, cet examen devient difficile, eu égard à la complication des matières qui forment les taches, et à la variété infinie des couleurs, qui, quoique les mêmes en apparence, se comportent, différem-mea avec les réactifs.
- Dans tous les cas il faut essayer d’abord l’effet des réactifs sur une petite partie des tissus, pour connaître Vespèce des couleurs et leur degré de solidité ou.d’altérabilité. On éprouve ensuite la nature des taches qu'on veut enlever, en n’employant toutefois que les agents qui ne peuvent point altérer les étoffes qui les reçoivent. Sur ce dernier
- (1) Erratum. — Page 10 du n° 1 du 5 janvier 1879 à la fin du 3e paragraphe, au lieu de « soit avec des lissoirs en verre », il faut lire : « soit avec des glaçoirs en verre, b
- (2) Voir, année 1878, pages 223, 235, 268, 303 et année courante, page 10.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE .. de MULHOUSE
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- 82 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- point, la science et la pratique déterminent le choix forcé de tel ou tel agent, et ne laisse presque aucune latitude à la fantaisie. Mais nous le répétons, tous les réactifs à l’exception de l’alcool et des essences (térébenthine, benzine, pétrole, etc.) doivent être modifiés et mélangés avec une certaine quantité d’eau que l’on augmente encore, suivant l’altérabilité et la délicatesse des couleurs.
- On bat l’étoffe avec une baguette, et on la brosse avec la plus grande attention pour ôter toute la poussière; puis on l’expose à l’action de la vapeur d’eau pour faire ressortir et amollir les taches. Le plus grand nombre des teinturiers passent de l’eau chaude sur toute i’étoffe et brossent fortement pour enlever tous les corps solubles dans l’eau.
- Cette pratique nous paraît offrir trois inconvénients :
- 1° de détériorer l’étoffe par le frottement;
- 20 de faire décharger les couleurs et les corps étrangers dans l’étoffe ;
- 3° d'exig beaucoup de temps.
- Enfin, on marque toutes les taches avec de la craie pour les reconnaître. Cela fait, on commence à enlever les taches partielles avant de mouiller l’étoffe entièrement. Nous recommandons d’en agir ainsi toutes les fois qu’il s’agit de nettoyer, de remettre à neuf une étoffe quelconque, car autrement les taches reparaîtront.
- Moyens déjà connus d’enlever les taches
- Manière de remettre partiellement le glacé des étoffes altérées par des gouttes d'eau. — Toutes les fois qu’on ne peut repasser l’étoffe à la machine à lustrer, on la tend sur une table en l’attachant avec des épingles de manière à ne pas l’endommager; on mouille légèrement l’endroit déglacé avec une petite épenge, puis on met un papier doublé sur un fer à repasser chaud, excepté à l’endroit réservé pour repasser la tache. Si la tache est fort petite, on se borne à faire chauffer le bout d’un fer à gaufrer et on le pose perpendiculairement sur l’endroit mouillé.
- Les piqûres récentes produites par l'humidité sur les étoffes de soiet s’enlèvent en enroulant l’étoffe dans un linge de calicot blanc, légèrement mouillé, et l’exposant ainsi pendant 24 heures dans un endroit humide.
- Procédé pour laver la flanelle sans qu'elle jaunisse. — On met dans un bain de savon blanc chaud de la gomme arabique en poudre ou de la
- dextrine en quantité suffisante pour le rendre visqueux ; on lave soigneusement la flanelle avec ce liquide, comme on le fait avec le savon, et l’on rince ensuite dans l’eau claire-, on renouvelle même au besoin cette opération deux ou trois fois. La décoction de la saponaire produit aussi un très-bon effet. Il faut du reste, de toute nécessité, passer la flanelle au soufrage pour lui conserver sa blancheur et toutes ses propriétés hygiéniques.
- Taches récentes d'acides minéraux. — On peut neutraliser immédiatement leur effet par l’ammoniaque étendue dans une suffisante quantité d’eau, voire même par la vapeur seule de cet alcali ; mais il est des cas où cette opération est insuffisante et inutile. Ainsi lorsque l'acide a vieilli sur l’étoffe, que la couleur est détruite entièrement, il faut avoir recours à la teinture.
- Les taches de tabac, d’herbes, de bière, de cidre, de poiré; les taches de sucs de framboise, de fraise, de cerise, de groseille, sur les étoffes non teintes; disparaissent complètement par un lavage à l’eau et au savon-, mais, pour détruire ces dernières taches sur des étoffes teintes, on mélange dans un verre d’eau 10 à 12 gouttes d’acide sulfurique, on imbibe les taches au moyen de quelques gouttes qu’on y répand avec le doigt ; après quoi on lave bien les taches pour enlever tout l’acide qui malgré sa faiblesse pourrait produire une altération sur les couleurs des étoffes.
- (A suivre.)
- UTILISATION RATIONNELLE
- DES EAUX DES FOULERIES
- Par A. Gawalovski
- (Extrait de la Deutsche Wollen Gewerbe).
- Dans les grands centres, on utilise les eaux des fouleries de deux manières distinctes : 1° en extrayant en une seule opération toutes les substances organiques qu’elles renferment et en employant les dépôts et précipités obtenus pour fabriquer du gaz d’éclairage; 2° en séparant les acides gras et les isolant par des moyens mécaniques (presses) ou par des agents chimiques (gazoline, kérosène, essence de pétrole, sulfure de carbone, etc.)
- La première méthode est basée principalement
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- sur la précipitation des acides gras à l’état de savons calcaires; la combinaison formée par l’acide gras avec la chaux et les oxydes de fer et d’alumine, séparés des mordants employés dans la teinture et qui sont particulièrement solubles dans l’eau de savon, agissent sur les eaux des fouleries pour les clarifier.
- Le but que l’on a surtout en vue ici est de désinfecter les eaux ; l’extraction des acides gras n’est qu’une opération accessoire-, d’après le système proposé par M. Stahlschmidt, on décompose le savon calcaire séparé par l’acide chlorhydrique et on extrait les graisses au moyen du sulfure de carbone.
- La séparation directe des acides gras est plus rémunératrice et a d’ailleurs fait l’objet d’un grand nombre de recherches. Cependant cette question ne peut encore être considérée comme vidée.
- D’après les analyses faites par l’auteur, les eaux des fouleries contiennent :
- A.Brünn A. Jagerndorf
- Acides gras saponifiés........... 10.724p.c. 0,973 p.c.
- Alcalis — ..........1 0.656 —
- Terres alcalines................... }Non déterminés
- Fer et alumine..................... i — 0.217 —
- Matières organiques non fibreuses ’ — 2.141 —
- Dans le procédé le plus ancien, on ajoutait à ces eaux de l’acide sulfurique et de l’acide chlorhydrique; au bout de quelque temps (une demi-heure à une heure et demie) une masse noire, boueuse, ressemblant à de la crème et connue sous le nom de poudrettef se séparait à la surface ; cette masse constitue environ 24 1/2 p. c. du poids de l’eau employée.
- Le liquide restant contient encore :
- Acides gras libres. ...... 0.074 p.c. Alcalis unis aux acides minéraux . . 0.857 — Alcalis terreux (chaux, alumine, etc.) 0.108 — Matières organiques extractives . . 0.364 —
- Après qu’on l’a laissé égoutter avec soin, la pou-drette est chauffée à une faible température dans des toiles d’emballage ; il s’écoule encore de l’eau, mélangée avec des acides gras qu’on retire au moyen de presses. Ces acides gras sont fortement colorés en brun et renferment :
- Acides gras en partie libres, en partie sous la forme de savons de fer et de cuivre (provenant de la monture des appareils.). . . . 98.34 p. c.
- Eau émulsionnée....................; 0.46 —
- Résidu minéral (formé de fer, avec traces de cuivre, chaux et sable). . 0.43 —
- Matières organiques......................0.77 —
- Le résidu de la pression renferme : Acides gras non volatils. ... 21.34 —
- — humides (avec traces de corps volatils) 43.50 —
- Cendres minérales........................4.88 —
- Matières organiques.................... 30.28 —
- Les matières grasses contenues dans ce résidu ne peuvent plus en être retirées mécaniquement, mais bien à l’aide de dissolvants. Il vaut pourtant . mieux les utiliser pour la fabrication du gaz | d’éclairage et pour le chauffage des chaudières à vapeur. On a cherché aussi à en faire du savon ; mais l’opération exige beaucoup d’eau, donne une grande quantité de lessives et fournit un produit peu commercial.
- La graisse retirée des eaux des fouleries contient assez souvent des acides minéraux ; elle convient donc très-rarement pour l’ensimage des laines et ne peut être employée comme matière lubrifiante -, l’auteur a trouvé dans une semblable graisse, employée pour lubrifier des cardes, 0.108 p. c. d’acides minéraux et il a constaté que ces cardes étaient rapidement attaquées. On peut, au contraire, très-bien l’employer pour la fabrication du savon et cette application a souvent été en usage ; on se sert, à cet effet, de graisse pure ou mélangée d’huile de palme ou de coco ou même d’huile d’olive et de suif.
- L’auteur a examiné quelques-uns de ces savons et a trouvé qu’ils avaient la composition suivante : Eau 22.94 27.87 30.69 31.73 Acides gras. . . 61.57 58.90 61.64 60.35 Alcalis (soude) . . 15.12 13.40 7.54 7.82
- Matières organi-
- ques, substances minérales et au-
- tres .... 0.37 0.23 0.13 0.11
- Les échantillons 1 et 2 étaient des savons fortement alcalins employés dans les fabriques de draps où l’on n’ajoute pas de soude dans le foulage, tandis que les échantillons 3 et 4 étaient des savons neutres en usage dans les fouleries d’étoffes fines.
- Les eaux des fouleries contiennent souvent une assez forte quantité de fibres en suspension -, ainsi, M. Gawalovski a trouvé dans une eau de Jagerndorf :
- Fibres...................................1.70 p. c.
- Sédiments facile à décanter. . . 2.80 —
- Eau pure.............................. 95.50 —
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- Si l’on suppose une consommation journalière d’eau de 500 hectolitres, ce chiffre représente une perte de 85 kilogrammes de laine. Il est bien vrai que cette laine est courte et, par suite, difficile à filer et que, de plus, elle est souvent mélangée de coton ; mais on ne peut considérer comme un simple déchet un produit dont la quantité atteint annuellement 30.000 kilogrammes dans une, seule usine et qui convient très bien pour les fabriques de feutre ou pour la piéparation de l’ammoniaque ou du bleu de Prusse.
- La méthode d’utilisation des eaux des fouleries décrite plus haut a été modifiée de différentes façons, mais sans qu’on obtienne des résultats décisifs.
- L’auteur étudie depuis cinq ans environ un procédé dont le but est de séparer de la poudrette les impuretés (sels minéraux, alumine, matières collantes, etc.), précipitées avec elle et d’augmenter ainsi sa teneur en acides gras. Le rendement obtenu ainsi est plus fort et les acides gras sont plus purs et exempts d’acides minéraux, ce qui permet de les employer à la fabrication des savons de luxe, pour la préparation des bains d’huile dans la teinture en rouge turc et autres applications. En outre, ce procédé facilite la séparation des acides gras solides et liquides. Nous espérons pouvoir décrire bientôt en détail la méthode employée par M. Gawalovski.
- CATALOGUE
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- 122,123. 25 janvier. — Martin. — Procédé et appareil propre au retordage des fils.
- 122,132. 21 janvier. — Roussel. — Emploi au tissage des déchets de laine, soie, coton, etc.
- 122,1 A3. 17 janvier. — Lauronce. — Impres-sions sur tissus transparents tels que : grenadine,
- tulle, crêpe, etc.
- 122,145. 17 janvier. — Lemaire. — Appareil à séparer mécaniquement les matelas de matières filamenteuses diverses aux trousses, fonctionnant au
- tomatiquement par un compteur, et pouvant aussi s’employer séparément sans compteur.
- 122,155. 18 janvier. — De Lalande. — Perfectionnements dans l’emploi de l’indigo.
- 122,183. 19 janvier.— GORMAN. —Perfectionnements dans la fabrication des chromâtes de potasse et de soude.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 8. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Avril 1879.
- SOMMAIRE
- Epuration préalable des eaux industrielles (nouveau mode), par M. Asselin. — La question du noir d’aniline. (suite), (échantillon).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Levert acide de A. Poirkier (échantillon). — Chiffonnage : bleu paon sur laine et sur coton. — Impression des tissus : Réserves par Alex. Schulte.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Emploi de l’acide aloétique dans la teinture. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctorales et textiles (1878).
- ÉPURATION PRÉALABLE
- DES EAUX INDUSTRIELLES
- NOUVEAU MODE
- Par M. Asselin.
- A la séance du 21 février de la Société des Ingénieurs civils de Paris, M. Asselin a donné communication d’un nouveau mode d’épuration préalable des eaux destinées à l’alimentation des générateurs, aux bains de teinture, aux lavages des laines, soies, peaux, etc.
- Voici le résumé de cette communication :
- Il paraît superflu d’insister sur l’importance de la question, et de relater les procédés d’épuration préalable, actuellement en vigueur, qui, tous, ont pour résultat de diminuer la mauvaise qualité des eaux, d’abaisser leur degré hydrotimétrique, mais qui, tous aussi, sont très-imparfaits, et ne peuvent s’appliquer indistinctement à toutes les eaux calcaires.
- M. Asselin aborde de suite la description du nouveau mode d’épuration, qui consiste dans l’emploi de Vacide oxalique, ou, plus justement, des oxa-lates alcalins.
- On connaît l’efficacité de l’action de l’acide oxalique sur les sels calcaires contenus en dissolution dans les eaux ; on connaît les méthodes de dosage et de séparation de la chaux usitées en chimie analytique quantitative; on a donc la garantie de l’efficacité absolue de l’agent proposé.
- Tout en reconnaissant cette perfection d’action, la pratique ne la met point en œuvre, par le seul motif du prix élevé de l’acide oxalique, partant, des oxalates.
- La méthode absolument nouvelle que M. Asselin
- décrit, consiste à utiliser les propriétés de l’acide oxalique, et ce, avec une dépense faible, parce qu’elle est basée sur la transformation de l’oxalate de chaux, produit immédiat de l’épuration des eaux calcaires, en oxalate alcalin.
- Le problème est donc celui-ci :
- Etant donné, une première fois, une certaine quantité d’acide oxalique, ou d’oxalate alcalin, on épurera une certaine quantité d’eau, on produira une quantité correspondante d’oxalate de chaux, qui sera traitée comme suit, pour régénérer sur place de l’oxalate alcalin, apte à épurer de nouvelles quantités d’eau.
- Tel est le cycle des réactions, tel est le principe de la méthode. Nous allons examiner successivement :
- Les détails d'exécution ;
- Le prix de revient de la transformation de l'oxa-late de chaux ;
- Le coût de l'épuration d'un mètre cube d'eau.
- Détails d’exécution. — La matière première est l’oxalate de chaux, celui qui provient, soit des bassins de décantation, soit des filtres.
- Il sera soumis à la température de l’ébullition, et, pendant un temps déterminé, à l’action des carbonates alcalins, à l’action du carbonate de soude, par exemple.
- Dans ces circonstances, une double décomposition s’effectue ; il se forme du carbonate de chaux insoluble, et de l’oxalate de soude soluble ; ce dernier est le réactif destiné à l’épuration des eaux.
- Sachant qu’un excès de carbonate de soude n’a aucun effet nuisible, tout au contraire, nous dirons qu’il faut, pour cette double décomposition, un poids de carbonate de soude, égal à celui de l'oxa-late de chaux qu’il s’agit de décomposer.
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- Ce que la théorie prévoit, l’expérience le réar lise ; M. Asselin affirme que cette réalisation sera nette, précise, sous l'observance des conditions suivantes :
- Dans une chaudière en fonte ou en fer (nous avons affaire à des matières neutres et alcalines) d’une contenance de 600 à 1,000 litres, on introduit une quantité déterminée, soit 100 kil. d'oxa-late de chaux en pâte, égoutté (cet état, on le comprend, est en relation connue avec la composition de l’oxalate sec) ; on fait bouillir avec une quantité de carbonate de soude égale à la moitié de celle totale qui serait nécessaire pour la réaction complète. Au bout d’un quart d’heure, tout le carbonate de soude est entré en réaction. On peut en avoir la certitude en filtrant quelques centimètres cubes de la liqueur trouble ; le liquide filtré ne fait pas effervescence avec les acides.
- Après quelques instants de repos le liquide est décanté, puis entreposé dans un bac.
- On passe alors à la seconde phase de la décomposition, qui consiste à ajouter sur le dépôt resté dans la chaudière, la seconde moitié du carbonate de soude, et à faire bouillir de nouveau, une demi-heure ; on constate la fin de la réaction par l’examen du précipité qui doit être du carbonate de chaux seul, et qui, comme tel, se dissoudra complètement, et avec effervescence dans l’acide acétique.
- La réaction est fort nette et laisserait parfaitement apercevoir l’existence des plus petites quantités d’oxalate de chaux non décomposées, qui troubleraient la liqueur.
- Le liquide, c’est-à-dire l’oxalate de soude, sera entreposé avec celui obtenu dans la première phase d’opération; l’ensemble constitue le réactif de l’épuration de nouvelles quantités d’eau.
- M. Asselin insiste d’une manière toute particulière sur la simplicité et la promptitude de cette transformation de l’oxalate de chaux. C’est une opération essentiellement pratique. Naturellement, elle doit s’accomplir sur place, c’est-à-dire sur le lieu d’épuration des eaux ; elle est en tous points comparable, en ce qui concerne les exigences du matériel et des manipulations, à la méthode de l'em-ploi du lait de chaux, usité pour l’épuration préalable de certaines eaux.
- Prix de revient de la transformation de l'oxa-late de chaux. — Soit 100. kil. d’oxalate de chaux à transformer, et, admettons l’emploi de 100 kilog. de carbonate de soude, nous prendrons ce sel de
- soude sous la forme très-avantageuse qui nous est actuellement donnée par les procédés dits : Fabrication delà soude par l’ammoniaque((1). Sous cette forme, 100 kil. de carbonate de soude pur, celui de notre formule, nous coûteront, rendus sur les lieux d’épuration 24 fr, les 100 kil.
- Nous devons supposer dans ces opérations de transformation, une perte, qu’il est certainement facile de rendre bien peu sensible par une décantation soignée, mais que, pour la rigueur de la description actuelle, nous exagérerons et que nous considérerons comme représentant 5 p. c. d’acide oxalique cristallisé.
- Le prix commercial de l’acide oxalique est actuellement de 120 fr. les 100 kil., il vient, decechef, une dépense de 6 francs. Soit donc une somme totale de 30 francs pour les réactifs nécessaires à la transformation de 100 kil. d’oxalate de chaux.
- Coût de l'épuration d'un mètre cube d’eau. — Ceci pose, et, pour donner une entière signification à cette dépense de 30 fr., M. Asselin se demande quelle est la quantité de mètres cubes d’eau que l’on pourra épurer, avec ces 100 kilog. d’oxalate de soude qui en proviennent.
- Supposons qu’il s’agisse de faire descendre de 20° la valeur hydrotimétrique d’une eau donnée, le chiffre correspond, on le sait, à 0°,20 centigrammes de sels terreux par litre ; soit 200 grammes par mètre3 -, 1 kilog. par mètre3 ou 100 kilog. par 500 mètres3.
- ' Comme cette dépense de 30 fr. est relative à l’épuration de 300 mètres3, on arrive au chiffre de 6 centimes pour l’épuration de 1 mètre3 et pour 20° hydrotimétriques.
- Ce prix est très-modique, il ne tient compte que des réactifs employés.
- La main-d’œuvre et le matériel constituent des éléments de dépense à établir pour chaque cas particulier, très-variable selon l’importance du nombre de mètres cubes à épurer.
- M. Asselin ajoute que, dans certains cas, et pour raison d’économie, on pourra d’abord faire descendre d’un certain nombre de degrés, la valeur hydrotimétrique d’une eau donnée, par l’emploi connu et usité en quelques circonstances, du lait de chaux; puis, quand cette action sera épuisée, on devra avoir recours au procédé d’épuration qui vient d’être décrit ; en d’autres termes, il fait remarquer qu’il y a comptabilité entre l'emploi de la chaux,
- (1) Soude Solvay et C* (Rédaction),
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- quand il y a lieu de l’appliquer, et l’épuration par les oxalates alcalins.
- M. Asselin termine cet exposé en répétant que l’emploi des oxalates alcalins constitue une méthode nouvelle qui se distingue nettement de tout ce qui a été tenté (1) et appliqué jusqu’à ce jour ; des tentatives ont été faites pour la décomposition des oxalates de chaux, et à l’aide de l’acide sulfurique, et à l’aide de l’acide chlorhydrique. Avec le premier les réactifs inverses ont pris naissance ; avec le second on a eu la formation des sels doubles. Enfin, il ajoute que cette méthode atteint une perfection incontestable d’élimination des sels de chaux, et que, selon ses prévisions, elle doit être le point de départ, pour beaucoup de manufacturiers, pour plusieurs Compagnies de chemins de fer, de l’installation du matériel nécessaire à l’épuration des eaux destinées aux usages industriels.
- M. le président (2) demande à M. Asselin si la durée de l’épuration par les oxalates alcalins est moindre que celle de l’épuration par la chaux.
- M. Asselin répond que la précipitation a lieu, tout d’abord, avec lenteur; vingt-quatre ‘heures environ sont nécessaires. L’action moléculaire du précipité existant accélère la formation ultérieure d’un nouveau précipité.
- M. le président demande quelles dimensions de réservoirs sont nécessaires pour le traitement d’une quantité d’eau déterminée.
- M. Asselin répond que ces dimensions peuvent varier dans des limites très-étendues, suivant qu’on filtre ou qu’on décante l’eau traitée par les oxalates. Il ajoute que ce procédé est trop récent pour avoir pu donner lieu à de nombreuses applications industrielles. Il est employé cependant déjà dans le département de l’Aisne.
- LA QUESTION DU NOIR D’ANILINE
- Renseignements historiques sur la découverte de la teinture en noir d’aniline.
- Dans la séance du 26 juillet 1878 du comité de chimie de la Société industrielle de Rouen, M. E.
- (1) L’oxalate d’ammoniaque est employé depuis longtemps dans la préparation des eaux pour garançage.
- {Rédaction.)
- (2) Joseph FARCOT.
- Delamare donne des explications sur les brevets concernant le noir d’aniline-, M. Girardin, ainsi que plusieurs autres membres, citent des faits et des dates présises sur les découvertes et applications successives qui ont été faites sur cette industrie intéressante. M. Girardin donne particulièrement des renseignements historiques sur les noirs teints par Stalars, de Lille; il se propose d’envoyer à cet égard une note très-détaillée au Comité. Plusieurs autres membres se proposent également de rédiger des notes relatant leurs observations personnelles sur la même question.
- A la séance du 9 août, M. Girardin présente la note historique sur les travaux de M. Stalars, de Lille, dont il avait parlé dans la précédente séance, et M. Witz lit quelques remarques au sujet de la communication de M. A. Delamare faite également dans la dernière séance.
- Voici ces deux notes :
- Note de M. Girardin.
- De 1858 à 1861, un jeune homme de Lille, M. Karl Stalars, travaillait dans mon laboratoire avec l’intention de devenir teinturier. En me quittant pour entrer dans l’industrie, il fit d’abord l’acquisition d’une ancienne usine dans laquelle on teignait surtout le fil de lin, puis, deux ou trois ans après, il fit construire sur les bords de la Deule, une grande et belle teinturerie pour fils et tissus de tous genres.
- Dans mon laboratoire, Karl Stalars s’était familiarisé avec l’emploi des nouvelles couleurs dérivées du goudron. La découverte du noir d’aniline par impression était faite par M. John Lighfoot, en 1862, et bientôt perfectionnée par divers chimistes industriels, notamment par M. Lauth, mais les moyens de teindre par immersion étaient encore à réaliser. C’est alors que M. Karl Stalars multiplia ses essais pour y arriver, et dans le courant de 1867, il était maître du procédé. Je me tenais au courant de ses travaux et il venait à chaque instant m’apporter des échantillons.
- Une fois en possession du noir d’aniline par teinture, il monta un tissage afin de créer de nouveaux genres qu’il désigna sous le nom de noir français et qui ont eu une vogue méritée.
- La première pièce de toile sortie des ateliers de Stalars me fut destinée ; elle servit à faire des robes de chambre et des tabliers de cuisine qui après avoir subi bien des lessivages pendant neuf à dix
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- ans, offrent encore des rayures noires moins affaiblies que le tissu même.
- C’est à partir de 1868 que les frères Stalars ont teint à façon en noir solide pour un grand nombre de maisons de tissage. Voici quelques-unes de celles dont j’ai gardé le souvenir :
- A Cambrai. —M. Bertrand-Milient ;
- A Valenciennes, à Solesnes. — Plusieurs fabricants de mouchoirs à bandes noires ;
- A Roanne. — MM. Déchelette, Depierre;
- A Rouen.— MM. Victor Bédouin, Ridel, Bou-louse, Etard, Coste, Le Roux, Eudes ;
- A Roubaix. — Therin et Ce : coutils, tissus laine et coton ;
- A Logelbach. — Herzog : noir pour rayures résistant au blanchiment -,
- A Reims.:—Aubert et Minelle : velours de coton, noir inverdissable en contact avec la laine soufrée.
- Je disais que les frères Stalars faisaient à volonté, et selon les prix qu’on leur payait, des noirs solides verdissables ou non. La meilleure preuve que ce noir inverdissable était obtenu, par eux, c’est que leur coton noir pouvait être associé sans inconvénient à la laine soufrée, c’est-à-dire encore imprégnée d’acide sulfureux.
- Je dépose sur le bureau un carnet d’échantillons qui m’a été donné par Karl Stalars, contenant les principaux genres qu’il fabriquait et teignait bien avant tout autre teinturier français et étranger.
- Les succès de Stalars ont éveillé de bonne heure l’attention des teinturiers de Rouen et nombre d’entre eux ont fait des noirs d’aniline solides à partir de 1870. Je citerai entre autres parmi mes anciens élèves, MM. Daniel Fauquet, Amédée Dela-marre, Lecœur frères et Legras. »
- Note de H. G. Witz.
- 1. On a teint et imprimé sur coton des noirs à base d’aniline avant 1874 ; une partie de ces noirs, avant le mois de juillet 1876, s’obtenaient industriellement à l’état dit inverdissable. Le premier point est indiscutable ; le second est suffisamment démontré par les teintures de M. Stalars et les impressions de MM. Kœchlin frères, pour se borner à ces deux exemples, mais personnellement, chacun de nos collègues pourrait en fournir des preuves.
- 2. L’action des chromâtes, et spécialement du bi-chromate de potasse, employé depuis fort longtemps, pour développer par oxydation les matières colorantes en les fixant sur les fibres textiles; celle des chlorates, autres agents oxydants très-usités,
- et enfin l’action des sels métalliques, notamment ceux de fer et de cuivre, seuls ou mélangés aux produits oxydants, chromâtes ou chlorates, ont été appliquées, dès le principe, à la production de noirs avec l’aniline, absolument comme les mêmes substances, isolées ou mélangées, étaient utilisées depuis longtemps et le sont encore ordinairement pour produire, par exemple, des noirs avec le cam-pêche.
- Tous les anciens brevets, toutes les publications, sans exception, où il est question de l’aniline, relatent ces emplois. Il me semble, par conséquent, superflu de rechercher en ce moment, à quelle date chaque praticien a commencé à appliquer tel ou tel des agents mentionnés ou d’autres réactifs analogues. On peut se borner à affirmer que les produits désignés servaient, les uns et les autres, industriellement à la production des noirs avec l'ani-line avant 1874; les preuves sont si nombreuses que le fait nous paraît indéniable.
- Le mode d’emploi, le dosage des diverses substances, la température même, l’ordre successif des bains de teinture ou leur nombre, n’apportent pas de différences essentielles au point de vue pratique dans la fabrication des noirs d’aniline ; il suffit, pour l’admettre, de réfléchir que, jusqu’à ce jour, chaque opérateur fait varier à son gré les divers éléments d’un procédé quelconque de teinture, les proportions ou les rapports des divers ingrédients, à l’aide de passages plus ou moins nombreux, de bains chauffés ou non, tout en obtenant des couleurs similaires, c’est-à-dire ayant les mêmes propriétés physiques et chimiques. Il en est ainsi, d’ailleurs, avec la plupart des matières tinctoriales ; chaque méthode opératoire donne un résultat qui peut être variable dans une certaine mesure comme beauté ou comme économie, sans que pour cela la nature du produit soit différente.
- 3. L’emploi, dans la teinture ou l’impression, d’un ou plusieurs des agents chimiques précités concurremment avec l’alcaloïde en question, ou celui de telle ou telle variante d’une méthode de teinture, ne peuvent légalement être monopolisés, lorsqu’il n’y a dans l’espèce, comme nous venons de le démontrer, ni invention, ni application nouvelle de moyens connus.
- h. Une nouvelle interprétation théorique des phénomènes dans le mode de production d’une couleur ne saurait non plus faire sortir un procédé quelconque de fabrication du domaine public (comme c’est le cas pour le noir d’aniline), à plus
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- O. G
- ESasucezeraonens. F.TW ni ........ » I mmen forte raison lorsque cette théorie n’est pas établie d’une façon irréfutable.
- On ne peut breveter ni une théorie, ni même une idée. Quant au fait principal, la production du noir avec l’aniline et les chromâtes, il a été décrit par Perkin, dès 1856, en Angleterre et le brevet, que ce chimiste a pris en France est expiré depuis plusieurs années.
- Le mérite des perfectionnements d’application résulte, en réalité, de l’œuvre d’une nombreuse série de travailleurs, mais il ne saurait jamais appartenir exclusivement au dernier venu. Suivant nous, ces applications successives de moyens usuels ne sont pas même brevetables.
- Ainsi, les circonstances précédemment indiquées pour la production des noirs, étaient précisément celles en usages avec le campêche, comme chacun le sait; en remplaçant simplement ce dernier par Y aniline on est arrivé, en partant des mêmes principes, à des nuances du même genre, mais plus résistantes. On peut transposer ces deux matières dans la plupart des procédés, des ateliers de teintures, et il est facile d’admettre, d’après cela, que les modifications spécifiées ne constituent pas, dans un cas plus que dans l’autre, de propriété dans le sens légal de ce mot.
- 5. Protéger et réglementer les droits des véritables inventeurs, écarter les prétentions sans valeur ou sans base sérieuse, voilà assurément une double tâche aussi délicate qu’utile ! Bien qu’il soit difficile d’affirmer que la loi française sur les brevets soit parfaite pour atteindre ce but, il faut veiller soigneusement à ce que, telle qu’elle existe, elle ne puisse être interprétée dans un sens contraire à son esprit : on risquerait d’accorder, au détriment de notre industrie tout entière, un monopole illégitime et d’autant plus déplorable que nous devons lutter avec des pays favorisés de plus de libertés. »
- À la suite de ces deux notes, nous publions la lettre que M. Grawitz a adressée à M. le président de la Société industrielle de Rouen, et dont nous avions parlé dans notre dernier numéro.
- Paris, 23 mars 1879.
- Monsieur le Président de la Société industrielle de Rouen,
- Vous avez publié dans le Bulletin de votre Société, portant la date de septembre et octobre 1878, deux notes, l’une de M. Girardin, l’autre de M. Witz, qui sont toutes deux dirigées contre mon brevet
- pris en 1874 pour la teinture en noir d’aniline. Si mon nom n’y est pas prononcé, j’y suis clairement désigné, et j’use du droit que la loi me confère en vous priant d’insérer ma réponse dans votre plus prochain bulletin.
- Je n’ai pas, quant à présent, à apprécier le sentiment qui a dicté la rédaction des deux notes en question. Il me suffit de protester contre leurs affirmations : Je démontrerai, quand l’heure sera venue, par le propre témoignage de leurs auteurs, que les noirs de MM. Stalars, Fauquet, Delamarre, Lecœur, Legras et autres ont toujours été ver dissables, sans compter que les procédés dont ils se servaient à l’époque, n’avaient aucune analogie avec les miens.
- Recevez, etc. Samuel Grawitz.
- Voici maintenant la lettre de notre abonné qui se rapporte plus particulièrement à la substitution du chrome au vanadium dans l'impression en noir d’aniline, note présentée par M. Grawitz à la Société industrielle de Rouen. Nous avons reproduit cette note de même que le rapport de la commission et la lettre de M. Grawitz au Président de la Société en réponse aux conclusions de ce rapport (1).
- Monsieur le Directeur,
- Dans le rapport de la commission, chargée par la Société industrielle de Rouen d’examiner la note de M. Grawitz sur l’action du chrême, dans la génération du noir d’aniline en présence des chlorates, M. Witz, rapporteur, dit :
- « Les bichromates, comme tout le monde le sait, » ont été employés dès les premières recherches » de coloration sur l’aniline et ses sels; jusqu’à ce » jour on n’a même jamais cessé d’en faire large-» ment usage dans la teinture en noir verdissable » ou non. »
- A cela j’ajouterai que l’emploi du bichromate de potasse pour la teinture en noir d’aniline a été breveté par M. Lightfoot en 1863, par M. Bobœuf, en 1866, sous le numéro 68,079, par MM. Paraf-Javal, en 1866, sous len° 69,254 et indiqué en 1872, dans le Moniteur scientifique, par M. J. Persoz, page 396. Tous ces brevets sont expirés. Malgré cela, M. Grawitz a pris en septembre et octobre 1874, sous le n° 105,130 (2) un brevet par lequel il revendique l’emploi du bichromate de potasse.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, ne 5 et 6 de l’année 1879, pages 51, 63 et suivantes.
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, année 1877, pages 26 et suivantes.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le 21 octobre 1876, M. Grawitz prit sous le n° 115,160 un autre brevet pour la teinture du coton au noir d’aniline à l’état dit : inver dissable, et, ce qui est bizarre, ce brevet est la reproduction textuelle d’un pli cacheté remis à la Société industrielle de Mulhouse, par MM. Koechlin frères, le 9 avril 1876 (1).
- Dans le brevet de M. Grawitz, pris six mois après la remise du pli cacheté, se trouvent en effet les proportions de la dissolution ferrique de M. Jean-maire et, chose étrange, les chiffres sont les mêmes que ceux qui se trouvent dans le pli cacheté.
- En comparant les dates du second brevet de M. Grawitz et du fameux pli cacheté, il est à supposer que MM. Koechlin frères, ayant eu connaissance du brevet de M. Grawitz, pris le 21 octobre 1876 ont, pour constater la priorité de l’invention de M. Jeanmaire, fait ouvrir leur pli cacheté dans la séance du 29 novembre 1876; il me semble qu’ils ne pouvaient avoir d’autre mobile, du moment que leur perfectionnement était connu et qu’ils n’étaient par conséquent plus les seuls à imprimer du noir d’aniline inverdissable, il est clair que s’ils avaient voulu publier leur procédé, ils n’auraient pas déposé de pli cacheté à la Société industrielle de Mulhouse.
- Le procédé pour empêcher le verdissage du noir d’aniline est bien un des plus importants qu’on ait introduits dans l’impression, il me paraît trop ingénieux pour me permetttre la supposition que l’auteur de la note adressée à la Société industrielle de Rouen, Fait inventé, quand même il n’y aurait pas ces questions de pli cacheté, de date, de chiffres et de proportions.
- Je viens de lire dans le Moniteur scientifique du moisd’avril 1879,page454, unenotedeM.Grawitz, publiée par l’Académie des sciences, sur la génération du noir d’aniline par les chromâtes en présence des chromâtes- dans cette note il dit :
- a M. Witz affirme que le vanadium agit avec une » énergie beaucoup plus grande. Il prend une por-» tion de vanadium dont la dénominrtion est l’unité » suivie de neuf zéros. D’autre part, il signale que » cette action du vanadium n’a lieu qu’en liqueur » acide. Or, dans ces conditions, il n’est besoin » absolument d’aucun métal pour que la colora-» tion se produise. La réaction du chlorate de po-» tasse sur l’acide chlorhydrique libre dégage, en » effet, du chlore et des composés oxygénés du
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, pages 23 et 26, le contenu du pli cacheté et le brevet de M. Grawitz.
- » chlore, qui suffisent à engendrer le noir sans » l'intervention d’aucune trace de métal!!! »
- M. Grawitz prétend poüvoir engendrer le noir d’aniline sans l’intervention d’aucune trace de métal ; c’est avec un étonnement voisin de la stupéfaction (1) que ma raison refuse de croire à une pareille ignorance de la part d’un inventeur aussi saturé de brevets, M. Grawitz devrait au moins savoir que les imprimeurs ont toujours trouvé qu’il leur est impossible de produire du noir sans ajouter un sel métallique au mélange de chlorate et de sel d’aniline, quel que soit le degré d’acidité de la couleur.
- Je m’engage à me faire connaître et à payer une somme de dix mille francs à M. Grawitz s’il parvient à faire en noir un seul mètre de toile de coton ainsi qu’il l’affirme.
- J’ai répété les essais de la commission de la Société industrielle en me servant des proportions suivantes :
- Couleur A.
- 1 litre empois d’amidon blanc ;
- 80 gram. chlorhydrate d’aniline pur ;
- 30 » chlorate de potasse ;
- J’ai imprimé cette couleur et j’ai exposé l’échantillon pendant 3 jours à une température de 25* G. . sans pouvoir obtenir du noir.
- III
- Echantillon B.
- L’échantillon B a été fait en ajoutant à la couleur A ci-dessus un milligramme d’une solution de vanadium pur.
- Après une exposition de 3 jours à une température de 25° C., l’échantillon a été lavé, savonné, séché et apprêté, comme cela se fait habituellement.
- J’ai ajouté à la couleur A ci-dessus rendue légèrement alcaline par de l’ammoniaque liquide, un milligramme de chromate de potasse jaune, puis des quantités dix fois, cent fois, mille fois, dix mille fois plus considérables de chromate de potasse jaune.
- (1) Style de M. Grawitz.
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- En prenant des quantités mille fois, dix mille fois plus considérables de chromate de potasse jaune, j’ai, comme la commission, obtenu une laque d’un noir roux qui ne se fixe pas sur le tissu et ne donne par conséquent pas de noir.
- Je n'ai pas non plus obtenu de noir avec les quantités de chromate de potasse plus faibles qui ne forment pas de précipité apparent dans la couleur.
- En remplaçant le chromate de potasse jaune par du bichromate de potasse, j’ai obtenu absolument les mêmes résultats.
- L’augmentation des doses de chromate de potasse neutre ou de bichromate de potasse augmente la quantité de précipité noir qui se forme dans les couleurs.
- Les conclusions que produisent mes essais sont les suivantes :
- 1® L’emploi d’un sel métallique est nécessaire pour la génération du noir d’aniline en présence des chlorates ;
- 2® Le vanadium à dose infiniment petite engendre le noir en présence des chlorates et des sels d’aniline;
- 3® Les sels de chrome sont impropres à développer le noir avec les sels d’aniline en présence des chlorates;
- 4° Les sels de chrome, ajoutés à la couleur A rendue alcaline, ne produisent pas le noir.
- Veuillez, etc.
- Votre abonné.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- contenant la solution du colorant et simplement acidulé par l’acide sulfurique.
- Vert acide sur laine.
- La teinture de la soie n’est pas plus difficile. Elle se fait sur un bain de savon coupé d’acide sulfurique.
- Le coton doit être mordancé préalablement au tannin et à l’acide acétique. On teint en ajoutant la solution du colorant en plusieurs fois dans le même bain qui a servi au mordançage.
- Dans ces diverses teintures, la température n’est plus limitée comme pour l’emploi du vert lumière, à 80° pour la laine, 45 à 50° pour le coton, 40° pour la soie, on pourrait porter le bain au bouillon, si l’on voulait, sans craindre de transformer le colorant.
- Les propriétés de ce nouveau vert acide lui assurent de nombreux emplois, non-seulement pour la production des nuances vert-lumière, mais aussi pour les gros verts et les nuances composées où il pourrait, dans certains cas, être substitué au carmin d’indigo.
- Le prix du colorant (1), qui paraît élevé au premier abord, est justifié par sa richesse. Nous avons vu, d’après les résultats d’expériences comparatives de teintures de nuances de même ton, que le prix de revient restait en faveur du vert acide.
- VERT ACIDE
- de A. POIRRIER,
- CHIFFONAGE
- BLEU PAON
- Le nouveau vert acide de la maison A. POIRRIER, de Paris, présente de grands avantages sur ses similaires par suite de la facilité de son emploi, sa solidité et son extrême richesse.
- En effet, sans subir aucun des inconvénients du vertiumière, ce colorant peut supporter une température de 100° et plus, sans transformation, il convient donc à la teinture et à l’impression de toutes les matières textiles, laine, soie, coton, jute, etc.
- La teinture de l’échantillon sur laine filée, que nous donnons ci-dessous, a été faite dans un bain
- Les teintes foncées domineront ce printemps. Parmi celles les plus à la mode le bleu semble dominer, bleu étrange, peu franc, bleu qui participe du vert ou du gris et se nomme bleu paon dans le premier cas, bleu gendarme ou bleu soldat dans le second.
- Le teinturier-dégraisseur, pour satisfaire ses clientes, a besoin d’être au courant des caprices de
- (1) 90 fr. le kilo.
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- la mode, nous continuerons donc à les lui indiquer en même temps que les recettes de teinture.
- Bleu paon sur laine.
- Ancien procédé.
- Pour 5 kilos. — Former un bain avec :
- Sulfate d’alumine..................... 1 kil.
- Bisulfate de soude ................. 250 gr.
- Carmin d’indigo................. , 20 »
- Acide picrique........................ 10 »
- Manœuvrer trois quarts d’heure au bouillon, lever, rincer et sécher.
- Nouveau procédé.
- On peut obtenir directement cette nuance en employant les bleus alcalins ou les bleus solubles d’aniline, en choisissant les marques très-ver-dâtres.
- Bleu paon sur coton.
- Ancien procédé.
- Pour 5 kilos. — Mordancer le coton débouilli dans un bain contenant une quantité suffisante d’eau et 250 grammes d’acide sulfurique, lever et rincer.
- Former un nouveau bain avec :
- Alun........................... 500 gr.
- Extrait sec de quercitron........ 100 »
- Manœuvrer une demi-heure à 90° C., lever et passer successivement dans les deux bains suivants :
- ( Eau
- 1er bain 2 Nitrate de fer à 450 B..... 200 gr.
- ( Sel d’étain............................. 50 »
- ( Eau
- 2ne bain 2 Prussiate jaune....... 100 gr.
- ( Acide sulfurique.................... 100 »
- Après passages, rincer et sécher.
- Nouveau procédé.
- Employer les marques très-verdâtres de bleu soluble d’aniline, teindre à chaud en ajoutant de l’alun dans la proportion de 8 à 12 pour 100 du poids du coton, ou bien, si l’on veut une nuance plus solide, mordancer préalablement le. coton au sumac et à l’oxymuriate d’étain.
- Voici encore un procédé qui donne, avec les bleus lumière pour coton, des teintes pouvant rivaliser de richesse et de fraîcheur avec les laines teintes au moyen des plus beaux bleus alcalins.
- Pour 5 kilos. — Mettre dans le bain :
- 250 gram. sel de soude.
- 250 » alun.
- et la quantité de bleu nécessaire suivant la nuance à obtenir. — Chauffer à 60° C., donner quelques tours et lever le coton qui a alors une teinte grisâtre, puis ajouter au bain 500 à 600 grammes alun. Donner quelques tours, tordre et sécher à chaud.
- Le bain se conserve ; lorsqu’il est par trop trouble on en décante le clair.
- IMPRESSION DES TISSUS RÉSERVES (i) Par Alex. SCHULTZ.
- — Suite (2). —
- Réserve orange sous noir d’aniline.
- On imprime la réserve orange suivante :
- Réserve orange.
- 8 litres eau.
- 4 kil. pyrolignite de plomb.
- 2 » litharge.
- Cuire et prendre le clair.
- 6 kil. nitrate de plomb.
- 4 » sulfate de cuivre.
- 2,500 » sulfate de plomb.
- 4 » gomme.
- L’orange ci-dessus est sousbasé ou matté en noir d’aniline. On oxyde les pièces pendant 24 heures avec 28° d’humidité et 38° de chaleur au psychromètre.
- Dégommage en prenant pour la première cuve à roulettes :
- 300 litres eau.
- 300 » ammoniaque.
- 6 kil. bichromate de potasse.
- De la première cuve, les pièces entrent dans la seconde cuve, montée comme suit :
- 200 litres eau.
- 200 » ammoniaque.
- 4 kil. bichromate de potasse.
- (1) Errata. — Dans le dernier numéro, page 73, (Blanchiment'), 25e ligne, au lieu de : on complète, lire : on compte.
- Même numéro, page 78, (Impressions des tissus), 23e ligne, au lieu de 0,900 kil. acide nitrique, lire : 0,900 kil. acide citrique.
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, n" 5, 6, et 7, année 1879,
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- CO
- G
- La pièce met environ huit minutes à passer, puis immédiatement après le dégommage, on passe en cuve bouillante, en boyaux pendant une demi-heure.
- Lavage au traquet.
- Première teinture.
- 800 litres eau.
- 6 kil. bichromate de potasse.
- 200gram. acide nitrique.
- Au bouillon trois quarts d’heure. — Lavage au traquet.
- Deuxième teinture.
- Comme la première, mais sans acide nitrique.
- Lavage au traquet.
- Passage en eau bouillante.
- Lavage au traquet, puis à la roue.
- Virage.,
- Essorage et mise au large et virage suivant :
- Eau de chaux bouillante.
- 100 litres eau.
- 8 » lait de chaux.
- 1 kil. 500 gr. bichromate de potasse.
- Au large dans une cuve à roulettes.
- On alimente ce bain avec un litre de lait par pièce.
- Préparation du lait de chaux.
- 50 litres eau.
- 10 kil. chaux vive.
- Second passage en boyaux en eau bouillante pendant une demi-heure.
- Chlorage à la racle pour aviver l’orange mais en faisant passer l’endroit de la pièce sur le rouleau gravé.
- Réserve blanche sous orange et noir d’aniline. Double sousbasement.
- La réserve blanche, page 78, étant imprimée, est séchée avec soin, cette opération exige une grande habitude, il faut autant éviter un séchage trop rapide qu’un séchage trop lent, la température de 40° R. est convenable.
- Après avoir sousbasé, on oxyde 24 heures avec 28° d’humidité et 38° de chaleur au psychromètre.
- On matte au rouleau avec l’orange suivant :
- Orange pour matter au rouleau.
- 8 litres mordant pour orange ci-après A.
- 8 kil. nitrate de plomb.
- 1,600 n acétate de plomb. 0,800 » acide nitrique.
- 3,200 » amidon grillé foncé.
- Préparation du mordant pour orange 4.
- 50 litres eau.
- 17 kil. 500 pyrolignite de plomb.
- 10 » litharge.
- Faire bouillir, dissoudre et mettre à 50 litres.
- Verser chaud sur :
- 12 kil. 500 pyrolignite de plomb.
- Après le mattage de l’orange, on dégomme le même jour, si c’est possible, ainsi que c’est indiqué pages 78 et 79, en ammoniaque et en bichromate de potasse.
- On passe vingt minutes en eau chauffée à 55° R.
- Lavage au traquet.
- Passage au chrome.
- 600 à 800 litres eau.
- 6 kil. bichromate de potasse. 0,300 » acide nitrique.
- On passe dans ce bain 6 pièces de 100 mètres à une température de 55° à 60° R., pendant trois quarts d’heure à une heure. On lave au traquet et à la roue à laver, mettre au large.
- Passage en chaux au bouillon.
- Ainsi que c’est indiqué page 79.
- Laver au traquet et passer en eau chaude.
- Chlorage.
- 800 litres eau.
- 1 » chlorure de chaux à 8° B.
- Pendant une demi-heure à une tempe-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rature de 30° R., pour 6 pièces de 100 mètres.
- Lavage au traquet et :
- Savon.
- 800 litres eau, 3 kil. savon.
- Pendant trois quarts d’heure au bouillon pour 6 pièces de 100 mètres.
- On lave à l’eau chaude et on sèche.
- Noir d’aniline servant de sousbasement an blanc réserve, rouge réserve, orange réserve.
- 10 kil. amidon blanc.
- 18 litres eau.
- 15 » eau d’amidon grillé.
- 0,500 kil. sel ammoniac.
- 1,250 » chlorate de potasse. Cuire et ajouter à froid : 6 kil. sel d’aniline.
- 0,500 » sulfate de cuivre.'
- On neutralise le noir suivant l’acidité du sel d’aniline. On prend par exemple : pour 20 litres noir ci-dessus 1/4 de litre huile d’aniline pour noir.
- Noir à imprimer pour les réserves.
- 1 kil. noir ci-dessus.
- 0.100 » aniline.
- Réserve orange sous violets fleur ou alizarine.
- On imprime la réserve orange suivante : 1 litre mordant pour orange A, ci-dessus.
- 0,400 kil. amidon grillé foncé.
- 0,200 » acétate de plomb.
- 1 » nitrate de plomb.
- Couleur pour Vimpression,
- 1 litre réserve orange ci-dessus. 100 gr. acide citrique.
- On peut imprimer avec la réserve orange du noir garance, du rouge garance ou toute autre couleur garance.
- Après l’impression de la réserve orange et des couleurs garance, on sousbase avec du violet garance.
- Oxydation.
- Pendant deux nuits et un jour avec 31* d’humidité et 36’ de chaleur au psychro-mètre.
- On dégomme en silicate et ammoniaque à froid dans le bain suivant :
- 3500 litres eau.
- 500 » silicate de soude à 20’ B. 125 » ammoniaque.
- Ce bain est renouvelé tous les deux ou trois mois ; on décante le liquide clair et on lave la cuve, le liquide décanté est remis dans la cuve.
- De plus, au passage des pièces, on ajoute, à mesure que la cuve se vide, le bain suivant :
- 100 litres eau.
- 14 » silicate de soude à 20’ B.
- 4 » ammoniaque.
- Au sortir de ce bain de fixage et de dégommage, les pièces entrent immédiatement dans une cuve à eau chaude 45 à 50° R.
- On dégomme une deuxième fois pendant vingt minutes à 45° R. dans un bac à teindre en prenant :
- 600 litres eau.
- 4 » silicate de soude à 20* B.
- Premier chromage.
- Pour 6 pièces de 100 mètres :
- 800 litres eau.
- 1,500 kil. bichromate de potasse.
- 1,500 » craie.
- Pendant une demi-heure à trois quarts d’heure, lavage énergique.
- Troisième dégommage.
- En bouse et craie à 40° R. pendant vingt minutes, laver au traquet.
- Teinture, peut se faire en fleur ou alizarine. Il faut autant que possible teindre à point car on ne peut pas aviver bien énergiquement.
- Lavage au traquet qu’on peut achever à la roue à laver.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- O
- Cr
- Premier savon.
- Pour 6 pièces de 10 mètres :
- 800 litres eau.
- 3 kil. savon.
- Une demi-heure au bouillon.
- Lavage et deuxième savon, comme le premier.
- Deuxième chromage.
- Comme le premier chromage à 50° R., une demi-heure.
- Passage en chaux.
- Lavage énergique et passage au bouillon et au large en prenant moitié eau et moitié eau de chaux claire.
- Lavage et passage en eau chaude.
- Troisième savon bouillant.
- Comme le premier savon.
- Lavage et passage en eau chaude.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l'auteur.
- scsa-acoi—---------
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- EMPLOI DE L’ACIDE ALOETIQUE
- DANS LA TEINTURE
- (Extrait de la Deutsche Wollen Gewerbe).
- Il y a plus de vingt ans que M. Boutin a décrit les propriétés de l’acide aloétique et montré comment ce corps peut être employé avec avantage dans la teinture. Liebig s’est occupé aussi de cette question et a décrit quelques-unes des propriétés principales de l’acide aloétique. Il a même signalé ce fait que la soie, lorsqu’on la fait cuire dans une solution aqueuse d’aloès, prend une très-belle couleur pourpre, qui résiste à l’action des alcalis et des acides, que la laine prend une belle couleur noire et que la toile se teint en rose.
- Malgré cela, cette matière colorante n’était pas entrée dans la pratique ; c’est seulement dans ces derniers temps qu’une maison de Lille a livré au
- commerce sous le nom de : brun végétal, un produit retiré de l’aloès.
- On obtient l’acide aloétique en faisant digérer l’aloès avec de l’acide nitrique. M. Elsner emploie 8 parties d’acide nitrique d’une densité de 1,2 à 1,3 et effectue l’opération dans une cornue en verre; le résidu de la distillation a une couleur jaune et une consistance sirupeuse; on le lave à l’eau de pluie et on obtient une solution jaune très-concentrée, qui dépose un résidu pulvérulent jaune, quand on l’étend fortement d’eau ordinaire.
- Pour produire des nuances différentes, on ajoute à l’acide aloétique des sels. Ainsi quand on traite la fibre animale à une température de 70 à 80 degrés par une solution d’acétate de cuivre ou verdet, puis qu’on la lave et la passe dans un bain d’acide aloétique, on obtient différentes couleurs de bois, suivant le degré de concentration du bain, ces nuances deviennent plus belles et plus brillantes quand on avive le produit teint dans un bain rendu acide par du vinaigre.
- Le cramoisi s’obtient en plongeant la laine ou la soie dans un bain chauffé à 43 degrés et contenant de l’acide tartrique, puis dans un bain d’acide aloétique chauffé à 50 ou 60 degrés.
- Le rose ou aurore se produit de la même façon; seulement le bain doit renfermer moins d’acide aloétique et contenir une petite quantité d’alun.
- Les nuances violettes se distinguent par leur grande beauté; on les obtient en ajoutant au bain d’acide aloétique de l’ammoniaque et de l’acide acétique et en chauffant à 50° ou 60 degrés. Pour la soie, le bain doit renfermer un léger excès d’acide ; tandis que, pour la laine, il doit être alcalin.
- La couleur bleue se produit en ajoutant au bain d’acide aloétique, du sel d’étain et du tartre ; le bain est d’abord violet, mais en y ajoutant une petite quantité d’ammoniaque, il devient bleu.
- Pour teindre en vert, on passe d’abord au jaune, puis ensuite au bleu.
- On voit que l’acide aloétique est un véritable polychrome dont la teinte varie suivant les circonstances et c’est là probablement la raison qui a empêché l’emploi de cette matière de se vulgariser.
- Le brun d’aloès, tel que le fournit le commerce, est liquide jaune ressemblant à une solution concentrée de bichromate de potasse; il se dissout très-aisément dans l’eau chaude. Suivant la nuance qu’on veut obtenir, on emploie plus ou moins de brun, avec une petite quantité d’acide sulfurique.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Une proportion très-convenable est pour 100 parties (laine et soie), 45 parties de brun d’aloès et 6 à 8 parties d’acide sulfurique ; on fait cuire pendant une heure à une heure et demie dans ce bain, puis on lave avec soin.
- La nuance obtenue est un brun-bismark, très-brillant et résistant aux alcalis. Cette nuance peut être combinée avec toutes les autres couleurs, en donnant un fond de brun d’aloès plus ou moins foncé et en nuançant dans le même bain avec de l'orseille et du carmin d’indigo, du sulfate d’indigo, du curcuma, du bois de campêche, de Cuba ou de Fernambouc ou bien avec des couleurs d’aniline.
- L’avantage de l’emploi du brun d’aloès consiste en ce qu’il fixe les autres couleurs et les rend stables ; de plus, il permet de réaliser une économie notable des autres couleurs et son prix est peu élevé.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- 122,207. 30 janvier. — MANNVILLER. —Tourniquet centrifuge à aiguille mobile et roulante pour retordre les filés de matières textiles.
- 122,219. 26 janvier. — Descroix. — Application de l’aniline et des couleurs qui en dérivent, à la teinture bon teint, des fibres textiles végétales.
- 122,221. 30 janvier. — Pourer. — Impression sur chaîne avant tissage.
- 122,229. 1er février. — Delharpe. — Métier mé-camique étireur, dérailleur et briseur perfectionné.
- 122,234. 30 janvier. — Kan. — Séchoir-épail-leur méthodique et à papillons.
- 122,244. 23 janvier. — Legret. — Système perfectionné de montage des papiers, ou parchemins sur rouleaux de filature.
- 122,248. 23 janvier. — Ireland. —Appareil à tendre les vêtements et en enlever les faux plis.
- 122,252. 1er février. —- Paskin. — Nouvelle can-netière.
- 122,233. 1er février. — Allard-Rousseau père et fils et Cie. — Perfectionnements au peignage des matières filamenteuses.
- 122,259. 24 janvier. — Société anonyme pour la fabrication de L'ANILINE. — Amélioration dans la fabrication du rouge d’aniline.
- 122,275. 25 janvier. — Lecomte, Heuzey, Jeuch
- et Tuquet (Société). — Machine destinée à fixer sur tulle ou autres tissus légers, de la chenille ou tout tout autre application analogue, sous forme de pois qui concourent à l’ornementation des tissus.
- A céder d’occasion
- DE LA LDI Dü CONTRASTE SIMULTANÉ
- des Couleurs
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- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23• Année, No 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mai 1879.
- SOMMAIRE
- Traitement des laines chaulées et nouveau procédé de blanchiment de M. Auguste Féron. — Des noirs sur soie, par M. Marins Moyret (suite). — La question du noir d’aniline : Réponse de M. GRAWITZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Réserves par Alex. SCHULTZ. (suite). — Teinture pour chapellerie : L’art de teindre les chapeaux de feutre en noir.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Application des silicates et aluminates à la fabrication des encres par M. GRAWITZ. — Société industrielle de Rouen : Programme des prix à décerner en 1879.
- BIBLIOGRAPHIE. — Nouveau traité de chimie industrielle par Wagner et Gautier.
- TRAITEMENT DES LAINES CHAULÉES et nouveau procédé de blanchiment des fils et tissus de lin.
- Communications de l’abbé Vassart, de M. Auguste Féron et de M. Alfred Renouard au Comité de filature ae la Société industrielle du Nord de la France.
- M. l’abbé Vassart, qui a fait à la dernière assemblée générale une communication sur le traitement des laines chaulées, a bien voulu venir exposer à nouveau devant le Comité de filature le résultat de ses expériences. Il rappelle qu’il a indiqué, comme l’agent à la fois le plus certain et le plus écono-mique, les eaux chargées de suint résultant du premier traitement des laines pour déchauler les laines tombées à la chaux ou chargées accidentellement d’un grand excès de chaux. Mais il ajoute qu'il n’a pas entrepris de donner une explication théorique de cette propriété du suint, il a simplement présenté le procédé comme empirique, tout en faisant observer qu’il lui semble suffisamment confirmé par l’expérience et les résultats acquis.
- M. Auguste Féron demande alors la parole. Il expose que l’action du suint sur les sels terrreux est connue depuis longtemps; M. Chevreul l’a démontrée et M. Féron a dit et écrit après lui que le meilleur détersif des laines est le suint lui-même. Seulement, l’emploi du suint ne doit pas être recommandé que pour les laines chaulées, mais encore pour toutes les laines, car il n’est aucune laine peignée qui ne retienne de savons calcaires.
- A ce sujet M, Féron demande à présenter quel
- ques observations sur les inconvénients qui résultent de l’emploi des savons ordinaires dans le traitement des laines avant peignage.
- Beaucoup de personnes croient, et c’est une grave erreur, que les savons calcaires contenus dans les laines peignées du commerce ne peuvent provenir que de l’immersion de ces laines, alors qu’elles se trouvent imprégnées de savon, dans des eaux calcaires non encore corrigées ; mais comme il y a longtemps que les peigneurs se sont aperçus qu’il était de leur intérêt, en considérant les quantités énormes de savon détruit par les eaux calcaires, de corriger préalablement les eaux qu’ils emploient, et qu’ils les corrigent, il en résulte que ce n’est qu’accidentellement qu’on peut leur attribuer la présence des savons de chaux dans les laines peignées.
- D’où viennent donc ces savons de chaux? Evidemment de ce que la laine, non épurée, comporte dans sa composition une certaine quantité de matières calcaires et terreuses qui se trouvent retenues-sur ses fibres par la' matière grasse du suint et précipitent le savon des bains dans lesquels on la lave.
- Cette précipitation donne naissance à des oléates calcaires et terreux, de consistance pâteuse complètement insolubles dans l’eau. Ainsi encrassée, la laine se file mal, et, soumise à la teinture, elle prend mal la couleur.
- Depuis longtemps, préoccupé de la nécessité de débarrasser absolument les laines de toutes matières calcaires ou terreuses avant de les mettre en présence des savons gras, M. Féron avait lu, dans certains traités de chimie, que les marins employaient, de préférence à ces derniers, des savons de résine (résinâtes de potasse ou de soude) qui
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- moussaient, disaient-on, dans l’eau de mer et ne s’y décomposaient pas. L’auteur de l’ouvrage où le fait était énoncé ajoutait même que les savons de résine moussaient aussi dans l’eau de chaux. S’étant empressé d’en faire l’expérience, M. Féron eut le regret de constater que l’auteur en question s’était beaucoup trop avancé.
- Les résinâtes de soude et de potasse, en effet, ne sont pas précipités par le sel marin, tandis que, dans une eau calcaire, ils donnent sur-le-champ un précipité très-abondant, et tout à fait semblable à première vue à l’oléate de chaux.
- Mais, en examinant ce précipité, après l’avoir égoutté et desséché, M. Féron s’aperçut qu’au lieu d’être mou, pâteux et collant, il était devenu sec, cassant et même friable sous les doigts.
- Il ressortait clairement de cette simple expérience que le dépôt sur la laine d’un tel précipité ne devait pas entraîner la moindre conséquence fâcheuse au point de vue des opérations de filature et de teinture-, puisqu’il suffirait maintenant d’un battage pour que la fibre en demeurât complètement débarrassée.
- Suivant M. Féron, c’est là qu’il faut chercher la solution du problème. Il faut des savons de résine, à l’exclusion des savons gras, du moins dans tout le cours du premier travail. Les savons gras, qui donnent à la laine de la souplesse et le toucher spécial qu’on y recherche, pourront être employés sans danger pour la débarrasser des huiles d’ensimage, après que la résine aura précipité toute la chaux, à l’état pulvérulent, insoluble et non adhésif.
- M. le président remercie M. Féron des observations intéressantes qu’il a bien voulu présenter au Comité et qui seront écoutées avec profit par l’industrie roubaisienne. 11 prie M. Vassart qui habite Roubaix de les faire connaître aux peigneurs de cette ville, en attendant que les membres de la Société puissent les lire avec fruit lors de l’impression du Bulletin.
- M. Alfred Renouard dit qu’il profite de la présence de plusieurs chimistes au Comité, pour faire connaître un nouveau procédé de blanchiment des fils et tissus de lin, employé depuis quelque temps dans la blanchisserie de M. Sibbold Johnston, à Kiltonga près Belfast, et qui permet de supprimer l’exposition sur pré.
- Ce procédé réside dans l’emploi de l'hypochlo-ite de chaux.
- La méthode consiste à traiter ce corps par le carbonate de soude, il se produit un dépôt de carbonate de magnésie, tandis que les principes actifs, c’est-à-dire le chlore et l’oxygène, sont mis en liberté.
- L’essai de l'hypochlorite de magnésie n’est certainement pas nouveau ; mais la principale raison pour laquelle ce corps n’était pas employé était son prix élevé. Aujourd’hui, on prépare ce produit à bon marché en traitant par le chlorure de chaux un sulfate de magnésie naturel, qui se trouve en grande abondance dans les sels de déblaiement provenant des mines de Stassfurth et auquel les minéralogistes ont donné le nom de Kiésiérite. Dans sa réaction, il se forme du sulfate de chaux, qui se précipite et de l’hypochlorite de magnésie qui reste en solution dans le liquide et qu’on emploie tel quel.
- A Kiltonga, il y a 10 bacs et 12 cuves à tourniquet. Au-dessus des 12 cuves, on a posé des rails où manœuvrent des wagons et une grue mobile pour le transport dee tourniquets d’une cuve à une autre : avec cette grue est en relation une pompe hydraulique assez puissante pour enlever des tourniquets tout chargés. Un wagon conduit les éche-veaux lavés, bouillis et exprimés à la cuve n° 1, où ils sont placés sur un tourniquet qui les retourne dans un bain de carbonate de soude bouillant; ils passent de là, grâce à la pompe, dans la cuve n° 2, qui contient l’hypochlorite et ainsi de suite-, les écheveaux sont ensuite lavés à grande eau. Le sulfate de chaux, précipité dans la préparation du liquide décolorant, peut être utilisé à part si l’on veut, soit pour la préparation du vert de chrome ; soit comme plâtre ordinaire.
- M. Renouard dit que cette question du blanchiment des fils et tissus de lin est capitale pour le Nord de la France : cette industrie y est très-répandue et malheureusement elle est très-arriérée et on s’en occupe très-peu. Il serait important que chacun signalât à l’attention des blanchisseurs ou des chimistes de notre région tous les procédés qui paraissent sérieux ou qui ont été quelque peu essayés, sans que cependant on attachât trop d’attention aux recettes de peu de valeur pour lesquelles il est pris journellement des brevets.
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- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius MOYRET, chimiste
- — Suite —
- Noirs rouillés, cachoutés ou non terminés en noirs anglais.
- Dans les noirs qui précèdent, comme on l’a vu, le teinturier obtient bien un noir supérieur comme qualité aux précédents, mais sans aucune prise de poids. Pour remédier à cet inconvénient, il ne faut pas songer à donner un tannin avant la bruniture, car ce serait peine perdue au point de vue du poids, le savon de la teinture le faisant complètement tomber ; le premier progrès a consisté à donner une charge stable par l’emploi des rouils, suivi ou non d’un petit cachoutage. Ces noirs se divisent donc en cinq opérations après la cuite, soit le rouillage, la bruniture, la teinture, l’avivage et le lustrage.
- Rouillage pour noirs anglais.
- Ce rouillage s’effectue comme il a été dit pour le rouillage des soies cuites.
- On donne plusieurs rouils, cependant trois paraît le nombre maximum, et sous cette influence, on peut rattraper la moitié du poids perdu à la cuite.
- Ces noirs anglais rouillés, dit noirs pour pelu-ches, ont été longtemps rouillés avec l’acétonitrate ferrique dit rouil pour peluches ; mais il est à peu près avéré aujourd’hui que le rouil ordinaire fait aussi bien. Ainsi, dans ces noirs, par trois rouils, on donne 12 pour 100 environ d’oxyde ferrique à la soie ; mais c’est une charge dont il ne faut pas me-suser, à cause de l’action pernicieuse de l’oxyde ferrique sur toutes les matières organiques, et surtout sur les fibres textiles.
- Sur la soie rouillée pour la dernière fois, on peut donner un léger cachou à 50 ou 60° de chaleur, Puis on fait suivre, comme pour les noirs anglais précédents, sur la bruniture, la teinture, l’avivage et le lustrage. Les noirs ainsi faits, à cause de la masse d’oxyde de fer donnée avant le cachou, et qui agit sur la matière du campêche, sont plus pleins et moins verts que les précédents ; ils peuvent même, en diminuant le bois jaune, arriver à un ton violet bleuâtre assez fin.
- Noirs velours non chargés.
- Ces noirs, qui sont plutôt de véritables couleurs
- bleu foncé, ressemblent aux précédents, en ce qu’ils ne rendent absolument rien ; ils doivent avoir un toucher doux non craquant : vus en plein ils doivent paraître bleus, et vus par réflexion ils paraissent noir bleu. Ils se font toujours pour la partie du velours faisant endroit et dite poil de velours -, cette partie, qui est coupée à chaque coup de trame, forme la chaîne d’endroit du velours, dite chaîne à poil.
- Ainsi dans un velours il y a deux chaînes, une chaîne de fond ou d’envers, destinée à faire le tissu et qui doit garder toute sa carte, toute sa sûreté, et est presque toujours en soie écrue ; une chaîne de poil, qui se marie avec la précédente et qui est en soie cuite, faisant tout l’effet recherché à l’endroit de la pièce ; le tout est relié, par une trame qui peut être en soie écrue, souple ou même en coton. La teinture du poil pour velours demande donc seule de grandes précautions, et dans les velours non chargés elle comprend, après la cuite, quatre opérations, qui sont l’alunage, la bruniture, la teinture et le dernier savonnage.
- En résumé, comme dans les noirs qui précèdent, il faut que le bois d’Inde fasse la nuance, pour ainsi dire ; mais comme il faut ici des noirs bleus dégagés, il faut éviter l’emploi du bois jaune, qui assommerait la nuance par les tons verts olive qu’il ypporterait en se combinant avec les mordants.
- \ Alunage pour les noirs velours.
- Cet alunage n’offre rien de particulier sur cette opération décrite d’une manière générale au chapitre IV, page 134. Les soies, bien alunées, rincées convenablement, sont prêtes à recevoir la bruniture. Le but de l’alun dans ces noirs est, par sa combinaison avec le bois d’Inde, d’éclaircir la nuance, de la maintenir dans des tons bleus violet-tés, en un mot de modérer l’action des sels de fer employés dans la bruniture, et qui seuls porteraient trop au noir en agissant sur le campêche.
- Bruniture pour noirs velours.
- Cette bruniture diffère de celle pour les noirs anglais, en ce qu’elle se fait exclusivement sur un bain de bois d’Inde à 50 pour 100 du poids de la soie, additionné de 3 à 4 pour 100 de verdet cristallisé et d’un peu de couperose, en moindre quantité que pour les noirs anglais. La bruniture s’effectue d’ailleurs de la même manière que précédemment.
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- Teinture et adoucissage pour velours.
- Les soies, bien rincées sur l’opération précédente, sont teintes comme s’il s’agissait d’un noir anglais, dans les mêmes conditions, seulement l’absence du bois jaune fait que l’on ne sort jamais des teintes bleu foncé dues au bois d’Inde. Les soies teintes, c’est-à-dire au bout d’environ une heure, le bain étant complètement tourné et écarté au cana’, et les soies peuvent recevoir une légère eau de cristaux de soude pour les laver, puis elles sont soumises à l’adoucissage pour velours.
- Cette opération doit remplacer l’avivage. Elle a pour but de laisser au poil pour velours un toucher doux, mais non craquant, ce dernier offrirait de la résistance dans l’opération du tissage, dite coupage du poil, de plus la présence d'un acide, nécessaire pour l’avivage craquant, émousserait vite le rabot employé par l’ouvrier veloutier pour couper le poil. Pour obtenir le toucher doux non craquant, sortant de l’eau de rinçage sur la teinture, les soies sont passées sur un bain de savon blanc et tiède, puis elles sont égouttées et diablées fortement sur ce léger savon, et séchées sans être rincées. '
- Lustrage pour velours.
- Cette opération peut se pratiquer sur les soies finies et sèches, comme précédemment (voir égale- 4 ment à là fin de ce chapitre) ; mais il faut éviter de les lustrer humides, et surtout de les laisser traîner sur le lustrage, ce qui ferait monter la nuance. En effet, on a vu que les noirs velours doivent avoir un ton dégagé, et ne paraître noirs que vus au plein, tout en présentant des reflets bleus très-agréables à l’œil, vus par réflexion.
- Noirs velours chargés.
- Ces noirs s’obtiennent par des méthodes différentes de la précédente. Une bonne marche consiste à donner à la soie cuite un ou deux rouils. Une soie ainsi bleutée prend 8 pour 100 par rouil bleuté, soit donc 16 pour 100 pour deux rouils et 24 pour 100 pour trois rouils bleutés; dans ces dernières conditions, on rattrape déjà le poids perdu à la cuite. Les soies bleutées sont terminées par un passage à la galle fine, puis une teinture et un adoucissage.
- Engallage des noirs velours chargés.
- Cet engallage a pour but de compléter le poids donné par le bleu de Prusse et comme le noir pour velours constitue plutôt une couleur délicate qu’un
- noir, il doit se faire avec les mêmes précautions que s’il s’agissait d’une couleur claire, c’est-à-dire à froid, et avec de la galle fine ou de la galle de Chine.
- On engalle les soies bleutées avec un bain tiède au plus et contenant 50 pour 100 de galle de leur poids. Les soies peuvent traîner sur ce bain ; mais comme il est indispensable que le bleu de Prusse ne soit pas altéré, il faut que l’engallage ne dépasse pas 50° et n’agisse que sur la soie et non sur le fond de bleu. Par cet engallage, les soies prennent de 10 à 15p.c. à ajouter au poids pris par le bleutage -, une fois engallées elles sont rincées avec soin et prêtes à passer en teinture. •
- Teinture des noirs velours chargés.
- La présence du bleu de Prusse et delà galle rend impossible la teinture dans les conditions précédentes, c’est-à-dire avec savon et bois d’Inde. Dans ces conditions, le savon, par son action sur le bleu de Prusse et le tannin fixé sur la soie, ferait monter la nuance dans des tons noirs très-foncés. On arrive cependant à fixer une quantité de campêche convenable, pour couvrir le ton bleu de la soie, en passant les soies bleutées et engallées à froid sur un bain de physique violette.
- L’emploi des bleus rouges et des violets bleus a été également fait avec succès -, mais, en réalité, le bois d’Inde sous forme de physique violette, est le plus apte à couvrir ces genres de noirs. Les soies, après un passage en physique violette, ou couleurs spéciales d’aniline, sont rincées avec soin et prêtes à subir l’adoucissage.
- Adoucissage des noirs velours chargés.
- Cette opération a pour but, comme précédemment, de laisser un toucher doux sans craquant aux soies fines, et en même temps de monter légèrement la nuance par l’action du savon sur le tannin et le bleu de Prusse combinés à la soie ; elle s’opère en manœuvrant les soies sur un bain de 25 à 30 pour 100 de savon blanc, du poids de la soie et à froid, tout au plus à 25 ou 30° de chaleur, pour éviter toute action pernicieuse du savon à chaud sur le tannin et le bleu de Prusse. A froid, le savon fait légèrement monter la nuance ; à chaud, outre qu’il brunirait trop, il démonterait une partie du poids, en réagissant surtout sur le bleu de Prusse, qui ne devient capable de résister à l’action du savon chaud que lorsqu’il a été engallé ou cachouté à chaud.
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- Si la soie a été couverte à l’aide de la physique violette, elle ne perd rien dans le bain de savon ; mais si elle l’a été à l’aide des bleus-rouges ou violets bleus d’aniline, une bonne partie de la couleur tombe dans le bain de savon, ce qui en nécessite l’emploi d’une quantité beaucoup plus considérable que celle nécessaire.
- Après avoir été lisées un temps variant de vingt minutes à une demi-heure, sur un bain de savon froid, celui-ci est écarté de la barque, et les soies égouttées et diablées fortement, sont mises au séchage comme précédemment.
- On peut arriver en trois rouils bleutés à faire rendre jusqu’à 10 pour 100 au-dessus du poids perdu à la cuite, mais, disons-le, au détriment des autres qualités requises pour les noirs velours..
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE.
- En réponse à la lettre de notre abonné, nous recevons la lettre suivante :
- Paris, le 28 avril 1879. Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture, « Il ne saurait me convenir d’ouvrir avec un inconnu qui se dérobe sous le voile de l’anonyme, un débat sur la priorité de l’invention du noir d'ani-line inverdissable.
- » Ce débat je l’ai porté devant les tribunaux compétents, devant des experts dont le caractère et la situation scientifique garantissent une décision aussi éclairée qu’impartiale.]
- » J’ai démontré et démontrerai devant eux :
- » 1° Que dès le mois de novembre 1874, je com-muniquaisaux chimistes de la maison Kœchlin frères, et pratiquais sous leurs yeux divers procédés donnant directement sur tissu en teinture et en impression du noir d’aniline inverdissable ou transformant après coup le noir verdissant en noir solide ;
- » Que dès cette époque je fixais la théorie de la génération et de la constitution de ces noirs, théorie parfaitement exacte tandis que celles de MM. Jean-maire, Lamy, Wetz et autres, sont fausses de tous points.
- » Les chimistes de la maison Kœchlin frères ne crurent pas mes procédés praticables en impression, et en cela ils se trompèrent gravement. La formule que j’ai brevetée à l’époque est parfaite de tous points.
- > M. Jeanmaire, partant d’une tout autre idée théorique, retomba plus tard sur les mêmes réactifs que j’avais indiqués.
- » Il eut le mérite, et c’est là ce qui lui appartient en propre, de fixer dans leur emploi un dosage qui préserve le blanc et certaines couleurs associées au noir.
- » M. Jeanmaire mit libéralement sa formule à ma disposition vers le 15 octobre 1876, mais ni lui ni personne n’aurait eu le droit de la pratiquer sans mon autorisation car elle tombe sous le coup de mes brevets de 1874. Quelque temps après j’apprenais qu’une indiscrétion avait mis des personnes étrangères à la maison Kœchlin frères (je dis la maison de commerce) en possession de cette formule. Je la fis alors breveter conformément au texte que m’en avait remis M. Jeanmaire pour paralyser les agissements de ces personnes.
- Tel est l’état de la question et les tribunaux vont prochainement établir les droits de chacun.
- » Venons-en maintenant à la discussion actuelle.
- » 1 o J’affirme qu'en épaississant dans les proportions que je jugerai convenables :
- Amidon,
- Acide muriatique pur, Aniline,
- Chlorate alcalin,
- dans une capsule de porcelaine, en dehors du contact de tout métal, je formerai une couleur qui, imprimée avec le doigt sur calicot, donnera, à une température inférieure à 50° centigrades, en quelques heures, un noir tellement intense qu’il en aura le reflet bronze ;
- » 2® J’affirme qu’en épaississant dans la proportion que je jugerai convenable :
- Amidon,
- Acide muriatique pur.
- Aniline,
- Chlorate alcalin,
- Chromate de potasse jaune, dans des capsules de porcelaine en évitant le contact de tout métal étranger, je formerai une couleur qui, imprimée sur calicot avec le doigt, donnera, en un quart d’heure, à une température inférieure à 75» centigrades, du noir inverdissable.
- » Les mélanges
- Sel neutre d’aniline,
- Chlorate alcalin, ou
- Sel neutre d’aniline, Chromate jaune,
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- ne donnant pas de noir dans ces circonstances, et Je triple mélange
- Sel neutre d’aniline,
- Chlorate alcalin, Chromate jaune, en donnant immédiatement;
- » On sera forcé d’en conclure que c’est l’action mutuelle du chlorate et du chromate qui détermine la formation du noir comme je l’avais annoncé.
- » Vous le voyez, Monsieur le directeur, je maintiens toutes mes affirmations.
- » Je mets maintenant votre prudent abonné anonyme en demeure de quitter son rôle de parieur masqué -, etd’avoirà déposer, à la Banque de France, les dix mille francs si pompeusement annoncés. Qu’il se fasse connaître et nomme un arbitre, j’en nommerai un de mon côté et réaliserai publiquement devant eux tout ce que j’ai annoncé.
- » Veuillez agréer mes salutations très-distinguées,
- » Samuel Grawitz,
- » 32, Boulevard Henri IV, Paris. »
- « P.-S. —Je ne nie point, bien entendu, l’utilité pratique d’un agent métallique dans la génération du noir d’aniline, mais bien la nécessité théorique de la présence d’un pareil agent. Les métaux modifient profondément la nuance et même les qualités du noir tout en aidant à sa génération. J’ai démontré, en effet, qu’en entrant dans la constitution de la molécule colorée, certains d’entre eux avaient la propriété de la rendre inverdissable. »
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RÉSERVES
- Par Alex. SCHULTZ.
- . — Suite (1). —
- Genre lapis.
- Le caractère particulier de ce genre de fabrication résiste, est de réserver le bleu de cuve en rouge garance, qui lui-même est le plus souvent réservé en blanc, c’est ce qui le distingue des genres cuvés gros bleu et autres qui, s’ils pouvaient se faire
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n” 5, 6, 7 et 8, année 1879.
- avec le rouge garance, seraient classés dans le genre lapis.
- On peut faire le genre lapis par enlevages et par résistes.
- Jusqu’à présent on n’a pas encore trouvé de résiste ni d’enlevage rouge, qui permette d’obtenir un gros bleu, ni même un bleu moyen foncé.
- Le genre lapis est d’origine orientale, les Indiens qui inventent"mais ne perfectionnent pas,' se servent encore aujourd’hui des mêmes procédés qu’ils ont employés dès l’origine de leur invention.
- Le coloriste indien, qui exécute à lui seul ce que font chez nous, le dessinateur, le graveur et l’ouvrier imprimeur, trace en véritable artiste, avec de la cire fondue qui remplace le crayon du'dessinateur, son dessin sur l’étoffe, son imagination poétique improvise les formes les plus fantastiques qui sont modifiées et rendues]‘encore plus bizarres et plus irrégulières par un traitement particulier (1).
- Bien des fabricants européens ont essayé d’imiter industriellement ce travail ingénieux, mais pas un seul n’est arrivé à la perfection et à l’irrégularité des Indiens qui vendent encore aujourd’hui, à Java, 15 florins hollandais le mètre de leur toile peinte.
- L’ouvrier indien, après avoir tracé son dessin avec de la cire fondue sur l’étoffe, la colore en bleu par le cuvage, et la cire qui sert de réserve, empêche l’indigo dissous de pénétrer jusqu’au tissu et formera un dessin blanc.
- C’est là l’origine des réserves.
- Nous avons beaucoup perfectionné les genres cuvés en remplaçant la cire par des sels cuivriques, zinciques, mercuriques et autres sels d’une désoxydation facile qui, pendant le cuvage, s’emparent de l’hydrogène de l’indigo soluble et le transforment en indigo insoluble se précipitant sur les réserves, tandis que les parties où il n’y a
- (1) Voir article : Sarrong» indien», genre Batick, du Moniteur de la Teinture, année 1877, page 90.
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- pas de réserve absorbent l’indigo réduit et se teignent en bleu.
- On mêle presque toujours de la terre de pipe et des corps gras aux réserves; ils agissent comme la cire et empêchent la fibre d’être mouillée.
- On teint les mordants qui entrent dans la composition des résistes lapis colorées en garancine, mais on peut aussi, sans teindre, fixer par oxydation certaines matières colorantes comme le cachou qui est le plus souvent employé, on peut même cuver après le vaporisage la couleur alizarine-vapeur et obtenir ainsi le genre lapis sans passer par la teinture en garancine.
- On obtient déjà de très-beaux résultats avec les couleurs vapeur alizarine qui ne sont pas destinées au cuvage mais lorsqu’on ajoute aux couleurs alizarine-vapeur, des sels d’une désoxydation facile qui ne ternissent pas le rouge, comme par exemple les sels zinciques et des matières grasses et résineuses, on obtient par vaporisage, l’article lapis aussi bien que par teinture.
- Les réserves cachou et gris cachou, supportent mieux les cuvages que les résistes rouges par teinture et que les réserves rouges alizarine-vapeur qu’on cuve après le vaporisage.
- La fabrication des lapis exige des soins minutieux et une longue expérience, il faut surtout veiller à ce que les pièces soient bien sèches au moment de les plonger dans la cuve ; il est nécessaire pour cela de les encadrer dans un endroit bien chaud, afin d’éviter l’humidité de l’air, car si les pièces étaient humides, les résistes deviendraient molles, seraient traversées par le bain des cuves et réserveraient mal.
- Echantillon d'impression.
- 1* Imprimer réserve blanche lapis et réserve rouge lapis ;
- 2° Cuvage;
- 3° Dégommage ou teinture en garancine ou alizarine ;
- 4° Impression rose alizarine d’application.
- Réserve blanche lapis.
- 3 litres eau.
- 2 kil. jus de citron à 32° B.
- 5 » terre de pipe.
- D’un autre côté :
- 3 litres eau.
- 2 kil. jus de citron.
- 1.750 » sublimé corrosif: 5 » amidon grillé foncé. 0.370 » saindoux. 0.185 » térébenthine.
- 1.500 » chlorhydrate de zinc à 50° B. Mélanger les deux parties et faire cuire la réserve.
- Réserve rouge lapis.
- 4 litres acétate d’alumine à 10° B. 0.186 kil. verdet.
- 4.500 » terre de pipe. 0.140 » saindoux.
- 0.140 » téréb enthine.
- A part :
- 0.370 kilog. acide arsénieux dissous dans
- 3 litres acétate d’alumine à 10° B.
- A part :
- 2 litres acétate d’alumine à 10° B. 1.500 kil. gomme Sénégal. 0.500 » muriate de zinc à 50° B. 1/4 litre décoction de campêche à 5e B.
- Préparation de l’acétate d’alumine à 10° B.
- 100 litres eau.
- 50 kil. alun.
- 50 » acétate de plomb.
- On mêle les trois parties du rouge faites séparément et à chaud, passer par un tamis, broyer les résistes blanches et rouges plusieurs fois pour qu’elles s’impriment mieux,
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- ne crassent pas et ne se mettent pas dans la gravure. Pour obtenir de bonnes couleurs et une bonne impression réservant bien, il faut broyer toutes les couleurs lapis 48 heures, avec une machine à broyer convenable et les passer après le broyage par un tamis de soie très-fin (1). L’impression se fait toujours avec un fournisseur brosse, afin de décrasser la gravure, la température de la course ne doit pas être élevée, il faut cependant l’organiser de manière à ce que les pièces soient séchées bien également.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- TEINTURES POUR CHAPELLERIE
- , L’ART DE TEINDRE
- Les chapeaux de feutre en noir.
- 2• Article. — Voir n• 24, page 296, Moniteur de la Teinture, année 1878.
- Dans notre article précédent, nous avons déjà fait ressortir la nécessité de débarrasser le feutre, autant que possible, de toute trace d’acide ; or, il y a un moyen très-simple de neutraliser l’effet de tout acide, qui pourrait encore s’y trouver, c’est de laisser tremper les chapeaux dans l’eau froide ou mieux encore dans l’eau chaude pendant 10 ou 12 heures. Si le feutre, par exemple, contient de l’acide sulfurique, l’affinité de cet acide pour l’eau est si grande, que cette dernière l’absorbera presque complètement, quand on laissera tremper le feutre comme il vient d’être dit plus haut.
- Voici la recette d’un bain préliminaire pour 100 chapeaux. Dans 280 litres d’eau, on versera selon la qualité des chapeaux :
- De 500 à 1,000 grammes d’extrait de châtaignier. 300 grammes de tartre blanc ou rouge.
- 300 id. de carbonate double de potasse ou de soude ciistallisé. .
- La dissolution faite, on élèvera la température du bain à 60° centigrades, on y plongera les cha-
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1874, page 25, la description du nouvel appareil pour le tamisage des couleurs par la pression atmosphérique.
- peaux et on continuera à chauffer le liquide, jusqu’à ce qu’il soit arrivé à 90° ou bien près du point d’ébullition.
- Une heure après, on ôtera les châpeaux, et, après les avoir retournés et ajouté 200 grammes de soude cristallisée au bain, on leur donnera une nouvelle cuisson pendant une demi-heure environ. Le nettoyage se trouvera alors terminé et l’on pourra commencer à teindre les chapeaux de suite ou après vingt-quatre heures comme l’on voudra.
- Un bain de teinture pour 100 chapeaux est obtenu de la manière suivante.
- On prendra :
- Extrait de fustet................ 50 grammes;
- — de bois de campêche... 1000 —
- — bois rouge.................... 500 —
- Sulfate de fer raffiné........ 1000 —
- Pyrolignite de fer ...........- 500 —
- Acétate de cuivre pur.......... 350 —
- Gomme arabique dissoute dans de l’eau ou ce qui est bien préférable, de la mélasse a. 500 — , Toutes les substances solides devront être mises dans un panier en toile métallique que l’on suspendra dans le bain, on obtiendra ainsi une dissolution complète de tous les ingrédients et on évitera en même temps la formation de dépôt au fond de la chaudière. Après avoir fait baisser la température du bain jusqu’à 50° centigrades, on y plongera les chapeaux déjà nettoyés. Durant l’espace d’une heure, on plongera ainsi les chapeaux dans le liquide et on les retirera quatre fois, en ayant toujours soin de les exposer à l’air chaque fois qu’ils sont en dehors du liquide.
- Pendant les deux premières immersions, ou versera dans le bain, 250 grammes d’extrait de bois de campêche et un peu de sulfate de fer, ces additions devant bien entendu être faites graduellement, au fur et à mesure que le progrès de l’opération les rendra nécessaires.
- L’eau qui s’évapore devra être remplacée.
- Nous ferons remarquer ici, que la quantité de 250 grammes d’extrait de bois de campêche, devra être augmentée ou diminuée selon la qualité de l’extrait qu’il faudra connaître d’avance; car d’elle dépendra l’aspçct plus ou moins beau qu’aura le 1 chapeau une fois l’opération terminée.
- | . Une fois teints, les chapeaux devront être lavés î avec soin dans l’eau courante — plus grande est la I vitesse de cette eau, mieux cela vaut — et soumis
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- ensuite à un nettoyage qui les débarrassera de toutes les particules d’acétate de cuivre qu’ils auraient pu garder. Ce nettoyage se fera au moyen d’un bain composé d’eau pure et d’acide sulfurique (une cuillerée d’acide pour chaque litre d’eau) dans lequel on plongera les chapeaux qui, retirés immédiatement, devront ensuite être exprimés et immergés finalement dans l'eau pure. Ce procédé aura pour résultat d’augmenter la beauté de la couleur noire donnée aux chapeaux. Il peut arriver, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, que le bain devienne cuivré par l’action trop forte du sulfate, de l’acide acétique ou de l’acide absorbé par le feutre, il faudra alors ajouter encore une fois autant de potasse ou de soude cristallisée et l’on verra alors reparaître la couleur noire. De grands soins sont cependant toujours nécessaires, car la soude, comme tous les sels alcalins, s’attaque aux substances animales et pourra par son influence sur les fibres, faire du tort à la beauté et à la durée du feutre. D’ailleurs, le bain lui-même indiquera quand il faudra cesser toute addition. Ainsi, quand le point de saturation sera à peu près atteint, une augmentation quelconque des éléments chimiques contenus dans le bain, fera apparaître sur la surface du bain une écume légère, preuve certaine qu’un sel neutre s’est formé par l’union de la soude avec l’acide libre ou superflu.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la qualité de l’extrait de bois de campêche vendu par le commerce est excessivement variable, nous avons donc souvent préféré employer le bois lui-même, dont nous avons pris quatre kilogrammes de copeaux en remplacement de chaque kilogramme d’extrait. Dans ce cas, il ne faudra ajouter les sels au bain qu’après avoir laissé bouillir les copeaux pendant deux heures au moins, afin de leur retirer toute la matière colorante ; agir autrement serait ôter au bain une grande partie de ses qualités tinctoriales.
- Quand il s’agit de chapeaux d’une qualité inférieure, le bain de teinture pourra succéder immédiatement au bain préliminaire; sans qu’il soit nécessaire de les laver soigneusement dans l’eau courante, avant d’appliquer le bain de teinture, car ce n’est qu’à cette condition que l’on peut arriver à donner un beau lustre au feutre.
- Lorsque les chapeaux se trouvent dans le bain, il faudra couvrir la cuve (ou la chaudière) d’un couvercle en bois, afin d’empêcher les premiers de nager à la surface du liquide. L’application de ce couvercle servira en même temps à conserver la
- chaleur du bain et procurera ainsi une grande économie de combustible.
- Nous donnons ci-après une recette qui est très-facile à suivre et qui peut être employée dans n’importe quel genre de récipient. En appliquant cette recette, on arrivera à donner une belle couleur noire à un vieux chapeau en moins de deux heures, prenez :
- Sulfate de fer raffiné .... 4 kilog.
- Extrait de bois de campêche sec. 3 »
- Extrait de fustet................... 200 grammes.
- Vert de gris (acétate de cuivre). I kilog.
- Pulvérisées et mélangées, ces quantités suffiront pour 100 chapeaux. S’il s’agit d’un nombre de chapeaux moins considérable, réduisez proportionnellement les quantités des divers ingrédients ci-dessus énoncés. On opérera toujours bien en commençant par de petites doses et en augmentant en* suite graduellement jusqu’à ce que le mélange entier soit employé.
- On sait que le vert de gris est un poison très-dangereux et quand on ne peut trouver à l’acheter tout préparé, on ne pourra être trop prudent en le manipulant. Lorsque la teinture se fait sur une grande échelle le danger disparaît presque entièrement parce que — comme nous l’avons dit plus haut — les cristaux de vert-de-gris sont mis dans un panier en toile métallique que l’on suspend dans le bain, on n’aura donc plus besoin de s’en occuper. La préparation de divers ingrédients une fois terminée l’opération se réduit à bien peu de chose. Il faudra seulement chauffer de l’eau, y verser les drogues et les remuer sans cesse, afin qu’elles ne s’attachent ni aux parois, ni au fond de la chaudière. Deux bains durant chacun une heure suffiront pour compléter l’opération.
- Si l’on désire obtenir un noir bleu, on n’aura qu’à remplacer l’extrait de fustet par un peu d’alun de Rome de la meilleure qualité possible.
- En dehors des sels de fer, il y a encore les sels de cuivre — sulfate et muriate de cuivre — le dernier est le meilleur, mais en même temps le plus cher. Le sulfate de cuivre ne peut guère être employé qu’en qualité de corrosif, car il a une telle affinité pour les éléments tinctoriaux, qu’il les précipite immédiatement, il affaiblit par conséquent les couleurs, tandis que l’action du muriate de cuivre n’est nullement préjudiciable au bain.
- Les matières colorantes se déposent sur le feutre et en même temps se développe une action t chimique excessivement favorable au but que l’on
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- désire obtenir. Le cuivre se sépare du muriate pour s’unir à l’acide sulfurique qui s’est développé dans le bain. Cet acide sulfurique superflu provient du sulfate de fer et aurait — si l’on n’avait pas le soin de le neutraliser — une bien mauvaise influence sur le bain.
- Les détails que nous avons donnés ci-dessus suf-lirons — nous l’espérons du moins — pour expliquer au teinturier les diverses particularités qui pourront se présenter pendant l’opération; ils lui diront quand il faudra augmenter ou diminuer les quantités de matières colorantes et l’aider à obtenir le résultat désiré.
- (Deutsche Hutmacher Zeitung).
- (Moniteur de la Chapellerie.)
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- APPLICATION des silicates et aluminates à la fabrication des encres.
- Par M. Grawitz.
- L’adhérence que les silicates et les aluminates solubles contractent avec la pâte du papier est la base de cette invention. Pour fabriquer des encres de toutes couleurs, je mélange une dissolution d’un aluminate ou d’un silicate soluble quelconque avec une matière colorante ne précipitant pas par les silicates et aluminates, ou même précipitant, pourvu que le précipité convenablement additionné d’un épaississant ne dépose pas.
- Les silicates et aluminates seront pris neutres ou alcalins, suivant qu’il y aura intérêt pour mettre en dissolution ou en suspension la matière colorante.
- La matière colorante sera multiple ou unique, suivant que l’on voudra obtenir tel ou tel ton.
- Avec des matières colorantes solides et solubles dans les liqueurs neutres ou alcalines et les silicates solides ou aluminates solides broyés en poudre fine, j’obtiendrai des encres solides n’ayant besoin, pour donner un liquide propre à écrire, que d’être additionnés d’une certaine quantité d’eau.
- Ces encres solides seraient susceptibles d’être livrées au commerce, soit sous forme de poudre, soit sous forme de pastilles ou tout autre état physique qui sera jugé le plus convenable.
- Avec les noirs d’aniline solubles ou insolubles, j’obtiens des encres entièrement indélébiles; de même, avec les noirs de charbon ou les hydrogènes carbonés qui proviennent de la combustion partielle d’hydrogènes carbonés plus simples.
- Ces encres à base de silicates ou d’aluminates, jouissent de la propriété précieuse d’adhérer intimement au papier et de ne pouvoir se laver comme toutes les dissolutions de matières colorantes solubles épaissies à la gomme.
- Avec les matières colorantes solubles et en additionnant soit de la glycérine, soit du sucre, soit au glucose, soit toute autre matière jouissant des mêmes propriétés, j’obtiens des encres propres à copier et laissant sur la page une trace tout à fait adhérente.
- Avec les encres indélébiles citées plus haut, j’obtiens en y adjoignant une encre propre à copier, une encre résultant de la superposition des deux encres qui donne des copies délébiles, tandis que la pièce primitive reste écrite en encre indélébile.
- (Brevet).
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE ROUEN
- PROGRAMME DES PRIX proposés par la Société industrielle de Rouen pour être décernés en décembre 1879.
- CONDITIONS DU CONCOURS.
- Dans sa séance générale de décembre 1878, la Société industrielle de Rouen décernera des récompenses aux auteurs qui, sur le rapport de ses comités, auront répondu d’une manière satisfaisante aux diverses questions énoncées ci-après :
- Ces répompe nses consisteront en médailles d'or (d’une valeur de 300 francs), médailles de vermeil et d'argent. Les médailles d’une valeur moindre que celles qui seront proposées pourront être accordées à titre d’encouragement, si la question n’est pas complètement résolue. Lorsque l’importance des travaux méritera cette faveur, la Société pourra ajouter aux récompenses proposées une certaine somme en argent.
- Les Mémoires présentées au concours devront être adressés à M- le Président de la Société industrielle de Rouen, au plus tard le 1er octobre 1879.
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- Tout concurrent conserve la faculté de prendre un brevet d’invention ; mais la Société se réserve le droit de publier en totalité ou en partie les travaux qui lui auront été adressés.
- La Société ne restituera ni les Mémoires ni les dessins qui seront envoyés au concours -, mais les auteurs pourront en prendre copie. Les modèles seuls sont rendus.
- Les Mémoires ne devront pas être signés ; ils seront revêtus d’une épigraphe et accompagnés d’un pli cacheté qui portera extérieurement l’épigraphe du Mémoire et contiendra intérieurement le nom, la qualité et l’adresse de l’auteur.
- Nous extrayons du programme des prix les questions qui se rattachent aux industries tinctoriales :
- A suivre.
- BIBLIOGRAPHIE
- NOUVEAU TRAITÉ DE CHIMIE INDUSTRIELLE
- Par Wagner et Gautier (1).
- A l'usage des Chimistes^ des Ingénieurs, des Industriels, des Fabricants de produits, chimiques, des Agriculteurs, des Ecoles d'arts et manufactures et d'arts et métiers, etc., etc.
- DEUXIÈME ÉDITION FRANÇAISE CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉE PUBLIÉE DAPRÈS LA DIXIÈME ÉDITION ALLEMANDE.
- 3 beaux volumes grand in-8
- Formant ensemble 1,700 pages, avec 500 ligures dans le texte
- Parmi les sciences qui ont le plus contribué au développement des arts industriels, la chimie doit sans contredit être placée au premier rang. C’est en effet à cette science que nous sommes redevables des perfectionnements sans nombre apportés dans les différentes branches de la technologie -, la métallurgie, la préparation de la soude artificielle, le blanchiment, la teinture, l’impression des tissus, l’extraction des matières colorantes, etc., etc., ont éprouvé l’heureuse influence des précieuses conquêtes réalisées par la chimie. La découverte encore toute récente de ces corps si nombreux et si
- (1) Librairie F. SAVY, 77, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Prix, 30 francs. — Envoi franco dans l'Union pos-talt sontre un mandat de poste.
- variés que renferme le goudron de houille, a permis d’utiliser avec les plus grands avantages les résidus les plus embarrassants de la fabrication du gaz d’éclairage, et les matières colorantes qui ont pris naissance à la suite de cette découverte ont amené une transformation complète dans l’art de la teinture et de l’impression des tissus.
- Différents traités sur les applications de la chimie à l’industrie et aux arts ont déjà été publiés tant en France qu’à l’étranger : les uns s’occupent de chaque industrie en particulier, et les autres décrivent l’ensemble de toutes les industries chimiques.
- Parmi les ouvrages rédigés dans ce dernier sens, celui de M. le professeur B. Wagner, de Würzbourg, écrit d’une manière concise et éminemment pratique, renferme une description aussi complète que possible de toutes les branches de la chimie industrielle. Déjà parvenu à sa dixième édition, il doit la faveur dont il jouit en Allemagne à la position scientifique de l’auteur, qui, désintéressé de toute participation spéculatrice à des entreprises industrielles, ne craint pas d’initier le lecteur aux procédés perfectionnés ou nouveaux introduits dans le domaine de la chimie industrielle.
- La première édition française du Nouveau Traité de Chimie industrielle a été épuisée en moins de quatre ans.
- En dehors des modifications nécessitées par les progrès incessants des industries chimiques, M. Gautier a dû faire à sa traduction primitive de nombreuses additions, afin d’introduire dans cet ouvrage des indications intéressant particulièrement l’industrie française ; et toutes les fois que cela lui a été possible il a complété les renseignements statistiques de l’auteur, de façon que le lecteur puisse se rendre un compte plus exact de l’importance qu’offrent en France les différentes branches de la chimie technologique.
- L’exécution typographique ne laisse rien à désirer, et aux gravures déjà nombreuses qui se trouvaient dans l’édition originale, on a cru devoir en ajouter d’autres représentant pour la plupart des appareils plus spécialement en usage dans les usines françaises.
- Ces nombreuses modifications sont indiquées par le signe [ ]. Il était donc juste de placer le nom de M. L. Gautier sur le même rang que le nom de l’auteur, car il s’agit à présent, non point d'une traduction, mais d’une véritable collaboration.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le Nouveau Traité de Chimie industrielle s’adresse à un public nombreux, aux élèves des écoles d’arts et manufactures et d’arts et métiers, à ceux des écoles préparatoires aux professions industrielles, aux professeurs, aux chimistes, aux ingénieurs, aux fabricants, aux ouvriers, et enfin à toutes les personnes qui désirent se rendre un compte exact des différents procédés auxquels sont soumises les matières brutes avant leur transformation en produits fabriqués.
- L’ouvrage se divise en huit chapitres; les trois premiers forment le premier volume, où l’on traite successivement de la métallurgie et des préparations métalliques, de l’extraction des sels de potasse et de l’acide azotique, de la préparation des corps explosifs, de l’extraction du sel, de la fabrication de la soude, de l’extraction du brome, de l’iode et du soufre, de la fabrication de l’acide sulfurique, du sulfure de carbone, de l’acide chlorhydrique et des chlorures décolorants, de la préparation de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux, de la fabrication du savon, de l’extraction du borax et de l'acide borique, de la fabrication des superphosphates et des aluns, de la préparation de l’outremer et de la technologie du verre, des poteries, du plâtre, de la chaux et des mortiers.
- Le second volume contient les cinq autres chapitres, comprenant la technologie des fibres textiles animales et végétales, la fabrication du papier, du sucre, de l’amidon, du vin, du cidre et du poiré, de la bière, de l’alcool, du vinaigre et des acides tartrique et citrique; la préparation du pain, la conservation du bois, la fabrication du tabac, les applications industrielles des huiles volatiles et des résines, le tannage des peaux ; la fabrication de la colle, du phosphore, des alumettes, du noir animal ; la préparation du beurre et du fromage, la conservation'de la viande, la teinture et l’impression des tissus, avec l’examen des matières colorantes, et enfin les matières et les appareils employés pour le chauffage et l’éclairage.
- Espérons que cette seconde édition recevra de la part du public un accueil aussi favorable que la première.
- A céder d’occasion
- DE LA LDI Dü CONTRASTE SIMULTANÉ des Couleurs
- ET DE SES APPLICATIONS Par Chevreul.
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- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MOITEUR DE LA TEINTURE
- 23- Année, N’ 10. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 20 Mai 1879.
- SOMMAIRE
- Des noirs sur soie, par M. Marins Moyret (suite).—Société industrielle de Rouen ; programme des prix à décerner en décembre 1879 (suite). — La question du noir d’aniline ; Réponse de notre ABONNÉ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Réserves par Alex. Schultz. (suite). — Noir roux solide, sur coton, etc., par la teinture réelle. — Emploi du mordant huileux (rouge turc) pour la teinture du coton par les couleurs d’aniline. — Nouveaux ponceaux sur laine. — Teinture pour chapellerie : les mordants.
- ACTES OFFICIELS. - Tarifs postaux. ’
- Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius Moyret, chimiste
- — Suite —
- Ces noirs rendant ordinairement poids pour poids, ou tout au moins 5 à 10 pour 100, constituent les plus beaux noirs sous tous les rapports ; plus nourris et plus solides que les noirs anglais, ils offrent une charge médiocre, nécessaire pour garnir le brin de soie, sans tomber dans les excès des noirs lourds, qui seront vus plus loin. Ils ont d’ailleurs obtenu et obtiennent encore un grand et légitime succès.
- La marche suivie pour ces noirs comprend après la cuite, deux ou trois rouillages, un bleutage, quelquefois un rouil sur le bleutage, puis un cachou-tage léger, un alunage sur le cachou, un passage en bruniture, une teinture, un avivage et le lustrage.
- Bleutage pour noirs légers.
- Ordinairement, pour ces noirs, on se contente de deux rouils, rarement trois. Avec le bleutage, on obtient un rendèment de 16 pour 100 sur le bleu de Prusse pour deux rouils, ou 24 pour 100 sur le bleu de Prusse pour trois rouils ; dans ce cas, sur le bleu on rattrape le poids perdu à la cuite.
- Pour ces noirs, l’introduction de l’alun dans le bleutage, avec des précautions, peut jouer un grand rôle pour la beauté finale du noir, par la quantité de ferrocyanure d’alumine, qui se fixe à l’état insoluble sur la soie, et réagit ensuite sur le bois d’Inde.
- Rouillage sur le bleu de Prusse.
- Cette opération se fait en passant les soies bleutées, rincées et essorées sur un bain de rouil, comme si elles sortaient de la cuite. Par ce nouveau rouillage, que l’on fixe simplement par le rinçage, mais non par un savon bouillant comme les autres rouils, car l’on détruirait tout le bleu de Prusse, on donne encore à la soie environ 4 pour 100 de poids ce qui fait : 20 pour 100 pour deux rouils bleutés, rouillés à nouveau, 28 pour 100 pour trois rouils bleutés, rouilles à nouveau. Dans le premier cas, les soies perdent encore quelques centièmes sur la cuite, selon les qualités, et rattrapent même un peu au-delà le poids écru dans le deuxième.
- Cachoutage pour noirs légers.
- La première action sérieuse du cachou apparaît pour les noirs légers, et, règle générale, dans tous les noirs, qui comme ceux-ci, doivent subir l’action finale des savons chauds, il faut renoncer aux tannins bleus, dont les combinaisons avec les composés ferrugineux rougissent trop sous cette influence, pour avoir recours aux tannins verts, dont les combinaisons verdâtres sont toujours heureusement couvertes par les teintures violacées au campêche.
- Dans tous les noirs devant être savonnés à chaud, le cachou a donc pris un rôle de plus en plus considérable et s’emploie de deux manières. Dans les noirs légers, il faut éviter de passer la température de 50 centigrades ; dans ces conditions, cet astringent donne peu de poids, mais en même temps donne peu de couleur à la soie, et de plus, il n’agit pas sensiblement sur le fond du bleu de Prusse, qui joue un rôle dans les noirs légers ; tandis que l’on cachoute à chaud ou au-delà de 50 à
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- 60°, il y a prise de poids plus considérable et en même temps un changement de nuance plus profond, qui ne pourrait plus être couvert convenablement par les méthodes terminant les noirs fins légers.
- Les noirs, objet de ce paragraphe, rincés sur le rouil donné par le bleu de Prusse, sont donc ca-choutés à une température ne dépassant, pas 50°, et dans un bain faible à 3 ou à0 Baumé, de vieux cachou, qui n’est d’ailleurs pas épuisé par cette opération et qui, après le cachoutage, est conduitdans de vastes réservoirs en tôle où on maintient son titre par l’addition de bains de cachous neufs et concentrés. Les cachous vieux, constituant le roulement d’un atelier, sont indispensables pour sa bonne marche ; l’expérience a démontré que les vieux bains entretenus par des additions de cachou neuf donnent des résultats supérieurs comme poids et comme nuance.
- Ce fait est attribué, dans les ateliers de noirs, à la petite quantité de fer dont ils s’enrichissent en passant sur les soies saturées de ce métal, fouillées ou bleutées, peu importe.
- Dans cette opération, les soies ont pris une teinte verdâtre et ont acquis une surcharge de 15 pour 100, qu’elles garderont en grande partie malgré l’action des savons chauds. Sortant du cachou au bout d’une heure, elles sont rincées et diablées et prêtes à être alunées.
- Alunage des noirs bleutés légers.
- Cet alunage n’offre rien de particulier, sinon que que l’on peut employer des aluns ordinaires et que le bain se jette chaque fois.
- Bruniture des noirs bleutés légers.
- La bruniture de ces noirs est une opération excessivement importante qu’il faut faire avec soin, mais qui n’offre rien de particulier sur la bruniture des noirs anglais.'
- Teinture des noirs bleutés légers.
- Cette opération, comme la précédente, n’offre rien de particulier sur la teinture pour noir anglais, seulement la présence de l’alumine, qui joue un grand rôle dans ces noirs, nécessite de grandes précautions • pour éviter la formation de plaques dues à des combinaisons trop intenses de la matière colorante du bois d’Inde, et de l’alumine fixée soit dans le bleutage, soit dans l’alunage, il faut opérer avec des bains de savon très-gras, contenant jusqu’à 100 pour 100 du poids de la soie. La tempéra
- ture du bain, pour entrer les soies, est de 50 à 60°, et peu à peu, par diverses chauffages, il faut porter la température jusqu’à 80-85°.
- Dans ces noirs les soies prennent souvent un aspect marron mordancé dû à la grande quantité de campêche fixé, qui disparait peu à peu en les laissant traîner sur le bain et en élevant la température. La teinture peut durer jusqu’à 5 ou 6 heures ; aussi, dans les journées d’hiver, faut-il la commencer du matin, pour pouvoir arriver à la nuance , dans le courant de la journée.
- La teinture finie, le bain est écarté au canal ; de rouge violacé qu’il était avant l’entrée des soies, il a pris un aspect noir bleu sale. Sitôt écarté, il [est utile d’arrêter la réaction et pour cela il faut inonder les soies dans la barque même, avec une première eau, privée autant que possible de sels calcaires et leur donner quelques lises, puis elles sont ensuite soigneusement rincées à grande eau et prêtes à être avivées.
- Avivage des noirs bleutés légers.
- Cette opération a une grande importance, et comme il s’agit de noirs très-fin, on emploie toujours le jus de citron comme acide, et l’huile d’olive surfine à la dose de 4 à 6 pour 100 comme corps gras.
- Lustrage des noirs bleutés légers.
- Cette opération a une grande importance et complète souvent ces noirs en montant la nuance, comme on verra plus loin.
- En résumé ces noirs rendent de 5 à 10 pour 100 ; ils offrent les meilleures conditions de toucher et de brillant, et de plus une nuance noir bleu dégagée. Il est regrettable que le fabricant ne se soit pas tenu à l’emploi de ces noirs, et que le haut prix de la soie ait été un stimulant pour l’obtention des noirs chargés, objet des paragraphes qui suivent.
- Noirs bleutés terminés en cachou avec teinture au campêche. — Noirs minéraux.
- Ces noirs inférieurs aux précédents comme beauté de nuance, leurs sont supérieurs comme charge; ils datent de 1845 environ,et sont les premiers noirs demi-lourds où le cachou soit venu faire révolution. Ces noirs, dont la nuance tire sur le noir-verdâtre comme les noirs anglais, peuvent rendre de’ 25 à 20 pour 100, et comprennent, après la cuite, les opérations suivantes : bleutage sur trois ou quatre rouils, rouillage sur le bleu, cachou-
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- tage à chaud, teinture au savon et au bois d’Inde, avivage et lustrage.
- Rouillage et bleutage des noirs minéraux.
- Ces opérations n’offrent rien de particulier, et rentrent toujours dans ce qui a été dit déjà pour le rouillage et le bleutage des soies cuites. En donnant quatre rouils avec bleutage, on obtient un rendement de 32 pour 100, soit environ 5 à 10 pour 100 au-dessus de la perte à la cuite, selon les qualités de soie.
- Rouillage sur bleu des noirs minéraux
- Comme dans les noirs précédents, on est dans l’habitude de donner un rouil sur les soies bleutées et rincées ; ce rouil, qui donne encore 4 pour 100 de poids à la soie, n’offre rien de particulier, sinon que, comme précédemment, on se contente de rincer la soie sur ce rouil, sans chercher à le fixer par le savon.
- Cachoutage des noirs minéraux.
- Pour la première fois, nons voyons l’application du cachou a une température élevée, afin d’obtenir le maximum du poids. Sous cette influence, le cachou tire plus abondamment, non-seulement en se fixant en plus grande gravité sur la soie, mais encore en se combinant avec le bleu de Prusse, et formant une combinaison de tannin et de bleu de Prusse, ramené à l’état de ferrocyanure magnétique par l’action du tannin, dont une partie est défaite, pour produire cet effet. Dans ces conditions, le cachou, au lieu de donner comme précédemment une charge de 10 à 15 pour 100, peut aller jusqu’à 25 à 30 pour 100, qui ajoutée à la prise du bleu de Prusse, permettent des rendements de 25 à 30 et même 35 pour 100, après la teinture.
- Comme pour les noirs précédents, on cachoute dans un bain à 3 ou 4° Baumé, formé de vieux bains ayant déjà servi et remontés par du cachou neuf; de même le bain après le cachoutage n'étant pas épuisé, est remonté dans les réservoirs à vieux cachous.
- Dans les cachoutages à chaud, la soie gonfle sensiblement, la nuance du bleu noir devient vert foncé et se marbre fortement par la combinaison du cachou et du bleu de Prusse, qui est complète à 70-75° et au bout d’une heure les soies cachou-tées sont rincées avec soin et prêtes à suivre en teinture.
- Teinture des noirs minéraux.
- La teinture des noirs minéraux a pour but, comme les précédentes, de couvrir la teinte verte laissée par le fond de cachou, à l’aide du campêche ; elle n’offre rien de particulier, se fait comme pour les noirs anglais, et offre moins de difficultés que celle des noirs légers précédents. Les noirs finis offrent d’ailleurs une teinte qui rappelle celle des noirs anglais, soit une teinte verdâtre, profonde, au lieu de la teinte bleue dégagée des noirs précédents.
- Avivage des noirs minéraux.
- Cet avivage rentre dans la classe des avivages précédents. Dans quelques cas, la nuance étant trop nourrie, trop noire, on emploie l’avivage à l’acide chlorhydrique, au lieu du jus de citron ou du vinaigre Mollerat, pour faire tomber un peu le bois d’Inde dans le bain d’avivage.
- Lustrage des noirs minéraux.
- Il sera décrit à la fin du chapitre.
- Pour résumer, les noirs décrits dans ce paragraphe sont inférieurs aux précédents comme nuance, et à ceux qui vont suivre, à la fois comme poids et comme nuance. Abandonnés pour ainsi dire de nos jours, ils ont fourni cependant de très-belles étoffes, pour la durée surtout; leur nom de minéraux vient de ce qu’ils ont pour base de leur charge une grande quantité de bleu de Prusse.
- (A suivre.)
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE ROUEN /
- PROGRAMME DES PRIX proposés par la Société industrielle de Rouen pour être décernés en décembre 1879 (1).
- Arts chimiques.
- PRIX H. RONDEAUX.
- 1, — Médaille de vermeil et 250 francs au meilleur Mémoire traitant dubousage des mordants imprimés destinés à la teinture ; comprenant l’historique de la question, l’étude du rôle que joue le bousage comme moyen de fixer les mordants sur le tissu, l’examen raisonné des substances pouvant
- (1) Voir les conditions du concours dans le dernier numéro du Moniteur de la Teinture.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- remplacer la bouse dans l’opération du dégom-mage, la description avec plans et la discussion des appareils employés au bousage, et l’indication des progrès à réaliser.
- 2. — Médaille d’or pour l’étude théorique et pratique du vaporisage et des couleurs vapeur imprimées, principalement sur tissus de coton.
- Les concurrents devront examiner le plus complètement possible, au point de vue de la solidité et de la beauté des applications :
- 1° La fixation rationnelle de chaque matière colorante ;
- 2° La composition des préparations et des divers mordants, les dosages employés suivant les nuances à produire;
- 3° L’influence comparative des épaississants et des modes d’impression ;
- 4° Les conditions spéciales du vaporisage pour chaque genre de couleurs, les préparations qui le précèdent et les traitements qui suivent.
- Les Mémoires seront accompagnés de séries d’échantillons à l’appui.
- 3. — Médaille d'or pour une substance pouvant remplacer l’albumine d’œufs dans toutes ses applications à l’impression des tissus et présentant une notable économie sur le prix de l’albumine.
- 4. — Médaille d'or pour une source nouvelle d’albumine obtenue, soit en extrayant cette substance de produits naturels non utilisés dans ce but, soit en transformant en albumine d’autres matières protéiques. Ces procédés d’extraction ou de transformation devront être applicables industriellement et fournir un produit comprenant tous les usages de l’impression.
- 5. — Médaille d'argent pour un bleu minéral résistant aux acides, aux alcalis et au chlore, aussi vif que le bleu d’outremer et n’étant pas d’un prix plus élevé pour l’azurage, à intensité égale.
- 6. — Médaille de vermeil pour un nouveau noir vapeur aussi intense et aussi solide que le noir d’aniline, n’affaiblissant pas le tissu et pouvant s’imprimer avec toutes les autres couleurs sans qu’il y ait altération réciproque aux points de contact.
- — Un noir à base d'aniline remplirait les conditions.
- 7. —Médaille d’argent pour une méthode de dosage volumétrique de la glycérine du commerce.
- 8. — Médaille de vermeil pour une laque foncée rouge ou violette obtenue avec les matières colo
- rantes de la garance, soit naturelles, soit artificielles.
- 9. — Médaille de vermeil pour un orange vif et solide, ne coûtant pas plus cher que l’orange de chrome, ne noircissant pas par l’hydrogène sulfuré et pouvant être appliqué à l’albumine.
- 10. — Médaille de vermeil pour une étude complète sur les moyens d’application dans la teinture et l’impression des mordants gras préparés avec les acides sulfoléique, sulforicinique, etc.
- 11. — Médaille d'or pour un vert transparent vif et intense, pouvant s’appliquer sur tissus de coton associé aux couleurs alizarine, et aussi solide que ces dernières. Le prix devra en permettre l’emploi industriel.
- 12. — Médaille d’or pour la préparation industrielle de l’indigotine artificielle.
- 13. Médaille d'or pour une matière colorante bleue solide, susceptible des mêmes applications et d’un prix moins élevé que l’indigo.
- 14. — Médaille de vermeil pour un procédé permettant de fabriquer des pièces bleu d’indigo uni, depuis le bleu pâle jusqu’au bleu foncé, par un seul foulardage et en nuances aussi vives que le cuvé.
- 15. — Médaille de vermeil pour un procédé permettant de fixer chimiquement le bleu d’indigo par vaporisage.
- — La couleur obtenue devra être foncée, vive et chimiquement adhérente au tissu ; ne diminuer que très-peu d’intensité par des lavages et des savonnages prolongés. De plus, elle devra pouvoir s’associer aux autres couleurs vapeur.
- 16. — Médaille de vermeil pour l’une ou l’autre des couleurs suivantes :
- Rouge vif minéral ;
- .Violet minéral foncé ;
- Grenat plastique ;
- Rose vif minéral.
- Ces couleurs devront être suffisamment résistantes à la lumière et aux agents chimiques, et réunir les conditions nécessaires pour une bonne application à l’albumine.
- 17. — Médaille de vermeil pour un moyen nouveau de fixer les couleurs d’aniline, présentant sur l’albumine des avantages de solidité et de prix.
- 18. — Médaille de vermeil pour un épaississant nouveau, remplaçant la gomme du Sénégal dans tous ses emplois et présentant une économie sur cette dernière.
- 19. — Médaille de vermeil pour une substance
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- fournissant un apprêt inaltérable à l’humidité et aussi économique que les apprêts à la fécule.
- 20. — Médaille d'argent pour une application du silicate de soude au blanchiment des toiles de coton pour impression.
- — L’étude devra être basée sur des essais faits en grand.
- 21. — Médaille d'or pour la production de l’ozone à l’état concentré.
- Jusqu’à présent on ne dépasse guère 200 à 250 milligrammes d’ozone par litre d’oxygène odorant ; le prix serait accordé pour une proportion double d’ozone.
- 22. — Médaille d'or pour un procédé industriel de préparation de l’ozone.
- — Le prix de revient étant évalué à cinquante fois le prix du chlore à puissance de décoloration égale, par exemple sur l’indigo.
- 23. — Médaille de vermeil pour une nouvelle application de l’ozone.
- —- On a principalement en vue la génération des matières colorantes ou l’emploi industriel de l’ozone dans le blanchiment.
- 24. — Médaille de vermeil pour la production économique de l’eau oxygénée.
- — Le prix serait accordé pour un mode de production ne dépassant pas dix fois le prix du chlore à puissance de décoloration égale, par exemple sur l’indigo.
- 25. — Médaille de vermeil pour la production de l’oxygène pur par un procédé industriel plus économique que les moyens connus.
- 28. — Médaille de vermeil pour une méthode de conditionnement des filés et tissus de coton, écrus, blanchis ou teints.
- — Cette méthode devra permettre de doser, avec promptitude et précision, la quantité réelle de coton pur desséché à 100° contenu dans un poids donné de filés et de tissus.
- 29. — Médaille de vermeil pour un mémoire sur les meilleures mesures à prendre pour obtenir l’adoption d’une échelle aréométrique uniforme et invariable.
- On a principalement en vue les liquides compris entre les densités 1 et 2. (Voir la note sur l'aréo-mètre de Baumé, Bulletin de la Société industrielle de Rouen, 1873, pages 53-61).
- 30. — Médaille d'or pour un manuel pratique d’essais chimiques, manuscrit ou imprimé, comprenant le dosage et l’évaluation centésimale en ma
- tière utile de la plupart des produits employés dans les industries de la teinture et de l’impression.
- 31. — Médaille de vermeil à décerner au fabricant qui aura, le premier, produit en France une quantité de purpurine artificielle représentant 1,000 kilogrammes de matière colorante sèche.
- 32. — Médaille d'or pour une nouvelle application de la machine Gramme ou de toute autre machine électro-dynamique aux arts chimiques.
- 33. — Médaille d’or pour une histoire de l'in-dustrie des tissus imprimés en Normandie.
- Arts mécaniques.
- 37. — Médaille d'argent pour un moyen pratique et économique de faire marcher un métier à tisser en pas de toile avec une seule lame.
- 38. — Médaille d'argent pour un appareil exact et peu coûteux capable d’indiquer à chaque instant, par la simple inspection d’un cadran, le nombre de coups battus par minute par un métier à tisser.
- 39. — Médaille d'or pour un moyen de maintenir économiquement, à un degré hygrométrique déterminé, les salles de filature et de tissage.
- 40. — Médaille d’argent pour un moyen de fixer la torsion des filés de coton sans les jaunir comme le fait le passage à la vapeur.
- Art industriel.
- 46. — Médaille d’or à l’Ecole du département qui aura produit les meilleurs élèves destinés à former des dessinateurs pour l’industrie.
- 47. — Médaille d’argent à l’élève qui aura présenté les meilleurs travaux comme dessins de fleurs d’après nature, d’ornement, d’architecture ou de mécanique.
- 48. — Médaille d’or à celui qui présentera des moyens pratiques d’appliquer industriellement la photogravure à l’industrie des tissus imprimés.
- 49. — Médaille d'or à l’auteur d’une histoire de l’impression sur étoffes, depuis la création de cette industrie jusqu’à nos jours.
- 50. — Médaille d’or à l’atelier de gravure sur rouleaux (de la Seine-Inférieure) qui aura fait le travail le plus artistique.
- Les graveurs désirant concourir devront adresser des épreuves et échantillons finis des reproduc-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tions sur tissus de leurs gravures ; ces envois seront revêtus d’une épigraphe et accompagnés d’un pli cacheté qui portera extérieurement l’épigraphe de l’envoi et contiendra intérieurement le nom de l’auteur.
- 51. — Médaille d'or au créateur d’un genre d'impression applicable industriellement.
- 52. — Médaille d'argent à l’industriel qui, ayant organisé dans son établissement un cours de dessin pour filles et garçons, aura produit les meilleurs élèves.
- Le but de la Société est surtout de chercher à répandre les premières notions de dessin chez les enfants qui reçoivent l’éducation dans les fabriques.
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE.
- Voici la réponse que nous adresse notre abonné à la lettre de M. Grawitz, du 28 avril dernier, publiée dans le n° du 5 mai :
- « Paris, le 7 mai 1879.
- » Monsieur le Directeur du Moniteur de la Teinture,
- » D’après M. Grawitz (lettre du 28 avril), les procédés donnant directement sur tissu en teinture et en impression le noir inverdissable ou transformant après coup le noir verdissant en noir solide, tombent sous le coup de ses brevets de 1874 et personne n’a le droit de les pratiquer sans son autorisation.
- » J’ai relu attentivement les brevets 105,130 de septembre, octobre et novembre 1874 (1); dans aucun de ces brevets, il n’est question de noir inverdissable et les procédés sont tous verdissables et ont été employés avant 1874 ; ce n’est que le 21 octobre 1876 (2) que M. Grawitz prit, sous le n° 115,160, un brevet pour la teinture du coton en noir dit inverdissable par lequel il se réserve le droit exclusif soit de produire directement, soit de transformer après coup les noirs parfaits ou imparfaits (textuel). ,
- » C’est bien là un brevet de principe par lequel le breveté défend aux imprimeurs et aux teinturiers de faire le noir inverdissable sans son autorisation.
- (1) Voir les brevets de 1874 dans le Moniteur de la Teinture, pages 26 et 27, année 1877.
- (2) Voir le brevet de 1876 dans le Moniteur de la Teinture, pages 26 et suivantes, année 1877.
- » J’arrive maintenant à notre discussion sur le noir sans aucune trace métallique.
- » Dans sa note à l’Académie des sciences (1), M. Grawitz dit que dans les conditions indiquées par M. Witz pour produire le noir d’aniline avec le vanadium, il n’est besoin absolument d’aucun métal.
- » Il sera facile de démontrer si cette affirmation est exacte, M. Witz ayant indiqué dans son rapport la composition de son noir au vanadium (2) -, pour cela nous nommerons deux arbitres, nous préparerons et imprimerons cette même couleur avec laquelle M. Grawitz prétend pouvoir engendrer le noir sans l’intervention d’aucune trace de métal et dans le cas où l’auteur de la note à l’Académie arriverait ainsi qu’il le dit à obtenir du noir, il pourra toucher les dix mille francs que je déposerai à la Banque de France quand il voudra.
- » M. Grawitz pourra même, s’il le juge à propos, ajouter du chromate de potasse à la couleur, sans qu’il perde ses droits à la somme déposée à la Banque de France, s’il obtient 1 mètre de noir.
- » De cette manière, le créateur du noir parfait pourra, ainsi qu’il le désire, réaliser publiquement tout ce qu’il a annoncé et j’attends sa réponse pour lui en donner l’occasion.
- » Veuillez, etc.
- » Votre abonné.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RÉSERVES (3) Par Alex. SCHULTZ.
- — Suite (4). —
- Autre réserve blanche lapis pour dessins chargés.
- 4 litres eau, y dissoudre à chaud : 1.540 kil. arséniate de potasse.
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture, page 90, année 1879. (2) Voir le Moniteur de la Teinture, page 63, année 1879.
- (3) Errata.— Page 57, numéro du 5 mars 1879,'lignes 6 et 23, ire colonne, au lieu de : nitrate de soude, lire : citrate de soude — Numéro du 20 avril 1879, page 93, 3m° ligne, au lieu de : on passe en cuve bouillante, lire : on passe en cuve d’eau bouillante. — 2mC colonne, ligne 23, au lieu de : pages 78 et 79, lire : page 92. — Id., ligne 38, au lieu de page 79, lire : colonne ci-contre.
- (4) Voir Moniteur de la Teinture, n°‘ 5, 6, 7, 8 et 9, année 1879.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- UC
- 0.340 kil. sublimé corrosif.
- A part dans une chaudière plus grande :
- 3 kil. terre de pipe,
- sur lesquels on verse peu à peu les 3/4 de la dissolution ci-dessus pour délayer la terre de pipe.
- Bien remuer et ajouter le reste du bain ; remuer encore bien après cette addition, puis ajouter :
- 0.340 kil. colophane.
- 0.340 » graisse fine.
- On fond la colophane et la graisse, mettre le mélange dans la couleur ci-dessus, remuer de nouveau et ajouter :
- 4 litres eau de gomme à 1 kil. par litre.
- Chauffer le tout à 55 ou 60° R., broyer la couleur pendant 48 heures et la tamiser par un tamis de soie très-fin.
- Colorer la réserve avec du carmin d’indigo ou de la mousse des cuves.
- Pour l’impression au rouleau et dans le cas où la réserve rouge couvre la résiste blanche, on remplace les 4 litres eau de gomme dont il est fait mention ci-dessus par :
- 3 litres jus de citron à 32° B., épaissi avec 3 kil. gomme.
- Réserve rouge lapis.
- 4 litres eau.
- 2.250 kil. alun.
- 1.875 » acétate de plomb.
- Ensuite à part dans une chaudière plus grande :
- 2.750 kil. terre de pipe, que l’on délaye avec le bain ci-dessus, puis ajouter :
- 190 gram. verdet de lre qualité, macéré d’avance dans :
- 2/3 litre eau.
- 1/2 » extrait de St-Marthe à 5° B.
- Fondre à part :
- 500 gram. graisse fine.
- 100 » colophane.
- Bien faire bouillir à part ce mélange dans une petite chaudière et le verser vivement
- dans la couleur, remuer encore le tout, puis, pour terminer, ajouter :
- 1 kil. 750 eau de gomme à 1 kil. par litre.
- Chauffer la couleur de 60 à 70° C. pendant une demi-heure et la tamiser à froid.
- Echantillon d’impression (1).
- Réserve puce lapis.
- 4 litres acétate d’alumine à 9° B.
- 3 » pyrolignite de fer à 15° B.
- 100 gr. sel ammoniac.
- Chauffer un peu et ajouter :
- 250 gr. sulfate de cuivre.
- Chauffer davantage en ajoutant :
- 250 gr. verdet.
- Ajouter peu à peu :
- 2 kil. terre de pipe.
- 2 1/2 litres eau de gomme à un kil. par litre.
- 1/2 » eau.
- Réserve cachou lapis.
- 75 litres eau.
- 22 kil. cachou jaune.
- 9 » savon noir.
- 32 » gomme.
- 6 » sel ammoniac.
- 5 » nitrate de cuivre.
- Cuire et ajouter à froid :
- 5 litres chlorure de zinc à 60°.
- Lorsque cela est nécessaire, on passe le cachou résiste en chrome après le premier dégommage.
- Autre réserve cachou lapis.
- 21/2 litres eau.
- 560 gr. cachou jaune.
- 140 » verdet fin.
- (1) L’échantillon a été fait comme suit :
- 1° Impression de réserve blanche, noire et rouge lapis ;
- 2° Cuvage ;
- 3» Dégommage et teinture ;
- 4 Impression à la planche en jaune d’application.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Bouillir pendant 15 minutes.
- Arrêter le bouillon et ajouter de suite : 1/2 litre acide acétique à 40 pour 100 d’acide cristallisable.
- 140 gr. sel ammoniac.
- Délayer dans une autre chaudière 2 kil. terre de pipe avec le bain ci-dessus, et ajouter en remuant bien :
- 280 gr. graisse.
- 155 » résine.
- Bouillir pour mettre ensuite dans la couleur :
- 3 litres eau de gomme à 1 kil. par litre.
- Noir lapis.
- 30 litres pyrolignite de fer à 13° B. 30 » eau. -
- 8 kil. amidon blanc.
- Bouillir une heure et ajouter la dissolution de :
- 1 kil. verdet commun dans
- 2 litres acide pyroligneux. *
- Bouillir encore un quart d’heure. Cette couleur se conserve huit jours.
- En imprimant au rouleau la réserve blanche lapis, le mercure du sublimé corrosif blanchit les rouleaux de cuivre qui décompose une petite partie du chlorure mercu-rique ; la décomposition cesse lorsque le rouleau est entièrement blanc ; il n’y a donc aucun inconvénient à se servir, pour l’impression au rouleau, de chlorure mercu-rique.
- Après l’impression, qui doit se faire avec des rouleaux profondément gravés, on oxyde les pièces pendant 48 heures avec 38 degrés d’humidité et 35 degrés de chaleur au psy-chromètre.
- Puis on fait sécher les pièces pendant 12 heures, en les étendant dans un endroit sec chauffé à 30° C. Ce séchage est très-important pour la réussite du genre lapis, car si les pièces étaient humides, les couleurs seraient traversées par le bain des cuves et réserveraient mal l’indigo.
- Cuver 3, 4 et 5 minutes, selon la force de la cuve faite avec :
- 12 kil. indigo.
- 36 » sulfate de 1er.
- 400 litres eau ; ajouter :
- 24 kil. chaux vive que l’on éteint préalablement.
- On ajoute de l’eau jusqu’à ce que la cuve soit entièrement pleine et comme il est important d’avoir une cuve toujours forte et en bon état, on la nourrit à mesure qu’on l’épuise par le passage des pièces avec le bain clair des cuves dont la composition suit :
- Bain clair pour nourrir les cuves.
- 3 kil. indigo.
- 9 » sulfate de fer.
- 190 litres eau.
- 12 kil. chaux vive.
- Après le cuvage, laisser égoutter sur le champagne, puis pendre les pièces dans une eau courante ou laver dans la machine à rincer, puis bouser pendant une demi-heure avec quatre seaux de bouse et 7 kil. de craie pour 6 pièces de 50 mètres.
- Lavage au clapot traquet.
- Deuxième bo usage pendant une demi-‘heure à 60° C., sans craie, avec de la bouse.
- Lavage au clapot traquet.
- Teinture pour 6 pièces de 50 mètres.
- 3 kil. garancine.
- 3 » safran.
- 5 » sumac.
- 8 » quercitron.
- 4 litres colle en gelée à 150 grammes par litre.
- Teindre en 2 heures de 60 à 70’ C.
- Teinture pour 6 pièces de 50 mètres pour fonds puces et rouges.
- 5 kil. garancine.
- 1 » lima.
- 4 » safran.
- 7 » sumac.
- 10 » quercitron.
- 1 litre colle en gelée à 125 grammes par litre.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Teindre en 2 heures de 60 à 70» C.
- Laver au clapot-traquet jusqu’à ce que les pièces ne dégorgent plus, et chlorer à la vapeur.
- Laver au clapot-traquet, sécher et imprimer le jaune d’application à la planche, qu’on oxyde pendant 24 heures avec 27 degrés d’humidité et 30 degrés de chaleur.
- Laver au clapot-traquet, sécher et apprêter.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l'auteur.
- — " —A.S,e80.2 . s -
- NOIR ROUX SOLIDE
- SUR COTON, LIN, JUTE, ETC.
- PAR LA TEINTURE RÉELLE (I)
- Voici le procédé pour 100 kil. de coton débouilli :
- 1er bain : 30 kil. sumac, laisser séjourner 12 heures,lever et tordre.
- 2e bain : 10 kil. nitrate de fer;
- 10 » pyrolignite de fer.
- Entrer, laisser une demi-heure, lever et tordre. 39 bain : 25 à 30 kil. Teinture réelle.
- Séjour : une heure environ à 450 C.
- Finir par un léger bain de cristaux de soude.
- On remarquera que ce procédé diffère de celui donné page 81, no 7, du Moniteur de la Teinture, en ce qu’il n’y a plus de bichromate de potasse ni de passage en bain de savon ou de saindoux. Les deux premiers bains sont froids comme dans le premier procédé.
- Nous avons sous les yeux un très-bel échantillon de coton teint par ce procédé.
- EMPLOI
- DU MORDANT IIUIEEUX (ROUGE TURC)
- POUR LA TEINTURE DU COTON
- Par les couleurs d’aniline.
- Ce procédé est très-rapide et donne aux couleurs d’aniline un éclat et une solidité plus grande.
- (1) Voir aux annonces.
- Après débouillissage du coton, on lui donne un bain de mordant huileux, composé de :
- Mordant huileux ... 1 partie.
- Eau 20 »
- On lise, à la température ordinaire, tord et lave; puis on entre le coton dans un bain de bichlorure d’étain à 7° B. et on l’y laisse une demi-heure. On lève ensuite, on tord et on lave bien. Le mordançage est terminé et le coton est prêt pour la teinture qui se fait aux températures voulues pour chaque couleur.
- Pour certaines couleurs, telles que le vert-méthyle, la safranine, l’écarlate et le brun d’aniline, il est nécessaire après le bain de bichlorure d’étain, de bien laver et de donner un bain de tannin ou sumac. Au sortir de ce bain, il suffit d’essorer ou de tordre et on doit teindre sans laver.
- --------ri=e=is-------
- NOUVEAUX PONCEAUX
- La maison Meister, Lucius et Brüneng, de Hochst (Allemagne) livre au commerce, depuis quelque temps, une nouvelle série de ponceaux jaunes et rouges pour teinture des laines en nuances claires et foncées.
- Cette matière colorante est produitepar le traitement des sulfonaphtylates par les diazo-composés de benzol ou ses homologues, comme aussi ceux de naphthaline. Elle peut être employée en teinture dans un bain acidulé par l’acide sulfurique, mais les nuances ne sont pas aussi brillantes que si on emploie la composition d’étain.
- Pour 100 kil. de laine :
- Entrer dans une cuve de bois ou de cuivre étamé, ajouter 2 kil. 500 de tartre et monter au bouillon. Le colorant, préalablement dissous et filtré, est ajouté en quantité voulue, puis, graduellement, cinq kil. de composition d’étain. Quand la teinte voulue est obtenue, on sort la laine que l’on lave après l’avoir laissée refroidir.
- La composition d’étain s’obtient en mêlant :
- 3 parties acide chlorhydrique ;
- 1 » acide nitrique;
- 1 » eau,
- et en dissolvant 500 gr. d’étain dans 3 kil. de cette liqueur acide.
- [Textile Co\orist de Philadelphie').
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-
- CO
- ——
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE POUR
- DES MORDANTS
- (Extrait de Hatter’s Gazette par le Moniteur de la Chapellerie)
- On sait que ce n’est qu’en employant des mordants que l’on arrive à fixer les couleurs sur les chapeaux d’une manière durable.
- Généralement, on se sert de récipients en bois, car ceux en cuivre ou en fer sont souvent cause que les mordants y employés y perdent une partie de leur force, mais il peut se faire que l’on obtiendra les plus beaux résultats en faisant opérer les mordants dans une cuve en pierre.
- Nous avons vu ainsi dernièrement, dans une manufacture de chapeaux (située dans le Yorkshire), le mordançage pour les couleurs noires et bleues être fait dans un réservoir en pierre (1) pouvant contenir environ 80 douzaines de chapeaux et le résultat en était on ne peut mieux. Le mordant employé se composait de 3 p. c. de bichromate et de 25 p. c. d’acide sulfurique, la teinture contenant 80 p. c. de bois de campêche et un p. c. de fustet. Le mordançage (qui se faisait à la vapeur), dura une heure, la teinture (au chauffage ordinaire) dura une heure et demie; toutes les 80 douzaines furent donc terminées dans l’espace de deux heures et demie.
- Depuis quelque temps, on a commencé à employer de l’alun de chrôme à la place du bichromate ; premièrement parce que le premier est de beaucoup le moins cher, deuxièmement parce qu’il produit un meilleur résultat que le dernier. On prétend que jamais pendant le mordançage, l’alun de chrome ne se transforme en acide chromique, comme cela a lieu avec le bichromate (2). Si cela est exact, c’est sans contredit un grand avantage, car ce grand inconvénient de l’emploi du bichromate est cause que le fond des chapeaux de feutre s’amollit par trop souvent.
- Pour qu’un mordant soit bon il faudra qu’il se laisse dissoudre complètement dans l’eau sans en
- (1) Il faut encore que la pierre ne soit pas calcaire, mais en granit inattaquable aux acides. Rédaction).
- (2) Voir à ce sujet Moniteur de la Teinture, année 1878, pages 129 et suivantes, l’emploi de l’alun de chrôme dans la teinture des laines.
- altérer la clarté, il faudra qu’il pénètre dans la matière a teindre, de manière à y former un dépôt indissoluble qui attirera pour ainsi dire les couleurs employées qu’il devra pouvoir fixer tout en faisant augmenter leur brillant.
- Les mordants les plus fréquemment employés pour la teinture des chapeaux sont jusqu’à présent de l’alun, du bichromate de potasse, du sulfate de cuivre et des solutions d’étain, simples ou doubles, de la couperose ou du protosulfate de fer.
- Bien connaître la nature et les effets de chaque mordant, est plus utile, plus nécessaire même que de savoir à quoi s’en tenir sur les qualités et les défauts de la matière tinctoriale qu’on aura à employer- car bien souvent une belle teinte ne s’obtient qu’à l’aide d’une combinaison savante de plusieurs mordants ; ne voit-on pas tous les jours des teintes plus ou moins parfaites produites par les mêmes couleurs employées par des opérateurs différents.
- Pour donner aux chapeaux noirs une teinte violette, il n’est pas nécessaire d’employer une teinture de cette couleur, il suffira d’ajouter un peu de muriate d’étain pendant les dernières dix ou quinze minutes de l’opération ou d’employer une eau contenant ce liquide en solution. On agira de même pour obtenir du noir bleu et presque toutes les nuances de brun.
- Pour que les mordants puissent agir d’une manière efficace sur les chapeaux, il faudra que la température de la cuve soit portée au point d’ébullition ; on dirait que cette chaleur elevée a pour effet de chasser l’air des pores de la matière à teindre, la préparant ainsi à l’influence du mordant. On ferait cependant toujours bien d’employer préalablement de la couperose ou du tartre, afin d’éviter que le mordant ne se dépose pas trop rapidement, ce qui souvent pourrait avoir des suites fâcheuses.
- ACTES OFFICIELS
- TARIFS POSTAUX
- Nous résumons ci-dessous les divers tableaux de tarifs postaux établis entre les Etats des deux mondes en vertu des conventions de l’Union postale, et promulguée par le Journal officiel :
- Tarif A. — Toute l’Europe et les pays suivants :
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Etats-Unis de l’Amérique du Nord. — Colonies f et établissements français. — Colonies anglaises du Canada (Dominion). — Terre-Neuve. — Russie d Asie. — Turquie d’Asie. —Egypte (y compris la Nubie et le Soudan).— Madère et Açores. — Maroc. — Perse (voie de Russie et de Turquie). — Colonies et établissements espagnols de la côte septentrionale d’Afrique. — Tunis. — Tripoli de Barbarie. — En Chine, les villes de Kalgan, Pékin, Tien-Tsin et Urga (voie de Russie) : Lettres. - 25 c. par 15 gr. Cartes postales 10 c. Papiers d’affaires 25 c. jusq. 100 gr. Et 5 c. par 50 gr. au-dessus. Echantillons 10 c. jusq. 100 gr.
- Et 5 c. par 50 gr. au-dessus. Journaux et imprimés 5 c. par 50 gr.
- Recommandation................ 25 c. (droit fixe.) Avis-de réception......... 10 c. I
- Tarif B. — Brésil. — République Argentine. — Japon. —Chine (voie de Marseille ou de Brindisi). — Perse (voie du golfe Persique.) — Colonies et établissements d’outre-mer, danois, espagnols, néerlandais et portugais. —Inde britannique, comprenant l’Hindoustan, la Birmanie britannique, Aden et les établissements de postes indiens de Bagdad et de Bassorah (Turquie d’Asie), de Guadur (Bélou-chistan), de Mandalay (Birmanie), de Mascate (Arabie) et de Zanzibar. — Colonies ou établissements britanniques de Ceylan, du détroit de Ma-lacca, de Labouan, de Hong-Kong, de Maurice et dépendances, des Bermudes, de la Guyane, de la Jamaïque et de la Trinité. — Colonies anglaises de la Côte occidentale d’Afrique (Côte-d’Or, Séné-gambie, Lagos, Sierra-Leone). — Honduras britannique. — Iles Falkland. — Enfin, villes de l’Afghanistan, de l’Etat de Cachemire et du Thibet, avec lesquels des correspondances peuvent être échangées par la voie de l’Inde britannique :
- Lettres : 35 c. par 15 gr.
- Cartes postales : 15 c.
- Papiers d’affaires : 28 c. jusqu’à 50 gr. ; 31 c. de 50 à 100 gr. ; 34 c. de 100 à 150 gr. ; 37 c. de 150 à 200 gr. ; 40 c. de 200 à 250 gr. ; 48 c. de 250 à 300 gr.
- Et 8 c. par 50 gr. au-delà de 300 gr.
- Echantillons :13 c. jusqu’à 50 gr. ; 16 c. de 50 à 100 gr.; 24 c. de 100 à 150 gr. ; 32 c. de 150 à 200 gr.; 40 c. de 200 à 250 gr. ; 48 c., pour les colonies françaises seulement, de 250 à 300 gr.
- Journaux et imprimés : 8 c. par 50 gr.
- Recommandation : 25 c. (droit fixe).
- Avis de réception :10 c.
- Valeurs déclarées. —Les valeurs déclarées sont admises pour les pays de l’Union générale des postes ci-après désignés :
- Maximum de la déclaration : 5,000 fr. pour l’Ita-lie, l’Egypte, la Serbie et les colonies portugaises ; 10,000 fr. pour les autres pays.
- Le droit proportionnel est ainsi fixé :
- Pour l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, l’Italie et la Suisse :10 c. par 100 fr.
- Pour les Antilles danoises, la Cochinchine française, la Guadeloupe, la Guyane française, la Martinique, Pondichéry, la Réunion et le Sénégal : 20 c. par 100 fr.
- Pour l’Autriche-Hongrie, le Danemark, avec l’Islande, les îles Féroé, la Norwége, les Pays-Bas, le Portugal avec Madère et les Açores, la Roumanie, la Russie avec le grand-duché de Finlande, la Serbie et la Suède : 25 c. par 100 fr.
- Pour les colonies portugaises avec les villes de Santiago (Cap-Vert), San-Thomé (San-Thomé et Prince), Loanda (Angola), l’Egypte et le Groenland : 35 c. par 100 fr.
- Mandats internationaux. — Pour colonies françaises, Allemagne, Autriche - Hongrie, Belgique, Danemark y compris l’Islande et les îles Feroë, Egypte, Italie, Luxembourg, Norwége, Pays-Bas’ Portugal, Roumanie, Suède et Suisse : 25 c par 25 fr. *
- Maximum du mandat : 500 fr.
- Le poids des papiers d’affaires et des imprimés est porté de 1 à 2 kilogrammes.
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- CATALOGUE DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- 122,277. 25 janvier. — Puech. — Procédé pour épiler les cuirs de bœuf, vache, veau, cheval, secs, salés ou frais.
- 122,283. 25 janvier. — Bash et Lévy.______Perfectionnements dans les machines servant à l’envidage du fil sur des bobines.
- 122,288. 2 février. — Jacquier. — Procédé destiné à lustrer et à adoucir les peaux de gants.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 122,289. 2 février. — Michel, Gay et Digonnet (Société). — Barbin propre à purger les soies.
- 122,306. 26 janvier. — Pierron etDEHAITRE (Société. — Appareil de mouvement progressif avec commande automatique, applicable aux machines à humecter, à enrouler et à apprêter les tissus de laine, soie, etc.
- 122,333. 22 janvier. — Brooks. — Perfectionnements dans les métiers à filer et à doubler.
- 122,355. 2 février. — BABOIN. — Nouveau procédé de cuite, blanchiment, teinture, etc, des matières textiles et des tissus.
- 122,356. 6 février. — Petit-Girard. — Métier à étirer les tissus.
- 122,370. 30 janvier. — Blake. — Perfectionnements dans la préparation, le traitement et le blanchissement des matières végétales fibreuses pour la fabrication du papier et autres objets.
- 122,383. 31 janvier. — Pierrard-Parpaite et fils (Société). — Perfectionnements au peigne nacteur des peigneuses construites sur le système Heil-mann.
- 122,885. 31 janvier. — France. — Machine à encoller le coton, dite : machine France.
- 122,508. 7 février. — RISSMÜLLER et Wiesinger. — Traitement des chiffons demi-laine, pour en séparer, sous forme de poudre, la matière azotée et la cellulose, à l’effet de rendre ces deux produits propres à servir, l’un, à la fabrication des engrais, l’autre, à celle du papier, traitement applicable aussi aux chiffons pure laine et aux crins.
- 122,515. 16 février. — Gonon. — Moyen de fixer les colorants d’aniline sur la soie chargée par les tannins et teinte, soit en noir de toutes les catégories, soit en couleur.
- 122,516. 18 février. — Limousin. — Mécanique à pas ouvert, à simple et double marchure avec ascenseur tourniquet, paquets de lisses et régulateur pe graduation de poil, pour la fabrication des rubans et velours unis et façonnés.
- 122,521. 8 février. — Cliff et G® (Société). — Perfectionnements dans la fabrication de la dentelle dite : Valenciennes.
- 122,527. 29 décembre. — Blancq frères. — Ensemble de machines à apprêter les bérets, casquettes et autres articles de bonnetterie foulée.
- 122,522. 8 février. — Les fils d’Ulrich Vivien. — Application nouvelle du jeu des touches, à la Jacquart du métier à corsets sans couture.
- A céder d’occasion
- DE LA LOI DU - SIMULTANÉ des Couleurs
- ET DE SES APPLICATIONS ' Par Chevreul.
- Un volume in-80 de 735 pages et Atlas, de 40 planches et 101 figures noires et coloriées, reliés à neuf, en excellant état.
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- h. — Un cylindre ou laminoir pour cylindrer les métiers pour feuillages, avec deux jeux de plaques en zinc : 700 fr.
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- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23" Année, No 11. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juin 1879.
- SOMMAIRE
- Des noirs sur soie, par M. Marins Moyret (suite). — Synthèses de l'isatine et du bleu d’indigo par M A. BAEYER. — La question du noir d’aniline : Lettre de M. GRAWITZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Réserves par Alex. Schultz. (suite). — Chiffonnage : Marron sur soie au cachou ; Marron, Havane sur laine et coton au chromate. — Teinture en grenat des chapeaux de paille. — Acide mémoire du dégraisseur.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Nouveau produit dit fibre vulcanisé. —- Sur une nouvelle matière colorante, le ponsœlium. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius Moyret, chimiste
- — Suite —
- Noirs bleutés avec bruniture au pyrolignite entre deux cachous, terminés avec teinture au campêche.
- Ces noirs sont par le fait des noirs minéraux, car ils ne diffèrent des précédents que par l’introduction d’une bruniture au pyrolignite de fer, donnée entre deux cachous, ce qui a permis, tout en augmentant légèrement le poids, d’améliorer la beauté de la nuance. Ces noirs comprennent les opérations suivantes après la cuite, savoir : 2, 3 ou à rouils; le bleutage, le rouillage sur le bleu, un ca-choutage à chaud, une bruniture au pyrolignite de fer, un nouveau cachou tiède, une teinture au savon et au bois d’Inde, l’avivage et le lustrage. Comme jusqu’à la bruniture au pyrolignite de fer, ils ressemblent aux noirs minéraux ordinaires, nous ne commencerons la description des noirs qu’à ce point.
- Bruniture au pyrolignite des noirs minéraux.
- L’application du pyrolignite de fer en deux cachous est venue améliorer, comme nous l’avons dit ci-dessus, surtout la beauté des noirs ; cette opération prend le nom de bruniture au pyrolignitey et se fait en passant les soies bien rincées sur un bain léger et tiède de pyrolignite de fer à 2 ou 3® Baumé.
- Le teinturier ne saurait être trop exigeant pour la bonne qualité du pyrolignite, et les soins appor
- tés à son emploi. Les soies lisées une demi-heure sur la bruniture, le bain est écarté au canal, ou, dans les ateliers bien outillés, le bain est élevé dans de vastes réservoirs en tôle, contenant de la ferraille, pour le maintenir toujours saturé de fer, et comme il s’affaiblit chaque fois par le passage des soies mouillées, on maintient son titre en y ajoutant de temps en temps du pyrolignite neuf du commerce à 16° Baumé. L’expérience a démontré qu’il faut donner le pyrolignite à 25 ou 300 de chaleur seulement-, les soies doivent être rincées à une eau sur cette bruniture, car si l’on teignait directement le bain sans rincer, le bois d’Inde, tirant trop activement, donnerait des résultats fâcheux-, l’on donne toujours sur cette opération un petit cachou avant la teinture.
- Cachou donné sur la bruniture au pyrolignite
- Ce cachou a donc pour but de couvrir un peu le fer donné par la bruniture, mais il ne doit pas se donner à une température au-delà de 50», sinon l’effet de la bruniture serait complètement détruit, et pour cet emploi, un vieux cachou est toujours préférable. On opère donc en lisant les soies ayant reçu une eau sur la bruniture, pendant une demi-heure, dans un bain tiède de vieux cachou à 5° Baumé-, le bain n’est pas jeté, il est reconduit dans les réservoirs de vieux cachous. Les soies sont ensuite rincées avec soin, diablées fortement, dressées et finies comme précédemment par une teinture, un avivage et un lustrage. Les soies brunissent toujours un peu par le passage dans le bain de pyrolignite, et par le deuxième cachou elles prennent encore 5 à 6 p. c. de poids; mais c’est surtout pour la nuance qu’on brunit, le fer apporté par le pyrolignite donne un ton plus noir, plus bleu, que dans les noirs minéraux ordinaires.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Noirs bleutés, cachoutés avec addition de sel d’étain terminés avec teinture au campêche.
- L’application du sel d’étain dans les cachous est venue constituer le progrès le plus remarquable pour la charge des noirs fins, et même pour l'amé-lioration de la nuance. Cette introduction remonte à environ 1850, et c’est de cette date que les noirs lourds, sur soie fine, sont arrivés graduellement à rendre jusqu’à 80 p. c., tout en ayant de belles nuances; mais disons-le cependant, au détriment de la force et de l’élasticité. Les premiers noirs qui se sont faits avec emploi du sel d’étain, l’étaient comme suit : les soies recevaient plusieurs rouils sur la cuite, avec les précautions nécessaires, pour le rouillage des cuits ; de nos jours on a poussé le rouillage jusqu’à donner 6 et même 7 rouils; dans ces conditions, on donne à la soie de 24 à 30 p. c. Le rouillage sur le bleu de Prusse n’offre aucun intérêt pour ces noirs ; on donne alors un cachou avec sel d’étain, puis les soies sont savonnées ou non, et reçoivent un deuxième cachou. Finalement elles sont teintes avec un bain de savon et de bois d’Inde, et terminées comme précédemment. Dans ces noirs il nous suffira d’examiner avec soin les soies sur les cachous et la teinture, le restant des opérations étant déjà décrit.
- Du cachoutage avec du sel d'étain.
- Cette opération modifiant si profondément les noirs demande beaucoup de soins de la part du teinturier, elle ne saurait être décrite trop minutieusement. Les soies prises sur le bleu de Prusse donné sur 3 rouils pour les soies destinées à des charges demi-lourdes, et sur 6 à 7 rouils pour celles destinées à des noirs très-lourds, sont, après avoir été bien dressées à la cheville sur le bleutage, passées sur un bain de cachou neuf à 100 ou 150 p. c. du poids de la soie et lissées une demi-heure à 50° de chaleur; la barque doit être de di-mension convenable, les soies doivent être plutôt | serrées que séparées les unes des autres, et l’on doit autant que possible avoir des barques assez grandes pour passer toute une partie, même de 100 à 150 kilogrammes à la fois. Cette précaution est d’ailleurs bonne pour toutes les opérations de noirs, à partir des cachous, et encore plus pour les teintures, sinon le teinturier s’expose à avoir autant de tons que de parties secondaires, dans lesquelles il aura divisé pour sa commodité la partie principale confiée.
- Les soies lisées sur ce cachou à 50* sont levées sur des grilles, et le bain est réchauffé à 70 ou 80°, puis additionné d’une solution de 8 à 12 p. c. de sel d’étain du poids de la soie. Par cette addition, le bain tourne immédiatement du brun au jaune clair et en même temps il se précipite en partie; les soies sont alors abattues de nouveau et lisées environ une heure. Il faut éviter le plus possible le contact de l’air sur les soies et pour cela la barque doit être remplie par le bain, et c’est encore pour cette raison qu’il faut liser serré : l’expérience a, en effet, démontré que si l’emploi du sel d’étain est redoutable pour le bon traitement des soies, c’est surtout par le contact de l’air.
- Par leur passage dans ce bain, les soies gonflent sensiblement, le ton du bleu de Prusse disparaît pour faire place à une nuance verte jaunâtre et toute marbrée. L’opération est sensiblement complète au bout d’une ou deux heures, mais généralement on est dans l’habitude de donner le sel d’étain le soir, et de laisser les soies mises en sotte passer la nuit au fond de la barque, en évitant soigneusement qu’aucune partie ne veille, c’est-à-dire n’apparaisse au-dessus du bain. En prenant cette précaution, les soies peuvent rester impunément, les veilles de fête deux jours dans la barque.’
- Une foule d’essais ont été faits dans l’intention de modifier l’emploi du sel d’étain, additionné ou non d’acide chlorhydrique ou d’ammoniaque, ou de sel ammoniac, etc.; mais la pratique a toujours fait revenir à l’emploi tel quel du sel d’étain, que le commerce fournit d’ailleurs très-pur.
- Les soies, levées de la barque, le bain est écarté au canal, car il ne vaut plus rien et l’on procède au rinçage des soies, qui doit se faire soigneusement; elles dégorgent beaucoup, soit qu’on les lave à la main ou mécaniquement, néanmoins une batture n’est pas nécessaire. Dans ce rinçage, la nuance, presque jaune, remonte un peu au vert sombre; dans tous les cas, le ton du bleu de Prusse a complètement disparu.
- Du savon sur le cachou du sel d'étain.
- Les soies ont pris sur l’opération précédente un toucher assez dur et c’est à cela qu’on attribuait au début le mauvais traitement qui a longtemps accompagné la teinture de ces noirs. Pour corriger cet effet, on donne un savon aux soies rincées sur le cachou du sel d'étain; mais cette opération, jugée indispensable par les uns, l’est différemment par les autres. Pour nous, nous croyons que l’action au
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- C. o.
- savon donné convenablement étant toujours favorable à la soie elle ne peut ici qu’être utile.
- On savonne ordinairement les soies sur le sel d’étain, dans un bain contenant 33 p. c. de savon, quelquefois même 50 p. c., et à une température de 50 à 60° centigrades, une demi-heure à une heure. Les soies prennent alors un toucher plus doux, ainsi que du brillant, elles montent et s’unissent en nuance dans les tons verts foncés. Disons ici une fois pour toutes que la nuance du bleu de Prusse, dans les noirs finis au campêche, donné sur des savons chauds, n’a point d’importance pour le résultat final, que tout l’effet de coloration vient d’une action bien entendue du bois d’Inde, venant couvrir les fonds donnés par les combinaisons de bleu de Prusse et du cachou.
- Les soies savonnées, le bain est écarté au canal, et les soies rincées et diablées, sont passées sur un deuxième cachou.
- Cachou donné sur le sel d’étain.
- On peut dire que ce cachou, donné directement sur celui du sel d’étain, la soie étant savonnée ou non, en est le complément indispensable. En effet, ce n’est la plupart du temps que sur ce cachou que les soies prennent le maximum de poids, pouvant aller jusqu’à 41 et même 50 p. c. de leur poids : la prise est d’ailleurs en raison du bleu de Prusse qu’on y a fixé ; ainsi les soies bleutées sur deux rouils ne prennent que 25 à 30 p. c. On peut dire que chaque rouil donne ensuite 3 p. c. de poids; il est donc facile de calculer la prise totale, en admet-tant pour le poids pris sur le bleu 8 p. c. par rouil et 25 à 30 p. c. sur les cachous avec des sels d’étain pour les soies bleutées sur deux rouils et 5 p. c. environ en plus pour chaque rouil en sus.
- Ainsi dans ces conditions une soie donne les rendements suivants :
- bleutée sur deux rouils, 45 p. c., en admettant 25 p. c. pente à la cuite, cela reste à 20 p. c. bleutée sur trois rouils, 60 p. c. . . . 35 — bleutée sur quatre rouils, 75 p. c. . . 50 — bleutée sur cinq rouils, 90 p. c. ... 65 — bleutée sur six rouils, 100 p. c. . . . 75 — bleutée sur sept rouils, 110 p. c. . . 85 —
- Le cachou prend beaucoup plus sur les deux pre-miers rouils que sur les suivants ; car, en outre de la Prise par le bleu de Prusse, il y a celle propre à la pie. Les uns dans les autres, dans les noirs très-chargés, on peut admettre que chaque rouil bleuté et cachouté, avec addition de sel d’étain, donne une
- prise de 13 à 15 p. c., sur laquelle les savons même bouillants sont sans action.
- Le deuxième cachou se donne en lisant les soies sur un bain de cachou à 110 p. c. et à 70-75» centigrades durant une heure; au bout de ce temps, les soies sont égouttées sur des grilles, et le bain qui n’est pas épuisé est conduit dans les réservoirs des vieux cachous. Les soies sont ensuite rincées avec soin et prêtes à suivre à la teinture après avoir été diablées fortement et dressées à la cheville.
- Teinture des premiers noirs au sel d'étain.
- Au début, les soies étant teintes sur ce deuxième cachou, dans un bain formé avec 50 p. c. de bois d’Inde à 60° de savon, l’oxyde d’étain qui s’est fixé sur la soie après avoir joué un rôle pour la prise du poids, sert de mordant pour la couleur du bois d’Inde, qu’il aide à fixer en un violet un peu rouge qui, couvrant le ton vert de la combinaison du cachou et du bleu de Prusse, donne un noir à ton vio-letté et même rouge.
- Les soies sont entrées à une température de 50 à 60° dans le bain de teinture et après une demi-heure de lisage, le bain est porté à une température de 70 à 75°. Les soies suffisamment couvertes et arrivées à la hauteur de l’échantillon sont levées de dessus le bain, qui est écarté au canal et après rinçage sont avivées et lustrées comme précédemment.
- Ce noir est considérablement amélioré par l’application du pyrolygnite de fer. (A suivre).
- 11 = sdaikse ...... -
- SYNTHÈSES
- DE L'ISATINE ET DU BLEU D’INDIGO
- Par M. A. Baeyer (I).
- L’auteur a vainement essayé de réaliser la synthèse de l’isatine par l’oxydation de l’oxindal. Mais il a constaté que le nitrosoxindol, antérieurement décrit par lui en collaboration avec M. Knop, renferme le groupe nitrosyle précisément dans le groupe CH2 qu’il s’agit de transformer en CO. Or, par réduction le nitrosoxindol se convertit en ami-doxindol et ce dernier corps, par oxydation au moyen du perchlorure de fer, du chlorure cuivri-
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris, d’après la Deutsche Chimische Gesellschaft.
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- cH
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- que, ou même de l’acide azoteux, peut facilement être transformé en isatine.
- La synthèse du bleu d’indigo peut être réalisée en chauffant modérément de l’izatine avec du per-chlorure de phosphore. Il s’établit une réaction assez vive avec dégagement d’acide chlorhydrique et la masse se colore en brun rouge. Par l’addition d’eau, il se sépare un corps jaune foncé, insoluble dans le carbonate de soude et qui régénère de l'isa-tine par l’action de la potasse. Quoique la substance n’ait pas encore été obtenue à l’état de pureté, il n’est pas douteux que c’est le chlorure d'imide-isatine qui s’est formé.
- Ce chlorure d’imide-isatine donne de l'indigo bleu par réduction. On peut employer comme réducteur, soit le phosphore jaune, soit la poudre de zinc et l’acide acétique. Dans les deux cas il se sépare du bleu d’indigo par l’addition d’eau.
- La formation du bleu d’indigo se fait beaucoup plus facilement par l’action du sulfhydrate d’ammoniaque sur le chlorure d’imide-isatine que l’on a préalablement lavé avec du carbonate de soude et que l’on dissout ensuite dans une solution alcoolique de sulfhydrate d’ammoniaque.
- La solution se colore en [vert par l’ébullition et bleuit par l’addition d’eau -, il se précipite en même temps du soufre et du bleu d’indigo.
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE
- Nous recevons la lettre suivante en réponse à celle de notre abonné publiée dans le dernier numéro du journal (1) :
- (-1) Nous avions ouvert les colonnes du Moniteur de la Teinture au débat, qui s’est engagé entre M. Grawitz et notre abonné, dans l'espoir devoir vider la question de la génération du noir d’aniline sans qu’il soit besoin absolument d'aucun métal pour que la coloration se produise. A la suite du défi et de l’engagement de notre abonné, M. Grawitz a indiqué (paragraphe 1° et 2, page 101), avec quelles matières et dans quelles conditions il affirmait générer le noir d’aniline. Sauf la surface d’un mètre de calicot, qui n’était pas indiquée et qui aurait été un peu longue à imprimer avec le doigt, le programme de M. Grawitz nous a semblé répondre au défi posé. Il a été expliqué, par nous même, à notre abonné que l’expression : imprimée avec le doigt, n’avait été employée que pour éviter tout contact de la couleur avec un métal.
- Nous espérions donc trouver, dans la réponse de notre abonné, l’acceptation, pure et simple ou avec quelques modifications de détails du programme de M. Grawitz. Ce der-
- « Paris, le 27 mai 1879.
- » Monsieur le Directeur,
- J’ai déjà déclaré que je refusais toute discussion, en dehors du tribunal, sur la question de la propriété du noir d’aniline inverdissable.
- La première paitie de la lettre de votre abonné est donc pour moi nulle et non avenue. La seconde m’étonnerait profondément si je ne savais que ceux qui dissimulent leur nom dans un débat public n’ont généralement d’autre but que de se dérober l’heure venue aux conséquences financières ou autres de leurs fanfaronnades ou de leurs impertinences.
- » Votre abonné m’a mis au défi de produire du noir, en dehors de tout contact métallique, au moyen d’un mélange de chlorate de potasse, d’aniline, et d’acide muriatique, quelle que fût l’acidité de ce mélange. Le terrain de la discussion était très-nettement circonscrit, et les dosages plus ou moins bons de M. Witz n’avaient que faire dans le débat de cette question théorique, déjà longuement controversée.
- » J’ai relevé le défi en termes très-précis et mis votre abonné en demeure de déposer, à la banque de France, ses fameux dix mille francs.
- » C’était, je crois, pour lui le moment de se montrer, il a persisté à se cacher.
- » Dans ces circonstances, il ne me reste plus, Monsieur le directeur, qu’à vous déclarer que je ne puis continuer à me commettre dans une discussion avec une individualité anonyme sans consistance et sans responsabilité.
- » Veuillez, etc.,
- » Samuel Grawitz. »
- nier, en effet, doit pouvoir faire varier à son gré les proportions des matières et les conditions de l'opération du moment qu’il s’engage à produire le noir d'aniline sans l’intervention d’aucun autre métal et dans des conditions pratiques.
- Nous tenons à garder l’impartialité la plus absolue ; cependant nous devons faire observer qu’il ne s’agit pas dans ce débat de la confirmation des expériences de la commission de la Société industrielle de Rouen, mais bien de la production du noir d’aniline sans l’intervention d’aucun métal, et qu’en conséquence, nous espérons que notre abonné, tout en se faisant connaître, voudra bien, pour clore un débat qui ne peut finir par une équivoque, répondre catégoriquement aux affirmations 1° et 2 de la lettre de M. Grawitz, du 28 avril 1879. Nous prions également notre abonné de laiser de côté la question de validité des brevets, celte dernière étant de la compétence unique et absolue des tribunaux.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RÉSERVES Par Alex. Schultz.
- — Suite (1). —
- Genre réserve gros bleu à la planche et à la perrotine.
- Les réserves blanches et orange de chrome pour gros bleu s’impriment sur le continent à la planche et à la perrotine, tandis qu’on les fabrique au rouleau en Angleterre ; je décrirai les procédés employés pour le rouleau et ceux dont on fait usage pour l’impression à la planche et à la perrotine, ainsi que cela se fait beaucoup en Belgique, en Russie, dans les contrées du Rhin et dans le midi de la France ; il va sans dire que la production anglaise est beaucoup plus considérable et meilleur marché que partout ailleurs, surtout pour l’impression double face qui se fait en Angleterre au rouleau, disposé de manière à permettre d’imprimer d’un coup l’envers et l’endroit des pièces.
- Réserve blanche pour gros bleu.
- 10 kil. terre de pipe.
- 3 litres eau.
- 8 » nitrate de cuivre à 50° B.
- 1 3/4 » dissolution de potasse à 21° B.
- 3 kil. gomme Sénégal.
- La réserve blanche seule, s’imprime sur des pièces blanches; les autres résistes s’impriment sur des pièces teintes en bleu clair.
- Les pièces sont doublées de manière que les envers des deux pièces se touchent ;
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n°s 5, 6, 7, 8, 9 et 10, année 1879.
- _ Erratum. — Dans le numéro 10, page 116, 2e colonne, 31e ligne, au lieu de 3 kil. safran, lire : 3 kil. sapan, et ligne 41 : -4 kil. sapan', ligne 45, même colonne au lieu de 1 litre colle, lire 4 litres colle.
- on les accroche ainsi au cadre ou au champagne.
- Les envers se touchant, les pièces ne se teignent que d’un côté et absorbent moins d’indigo que si l’on cuvait une seule pièce à la fois.
- Les cuves sont montées avec :
- 1 partie indigo Bengale.
- 2 » couperose.
- 3 » chaux vive.
- La plupart des imprimeurs et teinturiers préfèrent ce cuvage, ils disent que les cuves au zinc donnent quelquefois des bleus dont la vivacité laisse à désirer.
- Réserve orange pour gros bleu.
- 7 litres eau.
- 5 kil. acétate de plomb.
- 3 1[2 » litharge.
- Faire bouillir une demi-heure et ajouter l’eau qui s’est évaporée, puis :
- 7 kil. nitrate de plomb.
- 5 1[2 » sulfate de cuivre.
- 1[2 » verdet.
- 3 1[2 » gomme Sénégal.
- Réserve verte pour gros bleu.
- 7 kil. terre de pipe, délayé dans :
- 3 1[2 litres eau.
- 20 kil. sulfate de plomb, préparé en lavant le résidu des mordants rouges.
- 9 litres eau.
- 7 kil. nitrate de plomb.
- 7 1[2 » verdet ordinaire. | 6 » gomme Sénégal. | 7 litres eau.
- En se servant de cette couleur pour l’impression au rouleau, on l’épaissit à l’amidon blanc.
- Réserve rongeant pour gros bleu.
- ( 10 kil. terre de pipe.
- | 5 litres eau.
- 6 kil. verdet ordinaire.
- 6 » sulfate de cuivre.
- 8 litres eau.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ( 2 1[4 kil. amidon blanc. ) 1 1[4 » dextrine. ) 3 litres eau. ( 1[2 » campêche à 5° B.
- Au moment de l’employer, on prépare la réserve de la manière suivante : 4 1[2 litres couleur ci-dessus.
- O kil. 500 bichromate de potasse.
- 1{2 litre eau.
- 400 gram. acide chlorhydrique.
- 600 » nitrate de cuivre à 50° B.
- Cette réserve qui permet de ronger en blanc le bleu clair des pièces, donne de la facilité pour varier la fabrication, elle doit être préparée au moment de l’impression.
- Réserves pour gros bleu pour • l’impression au rouleau.
- Dans une chaudière à part : ; 1.820 kil. farine.
- 900 » amidon grillé.
- 4 litres sulfate de plomb ci-dessus.
- 1 » eau.
- Mêler, cuire et remuer.
- Réserve blanche employée en Écosse.
- 4 1[2 litres eau.
- 2.730 kil. sulfate de cuivre.
- 1 1{2 » sulfate de zinc.
- Dissoudre aussi froid que possible, épaissir avec la quantité convenable de farine et d’amidon grillé en prenant 5 parties farine et 1 partie amidon grillé. Bouillir 20 minutes, remuer et ajouter à tiède :
- 750 grammes nitrate de cuivre à 50° B.
- Réserve orange employée en Écosse.
- Réserve blanche pour gros bleu.
- 40 litres eau.
- 4.550 kil. acétate de chaux solide. 22.750 » sulfate de cuivre.
- 2.320 » sulfate de zinc.
- Bouillir une demi-heure, ôter l’écume et laisser déposer
- 8 litres bain clair ci-dessus qu’on épaissit en prenant :
- 3 parties farine.
- 1 » amidon grillé.
- Réserve orange pour gros bleu. sulfate de zinc.
- 18.200 kil. pyrolignite de plomb.
- 18.200 » litharge.
- 100 litres eau.
- Bouillir et précipiter avec :
- 3.640 kil. acide sulfurique. On lave deux fois.
- Couleicr.
- 6 litres eau.
- 2.730 kil. acétate de plomb.
- 112 » litharge. Après dissolution, ajouter : 7.780 kil. sulfate de cuivre. 7.280 » nitrate de plomb.
- 4 1{2 litres eau.
- 2. kil. sulfate de cuivre. 1.135 » nitrate de plomb. 4.770 » pyrolignite de plomb. Dissoudre à tiède et épaissir avec : , 0.800 kil. farine.
- 0.400 » amidon grillé.
- En examinant la composition de ces réserves, on dirait qu’il est impossible de dissoudre d’aussi grandes quantités de sels dans aussi peu d’eau ; on y arrive pourtant, l’eau de cristallisation aidant.
- En dissolvant les sels aussi froids que possible, la cristallisation dans la couleur n’a pas lieu aussi facilement que si la dissolution se faisait à une température élevée.
- L’application de l’orange de chrome aux réserves est due à M. Walter Crum.
- On ne se figure pas toutes les difficultés qu’il a fallu surmonter pour trouver ces réserves qui doivent être imprimées à tiède en se servant de bassines à double fond, dans lesquelles on fait entrer dans la vapeur.
- Il ne faut préparer que les réserves dont on a besoin dans la journée même, et les renouveler le plus souvent possible en se
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- servant pour l’impression de gravures profondes. On se sert de fournisseurs, brosses bien dures, afin d’empêcher l’encrassement des rouleaux qu’on évite complètement avec un mouvement de va et vient qu’on donne à la brosse.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l'auteur.
- CHIFFONNAGE
- Marron sur soie au cachou.
- Peur une robe. — Après nettoyage :
- 1°r bain. — 500 grammes de cachou. — Faites bouillir pour le faire dissoudre et passez ensuite au tamis. Plongez la soie dans ce bain pendant une demi-heure à 80° C.
- 2me bain. — Faire fondre à 60° C., dans 30litres d’eau, 20 grammes de chromate rouge de potasse, passer la soie 20 minutes sur ce bain. — Bien rincer.
- 3ne bain. — Dans 30 litres d’eau à 30° C., mettre 20 à 35 grammes de composition brute d’indigo et passer la robe sur ce bain jusqu’à la nuance désirée.
- Marron, Havane, sur laine et coton au chromate.
- Pour une robe. — Après un bon nettoyage :
- 1er bain. — 30 litres d’eau, 20 grammes bichromate de potasse ; bouillir 20 minutes et rincer. 2=e bain. — 20 grammes bois de fustet.
- 20 — bois de campêche.
- Bouillir un quart d’heure.
- Si l’échantillon monte au bleu, ajouter à ce bain 5 grammes d’acide oxalique, lever et rincer.
- 3me bain. — Dans un bain tiède de 30 litres d’eau, ajouter 10 grammes orseille ébouillanté et 20 grammes de sumac. — Passer l’étoffe 10 minutes puis ajouter 10 grammes sulfate de fer; passer 10 à 15 minutes, rincer et sécher.
- On obtient toutes les nuances que l’on désire en chargeant doucement les bains et selon les échantillons.
- Teinture en grenat des chapeaux de paille.
- Avant de reteindre un chapeau il est important
- de se rendre compte de la nuance qui donne sur la paille, car si cette nuance est rouge et qu’on veuille faire un noir, il faut nécessairement employer le vert pour neutraliser le rouge.
- La première opération dans la teinture du chapeau est le dégraissage qui se fait au moyen du carbonate de soude. On lave ensuite convenablement et on plonge dans un bain composé de santal et d’orseille si on veut une couleur grenat. Les proportions varient selon la nuance. Ajouter un peu plus d’orseille que de santal pour un tiers plus vio-leté ; suivre la marche contraire pour un tiers plus rouge, opérer à la température de 50 à 60°. Pour obtenir une bruniture un peu plus forte, ajouter un peu de cachou qui fera perdre le ton rougeâtre.
- Laver ensuite et sécher.
- En employant des couleurs d’aniline, on obtient directement le grenat avec la purpuraline, qu’on peut nuancer soit avec du marron d’aniline ou du bleu soluble, selon la nuance à obtenir.
- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR
- — Suite —
- Taches de liqueur. — On commence par rafraîchir la tache autant que possible par la même liqueur qui l’a produite ; et aussitôt cette opération faite, on imbibe la tache avec de l’eau pure, on frotte légèrement et avec soin ; si elle résiste, et si la couleur le permet, on a recours à l’acide chlorhydrique ou citrique et à l’alcali pour neutraliser (1). On pourrait même employer avec succès l’alcool.
- Sur des tissus blancs, les taches de liqueurs disparaissent complètement en employant successivement un lavage à l’eau de savon et le gaz acide sulfureux.
- Taches de café et de chocolat. — Le café et le chocolat, préparés au lait, forment des taches très-apparentes et plus faciles à enlever que lorsqu’ils sont préparés à l’eau. Le lavage à l’eau d’abord, et ensuite au savon suffît pour les détruire, mais il peut affecter les couleurs. Alors, pour agir avec plus de prudence, on se sert du jaune d’œuf que l’on tiédit avec un peu d’eau chaude. On emploie
- (1) On emploie l’alcali avant l’aeide, surtout pour agir sur les taches de fruits, de vin, etc.
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- cette composition comme un savonnage. Si les taches résistaient à plusieurs lavages, on pourrait y ajouter quelques gouttes d’alcool, en frottant légèrement avec un pinceau en poils de sanglier coupés courts.
- Taches d'encre sur des étoffes teintes. — Lorsque ces taches sont récentes, il suffit de les laver à l’eau et de les savonner, afin de séparer les substances végétales. On enlève ensuite l’oxyde de fer qui forme l’empreinte de la tache en le mouillant avec de l’acide sulfurique ou chlorhydrique très-affaibli par l’eau, que l’on prend dans une pipette en verre. Quand les taches sont anciennes il faut que l’acide soit plus fort (1 partie d’acide et 10 à 12 parties d’eau environ) (1).
- Sur les étoffes blanches de lin et de coton l’acide oxalique produit de très-bons effets -, il en est de même du sel d’oseille en poudre mêlé avec de l’étain.
- Taches de rouille. — On les fait disparaître sur les étoffes non colorées au moyen de l’acide oxalique en poudre que l’on place dessus, après les avoir mouillées, et que l’on a soin de frotter ensuite avec la main. On se sert de l’acide chlorhydrique mélangé avec de l’eau pour enlever la rouille sur les tissus colorés. Si la tache est petite, pour ne pas étendre l’acide au-delà des bornes, on l’emploie avec une pipette en verre, ou simplement avec un morceau de jonc taillé en pointe. On gratte légèrement la tache avec le morceau de jonc que l’on trempe alternativement dans l’acide jusqu’à ce que la tache soit enlevée. Mais il est des cas où la tache est trop difficile à enlever, aussi vaut-il mieux y renoncer que d’attaquer la couleur du tissu.
- On peut encore employer avec succès la crème de tartre qui attaque bien moins les couleurs que les acides oxalique et chlorhydrique, mais qui a l’inconvénient de ne pas agir avec autant de promptitude.
- Voici la manière de l’employer :
- On la réduit en poudre très-fine que l’on applique sur la tache et on l’humecte ensuite pour lui donner de l’action. On la laisse agir pendant 8 à 10 minutes, puis on frotte doucement la tache entre les mains pour faire disparaître le sel, et on la lave avec soin.
- Taches de cambouis. —Il faut d’abord imbiber la tache avec de l’essence de térébenthine, en la
- (1) On enlève encore par le sel d'oseille mêlé avec une partie d'étain.
- frottant légèrement avec une éponge pour la faire décomposer ; ensuite on la mouille de nouveau avec l’essence et on la couvre aussitôt avec de la cendre tamisée ou de la terre de pipe en poudre. Après dix minutes ou un quart d’heure d’attente, on enlève la terre absorbante, on brosse bien la place, et si la tache n’est pas entièrement disparue, l’on recommence la même opération. Il est rare que la tache résiste à la deuxième opération, mais si elle résiste, on pourrait l’enlever avec le jaune d’œuf mélangé avec de l’essence, et lui faire subir une troisième opération.
- Si la tache est ancienne, il pourrait arriver cependant que les parties ferrugineuses qu’elle contient adhérassent fortement avec l’étoffe, et dans ce cas, elles résisteraient à cette opération. Alors il faudrait.bien laver la tache et l’attaquer avec de l’acide chlorhydrique ou oxalique comme s’il s’agissait d’enlever une vieille tache d’encre.
- Taches de boue (dont l’eau ne suffit pas pour enlever l’empreinte). — Le jaune d’œuf appliqué sur une tache de cette espèce enlève presque généralement jusqu’à la moindre trace, mais si après quelques légers frottements suivis de rinçages, la tache résistait on pourrait employer la crème de tartre réduite en poudre, et la laisser agir pendant quelque temps après l’avoir humectée d’eau.
- Quand la boue a produit quelques altérations sur les couleurs telles que le rouge en petit teint, et sur les écarlates à la cochenille qu’elle peut quelquefois faire virer au violet comme le fait un alcali, on fait revivre la couleur par le secours d’un acide (citrique, acétique ou chlorhydrique).
- Taches d'urine. — Il est essentiel de les enlever de suite et aussitôt qu’on s’en aperçoit ; et le meilleur réactif qu’on puisse employer est l’ammoniaque étendu d’eau. Quand l’urine a vieilli, et qu’elle a pris un caractère alcalin, alors si l’ammoniaque ne réussit pas pour enlever entièrement la tache, on fait dissoudre un peu d’acide oxalique dans un vase avec de l’eau en quantité suffisante pour affaiblir son action destructive. On rince bien la tache et on fait agir l’acide oxalique que l’on in-sufle au moyen d’une pipette ou d’un petit bâton de jonc.
- Les taches de sueur peuvent être enlevées sur quelque étoffe que ce soit par les mêmes procédés, et sur l’écarlate elles disparaissent instantanément par l’application du sel d’étain dissous dans une grande quantité d’eau.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Taches de suie et de dégouttures de tuyaux de poêle. — Il faut d’abord commencer par les imbiber avec de l’essence de térébenthine, et les frotter légèrement pour faire dissoudre une espèce d’huile empyreumatique qui tient les sels et autres matières concentrées sur l’étoffe. Ensuite on fait un mélange de cette essence avec du jaune d’œuf en tenant le composé un peu tiède, et on le fait agir sur la tache à diverses reprises, en frottant légèrement jusqu’à ce que les opérations répétées nepro--duisent plus d’effet. Si la tache n’est pas parfaitement disparue, après ces deux traitements qui auront dû enlever toutes les substances végétales, dont la tache est composée, il ne restera alors en dernier lieu qu’une nuance noirâtre formée de quelques particules de fer que l’on pourra dissiper par l’acide chlorhydrique sur les étoffes de couleur, et par l’acide oxalique ou la crème de tartre sur les étoffes blanches ou reconnues en bon teint. Quelques dégraisseurs emploient aussi le sel d’oseille et l’étain.
- Taches d'huile, de graisse, de suif, etc. — Toutes les taches graisseuses et huileuses n’exigent pour ainsi dire que le même traitement, l’essence de térébenthine pure, pour disparaître ; mais les taches produites par l’huile d’éclairage épurée qui contient toujours ou presque toujours, comme nous l’avons dit, une certaine quantité d’acide sulfurique, sont quelquefois difficiles, voire même impossibles à enlever surtout quand elles ont vieilli sur les étoffes. Dans ce cas, après avoir employé l’essence de térébenthine, la benzine, on emploie l’ammoniaque, et s’ils n’agissent pas pour faire disparaître l’empreinte de la tache, il n’y a pas d’autre remède que la teinture.
- Pour enlever les taches de graisse et de suif, on les imbibe avec une petite quantité d’essence et de benzine, à l'aide d’une éponge fine, ensuite on les frotte légèrement dans la main et avec promptitude. L’on mouille de nouveau avec l’essence ou la benzine et l’on recouvre de suite la tache avec de la terre de pipe ou de la cendre tamisée. Après 10 minutes ou uu quart d’heure, on donne un coup de brosse et la tache a entièrement disparu. Si la terre absorbante laissait quelque blancheur après l’opération, on pourrait facilement la dissiper en frottant dessus avec de la mie de pain.
- Quand on redoute l’odeur de l’essence pour enlever les taches de graisse, on lui substitue l’alcool
- rectifié. Dans tous les cas, on peut toujours faire disparaître la mauvaise odeur de l'essence de térébenthine en soumettant l’étoffe à l’action de la vapeur d’eau ou en la lavant dans l’alcool. Ce sont là les moyens les plus simples et les plus économiques que l’on connaisse et nous les recommandons vivement à tous les dégraisseurs, parce qu’ils ont toujours été employés avec un grand succès.
- Les taches de vernis, de peinture et de goudron concentrées par les huiles qui en font la base et qui les fond adhérer avec une grande ténacité sur les tissus, doivent être traitées comme les huiles et les graisses, par l’essence de térébenthine qui dissout avec facilité l’huile. Ordinairement une seule opération suffit pour obtenir un résultat satisfaisant. Le beurre offre aussi un bon emploi pour enlever les taches de vernis et de goudron; on enlève ensuite le beurre par l’essence de térébenthine.
- Les taches de résine, térébenthine, poix, cire, bougie stéarique, se dissolvent parfaitement avec l’alcool rectifié. On les pénètre bien avec cette liqueur, ensuite on les frotte avec soin, mais à défaut d’alcool, on peut prendre de l’essence de térébenthine, de lavande, de citron, de l’eau de Cologne, de l’eau-de-vie forte.
- (A suivre.)
- NOUVEAU PRODUIT
- DIT FIBRE VULCANISEE
- D’E. Savery.
- (Extrait de la Deutsche Industrie Zeitung)
- Un nouveau produit destiné à remplacer le caoutchouc est fabriqué depuis un certain temps déjà sur une grande échelle à Wilmington (Delaware, Etats-Unis). Ce produit, connu sous le nom de fibre vulcanisée, a été considéré à tort comme identique avec le celluloïde ; d’après les renseignements publiés par M. Savery, à Wilmington, dans le Recueil des brevets allemands, sur la méthode employée par lui pour la fabrication de la fibre vulcanisée, il s’agit ici d’une espèce de parchemin végétal ne contenant pas de camphre.
- Pour préparer ce produit, on traite du papier ou
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- de la pâte à papier, ou encore des fibres végétales, par une dissolution concentrée de chlorure de zinc marquant 65 à 75° Baumé; au lieu de chlorure de zinc, on peut également se servir des chlorures d’étain, de calcium, de magnésium ou d’aluminium. Le papier doit ensuite être lavé à l’eau, jusqu’à ce qu’il soit entièrement débarrassé de l’excès des produits chimiques. Comme on consomme environ 4 kilogrammes de solution concentrée de chlorure de zinc pour 1 kilogramme de papier, la méthode serait trop coûteuse au point de vue pratique si l’on ne pouvait récupérer le chlorure de zinc et s’en servir de nouveau, ce qui a lieu de la manière suivante :
- L’eau de lavage est employée au lavage du papier traité par le chlorure de zinc jusqu’à ce qu’elle marque 30 ou 40° Baumé. On précipite alors tout le zinc par le carbonate de soude sous forme de carbonate de zinc, de sorte qu’il ne reste en dissolution que du chlorure de sodium. La vente du carbonate de zinc couvre le prix de la solution de chlorure de zinc ; on peut cependant utiliser ce sel pour refaire la solution de chlorure de zinc en le traitant par l’acide chlorhydrique.
- La matière ainsi obtenue se gonfle à l’humidité et souvent si fortement qu’elle perdrait entièrement sa valeur si on ne pouvait la rendre insensible à l’action de l’eau en la plongeant pendant vingt-quatre à quarante-huit heures dans un bain d’acide nitrique concentré et en la lavant ensuite à fond à l’eau. Le temps nécessaire pour que l’action se produise dépend de l’épaisseur de la matière et il est d’autant plus considérable que celle-ci est pénétrée plus difficilement par les acides, c’est-à-dire qu’elle est plus épaisse. Comme il est difficile de se procurer de l’acide nitrique ayant le degré de concentration nécessaire, il est préférable de se servir d'un mélange d’acide nitrique et d’acide sulfurique, dont les proportions dépendent de la concentration des acides.
- La nécessité de rendre la matière étanche a conduit à songer au traitement par l’acide sulfurique concentré, c’est-à-dire au parcheminage perfectionné. Comme les objets fabriqués à l’aide de la fibre vulcanisée sont le plus souvent très-épais et se composent fréquemment de plusieurs ou d’un grand nombre de couches de papier, le procédé en usage jusqu’ici dans la parcheminerie ne pouvait être employé puisqu’on n’a pas encore pu réunir plusieurs couches de papier en une seule masse indivisible. La seule période du parchemi
- nage pendant laquelle plusieurs feuilles de papier peuvent adhérer entre elles et s’unir en une seule masse est celle où les surfaces sont transformées en parchemin et doivent être enlevées rapidement de l’acide et lavées, parce qu’un séjour plus prolongé dans l’acide les carboniserait et les détruirait. Pour réunir à ce moment différentes feuilles de papier, il faudrait pouvoir les superposer et les soumettre à l’action d’une pression puissante, obtenue, par exemple, au moyen d’un laminoir; mais cela n’est pas possible avec la méthode ordinaire, parce que le temps nécesssaire pour celte opération suffirait pour permettre à l’acide de détruire le papier. Si même on pouvait réunir les feuilles assez rapidement pour que l’acide ne trouvât pas le temps d’exercer son action destructive, il resterait encore assez d’acide entre les feuilles de papier pour détruire la masse dans l’intérieur avant que le liquide employé pour le lavage ait pénétré.
- Il s’agit donc de rechercher des substances dont l’addition pût influencer ou retarder l’action du bain acide de telle façon qu’on eût assez de temps pour comprimer les feuilles de papier au moment où elles adhèrent le mieux entre elles. A cet effet, on opère de la manière suivante : à un bain d’acide sulfurique, par exemple, l’acide sulfurique du commerce, on ajoute du zinc métallique dans la proportion de 1 partie de zinc, pour 32 parties d’acide sulfurique, et on laisse agir jusqu’à ce que l’acide ait absorbé autant de zinc que possible. Quand le liquide est refroidi on y ajoute une partie de dex-trine pour 4 parties de la solution ; cette addition agit sur le bain d’une façon remarquable; une feuille de papier qui a été plongée dans le bain n’est pas détruite immédiatement par l’acide, mais conserve pendant un temps notable sa force d’adhésion, après qu’elle a été retirée du bain. On a ainsi assez de temps pour former un carton avec deux ou plusieurs feuilles, on peut donner à la masse la forme voulue, après quoi on fait passer l’objet dans un bain de sel de cuisine. Il se produit alors vraisemblablement une double décomposition par suite de la présence du sulfate de zinc et de l’acide sulfurique libre • l’acide sulfurique forme avec le chlorure de sodium, du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique et ce dernier se combine avec le zinc qui se trouve dans l’objet, en donnant lieu à du chlorure de zinc. Les deux sels ainsi formés, le sulfate de soude et le chlorure de zinc, sont solubles dans l’eau. L’objet est ensuite lavé dans de l’eau pure et traité de la manière convenable.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le point important de cette invention est l’addition au bain d’acide sulfurique de substances propres à affaiblir ou à ralentir l’action énergique de l’acide. Le zinc et la dextrine, employés ici, ne doivent être regardés que comme des exemples. On peut remplacer le zinc par un autre métal, comme le fer, et la dextrine par une autre matière organique telle que le sang, l’albumine, le papier ou la pâte à papier, les déchets de la fabrication des objets en fibre vulcanisée ou en parchemin ou bien encore le pétrole brut.
- Toutes les variétés de fibres végétales ou de tissus peuvent être traitées de cette façon, de même que le papier, le coton et tous les objets qu’on fabrique au moyen de ces matières. Lorsque ces substances ont été traitées convenablement et laminées, elles donnent un produit capable de remplacer avantageusement le cuir dans la fabrication des courroies.
- Pour préparer des cartons très-épais, on lamine d’abord et on réunit ensemble à la manière ordinaire deux ou plusieurs de ces masses, en aspergeant les deux faces qu’on veut faire adhérer de liquide à parcheminer et en lavant ensuite, comme il a été dit précédemment. Afin de rendre les objets imperméables à l’eau, on ajoute au bain acide une petite quantité de salpêtre. Les deux méthodes permettent d’obtenir des objets d’une qualité quelconque : durs, mous, flexibles ou plastiques, tels que courroies, tuyaux, coffrets, ornements, ustensiles de ménage.
- (Bulletin du Musée de VIndustrie de Belgique.}
- SUR UNE NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE LE PONSOELIUM
- Par Lewis-Thompson (1).
- Lorsqu’on fait passer un courant de gaz d’éclairage contenant du sulfure de carbone à travers une solution alcaline de cyanure de mercure, celle-ci devient laiteuse ; ce trouble augmente de plus en plus et après quelques jours, il se forme un préci-cipité blanc qui, si l’on continue l’expérience, devient successivement gris, noir et enfin d’un bel écarlate. Après avoir reconnu par un grand nombre d’expériences que la formation de ce précipité n’est
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris, d’après le
- Chemical News,
- due qu’à la présence du sulfure de carbone dans le gaz, l’auteur a opéré directement avec du sulfure de carbone.
- Pour cela, on agite une solution de cyanure de mercure additionnée de plusieurs fois son volume de potasse très-concentrée, avec du sulfure de carbone. Le mélange passe rapidement par un grand nombre de teintes : d’abord blanc, il devient successivement jaune, brun, gris, puis noir. Si le mélange est [maintenu à la température ordinaire, la couleur noir fait place, après un ou deux jours, à la couleur écarlate signalée plus haut ; ce changement est beaucoup plus rapide (1 heure 1/2), si l’on porte le mélange à 45°. On distille alors l'excès de sulfure de carbone, on lave le précipité et on le sèche.
- Le produit ainsi obtenu, que l’auteur nomme ponsœlium (de l’ancien nom Pons-Ælii, de la ville de Newcastle-upon-Tyne), est une poudre écarlate, ressemblant à s’y méprendre au vermillon ; chauffé dans un tube, il donne un sublimé brillant noir, qui devient rouge lorsqu’on le broye et qui est parsemé de globules de mercure. C'est une couleur d’une grande solidité résistant à l’action de l’hydrogène sulfuré et des acides concentrés ; [l’eau régale seul l’attaque. La composition. de ce produit est représentée par les rapports atomiques Hg2 S3 CH3.
- L’autem n’est pas parvenu jusqu’à présent par une autre voie.
- CATALOGUE
- DES,[BREVETS] D’INVENTION CONCERNNT LES INDUSTRIES TINCTORILES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- 122,406. 9 février. — Arnold et Grégoire. — Système de métiers à filer sans broches, applicable au filage du lin et des matières similaires.
- 122,407. 9 février. — Les Petits-Fils de Philip. — Système de mécaniques à la Jacquart, ac-couplées à mouvement alternatif, pour la fabrication du velours façonné.
- 122,448. 5 février. — Abbot. — Perfectionnements dans la fabrication des tissus waterproof.
- 122,451. 5 février. — Schulze et Wagner (Société). — Disposition de remisse postérieure pour tisser les fils de chaîne dans le tissage manuel ou
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- mécanique des étoffes de gazes ou à jours, sur les métiers à lisser et à la Jacquart.
- 122,450.5 février. — Schlumberger et Ce (Société). — Tube à esquive pour broche de métier à filer.
- 122,453. 6 février. — Hewitt. — Perfectionnements aux machines à imprimer à la planche plate et à la planche à relief, ou cliché.
- 122,455. 6 février. — Stein. — Nouveau cachou dit : cachou-stein.
- 122,476. — 8 février. — Gancel. — Muguet mécanique appliqué à tous les tissus.
- 122,478. 9 février. — Rendu et Moïse.— Tissu de soie côtelé fait sans armure, comme le taffetas ordinaire.
- 122,480. — 13 février. — Morel. — Système de fabrication du velours à deux pièces dit : système Morel, fabriqué mécaniquement par la chaîne.
- 122,483. 15 février.— Malleval. —Métier à tisser mécanique perfectionné.
- 122,884. 15 février. — Balthéron et Ce. — Procédé permettant d’obtenir une bande blanche dans les satins tramés coton, teints en pièce.
- 122,491. 15 février. — TAYLOR-BURROW. — Frein applicable aux bobines de métiers continus.
- 122,492. 15 février. — Mahon frères. — Machine dite : chineuse Mahon pour imprimer deux couleurs à la fois et faire deux chinés différents sur une même échevette de coton, laine soie ou fil.
- 122,498. 7 février. — Blanchet. — Perfectionnements aux métiers à tricoter.
- A céder d'occasion &
- DE LA LOI DU CONTRASTE SIMULTANÉ des Couleurs
- ET DE SES APPLICATIONS Par Chevreul.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 12. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 20 Juin 1879.
- SOMMAIRE
- Avis. — Des noirs sur soie, par M. Marius MOYRET (suite). — Mémoire sur l'épaillage par M. René Leblanc.
- La question du noir d’aniline : Réponse de notre abonné.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Réserves par Alex. Schultz. (suite) (2 échantillons). — Teinture des cotons et fils en écheveau.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Société industrielle du nord de la France : Extrait du programme des questions du concours de 1879. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- AVIS
- Nous prions nos lecteurs dont l’abonnement expire au 1er juillet et qui ne voudraient pas être considérés comme ayant renouvelé leur abonnement pour un an, de nous aviser par lettre ou de refuser le prochain numéro du journal.
- Nous ferons présenter la quittance de fr. 15,50 (1) dans le courant du mois d’août aux personnes qui * l’auront continué et qui n’auraient pas versé au bureau de poste de leur localité le montant de cet abonnement.
- L’administration du journal prend à sa charge le droit de 3 0/0 prélevé par la poste pour ce service.
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius MOYRET, chimiste
- — Suite
- Noirs précédents avec bruniture entre deux cachous.
- Ces noirs diffèrent des précédents, au même titre que les noirs minéraux, avec bruniture entre deux cachous différents des noirs minéraux simples. L’application du pyrolignite de fer, donnée entre deux cachous et précédant la teinture, a permis de corriger leur ton toujours un peu rougeâtre, en leur donnant un noir bleu plus convenable.
- (1) Les 50 centimes sont applicables à la moitié des frais d’encaissement.
- Dans la description de ces noirs, nous n’indiquerons que la bruniture et la teinture, le cachou sur la bruniture et la teinture, les autres opérations restant les mêmes.
- Bruniture au pyrolignite sur le deuxième cachou.
- Les soies bien rincées sur le deuxième cachou, sont manœuvrées une demi heure à une heure, sur un bain faible de pyrolignite de fer; dans quelques cas on a employé d’autres sels ferreux, tels que le chlorure, mais on est à peu près fixé pour employer exclusivement le pyrolignite de fer. La bruniture pour ces noirs demande de grands soins, et, finies, les soies sont levées sur des grilles (le bain étant écarté au canal, ou remonté dans de vastes réservoirs, comme il a été dit précédemment), et reçoivent une eau -, puis diablées fortement, elles sont prêtes à suivre sur un dernier cachou.
- Cachou donné sur la bruniture.
- Ce cachou est toujours un vieux cachou, et doit être donné à une température maximum de 50° centigrades. Les soies sont lisées une demi heure sur un bain à 3 ou 5° Baumé ; leur ton vert brunit par ces deux opérations successives, et, elles prennent encore 4 à 5 0/0 de poids.
- Le cachoutage étant fini, les soies sont levées sur des grilles, puis, après égouttage, elles sont bien rincées, diablées et prêtes à suivre en teinture.
- Le cachou n’étant pas altéré sensiblement, est remonté dans les réservoirs des vieux cachous pour servir de nouveau après addition de cachou neuf.
- Teinture des noirs avec sel d'étain et bruniture au pyrolignite.
- Cette teinture se fait ordinairement, comme les précédentes, avec 50 0/0 de bois d’Inde et 60 0/0 de savon, mais elle demande de bien plus grandes pré-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cautions ; les soies sont entrées à une température de 50 à 60° centigrades, et se couvrent peu à peu, le bain est réchauffé à 70-75°, quelquefois il arrive que les soies prennent un ton rouge qu’on ne peut faire tomber qu’en échauffant le bain à 80-850 et quelquefois même en le réadditionnant de savon. La teinture finie, le bain est tourné en bleu noir sale ; il est écarté au canal, et les soies reçoivent immédiatement une eau dans la même barque, puis elles sont rincées à grande eau dans la même barque et diablées fortement pour suivre sur l’avivage et le lustrage. L’avivage n’offre de particulier que la nécessité de mettre un peu plus d’huile que dans les noirs légers 6 à 8 0/0 environ.
- Noirs à plusieurs teintures.
- Ces noirs sont venus, autour de 1868, permettre de porter les noirs lourds au maximum de beauté, tout en les portant au maximum de la charge : ils rivalisent même, s’ils ne les surpassent, avec les noirs fins légers.
- La teinture de ces noirs a pour base de donner une masse de bois d’Inde combinée avec une grande quantité d’oxyde de fer, apporte par des brunitures au pyrolignite, afin de couvrir le fond verdâtre laissé par le cachou.
- Les soies fines du paragraphe précédent, prises sur la teinture et après rinçage et diablage, reçoivent successivement :
- Un cachou faible à 50° de chaleur.
- Une bruniture au pyrolignite de fer.
- Un nouveau cachou à 50°.
- Une nouvelle teinture au bois d’Inde.
- Ces quatre opérations sont données comme précédemment, la teinture seule demande davantage de savon dans le bain, pour éviter les plaques mordorées, et une fois arrivées à la hauteur de nuance il faut écarter vivement le bain au canal et donner rapidement une eau en barque pour arrêter son action.
- Ces noirs ont reçu le nom de noirs à deux teintures ou noirs bis. Mais on ne s’en est pas tenu là et l’on est arrivé à répéter une seconde fois l’ensemble de ces quatre opérations, pour obtenir des noirs à tons plus bleus violettés ; les précautions à prendre sont encore plus grandes sur la teinture que précédemment. Les noirs ainsi faits dits noirs ter, sont toujours mal unis et plaqués, quelques précautions qu’on prenne ; mais leur ensemble dans les étoffes tissées est bon. Les plus grandes pré
- cautions à prendre doivent l’être surtout pour les trames : il est nécessaire de teindre avec des savons très-gras, de lever la température à 80-85 et de faire'trainer. Dans la répétition des opérations, par suite de celles du cachou et du pyrolignite, il y a chaque fois prise de poids pouvant aller de 5 à 10 0/0. On peut donc arriver dans de belles nuances à des rendements de 100 0/0, quoique l’on se tienne de 50 à 70 0/0.
- Je ne quitterai pas ces noirs sans montrer par un tableau les nombreuses manipulations exigées, et quelles doivent être, en conséquence, les précautions à prendre à tous les points de vue de la part du teinturier, pour ménager la matière délicate qui lui est confiée durant quinze jours de travaux, à travers les nombreuses manipulations mécaniques et chimiques qu’elle doit subir.
- Résumé d’un noir à trois teintures sur sept rouils bleutés.
- 1o Reconnaissage et pantinage.
- 2° Mise en bâtons, dégommage.
- 3° Etirage.
- 4 Cuile.
- 50 Rinçage et diablage.
- 6° Rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 7° Savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons. 8° Deuxième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 9 Deuxième savonnage. rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 10° Troisième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 11° Troisième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 12° Quatrième rouillage, rinçage,] diablage, mise en bâtons.
- 13° Quatrième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 44° Cinquième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 150 Cinquième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 16° Sixième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 17. Sixième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 18° Septième rouillage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 19° Septième savonnage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 20° Dressage des soies à la cheville, bleutage, rinçage, mise en bâtons.
- 21° Cachoutage avec sel d'étain, rinçage, dia-blage, mise en bâtons.
- 22° Deuxième cachoutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 23° Bruniture au pyrolignite, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 24° Troisième cachou, rinçage, diablage, dressage à la cheville, mise en bâtons.
- 25° Teinture au bois d’Inde, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 26° Quatrième cachoutage, rinçage, diablage, mise en bâtons.
- 27o Deuxième bruniture.
- 28° Cinquième cachoutage.
- 29° Deuxième teinture.
- 30° Sixième cachoutage.
- 34• Troisième bruniture.
- 32° Septième cachoutage.
- 33° Troisième teinture.
- 34° Avivage, diablage.
- 35° Séchage.
- 36° Lustrage.
- 37° Reconnaissage et mise en main pour être rendue au fabrieant.
- Après l’examende ce tableau, résumant les noirs les plus compliqués, il ne sera plus permis comme beaucoup le croient d’admettre que le teinturier en noir est inférieur au teinturier en couleurs comme capacités, et de plus l’on restera convaincu que la soie est vraiment une fibre textile merveilleuse, pour pouvoir s’assimiler tant de matières successi -vement, et supporter d’aussi nombreux travaux, et des variations aussi grandes et aussi répétées de température. De même l’on se rendra compte des quantités énormes de produits exigés par ces nombreuses manipulations : rouil, savon, prussiate, cachou, sel d’étain, pyrolignite, bois d’Inde, jus de citron, huile d’olive.
- Pour simplifier ces nombreuses manipulations, des teinturiers ont imaginé de diabler les soies dans des essoreuses spéciales, avec leurs bâtons, ce qui supprime les voltages à la main et les passages en bâtons.
- MÉMOIRE SUR L’ÉPAILLAGE
- Présenté a la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- Les opérations désignées sous le nom d'épaillage, d’égratteronnage, d’époutillage, etc., ont pour but de débarrasser la laine et les tissus de laine des matières végétales qu’ils renferment.
- r Pendant longtemps, la quantité considérable de 1 gratterons mêlés aux laines de l’Australie et de l’Amérique du Sud fut un obstacle à l’emploi de ces dernières dans la fabrication des tissus. Les laines du pays contiennent des matières végétales dont il est assez facile de les débarrasser ; dans les différentes opérations du lavage, du cardage et du peignage, une grande partie des pailles tombe, ce qui reste est enlevé plus tard dans la vieille opération manuelle, connue sous le nom d’épincetage, ou par différents procédés qui vont être décrits. Les laines exotiques ne sont pas dans le même cas, la matière végétale qui les souille habituellement est le fruit d’une légumineuse du genre luzerne, à gousse enroulée, et munie, sur les bords latéraux, de petits crochets, qui s’entortille d’une façon inextricable avec la laine ; celle-ci n’en est nullement débarrassée par le lavage.
- L’égratteronnage 'mécanique a d’abord été usité. Il l’est encore, à l’exclusion de tout autre, dans le traitement de la laine à peigne. Depuis bientôt trente ans, on a substitué, dans bien des cas, les moyens chimiques aux moyens mécaniques; on réussit bien ainsi à détruire les matières végétales adhérentes à la laine, soit brute, soit manufacturée. L’opération est plus rapide et plus économique.
- Chaque méthode a des avantages et des inconvénients que nous tâcherons de faire ressortir ; nous étudierons d’abord les procédés chimiques.
- Epaillage chimique. THÉORIE.
- Action des acides et des alcalis sur les fibres végétales et les fibres animales. — Les pailles, les gratterons, les époutils, en général, ont une composition chimique qui rappelle celle de la cellulose, du ligneux, ils sont formés d’une part de carbone, d’autre part d’hydrogène et d’oxygène dans des proportions propres à former de l’eau.
- On sait que si l’on plonge dans de l’acide sulfu-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rique un morceau de bois ou des matières ligneuses, après quelques minutes d’immersion, le bois, le ligneux sont devenus noirs ; si on les lave avec soin on ne retrouve plus que du charbon.
- Si l’on plonge dans une solution d’acide sulfurique, étendu d’eau, des fibres ou un tissu végétal, ces matières ne noircissent pas du tout d’abord, mais elles deviennent friables. La carbonisation a lieu ensuite si l’on élève la température parce qu'a-lors l’acide se concentre.
- Quand on laisse tomber quelques gouttes d’eau acidulée par de l’acide sulfurique ou chlorhydrique sur un morceau de toile, les points touchés par l’acide se détachent facilement, surtout après dessication.
- La carbonisation de la fibre végétale par les acides n’est donc pas immédiate; la cellulose (G12 H10 H10) s’hydrate d’abord et devient de l'hy-dro-cellulose(C‘2H" 0"). Cette dernière, analogue au sucre, est très-friable ; elle conserve néanmoins la forme fibreuse, mais elle se carbonise bientôt sous l’influence de l’acide employé, surtout si l’on élève la température.
- Dans certains cas, une véritable combinaison chimique se fait entre la matière végétale et l’acide.
- Il semble qu’un ou plusieurs équivalents d’eau de l’hydro-cellulose formée en premier lieu sont remplacés par autant d’équivalents d’acide. Quoi qu’il en soit, le corps végétal, trempé dans l’acide, est détruit -, il a perdu toute sa consistance et se pulvérise sans la moindre friction.
- La laine est surtout formée d’une matière animale, nommée épidermose, contenant, outre du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène, de l’azote et du soufre. L'acide sulfurique n’agit pas sur la laine comme sur le ligneux ; il gonfle la matière et finit par la dissoudre, mais à la longue ; le résidu charbonneux ne se forme point. Si l’on emploie de l’acide très-étendu d’eau, l’action sur la laine pure semble nulle, même lorsqu’on élève la température de la dissolution.
- Si l’on plonge de la laine mêlée de gratterons ou un tissu pailleux, [dans de l’acide sulfurique ou chlorhydrique, étendu de vingt-cinq ou trente fois d’eau, le ligneux sera attaqué comme les matières végétales citées plus haut et la laine restera à peu près intacte. Pour que le ligneux soit détruit, il faudra prolonger le contact de la matière avec la solution d’acide ; si l’on veut opérer plus rapidement, on placera, après une imbibition convena
- ble, la laine pailleuse dans un milieu où la température sera suffisante pour faire vaporiser l’eau qui a été mêlée à l’acide sulfurique ; 105 à 110 degrés suffisent.
- L’acide sulfurique qui imprégnait surtout les pailles (celles-ci étant plus poieuses que la laine) va, se concentrer et la matière végétale sera détruite.
- Si l’on substituait un alcali à l’acide, l’inverse se produirait : la laine serait dissoute et le végétal respecté. En traitant, par exemple, un tissu laine et coton par de l’acide sulfurique, le coton est détruit, il reste de la laine ; en traitant, au contraire, le même tissu par une dissolution de potasse ou de soude caustique, la laine est dissoute et le coton reste intact.
- Procédés divers. — Les nombreux procédés d’épaillage chimique diffèrent plutôt dans la forme que dans le fonds ; on peut les diviser cependant en trois catégories, suivant le mode d’emploi et d’action de l’agent désagrégateur de la paille : 1° l’acide est employé seul dilué ; 2® il est employé seul, mais gazeux ; 3° il est employé en combinaison saline.
- Il agit comme il vient d’être dit : dans les deux premiers cas, il est mis en liberté dans le ligneux même, par l’élévation de la température ; il est en 1 quantité moindre que précédemment, mais l’énergie chimique dont il est doué est considérablement augmentée, l’acide agissant à l’état naissant.
- Remarquons que dans le second et le troisième cas, l’acide qui agit est sec ; nous verrons plus loin que cette condition est nécessaire lorsqu’on opère sur des tissus préalablement teints ; lorsque l’acide agit en présence de l’eau, les nuances sont virées ou détruites.
- Les acides employés seuls sont surtout l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique. On n’emploie guère en combinaison saline que les deux mêmes acides, auxquels on peut ajouter l’acide phospho-rique.
- Tous les sels ne conviennent pas également à l’épaillage, on doit choisir ceux qui peuvent sous l’influence d’une élévation convenable de température, se décomposer de manière à donner l’acide qui agira à l’état naissant. On peut employer à cet effet : le chlorure d’aluminium, le phosphate monocalcique, le sulfate d’alumine et les bisulfates alcalins. D’autres produits, tels que les perchlorures de fer et d’étain, l’azotate de cuivre, pouvant aussi être décomposés par la chaleur du séchoir, peu-
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- vent épailler par conséquent, mais leur prix élevé s’oppose à leur emploi industriel.
- Jusqu’en ces derniers temps, on acceptait l’explication suivante des phénomènes d’épaillage :que dans tous les procédés, c’est l’acide qui épaille. Dans cinq ou six ans, des avis différents ont été émis, nous les examinerons en leur lieu et place, mais sans insister beaucoup ; car, il nous semble qu’il importe peu à l’industriel qui épaille au moyen des sels ou que l'épaillage soit dû à l’acide du produit qu’il emploie, ou bien qu’il soit le résultat d’une action spéciale propre à ce produit. L’important, c’est que les époutils soient enlevés aussi complètement et économiquement que possible, sans qu’il en résulte d’action nuisible pour la laine.
- L'auteur donne un historique de la question et indique la liste des brevets délivrés de 1866 à 1877 sur des procédés d’épaillage chimique.
- Méthodes opératoires.
- Nous ne nous attacherons point à donner la description complète de tel ou tel procédé. La plupart des perfectionnements importantsse trouvent revendiqués dans plusieurs brevets à la fois ; il est fort difficile de savoir à quel inventeur ils appartiennent légalement.
- Nous étudierons les méthodes opératoires d’une façon générale, en les divisant, comme nous l’avons fait plus haut, d’après l’état physique des produits employés.
- 1° Epaillage par les acides dilués, procédés par voie humide ;
- 2° Epaillage par les acides gazeux, procédés par voie sèche ;
- 3° Epaillage par les dissolutions salines; le sel choisi se décompose, et son acide agit sec à l’état naissant.
- Un procédé ne pourra être réputé parfait qu’au-tant qu’il satisfera pleinement aux conditions suivantes :
- 1° Les pailles disparaîtront complètement;
- 20 La laine restera intacte, c’est-à-dire conservera son aspect et son toucher, et se comportera au foulage, à la teinture, etc., comme si elle n’avait pas subi l’opération de l’épaillage ;
- 3° Le prix de revient devra être peu élevé ;
- 4° Enfin, les opérations ne devront pas incommoder les ouvriers chargés de les exécuter.
- Aucun procédé n’est dans ce cas.
- (4 suivre.)
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE
- Voici la réponse de notre abonné à la lettre de M. Grawitz, publiée dans le dernier numéro :
- « Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture,
- » Voici, pour votre prochain numéro, la réponse aux observations que vous avez bien voulu me faire à propos de la question du noir d’aniline.
- » Vous avez l’obligeance de me dire dans votre note, page 124, que du moment que M. Grawitz s’engage à produire du noir d’aniline sans l’intervention d’aucun métal et dans des conditions pratiques, il doit pouvoir faire varier à son gré les proportions des matières et les conditions de l’opération.
- » Vous avez parfaitement raison.
- » Si M. Grawitz s’engage, comme vous le dites, à obtenir le noir dans des conditions pratiques, il faut nécessairement qu’il emploie des doses pratiques dont il peut varier les proportions à son gré.
- » Ce n’est que lorsque M. Grawitz m’aura indiqué les doses du mélange de chlorate de potasse, d’aniline et d’acide muriatique, sans employer aucun métal, que nous pourrons savoir s’il remplit les conditions pratiques pour obtenir un mètre de noir d’aniline ; c’est alors seulement que son programme, modifié dans ses détails, ainsi que vous le dites, répondra au défi posé.
- » Comme M. Grawitz a prétendu, dans sa note à l’Académie des sciences, que dans les conditions indiquées par M. Witz pour produire le noir avec du vanadium, il n’est besoin absolument d’aucun métal et que c’est ce qui a occasionné mon défi, il m’a semblé que nous devions nous servir des dosages de M. Witz, d’autant plus que ce sont ceux qui sont généralement employés par les imprimeurs de tous les pays; je comprends qu’ils déplaisent à mon contradicteur, mais, ainsi que vous l’observez judicieusement, il ne s’agit pas dans ce débat de la confirmation des expériences de la société industrielle de Rouen, mais bien de la production du noir d’aniline sans l’intervention d’aucun métal.
- » En attendant que M. Grawitz veuille bien me communiquer les modifications de détail de son programme, je vais, ainsi que vous le désirez,’répondre à son affirmation, paragraphe 2, page 101, en me basant sur ses propres doses, qu’il a publiées dans sa fameuse note à l’Académie des sciences.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- » Il me semble qu’en me servant des doses et proportions de M. Grawitz, qui confirment toutes les affirmations du paragraphe 2, en lui donnant raison jusqu’à un certain point, je reste dans le terrain de la discussion et réponds catégoriquement à son affirmation du paragraphe 2.
- » Dans sa note à l’Académie des sciences, M. Grawitz dit : z
- A
- «
- »
- »
- « Si j’imprime un mélange convenablement épaissi contenant :
- » 150 gr. sel d’aniline neutre,
- » 50 .» chlorate de potasse,
- » 50 » chromate jaune,
- le noir est complètement développé en moins de trois minutes à 60° centigrades, tandis qu’il ne se produit aucune coloration dans le mélange lui-même. »
- » J’ai pris un litre d’empois d’amidon dans lequel j’ai dissous les trois sels dans la proportion indiquée ci-dessus.
- » En imprimant avec le doigt sur calicot, immédiatement après avoir fait le mélange, j’ai obtenu un beau noir qui, ainsi que l’annonce M. Grawitz, se développe en moins de trois minutes à 60° centigrades ; ce noir peut être vaporisé et est parfaitement inverdissable.
- » Mais le noir qui se développe ainsi en trois minutes sur le tissu, se développe également, dans le même espace de temps, dans la couleur, de sorte qu’il n’est pas même possible de faire un essai d’impression à la planche ou au rouleau.
- » Il est évident que de pareilles conditions ne sont pas pratiques, les imprimeurs ne peuvent pas employer un noir d’aniline qui se décompose en quelques minutes.
- » Pour répondre au paragraphe 1er, page 101, et afin de donner à M. Grawitz toutes les facilités possibles pour toucher les fameux dix mille francs, sans avoir l’intention, comme vous le savez, de me dérober aux conséquences financières de mon défi, je proposerai à M. Grawitz de faire usage des mêmes doses lui appartenant que je viens d’indiquer et que je veux bien considérer comme pratiques, quoiqu'elles coûtent le double du noir employé par les indienneurs ; il est juste, ainsi que vous l’observez très-bien, qu’il puisse varier s’il veut les proportions des matières et les conditions de l’opération, il lui suffira de supprimer le chromate de potasse et le remplacer, s’il veut, par un acide quelconque dans une proportion telle que le procédé soit pratique, c’est-à-dire que l’acide n’attaque et
- ne brûle pas le tissu et les doubliers qui servent à l’impression.
- » Pour éviter tout contact métallique, nous préparerons cette couleur dans une capsule de porcelaine et nous l’imprimerons avec une planche en bois sur 1 mètre de calicot et non avec le doigt, attendu que l’impression avec le doigt n’est pas pratique et ne prouve rien, ainsi que nous l’avons vu pour les proportions du noir obtenu par les cinq matières indiquées au paragraphe 2, ce noir, je le répète, répond à toutes les affirmations de ce paragraphe.
- » Vous voyez, Monsieur le directeur, que je tiens à clore le débat ; je ne désire pas qu’il finisse par une équivoque et je fais, avec toute la franchise possible et sans m’emporter, la part de mon adversaire très-large et tiens avant tout à bien poser les termes de mon défi, afin d’éviter toute discussion ultérieure, et si nous n’arrivons pas bientôt à une conclusion, je vous assure que ce ne sera pas de ma faute.
- » Veuillez agréer l’expression de ma parfaite considération.
- » Votre abonné. »
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RÉSERVES
- Par Alex. SCHULTZ.
- — Suite (1). —
- Traitement des pièces imprimées avec la réserve orange pour gros bleu.
- 1° Tremper en cuve de chaux pendant dix minutes.
- 2° Teindre en gros bleu.
- 3° Passage en acide sulfurique à 6° B.
- 4° Rinçage.
- 5° Passage en acide sulfurique à 6° B., en donnant 7 à 8 tours.
- 6° Bichromate de potasse. O kil. 900
- Chaux.
- Eau .
- . 0 » 450 . 9 litres.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, ne 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11, année 1879.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 139
- On fait bouillir vingt minutes et on épuise à l’eau chaude jusqu’à 2° B.
- Il faut que le chromate de chaux soit bien caustique, à cet effet on le sature avec de l’eau de chaux claire.
- On monte la cuve en prenant, pour 12 parties chromate de chaux à 2° B., 1 partie de lessive de potasse caustique à 6° B.
- On se sert pour la teinture en orange, d’une chaudière en cuivre. On fait entrer de la vapeur dans le double fond de la chaudière afin d’avoir constamment, pendant le passage des pièces, une température de 95 à 100° centigrades.
- On ne réussirait pas bien en chauffant directement à la vapeur, car on n’obtiendrait ainsi qu’une température de 75° centigrades, insuffisante pour obtenir régulièrement un bel orange.
- Les pièces passent au large dans la chaudière à roulettes et y restent trois ou quatre minutes ; si elles ne sont pas d’un orange bien foncé, bien uni et bien nourri, il faut le repasser une seconde fois dans le bain de chaux en marchant plus ou moins vite, selon que le virage l’exige.
- On rince et on sèche.
- P
- I
- Rongeant blanc sur bleu cuvé (1).
- Rongeant blanc et orange de chrome sur bleu cuvé (1).
- (4) Les deux échantillons que nous donnons dans ce numéro se rapportent plutôt à la suite du travail deM. Schultz, dont la publication de la 2° partie : Bcngeants, Enlevages, va commencer dans le prochain numéro.
- J’ai employé, pendant trois ans, dans la manufacture de M. Voortman, à Gand, où avec une centaine de cuves, nous faisions à peu près tous les genres cuvés, une grande partie des procédés réserves dont j’indique les formules.
- Nous faisions dans cet établissement beaucoup le genre gros bleu avec résiste verte dont voici la fabrication :
- Genre gros bleu avec réserve verte au rouleau.
- 3 1[2 litres eau.
- 2.750 kil. acétate de plomb.
- 2.750 » nitrate de plomb.
- 4 » sulfate de cuivre.
- 4 1[2 litres eau de gomme épaisse.
- ,8 kil. sulfate de plomb, provenant des résidus de l’acétate d’alumine.
- 1 » terre de pipe.
- Après l’impression de la réserve verte sur des pièces cuvées en bleu clair, on cuve en gros bleu et on donne les passages suivants :
- 1° Vingt minutes en acide sulfurique à 20 B.
- 2° Rincer et passer, pendant vingt minutes en acide sulfurique à 2° B., bien rincer afin qu’il ne reste plus d’acide dans les pièces et mettre à l’hydro-extracteur.
- 3° Passage au large dans une cuve à roulettes en eau de chaux claire et froide.
- 3° Recommencer une seconde fois le même passage en eau de chaux claire et froide.
- 5° Passer, dans une cuve ordinaire, en bichromate de potasse ; laver et sécher.
- M. E. Fries, qui a dirigé avec succès, de 1834 à 1838, la manufacture de MM. Fauquet-Besselièvre frères, à Déville, m’a communiqué la fabrication des genres gros bleu, par le moyen du bistre au peroxyde de manganèse ; comme cette fabrication est avantageuse et très-belle et que M. Fries m’a autorisé à la publier, je veux en faire profiter les lecteurs du Moni-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- teur de la Teinture qui ne la trouveront dans aucun autre livre :
- Fabrication du gros bleu en une seule trempe.
- 1° Foularder les pièces au chlorhydrate de manganèse saturé de 5 à 8° B., suivant la nuance du gros bleu, et sécher à la chambre chaude (hat-flue).
- 2° Foularder en soude bien caustique, pesant 10 ou 12° B., suivant la force du sel manganeux.
- La soude caustique doit être chauffée, pour ce foulardage, à une température de 45 à 55° centigrades.
- Laisser les pièces ployées dans un endroit frais, pendant deux ou trois heures, jusqu’à ce que l’oxyde manganeux soit transformé en oxyde manganique. On peut, si l’on veut, pour accélérer et compléter l’oxydation, donner un passage en chlorure de chaux faible.
- On lave les pièces et on sèche.
- 3° On plonge les pièces sèches, pendant 15 à 20 minutes, dans une cuve fraîchement montée avec 15 kil. d’indigo.
- On donne une trempe, de 30 à 45 minutes, dans une cuve plus faible, qui a déjà été employée à la teinture de quatre à cinq pièces, ou bien donner deux trempes, chacune de 15 à 20 minutes.
- Après chaque pièce de 50 mètres, on augmente la trempe d’environ cinq minutes.
- Réserve blanche et bleu clair au rouleau et à la planche. — Fond gros bleu.
- 1° Imprimer sur le fond bistre, obtenu par le chlorure de manganèse la réserve blanche pour gros bleu suivante :
- Réserve blanche.
- 21 litres vinaigre de bière.
- 6 1[2 kil. vert de gris.
- 13 » sulfate de cuivre.
- 5 1{2 » alun.
- 1[2 » craie.
- 4 litres eau.
- 14 » campêche à 4° B.
- 44 kil. terre de pipe.
- 31 litres eau dégommé très-épaisse. Broyer la couleur pendant 24 heures.
- Réserve bleu clair.
- Acide oxalique.
- Acide tartrique.
- Muriate acide ( 1 sel d’étain. d’étain, ) 1 acide chlorhydrique, environ 75 grammes de chaque par litre.
- Epaissir avec de l’amidon grillé pâle.
- Pour dessins, filets, plumes, etc., on peut aller jusqu’à 100 grammes par litre.
- 2° Après teinture en bleu d’une seule trempe de 15 à 45 minutes, suivant la force de la cuve, on rince les pièces dans une cuve à eau pour recueillir l’indigo qui s’en détache.
- 3° Laver les pièces et les passer, pendant une demi-heure par quatre ou cinq pièces à la fois en :
- 1000 litres eau.
- 20 à 25 kil. sulfate de fer.
- 7 1[2à 10 » acide sulfurique.
- Ce passage détruit complètement le bistre et rend le blanc beau.
- 4° Passer en acide sulfurique à 1 ou2’ B., pour enlever complètement les traces de fer qui pourraient encore rester dans le tissu.
- Article fond gros bleu avec réserve orange, réserve blanche et réserve bleu clair, au rouleau et à la planche.
- 1° Imprimer sur fond bistre la réserve blanche ci-dessus ; le rongeant blanc ci-dessus qui donne le bleu clair et une des réserves pour oranges décrite plus haut.
- 2° Donner une trempe de 15 à 30 minutes en cuve bleue.
- 3° Passer les pièces en eau de chaux dans une cuve pendant 15 à 20 minutes. Ce passage sert à fixer les sels de plomb.
- 4° Pour détruire l’oxyde manganique fixé sur les pièces, passer pendant une demi-heure, en prenant cinq pièces à la fois, en : 1000 litres eau.
- 25 kil. sulfate de cuivre.
- 10 » acide sulfurique.
- Lavage au clapot traquet.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 5° Oranger au chromate de chaux, ainsi que cela a été indiqué pour le genre gros bleu et orange de chrome.
- Je réussirais bien (c’est M. E. Fries qui parle) sans ajouter de potasse caustique au chromate de chaux ; je crois, cependant, que cette addition peut être utile pour la régularité des résultats.
- Le chlorure de manganèse que j’employais provenait de résidus de la fabrication du chlorure de chaux; je les faisais bouillir avec un excès de peroxyde de manganèse afin d’obtenir une saturation complète.
- Quand on veut faire des fonds bistres foncés, il est bon, pour ne pas affaiblir le calicot pendant le séchage à la chambre chaude, de transformer une partie du chlorure manganeux en pyrolignite de manganèse en y ajoutant une dissolution de pyrolignite de plomb et se servant de la liqueur claire.
- En vaporisant les pièces finies, le gros bleu devient plus vif ; mais, pour conserver cette vivacité, il ne faut pas laver les pièces après le vaporisage. Le séchage sur les cylindres en cuivre, chauffés à la vapeur, rend aussi le bleu plus vif que séché à l’air.
- A la fin de la première journée de teinture en gros bleu, mettre dans la cuve quelques kilogrammes de chaux et de sulfate de fer ; ne pas teindre plus de 300 à 400 mètres par jour; lorsqu’il y a trop de dépôt dans la cuve, on le retire ; nous le vendions aux teinturiers ou, à défaut, nous le mettions dans une cuve avec de l’eau et du sulfate de fer et de la chaux; cette eau de lavage servait en guise d’eau à remonter une nouvelle cuve, ou à en rajouter dans celles qui étaient en marche.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation do l’auteur.
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ÉCHEVEAU
- Par M. de Vinant
- Mordançage
- Former un bain avec :
- 100 kil. sulfate d’alumine
- 12 kil. sulfate de soude.
- Faire dissoudre le sulfate d’alumine dans 120 à 130 litres d’eau (éviter les récipients de cuivre) pousser à l’ébullition pour que le sulfate d’alumine soit entièrement dissous. Ajouter le sulfite de soude en une seule fois et d’un seul jet, en remuant avec une spatule de bois ou de verre. Maintenir l’ébullition au moins deux heures.
- L’opération terminée, on filtre, et le liquide doit titrer de 30 à 32° au pèse-acides concentrés, selon la concentration donnée par l’ébullition.
- Le bain de mordançage fait avec le mordant dont la fabrication vient d’être donnée, doit titrer 8° au pèse-acides. On y laisse tremper les cotons au moins cinq heures, puis on les rafraîchit fortement à l’eau froide avant teinture ; ce bain peut se conserver indéfiniment, il suffit de le ramener au degré voulu en ajoutant la quantité nécessaire de mordant.
- On emploie aussi souvent, mais avec moins de succès, d’autres mordants tels que le sumac et le stannate de soude, le savon d’oléine, la dissolution d’étain et les deux huiles comme pour le rouge d’Andrinople.
- Les cotons ou fils en écheveaux avant d’être teints doivent être préalablement très-bien débouillis à l’eau pendant six heures.
- Teinture après mordançage.
- La teinture doit se faire immédiatement après le lavage.
- Pour les couleurs d’aniline on teint en toutes nuances comme d’usage sans addition d’acide ni de savon.
- On opère comme pour la soie. Ainsi la teinture en fuschine se fait à froid, mais en chauffant légèrement, la nuance vire un peu au violet.
- Pour la teinture en violet bleuté et surtout en bleu, additionner légèrement d’acide sulfurique et commencer à teindre à tiède pour porter ensuite le bain à l’ébullition.
- Il convient de mettre le colorant dans le bain à plusieurs reprises.
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- 142 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Teinture en noir.
- Pour 10 kil. coton cordonnet.
- Débouillir six heures à l’eau. — Donner ensuite à 70 ou 80° de chaleur 7 lisses en bain de :
- 2 kil. extrait de campêche
- 400 gr. cachou épuré.
- Après les 7 lisses, laisser revenir jusqu’au lendemain en tenant les écheveaux en tas et couverts, éviter les gaz acides.
- Sans rincer et à 25° de chaleur, donner 7 lisses en bain de :
- 200 gr. sulfate de fer
- 200 gr. sulfate de cuivre, et l’eau nécessaire
- Lever, mettre en tas ; une demi-henre après donner 7 lisses à tiède sur :
- 200 gr. bichromate de potasse Eau nécessaire.
- Mettre en tas et une heure après, très bien rincer. Passer ensuite sur le bain de campêche et de cachou auquel on ajoute 300 gr. extrait de bois jaune et donner 7 lisses à 25° C., laisser reposer deux heures et, sans rincer, donner à froid :
- 200 gr. bichromate de potasse.
- Mettre une demi-heure en tas, puis très bien rincer et adoucir avec un bain de savon de Marseille fait avec :
- 200 gr. savon 30 litres d’eau pluie.
- Ou passer A à 5 lisses dans un bain d'huile, fait avec de la soude caustique à 2°, dans laquelle on a fait digérer de l’huile pour que le savon soit bien formé et qu’on a versé dans une eau tiède.
- 2me Noir.
- 1° Donner 7 lisses à 40° c. en sumac, 8 kil. pour 100 kil. de coton.
- Lever, éventer, tordre.
- 2° Brunir 9 lisses en bain clair de couperose calcinée à 3 kil. pour 100 kil. de coton.
- Lever, très-bien laver.
- 3° Teindre à 60° c., jusqu’à hauteur du noir avec 40 à 45 kil. de campêche pour 100 kil.de coton.
- Lever, mettre en tas une heure et rincer ; adoucir au bain d’huile comme précédemment.
- Essorer, battre à la cheville et sécher.
- 3me Noir.
- 1° Faire tremper pendant douze heures, en ayant soin de les piétiner de temps en temps, dans un bain froid d’extrait de châtaignier à 2° ;
- 2° Bien tordre sur le bain, rincer un peu et passer à froid 9 lisses en nitrate de fer à 5°: Bien laver; 3° Teindre à 60° c. avec
- 40 0/0 campêche.
- 10 0/0 bois jaune.
- Monter à hauteur, laver, essorer, adoucir au bain d’huile.
- Noir par l’indigo, le sumac et le campêche.
- Après avoir teint à la cuve d’indigo et avivé, donner 9 lisses sur bain de sumac à 10 0/0. — Rincer et donner 9 lisses sur bain de couperose à 5 0/0. — Laver. — Finir à 60° c. sur bain de campêche jusqu’à hauteur de nuance. — Laver.
- (A suivre).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DU NORD DE LA FRANCE
- (LILLE)
- CONCOURS DE-1879
- Prix et Médailles.
- Dans sa séance publique de décembre 1879, la Société industrielle du nord de la France décernera des récompenses aux auteurs qui, sur le rapport de ses Commissions, auront répondu d’une manière satisfaisante au programme des diverses questions énoncées ci-après.
- Ces récompenses consisteront en médailles d’or, de vermeil, d’argent ou de bronze.
- La Société se réserve d’ajouter des sommes d’argent pour les travaux couronnés qui lui auront paru dignes de cette faveur.
- La' Société se réserve également de récompenser tout progrès industriel réalisé dans la région du Nord et non compris dans son programme.
- Les mémoires présentés au Concours devront être remis au secrétariat-général de la Société, avant le 1er octobre 1879. Mais les appareils sur lesquels des expériences seront nécessaires devront lui être parvenus avant le 30 juin 1879.
- Les mémoires couronnés pourront être publiés par la Société. — Pour les sujets de prix exigeant
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- plus d’une année d’expérimentation la distribution des récompenses sera ajournée.
- Les mémoires présentés restent acquis à la Société et ne peuvent être retirés sans l’autorisation du Conseil d’administration.
- Tous les membres de la Société sont libres de prendre part au Concours, à l’exception seulement de ceux qui font partie, cette année, du Conseil d’administration.
- Les mémoires ne devront pas être signés ; ils seront revêtus d’une épigraphe reproduite sur un pli cacheté, annexé à chaque mémoire, et dans lequel se trouveront, avec une troisième reproduction de l’épigraphe, le nom, la qualité et l’adresse de l’auteur.
- Quand des expériences seront jugées nécessaires, les frais auxquels elles pourront donner lieu seront à la charge de l’auteur de l’appareil à expérimenter-, les Commissions, dont les fonctions sont gratuites, en évalueront le montant, et auront la faculté de faire verser les fonds à l’avance entre les mains du trésorier.
- [Nous extrayons du programme les questions suivantes concernant la teinture et le blanchiment').,
- ARTS CHIMIQUES.
- Blanchiment. — Guide memento du blanchisseur de fils et tissus de lin, de coton ou de laine. — Le travail demandé devrait avoir le caractère d’un guide pratique contemant tous les renseignements techniques de nature à faciliter la mission du chef d’atelier, tels que description des méthodes et appareils employés, produits chimiques, dosages, etc., etc.
- Comparer les procédés de blanchiment, d'azurage et d'apprêt des fils et tissus de lin en France et en Angleterre ; faire la critique raisonnée des différents modes de travail.
- Même question pour les tissus et fils de coton simples et retors.
- Déterminer l’action du blanchiment sur les dif-érentes espèces de lin. On ne sait à quelle cause attribuer les différences de teintes qui existent entre les fils de lin du pays et celles des lins de Russie, traités par les mêmes méthodes de blanchiment -, rechercher quelles sont les raisons qui déterminent de semblables anomalies.
- Moyen économique de préparation de l'ozone et expériences sur l’application de ce produit au blanchiment des textiles.
- Teinture. — Etude chimique sur une ou plusieurs matières colorantes utilisées ou utilisables dans les teintureries du Nord de la France.
- Recherche sur les meilleures méthodes propres à donner plus de solidité aux couleurs dérivées de l'aniline employées en teinture.
- Ce problème, d’une grande importance, ne paraît pas insoluble quand on remarque que déjà, pour le noir d’aniline, on est arrivé à des résultats remarquables.
- Indiquer les moyens à employer pour donner aux fils de lin et de chanvre, avant ou après la teinture, l'éclat que conserve le fil de jute teint.
- Étude comparative des divers procédés et matières colorantes différentes, utilisés pour la teinture des toiles bleues, de lin ou de chanvre, au point de vue du prix de revient, de l’éclat et de la solidité de la couleur, dans les circonstances diverses d’emploi de ces étoffes.
- Une médaille d’une valeur proportionnée aux résultats reconnus par la Société Industrielle, est offerte au teinturier de la région du Nord, qui présentera les plus beaux échantillons de teinture en couleurs dites de fantaisie, réalisés par lui, avec des matières colorantes de son choix, sur fils et tissus de lin et de chanvre, avec indication des prix de façon exigés.
- Huiles. — Etudier les propriétés chimiques et physiques des différentes huiles d’origine végétale, en vue de faciliter l’analyse de leurs mélanges.
- Outremer. — Etude sur la composition chimique de Y outremer et sur les caractères qui différencient les variétés de diverses couleurs, ainsi que sur les causes auxquelles il faut attribuer la décoloration de l’outremer artificiel par l’alun.
- Prix spéciaux fondés par les donations ou autres libéralités.
- DONATION DE M. KUHLMANN
- Des médailles en or, de la valeur de 500 fr. chacune, seront accordées pour les progrès les plus signalés dans la région :
- Une médaille pour le blanchiment ;
- Une médaille pour la teinture ;
- Encouragements pour l’enseignement des sciences appliquées à l’industrie.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNNT LES INDUSTRIES TINCTORILES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- 122,502. 7 février. — CHALAMEL et Ce (Société). — Procédé de teinture de matières filamenteuses.
- 122,506. 7 février. — Booth. —Perfectionnements dans les machines à carder la laine et autres matières filamenteuses.
- Certificats d'addition.
- 122,401. 16 février 1878. — Guion. — Décoloration des matières par la lumière artificielle électrique.
- 120,457. 20 février. — Imbs. — Tissage des étoffes spoulinées, des tapis, etc.
- 113,486. 20 février. — Imbs. — Fabrication d’étoffes imprimées imitant le velours.
- 116,191. 26 février. — Marlière. — Fabrication mécanique de la tapisserie murale et des tissus brodés pour meubles.
- 114,982. 4 mars. — Beltzer, Bernard et GRAN-cher (Société). — Bannetière et son application à tous métiers.
- 121,422 . 44 mars. — Molin. —Foulards soie et coton sans envers, à deux faces, dissimulant la présence du coton sur les deux faces.
- 117,362. 6 mars. — Walch et BARADEL. — Machine à couper les poils des peaux de lapins, moutons et autres.
- 119,509. 15 mars. — Bonnot. — Toiles chromotentures parisiennes.
- A céder d’occasion
- DE LA LOI Dü CONTRASTE SIMULTANÉ des Couleurs
- ET DE SES APPLICATIONS Par CHEVREUL.
- Un volume in-80 de 735 pages et Atlas de 40 planches et 101 figures noires et coloriées, reliés à neuf, en excellant état.
- PRIX : 125 FRANCS
- Cet ouvrage qui a paru en 1839 est actuellement introuvable. —S’adresser à l’Office du Journal.
- A vendre d’occasion.
- 1. — Métier d’apprêt à 3 cylindres en cuivre de 1 m. 20 de longueur et 40 c. dediam.avec bâtis en fer et fonte et mouvement différentiel pour la commande. — Prix : 900 fr.
- 2. — Deux métiers Saint-Quentin, ayant peu servi et pouvant faire de 0 m. 40 à 2 m. de large, avec presses à vis et dents de loup en cuivre, chacun de 14 m. de longueur, pour le prix de 1,000 fr.
- 3. — Deux cents métiers pour apprêts de fleurs, feuillages, à 2 fr. l’un : 400 fr. .
- 4. — Un cylindre ou laminoir pour cylindrer les métiers pour feuillages, avec deux jeux de plaques en zinc : 700 fr.
- 5. — Couleur et produits pour apprêts, fleurs et feuillages : 300 fr.
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tulpin frères).— Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service delà machine.—Longueur de chaque chaîne, 16m65. — Largeur du travail : 0^85 à lm5O.—Production : 100 à 120m à l’heure. — Prix : 3,500 fr.
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- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23* Année, No 13. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juillet 1879.
- SOMMAIRE
- Avis. — Chronique. —Note sur une nouvelle matière colorante violette par M. Prud’homme. — La question du noir d’aniline : Découverte d’un nouveau procédé de noir inverdissable, par notre abonné. — Sur l’emplo du tannin dans la teinture en rouge turc (nouvelle méthode) par le Dr Muller-Jacob.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. SGHULTZ (suite). (2 échantillons). — Préparation et mordançage des laines et lainages avant teinture par les couleur d’aniline.
- — Teinture des cotons et fils en écheveaux (suite). — Bleu d’aniline résistant au foulon sur laine.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Blanchiment des plumes d’autruches. — Mémoire sur l'épaillage par M. René Leblanc (suite). — Perfectionnement dans les chaudières pour le blanchiment et la cuisson des fils et tissus par M. W BRAGEWELL. — Annonces.
- AV I S
- Nous prions nos lecteurs dont l’abonnement est expiré au 1er juillet et qui ne voudraient pas être considérés comme ayant renouvelé leur abonnement pour un an, de nous aviser par lettre ou de refuser le présent numéro du journal.
- Nous ferons présenter la quittance de fr. 15,50 dans le courant du mois d’août aux personnes qui auront continué à recevoir le journal, et qui n’auraient pas versé au bureau de poste de leur localité le montant de cet abonnement.
- L’administration du journal prend à sa charge le droit de 3 0/0 prélevé par la poste pour ce service.
- CHRONIQUE
- Nous lisons dans la causerie industrielle des Tissus (I) d’Elbeuf, n° du 15 juin :
- « Il s’opère un retour vers les nuances gaies ; naturellement les teintes claires sont privilégiées, notamment les gris-bleu, gris-mastic, gris-perle, gris-olive, etc., s’étendant dans une gamme de tons variés.
- » Dans les coutils, les nuances les plus recommandées sont : le blanc, le gris-osier, le nankin.
- » Pour les lainages, les nuances seront très-étendues ; les assortiments composés hardiment offriront un choix complet. Les manufacturiers de haute nouveauté qui soigneront ce point comme il est nécessaire sont assurés d’en recueillir des avan-
- (1) Voir aux annonces.
- tages satisfaisants ; on veut de la nuance, il faut en produire, mais fraîche, charmante, réussie.
- » Dans les tissus, nous remarquons que les dispositions d’un certain développement tiennent toujours leur place au milieu des unis ou autres petits dessins. Parmi ceux-ci, nous signalerons comme ayant la préférence, les petites rayures simples, façonnées, verticales ou diagonales et à peine nuancées.
- » Il se fait, en laine de cachemire, des étoffes qui sont fort bien accueillies par le haut commerce et dont l’écoulement facile donne satisfaction à l’élégante fashion féminine et masculine qui en fait un charmant usage.
- » Ces étoffes peu pesantes, sont d’un toucher extrêmement doux et soyeux, conséquence naturelle des matières premières employées. Pour la plupart elles sont ourdies d’une nuance et tramées entièrement d’une autre -, la croisure forme diagonale, la chaîne est en fil clair et la trame est formée en mélanges variés de fantaisie ainsi qu’en noir, bleu, bronze, etc.
- » Les conditions particulières de fabrication sont : dégraissage parfait, feutrage léger 3 aucun apprêt avec le chardon. Elles obtiennent leur vrai cachet de distinction par un soin spécial apporté dans le lustrage qu’il faut appliquer sans les durcir ; il faut que ces draps acquièrent un peu de lustre tout en conservant beaucoup de souplesse et de moelleux. »
- Suivent des conseils excellents comme sait en donner le journal les Tissus pour la fabrication de ces étoffes, la diminution du prix de revient, deux échantillons types de la force du lainage et de l’esprit du nuançage, etc., etc;
- Nos lecteurs apprendront avec plaisir que nous sommes maintenant à même de recevoir des abon-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nements aux Echantillons de haute nouveauté
- française et anglaise.
- Voici un aperçu du tarif :
- Un an.
- Draperie pour paletots et pantalons 250 » Coutils pour pantalons avec quelques draperies, printemps seulement.....- 150 »
- Gilets en laine mélangée de soie et de velours........................... 400 »
- Robes fantaisie, laine et soie. 300 »
- Châles et Confections................ 600 »
- Impressions pour robes ou meubles (françaises et anglaises).........- 400 »
- Soieries pour Robes et cravates (mélangées) 600 »
- Cotonnades tissées pour robes et chemises..................-...... 220 »
- Nous regrettons de ne pouvoir -encore fournir
- aux teinturiers des albums de nuançages sur laine, coton, soie, qui leur permettraient de bien fixer le choix de leurs clientes sans confusion possible sur la nuance à livrer, mais nous espérons pouvoir leur annoncer un jour cette bonne nouvelle.
- Nous avons à signaler deux nouveaux colorants; 1° un bleu direct dit : bleu indien, fabriqué en nuances rougeâtre, bleuâtre et verdâtre, dont nous donnerons les échantillons avec mode d’emploi dans notre prochain numéro; 2° un jaune dit : jaune citron, dont nous donnerons également prochainement un échantillon et le mode d’emploi. Ces deux colorants sont appelés à rendre de grands services aux teinturiers ; ils sont fabriqués par la maison J. Ruch et fils, de Paris.
- P. B.
- NOTE
- SUR UNE NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE VIOLETTE
- Par M. Prud’homme
- Lue à la séance du 12 février 1879 de la Société industrielle de Mulhouse
- I
- La matière colorante livrée depuis peu à la consommation par la maison Bœyer, d'Elberfeld, sous le nom de violet solide ou violet d’anthracène, présente dès l’abord de telles analogies avec la gal-léine, qu’on est tout naturellement conduit à faire
- une étude comparative des principales propriétés de ces deux corps.
- Le violet d’anthracène (nous conserverons ce nom jusqu’à plus ample informé) se présente sous forme de pâte d’un brun violacé, comme la gal-léine ou le bleu d’alizarine.
- Les solutions, dans les alcalis ou autres dissolvants, des deux matières colorantes que nous comparons, offrent des nuances presque identiques.
- La réduction par la soude et la poudre de zinc donne pour l’une comme pour l’autre, une solution jaune-brun. Le liquide décanté, traité par un acide puis par la soude, prend la même coloration rouge-brunâtre.
- La réduction en liqueur acide présente des phases de coloration analogues.
- La toile mordancée type, à l’alumine et au fer, se teint en nuances peu différentes. Les rouges obtenus avec l’alumine possèdent un ton plus violacé dans le cas du violet d’anthracène que dans celui de la galléine. Sous l’influence de la lumière, cette différence tend à s’atténuer par suite d’une rétrogradation, avec perte de bleu, vers le rouge de la galléine.
- Un savonnage bouillant décolore les mordants de fer et d’alumine teints avec la galléine ; dans les mêmes conditions, le violet d’anthracène résiste bien et s’avive.
- Cette propriété à elle seule pourrait servir à différencier les deux corps.
- Les mordants, teints avec l’une ou l’autre des deux matières colorantes, ne sont affectés que passagèrement par les acides sulfurique et chlorhydrique étendus -, les couleurs reviennent aux alcalis.
- Avec l’acide azotique elles sont irrévocablement détruites.
- La dégradation des teintes sous l’action d’une solution d’hypochlorite de chaux se fait de la même manière et dans le même temps ; finalement les couleurs disparaissent.
- L’eau de chaux bouillante fait virer dans les deux cas toutes les nuances au violet très bleu.
- En étudiant les mordants les mieux appropriés à la fixation du violet d’anthracène par voie de vaporisage, on constate aisément que l’acétate de chrome donnent les meilleurs résultats, surtout en présence de bisulfite de soude.
- M. Horace Kœchlin avait déjà établi ces conditions pour la galléine et la céruléine.
- Les violets vapeur obtenus avec la galléine ou le
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- violet d’anthracène résistent bien au savon bouillant.
- Dans certaines conditions particulières le violet d’anthracène, fixé à l’acétate de chrome, peut donner naissance à du bleu. Il suffît d’imprimer sur le tissu préparé en huile pour rouge turc une couleur renfermant, outre l'acétate de chrôme, du chlorure de calcium, telle que celle-ci :
- Couleur.
- 1 kilog. épaississant;
- 200 grammes violet d’anthracène; 4/16 litre acétate de chrôme à 10° Baumé ; 1/8 » chlorure de calcium à 15° Baumé ; 1/8 » bisulfite de soude à 20° Baumé. . Epaississant.
- 3 litres eau ;
- 250 grammes amidon Diane ;
- 500 » amidon grillé clair ;
- 150 » huile d’olive ;
- On vaporise 1 heure et demie, lave et savonne une demi-heure à 50°-60° centigrades.
- Sur tissu non préparé cette recette donne un beau violet.
- Une couleur à la galléine, appliquée dans les mêmes conditions, conduit aux mêmes résultats. La nuance bleue est, il est vrai, moins pure et plus violacée que celle du violet d’anthracène-, mais, néanmoins, la différence des nuances bleue et violette obtenues sur tissu préparé et tissu non préparé est tout aussi tranchée, au moins aussi frappante.
- M. Ch. Kopp, ayant bien voulu se charger d’examiner au spectroscope les deux matières colorantes, est arrivé aux conclusions suivantes : les deux spectres sont identiques, si on les rapporte à des dilutions et des poids quelque peu différents, ou, en d’autres termes l’un n’est que la dilatation de l’autre. Les deux corps doivent donc appartenir à la même famille.
- Une considération d’un autre ordre vient s’ajouter à cet ensemble de preuves. Le violet d’anthracène possède de un pouvoir colorant considérable : le produit à 5 p. c. de matière sèche donne des violets aussi intenses que l’alizarine à 10 p. c.
- La galléine est douée de la même propriété, que l’on est en droit, jusqu’à un certain point, de considérer comme spécifique de la famille colorante.
- Nous pouvons donc admettre, avec une probabilité assez grande, que le violet d’anthracène a des
- rapports intimes avec la galléine, dont il n’est vraisemblablement qu’un dérivé par substitution.
- Nous ajouterons qu’il ne renferme pas d’azote.
- Si nous nous sommes étendu si longuement sur les caractères communs des deux matières colorantes, c’est qu’une des propriétés les plus importantes de la galléine, celle de se transformer en ceruléine sous l’action de l’acide sulfurique, fait complètement défaut au violet d’anthracène et semble perdue sans retour. Cette particularité curieuse, si l’hypothèse que nous avons émise est juste, permettrait probablement d’élucider la constitution encore obscure de la ceruléine.
- On pourrait résumer ainsi les caractères qui distinguent le violet d’anthracène de la galléine :
- 1° Non-transformation en ceruléine ;
- 2 Résistance des mordants de fer et d’alumine teints au savon bouillants ;
- 3° Solidité plus grande à la lumière.
- (A suivre.)
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE (I)
- Monsieur le Directeur du Moniteur de la Teinture,
- Je vous disais par ma dernière lettre, page 137 et 138, que le mélange de sel d’aniline, de chlorate et de chromate de potasse n’était pas pratique parce qu’il se décomposait en si peu de temps qu’il n’est même pas possible de faire un essai d’impression.
- Comme ce mélange, ainsi que je vous l’ai dit, donne un très-beau noir, parfaitement inverdissa-ble et pouvant se vaporiser sans attaquer le tissu, j’ai beaucoup réfléchi et ai cherché s’il ne serait pas possible de rendre pratique une réaction aussi importante.
- (1) M. GRAVITZ ne nous ayant adressé aucune réponse à la dernière lettre de notre abonné, nous regardons la discussion comme terminée entre eux.
- Nous sommes heureux toutefois que cette discussion ait amené la solution pratique de la question, et, ce qui est plus curieux, que cette solution ait été trouvée par celui qui la niait.
- L’industrie de l’impression va donc s’enrichir d’un nouveau noir, obtenu sans l'intervention d'aucun métal et inver-dissable.
- Nous n’en félicitons pas moins M. Grawitz d’avoir soutenu la possibilité théorique de la production de ce nouveau noir, et encore plus notre abonné d’en avoir trouvé l’application pratique. Nous félicitons et nous remercions d’autant plus notre abonné qu’en publiant sa découverte, il en a fait généreusement profiter l’industrie et le public.
- P.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- L’idée m’est venue de foularder le tissu dans une dissolution de chromate de potasse et d’imprimer sur ce tissu séché différents mélanges de sel d'ani-line avec du chlorate de potasse et autres, donnant des couleurs qui ne sont pas susceptibles de se décomposer. J’ai obtenu par cette méthode un beau noir inverdissable.
- Mais le tissu foulardé au chromate de potasse ne pourra servir que pour les impressions à une couleur parce que les couleurs vapeur alizarine et autres ne supporteraient pas la présence du chromate de potasse, à moins qu’on ne change leur composition, ce qui serait bien long et présenterait bien des difficultés.
- Mais en imprimant sur le tissu ainsi préparé au chromate de potasse, des sels de plomb épaissis, on pourrait obtenir l’article orange et noir d’aniline qui a eu très longtemps beaucoup de succès.
- On pourrait aussi associer au noir d’aniline ainsi obtenu, d’autres couleurs qui se fixent par le chromate de potasse. Le praticien seul, dont le jugement éclairé par la science et par une longue expérience, est capable de voir quel parti il peut tirer d’un nouveau procédé ou d’une nouvelle matière colorante; lorsqu’il est habile il cherchera • autant que possible à utiliser tous les moyens de coloration et toutes les couleurs, sans cependant dépasser les limites qui lui sont indiquées par la nature particulière de chaque colorant.
- Ainsi, pour combattre le pouvoir réducteur de la laine, on a proposé et breveté pour sa teinture en noir d’aniline bien des procédés qui consistent à préparer les fibres ou tissus avec des oxydants tels que l'hypochlorite de chaux, le bichromate de potasse, les sels de cvivre, etc., mais vouloir oxyder la laine, c’est la dénaturer ; aussi tous les noirs d’aniline qu’on a obtenus jusqu’à présent sur la laine ne sont autre chose qu’un précipité poudreux sans adhérence aux fibres et lui enlevant son toucher moelleux qui est sa propriété la plus précieuse.
- Le noir d’aniline se fixe mieux et plus facilement sur la soie, mais lui fait perdre son brillant et lui donne le toucher et l’aspect du coton. Comme il y a plus de profit, ainsi que cela se fait pour les apprêts, de donner l’aspect de la soie au coton (la création des articles satin coton le prouve), on a renoncé à teindre la soie avec le noir des alca-. loïdes.
- D’ailleurs pourquoi emploierait-on le noir d’aniline pour la draperie de Sedan et d’Elbeuf et la
- soierie de Lyon, le campêche ne laisse rien à désirer sous le rapport du prix, de la solidité, du brillant des noirs et de la facilité d’exécution.
- Chaque matière colorante a ses propriétés particulières et ne peut être remplacée par un autre colorant; on pourra bien trouver un succédané pour certains usages mais les résultats qu’on obtiendra présenteront toujours plus ou moins de différences, ainsi à l’exception de l’alizarine artificielle aucun des dérivés du goudron de houille n’a pu être substitué aux anciennes couleurs.
- L’indigo, l’orseille, le campêche, la cochenille, le cachou, les dérivés du chrome, les couleurs minérales et encore bien d’autres matières colorantes qu’on cherche à remplacer par les dérivés du goudron de houille, se portent très bien, ont conservé leur prix et leur bonne réputation de solidité et n’ont pas été remplacées par aucune couleur d’aniline ; ce n’est que depuis peu de temps que les fabricants de couleurs nouvelles produisent des matières colorantes plus stables comme les bleus méthylène, le vert méthyle, les nouveaux jaunes d’aniline.... qui sont déjà devenues d’une très grande utilité pour la teinture et l’impression.
- A propos de la solidité des couleurs d’aniline, je lis dans le dernier numéro du Moniteur de la Teinture, page 143, que la Société industrielle de Lille offre un prix pour des recherches sur les meilleures méthodes propres à donner plus de solidité aux couleurs dérivées de l’aniline, employées en teinture.
- La Société de Lille observe que ce problème, d’une grande importance, ne paraît pas insoluble quand on remarque que déjà, pour le noir d’aniline, on est arrivé à des résultats remarquables.
- La Société industrielle de Mulhouse a offert pendant plusieurs années un prix pour rendre le bleu de Prusse solide.
- Rendre la fuschine, la safranine, la coralline, l’éosine, le bleu de Prusse, etc., solides, est une utopie, car il n’est pas possible de changer les propriétés des corps sans les transformer; ainsi lorsqu’on a rendu le noir d’aniline inverdissable, on a , changé une seule de ses propriétés et on a produit une nouvelle matière colorante autre que le noir verdissable.
- Le bleu de Prusse résistant à l’action du savon n’est plus du bleu de Prusse. ,
- A mon avis les sociétés industrielles, à l’instar de celle de Rouen, seraient plus pratiques en of-
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- frant des prix pour de nouvelles matières colorantes solides.
- Mais un prix qui n’est pas facile à obtenir, c'est la médaille d'or que la Société industrielle de Rouen offre pour une matière colorante bleue solide, susceptible des mêmes applications et d’un prix moins élevé que l’indigo.
- Les innombrables applications de l’indigo pour l’impression, sans compter celles de la teinture, indiquées par M. Schultz dans le Moniteur de la Teinture, prouvent que cette question, si jamais elle est résolue, ne le sera, comme pour l’alizarine artificielle, que par les efforts scientifiques et pratiques de plusieurs générations de chimistes et de fabricants.
- Le noir d’aniline découvert en 1860 par M. Light-foot n’est devenu pratique que par les travaux et les sacrifices d’un grand nombre de fabricants, il a fallu une armée de chimistes pour arriver à la perfection actuelle ; malgré cela et quoique inaltérable et inverdissable, il n’est pas encore beaucoup employé en teinture ; pour bien des usages on lui préfère le noir au campêche et il en sera ainsi encore bien des années.
- Les imprimeurs qui, en général, sont plus disposés à introduire les innovations que les teinturiers, ont tiré un immense parti du noir des alcaloïdes, quoiqu’ils ne soient parvenus à le rendre tout à fait solide que dans ces dernières années.
- Le premier noir d’aniline inverdissable fut celui de M. Cordillot, qui prit en avril 1864, sous le n° 60896, un brevet pour son procédé au ferricya-nure d’ammonium et ce n’est qu’en 1876 que M. Jeanmaire publia son procédé d’oxydation au moyen du sulfate ferrique acide.
- Un troisième procédé de noir inverdissable vient de naître, c’est le résultat de notre discussion sur la génération du noir sans l’intervention d’aucun sel métallique ; je ne pense pas, Monsieur le Directeur, que j’aurais eu cette idée, si vous n’aviez pas eu l’obligeance d’ouvrir les colonnes de votre journal à mes réclamations.
- Je suis heureux que les praticiens qui ont bien voulu suivre notre discussion n’aient pas perdu leur temps, car ils pourront tirer un parti avantageux de mon travail, je n’ai pas besoin de leur indiquer les nombreuses applications que le nouveau noir inverdissable comporte, ils les trouveront eux-mêmes.
- Dans tous les cas, ce procédé n’est pas plus compliqué que celui de M. Jeanmaire et pourra
- pour certains usages être employé avec beaucoup plus de sécurité.
- Pour rendre le noir inverdissable sous l’influence du sulfate ferrique acide, il faut passer les pièces pendant une demi-heure dans cet oxydant à une température au-dessus de 80° C. et lorsque le noir et les autres couleurs ne sont pas bien saturées et combinées avec le coton (ce qui arrive assez souvent) le passage au sulfate ferrique acide dégrade le noir'et les autres couleurs, de plus il n’est pas possible, par ce procédé d’oxydation, d’associer au noir des couleurs délicates qui ne supportent pas facilement l’action des acides à une température élevée.
- Mais je m’aperçois, Monsieur le Directeur, que ma lettre deviendrait trop longue pour être reproduite en une seule fois par votre journal, car parmi vos nombreux abonnés vous avez aussi des teinturiers pour lesquels cette question d’impression est moins intéressante -, si vous voulez bien continuer à me donner une petite place dans les colonnes de votre journal, je continuerai à vous entretenir de cette question de noir d’aniline.
- Après avoir fait d’autres essais du nouveau noir inverdissable afin de trouver les dosages et les mélanges les plus avantageux du foulardage au chro-mate de potasse, je verrai bien s’il n’est pas possible de généraliser l’application de cette méthode, en associant le noir à d’autres couleurs; la chose est trop nouvelle et pas assez étudiée pour me permettre de me prononcer là-dessus dès à présent.
- Agréez, Monsieur, l’expression de ma parfaite considération.
- Votre abonné.
- SUR L’EMPLOI DU TANNIN dans la teinture en rouge-turc, d’après la nouvelle méthode
- Par le Dr A. Muller-Jacobs.
- Les fils et tissus traités par le mordant huileux (1) après avoir été séchés à la chambre chaude, se trouvent dans des conditions toutes différentes de celles où les laissait l’ancienne méthode de l’huile tournante.
- Les fibres n’ont qu’une faible action pour précipiter les solutions neutres d’alumine, de l’alumine hydratée, et de plus, le fixage de la matière colorante
- (1) Procédé du Dr A. Müller-Jacobs (nous donnerons le libellé du brevet allemand dans un prochain numéro).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- semble être tout autre puisque la couleur obtenue manque de lustre et de feu (conditions essentielles du rouge-turc) et que les fibres restent dures et raides.
- Les modifications différentes de l’alumine hydratée comme sa capacité à pénétrer plus ou moins les fibres permettent d’indiquer le remède. Veut-on obtenir un rouge aussi vif que par l’ancienne méthode? Il faut chercher à faire subir à l’alumine la même modification dans la fibre et lui faire pénétrer cette fibre en même proportion que par l’ancien procédé. On obtient ce résultat en ajoutant aux bains de mordant huileux, certains sels qui effectuent une sorte de précipitation physique de l’huile dans les fibres végétales (?)
- Toute la teinture et principalement la teinture en rouge-turc est basée sur la dialyse (?) et l’huilage ou le mordançage n’a pas d’autre but que de transformer la fibre végétale en dialyseur, le meilleur possible. Le parchemin, le coton mercerisé (1), sont des dyaliseurs ; ils ont la propriété de se teindre sans autre mordant avec les colorants qui n’exigent pas de base.
- Les fils ou tissus de coton huilés d’après l’ancien procédé servent de dialyseur des solutions d’alumine. En même temps que s’opère la dissociation des sels d’alumine, l’alumine hydratée se combine avec l’acide oléique fixé. Il faut donc observer dans ce procédé l’affinité chimique de l’huile fixée pour les sels aluminiques et la forme de la précipitation de l’alumine hydratée dans la fibre.
- C’est le coton mercérisé qui effectue une disso-dation ! des solutions aluminiques; mercérisé et huilé, selon la nouvelle méthode, il agit encore d’une manière plus parfaite.
- La combinaison chimique de l’alizarine avec les mordants, ne se fait qu’à une température élevée, quand tout le colorant est déjà absorbé et que le bain de teinture est devenu limpide. Plus le bain de teinture est dialysé facilement par le coton mor-dancé (ce qui a lieu à une température basse), c’est-à-dire, plus le colorant se fixe facilement à une température basse, plus le rouge est beau, ce qui est connu de tous les praticiens. L’addition de craie (sels de chaux), de sels aluminiques, etc., en quantités minima, modifie déjà essentiellement le bain de teinture liquide à dialyser, et par suite, ces proportions moindres ont une influence consi-
- (1) On nomme coton mercerisé le coton traité à la soude caustique à 40’.
- dérable sur la couleur à obtenir. En ajoutant, par exemple au bain de teinture, 130 gr., de craie pour 50 kil. de coton, le colorant se fixe plus vite, la dialyse est accélérée, tandis qu’au contraire, l’addition de mordant huileux, d’alcalis ou d’acides même dans les proportions minima, retarde la dialyse, ou la supprime, ou en gâte le résultat, même si le coton a été bien traité en premier lieu. De là(?) la grande influence de l’eau dans la teinture rouge-turc sur le bon résultat à obtenir et la nécessité absolue d’accommoder le procédé de mordançage, ainsi que les bains de teinture à sa qualité. (1)
- Un des. meilleurs moyens pour éviter les inconvénients ci-dessus, réside dans l’emploi du tannin ou des matières contenant du tannin, dans la teinture rouge-turc.
- Pour le nouveau procédé rapide, on ne devra employer que du tannin chimiquement pur (exempt de colorant et de résine). Ce tannin ajouté au bain de mordançage permet au coton de fixer l’alumine hydratée dans une forme parfaitement bonne pour la production de couleurs vives. Ajouté au bain de teinture, il supprime les inconvénients ayant rapport à la dialyse et rend possible l’addition de certaines substances (mordant huileux) ce qui rend l’absorption de l’alizarine plus lente et produit une plus grande égalité de la couleur.
- Si on fixe de grandes quantités d’alumine par l’opération du mordançage, on obtient un rouge vif jaunâtre fixé à la surface delà fibre qui reste blanche à l’intérieur et la couleur résiste à un fort savonnage. On évite cet inconvénient en ajoutant, outre le mordant huileux, du tannin au bain de teinture ce qui prolonge la dialyse et permet au colorant de se déposer à l’intérieur de la fibre. Sans tannin on obtient un rouge pâle sans solidité. Si on ajoutait de la craie, sans tannin et sans mordant huileux, le rouge serait détruit par l’avivage et la fibre deviendrait blanche par le plus faible lavage.
- Il faut chercher les meilleures proportions de tannin à employer ; un excès donnerait des teintes brunâtres, quoique très solides; une trop faible quantité fixe le. rouge à la surface de la fibre et rend la teinture sans solidité.
- (Traduit de l’édition, en français, du journal de Teinture de M. REIMANN).
- (1) Le Dr Müller-Jacobs dans sa brochure sur l’emploi de son mordant, disait : La qualité de l’eau employée n’a pas d’influence marquée sur ce procédé de teinture. Voir page 222, année 1877 du journal.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES
- Par Alex. Schultz.
- — Sztite (1). —
- Rongeants enlevages.
- Ainsi que les réserves, les rongeants ou enlevages, détruisent tantôt les mordants seuls, tantôt les mordants mêlés aux matières colorantes, avec la différence qu’on imprime les réserves sur les tissus blancs, tandis qu’on imprime les enlevages sur la toile mordancée et même colorée par une teinture résistant aux acides ainsi que cela se fait pour l’indigo.
- On imprime aussi les enlevages sur des tissus mordancés par des huilages répétés et des passages en tannin et sels d’alumine, puis teints en alizarine, garance ou garan-cine et soumis à des savonnages et avivages très-énergiques à haute pression dans des chaudières closes où on- les laisse bouillir pendant plusieurs heures à une pression de 1/2 atmosphère, résistant par ce mordançage puissant aux acides et au chlore, ainsi que cela se fait pour le rouge Turc.
- Quand on imprime les rongeants sur les pièces simplement mordancées, on se sert généralement d’un acide ou d’un mélange de plusieurs acides pour s’emparer du mordant qui devient ainsi impuissant à se combiner avec la fibre et on obtiendra des dessins blancs, tandis que le reste de la pièce sera coloré suivant le mordant et la teinture qu’on aura employé.
- Quand on imprime l’enlevage sur des tissus teints, la manière de procéder devient plus compliquée, il faut alors, comme on dit en fabrique ronger, le colorant combiné et fixé sur l’étoffe.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n°s 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, et 12 année 1879.
- Erratum. — Page 126, lr« colonne, ligne 30, au lieu de sulfate de zinc, lire : sulfate de plomb. — Même page, 2e colonne, ligne 40, au lieu de : on fait entrer dans la vapeur, lire : on fait entrer delà vapeur.
- Page 139, 2° colonne, ligne 26, au lieu de 20° B., lire : 4° B.
- Page 140, 2* colonne, ligne 44, au lieu de : sulfate de cuivre, lire : sulfate de fer.
- On arrive à ce résultat par deux procédés bien ingénieux, l’un découvert par M. Daniel Koechlin, en 1808, dont il fit voir les premières pièces à l’Exposition de 1810, sert spécialement pour le rouge d'Andrino-pie et consiste à imprimer de l’acide tartri-que sur le tissu, qu’on passe ensuite en cuve décolorante.
- Ce genre de fabrication est encore exploité aujourd’hui par un grand nombre de manufactures qui ne font pas autre chose.
- L’autre procédé, inventé par M. Thompson, s’emploie pour l’indigo et consiste à tirer parti de l’action oxygénante de l’acide chromique, en imprimant sur les tissus fou-lardés en bichromate de potasse, de l’acide oxalique.
- Ou bien, en employant la méthode intervertie, on imprime du bichromate de potasse et on passe les pièces dans un mélange d’acide sulfurique et d’acide oxalique.
- Dans les deux cas, l’acide chromique transforme l’indigo en isatine incolore et soluble dans l’eau.
- Dans ces derniers temps, on s’est beaucoup servi de ferricyanure de potassium pour enlever le bleu cuvé ; on foularde la pièce dans une dissolution de ferricyanure de potassium dont la concentration dépend de l’intensité du bleu, je crois que des dissolutions de 7 à 8° B. sont suffisantes pour les gros bleus. En intervertissant cette méthode, l’enlevage blanc sera moins coûteux.
- h
- Es
- Rongeant blanc pour deuil
- Deuil. — Blanc réservé dans la gravure
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Pour ronger un blanc, on imprime de la soude caustique.
- L’aluminate de soude alcalin, pour la fixation de l’alumine et la teinture en aliza-rine, produira l’enlevage rouge.
- Les rongeants au cyanure rouge ont été introduits en même temps que les enlevages rouges au vermillon et ces nouvelles couleurs brillantes, produites par le chôme sur les fonds cuvés et par le sel d’étain sur les fonds bistres, donnant une apparence nouvelle et plus distinguée à l’indienne, ont obtenu le succès dû à leur mérite.
- Cette belle fabrication s’est très-vite répandue dans tous les pays du monde sans atteindre à l’étranger le cachet distingué de l’original.
- L’inventeur de l’enlevage rouge-vermil-lon, M. Camille Koechlin, avait trouvé la couleur du feu, dont il m’avait parlé en Suisse en 1872.
- Il va sans dire que la production des en-levages sur les fonds bleus, doit conduire à obtenir le même rongeant blanc sur des fonds verts, pour cela il suffit d’ajouter de l’acétate d’alumine au bichromate de potasse servant à foularderles pièces.
- En imprimant sur les pièces l’enlevage à l’acide oxalique, ce dernier rongera l’alumine et produira, en décomposant le bichromate de potasse, dont les pièces sont imprégnées, de l’acide chromique qui détruira l’indigo.
- Comme pour les réserves, la composition des rongeants dépend de la nature de la substance à enlever et les agents et proportions à employer varient suivant la force des mordants et l’intensité des matières colorantes fixées. Il faudra par conséquent des cou-‘ leurs plus faibles pour produire la destruction des violets huilés ou savonnés teints en fleur ou alizarine que pour ronger les fonds rouge turc.
- Je me contenterai d’indiquer les procédés enlevages, les plus généralement employés, le cadre du Moniteur de la Teinture ne me
- permettant pas de m’étendre longuement sur ce sujet qui a donné naissance au genre rouge turc imprimé, dont la vivacité, l’éclat et la solidité surpassent tous les autres genres.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- PRÉPARATION ET MORDANÇAGE
- DES LAINES ET LAINAGES avant teinture par les couleurs d’aniline
- Désoufrage. — Les laines soufrées doivent être désoufrées dans une eau de son, sans quoi le soufre fait violacer la fuschine et donne aux bleus et violets des teintes grises et ternes.
- Dégraissage. — Les laines doivent être dégraissées très-complètement, de façon à les neutraliser et à leur donner ainsi une affinité naturelle pour le colorant. Les laines en pièces peuvent être dégraissées au sulfate de soude, et les laines en flotte au carbonate de soude, additionné d’un peu de savon. Les laver ensuite parfaitement pour dégager tous les corps gras, si le dégraissage a été bien fait. On peut aussi, si les laines sont très-grasses, ajouter au bain de teinture un peu de tartre rouge ou blanc.
- La teinture se fait alors en forçant un peu le ton; on lave en donnant un léger soufrage ; une partie de la couieur se dégage, mais la teinture qui reste est fort solide et il n’est pas besoin d’autre chose pour les mérinos et les lainages qui ne sont pas fortement foulés.
- Ce procédé suffit également pour toute teinture de laine en fuschine.
- Draps foulés. — Pour les tissus faits de laines teintes en rames et foulées après teinture, on n’a encore trouvé aucun procédé pour en assurer radicalement la solidité. La difficulté n’existe que pour les violets et les bleus, car la fuschine résiste très-bien au foulage.
- Mordançages. — Quant aux laines de toute nature et tissus foulés avant teinture et teints en pièces, draps, velours, flanelles et laines en flotte; il faut les mordancer par le procédé suivant, pour éviter le dégorgeage et le salissage.
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- Tissus serrés : Draps, velours, etc, — Dissoudre dans l’eau bouillante, pour une pièce, 20 kil.
- Sulfate d’alumine épuré. . . 4 kil.
- Acide sulfurique.................... 2 500
- Sel d’étain......................... 0 250
- Si ce sont des étoffes légères, flanelles, etc., employer :
- Sulfate d’alumine épuré. ... 2 kil.
- Acide sulfurique......................2 —
- Sel d’étain...........................150 gr.
- Pour les laines en flotte, supprimer le sel d’étain.
- Les pièces sont passées sur le mordant presque à l’ébullition, suivant la nature du tissu, 15 ou 30 minutes et même 45, si elles sont foulées très-fort, puis on les abat sur un chevalet pour les laisser refroidir.
- Le bain de mordançage est ensuite refroidi jusqu’à 55 ou 60° c. pour servir aussi de bain de teinture comme il sera dit prochainement.
- Ce mordançage ne s’applique qu’aux violets et aux bleus et non à la fuschine qui se fixe sans mor-dant.
- A suivre.
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ÉCHEVEAU X
- Par M. de Vinant
- — Suite (1) —
- Mordant à l’albumine.
- 50 gram. par litre d’eau.
- Y passer les cotons, très bien tordre à la cheville et sécher.
- Passer ensuite à l’eau bouillante pour fixer l’albumine et teindre ensuite avec les couleurs d’aniline.
- Mordant à l'huile.
- 1 kil. huile d’olive.
- 1 » acide sulfurique à 66°.
- Mélanger en agitant et en versant peu à peu l’acide sulfurique dans l’huile, puis laisser reposer trois jours. Après ce temps, laver le mélange, en trois fois, avec 100 litres de chlorure de chaux à 2° B. Après chaque lavage, laisser en repos un jour ou deux et décanter l’eau claire, ajouter à la masse huileuse : 20 litres d’eau pure, agiter avec soin.
- (1) Voir le n° 1? du Moniteur de la Teinture, page 141.
- Donner 5 lisses aux cotons, tordre à la cheville, donner de nouveau 5 lisses, tordre à la cheville et sécher à l’air.
- Rincer après séchage. On peut teindre ensuite à toutes couleurs en bains très-peu garnis. On regarnit plusieurs fois pour hauteur de nuance.
- Bain de chaux caustique.
- 100 litres d’eau environ.
- 3 kilog. chaux hydratée.
- Après dissolution de la chaux, passer au tamis afin d’en séparer les incuits et autres impuretés et ajouter 750 gr. carbonate de soude, dissous préalablement dans 3 litres d’eau. Mélanger très bien.
- Bain bouillant de chaux.
- 100 seaux d’eau.
- 2 kil. 500 chaux hydratée.
- » 200 bichromate de potasse.
- Employer le bain clair.
- A suivre.
- BLEU D’ANILINE
- RÉSISTANT AU FOULON SUR LAINES
- Pour 25 kilos.
- Former un bain avec :
- 2 kil. 500 sulfate d’alumine.
- 2 — » sulfate de fer
- » — 750 tartre.
- » — 500 bichlorure d’étain.
- Ajouter au bain la dissolution d’environ 90 gr. de bleu d’aniline, élever au bouillon, entrer, bouillir trois quarts d’heure, retourner et laisser encore un quart d’heure.
- Lever — égoutter — rincer.
- INDUSTRIELLE
- BLANCHIMENT DES PLUMES D’AUTRUCHE DITES PLUMES PLOMBÉES par MM. Kiol et Duflot.
- {Brevet)
- Les plumes d’autruche, dites plumes plombées, sont déplombées sans altération aucune et blanchies par l’action de l’acide permanganique et des
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- permanganates additionnés ou non de sulfate de magnésie.
- Le déplombage ou blanchiment desdites plumes peut également s’effectuer sans altération par l’action du bioxyde de baryum dissous et en suspension dans l’eau, soit ce bioxyde soit employé à l’état anhydre, soit employé à l’état hydraté, soit même qu’il soit précipité au sein de la liqueur, et cela en présence ou sans la présence de l’ammoniaque ou de tout autre alcali.
- On peut également substituer au bioxyde de baryum tout autre bioxyde alcalin ou alcalino-ter-reux, en le faisant agir dans les mêmes conditions. Il en est de même lorsqu’on substitue au lieu et place des bioxydes une solution d’eau oxygénée rendue faiblement alcaline par l’addition d’ammoniaque ou de tout autre substance alcaline.
- Pour déplomber [les plumes d’autruche, au moyen des réactifs ci-dessus indiqués, on opère comme suit :
- 1° On prépare une dissolution de permanganate de potasse contenant environ 4 à 5 grammes de ce sel au litre et dans cette solution, additionnée ou non de la même quantité de sulfate de magnésie, on plonge les plumes à blanchir en faisant varier le temps d’immersion suivant la température du bain, mais en ne dépassant pas 60 degrés centigrades. Quand les plumes se sont entièrement chargées de péroxyde de manganèse, on les retire du bain et on les lave, on enlève alors la pellicule de peroxyde de manganèse, dont les plumes sont recouvertes, en les plongeant dans une dissolution à 1/2° B. d’acide sulfureux. On peut substituer à l’acide sulfureux soit une dissolution étendue d’acide arsénieux ou de chlorure d’étain, dans l’acide chlorhydrique, soit une dissolution d’acide azoto-sulfurique, soit enfin une dissolution d’eau oxygénée acide. Puis on lave la plume à grande eau, et si elle n’est pas suffisamment blanchie on recommence l’opération, mais généralement il suffit de la sécher avec les précautions ordinaires.
- 2° On plonge les plumes à blanchir dans un bain d’eau maintenue à 30 degrés environ et contenant 10 grammes de bioxyde de baryum réduit en poudre fine par litre. Les plumes restent dans ce bain en moyenne 48 heures, à leur sortie elles sont lavées et passées dans une eau légèrement acidulée par l’acide chlorhydrique, puis lavées et séchées.
- 3° Enfin, à une solution d’eau oxygénée renfermant environ le quart de son volume d’oxygène, on ajoute une quantité d’ammoniaque suffisante pour
- la rendre légèrement alcaline au papier de tournesol, on sépare par le filtre la petite quantité de fer et d’alumine qui a pu se précipiter si l’eau oxygénée n’était pas pure et on plonge dans ce bain les plumes plombées.
- Quand le blanchiment est opéré, c’est-à-dire après un temps variant de 6 heures à 24 heures, suivant les plumes, on les lave et les sèche.
- MÉMOIRE SUR L'ÉPAILLAGE
- Présenté à la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- — Suite —
- 1° Epaillage par les acides dilués (Voie humide)
- Les opérations successives sont habituellement les suivantes : dégraissage de la laine, immersion dans un bain acide, séchage à l’étuve, battage, désacidage et rinçage.
- Avant d’être mise en contact avec un acide la laine doit être préalablement dégraissée. Si le dégraissage préalable n’a pas été complet, la laine est attaquée par les acides. Il suffit pour s’en convaincre, de traiter deux échantillons de laine ou de tissu dégraissé, l’un complètement, l’autre incomplètement, par le bain acide ; d’essorer et de sécher en élevant progressivement la température.
- L’examen microscopique démontrera que la laine mal dégraissée est attaquée à 50 ou 60 degrés, tandis qu’à 110,la laine complètement dégraissée .a conservé son aspect.
- A la même température, la première est devenue lisse comme du coton, les aspérités ou écailles qui sont propres à la constitution de la fibre lainière ont disparu. La composition de la fibre a été aussi altérée, la teinture ne prend plus que difficilement, quelquefois même il est impossible d’obtenir une teinture régulière.
- Un certificat d’addition, pris par M. Frezon au brevet Delamotte et Faille (18 février 1867), semble indiquer le contraire de ce que posons en fait.
- Il est dit que les bains préservateurs, indiqués dans le brevet principal, ne sont pas nécessaires; le suint dans la laine brute, et l’huile d’ensimage dans la laine manufacturée, suffisent à préserver la laine de l’action de l’acide.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Dans une note lue l’an dernier, à la Société industrielle d’Elbeuf, par MM. Pion, Pinchon et Lefebvre, il est rendu compte de nombreuses expériences, faites de différentes manières, démontrant que l’acide sulfurique agit sur une laine mal dégraissée.
- Voici en quels termes les auteurs concluent : « Les laines mal dégraissées, épaillées même à une basse température, présentent toutes ce caractère commun que les petites dents de scie formant l’extrémité des anneaux qui composent le tube de laine ont complètement disparu. Le fil est devenu entièrement lisse, ou, quand il présente une irrégularité, c’est une granulation ou bosse ronde, et non plus un crochet ou une aspérité.
- Chacun sait que la laine doit précisément à ces anneaux et aux petits crochets qui en sont la conséquence la propriété de se souder au feutrage -, par conséquent, dès lors que le tube est devenu lisse par suite d’une opération antérieure, il n’y a plus de foulage possible. »
- La laine doit donc être complètement dégraissée.
- La laine brute est chargée de suint, substance encore mal définie, formée de potasse, de matières organiques jouant le rôle d’acide, et de corps gras. Lorsqu’on lave la laine a grande eau, les combinaisons potassiques se dissolvent, mais le corps gras reste. Ce corps gras ne peut se dissoudre que dans une lessive alcaline, dangereuse pour la laine; mais il émulsionne dans le savon, le carbonate de soude ou encore dans la partie du suint soluble dans l’eau.
- Si l’on veutbien dégraisser la laine brute, il y aura donc avantage à faire passer une grande quantité de laine dans une quantité relativement faible d’eau -, en d’autres termes il ne faudra pas laver à grande eau. L’élévation de la température des bains de dégraissage facilite beaucoup l’opération.
- On emploie habituellement un appareil à déplacement, formé par trois ou quatre compartiments placés en gradins ; le compartiment (le quatrième) reçoit l’eau claire ; la laine entre par le compartiment inférieur, qui a reçu du second de l’eau déjà chargée de suint. De cette manière, la laine entre d’abord dans une eau riche en composés de potasse, la matière grasse s’émulsionne et est entraînée en presque totalité. Le reste se perd dans la seconde cuve ; dans la troisième et surtout dans la quatrième, la laine est rincée.
- Lorsque l’eau de la première cuve est trop concentrée, on la fait écouler, et on la remplace par
- l’eau de la seconde ; celle-ci reçoit l’eau de la troisième et ainsi de suite. La quatrième, qui est la plus élevée, est ensuite remplie par de l’eau claire. Le chauffage de ces cuves se fait ordinairement à la vapeur.
- La laine manufacturée contient des corps gras provenant surtout de l’huile employée pour l’ensimage ; on la dégraisse au savon et au carbonate de soude. L’opération est des plus simples et ne présente aucune difficulté, si l’eau est chargée de sels calcaires, comme cela a lieu pour l’eau de tous les puits de Reims. Le savon est décomposé par la chaux de l’eau ; son acide gras se combine à la chaux et donne un savon calcaire insoluble, très poisseux, dont une partie, faible, il est vrai, s’attache aux fibres du tissu ; il est bien difficile de le faire disparaître ensuite. Le corps gras que l’on voulait enlever est resté et il y a de fixé en plus une partie du corps gras du savon.
- Pour essayer d’éviter l’inconvénient que nous signalons, et sans y parvenir dans la plupart des cas, on double, on triple la dose de savon, tout en y ajoutant du carbonate de soude. Dans ces conditions, la plus grande partie de savon est employée à corriger l’eau.
- La quantité de chaux contenue dans les eaux de Reims varie de 100 à 250 grammes par mètre cube. On trouve en outre de la magnésie dans des propor-tions allant de 30 à 50 grammes.
- (4 suivre).
- PERFECTIONNEMENT
- dans les chaudières pour le blanchiment et la cuisson des fils et tisssus
- Par W. Bracewell
- (Extrait du Textile Manufacturer)
- Parmi les nombreuses opérations que comporte le système adopté actuellement pour le blanchiment des tissus et des fils, la cuisson qui se pratique dans des chaudières fermées au moyen de vapeur à haute ou à basse pression n’est pas la moins importante. Pour que cette cuisson ait lieu le plus rapidement et de la manière la plus simple possible, il faut que le liquide en ébullition soit maintenu dans un état de circulation très-active.
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- Dans une méthode connue depuis un certain temps, la circulation est obtenue à l’aide d’un in-jecteur placé en dehors de la chaudière et qui aspire le liquide dans le fond de l’appareil, pour le déverser immédiatement à la partie supérieure.
- Un autre procédé, dont l’emploi tend à préva-loir et dû à M. Barlow, consiste à juxtaposer deux chaudières, de la partie supérieure de chacune desquelles part un tube conduisant dans le fond de l’autre. Ces tubes sont munis de robinets qui permettent d’établir ou d’intercepter à volonté la communication entre les' chaudières. Supposons que l’une des chaudières que nous désignerons par le n° 1, soit remplie de liquide qu’on veut faire circuler : pour atteindre ce but, on fermera le tube allant du sommet du n° 1 au fond du n° 2 et on ou vrira le tube allant du fond du n° 1 au sommet du n° 2 ; en même temps, on fera arriver de la vapeur dans la partie supérieure du n° 1. Cette vapeur chassera le liquide du n° 1 dans le no 2 et le fera tomber sur les fils ou les tissus empilés dans celui-ci. Après un certain temps, la chaudière no 2 sera remplie du liquide contenu antérieurement dans le n° 1. On intervertit alors la communication entre les deux chaudières et on fait arriver la vapeur dans le n° 2 ; on continue de Ja sorte pendant toute la durée de la cuisson.
- Cette méthode offre certains avantages, surtout au point de vue de la rapidité relativement à l’ancien système de blanchiment dans des cuves ouvertes, mais il présente encore des inconvénients sérieux. D’abord, le temps nécessaire pour remplir une chaudière du contenu de l’autre est beaucoup plus considérable qu’on ne pourrait le supposer ; il s’élève souvent à une demi-heure, pour des chaudières de dimensions ordinaires et avec un tuyau de vapeur de 0m, 07 5. Cela provient de ce que, quelques instants après qu’on a fait agir la vapeur, la pression devient à peu près la même dans les deux chaudières; il en résulte évidemment que la vitesse d’écoulement est moindre qu’au commencement de l’opération.
- En second lieu, pendant que le liquide passe d’une chaudière à l’autre, les couches supérieures des tissus ou des fils sont exposées durant un temps assez long à l’action de la vapeur sèche, qui peut altérer leurs qualités. En outre, quand on traite des étoffes de coton et qu’on doit les passer à la chaux pour enlever le brevet, les couches supérieures jouent le rôle d’un filtre dans la chaudière qui est vide, et retiennent la chaux contenue dans le li-
- quide tombant sur elles ; lorsque cette chaudière se vide la chaux reste à l’état sec et en présence de la vapeur à haute pression sur le tissu, qu’elle ne peut manquer d’endommager. Enfin, cette méthode donne généralement lieu à une violente ébullition, qui dérange la disposition du tissu dans la chaudière.
- (A suivre.)
- A céder d’occasion
- DE LA LOI DU CONTRASTE SIMULTANÉ des Couleurs
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 14. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juillet 1879.
- SOMMAIRE
- Des noirs sur soie par M. Makius MOYRET (suite). — Note sur une nouvelle matière colorante violette par M.
- Prud’homme. — La question du noir d’aniline : Lettre de notre abonné.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleus indiens directs (3 échantillons sur soie). — Impression des tissus : Bon’ géants et enlevages par Alex. Schultz (suite). — Teinture des laines et lainages (suite). — Teinture de la paille.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Mémoire sur l’épaillage par M. René Leblanc (suite). — Perfectionnement dans les chaudières pour le blanchiment et la cuisson des fils et tissus par M. W. BRACEWELL (fin). — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- DES NOIRS SUR SOIE
- Extrait de l’ouvrage de M. Marius MOYRET, chimiste
- — Suite —
- Emploi des violets d’aniline.
- Partant de ce principe, que dans la teinture des noirs fins, le bois d’Inde agit en couvrant les couleurs verdâtres résultant des opérations préliminaires, par les tons bleus violettés qu’il prend en se combinant avec les divers mordants métalliques fixés sur la soie, l’on est arrivé à employer les violets d’aniline de qualités inférieures avec quelque succès pour remplacer les teintures au campêche ; mais, disons-le tout de suite, entre les mains d’un teinturier habile, rien ne vaut la teinture au bois d’Inde. Les violets d’aniline, en effet, apportent bien leur ton, mais ce ton n’est pas susceptible de la moindre variation tandis que le bois d’Inde donne des tons variables selon les températures, les quantités de savon employées, etc. Le teinturier pourra donc toujours saisir un instant où la nuance sera arrivée au degré le plus convenable, ce qui n’a pas lieu avec les produits d’aniline.
- Pour employer les violets d’aniline, il faut toujours en employer une quantité plus considérable que celle nécessaire -, les soies sortent avec une couleur plaquée marron cuivré.
- Pour obtenir, ensuite, un ton convenable, on lise les soies sortant du violet d’aniline sur un bain de savon gras et froid. L’excès de la couleur fixée tombe dans le bain, il en reste assez sur la fibre pour lui donner le ton voulu, joint à l’unisson.
- Lustrage des noirs fins
- Cette opération est comme le complément d’une bonne teinture en noirs fins ; elle vient donner aux soies un lustre, un brillant considérable, et en même temps, en égalisant les bains, un aspect des plus flatteurs pour être rendues au fabricant. Le lustrage s’exécute à l’aide d’un appareil des plus simples dit lustreuse, dont il y a deux variétés, les lusireuses à froid et les lustreuses à chaud. Les lustreuses à froid sont construites identiquement comme les lustreuses à chaud, sauf une question de détail, le chauffage ; d’ailleurs aujourd’hui, toutes les lustreuses dans les ateliers pouvant disposer de la vapeur, c’est-à-dire presque tous sont à chaud, pouvant à volonté faire fonction de lus-treuse à froid ou de lustreuse à chaud.
- En résumé, une lustreuse se compose essentiellement de deux cylindres en acier poli, parallèles et tournant horizontalement dans le même sens ; ces deux cylindres dont l’un est fixe et l’autre mobile sont susceptibles d’écartement en maintenant leur parallèlisme. Ce résultat s’obtient à l’aide d’un mécanisme manœuvré à bras d’homme qui éloigne ou rapproche à volonté le cylindre mobile du cylindre fixe. Les cylindres sont d’abord rapprochés afin de permettre à l’ouvrier lustreur d'éta-1er dessus un ou deux mateaux de soie, c’est-à-dire de manière à ce qu’ils couvrent les cylindres et que les diverses flottes de soie des mateaux soient placées d’une manière parallèle ; puis à l’aide du mécanisme, les cylindres sont écartés autant que possible de manière à rendre les soies tirantes, comme dans l’opération de l’étirage sur la cuite. Les soies bien développées et tendues, le cylindre fixé par son organisation est soumis à un mouvement de rotation, soit à bras d’homme, soit,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et c’est le cas général, à l’aide d’une transmission par courroie d’une machine à vapeur.
- Sous cette influence, les soies entraînées par la rotation de ce cylindre et de plus tendues, prennent peu à peu un grand brillant ; les brins qui tendaient à friser dans le matteau s’égalisent. Dans le lustrage à froid, l’opération s’exécute comme nous venons de le décrire ; mais dans le lustrage à chaud, il est nécessaire de faire intervenir la vapeur d’eau. Pour obtenir ce résultat, les cylindres lustreurs sont contenus dans une caisse en tôle dont la moitié se relève à volonté pour permettre de mettre ou de retirer les soies, celles-ci mises sur les cylindres, la partie supérieure est abattue pour fermer la lustreuse et pendant que les cylindres tournent on ouvre un échappement de vapeur. Dane ces conditions, les soies prennent un grand brillant ; la nuance, sous l’influence de cette chaleur humide, monte également, et un bon ouvrier lustreur est souvent indispensable. En effet, si une nuance n’est pas assez montée, on peut la terminer au lustrage, de même quelquefois il convient de faire durer, pour la même raison, le lustrage aussi peu que possible ; cette opération ne prend jamais plus de quelques minutes.
- Noirs sur soie sauvage.
- La teinture des soies sauvages en couleurs claires et rabattues offrent d’assez grandes difficultés qui s’augmentent encore pour les teindre en noir, et il est presque impossible d’y faire un noir proprement dit. De plus, ces soies sont à peu près rebelles aux opérations de la charge ; les rouils n’y prennent pour ainsi dire pas ; on peut dire quelles se rapprochent, pour le teinturier, du coton et des autres fibres textiles végétales qui ne se chargent pas.
- Dans leur préparation, ces soies doivent avoir subi l’action de quelque astringent qui leur a laissé le ton gris jaunâtre qu’elles possèdent et en même temps a profondément modifié leurs propriétés. Il est cependant un fait à noter digne de remarque, c’est que les noirs par passages successifs dans un astringent et sur le pied de fer n’y donnent pas de meilleur résultat que les autres, ce qui contredirait ce que nous avançons.
- Nous avons eu souvent l’accasion de faire des noirs sur soie Tussah, et nous avons obtenu les meilleurs résultats en opérant comme suit :
- 1° Cuire à la soude caustique, comme pour les blancs et couleurs.
- 2° Donner un rouil ou deux fixés à la soude caustique.
- 3° Bleuter avec un bain faible de prussiate de potasse.
- 4° Engaller sur un bain faible de châtaignier.
- 5° Passage au pied de fer.
- Répéter ces deux dernières opérations, non pour donner du poids, mais pour donner du fonds.
- 60 Donner un avivage avec 6 0/0 d’huile d’olive. Le teinturier peut d’ailleurs, à volonté, varier les méthodes données pour les noirs fins sur cette soie ; mais la nuance, belle sur la barque, est toujours grise et ecorchée après la dessication. Ces soies servent surtout pour faire des effets de trame dans les tissus où la chaîne joue le principal rôle 'et conviennent alors aussi bien que les cotons glacés ou non.
- Cotons noirs glacés
- Pour terminer le chapitre des noirs sur soie fine, il nous reste à dire quelques mots des cotons noirs glacés qui ont pris une assez grande vogue pour remplacer la trame soie, dans les tissus velours, satins, etc. Comme pour les cotons glacés, vus dans les blancs et les couleurs, on emploie des cotons filés aussi régulièrement que possible que l’on cuit d’abord soigneusement à l’eau bouillante, et qui sont ensuite teints en noirs fins en les passant successivement :
- 1° Sur un rouil faible fixé au carbonate de soude ;
- 2° Sur un bleutage au prussiate, pour lequel on peut employer de vieux bains de prussiate ayant servi pour la soie ;
- 3° Sur un alunage faible ;
- 4° Sur un bain de bois d’Inde ;
- 5° Sur un bain de bichromate de potasse pour finir et tourner au noir la matière colorante du campêche.
- Les noirs ainsi faits sur coton, par leurs tons bleutés, sont les plus aptes à entrer dans les combinaisons avec la soie teinte en noir.
- Le lustrage s’opère comme pour les couleurs, c’est-à-dire en soumettant les cotons par petites flottes étalées et tendues sur deux cylindres animés d’un mouvement lent de rotation dans le même sens à l’action de brosses métalliques après avoir été humectées avec un empois de fécule ou d’amidon où l’on a délayé à chaud du blanc de baleine, de la paraffine, de l’acide stéarique, etc., en un mot, des matières grasses ou cireuses de bonne qualité. Les cotons glacés reçoivent un assez beau
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- brillant, qui sans égaler celui de la soie, permet cependant de mieux dissimuler le mélange.
- (A suivre}.
- NOTE
- SUR UNE NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE VIOLETTE
- Par M. Prud’homme
- Lue à la séance du 12 février 1879 de la Société industrielle de Mulhouse
- — Suite —
- II
- Les nuances fondamentales que donne le violet dit d'anthracène avec les différents oxydes métalliques sont les suivantes : Alumine : rouge violacé.
- Chaux : violet-rouge.
- Chrôme : violet ou bleu suivant les conditions.
- Cuivre : violet-rouge.
- Etain : rouge analogue à celui que donne l'aliza-fine avec les mordants de chrôme.
- Fer : violet.
- Manganèse : violet.
- Nickel : violet terne.
- Plomb : violet bleu.
- Zinc : violet-rouge.
- Quel que soit le mordant employé, les nuances sont plus bleues sur tissu préparé en huile pour rouge turc ; l’addition de bisulfite de soude à la couleur les fait gagner en vivacité.
- Tout comme pour le bleu d’alizarine, les mordants qui donnent les meilleurs résultats, sont l’acétate de chrôme et le ferrocyanure de potasse ou d’ammoniaque employés à faibles doses.
- Ce mordant de fer donne des nuances plus foncées mais moins vives que l’acétate de chrome.
- On constate un résultat assez cuiieux, en impri-mant une couleur composée de la manière suivante :
- 1 kilogramme épaississant ;
- 200 grammes violet d’anthracène ;
- 1/16 litre prussiate rouge à 10° Baumé.
- 1/16 » chlorure de calcium à 15° Baumé.
- Au sortir du vaporisage la nuance est grise, terne, et la matière colorante comme détruite.
- Vient-on à laver et à savonner, la nuance repasse rapidement au violet. Cette transformation momentanée était due à l’action oxydante du mélange de Prussiate rouge et de chlorure de calcium, qui, au surplus, est capable de détruire l’indigo. Puisque
- la nuance violette reparaît après le lavage et le savonnage, il faudrait admettre une oxydation passagère de la matière colorante, analogue à l’hydrogénation instable bien connue d’une foule de matières colorantes en présence des réducteurs.
- Si à la couleur précédente on ajoute du bisulfite de soude, qui transforme le ferricyanure en ferrocyanure, cet effet de virage ne se produit plus et la couleur sort violette du vaporisage.
- La couleur bleue que nous avons mentionnée précédemment présente quelques particularités assez remarquables pour faire le sujet d’une étude spéciale.
- Elle est caractérisée, comme on l’a vu, par son application sur tissu préparé en huile pour rouge turc et par l’emploi simultané de mordants de chrome et de calcium. L’acétate de chaux ne saurait remplacer le chlorure pour l’obtention du bleu, il ne donne que du violet.
- Je rapprocherai cette observation de celle qu’a faite M. A. Dupry à propos du bleu d’alizarine.
- En combinant deux à deux l’acétate et le chlorure de chrome avec l’acétate et le chlorure de calcium dans des proportions suffisamment variées, on arrive aux résultats suivants :
- Acétate de chrome et acétate de calcium, violet.
- Acétate de chrôme et chlorure de calcium, bleu.
- Chlorure de chrome et acétate de calcium, violet-bleu.
- Chlorure de chrôme et chlorure de calcium, bleu.
- Ils prouvent, d’une manière évidente, ce que nous avons avancé. La quatrième couleur qui ne renferme que des chlorures et qui se fixe sans trop affaiblir le tissu, est à remarquer.
- Enfin, le nitrate de calcium agit comme le chlorure, sans toutefois donner des nuances aussi vives.
- On est donc amené à conclure que dans certaines conditions, et en présence de certaines matières colorantes, l’acétate de chaux est moins apte à former des laques sur tissu que d’autres sels de calcium.
- Les chlorures de barium et de magnésium ne donnent pas de bleu.
- La couleur bleue, obtenue d’après notre recette, ne résiste malheureusement pas à l’action du savonnage bouillant prolongé.
- Ce n’est pas quelle provienne d’un effet d’un simple virage. La laque oléo-calcaire se dissout petit à petit à cette température, et finalement il ne reste plus sur le tissu que de la laque violette de l’oxyde de chrome et de la matière colorante. Cet
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- 160 LE MONITEUR DE
- inconvénient est singulièrement atténué si l’on emploie une préparation huilée très-forte et si l’on fait usage pour la couleur d’un acétate de chrome bien pur. Nous avons constaté une grande supériorité sur l’acétate de chrome par double décomposition, à celui qu’on prépare en réduisant l’acide chromique par l’alcool, enprésenced’acide acétique.
- Le bleu obtenu dans ces conditions résiste assez bien au chlore et au prussiate rouge de potasse alcalinisé, qui le pâlit en le verdissant.
- L’acide chromique le détruit rapidement.
- Comme résistance à la lumière, il semble supérieur au bleu d’alizarine et pourrait donc trouver une application utile dans la fabrication des meubles à la planche.
- Les nuances violettes obtenues avec le violet dit anthracène sont presque identiques avec celles que fournit la galléine. Sans être d’une solidité incontestable, elles résistent beaucoup mieux que ces dernières, à l’action de la lumière. Comme elles sont plus vives que les violets d’alizarine, la nouvelle matière colorante pourrait, soit seule, soit en mélange avec cette dernière, rendre des services.
- Enfin on peut l’associer avec l’alizarine pour la teinture des mordants de fer en violet, dans la proportion de une partie à trois parties d’alizarine. La teinture doit se faire en évitant les sels de chaux. L’emploi d’huile pour rouge turc ne semble pas particulièrement avantageuse.
- (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse).
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE (*)
- Paris, le 10 juillet 1879.
- Monsieur le Directeur du Moniteur de la Teinture,
- Dès la naissance du noir d’aniline par foulardages chromiques (1), voyant que les applications de cette
- (*) La lettre suivante était à l’impression lorsque nous avons reçu d'un de nos abonnés de Mulhouse une lettre accompagnée d’un échantillon d’impression sur coton (tissu chromaté). Le procédé a été appliqué il y a environ un an et demi, avec de bons résultats dans la maison Wiehelm, Frey et 0e, à Mulhouse. En comparant cet échantillon avec les échantillons nouveaux que nous venons de recevoir, nous trouvons que le blanc (écueil du procédé) laisse un peu à désirer. Il est encore d’autres points sur lesquels nous allons demander à notre abonné de Mulhouse quelques renseignements et nous en instruirons nos lecteurs.
- P. B.
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture, page 137, année 1879.
- LA TEINTURE
- -----------------------------------------------------------------------------=39 nouvelle méthode devaient nécessairement exiger de nombreuses recherches auxquelles il ne me serait pas possible de suffire, j’ai pensé que pour arriver sûrement et plus vite, une collaboration intelligente me serait indispensable et j’ai communiqué le 16 mai dernier à un chimiste de mes amis, qui dirige une maison d’impression en Angleterre, mes essais de la nouvelle méthode de noir inver-dissable par le foulardage du tissu blanc au chromate de potasse et autres mélanges.
- Ce chimiste qui a la passion des recherches qu’il fait, ainsi que vous pourrez en juger vous-même, avec un talent tout particulier, a également compris que cette question importante pour l’impression et la teinture du coton, ne pourrait recevoir une solution satisfaisante que par le concours des travaux de plusieurs chercheurs et s’est mis de suite à l’œuvre, déjà nous avons obtenu quelques résultats.
- Voici du reste la copie textuelle de deux lettres qu’il a bien voulu m’adresser à ce sujet. Je vous en remets les originaux afin que vous puissiez les lire et connaître avec exactitude la source de mes renseignements, ainsi que cela doit être en cas de contestation.
- Je vous dois cela à l’égard de la position où je me suis mis vis-à-vis de mon contradicteur, position que vous avez bien voulu définir, je le reconnais, avec l’impartialité la plus absolue, tellement absolue que vous avez bien voulu accepter le langage vif (1) de l’auteur de la note à l’Académie des sciences (2), ce qui m’a empêché, malgré vos conseils, de me Lire connaître.
- PREMIÈRE LETTRE.
- X..., le 29 mai 1879.
- Avant de faire les essais de placage du tissu blanc au chromate de potasse et autres mélanges que vous m’indiquez par votre lettre du 16 courant, j’ai vu la note au sujet du noir d’aniline ; il n’est pas possible de mettre du chromate de potasse dans la couleur du noir d’aniline même lorsqu’elle est alcaline ; en employant une couleur trop alcaline, on n’obtient pas de noir.
- Ci-inclus je vous envoie un échantillon fait d’après les proportions que vous m’avez indiquées, soit :
- (1) Voir la lettre de M. Grawitz, page 124, année 1879.
- (2) Voir le Moniteur de la Teinture, page 90 et 114, année 1879.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 161
- 150 gr. sel d’aniline;
- 1/2 litre empois d’amidon ;
- 25 gr. chlorate de potasse.
- D’un autre côté :
- 50 gr. chromate neutre;
- 25 gr. chlorate de potasse ;
- 1/2 litre empois d’amidon.
- Le mélange des deux parties de la couleur ayant été fait dans mon laboratoire, la couleur s’est décomposée en quelques minutes en la portant au rouleau qui était prêt à l’employer de suite.
- J’ai alors recommencé l’essai et ai fait, le mélange au rouleau et imprimé directement sans perdre une minute.
- De cette manière je suis arrivé à faire un échantillon mais pas plus.
- Le noir se développe très vite en séchant et on peut vaporiser ce mélange, il n’attaque nullement le tissu (1).
- Je n’ai pu obtenir un résultat par teinture, vu que le bain composé de cette manière se décompose trop vite, même plus vite que la couleur avec l’amidon et dès qu’on trempe le tissu dans ce bain concentré, ou un peu moins concentré, le tissu absorbe l’eau tellement vite qu’il se forme des cristaux de chlorate de potasse et de chromate.
- Mais en prenant les mêmes bains étendus auxquels j’ai ajouté de l’acide muriatique, je suis arrivé à teindre facilement en noir bronzé verdissa-ble qui devient inverdissable par un passage bouillant en sulfate ferrique acide et noir par le savon.
- Par la teinture dans les mélanges de sel d’aniline acide et de bichromate de potasse, on obtient absolument le même noir bronzé verdissable et en ajoutant au bain de teinture des sels ferriques, cuivriques, vanadiques ou certains autres sels métalliques au maximum d’oxydation, on n’obtient pas de noir inverdissable par la teinture à froid, et en chauffant ces mélanges, le noir se précipite dans le bain de teinture.
- On n’est pas encore arrivé à teindre directement en noir inverdissable, il faut pour l’obtenir faire subir au noir après teinture un passage oxydant bouillant; le traitement par le sulfate ferrique acide est ce qu’il y a de plus économique et donne les meilleurs résultats.
- (1) Les échantillons inverdissables se trouvent dans les bureaux du Moniteur de la Teinture, ils sont à la disposition de ceux que cela intéresse.
- P. B,
- Jusqu’à présent le noir inverdissable par foular-dage chromique est le premier noir d’application non vaporisé qu’on aura obtenu directement par la simple oxydation à l’air (de même que pour les noirs ferrugineux par vaporisage) sans être obligé de passer les pièces par un bain oxydant bouillant, passage qui présente bien des inconvénients et donne des irrégularités qu’il est difficile d’éviter dans les fabriques anglaises où presque toutes les opérations, ainsi que vous le savez, se font d’une manière continue, ce qui ne permet pas de prolonger les passages et de choisir les parties de pièces qui demandent un traitement particulier moins énergique.
- Je pense que par le choix des placages chro-miques qui avant tout ne devront pas nuire au blanc et par la composition des noirs à imprimer et celle des autres couleurs associées au noir, nous arrive-verons à trouver bien des applications à notre système que je commencerai à employer en grand pour les articles à une couleur ; je les ai fait jusqu’à présent par économie avec des noirs plus ou moins verdissables, il s’en fait des masses.
- I Les placages chromiques qui, je le crois, agiront régulièrement, conviendront mieux pour notre fabrication, qui se fait le plus souvent avec de grandes quantités de pièces et auront l’avantage, ainsi que vous le voyez par mon premier essai, de donner un noir tout à fait solide ne verdissant pas.
- Agréez, etc.
- Ainsi que nous venons de le voir, il est incontestable que des dissolutions épaissies ou non épaissies de sels d’aniline, de chromate et de chlorate de potasse employées dans les proportions indiquées par la lettre du chimiste, se décomposeront en quelques minutes.
- Les dissolutions de même concentration de sel d’aniline acide et de chromate de potasse (sans chlorate) se décomposeront également en très-peu de temps, mais en prenant :
- 100 parties eau;
- 1 partie sel d’aniline;
- 1 partie chromate de potasse neutre, on n’obtiendra pas de précipité, le mélange se conservera ; ce n’est que lorsqu’on l’aura rendu acide que le précipité noir se formera peu à peu.
- Le mélange se décomposera beaucoup plus vite en le chauffant, même à l’état neutre.
- La réaction décomposante des mélanges de chromate de potasse et de sel d’aniline en a empêché jusqu’à présent l’emploi en impression et c’est au
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- contraire sur cette réaction convenablement réglée que sont basés tous les procédés de teinture, en formant peu à peu le précipité noir sur les fibres du coton ; on obtient ainsi par teinture un noir ver-dissable et machinant, mais par le nouveau procédé de foulardage chromique, la réaction obtenue avec les mêmes sels en dissolution beaucoup plus concentrée, a lieu instantanément, le noir est beaucoup plus adhérent, inverdissable et ne machine pas; l’action en employant les sels en impression est donc autre que l’action des mêmes sels en dissolution étendue, ainsi que cela se fait pour la teinture en noir d’aniline (1).
- Mais je m’aperçois que ma lettre devient longue et comme je ne veux pas abuser de la place que vous me réservez dans votre estimable journal, je vous communiquerai la seconde et intéressante lettre de mon ami pour votre prochain numéro, elle sera accompagnée d’échantillons qui représenteront les résultats des essais que nous sommes occupés à faire en impression et en teinture.
- Si un autre de vos lecteurs voulait comme nous s’occuper de la question si importante du noir d’aniline inverdissable direct soit par des essais qu’il vous communiquerait, soit par des observations et même des critiques, nous acceptons tout sans aucune arrière pensée d’exploitation, ce serait des recherches mises à la disposition de tout le monde, nous ferions alors ce que font les savants pour l’avancement des sciences et ce que font aussi dans le même but les Sociétés industrielles.
- Votre abonné.
- (1) MM. Harvey Rac et Cie, 146, Saint-Vincent Street, à Glasgow, fabriquent et vendent aux teinturiers écossais et anglais les produits servant à teindre en noir d’aniline inverdissable direct, le colon teint avec ce noir peut être tissé avec la soie, la laine et autres matières textiles.
- Ce noir directement oxydé au maximum, c’est-à-dire à l’état inverdissable, supporte le blanchiment au chlore et les teintures les plus acides après le lissage, il remplace avec économie le noir au campêche sur coton dans tous ses nombreux emplois.
- Les teinturiers en s’adressant à la maison de Glasgow recevront les produits servant à la teinture du noir d’aniline et une instruction pour leur emploi sans faire pour cela d’autres dépenses que le prix des drogues.
- Il est à ma connaissance que plusieurs teinturiers écossais très-importants se servent avec succès du noir direct de Glasgow, je crois que cela vaul la peine d’être essayé, d’autant plus que les frais de transport sont insignifiants.
- :
- PROCÉDÉS
- BLEUS INDIENS DIRECTS NOUVEAUX COLORANTS
- De MM. J. Ruch et Fils.
- Ces nouveaux bleus obtenus par des procédés tout à fait spéciaux et qui viennent d’être introduits tout récemment dans le commerce, diffèrent complètement des bleus d’aniline actuellement connus.
- En effet, ces bleus sont les seuls qui teignent directement la laine sans aucun mordant.
- Cette propriété permet de les mélanger avec les produits suivants de la même maison :
- Rubis (Fuschines), pour obtenir des rouges bleutés ou des violets.
- Violets de Méthyle, pour des violets très-bleus.
- Phosphine, Brun Bismarck, pour des nuances modes.
- Les trois marques qui sont actuellement dans le commerce, sont :
- R. rougeâtre. — B. bleuâtre. — J. Verdâtre.
- 1. Bleu indien, marque R.
- 2. Bleu indien, marque B.
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- 3. Bleu indien, marque J.
- EMPLOI
- Dissolution.—Dissoudre dans 100 à 200 parties d’eau bouillante, filtrer.
- Teinture de la soie. — Teinture sur bain légèrement acidulé à l’acide acétique.
- Teinture de la laine. — Teindre directement au bouillon, sans mordant.
- Teinture du coton. — Mordancer légèrement au sumac ou au tannin.
- Ces bleus indiens directs conviennent également très-bien pour la coloration des pâtes dans la fabrication des papiers, et à l’azurage des pâtes à papier et des étoffes.
- IMPRESSION DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES
- Par Alex. Schultz. , &i
- — Suite (1). —
- ENLEVAGES SUR ROUGE TURC
- Blanc.
- 0.500 kil. amidon blanc, délayé dans : 1/2 litre eau froide.
- On verse peu à peu sur amidon blanc, ainsi délayé, la dissolution bouillante de 2 kil. acide tartrique dans 1 litre 1/2 eau.
- Jaune.
- 16 kil. acide tartrique.
- 12 litres eau.
- Verser bouillant sur :
- 6 kil. amidon blanc délayé avec :
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n°s 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 13 année 1879.
- 4 litres eau, puis ajouter :
- 8 kil. nitrate de plomb pulvérisé.
- Vert.
- 0 k. 150 dissolution de bleu.
- Ajouter peu à peu :
- 1 litre. Enlevage jaune ci-dessus.
- Il est nécessaire de bien broyer cette couleur.
- Bleu.
- 10 litres eau.
- 2 kil. 1/2 amidon blanc.
- 6 kil. 300 acide tartrique.
- 0 kil. 750 acide oxalique.
- 3 kil. dissolution de bleu.
- Noir.
- 8 litres eau.
- 2 litres eau de gomme sénégal.
- 2 kil. 1/2 prussiate de potasse jaune.
- 3 kil. 1/2 amidon blanc.
- 3 kil. dissolution de bleu.
- Dissolution de bleu pour les enlevages ci-dessus
- 1 kil. bleu de Prusse en pâte.
- 1 litre d’eau.
- Les enlevages blanc, jaune, vert, bleu et noir ci-dessus s’impriment au rouleau.
- Après l’impression, on passe au large dans la cuve décolorante à roulettes, à une température de 20° c., dans une dissolution de chlorure de chaux de 6 à 10 B; les pièces y restent environ 2 1[2 minutes.
- Au sortir de la cuve décolorante, les pièces passent par une petite cuve contenant de l’eau froide, on lave à la clapoteuse et on passe en acide chlorhydrique à I[2° B, on lave et on expose sur pré jusqu’à ce que les couleurs soient assez pures, on passe au chlorure de chaux à I[4° B à une température de 25 à 30° c. Laver.
- Lorsque les pièces sont imprimées avec l’enlevage jaune de chrome au vert de chrome, après les avoir passées par la cuve décolorante et lavées, on passe, à une température de 30 c., en une dissolution de bichromate de potasse à raison de 100 à 200
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- grammes de chromate par pièce de 100 mètres.
- On fabrique ainsi un grand nombre d’articles différents pour l’exportation en variant les enlevages et imprimant, à la planche, les couleurs d’application suivantes, après le passage en cuve décolorante.
- Jaune d’application.
- 8 litres graines de Perse à 4°; y ajouter :
- I kil. gomme adragante.
- Faire macérer pendant 12 heures.
- 24 litres graines de Perse à 4° B. 700 grammes alun en poudre. Chauffer et ajouter à froid :
- 1 litre dissolution d’étain.
- Préparation de la dissolution d‘ étain.
- 9 kil. acide chlorhydrique, y dissoudre ;
- 6 kil. sel d’étain.
- Violet d’application.
- I litre campêche à I I[2° B.
- I[4 litre eau de gomme à I kil. par litre.
- 30 gramme alun en poudre.
- 45 grammes bichlorure d’étain.
- 15 grammes dissolution de sublimé corrosif.
- La dissolution de sublimé corrosif est faite avec :
- 100 grammes acide chlorhydrique.
- 50 sublimé corrosif.
- 24 heures après l’impression, bien laver et sécher.
- Noir alcalin sur rouge turc.
- J’ai tiré parti de la propriété qu’a l'hé-matinate de soude de former avec l'alumi-nate de soude un précipité insoluble pour obtenir un beau noir sur rouge turc et sur tous les fonds teints au blanc contenant de l’alumine.
- L’hématinate d’alumine insoluble qui se forme sur le tissu est d’une fixité remarquable ; le noir vaporisé ne dégorge aucunement par les lavages, même lorsqu’on se sert de gravures profondes pour l'impri-mer. J’ai introduit ce genre de fabrication
- en Angleterre où pendant plusieurs saisons il a eu du succès.
- Je foulardais les pièces blanches en dissolution d’alun neutralisés avec des cristaux de soude, je lavais les pièces le lendemain sans les sécher après le foulardage.
- J’imprimais avec le noir des couleurs minérales à l’albumine et une grande variété de couleurs d’aniline, je vaporisais et j’obtenais ainsi un nouveau genre de fabrication très-bon marché.
- En imprimant le noir à l’hématinate de soude sur des pièces mordancées en stan-nate de soude, j’obtenais un beau puce, ce qui me permettait de varier beaucoup ce nouveau genre de fabrication.
- L’hématinate de soude est d’un beau violet rougeâtre et se forme en ajoutant de la soude caustique à l’extrait de campêche ou à une dissolution d’hématine.
- L’aluminate de soude ne précipitant aucun des autres extraits de bois, peut servir de réactif pour constater la présence du campêche dans un mélange de décoctions de bois de teinture.
- Voiciles couleurs que j’ai employées pour obtenir du noir sur rouge d'Andrinople et sur les tissus contenant de l’alumine.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- TEINTURE
- DES LAINES ET LAINAGES
- — Suite (I) —
- No 1. — Noir au bichromate de potasse
- Pour 50 kil de laine :
- Eau chaude à 40° c.
- Ajouter au bain 1 litre 5/8 d’acide chlorhydrique. — Agiter le bain. — Passer les laines 15 à 20 minutes. — Lever, éventer.
- Faire écouler un peu plus du 1/6 du bain de mordançage, ajouter 40 seaux de décoction de cam-
- (1) Voir page 152, n° 13 du Moniteur de la Teinture, année 1879.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- pêche.— Entrer les laines, bouillir une heurs, lever, éventer. A chaque passe de 50 kil. ajouter 30 seaux de campêche. — Après le bouillon de cam-pêche, mettre les laines en tas douze heures. Les couvrir et brunir.
- Bain de bruniture.
- Eau froide, y ajouter :
- 770 gr. bichromate de potasse.
- 1 kil. 155 gr. sulfate de cuivre.
- Faire dissoudre préalablement.
- Entrer les laines, passer une heure à froid. Chauffer deux heures jusqu’au bouillon, lever et aviver.
- Bain d’avivage.
- Eau chaude à 40° C.
- 80 gr. acide sulfurique
- 180 gr. tartre en poudre
- 40 gr. curcuma
- Passer dans ce bain 15 à 20 minutes à 40 C., puis lever, exprimer, laver.
- Le bain suivant coûte meilleur marché :
- Eau à 400 C.
- 200 gr. acide sulfurique.
- 40 gr. curcuma.
- Passer 15 à 20 minutes. — Laver.
- No 2. — Autre noir.
- Pour 10 kil. de laine.
- Eau bouillante.
- Garnir le bain avec :
- 500 gr. sulfate de soude.
- 50 gr. alun.
- 250 gr. sulfate de fer.
- 250 gr. sulfate de cuivre.
- 300 gr. campêche (extrait).
- Faire bouillir 75 minutes. Après, rincer et finir dans le bain suivant :
- Bain bouillon de campêche.
- Ajouter de 100 à 200 gr. d’acide sulfurique pour faire tourner le campêche un peu au jaune. Ensuite, ajouter un peu de bois jaune pour la nuance. — Après teinture, très-bien laver.
- No 3. — Noir à l’étain.
- •
- Pour 10 kil. de laine :
- Eau bouillante, —y dissoudre :
- 500 gr. sulfate de soude.
- 50 gr. alun.
- 700 gr. oxymuriate d’étain.
- 250 gr. sulfate de fer.
- 50 gr. sulfate de cuivre.
- Bouillir 75 minutes. Lever, éventer et laver. — Finir en bain de campêche au bouillon, additionné d’un peu de jaune et de sulfate de soude. — Laver ensuite.
- (A suivre.)
- TEINTURE DE LA. PAILLE
- Rouge fuschine.
- Une première opération indispensable quand on veut teindre de la paille, quelle que soit sa nature, c’est de la faire tremper pendant douze heures au moins dans de l’eau acidulée par de l’acide sulfurique. Toute la couleur que prend la paille dépend de cette première opération. Veut-on teindre la paille en rouge fuschine? On commence par la passer dans l’eau acidulée marquant de 4 à 5° B, puis on la lave fortement et on la plonge pendant douze heures environ dans de l’eau, à 30 ou 40° c. contenant la dissolution de fuschine. La nuance est proportionnée à la quantité de fuschine que l’on a employée. Il suffit de bien laver la paille après cette opération.
- Les teintures par les autres couleurs d’aniline ne se font pas toutes avec la même facilité.
- Grenat, brun et noir sur paille, par la purpuraline.
- Après avoir traité la paille comme précédemment dans l’eau acidulée par l’acide sulfurique, on obtiendra la couleur grenat avec la dissolution pure de purpuraline versée dans l’eau du bain de teinture. Il suffit de passer les pailles pendant une heure au plus dans le bain chauffé entre 20 et 30° C. pour obtenir la teinte brune, puce, prune ou même noir, il suffit d’ajouter au bain plus ou moins de sulfate de fer.
- Marron au campêche et sulfate de cuivre, sur paille.
- Dégraisser la paille en la faisant bouillir dans une dissolution de carbonate de soude puis la plonger dans un bain de campêche pendant deux heures environ. Pour faire virer la couleur vers le bleu, on ajoute à la dissolution du sulfate de cuivre. On peut même en y mettant suffisamment de sul-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fate de cuivre, faire tourner la couleur au vert, parce que la soude a développé la nuance jaune sur la paille. Mais c’est un faux vert que l’on emploie quelquefois à cause de son bas prix.
- —ae 55 Œ 0 mmee =5 wam E= Ee
- MÉMOIRE SUR L'ÉPAILLAGE
- Présenté à la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- 1 c c.
- La magnésie présente au dégraissage les mêmes inconvénients que la chaux.
- L’eau des fontaines de la ville marque ordinairement de 18 à 20 degrés hydrotimétriques, celle de certains puits marque jusqu’à 38 degrés. Ce qui veut dire qu’il faudra, pour neutraliser la chaux et la magnésie de ces eaux, pour la première 1 kil. 8 à 2 kilogrammes, pour la seconde 3 kil. de savon par mètre cube d’eau.
- En d’autres termes, pour avoir la quantité de savon vraiment utilisée au dégraissage, il faut, du poids de savon employé pour un mètre cube d’eau, retrancher autant d’hectogrammes qu’il y a d’unités dans le titre hydrotimétrique.
- Lorsqu’on emploie du carbonate de soude avec le savon, la perte est moins grande ; le carbonate de soude précipite une partie des sels de chaux, mais la précipitation ne peut être complète qu’à la température de l’ébullition. Une grande partie de la chaux est à l’état de bicarbonate ; c’est, si l’on veut, de la craie devenue soluble à la faveur d’un excès d’acide carbonique. L’ébullition seule privant l’eau de cet acide carbonique, ferait précipiter une notable portion de la chaux à l’état de carbonate (craie). Le carbonate de soude décomposerait les sulfates et les chlorures calciques ou magnésiens.
- Une méthode de purification des eaux basée sur ces principes serait beaucoup moins coûteuse que celle qui consiste à corriger l’eau par un excès de savon. Voici un simple aperçu des méthodes employées dans quelques grands établissements d’industrie lainière.
- L’eau est traitée dans de grandes cuves par l’agitation, après addition des produits chimiques
- peu coûteux et convenablement choisis. On peut employer les lessives alcalines, alun ou mieux du sulfate d’alumine, l’eau de chaux. Les réactifs devront être pesés et employés proportionnellement au degré hydrotimétrique que l’on devra mesurer presque chaque jour. L’eau de chaux donne d’excellents résultats, le bicarbonate est transformé en carbonate qui se précipite. La précipitation est favorisée par l’agitation de l’eau mélée au réactif, au moyen d’un arbre à palettes. Il est bien entendu qu’on ne doit mettre que juste la quantité de chaux nécessaire -, le traitement serait plus nuisible qu’utile si l’on mettait de la chaux en excès. Les lessives alcalines et de sulfate d’alumine ne présentent point cet inconvénient, mais le prix de revient est plus élevé. Cependant, étant donné l’énorme quantité de savon employé sans produire d’effet sur le corps gras qui accompagne la laine, et que l’on veut enlever, on réaliserait encore un bénéfice notable en traitant préalablement l’eau par les lessives alcalines caustiques ou carbona-tées, ou par le sulfate d’alumine ; on aurait, dans tous les cas, un travail plus régulier ; et à coup sur nombre d’ennuis qui surviennent dans les opérations de teinture, de foulage, etc., seraient évités.
- Lorsque la laine brute ou en tissu a été convenablement dégraissée, on la plonge dans une dissolution saline destinée à la préserver de l’action de l’acide. Si l’on opère sur de la laine brute destinée à la carde, sur un tissu qui ne doit pas être teint ou sur des chiffons à régénérer, on trempe directement dans la solution acide.
- Les substances préservatrices qui paraissent convenir le mieux sont les sels à base alcaline ou terreuse dont les acides sont facilement déplacés par l’acide épaillant; les acétates d’alumine, de potasse, de soude conviennent très bien -, on pourrait aussi employer les acétates de zinc et de plomb, mais le prix en est trop élevé. Si l’agent épaillant est l’acide sulfurique, on peut employer les chlorures alcalins ou terreux. L’alun et le sulfate d’alumine ont aussi été employés ; leur action ne semble pas très efficace.
- Il est facile d’expliquer le rôle de l’agent préservateur. Imprégnée d’acétate d’alumine, par exemple, la laine est ensuite plongée dans une dissolution d’acide sulfurique ; la fibre lainière est moins poreuse que la paille, et avant qu’elle ne soit-tou-chée par l’acide sulfurique, l’acétate qui le recouvre va être décomposé par l’acide sulfurique -, il en résultera du sulfate d’alumine et de l’acide acétique
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- inoffensifs tous deux pour la laine. La paille au contraire, grâce à sa porosité et à l’affinité chimique dont elle est douée pour l’acide qui la décompose, bien qu’imprégnée aussi d’acétate d’alumine, prendra relativement plus d’acide sulfurique que la laine. Au moment où on .élèvera la température dans la sécheuse, l’acide se concentrera sur la paille, la combinaison se fera entre cet acide concentré et l’eau de constitution de la paille -, celle ci sera détruite. Sur la laine qui est mal dégraissée, il ne pourra se former qu’un sulfate acide ; si celui-ci se décompose sous l’influence de la chaleur, c’est la paille voisine qui subira toujours en raison de son affinité, les effets de l’acide mis en liberté.
- Le titre de solution préservatrice doit être proportionnel à la richesse en acide du bain épaillant ; car s’il y a excès du sel préservateur, l’acide détruit incomplètement le gratteron ; dans le cas contraire, la laine n’est pas suffisamment préservée. Ce titre peut s’établir facilement par le calcul, en tenant compte des équivalents chimiques et de la densité des solutions salines.
- On trouve aiusi, que pour un bain d’épaillage à 3 0/0 d’acide sulfurique (3° Baumé environ), les solutions salines préservatrices doivent avoir en chiffres ronds, les densités aréométriques suivantes : Acétates de potasse, de soude, de chaux A degrés Acétate d’alumine.....-............... A —
- Acétate de plomb..................... 10 —
- Chlorures de potassium, de sodium, de calcium 4 —
- Chlorures d’aluminium............. - 8 —
- Carbonate de soude................... 6 —
- Ici comme dans bien des cas, la pratique confirme la théorie. Les sels de plomb et de chaux ne devront être employés qu’à défaut d’autres, car les composés qu’ils forment sont insolubles et il devient difficile de s’en débarrasser complètement.
- PERFECTIONNEMENT
- dans les chaudières pour le blanchiment et la cuisson des fils et tissus
- Par W. Brackewell
- (Extreit du Textile Manufacturer)
- M. W. Bracewell, de Brinscall, près Manchester, a apporté un perfectionnement important dans le travail du blanchiment par la simple introduction
- d'un tuyau de construction spéciale, qui permet de faire marcher chaque chaudière isolément et automatiquement sans qu’il soit nécessaire de surveiller constamment l’opération et de manœuvrer des robinets pour maintenir la circulation.
- Le procédé du blanchiment varie naturellement suivant les circonstances. Dans un établissement situé près de Blackburn, où l’on emploie les chaudières systèmes Bracewell, on ne traite que des étoffes de coton et pas de fils. Le tissu passe deux fois à la chaudière : la première fois avec de l’eau pure, après le passage à la chaux, et la seconde fois avec de la lessive de soude. L’étoffe, en deux pièces, est introduite dans la chaudière à la manière ordinaire par le trou d’homme et disposée par des couches au moyen de supports placés à l’intérieur.
- La chaudière ayant été remplie de cette façon, on ouvre le robinet inférieur et l’on fait arriver de la vapeur pour expulser l’air et échauffer l’étoffe, afin que le liquide chaud qu’on introduira ensuite ne se refroidisse pas.
- Après que l’air a été expulsé, on ferme le robinet inférieur et on remplit la chaudière jusqu’à ce que tout le tissu soit bien immergé, puis on ferme le trou d’homme; la soupape d’arrêt est ensuite ouverte de nouveau, très-légèrement cette fois et la vapeur entrant dans le tube, la circulation se produit de la manière suivante.
- Le liquide remplissant la chaudière pénètre dans les ouvertures et s’élève dans le tube au même niveau que dans la chaudière. Ce tube est composé d’un tuyau de vapeur, renfermé dans un autre tuyau en fonte et à des extrémités évasées; l’extrémité supérieure est recouverte d’un disque appelé plaque indicatrice et l’extrémité inférieure est fermée au moyen d’un couvercle. La plaque indicatrice est perforée et glisse librement sur le tuyau de vapeur; au-dessus d’elle est fixé un chapeau, qui distribue le liquide dans la chaudière et l’empêche d’endommager ou de déranger le tissu en divisant la masse du liquide. Avant que l’on fasse arriver la vapeur, le liquide est au même niveau dans le tube et dans la chaudière ; quand on admet la vapeur, le liquide descend dans le tuyau de vapeur intérieur, puis monte dans le tuyau en fonte, soulève la plaque indicatrice et est chassé dans la chaudière sous la forme d’une nappe épaisse ; la plaque indicatrice retombe ensuite et une nouvelle quantité de liquide coule dans le tube par les orifices, pour se répandre dans la chaudière en soulevant la plaque indi-
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- catrice. L’opération continue de la sorte, du liquide entrant toujours dans la partie inférieure du tube pour être immédiatement expulsé par la vapeur; la circulation est donc maintenue automatiquement dès que l’on a admis la vapeur.
- La plaque indicatrice se soulève et retombe régulièrement environ une fois par seconde, en rendant un son fort distinct, qui indique d’une manière très certaine que la chaudière fonctionne. La quantité de vapeur nécessaire pour maintenir une circulation active est extrêmement faible. L’admission de la vapeur a lieu par une petite soupape d’arrêt de construction ordinaire, dans laquelle la soupape est soulevée de son siège par une vis et une petite roue à main. La plaque indicatrice montre que la circulation commence avant qu’on ait fait décrire un quart de tour à la roue à main.
- M. Bracewell donne à sa chaudière une forme légèrement conique, afin que, si l’étoffe tend à se gonfler et à se soulever, elle soit arrêtée par la forme des parois. Les fils ou tissus étant toujours immergés, ne courent aucun risque de détérioration ; chacune des chaudières peut fonctionner isolément et automatiquement et un indicateur fait connaître quand elle travaille ; il y a une économie notable de vapeur et de main-d’œuvre ; le liquide restant dans la même chaudière la température est plus élèvée et enfin on n’a pas à craindre que les fils ou tissus se dérangent. Le tube de M. Bracewell peut être appliqué aisément aux chaudières existantes.
- {Bulletin du Musée de l'Industrie de Belgique)
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- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNNT LES INDUSTRIES TINCTORILES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- Certificats d’additiou.
- 119,968. 15 mars. — Procédé de polissage des boutons en corozo.
- 121,371. 29 avril. — Moeglin. — Bassine d'en-colleuse démontable et appareil indicateur de l’ébullition d’eau.
- 121,88 3 . 24 avril. — BLAISE. — Séchage des matières textiles et chiffons.
- 115,197. 25 avril. — Imbs. — Perfectionnements aux machines à nettoyer les filés de matières textiles.
- 120,689. 27 avril. — HUBNER. — Machine à peigner les matières filamenteuses.
- A céder d’occasion
- DE IA LOI DU CONTRASTE SIMULTANÉ
- des Couleurs
- ET DE SES APPLICATIONS
- Par CHEVREUL.
- Un volume in-8° de 735 pages et Atlas de 40 planches et 101 figures noires et coloriées, reliés à neuf, en excellant état.
- PRIX : 123 FRANCS
- Cet ouvrage qui a paru en 1839 est actuellement introuvable. — S’adresser à l’Office du Journal.
- A vendre d’occasion.
- 1. — Métier d’apprêt à 3 cylindres en cuivre de 1 m. 20 de longueur et 40 c. dediam. avec bâtis en fer et fonte et mouvement différentiel pour la commande.— Prix: 900 fr.
- 2. — Deux métiers Saint-Quentin, ayant peu servi et pouvant faire de 0 m. 40 à 2 m. de large, avec presses à vis et dents de loup en cuivre, chacun de 14 m. de longueur, pour le prix de 1,000 fr.
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tul pin frères).— Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service de la machine.—Longueur de chaque chaîne, 16m65. — Largeur du travail : 0^85 à lm50.—Production : 100 à 120m à l’heure. — Prix : 3,500 fr. — S'adresser à M. CHIFERAY, à Maromme, où on peut la voir fonctionner.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, routede Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Août 1879.
- SOMMAIRE
- De la charge des soies, par M. Moyret. — La question du noir d’aniline : Lettre de M. GRAWITZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. Schultz {suite).— Jaune citron solide de MM. Ruch et Fils. — Teinture des cotons et fils en écheveaux, par M. de VENANT (suite). — Le noir d’aniline direct et inverdissable par un abonné. — Aide-mémoire du dégraisseur (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Une révolution dans la soierie. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- DE LA CHARGE DES SOIES
- Chers lecteurs, c’est de la charge des soies que je viens vous entretenir. Vous devez probablement en avoir assez, et, malgré ce, je compte sur votre indulgence pour lire cet article.
- Ma conviction intime est que, de la divulgation des secrets de la charge, naîtra sa perte ; oui, il faut la combattre par tous les moyens possibles ; oui il est temps que l’on réagisse contre cette lèpre qui est appelée à ruiner les étoffes et articles de soieries.
- Pour faciliter et mettre de l’ordre, je diviserai mon travail en trois classes, comprenant: Ie La charge des blancs ; 2° la charge des couleurs ; 3e la charge des noirs. Ces trois classes seront divisées elles-mêmes en trois variétés qui seront pour chaque : la charge à l’état cru, cuit et souple.
- § 1
- Charge des Blancs.
- A première vue, il semblerait que les soies et articles de soieries blancs devraient être, par rapport à la charge, comme la femme de César, à l’abri de tout soupçon ; il n’en est rien. Les chimistes se sont ingéniés, et, peu à peu, l’on est arrivé à des résultats qui, sans atteindre la perfection de ceux obtenus dans les classes suivantes, promettent déjà Pour l’avenir.
- Le mode le plus ancien pour charger les blancs, consiste dans l’emploi du sucre de glucose raffiné ou du sucre de canne. C’est là, il faut en convenir, un moyen très-anodin de charger la soie ; par un passage dans un sirop de sucre, les soies gagnent environ 15%. Cette opération se fait en dernier
- lieu, et les soies sont séchées sur le sucre, après avoir été fortement exprimées ou essorées. On ne peut reprocher à celte charge d’abimer le nerf de la soie, mais en place, elle produit des étoffes -ayant un toucher pâteux, craignant les taches d’eau plus encore que si elles étaient pures. Par un temps humide, les étoffes attirent l’humidité, voire même un peu les mouches, quand il y en a ; il est vrai qu’en imprégnant la dissolution de sucre de quassia amara, on peut les transformer en panier tue-mouches ce qui est une compensation qui n’est pas à dédaigner. Vous le voyez, chers lecteurs, grâce aux progrès de la Science, comme on arrive à créer de nouveaux emplois pour nos dames ; il suffirait de quelques-unes d’elles, habillées d'étoffes blanches chargées au sucre additionné de quassia ama-ra, pour nous débarrasser de ces vilains insectes. Entre nous, ce serait une faible compensation de ce que leur coquetterie nous fait souffrir.
- Dans ces derniers temps, le sucre a trouvé un rival : j’ai nommé la glycérine. Peu à peu, on est arrivé à décolorer cette dernière, et à la débarrasser de son parfum primitif, rappelant assez bien celui de la chandelle, et aujourd’hui, il s’en consomme d’assez fortes quantités. L’emploi se fait de même et sensiblement aussi les inconvénients se ressemblent avec ceux delà charge au sucre. L’emploi de sels déliquescents, de magnésie tels que le chlorure de magnésium, permet de maintenir la soie un peu humide, même dans les temps les plus secs, c’est là un nouveau moyen pour gagner encore quelques pour cent.
- Cette manière de charger les blancs, se pratique pour tous les genres, crus, cuits et souples. C’est d’ailleurs la seule possible pour les crus et les souples. Dans les crus, elle est tout bénéfice, dans les
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- cuits, elle permet de rattraper une partie du poids perdu au décreusage, et dans les souples, elle compense, et même au-delà, la perte variable produite par l’assouplissage.
- Dans ces derniers temps, de réels progrès ont été faits, et pour les cuits, par l’emploi de la charge, dite charge X, que je vais examiner, on a marché à pas de géants ; espérons que l’on ne s’arrêtera pas en si bonne voie.
- Dès le début, il y a quelque dix ans, la charge X se pratiquait en passant les soies dans une dissolution très-concentrée de bichlorure d’étain ; on rinçait à grande eau puis on savonnait bouillant. La soie cuite dans ces conditions peut prendre 20 °/o. Mais c’est bien le cas de dire ici que l’appétit vient en mangeant, on est arrivé à deux passages en bichlorure d’étain, le premier donné sur la soie écrue. Le savon de cuite, fixant l’étain en même temps qu’il cuit la soie. La première passe compense le poids perdu au décreusage, de sorte que la deuxième est tout bénéfice. On a bien dû essayer de donner une troisième p asse, malheureusement la soie perd de ses qualités par cette charge. Un progrès réel a été fait depuis quelque temps par la substitution du chlorure d’étain ordinaire. En effet, celui-ci maltraite les mains des ouvriers, tandis que le chlorure double offre bien le même inconvénient, mais à un degré moindre.
- La charge X n’a jamais eu qu’un succès relatif, elle se pratique toujours, mais peu ; en effet, la soie prend bien du poids, mais ne gonfle pas en raison de ce poids d’étain très-dense et ce n’est pas ce qu’il faut. Les étoffes fabriquées perdent rapidement de leurs qualités ; il est vrai de dire qu’elles ont toujours une certaine valeur comme minerais d’étain pouvant rivaliser avec les meilleurs minerais de ce métal.
- Avant d’aller plus loin, je vais vous faire, chers lecteurs, un peu d’algèbre appliqué à la soie. Nous allons voir ensemble comment on compte actuellement la charge et comment on devrait en réalité la compter ; sur quelles bases il faudra vendre les soies teintes fabriquées du jour où on les vendra sur garanties d’analyse.
- Le fabricant livre de la soie à son teinturier pour être chargée en noir, teinte en cru, cuit ou simple, peu importe. Prenons 100 kilogr., mis en teinture, si le teinturier ne rend pas les 100 kilog., on dit que la soie a perdu en teinture -, si le teinturier rend plus de 100 kilogr., on dit qu’elle a gagné, et on compte seulement ce qu’elle a pris en plus ;
- si le teinturier a rendu 125 kilogr., on dit que la soie a gagné 25 °/0. Ainsi voilà qui est bien entendu, on se base sur le poids primitif avant teinture, on compte en moins de ce poids pour la perte et en plus pour la charge, A première vue, cela paraît très-juste, très-rationnel, mais il n’en est rien au point de vue des intérêts des acheteurs -, supposons qu’il s’agisse d’un noir cuit, le fabricant a confié 100 kilogr. au teinturier, celui-ci rend 150 kilogr. D’après le raisonnement précédent, 150— 100=50 d’où prise—50 % C’est ce qu’on appelle un demi-lourd, si vous aimez mieux une charge modérée, honnête si vous le voulez. Un acheteur connaisseur et sérieux ne sera pas tout-à-fait de cet avis, et il vous répondra : en réalité votre 50 o/o est un 100 °/0 que l’on vend sous la fausse dénomination de 50 o/o.
- En effet, qu’importe à l’acheteur que l'on ait confié 100 kilogr. au teinturier, il faut savoir ce qu’il reste de ces 100 kilogr. après la cuite. Admettons une perte moyenne de 25 0/° au décreusage, de ces 10O kilogr. il ne restera que 75 kilogr. cuits ; or, pour arriver aux 150 kilogr. chargés, il faudra 75 kilogr. de charges de toutes natures, c’est donc un 100 o/° comme je viens de le démontrer.
- Je vais prendre un autre exemple. Supposons qu’un fabricant divise un lot de 300 kilogr. en trois balles de 100 kilogr. chaque; l’une teinte en cru, l’autre en cuit et la dernière en souple.
- Après teinture, ces trois balles rendues pèsent chacune 150 kilogr. d’où par la manière de compter actuelle, on dira que ce sont des 50 0/° en cru, cuit et souple. Appliquons le raisonnement précédent : supposons que le cru n’ait rien perdu comme grès, que le cuit ait perdu 30 o/°, et le souple 100/°, nous allons voir qu’il y a de très-grandes différences dans le rendement.
- En effet, pour le cru, cela va bien, 100 kilogr. n’ayant rien perdu comme grès, pour aller à 150 kilogr. de charge, il a pris 50 kilogr. c’est donc bien un 50 o/°.
- Pour le cuit, il n’en est pas de même ; la soie ayant perdu 30 o/°, il reste 70 kilogr. de soie cuite, pour aller à 150 kilogr. il a fallu 80 kilogr. de charge, d’où 10 = 1150/° environ.
- Appliquant le même raisonnement au souple, après la perte de 10 o/° de grès, il reste 90 kilogr. de soie pour atteindre 150 kilogr. il a fallu 60 kilogr. de charge, H d’où — 66 o/°.
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- Pour me réserver, ces trois lots cru, cuit et souple, qui dans la manière de compter actuelle rendent par rapport au poids mis en teinture chacun 50 o/°, rendent, en réalité, le cru 50 0/°, le cuit 115 o/o, et le souple 66 0/°, par rapport aux quantités absolues de soie et de charge.
- Je le répète, cette manière de compter est la seule rationnelle, c’est d’ailleurs la seule possible dans un bureau de conditionnement de soieries teintes. Encore une fois, l’acheteur ne doit pas se préoccuper du poids mis en teinture, il doit se préoccuper de la marchandise vendue. Pour mieux faire ressortir ma pensée, je vais l’appuyer d’une autre considération. Supposons que le fabricant ait été trompé par son vendeur, qu’il ait acheté de la soie chargée à 10 %, qu’arrivera-t-il? Le teinturier doit rendre 50 % après la cuite, peu importe -, il pratique la filière d’opér ations, et n’arrive pas à son poids ; il remet tranquillement les soies à niveau sur la charge, et y arrive. En réalité, cette soie qui aurait perdu 25 %, en perd avec la non-valeur de la charge précédente 35 %, d’où 100 kilogr., se sont réduits à 65 kil. pour aller à 150 kilogr., il faut 95 kil. de charge, d’où 8=130 o/o sur la marchandise vendue. Nous voulà loin du modeste 50 %.
- Je fais en ce moment un travail pour créer une méthode rapide, certaine et économique du contrôle de la charge. Avant quelques jours, je pourrai contrôler les soieries qui me seront confiées, et je me baserai toujours dans mes calculs sur la marchandise vendue, et non sur celle qui a été confiée au teinturier.
- M. Moyret.
- {La suite au prochain numéro.)
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE
- Nous recevons la lettre suivante de M. Gra-witz (I) :
- Monsieur le Directeur du Moniteur de la Teinture,
- Huddersfield, 13 juillet 1879.
- J’espérais que ma lettre parue dans votre nu-méro du 5 juin aurait clos le débat entre moi et
- (4) Pour ce qui nous concerne personnellement dans la vItrede M.Grawitz, nous repoussons d’une manière absolue
- votre abonné. Je pensais naïvement qu’une réplique de sa part serait suivie de son nom et de l’annonce du dépôt de l’argent.
- Mais décidément la prudence de ce monsieur n’a d’égale que son effronterie.
- Après avoir déclaré textuellement dans votre numéro du 20 avril :
- « J’offre de me faire connaître et de payer à M. Grawitz une somme de dix mille francs s’il parvient à faire en noir un seul mètre de calicot; »
- Après avoir dans le numéro du 20 mai renouvelé ses fanfaronnades tout en cherchant un faux-fuyant, j’en suis encore à attendre et son nom et l’annonce du dépôt de ses dix mille francs.
- Mais tout cela n’est rien encore : après avoir dénigré systématiquement mes procédés, après avoir nié la possibilité de leur emploi, votre abonné pousse l’impudence jusqu’à revendiquer l’honneur de leur découverte.
- Il est faux que le mélange sel d’aniline, chlorate
- l’insinuation : que notre abonné nous fait annoncer ou dire quoi que ce soit. Ce que nous disons et signons de nos initiales, nous en prenons l’entière responsabilité.
- Le paragraphe 3 du renvoi de la page 147 (n° du 5 juillet 1879) qui nous fait dire une monstruosité chimique, suivant M. Grawitz, n’a pas été compris par lui dans son véritable sens, qui était le sens ironique ; la discussion n’ayant nullement prouvé la production pratique du noir d'aniline inverdissable sans l'intervention d'aucun métal, objet du défi de notre abonné.
- Dans la présente lettre M. Grawitz ne répond pas à la demande de la lettre de notre abonné, pages 137 et 138 (n° du 20 juin) le priant de faire connaître les modifications de détail de son programme d’expériences devant arbitres, et s’d attend toujours le nom de l’abonné et l’annonce du dépôt des dix mille francs, il ne doit s’en prendre qu’à lui. Des arbitres ne peuvent prononcer sur les résultats d’une expérience sans que les conditions dans lesquelles elle doit avoir lieu soient très nettement définies et le programme approuvé des deux parties.
- M. Grawitz étant couvert par le brevet français (n°124,581, 48 mai 1878 : Production du noir d’aniline par l'acide chlorique) ne risque rien à donner la vraie formule.
- La question traitée dans le dernier numéro par notre abonné n’a plus aucun rapport avec son défi à M. Grawitz, et pour distinguer ce travail il porte dans ce numéro et il portera désormais le titre : Je noir d'aniline direct et inverdissable (voir la note en renvoi de cet article).
- Il n’entre pas et il n’entrera jamais dans le programme du Moniteur de la Teinture, tant qu’il sera sous notre direction, d’y laisser débattre des questions de priorité de découvertes et de validité de brevets. Nous ajoutons de plus que dorénavant les lettres qui contiendront des invectives seront impitoyablement refusées. Nous prions donc M. Grawitz et notre abonné de ne plus sortir du terrain de la discussion et nous espérons qu’ils la termineront promptement et en termes courtois; ce n’est que sous cette condition que les colonnes du journal resteront à la disposition des deux parties.
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- et chromate neutre réagisse trop promptement dans les bassines pour pouvoir être imprimé.
- Il est faux que le foulardage du tissu en chromate soit une nécessité. Ce placage a sa raison d’être dans quelques genres, mais votre abonné n’a pas besoin de se livrer à de bien laborieuses réflexions pour trouver ce procédé. Il n’a eu qu’à lire mes brevets et notamment la patente suivante prise le 3 août 1878 par M. Thomas Holliday.
- Il y est dit textuellement :
- « Une autre manière d’appliquer l’invention consiste à plaquer le tissu avec l’acide chromique ou ses sels et à imprimer par dessus le mélange de chlorate et de sels d’aniline. »
- Vous trouverez ci-inclus le texte de la patente. Vous jugerez en la lisant, monsieur le directeur, que votre abonné s’est agréablement moqué de vous en vous faisant annoncer la grande découverte qu’il venait de faire en 1879 d’un procédé patenté en 1878 et décrit tout au long dans une pièce publique et imprimée et déclarer qu’il faisait gracieusement abandon au public du bien d’autrui, tout en vous faisant dire cette monstruosité chimique que les chromâtes ne sont point des composés métalliques.
- Cette tentative éhontée de spoliation dépasse, je pense, les limites de la critique. Elle blesse grièvement mes intérêts. Je m’attends donc, monsieur le directeur, à trouver dans votre plus prochain numéro le nom de votre abonné avec l’annonce du dépôt des dix mille francs comme preuve d’identité, si vous ne voulez endosser vous-même en qualité de gérant la responsabilité du tort que m’ont fait ces attaques anonymes et passionnées.
- Je vous prie, monsieur le directeur, et au besoin je vous requiers d’insérer cette lettre dans votre plus prochain numéro.
- Samuel Grawitz.
- Voici la traduction de la patente anglaise citée dans la lettre de M. Grawitz :
- Cette invention est relative au développement du noir d’aniline en teinture ou impression des fibres textiles par l'action de l’acide chromique sur un mélange de chlorate de potasse ou autres chlorates et un sel d’aniline.
- L’acide chromique agit en très petite quantité sur le mélange d’aniline. Il suffit pour cela d'en ajouter une dix millième ou seulement une cent millième partie du poids de ce dernier au mélange d’aniline. De plus grandes proportions d’acide chromique peuvent être employées et dans ce dernier cas l’action croît en rapidité.
- Pour empêcher le noir de se former dans le vase dans lequel le mélange de l’acide chromique avec le chlorate et l'aniline est effectué, la solution de chlorate et d’aniline doit être préalablement rendue alcaline (préférablement par l’ammoniaque) et alors l’acide chromique est ajouté, dans l’état d’un sel, au moment de l’emploi. Ainsi, par exemple, si on se propose d’imprimer, les proportions suivantes sont trouvées satisfaisantes: Dissolvez ensemble à environ 90° centigrades :
- 1,000 parties d’eau;
- 200 » amidon;
- 80 » chlorate de potasse ;
- 130 » chlorhydrate d’aniline,
- et quand le mélange est bien convenablement refroidi, ajoutez un dixième de partie de chromate de potasse ou d’ammoniaque.
- Les fibres textiles, après l’impression, doivent être ensuite soumises à l’action de l’air humide et chaud ou traitées par vaporisage.
- Pour teinture l’épaississant doit être supprimé, ou il faut en employer peu.
- Une autre méthode d’appliquer ce perfectionnement consiste à plaquer l’acide chromique ou ses sels premièrement sur les fibres et ensuite d’y appliquer le mélange de chlorate et de sels d’aniline. Les proportions énoncées ci-dessus peuvent varier.
- La lettre précédente nous était parvenue trop tard pour être insérée dans le dernier numéro.
- Voici une nouvelle lettre de M. Grawitz, répondant à la lettre de notre abonné (page 137 du numéro 12) posant les termes du défi. Nous l’insérons avec plus de plaisir que la précédente, et nous croyons que, à la condition que le tissu imprimé ne sera pas brûlé, la lettre accepte les termes du défi.
- P. B.
- Lille, 30 juillet 1879.
- Monsieur le Directeur du Moniteur de la Teinture,
- Pour éviter toute équivoque je tiens à répéter que, dès que votre abonné anonyme se sera fait connaître, et aura déposé les dix mille francs, si souvent inutilement annoncés, je suis prêta imprimer deux pièces au rouleau avec les couleurs suivantes :
- 1° Couleur convenablement épaissie contenant : Cent trente grammes sel neutre d’aniline;
- Cinquante grammes chlorate alcalin ;
- Cinquante grammes chromate neutre, pour un litre.
- 2• Couleur sans aucun métal, contenant propor-
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- tions convenables d'épaississant, de chlorate alcalin et de sel d’aniline.
- Dans les deux cas, en même temps que la couleur sera cuite industriellement dans les ustensiles ordinaires et appliquée industriellement au rouleau sur une pièce entière, je formerai deux couleurs identiques, dans des capsules de porcelaine, qui seront imprimées avec le doigt.
- Le noir se développant de la même manière avec la couleur type et avec la couleur industrielle, on verra bien que l’influence du cuivre des rouleaux ou des ustensiles, n’est point la cause de la génération du noir.
- Toutes les chances d’erreur ainsi éliminées, la démonstration pratique étant faite, j’entrerai enfin en possession de ces bienheureux dix mille francs.........quand votre abonné anonyme les aura déposés.
- Veuillez, etc.
- Samuel Grawitz.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS RONGEANTS ET ENLEVAGES Par Alex. Schultz.
- — Suite (1). —
- Noir.
- 3 kil. amidon blanc.
- 6 litres eau.
- 45 » extrait de campêche à 9 B. Cuire et ajouter à chaud :
- 1 3[8 litres soude caustique à 18° B. Ajouter à froid :
- 3 3[4 litres soude caustique à 18° B. 0 kil. 200 prussiate de potasse rouge.
- 10 litres eau de gomme adragante à 60 grammes par litre.
- Autre noir vapeur A.
- 50 litres extrait de campêche à 10° B. 5 » soude caustique à 36° B.
- 45 » eau.
- 5 kil. amidon blanc.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, noa 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14, année 1879.
- Mon cousin, Justin Schultz, auquel j’ai donné mon procédé, a fait en 1861 et 1862, chez M. Goldschmidt, à Berlin, de grandes quantités du genre noir à l'hémati-nate d'alumine, voici le noir qu’il employait :
- 20 litres noir vapeur A ci-dessus. 0 k. 120 prussiate de potasse rouge.
- I 114 » glycérine.
- 0 k. 500 prussiate d’étain.
- I I[4 » dissolution de quercitron B.
- Dissolution de quercitron B.
- I l[4 litres extrait de quercitron 10° B.
- I 1[4 » soude caustique à 10° B.
- Après l’impression des noirs à l'hémati-nate d’alumine, on vaporise les pièces une demi-heure ; il n’est pas nécessaire de les. laver un jour après l'impression, on peut les apprêter en plein bain d’apprêt sans salir la dissolution d’amidon, ce qu’on ne pouvait faire avec toute autre couleur contenant une aussi grande quantité de décoction de campêche.
- Pour fixer l’article enlevage sur rouge d’Andrinople, je dirai qu’avec un mélange de chlorate de baryte et de chlorate de chaux ou de chlorate de baryte et de chlorate de chaux et d’acide oxalique, je suis arrivé à obtenir un enlevage blanc sur rouge turc, sans être obligé de passer les pièces par la cuve décolorante ; les résultats que j’obtenais manquaient de régularité, mais étaient suffisants pour me faire voir qu’on peut arriver à supprimer la cuve décolorante, ce qui permettrait de simplifier la fabrication enlevages sur rouge d’Andrinople et créer de nouveaux articles, en associant à l’enlevage blanc des couleurs qui n’ont pu être employées jusqu’à présent, comme le noir d’aniline, le noir alcalin, le grenat alizarine, la puce naphtylamine, etc.
- Avec le nouveau bleu solide méthyle et le jaune d’aniline solide de Stuttgart, on pourrait obtenir, soit des enlevages, soit des couleurs superposées hon teint et d’un bel
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- effet, de même qu’avec le brun et marron d'aniline, de la même maison.
- Toutes ces couleurs se fixeraient facilement, et sans autre mordant, sur un tissu si puissamment mordancé avec de l’huile, de l’alumine, du tannin et de l’étain.
- Le rongeant au chlorate de baryte ou de chaux sur rouge d’Andrinople n’est pas devenu pratique par mes essais ; je ne l’indique que comme un jalon, pour servir à la solution de la question : solution qui ne se réalise, le plus souvent, pour de pareilles choses, que par le concours des travaux de plusieurs chercheurs.
- Depuis peu de temps, je suis arrivé à de meilleurs résultats en rongeant sur des tissus plus faiblement huilés et mordancés, que par les anciens procédés et continue mes essais.
- Enlevage blanc sur bleu cuvé.
- Foularder en bichromate de potasse à 6° B., pour les gros bleus et à 4° B., pour les bleus moyens.
- On sèche.et on étend une nuit à l’abri de la lumière.
- On imprime l’enlevage blanc suivant :
- Enlevage blanc.
- 2 litres eau.
- O kil. 375 amidon blanc.
- Cuire 25 minutes et ajouter à 50° centigrades :
- 0 kil. 400 acide oxalique.
- On imprime la couleur tiède qu’on laisse agir 6 à 12 heures.
- On lave au large à l’eau froide, puis au traquet et on passe en acide sulfurique à 1° B.
- Laver de nouveau au traquet et savonner.
- Premier savon.
- 600 litres eau.
- 3 kil. savon.
- Une demi-heure à 50° C., pour 6 pièces de 100 mètres.
- Laver, donner un deuxième savon comme eelui ci-dessus à 60° C.
- Lavage en eau chaude et séchage.
- Ce procédé ingénieux est dû à M. Thompson, de Manchester.
- Enlevage blanc sur bleu cuvé, [Méthode intervertie.)
- On imprime après le cuvage à la nuance voulue et passage en acide sulfurique, l’enlevage blanc suivant :
- Enlevage blanc.
- 2 kil. sel de cuisine.
- 4 litres eau.
- 0 k. 470 bichromate de potasse.
- 2 kil. amidon grillé.
- On passe au moyen d’une cuve à trois roulettes :
- 125 litres acide sulfurique à 7° B.
- 5 kil. acide oxalique.
- Les pièces passent, de ce bain acide, directement dans une cuve à roulettes, pleine d’eau à 5Oo C., puis dans une seconde cuve à roulettes contenant de l’eau chauffée à 45° C.
- On lave au clapot-traquet une demi-heure.
- On donne un ou deux savons pour aviver le bleu.
- Remarque. — Le passage en acide doit se faire très vivement pour que le blanc ne coule pas.
- Pour des dessins chargés, on se sert du rongeant blanc suivant :
- Enlevage blanc.
- 4 litres soude caustique à 4° B.
- O kil. 470 bichromate de potasse.
- 2 kil. amidon grillé.
- Vert au quercitron sur bleu cuvé.
- 10 Passer quatre fois par les cuves à roulettes en déverdissant en chlorure de chaux, passage en acide muriatique à 2° B., lavage et séchage ;
- 2° Foularder une fois 20 pièces et 80 mètres dans le bain suivant :
- 3 kil. bichromate de potasse.
- 49 litres eau.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Mélanger à froid avec :
- 61 litres acétate d’alumine à 10° B.
- On sèche au hat-flue à une température de 32° C., en ayant soin que les pièces, au sortir du séchoir, soient encore humides.
- Après avoir imprimé l’enlevage blanc sur bleu cuvé, en ayant bien soin de ne pas dépasser la température de 20° C. pour le sécher, on dégomme, dans une cuve à roulettes, avec un seau de craie et deux seaux de son à une température de 65° C. Laisser tomber les pièces à l’eau, deux lisières, trois battes au clapot et passer une seconde fois en eau de craie à 45° C., pendant 20 minutes, en prenant, pour 1000 litres d’eau, un quart de seau de craie.
- Trois battes au clapeau.
- Teinture de quatre pièces de 80 mètres.
- 1 kil. 500 colte forte.
- 10 kil. quercitron en poudre.
- Entrer à froid et monter, en trois quarts d’heure, à40°C., deux lisières à l’eau, trois battes au clapot, rincer et encore trois battes, sécher et apprêter en colle et dex-trine.
- Remarque. — Il est bien important de choisir les pièces pour les dessins, en prenant les bleus les plus pâles pour les dessins difficiles à ronger. Ce genre de fabrication demande une grande expérience et beaucoup de soins, quand on veut arriver à des résultats bien réguliers.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- -------—====----------
- JAUNE CITRON SOLIDE
- De MM. J. Ruch et Fils, de Paris.
- Le nouveau colorant dont nous donnons plus bas un échantillon sur laine filée, diffère des jaunes actuellement connus par sa vivacité et sa solidité.
- Ce jaune citron solide sera très-apprécié des teinturiers pour être employé soit seul soit dans les nuances composées, surtout pour les tons clairs ou ce colorant manquait dans la série déjà si va
- riée des couleurs d’aniline. Il rendra également de grands services aux imprimeurs.
- Pour la teinture de la laine et de la soie le bain doit être légèrement acidulé à l’acide acétique, préférablement à l’acide sulfurique. Trop d’acide fait virer la nuance au rouge . Comme il s’emploie également sur laine avec de la composition d’étain on peut l’associer aux écarlates, etc.
- Jaune citron solide sur laine de tapisserie
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ECHEVEAUX
- Par M. de Vinant.
- — Suite (1) —
- Orange au chrôme.
- Dissoudre au bouillon dans 35 litres d’eau : 12 kil. pyrolignite de plomb.
- 6 kil. 250 litharge en poudre.
- Après dissolution, filtrer sur filtre d’étoffe.
- Employer le bain à 16° c. et à froid.
- 1. — Mettre dans un baquet de 5 à 6 litres de capacité 3 litres de la dissolution ci-dessus à 16° c. Les cotons étant bien débouillis et essorés, on leur donne sur ce bain 5 tours à la main; tordre et mettre en tas. Après le passage de chaque mateau, ajouter à peu près la même quantité de bain employé , lorsque toute la partie est passée en mordant.
- 2. — Sans rincer, passer cinq tours à froid en chaux caustique trouble (voir plus loin la formule du bain de chaux caustique), puis passer à chaud. Rincer sans battre e n commançant par la première poignée. — Tordre ou essorer.
- 3. — Passer cinq tours à froid dans le bain de chrome suivant :
- 100 litres d’eau.
- 600 gr. bichromate de potasse.
- (1) Voir no 12 et 13 du Moniteur delà Teinture, pages 141 et 153.
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- g
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 900 gr. acide sulfurique.
- Après passage, laver sans battre.
- 4. — Passer au bouillon quelques tours sur le bain de chaux bouillant (voir plus loin la formule). Aussitôt l’orange monté, lever ; si on restait plus longtemps sur le bain de chaux l’orange au lieu de gagner en hauteur se dégraderait et deviendrait maigre.
- Bain de chaux caustique.
- 100 litres d’eau environ.
- 3 kilos chaux hydratée.
- Dissoudre et passer ensuite au tamis pour séparer les résidus, ajouter 750 gr. de carbonate de soude, dissous préalablement dans 3 litres d'eau. Mélanger très-bien.
- Bain bouillant de chaux.
- 100 seaux d’eau.
- 2 kil. 500 chaux hydratée.
- 2 kil. 200 gr. bichromate de potasse.
- Employer le bain clair.
- Marron, foncé.
- Donner à froid neuf lisses en nitrate de fer à 5°.
- Rincer, donner à chaud neuf lisses en bain de sumac 15 0/0 de coton, et très-bien laver.
- Donner neuf lisses à chaud en bain de cachou formé avec :
- 100 litres eau bouillante.
- 400 gr. cachou brun.
- Tordre très-bien, laisser en tas une heure sans laver, donner 9 lisses à 70° chaleur en bichromate de potasse à 10 0/0 de coton. Ensuite, tordre, mettre en tas deux heures, puis très-bien laver. Essorer et adoucir au bain d’huile (donné à la recette des noirs).
- Pour avoir un marron plus carmélite, après avoir passé en chromate, passer sur un bain de campê-che jusqu’à hauteur.
- Vert.
- Pour 10 k. coton en flottes.
- Donner neuf lisses à chaud en décoction forte de bain jaune ou de quercitron. — Laver.
- 1er bain.
- Eau tiède.
- 50 gr. acide sulfurique.
- 1/2 litre nitrate de fer à 50°.
- Donner neuf lisses ; laver.
- 2e bain.
- Eau chaude à 40°.
- 250 gr, acide sulfurique.
- 500 gr. prussiate de potasse.
- Donner neuf lisses ; laver dans une eau un peu acidulée comme :
- Eau 100 litres
- Acide sulfurique 200 gr.
- Donner à 70° de chaleur un bain de bois jaune avec un peu d’alun ; lever, finir sans rincer sur bain de carmin d’indigo et d’alun à hauteur de nuance ; cheviller et sécher à l’air.
- (4 suivre).
- LE NOIR D'ANILINE
- DIRECT ET INVERDISSABLE (I)
- Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture,
- Dans tous les mordançages des tissus pour l’impression, il est nécessaire que le blanc des pièces ne soit pas altéré.
- Ainsi la préparation au stannate de soude pour l’ancien genre vapeur, formant de l’oxyde d’étain blanc sur le tissu, donnera toujours un beau blanc.
- Les préparations à l’huile par les genres alizarine
- (I) (Note). — Notre abonné de Mulhouse, à la date du 20 juillet 1879, nous donne les renseignements suivants : « Le procédé du placage du tissu en chromate et de l’impression d’un mélange de chlorate et de sels d’aniline par dessus, a été, s’il ne se trompe pas, appliqué parM. Gatty (patente anglaise) pour fixer le noir d’aniline, déjà en 1866, et il croit qu’il y a un certain nombre de chimistes qui ont suivi les traces de M. Gatty pour fixer le noir. Il nous adresse un nouvel échantillon : Impression très fine et très délicate, blancs assez beaux (à la disposition de nos lecteurs, dans nos bureaux), fait sans aucune trace de chlorate dans la couleur, le noir est bon teint tout de même et ne verdit pas.
- » Vu que ce noir se forme instantanément sur le tissu, dès que la pièce imprimée passe par la chambre chaude, on prend les pièces au sortir de l’étuve, pour les passer en cristaux de soude et pour les finir comme les noirs d’aniline. On ne vaporise donc pas et à quoi bon ? le noir est assez intense pour pouvoir s’en passer.
- » Du reste, c’est régie générale dans les fabriques, de donner aux pièces aussi peu d’opérations que possible. Or, comme il est nécessaire de garder les pièces chromatées et imprimées en noir à l’abri du jour et du soleil, on se dépêche autant que possible pour finir la marchandise pour ne pas courir le risque d’avoir des pièces brûlées par l’acide chromique. »
- Le Moniteur de la Teinture a publié (page 63, n° du 20 mars 1878), un extrait des procès-verbaux des séances du Comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse, intitulé : « Nouveau noir d’aniline. » M. Prud'homme, au nom de M. Jeannolle, avait présenté, dans la séance du 14
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 177
- vapeur produisent également un blanc qui ne laisse rien à désirer.
- Les préparations à l’alumine, qui n’ont jamais été beaucoup employées, sont au contraire sujettes à salir le blanc par les lavages ou dégommages auxquels on soumet les pièces après avoir fixé les matières colorantes par la vapeur d’eau, l’alumine laissée avec le tissu se teindra par l’excédant des couleurs que dégorgeront les pièces dans l’eau de lavage, tandis que par les deux autres préparations, les huiles et l’oxyde d’étain, également combinés avec le tissu, donneront aux pièces finies, un blanc d’une pureté irréprochable.
- Dans le mordançage chromique pour noir d’aniline, il y a un inconvénient d’un autre genre à éviter pour avoir un blanc parfait.
- En séchant les pièces foulardées en dissolution de chromate de potasse, ce dernier se décompose plus ou moins et de l’oxyde de chrome altérant le blanc sur le tissu, on peut bien, par un passage en acide muriatique, rétablir plus ou moins bien le blanc, mais comme ce moyen est très irrégulier et empêcherait certainement d’associer au noir, des couleurs sensibles à l’action des acides, nous avons préféré essayer de trouver un mélange ou composi-tion chromique, empêchant la fixation de l’oxyde de chrome sur le tissu, et donnant, par conséquent, régulièrement un beau blanc; nour avons bien réussi et obtenons maintenant en grand, un blanc régulier et toujours parfaitement pur.
- Nous remercions votre abonné de Mulhouse
- novembre 4877, de nombreux échantillons d’un noir d’aniline par teinture et par impression, noir instantané parfaitement inverdissable sous l’influence de l’acide sulfureux, ne se dégradant ni ne changeant/de nuance. M. Jeannolle se réservait d’envoyer, plus tard, un travail complet sur son noir.
- Par une lettre, en date du 23 juillet dernier, M. Jeannolle nous écrit que son noir est tout simplement celui que notre abonné prétend avoir trouvé. M . Jeannolle dit avoir appliqué cette réaction depuis septembre 4876 et offre de fournir toutes les justifications nécessaires.
- Comme nous l’avons dit au renvoi de l'article « Question, du noir d’aniline n, nous ne pouvons nous prêter aux discussions de priorité de découvertes et de validité de brevets. Nous ferons seulement observer à M. Jeannolle, que la prétention de notre abonné, d’avoir trouvé la réaction, n’a rien d’exhorbitant puisqu’il l'a trouvée lui-même.
- Nous accueillerons et nous enregistrerons les communications qui nous seront adressées concernant le noir d’aniline, en en laissant la responsabilité à leurs auteurs et conservant toujours notre impartialité.
- P. B.
- d’avoir bien voulu nous faire savoir que MM. Wilhelm, Frey et Ce, ont réussi, et avant nous, à vaincre les difficultés de l’application de la réaction de chromique et que depuis un an et demi, ils obtiennent des résultats satisfaisants sur toile chromatée.
- Ceci est déjà un grand progrès qui, nous le pensons, doit conduire à de nombreuses applications.
- Nous cherchons aussi à appliquer les principes de nos procédés d’impression, à la teinture et déjà nous obtenons, d’une manière pratique, simple et économique, les nuances mode naphtylamine inaltérables, qui sont plus vives et moins coûteuses que les teintes au cachou Laval (sulfures organiques.)
- Comme les noirs inverdissables directs par vaporisage sont la source de tous les procédés de coloration en noirs inverdissables, en impression et en teinture, ils sont inséparables du sujet que nous traitons; il est par conséquent utile, avant tout, que nous donnions les formules des meilleurs noirs inverdissables que nous connaissons, les voici :
- Noirs inverdissables directs par vaporisage.
- Afin que notre travail soit aussi complet que possible, nous parlerons d’abord du premier noir inverdissable.
- M. Lauth, ayant envoyé au concours des prix de 1865, de la Société industrielle de Mulhouse, un Mémoire signalant les services que l’industrie des toiles peintes pourra retirer de l’emploi du sulfure de cuivre comme oxydant, et notamment dans le cas spécial du noir d’aniline, le Comité de chimie, dans sa séance du h janvier 1865, a ouvert une discussion sur les procédés de MM. Lightfoot, Lauth et Cordillot, nous reproduisons l’appréciation du Comité, relatif au procédé Cordillot, dont l’invention a rendu, depuis cette époque, aux industries de la teinture et de l’impression, les grands services que tout le monde connaît.
- « III. Procédé Cordillot. — Vers la fin de » 1863, M. Cordillot (dit Lucy), indiqua un nou-» veau procédé qui est exempt de quelques-uns » des inconvénients, inhérents au procédé Light-» foot, mais qui, à son tour, laisse beaucoup à » désirer. En remplaçant, dans le mélange de » M. Lightfoot, le sel de cuivre par le ferrocyanure » d’ammonium, M. Cordillot diminue l’affaiblisse-» ment du tissu et évite l’attaque des racles et des » rouleaux. Les principaux reproches qu’on adresse » à cette couleur sont les suivants : elle ne se con-» serve que très-peu de temps (vingt-quatre heures
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- » à peine), et s’oxyde à une température (30 de-» grés) difficile à obtenir dans les étendages ordi-» naires des fabriques d’indiennes. De plus, on » arrive difficilement par cette méthode à produire » un beau noir et on obtient souvent des rapplica-» cages à l’apprêt et au lavage.
- » Un des membres du Comité fait remarquer, à » cette occasion, que l’emploi du ferricyanure de » potassium, qui donne les mêmes résultats que » celui d’ammonium, avait déjà été signalé dans le » Moniteur scientifique, antérieurement à la com-» munication de M. Cordillot. »
- Dans la séance du 5 avril 1865, M. Schneider donne lecture d’un rapport qu’il a rédigé en collaboration avec M. Schützenberger, sur le mémoire de M. Lauth et le Comité de chimie adopte les conclusions de ce rapport qui sont : de décerner à M. de Lightfoot une médaille d’honneur pour avoir découvert le noir d’aniline ; et d’accorder une médaille de première classe à M. Lauth, pour avoir perfectionné le procédé de M. Lightfoot, et doté l’industrie d’un nouvel oxydant, le sulfure de cuivre.
- Quant à M. Cordillot, l’inventeur du noir d’aniline inverdissable, il n’a rien obtenu.
- Il est évident que si le Comité de chimie avait, à cette époque, compris l’importance du noir au ferricyanure qu’on a toujours beaucoup employé et qui a donné naissance aux procédés pour empêcher le verdissage des noirs d’aniline non vaporisés (1), en impression et en teinture, l’inventeur du noir inverdissable aurait certainement reçu la récompense qu’il a méritée.
- Voici la formule du noir d’aniline de M. Cordillot, breveté en avril 1864, qu’il m’a communiquée en juin de la même année, après avoir perfectionné les proportions du brevet :
- Epaississant.
- 10 kil. amidon blanc.
- 24 litres eau.
- h » eau de gomme à 1,200 gram. par litre.
- 6 » eau de gomme adragante à 65 grammes par litre.
- (1) Voir l’origine des noirs inverdissables. dans une lettre adressée, le 11 décembre 1876, à l’Industriel alsacien, par M. Camille Kœchlin et reproduite par le Moniteur scientifique, année 1877, page 82, par le Bulletin de la Société industrielle de Rouen, mars et avril 1877, et par le Moniteur de la Teinture, année 1877, page 41,
- Préparation n° 1.
- 17 litres épaississant chaud.
- 0.900 kil. chlorate de potasse.
- On ajoute à froid :
- 2 kil. 600 ferricyanure d’ammonium.
- Préparation n° 2.
- 17 litres épaississant chaud.
- 2 kil. 400 chlorhydrate d’aniline.
- 0 kil. 500 acide tartrique.
- Pour la couleur qui sert à imprimer les pièces, on prend :
- 1 partie no 1.
- 1 » n° 2.
- Le mélange une fois fait, ne peut se conserver plus de 26 à 30 heures, mais les préparations n°s 1 et 2 se conservent une quinzaine de jours.
- Après l’impression des noirs, on l’oxyde pendant 24 à 36 heures avec 35° C. d’humidité et 40° C. de chaleur au psychromètre, laver, savonner et sécher.
- Ce noir, ainsi développé, est inverdissable, mais quand il est associé à. des couleurs vapeur et qu'a-près l’avoir oxydé à l'étendage humide, ainsi que nous venons de l’indiquer, on le vaporise, il devient alors inverdissable tandis que notre nouveau noir (1) direct obtenu par le foulardage chromique, se développe instantanément et est inverdissable sans vaporisage, l’oxydation au maximum est, par conséquent, beaucoup plus énergique que par n’importe quel autre procédé et le noir revient moins cher que toutes les autres formules noir vapeur employées jusqu’à présent.
- Depuis 1864, on a beaucoup perfectionné le noir Cordillot, il existe plusieurs bonnes recettes, qu’on peut vaporiser de suite après l’impression, nous indiquons la meilleure que nous connaissions, elle permet de vaporiser les pièces directement après l’impression, sans être obligé de développer le noir par les étendages chauds.
- (1) Afin qu’il ne soit pas possible de soupçonner notre bonne foi, nous déclarons que tous les droits de priorité seront constatés et reconnus par nous à tous ceux qui voudront bien, comme MM. Wilhelm Frey et Ce l’ont fait, faire parvenir au directeur du Moniteur de la Teinture, un échantillon de pièces imprimées par eux en noir d’aniline sur tissu chromaté.
- Nous sommes très éloignés de vouloir nous attribuer ce que d’autres ont trouvé avant nous et nous répétons que le nouveau noir appartient aussi depuis un an et demi à M. Wilhelm, Frey et Ce,
- Votre abonne.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Ce noir se conserve bien, n’attaque pas le tissu, peut s’imprimer avec toutes les couleurs et donne des résultats toujours réguliers, mais revient beaucoup plus cher que le noir vapeur chromique direct.
- Noir d’aniline vapeur direct et inverdis-sable.
- 400 grammes amidon blanc.
- 200 » amidon grillé clair.
- 20 »' noir de fumée.
- 2000 » eau.
- 420 » aniline.
- Bien cuire la couleur et ajouter :
- 275 grammes chlorate de baryte.
- On ajoute peu à peu la dissolution suivante :
- 560 grammes acide tartrique, Dissous dans :
- 1 litre eau.
- Remuer et ajouter :
- 800 grammes ferrocyanure d’ammonium.
- Préparation du ferrocyanure d'ammonium.
- 370 grammes sulfate d’ammonium, Qu’on dissout dans :
- 400 grammes eau bouillante.
- Y ajouter la dissolution de :
- 1040 grammes ferrocyanure de potassium dans :
- 2080 grammes eau bouillante.
- Verser les deux dissolutions, l’une dans l’autre, laisser cristalliser pendant deux jours.
- Employé la liqueur claire.
- Votre abonné.
- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR
- — Suite —
- Dégraissage, nettoyage à fond et mise à neuf de toute espèce d’habillement.
- Jusqu’ici nous n’avons parlé que des moyens pratiques d’enlever les taches partielles sur des étoffes quelconques, mais nous n’avons pas dit un mot du nettoyage à fond des vêtements, qui varient à l’infini selon le caprice de la mode et les progrès de la fabrication. Or, chaque nature d’étoffe et de vêtement exige pour ainsi dire une manutention à part et bien distincte et c’est une des qualités pra-
- tiques essentielles de l’art du dégraisseur que nous allons traiter ici très brièvement.
- Les étoffes de coton, de chanvre et de lin, blanches et en bon teint, se nettoient tout simplement dans un bain de savon que l’on tient à une petite chaleur après avoir enlevé les taches. Généralement, on nettoie ainsi toutes les étoffes de coton colorées, mais on les passe rapidement dans un bain d’eau de rivière, auquel on ajoute alors quelques pincées d’alun en poudre ou quelques gouttes d’acide acétique, citrique ou sulfurique, afin de neutraliser l’action du savon; ensuite on rince les étoffes à l’eau claire, et on leur donne le lustrage et l’apprêt convenables. Les robes, fichus et autres objets d'indiennes et de mousseline, guingamps, etc , sont nettoyés d’abord dans un bain faible de savon blanc, en le tenant pendant quelque temps à la température tiède ; on passe rapidement les étoffes dans ce bain, et on les travaille ensuite dans des baquets à fouler, enfin, on les rince à plusieurs reprises dans l'eau de rivière et dans un dernier bain saturé d’acide acétique. On les fait sécher après avoir été apprêtées avec une colle de fécule et on les soumet à l’action de la machine à lustrer.
- Les tulles et dentelles sont mis avec précaution dans un bain de savon blanc, à la température tiède, et on les y laisse pendant quelque temps, puis on les manie dans un autre bain moins chaud, après les avoir placées dans un sac en canevas pour ne point les tirailler. Depuis quelques années, les praticiens habiles et très soucieux de leur art complètent l’opération en soumettant les étoffes à la vapeur d’eau, et en les lavant à l’eau claire. Nous pourrons même citer à ce sujet un dégraisseur très instruit, qui n’emploie pas d’autre moyen.
- Le crêpe noir est nettoyé dans le fiel de bœuf purifié et porté à la température de l’eau tiède.
- Les voiles, gazes, blondes et satins blancs, sont macérés ordinairement dans un bain de savon blanc, puis on les passe rapidement 2 ou 3 fois à différentes reprises, dans un bain de savon blanc très chaud. Ensuite on les soumet à l’action du gaz acide sulfureux, enfin on rince les étoffes à l’eau, colorée par une dissolution de carmin d’indigo et de cochenille, pour les azurer ; on les presse dans un sac à tordre pour en extraire l’eau superflue, et on les fait sécher rapidement.
- On nettoie aussi le satin blanc au moyen de la craie que l’on réduit en poudre très fine. Ainsi, on place l’étoffe sur une table recouverte d’une couverture de laine et on la saupoudre au fur et à me-
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- sure qu’on la nettoie en la frottant avec une brosse de flanelle ; avec de la mie de pain on donne à l’étoffe de la fraîcheur.
- Mais les damas, les lévantines, les florences, les pékins, et généralement toutes les soieries légères de couleurs délicates, sont nettoyées à l’aide d’une éponge fine avec une composition chaude formée de savon gras, de fiel de bœuf, de miel et d’alcool, à peu près par parties égales et modifiés par une suffisante quantité d’eau. Pour ne point les casser, on les tend sur un châssis ou sur une table et on les attache avec des épingles pour les faire sécher et leur donner le lustre et le brillant que les consommateurs recherchent si ardemment.
- Pour les étoffes de soie brodées en couleurs on emploie la même composition, avec moins de fiel de bœuf qui ternit les couleurs vives ; de plus, on substitue au savon gras le jaune d’œuf qui éclaircit au contraire les couleurs. L’alcool et le miel servent à fixer les couleurs et à leur conserver le lustre.
- Lorsque les broderies renferment du cordonnet d’or ou d’argent, on ajoute à l’eau de rinçage quelques gouttes d’acide sulfurique, à cause des fils qui sont sous l’or et dont la teinte est due au rocou. Mais il est encore un moyen plus sûr et plus efficace de rendre l’éclat et le brillant à l’or et à l’ar-. gent, c’est de faire dissoudre du savon blanc dans l’eau de manière à en former une pâte épaisse. On passe cette pâte avec un pinceau sur l’or et l’argent et on la laisse sécher; ensuite on l’enlève en frottant avec un petit pinceau de poils de sanglier.
- En règle générale, tous les objets de broderie demandent à être repassés et apprêtés encore humides, à l’envers avec un fer chaud, sur une couverture de laine très épaisse ou pliée en double, afin de donner plus de relief au dessin ; la calandre au contraire, aplatirait et écraserait la broderie.
- (4 suivre).
- INDUSTRIELLE
- UNE RÉVOLUTION DANS LA SOIERIE
- Sous ce titre, le Petit Lyonnais nous donne la nouvelle suivante :
- Il y a une quinzaine de jours, débarquait à Lyon un personnage inconnu qui se rendit aussitôt chez plusieurs fabricants de notre ville. Il expliqua alors
- qu’il était l’inventeur d’un procédé qui lui permettait de tisser avec des fils de lin (à 9 fr. le kil.) une étoffe en tous points semblable comme aspect aux étoffes tissées en fil de soie (30 fr. le kilog.) et ayant sur ces dernières une supériorité marquée au point de vue de l’usage et des emplois auxquels on la destine.
- Nous n’étonnerons personne en disant que les susdits fabricants ne prirent pas plus au sérieux l’invention que l’inventeur.
- Cet inconnu ne demandait, en effet, rien moins que de faire souscrire à 5 à 6,000 actions à 500 fr. chacune et de fonder ainsi une société chargée de l’exploitation de son brevet. Les choses restèrent là.
- Il y a deux jours l’inventeur se présentait de nouveau chez un de nos principaux fabricants, mais cette fois muni de telles preuves à l’appui, qu’en moins d’une heure quatorze fabricants avaient couvert la souscription. Une somme de trois millions venait d’être spontanément mise à la disposition de l'inventeur.
- Des essais doivent être faits à Lyon très prochainement. (1)
- (1) Nous donnons cette nouvelle sous toutes réserves. Une souscription de 3 millions couverte en une heure ?
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- Nous sommes toujours prêts à indiquer gratis à Messieurs les Peintres, Peintres en bâtiments et Vernisseurs, les meilleures sources pour les vrais et purs vernis d’ambre Stantiem et Becker, à Konigsherg, en Prusse, seuls possesseurs des Mines d’ambre dans la Prusse occidentale.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23” Année, No 16. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Août 1879.
- SOMMAIRE
- De la charge des soies, par M. MOYRET (suite). — Mémoire sur l'épaillage, par M. René Leblanc (suite). — La question du noir d’aniline : Réponse de notre abonné.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. Schultz {suite).— La Parmaline (2 échantillons). — Teinture des laines et lainages (suite). — Le noir d’aniline direct et inver-dissable (suite). — Aide-mémoire du dégraisseur (suite). — Noir dérivé de l"aniline {Brevet). — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- DE LA CHARGE DES SOIES
- Charge des blancs.
- — Suite —
- Ceci dit, chers lecteurs, je vais revenir à mon sujet, mais avant de continuer, je dois vous dire que la suite de ce travail est extraite d’un travail que j’ai publié dans le numéio 7 du bulletin de l'U-nion des filateurs et mouliniers français de la région de Valence.
- Il n’y a pas, comme je l’ai déjà dit, que pour la soierie que dans ces dernières années la science est venue en aide, sous le faux prétexte de faire produire à meilleur marché, afin de soutenir la concurrence. Je citerai en passant une industrie, celle du papier. Jadis, on le faisait avec du chiffon, mais aujourd’hui, chiffon et succédanés filamenteux ne suffisent plus pour arriver au poids ; le sulfate de baryte est venu en aide. Des filons entiers y ont passé ; on vend le papier au poids, et il faut arriver à le vendre bas prix ; le chiffon est cher, le sulfate de baryte est bon marché, tout est là, et l’on produit des papiers qui n’ont nulle durée.
- Un moment, un teinturier audacieux, voyant les résultats splendides obtenus par l’emploi du sulfate de baryte, dans les papeteries, eut l’idée de charger la soie cuite avec ce sel. Pour y arriver, il suffît de provoquer sur la soie la formation du sulfate de baryte naissant ; malgré sa bonne volonté, les es-sais n’eurent pas de suite, le consommateur fut sauvé, car si les rendements obtenus étaient merveilleux, en place, la plus belle soie se changeait en un vil coton.
- Avant d’aborder les charges des couleurs foncées je dois dire que la charge n’empêche pas l’emploi, comme si de rien n’était, du sucre ; de sorte qu’un blanc cuit peut être chargé à 30 6/° où, si vous aimez mieux, à environ 70 0/°.
- 82. — Charge des couleurs foncées.
- Dans les couleurs foncées, les charges des blancs sont pratiquées, mais il en est une qui employée rationnellement, donne des qualités à la soie ; j’en ai parlé plus haut, c’est la charge obtenue par les engallages à froid, dans les bains concentrés de galle ou de sumac. A mon avis, il est regrettable que la nuance grisâtre donnée par les tannins en empêche l’emploi dans les blancs et couleurs claires, car cette charge qui donne 25 0/° de poids aux soies crues, qui rattrape le poids perdu à la cuite, et au delà celui perdu à l'assouplissage, donne plutôt des qualités qu’elle n’en enlève à la soie. Un de mes amis, ayant une partie indévidable, par cause de faiblesse du brin altéré en teinture, eut l’idée de l’engaller, après quoi elle fut parfaitement dévidable. Arriver à décolorer les tannins pour pouvoir charger, avec, les blancs et les couleurs claires, et proscrire toutes les autres charges, tels sont les problèmes à résoudre dans l’avenir.
- Dans les couleurs très-foncées, gros verts marrons pour parapluies, etc., les ressources de la. charge s’agrandissent, pour les premiers, par l’emploi de sels de fer connus sous les noms de couperose, rouil, et du prussiate de potasse ; l’on peut fixer des masses considérables de bleu de Prusse, que l’on couvrira et chargera encore par des tannins et des matières jaunes ; dans les seconds, par l’emploi du cachou et du bichromate de potasse, l’on arrive également à des poids considérables, 60 à 80 ./° dans les cuits. La charge des marrons
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- est très-solide, à mon avis, presque purement organique, ce n’est pas une des plus mauvaises. C’est à la teinture en marron solide que revient l’honneur d’avoir popularisé le cachou en Europe. Le temps n’est plus où ce produit des Indes n’était guère connu que des pharmaciens et des imprimeurs de Mulhouse ; ce n’est plus par balles isolées qu’il arrive dans nos ports ; mais c’est par navires que se font les arrivages. C’est une source précieuse pour le fret de nos armateurs : il voyage d’ailleurs à bas prix, étant transporté comme lest dans la cale des navires.
- § 3. — Charge des noirs.
- Me voici arrivé aux noirs. Je l’ai déjà dit, dans ces teintures la charge est arrivée à l’apogée ; pour arriver à de si beaux résultats, tout l’arsenal des produits chimiques y a passé ; tous les pays de notre planète ont été fouillés : règne végétal, règne minéral, et quelque peu le règne animal, ont été mis à contribution. Chimistes et teinturiers ont rivalisé de zèle, essais rationnels et irrationnels se sont succédé depuis quelque trente ans sans interruptions, et à force d’entasser Pélions de tannins sur Ossa de fer, on est arrivé à produire ces soieries noires modernes, dont personne ne veut plus et en connaissance de cause.
- Les teinturiers en noir sont devenus la providence des marchands de vieilles ferrailles ; Lyon, Saint-Etienne et Saint-Chamond emploient à eux seuls journellement plus de 40,000 kilogr. de sels de fer, rouil, couperose et pyrolignite, représentant environ 4 à 5 tonnes de fer métallique, soit de quoi cuirasser un navire dans le courant d’une année. Les fabriques de prussiate de potasse ont vu s’augmenter considérablement le chiffre de leurs affaires, et soutirent constamment des quantités considérable de matières animales et de sels de potasse aux besoins de l’agriculture. Nos forêts de chêne et de hêtre sont dépeuplées pour les besoins de la fabrication du pyrolignite ; de même celles de châtaigniers de l’Auvergne et de la Savoie ne suffiront bientôt plus aux besoins de la teinture en noir, et l’on commence déjà à recourir aux châtaigneraies de la Sardaigne et de la Corse. Les galles ordinaires deviennent trop rares et il faut faire appel à d’autres produits similaires, galles de Chine, dividivi, myrobolans, sumacs, etc. Pour faire tirer encore plus les matières tannantes, le sel d’étain est venu apporter un précieux concours ; Banca, Malaca et autres lieux peuvent heureusement pro
- duire des quantités illimitées d’étain. Un seul point noir se montre à l’horizon, c’est la disparition du campêche dans un avenir plus ou moins éloigné ; car, pour arriver à couvrir d’une belle nuance tout cet entassement de fer, de tannins, d’étain, etc., il faut du campêche, et beaucoup de campêche. Les forêts du Mexique se dépeuplent, et le temps est indispensable pour reproduire ces beaux arbres séculaires qu’on abat journellement et que l’on ne replante pas par incurie. Pour adoucir tout cela, il faut du savon ; les savons succèdent aux savons, et dans nos grandes teintureries en noir, une voiture de deux mille kilogr. est à peine entrée dans les cours, que le savon contrôlé est dissous, employé, puis jeté au canal. Marseille doit savoir beaucoup de gré au développement de la charge, qui lui a créé un si grand débouché pour tous ses produits inférieurs dits purs d’olive, huile de coton, grignons, etc., tout y passe. Le savonnerie aussi a marché avec le progrès.
- Enfin, pour terminer cette longue liste de matières employées, l’huile d’olive, le jus de citron, l’acide acétique, la colle, etc., viendront compléter la filière des opérations d’un noir chargé. Bien heureuses seront les soies finies, si on ne les met pas encore quelques vingt-quatre heures dans une cave humide, pour leur donner cinq ou six pour cent de poids avant de les rendre au fabricant ; car malgré sa bonne volonté et son habileté, le teinturier peut manquer son poids de quelques pour cent à la teinture, et alors, la cave lui vient en aide.
- Le temps est loin où nos pères faisaient des noirs inférieurs comme nuance et comme rendement aux nôtres, c’est vrai, mais produisant des étoffes d’une durée telle, qu’elles se léguaient de mère en fille. A ces époques fortunées pour l’acheteur, un noir était vite fait et employait peu de drogues. Cuire la soie, l’engaller, puis la passer sur un bain dit tonne au noir, réitérer ces deux dernières opérations, terminer par un léger savon à froid pour adoucir, et le noir était fait. Macquer nous a conservé dans son Art de la teinture de la Soie, la description des procédés, avec beaucoup de fidélité. Quoique je n’aie point la prétention de vouloir faire revenir la teinture en arrière et de lui conseiller l’emploi de la tonne au noir, sel de fer, dans lequel de l’aveu même de Macquer, sur les 75 ingrédients employés, il y en avait 70 d’inutiles, je crois qu’il est grand temps, si l’on veut sauver les soieries noires, de revenir aux charges modérées, qui,
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- de l’aveu de tous les spécialistes, sont nécessaires pour garnir le brin.
- M. Moyret.
- (A suivre).
- MÉMOIRE SUR L’ÉPAILLAGE
- Présenté à la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- — Suite. —
- Quelquefois le bain acide est mêlé à la solution saline, il y a économie dans la main d’œuvre ; mais la dose d’acide doit être augmentée ou bien l'épail-lage est imparfait ; car une partie de cet acide est neutralisée par le sel préservateur. D’autre part si l’on augmente la quantité d’acide, la laine peut être suffisamment préservée. Il y a donc avantage à employer séparément les deux solutions.
- L’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique sont les seuls employés dans la méthode par voie humide. On les étend d’eau de manière que la solution marque 3° Baumé pour le premier, 4 ou 5 pour le second.
- L’immersion dansla dissolution d’acide sulfurique se fait à froid et dure de douze heures à deux jours, si la laine ne doit pas être soumise à la température élevée d’une sécheuse à vapeur ou à air chaud. Les gratterons désorganisés dans leur contact prolongé avec l’acide et un lavage énergique, après essorage de matière à épailler, suffit quelquefois pour faire disparaître à peu près complètement la matière végétale. Mais il est bien préférable de sécher et de battre après essorage ; le résultat est beaucoup plus complet. Cette méthode permet d’opérer sur de grandes quantités à la fois; malheureusement la laine ne sort pas intacte de ce séjour prolongé dans l’acide sulfurique, surtout lorsqu’un désuintage et un dégraissage absolument complet n'ont pas précédé l’épaillage.
- L’immersion se fait à une température de 15 à 25 degrés si la matière doit être soumise à la chaleur de l’étuve, et elle dure de dix à vingt minutes. Cette légère élévation de température facilite le mouillage de la laine et diminue le temps de l’immersion.
- Le trempage dans le bain-acide, à froid ou à tiède, se fait dans de grandes cuves en bois, garnies Itérieurement de plomb, et munies de roules
- conducteurs des pièces si l’épaillage a lieu sur tissu. Si l’on traite de la laine non manufacturée, on la plonge à même dans le bain, on la remue et on la retire au moyen de fourchettes, ou bien on la place dans une cage à claire-voie qui peut entrer dans le bain ou en sortir à volonté. Quelquefois la laine est placée d’abord dans la cuve ; on fait arriver l’acide ensuite sous forme de pluie fine, ce qui facilite une imprégnation rapide; on encave, le vide est fait dans la cave par une disposition spéciale, et un robinet permet à la solution acide de se distribuer sous forme de rosée. Les tissus sont toujours immergés dans la cuve munie de roules, et le contact avec l’acide est plus court que possible.
- Après l’immersion rapide, on procède à l’essorage ; cette opération a pour but de retirer l’acide en excès.
- La laine ou le tissu est ensuite placé dans la sécheuse, appelée aussi carboniseuse.
- L’appareil est muni de roules qui conduisent les pièces, si l’opération a lieu sur le tissu ; sur ces roules passe, au contraire, une toile métallique sans fin, qui reçoit la matière si l’on opère sur la laine non filée.
- La sécheuse peut être chauffée de différentes manières ; l’une des plus simples consiste à y envoyer au moyen d’un ventilateur, les produits de la combustion d’un foyer coke; les autres combustibles conviendraient peu, à cause de la production de fumée ou de cendres.
- On chauffe aussi à la vapeur, soit au moyen de serpentins circulant dans l’intérieur de la sécheuse, soit au moyen de cylindres creux tenant lieu de roules, et dans lesquels la vapeur arrive. Cette disposition est plus coûteuse que la première.
- Des thermomètres doivent être placés en différents endroits de la sécheuse ; le réservoir doit être situé assez loin des parois pour qu’on puisse compter sur une appréciation suffisamment exacte de la température ; la tige du thermomètre est ordinairement courbée à angle droit et la partie graduée est visible en dehors de l’appareil.
- Il serait bon de placer entre la sécheuse et la cheminée d’appel une sorte de chambre où arriveraient l’air et les gaz chauds dont le calorique va être perdu. Les pièces passeraient d’abord dans cette chambre et entreraient dans la sécheuse après avoir perdu déjà la plus grande partie de leur humidité. Cette chambre pourra être réalisée dans la sécheuse même, laquelle devra, dans tous les cas.
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- être disposée de manière que les gaz chauds qui la traversent effectuent le plus de parcours possible. La disposition la mieux comprise au point de vue économique sera celle dans laquelle les gaz auront, à leur sortie par la cheminée d’appel, la température la moins élevée.
- La laine doit entrer à l’endroit le moins chaud de la sécheuse, le temps qu’elle doit y passer sera d’autant plus court, que la laine aura été introduite plus sèche. L’expérience montre, lorsque le laine a perdu son eau hygrométrique, qu’il suffit de cinq minutes et d’une température de 110 degrés pour obtenir la destruction complète du gratleron. En aucun cas, la température ne devra dépasser 120 degrés. Jusqu’à 110 ou 115 degrés, la laine reste à peu près intacte; mais à 120 degrés elle subit un commencement de détérioration qui se traduit par une couleur jaune-roux, plus ou moins prononcée, souvent par une diminution de solidité dans la fibre.
- De la laine, traitée avec les précautions indiquées plus haut par de l’acide sulfurique à 3° Baumé, peut être soumise sans danger apparent pendant une demi-heure à une température de 110 degrés. Si l’on élève la température à 130 degrés, et qu’on y soumette la laine pendant deux heures, celle-ci commence à jaunir, et la mèche est moins résistante. Après six heures d’exposition à une température de 125 ou 130 degrés, la laine devenue jaune se casse.
- En l’examinant au microscope avec un grossissement de 600 diamètres, la destruction de la fibre est manifeste; celle-ci n’a plus cette ondulation qui fait la frisure, elle est droite et raide ; et au lieu d’une régulière c’est une cassure que l’on remarque-, les brins de laine ressemblent à des tronçons droits, rappelant par leur forme des tiges de prèles dont on aurait séparé les articles.
- En employant un bain d'épaillage à 10 0/0 d’acide sulfurique ou chlorhydrique, et en maintenant la température de la carboniseuse à 130 degrés pendant six heures, la laine est complètement détruite; elle se pulvérise entre les doigts.
- Il est donc d’une importance capitale de diminuer autant que possible la durée et la température de carbonisation. On y arrivera surtout en faisant suivre l’essorage, qui devra être complet, d’un séchage aussi parfait que possible. De cette manière, le passage à la carboniseuse sera plus rapide et l'ac-tion destructive de l’acide sur la laine diminuée dans
- la même proportion. Car il faut bien en convenir, l’action des acides sur la laine n’est jamais nulle ; de ce qu’elle est moindre à 120 degrés qu’à 140, s’ensuit-il qu’à 110 degrés elle soit nulle? Elle est beaucoup moindre, voilà tout.
- La laine non ouvrée, avons-nous dit, se débarrasse assez bien, par un lavage énergique, d’une grande partie des débris pailleux carbonisés, et le reste disparaît à peu près complètement dans les opérations telles que le cardage, qu’elle doit subir eusuite; mais un battage, après passage à la sécheuse, donne toujours des résultats plus complets. Les tissus doivent être battus ou frottés, de manière à faire disparaître les débris du gratteron. Cette opération se fait au moyen d’une batteuse, d’une fouleuse à sec, ou de cylindres cannelés; elle est des plus simples -, cependant, si elle dure trop longtemps, elle peut fatiguer la fibre. Elle sera d’autant plus rapide que le tissu sur lequel on opère sera plus sec ; si on laisse au gratteron le temps de reprendre de l’humidité, il se brisera et se détachera mois facilement. Le mieux est donc de battre aussitôt après le passage à la sécheuse ; on pourrait même disposer la batteuse en quelque sorte dans cette dernière, tout-à-fait à la sortie de la laine. Nous reparlerons plus loin de cette disposition qui n’est pas indispensable dans la méthode par voie humide.
- La laine débarrassée des matières végétales qu’elle contenait, doit l’être des produits dont elle a été recouverte dans les immersions qu’on lui a fait subir ; si la laine restait acide, elle deviendrait grasse dans un bain savonneux, parce que le savon serait décomposé, et son acide gras se fixerait sur la fibre.
- Un lavage à l’eau enlève une grande partie des substances préservatrices et épaillantes; cependant le désacidage est difficile à opérer complètement avec de l’eau seule; on réussira mieux en employant un bain légèrement alcalin. Le carbonate de soude ou l’ammoniaque conviennent très bien à la dose de 1 à 1/2 0/0 ; on peut employer l’urine putréfiée pour remplacer l’ammoniaque; l’eau de chaux, indiquée quelquefois dans le même but, devra être rejetée, car elle peut former sur la laine des composés insolubles, difficiles à expulser.
- L’opération du désacidage sera toujours terminée par un lavage complet à l’eau claire.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ......
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE
- PROCÉDÉS
- DES TISSUS
- En réponse à la lettre de M. Grawitz du 30 juillet dernier, nous recevons la lettre suivante de notre abonné -, nous espérons que la dernière condition de cette lettre sera adoptée et la question bientôt jugée par les arbitres.
- « Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture,
- » J’ai pris connaissance de la lettre du 30 juillet de M. Grawitz, j’accepte les proportions et conditions telles qu’elles sont décrites paragraphe Ier.
- » Mais mon adversaire n’indique aucune proportion pour la couleur sans aucun métal, il dit :
- « 2° Couleur sans aucun métal, contenant pro-» portions convenables d’épaississant, de chlorate » alcalin et de sel d’aniline. »
- » Tout le monde sait qu’une pareille couleur, cuite dans des ustensiles en cuivre et imprimée avec des rouleaux en cuivre, donne le noir avec métal, généralement employé -, dans ce cas, l’acide du sel d’aniline dissout assez de cuivre pour remplacer le sel métallique, ce qui nous mettrait dans les conditions connues de la génération du noir d’aniline avec un sel métallique.
- » Pour que l’expérience soit bien faite et concluante, la couleur sans aucun métal devra être cuite dans une chaudière émaillée et imprimée avec une planche en bois, ainsi que je l’ai déjà dit par ma lettre, pages 137 et 138 (n°du 20 juin).
- » Je déposerai les dix mille francs à la Banque de France dès que M. Grawitz aura accepté cette dernière condition, qui est la seule démonstration | pratique possible de la formation du noir d’aniline sans l’intermédiaire d’aucun sel métallique.
- » Agréez, etc.
- » Votre abonné. »
- RONGEANTS ET ENLEVAGES (I) Par Alex. SCHULTZ.
- — Suite (2). —
- Vert au quercitron sur bleu cuvé.
- (Procédé anglais.)
- Après le cuvage et le passage en acide, on foularde en acétate d’alumine à 6° B., on sèche sur les plaques à vapeur et on met 24 heures dans l’étendage avec 27 degrés d’humidité et 30 degrés de chaleur au psy-chromètre.
- On dégomme en silicate de soude à la température de 55 à 65° C.
- On donne un second dégommage en boyaux.
- On lave et on sèche.
- On foularde alors deux fois en bichromate de potasse à 6° B., et on sèche au moyen d’un séchoir à plaques à vapeur ou dans une étente à barrettes, dont les barrettes sont entourées de toile cirée, ce qui empêche le mordant de marquer.
- Il faut avoir soin de préserver les pièces de la lumière ; on les enroule avec soin et imprime l’enlevage blanc suivant :
- Enlevage blanc.
- I kil. amidon grillé.
- 2 litres eau.
- 0 kil. 750 terre de pipe.
- 0 » 450 acide oxalique.
- Teinture en quercitron.
- On finit les pièces en les passant dans de l’eau tiède par la cuve à roulettes.
- Lavage au clapot-traquet et séchage.
- (1) Erratum.— Page 173 du dernier numéro, 2e colonne, ligne 24, au lieu de : Pour fixer l’article, lire : Pour faire l’article; et ligne 41, au lieu de : la puce naphtylamine, lire : le puce naphtylamine.
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, n" 5, 6, 7, 8, 9, HO, 11, 12, 13, 14 et 15, année 1879.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Enlevage blanc et rouge au double rouleau sur fond cuvé.
- (Procédé Steiner.)
- lo Cuver en bleu, six à huit trempes.
- 2° Foularder en bichromate de potasse à raison de 1 25 grammes par litre, sécher à la chambre à roulettes, en évitant la lumière solaire.
- 3° Imprimer les enlevages blancs et rouges suivants :
- Enlevage blanc.
- 4 litres eau.
- I kil. 125 amidon blanc,
- Cuire et ajouter à froid :
- 1 kil. acide tartrique.
- Okil.625 acide oxalique, dissous dans :
- 1 litre eau.
- Enlevage rouge.
- 16 litres acétate d’alumine.
- 4 kil. amidon blanc.
- Cuire, laisser refroidir la moitié de la couleur, y ajouter :
- 3 kil. 500 acide oxalique.
- Puis ajouter l’autre moitié de la dissolution chaude pour achever la dissolution de l’acide oxalique.
- Préparation de V acétate d’alumine.
- I kil. alun.
- I » pyrolignite de plomb.
- 2 litres eau.
- La puce foncé s’obtient.par l’impression d’un rouge à l’acétate d’alumine.
- Imprimer le rongeant blanc et le rongeant rouge au rouleau à deux couleurs ou à la perrotine, en évitant une dessication trop forte, puis étendre dans un étendage chaud et non humide, ce qui est une condition rigoureuse de réussite. Le lendemain dégommer comme suit :
- Monter une cuve à roulettes avec :
- 3 kil. acétate de potasse.
- 1212 » craie.
- 1000 litres eau;
- Passer lentement les pièces au bouillon pour que la craie reste constamment en suspension.
- A l’avant de la cuve, il faut deux rouleaux entourés de toiles, pour exprimer fortement les pièces.
- Alimenter la cuve à raison de 50 grammes d’arséniate de potasse par pièce et un peu de craie après le passage des cinq premières pièces.
- Teindre après un nettoyage énergique en garancine, quercitron et bois et passage en son bouillant.
- L’oxalate d’alumine, qui se forme en préparant le rouge, est un sel très hygrométrique, c’est pourquoi il est essentiel de maintenir les pièces bien sèches avant de les passer en cuve à roulettes, sinon on n’obtient que des rouges maigres ou piqués par suite de la cristallisation du sous-sulfate d’alumine que contient encore la couleur.
- Ce procédé ingénieux a été trouvé par M. Ed. Steiner, les premières pièces ont été faites par lui, chez MM. Prevel et Paris, à Rouen.
- Enlevage blanc et rouge au double rouleau.
- (Méthode intervertie du procédé Steiner.)
- Enlevage blanc.
- Le même que pour la méthode intervertie d’enlevage blanc sur bleu cuvé.
- Enlevage rouge.
- 2 I[4 litres eau.
- 250 gram. amidon blanc.
- 90 » farine.
- Bouillir et ajouter à chaud :
- 250 gram. bichromate de potasse.
- 380 » sel pour Rose (bichlorure d’étain et d’ammoniaque); le pinksalt des Anglais.
- Traitement des pièces.
- Le même que pour la méthode intervertie d’enlevage blanc sur bleu cuvé, en employant, après le passage en acide sulfuri-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- que et oxalique (page 174) le dégommage et la teinture du procédé Steiner ci-dessus.
- En teignant en alizarine au lieu de teindre en garancine et quercitron et bois, et employant le savonnage suivant, indiqué pour l’enlevage blanc sur bleu cuvé, on obtiendra des couleurs plus vives.
- Premier savon.
- 600 litres eau.
- 3 kil. savon.
- Une demi-heure à 50° C., pour 6 pièces de 100 mètres.
- Laver, donner un deuxième savon comme celui ci-dessus à 60° C.
- Lavage en eau chaude et séchage.
- Autre enlevage rouge pouvant servir pour l’impression,
- (au moyen de la méthode intervertie ci-dessus.')
- 4 I[2 litres eau.
- I kil. stannate de soude.
- 0 kil. 500 colophane,
- Bouillir et ajouter à chaud :
- I [2 litre ammoniaque.
- O kil. 500 chromate de potasse jaune. Epaissir à l’amidon grillé.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- PARMALINE
- Le colorant que la maison Max-Singer met à la disposition des teinturiers et auquel elle a donné le nom de Parmaline, donne la teinte bleu foncé rougeâtre se rapprochant du violet de Parme.
- Ce produit s’emploie pour la teinture de la soie, de la laine et du coton. Les échantillons de l’application sur coton en écheveaux que nous donnons ci-dessous ont été teints avec ce colorant.
- Le coton a été mordancé fortement au sumac, tordu et teint sur bain tiède contenant la solution du colorant. Pour que ce dernier puisse monter convenablement il est nécessaire de laisser traîner
- le coton un certain temps sur le bain. Ce procédé (tel qu’on nous le transmet) paraît fort simple.
- Nos lecteurs apprécieront s’il leur était possible d’obtenir une nuance aussi foncée avec les autres bleus d’aniline qu’ils emploient, sans donner de pieds de cuve ou autre et sans remontages. Ils pourront se faire une idée du prix de revient de la teinture avec la parmaline quand nour leur aurons dit que le prix du kilo de ce colorant est de 35 fr.
- TEINTURE
- DES LAINES & LAINAGES
- — Suite (I) —
- Les couleurs d’aniline se dissolvent :
- Les unes à l’eau, c’est la plus grande partie.
- Les autres à l'alcool, comme divers bleus, violets, éosine, etc. On peut aussi employer en place de l’alcool, le méthylène ou esprit de bois, ou l’acide acétique, mais l'alcool est le meilleur des dissolvants.
- Alcool. — L’alcool généralement employé est l’alcool de vins, de betterave ou de garance rectifié. On peut se servir aussi d’alcool de grain, de pommes de terre ou de riz. L’essentiel est que l'alcool soit pur, d'un bon goût, de première qualité et titrant de 90 à 95 degrés au moins.
- On ne saurait trop insister sur ce point, car bien des défectuosités de dissolution ou de teinture ne proviennent très souvent que d’une mauvaise qualité d’alcool.
- (1) Voir les nes 13 et 14 du Moniteur de la Teinture,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Tout mélange d’amyle (huile ou essence de pommes de terre) dans l’alcool, même dans la plus petite proportion, suffit pour détruire la couleur. La présence de l’amyle est facile à constater à deux signes : son odeur caractéristique et son insolubilité dans l’eau. En étendant d’eau l’alcool mélangé, l’amyle vient surnager à la surface en forme de taches d’huile.
- Méthylène. — Le méthylène doit être complètement pur, de première qualité et marquant 98 degrés au moins.
- Acide acétique. — L’acide acétique doit être de qualité dite pour les arts, titrant 8 degrés et ne contenant aucune trace d’acide sulfurique. Les proportions ci-après indiquées pour l’alcool sont les mêmes pour le méthylène.
- Quant à l’acide acétique, il ne s’emploie pas seul comme dissolvant, mais par mélange avec l’alcool ou le méthylène, dans la dissolution des violets rouges.
- Dissolutions à l’eau.
- Ces dissolutions se font dans un vase ou récipient de préférence en fonte émaillée, et dans l’eau bouillante. Il vaut mieux chauffer au bain-marie qu’à feu nu; on évite ainsi le danger de résinifier le produit. On ne doit pas faire bouillir le produit mis d’avance dans l’eau, mais verser peu à peu la poudre dans l’eau bouillante et par petites fractions en ayant soin d’agiter à mesure, pour que la dissolution soit bien complète et en maintenant l’ébullition jusque là. La proportion est d’environ de 50 à 100 parties d’eau pour une de couleur. Il est préférable de ne dissoudre les couleurs que peu de temps avant leur emploi, parce qu’elles se décomposent à la longue. Il est nécessaire aussi de filtrer sur un feutre pour que les parties non dissoutes n’occasionnent pas des taches.
- Dissolutions à l’alcool.
- Toute dissolution à l’alcool doit se faire au bain-marie et être chauffée graduellement.
- Le meilleur récipient est une marmite autoclave, ou cuve chaudière à double fond, chauffée par la vapeur. On réussit également très bien en se servant d’un vase en métal ou en verre, à col étroit, fermé par un bouchon que traverse un tube en verre de 1 m. à 1 m,50 environ de longueur.
- On évite ainsi l’évaporation de l’alcool, qui se condense dans ce tube et retombe dans le récipient. Il conserve donc toute sa force et tout le produit en
- parfaite dissolution, chose indispensable pour éviter les taches sur les matières à teindre.
- On commence par mettre l’alcool dans le vase et on chauffe légèrement au bain-marie (environ 20 degrés) puis on y verse la poudre de couleur en la délayant à mesure. On ferme le bidon et on pousse peu à peu à l’ébullition.
- Lorsque la dissolution monte dans le tube, il faut pour éviter une explosion, arrêter le bouillon en le maintenant plus doucement et plus ou moins longtemps, suivant la solubilité du produit.i
- Filtrage.
- Toute dissolution est passée dans un filtre de feutre ou de papier à filtrer, afin que les quelques parties du produit qui ne seraient pas complètement dissoutes, ne restent pas dans le colorant et ne viennent pas salir les matières teintes. Le filtrage est donc une opération indispensable pour éviter les piqûres et les taches. Après la filtration, la dissolution est prête à être mise dans l’eau du bain qui doit servir à teindre.
- Résidus.
- On traite de nouveau de la même façon les résidus qui restent sur le filtre. Pour le bleu, par exemple, plus il est pur et plus il se rapproche du bleu lumière, plus la dissolution est difficile et exige d’alcool.
- Le résidu resté sur le filtre n’est alors autre chose que la partie la plus pure du bleu, donnant les nuances les plus belles et les plus vertes.
- Tout résidu (d’un bon produit), prouve seulement qu’on n’a pas assez employé d’alcool ou d’eau pour le dissoudre, ou qu’il n’a pas été assez chauffé.
- Taches.
- Les dissolutions alcooliques peuvent se faire à l’avance, et elles se conservent très bien dans des vases bien bouchés ; mais elles forment, par le refroidissement, un dépôt au fond du récipient où le colorant tend à se précipiter. Il faut donc, et c’est un point essentiel, réchauffer au bain-marie la solution, avant de s’en servir, pour reconstituer son homogénéité. Faute de prendre cette précaution, le colorant précipité vient surnager à la surface du bain de teinture où il forme un résidu gras et poisseux, qui produit principalement, sur les laines en pièces, ces taches signalées par quelques teinturiers.
- Le même inconvénient se présente, si, par suite
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- de l’évaporation de l’alcool pendant la dissolution, ou faute d’une proportion suffisante d’alcool, la dissolution de la poudre n’est pas complète, ou si le filtrage a été omis ou fait à travers un tissu trop peu serré. Les dissolutions ainsi réchauffées n’ont pas besoin d’être soumises à un nouveau filtrage.
- Massage.
- Il arrive parfois, surtout sous l’influence des fortes chaleurs, que les poudres de couleur s’agglomèrent dans les boîtes métalliques et se massent en blocs durs et compactes, pendant que d’autres couches prennent l’aspect d’une pâte délayée et laissent suinter des traces d’aniline. Cette altération de forme, due à une cause toute extérieure, ne nuit absolument en rien, ni à la qualité ni à la nuance de la couleur et n’a d’autre inconvénient que d’en rendre la solution plus longue à opérer.
- Aussi, avant d’y procéder, il faut d’abord ramener le produit à son état primitif de poudre impalpable, et pour ceia le pulvériser à nouveau dans un mortier ou tout simplement à l’aide d’une cruche de grès sur une table de pierre ou de marbre.
- Tout ce que nous venons de dire dans cet article s’applique également aux précautions à prendre dans la teinture des soies et des cotons, et de toute autre matière textile avec les couleurs d’aniline.
- (4 suivre).
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- LE NOIR D’ANILINE DIRECT ET INVERDISSABLE
- — Suite (I) —
- Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture.
- Messieurs Paraf-Javal, imprimeurs de toiles peintes, à Thann, ont pris en 1865 un brevet d’un grand intérêt dans la question du noir d’aniline, et en général, pour l’application en teinture et en impression, des alcaloïdes. Comme l’utilisation de ce principe patenté sera en grande partie le sujet de notre lettre, nous croyons qu’il est utile de citer le brevet en entier, le voici :
- (1) Voir les numéros 14 et 15 du Moniteur de la Teinture année courante.
- Brevet n° 69,254 (8 novembre 1865), de MM. Paraf Javal, à Thann (Alsace).
- Utilisation des propriétés de certains corps.
- « Le froid peut être utilisé pour ralentir les actions « des combinaisons chimiques qui se font vivement, « on obtient alors dans beaucoup de cas des résultats « meilleurs.
- « En traitant un sel d’aniline, par de l’acide chro-« mique, on obtient un résidu noir, ou précipité; « c’est de ce résidu qu’on extrait le violet au chro-« mate ; en formant ce précipité noir sur des tissus « de coton sous l’influence du froid, l’extraction du « violet et les lavages se font beaucoup plus facile-« ment tout en obtenant un beau noir sur le tissu.
- « On peut aussi, par le refroidissement, former sur « les tissus de coton un précipité de bleu de fuchsine, « faire les lavages beaucoup plus facilement et dis-« soudre le bleu dans l’alcool tout en recueillant ce « dernier.
- « Ce procédé de refroidissement peut servir dans « une foule de circonstances ; au lieu de former le « précipité à la manière ordinaire, on le forme sur le « tissu de coton, et on peut alors faire les lavages et « les dissolutions bien facilement et d’une manière « complète.
- « En refroidissant complètement le cuivre des rou-« leaux jaunes servant à l’impression des tissus, on « peut faire des hachures à la machine à couper; à « la température ordinaire et sans opérer le refroidis-« sement, le cuivre s’écaille souvent.
- « En refroidissant convenablement la cire, on ob-« tient des empreintes d’une beauté remarquable.
- « Par un refroidissement convenable, les gris d’ani-« line au chrome, s’obtiennent facilement.
- « On peut par le froid régler bien des actions chi-« miques qui se font trop vivement pour la teinture et « l’impression et obtenir des résultat avantageux.
- Nous ne pensons pas que le brevet de MM.Paraf-Javal ait été utilisé pour la coloration du coton, et croyons avoir tiré un parti avantageux de l’application du froid pour la teinture avec les alcaloïdes.
- Ainsi en teignant avec :
- eau,
- sel d’un alcaloïde, chromate de potasse, dans des proportions convenables, il se forme dans le bain de teinture à une température de + 20* c. un précipité qui teindra mal le coton.
- Si pour le même bain composé des mêmes matières et dans les mêmes proportions, on emploie pour la teinture une température de + 5° c. le précipité ne se formera que sur les fibres du coton qu’il teindra bien régulièrement et le bain de teinture restera limpide.
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- Ainsi dans le cas de sa teinture à une température de 20°, nous sommes dans de mauvaises conditions, tandis qu’elles deviennent bonnes et avantageuses à 4- 5° c.
- Le principe de refroidissement sur lequel est basé notre système de teinture, agit en sens opposé delà chaleur, qui, tout le monde le sait, est employé afin de produire les combinaisons des mordants avec les matières colorantes, tandis que par un abaissement de température, nous avons pour but de ralentir les actions des combinaisons qui se font trop vivement et d’empêcher par là, la précipitation des mélanges de mordants et de matières colorantes.
- Ces mélanges teignent le coton à une basse température et ne teignent plus lorsque les laques se sont formées.
- Donc, au lieu de mordancer le coton ainsi qu’on l’a fait jusqu’à présent, et de teindre après le mordançage en chauffant, nous mélangeons les mordants avec les matières colorantes et obtenons plus facilement par une seule opération, ce qu’on faisait en deux fois sans être obligé de chauffer. La teinture se fait plus régulièrement lorsque le mordant est mélangé avec le colorant.
- Notre idée peut s’appliquer à un très grand nombre de teintures et de combinaisons, elle est tellement simple que nous trouvons inutile de la développer plus longuement.
- Nous n’en dirons pas d’avantage, nous avons pris un brevet, et les teinturiers qui voudront s’adresser au directeur du Moniteur de la Teinture^ recevront les renseignements complémentaires qu’ils lui demanderont pour la teinture des différentes nuances inaltérables ; les expériences seront faites en leur présence, s’ils le désirent.
- Une couleur très-importante pour la teinture, est le gris perle inaltérable, — pour les tissus corsets, ne ne croyons pas que jusqu’à présent, on soit arrivé à faire ce gris perle si recherché, résistant aux acides, à l’air et aux savonnages.
- Jusqu’à présent, ce gris a été teint en couperose et savon, mais ainsi obtenu, il ne résiste pas aux agents destructeurs (1).
- Depuis que nous publions notre travail sur la préparation du tissu blanc, en chromate de potasse, nous avons reçu plusieurs réclamations revendiquant la priorité de l’idée du chromatage du tissu.
- A ces Messieurs, nous répondrons que le mordançage, au foulardage chromique, a été employé en même temps que la préparation du tissu, au sulfate de cuivre, décrite en 1863, dans la patente anglaise de M. Lightfoot; ce qui le prouve, c’est qu’on peut lire dans le Moniteur scientifique, année 1864, page 434, un article sur le noir d’aniline où il est dit :
- » Des chimistes ont préparé les pièces avec une « dissolution de sulfate de cuivre au lieu de l'ajou-« ter à la couleur. Mais, dans ce cas, l’application « du noir d’aniline se borne à peu de chose, puis-« qu’il y a bien peu de couleurs qui puissent s'im-« primer sur des pièces ainsi préparées ; et aujour-« d’hui, l’on demande des procédés où quatre, « cinq et jusqu’à dix couleurs doivent s’imprimer « à la fois.
- « La préparation des pièces par le bichromate « de potasse, a été essayée également ; nous igno-« rons si l’on a obtenu des résultats favorables. « Dans tous les cas, nous pensons que l’on obtien-« dra un noir moins vif et moins velouté, car, en « général, toutes les couleurs où il entre du ses-« quioxyde de chrome, en quantité notable, sont « ternes et terreuses. »
- Ceci prouve que l’idée de la préparation chromique du tissu est tellement logique et simple, qu’elle a été essayée de suite après la découverte du noir d’aniline, mais que les résultats obtenus n’étant pas satisfaisants, elle a été abandonnée.
- Plus heureux que nos devanciers, nous sommes arrivés à un chromatage qui donne un blanc parfait (1), malgré cela, après avoir fait beaucoup d’essais, nous avons abandonné cette idée parce qu’elle ne permet pas d’associer le noir aux autres couleurs vapeur, et nous avons trouvé mieux ; en effet, nous sommes arrivés depuis quelques jours à faire du noir inverdissable direct sans aucune préparation du tissu, la couleur s’imprime bien et se conserve bien, nous l’avons imprimée âgée de huit jours, et avons obtenu le même noir que le jour de sa préparation -, les personnes qui voudront recevoir d’autres renseignements, n’ont qu’à s’adresser au directeur du Moniteur de la Teinture.
- Un pareil noir d’aniline directement inverdissable, soit qu’il soit fixé par l’oxydation des éten-
- (1) Il est obtenu également au moyen du bleu noir d’aniline (voir page 55, année 1877, du Moniteur de la Teinture.
- (1) On peut voir les échantillons des pièces dans les bureaux du Moniteur de la Teinture, le directeur les met à la disposition de ceux qui voudront les examiner.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- dages, soit qu’on l’imprime avec des couleurs vapeur, manquait jusqu’à présent à l’impression ; on peut voir par la composition du noir que nous avons indiquée dans le dernier numéro du Moniteur delà Teinture, page 179, que les meilleurs noirs vapeur soit très coûteux, tandis que notre nouvelle couleur revient beaucoup moins cher.
- Nous pensons que par le même système nous obtiendrons un beau puce naphthylamine pratique et très bon marché, les résultats que nous avons obtenus jusqu’à présent laissent encore à désirer, mais nous continuerons nos essais, et lorsque nous serons arrivés à obtenir la couleur tout à fait bonne nous le dirons aux lecteurs du Moniteur de la Teinture.
- Beaucoup de chimistes se sont occupés d’obtenir un bon puce naphtylamine et ne sont arrivés, jusqu’à présent, qu’à une couleur terne et irrégulière, nous avons nous même fait depuis bien des années, de nombreux essais qui n’ont pas réussi, malgré l’emploi des oxydants les plus énergiques-, il n’en est plus de même maintenant, nous avons lieu de croire que par l’application de notre nouvelle méthode, nous arriverons à des résultats parfaits.
- Agréez,etc.
- Votre abonné.
- Erratum. — Page 178 du dernier numéro,— 2e colonne, — ligne 21, — au lieu de ; inverdissable, lire : verdis-sable.
- AIDE-MÉMOIRE DU DÉGRAISSEUR
- — Suite —
- Habit ou redingote de drap de Casimir ou flanelle, etc., de couleur bon teint et foncée. — Quand les taches sont enlevées on mouille partout l’habit également en le frottant rapidement dans le sens des poils avec une brosse rude que l’on trempe dans le fiel de bœuf ou mieux dans l’ammoniaque mélangée avec 8 à 12 parties d’eau tiède. Lorsqu’il est bien brossé et bien nettoyé, on le rince à l’eau claire pour enlever le fiel de bœuf et on le laisse égoutter pour extraire l’eau. Cela fait, il s’agit de donner au drap l’apprêt et le brillant du neuf : pour cela, on fait bouillir dans un pot de la graine de lin et un peu de bois d’Inde, ou de toute autre matière colorante, selon le principe de la couleur de l’habit, jusqu’à ce que la composition file comme le blanc d’œuf et soit légèrement colo
- rée. On passe cette composition au travers d’un linge pour en extraire toutes les impuretés et avec une brosse demi-rude on l’étend uniformément et dans le sens du poil sur toutes les parties de l’habit (1). Cette opération terminée, avec les deux mains on étire bien l’habit sur toutes les coutures pour qu’il ne fasse pas de faux plis, et on le fait sécher sur un demi-cerceau ; quand il est sec on pose dessus un linge bien propre mouillé avec de l’eau de savon et on le repasse avec un fer chaud. Alors l’habit est lustré et apprêté à neuf, comme disent les dégraisseurs (2).
- Souvent des dégraisseurs et marchands de vieux habits ne prennent pas la peine d’enlever les taches partielles; ils étendent tout simplement le fiel de bœuf sur l’habit avec une brosse rude, après quoi ils le font égoutter et sécher sur un demi-cerceau sans le tordre. Lorsqu’il est sec, ils le brossent partout pour lui donner le lustre et le brillant. Mais cette manière de dégraisser ne fait que couvrir et dissimuler les taches, qui reparaissent toujours lorsque l’habit a été porté pendant plusieurs jours. Lorsque quelques parties de l’habit, telles que les parements, le dessous des manches, les emmanchures, sont trop usées et râpées (terme technique), les marchands fripiers intelligents et honnêtes font ressortir la couleur du drap, ou bien ils font enlever par des tailleurs spéciaux, soit dans la doublure, soit dans le collet de l’habit, une pièce de l’étoffe qu’ils font coudre et rentraire à la place du morceau usé. Puis avec le chardon à carde, ils font ressortir une partie du poil dont ils recouvrent les coutures et lorsque cette opération est faite avec soin, l’on ne voit pas la réparation.
- M. D..., qui s’est fait une réputation dans le dégraissage, met à neuf les habits par un procédé secret qui consiste, d’après les on dit : 1° à mouiller les places de l’habit qui sont râpées avec de l’huile d’olive ou d’œillette et à les couvrir ensuite avec une dissolution de potasse caustique marquant 5 à 6 degrés à l’aréomètre Baumé ; 2 à tirer les poils du drap avec un chardon pendant que l’étoffe est encore humide; 3° à lustrer l’étoffe avec une décoction de pépins de coing, de psilium, de gélatine et d’alun. Nous donnons le procédé de M. D... tel qu’il nous a été rapporté sans eu garantir toute-
- (1) Cette pratique, en terme de fripier, s’appelle passer en couleur.
- (2) On emploie aussi avec avantage les tables à vapeur système Lyon (voir aux annoncts),
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- 192 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- fois ni le mérite ni l’efficacité. Dans tous les cas, la méthode connue de mettre les morceaux neufs à la place des vieilles étoffes nous paraît plus prompte, plus sûre et plus économique surtout.
- Lorsque l’habit est très malpropre, qu’il est couvert en quelques endroits d’une crasse épaisse qui couvre la surface de l’étoffe on soumet l’habit à l’action de la vapeur afin d’amollir la crasse et de la disposer à se dissoudre plus facilement. Ensuite il faut faire tiédir la composition qu’on se propose de faire agir sur l’étoffe grasse, soit le fiel de bœuf mêlé avec une quantité égale de jaunes d’œufs, et on augmente leur action détersive par des frictions avec une brosse dure.
- Les vieux habits et pantalons écarlates, les parements collets et revers d’habits d’uniforme de la garde nationale, etc., se nettoient comme les habits ordinaires; mais quand ils sont secs, ils prennent souvent des taches de rasures ou de noir ; on les enlève soit avec de l’acide citrique, soit même seulement avec du jus de citron.
- Les étoffes de couleur pourpre, cramoisie, violet, amaranthe, rose, exigent le même traitement.
- Les casimirs, les mérinos, les cachemires, les châles brodés et généralement tous les tissus légers en laine fine en soie et coton, en laine et coton, sont dégraissés tout simplement dans une décoction chaude de saponaire, mais on les rince ensuite dans un bain d’eau de rivière et on les drape (1), ensuite on les passe à la calandre ou à la presse à vis. On termine les châles en frisant la frange encore humide avec un fer à dent légèrement chauffé.
- Quelques dégraisseurs emploient pour nettoyer les étoffes de laines colorées une dissolution de savon à la température de l’eau tiède, et, pour neutraliser l’action du savon, ils ajoutent une quantité égale de fiel de bœuf, ou à son défaut des jaunes d’œufs et quelquefois même un peu d’alun en poudre pour fixer ces couleurs, mais cette composition demande d’être employée avec beaucoup de précaution et de promptitude, car elle peut et doit altérer infailliblement les couleurs.
- (A suivre}.
- (I) Drapper, dans le langage du dégraisseur, signifie : envelopper l’étoffe dans un linge avec lequel on la presse.
- NOIR DÉRIVÉ DE L’ANILINE
- ET SES
- APPLICATIONS A LA TEINTURE ET A
- L’IMPRESSION
- Par MM. Patry et Ce {Brevet.}
- Ce nouveau noir est produit par l’oxydation ou la déshydrogénation d’un mélange d’une dissolution acide d’aniline et de l’acide sulfconjugué d’une couleur d’aniline.
- La teinture a lieu sur laine, peau, poil, soie, coton, chanvre et lin, en faisant passer la matière à teindre dans un ou plusieurs bains de façon à faire agir ensemble ou séparément la dissolution acide d’aniline, l’acide sulfo-conjugué de l’aniline, d’une part, et le corps oxydant ou déshydrogénant, d’autre part.
- Les quantités relatives de la dissolution acide et des sulfo-conjugués, variant suivant les matières à teindre et variant à ce point que dans certains cas une ou deux de ces trois matières peuvent être supprimées.
- En résumé les inventeurs se réservent : l’application à la teinture et à l’impression en noir ou nuance foncée par l’emploi :
- 1° De l’acide sulfo-conjugué d’une couleur d’aniline avec une dissolution acide d’un sel d’aniline ;
- 2 De l’acide sulfo-conjugué de l’aniline;
- 3° De toutes les combinaisons de l’un des sulfo-conjugués avec l’autre ou avec un sel d’aniline.
- Le noir étant produit par l’action de l’un des trois liquides précités, combinée avec celle d’une oxydation ou d’une déshydrogénation.
- Il est entendu que sous le nom de noir d’aniline nous entendons l’aniline et ses homologues, quoique ces derniers donnent des nuances un peu différentes.
- Encore un brevet de principe qui donnera beaucoup de mal aux brevetés s’ils veulent poursuivre les contrefacteurs.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23“ Année, N» 17. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 1879.
- SOMMAIRE
- De la charge des soies, par M. Moyret (suite). — Mémoire sur l'épaillage, par M. René Leblanc (suite). — Note sur la teinture en bleu d'anthracène, par M. Gustave Delory. — La question du noir d’aniline : Lettre de M. GRAWITZ.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. SCHULTZ (suite).— Teinture des fils et cotons, par M. de VINANT (suite). — Cuve au stannate de chaux. — Moyen de distinguer la garance et l’alizarine artiticelle sur les tissus imprimés. — La mucyline.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Programme des questions mises au concours par la Société industrielle d’Amiens. — Bibliographie. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878). — Annonces.
- DE LA CHARGE DES SOIES
- — Suite —
- § 2.
- Charges des couleurs foncées.
- J’ai montré la grande quantité de drogues nécessitées par la teinture des noirs chargés et je n’ai rien exagéré, nos droguistes en savent quelque" chose ; que la charge vienne à disparaître sinon complètement, du moins en grande partie, et le commerce de la droguerie tinctoriale de Lyon sera réduit des deux tiers. Il me reste à montrer les nombreuses manipulations exigées selon les rendements. Je vais le faire à grands traits, et pour faciliter mon travail, je diviserai le sujet en trois grandes classes : 1° les noirs sur soie écrue-, 2° les noirs sur soie cuite ; 3° les noirs sur soies souples.
- Les noirs sur soie écrue rappellent sensiblement ceux qui se faisaient au temps de Macquer, avec la différence que les engallages à la galle ont été remplacés par ceux à l’extrait de châtaignier, application due à notre compatriote Michel, de la Quarantaine, fondateur de l’importante maison de teinture en noir aujourd’hui Piaton et Bredin ; de même la tonne au noir a été remplacée par un produit d’une préparation moins compliquée, mais d’un effet plus certain, le pyrolignite de fer. Au lieu de s’en tenir à deux passages comme l’indique Macquer, on en donne A et même 5, soit 4 engallages et A passages en pyrolignite de fer donnés successivement. Dans ces conditions on est arrivé à des rendements de 200 pour 100. Malgré le désir d’aller plus loin, il a fallu s’en tenir là, car la soie finis
- sait par ne plus pouvoir supporter de nouvelles charges.
- Dans ces mêmes noirs en soie écrue, lorsqu’on veut obtenir une nuance plus bleue, plus dégagée, et avec des rendements moindres, on donne un ou plusieurs passages en. rouil (sulfate ferrique basique), chaque passage en rouil est fixé par un passage dans un bain de soude faible et tiède, puis l’on passe dans un bain de prussiate de potasse acidulé à l’acide chlorhydrique, et sur le fonds de bleu de Prusse qui se produit on donne des passages suc-cessifs en bain d’extrait de châtaignier et de pyrolignite de fer ; ce dernier remplaçant la tonne au noir est connu sous le nom de pied.
- Finalement tous ces noirs sont terminés par une opération dite adoucissage, consistant à passer les soies terminées comme teinture dans un bain légèrement acidulé et contenant un mélange de colle ou gélatine et d’huile d’olive émulsionnée préalablement.
- Chaque opération étant suivie d’un rinçage à grande eau, d’un exprimage à l’aide de machines dites essoreuses ou diables, il est facile de se rendre compte du grand nombre de manipulations exigées et du temps qui s’écoulera pour arriver à rendre la soie teinte. Ce que je dis ici, je le dis d’ailleurs pour toutes les opérations tinctoriales, chaque passage dans un bain quelconque doit être suivi d’un rinçage à grande eau et d’un essorage. Et quand les opérations sont très multipliées, il faut en plus, de temps en temps dresser les soies à la cheville, c’est-à-dire rendre les fils parallèles et bien tirants, sinon les mateaux sortiraient complètement embrouillés de ces nombreuses manipulations.
- Il y a des noirs sur soie écrue, dits noirs fins, qui
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- demandent bien moins d’opérations, mais ils se pratiquent peu et sont surtout laissés pour les soies de filatures qui, n’étant pas montées, ne subiraient pas impunément les charges ; ce sont des noirs d’exception et je les laisserai de côté.
- Je vais passer maintenant aux noirs sur soie cuite, ce sont les plus intéressants à tous les points de vue ; pour la commodité de ce travail, je les diviserai en deux classes qui sont celles adoptées par les teinturiers : 1° les noirs sur soies fines ; 2° les noirs sur soies fortement montées, dites floches et cordonnets ou encore brûlées.
- Les noirs sur soies fines se font sur les soies dites organsin, trame, et sur les produits dérivés des déchets de soie, fantaisie et schappes. On peut les diviser en noirs légers, noirs demi-lourds et noirs lourds.
- Les noirs légers sont ceux qui rattrapent seulement le poids perdu à la cuite, quelquefois moins; noirs anglais, noirs velours, noirs pour peluches. Quelques-uns de ces noirs gagnent de 5 à 10 pour 100; de ces noirs qui sont employés spécialement par quelques-unes de nos grandes maisons de la fabrique lyonnaise, je ne dirai rien, car ils entrent dans la catégorie des charges modérées plutôt utiles que nuisibles.
- Les noirs demi-lourds rendant 40 à 50 pour 100 sont déjà, selon moi, en dehors des limites d’une charge convenable. Comme je l’ai dit précédemment, c’est à tort qu’on les compte pour des rendements de 40 à 50 pour 100. En réalité 150 kilogrammes de soie teinte ont bien exigé 100 kilogrammes de soie mise en teinture ; mais par suite de la perte au décreusage, 150 kilogrammes de soie teinte ne contiennent que 75 kilogrammes de soie cuite, et par conséquent contenant 75 kilogrammes déchargé, ce sont donc en réalité des 100 pour 100. Les opérations pour les produire sont les mêmes que pour ceux qui vont suivre, moins nombreuses, voilà tout.
- Les noirs lourds rendant jusqu’à 100 pour 100 ne peuvent évidemment donner de la bonne étoffe. Si l’on s’applique le même raisonnement que précédemment par suite de la perte au décreusage, on arrive à ceci : que 100 kilogrammes rendant 200 kilogrammes teints, ne contenant plus que 75 kilogrammes desoie cuite, pour arriver aux 200 kilogrammes il faut 125 kilogrammes de charge, d’où l’on a en réalité des noirs chargés à 170 pour 100 par rapport à la soie cuite.
- Je vais donner la filière des opérations interminables pour arriver à les produire.
- 1° Cuire la soie, étirage sur la cuite, — rinçage, essorage.
- 2° Rouiller sur un bain de rouil, — rincer, essorer.
- 3° Savonnage bouillant, — rincer, essorer.
- Les opérations de rouillage et de savonnage sont répétées jusqu’à 7 ou 8 fois.
- 4° Bleutage (terme consacré) sur un bain de prussiate dépotasse acidulé, —rincer, essorer. •
- 5° Cachoutage à 150 ou 200 pour 100 de cachou additionné de 10 à 15 pour 100 sel d’étain, — rincer, essorer.
- 6° Deuxième cachoutage à 100 pour 100 de cachou, — rincer, essorer.
- 70 Bruniture en pyrolignite de fer, — rincer, essorer.
- 8° Cachoutage léger à 5 pour 100 de cachou, — rincer, essorer.
- 9° Teinture dans un bain de savon et de bois de campêche 70 pour 100 de savon et 50 de camp-che, — rincer, essorer.
- Quelquefois les opérations 70, 8° et 9° sont répétées dans le même ordre jusqu’à trois fois.
- 10° Avivage dans un bain de jus de citron et l’huile d’olive émulsionnée, — essorage.
- 11° Lustrage mécanique.
- 12° Quelquefois passage à la cuve.
- En résumé, quelquefois jusqu’à 140 mains d'œuvre ! Les soies restent de 12 à 15 jours sur les bains et passent de plus par des transitions réitérées de froid et de chaleur ; tantôt rincées sur de l’eau glacée en hiver, tantôt maintenues sur des bains bouillants, durant des heures entières. Est-il donc étonnant qu’elles aient perdu de leur force, de leur élasticité, en un mot de ces belles qualités pour lesquelles la soie n’a pas de rivales, en mettant à part la question de la charge. De plus, toutes ces opérations multipliées ne se font pas pour rien ; il faut arriver à payer les énormes quantités de drogues employées, dont la plus grande partie l’est inutilement et va polluer les cours d’eaux, faible inconvénient dans un cours d’eau comme le Rhône, mais qui devient sérieux pour des cours d’eau tels que le Furand, de Saint-Etienne, le Gier, de Saint-Chamond. Ces noirs se sont payés jusqu’à 24 francs le kilogramme de soie mise en teinture.
- M. Moyret.
- (A suivre).
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 195
- -------------------------------------------------------------------------------------------------o-oxveauisamamuniaunosnvensniaroanimnnisznerearenanarneceennm
- MÉMOIRE SUR L'ÉPAILLAGE
- Présenté à la Société industrielle de Reims^ par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- — Suite —
- 2° Epaillage par les acides gazeux {Voie sèche}.
- Les acides gazeux sont très énergiques et doivent être employés avec beaucoup de ménagements. Les précautions indiquées précédemment, relativement au dégraissage et à la préservation de la laine; devront être observées. La marche à suivre sera donc la même jusqu’à l’immersion dans le bain acide exclusivement. Il est indispensable de sécher la matière avant de la soumettre au gaz acide.
- L’essorage et l’exposition dans un endroit chaud suffisent dans la plupart des cas, et la sécheuse employée dans la méthode précédente n’est pas indispensable ; elle ne serait pas employée, en tout cas, dans le même but.
- Les acides épaillant employés à l’état gazeux sont l’acide chlorhydrique et l’acide sulfurique. Ce dernier est difficilement produit à l’état gazeux, c’est seulement vers 300 degrés qu’il entre en ébullition ; mais on peut l’employer en une sorte de buée mêlée à un autre gaz. On fait barboter de l’acide sulfureux gazeux dans de l’acide sulfurique ; le gaz sulfureux peut se charger d’acide sulfurique entraîné ; cette méthode est peu pratique.
- L’acide chlorhydrique est facilement obtenu gazeux. Parmi les méthodes les plus employées, nous citerons sa préparation par le sel marin ou autres chlorures et l’acide sulfurique; l’ébullition de l’acide chlorhydrique du commerce (110 degrés), ou son évaporation produite par un courant d’air qui traverse le liquide.
- Si l’on veut le gaz chlorhydrique sec, on le mettra en contact avec une substance avide d’eau, mais n’ayant point d’affinité pour l’acide chlorhydrique.
- La chaux ne conviendrait nullement, mais on peut employer le chlorure de calcium ou l’acide sulfurique.
- Le gaz acide est amené froid par des tubes percés d’un grand nombre de trous, dans une chambre close où l’on dispose la matière à épailler ; on a
- soin de ne la point tasser ; si elle peut être facilement pénétrée par l’acide, quelques minutes suffisent pour la destruction du gratteron ; et il faudrait, pour préserver la laine, pouvoir l’enlever presque aussitôt, ce qui est difficile ; si l’on ouvre l’espace clos, les vapeurs acides s’échappent et incommodent les ouvriers. On peut obvier en partie à cet inconvénient, par l’emploi de doubles chambres reliées entre elles par des rails sur lesquels roule un chariot qui contient la matière à épailler; le dégagement de gaz se fait seulement dans l’un des compartiments. Au moyen de tringles ou de chaînes avec poulies, un ouvrier peut, du dehors, manœuvrer le chariot et la porte de communication des deux chambres ; le chargement du chariot se fait par une trappe située au-dessus des chambres; la laine est retirée par une autre trappe située au-dessous et tombe dans un baquet contenant de l’eau, elle est ensuite désacidée et rincée comme il a été dit ci-dessus ; si l’opération se pratique sur tissu, on évente et on bat avant de désacider.
- En petit, l’opération réussit à merveille et n’est pas incommode ; on peut clore convenablement les appareils et éviter toute fuite de gaz, ce qui en grand est presque impossible ; les fermetures les mieux conditionnées se détériorent rapidement, et les appareils, déjà très coûteux d’installation, sont aussi coûteux à entretenir.
- Le gaz agit différemment suivant qu’il est sec ou humide ; si l’on épaille un tissu déjà teint, la couleur est altérée comme dans la méthode par voie humide, mais plus énergiquement ; lorsque le gaz est sec, les couleurs sont respectées.
- La laine absolument sèche est difficilement pénétrée par le gaz sec, et il y a une juste moyenne à observer pour l’effet le plus convenable, cette moyenne jusqu’ici n’a pas été bien déterminée; le serait-elle, que l’on parviendrait difficilement à la réaliser industriellement; car on ne peut arriver par des moyens vraiment pratiques, en opérant sur une grande échelle, à donner à la laine et au gaz épaillant un degré hygrométique toujours le même, de sorte qu’il ne faut pas compter sur la régularité des opérations, condition indispensable de la constance des résultats.
- On a proposé, comme moyen de désacidage, l’emploi du gaz ammoniaque ; c’est une application originale de l’affinité des deux gaz chlorhydrique et ammoniacal ; mais pour qu’elle soit possible, il faut des appareils bien clos, autrement il se for-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- mera dans la pièce où l’épaillage se fait, et dans les pièces voisines, un insupportable brouillard de chlorhydrate d’ammoniaque. Quelle que soit la marche suivie, le désacidage et le rinçage devront être faits avec autant de précautions que dans la méthode par voie humide.
- De nombreux appareils ont été inventés pour l’application des procédés d’épaillage par voie sèche; plusieurs sont très ingénieusement disposés, mais il reste encore beaucoup à faire pour approcher de la perfection au point de vue pratique.
- (A suivre}.
- NOTE
- SUR LA TEINTURE EN BLEU PANTHRACENE Par M. Gustave Delory.
- Le bleu d'anthracène, comme on le sait, commu-ique aux mordants usuels fixés sur coton, les nuances suivantes :
- Alumine violet grisâtre.
- Fer bleu terne.
- Chrome bleu violacé.
- Etain violet rougeâtre.
- Le meilleur fixateur du bleu d’anthracène, celui qui en teinture donne les nuances les plus solides, les plus vives et les plus éclatantes, est l’acéto-nitrate de chrome. Cependant pour obtenir des bleus très foncés, il est indispensable de faire préalablement intervenir un mordant de fer. En mordançant, par exemple, en nitro-sulfate de fer ou en acétate ferreux à 3° B., et après fixage et lavage en acéto-nitrate de chrome à 4° B., on obtient par teinture des nuances pouvant être comparées aux bleus d’indigo les plus foncés.
- L’acéto-nitrate de chrome dont il n’est fait mention dans aucun traité de chimie, se prépare facilement en traitant un mélange de bichromate de potasse et d’acide nitrique par un mélange de glycérine et d’acide oxalique (G. Witz, Bulletin de la Société industrielle de Rouen, 1873, t. I.) On l’obtient encore au moyen du nitrate de chrome et de l’acétate de potasse (Ch. Gros-Renaud, Bulletin de la Société industrielle de Rouen, avril 1874.)
- La teinture en bleu d’anthracène réclame des soins particuliers; car l’insuccès tient souvent à des causes en apparence très minimes, l’effet des sels calcaires renfermés dans les eaux naturelles se fait
- toujours désavantageusement sentir ; aussi est-il indispensable de parfaitement corriger par des moyens rationnels, les eaux chargées de carbonate ou de sulfate de chaux.
- L’addition au bain de teinture d’un peu de savon et de soude caustique favorise singulièrement l’opération. Cependant un excès d’alcali est toujours nuisible.
- Le savon et l’alcali (soude caustique à 10») doivent être ajoutés à poids égaux, dans des proportions telles, que vers 60° la nuance du bain soit d’un bleu légèrement violacé.
- Le bleu d’anthracène en solution alcaline commence à teindre vers 60°, température à laquelle on doit entrer les pièces dans le bain. On obtient des nuances plus vives en commençant l’opération de 85-90°; maison s’expose à des inégalités dans les nuances, inconvénient qu’il est difficile d’éviter, même en ajoutant la matière colorante en plusieurs fois.
- Les teintures peuvent se prolonger avec avantage jusqu’à trois heures de durée, en élevant progressivement en 45 minutes la température de 60° à l’ébullition. Cette dernière température, ainsi prolongée, fait perdre, il est vrai, un peu de vivacité aux couleurs, mais elle est très favorable à la fixation de la matière colorante.
- Un passage en bain alcalin fait virer le bleu violacé obtenu avec l’acéto-nitrate de chrome au bleu franc.
- Les nuances obtenues en teinture par le bleu d’anthracène résistent beaucoup mieux que les bleus d’indigo aux agents atmosphériques. Les acides concentrés les font virer au violet rougeâtre et les alcalis les font passer au bleu verdâtre ; un simple lavage à l’eau ramène la nuance primitive sans dégradation apparente. L’acide chromique les détruit rapidement, l’acide nitrique les dégrade en laissant une teinte verdâtre caractéristique. Les hypochlorites alcalins les décolorent lentement, mais si on fait intervenir un acide minéral, la décoloration est aussi rapide que pour les bleus d’indigo.
- Les bleus fixés par l’acéto-nitrate de chrome sur coton fortement huilé et terminés par un faible bain de savon en chaudière close à une pression de trois atmosphères pendant deux à trois heures, sont d’une beauté et d'une solidité remarquables.
- Une des particularités les plus remarquables du bleu d’anthracène, signalée par M. Prud’homme, est
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- de se réduire en solution alcaline à la manière de' l’indigo. En tenant compte de son peu de solubilité dans l’eau et de sa tendance à former des laques de chaux, on arrive à monter une cuve de bleu d’anthracène, soit au zinc et à la soude, soit à l’hy-drosulfite de soude. Les quelques essais que j’ai entrepris dans cette voie, en suivant les récentes indications de MM. Koechlin et Prud’homme, sont loin d’avoir donné d’aussi bons résultats que la teinture à mordants ; et je ne crois vraiment pas ce procédé appelé à recevoir d’application dans nos ateliers.
- Le procédé que je viens de décrire, tout en donnant de très bons résultats au point de vue de la variété, de la beauté et de la solidité des nuances, présente en pratique, outre le prix élevé des bleus obtenus, des difficultés qui m’ont fait renoncer à son exploitation. Mais persuadé que de nouvelles recherches assureront un brillant avenir à la nouvelle matière colorante, j’ai cru qu’il ne serait pas sans intérêt de faire connaître les faits nouveaux que j’ai constatés dans cette étude, et qui peut-être aideront à la solution du problème. (I)
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen.)
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE
- Nous recevons de M. Grawitz, en réponse à la lettre de notre abonné, la lettre suivante :
- Paris, 27 août 1879.
- Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture,
- « Je m'engage pour le noir sans aucun métal à cuire la couleur dans une chaudière émaillée et à l’imprimer avec une planche en bois. »
- Ce premier paragraphe de la lettre est une acceptation de la dernière condition posée par notre abonné dans sa lettre publiée dans le dernier numéro du journal. Les autres paragraphes n’ajoutant rien à la solution du défi, nous ne les reproduirons pas. L’accord nous paraissant complet entre les deux parties, il ne reste plus qu’à exécuter, de part et d’autre, les engagements pris.
- (1) Dans notre prochain numéro nous publierons le rapport de M. Lamy sur la note de M. Delory,
- Dorénavant, le Moniteur de la Teinture se bornera à publier la réponse de l’abonné à la lettre ci-dessus et le jugement des arbitres, après le résultat des expériences. La question sera vidée!
- P. B.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES Par Alex. Schultz (1).
- — Suite (2). —
- Enlevage bleu sur fond noir, genre deuil (3).
- Foularder les pièces dans le bain suivant : 11 k. alun.
- 1 » acétate de plomb.
- 1 lit. eau.
- 1 » pyrolignite de fer à 5° B.
- Après le foulardage et le séchage on imprime l’enlevage blanc composé selon le dessin de jus de citron de 6 à 10° épaissi à l’amidon blanc ou à l’amidon grillé.
- On met les pièces dans les chambres à oxyder ayant 27° d’humidité et 30° de chaleur au psychromètre ; au bout de 24 heures d’oxydation, on dégomme et on teint un échantillon pour noir si le blanc est bien rongé. Lorsque le blanc est parfait, c’est-à-dire que les parties de la gravure les moins profondes sont bien prononcées et bien blanches, on dégomme en silicate de soude et craie dans une cuve à roulettes.
- (I) Errata. — Page 186 du dernier numéro, 1re colonne ligne 42, au lieu de : Acétate de potasse, lire : Arséniate de potasse, et page 190, 1re colonne, ligne 42, au lieu de : savon, lire : sumac.
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, nos 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 12, 13, 14, 15 et 16, année 1879.
- (3) Voir l’échantillon page 151 n° 13, Moniteur de la Teinture, année courante.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Si le blanc n’était pas bien beau, on laisserait les pièces encore à l'étendage où en augmentant le degré d’humidité, le rongeant continue à agir.
- Après le dégommage dans la cuve à roulettes, qui se fait au bouillon, on dégomme une seconde fois dans une cuve à teindre en bouse ou en silicate de soude pendant une demi-heure à 50° C., on lave au clapot et on teint en prenant pour cinq pièces de 100 mètres :
- 90 kil. campêche en poudre.
- 4 » sumac.
- 5 » colle forte.
- 50 gr. cristaux de soude.
- On teint une demi-heure en faisant bouillir le dernier quart d’heure. On passe 15 minutes en son bouillant et on lave les pièces.
- Autre procédé du genre deuil employé en Angleterre.
- Mordant deuil.
- 5 litres eau.
- 5 » pyrolignite de fer à 13° B.
- 5 » acétate d’alumine à 10° B.
- Foularder une fois et sécher au hot-flue.
- Rongeant blanc.
- 1 litres eau.
- 1 » jus de citron à 28° B.
- 1 kil. amidon grillé foncé.
- 0.300 » sulfate acide de potasse.
- On passe en craie et bouse une fois.
- Teinture de 860 mètres, 0,77 mètre de largeur.
- 30 kil. campêche.
- 5 » sumac.
- 10 litres bouse de vache.
- 20 » colle préparée par la dissolution de coupures de cuir dans de l’eau.
- Teindre en trois quarts d’heure au bouillon.
- Rongeant blanc et chamois à l’albumine sur bleu cuvé.
- Enlevage blanc sur fond orange de chrome.
- 1° Foularder les pièces sèches deux fois de suite dans un bain de sous-acétate de plomb à 20° B.
- Pour avoir le bain clair, ce qui est important, il faut en avoir du fort et du faible.
- Les pièces foulardées sont déroulées immédiatement et entrées à froid dans un bain de chaux trouble monté dans un baquet avec :
- 600 litres eau.
- 8 kil. chaux vive, éteinte d’avance, donner 8 à 10 demi-tours, laver, rincer et battre, par chaque pièce ajouter un demi litre de chaux trouble. On peut ainsi passer 100 pièces sans vider le bain.
- Teinture.
- 2 kil. bichromate de potasse.
- 60 gr. acide sulfurique.
- 60 » acide nitrique.
- Donner 8 à 10 demi tours, bien égoutter, nettoyer au clapot et ajouter par chaque pièce de 100 mètres :
- 60 gr. acide sulfurique.
- 60 » acide nitrique.
- 300 » bichromate de potasse.
- Nettoyer, rincer, battre et passer dans un baquet d’eau de chaux trouble, monté comme le premier, rincer, battre et sécher au tambour si l’on peut, parce que l’orange devient plus beau que lorsqu’on le sèche à l’air.
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-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 199
- Enlevage blanc sur orange de chrome.
- 3 litres eau.
- 1200 gr. amidon grillé moyen.
- Cuire et au sortir du feu :
- 1 kil. 200 terre de pipe, bien délayer et ajouter à tiède :
- 420 gr. acide oxalique.
- au large dans de l’eau froide dans une cuve à roulettes.
- Le rongeant blanc sur fond orange sert principalement pour l’article foulard.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdite sans autorisation de l’auteur.
- 1100
- 420
- 200
- »
- »
- »
- sel d’étain.
- acide muriatique.
- dissolution suivante :
- o
- to
- Or
- O 00 00
- kil.
- »
- »
- Dans le cas
- Dissolution.
- acide muriatique.
- sel d’étain.
- acide tartrique.
- où l’orange ne serait
- TEINTURE DES COTONS ET FILS EN ÉCHEVEAUX Par M. de Vinant.
- — Suite (1) —
- pas
- bien rongé, on ajouterait de la dissolution. On lave le jour même de l’impression ou le lendemain.
- S’il y avait de grands mats, passer dans une cuve à dégommer.
- Autre procédé d’enlevage sur fond orange de chrome.
- Cuve au plombate de chaux.
- 800 litres eau.
- Vert à l’acide picrique.
- Pour 10 kil. coton.
- Le coton préparé d’abord à froid avec 50 gram. d’albumine par litre d’eau et séché est passé ensuite à un bain de mordançage contenant :
- Eau quantité suffisante.
- Acide sulfurique 30 gram.
- Nitrate de fer à 50° 1/2 litre donner neuf lisses et laver.
- Pour la teinture on forme le bain avec :
- 60
- 40
- 40
- 15
- kil.
- »
- »
- »
- chaux vive.
- acétate de plomb, sulfate de plomb, sel de soude.
- Tremper 25 minutes dans cette cuve et laver.
- Passer en bichromate de potasse à 40® centigrades.
- Rincer et passer en eau de chaux légèrement trouble et bouillante dans la cuve carrée.
- Rongeant blanc sur fond orange ci-dessus.
- 6 litres eau.
- 360
- 240
- 1500
- gr. gomme.
- »
- »
- o G G GQ
- »
- dextrine.
- terre de pipe ; ajouter à froid :
- dissolution d’étain dans l’acide
- muriatique à 60° B.
- Après l’impression de pièces, on les passe
- Eau chaude à 40° Acide sulfurique Prussiate
- On donne neuf lisses
- C.
- 250 gram.
- 500 »
- et on ajoute au bain la
- quantité d’acide picrique nécessaire, puis on teint. On termine sur un bain de carmin d’indigo et d’alun à hauteur de nuance, on cheville et on sèche à l’air.
- Verts sur bleu de cuve.
- Les verts sur bleu de cuve se font après l’avivage des bleus ; on donne neuf lisses en alun à 50 gram. par litre d’eau ; on laisse en tas quelques heures et, sans laver, on teint avec bois jaune, querci-tron ou gaude.
- Pour donner plus d’œil, on finit sur un peu de carmin d’indigo et on sèche sans laver.
- Autre.
- Passer le bleu de cuve dans un bain de sous-acétate de plomb à 5°, puis dans un bain de sulfate de soude à 25» de chaleur.
- (1) Voir nos 12, 13'et 15 du Moniteur de la Teinture, pages 141, 133 et 175.
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-
-
- 200
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On emploie 50 gram. de sulfate de soude par litre d’eau et on ajoute 30 gram. d’acide sulfurique.
- Donner quatre lisses, laver très bien sans battre.
- Finir sur un bain de bichromate de potasse, avec un peu d’acide sulfurique et on obtient un très joli vert.
- Pour l’intelligence des recettes suivantes, voici les formules des divers bains qui serviront en tout ou partie dans le mordançage et la teinture :
- Bain n° 1. — Dissolution de sel d'étain.
- 100 litres eau froide.
- 500 gram. sel d’étain.
- Bain n‘2. — Dissolution de sulfate de fer.
- 100 litres eau froide.
- 25 gram. sulfate de fer.
- Bain n° 3. — Dissolution debichromate dépotasse.
- 600 litres eau froide.
- 1 kil. 440 bichromate de potasse.
- Bain n° 4. — Dissolution d'acétate de fer.
- 100 litres eau froide.
- 25 kil. sulfate de fer.
- Dissoudre et ajouter :
- 15 kil. pyrolignite de plomb agiter, laisser reposer, décanter et employer la partie claire.
- Bain no 5. — Dissolution d’alun.
- 100 litres eau bouillante. 2 kil. alun.
- Bain n° 6. — Dissolution de sulfate de fer.
- 100 litres eau froide. 500 gram. sulfate de fer.
- Bain n°7. — Bain de sumac et écorce.
- 100 litres eau.
- 2 kil. sumac Redon.
- 4 kil. écorces de chêne faire bouillir deux heures — tirer à clair.
- Bain n° 8. — Bain de cochenille.
- Eau acidulée à l’acide sulfurique. Cochenille ammoniacale.
- Bain n° 9. — Bain d’acétate d'alnmine et de fer.
- 50 litres pyrolignite de fer à 7° 27— — d’alumine à 79
- Bain de cachou n° 1.
- 600 litrés eau chaude.
- 6 kil. sulfate de cuivre faire dissoudre et ajouter :
- 20 kil. cachou brun faire dissoudre.
- Ne mettre le sulfate de cuivre qu’après avoir fait bouillir l’eau pendant quelques minutes. On peut ajouter aussi un demi-litre d’acide acétique pur pour corriger l’eau.
- Bain de cachou no 2.
- 100 litres eau bouillante.
- 400 gram. cachou brun.
- Bain n° 12. — Dissolution de carbonate de soude.
- 50 litres eau bouillante.
- 5 kil. carbonate de soude employer le bain clair, titrant 50
- Bain no 13. — Dissolution de chlorate dépotasse.
- 3 kil. chlorate de potasse. 55 litres eau bouillante, faire dissoudre, laisser reposer et tirer à clair.
- Bain no 17. — Dissolution d’oxymuriate d’étain.
- 75 litres eau.
- 8 kil. oxymuriate d’étain sec. faire dissoudre en chauffant et employer à froid.
- A suivre.
- CUVE AU STANNATE DE CHAUX
- Cette cuve est remarquable dans son emploi ; on peut y teindre à froid les fils, le coton. En la chauffant à 50° c. on peut y teindre la laine, la soie et les tissus mélangés.
- Elle se prépare avec : Eau, 1,500 litres.
- Chaux hydratée, 30 kil.
- indigo (très bien broyé), 10 kil.
- Palier la cuve cinq à six fois dans la journée pour faciliter la réduction de l’indigo. Le lendemain, ajouter 20 kil. sel d’étain pur. Très bien palier la cuve encore cinq à six fois dans la journée. Laisser reposer, enlever la fleur et teindre. Cette cuve doit être conduite, en tout, comme la cuve a la cou-| perose.
- I Selon les besoins, on y ajoute de la chaux hydratée ou du sel d’étain.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 201
- Les bleus obtenus avec cette cuve sont très purs. Après teinture, il faut aviver un peu à l’acide sulfurique pour éliminer le stannate de chaux qui pourrait rester à la surface du tissu. On lave ensuite.
- Sur laine on obtient des bleus remarquablement beaux par l’emploi de cette cuve.
- MOYEN DE DISTINGUER la garance et l'alizarine artificielle sur les tissus imprimés.
- M. J. Reber indique la méthode suivante pour reconnaître si les calicots ont été imprimés avec de l’extrait de garance ou avec de l’alizarine artificielle en faisant passer l’étoffe dans une solution de permanganate potassique et puis dans un acide, on observe que les paities imprimées, si on s’est servi d’extrait de garance, tournent au jaune rougeâtre tandis qu’elles donnent du rose si l’on a employé de l’alizarine artificielle. Des traitements successifs avec du bichromate potassique et l’acide nitrique décolorent presque entièrement les calicots imprimés avec l’extrait de garance tandis que la couleur rose se montre comme auparavant lorsqu’on a teint avec l’alizarine artificielle. Si l’on plonge des échantillons ainsi traités pendant deux minutes dans un bain de soude bouillante à 18° Baumé, et puis dans un autre d’acide chlorhydrique à 20° Baumé l’alizarine artificielle, après lavage, donne un jaune clair, et l’extrait de garance une couleur orange sale.
- LA MUCYLINE
- La mucyline, nouvelle substance proposée pour encoller les écheveaux de laine, se compose de 18 livres de stéarine, 18 livres de savon mou, 18 livres de glycérine, 1/3 d’once de sulfate de zinc, et 95 litres d’eau. On mélange avec soin la stéarine avec la glycérine, qui peut être remplacée, du reste, par toute autre substance gélatineuse d’origine végétale ou animale, puis on ajoute le savon. Celui-ci est dissous avec de l’eau dans laquelle on a fait fondre du sulfate de zinc à 80 degrés ; puis on verse le reste de l’eau au milieu du mélange en pétrissant constamment la masse jusqu’à production d’une pâte épaisse et homogène, Cette pâte peut être con
- servée quinze jours et plus. Lorsqu’on veut en faire usage, on en prend 32 parties que l’on fait dissoudre dans 36 parties d’eau et le liquide qui résulte peut être employé à froid ou chauffé à la température de 19 à 21° centigrades. La solution est filtrée ou clarifiée par décantation, et ce liquide clair, qui a le poids spécifique de 1,025, représente la mucyline.
- La livre anglaise vaut 0 kil. 4534 ; l’once 28 gr. 338.
- ' - INDUSTRIELLE
- - INDUSTRIELLE D’AMIENS
- PROGRAMME
- DES
- QUESTIONS MISES AU CONCOURS
- POUR L’ANNÉE 1879-1880
- La Société industrielle d’Amiens a, dans son Assemblée générale du 7 Juillet 1879, mis au concours, pour l’année 1879-1880, les questions qui suivent.
- Les prix seront décernés dans une Assemblée générale extraordinaire.
- Ces prix se composeront de sommes d’argent, de médailles d’or et de médailles d’argent. Les médailles pourront être conveities en espèces.
- Les mémoires devront porter une épigraphe qui. sera reproduite sur un pli cacheté contenant les nom, prénoms et adresse de l’auteur.
- Quant aux auteurs des appareils qu’on ne pourra juger qu’en les soumettant à des expériences suivies, ils devront se faire connaître en faisant l’envoi.
- Tous les manuscrits, brochures et mémoires avec plans adressés pour le concours, resteront acquis à la Société.
- Les appareils que l’on rendra aux inventeurs, après le concours, devront être accompagnés de plans qui deviendront la propriété de la Société.
- Les concurrents devront envoyer leurs manuscrits ou machines, franco, au Président de la Société industrielle,rue de Noyon, 29, à Amiens (Somme), d’ici au 30 Avril 1880, terme de rigueur.
- QUESTION SPÉCIALE
- Des prix seront accordés aux ouvriers et contremaîtres qui, dans leur spécialité, auront apporté un
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- notable perfectionnement à l’une des branches ne l’industrie du département de la Somme.
- Extraits des questions : FILATURE ET TISSAGE
- Une médaille d’or
- A toute personne qui, ayant créé des armures très-variées de velours de fantaisie (coton, laine ou soie, — simple face, double face ou face alternées), aura su, par la confection de couteaux ad hoc, appliquer à ces articles, et après tissage, un genre de coupe, sur table, pouvant leur donner un cachet de haute nouveauté.
- Une médaille d’or
- A l’inventeur d’un bon parement pour tissage mécanique, dont le prix de revient permette de l’employer avec avantage dans la fabrication des toiles.
- Ce parement devra être d’un emploi facile ; il sera propre à conserver et même à développer l’élasticité des fils de chaîne, — et composé de telle manière qu’une chaîne, parée et montée sur un rouleau, ne répande aucune odeur putride, et ne présente aucune altération au dynamomètre, après un délai de trois mois.
- Des expériences seront faites ou suivies par une commission spéciale sur du parement tout préparé ou d’après les indications fournies par les concurrents.
- Une médaille d’or
- A l’inventeur d’un bon temple mécanique spécialement applicable à la fabrication de tous les genres de velours et de coton.
- Conditions imposées :
- 1° L’appareil devra être essayé pendant trois mois dans un tissage mécanique de la ville d’Amiens;
- 2° II. ne sera jugé définitivement qu’après l’examen des pièces teintes et appprêtées ;
- 3» Eu égard au temps qu’exige l’épreuve ci-dessus imposée, ce temple devra être livré avant le 31 Janvier 1880, délai de rigueur.
- Une médaille d’or
- Trouver une matière non tachante, propre à lubrifier tous les organes des métiers à tisser.
- Une médaille d’or
- A un perfectionnement sérieux dans les machines à parer et encoller les chaînes ponr le tissage.
- Une médaille d’or
- L’exécution des lisières offre une des plus grandes difficultés dans la fabrication mécanique des tissus. On demande d’indiquer tous les procédés mis actuellement en usage pour assurer la parfaite exécution de ces lisières dans les étoffes de soie, laine, coton, lin, chanvre et autres tissus mélangés.
- Une médaille d’or
- Au meilleur mémoire sur les causes des vrilles, coupures, grosseurs et pointes dans les fils de lin, de laine, de coton, etc., et les moyens d’y rémédier.
- Une médaille d’or.
- Pour l’amélioration des eaux employées dans l’alimentation et dans l’industrie.
- Une médaille d’or
- Au meilleur mémoire sur les moyens de remédier, pour la santé des ouvriers employés dans les filatures de lin et de coton, aux inconvénients qui résultent de la suspension des poussières et fibrilles végétales dans l’air des ateliers.
- Une médaille d’or plus un prix de 100 fr.
- A l’auteur qui trouvera, pour les velours d’Utrecht et les velours de coton, un apprêt remplissant les conditions suivantes :
- 1» Être sans odeur -,
- 2° N’altérer ni la couleur, ni la douceur, ni le brillant du velours;
- 3° Conserver la souplesse du tissu, tout en lui donnant la force nécessaire ;
- 4° Obtenir également un velouté très développé ou épanoui, ressemblant au velours de soie.
- Les concurrents ne sont pas tenus de faire connaître la composition de l’apprêt qui réalisera les conditions ci-dessus. Ils devront seulement présenter leurs pièces avant le 30 avril 1880, déclarer leur prix de vente et justifier que ces pièces ne sont pas obtenues par des moyens exceptionnels, mais qu’elles appartiennent à une fabrication courante.
- Un prix
- À l’ouvrier qui aura apporté un perfectionnement dans l’industrie de la teinture en laine ou en coton.
- Le prix sera de 50 à 200 francs suivant le perfectionnement accompli.
- (Don de M. Ch. BONVALLET, pour la teinture en coton).
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO O Ge
- Une médaille d’or
- Pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- Une médaille d’or
- Au meilleur mémoire sur le blanchiment du chanvre et des jutes, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle.
- Une médaille d’or
- Pour un moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles dans la teinture des étoffes produites par les industries locales.
- Une médaille d’or
- Pour une composition chimique qui s’appliquerait, au moyen de caractères d’imprimerie, sur les chefs des pièces de tissu laine, et qui serait encore apparente après les opérations de dégraissage et de teinture.
- QUESTIONS LAISSÉES AU CHOIX DES
- CONCURRENTS
- La Société accordera une médaille d’or pouvant atteindre la valeur de deux cents francs à tout mémoire qui lui paraîtra mériter ce prix.
- Les candidats auront toute liberté de choisir leurs sujets, pourvu qu’ils rentrent dans les études des divers comités : 1° Arts et mécanique; 2° Fils et tissus ; 3* Histoire naturelle, physique, chimie et agriculture; 4° Economie politique et sociale.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sous le titre très net du Protectionniste, qui le dispense d’un autre programme, M. H. Bonvoux vient de publier un nouveau journal hebdomadaire, agricole, industriel et commercial, dont douze numéros ont déjà paru. Nous sommes heureux de donner un sommaire à nos lecteurs qui, partisans ou adversaires des idées du protectionnisme, voudront tous y être abonnés, les uns pour se mieux pénétrer de la vérité protectionniste, les autres pour mieux connaître et combattre les erreurs protectionnistes.
- Nous souhaitons à notre confrère tout le succès que mérite sa loyale entreprise.
- Sommaire du premier numéro
- Avis. —Programme. — De la Protection. — La
- Sainte Colère de M. Raoul Duval. — De la main-d’œuvre. Lettre de M. Feray (d'Essonnes). — L’Anglomanie. — Correspondance. — Nouvelles économiques. — Un nouveau livre de M. Alfred Indre. — Courrier financier. — Cours, mercuriales et marchés.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORILES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- 122,942. 9 mars. — Lelièvre. — Plateau-cadre destiné au pliage des tissus.
- 122,943. 11 mars. — Vimont. — Machine à mesurer ies tissus en laine et en toute autre matière textile.
- 122,953. 2 mars. — Johnson, Staples et BARRA-dell. — Perfectionnements dans les machines destinées au peignage de la laine et autres fibres.
- 122,963. 28 janvier. — Chivel, Morlet et Ce.— Appareil servant à régler uniformément sur métiers à tisser à la main ou à la mécanique l’enroulement des pièces de tissus de toute nature, coton, fil, laine et soie.
- 123,000. A mars. — Shepherd. — Perfectionnements dans les machines à couper et enlever les coutures, doublures, etc., des chiffons de laine et autres.
- 123,006. 9 mars. — Charles. — Machine à laver le linge et autres tissus en général.
- 123,010. 13 mars. — Salichon. — Mécanisme propre à alléger et à égaliser la charge dans les métiers de rubans à la Jacquard (système Sali-chon).
- 123,014. 5 mars. — Lawson. — Genre de commande pour métiers à filer et autres machines.
- 123,024.12 mars. — Laroche. — Perfectionnements aux renvideurs ou métiers automatiques à filer les matières filamenteuses en général.
- 123,038. Mollisre. — Perfectionnements à un montage de métier à tisser, applicables à la fabrication de divers tissus analogues au tissu dit : moustiquaire.
- 123,041. 6 mars. — Bernhard. — Savon dit : le dégraisseur, propre au dégraissage et au détachage.
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- 123,050. 14 mars. — Delporte. — Nouveau genre de tissu.
- 123,077. 8 mars. — Havers et Geach. — Perfectionnements dans la méthode et les appareils de coupage de la cheville, des draps, etc.
- 123,087. 8 mars. — Larive. — Système de tension fixe, adapté à l’ensouple portant la chaîne dans les métiers à tisser mécaniquement.
- 123,094. 9 mars 1878. — Pabst et Girard. — Procédé de préparation de dérivés azotés et de matières colorantes.
- 123,099. 9 mars. — Pesch. — Machine à écu-rer les tissus en soie et moitié soie.
- 123, 105.9 mars. — THORNTON. — Perfectionnements dans les machines ou appareils à carder les fibres.
- 123, 118.11 mars. — Cros. — Chronomètre, ou instrument reproduisant toute couleur ou nuance, et en donnant les éléments sous forme numérique.
- 123,130. 16 mars. — Germain de MONTAUZAN. — Machine lamineuse à festons, servant à produire l’article fil et soie ou fil de schappe, ou tout autre fil laminé à feston.
- 123,132. 21 mars. — JOUFFRAY aîné et Fils. —-Perfectionnements aux calandres destinées à l’apprêt.
- 123,134. 22 mars. — Sival La Serve, Lamy et Giraud. —Nouvelle disposition de guides employés dans les métiers à tulle Leaver.
- 123,148. 12 mars. — Société dite : Badische Anilin und Soda Fabrik. — Production de matières colorantes pour la teinture et l’impression.
- 123,149. 12 mars. — Bourget. — Machine d’impression et procédés servant à imiter les brochés, à obtenir des reliefs et à produire tous effets artistiques analogues sur tous tissus et étoffes, sur les cuirs naturels ou factices, sur les papiers peints et de teinture, etc.
- 123,151. 12 mars. —Weidknecht. —Machine circulaire à laver les écheveaux de coton, lin, laine, soie, avec mouvements d’avance, de rotation et de secouage combinés.
- 123,178. 13 mars. — Hamelin. — Application de l’impression chromo de tout genre à la chaussure.
- 427,187. 14 mars. — Société par actions pour la fabrication d’aniline. — Procédé propre à obtenir des couleurs par l’action benzotrichloride sur les amides tertiaires aromatiques et sur les phénols.
- 123,189. 14 mars 1878. — Lévy. — Impression sur peaux pour chaussures et galoches.
- 123,195. 8 décembre 1877. — Lainé. — Mode de tissage sur patrons ou fragments d’étoffes, et modifications à apporter aux métiers actuels pour l’obtenir.
- ' 123,213. 26 mars 1878. — Dickson. — Procédé de fabrication des bâches et autres produits similaires.
- 123,219. 15 mars. — Smith. — Perfectionnements dans la méthode et les appareils destinés à la préparation de la laine ou de toutes autres matières fibreuses.
- 123,222. 15 mars. — Bonnot. — Couleurs métalliques polychromiques.
- 123,223. 15 mars. — Porée. — Teinture et épaillage simultanés des laines et des draps.
- 123,228. 15 mars. — Craiq, Haley et THORNTON. — Perfectionnements dans les appareils à carder les fibres.
- 123,231. 15 mars. — Penon. — Genre de tapisserie mixte, obtenue par la combinaison de différents points de tapisserie haute et basse lisse, et de tapisseries au métier avec des appliques broderies, points variés de tapisserie, faits soit à la main, soit au métier, soit à la mécanique.
- VERNIS D’AMBRE
- Nous sommes toujours prêts à indiquer gratis à Messieurs les Peintres, Peintres en bâtiments et Vernisseurs, les meilleures sources pour les vrais et purs vernis d’ambre Stamtien et Becker, à Konigsherg, en Prusse, seuls possesseurs des Mines d’ambre dans la Prusse occidentale.
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tulpin frères). — Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service de la machine.—Longueur de chaque chaîne, 16m65. — Largeur du travail : 0m85 à lm50.—Production : 100 à 120m à l’heure. — Prix : 3,500 fr. — S'adresser à M. Chiffray, à Maromme, où on peut la voir fonctionner.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réserves.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 18. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 1879.
- SOMMAIRE
- De la charge des soies, par M. MOYRET (suite). — Rapport sur une note de M. Delory sur la teinture en bien d'anthracène, par M. Lamy. — La question du noir d’aniline.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. Schultz (suite).— Chiffonnage : Bleu marine sur laine chaine-coton ; préparation du fiel de bœuf pour enlever les taches ; le vert malachite ; teinture en soie.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Aide mémoire du dégraisseur (suite). — Extrait du programme des prix proposés par la Société industrielle de Mulhouse pour être décernés en 1880. — Mémoire sur l'épaillage, par M. René Leblanc (suite). — Annonces.
- DE LA CHARGE DES SOIES
- § 2. — Charge des couleurs foncées.
- (Suite et fin).
- Si nous passons maintenant aux soies fortement montées, floches et cordonnets, nous arrivons au summum de la charge. Les charges sont celles de 50 à 60 % pour les soies à coudre, puis viennent celle de 100 °/° pour les articles de filets (résilles de dames.) Enfin, dans celles destinées aux franges et à la passementerie, on est arrivé à des rendements de 300 o/o, en accumulant tannin sur fer et fer sur tannin. Les opérations se suivent et c’est le cas de le dire, se ressemblent avec une monotonie désespérante. Peu à peu le grain se glonfle, s’arrondit en se chargeant, et pour clore une aussi belle filière d’opérations, on termine sur un adoucissage dans un bain acidulé contenant de la colle forte et de l’huile d’olive émulsionnée. Les soies bien séchées et le poids constaté, vont encore quelquefois à la cave : enfin, bref, le rendement y est, et l’on a des produits que les ouvriers teinturiers ont appelés dans leur langage imagé : des brûlées. C’est dire ce qu’elles valent, même avant d’être portées.
- Quelquefois, pour certains genres, ce poids ne suffit pas, alors le sous-acétate de plomb viendra en aide, et par un passage intelligent, l’on donnera encore 100 %, soit un total de 400 °/., qui en réalité est de 450 à 550 %. En effet, si l’on a affaire à des fantaisies, à la cuite elles perdront 15 %, et sur 600 kilgr. rendus pour 100 kilogr., il n’y aura en réalité que 85 kilogr. de soie une fois teinte ; si l’on a affaire à des cordonnets soie, à la cuite ils
- perdront 25 kilos, et sur 500 kilos, il n’y aura que 75 kilogr. de soie une fois teinte. Espérons que les progrès s’en tiendront là, autrement, comme je l’ai déjà dit, on finira par oublier la soie et on en viendra à vendre de la charge pure.
- Comme pour les noirs lourds sur soies fines, de si beaux résultats ne s’obtiennent pas pour rien, et un moment, en 1870-1871, les 400 % se sont payés jusqu’à 40 fr. le kilogr., du poids de la soie mis en teinture.
- Il me reste pour terminer la question de la charge à parler des souples noirs. Ici, par des méthodes analogues aux précédentes, on est arrivé également à de forts beaux résultats. Il y en a d’ailleurs pour tous les goûts. Quelques-unes de nos maisons de fabrique de Lyon, connues pour leur honorabilité dans le monde entier, et sans rival pour la beauté de leurs produits, se sont maintenues dans l’emploi de trames souples rendant de 40 à 50 % ; elles allient ces souples à des organsins rendant de 5 à 10%, et produisent de belles étoffes, et si quelquefois ces étoffes n’ont pas la durée que l’on est en droit d’en attendre, cela vient de la mode de l’article dit faille. La faille est un genre de taffetas dans lequel la trame est souple et doit produire un effet de côtelé prononcé. Il en résulte que par rapport à la nature de la soie souple, et par rapport à cet effet de tissage, si recherché pour les étoffes à pleine main, l’on a, malgré l’emploi de bons produits, au point de vue de la charge, des étoffes qui se coupent. Il est temps que la mode revienne à cet antique taffetas, qui a fait la réputation de Lyon ; demander des étoffes légères, tout cuit, peu chargé, voilà la question pour le consommateur.
- Les souples rendant 100 % s’emploient communément, voire même ceux rendant 200 %, dits sou-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pie gros noirs. Les prix de façon sont, comme précédemment, assez élevés. J’avais donc raison en traitant, au début de cet article, la question de la charge exagérée de la soie en teinture, d’erreur économique industrielle. En effet, des comptes énormes de teintures sont payés journellement, et tout cela pour abîmer la soie.
- Si, continuant mon programme, je passe à la loyauté dans les transactions, je dois maintenir ce que j’ai déjà dit, qu’il faut mettre complètement en dehors l’honorabilité de nos teinturiers, fabricants et commissionnaires. Le levage de la flotte n’existe plus depuis longtemps en teinture, qu'à l’état de souvenir ; le fabricant ne se sert de sa charge que pour faire concurrence,de même le commissionnaire. Seul, le marchand au détail peut être alléché par l’appât de gains plus forts, en vendant de l’étoffe inférieure pour de la marchandise de première qualité. Le petit acheteur sur banque seul est lésé, et c’est celui qu’il faut arriver à éclairer le plus possible.
- Au point de vue de la sécurité et de l’hygiène publique, les soies noires finissent par offrir de véritables dangers. A force d’y accumuler des produits ferrugineux, puis de l’huile pour les adoucir, on les rend aptes à s’enflammer spontanément. Peu à peu les masses de soies noires s’échauffent, et si on ne les brasse, elles s’enflamment et deviennent la cause d’incendies. De nombreux cas ont eu lieu à Saint-Etienne et à Lyon. Les compagnies de chemins de fer exigent d’ailleurs des précautions spéciales pour le charroi des genres très-chargés. Il faut les emballer par petits paquets isolés. Bref, la soie, cette matière inoffensive, a pris d’un coup rang à côté de la poudre à canon et des matières fulminantes ! Si cela augmente, elle sera aussi redoutable à manier que la foudre.
- L’emploi de produits de plomb a causé de nombreux cas d’empoisonnements, dans les soies à coudre principalement. Les ouvrières ont l’habitude de porter le fil à la bouche, et peu à peu elles subissent de véritables intoxications qui ont été suivies quelquefois de mort ; dans tous les cas, il peut arriver des désordres dont la source échappe au médecin. Nos teinturiers font concurrence à la Locuste et à la Brinvilliers, de célèbre mémoire ; est-ce bien du progrès ?
- Les étoffes et articles de soieries, principalement en noir, sont à peine fabriqués, que des accidents de tout genre se produisent ; tantôt une odeur de rance, provenant de l’emploi de mauvais savons, ou
- mieux, de fort bons savons comme fabrication, mais faits avec des huiles inférieures en qualité, ou encore de l’huile d’avivage, se développe, tantôt l’étoffe se coupe avant même d’être portée. Enfin un accident redoutable, le cirage, a presque toujours lieu, et quoique le cirage n’ait pas pour cause unique la charge, il a grandi avec elle et avec le développement de la faille. Je ne parle pas d’accidents moindres, mousse et taches graisseuses. Ce sont peu de chose auprès des précédents.
- Est-il donc étonnant que le consommateur ait délaissé la soie pour se rejeter vers les articles de laine et de coton qui lui offrent plus de garanties, qui ne l’exposent pas, lorsqu’il ouvre ses placards, à sentir une odeur de rance. Je connais des cas où les robes n’étaient pas finies qu’elles étaient importables.
- Il y a encore la question des apprêts, qui vient achever ce que la charge a si bien commencé. L’appréteur, pour produire les effets réclamés par la mode, est obligé de soumettre les étoffes à des opérations nouvelles, dont quelques-unes anodines, mais dont d’autres, entre autres l’emploi de la chaleur à des températures supérieures à 120°, ne sont pas sans danger. Que les charges soient riches en fer, et par cette élévation de température même passagère à l’apprêt il y aura une véritable combustion de l’étoffe qui sera bonne à jeter au moment où il faudra la mettre en vente. En disant cela je mets complètement l’appréteur en dehors de cause. Qu’on lui donne des étoffes chargées rationnellement et son travail sera sans danger.
- Dans les articles franges et passementeries, ce n’est que le grand bon marché qui peut vraiment les faire porter; car c’est à peine si certains d’entre eux peuvent supporter la moindre traction ; aussi malgré le prix la consommation se jette-t-elle vers les articles similaires en laine.
- Dans les couleurs, l’emploi des nouvelles matières colorantes dérivées de l’aniline, a permis de produire des étoffes d’un coloris inconnu jusqu’à ce jour, mais en même temps d’une fugacité que ne possèdent pas les vieilles nuances. De là des piqûres, des rayures, etc., se produisant même chez le fabricant. Il faut alors vendre à tout prix, de là l’annonce dans les journaux de ces stocks de soieries vendues à des prix incroyables. Je sais bien que ce sujet est étranger à la charge, aussi je n’en parle qu’en passant pour dire au consommateur : Si vous voulez en couleur des articles de durée, fuyez pour le coloris, les nuances éclatantes sur le moment.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le consommateur se sentant trompé, même dans les articles riches, a fini par se dire : trompé pour trompé, je préfère l’être avec des soies à bas prix. De là le courant qui tend à se développer de plus en plus pour la production d’étoffes communes. On ne fabrique plus de ces vieux et beaux articles pour lesquels la soierie lyonnaise était sans rivale. On fabrique de l’étoffe commune dite camelote — et ici la concurrence étrangère est redoutable. —Je n’ai pas à en analyser le pourquoi, je constate, le fait.
- Plus les étoffes communes iront en se développant et plus Lyon perdra sa supériorité ; l’inverse aura lieu dans les étoffes riches. Encore une fois ici nos maisons sont sans rivales, et nos ouvriers tisseurs, pour la beauté de leur produits obtenus, défient toute concurrence mécanique de l’Angleterre, de la Suisse et des Etats-Uuis.
- Il y a encore dans cet état de choses un fâcheux contre -coup pour nos départements séricoles du midi de la France. En effet de quoi sert-il que nos filateurs et mouliniers produisent avec nos cocons de pays les soies réputées'pour être les premières dans le monde entier ? Il faut avouer vraiment que ce n’est pas la peine de produire de beaux produits afin de les maltraiter à ce point. Les soies de provenance étrangère, meilleur marché et qui ne peuvent être employées dans la fabrication des articles sérieux suffisent comme qualité pour les articles communs, et comme leur prix est inférieur, l’on se passe des soies indigènes. C’est donc à la charge qu’il faut attribuer le marasme dans lequel se trouvent plongés nos malheureux départements séricoles; ce marasme ne tardera pas à se transformer en une ruine complète si l’on n’y prend pas garde, et alors ces malheureux départements déjà si éprouvés par le phylloxéra, la perte de la garance, au lieu de payer les impôts au gouvernement, lui demanderont des secours. Dans tous les cas, les populations ne trouvant plus de quoi vivre émigreront et la population décroîtra comme celle du département des Basses-Pyrénées, dans des proportions alarmantes. Que l’on y prenne garde, il y a là une question de patriotisme.
- Il faut donc combattre cette grande erreur industrielle par tous les moyens. Il y en a deux principaux : le premier consiste à la dévoiler, c’est ce que je viens de faire, à éclairer, à porter la lumière même dans les coins les plus reculés du globe, partout où il y aura un acheteur et pour cela il faut
- de la publicité et beaucoup de publicité. Le second consiste à faire pour la vente de la soie fabriquée, ce que l’on fait pour la vente de la soie ouvrée ou filée, pour la vente des bijoux d’or et d’argent : il faut vendre la soie tissée sur garantie d’analyse.
- L’idée n’est pas d’ailleurs complètement nouvelle; déjà dans le courant de l’année passée, les journaux américains et anglais, tels que le Fancy Goods and Silk Record de New-Yorck et le Textile manufacturer of Manchester, ont reproduit des analyses de soies fabriquées livrées à la consommation, et ce, sans ménagement, donnant dans une première colonne le nom du commissionnaire, dans la troisième le nombre de mètres vendus, dans la quatrième le prix du mètre, dans la cinquième le poids de l’échantillon analysé, dans la sixième le poids de soie pure, et enfin dans la septième le poids de la charge.
- Quelque peu au courant des charges pratiquées par les maisons de fabrique citées, je dois déclarer que les analyses m’ont paru assez bien faites. Tout en approuvant nos voisins d’outre-mer, je dois dire qu’une chose m’a consolé, c’est que les plus fortes charges pratiquées l’étaient par une maison de New-York.
- Maintenant ce qu’il faut pour relever le crédit des soieries, principalement les soieries noires, c’est la création de bureaux officiels de garantie installés comme ceux de contrôle des bijoux d’or et d’argent. Ces bureaux devront être installés de manière à pouvoir faire à des prix ralativement bas et rapidement toutes les analyses possibles d’étoffes de soie.
- Qu’un premier bureau soit créé à Lyon, par exemple, premier centre de la soierie, et non seulement il s’en créera d’autres en France, mais encore à l’étranger, qui ne voudra pas rester en arrière, par esprit de concurrence. En effet peu à peu il arrivera pour les soieries de France, ce qu’il arrive pour les bijoux dont l’authenticité de la richesse en métaux précieux assure le succès dans le monde entier. Peu à peu les idées d’achat et de vente, sur garantie d’analyse, s’établiront dans le commerce soyeux, depuis le plus grand acheteur jusqu’au moindre.
- La question d’analyse d’une soie chargée offre cependant des difficultés assez sérieuses, mais avant peu, j’espère, non pas y arriver, car elle peut se faire dès aujourd’hui, mais j’espère arriver à une solution tout à fait pratique. Ce sera l’objet de ma
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- prochaine note pour le Bulletin de l'Union des fi-lateurs et mouliniers de la région de Valence,
- Marius MOYRET.
- RAPPORT
- sur une note de M. Delory sur la teinture en bleu d’anthracene
- Par Mc Lamy.
- Une commission composée de MM. Witz, Glantz-mann, F. Rhem et moi, a été chargée par votre comité de chimie, d’étudier la note de M. Delory sur la teinture en bleu d’anthracène sur coton. Cette Commission ayant terminé l’étude de cette note, je viens en son nom vous donner connaissance des résultats obtenus.
- D’abord nous avons cru devoir éliminer de notre examen tout ce qui, dans le travail de M. Delory, a rapport à la théorie ; les diverses réactions au bleu d’anthracène qui y sont signalées sont connues de nous tous, car déjà en 1877, M. G. Witz dans plusieurs Notes et l’auteur du Rapport dans plusieurs communications verbales faites au sein du Comité avec échantillons à l’appui, vous ont entretenus de ces faits. Dans les bulletins de la Société industrielle de Mulhouse, plusieurs Notes ont été publiées à ce sujet par MM. Horace Koechlin et Prudhomme. Cette élimination faite, quatre questions principales nous restent à examiner, ce sont les suivantes :
- 1° Est-il nécessaire de recourir à l’action de deux mordants mélangés ou appliqués en deux fois, en un mot, le nitro-acétate de chrome, mélangé par parties égales, constitue-t-il le seul mordant capable de donner des tons foncés et brillants par la teinture en bleu d’anthracène ;
- 2° L’addition de soude caustique en teinture doit-elle être proportionnée à la quantité de savon, ou doit-on seulement avoir égard aux sels calcaires dissous dans l’eau de nos rivières, ou en d’autres termes doit-on corriger seulement l’eau dans les meilleures conditions possibles afin d’éviter la formation du savon calcaire ?
- 3 La température du bain doit-elle être supérieure à 80° G. pour obtenir un bon rendement comme solidité? L’ébullition prolongée du bain de teinture est-elle sans inconvénient? En résumé, cette façon de teindre est-elle pratique?
- 4° Enfin, le savon additionné en teinture agit-il comme alcali, comme l’affirme M. Delory dans sa Note, ou agit-il comme matière grasse?
- Nous avons pensé qu’il n’était pas indispensable de foularder en deux fois dans des bains différents, pour obtenir des bleus foncés par la teinture en bleu d’anthracène, pas plus que le mélange de deux mordants n’est nécessaire ; pour nous en convaincre, nous avons fait une série d’essais sur des tissus mordancés comme suit :
- 1° Mordancer en acétate ferreux à 4°, sécher et foularder en nitro-acétatede chrême à 4° B, sécher, oxyder à l'étendage à froid pendant deux jours, puis fixer en silicate de soude à 60 C, laver ;
- 2° Mordancer en mordant CF (1) à 4° B, sécher, deux jours d’étendage, fixer en silicate de soude, comme le précédent, laver.
- 3° Mordancer en acétate ferreux 4° B, même traitement que ci-dessus.
- 4° Mordancer en nitro acétate de chrome à 4° ; traiter comme les précédents.
- Ces quatre mordants ont été teints ensemble dans un bain comme suit :
- Eau de rivière 0 lit 5
- Soude caustique à 10° B. 1 gr. 5
- Savon de Marseille 1 gr-5
- Bleu d’anthracène 3 gr. 0
- Entrer dans le bain de teinture à 50° c. chauffer en une heure trois quarts jusqu’au bouillon, maintenir l’ébullition une demi-heure, laver.
- Après examen, nous trouvons que le mordant C F seul donne la nuance vraiment indigo, le mordant acétate ferreux vient après, puis le mélange de fer et nitro acétate de chrême, dont la nuance est un peu trop verdâtre. Quant au nitro acétate de chrome seul, il estau moins de 60 0/0 au-dessous des autres.
- Il résulte de cette expérience que l’addition du nitro-acétate de chrême n’est pas indispensable pour obtenir un bleu foncé, puisque le mordant d’acétate ferreux à 4° donne une nuance au moins
- (1) Le mordant C F est un mordant préparé par M. La-my, spécialement en bleu d’anthracène, et qui lui a donné d’excellents résultats. Ce mordant est composé comme suit :
- Mordant C F.
- Eau bouillante O lit 3
- Bichromate de potasse 147 gr. Eau bouillante 1 lit.
- Sulfate ferreux 130 gr.
- mélanger les deux dissolutions, laisser reposer vingt-quatre heures, filtrer, se servir du bain qui doit peser 44° B.
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- ausssi intense ; cependant, nous avons constaté par des essais subséquents que, sur eau pure, le mélange de nitro acétate de chrôme et d’acétate ferreux donnait des résultats plus satisfaisants, surtout au point de vue de la vivacité des nuances, mais alors le mordant de chrome, eu égard à la difficulté que l’on éprouve à le fixer sur tissu de coton d’une façon assez complète, doit subir un autre traitement que celui qui est indiqué dans l’essai ci-dessus ; un séjour prolongé dans un étendage très-chaud, tel que l'indiqueM. Delory.dans sa note additionnelle,ou un vaporisage d’une demi-heure à trois quarts d’heure, sont des moyens que l’on peut citer comme donnant d’assez bons résultats. D’après les nombreux essais que nous avons faits, nous avons constaté que les meilleures proportions de soude et de savon pour teindre sur eau calcaire et celles qui se rapprochent le plus de la teinture sur une eau pure, sont les suivantes :
- Eau de rivière (calcaire) 10 lit.
- Savon caustique à 10° 40 gr.
- Savon de Marseille 40 gr.
- Bleu d'anthracene 40 gr.
- La matière colorante peut varier nécessairement selon la quantité d’oxyde métallique que l’on a à teindre.
- En résumé, une fois le bain alcalin bien préparé pour la teinture, la nuance à obtenir dépend du degré de saturation du mordant par la matière colorante ; en d’autres termes, pour avoir une nuance bleue foncé sur coton, il faut un mordant très concentré et teindre jusqu’à complète saturation.
- Les meilleures proportions que nous avons constatées pour teindre sur eau pure sont les suivantes :
- Eau distillée 10 lit.
- Savon de Marseille 30 gr.
- Bleu d'anthracène 60 gr.
- La température du bain de teinture peut être élevée comme le dit fort bien M. Delory dans sa Note, jusqu’à 100° C, et maintenue à ce degré pendant trois heures, on y trouve un très grand avantage pour la solidité de la nuance, mais ce n’est pas sans danger ; l’auteur du présent rapport l’a constaté dès 1877, dans l’application pratique qu’il fit du bleu d’anthracène ; on rencontre certains inconvénients qui ne son pas sans gravité lorsqu’on opère de la sorte. (Il est bien entendu qu’il s’agit ici de la teinture sur eau calcaire, car M. Delory n’a teint jusqu’à présent que sur eau pure, ce qui, à Rouen,
- ne serait pas praticable en grand). Lorsque le bain de teinture arrive à l’ébullition, il y a décomposition du savon, si bien corrigée que soit l’eau sur laquelle on opère, il se forme alors un savon calcaire qui entraîne avec lui une certaine quantité de matière colorante, et forme une laque qui s’attache au tisssu avec une telle force, qu’il est extrêmement difficile de l’enlever après la teinture et même après un fort savonnage. Un second inconvénient qui est aussi à prendre en considération, et que M. Delory constate dans sa Note, du reste, c'est que l’ébulliton prolongée fait perdre au bleu d’anthracène beaucoup de sa fraîcheur et le rend gris.
- (4 suivre).
- -------B-csu-cys—---—--
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE
- Voici la réponse de notre abonné au paragraphe de la lettre de M. Grawitz, publié dans le dernier numéro :
- « Monsieur le directeur du Moniteur de la Teinture,
- » Comme je suis d’accord avec M. Grawitz sur la manière d’imprimer les noirs, il ne lui reste plus qu’à me faire connaître :
- 1° Les doses pratiques delà couleur sans aucun métal, ainsi que je l’ai déjà demandé par ma lettre publiée page 137 dans le numéro du 20 juin, lettre par laquelle j’ai proposé à M. Grawitz de faire l’essai en employant ses propres doses qu’il a publiées dans sa note à l’Académie des sciences.
- 2» L’arbitre qu’il choisira et que nous mettrons en rapport avec celui que je prendrai afin qu’ils puissent faire le nécessaire, c’est-à-dire :
- Rédiger et signer les conditions du programme à remplir, désigner un autre expert qui jugera en dernier ressort dans le cas où nos experts ne s’entendraient pas ; indiquer l’époque et la fabrique où se feront les essais ; choisir comme comparaison des résultats un échantillon type et en général prendre toutes les mesures nécessaires afin qu’aucune contestation ne soit possible. (I)
- » Agréez, Monsieur, etc.
- Votre abonné.
- (1) Nous prions M. Grawitz de vouloir bien spécifier sa réponse avec détails comme nous lui demandions déjà dans la note en renvoi, page 171, numéro du 5 août dernier, pour que celle question soit enfin vidée !
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES
- Par Alex. Schultz.
- — Suite (1). —
- Couleurs rongeantes sur fonds puce teints en garancine et bois ou bois seul.
- Imprimer sur un fond puce teint en garancine et bois ou bois seul, les enlevages suivants :
- Rose rongeant.
- 1 litre cochenille à 120 gr. par litre.
- 1 » eau.
- 2 kilog. gommeline.
- 80 gram. acide oxalique.
- 40 » sel d’étain.
- 240 » dissolution d’étain à 60° B.
- 160 » bichlorure d’étain à 60° B.
- 640 » acide muriatique.
- Jaune rongeant.
- 2 litres graine de Perse à 10“ B.
- 2 kilog. gommeline.
- 80 gram. acide oxalique.
- 720 » dissolution d’étain à 60° B.
- 400 » bichlorure d’étain à 60° B.
- 160 » acide muriatique.
- Violet rongeant.
- 1/2 litre eau.
- 1 /4 » campêche à 5° B.
- 600 gram. gommeline.
- 40 » acide oxalique.
- 135 » dissolution d’étain à 60° B.
- 90 » bichlorure d’étain.
- Cachou rongeant.
- 4 parties jaune rongeant.
- 2 » rose rongeant.
- 4 » violet rongeant.
- 1 » eau.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n°- 5, 6, 7, 8,9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17, année 1879.
- La dissolution d’étain se prépare en dissolvant de l’étain dans l’acide chlorhydrique, elle se trouve dans le commerce ainsi que le bichlorure d’étain liquide à 60° B., (oxymuriate d’étain.)
- Après avoir convenablement oxydé les couleurs, on les lave et on les sèche.
- J’ai employé ce genre de fabrication à la planche et au rouleau pour l’article cravate.
- Rongeant rouge vermillon. — Rongeant jaune à l’albumine. — Teinture en quercitron.
- Enlevage rouge et blanc au rouleau à deux couleurs sur fond cuvé.
- Rongeant rouge.
- 1 litre eau.
- 150 gram. amidon.
- 100 » farine.
- Cuire et ajouter à 60° C. :
- 125 gram. acide oxalique.
- 300 » deutochlorure d’étain à 57° B.
- Enlevage blanc.
- Le même que celui qui est indiqué page 186 (procédé Steiner).
- Ce rongeant rouge a l’avantage sur celui que j’ai indiqué page 186, de mieux ronger le bleu, on peut par conséquent ronger des bleus moyens foncés, ce qui n’est pas possible avec l’enlevage rouge à l’oxalate d’alumine.
- Imprimer les rongeants rouge et blanc sur des pièces cuvées en bleu moyen foncé, préalablement foulardées en 125 grammes bichromate de potasse et 12 1/2 grammes cristaux de soude par litre d’eau ; oxyder pendant 36 heures àl’étendage humide à une température plus élevée que pour les genres ordinaires. Dégommer en bouse et craie (beaucoup de craie) à 80 ou 85° C., repas-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ser en bouse à 60° C., et teindre en garan-cine seule à 75° C., battre et sécher.
- Eviter avec soin la trop forte chaleur ainsi que le grand jour.
- Il est nécessaire de neutraliser avec de l’ammoniaque, l'excès d’acide du bichlorure d’étain pour empêcher le tissu d’être attaqué.
- Un dégommage en silicate de soude ou en sel à bouser ou en un mélange de sel à bouser et d’arséniate calcicopotassique, serait peut-être préférable à l’emploi de la bouse en donnant un rouge plus vif, je crois que la bouse donne le meilleur blanc.
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l’auteur.
- CHIFFONNAGE
- Bleu marine sur laine chaîne-coton.
- Pour une robe de 1 kil. :
- Faire bouillir trois quarts d’heure dans un bain de :
- Sulfate de soude 100 grammes.
- Carmin d’indigo 10 —
- Fuschine S 5 —
- Lever, rincer, manœuvrer pendant une demi-heure dans un nouveau bain tiède contenant 500 grammes de sumac. Lever et manœuvrer un quart d'heure dans un bain froid où l’on a fait dissoudre 250 grammes sulfate de fer, bien laver, rentrer dans un vieux bain de sumac et teindre pendant un quart d'heure dans un nouveau bain bouillant contenant une dissolution de 5 grammes bleu méthylène.
- Ce procédé est donné par le Dr M. Reimann, de Berlin. Nous croyons que l’emploi du bleu indien direct, dont nous avons parlé page 162, n° du 20 juillet 1879, permettrait en nuançant avec du violet, d’obtenir très simplement du bleu marine sur laine-coton en teignant directement la laine puis mordançant au tannin avant de teindre le coton.
- Ces bleus directs supportent bien le bouillon, mais on obtient des teintures plus égales et une nuance plus pure en n’opérant qu’à 65° C.
- PRÉPARATION DU FIEL DE BŒUF POUR ENLEVER DES TACHES
- On met un litre de fiel de bœuf sur le feu -, on 1 e fait bouillir et on écume la matière azotée qui vient au-dessus ; quand elle est bien écumée, on y jette 31 grammes d’alun bien pulvérisé, et, lorque le mélange est refroidi, on le met dans une bouteille sans la boucher parfaitement.
- Autre moyen.
- On met la même quantité sur le feu et on l’écume de la même manière ; on y ajoute 31 grammes de chlorure de sodium (sel de cuisine) réduit en poudre fine ; on laisse refroidir et on met le tout dans une bouteille sans la boucher parfaitement. Au bout d’un mois de repos, on décante les deux préparations et on les mêle ensemble par parties égales, puis on bouche bien pour s’en servir au besoin.
- LE VERT MALACHITE
- Le vert malachite, nous dit le D M. Reimann, de Berlin, ne s’introduit que lentement dans l’industrie de la teinture, par suite de la difficulté d’en obtenir des nuances unies et satisfaisantes. D’après la communication qui lui a été faite, pour éviter tous les inconvénients et obtenir de bons résultats, il s’agit tout simplement d’opérer avec un vieux bain.
- Un bain de vert malachite préparé avec une eau fraîche, sortant du puits ou du réservoir, teint toujours inégalement. Il suffit donc d’opérer avec un vieux bain qu’on garnit de quantités suffisantes d’eau et de colorant pour avoir de belles nuances et obtenir l’unisson.
- Il est probable que ce procédé, qui a fait ses preuves pour la teinture du coton, donnera également de bons résultats sur laine et sur soie.
- TEINTURE SUR SOIE
- Les doses sont pour 5 kil. de soie :
- Décrassage des vieilles soies qu’on veut teindre.
- On les fait bouillir :
- 1° Dans une dissolution de 120 grammes de cristaux de soude par kil. de soie.
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- tO l 29
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 2° Avec une solution de savon.
- Noir charbon.
- 1o Mordançage pendant une demi-heure dans une dissolution de nitrate de fer à 4° B.
- 2° Lavage.
- 3° Teinture avec décoction de 1,250 grammes campêche et 500 grammes bois jaune. — Durée : une demi-heure.
- 4 Dégorgeage.
- Gris.
- lo Passer, 6 à 8 heures, par une dissolution de 1 kil. alun.
- 20 Teinture dans un bain composé d’une décoction de campêche et un peu d’extrait d’indigo. —-Durée un quart d’heure.
- Rose à la cochenille.
- lo Mordancer pendant 6 à 8 heures dans un bain où l’on a mis 1 kil. alun, bien exempt de fer.
- 2° Laver.
- 3° Teindre dans un bain tiède de 30 grammes de cochenille.
- 40 Laver.
- Rose au carthame (safranum.)
- On broie 8 grammes de carthamine avec 24 gr. d’alun bien pur ; on dissout le tout dans l’eau et l’on passe la soie pendant 15 minutes, puis on la passe dans un bain aiguisé avec du vinaigre. On obtient la carthamine en dissolvant le carthame sur fils de coton qu’on a teint par la soude ou la potasse, précipitant par l’acide citrique et faisant dessécher dans une assiette.
- La carthamine sert à préparer le rouge 'végétal, dont la belle couleur rose rend aux dames de si grands services pour restituer à la peau la fraîcheur qu’elle a perdue. Il suffit de prendre la carthamine desséchée, de la broyer avec de l’eau et du talc réduit en poudre impalpable et de faire dessécher dans de petits vases en porcelaine.
- Ecarlate par la cochenille.
- 1o Mordancer pendant 16 heures dans un bain contenant la dissolution d’étain, 650 grammes.
- On obtient cette dissolution en dissolvant 100 grammes d’étain dans 250 grammes d’acide nitrique additionné de 250 grammes d’acide chlorhydrique.
- 2° Laver.
- 3° Teindre dans une décoction de 10 grammes
- cochenille et 100 grammes de crème de tartre bien chaude, mais non bouillante.
- Laver.
- (A suivre).
- CHRONIQUE
- AIDE-MÉMOIRE
- DU DÉGRAISSEUR
- — Suite. —
- Velours des collets et parements d'habits. — On enlève les taches sur les velours comme sur la soie et la laine ; mais lorsque la crasse est très-considérable, on la frotte rudement avec un linge enduit de beurre ou d’huile, ou mieux d’ammoniaque liquide, et on lave bien à l’essence de térébenthine ou de citron. Pour redresser les poils du velours qui ont été couchés soit par les corps gras, soit par l’eau ou le frottement, on applique l’envers du velours sur une plaque trouée comme une écumoire et on l’expose ainsi à l’action d’un courant de vapeur d’eau qui la traverse et relève les poils que l’on brosse en même temps avec une brosse en chiendent. A défaut de plaque de cuivre ou d’un générateur à vapeur, on peut attacher le velours avec des épingles sur un gros canevas tendu sur un métier à broder et on l’expose à l’envers sur une grosse serviette de fil mouillée à l’action d’un feu très ardent, lequel vaporisera l’eau contenue dans la serviette.
- Chapeaux d'homme en peluche de soie. — L’on nettoie et met à neuf les chapeaux d’homme graisseux par deux procédés différents : lo On enlève avec précaution la peluche de dessus la carcasse, on la trempe dans une dissolution d’eau tiède et d’ammoniaque liquide, et on la frotte avec grand soin, puis on la lave à l’eau claire, on la drape, on l’étire dans tous les sens avec les deux mains pour éviter les plis et on la fait sécher à l’ombre.
- Le deuxième procédé est plus facile et plus prompt à exécuter. Voici la manière d’opérer :
- On fait dissoudre 2 à 3 parties de carbonate de soude du commerce dans 100 p. d’eau bouillante, on passe rapidement la peluche dans ce bain, à 2 ou 3 reprises différentes et on la presse avec la
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 213
- main pour en extraire la plus grande partie d’eau alcaline, ensuite on la rince bien dans l’eau claire, on la presse dans un sac à tordre pour extraire l’eau, on l’étire, et enfin on la fait sécher à l’air libre après l’avoir étendue sur un châssis. Lorsque la peluche est sèche, on pose la carcasse ou galette du chapeau sur une forme ordinaire, et on l’enduit d’une couche légère de vernis à la gomme laque dissout dans l’alcool, puis on applique la peluche dessus, que l’on fait adhérer en passant un fer chaud, ensuite on donne l’apprêt pour lustrer et brillanter la peluche. L'apprêt consiste à mettre le chapeau tout monté sur la forme, sur une espèce de tour et à le placer entre deux tampons de velours de laine, il se polit en tournant sur lui-même avec une vitesse extrême.
- Culottes et gants en peau de daim. — On fait d’abord tromper ces objets dans une dissolution de sel de tartre que l’on fait tiédir et on les y manie pendant un certain temps, ensuite on les nettoie dans un bain tiède de jaunes d’œufs, et, au sortir de là, on leur donne un petit apprêt par le moyen d’une dissolution légère d’ocre jaune à laquelle on ajoute un peu d’alun en poudre. Cela fait, on retourne les objets à l’envers ; on les étire fortement et on les fait sécher à l’air sec ou à une température modérée.
- Gants de peaux d'agneau ou de chevreau. — Généralement, les dégraisseurs praticiens emploient aujourd’hui pour nettoyer les gants de chevreau une composition liquide de lait et de carbonate de soude, mais un procès en contrefaçon intenté par un pharmacien de Paris, inventeur de la saponine contre un parfumeur du Havre, nous a révélé une composition plus simple et depuis longtemps dans le domaine public.
- Il suffit d’imprégner d’un peu d’eau un morceau de flanelle qui ne soit pas trop claire et de la passer légèrement sur du savon en poudre. On passe des bâtons dans les doigts du gant que l’on veut nettoyer et on les frotte avec la flanelle qui retient de la poudre de savon et la saleté du gant s’y attache immédiatement.
- Le plus souvent on emploie la benzine comme nous l’avons indiqué page 285 du Moniteur de la Teinture, année 1877.
- Chapeaux de paille. — Enlevez d’abord la coiffe et tous les ornements des chapeaux, et lorsqu’ils sont piquetés par suite de l’humidité, on les fait tremper pendant 2 ou 3 heures dans une eau aci
- dulée, soit par l’acide oxalique, le sel d’oseille, ou l’acide hydrochlorique (ce dernier est inférieur) ; on peut aussi les nettoyer avec une légère dissolution d’eau de javelle, ou de jus de citron. On place ensuite les chapeaux dans des formes en bois blanc, faites exprès, comme celles dont se servent les chapeliers, on les pose à plat sur une table et on les frotte partout avec une éponge imprégnée d'une légère dissolution de potasse marquant environ 1 degré. Puis on repasse les chapeaux à l’eau acidulée pour détruire la teinte jaune de la paille ; on leur fait prendre un bain de savon et on les expose en suite au soufrage.
- Pour donner le premier apprêt aux chapeaux, on les mouille bien uniformément avec une éponge imbibée d’un liquide tiède formé de gélatine blanche, d’un peu d’alun et de savon blanc, et on les repasse avec un fer chaud en mettant une feuille de papier entre la paille et le fer.
- Tap isseries lisses en laine et en soie de toutes les couleurs. — On les frotte d’abord à l’aide d’une flanelle ou d’une brosse de velours de laine avec du blanc de céruse, ou de la craie en poudre que l’on répand dessus, afin d’enlever la fumée et les autres matières étrangères qui n’adhèrent pas beaucoup ; on les lave avec une décoction de saponaire, on les fait tremper dans de l’eau saturée d’acide nitrique pendant dix à quinze minutes, ensuite on les tend et coud sur un châssis ou métier à broder lorsqu’elles sont encore un peu humides et on les fait sécher rapidement. Quelquefois, lorsque les tapisseries sont au trois quart sèches, on pourrait les repasser à l’envers, en observant de placer dessous un linge humecté avec de l’eau qui contient un peu de chlorure de calcium ou d’alun qui fixe au ravive certaines couleurs. Quand la tapisserie contient des violets à l’orseille passés, on leur donne de la vigueur en les mouillant au moyen d’un pinceau avec de l’eau qui contient 2 à 3 p. 100 de sous-carbonate de soude et un peu de gomme arabique en poudre et de sucre.
- Toutefois, cette méthode doit être modifiée selon la nature des couleurs, c’est-à-dire suivant leur degré de solidité et de délicatesse ; un dégraisseur habile les étudie avant de rien entreprendre.
- Tapis en laine longue à l’imitation de ceux de la Savonnerie. — Depuis quelques années, un mécanicien de Paris, M. Dennebèque, a imaginé un moyen fort ingénieux et entièrement mécanique, de dégraisser et de mettre à neuf les tapis long ue
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- tO r— H.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- laine. Il tond la laine au moyen d’une machine de son invention afin d’enlever les extrémités des brins colorés qui sont passés et sales. Par ce moyen bien simple, il met à découvert de nouvelles parties de laine colorées qui conservent encore de l’éclat et de la vivacité. Pourtant nous croyons devoir dire, sans vanité, que nous avons pratiqué et mis au jour il y a près de huit années, un procédé analogue pour nettoyer et mettre à neuf la peluche en laine, les petits tapis de lit et autres objets brodés à la main, en laine longue et en relief. Nous nous servions tout simplement d’une paire de ciseaux recourbés semblable à celle en usage dans les manufactures de tapis -, mais pour dire la vérité, nous n’avons jamais pensé à appliquer ce procédé au dégraissage des tapis du commerce. Dans notre opinion, l’honneur de cette découverte appartient à M. Dennebèque. Nous devons dire aussi que M. Dennebèque n’a pas pris de brevet d’invention pour son procédé, mais seulement pour la machine à tondre qu’il emploie.
- Dans tous les cas, on peut toujours tondre les tapis avec une paire de ciseaux recourbés à défaut d’une machine plus expéditive, en ayant soin de comprimer chaque duite que l’on veut couper uniformément entre deux lames de cuivre, de zinc ou de fer blanc d’une hauteur proportionnelle à la longueur des fils qu’on désire conserver.
- Moyen de rétablir les couleurs altérées. — Comme nous l’avons dit, on peut faire renaître les couleurs par des moyens sûrs, mais il faut se rappeler tout ce qui concerne les propriétés des acides et des alcalis, et la manière surtout dont ils se comportent avec les couleurs, autrement on risquerait de ne rien faire de présentable et le plus souvent on gâterait totalement les étoffes. Alors le seul remède à appliquer à ce mal, serait d’avoir recours à l’impression et à la teinture.
- EXTRAIT DU
- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- Dans son assemblée générale du 28 mai 1879 pour être décernés en 1880.
- La Société industrielle de Mulhouse a, dans sa séance du 28 mai 1879, arrêté le programme des prix
- qu’elle met au concours pour être décernés dans son assemblée générale de mai 1880.
- Il est donné ci-dessous un court abrégé de ce programme, ne relatant que quelques-uns des prix mis au concours. Le programme détaillé avec les conditions du concours sera envoyé à toute personne qui en fera la demande. — Les étrangers sont admis à concourir comme les nationaux. Les mémoires ,dessins, etc. accompagnés d’un bulletin cacheté renfermant le nom, la devise et la demeure de l’auteur devront être adressés francs de port, avant le 15 février 1880, au Président de la Société industrielle de Mulhouse.
- La Société distribue, suivant le mérite des travaux, des médailles d’honneur, d’argent, ou de bronze.
- Une médaille d’honneur et une somme de 1,000 francs.
- Pour une substance pouvant remplacer, dans l’industrie des toiles peintes, l’albumine sèche des œufs, et présentant une économie notable sur le prix de l’albumine.
- Médaille d’honneur et une somme de 500 fr.
- Pour une albumine du sang décolorée, et ne se colorant pas par le vaporisage.
- Médaille d’honneur.
- Pour un procédé de blanchiment enlevant aux tissus de coton écrus toutes les substances amylacées qu’ils peuvent renfermer, sans altérer le tissu et sans augmentation notable de dépenses.
- Médaille d’honneur.
- Pour un vert solide à la lumière et au savon, se fixant sans l’intermédiaire de l’albumine et qui soit plus vif que la céruléine.
- Médaille d’honneur.
- Pour l’introduction dans l’industrie des toiles peintes d’une couleur transparente, répondant aux besoins de la fabrication, se développant et se fixant dans des conditions analogues à celles dans lesquelles se produit le noir d’aniline, aussi solide à l’air et à la lumière, réristant à l’action du savon, des alcalis et des acides, et ne présentant pas les inconvénients de la naphtylamine.
- Médaille d’honneur.
- Pour un alliage métallique ou une autre substance propre à servir pour racles de rouleaux, et qui réunisse à l’élasticité et à la dureté de l’acier la propriété de ne donner lieu à aucune action chi-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- mique en présence des couleurs acides ou chargées de certains sels métalliques.
- Médaille d’honneur.
- Pour une nouvelle machine à rouleaux permettant d’imprimer au moins huit couleurs à la fois, et offrant des avantages sur celles employées jusqu’à ce jour.
- Médaille d’honneur
- Pour l’introduction dans l’industrie d’un gris bon marché soluble dans un véhicule, susceptible d’être fixé chimiquement sur coton, pouvant s’associer aux couleurs-vapeur et résistant aux acides, au savon et à la lumière.
- Médaille d’honneur.
- Pour la synthèse de l’une des matières colorantes naturelles employées dans l’industrie.
- Médaille d’honneur.
- Pour un moyen automatique simple de régler l’admission de la vapeur dans les cuves de blanchiment ou de teinture, suivant les phases de l’opération.
- Médaille d’honneur.
- Pour l’installation dans la Haute-Alsace d’un appareil mécanique réfrigérant, permettant de maintenir, sans trop de frais, un local industriel renfermant des machines chauffées par la vapeur ou par le gaz à une température maxima de 30 degrés centigrades, pendant les plus fortes chaleurs de l’été, sans nuire aux bonnes conditions de marche des machines.
- Médaille d’argent.
- Pour un appareil à sécher les tissus apprêtés présentant de sérieux avantages sur les moyens actuellement en usage.
- Médaille d’honneur.
- Pour le meilleur mémoire traitant de la décoloration du chiffon et de son blanchiment.
- Médaille d’argent.
- Pour l’invention d’une disposition prévenant les accidents qu’occasionnent les peignes circulaires aux machines de préparation dans les filatures de laine.
- La disposition dont il s’agit devra avoir fonctionné pendant six mois sur une série complète de machines.
- Les accidents dus aux peignes circulerais sont très fréquents ; il produisent souvent des blessures qui entraînent la perte des doigts, la mutilation des mains, au point de rendre complètement
- incapables de travailles ouvrières atteintes ; ils ont même quelquefois occasionné la mort.
- MÉMOIRE SUR L’ÉPAILLAGE Présenté à la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- — Suite —
- 3° Epaillage par les sels.
- Ce mode d’épaillage n’a été, jusqu’ici, appliqué qu’à la laine en tissu ou à la laine non filée, mais teinte. La méthode opératoire est semblable à celle du procédé par voie humide.
- Le bain préservateur est supprimé et le désaci-dage remplacé par un rinçage à l’eau légèrement acide (3 ou 4 pour mille), si le tissu doit être disposé pour la teinture-, l’acide sulfureux pourra être employé avec avantage si l’on doit teindre en nuance claire. Ce que nous avons dit au sujet du dégraissage, de l’essorage, de la carbonisation, etc., s’applique, sans restriction, au procédé par les sels.
- Parmi les substances salines, agissant chimiquement, qui peuvent être employées par l'épaillage, deux seulement ont fait leur preuve industrielle; ce sont le chlorure d’aluminium et le phosphate acide de chaux. Les dissolutions sont employées à 5° Baumé; l’immersion se fait à tiède et la température de la carboniseuse est suffisante à 115 degrés.
- Le sulfate d’alumine, celui du zinc, etc.. peuvent épailler chimiquement, mais leur emploi est peu pratique; ils nécessitent, pour se décomposer, une température trop élevée, la laine serait atteinte. Les autres sels épaillants sont trop coûteux.
- Les bisulfates alcalins peuvent aussi être employés, mais leurs propriétés étant celle d’un mélange d’un sulfate neutre avec de l’acide sulfurique, on retombe dans les procédés décrits plus haut, dans la méthode par voie humide.
- Les silicates alcalins, proposés récemment comme substances épaillantes, n’exercent pas la moindre action chimique sur les matières végétales.
- Le résultat obtenu par un sel épaillant est le même que celui donné par l’acide moins l’intensité.
- Lorsque la pièce, après immersion et essorage, entre dans la carboniseuse, l’eau de dissolution du sel s’évapore tout d’abord; puis le sel, resté sur la
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- fibre, se décompose sous l’influence de la chaleur; l’acide chlorhydrique ou phosphorique est mis partiellement en liberté, mais ne se dégage point-, il agit sur le ligneux, qu’il détruit.
- Le mode d’action chimique des sels épaillants n’a pas encore été bien déterminé; certains auteurs pensent que le chlorure d’aluminium agit par l’acide qu’il contient, ainsi que nous l’avons dit en commençant; d’autres affirment qu’il agit en vertu d’une propriété spéciale (Voir le mémoire de MM. Baral et Salvétat : Annales de Chimie et de Physique, tome IX, 1876, page 120).
- Quand on chauffe, à 120 degrés, des fibres végétales, préalablement imprégnées d’une dissolution de chlorure d’aluminium et séchées de manière à enlever l’eau hygrométrique, il ne se produit pas de dégagement d’acide chlorhydrique ou de composé chloré quelconque. En résulte-t-il que le chlore et l’aluminium n’ont pas été dissociés? Nous ne le pensons pas. Lorsque la lumière agit sur du chlorure d’argent, la dissociation s’effectue sans aucun dégagement de produit choré. Lorsque la fibre végétale a été imprégnée d’une dissolution de à à 5 p. c. d’acide chlorhydrique pur, il ne se dégage pas d’acide chlorhydrique si l’on chauffe, même à 140 degrés, après dessication préalable; cependant les fibres en contiennent, ainsi que l’on peut s’en assurer en les lavant à l’eau distillée et en traitant ensuite cette eau distillée par le tournesol et par le nitrate d’argent.
- En opérant de même sur l’eau de lavage des fibres imprégnées par le chlorure d’aluminium, le nitrate d’argent indique la présence du chlore, ce qui n’a rien de surprenant. Mais si l’on pousse plus loin l’investigation et si, après un rinçage parfait à l’eau pure et bouillante, on traite les fibres par l’eau acidulée d’acide sulfurique, cette eau se charge de sulfate d’alumine. Par suite de l’affinité chimique qui existe entre le ligneux et les acides, affinité favorisée par la chaleur de la sécheuse, il se forme donc de l’alumine insoluble, et sans doute aussi un sous-chlorure; le chlore qui accompagne l’aluminium dans la solution épaillante en est en partie séparé ; et en présence de l’eau de composition du ligneux, il se produit, suivant une réaction chimique bien connue
- Al2 Cl3 + 6 HO = Al2 O3, 3 HO + 3 H Cl, de l’acide chlorhydrique et de l’alumine hydratée insoluble dans l’eau.
- La quantité d’acide qui agit comme destructeur
- de la matière végétale est évidemment faible, comparée à celle qui est employée dans la méthode par voie humide, mais cet acide agit à l’état naissant, et la totalité est évidemment utilisée, puisqu’il y a double décomposition entre le chlorure d’aluminium et le ligneux.
- En opérant sur un tissu préalablement teint, la couleur n’est pas attaquée si l’on emploie le chlorure d’aluminium ; elle est en partie détruite, au contraire, si l’on fait usage de l’acide chlorhydrique dilué; mais le même acide employé à l’état gazeux et sec, ainsi que nous l’avons dit, n’altère pas non plus les couleurs; l’acide qui provient de la décomposition du chlorure d’aluminium est sec, on conçoit qu’il agisse absolument comme dans la méthode par voie sèche. (A suivre.)
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- 23e Année, No 19. ' ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Octobre 1879.
- SOMMAIRE
- De la charge des soies: Lettre d’un très-vieil abonné du Moniteur des soies. — Mémoire sur l’épaillage, par M. René Leblanc (suite). — Rapport sur une note de M. Delory sur la teinture en bleu d’anthracè ne, par M. Lamy (fin). — La question du noir d’aniline.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. Schultz (suite). — Les nouveaux colorants de la maison A. POIRRIER. — Teinture des cotons et fils en échevaux par M. de Vincent (suite). — Chiffonnage : Blanchiment des cachemires et des tissus de soie, et teinture avec réserve. — Teinture pour chapellerie: Sur l’usage du fustet ; nettoyage des feutres ; teinture en marron.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Appareil à arroser les tissus. — Note sur l’emploi de l’eau verte pour la guérison des blessures. — Nouvelles recherches du doyen des teinturiers français. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878).
- BIBLIOGRAPHIE.— La presse industrielle (journal hebdomadaire).
- DE LA CHARGE DES SOIES (I)
- Monsieur le Directeur du Moniteur des soies.
- Je viens de lire dans les journaux politiques de votre ville l’entrefilet suivant:
- Un grand nombre de représentants de la région sé ricole ont eu une entrevue avec M. Tirard. Ils ont demandé que les tissus de soie puissent être soumis à une condition analogue à celle des soies grèges.
- La condition essaierait les étoffes, et constaterait la proportion de la charge.
- M. Tirard a répondu qu’il ferait étudier la question et à déclaré qu’il était favorable à l’établissement de cette condition, pourvu qu’elle fût facultative.
- Voilà certainement une bonne nouvelle : elle sera accueillie très-favorablement, je pense, par nos fabricants qui doivent avoir les oreilles rebattues d’une question où on ne leur fait pas jouer précisément le beau rôle. Du reste, du moment qu’il s’agit de pratiques qui offensent la moralité industrielle (cela a été écrit tout au long dans votre journal) on ne peut que se féliciter de voir la sollicitude gouvernementale mise en éveil. Je fais donc des vœux pour que l’étude annoncée ressorte son plein et entier résultat : vous me connaissez assez pour être certain qu’en parlant ainsi je suis sincère*
- Mais, en attendant, il est permis, ce me semble, de se demander à quoi aboutira tout ce tapage. J’ai bien peur que cette campagne des anti-chargistes (veuillez excuser le barbarisme) soit, quant au dénouement, la répétition de la célèbre comé-
- (1) Nous avons reproduit les articles sur la charge des soies, signés de M. Moyret et publiés par le Moniteur des soies. Pour rester complètement impartial nous devons publier la lettre humoristique adressée à ce dernier journal, à propos de la charge et du projet de conditionnement, par un de ses abonnés» P. B.
- die : much ado about nothing. (1) Une simple considération suffira pour justifier mon inquiétude.
- La charge, — ce bouc émissaire des souffrances de la filature et du moulinage, — n’a certainement pas poussé du soir au matin à la façon des champignons. Comme toute chose en ce monde, elle a eu ses tâtonnements, ses progrès, enfin sa prise de possession à peu près universelle. Qui, pendant longtemps, s’est élevé contre elle et a vraiment cherché à lui barrer le passage ? Il a fallu arriver en l’an de grâce 1878 pour voir la conscience publique se révolter et faire explosion.
- Il y a cependant en industrie une loi qui frappe d’une durée éphémère les erreurs de fabrication, même celle des produits de luxe. Aussi lorsque le contraire persiste, il y a gros à parier que la consommation est complice. Que cette complicité soit consciente ou inconsciente, qu’elle reste volontaire ou non, cela ne change rien à la question : producteurs et consommateurs s’agitent mais les conditions morales et économiques les mènent.
- Vous n’attendez pas de moi, je l’espère, que j’expose ici ces conditions, quoiqu’elles soient, croyez-le bien, au bout de ma plume. Du reste, je tiens à ne me brouiller avec personne, et si je disais toute ma pensée, je faciliterais par trop l’étude ministérielle, — ce qui contrarierait les illusions, d’ailleurs fort respectables, de beaucoup de monde et, du même coup, reléguerait dans les traités de chimie une grande découverte scientifique.
- Pour le moment, je m’en tiens aux espérances que laisse entrevoir l’entrefilet que j’ai cité. Grâce (le mot est joli) à mes cheveux blancs j’ai déjà vu défiler tant de choses. — les Chartres entr’autres, — qui devaient être des vérités, que j’éprouverai
- (1) Traduction ; beaucoup de bruit pour rien.
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- un véritable plaisir à assister au triomphe du noble fil réalisant un aussi beau programme. Pourvu qu’il ne vienne pas lui aussi prouver clair comme le jour que la consommation n’a que le produit qu’elle mérite !
- Mais espérons que cela n’arrivera pas : ce que la chimie a fait, la chimie saura bien, que dis-je? elle sait déjà le défaire. Maintenant le public en sera-t-il plus avancé quand on lui aura appris pourquoi sa fille est muette ?...
- La chimie dit : oui ; parbleu !
- Conditionnons donc, conditionnons for ever. (1) Agréez, etc etc.
- Uu très-vieil abonné.
- MÉMOIRE SUR L'ÉPAILLAGE
- Présenté à la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- — Suite —
- Le phosphate monocalcique se comporte, à l’emploi, de la même manière que le chlorure d’aluminium; mais tandis que, dans ce dernier cas, il reste sur le tissu de l’alumine insoluble, c’est, dans le premier, du phosphate tricalcique qui se forme. On sait que le phosphate acide de chaux se décompose assez facilement en acide phosphorique d’une part, et phosphate tribasique de l’autre.
- 3 (Ca O, 2 HO, Ph (Ph 05, 3 HO) + (Ph O », 3 Ca 0) Phosphate acide Acide phosphorique Phosphate tricalcique D’après cela, on comprendra facilement l’avantage de l’acidulation légère du premier bain de rinçage. Il n’est pas à dire cependant qu’il ne soit pas possible de rincer suffisamment à l’eau seule le tissu épaillé, la matière devenue insoluble n’est qu’en faible quantité et pourra être entraînée en grande partie au lavage par celle restée soluble, mais l’opération pourra être imparfaite ; elle sera, dans tous les cas, plus longue.
- L’épaillage par les sels nécessite des précautions particulières que nous allons indiquer.
- Le dégraissage doit être complet, autrement il se formera, suivant le sel employé (chlorure ou phosphate) un savon alumineux ou un savon calcaire, qui se fixera sur la fibre et donnera infailliblement du mal uni à la teinture. Après épaillage de la pièce,
- (1) Traduction: éternellement.
- le rinçage doit être parfait pour des raisons analogues.
- Dans l’épaillage par le chlorure, le dépôt d’alumine est quelquefois notable et suffisant pour que la pièce ne se mouille que difficilement. On comprendra la raison de ce fait si l’on sait que les étoffes employées pour la confection des water-proofs sont rendues imperméables par un dépôt d’alumine obtenu sur la fibre, au moyen d’une immersion dans une dissolution d’acétate d’alumine et d’un séchage qui fait disparaître l’acide acétique.
- Le grand avantage de cette méthode est d’éviter l’action brutale des acides employés directement.
- La laine est préservée et épaillée en un seul bain, mais l’effet sur la paille est bien inférieur à celui obtenu dans les méthodes par voie sèche et par voie humide.
- Il est également suffisant, si l'on a soin de battre la pièce à sa sortie de la sécheuse ; la matière végétale étant incomplètement détruite, se pulvérisera bien mieux si elle est parfaitement sèche.
- L’expérience prouve qu’une pièce passée dans la fouleuse, à sec, au sortir de la sécheuse, pendant qu’elle est encore chaude, se débarrasse de ses pailles en quinze ou vingt minutes. Si l’on passe à la fouleuse une pièce semblable sortie de la sécheuse depuis une demi-journée, il faudra la faire tourner pendant trois ou quatre heures au moins pour obtenir le même résultat.
- Il y aurait grand avantage, par conséquent, à opérer le battage en quelque sorte à chaud. Les batteuses ou fouleuses à sec pourraient être placées tout à fait à la sortie de la sécheuse, et elles pourraient être traversées par une partie des gaz secs et chauds qui vont se rendre à la cheminée ou au premier séchoir dont nous avons parlé dans la méthode par voie humide.
- Si l’on fait usage, pour l’écrasement des pailles, de cylindres cannelés, on en placera une paire ou deux dans la sécheuse même, au lieu et place des roules conducteurs situés dans la partie de la sécheuse la plus facile à ouvrir et à visiter. Le tissu ne devra pas être engagé dans les cylindres avant d’avoir perdu toute son eau hygrométrique, c’est-à-dire avant que le gratteron soit devenu friable; autrement il en résulterait pour la fibre une trop grande fatigue. A cet effet, le cylindre supérieur sera soulevé pendant la première partie de l’opération. La pression exercée par ce cylindre sera réglée au moyen de leviers proportionnellement à la
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- résistance du tissu traité, et un embarrage, qu’il suffira de prendre très simple, empêchera la pièce de se replier sur elle-même en s’engageant dans les cylindres; on évitera ainsi les cassures.
- Le chlorure d’aluminium est d’un prix assez élevé, on le prépare habituellement dans l’atelier d'épail-lage. On traite par l’acide chlorhydrique et à chaud de l’alumine trihydratée, celle-ci se dissout assez difficilement. On préfère ordinairement préparer d’abord de l’alumine en gelée, en précipitant, par du carbonate de soude, une dissolution de sulfate d’alumine, on filtre à la chausse, et l’alumine obtenue est dissoute avec la plus grande facilité par l’acide chlorhydrique; on étend d’eau pour avoir le titre voulu. La solution obtenue a une réaction acide, on s’assure que l’acide n’est pas en excès en traitant un peu de la solution par une goutte d’alcool ; l’apparition d’un précipité gélatineux ne se dissolvant pas par l’agitation, est un signe certain que l’alumine et l’acide sont dans des proportions convenables pour se neutraliser. Il est inutile de dire que s’il y avait trop d’acide, on ajouterait de l’alumine; celle-ci ne peut jamais être en excès, vu son insolubilité dans l’eau.
- Le phosphate acide de chaux n’est pas encore un produit industriel, mais on peut le préparer facilement et à bas prix, au moyen des coprolithes et des nodules phosphatés.
- On traite la matière préalablement pulvérisée, telle qu’on la livre à l’agriculture, par de l’acide chlorhydrique ou sulfurique étendu d’eau. L’opération se fait dans une cuve en bois, doublée de plomb, si l’on emploie l’acide sulfurique. Un courant de vapeur chauffe la masse et l’agite; les coprolithes broyés sont ajoutés peu à peu; la dissolution des phosphates est assez rapidement faite ; on laisse déposer les matières insolubles, on décante et on étend d’eau pour avoir un bain à 5 degrés, lequel est alors prêt à servir. On reconnaîtra que l’acide n’est pas en excès en suivant la méthode indiquée à propos du chlorure d’aluminium.
- La dissolution préparée au moyen de l’acide sulfurique se fait plus lentement que celle par l’acide chlorhydrique, mais elle est préférable à l’usage. La raison se déduira facilement de l’explication des réactions chimiques qui ont lieu dans les deux cas.
- Les phosphates naturels, ceux des Ardennes, par exemple, sont formés d’une moitié de phosphate tricalcique, l’autre moitié est formée par de la craie, de l’argile et de la silice. Si l’on emploie l’acide chlorhydrique, comme dissolvant, les deux équiva
- lents de chaux qui seront soustraits du phosphate naturel insoluble pour le transformer en phosphate acide soluble et la craie, donneront du chlorure de calcium soluble qui se retrouvera dans la dissolution, mêlé au phosphate acide. Si l’on emploie l’acide sulfurique, au contraire, au lieu de chlorure de calcium, c’est du sulfate de chaux (plâtre) qui se forme, il est presque insoluble. Pour que l’acide continue son action de la périphérie au centre des petits grains de coprolithes attaqués, il faut que l’agitation produite par la vapeur fasse tomber le sulfate de chaux au fur et à mesure qu’il se forme. L’opération est donc plus lente qu’avec l’acide chlorhydrique; mais, en revanche, la solutionne contient pas cette grande quantité de chlorure de calcium absolument inutile du premier bain ; et à part quelques impuretés, elle ne renferme que du phosphate acide de chaux ; elle est donc préférable comme effet, à la première; de plus, au battage, elle donne moins de poussière.
- Nous ne ferons que citer, pour mémoire, le procédé dit cache-époutil, qui consiste à peindre, après teinture, au moyen d’un pinceau, les pailles ou les fragments de gratterons déroulés restés dans la pièce. Ces matières végétales, comme chacun sait, prennent mal la teinture, souvent ne la prennent pas du tout. On peut cependant, par le tannin, rendre la matière végétale avide de colorant et teindre du même coup la laine et les pailles ; mais les modifications à apporter dans la composition des bains usités sont trop profondes pour songer à introduire le procédé dans les teintureries (1).
- On continuera sans doute pendant longtemps encore à enlever les pailles au moyen d’une petite pince. Nous croyons inutile de définir le travail de l’épincetage. A suivre.
- ... =pi=e=a
- RAPPORT
- sur une note de M. Delory sur la teinture en bleu d'anthracène Par M. Lamy.
- — Suite —
- On peut tourner cette difficulté de la façon suivante : teindre jusqu’à 80° en une heure et demie ou
- (1) Nous parlerons prochainement de nouveaux colorants (non artificiels) qui ont la propriété de teindre en même temps les fibres animales, les fibres végétales et par conséquent les époutils, P. B.
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- deux heures au plus, laver et sécher, puis foular-der dans un bain, soit d’acide sulfoléique ou de savon, sécher et vaporiser pendant une heure et demie, de cette façon on arrive au même résultat et on évite les accidents que nous venons de signaler en prolongeant l’ébullition du bain de teinture. Le moyen d’entrer les pièces en teinture qu’indique M. Delory dans ses Notes, et qui consiste à entrer la pièce dans le bain, à une température élevée, n’est pas non plus sans inconvénient dans la pratique. En effet, pour entrer une pièce de 100 mètres dans un bain de teinture, il faut encore un certain temps, ce temps si court qu’il soit, permet au mordant qui se trouve en présence d’une matière colorante, à la température où elle commence à teindre, de s’emparer bien vite d’une grande portion de la matière contenue dans le bain, et, à moins de teindre avec un grand excès de matières colorantes, il arrive ceci : c’est que le bout de la pièce entre dans un bain presque épuisé par les premières portions du tissu qui se sont emparées de la matière colorante. Le Rapporteur peut en parler en connaissance de cause, ayant eu à vaincre ces difficultés dans les quelques teintures en pièces qu’il fit en 1877, Nous conseillons donc dans ce cas, pour éviter un perte de temps, d’entrer les pièces en teinture à une température voisine de celle où la matière colorante commence à teindre, chauffer alors, très-rapidement, après avoir fait quelques tours à basse température.
- L’addition de soude caustique dans le bain de teinture n’est pas nécessaire lorsqu’on teint sur eau pure, comme l’affirme M. Delory dans son travail ; pour nous en convaincre une fois de plus, des essais comparatifs ont été faits comme suit :
- 1, Ean distillée 0 lit 7
- Soude caustique à 10° 2 gr. 25
- Savon de Marseille 2 gr. 25
- Bleu d'anthracène h gr. 50
- 2. Eau distillée 0 lit 7
- Savon de Marseille 2 gr. 25
- Bleu d’anthracène 4 gr. 50
- Les quatre mordants ont été teints sur chacun de ces bains et la teinture n° 1, c’est-à-dire avec addition de soude caustique, nous a donné des nuances bleu verdâtre, tandis que le n° 2, sans soude caustique, nous a donné dans le mélange nitro acétate et acétate ferreux, mordant C F et acétate ferreux des nuances bleu foncé et vives. Pour ce qui concerne la solidité du bleu d’anthracène à l’air
- atmosphérique, les échantillons qui ont été exposés à l’air pendant quinze jours nous donnent le droit de dire que le bleu d’anthracène, teint dans les conditions indiquées dans le travail de M. Delory et dans le présent rapport, donnent des nuances aussi solides que celles de l’indigo. Un échantillon bleu indigo égal au bleu d’anthracène comme intensité de nuance a été exposé à l’air pendant le même laps de temps, la nuance indigo s’est dégradée assez sensiblement, tandis que celle de l’anthracène s’est plutôt foncée ; seulement, il faut bien l’avouer, les expériences que nous avons faites à l’air n’ont pas été aussi complètes que nous l’aurions désiré. La saison ne nous a pas permis de juger l’influence des rayons solaires sur le bleu d’anthracène, n’ayant eu pendant les quinze jours d’exposition à l’air que deux jours de soleil. Nous nous réservons donc de ne nous prononcer sur ces faits qu’après de nouveaux essais, qui pourront être faits ultérieurement et dans une saison plus favorable ; cependant nous devons dire que M. G. Witz dans des expériences faites sur ce sujet, a constaté que le bleu d’anthracène, même teint dans les conditions indiquées par M. Delory, est moins résistant à l’influence des rayons solaires que le bleu d’indigo cuvé. Pour plus de détails, nous vous engageons, Messieurs, à consulter la note sur le bleu d’anthracène, publiée par notre cher collègue, dans le Bulletin de la Société industrielle (année 1878, n° 6, p. 572).
- Conclusion
- Pour obtenir un bleu foncé en teinture unie, il n’est pas nécessaire de foularder deux fois en fer et chrôme, et même de foularder avec le mélange d’acétate ferreux et de nitro acétate de chrôme, puisque d’après les nombreux essais que nous avons faits, l’acétate ferreux nous a toujours donné des nuances aussi intenses.
- Toutefois il convient de dire que le mordant de chrome et de fer, mélangés peut-être avantageusement, employé lorsqu’il s’agit d’obtenir un bleu cuivré, le ton violacé que donnent les sels de chrome avec le bleu d’anthracène, en corrigeant le ton un peu verdâtre des sels de fer seuls, permet d’arriver facilement au ton de bleu cuivré. Dans ce cas, nous recommandons le mordant G F indiqué dans ce Rapport comme donnant d’excellents résultats, son prix, du reste, étant très-peu élevé.
- Il n’est pas nécessaire pour teindre sur eau calcaire que les proportions de soude caustique soient en rapport avec les proportions de sayon, l'essen-
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- sl G G
- tiel est que le bain soit suffisamment alcalin pour empêcher la formation de savon calcaire. L’addition de savon en teinture, tout en facilitant par son alcali la dissolution de la matière colorante du bleu d’anthracène, a pour but surtout d’apporter dans le bain une certaine dose de matière grasse qui rend la nuance plus solide et plus vive. C’est là, selon nous, l’action principale du savon dans le bain de teinture, le rôle de l’alcali dans ce sens n’est que tout à fait secondaire ; ce qui confirme notre opinion sur ce sujet, c’est que des essais faits concurremment avec l’acide sulfoléique ont donné les mêmes résultats (1) : l’addition de soude caustique n’est pas nécessaire lorsque l’on opère sur de l’eau pure, elle serait même plutôt nuisible, l’addition de savon seul suffit. Dans ce cas seulement l’alcali du savon étant libre peut avoir une action plus efficace, en maintenant la matière colorante en dissolution dans le bain. Si d’un côté, la longue durée de l’ébullition est nécessaire pour obtenir la solidité désirée, de l’autre, elle n’est pas pratique, à cause des difficultés sérieuses que présente ce mode de teinture. Pour éviter ces écueils et suppléer à l’ébullition prolongée du bain, nous avonsproposé un moyen très-pratique : c’est de fou-larder en bain gras après teinture, vaporiser; de cette façon, on évite les accidents signalés, tout en obtenant de bons résultats.
- Le prix de revient exorbitant du bleu foncé doit être considéré comme un des obstacles qui s’opposent momentanément à son application pratique. Aussitôt que le produit sera plus pur et qu’il sera arrivé dans un prix plus en rapport avec le rendement, de nouvelles recherches de teinture en grand pour remplacer l’indigo pourront être faites avec plus de succès. En résumé, bien que nous ne soyons pas complètement d’accord sur certains points contenus dans la Note de M. Delory, elle renferme néanmoins des faits assez intéressants au point de vue pratique, pour que nous vous demandions de voter des remerciments à l’auteur pour sa commu-cation en même temps que l’impression au bulletin suivie du présent rapport.
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen).
- (I) Les salfoléates alcalins paraissent meilleurs que les savons; mais l’acide sulfoléique seul, employé avec l’eau pure ne nous a pas réussi. G. W.
- LA QUESTION
- DU NOIR D’ANILINE.
- Au lieu d’une réponse à la lettre de notre abonné, publiée dans notre dernier numéro du Moniteur de la Teinture, il a été présenté le 22 septembre, à nos bureaux, et à la requête de M. Samuel Grawitz, une sommation par huissier, dont voici un extrait :
- » Que le requérant ne pouvant discuter plus longtemps avec un inconnu, désire connaître le nom et l’adresse de la personne qui est l’auteur et qui a fait paraître les articles dont il est question.
- « Pourquoi, j’ai huissier soussigné, invité et au besoin sommé M. Blondeau, en sa dite qualité, de, immédiatement avoir à me faire connaître les nom et adresse de l’abonné, etc.
- « A quoi il m’a été répondu par M. St.... qu’en l’absence de M. Blondeau, il ne pouvait fournir aucun renseignement.
- « Requis de signer a dit être inutile,
- « Laquelle réponse j’ai reçue sous les réserves et protestation de droit, etc., etc.
- Le jour même, nous avons répondu à M. Grawitz, par simple lettre et non par huissier, lui offrant de lui faire connaître le nom et l'adresse de notre abonné, s’il voulait bien nous adresser sa réponse en temps opportun pour qu’elle pût être publiée dans ce numéro et indiquer dans cette lettre :
- 1° Les doses pratiques de la couleur sans aucun métal ;
- 2° Le nom de l’arbitre qu’il avait choisi.
- La réponse ne nous étant pas parvenue, à nos lecteurs d’apprécier ! P. B.
- Dernière heure.
- Au moment de signer le bon à tirer de ce numéro, nous recevons, toujours à la requête de M. Grawitz, la sommation par huissier :
- « D’avoir à publier dans le plus prochain numéro du journal dont il est propriétaire-gérant, la lettre suivante :
- Barcelone, 28 septembre 1879.
- « Monsieur le Directeur du Moniteur de la Teinture,
- » Quand votre abonné aura enfin levé ce voile de l’anonyme dont il persiste à se couvrir,
- » Quand il aura déposé à la Banque ces dix mille francs toujours vainement attendus, alors, mais seulement alors, je nommerai un expert.
- » Je ne puis en effet déranger un homme honorable sans savoir quelle est la personne avec qui le débat est ouvert et si elle présente des garanties suffisantes d’honorabilité et de solvabilité.
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- » C’est aux experts nommés et non à un inconnu que je communiquerai les dosages de ma couleur astreinte à cette seule condition de ne renfermer trace d’aucun métal.
- » Ce sont les experts qui fixeront le type du noir à obtenir, la fabrique à leur convenance, ainsi que le jour, et généralement toutes les conditions de l’expérience.
- » Si donc votre plus prochain numéro ne renferme point le nom de votre abonné anonyme, l’annonce et la preuve du dépôt des dix mille francs et le nom de l’expert choisi par la partie adverse,
- » Je vous préviens, Monsieur le Directeur et Gérant responsable, que j’agirai judiciairement contre vous.
- » J’ai l’honneur de vous saluer,
- » Signé : Samuel GRAWITZ. »
- Nos lecteurs apprécieront le contenu de cette lettre, qui remet la question au point où elle en était au mois de juillet dernier. En refusant la communication des dosages de sa couleur, M. Grawitz refuse de continuer, publiquement, le débat. Nous agirons de même avec lui, et pour qu’il puisse vider la question, en particulier, avec notre abonné, nous tenons à la disposition de M. Grawitz, le nom et l’adresse de cet abonné.
- Le Moniteur de la Teinture ne peut continuer à ouvrir ses colonnes à un débat qui menace de s’éterniser, et nous sommes certain que nos lecteurs nous sauront gré de consacrer à des communications plus utiles pour eux la place que cette question occupe depuis deux mois dans notre feuille.
- Nous nous félicitons toutefois que la discussion ait amené la découverte d’un noir direct et inver-dissable dont nous parlerons prochainement avec échantillons à l’appui et qui nous paraît appelé au plus grand avenir. p. B.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES Par Alex. Schultz (a).
- — Suite (1). —
- Rongeants sur fonds bistres.
- Pour obtenir les fonds bistres, on fou-farde les pièces, pour les nuances claires,
- (a) Errata. — Page 197, n° 17, année 1879, 1" ligne de ‘article, au lieu de : enlevage bleu, lire : enlevage blanc, —
- dans du chlorure de manganèse à 4° B., et à 10° B., pour les nuances moyennes.
- Pour les nuances foncées, il faut se servir de chlorhydrate de manganèse de 15 à 20° B.
- On sèche et on passe au foulard dans un bain bouillant de soude caustique à 12° B. Laver et oxyder en passant en hypochlo-rite de soude. On lave et on sèche.
- Afin d’éviter que le tissu ne soit affaibli, il est bon de transformer une partie du chlorure de manganèse en pyrolignite de manganèse en y ajoutant du pyrolignite de plomb et se servant de la liqueur claire.
- Rongeant blanc.
- 1 kil. sel d’étain.
- 1 litre eau de gomme épaisse.
- 100 gram. acide sulfurique à 66° B.
- Rongeant jaune.
- 1 litre graine de Perse à 30° B.
- 1 » eau de gomme adragante.
- 1 kil. sel d’étain.
- Rongeant violet ou bleu.
- 1 litre eau de gomme adragante.
- 1 » eau.
- 3 gram. violet de Paris ou bleu d’aniline.
- 1 kil. sel d’étain.
- Rouge.
- 1.400 gram. vermillon. 1/2 litre eau d’albumine à 500 gram. par litre.
- 1/2 » eau de gomme.
- Après l’impression, on vaporise une demi-heure, et on lave.
- Rongeants colorés sur bleu de cuve, (*) Rongeant blanc.
- 1 litre empois d’amidon, y dissoudre à chaud : 200 gram. bichromate de potasse.
- Même page, ligne 27, au lieu de : si on teint un échantillon pour noir, lire : si on teint un échantillon pour voir. (1) Voir Moniteur de la Teinture, n°* 5, 6, 7, 8,9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17 et 18, année 1879.
- (") Voiries échantillons des deux derniers numéros.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO G. G
- Rongeant rouge.
- 1.400 gram. vermillon.
- 1/2 litre eau d’albumine d’œufs, à 500 gram. par litre. 1/2 » eau de gomme.
- 150 gram. chromate de potasse neutre.
- Rongeant vert.
- 1 kil. vert Guignet.
- 1 litre eau d’albumine d’œufs, à 500 gram. par litre.
- 160 gram. bichromate de potasse.
- Jaune ou orange.
- 1 kil. chromate de plomb jaune, faitavec du chromate de potasse neutre.
- 1 litre eau d’albumine d’œufs, à 500 gr. par litre.
- Traitement des pièces.
- Après l’impression, les pièces sont passées dans une cuve à roulettes d’une contenance de 500 litres, montée de la manière suivante :
- 500 litres eau.
- 35 kil. acide oxalique.
- 35 » acide chlorhydrique à 20° B. Ce passage dure une demi-minute à une minute à la température de 50° C.
- Pour le jaune, on teint au bichromate de potasse et pour avoir de l’orange, on passe en eau de chaux bouillante. Laver et sécher.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l’auteur. ____
- LES NOUVEAUX COLORANTS De la Maison A. POIRRIER.
- Nous devions publier dans ce numéro une note sur les nouveaux colorants de la Maison A. Poivrier, de Paris, et donner quelques échantillons de laine teinte avec les nouveaux ponceaux, J de nuance jaunâtre et B de nuance plus rouge.
- Les échantillons ne nous étant pas parvenus à temps, nos lecteurs trouveront la note et les échantillons dans le prochain numéro. P. B.
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ECHEVEAUX
- Par M. de Vinant.
- — Suite (I) —
- Gris verdâtres
- (Pour cette recette et pour les suivantes, voir la composition des bains numérotés, pages 199 et 200 du n° du 5 septembre 1879).
- Former un bain avec :
- 1 partie bain n° 2
- 1 partie bain no 7
- A chaud, donner 9 lisses, laisser en tas 2 heures ; sans rincer, donner, à 70° de chaleur, 7 lisses avec le bain n° 3.
- Une heure après, lever et laver. — Tordre à la cheville, sécher.
- Feuille morte.
- Former le bain avec :
- 1 partie bain n° 2
- 1 partie bain n° 7
- A chaud, donner 9 lisses, 2 heures après, donner, à 70° de chaleur, 7 lissses avec le bain n° 4. —Une heure après, laver.
- Olive.
- Former le bain avec :
- 3 parties bain n° 9
- 1 partie bain n° 12
- A chaud, donner 9 lisses, lever et mettre en tas, — 2 heures après donner, à 70° de chaleur, 7 lisses avec le bain n° . Une heure après, laver.
- Olive jaunâtre.
- Donner 9 lisses, à chaud, avec le bain n° 2, lever et laisser en tas. — 2 heures après, donner 7 lisses, à 70° de chaleur, avec le bain n° 4, — deux heures après, lever et laver.
- Gris perle.
- Former le bain avec :
- 3 parties bain n° 13
- 1 partie bain n° 1
- 1 partie bain n° 7 donner 9 lisses à chand, — une heure après, donner, à 70° de de chaleur, 7 lisses sur le bain n° A. — Une heure après, laver.
- (1) Voir no- 12, 13, 15 et 17 du Moniteur de la Teinture, pages 141, 153, 175 et 199.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Grenat n° 1.
- Donner, à chaud, 5 lisses sur Brésil à 40 0/0 de fil ou de coton, tordre à la cheville, donner, à froid, 5 lisses sur sel d’étain à 6 grammes par litre d’eau pure.
- Rincer, — tordre à la cheville, donner, à chaud, 9 lisses sur le bain n° 2.
- Deux heures après, donner, à 70° c., 7 lisses sur le bain n° 3.
- • Une heure après, laver.
- Varier la nuance avec décoction de campêche sans mordant,— rincer, — essorer, — battre à la cheville, — sécher.
- Grenat n° 2.
- Donner, à chaud, 5 lisses sur Brésil et quercitron.
- A froid, 5 lisses sur sel d’étain, comme ci-dessus.
- — Laver.
- A chaud, donner 9 lisses avec le bain n° 2.
- Deux heures après, donner, à 70° c., 7 lisses sur le bain no h.
- Deux heures après, laver et finir comme le précédent. (4 suivre).
- CHIFFONNAGE
- Blanchiment des cachemires et des tissus de soie et teinture avec réserve.
- Les teinturiers auxquels ont donne à blanchir soit un cachemire sale, soit des tissus en poil de chèvre à moitié usés, sont souvent en présence de sérieuses difficultés. Quels moyens employer pour un pareil blanchiment? La marche à suivre est pourtant assez simple, la voici :
- Faire dissoudre un peu de savon de qualité supérieure dans de l’eau chaude, y ajouter une cuillerée ou deux de fiel de bœuf, agiter le bain quelque temps jusqu’à ce qu’il mousse, y tremper alors le tissu, après un lavage soigné pour en enlever toutes les impuretés. En rinçant l’étoffe dansdel’eau froide avec un peu d’alun pour en maintenir les couleurs, et en tordant délicatement entre deux linges bien propres, on peut épingler sur un métier et faire sécher à l’ombre pour éviter tout accident.
- Les teinturiers n’ignorent pas qu’il y a mille moyens de nettoyer en employant tour à tour les cristaux de soude, l’ammoniaque, la benzine, l’éther, le méthylène, l’essence de térébenthine, etc., pour enlever les taches poisseuses. Ce sont là des
- moyens dont il faut se défier un peu car il est rare qu’ils ne changent ou n’altèrent pas les nuances des tissus pour lesquels on les emploie. Ces produits sont très utiles et produisent un bon effet dans bien des cas, mais ils ne remplaceront jamais l’emploi d’un bon savon et de fiel de bœuf dans le nettoyage des étoffes et surtout des étoffes de soie pour lesquelles il est nécessaire de prendre les précautions les plus minutieuses.
- Les taches sur soie s’enlèvent ordinairement, en les frottant dans le même sens pendant un quart d’heure au plus avec une dissolution de savon. On étend l’étoffe ou bien on la trempe dans ce bain. On la lave ensuite à grande eau et avant de la repasser on la laisse une bonne heure entre deux linges blancs.
- Quant aux étoffes de soie avec réserve, voici la marche à suivre ;
- Mettre dans un mortier et broyer :
- 125 grammes blanc d’œufs desséchés (albumine d’œuf), les réduire en poudre fine ; puis réduire également en poudre et le mieux possible;
- 50 à 60 grammes terre de pipe, passer ces matières à travers un tamis de soie et les mélanger à 12 ou 15 grammes de farine.
- Le mélange étant bien effectué avec la quantité d’eau voulue, l’appliquer sur le tissu, soit avec un pinceau, soit à la planche. Saupoudrer ensuite les parties réservées, à l’envers comme à l’endroit, avec de la poudre d’albumine d'œufs, et passer par dessus un fer chaud, pour coaguler la matière et la rendre insoluble dans le bain de teinture.
- Par le frottement la réserve disparaît sans difficulté.
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- SUR L’USAGE DU FUSTET
- D’après « The Clothier and Hatter »
- DE NEW-YORK.
- Dans la chapellerie, le fustet (I) est principalement employé pour produire les couleurs noire, brune, verte et celle imitant le bronze. L’effet produit sur le fustet par le mordançage est peut-être encore plus frappant que celui produit par le même
- (4) On peut le remplacer aujourd’hui par le jaune citron solide. (Voir au prix courant).
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- sur les autres bois de teinture, et l’on aura ainsi toujours un moyen, dont il ne faudra d’ailleurs jamais négliger de se servir pour s’assurer d’avance de la qualité du mordançage qu’on aura à employer.
- Des chapeaux de feutre, mordancés avec 3 p. c. de bichromate de potasse, et teints ensuite avec 50 p. c. de fustet, prendront une belle couleur jaune clair, tirant légèrement sur le vert.
- Un mordançage avec 3 p. c. de sulfate de cuivre donnera un beau vert d’olive, tandis qu’en mordan-çant avec 3 p. c. de couperose et en teignant avec la même quantité de fustet, on obtiendra une couleur que l’on pourra appeler marron olive.
- Les couleurs de bronze se produisent comme on sait, par l’union des trois couleurs : le jaune, le bleu et le rouge. Avec du sulfate de cuivre seul, on obtiendra bien une couleur solide, mais dans laquelle l’élément bleu ne sera pas assez prononcé, il conviendra donc toujours d’ajouter un extrait d’indigo; pour augmenter ensuite le brillant, on n’aura qu’à ajouter un peu de chrome.
- Si l’on veut produire une couleur de bronze claire, il faudra mordancer avec 1 ou 2 p. c. de bichromate de potasse, et 2 p. c. de sulfate de cuivre, tandis que pour avoir des nuances foncées, on n’aura besoin, ni de sulfate de cuivre, ni d’extrait d’indigo, il suffira d’employer un mordançage composé de 3 p. c. de bichromate de potasse, et de 0,25 p. c, d’acide sulfurique. Après avoir fait bouillir pen lant 1 heure on ajoutera 20 p. c. de fustet et autant de bois de campêche, puis l’on fera bouillir de nouveau pendant une heure et demie ou 2 heures. Dans le cas où l’on trouvera encore la nuance trop claire, on n’aura qu’à ajouter un peu de bois de campêche, et en ajoutant enfin 3 p. c. de couperose, on aura la nuance la plus foncée qu’il sera possible d’obtenir.
- NETTOYAGE DES FEUTRES
- ET TEINTURE
- Pour 40 chapeaux, par exemple :
- Bien les mouiller à l’eau chaude avec un peu de carbonate de soude.
- Ensuite, faire un bon bain de carbonate, bien les brosser à la brosse douce, bien rincer, et procéder à la teinture.
- Feutres marron,
- Pour 40 chapeaux. — Teinture aux bois.
- Sumac redon A kil.
- Orseille 2 kil. Sulfate de cuivre (vitriol bleu) 0 kil. 300 Curcuma (terra mérita) 2 kil. Sulfate de fer (couperose) 0 kil. 120 Campêche 0 kil. 700
- Bouillir de 30 à 40 minutes, lever, bien rincer et sécher.
- -P+- » a-----------
- CHRONIQUE
- APPAREIL A ARROSER LES TISSUS d’E. Fromm.
- Avant d’être calandrés, la plupart des tissus de coton empesés, sont arrosés d’eau, afin de donner à l’apprêt une pénétration moins grande et un lustre plus ou moins fort. A cet effet, les pièces passent au-dessus ou mieux en-dessous d’une brosse ronde, grosse et serrée, animée d’un mouvement de rotation rapide, dont les poils plongent alternativement dans l’eau et lancent l’eau ainsi absorbée, sous forme de pluie, sur la pièce mobile au-dessus ou en-dessous, afin de mouiller légèrement, mais régulièrement cette pièce.
- M. E. Fromm, de Mulhouse, a adopté avec raison dans son nouvel appareil à arroser les tissus, la disposition qui consiste à faire tomber l’eau sous forme de pluie sur la pièce qui avance en-dessous au jet d'eau.
- La brosse tournante est remplacée par un tambour cylindrique animé d’un mouvement de rotation rapide qui est placé horizontalement dans un réservoir à eau à niveau constant. Ce tambour porte sur sa périphérie des augets perforés, très petits, qui ont pour but de soulever des couches d’eau très minces. L’eau qui a d’abord été enlevée par les augets dans le réservoir, est ensuite lancée par la force centrifuge à travers les trous des augets, sur un fin tamis ds soie et de là sur le tissu qui se meut en-dessous de l’appareil sous forme d’une pluie fine et régulière.
- Le tambour, en cuivre, est fixé au moyen de deux disques sur son axe, qui peut être déplacé à l’aide de deux supports, mobiles dans le sens vertical, suivant le niveau que l’eau occupe dans le réser-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- voir. Les petits augets minces sont également en cuivre, ils sont au nombre de six, distribués régulièrement sur la périphérie du tambour; ces augets sont recourbés de façon à être écartés de 0m,001 environ du tambour et chacun d’eux est muni sur toute sa longueur, de trois rangées de trous servant à lancer l’eau enlevée pendant la rotation. L’eau lancée par les augets arrive d’abord sur un fin tamis de soie vertical qui est fixé à l’avant de l’appareil dans le cadre. Comme le réservoir est fermé au-dessus par un couvercle, l’eau ne trouve pas d’autre chemin libre que le passage à travers le tamis, et elle tombe ensuite plus finement divisée encore, sur le tissu qui se meut en-dessous du réservoir. Une rigole sert à recueillir l’eau qui après avoir traversé le tamis sans être projetée, tombe sur le devant du réservoir et à l’évacuer.
- Afin de pouvoir augmenter ou diminuer la surface du tamis et, en même temps, la puissance du jet d’eau une plaque de cuivre à l’intérieur du réservoir, est suspendue à l’aide de deux courroies à une tige tournante ; la plaque peut ainsi être soulevée ou abaissée, de façon à recouvrir une partie plus ou moins grande du tamis. Cette plaque est recourbée à son extrémité inférieure, de manière à former une rigole qui recueille l’eau qui s’écoule de la surface verticale en cuivre et la reconduit dans le réservoir.
- L’eau est amenée au réservoir par un tuyau et un second sert à maintenir le niveau de l’eau à une hauteur constante.
- (Dingler’s Polytechniches Journal.) (Bulletin du Musée de l’industrie de Belgique.)
- NOTE
- SUR L’EMPLOI DE L’EAU VERTE POUR LA GUÉRISON DES BLESSURES.
- Dans les mines, minières et carrières, dans les usines métallurgiques, les verreries, salines, usines, fabriques et ateliers divers, dans les chantiers de travaux publics ou privés, dans l’enceinte des chemins de fer, sur les bateaux à vapeur, etc., le nombre journalier total des blessures plus ou moins graves atteint aujourd’hui une valeur très-élevée. Indépendamment des souffrances plus ou moins intenses, ces blessures occasionnent aux victimes des chômages plus ou moins prolongés et
- entraînent, malheureusement trop souvent, l’ablation d’organes indispensables au travail.
- Si tel nouveau remède se présentait, susceptible de soulager les souffrances, de réduire la durée du traitement et de diminuer un peu le nombre des amputations, l’on devrait se faire un cas de conscience de le publier et de le vulgariser dans la plus large mesure. C’est poussé par des considérations de cette nature que je prends la liberté d’attirer l’attention des directeurs d’exploitation, usines, fabri-ques et chantiers divers sur les bienfaits que peut procurer à la classe ouvrière la vulgarisation de emploi d’un remède bien simple connu dans quelques localités de l’Est sous le nom d’eau verte.
- L’eau verte se prépare ainsi qu’il suit : l’on commence par obtenir de l’alcool camphré en dissolvant 150 grammes de camphre dans 500 grammes d’alcool à 44 degrés Baumé ; puis on mélange dans trois litres d’eau de fontaine 2 grammes de sulfate de cuivre, 6 grammes de sulfate de zinc, 5 décigrammes de safran et 125 grammes d’alcool camphré ; ce mélange agité à plusieurs reprises, est prêt à servir au bout de trois jours. Avant d'en faire usage, il faut, chaque fois, l’agiter fortement.
- Si, au lieu d’alcool absolu qui coûte fort cher, on emploie, comme le font quelques pharmaciens, de l’alcool à 90° centésimaux en proportion convenable, l'on peut calculer ainsi qu’il suit, le prix de revient d’un litre d’eau verte :
- Substances Poids en grammes Valeurs en francs
- Eau... 957.573 «.
- Sulfate de cuivre 0.634 0.09050
- Sulfate de zinc.. 0.902 0.00384
- Safran 0.163 0.02083
- Alcool à 90°. . . 34.242 0.18833
- Camphre 3.245 0.04161
- Total.. 0.25511
- soit en nombre rond 0 fr. 30.
- Depuis plus de trente ans l’eau verte est employée à Metz et à Mirecourt pour les maladies des yeux ; mais sa composition, longtemps tenue secrète par les personnes charitables qui en recommandaient l’emploi, n’a été divulguée qu’il y a un petit nombre d’années : l’on cite dans l’arrondissement des localités où des maladies d’yeux, en quelque sorte épidémiques, ont disparufen quelques jours par l’emploi de l’eau verte étendue de la moitié de son volume d’eau.
- L’application de l’eau verte à la guérison des brûlures, coupures, contusions et écorchures a donné
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- des résultats extrêmement remarquables. Pour les brûlures, l’eau verte procure un soulagement presque instantané ; pour les blessures, à part le premier contact de la plaie vive avec le liquide, le soulagement de la souffrance est considérable ; les plaies présentent très-rapidement un aspect des plus satisfaisants et guérissent comparativement en peu de temps ; mais ces précieux résultats ne s’obtiennent qu’en maintenant les compresses largement et constamment imbibées. Quelques exemples pourront donner une idée des résultats obtenus :
- Le sieur X..., près Châtillon (Meurthe-et-Moselle), large brûlure par le pétrole, apaisement presque immédiat des souffrances et guérison en quinze jours ;
- Le sieur Y..., à Girey (Meurthe-et-Moselle), scalpé parla chute d’une grosse pierre, douleurs rapidement soulagées après remise en place du cuir chevelu et guérison complète en quinze jours ;
- Le sieur L..., à Petitmont (Meurthe-et-Moselle), paume de la main largement fendue par un coup de hache de charpentier, la soudure complète des chairs a été obtenue en douze jours ;
- Le sieur M..., au Petit-Quevilly (Seine-Inférieure) main déchirée par un engrenage, l’amputation avait été ordonnée par un médecin, après deux jours d’emploi de l’eau verte, le même médecin reconnaissait que l’amputation n’était pas nécessaire.
- Les membres du corps médical qui voudront obtenir plus de détails sur les résultats obtenus par l’emploi de l’eau verte pourront, je crois, s’adresser fructueusement au docteur Martin (Meurthe-et-Moselle), et au docteur Zabé (Paris, boulevard Sébastopol). Je regrette vivement en terminant cette note, de laisser inconnue, sans pouvoir lui rendre publiquement la justice qui lui est due, la charitable personne dont la persévérance et le dévouement ont le plus contribué à faire apprécier dans l’Est de la France les services que peut rendre l’emploi de l’eau verte.
- Nancy, le 29 mai 1879.
- Braconnier,
- Ingénieur des Mines.
- (Moniteur des Inventions).
- NOUVELLES RECHERCHES
- du doyen des teinturiers français.
- Depuis qu’il est question de remplacer le pantalon garance de l'armée française par un pantalon noir-bleu, M. Ghevreul s’occupe de recherches très délicates sur divers procédés de teinture en bleu. Il ne peut encore donner des résultats positifs d’une étude à peine ébauchée.
- Quand un savant aussi fort et aussi consciencieux que M. Ghevreul aborde une question, ce n’est pas à la légère, il la veut retourner sous toutes ses faces et la pleinement résoudre.
- Ses nombreux mémoires remplissent des volumes de la collection de l’Académie.
- Ce doyen des étudiants de France, comme il se qualifie lui-même, travaille sans cesse. Outre la teinture du drap en bleu solide, il a entrepris de chercher « ce qui se passe lorsque l’on savonne du linge dans une eau calcaire ». Voilà déjà deux mois qu’il s’occupe de cette question.
- (Temps).
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORILES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- 123,232. 16 mars. — Wallet. — Application des couleurs tendres à la teinture des peaux de lapins.
- 123,269. 28 mars. — Morel et Hetzel. — Système mécanique automatique pour le serrage et le desserrage des presses de machines circulaires à peigner les déchets de soie ou autres matières en couleurs à l’huile et à la détrempe.
- 123,285. 19 mars. — SIEBERT. —Procédé pour imprimer une imitation de marbre sur du papier et autres matières en couleurs à l’huile et à la détrempe.
- 123,297. 23 mars.-----Hach. — Bateau de machine à parer et encoller les chaînes dans le tissage.
- 123,303. 20 mars 1878. — Bourau. — Epaillage des laines peignées.
- 123,305. 20 mars. — Loeffe. — Banc à broches dit : doubleur, pour filatures de coton.
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- 25 G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 123,333. 21 mars. —Glattard. — Système de peigne automatique applicable à tous métiers à tisser.
- 123,343. 23 mars. — Vallin. — Garantie des cordes de bascules montantes dans les métiers à tisser.
- 124,219. 2 mai 1878. — Eckarft. — Mécanisme de renversement applicable aux pompes à vapeur à double effet.
- 124, 235. 2 mai. —Fleury et LEMENU. — Fabrication d’un genre de tissu pour plaques à débourrer ou cardes ù main pour les préparations de la filature.
- 124,262. 9 mai.—Dantan.—Tasseuse à chariots, pour bancs d'étiages et frotteurs.
- 124,265.14 mai. — Decock. — Système de perçage de cartons.
- 124,267. 14 mai. — LECÉNE. — Machine dite : appréteuse économique destinée à effectuer sans chaleur l’apprêt des chaînes pour tissus.
- (A suivre.)
- LA PRESSE INDUSTRIELLE UNIVERSELLE
- Organe général de l’industrie manufacturière
- JOURNAL HEBDOMADAIRE PARAISSANT LE SAMEDI (1).
- positions des chaudières à vapeur pour produire une circulation plus parfaite de l’eau et une séparation efficace des sédiments, A. Walz. — Nouveau bronzage du fer par dépôt d’une couche d’oxyde magnétique. —- Verre trempé. — Nouveau mode de préparation de l’eau de Javel. — Actes officiels et faits administratifs, — Documents commerciaux. — Informations et faits divers. — Jurisprudence industrielle. — Brevets d'invention, catalogue complet. — Revue de la presse industrielle. — Adjudications pour fournitures industrielles. — Bulletin commercial. — Échos de la semaine. — Bourse et Marchés.
- CESSION DE LABORATOIRE
- —..— •
- A CÉDER
- UN LABORATOIRE DE CHIMIE
- {Agencement, Matériel et Produits)
- Matériel très-complet pour recherches et analyses organiques.
- Produits de toute nature; spécialement matières colorantes naturelles et artificielles ; matières premières.
- S’adresser, 51, rue d'Assas, à Paris.
- En fondant ce nouvel organe (4 numéros ont paru) dont il est le directeur, rédacteur en chef, M. F. Gouillon, connu de tous nos lecteurs, s’est proposé de créer le véritable journal industriel de l’exploitation manufacturière, tel que l’exigent les grands intérêts qu’il doit représenter, tel que les intéressés ont pu le concevoir et le désirer, mais tel aussi qu’on le chercherait vainement parmi les nombreuses publications consacrées à l’industrie.
- Nous regrettons qu’un espace trop limité nous empêche de reproduire le programme remarquable et parfaitement suivi déjà dans les premiers numéros. Voici le sommaire du premier :
- SOMMAIRE : Notre programme. — Les Traités de commerce. — La réduction des heures de travail dans les usines et manufactures, F. Gouillon.— Le chemin de fer Trans-Saharien, H. PREMONTRÉ. — Technologie : Conservation des bois. — Dis-
- (1) Administration et rédaction, 17, rue du Faubourg Montmartre, à Paris. — Abonnement : 20 fr. par an.
- VERNIS D’AMBRE
- Nous sommes toujours prêts à indiquer gratis à Messieurs les Peintres, Peintres en bâtiments et Vernisseurs, les meilleures sources pour les vrais et purs vernis d’ambre Stantien et Becker, à Konigsherg, en Prusse, seuls possesseurs des Mines d’ambre dans la Prusse occidentale*
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tulpin frères).— Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service de la machine.—Longueur de chaque chaîne, 1 6m65. — Largeur du travail : 0^85 à lnl50.—Production : 100 à 120m à l’heure. — Prix : 3,500 fr. — S'adresser à M. Chiffray, à Maromme, où on peut la voir fonctionner.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés;
- Imp. G. Colin, route de Flandre, Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23e Année, No 20. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 1879.
- SOMMAIRE
- Mémoire sur l’épaillage, par M. René Leblanc (suite et fin).—Extrait des procès-verbaux du comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse. — Emploi du vanadium et de ses nitrodérivés dans la préparation de la fuchsine. — Perfectionnement dans la production du noir avec l’aniline et l’acide chlorique, par M. GRA-WITZ (William-Jules).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages par Alex. Schultz {suite). — Teintures des laines et lainages (suite). — Teinture pour chapellerie. — Nouveaux colorants de A. Poirrier de Paris. — Teinture de la barbe et des cheveux.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Revue des brevets d’inventions: Matières colorantes nouvelles par M. de Lalande (brevet). — Procédé de renforcement et d’imperméabilisation des feutres et tissus de laine, ou laine coton, par MM. Muratori et Lande. — Tuyau Barbotteur pour le chauffage des bains de teinture, par MM. Garot et Fleury (brevet). — Nouvelle matière colorante, la palmelline. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878).
- MÉMOIRE SUR L’ÉPAILLAGE
- Présenté à la Société industrielle de Reims, par M. René Leblanc, professeur de chimie de la ville.
- — Suite —
- Epaillage mécanique.
- Aperçu général.
- Les moyens mécaniques furent employés les premiers, pour débarrasser la laine des gratterons qu’elle renferme.
- La plupart des machines employées à cet effet sont aujourd’hui dans le domaine public. A Reims, on emploie habituellement, dans les établissements de cardage et de peignage, la carde, dite échardon-neuse. La laine est d’abord désuintée ; si on l’étend en couche mince, ainsi que cela a lieu, sur les tambours à cardes, les gratterons seront en aspérités sur ces tambours ; il est facile de concevoir un cylindre muni, sur son pourtour et suivant les génératrices, de lames armées de petites dents et tournant rapidement en sens inverse du tambour ; si la distance entre ces deux appareils est convenablement réglée, les dents du cylindre égratteronneur frapperont avec force les gratterons qui sont séparés de la lame.
- Le gratteron et la laine qu’il entraîne dans ses croc hets sont traités par les méthodes chimiques. Il existe aussi, pour l’échardonnage, des machines spéciales dont la production est considérable ; mais elles ne sont pas employées dans la région.
- Lorsque la laine contient trop de gratterons, le
- traitement par l’échardonneuse mécanique donne un trop grand déchet; dans certains cas, il est même pratiquement impossible. On a alors recours aux procédés chimiques, dans le détail desquels nous n’avons plus à entrer.
- Aucune méthode remarquable n’a été indiquée jusqu’ici sur l’épaillage mécanique des tissus. Nous mentionnons un procédé récent basé sur l’emploi des silicates alcalins, particulièrement du silicate de soude, et s’appliquant aux tissus laine et coton.
- La méthode opératoire est la même que celle que nous avons décrite dans l’épaillage par les sels ; et, d’après la teneur du brevet principal, nous pensions devoir la décrire à propos de l’épaillage par les sels.
- Une lettre insérée au Moniteur des Fils et Tissus du h octobre 1877, donne ainsi la théorie du procédé : « Le silicate alcalin adhère aux pailles et gratterons, et forme autour de chaque corpuscule une croûte cristalline qui le rend cassant et friable. Cette solution saline, par contre, glisse sur les filaments textiles : laine ou coton sans s’y fixer. »
- Les résultats industriels donnés par ce procédé nous étant inconnus, nous ne pouvons dire s’il satisfait pleinement aux conditions que nous avons indiquées en commençant, comme critérium d’un procédé parfait.
- Au point de vue purement scientifique nous n’admettons pas la théorie citée ci-dessus.-Le silicate de soude est employé depuis un certain temps déjà et avec succès, comme détergent des étoffes de laine (voir Six leçons sur la teinture des laines par G. Jarmain, à la Société des Arts de Londres). Il est clair que son action dégraissante ne se produirait pas s’il glissait simplement sur les fibres textiles. L’expérience montre, du reste, qu’il cou-
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- vre aussi bien les fibres que les pailles ; et la croûte cristalline se forme bien autour des unes et des autres. Le silicate est cette substance anciennement appelée verre soluble et préconisée pour rendre les tissus incombustibles.
- Nous avons fait remarquer que la chaleur joue un rôle très important dans l’épaillage chimique ; dans certains cas d’épaillage par les sels, les pailles peuvent être enlevées par la foulerie à sec, sans qu’il ait été nécessaire d’atteindre la température à laquelle le sel se décompose. Evidemment, dans ce cas, l’action n’a pas été chimique, le gratteron h’est du reste pas désorganisé et, si on le laisse redevenir humide, il reprend toutes les propriétés qu’il avait avant le traitement.
- On pourrait, selon nous, traiter convenablement la laine trop gratteronneuse en faisant intervenir les actions simultanées de la chaleur, du suint et de cylindres broyeurs. Voici la méthode que nous avons proposée à cet effet pour les laines brutes.
- Méthode proposée.
- La laine est traitée en suint telle qu’elle est fournie par le producteur. Le séchage se fait avant le désuintage, et pendant que la laine est bien sèche, on brise les gratterons; on traite ensuite comme à l’ordinaire, c’est-à-dire qu’on désuinte, carde, peigne.
- La méthode, comme on va le voir, n’est pas du tout chimique; il n’est fait usage d’aucune drogue ; elle est toute physique. C’est la chaleur qui est l’agent principal ; elle est mécanique, comme toutes celles dans lesquelles on emploie des batteuses, fouleuses, etc., qui doivent écraser les gratterons.
- Nous avons étudié la méthode surtout au point de vue expérimental, et voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivé : Les laines peu pail-leuses seront traitées par l’égratteronneuse mécanique.
- Si les laines contiennent trop de gratterons, on les soumettra, après avoir divisé les toisons de manière à étendre la laine d’une manière uniforme à l’action de la chaleur dans une sécheuse analogue à celle que nous avons décrite à propos de l'épail-lage par les sels. Il y aura avantage à disposer, à l’avance, la laine dans une pièce chaude où elle perdra une grande partie de son eau hygrométrique, en même temps qu’elle s’ouvrira, ce qui est bien souvent indispensable; on sait, en effet, que les fibres sont en quelque sorte collées l’une contre l’autre.
- La pièce chaude où se fera cette opération sera une sorte de magasin, situé dans le grenier, où l’on prendra la laine pour la placer dans le petit séchoir annexé à ce que nous avons appelé la sécheuse proprement dite, ou carboniseuse.
- Lorsque la laine sera assez sèche, ce qui demandera plusieurs heures, mais n’exigera comme frais que de la place, la main-d’œuvre étant à peu près nulle, on l’engagera sur les toiles sans fin de la carboniseuse (celles-ci pourront être faites de tissus végétaux) dont la température sera au maximum de 110 degrés et on fera tourner les roules. On donnera la pression aux cylindres cannelés lorsque le suint sera suffisamment desséché. Quand la laine aura passé sous les cylindres un nombre de fois suffisant, nombre que l'expérience indiquera, et qui variera avec la nature de la laine, on la fera passer de la sécheuse dans la batteuse, sans lui donner le temps de reprendre l’humidité de l’air, elle abandonnera alors la presque totalité des gratterons, ce qui restera sera en fragments ténus qui disparaîtront dans les opérations ultérieures.
- A la sortie de la batteuse, la laine sera désuintée et dégraissée, comme nous l’avons dit à propos de l’épaillage chimique, puis travaillée au peigne ou à la carde, suivant la longueur de la fibre ou sa destination.
- Par ce procédé, la fibre lainière n’est point du tout attaquée dans son organisation; elle peut cependant être diminuée dans sa longueur, si l’action des cylindres de la sécheuse ou celle de la batteuse est trop brutale. La vitesse de rotation de ces appareils et la pression devront être ménagées ; il y a une moyenne que l’expérience enseignera rapidement.
- Le dégraissage de la laine se fait très bien après cette opération, et la laine sort parfaitement blanche des bassins de désuintage; au moins c’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivé à la suite d’expériences faites, il faut le dire, sur de petites quantités.
- Des industriels de Reims disposent en ce moment des essais sur une plus grande échelle. Nous en ferons connaître le résultat. Le point capital, et sur lequel nous insistons en terminant, c’est que la laine soumise à ce traitement n’a subi le contact d’aucune substance chimique capable de l’altérer.
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- EXTRAIT
- DES PROCÈS VERBAUX DU COMITÉ DE CHIMIE DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- Le blanchiment des libres animales.
- M. Kallab (I) de Wiese, remercie le comité de chimie d’avoir examiné son mémoire relatif au blant chiment des fibres animales et de lui avoir communiqué les résultats de cet examen. L’auteur reconnaît que son procédé donnera en général un blanc un peu moins beau que celui qu’on obtient par l’ancienne méthode de blanchiment avec azurage aux couleurs d’aniline. Néanmoins, cet inconvénient est, d’après lui, largement composé par la solidité du blanc nouveau. L’azurage à l’indigo a l’avantage de résister aux alcalis. L’auteur pense en conséquence que le nouveau blanc devra être préféré partout ou sa nuance verdâtre ne s’opposera pas à son emploi.
- EMPLOI DU VANADIUM ET DE SES NITRODÉRIVÉS dans la préparation de la fuchsine.
- M. Prud’homme donne communication d’un intéressant travail de MM. Schmidt et Baldensperger, sur l’emploi du vanadium et des nitrodérivés dans la préparation de la fuchsine. Les auteurs ont apporté une ingénieuse modification à la préparation de la fuchsine par le procédé Coupier qui consiste, comme on sait, à faire réagir à 200° sur un mélange de nitrobenzine et d’aniline commerciale, ou d’aniline pure, ou de nilroluène, etc., au perchlo-rure de fer additionné d’acide chlorhydrique. Les auteurs ont remplacé le perchlorure de fer par du chlorure de vanadium et ont obtenu des fuchsines d’excellente qualité. Avec la nitronaphtaline, ils ont obtenu de même un corps qui se rapproche beaucoup de la fuchsine. Les échantillons des produits préparés par cette nouvelle méthode, présentés aux membres du comice, ne le cèdent en rien aux meilleures fuchsines du commerce. Le comité prie M. Prudhomme de remercier MM. Schmidt et Baldensperger et vote l’impression de leur mémoire.
- (1) Nous avons rendu compte de ce procédé, voir page 284, année 1878 du Moniteur de la Teinture.
- PERFECTIONNEMENT dans la production du noir avec l’aniline et l’acide chlorique.
- Par M. Grawitz (William-Jules).
- Brevet n° 124,581, du 18 mai 1878.
- L’invention consiste à remplacer les sels de fer ou de cuivre qui figurent dans la recette primitive, pour la production du noir d'aniline en présence de l’acide chromique, donné par John Lighfoot, par l’acide chromique et ses composés. On a déjà indiqué dans le même but les sels de vanadium. On a signalé combien étaient faibles les doses de vanadium suffisantes pour déterminer la formation du noir.
- L’acide chromique ou ses sels agissent avec une énergie au moins aussi grande. Le faible prix de ces composés permet de les employer économiquement à doses plus fortes que les composés du vanadium et d’obtenir soit lentement, soit très promptement la génération du noir suivant les doses employées. On développe la couleur, soit à l’aérage, soit au vaporisage, soit par ces deux actions combinées. On met le réactif chromique, soit dans la couleur épaissie à l’amidon ou autrement, soit à l’avance sur le tissu par placage.
- En foulardant, soit sur une face, soit sur les deux faces, on obtiendra sur tissus des unis.
- En résumé, le perfectionnement faisant l’objet du présent brevet, consiste à remplacer les sels de vanadium dans toutes leurs applications à la production du noir avec l’aniline en présence de l’acide chlorique, par l’acide chromique ou ses composés.
- (P.-S.). — Les sels de sesquioxyde de chrême engendrent également le noir, mais ont une action moins énergique, j’en revendique également l’emploi. _____
- Certificat d’addition.
- L’agent métallique qui, dans la génération du noir d’aniline, déterminait la décomposition des chlorates, était anciennement un composé d’un oxyde métallique et d’un acide sulfhydrique, chlorhydrique.
- Par mon brevet 124,581, j’ai démontré que le peroxyde de chrôme (acide chromique), ou les com-
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- binaisons de ce peroxyde avec des oxydes (chro-mate), déterminait également la génération du noir avec ce grand avantage que les liqueurs devenaient de plus en plus basiques à mesure que la réaction se faisait.
- Les oxydes d’un degré d’oxydation supérieur au premier, des métaux suivants : fer, manganèse, cuivre, nikel, cobalt, agissent de la même manière.
- L’objet du présent certificat est de m’en réserver l’emploi ainsi que de leurs combinaisons avec les acides carbonique, oxalique, tartrique et acétique.
- Le mécanisme de la réaction est le suivant : l’acide combiné primitivement à l’aniline devient libre à mesure que cette aniline se transforme en noir.
- Cet acide se sature au contact des oxydes métalliques employés ou de leurs combinaisons avec les acides faibles. De cette manière, on évite tout affaiblissement du tissu même quand la réaction se fait à température élevée, 70 à 80° par exemple.
- Avec les sels de fer, on obtient, comme je l’ai déjà signalé, du noir inverdissable, de même avec les oxydes de fer.
- Tel est l’ensemble de procédés, de produits et de réactions que j’entends me réserver par le présent certificat.
- J’applique cet ensemble de procédés à l’aniline pure ou commerciale, et aux alcaloïdes homologues à la naphtylamine ou autres amines.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES Par ALEX. SCHULTZ.
- — Suite (1). —
- Rongeants colorés sur bleu de cuve.
- Procèdes anglais (2).
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, nos 5, 6, 7, 8,9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18 et 19, année 1879. (2) 1 gallon = 4 quarts = 4 lit. 543.
- 1 quart ==2pints. == 1 — 136.
- 1 pint = 4 gills. = 0 — 568.
- 1 gill. = 0 — 142.
- 1 liv. » 454 grammes.
- Bleu clair.
- 31/2 onces bichromate dépotasse.
- I gallon eau.
- 1 liv. amidon blanc.
- Vert.
- 6 liv. vert Guignet (Pigment green).
- 18 » bichromate de potasse.
- 1/2 gallon eau.
- 1/2 » dissolution d’albumine d’œufs à
- 7 liv. par gallon.
- Rouge.
- 6 liv. vermillon.
- 16 onces bichromate de potasse.
- 1 quart eau.
- 1 » eau de gomme adragante.
- 1 /2 gallon eau d’albumine d’œufs à 7 liv. par gallon.
- Jaune.
- 1 quart orange de chrome (pigment orange).
- 16 onces bichromate de potasse.
- 3 gills eau.
- 3 » eau de gomme adragante.
- 6 » eau d’albumine d’œufs à 7 liv. par gallon.
- Rongeant blanc.
- 20 onces bichromate de potasse.
- 1 gallon eau.
- 1 liv. amidon grillé.
- Brun.
- 1 quart cire jaune en pâte (pigment brown).
- 20 onces bichromate de potasse.
- 1 quart eau.
- 1 » eau de gomme adragante.
- 2 » eau d’albumine d’œufs à 7 liv. par gallon.
- Traitement des pièces après l’impression.
- On passe les pièces dans une cuve à roulettes pendant une demi-minute dans le bain suivant :
- 200 gallons eau.
- 22 liv. acide oxalique.
- 22 » acide sulfurique,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Le passage se fait à une température de 160 degrés Fahrenheit (71° centigrades.) g
- (4 suivre.)
- Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l’auteur.
- TEINTURE
- DES LAINES & LAINAGES
- — Suite (I) —
- Couleurs d’aniline.
- Fuchsine. — Le mordançage est inutile, un dégraissagebien complet suffit. On teint en commençant à froid et en chauffant progressivement jusqu’à 60°, sans dépasser 70 à 75°. — Pas de lavage.
- Pour avoir une teinte plus jaune et se rapprochant du ponceau, on emploie les marques de fuchsine dites : cerise ou grenadine, qui sont plus jaunâtres, et, à défaut, on teint d’abord en jaune au bois et on passe ensuite dans un bain de fuchsine.
- Si on veut une teinte plus violacée, on acidulé le bain à l’acide tartrique ou bien on y ajoute un peu de violet rouge.
- Si l’ébullition fait tomber la couleur, laissez refroidir le bain, et maintenez-y les laines environ vingt minutes. La couleur remonte alors fort belle.
- Il faut 5 à 6 grammes de fuchsine par kilo de laine, suivant la nuance.
- La fuschine S (brevetée) résistant à l’acide, est actuellement d’un grand secours pour les couleurs composées ou rabattues, obtenues sur bains acide. Elle diffère de la fuchsine ordinaire en ce qu’elle ne vire pas au bleu avec l’acide acétique ou l’acide sulfurique et au jaune par l’acide chlorhydrique, mêlée aux acides, elle conserve sa couleur primitive.
- Nous engageons nos lecteurs à employer de préférence ce colorant dont le prix vient d’être abaissé, la première qualité ne se vendant plus que 25 fr. le kilo et la seconde 16 fr.
- Bleus alcalins. — Pour bleu ciel, mettre dans le bain, par kilo de laine :
- 3 gr. bleu alcalin,
- 4 gr. borax.
- Après teinture, aviver à l’acide sulfurique et
- (1) Voir les n°s 13,14 et 16 de l’année courante.
- laver. Pour autres bleus plus ou moins foncés, proportionner les quantités de bleu et de borax et teindre au bouillon.
- Bleus solub les. — Mordancer la laine en suivant, pour la composition du bain, les proportions que nous avon: indiquées (page 153, n® 13 de l’année courante), et quand le bain de mordançage est refroidi à 55 ou 69° C, y verser le colorant en deux fois et pousser pet à peu à l’ébullition qu’on maintiendra une heure environ afin que, la nuance soit bien tranchée et solide.
- Une demi-heure suffit pour les lains en flotte et les étoffes légères. Laver les pièces Y l’eau courante ou à la machine.
- Bruniture. — Pour remplacer les bleus au prussiate sur les flanelles, draps et velours, il faut 8 à 10 gr. de bleu soluble rougeâtre par kilo de laine.
- Pour le bleu marine foncé, on ajoute sur le même bain quand le colorant est parfaitement fixé, un peu de décoction de campêche et 100 à 200 gr. de carmin ou sulfate d’indigo par pièce. Il est plus commode d’employer les marques nouvelles de bleu donnant directement le bleu marine.
- Si le foulage doit être très fort, il est nécessaire d’employer des bleus à l’alcool.
- Violets de fuchsine. — Quelquefois ces violets, surtout les violets rouges ne teignent pas la laine d’une façon très unie parce que la chaleur fait tomber au fond du bain la partie rouge du violet et la sépare de la partie bleue.
- Pour remédier à cet inconvénient, on commence par verser dans le bain 800 gr. de sel marin ou quelques gouttes d’ammoniaque par kilo de laine, on fait bouillir une demi-heure et le bain donne l’unisson.
- Pour la teinture on procède comme pour les bleus solubles, mais en chauffant un peu moins, surtout pour les violets rouges. Le bain doit être aussi moins saturé d’acide sulfurique. On chauffera suivant la nuance à obtenir, en partant de ce principe que la chaleur fait monter le bleu et tomber le rouge.
- Si la nuance est trop bleu, il suffira de promener les laines sur le bain refroidi pour la ramener.
- On emploie 8 à 10 gr. de violet par kilo de laine, suivant la nuance.
- Violets Hofmann et Hoffmann lumière. — Pour les nuances rouges, procéder comme avec la fuchsine, et pour les nuances
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- bleues, même teinture qu’avec les violets de fuchsine.
- A suivre.
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- Teinture bleue pour 6 domines de chapeaux de feutre pesant 7 à 9 kilogrammes.
- Faites les bouillir pendant trois quarts d’heure avec 1 kilogramrie d’alun, 500 grammes d’acide oxalique, 750 grammes crème tartre, 90 grammes de chromatede potasse et 40 grammes de sulfate de cuivre, otez-les ensuite, rincez-les et plongez-les pendant encore 1 heure dans un nouveau bain com-posé de 3 kilogrammes et 750 grammes de bois de campêche et 240 grammes d’indigo soluble.
- (Clothier and Hatter, N. F.)
- Revivification des pluches défraichies.
- La recette suivante nous a été envoyée pour faire une préparation servant à révivifier la peluche dé-fraichie d’un chapeau. Une solution de cuivre alcaline est obtenue de la manière suivante :
- On fait dissoudre 16 parties de sulfate de cuivre pur dans 144 à 160 parties d’eau distillée : on ajoute 8 ou 10 parties de glycérine pure à 28°, on mélange bien tout en secouant. Pendant que ce mélange est encore froid, on y verse lentement une dissolution de soude caustique jusqu’à ce que le précipité bleu-clair, d’oxide hydraté de cuivre qui s’est formé premièrement, soit complètement dissous et transformé en un liquide bleu-foncé que l’on verse (sans le filtrer) dans une bouteille qu’il faudra bien boucher ensuite. Si les ingrédients sont purs, on pourra conserver ce mélange pendant un temps indéfini sans qu’il soit altéré le moins du monde. On devra éviter autant que possible d’employer des bouchons en verre, qu’il faudra, dans tous les cas, cirer préalablement.
- (Hatter's Gazette.} (Moniteur de la chapellerie.)
- NOUVEAUX COLORANTS
- De A. POIRRIER de Paris.
- Ponceaux.
- Dans la série des colorants rouges, la maison Poirrier avait déjà créé la roccelline, dont le Moni
- teur de la Teinture a rendu compte (pages 140, 174 et 184, année 1878), en donnant des échantillons sur soie et sur laine.
- Depuis, elle a enrichi cette série par :
- Le rouge français qui fournit une nuance écarlate d’un prix de revient très bas. Ce nouveau colorant ainsi que la roccelline s’emploient avec succès pour l’obtention du rouge cardinal ;
- Et un autre rouge dit : rouge de Paris, donnant les tons ponceau et remplaçant avec avantage la cochenille dans un grand nombre de cas.
- Le caractère remarquable de ces colorants est leur grande solidité, ce qui permet, dans des nuances composées, un emploi interdit jusqu’ici aux couleurs dérivées de la houille.
- A ces trois colorants, la maison Poirrier vient d’ajouter, tout récemment, les ponceaux obtenus par de nouveaux moyens de fabrication, en deux marques :
- Le ponceau J de nuance jaune et le ponceau R de nuance plus rouge.
- Ces nouveaux ponceaux, dont nous donnerons bientôt les échantillons sur laine, peuvent supporter avantageusement la comparaison avec les ponceaux déjà employés, qui tendent de plus en plus à remplacer la cochenille, et leur bas prix permet aux teinturiers de diminuer leur prix de revient.
- Teinture de la laine.
- La laine doit être préalablement parfaitement dégraissée et lavée à l’eau chaude.
- La teinture peut se faire comme celle à la cochenille, en mordançant pendant trente minutes au bouillon avec des cristaux de tartre rosé et de la composition d’étain (environ 140 gr. de cristaux de tartre et 1/5 litre de composition d’étain par kil. de laine) ; on ajoute la dissolution du colorant et on manœuvre 45 minutes au bouillon.
- Il est plus simple de se servir d’acétate de soude en montant le bain avec 100 gr. d'acétate de soude et la quantité de colorant nécessaire (qu’on ajoute en 2 fois), monter au bouillon, bouillir 30 minutes, lever, rincer et sécher.
- On peut encore employer le bisulfate de soude, dans la proportion de 200 gr. par kil. de laine, ou bien l’acide oxalique et le sel d’étain.
- A l’aide de ces mordants, le colorant donne non-seulement sa nuance propre, mais il se combine avec le carmin ou le sulfate d’indigo, le cur-cuma, l’extrait de bois jaune, l’acide picrique, les orangés, etc.
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- RT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Ces procédés s’appliquent à toute cette série de rouges.
- Teinture de la soie.
- La soie se teint sur un simple bain acidulé à l’acide sulfurique, mais il vaut mieux employer le bain faible de savon auquel on ajoute un peu d’acide sulfurique. Il faut mettre très pende ce dernier pour commencer et une fois arrivé à la nuance voulue, on peut en ajouter pour donner à la soie le toucher craquant.
- Teinture du coton.
- On peut teindre sur mordants de cochenille ou d’éosine (1), en ajoutant au bain 10 0/0 d’acétate d'alumine et 2 0/0 de stannate de soude. Mais le procédé qui donne un éclat et une solidité plus grande, est celui que nous avons donné, page 187 du Moniteur de la Teinture, pour l’emploi du mordant huileux (rouge turc) à la teinture du coton par les couleurs d’aniline.
- Dans les prochains numéros nous parlerons du jaune, du vert et des bleus nouveaux de la maison A. Poirrier.
- En attendant voici deux échantillons du jaune nouveau N et du vert acide :
- Jaune N.
- Vert acide
- (1) Voir page 163 année 1878 du Moniteur de la Te;nture, Teinture du coton pour les couleurs de résorcine.
- TEINTURE
- de la barbe et des cheveux.
- Plusieurs de nos abonnés nous ayant demandé de les mettre au courant de ces teintures sur le vif, nous publierons une série de recettes et quelques-uns des nombreux brevets d’invention qui ont été pris à ce sujet.
- Il se fait à Paris un commerce considérable de cheveux importés de la Chine ou d’autres pays. Les cheveux noirs sont dégradés, reteints, lustrés puis travaillés par des artistes en nattes, chignons, tire-bouchons, etc., etc., pour devenir un ornement déplus à la toilette des dames.
- Nous ne nous occuperons pas, pour le moment, des procédés de teinture des cheveux humains coupés, comme dit notre confrère le Dr M. Rei-mann de Berlin, mais des cheveux humains vivants (id.) et de la barbe vivante, pour nous servir des expressions du même confrère.
- Ces teintures, fabriquées par des parfumeurs ou des chimistes, sont généralement de deux sortes :
- 1° Teinture instantanée ou produisant leur effet en un jour ou deux.-
- 2° Teinture progressive (quinze jours environ).
- Les premières sont généralement à base de sels d’argent et les secondes à base de sels de plomb. Elles portent tous les noms possibles. Eau des fées, | de la Floride, de Jouvence, etc., etc., Régénérateur.
- Les teintures avec des dissolutions ou composés à base de sels d’argent se divisent elles-mêmes en teintures avec un seul flacon et teintures avec deux flacons.
- Nous commencerons par la teinture avec un seul flacon.
- Dans un flacon de la contenance d’un litre au moins, on verse un quart de litre d'eau distillée dans laquelle on fait dissoudre 80 grammes de nitrate d’argent cristallisé. La dissolution terminée, on y verse peu à peu de l’ammoniaque à 22». L’ammoniaque produit d’abord un précipité cailleboté qui, à mesure qu’on ajoute de l’ammoniaque goutte à goutte et qu’on remue, passe du gris jaunâtre au brun foncé. On continue de remuer et d’ajouter l’ammoniaque goutte à goutte jusqu’à ce que le précipité soit dissous et que le liquide soit redevenu clair. On cesse alors d’ajouter de l'ammo-
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- niaque, et on remplit d’eau distillée de manière à avoir un litre. On peut y ajouter de l’essence de citron ou autre parfum mais l’odeur de l’ammoniaque persistera toujours.
- La teinture est préparée. A cette dose de nitrate d’argent, elle servira à teindre en brun foncé ou noir ; allongée d’eau distillée de manière à former deux litres, elle donnera un chatain foncé, et, si on y ajoute trois litres d’eau distillée, elle teindra en blond foncé. On voit qu’il est facile de proportionner l’addition d’eau distillée à la teinte qu’on veut obtenir.
- Il y a deux modes d’application, le premier qui se trouve dans toutes les boîtes de cette teinture répandue dans le commerce est assez mauvais, le voici :
- On commence par dégraisser, c’est-à-dire bien savonner et bien laver ensuite la barbe et les cheveux, puis on les sèche. Avec une petite brosse (diminutif de brosse à dents) on applique la dissolution sur les cheveux ou sur la barbe en ayant soin de ne pas toucher la peau (ce qui est fort difficile). Pour cela on verse un peu de dissolution dans un petit verre sans pied, on y trempe la brosse et on applique la dissolution. Préalablement, pour éviter de teindre la peau, il faut l’enduire près des cheveux ou de la barbe, d'huile ou de beurre. Quand la dissolution est appliquée on laisse sécher. L’air et la lumière se chargent du reste.
- On fera bien de mettre des gants si on ne veut pas se teindre les mains.
- Comme nous l’avons dit, ce procédé est mauvais, outre les difficultés pour ne pas teindre la peau et seulement les cheveux et la barbe, les teintes sont ternes et fausses. C’est cependant le moyen généralement indiqué.
- Le suivant, que nous avons trouvé nous-même, mais que nous ne voulons pas exploiter, quoiqu’il soit bien préférable au précédent, consiste à verser, comme dans le dernier, de la teinture dans un petit verre et d’y ajouter à à 6 gouttes d’ammoniaque au moment seulement de l’employer.
- Au lieu de dégraisser la barbe et les cheveux, il faut au contraire les graisser avec de l’huile d’olive ou toute autre huile se saponifiant facilement, amande douce, etc. Il est inutile de graisser la peau autour de la barbe et des cheveux. Quand ces derniers sont graissés avec la petite brosse qu’on plonge dans le verre à teinture pour y bien mélanger l’ammoniaque, on applique la teinture sur la
- barbe et les cheveux, et, en frottant légèrement, il devra se produire une émulsion de savon. On produira successivement cette émulsion sur toute les parties de la barbe et des cheveux, et on continuera à frotter jusqu’à ce qu’elle disparaisse, ce qui n’est pas long.
- Si l’émulsion ne se produisait pas, cela voudrait dire qu’il n’y a pas assez d’ammoniaque dans la dissolution du petit verre et il faudrait en ajouter une ou deux gouttes.
- Pour mieux répartir cette teinture savonneuse dans les cheveux on peut, après la brosse, se servir du peigne fin.
- L’opération terminée, on se lave au savon et à l’eau, les cheveux et la barbe, on les sèche avec une serviette et aussitôt après on les enduit légèrement d’huile, comme on met la brillantine sur la barbe et l’huile sur les cheveux pour leur rendre le brillant après le savonnage
- Ce dernier point est indispensable, il est nécessaire que les cheveux ou la barbe soient très légèrement gras pour que la teinte se développe et soit bien fixée, ce qui se fait assez promptement à l’air et à la lumière du jour.
- Comme dans le précédent, il est bon de mettre des gants pour éviter de se tacher les mains, et de ne pas appliquer la teinture sur la peau du visage quoique le savon formé ne tache pour ainsi dire pas la peau.
- Ce procédé n’est autre chose qu’une teinture au savon d’argent qui se produit sur les cheveux et la barbe mêmes. A suivre.
- INDUSTRIELLE
- REVUE DES BREVETS D’INVENTION
- MATIÈRES COLORANTES
- NOUVELLES
- Par M. dé Lalande. {Brevet.)
- Ces matières colorantes sont obtenues par M. de Lalande en traitant par les agents oxydants, les dérivés sulfo-conjugués, des amines aromatiques, secondaires ou tertiaires, et spécialement de celles qui renferment une ou plusieurs fois le radical ben-zyle.
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
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- La production de ces matières colorantes se fait en deux opérations distinctes savoir, la préparation des dérivés sulfo-conjugués et la préparation proprement dite des matières colorantes.
- L’acide sulfurique donne en général par son action sur les amines indiquées ci-dessus, plusieurs dérivés, les uns peu solubles dans l’eau, les autres solubles, suivant que l’action de l’acide sulfurique a été plus ou moins profonde.
- On prend par exemple :
- Dibenzylaniline 10 parties. Acide sulfurique à 66° Baumé 30 à 40 pour 100 et l’on élève la température jusqu’à 150 ou 170°. Au bout de deux ou trois heures la réaction est terminée, ce que l’on reconnaît à ce que le produit peut se dissoudre presque sans résidu dans une lessive alcaline.
- On verse alors la masse dans l’eau et l’on enlève par un lavage l’excès d’acide sulfurique.
- Pour obtenir le dérivé sulfo-conjugué soluble, on traite l’acide sulfo-conjugué insoluble provenant de l’opération précédente et séché par deux à trois fois son poids d’acide sulfurique fumant, à une température de 140 à 160°.
- L’opération est terminée lorsque le produit est devenu intégralement soluble dans l’eau.
- On prépare dans les mêmes conditions les dérivés sulfo-conjugués des autres amines aromatiques secondaires ou tertiaires.
- La préparation des matières colorantes a lieu comme suit :
- On dissout dans une quantité suffisante de soude caustique, l’acide sulfo-conjugué de la première opération, provenant de 10 parties de dibenzylaniline par exemple, puis on ajoute une quantité de bichromate de potasse variable (de 1, 5 à 3 parties) qu’on dissout au préalable dans l’eau; on verse alors dans le mélange un excès d’acide acétique.
- La réaction commence à froid; on la termine en élevant la température jusqu’à 60 ou 100°.
- La matière colorante formée est terminée par le sel marin, recueille sur filtre, mélangée avec deux ou trois parties d’acétate de soude et séchée.
- Dans l’acide sulfo-conjugué de la deuxième opération, provenant de 10 parties de dibenzylaniline, et contenant un excès d’acide sulfurique, on ajoute progressivement la quantité précédemment indiquée (1, 5 à 3 parties) de bichromate de potasse. On élève au besoin la température pour terminer la réaction.
- On sature alors par la soude caustique, et l’on précipite par le chlorure de baryum, les sulfates et
- la matière colorante formée. On jette sur filtre, on lave le précipité, puis on en extrait la matière colorante par une solution bouillante de carbonate de soude.
- Par l’évaporation du liquide, on obtient le produit commercial.
- Le même procédé s’applique dans les mêmes conditions aux dérivés sulfo-conjugués des autres amines secondaires ou tertiaires.
- Ces matières colorantes peuvent aussi être générées directement sur tissus préalablement mordan-cés au moyen des produits oxydants, on teint alors au moyen des acides sulfo-conjugués.
- Tous les corps oxydants en général peuvent être employés pour produire les réactions précédentes.
- Les matières colorantes ainsi préparées sont des acides solubles dans l’eau, dont les sels alcalins sont en général peu colorés. Ces sels peuvent être employés à la façon des bleus Nicholson en teignant sur bain neutre ou alcalin, et terminant la teinture, par un passage au bain acide.
- Ou bien on teint directement sur bain acide ; l’acide coloré, soluble dans l’eau, se fixe facilement.
- Par le procédé qui vient d’être décrit, on obtient des matières colorantes de nuances variables, généralement vertes, spécialement avec la mono et la dibenzylaniline, la toluidine liquide, mono et diben-zylée, la benzyl-diphénylamine, etc.
- PROCÉDÉ
- DE RENFORCEMENT ET D’IMPERMÉABILISATION DES FEUTRES ET TISSUS DE LAINE, OU LAINE ET COTON Par MM. Muratori et Landry.
- Ce procédé a pour effet de donner aux feutres et tissus de laine ou laine et coton, une plus grande consistance, d’en augmenter la solidité, la résistance et le poids, et de les rendre relativement imperméables.
- Ce résultat s’obtient en traitant, comme il sera dit plus loin, lesdits feutres ou tissus par un com posé chimique combiné dans les proportions suivantes, applicables dans le plus grand nombre de
- cas.
- Sulfate d’alumine potassique . 100 en poids.
- Colla animale ou végétale . .100
- Tannin................................5
- Silicate de soude....................2
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La préparation de ce composé, renfermant les éléments actifs nécessaires, se divise en trois opérations distinctes :
- 1° Par ébullition, on fait fondre les 100 parties de sulfate d'alumine potassique dans un poids égal d’eau.
- 2° On fait tremper dans l’eau froide les 100 parties de colle (de préférence colle animale, telle que colle de peau, de poisson, d’os, etc.), jusqu’à ce que ladite colle ait absorbé, par imbibition, le double de son poids d’eau. On soutire l’excédant d’eau et on chauffe la colle imbibée jusqu’à fusion et ébullition. Puis on jette dans cette dissolution de colle bouillante les 5 parties de tannin et les 2 parties de silicate de soude ;
- 3° Les deux dissolutions ainsi préparées isolément, on les mélange dans un même vase et on brasse intimement, en les maintenant en ébullition.
- On laisse refroidir, et le produit prend sous forme d’une masse gélatineuse ; il est ainsi propre à l'usage auquel on le destine.
- Le traitement des feutres et tissus par ce produit ainsi préparé se fait comme suit :
- Un kilogramme du composé précédent en gelée, est fondu dans 10 à 20 kilogrammes d’eau; ce bain est chauffé et maintenu en ébullition pendant trois heures ; on maintient constamment au bain la même densité en remplaçant au fur et à mesure l’eau d'évaporation ; un densimètre est à cet effet plongé dans le liquide de temps à autre.
- La cuisson étant terminée, on laisse refroidir le bain à 80° centigrades, on y plonge le feutre ou tissu à traiter, et on l’y laisse immerger pendant une demi-heure environ.
- Le tissu étant bien imprégné, on l’étend horizontalement sur une table à claire-voie pour le laisser égoutter. Cet étendage doit être pratiqué de façon à laisser dans toutes les parties du tissu une pose uniforme de composé, il doit durer environ 6 h. à la température ordinaire.
- On recueille les égouttures pour éviter les pertes.
- TUYAU BARBOTTEUR pour le chauffage des bains de teinture
- Par MM. Garot et Fleury.
- (Brevets).
- Le chauffage des bains de teinture se fait généralement au moyen de tuyaux dits barbotteurs, pla
- cés au fond et de baqus et conduisant la vapeur dans le bain en passant par des trous pratiqués dans l’épaisseur de ces tubes.
- Ces tuyaux sont d’un entretien coûteux par suite de leur courte durée et de leur tendance à se fendre suivant les lignes des trous, surtout quand ils ont à subir certains chocs, soit sous l’influence de la brusque entrée de la vapeur, soit par toute autre cause étrangère.
- Ces ruptures occasionnent des défectuosités et des inégalités sérieuses dans la teinture des pièces à cause de l’arrivée subite, en trop grande quantité, de la vapeur.
- Ces accidents entraînent toujours la nullité de l’opération et peuvent même occasionner des blessures plus ou moins graves aux ouvriers.
- Les tuyaux deviennent aussi hors de service par suite de l’accroissement graduel des diamètres des trous d’introduction de la vapeur.
- Les recherches faites par MM . Garot et Fleury sur la cause de cette accroissement de l’orifice les ont conduits à reconnaître, avec certitude, que cette cause n’est pas attribuable à l’acidité du bain, camme on le croit généralement, mais bien au frottement même des jets de vapeur.
- MM. Garot et Fleury ont aussi reconnu l’inaltérabilité dans le bain, de la soudure des tuyaux, conséquence de la vitrification du borax entrant dans la composition de la soudure.
- Ainsi fixés sur les causes des imperfections susdites, il a été facile à MM. Garot et Fleury d’y porter remède de la façon suivante :
- Augmenter l’épaisseur des tuyaux aux points de passage de la vapeur, au moyen d'une côte soudée sur le tuyau, intercaler entre cette côte et le tuyau une forte couche de soudure. Toute garniture de renforcement, ou un placage quelconque, soudé à l’endroit des trous, atteindront de même le but recherché.
- LE MATIÈRE COLORANTE LA PALMELLINE
- Un e note communiquée à l’Académie des sciences, par M. Phipson, nous apprend l’existence d’une nouvelle matière colorante tirée du Palmella cru-enta.
- Le Palmella cruenta est une petite algue, rouge de sang, qui se trouve au bas des murs humides
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- blanchis à la chaud, non loin des localités habitées et toujours près de la terre.
- Pendant les temps chauds et humides de l’été, cette espèce ressemble à du sang coagulé ; en l'observant au microscope, on constate une analogie de structure entre la petite plante et le sang des animaux (petites cellules arrondies flottant librement dans une mucosité comparable au sérum du sang, contenant une matière colorante rouge rose que l'auteur est parvenu à isoler plus ou moins complètement).
- « On ne peut extraire cette nouvelle substance de la plante humide, car la vitalité de celle-ci est telle qu’elle ne laisse pas dégager la couleur par l’action de l’eau. Il faut qu’elle ait été bien desséchée à l’air libre. Au bout de vingt-quatre à trente-six heures, les pellicules sont asssez sèches, car la plante et les matières sur lesquelles elle croit se dessèchent assez rapidement à l’air.
- « En laissant la plante sèche au fond de quelques centimètres d’eau, dans une capsule de porcelaine recouverte d’une plaque de verre, la matière colorante s’y infuse, et le lendemain on peut décanter la liqueur tout à fait claire.
- « Elle est d’un rouge magnifique par transmission et jaune orangé par réflexion. »
- Rien ne lui ressemble davantage que l’hémoglobine du sang. Elle se compose d’une matière rouge unie à une substance albumineuse, et se coagule par l’alcool, la chaleur et l’acide acétique. Comme l’hémoglobine, elle est insoluble dans l'alcool, l’éther, la benzine, le sulfure de- carbone, mais se dissout facilement dans l’eau. Enfin, comme le sang, elle contient du fer. Abandonnée à elle-même pendant deux ou trois jours à une température de 25°, la solution de palmelline entre en décomposition avec une odeur fortement ammoniacale et décèle alors, au microscope, un grand nombre de vibrions très actifs.
- Après une étude soignée des propriétés de la Palmelline, M. Phipson constate qu’elle lui paraît présenter beaucoup d’analogie avec l’hémoglobu-line du sang, et c’est la première fois que l’on ait rencontré dans le règne végétal une substance de cette nature.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- 124,307. 6 mai. — LÉONHART. — Mode de traitement des rési lus de fabrication de la fuchsine ou rouge d’aniline, pour en extraire l’arsenic et composés arsenicaux.
- 124.308. 6 mai. — Rolwag. — Décoration des toiles mécaniques par impression.
- 124,333. 13 mai. — TRAPADOUX frères et C«.— Application du moirage aux étoffes teintes en pièce après le tissage.
- 124,334. 14 mai. — VALER. — Eau de teinture pour la chevelure et la barbe.
- 124,337. 15 mai — Rosset. — Perfectionnements à la fabrication des rubans velours, unis ou façonnés.
- 124,349. 8 mai. — Gautier. — Préparation et emploi des matières colorantes des vins.
- 124,366. 7 mai. — Woodman. — Métier à lisser perfectionné.
- 124,372. 8 juin. — Leblanc. — Moyen de donner une tension régulière aux fils de la chaîne du métier à tisser.
- 124,402. 21 mai. — PREHERaîné. — Modifications aux navettes employées dans la fabrication des tissus.
- 124,408. 10 mai. — OGDEN et Thomas. — Tapis de laine au foyer perfectionné.
- 124,418. 10 mai.— Bayer et Ci#.—Méthode de préparation des matières colorantes, vertes, jaunes et rouges.
- 124,455. 13 mai. — Boyd. — Perfectionnements dans les machines servant à envider, doubler et tordre le fil.
- 124,472. 14 mai. — Classen. — Machine à mesurer les rubans pour les écheveaux préparés pour l’expédition.
- 125,474. 14 mai. — NnL. — Perfectionnements apportés aux bobines, aux moyens et appareils employés pour leur fabrication.
- 124,484. 14 mai. — BLANQUET. —Procédé de teinture de la laine et autres matières filamenteuses.
- 124. 485. 14 mai. — |LEBOUTEUX. — Procédé de décreusage et de blanchiment de toutes les matières
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- textiles telles que coton, chanvre, lin, soies de toutes sortes, laines, ainsi que des poils et cheveux.
- 124,491. 20 mai. — Gillet et Fils. — Obtention de nouveaux effets de teinture, au moyen de couleurs provenant de la distillation de la houille fixées solidement ou non sur les fils et tissus, et en général sur toutes espèces de matières textiles.
- 124,495. 24 mai. — Ogier aîné etCie. — Système de moires à réserves obtenues à l’aide du gaufrage.
- 124,496, 24 mai. — Ferrière. — Métier perfectionné pour assembler et retordre les filaments en écheveaux et en bobines.
- 124,511. 15 mai.— Société Alfred ChALAMEL et Lantelle. — Procédé de teinture multicolore applicable aux matières textiles et filamenteuses brutes ou manufacturées,
- 124,530. 16 mai. — Poupon. — Perfectionnements dans les tissus employés en contact avec la peau.
- 124,532. 16 mai. —Meunier. — Système dépeignes nacteur additionnel applicable aux peigneuses en général.
- 124,546. 24 mai. — Bourguignon. — Emploi des plumes pour la confection des feutres à chapeaux.
- 124,566. 17 mai. — Piet. — Perfectionnements dans les appareils à lessive par effusions à températures graduées.
- 124,569. 17 mai. — Imbs. — Procédé d’impression, teinture sur étoffes.
- 124,580. 18 mai. — Imbs.— Nouveau métier à velours spouliné.
- 124,581. 18 mai. Grawitz — Production du noir d’aniline par l’action de l’acide chlorique.
- 124,588. 24 mai. — Bresmoutier. — Nouveau système de jonction de tables de cannelés d’étirage et autres.
- 124,613. 21 mai. — LENIGUE. — Procédé de métallisation sur tissus de soie, coton ou autres.
- 124,621, 13 mai. — Ghenaillier. — Perfectionnements à l’appareil rotatif à évaporer et concentrer les liquides en général.
- 124,632. 25 mai.— Chaudet. — Système d'é-paillage chimique et de blanchiment des laines et tissus de laines.
- 124,685. 24 mai. — Obermeyer. — Perfectionnements dans le système de fournisseur de couleur pour machines à imprimer les papiers peints, les étoffes, les toiles cirées et autres.
- 124,693. 1er juin.— Morel, dame Reboulet et Baudet. — Système de velours à deux pièces, fait par la trame, et moyens de l’obtenir.
- 124,702. 6 juin. — Trapadoux frères et Cia. — Application de teinture faite sur les étoffes de soies tissées en grége.
- 124,740. 7 juin. — Delory. — Procédé de teinture en noir d’aniline des matières textiles.
- 124,747. 11 juin.— Delerue. — Trieuse à la peigneuse mécanique de laines, poils, effilocheuse avec classement de finesse des matières.
- 124,748.28 mai.—Schurmann.—Machine à rouler le papier applicable aux presses cylindriques d’imprimerie, pour impression en plusieurs couleurs sur papiers teints ou étoffes.
- 124,757. 16 avril. — D’herdt et Soeur (société). — Appareil perfectionné destiné à opérer automa -tiquement l’application de tous fils de soie, coton, laine, etc., sur le crêpe, le tulle et autres tissus légers.
- 124,811. 29 mai. — Meustet, Lucuis et Brunin (société). — Fabrication de couleurs rouges, jaunes, brunes, obtenues au moyen des deux acides disulfotananaptoliques.
- CESSION DE LABORATOIRE
- A CÉDER
- UN LABORATOIRE DE CHIMIE
- (Agencement, Matériel et Produits)
- Matériel très-complet pour recherches et analyses organiques.
- Produits de toute nature; spécialement matières colorantes naturelles et artificielles ; matières premières.
- S'adresser^ 51, rue d'Assas, a Paris.
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tulpin frères). — Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service de la machine.—Longueur de chaque chaîne, 16m65. — Largeur du travail : 0m85 à lm50.—Production : 100 à 120m à l’heure. — Prix : 3,500 fr. — S'adresser à M. Chiffray, a Maromme, où on peut la voir fonctionner.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23 Année, No 21. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Novembre 1879.
- SOMMAIRE
- Exposition des sciences appliquées à l’industrie. — Notice sur l’application du violet Guyard ou oxyferrocya. nure de cuivre ammoniacal, par M. Joseph Depierre. — Rapport sur les laques de M. Lorilleux, par MM. Joseph Depierre et Ch. Hommey.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Impression des tissus : Rongeants et enlevages, par .Alex. Schultz (suite). — Nouveaux colorants de la Maison A. POIRRIER, de Paris (suite). — Teinture des cotons et fils, par M. Venant (suite). — Céruléine alizarine verte surfils de coton. — Cachou Laval. — Composition pour l’encollage des chaînes, par M. Boëns. — Teinture de la laine en toison.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Commission permanente des valeurs de douane. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878).
- EXPOSITION DES SCIENCES appliquées à l’industrie.
- Les industries tinctoriales et textiles sont faiblement représentées à l’exposition du palais de l’industrie des Champs Elysées. Cela n’a rien de bien étonnant, car elle est venue bien promptement succéder à l’Exposition universelle de 1878. Elle offre cependant un intérêt réel aux visiteurs, ce qui explique le succès qu’elle continue d’obtenir contre toute attente.
- Nous nous bornerons à signaler à nos lecteurs les choses nouvelles qui peuvent les intéresser; et nous reprendrons le compte-rendu de l’Exposition universelle de 1878.
- En première ligne nous citerons l’exposition la plus importante et la plus intéressante au point de vue de la nouveauté, celle de MM. :
- Savigny et Collineau. — L’industrie de la teinture est comme on le sait tributaire de l’étranger pour les matières premières principales. La France ne produit que les matières colorantes tirées du règne minéral ou celles artificielles dérivées de goudron de houille. Ces dernières matières colorantes sont pour la plupart vénéneuses.
- C’est donc pour substituer, dans la mesure du possible, à ces produits toxiques des produits aussi inoffensifs pour l’ouvrier que pour le consommateur et affranchir au besoin leur pays de ce tribut qu’il paie à l’étranger, que deux savants, MM. Savigny, chimiste et M. Collineau, docteur en médecine, ont commencé les recherches qui les ont conduits successivement à la découverte de la cauline, de l'éricine et de l'alnéine, trois colorants nou
- veaux tirés du règne végétal, et que la France produit et peut produire en abondance.
- Nous étudierons successivement ces trois colorants au point de vue de la fabrication de chaque produit, de ses applications en teinture, impressions, etc., et des avantages qu’ils présentent sur les colorants similaires actuellement en usage.
- Cauline.
- La cauline est extraite du chou rouge, qui croît dans le Nord de la France, ou de la rose trémière qui pousse dans nos provinces du centre et le Midi. Elle se rencontre également .dans une grande variété de végétaux indigènes.
- Qu’elle soit extraite de l’un ou de l’autre de ces végétaux, la cauline a la propriété de virer au rouge par les acides et au vert décroissant jusqu'au jauney par les alcalis.
- Les produits tinctoriaux sont sous forme d’extraits plus ou moins composés et plus ou moins concentrés ou bien sous forme de poudres provenant d’un mélange de fleurs, de feuilles, de baies desséchées, même parfois, suivant qu’ils devront être appliqués à la teinture des étoffes ou à faire des laques pour papier.
- Application de la cauline à la teinture»
- Sur laine la cauline fournit toute la série des gris, depuis le gris argent jusqu’au gris ardoisé foncé, la série des gris verts et celle des gris lilas. Elle fournit encore la série des verts-mousse, les nuances carmélite, etc., et cela, par elle-même et sans le secours d'aucune autre substance tinctoriale.
- Chaque sel fesant produire une nuance particulière et constante au bain decauline, l’ouvrier peut.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- à son gré, virer son bain de teinture dans la nuance qui lui convient. Pourvu que les sels mis en présence ne forment pas de précipités insolubles, on peut opérer, presque indéfiniment, sur le même bain;
- Ainsi, d’une même cuve, on peut sortir jusqu’à sept gris différents, tandis qu’avec les produits et les procédés actuels, il faudrait employer sept cuves différentes.
- L’affinité qu’ont l’un pour l’autre la cauline et l’indigo est énorme, et, fait remarquable, l’intensité des nuances obtenues est proportionnelle non pas à la quantité d'indigo employée, mais à l'intensité du pied de cauline. Ainsi, en commençant par teindre en bleu ardoisé au moyen de la cauline et en ajoutant ensuite dans le bain une quantité minime de carmin ou préparation d’indigo, on obtient très facilement les bleus les plus foncés.
- L’économie peut être évaluée, sans exagération, à 50 pour cent.
- Sur coton, lin, jute, ramie et sur toutes les fibres végétales, par les mêmes procédés et avec les mêmes mordants, la cauline fournit les mêmes nuances que sur laine. Cette propriété tout à fait exceptionnelle, nous paraît appelée à donner à l’emploi de la cauline une importance considérable.
- Il se fabrique, en effet, aujourd’hui, une grande variété d’étoffes composées : laine et coton, laine et fil, soie et coton, soie et ramie, etc., etc. La plupart des colorants actuellement en usage exigent des mordançages différents pour être fixés sur la laine et la soie, le coton et le fil, et par conséquent plusieurs bains pour le traitement de ces étoffes mixtes qu’on peut appeler le cauchemar du teinturier.
- Avec la cauline, il n’est plus besoin de mordançages particuliers pour chacun des composés, de bains de teinture différents. Un seul et même bain suffit pour n’importe quelle étoffe mixte.
- Il y a plus, nous avons sous les yeux un échantillon d’étoffe mixte (drap chaîne-coton) fabriqué ' avec de la laine non épaillée, où les époutils sont très visibles, et la même étoffe, teinte en bleu foncé avec pied de cauline où il est impossible de distinguer la moindre différence de nuance entre le gratteron et l’étoffe.
- Employée seule, la cauline donne sur coton,, sur fil et sur toutes fibres végétales, le violet et un gros bleu particulier auquel on a donné le nom de bleu de cauline.
- Pour la teinture et l’impression des étoffes d’a-
- meublement, celles en jute surtout, qui ont pris dans ces dernières années un développement considérable et tendent à se substituer au reps et à la cretonnne et qui ont besoin d'être teintes et imprimées, la cauline et les deux autres colorants de MM. Savigny et Collineau, Véricine et Valnéine, sont appelées à rendre à l’industrie les plus grands services.
- Les teinturiers et les imprimeurs connaissent les difficultés jusqu’à présent à peu près insurmontables que les étoffes de jute présentent pour la teinture et l’impression. On peut dire que dans l’état actuel les teintures même ne sont que superficielles, la fibre est engainée par le colorant sans combinaison intime. Il s’en suit que ces teintures s’écaillent rapidement à l’usage et l’atmosphère des appartements se trouve chargée de matières le plus souvent toxiques.
- L’emploi des nouveaux produits pare à tous ces inconvénients. Les fibres du jute sont teintes à fond, et leur combinaison permet d’obtenir les tons bleus, violets, verts, les différents jaunes, les verts bronze, les verts rézéda, les tons cuir, chamois, saumon, tous les gris, etc., ainsi qu’on peut en juger en examinant les nombreux échantillons que renferme la-vitrine de MM. Savigny et Collineau.
- Avant de terminer cette nomenclature des avantages de la cauline, disons qu’elle fournit un extrait noir teignant en noir bleu la peau sans rien lui enlever de sa souplesse, ni rien changer aux procédés habituels des mégissiers.
- Alméine.
- L’alnéine est extraite de l’aulne commun et encore de plusieurs autres genres de la même famille.
- Au point de vue chimique, l’alnéine présente toutes les réactions du cachou et, au point de vue industriel, en permet toutes les applications.
- Sur soie, sur laine, sur coton, sur jute, le colorant sert à obtenir tontes les nuances, amadou, saumon, gris souris etc; ces derniers sont, sur jute, même d’une beauté très remarquable.
- Sur peau chamoisée, elle fournit tous les degrés de la teinte amadou, recherchée pour la fabrication des gants, dits : gants de Suède.
- Les teintures obtenues avec ce produit sont d’une solidité remarquable, résistant à tous les lavages et même au chlore.
- Ces diverses propriétés assurent à l’alnéine un emploi avantageux et qui sera très apprécié pour
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- la teinture des tissus résistants, tels que toiles, velours-coton, etc. — La gamme des tons obtenus avec ce colorant et que nous avons sous les yeux est d’une vivacité et d’une richesse très remarquables.
- Éricine.
- L’éricine s’extrait de la bruyère commune qui foisonne dans notre pays.
- Comme les précédents, ce colorant teint la laine, la soie, le coton, le jute, etc., et avec une égale facilité. Il donne la gamme des tons jaunes, jaune-clair, jaune orangé, jaune vieil or, tabac d'Espagne ; sans mélange d’indigo, il donne le verts-bronze et les verts-rézédas.
- Pour l’impression et la peinture des papiers, l’éricine fournit une laque jaune comparable aux plus belles laques végétales.
- Par suite de son faible prix de revient et des avantages qu’elle offre sur les bois jaunes exotiques qui deviennent très rares et sont par conséquent d’un prix élevé, sur les gaudes qui ne peuvent s’employer que sur place, sur les graines d'Avignon et de Perse dont la qualité laisse si souvent et si fort à désirer, l’éricine est appelée à remplacer la plupart de ces colorants.
- Uni avec l’indigo, le bleu de Prusse liquide, le pastel, combiné également avec la cauline, l’extrait jaune d'éricine donne 1 es verts sur laine, soies, fil, coton, jute, etc.
- On obtient les tons noisette et chamois en ajoutant à l’extrait de l’écorce d’aulne ou de chêne ; le vert-bronze avec le sulfate de fer, les tons orangés en aventurine en combinant son emploi avec les bois rouges.
- L’extrait pur, dissous dans le bain de teinture donne le jaune clair, sur tous les textiles.
- Une autre application directe qui donne le jaune orangé s’obtient en mordançant au protochlorure d’étain d’abord et portant ensuite au bain de teinture monté au bouillon.
- Nous aurions encore beaucoup d’autres applications à citer où ces nouveaux colorants peuvent rendre de grands services. Nous y reviendrons plus tard.
- Pour terminer disons que la vitrine de MM. Sa-vigny et Collineau renferme, outre les nombreux échantillons de coton en écheveaux et d’étoffes de laine, soie, coton, jute, teintes en toutes nuances, soit avec les produits seuls ou en combinaison avec d’autres colorants :
- lo La cauline à l’état pulvérulent,
- — en bain de teinture,
- — en solution,
- — en précipité violet (laque),
- — — lilas >
- — — bleu »
- — — vert » et le noir de cauline pour peausserie :
- 2° L’alnéine à l’état pulvérulent, — en solution,
- — en pâte.
- 3° L’éricine en bain de teinture.
- 4° Les laques sèches, pulvérulentes, de diverses couleurs pour impression sur tissu et fabrication des papiers peints.
- P. B.
- A suivre.
- NOTICE
- SUR L’APPLICATION DU VIOLET GUYARD OU OXYFERROCYANURE DE CUIVRE AMMONIACAL
- Par M. Jos. DEPIERRE.
- En traitant le sulfate de cuivre ammoniacal par le ferrocyanure de potassium, on obtient du ferro-cyanure de cuivre ammoniacal. Ce corps bien lavé et desséché, subit certaines modifications sous l’influence de la température. L’un de nos collègues, M. A. Guyard, a remarqué que cette substance, chauffée au bain de sable vers environ 170° C., perdait du cyanogène et de l’ammoniaque, tandis quelle absorbe de l’oxygène en prenant une belle couleur violette.
- Que l'on chauffe à 200°, on obtient un nouveau produit coloré en bleu, différent du précédent en ce qu’il est plus oxydé; enfin, en chauffant le corps bleu à 240° ou 250°, il se produit une substance verte dont l’éclat est assez faible.
- Cette matière colorante violette s’obtient très facilement, ainsi qu’il a été constaté par mes collègues du Comité de chimie. Quand il s’agit de quantités, on opère de la façon suivante : on prend une cuvette en porcelaine comme celles dont on se sert en photographie ; on y met le sel parfaitement desséché et l’on chauffe graduellement sur un bain de sable, en ayant soin de remuer constamment ; sans cette précaution, on n’obtient pas un ton uniforme. On ôte du bain de sable une fois que l’on
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- est arrivé au ton voulu. En poussant au-del'a de 170° le violet devient plus bleu, mais couvre moins.
- Ce violet se présente sous l’aspect d’une poudre assez légère, qui pour être utilisée devra être mélangée, ou bien il faudra trouver un procédé de fabrication qui, comme le cas se présente dans la production des bleus de Prusse, modifie la couleur et la rend plus intense.
- Comme couleurs, il correspond au violet B V 2 de la gamme de Chevreul ou au violet 22-1 de l’échelle de Radde. Il est très couvrant, puisqu’avec 15 p. 100 de substance, on obtient une couleur dont le rendement est équivalent à celui d’un bleu d’outremer contenant 20 p. 100 de bleu sec.
- L’échantillon que je vous soumets est fait dans les conditions suivantes :
- 15 p. matière violette que je dois à l’obligeance de
- M. Guyard;
- 15 p. eau;
- 15 p. eau d’albumine.
- Les essais suivants constatent la résistance dece produit soumis à diverses influences.
- Le vaporisage n’a pas d’action. Une exposition à l’air pendant plus d’un an n’a pas modifié la couleur d’une façon appréciable.
- Traité par la chaux bouillante, le violet a une légère tendance à virer au bleu. Le chlorure de chaux ternit et fait virer au violet roux. L’acide chlorhydrique concentré ternit aussi un peu, mais sans dégrader la nuance.
- Une dissolution concentrée de sel d’étain fait passer au violet vineux. En résumé, la plupart des réactifs n’agissent que très faiblement sur cette matière, qui est le seul violet présentant ces caractères de stabilité.
- Si au lieu d’appliquer le violet directement à l’albumine, on imprime le précipité ocreux (résultant de l’action du bain de cuivre sur le prussiate jaune) mélangé à l’albumine, on obtient une teinte terreuse qui, par le vaporisage, passe au brun-rouge analogue au rouge d’oxyde de fer dilué. Si l’on soumet ensuite cet échantillon à la chaleur, on obtient du violet; mais il ne m’a pas été possible de produire un échantillon parfaitement égal dans les divers essais que j’ai tentés, soit par un cylindre chauffé, par un fer chaud, par la suspension devant une bouche d'air chaud, soit en suspendant dans une hoot flue; j’ai toujours obtenu le terme
- vert; en chauffant au-delà, on obtient le vert jaune. Les couleurs obtenues par ce procédé sont peu résistantes, la moindre trace d’acide ou d’alcali les vire immédiatement.
- J’ai tenté d’appliquer le violet directement sur tissu sans concours de l’albumine, et mes essais, tout en n’ayant pas donné de résultats positifs, me permettent d’admettre que le problème peut être résolu d’une manière satisfaisante. J’ai imprimé une couleur contenant du prussiate jaune épaissi. Le tissu a ensuite été passé dans un bain de sulfate de cuivre très ammoniacal; il se forme sur l’étoffe un précipité brun cachou; on lave bien, puis l’on sèche. En vaporisant la nuance vire au mode, et en chauffant l’échantillon on obtient, suivant le degré de température, du violet, du bleu ou du vert; mais la grande difficulté est d’avoir une température très égale.
- Dans les couleurs obtenues par ce dernier mode, la base ne paraît pas être complètement transformée, car les réactifs faibles, acides ou alcalis, modifient assez sensiblement les nuances, tandis que dans le produit obtenu par voie sèche et fixé à l’albumine, la résistance est caractéristique.
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen).
- RAPPORT
- SUR LES LAQUES DE M. LORILLEUX
- Par MM. Joseph DEPIERRE et Ch. Hommey
- Votre Comité de chimie nous a chargés d’examiner les divers produits colorés, soumis à votre appréciation par M. Lorilleux, fabricant à Puteaux. Nous venons vous soumettre le résultat de nos essais.
- Dans l’envoi qui nous a été fait figurent de nombreux et remarquables spécimens d’impression obtenus avec ses encres de diverses qualités, encres à journaux, encres à labeurs, encres à vignettes; des échantillons de toutes les nuances de couleurs employées pour l’impression des papiers, soit des affiches, des papiers de sûreté, soit des chromolithographies. etc.; nous ne nous y arrêterons pas et nous examinerons plus particulièrement les laques.
- Deux sortes nous ont été soumises : les laques sèches et les laques en pâte broyées à l’eau. Ces laques sont à base d’alizarine et de nitro-alizarine.
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- de galléine, de bleu d’anthracène, etc., celles en supérieur avant que tout l’ocre n’ait été complètement transformé; il se forme toujours du bleu et du poudre sèche, quoique d’une très grande richesse et d’une très grande ténuité, ne sont pas avantageuses pour l’impression au rouleau comme couleurs fixées à l’albumine.
- Au contraire, les laques broyées à l’eau et livrées en vessie comme les couleurs des peintres sont excessivement fines et d’un très grand rendement; nous avons eu des résultats satisfaisants avec la laque violette, la laque bleue et surtout la laque orange; le temps nous a manqué pour en faire les essais de solidité à la lumière ; mais la résistance au savon, aux acides et aux alcalis est assez grande et nous pensons qu’elles pourront trouver leur application dans certains genres d'impression. Nous pensons que ces produits auraient plus de chances d’avenir si l’on pouvait obtenir plus de vivacité sans nuire à l’intensité.
- Comme couleurs broyées à l’huile grasse additionnée d’un peu d’essence, ces laques sont déjà employées couramment par vos collègues, MM. Chiffray de Maromme, et Blanche de Puteaux. Vous avez tous pu voir à l’Exposition le parti que ces habiles industriels ont su en tirer dans l’impression à l’huile; les résultats sont surtout remarquables pour ce qui concerne les laques bleu d’anthracène, violet de galléine, orange de nitro-alizarine, dont la nuance est aussi agréable par transparence que par réflexion.
- Les rouges qui peuvent donner de beaux grenats laissent à désirer sur coton et demandent à être traités spécialement pour cet article, car leur rendement sur papier et en couleurs à l’huile est très remarquable comme vivacité et comme richesse.
- Nous vous proposons, Messieurs, d’adresser vos remercîments à M. Lorilleux pour son intéressant envoi, et nous espérons qu’il vous soumettra prochainement des spécimens dans lesquels, avec son habileté bien connue, il aura su faire disparaître les quelques imperfections que nous nous sommes permis de lui signaler.
- (Bulletin de la Société industrielle de Rouen.)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DES TISSUS
- RONGEANTS ET EN LEVAGES (I)
- Par Alex. Schultz.
- — Suite (2). —
- Nouvelle fabrication de l’article enlevage blanc sur fond vert.
- Depuis peu de temps, le genre enlevage blanc sur vert au quercitron, obtenu par le cuvage et décrit pages 174 et 185 des derniers numéros 15 et 16, a été remplacé par une fabrication plus facile, moins compliquée et moins coûteuse, au moyen du vert méthyle ; voici cette fabrication! :
- Foularder en mordant deuil, pages 197 et 198, imprimer les mêmes rongeants, même oxydation et dégommage, mais au lieu de teindre en campêche ainsi que cela se fait pour le genre deuil, on teint en vert méthyle.
- On mélange le vert méthyle avec une matière colorante jaune, ou avec du campêche suivant la nuance qu’on désire obtenir.
- En ajoutant du campêche au vert méthyle on obtient le gros vert.
- En passant les mêmes pièces en sumac et en teignant en bleu méthylène, on obtient des fonds bleus, mais le blanc n’est pas bon.
- IMPRESSION
- Couleur plastique sur chaîne coton, système de fixation par vaporisage.
- 100 gram. caoutchouc.
- 500 » huile de houille rectifiée.
- Laisser pendant 6 heures en contact et ajouter encore :
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, n0* 5, 6, 7, 8,9, 10, 11 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19 et 20, année 1879.
- (2) Errata — Page 232, ligne 7, au lieu de 18 livres bichromate de potasse, lire 18 onces de....
- Même page, ligne 28, au lieu de 1 livre amidon grillé, lire : 5 livres amidon grillé, et ligne 30, au lieu de 1 quart cire jaune, lire: 1 quart ocre jaune en pâte.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 400 gram. huile de houille rectifiée.
- Laisser reposer encore 6 heures et ajouter :
- 9 litres huile de houille rectifiée, faire bouillir un quart d’heure, passer au tamis de soie avec une brosse, de manière à ce qu’il ne reste plus rien dans le tamis.
- On peut aussi se servir de caoutchouc dissous dans l’essence de térébenthine, qu’on achète en pâte très épaisse et qu’on amincit avec de l’huile de houille rectifiée, de cette manière on n’a pas à craindre que l’huile brûle, parce que lorsque la chaleur est trop forte, la dissolution de caoutchouc brûle facilement.
- On prépare la couleur blanche en broyant l’épaississant de caoutchouc avec [du blanc de zinc, le jaune avec du chromate de zinc, le bleu qnqc le bleu d’outre-mer.
- On imprime à la perrotine ou à la planche en se servant de préférence de châssis en toile cirée et on vaporise les pièces pendant 10 minutes.
- On ne peut pas employer des matières colorantes dans lesquelles il y , a du plomb, parce qu’elles se sulfurent par le vaporisage, la laine contenant toujours du soufre.
- FIN.
- Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l’auteur.
- NOUVEAUX COLORANTS
- De la maison A. POIRRIER de Paris.
- — Suite —
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro, les échantillons du jaune N et du vert acide de la maison Poirrier.
- JauneN.
- Ce jaune solide, nos lecteurs l’auront remarqué, a un reflet différent des autres jaunes solides dont nous avons déjà parlé et dont nous avons donné des échantillons. Il semble tenir le milieu entre le jaune citron solide et le jaune solide proprement dit, le plus ancien des trois, mais le plus foncé comme
- nuance. Celle du jaune N est très intense et peut très bien remplacer le curcuma, le quercitron et autres colorants de cette nuance et s’employer pou r les nuances simples et celles composées.
- Teinture de la laine.
- Le mode d'emploi est celui des orangés et de la roccelline, c’est-à-dire que pour la laine on teint sur bain acidulé par de l’acide sulfurique auquel on ajoute du sulfate de soude aiguillé, mais il faut employer le moins d’acide possible et teindre au bouillon un temps assez long. Un excès d’acide précipite ce colorant.
- Il faut donc prendre garde de dépasser la quantité d’acide nécessaire.
- Teinture de la soie.
- Cette teinture est la même que celle que nous avons indiquée dans notre dernier numéro pour les ponceaux.
- Teinture du coton.
- On peut opérer, comme nous l’avons indiqué pour le ponceau, mais un procédé, qui réussit très bien, consiste à :
- 1°. — Mordancer au stannate de soude.
- 2°. — Passer en bain d’alun.
- 3°. — Rincer.
- 4°. — Teindre sur bain à 60° C. dans lequel on ajoute un peu d’acide acétique ou d’acétate d’alumine et la quantité de colorant voulue pour la nuance désirée.
- Ce procédé s’applique très bien également à la teinture des ponceaux sur coton.
- Vert acide.
- Le Moniteur de la Teinture a déjà rendu compte du vert acide (voir page 91, numéro du 20 avril 1879). La fabrication a été perfectionnée depuis, en même temps que le prix de vente s’est abaissé. Comme richesse, ce vert l’est deux fois autant que le vert méthyl le plus beau, et il peut s’employer pour la teinture et l’impression de la soie, de la laine et du coton.
- Teinture de la soie.
- On teint à 45° C. sur bain de savon auquel on ajoute un peu d’acide sulfurique. L’addition d’une partie du vieux bain de savon facilite l’unisson.
- Teinture de la laine.
- On pourrait opérer comme avec le vert méthyl, mais par suite des longueurs, des difficultés d’unisson et d’arriver à une nuance foncée, il est bien
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- plus simple et beaucoup plus avantageux d’ajouter au bain de teinture un peu d’acide oxalique.
- Teinture du coton.
- Mordancer préalablement le coton au sumac ou au tannin, passer le fil mordancé sur un bain de tartre émétique (tartrate d’antimoine) et teindre à tiède.
- Impression.
- Ce vert résiste à la chaleur sans perdre sa nuance, il peut supporter l’addition de l’acide picrique sans couler au vaporisage comme le vert méthyl, il a donc une très grande importance pour l’impression du coton.
- La couleur pour l’impression sur coton s’obtient en ajoutant à 5 kil. de dissolution du colorant, 100 gr. environ de tannin et en faisant chauffer jusqu’à 60° c.
- Pour impression sur laine, on prend25 kil. d’eau bouillante pour 1 kil. vert acide, on filtre et on ajoute environ 25 kil. d’eau de gomme et 3 kil. de glycérine.
- Bleus » S et RR S.
- Ces bleus, qui donnent des tons bleu marine et gros bleu, en nuances foncées et pleines, viennent d’être également perfectionnés en même temps que le prix en a été diminué. Le second est plus riche que le premier. Nous donnons ci-dessous des échantillons de laine teinte avec ces deux produits.
- Ces bleus conviennent à la teinture de la laine, delà soie et du papier, ils s’emploient sur bain acide comme les bleus solubles.
- Bleu RR S.
- (4 suivre).
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ECHEVEAUX
- Par M. de Vinant.
- — Suite (I) —
- Evêque.
- Donner à chaud 9 lisses sur bain de campêche, quercitron et brésil. — Une heure après, donner à froid 5 à 7 lisses sur sel d’étain, 10 gr. par litre d’eau, et laver.
- Finir à froid sur un des colorants suivant la nuance à obtenir. — Rincer un peu.
- Ce genre de couleur n’est pas très solide mais il est fort beau ; l’auteur a teint de cette manière des fils qui étaient très-estimés.
- Gris de fer très foncé.
- Mêler : A parties bain n° 13 (2).
- 1 — bain n° 12
- Donner 9 lisses à chaud, une heure après, donner à 70° de chaleur, 7 lisses avec le bain n° 4, une demi-heure après, laver.
- Cachou foncé.
- A chaud, donner 9 lisses en bain n° 2 ; deux heures après, donner à 70° de chaleur 7 lisses avec le bain n° 3. — Deux heures après, laver.
- Cachou n° 2.
- Mêler : 1 partie bain n° 1.
- 1 — eau.
- A chaud, donner 9 lisses. — Deux heures après, donner à 70° de chaleur 7 lisses sur le bain n° 3. — Deux heures après, laver.
- Chamois foncé.
- Mêler : 1 partie bain n° 1.
- 3 — eau.
- A chaud, donner 9 lisses ; deux heures après, donner à 70° de chaleur 7 lisses sur le bain n° A. — Une heure après, laver.
- Ventre de biche.
- Mêler : 1 partie bain n° 1.
- 5 — eau.
- A chaud, donner 9 lisses. — Une heure après,
- (1) Voir nos 12, 13, 15 et 17 du Moniteur de la Teinture, pages 141, 153, 175 et 199.
- (2) Voir pour la composition des bains numérotés le n° du 5 septembre 1871, page 200.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- donner à 40° de chaleur, 7 lisses avec le bain n° 3. — Une heure après, laver.
- Marron.
- Mêler : 1 partie bain n° 2.
- 1 — bain n° 13.
- A chaud, donner 9 lisses. — Deux heures après, donner 7 lisses à 70° C. avec le bain n° 4. — Deux heures après, laver.
- (4 suivre.}
- CÉRULÉINE (ALIZARINE VERTE) (I)
- SUR FILS DE COTON
- Mordançage.
- Passer le coton pendant une demi-heure dans un bain contenant :
- 1 partie huile mordant rouge turc.
- 18 » eau, essorer et porter directement dans un bain contenant par litre d’eau :
- 100 grammes alun.
- 30-35 » cristaux de soude.
- Y passer les fils environ une heure et rincer.
- Teinture.
- Pour le bain de teinture on doit se servir d’eau absolument exempte de chaux, autant que possible de l’eau de condensation de vapeur, on monte jusqu’au bouillon, puis on s’arrête et on ajoute une dissolution de savon et on donne encore 10 minutes de bouillon.
- Rincer, et si c’est nécessaire, passer au bain de savon à chaud.
- CACHOU DE LAVAL
- Du Cachou de Laval et de sa conservation.
- Le cachou de Laval s’expédie en boites de fer-blanc hermétiquement fermées. Il faut avoir bien soin, lorsqu’une boîte est entamée, de remettre le couvercle, sans quoi l’humidité s’introduirait à l’intérieur et le produit s’altérerait au bout de peu de temps.
- Lorsque le cachou de Laval est dans son état normal, il doit se dissoudre très-facilement et
- (1) L’Office du journal peut livrer la Céruléine.
- très-rapidement, dans l’eau chaude, en un beau vert bouteille foncé. S’il a été exposé à l’humidité, la dissolution se fera imparfaitement. Elle sera brune au lieu d’être verte. Le rendement en teinture est alors de beaucoup inférieur à ce qu’il eût été si le produit n’eût pas subi d’altération. Pour remédier à cet inconvénient, il suffît de faire bouillir cette solution brune pendant un quart d’heure environ avec du carbonate de soude en faible quantité : elle ne tarde pas à redevenir verte, et elle est alors apte à être appliquée à la teinture.
- Néanmoins, rien ne vaut le produit naturel, et nous ne saurions trop recommander aux teinturiers de veiller à l’exacte fermeture des boîtes de cachou de Laval.
- Teinture du velours de coton en bac mécanique (1).
- TEINTURE. — Il faut faire fondre le cachou de Laval dans 20 litres d’eau bouillante, mettre dans le bac à teinture 50 litres d’eau à 60° environ, dans laquelle on aura fait dissoudre 2 kilos de sel marin. On y ajoute alors 10 litres du colorant (c’est-à-dire la moitié), puis on passe la pièce d’un bout à l'autre. Lorqu’elle est hors du bain, sur le rouleau, on y ajoute le reste du colorant et l’on donne six passes complètes (aller et revenir). Enfin on la retire du bain eton l’enrôle sur le dernier cylindre. Il n’est pas bon, avec le cachou de Laval, de lever les pièces sur plis, à cause des barres produites par l’oxydation à l’air. Avant de teindre les pièces, on devra aussi en surveiller soigneusement l’abreuvage, parce que s’il s’y trouvait des parties moins humectées que les autres, ces parties absorberaient plus de colorant et donneraient des marbrures.
- Une fois la pièce piétée et roulée sur son cylindre, de façon d éviter le contact de l’air, il faut la laisser égoutter un peu. Il serait même utile de trouver un moyen quelconque de l’exprimer avec la teinture. Cela aurait le double avantage d’économiser du colorant et de nécessiter moins de drogues pour le bain de fixage, car ce bain est affaibli par l’excès de cachou qui n’adhère pas à la fibre.
- FIXAGE. — Le fixage peut se faire soit en bac mécanique, soit en bac ordinaire. Cela n’a pas d’importance au point de vue de la teinture.
- (1) Il y a un véritable intérêt, pour la teinture en cachou de Laval, à employer de petits bacs mécaniques, tant au point de vue de l’économie qu’à celui de l’intensité des nuances. Le cachou de Laval ne remplace avantageusement le sumac qu’à la condition d’être employé en bains courts et concentrés, ...
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- Lorsque les eaux employées sont calcaires, il faut avoir soin de les aciduler soit au moyen de l’acide sulfurique, soit au moyen de l’acide chlorhydrique, de manière à leur .donner la saveur d’un léger vinaigre. Le but de cette opération est de neutraliser non-seulement la chaux dissoute dans l’eau, mais encore l’alcali caustique très-abondant dans le cachou de Laval. Sans cette précaution, il n’y aurait pas combinaison entre la matière colorante du cachou et l’oxyde métallique du sel fixateur. Il ne faudrait pas non plus aciduler trop fortement le bain, par ce que si les lavages subséquents laissaient subsister dans le tissu quelques traces d’acide, elles pourraient lui causer préjudice à la longue.
- On fait ensuite dissoudre dans ce bain accidulé le sel métallique choisi : soit sulfate de cuivre, s’il s’agit d’obtenir plus tard des olives et des bronzes par exemple ; soit du sulfate de fer, si l’on veut des tons plus clairs, comme des acanthes; soit enfin tout autre fixateur que l’on jugera convenable. Il est évident que si l’on emploie pour le fixage l’acide chlorhydrique, il est inutile d’aciduler préalablement l’eau du bain.
- Quoique le cachou de Laval se fixe bien à froid, mieux vaut employer pour cela l’eau tiède : l’opération se fait mieux et plus vite.
- Le fixage s’effectue, comme la teinture, en six passes. On peut, après lui, lever sur plis ; cela n’a plus d’inconvénients. Il ne reste plus ensuite qu’à porter la pièce à la rivière ou à la trinqueuse, et à laver à grande eau jusqu’à épuration complète.
- Ainsi préparée, la pièce est apte à subir toutes les opérations usitées pour l’apprêt des velours. Elle a en outre la remarquable propriété de tirer à clair les bains colorants (Bismarck, Fuchsine, etc.) dans lesquels on la passe pour lui donner le reflet voulu.
- L’ensemble des opérations : teinture, fixage et lavage, dure juste 45 minutes. Il est facile de juger par là de l’énorme avantage qu’offre, au point de vue de la main-d’œuvre et de la rapidité, l’emploi du cachou de Laval pour la teinture des velours.
- Ce produit permet d’obtenir, avec le même matériel, une production au moins dix fois plus considérable que celle que donne le procédé au sumac, et une diminution proportionnelle dans la main-d’œuvre. En outre, le piétage au cachou de Laval offre une solidité et une puissance de péné
- tration que ne donne aucune autre matière colorante.
- COMPOSITION POUR L’ENCOLLAGE DES CHAINES
- Par M. Boëns.
- Cette composition a pour caractère essentiel l’emploi de graines de lin, têtes et pattes de veaux, peaux, comme agglutinant, combinés avec des sels métalliques donnant de la consistance à la pâte.
- En conséquence, les matières qui entrent dans la composition de cette colle, sont les suivantes :
- Sel de saturne ;
- Alun ;
- Graine de lin -,
- Pattes et têtes de veaux ;
- Peaux de moutons ou brochettes de moutons.
- On procède comme suit à la fabrication de cette colle :
- On fait bouillir avec de l’eau dans une chaudière en cuivre, pendant une heure environ, 50 kilog. de graine de lin ; on décante sur un tamis très-fin pour en extraire le résidu. On fait alors chauffer dans une chaudière en cuivre 300 litres d’eau, on y ajoute 100 kilog. de pattes et têtes de veaux et 50 kil. de peau de brochettes de moutons, on fait bouillir pendant 12 heures, puis on décante le tout sur un tamis très-fin pour en séparer le résidu. On verse ensuite le dit liquide agglutinant dans la chaudière, ainsi que l’agglutinant fourni par la graine de lin, on y ajoute 5 kilog. de sel de saturne et 2 kilog. d’alun -, on fait bouillir le tout pendant 12 heures environ pour faire évaporer et obtenir au degré désirable, la composition pour l’encollage des fils selon les tissus.
- TEINTURE
- »E LA LAINE EM TOISON (I)
- Dégraissage, Désuintage.
- La première opération que doit subir la laine en toison qu’on veut teindre est le dégraissage ou désuintage, soit qu’elle ait été lavée avant la tonte,
- (1) Plusieurs de nos abonnés nous ayant demandé de publier quelques articles sur ce sujet, nous nous rendons à ce désir et nous ferons suivre ce travail de celui de la teinture des draps.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sur le dos de l’animal, soit qu’elle l’ait été après.
- Ce simple lavage lui enlève bien une partie de suint et tout ce qui est soluble à l’eau et la débarrasse de saletés abondantes, mais il lui laisse encore une quantité de suint, substance graisseuse et savonneuse qui nuirait aux opérations de la teinture. Dans le premier lavage de la toison qui se fait à l’eau courante on n’a pour but que d’enlever les substances les plus grossières qui la salissent ; il y a des laines auxquelles on ne fait pas subir ce lavage. Ainsi exécuté ce premier désuintage ne peut être assez parfait, même par l’eau chaude seule, pour pouvoir y appliquer de belles teintures.
- Pour des étoffes et des teintures communes, on se contente cependant quelquefois de ce seul lavage, et même sans lavage aucun on teint immédiatement; mais il en résulte quelques inconvénients qui rendent cher le prétendu bon marché obtenu de cette façon. Les étoffes se piquent et il y naît des vers.
- Dans une seconde opération qui se fait en chaudière, et la première qui concerne le teinturier, on traite la laine en général, pour effectuer entièrement ou pour compléter ce dégraissage, par une dissolution alcaline ou savonneuse à la température de 55 à 60° centigrades.
- On a employé longtemps pour cela l’urine vieillie et fermentée aidée d’une température de 60 à 70° C.; ce liquide à l’état de putréfaction et par ses propriétés alcalines ammoniacales effectue convenablement ce dégraissage, mais la difficulté de s’en procurer en quantité suffisante dans de grands établissements, et son odeur fétide jointe à celle du suint en ont fait diminuer peu à peu beaucoup l’emploi. On y a suppléé par d’autres alcalis.
- On se sert aussi du savon vert, savon noir ou savon de potasse ; de la potasse, de la soude, du son. La chaux qui est l’alcali le plus économique a été enfin essayée. Actuellement, on se sert du lait de chaux faible et à froid pour le dégraissage des laines filées et on complète l’opération par un bain faible d’acide chlorhydrique et un lavage.
- Pour les laines fines de mérinos, duvet, cachemire, etc., auxquelles on donne plus de soin et des teintures plus chères, on se sert en dernier de savon blanc comme pour la soie. On préfère en général opérer le désuintage sur de petites quantités de laine à la fois et cela par un travail continu. Il y a des ouvriers spéciaux et des appareils également spéciaux dans les grandes teintureries d'Elbeuf, de
- Roubaix, de Sedan, etc., où les mêmes ouvriers ne font absolument que le même travail toute l’année. Il existe même de très grands établissements qui ne font que le dégraissage, sans s’occuper de teinture. La grande pratique des ouvriers chargés de ce travail est reconnue utile et de certaine garantie pour la réussite générale des teintures ; aussi les rétribue-t-on en conséquence.
- Selon les qualités de laine il résulte aussi plus ou moins de facilités pour en bien effectuer le dégraissage. Les belles et fines laines d’Espagne, des mérinos, etc., exigent plus de soin que les laines communes de Caux, par exemple. Elles perdent plus de poids par cette opération, le déchet après le dégras va jusqu’à 25 et 30 p. 100 pour les laines communes, et à 40 et 45 p. 100 au plus pour les laines les plus belles.
- Quelques praticiens habiles dans leurs opérations préfèrent la potasse, d’autres emploient le sel de soude cristallisé, etc. La proportion d’alcali nécessaire pour bien opérer doit donc varier proportionnellement à la quantité de suint que contient la laine. L’expérience doit donc fixer d’avance à cet égard.
- Par kil. de soude on peut dégraisser moyennement de 8 à 10 kil. de laine, mais cela est sujet à quelques incertitudes que la pratique seule peut corriger selon la qualité de laine en œuvre et selon l’effet du dégras de la première pesée d’une forte partie. Aussi, selon l’adresse, la sagacité et le soin mis par le dégraisseur pour saisir à propos le moment de renouveler ou de découvrir le bain de dégras, car on a remarqué que jusqu’à un certain point le suint lui-même a la propriété de dégraisser ; ainsi on voit qu’il faut d’autant plus d’alcali que la toison contient plus de suint, car l’alcali une fois saturé ou saponifié n’a plus la même puissance détersive. Toutefois, il faut se rappeler, pour bien comprendre et bien conduire cette opération, que le suint lui-même est en partie composé de savon à base de potasse.
- Quand on opère avec le savon noir, on en emploie 15 à 20 p. 100 du poids de la laine et en chauffant à 55 à 60° environ. Dans les ateliers cependant le dégraisseur ne se fixe pas du tout d’après le thermomètre, sa main lui en sert, l’habitude lui fait parfaitement reconnaître quand il doit chauffer un peu plus ou moins, et le temps qu’il doit tenir la laine pour la dissolution parfaite du suint.
- (4 suivre.)
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2 Ct
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- COMMISSION PERMANENTE
- des Valeurs de Douane
- SESSION DE 1879.
- Extrait du rapport du président de la Commission, à M. le Ministre de l’Agriculture et du Commerce.
- La baisse de prix du chlorure de chaux s’est encore accentuée cette année dans une proportion qui varie de 18 à 22 p. 100. Les importations anglaises sont toujours considérables, elles diminuent cependant de 7 p. 100, alors que nos exportations augmentent de 15 p. 100.
- Les produits chimiques non dénommés ont augmenté leur chiffre d’affaires de 25 p. 100; les prix n’ont pas varié à l’importation ; nous les réduisons de 20 p. 100 à l’exportation.
- En résumé, si nous considérons l’ensemble du commerce des produits chimiques, nous voyons que le chiffre des exportations s’est amélioré pendant le dernier exercice ; les fabricants anglais n’ont pas pu augmenter le chiffre de leurs importations en France malgré le bas prix de leurs produits. Les prix ont été assez peu rémunérateurs, mais nous n’avons rien fait pour provoquer cette baisse. Nous nous sommes simplement conformés à des cours établis sur les différents marchés de l’Europe.
- Le commerce des couleurs en général n’a donné lieu pendant l’année 1878, à aucune observation particulière, les prix ont été plus faibles. Les gélatines et les colles fortes ont été moins demandées, malgré la baisse des prix.
- Nos exportations de résineux indigènes vont en diminuant chaque année depuis 1875, par le fait de la concurrence américaine, au grand préjudice de nos fabricants du département des Landes. Les Etats-Unis ont repris, comme avant la guerre de sécession, le monopole de la vente de ces produits en Angleterre et presque partout ailleurs qu’en France ; de ce fait nos exportations ont baissé, dans une période de quatre ans, de 50 p. 100 pour l'es-sence de térébenthine et 25 p. 100 pour les résineux de toute sorte, et cela malgré le très bas prix.
- Si,nous abordons maintenant l’examen des articles de droguerie pour la teinture, nous sommes
- frappés par ce fait, d’une diminution presque générale des chiffres des transactions, diminution suffisamment justifiée par le ralentissement des affaires.
- La production des alizaris dans l'Avignonnais a été presque nulle en 1878. C’est la fin de cette culture, car il n’y a pas de racines en terre et on ne fait plus de semis. Il existe encore dans ce pays un stock de 12 à 15,000 tonnes qui s’écoule lentement pour la fabrication de la garancine, produit que l’Amérique demande encore de temps à autre.
- Le prix moyen des alizaris est tombé de 27 fr. à 18 fr. 50.
- On est encore à la recherche d’une culture assez lucrative pour remplacer la garance : deux grandes maisons d’Avignon encouragent la culture de la ramie, plante textile, dont le rendement semble devoir être assez rémunérateur, mais on ne sera pas fixé sur les résultats avant plusieurs années.
- L’importation des lichens tinctoriaux a diminué de 40 p. 100 pendant l’année dernière ; la consommation n’a certes pas baissé dans la même proportion, nous présumons qu’il y avait de forts stocks chez les fabricants à la fin de 1877. Les prix se cotent en baisse de 16 p. c.
- La consommation des bois de teinture n’a jamais été plus considérable, mais les arrivages ont été difficiles et moins importants, il en est résulté une hausse, qui varie suivant les provenances; on peut l’estimer à 6 p. 100 dans l’ensemble.
- Pour la première fois depuis dix ans, l’exportation de nos extraits de bois de teinture, qui augmentait chaque année d’un million de kilogrammes, est restée stationnaire. On doit considérer comme un succès ce maintien du statu quo, malgré la crise générale. Les prix ont été mieux tenus, comme ceux de la matière première.
- Les prix du rocou ont augmenté par suite de la diminution de l’importation. Il n’y a plus, à la Guyane française, que deux ou trois maisons qui continuent la fabrication de cette matière colorante et en petite quantité. Le peu de bras que possède notre colonie travaille maintenant à l’exploitation des terrains aurifères; la production d’or natif, qui était de 297 kilogr. en 1868, s’est élevée à 2,172 kilog. en 1873.
- L'indigo a donné lieu à une campagne d’une importance exceptionnelle ; les importations ont plus que doublé d’une année à l’autre. Comme conséquence de cet excès de production, les prix baissent de 10 à 15 p. 100, suivant les qualités.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les envois de l’île de Java, qui ne se montaient qu’à une centaine de caisses en 1877, ont dépassé le chiffre de 1,500 colis en 1878.
- Les importations de l’Amérique se maintiennent comme quantité; mais la qualité du produit ne s’améliore pas.
- La cochenille a été moins recherchée par la consommation et les prix ont baissé. La même observation peut s’appliquer au curcuma, dont le prix est tombé de 60 fr. à 40 fr.
- Pendant le dernier exercice, les couleurs d’aniline ont été moins favorisées par la mode, les prix ont baissé et les transactions ont été moins importantes.
- D’après le relevé détaillé, que l’administration des douanes a bien voulu nous communiquer, nous voyons que les exportations auraient baissé de 16 p. 100 en 1878, tandis que les importations augmentaient de 17 p. 100 dans le même laps de temps, il y a là une erreur matérielle, résultant de déclarations fausses ou erronées, qu’il est malheureusement impossible de contrôler. Nous croyons que les chiffres attribués au commerce de l’importation ne donnent pas la mesure exacte de l’importance de nos achats à l’étranger, qui doivent être inférieurs aux quantités énoncées. On comprend, à la rigueur, que les exportations diminuent de 16 p. 100 pendant une année où la consommation a été moins active et plus portée à l’emploi des anciennes matières colorantes, mais cette raison suffirait à elle seule pour rendre contestable une élévation aussi importante du chiffre des importations,
- Sous le bénéfice de ces observations, nous réduisons de 25 à 24 francs la valeur moyenne des produits exportés, et de 25 à 18 fr., le prix des articles venus de l’étranger, parce que nous estimons que les résidus et les produits de moindre valeur figurent pour une forte quantité dans les gros chiffres annoncés.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1878.
- Certificats d’addition.
- Raülin. — 20 mai. — B. 115,643. — Traitement de la laine sous toutes ses formes.
- DIETRICH. — 16 mai. — B. 123,785. — Perfectionnements à la fabrication de l’acide tartrique.
- Bellot et Douine (Société). — 17 mai. — B. 122,642. — Traitement des laines en suint gratte-ronneuses.
- Tessié du Motay. — 18 mai. — B. 109,102. — Méthode de blanchiment des soies sauvages et des fibres d’origine animale.
- Gillet et fils. — 6 juin. — B. 124,491. — Obtention de nouveaux effets de teinture au moyen de couleurs provenant de la distillation de la houille, fixées solidement ou non sur les fils ou tissus et en général sur toutes espèces de matières textiles.
- Plantrou. — 25 mai. — B. 118,140. — Procédé de dégraissage et d’épuration simultanée des étoffes de laine, de coton, de chanvre, etc.
- Dujardin. — 8 juin. —B. 121,020. — Perfectionnements à la peigneuse Heilman, construite et modifiée par Schlumberger.
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- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23 Année, No 22. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Novembre 1879.
- SOMMAIRE
- Exposition des sciences appliquées à l’industrie (suite). — Blanchiment des tissus destinés à l’impression et à la teinture par A. SGHULTZ (suite). — Utilisation des résidus, des fouleries et des ateliers d’apprêtage.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Chiffonnage : Noir en réserve. — Teinture en noir des châles imprimés. — Nouveaux colorants de la maison A. POIRRIER (suite) 2 échantillons. — Teintures pour chapellerie : Noir bleuâtre. — Noir foncé. — Noir charbon. — Brun. — Brun cerise.—Brun jaunâtre. — Brun violet. — Noir d’aniline sur coton : Noir verdissable. — Teinture des cuirs de Russie en rouge.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — De l’essai de la Cochenille.-Les couleurs extraites du goudron de houille et la suppression des usines à gaz. — Carmin d’alizarine — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878).
- EXPOSITION DES SCIENCES
- appliquées à l’industrie.
- — Suite. —
- Jadotfils aîné, à St-Léger-du-Bourg-Denis, près Rouen. — Exposition de teintures de cotons et soies en écheveaux. Parmi les produits exposés nous citerons, d’après les indications affichées dans la vitrine, un bleu sans indigo et dit aussi solide que le bleu de cuve sur coton; un vert grand teint presque noir et ne déteignant pas (pour l’article parapluie), qui nous a l’air d’être un noir d’aniline imparfait.
- Pour les autres nous copions textuellement les indications de l’exposant :
- « Noir d’aniline remarquable par le bon marché, mais étant plus solide que les noirs au cam-pêche qui ne sont que des fleurs tendres pour les lessives, tandis que ce noir existe jusqu’à l’usure de la marchandise. Il se fait à raison de 65 fr., et 30 jours. »
- « Noir-noir. »
- < L’incomparable, le véritable noir corbeau, grand teint, indestructible. »
- Nous savions déjà que les teintures aux couleurs d’aniline n’étaient qu’un déjeuner de soleil, mais nous ignorions complètement que les noirs au campêche n’étaient que des fleurs tendres pour.... et dire que certaines personnes prétendent qu’il n’y a rien de nouveau à l’exposition.
- A. Bourdier, à Arcueil (Seine). — La spécialité de cette maison est la teinture des cotons
- filés en toutes nuances et surtout la spécialité des finettes teintes, apprêtées et grattées.
- Les écheveaux et étoffes exposés comprennent une série assez considérable de nuances bien réussies et de beaux échantillons de noir-bleu pour passementeries.
- Dechavamne et Cie, à Roanne (Loire). — Cette exposition de tissage mécanique comprend les toiles à matelas, à tabliers, les toiles de Roanne, de Vichy sans apprêts et toutes cotonnades grand teint, de dessins variés obtenus avec des bleus de cuve, noir d’aniline, rouge d’andri-nople, etc. — Tous ces articles paraissent d’une bonne fabrication.
- Dumortier et Cuignet, à Roubaix (Nord). Belle exposition de tissus de laine, de coton et de lin et principalement d’étoffes matelassées en noir et en couleurs variées.
- A propos de ce genre d’étoffes, voici ce que dit la publication « Les tissus » d’Elbeuf (1), dans sa causerie industrielle du 31 octobre dernier.
- « Les étoffes matelassées, après avoir été favorisées d’une vogue presque sans précédent, finissaient par tomber dans le vulgarisme le plus profond et se trouvaient menacées d’un abandon complet par les raffinées de l’élégance, c’est-à-dire par les dames qui donnent la mode, le bon ton et les belles manières. Leur fin était certaine si l’intelligence féconde de nos innovateurs n’était parvenue, par des combinaisons heureuses, à transformer ce genre qui fut un des plus charmants, sans rival dans son espèce. »
- A l’appui de son dire, le même journal, vu la
- (1) Voir aux annonces.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- difficulté de rendre exactement la valeur d’une fantaisie en la décrivant, présente un groupe de 6 échantillons dont le premier groupe (4 échantillons) se distingue par un pointillé qui façonne, rajeunit et produit la nouveauté du genre. Ce pointillé est en soie dont la couleur peut être variée en toutes nuances. Dans les deux autres échantillons, le nouveau caractère de l’effet résulte de l’introduction en trame d’un retors composé de plusieurs bouts de couleurs vives réunis ensemble par des torsions combinées; ces coloris sont également très variés.
- Ces tissus sont utilisés à la confection des costumes de dames, dits : jaquette, qui ont eu et ont encore un succès formidable, auquel Yhabit vient actuellement faire concurrence. Quoique plus élégant et plus distingué que le précédent, ce dernier parait vouloir arriver moins facilement à une consommation générale. Voici ce qu’en disait au 31 août dernier le même journal « les Tissus » :
- « La mode actuelle donne aux « Habits » tous les raffinements du luxe. Parfois ils sont brodés d’or et doublés de satin comme les habits des grands seigneurs. Poussées sans doute par la chimère de l’égalité entre les sexes, nos dames veulent se parer d’habits de sénateurs en attendant qu’une époque future les appelle à en briguer le titre.
- « Les premiers habits qui se firent étaient de timides habits, des habits féminins. Aujourd’hui, ce sont de vrais habits mâles depuis les queues jusqu’au collet. Ils ont leurs poches dans les pans pour y mettre son mouchoir ou y déposer ses gants avec un mouvement très crâne. On a le collet rabattu sur la poitrine et la cravate à plastron comme le premier venu des fashionnables.
- Mais laissons-là cette digression qui nous entraîne hors de notre sujetquoique nous ne soyons pas sorti de la salle de l’exposition des vêtements à côté de laquelle figure celle de MM. Dumortier et Cuiguet.
- Bourguignon, à Donchery (Ardennes). — Etoffes de plumes. Voici encore une révolution industrielle d’un autre genre que celle de M. Testud de Beauregard, dont nous avons entretenu nos lecteurs et sur laquelle nous reviendrons souvent car elle nous parait appelée à un immense avenir.
- Celle de M. Bourguignon est plus modeste, elle n’en sera pas moins fort utile à la société, en général, et aux goutteux ét aux rhumatisés en particu
- lier, en utilisant et transformant en tissus chauds et hygiéniques les plumes des oiseaux les plus vulgaires, le plus souvent jetées aux immondices.
- A voir les nombreux échantillons exposés en pièces et façonnés en caleçons, gilets, plastrons, pantalons, paletots, chapeaux et même en fleurs et feuillages, on peut dire que la période industrielle de cette invention est complètement ouverte.
- Nous avons l’espoir de donner prochainement à nos lecteurs un échantillon de ces nouvelles étoffes.
- Le teinturier trouvera dans ces nouveaux articles une difficulté de plus dans l’exercice de son art, quand il lui faudra teindre des tissus qui, en plus des mélanges actuels, contiendront de la plume.
- A suivre.
- BLANCHIMENT
- DES TISSUS DESTINÉS A L’IMPRESSION ET A LA TEINTURE
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- — Suite (1) —
- Par l’organisation que j’indique ci-après, on emploie la lessive à résine deux fois.
- L’appareil se compose de deux cuves A et B réunies entre elles à leur partie inférieure par une conduite en cuivre G, munie d’un robinet D. La cuve A est en outre munie d’un robinet de vidange E et la cuve B d’un robinet de vidange F. Ces deux robinets sont placés à la partie inférieure des cuves, à l’opposé de la conduite qui les fait communiquer.
- Les opérations restent les mêmes jusqu’à la fin de la lessive avec le galipot.
- Admettons que A ait bouilli pendant 40 heures, on n’en laisse pas découler la lessive, on remplit d'abord B de pièces sans y mettre de l’eau, la lessive de A passe au moyen du tuyau en cuivre C en ouvrant le robinet D jusqu’au milieu de la cuve B, et on fait couler en même temps de l’eau dans la cuve A. La pression de A portera la lessive B au niveau ; dès qu’on voit la lessive au haut de B, on
- (1) Voir pages 61 et 73 du Moniteur de la Teinture, année courante.
- Nous avons été, à regret, par suite de l’abondance des matières, obligé de suspendre la publication de ce travail dont nos lecteurs apprécieront l’importance, les procédés décrits n’étant connus que d’un très petit nombre de blanchisseurs.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 2 ex ex
- ferme le robinet D et on ouvre le robinet E pour faire partir la lessive qui reste encore en A et l’eau qu’on y fait couler pour rincer les pièces comme il est dit plus haut.
- On fait bouillir les pièces sortant de l’acide mu-riatique dans la cuve B pendant 6 heures puis on laisse écouler la lessive mais sans rincer les pièces pour ne pas perdre de la chaleur, on remplit la cuve d’eau et on procède comme avant avec 25 kil. de sel de soude et 25 kil. galipot mais on fait seulement bouillir pendant 36 heures; après l’ébullition, on s’arrange de manière que A soit rempli de pièces et que la lessive de B passe dans A.
- En blanchissant de cette manière, on obtient le meilleur résultat, le plus beau blanc qui ne se teint que très peu en garancine ou alizarine, ou autre dérivé de la garance et malgré qu’on donne une lessive en plus, c’est-à-dire quatre lessives au lieu de trois, la marchandise ne revient pas plus cher puisqu’on gagne en combustible.
- Lorsque le blanchiment est monté sur une grande échelle, on se sert de trois cuves à lessives qui sont également en communication avec un tuyau en cuivre, de sorte que l’on peut faire passer la lessive dans la cuve voulue.
- Les trois cuves A, B, C, sont mises en communication avec des tuyaux en cuivre D,D’, placés à leur partie inférieure et munis de robinets. Les cuves extrêmes A, G sont munies de robinets de vidange.
- Ce blanchiment avec lessivages sans pression dont je me suis servi avec succès pendant bien des années, donne des résultats parfaits, le blanc après les garançages est très peu chargé et il est très rare que l’on obtienne des taches.
- Il me reste à indiquer les systèmes de blanchiment à haute pression qui sont plus économiques et qu’on emploie beaucoup et avec succès depuis bien des années en Angleterre, d’où il a été introduit en France et aussi dans d’autres pays, il n’en est pas moins vrai que bien des blanchisseurs préfèrent le système sans pression dont je viens d’indiquer l’emploi.
- Je connais des fabricants anglais et d’autres pays qui ont essayé les blanchiments à haute pression et qui l’ont abandonné pour reprendre la méthode à cuves ouvertes munies d’un simple couvercle.
- Il en est de ceci comme de bien d’autres fabrications, les uns réussissent et les autres échouent
- tout en employant la même manière de procéder.
- Il est clair que ceux qui réussissent sont plus habiles, plus courageux et plus persévérants que ceux qui renoncent à marcher avec le progrès, mais le succès est aussi quelquefois une question de chance et il arrive, bien des fois, que ceux qui renoncent aux nouvelles méthodes, le font seulement après avoir fait bien des efforts malheureux et éprouvé des pertes et des déboires.
- Voici, comme comparaison, un autre procédé de blanchiment employé en Alsace :
- Traitement de 150 pièces de 100 mètres pesant 1,300 kil.
- 1° Ebullition de 12 heures, en chaux, en prenant 60 k. ;
- 2° Passage en acide muriatique à 2° B. pendant 4 heures ;
- 3° Lessivage pendant 12 heures en :
- 60 k. colophane,
- 60 k. sel de soude à 80’
- Après avoir fait bouillir pendant 12 heures, on laisse écouler le bain de colophane, on remplit la cuve avec de l’eau et on ajoute :
- 40 k. sel de soude à 800
- On fait bouillir encore pendant 12 heures et on lave.
- 4° 50 litres chlorure de chaux à 7° B. par lessive de 150 pièces, laisser h heures en cuve ;
- 5° Acide chlorhydrique à 1° B., pendant h heures, bien laver de même qu’après le lessivage en chaux et le premier passage en acide muriatique.
- Les calicots qui ont servi de doubliers pour l’impression, sont passés avant le lessivage en chaux pendant 12 heures en acide muriatique à 2 degrés B. et bien lavés.
- A suivre. Alex. Schultz.
- Reproduction et traduction interdites sans autorisation de l’auteur.
- UTILISATION DES RÉSIDUS des fouleries et des ateliers d’apprêtage.
- (Extrait de la Deutsche Wollen Gewerbe.)
- On sait que les eaux des fouleries contiennent, outre la potasse et la soude, toutes les matières grasses qui sont employées dans la fabrication du savon dont on se sert dans le foulage et toute l’huile
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- provenant de l’ensimage des laines. La valeur de ces matières grasses est assez importante et leur récupération des résidus des fouleries est si simple qu’on comprend difficilement comment certains industriels laissent encore écouler dans les cours d’eau, au grand dommage de la salubrité publique, un produit aussi utile. On a bien obligé les propriétaires des fouleries des lavoirs de laine et des ateliers de teinture à construire des bassins pour clarifier et épurer les eaux ; mais, le plus souvent, le système employé est si défectueux, que le but poursuivi est loin d’être atteint. Nous nous proposons de faire connaître les appareils et les dispositions les plus convenables pour épurer les eaux et en retirer les matières grasses qu’elles renferment.
- Depuis quinze ans, il existe dans les villes industrielles, assez importantes pour permettre un travail rémunérateur, des fabriques de graisse des fouleries. Par suite des mauvaises odeurs qu’ils dégagent en été et des eaux qu’ils ont à écouler, ces établissements doivent toujours être installés en dehors des villes -, ils utilisent bien une partie des déchets, mais ils ne débarrassent pas suffisamment les eaux des impuretés qu’elles contiennent, parce qu’on ne traite que les eaux assez riches et qu’ils déversent dans les cours d’eau les acides employés pour séparer les matières grasses.
- Un grand bassin maçonné est creusé dans la cour des fabriques d’étoffes dans le voisinage immédiat de la foulerie, toutes les eaux fortement grasses provenant du lavoir ou de la foulerie sont amenées dans ce bassin par des rigoles ou des canaux maçonnés, tandis que les eaux de rinçage, plus pauvres sont recueillies dans un autre bassin ou conduites dans un cours d’eau voisin.
- Les boues grasses qui se déposent dans ce bassin sont transportées à la fabrique de graisse au moyen de véhicules portant un grand récipient fixe et fermé, qui est muni d’une pompe aspirante et d’un robinet de vidange. La fabrique de graisse possède également un grand bassin maçonné dans lequel toutes les boues amenées sont déversées et qui se trouvent généralement en dehors des bâtiments. Contre le mur et à l’intérieur de ce dernier sont placés, à une certaine hauteur, de grands réservoirs ouverts par dessus, ces réservoirs sont mis en communication avec le bassin à l’aide d’une pompe aspirante et d’une rigole en bois placée au-dessus d’eux, de façon qu’on puisse les remplir à volonté
- de boue grasse en ouvrant un tiroir qui se trouve dans la rigole au-dessus de chacun des réservoirs et en mettant la pompe en activité.
- Ces réservoirs sont, en outre, muni d’un tuyau de vapeur alimenté par une petite chaudière. Immédiatement au-dessus, au fond de chaque réservoir, se trouve une bonde fermée par un bouchon et, à côté, un trou de 25 centimètres carrés environ, percé dans la douve et qui peut être fermé au moyen d’un régistre en bois. Ces ouvertures sont tournées du côté de l’intérieur de l’atelier ; devant les tonneaux, à une distance de 0m,60 ou 0m,80 se trouve un châssis peu élevé, en bois, sur lequel est tendue une toile forte et grossière. Des tringles en bois de 0m,10à 0m,12 de haut entourent ce châssis ou table et portent, du côté opposé aux tonneaux, une saillie demi-circulaire en bois, dans laquelle est découpé un trou rond de la grandeur de la main ; ce trou est muni sur son pourtour de crochets mobiles auxquels on attache les sacs ou poches dans lesquels la graisse est soumise à l’action de la presse.
- La presse à vis est installée à côté du châssis et elle est entourée d’une enveloppe étanche à la vapeur, mais qu’on peut cependant ouvrir par devant.
- L’extraction de la graisse a lieu de la manière suivante : la boue grasse est déversée par la pompe aspirante dans les tonneaux -, quand ceux-ci sont remplis, la masse est chauffée à l’aide de vapeur ; puis on y ajoute de l’acide chlorhydrique ou de l’acide sulfurique, jusqu’à ce qu’elle rougisse légèrement le | papier bleu de tournesol. Cette addition a pour effet de séparer les matières grasses des alcalis auxquels elles étaient combinées. En laissant reposer pendant douze heures environ l’eau contenue encore dans le liquide se rassemble au fond des tonneaux et on la laisse écouler dans un canal inférieur en ouvrant les bondons. Les corps gras séparés sont ensuite enlevés par les grandes ouvertures et ramenés sur le châssis garni de toile à l’aide d’une rigole mobile et de grattoirs en bois.
- La matière grasse qui, outre les poils, les principes colorants et autres impuretés qu’elle a absorbées dans le bassin, renferme encore une quantité notable d’eau, est remuée sur la toile avec des râbles en bois, ce qui a pour effet de séparer une grande partie de l’eau; on la pousse ensuite sur la saillie demi-circulaire, d’où elle tombe dans un sac filtrant en toile qui est accroché à la saillie ; puis on
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- ET DE ^IMPRESSION DES TISSUS
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- GX
- ferme le sac à la partie supérieure et on le porte à la presse.
- Cette presse est munie en dessous d’une forte plaque en bois légèrement inclinée en avant et dont le bord est entourée d’une bande de bois de 0m, 03 à 0m, 05 de haut, qui est échancrée en avant à l’endroit le plus bas de la plaque. Une claie carrée en acier est placée sur cette plaque et reçoit les sacs remplis de graisse, qui sont disposés les uns contre les autres et sont surmontés d’une seconde plaque ; sur celle-ci on place une seconde claie et seconde série de sacs et ainsi de suite jusqu’en haut de la presse. On ferme ensuite l’enveloppe qui entoure la presse et on y amène de la vapeur ; la graisse se fond, traverse les sacs, se réunit sur les plaques et s’écoule dans un tonneau placé devant l’échancrure située en bas de la plaque inférieure. Dans ce dernier, l’eau se rassemble au fond et on la laisse écouler de temps en temps par uu robinet, tandis que la graisse gagne la partie supérieure du tonneau et s’écoule par un trop plein dans un autre récipient.
- La vis permet d’augmenter à volonté la vitesse de filtration de la graisse, et si l’on a chauffé convenablement, ils ne reste dans les sacs avec les impuretés qu’une très minime quantité de graisse. Ce résidu peut d’ailleurs être traité par une lessive bouillante de soude, qui en sépare la graisse ; mais on l’emploie généralement comme combustible.
- En sortant de la presse, la matière grasse convient pour la fabrication du savon et a une valeur de 45 à 50 francs les 100 kilogrammes. Mais lorsque l’on veut l’employer comme oléine pour la filature, on doit lui enlever l’acide le mieux possible et le soumettre à une seconde filtration ou raffinage, qui s’opère de la façon suivante : Dans un grand récipient ou tonneau, qui est rempli à moitié d’eau claire, on verse 10 litres de charbon de bois, grossièrement pulvérisé, puis on remplit de graisse jusqu’à une distance du bord égale à la largeur de la main ; on remue le tout, de manière à amener un contact intime de la graisse avec l’eau et le charbon en poudre et on laisse reposer. Si l’on échauffe en même temps la masse, l’opération marche beaucoup plus vite. Après un repos de vingt-quatre heures, la graisse s’est de nouveau rassemblée à la partie supérieure et épurée.
- Pour les graisses fortement acides, on peut répéter une seconde fois ce lavage et on obtient une oléine qui peut rivaliser comme qualité à celle pro
- duite dans les fabriques de stéarine, mais qu’on peut encore améliorer par une seconde filtration.
- Cette filtration a pour but de séparer les corps gras solides (acide stéarique et margarique) des liquides (acide oléique) ; les premiers conviennent pour la fabrication des bougies et des savons de toilette et les seconds par l’ensimage des laines. La filtration s’opère avec avantage au moyen d’un ou plusieurs siphons en cuivre remplis de coton ; la graisse à filtrer est placée dans un récipient à une certaine hauteur et soutirée par le siphon dans un réservoir inférieur ; les corps gras solides restent dans le réservoir supérieur, la poussière et les matières colorantes sont retenues par le coton et les corps gras liquides passent dans le réservoir inférieur.
- Si le système qui vient d’être décrit est rémuné-teur, il est clair qu’il doit être avantageux, pour les fabricants d’étoffes, de traiter eux-mêmes leurs résidus, puisque l’opération n’exige pas un personnel supplémentaire et qu’on économise les frais de transport, qui sont considérables.
- La graisse récupérée peut être immédiatement employée comme savon pour lavage des étoffes en la saponifiant au moyen de soude caustique et de sel ammoniac ; on a donc un cycle d’opérations continu dans lequel on perd très peu de matières grasses, de sorte que la consommation de savon devient très faible.
- Un procédé a été inventé par M. Neumann de Rasswein (Saxe), pour retirer soi-même la graisse ; par ce procédé, les eaux des fouleries et des lavoirs sont purifiées de façon à permettre de les laisser écouler sans dangers dans les rivières.
- Ce procédé a donné dans la pratique d’excellents résultats et repose sur l’emploi d’une machine imaginée par M. F. Kylls.
- Deux réservoirs maçonnés sont creusés dans le sol à côté de la foulerie et reçoivent les eaux qu’il s’agit de traiter. Ils ne doivent pas être plus grands, parce que l’opération est continue et suit la marche de la fabrication. La graisse est précipitée par des réactifs chimiques et envoyée par une pompe foulante dans un filtre-presse, qui laisse écouler l’eau claire. Lorsque la presse est remplie de gâteaux de matières grasses, on enlève ces derniers et on recommence l’opération.
- Les gâteaux contiennent des poils, des acides gras, de l’acide oléique, des alcalis, des matières colorantes et autres impuretés accidentelles ; on
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- 2 Ct 00
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- retire d’abord les matières grasses pour faire du savon et on emploie le résidu pour fabriquer du gaz d’éclairage.
- (A suivre}. ------—a Q -------
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- CHIFFONNAGE
- Noir en réserve.
- Quelques teinturiers des grandes villes connaissent seuls le secret et le tour de main du noir en réserve que nous indiquons aujourd’hui.
- Prendre une dissolution de 12 litres de cam-pêche à 2° B. — Faire dissoudre à part et à chaud, 1 kil. 100 gr. d’amidon blanc, mêler cette dissolution avec la précédente et laisser refroidir à 30° C, puis ajouter :
- Vert de gris 365 gr.
- Acide acétique 1 litre.
- Nitrate de fer 730 gr.
- Teindre l’étoffe à la brosse et laisser reposer 24 heures avant de fixer à la vapeur. — Donner deux couches.
- Teinture en noir des châles imprimés
- Pour quatre châles :
- Avant de procéder à la teinture commencer par mettre les châles dans 30 litres d’eau à 20° de chaleur pour amollir l’impression, puis ajouter :
- 500 gr. cristaux de soude, les passer dans ce bain pendant trois quarts d’heure, laver et rincer soigneusement.
- Faire un nouveau bain de 30 litres d’eau à 90» C, où l’on met :
- 10 gr. bichromate de potasse, faire bouillir les châles pendant 10 minutes et lever.
- Ajouter ensuite à ce bain :
- 20 gr. acide suffurique.
- Faire bouillir de nouveau pendant un quart d’heure, lever, bien rincer puis teindre en noir :
- Faire un bain de :
- Eau 50 litre.
- Bichromate de potasse 25 gr.
- Sulfate de cuivre 40 —
- Acide sulfurique à 66° 60 — faire bouillir les châles pendant une heure, lever
- et éventer. — Lorsqu’ils sont refroidis, rincer à extinction. •
- Bain de teinture.
- Eau 50 litres
- Bois jaune (Cuba) 500 gr. Bois d’Inde (campêche) 600 gr. faire bouillir le tout une heure, ensuite ajouter :
- Sulfate de cuivre 25 gr. bouillir 10 minutes, entrer les châles, les mener pendant trois quarts d’heure, rincer avec soin et faire sécher.
- Ce noir est dit : noir au bichromate. Le procédé s’applique à la laine et au mérinos, ainsi que le suivant dit : noir de Sedan (pour h châles ou h robes) :
- 1er bain :
- Eau 50 litres
- Tartre rouge 500 gr.
- Vitriol de Salsbourg 500 —
- Bois jaune 500 — faire bouillir vos étoffes dans ce bain pendant nne heure, ensuite bien rincer.
- 2* bain :
- Eau . 50 litres.
- Bois de campêche 600 gr. faire bouillir le bois une heure et ajouter :
- Vitriol de Salsbourg 25 gr. rentrer les robes — mener une heure — rincer.
- Faire un nouveau bain de 50 litres d’eau dans lequel on ajoute :
- Acide sulfurique 50 gr.
- Passer les châles ou les robes, pièce par pièce, sur ce bain, rincer deux fois à l’eau chaude et deux fois à l’eau froide en ayant toujours soin de n’opérer que sur une pièce à la fois à mesure qu’on la sort de l’acide. Arrivé à moitié il est bon de recharger un peu d’acide et de renouveler les eaux tièdes et les eaux froides.
- Une fois bien rincées, étendre.
- A suivre.
- NOUVEAUX COLORANTS
- De la maison A. POIRRIER de Paris.
- — Suite. —
- Voici les échantillons de ponceau sur laine que nous avons promis à nos lecteurs.
- Pour l’application, voir le n° du Moniteur de la Teinture du 20 octobre 1879, pages 234 et 235.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 60 CK O
- Ponceau J.
- Ponceau R.
- La maison Poirrier nous a promis d’autres échantillons de ponceau sur laine, marques 2 R et 3 R. Nous donnerons ces échantillons dans un prochain numéro. _
- TEINTURES POUR CHAPELLERIE
- — Suite (1) —
- Noir bleuâtre.
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- Ajoutez au bain d’eau chaude une dissolution de 250 gram. bichromate de potasse, 500 — sulfate d’alumine, faites bouillir pendant dix minutes et rafraîchissez ensuite le bain en ajoutant de l’eau froide. — Prenez les chapeaux — trempés préalablement dans de l’eau chaude — plongez-les dans le bain et laissez-les y bouillir doucement pendant deux heures, en les remuant souvent. Retirez-les ensuite, placez-les séparément et laissez-les bien refroidir, mais ne les rincez pas et vous pourrez alors les soumettre à la teinture avec la certitude que la couleur sortira belle et d’une manière uni-forme.
- Voici la manière de procéder pour appliquer la teinture. Il faudra remplir une chaudière d’eau pure que l’on fera arriver au point d’ébullition, on y versera alors une décoction de cinq kilogrammes de
- (1) Voir Moniteur de la Teinture pages 21, 104, 118, 224 et 233 année courante.
- bois de campêche, et après avoir bien remué ces mélanges on y plongera les cinquante chapeaux qu’on y laissera séjourner pendant trois quarts d’heure environ, en augmentant constamment la température du liquide. Passé ce temps, on retirera les chapeaux qu’il faudra alors bien rincer. Selon que l’on emploiera une quantité plus ou moins grande de la décoction de campêche, la nuance des chapeaux sera plus ou moins foncée.
- Noir foncé
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- Composez le bain avec
- 250 gram. de mine de plomb,
- 100 — bichromate de potasse,
- 50 — acide sulfurique à 66°, laissez bouillir ce mélange pendant huit minutes; puis rafraîchissez avec de l’eau froide et plongez-y ensuite les chapeaux trempés, qu’il faudra laisser bouillir doucement pendant une heure et demie. Retirez ensuite les chapeaux et laissez-les refroidir.
- Remplissez une chaudière d’eau pure, élevez à l’ébullition et versez-y alors une décoction de 6 kilogrammes de bois de campêche, remuez et plongez-y les chapeaux sans les rincer puis, après les avoir travaillés pendant un quart d’heure environ, il faudra les laisser bouillir doucementpendant une demi-heure, en les remuant toujours ; retirez ensuite les chapeaux et foncez-les en les travaillant pendant une demi-heure avec 250 grammes de sulfate de cuivre qu’il faudra appliquer très-chaud5 mais non bouillant, enfin, pour terminer, rincez-les bien.
- Noir charbon
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- Il faudra commencer par mordancer dans un bain composé de ;
- 250 gram. de mine de plomb,
- 150 — bichromate de potasse, 100 — acide sulfuriqne à 66*.
- On procédera comme il a été dit ci-dessus. On remplira une chaudière d’eau pure et lorsque le point d’ébullition sera atteint, on y versera une décoction de :
- 6 kil. bois de Campêche, 0,500 bois jaune de Cuba.
- Dans ce mélange on laissera bouillir les chapeaux doucement pendant une demi-heure et pendant une autre demi-heure on les foncera au moyen de 250 grammes de sulfate de cuivre.
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- 260 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Brun
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- On commencera par teindre les chapeaux en bleu avec de l’indigo, en employant, selon la nuance de brun qu’on voudra obtenir de la soude ou de la guède, puis on les rincera dans de l’eau courante. On remplira ensuite une chaudière d’eau pure et lorsque le bain sera en ébullition, on ajoutera 500 grammes d’alun et 250 grammes de tartre rouge réduits en poudre aussi fin que possible, qu’on laissera bouillir pendant huit minutes, puis on y plongera les chapeaux qu’on laissera bouillir doucement pendant deux heures, en les remuant de temps à autre. On retirera ensuite les chapeaux, on les laissera refroidir et reposer pendant vingt-quatre, ou, mieux encore, pendant quarante-huit heures, puis on procédera à l’opération de la teinture, qui se fera de la manière suivante :
- On remplira une chaudière, d’eau pure, et lorsque la température du bain sera suffisamment élevée on y versera 1,500 grammes de garance dissoute dans de l’eau chaude, et 250 grammes de noix de galle finement pulvérisées et tamisées. On plongera les chapeaux et on les y travaillera pendant une demi-heure en augmentant graduellement la température du bain ; puis, pendant une autre demi-heure, on laissera bouillir les chapeaux doucement. Après avoir ensuite retiré les chapeaux et les avoir laissé refroidir, on ajoutera au bain 250 grammes de sulfate de fer dissous dans de l’eau chaude, puis on y replongera les chapeaux pendant une demi-heure environ, en chauffant fortement le bain, sans cependant le faire bouillir ; les chapeaux devront ensuite être retirés et rincés.
- Pour donner aux chapeaux la nuance brun tirant sur le noir, on n’aura qu’à ajouter au bain encore 250 grammes de sulfate de fer et de laisser bouillir les chapeaux pendant encore une demi-heure. (1)
- Brun cerise
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- En employant la recette suivante on sera toujours certain de produire une couleur qui se distinguera par sa beauté, par son éclat et par sa grande uniformité ; elle conviendra surtout pour des chapeaux en laines et en poils de bonne qualité, parce que son emploi n’aura jamais pour ré-
- (1) Voilà un procédé qui ne pèche pas par trop de rapidité. (Rédaction.)
- sultat de durcir les chapeaux, comme il n’arrive que trop souvent avec d’autres recettes.
- On remplira une chaudière en cuivre d’eau pure que l’on fera chauffer, et au moment de l’ébullition on y versera
- 15 0 gram. bichromate de potasse,
- 200 — alun,
- 25 — sel d’étain,
- 150 — acide sulfurique à 66*,
- 400 — mine de plomb.
- Après avoir laissé bouillir ce mélange pendant huit minutes, on y plongera les chapeaux, préalablement trempés, on les laissera bouillir doucement pendant deux heures, puis on les retirera et on les laissera refroidir sans les rincer.
- On chauffera ensuite une chaudière d’eau pure, au point d’ébullition, puis on ajoutera une décoction de 4 kilogrammes de bois rouge de Fernam-bouc. On plongera les chapeaux dans ce nouveau mélange, on les y travaillera ainsi qu’il a été indiqué ci-dessus, puis on les laissera bouillir doucement pendant trois quarts d’heure environ ; passé ce temps on les fera rincer. Selon la quantité plus ou moins grande de bois rouge qui aura été employée, la nuance des chapeaux sera plus ou moins foncée.
- Le bain d’achèvement devra toujours être fait avec de l’eau pure, et il faudra bien se rappeler de ne pas verser les matières tinctoriales dans le bain de mordançage. L’intervalle entre le bain de décrû-ment et celui d’achèvement devra toujours être de deux jours. Il faudra faire attention à ce que les chapeaux mis à sécher ne soient pas exposés aux rayons du soleil qui donneraient une couleur non uniforme.
- Brun jaunâtre.
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- Les chapeaux devront préalablement être teints en bleu, avec de l’indigo en employant, selon la nuance que l’on désirera produire, de la soude ou de la guède.
- On remplit ensuite une chaudière d’eau pure qu’on chauffe à l’ébullition, puis on y versera une décoction de 750 grammes de bois jaune de Cuba, de 25 grammes de sulfate de cuivre, de 625 gram. d’alun et de 250 grammes de tartre, on laissera bouillir pendant huit minutes, puis on y plongera les chapeaux et on procédera comme il a été dit ci-dessus pour le brun ordinaire, en additionnant
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- de la garance et des noix de galle et en fonçant au moyen de sulfate de fer.
- Brun violet*
- Pour 50 chapeaux de feutre unis.
- Dans une chaudière d’eau pure à l’ébullition, on verse :
- 1,750 gram. alun,
- 750 » de tartre,
- 250 » de muriate d’étain,
- 140 » de sulfate de cuivre.
- On laisse bouillir ce mélange pendant dix minutes et après l’avoir ensuite rafraîchi suffisamment avec de l’eau froide, on y plonge les chapeaux qu’on laisse bouillir comme d’ordinaire pendant une heure et demie. Passé ce temps, les chapeaux doivent être retiréset refroidis, mais non rincés. Vingt-quatre heures plus tard on chauffe jusqu’à l’ébullition nn bain d’eau pure, puis on y verse une décoction de :
- Bois rouge de Fernambouc. 4 kil. Bois de campêche . . . 1 » 500 et l’on remue bien. Lorsque le bain est tiède on y introduit les chapeaux qu’on y laisse boullir doucement pendant une heure environ. Pour obtenir la nuance rougeâtre on ajoute :
- Alun........................... 250 gram.
- Vitriol de Salsbourg. . 250 » (I)
- (Moniteur de la chapellerie, d’après le Deutsche Hutmacher Zeintung.
- NOIR D’ANILINE SUR COTON
- Il existe un grand nombre de procédés d’application, dont beaucoup sont revendiqués comme brevets par plusieurs chimistes et ont déjà occasionné des discussions et des procès. Sans prendre aucun parti dans ces contestations, et sans aucune garantie de notre part, nous indiquons ci-dessous un procédé qui nous a été signalé par une personne compétente.
- Pour 10 kilos coton: 170 litres d’eau tiède, y dissoudre 1 kilo chlorhydrate d’aniline, 0k.500 acide chlorhydrique, 1 kilo acide sulfurique.
- (1) L’office du Moniteur de la Teinture peut offrir aujourd’hui à ses lecteurs, un nouveau brun-rougeâtre, cherché depuis longtemps, qui s’emploie tout simplement sur un bain acidulé par l’acide sulfurique. — Le prix du hilo n'est que de 12 francs.
- Au moment de teindre ajouter 1 kilo bichromate de potasse; manœuvrer le coton deux heures et demie dans ce bain ; lever et laver au bout d’une demi-heure pour laisser aérer. Dans un bain de savon, laver -, terminer par un second bain de savon ; on obtient ainsi un noir noir.
- Si l’on veut obtenir le noir bronzé, il faut un second bain composé de :
- 170 litres eau tiède ;
- 200 grammes bichromate de potasse : 200 — cristaux de soude.
- Nous donnons ce procédé tel qu’il nous a été communiqué, nous ajouterons toutefois que cette formule donne un noir verdissable.
- _______ P. B.
- TEINTURE
- DES CUIRS DE RUSSIE EN ROUGE
- Procédé d’imitation.
- La peau employée est la peau de vache bien tannée et parfaitement épurée par des lavages. Ces conditions sont indispensables pour qu’elle prenne cette belle couleur rouge tout à fait analogue à celle du vrai cuir de Russie, et même qui la surpasse quand on veut y apporter des soins particuliers, lorsque la fleur de la peau est plus belle, plus fine et mieux apprêtée.
- Comme mordant on se sert du chlorure d’étain qu’on prépare ainsi qu’il suit : On fait chauffer doucement 160 gr. d’acide azotique, sous une cheminée qui tire bien, jusqu’à ce qu’il commence à se dégager des vapeurs rutilantes d’acide azoteux, et on verse cet acide chaud, en agitant constamment avec une baguette en verre ou en bois sur 500 gr. de sel d'étain contenu dans un pot vernissé. On doit opérer en plein air ou sous l’influence d’un fort courant d’air, pour ne pas respirer les vapeurs dangereuses de l’acide azoteux. On continue d’agir avec précaution tant qu’il se dégage des vapeurs rutilantes; mais quand il s’élève des vapeurs blanchâtres, on ajoute au mélange 125 grammes d’acide chlorhydrique fumant, et on agite encore avec soin. Ce travail qui ne dure que quelques minutes, étant terminé, on verse la liqueur dans des flacons pour s’en servir au besoin; seulement il faut faire atten-
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- G? cO G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tion que cette liqueur ne soit pas trop chaude, autrement elle casserait les flacons et pourrait blesser gravement l’opérateur. Pour s’en servir on étend cette liqueur avec environ 12 à 15 fois son volume d’eau pure.
- Les peaux, bien purifiées et tannées, sont mor-dancées avec cette liqueur, c’est-à-dire qu’on les en frotte très uniformément et soigneusement avec une brosse. Comme matière colorante, on prend 500 grammes de bois de Fernambouc qu’on fait bouillir pendant une heure dans six litres d’eau de rivière bien pure. On tire au clair la liqueur, on la passe au tannin et on y dissout 25 gr. de tartrate de potasse préparée. On fait bouillir encore une heure, et on abandonne pendant plusieurs jours ce bain de teinture avantde s’en servir parce qu’il agit alors avec plus d’énergie.
- Les peaux comme pour la teinture en noir ne sont huilées que du côté de la chair, foulées et bien essuyées avec des chiffons de laine, et la fleur encore à l’état demi-humide est battue avec soin. Lorsque les peaux sont parfaitement sèches, on les travaille à la paumelle, on les frotte bien deux ou trois fois avec le mordant, puis on les teint aussi deux ou trois fois avec le bain de teinture encore chaud ou dont on élève la température. L’application du mordant et la dernière mise en couleur se donnent à la brosse, mais on ne trempe pas celle-ci dans le bain de teinture. On verse un peu de la décoction sur la peau, et en commence à travailler vivement avec la brosse, afin d’obtenir la distribution la plus égale possible de la couleur, et que la peau teinte présente partout le même ton.
- Il faut répandre la couleur immédiatement après avoir brossé avec le mordant, parce que celui-ci est encore humide, que la couleur prend mieux, et il n’en résulte pas de taches. A cet effet, il est bon que deux ouvriers entreprennent ce travail; chacun colore une demi-face au même moment. On empêche aussi que la couleur sèche sur une moitié pendant qu’on procède à la coloration sur l’autre. Si la couleur n’est pas uniforme on y remédie dans les points où il y a des taches claires avec de la couleur.
- Cette couleur rouge est très solide et dure autant que la peau elle-même et on peut en cet état conserver les peaux en magasin, jusqu’à leur apprêt à l’état mordancé. Les peaux conservées longtemps ne se teignent qu’imparfaitement, et il faut les ramollir dans l’eau tiède, puis procéder comme pour
- les peaux fraîches. Comme dernier apprêt, le cuir, teint du côté de la chair, est humecté avec du jus de tan, puis étendu, battu, séché, enfin crépi et passé à la paumelle. Le cuir de Russie rouge acquiert un aspect tout particulièrement agréable, quand, au moyen d’une éponge, on l’enduit du côté coloré avec une eau contenant de la gélatine en dissolution. La couleur prend un éclat flatteur et particulier ; seulement cette eau gélatineuse ne doit pas être trop forte, et il ne faut pas en appliquer une trop forte proportion.
- CHRONIQUE
- DE L’ESSAI DE LA COCHENILLE Par J. Lowenthal.
- Ma méthode de dosage exposée encore une fois en détail, au sujet du tannin, paraît avoir trouvé des partisans, mais à tort.
- Depuis dix-sept ans, j’essaie la cochenille par titrage au moyen de permanganate dépotasse, une addition de carmin d’indigo et dans le grand nombre d’échantillons que j’ai eu à analyser, il ne s’est trouvé qu’une cochenille dont il m’a été impossible de déterminer la valeur de cette façon. Cette cochenille était parsemée de petits globules noirs, de la grosseur des gruaux d’orge ; les teinturiers allemands la nomment lackœrner (grains de laque). L’extrait de ces grains agit fortement sur le caméléon, mais ne contient pas de tannin.
- Pour la cochenille, il est plus facile que pour les corps tanniférés de conserver un échantillon de comparaison, car, on le sait, la cochenille conservée sèche reste longtemps sans subir d’altération.
- Je conserve depuis 1862 mon spécimen de comparaison.
- Il est impossible d’apprécier une cochenille d’après l’aspect extérieur. Les teinturiers estiment qu’une bonne cochenille doit être légère. Je suis loin d’avoir toujours observé que cette opinion fût exacte. J’ai essayé des cochenilles très légères qui étaient très mauvaises, et des très lourdes qui étaient bonnes.
- Depuis, la cochenille a été très bon marché; mais il est aussi très difficile d’obtenir de bonne marchandise. L’aspect était très beau, la teneur faible. La falsification paraît consister principalement à
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- étirer la cochenille, puis à la dessécher et la mettre en vente. Pour cette cochenille, le second extrait reste presque incolore.
- Ma méthode ne m'a-jamais trompé; je puis donc la donner comme très certaine.
- 2 grammes de toute la cochenille sont mélangés avec 1 litre 1/2 d’eau; le mélange est bouilli pendant une heure, puis versé dans une passoire à thé ordinaire ; on fait bouillir encore une fois la cochenille restée dans le filtre, avec 1 litre d’eau distilée, pendant trois quarts d’heure. Les deux liquides réunis ne forment pas deux litres, parce qu’il s’est évaporé beaucoup d’eau. Après le refroidissement, on porte le liquide à 2 litres, et l’on en titre 100 centimètres cubes avec du carmin d’indigo et une quantité d’acide sulfurique, dans 750 centimètres cubes ou 1 litre d’eau. Après avoir retranché la quantité de caméléon consommée pour l’indigo on a à calculer la valeur de la cochenille avec la cochenille de comparaison.
- Suivent plusieurs spécimens d’analyses pour lesquels le traducteur renvoie au mémoire original.
- Zeitschrift fur analytische Chimie.
- LES COULEURS EXTRAITES
- DU GOUDRON DE HOUILLE
- ET LA SUPPRESSION DES USINES A GAZ
- Par le docteur GREIFF.
- L’auteur cherche à montrer que, même dans le cas où la fabrication du gaz viendrait à cesser, les matières brutes pour la production des couleurs artificielles ne feraient pas défaut.
- Pour déterminer les quantités d’antbracène et de benzine exigées maintenant, on peut dire que 30,000 kilogrammes de pâte d’alizarine à 10 p. 100 sont produits journellement. Le minimum d'an-thracène pure dont on a besoin serait donc de 3,000 kilogrammes par jour ou 900,000 kilogrammes par an. Cela nécessite la distillation annuelle de 360 millions de kilogrammes de goudron contenant en moyenne 1/4 pour 100 d’anthracène. La production quotidienne d’aniline monte à 12,000 kilogrammes exigeant 13,300 kilogrammes de benzine et provenant aussi des mêmes 360 millions de kilogrammes de goudron.
- Les inventions à venir élèveront encore davantage l’importance du goudron de houille aussi long
- temps qu’il sera regardé comme la source des hydrocarbures aromatiques.
- Mais dans le cas où cette substance deviendrait partiellement rare, on propose d’obtenir le goudron non comme résidu mais comme le premier produit par la distillation sèche de la houille et d’essayer l’accroissement proportionnel de ses éléments les plus précieux.
- On peut obtenir beaucoup de goudron en perfectionnant la construction de certains fourneaux pour opérations métallurgiques et des fours à ceke, ce à quoi l’on n’est guère conduit, aujourd’hui que les usines à gaz fournissent suffisamment à la consommation quelque grande qu’elle soit.
- Il est possible que les hydrocarbures sans valeur contenus dans le goudron de houille ne dépassent pas 3 ou A pour 100, y compris 30 à 40 pour 100 d’huiles bouillant à de hautes températures, et de solides parmi lesquels il y en a peu qui soient reconnus comme individus chimiques définis.
- Mais il y a une méthode plus simple et plus facile pour obtenir des hydrocarbures aromatiques en quantité plus que suffisante. Liebermann et Burg, Wichelhaus et Solzmann et d’autres chimistes ont fait passer du goudron de bois et du goudron de lignite à travers des tubes chauffés au rouge et ils ont invariablement reconnu la formation d’hydrocarbures aromatiques. Ces observations n’auraient qu’une valeur purement scientifique si elles ne s’étendaient également aux huiles minérales du bassin de la mer Caspienne et au goudron maintenant sans usage que l’on obtient comme produit secondaire en les rectifiant. Pour décider cette question, nous devons considérer, si la matière brute se trouve en quantité suffisante, quel est le rendement en benzine ou en anthra-cène et finalement quel est le coût de l’opération. Toutes ces questions reçoivent une réponse favorable. Letny (I) montre que la production d’huile minérale brute pour 1875 a été de 2AO millions de kilogrammes, quantité facile, susceptible de se multiplier beaucoup. Lorsque l’on a obtenu les huiles lumineuses et les huiles lubrifiantes, il resteencoreplusd’une moitié qui est en partie consommée comme combustible par lesbateaux àvapeur sur le Wolga. Letny a décomposé ce résidu au rouge et en a obtenu un produit dont le poids est environ le tiers de celui du goudron primitif. Ce produit contient A.6 pour 100 de benzine, 5.2 pour
- (1) Dinglers Polytechnisches Journal t. CCXXIX.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 100 de toluol et 3.1 pour 100 d’anthracène ; on peut le travailler bien plus facilement que le goudron de houille, bien qu’il forme les mêmes hydrocarbures dans le même ordre. Les 120 millions de kilogrammes de goudron représentent donc, en ce qui concerne les hydrocarbures aromatiques utiles, de 200 à 400 millions de kilogrammes de goudron de houille. La production du pétrole dans le bassin de la mer Caspienne est encore en enfance.
- On n’a pas encore obtenu réellement de résultats semblables au moyen des résidus du pétrole américain, mais il est très probable qu’ils fourniront des sources exploitables de composés aromatiques. Par conséquent, la dernière usine à gaz du monde viendrait-t-elle à fermer, il n’y aurait pas lieu de craindre une insuffisance dans la production du benzol et de l’anthracène.
- Die chemische Industrie.
- CARMIN D’ALIZARINE
- La fabrique autrichienne d'alizarine, Pribram et Ce, à Vienne et à Kœnigsberg, en Bohême, a introduit dans le commerce, sous le nom de carmin d'alizarine, une nouvelle matière colorante pour la teinture de la laine. Le carmin teint en rouge laine mordancée au sel d’étain ou à l’alun. Cette matière colorante est destinée à remplacer la garance dans toutes ses applications sur la laine, elle donne des nuances plus belles et plus pures. On sait que l'ali-zarine artificielle qui teint le coton en rouge-bleuâtre ne pouvait jusqu’à présent être employée dans la teinture de la laine (1). Le carmin d’alizarine n’est autre qu’un sel des acides sulfuconjugués de l'alizarine et de la purpurine. Le sel d’alun, ainsi que quelques autres sels, teignent directement la laine non mordancée ; cependant il est préférable de la mordancer auparavant et de teindre avec le sel de soude en y ajoutant du tartre. On peut obte-tenir avec le carmin d’alizarine diverses nuances en employant divers mordants.
- (1) Dans un long mémoire sur l’histoire de l’alizarine et des matières colorantes de la même famille produite au moyen du goudron de houille, mémoire lu à la Société des arts, de Londres, par M. W. PERKIN, il est dit que les teinturiers sur laine se sont montrés réservés vis-à-vis de l'ali-Marine artificielle. Maintenant quelques-uns d’entre eux en usent un peu largement ; il n’est pas douteux qu’en raison de son bon marché, comparé à celui de la garance hollandaise, ils trouveront bientôt moyen de l'employer avec succès et de renoncer à l’usage de la garance.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVEENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TECTILES
- Année 1878.
- 124,833. 31 mai. — Crowel. — Perfectionnements dans les harnais de métiers à tisser.
- 124,871.1er juin. — Golibert fils. — Système de fabrication de chapeaux de feutre avec dessins imitant les étoffes de toutes sortes.
- 124,880. 1er juin. — Horner. — Perfectionnements dans les machines à peigner le lin et autres matières fibreuses.
- 124,896. 3 juin 1878. — Slack. — Perfectionnements dans les appareils et procédés pour produire les traces des dessins pour dentelles et étoffes tissées, bouclées et autres.
- 124,915. 14 juin. — Desgenetais. — Perfection-ments apportés aux navettes de tissage.
- CESSION DE LABORATOIRE
- A CÉDER
- UN LABORATOIRE DE CHIMIE
- (Agencement, Matériel et Produits)
- Matériel très-complet pour recherches et analyses organiques.
- Produits de toute nature ; spécialement matières colorantes naturelles et artificielles ; matières premières.
- S’adresser, 51, rue d'Assas, à Paris.
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tulpin frères).— Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service de la machine.—Longueur de chaque chaîne, 16m65. — Largeur du travail : 0m85 à lm50.—Production : 100 à 120“ à l’heure. — Prix : 3,500 fr. — S'adresser à M. CHIFFRAY, à Maromme, où on peut la voir fonctionner.
- Le Propriétaire-Gérant ; Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23 Année, No 23. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Décembre 1879.
- SOMMAIRE
- Blanchiment des tissus destinés à l’impression et à la teinture par A. Schultz (suite). — Utilisation des résidus des fouleries et des ateliers d’apprêtage (fin). — Nouveau mode d’emploi du Rocou dans l’impression des tissus de coton, par M. Kielmeyer. — Teinture des plumes par M. VANNUGCIO-VANNUGGINI.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Nouveaux colorants de la maison A. Poirrier (suite) 2 échantillons. — Teinture sur soie {chiffonnage). — Éosine sur coton. — Teinture des étoffes de coton pour fleuriste. — Teinture de la laine en toison (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Machine à imprimer les fils en plusieurs couleurs. — Bleu d’indigo. — Procédé d'épaillage chimique des tissus en laine peignée et cardée. — Dépôt des marques de fabrique fran-çaise en Russie. — Catalogue des brevets d'invention concernant les industries tinctoriales et textiles (1878).
- BLANCHIMENT A HAUTE PRESSION
- DES TISSUS DE COTON
- Par Alex. Schultz.
- Lessivage en chaux.
- Pour les lessivages de 3,500 kil., on prend 120 kil. chaux j pour les lessivages de 1,800 kil. tissu, on prend 70 kil. chaux.
- Le lait de chaux est préparé dans une petite cuve particulière et tamisé avec soin, car s’il y avait des grains de chaux ou de sable mélangés avec la lessive, on obtiendrait des pièces trouées.
- Les pièces passent au moyen d’un clapot par le lait de chaux et de là elles entrent directement dans les cuves, en posant les pièces obliquement pour faciliter la circulation et le passage de la lessive.
- On couvre les parois de la cuve avec des toiles d’emballage, des lattes et enfin de barres de fer pour les empêcher de nager.
- On remplit alors la cuve avec 6,000 litres d’eau de manière à couvrir les pièces. On forme la circulation du bain au moyen de la pompe centrifuge et on chauffe en même temps jusqu’à 60°, la vapeur condensée augmente le volume de l’eau, on la laisse s’écouler jusqu’au niveau des pièces.
- On ferme alors le trou d’homme et on fait monter en 2 heures (le plus vite possible à 3 atmosphères de pression).
- On fait fonctionner l’appareil pendant 7 heures à cette pression, puis on laisse s’écouler la lessive, on déboulonne les trous d’homme et dès que la pression ne les maintient plus, on remplit d’eau froide, on laisse écouler et on recommence 3 ou à fois jusqu’à ce que l’eau sorte froide.
- Passage au clapot, au squizzer, puis immédiatement acidage au clapot.
- Acidage.
- On se sert de l’acide chlorhydrique à 2° B. Si l’on voulait juger le degré d’acidité par l’indication de l’aréomètre Baumé, on serait sujet à se tromper car l’acide chlorhydrique saturant la chaux qui se trouve encore dans les pièces, le chlorure de calcium qui se forme marquerait à l'aréomètre.
- On vérifie donc le degré d’acidité du bain au moyen de l’ammoniaque liquide.
- On alimente l’acide du clapot avec de l’acide chlorhydrique à 7° B. Puis on entasse les pièces dans des cuves et on les laisse en repos pendant 8 à 12 heures, soit une nuit pour que les pièces ne sèchent pas, car si certaines parties, exposées à l’air libre et mouvant, séchaient, cela brûlerait le tissu.
- Le lendemain, au lave au clapot et on entre dans les cuves à lessiver au savon de colophane.
- On commence l’opération du lessivage au savon de colophane avec une lessive ayant déjà servi une fois, on chauffe pendant 4 heures à 2 ou 3 atmosphères.
- On laisse éconler et on fait entrer dans là clive la seconde lessive fraîche et bouillante à la même pression qui existe encore dans la cuve.
- Ce deuxième savonnage se fait à 3 atmosphères et dure 8 heures -, quand il est fini, on fait repasser la lessive dans le bouilleur pour servir à un Savonnage subséquent.
- Préparation du savon de colophane.
- 100 k. sel de soude à 94 degrés alca-limétriques,
- 30 k. Colophane,
- 400 lit. Eau.
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- O O G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Faire cuire 8 à 10 heures au bouillon. On dissout le sel de soude à part, on laisse déposer et on prend le clair.
- Quand le savon est cuit suffisamment, on le dissout dans quatre mille litres d’eau.
- Lorsque les appareils sont insuffisants, on fait cette opération en deux fois.
- On introduit alors cette dissolution dans le bouilleur (1) et on la porte à la pression convenable.
- On lave au clapot, exprimer au squizzer et passage en hypochlorite de chaux à 1/2° B. dans un petit clapot. On alimente avec :
- Il 00 litres chlorure de chaux à 8° B.
- 150 » Eau.
- Après ce passage, les pièces sont entassées dans des cuves où elles reposent encore 8 à 12 heures.
- Dans certains établissements, les cuves sont re- 7 couvertes de ciment, ce qui les fait durer beaucoup plus longtemps. On lave les pièces après le passage en chlorure de chaux, on peut aussi ne pas les laver, mais alors l’odeur du chlore qui se dégage pendant l’acidage est très incommodante.
- Acidage.
- On entre les pièces dans les cuves à acide, on les couvre avec des lattes assujetties de manière à empêcher les pièces de nager et on fait monter l’acide à 2• B. contenu dans les sous-cuves, au moyen de pompes centrifuges en bronze et de tuyaux de conduite en gutta-percha.
- Quand l’acide couvre les pièces, on enlève les appuis qui les maintiennent et on les laisse nager, on soutire l’acide, puis on le remonte, ou renouvelle trois fois cette opération.
- Cet acide n’est pas jeté, on ajoute après chaque opération la quantité d’eau et d’acide nécessaires et on le conserve pour un acidage subséquent.
- Laver au clapot.
- On lave en cuve, si c’est possible, en donnant toujours trois passages au clapot pour faire les pièces (2).
- Les jaconas ne passent que deux fois au clapot. On élargit les pièces et on les sèche.
- (1) Pour les appareils à blanchir, voir le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, du 25 mars 1868.
- (2) Il est très important de bien laver les tissus lorsque l’opération du blanchiment est terminée, car la moindre quantité d'acide qui resterait dans le tissu, l’affaiblirait et le brûlerait complètement en se servant pour l’impression de l’oxydation instantanée au chlorate de potasse pour fixer les mordants de fer et d’alumine.
- Observations diverses.
- La vitesse des clapots se règle de manière à ce qu’on y passe 80 pièces de 100 mètres à l’heure.
- La pompe fournit 60 mètres cubes d’eau à l’heure pour desservir les trois clapots. On prend pour chaque clapot 30 mètres cubes d’eau.
- On prend l’eau sortant du clapot qui lave les pièces acidées pour laver les pièces sortant de la chaux.
- Certains tissus sont grillés une fois, avant le lessivage, sur la plaque, puis au gaz après le blanchiment, d’autres tels que les satins et les pièces imprimées en noir d’aniline, chargé sur percale, sont grillés en blanc et avant l’apprêt.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdite sans l’autorisation de l’auteur.
- UTILISATION
- DES RÉSIDUS DES FOULERIES ET DES ATELIERS D’APPRÉTAGE
- (Extrait de la Deutsche Wollen Gewerbe).
- — Fin. —
- Utilisation des déchets du lainage. — La quantité de déchets produits par le lainage dépend de la qualité et de la nature du tissu, du traitement qu’il a subi et du système de machine employé. Jusqu’ici, on n’est pas encore parvenu à supprimer complètement ce déchet-, mais on peut, du moins, le réduire dans certaines limites. Le feutrage qui a lieu dans le foulage est plus ou moins puissant suivant la qualité du tissu : les étoffes fortement feutrées, telles que le drap, le satin et le croisé, subissent une perte notable au lainage, tandis que celles dont le feutrage est plus léger, comme la flanelle, n’exigent que quelques tours de la carde et perdent, par conséquent, moins ; cependant cette perte devient relativement considérable quand on emploie des cardes trop aiguës ou quand le tissu est trop sec et le contact trop fort.
- Les étoffes qui subissent la plus grande perte au lainage sont les floconnés, dans lesquels les fils de la trame, situés au-dessus, doivent être brisés par la carde ; il.faut donc donner à ces étoffes le moins de contact possible, employer des cardes relativement aiguës et les remplacer ou les débourrer
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- chaque fois qu’elles sont remplies de déchets, à moins qu’on ne se serve d’un débourreur automatique, tel que celui de Schwamborn, qui nettoie complètement la carde pendant le lainage même.
- Plus la laine est fine, plus le feutre est serré et plus l’étoffe est humide, plus aussi le contact de la carde peut être fort. Plus les cardes sont aigues, plus le feutre est lâche, plus le contact est fort et plus la laine est grossière, plus aussi la perte de lainage est considérable.
- Le système de machine employé pour le lainage exerce également une influence sur la perte ; la machine d’Erselius peut être citée comme une des bonnes, car elle ne donne qu’une poignée de flocons d’une pièce d’étoffe fortement feutrée. Cette machine présente un intérêt spécial au point de vue du lainage de tous les tissus remplis de succédanés de la laine.
- Pour l’utilisation des déchets du lainage qui sont remplis de dents de cardes, on se sert d’un tambour recouvert d’un tissu à larges mailles et dans lequel tournent deux arbres munis de bras, une enveloppe en bois retient la poussière.
- Une disposition très simple, applicable à la petite industrie, consiste en une caisse en bois de 0m ,50 de haut et d’une section de 1,5 mètre carré, dont le fond est formé d’un tissu à mailles de 0m,01 et repose sur des pieds en bois à une distance de 0m,15 environ du sol. Les déchets dans la caisse sont remués sur le fond avec un bâton et les dents de cardes tombent au travers du tamis. On carbonise ensuite les déchets, afin de les débarrasser des traces de matières végétales qu’ils pourraient encore contenir; puis on les mélange avec de la laine longue et on les file.
- Les déchets courts qui ne se laissent pas filer sont carbonisés avec toutes les balayures et transformés en tontisses, qu’on utilise comme telles.
- Utilisation des tontisses. — De même que les déchets du lainage, les tontisses sont employées de nouveau dans la fabrication des étoffes ; seulement elles ne peuvent être filées mais servent à rembourrer les étoffes communes. A cet effet, on les assortit} par couleurs et l’on peut faire entrer dans une pièce d’étoffe de 24 à 30 mètres de long jusqu’à 2 et 3 kilog. de tontisse. Le produit est assez résistant, fort et peu coûteux.
- Les balayures contiennent aussi une proportion notable de tontisse, qu’on peut parfaitement utiliser, après carbonisation.
- Avant de sortir des ateliers d’apprêtage, les pièces de drap et d’étoffe sont encore coupées droit à leurs deux extrémités. Ces découpures ou lisières ont une grande valeur ; elles sont employées pour la fabrication des chaussons et atteignent 60 à 75 centimes par kilogramme. Le fabricant d’étoffes peut aussi ouvrir ces découpures au moyen d'un appareil ad hoc, et les transformer ainsi en une matière qu’on peut filer et dont la valeur est plus que quintuplée.
- ------acop-sA-—
- NOUVEAU MODE D’EMPLOI
- DU ROCOU DANS L’IMPRESSION DES TISSUS DE COTON.
- Par M. Kielmeyer.
- Le rocou est une des matières colorantes peu nombreuses que l’on peut fixer directement et sans l’intervention d’un mordant sur la fibre du coton, et dont on fait des applications nombreuses, tant dans l’impression sur coton des objets pour l’habillement, la mode, la fantaisie, que dans la teinture en général.
- Pour faire ces applications, le rocou est d'abord bouilli pendant quelques heures dans une lessive de soude à 5,10 et même 15 degrés, et la solution, passée froide au tamis, est mélangée, suivant l’intensité que l’on veut donner à la couleur, à une quantité pins ou moins forte d’un mucilage peu épais de gomme adragante, ou simplement quand il s’agit de la machine à faire des fonds, à une quantité convenable d’eau. La pièce teinte est ensuite imprimée au rouleau ou à la machine, puis vaporisée, rincée, et enfin, pour développer une élégante nuance aurore, passée à travers un bain d’acide acétique excessivement étendu. Cette dernière opération est complètement supprimée quand on désire, dans la teinture au rocou, voir dominer un reflet jaunâtre. Dans tous les cas, ce travail n’est rien moins que certain ; tantôt jaune pur ou jaune rougeâtre, et d’ailleurs, il y a cet inconvénient que cette couleur d’impression, quand on la conserve, s’altère d’autant plus aisément qu’elle est plus concentrée.
- Cette incertitude, et en outre, l’odeur pénétrante et désagréable pendant que l’on fait bouillir avec la lessive, odeur qu’on ne saurait uniquement attribuer à un mélange d’un peu d’urine au rocou; démontrent que le rocou, en tant que matière co-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- lorante, est attaqué en partie par l’action énergique prolongée de la lessive de soude bouillante, tantôt faiblement, tantôt par suite d’une décomposition d’où il résulte son impureté ou son affaiblissement, décomposition qui, si l’on conserve cette couleur alcaline d’impression, surtout la couleur primitive concentrée, marche encore plus vite, sans qu’il soit possible au fabricant de s’opposer en rien à cet état des choses.
- Cette matière colorante expose encore à un autre inconvénient qui consiste en ce que, à raison de sa grande alcalinité, elle modifie au vaporisage les bruns ou les rouges qui sont dessous, surtout ces derniers dont les nuances sont non-seulement légèrement ternies par le jaune qui s’y précipite, mais encore passent au brun foncé, principalement lorsqu’ils ont été produits par trop de bois, et relativement, peu de garancine. C’est en conséquence de ces effets, qu’on a proposé de neutraliser en partie la solution alcaline de rocou par l’alun et l’acide tartrique, et ce procédé, par lequel on travaille encore beaucoup dans les imprimeries, est indiqué dans le manuel de teinture et d’impression de Spirk. Mais en teinture, même avec cette prescription, l’on n’évite pas l’ébullition avec la lessive à 10 degrés, et pour l’impression, la couleur d’application se conserve peut-être encore moins que celle préparée par les formules adoptées précédemment.
- La matière colorante se perd, soit parce qu’il reste trop peu de soude caustique comme dissolvant, soit parce que, en présence de la quantité insuffisante de sulfate ou de tartrate de soude en dissolution, l’aluminate de soude a perdu sa propre solubilité : ce sel se dépose alors lentement sur la couleur et le précipité ne manque pas non plus de se déposer sur les hachures ou les picots du bloc ou au rouleau, ce qui les obstrue, et donne naissance à de nouvelles difficultés.
- M. Kielmeyer a observé qu’un mélange d’alcool et d’une lessive sodique dissout bien plus facilement et complètement les matières jaune et rouge du rocou que ne peut le faire chacun de ces dissolvants pris isolément. Partant de là, il a cherché et trouvé, pour le jaune de rocou, une nouvelle formule que la pratique a confirmée. Elle n’exige que la moitié de la lessive nécessaire avec les autres formules adoptées, tout en garantissant la durée et la permanence de la couleur d’impression, en réduisant à son minimum l’influence nuisible sur les bruns et les rouges, et enfin, en avivant le feu de la couleur jaune.
- On démêle 30 kil de rocou dans 24 litres d’alcool à 90 degrés centésimaux (poids spécifique 0,835), et on y ajoute, en agitant constamment, 24 litres d’eau bouillante et 12 litres d’une lessive de soude du poids spécifique 1,598. Le tout, ayant alors une température de 45 à 50 degrés, est abandonné pendant une nuit dans une chaudière en cuivre ; on décante alors la liqueur formée, on réunit le résidu non dissous sur un tamis métallique, on l’exprime avec soin et on le traite, pour le débarrasser de toute solution de rocou adhérente mécaniquement, par 35 litres d'eau bouillante. Qn ajoute la solution aqueuse .jaune-clair, après qu’elle est refroidie, à la solution alcoolique précédente, et on épaissit le tout avec 60 litres d’un mucilage de gomme adragante (35 gr. par litre).
- La nuance que l’on obtient sur coton avec cette couleur d’application est, après le vaporisage et les lavages, d’un jaune orange très-intense et qui ne coûte pas cher, car, malgré l'emploi de l’alcool, cette couleur, à raison de ce qu’elle comporte bien moins de rocou, revient à un prix inférieur à celui des anciennes formules, ce qui démontre directement que par ce mode de traitement du rocou, l’on n’a point à redouter de perte de couleur par décomposition. Si l’on veut une nuance plus claire, moins orangée et se rapprochant davantage du jaune serin, comme pour certains mouchoirs très-légers, l’on ajoute encore à la couleur étendue de l'aluminate de soude et une décoction de graine d’Avignon. Nous nous garderons bien de recommander la solution ammoniacale de curcuma, à laquelle on tient tant dans maintes fabriques, parce qu’il n’est pas possible de la conserver en masse pendant plus de deux à trois heures. Enfin nous croyons que la solution de rocou que nous venons décrire pourra très-bien, à raison de son mode si simple de préparation et des autres propriétés, rendre des services utiles dans la teinture sur soie et sur laine.
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio I. VANNUCCINI,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Les plumes ont été employées de tout temps, chez tous les peuples, comme moyen d’ornement ; plus rarement comme
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- objet d’utilité directe. Les plumes de certains oiseaux douées de couleurs éclatantes ou de reflets métalliques ont pu servir directement à l’ornementation, mais ces plumes étant très rares, on a cherché à imiter sur les plumes ordinaires ces couleurs, soit unies, soit entremêlées ou nuancées. A mesure qu’on a progressé dans la fabrication des matières colorantes, la teinture des plumes a pris un essor de plus en plus grand et aujourd’hui, avec toutes les richesses que nous possédons de matières colorantes tirées du goudron, les plumes teintes artificiellement peuvent rivaliser, jusqu’à un certain point, en beauté et en éclat de couleurs avec les plumes naturelles. Il n’est que trop vrai que les couleurs d’aniline ne résistent pas longtemps à la lumière et à certaines émanations gazeuses, mais la chose n’a pas ici l’importance qu’elle a dans la teinture des étoffes, car la plume est destinée à contenter la mode qui change souvent ; ensuite, à quelques exceptions près, une plume est vite abîmée, quelquefois avant que sa couleur le soit. Cependant il est bon de ne pas exagérer et de chercher au contraire à obtenir des teintures qui soient les plus solides que possible.
- La plume étant une matière animale, la difficulté n’est pas de fixer sur elle les matières colorantes. Presque toujours les mordants sont inutiles; il suffit seulement de préparer convenablement ces matières. Le point faible est toujours l’égalité et la beauté de la nuance, et il faut savoir, dans chaque cas spécial, faire changer et l'inten-sité du chauffage et le genre de matière colorante et la manière de l’employer. Il ne faudrait pas dire la plume, mais les plumes, car en effet il y en a de sortes si différentes qu’on serait tenté de dire, au point de vue tinctorial, que ce n’est pas la même substance. il y a en effet des plumes d’oiseaux d’eau, d’oiseaux percheurs, d’oiseaux domestiques et d’oiseaux sauvages ; et pour le même animal il y a des plumes duve
- teuses, des plumes lisses, ou lisses et duveteuses à la fois, qui ont poussé sur le cou ou sur l’aile, qui ont.été arrachées de l’animal vivant ou qui ont été recueillies après sa mort ; un ouvrier habile connaît tout cela et sait triompher des difficultés en changeant ses moyens de teinture et à force de soins minutieux.
- L’ordre à suivre dans cet exposé me semble maintenant tout tracé. Il comprend les chapitres suivants :]
- 1 . — Aperçu sommaire des matières colorantes naturelles et artificielles, des drogues et produits employés dans la teinture des plumes.
- IL — Notions sur les couleurs.
- III. — Différentes espèces de plumes employées soit dans la mode, soit dans les usages domestiques, et préparation avant teinture.
- IV. — Procédés de teinture.
- V. — Séchage, passage à la vapeur,1 outillage, etc. (1).
- PRÉPARATION AVANT TEINTURE
- Lavage et dégraissage.
- La teinture doit toujours être précédée d’un nettoyage de la plume. Il est vrai qu’il y a des teinturiers qui ne sont pas trop soucieux à ce sujet, mais ce n’est pas un bon travail qu’ils obtiennent de la sorte; la nuance produite est toujours terne, inégale; la plume ne se lisse pas bien ou les duvets sont collés, quelquefois brûlés.
- On nettoie la plume à l’eau chaude, au carbonate de soude, au savon. Le nettoyage peut être de deux sortes suivant qu’il s’agit de plume lisse ou de plume d'au-truche.
- (1) Les lecteurs du Moniteur de la Teinture connaissen les matières colorantes naturelles et artificielles, les dro-gués et produits employés qui diffèrent peu ou pas de ceux employés dans la teinture des fibres textiles en général. Nous commençons donc par le chapitre III.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- Lavage de la plume lisse.
- Elle est simplement savonnée une, deux ou trois fois, jusqu’à ce qu’elle soit bien propre ; on ajoute à l’eau de savon un peu de carbonate de soude ; on rince ensuite deux fois à l’eau de carbonate puis encore deux fois à l’eau tiède pure. Il est bon de forcer en carbonate [s’il s’agit de plume d’oiseau aquatique comme coquille de cygne, canard, etc.
- Pour la petite plume comme la plume ronde de pigeon, il est difficile de bien la mouiller ; en effet, si on la met tout de suite dans une grande quantité d’eau, elle se pelotonne et l’eau n’y pénètre pas ; il faut la mouiller petit à petit avec très peu d’eau de carbonate en la frottant avec du savon.
- Lavage des queues de coq.
- Les queues de coq sont souvent assez sales, couvertes de crottes; on les nettoie en les mettant tremper dans l’eau pure presque froide ; on les change d’eau toutes les douze heures, jusqu’à ce qu’elles ne dégorgent plus aucune saleté.
- Lavage du duvet de dinde.
- Le duvet de dinde est une plume très délicate ; il est très facile de l’endommager ou, comme on dit ordinairement, de le brûler ; cela arrive en général si au lavage on emploie l’eau trop chaude et avec trop de carbonate de soude ; le duvet est attaqué et se détache ensuite sans les moindres efforts. Il ne faut pas dépasser une température de 35 ou 40° ; quant au carbonate il faut en mettre à peine, d’autant plus que cette sorte de plume est toujours assez propre.
- Lavage des oiseaux entiers, peaux d’oiseaux, etc.
- Les oiseaux entiers se lavent comme la plume en vrac, seulement il faut avoir soin que les pattes et les ailes ne se détachent pas ; il est toujours bon d’attacher les deux pattes entre elles avec un fil. Il faut aussi
- faire attention que la plume soit bien mouillée partout, car dans le. cas contraire la plume qui n’est pas mouillée ne prend pas la teinture.
- Les peaux, les ailes se lavent en les frottant avec du savon sur une planche lisse.
- Lavage de l’autruche, vautour, etc.
- Ces sortes de plumes sont presque toujours très sales ; le petit vautour par exemple qui arrive en petites bottes liées par des boyaux est quelquefois si crotté que les plumes collées entre elles forment un ensemble dur comme un morceau de bois. L’autruche grise, l’autruche noire est aussi très souvent imprégnée d’une sorte de matière grasse qui ne s’en va pas au premier lavage. La saleté est quelquefois si adhérente qu’on arracherait le duvet si on voulait la retirer du premier coup. Il est par conséquent nécessaire de laisser tremper cette plume dans l’eau de savon pour que la saleté se rammollisse et se dissolve.
- L’eau du bain de trempage ne doit jamais être trop chaude, car autrement la matière qui pénètre la plume, subit une saponification de la part de l’eau et l'acide gras libre se fixant sur elle, empêche le duvet de s’étendre au séchage ou, en parlant le langage ordinaire, de revenir.
- Lavage du petit vautour.
- On savonne bien le petit vautour jusqu’à ce qu’il ne dégorge plus que faiblement et on le laisse tremper dans un bon bain de savon avec une très petite quantité de carbonate. Après 12 heures de trempage on le retire du bain et on lui donne un autre savon avec une très petite quantité d’eau ; on le frotte alors fortement par poignées sur une planche à crans et on le remet tremper. On repète alternativement ces opérations jusqu’à ce qu’il soit bien propre ; cela fait, on rince comme d’ordinaire. Il est évident que plus les frottages sur la planche à crans seront vigoureux, plus le nettoyage sera
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- rapide. Il est bon d’aller le plus vite possible, car dans les trempages il se fait des fermentations putrides qui finissent à la longue par endommager la plume.
- Si l’on avait des plus grandes quantités de plumes, le savonnage à la main serait trop long ; en ce cas on savonne à l’aide d’une fourche en fer.
- Pour des plus grandes quantités eucore, on peut se servir d’un tonneau laveur, comme on s’en sert dans la blanchisserie.
- A Suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOUVEAUX COLORANTS
- De la maison A. POIRRIER de Paris.
- Voici les échantillons de ponceau sur laine que nous avons promis à nos lecteurs.
- Pour l’application, voir le Moniteur de laTein-ture du 20 octobre 1879, pages 234 et 235.
- F once au. 2 R.
- Ponceau 3 R.
- TEINTURE SUR SOIE
- CHIFFONNAGE (I)
- Havane sur soie au cachou.
- Pour une robe :
- 250 grammes cachou,
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, n° 18, page 911.
- le faire bouillir dans une chaudière de 3 seaux, 30 litres d’eau. — Cuire 20 minutes. — Passer la soie dans un bain de 60 à 700 B. — Bien mener l’étoffe 20 minutes. — Rincer sur une eau.
- Faire un second bain dans lequel on ajoute :
- 5 grammes chromate de potasse.
- Y passer la soie 20 minutes à 70° C. — Bien rincer.
- Faire un troisième bain dans lequel on ajoute : 25 grammes carmin d’indigo.
- 15 — acide sulfurique.
- Y passer la soie jusqu’à la nuance désirée. — Rincer et sur la dernière eau ajouter une goutte d’acide sulfurique.
- Ponceau sur sole à la xanthine et à la fuchsine,
- en un quart d'heure.
- Faire dissoudre de la xanthine et de l’acide acétique et laisser reposer douze heures, ou mieux filtrer. — Dans un autre vase faire dissoudre de la fuschine.
- Après nettoyage de la robe soie ou laine :
- Faire un bain de 30 litres eau, à 30° C., dans une bassine et faire chauffer au bain-marie. — Y mettre la xanthine et donner un fond bouton d’or, puis ajouter sur le même bain une petite quantité de fuchsine dissoute, en ayant bien soin de n’en pas trop mettre.
- On peut faire ce ponceau sur soie et sur laine, depuis le plus clair jusqu’au plus foncé.
- Si c’est sur laine, chauffer seulement de 20 à 30°, plutôt 20°, la fuchsine tendant toujours à violeter.
- On peut faire depuis le no 1 jusqu’au n° 3, en ayant soin de mettre plus de fuchsine et plus de xanthine quand on veut faire plus foncé et moins quand on veut faire plus clair, c’est-à-dire un ponceau n° 1.
- Actuellement, que les fabricants de couleurs d’aniline livrent au commerce des ponceaux directs, on peut opérer comme nous l’avons indiqué page 225 de l’année courante, pour les ponceaux sur laine et sur soie.
- Vert de Chine sur soie.
- Pour une robe après nettoyage :
- Faire dissoudre dans l’alcool :
- 4 grammes vert lumière.
- Faire un bain d’eau bien propre, de la conte-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nance de 30 litres environ, y mettre la dissolution de vert et ajouter à ce bain :
- 125 grammes sulfate de zinc.
- 125 — acide sulfurique, faire bouillir une demi-heure à un bouillon modéré pour ne pas briser la soie. — Laver, rincer et sécher.
- A suivre.
- ÉOSINE SUR COTON.
- Blanchir le coton. Passer le coton sur un bain de savon blanc (6 0/0), tordre légèrement et mor-dancer sur un bain chauffé à 50° et composé de 5 kilos acétate d’alumine, pour 100 kilos de coton. Laisser reposer le coton une heure, tordre et passer de nouveau sur bain de savon en ajoutant 2 kilos de savon blanc; tordre et passer une seconde fois sur le bain de mordant dans lequel il faut ajouter 2 kilos acétate de plomb et 2 kilos acétate d’alumine. Laisser reposer trois ou quatre heures, tordre et teindre sur un bain chauffé à 70° en ajoutant le produit dissous, mais en plusieurs fois -, rester une demi-heure, puis tordre et sécher.
- TEINTURE DES ETOFFES DE COTON
- POUR FLEURISTES
- Mordant pour toute teinte sur coton.
- Prendre :
- 40 litres eau bouillante, ajouter :
- 5 kil. alun épuré.
- 2 » 500 acétate de plomb cristallisé.
- 1 > 250 sel ammoniac.
- Faire dissoudre dans un vase, bien remuer et ajouter :
- 500 gr. soude d’Alicante.
- 1 litre vinaigre de vin.
- 1 kil. blanc d’Espagne, bien remuer, ajouter par petites portions à la composition pi-dessus et laisser déposer pour s’en servir au besoin, tirer à clair lorsqu’on doit y passer les pièces que l’on doit teindre.
- Ce mordant est bon pour toutes les teintes sur coton.
- Préparation des pièces.
- Toute pièce de coton neuve étant généralement
- gommée, il est nécessaire d’enlever l’apprêt. Pour une pièce de 18 mètres coton oujacona, il faut ajouter un kilog. de cristaux de soude au bain où elle devra être bouillie une demi-heure. — Bien rincer ensuite et faire sécher. Une fois sèche la pièce doit être passée à plusieurs eaux fraîches avant le mordançage et la teinture (3 eaux).
- Vert fleuriste no 1.
- Faire bouillir, dans 50 litres eau :
- I botte gaude de Normandie pendant 3/4 d’heure.
- Tirer à clair dans un bain et y passer l'étoffe pendant 20 minutes, à 60° C.
- Lever.
- Chauffer le bain à 80° C. — Rentrer et passer sur le bain un quart d’heure.
- Dans un vase de 30 litres d’eau, faire dissoudre : 125 gram. carmin d’indigo.
- 25 — alun épuré, après dissolution, ajouter au bain précédent.
- Passer l’étoffe dans ce bain jusqu’à échantillon.
- Vert fleuriste no 2.
- Opérer comme pour le n° 1 et employer seulement trois quarts de botte de gaude de Normandie. Les proportions de la dissolutions du carmin d’indigo sont :
- 100 gram. carmin d’indigo.
- 20 — alun épuré.
- On obtiendrait de la même façon le vert n° 3 et n° A en employant : pour le premier, 1/2 botte de gaude, et le mélange avec 70 gram. carmin d’indigo et 15 gram. alun épuré. Pour le second : 1/2 botte de gaude et le mélange de 50 gram. carmin d’indigo et 10 gram. alun épuré.
- A suivre.
- TEINTURE
- DE LA LAINE EN TOISON
- — Suite (I) —
- Dégraissage, désuintage.
- On a constaté qu’après que la laine avait été préparée à la manière ordinaire au moyen du désuintage, de bains de savon et d’eau, ou des solutions alcalines faibles, il reste toujours dans les points
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, n° 21, page 249.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ou les imbrications du brin sont les plus durcies, une certain portion de savon combiné à une base terreuse que les agents ci-dessus n’ont pu enlever. Cette combinaison résiste malheureusement à toutes les opérations préparatoires de teinture et se retrouve dans les tissus prêts à être livrés à la consommation, ce qui fait que la laine n’a pas la douceur désirable.
- D’un autre côté, les mèches de la toison et diverses parties de celles-ci présentent, par suite de l’adhérence et du contact des matières fécales ou plusieurs autres causes, des extrémités bouclées ou frisées qu’on appelle laine morte, qui ne prennent pas facilement la teinture, surtout la teinture en indigo.
- La laine nettoyée avec le plus de soin, provenant d’une seule et même toison et traitée de la même manière, prend donc des nuances diverses dans les différentes portions du brin, et quelques portions restent même presque blanches.
- Beaucoup de fabricants de lainages sont persuadés que cette laine morte a éprouvé une altération telle, qu’il n'est pas possible de la ramener à sa condition première.
- Il n’en est rien ; un grand nombre d’expériences tendent à prouver que cet état mort provient d’une réduction ou désorganisation de la laine ; réduction qui se produit surtout pendant la fermentation putride et dont on détruit l’effet en ramenant la laine à son état naturel au moyen d’agents d’oxydation.
- Pour nous faire mieux comprendre, nous allons prendre des nombres pour montrer comment on doit opérer.
- 100 kilogrammes de laine en toison, triée et lavée, pèsent après dessication, environ 75 kilogrammes.
- S’il arrive que la laine perde moins de 25 kilogrammes au désuintage, on a égard à cette circonstance dans le dosage de l’agent d’oxydation qu’on emploie.
- La laine désuintée, encore humide, est, après un rinçage soigné, passée par un bain préparé comme il suit :
- Dans une cuve de bois chauffée à la vapeur et remplie de la quantité d’eau nécessaire pour couvrir la laine, on dissout 3 kilog. d’un sel oxydant qui puisse fournir à la laine désoxydée la quantité d’oxygène dont elleja été dépouillée. Ce sel oxydant peut être du salpêtre, du nitrate de soude, du nitrate d’ammoniaque, ou du chlorate de potasse, etc. Là température est portée à 70° C.
- On passe dans ce bain les 75 kilogram. de laine désuintée provenant des 100 kilogram. de laine en toison, en agitant de temps à autre le bain ; puis on place la laine dans un hydro-extracteur qui chasse tout l’excès de l’eau, et on fait sécher à la manière ordinaire. On peut passer successivement d’autres quantités de laine en ayant soin d’ajouter un kilogramme de sel oxydant avant chaque immersion de 75 kilogram. de laine.
- La laine de qualité inférieure ou qui renferme beaucoup de laine morte, exige qu’on la laisse plus longtemps dans le bain ; la pratique, du reste, apprend à proportionner le temps et la qualité.
- Dans ce bain, le savon terreux est décomposé, même dans les interstices les plus serrés et entre les recouvrements des imbrifications du brin ; il se forme à sa place un sel soluble aux dépens de l’acide du sel oxydant, en même temps que l’alcali de ce dernier s’unit à l’acide organique du savon ou du suint pour constituer un autre sel soluble, de façon que la matière étrangère, pour être totalement éliminée, ne demande plus qu’un lavage soigné.
- Les extrémités des mèches ou laines mortes, après le passage dans le bain, prennent généralement la teinture aussi bien que la laine vivante ou naturelle.
- La laine qu’on veut teindre n’a pas besoin, en sortant du bain oxydant, d’être soumise à sa dessication ; il suffit d’en extraire l’eau et de la laisser égoutter toute la nuit.
- (A suivre).
- MACHINE A IMPRIMER les fils en plusieurs couleurs de C.-F. Schwendy.
- Avec la machine employée jusqu’ici pour imprimer les fils de laine et autres on pouvait bien obtenir l’impression en une seule couleur et l’impression en deux couleurs superposées, mais il n’était pas possible de produire des dessins rapportés à deux couleurs. La machine à imprimer les fils à une couleur, en usage jusqu’à ce jour, se compose de deux cylindres imprimeurs portant le dessin en creux et des rouleaux d’impression, qui
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- transportent la couleur du bac sur les cylindres imprimeurs. Les fils sont placés sur des bobines et conduits sous forme de ruban entre les cylindres imprimeurs, puis passent isolément à travers des œillets et sont dirigés sur un aspe qui réforme les écheveaux.
- La nouvelle machine construite par M. Schwendy, de Berlin, est une combinaison de deux machines à imprimer en une seule couleur, placées l'une au-dessus de l’autre. La machine supérieure est mise en mouvement au moyen d’une manivelle et son mouvement est transmis par des roues d’engrenage, au système de cylindres de la machine inférieure. Les cylindres imprimeurs inférieurs qui donnent la seconde couleur ont exactement le même diamètre et font le même nombre de tours que les cylindres supérieurs qui donnent la première couleur. Avant d’atteindre les cylindres imprimeurs profondément gravés, les fils passent à travers un peigne et entre les dents qui sont fixées sur une planche, puis ensuite entre les cylindres étireurs garnis de drap ou de feutre. Ces derniers reçoivent leur mouvement à l’aide d’une transmission par engrenages, des cylindres imprimeurs supérieurs qui tournent un peu plus vite et auxquels les fils sont amenés, juxtaposés et tendus. Les fils arrivent ensuite sans se tordre et en restant toujours tendus entre les cylindres imprimeurs inférieurs où ils reçoivent la seconde couleur ; puis ils descendent entre les cylindres, mis en mouvement du dessus à l’aide de poulies et d’une courroie et vont enfin s’enrouler sur un aspe.
- Les cylindres imprimeurs reçoivent leur couleur de rouleaux en bois recouverts de drap ou de feutre et qui la prennent eux-mêmes dans les bacs et reçoivent dans ces derniers un mouvement de rotation indépendant de celui des cylindres imprimeurs au moyen de roues d’engrenage.
- (Dingler's Polytechnische Journal}.
- BLEU D’INDIGO
- M. Baeyer indique les recettes suivantes pour préparer le bleu d’indigo :
- 1° On prend du chlorure d’isatine, obtenu en chauffant ensemble au bain-marie 5 grammes d’isatine, 6 ou 7 grammes pentachlorure de phosphore et 8 10 grammes de benzol sec. On additionne le
- chlorure d’isatine d’un peu de poussière de zinc, on le met dans du vinaigre et on agite.
- La liqueur, teinte d’abord en brun, se décolore rapidement. On filtre et on abandonne au repos pendant vingt-quatre heures. Pendant ce temps, la liqueur passe au vert, puis au violet, tandis que de beaux cristaux de bleu d’indigo se déposent au fond du vase. On les sépare de l’eau-mère qui renferme de l’indigo purpurine;
- 2° On peut augmenter notablement le rendement de la couleur en suivant la méthode que voici :
- On prépare une solution d’acide iodhydrique dans le vinaigre et on arrose le chlorure d’isatine. Le chlorure est transformé en bleu sous un vif dégagement d’iode.
- Dans les deux procédés de bleu, le produit obtenu est lavé dans l’eau, l’alcool et l’éther.
- L’indigo purpurine est isomérique avec le bleu d’indigo et identique à la substance que Baeyer et Emmerling ont retirée de l’isatine en le traitant par le chlorure d’acétyle, le bichlorure de «phosphore et le phosphore pur.
- Le pourpre d’indigo se comporte en général comme le bleu, il se sublime avec formation de magnifiques vapeurs pourpres et donne, comme le bleu, une couleur tinctoriale. Il est plus réfractaire aux agents d’oxydation que le bleu. Par le premier des deux procédés rapportés ci-dessus (réduction par la poussière de zinc), on obtient avec le chlorure d’isatine 50 pour 100 de couleur bleue, qui généralement renferme beaucoup de purpurine.
- Plusieurs autres corps ont été traités par M. Baeyer comme l’isatine, c’est-à-dire le pentachlorure de phosphore. L’oxindol passe, dans ce cas, en chlorure de chloroxindol, qui est un composé très stable et dont on peut retirer de l’indol en le chauffant avec la poussière de zinc. Par réduction avec l’acide iodhydrique on n’obtient pas d’indol, mais une autre substance que M. Baeyer appelle le rétinindol et qui d’ailleurs possède presque toutes les réactions caractéristiques de l’indol et se change même en ce corps par la distillation sèche.
- Lu fait très remarquable, c’est que par sa constitution et par sa réaction colorante (rouge par l’acide nitrique) elle présente la plus grande ressemblance avec un produit de réduction de la qui-naline, qui a été obtenu par Kœnigs dans le laboratoire de M. Baeyer.
- De ce fait et de plusieurs autres semblables ob-
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- servés par lui, M. Baeyer conclut qu’il doit exister une relation entre le groupe des quinines et des indigos.
- (Berichte der deutschen chemischen Gesellschaft.}
- PROCÉDÉ D'ÉPAILLAGE CHIMIQUE DES TISSUS EN LAINE PEIGNÉE ET CARDÉE.
- Par M. Prottier.
- L’inventeur s’exprime ainsi : L’épaillage des tissus a pour but de désagréger, d’incinérer et d’éliminer les matières végétales quise trouvent mélangées à lalaine que l’on soumet au filage et au tissage.
- L’épaillage chimique n’a été appliqué jusqu’à ce jour qu’aux déchets de laine, avant le cardage, ou bien aux tissus en laine cardée, fabriqués avec des blousses c’est-à-dire des déchets de peignage.
- Le procédé d'épaillage dont on se sert d’habitude est fort compliqué. Il consiste dans un trempage des tissus dans un bain d’acide sulfurique ou chlorhydrique suivi d’une dessication superficielle entre des couvertures de laine et d’un essorage, et finalement d’une dessication au moyen d’appareils divers, d’abord à 40 centigrades et finalement à 100° centigrades.
- Les pailles, chardons etc., ainsi carbonisés dans le tissu en sont ensuite séparés au moyen de diverses machines.
- Les tissus ainsi préparés retiennent naturellement de l’acide, que l’on élimine aussi bien que possible au moyen de divers lavages.
- Les tissus désacidulés sont ensuite lissés et mis en foulerie pour être teints.
- Par suite de la grande durée et du prix élevé de ces diverses opérations, on n’a pu jusqu’ici appliquer l’épaillage chimique aux tissus de laine peignée, les matières étrangères à éliminer ne se trouvant pas en aussi grande quantité dans ces tissus que dans ceux précédemment mentionnés ; le procédé connu d’épaillage aurait trop d’inconvénients et reviendrait trop cher.
- Cependant l’épaillage chimique serait aussi utile pour les tissus en laine peignée que pour ceux en laine cardée, attendu que les pièces épaillées chimiquement ne nécessitent plus les opérations coûteuses de rentrage et de reprisage.
- Le procédé d’épaillage chimique inventé par
- M. Prottier permet d’opérer l’épaillage sur les deux laines avec les conditions de la plus stricte économie.
- La laine traitée par ce procédé ne retient pas d’acide et les pailles disparaissent avant le dégraissage ; les fils de trame auront repris leur place naturelle, ce qui évite le rentrage et le reprisage, avantage très sérieux pour le fabricant et le teinturier.
- Ce procédé consiste à imprégner les matières végétales, contenues dans les tissus neufs, de vapeurs chlorhydriques ou de toute autre vapeur acide ayant le même pouvoir, sans mouiller les tissus, et de les faire passer, immédiatement après ce traitement d’une durée très courte, dans les appareils destinés au grillage, c’est-à-dire donnant la tem-. pérature nécessaire à la carbonisation des matières végétales imprégnées et désagrégées par ce procédé. La brosse du grilleur et les opérations qui suivent font complètement disparaître les matières végétales désagrégées et carbonisées.
- Les pièces en laine peignée à l’état écru, nécessitant le grillage, sont toujours traitées de cette façon. Mais si la pièce n’a pas besoin d’être grillée à la flamme on l’exposera, immédiatement après l’avoir soumise à l’action des vapeurs sèches d’acide chlorhydrique, dans une étuve ou dans un appareil quelconque, à température élevée.
- L’appareil permettant la réalisation de ce procédé se compose des organes suivants :
- Un cylindre creux en cuivre ou en tôle plombé ou nickelé, chauffé à la vapeur placée en dehors de la boîte au-dessus du centre de l’extrémité supérieure. Ce cylindre sert aussi à guider le tissu qui chemine à travers la boîte et à empêcher la condensation de la vapeur sur le tissu qui s’y enroule.
- Le tissu à imprégner placé au-dessous de la boîte y entre par une ouverture ménagée dans ce but à la gauche du serpentin centra), et filant tout droit ; il en sort par une ouverture située à la partie supérieure, pour s’enrouler autour du cylindre à vapeur, servant de guide à ce tissu ; ce cylindre le fait sortir par une ouverture à gauche et le fait rentrer dans la boîte par une ouverture à droite.
- Par cette combinaison le tissu traverse les vapeurs acides une seconde fois, mais en sens inverse de haut en bas pour en sortir par une ouverture correspondante. De cette façon l’imprégnation du tissu se fait deux fois, ce qui rend le résultat plus certain.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- En sortant de la boîte à vapeurs acides, le tissu se rend dans les appareils connus servant à la carbonisation des matières végétales désagrégées par le procédé que nous décrivons.
- Le tissu enroulé par des rouleaux d’entraînement est guidé dans sa course par des rouleaux directeurs.
- L’excès de vapeurs acides sort de la boîte par une ouverture convenable ménagée à cet effet et se rend dans une cheminée ou dans un condensateur.
- L’acide qui paraît préférable pour cet usage c’est l’acide chlorhydrique du commerce, concentré.
- Pour le transformer en vapeur, M. Bottier se sert d’un ballon de verre à degrés ou d’une bonbonne qui reçoit l’acide ; il est muni de deux tubulures, l’une de dégagement des vapeurs, l’autre d’alimentation servant à déverser l’acide au fur et à mesure de sa consommation.
- Le vase est chauffé soit au gaz ou la vapeur soit au bain de sable ou au bain-marie.
- DÉPÔT DES MARQUES
- DE FABRIQUE FRANÇAISES EN RUSSIE
- En vertu d’un arrangement intervenu entre les gouvernements français et russe, une modification a été apportée aux règles suivies jusqu’à ce jour pour le dépôt des marques de fabrique. Les industriels français qui voulaient opérer en Russie le dépôt de leurs marques étaient tenus de se faire délivrer par le greffe des tribunaux de commerce un certificat attestant que les marques en question avaient été admises en France au dépôt légal. Dorénavant cette attestation devra être délivrée par le ministre de l’agriculture et du commerce. En outre, cette attestation devra être légalisée à l’ambassade russe, à Paris.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVEENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TECTILES
- Année 1878.
- Société de Montagnac et Fils. 2 mai. — B. 119,125. — Moyens de donner aux étoffes refoulées l’aspect de la peau.
- Delporte. 15 mai. — B. 123,050. — Nouveau genre de tissu.
- Lebouteux. 6 mai. — B. 123,654. — Procédé de décoloration et de blanchiment de toutes sortes de soies.
- Société Pierrard Parfaite et Fils. 7 mai. — B. 110,779. — Système de chariot métallique avec commande de l’arbre transmettant la vitesse aux broches.
- Mollière. 13 mai. — B. 123,028. — Perfectionnements dans la fabrication des tissus analogues à celui dit : Moustiquaire.
- Bourg. 16 mai. —B. 118,897. —Brocheur permettant de tisser le double de pièces.
- Berenger. 16 mai. — B. 119,527. — Destruction des matières étrangères dans la laine brute ou travaillée.
- Delporte. 14 juin. — B. 123,050. — Nouveau genre de tissu.
- Société Alfred Chalamel et Cio. 3 juin. — B. 120,962. — Appareil à chaîne pour la teinture, à réserves, des laines et autres matières filamenteuses.
- CESSION DE LABORATOIRE
- A CÉDER
- UN LABORATOIRE DE CHIMIE
- {Agencement, Matériel et Produits)
- Matériel très-complet pour recherches et analyses organiques.
- Produits de toute nature; spécialement matières colorantes naturelles et artificielles ; matières première.
- S'adresser^ 51, rue d'Assas, à Paris.
- Très-bonne Rameuse pour draps en parfait état et presque neuve (système Tulpin frères).— Tambour de 3m90. — Emplacement : longueur, 6m85 ; largeur, 5m55 ; hauteur, 4m60, y compris le service de la machine.—Longueur de chaque chaîne, 16m65. — Largeur du travail : 0^85 à lm50.—Production : 100 à 120m à l’heure. — Prix : 3,500 fr. — S'adresser à M. Chiffrât, à Maromme, où on peut la voir fonctionner.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 23 Année, No 24. et de l’impression des tissus 20 Décembre1879.
- SOMMAIRE
- Avis. — Chronique. — Blanchiment au large des moleskines et autres tissus épais par A. SGHULTZ (suite). — La théorie des couleurs appliquées à l’art et à l’industrie par M. W. de BEZOLD. — Matières colorantes peu coûteuses remplaçant le bois jaune de Cuba, le bois jaune fustel et le quercitron.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes par M. VANNUGGIO-VANNUGGINI. — Impression des tissus (échantillons.) — Chiffonnage : Teinture des popelines. — Prune sur laine. — Bleu marine sur laine. — Teinture des laines et lainages {suite) : Bleus de France. — Ponceau sur laine et coton : Anciens et nouveaux procédés. — Bleus solubles pour coton : 6 procédés. — Teinture de la laine en toison (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Teinture des fourrures avec réserve blanche.—Blanchiment des plumes.
- AVIS
- Nous prions les abonnés dont l’abonnement expire avec le présent numéro, et qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés pour l’année 1880, de nous prévenir par lettre ou de refuser le numéro du 5 janvier prochain en mentionnant leur refus sur la bande.
- Nous prévenons également les personnes qui auront renouvelé leur abonnement, soit en ne refusant pas le numéro du 5 janvier 1880, soit en nous donnant avis, et qui ne nous auront pas réglé directement, que notre quittance de fr. 15,50 pour les départements, et de fr. 20-50 pour l’étranger, leur sera présentée dans la dernière quinzaine du mois de janvier prochain (1),
- CHRONIQUE
- Avant de terminer l’année nous devons à nos lecteurs quelques explications sur la question du noir d’aniline, question qui a occupé une trop grande place dans le Moniteur de la Teinture.
- Le numéro du 5 octobre dernier contenait un extrait des deux sommations par huissier que nous avait adressées M. Grawitz;ces sommations ont été suivies d’une assignation au tribunal de Commerce de la Seine, par laquelle on nous demandait 10,000 francs de dommages-intérêts pour avoir laissé publier sous le voile de
- (1) Les 50 centimes d’augmentation sur le prix de l’abonnement représentent moitié des frais d’encaissement de la quittance.
- l’anonyme des articles qui contestaient à M. Gra-witz les résultats par lui obtenus par le procédé pour lequel il est breveté, le tout évidemment dans le but de nuire à ses intérêts.
- M. Grawitza reçu de l’abonné (par huissier) la signification de son nom et de son adresse, en même temps que la sommation d’avoir à exécuter son impression de noir d’aniline, dans un atelier d’impression (désigné) en présence d’un expert (désigné) offrant de déposer les 10,000 fr. du défi chez un notaire ou un banquier désigné par M. Grawitz à son arrivée dans la ville où devrait se faire l’expérience. Le délai accordé à M. Grawitz pour l’exécution de cette impression était très raisonnable, il finissait le 5 novembre dernier. M. Grawitz a fait défaut.
- C’est également un jugement par défaut contre lui que le Tribunal a rendu le 16 courant, dans sa demande en 10,000 francs de dommages-intérêts, après que l’affaire avait été remise de quinzaine en quinzaine depuis le commencement du mois d’octobre dernier.
- Nous nous contentons d’exposer les faits, sans les faire suivre d’aucune appréciation.
- P. B.
- BLANCHIMENT AU LARGE DES MOLESKINES ET AUTRES TISSUS ÉPAIS Par Alex. SCHULTZ.
- — Suite —
- Les tissus lourds, épais et façonnés, ne peuvent pas, comme les tissus légers, passer en boyeaux
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- par les clapots et les squizzer, le blanchiment continu ne peut être employé pour ces tissus, dont la variété augmente de jour en jour, la circulation de la lessive se ferait mal et inégalement, son action ainsi que celle du chlore et des acides serait incomplète et inégale, les tissus seraient éraillés, le grain et les dessins déformés et la toile perdrait sa belle apparence ; pour obtenir des résultats parfaits, les travail au large est aussi indispensable pour les nouveaux tissus lourds que le traitement par les rames pour les tissus légers.
- Les pièces venant du flambage et encore mouillées, passent en lait de chaux.
- 9 kilog. chaux vive.
- 300 litres eau, pour 40 à 45 pièces.
- Les pièces sont foulardées dans ce lait de chaux au moyen d’un foulard monté sur une cuve à roulettes qui dessert les quatre cuves.
- Le lait de chaux est enfermé dans un bac muni d’un tuyau de dégagement qui alimente le foulard d’une manière continue.
- La pièce, au sortir du foulard, passe sur un cylindre d’appel dont on peut renverser le mouvement de manière à conduire les pièces dans la cuve ou à les en faire sortir.
- La cuve a 2 mètres de diamètre et 2 mètres de profondeur, plus un double fond dans lequel arrive la vapeur amenée par un tuyau de cuivre contenu dans un large canal de bois.
- Cette vapeur fait monter constamment le bain à la surface des pièces.
- Celles-ci sont entassées dans la cuve au nombre de quarante environ, on les couvre de lattes, maintenues par deux barres de fer assujeties elles-mêmes avec des solives.
- On remplit d’eau jusqu’à 15 centimètres du bord, l’eau de condensation achève de remplir.
- La cuisson au lait de chaux dure 15 heures, puis on laisse écouler le bain et on rafraîchit en remplissant la cuve d’eau une fois.
- On sort les pièces et on les lave au large»
- Puis on acide dans une cuve carrée en bois, Contenant trois roulettes suivies de rouleaux expresseurs et suivis de grandes cages à claire-voie, où les pièces sont pliées et entassées mécaniquement.
- Le bain acide comprend 300 litres eau et une bombonne d’acide muriatique à 22° B. de 65 à 70 litres. Le passage en acide muriatique se fait, comme toujours, à froid.
- A côté de la cuve est placé un bac de même capacité, contenant le même bain et servant à restaurer, au moyen d’un robinet, à mesure qu’elle se vide. Le passage se fait très rapidement en 5 minutes d’immersion au plus.
- Après l’acidage, les pièces restent entassées trois heures dans les cages (souvent moins, selon l’action de l'acide.)
- On lave deux fois, puis on en cuve pour le savon de colophane. Cette opération est menée de la manière suivante :
- Quand les pièces sont entassées dans les cuves, on les remplit d’eau et on ajoute :
- 40 kilog. cristaux de soude. On fait cuire 5 heures, on introduit alors le savon de colophane tout chaud, préparé avec :
- 9 kilog. colophane.
- 20 » cristaux de soude.
- Dix-huit heures de cuisson. Lavage et chlorage.
- Le passage en chlorure de chaux s’opère dans une machine exactement semblable à la machine à acider, le bain est composé de :
- 300 litres eau.
- 20 » chlorure de chaux à 8° B.
- Alimentation disposée comme pour l’acidage.
- Après ce passage, les pièces peuvent être entassées 6 heures, 3 heures suffisent.
- On lave une fois et un passage en acide, puis comme la première fois. Cette fois les pièces restent entassées 1 heure à 1 1/2 heures, puis elles sont lavées une fois.
- Alors on les tire au large pour les examiner.
- Pour neutraliser entièrement l’acide qui peut encore se trouver dans les pièces, on les passe en soude en prenant 800 litres eau pour 4 ou 5 kilog. cristaux de soude.
- Ce passage en soude se fait à 60° de chaleur.
- On alimente ce bain avec 1 à 1 1/2 kilog.de cristaux de soude par charretée de pièces (quatorze pièces), .
- Quand l’eau du bain devient sale et trouble, on vide la cuve.
- On lave deux fois à la machine à laver au large, on exprime au large au moyen d’un foulard et on sèche au Tulpin (machine à sécher, à cylindrer.)
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdite sans l’autorisation de l’auteur.
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- LA THÉORIE DES COULEURS
- Appliquée à l’Art et à l’Industrie.
- La Théorie des couleurs de M. W. de Bezold, professeur de physique à l’école polytechnique de Munich, est un livre populaire, destiné principalement aux artistes, comme à tous ceux qui culti-ven t les arts industriels. L’édition américaine, que nous avons sous les yeux, a été revue et augmentée par l’auteur, et enrichie de notes par M. Picke-ring.
- Dans les premiers chapitres, M. de Bezold résume ce que nous savons des causes du phénomène des couleurs ; on y trouve donc l’explication des couleurs naturelles des corps, les lois du mélange des couleurs, celles du contraste simultané ou successif, etc. Puis l’auteur fait l'application de ces principes aux arts décoratifs et à la peinture. C’est surtout dans cette dernière partie du volume que l’on rencontre des aperçus neufs et intéressants. Je n’essaierai pas d’analyser le livre, mais je voudrais en extraire quelques remarques qui m’ont frappé à la lecture.
- Tout le monde sait aujourd’hui que le mélange des matières colorées est loin de donner les mêmes résultats que le mélange des couleurs, que l’on peut opérer de différentes manières par la superposition des images que reçoit la rétine. En effet, dans ce dernier cas, la sensation produite résulte de la somme des impressions lumineuses provoquées séparément par chacune des couleurs qu’on emploie. Dans le cas du mélange de deux matières colorées, au contraire, l’impression finale est le résultat de deux absorptions ou soustractions successives que les deux pigments ont fait subir à la lumière blanche. Ainsi, la gomme-gutte paraît jaune parce qu’elle élimine du spectre le bleu et le violet, tandis que le bleu de Prusse paraît bleu parce qu’il absorbe surtout le rouge t l’orangé. Il s’ensuit qu’un mélange de gomme-gutte et de bleu de Prusse absorbera les deux extrémités du spectre et ne laissera intacte que la partie moyenne, de sorte que le résultat sera une teinte verte. Au contraire, la superposition directe du jaune et du bleu donne du blanc (ou du moins un gris assez clair). C’est ainsi qu’on obtient du blanc par le mélange des couleurs complémentaires suivantes :
- Pourpre........................- Vert.
- Ronge ..uvanotg.ogonounutcattsnyanu.n Vert-bleu,
- Orangé, ..................... Bleu.
- Jaune................. Outremer.
- Jaune-vert .................- Violet.
- J’appelle ici simplement bleu le bleu clair que M. Helmholz appelle bleu cyanique, et M. Bezold, bleu turquoise ; de même, j’appelle outremer, avec M. Bezold, le bleu foncé que les physiciens désignent improprement sous le nom d'indigo. Le pourpre est la couleur qu’on obtient par le mélange du rouge et du violet : elle n’existe pas dans le spectre solaire ; mélangée de blanc, elle donne des tons roses.
- Le rouge, dont la couleur complémentaire est le bleu verdâtre, donne, avec le bleu d’outremer, un rose foncé ; avec le bleu clair, un rose blanchâtre ; avec le vert bleu, du blanc ; avec le vert, un jaune blanchâtre -, avec le jaune-vert, du jaune d’or, et avec le jaune, de l’orangé. On obtient encore un rose blanchâtre par le mélange de l’orangé et du bleu d’outremer, ou bien du jaune et du violet. Mais la nuance résultante varie beaucoup, selon la proportion dans laquelle on mêle les deux couleurs élémentaires. Dans quelques cas, le mélange des couleurs donne le même résultat que les mélanges des matières colorées correspondantes, mais, en général, le résultat est différent.
- On ne saurait donc prendre pour base d’une théorie rationnelle les résultats obtenus avec des mélanges de pigments, ou avec des combinaisons transparentes de verres de couleurs ou de liquides colorés. Une expérience curieuse, due à M. Strut, peut servir à mettre en lumière ces principes. Si l’on regarde une surface blanche à travers une solution jaune de bichromate de potasse et une solution bleue de tournesol, placées l’une derrière l’autre, la surface blanche paraît, non pas verte, mais jaune. Et pourtant la lumière, ainsi tamisée par les deux solutions, ne renferme pas de rayons jaunes l’analyse prismatique montre qu’elle ne contient que du rouge et du vert, tansdis qu’à la place du jaune, il y a une large bande noire. C’est le mélange de rouge et de vert qui produit ici une teinte jaune. Si nous remplaçons la teinture de tournesol par le sulfate de cuivre, la solution bleue et la solution jaune donneront ensemble du vert. Ces exemples prouvent combien il est difficile de prévoir l’effet que donnera le mélange de deux pigments, ou de deviner à première vue de quoi se compose une couleur naturelle.
- On comprendra aussi, maintenant, pourquoi les
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- équivalents chromatiques de Field n’ont aucune valeur. D’après Field, les couleurs qu’on emploie dans l’ornementation doivent être choisies et distribuées de manière que l’ensemble, vu de loin, se confonde dans une teinte grise (1). Les équivalents chromatiques sont censés indiquer les proportions dans lesquelles il faut employer les couleurs usuelles pour que le mélange donne un gris neutre. Mais Field les a déterminées à l’aide de solutions colorées, et nous avons vu que cette méthode ne saurait conduire à des résultats exacts. En effet, les proportions conseillées par Field ne donnent nullement du gris lorsqu’on les suit dans l’exécution d’un dessin. Ajoutons que, d’après M, Bezold, le principe même d’où il part est faux, car les plus belles toiles des grands peintres, comme les ornements les plus admirés, ne revêtent pas une teinte grise lorsqu’on les regarde de loin ; au contraire, ils présentent alors une teinte caractéristique ou couleur dominante. Pour ne citer qu’un exemple à l’appui, on connaît les effets que certains peintres modernes ont réalisés avec leurs « symphonies en bleu majeur », ou leurs « variations jaunes ».
- Les lois du mélange des couleurs conduisent immédiatement à la classification des couleurs. On sait que les couleurs spectrales sont très loin d’épuiser les nuances que l’on rencontre dans la nature (les Romains en avaient, dit-on, 30,000 dans leurs mosaïque). Mais l’on peut arriver à représenter toutes les nuances possibles par des mélanges, et en ajoutant du noir ou du blanc.
- On sait que M. Chevreul a tenté de mettre de l’ordre dans le chaos des couleurs usuelles par la construction de son cercle chromatique. On commence par distribuer, sur une circonférence, les couleurs franches, représentées par soixante-douze nuances, dérivées de trois couleurs principales (rouge, jaune, bleu), entre lesquelles se placent d’abord l’orangé, le vert et le violet, puis les nuances intermédiaires obtenues par le mélange des couleurs voisines, en proportions diverses. A chaque nuance, on peut maintenant donner une infinité de tons,
- (1) On a voulu justifier cette règle en disant que la prédominance d’une couleur particulière a pour effet d’émousser la sensibilité de la rétine pour cette couleur et de provoquer la sensation de la couleur complémentaire ; si le rouge prédomine, nous ait-on, l'œil finira par voir vert, et tout semblera faux. Mais M. de Bazold n’admet pas ce raisonnement.
- soit en l’éclaircissant avec du blanc, soit en la rabattant avec du noir. Le mélange avec du blanc affaiblit ou baisse le ton. Le mélange avec du noir le fonce et l’élève. M. Chevreul adopte, pour chaque nuance, une gamme de vingt tons, dépuis le blanc pur jusqu’au noir. Il place au centre du cercle chromatique le blanc et à la circonférence le noir ; les tons successifs sont délimités par vingt circonférences concentriques dont la dixième, à partir du centre, porte les couleurs franches. Le cercle chromatique comprend donc soixante-douze secteurs divisés chacun en vingt cases qui représentent les vingt tons d’une nuance donnée ; cela forme un ensemble de 1440 couleurs.
- A suivre.
- MATIÈRES COLORANTES
- PEU COUTEUSES
- remplaçant le bois jaune de Cuba, le bois jaune fustet et le quercitron.
- Par Hugo Soderstrom
- (Extrait de la Deutscht Wolltn Gewerbe).
- On accorde généralement peu d’attention à certaines plantes qui pourraient très bien servir à fabriquer économiquement diverses couleurs ; cette indifférence provient, en partie, de l’opinion admise sans aucune preuve que les matières colorantes indigènes ne donnent pas des nuances aussi brillantes et aussi vives que les matières exotiques et, en partie, de la force de l’habitude, qui fait que les teinturiers répugnent à essayer de nouveaux produits.
- Beaucoup de matières colorantes étrangères ne pourraient, en effet, être remplacées : telles sont, par exemple, le bois de campêche, l’indigo et la cochenille, si on fait abstraction de certaines matières colorantes organiques artificielles. Mais d’un autre côté, nos plantes indigènes peuvent très bien remplacer certains principes colorants exotiques, tels que le bois jaune de Cuba, le fustet et le quercitron, lesquels produisent des couleurs jaunes. Le règne végétal fournit précisément dans notre climat un très grand nombre de plantes qui contiennent des matières colorantes jaunes, beaucoup sont des produits primitifs de notre sol et d’autres ont été acclimatées dans nos contrées. Parmi ces plantes susceptibles de remplacer le bois jaune de
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Cuba, le fustet et le quercitron, nous citerons tout d’abord la gaude, la sarrette et le genêt; viennent ensuite le bois de mûrier et d’acacia, les feuilles de poirier séchées, l’écorce de chêne, l’écorce et les jeunes pousses de peuplier, les racines d’oseille, les feuilles de la grande ortie, les baies de genévrier, etc.
- La gaude possède une tige droite d’environ 0m,50 de hauteur et on la rencontre aussi bien à l’état sauvage que cultivée ; dans ce dernier état, elle présente une tige plus courte et plus grosse. La gaude ne devient jaune qu’après avoir été séchée; on la coupe lorsqu’elle commence à arriver à maturité, puis on la sèche et on la met en bottes. Toutes les parties de la plante, à l’exception des racines, qui ne donnent pas une couleur pure, peuvent être utilisées pour teindre en jaune la laine, la soie, le coton et le lin ; la matière colorante contenue dans la plante et qui a été isolée par Chevreul et appelée lutéaline, donne une nuance dont la solidité n’est dépassée par aucune autre matière colorante végétale et qui est un peu plus verdâtre que celles produites par le bois de Cuba ou par le fustet.
- Afin de dissoudre le principe colorant de la gaude, on chauffe celle-ci dans de l’eau pendant trois quarts d’heure à une heure et l’on obtient ainsi une solution d’un jaune brunâtre passant au verdâtre quand on le dilue fortement. La gaude se rencontre aujourd’hui assez rarement dans le commerce-, cependant on la trouve souvent falsifiée à l’aide du réséda jaune ou de la gaude d’Angleterre; la meilleure qualité vient de la France; les plantes du midi de l’Allemagne et de l’Autriche sont d’une qualité inférieure.
- La gaude s’emploie actuellement beaucoup moins qu’autrefois dans la teinture des laines, ce qui provient de ce qu’on la cultive moins et de ce qu’elle donne des nuances verdâtres qui nécessitent l’emploi de principes colorants rouges lorsqu’on veut obtenir un jaune parfait. Pour teindre la laine, soit en fils, soit en pièces, au moyen de la gaude, le mieux est de procéder de la façon suivante : On remplit une chaudière en cuivre d’eau pure; lorsque le liquide est bouillant, on y ajoute de l’alun et du tartre, qu’on laisse bien dissoudre ; puis on y plonge les objets à teindre et on fait bouillir pendant une heure et demie. On prépare ensuite un bain de teinture en ajoutant de l’eau bouillante dans une chaudière en cuivre la quantité voulue de
- gaude, en faisant bouillir pendant une heure et demie, puis en retirant la plante à l’aide d’un râteau ou d’une fourche. Le produit décreusé est plongé dans ce bain; on laisse bouillir pendant une heure environ puis on ajoute une petite quantité de solution d’étain et on fait encore bouillir pendant un certain temps, après quoi l’opération est terminée.
- Par 100 parties de laine, il faut, pour obtenir un jaune moyen vif : 24 parties d’alun, 12 parties de tartre cristallisé, 150 parties de gaude et 1/2 partie de chlorure d’étain ; pour les nuances plus claires, on emploie moins de gaude et d’étain. On peut obtenir très facilement les tons les plus variés en faisant passer l’étoffe dans un autre bain; ainsi, par exemple, en employant un bain de garance plus ou moins fort, on obtient une magnifique nuance jaune d’or.
- En faisant passer les pièces dans un bain de fer très léger, on produit des teintes olives : ce bain se prépare simplement en dissolvant à chaud du sulfate ferreux dans l’eau pure. Si l’on ajoute au bain de fer du bois de campêche ou de l’orseille, on obtient toutes les nuances. On peut procéder avec la gaude comme avec le bois jaune de Cuba, mais la teinte jaune obtenue n’est pas à beaucoup près, aussi belle et on consomme une plus grande quantité de matière colorante.
- A suivre.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Lavage de l’autruche, vautour, etc.
- Ces plumes sont toujours réunies en filets plus ou moins longs à l’aide d’une ficelle qui relie les plumes seules ou les piquets entre eux. On fait des trempages dans le savon et des frottages sur la planche à cran comme pour le petit vautour. Quand la saleté est bien ramollie on finit de la retirer de sur les côtes et les duvets à l’aide d’une brosse en chiendent ; on étale le filet sur
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- une planche plate et on brosse piquet par piquet. Cette opération doit être faite seulement après un trempage suffisant pour ne pas arracher le duvet avec la saleté. Même pour les plumes de valeur, comme les amazones ou des bouts de queues coiffés, on supprime le brossage. Souvent, pour de la plume très sale, crottée, on active le nettoyage en battant, entre les trempages, les filets sur des battoirs en bois.
- Certaines plumes d’autruche ne paraissent pas sales à l’apparence, mais une fois savonnées et trempées dégorgent beaucoup d’impuretés; il faudra donc les laisser tremper jusqu’à ce que l’eau de savon reste propre et que la plume, frottée fortement sur une planche, ne dégorge plus.
- Quelquefois, et surtout lorsqu’il s’agit de teindre en noir, on ne regarde pas de si près au nettoyage ; c’est cependant un tort car cela peut avoir de très graves conséquences, comme j’ai eu lieu de dire plus haut ; en effet, non-seulement la teinture ne deviendra pas brillante, et le duvet ne reviendra pas, mais celui-ci pourra être totalement brûlé aux endroits où se trouve la crasse ; et comme on sait qu’il y a de l’autruche qui coûte 800 et 900 francs le kilogramme, on voit de suite de quelle perte considérable ce manque de soin peut être cause.
- Passage à l’acide.
- Une fois que les plumes ont été savonnées et rincées on les passe à la teinture ou bien on les laisse telles quelles, si elles sont destinées à un simple nettoyage. Dans ce cas, avant de les essorer et les sécher, on les passe à l’acide, soit acide sulfurique, soit au sel d’oseille (oxalate acide de potasse).
- Le passage à l’acide a plusieurs buts : En neutralisant l’alcalinité qui reste encore à la plume, il lui permet de mieux revenir ; ensuite il ôte à la plume la teinte jaunâtre que le savon et le carbonate lui avaient fait prendre ; pour ce dernier le sel d’oseille
- vaut bien mieux que l’acide sulfurique. La quantité d’acide sulfurique ou de sel d’oseille qu’on emploie dans cette opération est toujours minime; la température de l’eau doit être presque toujours assez forte, environ 60°. On y laisse la plume dix minutes ou un quart d’heure pour lui laisser le temps de se pénétrer de l’eau acidulée. Lorsqu’il s’agit d’autruche, en forçant plus ou moins en sel d’oseille, on rend le duvet plus ou moins dur; quand on veut un duvet soutenu on force le sel ; quant, au contraire, on le veut doux et souple, on donne très peu ou pas du tout de sel d’oseille. Quelquefois aussi, pour donner du duvet à la plume d’autruche qui en a peu, pour l’ouvrir, le gonfler, on passe légèrement la plume à la cendre gravelée; il faut cependant ne pas abuser de ce produit qui attaque toujours plus ou moins le duvet.
- Passage à l’amidon.
- La plume lisse, le vautour de peu de valeur, la grise et la blonde destinés pour plumeaux, sont essorés et séchés après le passage à l’acide. Pour de la plume d’autruche et en général pour les lavages plus soignés, on passe à l’amidon. On délaie de l’amidon dans l’eau froide légèrement acidulée et on y passe les filets en les ouvrant, les remuant pour que l’eau d’amidon les pénètre partout ; cela fait, on essore et on sèche en tapant sur des battoirs en bois pour faire sortir l’amidon. L’amidon tient ainsi écartés les duvets et leur permet de s’ouvrir et s’étaler ; cette opération est très importante surtout pour l’autruche. Pour le vautour, qui possède des duvets très fins et peu fournis, on emploie très peu d’amidon, juste la quantité nécessaire pour donner à l’eau une apparence opaline. Pour l’autruche, on fait des eaux d’amidon d’autant plus épaisses que la plume a plus de difficulté à revenir. L’amidon donne toujours à la plume un moelleux plus grand et une certaine blancheur.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 29 G CO
- PROCÉDÉS DE TEINTURE
- TEINTURES UNIES.
- Je classerai les procédés de teinture des plumes suivant les différentes espèces de plumes et pour chaque espèce suivant le genre de couleur. Pour les espèces de plumes je distinguerai :
- 1° La plume tendre en vrac ou enfilée 2• — dure — —
- 3° La plume d’autruche —
- 4° Les peaux, les ailes et les oiseaux entiers.
- Quant aux couleurs, je les placerai suivant l’ordre du spectre solaire en commençant par les franches dont la formation n’exige que des mélanges très limités de couleurs compatibles entre elles; je continuerai par les couleurs rabattues qui demandent un mélange d’un plus grand nombre de matières colorantes ; je terminerai par le noir et les reflets métalliques.
- Il est sous-entendu que dans ce qui va suivre on suppose toujours la plume lavée et rincée.
- ROSE
- Plume tendre; 1er Procédé. — Pour teindre en rose, soit du pigeon, soit de l’aigrette, soit du duvet, on passe la plume au sel d’oseille bien chaud, puis on l’introduit dans un bain à 40 ou 50° de température où l’on verse petit à petit une solution très étendue de safranine ; on agite bien la plume pendant qu’on verse la matière colorante et pendant tout le temps qui lui est nécessaire pour tirer le bain. Si l'échantillon donné était très violeté on ferait usage de fuchsine. Pour les nuances intermédiaires on emploie un mélange de safranine et de fuchsine', au contraire, pour jaunir on emploie de la phosphine. Si, par hasard, on avait fait la nuance trop foncée on retire la plume du bain et on lui donne une eau de sel bien chaude ; si cela n’était pas suffisant il faudrait savonner, rincer et encore passer au sel.
- 2° Procédé. — On peut faire un très beau rose à l’aide d’éosine ou d’érythrosine suivant la nuance à imiter. On teint dans un bain acidulé avec un peu d’acide acétique, à une température de 30 ou 40°. Il faut se garder de trop foncer car il est très difficile d’éclaircir la plume teinte de la sorte.
- Plume dure. — On teint le canard, l’oie, le cygne, de la même façon que la plume tendre. Souvent cependant, et surtout pour les palettes d’oie, la nuance réus-sit inégale, soit parce que la matière colorante ne s’est pas fixée également sur toutes les plumes, soit parce que entre celles-ci il y en ait qui sont jaunes naturellement. On atténue cet inconvénient en teignant la lance à l’aide de safranine ou de fuchsine dans un bain de savon à 50°. Il est bon dans ce cas de soutenir un peu le ton de la couleur pour pouvoir passer légèrement au sel après un bon rinçage ; on comprend que le passage au sel ôte en grande partie le jaune de la plume et en même temps lui permet de mieux se lisser au séchage.
- 4 Suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- IMPRESSION DES TISSUS
- RONGEANTS ET ENLEVAGES
- Par M. Alex. SCHULTZ.
- Nouvelle fabrication de l’article blanc sur fond vert.
- Voici l’échantillon obtenu au moyen du vert méthyle (voir le procédé, page 245, année courante).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CHIFFONNAGE (I)
- Teinture des popelines.
- (Procédé donné par un teinturier de province.)
- Les robes ayant été nettoyées par les procédés ordinaires, il faut, pour une robe popeline, composer le bain comme suit en le portant à l’ébullition : 50 grammes alun.
- 25 » tartre.
- 1/4 petit verre sel d’étain (protochlorure).
- 1/2 » rouille (nitrate de fer), ajouter au même bain, et suivant nuance :
- Curcuma en poudre.
- Orseille et campéche bouilli.
- Pour les blonds, peu de jaune, peu d'orseille et peu de campêche.
- Pour les canelle, forcer un peu en jaune, en orseille et en campêche.
- Pour les marrons il faut davantage de rouille, de jaune, d’orseille et de campêche bouilli.
- Rentrer les étoffes.
- La soie des popelines arrive rapidement à un ton plus foncé que la laine et que n’importe quelle nuance. Mais en bouillant la laine monte en nuance, tandis que la soie descend. C’est au teinturier de bien composer son bain de colorant et d’observer le moment précis où la soie et la laine sont pareilles.
- Il suffit d’ordinaire, de 25 à 40 minutes pour que l’opération soit faite.
- Rincer ensuite convenablement et sécher.
- Au moyen de ce procédé, les popelines ne sont pas cassées, ne farinent pas et conservent leur brillant.
- Prune sur laine.
- Avec les couleurs d’aniline, les teinturiers n’ont aujourd’hui que l’embarras de choisir pour faire les prunes sur laine, nuance encore fort à la mode cet hiver.
- Ils l’obtiennent directement par :
- 1° La purpuraline ;
- 2° La fuschine 5 et le sulfate d’indigo ;
- 3° Le marron 5, le jaune solide et le carmin d’indigo ;
- 4° Le jaune solide, le rouge solide et le sulfate d’indigo ;
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 1, 8, 44,67, 91,211, 224, 258 et 271.
- Etc., etc.
- Comme vivacité de teinte nous donnons cependant la préférence à celle obtenue par la fuschine 5 et le sulfate d’indigo.
- Voici le procédé ancien, au bois :
- Pour une robe :
- 125 grammes tartre rouge.
- 125 » alun.
- 50 » oxymuriate d’étain.
- Bouillir une heure. — Ecarter les 3/4 de ce bain. — Remplir d’eau claire. — Ajouter 250 grammes bois d’Inde (campêche). — Bouillir une 1/2 heure. — Rincer et sécher.
- Bleu marine sur laine.
- Outre les bleus marines directs bleuâtre et rougeâtre que le commerce livre actuellement, il est souvent plus facile de faire varier la nuance à son gré en employant :
- 1° Fuschine 5 et carmin d’indigo.
- 2° Marron 5 et carmin d’indigo.
- Nous recommandons ce procédé à nos lecteurs.
- TEINTURE
- DES LAINES & LAINAGES
- — Suite (I) —
- Bleus de Franee.
- Les bleus de France offrant le plus de variétés dans leur application nous en donnons ci-après une série, savoir :
- Bleu no 1.
- Pour 35 kil. de laine.
- Faire dissoudre séparément dans un peu d’eau :
- Prussiate de potssae, 5 kil.
- Sel ammoniac,...............- 2 »
- Sel d’étain,________________ 1 » 750
- Ajouter au bain, contenant la quantité d'eau nécessaire pour les 35 kilos de laine, 7 kilos 500 d’acide sulfurique ; y ajouter ensuite les dissolutions de sel ammoniac, de sel d’étain et du prussiate.
- Entrer les laines. — Chauffer à 30» pendant la première heure, à 40° pendant la seconde et à 55° dans la troisième, jusqu’à 70° dans la quatrième et 90° dans la cinquième. On finit au petit bouillon
- (1) Voir n° 13, 14, 16 et 20 de l’année courante.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- dans la sixième si le bleu est assez développé. Si c’est nécessaire on peut ajouter encore 1 kil. à 1 kil. 500 d’acide sulfurique.
- Donner, le lendemain, 4 à 5 lisses. — Laver.
- Bleu m° 2.
- Pour 36 kil. de laine.
- Suivre la même marche que ci-dessus avec les
- doses suivantes :
- Prussiate (dissoudre)................ 3 kil.
- Sel ammoniac (dissoud.)... 1 » 200
- Sel d’étain (dissoudre),..........- 1 » 200
- Acide sulfurique,.................... 3 »
- Bleu clair 1° 3.
- Pour 30 kil. de laine.
- Suivre la même marche que pour le bleu n° 1 et
- doser comme suit :
- Prussiate (à dissoudre),.......... 2 kil. 500
- Sel ammoniac (à dissoudre).... 1 »
- Acide sulfurique,............... 3 »
- Bleu clair au sel d'étaim, n° 4.
- Pour 30 kil. de laine.
- Même marche que le n° 1 et employer :
- Prussiate,—................... 1 kil. 500
- Sel ammoniac,................... 0 » 600
- Sel d’étain,...................- 0 » 600
- Acide sulfurique,..............3 »
- Bleu n° 5.
- 1 •
- Pour 60 kilos de laine.
- Opérer comme précédemment avec :
- Prussiate,.......................... 5 kil.
- Sel d’étain pur,.................... 2 »
- Acide sulfurique,................... 3 »
- Après avoir chauffé jusqu’à 50°, lever et ajouter :
- Acide sulfurique,................... 2 kil.
- Acide chlorhydrique,................ 2 »
- Arriver au bleu fleur en deux heures et demie en chauffant graduellement presque jusqu’au bouillon.
- — Lever. —Eventer un quart d’heure et ajouter :
- Acide sulfurique,.............. 2 kil.
- Rentrer. — Donner trois lisses et chauffer pour arriver au bouillon en trois quarts d’heure.
- Le bleu est fini au bout de quatre heures. — Laisser reposer douze heures. — Lever et laver.
- Remontage de» bleus.
- Ecarter la moitié du bain et ajouter l’eau nécessaire ; puis chauffer et ajouter :
- Oxymuriate d’étain,................. 1 kil. et le campéche nécessaire pour la nuance voulue.
- — Laver edsuite très-bien.
- Bleu très-foncé, no O.
- Pour 40 kil. de laine.
- Former le bain avec la quantité d’eau nécessaire
- et ajouter : Cyanure rouge cristallisé en poudre, 6 kil.
- Sel ammoniac........................................................................................................ 6 »
- Acide sulfurique,______________________________________________________________________________:.-..................... 6 » Alun,__________________________________________________________________________________________......» !..........2.12 »
- Et sel d’étain,........................................................................................................ 0 » 332
- Chauffer, monter au bouillon en cinq heures et bouillir cinq à dix minutes. Douze heures après lever et laver.
- Autre bleu très-foncé.
- Pour 40 kil. de laine.
- Faire tremper 12 heures en stannate de soude à 2°, 5 B. — Rincer, puis teindre avec :
- Cyanure rouge cristallisé,.............. 2 kil. 500
- Acide sulfurique,....................... 2 » 500
- Monter au bouillon en trois heures, lever et ajouter :
- Sel d’étain,... 140 gr.
- Rentrer, bouillir et terminer comme les précédents,
- (A suivre).
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- PONCEAU SUR LAINE ET SUR COTON
- Avant la découverte des nouveaux colorants dont nous avons donné des échantillons dans les deux derniers numéros du Moniteur de la Teinture, on obtenait les ponceaux soit avec la cochenille, soit avec la lac-dye, la première donnant un ton un peu plus vif et la seconde plus de solidité.
- Nous allons donner les anciens procédés et nous terminerons par un procédé de ponceau solide sur laine qui donne des teintes brillantes, un unisson parfait et laisse à la laine son maximum de bon toucher.
- Ponceau sur laine.
- Prépaationr (ancien procédé).
- Passer la laine dans de l’eau légèrement acidulée d’acide sulfurique afin de faire disparaître les matières nuisibles au mordançage. On peut égale-menl la passer dans un bain alcalin pour enlever les corps gras, et laver la laine parfaitement.
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- 286 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Mordançage.
- Pour h kil. de laine :
- 80 gr. tartre.
- 80 » composition d’étain.
- Chauffer le bain au bouillon, entrer la laine et bouillir une heure ; laisser séjourner ensuite quelques heures ; lever.
- Teinture.
- Ajouter au même bain 80 gr. lac-dye délayée dans l’eau chaude et 80 gr. composition d'étain.
- Entrer la laine, laisser une heure, lever, rincer à grande eau.
- Avivage.
- Aviver en ajoutant au même bain 75 à 80 gr. de cristaux de tartre; 70 à 80 gr. composition d’étain et 15 à 20 gr. lac-dye.
- Ponceau sur coton.
- [Ancien procédé).
- Préparer le coton au mordançage au moyen de l'eau acidulée.
- Mordancer à l’acétate de plomb en faisant dissoudre ce dernier dans de l’eau acidulée à l’acide acétique, et opérer de 20 à 30° C.
- Laisser séjourner six heures dans le bain.
- Sécher, mais pas complètement, pour que le mordant pénètre bien l’intérieur du tissu.
- Passer ensuite dans un bain de teinture semblable à celui indiqué ci-dessus pour la laine en ajoutant seulement un peu plus de physique (composition d’étain).
- Au bout de quelques heures, lever le coton et le mordancer de nouveau, puis reteindre si c’est nécessaire pour arriver à la nuance voulue. — Rincer fortement.
- Ponceau solide sur laine.
- [Nouveaux colorants.)
- Pour 30 kil. laine (filée ou étoffes).
- Ce procédé, qui a fait ses preuves avec les marques B., J., 3 J. de notre prix courant, est le suivant :
- Mordançage.
- Dissoudre dans le bain :
- 1 kil. crème de tartre et ajouter : » 400 cristaux de soude.
- Passer les laines ou lainages pendant 15 minutes à 50° C,, lever pour verser le colorant.
- Teinture.
- Ajouter au bain la dissolution de 700 à 1,000 gr. suivant nuance. Entrer les laines, manœuvrer pendant 25 minutes de 50° à 70* C., lever et ajouter :
- 1 kil. à 1 kil. 500 acide sulfurique et monter au bouillon.
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- BLEUS SOLUBLES POUR COTON
- Teinture du coton.
- Nous prévenons nos lecteurs qu’une bonne teinture de coton dépend en majeure partie de tours de main qui ne sont pas très connus, et nous n’indiquons les procédés ci-dessous que sous toutes réserves.
- Ier Procédé. — Un seul bain. — 100 kilos de coton. — Faire dissoudre dans un baquet 10 kilos alun, 2 kilos et demi sel de soude. Chauffer à 80° et ajouter le bleu préalablement dissous, suivant la nuance que l’on veut obtenir ; teindre une demi-heure et tordre sans laver.
- I? Procédé. — Trois opérations. — 100 kilos de coton. — Mordancer sur un bain chauffé à 70-, avec 2 kilos tannin ou 20 kilos sumac. Le tannin est préférable, mais, pour les nuances ordinaires, on peut le remplacer par le sumac. L’opération dure une heure, et on laisse ensuite reposer le coton pendant une autre heure afin de bien fixer le tannin. La deuxième opération consiste à passer le coton sur un bain composé de 10 kilos alun et 500 grammes tartrate d’antimoine. Tordre le coton après une heure et procéder à la troisième opération qui est la suivante: chauffer le bain à 70°, ajouter le bleu dissous suivant la nuance, teindre une demi-heure, tordre et sécher.
- III0 Procédé. — On mordance comme dans le deuxième procédé, puis on teint dans un bain formé d’une solution de bleu coton additionnée d’un peu d’acide sulfurique ; on ajoute du sel marin dans la proportion de 20 0/0 du poids du coton. Maintenir la température entre 40 et 50° centigrades.
- IVe Procédé. — Bleu verdâtre. On passe le coton sur un bain de savon blanc chauffé à 50° (6 kilos O/o de coton). On tord légèrement, et on passe ensuite sur un bain composé de 15 kilos alun, 300 grammes sel d’étain, à la température de 50° ; ensuite on ajoute dans le même bain la quantité de
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- bleu nécessaire pour arriver à la nuance demandée.
- Tordre et sécher.
- V* Procédé. — On passe le coton dans un bain de savon à chaud, puis on mordance au tannin et on fait sécher. — On entre ensuite le coton dans un bain fortement chargé de bleu soluble, et à la fin de l’opération, on ajoute une très-petite quantité d’acide sulfurique de façon à avoir un bain légèrement acidulé.
- VIe Procédé. — Pour 100 kilos de coton, garnir un bain avec 10 kilos cristaux de soude et 20 kilos d’alun, et y ajouter le bleu préalablement dissous en quantité suffisante pour la nuance à teindre.
- Observations. — On obtient des nuances plus verdâtres en teignant à chaud et des nuances rougeâtres en teignant à froid.
- On obtient des nuances plus fraîches et plus vives en blanchissant le coton avant le mordançage.
- TEINTURE
- DE LA LAINE EN TOISON
- — Suite fi). —
- Blanchiment.
- La laine en toison parfaitement blanchie n’est pas spécialement utilisée par l’industrie, par cette raison qu’il serait inutile de faire ce blanchiment complet avant de filer. Le travail mécanique et l’ensimage principalement tendent tous deux à altérer, salir la laine, aussi pour la grande fabrication des lainages ne produit-on jamais le blanc fleur sur la laine en toison. Cet article est cependant quelquefois nécessaire pour des objets de mode de luxe. On l’obtient en faisant subir un ou plusieurs savonnages successifs à la laine et on la passe à l’acide sulfureux liquide, en alternant les opérations ; on peut également blanchir au bisulfite de soude (2). L’exposition sur le pré aide aussi à perfectionner ce blanc.
- En répétant les opérations on peut parvenir à rendre la belle laine aussi blanche que la neige, mais elle perd toujours en cet état un peu de sa force. A Cachemire, la laine de la chèvre se blanchit avec une préparation de farine de riz.
- (t) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 249 et 272.
- (2) Voir le détail de ce procédé, Moniteur de la Teinture, année 1873, n° 14, page 157.
- Manœuvre à 9 a euve.
- Dans une série d’articles signés de M. Ch. Brevet fils, le Moniteur de la Teinture a publié en 1875, la teinture à la cuve sur laine et lainages. L’installation du guèdre, celle des cuves et du matériel ; la description des manœuvres ont été données également dans ces articles d’un homme compétent et pratique et nos lecteurs pourront les consulter avec fruit. Nous arrivons donc directe
- ment à l’opération de la teinture.
- La cuve à chaud est bien connue, voici toutefois ses proportions en grand :
- Pour 1,000 litres de bain. (Temp. 750 C.)
- Cuve forte : Indigo............ 12 kil.
- — Potasse.......... 21 —
- — Garance........ A — — Son...........................-.......................... 2 —
- Cuve moyenne: Indigo.............. 6 kil.
- — Potasse......... 9 —
- — Garance........ 2 —
- — Son................ 2 —.
- La cuve en état et chaude a 450 bien reposée de la veille, on met la champagne, puis le filet, on abat la laine pour un drap à la fois ; il faut deux hommes ; on crochète dix à quinze minutes ; on lève le tout avec le filet ou avec le gueulard, second filet pour tordre à mesure au moyen d’un volant calé sur l’arbre du crochet. On jette sur les dalles, et on évente pour rabattre jusqu’à nuance.
- Manœuvre à la chaudière.
- Le procédé que nous allons décrire est celui employé généralement à Elbeuf.
- Pour 80 kilos de laine (valeur de deux draps).
- La chaudière doit contenir environ cent quatre-vingt seaux. La laine se teint toujours mouillée, c'est-à-dire qu’on ne la fait pas sécher après le dégraissage et lavage; on la laisse égoutter en forte partie vingt-quatre heures sur des civières. Cette manœuvre occupe la journée de douze à quinze heures. Pour la bien comprendre il faut considérer l’opération comme divisée en trois temps :
- 1° Le mordant ou bouillon, fond ou pied;
- 2° La teinture proprement dite ;
- 3° La bruniture ou l’échantillonnage.
- Dès le matin et une heure avant le commencement des travaux, un ouvrier spécial allumelesfeux.
- On pèse les drogues du mordant qu’on fait dissoudre dans une petite chaudière ; on fait cuire la gaude pour que le bain soit prêt vers sept heures
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- et souvent on le prépare la veille ou dans la nuit (20 à 30 bottes à la fois) ce bain entrant dans presque toutes les teintures. On met les bains de gaude et de bois jaune préparés les premiers à moins que le bouillon d’alun seul précède ce qui sera indiqué dans les procédés, mais le plus souvent on donne le mordant avec le bain de gaude après une manœuvre-, on pallie bien après y avoir ajouté les dissolutions d’alun et de tartre et de suite on abat la laine en toison déjà imprégnée du bain de gaude, etc.
- Quatre hommes munis de crochets en tridents courbés et à très longs manches, tournent, crochètent et remuent d’une certaine manière et sans s’arrêter; on a abattu dans le bain froid ou tiède; on le chauffe doucement pour qu’il arrive au bouillon en trois ou quatre heures. On met les drogues accessoires : galle, sumac, campêche, santal, etc., dans une poche ; on fait bouillir ingrédients et laine ensemble, le temps prescrit. Ensuite on lève la laine sur une claie placée sur la chaudière.
- On évente une heure environ, on examine la teinte et ce qui convient pour un premier échantillonnage et, en conséquence de cette première observation, toute pratique, ou garnit le bain de tout ce qui est encore nécessaire ; on rabat la laine et on fait bouillir alors une heure ou une heure un quart, ou une heure et demie, selon l’état du bain, le progrès de l’opération et la nuance obtenue.
- On crochète sans cesse, pendant tout ce temps, afin d’obtenir l’uni du teint ; puis on relève sur la claie ou la civière placée sur la chaudière, on rafraîchit le bain et on évente la laine.
- On garnit alors la chaudière et sur le même bain de la quantité de bruniture (terme d’atelier), de sulfate de fer, jugée nécessaire pour le second échantillonnage ; on pallie bien et on rabat la laine aux crochets.
- Le bain reposé est devenu à moitié chaud, la laine éventée et refroidie le refroidit encore ; on recommence la manœuvre à cette température et on modère le feu pour ne bouillir qu'après une heure ou une heure et demie de manœuvre. On fait bouillir cinq quarts d’heure, plus ou moins selon je besoin ; pendant ce temps on feutre un échantillon d’essai qui détermine le teinturier expérimenté sur ce qu’il doit faire; ce n’est qu’après cette épreuve du feutre et du foulon que le dernier échantillonnage peut être définitivement arrêté pour lever ou finir. On évente le lendemain.
- A suivre.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- § ke &
- TEINTURE DES FOURRURES avec réserve blanche.
- Pour teindre en brun ou en noir la partie inférieure des poils d’une fourrure blanche, tandis que les extrémités des poils restent blanches, une maison de Leipsig emploie le procédé suivant : ï Mélanger : 10 parties gomme arabique.
- 5 — acétate de plomb. 10 — argile blanche. 10 — sous-acétate de cuivre avec un peu d’eau. et appliquer la mixture au moyen d’une brosse, sécher. Plonger les extrémités des poils dans une décoction de lait de chaux et de litharge, et traiter la fourrure par une solution étendue de sulfure d’ammonium et ensuite par l’extrait de noix de Galle. — Après lavage, la partie inférieure du poil est brune, mais les extrémités des poils sont restées blanches au moyen de la réserve.
- BLANCHIMENT DES PLUMES Par MM. Viol et DUFLOT.
- Ce procédé de blanchiment des plumes repose sur ce fait que les plumes à blanchir trempées, soit dans les essences de résine, soit dans les hydrocarbures bitumeux, se décolorent sous l’action de la lumière et de la chaleur.
- Les plumes que l’on veut blanchir sont plongées dans des vases contenant un des composés cl-des-sus spécifiés. On les y laisse un temps plus ou moins long, suivant le degré de coloration à obtenir, en’ les maintenant à une température de 30° centigrades et en les exposant le plus possible à l’action de la lumière. '
- Quand les plumes sont devenues suffisamment blanches, ce qui arrive généralement après trois ou quatre semaines, on les essore de façon à enlever jusqu’aux dernières traces de l’essence qui les imbibait, puis on les sèche.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenues)
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