Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- ET DE
- L’IMPRESSION DES TISSUS
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- OFFICE DU MONITEUR DE LA TEINTURE
- DROGUERIE, PRODUITS CHIMIQUES, COULEURS
- Le Moniteur de la Teinture se charge de la fourniture de tout article de Droguerie et de Produits Chi-miques à l’usage de la Teinture, de l'Impression, du Blanchiment et des Apprêts : ces marchandises sont tirées directement des lieux de production, ou des fabriques les plus estimées, et ne sont livrées qu’après un examen scrupuleux de leur qualité ou de leur pureté. Elles sont cotées au tarif publié par le Journal, et établi au plus bas prix possible.
- Nous nous occupons tout spécialement des Couleurs d’Anilines pour lesquelles nous avons des dépôts des principales maisons, ei que nous livrons, soit en gros, soit au détail, aux conditions les plus favorables.
- MACHINES, APPAREILS ET MATERIEL INDUSTRIEL
- -- INSTALLATION D'ATELIERS ET d’üSINES -
- Les Machines, Appareils et Ustensiles de toute nature à l’usage des Industries Tinctoriales sont très nombreux, et tous constituent des spécialités exploitées par autant de constructeurs divers, répandus dans les principaux centres industriels de France, de l’Angleterre et de la Belgique. Pour traiter ce genre d’affaires, il faut donc une connaissance bien complète de ces industries et il importe déposséder des relations aussi nombreuses qu’étendues.
- Le Moniteur de la Teinture est le centre naturel où viennent aboutir tous les documents et renseigne-ments relatifs à cette vaste industrie. N’ayant pas, en outre, comme les constructeurs, de motifs pour livrer un modèle plutôt qu’un autre, nous pouvons choisir avec un complet désintéressement, et avec compétence, les machines qui offrent toutes garanties aux acquéreurs, au double point de vue du travail qu’elles doivent produire et de leur bonne construction. Par suite de traités avec les fabricants, nous les livrons aux mêmes prix qu’eux-mêmes, et nous pouvons quelquefois offrir des conditions que ces derniers ne feraient pas à un acheteuravec lequel ils n’auraient pas déjà des relations.
- La Chaudronnerie courante — très-soignée— de fer ou cuivre est facturée au poids et au cours du jour.
- Le Moniteur de la Teinture publie une liste du Matériel d’occasion à vendre, ou dont on désire faire acquisition; cela présente de grands avantages aux acquéreurs, et permet d’opérer le placement des machines dont on n’a plus 1 usage.
- Nous nous chargeons delà rédaction des plans et des devis d’usines et d’ateliers, et s’il y a lieu, delà direction des travaux et de la vérification des mémoires.
- LIBRAIRIE
- Nous fournissons la Librairie de toute nature : industrielle, scientifique ou littéraire, les Journaux et Publications quelconques, aux prix marqués par les éditeurs, affranchissement en sus.
- OPÉRATIONS ET ANALYSES CHIMIQUES
- — CONSULTATIONS, ÉTUDES ET TRAVAUX PRATIQUES ; PROCEDES ET EXPERTISES INDUSTRIELLES —
- Tout travail scientifique et pratique se rapportant au Blanchiment, à la Teinture, à l’Impression, aux Apprêts et au Travail des Tissus en général, nous est spécial, et notre compétence en ces matières est affirmée pa nos publications et notre expérience.
- Nous procédons également aux Visites d’Ateliers et d’Usines dans'le but d’indiquer les perfectionnements à apporter au travail ou les économies à réaliser.
- BREVETS D’INVENTION
- Il existe plusieurs agences tres-sérieuses pour la prise des Brevets d’invention, pour les recherches et travaux qui s’y rapportent; mais aucune n’est spéciale aux Industries Tinctoriales, et ne les connaît assez intimement pour pouvoir apprécier la similitude des procédés, ou les nuances si délicates qui établissent des distinctions entre eux, et peuvent les rendre brevetables, ou les confondre avec des antériorités qui les annulleiaient.
- Aucune situation n’est aussi favorable que la nôtre pour être au courant de toutes les nouveautés qui surgissent dans nos spécialités, et des procédés anciens ou nouveaux qui ont été exploités ou proposés; elle nous permet aussi d’apprécier le fond et la portée d’une invention et de la présenter de la façon la plus favorable. Nous sommes donc à même de nous charger de tout ce qui concerne les Brevets, tant en France qu’à l’Étranger.
- Le Moniteur de la Teinture publie une Liste de tous les Brevets d’invention relatifs à sa spécialité, et donne une analyse de ceux qui lui paraissent offrir un intérêt d’actualité. Nous fournissons le résumé des brevets qui ne sont pas analysés dans le journal, et que l’on désire connaître, moyennant une rémunération
- CESSION D ÉTABLISSEMENTS
- Notre publicité est d’une grande ressource pour la Vente des Fonds, Fabriques et Exploitations se rapportant à la Teinture et aux Tissus ; nous avons toujours un choix varie d’établissements à céder, et nous onerons assez facilement ce genre de vente, moyennant une rétribution modérée.
- Les Fonds à vendre sont publiés dans le Moniteur de la Teinture, avec indication ou non, de l’adresse des vendeurs. , «
- ANNONCES, PUBLICITE
- Le Moniteur de la Teinture, se répandant dans un public spécial, offre, par ses annonces, une publi-blicité qui va droit à son but et qui ne risque pas de s’égarer parmi des indifférents : aussi est-elle plus fructueuse que toute autre, lorsque les objets annoncés s’adressent à la Teinture et aux Tissus.
- Etant en relations confraternelles avec tous les journaux industriels de France et de l’Etranger, nous pouvons encore étendre cette publicité, lorsqu’on veut la faire sur de grandes proportions.
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- 5° SÉRIE 1880 3'VOLUME
- LE
- MONITEUR DE LA TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- REVUE THÉORIQUE & PRATIQUE spécialement consacrée
- AU BLANCHIMENT, A LA TEINTURE, A L’IMPRESSION ET A L’APPRÊT DES FILS ET TISSUS, A LA PRODUCTION ET A LA PRÉPARATION DES MATIÈRES TEXTILES EN GÉNÉRAL A LA FABRICATION ET A L’APPLICATION DE TOUS PRODUITS COLORANTS EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE ET DANS LES ARTS.
- PUBLIEE LE S & LE 20 DE CHAQUE MOIS Sous la direction de M. J. CHARBONNIER
- PRIX DE L’ABONNEMENT :
- Paris et Départements : Un an...................... 15 fr.
- — — Six mois........................ 8
- Étranger....................................... 20
- VINGT-QUATRIÈME ANNÉE
- PARIS
- ADMINISTRATION & RÉDACTION
- 4, RUE DE LA BOURSE, 4.
- S’adresser à M. J. CIIARBONNIEE.
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- Le Moniteur de la Teinture paraît depuis le fer janvier 1857 ; il portait dans le principe le titre de Coloriste industriel.
- Les premiers volumes de sa collection (ancienne série), sont épuisés; ceux qui restent disponibles comprennent les années 1866, 1867, 1868, 1869, 1870-71, 1873, 1874, 1875, 1876, 1877, 1878, 1879 et le présent volume (nouvelle série), en tout quatorze volumes.
- Ces collections constituent dans leur ensemble, le Traité théorique et pratique le plus étendu et le plus complet, concernant les industries tinctoriales ; la quantité de faits, documents, procédés, descriptions, échantillons et gravures qu’elles contiennent, répondant toujours aux nécessités présentes de ces industries, en font un précieux auxiliaire pour toute exploitation industrielle ou commerciale se rapportant au Blanehiment, à la Teinture, à l'Impres-siom, aux Apprêts et à tout Travail des Tissus ou des Couleurs en général.
- PRIX
- Chaque volume broché à partir de 1870-71 ............................................ 15 fr.
- Collection 1870-71 à 1880 (dix volumes).............................................. 90 fr.
- Collection complète (quatorze volumes)...............................................130 fr.
- (Les années 1867, 1868 et
- 1869 étant presque épuisées, ne se vendent qu’en collections com-
- plètes et non séparément.
- Chaque volume est formé d’une année, sauf celui de 1870-71 qui, par suite de l’interruption causée par la guerre, comprend ce qui a paru pendant ces deux années.
- Les volumes reliés de cette collection, coûtent 2 francs en plus pour chaque.
- Charleville. —Imp. de C. COLIN.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- U Année, No 1". ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Janvier 1880.
- SOMMAIRE
- Avis. — Exposition internationale des sciences appliquées à l’industrie ; Liste des récompenses (Extrait). — Blanchiment à haute pression des tissus de coton, par A. Schultz (fin;. — Matières colorantes peu coûteuses remplaçant le bois jaune de Cuba, le bois jaune fustet et le quercitron (fin).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes par M. VANNUGCIO-VANNUGGINI (suite). — Bourgogne sur mérinos (échantillon). — Chiffonnage : bleu, corinthe sur soie ; Corinthe sur laine. — Blanchiment d’un crêpe de Chine ; cramoisi sur crêpe de Chine. — Teinture des poils de chèvre en bleu. — Teinture des cotons et fils en écheveaux (suite). — Teinturedes laines et lainages (suite). — Le bichromate de potasse comme mordant pour la teinture des laines en flocons et des draperies. — Catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles.
- Bulletin financier : Avis.
- AVIS
- La table des matières du 23e volume du Moniteur delà Teinture, année 1879, est jointe à ce numéro.
- Nous prions les abonnés dont l'abonnement est expiré avec le dernier numéro, et qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés pour l'année 1880, de nous prévenir par lettre ou de refuser le présent numéro, après avoir retiré la table, en mentionnant leur refus sur la bande.
- Nous prévenons également les personnes qui auront renouvelé leur abonnement, soit en ne refusant pas le numéro du 5 janvier 1880, soit en nous donnant avis, et qui ne nous auront pas réglé directement, que notre quittance de fr. 15,50 pour les départements, et de fr. 20,50 pour l'étranger, leur sera présentée dans la dernière quinzaine du mois de janvier (1).
- EXPOSITION INTERNATIONALE de» Sciences appliquées à l’Industrie
- LISTE DES RÉCOMPENSES (extrait)
- Diplôme d'honneur.
- Sehlumberger et Cerkel, à Paris. — Acide salicylique et ses dérivés.
- (1) Les 50 centimes d’augmentation sur le prix de l'abon-nement représentent moitié des frais d’encaissement de la quittance.
- Chameroy, à Paris. — Bascule avec contrôle.
- Suc, à Paris. — Monte-charges, etc.
- Médailles d’or.
- Savigny et Collineau, à Paris. — Couleurs végétales : Cauline, alnéine, éricine.
- Dechavanne et Ce, à Roanne (Loire). — Tissus de coton.
- Magnier, à Paris. — Teinturerie du chapeau rouge. (Vitrine de 1878, nous en rendrons compte en reprenant le compte-rendu de 1878).
- Saral-Félix, Société d'hygiène, Wal-lart-Danguy, à Paris. — Teintures pour la barbe et les cheveux.
- Compagnie de la Ramie. — Machine à teiller la ramie.
- Médailles d'argent.
- Ganard, à Montreuil-sous-Bois (Seine). — Teinture de pelleteries.
- Dujardin, à Paris. — Tissus imperméables et ininflammables.
- Grawitz, à Paris. — Noir d’aniline (vitrine de 1878).
- Blanehard, à Paris. — Machines à rouler et métrer les tissus, à dévider les bobines coniques et à retordre les fils.
- Médailles de bronze.
- Durand, à La Délivrance (Calvados). — Benzine.
- Jadot fils aîné, à Roncherolles, près Rouen. — Teinture de coton, etc.
- Robinet, à Paris. — Teinture de la barbe et des cheveux.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Mangin, à Paris.— Compteur métreur, métiers à lacets.
- Mention honorable.
- Hermand, à Paris. — Fourneaux à fers pour teinturiers, chapelliers, etc.
- BLANCHIMENT A HAUTE PRESSION
- DES TISSUS DE COTON Par Alex. Schultz.
- — Suite (1) —
- Le lessivage en chaux a été considéré jusqu'à présent comme indispensable pour le blanchiment des tissus de coton destinés à l’impression et à la la teinture; ce lessivage est employé par les imprimeurs et les blanchisseurs dans le but de former avec les matières grasses des tissus, un savon calcaire insoluble qui, avec le concours du passage subséquent en acide chlorhydrique, produit sur les tissus des acides gras, solubles dans le savon de colophane.
- MM. Ashton et C*, imprimeurs à Hyde (Lanca-shire), m’ayant chargé de voir d’où provenaient les taches nombreuses de blanchiment qui se trouvaient dans leurs pièces après la teinture en garan-cine, j’ai examiné sur plusieurs pièces ces taches qu’ils appelaient taches de chaux (lime stains) et ai en effet trouvé qu’elles étaient composées de corps gras combinés avec de la chaux.
- En continuant mes essais, j’ai trouvé qu’en remplaçant le lessivage à la chaux par un décrassage en eau bouillante et passant ensuite en acide chlorhydrique, cet acide formait avec les corps gras contenus dans les pièces écrues, des acides gras solubles dans le savon de colophane et en opérant le décrassage à différentes températures, je me suis aperçu que l’ébullition à 3 atmosphères dans de l’eau favorisait la formation des acides gras solubles dans les alcalis par le passage en acide chlorhydrique.
- Imbu, comme bien d’autres, du préjugé que le lessivage en chaux est indispensable pour bien blanchir et ne voulant pas être responsable des risques à courir par un changement aussi radical dans
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 61, 73, 254,265 et 277.
- les opérations du blanchiment, j’hésitai à entreprendre la chose et ne fis mon premier essai en grand qu’avec le consentement du fabricant après avoir décliné toute responsabilité.
- Voici comment j’ai opéré :
- 1° J’ai mouillé mes pièces écrues en les passant plusieurs fois au clapot dans de l’eau chaude ;
- 2° Bouillir les pièces dans de l’eau pendant 8 heures à une pression de 3 atmosphères ;
- 3° Bien laver au clapot;
- 4° Acidage. Passer les pièces au clapot, en acide muriatique à 2° B. et les laisser reposer pendant 12 heures;
- 5° Répéter le passage en acide muriatique à 2° B., de même que le repos des pièces pendant 12 heures, en les recouvrant chaque fois avec des draps mouillés, afin qu’elles ne sèchent pas, laver.
- Pour le reste des opérations, j’ai donné le traitement du blanchiment à haute pression indiqué ci-dessus avec la seule différence que j’ai augmenté la concentration du bain pour le passage au chlorure de chaux.
- En remplaçant ainsi que je viens de l’indiquer, le lessivage en chaux par un décreusage en eau bouillante à une pression de 3 atmosphères, nous avons obtenu un blanc parfait, le tissu était moins attaqué et nous n’avions plus aucune tache de garançage après la teinture des pièces.
- J’ai communiqué ce procédé à la Société industrielle de Rouen. Voici la décision de son comité de chimie copié du procès-verbal du 13 juillet 1877 : M. Reber, président, donne lecture d'une lettre de M. Alexandre Schultz, communiquant au comité une modification aux procédés ordinaires du blanchiment des tissus de coton. Plusieurs membres présentent des observations sur l’efficacité de ce procédé. Le comité décide de demander quelques renseignements complémentaires à M. Schultz.
- Voici la lettre que j’ai reçue par suite de cette décision :
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE ROUEN
- Darnétal, le 17 avril 1877.
- Comité de chimie.
- Monsieur Alex. Schultz, 48, rue des Abbesses, à Paris.
- Dans la séance du 13 juillet, le comité de chimie a pris connaissance de notre lettre du 24 mai dernier, dans laquelle vous lui soumettez un procédé de blanchissage des pièces de coton écrue, offrant
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- quelqus avantages sur les procédés usités jusqu’à ce jour.
- Plusieurs membres du comité ont élevé des objections sur l’efficacité de votre procédé, d’autres même ont déjà essayé ce mode de décreusage et n’ont pas obtenu de résultats satisfaisants ; néanmoins le comité est désireux d’approfondir cette question et de nouveaux essais vont être tentés. En conséquence, je suis chargé de vous demander quelques explications complémentaires sur le sujet suivant :
- 1° Comment entendez-vous le décreusage en eau bouillante; de quelle durée doit-il se faire?
- 2° Dans quel appareil?
- Conseillez-vous de faire ce décreusage en cuve ordinaire, en cuve à la continue ou en citadelle?
- Muni de ce renseignement, j’en saisirai de nouveau le comité de chimie et les essais seront faits sur des bases plus sûres.
- Agréez, Monsieur et cher collègue, etc.
- Le secrétaire du comité,
- F. Rhem.
- Voici le rapport du comité de chimie, fait dans la séance du 11 janvier 1878 :
- M. A. Schultz avait soumis au comité de chimie un nouveau procédé de blanchiment qui consiste à supprimer le lessivage en chaux. M. Schultz se contente de passer les pièces par un baquet rempli d’eau bouillante, de les exprimer entre deux rouleaux et de les faire entrer dans une cuve à lessive, ou elles sont soumises à une ébullition de six heures dans l’eau seulement.
- Ce procédé n’a pas fourni tous les avantages que l’auteur annonce. Pour des blancs ordinaires, on est bien arrivé à un blanchiment suffisant, mais en forçant le bain de chlore ; quant au blanc d’impression, il est resté des taches assez prononcées. Ce résultat est facile à expliquer, puisque le lessivage en chaux est une des opérations les plus indispensables pour le blanchiment des blancs d’impression. Il a pour but de former sur le tissu des savons calcaires avec la matière grasse de coton et avec celles que peut contenir le parement. Ces savons calcaires sont ensuite décomposés par le passage en acide et rendent le tissu mieux à même de subir l’influence des lessives en soude.
- Quant à l'avantage préconisé que peut présenter ce nouveau procédé, il se réduit à peu de chose. Il supprime, il est vrai, l’emploi de la chaux, qui est
- d’un prix peu élevé ; mais cette économie est compensée par l’emploi d’une dose plus forte de chlorure de chaux.
- M. Schultz recommande l’ébullition à 3 atmosphères. Notre essai ayant été fait à basse pression, il est possible que cette différence ait pu avoir quelque influence sur le résultat définitif. Mais nous doutons cependant que dans ce cas il soit entièrement satisfaisant (1).
- Le comité décide que la note de M. Heilmann sera insérée dans le présent procès-verbal et la communication déposée aux archives.
- MATIÈRES COLORANTES
- PEU COUTEUSES remplaçant le bois jaune de Cuba, le bois jaune fustet et le quercitron.
- Par Hugo SODERSTROM
- — Fin. —
- (Extrait dû la Deutsche Wollen Gezverbe).
- La gaude s’emploie bien plus fréquemment pour teindre la soie et c’est dans ces derniers temps
- (1) Cela veut dire qu’on peut essayer et ne pas réussir, c’est le cas des membres du comité de chimie, mais on peut aussi essayer et obtenir des résultats satisfaisants, c’est ce qui m’est arrivé.
- Théoriquement, la solution de la question est très intéressante, elle présente aussi de l’importance au point de vue pratique et si les membres du comité, qui peuvent disposer de citadelles et autres appareils à haute pression, avaient voulu se donner la peine d’essayer mon procédé, je comprendrais qu'alors, les résultats étant connus, ils puissent faire prévaloir les objections qu’ils ont élevées sur l’efficacité de ma méthode. Je remercie M. Heilmann, qui a eu assez de confiance pour essayer mon procédé, même dans les conditions défavorables que je n’avais pas indiquées.
- Messieurs Guillaume frères, à Saint-Denis, ne se servent pas de lessivages en chaux pour blanchir leurs tissus de coton, ils commencent par un passage en acide chlorhydrique à 1 ou 2 degrés B, donnant 1 ou 2 lessives de soude et finissant ainsi que cela se fait habituellement par un passage en chlorure de chaux suivi d’un passage en acide.
- Ces messieurs n’ont jamais de taches de teinture, s’ils n’avaient pas un blanc dépouillé et pur, ils ne réussiraient pas aussi bien leurs nuances à l’oxyde de chrome qui sont d’une pureté, d’une beauté et d’une solidité exceptionnelles; on a pu les voir à l’Exposition où, après avoir subi pendant 5 mois l’action de la lumière, de l’air et de la poussière, les brillants tons du chrome avaient conservé leur fraîcheur primitive.
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- seulement que l’acide picrique lui a fait une concurrence sérieuse pour cet usage.
- On ne produit ordinairement avec la gaude seule que les tons jaunes clairs ou maïs, tandis que pour le jaune moyen et autres nuances jaunes, on emploie des mélanges de gaude et de quercitron.
- Pour teindre la soie en jaune clair, on l’alune d’après le procédé connu et on l’immerge dans un bain contenant la décoction de gaude ; on la travaille dans ce bain pendant une demi-heure, puis on la retire, on ajoute au bain une petite quantité de solution de savon et on traite de nouveau la soie jusqu’à ce qu’on obtienne la nuance voulue. Quand on se sert en même temps de quercitron, on mélange les deux matières colorantes.
- Pour le coton et le lin, on n’emploie pas la gaude seule pour obtenir des couleurs jaunes, parce que celles-ci sont trop peu solides ; du reste, les matières colorantes végétales jaunes sont supplantées dans les teintureries de coton et de lin par les chromâtes. Mais on se sert fréquemment de la gaude pour teindre les fils et tissus de coton en vert ; on procède alors de la manière suivante :
- On remplit d’eau chaude un récipient en bois et on y ajoute 2 parties d’extrait d’indigo et 1 partie d’alun-, on y plonge alors dans le bain le coton teint en jaune et on le travaille jusqu’à ce qu’il ait la nuance voulue, puis on le sèche à l’air libre et dans l’ombre, sans le rincer au préalable. On peut se servir également d’indigo-carmine, d’indigotine, etc. En variant les proportions des deux matières colorantes, on obtient des nuances vertes différentes.
- On peut aussi teindre le coton en bleu clair dans le bain d’indigo, puis le rincer, le mordancer par la méthode connue, à l’aide de l’acétate d’alumine, le sécher, le laver et le passer dans une solution concentrée et tiède de gaude.
- Quant à la sarrette, cette plante se rencontre à l’état sauvage dans toute l’Allemagne. On en extrait également le principe colorant au moyen d’eau bouillante. Le jaune obtenu n’approche pas de celui produit par la gaude, pour la pureté et la beauté; aussi ne doit-on utiliser cette matière colorante que pour les marchandises de qualité inférieure. Mais la sarrette remplace avantageusement la gaude pour les nuances mélangées ou de fantaisie ; elle est beaucoup plus abondante et bien moins coûteuse que la gaude et convient très bien pour les nuances bronze et olive. Elle donne aussi avec
- quelques substances métalliques de très belles couleurs; ainsi, par exemple, mélangée avec le bleu de Berlin, elle produit un vert d’une grande beauté, mais qui ne résiste pas à l’action des acides.
- Pour teindre la laine en vert olive, on mordance avec de l’alun et du tartre à l’ébullition et on teint en jaune dans un bain frais contenant une décoction concentrée de sarrette, pendant une heure et demie. On ajoute ensuite au bain une décoction de bois de campêche ; on y plonge l’étoffe teinte en jaune pendant une demi-heure et on noircit ensuite avec une petite quantité de chromate de potasse. Beaucoup de teinturiers se servent de sulfate ferreux au lieu de chromate de potasse -, mais une longue pratique a fait reconnaître à l’auteur que le chromate convient beaucoup mieux.
- Pour la soie on n’emploie pas la sarrette et cette matière n’est que peu ou pas employée pour teindre le coton et le lin en jaune; mais on s’en sert pour produire les nuances olives, bronzes et vertes. Pour obtenir le vert foncé sur fond bleuté, on teint comme à l’ordinaire à froid, en bleu moyen, à l’aide du bain d’indigo, puis on plonge dans un bain contenant 100 parties de sarrette, 5 parties de soude, 3 parties de bois de campêche et 1 1/2 partie d’acétate de cuivre. Après la cuisson, on doit retirer du bain les parties solides du bois de campêche et de la sarrette. Les proportions peuvent être modifiées aisément selon les circonstances.
- Le genêt ressemble plus à la gaude qu’à la sarrette, il donne des tons un peu plus vifs que cette dernière, mais il s’emploie d’ailleurs exactement comme elle.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- Plume d’autruche. — On passe les amazones ou les bouts de queue au sel bien chaud en les y laissant 10 ou 15 minutes ; on prépare ensuite une eau d’amidon assez
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, no 23 et 24.
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- épaisse, froide, où l’on verse peu à peu de la safranine ou de la fuchsine; on ouvre bien les plumes à la main, on les remue continuellement pour que l’amidon et la matière colorante pénètrent partout ; il faut toujours les y laisser le temps nécessaire pour que la couleur soit unie et bien pleine.
- On fait un très beau rose sur autruche à l’aide d’éosine ou d'érythrosine dans une eau d’amidon additionnée d’un peu d’acide acétique.
- Pour les bouts de queue, il est rare qu’ils soient teints tous pareils entre eux du premier coup. En général, les pieds restent toujours plus clairs que les têtes ; il faut donc tremper plus longtemps les pieds et au besoin ajouter un peu de matière colorante au bain. Ensuite certaines têtes sont souvent jaunâtres par nature tandis que d’autres sont blanches; les premières seront donc d’un rose plus jaune que les secondes; il faut les reprendre à part, les dégrader dans une eau de sel bien chaude etlesremon-ter à part dans une eau d’amidon où l’on a mis de la fuchsine. Si on voulait au contraire jaunir les autres on leur ferait subir une opération analogue à l’aide de phos-phine.
- Peaux, ailes, oiseaux. — Les procédés déjà décrits s’appliquent exactement dans ce cas ; il faut seulement avoir bien soin d’écarter les plumes, qui sont fixées sur lapeau, qui forment l’aile pour que l’intérieur aussi soit teint ; car, surtout avec les ailes, les plumes se pressant entre elles, le bain ne pénètre pas en dedans et le pied des plumes reste blanc.
- CERISE
- La couleur cerise se fait à l’aide d’éosine ou d’érythrosine si on veut une nuance plus violetée. La teinture des différentes espèces de plumes est la même ; le procédé à suivre est le suivant :
- Dans un bain à 40 avec un peu d’éosine on plonge la plume et on la remue pendant
- 10 ou 15 minutes, après quoi on verse de l’acide acétique en petite quantité, en montant peu à peu la température jusqu’à 100° environ sans cependant l’atteindre ; si le ton est encore trop faible nn ajoute de l’éosine ; cependant il faut attendre que le bain soit parfaitement tiré à clair ; en outre, il ne faut verser l’éosine que par très-petites quantités ; si on la versait en une seule fois, la nuance réussirait terne ; on peut remédier à ce dernier accident en retirant la plume du bain, la rinçant et en la passant au carbonate, ensuite la remontant, après rinçage, avec un peu d’éosine dans un bain acidulé à l’acide acétique.
- On sait qu’un grand inconvénient que présente l’éosine est de déteindre fortement même à sec ; cependant, si la teinture a été conduite en suivant les prescriptions ci-dessus, la plume ne déteindra presque pas ou pas du tout. Je résume les conditions nécessaires pour cela :
- 1° Emploi d’un acide faible organique, acétique ou tartrique.
- 2° Chauffage modéré.
- 3° Bain de teinture conservé toujours limpide et peu chargé.
- On sait que l’éosine jaunit par un excès d’acide même faible, comme acide acétique ou tartrique. Elle jaunit encore davantage avec le sel d’oseille et l’acide sulfurique ; même dans ce dernier cas, on a des teintures qui déteignent très-fortement. Si donc on veut jaunir la nuance obtenue par l’éosine, il faudra employer des matières colorantes qui mordent à l’acide acétique comme de l’orangé II, ou du curcuma. On a ainsi les nuances géranium et corail.
- SOLFÉRINO.
- 1er procédé. — Ce procédé s’applique à tous les genres de plumes.
- La plume passée dans une eau de sel bien chaude est montée de 40 à 100° (d’autant plus chaud que la plume est dure) avec de la fuchsine ordinaire ; on verse la fuschine
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- diluée et par petites portions en conservant le bain toujours bien clair. Vers la fin de l’opération il est bon d’ajouter au bain un peu d’acide acétique. Un coup de savon après teinture égalise la nuance ; après avoir savonné il est bon de remonter dans un bain tiède avec un peu de sel d’oseille pour permettre à la plume de mieux revenir ; on sait qu’une très faible quantité d’acide rehausse l’éclat de la couleur en la violetant ; une trop grande quantité descendrait la matière colorante et nuirait à la nuance.
- Pour jaunir la nuance on emploie de la safranine ; pour la bleuir on emploie du violet bleu ; on a, dans ce dernier cas, la nuance Magenta.
- Un des inconvénients de ce procédé est le bronze qui se forme facilement sur les côtes et les pointes ; on l’évite en opérant rapidement et en conservant le bain bien limpide. Le bronzé tient à une accumulation trop grande de matière colorante ou au gris naturel de la plume. Dans le premier cas, on y remédie en descendant légèrement la matière colorante ; on a prescrit aussi pour cela l’emploi de glycérine. Dans le second cas il est presque impossible d’y parer.
- 2e procédé. — On peut faire du solférino à l’aide de fuchsine à Vacide (1); l’opération est bien plus simple qu’avec la fuchsine ordinaire, la plume ne court pas le danger d’être brûlée par manque d’acidité du bain et le bronzé est évité.
- On acidulé tout simplement le bain avec du sel d’oseille ou de l’acide sulfurique et on teint en chauffant au bouillon. Au besoin, la nuance est jaunie à l’orangé II et bleuie au violet.
- GRENAT
- Il y a plusieurs sortes de grenats ; il y a des grenats clairs, moyens, foncés ; des grenats rouges et des violetés.
- Procédé à l’orseille. — L’orseille se prête très bien pour les grenats. Dans la teinture
- (1) Fuchsine S (brevetée), voir prix courant au supplément du journal.
- des plumes, où l’on teint presque toujours à l’échantillon, qu'on doit imiter scrupuleusement dans ses moindres variations de nuance et de ton, il est bon d’avoir une matière colorante qui, comme l’orseille, vire très facilement du rouge jaune au violet et réciproquement. Il suffit, en effet, d’employer plus ou moins d’acide pour avoir des rouges plus ou moins jaunes et de rincer après teinture à l’eau froide, tiède, chaude, alcalinisée par du carbonate de soude pour obtenir tous les degrés de couleurs du-rouge jusqu’au violet. En outre les couleurs ainsi obtenues ont de l’éclat et du corps. Ces qualités de l’orseille sont si importantes qu’elle n’a pas pu encore être supplantée complètement par aucune sorte de matière colorante rouge qu’on produit aujourd’hui. Il est vrai que toutes ces nuances de l’orseille changent facilement à l’air sous l’action combinée de l’humidité et de l’acide carbonique, mais cela n’a pas, comme nous avons déjà dit, une importance capitale.
- L’orseille peut s’employer à l’état d’extrait ou de pâte. Quant on l’a sous cette dernière forme, il faut toujours bien la délayer dans le bain, et ensuite faire bouillir celui-ci pendant 10 ou 15 minutes. On ajoute ensuite au bain de l’acide sulfurique allongé avec de l’eau froide ; on met plus moins d’acide suivant la nuance à obtenir.
- Plume tendre. — La plume tendre comme du collet, de la croupe de poule, du faisan, du pigeon (cosse, aile, etc.), se teint au grenat à l’orseille avec la plus grande facilité ; il suffit de chauffer très peu pour que la nuance soit bien égale ; il faut toujours laisser la plume assez longtemps dans le bain car l’orseille monte lentement ; il y faut toujours une heure ou deux de teinture, le bain restant de 60 à 100° de température ; le bain ne peut jamais se tirer perfaitement à clair. Par économie, il est alors bon de conserver les vieux bains d'orseille; seulement, s’ils sont trop vieux, l’orseille fermente, devient noire, et les couleurs sont ternes ; ces bains
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- peuvent très-bien servir pour faire des marrons ou des loutres.
- La plume une fois teinte et rincée à l’eau fraîche, additionnée d’une trace d’acide sulfurique si la nuance doit tendre au rouge-jaune, ou à l’eau pure, froide ou tiède, si au contraire on veut la violeter. Pour tendre encore davantage au violet, on rince à l’eau bien chaude et au besoin additionnée d’un peu de carbonate de soude. Si, en violetant ainsi, on dépasse un peu l’échantillon, on y revient facilement en rinçant avec de l’eau acidulée. On comprend aisément qu’il ne faut pas abuser des rinçages sans acide, car ils nuisent toujours à la nourriture ; il faut donc qu’en sortant du bain la teinture se rapproche le plus possible de l’échantillon. Les rinçages sont indispensables lorsque l’on emploie l’orseille en pâte pour pouvoir ôter les débris de lichen.
- L’orseille seule donne des grenats francs et pas trop foncés ; pour obtenir des grenats plus rabattus et plus foncés, on additionne le bain de carmin d'indigo ; comme ce dernier mord très vite sur la plume, il est bon de le verser bien allongé, petit à petit et pendant que le bain est bouillant. Quand on emploie du carmin d’indigo, il faut toujours avoir soin qu’il y ait dans le bain de l’acide libre, car autrement le carmin ne mord pas ; c’est surtout après un certain temps que la plume est en bain que l’acide, qui était au commencement en quantité suffisante, est tout neutralisé bien que le bain soit franchement rouge ; il arrive alors souvent au teinturier inexpérimenté qu’en ajoutant du carmin d’indigo, même en grande quantité, il ne voit pas foncer la nuance; si alors par hasard, il ajoute de l’acide, le carmin mord d’un seul coup, et l’échantillon est souvent fortement dépassé. Quand cet accident a lieu, il ne faut pas laisser la plume dans le bain, mais la mettre immédiatement par terre ; en la laissant dans le bain, le carmin se fixerait tellement sur elle, qu’il serait très-difficile de l’enlever; après rinçage, on
- refait un bain neuf d’orseille pure et l’on fait bouillir la plume ; le carmin d’indigo descend ainsi assez facilement dans le plus grand nombre de cas. Si cela n’était pas suffisant, il faudrait rincer, passer à l’eau de carbonate et au besoin savonner et même laisser tremper dans le savon; on remonterait après dans un bain neuf d’orseille. Quelque fois cela ne suffît pas encore ; cela arrive par exemple pour certaines plumes, comme la ronde de poule dont la tête reste presque toujours foncée malgré tous cestraitements.il fautalors avoir recours aux procédés héroïques. On met la plume dans un bain à 50° légèrement acidulé à l’acide sulfurique et on y verse, en remuant, une dissolution de bichromate de potasse, 15 à 20 gr. par kil. de plume ; on laisse la plume dans le bain 4 ou 10 minutes ; après cela on rince, et on nuance comme d’ordinaire.
- 4 suivre.
- Reproduction et traduction interdite.
- NUANCES DE LA MODE
- La nuance, dite Bourgogne, similaire de celle Bordeaux ou lie de vin, dont nous donnons ci-dessus l’échantillon et dont nous donnerons le procédé d’application dans le prochain numéro, n’est guère en rapport avec la couleur des vins de la récolte de 1879, en Bourgogne.
- D’après ce que nous ont dit plusieurs propriétaires du pays, ils seront obligés d’avoir recours à la teinture et de lui emprunter quelques produits salubres, pour corriger la nuance sans nom dont sont affligés les produits de cette malheureuse récolte.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CHIFFONNAGE (I)
- — Suite —
- Bleu sur soie.
- Pour une robe, après nettoyage :
- 1er bain. — 65 gr. cyanure rouge.
- 29 — acide sulfurique, passer la robe 20 minutes et rincer.
- 2e bain. — Un verre de la composition du lef bain. 125 gr. sel d’étain. passer sur ce bain 20 minutes et rincer, puis revenir sur le premier bain, et ainsi de suite jusqu’à la nuance désirée. — Bien rincer. — Piquer à l’acide sulfurique, remuer et sécher.
- Corinthe sur soie
- Pour une robe :
- 1er bain. — Eau 30 litres.
- Alun épuré 500 gr. y passer la robe une demi-heure, rincer.
- Bain frais : 20 litres décoction brésil.
- 5 — — campêche. y mener la robe à froid 20 minutes ; ensuite mettre chauffer au bain-marie jusqu’à 30 à 35° c., mener jusqu’à nuance désirée. — Lever, rincer, sécher.
- Corinthe sur laine.
- Pour ameublements (20 mètres damas).
- L’étoffe bien lavéeet nettoyée préalablement, est ensuite bouillie pendant une demi-heure dans un bain de :
- 500 gr. alun ordinaire
- 500 gr. tartre
- Ensuite on ajoute :
- 1 kil. orseille
- 0 250 carmin d’indigo.
- 0 015 acide sulfurique, bouillir jusqu’à la nuance désirée. — Lever, rincer et sécher.
- Blanchiment d’un crêpe de chine.
- Enlever les taches de graisse à la benzine ; ensuite bien mouiller le crêpe à l’eau froide, puis le passer successivement dans deux bains de savon blanc -, rincer sur quatre eaux, deux tièdes et une froide. Faire ensuite un bain d’acide sulfureux,
- (1) Voir Moniteur de la Teinture^ année 1879, pages 7, 18, 44, 67, 91, 211, 224, 258, 271 et les années précédentes du journal.
- moitié acide, moitié eau. Lever et rincer sur une eau d’acide sulfurique.
- Rincer ensuite sur une eau tiède et deux eaux froides. Faire un bain d’eau très claire et mettre 5 gr. d’indigo dissous, 3 gr. cochenille ammoniacale, 40 gr. albâtre en poudre -, passer le châle en ce bain 10 à 15 minutes et 20 minutes quand ils sont brodés. Lever et faire un bain très léger de gélatine, la passer dedans et apprêter de suite.
- Cramoisi sur soie
- Pour un crêpe de Chiné.
- Faire dissoudre 250 gr. alun épurée dans 15 litres d’eau, y passer le châle deux heures et rincer.
- Faire un bain de 125 gr. cochenille brute pulvérisée, la faire bouillir avec 35 gr. crème de tartre et deux noix de Galle.
- Y passer le crêpe 30 minutes ; s’il y a des noirceurs sur le châle, ajouter un peu de crème de tartre bien dissoute, et passer l’étoffe une demi-heure en montant presque jusqu’au bouillon.
- Rincer et sécher.
- TEINTURE
- DES POILS DE CHÈVRE EN BLEU
- Pour 20 liil. poils de chèvre.
- Ajouter au bain contenant la quantité d’eau nécessaire :
- 1 kil. 800 prussiate de potasse. Entrer à froid et monter, en deux heures, à 70° c.; Lever, éventer et ajouter au bain ;
- 1 kil. 800 acide tartrique.
- » 500 sel d’étain.
- 1 800 sulfo-muriate acide.
- (Le sulfo-muriate acide se prépare en versant peu à peu 5 parties d’acide sulfurique dans h parties d’acide chlorhydrique ; conserver bouché).
- Rentrer les poils de chèvre et manœuvrer jusqu’au bouillon. — Bouillir jusqu’à dégorgement suffisant du bleu.— Lever, et deux heures après, laver.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- O
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ECHEVEAUX
- Par M. d© Vinant.
- — Suite (1). —
- Gris gris.
- Mêler : 3 parties bain n° 2 2 — — no 7
- Donner 9 lisses à chaud deux heures après, donner à 70° de chaleur 7 lisses en bain no 3. — Deux heures après, laver.
- Gris souris foncé.
- Mêler : 3 parties bain n° 9 1 — —n°12 1 — — no 6
- A chaud, donner 9 lisses. — Une heure après, donner à 70° c., 7 lisses. — Une heure et demie après, laver.
- Gris ardoise ordinaire.
- Donner 9 lisses à chaud sur un bain formé de : 2 parties bain n° 8
- 1 — — n° 2
- Deux heures après, donner 7 lisses en bain no 4 à 70° c. — Deux heures après, laver.
- Gris meunier foncé.
- Prendre : 9 parties bain n° 9 1 — — no 2
- A chaud, donner 9 lisses. — Deux heures après, donner 7 lisses à 70° c. — Une heure après, laver.
- Gris bleuté.
- Mêler : 3 parties bain n° 13 1 — - n° 2
- 1 — —n°7
- Donner 9 lisses, à chaud. — Deux heures après, donner 7 lisses à 70° c. Deux heures après, laver.
- Gris ardoise foncé.
- Mêler : A parties bain n° 13 1 — — n° 12
- Donner, à chaud, 9 lisses.—Une demi-heure après donner 7 lisses à 60e c., avec le bain n° 4. — Une demi-heure après, laver.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 1-41, 153, 175, 199, 233 et 247, et pour la composition des bains numérotés, page 200, même année.
- Feuille morte n° 1.
- Composer le bain avec :
- 1 partie bain n° 2
- 1 — — n° 12
- 1 — — n° 10
- Donner 9 lisses à chaud. — Deux heures après, donner 7 lisses à 70° c. — Une heure après, laver.
- Feuille morte no 2.
- Prendre : 1 partie bain n° 2 1 — — no 12 1 — — n° 10
- Même manœuvre que pour le n° 1, mais ne laver que deux heures après les 7 lisses à 70° c.
- Feuille morte no 3.
- Mêler : 1 partie bain n° 2 3 — — n° 10
- 1 — — n° 12
- Opérer comme pour le n° 2.
- Feuille morte n° 4.
- Prendre : 1 partie bain n° 2 1 — — n° 12
- 1 — — no 1
- Donner à chaud 9 lisses. — Deux heures après donner à 70° chaleur 7 lisses sur le bain n° h. — Une heure après, laver.
- Bronze.
- Composer le bain avec : 2 parties bain ne 8
- 1 — — no 2
- A chaud, donner 9 lisses. — Deux heures après donner 7 lisses à 70° C sur le bain n° A. — Une heure après laver.
- Olive foncé.
- Donner 9 lisses à chaud, sur bain formé de : 3 parties bain n° 9
- 1 — — no 2
- Deux heures après, donner à 70° C, 7 lisses sur le bain no A. — Une heure après laver.
- A suivre.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE
- DES LAINES & LAINAGES
- — Suite (I) —
- BLEUS DE FRANCE
- Bleu ordinaire n° 9.
- Pour 40 kil. de laine, former le bain avec : Eau (quantité suffisante).
- 2 kil. 500 cyanure cristallisé.
- 2 500 acide sulfurique.
- 5 » alun.
- monter au bouillon en trois heures et demie. — Lever et ajouter.
- 140 gr. sel d’étain.
- Manœuvrer une heure et demie.
- L’opération dure en tout cinq heures.
- Bleu no 8.
- Pour 38 kil de laine :
- Monter en quatre heures au bouillon. Dans un bain formé de :
- 3 kil. 500 cyanure cristallisé.
- 3 — 500 sel ammoniac.
- 3 — 500 acide sulfurique.
- 7 — » alun.
- Eau (quantité suffisante).
- Ensuite, lever et ajouter :
- 215 gr. sel d’étain.
- Passer encore trois quarts d’heure sans bouillir. — Douze heures après, laver.
- Bleu no 9.
- Pour 60 kil. de laine :
- Former le bain avec l'eau nécesssaire ; chauffer cette eau à 40° c., et ajouter :
- 2 lit. acide sulfurique. bien mélanger, puis ajouter :
- 2 kil. sel d’étain dissous dans
- 2 lit. acide sulfurique, et ensuite :
- 5 kil. prussiate jaune dissous.
- 3 — alun.
- Elever la chaleur de manière à arriver, en deux heures, près du bouillon (sans bouillir).
- Lever. — Eventer pendant 20 minutes et ajouter au bain :
- 2 lit. acide sulfurique.
- Rentrer. — Donner 3 lisses. — Chauffer pour arriver au bouillon daus une heure pour que le bleu
- soit bien fleuri.— En quatre heures le bleu doit être fini.
- Le lendemain, remonter sur le même bain, après en avoir écarté la moitié et ajouté l’eau nécessaire, puis ajouté 800 à 1 kil. d’oxymuriate d’étain, ainsi que la décoction de campêche nécessaire pour la nuance. — Rincer.
- Bleu n<> 10.
- {En deux heures et demie).
- Pour 12 kil. laine, mettre dans le bain :
- 1 kil. cyanure.
- 1 — acide sulfurique concentré.
- 2 — sel ammoniac.
- 2 — alun.
- Eau nécessaire.
- Monter à la hauteur du bleu. — Lever. — ajouter :
- 62 gr. sel d’étain.
- Rentrer. — Donner 9 lisses.
- Bleu de ciel au prussiate.
- Pour 50 kil. de laine, former le bain avec : 200 kil. eau.
- h — alun.
- h — crème de tartre.
- 1 — prussiate.
- Entrer à froid. — Faire tirer le prussiate en montant jusqu’au bouillon, en deux heures.
- Ajouter ensuite :
- 1 kil. acide sulfurique.
- 3 — oxymuriate d’étain.
- Monter le bleu jusqu’à ce qu’il soit assez dégagé et lever.
- ...... -AS, es 2.=8- -
- LE BICHROMATE DE POTASSE
- COMME MORDANT
- pour la teinture des laines en flocons et des draperies
- On sait que la plupart des matières colorantes, si l’on en excepte certaines couleurs d’aniline, n’ont pas ou n’ont que peu d’affinité pour la laine ; on sait aussi que, pour fixer le principe colorant, il faut employer des mordants qui ont en même temps beaucoup de tendance à s’unir à la substance tinctoriale.
- Les mordants, non-seulement fixent le principe
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 11
- colorant sur la laine, mais en définissent souvent l’apparence, d’où il résulte qu’avec différents mordants, on peut obtenir des couleurs très différentes quoique n’employant qu’une seule matière colorante. Le résultat est surtout fort remarquable dans l’emploi du campêche, matière colorante la plus usitée en teinture -, c’est aussi avec cette matière tinctoriale que le bichromate de potasse présente l’application la plus avantageuse.
- Le but qu’il faut s’efforcer d’atteindre en teinture consiste :
- 1° A ne rien perdre du principe colorant;
- 2° A le fixer le plus solidement possible et lui donner le plus d’éclat possible.
- S'il s’agit de la teinture des laines, on s’efforcera encore de leur réserver dans les opérations tinctoriales leur souplesse et leur douceur naturelles, qualités fort importantes surtout au point de vue de la facilité de la fabrication.
- L’emploi du bichromate de potasse conduit à tous ces résultats et présente en outre l’avantage du bon marché. Ce mordant, en effet, remplace très avantageusement ceux qui sont généralement usités. En employant ce mordant on obtient des couleurs plus brillantes, résistant mieux à l’air et aux alcalis que celles obtenues en suivant les procédés ordinaires. Comme le mordant a une affinité très énergique pour la laine et pour le principe colorant, il fixe ce dernier d’une manière plus complète.
- De là il résulte que pour obtenir un même effet, une même nuance, il faut une quantité moindre de matière tinctoriale.
- Ce mordant présente enfin l’avantage de moins altérer les qualités naturelles de la laine; dans la laine teinte par son emploi est plus facile à pratiquer.
- Indépendamment de ces avantages généraux,
- l’emploi du bichromate permet encore d’imiter si parfaitement les verts, les olives, les plombs bon teint, ainsi que toutes les autres couleurs où l’indigo entre comme élément, que les juges les plus exercés ne pourraient distinguer ces petits teints des bons teints sans employer les acides.
- Teinte par ce procédé, la laine ne perd rien au foulage des principes colorants qu’elle a retenu.
- Avec le campêche on obtient des nuances qu’il serait impossible d’obtenir par tout autre moyen, hors l’indigo lui-même.
- On fixe la quantité nécessaire de mordant suivant la quantité des principes colorants qu’il s’agit d’y
- fixer-, avec un même bain de mordant on prépare toutes les couleurs.
- Pour cela on déduit 20 p. 100 pour toutes les opérations qui suivent la première; souvent on se sert du bain de remontage pour préparer d’autres laines.
- La laine doit être soumise à une faible ébullition pendant trois quarts d’heure dans le bain de la matière colorante, remontage.
- En faisant barquer la laine, c’est-à-dire en l’enlevant sur le bayar’d et en la couvrant -, elle gagne le double en intensité de couleur quand elle a été teinte par ce procédé.
- Si on veut absolument que la couleur soit guèdée c’est-à-dire traitée à l’indigo, on peut dans ce procédé employer le campêche avec l’indigo ; la couleur sera aussi belle et aussi solide à l’air que cette dernière matière tinctoriale.
- Ce mordant est également avantageux pour obtenir un vert avec l’indigo, sans bois de campêche, en s’en servant pour fixer le principe colorant du bois jaune ou de la gaude; la laine ainsi teinte en jaune, puis en vert, déchargera moins le bleu de cuve et sera bien plus douce que dans le cas où le jaune aurait été fixé par l’alun. Ce mordant s’accorde mieux en effet avec le bleu de cuve que tout autre-, en général, on peut affirmer que pour la plupart des emplois, il l’emporte de tout point sur les autres mordants.
- Préparation du mordant pour produire différentes couleurs.
- On varie la quantité de bichromate de potasse en tenant compte des cinq circonstances indiquées plus loin ; après avoir lu ces explications on comprendra facilement la quantité qu’il faut employer.
- Le maximum de bichromate de potasse dont il est convenable de se servir pour 100 kil. de laine est de 2 kilogrammes et demi, mais on modifie cette quantité :
- 1° Suivant la quantité de matière colorante à fixer, parce que moins on veut en fixer sur la laine, moins elle a besoin de mordant;
- 2° Suivant la finesse de la laine et des draps, on taxe la différence de la laine et des draps jusqu'à 3 p. 100;
- 3° Suivant le plus ou moins de facilité que les matières colorantes ont à s’unir à la laine ;
- 4° Suivant la vivacité des nuances que l’on désire obtenir, parce que plus on diminue le mordant, moins la couleur est brillante;
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 5° Et enfin suivant la capacité de la chaudière en proportion de la laine à teindre.
- Malgré ces explications, voici une base pour les
- Pour 100 kil. de laine fine
- Temps de mordançage : 1 heure 3/4. Temps de teinture : 3/4 d’heure.
- Mordançage
- Couleurs Mordants
- Noir...................2 kil. 500 Ardoise................1 — 750 Plomb..................1 — 250 Gris..............0—750 Vert invisible ......2 — 500 Vert nisse . *................... 2 — 500 Vert dragon. .................... 2 — 500 Vert bouteille ......2 — 500
- Vert d’hirondelle . .2 — 500
- Vert myrthe . . . 2 — 500
- Olive vert foncé . . 2 — 500
- On peut donner aux couleurs plomb, ardoise et gris, une nuance jaunâtre avec le bois jaune et une nuance rougeâtre avec le bois du Brésil, la garance ou le Santal (on emploie le Santal avant le mordant, mais dans le même bain, tandis que la garance et le bois rouge, tel que le Brésil Lima et Sainte-Marthe, etc., s’emploient dans le second bain).
- En variant les proportions de campêche et de bois jaune, on peut obtenir par ce procédé une infinité de nuances vertes. On peut au besoin remplacer le
- différentes couleurs, suivant laquelle on pourra teindre une infinité de nuances :
- ou 120 kil. de draps fins £
- Teinture Bois de
- Campêche Jaune Brésil
- 30 à 40 kil . » »
- 18 22 — » »
- 12 15 — » »
- 3 6 — » »
- 26 — 4 kil. »
- 24 - 12 — »
- 18 — 38 — »
- 15 — 25 — »
- 18 — 14 — »
- 8 — 70 — 8 kil.
- 12 — 60 — 10 —
- bois jaune par la gaude ; dans ce cas il faut substituer à 1 kil. de la matière tinctoriale, 3 kil. de la seconde. L’emploi de la gaude revient cependant à un prix trop élevé. On emploie pour les verts, les bois jaunes ordinaires : tels que ceux de la Jamaïque, de Tampico, de Curaçao, qui ont l’avantage de donner une nuance moins orange que le bois de Cuba.
- Pour les olives on emploie de la garance ou des bois rouges (Brésil) afin de donner le rougeâtre de leurs nuances.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D'INVEENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TECTILES
- moyen dépaillage chimique détruisant dans les tissus et les fils les matières étrangères à la laine, mais ne détruisant ni le coton ni la laine.
- Année 1878.
- 124,917.19 avril. — CHANTEPERDRIX. —Nouveau système de moulinage, filage et torse pouvant tordre la soie de six à douze mille tours par minute et cela sans coronelle.
- 124,940. 5 juin. — Izart. — Procédé d’utilisation industrielle de l’effilochage des tissus de laines et feutres de toutes natures.
- 124,946. 5 juin. — Biernatzki. — Appareil pour fabriquer sur métier Jacquard les produits variés en dessins et colorations.
- 124,913, 10 juin* — Bérenger. — Nouveau
- BULLETIN FINANCIER
- AVIS
- Sous ce titre nous publieronst à partir du prochain numéro, les renseignements sur la fluctuation des cours des principales valeurs du marché parisien en bourse et en banque, et nous les tiendrons au courant des nouvelles émissions.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, àCharleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N» 2. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Janvier 1880.
- SOMMAIRE
- Avis. — La Théorie des couleurs appliquée à l’art et à l’industrie, par M. de BEZOLD (suite). — Procédé de préparation des matières colorantes rouges, brunes et jaunes, de MEISTER, Lucius et BRUNING. — Impression des tissus : Principes généraux de la fixation des couleurs.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture sur soie. — Nouvel appareil carburateur de M. Piéplu, pour l’éclairage et le chauffage industriel. — Teinture des plumes parM. VANNUCCIO-VANNUCCINI (suite). — Teinture des étoffes de coton pour fleuriste (suite). — Rouge d'Andrinople beau et solide sur coton, — Teinture de la laine en toison. — Régime douanier.
- BULLETIN FINANCIER.
- AVIS
- Ceux de nos lecteurs, dont l‘abonnement est expiré avec le dernier numéro, qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés d’office pour une nouvelle année, sont priés de nous en informer par lettre ou de mentionner leur refus sur la bande du présent numéro.
- La quittance de 15 fr. 50 pour les départements et de 20 fr. 50 pour l’étranger, sera présentée dans le commencement du mois de février.
- Les 50 centimes représentent moitié des frais de recouvrement pour la présentation de la quittance à domicile.
- LA THÉORIE DES COULEURS appliquée à l’Art et à l’Industrie.
- — Suite —
- On a aussi disposé les mêmes couleurs sur une sphère dont l’équateur est formé par les couleurs franches, tandis que les deux pôles sont représentés par une tache blanche et une tache noire ; les couleurs se foncent sur chaque méridien en allant vers le pôle noir, et s’éclaircissent en allant vers le pôle blanc. Au lieu d’une sphère, on pourrait employer un cylindre ou même simplement un rectangle dont la base inférieure serait bordée de noir et la base supérieure serait bordée de blanc, représentant toujours les couleurs franches. Malheureusement, le principe même des cercles chrom a-
- tiques n’est point d’accord avec les lois du mélange des couleurs.
- En effet, le mélange avec du noir équivaut à une diminution d’intensité, car les couleurs rabattues qu’on obtient par ce mélange peuvent aussi être obtenues en éclairant de moins en moins une surface peinte avec une couleur franche. On sait, que quand le jour fuit toutes les couleurs s’assombrissent et tournent au noir. Mais le mélange avec du blanc n’équivaut pas à une augmentation d'in-tensité; les couleurs blanchies ne sont nullement des couleurs franches plus intenses, ce sont des couleurs imparfaitement saturées (1). On voit que M. Chevreul confond sous le nom de tons deux modifications essentiellement différentes. Aussi le cercle chromatique ne renferme-t-tl pas la gamme du blanc, c’est-à-dire la série des tons gris qui représentent les mélanges de blanc et de noir ; on n’y trouve pas non plus les mélanges des couleurs avec du noir et du blanc (à la fois). On a voulu corriger cette imperfection du cercle chromatique en y ajoutant neuf cercles chromatiques, uniformément rabattus avec du noir ; mais de cette manière beaucoup de couleurs sont nécessairement répétées plusieurs fois dans les cercles successifs.
- M. de Bezold pense donc qu’il faut revenir au cône chromatique de Lambert dont la construction est d’accord avec les principes établis par Helmholtz et par Maxwell. D’après ces principes,
- (1) On peut pourtant se demander pourquoi les couleurs franches très intenses tournent au blanc ; pourquoi, par exemple, une surface jaune, fortement éclairée, nous parait presque blanche. Je crois que, dans beaucoup de cas, il se mêle réellement du blanc aux couleurs que produit une lumière très vive (par suite d’une absorption incomplète dans le cas des couleurs dues à des phénomènes d’absorption, et ar suite des réflexions intérieures dans le cas des cou-eurs fournies par des prismes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- toute sensation colorée dépend de trois facteurs qui la déterminent complètement, et pour lesquels on peut prendre :
- 1° Une couleur franche, définie par sa longueur d’onde (qui indique ce que M. Chevreul appelle la nuance et M. Helmholtz le ton') ;
- 2° L'intensité lumineuse de cette couleur que l’on peut aussi déterminer par la quantité de noir qu’on ajoute à l’intensité normale ;
- 3° Le degré de saturation ou de pureté, qui dépend de la quantité de blanc mêlée à la couleur franche.
- Pour obtenir toutes les couleurs possibles, il faut donc former un cercle chromatique avec un certain nombre de nuances franches, distribuées sur la circonférence extrême, et dégradées successivement par le mélange avec des proportions croissantes de blanc, depuis le bord jusqu’au centre qui est occupé par le blanc. Nous conservons, comme on le voit, la partie centrale du cercle chromatique de M. Chevreul, formée par les « tons affaiblis, » que nous appellerons désormais degrés de saturation ou de pureté. On forme ensuite une série de cercles semblables en diminuant successivement l’intensité lumineuse des couleurs contenues dans le premier (en les rabattant avec du noir).
- La superposition de ces cercles donnerait une colonne cylindrique terminée par un disque noir (1) mais il convient de diminuer le diamètre des cercles à mesure que les couleurs sont plus foncées, de sorte que leur superposition donne un cône, terminé par une pointe noire. L axe du cône est occupé par la gamme des tons gris qui résultent des mélanges de noir et de blanc; la surface extérieure représente les couleurs franches rabattues jusqu’au noir; la base est occupée par les couleurs plus ou moins saturées, mais ayant chacune son maximum d’intensité (l’intensité 1).
- Une section horizontale prise au tiers de la hauteur du cône (à partir du sommet)'contient toutes les couleurs d’intensité 1/3. Un cercle concentrique tracé sur la base avec le rayon 1/L comprend les couleurs d’intensité 1 et de saturation 1/4 ; toutes les autres couleurs qui ont le même degré de saturation se trouvent sur le cône concentrique qui passe par ce cercle et qui a l’ouverture 1/L.
- (1) Le développement du cercle chromatique de M. Chevreul donnait, non pas un cylindre plein, mais une tur-face cylindrique.
- Une couleur quelconque est définie par sa position dans l’intérieur du cône ; ce dernier étant placé la pointe en bas, la hauteur verticale d’une couleur donnera son intensité, l’ouverture du cône concentrique où elle se trouve donnera son degré de saturation, et son azimuth (l’orientation du plan qui passe par la couleur en question et par l’axe du cône) déterminera sa nuance.
- Quelles sont maintenant les nuances qu’il faut adopter pour la construction du cône chromatique? M. de Bezold prend pour point de départ dix couleurs qui forment cinq couples de couleurs complémentaires :
- Rouge ) Orangé | Jaune ) Jaune-vert | Vert
- Vert-bleu j Bleu 5 Outremer j Violet ) Pourpre
- Les longueurs d’ondes de deux couleurs complémentaires sont à peu près dans le rapport de à : 5 qui est celui de la tierce-majeure (d’après M. Helmholtz, le rapport varie entre 1 : 1,20 et 1 : 1,33); mais l’on remarquera que le pourpre, couleur composée qui n’existe pas dans le spectre, n’est pas défini par une longueur d’onde particulière.
- Cependant M. de Bezold constate que la différence entre le jaune-vert et le vert, ou le vert et le vert-bleu, par exemple, est beaucoup moins sensible que celle qui existe entre les couleurs complémentaires (violet et pourpre, pourpre et rouge), de sorte qu’un faible changement de la nuance du vert entraîne un changement assez considérable pour la couleur complémentaire (1). Pour avoir une série de couleurs fondamentales séparées par des différences égales, il subdivise le violet en violet-bleu et violet-pourpré, et de même le rouge en carmin ou vermillon (cramoisi et écarlate). Il obtient ainsi une échelle de douze nuances équidistantes ; mais ces nuances n’occupent pas toutes la même étendue sur la circonférence, car le violet-pourpré, le pourpre et le carmin s’y trouvent ensemble opposés au seul vert, qui remplit le secteur le plus large, tandis que les trois couleurs qui viennent d’être citées occupent les secteurs les plus étroits. Les douze nuances fondamentales de M. Bezold s’accorderaient avec le cercle chromatique de M. Chevreul en supprimant l’outremer et en ajoutant 1 orangé-jaune. Ensuite on peut intercaler un nombre suffisant de nuances intermédiaires. L intensité relative moyenne des couleurs principales doit être réglée
- (1) Cette circonstance explique, jusqu’à un certain point, les difficultés qu’on rencontre dans l’emploi du vert dans la peinture. Le vert est l’écueil des peintres novices. *853
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- sur l’intensité relative des teintes d’un spectre normal (d’un spectre d’interférence); avec ces intensités relatives, on obtient, paraît-il, les meilleures combinaisons de couleurs complémentaires.
- Une difficulté que cette théorie néglige, c’est que la saturation et même la nuance des couleurs spectrales changent un peu avec l’intensité de la lumière. Nous avons déjà dit que les couleurs blanchissent quand la lumière augmente. Le violet se rapproche alors d'un gris blanchâtre ; le bleu foncé passe au bleu de ciel, devient blanchâtre et enfin blanc; le vert devient jaunâtre, puis blanc; le jaune devient blanc sans intermédiaire. Quand la lumière diminue, le violet se rapproche du pourpre, le bleu passe au bleu-violet, le jaune tourne à l’orangé (avec une lumière faible, la raie D semble située dans l’orangé, et avec une lumière forte dans le jaune). C’est surtout dans la région du violet et de l’ultra-violet que ces changements sont sensibles.
- On sait aussi que le bleu mélangé avec beaucoup de blanc tourne au violet (1).
- Quoi qu’il en soit, si nous adoptons le système de représentation des couleurs qui vient d’être exposé, toutes les teintes situées dans l’intérieur d’un cercle s’obtiennent par le mélange des couleurs franches avec du blanc. Mais on peut aussi obtenir chacune de ces teintes d’une infinité de manières par le mélange de deux couleurs franches. Les teintes qui résultent du mélange de deux couleurs franches en proportions diverses sont situées sur la corde qui joint ces deux couleurs.
- Il est même prouvé que toutes les teintes possibles peuvent être obtenues par le mélange de trois couleurs fondamentales, pour lesquelles il convient de prendre le rouge, le vert et le bleu d’outremer. On se trouve ainsi conduit à remplacer le cercle par un triangle chromatique dont les sommets sont occupés par les trois couleurs fondamentales. Mais il faut prendre pour ces trois couleurs un rouge, un vert et un bleu encore plus saturés que les teintes spectrales qui portent ces noms. De pareilles couleurs existent, ce sont les couleurs subjectives des
- .(A Les récentes expériences du professeur O.-N. Rood 1e owcYork, ont montré que, mélangées de blanc, toutes a. coueurs, excepté le violet et le jaune verdâtre, changent vîrt et du en se rapprochant du violet : les nuances du yeret"yleu deviennent plus réfrangibles ; celles du jaune, deTorangé, du rouge, deviennent moins réfrangi-pleset semblent ainsi marcher vers le violet en sens in-verse,commefa it aussi e pourpre mélangé de blanc. On obtient le meme résultat par le mélange avec du violet. M.Rood en conclut que le violet doit etre adopté comme couleur fondamentale à la place du violet bleu de Bezold,
- images accidentelles (1). Alors l’intérieur du triangle contiendra toutes les couleurs possibles, dérivées par mélanges successifs du rouge, du vert et du bleu, et l’on pourra y découper un cercle chromatique ordinaire.
- A suivre. ,
- PROCÉDÉ DE PRÉPARATION
- des matières colorantes rouges , brunes et Jaunes, de MEISTER, Lucius et BRUNING.
- En faisant agir sur deux disulfacides du béta-naphtol, les combinaisons diazotées qui dérivent de la naphtylamine, de l’aniline, de la toluidine et de la xylidine, ainsi que des homologues plus élevés dans la série résultant de l’introduction de l’éthyle ou du méthyle dans ces amides. MM. Meis-ter, Lucius et Bruning, de Hôchst, ont obtenu une série de matières colorantes qui, par suite de leur grande vivacité et de leur stabilité, sont appelées à remplacer avec avantage la cochenille, le rocou et l’orseille dans la teinture et l’impression des tissus.
- 10 kilogrammes de la matière première sont chauffés pendant douze heures à une température de 100 à 110 degrés avec 30 kilogrammes d’acide sulfurique anglais. En neutralisant le produit par le carbonate de soude, on obtient un mélange de deux disulfosels sodiques du bétanaphtol isomères, dont l’un le sel R, est insoluble dans l’alcool d’une densité de 0,8631 à 0,8332, tandis que le second, le sel G, peut être retiré du mélange par voie de solution dans l’alcool et isolé par évaporation de la dissolution alcoolique. Le sel R est la base des nouvelles matières colorantes rouges et du sel G dérivent les matières colorantes jaunes.
- Le ponceau R, par exemple, se prépare en dissolvant 6,5 kilogrammes de xylidine dans un mélange de 12 kilogrammes d’acide chlorhydrique (densité 1,1598) avec 100 kilogrammes d’eau. On ajoute à cette solution, en la refroidissant, 4,5 ki- ' logrammes de nitrite de potasse à 100 pour 100 afin d’obtenir en dissolution du chlorure diazoxy-dol. La dissolution est versée dans une autre solution formée de 20 kilogrammes de sel R, 200 kilo-
- (1) En épuisant la sensibilité de la rétine pour une certaine couleur, on provoque l’apparition d’une image subjective complémentaire; si alors on regarde en même temps la région du spectre qui a la couleur de cette image subjective, elle semble couverte d’un nuage blanchâtre, qui est comme balayé à l’endroit où empiète l'image subjective.
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- grammes d’eau et 10 kilogrammes d’ammoniaque liquide à 10 pour 100 et la matière colorante se sépare sous forme d’une masse pâteuse d’un rouge clair. On la purifie en la refroidissant et en la précipitant par le sel, puis en la séchant, elle constitue alors une poudre rouge, qui teint la soie et la laine en leur donnant une nuance aussi belle que celle obtenue à l’aide de la cochenille. Un autre rouge encore plus beau, est le ponceau RR, qu’on prépare comme le ponceau R, en remplaçant la xyli-dine par de l'amidoéthylxylol. Si on substitue à la xylidine la natphylamine, la matière obtenue, appelée Rordeaux R, teint la laine et la soie en brun rouge, comme l’orseille, mais la teinte est plus solide.
- Si l’on transforme l’aniline en la combinaison diazotée et si l’on verse la solution de cette dernière dans la solution de 20 parties de sel G dans 200 parties d’eau et 10 parties d’ammoniaque, on obtient le jaune orange qui, de même que le rocou, donne une teinte un peu plus rouge que la phos-phine et est complètement stable. Quand on remplace l’aniline par la naphtylamine, on obtient le Bordeaux G, lequel fournit un brun rouge à reflet jaune et, quand on se sert d'amidoéthylxylol, on obtient le ponceau G, qui teint la laine et la soie en rouge mais avec reflet jaune.
- (DinglePs Polytechnisches Journal.)
- IMPRESSION DES TISSUS
- Principes généraux de la fixation des Couleurs. (1)
- Les produits dont se sert l’industrie pour colorer les fibres textiles et les tissus sont de nature très diverse et peuvent être classés de plusieurs manières, suivant le point de vue où l’on se place.
- Les uns ne jouent qu’un rôle secondaire et ne restent pas dans la composition de la couleur une fois qu’elle est définitivement fixée : tels sont les épaississants, les acides qui servent de rongeants ou de réserves, ou de dissolvants, les oxydes, les réducteurs, les substances saturantes, les matières hygroscopiques et bien d’autres encore dont l’utilité consacrée par la pratique ne peut être théoriquement expliquée.
- Nous avons déjà publié, année 1878, pages 100
- (1) Ce travail est extrait des travaux de MM. Rouget de l'Iale, Persoz, P. Sehutzenberger et d'autres auteurs.
- et 109 du Moniteur de la Teinture, une étude sur les épaississants, nous y reviendrons en raison de leur importance. Les autres produits concourent en tout ou en partie à la constitution de la couleur qui reste sur la fibre. Quelques-uns se fixent intégralement sur la fibre, tandis que d’autres n’interviennent que par la base ou l’acide qu’ils renferment.
- Parmi ces produits, ou matières tinctoriales, les uns sont par eux-mêmes des couleurs achevées qui communiquent directement leur teinte propre à la fibre, d’autres exigent une combinaison préalable avec un second corps appelé mordant.
- Le rôle de ce dernier est le plus souvent complexe ; tantôt il rend la matière colorante insoluble et sert à la fixer sur le tissu, pour lequel elle n’a qu’une faible affinité, tantôt il modifie la nuance et lui communique parfois un degré de solidité qu’elle n’aurait pas sans lui. On peut donc diviser les matières tinctoriales en deux groupes :
- 1° Les matières colorantes qui se fixent d’elles-mêmes avec leur couleur propre.
- 2° Celles qui pour se fixer exigent le concours d’un mordant et se combinent avec lui.
- Pour qu’un tissu soit réellement teint, la couleur doit résister au frottement et au lavage à l’eau. Celte coulenr doit adhérer physiquement ou mécaniquement à la substance textile ou se combiner chimiquement avec elle.
- Une couleur insoluble, appliquée en poudre délayée dans une solution d’épaisissant ne se fixera sur le tissu qu'autant qu’on parviendra à rendre insoluble la substance agglutinative, autrement le lavage à l’eau enlèverait la couleur.
- Pour les toiles peintes, la propriété que possède l’albumine de se coaguler vers 100° a fourni le meilleur procédé de ce genre, et son emploi a acquis une grande importance.
- Si on veut fixer une couleur autrement que par application, il est indispensable de la dissoudre préalablement pour qu’elle puisse pénétrer dans tous les pores perméables de la fibre ou se répandre uniformément à sa surface.
- Il peut se présenter deux cas : 1° l’attraction moléculaire exercée sur la solution de la couleur par le fibre est plus forte que celle du dissolvant et alors il y a précipitation et fixation sans l’aide d’un mordant; 2° si l’affinité du dissolvant l’emporte sur celle de la fibre, il faudra, par un moyen convenable, déplacer la matière colorante en présence de la fibre, la précipiter et la fixer sur cette dernière. Le résultat sera le même si la substance est
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- retenue et ne peut se détacher par le frottement et le lavage.
- Les causes de la fixation de la couleur sont encore l’objet d’opinions très divisées, nous n’en parlerons donc pas. 4 suivre.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE SUR SOIE
- Noirs au cachou sur soie.
- Les soies sont tout d’abord pssées dans une solution de sels de peroxyde de fer, puis dans une solution de savon en excès.
- Cela fait, on les plonge dans un bain de prus-siate de potasse légèrement acide.
- Après avoir reçu le prussiate bleu, on passe la soie pour la mordancer dans une solution de sels de fer ayant une densité spécifique de 1,15.
- On lave entièrement. On plonge les soies dans le bain de teinture, on les travaille dans ce bain jusqu’à refroidissement de manière à ce qu’elles soient suffisamment imprégnées du mordant et de la matière colorante du cachou.
- L’opération terminée, on expose les soies à l’air libre pendant vingt-quatre heures. On les passe dans une solution de savon à 150°. On les lave, on les plonge dans un bain faible d’acide acétique en dissolution pour la chaîne, et dans un bain faible d’acide chlorhydrique pour la trame. Finalement, on passe les soies à travers une émulsion d’huile, puis on sèche. Cette dernière operation a pour but de faire disparaître au moyen d’une matière grasse, la dureté que la soie aurait pu contracter.
- Préparation après teinture des soies destinées à la moire antique.
- Mêler deux parties d’huile d’olive à une partie d'acide sulfurique à 66°. — Agiter le tout pour bien faire réagir l’acide. — Le mélange obtenu, l’ajouter à 15 parties d’eau tiède ; délayer le tout dans de l’eau bouillante.
- Passer les soies dans ce bain, puis dàns un second bain de même composition auquel on aura ajouté un peu d’acide sulfurique.
- Passer ensuite successivement les soies dans un bain chaud contenant un peu d’acide citrique en dissolution auquel on ajoute une faible quantité de sulfate d alumine et un peu de matière colorante pour remplacer celle que la soie aura perdue. On
- sèche; l’opération terminée, les soies peuvent être tissées. Elles sont alors plus aptes à être moirées.
- ECLAIRAGE ET CHAUFFAGE
- industriels à l’air carburé, par les essences minérales.
- NOUVEL APPAREIL CARBURATEUR
- Breveté s. g. d. g.
- Par M. PIÉPLU, à Paris.
- Là carburation pratique et économique de l’air est un problème dont l’industrie cherche depuis bien longtemps là meilleure solution.
- Nous disons là meilleure, parce que bien des solutions ont déjà été trouvées, et la plupart abandonnées peu de temps après leurs premières applications.
- Les difficultés à vaincre pour la solution du problème étaient nombreuses. — En premier lieu il fallait un appareil simple, d’une installation facile, de surveillance, de réparation et d’entretien à peu près nuis -, comprenant un compresseur d’air à débit constant sous une pression régulière, mais pouvant varier au besoin, et un carburateur à surfaces aussi multiples que possible ne perdant rien de leur action par l’usage.
- Nous ne passerons pas en revue les nombreuses tentatives qui ont été faites, et encore moins celles basées sur le principe de vaporiser les essences avec de l’air préalablement chauffé, principe faux, qui ne produisait autre chose qu’une distillation à une température peu élevée, mais supérieure à celle ambiante et suivie inévitablement d’une condensation des essences dans les tuyaux. Les appareils basés sur ce système ont été abandonnés et ceux qui surgissent encore sont destinés à l’être,
- M. Piéplu, dans l’appareil que nous allons décrire après l’avoir étudié et expérimenté avec soin, nous paraît avoir imaginé et résolu les difficultés mieux que tout autre. Le compresseur d’air est un ventilateur hydraulique, composé de plusieurs tympans à ailettes en forme d’hélice, fixées sur le même axe ; chaque tympan est pourvu de quatre spires, de sorte que si nous supposons un ventilateur à quatre tympans, ces tympans étant fixés sur l’axe de façon que les seize émissions d’air divisent également la circonférence, il y aura un courant d’air régulier, que l’on n’obtiendrait pas avec un seul tympan.
- L’arbre sur lequel sont montés ces quatre tym-
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- pans tourne dans un cylindre horizontal qui occupe la partie centrale de l’appareil, et dans lequel ils sont immergés comme ceux des compteurs à gaz. Chaque tympan a son aspirateur et foule l’air dans un récipient commun au-dessus du niveau de l’eau.
- Le moteur qui sert à produire les divers mouvements nécessaires au fonctionnement de l’appareil, est un poids suspendu à une corde, comme le mo-
- teur des anciens tourne-broche, le mouvement est calculé pour que la descente de ce poids soit d’environ 30 centimètres par heure, ce qui donne une course de 3 mètres pour 10 heures de fonctionnement, sans avoir besoin de remonter le poids. Au moyen d’une manivelle mobile on tourne le pignon S qui communique le mouvement à l’engrenage calé sur le treuil où s’enroule la corde à laquelle le poids (rondelles de fonte) est suspendu.
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- Au moyen de la roue C, calée sur l’arbre du treuil, et d’un renvoi de mouvement par diverses roues et pignons d’engrenages à la partie postérieure de l’appareil, le mouvement est transmis à l’arbre du ventilateur, puis aux axes des cylindres inférieurs où sont les carburateurs.
- Les carburateurs sont formés de rouleaux en
- bois avec axe en fer. La surface de chaque rouleau est hérissée de soies de sanglier comme une brosse, et chaque rouleau tourne dans un cylindre métallique B, B’, placé en-dessous de celui du ventilateur et parallèlement a lui.
- Au moyen des entonnoirs n, n\ on remplit, à moitié, ces cylindres d’essence quand on veut faire
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- fonctionner l’appareil. Des robinets de trop plein indiquent le moment où il y a suffisamment d’essence, de même que d’autres petits robinets permettent de faire échapper l’air lorsque l’essence est introduite. On fait arriver l’eau dans le ventilateur par le tube de l’ouverture z, et la vis y, orifice du trop plein, est remise en place lorsque l’eau vient sortir par cet orifice.
- En supposant le contrepoids remonté, le ventilateur garni d’eau, les carburateurs emplis à moitié d’essence, voici comment l’appareil fonctionne :
- L’air comprimé par le ventilateur, si nous supposons fermés les robinets u' et O’ du côté droit de l’appareil, traverse le robinet u et passe par le tuyau V, qui mettent la partie postérieure du réservoir d’air comprimé en communication avec la partie postérieure du carburateur B. L’air traverse le carburateur d’arrière en avant, se sature de vapeur d’essence, puis le mélange d’air carburé remonte en traversant le robinet O jusqu’au raccord B, et de là dans les tubes de la canalisation qui le conduisent aux becs brûleurs.
- Entre l’appareil et les brûleurs on interpose un régulateur, formé d’une grande poche plate en caoutchouc renfermée dans un cylindre métallique percé de trous pour permettre l’action de la pression atmosphérique. La poche s’emplit d’air carburé, se gonfle en se tendant sous la pression de cet air (2 à 4 centimètres d’eau, suivant les longueurs de canalisation) et peut restituer de l’air carburé en se détendant à un moment donné si la pression cessait, pour une cause accidentelle, d’être régulière. En un mot, cette poche remplit le même rôle qu’un volant dans une machine à vapeur.
- Nous avons dit que les robinets O’ et u' étaient fermés. En effet, le carburateur B fonctionne seul ; l’axe du carburateur B’ continue à tourner, mais l’air comprimé n’arrivant pas dans le cylindre de ce carburateur la vapeur d’essence n’en sort pas. Cette disposition est nécessaire pour parer à l’effet suivant :
- Sous l’influence de l’air comprimé qui s'est sa-turé de vapeur d’hydrocarbure, il s’est produit pendant la marche de l’appareil un abaissement de température dans l’essence que garnit le cylindre du carburateur, dès lors l’air se sature moins de vapeur et la lumière donnée par les brûleurs diminue; aussitôt qu’on s’en aperçoit on ouvre les robi
- nets O’ et u et on ferme aussitôt les robinets o et u.
- L’air comprimé se sature alors dans le carburateur B’, passe une fois carburé par le robinet O’ et le raccord P et fournit à son tour le gaz à la canalisation. Grâce au régulateur, les mouvements d’ouverture et de fermeture des robinets n’ont aucune action sur la régularité de la lumière.
- Le modèle d’appareil que nous avons expérimenté était un appareil à deux générateurs, avec ventilateur à quatre tympans, c’est-à-dire qu’au lieu d’un cylindre carburateur B, il y en avait deux superposés dans lesquels l’air comprimé se saturait de vapeur simultanément, pendant que dans deux autres cylindres symétriques B’, l’hydrocarbure refroidi reprenait la température ambiante pour pouvoir fonctionner ensuite, lors du trop grand refroidissement des carburateurs B.
- Il en est de ces appareils, comme des moteurs à vapeur, si on a besoin régulièrement de cinq becs il faut prendre un appareil de dix, on ne dépense pas plus d’essence, cela coûte un peu plus cher de première acquisition ; mais on regagne bien vite cette différence par l’économie d’entretien, d’usure et de bon fonctionnement (1).
- Les divers modèles d’appareils de M. Piéplu sont d’une seule pièce ; ils occupent très peu de place -, leur poids est relativement léger comme on le voit dans le prix courant.
- L’essence employée est celle de pétrole à la densité de 0,650, qu’on se procure facilement aujourd’hui.
- Il faut 450 grammes de liquide pour saturer un mètre cube d'air. Le pouvoir éclairant d’un bec dépensant 100 litres à l’heure est égal à 12 bougies, c’est-à-dire le double environ d’un bec alimenté par le gaz de houille.
- Inutile de dire à nos lecteurs que le gaz produit, ne contenant pas de soufre comme celui de la houille, ne noircit ni les peintures à la céruse, ni les dorures et peut être employé partout, aussi bien dans les appartements que dans les ateliers, etc. P. B.
- (1) Voir le prix courant des appareils aux annonces.
- Nous nous mettons à la disposition des personnes qui traiteront de l’achat d’un appareil par notre entremise pour procéder gratuitement aux expériences lors de la réception de l’appareil dans les ateliers du constructeur et pour examiner sa bonne construction. (Les prix annoncés sont eeux du construoteur.)
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- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- GRENAT
- 2e procédé. — On peut faire des grenats clairs à la fuchsine, à l’acide et à la roccel-line. Il faudra bien monter la plume à la fuchsine à l’acide et ensuite jaunir à la roc-celline, car si on faisait l’inverse la fuchsine à l’acide ne pourrait pas mordre sur la plume teinte à la roccelline. Si on voulait ternir ce grenat au carmin d’indigo on ne pourrait pas, car le carmin d’indigo ne mord pas sur la plume teinte avec la roccelline.
- Plume dure. — Les deux procédés s’appliquent à la plume dure; seulement pour l’orseille il faut chauffer fortement et longtemps.
- Plume d’autruche. — Les deux procédés sont également applicables à la plume d’autruche. Pour les bouts de queue il faut toujours faire un triage, après une première chaude, pour foncer après coup les plus clairs.
- Peaux, ailes, oiseaux. — Le procédé à l’orseille s’applique mal aux peaux et aux oiseaux à plume dure car ces plumes nécessitant un chauffage assez fort, la peau se rétrécit et souvent est brisée. Le procédé à la fuchsine à l’acide s’applique mieux, seulement il est plus difficile de teindre à l’échantillon. On peut ternir après coup au bain de noir de campêche, ou dans le bain avec un peu de bleu de Lille.
- BORDEAUX
- Le bordeaux est un grenat franc, foncé, violeté. Il se fait à l’orseille ou par les matières colorantes dites : orseilline, purpura-line, etc.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, no 23, 24 et n° 1 de 1880.
- LIE DE VIN
- C’est un grenat très foncé et violeté; il se fait à l’orseille, le carmin d’indigo et au besoin un peu de bleu de Lille.
- CAROUBIER
- Le caroubier est un grenat éclatant, clair, un peu violeté. Il se fait à l’orseille ou à la fuchsine à l’acide et la roccelline. Pour bien réussir cette couleur de la première façon, il faut avoir de l’orseille de qualité supérieure ; cette couleur réussit mieux par le second procédé.
- CARDINAL
- Le cardinal est moins violeté que le caroubier; sa teinte est celle que donne la roccelline. Cette couleur peut s’obtenir aussi à l’orseille ; seulement il est difficile que de cette façon on ait une nuance aussi belle et aussi fraîche qu’avec la roccelline. La roccelline a en outre l’avantage de s’appliquer sur n’importe quelle sorte de plume avec une facilité extrême ; ainsi les peaux d’oiseaux, les oiseaux entiers qu’on ne peut pas trop chauffer, crainte de les abîmer, se teignent très aisément avec cette matière ; la nuance réussit toujours bien égale, éclatante, les peaux et les oiseaux sont bien teints jusqu’à l’intérieur.
- La roccelline a cependant ses inconvénients ; elle ne s’associe pas également avec toutes les matières colorantes, de façon que la plume une fois teinte à la roccelline, est très difficile à nuancer; le carmin d’indigo ne mord pas du tout, surtout si la couleur est très nourrie ; la fuchsine à l’acide mord très peu. Le contraire a lieu par l’orseille ; on a pu reconnaître par des essais directs que la roccelline agit comme mordant vis-à-vis de l’orseille. Ainsi à l’acide du colori-mètre on a reconnu que du collet monté d’abord avec de la roccelline tirait le bain d’orseille 1 fois 2/3 mieux que le collet brut. Dans certains cas cela est un inconvénient car la couleur bronze facilement.
- La roccelline s’emploie avec les acides acétique, oxalique, sulfurique. Il vaut mieux laisser la plume dans le bain sans acide pendant quelques minutes et ajouter un peu
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- d’acide après ; il ne faut pas employer trop d’acide car il tend à faire coaguler la roccel-line qui se dépose sous forme de boue; la roccelline ainsi précipitée est perdue pour la teinture. En ajoutant peu d’acide et peu de matière colorante à la lois, on peut épuiser complètement le bain. Cette teinture exige une température d’au moins 50° ; les teintures faites à plus basse température seraient ternes et blafardes.
- Pour les peaux, oiseaux, etc., on chauffe à 50 ou 60° pendant 10 ou 12 heures ; de temps à autre on ajoute une nouvelle quantité de matière colorante. Les teintures de ce genre doivent être toujours rincées deux ou trois fois à l’eau fraîche.
- La roccelline employée à l’acide acéti ue s’associe à l’éosine et à l’érythrosine. On violette les nuances à l’aide de fuchsine à l’acide; on les jaunit à l’aide d’orangé ou de curcuma; on les ternit à l’aide de bleu d’aniline ou bleu de Lille.
- La nuance Nacarat se fait aussi à la roccelline.
- PONCEAU
- il y a un grand nombre de procédés pour faire du ponceau. Ils peuvent se classer de la façon suivante : ponceaux directs, ponceaux composés. Le ponceau à la cochenille, procédé déjà ancien, est encore un des plus beaux; seulement il a l’inconvénient d’un nuançage difficile et de demander un temps relativement très long, pendant lequel la plume peut être fortement endommagée. Les ponceaux obtenus par les nouvelles matières colorantes peuvent au contraire être faits par l’ouvrier le plus inexpérimenté et très rapidement; d’ailleurs leurs nuances ne sont pas en général inférieures en beauté et en éclat au ponceau à la cochenille. Cela fait que presque partout ce dernier a été complètement abandonné.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdite.
- PRÉPARATION DU QUERCITRON
- En plongeant pendant quelques minutes dans l’eau chaude l’écorce du quercitron, on obtient une décoction qu’on passe dans un linge ou une toile grossière, de manière à enlever le bois qui pourrait nuire au tissu.
- Comme on a remarqué que l’eau bouillante rendait brunâtre le principe colorant, on évite cet inconvénient en ajoutant un peu de gélatine ou de gomme dans l’eau en ébullition.
- TEINTURE DES ÉTOFFES DE COTON POUR FLEURISTES
- — Suite. —
- Grenat {sur jacona).
- Procédé au bois.
- Il est essentiel de rappeler que tous les cotons pour fleuriste doivent être dégommés, passés au mordant, bien séchés, comme nous l’avons indiqué (1) et en suivant bien nos indications.
- Pour 18 mètres :
- Faites bouillir dans une chaudière de 40 litres d’eau, bien propre, pendant une demi-heure :
- 750 gr. bois Sainte-Marthe.
- Tirez ce bain à clair, laissez refroidir à 40° C ; passez vos étoffes dans ce bain pendant une demi-heure.
- Chauffez ensuite le bain à 80° C ; ajoutez-y un litre de décoction de campêche.
- Passez l’étoffe dans ce bain pendant 20 minutes Levez et rincez sur une eau.
- Procédé à la purpuraline.
- Pour les nuances claires ou moyennes on obtient le grenat directement. — Pour des nuances très fon cées il faut d’abord passer en sumac et en fer.
- Marron.
- Pour 18 mètres :
- Dans une chaudière bien propre, faire bouillir pendant une heure :
- Eau....... 40 litres
- Fustet...................... 750 grammes
- (1) Voir Monittur de la TUnture, année 1879, page 172.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ste-Marthe..................50 grammes.
- Campêche....................20 —
- opérer comme pour le grenat, mais après avoir réchauffé à 80° C. y passer l’étoffe pendant 20 minutes. — Lever et rincer sur une eau ; avoir soin d’étendre bien au large.
- Marron [par les couleurs d'aniline).
- On fabrique actuellement toutes les nuances de marrons et bruns possibles en produits directs, on vient même tout récemment de mettre dans le commerce le brun d’aniline (brun rougeâtre) qui n’avait pas encore été fabriqué (voir au prix-courant).
- Le procédé de teinture est le même pour tous ces produits : mordancer au sumac en proportion de la teinte désirée. Exprimer l’étoffe, la passer dans une dissolution faible d’oxymuriate d’étain, laver et rincer dans une eau froide additionnée d’un peu d’ammoniaque, afin de neutraliser les dernières traces acides, et teindre à 50° C. environ.
- (A suivre1).
- ROUGE D’ANDRINOPLE beau et solide sur coton, sans emploi de lessive, ni d’huile, ni de noix/de galle.
- Ce procédé est extrait de l’ouvrage de Berthollet, publié en 1804. Il n’est donc pas nouveau, nous le donnons tel quel.
- On fait dissoudre à froid, dans l’acide acétique, delà chaux fusée à l’air : la dissolution pèse de 5 à 6 degrés ; on la ramène à 2 degrés en ajoutant de l’eau. On mêle parties égales de cette dissolution et d’acétate d’alumine, préparé en versant 5 kilog. d’acétate de plomb dans une dissolution de 20 kil. d’alun, par 175 kil. d’eau. On fait tiédir le mélange et on y passe les cotons simplement décreusés avec soin; on les sèche, on les lave fortement, on les sèche de nouveau et on garance avec 750 grammes de garance par kilog. de coton. On avive avec lessive et savon, puis on passe à la dissolution d’étain, et on réavive au savon seul dans la proportion de 12 kilog. par 100 kilog. de coton.
- On obtiendrait des rouges très solides, si on pas. sait le coton aux huiles, mais sans l’engaller, et le
- passant ensuite au mordant ci-dessus. Ils sont même trop foncés, mais en passant le coton qui a reçu une seule huile et quatre lessives dans un mélange d’acétate d’alumine, et d’un quart, 1/12 ou 1/18 d’acétate de chaux, on obtient des nuances variées et très vives.
- TEINTURE
- DE LA LAINE EN TOISON
- — Suite (1) —
- ROUGES
- Dans les fabriques de draps, le rouge se fait peu sur laine en toison pour les mélanges. En général, les belles couleurs ne pourraient se faire sur laine en cet état-, les travaux du cardage, du peignage, de la filature, du tissage, etc., les saliraient tellement qu’elles perdraient leur principal mérite. L’écarlate, le rose, le bleu de ciel et autres nuances claires se teignent plutôt en écheveaux ou en pièces.
- On ne teint plus généralement les toisons pour la belle draperie, comme pour les draperies moyennes et communes, qu’en couleurs mixtes, en bru-nitures.
- Nous ne nous occuperons pas de la teinture de quelques fausses couleurs qui, faites d’ailleurs sur la laine en toison, ne pourraient avoir d’emploi dans la forte draperie, mais ce que nous dirons pourra souvent s’appliquer en lainage, soit en toison, soit en fil, soit en étoffes-, il suffira de modifier et de bien comprendre le mode particulier d’applications, comme les ustensiles et manœuvres qui conviennent spécialement à chacun de ces trois états dans lesquels la laine peut être teinte.
- Rouge par la garance.
- Les laines bien dégraissées et bien lavées, on donne le mordant comme suit, soit pour un rouge garance ou un peu jaune :
- Pour 50 kil. :
- Mordant : 20 kil. alun ;
- 3 » crème de tartre ;
- 2 bottes gaude ;
- (1) Voir Moniteur^ de la Teinture, année 1879, pages 249, 272 et 287.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO
- Gé
- après bouillon ordinaire, lever, égoutter et éventer un jour-,
- 1re teinture : 2 bottes gaude;
- 2* teinture : 3 kil. 500 bois de Fernambouc;
- 37 » » garance; bouillon de trois heures.
- On obtient ainsi un rouge brun de bon teint. Si l’on veut uu rouge plus clair : Mordant : 9 kil. alun;
- 2 » crème de tartre (reposer un jour). Teinture : 16 » garance.
- On peut faire un rouge pourpre en mordançant à l’aluminate de potasse et en employant ensuite l’acide chlorhydrique qui précipite l’albumine pure insoluble. C’est le meilleur agent pour appliquer ainsi cette base en mordant.
- Rouge au Brésil.
- Pour 50 kil. laine :
- Mordant ; 9 kil. allun ;
- 2 » crème de tartre.
- Teinture : Bain mûr et filant de
- 25 kil. Sainte-Marthe.
- Rouge au Calliatour
- Le bois de Calliatour donne un rouge assez vif par le mordant d’étain acide, mais il estimposssible d’employer ce mordant pour la laine en toison, il donne une certaine rigidité qui nuit ensuite aux travaux de cardage, etc. Le mordant d’étain alcalin ne produit pas cet inconvénient; il en est de même de la dissolution d’étain dans un alcali et du mordant d’alun et de tartre, acide toutefois. Par la dissolution alcaline d’alumine on obtient un rouge violet ou amaranthe, mais la laine conserve toute sa douceur.
- Le mordançage de la laine en toison, pour les couleurs délicates, doit se faire préférablement à la terrine. Cette méthode présente des avantages réels, surtout pour économiser le colorant et pour épuiser parfaitement les bains de teinture, sur celle qui consiste à mettre dans le même bain partie ou totalité du mordant avec les substances colorantes, et à donner la bruniture (I) dans le dernier bain.
- (I) a. — Pour la dissolution des sels des mordants très concentrés qu’il faut rendre limpides, les filtres en tissus de verre ou de platine sont préférables et peuvent venir en aide à ceux de charbon, grès, sable, fer, verre pilé, etc., qui sont en usage.
- Le mordant employé pour quelques nuances orange sur laine est le nitrate d’alumine fait avec :
- Au lieu d’opérer de cette façon, on applique le mordant séparément comme pour la laine en éche-veaux, soit à la chaudière au bouillon, soit mieux, pour quelques nuances fixes, aux terrines à tiède ou le plus chaud possible pour la main des ouvriers, puis une exposition à la vapeur à une ou deux atmosphères de pression pendant 45 à 60 minutes. On obtient ainsi des effets particuliers pour la combinaison des principes colorants et l’épuisement des bains qui ne peuvent jamais avoir lieu par la méthode suivie d’un seul teint.
- Ainsi avec 15 à 20 kil. de Calliatour pour 25 kil. de laine on obtient un rouge aussi intense et plus fixe par le mordant isolé et vaporisé que par 25 ou 30 kil. de Calliatour et une deuxième teinture. Ce procédé avantageux pour les matières colorantes de prix le devient même pour le campêche, fustet, etc., si l’on tient à la pureté et à une fugacité moindre de la couleur.
- On manœuvre à la fois 125 gr. de laine en toison dans les terrines disposées comme celles usitées dans la teinture du coton. On a soin de tordre en proportion pour conserver les avances égales, ce qui d’ailleurs se trouve déterminé par la forme même du vase jusqu’à la ligne fixée à laquelle on atteint toujours en proportionnant la torse après chaque passe. Quatre hommes exercés peuvent mordancer ainsi 25 kil. en deux heures, soit 39 passes chacun à l’heure, plus un apprenti pour peser la laine à mesure.
- Pour 35 kil. de laine :
- Mordant : Sur laine mouillée mais bien égouttée (24 heures) :
- 300 litres d’eau pour 1 litre à chaque passe.
- 1 kil. potasse;
- 1 » 500 dissolution alcaline d’étain ; manœuvrer comme il vient d’être dit.
- Lavage : Deux tours.
- Vaporisation : Une 1/2 heure à 90° C.
- Teinture : 1 kil. sumac;
- 25 » Calliatour ;
- 4 litres eau;
- 1 kil. alun épuré;
- 1 » nitrate de plomb.
- On n’emploie que le clair décanté avec soin.
- b. — Si l’on emploie de la garance d’Alsace, il est bon d’ajouter de la craie au bain de teinture, la couleur s’en tire mieux et est plus fine.
- La garance d’Avignon contenant par elle-même un peu de craie, n’en a pas besoin à la teinture.
- Le mélange de ces deux garances pour la teinture fait très bien en général pour cette raison.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- manœuvrer deux heures à tiède au bouillon, et bain de bouillon de dix à quinze minutes.
- Altérant : Deux évents; lavage.
- (A suivre.)
- RÉGIME DOUANIER entre la France et l’Allemagne à partir du 1er janvier.
- La chambre de commerce du Havre a reçu de M. le ministre de l’agriculture et du commerce la lettre suivante :
- Paris, le 28 novembre 1879.
- Par lettre du 18 de ce mois vous m’avez demandé, au nom de la chambre de commerce du Havre, de vous donner des éclaircissements sur la situation de la France vis-à-vis de l’Allemagne, au point de vue des traités de commerce et du régime douanier applicable à nos produits à leur importation dans ce pays.
- Depuis 1870, l’Allemagne n’est plus liée envers a France que par le traité de paix de Francfort, dont la duree n’est pas limitée et dont l’article 11 nous garantit, en matière de douane et de navigation, le traitement de la nation la plus favorisée. Mais les divers traités conclus par l’Allemagne avec d’autres puissances sont expirés aujourd’hui, à l’exception de celui avec la Belgique, qui ne stipulait un régime de faveur que pour un petit nombre d’articles (houille et coke, allumettes chimiques, farines et grains, fils de lin et de chanvre écrus, verre blanc et de couleur, peaux pour gants et peaux teintes et vernies) et qui lui-même expire le 31 décembre prochain. Il en résulte qu’à partir du 1er janvier 1880 tous nos produits sans exception seront soumis, à leur entrée dans l’empire allemand, aux droits établis par le nouveau tarif général du 15 juillet 1879.
- Agréez, etc.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce.
- tirard.
- 1 1 r) s i
- née 1879. On peut la ranger parmi les plus mauvaises et les moins regrettables.
- Les circonstances aidant, la spéculation s’est donné libre carrière. On a vu se fonder des sociétés uniquement dans le but d’en créer d’autres, de souscrire la totalité de leurs actions et de les revendre au public à 100 ou 200 francs au-dessus du pair. Ce système de vente d’actions, substitué aux émissions par voie de souscription publique, n’est pas nouveau, mais il n’avait jamais reçu une pareille extension.
- Le vrai public n’a pas pris part aux émissions hétéroclites de cette année, il s’est contenté d’aller bravement aux valeurs françaises et de tout repos que nul ne lui recommandait.
- Les rentes françaises ont de ce fait monté de plus en plus -, il est vrai que les titres équivoques suivaient la même marche, mais ce dernier mouvement ne reposait que sur des arrangements arbitraires, aussi n’a-t-il pas duré.
- Le drainage de l’or pour l’achat des blés s’est arrêté et la Banque de France n’a pas eu l’ombre d’un prétexte pour relever le taux de son escompte.
- En comparant les cours du 31 décembre 1878 et ceux du 31 décembre 1879, on trouve le 3 p. c. français montant de 76 60 1/2 à 81 AO ; le 3 p. c. amortissable de 79 87 1/2 à 83 85 -, le 5 p. c. de 112 92 1/2 à 115 20. — La concurrence faite par les obligations nouvelles du Crédit foncier à celles de la Ville de Paris a été assez active, aussi ont-elles généralement fléchi. — Les obligations 3 p. c. des grandes Compagnies de chemins de fer français ont toutes éprouvé une amélioration assez notable. Quant aux actions de ces mêmes Sociétés elles n’ont pas été moins bien partagées.
- Les actions des Sociétés de crédit ont été très mouvementées, mais en somme, la plupart ont obtenu une plus value.
- Les fonds étrangers ont presque tous bénéficié de la modification qui s’accusait et s’accuse de plus en plus dans le taux de capitalisation des valeurs.
- Parmi les valeurs industrielles, le Gaz en hausse, le Suez sans changement et les Omnibus en baisse par suite de circonstances exceptionnelles.
- BULLETIN
- La Bourse n’ayant présenté aucun intérêt depuis le commencement de l’année, nous nous contenterons de faire cette fois une revue rapide de l'an-
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, àCharleville (Ardenues).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N» 3. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 5 Février 1880.
- SOMMAIRE
- Avis. — La Théorie des couleurs appliquée à l’art et à l’industrie, par M. de BEZOLD (suite et fin). — Mode d’extraction de la graisse des fouleries, des eaux de lavage de la laine et autres résidus renfermant du savon.
- — Appareil à pulvériser les apprêts liquides. — Sulfate et carmin d’indigo. — Blanchiment et teinture de l’ivoire et des os. — Nouvel appareil pour déterminer la densité des liquides.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des'plumes par M. VANNUGCIO-VANNUGGINI (suite). — Chiffonnage.— Teinture des laines et lainages (suite).
- BIBLIOGRAPHIE. — Cours de tissage, par M. Edouard Gand.
- BULLETIN FINANCIER.
- AVIS
- MM. les abonnés d'Angleterre, d’Amérique, d'Allemagne, d'Autriche, des Pays-Bas et de Portugal, sont priés de faire parvenir le montant de leur abonnement s'ils ne veulent éprouver d'interruption dans l'envoi du journal.
- LA THÉORIE DES COULEURS
- Appliquée à l’Art et à l’Industrie.
- — Fin. —
- On sait que d’après la théorie Young, remise en vigueur par M. Helmholtz, ces faits s’expliquent par l’existence de trois sortes de fibres nerveuses dont l’excitation donne respectivement la sensation du rouge, du vert et du bleu foncé (ou du violet). Chaque couleur spectrale excite d’ailleurs les trois sortes de fibres, mais avec des intensités très différentes. Ainsi l’orangé simple excite fortement les fibres du rouge, faiblement celles du vert, très peu celles du violet; sensation : orangé. Le jaune simple excite modérément les fibres du rouge et du vert, faiblement celles du violet; sensation jaune, etc.
- Un résultat de cette théorie, fort important au point de vue esthétique, c’est que le jaune ne doit pas être considéré comme une couleur fondamentale. Dans le spectre même, il paraît toujours beaucoup moins saturé que le rouge, le vert et le bleu foncé. Aussi peut-on constater que, parmi les cou
- leurs employées en ornementation, le jaune occupe une place à part. Tandis que, dans les ornements mauresques, le rouge, le vert et le bleu sont les couleurs des surfaces, le jaune (ou plutôt l’or) est employé pour les filets, moulures, clous, etc., à peu près comme le blanc (ou l’argent). Même en héraldique, le jaune ne compte pas comme couleur ; il représente simplement l'or.
- M. de Bezold ne connaissait pas encore les découvertes de MM. Boll et Kühne, d’après lesquelles l’impression lumineuse résulte d’une action photochimique qui s’exerce sur les couleurs sensibles de la rétine et qui fait pâlir la « pourpre visuelle ». L’étude approfondie de ces réactions chimiques dissipera sans doute les obscurités qui restent encore dans la théorie des sensations colorées. Nous savons, par les récentes recherches de M. P. Chas-taing, que l’action chimique du spectre sur les composés binaires et les sels est réductrice, c’est-à-dire désoxydante ou hydrogénante du côté du violet, et oxydante ou déshydrogénante du côté du rouge ; elle peut être représentée par une courbe à deux branches, séparées par un point neutre qui se trouve entre les raies D et E, dans le jaune-vert (là où les couleurs chaudes se séparent des couleurs froides). Peut-être un phénomène analogue a-t-il lieu pour la rétine, et les actions chimiques sont-elles de nature opposée des deux côtés d’une ligne médiane, séparant deux groupes de couleurs. Ces deux groupes sont probablement complémentaires l’un de l’autre. Les actions chimiques pourraient encore, ici comme dans l’actinomètre deM. Becquerel, donner lieu à des courants électriques. Tout cela finira par s’éclaircir quand nous connaîtrons toutes les conséquences des découvertes nouvelles dont je viens de parler.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Parmi les phénomènes subjectifs auxquels donnent naissance les combinaisons de couleurs et qui intéressent plus spécialement les artistes, les plus importants sont ceux du contraste simultané. On sait que le contraste modifie la nuance, l’intensité et la saturation des couleurs. Ce sujet a été magistralement traité par M. Chevreul, et nous pouvons nous dispenser de nous y arrêter. Nous dirons seulement quelques mots des applications pratiques que M. de Bezold a tenté de faire de la classification théorique des couleurs qui vient d’être exposée.
- Au point de vue des arts décoratifs, M. de Bezold établit trois ordres de couleurs : 1° l’or et l’argent, dont les succédanés sont le jaune et le blanc; ce sont plutôt des moyens d’ornementation que des couleurs proprement dites ; 2° les couleurs franches ou saturées ayant leur intensité normale ; 3° les couleurs affaiblies, à savoir, les couleurs sombres mêlées de noir), les couleurs pâles (mêlées de blanc) et les couleurs rompues (mêlées de noir et de blanc).
- En ce qui concerne les combinaisons de couleurs, il réfute la théorie de Field, adoptée par Owen Jones, dans sa Grammaire des arts d'ornement, et dans laquelle les combinaisons doivent être choisies parmi les couleurs complémentaires, de manière que, vues à distance, elles donnent du blanc (ou du gris). Les couples complémentaires ne constituent pas, en général, les meilleures combinaisons, et les planches mêmes de Jones n’en fournissent que très peu d’exemples. Les combinaisons les plus agréables s’obtiennent, d’après M. de Bezold, en associant toujours deux couleurs séparées par six intervalles du cercle chromatique à douze nuances équidistantes; on a ainsi les six couples suivants : Pourpre (Carmin (Vermillon (Orangé (Jaune (Jaune-vert Vert {Vert-bleu{Bleu | Outremer) Violet-bleu ( Violet-pourpré
- Le premier couple seul est franchement complémentaire, les autres ne le sont qu’à peu près. Le troisième couple — rouge et bleu — est celui qui a été le plus employé.
- On peut maintenant, d’après le même principe, former des triades de couleurs espacées de trois intervalles :
- Pourpre ( Carmin ( Vermillon § Orangé
- Jaune ' Jaune-vert 3 Vert 3 Vert-bleu
- Bleu ( Outremer ( Violet-bleu ’ Violet-pourpré
- La première triade était affectionnée de Paul Vé-ronèse; la seconde se rencontre fréquemment chez les peintres de l’école italienne, mais le jaune-vert est souvent remplacé par du vert-olive. On peut
- encore rehausser ces combinaisons par des ornements d’or et d’argent ; seulement il faut éviter d’employer l’or à côté du jaune.
- Lorsqu’il s’agit de choisir quatre couleurs, il est bon de prendre deux couples voisins parmi ceux qui constituent de bonnes combinaisons, par exemple :
- Pourpre § Rouge
- Vert ) Bleu
- et de les faire alterner, comme cela se voit sur les tapis de cachemire.
- Les remarques que M. de Bezold présente sur les combinaisons des couleurs intéresseront -beaucoup les artistes. Peut-être n’a-t-il pas suffisamment tenu compte d’un fait bien connu, à savoir que les associations de couleurs employées par les peintres varient beaucoup suivant l’effet psychologique qu’ils veulent produire. Quand l’expression doit être douce, calme, effacée, on n’aura pas recours aux mêmes oppositions de couleurs que dans les cas où l’on cherche une expression vive, franche, énergique ; on préférera les dégradations de tons aux transitions brusques. Luini, dans ses fresques, entremêle des draperies d’un violet, d’un vert et d’un bleu-pâle.
- Au contraire, des peintres d’un tempérament énergique rechercheront les combinaisons un peu dures de couleurs franchement complémentaires. C’est cet élément psychologique qu’il ne faut point négliger en discutant le choix des couleurs employées dans un tableau.
- En somme, on peut dire que l’optique physiologique est arrivé à répandre beaucoup de jour sur les principes qui ont instinctivement guidé les grands peintres et les peuples chez lesquels se sont développés les arts décoratifs ; mais il reste encore bien des points obscurs à élucider.
- {Moniteur scientifique).
- MODE D’EXTRACTION
- de la graisse de foulerie, des eaux de lavage de la laine et autres résidus renfermant du savon.
- De A. GAWALOVSKI
- Extrait do la Deutsche Wollen Gewerbe.)
- La fabrication de la graisse de foulerie peut être divisée en deux grandes méthodes : ou bien la ma-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- G
- tière grasse est précipitée sous forme de savon calcaire ou magnésien insoluble, ou bien on sépare les acides gras des lessives au moyen des acides. Le premier procédé est plus rationnel au point de vue théorique, puisque l’on précipite la totalité de la matière grasse; mais la décomposition subséquente du savon calcaire ou magnésien exige des quantités d’acide considérables, elle donne un résidu volumineux et fournit une graisse fortement acide, qui doit être neutralisée ensuite ; en outre, les savons calcaires présentent des difficultés énormes pour leur séparation et encore plus pour le séchage, ce qui allonge le travail.
- On connaît la propriété que possèdent tous les savons insolubles en général, mais surtout les savons calcaires, de coaguler ou d’envelopper les autres substances; il en résulte qu’une notable proportion de matières colorantes, de l’amidon, de l’apprêt et d’autres matières est entraînée, de sorte que, quand on décompose ensuite ce précipité de savon par les acides, ces impuretés sont remises en liberté et se dissolvent dans la graisse en la colorant et la rendent impure. Ainsi, par exemple, la plupart des couleurs végétales et les couleurs d’aniline sont fort solubles dans la graisse, surtout en présence des acides gras volatils. La gélatine, l’amidon, la dextrine et autres forment avec la graisse des masses gélatineuses qui empêchent la vente du produit; de plus, on obtient par pression, un résidu abondant, dont la proportion s’élève à 20 p. c. de la graisse et qui diminue le rendement.
- Quand on transforme les résidus entièrement en gaz d’éclairage, les procédés de précipitation par la chaux et la magnésie sont parfaitement rationnels, parce qu’il s’agit alors de précipiter la plus grande proportion possible des hydrates, du carbone et autres matières organiques, et la dextrine, 1 amidon, la gélatine, les couleurs végétales et d aniline et autres donnent aussi bien du gaz d’éclairage que les acides gras.
- Quant aux méthodes appartenant à la seconde catégorie, c est-à-dire qui entraînaient directement les acides gras, les eaux acides qui en proviennent séparent une grande partie des matières non grasses, de sorte que la simple acidification rend déjà la poudrette plus riche en matières grasses. Mais la plus grande partie des autres matières organiques se dépose dans la poudrette, ce qui constitue le défaut des procédés employés jusqu’ici,
- défaut que la méthode de M. Gawalovski a pour but de supprimer.
- Les points principaux de cette méthode sont les suivants :
- 1° Sulfuration des eaux brutes ;
- 2° Acidification des eaux. L’inventeur fait agir sur la poudrette produite du sulfide hydrique à l’état naissant, ce qui a pour effet de détruire en grande partie les couleurs d’aniline ;
- 3° La poudrette décantée est imprégnée de chromâtes, qui oxydent partiellement la gélatine, l’amidon et la dextrine ; cette oxydation est lente, mais complète ;
- 4° La poudrette est ensuite lavée, pour enlever les couleurs dérivées du goudron, les couleurs minérales oxydées, ainsi que les oxalates. L’eau de lavage est fortement colorée en rouge ou en brun ; en même temps la poudrette est rendue onctueuse, elle peut être travaillée dans l’eau comme du beurre ou du suif et ne peut plus former une eau semblable aux eaux des fouleries.
- La poudrette renferme encore le chrômate en excès et le restant des acides libres est assez facilement enlevé par pression ;
- 5° On ajoute une solution désoxydante qui transforme le chromate en oxyde chromique, et l’on exprime le liquide neutre et vert à froid -, puis on presse à chaud.
- Pour désacidifier la graisse, l’auteur fait usage d’une méthode spéciale.
- On obtient ainsi un rendement maximum et un produit pur qui peut être employé avantageusement pour les fils de couleur foncée ou grossiers et pour la fabrication du savon.
- Les autres méthodes donnent le plus souvent des graisses acides, impropres pour la filature ou renfermant des huiles minérales et ne convenant pas pour la fabrication du savon.
- ' —==eistssress-------
- APPAREIL
- à pulvériser les apprêts liquides, de G. KNAPE.
- (Extrait du Dinglers’ Pclytechnisches Journal.)
- Beaucoup d’articles de coton et demi-laine demandent un apprêt finement divisé, distribué régulièrement d’un seul côté du tissu et qui pénètre le moins possible dans l’intérieur du tissu.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Un appareil spécial a été imaginé par M. Knape, de Meerane (Saxe), pour atteindre ce but; cet appareil est destiné à transporter sur les tissus, au moyen de l’air comprimé, des apprêts liquides, formés d’amidon, de gomme, de colle ou de gélatine.
- L’étoffe tendue passe, dans une direction inclinée ou verticale, sur deux cylindres situés devant l'ap-pareil pulvérisateur, à une distance convenable de ce dernier. Cet appareil se compose d’une caisse, en cuivre étamé, d’une longueur égale à la plus grande largeur qu’ont les étoffes et destinée à recevoir l’apprêt. Cette caisse est divisée, suivant sa longueur, en un certain nombre de compartiments que l’on peut faire fonctionner en totalité ou en partie, suivant la largeur du tissu. Les cloisons ne descendent pas jusque dans le fond de la caisse,' elles laissent un espace libre de 0m,020 à 0m,024, afin que l’apprêt liquide puisse circuler dans toute la caisse; les parties supérieures des compartiments occupées par l’air, sont séparées l’une de l’autre, par des cloisons étanches.
- L’apprêt est introduit par un tube que l’on peut fermer. Un indicateur de niveau marque la hauteur occupée par le liquide dans l’appareil. Un tuyau de vapeur ouvert traverse la caisse sur toute sa longueur en-dessous des cloisons et sert, d’une part, à chauffer le liquide et, d’autre part, à vider et à nettoyer l’appareil ; on peut également l’utiliser pour mouiller le tissu apprêté au moyen de la vapeur projetée. Chaque compartiment est muni d’un tube à air spécial, qui peut être mis en communication avec la conduite générale de vent, à l’aide d’un tube en caoutchouc et d’un robinet. En outre, chaque compartiment renferme un tuyau recourbé. L’extrémité inférieure de ce tuyau se trouve en dehors de la caisse ; elle est fermée, pendant le travail, au moyen d’un bouchon à vis et est ouverte après pour nettoyer le tube. L’extrémité supérieure du tuyau traverse le conduit d’air, qui est formé par la paroi postérieure de la"caisse, par deux petites bandes et par un couvercle.
- Dans l’ouverture supérieure du tuyau est vissée une petite tuyère qui est entourée par une autre tuyère plus grande, placée dans la paroi de la caisse, de telle façon qu’il reste un espace libre entre les deux autres tuyères. La capacité intérieure conique de la grande tuyère se termine par une fente-, enfin, des fentes sont pratiquées dans le couvercle du conduit, des deux côtés de chaque
- tuyère ; ces fentes permettent à l’air comprimé qui se trouve dans la caisse de passer dans l’espace entre les tuyères intérieure et extérieure de s’échapper de là dans l’atmosphère.
- Si l’on ouvre ensuite un nombre de robinets correspondant à la largeur du tissu, afin de faire pénétrer l’air comprimé dans la caisse, cet air refoule l’apprêt des divers compartiments par l’ouverture latérale inférieure des tuyaux correspondants, en le faisant monter vers les tuyères -, entre ces tuyères, la veine liquide vient rencontrer l’air comprimé qui entre dans les fentes pratiquées dans le couvercle du conduit et est divisée ou pulvérisée par lui pour être lancée, sous forme de pluie fine, à travers la fente de la grande tuyère sur le tissu. Suivant la puissance de la pression d’air employée et suivant que la marche du tissu est plus rapide ou plus lente, la solution d’apprêt pénètre plus ou moins fortement dans le tissu et le mouille plus ou moins.
- L’air comprimé arrive d’un réservoir muni d’un manomètre et dans lequel l’air est amené par une ou plusieurs pompes à air indépendantes ou fonctionnant avec la machine à apprêter. La communication de ce réservoir avec l’appareil peut être établie ou interceptée à volonté au moyen d’un robinet placé entre un réseivoir et un tuyau.
- (Bulletin du Musée de l’industrie de Belgique.)
- SULFATE ET CARMIN D’INDIGO
- Plusieurs des abonnés du Moniteur de la Teinture qui préparent eux-mêmes leur sulfate d’indigo ont obtenu de mauvais résultats dans cette préparation par suite du degré insuffisant de concentration que présentent certains acides sulfuriques du commerce ; nous pensons leur être utile en leur donnant les renseignements suivants :
- Le sulfate d’indigo ou bleu de Saxe est une solution d’indigo dans l’acide sulfurique ; l’acide du commerce n’est pas à un point de concentration suffisant pour dissoudre l’indigo ; il faut alors élever son degré en le mélangeant avec l’acide sulfurique fumant de Nord’hausen qui ne contient qu’un demi équivalent d’eau.
- On mélange donc I kilog. de ce dernier acide avec 3 kilog. d’acide sulfurique du commerce qui est ordinairement à 64 ou 65 degrés et souvent moins;
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- on verse ce mélange sur 2 kilog. d’indigo finement pulvérisé, et on laisse en contact pendant 48 heures en agitant de temps à autre avec un agitateur en verre ; au bout de ce temps, on porte le tout au bain-marie, jusqu’à ce qu’une goutte du liquide projetée dans l’eau claire colore celle-ci en bleu sans laisser voir l’indigo indissous; on ajoute alors de l’eau petit à petit et avec précaution, en quantité suffisante pour que le liquide marque 18 degrés au pèse-sels. Tel est le sulfate d’indigo du commerce.
- Le carmin s’obtient en précipitant la solution ci-dessus par un sel alcalin, tel que le carbonate de soude; pour précipiter la quantité de sulfate provenant de la solution de 2 kilog. d’indigo dans 4 kil. d’acide sulfurique, il faut employer environ 12 kil. de carbonate de soude cristallisé. On fait dissoudre ce dernier sel dans un grand seau d’eau chaude et on verse la solution, portion par portion, dans le sulfate d’indigo contenu dans un vase d’une capacité suffisante. Dès que l’on a ajouté les premières parties du carbonate de soude, il se produit une vive effervescence par suite de l’acide carbonique qui se dégage, il faut attendre qu’elle soit apaisée pour ajouter uue nouvelle quantité de solution, et ainsi de suite, jusqu’à la fin. Il se dépose alors le carmin d'indigo dont on fait écouler l’eau qui le baigne. On lave ensuite à plusieurs reprises, d’abord dans une eau contenant du sulfate de soude ou du sel marin en dissolution, puis dans l’eau pure. Les dernières eaux de lavage entraînant du carmin en dissolution sont mises à part pour diluer le sulfate d’indigo et dissoudre le carbonate de soude dans une opération suivante.
- BLANCHIMENT ET TEINTURE
- DE L’IVOIRE ET DES OS
- On possède actuellement pour le complet et le rapide blanchiment de l’ivoire et des os un meilleur procédé dû à M. Gioez. Consulté par son savant collègue du Jardin des Plantes, M. Gratiolet, sur les moyens de faire disparaître la couleur jaunâtre et giaisseuse, ainsi que l’odeur désagréable que répandent les squelettes, il conseille les dissolvants de corps gras et principalement l’essence de térébenthine..
- Comme 1 odeur qui en émanait incommodait, il mit dehors les vases où les objets à désinfecter qui
- trempaient dans l’essence, et il fut très surpris de voir qu’en très peu de temps l’odeur cadavéreuse avait disparu, mais que de plus les os étaient devenus d’une blancheur éblouissante.
- Le même procédé appliqué à l’ivoire donne un blanchiment parfait. Une exposition de trois à quatre jours au soleil, dans de l’essence de térébenthine, rectifiée ou non, suffit pour un blanchiment complet. Mais une précaution essentielle à prendre, c’est de placer les objets qu’on veut blanchir sur de petits chevalets en zinc, qui les soutiennent à quelques millimètres au-dessus du fond du vase de verre dans lequel on les place.
- L’essence de térébenthine est, en effet, un oxydant très puissant, et c’est en vertu de cette propriété qu’elle agit, le produit de cette combustion forme un liquide acide qui s’étend en couches minces au fond du vase, et si les objets mis à blanchir trempaient dans cette liqueur acide, ils seraient attaqués par elle.
- Cette action de l’essence ne s’exerce pas seulement sur les os et sur l’ivoire. Elle s’exerce encore sur le bois et d’autres corps. Le hêtre, le charme, l’érable, fournissent d’excellents résultats ; le liège est blanchi très rapidement.
- L’essence de térébenthine n’est pas la seule qui jouisse de cette propriété. L’essence de citron et les autres isomères de l’essence de térébenthine produisent le même effet.
- On teint aisément l’ivoire en différentes couleurs mais pour que la teinture soit solide, il faut laisser tremper, pendant six à huit heures, dans du vinaigre, ou mieux, dans une dissolution d’alun, les pièces que l’on veut colorer. On les teindra ensuite en beau rouge en les plongeant dans une décoction de bois de Brésil ; en jaune avec une décoction alunée de safran ou d’épine vinette ; en vert avec un mélange de trois parties de vert de gris et d’une partie de sel ammoniac dissous dans du vinaigre ; en un beau bleu en les plongeant à plusieurs reprises alternativement dans le bain de vert qui précède et dans une lessive de potasse ; enfin le noir s’obtient au moyen d’un bain dans une décoction chaude de campêche, puis dans une dissolution d’acétate de fer.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVEL APPAREIL
- POUR DÉTERMINER LA DENSITÉ DES LIQUIDES
- Balance aréothermique
- BREVETÉE S. G. D. G.
- Ce nouvel appareil présente des avantages considérables sur les divers systèmes d’aréomètres employés dans l’industrie et dans les arts. Ces avantages se résument principalement dans la facilité des opérations, des lectures, de l’approximation du poids spécifique jusqu’à la quatrième décimale,
- et surtout parce qu’il peut être employé pour toute espèce de liquide plus lourd et plus léger que l'eau.
- Voici la description que nous avons promise à nos lecteurs.
- La figure ci-dessous représente la balance aréo-thermique dans son ensemble et disposée pour une opération.
- K
- Oi. " g
- F, socle du-support;
- G, vis pour mettre la balance de niveau ;
- g, g, vis formant avec la vis G les trois points d’appui du support ;
- L, colonne creuse dans laquelle peut monter et descendre la partie supérieure K, H, du support;
- P, vis d’arrêt pour maintenir le fléau de la balance à la hauteur voulue ;
- H, coussinet portant les plans d’acier sur les quels reposent les arêtes du couteau du fléau;
- K, guide du fléau -,
- J, J1, pointes servant à indiquer l’équilibre du fléau -,
- A2, poids qui se suspend au crochet de la 10e division quand on cherche le poids spécifique des liquides plus lourds que l’eau ;
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- m, n, doubles nœuds en forme d’S servant à suspendre le plongeur (sorte de flotteur renfermant un thermomètre) au crochet de la balance pour qu’il plonge dans le liquide dont on cherche la densité, et que contient l’éprouvette.
- L’un des bras du fléau de la balance porte à son extrémité un contrepoids cylindrique dans le centre duquel se trouve la pointe J1 ; l’autre bras est divisé en 10 parties égales numérotées de 1 à 10. Chaque division porte une entaille ou cran en forme de coin destinée à recevoir un poids comme il sera dit plus loin. A la 10e division se trouve un couteau tournant son arête vers le haut et sur lequel repose un crochet auquel on suspend le plongeur (voir la figure).
- Avant de déterminer le poids spécifique d’un liquide, on commence par s’assurer si la balance, posée sur une table, est bien de niveau. Pour cela, après avoir mis en place le fléau sur son support, on suspend le plongeur au crochet du fléau, sans y mettre le poids A2. Si la balance est de niveau, l’équilibre s’établira et les pointes J et J ’ qui indiquent cet équilibre seront en concordance parfaite, comme on le voit dans la figure. Si cette concordance n’a pas lieu, c’est que la balance n’est pas de niveau, et alors, on tourne la vis G à droite ou à gauche, suivant le cas, jusqu’à ce que la concordance parfaite ait lieu.
- L’appareil étant de niveau, si on met dans l’éprouvette de l’eau distillée ayant la température de -15° centigrades (ou Celsius) et si on y plonge le flotteur-thermomètre, l’équilibre sera rompu, mais, en accrochant le poids A2, cet équilibre sera rétabli, les deux points J J1 concorderont, et l’appareil indiquera 1,0 pour le chiffre de la densité (voir figure).
- Les poids qui servent à déterminer la densité ont la forme de fer à cheval et sont à leur partie centrale en forme de couteau afin qu’on puisse les poser bien à fond dans les crans. Ces poids se terminent par des crochets pour pouvoir être suspendus au besoin l’un à l’autre, quand la même décimale se répète dans le nombre qui exprime la densité.
- En désignant par A', A, B, C et D les divers poids, il faudra se rappeler que les poids A2 A1 et A sont égaux, que le poids B est égal à 1 de A, C pèse^ de B ou 10 de A et I) 1o de C ou 1000 de A.
- Détermination de la densité.
- 1* Liquide plus lourd que Veau. — La balance
- étant de niveau et le liquide dont on cherche la densité étant dans l’éprouvette, le poids A2 ayant été suspendu au crochet coume dans la figure, on cherche à établir l’équilibre en employant successivement les poids A, B, C, D que l’on place successivement dans les crans ou en les accrochant les uns aux autres suivant les cas, jusqu’à ce que l’équilibre soit parfait.
- En supposant, par exemple, que le poids spécifique soit représenté parle nombre 1,668, le poids A2 représente l’unité de la partie entière, le poids A aura été placé au cran 6, le poids B accroché au poids A et le poids C posé dans le cran 8. Comme A représente les dixièmes, B les centièmes, C les millièmes, on lira parfaitement ce chiffre de 1,668. On ne s’est pas servi du poids D dans ce cas parce que l’équilibre était parfait, autrement, si le poids G placé au cran 8 n’était pas suffisant et trop fort au cran 9, on aurait employé le poids D qu’on aurait placé, soit suspendu au poids C, soit entre les divisions 8 et 9 en appréciant à l’œil et par dixième la distance dont il se trouvait éloigné de C; en supposant qu’il soit exactement au milieu de l’espace entre 8 et 9 quand l’équilibre est parfait, la quatrième décimale serait le chiffre 5 et le poids spécifique obtenu — 1,6685.
- 20 Liquide plus léger que l’eau. — L’opération est exactement la même que pour le premier cas. On doit enlever le poids A2 du crochet et employer les poids A, B, C, D.
- Dans le prochain article nous indiquerons comment, avec l’appareil lui-même, on peut vérifier la justesse des divisions du fléau au moyen des poids et la justesse des poids au moyen du fléau. Cette propriété particulière de l’appareil est d’une importance très grande, en ce qu’il porte en lui-même tous les éléments d’un contrôle efficace de sa justesse, ce qu’on est loin de retrouver dans les autres systèmes d’appareils servant à déterminer la densité des liquides.
- Disons pour terminer que l’appareil complet avec une notice explicative très détaillée, le tout renfermé dans une boîte, est du prix de 90 fr. et qu’on peut se le procurer en s’adressant à l’Office du Moniteur de la Teinture.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- PONCEAUX COMPOSÉS
- On comprend qu’on puisse obtenir un grand nombre de ponceaux en mélangeant une matière colorante rouge avec une matière colorante jaune ou orangé. Ces mélanges ou sont vendus tout faits par les marchands de matières colorantes ou peuvent se faire au fur et à mesure que le besoin se présente.
- Ponceau à la lutécienne. — La lutécienne est un produit de la maison Poirrier; c’est un mélange d’orangé et d’éosine; d’après sa composition il est facile d’en déduire son mode d’emploi ; il faudra observer toutes les prescriptions indiquées à propos du cerise.
- La teinture à la lutécienne est très simple et très rapide. Elle convient très bien pour les plumes tendres et dures, soit lisses, soit duveteuses. La lutécienne convient très bien pour des ponceaux clairs demandant beaucoup d’éclat. Elle ne convient pas pour l'autruche et les ponceaux soutenus. Sur autruche elle donne des nuances toujours blafardes et de peu d’éclat.
- 2° procédé. — On peut obtenir des ponceaux clairs avec un mélange de phosphine et de safranine ; comme on le sait déjà, ces matières colorantes s’emploient sans acide et à une température peu élevée. Ce procédé peut convenir pour des plumes très délicates, comme peaux et oiseaux entiers.
- 3e procédé. — On obtient un beau ponceau avec un mélange d’orangé et de roccelline ;
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23, 24 et n°s 1 et 2 de 1880.
- ce ponceau ne convient pas pour des nuances claires, mais plutôt pour des nuances soutenues et nourries. Le bain est acidulé au sel d’oseille ou à l’acide sulfurique ; la plume est teinte à une température assez élevée; le chauffage est d’autant plus énergique que la plume est plus dure. Ce procédé convient à toute espèce de plume ; cependant sur autruche il ne donne pas encore des résultats parfaits; la nuance sort presque toujours un peu terne et blafarde. Il est bon de monter d’abord la plume à l’orangé et ensuite rougir à la roccelline. On com-prendaisément qu’en changeant convenablement les proportions de roccelline et d’orangé, on arrive à obtenir toutes les nuances de ponceau, mandarine, vésuve, capucine.
- PONCEAUX DIRECTS
- Les azodérivés de la naphtaline, les ponceaux produits notamment par la maison Meister, Lucius, donnent de très bons résultats. C’est surtout sur autruche qu’on a des nuances pleines, unies, nourries, égales. Les ponceaux composés donnent en effet des nuances inégales, car la matière colorante de l’un des composants mord autrement que l’autre sur certaines parties de la plume et on a ainsi des nuançages très désagréables à l’œil.
- La teinture par les ponceaux directs réussit également bien sur les plumes tendres et dures, soit lisses, soit duveteuses.
- Le bain est acidulé avec le sel d’oseille ou de l’acide sulfurique ; la plume est teinte à une température variant de 60 à 100° suivant le genre de plume ; on verse la matière colorante, convenablement étendue d’eau par petites portions; le bain peut être complètement tiré à clair.
- Pour l’autruche, il est toujours bien de terminer la teinture dans une eau d’amidon acidulée à l’acide acétique ou à l’acide tar-trique, avec un peu de rouge végétal; cette matière colorante donne du plein et de l’éclat.
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- Ponceau à la cochenille. — J’indique ce procédé qui aujourd’hui n’a plus qu’un intérêt historique malgré la beauté des teintes obtenues.
- On prépare d’abord ce qu’on appelle la composition d'étain. On dissout 2k, 375 d’étain dans le mélange acide suivant : eau de pluie, 15 litres; sel marin, 750 gr. ; acide azotique à 35° B., 15 kil.
- Dans le bain on verse cette composition et on y mordance la plume; on ajoute ensuite la cochenille en chauffant plus ou moins et laissant plus ou moins longtemps suivant le genre plume, la nuance et le ton qu’on veut obtenir.
- Au lieu de la composition ci-dessus indiquée on peut employer le mélange suivant :
- Acide oxalique . . 7 kil.;
- Sel d’étain . . . 3k,500;
- Bichlorure d’étain. 3k,00;
- Eau de pluie, quantité nécessaire.
- (A suivre).
- Reproduction et traduction interdite.
- CHIFFONNAGE (I)
- Bourgogne, sur mérinos.
- Voir l’échantillon au numéro du 5 janvier 1880.
- L’étoffe a été teinte à l’orseille et la nuance remontée au violet méthyl B.
- Même nuance, pour chiffonnage.
- Pour un vêtement :
- Le faire bouillir 30 minutes dans :
- Alun........ 150 gr.
- Tartre. . . . 100 gr.
- Lever, ajouter au bain :
- ...................... 50 gr.
- Carmin d’indigo. 10 gr. (si on veut bleuter)
- Rentrer, faire bouillir trois quarts d’heure à une heure et avant de lever ajouter au bain 1/2 gramme environ de violet d’aniline, bleu ou rouge (suivant nuance).
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 7, 18, 44, 67, 91,211, 224, 258, 271, année 1880, page 8, et les années précédentes du journal.
- Manœuvrer quelques minutes, rincer et apprêter.
- Dégradage du bleu de France sur laine.
- Pour une robe après le nettoyage :
- 125 gr. tartre rouge
- 125— sulfate de fer
- 50 — sulfate de cuivre.
- Bouillir sur ce bain pendant une heure ; lever et rincer.
- Entrer ensuite dans un second bain formé avec 30 litres d’eau bouillante et 25 gr. acide sulfurique et passer l’étoffe un quart d’heure et rincer. On peut ensuite procéder à la teinture.
- 2e procédé, pour pouvoir teindre en sol-férino ou en rose.
- Pour une robe après le nettoyage : 30 litres eau
- 125 gr. chaux vive
- 125 — potasse d’Amérique.
- Faite dissoudre à l’eau bouillante, laisser reposer et tirer à clair. Passer la robe dans ce bain à 25 degrés de chaleur, jusqu’à ce quelle soit devenue d’un beau chamois. Bien rincer.
- Mettre ensuite dans un autre bain formé avec : 30 litres eau chaude
- 10 gr. acide oxalique
- 15— crème de tartre.
- Bouillir dans ce bain jusqu’à ce que la robe
- soit devenue blanche. Dégradée par ce procédé on peut d’un bleu faire un rose ou toute autre couleur.
- TEINTURE
- DES LAINES ET LAINAGES
- — Suite (1) —
- ECARLATES
- Composition d'écarlate n° 1.
- 750 gr. sel marin;
- 20 litres eau ;
- Dissoudre et ajouter :
- 15 kil. acide nitrique (azotique);
- 1 k. 750 étain effilé en rubans.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 152, 164, 187, 233, 284 et année 1880, page 10.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Composition d’éearlate mo ».
- 30 kil. acide muriatique (chlorhydrique);
- 20 — eau tiède ;
- 15 — acide nitrique (azotique) ;
- 9 — étain effilé.
- Chlorhydrate d’étain pour la prépa-ration de la laque-dye.
- 71 kil. acide muriatique (chlorhydrique); 11 k. 500 étain en grenaille.
- Préparation de laque-dye n° 1.
- 30 kil. laque-dye en poudre; 25 — chlorhydrate d’étain ; 50 — eau tiède.
- Faire tremper trois ou quatre jours et employer après.
- Écarlate à la laque-dye.
- Pour 20 kil. de laine :
- Bouillir trois quarts d’heure avec
- 2 kil. tartre;
- 2 — composition d’écarlate n° 2.
- Lever et ajouter :
- 1 kil. tartre;
- 2 — composition d’écarlate n° 2 ;
- 7 k. 500 laque-dye préparée n° 1.
- Bouillir une heure à cinq quarts d’heure pour monter au ton voulu. Si l’écarlate manquait d’éclat, il faudrait ajouter :
- 1 kil. composition d’écarlate n° 2 et s’il manquait de hauteur, ajouter un peu de laque préparée n° 1.
- Si on ne tient pas à la solidité de la couleur, on peut ajouter du curcuma.
- Écarlate à la cochenille.
- Pour 10 kil. de laine :
- Composer un bain avec :
- 1 kil. tartre;
- 0 k. 250 curcuma ;
- 1 k. 500 cochenille en poudre;
- 2 kil. composition d’écarlate n° 2 ;
- Bouillir une heure à 5 quarts d’heure, jusqu’à hauteur de nuance.
- Rose écarlate foncé.
- Pour 30 kil. de laine :
- Former le bain avec :
- 2 kil. tartre blanc ;
- 4 — composition d’écarlate n® 2;
- 2 k. 500 cochenille en poudre.
- Bouillir comme le précédent et plus jusqu’à hauteur.
- Cramoisi clair.
- Pour 30 kil. de laine :
- 2 k. 500 tartre blanc; Ileqqs 92
- 4 litres composition d’écarlate n° 2 ;
- 3 — cochenille ammoniacale ;
- 1 — cochenille en poudre.
- Bouillir jusqu’à hautenr de nuance.
- Rose.
- Pour 30 kil. de laine :
- 1 kil. crème de tartre;
- 2 — composition d’écarlate n° 2.
- Ajouter ensuite la quantité de cochenille ammoniacale nécessaire pour la nuance que l’on désire.
- En une demi-heure, la couleur doit être fixée à
- 80° C., sans bouillir. A suivre.
- BIBLIOGRAPHIE
- COURS DE TISSAGE
- Par Édouard GAND (I)
- Nous avons rendu compte, en 1876 et 1878, des sujets traités dans les tomes 1 et II du Cours de tissage professé à la Société industrielle d’Amiens, par M. Édouard Gand.
- Nous venons de recevoir la troisième et dernière partie de ce bel ouvrage.
- Pour rendre compte du tome III, nous ne pouvons mieux faire que de laisser la parole à M. Ernest Montmert, ancien élève du cours de tissage et président du Comité des fils et tissus de la Société industrielle d’Amiens.
- P. B.
- Les 75 leçons que comporte l’enseignement fondé par notre compatriote, se trouvent ainsi réunies et développées dans trois grands volumes accompagnés chacun d’un album de planches dont les figures ont été dessinées par l’auteur lui-même, et qui ont été gravées avec le plus grand soin (2).
- (I) En vente chez J. BAUDRY, éditeur, 15, rue des Saints-Pères, à Paris, et à l’Office du Moniteur de la Teinture. — Un vol. gr. in-8°, 564 pages et 61 planches. Prix ; 20 fr. — Chacun des volumes se vend séparément. (Voir aux annonces). — L’ouvrage complet, 60 fr.
- (2) L’album du tome Ier contient 31 planches ; celui du tome II en a 41. L’album du tome III est composé de 61 planches.
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- II me suffira, pour faire ressortir l’importance du tome III, de donner un aperçu des 25 leçons et de l’appendice qu’il renferme.
- On se rappelle que les cinq dernières leçons du tome Ier ont été consacrées à l’étude de la mécanique Jacquard et aux diverses opérations que nécessitent le montage et le fonctionnement de ce précieux appareil.
- C’était une première initiation au tissage artistique; mais tout n’était pas dit sur cette intéressante étude. Il fallait aborder la question dans ce qu’elle a de plus complexe. C’est ce qu’a fait M. Gand dans les six premières leçons du tome III. Les nombreux empoutages employés pour la fabrication des grands tissus, tels que damassés et tapis, rideaux et autres articles de luxe, sont l’objet de démonstrations d’autant plus faciles à saisir qu’elles sont complétées par des figures très intelligemment tracées.
- Les fabricants de linge de table trouveront plus d’une idée nouvelle dans les cent pages dévolues à l’opération du rentrage des fils de tire dans les plan ches d’arcade, — opération qu’on appelle empou-tage.
- Mais cette étude serait demeurée stérile si l’auteur n’en avait immédiatement fait ressortir le côté ingénieux et utile, en traitant ex-professo, la question relative à la composition des dessins pour étoffes.
- La septième leçon qui a pour titre : Alliance de l'Art et de l’Industrie, contient une longue série de conseils donnés aux élèves qui veulent devenir tout à la fois dessinateurs et manufacturiers. On peut dire que le programme, indiqué par M. Gand pour atteindre ce but désirable, ne pouvait être si bien conçu que par un homme qui a passé cinquante années de sa vie à composer des esquisses pour les fabricants de nouveautés.
- Les huitième et neuvième leçons sont les corollaires de la précédente. On lira ces trois leçons avec le plus vif intérêt et l’on consultera avec fruit les dessins, ou plutôt les tracés, typiques comme mode d’agencement, qui viennent à l’appui des révélations fournies par le texte.
- Après le chapitre de la composition des esquisses venait logiquement celui de la mise en carte. C’est là une profession spéciale, également familière à l auteur et dont il a donné les procédés multiples dans la dixième leçon.
- La lecture de ces cartes, le piquage des cartons,
- l’étude des divers genres de lisages et surtout du grand lisage accéléré moderne — machines admirables qui servent pour le perçage de ces cartons — ont fourni le sujet des onzième, douzième, treizième et quatorzième leçons.
- La quinzième leçon est une reprise de l’étude des tapis commencée dans les quatorzième et quinzième leçons du tome II. M. Gand a cru devoir approfondir ce sujet : nous l’en remercions sincèrement. Rien de plus intéressant, de plus neuf et de plus instructif que cette leçon et les deux suivantes, qui en forment l’indispensable complément. Les empoutages exigés par ce genre de haute fabrication-, l’évolution des jeux de cartons; le montage des métiers, à tires, à lames et à cantes; le fonctionnement des pédales affectées aux machines Jacquard ainsi qu’au harnais de lames; la méthodique disposition des corps et la répartition des fils de rosées sur les cantes, sont autant d’études traitées de main de maître.
- La dix-huitième leçon aborde un sujet tout autre et non moins digne de l’attention de l’élève-, je veux parler des cannelés, ce mode de contexture si original et qui offre une mine inépuisable aux industriels, quel que soit le genre de textiles qu’ils emploient. Je citerai rapidement : le cannelé simple, le contresemplé ; — le cannelé à deux chaînes; — celui à double face; — l’alternatif; — le composé ; — le double-fil-double-duite; — l’interrompu ; — le simpleté ; — le cannetillé ; — le combiné, etc., etc.
- Les croquis de cette famille de tissus ont été prodigués dans l’album de planches et viennent à l’appui des démonstrations.
- Puis apparaît le battant-brocheur qui fournit pour l’étude des étoffes artistiques, à couleurs multiples, un chapitre très bien écrit et qui absorbe les dix-neuvième et vingtième leçons.
- La vingt-et-unième a trait aux rubans, unis, façonnés, brochés par trame, brochés par chaîne, espoulinés, frangés par trame de fond, frangés par roquetins ou bords-tirés.
- La vingt-deuxième donne le secret de la fabrication de la passementerie et du montage des métiers employés dans ce genre d’industrie.
- Les tissus élastiques : bretelles, jarretières, chaussures, sont l’objet d’explications fort curieuses et d’autant plus faciles à comprendre qu’elles sont accompagnées de figures progressives très bien conçues et d’une clarté parfaite.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La première partie de la vingt-quatrième leçon est un coup-d’œil jeté sur chacun des textiles le plus généralement employés dans le tissage.
- La laine, la soie, le coton, le lin, le chanvre, le , jute ont chacun leur chapitre spécial.
- Dans la seconde partie de cette même leçon, M. Gand s’est occupé de l’étude des opérations antérieures à la fabrication des étoffes.
- Le doublage et le retordage ; le dévidage ou bobinage à la main et mécanique; l’ourdissage et les divers temps que comporte ce travail ; le pliage ; le parage et l’encollage ont chacun une notice à part (1). Un nombre considérable de recettes pour parement sont venues compléter cette longue et remarquable leçon.
- Enfin l’étude, commencée dans la vingt-cinquième leçon de première année et relative à la fabrication de la bonneterie, trouve son complément dans la vingt-cinquième du livre que j’analyse aujourd’hui. Il s’agit ici, en effet, du tricot côte-anglaise, du métier à deux fontures employé pour le façonner. Puis vient la démonstration de Vaiguille automatique, appareil merveilleux dont l’emploi a opéré une révolution radicale dans l’industrie des tricots.
- Un appendice termine dignement l’ouvrage que j’ai tenu à honneur de signaler aux industriels, aux professeurs de tissage, et aux élèves qui suivent leur cours.
- Sans m’appesantir sur cette intéressante partie du livre, je citerai le chapitre sur ^unification du numérotage des fils et sur le conditionnement des textiles ; — la notice sur VExposition universelle de 1878 ; et enfin le passage relatif aux perfectionnements qu’on a essayé d’apporter à la mécanique Jacquard : papier substitué aux cartons ; métier électrique, etc.
- J faut savoir bon gré à M. Gand d’avoir eu l’idée de donner, dans cet appendice, la nomenclature de l’ingénieux et beau matériel de cours dont il a, de- | puis dix-sept années, enrichi l’atelier de l’école de tissage de la Société industrielle d’Amiens.
- Ce renseignement sera consulté avec profit par tous les hommes qui, comme lui, veulent consacrer leur existence à former de jeunes recrues capable de lutter un jour contre la concurrence étrangère. :
- Ernest Monmert.
- (1) Deux grands planches indiquent le jeu des mains de l’ourdisseur, pour l’opération faite à bras. Les dessins, fort jolis, suffiraient à eux seuls pour faire comprendre la manœuvre, qui n’exige pas moins de quinze temps.
- BULLETIN FINANCIER
- Le mois de janvier a été caractérisé par une lutte très vive entre la spéculation et le comptant, ce dernier a fini par l’emporter et naturellement la hausse s’en est suivie à peu près sur toutes les valeurs.
- Les actions des Sociétés de crédit n’ont un peu progressé que pour avoir été remorquées par le mouvement de la rente.
- La rente 5 0/0 a dépassé le cours de 117, mais la hausse ne semble pas franche.
- Le 3 0/0 a oscillé et dépassé le cours de 82 et l’amortissable celui de 83 fr.
- Le 4 1/2 0/0 de plus en plus ferme a atteint le cours de 115 fr.
- Le marché des obligations de la Ville de Paris a été peu animé.
- Parmi les fonds étrangers, la rente italienne a dépassé le cours de 81 fr. Les autres valeurs ont gagné environ 2 fr. dans la dernière semaine du mois de janvier.
- Les premiers bilans de l’année de la Banque de France sont bons et attestent une situation relativement satisfaisante, aussi les actions se sont élevées de 3,210 à 3,240.
- Les actions du Crédit foncier semblent à des prix très élevés malgré la perspective d’une légère augmentation de dividende. — Les obligations continuent à être l’objet d’offres importantes, quoique en perte sensible sur leur prix d’émission.
- Les titres de la Compagnie de Suez sont en hausse par suite des recettes de transit comparativement élevées.
- Les Chemins de fer français ont eu un marché très brillant, les recettes étant en augmentation sur celles de la période correspondante de 1879.
- Il s’est traité beaucoup d’affaires sur le marché en banque, mais sur le petit marché du comptant les transactions ont été très restreintes.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, àCharleville (Ardenues).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 4. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Février 4880.
- SOMMAIRE
- Études sur l’outremer, par M. T. Morel. — Note sur lacéruléine, par M. Prud’homme. — Préparation de la soie pour la teinture, par M. J. Persoz. — Nouvel appareil pour déterminer la densité des liquides.— Balance aréothermique.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Carméloïne (2 échantillons). — Teinture des plumes parM. VANNUGCIO-VAN-
- NUGGINI (suite). — Chiffonnage : Joli noir ne déteignant pas sur robe de soie. — Marron au cachou sur paille.
- — Teinture des laines et lainages (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Instructions relatives à la conduite des chaudières à vapeur.
- BIBLIOGRAPHIE.—La propriété industrielle et la propriété littéraire en France et à l’étranger par M. FLINIAUX. FAITS DIVERS. — BULLETIN FINANCIER.
- ÉTUDES SUR L’OUTREMER
- Par M. T. Morel
- De l’outremer naturel.
- Quoique l’on ait beaucoup écrit sur l’outremer artificiel et sa constitution, les chimistes qui s’en sont occupés ne semblent pas avoir eu connaissance des propriétés de l’outremer naturel.
- S’il est vrai que c’est d’une analyse du lapis que provient la découverte de J. B. Guimet, il est, malheureusement, aussi vrai que depuis cette époque on a complètement abandonné l’étude de l’outremer naturel, et que l’on a reçu, sans contrôle, des indications radicalement fausses sur sa nature et ses propriétés (1).
- Dans tous les ouvrages qui ont par lé de l’outremer, et en particulier dans le Dictionnaire de Chimie de Wurtz, qui est la plus récente publication ou 1 on ait traité ce sujet, on trouve que « l’outremer naturel est un produit constant par sa couleur et sa composition » et « qu’il résiste toujours également bien à l’action de l’alun en solution et de l’acide acétique, » tandis que l’outremer artificiel perd rapidement sa couleur au contact de ces réactifs. Nous désirions depuis longtemps vérifier ces assertions ; il nous paraissait difficile que ces deux produits n’eussent pas les mêmes propriétés.
- Nous avons donc étudié des échantillons de lapis-lazuli de diverses provenances ; nous avons obtenu la couleur bleue et préparé l’outremer naturel en broyant finement le lapis séparé le mieux possible dans sa guangue par un triage soigné et
- (1) Il faut en excepter les mineralogistes crui s iule reprises, ont étudié, quoiqu’à un point de vue trop spécial le groupe des minerais se rattachant au lapis. 1 1 ’
- un lavage méthodique. Nous allons indiquer rapidement les résultats de nos recherches.
- Nous ne croyons pas d’abord que l’on puisse affirmer que la composition de l’outremer naturel soit constante.
- En effet, d’après l’aspect même des différents minerais que nous avons entre les mains (Chili, Oural, Boutharie), le lapis est tellement disséminé dans sa gangue qu’il paraît impossible de l’en séparer entièrement ; au reste, l’analyse de Klaproth qui fait entrer dan sont composition 28 pour 100 de carbonate de chaux vient confirmer notre assertion, le carbonate de chaux étant la guangue qui accompagne le lapis dans les échantillons que nous avons examinés.
- En tout cas, les chiffres publiés jusqu’à ce jour ne font qu’indiquer une différence des plus complètes entre les échantillons soumis à l’analyse.
- Le lapis est le ' minerai plus ou moins purifié. L’outremer naturel est le produit livré aux peintres avant l’invention de l’outremer artificiel.
- Il résulte de ces analyses que la tâche de J.-B. Guimet n’était pas toute préparée et qu’il dut chercher longtemps avant de reconnaître les éléments nécessaires à l’outremer ainsi que leurs proportions respectives.
- Quant à la résistance de l’outremer naturel à l’alun et aux acides, c’est une assertion qui doit, à l’avenir, disparaître des traités de chimie.
- En présence de ces corps, l’outremer naturel dégage immédiatement de l’hydrogène sulfuré et se décolore rapidement. Non-seulement l’outremer retiré du lapis ne résiste pas à l’action de l’alun et à celle des acides, mais l’outremer artificiel, la plupart du temps, conserve mieux que l’outremer naturel sa nuance au contact de ces réactifs.
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- II est vrai qu’on pourrait se tromper en essayant rapidement l’action de l’acide acétique sur le minerai non broyé.
- L’acide chlorhydrique, lui-même, au début de l’attaque, n’a que peu d’action sur le principe colorant du lapis, mais si, avec une baguette de verre, on écrase la matière en acrélérant ainsi la désagrégation, la décoloration se produit immédiatement.
- L’outremer ne résistait que parce q’uil était préservé, en partie peut-être, par une guangue siliceuse et en partie surtout par le dépôt de silice formé au début de l’attaque. On peut se rendre compte de ce fait en traitant par l’acide chlorhydrique un culot de kaolin fondu avec du carbonate de soude. Une fois la masse entourée de silice gélatineuse, le dégagement d’acide carbonique cesse et il faut écraser la matière pour qu’il reprenne de nouveau.
- Il résulte de ceci qu’il n’y a actuellement aucun moyen de distinguer l’outremer naturel de l’outremer artificiel.
- Formation du Lapis
- En examinant les différents minerais de lapis que nous nous sommes procurés, nous avons pu faire les remarques suivantes : la matière bleue est toujours accompagnée de pyrites et disséminé comme ces pyrites dans une guangue à cassure rhomboé-drique qui est du carbonate de chaux.
- Lorsqu’on traite cette gangue par les acides, elle laisse un résidu sablonneux composé de petits fragments de quartz, et il se dégage de l’acide carbonique en grande quantité.
- L’analyse de la partie soluble dans les acides n’a indiqué que de la chaux avec des traces d’alumine et d’alcali. Ces minerais de lapis sont donc constitués par une gangue de carbonate emprisonnant de petites masses de lapis ainsi que des cristaux de pyrites et de quartz.
- Il semble en résulter que le lapis est un minerai de filons qui s’est déposé absolument de la même manière que les pyrites et le quartz pendant la formation du filon.
- Dens ces conditions, il est difficile de penser que le composition du lapis isolé de sa gangue soit constante. On sait, en effet, que les formules données pour les minerais ne tiennent pas compte des corps étrangers qu’ils renferment le plus souvent, ni des variations de composition qu’ils présentent.
- En réalité, chaque espèce se consolidifiant au moment de la formation, entraîne avec elle dans ses cristaux soit un excès de l’un des composants,
- soit des corps isomorphes, et souvent même des corps étrangers.
- En tout cas, si, par l’examen d’un échantillon de lapis remarquablement pur, on était amené à traduire la composition de l’ontremer par une formule, ce ne serait pas par l’analyse de l’outremer artificiel qu’on parviendrait à la vérifier.
- Si l’on pouvait, en effet, obtenir l’outremer par voie humide, il serait facile de le purifier et d’arriver par la cristallisation à un type dont la composition établirait la vraie formule de l’outremer. Mais lorsqu’il se forme à la température de 700 degrés il s’incorpore intimement les matières les plus variées.
- La potasse et la chaux s’y introduisent à l’état d’outremer de potasse et de chaux et le fer y forme une combinaison, insoluble quand elle se trouve dans l’outremer bleu, soluble quand elle se trouve dans l’outremer rose.
- Enfin, selon que le kaolin employé est riche ou pauvre en alumine, l’analyse de l’outremer qui en résulte indiquera une variation correspondante dans sa teneur en alumine.
- De l'outremer artificlel
- Propriétés physiques de l'outremer bleu
- L’outremer est insoluble dans tous les réactifs. Au microscope il paraît composé d'une quantité de petits cristaux d’un aspect vitreux et dont la nuance varie selon leur grosseur du vert clair émeraude au bleu foncé.
- Les acides étendus le décomposent en dégageant de l’hydrogène sulfuré et de l’acide sulfureux (l’outremer rose ne dégage que de l’acide sulfureux); en même temps il se dépose du soufre. L’acide sulfurique concentré esi sans action sur lui (J.-B. Guimet).
- Les alcalis ne l’attaquent pas sensiblement. Une dissolution chaude de soude caustique à 13° Baumé affaiblit sa nuance et une dissolution concentrée de soude l’altère sensiblement à chaud. On s’en aperçoit au changement de nuance du bleu qui devient grisâtre.
- Placé dans une solution saturée d’alun, l’outremer se décompose lentement en dégageant de l’hydrogène sulfuré, la chaleur accélère cette décomposition; mais l’alun n’a pas sur lui la même action que les acides ; en effet, ces derniers précipitent au sein du liquide un dépôt jaune de soufre, tandis qu’avec l’alun le dépôt formé est et reste blanc.
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- A 200° environ, les acides le transforment en un outremer violet qui devient ensuite rose.
- Au chalumeau, il donne, selon les traités de chimie, une perle incolore; mais cette indication n’est pas très exacte.
- Il commence par donner avec le borax une perle d’un jaune brun (coloration due au soufre) et lorsqu’on a chauffé assez longtemps à la flamme oxydante, la perle devrait être incolore, mais elle présente souvent, pendant le refroidissement, une nuance jaunâtre due à la présence du fer que l’outremer contient toujours en quantité très appréciable.
- L’outremer peut être porté au rouge sans se décolorer ; on peut même, quoiqu’avec certaines précautions, l’incorporer à du verre fondu, mais il commence à s’altérer à 120°. Cette altération est accusée par sa nuance qui devient moins brillante.
- A 140°, ce changement est très apparent; le bleu noircit, en même temps il se dégage un gaz acide et il se dépose de l’eau et du soufre sur les parois du tube.
- En chauffant plus longtemps et en portant la température au rouge, l’outremer devient blanc.
- NOTE
- SUR LA CÉRULÉINE
- Par M. Prud’homme.
- La céruléine n’a pu être appliquée sur tissus que du jour où M. Horace Kœchlin a indiqué l’emploi du bisulfite de soude concurremment avec l’acétate de chrome pour la fixation de cette matière colorante.
- J’ai étudié la réaction fort intéressante du bisulfite de soude sur la céruléine et vous soumets les résultats de ce travail.
- On pouvait envisager le bisulfite de soude ou comme réducteur ou comme dissolvant. Or, une couleur renfermant de la céruléine préalablement réduite donne de moins bons résultats que la couleur ordinaire aubisulfite de soude, de même teneur en matière colorante non réduite.
- De plus, la céruléine se dissout dans l’alcool avec une fluorescence verte toute spéciale ; on n’observe pas ce phénomène en traitant par l’alcool la masse pâteuse égouttée, qui provient de l’action du bisulfite de soude sur la céruléine.
- Il restait donc probable que les propriétés particulières de ce corps pouvaient se ramener à une action dissolvante, et il était indiqué de rechercher si d’autres véhicules se trouvaient capables de dissoudre la céruléine. Les sels alcalins, phosphate, arséniate de soude, etc., en solution ne m’ont donné qu’un résultat négatif. Le borate de soude seul dissout la céruléine, mais à la manière des alcalis.
- Je ne détaillerai pas les nombreux essais de dissolvants que j’ai eu l’occasion de faire.
- En résumé, il n’existe de corps méritantréellement ce nom (à l’exception de l’acide acétique cristalli-sable et de l’aniline, etc.) que :
- Les bisulfites des métaux alcalins.
- Les sulfites neutres.
- La solution aqueuse d’acide sulfureux.
- L’inspection seule de cette liste me suggéra l’idée que la céruléine formait, peut-être, avec les bisulfites alcalins une combinaison analogue à celle que donnent les aldéhydes et les acétones, ou mieux, dans l’ordre des matières colorantes, la co-ralline.
- Ces prévisions se sont confirmées et je suis arrivé à isoler une combinaison cristallisée, incolore, de bisulfite de soude et de céruléine.
- J’ajouterai immédiatement que les sulfites neutres donnent aussi naissance à une combinaison incolore, de même qu’avec la coralline.
- Dans certains cas, au lieu de cristaux, on obtient simplement une matière pulvérulente blanche.
- Pour préparer le corps en question, on mélange la céruléine en pâte de commerce avec environ le double de son poids de bisulfite, marquant au moins 20° B.
- Pour l’obtention des cristaux, le bisulfite d’ammoniaque est bien supérieur aux autres sulfites.
- Le mélange s’épaissit plus ou moins rapidement, suivant le temps que la combinaison met à se produire. On jette sur filtre, on laisse égoutter, puis on traite directement avec de l’alcool froid ou faiblement tiède. Les cristallisations qui se produisent successivement demandent à être fractionnées ; les premières se composent souvent de sulfites, bien que ceux-ci aient été en grande partie précipités par l’alcool.
- Les dernières représentent la combinaison cherchée. On décante le liquide en excès et on fait égoutter les cristaux sur un filtre en papier.
- La céruléine sulfite offre les caractères suivants
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- Elle est soluble dans l’alcool, peu soluble dans les sulfites concentrés, mais se dissout facilement dans l’eau avec une nuance jaune verdâtre. Par l’ébullition, il se dégage de l’acide sulfureux et la liqueur devient verte en même temps qu’alcaline.
- Les acides décomposent la céruléine sulfite avec production d’acide sulfureux. Le liquide paraît brun-rouge par suite de la mise en liberté de céruléine très divisée, qu’on décèle au moyen d’un alcali.
- Les alcalis décomposent la céruléine sulfite et la colorent en vert.
- Enfin, elle teint directement le tissu mordancé dans les nuances de la céruléine.
- L’action des sulfites et des bisulfites présente quelques particularités que je crois bon de relater.
- Si l’on filtre rapidement après avoir opéré le mélange et avant que la masse ne se soit épaissie, le liquide filtré laisse déposer au bout de quelque temps une matière rouge-brune qui, recueillie et traitée à l’alcool donne, par le repos de la solution alcoolique des cristaux incolores, de la combinaison.
- Ne filtre-t-on, au contraire, que quelques heures après la mise en contact du bisulfite et de la céruléine, la liqueur filtrée ne renferme pas de dépôt. La combinaison reste presque en totalité sur le filtre et se présente sous la forme d’une masse épaisse d’un rouge brunâtre. Ce phénomène n’est dû qu’à la faible solubilité de la combinaison de céruléine et de bisulfite dans un excès de ce dernier.
- On peut donner la même explication de la difficulté qu’on éprouve à dissoudre sur filtre, jusqu’à épuisement, le magma -provenant de l’action des sulfites sur la céruléine. D’un autre côté, les sulfites ont une tendance très prononcée à la dissociation sous l'inflnence de l’eau. Cette action de masse est parfaitement mise en évidence par la coloration verte que prend le liquide filtré après le passage d’un certain volume d’eau il est devenu alcalin. Pour épuiser complètement la céruléine, il est nécessaire de la traiter un grand nombre de fois au moyen du bisulfite étendu d’eau.
- Le bisulfite de soude ne jouant vis-à-vis de la céruléine que le rôle de dissolvant, il semble plausible d’admettre qu’un excès de ce corps ne saurait nuire au rendement de la couleur. Il n’en est pas ainsi, et la quantité de bisulfite à employer devient fonction de la quantité de céruléine, parce
- que mettre ces corps en présence, c’est donner naissance à une combinaison, et que celle-ci est insoluble dans un excès de bisulfite.
- Les proportions les plus avantageuses semblent correspondre à deux molécules de bisulfite de soude Na HSO2pour une molécule de céruléine C20H1007, en admettant que la céruléine commerciale renferme 20 0/0 de matière colorante pure.
- J ai indiqué plus haut l’action dissolvante de l'acide sulfureux sur la céruléine. Il joue un rôle direct dans la fixation de la matière colorante. Le gain qu’on réalise par un vaporisage sous pression doit être en partie attribué à la mise en liberté d’une plus grande quantité d’acide sulfureux.
- En fait, une couleur au bisulfite de soude, additionnée d’acide chlorhydrique de manière à en saturer exactement l’alcali, ne montre aucune différence, au point de vue du rendement, avec la couleur primitive.
- J ajouterai que le bisulfite d’ammoniaque ne donnant naissance, par sa décomposition, qu’à des produits volatils, me semble supérieur au bisulfite ou au sulfite de soude, qui présente, grâce à sa tendance à la dissociation, l’inconvénient de devenir alcalin.
- Enfin, contrairement à l’opinion généralement reçue, j’ai constaté qu’une couleur à la céruléine ne perd que peu de ses qualités même après un intervalle de quinze jours. Une couleur âgée de quelques jours est supérieure à une couleur toute fraîche. Le rendement maximum correspond à quelques heures d’âge, laps de temps nécessaire pour que l’action du bisulfite sur la céruléine, qui n’est pas instantanée, mais graduelle, surtout en présence d’épaississant, ait pu s’effectuer. Aussi, est-il avantageux pour la préparation des couleurs de mettre pendant quelques heures la céruléine en pâte au contact du bisulfite, jusqu’à ce que le mélange se soit épaissi, et d’ajouter seulement à ce moment l’épaississant et le mordant de chrôme.
- Si les mélanges de céruléine et d’autres matières colorantes telles que l’alizarine et la graine de Perse, s’affaiblissent en vieillissant, cela doit tenir à ce que les matières colorantes sont engagées dans une combinaison insoluble avec le mordant de chrôme et l’épaississant et à ce que le bisulfite de soude s’est en partie ou dissocié ou oxydé. Une addition d’acide chlorhydrique, en quantité conve-
- nable, constitue un mode de régénération assez avantageux ; mais il serait peut-être plus simple
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- d’introduire dans la confection de ces couleurs une certaine dose d’acide acétique, qui s’oppose à la coagulation et qui, tout en détruisant le bisulfite, ne nuit pas d’une manière appréciable au rendement de la céruléine.
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- PRÉPARATION DE LA SOIE
- POUR LA TEINTURE
- Par M. J. Persoz (1).
- Observations préliminaires.
- La soie peut être employée en teinture sous trois états : décreusée, assouplie ou écrue, c’est-à-dire débarrassée à des degrés divers et par des traitements spéciaux des éléments étrangers qui l’accompagnent. De là, en quelque sorte, trois types distincts, ayant chacun son caractère propre et exigeant plus tard des précautions particulières suivant les différentes couleurs qu’on veut leur donner.
- La fibre diminue beaucoup de poids par le décreusage, moins par l’assouplisage et enfin d’une quantité insignifiante quand on la prépare pour la teinture en écru.
- 1° Le décreusage s’effectue d’ordinaire à l’aide du savon bouillant. C’est la méthode la plus souple, et vraisemblablement aussi, la plus ancienne. En supposant que l’opération ait été bien conduite, la matière en traitement abandonne la presque totalité de son grès, tandis que son fil devient souple, doux et brillant et, en un mot, prend au plus haut degré le caractère soyeux.
- 2° Assouplissage. — Comme la soie décreusée à fond éprouve une réduction de poids très notable et perd surtout de sa consistance, que, par contre, à l’état écru, elle n’est point propre à tous les usages à cause de sa raideur et de son manque d’éclat, les teinturiers ont cherché à produire un article intermédiaire entre ces deux types et n’offrant pas les mêmes inconvénients.
- Telle est l’origine du souple, aussi nommé mi-cuit ; il résulte d’une opération pendant laquelle la
- (1) Ce travail qui précédera la teinture des soies en écheveaux, est extrait du chapitre Décreusage de l’ouvrage de l'auteur : Essai sur le conditionnement, le titrage et le de-creusage de la soie, 1878. — En vente à l'Office du journal, envoi franco, contre un mandat-poste de fr. 1G, à l’ordre de P. Blondeau.
- soie ne cède pas autant de ses principes que lors de la cuite, mais devient toutefois beaucoup moins raide qu’à l’état naturel. En même temps que la fibre acquiert de la douceur, son fil se gonfle sensiblement, ce qu’il faut regarder comme un grand avantage.
- L’invention du souple a pris naissance en France au commencement de ce siècle. Peu à peu, ce procédé s’est répandu à l’étranger, en y subissant des modifications plus ou moins importantes. On prétend que les Chinois l’on connu longtemps avant nous, ce qui n’a rien d’impossible.
- L’emploi ingénieux qu’on a su faire des souples, en les introduisant, comme trames, dans les tissus bon marché et même dans les étoffes de luxe, où elles sont recouvertes par une chaîne en soie cuite, a fait prendre à cet article un développement extraordinaire, surtout depuis un certain nombre d’années.
- L’assouplissage comporte plusieurs traitements, dont le nombre est subordonné aux effets que l'on désire obtenir. Il ne fait perdre à la fibre que de 4 à 8 p. c. de son poids, en ne lui enlevant, dit-on, que la résine, la matière grasse, la cire, et en outre lorsqu’on donne un blanchiment, la matière colorante, tandis qu’ils laisserait intactes l’albumine et la gélatine.
- 3° Quant à la soie écrue, elle ne peut se teindre telle quelle, que dans un petit nombre de cas; pour la plupart des couleurs il faut lui faire subir un blanchiment. Elle ne perd que fort peu par cette préparation, de 1 à 2 p. c. à peine, par teinture acide au craquant; quelquefois cependant jusqu’à 6 p. c. par teinture sur savon.
- Remarque. — Les soies diminuent plus ou moins de poids à la cuite, suivant leurs provenances et les charges dont elles ont pu être additionnées. Dans ce dernier cas l’assouplissage suffit pour occasionner des pertes qui s’élèvent jusqu’à 12 p. 100. Ces pertes sont atténuées plus ou moins par les éléments de certaines couleurs .abstraction faite, bien entendu, des charges nouvelles qui seraient ajoutées en dehors des opérations de la teinture, car dans cette voie la fraude va quelquefois fort loin et déconcerte toutes les prévisions.
- Nous allons passer en revue avec quelques détails ces divers modes de préparation de la soie, en examinant d’abord les méthodes qui sont suivies dans les ateliers en France.
- (A suivre).
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- I (o
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVEL APPAREIL
- POUR
- DÉTERMINER LA DENSITÉ DES LIQUIDES
- — Suite (I) —
- ESalemee aréothermique
- BREVETÉE S. G, D. G.
- Commençons par rectifier une erreur typographique qui nous a fait indiquer le chiffre de fr. 90 pour le prix de l’appareil, c’est seulement 80 francs (1).
- Voici comment, avec l’appareil lui-même, on peut vérifier la justesse des divisions du fléau au moyen des poids et la justesse des poids au moyen du fléau.
- Rappelons que les poids A2, A', A sont égaux, que le poids B pèse 1 de chacun des 3 précédents ; G pèse 7' de B, et D 0 de C.
- Au total, il y a 7 poids.
- L’appareil étant monté comme le montre la figure, page 162 du précédent numéro, avec de l’eau distillée ayant la température de + 15° dans l’éprouvette, on place A sur la division 9 et A1 sur 1, puis on enlève le poids A2 et le fléau doit être en équilibre indiquant le nombre 1,0 comme chiffre représentant la densité. Le même équilibre devra se retrouver si on place A sur 8 et A' sur 2 ; A sur 7 et A1 sur 3 ; A sur 6 et A' sur A et enfin A sur 5 et A' suspendu à l’un des crochets de A ; la densité indiquée sera toujours 1,0 à chaque observation, ce qui montrera que les divisions sont justes.
- La vérification des divisions étant faite, il reste encore à vérifier la justesse des poids B, G et D, c’est-à-dire si B pèse bien le 1 de A, G le 1 de B et D le 11 de C. On placera donc A sur 9 et B sur 10, le fléau devra prendre son niveau ; ce qui devra encore avoir lieu si on place A' et B sur 1, et cela indiquera que B est bien le 1‘o de A. De même en plaçant A/et B sur 9 et C sur 10, le fléau reprendra la position de l’équilibre et par conséquent C pèsera bien le 1‘ de B.
- Pour terminer l’étude des différents cas qui peuvent se présenter lorsqu’on fait une opération afin de déterminer le poids spécifique d’un liquide plus lourd ou plus léger que l’eau, il faudrait un espace
- (l)Voir le' Moniteur de la Temture page 30 du no du 5 février 1880.
- plus considérable que celui dont nous pouvons disposer dans les Corps gras industriels.
- L’instruction renfermée dans la boîte de l’appa-reil renferme cette étude. On y trouve également le moyen de ramener à H- 15° ou à 0° la densité des liquides que l’on a déterminée avec l’appareil, à une température différente ; des tableaux de densités trouvées par expérience sur un grand nombre d’huiles pures, minérales, végétales et animales, et d’autres corps liquides en usage dans l’industrie. Des tableaux indiquent les degrés aréométriques de Baumé et de Beck en correspondance avec les poids spécifiques des liquides plus lourds que l’eau, et les degrés aréométriques de Baumé, de Beck et de Cartier, correspondant aux poids spécifiques des liquides plus légers que l’eau.
- D’autres tableaux indiquent la réduction des poids spécifiques de l’esprit de vin aux richesses alcooliques centésimales en volume, d’après les alcoomètres de Gay-Lussac et de Tralles, etc.
- La balance aréothermique accompagnée de son instruction peut donc, à elle seule, remplacer tous les aréomètres, densimètres, alcoomètres, etc., en usage dans l’industrie, tout en donnant des indications certaines, ce que ne font pas la plupart de ces instruments. Ses avantages se complètent encore en ce que l’appareil n’est pas fragile comme tous ces derniers ; il occupe peu de place (1), il est très portatif ‘et Ed’un maniement si facile que toute personne peut s’en servir.
- Cet appareil nous semble appelé à rendre de très grands services aux industries des corps gras. En effet, pour les huiles la détermination du poids spécifique aide puissamment à reconnaître la nature de l’huile et lorsqu’il s’agit de reconnaître des mélanges d’une huile avec d’autres huiles; pour la fabrication des savons, de l’acide stéarique, etc., la détermination de la richesse des produits chimiques et des lessives est très importante.
- Dans le commerce des produits chimiques, où le prix des matières varie avec le degré de concentra-tration, la balance aréothermique devient d’une utilité incontestable. Elle est appelée également à faire partie des instruments de laboratoire des physiciens et des chimistes.
- P. B.
- (1) Tous les appareils livrés portent un numéro d’ordre, il
- suffit de rappeler ce numéro lors de la demande d’une pièce de rechange pour que cette pièce soit livrée exactement semblable.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- PROCÉDÉS PRATIQUES
- CARMÉLOINE
- et lés couleurs d’aniline qui supportent l’acide sulfurique, telles que marron S, Fuschine S, Rouge solide, orangés, etc., etc.
- (Communiqué} (1)
- Sous ce titre, la maison Max Singer de Tournai {Belgique^ met en vente un nouveau brun, sous deux marques R et F, dont elle nous envoie les échantillons de teinture sur laine, ci-dessous.
- Marque F
- Marque R
- Les avantages de ces colorants sont de donner directement des bruns solides sur laine. Leur emploi supprime les difficultés de produire des nuances modes foncées, telles que marron, solitaire, Bismarck, café, loutre, etc, avec les colorants dont on se servait et encore les couleurs obtenues n’avaient-elles pas la solidité désirable-, avec le cur-cuma, employé comme fond, on n’avait que des couleurs mauvais teint. L’emploi du bois jaune exigeait celui du tartre comme mordant et, par conséquent, coûtait trop cher. Depuis peu, on se servait des orangés nouveaux, mais les teintures obtenues n’étaient pas unies et souvent piquées.
- La Carméloïne, marque R, s’emploie pour les nuances rougeâtres, la marque F pour le reflet doré foncé.
- Ces colorants donnent des bruns tout à fait solides et peu coûteux. Les échantillons que nous donnons ont été faits avec 20 gr.de produit par kil. de laine, et mordancés avec un peu d’alun et d’acide sulfurique. Le prix de revient dépasse donc très peu 20 centimes, par kil. de laine ; le prix de vente du produit étant de 12 fr. le kil.
- La Carméloïne peut être employée conjointement avec le sulfate d’indigo, l'orseille, lecurcuma,
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (*) —
- SAUMON
- La couleur saumon n’est qu’un rose jaunâtre ou un ponceau très clair. Par conséquent on peut l’obtenir par les méthodes indiquées ci-dessus, par exemple à l’aide d’un peu d’éosine et d’une trace d’orangé.
- ORANGÉ, MANDARINE, ETC.
- Comme on l’a déjà vu ces couleurs s’obtiennent par l’emploi de matières colorantes comme l’orangé II, le mandarine, etc., et en nuançant par des matières jaunes ou rouges, comme du curcuma, de la roccel-line, etc. On peut obtenir les mêmes nuances par le mélange de matières jaunes et de matières rouges. On fait ainsi des orangés à l’aide de curcuma et d’orseille ou acide pi-crique, curcuma et orseille ou encore curcuma et roccelline.
- JAUNE, JAUNE D’OR
- Il y a plusieurs espèces de jaunes suivant qu’ils tendent au vert ou au rouge. Les premiers s’obtiennent, en général, par l’acide picrique employé seul, soit mélangé de curcuma ou d’orangé. Les seconds, on les produit à l’aide de ces deux matières colorantes, soit de curcuma additionné d’une matière rouge comme de l’orseille ou de la roccelline. Ces matières sont à peu près les seules qu’on emploie couramment. Le jaune solide (matière colorante de la famille de la roc-
- (1) L’office du Moniteur de la Teinture se met à la dispositions des lecteurs qui voudraient des renseignements complementaires sur ces nouveaux produits.
- (*) Voi Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23, 24 et nos 1, 2 et 3 de 1880.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- celline et de l’orangé II) est d'un emploi facile, mais ne donne pas de nuances assez éclatantes.
- Le jaune d’or ou jaune de Martius est une matière colorante qui donne sur plume de très belles nuances ; il a cependant le grave inconvénient de déteindre fortement après teinture; c’est une matière qui attaque et jaunit fortement les corps qu’elle touche. En outre, une fois qu’une teinture a été faite trop foncée avec le jaune d’or il est très difficile de l’éclaircir. Cela fait qu’on préfère obtenir cette nuance à l’aide des matières colorantes précédemment citées, mélangées entre elles convenablement.
- Le curcuma et l’acide picrique qui sont d’un emploi si commode pour obtenir les nuances jaunes, présentent cependant un grave inconvénient; je veux parler de l’in-stabilité à la lumière des couleurs qu’elles donnent. Le curcuma surtout donne des nuances excessivement fugaces ; il suffit de quelques heures d’exposition au soleil pour qu’un jaune obtenu à l’aide de cette matière pâlisse et ternisse d’une façon très notable. L’acide picrique est un peu plus solide ; cependant ses nuances changent toujours du jaune-vert au jaune-rouge et terne. Vouloir rendre solides ces matières colorantes ce serait vouloir changer leur nature, car c’est leur coloration même qui est la cause principale des altérations qu’elles éprouvent. Sans entrer dans les détails théoriques, j’expose de suite les résultats pratiques auxquels on est arrivé par l’expérience, en vue d’obtenir des nuances suffisamment résistantes à la lumière. Les teintures obtenues par le mélange de deux couleurs de la même espèce sont toujours plus résistantes à la lumière que celles faites avec chacune des couleurs employées isolément.
- Une couleur qui ne résiste que peu à la lumière devient résistante quand on y mélange une couleur résistante de la même espèce.
- L’oiangé II est une matière jaune rouge très résistante à la lumière ; il suffit donc de mélanger au curcuma une petite quantité | d’orangé II pour que la couleur résultante | résiste parfaitement.
- Un échantillon teint au curcuma était presque entièrement décoloré après 19 heures de plein soleil et 6 de soleil couvert par des nuages. Un échantillon teint comme le premier, mais avec addition d’un peu d’orangé II, après plusieurs jours d’un soleil d’été avec ciel très pur n’a pas montré la moindre altération.
- A plus forte raison ces observations s’appliquent à l’acide picrique.
- Le mélange d’acide picrique, curcuma et orangé est d’une solidité à toute épreuve.
- Ces remarques s’appliquent non-seulement aux couleurs foncées, mais aussi aux couleurs claires comme crème, paille, ivoire, etc.
- A suivre.
- CHIFFONNAGE
- Joli noir ne déteignant pas, sur robe de soie.
- On sait qu’il est difficile de produire un joli noir ne déteignant pas sur les étoffes de soie déjà portées. Voici un bon procédé (indiqué par le Dr Rei-mann de Berlin), donnant des résultats satisfaisants.
- Faire tremper la soie 1 heure dans un bain de soude, fort et chaud, puis brosser les endroits les plus sales. Pour les rubans, brosser les endroits pliés et salis, avec une brosse molle -, rincer, passer dans un bain d’acide muriatique à 50° C, rincer de nouveau et entrer l’étoffe dans un bain de rouille à 4° B. Les étoffes étant bien étendues dans le bain, les y laisser une heure sans les manœuvrer. Lever, rincer et teindre en entrant et laissant séjourner une heure dans un bain froid de cam-pêche et de curcuma. Lever ensuite, chauffer le bain à 75° C, rentrer la soie, laisser une heure sans remuer et rincer.
- Pour 500 gr. de soie, on emploie 250 à 400 gr. bois de campêche et 30 à 60 gr. curcuma.
- Cette teinture est suivie d’une manipulation qui empêche l’étoffe de déteindre. Pour cela on passe les robes successivement dans un bain d’hypochlo-rite de soude jusqu’à ce que les fils de coton, par lesquels les morceaux sont fixés les uns aux autres, commencent à devenir gris. Dès que ce résultat se
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- produit, on rince et on met à l'étendage. Teinte de cette manière, la soie conserve entièrement son lustre et ne montre jamais de plis parce qu’on la manœuvre très peu.
- L'hypochlorite de soude s’obtient en versant, dans un seau d’eau froide, 500 gr. chlorure de chaux frais, en agitant et ajoutant la solution de soude. On laisse déposer et on emploie le clair.
- MARRON AU CACHOU SUR PAILLE
- Par M.Jacob.
- On trouve dans le commerce des couleurs marron sur paille présentant un reflet plus ou moins brun selon la volonté des consommateurs ; comment s’obtiennent ces brunitures qu’on nomme marron italien, marron anglais ? Sont elles à bon marché ? La réponse à ces deux questions est toute entière dans les matières que l’on emploie.
- Pour teindre la paille en marron plus ou moins noir, il faut commencer par la débarrasser des substances sales qui la recouvrent ; pour cela on la fait tremper pendant 12 heures environ dans un bain de carbonate de soude marquant 40 B. Toute autre matière alcaline produirait le même effet. Ce trempage donne à la paille une teinte très jaune qui ne contrarie en rien l’effet que l’on veut produire. Cela fait, on dissout dans l’eau chaude une certaine quantité de cachou et on y plonge la paille pendant douze heures environ. Il faut à peu près une partie de cachou pour 10 parties d’eau. Les proportions sont assez difficiles à fixer parce quelles dépendent de la pureté du cachou qui contient toujours, comme on le sait, plus ou moins de matières terreuses.
- On donne au bain de cachou la bruniture qui lui est nécessaire par une dissolution de sulfate de fer, ou mieux de pyrolignite de fer. Ce qu’il faut remarquer, c’est l’effet produit par les sels qu’on y ajoute. Le cachou donne d’abord à la paille une teinte d’un brun rougeâtre. Veut-on éclaircir la nuance, on ajoutera un peu d’alun ou un peu d’acétate d'alumine. L’acide acétique, l’acide sulfurique, et meme l’acide chlorhydrique agissent de même-Cependant, il faut toujours se défier de l’effet produit par eux parce qu’ils rendent la paille cassante lorsqu elle n’a pas été lavée suffisamment.
- Le sulfate de peroxyde de fer ajouté au cachou
- lui donne une nuance plus verdâtre ; d’un autre côté le sulfate de bioxyde de cuivre tend à le brunir, tout en lui donnant un peu de jaune. Avec le bichromate de potasse, on donne à la teinte une bruniture plus forte.
- L'avantage qu’on a à employer le cachou pour ces teintes marron, c’est qu’il est parfaitement soluble dans la potasse, la soude et l’ammoniaque et qu’il n’attaque pas la paille. Il n’est pas sans intérêt de savoir avec quelle facilité le cachou s’oxyde ; ainsi quand on ajoute de l’acétate de cuivre au bain de teinture, au bout de très peu de temps le bain devient plus foncé et la nuance obtenue sur la paille se modifie tout à fait.
- Pour donner à la paille le brillant qu’on aime à lui voir, on la plonge finalement après le lavage et le séchage dans de l’eau tenant en dissolution un peu de gomme.
- TEINTURE
- DE LA LAINE EN TOISON
- — Suite (I) —
- JAUNE
- Dans une chaudière de cuivre convenablement montée sur son fourneau et pouvant contenir 25 seaux ou 250 litres d’eau, on met seulement 20 seaux d’eau pure et une botte de gaude, 5 à 6 kilog., liée et maintenue au fond de la chaudière par une croix. On fait bouillir 30 à 35 minutes, on retire la gaude, on passe dessus quelques cassines d’eau chaude pour la laver, on égoutte et on la met de côté pour une seconde cuisson pour des couleurs brunes.
- | Il ne faut même quelquefois que dix à quinze | minutes pour avoir un bain plus vif ; enfin pour les | couleurs les plus fines et les plus claires, on ne met ! dans l’eau bouillante que le bout de la gaude du ! côté de la tige, on maintient les racines en haut en dehors du bain, et on laisse bouillir ainsi 5 à 10 | minutes. De cette manière on n’extrait que la plus I belle couleur de la gaude, qu’on a d’ailleurs choisie la plus belle et la plus grenue possible. Ce bain est préférable pour les nuances délicates.
- On met ensuite bouillir la gaude, toute entière,
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 249, 272 et 287, et année 1880, page 22.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dans de nouvelle eau pour épuiser la partie colorante soluble. La gaude qui a déjà été traitée une fois sert dans un second bain; on lui fait subir quelques bouillons, puis on la retire pour la délier, la sécher et s’en servir pour les foyers, et dans le même bain, on remet ensuite une botte neuve qu’on traite comme à l’ordinaire.
- Le bain passe à travers un tamis ou une corbeille serrée et garnie d’une toile fine, et on retire ainsi toutes les parties de la plante qui se sont séparées pendant la décoction, des feuilles, des capsules, des graines qui troubleraient le bain et pourraient causer des taches ou du moins salir plus ou moins la couleur.
- Ces soins doivent se répéter pour toutes les décoctions à substances végétales employées en teinture, les bains ne doivent être employés que bien nets, bien purs, tamisés ou filtrés et les avances ou résidus en bains clairs doivent être conservés dans des baquets ou tonneaux particuliers pour chaque substance.
- Toutefois le bain de gaude ne doit se préparer qu’à mesure du besoin, et, s’il en reste après une opération, on doit l’utiliser dans la journée du l'en-demain ou après deux ou trois jours au plus.
- Les bains de gaude d’une seconde cuite offrant une teinte moins pure et moins vive servent pour des brunitures ou quelques couleurs mixtes, dans lesquelles ils conviennent mieux qu’un bain léger et peu concentré.
- Pour des nuances de prix, on fait bouillir dans la même eau jusqu’à deux ou trois têtes de botte de gaude, successivement pour obtenir un bain vif, net et très concentré. On doit tenir aussi à ce que les ustensiles nécessaires pour cette opération ne servent qu’à cette teinture ; on conçoit bien que des baquets, des cuves, des seaux, des bassins, des chevilles, des chevillons, des bacs, des lissoirs, des tréteaux, des croix, des fourches, etc., imprégnés par un long service journalier de bain de campêche, de bain noir, de galle, etc., quoique lavés à l’eau bouillante, pourraient salir encore des couleurs, nuances ou teintes jaunes délicates. D’ailleurs les soins de propreté, en général, dans les opérations de la teinture, contribuent pour leur part au succès.
- On ne peut trop souvent dans la pratique recommander et exiger les soins continuels pour la propreté des mains et des tabliers des teinturiers et pour ne poser les étoffes en œuvre de teinture ou finies que sur des toiles propres ou des dalles de pierre
- très dures et chaque fois dégorgées, lavées, rincées à l’eau bouillante.
- La laine ayant été préalablement lavée, désuin-tée, ébrouée, est soumise au mordançage puis à la teinture. Pour la draperie ordinaire on fait peu de jaune en toison, on teint même généralement en fils pour les lisières des draps mélangés, toutefois, comme l’assortiment de quelques articles de fantaisie exige quelquefois, dans les mélanges en toison, un peu de jaune, voici comment on opère :
- Pour 35 kilog. de laine.
- 1° Mordant et bouillon : 4 kilog. alun.
- 3 bottes gaude.
- La manœuvre dure 5 à 6 heures, compris les évents, et le bouillon une heure et demie à deux heures.
- 2° Teinture : 3 bottes gaude.
- 250 gr. curcuma.
- L’alun cubique donne une couleur plus foncée au teint de gaude que l'alun octaédrique et que l’alun de Rome mêlé des deux, on peut enlever ce mordant par l’eau bouillante. En ajoutant un peu de carbonate de soude aux derniers, on obtient alors des couleurs aussi intenses qu’avec le premier.
- Le sulfate d’alumine donne une nuance encore plus foncée et plus agréable.
- L’acétate d’alumine les surpasse tous. Ce mordant doit sécher dans un air chaud et humide, afin que l’acide acétique s’en sépare mieux. Dans un air chaud et sec, l’acide se dégage moins et ronge en partie. On ne peut enlever ce mordant sur laine par l’eau bouillante comme les précédents; au contraire, on aide ainsi la séparation de l’acide, et on fixe à l’étoffe l’alumine, désormais tout à fait insoluble.
- (A suivre.}
- INDUSTRIELLE
- INSTRUCTIONS RELATIVES
- • A LA CONDUITE DES CHAUDIERES A* VAPEUR
- > *
- Publié par The Britesh Insurance and S team power Company limited.
- Les niveaux d’eau, ainsi que les différents passages qui y conduisent, doivent être soigneusement entretenus et, de plus, être purgés à des intervalles fréquents dans la journée. Le manque
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- d’attention, à l’égard des niveaux d’eau, a été cause d’accidents plus grands que toutes les autres causes réunies.
- Les soupapes de sûreté doivent être essayées au moins une fois par jour afin de s’assurer qu’elles fonctionnent aisément. Négliger ces soupapes ou les surcharger conduit aux résultats les plus désastreux, et l’on ne saurait y porter une trop grande attention.
- Les manomètres lorsqu’ils sont munis de robinets doivent être assayés plusieurs fois en fermant le robinet d’admission et laissant l’aiguille revenir au zéro. Pour obtenir ce résultat, le robinet du manomètre doit être construit de manière à être ouvert à l’atmosphère quand l’admission se trouve fermée.
- Les robinets purgeurs doivent être démontés, quand on nettoie la chaudière, afin d’être graissés et examinés. Assurez-vous que l’eau ne s’échappe pas quand ce robinet est supposé fermé.
- Les soupapes d’alimentation ou les soupapes automatiques alimentaires, doivent être enlevées et nettoyées quand on nettoie la chaudière. Assurez-vous fréquemment que la soupape fonctionne quand la pompe alimentaire est en marche.
- Les tampons fusibles doivent être examinés quand la chaudière est nettoyée et leurs deux faces, celle opposée au feu et celle en communication avec l’eau, soigneusement grattées. Si cette précaution n’est pas prise le tampon ne fonctionnera pas.
- Afin d’économiser le charbon, maintenez la chaudière propre intérieurement et extérieurement. Si les chaudières fournissent une quantité de vapeur plus que suffisante, maintenez un feu épais ; mais si la vapeur est au contraire insuffisante, ne travaillez qu’avec un feu mince, d’une épaisseur bien uniforme. Alimenter un foyer de chaque côté, alternativement, tend à prévenir la fumée.
- Afin de préserver la chaudière, veillez à ce que la vapeur s’élève doucement. N’allumez jamais le feu avant que l’eau ne se soit montrée dans les indicateurs de niveau. Ne videz jamais sous pression, mais attendez que la chaudière et la maçonnerie qui l’entoure se soient refroidies avant de laisser l’eau s’échapper. Nettoyez la chaudière régulièrement une fois par mois, plus souvent si l’eau est mauvaise. Nettoyez les carneaux une fois par mois; arrêtez toutes les fuites et débarrassez-vous de toute humidité se montrant entre les supports ou les recouvrements. Examinez spécialement les
- tôles qui sont sujettes à être exposées à l’action directe du feu, le dessous de la chaudière et toutes les parties en contact avec la maçonnerie, ou en contact avec du cuivre ou du bronze quand de l’eau est en présence. Si, pour quelque temps, la chaudière n’est pas utilisée et s’il n’est pas possible de la vider et de la bien faire sécher, remplissez alors la chaudière complètement d’eau et mélangez à cette eau une certaine quantité de soude.
- Si le niveau de l’eau descend trop bas, videz de suite le foyer, comme règle; cependant si le feu est très chargé et que le plafond du foyer semble être chauffé au rouge, il est préférable d’étouffer le feuà l’aide de cendres mouillées, de poussier humide ou de toute autre matière terreuse se trouvant sous la main. Les registres peuvent alors être fermés. Si la machine est en marche ou si les pompes alimentaires fournissent de l’eau à la chaudière, ne les arrêtez pas -, dans le cas contraire, ne les mettez pas en train et n’essayez pas de faire échapper la vapeur avant que les feux ne soient éteints et les tôles surchauffées refroidies.
- BIBLIOGRAPHIE
- LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- ET LA PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE
- EN FRANGE ET A L'ÉTRANGER
- Par FLINIAUX, avocat au conseil d’Etat (1).
- Nous pouvons enfin indiquer un ouvrage complet concernant la propriété industrielle en France et surtout à l’étranger.
- La propriété industrielle et la propriété littéraire et artistique en France et à l’étranger, les législations et jurisprudences françaises, les législations étrangères et conventions internationales, sont résumées d’une façon pratique aussi complète que possible. M. Fliniaux a traité successivement et en suivant une méthode uniforme d’analyse, les diverses branches de la propriété industrielle ; les brevets d’invention, les dessins des modèles de fabrique, et les marques de fabrique ou de com-
- (1) Un volume in-12 de 424 pages. Ch. Delagrave, libraire-éditeur, 15, rue Soufflot, Paris. Prix 2 fr. 50. — L’Office du journal envoie ce volume franco, contre mandat-poste de 3 francs.
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- merce, en y joignant les conventions internationales conclues avec la France.
- Il nous dit successivement quelle est la législation de chaque pays pour les brevets d’invention, d’addition, de perfectionnement, d’introduction et d’importation, quelle doit être leur forme, quelles garanties ou droits leur sont accordés, quelle est leur durée, quelles sont les taxes à payer, quelles formalités sont à remplir, quels sont les cas de nullité et de déchéance ; comment on peut en prendre con-naissance et au bout de quels délais ; comment on peut en faire la cession, comment enfin, on peut se préserver de la contrefaçon et la poursuivre, quelles pénalités sont établies en faveur du breveté.
- De même pour les dessins ou modèles de fabrique, pour les marques de fabrique ou de commerce.
- Et tout cela avec une méthode, une concision qui font du travail de M. Fliniaux un modèle du genre. Tous nos lecteurs voudront avoir sous les yeux la Propriété industrielle. P. B.
- FAITS DIVERS
- Les ouvriers teinturiers de Bradford et de Leeds sont en grève ; 3,000 grévistes, ne pouvant obtenir une augmentation de salaire, ont refusé de continuer leur travail.
- BULLETIN FINANCIER
- Nous disions dans notre dernier bulletin que la hausse du 5 p. c. ne semblait pas franche. En effet, les cours sont devenus plus faibles et les ventes plus difficiles sur toutes les valeurs en général.
- En mettant de côté toutes les nouvelles à sensation, qui, à la Bourse, naissent et meurent souvent dans la même journée, on attribue l’étroitesse actuelle du marché à l’abstention de la haute spéculation, ce qui rend une surprise de baisse parfaitement possible. Cela dépendra des conditions dans lesquelles va s’effectuer la liquidation du 15 courant.
- Le comptant achète toujours le 5 p. c., dont les cotes du terme et du comptant se sont relevées à 116 50, le U courant. Ce fait va peut-être décider la spéculation à rentrer en scène.
- Le 3 p. c. est stationnaire aux environs de 82 25.
- Le 3 p. c. amortissable n’a donné lieu qu’à peu d’affaires.
- Les obligations de la Ville de Paris sont toujours lourdes et à des cours élevés.
- Un décret vient de régler l’admission à la cote officielle des valeurs étrangères.
- La situation des établissements de crédit étrangers ne donne pas l’espérance de voir diminuer le taux de l’escompte de la Banque de France. — Le Crédit foncier émet en ce moment les obligations du 2e emprunt communal de 500 millions. Les titres de 500 francs, 3 p. c. avec lots, sont délivrés, moyennant le paiement immédiat de la totalité du prix d’émission fixé à 485 francs. Les titres similaires de 1879 étaient cotés 475 fr., les 2 et 14 février, soit une perte de 10 francs sur le cours d’émission. — Les actions des autres Sociétés de crédit montrent en général une bonne tendance vers des prix supérieurs.
- Les recettes des chemins de fer français continuent d’être supérieures à celles correspondantes de 1879.
- Sur le marché en Banque la hausse qui s’était produite dans la première semaine du mois sur les fonds d’Etats étrangers s’est arrêtée soudain et a été suivie d’une réaction importante. La rente italienne a conservé une bonne tenue ; les rentes austro-hongroises ont fléchi. — Le 5 p. c. Russe, malgré l’imminence d’un nouvel emprunt, s’est maintenu. — Les fonds Egyptiens ont eu un vif mouvement de reprise.
- Dans notre prochain numéro nous entretiendrons nos lecteurs d’une nouvelle affaire industrielle qui va se monter à Marseille, pour exploiter un nouveau procédé de fabrication de savon à froid.
- Les savons blancs à l’huile d’olive, obtenus par ce procédé, sont d’aussi bonne qualité, sinon meilleure, que celle des premières marques de ce produit et l’économie provenant du système de fabrication est considérable.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route de Flandre, àCharleville (Ardennes)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 5. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mars 1880.
- SOMMAIRE
- De l’influence de la capillarité dans la teinture des fibres végétales et animales, par Gustave ENGEL. — Études sur l’outremer, par M. T. Morel (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes par M. VANNUGCIO-VANNUGCINI (suite). — Violet éclair.
- — Noir au cachou sur coton. — Rouge Brésil sur paille. — Teinture des gants jaunes en violet. — Teinture des cotons et fils en écheveaux, par M. de Winant (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLES — Principes chimiques sur l’art du teinturier-dégraisseur, parCHAPTAL. — Machine à sécher la laine de Lohren.
- BULLETIN FINANCIER.
- DE L’INFLUENCE
- De la Capillarité dans la Teinture des Fibres végétales et animales
- Par Gustave ENGEL
- Séance du 24 Septembre 1879 (I)
- Messieurs,
- A l’appui de l’opinion que j’avais émise, que la constitution physique seule avait une influence sur la teinture des fibres d’origine végétale ou animale, je vous avais soumis à la séance du 27 septembre 1877 quelques échantillons de silice infusorienne teinte par différents procédés.
- Pour compléter mon travail et pour en appliquer les conclusions, il me restait à faire une étude microscopique des sables que je traitais et à multiplier mes essais de teinture; j’ai l’honneur de vous présenter aujourd’hui une série de croquis représentant, vus avec un grossissement de six cents fois, les différentes espèces d’infusoires silicifiés dans ces sables composés, puis une nouvelle série assez complète des teintures variées, qui toutes viennent à l’appui de la théorie nouvelle que je'Soutiens devant vous.
- L’origine de ces sables est encore peu connue ; pendant longtemps on leur a attribué une origine animale que leur forme semblait devoir justifier ; c’étaient des carapaces d’infusoires ; des recherches plus récentes semblent devoir leur donner au contraire une origine végétale ; mais quelle qu’elle soit, elle importe peu à mon travail ; l’essentiel
- (1) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- pour nous est leur composition chimique, qui est de la silice pure, et leur constitution physique particulière qui a servi de base à ce travail.
- De différentes espèces d’infusoires que contiennent ces sables, l’espèce la plus répandue et de laquelle j’ai pu étudier un certain nombre d’échantillons remarquables par leur parfaite conservation, est un infusoire tubulaire formé d’une série d’anneaux accolés, se désagrégeant très facilement par une ébullition de peu de durée, dans une eau légèrement accidulée au moyen d’un acide énergiqne.
- Dans le sable blanc on remarque nombre de tronçons ne présentant que dix à quinze anneaux ; d’autres en présentent de cinquante à soixante, sans que le diamètre de ces derniers présente de différence notable ; les observations faites sur une carapace complète tendraient à prouver que ces tronçons auraient appartenu à des individus composés d’au moins cent vingt anneaux.
- Échantillons mesurés
- Diam. extérieur Diam. extérieur Diam. du tube Long. maximum minimum intérieur
- 0mm093 0mm 00312 Omm 00156 — 0mm172 0mm00312 0mm00156 0mm00126 0mm156 O"1” 00468 Omm 00156 —
- La carapace complète, la seule que j’aie pu découvrir, présente une légère augmentation de diamètre dans son milieu ; le canal intérieur va en diminuant du centre aux extrémités où il forme deux ouvertures à peine visibles ; à ses extrémités le tube n’a plus que la moitié du diamètre qu’il possède à la partie moyenne. Les anneaux détachés que l’on trouve en très grand nombre, surtout dans les sables qui ont été soumis à la teinture, présentent toujours un tube central vide qui, selon
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- le diamètre des anneaux, en occupe la moitié ou, les deux tiers. La matière colorante fixée sur la paroi intérieure de ces tubes ne devient visible avec un grossissement pareil, que quand l’échantillon soumis à l’observation a été humecté d’un liquide, de préférence la glycérine pure. Généralement la structure annulaire est très marquée -, en modérant, jusqu’à un certain point la lumière qui traverse les préparations sous le microscope, on parvient à faire ressortir très vigoureusement les stries qui séparent les anneaux les uns des autres.
- Une seconde espèce d’infusoires, également annulaire, présente en assez grande abondance ses disques détachés. Elle a cela de particulier que le centre de ses disques, au lieu d’être vide, est plein d’une matière spongieuse dans laquelle on distingue un faisceau de tubes au nombre de dix à douze. La paroi qui entoure cette espèce de moelle est rayon-née du centre à la circonférence et présente, dans des échantillons examinés plus attentivement, trente-six rayons.
- L’infusoire complet a la forme d’une larve renflée dans le milieu d’une longueur égalant quatre fois son diamètre.
- Longueur Diamètre maximum
- Omm 04368 0mm 01184
- Il se compose de 14 anneaux accolés; chacun de ceux-ci, par suite de la construction de sa partie externe, présente trente-six stries longitudinales qui font que, outre la forme particulière qu’il possède, l’infusoire se distingue par des stries bien marquées dans le sens de la longueur et de l’épaisseur.
- Le diamètre de ces disques est beaucoup plus considérable que ne l’est celui des anneaux composant l’infusoire tubulaire décrit en premier lieu, leur diamètre peut aller jusqu’à 0mm 02184.
- Les disques isolés résistent bien aux opérations de la teinture ; on les retrouve généralement entiers ou brisés en deux ou quatre morceaux parfaitement reconnaissables.
- Une troisième espèce d’infusoires peu abondante et difficile à étudier à cause de sa transparence, mais importante par ses dimensions, se présente sous la forme d’un cornet très allongé, à parois excessivement minces -, je n’ai pu y distinguer traces de stries transversales.
- Deux spécimens assez complets que j’ai pu examiner dans le sable blanc, et dont je n’ai plus trouvé trace après teinture, présentaient les dimensions suivantes.
- Longueur Diamètre maximum
- Omm 1872 0mm 00936
- Omm 0780 Omm 00780
- L’un terminé en pointe 'avait à son ouverture un diamètre égal au 1/20° de sa longueur, l’autre au 1/10°. Il est vrai qu’à ce dernier manquait une partie de la pointe et que cette dernière aurait porté le rapport à 1/ 15e au moins.
- La coupe transversale de cet infusoire est difficile à observer, car les parois excessivement minces et transparentes sont difficilement visibles ; elles ne forment pas comme c’est le cas pour les autres infusoires tubulaires, un anneau régulier, mais elle est hérissée d’aspérités de peu de hauteur.
- Une quatrième espèce, peu abondante aussi, mais remarquable par sa forme et sa structure ordinaire se trouve facilement à l’état complet dans le sable blanc, complet ou peu altéré dans les sables teints. Il existe deux variétés parfaitement distinctes de cette espèce -, la plus commune se distingue par son aspect fusiforme ; la seconde par sa forme ovoïde et la protubérance de son canal médullaire.
- J’ai eu l’occasion d’en étudier un très bel échantillon ; dans l’une et l’autre variété le canal médullaire traverse l’infusoire dans toute sa longueur, est fermé aux deux bouts, mais présente dans son milieu une petite chambre ronde communiquant avec l’extérieur par une ouverture transversale et perpendiculaire à la face aplatie de l’individu.
- L’infusoire présente des deux côtés du canal médullaire des stries transversales qui, au premier abord, pourraient la faire prendre pour deux infusoires accolés par leur face concave. En examinant toutefois les individus un peu détériorés, il est facile de voir à la cassure que les deux espèces sont absolument différentes.
- Il existe encore des infusoires qui sont également des espèces spéciales, de dimensions assez considérables, dont le diamètre varie de 0mm 00932 à 0mm 01663 et dont l’aspect général représente l’un des plus beaux échantillons que j’ai pu découvrir de ce genre.
- Enfin dans la sixième espèce je n’ai pu observer qu’un seul individu différent absolument des espèces précédemment décrites.
- Beaucoup plus petite, déformé ovoïde, plate sur l’une de ses faces, elle présente sur l’autre trois stries longitudinales et simule assez exactement la carapace d’une (tortue. L’individu vu de dos, peu
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- transparent, ne laissait distinguer aucun organe extérieur.
- N’étant du reste d’aucune importance dans la question qui nous occupe, je ne le cite que comme espèce particulière et ne m’en occuperai pas davantage.
- Quoique par suite de constitution physique, ces différentes espèces d’infusoires se comportent peut-être d’une manière différente pendant les opéra-lions de la teinture, ce genre tubulaire prédomine dans ces sables au point qu’il nous est permis de négliger la manière d’être des autres. Dans l’examen que nous allons faire de ces sables en présence de différentes matières colorantes ou des différents procédés de teinture, nous les considérerons comme une masse homogène, formée de tubes siliceux infiniment petits, creux, plus ou moins longs et capables de se diviser en un nombre considérable d’anneaux sous l’influence de certains agents chimiques.
- Nous verrons cette matière absolument inerte, grâce à sa composition chimique, se comporter, en présence des mordants et des différentes matières tinctoriales, comme le coton ou comme la laine, suivant le procédé de teinture qu’on applique ; nous verrons enfin cette fibre minérale retenir, grâce à la capillarité et sans qu’aucune combinaison chimique ait eu lieu entre elle et les matières colorantes avec la même énergie que les fibres végétales ou animales teintes dans les mêmes conditions.
- Les échantillons de silice teinte que j’avais eu l’honneur de vous soumettre dans une séance précédente, étaient les suivants :
- Rose à l’alizarine avivé et non avivé ; bleu d’indigo acide, un vert foncé produit par la teinture en campêche de silice mordancée en fer. Dans ces trois cas la silice avait été traitée comme le coton.
- D autres échantillons vous la montraient se comportant comme la laine en présence des matières colorantes dérivées de l’aniline. Je viens aujour-d hui vous soumettre une nouvelle série intéressante de produits teints, qui tous viennent à l’appui de ma thèse.
- Voici tout d’abord la silice teinte en gris d’aniline, puis en noir. L’un des échantillons de noir vous la montre à l’état acide, verdâtre, l’autre a été traité par un alcali.
- Le gris a été produit par un mordançage en sulfate d aniline et de cuivre, immersion en chlorate de
- potasse, séchage et exposition à l’air libre, suivie d’un passage en ammoniaque étendue.
- Les deux échantillons mordancés en bichromate de potasse ont été teints en solution bouillante de sulfate d’aniline, auec traces de sulfate de cuivre. Ici encore la silice tubulaire présente les propriétés du coton.
- Un échantillon de silice mordancée en bichromate de potasse ne présente plus qu’une coloration très faible après dessication sur une plaque poreuse.
- Cette petite quantité de matière oxydante retenue dans l’intérieur des tubes suffit cependant pour produire en présence des sels d’aniline une coloration intense. Un autre échantillon est de la silice ainsi mordancée, puis teinte en sel de plomb.
- La même silice non lavée et teinte encore humide forme un autre échantillon -, c’est donc un mélange interne de la silice teinte et de chromate de plomb ; la petite différence de nuance qui existe entre ces deux essais vous prouvera clairement que la quantité de chromate retenue par la capillarité, même après un lavage énergique, est considérable.
- Un autre échantillon, mordancé en plomb, a été teint humide et sans lavage préalable pour être comparé au précédent.
- Si nous passons maintenant à la teinture en matières colorantes végétales, nous avons tout d’abord deux essais de teinture en indigo, l’un ayant subi une teinture de dix minutes avec un aérage intermédiaire et un acidage pour terminer.
- La teinture a été faite à l’abri de l’air en solution claire de cuve; l’aérage a été fait à l’état humide après filtration rapide et lavage au moyen d’un appareil pneumatique.
- Je vous avais soumis, Messieurs, deux échantillons en silice teinte en rose à l’alizarine artificielle, l’nn avivé, l’autre ayant subi toutes les opérations d’avivage que subissent les tissus de coton ; la teinture avait été obtenue par un mordançage préalable en acétate d’alumine ; oxydation et dégommage en silicate des soude. Je vous présente aujourd’hui deux nouveaux échantillons de silice, teints en alizarine artificielle, à la manière de la laine, c'est-à-dire sur mordant mêlé au bain de teinture. J’obtiens, par ce procédé, une teinte plus foncée que l’avivage transforme complètement en lui donnant plus de vivacité et de richesse.
- La teinture a été suivie de deux savons bouillants
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- séparés par un avivage au nitro-muriate d’étain et savon. Un passage en eau bouillante a terminé l’opération -, le dernier savon était à peine coloré en rose.
- Deux autres échantillons vous présentent la silice teinte en galléine et en céruléine, d’après les procédés en usage pour la teinture de la laine en ces matières colorantes, c’est-'a-dire mordançage en bichromate de potasse, réduction par le bisulfite de soude et teinture à 80° environ.
- Dans l’un et l’autre cas la teinture se fait facilement, et la silice une fois teinte ne perd plus rien au lavage.
- Deux autres échantillons ont été mordancés en solution d’alun, bouillante, puis teints en extrait de graines de Perse sans oxydation préalable ; l’un a été passé en solution stannique après teinture à chaud, sans que la nuance ait été sensiblement modifiée. J’obtiens ainsi la nuance jaune pâle que l’on obtient par l’impression sur coton d’une couleur vapeur contenant un mordant d’alumine faible sans étain.
- Par la teinture en extrait de graines, mélangé de sel d’étain, j’obtiens sur silice la nuance riche que l’on obtient en teignant la laine par le même procédé.
- Un dernier échantillon vous montre la silice teinte en bleu au prussiate.
- Les échantillons que je viens d’avoir l’honneur de vous soumettre vous montrent donc une substance minérale qui, grâce à sa structure physique, se rapproche des fibres végétales ou animales susceptibles de teinture, cette analogie, qui consiste en un canal central d’un très petit diamètre, permet à chacun de ces tubes microscopiques de retenir par l’attraction capillaire les matières colorantes ou les mordants, d’en opérer la fixation de manière à leur permettre de résister, ainsi qu’ils le font quand ils sont appliqués à des fibres végétales ou animales aux différents agents chimiques auxquels ils sont soumis alors. Plusieurs de ces échantillons vous montrent la même matière colorante fixée suivant les procédés usités dans la teinture du coton et de la laine, et, dans ces cas particuliers qu’on pourrait multiplier encore, on voit ce sable siliceux, absolument inerte au point de vue chimique, qui, par suite de sa composition chimique, ne peut jouer aucun rôle dans les combinaisons qui peuvent se produire entre la matière colorante et le mordant, présenter à la fois les
- caractères particuliers de la fibre de coton et de la fibre de laine.
- Ces exemples tendent à prouver le fait nouveau que je cherchais à démontrer à savoir que la structure physique de la matière soumise aux opérations de la teinture à une importance bien plus considérable que sa composition chimique, si, comme cela pourrait bien être prouvé par de nouvelles expériences, elle n’est pas seule à en avoir. (1)
- ÉTUDES SUR L’OUTREMER
- Par M. T. Morel.
- — Suite (2) —
- Analyse «le l’outremer
- L’outremer est essentiellement composé de silice, d’alumine, de soufre et d’oxygène.
- La proportion de silice varie de 45 à 32 pour 100.
- Celle d’alumine varie de 23 à 38 pour 100.
- La proportion de soude varie de 18 à 23 p. 100.
- La proportion de soufre varie de 13 à 28 p. 100.
- Ln proportion d’oxygène uni au soufre 1 pour 100 environ.
- Tels sont les éléments constituants de l’outremer tels qu’ils existent en combinaison dans un échantillon parfaitement purifié. Mais l’outremer artificiel contient toujours des éléments étrangers ; ce sont l’eau, le sulfate de soude, le soufre libre et des matières étrangères introduites pendant la fabrication ou par les matières premières.
- Nons allons rapidement passer en revue la manière de reconnaître ces corps et de les doser.
- Eau
- 1° Eau hydrométrique. — L’outremer comme toutes les poudres fines, absorbe l’humidité. Tout échantillon d’outremer qui ne vient pas d’être desséché, contient 0,6 p. c. d’eau et quelquefois jusqu’à 5 p. c. Cela dépend de son état moléculaire.
- Si l’outremer contient du soufre libre, l’eau ne peut se doser que par dessication dans un espace fermé en présence d’acide sulfurique ou de chlorure
- (1) M. le Dr L.-L. Lembert vient de publier dans le Textile de Lyon, une réponse à M. C. ENGEL, où il attribue à 11 porosité le résultat que M. Engel attribue à la capillarité, Nous publierons cette réponse. P. B.
- (2) Voir Moniteur de la Teinture, année 1880, page 37.
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- de calcium, car en chauffant tant soit peu on s’exposerait à volatiliser du soufre.
- 2° Eau de constitution. — Nous avons dit que l’outremer pur et sec, chauffé à 140°, dégage de l’eau et un acide.
- Nous insistons sur ce fait pour montrer combien l’analyse de l’outremer est complexe, si l’on veut tenir compte de tous ses éléments.
- Sulfate de soude
- L’outremer contient toujours des traces de sulfate de soude, souvent même on en trouve une certaine quantité. Pour le rechercher, on lave l’outremer avec un peu d’eau chaude et on essaie la liqueur filtrée avec le chlorure de baryum.
- C’est aussi au moyen du chlorure de baryum qu’on peut le doser, après avoir lavé l’outremer à l’eau chaude jusqu’à ce que le chlorure de baryum ne produise plus de précipité dans les eaux de lavage.
- Soufre libre
- Pour le doser, on pourrait employer le sulfure de carbone -, mais outre qu’il y a du soufre dans le sulfure de carbone, le lavage complet ne s’obtient que très difficilement. Il vaut mieux prendre l'ou-tiemer bien desséché et le chauffer pour volatiliser le soufre. En chauffant de 120 à 140°, l’opération est terminée en quelques instants ; mais l’outremer noircit un peu et paraît même subir un commencement de décomposition.
- En conséquence, il faudra s’assujettir à ne pas dépasser 110° ; l’opération est alors très longue et dure plusieurs jours mais la nuance de l’outremer n’a aucunement changé (1).
- Pour faire un dosage rapide du soufre libre, on placera le bleu dans un tube que l’on effilera à son extrémité. On chauffera le plus doucement possible jusqu à ce que tout le soufre se soit volatilisé et condensé à la partie supérieure du tube. On coupera celui-ci par le milieu et on pèsera la partie qui contient le soufre.
- On chauffera ensuite ce tube pour faire disparaître le soufre et on pèsera de nouveau ; la différence du poids du tube avant et après le chauffage aoppera le poids du soufre libre. Comme pendant e opération il se dégage toujours de petites 1anues "un camphre introduit dans l’outremer peurs à Ta“vantpdézbzeconnu.que 1e aoutro émettait des vaque du soufre maintenuoxdinaire-ot nous avons pu constater perte considérable. 1100 éprouvait, chaque jour, une
- par la résine qui est généralement ajoutée au mélange primitif destiné à faire le bleu, il est préférable de dissoudre le soufre, sublimé sur les parois du tube dans une lessive de soude caustique et de le doser directement dans cette solution.
- (A suivre).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- Emploi du curcuma, acide picrique, orangé.
- Ces matières s’appliquent indifféremment sur toute sorte de plume. Le bain doit être acidulé au sel d’oseille ou à l’acide sulfurique. En général on introduit d’abord le curcuma dans le bain bien bouillant et on nuance ensuite avec les deux autres matières. L’acide picrique sert pour verdir la nuance ; l’orangé sert à la rougir. Pour ce dernier il faut prendre beaucoup de précautions, car c’est une matière qui est très solide au savonnage et une fois qu’on en a mis de trop, il est très difficile de le descendre ; lorsque la couleur est trop foncée il faut bien savonner et rincer à l’eau de carbonate et à l’eau pure et ensuite remonter dans un bain neuf avec de l’acide picrique, pour tâcher de corriger le ton trop rouge de la nuance.
- Le jaune solide s’emploie comme les matières colorantes précédentes ; il faudra l’associer toujours au curcuma et à l’acide picrique pour que la nuance ait de l’éclat ; on l’introduit dans le mélange dans le but unique de rendre la couleur résistante à la lumière.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, n°s 23, 24 et nos 1, 2, 3 et 4, de 1880.
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- Emploi du jaune Martius.
- Le jaune Martius ou jaune d’or s’emploie indifféremment pour toute sorte de plumes. Il | s’emploie sans acide et par suite à une tem- | pérature relativement basse, 30 à 50°. Il i est très peu soluble dans l’eau froide ; c’est j pour cela qu’il est toujours prudent de faire j bouillir le bain avec la matière colorante, pour dissoudre les grains qui pourraient j tacher la teinture. Si la nuance réussit trop | foncée, on peut descendre la matière colo- j rante à l’aide d’un bain acidulé à l’acide sulfurique.
- Le jaune Martius n’est pas d’un emploi très facile et il est d’ailleurs difficile de l’associer à d’autres matières colorantes pour imiter l’échantillon donné. Cette matière ne s’emploie que dans des cas tous spéciaux.
- TILLEUL
- La couleur tilleul est un jaune-verdâtre ; c’est la nuance que donne l’acide picrique.
- L’acide picrique mord également bien sur la plume dure et sur la plume tendre. Le bain est acidulé au sel d’oseille et maintenu à une température de 30 à 40°. L’acide picrique, bien dissous et la solution filtrée, est versé lentement et par très petites portions et en solution très allongée, pendant qu’on remue constamment la plume. L’acide picrique est une matière d’un très grand pouvoir colorant ; c’est pour cela qu’il faut l’employer par petites quantités pour ne pas dépasser l’échantillon. Si cela arrivait il faudrait donner à la plume une eau de sel d’oseille bien chaude ; cependant une fois la teinture manquée, les côtes des plumes restent toujours plus foncées que la partie lisse. C’est également pour éviter ce défaut que l’opération de teinture doit être menée le plus rapidement possible; si on reste trop longtemps, la côte fonce et il n’est plus possible de la ramener au ton de la partie lisse.
- L’autruche se teint en tilleul dans une
- eau d’amidon acidulée au sel d’oseille. Les remarques précédentes sont applicables à ce cas particulier.
- Pour les tilleuls plus verdâtres que la nuance donnée par l’acide picrique, on verdit avecune trace de carmin d’indigo dissous dans beaucoup d’eau chaude.
- MAÏS, PAILLE, BLÉ, IVOIRE, CRÈME, ETC.
- Toutes ces nuances s’obtiennent par la combinaison, en proportions convenables, de curcuma, orangé et acide picrique. Pour ces couleurs si claires il faut être très attentif ; encore davantage que pour les couleurs précédemment décrites, à cause des inconvénients des matières colorantes qu’on emploie. Ainsi, l’orangé devra être dissous depuis quelques jours et la solution soigneusement filtrée, car il se fait toujours de petites granulations qui viendraient tacher la plume ; il faut en outre le verser par des quantités excessivement minimes pour ne pas dépasser l’échantillon, accident qui est bien à craindre car, comme on l’a déjà dit, l’orangé est très difficile à descendre. L’acide picrique sera employé aussi avec les mêmes précautions pour éviter que la côte jaunisse trop. Il vaut toujours mieux de monter d’abord la teinture au curcuma ou à l’acide picrique et de nuancer après avec l’orangé.
- Quand on emploie le curcuma on teint dans un bain bien chaud. Avec l’acide picrique on peut opérer à température plus basse.
- La plume dure et la plume tendre se teignent dans ces nuances, de la même façon.
- L’autruche se teint dans une eau d’amidon avec un peu de sel d’oseille en poudre ' fine.
- La phosphine est une matière colorante qui peut donner quelques-unes des nuances ci-dessus ; elle s’emploie à tiède dans un bain acide ; si la nuance réussit trop foncée il suffit de donner à la plume un bain bien
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- chaud avec du sel d’oseille, pour que la phosphine descende très aisément. On voit donc que la teinture par la phosphine est très facile ; cependant les 'nuances obtenues avec elle ne sont pas aussi résistantes à la lumière que celles par le curcuma, l’acide picrique et l’orangé.
- VERT
- La couleur verte peut s’obtenir soit par un mélange de matières colorantes jaunes et bleues, soit par des verts directs. Pour teindre des grandes quantités de plumes, on est encore forcé de se servir des couleurs composées vu la difficulté d’employer les verts directs. Il serait très utile d’employer ces derniers, soit pour la beauté de la nuance, soit pour la simplicité des opérations, mais malheureusement toutes les matières colorantes vertes jusqu’ici produites ne sont pas applicables pratiquement à la plume. En effet, les verts méthyles, les verts malachite, Victoria, à l’acide qui donnent de si belles nuances sur soie et sur laine, ne mordent pas directement sur la plume, ou du moins ne mordent pas assez pour donner des couleurs foncées. Il faudrait préparer 1 la plume au tannin, ce qui est long et complique, sans compter le prix de revient d’une telle teinture. Le vert à l’aldéhyde ou vert en pâte, qui mord facilement sur plume, est d’un prix si élevé, que malgré la beauté de la nuance il faut renoncer à l’employer pour les fortes quantités de marchandise à teindre.
- VERT-JAUNE, VERT-VERDURE
- Le vert-jaune s’obtient à l’aide d’acide picrique, curcuma et de carmin d’indigo. La plume se place dans un bain acidulé à l’acide sulfurique. On monte d’abord au bouillon avec l'acide picrique et le curcuma, puis on verse peu à peu le carmin d’indigo allongé de beaucoup d’eau ; il faut avoir soin de tenir le bain bien chaud pour que la nuance soit égale. Cela pour la plume tendre. Pour la plume dure, à chaque addition
- de carmin d’indigo il faut bien faire bouillir le bain et assez longtemps ; ce n’est qu’en chauffant qu’on arrive à l’égalité de la nuance.
- Le vert-verdure s’obtient d’une manière analogue. En ajoutant à l’acide picrique un peu de curcuma on fait une nuance qui a plus de corps, qui tend légèrement au mousse. La coquille de cygne, la nageoire et en général la plume dure, ont besoin d’une ébullition prolongée pour que la couleur soit bien égale. (4 suivre]
- Reproduction et traduction interdite.
- •-----------—s A.8,980.2. v— ., -
- VIOLET ÉCLAIR
- de la maison MAX SINGER, de Tournai (Belgique.)
- Ce colorant peut s’employer pour la teinture et l’impression de la laine, de la soie et du coton.
- Sur laine il teint sans mordant, sur soie avec le bain de savon et sur coton avec mordant de sumac ou de tannin.
- Les échantillons de laine teinte que nous donnons ci-dessous, l’ont été, le premier avec 5 grammes et le second avec 10 grammes de colorant, par kil. de laine. Pour le coton 15 à 20 grammes donnent une bonne nuance bien nourrie.
- 5 grammes.
- 10 grammes.
- Le Violet éclair paraît bleu à la lumière artificielle et cette propriété que n’ont pas les violets connus présente un assez grand intérêt pour l’article robe et velours de soie et de coton. Ce colorant, solide sur laine, peut remplacer le bleu de cuve remonté, il donne par mélange avec du blanc des filés de gris perle de toute fraîcheur.
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- Le prix du nouveau colorant est de 25 francs le hilo. [Communiqué).
- NOIR AU CACHOU SUR COTON
- Par M. Jacob.
- Est-il nécessaire au teinturier de connaître tous les noirs que l’on peut faire avec les matières tannantes et les sels de fer ? A la rigueur, non. Il est des praticiens habiles qui n’ont jamais connu qu’une recette et qui la suivent toujours avec assez de succès. Certes, si les goûts, les produits chimiques, les matières colorantes ne variaient pas nous serions le premier à dire ; Gardez-vous de lire ces recettes multiples qui ne peuvent que nuire à vos intérêts, en vous représentant l’application comme plus facile qu’elle ne l’est en réalité ; cependant quand on considère les résultats, les changements que les temps apportent aux différents procédés en usage, on se voit forcé d’avouer qu’il faut être au courant du progrès pour ne point végéter dans une industrie, quelque minime qu’elle soit.
- Souvent, d’une mauvaise idée, d’une fausse application, on en tire un résultat avantageux. Une étoffe doit-elle être reteinte, on examine ce qu’il faut ajouter pour obtenir la nuance désirée.
- Ainsi, pour rentrer dans notre sujet, est-il facile de faire un noir sur coton au cachou ? Y a-t-il économie ? De tout temps, les Indiens se sont servis du bleu de cuve et du cachou pour faire la teinture en noir sur tissu ; ce noir est même connu sous le nom de noir indien. Il est solide puisque les matières qui le composent sont les plus solides de toutes les matières colorantes. Cependant, il existe quelques difficultés, parce que le cachou qui est la matière tannante, ne fournit pas avec le sel de fer une nuance noirâtre. On obtient avec ces deux matières une nuance d’un brun verdâtre que corrige plus ou moins le bleu de cuve.
- Procédé pratique.
- Pour teindre le coton à l’aide du cachou, après l’avoir lavé dans une solution alcaline, on lui donne un bon pied de bleu à chaud -, cela fait, on le passe dans un bain d’alun contenant environ une partie d’alun pour six d’eau. On a soin d'ajouter un peu de carbonate de potasse, à l’effet de neutraliser autant que possible l’action acide de l’acide sulfu
- rique contenu en excès dans l’alun. Lorsque l’opération est terminée, c’est-à-dire au bout de deux heures, on fait sécher le coton et on le lave, puis on fait bouillir le coton dans une dissolution de cachou à laquelle on ajoute de l’acétate de cuivre en petite quantité. On fait sécher le tissu et on le fait bouillir de nouveau dans une dissolution de cam-pêche à laquelle on ajoute du pyrolignite de fer.
- Il faut presque toujours terminer l’opération par un bain de' campêche auquel on ajoute quelques grammes de bichromate de potasse pour donner la fixité nécessaire.
- Il est évident que ce noir ne peut être employé que dans certains cas ; lorsqu’une robe, un tissu de laine ont été teints à l’aide du cachou, il suffit d’un bain de fer et d’un peu de campêche pour obtenir un noir solide. Un peu de bichromate de potasse ne peut que donner plus de fixité à la matière colorante. Ce sont ces détails qui doivent être particulièrement remarqués par les teinturiers qui éprouvent dans leurs teintures des accidents. Un mot, une observation les mettra souvent à même de corriger avantageusement les défauts de tissus ou de couleur.
- ROUGE BRÉSIL SUR PAILLE
- Réactions produites sur le Brésil. — Toutes les fois que, dans une décoction de brésil, on ajoute une dissolution alcaline telle que de la potasse, de la soude ou de l’ammoniaque, la couleur du brésil vire au cramoisi ou au violet foncé ; les acides au contraire changent la couleur en rouge jaune. Une dissolution d’alun donne un précipité cramoisi. Le sulfate de fer produit une nuance d’nn brun violet. La composition d’étain engendre un rose vif.
- Ces observations sont nécessaires à connaître, lorsqu’on veut se rendre compte des nuances que Ton fait avec le rouge de brésil.
- Disons également que la décoction de brésil se conserve plus longtemps que celle de campêche.
- Teinture sur paille. — Pour teindre en rouge de la paille avec une décoction de brésil, il faut d’abord faire bouillir la paille dans une eau alcaline à bon marché. Les cristaux de soude ou sous-carbonate de soude, le savon peuvent être employés à cet usage. Après une heure d’ébullition dans un bain marquant de 2 à 4 degrés Baumé, selon les circonstances, on lave la paille et on la fait bouillir pen-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- S
- dant deux heures dans une décoction de brésil. On ajoute au bain un peu de composition d’étain à l’effet de faire virer la couleur au rouge écarlate.
- Lorsqu’on veut donner au bain ce luisant qui plaît à l’œil, on met un peu d’une dissolution de gomme à la fin de l’opération. La paille prend alors un vernis qui est toujours plus agréable.
- Le bain de brésil, comme on le sait, ne donne pas une couleur bon teint, mais il suffit parfaitement lorsqu’il s’agit de colorer du bois, de quelque na ture qu’il soit.
- TEINTURE DES GANTS JAUNES
- EN VIOLET.
- Avant de teindre les gants de couleur jaunâtre, qui ont déjà servi, en violet, on commence par les dégraisser. Ce dégraissage peut se faire à la benzine ou avec un peu d’eau chaude dans laquelle on met quelques cristaux de soude ou de potasse ; dans ce dernier cas, on y passe les gants vingt-cinq minutes au moins, en les remuant fortement, puis on les tord et on les lave.
- Cela fait, on donne à la peau que l’on met sur une forme, une première couche de teinture à l’aide d’un chiffon de draps qu’on trempe dans la teinture, ou à l’aide d’un pinceau ; puis on fait dissoudre de l’alun dans de l’eau et on donne à la peau plusieurs couches. Lorsqu’elle est sèche, on lui donne une ou deux couches d’une teinture à chaud faite soit avec le violet d’aniline, soit avec le violet d’orseille. Avant que la peau ne soit sèche, on lui donne un certain poli en la frottant à l’aide d’un rouleau de verre ou autrement.
- Pour la teinture jaune, on se sert de graine d’Avignon. On en fait une décoction ; on y ajoute de l’alun et on l’applique sur la peau soit avec une brosse, soit avec un pinceau ou autrement. Ordinairement on donne plusieurs couches.
- Il y a des teinturiers qui polissent la peau à l’aide d’un tampon fait avec un bouchon de liège enveloppé d’une étoffe de laine fine. De cette manière on fait parfaitement revenir le grain. Ce qu’on doit observer dans la teinture des peaux, c’est quelles soient parfaitement tendues. Tout dépend de cette précaution.
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- en ECHEVEAUX
- Par M. de Vinant.
- — Suite (1). —
- Rouge au santal.
- Pour 50 kilog. fils ou cotons.
- Mordancer sur sur bain d’oxymuriate d’étain à 5° B., donner à froid 9 lisses sur ce bain.
- Sans rincer, donner 5 lisses sur le bain de carbonate de soude à 4° B. — Après, laver.
- Teindre à 30° G. avec 100 kil. santal, monter au bouillon en une heure; lever, ajouter 500 gr. sel d’étain, pallier, rentrer les fils, bouillir encore une heure. — Lever, laver.
- Gremat au santal.
- Pour 50 kilog. fils ou cotons.
- Donner à chaud 9 lisses sur bain de cachou n° 2.
- Deux heures après, donner à 70° G., 7 lisses sur bain de chrome n° 3. Une heure après, laver.
- Teindre dans un bain contenant : 30 kil santal.
- — 500 ........................sel d’étain.
- Entrer à 30° C.; monter au bouillon en une heure, faire bouillir encore une heure. — Lever et laver.
- TEINTES MODES
- Saumon.
- Pour 20 kilog. de coton. 1 partie bain n° 1.
- 10 — Eau.
- Donner 9 lisses. — Sans laver, donner 5 à 7 lisses, à froid, sur un bain de 1 gr. de bichromate de potasse par litre d’eau. — Rincer.
- Chamois.
- 5 parties bain n° 2.
- 2 — — 12.
- • 45 — d’eau.
- A froid, donner 9 lisses. — Une 1/2 heure après donner 5 à 7 lisses, à froid, sur un bain de 1 gr. de bichromate de potasse par litre d’eau. — Rincer.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 141, 153, 175, 199, 233, 247 et page 9 année courante. Pour la composition des bains numérotés, page 200, année 1879.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Jaune turc.
- 5 parties bain n° 2. 1 — — 11. 30 — Eau. Opérer comme pour saumon.
- Jaune maure. 5 parties bain n° 2. 1 — — 7. 30 — Eau. Opérer comme pour saumon, en remplaçant le bichromate de potasse par le sulfate de fer. ’ Olive clair.
- 5 parties bain n° 2. 3 — — 7.
- 40 — Eau. Opérer comme pour jaune maure. Laver.
- Gris clair. 5 parties bain n° 2.
- 5 — — 7.
- 45 — Eau. Opérer comme pour jaune maure. — Laver. Gris perle. 2 parties bain n° 2. 5 - — 7.
- 40 — Eau. Opérer comme pour gris clair.
- Gris cendré.
- 5 parties bain no 7. 1 — — 6. 40 — Eau. Opérer comme pour le précédent.
- Gris souris.
- 1 partie bain n° 7.
- 6 — Eau.
- Opérer comme pour gris clair.
- Gris fer clair.
- 1 partie bain n° 2.
- 5 — — 13.
- 20 — Eau bouillante.
- Donner 9 lisses. — Sans rincer, donner 5 à 7 lisses à 40° G., avec 1 gr. sulfate de fer par litre d’eau du bain. — Rincer.
- Gris ardoise.
- 1 partie bain n° 6.
- 6 — — 13. 20 — Eau bouillante.
- Opérer comme pour le précédent, l’eau du 2e bain doit être chaude.
- Gris argent.
- 1 partie bain n° 9.
- G — Eau bouillante.
- Opérer comme pour gris fer clair, l’eau du 2e bain doit être bouillante.
- (A suivre}. -------000----- .
- INDUSTRIELLE
- PRINCIPES CHIMIQUES sur l’art du
- TEINTURIER-DÉGRAISSEUR
- Par J,-A. Ghaptal (1).
- De la nature des matières qui peuvent former des taches.
- Tous les corps qui, portés accidentellement sur une étoffe, en recouvrent, salissent, changent ou altèrent une partie de la couleur, forment ce qu’on est convenu d’appeler taches, leur extraction, ou le rétablissement de la couleur altérée ou détruite, constitue la profession ou Yart du dégraisseur, connu encore dans la société sous le nom de teinturier-dégraisseur .
- On voit, d’après cela, combien longue serait l’énumération de tous les corps qui peuvent former des taches ; mais nous la réduirons aux plus connus, c’est-à-dire, à ceux pour l’extraction desquels on a recours au teinturier-dégraisseur.
- Le plus commun de tous les corps qui doivent entrer dans ce chapitre c’est l’eau. Ce liquide qui tombe le plus souvent par gouttes sur les étoffes qui servent à nos usages, détruit ce brillant, ce glacé, cet uni qu’on donne à presque tous les tissus et même aux feutres, par le moyen des apprêts.
- Ces apprêts ne sont généralement composés que de substances gommeuses susceptibles de se dissoudre dans l’eau, de manière qne les gouttes de ce liquide, répandues sur une surface qui n’offrait d’abord qu’une teinte bien unie, y laissent des empreintes qu’il est très aisé de distinguer à l’œil.
- C’est pour éviter cet inconvénient, surtout sur
- (1) Ces principes quoique publiés en 1808, par Ghaptal, n’en sont pas moins suivis de nous jours, c’est p ourquoi nous croyons utile de les publier,
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 59
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- les tissus de soie et de laine, qu’on est dans l’usage de les faire délustrer avant de les exposer à la pluie.
- Dans ce cas, en appliquant l'eau sur toute la surface, on enlève une partie de la matière qui donne le lustre, et on prévient l’inconvénient des taches partielles que forment les gouttes de pluie inégalement réparties.
- On sacrifie alors, à la vérité, une partie du brillant et du corps de l’étoffe mais on conserve à toute la surface le même ton de couleur.
- Dans cette opération de délustrage ou dégommage, on donne à l’étoffe beaucoup plus de souplesse ; et, à l’aide de la brosse et des presses, on rend au tissu presque tout le poli et l’uni primitifs.
- Les feutres de laine ou de poil dont on fait les chapeaux, et qui altèrent si aisément par l’action de l’eau, ne sont pas susceptibles d’être dégommés attendu que le corps et la force de ces feutres dépendent essentiellement de la quantité considérable de gomme qu’on a fait pénétrer dans le tissu et qu’en l’enlevant on leur donne une souplesse et une perméabilité qui sont incompatibles avec leurs usages.
- Après celles que forme l’eau, les taches les plus communes sont celles qui sont produites par les matières graisseuses -, et, dans ce nombre, l’huile est certainement la plus générale : car, non-seulement cette substance est très employée sur nos tables, dans la préparation de nos aliments, dans 1 éclairage de nos habitatious, dans les opérations de nos ateliers, mais comme l’huile conserve assez constamment son caractère liquide, et que les corps qui en sont imprégnés la transmettent par le simple contact, on est souvent exposé à en salir ses vêtements et les taches qui en résultent en pénétrant dans le tissu des étoffes et en s’y répandant sur une grande surface y laissent une impression très désagréable à l’œil.
- Quoique la graisse et la cire aient par leur nature une grande analogie avec les huiles, on ne peut pas néanmoins en assimiler les effets, car la graisse et la cire ne tachent que lorsqu’elles sont liquides, ce qui n’est pas leur état naturel.
- Nons devons ranger dans la classe des corps graisseux le beurre, les pommades, dont on fait un très grand usage, et qui, par conséquent, donnent matière à beaucoup de taches.
- Les taches de fer, ou plutôt de rouille, sont encore extrêmement communes : à la vérité, ce métal ne se fixe pas sur les étoffes à l’état de métal ;
- mais comme il s’altère facilement et prend alors le caractère d’un oxyde par l’action combinée de l’air et de l’eau; comme la plupart de nos tissus ont une telle affinité avec l’oxyde de fer, qu’il suffit de les plonger dans un bain où cet oxyde est délayé pour en faire absorber jusqu’aux dernières parcelles, et que ces mêmes tissus peuvent se colorer en vert fauve dans les dissolutions de fer, en enlevant au dissolvant une portion d’oxyde, il s’ensuit que les étoffes doivent souvent être tachées par ce métal.
- On sentira encore mieux combien les taches de rouille doivent être communes, si l’on fait attention que ce métal nous sert dans presque tous nos usages; que les clous sont généralement employés pour lier les pièces de bois d’un étendage, et que par conséquent, il est très difficile de garantir nos étoffes, surtout celles qu’on est dans le cas de blanchir, du contact du fer et des altérations qu’il éprouve lui-même en passant à l’état d’oxyde.
- De toutes les étoffes employées à nos usages, celles de lin, de chanvre et de coton sont celles qui ont le plus d’affinité avec les oxydes de fer ; de sorte que les taches qui en résultent sont une combinaison plutôt qu’une superposition de l’oxyde sur l’étoffe : cette affinité extrême de l’oxyde avec ces tissus rend son extraction difficile et exige l’emploi d’un dissolvant chimique.
- Les taches d’encre ont beaucoup de rapport, par leur nature, avec celles de rouille : elles passent même à cet état, lorsque par le laps de temps ou par les lavages, on a détruit ou enlevé le principe végétal qui tient l’oxyde en dissolution.
- Les taches d’encre sont encore très communes, par rapport au grand usage qu’on fait de l’encre et par rapport à sa fluidité ordinaire.
- (A suivre.)
- APPAREIL A SÉCHER LA LAINE
- De Lohren
- {Extrait du Textile Manufacturer)
- L’appareil à sécher la laine a été adopté depuis un certain temps par M. Lohren, de Berlin, dans son séchoir à laine pour économiser la force motrice et pour ventiler en même temps la fabrique, en n’employant qu’un seul ventilateur pour ces deux usages. Le principe de l’appareil consiste à utiliser deux fois le même air ; la première fois, l’air est
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- aspiré, et la seconde fois, il est refoulé a travers la laine humide,
- A cet effet, le séchoir est divisé en deux chambres séparées contenant chacune une série de tuyaux de vapeur; la laine humide est placée, comme à l’ordinaire, sur des claies en fil métallique. Le ventilateur est situé au point de jonction des deux chambres et l’air est "aspiré par lui à travers le tuyau de la chambre dans laquelle il entre par le tuyau situé à la partie supérieure ; l’air est également admis à volonté par une cheminée qui peut être mise en communication au moyen de portes avec les différentes places de la fabrique qu’il s’agit de refroidir. On voit que de cette façon, le ventilateur aspire l’air en le faisant descendre à travers la laine, qu’il sèche et le refoule eu remontant dans l’autre chambre où il vient butter contre une tôle pour passer à travers une grille et de là dans le carneau. La laine est introduite par les portes.
- Lorsque la laine n’est pas très humide, on peut se servir d’une seule chambre alternativement, l’une étant remplie pendant qu’on vide l’autre.
- Ce procédé est beaucoup plus rapide que la méthode usuelle, et il économise ainsi de la vapeur et de la force motrice. A l’aide d’une disposition judicieuse des portes et accessoires l’air peut être aspire d’une ou plusieurs pièces de la fabrique ou refoulé dans ces pièces et, dans ce dernier cas, le conduit de la cheminée peut passer à travers un réservoir d’eau, afin de rendre l’air encore plus humide.
- -— = ===g=a
- BULLETIN FINANCIER
- La première partie de la quinzaine a été assez insignifiante, mais les cours se sont maintenus fermes. Il n’en a pas été de même dans la dernière semaine de février, la spéculation a commenté vivement les nouvelles politiques et le cours des reports à Londres, elle en a tiré des conclusions peu favorables qui ont agi sur les cours.
- L’encaisse de la banque d’Angleterre, 709 millions de francs contre une circulation de 657 millions, ne justifie pas les alarmes. La situation de la Banque de France est plus brillante encore. Son encaisse s’élève à 2 milliards 43 millions 1/2, en augmentation de 18 millions pour la dernière semaine. Cette augmentation s’est produite presque
- entièrement en métal or. C’est le drainage qui continue. L’excédant des billets en cours sur le montant total de l’encaisse n’est plus que de 208 millions.
- La plupart des valeurs ont fléchi, toutefois, les titres de placement, bien que cédant au mouvement général, ont donné lieu à des demandes suivies de l’épargne. Cette dernière est devenue habile à profiter des variations de la cote et tire parti avec raison de dépréciations passagères qui n’ont aucun rapport avec la valeur intrinsèque des titres.
- La discussion du nouveau tarif des douanes a laissé jusqu’à présent une impression excellente. Les propositions en matière de chemins de fer sont également suivies avec soin par le monde des affaires qui attache à ces deux questions une importance extrême. L’idée d’un rachat général des lignes de l’Orléans paraît rencontrer beaucoup plus de contradicteurs que de partisans.
- Les plus-values, dans les produits de nos grandes voies ferrées, se consolident chaque semaine et on peut évaluer à 14,840,000 fr. en chiffres ronds la provision générale obtenue depuis le 1er janvier. Comme ces augmentations de recettes ne proviennent pas exclusivement des anciens réseaux, on est en droit d’attendre la continuation de cet état satisfaisant.
- Le canal de Suez a perçu 1,200,000 pour le passage de soixante navires, du 11 au 20 février. La Compagnie émet de nouvelles obligations pour faire face à environ 27 millions de travaux à exécuter.
- Nous remettons au prochain numéro les renseignements que nous avions annoncés sur le nouveau procédé de fabrication de savon qui intéresse à un haut degré les industries tinctoriales et textiles.
- A céder 'a bon compte un cylindre friction, quatre rouleaux, en parfait état. — Office du Journal.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route de Flandre, àCharleville (Ardenues)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 6. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mars 1880.
- SOMMAIRE
- Études sur l'outre-mer, par M. J. Morel (Suite). — Préparation de la soie pour la teinture, par M. J. PERSOZ (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — (Teinture des plumes par M. VANNUGGIO-VANNUGGINI (suite). — Violet éclair (échantillon sur coton). — Rouge écarlate sur laine. — Bleus au prussiate sur papier ou tissu de coton pour Heurs. — Impression des tissus (suite). $.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Extraits des procès-verbaux des séances du Comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse.
- BULLETIN FINANCIER. = Exploitation d’un nouveau procédé de fabrication de savon à froid.
- ÉTUDES SUR L’OUTREMER
- Par M. T. MOREL.
- — Suite —
- Matières étrangères.
- 1° Débris provenant des ustensiles employés dans la fabrication de l'outremer.
- Ces impuretés qui, du reste, ne se rencontrent pas toujours, existent en quantités d’autant plus grandes que le bleu étant plus grossier a été passé à un tamis moins fin avant d’être livré à la consommation. On trouve aussi très-souvent des fragments de papier et de cire provenant des sacs où cette couleur est emballée et qui, une fois revêtus de bleu fin, sont très-difficiles à distinguer.
- Il sera donc toujours utile, avant d’analyser un outremer, de le faire passer au préalable à travers un tamis de soie de 150 à 200 fils au pouce carré. Pour faciliter l’opération, ou peut délayer l’outremer dans de l’eau et on ajoutera de l’eau sur le tamis jusqu’à ce que le bleu ait entièrement disparu.
- C’est, du reste, une opéiation que tout industriel soigneux fait subir à l’outremer immédiatement • avant son emploi.
- 2° Diane introduit dans un but de falsification.
- En général on n’emploie que le sulfate de chaux et le sulfate de baryte pour cet usage malheureu-1 sement trop répandu.
- Le sulfate de baryte coûte plus cher et donne à I1 outremer une nuance violette qui est moins flatteuse ; aussi ne se sert-on généralement que du sulfate de chaux ou albâtre pulvérisé. Quand il n’y
- a que 10 ou 15 pour 100 de ces corps dans l’outremer, un œil très-exercé peut à peine les apercevoir.
- Cette observation a été faite par plusieurs fabricants qui livrent effrontément des outremer avec 10 pour 100 de blanc fin, comme outremer pur. Il y a pourtant un moyen facile de déceler cette falsification. Pour cela on délaye l’outremer dans un verre à pied avec deux ou trois fois son volume d’eau ; on agite ce mélange et on le laisse déposer.
- Une fois l’outremer bien déposé au fond, on décante avec un siphon ou une pipette le liquide surnageant qui ne doit presque plus être coloré puis on place le verre dans une étuve.
- Quand l’outremer est bien sec, on le fait tomber, en renversant le verre, sous forme d’un culot qui se trouve recouvert sur son pourtour et à sa pointe par une quantité de petites paillettes blanches. Ce sont les cristaux de sulfate de chaux ou de baryte qui, en raison de leur masse et de leur densité, se sont déposés les premiers. En séparant le bleu qui se trouvait au fond du verre, on obtient un outremer contenant la majeure partie du blanc primitivement répandu dans toute la masse ; on pourra alors l’apercevoir très-facilement à l’œil nu.
- Dosage du sulfate de chaux. — Pour doser le sulfate de chaux, il faudra laver le bleu jusqu’à ce que l’eau de lavage ne précipite plus le chlorure de barium. On dosera l’acide sulfurique dans ces eaux, mais on fera bien de doser aussi la chaux pour vérifier si le bleu imparfaitement lavé ne contenait pas de sulfate de soude.
- Le sulfate de chaux ne se dissolvant que très-lentement, on pourra remplacer l’eau chaude par une disolution saturée d'hyposulfite de soude qui le dis-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- soudra plus rapidement (t'resinius^. On dosera la chaux dans cette liqueur une fois que l’outremer aura été complètement lavé.
- Dosage du sulfate de baryte.
- Ce dosage est plus complexe. Il faudra dans ce cas, traiter l’outremer par l’acide azotique fumant étendu d’eau, jeter sur un filtre, puis laver le résidu jusqu’à ce qu’il ne précipite plus par le chlorure de barium. A ce moment tout le soufre do l’outremer a été entraîné à l’état d’acide sulfurique dans les eaux de lavage.
- Il reste sur le filtre delà silice et le sulfate de baryte. On sèche ce précipité, on le fond dans un creuset de platine avec quatre fois son poids de carbonate de soude et l’on dissout la masse dans l’eau chaude.
- On jette le tout sur un filtre et on lave jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité par le chlorure de baryum. L’acide sulfurique du sulfate de baryte passera dans la liquide filtrée.
- On pourrait le doser par le chlorure de baryum après avoir précipité la silice ; mais il sera préférable de dissoudre par l’acide chlorhydrique la baryte restée sur le filtre à l’état de carbonate et de la doser directement dans le liquide filtré.
- Matières étrangères introduites par les matières premières.
- Résidu argileux. — Parmi ces matières, on trouve des fragments de briques introduits par les sels de soude employés dans le mélange primitif ; des fragments de briques ou de creusets provenant des fours où l’on cuit l’outremer ; ou bien enfin des parcelles de quartz et de feldspath contenu dans le kaolin qui sert à la préparation de l’outremer. Ces corps sont broyés avec le bleu et constituent ce que l’on a nommé le « résidu argileux indécomposable par les acides » soit moins de 3 0/0 dans un beau bleu et 8 à 10 0/0 dans un outremer de second choix.
- Potasse, chaux.
- Il existe enfin des matières qui s’incorporent à l’outremer et sont engagées dans ses combinaisons ; de même que dans la nature certains minéraux isomorphes sont intimement unis dans un même cristal, tels sont les carbonates de chaux et de magnésie.
- C’est ainsi que dans l’outremer la potasse et la chaux introduites par les kaolins et le carbonate de soude sont contenues à l’état d’outremer de potasse et de chaux et se retrouvent pendant l’analyse.
- Fer.
- L’outremer contient toujours du fer et souvent en assez grande quantité. Il provient de toutes les matières premières, mais surtout du kaolin. Ce fer dans l’outremer bleu, est à l’état de combinaison insoluble , dans l’outremer rose ou violet, il devient soluble et disparaît avec les eaux de lavage.
- Analyse de l’outremer.
- L’analyse complète de l’outremer est très-labo-rieuse et devient surtout excessivement délicate, si l’on veut, comme l’a fait Hoffmann, doser le soufre dans chacune de ses combinaisons. Nous indiquerons seulement notre procédé d’analyse rapide, qui permet d’obtenir facilement les résultats qui intéressent le plus un fabricant d’outremer. Nous doserons la silice, l’alumine, le soufre total et la soude.
- Pour cela il faut décomposer l’outremer par l’acide nitrique fumant. Dans ce cas, il ne se dégage pas d’hydrogène sulfuré, et le soufre, s’oxydant au fur et à mesure de la décomposition, demeure dans la liqueur à l’état d’acide sulfurique.
- Jusqu’à présent on décomposait l’outremer par l’acide chlorhydrique et il se dégageait du soufre à l’état d’hydrogène sulfuré, les dosages étaient incertains et difficiles -, avec le procédé que nous indiquons, on a rapidement le poids du soufre total, dans le cas de l’analyse de l’outremer bleu et vert.
- Ceci fait, on évapore à sec la liqueur, on reprend avec un peu d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, on évapore une seconde fois, on reprend de nouveau par l’eau acidulée, on filtre, on lave à l’eau froide et on trouvera la silice sur le filtre. Dans les eaux de lavage, on précipite l’acide sulfurique par le chlorure de baryum. Le poids du sulfate de baryte indiquera le poids de soufre combiné dans l’outremer. Ensuite, on précipite l’alumine par l’ammoniaque, et, dans les eaux de lavage de l’alumine, après avoir précipité la baryte par l’acide sulfurique, on peut doser la soude à l’état de sulfate de soude. Si maintenant on veut une analyse plus complète, on n’aura qu’à reprendre les précipités comme nous l’indiquerons dans notre prochain numéro.
- Résidu argileux.
- Dans le précipité de silice on trouvera ce que l’on appelle le résidu argileux indécomposable par les acides. Pour l’isoler, on fait bouillir le précipité avec une lessive de soude ; la silice se dissout et le résidu reste sur le filtre.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Fer.
- Dans le précipité d’alumine on retrouve le fer ; en dissolvant le précipité, on pourrait le doser par le précipité Marguerite ou par toute autre méthode indiquée pour la séparation du fer de l’alumine.
- Chaux.
- Pour doser la chaux, on reprend la liqueur filtrée après précipitation de l’alumine ou du fer par l’ammoniaque. Si l’on a eu soin d’ajouter du chlorhydrate d’ammoniaque avant la précipitation, elle contiendra aussi la magnésie quand il y en a dans l’outremer examiné.
- On enlève par une solution très étendue d’acide sulfurique la baryte qui a servi à précipiter le soufre ; on filtre, on lave le précipité ou on neutralise les eaux de lavage par l’ammoniaque ; on pourra alors doser la chaux à l’état d’oxalate et rechercher la magnésie et la doser s’il y a lieu.
- Potasse.
- La liqueur filtrée après précipitation de l’alumine, débarrassée de la chaux et de la baryte, pourra servir au dosage de la potasse par le chlorure de platine.
- Soufre.
- Pour doser le soufre séparément dans chacune de ses combinaisons, il serait nécessaire de bien les connaître, et c’est ce que l’on n’a pas élucidé. Le travail le plus complet qui ait paru sur cette question, est celui de Hoffmann. Pour vérifier l’exactitude de ces analyses si délicates en ce qui concerne les combinaisons oxygénées du soufre qui, malgré leur multiplicité, ne constituent guère que un à deux centièmes du poids total de l’outremer bleu, il faudra faire un dosage très exact du soufre total contenu dans l’outremer.
- C est, du reste, une précaution qu’il faut prendre pour le dosage du soufre dans le violet et le rose. En effet, ces dernières couleurs sont beaucoup plus riches que le vert et le bleu en combinaisons oxygénées du soufre, et il serait à craindre qu’une partie du soufre ne se dégageât à l’état d’acide sulfureux pendant l’attaque par l’acide azotique fumant.
- Préparation de l’outremer.
- Avant de faire ces analyses, il faut nécessairement éliminer toutes les substances étrangères dont nous avons parlé plus haut en prenant les précautions suivantes :
- 1° Eau. — On fera en même temps toutes les
- pesées nécessaires aux analyses et l’eau sera dosée dans un de ces échantillons ; le chiffre ainsi obtenu sera déduit des autres pesées.
- 2° Soufre libre. — Le soufre libre dans le cas d’une analyse précise, devra être éliminé par un chauffage prolongé ne dépassant pas 120°.
- 3° Matières étrangères. — L’outremer sera passé à travers une toile de soie n° 200.
- 4° Sulfate de soude et sels solubles. — Pour les éliminer, l’outremer sera parfaitement lavé à l’eau distillée.
- A suivre.
- PRÉPARATION DE LA SOIE
- POUR LA TEINTURE
- Par M. J. Persoz
- — Suite (I) —
- Décreusage.
- Bien que le décreusage puisse, à la rigueur, se borner à un seul traitement, il comprend habituellement deux opérations principales que l’on distingue sous le nom de dégommage et de cuite, opérations ne différant d’ailleurs l’une de l’autre que parle degré de température des bains employés, par la manière dont les soies se trouvent immergées, enfin par la durée des immersions.
- Dégommage.
- Ce traitement a pour effet de ramollir d’abord la fibre soyeuse, de faire pénétrer dans ses pores le liquide savonneux et de lui enlever la presque totalité de son grès.
- On commence par enfiler deux à deux sur des bâtons des matteaux ou pantes de soie du poids de 300 à 400 grammes. Le dégommage s’effectue à 90°-95° de chaleur, sur des chaudières ou barques rectangulaires, en cuivre, chauffées par des serpentins et dans lesquelles on a introduit, pour 100 parties de soies, 30 à 35 parties de savon blanc de Marseille, suivant la dureté des eaux qu’on emploie.
- En effet, lorsqu’une eau a donné un trouble par le savon, on est obligé, pour redissoudre le précipité, d’ajouter à chaud dans le bain une quantité plus considérable de cet agent.
- ______1...................................
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1880, page 41.
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- 64
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- II est superflu de faire ressortir l’avantage qu’on trouve à corriger toujours les eaux à l’avance et à les amener à un degré de pureté qui dispense d’employer du savon sans utilité.
- Quand l’eau est très calcaire, certains teinturiers commencent par introduire dans la chaudière une quantité convenable de carbonate de soude avec un peu de savon et portent à l’ébullition. De cette façon, il faut rassembler à la surface sous forme d’écume, les précipités calcaires et magnésiens, que l’on peut enlever facilement avec une raquette, sorte de tamis en toile fixé à un long manche en bois, ou encore avec un écumoire en cuivre. Cette méthode est déjà bonne; cependant il en est, qui, pour certaines eaux, conviennent mieux encore (1).
- Pour en revenir au dégommage, on fait reposer les bâtons transversalement sur les bords de la chaudière de façon que la soie plonge le plus possible dans le bain. De temps en temps, on tourne les matteaux afin d’immerger alternativement toutes leurs parties. C’est ce qu’on appelle lisser les pantes. On évite de laisser arriver le liquide à l’ébullition de peur que par son mouvement il ne fasse enmêler la soie.
- Dans cette première opération la fibre devient d’abord poisseuse, gluante, puis perd presque tout son grès et salit beaucoup le savon. Aussi, juge-t-on souvent opportun de la faire passer dans une seconde et même dans une troisième chaudière, pour la nettoyer plus à fond ; d’où l’expression de bains de repassages.L’opération dure chaque fois de 20 à 25 minutes.
- Les bains de repassages ne sont employés que pour des articles destinés à être mis en blanc ou en couleurs très claires, rose, bleu de ciel, etc. La quantité de savon qu’on y introduit est beaucoup moindre que dans la première chaudière, elle équivaut à peine à la moitié.
- Quand la soie doit recevoir des couleurs moins délicates, telles que gris, lilas, paille, ponceau, etc., un seul repassage est suffisant.
- On peut même s’en dispenser absolument, lorsqu’il s’agit de teindre en couleurs foncées, et surtout en noir.
- Il est bien entendu que le bain de dégommage et les bains de repassages ne restent pas sans emploi, pour avoir servi une fois. Quand les pantes introduites dans un bain neuf ont été retirées, on
- (1) Elles seront décrites à la fin de ce chapitre.
- les remplace par une autre mise, ou barquée, c’est-à-dire une nouvelle quantité de soie disposée de même et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait opéré le dégommage de toute la partie.
- Comme les matteaux passés les premiers sortent avec le plus de blancheur, on a soin de traiter d’abord ceux qui sont destinés à être teints en blanc et de prendre les suivants dans l’ordre que nécessitent les couleurs les plus délicates.
- On a remarqué que pour obtenir de très beau blanc il y avait avantage à multiplier le nombre des bains et à réduire le nombre de chacun d’eux. M. Guinon attribue à la matière colorante abandonnée parla soie, la faculté d’absorber l’oxygène de l’air sous l’influence de la solution savonneuse, et de s’unir de nouveau à la fibre avec une plus grande ténacité. De là, selon lui, l’utilité de séparer le plus promptement possible les pantes du contact des bains déjà très chargés de grès.
- Cuite.
- Cette seconde opération a pour but d’enlever à la soie les dernières portions des matières gélati- • neuses et cireuses qu’elles contiennent encore tout en lui donnant de la souplesse et du brillant. A cet effet, après avoir dragué les matteaux ou sortir du dégommage, c’est-à-dire après les avoir essoré dans un hydro-extracteur, on les tend (en terme de métier, on dresse la cuite), puis on les dispose dans des saches ou poches en grosse toile, pouvant en renfermer environ 15 kilogrammes.
- L’emploi des saches a pour but d’éviter qne les soies ne s'enmêlent dans le bain bouillant où l’on va les introduire.
- Ce bain est préparé dans une grande chaudière ronde chauffée tantôt à la vapeur par l’intermé- * diaire d’un double fond et tantôt à feu nu. On y a mis, à l’avance, pour 100 parties des soies, destinées à y passer par portions successises, 5 à 600 parties d’eau et 25 à 30 parties de savon.
- Quand la chaudière est en pleine ébullition, on y plonge les saches et, à l’aide de fortes barres en bois, on les immerge avec soin dans liquide. Il faut les remuer constamment afin de renouveler la solution savonneuse et d’éviter qu’en restant un certain temps en contact avec la paroi métallique, | elles ne s’y brûlent avec une partie de leur contenu, ce qui est surtout à craindre dans le système de chauffage à feu nu.
- Pour prévenir ce genre d’accident, il est utile
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- d’entretenir le bain au bouillon. Un mouvement continuel se produit ainsi dans la chaudière, le liquide s’élève du fond avec force, pousse, comme disent les ouvriers, et, par cette poussée, agite les sacs et les empêche d’attacher. Lorsque l’eau cesse de bouillir, on doit attiser le feu ; si, au contraire, elle tend à déborder par suite d’une ébullition tumultueuse, il faut ajouter aussitôt de l’eau de savon froide ou tiède. C’est seulement en cas de nécessité absolue que l’on verse de l’eau froide ; encore ne faut-il le faire qu’avec précaution, car l’ébullition venant à s’arrêter tout à fait, les sacs seraient exposés au même accident.
- . Le chauffage à la vapeur, très facile à régler, ne donne pas lieu à tous ces inconvénients. Cependant afin d’éviter plus sûrement le contact des poches avec la chaudière, on adapte souvent dans celles-ci un panier en cuivre percé de trous qui est maintenu à quelques centimètres de ses parois. D’un autre côté, pour prévenir le débordement, on a re-cours à une chaudière élevée de forme sphérique ou même ellipsoïdale, dont la partie supérieure, surplombant le bain, empêche les projections du liquide. L’orifice est surmonté en outre d’un large collet évasé.
- Après 25 ou 30 minutes d’ébullition dans la chaudière (1), on retire les saches, on tord les pantes et on les rince, soit dans de longues barques en sapin où circule un courant d’eau limpide, soit à la rivière. Ensuite on dresse à nouveau la soie, c’est-à-dire qu’on la secoue, en travaillant à la cheville les matteaux qui ont été plus ou moins enmê-lés pendant la cuite.
- Dans cet état, la fibre est propre à recevoir des couleurs foncées en moyennes ; mais pour pouvoir la teindre en blanc ou en nuances claires, il est nécessaire de la blanchir à l’acide sulfureux, ou, selon l’impression consacrée de la soufrer (2).
- (1) Toutefois, avec certaines matières, telles que les soies Dina, on lait de beaux blancs, sans soufrage, par une simple teinture.
- (2) Ce1 te durée d’immersion s’applique à des soies fines; elle varie beaucoup avec la nature des articles à traiter et le nombre des bains de repassage. Ordinairement elle s’élève à deux heures environ et même au-delà pour des soies retorses.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- VERT ORDINAIRE
- 1er Procédé. — Le vert ordinaire s’obtient toujours parla combinaison du curcuma, de l’acide picrique et du carmin d’indigo. Le vert obtenu n’est pas bien résistant à la lumière ; sous l’action de cet agent, le curcuma et l’acide picrique sont altérés comme s’ils étaient seuls ; la teinte du carmin d'in-digo devient par cela de plus en plus prédominante. L’emploi de jaune solide rend ces nuances moins fugaces.
- me Procédé. — Dans des cas tout à fait spéciaux, pour des plumes de, valeur, on peut teindre à l’aide de vert à l'aldéhyde ou vert en pâte. Il suffit d’aciduler le bain au sel d’oseille ou à l’acide sulfurique et verser dans le bain, peu à peu, la solution étendue de la matière colorante.
- C’est surtout pour l’autruche, pour laquelle on recherche plus que dans les autres cas, des nuances bien égales et éclatantes, que l’on emploie le vert en pâte. En général on l’emploie àl’ amidon.
- Dans le cas où l’on teint le bout seulement des plumes, comme par exemple les bouts de vautour ou petit vautour pour plumeaux, le vert obtenu par le mélange de picrique, curcuma et carmin présente le grave inconvénient de donner un cordon jaune-verdâtre entre la partie teinte et la partie blanche ; cela tient à ce que par capillarité la matière jaune est séparée de la matière bleue et sa solution monte plus haut que la solution de la dernière. On comprend aisément qu’en employant un ver , direct comme le vert en pâte, l’inconvenien
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, no 23, 24 e nos 1, 2, 3, 4 et 5, de 1880.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- est évité. Seulement le prix de revient d’une telle teinture est si élevé qu’on ne peut employer ce procédé que dans les teintures très soignées. Très souvent, par économie, on emploie donc l’autre procédé. Il est bon alors dans ce cas, pour éviter l’inconvénient cité, de faire la teinture en deux fois ; c’est-à-dire en teignant d’abord la plume en jaune et ensuite verdir la partie teinte à l’aide d’un bain avec du carmin d’indigo.
- VERT D’EAU
- Le vert d’eau c’est un vert bleuâtre très clair. Le mélange d’acide picrique et de carmin d’indigo peut au besoin servir, mais dans ce cas on donne plutôt la préférence au vert méthyle qui donne une teinte plus unie et d’une nuance plus pure.
- La plume est passée au sel d’oseille, ensuite plongée dans un bain à 40 ou 50°, où l’on verse peu à peu la solution de vert méthyle. Après teinture, l’addition d’une faible quantité d’acide acétique rehausse la couleur. Les acides virent au jaune ; c’est ainsi qu’on peut facilement nuancer; on obtient de même ce résultat au moyen d’acide picrique.
- Le vert malachite et le vert à l’acide s’emploient d’une façon analogue et donnent des résultats semblables.
- On teint l’autruche en vert d’eau à l’aide de vert méthyle dans une eau d’amidon à froid.
- Avec le vert méthyle, le vert malachite il est difficile de pouvoir bien foncer la couleur ; certaines espèces de plumes dures refusent même de se teindre de la sorte. Il serait nécessaire dans ce cas de laisser tremper pendant quelques heures les plumes en question dans une solution faible de tannin, bien chaude.
- BLEU CIEL
- Plume tendre.
- Sur plume tendre on obtient la couleur bleu ciel à l’aide de carmin d’indigo. La plume est plongée dans un bain acidulé au sel d'oseille ou à l’acide oxalique qui est porté au bouillon ; à ce moment on verse une solution très étendue et bien limpide de
- carmin d’indigo en remuant fortement la plume surtout à l’endroit où la solution tombe. On procède à plusieurs additions successives de carmin d’indigo jusqu’à avoir le ton voulu ; de temps en temps on chauffe le bain pour maintenir sa température vers 80 ou 90°. En général, le carmin d’indigo donne un bleu ciel plus verdâtre que l’échantillon ; on détruit ce ton verdâtre à l’aide d’une petite quantité de violet à l’acide qu’on mélange au carmin d’indigo.
- Les nuances bleu ciel, obtenues au carmin d’indigo sont très pures et très belles surtout si le carmin est de qualité supérieure. Quelquefois pour obtenir plus directement une nuance moins verdâtre on emploie du bleu lumière d’aniline. La teinture se fait aussi facilement qu’au carmin d’indigo ; cependant pour certaines sortes de plumes un inconvénient se présente : les plumes formées d’une partie lisse et d’une partie duveteuse prennent plus foncé sur cette dernière que sur la première. Cet inconvénient n’a souvent pas d’importance lorsque, par exemple, on a des plumes comme la ronde de poule ou la ronde pigeon dont on n’emploie que la partie lisse. • *
- Le bleu lumière s'emploie- exactement comme le carmin d’indigo, c’est-à-dire sans bain acidulé au sel d’oseille.
- Souvent aussi on emploie concurremment les deux matières colorantes déjà citées ; dans ce cas on monte légèrement la teinte au carmin d’indigo et on continue au bleu lumière.
- Les opérations de teinture en bleu ciel doivent être conduites assez rapidement car à la longue la côte de la plume fonce plus que les autres parties.
- Dans le cas où on aurait trop foncé la teinture on peut y remédier par des passages à l’eau de carbonate et au besoin par des savonnages. Le bleu lumière résiste à ce traitement plus que le carmin d’indigo.
- Plume dure.
- Pour obtenir du bleu ciel sur plume dure on emploie les mêmes procédés que pour la plume tendre sauf à chauffer plus énergiquement la plume dans le bain. Ainsi,
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- pour de la coquille de cygne, une condition essentielle de réussite, c’est de tenir constamment le bain au bouillon. Si on laisse refroidir un instant, on voit foncer les côtes et les pointes de la plume tandis que le reste est encore clair. La teinte monte lentement, par suite, il faut verser la matière colorante peu à peu mais cependant avec assez de continuité pour que l’opération ne soit pas trop longue.
- Les plumes de canard, d’oie, se trouvent dans les mêmes conditions.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdite.
- VIOLET ÉCLAIR
- de la maison MAX SINGER, de Tournai (Belgique.)
- Nous donnons ci-dessous un échantillon de coton teint avec le violet éclair, dont nous avons parlé dans notre dernier numéro.
- Coton teint avec 20 grammes.
- Cet échantillon a été teint avec 20 grammes de colorant par kilogramme de coton. Voici le procédé tel qu’il nous est transmis.
- Pour obtenir des nuances foncées sur coton on le laissera quelques heures dans un bain de sumac ou de tannin, on chevillera, puis on passera quelques tours sur un bain de tartre émétique (noix vomique) (1). (Ce produit se trouve chez tous les droguistes.)
- Dans plusieurs usines, on cheville après le passage sur le tartre émétique, on donne quelques lisses sur un bain de savon, on rince puis on teint sur un bain très chaud. Ces manœuvres peuvent paraître assez longues, mais le teinturier sera vite au courant de ces manipulations.
- (1) Ce n'est pas nous qui disons que le tartre émétique est la noix vomique, mais nous copions textuellement.
- P. B.
- Le chevillage ou le tordage du coton est essentiellement nécessaire.
- Dans d’autres ateliers, on passe au sumac, on cheville et on entre sur bain tiède de teinture, auquel on a ajouté un peu d’alun.
- La toile remontée avec ce colorant, donne en frottant une légère teinte d’indigo et ce remontage est plus solide que celui fait au violet ou à la fuchsine.
- (^Communiqué.)
- ROUGE ECARLATE SUR LAINE
- Par M. Jacob.
- Lorsqu’une laine est de bonne qualité, il est important de lui donner une teinture solide. Il y a un avantage réel à employer des produits purs parce que le tissu conserve sa nuance jusqu’au dernier moment de son existence. Voici le procédé le plus avantageux lorsqu’on veut teindre la laine en rouge écarlate. Disons de suite que les éléments nécessaires à cette teinture sont la chaux, la cochenille et un peu de garance.
- Préparation. — Avant de teindre la laine, lorsqu’elle a déjà été blanchie convenablement, on la met tremper dans de l’eau contenant de la chaux en dissolution, pendant 48 heures au plus, à l’effet d’enlever les corps gras à l’aide de la chaux. De temps en temps, on remue la laine de manière que tous les corps gras soient en contact avec la chaux. Cette première opération terminée, on lave la laine à grande eau jusqu’à ce qu’elle découle tout à fait limpide de l’étoffe. C’est une précaution indispensable si on veut obtenir une couleur pure.
- Mordançage. — On mordance ensuite la laine. Pour cela, on fait dissoudre à l’eau bouillante de la crème de tartre et on ajoute un peu de composition d’étain puis on y plonge la laine pendant une heure et demie environ ; 25 kil. de laine exigent à peu près 2 kil. 500 gr. de crème de tartre et un peu moins de composition d’étain. Au reste, plus on forcera en tartre plus la couleur sera éclatante.
- Remarquons en passant que la composition d’étain pour la laine est faite de la manière suivante : On met 200 gr. d’étain avec 60 ou 70 gr. de chlorhydrate d’ammoniaque ; on ajoute à peu près un demi-litre d’eau et autant d'acide nitrique.
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- IMPRESSION DES TISSUS
- — Suite (*)
- CHAPITRE PREMIER
- BLEUS AU PRUSSIATE
- DES MÉTHODES EMPLOYÉES POUR FIXER LES COULEURS SUR TISSUS.
- Classification.
- A. — Couleur d'application mécanique.
- 00 cS
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Teinture. — Lorsqu’on a eu soin de laisser reposer la laine après le mordançage, pendant 12 heures environ, de manière que le mordant pénètre dans toutes les parties du tissu, on procède à la teinture. Pour cela, on fait bouillir dans de l’eau de la cochenille en quantité plus ou moins grande, selon la nuance que l’on veut avoir. Un demi kilo de cochenille suffit pour 50 kil. de laine. On y fait circuler l’étoffe en laine après avoir ajouté un peu de composition d’étain. Il faut laisser le tissu deux heures environ dans le bain que l’on i maintient toujours à l’ébullition ou à une tempéra- , ture voisine.
- Pour donner du feu à l’écarlate, on met dans le bain à la fin de l’opération quelques copeaux de fustet ou un peu de curcuma ou terra mérita. Mais, le curcuma de même que le fustet n’étant pas bon teint, on peut, sans avoir recours à ce procédé, passer par toutes les nuances de l’écarlate. Il suffit pour cela d’ajouter à la fin de l’opération un peu de garance pour empêcher la couleur de tourner au vineux. Il arrive quelquefois que la teinture cochenille prend une teinte tout à fait groseille; on corrige cet accident soit par le tartre, soit surtout par un peu de garance.
- SUaI papier ou tissu de coton pour fleurs.
- On trouve dans le commerce des bleus plus ou moins agréables à l’œil.
- Les teinturiers, les fabricants de papier ne réussissent pas toujours dans la formation des différents bleus de Prusse, cela tient à ce qu’ils n’emploient pas tous les mêmes formules.
- Dans l'industrie on distingue le bleu Raymond, le bleu Napoléon, le bleu Marie-Louise.
- Veut-on produire un bleu très intense qu’on désigne sous les noms de bleu de France, bleu de Saint-Denis, et c’est avec lui qu’on teint ordinairement le coton? On fait une dissolution de sulfate de fer additionnée d’un peu d’acide nitrique, on y ajoute du sel d’étain. Le tissu est d’abord passé dans ce bain, puis on le fait tremper dans un bain à froid de prussiate de potasse qu’on a soin d’aci-duler.
- La couleur se présente alors sur coton comme
- sur papier avec une intensité vraiment remarquable.
- Les bleus au prussiate sont très brillants, leur éclat surpasse de beaucoup celui au bleu de cuve.
- Leur défaut est de ne pouvoir résister à l’action du savon ou de la lessive.
- Dans l’iudustrie des impressions, on divise les couleurs d’après les procédés employés pour les fixer, en couleurs de teinture, couleurs vapeur, couleurs d'application.
- Quoique cette classification soit légèrement arbitraire, par suite de l’embarras qu’on éprouve parfois pour assigner à un procédé sa véritable place, elle n’en a pas moins prévalu.
- La fixation des couleurs s’obtient par de véritables réactions chimiques, dont l’espèce varie avec la nature de la fibre et de la matière colorante. Tantôt cétte réaction est simple et unique ; d’autrefois on fait intervenir simultanément ou successivement plusieurs phénomènes chimiques ; de là, la difficulté de coordonner tous les procédés et de les ranger d’une manière générale en sections bien définies.
- Voici un essai de classification proposée par M. P. Schutzenberger, classification rationnelle des procédés de coloration des fibres, dans le but surtout de donner au lecteur une idée sommaire des moyens dont dispose l’industrie.
- Fixation mécanique des couleurs insolubles. Une couleur insoluble est appliquée en poudre impalpable sur le tissu et fixée par l’intermédiaire d’un corps qui devient solide et généralement insoluble en présence de la fibre.
- Exemples : Outremer, vert Guignet, laques diverses, noir de fumée, fixés par l’albumine, le gluten, la caséine, la gomme laque.
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- B. — Teinture simple.
- La matière colorante se combine à la fibre ; la couleur résulte de cette union. Cette méthode peut se diviser en deux espèces.
- 1. — Le tissu ou la fibre sont plongés dans un bain ou solution de matière colorante, portée à une température suffisamment élevée. La fibre textile enlève peu à peu la matière colorante au bain, par une véritabie attraction chimique ; on obtient ainsi des unis, à moins d’imprimer préalablement une préparation qui s’oppose à la teinture (réserve), ou de détruire la couleur par places, en appliquant après teinture une préparation appropriée, capable de détruire localement la couleur fixée (enlevage).
- Exemples : Teinture de la laine et de la soie avec les couleurs d’aniline, l’acide sulfindigotique, l’acide picrique, etc.
- 2. — La matière colorante est imprimée en dissolution épaissie, et on détermine la teinture en exposant le tissu à une chaleur humide, généralement à l’action de la vapeur d’eau. C’est une véritable teinture sur place, par l’intermédiaire de laquelle on peut réaliser tous les effets de dessins désirables. Ce genre comprend une partie des couleurs vapeur sur laine et soie.
- C. — Couleur imprégnée mais non combinée.
- La couleur fait corps avec la fibre qu’elle imprègne, mais elle n’est pas combinée chimiquement avec elle. Les modes de fixation peuvent se diviser en :
- 1. Fixation par attraction de surface.
- La fixation de la couleur a lieu par attraction de surface au moment où cette couleur se sépare d’un dissolvant (carthamine), ou même par précipitation par attraction de porosité de la couleur faiblement unie à un dissolvant (rocou, indigo).
- Dans le cas de l’indigo, le développement de la couleur exige une oxydation subséquente, qui, toutefois, n’ajoute rien à la fixité de la matière colorante, sous le rapport de son insolubilité dans un véhicule pareil à celui qui la tenait en dissolution.
- 2. — Fixation par attraction chimique.
- La fixation par attraction chimique est exercée par la fibre mordancée, sur une matière colorante en dissolution. La seule différence entre cette méthode et celle de B, c’est qu’en raison de l’absence d affinité entre la matière colorante et la fibre, on
- a dû pénétrer celle-ci d’une substance insoluble, douée du pouvoir de combinaison qui lui manque, et qui, faisant corps avec elle, lui communique les qualités requises pour la teinture. Les mordants ne fonctionnent pas toujours comme fixateurs purs et simples,mais encore comme moyens de varier et de régler la coloration en nuance, aussi bien qu’en intensité. La laine retirée d’une dissolution de cochenille, par exemple, ne présenterait qu’un ton allant du vineux au grenat, tandis qu’avec un sel stannique qui la mordancerait avant, pendant ou après la teinture, ce ton serait celui de l’écarlate. Du coton montrera, dans un même bain de teinture, la garance, par exemple, du violet, du noir, du rouge, du grenat, selon que ce coton portera des empreintes de fer, d’alumine ou de mélange de ces mordants.
- On procède également par immersion ou par im -pression. Dans le premier cas, il est possible de réaliser des dessins en n’appliquant le mordant que par places. Dans l’impression de la matière colorante, le mordant est fixé uniformément, et la teinture se fait sous l’influence de la vapeur d’eau (ce genre comprend certaines couleurs vapeur sur coton).
- 3. — Fixation par vaporisage.
- La matière colorante, ou plutôt colorable, est appliquée en solution sur la fibre (immersion, impression), et soumise ensuite à une action oxydante qui la précipite et développe en même temps la nuance.
- Exemples: Fixation du cachou, du campêche, du noir d’aniline.
- L’oxydation est provoquée : 1° par l’exposition à l’air avec ou sans influence alcaline; 2 par le passage du tissu dans un bain oxydant (chromate) ; 3» par l’introduction dans les couleurs à imprimer d’agents oxydants dont on détermine l’effet par une élévation de température (vaporisage exposition à la chambre chaude).
- h. — Fixation par volatilisation.
- La couleur est dissoute dans un dissolvant physique ou chimique, susceptible de se volatiliser spontanément, par exposition à l’air, da la chambre chaude ou par le vaporisage. Cette méthode s’applique aussi à la fixation de certains mordants (acétate d’alumine, de fer), et se complique quelquefois d’une oxydation simultanée. Dans le cas des mordants la chaleur doit être humide.
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- 5. —- Fixation pour double échange.
- La couleur se forme sur la fibre par double échange ou déplacement opéré entre deux sels, un sel et un hydrate d’oxyde alcalin ou un carbonate alcalin. L’un des composés est appliqué en solution sur le tissu, c’est ordinairement celui qui renferme l’élément essentiel ; l’autre se trouve dans un bain à travers lequel on passe le tissu.
- Exemples : Fixation des oxydes de fer, de chrome, de cuivre, de manganèse, de plomb, etc.
- Ce procédé sert aussi à fixer certains mordants, il achève souvent la fixation restée incomplète par la méthode précédente (bousage des tissus mor-dancés en acétate d’alumine ou de fer). L’oxydation consécutive est quelque fois nécessaire pour développer la nuance (bistre).
- 6. — Fixation par chaleur humide.
- Les éléments constituants d’une couleur sont mis en présence de la fibre, en solution chimique et dans un état tel que sous l’influence de la chaleur humide (vaporisage, une grande partie des couleurs vapeur), ou du temps (un grande nombre de couleurs dites d’application), ils se réunissent pour former la couleur insoluble qui deviendra en même temps adhérente.
- A cette catégorie peut se rattacher la dissociation des acides ferro et ferri-cyanhydriques, sous l’influence de la chaleur. Il est vrai que le composé qui résulte de celte décomposition doit encore être oxydé pour se teindre en bleu de Prusse.
- Malgré les divisions, assez nombreuses, introduites dans cette classification, un certain nombre de méthodes échappent encore à ce cadre; ce sont celles dont les réactions sont trop multiples ou trop spéciales pour pouvoir être généralisées.
- A suivre.
- . INDUSTRIELLE
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE UE MULHOUSE EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX des séances du Comité de Chimie.
- 10 septembre 1879. — M. Prud’homme donne lecture d’une note de M. Collin, traitant :
- 1° De l’impression sur tissus d’un nouveau colorant noir soluble, à base d’aniline, se fixant sur coton par un passage en bichromate ;
- 2° De la teinture de la laine avec une matière colorante analogue.
- Le comité charge M. Durand d’examiner ce travail.
- M. Vaucher présente un rapport de M. Auguste Endler, ayant pour objet une modification de l’article bistre, consistant-à remplacer le foulardage en soude caustique avec aérage subséquent, par un passage en chromate d’ammoniaque; suivant les conclusions du rapporteur, l’impression en est votée, ainsi que celle du rapport auquel elle a donné lieu.
- Un travail du même auteur, confié à M. Jean-maire et traitant des différentes causes de verdissage du noir d’aniline, ne contient pas de faits nouveaux. M. Endler démontre que le verdissage du noir est non-seulement dû aux acides répandus dans l’air, tels que l’acide sulfureux, l’hydrogène sulfuré, etc., mais principalement à la décomposition des matières amylacées qui servent d’apprêt aux tissus. Les moyens qu’il donne pour empêcher le verdissage : addition d’un sel de plomb dans la couleur et passage en chromate après fixation sur tissus, ont déjà été employés. Le mémoire sera déposé aux archives et les remercîments d’usage envoyés à M. Endler.
- 17 septembre 1879. — Dépôt aux archives d’une note de M. Charles Zundel, sur la simili-soie, découverte récente qui doit permettre d’enduire les fibres végétales d’une solution soyeuse. —Remercîments à l’auteur.
- 8 octobre 1879. — M. le secrétaire donne lecture du travail complet de M. Engel, sur la teinture des infusoires dont un extrait a déjà été publié dans les bulletins (1). Cet important mémoire est accompagné de planches représentant des tubes d’infusoires sous un grossissement de 600 diamètres ; en outre de nombreux échantillons de silice, teinte avec les différentes matières colorantes employées sur les fibres textiles, attestent la parfaite exactitude des faits intéressants signalés par M. Engel.
- Le Comité vote l’impression de ce travail et des planches qui l’accompagnent.
- M. Prud’homme présente le résultat de quelques recherches sur le rôle et le mode d’action du bisulfite de soude dans les couleurs de céruléine (2). Ce corps n’agit pas ainsi qu’on l’avait cru jusqu’à présent, simplement comme rédacteur ou dissolvant, mais il forme avec la céruléine une combinaison définie, analogue à celles que donnent les aldéhydes
- (1) Le Moniteur de la Teinture publiera, ce travail.
- (2) Voir la note dans ce même numéro.
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- et la corallinc avec les bisulfites. L’auteur a isolé ce produit, qui se présente sous forme de fines aiguilles incolores, solubles dans l’eau. La solution devient peu à peu jaune, puis verte sous l’influence de la chaleur. Les acides en dégagent l’acide sulfureux, les alcalis donnent une solution d’un beau vert.
- 12 novembre 1879. — M. Prud’homme soumet au Comité des échantillons de draps de laine, teints en diverses nuances, rouge, orangé, violet, etc., au moyen du carmin d'alizarine, breveté par Przibram et Co. Ce corps est le sel de potasse ou de soude de l’acide sulfo-alizarique; observé dans la fabrication de l’alizarine où il se produisait accidentellement par oxydation de l’acide anthraquino-sulfureux, cet acide se prépare en chauffant à 100 — 150° l’alizarine et l’acide sulfurique anhydre. Le carmin d’alizarine constitue une poudre violet foncé; il se dissout très facilement dans l’eau à laquelle il communique une nuance fuchsine. La laine se mordance en alun, sulfate de fer, etc., et crème de tartre. On lave puis en teint directement dans le voisinage de l’ébullition.
- La note de M. Collin sur un noir-bleu ayant été présentée à la dernière séance, M. Durand rappelle au Comité que la question des produits Coupier, Collin, a déjà été examinée par la Société en 1876, et qu’elle a donné lieu à un rapport, il n’y a donc pas à y revenir.
- M. Camille Kœchlin fait la proposition de décerner une médaille au chimiste qui le premier a employé l’émétique pour fixer les couleurs au tannin -, M. Schaeffer veut bien se charger de prendre des renseignements à ce sujet.
- BULLETIN FINANCIER
- Malgré les nouvelles de la politique intérieure et extérieure la situation et l’aspect de notre marché ont peu varié. La spéculation continue à s’abstenir et la seule cause du progrès de nos fonds publics tient aux achats du comptant. La conversion semblant ajournée pour un temps indéfini, le 5 p. 100 a progressé en proportion plus forte que le 3 p. 100.
- Le déficit qu’ont laissé nos dernières récoltes commence à se manifester dans le rendement des impôts. En effet, pendant le mois de février, les moins-values, relativement aux prévisions budgétaires, sont de 989,000 francs pour l’enregistre
- ment et de 1,861,000 fr. pour les contributions indirectes. Grâce aux importations actives de céréales et marchandises diverses, les résultats totaux sont restés satisfaisants pour le Trésor, qui constate même une plus value de 2,290,000 fr. Mais il n’en est pas moins vrai que la consommation intérieure s’est resserrée et qu’une année ou deux d’épreuves nouvelles amèneraient infailliblement le renchérissement des capitaux. Espérons que nous ne verrons pas se réaliser ces hypothèses fâcheuses et que la spéculation à la baisse, qui semble vouloir les exploiter, en sera pour ses frais.
- Le bilan de la Banque de France a dans son ensemble un caractère excellent. Les dépôts particuliers ont progressé de près de 20 millions et malgré les retraits du Trésor les rentrées ont excédé les sorties de 25 millions et demi. Le portefeuille a rétrogradé de 645 millions à 639 millions 1/2; néanmoins le taux de l’escompte reste à 3 p. 100. La Banque vient de publier une adjonction à la liste des valeurs sur lesquelles elle est autorisée à consentir des avances.
- Le mouvement sur les titres de la Compagnie de Suez a contrasté avec l’atonie générale du marché. Au comptant, on a remarqué des achats suivis sur les obligations communales du Crédit foncier de France, les actions de la Société foncière lyonnaise et les actions de la Société lyonnaise des Eaux.
- Les produits de notre grand réseau de chemin de fer continuent à être en progrès sur la période correspondante de l’an dernier et en augmentation totale de 2,674,000 francs. L’Orléans a fixé à 56 fr. et le Paris-Lyon-Méditerranée à 55 fr, par action le dividende qui sera proposé à l’assemblée des actionnaires.
- Les transactions ont été très limitées sur le marché en Banque, par suite du calme et de l’hésitation des Bourses de Vienne, de Berlin et de Londres qui donnent habituellement le ton pour la cote des fonds étrangers.
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- de Fabrication de Savon à froid
- Avant d’entretenir nos lecteurs de l’exploitation industrielle et commerciale du nouveau procédé dont nous avons déjà parlé à notre Bulletin finan* cier, nous dirons quelques mots de l’importance
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- LE MONITEURDELA TEINTURE
- que présente un produit pur, comme le savon d’o-live pure de pression directe, type que fabriquera principalement l’usine projetée.
- Pour l’industrie des soies, nous ne pouvons mieux faire que de donner la parole à M. Moyret, en extrayant ce qui suit de son Traité de la Teinture des Soies. (§ 22. — Cuite ou décreusage des soies).
- « Le choix d'un bon savon est de toute nécessité ; la qualité varie avec les pays. Dans le nord de l'Europe, le savon mou, ou savon vert à base de potasse, est presque exclusivement employé pour la cuite et autres opérations de teinture. Dans le midi, le savon dur à base de soude est au contraire adopté.
- « La formule d’un bon savon noir est en général : Corps gras. . . . 4500 Potasse (KO) ... 7 50
- Eau................................ 47 5 0
- 100 00
- « La formule d’un bon savon dur est à peu près constante :
- Corps gras . . . 60 00 à 64 00
- Soude (NaO) . . 10 50 à 11 00
- Eau....................... 29 50 à 25 00
- 100 00 100 00
- « Nos fabricants de savon sont d’ailleurs arrivés à livrer des savons épinés et liquidés au point de correspondre aux formules chimiques des stéarates, margarates et oléates.
- « La nature du corps gras joue un grand rôle. Jadis le savon pur d’olive à la couleur verdâtre (1), laissant une odeur agréable, régnait en souverain, mais si les savonniers de Marseille sont arrivés à la perfection comme travail, ils sont arrrivés également à varier les corps gras a l’infini, par l’introduction des huiles de sésame, d’arachide, de palmiste, de saindoux et suifs avariés. Un moment même (1850-1855), le savon fait avec l’huile ou beurre de palme a joui d’une grande vogue.
- « A partir de 1860-1861, l’emploi du savon dit d'oléine, ou savon d’acide oléique, a joué un rôle de plus en plus grand, dû à l’initiative de M. le docteur Lembert -, et sa fabrication dont Lyon est un des principaux centres, s’est de cette époque considé-
- (1) La couleur verdâtre était et est encore un des caractère distinctifs du savon d’olive pure, mais le procédé dont nous parlons épurant et décolorant l’huile d'olive avant la sa-ponification, les savons obtenus, quoique d’olive pure de pression directe, sont blancs, P. B. |
- rablement améliorée. Quant aux corps gras des savons mous du Nord, ce sont en général des huiles de chénevis ou d’œillette.
- « Outre la bonne fabrication, le teinturier doit s’inquiéter de la facilité de rinçage que présente le savon et de l’odeur qu’il laisse après lui. C’est un fait connu, que tout ce qui a été savonné, linge, etc., ne sent rien sur le moment, mais malgré les meilleurs rinçages, tend à la longue à prendre une odeur, rappelant l’odeur primitive du corps gras.
- « Au point de vue du rinçage, les corps gras riches en acides oléique, ou linéolique, formant des savons peu fermes soit : les savons mous du Nord (huile d’œillette, de chanvre, de lin), les savons d’oléine,sont ceux qui se rincent le mieux, puis les savons d’olive avec sésame et arachide, et les savons riches en corps gras durs (acide stéarique, marga-rique) comme les savons de suifs et graisses avariées, se rincent moins bien ; enfin les savons produits par les beurres végétaux, savons de palmiste, de palme, se rincent très mal. C’est ce qui a fait à peu près abandonner le savon de palme malgré l’odeur agréable de violette qu’il laissait à la soie.
- « Au point de vue de l’odeur, que laisse le savon, le teinturier ne saurait trop s’en préoccuper. Lorsque la cuite doit être, comme dans les noirs chargés, suivie d’une foule d’opérations et de nombreux savonnages, l’odeur laissée n’a pas d’importance, le dernier savonnage seul devra être fait avec un bon savon d’olive, le teinturier pourra donc employer le savon qui se rince le mieux, soit aujourd’hui le savon d’oléine.
- « Mais, s’il s’agit de cuire pour blancs ou couleurs claires, le savon employé devra être un beau savon d'olive, à la couleur verdâtre, le grain est moins lisse que lorsqu’il y a de fortes additions de sésame et d’arachide, surtout de graisses animales. Le choix du savon étant fait avec soin, selon l’emploi, découpé à la machine dans les grands ateliers, qui en consomment plusieurs tonnes par jour, il est dissous dans une quantité convenable d’eau bouillante, la solution est passée sur un tamis de toile pour écarter toute impureté possible ou les grumeaux de savon non fondus.
- A suivre.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N° 7.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 5 Avril 1880.
- SOMMAIRE
- Études sur l’outre-mer, par M. T. Morel (suite). — Documents sur les couleurs dérivées de IR houille : Noir d'aniline. — Préparation de la soie pour la teinture, par M. J. PERSOZ (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes parM. VANNUGCIO-VANNUCGINI (suite). — Chiffonnage : Grenat; Bordeaux; Bordeaux à l’orseille; olive foncée, sur robe chaîne-coton. — Comparaison du vert mé-thyl et du vert acide en impression (7 échantillons).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Modification de l’article bistre, par M. Endler. — Théorie de la teinture des fibres textiles : Réponse à M. G. Engel, par M. le Dr L.-L. ‘embert. — Machine à sécher la laine, de M. F. Moore.— Avis aux teinturiers.
- BULLETIN FINANCIER. = Exploitation industrielle et commerciale d’un nouveau procédé de fabfrication de savon à froid.
- AVIS
- Le retard de ce numéro du Moniteur de la Teinture est dû à des agrandissements faits par notre imprimeur dans ses ateliers, nous espérons qu’il ne se renouvellera plus et nous prions nos abonnés de l’excuser. P. B.
- ÉTUDES SUR L’OUTREMER
- Par M. T. Morel.
- — Suite —
- Essais industriels.
- Les qualités que les industriels recherchent dans le bleu sont : une nuance brillante et foncée, la finesse, le pouvoir colorant, la résistance aux acides et la résistance à l’alun.
- Tous les essais que l’on a faits à ce sujet sont simplement comparatifs, c’est-à-dire qu’ils se rapportent à un bleu déjà choisi comme type.
- Si l’un des»bleus examinés est plus foncé que l’autre, on le distinguera plus facilement encore en écrasant une petite quantité de l’outremer sur celui qui sert de type.
- Nuance.
- En juxtaposant deux échantillons sur une carte à l’aide d’un couteau à palette, on peut apprécièr si la nuance est plus brillante dans un bleu que dans un autre considéré comme type.
- Si l’un des bleus examinés est plus foncé que l’autre, on le distinguera plus facilement encore en écrasant une petite quantité de l’outremer sur celui qui sert de type.
- Finesse.
- La finesse ne peut guère s’apprécier que par le toucher.
- Nous ne connaissons que deux autres procédés que l’on pourrait employer, et tous deux conduiraient, dans ce cas, à des résultats inexacts.
- On a proposé, en effet, de délayer l’outremer dans l’eau, et de noter le temps qu’il met à se déposer ; mais ce temps varie pour un même outremer selon la manière dont il est préparé, et souvent, du reste, un outremer très fin se précipite avant un outremer plus grossier d’une autre fabrication.
- On pourrait aussi étendre les outremers de blanc et comparer l'intensité de ses bleus ainsi dégradés; ce procédé n’indique pas absolument la finesse, car c’est à proprement parler la mesure du pouvoir colorant. On en tire toutefois d’utiles renseignements; ainsi, en général, plus un outremer est fin, plus il prend une teinte bleue quand on l’étend avec du blanc -, cette observation ne peut s’appliquer que dans le cas où les outremers n’ont pas des nuances trop dissemblables.
- Pouvoir colorant.
- Il s’apprécie par le mélange avec une certaine quantité de blanc. On devra se servir de blanc très fin, de kaolin par exemple. On mélange environ une partie de bleu avec six parties de blanc, puis on compare l’outremer ainsi dégradé avec l’échantillon type que l’on a traité de la même manière.
- Il faut pour avoir des résultats exactement comparables que toutes les pesées soient faites en même temps, parce que l’outremer et le kaolin sont hygrométriques.
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- 74 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les teintes ainsi obtenues sont d’un ton bleu | pur, bleu verdâtre, violet ou rosé, selon la nature | du bleu. Aussi, la comparaison de différentes es- | pèces est-elle assez difficile.
- Résistance aux acides.
- C’est une qualité nécessaire pour le bleu qui doit être utilisé dans les industries où l’on emploie des liqueurs acides ou susceptibles de le devenir. Ce cas se présente dans l’impression sur étoffes où l’albumine et les épaississants qui servent à fixer l’outremer se décomposent très rapidement en s’acidifiant.
- Pour se rapprocher, autant que possible, des conditions où l’on se trouve dans cette industrie, nous ferons l’essai avec une solution d’acide oxalique, acide qui est un des produits de la décomposition de l’albumine.
- La liqueur titrée se fera en pesant 50 grammes d’acide oxalique cristallisé que l’on dissoudra dans 1 litre d’eau.
- On placera 10 centimètres cubes de cette liqueur dans un tube à essais avec 5 décigrammes de l’outremer, et l’on agitera de temps en temps, en comparant les changements qui se produisent dans cet outremer avec ceux que subit en même temps le bleu type.
- (A suivre}. -------======= -
- DOCUMENTS SUR LES COULEURS
- DÉRIVÉES DE LA. HOUILLE (I)
- Noir d’aniline.
- Le noir dérivé de l’aniline n’a aucune ressemblance dans ses propriétés, sa manière de production ou son application avec les autres couleurs d’aniline. Celles-ci sont fournies toutes prêtes au teinturier, le noir se forme sur le tissu même ; les premières sont caractérisées par le manque de solidité ; le noir est une des couleurs les plus stables qu’on puisse imaginer. On peut lire l’histoire de cette matière dans les patentes successives qui ont été prises pour sa préparation et son application, et, comme elles commencent seulement en 1863, nous donnons la liste des plus importantes. Il exliste une patente plus ancienne, à la date du 27 septembre 1860, au nom de Calvert et
- (1) Traduit du Textile Colowist de M. Ch. O’Neill, par le Moniteur Scientifique.
- autres, pour obtenir de l’aniline et du chlorate de potasse un vert foncé et un bleu appelé émérai-dine ; cette couleur n’a jamais été employée, mais elle constituait indubitablement un noir imparfait d’aniline et ne différait, en réalité, de celui-ci que par l’absence du cuivre et le défaut de concentration. Les inventeurs découvraient seulement plus tard que le succès de leur découverte, qu’ils ignoraient, tenait à l’emploi de rouleaux de cuivre et de vases de même métal qui fournissaient aux solutions une quantité suffisante de métal pour donner quelquefois un résultat mais sur lequel il ne fallait pas toujours compter, et leur procédé fut abandonné.
- 17 février 1863. — Lightfoot. — Emploi de la pâte d’amidon, du chlorate de potasse, de l’aniline, de l’acide muriatique, du perchlorure de cuivre et du sel d’ammoniac. Dans la spécification complète, mais non dans la provisoire, se trouvent mentionnés l’imprégnation du tissu par les sels de cuivre et l’emploi du prussiate rouge avec l’acide oxalique pour former un noir d’aniline vapeur. N° 151.
- 25 février 1863. — Gatty. — Placage du tissu avec l’acétate d’alumine et bichromate de potasse et impression sur muriate d’aniline, — le tissu doit être teint ensuite en rouge — sur rouge turc, plaquer avec chromate neutre de potasse. No 517.
- 4 décembre 1863. —Hughes d’après CORDILLOT. Noir d’aniline obtenu d’un sel d’aniline, de chlorate de potasse et de prussiate rouge de potasse. No 3,045.
- 7 juin 1864. — Hughes d’après Lauth. Emploi du sulfure de cuivre au lieu de sels solubles de cuivre avec chlorate de potasse (1).
- 22 mars 1865. — Paraf. Emploi de l’acide fluo-silicique avec sels d’aniline et chlorate de potasse, afin d’éviter l’emploi du cuivre. No 804.
- 8 août 1865. — Buchanan et Boyd. Déposer les sels insolubles de cuivre sur le coton et imprimer le sel d’aniline sans agents oxydants. Nu 2,053.
- 11 septembre 1865. — Lightfoot. Noir d’aniline appliqué à la laine et autres fibres animales en traitant préalablement les fibres avec du chlorure de chaux afin de les oxyder. No 2,337.
- 6 novembre 1865. — Paraf. Emploi d’autres chlorates plus solubles que le chlorate de potasse, mention de ceux de soude, de baryte et de plomb ;
- ( 1) La description porte, par erreur d’imprimerie, chromate de potasse.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- la patente provisoire indique d’exposer les articles au gaz ammoniaque avant le bousage. N° 2,859.
- 27 mars 1866. — Higgins. Emploi de plusieurs mélanges chimiques qui donneraient naissance à l’acide chromique sur le tissu. N° 897.
- 26 avril 1866. — PARAF. Emploi de quelques composés de chrome qui sont dits donner naissance à l’acide chromique sur le tissu. Cette patente ressemble beaucoup à la précédente. N° 1,174.
- 9 octobre 1867. — Thomas d’après Persoz. Emploi du bichromate de potasse et d’autres composés de chrome pour appliquer le noir d’aniline sur laine et sur coton. No 2,843.
- 24 décembre 1867. — Clark d’après Coupier. Production du noir d’aniline en chauffant ensemble l’aniline, le nitrobenzol, l’acide chlorhydrique et la limaille de fer avec un peu de cuivre. No 3,657.
- 27 juillet 1868. — Higgins. Production d’un chlorure d’aniline tout à fait neutre en ajoutant de l’huile d’aniline à des chlorures métalliques tels que le chlorure de chrome et le peroxyde de fer et emploi du disulfocyanure de cuivre au lieu de sulfure de cuivre. No 2,351.
- 5 décembre 1868. — Francillon. Teinture des fourrures et des cheveux avec du noir d’aniline au moyen de matières à peu près semblables à celles qu’on emploie pour le coton. No 3,700.
- 10 mai 1869. — Lauth. Préparation du tissu à teindre en y déposant dessus du peroxyde de manganèse provenant soit de permanganate ou des sels de manganèse ; il suffit ensuite de plonger simplement dans une solution d’aniline. N° 1,421.
- 30 juin 1870. — Pinkney. Emploi de sels de nickel pour remplacer les sels de cuivre dans le noir d’aniline. No 1,863.
- 12 octobre 1870. — Lightfoot. Procédé pour former du chlorate de soude et du chlorate d’ammoniaque pour noir d’aniline parla décomposition du chlorate de potasse avec les tartrates. No 2,692.
- 16 octobre 1871. — Pinckney. — Emploi de sel d’uranium et de vanadium pour noir d’aniline avec ou sans nickel. N° 2,745.
- 6 juin 1872. — Morgan-Brown. Appareil pour teindre avec les noirs d’aniline qui consiste en un cylindre fermé tournant et chauffé à la température voulue. No 1,710.
- 10 juin 1872. — Casthelaz. Noir obtenu en agissant sur l’aniline avec du bichromate de potasse. No 2,009.
- 24 décembre 1874. — Selton et Pinkney. Reven
- dication de l’emploi du vanadium pour d’autres matières colorantes. N° 4,433.
- 1er mai 1875. — Clark d’après Grawitz. Production du noir d’aniline par l’action de certains sels métalliques et de chromâtes. N° 1,620.
- 25 septembre 1876. — Ott Traitement du noir développé par des solutions chaudes de chromate pour prévenir le verdissement consécutif. N° 3,731.
- 9 novembre 1876. — Dreyfus. Moyen d’éviter le verdissement des noirs d’aniline en les faisant passer à travers une solution de violet d’aniline. No 4,340.
- La découverte du noir d’aniline est entièrement dueàfeu John Lightfoot, d’Accrington, Lancashire. il la fit dans l’année 1860 et elle résulta d’expériences qu’il avait entreprises snr ce qu’on appelait huile de naphte, aujourd’hui une aniline impure. Il montra des spécimens de son produit à ses amis en 1860, et l’auteur de cet article a vu, en 1861, des morceaux de calicot imprimés avec le doigt au noir d’aniline par l’inventeur. On ne sait pas pourquoi cette découverte n’a été brevetée qu’en 1863. Les imprimeurs suisses et français furent les premiers qui s’empressèrent de l’appliquer et M. Lightfoot constate que 50,000 pièces furent imprimées en peu de temps avec sa couleur -, mais cette impression fut faite au bloc, car on reconnut l’impossibilité de se servir du nouveau produit avec la machine à imprimer, à cause de l’action fortement corrosive de la couleur sur le docteur ; on ne pouvait imprimer que 50 ou 100 mètres sans encrasser le cylindre et sans être obligé d’aiguiser le docteur. La couleur Gordillot, suivant en date, dans laquelle le prussiate rouge remplace les sels de cuivre, ne donnait pas lieu à cette objection mais elle était beaucoup plus coûteuse et ne se conservait pas bien. On essaya plusieurs procédés pour préparer le tissu avec le cuivre et avec les chlorates, mais ils furent reconnus impraticables; et à cette époque (1863) il semblait que le meilleur parti à prendre fût d’abandonner l’application de la couleur la plus belle et la plus pleine de promesses qui eût été trouvée depuis au moins un demi-siècle. La découverte de Lauth, en 1864, que le précipité insoluble de cuivre produit, en ajoutant du soufre dissous dans la soude au sulfate de cuivre (communément appelé sulfure de cuivre), pouvait parfaitement remplacer la solution de cuivre fit disparaître, tout d’un coup, toutes les difficultés dans l’impression du noir d’aniline, et depuis ce moment, le
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- procédé a été généralement et largement employé | dans toute l’industrie tinctoriale. Light foot savait bien que le cuivre n’était pas le seul métal qui pût amener la formation du noir car il mentionne dans ses premières patentes le fer, l’antimoine, etc., dans ses dernières, le vanadium et d’autres métaux. Dans des documents publiés, il signalait le vanadium comme étant le plus actif des trois ou quatres métaux différents qu’il avait essayés. S’il ne porta plus son- attention sur le vanadium, c’est probablement parce que l’action de ce métal n'avait de l’intérêt qu’au point de vue scientifique, et que sa grande rareté ne permettant de l’acquérir qu’à un prix très élevé, l’excluait de tout emploi technique. Vers cette époque, on découvrit du vanadium à Mottram-St-Andrews dans le Cheshire (Angleterre), et le docteur Roscœ en tira de grandes quantités de cette source et en produisit de nom-. breux composés pour ses recherches scientifiques.
- Le minerai brut passa ensuite dans les mains de la Magnésium Metal Company de Manchester, qui extrayait le vanadium à l'état acide ou d’oxyde vanadique, et ses agents l’offrirent à 3 guinées (79 fr. 40 c.) l’once (31 grammes) vers la fin de 1870. Pinkney fit breveter, le 16 octobre 1871, l’emploi de ce métal et s’en servit pour fabriquer une encre d’aniline à marquer qui eut beaucoup de succès, mais il ne paraît pas qu’on ait fait aucune tentative pour appliquer le vanadium au noir d’aniline dans l’impression du calicot avant 1875, époque à laquelle des expériences particulières furent faites dans plusieurs usines du Lancashire, où l’on imprima avec plus ou moins de succès un nombre considérable de pièces. Toutefois l’attention fut vivement appelée sur ce sujet par un article de Guyard, qui parut le 20 janvier 1876, dans le Bulletin de la Société chimique de Paris, et de ce moment, il a été le thème de nombreuses discussions dans les journaux techniques et scientifiques.
- PRÉPARATION DE LA SOIE POUR LA TEINTURE
- Par M. J. Persoz
- — Suite (T) —
- Observations. — Roa i a remarqué que la soie,
- (1) Voir Moniteur de la' Teinture, année 1880, paces 41 et 63.
- déjà débarrassée par le décreusage des matières qui masquaient sa blancheur et son brillant, perd, par l’action exagérée du savon, les qualités qu’elle avait d’abord acquises ; elle devient terne, raide, teintée, et en outre s’affaiblit.
- Il cite à ce sujet une expérience concluante. Lorsque l’on découvre dans un même bain de savon plusieurs échantillons de soie dont le poids a été déterminé avec précision à l’avance et que l’on continue à chauffer ce bain, après qu’il a achevé son rôle utile, on constate le fait suivant : les deux échantillons retirés successivement et à des intervalles de temps égaux ; puis rincés et amenés à un même état de dessiccation, composent, au double point de vue de la nuance et du poids, une série régulière.
- Celui qui a bouilli le moins longtemps est le plus blanc et le plus brillant; il a aussi le moins diminué de poids.
- Aussi, par un contact prolongé avec le bain de décreusage, la soie cuite fixe une petite partie de la matière colorante du grès et abandonne, au contraire, soit au savon, soit même à l’eau seule, une proportion appréciable de sa propre substance.
- Il est donc prudent de ne faire bouillir les matteaux que le temps nécessaire pour les décreuser complètement et de ne les soumettre, durant les opérations de la teinture, qu’à des températures peu élevées. On fera bien aussi de restreindre l’emploi du savon toutes les fois qu’on n’aura pas besoin d’arriver au blanc parfait.
- Il est constant que les observations faites par les praticiens depuis un certain nombre d’années, on conduit à abréger beaucoup la durée du décreusage.
- Les soies qui, à la cuite, donnent directement le blanc le plus pur sont, après les écrus très blancs, les écrus jaunes d’une belle couleur d’or. Toutes celles d’un aspect terne et dans lesquelles la gomme a déjà subi un changement d’état, fournissent de moins bons résultats, à moins qu’on ne les ait exposées en écru a l’action du gaz sulfureux.
- Pour décreuser certaines soies et notamment les trames chine chine qui sont en général chargées, quelques teinturiers ont l’habitude de ne procéder au dégommage qu’avec des bains de savon ayant déjà servi plusieurs fois. A tort ou à raison, ils prétendent que, s’ils opéraient avec un bain neuf, le | grès delà soie deviendrait d’une ténacité extrême et ne pourrait plus s’enlever. D’après cette hypo-
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- thèse, la gomme de soie en solution concentrée aurait une action plus énergique que le savon sur les matières composant la charge.
- Au point de vue du matériel, les ateliers semblent devoir sous peu se transformer d’une manière importante. En effet, MM. Corron et Vignat, de St-Etienne, font toutes les opérations de décreusage et de teinture mécaniquement et dans des barques.
- Les bâtons portant la soie sont placés sur un châssis qui peut, à la volonté de l’ouvrier, s’élever ou s’abaisser et être animé d’un mouvement de va-et-vient. Ainsi se trouve supprimé l’inconvénient qui résulte de l’introduction des soies dans les poches.
- Pour ne pas être obligé de retirer et de remettre à plusieurs reprises les parités sur les bâtons, on a construit, à Lyon, des essoreuses qui permettent de recevoir les soies avec les bâtons mêmes. Cette disposition, outre qu’elle évite la fatigue des matières, procure une grande économie de temps et de main-d’œuvre.
- Une essoreuse du même genre, inventée par M. Corron a été appliquée par lui à la teinture.
- A suivre.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- Plume d’autruche.
- On pourrait obtenir du bleu ciel sur autruche dans des bains chauds comme pour les sortes de plumes précédemment décrites, mais on préfère opérer à froid dans une eau d’amidon ce qui permet de faire deux opérations en une seule, savoir : la teinture et le passage à l'amidon.
- Les matières colorantes employées sont toujours le carmin d’indigo, le bleu lumière ; on se sert en outre de bleu de Prusse. Pour roser, on se sert de cochenille ou de violet
- 9, You,"ever.gat "srluri, anndo 1870, a, aa
- à l’acide et pour les cas rares où l’on voudrait au contraire verdir, d’acide picrique.
- On dissout, dans l’eau d’amidon, du sel • d’oseille en poudre, puis on y plongé les plumes en les remuant pour bien les pénétrer de l’eau d’amidon ; on retire ensuite les plumes et on versé dans le bain une petite quantité de carmin d’indigo qu’on a soin de bien mélanger à l’eau d’amidon. On introduit de nouveau les plumes, on les remue, on les ouvre, on les frotte pour que le bain pénètre bien partout et, avant chaque addition de matière colorante, on a soin de retirer les plumes du bain. On nuance en même temps comme il a été déjà dit..
- Cette opération, pour être bien faite, demande un temps assez long pour que les matières colorantes puissent mordre uniformément et pénétrer partout ; il faut, d’ailleurs, verser les matières peu à la fois pour qu’il ne se produise pas de taches ou d’inégalités.
- Il est bon de mélanger aux matières colorantes ordinaires une petite quantité de bleu de Prusse qui égalise la nuance en se déposant uniformément sur toute l’étendue de la plume.
- A ce sujet, il est bon d’observer que, quelquefois, pour faire vite on fait des bleus ciel en se servant exclusivement de bleu de Prusse ; ces teintures ont très belle apparence, mais bientôt le bleu de Prusse, qui n’existe sur la plume qu’à l’état de poussière presque sans cohésion, tombe, au grand dommage de la teinture. Cette remarque aurait encore plus de portée si, au lieu de plume d’autruche, il s’agissait de plume lisse ordinaire.
- Il est rare qu’une plume d’autruche prenne la teinture également du pied et de la tête. Pour égaliser, on n’a qu’à retremper après coup les parties plus claires au besoin en ajoutant au bain de la nouvelle matière colorante.
- Peaux, ailes, oiseaux.
- Les peaux, les ailes, les oiseaux, se teignent en bleu ciel comme nous venons de voir pour la plume en vrac. Il suffit de bien les ouvrir pour que le bain les pénètre et les mouille bien partout.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- BLEU MOYEN, BLEU FONCÉ
- On appelle ainsi un bleu intermédiaire, comme ton, entre le bleu ciel et le bleu foncé. Le bleu foncé s’appelle aussi bleu Mexico.
- Plume tendre.
- Le bleu moyen peut s’obtenir par les mêmes procédés que le bleu ciel seulement en fonçant davantage.
- Quand il s’agit de teindre de la plume tendre, lisse ou duveteuse en bleu Mexico, on se sert, en général, exclusivement de bleu lumière, quoique avec le carmin d’indigo et le violet à l’acide on puisse obtenir quelque chose de semblable ; le bleu lumière donne toujours une nuance plus éclatante, plus franche et plus pure que le carmin d’indigo.
- Le procédé de teinture au bleu lumière diffère suivant l’espèce de plume tendre à laquelle il est appliqué. La différence tient à l’emploi d’un alcali, ammoniaque ou carbonate de soude, qui est employé, comme on sait, à rendre plus régulière l’action du bleu. Quand il s’agit de plume lisse comme pigeon-aile, croupe, collet et si on emploie un alcali dans le bain, et même si après on le sature, comme on fait, avec un excès d’acide, la plume ne revient pas, c’est-à-dire qu’en séchant elle ne se lisse pas bien, Pour d’autres plumes à duvet, comme le duvet de dinde, le marabout, on ne peut pas, sans danger, se servir d’alcali, crainte de voir brûler la plume.
- Quand au contraire on veut teindre de la plume tendre, mais qui par sa conformation et par sa solidité ne peut donner lieu à tel degré à ces inconvénients, on peut sans aucune crainte faire usage d’alcali.
- 1er Procédé. — Sans alcali.
- La plume est plongée dans un bain acidulé au sel d’oseille. On porte le bain au bouillon et on verse la solution de bleu lumière en très petite quantité en ayant soin de bien remuer la plume dans le bain. Chaque fois qu’en retirant du bain le bâton qui sert d’agitateur, on voit qu’il s’en égoutte un liquide qui n’est presque pas
- coloré, on porte de nouveau le bain au bouillon et on verse encore de la matière colorante. A mesure que la couleur fonce on peut augmenter proportionnellement les quantités de bleu lumière à verser chaque fois dans le bain. Si le bain est convenablement acide, même les plumes les plus tendres comme le duvet de dinde, peuvent supporter le bouillon assez longtemps, pourvu que la plume ne reste pas dans le bain un temps trop long ; car alors il arrive que la plume s’imbibe d’eau et quand on vient à la chauffer elle est littéralement cuite.
- Dans toute teinture et dans celle-ci encore davantage, il faut employer le temps nécessaire à la faire, mais pas au-delà ; je crois qu’il est utile d’insister sur ce point très important.
- Il faut remarquer que, même dans le cas de la plume très tendre, l’égalité de la nuance ne s’obtient que par le chauffage. Celui-ci doit être bien suivi, c’est-à-dire qu’il ne faut pas laisser refroidir son bain en-dessous de 80° environ, surtout s’il contient de la matière colorante en solution.
- Le chauffage par sauts brusques est très mauvais car il nuit à l’égalité et à la solidité de la plume.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdite.
- CHIFFONNAGE (1)
- Grenat
- Pour une robe chaîne-coton
- Bouillir une demi heure dans un bain formé de : Eau ....... 30 litres
- Bichromate de potasse . 12 grammes Acide sulfurique ... 8 —
- Sulfate de cuivre ... 4 —
- Rincer dans un bain d’eau à 50° C. et mettre :
- Fuchsine...................2,5 grammes
- Violet méthyl ... 0,à —
- Entrer, monter au bouillon en manœuvrant, laver, rincer.
- (Voir la suite page 80.)
- (4) Voir Moniteur do la Teinture, année 1880, pages 8, 33 et 44.
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ESSAI COMPARATIF
- du vert méthyl et du vert acide en impression
- Produits de la Maison A. POIRRIER, de Paris.
- Impression de Mulhouse.
- III
- >
- III
- Vert méthyl. — 2 parties 3.E.
- Vert méthyl. — 2 parties 4 J. E.
- Vert méthyl. — 1 partie 3 d. E.
- Vert méthyl. — 1 partie 4 ••. E.
- Vert méthyl.— 2 parties 5.E.
- Vert méthyl. — 1 partie 5 J. E.
- III
- Vert aeide. — 1 partie.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Grenat d’orseille
- Pour une robe chaîne-coton
- Mordancer comme pour grenat, traiter par le cachou et le bichromate dépotasse, rincer. Former un bain avec :
- Alun........................20 grammes
- Curcuma .... 50 —
- Fuschine .... 3 —
- Orseille.................. 200 —
- Entrer, manœuvrer en montant lentement au bouillon. Bouillir une demi-heure, rincer. On peut remplacer l’orseille par l’extrait d'orseille.
- Bordeaux
- Pour une robe chaîne-coton
- Mordancer comme précédemment, et teindre dans :
- Eau............................30 litres
- Fuchsine......................2,5 grammes
- Orseille..................... 200 —
- Curcuma........................40 —
- Ecarlate d’aniline. . . 3 — Entrer à froid, monter lentement au bouillon. Bouillir une demi-heure, laver, rincer.
- Boraeaux à l’orseille
- Pour une robe chaîne-coton.
- Mordancer comme pour grenat, et rincer, puis laisser séjourner une nuit dans un bain de sumac ou de tannin.
- Rincer et teindre dans un bain formé de :
- Eau............................30 litres.
- Décoction de bois de Lima 300 grammes.
- Curcuma........................40 —
- Orseille..................... 200 —
- Fuchsine.....................1 —
- Olive foncée.
- Pour une robe chaîne-coton.
- Sumaquer une heure à 100°C., lever et essorer.
- Passer une demi-heure sur un bain froid de py-rolignite de potasse de fer à 3° B., lever, laisser deverdir, tanner.
- Teindre sur bain bouillant de : Alun 20 grammes.
- Extrait sec de quercitron. 20 —
- Manœuvrer une uemi-heure environ, lever, rincer.
- Pour nuances bleu, jaune ou verte, ajouter respectivement au bain de teinture, du Bismark, du carmin d’indigo, un mélange des deux.
- On fonce en ajoutant un peu de campêche. La solidité de la couleur est en raison de la force
- du bain de sumac et de celui de fer.
- A suivre.
- INDUSTRIELLE
- MODIFICATION
- D E/AKTICLE IISTRE par M. Aug. Endler
- Messieurs,
- La difficulté d’obtenir la soude caustique complètement exempte d’acide carbonique pour la précipitation du chlorure de manganèse sur la fibre, afin de réaliser l’article bistre et la rapidité avec laquelle cette soude caustique absorbe l’acide carbonique de l’air devenant parla moins propre à la production de l'article bistre, m’ont porté à chercher une modification avantageuse, et comme j’ai réussi à obtenir des résultats satisfaisants, j’espère qu’une note à ce sujet offrira un certain intérêt aux lecteurs du Bulletin de la Société industrielle.
- Lorsqu’on traite les pièces imprégnées de chlorure de manganèse par la soude caustique, on obtient au premier abord de l’hydrate d’oxyde man-ganeux. Les pièces s’oxydent pat suspehsion à l’eau et complètent leur oxydation par un passage en hypochlorite de chaux.
- Tous ceux qui se sont occupés de cette fabrication, savent combien souvent les pièces deviennent inégalés.
- Il se pourrait que ces inégalités proviennent de ce que le précipité par la soude caustique n’ait pas les propriétés physiques qui lui permettent d’adhérer sur tous les points de la fibre, ou bien que la soude caustique ait absorbé de l’acide car-bonique pendant le cours de l’opération et produit partiellement du carbonate de manganèse.
- Il existe un alcali qui absorbe l’acide carbonique à un degré infiniment moindre, c’est l’ammoniaque. Cependant, même avec de l’ammoniaque parfaitement pure, les résultats ne furent pas encore satisfaisants ; ce qui me porta à précipiter l’oxyde de manganèse sur la fibre à un degré supérieur d’oxydation, pour obtenir ainsi un précipité d’une meilleure nature, j’ai donc ajouté à l’ammoniaque l’oxydant si fréquemment employé dans notre industrie : le bichromate, et j’ai obtenu une couleur parfaitement unie et de la plus belle nuance, en
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ssant les pièces imprégnées de chlorure de i 'ganèse et séchées par le bain suivant :
- 7 litres ammoniaque
- 25 — eau
- 500 grammes bichromate
- Ces faits ayant aussi un intérêt théorique, je les ai soumis à l’analyse et ai fait les observations suivantes : Lorsqu’on passe les pièces imprégnées de chlorure manganeux par le chromate d’ammoniaque, elles apparaissent immédiatement brun foncé, d’où je conclus conformément à l’analyse qu’il s’était déposé sur la fibre de l’oxyde de manganèse au degré supérieur d’oxydation.
- Ayant traité un tel échantillon par l’acide chlorhydrique, après l’avoir bien lavé préalablement, l’analyse m’indiqua dans la solution une quantité d’acide chromique, ce qui prouve qu’une partie de manganèse se trouvait sur la fibre à l’état de chromate.
- Cette combinaison du chrome avec le manganèse n’est pas stable car on s’aperçoit bientôt que les pièces foncent parce que l’acide chromique réagissant sur l’oxyde de manganèse fait passer celui-ci à un degré supérieur d’oxydation
- 6(Mn0)-2 (Cr O H,)=2(H, 0)3Mn,0,) Cr,03 Un passage en hypochlorite de chaux liquide» transforme le terquioxyde ainsi formé en peroxyde de manganèse et par là l’opération est terminée. (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.)
- THÉORIE
- de la teinture des fibres textiles.
- Réponse à M. Gustave ENGEL
- Par M. le Dr L.-L. LEMBERT. (I)
- (Extrait du Teætïle Coloriste de Lyon.)
- J’ai lu avec intérêt, dans le numéro du Textile du 23 décembre dernier, les expériences du M. Gus-
- U) La théorie des phénomènes de teinture est encore loin d’être faite. Des opinions très diverses ont été tour a tour admises à ce sujet. Hellot et Lepileur d’Apligny n’ont vu dans la fixation des couleurs qu’un effet mécanique ; Perthollet, Marquer, Bergmann, Chevreul, Persoz et dautres, voient dans cette fixation un effet chimique. M. walter Crum, un des plus habiles manufacturiers de l Angleterre semble opiner vers les idées de Hellot et Lo-pileur. 1 jus récemment M. Kuhlmann d’une part et M. verdeli, autre part aprèS de nombreuses expériences pensent qu il n’y a pas de ligne de démarcation bien nette entre les causes physique, mécanique et chimique auxquelles on peut atiribuer les phénomènes de teinture.
- Auoiqu il en soit et bien que nous pensions qn’il en est
- tave Engel, mais ce n’est pas sans un profond étonnement que j’ai vu les conclusions que l’auteur en a déduites et qui sont les suivantes :
- 1° La capillarité joue le principal, sinon l’unique rôle dans la teinture des fibres textiles.
- 2° La structure physique de la matière soumise à la teinture a bien plus d’importance que sa composition chimique.
- Ces conclusions que M. Engel considère ni plus ni moins que comme une découverte importante, je me permets de les déclarer fausses de tout point, comme je vais le démontrer.
- Quoiqu’on sache très bien ce que c’est que la capillarité, il est nécessaire ici de bien s’entendre sur la valeur du mot.
- Un tube de petit diamètre, ouvert des deux bouts, étant plongé dans un liquide par une de ses extrémités : 1° si le tube est mouillé par le liquide, celui-ci s’élèvera dans le tube à une hauteur d’autant plus grande que son diamètre sera plus petit. La différence des niveaux devient à peu près nulle pour le verre et l’eau, quand le diamètre intérieur du tube est de 0m020, 2° Si le tube n’est pas mouillé par le liquide, celui-ci se déprimera dans le tube au lieu de s’élever. Comme il s’agit ici de teinture, nous n’avons à nous occuper que du premier cas.
- Mais il existe une propriété des corps, dont M. Engel n’a pas tenu compte et qui est pourtant d’une importance capitale en teinture ; je veux parler de la porosité. C’est d’elle, et d’elle seulement dont on peut dire qu’elle joue le principal rôle dans la teinture des fibres textiles.
- De même que nous avons dû préciser le sens du mot capillarité, de même aussi nous devons préciser celui du mot porosité.
- Nous entendrons donc par porosité, la discontinuité des corps, par suite de vides infiniment petits qui existent entre leurs molécules et fait qu’ils peuvent être comprimés ou dilatés. Les pores dont nous parlons ici ne sont visibles ni à l’œil nu ni au microscope.
- La capillarité est liée à un accident indépendant de la nature des corps : l’existence d’une perforation d’un très petit diamètre.
- de ces phénomènes comme de ceux dont il est donné à l’homme de reproduire les effets, mais de ne pouvoir jamais expliquer les causes, les travaux deM. Engel et de M. le Dr L. L. Lembert, n’en contiennent pas moins des renseignements utiles, qui contribueront aux progrès incessants que la teinture doit à la science.
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- de MULHOUSE
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- La porosité au contraire est un état intrinsèque inhérent à la nature des corps.
- Il existe un état, ou plutôt une manière d’être intermédiaire que nous devons mentionner seulement, parce qu’il peut produire des phénomènes de capillarité -, je veux parler des vides, pores ou intervalles appréciables à l’œil nu ou au microscope que présentent beaucoup de corps, comme par exemple le bois, uue mèche de coton, etc., etc. Nous n’avons pas à nous en occuper ici.
- Cela posé, voyons ce que peut produire la capillarité au point de vue de la teinture.
- Si je prends du verre ou du cristal, que je le réduise en fils d’une très grande finesse, en fils capillaires, et lors même que je les briserais en petits fragments, ce sera toujours du verre ou du cristal incapable, par défaut de porosité, de se prêter à aucune action tinctoriale.
- Si, au contraire, je prends un tube de verre ou de cristal et que je l’étire de manière à obtenir des tubes d’un très petit diamètre intérieur, des tubes capillaires, que je les réduise ensuite en petits fragments, ces fragments pourront par capillarité laisser pénétrer dans leur intérieur des liquides colorés, ou même des matières colorées d’une très grande finesse, comme du vermillon tenu en suspension dans un liquide. Il pourra être difficile, peut-être même impossible, de les en débarasser, alors ils resteront colorés par transparence et paraîtront avoir été teints.
- Pour apprécier tout ce qu’il est possible de faire avec des tubes capillaires, nous devons distinguer trois cas : coloration avec un liquide coloré, coloration avec poudre tenue en suspension dans un liquide, coloration par double décomposition.
- Dans tous les cas, il y a lieu de tenir compte de la longueur du tube relativement à son diamètre. Si la longueur est considérable, une fois le liquide introduit il y restera à moins que vous ne soumettiez la substance à un séchage énergique. Si c’est un liquide coloré, une partie pourra être chassée, l’autre partie évaporée et il restera un peu de matière colorante dans le tube ; le même phénomène, probablement plus accusé, se produira si c’est une poudre fine, il en pourra rester assez pour colorer l’intérieur du tube. Mais ne voit-on pas que dans de pareilles conditions, il serait impossible d’avoir une coloration analogue à la teinture ; si un premier liquide a été introduit dans le tube, et que vous le soumettiez à un second liquide qui doit réagir, de
- deux choses l’une, ou le premier liquide aura été chassé et le second viendra prendre sa place, alors la réaction n’aura pas lieu, ou le premier liquide occupera encore le tube et le second ne pourra pas y pénétrer, par conséquent pas de réaction ; ainsi, si le premier liquide est un sel de fer, et que vous plongiez ensuite la substance dans du cyanure, les extrémités seules des tubes seront bleuies par double décomposition, carie cyanure ne pourra pas pénétrer dans toute l’étendue d’un tube capillaire pour s’y mêler avec le sel de fer. Il y a plus, c’est que si après l’introduction d’un sel de fer, vous avez lavé et séché légèrement, il pourra être entré un peu d’air à chaque extrémité du tube qui en défendra l’entrée à tout autre liquide, alors absence complète de réaction.
- Tout ce que nous venons de dire, on le comprend, tient à la difficulté qu’éprouvent les liquides à se mouvoir dans des tubes capillaires, quand la longueur du tube est plus grande que celle de son diamètre. A suivre.
- MACHINE A SÉCHER LA LAINE
- De F. Moore
- (Extrait du Textile Manufacturer)
- Les procédés de séchage de la laine au moyen de l’air chaud ; les plus en usage actuellement et qui consistent à placer la laine dans des étuves sur des surfaces en fer perforées, en dessous desquelles se trouvent des tuyaux de vapeur ou bien à disposer ces surfaces en dessus des chaudières présentent de nombreux défauts. Ils nécessitent une main-d’œuvre considérable et le travail n’est pas effectué d’une manière satisfaisante. On ne peut guère s’attendre à ce que la laine humide puisse être étendue assez uniformément pour que l’air chaud circule également entre toutes ses parties : l’air passera plus facilement à travers les parties les plus minces, qui, par suite sécheront plus rapidement et, si la chaleur n’est pas réglée avec soin, jauniront, deviendront cassantes et perdront en qualité, tandis que les couches plus épaisses resteront humides. On remédiera bien en partie à ce défaut en retournant la laine et en l’étalant de nouveau ; mais ces opérations exigent de la main-d’œuvre et des soins délicats.
- Un autre système de séchage consiste à étendre la laine sur des toiles métalliques tendues sur des
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- cadres et à faire passer à travers ces toiles au moyen ! d’un ventilateur, de l’air chauffé par des tuyaux de vapeur situés en dessous. On a fait à ce système des reproches de même nature que ceux exposés plus haut; cependant il a été adoplé sur uue grande échelle et il mérite sans aucun doute la préférence sur le précédent bien que son principe soit le même en substance.
- Pour les laines longues qui sont plus sujettes au feutrage, c’est une question discutable que de savoir si ces méthodes de séchage seront supplantées; mais pour les laines courtes, dans lesquelles les risques de feutrage sont moindres, il est douteux que ces systèmes puissent lutter contre les machines à sécher, dans lesquelles la fibre est retournée constamment.
- Dans la machine Moore, le séchage a lieu comme précédemment au moyen de l’air chaud, mais en même temps la laine est retournée continuellement. Les parties mobiles, en laissant de côté le mécanisme qui les fait mouvoir, consistent simplement en deux rangées de cylindres et en un tambour d’environ 1m 20 de diamètre, couvert de petites pointes et tournant avec une vitesse de 110 tours par minute, lorsque la machine est en marche. D’autres cylindres tournent aussi mais lentement, et servent à faire avancer ou reculer la laine ; comme tous les cylindres d’une rangée tournent dans la même direction, la laine qui est placée sur eux est entraînée d’un cylindre au suivant, et avance comme elle le ferait sur une toile. Ces cylindres sont des tubes en fer, tournés au diamètre de 0m 800 et placés à une distance suffisante les uns des autres, de façon qu’ils puissent tourner sans se toucher ; les espaces libres entre les cylindres servent aussi de canaux pour le passage de l’air chaud. Comme la nature de la laine que l’on traite varie, il est souvent avantageux de modifier la vitesse des cylindres et du tambour, ce qui peut être accompli aisément.
- En dessous des cylindres, sont disposées plusieurs rangées de tuyaux de vapeur qui ont pour but de chauffer l’air. Toutes les pièces décrites sont enfermées dans une enveloppe en tôle; des tubes ou carneaux se rendent au-dehors du bâtiment et portent à leurs extrémités extérieures des ventilateurs mécaniques destinés à aspirer l’air à travers la machine. Pour le séchage de la laine, la largeur de 1 appareil est préférablement de 2 30 et sa longueur de 4m 75.
- Au début du travail, l’ouvrier ferme la porte du tambour et ouvre une autre porte située de l’autre côté de l’appareil et qui est maintenue soulevée pendant le chargement. La charge qui pèse habituellement 50 kilog. après séchage est placée sur la rangée inférieure des cylindres, puis on ferme la porte restée ouverte pendant le chargement. La laine avance vers la gauche et rencontre bientôt le tambour, dont les pointes saisissent la laine et la lancent sur les cylindres supérieurs ; elle se meut ensuite vers la droite et, arrivée à l’extrémité de la rangée supérieure des cylindres, elle tombe sur la rangée inférieure pour parcourir de nouveau le même chemin que précédemment. Au bout de 20 ou 30 minutes environ, la laine est complètement séchée et peut être enlevée, ce qui a lieu automatiquement en ouvrant la porte du tambour.
- Le poids séché par jour varie de 750 à 1,000 kilogrammes et dépend beaucoup de l’efficacité de l'hydro-extracteur qui a servi à traiter la laine.
- On remarquera que, outre l'uniformité du séchage qu’il assure, cet appareil fonctionne comme un loup ou machine à ouvrir et facilite l’enlèvement des impuretés, la partie inférieure de l’enveloppe du tambour ayant la forme d’une grille.
- Cet appareil s’applique également au séchage des matières autres que la laine, telles que le coton après qu’il a été teint, dans ce cas, comme le coton est plus difficile à sécher que la laine, on augmente la longueur de la machine et on la rend souvent double.
- Avis aux Teinturiers
- La maison Pierron et Dehaitre nous fait savoir qu’un individu sous le nom de Joly,ou de Dehaitre, se fesant passer pour le neveu de M. Dehaitre, et proposant la vente d’essoreuses ou autres appareils de cette maison aux teinturiers en province, est tout simplement un escroc. Nous avons eu sous les yeux une lettre de M. Paul Rapelin, teinturier à Aix, qui a acheté une essoreuse au dit Joly et lui a remis une chaudière en à-compte sur le montant de l’essoreuse à livrer. Cette chaudière a été vendue à 20 fr. de perte par le soi-disant neveu de M. Dehaitre.
- Un autre fait est signalé par M. F. Pelissier jeune, teinturier à Draguignan; là, le personnage s’appelait M. Dehaitre, il a pris la commande d’une essoreuse le 4 mars dernier, qu’il s’est empressé... de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ne pas transmettre. M. Pélissier doit s’estimer heureux de ne pas lui avoir donné d’à-compte.
- Un homme averti en vaut deux, dit un proverbe, nous espérons que nos lecteurs profiteront de cet avis.
- —— —==---------------
- BULLETIN FINANCIER
- Les fonds publics se sont encore améliorés depuis notre dernier bulletin, le 5 0/0 a progressé de 116 22 1/2 à 117 62 1/2, reprise prévue, par suite de l'ajournement de la conversion, qui ramenait cette rente à la spéculation. — Le fait le plus saillant de la quinzaine c’est la grande hausse sur les actions de chemins de fer français, le Nord a atteint un moment 1551,50 et l’Orléans 1235. Les obligations de ces sociétés ont de leur côté progressé. Cette hausse paraît motivée par le développement qu’ont pris, dès le commencement de l’exercice, les recettes des grandes compagnies ; ces pics values, attribuées d’abord au chômage des canaux, ne font que croître actuellement et s’élèvent au chiffre très élevé de 24 à 50 0/0 au-dessus des recettes habituelles.
- Les obligations communales du Crédit foncier de France, les actions du Crédit lyonnais, celles de la Société lyonnaise des Eaux et de l’Eclairage et de la Foncière lyonnaise ont eu des demandes suivies.
- Le revenu de l’année a été fixé à 113 fr. 40 par action de la Banque de France, qui comptait, à sa répartition, 23,501 actionnaires pour 182,500 actions. Les bénéfices nets ont été de 22,437,607 fr. pour l’année 1879.
- La plus value totale de nos impôts indirects pendant la première quinzaine de mars a été de 14,100,000 sur les évaluations budgétaires. En examinant les résultats partiels on voit qu’ils contras-tent heureusement avec ceux des deux premiers mois. Ces résultats concordent avec ceux de nos chemins de fer et font apparaître l’ensemble de notre situation financière sous un jour favorable, dont notre crédit public et la tenue générale du marché ne peuvent manquer de tenir compte.
- Les divers revenus par actions votés ou proposés à ce jour sont : Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l’industrie en France, 18 fr. 04; Crédit industriel et commercial 17 fr. 53 ; Crédit foncier d’Autriche 15 fr. ; Banque franco-égyptienne 45 fr. ; Compagnie parisienne du gaz 65 fr. 50 -, Docks et entrepôts de Marseille 35 fr.; xtablissement Duval (Bouillon) 80 fr.
- Les fonds étrangers ont été l’objet de transac-i lions assez actives et présentent une grande fer-| meté. Le 5 0/0 italien touche à 34 fr. Tous ces fonds semblent avoir atteint leur maximum de hausse.
- EXPLOITATION INDUSTRIELLE et commerciale du nouveau procédé de fabricatiom de savon à froid Breveté s, g. d. g. (suite.)
- Comparaison et avantages du nouveau procédé (1)
- Huiles et Corps gras divers
- a. — Dans le procédé marseillais les huiles ou corps gras sont employés sans épuration préalable, tels qu’ils sont livrés par le commerce. Cette non-épuration occasionne au fabricant de savon un déchet de 7 à 8 0/0 dans le rendement en savon.
- b. — En épurant, au préalable, les matières grasses employées, on évite le déchet. — Les frais d’épuration dépassent à peine un franc par 100 kilogrammes de matière traitée.
- Soude
- a. — Le procédé marseillais emploie les soudes brutes, ce qui nécessite l’emploi de la chaux pour les rendre caustiques. — Le lessivage des matières et les derniers lessivages trop faibles pour être employés directement, nécessitent de grands réservoirs contenant des produits à différents de-, grés de force. — Les lessives qn’on obtient par la caustification des soudes brutes sont des lessives impures.
- b. — Le nouveau procédé emploie les soudes caustiques qu’on rencontre en abondance dans le commerce. — L'emploi de ce produit dispense de la caustification, du lessivage et des pertes inhérentes à l’emploi de la soude brute — On obtient facilement des lessives à tous les degrés. — L’emploi de la soude caustique permet d’avoir des lessives beaucoup plus pures et de doser rigoureu-sement la quantité nécessaire pour un poids donné de matière grasse. A suivre.
- (U Pour faciliter la comparaison, les paragraphes précédés de la lettre a se rapportant à la méthode oadinaire, et aux procédés de la lettre b au nouveau procédé.
- Le Propriétaire-G-érant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- C. Imp. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardenn.)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- U Année, No 8. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Avril 1880.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Études sur l'outre-mer, par M. T. Morel (fin). — Documents sur les couleurs dérivées de In houille : Noir d’aniline (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes par M. Vannüccio-Vannuccini (suite). — Teinture des cotons et fils en écheveaux, par M. de VINANT (fin). — Impression Gouache (1 échantillon). — Teinture des peaux de ganterie.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Nouveau mode de préparation de l’eau de javelle. — Théorie de la teinture des fibres textiles : Réponse à M. G. Engel, par M. le D: L.-L. Lembert (suite). — Le tarif général des douanes : Tarif d’entrée.
- BULLETIN FINANCIER : Exploitation industrielle et commerciale d’un nouveau procédé de fabrication de savon à froid.
- CHRONIQUE
- Les Tissus d’Elbeuf (1), publication de la mode des étoffes façonnées de l’industrie lainière, a publié le 31 mars dernier le premier numéro de la saison d’été.
- Nous empruntons à sa Causerie industrielle les renseignements suivants :
- « Les travaux d’échantillonnage de la saison que l’on va fabriquer étant entièrement terminés, et les types remis aux négociants de Londres et de Paris qui doivent vendre ces marchandises, il est facile, pour peu qu’on ait son entrée dans ces maisons, devoir, examiner et apprécier ces nombreuses collections de dessins, de nuançages et d’étoffes ravissantes. Parmi cette foule de produits différents, rivalisant entre eux de charme et de mérite, on trouve les nouveautés les plus séduisantes des principales contrées et villes industrielles du monde entier.
- « L’occasion est exceptionnellement favorable pour faire une étude efficace sur cet important sujet, et pour essayer d’apprécier quelles sont les plus méritantes de ces perfections.
- « Nous devons dire que devant tant de riches conceptions l’observateur compétent reste au pre-mier abord émerveillé, presque confondu, il se sent empoigné, et il est disposé à rabattre beaucoup des prétentions dont l’esprit humain tend toujours à se gratifier, puis poussant l’examen plus froidement, il se dégage de la première émotion et déduit enfin de 1 ensemble un enseignement pré-
- (i) Voir aux annonces du supplément.
- cieux sur le caractère général des dessins, des nuances et des apprêts.
- « Comme nous avons subi cette épreuve et que notre esprit est encore plein de ce que nous avons vu, nous allons essayer d’exposer le résumé de notre religieux examen.
- « D’abord nous dirons — ce que n’ignorent pas nos lecteurs, — qu’au premier plan figurent des nuançages chatoyants aux couleurs vives et osées. Parmi les tissus, on trouve des teintes qui sont une vraie nouveauté non pas qu’il s’agisse de quelque nuance découverte, mais les couleurs à la Mode sont faites dans une infinité de tons, et pour n’en citer qu’un exemple, nous dirons que nous avons vu des collections unies, applicables au costume complet, qui renfermaient jusqu’à quarante teintes, parmi lesquelles de très belles couleurs de fantaisie passaient du clair au foncé. Dans les verts, l’olive et le chêne sont les plus recherchés ; toutes les teintes grises sont en faveur ; le biscuit, l’amande, le beige, etc., le sont autant.
- « Dans les genres destinés spécialement au pantalon, on trouve appliqués, montrant hardiment leurs coloris éclatants, les coquelicots, caroubier, orange, citron, vert clair, bleu lumière, jetés dans un pêle-mêle des plus harmonieux, formant de superbes granités multicolores. En général, les nuances d’ensemble sont très voyantes, bien accusées, mais d’une fraîcheur et d’une beauté irré-réprochables. »
- Dans son numéro du 31 décembre 1879, le même Causeur industriel nous disait :
- «Lamode dujour tientà donner des nomsbizarres aux nuances en faveur. Ne pouvant abolir l’élé-
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- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- gance qui est chère à tous, ni se passer des modèles qui sont plus que jamais pleins de style et de grâce, cette maîtresse se contente de dicter ses capricieuses volontés par des noms appartenant à un certain ordre d’idées fort singulières que l’on pourrait croire inspirées par la « Cuisinière bourgeoise ». Nos faiseurs aux abois puisent sans doute dans ce vocabulaire pour qualifier les plus beaux tissus, les nuances les plus chaudes, les plus caressantes à l’œil et les plus riches, des noms baroques de beurre fondu, épinards, crevette, moutarde, chaudron, pain brûlé, barbeau, saumon, et combien d’autres encore? Le plus curieux sans contredit est celui qui a pris le jour ces temps derniers : « première de chemin de fer ». Celui-ci ne vient pas de la cuisine et sert à désigner une jolie teinte de fantaisie d’un gris cendré un peu clair, que l’on recommande pour l’avenir. Mais comment imaginer des noms aussi bizarres ? C’est, on peut le dire, pousser un peu loin l’amour du nouveau. »
- Dans les grands magasins de nouveautés de Paris, les teintes foncées, loutre, olive, bleu ou prune sont toujours en première ligne, il faut y joindre une sorte de violet scabieuse pour lequel on a imaginé le nom pompeux et romanesque de couleur Ophelia, c’est à peu près ce que l’on peut signaler de nouveau en ce genre.
- En impressions, on continue le genre Pompadour mais la nouveauté paraît acquise aux dessins persans et japonais, de petites dimensions, et à l’assemblage heureux de couleurs différentes encadrées de contours noirs ou d’un ton foncé.
- On parle aussi beaucoup de pois qu’on prépare dans tous les tissus connus et inconnus jusqu’à ce jour ; ces pois ne sont plus une tache ronde différente du fond, jetée à distances plus ou moins éloignées sur un tissu uni d’une autre couleur. Dans les tissus de laine le pois est broché ton sur ton ; sur les fantaisies il forme une sorte de semis ombré et satiné, de l’effet le plus riche et tranchant sur le mat du fond qu’il éclaire. Ces pois se font sur foulard de soie, satin, pekiné de coton, ombrés de diverses couleurs sur tons légers ; par exemple, marron, bleu foncé et rouge sur fond écru, vert d’eau, rose ou bleu clair et d’autres couleurs claires si l’étoffe est foncée. Les garnitures de ces toilettes sont des bandes imprimées d’un dessin de dentelle russe dont on fera des volants plissés ou froncés.
- ÉTUDES SUR L’OUTREMER
- Par M. T. Morel.
- — Fin. —
- Résistance a l’alun.
- Autrefois, pour l’outremer employé dans lus papeteries, on demandait avant tout la résistance à l’alun. Maintenant il est constaté que lorsque le papier est fabriqué dans de bonnes conditions, les outremers les plus délicats ne sont pas attaqués.
- Néanmoins si l’on veut mesurer cette résistance, on fera une solution saturée d’alun, on versera 15 centimètres cubes de cette liqueur dans un tube à essais avec 50 centigr. du bleu à essayer, et on comparera les changements qu’il subit avec ceux que présente l’outremer type.
- Il faut avoir soin d’agiter fréquemment pour que l’outremer ne se prenne pas en masse. Si l’on veut que l’essai marche rapidement, on chauffe les tubes au bain-marie. A froid, l’attaque est moins rapide, mais l’essai est plus exact, parce qu’on se trouve dans les conditions de l’emploi industriel.
- On croit généralement qu’un outremer qui résiste à l’alun, résiste également bien aux . acides ; c’est une erreur ; la résistance à l’alun est toute différente de la résistance aux acides. Le bleu clair, par exemple, ne résiste pas à l’alun, et souvent il résiste très-bien aux acides.
- Papeteries. — C’est la force colorante qui est la première condition que l’outremer doit remplir. Il sera bon, pour en juger, d’assortir la nuance du blanc employé pour la mesurer, avec celle que présente la pâte à papier.
- Il faut aussi la plus grande finesse possible pour éviter les envers. Si l’on emploie beaucoup d’alun, on essayera la résistance à l’alun.
- Impressions. — On tiendra surtout compte de la finesse, et, en particulier, quand il s'agira d’outremers foncés qui sont les plus souvent les moins fins. On essayera la résistance de l’outremer aux acides.
- Azurages. — On fait l’essai de l’outremer en trempant une flotte de fil à azurer dans un bain composé de 1 gramme de bleu et 200 centimètres cubes d’eau. On fait sécher l’essai et on le passe à plusieurs reprises entre les doigts pour vérifier si l’outremer adhère aux fibres, ce qui est un indice de sa finesse.
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- On peut conserver ces essais pour les comparer avec d’autres échantillons obstenus de la même manière.
- Essai des boules.
- L’essai des boules se fera comme celui du bleu par azurage ; on en pèse 1 gramme que l’on place dans 200 centimètres cubes d’eau, on laisse fondre pendant un jour en ayant soin d’écraser les fragments ; une fois le bleu dissous, on trempe dedans une petite flotte de coton.
- On peut à l’aspect de la cassure d’une boule, reconnaître si le bleu est de bonne qualité. Si elle contient du blanc grossier, on s’en apercevra aussi à l’inspection de la cassure. Mais si le blanc est fin, il faudra 1oujours frotter la cassure avec l’ongle ou avec un canif ; on donne alors naissance à une petite surface plane sur laquelle le blanc forme des points plus ou moins allongés. On arrive ainsi à rendre visible des quantités de blanc très-minimes qu’il serait impossible de décéler autrement.
- Distinction des bleus employés dans l’industrie
- Nous terminerons cette étude par l’indication du procédé de distinction des bleus généralement employés ; il pourra peut-être rendre service aux industriels qui se servent d’outremer, et en particulier aux papetiers et aux blanchisseurs.
- Pour compléter ce tableau, nous ferons remarquer que, si l’on est en présence de l’indigo brut du commerce, l’acide sulfurique, tout en restant bleu foncé dans sa masse, prend sur les bords une coloration jaune, puis verdâtre, et ne bleuit franchement qu’au bout de quelque temps ; à ce moment l’indigo est dissous ; si l’on étendait d’eau la solution quand elle est encore dans une des deux premières périodes, une notable partie de l’indigo se reprécipiterait.
- Le bleu d’anthracène est livré au commerce sous forme d’une poudre brune, à reflets cuivrés, tenue en suspension dans l’eau ; on peut traiter directement cette pâte par l’acide sulfurique concentré, et la dissolution se fait très-rapidement.
- Les réactions suivantes permettront de vérifier les indications fournies par l’essai précédent,
- L alcool ne dissout, parmi tous ces bleus, que les bleus d’aniline et de méthylène.
- Le carmin d’indigo, quoique insoluble dans l’alcool à 90° lui cède toujours quelques traces de matière colorante, et l’alcool absolu lui-même se colore aussi un peu ; il est probable que c’est l’eau contenue dans l’alcool qui dissout le carmin.
- La solution d’acide oxalique se comporte comme l’eau avec tous ces bleus. Il n’y a d’exception que pour l’outremer qui est détruit et le bleu de Prusse qui est dissous.
- Une solution de soude caustique verdit la poudre de bleu d’anthracène en suspension dans l’eau ; elle décolore le bleu de Prusse et jaunit le carmin d’indigo ; ces réactions sont caractéristiques.
- La coloration bleue réparait si on neutralise la soude par un acide.
- L’acide nitrique fumant versé en petite quantité dans une liqueur tenant ces bleus en suspension ou en dissolution, ne décolore complètement que l’indigo, le bleu d’anthracène et l’outremer.
- Le bleu de cobalt ou smalt, qui résiste à l’action de tous ces réactifs, fondu avec du borax ou chalumeau, donne la perle bleue caractéristique des sels de cobalt.
- Nous complétons ces indications par un tableau donnant la marche à suivre pour reconnaître quel est le bleu avec lequel une étoffe ou un papier a été teinté ou azuré.
- Quelques remarques accessoires permettront de vérifier cette distinction.
- Le papier, ou l’étoffe, azuré au bleu d’aniline, exposé au soleil se décompose en quelques heures; aucun autre bleu employé pour 1 azurage n est aussi rapidement détruit par la lumière.
- Les papiers, ou étoffes, azurés à l’outremer et au cobalt, laissent des cendres bleues quand on les incinère.
- Si le bleu employées! de l’outremer, ces cendres seront décolorées par les acides étendus, tandis que la nuance du cobalt ne peut que s’aviver par le traitement.
- Les papiers, ou étoffes, azurés au bleu de Prusse donnent, quand on les brûle, des cendres qui présentent les réactions du fer.
- Cette méthode est excessivement sensible. On peut l’appliquer avec quelques milligrammes de papier à peine teinté par le bleu de Prusse.
- Il faut pour cela incinérer le papier dans uue capsule de platine ; on reprend les cendres par quelques gouttes d’acide chlorhydrique. On prend alors avec un agitateur une goutte de cette liqueur, on la place dans un verre de montre posé sur un papier blanc ; on ajoute une goutte de sulfocyanure de potasium, et on voit apparaître une coloration rouge.
- En répétant l’expérience de la même manière
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- avec la prussiate jaune, on voit se développer une coloration verte qui provient du mélange du bleu de Prusse précipité avec la coloration jaune due à l’excès de cyanure.
- Ce travail a été fait dans le laboratoire de M. Gur-met, à Fleurieu-sur-Saône.
- Moniteur scientifique.
- DOCUMENTS SUR LES COULEURS DÉRIVÉES DE LA HOUILLE
- — Suite —
- Noir d’aniline.
- Le vanadium ne diffère pas du cuivre dans son action dernière sur le mélange d’aniline, de sel et de chlorate ; il est|remarquable sous le rapportée la petite quantitéqu’il en faut pour développer le noir. M. Witz déclare qu’il a travaillé avec environ une dixième partie de grain (0 gr. 0064) de vanadium (considéré comme métal) par gallon (4L 54) de couleur et qu’il est bon de ne pas excéder cette proportion. D’autres praticiens coloristes pensent que cette quantité pourrait être considérablement augmentée sans danger, c’est-à-dire qu’on pourrait employer 5 grains (0 gr. 32) de chlorure de vanadium ou de vanadate d’ammoniaque par gallon de couleur.
- Actuellement, on emploie généralement la couleur de Lauth avec sulfure de cuivre, quoique plusieurs coloristes préfèrent les sels de vanadium et s’en servent exclusivement. On fait encore usage quelquefois de la couleur au prussiate rouge de Cordillot avec les couleurs vapeur parce qu’elle attaque moins, peut-être, la force du tissu. Le chlorate de potasse a été généralement remplacé par le chlorate de soude qui est soluble dans l’eau. Lorsque la composition de noir d’aniline est imprimée, elle est presque incolore -, lorsque le tissu qui l’a reçue est suspendue dans de l’air chaud et humide, il prend rapidement une couleur vert olive foncé ; la composition est alors fixée, et l’on peut laver à l’eau ou passer à travers une solution faible de cendre sodique ou de bichromate de potasse.
- L’application du noir d’aniline a causé dans le passé beaucoup d’ennuis aux coloristes et aux imprimeurs, mais aujourd’hui, les conditions nécessaires de succès sont mieux comprises ; et comme.
- de plus, on peut se procurer du sel d’aniline de qualités plus régulières et plus pures, il est permis de travailler la couleur sans difficultés spéciales. Les anciens inconvénients de cette couleur sans parler de l’impression, étaient principalement 1° la non-réussite du développement en noir -, et 2° l’attendrissement du tissu. Dans le premier cas, la couleur s’oxydant seulement à la surface devenait grise ou sale et ne pouvait être rendue noire-, ce résultat dépendait presque toujours d’un défaut dans le mélange colorant, qui pouvait provenir de diverses causes, bévues ou négligences, soit qu’on eût employé de vieilles couleurs qui, tenues dans un endroit chaud, s’étaient avariées, soit qu’on eût fait usage de couleurs salies par d’autres matières colorantes contenant des acétates. L’oxydation peut quelquefois être défectueuse ; elle doit être progressive sans changements brusques produits par un abaissement de température pendant la nuit. Le plus tôt que les articles seront suspendus, après l’impression, sera le mieux.
- L’attendrissement du tissu qui arrivait quelquefois était dû, sans doute, aux chlorates et aux sels acides d’aniline qui donnaient naissance à des composés libres de chlore, plus rapidement qu’ils ne pouvaient être absorbés ou neutralisés par l’aniline elle-même. Les séchages par dessus ou par dessous sur la machine à imprimer produisaient également l’affaiblissement du tissu, le premier, en chauffant trop fortement la couleur, le second, en laissant cette couleur dans un état chaud et humide dans lequel les éléments développant des gaz corrosifs, réagissaient rapidement les uns sur les autres. On cite des exemples de noirs d’aniline séchés par dessous qui se sont échauffés et enflammés après être restés peu de temps en tas. Les couleurs aqueuses et claires, faites avec de l’amidon mauvais, peuvent aussi donner lieu à l’attendrissement du tissu à cause de la séparation de la partie liquide de l’épaississant. Le noir d’aniline doit être travaillé à une consistance moyenne que l’on obtient avec de l’amidon de bonne qualité, renforcé, s’il est nécessaire, avec de la gomme adragante ou un peu de gomme anglaise -, il faut avoir bien soin, en fabricant les bandes, les bigarrures ou les lignes continues de toute sorte, d’employer de la couleur qui ne soit pas trop claire, car c’est surtout dans ces impressions que. la mollesse ou faiblesse du tissu est nuisible. On s’est souvent plaint du mauvais travail qu’on obtient avec la
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- couleur au sulfate de cuivre, l’auteur dit que c’est 'a tort ; il a toujours remarqué qu’il opérait avec cette matière aussi bien qu’avec toute autre pâte colorante, car elle lui a permis d’imprimer 1,200 à 1,400 mètres sans temps d’arrêt.
- La composition chimique du noir d’aniline n’est pas encore connue avec certitude et la théorie de sa production est conséquemment obscure ; il paraît cependant démontré que les matériaux essentiels pour sa production dans l’impression du calicot sont certainement des composés chlorés qui peuvent se dégager du chlorate de potasse ou d’autres clhorates. Ni le cuivre, ni le vanadium, ni tout autre métal ne restent dans le noir fini ; ces métaux n’agissent que pour faciliter la décomposition des chlorates employés. On ne connaît pas leur mode d’action, et la puissance avec laquelle ils agissent en proportions si minimes et presque infinitésimales est un sujet d’étonnement pour tous ceux qui sont familiers avec les phénomènes qui s’accomplissent.
- Verdissement du noir d'aniline. — La seule couleur qui se rapproche du noir d’aniline sous le rapport de la solidité c’est le bleu d’indigo et cette précieuse couleur est faible en des points où le noir d’aniline est fort. Les teinturiers ou les imprimeurs ne connaissent pas de noir comparable à celui de l’aniline. Il résiste à tout les agents en usages dans les teintureries, et peut supporter sans dommage les opérations de teinture et les traitements par les acides, les alcalis et la poudre blanchissante. Mais, dès que son emploi devient étendu, il montre un point faible qui réduit matériellement sa valeur. Dans certaines situations où il se trouve mis en contact avec des vapeurs légèrement acides et spécialement avec l’acide sulfureux qui résulte de la combustion de la houille et du gaz de ce charbon, on remarque qu’il perd sa beauté et acquiert une teinte verdâtre d’aspect triste qui le rend plat et désagréable à l’œil. Ce changement n’est que superficiel ou passager car on rétablit la couleur noire dans son intensité originelle et dans sa pu-ret en lavant au savon ou dans les alcalis ; toute-ois a couleur est toujours sujette à la même détérioration lorsqu’elle est exposée de nouveau aux memes influences. Tous les noirs d’aniline sont sujets à ce verdissement, ceux qui sont le plus denses résistent plus longtemps ou montrent plus ardiment cette détérioration. Un remède à ce défaut a été découvert en 1876 par M. Jeanmaire de
- la maison Kœchlin frères (I). Il consiste à traiter la couleur noire usuelle après son développement par certains agents oxydants ; — on recommande pour les noirs simples une solution faible de per-sulfate de fer chauffée à 76 ou 82° 23 centigrades, dons laquelle on tient les articles pendant une demi-heure. Dans les cas où un sel de fer serait préjudiciable, on peut employer d’autres agents oxydants tels que l’acide chromique, certains chlorates comme le chlorate d’alumine, des nitrites ou de l’acide sulfonitreux. Les noirs ainsi traités sont complètement soustraits aux influences du verdissement et possèdent entièrement tous les autres caractères.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannucgini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (2). —
- 2e Procédé. — Avec alcali.
- Ce procédé s’applique surtout au petit vautour qui par ses propriétés est plutôt de la catégorie des plumes d’autruche que de celle des plumes tendres.
- Dans un bain d’eau pure dont la température ne dépasse pas 40°, de façon à pouvoir y supporter la main assez longtemps, on verse à peu près la quantité nécessaire à obtenir le ton voulu. On verse ensuite de l’ammoniaque, ou alcali volatil, en quantité suffisante pour décolorer complètement le bain. Cela fait, on plonge la plume dans le bain en là remuant bien ; on la laisse dans ce bain pendant environ 10 minutes ou un quart d’heure ; au bout de ce temps la plume est généralement pénétrée également par le bain ; on procède alors à la régénération du bleu lumière en neutralisant peu à peu l’ammoniaque à l’aide de sel d’oseille et d’acide oxalique.
- (1) Moniteur de la Teinture — 1877 — page 25.
- (2) Voir Moniteur delà Teinture, année 4879, nôs 23,24 et nos 1, 2,3, 4, 5, 6 et 7, de 1880.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le sel d’oseille doit être en solution dans l’eau ou au moins en poudre très fine. Les additions du sel doivent être faibles pour ne pas mettre en liberté à la fois une trop grande quantité de matière colorante, et assez espacées entre elles pour donner le temps à la matière colorante libre de se fixer complètement sur la plume. A mesure que la quantité d’ammoniaque diminue dans le bain, on chauffe celui-ci de plus en plus jusqu’à atteindre le bouillon quand le bain est légèrement acide. En général, quoique l’opération ait été bien conduite, la couleur n’est pas égale, il y a des plumes plus foncées ou plus claires que les autres. On continue à chauffer jusqu’à ce que l’égalité soit obtenue.
- Si la couleur est encore trop claire on ajoute au bain, maintenu au bouillon, encore du bleu lumière jusqu’à arriver au ton voulu. Si malgré le chauffage prolongé on ne pouvait pas arriver à l’égalité il serait bon de décolorer à nouveau la plume et le bain à l’aide d’ammoniaque et recommencer comme il a été dit.
- S’il arrivait que la teinture ait été réussie trop foncée on descendrait la matière colorante à l’aide d’ammoniaque et ensuite on remonterait à l’aide de sel d’oseille dans un bain à part.
- A la fin de la teinture du petit vautour ou du blanc sec en bleu Mexico, il est bon de donner à la plume une légère quantité de bleu de Prusse dans un bain à part acidulé à l’acide oxalique. Le bleu de Prusse finit d’égaliser la nuance et la rend plus pleine et plus unie.
- Plume d’autruche.
- On obtient le bleu Mexico sur plume d’autruche comme on vient de voir pour le petit vautour. La plume, après teinture, est passée à l’amidon additionné d’un peu de sel d’oseille et de bleu de Prusse.
- Peaux, ailes, oiseaux.
- On emploie le procédé du bleu à l'alcali. Il faut seulement agir avec beaucoup de précautions pour ne pas abîmer la marchandise ; il faut chauffer le bain avec précau
- tion en y mettant l’acide par très petites quantités.
- GENDARME
- La couleur gendarme pure est à peu de chose près celle que donne le carmin d’indigo ; aussi plusieurs échantillons de gendarme peuvent s’imiter uniquement avec cette matière colorante. Cependant, il arrive souvent qu’il faut roser ou verdir la nuance que donne le carmin d’indigo. Pour roser, en général, il suffit d’employer concurremment, en proportions convenables, le carmin d’indigo et le bleu d’aniline. Il sera toujours bon de donner d’abord un pied de carmin d’indigo et de verser après dans le bain bien chaud le bleu lumière. Cette manière de teindre réussit également bien pour toute espèce de plume à la condition de ne pas trop prolonger l’ébullition du bain pour la plume tendre et de chauffer fortement au contraire pour la plume dure. L’autruche peut se teindre soit à chaud, soit à froid dans l’amidon.
- On peut arriver aussi à roser la nuance en question à l’aide de cochenille ou de violet.
- Le verdissage du gendarme n’est pas si aisé que l’opération précédente. En effet, si l’on emploie des matières jaunes, celles-ci émanent presque toujours quelques rayons orangés, la teinte en résulte généralement terne. Bon nombre de matières vertes produisent également ce fâcheux effet. Il n’y a réellement, jusqu’à présent, que le vert à l’iode qui puisse servir dans le but de verdir sans ternir. Mais l’on comprend que l’opération n’est pas facile car le vert à l’iode ne peut s’employer que dans des bains excessivement peu acides et qu’en outre son affinité pour la plume n’est que très faible. Il faudra donc teindre d’abord au carmin d’indigo seul comme d’ordinaire et verdir après coup dans un bain tiède acidulé avec une très faible quantité d’acide acétique.
- BLEU PAON
- Le bleu paon est comme le gendarme une couleur bleu verdâtre ; mais cette nuance doit être encore plus éclatante et plus pure que la seconde. Pour faire un beau bleu
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- S.
- paon il faut avoir recours au bleu lumière très verdâtre de première qualité et souvent au vert à l’iode. On teint toujours d’abord au bleu lumière soit directement, soit à l’alcali, comme on a déjà eu lieu de voir, et on verdit après coup, dans un bain à part, avec du vert à l’iode. C’est une couleur qui coûte toujours très cher.
- BLEU MARINE
- Il y a des bleus marine très clairs qui peuvent se ranger parmi les couleurs franches. Ces couleurs sont toujours des bleus plus au moins violacés ; on les étudiera en détail lorsque nous parlerons des couleurs rabattues.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ÉCHEVEAUX
- Par M. DE Vinant.
- — Fin (1). —
- Couleur pêche.
- Fermer un bain avec :
- 1 partie bain n° 2.
- 1 — décoction de lima à 2° B.
- 8 — Eau bouillante.
- Donner neuf lisses ; sans rincer donner cinq à sept lisses sur bain frais de nitrate de plomb, à raison de 3 gr. nitrate de plomb par litre d’eau chauffée à 40° C. — Rincer.
- Bouton d’or.
- Pour 10 kilog. de coton.
- Donner neuf lisses dans un bain de sous-acétate de plomb à 3° B ; sans rincer, donner à froid, quatre à cinq lisses avec :
- Bichromate de potasse. . . 150 gr.
- Acide sulfurique................300
- Rincer légèrement. — Sécher.
- q91).Ygir,Mongteurde,la Teintwe, année 1879, pages 141, 12312122733, 247, pages 9 et 57 année courante. Pour la composition des bains numérotés, page 200, année 1879.
- Paille.
- Pour 10 kilog. de coton blanc.
- Faire un bain avec :
- Acétate de plomb .... 100 gr.
- Eau. .x . . ..................... 50 litres.
- Donner neuf lisses sur ce bain, et, sans rincer, donner quatre à cinq lisses sur :
- Eau.............................. 50 litres.
- Bichromate de potasse. 5 gr.
- Sécher à l’étendage, sans laver.
- La publication de la teinture des cotons et fils en écheveaux étant terminée, nous commencerons prochainement la teinture de la chaîne coton en étoffes du même auteur.
- IMPRESSIONS GOUACHE
- Les étoffes imprimées en couleurs plastiques, qui, l’an dernier, avaient à peu près disparu des magasins de nouveau tés de Paris, s’y retrouvent cette année. La mode est revenue aux impressions de tous genres, mais en petits dessins.
- L’échantillon ci-dessous provient d’une étoffe de 52 centimètres de largeur à 45 centimes le mètre..
- TEINTURE DES PEAUX
- DE GANTERIE
- Préparation pour la teinture.
- Les peaux de ganterie forment deux catégories : Celle des peaux sur chair et celle des peaux glacées. Nous n’entrerons pas dans le détail du classement qu’on fait subir à ces deux catégories de peaux suivant les taches et autres défauts dont elles sont affectées, ni dans le détail des opérations préparatoires dites : parage, pour les peaux qu’on veut
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- O c©
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- teindre du côté de la chair, et purge, pour toutes les peaux destinées à la teinture. Nous dirons cependant un mot de cette dernière opération parce qu’elle peut rentrer plus spécialement dans le travail du teinturier.
- L’objet de la purge est de communiquer aux peaux un certain degré de ramollissement et de souplesse pour que toutes leurs parties puissent recevoir également bien la teinture. Pour cela, on foule les peaux dans une eau tiède, à y pouvoir tenir la main, pendant un temps variable suivant leur grandeur et leur qualité.
- Pour les noirs glacés, la purge ne doit pas être trop complète, il suffit que les peaux ne présentent aucune trace blanche et qu’elles paraissent uniformément imprégnées d’eau. Il en est de même pour les peaux récemment habillées.
- Les peaux destinées à la teinture à la planche et les peaux à teindre sur chair doivent, au contraire, être purgées un peu plus sans cependant l’être autant que celles qu’on veut teindre par le procédé anglais. Ces dernières doivent être foulées dans deux eaux différentes et pendant environ deux heures en tout.
- Lorsque les peaux contiennent de l’huile dans leur habillage, il est nécessaire de mettre un peu de sel de soude dans la deuxième eau. Cette addition sert en outre à les débarrasser de l’acide contenu dans l’alun et les dispose à mieux prendre la couleur ; si les peaux sont un peu anciennes, on ajoute à l’eau une légère dissolution de savon blanc. Dans ce dernier cas, les couleurs ont plus d’éclat, mais alors il ne faut pas manquer la teinture car ainsi préparées et manquées elles présentent plus de difficultés pour les reteindre, même en noir.
- Si on purge, à fond, une peau, il faut lui restituer la nourriture qu’elle a perdue en la foulant un bon quart d’heure avec un mélange de jaune d’œuf et de farine delayée en pâte demi-fluide avec de l’eau ayant servi à la purge. Pour 12 peaux on emploie cent jaunes et un kilogramme de farine, si les peaux doivent être teintes au fixe et la moitié seulement si on doit appliquer tout autre procédé de teinture.
- Procédés de teinture.
- Les procédés employés sont au nombre de trois : la planche, le plongé et le procédé anglais. Nous les décrirons successivement en commençant par les peaux sur chair et continuant par les peaux glacées.
- Peaux sur chair.
- Cette teinture se fait généralement à la planche. Elle est la plus facile de toutes et réussit également avec les diverses matières colorantes.
- Les peaux ayant été purgées, tordues, séchées et ouvertes au palisson, on les étend l’une après l’autre sur une table en bois recouverte d’une feuille de plomb ou de zinc, ou sur une grande planche. La table ou la planche forme un peu le dos d’âne de sorte que la peau paraît un peu élevée suivant la ligne dorsale. On efface bien tous les plis en frottant la peau avec une petite racloire en bois de cormier, puis, au moyen d’une brosse à longs poils, on applique sur toute la surface qui doit être teinte une couche de couleur aussi unie que possible.
- La couleur appliquée, les peaux sont portées sur des métiers spéciaux où elles sont poncées, puis portées à l’étendoir où elles sèchent. Quand elles sont suffisamment sèches on les ouvre au palisson, on les remet sur la table ou la planche, on leur donne une seconde couche de couleur et on les porte de nouveau au séchoir.
- Pour la ganterie commune, deux couches suffisent généralement, mais pour la ganterie fine on en donne une troisième suivie naturellement d’un séchage et d’un palissonnage. A suivre.
- . ELLE
- NOUVEAU MODE
- de préparation de l’eau «le javelle.
- On recommande l’emploi du bicarbonate, de soude en excès, de préférence à celui de la soude pour la décomposition du chlorure de chaux en vue de la préparation en grand de l’eau de javelle.
- Il se produit un précipité cristallin très fin de carbonate de chaux, dont il est très facile de séparer par décantation la liqueur surnageante, tandis qu’avec la soude, le mélange forme une espèce d’émulsion se déposant difficilement. En outre, un léger excès de bicarbonate de soude dans le liquide décolorant, n’est nullement nuisible.
- Cette eau de javelle blanchit parfaitement, et en fort peu de temps, toute espèce de tissus de lin et de coton, blancs ou écrus.
- (Apotheker Zeitung.)
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- THÉORIE
- de la teinture des fibres textiles
- Réponse à M. Gustave ENGEL.
- Par M. le Dr L.-L. Lembert. (I)
- (Extrait du Teætile coloriste de Lyon.)
- — Suite —
- Si la longueur des tubes était seulement un peu supérieure, ou égale ou inférieure à celle du diamètre des tubes, on pourrait admettre des phénomènes de réaction entre les divers liquides auxquels ils seraient soumis, mais alors il est probable que les lavages entraîneraient les liquides colorés et laisseraient les tubes sans coloration. Il est à remarquer que l’immersion dans des liquides chauds ou bouillants faciliterait encore le dégorgement des tubes et serait loin d’aider au dépôt de matière colorante comme dans les opérations de teinture.
- Donc, la capillarité ne peut en aucune manière servir de base à une théorie scientifique de la teinture.
- Pour donner une théorie vraie, indiscutable de la teinture, il faut d’autres faits, nous allons voir s’il est possible de l’établir.
- Teinture de la soie. La soie décreusée est un fil d’une longueur indéfinie, dans lequel le micros-crope est impuissant à découvrir la moindre soin • tion de continuité. Il est plein et parfaitement homogène dans toutes ses parties, comme on peut s’en assurer sur de fines lames obtenues par des coupes tranversales -, il est donc absolument impossible de la comparer à un tube capillaire. Elle est hygrométrique dans une assez forte proportion ; elle est poreuse.
- Les études micrographiques que j’ai faites sur la teinture de la soie, études qui ont été résumées par mon élève M. Marius Moyret, dans son traité de la teinture des soies, pages 153 et suivantes, établissent de la manière la plus positive :
- 1° Que la soie se teint par absorption de matières solubles, en allant de la circonférence an centre du brin ;
- 2° Qu elle peut absorber simultanément et de la même manière plusieurs matières colorantes, mélangées dans le même bain ;
- 3* Que lorsqu’elle est saturée d’une matière tinctoriale, elle peut en absorber une seconde, voire même une troisième et au-delà sans pouvoir préciser le nombre de substances absorbables ;
- 4° Qu’ayant absorbé une substance chimique, comme le rouil (I) (sulfate de peroxyde de fer), elle peut en absorber une seconde produisantpar double décomposition un composé insoluble, le cyanure jaune, par exemple, qui produit du bleu de Prusse. Le mécanisme est toujours le même ; la soie étant saturée de rouil, le cyanure forme du bleu au fur et à mesure de sa pénétration dans le brin, de la circonférence au centre.
- Évidemment la capillarité n’a rien à voir dans la teinture de la soie, c’est la porosité qui joue le rôle capital; les affinités de la soie pour les substances tinctoriales, conséquences de sa composition chimique, complètent la théorie qui est ainsi assise sur des bases inébranlables.
- La laine, les poils, les cheveux, ont passé et passent peut-être encore pour être des tubes, je ne le crois pas. J’ai étudié au microscope des coupes transversales de cheveux et je ne suis pas parvenu à y découvrir de vide central. Mais même
- (1) J’ai le premier employé l’orthographe rouil, pour indiquer le produit liquide qu’on connaît en teinture sous ce nom. Cette orthographe a été contestée à propos du traité de teinture de M. Moyret qui l’a adoptée. Voici pourquoi je l’ai employée. Indépendamment de ce qu’il n’était pas rationnel d’employer la même orthographe pour désigner la rouille, peroxyde de fer hydraté qui se produit à la surface du fer par l’action de l’air humide et le roui l, sel de péro-xyde de fer employé en teinture, il faut observer que tous les substantifs français termines en ouille sont féminins, sans exceptions ; par contre tous les substantifs français terminés en ouil, sont masculins. Il est vrai qu’il ne nous reste plus que le mot fenouil, mais nous en avons eu les mots genouil, pouil, verouil, et probablement d’autres. On en a fait genou, pou, vérou, mais les dérivés sont restés dans la langue ; s'agenouiller, genoullière, pouiller, pouilleux, ve~ rouiller,
- il serait à souhaiter que la logique et le génie de la langue fussent toujours consultés quand on veut faire du néologisme ; s’il en était ainsi nous n’aurions pas encore des gens qui disent du glycose et Fabre d’Eglantine n’aurait pas créé les trois substantifs masculins nivôse, -pluviôse, et ventôse, avec lesquels le glycose est venu former un quatuor de barbarismes qui font hurler le génie de la langue française. En effet, tous les substantifs français terminés en ose, sans exception (sauf les quatres barbarismes que je viens d’indiquer) sont féminins. On pourrait peut-être m’objecter qu’on dit le rose, comme on dit le rouge, le bleu, etc., mais ne voit-on pas qu’ici le mot rose n’est autre chose que le nom féminin delà fleur dont on fait un adjectif. Dans ce cas, il y a ellipse d’un substantif ; si on dit simplement le bleu, le rose, c’est que le mot ton est sous-entendu, le ton bleu, le ton rose, autrement on dirait la couleur bleue, la couleur rose.
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- en admettant que ces productions fussent des tubes, il est certain qu’ils ne seraient pas des tubes ouverts des deux bouts, ce qui est une condition indispensable pour produire des effets de capillarité ; ils seraient au contraire des tubes fermés des deux bouts, condition qui exclut le phénomène. Donc, la laine et les autres produits analogues se teignent par absorption de la matière colorante, comme la soie en vertu de leur porosité et de leur affinité pour les matières tinctoriales.
- Le coton, le chanvre, le lin, etc. Ici nous avons affaire à des cellules végétales, qui sont creuses, il est vrai, dont la longueur est considdrable par rapport à leur diamètre, c’est vrai, ce qui peut les assimiler à des tubes capillaires ; mais ce qui est encore vrai c’est qu’elles sont closes de toute part, sauf le cas de rupture, ce qui est, on ne peut en douter, une condition exclusive de la capilarité, à moins qu’on admette, ce qui est inadmissible, que toutes ces cellules ont été rompues de manière à produire des tubes ouverts des deux bouts. Et quand même, par impossible, cela aurait lieu, il arriverait ce que je signalais plus haut à propos des tubes de verre, à savoir que les tubes étant déjà pleins du liquide absorbé dans les opérations préalables à la teinture par l’effet de la capillarité, il n’y aurait plus de place pour un nouveau liquide ; et si ces tubes-cellules étaient pleins de liquide, leurs parois étant imperméables, peut-on croire qu’ils se videraient aussi vite par l’effet du séchage, que le fait le coton, c’est-à-dire par l’effet de l’exposition à l’air pendant un temps relativement court. Certainement, des tubes de verre du diamètre et de la longueur des cellules de coton qui auraient absorbé un liquide par l’effet de la capillarité, ne le perdraient pas dans le même espace de temps.
- Disons donc que le coton n’est pas formé de tubes capillaires, mais bien de cellules closes et poreuses, se teint comme la soie et la laine par l’effet de la porosité qui permet aux liquides tinctoriaux non-seulement de colorer le paroi de la cellule en la pénétrant, mais probablement aussi de s’extravaser dans l’intérieur de la cellule. Dans ce cas, la porosité de la paroi cellulaire permettant à l’eau de s’évaporer, la matière colorante qui pourrait pénétrer dans la cellule à l’état de dissolution, pourrait y rester à l’état solide, d’où une double coloration : coloration de la cellule par absorption de matière. Evidemment la capillarité n’a rien à voir dans tout ceci.
- Comme tout ce que nous venons de dire pour le coton, peut se dire également pour le chanvre, le lin et toutes les autres matières textiles végétales, il faut en conclure que la capillarité est un phénomène physique qui n’intervient en aucune façon dans la teinture des fibres textiles, quelle que soit leur origine, animale ou végétale.
- Arrivons maintenant à la substance qui fait l’objet du mémoire de M. Engel. Cette substance, sable siliceux, est formée de débris de plusieurs infusoires que l’auteur a étudiés au microscope et qu’il a décrits. Mais comme l’étude de toutes ces espèces en particulier importe peu à notre sujet, parlons seulement de celle qui est à beaucoup près la plus importante. C’est un infusoire tubulaire formé d’une série d’anneaux accolés, se désagrégeant très facilement dans une ébullition de peu de durée dans une eau acidulée légèrement au moyen d’un acide énergique.
- Les tronçons formés de 10 à 60 anneaux ne présentent pas de différences notables dans leur diamètre.
- A suivre.
- LE TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES
- La Chambre des députés a déjà voté snr les 157 premiers articles du tarif d’entrée. Nous n’avons pas donné à nos lecteurs les chiffres du projet du gouvernement ni ceux du projet de la commission, mais nous les tiendrons au courant des résultats des votes de la Chambre, sur les marchandises qui concernent les industries tinctoriales et textiles. Voici les droits votés à ce jour :
- TARIF D’ENTRÉE
- Les 100 kilos
- Fr. c.
- Pelleteries brutes................. Exemptes
- Laines (y compris celles d’alpaga, de lamas, de vigogne, de yack, et la poil de chameau)... en masse.... Ex.
- Laines (y compris celles d’alpaga, de lamas, de vigogne, de yack, et le poil de chameau)... peignées ou cardées 1 50
- Laines (y compris celles d’alpaga, de lamas, de vigogne, de yack, et le poil de chameau)... teintes...... 1 50
- Laines (y compris celles d’alpaga, de lamas, de vigogne, de yack, et le poil de chameau)... en déchets.. Ex.
- Crins bruts, préparés ou frisé».... Ex.
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- Poils bruts........................ Ex.
- — peignés de chèvre.......... 10 »» — — autres............. 10 »» — en bottes de longueurs assorties 10 »» Soies en cocons....................•... Ex. — grèges et moulinées.............. Ex.
- — teintes, à coudre, à broder ou autres Ex.
- Bourre de soie, en masse, peignée. Ex. Huiles fines, d’olives 4 50
- — — autres que celles concrètes .......................... 6 »»
- Gommes.................. ............ Ex.
- Bois de teinture en bûches........... Ex. —....................................— moulus............................ Ex. Coton, en laine ou...................non égrené......... Ex.
- — en feuilles cardées ou gommées (ouate)....................... 10 »»
- Lin et chanvre bruts, teillés, peignés ou en étoupes. Ex.
- Jute en brins, teillé, tordu ou peigné. Ex.
- Phormium tenax, abaca et autres filaments, végétaux bruts, teillés, tordus, peignés ou en étoupes.... Ex.
- Garance, soit en racine, soit moulue ou en paille..................... Ex.
- Gurcuma enracine ou en poudre. . Ex. Quercitron Ex.
- Lichens tinctoriaux.............. Ex.
- Sumac, fustet et épine-vinette, (éco-cies,'feuilles ou brindilles entières ou moulues) Ex.
- Noix de galle et avolanèdes entières, concassées ou moulues................ Ex. Autres racines, herbes, feuilles, fleurs, baies, graines et fruits propresàla teintureet au tannage. Ex.
- BULLETIN FINANCIER
- EXPLOITATION INDUSTRIELLE et commerciale d’un nouveau procédé de fabrication de savon à froid
- Breveté s. g. d. g. (suite.)
- Comparaison et avantages du nouveau procédé (1)
- Saponification.
- — La première opération du procédé marseillais consiste à émulsionner, ou, en terme géné-
- (1) Pour faciliter la comparaison, les paragraphes précédés de la lettre a se rapportant à la méthode ordinaire, et aux piocedes de la lettre b au nouveau procédé.
- rique, empâter la matière grasse avec des lessives de soude faibles.
- Cette opération se fait par ébullition et demande 30 à 40 heures. Pendant tout ce temps on doit ajouter des lessives afin d’entretenir dans la chaudière une quantité de lessive suffisante à un empâtage complet de toute la matière grasse.
- L’empâtage terminé, on ajoute, à la masse, des lessives à 15° B. contenant 10 à 12 0/0 de sel marin et on fait bouillir pendant 12 heures, après 12 heures de repos on soutire les lessives déposées qui sont alors épuisées.
- Après le soutirage des lessives d’empâtage, on verse sur la pâte de savon un volume, égal à celui qui vient d’être retiré, de lessive forte de 20 à 22° B. On fait bouillir pendant 12 à 15 heures pour faire absorber au savon un excès de soude. On laisse reposer 12 à 15 heures, après ce repos on soutire toutes les lessives retenues par la pâte. .
- b. — 1° Le nouveau procédé consiste à émulsionner la matière grasse par solution aqueuse de savon dans des proportions déterminées.
- Cette émulsion est instantanée.
- 2° On y ajoute, en agitant légèrement, une lessive composée de soude et de sulfate de soude. Cette lessive est calculée pour représenter la quantité d’alcali nécessaire à la saponification du corps gras.
- La masse, qui s’épaissit beaucoup aux premières effusions de lessive devient plus liquide au fur et à mesure des additions suivantes. Elle prend une consistance de crème claire. On la laisse 12 heures en repos.
- 3° Le savon est devenu ferme, mais facile encore à rendre plus fluide au moyen d’un agitateur placé dans la chaudière ; après dix minutes d’agitation, la masse de savon se compose de grains fins nageant dans une lessive limpide. On laisse le tout en repos pendant 48 à 60 heures, temps nécessaire pour que la saponification soit complète.
- Le savon est alors devenu solide et résistant au toucher.
- Le temps de repos écoulé, on chauffe le savon à la vapeur. Lorsque la température est arrivée de 75 à 80° C, qu’elle est uniforme dans toute la masse, le savon se sépare de la lessive et la surnage en gros grains translucides. On laisse reposer 6 heures, après quoi on soutire exactement toute l’eau mère par le robinet du fond.
- Cette eau mère est mise de côté; elle se compose
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de sulfate de soude, employé dans la lessive, d’un peu de soude caustique et de toute la glycérine contenue dans le corps gras.
- Réglage.
- a. — Le réglage a pour but de débarrasser le savon de tout excès de lessive non combinée. Pour cela on verse dans la chaudière un volume de lessive égal à 2/3 ou 3/4 du corps gras employé. Cette lessive marque 4 à 5 B.
- L’ébullition est entretenue pendant 10 à 12 heures en brassant fréquemment. On reconnaît que l’opération est terminée, en soutirant uu peu de lessive, dont le degré après refroidissement, doit être double de celui des lessives primitives.
- A ce moment l’opération doit être terminée. On laise le produit en repos pendant 48 heures.
- Il se sépare en trois couches :
- 1° — Couche inférieure, contenant les lessives.
- 2 — Couche moyenne, composée d’un produit noir, appelé : Nègres.
- 3° Couche supérieure, composée de savon recouvert d’une couche d’ÉcuMES.
- Les écumes sont mises de côté pour entrer dans une opération suivante.
- Le savon est coulé dans les mises.
- b. — Le réglage, dans le nouveau procédé, se pratique en ajoutant, à la pâte, brassée et chauffée à80°C., une solution, calculée, de lessive composée comme la première de soude caustique et de sulfate de soude. On chauffe pendant 2 heures sans dépasser 90» C. ; on arrête alors le chauffage et au bout d’une demi heure on soutire par le fond un peu de lessive. Celle-ci doit marquer un tant pour 100 ; dans le cas où elle serait au dessous on ajoute un peu de lessive ; au-dessus on ajouterait un peu d'eau.
- Le savon chaud de 80 à 90° est laissé en repos pendant 28 à 30 heures en le garantissant d’un refroidissement trop brusque.
- Le repos terminé, la masse, sauf une très légère couche d’écumes, ne se compose que de savon pur et clair surnageant une lessive limpide. On fait écouler la lessive et à sa suite le savon qui peut passer directement aux mises.
- On voit que par ce procédé on obtient un savon pur et sans nègres, ni écumes et que les lessives sont claires et limpides.
- Glycérine.
- a. — Dans le procédé marseillais la glycérine est perdue.
- b.—Dans le procédé nouveau les eaux mères obtenues après la première opération et contenant toute la glycérine, subissent un traitement chimique des plus simples, au bout duquel après évaporation, le produit refroidi, marque 28° B. et se compose de glycérine.
- Résumé
- Avant d’entretenir nos lecteurs de ce nouveau procédé et de leur proposer de s’intéresser dans son exploitation industrielle et commerciale, nous en avons fait vérifier la valeur et l’exactitude par un chimiste expert pour les corps gras. Les expériences ont été faites avec une quantité de corps gras suffisante (20 kil.) pour être industrielles. Elles ont été répétées sur trois corps gras différents et en suivant scrupuleusement le procédé breveté. Les conclusions du rapport fait à ce sujet par le chimiste expert consignées dans un tableau compararatif des dépenses et rendement pour convertir 1000 kil. de corps gras en savon (1), établissent les économies suivantes en faveur du nou
- veau procédé :
- 1/2 sur le combustible, 300 kil. à 2 fr. 50 ............................ 7 50
- 1/2 sur la main-d’œuvre, à hommes à A fr. 50 ........................... 18 00
- Rendement en plus 80 kil. de savon àOfr. 70 ............................. 56 00
- Glycérine, 80 kil. à 0 fr. 50 . . 40 00
- 121 50
- Ces 121 fr. 50 représentent la différence des bénéfices en plus des bénéfices nets réalisés par le procédé ordinaire. Ces derniers étant d’environ 5 à 6 p. 100 par 100 kil. de savon, soit 75 à 80 fr. pour 1500 kil. de savon. Le bénéfice net total, résultant de l’emploi du nouveau procédé, sera donc d’environ 200 fr.
- Dans le prochain numéro nous établirons le programme de l’exploitation industrielle et commerciale de ce nouveau procédé, et l’évaluation des bénéfices à retirer par les personnes qui apporteront à l’inventeur le concours de leurs capitaux.
- P. B.
- (1) 1000 kil. de corps gras rendent en savon par le procédé ordinaire 1.500 kil. et par le nouveau procédé 1.560 kil.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- G. Imp. Colin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 9. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Mai 1880.
- SOMMAIRE
- La Ramie, nouveau textile soyeux. — Théorie de la teinture des libres textiles : Réponse à M. G. ENGEL, par
- M. le Dr L.-L. Lembert (lin).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Noir uni sur coton en pièces ou lustrine. •- Teinture pour chapellerie : Noir, gris, gris-noir. — Chiffonnage : Le nettoyage au mouillé et le nettoyage à sec, par M. A. Barbé.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Procédé nouveau applicable à la teinture. — Apprêtage des tissus.
- ACTES OFFICIELS. — Echange des mandats-poste entre la France et les Etats-Unis. — Modification à lalo; des brevets en Autriche-Hongrie.
- BULLETIN FINANCIER : Exploitation industrielle et commerciale d’un nouveau procédé de fabrication de savon à froid.
- REVUE DES MARCHÉS.
- LA RAMIE
- Nouveau Textile soyeux
- M. A Léger, ingénieur des arts et manufactures, a fait dernièrement, à la Société des sciences industrielles de Lyon, une importante communication, sur un nouveau textile soyeux, la Ramie. Nous extrayons de ce très intéressant document les passages qui suivent:
- L’agriculture, dans le midi de la France, dans les contrées les plus fertiles de notre pays, traverse à cette heure la plus terrible des crises qu’elle ait jamais subies : tous les produits qui faisaient sa richesse et la nôtre, lui manqueront, du même coup, le vin, la garance, la soie; pour cette grande région, l’avenir s’annonce très sombre.
- Le phylloxéra a déjà ruiné totalement les vignes de quatre départements, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, et avec elles une production annuelle de 10 millions d’hectolitres de vin, valant, au bas mot, 100 millions de francs!
- Et pour guérir le mal, pour seulement enrayer ses progrès, on n’a encore trouvé, il faut le reconnaître, aucun remède topique, tout ou plus des pal-iatifs précaires et incertains -, on lutte, on dispute le terrain à l’insecte, on réussit a prolonger d’une année ou deux l’existence des souches attaquées, mais on ne sait pas les sauver.
- Par surcroît, la garance, devant la concurrence éciasante ae l alizarine artificielle, a perdu 60 0(0 de sa valeur et ne rénumère plus les frais de cul-ture ; les vers a soie en proie à la pébrine ou à la
- gâtine ne fournissent plus aux campagnes leur appoint précieux.
- En désespoir de cause, quel parti reste-t-il donc à tirer de ces terrains si riches, capables de grandes cultures et de grosses productions, qui sont une part de notre fortune nationale ?
- Faire des prairies ; mais, sous le soleil du midi, il faut un élément plus indispensable que partout ailleurs, de l’eau, et les moyens d’arrosage sont absolument insuffisants. Tous ceux qui l’ont pu se sont bien empressés de créer des prairies, et de l’accroissement de cette production est déjà résulté un avilissement sensible des prix de vente. Sur les coteaux pierreux dont s’accomodait si bien la vigne, la prairie est d’ailleurs impossible.
- La culture du blé n’est pas rénumératrice à la porte de Marseille, ce centre des grands arrivages des céréales d’Egypte, de Turquie, de Russie, dont la concurrence déprime les cours à une très longue distance.
- Pour utiliser les anciennes distilleries de vin et de garance, on a pensé naturellement à acclimater la betterave ; mais cette racine craint énormément la sécheresse, et deux années sur trois le cultivateur est menacé de résultats désastreux.
- Le colza ne réussit pas mieux.
- Le chanvre et le lin réclament un sol et un climat humides.
- Dans la série, pourtant assez longue, de nos grandes cultures industrielles, on n'aperçoit rien qui puisse relever cette belle contrée de sa ruine présente.
- Dans cet ordre d’idées, en présence delà situation qui s’annonçait déjà mauvaise à cette époque, nous
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- avons des premiers, en 1873, étudié et entrepris dans la région du Midi, la culture d’un nouveau textile originaire de Java et de la Chine, la Ramie.
- L’histoire de ce textile qui, entre tous, prend sa place le plus près de la soie, nous a semblé ne pouvoir manquer d’intéresser des industriels lyonnais.
- Caractères botaniques.
- La ramie ou le ramié appartient à la famille des urticées : c’est une ortie sans dards. Cette plante vivace pousse des tiges droites, non pas isolées comme celles du chanvre ou du lin, mais réunies en touffes. Les feuilles, qui rappellent tout à fait celles de l’ortie, avec de plus grandes dimensions et un vert plus franc en dessus, sont cordiformes, à dents de scie sur les bords et à trois nervures.
- En octobre, dans la région du midi apparaissent des fleurs unisexuelles et monoïques, à tête globuleuse, groupées autour de la tige en pannicules axillaires. La floraison ne se produit pas dans le Nord, en Belgique, en Hollande.
- On distingue deux sortes de ramies caractérisées principalement, l’une, l'urtica candicans, originaire de la Chine, par le dessous blanc argenté de ses feuilles :
- L’autre, l'urtica viridis, venue de Java, par le dessous vert grisâtre. La ramie ne doit pas être confondue avec le china-grass ou bœhemeria.
- La tige est formée d’une chènevotle creuse, très cassante, remplie d’une matière médullaire, et entourée de la gaine défibrés que recouvre une mince couche corticale rougeâtre. Les fibres sont agglomérées entre elles par une matière gommo-rési-neuse, plus difficile à dissoudre que celle du chanvre et du lin.
- La chènevotte, étant facilement cassante, la séparation de la filasse ou le broyage de la tige se fait facilement,même avant tout rouissage; mais le rouissage ou la dissociation complète des fils est par con tre plus difficile que pour nos textiles indigènes, en raison de la plus grande adhérence de la gomme dont nous avons parlé.
- Plantation
- Dans les pays d’origine, la ramie se propage d’elle même, on peut la reproduire par semis, par boutures, par marcottes ou par éclats.
- La reproduction par semis, même sous cloche, est très difficile et très lente sous notre climat; la
- propagation par marcottes et surtout par éclats est de beaucoup préférable.
- Cette plante est extraordinairement vivace, elle ne se resème pas chaque année comme le chanvre et le lin ; elle est perpétuelle, et devient de plus en plus vigoureuse et féconde.
- Elle ne redoute ni la sécheresse ni l’humidité, elle ne craint que la gelée, et encore, après cette épreuve, repousse-t-elle à nouveau, grâce à la longueur de ses racines qui s’enfoncent jusqu’à 0 m. 30 de profondeur, hors de l’atteinte du froid.
- Les tiges ont une croissance annuelle qui varie, avec le climat, de 2 mètres dans le Nord, à 2 mètres 50 ou 3 mètres dans le Midi ou l’Italie, 4 mètres en Algérie, et jusqu’à plus de 5 mètres au Bengale, en Chine et dans les pays tropicaux.
- Comme on coupe les tiges à chaque poussée de 1 mètre à 1 mètre 10 de longueur, on obtient ainsi, annuellement, suivant les pays, de 2 à cinq coupes successives.
- Le climat de notre région méditérannéenne convient très bien à cette plante et lui offre de bonnes conditions moyennes de végétation.
- Dans des terres d’alluvion, sablonneuses et légères, à sous sol frais, nous avons obtenu jusqu’à 3 coupes de 1 mètre 20 chacune. Mais, contrairement à ce que l’on a souvent prétendu, la plante nous parait s'accomoder dénaturés de sol aussi bien que de climats assez extrêmes, avec des rendements seulement un peu variables; ainsi sur nos conseils, on l’a acclimatée avec succès dans les terrains caillouteux et arides, formés de poudingues à peine superficiellement ameublis de la Crau, dans des conditions aussi opposées que possible à celles que nous lui avons offertes sur les bords du Gardon.
- Si nous rappelons que, d’autre part, elle vit également bien en Belgique et au Bengale, nous pouvons, en conséquence de ces faits, poser en principe que la ramie est assez vigoureusement constituée pour croître partout.
- Avec sa végétation exubérante de liges et de feuilles, elle épuise fortement le sol : elle exige de bonnes fumures, et parmi les engrais chimiques réclame surtout l'azotate de soude, le chlorure de sodium et la chaux. C’est la seule sujétion qu’impose sa culture ; car, pour le reste, elle est fort peu exigeante, comme nous allons le montrer.
- Culture.
- La terre ayant été labourée de 0 m. 25 centim.
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- de profondeur, on plante à toute époque, mais après les gelées, dans des sillons tracés à un mètre de distance, les éclats à 0 m. 80 ou 1 m. les uns des autres. Dix mille plants garniront complètement un hectare.
- Pendant la première année, on sarclera les mauvaises herbes autour des jeunes plants, mais dans dans les années suivantes cette précaution sera absolument inutile, car la végétation sera tellement puissante qu’elle se chargera d’étouffer toutes les plantes parasites ; il suffira alors de donner en mai un labour superficiel entre les lignes, un léger binage autour de chaque pied après chaque coupe, et un buttage avant l’hiver pour protéger la racine contre les gelées.
- Pour chaque plant, la première pousse donne en en général 3 ou 4 tiges, la deuxième 6 à 8, la troisième 10 à 12, la quatrième 16 à 20 ; comme après chaque poussée on peut détacher autant d’éclats que de tiges, on voit avec quelle étonnante rapidité on peut propager celte culture, même en ne disposant à l’origine que d’un petit nombre de sujets.
- La filasse obtenue de la première coupe annuelle est moins fine et moins douce que celle des suivantes.
- La feuille verte est fort nutritive, le bétail la mange volontiers. Séché, elle peut fournir une excellente pâte à papier, très fibreuse et très résistante.
- Production
- Quand la ramie aura pris la place qu’elle mérite dans la consommation et dans nos mœurs, sa culture pourra rendre aux agriculteurs les magnifiques produits de 1,500 à 2,000 fr. par hectare auxquels la vigne les avait doucement habitués.
- Trois coupes pourront donner par hectare jusqu’à :
- 40 à 45,000 kilog. de tiges vertes effeuillées., ou 7 à 8,000 kilog. de fibres vertes,
- ou 2,000 à 3,000 kilog. de fibres sèches,
- ou 1,500 à 2,000 kilog, de filasse rouie, qui donneront plus tard aux industriels de 12 41600 kilog.de filasse blanche peignée. On a, par surcroît, de 4 à 500 kilos de feuilles sèches qui peuvent payer une bonne part des frais de culture. Ces rendements sont environ le quadruple de ceux que donne le lin.
- Les tiges vertes effeuillées peuvent se vendre de 4 à 5 frs. le quintal métrique, ce qui représenterait un produit annuel de 1600 à 2,250 frs. par hectare, obtenu avec une dépense en façons,
- fumure et frais de récolte ne dépassant pas 600 francs.
- Et encore ce prix de4 à 5 frs. est-il extrêmement bas, car il ne ferait ressortir qu’à moins de 1 fr., augmenté des frais de rouissage et de teillage qui sont très faibles, le kilogramme d’une filasse bien supérieure à celle du chanvre ou du lin qui vaut, elle, plus de 1 f. 30 !
- Les industriels anglais et belges achètent la filasse de ramie importée de la Chine, jusqu’à 1 fr. 75 le kilog. ; le blanchiment, le peignage et le filage de ce précieux textile laissent entre les mains de beaux bénéfices, car ils le revendent filé, suivant les numéros, de frs. 7,40 à 10 frs. le kilogramme.
- Agriculteurs et filateurs trouveraient donc largement leur compte au développement de la culture nouvelle que nous préconisons.
- Les tiges étant récoltées et séchées, nous devons vous exposer brièvement, messieurs, les divers traitements que doivent leur faire subir les cultivateurs d’une part, les industriels de l’autre, pour en tirer ces écheveaux de fils blancs, nacrés, fins et doux comme la soie, que nous avons l’honneur de vous présenter.
- Rouissage
- Le sève gommo-résineuse qui assemble les fibres entre elles et se rencontre dans la ramie en plus grande proportion que dans les autres textiles, rend l’opération du rouissage un peu plus longue ; on opère même souvent deux rouissages successifs pour débarrasser les fibres plus complètement.
- Pour ce rouissage, on peut procéder par fermentation rapide ou par fermentation lente, soit sur les tiges sèches, soit sur les fibres détachées préalablement de leur chènevotte par un broyage, un battage ou bien un froissement énergique à la main. Ce rouissage demande toutefois à être prudemment conduit pour ne pas altérer la fibre.
- En Belgique, on a considérablement amélioré le rouissage qu’on a réussi a rendre plus rapide, plus sûr et plus salubre.
- On emploie là de grands bassins cubiques cimentés, de 2 à 4 mètres de côté ; on entasse et on charge les tiges sèches dans ces routoirs, puis on les remplit d’eau qu’on maintient par un faible chauffage à la vapeur ou à renouvellement d’eau chaude à la température régulière de 25° pendant 2 ou 3 jours pour le lin et le chanvre, 5 ou 6
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- pour la ramie ; on ajoute dans le bain 1[2 010 du poids des tiges de charbon pulvérisé et autant de carbonate de potasse ou de soude. On couvre soigneusement les bassins pendant l’opération.
- La désagrégation se fait par la dissolution de la matière gommeuse, la fermentation putride se développe peu ; la fibre ne risque pas d’être attaquée et les exhalaisons ammoniacales et insalubres sont à peu près totalement supprimées.
- Au sortir desroutoirs, on fait sécher les tiges sur des claiesou debout en faisceaux coniques, avant de les livrer au teillage.
- Teillage
- Le teillage, autrefois si péniblement pratiqué à la main, s’opère maintenant intégralement à la machine, et c’est un progrès considérable au point de vue de l’économie, de la régularité et de l’hygiène.
- Pour le macquage ou concassage de la chène-votte, on broie les tiges réunies entre quatre paires de cylindres lisses qui écrasent le bois central. L’espadage ou séparation des débris de chènevotte s’opère sous une seconde broyeuse composée de deux paires de cylindres cannelés à mouvement différentiel qui hachent et froissent les fibres et les débarrassent des trois quarts de la chènevotte.
- Vécanguage ou teillage proprement dit, qui pur-ge les fibres des derniers débris de bois et d’écorce achève la séparation de tous les fils et les assouplit, est fait par une troisième machine ; c’est un cuvier ou tambour cylindrique de 2 m. 50 de diamètre et de 1 mètre dehauteur, fermé à ses deux fonds; suivant son axe, un arbre vertical animé d’une grande vitesse promène près du fond supérieur 12 à 14 rayons terminés par des palettes qui vien-viennent fouetter, frapper, secouer et assouplir les poignées d’étoupes qui leur sont présentées par un certain nombre de lumières pratiquées dans ce fond supérieur ; un ventilateur en communication avec ces tambours aspire toutes les poussières et les rejette hors de l’atelier.
- Blanchiment et Peignage
- La filasse rouie et teillée obtenue est livrée à l’industrie pour être blanchie, peignée et filée.
- On la lessive et la blanchit dans une lessive chaude et faible de chlorure de chaux additionnée d’un peu d’huile ; puis on la peigne sur les mêmes métiers que la laine et le lin en ayant soin de graisser les peignes avec une dissolution savonneuse et . un peu d’huile.
- -
- Dans toutes les opérations précédentes, les fibres brutes sèches ont perdu, du rouissage au peignage, 70 010 de leur poids.
- Filage, tissage et teinture
- La ramie peignée se présente sous la forme de fils blancs, nacrés, doux et soyeux.
- Ces fils présentent une résistance à la traction considérable : dans des expériences comparatives faites sur divers fils végétaux à grosseurs correspondantes, on a trouvé, pour les résistances res-pectices la proportion suivante :
- Le meilleur lin ou le bon chanvre de Russie. 80
- L’aloès . ....................................95
- La ramie .
- to Ot
- On peut avec la ramie fabriquer des tissus soyeux et fins dont les plus fines batistes n’approchent pas , Aussi bien, les Chinois savent en faire des vêtements incomparativement plus durables que ceux en chanvre ou en coton et pour ainsi dire inusables: on en donne pourpreuve que, malgrél'excellence des teintures chinoises, on peut faire reteindre jusqu’à 3 ou 4 fois le même vêtement avant son usure complète. On en fait même des filets de pêche, et dans l’étonnement des voyageurs qui ont cru voir en Chine de la soie partout, jusque dans la blouse de l’ouvrier ou la voile des navires, il pourrait bien n’y avoir qu’une illusion provoquée par la ressemblance étonnante de la ramie avec la bourre de soie.
- La ramie se file sur les métiers à lin.
- Pour le tissage, on doit fortement encoller les chaînes parce que les fils tiès soyeux glissent facilement les uns sur les autres, se détordent et se séparent sous la tension des ensouples et l’effort des battants.
- La ramie se teint mieux que le lin, mais moins bien que le coton ; il fautmordancer pour avoir des couleurs solides.
- Mélangée à la soie, elle ménage sans doute des | effets absolument nouveaux.
- Nous pensons que coproduit nouveau est appelé à prendre une place importante dans notre indus
- trie française.
- L’opération du rouissage,si elle n’est pas conduite avec une extrême habileté, altère la résistance et la qualité de la ramie ; d’après des expériences récentes, on opérera avec une sécurité beaucoup plus grande en décortiquant les tiges à sec.
- Cette opération peut se faire à la main ; mais une
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- machine spéciale, due à MM. Labérie et Berthet, de la Nouvelle-Orléans, exécute cette opération d’une façon plus régulière et plus parfaite. Cette décor-tiqueuse se compose de deux cylindres cannelés horizontaux qui broient et froissent les tiges sèches-, ces broyeurs sont servis par une grande roue horizontale qui présente et retire plusieurs fois les tiges saisies et maintenues entre sa jante creusée en gorge et une corde tendue par un ressort.
- Cette machine mue par un manège ou une loco-mobile et servie par trois hommes peut traiter 600 kilog. de tiges sèches et donner 150 kilog. de filasse par jour. Cette filasse vaut, à Londres, de 1 fr.25 à 1 fr.30 le kilog, suivant la qualité, quand, décortiquée à la main, elle ne vaudrait que 0 fr.75 à0fr.80.
- ( Journal des fabricants de papier)
- > 21.120003 THEORIE
- de la teimture des fibres textiles
- Réponse à M. Gustave ENGEL.
- Par M. le Dr L.-L. LEMBERT.
- (Extrait du Teætile de Lyon.)
- — Fin —
- Les mensurations de l’auteur lui ont donné un diamètre intérieur de 0mm001 56 et des longueurs de tronçons d’infusoires dont le plus court était de 0mm093et leplus long de 0mm172,d’où il résulte que le rapport du diamètre intérieur du tube à sa longueur est comme 1:60 pour le pl us court et comme 1:120 pour le plus long.Nous pouvonsdonc dire qu’en moyenne le diamètre intérieur des tubes est à leur longueur comme 1 : 90 pour les tubes entiers et comme 1 : 9 ou .18 pour les anneaux isolés.
- Or si l’on prend des tubes de verre dans ces conditions, je dis qu’on ne pourrait pas les teindre et cela pour les raisons que nous avons énumérées Plus haut.
- Mais ne saute-t-il pas aux yeux des moins clairvoyants que les tubes d’infusoires de M. Engel se teignent comme la soie, la laine et le coton parce qu'ils sont poreux et que la teinture de ces tubes ne serait pas possible s’ils n’étaient pas poreux. En effet.
- Nous connaissons l’origine organique des sables dont il est question, seulement nous ne savons pas
- si cette origine est végétale ou animale, mais ceci importe peu. Nous ne savons pas non plus si cette silice faisait primitivement partie des infusoires ou si elle est le résultat d'une substitution moléculaire, mais nous allons voir que le résultat définitif doit être le même dans les deux cas.
- Si l’infusoire était primitivement siliceux, il l’était très probablement pour ne pas dire sûrement, de la même manière que les coquillages sont calcaires, c’est-à-dire que la silice y était unie à de la matière organique laquelle en se détruisant à laissé de la silice poreuse.
- Si au contraire, il y a eu substitution de silice à une matière organique, il est encore très probable que la matière organique poreuse a donné lieu à de la silice poreuse.
- Mais il y a plus, il est très probable aussi que toute la matière organique préexistante n’a pas été détruite et que la quantité de matière organique restante n’est pas étrangère à la propriété qu’a ce sable de pouvoir être teint. C’était une question à trancher et il est regrettable que M. Engel n’y ait pas songé.
- Une raison pour croire qu’il reste encore de la matière organique surtout entre chaque anneau, c’est la facilité avec laquelle ils se séparent par l’action de l’eau acidulée avec un acide énergique et portée à l’ébullition. Il y a un moyen bien simple de s’en assurer, c’est l’action du feu. Du reste, tout en admettant que la matière organique qui accompagne le silice soit pour une part importante dans la propriété de ce sable d’absorber les ma-tiètes colorantes, on pourrait bien admettre aussi que cette propriété ne serait peut-être pas anéantie par le fait de la destruction de cette matière, mais qu’elle serait beaucoup diminuée, sa porosité pouvant suffire pour la lui conserver dans une certaine mesure. Cependant je n’oserais pas me porter garant du fait, c’est une vérification à faire.
- Quant à la matière colorante vue dans les tubes, sa présence s’y explique très bien par la porosité de la paroi qui permet au liquide coloré de pénétrer dans l’intérieur et de s’y dessécher.
- De tout ce qui précède, je crois être en droit de pouvoir affirmer :
- Ie Que la porosité est la principale cause de l’absorption des matières colorantes par les fibres textiles, sans la porosité il n’y a pas de teinture ossible ;
- P 2° La composition chimique vient en second
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- lieu. C’est elle qui détermine les affinités des fibres textiles pour les matières colorantes ;
- 3° En dehors de la porosité proprement dite, la structure physique d’une matière quelcon que ne saurait être invoquée en aucun cas pour expliquer le fait de la teinture ;
- 4° Les corps qui, en vertu de leur structure contiennent des vides appréciables à l’œil nu ou au microscope, peuvent bien loger des matières colorantes ou colorées dans ces mêmes vides, mais ces dépôts ne pourraient jamais être assimilés à de la teinture proprement dite, et il ne peut en être tenu compte que comme un accident dans une théorie scientifique de la teinture.
- L.-L. Lembert.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- NOIR UNI SUR COTON
- EN PIÈCES OU LUSTRINE
- Mordançage et teinture.
- 100 litres pyrolignite d’alumine à 4°
- 100 — — de fer à 6°
- Humecter les pièces et les foularder deux fois. Sans sécher, laisser sur le mordant pendant douze heures. Eventer de temps en temps, passer ensuite à la roulette à 30° G. en silicate de soude. Laver, teindre à chaud jusqu’à hauteur de nuance avec décoction de campêche à 4 k. pour 100 mètres d’étoffes de 84 cent. de largeur. Il faut toujours avoir un noir un peu cuivré; on le fait tourner à l’apprêt. Sans rincer, sécher à l’air, apprêter ensuite :
- Apprêt.
- 100 litres de décoction faible de campêche. 500 à 600 gr. graisse.
- 5 kil 500 fécule.
- 3 — 500 amidon blanc.
- 2 litres dissolution de sulfate de fer (c’est-à-dire 7 kil. 500 de sulfate de fer dans 50 litres d’eau ; laisser déposer et employer claire).
- Faire cuire et apprêter à chaud.
- Sécher à la chambre chaude et étendre à l’air pendant vingt-quatre heures.
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- Lies doses sont, pour 6 douzaines de chapeaux de feutre, 18 kil.
- Noir.
- Passer les chapeaux foulés dans l'eau à 50° c.; rincer et mordancer une heure au bouillon avec :
- 1 kil. crème de tartre.
- 0 250 bichromate de potasse.
- 0 100 sulfate de cuivre.
- Laisser sécher, refroidir, et teindre sur bain frais avec :
- 12 kil. campêche.
- 1 — bois jaune.
- 0 100 acide sulfurique.
- Maintenir le bouillon 3/4 d’heure, lever, rincer, sécher, passer à la pierre ponce et apprêter à la gomme adragante.
- Gris.
- Bien laver les chapeaux foulés ; faire bouillir 3/h d’heure dans un bain formé de :
- 1 kil. campêche (bois).
- 0 500 sumac.
- 1 — crème de tartre.
- Lever, ajouter au bain la solution de 250 gr. de sulfate de fer et y manœuvrer une demi-heure les chapeaux, à 45° c. Lever, rincer et finir comme pour noir.
- Gris noir.
- Après avoir bien lavé les chapeaux foulés, les faire bouillir 3/4 d’heure dans un bain formé de : 100 gr. santal (bois).
- 200 —• noix de galle. 1,000 — crème de tartre.
- Lever ; laisser refroidir ; rentrer et brunir suivant nuance voulue avec 250 gr, sulfate de fer.
- Dl M. Beimann, Berlin.
- CHIFFONNAGE.
- Nous recevons d’un de nos abonnés la lettre suivante :
- Monsieur le Directeur,
- J’ai l’honneur de vous adresser les observations qui m’ont été suggérées dans mes relations avec Messieurs les Teinturiers-Dégraisseurs vous priant
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- ce leur donner la publicité de votre journal si vous les croyez dignes d’intérêts pour vos lecteurs.
- Le nettoyage à sec étant, vu sa supériorité sur les résultats obtenus par le nettoyage au mouillé, plus que jamais à l’ordre du jour dans les ateliers de teinture.
- Je m’occuperai tout d’abord de ce travail, prenant comme base de comparaison le prix de revient du travail fait à la benzine et celui fait par le procédé ordinaire pour arriver aux résultats obtenus par chaque procédé et conclure en recommandant celui qui me paraîtra le meilleur tant au point de vue de l’exécution qu’au point de vue économique.
- Du nettoyage des vêtements à la benzine.
- En teinture il y a deux partis bien distincts :
- 1° Les Amis du progrès; —2" les routiniers, quand même et de parti pris.
- Les premiers ont depuis de longues années adopté le nettoyage à sec et se sont installés pour donner à ce travail le plus d’extension possible. Je citerai après Paris, — Rouen — Bordeaux — Nantes — Toulouse et Toulon comme les villes les mieux organisées pour ce genre de travail. A ceux là, les amoureux du beau et du mieux, il n’y a rien à dire, ou plutôt, si il faut leur adresser des félicitations, ce sont les éclaireurs, ceux qui obligent la routine à se traîner péniblement derrière eux, car il faut suivre quand même sous peine de voir le travail déserter la maison.
- Aux seconds, je vais essayer de prouver le mal fondé de leurs scrupules, de leurs manières d’apprécier, de comprendre un travail qu’ils ne savent pas faire ou ne veulent point étudier.
- La première objection faite est que le prix de revient du nettoyage à sec — je veux dire nettoyage à la benzine — est plus élevé que pour le nettoyage au mouillé, ce qui n’est point exact et je le prouve :
- Prenons, comme exemple, un costume d’homme, c’est-à-dire un pantalon, un gilet et une redingote.
- Ce costume, pour être bien fait au nettoyage mouillé, doit être, au préalable, bien battu à la baguette pour faire disparaître le plus gros de la poussière et aussi pour que les taches soient plus apparentes ; après quoi, chaque tache est marquée au savon blanc. Ceci fait, l’ouvrier prendra, dans un vase quelconque, de l’eau tiède saturée d’un peu de carbonate de soude, lavera partiellement
- toutes les taches ainsi marquées, brossera la doublure au savon avec son bain de carbonate, puis rincera à l’eau froide. Il y a des teinturiers qui font ce rinçage à l’eau tiède avec du carbonate, ce qui est mauvais et sans utilité ; lavage enlève la gomme du vêtement et blanchit les bordures ainsi que les piqûres ; c’est donc mauvais.
- Cette première opération terminée, le costume est de nouveau repris par l’ouvrier pour être brossé — avec une brosse de soie — dans son entier, avec un bain de panama saturé d’alcali, lavé de nouveau puis étendu.
- Toutes les maisons qui ont souci de soigner leur travail opèrent ainsi. Eh bien ! j’affirme que, pour toutes ces opérations, il faut, à un bon ouvrier, 1 h. 1/2 de travail, soit pour le temps à 0 fr. 50 l’heure, 0 fr. 75; ajoutez à cela 0 fr. 25 de matière première et vous obtenez, comme prix de revient pour le nettoyage, 1 franc.
- Il y a maintenant la question d’apprêt.
- Pour apprêter ce costume, il faut, au minimum, à un ouvrier actif et habile, 1 h. 1/2 de travail; ce qui me donne encore, pour la main-d’œuvre, 0 fr. 75 c. ; puis 0 fr. 25 c. de combustible, étant plutôt au-dessous du prix réel l’on ne pourra me taxer d’exagération.
- Je résume : pour le nettoyage d’un costume d’homme :
- Main-d’œuvre et matière première 1 fr.
- Apprêt............................1 fr.
- Total : 2 fr.
- Maintenant, suivons la même méthode et voyons quel serait le prix de revient pour le même costume fait à la benzine.
- Je puis avancer, sans craindre d’être taxé d'inex-| actitude — où j’en appellerai aux feseurs—qu’un | ouvrier ordinaire peut très facil ement nettoyer 2 | costumes d’homme à l’heure. La moyenne est de ; plus que cela, dans les maisons bien organisées ; ‘ mais, je veux être large, donc : 2 costumes à | l’heure, ce qui me donne par costume, pour la 5 main-d’œuvre, 0 fr. 25.
- | Comme matière première, en admettant qu’il • faille 1 kil. 500 gr. de benzine par costume, le | prix moyen de ce produit étant de 70 fr. 0/0 k., | cela fait pour 1 kil. 500 gr. 1 fr. 05.
- | Voyons maintenant pour l’apprêt. J’ai affirmé que pour le premier costume il fallait, à un bon ouvrier, 1 h. 1/2 de travail, j’affirmerai de nouveau que, pour le même costume, nettoyé à la ben-
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- zine, le même ouvrier en fera plus facilement le visitage et l’apprêt en uue heure ; soit 0 fr. 50c.,
- plus 0 fr. 25 de combustible.
- En résumant le tout, j’obtiens : Pour la benzine. . .. 1 fr. 05
- Main-d'œuvrepour le nettoyage 0 » 25
- L’apprêt............................... 0 » 50 Le charbon................................................................................................................0 » 25
- Total. . 2 fr. 08
- En fesant la balance des deux manières de faire, je trouve :
- Prix de revient du nettoyage d’un costume d’homme, au mouillé. 2 fr. »
- Prix de revient du nettoyage d’un costume d’homme, à la ben-zine ............................... 2 fr. 05
- Différence . . 0 fr. 05
- Cette démonstration est, je crois, assez probante pour qu’il soit inutile d’insister d’avantage. Non! il n’y a point économie à faire le nettoyage au mouillé et celà parce qu’il faut 3 heures de temps pour le nettoyage et l’apprêt, tandis que pour le sec, 1 h. 1/2 suffit. Donc, économie de temps, ce qui rétablit l’équilibre entre ces deux procédés. Voilà ce qu’il ne faut pas perdre de vue sous peine d’erreur.
- Maintenant, si je compare la différence qu’il y a entre le costume nettoyé au mouillé et celui fait à sec, le résultat sera que celui-ci aura conservé tout son apprêt, tout son cachet de neuf, tandis que celui-là sera flasque, mou, sans soutien, déformé, frippé ; car le brillant du coup de fer disparaît promptement -, en un mot, il n’aura pius de paletot que le nom, ce ne sera qu’une guenille informe, sortant du lavoir.
- Je ne parle pas et c’est à dessein, de certaines maisons qui, par suite du bon marché de leurs prix, sont obligées de sabrer le travail, de mutiler les vêtements en les grattant avec des brosses en chiendent et du bain de carbonate chaud ; ceux-là sont des empiriques faits pour dégoûter le public de donner du travail aux teinturiers; ce sont les pires ennemis du Teinturier-Dégraisseur.
- En prenant, comme point de comparaison, le costume d'homme, c’est-à-dire le vêtement qui, par son absorption, consomme le plus de benzine, j’ai pensé que ma démonstration y gagnerait, en prestige, près des incrédules et des amis du vieux procédé.
- 5 Si j’avais voulu parler du costume de dame, con-i vaincre serait très facile. En effet, que faut-il de | benzine pour nettoyer une robe de cachemire, de soie, ou bien encore un costume complet; c’est tellement insignifiant que, même les plus prévenus, n’osent nier l’impossibilité où ils se trouveraient s’ils n’avaient la ressource du nettoyage à sec. Les voyez vous en présence d’un de ces costumes ou vêtements, vrais chefs-d’œuvre d’élégance, dont nos Parisiennes ont le secret, le mouiller? — impossible! — ce serait s’exposer à le perdre et par suite à le payer. Il faut donc se résigner.
- | Eh bien ! résignez-vous et avouez que ce qui | est supérieur pour l’un l’est également pour l’autre.
- Il y a aussi la question d’installation, dont beaucoup se font un fantôme ; examinons la et voyons ce qu’il faut pour faire une installation passable :
- 1° Un hydro-extracteur ou essoreuse, appareil coûteux, mais aussi indispensable dans un atelier en raison des sèrvices qu’il rend pour accélérer le séchage du travail.
- 2° Trois baquets doublés de zinc pour le foulage et le rinçage.
- 3° Une table, également doublée de zinc, pour le visitage et le brossage des parties sales et des doublures. •
- 40 Un ou deux réservoirs pour la benzine ayant servi ; ces réservoirs sont destinés à laisser reposer et clarifier la benzine après le travail.
- Que peut coûter une installation ainsi comprise ? Une essoreuse 600 fr. ; en y ajoutant 300 fr. pour les baquets, la table et les réservoirs, celà donne une dépense de 900 francs. Pour les teinturiers qui n’ont point d’essoreuse, et ils sont rares, cette dépense n’est donc pas aussi effrayante qu’on peut le croire. Aux grands feseurs, une laveuse est aussi presque indispensable, en raison des services qu’elle rend par l’économie de travail. Mais, quand cette dépense devient nécessaire, il n’en est pas qui ne s’y résignent facilement vu les bénéfices qu'elle procure.
- Toutes les objections examinées et réduites à leur véritable expression, il ne reste plus, je crois, qu’un esprit de routine ou d’ignorance de la part de ceux qui font opposition au nettoyage à sec.
- Voyez les jeunes, leur premier soin n’est-il pas de s’installer pour faire ce travail ; aussi, voit-on presque tous ces débutants créer promptement des maisons très sérieuses et cela au détriment des
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- anciennes -, ce sont les amis du bon travail, ils en sont récompensés par le succès et c’est justice.
- . Du nettoyage à sec appliqué.
- J’ai dit précédemment que, à défaut de laveuse, 3 baquets doublés de zinc étaient nécessaires pour le travail, ainsi qu’une table également doublée de zinc. Ainsi installé. je prendrai le travail et le suivrai jusqu’au magasin, c’est-à-dire quand il sera prêt à être rendu aux clients :
- 1o Tous les gros vêtements doivent être bien battus à la baguette pour enlever le plus gros de la poussière.
- 2° Chaque pièce est prise sur la table et visitée ; les plus grosses taches sont faites partiellement à la brosse-, ceci fait, les doublures doivent être brossées au savon blanc, à sec, exactement comme pour le mouillé, avec cette différence que le bain de carbonate est remplacé par la benzine. Il faut nécessairement pour ne pas perdre cette benzine, disposer la table de façon à la recueillir dans un vase.
- 3° La pièce, ainsi préparée, sera foulée dans un premier bain, puis rincée dans deux autres bains en ayant soin que le dernier soit toujours très clair, seul moyen d’éviter les blancheurs qui ne sont causées que par l’emploi de benzine salé ; la benzine claire ne blanchissant jamais sur les tissus.
- A° En sortant du dernier bain de rinçage, les vêtements doivent être fortement essorés afin d’éviter la perte qui résulterait d’un essorage insuffisant.
- Le travail est ensuite étendu à l’air, puis, autant que possible, dans une chambre chaude pour obtenir une évaporation complète.
- Après séchage, chaque pièce est de nouveau reprise pour être visitée. La benzine n’enlevant que les corps gras, les taches restantes doivent être enlevées au moyen d’une brosse ou d’une éponge, à l’eau ou bien avec un bain d’eau additionné d’un peu d’alcool, suivant la nature de la tache et aussi des tissus et de la couleur que l’on a à traiter. Il y a des taches de colorant qui nécessite l’emploi de crème de tartre, d’acide tartrique, de sel d’oseille, etc.; dans ces cas, le détacheur doit savoir apprécier la nature de la tache et la traiter en conséquence.
- Apres le visitage vient nécessairement l’apprêt, travail spécial qui s’apprend mieux en le pratiquant que par des explications toujours incomplètes.
- Je crois avoir suffisamment développé ce genre de travail pour qu’il soit compris de ceux qui ne le connaisse qu'imparfaitement, trop heureux si mes renseignements sont de quelque utilité.
- A. BARBÉ (1).
- INDUSTRIELLE
- PROCÉDÉ NOUVEAU
- APPLICABLE A LA TEINTURE
- Par MM. SCHUTZEMBERGER et NAUDIN
- — Brevet —
- Les inventeurs s’expriment ainsi :
- Nous avons constaté qu’un certain nombre de couleurs fixées sur fibres textiles ne reviennent pas à la nuance primitive lorsqu’après les avoir réduites par un agent convenable, on les réoxyde à nouveau dans des conditions déterminées.
- Ainsi, par exemple, si l’on oxyde en présence de la fibre un sel d’aniline, on peut obtenir une nuance bronze foncé. Celle-ci étant réduite et décolorée par un passage en bain réducteur d'hydrosulfite de soude ou de tout autre hydrosulfite ou encore de stannite alcalin,puis oxydée à l’air, ou en chromate, ou en solution de perchlorure de fer prend une teinte bleue plus ou moins foncée, imitant l’indigo, qui résiste à l’air, à la lumière et au passage en savon.
- Par la présente, nous demandons tout spécialement de nous réserver d’une manière générale les modifications de teintes que l’on peut produire par la méthode de réduction suivie d’une oxydation ménagée appliquée aux nuances obtenues par teinture ou impression et en particulier l’obtention d’une couleur bleue imitant l’indigo, développée en réduisant par les hydrosulfites, ou par tout autre agent réducteur analogue, les couleurs dérivées de l’aniline oxydée et en reoxydant d’une façon ménagée la fibre réduite et décolorée.
- (1) M. A. Barbé est le frère de M. V. Barbé, tienturierà Caen, auteur des Causeries confraternelles sur l'art du teinturier dégraisseur, publiées par le Moniteur de la Teinture en 1872 1873.
- P. B.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- APPRÊTAGE DES TISSUS
- Par M. Garnier
- — Brevet. —
- Ce système offre sur l’apprêtage ordinaire au foulard l’avantage de ne pas écraser le tissu, de ne donner que fort peu d’apprêt au besoin, sans traverser le tissu, il remplace pour beaucoup d’articles le baignage à l’éponge.
- Il se compose d’une règle en bois enveloppée de molleton qui vient à sa partie inférieure tremper dans un bain d’apprêt placé dans une chaudière à double fond ; ce molleton ainsi disposé fait mèche. Cette règle est soutenue par une seconde règle métallique supportée par les rebords de la chaudière d’apprêt.
- Le tissu à apprêter part d’un rouleau d’étoffe, passe sur un rouleau, puis sur un deuxième qui est mobile dans un plan vertical, vient sur la règle en bois où il s’imprègne d’apprêt, va de là à un troisième rouleau pour passer sur un tambour sécheur, d’où il va s’enrouler sur un second rouleau d’étoffe après avoir été guidé dans son trajet par un dernier rouleau.
- Le rouleau mobile dont il est question permet de faire porter plus ou moins l’étoffe sur le molleton et par suite de donner à celte dernière plus ou moins d’apprêt.
- Toutes les matières employées dans l’apprêt peuvent servir dans cet appareil.
- de 15 centimes par 10 francs ou fraction de 10 francs.
- » Art. 3. L’Etat est responsable du montant du mandat.
- » Il n’est déchargé que par le payement ou par l’absence de toute réclamation pendant huit années.
- » Art. h. Les mandats de poste adressés de France et d’Algérie aux États-Unis, et vice-versa, seront valables pendant un délai de douze mois à partir du jour de leur émission.
- » A l’expiration de ce délai, les mandats non payés seront renvoyés à l’administration des postes du pays d’origine.
- Art. 5. Les mandats pourront être remboursés aux expéditeurs, sur la production du titre, aussitôt que l’administration du pays d’origine sera rentrée en possession de l’avis d’émission.
- » L’expéditeur d’un mandat égaré, perdu ou détruit, pourra en obtenir le remboursement, à la condition de fournir une déclaration du destinataire portant que le mandat n’a été ni aliéné ni transmis par voie d’endossement, qu’il ne lui est pas parvenu ou qu’il a été détruit après sa réception.
- » A défaut du remboursement prévu au paragraphe précédent, les mandats égarés, perdus ou détruits pourront être remplacés par des autorisation de payement ou des duplicatas, mais seulement lorsqu’il aura pu être constaté que les mandats n’ont été ni payés ni remboursés.
- » Art. 6. Les dispositions du présent décret seront exécutoires à partir du 1er avril 1880. »
- ACTES OFFICIELS
- ECHANGE DE MANDATS-POSTE
- ENTRE LA FRANCE ET LES ETATS-UNIS DE L’AMÉRIQUE DU NORD.
- Le Journal officiel publie le décret suivant, en date du 22 mars, rendu sur le rapport du ministre des postes et des télégraphes :
- « Art. 1er. Des envois de fonds pourront être effectués, au moyen de mandats, par la voie de la poste, entre la France et l’Algérie, d’une part, et les Etats-Unis d’Amérique du Nord, d’autre part. » Art. 2. Le droit à payer par l’expéditeur sera
- MODIFICATION
- A LA LOI DES BREVETS D’INVENTION EN AUTRICHE-HONGRIE.
- L’arrêté suivant que vient de rendre le ministère du commerce autrichien intéresse tous les possesseurs de brevets d’invention :
- « Dorénavant, les étrangers qui désirent obtenir en Autriche un brevet d'invention ne sont plus tenus à prouver qu’ils possèdent un brevet dans leur propre pays. Les brevets ou privilèges délivrés en Autriche ne seront périmés que dans le cas d’une demande d’annulation, lorsque leur possesseur ne pourra prouver qu’il a fait usage du privilège. »
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- EXPLOITATION INDUSTRIELLE et comamerciale «‘uem mouvear preeédé «le fabrieation ale savon à froia
- Breveté s. g. d. g. (suite.) (1)
- Programme de l’exploitation.
- La savonnerie d'huile d’olives pure sera montée dans une usine vacante de Marseille, possédant force et vapeur nécessaires pour une production double, avec service d’eaux décantées et appropriations utilisables (2).
- La production par jour, de 2,000 kil. d’huile est de 3,120 kil. de savon pur, à 60 0/0 d’acide gras, et 200 kil. de glycérine brute-blonde.
- Installation générale et matériel.
- D’après un devis soigneusement étudié et détaillé :
- Appropriation du local en location, piles pour loger l’huile brute, bacs-réservoirs d’huile épurée-, bacs de confection des lessives ; pompes à huiles, à lessives, à eau; réservoirs des eaux-mères, des lessives de saturation; chaudières de préparation de la glycérine, filtre-presse, tubage général et transmissions ....... 29,180 fr. Montage spécial pour l’épuration de l’huile et de la glycérine. . . . 4,830 Matériel de saponification .... 22,400 Mise pour 3,120 kil. de savon par jour et outillage général . . . . 3,500
- 59,910 Imprévu 4 0/0 2,396
- Total, qui serait pris au besoin à forfait............................ 62,306 reannée de loyer d'avance (bail).... 6,000
- 68,306 Roulement. — 2 mois. Loyer de deux mois 1,000 2>000 millerolesd’huile, au débarque-ment, à 57,50 la millerole (cours actuel à livrer) 115,000 Soudes 76 0/0, pures, 20,000 kil. à 30 francs 10,000
- (1) Voir les numéros précédents du Moniteur de la Teinture. (2) Il y a plusieurs usines dans ce cas à Marseille.
- Produits chimiques, main-d’œuvre, combustible, emballage de savon, transports, etc., 192 fr, par jour, soit 6 fr. 25 par 100 kil. de savon fabriqué, emballé, et livré en gare de Marseille.........................11,500
- 137,500 Résumé. Installation générale et matériel . . 68,306 Roulemennt de deux mois .... 137,500
- 205,806 Et pour parer à toute éventualité. . 44,194
- 250,000 fr.
- Ce chiffre de 250,000 fr. représente le capital suffisant, mais nécessaire, pour assurer une bonne marche à l’exploitation industrielle et commerciale.
- Produits.
- Le roulement des dépenses ayant été calculé pour deux mois, il en sera de même des recetteg : 2,000 milleroles, en savon pur à 60 0/0 d’acide gras, soit 84,000 kil. savon à 80 francs les 100 kilos............................
- 11,600 kil.. glycérine brute-blonde à 65 francs..........................
- Crédit : 60 jours, esc. 2 0/0, soit
- 3 0/0 du produit................
- Produit net...........................
- Dépenses à déduire...................
- Reste, bénéfice de deux mois . . . Soit par an : 75,588 francs.
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- En déduisant de cette somme celle de 20,000 fr. pour frais généraux et pertes commerciales, il reste en nombre rond 55,000 francs.
- Sur cette somme de 55,000 fr., il sera prélevé, tout d’abord, 12,500 fr. pour intérêts à 5 0[0 des parts de la commandite totale de 250,000 fr. Le reste, 42.500 fr. constituant les bénéfices nets, sera, d’après les statuts partagé par moitié entre les commanditaires et l’inventeur. Les commanditaires retireront donc d’abord un intérêt de 5 0[0, puis environ 8, 5 0 [0 de leurs parts dans les béné-fices, au total 13,5 pour cent du capital souscrit par eux.
- Forme de la Société
- La forme de la Société est celle de commandite simple, dont le gérant est l’inventeur du procédé.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Nous le connaissons personnellement. C’est un | ingénieur distingué habitant depuis longtemps Mar- j seille, où iLest très estimé.
- Souscription aux parts de commandite
- Nous avons obtenu de l’inventeur, de faire participer nos abonnés, avant tous autres souscripteurs, à cette affaire que nous avons étudiée avec le plus grand soin et dans laquelle nous avons pleine confiance.
- Nos lecteurs sont, en effet, des plus intéressés à sa réussite. Les industries tinctoriales et textiles, sont les premiers consommateurs du savon d'olives pur, de pression directe, produit qu’elles cherchent en vain à se procurer.
- Le capital restant à souscrire n était plus que de 223,000 fr. nous sommes autorisés à recevoir les engagements de souscription aux parts de commandites. Ces parts sont limitées à 250 fr. comme minimum, et comme maximum au chiffre du capital demandé.
- La souscription est donc ouverte aux bureaux du Moniteur de la Teinture.
- Nous sommes à la disposition de nos-lecteurs pour leur envoyer tous les renseignements complémentaires qu’ils voudront bien nous demander.
- Une fois la souscription couverte, les souscripteurs en seront avisés et l’acte définitif sera passé en l’étude de Me Renard, notaire à Paris, chez lequel sont déposés les statuts et chez lequel se feront les versements des parts de commandite, le jour de la passation de l’acte de société. • P. B.
- REVUE DES MARCHÉS
- Du 10 au 24 avril.
- Cotons
- Havre. — Mouvement commercial.
- Ventes : 9,184 B., dont 1,307 à livrer.
- Arrivages : 16,398 B.
- Les avis d’Amérique et d’Angleterre ont continué à être très froids, aussi le marché est resté fort calme avec des cours en baisse. — Le stock est estimé à 82,630 B. contre 160,310 B. en 1879 et 23,710 B. en 1878, à pareille époque.
- Marseille. — Baisse très accentuée — Ventes : 680 B. — Arrivages : 3,283 B. — Stock : 2,414 B.
- Laines.
- Havre. — Toujours recherchées à de pleins prix. Le marché quoique stimulé par l’excellent
- [ résultat, des enchères de Londres, n’est restreint 1 que par le manque de choix en vente. Malgré les cours élevés de ce moment, la spéculation croit encore à la hausse.
- Londres. — La 2e série des enchères a commencé le 20 avril et doit continuer jusqu’au 112 juin. — Les affaires sont actives et les prix en amélioration de 10 à 12 0/0 sur ceux des dernières enchères, soit 1 penny par livre pour les laines australiennes et 3 pences pour les laines du cap Lao-cès et Snow white. Les offres sont à chaque enchère de 10,000 B. environ — Les acheteurs français sont actifs.
- Marseille. — Le s'ock très faible 6,919 B., et la faiblesse des arrivages restreignent forcément les affaires. La fabrique française a résisté longtemps à la hausse et de ce fait s’est laissée enlever toutes les laines par l’Amérique et l’Angleterre. Actuellement, ses besoins étant pressants, elle arrive trop tard et alors elle est obligée de payer les plus hauts prix, provoquant elle-même une nouvelle hausse sur les derniers cours. — Ventes : 3,117 B. — Arrivages : 1,875 B.
- Paris. — Moutons en laine très rares sur le marché de la Villette. — La demande des laines de mégissier se ralentit, sans que cela influe sur les cours, vu la politesse du stock.
- Soies et soieries.
- Lyon —Un assez grand nombre de détenteurs de soie font des offres assez nombreuses et pèsent sur les cours qui s’établissent assez régulièrement sur le marché lyonnais.
- La fabrique commence à recevoir les visites des commissionnaires de Paris, ce qui permet d’espérer un reprise prochaine.
- Il se traite peu d’affaires sur les soies asiatiques.
- Marseille. — Affaires limitées, — Marché en baisse.
- Voir au supplément le Prix Courant des Drogueries, Teintures et produits chimiques sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- A VENDRE
- 6000 CRUCHES EN GRÈS contenant environ 18 litres
- Fr. 0,10 pièce, prise dans l’usine A. POIRRIER, II, rue des Poissonniers, SAINT-DENIS.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- C. Imp. Colin, route de Flandre, à CharlevilleArlennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N» 10. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Mai 1880.
- SOMMAIRE
- Prime.- Chronique. - Le Blanchiment et la Teinture : Progrès à l’Exposition universelle de 1878. -teinture du velours de coton au cachou de Laval.
- PROCÉDLS PRATIQUES. - Teinture des plumes, par M. VANNUCCTO-VANNUCCINNI (suite). - Teinture de Ealaineen toison |(suite). - Apprêt des chapeaux de panama. - Noir d'analine imprimé au rouleau pour cnemises. — Noir sur lame, beau et solide, mais cher.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. - Revue des brevets.d'invention : Procédé pour imprimer les couleurs d’or etdzgraentsur destapisserieset desetorres. —Chinage des fis par teinture. "" ppiicanion du carbonate de REVUE DES M foulage des de laine. “ Tarif général des douanes. - Catalogue des brevets, etc.
- de Mareeme, du Havre efde^^ Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places
- PRIME
- BALANCE AREOTHEEMHQUE
- Ce nouvel appareil, indispensable à tout fabri-ca^t d'huiles, savons, bougies, etc., qui a besoin de déterminer la densité ou la richesse des produits équidés, est offert en prime aux anciens abonnés ^t aux nouveaux abonnés d’un an, au prix exceptionnel de «S francs, au lieu de so francs, prix auquel il est vendu à toute autre personne. — L office du journal est concessionnaire exclusif de l'appareil.
- CHRONIQUE
- Les grèves et la situation de l’industrie lainière.
- Voici ce que dit le Jacquard. d'Elbeuf dans sa chronique du 15 mai :
- « La situation s’améliore un peu dans nos cen-res de fabrication de laine cardée. Les ateliers de 1 ature sont actuellement assez bien occupés ; les Usages ont en perspective du travail pour quelque temps, mais une nouvelle interruption est à craindre ensuite : la fabrique se restreignant de p us en plus dans sa production et la limitant strictement aux commissions fermes qui lui sont adressées.
- » La fabrication et le commerce des fils et tissus sont gravement entravés par les grèves successives qui se déclarent dans la région du Nord. On n y voit plus d’acheteurs.
- » A Roubaix, la suspension du travail est presque générale, et s est étendue, nous dit un correspondant, jusque dans des établissements dont les chefs avaient accueilli les conditions des ouvriers.
- » Le maire de Roubaix, ainsi que l’avait fait précédemment celui de Reims, s’est interposé pour amener une entente, mais jusqu’ici aucune décision n’a été prise.
- » A Tourcoing, les grévistes sont au nombre de 8 à 9.000. Là, des tentatives de conciliation ont également été faites, mais sans succès. Dans une réunion de patrons, les propositions des ouvriers ont été rejetées par quinze voix contre huit.
- » Une maison de Lille, fabriquant les genres de Roubaix, a aussi été abandonnée par son personnel. Enfin les ouvriers de M. Watreloos, ceux de Croix et ceux de Leers ont également cessé tout travail. On estime à 30.000 le nombre des grévistes dans la région.
- Avant-hier jeudi, 13 couraut, des troubles ont éclaté à Roubaix ; des menaces de mort ont été proférées contre les patons. Un bataillon d’infanterie et un détachement de cavalerie ont chargé la foule, qui s’est dispersée vers minuit.
- » Nous apprenons au dernier moment que plusieurs filateurs, peigneurs et tisseurs de laine du Nord ont conclu un accord avec leurs ouvriers ; on espère que le travail reprendra mardi prochain dans beaucoup d’ateliers.
- » Dans les Ardennes, on ne cite qu’une seule maison, à Rethel, dont les ouvriers se soient mis en grève.
- » Ces mises-bas ont eu pour résultat d’enrayer le mouvement ascensionnel du prix des laines aux
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- 110 LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- ventes publiques de Londres. A cette cause, il faut ajouter le ralentissement en fabrique qui s’est produit dans ces dernières semaines aux Etats-Unis et sur quelques points en Angleterre.
- » On nous signale une petite amélioration dans la fabrication et le commerce des tissus de laine en Italie; malheureusement les élections à la Chambre des députés agitent le pays et entravent un peu les affaires.
- » En Russie la fabrication des draps militaires est fort active ; les articles légers de Moscou jouissent également d’une bonne demande.
- LE BLANCHIMENT ET LA TEINTURE
- L’intervention de la chimie dans la préparation des tissus blancs ou colorés est assez importante pour qu’il ait semblé utile aux organisateurs de l’Exposition universelle de 1878 de former — sous ce titre : Procédés chimiques de blanchiment, de teinture^ d'impression et d'apprêts — une division spéciale, comprenant ses applications dans cette vaste branche de l’industrie humaine, branche qui répond à l’un de nos besoins les plus urgents, celui de nous vêtir, d’orner nos appartements et d’en augmenter le confort.
- Dans les teintureries et les fabriques de toiles peintes, le directeur des travaux porte indifféremment le nom de coloriste ou celui de chimiste. Nous trouvons encore là une preuve du rôle capital de la chimie.
- Du reste, tout le monde sait que des savants illustres ont attaché leurs noms à des découvertes et à des travaux qui ont exercé sur l’art du blanchiment et de la teinture l’influence la plus heureuse.
- Depuis le moment où la fibre textile, végétale ou animale, est enlevée à son lieu d’origine jusqu’à celui foù elle apparaît sous forme de tissus, ornée des couleurs les plus pures et les plus brillantes et des dessins les plus remarquables, telle en un mot que nous l’avons vue étalée dans les vitrines de l’Exposition, que d’opérations diverses elle a dû subir ! Sans compter le travail tout mécanique de la filature et du tissage, celui-là seul qui a pénétré dans les vastes ateliers où s’exécutent le blanchiment, l’apprêt, la teinture et l’impression, peut se rendre un compte exact de la
- main-d’œuvre et de l’outillage qui séparent un tissu écru d’un tissu prêt à la vente.
- L'art et le talent du dessinateur, la mécanique et la chimie se partagent ce vaste champ à exploiter.
- L’art intervient dans le choix des nuances et des dessins dont la nouveauté et le goût provoquent le succès.
- La mécanique exécute ces dessins, les reproduit sur des planches ou des rouleaux ; elle fournit les moyens de les imprimer sur le tissu de la façon la plus parfaite et en même temps la plus rapide et la plus économique ; elle diminue la main-d’œuvre en remplaçant, partout où la chose est faisable, le travail de l’ouvrier par celui de la machine.
- La chimie enfin prépare les matières colorantes, les couleurs destinées à l’impression et à la teinture ; elle révèle les moyens de les rendre convenablement adhérentes à la fibre, d’augmenter, d’aviver et au besoin de modifier leur nuance et leur éclat.
- C’est encore la chimie qui a permis de blanchir les tissus par des méthodes rapides, laissant loin derrière elle le blanchiment de nos aïeux confié au soleil et au temps. Grâce à elle, en partie du moins, l’apprêt a atteint de nos jours un degré de perfection qui ne semble pas avoir été dépassé. Le tissu brut est devenu entre les mains de l’apprêteur une véritable matière plastique dans laquelle il modèle les effets les plus surprenants et dont il change à volonté, non-seulement la couleur, mais encore l’aspect, le toucher, la rigidité, l’épaisseur, le brillant. Une étoffe de coton prend l’éclat, la souplesse et l’apparence d’un tissu de soie ou le moelleux d’un tissu de laine.
- Il nous serait difficile de donner au lecteur une idée tant soit peu exacte des progrès réalisés dans les applications de la chimie au blanchiment, à la teinture, à l’impression et à l’apprêt des tissus, sans entrer à ce sujet dans quelques développements historiques qui, prenant ces industries à leur berceau, nous conduiront jusqu’en 1878. Nous ne suivrons, bien entendu, que les grandes lignes de ces questions intéressantes.
- Blanchiment et apprêt.
- La fibre textile, quelque soit son origine, est imprégnée à l’état naturel de substances plus ou moins colorées, qui ternissent son éclat et lui donnent une teinte jaune désagréable et sale, sans
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- compter que les opérations mécaniques du tissage y introduisent toute espèce de poussières et de matières grasses. Ces dernières peuvent bien, il est vrai, être enlevées par un lessivage analogue à celui qui se pratique de temps immémorial dans les ménages -, mais les substances colorantes, incrustantes, résineuses, naturelles, résistent plus ou moins à l’influence de la lessive. La fibre nettoyée, mais non blanchie, conserve une nuance jaune sale ou grise.
- Depuis longtemps la civilisation a développé dans les centres policés des goûts d’esthétique qui ne supportent plus l’usage des toiles écrues dont se contentent encore quelquefois les habitants des campagnes. L’art du blanchiment, lié aux aspirations naturelles de l’homme vers ce qui est beau, remonte à une haute antiquité. Nous le trouvons chez les anciens Egyptiens et les peuples d’Orient.
- Les procédés varient, du reste, avec la nature de la fibre. Suivant son origine, celle-ci possède une composition et des propriétés distinctes. Les fibres végétales sont principalement composées de cellulose ; la laine et la soie, au contraire, appartiennent au groupe des matières azotées, protéiques ou albuminoïdes. Il n’est donc pas étonnant devoir l’action des réactifs sur ces deux espèces de composés présenter des différences très accentuées. Les alcalis, par exemple, sont sans influence marquée sur la cellulose et les fibres végétales -, ils dissolvent au contraire et altèrent profondément la laine et la soie. Les acides respectent la laine et la soie. Les acides respectent la laine et détruisent le coton, le chanvre et le lin. On conçoit que le traitement ne puisse être le même dans tous les cas.
- Un mot d’abord sur le blanchiment des fibres végétales.
- Les Egyptiens connaissaient l’usage des alcalis ou carbonates alcalins, de l’urine putréfiée et l’influence de l’exposition au soleil.
- Le procédé, généralement employé jusqu’à la fin du siècle dernier, consistait à soumettre le tissu à blanchir à l’action alternative de lessives alca-fines plus ou moins caustiques et des rayons so-laires. La matière incrustante s’oxydant partielle— nient sous la triple influence de l’air, de l’humidité et de la lumière, devient soluble dans les bains alcalins. Chaque lessivage prédispose ce qui reste de la matière colorante à subir l’oxydation ; aussi les expositions sur pré et les lessivages alternatifs ne peuvent-ils être remplacés par une seule opé
- ration de chaque espèce, quelque prolongée qu’elle soit. L’expérience s’était prononcée depuis longtemps sur ce point.
- Un semblable blanchiment exigeait plusieurs mois et immobilisait pour chaque fabrique de vastes étendues de terrains.
- La Hollande et les colonies ont joui pendant des siècles d’une réputation incontestée pour la qualité supérieure du blanc de leurs tissus.
- C’est vers la fin du dix-huitième siècle que vient se placer la découverte la plus considérable dans l’art du blanchiment, et, on peut le dire, une véritable révolution dans les procédés si longtemps usités. Cette découverte est entièrement due à la chimie.
- Scheele avait isolé le chlore et constaté son action énergique et destructive sur les couleurs végétales. En 1875, Berthollet reprenait l’étude de ce corps intéressant et fut amené par diverses expériences à l’envisager, non comme un corps simple, mais comme de l’acide muriatique (chlorhydrique) oxygéné, c’est-à-dire comme une combinaison d’acide muriatique et d’oxygène.
- Les raisons qu’il fait valoir à l’appui de cette opinion sont tellement sérieuses qu’aujourd’hui encore on pourrait expliquer par la théorie de Berthollet la plupart des réactions chimiques dans lesquelles le chlore intervient.
- Berthollet fut amené au cours de ses recherches à vérifier les principaux résultats décolorants annoncés par Scheele et à penser que l’acide muriatique oxygéné (chlore) pourrait produire le même effet sur les principes qui colorent les fils et les toiles et que l’on a pour objet de détruire ou de séparer dans le blanchiment. Par une série d’essais qu’il serait intéressant de suivre, mais dont le récit nous entraînerait trop loin, l’illustre savant constata qu’il y a avantage à substituer une solution de chlore au gaz lui-même et que l’emploi alternatif de solutions ou de bains étendus et de lessives alcalines est préférable à une seule immersion, prolongée jusqu’à décoloration, dans une liqueur chlorée concentrée. On évite ainsi l’affaiblissement de la fibre et l’odeur suffocante résultant de l’usage d’une liqueur saturée de chlore.
- « Dès que je fis usage, dit-il, de l’action alternative des lessives et de l’acide muriatique oxygéné, j’appris qu’il n’était point nécessaire d’employer une liqueur concentrée, et d’y laisser à chaque immersion les toiles longtemps plongées ; par là j'é-
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- vitais deux inconvénients qui auraient rendu le procédé impossible à pratiquer : le premier est l’odeur suffocante de la liqueur qui a découragé plusieurs personnes qui ont tenté de s’en servir, le second est le danger d’affaiblir les toiles. »
- On sait que depuis lors le chlore est devenu partout l’agent actif et utile du blanchiment, que sa fabrication s’est développée sur une vaste échelle permettant, par un cycle heureux, l’utilisation de l’acide chlorhydrique, produit secondaire de la préparation du sulfate de soude et du carbonate de soude artificiels.
- La grande découverte de Berthollet a donc reçu la consécration de près d’un siècle de pratique, et il est inutile d’insister sur sa haute valeur pratique. Ce n’est cependant pas à un industriel français que revient l’honneur d’avoir le premier appliqué cette invention toute française.
- Il est vrai qu’un habile et savant préparateur de Berthollet, Bonjour, qui avait secondé son maître dans ses recherches, s’associa à Constant, apprê-teur de toiles à Valenciennes, pour y fonder un établissement destiné à mettre en usage la nouvelle méthode ; mais ce projet fut traversé par les préjugés et par l’intérêt des blanchisseurs qui craignaient la concurrence d’un procédé nouveau.
- Constant ne put même se procurer un terrain dans la ville de Valenciennes, et après bien des pourparlers, des démarches infructueuses, Bonjour dut aller s’établir à Courtray.
- Pendant que la patrie de Berthollet opposait ainsi une force d’inertie déplorable à l’établissement d’un progrès aussi marqué, les Anglais s’emparaient du chlore sans hésitation. Berthollet avait répété ses expériences en présence] du célèbre Watt. Un coup d’œil suffit à cet homme de génie pour saisir toute la valeur et l’avenir exceptionnel du procédé.
- Bientôt après Watt, écrivait à Berthollet que, dans une premièr opération, il avait blanchi 500 pièces de toile chez Grigor, blanchisseur à Glas-cow, et que celui-ci continuait à faire usage du chlore.
- Berthollet n’avait pas seulement posé les bases fondamentales du blanchiment au chlore et indiqué l’utilité de chlorages faibles, multipliés et séparés par des traitements à la lessive, mais il avait encore donné une théorie du phénomène ne s’éloignant que par la forme de celle adoptée de nos jours.
- En effet, pour lui le chlore est de l’acide muriatique oxygené ou (Cl H) O ; pour nous, c’est un corps simple Cl ne différant du premier que par les éléments de l’eau.
- D’après Berthollet, le chlore (Cl H) O en agissant sur une matière colorante lui cède son oxygène et repasse à l’état d’acide muriatique Cl H. Pour nous, la décoloration est aussi le fait d’une oxydation due à l’intervention de l’eau. On a Cl + HO — Cl H + 0. La différence des deux explications est donc de second ordre, comme il est facile de le voir.
- Tous les progrès réalisés depuis cette époque dans le blanchiment du lin, du chanvre et du coton, l’emploi dans les lessivages de la chaux éteinte, des carbonates alcalins artificiels, des savons de résine, des chaudières closes à circulation permettant de lessiver à haute pression et à température élevée, et de chauffer à la vapeur, au lieu d’appliquer le feu directement, la substitution des chlorures décolorants et notamment des chlorures de chaux liquides et solides au chlore gazeux ou dissous, la construction ingénieuse d’une foule de machines pour laver, dégorger, essorer, tordre, sécher les écheveaux et les pièces, et partant la diminution progressive de la main-d’œuvre et des frais de revient, tout cela constitue un ensemble de perfectionnements utiles et intéressants, dont nous ne voulons en rien diminuer la valeur réelle, mais qui s’effacent en seconde ligne lorsqu’on les compare à la révolution occasionnée par la découverte de Berthollet.
- Les industriels reconnaissants ont longtemps donné le nom de Berthollet au corps qu’il avait mis entre leurs mains pour remplacer la lumière capricieuse du soleil.
- On a cherché depuis, mais sans avantage pratique, à remplacer les chlorures décolorants par d’autres oxydants.
- Après avoir diminué le prix de fabrication de l'hypermanganate de potasse, M. Tessié du Motay en a proposé l’emploi dans le blanchiment.
- La préparation de l’ozone ou plutôt de l’air fortement chargé d’ozone ayant fait des progrès réels, on a songé à l’appliquer aussi à la décoloration des tissus. Mais ce ne sont là que des essais plus ou moins intéressants et qui n’ont pas réussi, jusqu’à présent, à entrer dans le domaine de la grande industrie.
- En résumé, on peut dire que depuis longtemp s
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- le blanchiment des tissus et des fibres d’origine végétale n’a pas trouvé dans la chimie une source de perfectionnements bien abondante. Les progrès réels que nous pouvons constater dérivent surtout d’un emploi plus judicieux et plus économique des ancies agents, d’une disposition plus pratique et mieux entendue des appareils, permettant de diminuer le prix de revient, tout en respectant mieux l’intégrité des tissus et les dispositions données à la fibre par le tissage. A suivre.
- —- - - o-opOco---
- TEINTURE DU VELOURS
- DE COTON
- AU CACHOU DE L A VA L
- Dans un essai faità Amiens, en 1878, chez M. B..., on s’était proposé d’épuiser complètement un bain de Cachou de Laval, en commençant par un ton très corsé, pour arriver à une nuance claire.
- Nous avons sous les yeux le formulaire de cet essai, avec 6 échantillons à l’appui, échantillons levés sur les pièces qui ont servi à l’expérience. Voici ce formulaire :
- A
- Pièce n° 3224 — Pesant 24 kil. 200 (égouttée seulement)
- En bac mécanique.
- Eau à 60°, 70 litres.
- Cachou de Laval, 30 p. c. 7 kil. 300
- Sel marin, 2 —
- Le colorant mis en deux fois :
- Donner 7 bouts. — 10 minutes. — Laver à la trinqueuse. La nuance obtenue, (échantillon n° 1) est celle dite oreille d'ours, et la même passée au brun Bismarck (échantillon no 2) est un peu plus foncée, plus rougeâtre et plus vive.
- B
- Pièce n° 4835 —Pesant 24 kil. 200 (égouttée)
- Après l’opération précédente, il ne restait plus au fond du bac mécanique, que 3 seaux de colorant -, on y a ajouté 4 seaux d’eau bouillante, puis ' on y a passé la pièce comme ci-dessus.
- On a ensuite rechargé le bain fixateur de : Sulfate de cuivre, 1 kil.
- Acide sulfurique, 300 c. c.
- Mêmes manipulations et lavages que précédemment.
- | La nuance obtenue (échantillon n° 3) est un gris roux, nuance moyenne. La même passée au brun | Bismarck (échantillon n° h) devient couleur puce. 1 \
- C
- Pièce n° 4379 — Pesant 20 kil. 100 (égouttée)
- Comme précédemment, ajouter aux 3 seaux de colorant restant, h seaux d’eau bouillante. Passer la pièce et la fixer dans :
- Acide chlorhydrique, 2 litres.
- Eau tiède, 150 litres.
- Laver à fond.
- Nuance obtenue (échantillon n° 5) : gris roux, nuance claire, et la même passée au brun Bismarck (échantillon no 6) devient marron clair.
- En somme, avec 7 kil. 300 de Cachou de Laval, on a teint 68 kil. 550 de coton, au trois nuances ci-dessus.
- Les pièces teintes dans ces trois opérations étaient admirablement unies, dans toutes leurs parties, c’est-à-dire sans barres, ni marbrures. La pièce A, pour laquelle le colorant a été divisé en deux, est de même ton à ses deux extrémités. Les pièces B et C offrent, sous ce rapport, une différence légère due au non fonctionnement du colorant qui se trouvait alors dans le bac. Cette différence se retrouve d’ailleurs, paraît-il, dans les velours teints par les procédés ordinaires.
- Il est bon de remarquer quejes velours teints au Cachou de Laval jouissent d’une souplesse particulière, qui leur assure une supériorité marquée à la vente. Plusieurs teinturiers l’estiment de 15 à 20 centimes au mètre.
- ----------------—A_sep*Fs3*__________
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- Mauve.
- Le mauve se fait à l’aide de violet-bleu,
- (I) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23, 24 et 1°s 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8, de 1880.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- seulement, au besoin bien nuancé avec un | peu de violet-rouge. C’est une couleur très-claire. Après que la plume a reçu un bain bien chaud au sel d’oseille, elle est plongée dansun second bain tiède, sans acide, où l’on verse peu à peu le violet-bleu très-dilué en agitant fortement le bain.
- L’autruche se teint en mauve dans une eau d’amidon sans acide toujours à l’aide de violet-bleu.
- S’il arrive de dépasser l’échantillon, on éclaircit facilement la couleur avec un bain de sel d’oseille.
- Lilas.
- La couleur lilas se fait d’une manière analogue à la couleur mauve ; seulement au lieu de violet-bleu on emploie du violet-rouge. Pour des échantillons très-rouges on nuance avec de la safranine ou de la fuchsine ordinaire.
- Pensée, violet, etc.
- La couleur pensée s’obtient à l’aide de violet-bleu; ce qu’on désigne sous le nom générique de violets, ce sont des couleurs qui s’obtiennent toujours avec un mélange en proportions variables de violet-bleu, de violet-rouge et quelquefois de safranine ou de fuchsine. Toutes ces couleurs sont en général assez foncées et l’emploi de ces matières colorantes peut présenter des inconvénients de teinture. Il faudra verser la matière colorante peu à peu, en solution suffisamment allongée, à mesure que le bain s’épuise, pour ne pas bronzer la plume. Il y a des cas où le bronzé est presque inévitable, c’est lorsque la plume est grise par nature. Excepté ces précautions, la teinture des plumes avec ces matières colorantes est très-facile, car elle se fait à une température variable entre 40 et 80°, suivant la solidité de la plume, dans un bain sans acide. Il sera utile de passer d’abord la plume au sel d’oseille.
- L’autruche se teint à froid dans l’eau d’amidon (1).
- Blanc.
- Le blanc est sans doute ce qu’il y a de
- (1 Un savonnage après teinture, puis un rinçage et une nouvelle teinture rehaussent toujours l’éclat de la nuance.
- plus difficile à obtenir sur les plumes, non pas comme procédé de teinture, mais comme coup d’œil, pour percevoir les nuances les moins sensibles.. On donne pour le blanc des échantillons comme pour les autres couleurs et il faut avoir l’œil bien exercé pour juger des petites différences qu’il y a entre blanc et blanc. Une personne qui n’est pas du métier ne serait certainement pas apte à distinguer ces différences minimes. A cela il faut ajouter la difficulté aussi très-grande, et qui ne se surmonte qu’avec une pratique prolongée, de juger d’un blanc quand la plume est encore mouillée, lorsqu’elle est bien loin de présenter la même nuance qu’elle aura à l’état sec. A faciliter la tâche on prend de temps en temps des essais, qu’on sèche et qu’on compare à l’échantillon.
- Le blanc usuel n’est pas une couleur unique et constante, mais très-variable par une série très-grande de nuances. En général c’est du blanc parfait teinté plus ou moins ou de jaune ou de bleu ou de violet ou de noir. On distingue trois espèces principales de blanc :
- 1° Blanc mat ;
- 20 Blanc d’argent ;
- 3 Blanc bleuâtre.
- Le blanc mat, ainsi appelé parce qu’il n’a aucun éclat, comprend les blancs jaunâtres jusqu’au blanc parfait, sans toutefois tomber dans le crème, et les blancs grisâtres.
- Le blanc d’argent a au contraire de l’éclat et comprend le blanc parfait et les blancs très-légèrement bleuâtres, tendant plutôt au violet qu’au verdâtre.
- Le blanc bleuâtre explique sa nature par son nom même. • A suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- TEINTURE
- DE LA LAINE EN TOISON — Suite (1). —
- Bleu
- Le bleu sur laine en toison s'obtient à peu près
- (1) Voir Moniteur de la Teinture., année courante, page 22 et 45.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- exclusivement au moyen de l’indigo. Nous avons longuement décrit, dans les articles de M. Ch. Drevet fils, publiés en 1875 et en 1876, dans le Moniteur de la teinture^ les installations, ustensiles et opérations des cuves, nos lecteurs y trouve-veront tous les renseignements désirables, ils trouveront également dans le volume de l’année 1875, la description des appareils et des opérations de teinture par la cuve aux hydrosulfites de MM. Schutzenberger et de Lalande,
- Orange.
- Dans l’article laine teinte en toison, il se fait peu d’orange pur, il est plus convenable de teindre la la laine en écheveaux pour lui conserver toute sa beauté.
- Disons toutefois que les bons teints s’obtiennent avec la Garance, le Quercitron, la Cochenille, la Lac-dye, la Gaude et le bois jaune.
- Les faux teints se font avec Rocou, Curcuma, Sarrette, Genestrolle, Fustet, Carthame, Santal, Camwood, Camwood et Brésil.
- Verts.
- Il est également assez rare que l’on teigne en vert les laines en toison, et dans ce cas on peut aisément déduire les opérations nécessaires de celles de la teinture des laines en écheveaux ou en tissus, que nous publions concurremment.
- Pour assurer ou fixer mieux encore quelques couleurs, le bleu, le vert, le noir, on doit les teindre : 1° en toison à demi-nuance ; 2° après filature on leur donne un quart de nuance, et 3° on donne le dernier quart de nuance ou la teinture définitive, après le tissage et avant le foulon. Pour les qualités de haut prix, on pourrait donner encore un teint après le foulon, ou seulement un bouillon à l’extrait sur mordant vaporisé.
- On aurait ainsi, en employant d’ailleurs un bon système et des agents colorants fixes, des couleurs bien intenses, bien plus profondément combinées et fixées aux étoffes, et en un mot, de parfaite qualité.
- Violet.
- On fait le violet bon teint au moyen :
- 10 D’un pied de cuve d’indigo proportionné à la nuance ;
- 2° Un mordant, alun et crème de tartre ;
- 3* Teinture,un garançage.
- Le violet petit teint ou demi-bon teint se fait par
- un pied de cuve comme le précédent et on finit au Santal ou au Brésil sur même mordant.
- En petit teint on le fait par le Campêche, l'Or-seille, le Calliatour, sur mordants d’Alun et de Tartre, et le bleu est fourni par le mordant de fer ou viré par un alcali sans pied d’indigo.
- (A suivre.}
- APPRÊT DES CHAPEAUX
- dle PPamama.
- Faire dissoudre dans :
- 2 litres alcool à 95°.
- 1 kil. sandaraque.
- 0, 200 gr. térébenthine de Chio.
- Laisser digérer pendant 10 jours.
- On apprête en donnant deux couches en dedans et deux en dehors.
- On peut remplacer l’alcool par le méthylène.
- NOIR D’ANILINE
- imprimé au rouleau pour chemises.
- Il litre dissolution d’amidon blanc à 200 gr. par litre.
- 1 litre eau de gomme adragante à 60 gr. par litre.
- 1 litre dissolution d’amidon grillé à 500 gr. par litre.
- Mélanger les trois épaississants, ensuite chauffer jusqu’à 60°. Y dissoudre :
- 180 gr. chlorate de potasse en poudre, laisser refroidir et ajouter :
- 150 gr. sulfure de cuivre en pâte.
- Dans un mélange composé comme A, ajouter :
- 170 gr. sel ammoniac,
- 480 gr. chlorhydrate d’aniline.
- Réunir les deux mélanges, et passer au tamis fin.
- Imprimer le noir-, étendre deux jours à la chambre chaude.
- Lorsque la couleur est oxydée et devenue couleur vert bouteille, passer les pièces à la roulette à tiède avec :
- 2 kil. sel de soude.
- 2 kil. bichromate de potasse.
- 500 litres d’eau, de 25 à 30° de chaleur.
- Laisser tomber à l’eau et laver au trinquet.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOIR SUR LAINE beau et solide, mais cher
- Ce procédé est applicable aux beaux articles de luxe, tapisseries, tentures, meubles, etc., et dans les établissements qui font les opérations de filature, tissage, teinture, apprêts.
- On commence par donner à la laine :
- 1° En toison^ un pied de bleu-roi à la cuve à chaud. Ensimage, filature ;
- 2° En fil, un fond de cachou au bouillon et bain à froid d’acétate de fer. Le bain de cachou ainsi nourri peut servir indéfiniment, tandis que si on ajoute la bruniture, il ne peut plus servir, il est tourné ;
- On a déjà un fond noir assez intense. Tissage.
- 30 En tissu, en noir ordinaire fini et adouci en gaude ;
- 4° Après le foulon, on rabat en gaude et bourdaine.
- On obtient ainsi un noir, garanti, de première qualité, mais dont le prix, quoique très-élevé, est encore relatif à sa qualité, et n’empêche pas de suivre ce procédé pour les articles de luxe.
- INDUSTRIELLE
- PROCÉDÉ POUR IMPRIMER les couleurs d’or et d’argent sur des tapisseries et des étoffes.
- Par Auguste Wohlforth. (Brevet) (1).
- Les dessins en or et argent des tapisseries, des toiles cirées, etc., sont préparées jusqu’alors de la manière suivante :
- On met de l’or ou de l’argent en feuille ou bien en poudre de bronze sur les dessins d’abord imprimés par un vernis d’huile de lin ou autre moyen collant. Mais ce bronze seulement collé n’a pas pour ainsi dire beaucoup de solidité et on comprend les hauts prix des étoffes dessinées en bronze par une grande consomption de matériel de cette méthode embarrassée et prodigue de temps.
- Ma méthode surmonte cet embarras parce que je mêle la poudre de bronze au moyen d’union et
- (1) Reproduction in-extenso et sic.
- l’imprime immédiatement. J’ai trouvé quele silicate liquide de potasse ou d’oxyde de sodium est un moyen tout à fait parfait pour ce but. Une part de poids de l’or, d’argent ou de bronze broyée à deux parts de ce silicate donne une couleur d’imprimerie qui peut être transportée sans façon sur du papier, sur de la toile cirée, des tissus comme aussi sur du bois et des métaux après l’avoir distribuée de la manière commune sur les formes d’imprimeries ou sur les cylindres. L’impression de bronze préparée de cette manière et couverte pour ainsi dire sèche bien vite et ne se laisse pas éloigner ni par l’eau, ni par l’huile à moins qu’elles ne soient bouillantes et est également insensible à la lumière et à la chaleur mais surtout à l’oxygène et à l’hydrogène sulfuré par l’influence desquels les autres couleurs de bronze seulement poudrées mais pas couvertes sont exposées à un changement et à une destruction subites.
- Outre la manière la plus simple ma couleur de bronze a encore l’avantage de la plus grande solidité et ténacité, circonstance qui est d’une grande importance pour impression sur étoffes parce que les tissures empreintes par le silicate broyé au bronze peuvent être lavées sans désavantage dans de l’eau chaude qui cependant ne doit pas être bouillante.
- La proportion de mélange nommée est prouvée d’être la plus favorable en ter me moyen mais fautif obtenir le degré désiré d’intensité. On peut donner au bronze une addition plus grande ou plus petite de silicate. Aussi la qualité du bronze est-elle d’une grande influence.
- Selon la propriété de dessèchement rapide de mon bronze broyé au silicate le procédé d’imprimer et peut doit avoir un progrès non interrompu afin qu’il ne durcisse pas sur le drap de couleur ou sur la forme d’imprimerie.
- Mais quand cette circonstance a pourtant lieu, il est à recommander d’atténuer la masse par une addition d’eau chaude (10—200/0) à un tel degré qu’elle ne devienne plus dure pendant le procédé d’imprimer.
- On atteint le même succès pour une addition de glycérine, de sirop, de sucre ou d'une solution de sucre (5 à 10 0/0) -, ces dernières additions rendent les couleurs surtout plus résistantes.
- La couleur de bronze restée sur le drap de couleur ou les formes d’imprimerie après le travail est enlevée par de l’eau chaude de manière que le
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- bronze y contenu soit séparé et que les formes soient préservées d’une lutation. (1)
- En résumé l'inventeur'revendique :
- 1° Préparation aux couleurs de bronze généralement de métaux broyées au silicate de potasse ou d’oxyde de sodium.
- 2° L’impression du papier, de toile cirée et de toutes sortes de tissus comme aussi du bois et des métaux par des couleurs de métaux broyées au silicate de potasse ou oxyde de sodium.
- Chinage des fils par teinture
- Par la Société en participation du chinage par teinture
- — Brevet —
- Jusqu’à ce jour, quand on a voulu chiner des fils par teinture, on a opéré au moyen de ligatures faites de distance en distance sur les écheveaux Ce procédé manuel très coûteux est le seul qui ait donné des résu tats. Tous les autres moyens essayés ont eu l’inconvénient de laisser passer la teinture dans les parties réservées et de ne donner aucun résultat pratique. Ces procédés*sont si coûteux et si défectueux que l’on a jusqu’ici donné la préférence à l’impression pour produire des rayures sur fils. Nous avons essayé d’appliquer aux fils le système inventé par M. Bentayoux pour le chinage des rubans peignés ou cardés avant filature dont le brevet appartient à cette société et qui est caractérisé par les points ci-après ;
- 1° Emprisonnement des fils de distance en distance entre les organes en bois ou en métal de telle sorte que la matière à chiner soit entourée de toute part;
- 2° Emploi de grilles fixes mâles et femelles pour produire cet effet ;
- 3° Disposition de la matière filamenteuse autour des grilles femelles, de telle sorte que la surface de celles-ci se trouve entièrement couverte par une couche uniforme de matière à chiner.
- 4° Application sur les deux côtés de chaque grille femelle d’une grille mâle dont les barreaux correspondent exactement à ceux de la grille femelle;
- 5° Disposition verticale immobile dans le bac de
- (1) Il est probable que le traducteur a voulu dire: empa-
- l’ensemble des grilles mâles et des grilles femelles garnies de matières filamenteuses.
- 6° Circulation du bain de mordant et du bain de teinture à travers l’ensemble des grilles ainsi fermées, lesquelles restent immobiles ;
- 7° Serrage central.
- Ces divers principes qui constituent le procédé Bentayoux ont reçu une application industrielle qui a fait l’objet d’un brevet d’invention pris par cette société en France à la date du 14 août 1879. Cette société a donné dans ce brevet la préférence à l’injection de la teinture sur les cadres de manière que celle-ci s’introduise dans les intervalles subsistant entre les barreaux et vienne teindre par son passage les filaments aux parties non serrées ; pour cela, les cadres ont été couchés de manière que la matière filamenteuse soit horizontale. Ils mordancent de la même manière et ils évitent ainsi les inconvénients produits par l’immersion.
- Tout ce qu’ils ont exposé dans leur brevet d’invention s’applique également à la teinture en réserve des fils de laine, coton, ou autres matières textiles.
- On construit des cadres de la même manière, mais en leur donnant, à l’écartement des barreaux, des dimensions moindres.
- On garnit les cadres femelles de fils par le procédé décrit pour la laine peignée, mais au lieu de couvrir toute la surface avec le même fil, on opère sur une certaine quantité de fils juxtaposés. On se sert pour cela d’une machine dans laquelle on subs. titueau ruban de peigné une. certaine quantité de fils juxtaposés.
- Le cadre femelle recouvert entièrement de fils est disposé entre deux cadres mâles comme ceux décrits dans leur brevet d’invention du 14 août 1879, et le tout est placé verticalement dans le bac et pressé par le plateau, ainsi qu’ils l’ont décrit.
- En résumé, on revendique dans le présent brevet d’invention l’application, à la teinture en réserve des fils, de tous les procédés faisant l’objet du brevet Bentayoux et du brevet Ph. Hugo et Cie qui appartiennent à cette société en participation, ainsi que ceux décrits dans leur brevet d’invention du U août 1879, en se réservant dans un prochain certificat d’addition d’indiquer les modifications et perfectionnements que la pratique leur suggérera.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- APPLICATION
- du carbonate de soude acide au foulage des tissus de laine.
- Par MM. Mas et Doumenach
- — Brevet. —
- Les inventeurs revendiquent l’emploi du carbonate de soude acide au dégraissage et au foulage simultané de tous tissus de laine.
- Voici comment ils opèrent :
- ils introduisent la pièce en gras dans la caisse à fouler ordinaire, où ils versent à froid une dissolution de carbonate de soude de 4° à 10°, suivant que la matière est plus ou moins difficile à dégraisser.
- Lorsque la pièce est bien imbibée, elle est foulée comme au savon, puis lavée.
- Ce procédé donne une économie considérable et il fournit à la fois un très bon feutrage et un lavage complet. Il permet en même temps de conserver intactes les nuances les plus délicates.
- Jusqu’à ce jour lorsqu’on a employé les sels de soude, on a opéré à chaud et l’on a obtenu des résultats défectueux.
- L’emploi à froid des lessives de sels de soude permet également de dégraisser les fils de laine blancs ou de toutes couleurs.
- TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES
- — (Suite) (I) —
- La Chambre des députés a adopté presque sans débat les droits suivants :
- Pierres, terres et combustibles minéraux
- (2e SECTION DU TARIF).
- Les 100 kilos
- Fr. c.
- Pierres et terres servant aux arts et métiers, non dénommées... Exemptes. Chaux et plâtre » »
- Soufre épuré ou sublimé................... » »
- Houille, crue ou carbonisée (coke).. • » 12
- Graphite ou plombagine................. Ex.
- Huiles de pétrole, de schiste, et autres huiles minérales propres à l’éclairage, — brutes 18 »
- — raffinées et essences minérales 25 »
- Voir page 94, Moniteur de la Teinture, année courante.
- Produits chimiques
- Acides : chlorhydrique.................. 37 »
- — citrique, liquide (jus de citron naturel ou concentré) jusqu’à 10°............................... Ex.
- — liquide, de 10° à 35° inclusivement...................................... 6 » — — au dessus de 35°................. 15 » — cristallisé. 50 »
- — gallique, extraits de châtaignier et autres sucs tannins, liquides ou concrets, extraits des végétaux. 1 20 — cristallisé 93 » — nitrique (azotique) Ex. — oléique ’ 5 » — oxalique 12 50 — stéarique 10 » — sulfurique Ex. — tar trique 25 15
- Oxydes de cobalt, pur ou siliceux (safre)......................... Ex. —...........................de cuivre...................... Ex. —.............................d’étain........................ Ex. —..............................de fer......................... Ex. —.............................d’urane........................ Ex.
- — de zinc....................... Ex. Potasse et carbonate de potasse.... Ex. Cendres végétales, vives et lessivées .............................. Ex. Soude caustique......................................................................... 8 » — raffinée, sel de soude titrant au moins 60°.......................... 5 » — titrant moins de 60°........... 17 50 — cristallisée (cristaux de soude).2 50
- Natron.................................. 2 50
- Sel ammoniac (chlorhydrate) raffiné. 12 » Sets de cobalt Ex. — d’étain 10 » Acétates de cuivre — brut 10 » — — raffiné en poudre 14 50
- — de fer, liquide.................. Ex. — de plomb........................... 22 » — soude anhydre... •.................. 5 » — — cristallisé ou hydraté.............4 75
- Alcool amylique.......................... 0 25
- — méthylique............a..... 9 25
- Aluminate de soude...................... 13 50
- Alun d’ammoniaque ou de potasse et sulfate d’alumine........................ 1 50
- Ammoniaque (alcali volatil).............. 3 »
- Arséniate de potasse..................... 8 75
- — de soude................................ 4 25
- Borax mi-raffiné ou raffiné......... 10 »
- Citrate de chaux......................... 7 50
- Chlorure de chaux........................ 4 50
- — de magnésium........................ » 50
- Chromâtes de potasse.................... 21 »
- Glycérine industrielle................... 4 75
- — incolore et inodore................ 7 50
- Nitrates de potasse...................... Ex.
- — de soude........................ Ex.
- Oxalate de potasse ..................... 12 50
- Silicate de soude cristallisé............ 3 75
- — — hydraté......................... 2 10
- Sulfate de cuivre........................ 1 » —............double de fer et de cuivre...............» 50
- — de magnésie..................... Ex.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Sulfate de potasse...................... Ex.
- — de soude, pur, contenant en nature 25 0/0 de sel ou moins................................... 2 20 —...............— plus de 250/0 de sel..................9 » —................— cristallisé ou hydraté (sel de .................................................................. 1.............................20 —................— impur , anhydre contenant en nature 25 0/0 au moins................................ 2.............................20 —..............— cristallisé ou hydraté............1110
- Sulfate de zinc............................ 1 40
- Sulfite de soude........................... 2 20
- Hyposulfite de soude....................... 4 75
- Vermillon.................................. 62 »
- Tartrate de potasse , y compris le tartratre double de potasse et de soude............................. Ex.
- Produits chimiques dérivés du goudron de houille.
- Essence de houille, benzine et autres huiles légères.......................... Ex.
- Huiles lourdes.......................... Ex.
- Nitrobenzine et aniline pure ou mélangée de toluidine........... Ex.
- Alcide phénique......................... Ex.
- Naphtalène.............................. Ex.
- Anthracène.............................. Ex.
- Non dénommés............................ Ex.
- Teintures préparées
- Cochenille..................... Ex.
- Kermès animal.................. Ex.
- Laque en teinture.............. Ex.
- Indigo.................................. Ex.
- — pastel, indigue, indeplate et et boules de bleu........... Ex.
- Cachou en masse................ Ex.
- Orseille préparée : humide en pâte.. 5 »
- — sèche (Cudbeard ou extrait)... 10 »
- Extraits de bois de teinture et d’autres espèces tinctoriales, ga-rancines et autres extraits de la garance.............................. Ex.
- — autres, noirs et violets. 20 »
- — . — rouges et jaunes.. 30 »
- P.russiate de potasse, jaune. ............ 20 «
- — — rouge....................... 30 »
- Teintures dérivées du goudron de houile, dérivés de l’aniline et de la toluidine, verts violets ou bleus............................ 300 »
- — Autres.................................. 100 »
- Acide picrique............................ 25 »
- Non dénommées, 5 0/0 de la valeur à convertir en droits spécifiques.
- Couleurs
- Outremer naturel.....................
- — factice...........
- Bleu de Prusse.... ’ ’ * ’ ‘ ‘ ' .! * ’ ’ ’ ’
- Carmins communs...................... — fins............................................................................................................................ Vernis à l’alcool.......................................
- — A l’essence............... — à i’huile ou à l’essence et à l’huile mélangées...........
- 15 »
- 20 »
- 12 50
- 25 »
- 200 «
- 30 »
- 20 »
- 40 »
- Encre à écrire, à dessiner ou à imprimer.................................... 20 »
- Noir d’ivoire.............................. 5 »
- — d’Espagne et de fumée..... 1 20
- — minéral naturel............ Ex.
- Ocres broyées ou autrement préparées pour peinture.................. » 25 Terres de Cologne, de Cassel, d’Italie, de Sienne et d’Ombre................ » 50
- Verts de Schweinfurt, et vert métis, cendres bleues et cendres vertes.................•.................. •5 »
- — de montagne, de Brunswick et autres verts résultant du mélange de chromate de plomb et du bleu de Prusse. 5 » Talc pulvérisé » 25 Couleurs broyées, à l’huile, y compris le carbonate de plomb, ayant reçu la même préparation.. 4 »
- — en pâte préparées à l’eau pour papiers peints........................... 7 50
- — non dénommées, 5 0/0 de la valeur, avec faculté de conversion en droits spécifiques.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1879
- 124,981. 18 juin. — MORANT. — Rouleaux inoxydables pour la teinture des soieries et de tous tissus mélangés.
- 124,987. 20 juin. — Cabanis. — Machines a mesurer les étoffes.
- 125,039. 24 juin. — Valentin frères. — Fil peigné feutré et frisé en filature en laine longue, laine mérinos ou laine cardée teinte ou non avant le filage.
- 125,046. 12 juin. — Dubois et Cloest-Dubois. — Temple mécanique pour métiers à tisser.
- 125,049. 12 juin. — BARTLETT (sieurs). — Appareil perfectionné pour produire et purifier l’ozone.
- 125,055. 24 juin. — Desjoyeaux. — Fabrication du velours sur métiers Jacquart ou tambour, à la barre, à la main ou à mécanique.
- 125,083. 24 mai. — Devilder. — Machine à cylindre extensible destinée à l’élargissement des tissus en général et à celui des étoffes de laine et de coton pures ou mélangées en particulier.
- 125,084. 24 mai. — Cordonnier. — Procédé de tissage mécanique.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 125,105. 22 juin. — Boulieu frères et CHARLON. — Perfectionnement aux machines à battre et à laver simultanément les filaments en écheveaux.
- 125,108. 24 juin. — Morault. — Machine à teindre les soieries et les tissus mélangés.
- Certificats d’addition.
- Zipperer. 9 mai. — B. 120,280. — Appareil à mesurer les pièces d'étoffes.
- Worrr. 29 avril. — B. 118,361. — Mélanges pour colorer en noir et vernis provenant de l’aniline pour être appliqués au cuir et à d’autres substances.
- Imbs. 3 juin. — B. 124,580. — Nouveau métier à velours spouliné.
- Grawitz. 7 juin. —• B. 111,561. —Fabrication et application à la teinture et à l’impression d’une série de couleurs dérivées de l'alizarine et de la purpurine ou directement de l'anthracène.
- Michel. 21 juin. — B. 123,889. — Marques à pochette à secret ou à cordon pour têtes de pièces Garnot et Hirtz. 18 juin. — B. 123,714. — Appareil de sûreté destiné à éviter l’enroulement des mèches de préparation aux étirages dans les filatures de laines peignées, coton et soie et application d’une brosse circulaire métallique pour le débourrage des peignes.
- Société pour la fabrication de l’aniline à Berlin. 15 juin. — B. 123,187. — Procédé propre à obtenir des couleurs par l’action du benzotrichlo-ride sur les amines tertiaires aromatiques et sur les phénols.
- REVUE DES MARCHÉS
- Cotons
- Du 25 avril au 15 mai.
- Havre. — Ventes 8,960 B. dont 1,448 à livrer. — Arrivages 14,137 B. — Les cours ont fléchi et les affaires continuent à être très languissantes. — Stock : 77 380 B. contre 137,170 en 1879, et 234,970 en 1878 à pareille époque.
- La situation est à peu près la même sur les marchés de Liverpool et de Manchester.
- Marseille.— Calme et persistance dans la baisse. — Ventes : 1,867 B. — Arrivages, 17,519 B. — Stock, 3,096 B.
- Laines.
- Havre. — En raison des prochaines enchères et de la hausse des cours à Londres et à Anvers, les
- | acheteurs se sont décidés à attendre et les affaires | sont fort calmes. Cependant, en présence des fai-; bles stock actuels, il y a peu de probabilité qu’une | baisse se produise aux enchères du Havre.
- Marseille. — D’assez actif qu’il était à la fin d’avril, le mouvement commercial est devenu à peu près nul.
- Londres. — Après avoir presque perdu l’avance de l’ouverture, les cours ont repris une fermeté plus prononcée. Pendant la semaine, du 8 au 15 mai, la hausse a été en général d’un demi-denier.
- Paris. — Les laines de la mégisserie parisienne sont calmes par continuation, avec tendance à la | baisse, les prix se sont toutefois maintenus jus-qu'ici.
- Les peaux de mouton en laines sont de plus en plus rares et recherchées.
- Soies et soieries.
- Marseille. — La baisse a fait de nouveaux progrès à la fin d’avril, les prix se sont ensuite légèrement raffermis, quoique calmes.— Les nouvelles de l’intérieur et de l’Italie concernant les éducations des vers à soie continuent à être bonnes.
- Les prix faiblissent sur les soies fermes et les déchets qui sont peu demandés.
- Lyon — Les dispositions de la fabrique pour les achats, dit le Traité de Lyon, semblent meilleures et le moindre échec dans les éducations pourrait amener Uue hausse sérieuse.
- Voir au supplément le Prix Courant des Drogueries, Teintures et produits chimiques sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- COLLECTION DU MONITEUR DE LA TEINTURE
- La collection du Moniteur de la Teinture constitue le traité théorique et pratique le plus étendu et le plus complet, concernant les industries tinctoriales. La quantité de documents, descriptions, échantillons, etc., qu’elle contient en font Vauxiliaire le plus précieux, pour toute industrie de Blanchiment, Teinture, Impression. Apprêts, et à tout Travail des Tissus ou des Couleurs en général.
- Prix de la collection, 1866 à 1879 (13 vol.) : 130 francs.
- Les vol. 1867, 1868 et 1869 ne se vendent pas séparément.
- Prix de la collection 1870-71 à 18’9 (9 vol.), 90 fr.
- Un vol. séparé, à partir de 1870-71, seulement: 15 fr.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp.C.GoLiN, route de Flandre, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 11. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Juin 1880.
- SOMMAIRE
- Prime. — Chronique. — Le Blanchiment et la Teinture : Progrès à l’Exposition universelle de 1878 (suite.) — Préparation de la soie pour la teinture, par M. PERSOZ (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes, par M. VANNUGGIO-VANNUCCINNI (suite). — Nouveau procédé de teinture en noir des tissus laine chaîne-coton et laine pure. (Echantillon.) — Le vert alcalin (nouveau colorant). — Teinture pour chapellerie : Marron doré ou alezan au chromate. — Apprêts des foulards de soie. — Blanchiment des éponges. —- Bleu de France.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Catalogue des brevets, etc.
- REVUE DES MARCHÉS. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- PRIME
- La maison A. Poirrier de Paris, ayant mis à notre disposition un certain nombre de brochures, Procédés dl'application de produit», nous les offrons en prime à nos lecteurs.
- Pour recevoir un exemplaire, franco par la poste, il suffit de nous envoyer un timbre de 15 centimes dans la lettre de demande.
- CHRONIQUE
- Voici ce que dit le Jacquard de la situation de l’industrie lainière et des grèves :
- « La quinzaine qui vient de s’écouler a été marquée par la discussion, à la Chambre des députés, du tarif des douanes pour les tissus de laine cardée.
- » C'est vendredi dernier que la Commission, par la voix de M. Méline, rapporteur, et par celle de M. Dautresme, a défendu son projet contre celui proposé par le gouvernement. Malgré les efforts de l’honorable député d’Elbeuf et ceux de M. Méline, la Chambre a adopté le tarif du gouvernement, défendu par M. Tirard, ministre du commerce, et par M. Rouher, mais elle a accueilli dans l’applica-tion le remplacement du droit ad valorem par le droit spécifique.
- » Les grèves du département du Nord sont complètement terminées ; le travail a repris partout. Une correspondance de Roubaix estime à deux millions la perte éprouvée par les ouvriers; quant
- à celles subies par les patrons, elles sont incalculables. Outre des commissions perdues ou supprimées, la baisse des matières premières est à craindre par suite de l’arrêt des affaires depuis le commencement du mois -, ce résultat serait désastreux, en raison des approvisionnements exceptionnels, faits en vue d’une saison ouverte dans d’excellentes conditions.
- » A Reims, les ouvriers s’étaient aussi remis au travail et l’on croyait que la crise était passée, quand, vendredi dernier, plusieurs établissements furent abandonnés de nouveau. Une lettre particulière nous annonce que le nombre des grévistes est approximativement de mille cinq cents.
- » Dans les centres de fabrication en laine cardée, les manufactures jouissent encore d’un mouvement assez suivi, mais les prix accordés sont toujours insuffisants.
- » Nous possédons les tableaux de notre commerce extérieur pendant les quatre premiers mois de 1880, comparés à la période correspondante de l’an dernier.
- » A l’exportation, les tissus de laine présentent le chiffre de 102.740.000 fr. pour 1879, et celui de 117.439.000 pour l’année courante. C’est une augmentation importante, dont les étoffes en peigné ont profité. Les fils de laine indiquent un mouvement plus favorable encore : 10.969.000 fr. en 1879, et 15.265.000, en 1880.
- » A l’importation, la valeur des tissus de laine, est inférieure d’un demi-million à celle des mêmes produits importés l’année dernière.
- » En Angleterre, la fabrique possède, par continuation, une bonne activité ; quelques genres pour
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’extérieur laissent cependant un peu à désirer. Quoi qu’il en soit, l’exportation est plus favorable que l’an dernier à pareille époque et la valeur des tissus de laine exportés depuis le 1er janvier jusqu’au 30 avril excédait de 12.568.000 fr. celle des mêmes articles qui quittèrent les ports du Royaume-Uni, en 1879. Les filés de laine ont suivi la même progression.
- LE BLANCHIMENT ET LA TEINTURE
- — {Suite.) —
- L’apprêt des blancs a fait également plus d’un pas en avant, mais ce n’est également pas par l’introduction de nouveaux produits chimiques, mais bien grâce à la construction d’une infinité de machines et de métiers appropriés à des travaux divers dont les différences échappent à un œil inexpérimenté. L’amidon, les fécules, les diverses variétés de dextrines et d’amidon grillé, les matières minérales telles que le kaolin, l’ocre, le sulfate de baryte, le plâtre, servent toujours à donner du corps, du toucher, de la raideur et du poids à l’étoffe.
- Nous signalerons cependant l’introduction assez récente dans l’apprêt d’une matière mucilagineuse nouvelle. On en voyait des spécimens dans les expositions de nos produits coloniaux, et certains tissus qui figuraient dans les vitrines de la classe XLV1II ont été apprêtés avec ce produit.
- Depuis plusieurs années, en effet, on fait des efforts sérieux pour introduire dans l’industrie des tissus l’usage de divers produits extraits des algues ou plantes marines. Ces matières sont connues sous les noms de Haï-Thao Ly-Cho, Thao français, gélose ou alguensine Martineau. Chacune d’elles offre au point de vue de l’apprêt des avantages marqués, mais variant d’une espèce à l’autre. Leur application courante n’est pas encore un fait acquis et toutes les difficultés pratiques ne sont pas levées. L’alguensine provient de la dessiccation d’une décoction aqueuse d’algues marines ; elles se dissout facilement et presque sans résidu dans l’eau bouillante; les solutions se prennent en gelée par le refroidissement ; employée comme apprêt, elle communique au tissu de la force, tout en lui laissant de la souplesse et sans la roideur que donne l’amidon ou la fécule. On ne peut songer à la substituer entièrement à ces derniers produits ni à en faire usage
- . isolément; mais mélangée à des épaississants ayant | plus de corps, elle pourra rendre des services | surtout si l’industrie arrivé à la liver dans un état i satisfaisant de blancheur, comme certains échan-! tillons exposés permettent de l’espérer.
- Chaque genre de tissu reçoit un apprêt particu-] lier, et cet apprêt diffère non seulement par la ma-| tière qui en forme le fond, mais encore par le do-| sage et les préparations auxquelles le tissu est j soumis et par les métiers sur lesquels il passe. Je | citerai comme exemple la machine à beattler au ; moyen de laquelle une étoffe de 'coton, soumise à un véritable pilonnage, prend le toucher, l’apparence et le brillant spécial des étoffes de soie.
- Grâce à des machines qui tirent une partie de la fibre en dehors des mailles du tissu, machines pour tirer à poil, on peut réaliser les effets les plus variés; en partant d’un produit uni, on obtient des étoffes pelucheuses, molletonnées, gaufrées de mille manières, suivant les exigences de la mode.
- Tirer à poil, c’est gratter le tissu au moyen d’une brosse, ou plutôt d’un chardon métallique, de manière à extraire une portion de la fibre d’entre les mailles du tissu, qui prend ainsi une apparence pelucheuse plus épaisse et plus de douceur au toucher.
- Les machines à tirer à poil varient dans leurs détails selon la grandeur, la forme et la nature de l’effet à produire, le tirage pouvant n’être que partiel ou complet: mais elles sont toutes fondées sur le principe précédent.
- Donnons par exemple la description de la machine à tirer à poil en travers de MM. F. Delamare et Chandelier.
- Un tissu est tendu entre deux rouleaux et animé d’un mouvement de translation. A cet effet, sur un bâti solidement établi est posée une série de rouleaux horizontaux sur lesquels glisse la pièce. Celle-ci est attirée par un dernier rouleau situé au-dessus des autres, garni de cardes et qui reçoit le mouvement de la machine; elle est maintenue tendue par un premier rouleau disposé dans le même plan horizontal que l’autre, également garni de cardes, mais en sens inverse, rouleau qu’elle doit faire tourner pendant son mouvement de translation. Un frein rend cet entraînement plus ou moins dur, et permet de régler la tension du tissu. Les rouleaux supérieurs intermédiaires sur lesquels glisse la pièce sont au nombre de quatre et disposés par paires. Dans l’intervalle moyen entre les deux
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- paires, le tissu passe sous un rouleau médian plus gros, situé dans le plan des deux rouleaux à cardes extrêmes. Les deux rouleaux de chaque paire sont à une distance convenable l’un de l’autre, et c’est dans ces deux espaces où la pièce se trouve tendue librement que s’opère le travail du grattage ou tirage à poil. Ce travail est donc double dans le même temps, et l’on peut donner progressivement deux tirages à poil successifs dans deux sens différents suivant le mode d’enroulement des chardons.
- Les appareils travailleurs qui s’appliquent sur le tissu dans les deux parties tendues se composent de rouleaux courts garnis de pointes de cardes et formant chardon.
- Ces rouleaux, dont l’axe de rotation est horizontal et disposé dans la direction du mouvement de translation du tissu, sont en contact avec sa face supérieure et tournent dans un sens perpendiculaire à celui de translation. Dans ces conditions, il est évident que le rouleau va tirer à poil suivant la génératrice de contact. Si donc on lui communique, en même tempsque son mouvement de rotation autour de son axe, un mouvement de va-et-vient dans le sens horizontal et perpendiculairement au sens du mouvement du tissu, on conçoit que la génératrice de contact se déplacera de toute l’étendue du mouvement de va-et-vient et le tirage à poil sera effectué sur toute cette surface. Enfin, si nous réunissons plusieurs éléments semblables juxtaposés, le travail couvrira toute la largeur de l’étoffe.
- Les rouleaux chardons et les rouleaux nettoyeurs superposés sont fixés sur un cadre qui reçoit mécaniquement le mouvement de va-et-vient -, enfin, un arbre qui participe à ce mouvement détermine leur rotation simultanée.
- Cette machine dont nous avons cherché à donner une idée aussi nette que possible, sans le secours d’une figure, donne un travail régulier dans toutes les parties du tissu et ne fatigue pas l’étoffe.
- Les vitesses imprimées aux divers éléments de de l’appareil doivent varier avec la nature plus ou moins intense du tirage à poil que l’on veut obtenir. La vitesse de sortie du tissu varie de six à neuf mètres par minute.
- On comprend aussi qu’en modifiant convenablement la forme, la grandeur et la position des appareils travailleurs, qu’en réservant certaines portions du tissu qui se trouveraient soustraites à l'ac
- tion des cardes, l’on peut varier à l’infini les effets produits et l’apparence de l’étoffe.
- La manière d'apprêter diffère, comme le blanchiment, la teinture et l’impression, selon la nature de la fibre et du tissu.
- Commercialement on distingue les apprêts pour tissus blancs de ceux pour tissus imprimés ou teints. Cette distinction ne se retrouve plus aussi nettement dans les procédés, certaines opérations s’appliquant aussi bien au blanc qu’à la marchandise colorée. M. Rosenstiehl (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse'), dans son excellent rapport sur l’exposition des tissus à la Société industrielle de Mulhouse, en 1876, a divisé les apprêts en apprêts déraillés ou brisés et en apprêts non déraillés. Dans le premier genre, on se propose d’empeser le fil, d’y sécher l’empois en le lissant, tout en évitant que la trame et la chaîne soient collées l’une contre l’autre ; chaque fil, passablement cylindrique, se meut librement à l’égard de celui avec lequel il se croise, et la maille est entièrement dégagée. Dans ces conditions, les plis du tissu s’arrondissent et prennent, en se drapant, quelque chose de la souplesse et de l’élasticité de la laine. Le type de ces apprêts est celui que l’on sait donner à la tarlatane, à Tarare. Les jaconas et les organdis, dont Saint-Quentin a eu longtemps la spécialité, rentrent aussi dans cette catégorie.
- Cet apprêt, appelé aussi apprêt élastique, batiste ou linon, s’obtient au moyen de la rame à briser, dont voici le principe. La pièce, empesée, séchée et mouillée à nouveau, est fixée par ses deux lisières dans les pinces d’une rame, puis tendue en largeur. En imprimant aux bandes à pinces un mouvement de va-et-vient dans un plan horizontal et parallèlement à elles-mêmes, c’est-à-dire en les rapprochant et en les écartant alternativement, on provoque le frottement réciproque des fils de trame et de chaîne, et, par suite, le lissage pendant la dessiccation.
- Pour l’article broderie, on emploie des rames courtes, et le mouvement est donné à la main afin d’éviter les déchirures et les déformations du dessin.
- Les rames des tissus unis ont été assez récemment mises en mouvement de déraillage mécaniquement.
- L’emploi de la rame à dérailler a encore un autre but, qui explique son nom.
- Dans tous les tissus dont la trame et la chaîne
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- sont sans liaison, il se produit, pendant la teinture et pendant les opérations de l’apprêt, un déplace-ment des fils les uns par rapport aux autres, constituant ce qu’on appelle des éraillures. Pour rétablir ces fils dans leur position première et rendre aux tissus leur aspect primitif, il faut leur faire subir ce que l’on appelle l’opération du déraillage. La rame à dérailler atteint le but, puisque la chaîne restant constamment tendue et parallèle à elle-même ou à l’axe longitudinal de la rame, la trame reçoit au contraire un mouvement d'oscillation. Les fils ainsi mis en mouvement les uns par rapport aux autres viennent petit à petit, après un certain nombre d’oscillations, retrouver leur place primitive dans les encoches produites, tant sur la trame que su. la chaîne, par le coup de battant du métier à tisser. Ainsi disparaissent les éraillures. De plus, comme nous l’avons dit plus haut, dans l’apprêt de certains tissus, il est bon de sécher ceux-ci une fois imprégnés d’apprêt, en leur faisant, pendant le séchage, subir un mouvement d’oscillation analogue à celui décrit plus haut. C’est ce qui constitue précisément l’apprêt brisé, et de là le nom de métier à briser, que l’on donne aussi souvent à la rame à dérailler. La rame, système C. Garnier représente un des spécimens les plus parfaits et les plus nouveaux de ce genre d’appareils.
- Dans les apprêts non brisés, le tissu est plus ou moins empesé pour lui donner de la tenue, sans que l’on cherche à maintenir la maille ouverte, ni à obtenir un fil cylindrique indépendant. Souvent, au contraire, on l’aplatit par cylindrage.
- (A suivre.)
- PRÉPARATION
- de la sole pour la teinture
- Par M. J. Persoz
- — Suite (1), —
- Soufrage
- La soie qu’on doit soufrer est lavée au sortir de la chaudière de cuite et suspendue, encore mouillée, sur des bâtons qu’on introduit dans de petites çhambres où se dégage du gaz sulfureux. A Lyon, on a utilisé, pour y établir des soufroirs, les parois
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année courante, pages 63 et 76.
- des rochers qui bordent le cours de la Saône. D’ordinaire, on construit pour cet usage des salles en maçonnerie que l’on tapisse quelquefois encore de plomb. L’essentiel est que ces enceintes soient parfaitement closes et à l’abri des influences extérieures. Des ouvertures doivent y être ménagées, de façon à ce que l’on puisse ventiler la pièce lorsqu’on veut y pénétrer, l’opération une fois terminée.
- Les matteaux sont rangés côte à côte, et à d’assez faibles distances. Quand tout est prêt dans la chambre, on y allume du soufre que l’on fait brûler, soit dans une terrine en fonte, comme cela a lieu à Lyon, soit dans la cavité d’une grande pierre, comme cela a lieu en Suisse, suivant les renseignements puisés dans l’excellent ouvrage technique de M. Philippe David, teinturier à Bâle.
- D’après cet auteur, on prend 500 grammes de soufre pour 10 kil. de soie -, on le concasse en morceaux, avant de l’introduire dans la cavité de la pierre ; puis on y met le feu, tantôt avec un fer rouge que l’on plonge dans la masse et qu’on y abandonne, tantôt, ce qui est préférable, en allumant à part un fragment de la matière, pour en faire tomber les gouttes enflammées sur le contenu de la pierre. Par l’allumage au moyen du fer rouge, on s’expose à ce que de petites parties de soufre ou de sulfure de fer soient projetées, salissent la soie, la tachent ou même la brûlent.
- Aussitôt que toute la masse est en feu, on ferme solidement la porte et on la clôt d’une manière hermétique avec des bandes de bois. L’ouvrier doit se retirer sans retard, autant pour lui-même que dans l’intérêt de la fibre, qui, si la chambre restait ouverte, serait exposée à se piquer de petites taches rouges. La combustion du soufre continue un certain temps, puis se ralentit et s’arrête dès que l’atmosphère de l’enceinte est très-appauvrie d’oxygène. Le résidu que l’on retrouve solidifié dans la pierre peut être brisé et brûlé avec une addition de soufre frais.
- Le soufrage dure 20, 30 ou 40 heures, suivant que l’on veut obtenir de la soie plus ou moins blanche. Le moment venu, on ouvre la chambre, on y détermine une ventilation énergique pour renouveler l’air et on retire les matteaux qu’on dé-soufre, en les lissant simplement sur des barques pleines d’eau.
- Comme une douce chaleur favorise l’action de l’acide sulfureux, certains teinturiers prennent la
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- précaution, durant les saisons froides, d’entretenir dans les soufroirs une petite circulation de vapeur à travers des tuyaux. On peut maintenir de cette façon la température requise, mais il faut éviter avec grand soin de la dépasser sous peine d’accidents.
- Dans son Traité ,de chimie appliqué aux arts, M. Dumas fait remarquer que cette méthode de blanchiment laisse à désirer pour plusieurs motifs :
- « 1° il se forme toujours, dans un aussi grand es-» pace et en présence de l’eau, de l’acide sulfurique » qui altère la soie, si, par quelques circonstances, la » température s’élève un peu trop.
- » 2° Le travail est loin d’être méthodique, puisqu’à » chaque opération on est obligé de chasser l’acide » sulfureux pour entrer dans la chambre et pour re-» nouveler la soie ; il y a donc perte de temps d’em-» placement et d’acide sulfureux.
- » Le service des ouvriers est désagréable, puisqu’ils » sont obligés à chaque nouvelle opération de péné-» trer dans la chambre dont il est impossible de chas-» ser tout l’acide sulfureux ».
- Bien que ces observations remontent à plus de trente ans, nous ne croyons pas qu’aucune amélioration se soit produite, qui atténue d’une manière sérieuse les inconvénient! signalés ci-dessus.
- En ce qui concerne le service des ouvriers, M. David, moins sévère dans son appréciation que M. Dumas, prétend que si, à la vérité, le gaz sulfureux absorbé en forte quantité, agit d’une manière énergique sur les organes de la respiration, il est loin d’être aussi dangereux qu’on veut bien le dire, une fois dilué dans beaucoup d’air. Ce praticien affirme que dans les grands établissements où un personnel spécial est affecté à chaque opération en particulier, on trouve souvent des ouvriers qui, pendant toute l’armée, suspendent de la soie dans les soufroirs et la retirent, sans cesser | de jouir d’une excellente santé. Il en a connu qui, pendant dix et même douze ans, avaient été occupés dans les chambres à soufrer, sans être aucune-ment incommodés de ce service. En outre, il fait remarquer que l’acide sulfureux est moins dange-reux pour les poumons que le chlore « auquel, dit-1l, on peut s’accoutumer aussi très-bien, sans éprouver d’indispositions sérieuses, quand il est dilué dans beaucoup d’air ».
- D apres M. Dumas on emploie quelquelois aussi pour le soufrage :
- « ..... Un appareil composé d’une très-grande ar-» moire plus longue que large, divisée dans sa hau-» eux par cinq ou six tablettes horizontales. Des » portes latérales servent à introduire et à retirer la » soie à chaque étage de tablette.
- | » L’acide sulfureux se produit à part dans un petit
- | » fourneau en fonte, bien clos et muni de portes fer-| » mant exactement. Un tuyau en tôle d’une hauteur ; » suffisante poux’ produire un tirage, conduit le gaz du | » poêle en fonte dans une caisse à fermeture hydrau-i » lique où l’acide sulfureux en léchant la surface de » l’eau se dépouille de la petite quantité d’acide sul-» furique produite dans la combustion du soufre.
- » Un second tube conduit le gaz épuré à la partie » supérieure du soufroir, c’est-à-dire dans l’espace » libre ménagé au-dessous de la tablette la plus éle-» vée. Arrivé à l’extrémité de ce premier comparti-» ment, une ouverture ménagée dans la tablette per-» met au gaz de passer dans l’étage inférieur, et » ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ait atteint la partie » la plus basse du soufroir.
- » L’excès d’acide sulfureux sort du dernier compar-» timent, se rend par un tube sous la grille du poêle » en fonte et arrête, par conséquent, la combustion du » soufre au besoin.
- » Le fourneau à produire l’acide sulfureux doit être » placé à un étage inférieur, afin que la cheminée qui » conduit le gaz à l’appareil ait une hauteur suffi-» santé pour donner au gaz décolorant une impulsion » qui l’oblige à s’introduire dans le soufroir et à en » suivre toutes les sinuosités ».
- A suivre. '
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures,
- — Suite (I) —
- Toutes les plumes naturelles possèdent une légère teinte jaunâtre. Pour s’en assurer on n’a qu’à les comparer avec du blanc parfait comme celui de la neige ou à mouiller la plume, car l'eau tend à faire paraître plus foncées les couleurs qui teignent les objets. Pour avoir du blanc qui se rapproche du blanc parfait, il faudra donc neutraliser cette nuance jaunâtre. On y arrive par les couleurs complémentaires. Ce sera donc le bleu complémentaire du jaune qui devra nous servir à cet effet. Mais il arrive que ni ce jaune de la plume, ni ce bleu de la matière colorante ne sont pas des couleurs pures de façon que le vert qui est mélangé avec l’une ou l’autre ressort, et que si on
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et nos 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8 et 10 de 1880.
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- laissait la plume en cet état elle aurait un aspect très-désagréable à l’œil; on est donc conduit à neutraliser cette teinte verdâdre par du rouge ou du violet-rougeâtre. L’on voit par là que le moyen d’obtenir du blanc est de même ordre que celui pour faire du gris ou du noir. En effet, par la teinture on n’arrive pas à faire du blanc parfait, même en supposant que ce blanc ne possède en mélange aucune autre couleur, ni jaune, ni rouge, ni bleu. Ce sera toujours du blanc mélangé avec une portion plus ou moins petite de noir, en un mot du gris extrêmement clair.
- Quoique l’œil ne puisse pas mesurer le degré si faible de ternissement, il en est tout de même choqué et sait parfaitement distinguer ces blancs mats des blancs vraiment parfaits ou bleuâtres; dans ces derniers,le bleu ou le bleu-violet donnent l’éclat que le blanc primitif n’offrirait pas àlui seul.
- Les matières colorantes qui servent à teindre les plumes en blanc ne sont pas nombreuses. On se sert de carmin d’indigo, de bleu lumière, de bleu de Prusse, de violet à l’acide, de cochenille. Le bon bleu-lumière est à préférer au carmin d’indigo parce qu’il est plus franc et moins verdâtre. Le violet à l’acide est aussi à préférer à la cochenille, car il a une nuance toujours plus pure que cette dernière. La cochenille est cependant utile dans le cas où l’on a une plume très-jaunâtre qu’on veut teindre en blanc mat.
- C’est un fait prouvé que les acides diminuent-le ton jaunâtre des plumes. Le sel d’oseille, l'acide oxalique jouissent surtout de cette propriété. L’acide acétique, l’acide tartrique, ont une action nulle ou du moins insensible. L’acide sulfurique a de l’action, mais en degré moindre que le sel d’oseille, Ce n’est donc pas à tort que l’on ne cherche pas obtenir du blanc avec des couleurs qui ne s’emploient pas à l’acide ou qui s’emploient avec un acide faible seulement. Il résulte de là que les plumes à teindre en blanc devront toujours être pressées dans un bain bien chaud contenant du sel d’oseille ou de l’acide oxalique en solution.
- Toutes les plumes naturelles possèdent
- une légère teinte jaunâtre. Pour s’en assurer on n’a qu’à les comparer avec du blanc parfait comme celui de la neige ou à mouiller la plume, car l’eau tend à faire paraître plus foncées les couleurs qui teignent les objets. Pour avoir du blanc qui se rapproche du blanc parfait, il faudra donc neutraliser cette nuance jaunâtre. On y arrive par les couleurs complémentaires. Ce sera donc le bleu complémentaire du jaune qui devra nous servir à cet effet. Mais il arrive que ni ce jaune de la plume, ni ce bleu de la matière colorante ne sont pas des couleurs pures de façon que le vert qui est mélangé avec l’un ou l’autre ressort et que si on laissait la plume en cet état, elle aurait un aspect très désagréable à l’œil; on est donc conduit à neutraliser cette teinte verdâtre par du rouge ou du violet rougeâtre. L’on voit par là que le moyen d’obtenir du blanc est de même ordre que celui pour faire du gris ou du noir. En effet, par la teinture on n’arrive pas à faire du blanc parfait même en supposant que ce blanc ne possède en mélange aucune autre couleur, ni jaune, ni rouge, ni bleu. Ce sera toujours du blanc mélangé avec une portion plus ou moins petite de noir, en un mot du gris extrêmement clair.
- Quoique l’œil ne puisse pas mesurer le degré si faible de ternissement il en est tout de même choqué et sait parfaitement distinguer ces blancs mats des blancs vraiment parfaits ou bleuâtres ; dans ces derniers, le bleu ou le bleu-violet donnent l’éclat que le blanc primitif n’offrirait pas à lui seul.
- Les matières colorantes qui servent à teindre les plumes en blanc ne sont pas nombreuses. On se sert de carmin d’indigo, de bleu lumière, de bleu de Prusse, de violet à l’acide, de cochenille. Le bon bleu lumière est à préférer au carmin d’indigo parce qu'il est plus franc et moins verdâtre. Le violet à l’acide est aussi à préférer à la cochenille car il a une nuance toujours plus pure que cette dernière. La cochenille est cependant utile dans le cas où l’on a une plume très jaunâtre qu’on veut teindre en blanc mat.
- C’est un fait prouvé que les acides dimi-
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- nuent le ton jaunâtre des plumes. Le sel | d’oseille, l’acide oxalique jouissent surtout de cette propriété. L’acide acétique, l’acide tartrique, ont une action nulle ou du moins insensible. L’acide sulfurique a de l’action, mais en dégré moindre que le sel d’oseille.
- Ce n’est donc pas à tort que l’on ne cherche pas à obtenir du blanc avec des couleurs qui ne s’emploient pas à l’acide ou qui s’emploient avec un acide faible seulement. Il résulte de là que les plumes à teindre en blanc devront toujours être pressées dans un bain bien chaud contenant du sel d’oseille ou de l’acide oxalique en solution.
- Plume tendre.
- Pour cette espèce de plumes le bain au sel d’oseille ne doit pas être trop chaud, surtout pour le duvet de dinde, car on risquerait de compromettre la solidité de la plume. La température du bain doit varier entre 40 et 60°. Il ne faut non plus, pour la même raison, laisser la plume trop longtemps dans ce bain ; 10 à 15 minutes suffisent largement ; d’ailleurs il n’y a pas d’avantage à prolonger ce trempage, car le jaunâtre ne diminue plus à partir d’une certaine limite qu’on atteint en un temps très court.
- La plume étant retirée du bain au sel est introduite dans un bain froid, légèrement acidulé avec du sel d’oseille ou de l’acide oxalique. La teinture en blanc est faite à froid,car à la température ordinaire de l’eau les matières colorantes ont moins d’affinité pour la plume ; on obtient ainsi l’égalité très facilement. A suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- «le teinture en noir «les tissus laine
- chaime coton et laine pure
- Le nouveau procédé de teinture en noir que vient de découvrir un de nos abonnés a une très-grande importance par suite de ses applications considérables et surtout de son bon marché et de sa solidité (1).
- (1) Nous sommes à la disposition des personnes qui vou-
- En effet, jusqu’à présent on n’était pas encore arrivé à faire du noir solide sur les tissus chaîne-coton, tels que : Orléans, Alpagas.. Reps ou tissus analogues. Par le nouveau procédé, on parvient à faire, non-seulement très-solides, mais encore toujours uniformes, des noirs ne changeant nullement à l’air, tandis que par les procédés généralement employés on trouvait souvent, dans une même pièce, plusieurs parties teintes en noirs différents, noir-bleu, noir-noir, noir-vert, etc.
- Le nouveau procédé ne s’applique que sur les tissus de laine et coton dont la chaîne coton est bon teint ou sur les tissus de pure laine. Il permet de garantir la conformité du noir pour un nombre quelconque de pièces d’étoffe.
- Au cours actuel des drogueries et teintures, une pièce d’étoffe chaîne coton, pesant 10 kilos, mesurant 100 mètres, coûte, pour les mordants et la teinture, 85 centimes, c’est-à-dire, moins d'un centime par mètre, au moyen du nouveau procédé. La pièce de laine de 10 kilos mesurant 100 mètres revient à 1 fr. 25, soit à environ un een-time et quart par mètre. Ajoutons que la teinture est très-rapide et exige peu de manipulations.
- L’échantillon ci-dessous a été teint par l’auteur du procédé.
- Nouveau colorant
- La série des verts est encore loin d’être épuisée. Nous avons eu par ordre d’ancienneté le vert à l’aldéhyde ou vert Usèbe, le vert Hofmann, vert à l’iode ou vert d’iodure d'éthyle, le vert de di-draient profiter de l’achat du procédé. Celles qui, auparavant, désirent faire des essais pour se rendre compte de sa valeur, peuvent nous adresser FRANCO jusqu’à b kil. d’étoffe. L’auteur du procédé les teindra et nous leur retournerons teinte.
- P. B.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- benzylaniline, vert de Paris, dont on a abandonné la fabrication, à cause de son peu de solubilité, le vert de méthylaniline, les vert Malachite, vert Victoria, vert direct, vert acide et enfin (e vert alcalin.
- Ce nouveau produit, fabriqué par les successeurs de Meister, Lucius et Bruning à Hœchst s/M., s’emploie comme le bleu Nicholson (bleu alcalin).
- La teinture sur laine se fait par le borax avec avivage subséquent à l’acide comme pour le bleu alcalin. Au lieu du borax, on peut employer le silicate ou le carbonate de soude.
- Ce vert peut se mélanger avec le bleu alcalin et la teinture se faire dans le même bain, puisque les traitements sont semblables.
- Nous avons sous les yeux cinq échantillons de flanelle teinte avec le produit pur et avec des additions de 1, 2, A et 7 0/0 de bleu Nicholson. On obtient ainsi toutes les nuances entre le vert et le bleu.
- TEINTURE POUR CHAPELLERIE
- Marron doré ou alezan au chromate.
- Pour 24 chapeaux de feutre,
- 16 seaux d’eau le premier bain.
- Le bain mordant se compose ainsi :
- 60 grammes chromate de potasse.
- 20 — vitriol bleu (sulfate de cuivre).
- 30 — couperose sulfate de fer neutralisé.
- Chaque substance est fondue séparément et mise dans la chaudière, dès que le bain est en grande ébullition, on y plonge les chapeaux qu’on y laisse pendant 30 minutes ; en les retirant on les passe à l’eau froide, et quand ils sont écoulés sur des claies bien propres on les replonge pendant une nouvelle demi-heure, on les brosse dessus et dessous dans l’eau froide jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement propres.
- Pendant ce temps, on nettoie à fond la chaudière, on la remplit d’eau et on y ajoute :
- 1 kil. 500 gr. fustet en poudre.
- 1 — 500 — cachou.
- 100 — extrait de campêche.
- 50 — curcuma.
- 50 — santal.
- On fait bouillir pendant une heure ardemment, on passe le bain au tamis, on le remet dans la chaudière, on y ajoute 100 grammes d’alun raf
- finé, on donne trois plongées de 30 minutes en bain bouillant, et après chaque plongée on passe légèrement à l’eau froide.
- Cette opération demande le plus grand soin de propreté, tant dans la chaudière que pour le baquet et le bâton qui ne doivent en rien se sentir de l’action des drogues du premier bain.
- La même nuance, doré anglais, s’obtient en supprimant le curcuma, en réduisant de un quart de son poids le fustet et en augmentant le santal de 50 grammes.
- Le marron foncé se produit par le même procédé avec une simple addition de 100 grammes extrait de campêche.
- Le Havane, en réduisant toutes les doses de moitié.
- Le noisette, en les réduisant de un quart de leur poids.
- Il fauttoujours se reporter pour le fractionnement de dose à la recette du deuxième bain. Cette recette, pour laquelle les mordants ne doivent jamais varier pour produire les nuances les plus brillantes et les plus solides par le même bain, Havane, noisette, marron, alezan, marron anglais, marron foncé au besoin, porte beaucoup d’économie.
- Observation. Il ne faut jamais mordancer les les chapeaux la veille pour les teindre le lendemain ; ils seraient mal unis.
- (Extrait du Manuel Bertrand, page 21.) {Moniteur de la chapellerie.)
- APPRÊTS DES FOULARDS DE SOIE
- Les pièces sont enroulées sur des rouleaux en bois traversés par un axe et disposés pour être adoptés sur la machine. — Chaque rouleau est de 56 foulards.
- Les pièces enroulées sont passées à grande vi-vitesse aux cylindres chauffés par des boulons rougis au feu, le cylindre inférieur est creux pour l’introduction des boulons.
- Après cette opération, on apprête au cylindre en cuivre chauffé à la vapeur avec l’apprêt n° 1 pour couleurs vapeur, et l’apprêt nu 5 pour foulards garancés.
- L’apprêt est versé dans l’auge du cylindre à apprêter. Après être apprêtés, les foulards sont déroulés, pliés et mis en presse.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Apprêt n° 1
- 30 litres eau.
- 200 gr. fécule de pommes de terre.
- Cuire, et après cuisson, ajouter : 15 gr. sel d’oseille en poudre.
- 1 kil. colle de peau double du commerce.
- Passer au tamis.
- Apprêter à la machine à sécher.
- Chauffer à la vapeur.
- Régler l’apprêt selon la force dont on a besoin. Cet apprêt a un très-bon toucher.
- Apprêt n° 5
- , h litres bain n° 5.
- 2 — — no 1.
- 2 — — n° 2.
- 1/2 — — n°3.
- (voir plus loin la composition des bains).
- Ajouter :
- 6 litres eau froide.
- Agiter très-bien ; renouveler le bain dans la même proportion à mesure que le passage des pièces épuise le bain.
- L’apprêt est luisant, craquant et couistant, il a tout à fait le toucher du corat.
- Préparation des bains pour apprêt n° 5
- Bain n° 1.
- 36 litres eau froide.
- 6 kil. gomme Sénégal.
- Dissoudre — Passer au tamis.
- Bain n° 2.
- 2 kil. sirop de fécule, dissous à chaud dans
- 8 litres d’eau.
- Bain n° 3.
- 500 gr. savon blanc de Marseille, dissous avec 4 litres eau chaude.
- Bain n° h.
- 1 kil. 500 colle blanche, 1re qualité, dissoute dans 32 litres eau chaude.
- BLANCHIMENT DES ÉPONGES
- On lave d’abord les éponges dans de l’eau tiède, puis dans de l’eau contenant 5 c. c. d’acide chlorhydrique par litre d’eau, ce qui fait disparaître le carbonate de chaux ou calcaire qui se trouve dans les pores. L’éponge est alors épurée, mais elle est
- brune. Pour la blanchir on prend la solution composée de 5 parties d’acide chlorhydrique pour 100 parties d’eau et on y ajoute 6 parties d'hyposulfite de soude.
- Par ce moyen les éponges se blanchissent beaucoup mieux et plus rapidement qu’avec l’acide sulfureux. On peut les laisser 2 heures, le succès est alors alors complet. Ce procédé est susceptible de nombreuses applications.
- ----—8——.8.3., s—---------------
- BLEU DE FRANCE
- Plusieurs de nos abonnés ont exprimé le désir d’avoir les renseignements les plus complets sur la couleur bleue que l’on produit avec le bleu de Prusse ; nous exposerons donc aujourd’hui avec détail les procédés les plus en usage. Comme on pourra le remarquer, toutes les recettes que les teinturiers possèdent se ressemblent ; ce qui en établit le plus ordinairement la différence, c’est le tour de main, ou mieux, la connaissance des produits que l’on emploie,
- Formation et fixation du bleu de France sur tissu. — On compte environ cinq manières de former le bleu de Prusse ou bleu de France qui ne diffère que par le sel d’étain.
- 1® On peut employer un sel de sesquioxyde de fer -, c’est ordinairement le vitriol vert ou sulfate et le cyanure jaune de potassium qu on nomme encore prussiate jaune, par opposition avec le prus-siate rouge. Ainsi dès 1822, on opérait ainsi : on prenait, par exemple, un tissu de calicot, on le plongeait dans une dissolution d’un sel de fer, on le faisait sécher et on le trempait ainsi dans un bain contenant du prussiate jaune qu’on rendait acide par un peu d’acide sulfurique; c’est ainsi qu’on produisait la couleur bleue; mais à l’air, la teinture tournait au vert.
- 2• On produit le bleu en faisant usage d’un sel de protoxyde de fer, c’est-à-dire d’un sel dans lequel l’oxyde est au minimum d’oxydation.
- On trempe le tissu dans un bain qui le contient, on le fait sécher et on le plonge ensuite dans un bain contenant du cyanure jaune de potassium.
- Au lieu d’exposer le tissu à l’air, on le plonge dans de l’eau tenant en dissolution du chlorate de potasse ou un peu de chlorure de chaux.
- 30 On teint en bleu, en employant un sel de
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- protoxyde de fer et le cyanure rouge de potas- j sium.
- 4° On se sert encore du cyanure rouge ou d’un sel sesquioxyde de fer ; mais alors, comme il faut ramener le sel de sesquioxyde à l’état de sel de protoxyde de fer, on emploie un agent réducteur. C’est ordinairement un sel d’étain; on pourrait remplacer le sel d’étain par une dissolution d’acide sulfurenx, on produirait encore la couleur bleue, mais avec une légère modification.
- 5° On fait le bleu de Prusse en ajoutant à ces sels de l’acide tartrique ou du bisulfate de potasse à parties égales. Mais ce procédé est dispendieux.
- On opère ainsi :
- On trempe à chaud le tissu dans de l’eau contenant de l’acide tartrique ou du bisulfate de potasse, on le sèche et on le passe dans un bain renfermant du cyanure jaune, on vaporise alors le tissu, c’est-à-dire qu’on le place au milieu de la vapeur d’eau, puis on le trempe dans de l’eau de javelle, pour oxyder la couleur.
- 6° Enfin, on fait le bleu avec le cyanure rouge et un agent réducteur.
- Pour cela, on plonge le tissu dans un bain contenant du cyanure rouge ; après dessiccation, on l’introduit dans un bain renfermant du chlorure d’étain, et on y ajoute un peu d’acide.
- Un quart d’heure, une demi-heure au plus suffisent pour donner naissance au bleu de France.
- Simplicité du procédé.— Comme on peut le remarquer, il n’y a rien de difficile dans la teintare en bleu de France. Chacun, en effet, peu plonger un tissu dans de l’eau contenant un sel de fer puis dans un bain contenant du prussiate jaune additionné d’un peu d’acide sulfurique, et finir l’opération par tremper le tissu dans de l’eau renfermant un peu de sel d’étain.
- Bleu de France sur laine, aux Gobelins. — Aux Gobelins, on fait le bleu de France sur laine, comme nous l’avons indiqué pour la soie, c’est-à-dire qu’on se sert du nitrate de fer auquel on ajoute un peu d’acide sulfurique. On plonge le tissu dans le bain, on le fait sécher, on lave à grande eau et on manœuvre dans un bain renfermant du prussiate jaune et un peu d’acide chlorhydrique.
- Le tissu ne doit être plongé dans l’eau contenant le sel d’étain qu’à la fin de l’opération. M. Perret, le directeur de l’atelier de teinture, suit régulièrement cette marche et jusqu’à présent, il a toujours
- obtenu les plus beaux résultats. Tout le monde sait cependant qu’on peut considérer l’atelier des Gobelins, comme l’atelier modèle, puisque toutes les laines qu’on y teint doivent être employées aux tapisseries des palais des princes et des rois. L’Europe nous envie, avec juste raison, ce modèle de la perfection de l’agencement des couleurs.
- On peut donc avoir confiance dans la recette que nous donnons, elle a reçu la sanction du temps et de l’expérience de M. Chevreul. On peut opérer à une température de 60 à 70° environ.
- Application sur coton, chanvre et lin. — On applique le bleu de France de la même manière sur coton : on commence par passer le coton dans de l’eau, contenant un peu d’acide sulfurique, on laisse séjourner le tissu pendant plusieurs heures dans le bain, pour ouvrir les pores aux fibres du coton ; on le passe ensuite dans de l’eau à chaud, contenant un sel de fer pendant 20 minutes environ. Aujourd’hui on se sert plus particulièrement du nitrate de fer. On laisse ensuite reposer le tissu pendant 12 heures. On le passe dans un bain contenant en dissolution du cyanure jaune, qu’on rend acide par quelques gouttes d’acide sulfurique. On laisse encore reposer le tissu et on finit par le plonger dans de l’eau contenant un sel d’étain en dissolution.
- On peut mettre à profit la recette suivante qui est faite pour 100 mètres d’étoffes.
- Cuve du mordant.
- Eau, 150 litres.
- Persulfate de fer à 480, 12 kilos.
- Protochlorure d’étain, 1,750 Bichlorure d’étain à 60®, 1 »
- Cuve de teinture.
- Eau, 150 litres.
- Cyanure jaune, 1 k. 500
- Acide sulfurique à 66°, 0 625 On recommence les opérations tant que l’on n’est pas arrivé à la nuance voulue.
- Pourquoi introduit-on quelquefois de Valun et du tartre ? — Il paraît qu’il y a avantage à introduire un peu d’alun et de tartre dans la dissolution d’étain, lorsque la température commence à s'élever. L’expérience a démontré que c’était le moyen de donner au tissu du reflet ou la fleur, comme on dit. 1/20 de ces mordants suffit pour nourrir le bain.
- Inconvénients du bois dinde. — Quelquefois ,
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- on nourrit le bleu par un peu de décoction de bois d’Inde, mais c’est à tort, parce que cette teinture rouge n’est pas solide. Elle disparait avec le temps. Ce n’est pas comme dans la teinture noire, où l’on peut faire usage 'du campèche sans inconvénient. En supposant, en effet, qu’une partie du reflet rouge disparaisse, it en reste toujours suffisamment sur le tissu. Pour plus de solidité, il y a des teinturiers qui donnent un pied d’indigo en commençant l’opération mais ce procédé augmente la main d’œuvre.
- Défaut du commerce. — Le défaut général du commerce, c’est de ne pas laver l’étoffe convenablement. De là aussi, cette dureté que conserve le tissu. On ne peut obtenir le moelleux qu’en faisant disparaître l’acide, et on n’y arrive que par un lavage répété.
- Le même bain peut-il servir plusieurs fois ? — On ne peu pas conserver un bain de bleu de Prusse dans l’espoir de s’en servir plusieurs fois; il finit par se corrompre et ne couvre plus l’étoffe. Ainsi donc, quand on fait un bain, on ne doit le composer qu’en raison des besoins, si l’on ne veut pas éprouver de déception.
- Où placer le tissu après chaque opération ? — Lorsque la laine, la soie, le coton sont mordancés, on les place en un coin obscur dont la température est peu élevée-, le bleu gagne en force, l’acide sulfurique réagit toujours. On fait la même chose après le bain de teinture. Il est impossible de dire toutes les précautions qu’on doit prendre pour réussir convenablement sans dépense inutile.
- Manière de corriger le bleu de Prusse. — Quand une opération a été manquée pour une cause quelconque, il y a de grandes difficultés pour corriger le bleu de France ; le tissu, en effet, se trouve imprégné d’acide, il ne reçoit plus aussi facilement une nouvelle teinture, on est même obligé de doubler les doses pour arriver au même ton. Cependant quand on veut enlever de la couleur au tissu, on le plonge dans de l’eau contenant du carbonate de soude ou des cristaux, mais l’effet est toujours mauvais, la beauté du reflet n’existe plus.
- But des sels d'étain. — Les sels d’étain sont employés pour rendre la teinture plus uniforme; ils absorbent les sels de fer.
- Quels sels peut-on employer? — Les principaux sels de fer en usage sont le nitrate de fer, le chlorure, le sulfate, le pyrolignite. Ce dernier est le plus inoffensif. On peut dire en général qu’il n’y a
- pas trop d’inconvénient à user d’un de ces sels à la place de tel autre. Ils varient suivant les localités et le bon marché.
- Modification introduite dans la teinture de la laine. — Certains teinturiers ont cru reconnaître un avantage à employer le cyanure rouge de potassium, mais lorsqu’ils en font usage, ils introduisent dans le bain un peu de chlorure de chaux. On passe toujours l’étoffe après cette opération, dans de l’eau contenant de la dissolution d’étain. La couleur bleue qui en résulte paraît très belle.
- Ordinairement on met 1/2 p. c. de cyanure dans ce bain.
- On peut faire usage de l’oxalate de fer, comme mordant sur laine et sur soie. Il paraît qu’on obtient plus d’uniformité. Pour cela, on mêle au sulfate de fer de l’acide oxalique.
- Effet de l'ammoniaque. — Pour avoir un reflet plus éclatant, on peut lorsqu’on rince, passer le tissu dans de l’eau contenant un peu d’ammoniaque, la teinture devient immédiatement d’un bleu plus cuivré.
- Le teinturier universel.
- INDUSTRIELLE
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1879
- 125,580. 12 juillet. — Bontemps. — Moyen de marquer le linge et toute étoffe par l’application des lettres et chiffres sur papier collant.
- 125,620. 15 juillet. — Healey. — Procédés et appareils propres au traitement des papiers et tissus.
- 125,637. 25 juillet. — Etienne. — Machine à lave.
- 125,661. 11 juillet. — Imbs. — Nouveau système de chauffage industriel parla vapeur d’eau dissociée et applications de ce système.
- 125,669. 16 juillet. — PRZIBRAM et Cie. — Perfectionnement dans la production des matières colorantes.
- 125,704. 18 juillet. — Franke. — Impression sur fourrures.
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- 125,759. 20 juillet. — WEISSENBURGER et Lhôte. — Procédé pour teindre les bois.
- 125,760. 20 juillet. — Martin. — Composés rendant ininflammables les papiers, les bois, les décors de théâtres et toutes les matières textiles, tissus de fil et coton.
- 125,772. 3 août. — COCHOrs et Rojot. — Système de fourneau à cylindre mobile pour cuire les ocres et toutes les terres susceptibles de faire des couleurs.
- 125,833. 6 août.— HEILMANN-DUCOMMUN et Steinlen. — Etirage démêloir à cylindres pour matières filamenteuses.
- 125,388. 16 juillet. — Hérold. — Appareil à élargir les tissus sur les machines d’apprêts, dit : système Hérold.
- 125,389. 1er juillet. — Rogelin. — Perfectionnements dans la préparation de la soie dite d’Alger, et dans l’utilisation des déchets de seconde provenance qui y sont relatifs.
- 125,406. 2 juillet. — Birch. — Perfectionnements dans les machines pour ouvrir, étendre et guider les étoffes, à l’usage des blanchisseurs, teinturiers, imprimeurs de calicot et autres.
- . 125,412. 31 mai. — Grothe.— Assortiment de machines à carder les fibres de laine, de soie, lin, coton, etc.
- 125,429. 1er juillet. — Testud de Beauregard.— Nouvel ensemble ayant pour but la transformation du calorique en force motrice, sans pertes des fluides élastiques (gaz ou vapeur).
- 125,448. — 3 juillet. — Magnier. — Nouveau procédé de mordançage appliqué aux textiles végétaux.
- 125,471. 5 juillet. — Clark. — Perfectionnements apportés au traitement des huiles végétales, en vue de leur utilisation dans la fabrication des étoffes imperméables.
- 125,533. 13 juillet. — SCHMERBER. — Impression directe par gaufrage ou frappage sur tous tissus, papiers, cuirs, etc.
- 125,534. 13 juillet. — Angelot. — Nouveau tissu appelé : tricot double Angelot.
- REVUE DES MARCHÉS
- Du 15 au 29 mai.
- Cotons
- Havre» — Ventes 12614 B. dont 1422 à livrer.
- — Arrivages 44121 B. Courant d'aflaires assez régulier et satisfaisant pour la consommation et pour l’exportation, avec des cours bien maintenus sur le disponible.
- Le marché de Liverpool a fléchi sur le livrable et le disponible.
- A Manchester les affaires sont modérées et les prix difficilement soutenus.
- Marseille. — Continuation d’un calme et d’une faiblesse de plus en plus accentués.
- Laines.
- Havre. — Les affaires, pendant la lre quinzaine du mois ont été dans le plus grand calme. Les grandes enchères qui ont commencé le 20 mai ont trouvé des acheteurs très indécis vu la situation faite par les grèves à nos principaux centres de fabrique. Sur 5228 B. offertes il n’a été vendu que 534 B.et 180 B. réalisées entre séances,à desprix en baisse de 10 c. pour les bonnes laines et de 15 et même jusqu’à 20 c. pour ies moyennes, sur les plus hauts cours d’avril : — Le Stock n’est que de 19410 B. Marseille.—Ventes 1377 B.—Arrivages 5781 B. — Stocks 11433. B.
- Le marché a subi la réaction des grèves sur les marchés anglais. A Londres,la baisse a été de 10 % sur les prix du début pour les laines fines. A Liverpool, baisse de 15 % sur les laines des Indes comparativement aux cours de mars. En dernier lieu, à Londres, les prix étaient plus fermes quelquefois avec légère hausse.
- Paris. — Les laines de mégisserie sont délaissées et les prix en baisse. En plaine les laines s’enlèvent au fur et à mesure de la tonte, de 2,20 à 2,80 le kil. suivant qualité.—La vente des peaux de mouton est difficile depuis quelque temps.—Le peigné et la blousse n’ont qu’un cours nominal, les affaires, malgré la fin des grèves, étant encore en arrêt en fabrique.
- Soies.
- Marseille. — Marché calme et prix en baisse. D’Italie les nouvelles sur la récolte sont très bonnes; en France, il y a quelques plaintes.
- Lyon. — Mêmes nouvelles. Le Textile de Lyon ajoute : « Au point de vue delà fabrication, l’industrie lyonnaise suit un bon courant d’affaires.
- Voir au supplément le Prix-Courant des Drogueries, Teintures et produits chimiques sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- Le Propriétaire-Gérant : PAUL BLONDEAU. Tous droits réservés.
- Imp. Q, Colin, route de Flandre, à Charleville Ardennes) •
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N° 12. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juin 1880.
- SOMMAIRE
- Avis aux abonnés. — Prime. — Nouveau colorant : L’Indigo artificiel. — Le Blanchiment et la Teinture 4 Progrès à l’Exposition universelle de 1878 (suite.) — Le Vanadium et ses divers emplois.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes, par M. VANNUCCIO-VANNUGCINNI (suite). — Roupe-cochenille de MM. J. RUCH et fils. {Echantillon.) — Chiffonnage : Teinture d’une robe chaîne-coton en • Brun foncé, Bismarck, Brun d'Amiens, Bronze. — Noirs sur soies. — Décoloration des chiffons. — Des couleurs rabattues.—Avis relatif au nouveau procédé de teinture en noir des tissus laine chaîne-coton et laine pure.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Tarif général des douanes : Droits votés à la Chambre des députés (suite) — Récompenses par la Société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures ' — Nécrologie.
- REVUE DES MARCHÉS. — [Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- AVIS
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- La maison A. Poivrier de Paris, ayant mis a notre disposition un certain nombre de brochu-l'es, Procédés d’application de ses pro-duits, nous les offrons en prime à nos lecteurs. Pour recevoir un exemplaire, franco par la poste, U suffit de nous envoyer un timbre de *. centimes dans la lettre de demande.
- INDIGO ARTIFICIEL
- NOUVEAU COLORANT
- Au moment de mettre sous presse on nous annonce l int) oduction dans le commerce d'un pro-
- (1) Les 50 centimes sont applicables aux frais d’encaissement au domicile de l’abonné.
- duit cherché depuis longtemps, l’Indigo artifi-ciel. L'importance de ce nouveau colorant est énorme. Nous en parlerons dans notre prochain numéro. p B.
- LE BLANCHIMENT ET LA TEINTURE
- — {Suite.} —
- Blanchiment et apprêt
- Une fois sec, le tissu empesé est mat et rigide au toucher ; pour modifier cet aspect et ce toucher, on ferait intervenir diverses machines, dont les plus importantes sont les suivantes :
- La machine à cylindrer. La pièce, imprégnée de liquides ou sèche, passe entre une série de paires de forts cylindres superposés, qui agissent sur elle par friction et pression. Certains de ces cylindres peuvent être chauffés à la vapeur ou au gaz.
- Le beattle est une machine dans laquelle la pièce d’étoffe enroulée est exposée aux coups répétés de nombreux pilons.
- La machine à élargir se compose de cylindres cannelés recouverts de manchons en caoutchouc, entre lesquels passe la pièce.
- Pendant que le tissu subit la friction ou la pression des organes actifs de ces appareils, on l’hu-mecte régulièrement au moyen d’un appareil connu sous le nom de machine à arroser.
- L’apprêt garni s’obtient en empesant le tissu au point de boucher entièrement la maille ; entre
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- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- cette limite et le tissu naturel, on conçoit une infinité de dégradations, dont on augmente encore le nombre en variant la composition de l’empois, par l’introduction de corps gras, de glycérine, de savons résineux ou autres, de paraffine, de blanc de baleine, etc., ou de matières minérales.
- L’apprêt garni s’applique plutôt à la marchandise blanche qu’aux tissus colorés. La nomenclature suivante, empruntée à la notice de la blanchisserie de Thaon, donne une idée de la grande variété d’apprêts pour blanc qui sont demandés dans le commerce :
- Calicots 'et cretonnes blanc spécial, blanc naturel, blanc fleur simple, blanc fleur soutenu.
- Percales blanc fleur mat.
- Calicots blanc guinée.
- Calicots, cretonnes, percales et croisés blanc chiffon.
- Calicots et cretonnes, de 4[4 à 9[4, blanc fleur simple.
- Calicots et cretonnes, de 4[4 à 94, blanc chiffon.
- Le blanc fleur simple est moins le résultat de l’emploi d’un apprêt spécial que d’opérations de blanchiment convenablement conduites. Ce blanc n’étant pas destiné à l’impression, il est inutile de le soumettre à des lessivages aussi énergiques, et l’on conserve mieux à la fibre sa consistance naturelle.
- Les tissus façonnés, tels que piqués, brillantés, damassés, offrent plus de difficultés d’apprêt que les tissus unis simples. Il faut, en effet, maintenir intacts, à travers toutes les opérations, les côtes en ligne droite ou le relief du dessin.
- L’apprêt dit moiré s’obtient de plusieurs manières :
- On peut passer entre deux cylindres deux pièces superposées du même tissu.
- Ou bien on enroule la pièce sur elle-même sur un cylindre et on la fait tourner lentement entre deux plateaux fortement chargés, ou entre trois cylindres, qui la compriment fortement. Enfin, on peut gaufrer le tissu à l’aide d’un rouleau métallique, gravé en mille raies, et en imprimant au tissu, pendant qu’il passe sur le rouleau, un mouvement de va-et-vient. L’apprêt moiré s’applique aux tissus blancs et teints.
- L’apprêt cylindré et lustré est surtout usité pour l’article doublure. Le tissu teint et empesé est lustré au moyen de molettes, qui exercent sur lui une véritable friction et un polissage.
- On donne les noms de foulard et de satin aux apprêts qui imitent la soie. Ces effets exigent pour le succès des soins minutieux, un empois convenable, dont la composition est d’une grande importance, et enfin l’intervention de la machine à beattler. L’exposition de Thaon (Vosges), celle de M. Tausin et l’exposition de M. Freuler (Suisse) offraient de très-beaux spécimens de ces effets.
- On est arrivé ainsi à imiter sur foulards blancs et imprimés l’éclat, le toucher et jusqu’au craquement de la soie comprimée à la main.
- Le drap coton réalise un autre progrès assez récent ; son origine est anglaise. On donne à un tissu de coton épais les qualités physiques d’un drap de laine. Les opérations au moyen desquelles on atteint ce but sont nombreuses et délicates, et nous ne pouvons les indiquer en détail. La machine à tirer à poil joue un grand rôle dans ce travail.
- A côté de ces divers genres d’apprêt, qui sont les plus importants, nous pouvons encore noter quelques spécialités destinées à des usages restreints et particuliers. Tel est l’apprêt dit barre de fer, aprce qu’il a pour but de donner au tissu une sorte de rigidité que l’on ne peut cependant comparer sans exagération à celle d’une barre de fer.
- Les grands progrès réalisés dans l’art d’apprêter, en vue de modifier l’aspect d’un tissu, d’en cacher la pauvreté sous une apparence mensongère, ont été réalisés en Angleterre. C’est d’elle que viennent la plupart des machines que nous avons eu à mentionner. Pour donner delà main et de l’épaisseur à un tissu qui n’en possède pas naturellement, on y incorpore dans l’empois d’amidon servant à boucher les mailles une telle quantité de substances minérales, que l’on voit s’en dégager de la poussière lorsqu’on le déchire. Cet inconvénient peut être évité, tout en empesant autant, en ajoutant des corps gras et en cylindrant convenable-| ment.
- Nous ne quitterons pas le blanchiment des fibres végétales sans dire un mot des efforts tentés en vue de blanchir le jute ou chanvre du Bengale, la Ramie extraite de VUrtica utilis.
- Ces efforts semblent sur le point d’être couronnés de succès, et ces précieuses fibres pourront bientôt prendre la place que leur assignent leurs qualités remarquables de résistance et d’éclat. Les moyens chimiques mis en usage ne diffèrent pas beaucoup de ceux qui servent pour le chanvre, le lin et le coton ; mais les difficultés sont d’autant
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- plus grandes et les opérations doivent être répétées d’autant plus souvent que les matières incrustantes étrangères sont plus abondantes et plus tenaces.
- Blanchiment des soies
- La soie grège, telle qu’on l’obtient par le dévidage des cocons et la soudure par torison dans l’eau chaude de plusieurs fils élémentaires en un seul, n’est pas un composé défini. On peut en extraire par l’emploi de divers dissolvants, tels que l’eau bouillante, l’eau de savon bouillante, l’alcool, l’éther, l’acide acétique, divers principes dont les plus importants sont une matière gélatineuse ou grès de soie et une substance colorante ; ces deux produits sont accompagnés de corps gras et résineux.
- Il reste après ces traitements une matière filamenteuse douce, brillante et souple, représentant environ 60 0[0 du poids primitif de la soie et que l’on considère comme la fibre textile pure ; elle a reçu le nom de fibroïne. Les soies destinées à la teinture sont employées écrues ou débarrassées plus ou moins complètement du grès et de la matière colorante, c’est-à-dire décreusées.
- Bien que le décreusage ait été pratiqué depuis longtemps dans la patrie d’origine du ver à soie, on n’a jamais pu savoir au juste comment opéraient les Chinois. Les indications fournies à ce sujet par les missionnaires et les voyageurs ne s’accordent qu’en un point, c’est que le savon n’entre pas dans le nombre des produits utilisés. Selon Michel de Grubbens, qui séjourna longtemps à Canton, le procédé chinois qu’il aurait vu fonctionner consiste essentiellement dans la macération de la soie dans un bain garni de sel, de farine de blé et de pâte de haricots préparée spécialement. On comprend à la rigueur qu’il puisse s’établir ainsi une espèce de fermentation capable de désagréger et de dissoudre le grès. Les essais tentés dans cette voie en Europe n’ont pas amené de résultats bien avantageux, soit que l’auteur ait été induit en erreur, soit qu’il ait omis quelque détail important. Quoi qu’il en soit, l’industrie européenne a su fort bien se passer des leçons des artisans chinois et trouver elle-même des méthodes de décreusage.
- Celles qu’on emploie en France consistent essentiellement en traitements successifs au bain de savon de Marseille accompagnés du lissage des matteaux ou écheveaux.
- On donne généralement deux bains de savon :
- le premier, nommé bain de dégommage est chauffé à 90° ou 95° degré , le second, ou bain de cuite est porté à l’ébullition. La cuite peut être précédée de deux passages en eau de savon tiède. Ces deux opérations supplémentaires sont appelées rinçage et repassage.
- Dans ces conditions, le grès est la plus grande partie de la matière colorante se détachent et se dissolvent -, le blanc parfait s’obtient par une exposition à l’acide sulfureux dans une. chambre à soufrer ou soufroir. Entre le décreusage à fond qui fait éprouver à la soie une perte de poids très-notable, en lui enlevant de sa consistance, et l’utilisation directe de la fibre écrue, forme sous laquelle elle ne se prête qu’à un nombre très-limité d’usages à cause de sa raideur et de son manque d’éclat, vient se placer un troisième mode de traitement connu sous le nom d'assouplis sage. La fibre qui le subit est vendue sous le titre de soie souple.
- L’invention du souple a été faite en France au commencement de ce siècle. On prétend que les Chinois l’ont connu longtemps avant nous.
- (4 suivre.)
- LE VANADIUM (I)
- ET SES DIVERSES APPLICATIONS
- Nous nous permettons de rappeler, à courts traits, quelques-uns des travaux les plus importants à ce sujet. On connaît la découverte de ce métal par le métallurgiste suédois N. G. Sefstrœm et les recherches ultérieures de Berzelius sur ce corps curieux ; sa rareté s’opposa pendant longtemps à son application industrielle. Son action énergique et particulière une fois reconnue il ne tarda pas à s’introduire dans la teinture, l’impression, la fabrication d’encres, et aujourd’hui où nous sommes arrivés à le livrer au commerce à des prix réduits, nous sommes convaincus que l’industrie en profitera encore plus amplement, que d’autres branches techniques s’en empareront également et que les prévisions du monde scientifique et industriel, quant à l’avenir de cet agent puissant, vont s’accomplir.
- (1) Nous extrayons ce qui suit de la circulaire d’un exploitant de vanadium en pays étranger. Malgré quelques redites, les renseignements renfermés dans cette note n’en paraîtront pas moins très-intéressants et utiles à nos lecteurs, nous en sommes persuadés.
- P. B.
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- 136 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- comemeersenaszqxsnecanornruscsc-rzenpepnaecertiERuancasumeximisussmzirppecsnere =aucaum «I ==enom I -axa-rozsso--c--=-.. -o= -wwe
- Noir d’aniline au moyen de Vanadium.
- C’est à John Lightfoot, l’inventeur même du Noir d’aniline, qu’appartient aussi le mérite d’avoir le premier indiqué le vanadium comme le métal le plus apte à déterminer la formation du noir (1870-1871). Plus tard, Pinkney fit breveter l’application des sels de vanadium et d’uranium en combinaison avec des sels de nickel dans la fabrication du noir ; mais pendant quelques années ces procédés restaient encore sans emploi pratique, au-quel d’ailleurs le prix exorbitant du vanadium s’opposait catégoriquement. En 1876, M. A. Guyard attira de nouveau l’attention des chimistes sur le nouvel agent pour lequel il plaida d’autant plus efficacement qu’il indiqua les proportions minimes suffisantes pour effectuer l’oxydation de l’aniline : D’après lui 1 partie de chlorure de vanadium pouvait transformer 1,000 parties de chlorhydrate d’aniline en noir. M. G. Witz, vice-président de la Société industrielle de Rouen reprit le même sujet et en en approfondissant l’étude jusque dans ses derniers détails, il arriva à procurer au vanadium la sanction dé la pratique. Il trouva que l’action de ce nouvel oxydant était beaucoup plus énergique qu’on ne l’avait dit jusqu’alors, et il établit ce fait industriellement avec une précision mathématique, en démontrant nettement tous les avantages que présentent les composés vanadiques au praticien ; ayant prouvé expérimentalement qu’ils étaient préférables à tous les autres agents d’une genre analogue, il a rendu facile leur application directe dans l’impression.
- M. Witz a trouvé qu’en pratique 1,3 milligramme de vanadium pour 1 kil. de couleur renfermant 80 gr. de chlorhydrate d’aniline est plus que suffisant pour déterminer l’oxydation de l’aniline en noir. Par une exposition des pièces de 2 à 3 jours dans les chambres d’oxydation, à 25° chaleur et1 20° humidité, la couleur s’oxyde complètement et elle est ensuite soumise aux opérations ordinaires pour être terminée. D’après les indications données, le poids nécessaire de vanadium s’élève donc à 1164700 du poids du sel d'aniline ou à 1 142300 du poids de l’luile d’aniline. Gomme prix de revient le nouveau procédé au vanadium est beaucoup meilleur marché que l’ancien au sulfure de cuivre ce qui découle clairement de la comparaison suivante. Le noir d’aniline Lauth se compose de :
- 5 litres eau.
- 1 kil. amidon blanc.
- 1 » » grillé.
- 1 » aniline.
- 500 gr. chlorhydrate d’ammoniaque.
- 500 » chlorate de potasse.
- Cuire à froid :
- 500 gr. sulfure de cuivre en pâte.
- Au moment de s’en servir :
- 900 gr. acide muriatique 21° Bé.
- Dans cet exemple, 5 centigrammes de vanadate d’ammoniaque produisent le même effet que les 500 gr. de sulfure de cuivre d’une valeur d’environ 50 cent., ce qui constitue donc une économie incomparable, surtout en considération des prix abaissés du vanadate.
- Mais la proportion a encore été réduite, et pour ce genre de couleurs M. G. Witz emploie 1 milligramme de vanadium réel par kilogramme de pâte destinée à l’impression au rouleau soit un millionième du poids.
- En tenant compte du fait que les amidons fortement grillés, employés comme épaississant des couleurs noir d’aniline, ralentissent considérablement l’oxydation de l’aniline, il est entendu que dans des cas pareils il faut forcer la dose de chlorate et de vanadium. Ainsi pour une couleur épaissie seulement à l’amidon grillé foncé (destinée à des impressions fines) et renfermant sur 1,000 gr. 150 gram.de sel d’aniline et environ 60 gr. de chlorate on adopte en pratique avantageusement une portion d’un centigramme «le vama-date d’ammoniaque par kilo de couleur.
- Quant à la forme sous laquelle le vanadate d’ammoniaque entre dans la confection des couleurs, il est à ajouter que ce n’est pas à l’état tel quel qu’il s’emploie, mais que comme il est difficilement soluble surtout dans des solutions salines (ainsi dans le sel ammoniaque dissous il est entièrement insoluble) il vaut mieux le transformer en composé soluble avant de s’en servir. A cet effet, on le traite par l’acide muriatique; il se forme une solution rouge orangé renfermant le chlorure supérieur de vanadium correspondant à l’acide vanadique. Celui-ci ne tarde cependant pas à se décomposer avec émission de chlore et réduction en chlorure vana-deux qui est d’un beau bleu. Il est donc à conseiller, comme l’a fait M. G. Wilz, de préparer dès le début, ce composé stable et bien caractérisé, ce
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- qui se fait aisément, en ajoutant pendant la dissolution une substance réductrice. On dissout par exemple 10 gr. de vanadate d’ammoniaque dans 40 gr. d'acide muriatique un peu étendu, dans une capsule de porcelaine chauffée légèrement, et on ajoute par petites doses de la glycérine en maintenant l’ébullition jusqu’à ce que la couleur du liquide ait passé au vert foncé et qu’il ne reste plus de particules non dissoutes. Puis on étend le tout avec une quantité déterminée d’eau, par exemple, avec 10 litres, et on conserve la solution dans un pot fermé. Supposons qu’il s’agisse d’une. couleur noir d’aniline à l’amidon grillé foncé exigeant 1 centigr. de vanadate d’ammoniaque par kilo. Aune portion de 10 kil. de cette couleur il faudrait ajouter 100 gr. on 100 cc. de la solution vanadi-que susdite. En procédant de la manière indiquée et en évitant des solutions trop concentrées de vanadium on a plus de commodité dans les pesées de ce dernier et plus de garantie de sa parfaite distribution dans la couleur.
- Les noirs d’aniline au Vanadium se prêtent à tous les genres de fabrication par impression et supportent parfaitement le vaporisage après oxydation préalable dans les articles association de noir d’aniline, rouge d’alizarine vapeur, etc. Là où ils se trouvent associés aux mordants destinés à être teints en alizarine ou ga-rancine ils offrent l’avantage incontestable sur les noirs au sulfure de cuivre de laisser intacts ces mordants. En outre les noirs au vanadium sont moins susceptibles d’attaquer les râcles et le rouleau que ceux au sulfure de cuivre, vu la tendance de ce dernier de s’oxyder à l’air et de passer à l’état de composé soluble, qui n’est plus inoffensif pour l’acier. Par la même raison les couleurs au vanadium se conservent mieux, à moins qu’on ne s’écarte trop des proportions de vanadium indiquées ci-dessus.
- Enfin en se rappelant la régularité avec laquelle de plus fortes doses de vanadium accélèrent progressivement l’oxydation de l’aniline on a toute la facilité de régler à volonté la durée de l’aérage.
- Tous ces avantages passés en revue, nous n’oublierons cependant pas de parler d’un tout nouveau fait qui, comme nous espérons, amènera l’adoption générale du vanadium dans la fabrication des noirs : c’est la découverte d’ume nou-relie Aauile d’aniline fournissant un noir inver dissable.
- Nous savons que les moyens ordinaires d’empêcher le verdissage du noir d’aniline sont plus ou moins imparfaits -, ainsi le passage en bichromate, sulfate de fer et acide auquel on ne pourrait, du reste, avoir recours que dans un nombre restreint de cas, n’est pas souvent employé-, le noir ainsi « suroxydé » est toujours un peu terne et le blanc souffre de manière à être difficile à nettoyer. La découverte d’une huile spéciale d’aniline qui, dès le début, produit un noir, ne cédant plus ou faiblement aux influences acides et réductrices, fait donc pour ainsi dire époque dans l’histoire du plus solide des noirs ; et il est à prévoir, qu’au bout d’un certain temps, le nouveau produit se substituera pour beaucoup de genres à l’huile d’aniline ordinaire (1).
- Mais ces noirs montant plus difficilement que les noirs ordinaires et réclamant une intervention oxydante plus énergique nécessitent l’emploi du Vanadium dont la dose doit en outre être augmentée considérablement en comparaison des proportions indiquées plus haut.
- Ce noir peut être composé de la manière suivante :
- 5500 gr. eau.
- 1250 » amidon blanc.
- 420 » amidon grillé foncé.
- Cuire et à 50° C. ajouter :
- 800 gr. huile d’aniline spéciale.
- 800 » acide muriatique 21° Bé. à froid :
- 420 gr. chlorate de soude.
- 500 » eau bouillante.
- Ajouter au moment de s’en servir :
- 10 gr. _
- 200 gr. de solution vanadiqae 7Tit. (2)
- On oxyde dans les chambres d’aérage pendant 2 jours ; on passe ensuite en bain de bichromate de potasse 5 gr. par litre à 70° ; puis on lave et on savonne.
- il est à remarquer qu’au lieu de prendre dans la recette susdite les proportions indiquées d’aniline et d’acide muriatique; on fait mieux de neutraliser à point l’aniline par l’acide, en se servant de l’excellent réactif, proposé par M. G. Witz, c’est-à-dire, on ajoute à ces 800 gr. d’aniline de l’acide
- (1) Nous indiquerons les fabricants à ceux de nos lecteurs qui nous en feront la demande. P. B.
- (2) La préparation do cette solution a été indiquée plus haut.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- muriatique jusqu’à ce que quelques gouttes de la liqueur introduites dans une dissolution très-étendue de violet de Paris 1 gr. par litre d’eau produisent le virage du violet au bleu ou bleu verdâtre.
- N’oublions pas d’ajouter que le développement de ce noir inverdissable exige un degré plus élevé d’humidité que le noir ordinaire, et par cette raison on pourrait donc aussi introduire dans la couleur une certaine quantité de sel ammoniac qui, comme substance hygroscopique, jouerait un rôle utile.
- On peut enfin remplacer dans la couleur une partie de l’huile spéciale par l’aniline ordinaire en ne dépassant pas certaines limites ce qui marquerait une petite économie, l’aniline ordinaire étant meilleur marché, et donnerait lieu à un montage plus facile de la couleur tout en produisant encore un noir non verdissable.
- (4 suivre.)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (I) —
- Le matières colorantes à employer doivent être en solution limpide et très allongée, de telle sorte que ces solutions soient très légèrement teintées ; ils faut les filtrer soigneusement et, par sucroît de précaution, ne jamais verser dans le bain les dernières portions qui restent dans le vase avec lequel on les verse.
- Pour fixer les idées, nous supposerons d’employer le bleu lumière et le violet à l’acide. On commence toujours par verser le bleu lumière en solution très claire, nous le répétons, par un petit filet à l’endroit du bain où, par une violente agitation avec les deux mains, il se forme un remou. Le meilleur moyen d’agiter le bain est celui
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et n081,2, 3, 4, 6, 7,8, 10 et 11 de 1880.
- d’étendre les bras et de ramener le bain vers soi par des mouvements rapides, en imitant ainsi le mouvement des deux pattes de devant d’un chien qui nage. La solution de matière colorante doit être versée par un deuxième ouvrier ou par un apprenti. De temps en temps on regarde le bain, car pour ne pas se fatiguer la vue et être par suite toujours apte à bien juger des nuances, il ne faut pas avoir constamment les yeux sur la teinture, et quand la couleur verdâtre est bien accentuée, mais pas trop bleue, on fait verser la solution de violet jusqu’à détruire le ton jaunâtre. Si la plume n’est pas encore assez bleue, on continue à verser du bleu, et si elle tend au verdâtre on rajoute du violet; à un certain point de l’opération on peut verser dans le bain un mélange des deux couleurs. Quand la plume est d’un bleu clair franc, un peu rosé, plus ou moins foncé, suivant qu’on veut avoir l’une ou l’autre espèce de blanc, on arrête l’opération et on met par terre la plume. Inutile de dire que pendant toute l’opération on a dû agiter le bain énergiquement en donnant largement le temps à la plume d’épuiser le bain ; quand la plume a atteint le dégré convenable de nuance, il faut se garder de la laisser dans le bain, car le violet qui mord plus lentement que le bleu et qui est contenu toujours en excès dans le bain monterait trop la nuance au rose ou au gris-perle. La plume mouillée ainsi teinte présente une coloration bleu-ciel pâle.
- Quelquefois pour certaines sortes de plumes, comme le duvet de dinde, il n’est pas mauvais de délayer dans le bain de teinture un peu d’amidon, ce qui aide la pénétration du liquide coloré dans la plume et donne un blanc plus parfait peut-être à cause des particules très fines d’amidon qui restent dans celle-ci. Pour le petit vautour l’addition d’amidon n’est pas si utile ; en tout cas, il faut en mettre une quantité minime de façon que le bain soit à peine opalescent.
- Plume dure.
- L’opération est à peu près la même que précédemment. Seulement le bain au sel
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- d’oseille doit être bien chaud ; pour de la plume très dure il n’y a pas d’inconvénients à ce qu’il soit bouillant : il n’y a pas non plus danger à laisser la plume trop longtemps dans ce bain. Après cette préparation de la plume, il est bon d'aciduler le bain de teinture, froid ou un peu tiède, avec de l’acide sulfurique, mieux avec de l’acide suffurique et de l’acide oxalique à la fois.
- Plume d’autruche.
- Les plumes d’autruche se blanchissent toujours à l’eau d’amidon froide, avec un peu de sel d’oseille. Quant à l’emploi des matières colorantes c’est à peu près comme on a dit pour les autres plumes. Cependant il arrive le plus souvent que les plumes d’autruche, et cela a lieu surtout pour les bouts de queue, ne prennent pas également la teinture, de façon qu’on a des plumes trop verdâtres , d’autres trop bleuâtres, d’autres trop rosées. De plus, certaines plumes sont plus jaunes que les autres, et même sur la même plume la tête est plus blanche que le pied. Il sera donc très bon d’avoir deux bains au lieu d’un ; dans l’un on mettra du bleu lumière, dans l’autre du violet et l’on passera les plumes d’abord dans le premier, puis dans le second pour les roser. Ces bains doivent contenir très-peu de matière colorante ; il faut, pour obtenir le degré de blanc convenable, qu’on soit forcé de remuer les duvets de la plume assez longtemps dans chaque bain ; de cette façon le bain a le temps de pénétrer toutes les parties de la plume et de les teindre également; ce n’est que de la sorte qu’on obtient des blancs unis et pleins. Les plumes ouïes parties des plumes plus jaunes que les autres seront passées un plus grand nombre de fois que les autres dans le bain à roser. On donne donc une teinture générale à tout le lot de plumes, puis on trie dans celui-ci les plumes jaunes, trop bleues, trop rosées, pour en faire des lots séparés qu’on traite successivement. Quand on est arrivé à obtenir une plume qu’on juge être à l’état voulu, on la sèche, et si le blanc est bon, on
- la mouille de nouveau, et on fait les autres pareilles.
- Pour avoir des beaux blancs sur autruche, il faut avoir des plumes aussi blanches que possible par nature ; les jaunes ne donnent qu’un blanc, inférieur. Nous verrons plus tard comment on peut obtenir du blanc sur des plumes plombées, jaunes ou même grises.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdites.
- ROUGES-COCHENILLE de MM. J. RUCH et fils, à Paris.
- Parmi les colorants azoïques, dérivés de la naphtaline nous n’avions jusqu’ici que des nuances claires, allant du rouge vif au rouge orange.
- De nouvelles nuances viennent d’être trouvées, elles sont obtenues par des procédés différents et sont en dehors des brevets qui protègent les autres nuances, plus communément connues sous le nom de ponceaux, dont nous avons parlé en donnant les échantillons dans les derniers numéros de 1879.
- Ces nuances nouvelles sont :
- Rouge-cochenille F. n° 45, foncé
- — - FF. n° 46, plus foncé
- — — F. extra n° 204, très foncé
- L’échantillon ci-dessous a été teint en deux nuances avec ce dernier produit.
- Rouge-cochenille F. extra.
- Ces nouveaux colorants sont particulièrement intéressants, parce qu’ils forment le trait-d’union entre les ponceaux, connus à ce jour, et les fuchsines. Le rouge-cochemille F. extra, par ses tons violacés, rappelle déjà, en effet, la nuance de la fuchsine.
- Les procédés de teinture sont les mêmes que pour les ponceaux (1).
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages 117. 234 et 286.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CHIFFONAGE
- Brun foncé, Bismarck, Brun d’Amiens.
- Pour une robe chaîne-coton.
- Après nettoyage :
- Bouillir une demi-heure dans un bain formé de
- Eau.........-................... 30 litres \
- Bichromate de potasse .......... 12 gr. |
- Acide sulfurique................ 8» N 1
- Sulfate de cuivre............... 4 » I
- Rincer dans un bain d’eau à 500 C.
- Mordancer ensuite à 60° C. avec 400 grammes cachou, laisser la nuit, lever et rincer.
- Teindre en ajoutant au bain la dissolution de 3 à 6 grammes du colorant, entrer à froid et chauffer lentement pour arriver à 80° C., lever, rincer.
- On peut jaunir par le curcuma et l’orange et rougir par la fuchsine ou le marron S.
- Bronze.
- Après nettoyage : -
- Mordancer 1 heure au bouillon dans un bain composé comme le n° 1 ci-dessus. Lever, laisser refroidir et rincer. Passer ensuite deux heures dans un bain tiède formé de :
- Cachou..................... 100 gram. puis chromer avec 12 grammes de bichromate de potasse, lever et rincer.
- Teindre, en entrant à froid, dans un bain contenant la décoction de 100 grammes bois jaune, manœuvrer pendant que l’on chauffe au bouillon et qu’on le maintient une heure.
- La robe étant teinte en jaune, on l’entre sur nouveau bain tiède contenant la dissolution de 1 à 2 grammes brun d’aniline et 1 à 2 grammes fuchsine S ou marron S, dans lequel on manœuvre en chauffant lentement à 80° C. Lever, rincer.
- Si l’on fait dissoudre le brun d’aniline dans l’acide chlorhydrique on peut éviter l’emploi de la fuchsine ou du marron S. Si au lieu du bain de brun d’aniline on préfère ajouter une décoction de bois jaune on évitera le bain de teinture, mais comme il est nécessaire d’aviver par le brun et la fuchsine pour donner du lustre à la couleur, la manipulation sera toujours la même. A suivre.
- NOIRS SUR SOIE
- On rencontre aujourd’hui dans le commerce des
- noirs noirs, des noirs bleus, des noirs pleins ou jaunes, des noirs rougeâtres et des noirs verdâtres.
- Voici comment on les fait. Supposons qu’on veuille teindre des pièces de soie pesant ensemble de 30 à 40 kilog. : on peut employer la méthode suivante qui a ses défenseurs :
- On fait dissoudre 1 kilog. et demi de sulfate de cuivre, avec 1 kilog. de sulfate de fer et près de 2 kilog. de tartre brut ; on fait bouillir le mélange dans une chaudière contenant une quantité d’eau suffisante pour couvrir la soie lorsqu’elle y est plongée, puis on y met l’étoffe pendant une heure et demie à deux heures, on laisse ensuite reposer le tissu pendant douze heures afin que le mordant se fixe parfaitement dans toutes ses parties. Ceci fait, on compose un bain avec 500 grammes de cuivre et 250 grammes environ de sulfate de fer ; on y ajoute 1 kilog. de tartre, et dix-huit à vingt seaux d’une dissolution de campêche, et deux seaux environ de bois jaune. On manœuvre l’étoffe dans ce bain pendant une heure environ au bouillon, puis on lave le tissu et on l’avive.
- L’avivage se fait de différentes manières, selon les nuances que l’on désire. Veut-on un noir bleu? on passe le tissu dans de l’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique. A-t-on besoin d’un noir rouge ? on ajoute un peu de campêche à l’eau aci-dulée. Si l’on désirait un noir plein ou rougeâtre, ou un noir verdâtre, on y mettrait un peu de curcuma. On manœuvre l’étoffe dans ce bain pendant vingt-cinq à trente minutes au bouillon.
- On fait encore un noir solide de la manière suivante : on passe le tissu dans un bain acide. Pour cela, on fait chauffer à 40° de l’eau dans laquelle on met deux litres d’acide chlorhydrique ; on y plonge l’étoffe pendant une demi-heure environ, puis on la fait passer dans un bain de campêche.
- Pour cela, dans une chaudière, on met de trente à quarante seaux de bain de campêche et un demi-litre d’acide chlorhydrique. On y manœuvre au bouillon pendant deux heures environ l’étoffe et on la laisse reposer douze heures.
- Pour la brunir, on fait un bain contenant à peu près 1 kilog. de bichromate de potasse et 2 kilog. de sulfate de cuivre. On y introduit l’étoffe à froid et on enlève successivement la température jusqu’au bouillon ; alors on avive le tissu.
- A cet effet, on fait un bain que l’on chauffe à 40° environ, contenant 250 grammes d’acide sul-
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- furique ordinaire et 50 à 60 grammes de curcuma ; on y passe l’étoffe pendant vingt à vingt-cinq minutes et on la lave fortement.
- Il y a des teinturiers qui avivent en composant un bain de 250 grammes de tartre, 100 grammes d’acide sulfurique et 60 grammes de curcuma, mais l’opération est plus chère. Il est vrai que le noir est beaucoup plus riche.
- Le noir au bichromate de potasse s’effectue de la manière suivante :
- Pour 10 kilog. de soie, par exemple, on fait un bain contenant 230 gram. de bichromate dépotasse et 150 gram. de sulfate de cuivre, et 100 gram. d’acide sulfurique ; on le chauffe à 40° environ et on y plonge l’étoffe pendant une heure au moins. On lave ensuite le tissu. Après cette opération, on fait un bain de teinture composé de sept à huit seaux de campeche et d’un seau de bois jaune. On y ajoute de l’acide sulfurique, de manière à tourner le bain. Alors on manœuvre le tissu pendant une heure environ. Lorsque l’étoffe a été bien lavée, on l’avive comme précédemment.
- DÉCOLORATION DES CHIFFONS
- On est souvent embarrassé dans les ateiers de teinture pour dégraisser tous les vieux chiffons et les vêtements grossiers qu’on veut reteindre. Dans beaucoup de cas, on peut employer de l’eau tenant en dissolution de l’acide azotique marquant de 2° à 4°. Les couleurs tendres en général disparaissent très facilement dans cette dissolution. Il suffit d’y laisser séjourner les tissus pendant quelques heures pour obtenir le résultat demandé. Un bon lavage fait disparaître tout l’acide qui pourrait rester sur l’étoffe et la détériorer.
- M. Sellié, imprimeur sur étoffes, emploie un autre système, qu’il regarde comme avantageux et donnant une décoloration très complète. Son procédé consiste à mettre du chlorure de chaux dans de l’eau, à y ajouter de l’acide chlorhydrique et à plonger les étoffes dans ce mélange. Les chiffons colorés en noir ou en brun sont repassés dans une dissolution d’acide chlorhydrique et les chiffons ordinaires sont retrempés dans de l’eau de javelle. Ainsi pour 100 kilog. de chiffons, on mettra 1,600 litres d eau avec 24 kilog, de chlorure de chaux.
- On ajoutera 3 kilog. d’acide chlorhydrique par 100 kilog. d’eau.
- DES COULEURS RABATTUES
- I. — Gris sur laine
- On ne peut pas dire que tous les noirs soient faits à l’aide des trois couleurs primitives, rouge, jaune et bleu. Cependant, on remarque que toutes les fois que l’on fait de l’ombre, ou un mélange de couleurs, on peut aller jusqu’au noir. La difficulté consiste à faire disparaître la lumière blanche.
- Il y a longtemps que l’on a dit qu’il n’y avait qu’un noir qui consiste en l’absence de toute lumière. Regardez un trou formé par le tuyau d’un cylindre, vous aurez le type d’un noir. Cependant on ne peut pas reproduire ce noir. La raison est assez facile à comprendre : c’est que toute surface, quelque obscure qu’elle soit, réfléchit toujours un peu de lumière, tandis qu’un trou n’en réfléchit pas.
- En général, on peut affirmer qu’en alliant convenablement les trois couleurs, rouge, bleu et jaune, on produit un gris solide, qui peut aller jusqu’au noir. Autrefois, M. Boutarel père, qui a tenu longtemps le premier rang parmi les teinturiers, a fait des gris très-solides qui ne passaient pas à l’air. C'était à une époque où le goût des couleurs claires existait encore.
- Aujourd’hui, il n’y a guère que le noir et le gris de fer qui soient adoptés par le commerce. Actuellement, lorsqu’on fait des gris solides sur laine, ce n’est guère que chez le fabricant. Le teinturier ne pouri a jamais lutter contre le procédé qu’on emploie dans les fabriques, qui consiste à teindre la laine en noir et à la mélanger avec de la laine blanche. De cette manière, on a les meilleurs gris. Mais une couleur ainsi obtenue coûte plus cher.
- Il existe un procédé que l’on suit partout, c’est ce lui qui repose sur le rabat des couleurs. On trempe les étoffes dans une dissolution de noix de Galles pendant un temps donné, puis dans le sulfate de fer, auquel on ajoute une décoction de campêche et de pyrolignite de fer. Mais ce procédé est mauvais, parce que l’acide sullurique du sulfate de fer réagit tojours sur le campêche, et tend à menacer la couleur. Aujourd’hui, on emploie avec plus d’avantage le pyrolignite de fer à la, place du sulfate et V acétate de fer. Il paraît qu’on réussit mieux en
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- opérant avec ce sel, pour la teinture en gris et en noir.
- Pratique pour le gris sur laine
- On passe d’abord la laine à l’eau pure, ou mieux à l’eau aiguisée de sous carbonate de soude, à l’effet de la débarrasser de toutes les matières grasses qu’elle contient. On peut aussi, comme cela se pratique aux Gobelins, passer la laine dans une dissolution d’eau de chaux, on rend ainsi la matière textile plus apte à s’emparer de la substance colorante. On lave ensuite de manière à faire disparaître les traces de chaux ou de sous carbonate de soude. Cela fait, on peut, comme nous l’avons pratiqué, faire bouillir la laine pendant deux heures dans une dissolution de sumac et de bois d’Inde, auquel on ajoute, à la fin de l’opération, un peu de bichromate de potasse, -lorsqu’on veut que le gris tire sur le bleu. De cette manière, on fait un gris d’argent, qui peut varier, sans doute, selon les proportions des matières employées, car, en réalité, on fait usage des substances qui donnent le noir. Il faut toujours mordancer la laine à l’alun. Pour avoir une teinture solide, on termine toutes les opérations par un lavage à grande eau.
- Peut-on donner ici les proportions exactes des matières employées ? Evidemment non. Le coup d’œil est meilleur guide à cet égard. Cependant, on peut remarquer qu’il faut toujours à peu près le huitième en poids de sumac, par rapport à la laine.
- Variétés des gris sur coton
- On a beaucoup varié les gris sur laine et sur coton, ou plutôt on a changé les noms selon les nuances obtenues.
- Ainsi, pour obtenir la teinte réséda sur coton, on lave d’abord le coton, on le passe ensuite pendant deux heures dans une dissolution de quercitron à 30° degré environ, on ajoute au bain du pyrolignite de fer et un peu d’alun.
- Le gris d'argent s’obtient en plongeant le coton blanc dans une dissolution de noix de Galles pendant deux heures, puis dans un bain léger de pyrolignite de fer et de couperose verte ou sulfate. On finit l’opération par donner un bain de brésil avec un peu d’alun.
- Lorsqu’on veut un gris perlé, des teinturiers passent le coton ou la laine dans une dissolution de noix de Galles d’abord, puis dans un bain de pyrolignite de fer. Mais ici le bain de fer est à une dose
- plus forte. On finit encore par un bain de bois d’Inde avec un peu d’alun.
- Le gris cendré s’obtient encore de la même manière ; seulement, on termine les bains de teinture en plongeant le tissu dans une dissolution de quercitron augmenté d’un peu d’alun. Quand on veut ce qu’on a appelé un gris souris, un gris d'œil, un gris d'âne, un gris mousse, on ne change rien aux procédés déjà cités; on se contente de donner, en dernier lieu, un bain contenant du quercitron, du campêche, avec un peu d’alun.
- Comme on doit le remarquer, la nuance grise s’obtient toujours de la même manière. Les substances sont toujours les mêmes, les proportions seules varient.
- Je ne puis passer cependant sous silence un gris qui a été autrefois à la mode, sous le nom de gris perle. Ce gris s’obtenait en mélangeant du charbon avec de l'Outre-Mer. On plongeait la laine blanchie à l’avance dans un bain contenant ce mélange, et on battait la laine entre les mains jusqu'à ce qu’on ait la nuance voulue ; ce qui n’était pas une teinture, c’était simplement une matière interposée entre les brins de laine. Le résultat était le même que celui d’un filtre qui retient de la couleur. On a appliqué de la même manière le bisulfure de mercure, le sesquioxyde de fer et de chrome sans avantage réel.
- Avis relatif au nouveau procédé de teinture en noir des tissus laine, chaine-coton et laine pure.
- Pour répondre à la demande de plusieurs abonnés et afin de bien préciser les applications du procédé, nous leur donnons les explications suivantes :
- 1° Le procédé n’est pas applicable au chiffonnage;
- 20 II ne s’applique qu’aux tissus de laine chaîne-coton dont la chaîne a été teinte, en noir bon teint, avamt tissage ;
- 3° il s’applique aux tissus de laine pure.
- Nous les prévenons en même temps que nous n’avons pas donné suite à leur demande de faire teindre par l’inventeur, les échantillons laine et chaîne (coton non teint) qu’ils nous ont envoyés, comme ne rentrant pas dans les applications du procédé.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES
- — Suite —
- 3° section
- Compositions diverses
- Parement art lichen... Amidon............... Fécules indigènes.... Colle de poisson.....
- — forte et gélatine
- — albumine......
- les 100 kil. 6 00
- .... » 6 »
- 6 »
- .... » 10 »
- ,» Ex.
- .... » Ex.
- 4e section
- Fils de lin ou de chanvre.
- La Chambre procède dans un scrutin d’ensemble à l’option entre le système entier du gouvernement et celui de la commission. Par 327 voix contre 135, sur 462 votants, la Chambre décide qu’elle n’adoptera pas le système de la commission. Elle vote ensuite successivement les catégories proposées par le gouvernement et dont voici la nomenclature :
- Plus de 2,000 mètres, pas plus de 6,000 mètres. — 18 francs 50.
- Plus de 6,000 mètres, pas plus de 12,000 mètres — 25 francs.
- Plus de 12,000 mètres, pas plus de 24,000 mètres. — 37 francs.
- Plus de 24,000mètres, pas plus de36,000 mètres. — 45 francs.
- Plus de 36,000 mètres, pas plus de 60,000 mètres. — 62 francs.
- Plus de 60,000 mètres, pas plus de 80,000mètres. — 99 francs.
- Plus de 80,000 mètres, pas plus de 100,000 mètres. — 149 francs.
- Plus de 100,000 mètres. — 200 fr.
- Fils blanchis ou teints. — Droits des fils simples écrus augmentés de 30 p. c.
- Fils retors écrus. — Droits des fils simples augmentés de 30 p. c.
- Fils retors blanchis ou teints. — Droits des fils simples, blanchis ou teints augmentés de 30 p. c.
- Fils de lin ou de chanvre mélangé, de lin ou le chanvre dominant en poids. — Mêmes droits que les fils de lin ou de chanvre pur, selon l’espèce et la classe.
- Le système de la commission n’ayant pas été adopté pour les fils, la commission a modifié ses Propositions pour les tissus, voici les droits vo-TAC • — 7
- N° 350. — Tissus de lin ou de chanvre pur, unis ou ouvres, écrus présentant en chaîne et en trame dans 1 espace de 5 millimètres carrés, après division du total par 2 :
- 8 fils ou moins ’ 35 fr. les 100 kilog.
- 9 , 10, 11 fils, 68 fr., idem.
- 12 fils, 81 fr., idem.
- 13 et 14 fils, 112 fr., idem.
- ip, 16 et 17 fils, 143 fr., idem.
- 18 , 19 et 20 fils, 230 fr. idem.
- 21 , 22 et 23 fils, 344 fr. idem.
- Plus de 23 fils, 460 fr. idem.
- Blanchis, teints ou imprimés. — Droits du tissu écru augmenté de 30 p. c.
- Dans le compte des fils de chaîne comme dans celui des fils de trame, les fractions de fils seront négligées, la somme de deux nombres sera divisée par 2 ; si le quotient de la division est fractionnaire, la fraction de fil sera comptée comme fil entier.
- N. 351. — Toile cirée, 30 fr. les 100 kilog.
- N. 352. — Toiles damassées écrues pour literie et ameublement : 112 fr. par 100 kilog.
- Toiles damassées écrues pour literie et ameublement, crémées, blanchies ou mélangées de fils blancs ou teints ; droits des toiles damassées, écrues augmentés de 30 p. c.
- Tissus de lin et de chanvre. Linge de table damassé écru, présentant en chaîne dans l’espace 5 millim. carrés :
- 12 fils, 93 fr. les 100 kil.
- 13 et 14 fils, 129 fr.
- 15, 16 et 17 fils, 165 fr.
- 18, 19 et 20 fils, 265 fr.
- 21, 22 et 23 fils, 395 fr.
- Plus de 23 fils, 530 fr.
- Linge chiné, blanchi ou mélangé de fils blancs ou teints, droits du linge écru, augmentés de 30 p. c.
- Dans le compte des fils, les fractions seront négligées.
- No 354. — Coutils écrus, 120 francs.
- Crémés, blancs ou mélangés de fils écrus et de fils blanchis ou teints. Droit ci-dessus augmenté de 30 p. c.
- No 355. — Passementerie et rubanerie :
- Ecrue, bise ou serbée, 149 fr.
- Crémée, blanchie ou teinte, 174 fr.
- No 356. — Bonneterie, 124 fr.
- No 357. — Dentelles et guipures de lin. Droits des dentelles et guipures de coton.
- No 358. — Mouchoirs brodés et autres broderies sur tissu de lin, 496 fr.
- No 358. — Tissus mélangés, le lin ou le chanvre dominant en poids. Droits des tissus de lin ou de chanvre, selon l’epèce.
- On passe ensuite aux fils et aux tissus de jute ; là la commission et le gouvernement sont d’accord. Leur tarif commun est voté comme il suit :
- Fil de jute pur.
- No 338. — Ecrus mesurant au kilog. :
- Moins de 1,400 mètres, 6 fr. 25 les 100 kilog.
- De 1,400 inclusivement à 3,700 mètres exclusivement 7 fr. 56 les 100 kilog.
- De 3,700 inclusivement à 4,200 mètres exclusivement, 8 fr. 75 les 100 kilog.
- De 4,200 inclusivement à 6,000 mètres exclusivement, 12 fr. 50 les 100 kilog.
- Plus de 6,000 mètres : mêmes droits que les fils de lin, selon la classe.
- Blanchis ou teints, mesurant au kilog. :
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- Moins de 1,400 mètres, 8 fr. 75 les 100 kilog.
- De 1,400 inclusivement à 3,700 mètres exclusivement, 11 fr. les 100 kilog.
- De 3,700 inclusivemet à 4,200 mètres exclusivement, 12 fr. 50 les 100 kilog.
- De 4,200 inclusivement à 6,000 mètres exclusivement, 17 fr. 50 les 100 kilog.
- Plus de 6,000 mètres. Mêmes droits que les fils de lin, selon la classe»
- Fils mélangés, le jute dominant en poids. Mêmes droits que les fils de jute pur.
- No 339. — Fils du phormium tenax, d’abaca et d’autres végétaux filamenteux non dénommés, purs ou mélangés, le phormium, l’abaca, etc., dominant en poids. Mêmes droits que les fils de jute.
- No 359 : Tissus de jute pur, présentant en chaîne et en trame dans l’espace de 5 millimètres carrés, après division du total par 2 :
- Ecrus, 3 fils au plus, 16 fr. les 100 kilog.
- Ecrus, 4 et 5 fils au plus, 28 fr. les 100 kilog.
- Ecrus, 6, 7 et 8 fils au plus, 30 fr. les 100 kilog.
- Ecrus, plus de 8 fils. — Mêmes droits que les tissus de lin.
- Blanchis ou teints, 3 fils au plus, 18 fr. 50 les 100 kilog.
- Blanchis ou teints, 4 et 5 fils au plus, 29 fr. les 100 kilog,
- Blanchis ou teints, 6, 7 et 8 fils, 43 fr. les 100 k.
- Blanchis ou teints, plus de 8 fils. — Mêmes droits que les tissus de lin.
- Il sera procédé au comptage des fils conformément à ce qui est réglé ci-dessus à l’égard des toiles de lin ou de chanvre.
- Tapis ras ou à poils, 25 fr. les 100 kilog.
- Tissus mélangés, le jute dominant en poids. — Mêmes droits que les tissus de jute pur.
- N° 363. — Tissus de phormium tenax, abaca et autres végétaux filamenteux non dénommés. — Mêmes droits que les tissus de jute.
- A suivre.
- Elle décerne : 1° des mentions spéciales de reconnaissance ; 2° des médailles de vermeil, d'ar-gent ou de bronze ; 3° des primes en argent et des livrets de Caisse d’épargne.
- Des médailles seront aussi décernées aux meilleurs ouvrages d’éducation ou d’enseignement primaire et professionnel faits en vue de moraliser et d’instruire les enfants des ateliers ; ainsi qu’aux inventions propres à prévenir les accidents de fabrique.
- Nota. Les propositions dans les divers ordres de récompenses ont du être adressées à M. Jules Périt», avocat, Secrétaire, avant le 15 mai (Au siège de la Société : Paris, rue de Rennes, 44).
- NÉCROLOGIE
- Nous avons le regret d’apprendre, par une dépêche de New-York, la mort dans cette ville d’un homme qui laissera, par ses découvertes, une trace durable dans l’histoire de la science industrielle de notre temps : M. Tessié du Motay, l’inventeur de la photographie vitrifiée, de l’impression des grisailles, du blanchiment des matières textiles, de la préparation en grand de l’oxygène et de la lumière oxyhydrique, vient de succomber en Amérique où il s’était rendu il y a dix-huit mois afin d’y diriger l’exploitation, par un nouveau procédé de son invention, des roches cuivreuses du lac supérieur au Canada.
- La Société de protection des apprentis et des ENFANTS EMPLOYÉS DANS LES MANUFACTURES, présidée par M. Dumas, ed l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences doit tenir, le 4 juillet prochain, sa me Fête de l'Enfance ouvrière dans laquelle elle récompensera : les Institutions charitables fondées dans le but d’instruire, de moraliser, d'aider les apprentis des deux sexes ; les Industriels qui se sont signalés par leur sollicitude pour le bien-être matériel et moral de leurs apprentis et jeunes ouvriers ; enfin les contremaîtres et contremaîtresses qui auront fait preuve d’un haut degré d’intelligence et de dévouement envers les enfants auxquels ils sont chargés d’apprendre le métier, et qui savent, par leurs conseils et leur exemple, former un ouvrier intelligent ou une ouvrière habile et laborieuse.
- REVUE DES MARCHÉS
- La Revue des marchés, que nous supprimons à partir de ce numéro, sera remplacée dorénavant par une publication très intacte et très complète des adjudications admimistratives et des résultats pour toutes les fournitures qui se rapportent aux industries tinctoriales et textiles, qui intéressent tout particulièrement bon nombre de nos lecteurs.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. C.Golin, route de Flandre, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N° 13.
- ET DE L’IMPRESSION DES
- TISSUS
- 5 Juillet 1880.
- SOMMAIRE
- Avis aux abonnes. — Indigo artificiel et bleu grand teint sans acide. — Le Blanchiment et la Teinture : Progrès a 1 Exposition universelle de 1878 (suite.) — Le Vanadium et ses divers emplois (suite). — Teinture des maroquins à reflets cuivrés, par M. Jacob. — Chauffage des fers à repasser : appareil de M. HERMAND.
- I ROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleus solubes de l'usine Oehler. fl Echantillons). — Teinture des plumes, par M. VANNUCCIO- Vannuccinni (suite). — Chiffonnage: Vernis remplaçant l’étamage des cylindres en cuivre ; apprêt des soies par la graine de lin. — Teinture des peaux de mouton en laine; noir, bruns et mode.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Indigo artificiel deM. Auerbach. — Tarif général des douanes (suite).— 1 rotection de l industrie manufacturière entre la France, le Danemarck et le Grand-Duché de Luxembourg. Recouvrement par la poste, en Suisse et en Belgique, des effets de commerce déposés dans les bureaux français.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — {Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- AVIS
- Nous prions nos lecteurs dont l’abonnement est expiré au 1" juillet et qui ne voudraient pas être considérés comme ayant renouvelé leur abonne-ment pour un an, de nous aviser par lettre ou de refuser le présent numéro du journal.
- Nous ferons présenter la quittance de 15 fr. 50, à la fin du mois de juillet aux personnes qui auront continué à recevoir le journal, et qui n’auraient pas versé au bureau de poste de leur localité le montant de cet abonnement.
- L’administration du journal prend à sa charge le droit de 10/0 prélevé par la poste pour ce service.
- INDIGO ARTIFICIEL
- Et bleu grand teint sans indigo
- L introduction dans le commerce de l’indigo artiieiel, découvert en 1878, par M. Baeyer de Munich, n’aura pas lieu avant l’année 1880, contrairement à ce que nous avions annoncé dans notre dernier numéro.
- La fabrique d’aniline et de soude de Stuttgard a acquis le procédé nouveau. Le procédé primitif (1) ayant été remplacé par un autre pour la fabrica-lon en grand, la fabrique s’occupe de la prise de 423) Voir ^on^eur de la Teinture, année 1879, page
- ses brevets et des derniers perfectionnements qui réaliseront la fabrication à des prix permettant une concurrence redoutable à l’indigo naturel.
- Dans notre prochain numéro nons parlerons, avec échantillon à l’appui, du bleu grand teint sans indigo, dont le prix de revient, par kil. de laine teinte, est bien inférieur à celui qui ressort de l’emploi de l’indigo.
- LE BLANCHIMENT ET LA TEINTURE
- Progrès à l'Exposition universelle de 1878.
- — {Suite.) —
- Par l'assouplissage on n’enlève à la soie qu’une faible partie de son grès en la débarrassant de sa raideur. La soie souple est plus douce que l’écrue ; le fil en est plus gonflé. Elle entre comme trame dans ies tissus bon marché ; on la recouvre d’une chaîne de soie cuite. La perte n’est, en effet, que de A à 8 0/0 et ne porte guère que sur la résine, la matière grasse et le principe colorant.
- L’assouplissage complet comprend plusieurs opérations qni sont : 1° un dégraissage en bain de savon tiède • 2° un blanchiment en eau régale très étendue ; 3° un soufrage ; à0 un assouplissage consistant en une immersion prolongée dans de l’eau bouillante, additionnée de crème de tartre ou d’un mélange de sulfate de magnésie et d’acide sulfurique. La soie est manœuvrée et lissée dans le bain
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- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- où elle s'assouplit en se gonflant, devient douce à la main et comme spongieuse.
- Pour ces divers traitements, qui varient d’un pays et d’une localité à l’autre, quant aux températures et à la concentration des bains et à la durée des immersions, on a cherché à remplacer le gaz sulfureux par des solutions aqueuses de ce corps ou par l’emploi des bisulfites ; le savon de Marseille par le borax, les silicates, les sulfures, ou les aluminates alcalins, par les mucilages végétaux,les sulfites neutres, les phosphates et même par l’acide arsénique.
- La plupart de ces méthodes, déjà anciennement connues et datant au moins du commencement de ce siècle, n’ont guère changé depuis lors, et nous n’aurions que peu de chose à enregistrer au compte de l’Exposition de 1878, si nous n’y avions trouvé : d’une part les appareils mécaniques de M. César Corron pour le dégommage, l’essorage et le lissage des écheveaux, et d’un autre côté les nouveaux procédés de blanchiment de M. Tessié du Motay et de MM. Ch. Girard et Lebouteux.
- Les appareils de M. Corron constituent une véritable révolution dans le traitement de la soie ; ils remplacent presque partout la main de l’ouvrier, en régularisant et simplifiant le travail, et il n’est pas douteux qu’ils finissent par s’implanter tels qu’ils sont ou perfectionnés, dans l’industrie si importante de la soie.
- Pour dégommer les écheveaux, on les dispose sur des bâtons dont les extrémités reposent sur les bords de la barque renfermant le bain de savon. Ils se trouvent ainsi immergés, excepté à leur partie supérieure, qui est retenue par les bâtons. Ces derniers, transportés d’une extrémité de la barque à l’autre, font mouvoir les fils qui se déplacent au milieu du liquide. Puis ils sont relevés verticalement : l’écheveau relevé s’égoutte et est retourné de manière à faire plonger la partie supérieure, tout à l’heure maintenue au-dessus du bain. Grâce à ces manœuvres, tous les fils sont soumis d’une manière régulière à l’action d’un liquide.
- Toutes ces opérations, qui constituent le lissage et le va-et-vient faits jusqu’à présent à la main, sont réalisées mécaniquement au moyen de la machine à teindre de M. Corron. Dans cette machine, les écheveaux sont placés avec leurs bâtons sur des cadres susceptibles d’un mouvement de va-et-vient que l’on fait alterner avec un mouvement d’ascension etde descente.
- Pendant l’ascension une disposition spéciale et ingénieuse permet le déplacement du matteau sur le bâton, de manière à ce que toutes ses parties soient mises en contact avec le bain, en un mot, permet d’effectuer l’opération du lissage.
- Un seul ouvrier peut ainsi conduire 100 mètres de barques, ce qui demandait toujours vingt ou trente hommes.
- Lorsque les écheveaux sont enlevés verticalement du bain par cette machine, le liquide s’écoule dans cette direction et donne des fils tendus, droits, parallèles, et cela par l’effort le plus doux que l’on puisse obtenir. La machine précédente sert aussi bien à teindre qu’à dégommer.
- Pour sécher les écheveaux après dégommage et cuite ou après teinture, on avait l’habitude de les placer en matteaux tordus, ou pêle-mêle avec leurs bâtons, dans le panier de l’essoreuse. Les fils étant mêlés, les brins s’embrouillaient ; aussi était-il nécessaire de les redresser : opération longue, coûteuse et pénible.
- L’essoreuse à fils droits de M. G . Corron consiste en un plateau circulaire horizontal, muni à son centre d’un arbre vertical destiné à le mettre en mouvement. Les écheveaux, tout mouillés, sont placés par couches successives snr le plateau avec leurs bâtons ou lissoirs. Ceux-ci sont fixés entre deux montants disposés autour de l’arbre, et le tout est mis en mouvement.
- Chaque fil, obéissant individuellement à l’action de la force centrifuge, reprend sa place dans le moteur, et l’eau, s’échappant dans le sens de la longueur du fil, le force à se redresser sans efforts.
- La secoueuse-dresseuse est une troisième machine qui supprime l’opération la plus fatigante pour l’ouvrier teinturier : le secouage à la main ou au chevillon.
- I Elle consiste en une cheville fixe recevant du I moteur un mouvement de rotation sur elle-même.
- | Un chevillon, monté à l’extrémité d’un battoir, ! est animé au moyen d’une came d’un mouvement | de va-et-vient.
- | L’écheveau placé sur la cheville et le chevillon | est redressé lorsque celui-ci retombe sous l’effort é de son propre poids .
- La came relevant le chevillon pour le rapprocher de la cheville, le même jeu se reproduit indéfiniment. La cheville, en tournant sur elle-même, déplace le matteau dont toutes les parties supportent également le même effort mécanique, effort
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- dont l’intensité peut être augmentée ou diminuée.
- On doit aussi à M. Corron une machine à cheviller la soie, dite mollieuse, destinée à remplacer le chevillage par torsion à la main. Son action consiste en une pression douce, régulière et souvent répétée qui, sans fatiguer la soie, lui laisse toute son élasticité. Elle se compose de dix cylindres accouplés deux par deux en forme de laminoir. La soie est engagée dans le jeu des rouleaux et entraînée par le mouvement de rotation dont ceux-ci sont animés. Les rouleaux supérieurs, se soulevant verticalement sous l’effort de résistance des matteaux, leur livrent passage en les pressant doucement ; ceux-ci viennent tomber sur une toile sans fin qui les ramène à l’ouvrier. On fait subir à la soie quinze à vingt passages de ce genre.
- Les procédés de blanchiment, dont nous avons nommé les auteurs plus haut, s’adressent surtout à la soie Tussah ou soie sauvage. Cette fibre abondante et d’un prix moins élevé que celui de la soie cultivée n’avait pas pu jusqu’ici être convenablement utilisée. Grâce à ces méthodes, elle va prendre une place sérieuse parmi les fibres textiles riches.
- M. Tessié du Motay utilise le bioxyde de baryum comme agent décolorant. MM. Girard et Lebouteux proposent l’emploi de l'hypochlorite d’ammoniaque et d’un mélange d’eau oxygénée, et d’ammoniaque.
- La marche à suivre pour obtenir les meilleurs résultats consiste dans la succession des opérations : On donne 1° un bain d’acide chlorhydrique faible afin d’enlever les sels calcaires-, 2° un décreusage au carbonate de soude ou à la soude caustique marquant environ deux degrés Baumé, suivi d’un rinçage -, 3e un ou plusieurs bains d'hypochlo-rite d’ammoniaque faible, suivant la nature de la fibre textile -, 4° un passage à l’acide chlorhydrique suivi d’un rinçage • 5° un bain d’eau oxygénée, légèrement ammoniacale s’il y a lieu ; 6° un rinçage.
- Le blanchiment par ce procédé se fait en partie a froid et dure plusieurs jours ; les fibres conservent tout leur brillant et leur solidité. L’action chimique est lente ; les matières colorantes qui accompagnent les fibres sont dissoutes au fur et à mesure de leur oxydation, et l'on est obligé d’ajouter de de temps en temps un peu d’ammoniaque pour entretenir l’alcalinité du bain.
- A suivre.
- LE VANADIUM
- ET SES DIVERSES APPLICATIONS
- — Suite. —
- Teinture en Noir d’aniline au moyen du Vanadium.
- C’est M. A. Guyard qui le premier proposa le Vanadium pour la teinture en noir d’aniline des fibres textiles d’origine quelconque. Pour la teinture des écheveaux de coton le bain se composerait de chlorhydrate d’aniline, de chlohydrate de potasse ou de soude et d’une quantité minime de vanadium. Ainsi en employant pour la teinture de 100 kil. de coton filé 5 kil. de chlorhydrate d’aniline, il suffirait pour l’obtention du noir, de 2 kil. de chlorate de potasse et 1 gr. 5 de vanadate d’ammoniaque. M. Witz avait proposé comme maximum de la dose nécessaire de composé vanadique 1[3000 du poids du chlorydrate d’aniline en opérant par aérage, mais la teinture par voie humide est aujourd’hui préférée.
- Le développement de la teinte noire s’effectue proportionnellement d’autant plus vite que le bain est plus riche en vanadium, ce qui permet de régler à volonté la durée delà teinture. Comme solidité et beauté le noir ne laisse rien à désirer et équivaut dans tous les cas à celui obtenu dans les mêmes conditions à l’aide des procédés anciens.
- Pour la teinture de la soie, M. Guyard conseille d’ajouter au bain de teinture en outre 30 à 50 gr. de gomme arabique. On réalise ainsi des résultats tout à fait satisfaisants ; la soie ne perd en rien de son éclat et brillant, et la teinture peut se terminer en une seule opération. Pour la teinture de la laine il faut, d’après le même auteur, bien la dégraisser, avant de l’introduire dans le bain, et ce dernier doit renfermer 2 à trois fois plus de sel d’aniline que celui employé pour la teinture du colon. La fixation du noir se termine par un bain de chromate.
- M. Hommey donne d’intéressants détails sur la teinture des tissus de laine en noir d’aniline par l’intermédiaire du vanadium ; en employant ce dernier, des préparations préalables du
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tissu en bichromate de potasse, en sulfate [de cuivre et en acide deviennent superflues : il suffit d’une teinture de 20 à 30 minutes dans le bain de chlorhydrate d’aniline, de chlorate de potasse et de vanadate, puis un passage au foulard et enfin une expostion dans une chambre chaude. Le lendemain on détermine la transformation du vert foncé en noir par le passage en bichromate. On obtient un beau noir, résistant au lavage et dégor-geage, avec les proportions suivantes :
- 1000 gr. eau.
- 80 » chlorhydrate d’aniline.
- 40 » chlorate de potasse.
- 5 » acide muriatique.
- 0,1 » vanadate d’ammoniac.
- L’auteur propose pour arriver à une fixation complète et régulière, de procéder de la manière suivante :
- On imbibe d’abord le tissu de la dissolution du sel d’aniline et du chlorate, en faisant bien entrer le bain dans l’intérieur du tissu par un passage au foulard, puis on répète les mêmes opéra-rations sur le bain, additionné du vanadate. Ce procédé convient également pour les tissus mixtes, par exemple, pour la laine mélangée avec du coton ou de la soie. Le noir montant plus facilement sur la fibre cotonneuse, on arrive à produire sur les articles laine et coton des effets de double nuance, ainsi en teignant en bain plus étendu, on obtient par le chromatage final du noir légère-ment violacé sur le coton et un Jaune brun olivâtre assez estimé sur la laine.
- Nous citons ici encore quelques autres réactions et transformations auxquelles les composés vana-diques peuvent donner lieu et qui, tôt ou tard, pourraient être utilisés en pratique.
- M'extrait «le campêche se transforme sous l’influence du chlorate de potasse et des sels de vanadium en une matière colorante jaune qui teint la soie en jaume d'or magnifique.
- Dans les mêmes conditions, le chlorhydrate de toluidime solide donne naissance à un nouveau colorant qui produit sur soie de belles teintes bronzes à reflet cuivrique.
- Avec les décoctions d'extrait de campé-ché oi réalise «le jolies tëimtes moires
- en remplaçant dans la teinture du noir chromé ordinaire le chromate par le vanadate.
- (A suivre.)
- TEINTURE DES MAROQUINS AU REFLET CUIVRÉ, CANTIIARIDÉ Par M. Jacob.
- On ne connaît pas assez en France d’où nous viennent ces cuirs colorés qui servent particulièrement pour les chaussures des dames et la confection des porte-monnaies ; les Autrichiens, les Anglais et les Allemands nous en empruntent une quantité considérable ; ils reconnaissent par là même la supériorité des industriels français que s’occupent de ce genre de commerce. Cependant le nom modeste de l’inventeur de ces cuirs passe inaperçu; la plupart des commerçants l’ignorent; il y en a même qui ont revendiqué la gloire de cette découverte au nom de nos voisins d’Outre Mer. Rendons hommage à la vérité et ne laissons pas ravir, au profit des autres pays, une gloire qui nous appartient.
- Tous les tanneurs savent comment se prépare la peau de mouton avant d’être teinte ; mais tous ne tiennent peut-être pas assez compte des circonstances dans lesquelles le produit est travaillé. Rappelons en quelques mots les manipulations qu’exige celte peau. Ordinairement on la scie en deux, pour la reliure et la fabrication des porte-monnaies ; on pourrait la diminuer encore ; mais alors c’est au détriment du cuir lui-même. On commence par ôter la laine qui recouvre la peau ; à cet effet, on imbibe l’intérieur de la peau, en laissant toujours la laine en dehors, d’un mélange de chaux et d’orpiment, ou sulfure d’arsenic, on la plie en deux en laissant toujours la laine à l’extérieur et on abandonne ainsi la peau à elle-même pendant 12 heures. La laine alors peut se retirer très-facilement. L’opération terminée, on plonge la peau dans une dissolution de chaux pour la gonfler et on la laisse dans cet état pendant 8 jours La chaux permet d’enlever ainsi la graisse que contient la peau, parce qu’il se forme un stéarate de chaux qui est un savon qu’on dissout à l’eau. On travaille alors la peau ; c’est-à-dire qu’à l’aide du chevalet des tanneurs et à l’aide des instruments qui sont à la disposition des ouvriers, on achève d’enlever la graisse.
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- Dès qu’on a nettoyé la peau d’une manière aussi parfaite que possible, on la met au milieu d’une dissolution de sumac, dans une cuve, ou mieux dans un moulin, où le tout est mis en agitation. Il faut à peu près deux livres de sumac par peau de mouton ; on abandonne les peaux au contact de ces matières pendant trois jours, on les retire ensuite et on les fait sécher. C’est après le séchage que l’on choisit parmi les peaux celles qui sont propres aux couleurs tendres.
- Il est évident qu’un industriel qui ne sait pas distinguer la qualité des peaux peut commettre des erreurs graves à son préjudice. Ici donc une pratique sérieuse est indispensable, c’est même en cela que consiste la différence des industriels expérimentés.
- L’inventeur des cuirs mordorés, cantharidés, M, Lanzemberg, prépare les peaux par un procédé qui lui est propre, sans être obligé de recourir au travail de rivière; il a donc l’avantage d’une écono-' mie de temps et de main-d’œuvre.
- Ordinairement on trempe les peaux et on les travaille pour les adoucir.
- Nous ne voulons pas aujourd’hui parler de la coloration des peaux ; c’est une question complexe, dont le Moniteur de la Teinture a commencé et continuera l’étude. Cependant, comme nous devons indiquer la marche suivie dans le procédé des peaux dorées ou cantharidées, nous ne pouvons passer sous silence les divers procédés de coloration qui peuvent entrer dans la coloration de ces produits.
- Chacun sait, qu’en dehors des couleurs d’aniline, on colore la peau en rouge par la cochenille ammoniacale, en vert par un mélange dehleu d’indigo et de jaune, et l’expérience a démontré que la meilleure couleur jaune sur la peau provenait de l’épine-vinette. On a essayé les extraits d’épine-vinette ; mais dans mille circonstances, ces matières donnent une couleur terne et peu délicate. Il en est de même, au reste, de tous les extraits. N’importe quelle couleur, à l’état d’extrait, elle ne donne pas toujours un résultat identique. On a parfois des taches qui ressemblent à un placage.
- Le violet se fait toujours avec le rouge et le bleu de cuve. Le gris s’obtient aussi avec le rouge et le bleu, mais ici le bleu domine.
- Quand faut-il appliquer ces couleurs ? L’expérience a démontré que c’est à l’époque du beau
- j temps que les manipulations réussissent le mieux. | On doit se tenir en garde contre la précipitation.
- Mille fois, au premier coup d’œil, on a cru avoir déposé une suffisante quantité de teinture sur la peau, et lorsque le contact de l’air avait fait évaporer les liquides, on était tout étonné du peu de résultat obtenu.
- Comment se produisent ces reflets métalliques qui laissent peut-être à désirer sous le rapportée la solidité ? Il est évident que l’industrie n’est pas encore arrivée à donner à ces cuirs un état durable. Est-ce un mal ? Non, car tout ce qui tient à la fantaisie passe rapidement, et par conséquent, il est de toute évidence qu’on ne peut pas exiger d’un industriel trop de solidité dans le cuir qu’il produit , d’ailleurs à bon marché, si en réalité son bénéfice repose sur les quantités de marchandises qu’il fait écouler.
- Quoiqu’il en soit de la solidité du procédé, le secret de cette brillante couleur aux reflets métalliques et cantharidés au besoin, consiste dans la division de la matière tinctoriale.
- Il faut que la couche de teinture soit très-mince, Tantôt c’est une couche de cochenille qui donne naissance au reflet cuivré, tantôt c’est une couche de carthame qui produit l’arc-en-ciel.
- Divisez l’indigo et vous produirez le reflet métallique. Quand on introduit dans la teinture, de l’épine-vinette, on imite le reflet des cantharides. Ainsi donc là basé de la teinture de ces cuirs qui frappent les regards par leur éclat métallique, consiste dans la distribution de la couleur, de manière à ne laisser qu’une couche très-mince sur le cuir. Sur une peau teinte en cochenille, un frottement convenable sur la peau après le séchage, donne naissance au brillant. Il est évident que tout ce que nous pouvons dire ne vaut pas le tour de main. Les allemands comme les français, au reste, savent bien aujourd’hui rendre justice à l’habileté de M. Lanzemberg, qui est parvenu à produire le reflet métallique avec une adresse remarquable.
- Voilà une industrie qui a pu rivaliser avec celles de même nature que les nations étrangères pourraient mettre en parallèle. Le travail bien fini, il y a même un avantage réel dans l’application de cette couleur : c’est qu’on arrive aussi à utiliser toutes les peaux blanchies ou mieux préparées pour la ganterie, qui présentent quelques accidents. Lorsqu’une peau a été piquée, elle n’est plus propre à l’usage des gants, on peut cependant
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’utiliser encore, il suffit de la teindre. La couleur fait disparaître les défauts que l’œil saisit si facilement sur la main de l’homme.
- DES FERS A REPASSER
- Appareils de M. Hermand.
- Brevetés en France s. g. d. g. et à l’étranger.
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs (1) des appareils de M. Hermand, en 1872 et en 1874 et nous avons donné les dessins de ces appareils avec les explications nécessaires à faire comprendre leurs avantages.
- Depuis, M. Hermand a beaucoup perfectionné ses appareils qui ont figuré à l’exposition universelle de 1878 et à celle de 1879, et comme ils font partie du matériel des teinturieurs-dégraisseurs auxquels ils rendent de grands services, nous devons faire connaître leurs dernières dispositions.
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- Fig. 1. — Appareil sans four. un trou.
- Le principe des nouveaux appareils est un foyer tournant au moyen d’un engrenage mu par un pi-
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1874, page 114.
- gnon calé sur un arbre portant une manivelle, que l’on voit sur la figure en dehors du fourneau. L’engrenage est relié au foyer autour duquel il y a un certain nombre de cases pour contenir les fers.
- Un des fers employés, étant en service, la plaque de devant reste libre ; pour avoir un nouveau fer et le plus chaud de l’appareil, on commence par poser le fer froid à la place libre, puis on donne un tour de manivelle — toujours dans le même sens — et le fer le plus chaud se présente et on l’enlève. On n’a dons pas besoin de tâter trois ou quatre fers avant de trouver le plus chaud, il se présente de lui-même. Chaque fer que l’on remet est obligé de faire le tour du foyer avant de revenir en face.
- Comme la plaque du devant est toujours libre, à chaque plaque il y a toujours un trou pour le chauffage de fer à plis, tuyautage, etc.
- La foyer est mobile ; il repose sur un pivot et à une certaine distance du pivot il y a trois ou quatre roulettes pour maintenir le dévers du foyer. Chaque place de fer est une plaque emboitée dans une nervure, de manière à ne pas casser. Elle s’enlève séparément ce qui constitue un grand avantage sur les appareils à tête et sur ceux à plaques; car, lorsqu’une place de fer se fend dans ces appareils, il faut remplacer la tête ou la plaque entière ce qui devient très coûteux.
- Les plaques de l’appareil Hermand étant toutes séparées, le foyer peut durer indéfiniment en remplaçant une plaque ou deux au plus par année. Cette plaque coûte un fr. pièce.
- Les autres pièces peuvent se remplacer facilement.
- Tous les fers à repasser, quelqu’en soit le modèle, peuvent aller dans ce nouvel appareil.
- La plaque du dessus du fourneau est percée de trois orifices. Le trou central, fermé par une série de tampons plats comme dans les fourneaux de cuisine sert à introduire le combustible dans le foyer, et à faire chauffer de l’eau ou cuire les aliments. Un second trou est formé par la buse sur laquelle s’adapte le tuyau de fumée. Enfin sur le troisième trou s’adapte un tuyau qui sert à évacuer Vair chaud et à utiliser cet air en haut de la pièce ou au besoin dans un séchoir. Cette dernière disposition rend très salubre l’usage de cet appareil, on n’est plus incommodé de la chaleur qui détruit en général la santé des personnes qui font le travail du repassage.
- En résumant les avantages du nouveau système
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- nous trouvons en dehors de la salubrité, qu’il économise le temps et le combustible. Cette dernière économie n’est pas estimée à moins de 60 •/o par l’inventeur.
- Une autre disposition de l’appareil est celle avec four et deux trous. Elle est représentée par la figure 2.
- t
- Fig. 2. — Appareil avec four, deux trous.
- Cette disposition ne diffère de la première que par l’addition d’un four à rôtir.
- Les deux dispositions que nous venons de décrire se construisent pour 6, 7 et 8 fers. — Avec 6 fers on peut occuper 4 personnes environ, avec 7 fers 8 personnes et avec 8 fers 16 personnes. — Le
- poids de l’appareil sans four est pour 6 fers, 70 kil., 7 fers 74 kil., 8 fers 90 kil.
- La consommation de charbon varie de 40 à 50 centimes par jour dans l’appareil à 6 fers et le prix de ce dernier sans four est de 60 fr.— Les fers ne sont pas co npris dans le prix de l’appareil.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- BLEUS SOLUBLES POUR COTON
- de l’usine O EH L ER (I)
- Nous avons publié plusieurs procédés de teinture pour l’application des bleus solubles sur coton (2). Le procédé que nous donnons aujourd’hui est différent.
- Les échantillons ci-dessous ont été teints avec des bleus solubles de l’usine Oehler, marques MB J et B S P. <
- (1) Dépôt central, 27, rue des Petites-Ecuries, à Paris. .(2) Voir ^oniteur de la Teinture, année 1879, page 286, (b procédés). 2 ‘ 1
- Bleu soluble (cotlin) M B J
- Bleu soluble (coton) B
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- Voici comment on a opéré :
- Le coton, préalablement blanchi, a été lavé d’abord dans une solution d'hyposulfite de soude, pour enlever toute trace de chlore, puis lavé une seconde fois en eau pure.
- Après lavage, le coton a été mordancé au tannin, comme dans la première opération du IIe procédé donnée page 286, année 1879, du Moniteur de la Teinture.
- Le bain de teinture est formé en ajoutant à l’eau nécessaire la dissolution du colorant et de l’acide acétique en quantité égale en poids à celui du colorant. (Le colorant et l’acide acétique supposés secs.)
- On commence à teindre à 30° C;, et on monte graduellement jusqu’à 60° — 65° G. où l’on reste pendant environ une demi-heure. La nuance voulue étant obtenue, on lève, puis on passe en bain de tartre émétique pour mieux fixer la couleur sur fibre, et on termine par un lavage et un séchage.
- Les bains, ne s’épuisant pas, peuvent servir de nouveau et on obtient alors, eh se servant de vieux bains, des nuances plus pures et plus verdâtres qu’avec des bains neufs.
- On doit éviter les barques ëh cuivre et n’employer que celles en bois.
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- Peaux, ailes, oiseaux.
- Les procédés de teinture en blanc de ces matières rentrent dans les cas précédemment traités suivent que la plume qu’elles portent est tendre ou dure. On aura cependant soin de bien ouvrir les plumes dans le bain pour que celui-ci entre facilement entre les premières.
- Supposons maintenant que le blanc obtenu soit ou trop bleu ou trop rosé, en un mot qu’on ait dépassé l’échantillon. Quand il est trop bleu, il suffit en général de donner à la plume un bain d’eau pure froide ou au
- * (1) Voir Moniteur de ta Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et il0' 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11 et 12 de 1880.
- | besoin tiède pour que le bleu lumière en se décolorant un peu corrige le défaut. Cependant, on comprend de suite qu’on ne fait pas ainsi de la bonne teinture, car un pareil blanc ne sera jamais bien stable, ni bien frais. Ce qu’il y a de mieux quand on a dépassé l’échantillon est de passer la plume dans une eau plus ou moins chargée de carbonate de soude, un peu chaude, puis de rincer, et de remonter enfin dans un bain bien chaud au sel d’oseille. On ne doit recourir au savon que dans les cas tout à fait désespérés.
- COULEURS RABATTUES
- Pour les couleurs franches, dont nous venons de parler, on a vu qu’on emploie pour une couleur donnée une ou deux matières colorantes qui par elles seules ou par leur mélange donnent des teintes pures, c’est-à-dire exemptes de noir. Nous avons vu les matières colorantes d’aniline jouer un grand rôle, car justement elles possèdent beaucoup d’éclat et de pureté. Quand il s’agit de teindre des plumes en couleurs ternes on est, au contraire, presque forcé d’avoir recours aux anciennes matières colorantes, l’orseille, le carmin d’indigo, le curcuma, etc. Pour des couleurs rabattues claires comme les gris on peut encore, avec avantage, se servir de matières colorantes d’aniline ; mais quand on veut une couleur foncée qui ait du corps il faut se servir des autres. Cela tient à ce que, très probablement, les matières colorantes naturelles sont moins pures que les artificilles, c’est-à-dire plus ternes et plus riches de radiations colorées différentes. On comprendra aisément cela si on se rapporte à la 2e partie de cet ouvrage, Notions sur les couleurs (‘). Avec un mélange de plusieurs couleurs d’aniline on pourait obtenir les mêmes résultats, mais il faut dire que sur plume elles ne s’allient pas très bien et que la plume se sature assez rapidement; c’est-à-dire qu’après un certain degré de teinture elle refuse d’en prendre davantage, (d).
- (1) Ce travail inédit du même auteur et qui s’applique à la teinture et à l’impression en général, sera publié aussitôt après la Teinture des plumes. P. B.
- (a). Les couleurs rabattues sont très variées et les noms qu’on leur donne très nombreux. Je me limiterai à décrire celles qui forment un type d’après lequel on peut facilement dériver les autres congénères.
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- GRENAT FONCÉ
- La Teinture en grenat foncé a été déjà décrite à propos du grenat à l’orseille.
- CHOCOLAT, HAVANE, TABAC, ETC.
- Ces couleurs, comme aussi les couleurs bois, acajou, canelle, etc. sont d’une nuance assez difficile à saisir. Pour les définir toutes ensemble je dirai que c’est une couleur plus ou moins mélangée de noir ; elles diffèrent du marron en ce que la couleur orangée domine bien plus sur le noir. D’après les proportions d’orangé et de noir, suivant que l’orangé est plus ou moins rougeâtre, on a l’une ou l’autre des couleurs dont il s’agit. Pour teindre donc la plume en ces couleurs il faudra employer des matières colorantes se ternissant réciproque-ment, mais pas dans une si grande proportion que celles qui servent à faire du marron.
- Pour obtenir, par exemple, une couleur chocolat on peut se servir d’un bain de noir décomposé à l’acide, de jus d’orseille, de violet à l’acide. En décomposant le bain de noir avec de l’acide on met en liberté du campêche et la plume prend une couleur jaune terne ; par du jus d’orseille en très petite quantité on donne un léger ton rouge et par du violet à l’acide on a le degré de ternissement que l’on désire.
- Dans un autre cas, pour obtenir du havane, on pourra employer du noir tourné à l’acide, du gris-rosé et du jus d’orseille.
- Mais il faut dire que l’emploi du bain de noir décomposé par un acide présente deux graves inconvénients : il est d’abord assez difficile d’obtenir une égalité parfaite par la nature même de la matière colorante qui se trouve à l’état de suspension en grains gros-siers. Ensuite la couleur que l’on obtient change après un certain temps d’exposition à l'air, le noir se régénérant sur la plume même.
- I1 vaut mieux, par conséquent, employer
- pour la formation de ces couleurs du brun d’aniline ou Bismarck qu’on ternira avec du gris jaune ou du gris rosé suivant la nuance ; au besoin on ajoutera un peu de violet à l’acide. Si la nuance n’était pas
- encore assez rosée on ajoutera soit du jus d’orseille, soit une solution très allongée de roccelline.
- Le Bismarck a cependant le défaut, pour certaines plumes, comme la ronde de poule,le collet, la croupe. de mordre davantage sur lespointes et de les rendre ainsi trop rougeâtres. Il faudra donc l’employer avec beaucoup de précautions quand il s’agit de ces espèces de plumes qui en général sont celles qui présentent des barbes isolées, brillantes à leur extrémité. Quand cet accident alieu il faut retirer le plus tôt possible la plume du bain, la rincer immédiatement et la savonner rapidement deux ou trois fois, Après rinçage, teindre la plume par un des procédés déjà décrits ; malgré cela il reste presque toujours-et presque inévitablement des plumes à tête plus rouges que les autres.
- On peut se servir, encore pour obtenir les nuances indiquées, d’extrait de châtaignier, de gris rosé, de jus d’orseille et au besoin d’une pointe de curcuma. L’extrait de châ-taigner sera employé en solution suffisamment allongée et par petites portions à la fois.
- La manière d’opérer dans les différents procédés décrits est toujours la même; le bain doit être plus ou moins chaud suivant le degré de dureté de la plume à traiter ; on l'acidule à l’acide sulfurique, mieux au sel d’oseille. On verse d’abord les matières colorantes qui doivent donner le fond de la couleur, et on nuance ensuite.
- Mastic.
- La couleur mastic est un jaune très pâle, terne et faiblement rosé.
- Ce qu’il y a de mieux pour obtenir cette couleur c’est l’extrait de châtaigner, qui, quelquefois, employé seul, peut donner tout de suite la nuance voulue. On l'emploie dans un bain acidulé à l’acide sulfurique ou le sel d’oseille, assez chaud; l’extrait doit être naturellement en solution très allongée et bien limpide. Si l'échantillon est plus gris que la nuance ainsi obtenue on ajoutera au bain du violet à l’acide et encore de l’extrait de châtaigner. Pour roser on fera usage de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- cochenille de préférence àl’orseille. Au contraire pour jaunir on ajoutera un peu d’acide picrique ou de curcuma suivant la nuance. D’autres fois il sera utile pour verdir assez fortement d’employer une trace de carmin d’indigo allongée dans une très grande quantité d’eau.
- (4 suivre.) Reproduction et traduction interdites.
- lement supérieur, mais il est inutile d’y mettre du sucre.
- A. Barbé.
- P. S. « Prochainement je vous adresserai un procédé d’apprêt par la cire.
- TEINTURE DES PEAUX DE MOUTON
- EN LAINE.
- CHIFFONNAGE
- M. A. Barbé, dont nous avons publié dernièrement un article comparatif sur le nettoyage à sec et le nettoyage au- mouillé, nous adresse les communications suivantes :
- Vernis remplaçant l’étamage des cylindres en enivre.
- « 11 m’a été donné de voir dernièrement, chez un teinturier, un cylindre en cuivre verni par un procédé qui peut, je crois, remplacer avantageusement l’étamage, mais certainement, la peinture en usage dans bon nombre de maisons. Ce vernis est très résistant et d’un bel aspect; j’ai donc de bonnes raisons de croire qu’il sera de quelque utilité à vos lecteurs, teinturiers-dégraisseurs.
- « Procédé. — Donner au cylindre, soit en cuivre soit en tôle, 2 ou 3 couches de minium. Après chaque couche, pour obtenir une surface lisse et unie, il faut passer cette surface à la pierre ponce. — Cette première opération terminée, donner une bonne couche de vernis copal anglais. »
- Apprêt des soies par la graine de lin.
- « Ce procédé donne de très beaux résultats comme souplesse et brillant.
- « Faire bouillir de la graine de lin dans l’eau, puis tamiser avec soin et recueillir le mucilage qui a passé à travers le tamis. La quantité de graine à employer varie suivant la soie qui doit être apprêtée, suivant le plus ou moins de fermeté demandée, soit par le client, soit par l’apprêteur.
- « En règle générale le bain doit être bien gras, un peu huileux, on y ajoute 10 à 15 gr. de sucre par litre d’eau, ce qui donne du relief à la soie et tend par conséquent à rendre la comparaison avec la soie neuve plus avantageuse.
- « Pour le châle de crêpe, cet apprêt est éga-
- Noir.
- Composer le bain de mordançage dans la proportion de :
- 180 gr. bichromate de potasse.
- 140 gr. sulfate de cuivre par chaque peau, et les y laisser s'éjourner 24 heures.
- Lever, rincer et arroser les peaux dans un bac, avec une décoction tiède de bois jaune, les y laisser jusqu’à ce quelles soient teintes en couleur olive.
- Teindre ensuite à 60-65° C. dans un bain de campêche et lorsque l’extrémité des poils parait noire, passer dans une solution très faible de chlorure de soude.
- Brans et mode toutes nuances possibles.
- Teindre au bouillon dans un bain contenant 250 grammes bisulfate de soude (ou 50 gr. d’acide sulfurique et 200 gr. sulfate de soude) par chaque peau, et les proportions de marron S, de jaune solide et de carmin d’indigo voulues pour chaque
- nuance.
- INDUSTRIELLE
- INDIGO ARTIFICIEL
- (Extrait de Yinventor’s Record.)
- M. Auerbach indique un procédé pour préparer un bleu d’alizarine destiné à remplacer l’indigo. On mélange une partie de mononitro-alizarine sèche, 5 parties d’acide sulfurique concentré et 1 1 [2 partie de glycérine (densité 1.262) et on chauffe modérément. La réaction commence à 107 degrés et de-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 155
- vient violente; la température s’élevant à 200 degrés, un fort bouillonnement se produit et il se dégage de l’acide sulfureux et de l’acroléine. Lorsque le bouillonnement a cessé la masse entière est plongée dans l’eau, on fait bouillir et on filtre ; on fait encore bouillir trois ou quatre fois avec de l’acide sulfurique dilué. Les liquides filtrés sont mélangés et on les laisse refroidir -, le bleu se sépare sous la forme de cristaux bruns. Ces cristaux sont purifiés en les mélangeant avec de l’eau et en ajoutant du borax jusqu’à ce que la solution devienne d’un violet brunâtre ; le bleu forme avec l’acide borique un composé insoluble. Ce résidu est lavé et décomposé par un acide et on obtient le bleu pur sous forme d’une pâte violette soyeuse. Si le produit doit être parfaitement pur, il faut le faire cristalliser successivement de ses solutions dans ses divers dissolvants, le naphte lourd, l’alcool amyli-que et l’acide acétique cristallisable ; lorsqu’il est pur, il se présente en aiguilles brunes brillantes, fusibles à 270 degrés environ.
- Des sels ont été préparés et analysés, mais les résultats n’ont pas été satisfaisants, parce qu’il était difficile d’obtenir les produits tout à fait purs. Des dérivés bromés ont été préparés et examinés et l’on a étudié également l’action du chlore, du zinc en poudre, de l’anhydride acétique, etc. Quant à la constitution du bleu, l’auteur pense qu’elle se rapproche de très près de celle des aldéhydines, découverts par Ladenburg,et qui se forment lorsque les orthodiamides aromatiques agissent sur les aldéhydes.
- ( Bulletin du Musée de VIndusirie de Belgique).
- TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES
- — Suite —
- Fils de cotons.
- Fils simples écrus, mesurant au demi kilog. 20,500 mètres ou moins, 18 fr. 50 les 100 kil.
- —Plus de 20,500 mètres, pas plus de 30,500 mètr., 25 fr. les 100 kil.
- 1 lus de 30,500 mètres, pas plus de 40,500 mè-tres,37fr.les100kil.
- uS de 40,500 mètres, pas plus de 50,500 mètres, 50 fr. les 100 kil.
- Plus de 50,500 mètres, pas plus 60,500 mètres. 62 fr. les 100 kil.
- Fins de 60,500 mètres, pas plus de 70,500 mètres, 74 fr. les 100 kil.
- Plus de 70,500 mètres, pas plus de 80.500 mètres, 87 fr. les 100 kil.
- Plus de 80,500 mètres, pas plus de 90,500 mètres, 112 fr. les 100 kil.
- Plus de 90,500 mètres, pas plus de 100,500 mètres, 124 fr. les 100 kil.
- Plus de 100,500 mètres,' pas plus de 110,500 mètres, 149 fr. les 100 kil.
- Plus de 110,500 mètres, pas plus de 120,500 mètres, 174 fr. les 100kil.
- Plus de 120,500 mètres, pas plus de 180,500 mètres, 198 fr. les 100 kil.
- Plus de 130,500 mètres, pas plus de 140,500 mètres, 248 fr. les 100 kil.
- ! Plus de 140,500 mètres, pas plus de 170,500 mè-| très, 310 fr. les 100 fr.
- 176,500 mètres, 312 fr. les 100 kil.
- Fils de coton simples, teints ou chinés.
- Droits de fils simples écrus augmentés de 15 P- c.
- Pour les teintures ordinaires 0 fr. 30 par kilogr. en sus du droit sur le fil écru.
- Pour les teintures en rouge d’Andrinople 0 fr. 60 en sus du droit sur le fil écru.
- Les articles suivants sont ainsi votés :
- No 341. Fils de coton retors pour tissage :
- Retors en 2 et 3 bouts en échevettes ordinaires, écrus. — Le droit du fil simple augmenté de 30 p. c.
- Retors en 2 et 3 bouts en échevettes ordinaires, blanchis. — Le droit sur le fds retors augmenté de 15 p. c.
- Retors en 2 et 3 bouts en échevettes ordinaires, teints en teinture ordinaire ou chinés. — 0 fr. 30 par kilog. en sus du droit sur le fil retors écru.
- Retors en 2 et 3 bouts en échevettes ordinaires, teints en rouge d’Andrinople. — Ofr. 60 en sus du droit sur le fil retors écru.
- No 340. — Fils de coton, retors pour coudre et pour la mercerie :
- En échevettes ordinaires à quatre bouts ou plus, écrus, blanchis ou teints ; en simple torsion, un centime et demi, en double torsion (câbles), deux centimes.
- Fabriqués, c’est-à-dire mis en pelotes, petits écheveaux, cartes ou autres formes de mercerie, quelque soit le nombre de bouts, écrus , blanchis ou teints : — en simple torsion, 2 centimes ; en double torsion (cables), 2 centimes et demi.
- Le tout par mille mètres de fil simple.
- No 343. — Chaînes ourdies en fil de coton, écrues, dont elles se composent. Le droit sur le fil est augmenté de 30 p. c.
- Chaînes ourdies en fil de coton, blanchies. Le droit sur les chaînes ourdies écrues augmenté de 15 p. c.
- Chaînes ourdies en toiles de coton teintes. — Pour les teintures ordinaires, 0 fr. 30 par kilogr. en sus du droit sur les chaînes ourdies écrues ; pour les teintures en rouge d’Andrinople, 0 fr. 60 par kilog. en sus du droit sur les chaînes ourdies écrues.
- Fils de coton mélangé, le coton dominant en poids. — Mêmes droits que les fils de coton pur.
- (4 suivre.)
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- 156 LE MONITEUR-DE LA TEINTURE
- PROTECTION DE L’INDUSTRIE
- mmamufacturière entre la France, le Danemark et le Grand-Duehé de Luxembourg.
- Dans le but d’assurer une protection complète et efficace à l’industrie manufacturière de leurs nationaux, deux déclarations ont été signées entre la France, le Danemarck et le Grand-Duché de Luxembourg, au mois de mars et avril dernier.
- Les nationaux des trois Etats jouiront, en ce qui concerne les marques de fabrique ou de commerce, apposées dans l’un ou l’autre pays, sur les marchandises ou emballages, de la même protection que les nationaux de chacun de ces États. Les mêmes dispositions s’appliquent aux dessins et modè-les industriels de toute espèce. — Les dépôts des marques de fabrique, dessins et modèles, doivent être effectués , dans chacun des Etats, en se conformant aux conditions et formalités présentées par les lois et règlements particuliers de chacun dé ces États.
- MINISTÈRE
- des Postes et des Télégraphes.
- Recouvrement, par la poste, en Suisse et en Bel-gipue, des effets de commerce déposés dans les bureaux français.
- A partir du 1er mai 1880, le public peut faire recouvrer, par l’intermédiaire de la poste, les effets de commerce, factures et valeurs quelconques payables en Suisse et en Belgique, et réciproquement.
- Les valeurs à recouvrer ne devront pas dépasser 500 francs pour la Suisse et 1,000 francs pour la Belgique ; elles devront être payables sans frais, la poste ne se chargeant pas, quant à présent, de faire protester les effets impayés ; elles devront, en outre, contenir :
- 1° L’énonciation, en toutes lettres, et en langue et monnaie françaises, de la somme à recouvrer.
- 2° Le nom et l’adresse du débiteur -,
- 3° La signature pour acquit du déposant.
- Les enveloppes destinées à l’expédition seront fournies dans chaque bureau de poste, contre payement de la taxe fixe d’affranchissement de 25 centimes. Elles seront fermées par l’expéditeur, déposées au guichet et expédiées sous recommandation
- J au bureau suisse ou belge chargé du recouvrement.
- Les valeurs à recouvrer en Belgique devront êtres décrites, en outre, sur un bordereau d’expédition qui sera fourni au public dans tout bureau de poste avec l’enveloppe spéciale destinée à la transmission.
- Le bordereau ne pourra contenir d’autres annotations que celles que comporte sa contexture ni être accompagné de lettres ou notes pouvant tenir lieu de correspondance entre le créancier et le débiteur. Toutefois, lorsque l’expéditeur voudra laisser les frais de timbre à acquitter en Belgique à la charge du débiteur, il devra en faire mention sur ce bordereau.
- Pour la Suisse, la même enveloppe ne doit renfermer que des valeurs à recouver sur le même débiteur ; pour la Belgique, le même envoi pourra se composer de plusieurs valeurs recouvrables sur des débiteurs différents par un même bureau de poste et au profit de la même personne.
- Il est interdit d’insérer dans l’enveloppe aucune lettre ou note pouvant tenir lieu de correspondance entre le créancier et le débiteur.
- Les valeurs qui n’ont pu être recouvrées sont renvoyées sans frais au déposant.
- Les sommes encaissées lui sont transmises au moyen d’un mandat de poste, après déduction :
- 1° D’une taxe d’encaissement calculée à raison de 10 centimes par 20 francs, sans pouvoir dépasser 30 centimes ;
- 2e Des droits de timbre perçus, s’il y a lieu, sur les valeurs recouvrées ;
- 3° Des frais ordinaires afférents à l’émission des mandats de poste.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- La Revue des marchés, que nous avons supprimée à partir du dernier numéro, sera remplacée dorénavant par une publication très extacte et très complète des adjudications administratives et «les résultats pour toutes les fournitures qui se rapportent aux industries tinctoriales et textiles, qui intéressent tout particulièrement bon nombre de nos lecteurs.
- Le Propriétaire-Gérant- : Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, K» U. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Juillet 1880.
- SOMMAIRE
- Décoloration de tous les textiles d'origine végétale et animale, par M. J. Clément. - Le Vanadium et ses wverses applications (fin). — Préparation de la soie pour la teinture, par M. J. Persoz (suite.) — Sur nuel-ques matières colorantes nouvelles, par M. Ph. GREIFF. — Synthèse de l’acide citrique. 1
- PROCÉDLS PRATIQUES. - Bleu grand teint sans indigo (1 Echantillon). — Teinture des Diurnes nar M.VAnNUGGIO-VANNUCCINNI (suite). - Chiffonnage ; Teinture des robes chaîne-coton :poJr une robe rouge-brun. — Impression des tissus (suite.) p 000
- CBOXotANEsTNDUSTRIELLE. - sucre des chiffons. - Création d’écoles d’apprentissage. - Tarif général
- ARrgDesaTAGrS.qtueënitrsÜzessste,"ëstltave: eFaSyPPlemen Prix-courants des produits chimiquas et
- DÉCOLORATION
- de tous les textiles d'origine végétale
- ou animale.
- par M. J. M. Clément.
- — (Brevet) —
- Les procédés employés, tout en rentrant dans une certaine mesure dans ceux dont on se sert habituellement, en différent cependant essentiel-ement, tant par les manipulations que par les corps qui permettent d’obtenir une décoloration très rapide.
- La première opération, dans tout blanchiment, est de débarrasser l’étoffe du parement dont on s est servi pour le tissage; on emploie à cet effet le rempage à l’eau tiède et les lessivages ; dans ce nouveau système les opérations se font à froid -, on met tremper la toile dans l’eau avec addition de evure, et on produit la fermentation des collets et Perements sans altérer la fibre.
- Après douze heures, cette fermentationest ter-anee ; on rince fortement l’étoffe et on la passe ans un bain d’oxydant composé comme il suit :
- —au 1000 litres
- Nouveau sel oxydant 500 grammes
- e osage du bain d’oxydant ne peut être donné exac ement, car il diffère suivant le degré de blanchiment et la rapidité que l’on désire.
- pr s une heure de trempage, on rince fortement et ion plonge dans le bain no 2.
- Eau 1000 litres
- Sulfite ou hyposulfite de soude 1500 grammes
- Acide sulfurique 750 ___
- ou acide chlorhydrique 875 __
- Carbonate de soude ou de potasse 250 —
- Dans le cas où l’on emploie ce dernier sel on doit tenir compte dans le dosage de son rapport avec la soude.
- Après deux heures de contact, on rince et l’on met dans un bain d’hypochlorite de soude ou de potasse présentant la composition suivante :
- Eau 1000 litres
- Hypochlorite de soude ou de potasse 330 _
- Carbonate de soude 2500 grammes
- Après huit à dix heures la décoloration est ordi-dairement obtenue pour le coton ; il n’y a plus qu’à rincer et à passer dans le second bain pendant une heure puis on rince à nouveau et l’on apprête comme d’habitude.
- Pour la toile, il faut répéter ces diverses opérations dans le même ordre jusqu’au blanchiment parfait.
- Trois opérations suffisent ordinairement.
- La décoloration de la laine diffère de celle des textiles végétaux par une préparation qui remplace la mise en levure ; par exemple, pour obtenir le blanchiment de la laine brute, on est dans l’usage de désuinter la laine soit avec le suint d’un bain ayant déjà servi, soit avec de l’urine putréfiée.
- Le système de M. Clément diffère essentiellement de la méthode ordinaire, en ce que l’on commence par ensimer la laine brute avec de l’acide
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- oléique ou une huile tournante ; l’ensimage étant bien fait, après une ou deux heures de repos ou mieux plus, la laine est lavée dans un bain d’eau pure, soit tiède, soit froide, que l’on renouvelle jusqu’à ce que celle-ci ne soit plus colorée.
- Le trempage dans l’eau ne présente aucun inconvénient pour la fibre ; la laine étant imprégnée d’huile ne peut ni se gonfler ni se déchirer et le feutrage est rendu impossible.
- Toutes les parties terreuses et autres impuretés qui salissent la laine sont enlevées par ce premier lavage ; la laine est lavée à nouveau dans un bain composé comme il suit :
- Eau 1000 litres
- Liquide préparé 15 —
- Composition de ce liquide :
- Ammoniaque liquide (en volume) 66 parties Essence minérale (en volume) 33 —
- On brasse fortement le mélange avant de le verser dans la cuve.
- Il est bien entendu que tout autre essence ou hydrocarbure pourrait produire le même résultat ; mais l’essence minérale est préférable comme étant d’un travail plus régulier.
- Le mélange doit être fortement brassé avant d’y plonger la laine, et celle-ci est lavée à la fourche ou à la machine, comme d’habitude -, on obtient ainsi un désuintage parfait en quelques minutes et un premier degré de blancheur que jusqu’à ce moment on n’a pu avoir; elle a de plus pris une grande douceur.
- Pour avoir le blanc éclatant, la laine est traitée comme le coton, si ce n’est que les bains d’hypo-chlorite sont supprimés ; un seul passage suffit pour obtenir le blanc de neige.
- La décoloration des éponges s’obtient à l’aide des bains oxydants et des bains de sulfite ; seulement, dans le montage de celui-ci, l’acide sulfurique et autres sont remplacés par un acide végétal, de préférence l’acide oxalique.
- Le même système s’applique à toute décoloration de lainage, flanelle, etc., ayant déjà servi ; on obtient même, par ce moyen, en une seule opération, des flanelles qui, ayant été portées et étant devenues jaunes par l’usage, reprennent l’aspect du neuf.
- Les points nouveaux qui distinguent ce système sont :
- 1° La création et l’emploi de nouveaux sels oxydants non encore définis et composés d’un mélange
- de permanganate de potasse ou de soude, de chro-mate acide de potasse et de sulfite de soude dans les proportions suivantes.
- Premier sel :
- Permanganate de potasse ou de
- soude
- Chromate acide de potasse
- Deuxième sel :
- Permanganate de potasse ou
- de soude
- Chromate acide de potasse Sulfite de soude
- 670 grammes
- 330 —
- 450 grammes
- 160 —
- 390 —
- La dissolution étant faite, on amène à concentration pour faire cristalliser ou évaporer complètement la matière. Ces sels très stables cristallisent facilement et résistent complètement à l’évaporation.
- L’oxydation produite par eux est très forte et surtout très régulière -, on peut employer les bains au moment du mélange, mais en tenant compte de la quantité d’eau employée dans la dissolution.
- 2° L’emploi d’un bain dégageant de l’acide sulfureux à l’état naissant, ce bain étant toujours alcalin, employant les sulfites, hyposulfites, bisulfites de soude ou de potasse, d’ammoniaque ou de chaux, suivant les cas, et permettant le dégagement à l’état naissant et d’une façon régulière.
- L’acidulation se fait dans ces bains non-seulement à l’aide de l’acide sulfurique ou chlorhydrique, mais suivant la finesse de l'étoffe ou de la substance à blanchir, avec les acides végétaux, tels que l’acide oxalique, tartrique, etc.
- Ce bain nouveau, quoique ayant une action très énergique, n’attaque pas les fibres soit animales, soit végétales.
- Il en est de même pour le bain d'hypochlorite ou de soude ou de potasse.
- On peut employer aussi, suivant les circonstances, le gaz acide sulfureux dont on se sert le plus particulièrement pour la décoloration de la paille tressée soit brute, soit ouvrée.
- 3° L’idée d'ensimer la laine en suint avant tout travail ayant pour but d’éviter le feutrage, le gonflement et le déchirement de la fibre dans une première opération et d’obtenir une laine très souple après ce premier travail.
- Le blanchiment parfait des éponges, qui permet de faire des éponges de toilette de fantaisie, soit en les laissant blanc de neige, soit en les teignant en
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- toute couleur avec les couleurs d’aniline, safra-num, etc.
- LE VANADIUM
- ET SES DIVERSES APPLICATIONS
- — Fin.
- En Amgleterre on produit des brumS au Cachou à l’aide d’un bain de cachou et de chlorure de vanadium ou vanadate d’ammoniaque. Il est très-probable que dans les couleurs ea-chou par oxydation appliquées en impression, le vanadium se substituerait avec avantage aux agents oxydants ordinaires employés jusqu’à présent : aux sels de cuivre, de fer, etc. De même, il rendrait des services dans les couleurs de naphtylamime, alcaloïde qui dans ses réactions et métamorphoses montre tant d’analogie avec l’aniline et qui nous a déjà fourni un série de nuances mode, gris, puce, etc., en le soumettant à l’action des oxydants dans des conditions pareilles à celles de la formation du noir d'aniline.
- A un autre genre de réactions qui ne rentre pas dans l’art des toiles peintes appartient celle indiquée par MM. Schmid et Baldensperger qui ont préparé de la fuchsine au moyen de l’aniline, de la nitrobenzine et de quantités minimes de vanadium. Ce dernier joue ici le même rôle que dans la production du noir d’aniline : il transporte l’oxygène de la nitrobenzine à l’amiline en la tranfor-mant en rosaniline, comme il transporte l’oxygène des chlorates au même alcaloïde en le changeant en noir.
- Un fait, concernant le vanadium, qui mérite de fixer l’attention des chimistes a été communiqué par M. Roscoe :
- Si la solution rouge foncé obtenue en dissolvant le pentoxyde de vanadium (acide vanadique), fine-ment pulvérisé dans de l’acide sulfurique concentré bouillant, est diluée avec 50 fois son poids d’eau et mise à digérer avec du zinc métallique, le liquide change rapidement de couleur en passant par toutes les teintes du bleu au vert, jusqu’à ce qu’après quelque temps, il conserve une teinte permanente lavande ou violet. Le vanadium est alors contenu en solution au plus bas degré d’oxydation à l’état
- de sulfate ; ce composé absorbe l’oxygème avec ume telle avicité qgu’il déeolore l’indigo et Ses autres matières colorantes végétales aussi rapidement que le chlore lui-même, et agit beaucoup plus puissamment qu’aucun autre agent réducteur commu.
- Emploi des composés de Vanadium pour la fabrication des encres
- Les dissolutions des vanadates alcalins, surtout celles des vanadates acides, mêlées avec de l’infusion de noix de galles, produisent une liqueur d’un noir tout à fait foncé qui ressemble tout à fait au tannate de sesquioxyde de fer, en sorte qu’elle peut servir comme excellente encre. Déjà le célèbre Berzelius dit de cette encre qu’elle est « la meilleure dont on puisse se servir ». Elle a l’avantage sur les encres ordinaires au fer de la plus grande résistance vis-à-vis des réactifs, ainsi les alcalis étendus jusqu’au point où ils n’altèrent pas le papier, ne la dissolvent pas, les acides la font passer au vert brunâtre, mais ne l’enlèvent pas -, en outre elle estplus noire et plus coulante que l’encre au tannate ferrique puisqu’elleconsiste en une dissolution et non en un précipité délayé dans une solution de gomme. Il ne se produit pas de précipité dans la liqueur, même avec le temps. M. le docteur R. Boettger, ayant fait des études spéciales sur cette question, vient de préparer une encre au moyen de l’acide gallique et « vama-date dl’ammomiaque qui paraît répondre à toutes les exigences auxquelles doit répondre ume véritable euere de sûreté, et, en tenant compte des prix réduits du vanadium, elle ne reviendrait pas beaucoup plus cher que l’encre ordinaire de bonne qualité.
- Avec l’utilisation du vanadium dans la teinture et dans la fabrication des encres, le nombre des applications dont il est susceptible n'est pas encore épuisé. Ainsi M. B. W. Gerland a fait des essais sur l’emploi de l’acide métavamadique comme substitut du véritable bromze d’or. Il trouva qu’une solution de sulfate de cuivre pur et de chlorure d’ammonium, additionnée de vanadate d’ammoniaque et chauffée avec précaution, donne naissance à un corps d’une couleur jaume d’or jusqu’à orange magnifique ; ce nouveau
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- 160 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- corps se sépare du liquide sous forme de paillettes brillantes qui se laissent facilement délayer dans la gomme ou dans les vernis, couvrent bien, sont inaltérables à l’air et ne cèdent en rien au véritable bronze d’or.
- Dans la chimie amalytiqe le vanadate d’ammoniaque ne trouve jusqu’à présent qu’un emploi rare, quoique les belles et sensibles réactions qu’il détermine avec le tanmin, l’aniline, etc., puissent être mises à profit dans de nombreux cas.
- Le vanadate d’ammoniaque est à recommander pour la recherche dans les vins rouges de matières colorantes étrangères, peut-être aussi du tannin, introduits frauduleusement : les vins rouges vrais donnent lieu à des teintes rouges brunes foncées, tandis que, par exemple, du Bordeaux contenant eu tannin se transforme en une liqueur semblable à l’encre.
- Enfin le Vanadium est susceptible d’être utilisé en photographie. M. James Gibbon (Chemical News) communique qu’un papier, passé par une solution de sel vanadique, exposé au soleil et traité par des sels d'urane produit une image distincte. De même un mélange de sel de vanadium et d’argent donne par un traitement analogue au vitriol de fer un dessin bien tranché. Le bivanadate de potasse en présence de matières organiques devient sous l’influence de la lumière solaire, vert, ensuite bleu.
- PRÉPARATION DE LA SOIE
- POUR LA TEINTURE
- Par M. J. Persoz.
- — Suite. —
- Traitement des Souples.
- Ce traitement, exécuté d’une manière complète, comprend plusieurs parties qui sont :
- 1° Le dégraissage ;
- 2° Le blanchiment ;
- 3° Le soufrage ;
- 4° L'assouplissage (1).
- (t) Quelquefois on se borne à la première opération et à la dernière,
- il est à remarquer que, par l’assouplissage seul, la nuance naturelle de la soie, n’est que peu modifiée ; que, par suite, si l’on a à préparer des articles pour la teinture en couleurs tendres, il faut faire précéder l’opération d’un blanchiment approprié. Les soies souples peuvent donc se diviser d’abord en deux catégories, les non-blanchies et les blanchies, et ces dernières à leur tour en souples demi-blanc, pour les couleurs moyennes, et souples blanc-blanc, pour les nuances tout à fait claires. Les traitements que nécessitent ces diverses sortes sont eux-mêmes différents. En terme du métier, la soie assouplie s’appelle le souple.
- Nous supposerons pour plus de généralité, qu’il s’agisse de préparer des soies souples blanchies. Voici de quelle manière on les traite habituellement à Lyon et à Saint-Étienne.
- Dégraissage.
- La soie est passée dans un premier bain chauffé à tiède, et monté à raison de 10 parties de savon pour 100 desoie; la température est portée à 25,30 ou même 35 degrés ; on y laisse séjourner la fibre pendant une heure ou deux, en la lissant trois ou quatre fois et de préférence entre deux bâtons, pour bien la mouiller en l’exprimant ; on dit alors qu’on la sabre. En réalité, ce bain a moins pour effet de dégraisser la soie, que de gonfler les brins de la fibre et, en ouvrant ses pores, de la bien préparer aux opérations subséquentes.
- A ce premier bain de savon en succède un second semblable, dans lequel on répète les mêmes manipulations, puis on lave et on procède au blanchiment.
- Blanchiment.
- Les teinturiers appellent bain de blanchiment ou simplement blanchiment, une eau régale préparée en mélangeant 5 parties d’acide chlorhydrique avec une partie d’acide nitrique. Avant d’être em-• ployé, ce mélange est abandonné dans des touries • pendant au moins quatre ou cinq jours, à une douce chaleur, 25 degrés environ. Lorsqu’on veut s’en servir on l’étend de beaucoup d’eau, de façon à l’amener à marquer de 2°,5 à 3 degrés Baumé, ce qui correspond à une proportion de 20 litres de mélange ci-dessus pour 300 litres d’eau. Cette dila-tion s’opère dans de grandes auges rectangulaires, taillées dans des blocs de pierre siliceuse ou dans des barques de sapin
- Le liquide doit avoir une température comprise
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 161
- entre 20 et 35 degrés. Les mateaux étant placés sur des bâtons, on les plonge dans le bain et on les manœuvre sans cesse, en les lissant rapidement et en les promenant d’une extrémité à l’autre de la cuve.
- D’ordinaire, l’opération exige un quart d’heure, mais elle est souvent terminée en dix minutes et même en moins de temps encore, suivant les circonstances.
- Aussitôt que le blanchiment est achevé, il faut enlever la soie, car un séjour trop prolongé dans l’acide lui serait fort préjudiciable. Après s’être décolorée partiellement, elle se teindrait bientôt en jaune, et cela d’une façon irrémédiable. Ce traitement demande donc une grande attention. Il est évident qu’il ne faut jamais passer ensemble au blanchiment des soies de nature différente, ne se décolorant pas avec la même rapidité (1).
- Dès que l’effet désiré est atteint on retire les mateaux et on les immerge successivement dans deux barques remplies d’eau, afin d’enlever sans retard le liquide acide adhérent. On les soumet ensuite à l’action de l’acide sulfureux.
- Soufrage.
- Nous avons décrit cette opération. On laisse séjourner la soie dans les chambres, plus ou moins longtemps, suivant le degré de blancheur que l’on veut obtenir. A sa sortie elle est cassante et présente un toucher rude.
- Assouplissage.
- Au sortir du soufroir, sans lavage préalable, la soie subit une immersion prolongée dans de l’eau bouillante additionnée de crème de tartre. L’opération s’effectue dans une barque en bois contenant environ trois kilos de ce sel pour 800 litres d’eau ; on chauffe avec un serpentin étamé où circule de la vapeur. La soie est manœuvrée et lissée sur ce bain pendant une heure et demie en moyenne. On la voit changer d’aspect et s’assouplir peu à peu en se gonflant. Elle devient donc à la main spon-
- (1) A raison de ces difficultés, il est peut-être préférable d opérer à froid, comme le font certains teinturiers, quitte à prolonger la durée du blanchiment. — La maison Gui-non. Marnas et Bonnet de Lyon, a remplacé avec avantage a préparation ci-dessus par un bain additionné d’acide azoto-sulfurique (a),—produit obtenu en faisant absorber des vapeurs nitreuses par de l’acide su'furlue coneentré. — n a essayé également l'emploi du chiorate de potasse en présence d’acides minéraux.
- (a) Cet acide est le même dont ont se sort avec avantage pour dégrader les étoffes à reteindre
- P. B.
- geuse, absorbe plus facilement l’eau et se prête bien mieux aussi à la teinture.
- Dans la préparation qui nous occupe, l’assouplis-sage est d'une importance capitale ; on le fait durer plus ou moins selon le genre de soie à traiter. Il doit être très soigné pour les trames qui servent à la fabrication des étoffes de bonne qualité. Les articles légers demandent un assouplissage moindre. En général, une grande habitude du métier peut seule guider le teinturier à cet égard.
- On termine par un bain d’eau tiède destiné à bien rincer la fibre et surtout à la refroidir tout en maintenant les brins isolés, afin qu’ils ne s’agglutinent pas entre eux. On la lisse donc à quelques reprises sur ce bain.
- La crème do tartre n’est pas d’un emploi indispensable ; on peut la remplacer par du sulfure de magnésie ou même par du sulfate de soude rendus acides, mais toutefois on donne la préférence à la crème de tartre. Cette dernière ne présente pas en effet les mêmes dangers que le sulfate de soude ou de magnésie aiguisés fortement d’acide sulfurique, et elle convient mieux pour les produits d’une belle fabrication.
- Il est remarquable que le traitement du souple fasse perdre à la soie plus de ténacité que le décreusage parfait.
- A suivre.
- SUR
- QUELQUES MATIÈRES COLORANTES
- NOUVELLES
- Par M. Ph. GREIFF (1).
- Lorsqu’on fait réagir 1 partie de chloraniline sur 2 parties de diméthylaniline, on observe déjà, à froid, une coloration foncée, et à 50° la réaction s’achève complètement, en donnant une masse mordorée, insoluble dans l’eau, mais cédant à l’alcool ou à l’acide acétique, une matière colorante d’un bléu violacé intense. En substituant la méthyldi-phénylamine à la diméthylaniline, on obtient un bleu d’une grande beauté.
- La réaction s’opère avec facilité, donne un bon rendement, et paraît s’effectuer sous l’influence de l'oxigène quinonique.
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris, d’après le Deutsche Chemische Gessellschaft.
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- 5 tS
- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- Le quinone réagit à la manière de ses dérivés ch lorés, seulement son action est plus lente et ne fournit pas de produits possédant les mêmes propriétés colorantes.
- La phénanthraquinone enfin donne, dans les mêmes conditions, un corps bleu violet fortement dichroïque ; une addition de chlorure de zinc facilite cette réaction ainsi que les précédentes.
- SYNTHÈSE DE L’ACIDE CITRIQUE | i par M. E. Grimaux et P. Adam.
- (Note à l’Académie des science#)
- Malgré la complexité de sa molécule, l’acide citrique, le seul des acides végétaux qui avait échappé jusqu’ici à la synthèse, a pu être reproduit artificiellement, grâce à la connaissance exacte de sa constitution, donnée par des recherches analytiques. Les vues théoriques qui ont précédé toute tentative expérimentale ont été absolument confirmées -, les faits se sont passés comme ils étaient prévus, et rien n’est venu donner un démenti à ces inductions, ce qui, ajouterons nous, est un vérita-table triomphe pour ces deux chimistes.
- Ions. Le premier dure de 1 heure et demie à 2 heures, après quoi la laine est éventée (soumise à l'aérage) pendant 3 ou 4 heures au moins, jusqu'à ce que l’oxydation soit bien faite. On rentre ensuite sur le même bain, sans lui rien ajouter, et on maintient au bouillon, environ 1 heure, suivant le ton à obtenir. Il est toutefois avantageux d’attendre au lendemain pour donner le second bouillon.
- L’échantillon, ci-dessous, a été teint par ce procédé. Le prix de revient d’une nuance aussi foncée que celle de l’échantillon est de 60 centimes, par kilo de laine teinte. Le bain se conservant indéfiniment permet de réaliser des économies assez sensibles sur les produits employés, et il est facile de coordonner les opérations de teinture et d’aérage pour supprimer toute perte de temps et de combustible, afin de ne pas augmenter le prix de revient.
- Bleu grand teint sans indigo.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- BLEU GRAND TEINT
- SANS INDIGO. (I)
- Procédé spécial.
- Le nouveau procédé de teinture en bleu grand teint, sans indigo, est applicable sur laine, en bourreou en pièces. Il permet d’obtenir les nuances variant du bleu flor, bleu de Roi, au noir bleu le plus foncé. Les teintes résistent au foulon, aux acides, aux alcalis, etc., etc., en un mot à toute épreuve.
- La teinture est très simple. Il suffît de deux bouil-
- (1) Suivant l’importance des commandes le prix du kilo de matière colorante est de 19 à 15 fr. Un ordre de 10 kil. au moins est nécessaire pour la cession gratuite du procédé détaillé.
- Adresser les ordres à M. Ch. Firmenich, à Genève (Suisse). — Voir aux annonces.
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- BEIGE, BICHE.
- Pour le beige ou biche on peut donner la même définition du mastic en disant seulement qu’il est d’un ton bien plus élevé.
- Plume tendre.
- Le procédé employé pour obtenir le mastic est applicable ici; on devra simplement employer les matières colorantes en plus
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et n0’ 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12 et 13 de 1880.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- fortes proportions. On appliquera également avec avantage les procédés suivants indiqués plus spécialement pour la plume dure.
- Plume dure.
- L’emploi de l’extrait de châtaigne? présente dans ce cas des inconvénients. L’extrait est une matière d’un très faible pouvoir colorant qui, par conséquent, doit être employée en assez forte proportion pour obtenir du beige qui est une couleur moyennement foncée. Ajoutons à cela que qupique on chauffe fortement, il ne mord pas facilement sur la plume dure, et que bientôt le bain s’en trouve surchargé. Il arrive alors qu’il se dépose sur la plume par plaques donnant ainsi une couleur très inégale ; de plus certaines plumes moins dures que d’autres plumes du même lot se trouvent avoir dépassé l'échantillon pendant que les autres ne l’ont pas encore atteint.
- 1er procédé.
- On emploie du curcuma, du violet à l’acide et du jus d’orseille. On verse d’abord le curcuma et le violet, puis ensuite le jus d’orseille. Ce procédé donne encore une égalité très douteuse, mais toujours plus grande que l’extrait.
- 2e procédé.
- C’est le procédé le meilleur sous tous les rapports. On emploie du gris jaune comme fond de la couleur et on rose avec du jus d’orseille, de la cochenille. Pour certaines nuances il est quelquefois bon de faire usage en plus de violet à l’acide. Le bain est acidulé au sel d’oseille.
- Plume d’autruche.
- On emploie indifféremment l’un ou l’autre des trois procédés décrits.
- Peaux, ailes, oiseaux.
- On applique le procédé le plus convenable a l'espèce déplumé dont les peaux, ailes, oiseaux sont formés.
- VIEIL OR.
- Le vieil or c’est une couleur jaune-rouge légèrement ternie.
- On fait le fond de la couleur avec du curcuma et de l’orseille, puis on ternit avec du violet à l’acide ou du carmin d’indigo, ces deux dernières matières étant employées en très petites portions. Pour augmenter la solidité de la couleur à la lumière, il est bon d'ajouter en outre une petite quantité d’orangé IL
- Le mode de teinture ne présente aucune difficulté.
- MOUSSE, BRONZE, OLIVE, VERT-RUSSE ET MYRTHE.
- Ce sont des couleurs qui reviennent très souvent dans la teinture des plumes ; elles sont d’ailleurs très faciles à obtenir. Le procédé par lequel on les obtient est analogue à celui déjà décrit pour les marrons et le loutre, c’est-à-dire avec de l’orseille, du curcuma et du carmin d'indigo.
- MOUSSE.
- Le mousse c’est une couleur orangé un peu terne, plutôt roussâtre que jaune.
- 1er procédé.
- On monte d’abord la couleur au vert au moyen de curcuma et carmin d’indigo, et on rougit et on ternit en même temps par de l’orseille. Le bain est acidulé avec l’acide sulfurique. Je ne reviens pas sur les détails de teinture qui sont analogues à ceux donnés pour la couleur marron. Ce procédé est le plus ancien. Il présente deux inconvénients : 1° La couleur passe facilement à la lumière; 2° L’égalité est difficilement obtenue pour certaines sortes de plumes. On peut éviter le premier par une addition d’une quantité suffisante d’orangé II. Le second se produit surtout sur l’autruche à cause de certaines plumes ou parties de plumes plus usées que les autres, ou mortes; elles sont plus fortement rougies par l'orseille que les autres. Il faut donner des bains complémentaires de curcuma et carmin d’indigo. Le procédé suivant évite ces inconvénients.
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- os H.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 2e procédé.
- Il consiste à faire du mousse au moyen d’orangé II, jaune solide et carmin d’indigo. La teinture est très (facile, le bain est tiré à clair, la couleur est résistante à la lumière, nourrie, agréable à l’œil et bien égale. C’est certainement un progrès sur le premier procédé.
- BRONZE.
- C'est une couleur plus terne et plus rougeâtre que le mousse.
- Le premier procédé décrit pour le mousse s’applique à ce cas avec la seule variante de la différence des proportions des matières colorantes. On n’a qu’à forcer un peu plus en orseille.
- Le deuxième procédé s’applique égale-lement bien au bronze. Ordinairement on n’emploie que de l’orangé et du carmin d’indigo.
- OLIVE. >
- C’est une couleur plus terne encore que le bronze. On l’obtient d’une façon analogue.
- VERT-RUSSE, MYRTHE.
- Ce sont des couleurs ternes tendant au vert-bleu. Le premier procédé décrit pour le mousse est celui qu’on suit pour ces genres de teintures. Je n’ai jamais essayé le deuxième procédé, ni pour l’olive, ni pour ces deux dernières couleurs, mais je pense qu’il y aurait avantage à substituer l’orangé au curcuma ; il faudrait pour cela employer de l'orangé, de l’orseille et du carmin d’indigo. Peut-être que cette modification serait très utile aussi pour les teintures marron et loutre.
- L’écueil principal de la teinture en vert-russe, olive et myrthe, sont les peaux et les oiseaux ; il est certain que la substitution de l’orangé au curcuma rendrait la teinture plus facile et les accidents moins redoutables.
- (A suivre.)
- Reproduction et traduction interdites.
- CHIFFONNAGE
- Teinture des Robes chaîme-cotom
- Pour une Robe
- Rouge-brun
- Laver à 62° c. dans un bain formé de :
- 100 gr. cristaux de soude
- 50 — ammoniaque rincer et mordancer 2 heures avec :
- 200 gr. sumac lever, exprimer et manœuvrer une demi-heure dans un bain froid de :
- 200 gr. tartre-stibié (émétique) lever, exprimer, et teindre dans un bain frais, en commençant à 50° c. pour finir au bouillon avec :
- 20 gr. fuschine jaunâtre (cerise ou grenadine).
- Si on veut une couleur foncée, on ajoute au bain de teinture :
- 500 gr. campêche (solution) et on passe ensuite dans un bain froid de 100 gr. sulfate de fer.
- Pour des couleurs très-foncées, on remplace le bain de couperose verte par un bain chaud de 50 gr. de bichromate de potasse chauffé 50° c.
- On apprête avec environ 50 gr. gélatine par robe.
- Le bain d’émétique (I) peut resservir et on le renforce pour chaque robe suivante de 50 gr. Le bain de sumac peut également servir aussi longtemps qu’il ne s’y forme pas dé moisissures. On peut remplacer le sumac par du tannin, dans la proportion de un quart tannin en poids pour un de sumac. Dr REIMANN-BERLIN.
- IMPRESSION DES TISSUS
- — Suite. —
- Chapitre deuxième.
- Couleurs pour l’impression destissus.
- Dans la composition des mordants et des couleurs on emploie des épaississants. Ces derniers
- (1) L’émétique (tartre stibie, tartrate d’antimoine et <Je potasse), est le meilleur fixateur connu des couleurs au tannin ! son emploi a été découvert par Thomas Broks, en 1861, nous en rendrons compte dans notre premier numéro. P. B.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- font donc partie intégrante du mordant ou de la couleur. Ils sont destinés à donner du liant et de la viscosité aux couleurs, et, de leur choix convenable, suivant les autres principes constitutifs des mordants ou des couleurs, dépend entièrement la netteté du dessin et le succès de l’opération mécanique de l’impression.
- On peut diviser les épaississants, d’après leur nature chimique, en épaississants minéraux, épaississants végétaux, épaississants d’origine animale.
- Epaississants minéraux.
- La terre de pipe, le kaolin, la craie et le phosphate de chaux sont les seuls épaississants minéraux.
- Les terres argileuses ne sont jamais employées seules ; mais mélangées indistinctement, et dans certains cas, avec les épaississants végétaux en général et plus particulièrement avec la gomme, pour empêcher les coulages et pour faciliter la fourniture plastique.
- La terre de pipe et la gomme, ou l’amidon grillé s’emploient dans les couleurs avec lesquelles on imprime le mieux les dessins difficiles. Ces préparations, exigeant beaucoup de soin, sont plus employées pour la planche que pour le rouleau. La terre de pipe entre surtout dans la composition des réserves pour bleu d’indigo uni ; elle joue alors un certain rôle en préservant physiquement le tissu des atteintes de la solution colorante. Elle rend encore des services dans l’impression du chlore et des substances acides employées comme rongeants enlevages. Elle aide enfin, au nettoyage de la couleur qu’elle rend toujours plus attaquable par l’eau.
- Par l’emploi de la terre de pipe on arrive à diminuer notablement la proportion de gomme nécessaire pour épaissir une couleur -, ainsi on épaissit très bien avec 500 gr. de terre de pipe ou 500 grammes de gomme par litre. Les couleurs vapeur épaisses à la terre de pipe perdent de 35 à 50 0[0 de leur intensité sur laine et fort peu sur coton. Il convient de la laver avant de s’en servir.
- Epaississants végétaux.
- Les principaux épaississants végétaux servant dans l impression des tissus sont : l’amidon, la fé-cule, la farine (mélange d’amidon ou et de gluten) ; les diverses variétés d’amidons désagrégé et rendu soluble, telles que l’amidon grillé, lejocome dex-
- trine, gommeline, gomme Tissot, gomme Lefebvre, gomme indigène; les gommes proprement dites, gomme arabique et du Sénégal, gomme adragante, gomme de Bassora, gomme du pays, gomme Sala-breda ; le salep, le sagou, la graine de lin, le lichen Carragahen (dit : lichen perlé, mousse d’Islande, fucus crispus).
- Amidon.
- L’amidon est un des corps qui épaississent le plus fortement, eu égard au poids, aussi convient-il pour les nuancesfoncées, surtout quand les impressions doivent être fines, ce qui est le cas pour le rouleau. Souvent on le mélange à l’amidon grillé. On l’emploie beaucoup pur ou avec ce dernier pour épaissir les mordants.
- Pour cuire une couleur à l’amidon on délaie ce corps à froid avec le liquide, on élève peu à peu la température en remuant toujours. Arrivée à 100°, la couleur devient très épaisse ; par une cuisson plus prolongée elle s’amincit un peu et peut alors servir. Il faut éviter d’y ajouter des acides forts qui dissoudraient l’amidon en le convertissant en dextrine. La soude et les couleurs alcalines désagrègent l’amidon à froid et le transforment en empois.
- Dans les couleurs pour planche, la proportion d’amidon est d’environ de 100 grammes par litre de liquide. Pour rouleau elle est de 150 à 200 grammes.
- La fécule de pomme de terre n’est jamais employée que pour les apprêts, car elle épaissit mal les couleurs. On peut dire la même chose de la fécule de riz.
- Dans certains pays, on fait usage du sagou véritable qu’on a soin de blanchir préalablement au chlore
- Le salep, le sagou et la farine sont des épaississants du même ordre que l’amidon. Cette dernière se distingue des autres par la présence du gluten, qui donne aux couleurs un grand degré d'épaisis-sement.
- Amidon grillé.
- Le pouvoir épaississant de ce produit est d’autant plus faible que l’amidon est parfaitement grillé. Si la transformation en dextrine est complète, il en faut cinq à six fois autant que l’amidon pour épaissir au même degré le même volume de liquide. Ce corps se rapproche de la gomme. Il sert surtout à épaissir les mordants pour impri-
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- mer de grandes masses, telles que les fonds. Il est inutile de cuire les couleurs avec cet épaississant qui est en grande partie soluble à froid.
- Comme il est coloré il ne convient pas pour les nuances claires qu’il altère ; il n’a pas tout à fait la cohésion de la gomme, et s’emploie surtout pour le rouleau.
- A suivre.
- ESSAI DE L’ALBUMINE
- Le procédé suivant est recommandé par M. Cor-dillot pour juger de la valeur de l’albumine qui doit servir à l’impression des étoffes.
- On délaie une certaine quantité de l’albumine à essayer dans quarante fois son poids d’eau.
- Ce qui est nuisible dans l’albumine ce sont les particules insolubles fines, qui, si l’on filtre par exemple sur un tamis, passent au travers en même temps que la couleur, et salissent les étoffes ; les grumeaux coagulés plus volumineux sont au contraire beaucoup moins précaires.
- Lorsque la solution s’est clarifiée par le repos, on en introduit une quantité déterminée dans une éprouvette, que l’on chauffe en la plongeant dans dusous-oxydede plomb aveclaquelle on la mélange ou que l’on ajoute pendant le broyage. Afin d’effectuer ce mélange d’une manière efficace, l’inventeur prépare un hydrate d’oxyde de plomb particulier, en mettant de la grenaille de plomb dans des caisses tournantes et percées de trous pour le passage de l’air. Le frottement réciproque des grains sépare l’oxyde formé du plomb métallique.
- Les caisses, auxquelles il est préférable de donner une forme rectangulaire, tournent autour de leur grand axe et sont pourvues d’un volant creux dans lequel on introduit de l’eau qui s’écoule ensuite de la caisse par les trous et entraîne le sous-oxyde. On peut aussi faire tourner la caisse dans l’eau, dans laquelle on la laisse plonger jusqu’à une certaine hauteur.
- En ajoutant à kilogrammes de l’oxyde ainsi obtenu à 1,000 kilogrammes de céruse préparé par précipitation, celle-ci acquerrait toutes les qualités du produit fabriqué par voie sèche.
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- Le Journal of applied science nous informe qu’une fabrique d’Allemagne produit par jour cinq cents kilogrammes de glucose provenant de chiffons de vieille toile de lin.
- Ces chiffons, composés de fibres de cellulose à peu près pure, sont d’abord soigneusement lavés, puis traités par l’acide sulfurique (huile de vitriol) qui les convertit en dextrine.
- La dextrine ainsi obtenue subit un lavage au lait de chaux (chaux délayée dans l’eau) ; puis on la traite avec une nouvelle quantité d’acide sulfurique plus forte que la précédente : aussitôt la masse se transforme et se cristallise en glucose, — chimiquement identique à celle qui constitue l’un des sucres naturels du raisin, du miel et des fruits mûrs, — glucose dont ont peut faire, d’une manière très économique, de « riches » confitures et gelées.
- La création d'écoles d'apprentissage.
- Dans une de ses dernières séances, le Sénat s’est occupé d’un projet de loi sur les écoles d’apprentissage. Nous résumons la discussion qui a eu lieu à ce sujet.
- Tout le monde dans la haute assemblée est d’accord sur le but à poursuivre. Si la France garde sa supériorité dans les arts, elle la perd ou risque de la perdre dans l’industrie. La main-d’œuvre baisse, M. le Sénateur Gorbon, un ancien ouvrier, le constate ; elle baisse non pas de prix, tant s’en faut, mais de valeur. L’ouvrier français travaille moins bien qu'autrefois. Il n’y a plus, dit M. Corbon, que des ouvriers inférieurs, incapables pour la plupart d’expliquer et de comprendre même le fronction-nement des machines qu’ils ont à conduire.
- Voilà le mal ; mais où trouver le remède ? Dans les écoles d’apprentissage, disent MM. Corbon et Tolain. Et ces écoles elles-mêmes, pour qu’elles vivent, pour qu’elles prospèrent, il leur faut des subventions de l’État. Le projet de la commission propose donc de créer une caisse des écoles d’apprentissage analogue à la caisse des écoles primai-
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- res. Le gouvernement, par l’organe du ministre de l’agriculture et du commerce, combat le projet de la commission ; il ne voudrait donner que des secours.
- En présence de ces divergences, et sur la proposition de M. Pâris, la question est ajournée pour permettre au gouvernement de se concerter avec la commission.
- Nous reviendrons sur ce sujet lorsqu’une décision aura été prise par le Sénat.
- TARIF GÉNÉRAL DES DOUANES
- — Suite —
- No 364. — Tissus de coton.
- Tissus de coton pour écrus présentant, en chaîne et en trame, dans l’espace de 5 millimètres carrés :
- Ceux pesant 11 kilos et plus aux 100 mètres carrés : 30 fils et moins, 62 fr.; 31 fils et plus, 100 francs.
- 7 kilos inclusivement à 11 exclusivement : 35 fils et moins, 90 fr.; 36 à 43 fils, 125 fr.; 44 fils et plus, 250 fr.
- 5 kilos inclusivement à 7 kilos exclusivement : 27 fils et moins, 100 fr.; 28 à 35 fils, 145 fr.; 36 à 43 fils, 227 fr.; 44 fils et plus, 281.fr.
- Tissus de coton, 3 kilos inclusivement à 5 kilos exclusivement : 27 fils et moins, 228 fr.
- 28 à 35 fils, 276 fr.; 36 à 43 fils, 312 fr,; 44 fils et plus, 625 fr.
- Moins de 3 kilos, 27 fils et moins, 325 fr.; 28 à 35 fils, 467 fr.; 36 à 43 fils, 687 fr.; 44 fils et plus, 821 fr.
- Dans le compte des fils de chaîne et de trame les fractions de fils seront négligées.
- M’ 365. — Tissus de coton pur blanchis. — Droits des tissus écrus augmentés de 15 p. c.
- No 366 — Tissus de coton purs teints en rouge d’Andrinople. — Droits des tissusécrus augmentés de 60 fr. les 100 kil.
- Tissus de coton purs teints autres. — Droits des tissus écrus augmentés de 30 fr. par 100 kil.
- No 367. — Tissus de coton pur imprimés autrement que sur fond teint en rouge d’Andrinople. — Droits des tissus écrus, selon l’espèce, augmentés, savoir : pour les doublures de 2 fr. 50.
- Pour les autres impressions (par 100 mètres de largeur du tissu d’excédant par 1 mètre) :
- De 1 à 2 couleurs 3 fr. 95,
- De 3 à 6 couleurs 6 fr. 25.
- De 7 couleurs et plus 10 fr.
- Quand la largeur des tissus excédera 1 mètre, la surtaxe afférente à l’impression sera calculée proportionnellement.
- Tissus de coton pur imprimés sur fond teint au
- rouge d’Andrinople. Droits des tissus écrus selon l’espèce, augmentés : 1° de 60 fr. par 100 kil.; 2 de la surtaxe applicable aux autres tissus imprimés.
- Nos 368 et 369. — Velours façon soie, dit velvets écrus, 153 fr.
- Teints ou imprimés, 174 fr.
- Velonrs autres (cords, moleskines, etc.), écrus 100 fr.
- Teints ou imprimés, 131 fr.
- No 370. — Tissus fabriqués en tout ou en partie avec des fils teints, droits des tissus teints.
- N 371. — Tissus de coton pur brillantés écrus et façonnés. Droits des tissus unis, écrus, selon la classe, augmentés de 20 p. c.
- No 372. — Piqués et reps pesant plus de 18 kilogrammes les 100 mètres carrés, 125 fr.; pesant moins de 18 kilogrammes les 100 mètres carrés, 180 fr.
- Le no 373 est supprimé comme inutile par suite de l’introduction, acceptée par le gouvernement, du mot « façonné » dans les brillantés.
- No 374. — Basins, damassés et linges de table écrus, 114 fr, les 100 kilog.
- No 375. — Guipures pour ameublements, écrues 185 fr. les 100 kilog.
- Ces articles (brillantés, piqués, etc.), s’ils sont blanchis ou teints, acquitteront le droit de l’écru. augmenté des surtaxes afférentes au blanchiment et à la teinture.
- No 376. — Couvertures, 68 fr. les 100 kilog.
- No 377. — Bonneterie (coton et fil perse) : Ganterie, 100 fr. les 100 kilog.
- Autre, coupée et sans couture, 125 fr, les 100 kilog.
- Autre, proportionnée ou avec pied proportionné, 300 fr. les 100 kilog.
- No 378. — Passementerie, 236 fr.
- No 379. — Rubanerie, de coton pur, 124 fr.
- Rubanerie mélangée de laine, le coton dominant, 150 fr.
- N- 380. — Tulles, 496 fr. les 100 kil.
- N- 381. — Plumetis et gazes façonnées, 620 fr., par 100 kil.
- N- 382. — Dentelles et blondes soit à la mécanique, soit au fuseau et à la main, 495 fr.
- N- 383. — Rideaux pesant moins de 10 kilog. au 100 mètres carrés, 250 fr.
- Rideaux pesant plus de 10 kilogr.; rideaux de mousseline brodés encadrés, quel que soit le poids, aux 100 mètres carrés, séparément ou à la pièce, 600 fr. les 100 kilog.
- Rideaux de tulle application, de grenadine, de tulle brodé, 900 fr.
- N- 384. — Mousselines brochées ou brodées au crochet pour ameublement ou pour vêtement, 285 francs.
- Les mousselines brochées ou brodées blanchies acquittant le droit de l’écru augmenté de 15 p. c.
- N- 385. — Broderies à la main ou à la mécanique, en coton ou en soie, 620 fr. les 100 kil.
- N- 386. — Mèches de lampes et mèches tressées pour bougies, 74 fr.
- N' 387. — Toiles cirées :
- Pour emballage, 8 fr.
- Pour ameublements, tentures et autres usages, 30 fr.
- Moleskine cuir, 30 fr.
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- 168
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- N- 288. — Tissus de coton mélangé, le coton dominant :
- Etoffes, 124 fr.
- Aassementerie et rubanerie, soie et coton, 372 francs.
- Autres. Mêmes droits que les tissus de coton pur.
- Le n° 389 sur les pièces de l’ingerie, proposé par la commission et repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.
- La Chambre est arrivée à la fin des tissus de coton. Elle a à revenir sur ses pas pour retrouver les fils de laine, au n° 344. (A suivre.)
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- SOMME
- Hospices d’Amiens Vendredi, 6 août, 2 h.
- Toiles, cotonnades, lainages, dras, couvertures. Fourniture de 1880.
- Le vendredi, 6 août 1880, à 2 heures de relevée, la commission administrative des hospices d’Amiens, procédera à l’hospice St-Charles, en la salle ordinaire des séances, à l'ad-judication au rabais, et sur soumissions cachetées, des fournitures ci-après-indiquées, nécessaires aux trois hospices, pendant l’année 1880.
- 1er lot. — Toile blanche pour draps, chemises et serviettes. La toile sera demi-blanehe et blanchie sur pré.
- 2° lot. — Toile écrue pour tabliers, torchons, doublures, drapeaux, chemises de layettes et de vêtures.
- 3° lot. — Toile à carreaux, pour matelas, pantalons et tabliers.
- 4° lot. Draps pour habits, gilets et pantalons ; draps pour vêtures d’enfants assistés.
- 5° lot. — Mérinos noir pour pèlerines.
- 6° lot. — Molleton noir pour robes; vestipoline.
- 7° lot. — Calicot, toile de coton.
- 8e lot. — Cotonnade bleue, coton croisé, indienne.
- 9e lot. — Mouchoirs de poche et de cou, cravates, fichus.
- 10° lot. — Couvertures et langes de laine blanche.
- 11° lot. — Laino pour matelas.
- 12e lot. — Laine filée, en écheveaux, pour bas.
- 13° lot. — Bas de laine pour enfants de divers âges.
- Les quantités indiquées sur les affiches sont approximatives.
- L’adjudication aura lieu par lot.
- Les fournitures devront être conformes aux échantillons* déposés à l’économat, à l'Hôtel-Dieu, où on peut les visiter.
- Les soumissions, écrites sur timbre à 60 c. indiqueront le prix de chaque article et le total du lot. Elles devront être remises sous enveloppe cachetée, portant le nom du soumissionnaire et l’indication du lot, la veille de l’adjudication, au secrétariat de l’administration, à l'hospice Saint-Charles, où. il sera donné connaissance du cahier des charges.
- Toulon, 22 juillet. — 22,000 kil. d’étoupe blanche.
- Dépôt de gar. 800 fr. Caut. 1.600 f».
- Brest, 29 juillet.— Galons en or, eu argent et eu laine. Dépôt de gar., 530 fr. — Caut., 1.060 fr.
- RÉSULTATS
- MINISTÈRE DES FINANCES
- Rochefort. — lor juillet.
- 10,000 à 20,000 pantalons en toile blanche, pour 3 ans. — Monniet, à Brest, 4,58. — Chautard, à Paris, 4,19. — Helbronner, à Paris, 4,08.— Boutry van Isselstein, à Lille, 3,94. — Hubert de Vautier, à Marseille, 3,79. — Le-bleux et Ch. Mautin, à Paris, 3,76. — Th. Faucon et Ce, à à Marseille, 3,64.— Ve Grassin, à Angers, 3,53.
- Couvertures en laine gris beige, 3 ans.
- Maistre, à Villeneuvette, 56,736 fr. — Fournon, à L’Isle, 48,405 fr. — E. et Ch. Soudan, à Lodève, 47,161 fr. 50. — Z. Granier Castelnau, à Montpellier, 46,002 fr. — Roger jeune et fils, à Clermont (Hérault), 45,411 fr. — J. Lodiberr, à Grest, 45,310 fr. — F. Lagard, à Lodève, 43,958 fr. — Giraud, à Lyon, 43,780 fr. — V. Ligier Daguillon. à Ma-ringues, 42,927 fr. — Tisserenc Vissecq, à Lodève, 41,458 fr. — Léon Jullien, à Mazamet, adjud. à 39,970 fr. — Prix de L. Jullien : Couvertures pour hamac, 7,52. —Couvertures pour soldat, 14,08. —Couvre pieds, 6,35.
- 250 havre sacs, pour 2 ans.
- Marfille et Brichet, à Brest, 14 fr. 70. — Helbronner, à Paris, 14 fr. 63. — Boutry van Isselstein, à Lille, 13 fr. 90. — Th. Faynot, à Paris, 13 fr. 81. — Lauvin Schraen, à Watten, 12fr. 31.
- Toulon, 8 juillet.
- Gilets de flanelle sans manches
- Gautelme, à Toulon, 3 fr. 49. — Desgreaux fils, à Toulon, 3 fr. 69. — Alf. Hervien, à Paris, 2 fr. 17. — Alf. Le Louget, à Paris, 3 fr. 33. — V. Prigent, à Brest, 3 fr. 13 — Hubert Vanthier, à Marseille, & fr. 47. — Helbronner, à Paris, 3 fr. 23. — May Bing, à Paris, 3 fr. 54. — Th. Faucon et Ce, à Marseille, adj. à 3fr. 09.
- A CEDER
- Etranger — Brevet d'invention — (s. g. d. g.) France
- Procédé de REGÉNÉRATION DE l’indigo par Ferd. Vie. KALLAB, chimiste, ancien élève de l’école de chimie, à Mulhouse. Application : Récupération de l’indigo des fibres textiles teintes à l’indigo, sans destruction des fils. Repassage des pièces bleu de cuve gâtées. Extraction d’indigo de lessive de foulage des laines teintes à l’indigo, en récupérant en même t-mps les matières grasses contenues dans ce liquide. Prix d’honneur 1878 à Berlin, à l’Exposition internat. pour la fabrication de papier.
- Adresser les lettres Wiese près Jaegerndorf, Silésie autrichienne.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route Nationale, àCharleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, Ko 15. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Aoilt 1880.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Notions sur les couleurs, par M. V. VANNUGCINI. — Désorganisation du coton et des libres végétales sous l’action des alcalis et des oxydants, par M. JEANMAIRE. — Sur un nouveau mode de formation du violet de méthyle. — Teinture des plumes, par M. VANNUGGIO-VANNUGCINNI (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Bleus alcalins pour soies et laines (2 Echantillons) de l’usine OEHLER. — Caroubier sur soie et laine. — Teinture de la chaîne-coton en étoffes, par M. de Vinant. — Impression des tissus (suite )
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Compte-rendn des brevets d’invention pris en Allemagne. — L’émétique fixateur du tannin. — Catalogue des brevets, etc.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — [Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- CHRONIQUE
- Le tribunal de commerce de la Seine a rendu son jugement dans le procès que nous avait intenté M. Grawitz. Le libellé de ce jugement n'étant pas entre nos mains, nous le publierons dans le prochain. numéro. M. Grawitz avait fait opposition au jugement par défaut, etc., ainsi que nous l'expliquerons plus tard. Contentons-nous d'annoncer aujourd'hui que le tribunal a débouté M. Grawitz de son opposition et l’a condamné aux dépens.
- P. B.
- NOTIONS SUR LES COULEURS
- Par M. V. Vannugcini. ancien élève de l'École centrale des arts et manufactures.
- Le but de cette notice sur les couleurs n’est pas de faire une théorie scientifique. C’est plutôt de rappeler les principes fonda-mentaux relatifs à la nature, aux relations, à la classification des couleurs que j’estime indispensables à la compréhension de la lre partie ; je ne m’adresse donc pas à ceux qui savent, mais plutôt à ceux qui ne sa-vent pas ou qui ne se rappellent plus. Je
- (1) Ce travail est la seconde partie de la teinture des plumes du même auteur. Nous la publions concurremment avec la première partie qui se terminera bientôt par la einture des plumes en noir avec reflets métalliques, de fantaisie, bordées, chinées, imprimées.
- P. B.
- serai donc aussi simple, aussi élémentaire et aussi concis que possible.
- Couleur est l’impression que nous recevons par l’organe de la vue des corps éclairés par une lumière naturelle ou artificielle ou qui leur est propre. Dans les conditions de la lumière du soleil, dans lesquelles nous nous plaçons, cette lumière est toujours la même avant de frapper les corps; c’est de la lumière blanche ; ce sont donc ces différents corps qui, en agissant sur elle, la modifient chacun à leur façon et la renvoient à nos yeux produire des impressions si variées. La lumière blanche est donc quelque chose de complexe et il doit se passer bien des réactions différentes et secrètes entre la lumière et les corps pour produire le nombre si grand de couleurs que nous voyons.
- Qu’est-ce que c’est donc que la lumière ? L’espace infini où se meuvent les astres n’est pas vide mais contient quelque chose ; ce quelque chose on le nomme éther ; nous ne pouvons pas le voir ni le toucher, car il est plus subtil, bien plus rare que les gaz eux-mêmes ; mais c’est toujours quelque chose de matériel, formé de particules tellement petites qu’on ne pourrait pas comprendre leurs dimensions, mais qui se meuvent avec la plus grande facilité, se communiquant ces mouvements aussi facilement et revenant à leur place après que la per-tubation a cessé; on dit pour cela [que l’éther est parfaitement élastique. L’éther
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ne se borne pas à réunir les astres, mais pénètre les corps qui les constituent; on peut dire que chaque corps est un univers en petit et ses particules, invisibles à nos yeux, sont suspendues, nagent dans l’éther comme les étoiles et les planètes. C’est une question de dimensions ; l’un, le très petit; l’autre, le très grand. Mais tous ces corps ne nagent pas paisibles au milieu de l’éther ; il y en a qui, par des causes différentes, sont en proie à une agitation plus ou moins grande ; leurs particules se choquent entre-elles et choquent les particules d’éther qui, très sensible comme il est, répand ces perturbations tout à l’entour du corps. Il arrive là à peu près ce qui a lieu quand on jette une pierre dans l’eau tranquille ; du point frappé, partent tout autour des rides, des ondes qui forment autant de cercles qui vont s’élargissant. Mais dans ces mouvements l’eau n’est pas transportée dans le sens rayonnant ; ses particules ne font que s’élever et s’abaisser au-dessus et au-dessous du niveau ordinaire pour retourner au repos et à leur position primitive après une série de sautillements. En effet, un corps qui surnage sur cette eau ne fait que suivre ce mouvement de haut en bas et de bas en haut sans être transporté plus loin. Les particules d’éther simulent en quelque sorte le mouvement de l’eau dans ces conditions, mais au lieu d’avoir un mouvement qui se transmet par une surface, comme celle de l’eau, on a des ondes dans tous les sens, suivant les rayons d’une sphère. On comprend que suivant le mode d’action du corps sur l'éther il doive y avoir bien des sortes de ces ondes ; il y en a des plus courtes et des plus longues, des plus grandes et des plus petites. Les corps lumineux sont les centres de ces perturbations de l’éther ; les ondes très variées émanant du soleil, venant frapper nos yeux, nous causent l'im-pression de la lumière blanche. Mais ces ondes viennent se briser aussi contre les corps quelles rencontrent ; quelques-unes s’éteignent dans le choc, d’autres rebondissent à ce choc, d'autres enfin pénètrent le corps, ne peuvent pas vaincre les obstacles et s’y éteignent ou bien passent à travers
- plus ou moins modifiées. C’est après tant d’épreuves qu’elles arrivent impressionner nos yeux, avec autant de différences qu’elles ! peuvent subir des modifications, on peut dire autant qu’il y a de corps différents entre eux par composition et par constitution. Mais il y aura deux sortes de couleurs; celles produites par l’action de la surface des corps sur la lumière blanche, les ondes qui i rebondissent et les couleurs dues aux ondes | qui ont traversé le corps ; les premières s’appellent couleurs par réflexion et les secondes couleurs par transmission. Les corps qui refléchissent la lumière telle qu’ils la reçoivent s’appellent blancs ; ceux qui n’en renvoient pas s’appellent noirs ; ceux qui laissent passer la lumière telle qu’elle y entre s’appellent incolores ; ceux qui la retiennent toute opaques. Transparent est le corps à travers lequel on voit les autres corps ; mais cela n’exclut pas la couleur. Ces expressions ne sont ni exactes, ni rationnelles. J’en donne la définition parce qu’elles existent dans le langage ordinaire. Il n’y a pas de corps qui présente ces propriétés absolues. Il n’y a pas de corps parfaitement blanc, ni de corps parfaitement noir ; de même que les corps incolores sont tous colorés sous une forte épaisseur, les opaques sont transparents ou encore incolores sous faible épaisseur.
- Les corps colorés sont les intermédiaires entre les blancs et les noirs, ou les incolores et les opaques., En réalité les corps nous paraissent colorés sous les deux influences de la réflexion et de la transmission; cependant il y a des cas où l’une de ces deux influences prédomine sur l’autre. Ainsi, les métaux nous donnent un exemple assez approché de la couleur par réflexion. Un liquide coloré, regardé contre le jour, nous donne l’idée d’une couleur par transmission. Nous aurons lieu de revenir sur cela.
- Quand on fait passer un rayon de soleil à travers un prisme de matière incolore, cristal, glace, sel gemmé, quartz, etc., la lumière n’est pas modifiée, mais elle est décomposée ; c’est-à-dire qu’en sortant du prisme elle contient encore ses parties
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- essentielles, mais celles-ci sont séparées. En effet, par l’action du prisme les différentes sortes d’ondes qui, par leur mélange constituaient la lumière blanche, ont été triées et séparées entre elles ; en recevant cette lumière sur un écran on voit, au lieu d’une ligne lumineuse blanche, comme cela avait lieu avant l’interposition du prisme, on voit une bande présentant les couleurs de l’arc-en-ciel. En commençant par la gauche, ces couleurs sont les suivantes : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, outremer ou indigo et violet. Ces couleurs ne sont pas tranchées mais fondues entre elles. Il faut bien se garder de croire que ces couleurs soient des éléments ; en effet, avec trois d’entre elles, le rouge, le vert et l’outremer on peut reproduire toutes les autres. Il ne faut jamais oublier que la couleur n’est qu’une impression produite sur nos yeux et qu’on ne peut pas s’en servir de base pour un classement scientifique. D’ailleurs on sait que les couleurs ne demeurent pas exactement les mêmes pour tous les yeux ; il y a même des maladies où leur ordre est tout bouleversé. Laissons donc de côté les classifications et occupons nous plutôt des actions réciproques des couleurs.
- A suivre.
- Traduction et reproduction interdites.
- DÉSORGANISATION DU COTON et des fibres végétales sous l’action des alcalis et des oxydants.
- Par M. P. JEANMAIRE.
- Du coton et du lin imprégnés d’acide chromique ou d’un mélange de chromate de potasse et d’un acide, ou de permanganate de potasse, lavés après due la réduction du corps oxydant s’est opérée et Qui ne présentaient alors aucune altération apparente, sont fortement affaiblis lorsqu’on les sou-met à une action alcaline quelconque.
- L’expérience peut se faire, par exemple, avec une solution de bichromate de potasse à 10 grammes par litre, acidulée d’acide sulfurique. On y plonge un tissu de coton qu’on laisse quelque temps immergé ou qu’on peut retirer immédiatement et
- exposer à l’air, jusqu’à ce que, de jaune qu’il était, on n’observe plus que la teinte verdâtre du sel de chrome qui s’est formé (et qui disparaît, du reste, au lavage). Puis après l’avoir lavé, on le laisse quelques instants dans une eau alcalinisée avec un carbonate alcalin ou un alcali caustique, ou même du savon à 50° ou 60° centigrades, et on observe bientôt l’altération, qui est d’autant plus prompte que la lessive est plus concentrée, et ne s’opère qu'à la longue dans des solutions très-faibles (de l’ammoniaque 1/1000 par exemple).
- Il n’est pas nécessaire que l’oxydant soit acide pour opérer la réaction ; ainsi, une solution faible de permanganate de potasse additionnée d’une petite quantité d’alcali (pas assez pour opérer sa transformation en manganate), fait aussi subir au tissu qu’on y aurait plongé et qu’on aurait laissé quelques instants à l'air, puis lavé, une altération qui gagnerait en intensité par un passage alcalin.
- La réaction aurait été identique si on avait ajouté assez d’alcali pour transformer le permanganate en manganate.
- Au lieu de laisser à l’air les tissus manganatés, on peut les passer immédiatement en acide.
- Même réaction encore, mais beaucoup moins vive, avec les ferricyanures alcalins.
- Il est probable que l’altération qu’on observe quelquefois sur du linge savonné ou lessivé plusieurs fois, où certains accidents de blanchiment sont dus à une réaction analogue.
- Le chromate de baryte ou le chromate de plomb fixés sur un tissu et passé en acide sulfurique ou oxalique, ou tout autre acide capable de déplacer l’acide chromique, se seraient comportés de même.
- Dans les réactions avec l’acide chromique, par exemple, il ne reste pas trace de ce dernier sur le tissu, car si on y laisse tomber quelques gouttes -d’une eau bleuie au sulfate d’indigo, la teinte bleue ne disparaît pas. L’altération n’est pas non plus causée par du sesquioxyde de chrôme à un état particulier que le lavage n’aurait pas tout à fait enlevé, car on pourrait empêcher l’altération du tissu au moyen du ferricyanure alcalin qui, comme on sait, transforme le sesquioxyde de chrome (le vert Guignet même) en acide chromique, ce qui n’a pas lieu.
- Il faut donc chercher ailleurs une explication de la réaction qui se passe sur la fibre, réaction que je ne me hasarderai pas à définir.
- L’acide chromique paraîtrait oxyder (ou déshy-
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- drogéner) la fibre pour former un corps nouveau qui serait désorganisé sous une influence alcaline.
- Ces réactions permettent de reconnaître si un blanc ou un jaune sur fond bleu cuvé ont été obtenus par un procédé de réserve ou par l’enlevage sur tissu préparé en chromate. Dans ce dernier cas, le tissu plongé en alcali serait altéré dans les parties blanches. Les enlevages auferricyanure toutefois présenteraient l’avantage de ne pas être altérés dans ces circonstances à cause de l’action relativement très-lente des ferricyanures.
- SUR UN NOUVEAU MODE «le formation alu violet ale méthyle.
- Par M. H. Hassencamp (I).
- L’auteur a étudié la réaction suivante,qui démontre que le groupe du violet du diméthylaniline se forme au moyen d’un des groupes méthyle de la diméthylaniline qui se sépare de celle-ci.
- Lorsqu’on chauffe au bain marie une partie de chlorure phénysulfureux et deux parties de diméthylaniline, il se produit une coloration bleu foncé qui passe peu à peu au violet, et au bout de quelques heures le mélange se prend en une masse huileuse qui reste en suspension dans la solution colorée et qui répand l’odeur caractéristique du sulfhydrate de phényle.
- Si l’on compare ce mode de formation du violet de méthyle avec la formation des matières colorantes vertes que l’on obtient par l’action des chlorures d’acides sur les bases tertiaires, comme par exemple le chlorure de benzoyle et la diméthylaniline, on voit que, dans ce dernier cas, le noyau méthane peut provenir du groupe benzoyle aussi bien que de la diméthylaniline, tandis que dans la réaction décrite plus haut il ne peut provenir que d’un des groupes méthyle de la diméthylaniline. En faisant agir le chlorure phénylsulfureux sur la diméthyl-diphénylamine on obtient une matière colorante bleue qui présente beaucoup d’analogie avec le bleu de diphénylamine.
- (Bulletin de la Société chimique de Paris.
- (I) Deutsche chemische Gesellschaft.
- TEINTURE DES PLUMES"
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite. —
- MARRON.
- Il y a un grand nombre de couleurs de ce nom : marrons clairs, foncés, rougeâtres ou jaunâtres, etc. On peut les obtenir tous par le curcuma, le carmin d’indigo et l’orseille. Le curcuma jaune, avec du carmin d’indigo bleu, donne du vert qui, neutralisé avec du rouge orseille, donne du noir mélangé plus ou moins de blanc et de la couleur propre à la matière colorante employée en excès. Si on faisait prédominer le curcuma on aurait un marron jaunâtre, qu’on appellerait plus vraisemblablement du loutre; si au contraire, on faisait prédominer l’orseille, on aurait un marron à nuance rougeâtre.
- Plume tendre.
- Pour préparer un bain de marron, on fait bouillir d'abord pendant cinq à dix minutes une quantité d'orseille, (à régler suivant le ton et la nuance de l’échantillon) dans l’eau qu’on juge nécessaire pour teindre le poids de plume donné. Si l'orseille est à l’état d’extrait, on sera évidemment dispensé de cette première opération. Une fois l’orseille bien dissoute on ajoute au bain de l'acide sulfurique préalablement additionné d’eau froide, de façon qu’après neutralisation de l’alcalinité de l’orseille, il en reste un petit excès à l’état libre. On ajoute à ce moment du curcuma et du carmin d’indigo en quantité assez faible et on continue à fairre bouillir le bain pour bien extraire la matière colorante jaune du premier et pour bien mélanger en même temps ces trois matières entre elles. A ce moment, on introduit la plume ; si c’est une plume
- (1) Par suite d’une interposition dans la mise en pages, Varticle suivant doit être lu à suite de la 3° li-gne de la 11C colonne de la page 153, numéro du 5 juillet 1880 du Moniteur de la Teinture, chapitre des couleurs rabattues.
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- très délicate, on aura soin de ne pas trop prolonger l’ébullition du bain. Le carmin d’indigo et le curcuma se précipitent d’abord sur la plume de façon que l’on obtient dans les premiers moments, une couleur vert sale ; mais peu à peu l’orseille mord et la couleur devient marron. Par des additions successives de carmin d’indigo, de curcuma, on porte la couleur au degré voulu de foncé et de nuance ; si la quantité d'or-seilie primitivement employée est trop petite on en ajoute encore. Le bain peut être tenu relativement clair; l’orseille n’est jamais totalement tirée, mais on peut utiliser presque tout le curcuma et tout le carmin d’indigo, excepté si l’on veut faire des couleurs excessivement foncées.
- De temps en temps on échantillonne. Quand la teinture est jugée bonne, on met par terre et on rince à l’eau froide additionnée d’un peu d’acide sulfurique, trois, quatre fois pour débarrasser complètement la plume des débris de lichen et de bois.
- La teinture peut réussir trop foncée. Il faut cependant se mettre en garde contre une illusion qui peut tromper les inexpérimentés. Quelquefois un marron semble trop noir, parce que le carmin d’indigo est en excès par rapport à l’orseille et au curcuma, de façon qu’il suffit souvent d’ajouter une proportion convenable de ces deux derniers pour s’appercevoir que ce noir apparent est en quelque sorte détruit et que la plume teinte a moins de nourriture que l’échantillon. Cela arrive de même quand on a un excès de curcuma, dans ce cas, la nuance paraissant trop jaune. Il faut donc dans cette couleur, comme dans toutes les couleurs d’ailleurs, avoir à la fois la nourri-'ure et la nuance voulues.
- Quand réellement on a employé trop d’une matière colorante, on peut y remédier en donnant à la plume un nouveau bain conte-nant deux des matières colorantes, en ex-eluant celle qui a amené l’inconvénient. Suivant que la nuance est plus ou moins intense, il faudra chauffer le bain plus ou moins fortement. Entre la plume et le bain d se fait une espèce d’équilibre, l’un cédant ce qui fait défaut à l’autre. Ainsi un mar
- ron trop rouge se corrigera en mettant la plume dans un bain plus ou moins chaud de carmin et de curcuma. On comprend que cette méthode sera applicable aisément, soit que l’on ait employé trop d’orseille ou trop de curcuma, car ces matières ont pour l’eau une affinité presque aussi grande que pour la plume, mais que pour le carmin d’indigo il n’en sera pas de même. Dans ce dernier cas, en effet, on est forcé, neuf fois sur dix, de passer la plume teinte à l’eau de carbonate, de savonner, et dans des cas extraordinaires de recourir au procédé héroïque indiqué pour le grenat.
- Souvent pour teindre en marron on utilise les vieux bains qui ont servi à faire soit des grenats à l’orseille, soit d’autres marrons, soit des gendarmes, etc. A moins d’avoir des bains assez récents, il faudra toujours mélanger à ces vieux bains des matières colorantes fraîches, car autrement on n’arriverait pas à avoir des belles teintures.
- Pour les plumes très-tendres à teindre en marron, comme le duvet de dinde, l’aigrette, il faut se mettre en garde contre un accident qui n’arrive que trop souvent. Si dans le bain il se trouve trop de carmin d’indigo, surtout au commencement de l’opération, les brins si tendres l’absorbent rapidement, s’en saturent bientôt à cause de leur finesse et l’orseille, n’ayant alors presque plus d’affinité pour eux, ils restent noirs ; cet accident est d’autant plus à craindre que ces, plumes ne peuvent pas être ni trop chauffées, ni trop traitées par le carbonate et le savon, crainte de les brûler ; de façon qu’il est souvent impossible de leur appliquer des remèdes indiqués par les autres sortes de plumes.
- Plume dure.
- Le procédé peut rester rigoureusement le même ; cependant quand il s’agit de plume très-dure il vaut mieux le modifier légèrement. Comme c’est l’orseille qui est la plus lente à mordre, on fait d’abord bien bouillir la plume dans le bain contenant cette matière colorante seule ; c’est seulement quand on a une couleur grenat qu’on verse dans le bain le curcuma d’abord et le carmin d’indigo ensuite ou mélangés.
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- Plume d’autruche.
- Le procédé pour teindre en marron l’autruche, est le même que pour la plume tendre. Cependant il est bien rare que l'on atteigne dans ce cas, une égalité aussi grande que dans les deux précédents. Même après avoir chauffé fortement et longtemps la plume dans son bain on a des plumes nuancées différemment. Souvent même, les extrémités des duvets, surtout les têtes des plumes, étant usées par le frottement, deviennent bien plus rouges que le reste de la plume. Il faut alors trier les plumes par nuances; tremper plus longtemps les plus jaunâtres pour que l’orseille du bain, en mordant peu à peu, les rougisse, et plonger les autres dans un bain bien chaud, ne contenant que du carmin d’indigo et du cur-cuma, On trempera à plusieurs reprises les têtes et les autres parties des plumes qui seraient très-rouges. C’est surtout pour les bouts de queue que le travail est long et minutieux, car les plumassiers n’ont pas toujours soin de trier leurs plumes en les classant suivant leur nature ; par exemple, un bout de queue plat sera plus dur à teindre qu’un bout de queues coiffé, et un bout de queue mâle ne prendra pas la teinture comme un bout de queue femelle. Quelquefois même, on a à teindre des bouts de queue cousus ; c’est-à-dire, composés d’un nombre de morceaux qui peut varier depuis deux jusqu’à l’infini; et plus le nombre des morceaux est grand et plus les plumes sont différentes entre elles, plus la difficulté est grande. Pour des teintures suffisamment payées, le seul moyen d’arriver est de teindre séparément les différentes parties; dans le cas contraire, il faut se contenter d’une | nuance et d’un ton moyens, chose qui ne ' satisfait pas le teinturier, qui ne contente pas le client, sans qu’aucun des deux y trouve son compte.
- Il arrive souvent qu’on a à teindre en marrron, des plumes déjà teintes en couleurs diverses ; il faut prendre la précaution, notamment pour les plumes teintes au carmin d’indigo, au bleu de Lille, etc., de les laisser tremper assez longtemps dans une eau de carbonate de soude un peu chaude,
- car autrement les côtes des plumes, à cause d’une espèce de saturation ne prendraient pas l’orseille du bain de teinture.
- Peaux, ailes, oiseaux.
- Procédé ordinaire.
- Si on veut appliquer aux peaux, ailes, oiseaux, le procédé décrit, il faut agir avec une grande précaution, car outre la bonne teinture de la plume il faut conserver la peau entière et souple autant que possible. L’orseille, le curcuma seraient par eux-mêmes sans action fâcheuse sur la peau, mais le carmin d’indigo et l’acide qu’on est forcé d’employer sont d’une action destructive ; on sait en effet que l’acide sulfurique dissout lentement les tissus organiques ; le carmin d’indigo, si on se rapporte à la première partie de cet ouvrage, a, par sa nature, une action analogue. Il est vrai que ces matières sont allongées dans une grande quantité d’eau, mais la température aide leur action et l’eau de son côté exerce une action pareille. Il arrive qu’une partie du tissu dermique est dissous, que les fibres se contractent sous l’action de la chaleur et, qu’en séchant, celles-ci ne pouvant plus glisser les unes sur les autres, justement par le manque de matières molles interposées entre elles, la peau est roide et cassante. On peut atténuer en partie ces inconvénients en étirant bien la peau au sortir du bain, pour la rapprocher autant que possible de ses dimensions primitives ; puis la faire sécher très-lentement en la clouant sur une claie en bois pour lui conserver sa forme, et après séchage, de la frotter avec de l’huile ou mieux avec une pâte composée de glycérine et d’amidon.
- Mais avant tout, il faut tâcher que les peaux, les ailes et les oiseaux se conservent entiers. Pour cela, il faut composer le bain de teinture du premier coup autant qu’on le peut, pour éviter les chauffages répétés ; la température du bain doit être maintenue pas trop élevée (80 ou 90°), mais constante. Si on est forcé de modifier la composition du bain, retirer chaque fois les matières à teindre. Autre précaution est celle de ne pas laisser ces matières trop
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- • longtemps dans le bain ; il est donc bon | d’opérer aussi rapidement que le comportent la température et la nature de la plume.
- Quelles que soient les précautions qu’on prenne, il est presque impossible pour certaines peaux très-fines et. délicates, comme des peaux de coq, de les conserver entières. Le plus souvent, on ne retire du bain qu’une bouillie informe de plumes et de lambeaux de peaux. Il faut chercher dans ce cas un autre procédé ou renoncer à la teinture de ces matières. Voici un moyen qui donne d’assez bons résultats .
- jusqu’ici, car il y a des progrès réels à faire en ce sens, le procédé avec emploi d’acide la résolvant très-mal et dans nombre de cas la laissant non résolue.
- Reproduction et traduction interdites.
- Lire la suite: Chocolat, Mavame, Ta-bae, etc., page 153, première colonne du no 13 du 5 juillet 1880, et dans le n° 14 du Moniteur «Se la teinture. L’article du no 16 sera la suite de celui du n° 14 .
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- Procédé au bois.
- On supprime totalement l’emploi des acides et des matières colorantes acides. Il faut avoir deux bains : l’un pour mordan-cer, l’autre pour teindre. On donne aux peaux une légère teinture au brun d’aniline ou Bismarck, ensuite on les mordance en les plongeant dans une solution de bichromate de potasse pas trop concentrée, à 45° de température ; on peut y laisser les peaux toute la nuit sans inconvénient. Le lendemain on retire les peaux une à une, avec précaution et on les introduit dans une décoction de campèche à 45 ou 50°, pour les laisser dans ce bain cinq ou six heures. Au bout de ce temps la teinture est faite ; si elle n’est pas encore assez foncée on retrempe de nouveau les peaux dans la solution de bichromate et ensuite dans le cam-pêche.
- Autre procède.
- Au lieu de donner un pied de Bismarck, on peut n’employer que la solution de bichromate et une décoction de campèche et de bois de santal en proportions variables, suivant la nuance.
- Par ces deux procédés les peaux les plus délicates se conservent entières, avec leurs dimensions et bien souples, si toutefois on a la précaution de les faire sécher lentement à une température modérée.
- Sans doute, d’autres procédés analogues peuvent être employés et la question mérite d’être étudiée plus qu’elle ne l’a été
- BLEUS ALCALINS
- POUR SOIES ET LAINES de l'usine OENLER (1)
- Les procédés de teinture avec les bleus alcalins (Nicholson) sont déjà anciens et bien connus. Cependant faute de certaines précautions, il arrive parfois que ces teintures sont sinon manquées, mais qu’elles manquent d’éclat et de solidité. C’est surtout une mauvaise dissolution du bleu qui donne lieu à ces résultats peu satisfaisants. Voici comment on doit opérer et comment les échantillons ci-dessous ont été obtenus :
- Bleu alcalin IA 4 B.
- Bien alcalin BAR.
- (1) Dépôt central, 27, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Dissolution.
- On commence parfaire bouillir de l’eau, et quand elle est à l’ébullition on la verse sur le colorant, dans la proportion de 5 litres d’eau pour 500 grammes de couleur. On continue l’ébullition jusqu’à ce que la dissolution soit bien complète et on y ajoute ensuite de l’eau pour avoir 40 litres ; on filtre.
- Teinture.
- Ajouter très lentement la dissolution filtrée à un bain rendu alcalin par une solution de soude calcinée et de borax (18 gram. de borax et 2 gram. de soude calcinée par litre d’eau), entrer et élever la température du bain un peu au-dessous de 100 degrés.
- On a préparé en même temps un second bain légèrement acidulé avec de l’acide sulfurique.
- Pour obtenir exactement la nuance cherchée, on détache de temps en temps un petit échantillon de la matière à teindre pendant qu’elle est dans le premier bain et on le plonge dans le bain acidulé pour vérifier si on est arrivé au point voulu. Si oui ! on lève la marchandise du 1er bain et on la lave dans de l’eau chaude. Après ce lavage on passe sur le 2e bain acidulé.
- Au sortir du 1er bain les fils ou tissus doivent être presque incolores, ou tout ou plus avoir une teinte très pâle, la couleur bleue éclatante et bon teint ne se développe que dans le bain acidulé.
- Ne jamais mettre l’acide dans le même bain que la couleur, et entretenir continuellement le bain afin qu’il ne s’affaiblisse pas.
- Les échantillons ci-dessus ont été teints en deux nuances chacun, avec les marques BA A B et BAR de l’usine Oehler. On remarquera que la nuance la plus foncée de la marque BAR est exactement la même que celle du Violet éclair que nous avons donnée, page 55 de l’année courante.
- CAROUBIER SUR SOIE ET LAINE
- PAR LES ANILINES (I)
- On donne un pied de marron d’aniline jusqu’à une teinte bois bien tranchée.
- Une des couleurs favorites de cette saison d’été étant le caroubier, nous indiquons le procédé de teinture pour obtenir cette nuance sur soie et laine.
- Puis dans un second bain, on teint en fuchsine pour achever la nuance.
- Quelques teinturiers font un mélange des deux colorants et teignent en un seul bain ; certains marchands de couleur, font, même, un mélange de ces deux colorants, et le vendent comme caroubier.
- Il faut environ une partie de marron pour deux de fuchsine.
- Avec l’Eosine on obtient une teinte beaucoup plus belle; on opère alors en deux fois.
- Le pied de marron, dans ce cas, doit être plus foncé qu’avec la fuchsine, on doit arriver jusqu’à une teinte canelle.
- Ensuite, sans rincer, ou même dans le même bain, on ajoute de l’Eosine et on nuance jusqu’à échantillon.
- On emploie à peu près parties égales de marron et d’Eosine.
- •-----=—====—== —-------
- TEINTURE DE LA CHAINE-COTON
- EN ÉTOFFES
- Par M. DE Vinant (1).
- Les tissus chaîne-coton avant d’être soumis à la teinture doivent être flambés ou tondus, exposés à la vapeur et dégraissés avec savon et soude comme les autres laines et étoffes laine et soie.
- On ne peut se dispenser de teindre les grosses couleurs en chaudière et au bouillon pour la laine, et finir le coton sur un bain frais à 15 jusqu’à 26 degrés de chaleur.
- Cependant le cachou exige 70 à 80° de chaleur pour le marron foncé ; ce n’est qu’à cette tempé-ture que le cachou se fixe bien.Sionle rince ensuite et qu’on lui donne un très léger bain de bichromate de 50 à 60° C., on obtient un fort joli marron rouge.
- Après le rinçage du chrome, il suffit de finir la nuance sur un autre bain frais et à froid ou à tiède en donnant un peu de châtaignier, de galle, de campêche, de curcuma, bois jaune ou Brésil. Le chromate sert de bruniture, la laine se charge très peu de cachou.
- Dans les étoffes teintes pour être imprimées avec
- (1) Sauf les manutentions qui diffèrent en ce qu’elles se font mécaniquement les proportions des matières composant les bains de mordançage et de teinture sont applicables au chiffonnage.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- dessins additionnés de rouge, violet, jaune et rose, il est nécessaire d’éviter que les couleurs de teinture soient chargées de sels de fer de cuivre, de plomb ou de zinc, ainsi que de campêche.
- Ces sels et cette dernière matière colorante ternissent les couleurs délicates.
- La teinture des gris est très belle et brillante avec les matières colorantes suivantes :
- Ecorce de châtaignier
- — de chêne
- — de bouleau
- la noix de galle
- le gallon
- le sumac
- le cachou brun le bois jaune le quercitron
- Le sainte marthe, le rocou et le curcuma sont trop fougasses pour être employés dans les gris clairs. Le dividivi et le bablat sont très précieux pour les gris et ont la propriété d'être rongés en blanc, comme la galle et le sumac, par les sels d’oseille et acide oxalique, sel d’étain, etc.
- Dans la teinture, les sels à base d’alumine sont très importants.
- Noir teinture pour être imprimé en couleurs rongeantes.
- Les doses sont pour 20 kil. étoffe chaîne-coton.
- On commence par teindre, à 25°chaleur, avec :
- 1er bain, Eau
- 4 kil. noix de galle noire en poudre
- 1 — sumac de Sicile
- 2 — dividivi en poudre
- Faire bouillir préalablement le tout une heure et le verser dans la chaudière à teindre ; bien agiter ; entrer les étoffes et monter graduellement en une demi-heure jusqu’au bouillon. Lever sans bouillir, éventer et rincer un peu.
- 2e bain.
- Chauffer à 20° de chaleur l’eau nécessaire à laquelle on ajoute une dissolution de 2 kil. couperose calcinée que l’on tire à clair. Entrer à 20° C. ; monter graduellement en une heure jusqu’au bouillon • lever sans bouillir, éventer et laver.
- Si le noir n’est pas assez haut, entrer une seconde fois dans le bain de galle à 25° C., monter graduellement jusqu’au noir, laver.
- Ce noir peut être rongé avec toutes les couleurs
- rendues un peu rongeantes avec le sel d’oseille et l’acide oxalique.
- Noir chaîne-coton. — No 1
- 1—Pendant 20 minutes, passer à 50—60° C. dans un bain clair de sumac fait avec 2 kil. sumac pour 20. kil étoffes. —Ensuite rincer.
- 2 — Pendant 20 minutes passer à 50° C. dans un bain de couperose calcinée (200 gram). Après laisser en tas pendant deux heures. — Couvrir. — Laver très-bien
- 3 — Entrer à 70° C. dans un bain de campêche (10 kil. bois). — Sans chauffer manœuvrer une heure sur le trinquet. — Lever.— Laisser égoutter. Mettre les pièces sur un tréteau. — Les couvrir. —12 heures après les entrer dans le bain suivant :
- 400 gram. bichromate de potasse
- 400 — sulfate de cuivre
- Manœuvrer sur le trinquet pendant 45 à 60 minutes, jusqu’à hauteur de nuance. Lever.— Eventer. — Plier sur tréteau 3 heures après, laver et passer ensuite un quart d’heure à tiède dans :
- 100 lit. Eau
- 2 — pyrolignite de fer à 14°
- Mettre en tas ; une heure après rincer au trinquet.
- Noir chaîne-coton. — N° 2
- Après avoir teint la laine au bouillon avec 20 0/o de campêche et avoir lavé, ou passe à froid pendant 2 heures au trinquet en nitrate de fer à 5°. — Laver très bien, puis teindre a 50° C. avec :
- 40 O/o campêche
- 20 O/o bois jaune
- Après hauteur de nuance, éventer et laisser revenir une heure.
- Laver. — Passer à froid sur le bain de pyroli-gnite de fer. — Laisser revenir une heure. — Ri cer.
- (A suivre.)
- IMPRESSION DES TISSUS
- — Suite. —
- Leïocome ou fécule grillée.
- Ce produit se rapproche beaucoup de l’amidon grillé par ses qualités, mais est plus gommeux. Fortement grillée, elle donne une solution presque limpide et pourrait remplacer la gomme dans beau-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- coup de Cas si elle n’était pas si colorée. On ne peut s’en servir que pour les couleurs foncées, par exemple, les couleurs vapeur sur laine, telles que le noir, le grenat, le puce, le bois. etc. Elle remplace alors la gomme sans toutefois l’égaler. On s’en sert aussi pour épaissir les mordants, surtout ceux de fer. Le leïocome se dissout mieux que l’amidon grillé.
- Dextrine, gommeline, gomméine.
- Ces préparations et autres de la même espèce, ont un emploi assez restreint, car elles ont l’inconvénient de produire facilement des coulages. Ce n’est donc que dans la confection de quelques couleurs (bleus vapeur, par exemple) qu’elles peuvent être employées.
- Tous les dérivés de l’amidon et de la fécule agissent comme réducteurs et empêchent l’oxydation des couleurs. Le leïocome plus que l’amidon grillé. Les couleurs à la dextrine ne se conservent pas toujours aussi bien que celles à la gomme. Ce sont les apprêts qui en consomment le plus.
- Gomme du Sénégal.
- La gomme du Sénégal est l’épaississant par excellence surtout pour l’impression à la main qui exige, en général, des couleurs plus liquides et par conséquent ayant plus de cohésion que celles du rouleau. L’impression sur laine et soie en consomme de grandes quantités.
- Il y a des dessins finis au rouleau qui ne peuvent se faire qu’à la gomme. Son emploi est des plus commode -, réduite en poudre, on peut l’ajouter telle quelle aux couleurs. Elle se dissout, en effet, à froid ou mieux sous l’influence d’une légère élévation de température.
- Pour étendre les couleurs, on se sert de l’eau de gomme préparée à l’avance, en dissolvant la gomme entière avec de l’eau, à 60 ou 100 degrés, et en laissant déposer les impuretés pnis en tamisant. Les dosages employés sont de 700 à 750 gr. de gomme pour 1 litre d’eau ; ils vont quelquefois jusqu’à 1 kilog. de gomme par litre d’eau, pour ajouter à des mélanges trop fluides ou de 500 gr. par litre pour des couleurs trop épaisses.
- Souvent on ajoute de l’eau de gomme à l’eau albumineuse mais on fait perdre ainsi à l’albumine une partie de son efficacité comme fixateur plastique.
- La gomme se mélange mal aux autres épaissis
- sants, sauf la terre de pipe. Sa nature acide ne la rend pas propre à épaissir toutes les couleurs. Les mordants, par exemple, deviennent plus faibles sous son influence et souvent ne prennent pas du tout.
- La gomme du Sénégal permet mieux que toute autre substance d’étendre les couleurs pour fonds. Elle a des propriétés différentes selon qu’elle est dissoute directement dans une couleur ou employée en solutions préparées à l’avance. Ainsi dans les fonds laine, l’usage de l’eau de gomme donne lieu à des accidents qui ne se présentent pas si l’on procède par dissolution directe. Cet effet est certainement une conséquence de la rapidité avec laquelle l’eau de gomme s’acidifie, car on l’évite en se servant d’eau de gomme fraîche.
- Il convient d’observer ici que l’eau de gomme bouillie ne fermente plus.
- Les acides végétaux qui précipitent la chaux donnent dans l’eau de gomme des dépôts très sensibles, observés lorsque les acides interviennent dans la préparation d’une couleur.
- La gomme ajoutée à l’empois d’amidon le rend immédiatement beaucoup plus fluide, et, en général tout épaississant visqueux ajouté à des épaississants gélatineux les amincit.
- A suivre.
- INDUSTRIELLE
- COMPTE-RENDU DES BREVETS
- D’INVENTION PRIS EN ALLEMAGNE
- Fabrication de matières colorantes roures et brunes dérivées de Sa bouille (dérivés sulfoconjugués de l'oxyazo-naphtaline.)
- Par la Badische Anilin et 'Sodafabrick.
- 1e Procédé. — On transforme la naphtylamine par l’acide azoteux en dérivé diazoïque, et ce produit est combiné à l’un des deux naphtols. La solution de chlorure de diazo naphtaline obtenue par l’action du nitrite de soude sur le chlorhydrate de naphtylamine, est ajoutée lentement à une solution froide, diluée et alcaline du naphtol jusqu’à ce qu’il n’y ait plus formation de précipité.
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- Après avoir lavé et séché la matière colorante, on la traite au bain marie, par 2 parties d’acide sulfurique fumant, renfermant 80 pour 100 d'anydride.
- Le dérivé sulfoconjugué est transformé en sel de soude.
- 2e Procédé. — La solution du chlorure de dia-zonaphtaline est ajoutée à une solution froide et très alcaline de l’acide naphtol mono ou disul-fonique. La solution alcaline est acidulée et le précipité transformé en sel de soude de l’acide oxyazonaphtalinesulfonique.
- 3e Procédé. —Le dérivé sulfoconjugué de lana-phtylamine est transformé en dérivé diazoïque correspondant et combiné à molécules égales d’a et de p naphtol. Une partie de nitronaphtaline est mélangée avec deux parties d’acide sulfurique concentré et une partie d’acide sulfurique à 80 pour 100 d’anhydride, et le mélange chauffé au bain-marie jusqu’à transformation complète de la nitronaphtaline.
- La solution de l’acide nitronaphtalinesulfonique délué de 10 fois son volume d’eau est réduite par le fer et le mélange des acides naphtylaminesul-toniques obtenus, transformés en sel de chaux. En ajoutant de l’acide chlorhydrique à la solution, on parvient à isoler l’acide naphtylaminesulfonique difficilement soluble. Ce dernier est transformé par l’acide azoteux en dérivé diazoïque qu’on ajoute à une solution froide et maintenue alcaline de p na-phtol.
- Matières colorantes dérivées du mono et du bimitroanthraquinone.
- Brevet d'invention. de Przybram et Comp.
- Le mono et le biamidoanthraquinone sont chauffés avec de l’acide sulfurique renfermant 40 pour 100 d’anhydride. Il se forme de la matière colo-rante ; en chauffant plus longtemps, on obtient leur dérivé, sulfoconjugué. J.'amidoanthraquinone se prépare par réduction du dérivé nilré au moyen de l’ammoniaque et de la poudre de zinc, ou en chauffant le corps nitré avec de l’ammoniaque très concentré, sous une pression de 3 à 4 atmosphères. (1)
- (1) Ce brevet nous parait être celui du Carmin d'aliia-rinc dont nous avons parlé, page 261 année 1879 duMonileur de la Teinture.
- L’ÉMÉTIQUE FIXATEUR DU TANNIN
- Extraits des procès-verbaux du Comité de chimie de la Société industrielle de Mulhouse.
- M. Schaeffer rend compte ainsi qu’il s’il suit des recherches qu’il a faites afin de retrouver l’auteur de l’emploi de l’émétique commme fixateur des couleurs au tannin :
- «L’application des couleurs d’aniline au moyen de l’acide tannique s’est faite presque immédiatement après l’apparition de ces couleurs ; mais le tannin n’étant pas fixé sur la fibre, celle-ci ne présentait pasla solidité que l’on obtient en les passant après le vaporisage dans une dissolution d’émétique ; ce procédé, généralement employé maintenant, étant d’une grande importance, surtout pour l’application du bleu méthylène. »
- M. Camille Kœcklin a proposé de rechercher l’auteur de ce procédés! intéressant. Les recherches qui ont été faites à ce sujet ont démontré que c’est à M. Thomas Brooks que revient le mérite d’avoir été le premier à fixer le tannin par un passage en émétique et à mettre en pratique ce procédé dans la fabrique d’indiennes de M. Butternorth et Brooks à Manchester.
- Nous avons, sous les yeux le brevet délivré à M. Thomas Brooks en date du 20 mars 1861, dans lequel il expose comme suit la nature de son invention :
- Application de certaines couleurs pour l'impression des tissus de coton.
- ( « Après avoir imprimé en même temps de l’acide tannique épaissi avec de la gomme Sénégal avec des mordants pour garance ou garancine, il faut oxyder ou non oxyder et vaporiser, passer dans une dissolution de sel d’antimoine, puis dégommer (en bouse, silicate ou phosphate de soude. etc. »
- Ce procédé permet de rendre les tissus propres à recevoir à la fois par les opérations subséquentes de fixation et de teinture les couleurs d’aniline de garance ou de garancine.
- En novembre 1861, le London Journaf of arts publia les travaux de M. Thomas Brooks ainsi que ceux de MM. Lloyd et R. Dale. Ces deux chimistes proposent de fixer les matières colorantes de l’aniline en les imprimant épaissies avec de l’eau de gomme additionnée d’acide tannique, de vaporiser et passer ensuite en dissolution d’émétique.
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- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- Le procédé n’étant en réalité qu’une application directe de l’invention de Thomas Brooks, brévetée déjà en mars 1861, la priorité ne saurait lui être contestée.
- Le comité, approuvant les conclusions de M. Schaeffer, demandera à la société pour M, Brooks une médaille de bronze.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES.
- Année 1879
- 1 25,547. 10 juillet. — Meyer. — Genre de tapis de selle de cheval.
- 125,550. 10 juillet. — Magnier et Doerlinger.— Application nouvelle d’une couche soyeuse sur les fibres végétales et leur teinture.
- 125,571. 11 juillet.— Hibry. — Genre de fileur à prise intermittente et à tension continue.
- 125,574. 20 juillet. — Hervieu fils. — Nouveau système de foulage.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg, 19 août.
- Etoffes diverses et objets d’ameublement.
- Dép. de gar., 400 fr. — Caut., 800 fr.
- Produits chimiques.
- Dép. de gar., 250 fr. — Caut., 500 fr.
- Matières colorantes.
- Dép. degar., 250 fr. — Caut., 500 fr.
- Toulon, 19 août.
- Fourniture de rubans de soie noire pour chapeaux de marins.
- Dép. de gar., 120 fr. — Caut;, 240 fr.
- Toulon, 26 août,
- 6,000 kil. de feutre animal en bande.
- Dép. de gar., 300 fr. — Caut., 600 fr.
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Intendance militaire. — Samedi 21 août, 1 heure.
- Fournitures de toile en lin ou en chanvre, nécessaires au service du campement.
- Le samedi 21 août 1880, à une heure, il sera procédé à Paris, dans une des salles de l'hôtel de l’intendance militaire, 18, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, par unecom-mission présidée par le sous-intendant militaire chargée du service des magasins centraux, à l’adjudicatiun publique de la fourniture de :
- 1,000,000 mètres de toile en lin ou en chanvre pour enveloppes de paillasses.
- 200,000 mètres de toile en lin ou en chanvre pour enveloppes de traversins.
- 400,000 mètres de toile en lin ou en chanvre pour sacs de couchage.
- Nécessaires au service du campement.
- Le public est admis à prendre connaissance du cahier des charges, ainsi que des échantillons-types, au magasin central du campement de Billancourt, ou au magasin central de l’habillement, à Lille.
- Les demandes d’admission à soumissionner, accompagnées des pièces exigées par l’article 3 du cahier des charges, devront être remises, à Paris, au sous-intendant militaire chargé du service des magasins centraux, avant le 10 août 1880.
- Somme. — Ville-d'Amiens. — Maison Cozette. — Lundi 23 août, 3 heures.
- Fourniture de toiles pour le service des prêts de linge.
- Le lundi 23 août 1880, à trois heures très précises, la commission administrative de la maison Cozette procédera, dans l’une des salles de cet établissement, en présence de sonre-ceveur, à l’adjudication au rabais et sur soumissions cachetées, de la fourniture des toiles ci-après indiquées, reconnues nécessaires pour 1880, savoir :
- Toile cremée pour chemises. — Premier lot.
- 4,240 mètres de 0 m. 80 de largeur.
- 200 mètres de 1 m. 20 de largeur.
- 700 mètres de 0 m. 70 de largeur.
- 220 mètres de 0 m. 90 de largeur.
- Toile cremée pour draps. —Deuxième dot.
- 500 mètres de 0 m. 70 de largeur.
- 5,400 mètres de 0 m. 90 de largeur.
- Le cahier des charges de cette adjudication et les types de toiles adoptées par la commission sont déposés à la maison Cozette.
- Les soumissions, faites sur timbre, devront être remises cachetées d’ici au lundi 23 août, avant midi à la maison Cozette.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE.
- Toulon. —16 juillet.
- 500 couvertures en laine gris belge.
- MM. L. Vinas, à Toulon, 14 fr. 80 l’une; Pons, à Avignon, 14 fr. 64; Escargnel Dartès fils, 14 fr. 50 ; Fulcran Lagare, à Lodève, 14 fr. 75 ; Roger jeune et fils, à Clermont, 14 fr. 60 ; Granier Castelneau, à Montpellier, 15 fr. 77 ; L. Julier, à Mazamet, 14 fr. 39 ; F. Fourmon, à l’Isle, 45 fr. 60 ; Tesserenc Visseq frères et fils, à Lodève, 14 fr. 32 ; Desgréaux fils, à Toulon, 15 fr. 38; Brin Chanplein, à l'Isle, 17 fr. ; Figier d’Aguillon, à Maringues, adj. à 13 fr. 35.
- Toulon. — 22 juillet.
- 22,000 kil. d’étoupe blanche.
- MM. J. Laure, à Toulon, 87 fr. 50 les 100 kil. ; Fac-chini, à Boulogne, 75 fr. 80; G. Perrier, à Marseille, adj. à 73 fr. 50.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes)-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTRUE
- 24 Année, No 16. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Août 1880.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Notions sur les couleurs, par M. V. Vannuccini (suite). — Méthode d’épuration des eaux d'ali-mentation des chaudières, par MM. MOELLER. — Teinture des plumes, par M. VANNUCCIO-VANNUCGINNI (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — La Carmeloïne (1 Echantillons). — Chiffonnage : Apprêts de soie noire et de soin de couleur (Correspondance). — Teinture des laines et lainages (suite.) — Teinture de la chaîne-coton en étofTes, par M. de VINANT. — Moyens pour enlever les taches. — Impression des tissus (suite.)
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Recouvrements internationaux parla poste en Allemagne, en Roumanie et dans les Pays-Bas des valeurs soumises au protêt en France et en Algérie.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- CHRONIQUE
- Voici le jugement du tribunal de commerce de Paris promis à nos lecteurs :
- Audience du 22 juillet 1880.
- Présidence de M. BILLARD.
- Vu, etc.., après en avoir délibéré conformément à la loi :
- « Le tribunal reçoit Grawitz opposant en la forme au jugement par défaut, contre lui rendu par le tr!bunal le 16 décembre 1879, et statuant par un seul et même jugement tant sur l’opposition de Grawitz que sur la demande nouvelle contre Schultz ;
- « En ce qui touche A. Schultz :
- « Attendu que ce défendeur n’a pas comparu, ni personne pour lui, le tribunal adjuge à Grawitz, ce requérant, le profit du défaut précédemment pro-noncé en considérant que les conclusions de la de-mande ne sont pas contestées par Schultz, qui ne comparaît pas ; que lesdites conclusions ont été vérifiées ; qu’elles paraissent justes à concurrence des condamnations qui vont être ci-après prononcées :
- « En ce qui touche Blondeau ;
- « Attendu qu’il résulte des débats et des pièces Produites qu’une polémique s’est engagée dans le Journal « le Moniteur de la teinture et de l'impres-
- des tissus » entre Grawitz et un anonyme si-priant « Votre abonné » relativement à la valeur d’un procédé de teinture issu d’aniline, dont Gra-Witz serait l’inventeur, qu’à la suite de nombreux
- articles échangés, le demandeur croyant avoir à relever contre son adversaire certains griefs pouvant donner nature à une demande en dommages-intérêts, a fait sommation à Blondeau, par ministère d’huissier, d’avoir à lui faire connaître les nom et adresse de l'abonné.
- « Et attendu que ce dernier a donné satisfaction à Grawitz, et lui a fait connaître notamment par exploit de Pidault, huissier, en date du 20 octobre 1879, que l’auteur des articles en question était un sieur Schultz, demeurant à Paris, rue des Abbesses, n° 48 ; qu’ainsi Blondeau se trouve dégagé de toute responsabilité vis-à-vis du demandeur à l’occasion de la publicité des articles dont il croit avoir à se plaindre.
- « Attendu que Grawitz ne fait pas la preuve que Schultz ne soit que le rédacteur habituel et l’employé de Blondeau et, que ce dernier n’ait eu pour but que de déprécier ses brevets au profit de la vente de ses propres produits ; qu’il résulte, au contraire, des documents de la cause, qu’il n’a fait que prêter les colonnes de son journal à une polémique à laquelle il est resté étranger ; qu’en conséquence, il n’y a pas lieu d’accueillir la demande de Grawitz contre Blondeau,
- « Par ces motifs, le tribunal, jugeant en premier ressort, statuant à l’égard de Blondeau ; déboute Grawitz de son opposition au jugement par défaut dulQ décembre 1879, ordonne en conséquence que ce jugement sera exécuté selon sa forme et teneur, nonobstant ladite opposition, et le condamne par les voies de droit aux dépens de ce chef.
- « Statuant à l’égard de Schultz ;
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- « Condamne Schultz par les voies de droit à payer à Grawitz dix mille francs à titre de dommages-intérêts -, dit qu’il n’y a lieu quant à présent à faire droit à la demande d’insertion, et condamne, en outre, Schultz au surplus des dépens, même au coût de l’enregistrement du présent jugement, les dits dépens taxés à vingt-cinq francs soixante-trois centimes y compris l’enregistrement du pouvoir, le coût de l’assignation, la mise au rôle, l’appel de la cause, les mentions des jugements des 1er avril et 13 mai, le coût du jugement du 24 juin, le droit de transcription du présent jugement sur la feuille d’audience, le timbre d’icelle, la mention au répertoire, non compris son enregistrement.
- « Ordonne que le présent jugement soit exécuté selon sa forme et teneur et, au cas d’appel de la part de Schultz, par provision pour les dommages-intérêts seulement, à charge par Grawitz de fournir caution ou de justifier de solvabilité suffisante, conformément à l’article 439 du code de procédure civile, et pour le signifier à Schultz aux termes de l’article 435 du code précité, commet d’office Nitot, huissier audiencier.
- « Ainsi jugé, etc.
- Une exposition internationale de moutons de laines et de lainages, aura lieu au mois de septembre de cette année, à Philadelphie. Cette exposition, sous les auspices de la Société, d’agriculture de l’État de Pensylvanie, occupera le principal bâtiment d’exposition du parc Fair-mount.
- Nous avons sous les yeux la liste des Ie*, 2es et 3es prix qui seront accordés en même temps que des diplômes, pour les animaux et les objets exposés, liste que le cadre du Moniteur de la Teinture ne nous permet pas de reproduire.
- Nous avons reçu beaucoup trop tard le programme de cette exposition pour l annoncer à nos lecteurs. _________
- Une autre exposition internationale (juin à octobre 1881) en partie calqué sur la précédente s’annonce également comme devant avoir lieu au Palais de Cristal à Sydenham.
- Elle a Irait à l’industrie des laines, la fabrication des lainages, et des produits mélangés à ces derniers, etc.
- D'après le programme que nous avons sous les
- yeux, l’exposition s’étendra non-seulement aux laines brutes, laines cardées, peignées, filées, en étoffes pures ou mélangées, aux lainages chaîne coton et autres matières, mais encore aux poils de chèvre ou mohair-, aux laines d’alpaga, lama, vicogne ; aux poils de chameaux ; crins de vache, de bœuf, cheval ; aux cheveux ; aux poils de lapin et de lièvre ; fourrures ; plumes, peaux d’oiseaux ; etc., etc. ; appareils et machines de ces industries -, matières premières appliquées au nettoyage, blanchissage et à la teinture, et les divers ouvrages sur ces matières.
- Les personnes qui voudraient avoir des renseignements plus complets et exposer peuvent s’a dresser à M. P.-L. Simmonds super intendant of the international Exhibition departement, Crystal Palace, Sydenham (Angleterre).
- NOTIONS SUR LES COULEURS
- Par M. V. VANNUCCINI. ancien élève de l'Ecole centrale des Arts et Manufactures.
- — Suite (1) —
- Il est bien convenu qu’en parlant de couleurs on doit entendre les différentes sortes de lumière à l’état pur, celles du spectre, et non pas les mélanges toujours compliqués qui émanent des matières colorées.
- On a déjà vu comment, à l’aide de trois couleurs simples, on pouvait former toutes les autres couleurs.
- Les couleurs du spectre peuvent se combiner deux à deux, de façon qu’elles donnent une lumière blanche. Elles servent donc de complément l’une à l’autre, et c’est pour cette raison qu’on les appelle couleur5 complémentaires. Ces couleurs sont les suivantes :
- Spectre R. 0. J. Ve. B. Vi.
- Contre-spectre Ve. B. Vi. R. O. J.
- Si l’on mettait les couleurs du spectre suivant un cercle, de façon que le rouge vienne se joindre à l’extrême violet, les couleurs complémentaires placées en face
- (t) Voir Moniteur de la Teinture, année courante page 169.
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- de leurs correspondantes formeraient un cercle concentrique au premier, identique comme suite de couleurs, mais qui, rapport au premier, aurait tourné de 180°. Le rouge pourpre correspond au vert proprement dit ; le rouge au vert bleu pur; l’orangé au bleu pur; le jaune à l’outremer et le jaune-vert au violet. Il y a même le jaune-verdâtre qui correspond à l’ultra-violet.
- Le mélange de deux couleurs complémentaires répond toujours à celui des trois couleurs fondamentales ; en effet :
- Rouge (R) + + Vert bleu (Ve. + Ou.
- Orangé + Bleu
- (R + Ve) + (Ve. + Ou.)
- Jaune Outremer
- (R + Ve.) + (Ou.)
- Jaane vert —L Violet
- (R+Ve.) - (R. + Ou.)
- En définitive, il faut toujours trois couleurs fondamentales pour faire du blanc.
- Si l’on mélange deux couleurs (deux lumières) quelconques, il peut arriver deux choses :
- 1° Ou les deux couleurs contiennent ensemble trois couleurs fondamentales et leur mélange donne du blanc mélangé avec une ou deux des couleurs fondamentales en excès ; plus rarement du blanc pur.
- 2 Ou bien les deux couleurs ne contiennent ensemble que deux couleurs fondamentales, et alors leur mélange donne une couleur intermédiaire, mais qui n’est pas mélangée de blanc.
- Faisons bien attention à ces conséquences et appliquons-les au mélange des matières colorantes.
- Une matière colorante est un corps suffisamment coloré pour que, employé en faible Proportion sur un corps blanc, il lui com-tunique sa coloration qui, en un mot, a la propriété de le teindre. Prenons une plume blanche, trempons-la dans une solution de fuchsine ; après un certain temps nous retirerons la plume teinte en rouge, présentant la couleur de transmission de la fuchsine. Pourquoi la couleur de transmission ? Parce que la lumière extérieure réfléchie à nos
- yeux par la surface de la plume a été tamisée par les particules de fuchsine qui entourent les particules de la plume. La fuchsine retient une partie des radiations composant la lumière blanche et laisse passer le reste. On pourrait répéter le même raisonnement pour toutes les matières colorantes analogues.
- Si, au lieu d’une seule matière colorante on en emploie deux ou trois, chacune retient des radiations pour son compte et il peut arriver qu’il n’en reste plus du tout; c’est alors qu’on a le noir. Cela arrivera lorsque les matières colorantes employées pourront absorber les trois couleurs fondamentales dans la proportion où elles forment le blanc et en quantité au moins égale à l’intensité du blanc de la matière à teindre. Si cette proportion est gardée, mais que la quantité ne soit pas suffisante, on aura un blanc mélangé de noir. Si la proportion n’est pas gardée et la quantité insuffisante, on aura un mélange de blanc, de noir et d’une couleur qui variera suivant les couleurs fondamentales restées libres. Si la proportion n’est pas gardée et la quantité suffisante, on aura un noir différemment teinté.
- Il faut donc, pour que deux matières colorantes ne se ternissent pas, qu’ensemble elles ne contiennent que deux couleurs fondamentales.
- Toute matière colorante offre presque toujours le mélange de deux couleurs fondamentales. Les gris, les bruns, etc., offrent les trois.
- Il est cependant rare ou plutôt impossible de trouver deux matières colorantes donnant, par leur mélange, du noir. Pratiquement, on en emploie toujours trois parce qu’il est alors possible de les combiner en proportions telles que les quantités relatives de couleurs fondamentales donnent du noir plus ou moins parfait.
- En passant de la théorie à la pratique, on voit qu’en effet, pour obtenir du blanc, on teint une matière jaunâtre de nature (plume, soie), soit avec du rouge et du bleu, soit avec du bleu et du violet. Qu’on y réfléchisse un peu, le jaune de la plume et les deux autres matières qu’on ajoute après
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- contiennent ensemble les trois couleurs fon-mentales. Mais ce blanc sera-t-il du blanc parfait ? Evidemment non ! Ce ne sera qu’un gris. Dans les cas les plus rares ce sera du blanc mélangé avec un peu de noir et le plus souvent du blanc, du noir et une ou deux couleurs en excès. Cela nous semble blanc si nous le regardons isolément, mais il montre tous ses défauts si on le met à côté d’un blanc plus intense ou d’un vrai blanc comme celui de la neige. En effet, en hiver, quand on se promène sur la neige, les chemises, les mouchoirs, etc., n’ont plus la blancheur qu’ils semblaient avoir en dehors de cette comparaison.
- Pour le noir, nous pourrions répéter à peu près ce que nous venons de dire pour le blanc, sa théorie étant identiquement la même.
- On appelle franches les couleurs qui ne sont pas mélangées à du noir ; rabattues, au contraire, celles qui sont ternies par du noir. Les premières s’obtiendront, d’après ce que nous venons de voir, par le mélange de deux ou plusieurs matières colorantes, ne contenant ensemble qu’une ou deux couleurs fondamentales ; les secondes se formeront, au contraire, par le mélange de deux ou plusieurs matières colorantes qui contiennent ensemble les trois couleurs fondamentales.
- Traduction et reproduction interdites.
- MÉTHODE D’ÉPURATION des eaux d'alimentation des ehaudlères. par K. et Th. Moeller.
- (Extrait de la Deutsche Industrie Zeitung).
- La méthoded'épuration employée par MM. Mœller varie légèrement suivant la nature des substances dissoutes dans l’eau.
- 1. L'eau renferme du bicarbonate et du sulfate de chaux — Dès que l’eau contient de grandes quantités de sulfate de chaux, tous les procédés d'épuration connus deviennent très coûteux; ainsi, quand on précipite le sulfate de chaux par le chlo
- rure de barium ou par la soude, les frais s’élèvent à à ou 6 centimes, et même souvent à 12 centimes par mètre cube.
- La nouvelle méthode repose sur ce fait, que lorsqu’on a enlevé le bicarbonate de chaux par la soude caustique, l’incrustation ne se produit plus que quand on a atteint le point de saturation de la solution de sulfate de chaux, tandis que, lorsqu’on n’a pas enlevé le bicarbonate de chaux, le sulfate se précipite plutôt en même temps que le carbonate de chaux -, de plus, la température et la pression qui se produisent dans la chaudière ne diminuent nullement la solubilité du sulfate de chaux, comme il semble résulter d’expériences mentionnées dans les ouvrages. Beaucoup d'eaux peuvent donc, après qu’on en a séparé le carbonate de chaux, être évaporées jusqu’au cinquantième de leur volume, avant qu’il se produise d’incrustation, et l’ôn peut empêcher la précipitation de cette dernière en ajoutant à l’eau du chlorure de sodium.
- La nouvelle méthode comprend donc les deux opérations suivantes :
- A
- On ajoute à l’eau, sous forme de bouillie, de lait de chaux ou d’eau de chaux, exactement autant de chaux caustique, éteinte ou non, qu’il en faut pour décomposer le bicarbonate de chaux. Après qu’on a, de cette façon, enlevé le carbonate autant que le permet sa solubilité, c’est-à-dire jusqu’à ce que l'eau en renferme 2 1/2 cent millièmes environ, on procède à la seconde opération.
- B
- L’eau est introduite dans la chaudières‘]ans enlever le sulfate de chaux, en y ajoutant éventuellement du chlorure de sodium, et l’on détermine par des essais l’instant où la formation des incrustations commence. Aussitôt que la solution de sulfate est arrivée dans la chaudière au degré de saturation, on fait couler l’eau et l’on empêche ainsi toute incrustation de se produire dans la chaudière. Lorsque l'évacuation de la chaudière a lieu le dimanche (l’eau se refroidissant dans ce cas sans perte), les frais du procédé ne dépassent pas 4 à 6 centimes. Le temps au bout duquel une chaudière doit être vidée varie entre deux ou trois semaines, parce que, dans les chaudières ordinaires, le contenu est évaporé une ou deux fois par jour ; ce temps doit d’ailleurs être déterminé d’une manière spéciale pour chaque espèce d’eau.
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- 2. L'eau renferme du carbonate ou du bicarbonate de magnésie. — La précipitation de cette matière incrustante, à laquelle on a généralement prêté trop peu d’attention jusqu’ici, a présenté certaines difficultés. La chaux caustique,lorsqu’on l’ajoute à l’eau à épurer seulement jusqu’à ce que celle-ci commence à présenter une réaction alcaline, ne précipite presque pas le carbonate de magnésie à froid, parce que le carbonate de magnésie fraîchement précipité est notablement soluble dans l’eau froide et offre une réaction alcaline. Dans la méthode employée, on ajoute à l’eau de la chaux vive jusqu’à ce que la réaction alcaline se montre ; le carbonate de magnésie reste donc dans l’eau, et c’est à cette circonstance que paraissent dus souvent les résultats si peu satisfaisants que donne fréquemment la méthode de Haen.
- Mais on peut décomposer le carbonate de magnésie par la chaux à la température ordinaire en produisant de la magnésie et du carbonate de chaux, en employant une quantité de chaux un peu plus grande que celle indiquée par le calcul ; cet excès se détermine par l’expérience. Afin d’enlever la chaux en excès, on ajoute du carbonate de chaux ; cette soude précipite l’hydrate de magnésie qui était encore dissous.
- 3. L’eau renferme du carbonate de magnésie et du bicarbonate de chaux. — On se sert alors de la méthode précédente.
- 4. L'eau renferme du bicarbonate et du sulfate de chaux avec du carbonate de magnésie, ou du carbonate de magnésie et du sulfate de chaux. — Dans ce cas, on combine la première et la seconde méthode.
- 5. L'eau renferme du chlorure de magnésium. — Le chlorure de magnésium pur en solution dans l’eau se décompose même lorsque ces solutions sont étendues, par l’ébullition en acide chlorhydrique et en magnésie insoluble, qui forme des boues et des incrustations. Lorsqu’il y a du carbonate de chaux l’acide chorhydrique le dissout, ou bien, quand il n’y a pas de carbonate ou qu’il a été précipité au préalable, l’acide attaque le fer de la chaudière. Le chlorure de sodium et beaucoup de substances organiques paraissent empêcher la décomposition du chlorure du magnésium ; mais, en tout cas, il est bon de décomposer ce corps, parce que, en sa présence, de petites variations de la nature de l’eau doivent faire craindre les corrosions.
- Quand on ajoute de la chaux caustique jusqu’à ce que le liquide présente une forte réaction alcaline, il se forme d’abord un précipité volumineux qu est une composition double de chaux et de magnésie, tandis qu’une autre partie se transforme en chlorure de calcium. Ce composé double est légèrement soluble et possède une réaction fortement alcaline. Quand on veut précipiter complètement la magnésie contenue dans le chlorure de magnésium, on doit employer un excès de chaux caustique et séparer ensuite cet excès par le carbonate de soude, ainsi qu’il est indiqué dans la seconde méthode.
- (4 suivre.}
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio VANNUCCINI, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- GROS BLEU
- Cette couleur est un bleu terne. Quelquefois on l’appelle improprement gendarme. On l'obtient assez facilement sur plume tendre, plume dure et sur autruche à l’aide de carmin d’indigo et d'orseille plus difficilement sur peaux, ailes et oiseaux. Il va sans dire qu’on emploie beaucoup de carmin d’indigo et peu d’orseille. Souvent, pour ternir davantage, on ajoute du bain de noir, soit dans le bain même à l’acide, soit dans un bain à part sans acide. Ce n’est pas un bon procédé ; il vaut mieux ajouter un peu plus d’orseille et en même temps très peu de curcuma; on pourrait également employer de l’orangé 2.
- BLEU MARINE
- Le bleu marine, couleur rabattue, est un gros-bleu plus ou moins violacé.
- On obtient la couleur bleu marine à l’aide de carmin d’indigo et de bleu de Lille. Au bleu de Lille on substitue souvent le violet. Pour foncer, il suffit d’ajouter une très petite quantité d’orseille. Même pour des bleus-marine très ternes on n’emploie quel-
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et n°s 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14 et 15 de 1880.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- quefois que du carmin d’indigo et de l'or-seille exclusivement.
- Pour la plume plate on emploie avantageusement le violet. Pour l’autruche, au contraire, il est préférable d’avoir recours au bleu de Lille, car le violet bronze plus facilement et donne une couleur plus inégale que le bleu de Lille.
- Le bain doit être acidulé au sel d’oseille, pas à l’acide sulfurique qui serait trop énergique. Quand la plume est dans le bain à l’ébullition, on verse d’abord du carmin d’indigo, puis successivement un mélange de carmin d’indigo et de violet ou de carmin d’indigo et bleu de Lille. Pour ternir, on ajoute l’orseille, mais par très petites quantités, car elle est d’un effet assez grand. Il faut lui laisser le temps de produire cet effet, car on sait que l’orseille mord lentement et plutôt à température relativement faible qu’élevée. Si on avait mis trop d’orseille, il suffirait de donner un second bain bouillant avec un peu de carmin d’indigo et de violet.
- L’autruche blanche, de bonne qualité, se teint très bien en bleu marine avec du carmin d’indigo et du bleu de Lille; mais l’autruche un peu usée, et surtout la grise, bronzent presque inévitablement, comme on aura lieu de voir plus tard, quand nous traiterons des reflets métalliques. La différence de nature des plumes d’un même lot est cause d’une inégalité très grande ; certaines plumes sont plus rougeâtres ou plus verdâtres que les autres ; de façon qu’après un chauffage énergique il est bon de sécher le lot de plumes et de les trier par ordre de nuance pour traiter chaque espèce séparément, faisant bouillir plus longtemps dans le bain primitif les plus dures, ou pas assez rougeâtres,, et donnant au contraire un bain bouillant de carmin d’indigo à celles qui le sont trop. Cette opération, qui est trop longue, comme on le comprend aisément, n’est pas malheureusement applicable à des plumes qui n’ont qu’une faible valeur.
- Pour les peaux, ailes, oiseaux, on emploie les mêmes procédés; il faut opérer avec beaucoup de précaution en chauffant modérément, ne mettant pas trop de sel
- d'oseille et surtout en agissant le plus rapidement qu’on peut.
- PRUNE
- La couleur prune est un violet terne.
- 1er Procédé
- On teint la plume dans un bain acidulé avec de l’acide sulfurique, avec de l’orseille, du carmin d’indigo et du bain de noir de manière à avoir un grenat très foncé, presque noir. Il n’est pas mauvais d’ajouter au bain un peu de bleu de Lille. Ce n’est qu’à ce moment qu’on retire la plume du bain; on la rince à l’eau pure et ensuite on violète dans une solution plus ou moins chaude de carbonate de soude. Pendant cette opération l’orseille passe du rouge au violet, le noir se développe et se fixe davantage sur la plume et le carmin d’indigo s’en va pour une grande partie. C’est un procédé primitif, qui n’est certainement pas économique, mais qui cependant donne dans des mains habiles des bons résultats. Pour les gens peu habiles, il est, au contraire, d’une longueur désespérante et d’un succès douteux.
- 2e Procédé
- C’est un procédé direct. On emploie pour cela du prune, qui n’est autre que du violet impur, terne, qu’on emploie dans un un bain acidulé à l’acide acétique. On ternit avec du gris-bleu ou du gris rosé, suivant la nuance qu’on veut obtenir. Quand on veut avoir une nuance bleue, on ajoute du bleu de Lille, et si, au contraire, on la veut rouge, on ajoute de l’éosine. Ce procédé, qui réussit bien pour les prunes clairs, est plus difficilement applicable pour les prunes foncés.
- Jusqu’ici, quand on veut obtenir un prune bien nourri, qui ait du corps, il faut avoir recours au premier procédé décrit.
- 4 suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- -------.2.
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- PROCÉDÉS PRATIQUES
- LA CARMÉLONE
- Le Moniteur de la Teinture a déjà parlé de la carméloïne de la maison Max Singer à Tournai (Belgique). Ce produit donne des bruns tout à fait solides et peu coûteux. Les échantillons ci-contre ont été teints avec 20 grammes de colorant par kil. de laine, ce qui met environ à 25, centimes le prix de revient, en comptant un peu d’acide sulfurique et d’alun, employés comme mordants.
- Carméloïne. — Marque R.
- Carméloïne. — Marque FF.
- Carméloïne FF avec campêche.
- « d
- Carméloïne FF avec ca
- La Carméloïne peut être mélangée avec le sulfate d’indigo, l’orseille, le curcuma et tous les produits d’aniline qui supportent l’acide sulfurique,
- tels que fuchsine acide, roccelline, orangé, etc. Ceci prouve que l’on peut, en ajoutant l’un ou l’autre colorant au bain de teinture, obtenir des verts foncés, des olives, des marrons, des loutres, etc., etc.
- Mais c’est principalement pour les bruns, les grenats et les marrons foncés, que la carméloïne sera recherchée. Le grand. teint ne pourra trouver un colorant rendant de plus grand services, car cette nouvelle matière tinctoriale peut s’employer comme le campêche. Inutile d’ajouter que par ce système les nuances les plus foncées seront obtenues à peu de frais
- Les deux derniers échantillons ont été teints par ce procédé. Tous deux ont été mordancés avec du bichromate et de l’acide sulfurique, puis teints avec 20 gr. de carméloïne et plus ou moins de campêche. Les filatures de laine n’auront donc plus besoin d’employer le calliatour, ce bois en poudre qui détériore la laine et les métiers à filer. — Le prix de la carméloïne est de fr. 12 le kil. — 11 n’est pas besoin d’ajouter que pour la teinture en chiffons et pour celle en feutres et chapeaux, la carméloïne rend d’énormes services.
- M. Max Singer donne d’ailleurs les explications nécessaires pour l’emploi du nouveau colorant et envoie des échantillons à toute demande.
- (Communiqué)
- CHIFFONNAGE
- M. A. Barbé nous adresse la lettre suivante :
- Monsieur le directeur,
- Ayant pu me livrer à quelques essais, je viens aujourd’hui remplir la promesse, que je vous ai faite dans ma dernière lettre, en vous adressant le procédé d’apprêt sur soie, dont je vous entretenais, heureux s’il peut rendre service à MM. les teinturiers-dégraisseurs.
- Je ne passerai point en revue tous les systèmes employés dans les ateliers, la nomenclature en serait trop longue, beaucoup de maisons ayant des procédés différents. Il me suffira de dire que généralement cet apprêt laisse beaucoup à désirer et que toutes les maisons soucieuses de bien faire, sont à la recherche de moyens leur permettant, soit par de nouvelles machines, soit par de nouvelles combinaisons de gommage, de mieux faire, d’arriver dans la mesure du possible, à rendre un tra
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- vail dont la comparaison avec le neuf ne soit pas trop désavantageuse.
- Me plaçant à ce point de vue, je crois avoir obtenu un résultat sensiblement supérieur.
- Apprêt de soie noire.
- Faire dissoudre dans le moins d’eau possible: 25 gr. gomme adragante. puis, 10 gr. cire jaune, préalablement hachée très menu.
- dans 40 gr. ammoniaque.
- Chauffer à 100 environ. — La dissolution étant complète la verser dans un litre d’eau chauffée à 40 — 50° et ajouter à ce bain :
- la dissolution de gomme adragante et
- 5 gr. de blanc de baleine.
- 25 gr. de sucre.
- Le mélange étant bien fait ; au moyen d’une éponge bien imbibée de cette préparation, on mouille légèrement la soie à l’envers et on passe au cylindre à feutre en ayant soin de mettre le côté mouillé sur le cylindre.
- Si l’on n’a pas de cylindre à feutre on peut repasser au fer.
- L’apprêt, que l’on obtient par ce moyen ; est, comme moelleux et souplesse, de beaucoup supérieur à ce qui se fait journellement:
- Au cas où les proportions indiquées ci-dessus ne donneraient pas, pour certaines soies, assez de fermeté, il est facile en les augmentant d’arriver au résultat désiré.
- Apprêt de soie de couleur.
- Cet apprêt ne pouvant être appliqué qu’à la soie noire, j’ai essayé, pour la soie de couleur de la graine de lin et du lichen blanc, ce qui m’a également très bien réussi. Voici la préparation dont je me suis servi.
- Pour 2 litres d’eau environ :
- 1° 10 gr. graine de lin.
- 25 gr. gomme adragante.
- 25 gr. sucre.
- 2° 100 gr. lichen blanc.
- 25 gr. gomme adragante.
- 25 gr. sucre.
- Ces proportions peuvent servir de base, mais doivent nécessairement varier suivant la nature de la soie et aussi suivant le mode d’appêt employé.
- Par exemple, la quantité d’eau sera plus grande si la soie est collée, ou bien épinglée (terme d’atelier) que si elle est apprêtée au cylindre à feutre
- ou bien au fer. Dans la pratique il est facile de trouver les proportions convenables.
- Recevez, etc. A. Barbé.
- TEINTURE
- DES LAINES JET LAINAGES
- — Suite (2). —
- Gros draps de montagne
- La pièce comporte généralement 32 mètres de long sur 5/4 de large, elle pèse 25 kil. — Les doses sont pour un drap.
- Noir mordant
- Bain : 2 kil, tartre;
- 3 — 500 sulfate de fer -,
- 1 — bois jaune.
- Bouillir les étoffes deux heures, très bien éventer et laver.
- Teindre avec :
- 7 kil. campêche;
- 200 — 300 gr. sulfate de cuivre, jusqu’à hauteur du noir.
- Marron
- Bain : 1 kil. 500 sumac;
- 3 — bois jaune ;
- 1 — 500 garance;
- 500 sulfate de fer
- 500 suie.
- Teindre au bouillon. Si on veut un marron plus oncé ajouter 1 ou 2 kil. de santal.
- Brun violet
- Bain : 1 kil. 500 alun;
- 1 — 500 tartre ;
- 500 garance;
- 2 — composition d’indigo ;
- 2 — 500 campêche;
- 500 sulfate de fer.
- Bleu au campêche
- 1er bain : 250 gr. bichromate de potasse; 50 — sel d’étain.
- Bouillir une heure et demie et laver.
- 2e bain : campêche.
- Teindre au bouillon.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 4879, pages 152, 164, 4 87, 233 et 284 et année courante, pages 10, 33,
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- BT DE L’IMPRESSION UES TISSUS
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- Vert
- Bain : 7 kil. 500 2 —
- 250
- 20 à 30% 1 kil. 500 800à 1,000
- bois jaune -, fustet ;
- alun ;
- campêche ;
- sulfate de fer -, .suie.
- Autre vert
- 1er bain : 250 gr. bichromate de potasse ; 50 — sel d’étain ;
- Bouillir une heure et demie à deux heures et laver.
- 2e bain : 8 kil. bois jaune -,
- 6 kil. campêche.
- (A suivre.)
- - —{.-*.*2*—-------------------
- TEINTURE DE LA CHAINE-COTON EN ÉTOFFES Par M. DE Vinant.
- — Suite (I) —
- Pour 2 hil. étoffes.
- Couleur bois
- 1 kil. sulfate de soude
- 2 — sulfate d’alumine
- 2 cassins orseille
- 5 kil. curcuma
- Teindre. — Laver. —
- Finir sur bain de cachou, additionné de bichromate, de curcuma et de brésil.
- Aventurine,
- 1 kil. sulfate de soude
- 2 — — d’alumine
- 1 cassin orseille.
- 6 kil. curcuma
- Teindre. — Laver, finir comme le précédent sans brésil.
- Orange.
- Teindre sur un seul bain, commencer à froid avec bain de rocou fait de.
- 3 kil. rocou
- 2 — carbonate de soude
- Dissous au bouillon, auquel on ajoute du curcuma.
- Monter en chaleur jusqu’à nuance. — Laver.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année courante, page 176.
- Vert clair n° 1
- Teindre la laine par les procédés ordinaires, puis passer à froid une demi-heure en nitrate de fer à 1° B, avec une addition de sel d'étain. — Très bien laver. — Finir à froid avec :
- 210 gram. prussiate de potasse
- 280 — acide sulfurique
- Après teinture, laver ; essorer.
- Foularder deux fois en acétate d’alumine à 7°B. — laisser enroulé 12 heures, rincer sans battre. | Teindre ensuite à 20-25° chaleur avec décoction de bois jaune ou de gaude, ensuite rincer.
- Vert no 2
- La laine étant teinte, passer à froid en nitrate de fer à 2° B, additionné d’un peu de sel d’étain, ensuite laver.
- Teindre avec :
- 280 gram. prussiate de potasse
- 375 — acide sulfurique
- Après teinture, laver, essorer.
- Foularder avec acétate d’alumine à 7° B. Laisser enroulé 12 heures, rincer sans battre.
- Teindre en jaune à 20-25° C. avec bois jaune ou gaude, — Laver.
- Vert n° 3.
- Comme le précédent, sauf que le nitrate de fer est à 3°, sans sel détain, etque les doses de prussiate et d’acide sulfurique sont respectivement de 350 et 470 gram.
- Vert n° 4
- Comme le précédent — nitrate de fer à 4° — prussiate : 400 gram. Acide sulfurique 500 gram.
- Vert no5
- Comme le vert n° A.—Prussiate 420 gram; acide sulfurique 530 gram.
- Sans rincer teindre avec curcuma, puis rincer Les verts olives se finissent avec cachou, curcuma et un peu de campêche.
- A suivre.
- MOYENS POUR ENLEVER
- LES TACHES
- Taches dle nitrate dl’argent sur le linge et sur la peau
- On humecte avec un peu d’eau froide ou chaude, on les frictionne avec de l’iode ou de l’iodure de
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- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- potassium. Par cette première opération les tâches deviennent jaunâtres.
- On achève de les faire disparaître en frictionnant avec un soluté concentré d’hyposulfite de soude. Le chlore et le brome ou leurs composés alcalins donnent sensiblement le même résultat.
- Taches d'acides minéraux
- Alcalivolatil (ammoniaque) étendu de Q. S. d’eau ou exposition aux vapeurs seules de cet alcali.
- Taches d'encre
- Sel d’oseille seul, ou additionné de sel d’étain en dissolution ; ou mieux : acide oxalique, pour empêcher la couleur d’une étoffe de disparaître en même temps que la tache d’encre; on/recouvrecelle-ci de fort vinaigre blanc-, solution de pyrophosphate de soude qui n’altère pas les matières colorantes fixées sur le tissu.
- Taches de graisse
- Essence de térébenthine, benzine, dont on frotte la tache avec une éponge fine. Sur les planchers, les teches grasses peuvent s’enlever par le frottement réitéré avec le tan frais et légèrement humecté d’eau chaude.
- Tacites de rouille
- Acide sulfurique très étendu et solution de cyanure jaune; la tache du bleu de Prusse produite est enlevée au lessivage -, il faut quelquefois répéter l’opération. (D'Arcet fils).
- Frottement doux avec la crème de tartre pulvérisée et humectée puis lavage. Sulfhydrate de soude ou de potasse, puis acide chlorhydrique étendu de P. E. d’eau, lavage à l’eau simple, puis à l’eau de savon faible.
- Taches de résine ou de térébenthine, poix, cire, bougie
- L’alcool rectifié les dissout parfaitement, faute d’alcool l’eau de Cologne.
- •
- Taches de vernis, de goudron, de peinture
- Essence de térébenthine, benzine, comme pour les taches de graisse. On peut aussi employer le beurre que l’on fait disparaître ensuite avec l’essence de térébenthine.
- {Officine Dorvault )
- IMPRESSION DES TISSUS
- — Suite. —
- Gomme adragante.
- Dans les applications de la gomme adragante comme épaississants on ne se contente pas de la faire gonfler; on l’abandonne vingt quatre heures à froid, avec de l’eau, puis on la fait cuire plusieurs heures, jusqu’à ce que le liquide épais soit bien homogène et liant.
- Pour un litre d’eau on emploie 60 à 100 grammes de gomme adragante. La solution est épaisse, presque incolore, mais elle n’a pas beaucoup de cohésion. Aussi ne peut elle pas remplacer l’eau de gomme dans la plupart de ses usages. Par contre elle sert très avantageusement en mélange avec l’albumine ; les nuances sont moins opaques qu’avec la gomme Sénégal, plus solides et les couleurs moussent moins.
- Employée dans les couleurs-vapeur ou d’application, elle donne plus de solidité à l’impression : les couleurs déchargent moins au lavage. Pour certains genres on peut même négliger le lavage.
- Le mélange de gomme adragante et d’albumine convient pour le rouleau. L’eau de gomme adragante se mêle aussi bien à l’albumine du sang. Pour cet usage, il convient de neutraliser par de l’ammoniaque l’acide faible qu’elle renferme. En mélange avec la gomme Sénégal elle sert pour fondus.
- Au lieu de cuire la gomme adragante à la pression ordinaire, on peut opérer en chaudière close à quatre ou cinq atmosphères. Au bout d’un quart d’heure à vingt minutes, on atteint le résultat voulu.
- Cette remarque s’applique aussi à la préparation de l’empois.
- Il est difficile de préciser la proportion des épaississants pour la préparation des couleurs ; cette proportion se graduant non sur le plus ou moins de viscosité naturelle des dissolutions et sur leur densité, mais encore sur l’action chimique de ces dissolutions sur les épaississants.
- Ainsi, tandis qu’il faudrait 125 à 160 grammes d’amidon pour des dissolutions indifférentes ou rendues simplement acides après cuisson, il en faudrait moitié moins s’il s’agissait de sels coagulants, tels que les dissolutions concentrées de sesquioxydes, ou encore si la dissolution était caustique (soude etc.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- D’un autre côté, avec des sulfates, il n’y aurait aucune épaisseur, mais liquéfaction complète avec 300 grammes d’amidon.
- Avec la gomme, 200 à 300 grammes sont souvent plus que suffisants lorsqu’il s’agit de dissolu-lution de sesquioxydes (qui forment généralement la classe des mordants) tandis qu’il faut le double de cette quantité pour les cas normaux des des dissolutions indifférentes, sels de protoxydes.
- Un sel est d’autant plus coagulant qu’il est plus basique. Les sesquioxydes sont coagulants, les sels de protoxydes ne le sont pas.
- Il faut éviter, en général, l’état de coagulation à quelque degré qu’il soit et ne pas le rechercher comme question d’économie, en raison de son influence peu favorable à la pénétration dans les pores du tissu.
- Les épaississants, et cela se conçoit, annulent une grande partie du composé destiné au tissu. On dirait même qu’ils se teignent et se saturent en premier. On obtiendra donc d’autant plus fon-céou d’autant plus intense, ou enfin on fixera d’autant plus sur le tissu qu’on aura pu incorporer le moins de substance épaississante dans la couleur.
- Malheureusement les épaissisants les plus forts, tels que la gomme adragante et l’amidon ne fournissent pas, en raison de leur état gélatineux, d’impressions aussi bonnes que les épaississants visqueux et fluides, tels que les gommes naturelles et artificielles.
- Au sujet de cette soustraction, proportionnelle à la quantité en poids des épaississants, on peut citer une anomalie assez singulière : c’est que la gomme dont il faut de un tiers à un quart de moins en poids que d’amidon torréfié, et qui, pour cette raison, abstraction faite de l’action réductrice dont elle est privée, donne déjà des nuances plus intenses, se comporte d’une manière toute différente lorsqu’il s’agit de mordants d’acétate. Aussi l’acétate ferreux fournit des tons plus pâles avec la gomme qu’avec les amidons torréfiés. Cette action ne parait être due qu’à un effet hygrométrique. Car pour peu que l’on ajoute à la couleur gommée de la glycérine ou du sel ammoniac, on restitue à la gomme toute sa supériorité.
- Epaississants d'origine animale.
- Le règne animal fournit également des substances capables de jouer le rôle d'épaississants : tels sont l’albumine. la caséine, le gluten, la gélatine. Mais dans l'emploi qu’on en fait dans l’impression
- des tissus, ces propuits remplissent un double but 1° ils donnent à la couleur la viscosité nécessaire à l’impression ; 2° et c’est la leur principale application, ils fonctionnent comme fixateurs plastiques des couleurs insolubles.
- L’impression des couleurs insolubles, et leur fixation au moyen de l’albumine ou de ses congénères a pris un grand développement et tend de plus en plus à se généraliser. Nous croyons donc devoir lui consacrer un chapitre spécial.
- INDUSTRIELLE
- AVIS OFFICIELS
- Ministère des postes et des télégraphaes-
- Recouvrements internationaux
- Le public est actuellement admis à faire recouvrer, par l’intermédiaire de la poste, les effets de commerce, quittances, factures et valeurs de toute nature, payables en Belgique, en Suisse, dans le Grand-Duché de Luxembourg, et réciproquement.
- A partir du 1er août 1880, la poste se chargera également du recouvrement des valeurs payables en Allemagne en Roumanie, dans les Pays-Bas, et vice versa.
- Les valeurs ne devront pas dépasser. 300 fr. (150 florins) pour les Pays-Bas, 500 fr. (400 marks) pour l’Allemagne et 1.000 fr. (1.000 leys) pour la Roumanie ; le montant des valeur devra toujours être exprimé par l’expéditeur lui-même en monnaie du pays de destination (florins, marks ou leys) ; les valeurs devront être payées sans frais : la signature pour acquit est obligatoire sur les valeurs payables dans les Pays-Bas.
- Les enveloppes destinées à l’expédition seront fournies dans chaque bureau de poste, contre payement de la taxe fixe d’affranchissement de 25 centimes. Elles seront fermées par l’expéditeur et déposées au guichet pour être transmises sous recommandation au bureau allemand, roumain ou néerlandais chargé du recouvrement.
- Les valeurs à recouvrer en Allemagne et dans les Pays-Bas devront être décrites, en outre, sous une formule qui sera fournie au public dans tout bureau de poste avec l’enveloppe spéciale destinée à la transmission.
- Pour l’Allemagne et la Roumanie, la même en-
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- GQ O
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- veloppe ne devra contenir que des valeurs à recouvrer sur le même débiteur -, pour les Pays-Bas, le même envoi pourra se composer de valeurs recouvrables sur des débiteurs différents par un même bureau de poste et au profit d’une même personne.
- Il est interdit d’insérer dans l’enveloppe aucune lettre ou note pouvant tenir lieu de correspondance entre le créancier et le débiteur.
- Les valeurs qui n’ont pu être recouvrées sont renvoyées sans frais au déposant. Les sommes encaissées lui sont transmises au moyen d’un mandat de poste, après déduction :
- 1° D’une taxe d’encaissement de 0 fr. 10 par 20 fr. avec maximum de 0 fr. 50 par valeur ;
- 2° Des droits de timbre perçus, s’il y a lieu, sur les valeurs recouvrées, sauf pour l’Allemagne -, dans relations avec ce pays les droits de timbre sont toujours à la charge du débiteur ;
- 3° Des frais ordinaires afférents à l’émission des mandats de poste.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Toulon, 2 septembre.
- 111,500 kiL d’étoupe noire par voie de transformation.
- Dépôt de garantie, 1,100 fr.
- Cautionne.rent, 12,000 fr.
- Cherbourg, 9 septembre.
- Fournitures ci-après ;
- Tapis jaspés en laine de 0160 de laize, 1,500 m.
- Tapis en tissu, de 1 m. de laize, 300 m.
- Végétal (manille), de 0n60 de laize, 300 m.
- 400 paires de pantoufles de malades.
- Pas-de-Calais. — Bureau de bienfaisance de la ville de Boulogne-sur-Mer, vendredi 20 août.
- Fournitures de linge, étoffes, etc., pour le service de l’établissement pendant Veæerciee 1880
- Cette adjudication nous étant parvenue trop tard pour en informer nos lecteurs en temps nécessaire, nous n’en donnerons pas le détail.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE.
- Brest, 5 août.
- Manches en toile sans couture.
- L. Vanrullen, à Bousbecque, 4,960.
- Raimbaut-Ropart, à Angers, 5,116 fr.
- Simoneton, à Paris, 5,654 fr.
- Rochefort, 6 août.
- Fournitures pour le 3e régiment d’injanterie de marine. — Chemises
- Bertrand, à Rochefort, 2.15 — L. Bouton, à Lyon, 2.30. — Boutry van Isselstein, à Lille, 2.18. — Capeau, à Avignon, 2.16. — Chautard, à Paris, 2.25. — Cerf Meyer, à Brest. 2.30. — Chauveau, Blanc et Ce, à Paris, 2.25. — Daumas et ses fils, à Montpellier, 2.16. — Th. Faucon et G*, à Marseille, 2.46. — Franck fils, à Paris, 2.07. —
- Gayant et Gelut, à Paris, 2.12. — Gérin, à Paris, 2.22. — Grassin, à Angers, 2.25. — Helbonner, et Ce, à Paris, 2.11. — A. Leleux, à Pari-, 2.09. — Long, à Lille, 2.12. — May-Bingfils et G", à Paris, 2.21. — Molinier, à Paris, 2.20. —Monnier, à Brest, 2.12. — Montaillé, à Orléans, 2.23. — Pontrémoli, à Paris, 2.28. — E. Richer, à Alençon, 2.27. — Thiébaut-Richard, à Rouen, 2.23. — C. Calvet, à Paris, adj. à 2.18.
- Calottes.
- L. Bouton, 0.28. — Boutry van Isselstein, 0 25. — C. C. Calvet, 0.23. — Capeau, 0.19. — Chautard, 0.18-19.21 . — Cerf Meyer, 0. 28. — Chauveau, Blanc et C', 0.20-22-24. — Daumas et ses fils, O.20. — Th. Faucon et C", 0.19. — Franck fils, 0.21. — Gérin. 0.22. — Helbronner et C*, 0.18. — A. Leleux, 0.18-22-24-26. — Long, 0.26. — May Bing fils et C", 0.19. — Montaillé, 0.18r — Pontré-moli, 0,20. — Molinier, adj. à 0.17 19.
- Guêtres en toile.
- L. Bouton, 1.12. — Boutry van Isselstein, 1.08. — C. Calvet, 1.02. — Capeau, 0.96. — Chauveau, Blanc et C*, 1.02. — Daumas et ses fils, 1.09. — Th. Faucon et C*, 1.03. —Franck fils, 1.02. — Gayant et Gelut, 0.97. — Gérin, 1.11. —Grassin, 1.08. — Helbronner et Co, 0.97. — A. Leleux, 0.99. — Long, 1.10. —May Bing fils et Ce, 0.99. — Molinier. 0.97. — Montaillé, 0.99. — Pontrémoli, 1.09. — E. Richer, 1.03. — Bertrand, adj. à 0.96.
- Bretelles.
- L. Bouton, 0.40. — Boutry van Isselstein, 0.48. — C. Calveî, 0.44. — Capeau, 0.47. — Cerf Meyer, 0.45. — Chauveau, Blanc et Cie, 0.40. — Daumas et ses fils, 0.43. — Th. Faucon et C*, 0.46. — Franck fils, 0,45. — Gérin, 0.44. — Heibonner, 0.39. — A. Leleux, 0.45. — Long, 9.41. — May Bing fils et C*, 0 37. — Molinier, 0.39. — Pontrémoli, 0.42.
- Sacs à distribution
- Bertrand, 3. — L. Bouton, 2.80. — Boutry van Isselstein, 2.85. — C. Calvet, 2.95. — Capeau, 2.83. — Chautard, 2.90. — Chauveau, Blanc et Ce, 2.84. — Daumas et ses fils, 3.— Th. Faucon et Ce. 2.94. — Franck fils, 2.90. — Gérin, 2.85. Grassin, 3. — Helbronner et Ce, 2.90. —A. Leleux, 2.82. — Long, 2.75. — May Bing fils et C®, 2.85. — Molinier, 2.89. — Monnier, 3. — Mon-taillé, 2.75. — Pontrémoli, 2.79. — E. Richer, 2.65. — Gayant et Gelut, adj. à 2.75.
- Torchons.
- Bertrand, 0.63. — L. Bouton, 0,72. — C. Calvet, 0,68. — Capeau, 0,64. — Chautard, 0.50-59-69. — Chauveau, Blanc et C*, 0 71. — Daumas et ses fils, 0.61. — Th. Faucon etCc, 0.71. — Franck fils, 0.68. -— Gayant et Gelut, 0.64. — Gérin, 0.70. — Helbronner et C®, 0.60. A. Leleux, 0.65. — Long, 0.69. — May Bing, fils et C', 0.67. — Molinier, 0.69. —Monnier, 0.81. — Pontrémoli, 0.68. — E. Richer, 0.63. — Thiébaut Richard, 0.50. — Grassin^ adj. à 0.60.
- Gilets de flanelle
- Chautard, 3.24 3.34. — Cerf Meyer, 3. 35. — Th. Faucon et C®, 3.04-3.16. — Gayant et Gelut, 2.35-3.05. — Gérin, 3.10. — Helbronner et Co, 3.32. — A. Leleux, 3.35. — Long, 3.58. — May Bing fils et C', 3.09. — Monnier, 3 22. — Mantaillé, 2.87. — Grassin, adj. à 3.35.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route Nationale, à Charleville(Ardevnes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 21 Année, N’ 17. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Septembre 1880.
- SOMMAIRE
- Teinture des plumes, par M. VANNUGCIO-VANNUGGINNI (suite). — Note sur la teinture de la silice gélatineuse et de la silice en général, en réponse à la lettre de M. le DrReimann, de Berlin, en date du 4 avril 1880, par M. Gustave Exgel. — Méthode d’épuration des eaux d’alimentation des chaudières, par MM. MOLLER (suite). — Préparation de la soie pour la teinture (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Nankin ou chamois sur coton. — Teinture pour chapellerie : Grenat. — Sur l’emploi des couleurs azoconjuguées. — Conservation des apprêts : parements, colles et albumines par l’acide solicylique.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Catalogue des brevets, etc.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- TEINTURE UES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- GRIS
- il y a un très grand nombre d'espèces de gris qui résultent toujours du mélange d’une couleur quelconque avec du noir et du blanc. Les décrire tous ce serait chose presque impossible, en tout cas peu fructueuse, de façon que je me bornerai aux principaux.
- GRIS-PERLE
- C’est un mélange de bleu violacé avec très peu de noir et beaucoup de blanc. On l’obtient par le même procédé qui sert à faire du blanc, c’est-à-dire par un mélange de carmin d’indigo et de violet. Je ne reviendrai pas sur la description de ce procédé ; je dirai seulement que quand il s’agit de faire du gris-perle, on force un peu les quantités des matières colorantes.
- GRIS GISELLE
- Le gris Giselle est un mélange de blanc et de noir.
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et ' 24, et nos 1,2,3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 16 de 1880.
- On l’obtient très facilement en teignant la plume avec une petite quantité de bain de noir. Comme il reste toujours une petite teinte jaunâtre, on est obligé de roser avec un peu de cochenille. Cette opération se fait dans un bain froid acidulé avec une petite quantité de sel d’oseille. S’il s’agit d’autruche, on y délaie de l’amidon.
- GRIS ARGENTÉ
- C’est un mélange de blanc et de bleu terni avec du noir en très faible proportion.
- On obtient le gris argent à l’aide de gris rosé et de gris bleu en proportions convenables. On emploie ces matières colorantes très diluées, en solution limpide, et on fait un bain acidulé à l’acide acétique ou au sel d’oseille. Le bain sera froid et avec de l’amidon s’il s’agit d’autruche ; simplement froid ou tiède s’il s’agit de plume tendre ; à l’ébullition s’il s’agit de plume dure.
- GRIS FEUTRE
- C’est un gris jaunâtre.
- On peut l’obtenir de différentes façons ; voici les deux principales :
- 1er Procédé.
- Dans un bain acidulé au sel d’oseille ou à l’acide sulfurique, où trempe la plume, on verse, peu à peu, une solution étendue d’extrait de châtaignier en alternant avec
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- 194 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- une seconde solution de violet. Suivant que l’échantillon a une nuance plus verdâtre ou plus rosée, on ajoute aussi du jus d’orseille ou de l’eau bleuie avec du carmin d’indigo.
- Quelquefois pour foncer davantage on emploie aussi du bain de noir, mais cela a l’inconvénient de donner une couleur qui changera rapidement une fois qu’elle sera au contact de l’air. Il vaut mieux, dans ce cas, employer, concurremment à l’extrait et au violet, du gris rosé.
- Le procédé que nous venons de décrire est très ancien, surtout si on emploie du bain de noir. Il présente cependant des inconvénients assez graves :
- 1° Difficulté d’application, car il faut être très habile pour teindre de la sorte rapidement et bien ;
- %o L’extrait de châtaigner ne donne jamais une égalité parfaite et, employé en trop grande quantité, empêche les plumes de revenir au séchage.
- 2° Procédé.
- Il est plus nouveau que le précédent et lui est de tous points préférable. Il consiste à faire emploi de gris feutre en union au gris rosé. Ces deux matières, d’un .emploi très facile, servent pour la généralité des nuances en question. S’il s’agissait de roser un peu on pourrait employer de la cochenille ou du violet et, au contraire, pour verdir, une très faible quantité de carmin d’indigo. Ces matières colorantes s’emploient dans un bain froid ou tiède ou bouillant, suivant la plume et le ton de la couleur ; on acidulé le bain à l’acide acétique ou au sel d’oseille.
- GRIS FER, GRIS ACIER, ETC.
- Ces sortes de gris sont des couleurs en général assez foncées résultant d’un mélange de bleu, de beaucoup de noir et d’un peu de blanc. On les obtient sur plume à l’aide d’un mélange en proportions convenables de gris rosé et de gris bleu, en nuançant après comme pour les autres gris.
- NOIR
- Jusqu’ici nous eu n’avons qu’à prendre les
- matières colorantes du commerce et à les appliquer sur la plume sans lui faire subir une bien grande préparation. Maintenant qu’il s’agit du noir, nous aurons à voir, au contraire, des procédés essentiellement différents des premiers, car notre couleur n’est pas toute formée, mais il faut la produire sur la matière qu’on a à teindre. Ace propos je remarquerai, en passant, que c’est une chose bien désirable, qu’on arrive à fabriquer des matières colorantes noires comme on est arrivé à obtenir du rouge, du bleu, du vert, du violet, car les opérations de teinture y gagneraient certainement en temps et peut-être en économie; ces opérations seraient bien plus simples, plus faciles à diriger et on s’exposerait moins à des pertes, quelquefois considérables, dues à la négligence ou à l’incapacité. Mais jusqu’ici l’industrie des matières colorantes, qui a fait d’ailleurs de si admirables progrès, n’est arrivée qu’à produire, tout au plus, des gris et les prétendus noirs directs, qui sont bien loin de donner des résultats, mêmes médiocres.
- La teinture des plumes en noir forme, pour ainsi dire, une spécialité tout à fait à part, qui n’a rien de commun avec la teinture en couleurs. Et c’est, en effet, des ateliers à part qu’on lui consacre et des ouvriers spéciaux qui s’en occupent.
- Les procédés par lesquels on teint la plume en noir sont au fond les mêmes ; ce ne sont que les détails qui en diffèrent ; détails qui souvent ne sont que les préjugés d’un empirisme aveugle, mais de qui au contraire dépend, d’autres fois, le succès de l’opération. La teinture des plumes en noir demande des soins minutieux, un travail assidu et rigoureux.
- Les différentes sortes de plumes se comportent, il est vrai, très différemment dans la teinture en noir, mais au fond ce ne sont que des différences de température, de soins ou de temps.
- Comme c’est la teinture de l’autruche qui est dans ce cas la plus importante, je décrirai, aussi consciencieusement que je pourrai, les manipulations qu’on lui fait subir. Une fois cela connu, il me sera facile de faire
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- comprendre comment on traite les autres sortes de plumes; enfin, j’aborderai la question de teinture en noir des peaux, ailes et oiseaux qui donne lieu à des procédés tout à fait différents de ceux qui auront été décrits précédemment.
- Teinture de l’autruche en noir.
- Le procédé de teinture des plumes en noir, le plus généralement suivi, qui s’applique avec le plus de chances de succès, qui donne les meilleurs résultats, est celui fondé sur l’emploi du campêche et d’un sel de fer. L’action réciproque de ces deux substances est très complexe, et ce n’est pas ici le cas d’en faire la théorie ; le résultat seul nous importe : il se produit une matière colorante noire insoluble dans Veau. En général on n’emploie pas le campêche et le sel de fer seuls, mais on fait usage en même temps de matières tanniques, comme la noix de galle ou le sumac, du terra, du sulfate de cuivre, du verdet, etc. On ajoute bien d’autres substances, mais la base du procédé reste toujours la même. Quelquefois on trempe les plumes dans la décoction de campêche et de matières tannantes et on tourne ensuite au noir en plongeant la plume dans la solution du sel de fer. Mais il est bien plus simple et plus expéditif de faire un bain unique en mélangeant directement toutes les substances entre elles; il est prouvé, bien que la réaction entre ces substances se fasse dès qu’elles sont en contact, que la plume ne se teint pas moins bien, le précipité noir qui vient de se former étant dans un état très propre à s’unir à la plume. Les détails du procédé ne sont pas les mêmes pour chaque nature d’autruche. Voyons le cas le plus facile, celui de l’autruche noire qui n’a besoin que d’un faible couvert pour être parfaitement teinte.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdite».
- NOTE
- sur la teinture de la silice gélatineuse et de la silice en général, en réponse à la lettre de M. le Dr Reimann, de Berlin, en date du 4 avril 1880.
- Par M. Gustave Engel.
- Séance du 26 mai 1880 de la Société industrielle de Mulhouse.
- M. le docteur Reimann, de Berlin, en réponse au travail que j’avais eu l’honneur de vous soumettre sur la faculté que possède la silice provenant d'infusoires, d’absorber et de fixer les matières colorantes avec ou sans le concours des mordants, s’était adressé à la Société industrielle pour réclamer la priorité de cette idée, se basant sur différentes notes qu’il avait publiées sur la teinture de la silice gélatineuse et sur l’emploi de cette silice comme mordant.
- De ses essais il concluait que, contrairement à l’opinion que j’avais émise, la capillarité ne jouait aucun rôle dans la teinture qui n’était due qu’à une attraction de surfaces. Il joignait à sa lettre du 4 avril 1880 une série d’échantillons qui devaient prouver qu’il arrivait à teindre la silice précipitée dans les mêmes nuances que la silice d’origine animale, et à lui donner une intensité de nuance plus grande que celle à laquelle il arrivait en teignant cette dernière.
- Vous avez bien voulu soumettre à mon examen ces essais de teinture ; ils me permettront aujourd’hui de vous prouver que M. le docteur Reimann est dans l’erreur, que la silice gélatineuse ne se teint pas, et si dans certains cas, elle fixe de la matière colorante, ce n’est que grâce à un état particulier de cohésion qui lui permet de retenir par capillarité la matière colorante, qui lui donne alors l’apparence d’une substance teinte.
- Sans vouloir m’arrêter ici plus qu’il n’est nécessaire sur une particularité que présentent les échantillons que vous a soumis M. Reimann, je remarquerai cependant que pour comparer un produit quelconque avec une poudre impalpable, pour pouvoir juger avec certitude de la nuance de ces deux corps il faut nécessairement que le produit que l’on compare soit également en poudre aussi tenue que possible -, or en pulvérisant les échantillons
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- soumis et quoique par le broyage le plus parfait, ou n’arrive pas à réduire la silice en poudre aussi fine que la silice infusorienne, ces derniers perdant toute cette intensité de nuance sur laquelle, M. Rei-mannse basait pour justifier l’opinion qu’il avance, ils deviennent beaucoup plus clairs que les teintures qu’il a faites parallèlement avec de la silice de provenance animale, essais qui, eux-mêmes déjà, n’arrivaient pas à la hauteur de ton de ceux que je vous ai soumis.
- La silice véritablement gélatineuse ne se teint pas, ne retient pas, ne fixe pas les matières colorantes dans les solutions desquelles on cherche à la teindre, tant que par broyage énergique, on n’a pas changé complètement sa (Constitution physique.
- Tel est le point de départ de mon travail, à l’appui duquel je vous soumets trois échantillons.
- L’un représente la silice gélatineuse obtenue sous la forme de pellicules fines et transparentes par l’action de l’acide carbonique sur le silicate de soude ; l’autre, cette même silice, traitée par l’acide chlorhydrique pur et bouillant pendant un quart d’heure puis à l’ébullition pendant une heure dans l’eau distillée jusqua ce qu’elle ne contienne plus traces de chlorures.
- Cet échantillon a été teint au bouillon dans une solution concentrée de violet d’aniline, puis lavé une fois à l’eau bouillante.
- Comme vous le voyez le résultat de la teinture est nul ; les bords mêmes des éclats de silice ne présentent pas de coloration sensible.
- Le troisième échantillon représente la même silice broyée et passée au bain de teinture qu’elle a fixé ; j’aurai l’occasion de revenir un peu plus loin sur cet échantillon qui présente un grand intérêt.
- Pour arriver à colorer la silice, il faut opérer, non plus sur la silice véritablement gélatineuse, mais sur une silice a l’état pulvérulent et pâteux en même temps; si je puis m’exprimer ainsi, capable de s’agglomérer en grains composés d’un grand nombre de molécules primordiales.
- Cette agglomération a lieu au moment même de la précipitation, et aucun lavage, aucun broyage, quelque énergique qu’il soit, n’arrive pas à séparer ces molécules les unes des autres. Par précipitation du silicate de soude par un acide énergique, on n’obtiendra jamais une silice sèche en poudre impalpable.
- Grâce à cet état de cohésion, qui lui permettra de retenir plus tard une certaine quantité de matière colorante dans les intervalles qui existent entre les molécules qui constituent les grains de silice, le précipité ainsi formé est long et difficile à laver. Précipité par l’acide chlorhydrique, il ne faut pas moins de 40 litres d’eau bouillante pour laver à fond l’équivalent de 25 grammes de silice sèche.
- Suivant que la silice précipitée a été séchée ou non, elle se comporte différemment en présence des matières colorantes.
- Un poidsde silice précipitée équivalantàlO grammes de silice sèche a été mis en présence d’un excès de matière colorante, solution de violet d’aniline sans dessication préalable.
- La teinture a été faite à chaud ; les matières sont restées en contact pendant vingt-quatre heures, puis le précipité a été lavé à l’eau bouillante par décantation, en employant un litre pour chaque lavage.
- Le dixième litre était encore fortement coloré.
- En interrompant le lavage au deuxième litre et en séchant à 100°, la masse pulvérulente soumise à un nouveau lavage ne cédait plus que des quantités insignifiantes de matière colorante.
- La silice, dessechée avant la teinture, fixe également la matière colorante et ne cède presque plus rien au lavage.
- Cela tient à ce que les grains-de silice sont composés d’un grand nombre de grains plus petits, accolés ; qu’ils retiennent dans les intervalles qui existent entre ces grains une certaine quantité de matière colora te, qui, libre jusqu’à un certain point avant la dessication de la masse, est facilement entraînée par le dissolvant, tandis que la forte contraction qui produit la dessication sur la masse vient encore réduire les dimensions des espaces intercalaires, qui forment alors un véritable réseau de vaisseaux capillaires capables de retenir ou d’attirer avec énergie les solutions colorées au sein desquelles elles sont plongées et donnent alors à la silice l’apparence d’une masse uniformément teinte.
- Ce qui tend à le prouver encore est qu’on n’arrive pas à teindre la silice sèche à la hauteur de ton à laquelle on arrive en desséchant la silice teinte avant dessication • ce qui est plus concluant encore est que la silice teinte et séchée et ne cédant plus rien à l'eau, perd de nouveau des quan-
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- tités considérables de matière colorante dès qu’on lui fait perdre par le broyage la structure physique qui la caractérisait.
- A suivre.
- MÉTHODE D’ÉPURATION des eaux d'alimentation des chaudières.
- par K. et Th. Moeller.
- (Extrait de la Deutsche Industrie Zeitung}.
- 6. L'eau renferme du sulfate de magnésie. — L’élimination de ce sel n’offre de l’intérêt, au point de vue de la formation des incrustations de chaudière, que lorsqu’il existe en même temps que le sulfate de chaux, parce que ce dernier ne peut être enlevé sans qu’on enlève en même temps ou au préalable le sulfate de magnésie. M. de Haen décompose ce sel et le sulfate de chaux simultanément par le chlorure de barium et obtient ainsi du chlorure de magnésium, ce qui constitue un défaut de son procédé et rend l’épuration coûteuse. M. Stingl précipite le sulfate de magnésium par la soude caustique, et puis ensuite le sulfate de chaux par le carbonate de soude, ce qui augmente aussi notablement les frais de l’épuration.
- M. Mœller a démontré par l’expérience que le sulfate de magnésie peut être décomposé également d’une manière presque complète par la chaux caustique en excès, en produisant du sulfate de chaux et de l’hydrate de magnésie ; le sulfate de chaux est d’abord précipité de la liqueur claire par le carbonate de soude et, en même temps, la chaux caustique en excès est séparée sous forme de carbonate de chaux etil seforme de la soude caustique-, cette dernière agit sur la petite quantité du sulfate double de chaux et de magnésie qui est restée dans la solution et précipite l’hydrate de magnésie. Il devient alors possible de décomposer par le carbonate de soude le sulfate de magnésie qui reste. Le précipité qui se forme lors de la précipitation du sulfate de magnésie par la chaux est un composé basique consistant en partie en sulfate de chaux ; le liquide renferme donc moins de sulfate de chaux en solution, et la quantité de carbonate de soude ou de chlorure de barium que l’on doit employer est moindre que celle indiquée par le
- calcul, si l’on avait décomposé le sulfate de magnésie entièrement en formant du sulfate de chaux ; la quantité du carbonate de soude est aussi moindre que celle équivalant à la soude caustique nécessaire dans le procédé Stingl, où l’on décompose directement le sulfate de magnésie par la soude caustique. Un autre avantage, c’est qu’on peut se servir de carbonate de soude au lieu de soude caustique, et que, pour une même quantité d’oxyde, la première substance coûte moins que la seconde et, de plus, se conserve mieux.
- 7. L'eau renferme du sulfate et du chlorure de magnésium.^ Ces sels, de même que le sulfate de magnésie seul, sont précipités par la chaux caustique ; lorsqu’il ne s’agit que d’enlever entièrement la magnésie, on emploie la quantité de chaux indiquée par le calcul, mais quand on veut précipiter toute la magnésie, on ajoute un excès de chaux puis du carbonate de soude, après que le liquide s’est clarifié.
- 8. Les eaux contenant du sulfate de magnésie avec du carbonate de magnésie, du sulfate et du carbonate de chaux et du chlorure de magnésium, se traitent en combinant les méthodes précédentes.
- 9. L'eau renferme de l’acide humique ou des acides analogues ainsi que, leurs combinaisons avec la chaux et la magnésie. — Ces combinaisons se rencontrent dans beaucoup d’eaux, notamment dans celles qui proviennent des tourbières ou des prairies ; ces eaux ont la propriété d’attaquer fortement les chaudières a des températures ne dépassant pas 80 ou 90 degrés. La corrosion se produit dans toutes les chaudières dites à contre courant, dans lesquelles le bouilleur ou le réchauf-feur est entouré par les gaz qui se dégagent du foyer et n’est relié avec la chaudière proprement dite que par un bout de tube ; dans ces chaudières, l’eau s’échauffe progressivement et ne se mélange pas immédiatement avec l’eau en ébullition, par suite du mouvement connu sous le nom de circulation. Cette corrosion du bouilleur a dépopularisé les chaudières à contre courant, qui présentent, à d’autres égards, de si grands avantages. Dans les chaudières dépourvues de bouilleur, la corrosion se produit à l’endroit où a lieu l’entrée de l’eau d’alimentation.
- Le moyen à employer dans ce cas, consiste à chauffer l’eau d’alimentation à 100 degrés, dans un réchauffeur à tubes en bronze ou en laiton, dans lequel l’eau n’est pas chargée de matières grasses.
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- II se produit alors une modification ou une décomposition, et la corrosion du fer n’a plus lieu. On doit éviter que la vapeur chargée de matières grasses soit directement en contact avec l’eau, parce que la matière grassse forme avec l'humate de chaux un savon calcaire, qui se décompose d’abord sur la tôle sous forme de flocons, qui se fondent ensuite en produisant une incrustation poreuse d’un brun foncé. On ne peut employer dans le réchauffeur des tubes en fer, parce qu’ils se corrodent aussi promptement. L’humate de chaux ou de magnésie peut être précipité dans l’eau chaude par l’hydrate et par le carbonate de soude. Afin de pouvoir précipiter la chaux combinée à l’acide humique et aux autres acides analogues, on peut aussi oxyder l’acide au moyen d’un courant d’air, puis précipiter par la chaux caustique. Ce courant d’air est envoyé au moyen d’une soufflerie dans un tube placé au fond du réservoir à eau et percé de petits trous : après que l’oxydation est achevée, on ajoute de la chaux jusqu’à ce que le liquide commence à donner une réaction alcaline.
- Tous ces procédés peuvent être réalisés à l’aide des appareils et dès dispositions mécaniques actuellement connus.
- {Bulletin du Musée de l'industrie de Belgique.)
- PRÉPARATION DE LA SOIE
- POUR LA TEINTURE
- Par M. J. Persoz.
- — Suite —
- Décreusage ordinaire (I)
- Les matteaux sont réunis par lots de douze à quinze kilogrammes et introduits dans des poches en toile de lin solide. La chaudière, de forme ronde, contient par kilog. de soie 250 gr. de savon de Marseille, coupé à l’avance en petits morceaux, ou mieux, dissous dans un peu d’eau ; en ce cas, on verse la solution dans la cuve à travers un tamis.
- On chauffe le liquide jusqu’à l’ébullition, avant
- (1) Méthodes suisses —d’après l’ouvrage de M. David. — Les légères différences de ces méthodes avec les nôtres sont presque effacées aujourd’hui, par suite de l’échange des ouvriers et contre-maîtres entre les deux pays.
- d’y introduire la soie. Durant la première demi-heure, on évite de laisser bouillir, mais on immerge bien les saches, en les poussant dans le fond. Ce temps écoulé, on active le feu et on maintient constamment le bain à une température de 100° et même un peu au-dessus.
- Après quatre heures d’une ébullition régulière, l’opération est terminée, on retire les sacs et on les jette sur une grille en bois ou un chevalet pour les faire égoutter. La soie est tordue à la cheville, dressée et voltée, puis laissée de côté jusqu’au moment de son emploi. Suivant M. David, elle peut attendre ainsi quelques jours, mais pas au-delà d’une semaine, car le savon qui l’imprègne se décomposerait, en prenant une odeur putride, et la fibre perdrait de sa force (1).
- Pour la conserver sans inconvénient un temps quelconque, il suffit de la faire sécher à l’étendage, en la laissant sur savon.
- Par le décreusage ordinaire, la soie naturellement colorée ne devient pas tout à fait blanche, mais conserve une teinte terne, un peu jaunâtre. Ce genre de cuite ne suffit donc pas pour des nuances très tendres, mais il convient fort bien pour des couleurs foncées ou moyennes, comme le noir, le brun, le vert, le violet, le bleu Napoléon, de même que pour le ponceau et le cramoisi. S’il s’agit de couleurs très foncées, on remplace une partie du savon de Marseille, qui est coûteux, par un agent plus économique, du savon gras, par exemple ; mais il faut toujours y joindre une certaine quantité de savon de Marseille de première qualité.
- Étirage
- Lorsque le fil de soie doit être allongé, cette opération a lieu avant la cuite et s’effectue soit à la cheville, soit par des machines. Afin que la soie se prête bien à l’étirage il est nécessaire de la faire séjourner un certain temps, du soir au lendemain par exemple, dans un bain chaud contenant la même quantité de savon que pour la cuite, c’est-à-dire 1/4 du poids de la fibre. On commence par la bien tremper, puis on l’attache par portions des 8 à 10 pantes avec des cordons; cela fait on réchauffe le bain, en élévant la température jusqu’à 7 5°. Quand la soie est introduite, on couvre la cuve avec des toiles. Le jour suivant les pantes sont tordues à la main, étirées, attachées de nouveau
- (1) Ces usages de garder la soie en cet état, même pendant moins de huit jours, paraît peu recommandable.
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- et cuites à la façon ordinaire. On utilise à cet effet, l’eau de savon qui a servi à ramollir la soie depuis la veille, mais on ne cuit que trois heures, au lieu de quatre. Quant au reste, le traitement est le même (1).
- Pour un grand nombre de couleurs et surtout pour le noir, l’étirage de la soie est demandé, mais cette opération n’est pas indispensable -, on y procède que sur l’avis dn fabricant. L’allongement ne doit pas dépasser 2 à 3 pour cent. A suivre.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- Lorsqu’on veut produire un chamois très faible, on emploie le bain à un degré moindre, et on ajoute moins de sel de soude.
- Proportions.
- 100 litres eau bouillante.
- 30 à 35 kil. sulfate de fer.
- 12 — pyrolignite de plomb.
- 1 — sous carbonate de soude.
- Et quelquefois 2 kil. alun.
- C’est une teinture très solide, et l’on doit remarquer que, sans le sous carbonate de soude, on ne produirait pas une teinture régulière.
- NANKIN OU CHAMOIS sur coton.
- On est quelquefois étonné, lorsqu’on veut produire un jaune nankin sur coton, de ne pas réussir convenablement en employant le sulfate de fer et le pyrolignite de plomb.
- Il se passe souvent dans cette réaction un phénomène qui se présente, lorsqu’on met du fer dans de l’acide azotique pur. Le fer n’est pas attaqué; il reste à l’état passif, comme nous le verrons plus tard. On obvie à cet inconvénient de la manière suivante.
- Bain de chamois
- On fait dissoudre dans de l’eau bouillante du sulfate de fer-, on y ajoute du pyrolignite de plomb ; un phénomène chimique se passe, il se fait du sulfate de plomb insoluble, et on obtient une dissolution de pyrolignite de fer. On décante la liqueur, et c’est avec elle que l’on teint en jaune nankin le coton. Il suffit de plonger le tissu dans ce liquide et de l’abandonner à lui-même dans la liqueur, pendant une heure et demie environ. — Faire sécher.
- Pour rehausser la nuance on la plonge dans de l’eau contenant du sous-carbonate de soude, à une température de 40° environ ; on rince ensuite à eau courante.
- , La liqueur contenant le pyrolignite de fer doit marquer 10 degrés environ à l’aréomètre Beaumé. Au reste, la nuance est déterminée par la force du bain et le degré de chaleur employé.
- (1) En France, l’étirage n’a généralement lieu qu’après le dégommage.
- TEINTURE
- POUR CHAPELLERIE
- Grenat à la chaudière. Nuances pour articles de fantaisie et chapeaux pour dames.
- Pour 12 chapeaux (5 seaux d’eau).
- Mettre ensemble :
- 600 grammes orseille ;
- 200 grammes bois jaune;
- 200 grammes sumac de Sicile.
- Faire bouillir une demi-heure et ajouter :
- 25 grammes carmin d’indigo -,
- 100 grammes alun raffiné.
- Donner deux plongées d’une demi-heure ; passer à l’eau et ajouter au bain :
- 100 grammes extrait de campêche coupe d’Espagne ;
- 600 grammes orseille ;
- 25 grammes grenadine soluble qu’on fait dissoudre à part dans un petit vase ; tamiser.
- Faites bouillir ces drogues pendant une demi -heure et ajoutez-y, après avoir fait fondre :
- 5 grammes oximuriate d’étain -,
- 20 gouttes acide muriatique.
- Deux plongées d’une demi-heure dans le bain bouillant et passer à l’eau chaque fois.
- Extrait du Manuel Bertrand. [Moniteur de la chapellerie.}
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- SUR L’EMPLOI des couleurs azoconjuguées. Orange, Ponceau, Bordeaux, etc. par le Dr Ed. Ulrich (I).
- Depuis l’introduction des matières colorantes nouvelles azoconjuguées, dont la production égale presque celle des couleurs d’aniline et de résorcine dans certaines usines de l’Allemagne, l’emploi de la cochenille, de l’orseille, etc. a beaucoup diminué.
- Comme solidité à l’air et à la lumière ces nouveaux produits tiennent le milieu entre les couleurs d’aniline et l’alizarine artificielle. Comparés aux couleurs naturelles qu’ils peuvent remplacer, ils présentent de grands avantages, mais certains défauts inhérents à leur nature, dont la difficulté de teindre uni est le principal. Les avantages consistent dans la beauté, la plus grande solidité et leurs bas prix.
- Ces colorants sont des acides qui teignent les fibres animales sans mordant, mais aussi sans brillant. Le produit commercial est ordinairement le sel sodique de ces acides qui sont facilement déplacés par les acides minéraux, tels que l’acide sulfurique, chlorhydrique, etc. Ce déplacement ne se fait cependant pas facilement pour certains produits comme orangé, ponceau, coccine et il en résulte que ces derniers teignent plus facilement. Pour les colorants qui sont facilement déplacés, et par suite, teignent inégalement on tourne la difficulté ; on propose pour cela de faire arriver les solutions de couleur par la partie inférieure du bain de teinture, au moyen d'un tube disposé à cet effet. En manœuvrant rapidement et constamment on arrive à de très bons résultats.
- Comme pour la cochenille la teinture par le mordant d’étain donne de bons résultats, la couleur ne déteint pas, mais elle n’est pas pleine. L’acétate d’alumine avec ou sans mélange d’acétate de plomb donne des nuances vives, mais trop claires et salissant fortement. La combinaison de ces deux moyens donne des résultats satisfaisants à toutes les exigences. Le rôle de l’étain dans ce cas n’est pas connu et s’explique d’autant moins qu’on obtient sur les fils de coton les mêmes résultats avec le sulfate basique d’alumine seul. La teinture du jute se fait exactement comme celle du coton.
- L’emploi de ces colorants réclame la même ha-
- 4.() Fœrber-Zeitung du Dr M. Reimann.
- bileté et les mêmes soins que celui delà cochenille ;
- il est donc de la plus grande importance de donner aux teinturiers une méthode pour teindre avec ces nouveaux colorants.
- On ne peut arriver à un bon résultat qu’en formant sur la fibre une combinaison chimique entre la base du mordant employé et l’acide colorant.
- Les mordants employés sont des sels d’alumine, de plomb, de chrome et d’étain. Les premiers fixent facilement la couleur, mais produisent des laques sans beauté; on ne peut les employer que pour l’impression sur coton ou la préparation des laques. Le seul composé d’étain en usage est celui obtenu en dissolvant ce métal dans l’eau régale et non celui obtenu en oxydant le sel d’étain par l’acide nitrique. Le bichlorure d’étain et le sel d’étain ne donnent aucun bon résultat. Le chlorure d’étain et d’ammoniaque ainsi que le stannate de soude peuvent être employés, mais sans avantages, pour la teinture de la laine et celle seulement du coton cardé. Les sels de chrome peuvent avoir quelques avantages pour le nuançage des Bordeaux, mais les plus importants sont les sels d’alumine qui donnent avec les colorants acides les laques les plus pures et les plus brillantes.
- Pour la laine les mordants d’alumine sont souvent appliqués à faux, par suite de l’acidité du bain, car l’alun et le sulfate d’alumine agissent comme des acides libres ; ils mettent bien l’acide colorant en liberté, mais ils le retiennent en solution et empêchent sa fixation. Il faut donc neutraliser au moins une partie des acides des mordants d’alumine par un alcali. Le même cas se présente avec les mordants acides d'étain.
- On obtient cette neutralisation en faisant bouillir la laine avec addition de crème de tartre, ce qui provoque snr la fibre le dépôt des sels basiques d’alumine, tandis que l’acide libre reste dans le bain. On teint alors dans un autre bain qui peut s’épuiser à fond. Comme ce moyen de teindre en deux bains est trop compliqué et trop coûteux on le remplace en ajoutant au bain de teinture du sulfate basique d’alumine on bien l’on produit ce sel dans le bain par une addition convenable de soude. La proportion de 6 0/0 d’alun du poids de la laine et 2 0/0 de soude donne de bons résultats. Le phosphate de soude, au lieu de soude, est encore plus avantageux. Ce sel et l’arséniate de soude sont du reste employés depuis longtemps dans l’impression des étoffes.
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- La proportion d'eau est d’une grande importance dans la teinture par ces colorants. La proportion la pins convenable, pour permettre l’épuisement du bain avec le moins de mordant possible est d’environ 30 litres d’eau pour un kil. de tissu.
- Teinture de la laine en pièces.
- L’unisson est plus difficile à obtenir que sur la | laine en écheveaux. Les feutres sont les plus difficiles à égaliser ; on fera donc bien de commencer à froid et de monter graduellement et plus lentement encore que pour le drap.
- La teinture des bonnets turcs fera le sujet d’un article spécial. Les fils se traitent comme l'étoffe en pièces.
- Le poids approximatif de colorant à employer pour la teinture de la laine varie selon la nuance. Il est de 1 à 2 0/0 pour l’écarlate et l’amaranthe clair, jusqu’à 3 0/0 pour l’amaranthe foncé et 5 0/0 et plus pour les nuances rouge brun. Un bel écarlate bien nourri emploie 11/2 0/0 ponceau R -, un rouge bleuâtre 1 1/2 ponceau RRR, un écarlate de belle nuance s’obtient par un mélange de ponceau G extra avec la coccinine (1) L’usage de ce dernier produit donne à l’étoffe un reflet bleuâtre très beau ; la couleur elle-même est plus belle si l’on produit un écarlate jaunâtre par le mélange d’orange G ponceau et coccinéré au lieu d’employer seule la matière colorante correspondant à la nuance désirée.
- On obtient un rouge rosé clair avec environ 1/2 gr. de coccinine. Si on veut une nuance particulièrement bleuâtre, on emploie le double de colorant et on n'en fixe que moitié, au moyen d’une addition d’alun ou de solution d’étain, moins forte que celle indiquée dans la recette ci-dessous.
- L’amaranthe foncé s’obtient par un mélange de : 1,85 0/0 coccinine 0,85 — ponceau RRR 0,23 — bordeau R
- Un rouge bien nourri, avec :
- 2,5 0/0 ponceau R
- 2,5 — bordeaux R
- Un bordeaux pur, par :
- 3 gr. bordeaux B
- Un brun solide très foncé, avec
- 10 0/0 de colorant
- (1) Les marques de colorants indiquées sont celles de l’an-cienne maison Meister Lucius et Bruning, aujourd’hui : Usines de couleurs, ci-devant : Meister Lucius et Bruning, société au capital de 12 millions.
- Observant que 1 0/0 bordeaux a le même pouvoir colorant que 50 010 d’orseille en pâte et se distingue par sa solidité égale à celle de la garance.
- L’emploi du phosphate de soude en présence des mordants d’étain et d’alumine, tout en permettant d’arriver à l’égalité parfaite des teintes donne à ces dernières une grande beauté et une intensité plus grande. Voici comment on procède :
- La marchandise est d’abord mouillée puis on dissout 4 0|0 de phosphate de soude — du poids de la laine — et le colorant dans une cuve d’eau à 30 — 35° C. — On introduit l’étoffe qu’on manœuvre 10 minutes et on lève. — On ajoute dans le bain 6 010 d’alun en solution, on mélange bien, on entre de nouveau l’étoffe qu’on manœuvre un quart d’heure. Lever de nouveau, ajouter 2 à 4010 d’alun, rentrer, tourner ijà d’heure, puis élever la température lentement par un jet de vapeur, de manière que le bain arrive en une demi-heure à l’ébullition. Suivant la nature de l’étoffe on la lève au commencement de l’ébullition ou on la laisse 10 à 15 minutes. Si on a employé trop d’eau, il faudra davantage d’alun ; le minimum de ce dernier est le double du phosphate de soude. Pour bien réussir, il est nécessaire d’observer la température indiquée et de ne chauffer que lentement. Une forte addition d’alun en une seule fois et le chauffage rapide jusqu’à ébullition ne produisent qu’une teinture superficielle, mais à la vérité plus économique.
- A suivre.
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- CONSERVATION des apprêts, parements, colles et albumines par l’acide salicylique.
- Les différentes matières gommeuses qui servent aux apprêts, parements, encollages, etc., employées soit seules, soit en mélanges pour former avec de l’eau des dissolutions ou des magmas, sont toutes sujettes à la moisissure et à la décomposition.
- Il suffit d’ajouter de 1/2 à 1 gramme d’acide salicylique par kilog. de préparation pour la préserver.
- Pour ce qui est des apprêts, il convient de les cuire à la vapeur dans des cuves en bois, en un mot de ne pas se servir de vases en métal, parce que l’acide salycilique provoque une colo-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ration rougeâtre qui rendrait l'apprêt impropre à l’usage.
- Les couleurs à l’albumine que l’on a de la peine à conserver fraîches, surtout en été, doivent être additionnées de 0,50 centigrammes d’acide par kilog. De l’albumine salicylée préparée au millième se conserve fraîche pendant près d’un mois.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES ET TEXTILES (I).
- Année 1878
- 125614. — 13 juillet. — FAU frères. — Peignage ou cardage des laines sur peaux.
- 125637. — 25 juillet. — Etienne. — Machine à laver.
- 125642. — 31 mai. — Binder VARENNE, — Métier à tisser le coton, la laine, la soie (perfectionnements à des brevets antérieurs).
- 125669. — 16 juillet. — Przibram et Ce. — Perfectionnements dans la production des matières colo. rantes.
- 125683. — 27 juillet. — Perret. — Différents perfectionnements apportés à la machine à fabriquer les fils tressés et également applicables aux métiers à tisser.
- 125693. — 17 juillet. — Serrel. — Mouvement d’arrêt perfectionné pour asples ou dévidoirs.
- 125704. — 18 juillet. — Franke. — Impression sur les fourrures.
- 125706. — 18 juillet. — Meunier-Poulhot. — Appareil à rigoler pour chiner la laine.
- 125734. — 19 juillet. — IIATTERSLEY, Hill et Wal. ker. — Perfectionnements dans les métiers à tisser.
- 125734. — 20 juillet. — Daniel et Lessieux. — Procédé d’utilisation des chiffons contenant à la fois des matières animales et des matières végétales, procédé fondé sur la séparation desdites matières par l’emploi du chlore gazeux sec et pur.
- 125759. — 20 juillet. — WEISENBURGER et Lhôte. — Procédé pour teindre les bois.
- 125760. — 20 juillet. — Martin. — Procédé rendant ininflammables les papiers, les bois, les décors de théâtres et toutes les matières textiles, tissus de fils et coton.
- (1) Le Moniteur de l» Teinture est fort en retard pour la publication du catalogue des brevets d’invention concernant les industries tinctoriales et textiles. Dorénavant, afin de rattraper ce retard et de tenir nos lecteurs au courant des inventions nouvelles, le catalogue paraîtra en caractères plus petits dans tous les numéros du jorunal,
- P. B.
- 125767. — 1er août. — Malinet et Lion. — Perfectionnements aux machines à carboniser chimiquement les matières végétales, mélangées à d’autres matières filamenteuses, sans altérer ces dernières.
- 125780. — 23 juillet. — Gawalouski et Kusy. — Procédé perfectionné d’extraction de l’huile contenue dans les eaux de foulage et dans les liquides savonneux à l’aide de substances chimiques.
- 125788. — 23 juillet. — Demogue. — Perfectionnements apportés aux navettes à tisser.
- 125808. — 25 juillet. —Rigaud. — Procédé de teinture des cheveux et de la barbe.
- 125823. — 25 juillet. — Beuve et Boucher. — Mouvement automatique pour faire les pointes, les diminutions et augmentations dans les métiers rectilignes à tricot.
- 125833. — 6 août. — Hechmann, Ducommun et Steinlen. — Etirage, démêloir à cylindre pour matières filamenteuses.
- 125856. —1er août. — Boulogne. — Laveuse de linge et de laine.
- 125857 — 7 août. — Frey. — Temple mécanique de sûreté à deux molettes, avec mouvement de recul par ressort, pour tissage mécanique.
- 125864. — 29 juillet. — PzILLAS. — Machine de blanchissage pouvant se chauffer, pour laver le linge à la main ou à la mécanique.
- 125874. — 29 juillet. — Martin. — Nouveau mode de teinture de matière filamenteuse.
- 125875. — 29 juillet. — Babey. — Supposition de fils brodeurs bobinos, sans découpage, sur tissus de guipure fabriqués sur métiers bobinos ou leavers bobinos.
- 125878. — 8 août. — Planque et Vinant. — Machine à sécher les tissus. s
- 125901. — 9 août. — Huart. — Perfectionnements aux métiers à filer et à retordre et mouvement alternatif de renvidage.
- 125902. — 9 août. — Mathieu. — Rouleau d’en-souple en tôle.
- Certificats d’addition.
- 121422. — 15 juillet. — Molin. — Foulards, soie et coton sans envers et à deux faces.
- 124155. — 11 juillet. — Nathansohn. — Manière de plaquer des fils de soie, de laine avec des métaux divers.
- 105475. — 20 juillet. — RIVETTE. — Système de mécanique Jacquart.
- 114982. — 14 juin. — BELTZER, Bernard et Oranger. — Cannetière et son application à tous les genres de métier à filer.
- 112711. — 27 juin. — Ben Tayoux. — Moyens de chiner par la teinture des rubans continus.
- 123741. — 23 juillet. — Bérenger jeune. — Application aux cuves de teinture ou autres d’un moyen propre à mettre en mouvement l’eau ou le liquide qui s’y trouve contenu.
- 117193. — 29 juillet. — Claudet rt Mac-Farlan. — Navette dite : casse-duîte.
- 125268. — 19 juillet. — LECAISNE-MARÉCHAL. — Etoffe en chenille double face.
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- 123017. — 20 juillet. — Clark. — Perfectionnement dans les tondeuses.
- 114482. — 23 juillet. — VIMONT. — Modifications au système continu de métiers pour étirer et filer la laine cardée.
- 118897. — 30 juillet. — Bourg. — Nouveau brocheur permettant de brocher le double de pièces.
- 112711. — 27 juillet. — Ben Tayoux. — Moyens de chiner par la teinture des rubans continus, peignés ou cardés de matières textiles.
- 119811. — 30 juillet. — Delamare et Chandelier. — Machine lessiveuve transversale.
- 12186 —- 31 juillet. — Vauthier. — Perfectionnements dans les machines à imprimer en plusieurs couleurs.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Lorient, 8 septembre. — Fourniture de toile de cretonne de coton éeru pour chemises.
- Dép. de gar., 2,000 fr.
- Calvados. — Hospices de Caen, mardi 7 septembre, 3 h.
- Fourniture de cent couvertures
- Le 7 septembre, à trois heures de l’après-midi, dans les bureaux de l’administration, rue Saint-Louis, l’adjudication, au rabais et sur soumissions cachetées, de la fourniture de cent couvertures en laine blanche, dont cinquante à fournir immédiatement, et le reste au fur et à mesure des besoins, sur la demande de l’administration.
- Le cahier des charges est déposé au secrétariat de l’administration des hospices, où toute personne peut en prendre connaissance, de neuf heures du matin à quatre heures du soir.
- Les soumissions devront être écrites sur papier timbré et déposées au secrétariat, le 7 septembre, avant midi.
- Nord. — Hospices et bureau de bienfaisance de Lille, mercredi 15 septembre, 10 h. 1/2.
- Fourniture d'étoffes diverses
- Le 15 septembre 1880, à dix heures et demie du matin (heure fixe), rue de la Barre 41, adjudication au rabais, sur soumissions cachetées, des fournitures ci-après désignées, nécessaires au service de ces établissements pendant l’année 1881.
- Cette adjudication comprend 124 lots d’articles confectionnés et en pièces. Nous ne pouvons, vu le nombre, les reproduire ici.
- Les cahiers des charges et conditions sont déposés au secrétariat, rue de la Barre, 41. Les amateurs peuvent en prendre connaissance tous les jours, de neuf heures du matin à quatre heures du soir, les dimanches et fêtes exceptés .
- Bureau de bienfaisance de Douai, mardi 14 septembre, 2 heures.
- Fourniture d’étoffes
- Le mardi 14 septembre 1880, à deux heures après midi, il sera procédé, dans les bureaux de l’administration, rue du Clocher-Saint-Pierre, à l’adjudication au rabais d’étoffes, couvertures, toiles, etc.
- Pour renseignements, s’adresser audit bureau.
- Toulon, 30 septembre. — Fourniture de 1,250 kil. de crin torque.
- Dépôt de garantie, 250 francs.
- Cautionnement, 500 francs.
- Brest, 30 septembre. — Fournitures suivantes :
- Rubans de soie noire.
- Dépôt de garantie, 840 francs.
- Cautionnement, 1,680 francs.
- Toile bleue lisse de coton pour chemises de marins.
- Dépôt de garantie, 750 francs.
- Cautionnement, 1,500 francs.
- RÉSULTATS D'ADJUDIGATIONTS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Toulon, 19 août.
- Rubans de soie noire pour chapeaux de marins
- Th. Faucon et Ce, à Marseille, 20 fr. 85 les 100 mètres. — Lacroix et Ce, à Saint-Etienne, 18 fr. 50. — Taveau, à Saint-Etienne, 25 fr. — A. Brunon, à Saint-Etienne, 19 fr. —David, à Saint-Etienne, adj. à 18 fr.
- Cherbourg, 19 août.
- Objets d’ameublement
- Démon, à Paris, 8,104 75. — Veuve A. Laloe et fils, à Cherbourg, 8,370 fr. 80. — Alph. Heilbronner et G*, à Paris, 8,894 fr. 55. — Veuve Aubert, à Cherbourg, 10,473 fr. — L. Soin, fils aîné, à Cherbourg, adj. à 7,910 fr. 50.
- Matières colorantes
- Charetier, à Paris, 10,084 fr. — Ed. Lefèvre, à Paris, 10,566 fr. 60. — Pigeon, à Tours, 9,251 fr. 80. — Michon, Pierre, à Paris, adj. à 6,227 fr. 40.
- Cherbourg, 20 août.
- Etoffes diverses pour deux années
- L. Soin, à Cherbourg, 7,986 fr. 50. — Demont, à Paris, 8,104 fr. 75. — Veuve A. Laloë et fils, à Cherbourg, 8,370 fr. 80. — A. Heilbronner et Ce, à Parts, 8,894 fr. 55. — Veuve L. Aubert, à Cherbourg, 10,473 fr.
- Toulon, 26 août.
- 6,000 kil, de feutre animal en bandes.
- M. Lacombe, à Lyon, 118 fr. les 100 kil. — Mm Lion, 149 fr. — Saux père, à Bordeaux, adj. à 92 fr.
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Intendance militaire
- Le 21 août a eu lieu l’adjudication de la fourniture de toiles en lin ou en chanvre, nécessaires au service du campement.
- 1er lot au magasin central de campement de Billancourt : toiles en lin pour enveloppes de paillasses.
- Ed. Dufou, 0,94. — Ch. Levesque, rue du Sentier, 0,96 pour 2 lots, 1,03. — Miellez, 1,02, 1,04, 1,06, 1,08. —Chas et Vagnair, 0,96, 1,02. — Ce linière de Pont-Remy, 1,23 1,25. — Villard, 20, rue du Sentier, 1,02, 1,04, 1,07, 1,09. — Dufour, 0,95 pour 3 lots et 0,94. — Dutilleul, 1,12, 1,15, 1,20, 1,25. — Huret-Lagache et C', à Pont-de-Brique (Pas-de-Calais), 0,99, 1,09. — Ch. Janson, 0,94 pour 2 lots et 0,95 pour 4 lots. — Vérité, 0,95, 1,02. — Saint frères.
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- LE MONITEUR DE LA TIENTURE
- 4, rue du Pont-Neuf, 1,06, LOI, 1,02. — Desplant, 1,00, pour 2 lots et 1,07, 1,08. — Sorive, 0,96 pour 4 lots. — Ro-geau, 1,^0 pour 2 lots, 1,07 pour 2 lots, 1,09, 1,10. — Ri-cher, 1,06 pour 2 lots. 1,07 pour 2 lots, 1,08 pour 2 lots. — Soriété de filature de lin d’Amiens, 1,99,1,01, 1,03. — Cau-vin, 1,15, 1,15. — Pouchain, 1,00. — Magnies, Duplay et Ce, 7, rue d’Uzès, 1,98 pour 8 lots. — Bernard, 0,90 pour 2 lots, 0,93, 0,04, 0,95, 0,9..
- 2e lot : au magasin central de Billancourt; toile en lin pour enveloppes de traversins.
- Bernard, 0,80,0,82. — Miellez, 0,96. — Villard, 0,95 .— Bcutry, 0,92. — Saint frères, 0,80, 0,88. — Desplante, 0,92, 0,90. — Serive, 0,95. — Société de filature de lin d’Amiens, 0,87 pour 2 lots. — Cauvin, 1,18. — V. Pou-chain, 0,95. — Ce linière de Pont-Remy, 0,99, 1,02.
- 3° lot : au magasin central de Billancourt, toiles pour sacs de couchage.
- Miellez, 0,96, 0,99, 1,01. — Villard, 0,96,0,98, 1,00. — G' linière de Pont-Remy, 1,06, 1,09. — Dufour, 0,94 pour 3 lots. — Dubois, Chervey et Colombier, 0,91, 0,92. — Saint frères, 0,99, 1,00, 1,01. — Deheyre, 0,93 pour 2 lots. — Desplante, 1,09, 1,11. — Boutry, 0,94 pour 2 lots. — V. Pouchain, 1,05 1,10. — Richer, 1,07 1,08. — Société de filature de lin d’Amiens, 0,98, 1,00, 1,02. — Cauvin, 1,25. — Chas et Vagnair, 0,94, 0,99
- 1er lot : au magasin central de l’habillement à Lille; toiles pour enveloppes de paillasses.
- Chas et Vagnair, 0,98, 1,02. — Deheyne, 0,91, 0,92 pour 2 lots. — Ch. Janson, 0,91, 0,92. — Dubois, Chervey et Colombier, 0,96. — Dutilleul, 1,12, 1,16, 1,20, 1,25. — Pouchain, 0,97. — Danset, 1,00 pour 2 lots. — Boutry, 0,91 pour 2 lots, 0,90 et 1,92 pour 2lots.
- 2' lot : toiles pour enveloppes de traversins.
- Veuve Carey, 0,94 pour 2 lots. — Boutry, 0,88. — Deheyne, 0,87. — Pouchain, 0,90.
- 3° lot : toile pour sacs de couchage <
- Veuve Carey, 0,95 pour 2 lots. — Chas et Vagnair, 0,97, 0,99. — Dufour, 0,93. — J. Danset, 0,94, 0,97. — V. Pouchain, 1,02, 1,07. — Dubois, Chervey et Colombier, 0,89 pour 3 lots, 0,90 pour 2 lots. — Gentry, 0,87. — Deheyre, 0,91 pour 2 lots. — Serive, 0,96.
- Gironde. — Bureau de bienfaisance de Bordeaux.
- Le 16 août a eu lieu à Bordeaux l’adjudication de la fourniture de flanelles, denrées et objets divers à livrer au bureau de bienfaisance.
- Adjudicataire :
- 1er lot. — Flanelles : rouge, 2 fr. 65 le mètre; blanche, 2 fr. 45 le mètre. — Abeilhou, 13, rue des Argentiers, 17 1/4 0/0.
- Somme. —Maison Cozetté.
- Le 23 août a eu lieu à Amiens, l’adjudication des fournitures de toiles pour le service des prêts de linge.
- Adjudicataire des deux lots : M. Payen Mommert, à Amiens, marché de Lauville, aux prix suivants :
- 1er lot. — Toile pour chemise, 4,210 mètres, largeur 80 c. à 0,92 c. le mètre.
- 200 mètres, 1 m. 20 c. de largeur, à 1 fr. 35 lo mètre.
- 700 mètres, 70 c. de larg., 0,84 c. le mètre.
- 220 mètres, 90 c. de larg. à 1 fr. 02 c. le mètre.
- 2e lot. — Toile pour drap.
- 500 mètres, 70 c. de largeur, à 75 c. le mètre.
- 5,407 mètres, 90 c. de larg., à 95 c. le mètre.
- Trois adjudications ne sont pas parvenues à temps pour être annoncées; nous donnerons les résultats. Ge sont Ro-chefort, l'oulon, du 16 septembre, et Lorient du 1er sep tembre.
- COMPAGNIE AUXILIAIRE
- DES
- CHEMINS DE FER
- Le conseil d’administration a l’honneur d’informer MM. les actionnaires que le coupon no 2, à l’échéance du 1er septembre 1880, et représentant, conformément aux statuts, l’intérêt à 6 0/0 depuis le 1er mars dernier, sera payé, à partir du 1er septembre prochain, aux conditions suivantes : Actions nominatives, brut. . . 7 fr. 50 — — imp. déduit . . 7 275
- Actions au porteur, brut. . . 7 50
- — — imp. déduit. . . 6 925
- A Paris : Chez M. Henri de LAMONTA, banquier^ 59, rue Taitbout. Dans les départements, chez tous les correspondants de la maison de banque Henri de LAMONTA.
- CAISSE DE PARTICIPATION FINANCIÈRE (EN LIQUIDATION.)
- Les liquidateurs de la Caisse de participation ont l’honneur de prévenir MM. les Actionnaires que l’échange de leurs actions contre celles de YEnglish and French Bank (limited) aura lieu à partir de ce jour, jusqu’au 10 septembre prochain inclusivement.
- Cet échange aura lieu pour une action de la Caisse de participation contre huit actions de la Banque Anglo-Française, représentées par un récépissé nominatif, qui sera échangé à son tour ultérieurement contre des titres au porteur libérés de 250 fr.
- Les actions de la Caisse de participation seront frappées d’une estampille portant la date de l’échange.
- Ces actions seront rendues à leurs propriétaires. Elles auront droit aux diverses répartitions de la liquidation, et seront immédiatement négociables sur le marché en banque.
- Les liquidateurs invitent MM. les Actionnaires à faire estampiller leurs actions dans le délai prescrit, afin de participer à la première répartition qui aura lieu prochainement.
- Le Propriétaire-Gérant ; Paul Blondeau. Tous droits réservés.
- Imp. G. COLIN, route Nationale, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 18. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Septembre 1880.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Nouvelles industrielles. — Sur l’influence de la composition chimique de l’eau dans la préparation de la soie grège, par MM. Galba et TEXTOR. — Sur l’emploi de l’alcool méthylique dans l’industrie, parM. Poincaré. — Note sur la teinture de la silice gélatineuse et de la silice en général, en réponse à la lettre de M. le D'Reimann, de Berlin, en date du 4 avril 1880, par M. Gustave ENGEL (fin). — Revue des brevets d’invention : Procédé pour faire les bleus grand teint sans indigo, par M. Marcelin.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes, par M. VANNUCGIO-VANNUGCINNI (suite). — Teinture de la barbe et des cheveux.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Société industrielle d’Amiens. — Création d’une bourse officielle de commerce à Paris. — Avis officiels.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — {Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- CHRONIQUE
- La fabrication des tissus est gênée par le haut prix des matières premières, aussi éprouve-t-on de grandes difficultés pour l’écoulement des produits dont le commerce n’accepte que difficilement la hausse.
- Cette situation est celle des fils et tissus de coton et de laine et principalement de ceux en laine peignée.
- La draperie a, en général, un petit mouvement d’affaires assez favorable.
- A Elbœuf, la fabrication des échantillons pour saisons de printemps et d’été se termine. Déjà des manufacturiers ont visité leurs acheteurs habituels. Des renscignements que nous avons reçus jusqu’ici il résulte que l’on peut espérer une amélioration pour quelques genres, mais les ordres remis en fabrique sont encore peu importants.
- À Sedan, l’activité paraît renaître et les fabriques s’alimentent de matières premières, comme prévoyant une bonne campagne.
- Un annonce que Mazamet, la Bastide-Rouairoux et quelques manufacturiers de Vienne seraient plus favorisés; plusieurs auraient des commandes assu-rant la marche de leurs machines pour tout l’hiver. Quoi qu’il en soit, la fabrication est actuellement très modérée sur toutes les places où se font les nouveautés en cardé.
- Des unis sont généralement mieux partagés, et nous ne voyons que la fabrique de Vire et celle de Carcassonne qui aient lieu de se plaindre-, néan-moins, dans l’ensemble, l’activité n’est pas aussi 8rande qu’on pourrait le désirer.
- En Angleterre, en Allemagne et en Russie, les fabriques de drap sont généralement bien occupées.
- Quant aux soieries, l’activité est satisfaisante à Lyon ; la saison d’hiver s’annonce comme devant être très favorable à ces articles.
- La mode se montre toujours favorable aux mêmes articles, satins, nouveautés, façonnés, etc.
- Les métiers à la main continuent la fabrication des étoffes légères, genre lustrine, florence, satins noirs et couleurs, ainsi que celle des étoffes façonnées, les tissages mécaniques ne peuvent plus suffire aux demandes.
- Les satins écrus destinés à être teints en pièces, les diagonales, les failles légères pour casquettes, les façonnés sont tissés à des prix rémunérateurs.
- Tous ces genres d’étoffes sont tramés cotons glacés ou mats, au grand détriment des trames soie.
- La rubannerie de Saint-Etienne, par contre, se trouve dans une morte-saison absolue d’où il résulte une crise ouvrière intense, se traduisant même par des menaces et des scènes turbulentes.
- En ce qui concerne l’industrie cotonnière, nous avons déjà dit qu’elle a fortement à lutter d’un côté contre les prix élevés de la matière première et de l’autre contre les exigences du commerce.
- A Rouen, la vente des tissus est bien lente; on fait cependant quelques affaires en écrus, et l’indienne se vend assez couramment, la rayure reste délaissée, les mouchoirs et la rouennerie s’écoulent faiblement.
- A Roanne (Loire), les cotonnades à trames qua-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- drillées et jaspées ont aussi un courant d’affaires très modéré.
- Les articles blancs de Mulhouse et des Vosges se vendent plus facilement.
- En Angleterre, l’industrie cotonnière n’est pas en meilleure situation.
- La Teinturerie en chiffonnage va commencer sa saison d’hiver ; l'ouvrage rentre déjà un peu dans les ateliers de Paris et l’on prévoit une saison favorable, la mode des lainages favorisant beaucoup cette industrie.
- Un récent décret dispose que le bureau des douanes de Longwy (Meurthe-et-Moselle) est ouvert à l’importation des fils de coton -, celui de Pagny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle) à l’importation des fils de coton, de laine, de lama, d’alpaga, de vigogne et de poil de chameau -, enfin le bureau des douanes d’Avricourt-station (Meurthe-et-Moselle) est ouvert à l’importation des machines et mécaniques, des fils de lin et de chanvre, des fils de coton et des fils de laine, d’alpaga, de lama, de vigogne et de poil de chameau.
- Puisque nous en sommes sur le chapitre des douanes, mentionnons que la chambre de commerce de Saint-Quentin a transmis, en l’approuvant, la réclamation d’un certain nombre de fabricants qui demandent qu’au tarif des douanes, l’article piqués soit désormais ainsi libellé, piqués et couvre-pieds piqués, afin que le tissu connu sous le nom de couvre-pieds piqués ne soit pas compris dans l’article couvertures coton, dont la valeur est moindre et qui est frappé d’un droit d’entrée beaucoup moins élevé.
- Il est question de créer à New-York une condition des soies. Il n’existe en effet aucun établissement de ce genre en Amérique, et, si pour les soies importées d’Europe, les bulletins de conditions européennes sont acceptés, aucun document de ce genre n’accompagne les balles importées directement de la Chine et du Japon. C’est une lacune qu’il s’agit de combler.
- L’entreprise serait placée sous la direction d’un Français venu d’Europe dans ce but, et qui s’est déjà mis en relation avec les fabricants américains promoteurs de ce projet.
- NOUVELLES INDUSTRIELLES
- SUR L’INFLUENCE
- de la composition chimique de l’eau dans la préparation de la soie grège.
- Par MM. L. Galba et O. Textor (I).
- Les auteurs ont constaté que la composition chimique de l'eau servant à la préparation de [la soie grège exerce une influence considérable sur la nature du produit obtenu. En effet, par le dévidage des cocons, qui s’opère à l’eau chaude, afin de ramollir l’enduit gommeux soluble de la fibre, une partie des substances solubles de l’enduit entre en solution. D’après les expériences des auteurs, les cocons subissent par des traitements réitérés à l’eau chaude une perte de poids de 22,26 0/0.
- Or cette perte en matières solubles porte préjudice à la qualité de la soie, car ce sont précisément ces matières qui donnent à la fibre de l’apparence, de la couleur et de la ténacité. Les auteurs ont observé que la perte delà soie en ténacité est exactement proportionnelle à la perte en matières solubles. Or cette dernière varie avec la composition chimique de l’eau employée. Ayant fait l’analyse d’un grand nombre d’eaux utilisées par des filatures qui fabriquent des produits de qualité supérieure, les auteurs ont reconnu que : 1° la dureté de ces eaux varie entre h et 20®; 20 les proportions de matières minérales dissoutes sont représentées par les nombres suivants.
- Carbonate de calcium 0,0206 à 0,1339 grammes. Sulfate de calcium 0,0000 à 0,0560 grammes. Sulfate de magnésium 0,0125 à 0,1000 grammes. Chlorures de potassium
- et de sodium 0,0000 à 0,0620 grammes. Acide carbonique 0,0010 à 0,0125 litre.
- 3° Les soies dévidées dans les eaux non calcaires ont moins d’apparence, de couleur et de solidité que celles préparées dans les eaux dures. Les eaux dures, en effet, dissolvent moins de parties solubles de l’enduit gommeux de la fibre et fournissent, par suite, une soie de meilleure qualité. Pour prouver d’ailleurs que la solubilité de ces substances est en raison inverse de la dureté de l'eau employée, les auteurs ont fait dissoudre des quantités égales de colle de poisson (chimiquement
- (1) Deutsche Chemisçhe Gessellschaft.
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- analogue à la matière gommeuse de la soie) dans des volumes égaux d’eaux de dureté différente et variant de 0 à 20° ; l’eau distillée, possédant le plus fort pouvoir dissolvant, est restée limpide, tandis que celle dont la dureté est représentée par 20° tenait la gélatine en suspension et était la plus trouble de toutes.
- On voit donc que les eaux dures sont les plus appropriées à l’industrie de la soie grège. Aussi les auteurs ont-ils tenté, avec succès d’ailleurs, de corriger les eaux de filatures n’offrant pas le degré de dureté voulu par des additions de matières minérales ; ces additions consistent en sulfate de calcium précipité, sulfate de magnésium (en cristaux) et carbonate de sodium (en cristaux). Plusieurs filatures de Lombardie, où l’on pratique des corrections de l’eau d’après cette méthode fournissent des produits équivalents presque en qualité à ceux des filatures qui travaillent avec les eaux artificielles en question et ne donnent pas d’aussi bons résultats en hiver qu’en été, pour une même addition de matières minérales.
- Ajoutons enfin que si le fabricant de soie grège à tout avantage à employer des eaux calcaires et alcalines, les soies filées dans ces eaux ne conviennent guère au teinturier, parce qu’elles contiennent toujours une certaine quantité de chaux retenue mécaniquement, qu’on peut éliminer complètement par la cuisson. Cette chaux peut entraver les opérations de la teinture notamment de la teinture en tons clairs en empêchant la pénétration uniforme de la matière colorante. .
- SUR L’EMPLOI de l’alcool méthylique dans l’industrie.
- Par M. L. Poincaré (1).
- Des animaux ayant séjourné pendant 8 à 10 mois dans un air constamment renouvelé, mais chargé d’une certaine quantité de vapeurs d’alcool méthylique, ont tous présenté pendant la vie une notable tendance à l'embonpoint et surtout des accès de grande surexcitation. A l’auptosie, ils ont offert, tous aussi, une hypertrophie considérable du foie qui emplissait la plus grande partie de la cavité abdominale : une dégénérescence graisseuse de cet organe, portée au plus haut degré ; une altéra-
- (1) Bulletin de la Société chimique de Paris.
- tion de même nature des fibres musculaires au cœur.
- En exigeant, dans un but de surveillance, l’addition de cette substance à l’alcool destiné à l’industrie, l’administration des contributions indirectes crée donc pour la santé de certains ouvriers, des dangers réels qu’il importe de faire disparaître par la recherche d’un autre mode de dénaturation de l’alcool.
- NOTE
- sur la teinture de la silice gélatineuse et de la silice en général, en réponse à la lettre de M. le Dr Reimann, de Berlin, en date du 4 avril 1880.
- Par M. Gustave Engel.
- Séance du 26 mai 1880 de la Société industrielle de Mulhouse.
- — Suite et fin, —
- Un examen microscopique de la silice teinte en violet ou en rouge àl’alizarine, broyée, nous montrera chaque grain composé d’un grand nombre de grains plus petits, incolores, tandis que les interstices sont fortement colorés.
- Le fait suivant vient à l'appui de la théorie que je défends : un cristal de roche naturellement fissuré ou dans la masse duquel on provoque des fissures par un brusque refroidissement, après l’avoir porté au rouge, jouit de la faculté de fixer dans sa masse les matières colorantes des solutions dans lesquelles on le plonge, et cela grâce aux fissures capillaires qui le traversent en tous sens.
- Cette teinture n’est pas due à une attraction de surface, car ces cristaux peuvent être polis, leur surface enlevée sans que pour cela ils perdent leur coloration.
- Un autre exemple aussi frappant et plus à la portée de tous, est le suivant. J’ai pris du sable ordinaire à écrire, composé en majeure partie de silice; je l’ai teint en violet d’aniline et lavé à l’eau. Examiné à la loupe, j’ai pu en séparer des grains incolores, d’autres colorés partiellement, d’autres enfin plus ou moins colorés.
- L’examen microscopique m’a prouvé que les premiers étaient des éclats de cristal transparents, ne présentant que peu ou aucune fissure ; ceux qui étaient partiellement colorés ne présen-
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- taient de fissures que dans quelques-uns de leurs points; les autres, composés de grains agglomérés ou traversés par unè quantité considérable de fissures, présentaient une coloration plus ou moins intense.
- Un troisième exemple enfin, à mon avis le plus concluant de tous, nous est fourni par cette silice gélatineuse qui, à l’état de pellicule, était absolument rebelle à la teinture. Pulvérisée, elle absorbe les matières colorantes. Avant de se réduire en poudre, cette silice, qui jouit d’une grande élasticité, se fendille en tous sens sous le pilon comme de la véritable gélatine. Un examenmicroscopique avec un faible grossissement vous montrera des éclats parfaitement incolores, tandis que d’autres paraissent parfaitement teints. Ici aussi les premiers ont conservé la structure homogène qu’ils possédaient avant le broyage ; les autres, écrasés, sont fendillés dans tous les sens.
- Nous retrouvons dans les échantillons de teinture soumis par M. Reimann les mêmes catégories de produits; quelques éclats de silice gélatineuse dans le genre de celle que j’ai produite par l’action de l’acide carbonique, qui n’ont pas fixé de matière colorante; d’autres parties de cette même silice, à laquelle est accolée une petite quantité de silice pulvérulente qui a retenu la couleur ; la majeure partie, enfin, composée de grains multiples, a l’apparence d’une masse teinte, grâce à l’interposition de la matière colorante.
- J'ai fait moi-même un essai de teinture de silice précipitée et desséchée, en rouge, à l’alizarine, et comme vous pouvez en juger, cet échantillon est mieux réussi que celui de M. Reimann.
- Il n’est pas nécessaire d’employer un fort grossissement pour reconnaître que tous ces grains de silice, qui paraissent uniformément teints, ne doivent cette apparence qu’à la matière colorante interposée et que la silice elle-même est incolore.
- Nous voyons d’un côté la silice gélatineuse rester rebelle à la teinture tant que la pellicule qu’elle forme ne présente pas de solutions de continuité dans lesquelles la matière colorante pourrait être retenue ; d’un autre côté la silice précipitée par un acide énergique, et même la silice naturelle cristallisée ou amorphe, fixer une certaine quantité de matière colorante, grâce aux fissures microscopiques qui traversent en tous sens la masse des grains qui la composent, et prendre ainsi l’aspect d’une véritable teinture.
- Ce n’est donc pas à une attraction de surface, comme le croit M. Reimann, mais bien à l’action de la capillarité qu’est due, dans la silice précipitée comme dans la silice d’origne infusorienne, la fixation de la matière colorante dans la masse ; je ne puis donc que persister dans les conclusions que j’ai tirées de mon premier travail.
- REVUE DES BREVETS
- PROCÉDÉ
- POUR FAIRE LES BLEUS GRAND TEINT SANS INDIGO
- Par M. Marcelin
- {Brevet} {1}
- Jusqu’ici pour obtenir les bleus de Roi, grand teint, on a toujours eu recours à l’indigo, aucun autre procédé n’a — à la connaissance de l’inventeur, — été imaginé pour remplacer l’indigo avec une solidité suffisante. Les extraits de cuba et de campêche n’ont point la solidité de l’indigo et les tentatives faites pour employer le bleu rouge d’aniline avec les cristaux de soude ou l’alcool comme mordant n’ont abouti qu’à un résultat imparfait, ne résistant nullement aux alcalis.
- Mon invention a donc pour objet de supprimer, pour l’obtention de bleus grand teint, l’emploi si onéreux de l’indigo avec une certitude absolue de solidité du résultat.
- Pour cela je fais usage du bleu rouge d’aniline avec des mordants convenables pour obtenir une teinture résistant aussi bien aux alcalis qu’aux acides et d’une solidité à toute épreuve.
- Je procède à cet effet comme suit :
- Pour lOOkil. de laine blanche ou de tissu, je
- fais un bain contenant :
- Sulfate de cuivre, environ.......... 5 kil.
- — de fer...-................ 6 —
- Soude............................... 10 —
- Bichromate de potasse................. 5 —
- Extrait campêche...................... 5 —
- — cuba...................... 4 —
- Quand ces ingrédients sont fondus dans la chaudière, soit séparément et versés dans la chaudière, on ajoute une casse ou deux de liquide de noix de
- (1) Compte-rendu, xn-^tenso^ de l'Office du Moniteur de la Teinture.
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
- Q> GQ
- galle, faisant bouillir à cet effet la noix de galle dans un chaudron où l'on puise suivant le besoin.
- L’addition de noix de galle a pour effet d’aider à former la couleur et en même temps d’empêcher le campêche de violeter ou plutôt de trop tourner au rouge à l’action de l’acide ou de grisonnera l’action des alcalis.
- Quand le bain est ainsi préparé et que le bouillon atteint un degré de chaleur convenable, l’inventeur ajoute 1 à 2 kilos de bleu rouge d’aniline préalablement dissous dans l’eau chaude.
- Il convient de plonger la laine ou le tissu à 80°C. environ et d’arriver rapidement à l’ébullition soit en 15 ou 20 minutes environ, puis on laisse bouillir durant 2 à 3 heures.
- On variera les substances ci-dessus indiquées suivant que l’on voudra obtenir une nuance plus ou moins foncée. Ainsi, pour obtenir un bleu clair, on en met moins que pour un bleu foncé ; les proportions ci-dessus indiquées sont pour le bleu foncé,
- On peut aussi varier la proportion de bleu rouge d’aniline sans varier les autres substances; ainsi, pour un bleu vif, on force la quantité de bleu rouge et, vice versa ; on peut ainsi régler la nuance à volonté.
- Une fois la laine ou le tissu teints, on laisse refroidir et on lave à grande eau. Ce lavage à fond est indispensable après la teinture.
- Il est facile de constater que ce procédé de teinture revient à plus de moitié moins cher que la teinture à l’indigo. Il est infiniment plus expéditif, puisqu’on peut faire au moins trois chaudières de laine ou tissu par jour, soit facilement 250 kil. de matière teinte par jour, tandis qu’une cuve à l’indigo, pour ce même poids de laine, exigerait au moins 4 à 5 -jours, ce qui entraîne à un matériel de 4 à 5 fois plus considérable que celui nécessité par son procédé.
- La stabilité de la teinture obtenue par le procédé ci-dessus décrit est à toute épreuve ; elle résiste parfaitement aux acides et aux alcalis et la nuance est insensible au soleil, à l’air, à la pluie, aussi bien qu’à l’action du foulage fait au savon noir.
- Je réclame en conséquence, comme mon invention, l’emploi du bleu rouge d’aniline pour la production des bleus grand teint à l’aide des mordants ci-dessus indiqués, employés ensemble ou partiellement, mais de préférence dans les condi
- tions prescrites et d’après le procédé ci-dessus décrit.
- Certificat d’addition.
- Le présent certificat d’addition a pour objet un perfectionnement consistant à faciliter la prise de la teinture d’aniline par l’addition d’acide oxalique, dans la proportion d’environ 2 1/2 pour 100 du poids de la laine sèche.
- Ce perfectionnement a pour effet d’économiser l’aniline et d’augmenter la solidité du résultat. De plus, il permet de supprimer l’emploi de cuba et de bichromate qui auraient des inconvénients.
- Au bout d’environ deux heures, on retire la laine du bain, on la fait refroidir, puis on la remet au bain jusqu’à nuance voulue.
- On peut au besoin, pour abattre complètement le violet de l’aniline et obtenir un bleu complet, ajouter, après le premier bouillon, environ 1 pour 100 de composition d’indigo.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini, Ingénieur des Arts et Manufactures,
- — Suite (1). —
- L’autruche noire étant généralement assez propre, il suffit de la laisser tremper pendant une demi-journée dans l’eau de carbonate tiède. Elle a été préalablement enfilée et mise en paquets. On la plonge alors dans un bain de noir, chauffé à 75° centig., où on la laisse plus ou moins longtemps suivant la richesse de ce bain en ayant soin de le chauffer de temps en temps, après avoir retiré la plume du bain. Ainsi, si on laisse la plume 18 à 20 heures dans le bain on chauffera trois ou quatre fois. Cette opération préliminaire a pour but d’utiliser les bains qui ont déjà servi une fois. Dans des cas tout à fait spéciaux mais assez rares où on a à traiter une plume très noire ou
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et nos 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14, 15,16 et 17 de 1880.
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- 210 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- qu’on a affaire à un bain très riche et à une plume très tendre, il suffira de cette opération pour arriver à la teinture définitive.
- Arrivé à ce point on jette le vieux bain et on en fait un nouveau. On se sert de baquets ou cuves en bois cerclées de fer, légèrement tronco-coniques, la base la plus grande étant en bas, chauffées avec un bar-boteur ou un serpentin de vapeur ; ou bien on emploie des cuves métalliques avec double fond où peut circuler la vapeur et où l’on peut plonger ou retirer à l'aide d’une petite grue une grande passoire épousant la forme intérieure de la cuve ; le bain est fait dans cette dernière et la plume est placée dans la passoire. Ce dispositif est très commode, accélère notablement les manœuvres et c’est celui qu’il faut employer quand on a des lots considérables de plumes à teindre. La capacité de la cuve doit être proportionnée au lot de plumes à traiter. En effet, à une capacité donnée correspond une quantité convenable de bain, et comme ce bain doit avoir une composition déterminée, il en résulte que pour utiliser autant que possible les ingrédients, il faut que la plume remplisse presque complètement la cuve. Ainsi on a des cuves capables de 20, de 10 kilogrammes de marchandise, de telle sorte que les quantités d’ingrédients à ajouter sont constantes pour une même cuve. Il faut remarquer que l’autruche grise, occupant sous le même poids un volume plus considérable que les autres variétés d’autruche, il convient de diminuer un peu les quantités d’ingrédients.
- Supposons qu’on ait à teindre en noir 20 kilogrammes d’autruche. Nous remplirons d’abord la cuve avec une décoction de bois de campêche de façon qu’après immersion de la plume le bain ne déborde pas. Cette décoction est préparée en épuisant 40 kilogrammes de bois de campêche par 400 litres d’eau environ dans un appareil à pression ; nous décrirons cet appareil à-propos de l’outillage. Il faut noter que le campêche est humide, car on a l’habitude, du reste excellente, d’arroser de temps en temps les tas de campêche ; la matière colorante qu’il contient effleurit à la surface
- des petits copeaux, en leur donnant ainsi un reflet cuivrique ; puis une fermentation s’établit qui développe mieux la matière colorante et qui en facilite l’extraction en désagrégeant les fibres du bois. Si on ne possède pas un appareil d’épuisement à pression on peut se servir d’un baquet en bois muni d’un barboteur et d’un serpentin. Seulement comme dans ce cas l’épuisement du bois de campêche est imparfait il faut augmenter la quantité de ce dernier par rapport à l’eau. On pourra mettre, par exemple, 45 kilogrammes de bois de campêche pour 400 litres d’eau. Il faut soutenir l’ébullition pendant 2 ou 3 heures pour être sûr qu’on a extrait du campêche, toute la matière utile qu’on pourrait extraire.
- Une fois notre cuve remplie on porte le bain à l’ébullition en l’additionnant d’une petite quantité de sumac en poudre ; on ne mettra guère qu’environ 1 kilogramme de sumac. Après 15 ou 20 minutes d'ébulli-tion, on tourne le bain, c’est-à-dire qu’on y ajoute le mélange suivant :
- Couperose. ... 3 kil.
- Sulfate de cuivre. . 0 250 gr.
- Verdet.................... 0 050
- On remue le bain avec un bâton pour faciliter la dissolution de ces sels ; le bain, qui était auparavant d’un brun jaunâtre, devient, après cette addition, d’un beau noir. A ce moment on plonge dans le bain un thermomètre et on attend qu’il ne marque plus que 75°. Il faut s’assurer que toute la masse du bain est à cette température et pas à une température plus haute, car on risquerait fortement de brûler la plume qu’on va y plonger. La plume est donc immergée dans ce bain par petites portions successives pour ne pas entremêler les filets et agitée avec un bâton pour que le bain la pénètre partout. Cela fait, on met un couvercle à la cuve pour empêcher autant que possible les déperditions de chaleur et on l’abandonne à elle-même pour s’occuper d’autres teintures. On y revient quand le bain est notablement refroidi, et qui, à cette température, n’aurait pas une grande efficacité. On donne alors une deuxième chauffe pour ramener le bain à 75°. En général on
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- chauffe trois fois par jour,une fois le matin, à peine qu’on arrive à l’atelier, une fois avant ou après déjeûner et une fois le soir avant de quitter. Mais quand on a beaucoup d’ouvrage on ne peut guère chauffer que deux fois par jour, matin et soir. On comprend que plus souvent que l’on peut chauffer et plus vite se fait la teinture. Mais à cela il y a cependant une limite que nous verrons tout à l’heure. La chauffe doit se donner, cela va sans dire, après que la plume a été retirée du bain ; avant de remettre la plume dans le bain il faut toujours, rigoureusement, vérifier la température de celle-ci.
- Une chose qu’on ne saurait pas assez recommander est l’aération de la plume faite de temps en temps; en général elle n’est faite qu’imparfaitement ou bien elle est fort négligée ; cependant elle est bien nécessaire, car elle fournit l’un des éléments nécessaires à la formation du noir, l’oxygène, qui est absorbé par les sels de fer. En effet, pour avoir un noir suffisant sans aération, on est forcé d’accumuler sur la plume une grande quantité de matière, ce ce qui donne une apparence terne et rougeâtre; la quantité de matière colorante déposée sur la plume doit être, au contraire, minine, mais parfaitement formée, qu’elle produise la plus grande intensité d’effet par sa qualité et non par sa quantité. On arrive à cela avec des bains pas trop concentrés, une série régulière et modérée de chauffes et des aérations alternant avec les chauffes. Ces aérations doivent être d’autant plus prolongées que l’opération approche de son terme, car la plume devient de moins en moins pénétra-ble par l’air. A la fin de la teinture il est bon de prolonger cette aération pendant un jour ou deux. La plume est étalée à l’air libre sur la surface d’une terrasse ou d’une cour. On vient la retourner de temps en temps pour que l’air exerce son action partout. Mieux vaudrait, si on pouvait, suspendre les filets d’autruche à des cordes tendues horizontalement ; la circulation de l’air serait ainsi mieux assurée que dans le premier cas.
- Lorsque la côte de la plume commence à rougir légèrement, l’opération touche bien près de sa fin. On regarde également l’apparence du duvet en le frottant brusquement entre le pouce et l’index et en se mettant contre le jour. Quand le lot est assez considérable on en essaie un filet ou deux pour s’assurer si le noir possède les qualités voulues.
- Le plus souvent la plume teinte est savonnée grossièrement, rincée et ensuite séchée ; c’est le moyen d’aller vite, mais ce n’est pas le moyen d’obtenir un beau noir. Il faut, au contraire, soigner ces opérations de détail, autant que celles que nous venons de voir, autrement il est impossible de réussir un bon travail. Il faut savonner l’autruche filet par filet sur une planche plate dans de l’eau chaude avec du bon savon de Marseille; les filets doivent être frottés avec le morceau de savon à plusieurs reprises et alternativement et vigoureusement avec la main et sur la planche. Lorsque l’eau est sale on la jette et on recommence de nouveau jusqu'à ce que la plume ne dégorge plus aucune matière noire sous un frottage énergique avec l’eau savonneuse. Il ne faut donc pas faire une fausse économie de savon et de force musculaire, la beauté, le brillant du noir tenant presque entièrement à un savonnage irréprochable. Ce qui se passe dans cette manipulation est d’ordre mécanique et d’ordre chimique ; le frottage, aidé par l’action détersive du savon, retire de la plume tout ce qui est superflu, tout ce qui ne forme pas corps avec elle ; ensuite, fort probablement, le savon modifie la composition de la matière colorante qui devient ainsi plus luisante et acquiert un meilleur aspect. Autrefois même on brassait la plume* d’autruche teinte en noir dans l’eau de savon bouillante; cette opération était incommode et d’un effet moins énergique que la nouvelle manière d’opérer, car on ne frottait pas suffisamment la plume.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
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- G?
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TEINTURE
- de la barbe et des cheveux.
- (2e article.)
- Nous avons commencé, page 235, année 1879 du Moniteur de la Teinture à donner un procédé de teinture à un seul flacon.
- Voici quelques autres recettes (méthodes à un flacon).
- Eau pour noircir les cheveux.
- 4 nitrate d’argent cristallisé.
- 30 eau distillée.
- Q. S. vert de vessie (provenant du Nerprun).
- Pour l’employer on l’applique à l’aide du peigne ou de la brosse en ayant soin de ne pas toucher la peau. Les cheveux doivent être préalablement dégraissés.
- Eau pour teindre les cheveux en noir.
- (Formule de M. Vasse.)
- 5 azotate d’argent cristallisé.
- 125 eau distillée de roses.
- Q. S. ammoniaque.
- On fait dissoudre l’azotate d’argent dans l’eau de rose, on verse ensuite peu à peu l’ammoniaque comme nous l’avons indiqué dans notre premier article.
- Pour l’appliquer on se sert d’une petite brosse imbibée de ce liquide qu’on passe sur les cheveux ou la barbe, qui prennent en peu de temps une teinte brune, tirant au noir, suivant la qualité que l’on emploie. L’ammoniaque étant toujours un peu en excès, il est inutile de dégraisser les cheveux. Cette formule, avec quelques variantes dans les proportions, est la formule générale des teintures, dites instantanées, à un seul flacon.
- Eau de renaissance.
- 25 acétate de plomb pur.
- 100 hyposulfite de soude.
- 1000 eau de roses.
- 5 glycérine.
- Cette formule paraît être celle de la fameuse Eau des Fées^ et correspond à celle d’un liquide analogue marquant 10° Bd, reproduit par M. Bobierre, d’après l’analyse qu’il en avait faite. — C’est une teinture progressive.
- Eau Juvénille.
- 2 flacons
- No 1 25 acétate de plomb.
- 1000 eau de roses.
- N° 2 30 sulfure de sodium.
- 1000 eau de roses.
- On les emploie l’un après l’autre, après les avoir préparés séparément.
- Il faut dégraisser les cheveux. — La teinture est instantanée.
- Teinture brune de Manganèse.
- Cette teinture, imaginée par M. Condy, sous le nom de Baffine, est une solution saturée de permanganate de potasse qui donne aux cheveux et à la peau, une belle couleur châtain, par suite de la décomposition que ce sel éprouve au contact des matières organiques.
- Teinture brune française.
- La teinture brune française est un mélange d'eau céleste et de solution saturée de cyanure jaune. L’eau céleste est une solution saturée de sulfate de cuivre additionnée d’ammoniaque.
- Eau oxygénée.
- L’eau oxygénée faible sert à donner artificiellement aux cheveux une teinte blonde.
- Eau de la Floride.
- D’après Réveil.
- Cette teinture pour les cheveux se compose de : 2,786 acétate neutre de plomb. 2,652 soufre.
- 94,562 eau de roses.
- On cite encore cette autre formule.
- 50 acétate de plomb pulvérisé.
- 20 soufre lavé.
- 1000 eau distillée.
- Mêler. — On l’applique sur les cheveux dégraissés. Elle produit son effet au bout de 3 à 4 jours naturellement, ou de suite, si on fait intervenir une émanation sulfhydrique.
- Le « Coloriste industriel » (2e titre du Moniteur de la Teinture) publiait en 1862, cette dernière formule. Il ajoutait ;
- Prix de revient de 150 gr : 11 centimes; prix dans le commerce de la parfumerie 11 francs.
- D’après le prospectus, ce liquide sert à teindre les cheveux depuis le blond clair jusqu’au noir de jais, et par conséquent,
- A réparer des ans l’irréparable outrage
- En terminant cet article dont la plupart des formules sont empruntées à l'Officine de Dorvault, citons les paroles de M. Cra-Calvert, dans ses leçons de chimie professées à la Société des Arts de
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- ET DE L’IMPRESSION DBS TISSUS
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- Londres, et que le Coloriste industriel reproduisait également en 1862, après avoir démontré par un tableau d’analyses chimiques, que les cheveux, le poil, la laine, les plumes, les ongles et les griffes peuvent être considérés comme présentant à peu près la même composition chimique, il ajoutait :
- « Le seul point vraiment intéressant dans l’étude des cheveux, serait de savoir à quelle cause on doit rapporter leurs diverses couleurs -, mais à cet égard nous n’avons que des conjectures et pas un seul fait positif. Vauquelin et Fourcray, dans les analyses consciencieuses qu’ils en firent, il y a cinquante ans, établirent que les cheveux étaient des tubes creux, cylindriques, remplis d’huiles diversement colorées. Cette opinion fut contredite par Gamelin et par d’autres chimistes qui constatèrent que la coloration des cheveux était due aux diverses proportions de soufre qu’ils contenaient.
- Soufre contenu dans les cheveux.
- Cheveux châtains..... 4.98 de soufre
- — noirs........... 4.85 —
- — rouges......... 5.02 —
- — gris........... 4.03 —
- « M. Barreswil a depuis publié une note dans laquelle il croit pouvoir attribuer la coloration des cheveux aux proportions de fer qui entrent dans leur composition, et il base son opinion sur ce que le fer étant un élément essentiel de la matière colorante du sang, il est probable que ce métal joue le même rôle dans celle des cheveux. On peut toujours constater, en passant, que la teinture des cheveux a fait de nos jours de très grands progrès.
- Le patient autrefois avait à subir un affreux traitement : sa tête, recouverte d’une pâte formée de trois parties de chaux et d’une de litharge, était emprisonnée dans un bonnet de toile cirée pendant douze heures. Après quoi il fallait procéder à l’enlèvement de la masse pâteuse et au nettoyage de la chevelure, opérations fort désagréables. Dans ce procédé le noircissage des cheveux était dû à la formation d’un sulfure noir de plomb, provenant de la combinaison du soufre contenu dans les cheveux avec le plomb de la litharge.
- » Aujourd’hui, après les avoir nettoyés avec un savon fortement alcalin ou une solution alcaline faible, on les imbibe d’une solution de nitrate d’argent, et pour finir l’opération, d’une solution composée de soude, etc. (4 suivre.)
- INDUSTRIELLE
- "" industrielle
- DES
- QUESTIONS MISES AU CONCOURS
- Pour l’Année 1880-1881
- La Société Industrielle d’Amiens a, dans son Assemblée générale du 26 Juillet 1880, mis au concours, pour l’année 1880-1881, les questions qui suivent.
- Les prix seront décernés dans une Assemblée générale extraordinaire.
- Ces prix se composeront de sommes d’argent, de médailles d’or et de médailles d’argent. Les médailles pourront être converties en espèces.
- Les mémoires devront porter une épigraphe qui sera reproduite sur un pli cacheté contenant le nom, prénoms et adresse de l’auteur.
- Quant aux auteurs des appareils qu’on ne pourra juger qu'en les soumettant à des expériences suivies ils devront se faire connaître en en faisant l’envoi.
- Tous les manuscrits, brochures et mémoires avec plans adressés pour le concours, resteront acquis à la Société.
- Les appareils que l’on rendra aux inventeurs après le concours, devront être accompagnées de plans qui deviendront la propriété de la Société.
- Les concurrents devront envoyer leurs majus-crits ou machines, franc o,au Président de la Société industrielle, rue de Noyon, 29, à Amiens (Somme), d’ici au 30 avril 1881, terme de rigueur.
- QUESTION SPÉCIALE.
- Des prix seront accordés aux ouvriers et contre-maîtres qui, dans leur spécialité, auront apporté un notable perfectionnement à l’une des branches de l’industrie du département de la Somme.
- EXTRAIT DES QUESTIONS :
- FILATURE ET TISSAGE
- Une Médaille d’Or.
- A l’inventeur d’un bon parement pour tissage mécanique, dont le prix de revient permette de l’employer avec avantage dans la fabrication des toiles.
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- P
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Ce parement devra être d’un emploi facile ; il sera propre à conserver et même à développer l’élasticité des fils de chaîne, — et composé de telle manière qu’une chaîne, parée et montée sur un rouleau, ne répande aucune odeur putride, et ne présenta aucune altération au dynamomètre, après un délai de trois mois.
- Des expériences seront faites ou suivies par une Commission spéciale sur du parement tout préparé ou d’après les indications fournies par les concurrents.
- Une Médaille d’Or
- A l’inventeur d’un bon temple mécanique, spécialement applicable à la fabrication de tous les genres de velours de coton.
- CONDITIONS IMPOSÉES :
- 1° L’appareil devra être essayé pendant trois mois dans un lissage mécanique de la ville d’Amiens ;
- 2° il ne sera jugé définitivement qu'après l’examen des pièces teintes et apprêtées ;
- 3° Eu égard au temps qu’exige l'épreuve ci-dessus imposée, ce temple devra être livré avant le 31 Janvier 1880 délai de rigueur.
- Une Médaille d’Or
- Trouver une matière non tachante, propre à lubrifier tous les organes des métiers à tisser.
- Le mémoire devra indiquer les applications qui auront été faites.
- Une Médaille d’Or
- A un perfectionnement sérieux dans les machines à parer et encoller les chaînes pour le tissage.
- Une Médaille d’Or *
- A l’auteur de perfectionnemants sérieux apportés à la mécanique Jacquard employée soit dans le tissage à la main, soit dans le tissage mécanique.
- Une Médaille d’Or
- À l’auteur du meilleur mémoire sur le numérotage des textiles de toutes natures dans les différents pays industriels.
- La Société désire des tableaux comparatifs pouvant être consultés facilement par les manufacturiers et négociants.
- Une Médaille d’Or
- Au meilleur mémoire sur les moyens de remédier, pour la santé des ouvriers employés dans les filatures de lin et de coton, aux inconvénients qui résultent de la suspension des poussières et fibriles végétales dans l’air des ateliers.
- Une Médaille d’Or, plus un prix de 100 fr .
- A l’auteur qui trouvera, pour les velours d’Utrech t et les velours de coton, un apprêt remplissant les conditions suivantes :
- 1o Être sans odeur ;
- 2° N’altérer ni la couleur, ni la douceur, ni le brillant du velours ;
- 3° Conserver la souplesse du tissu, tout en lui donnant la force nécessaire ;
- 4° Obtenir également un velouté très développé ou épanoui, ressemblant au velours de soie.
- Les concurrents ne sont pas tenus de faire connaître la composition de l’apprêt qui réalisera les conditions ci-dessus. Ils devront seulement présen-senter leurs pièces avant le 30 Avril 1881, déclarer leur prix de vente et justifier que ces pièces ne sont pas obtenues par des moyens exceptionnels, mais qu’elles appartiennent à une fabrication courante.
- Un Prix
- A l’ouvrier qui aura apporté un perfectionnement dans l’industrie de la teinture en laine ou en coton.
- Le prix sera de 50 à 200 francs suivant le perfectionnement accompli.
- (Don de M. Ch. BONVALLET, pour la teinture en coton. )
- Une Médaille d’or
- Pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou delà soie.
- Une Médaille d’Or
- Au meilleur mémoire sur le blanchiment du chanvre et des jutes, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle.
- Pour un moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles dans la teinture des étoffes produites par les industries locales.
- Une Médaille d’Or
- Pour une composition chimique qui s’appliquerait, au moyen de caractères d’imprimerie, sur les chefs des pièces de tissus laine, et qui serait encore apparente après les opérations de dégraissage et de teinture.
- Questions laissées au choix des concurrents.
- La Société accordera une médaille d’or pouvant atteindre la valeur de deux cents francs à tout mémoire qui lui paraîtra mériter ce prix.
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- Les candidats auront toute liberté de choisir | leurs sujets, pourvu qu’ils rentrent dans les études des divers comités : 1° Arts et Mécanique -, 2° Fils et Tissus ; 3° Histoire naturelle, Physique, Chimie et Agriculture ; 4° Économie politique et sociale.
- Prix
- Au meilleur mémoire sur la question suivante : Rechercher les causes générales et locales qui influent sur la transformation, le déplacement ou la disparition de certaines branches de l’ancienne industrie amiénoise ; indiquer les moyens de les retenir à Amiens.
- La création d’une bourse officielle «un commerce à PParis.
- Le comité central des chambres syndicales a pris, dans sa séance de juin, une résolution du plus grand intérêt pour les négociants. Il s’agit de la création d’une Bourse officielle du commerce.
- Le palais de la Bourse, bien qu’édifié pour partie aux frais du commerce parisien, est depuis longtemps accaparé par le marché des fonds publics et des valeurs financières, et à moins de venir y demander asile à des heures impraticables, les négociants ne possèdent, pour leurs transactions, que des lieux de réunion privés, dont certains n’ont d’autre toit que le ciel.
- Cet état de choses paralyse le développement des affaires, en outre de ce qu’il n’est pas digne du grand commerce parisien. Le comité central a pensé qu’il était urgent de mettre un terme à cette situation, qui tient Paris dans une infériorité notable, relativement aux autres grandes places de commerce de l’Europe : Londres, Hambourg, Anvers, etc., et il a décidé de solliciter de l’administration de la ville de Paris l’établissement dans un édifice spécial d’une Bourse officielle du commerce.
- C’est encore, sans doute, une dépense importante à imposer au budget municipal -, mais comme il n’est pas douteux que le nouvel établissement ne contribue rapidement au développement des transactions, cette dépense ne serait après tout, qu’un placement avantageux ; car la ville de Paris ne pourrait tarder à voir augmenter le chiffre de ses recettes par suite d’une plus grande activité dans le mouvement des opérations commerciales.
- AVIS OFFICIELS
- ministère des postes et «les télégraphes.
- Recouvrement par la poste des valeurs soumises AU PROTÊT, EN FRANCE ET EN ALGÉRIE. —ABAISSEMENT DU DROIT PROPORTIONNEL D'ENCAISSEMENT. — Réduction du droit d’abonnement par l’intermédiaire DE LA POSTE.
- Une loi promulguée le 17 juillet 1880 porte :
- Art. 1er. — Les dispositions de la loi du 5 avril 1879, qui autorisent le Gouvernement à faire effectuer le recouvrement, par le service des postes, des quittances, factures, billets, traites et généralement de toutes les valeurs commerciales ou autres payables sans frais en France et en Algérie, sont étendues aux valeurs soumises au protêt.
- Art. 2. — En cas de refus de payement à présentation d’un effet soumis au protêt, l’administration sera déchargée par la remise à un officier ministériel.
- En cas de payement entre les mains de ce dernier, les prélèvements fixés par l’article 5 de la loi du 5 avril 1879 seront acquis au receveur et au facteur.
- L’huissier n’aura aucun recours, pour ses frais contre l’administration.
- Art. 3. — L’administration n’assume aucune responsabilité au cas où la présentation à domicile ou la remise de l’effet à l’officier ministériel n’auraient pas eu lieu en temps utile.
- Les règles limitant la responsabilité de l’État à la perte des objets de correspondance recommandés, et les articles? et 8 de la loi du 15 avril 1879 sont d’ailleurs applicables, de plein droit, au recouvrement des effets de commerce sujets au protêt.
- Art. h. — Le droit proportionnel à percevoir en vertu de la loi du 5 avril 1879 est maintenu à 1 0/0, pour tout recouvrement ne dépassant pas 50 fr. ; il est réduit à 1/2 0/0 pour toute fraction excédant la somme de 50 fr.
- Le Gouvernement pourra néanmoins, par décrets insérés au Bulletin des Lois, abaisser successivement jusqu’au taux uniforme de 1/2 0/0 le droit de 1 0/0 applicable aux sommes qui ne dépasseront pas 50 fr.
- Art. 5. — Le droit de 3 0/0 prévu par l’article 9 de la loi du 5 avril 1879, pour les abonnements aux
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- journaux, revues, etc., est abaissé à 1 0/0, plus un droit fixe de 10 c. par abonnement.
- Art. 6. — Des décrets fixeront la date d’exécution de la présente loi qui pourra n’être appliquée que successivement aux bureaux de poste de la France et de l’Algérie, ou même qu'à partie de la circonscription de chacun de ces bureaux.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest, 23 septembre. —Fournitures suivantes :
- Etoupe blanche, par transformation.
- Dépôt de gar., 4,500fr. — Caut., 3,000 fr.
- Lorient, 29 septembre.
- Inscription des légendes sur rubans de chapeauæ et bonnets de travail de marins.
- Dépôt de garantie, 500 francs.
- Rochefort, 23 septembre.
- Fourniture de 13,000 kil. blanc de zinc.
- Dép. de gar., 300 fr. — Caut., 600 fr.
- Brest, 7 octobre.
- Fourniture d’épaulettes en laine jonquille.
- Dép. de gar., 120 fr. — Caut., 240 fr.
- Nantes, 11 octobre.
- Fourniture, pour Indret^de 3,000 kil. de déchets de coton, 2e qualité.
- Dép. de gar., 100 fr.
- Ministère. — Direction des douanes de Brest. — Dimanche 3 octobre, midi.
- Fourniture d’habillements, équiquements et coiffures.
- Le dimanche 3 octobre prochain, à midi précis, il sera procédé à l’hôtel de la direction des douanes, à Brest, rue du Château, 10, à l’adjudication publique et sur soumissions cachetées :
- 1° De la fourniture des effets d’habillement ; 2° de la fourniture des objets d’équipement et de coiffure, nécessaires pendant cinq années, à partir du 1er novembre 1880, aux agents inférieurs des brigades de la direction de Brest.
- Le cahier des charges et les modèles-types sont déposés dans les bureaux de la direction de Brest et dans ceux delà direction de Paris, rue de l’Entrepôt, 14, où l’on peut en prendre connaissance tous les jours, les dimanches et jours fériés exceptés, de 10 heures à 5 heures.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Lorient, 1°r septembre.
- Couvertures en laine.
- MM. Louis Julien, de Mazamet (A), 13,372 fr. — Lodi-bert-Granier et Castelneau, de Montpellier, 14,140 fr. — Ligier d’Aguillon, de Mariugues, 13,613 fr. — Jules Maistre, de Villeneuve-Lhérault, 17,335 fr. — Godebert de Crest, 14,330 fr. — Teisserenc Visseq fils, de Lodève, 13,514 fr.
- 12,000 kil. blanc de zinc.
- MM. Latry, de Paris (A), 50 fr. 75. — Société de la
- Vieille-Montagne, 61 fr. 30. — Fl. Pigeon, de Tours, 65 fr. — M. Bruzon, de Tours, 51 fr. 95.
- 1,700 kil. de fil à voiles.
- MM. Besnard-Bessonneau, d’Angers (A), 37 fr. 49. — Péan, de Nantes, 39 fr. 44. — Thoury, du Mans, 37 fr. 73. — Hambis, de Ligugé, 38 fr. 50.
- ADMINISTRATION DES CHEMINS DE FER DE L’ÉTAT
- Le 25 août a eu lieu à l’Administration des chemins de fer de l’Etat, une adjudication de fournitures, notamment les suivantes :
- Ont soumissionné : MM.
- 2a lot. — Galons et accessoires pour voitures de ltc et 2e classes.
- Bosson, 14, rue du Quatre-Septembre, 39.391 fr. — Boyreven, rue Le Peletier, 37, 39.199 fr. 45. — Million, 36, rne de Bondy, 2.107 (partiellement). — Neveu, rue Saint Denis, 227, 36.634 fr. 40. — Al. Helbronner et C°, 27, rue Joubert, 40.445 fr. 21.
- 5* lot. — Literie.
- Al. Helbronner et C’, 27, rue Joubert, 3.098 fr. 50 — Léon Pigeard, 33, rue Neuve-St-Merri, 2.674 fr. — Ghau-tard J., Faubourg Saint-Denis, 208 bis, 2.646 fr.
- 6° lot. — Tapis en coco.
- Al. Helbronner et Ce, 4.196 fr. — Frété et C°, 12, boul. Sébastopol, 4,450. — Boyreven, 3.795. — Farneaud et Ce (de Lyon), 4.855. — Thevenetet ses fils, 4.740 fr.
- 7e lot. —3,000 kil. chanvre.
- Ghotard, 208 bis, faubourg St-Denis, 2.500 fr. — Mas-siaud, 98. rue Montmartre, 4.150. — Parène, 206, rue La-fayette, 3.290. — Frété, 12, boulevard Sébastopol, 3.780. — Yvose Laurent et Ce, 17, rue Neuve-Popincourt, 4.375. — Bodéquin Homéry, 4.700. — Rotier frères, à Troyes, 3.850. — Helbronner et C, 5.115 fr. 95.
- 10" lot. — 1,000mètres de drap gris noisette.
- Normand frères, rue de Rivoli, 57, 10 fr. 95. — Basson, et Ce, 11 fr. 40.— Bayreven, 12 fr. — Etienne Neveu, 227, rue Saint-Denis, 11 fr. 24.
- MAIRIE DE TARBES.
- Le 10 août a eu lieu à Tarbes l’adjudication de la fourniture d’effets pour les sapeurs-pompiers de la ville. Ont soumissionné : MM.
- 2° lot. — 57 pantalons troillis et 57 habits à transformer en vestes, 684 francs.
- Nogaro, rue Brauhauban, à Tarbes, 7 p. c. — Dubé, rue Grands-Fossés, à Tarbes (maison des 100 mille paletots), 3 p. c. — Keiser, maître tailleur au 24e d’artillerie, à Tarbes, 8 p. c. — Bordes, rue Brauhauban, à Tarbes, adj., à 16 p. c. soit au prix de 574 fr. 56.
- 3“ lot. — 57 tuniques en drap et 57 pantalons en drap, 3,306 francs.
- Keiser, maître tailleur au 21 régiment d’artillerie, à Tarbes, 8 p. c. — Giroult, rue Coquillière, à Paris, rabais de 10 p. c. sur une partie et 2 p. c. sur l’autre, 6 p. c. en moyenne. — Duverède, rue Grands-Fossés, à Tarbes, adj. à 12 p. c., soit au prix de 2,909 fr. 28.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- lmp. C, Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 19. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Octobre 188».
- SOMMAIRE
- Révolution dans le blanchiment, par M. Pontiggia. - Principes chimiques sur l’art du Teinturier Dégraisseur, par M. J.-A, Chaptal (suite). — Préparation de la soie pour la teinture, par M. J Persoz PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes, par M. VANNUCGIO-VANNUGCINNI (suite). — Blanchi-par"M.DEVNANPEno“ mélangées de soies et de laines, par M. Moyret.-Teinture des fils en écheveaux, CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Sur les fibres textiles du genet, par M. L. Stinger. — Timbres-noste epargne. — Nouveau mode d construction de cylindres pour apprêter et calandrer les étoffes, par M. Schlat-ter. — Catalogue des brevets d invention, etc. ‘1 1
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — (Supplément) Prix-courants des produits chimianes et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris. 0-e
- RÉVOLUTION DANS LE BLANCHIMENT
- PERFECTIONNEMENTS au blanchiment des tissus et fils de coton, chanvre, lin Jute, etc, etc.
- Par M. Pontiggia
- (Brevet^ (I)
- Les perfectionnements pour lesquels je demande un brevet consistent dans l’emploi des deux nouvelles lessives en remplacement de celles ordinairement employées.
- Lessive N. 1.
- Composée de parties égales d’une dissolution de chaux caustique marquant 2° B. et d’une dissolution de soude C marquants0 AB.
- Lessive N. 2.
- Composée de parties égales d’une dissolution, d'hyperchlorite de soude marquant 2° B. et d’une dissolution de soude caustique marquant 3° B. avec addition par chaque cinquante litresde lessives d’une dissolution de parties égales de galipot et de soude caustique marguant 10° B.
- La lessive N® 1 est destinée spécialementaux tissus de coton-, par son emploi à froid, je peux opérer d’une façon complète le dégraissage et l’enlèvement des matières étrangères adhérentes aux tissus et fils appelés fils gras, qui se trouvent acci-
- , (1) Nous conserverons intacte la description du brevet.
- dentellement insérées dans le tissu ; la durée du temps pour obtenir le résultat voulu varie de six à dix heures selon que le tissu est plus ou moins serré. Il est nécessaire de faire pénétrer le liquide dans le tissu au moyen de clapot.
- Je réalise donc une importante économie en supprimant la vapeur, et les tissus, conservant toute leur force, acquièrent ce qu’on appelle de la main.
- La lessive N° 2, je la destine au lessivage des tissus de lin et de chanvre et aux fils de lin, chanvre, coton et jute. Elle s’emploie à chaud et de préférence on fait bouillir les matières à blanchir dans des cuviers à projection en ayant soin d’imbiber d’abord les matières avec ladite lessive. Pour les toiles en écru un seul lessivage avec ma lessive N 2 ; on obtient le même résultat qu’avec trois lessives ordinaires -, de la économie de temps, de main-d’œuvre et de produits; de même il sufit d’un seul lessivage pour les fils de lin écru pour avoir le blanc crèmé et aissi de suite.
- En résumé, par l’emploi de mes deux lessives, selon qu’on opère sur du coton ou d’autres textiles, j’apporte une économie réelle d’au moins 30 à 50 0/0 sur tous les procédés de blanchiment en usage jusqu’à ce jour.
- Certificat d’addition.
- L’expérience m’a démontré :
- 1°. — Que l’action détersive exercée par la lessive N0 1 indiquée dans le brevet est suffisante pour les cotons filés et les tissus de coton très légers ainsi que pour les fils et tissus de jute, mais
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- insuffisante pour les tissus destinés à l’impression.
- 2° — Que la lessive No 2. est incontestablement celle qui opère avec le plus d’énergie et de promptitude l’expulsion des produits pectiques qui font partie des fibres du lin et du chanvre, ainsi que des corps neutres des encollages employés dans leur tissage.
- 3°. — Que la matière colorante grise du lin, qui a été transmise par l’action de la lessive No 2 subit une modification telle qu’elle ne peut plus être détruite complètement ni par les agents atmosphériques ni par les hyperchlorites de calcium ou de magnésium ; de telle sorte que les toiles blanchies par ce procédé présentent toujours un fond gris très faible. Celte lessive ne peut donc être employée que pour faire des blancs ordinaires.
- 4» Que l’on obtient des résultats excellents de cette lessive, tant comme qualité que comme prix, quand on l’applique à des fils de lin ou de chanvre qu’elle blanchit complètement en un jour.
- Je viens d’établir d’une façon complète le rôle des deux lessives qui ont fait l’objet du brevet 127,259. Je vais maintenant exposer avec détail toute la série des opérations que comporte mon nouveau procédé de blanchiment des tissus de coton, lin, chanvre, basé sur l’emploi de trois autres lessives non indiquées dans ledit brevet.
- Par ce nouveau procédé, j’obtiens une économie notable sur la manutention et j’arrive à donner aux tissus un blanc parfait sans diminuer en rien leur résistance.
- Observations générales.
- Avant de développer les opérations de mon procédé j’indique une fois pour toutes dans ce qui va suivre que je m’appuie sur les considérations suivantes.
- 1° La quantité de produits chimiques que j’indique est toujours rapportée aux poids des tissus supposés secs.
- 2° Les tissus mouillés et exprimés retiennent toujours une quantité de liquide égale à leur propre poids sec.
- 3° La quantité d’eau employée pour les lessivages doit toujours être constante pour toutes les lessives ; elle est de deux fois et demi le poids du tissu sec ou une fois et demi le poids du tissu mouillé et exprimé.
- 4° Tous les lessivages donnés avant l’immersion dans le bain décolorant doivent être faits dans un
- appareil en tôle chauffé à la vapeur à circulation ou à jet continu. Cet appareil doit être muni d’un couvercle fermant hermétiquement à l’aide de boulons et d’écrous, et portant une soupape de sûreté qui se soulève dès que la température à atteint 100° C, température qui ne doit être dépassée et que l’on obtient généralement en h heures lorsqu'on opère sur une quantité de 100 kilos de tissus et 2,500 kilos de liquide.
- 5° Les lessivages donnés aux tissus à la suite de leur passage au bain décolorant doivent, au contraire, être donnés dans un cuvier en bois chauffé à la vapeur mais à air libre. La température doit y atteindre 900 C en cinq heures de temps pour des quantités égales à celles relatées dans l’article 4° ci-dessus :
- 6° Le traitement des tissus par les bains décolorants ou acides peut être effectué soit par simple immersion ou, ce qui est plus avantageux, dans des cuves spéciales où les liquides sont mis en circulation au moyen d’une pompe.
- La quantité de liquide nécessaire dans le premier cas est de 9 fois le poids des tissus secs, tandis que cette quantité peut être diminuée de moitié dans le second cas.
- 7° Après chaque opération il faut nettoyer les tissus à la machine à laver ; un parfait rinçage est nécessaire à la réussite des opérations suivantes :
- I. — Procédé de blanchiment pour les tissus de coton.
- Les pièces écrues sont 1° cousues ensemble, soumises à l’opération du grillage ou du flambage si c’est nécessaire et trempées dans une cuve avec de l’eau bouillante jusqu’à ce que les tissus soient bien mouillés.
- 2° Soumises à l’action d’un premier lessivage à la chaux sodée à raison de deux et demi à quatre pour cent pour les tissus forts et 1 à 2 0/0 pour les tissus légers. On prépare la chaux sodée en calcinant convenablement un mélange intime à parties égales de chaux caustique et de soude caustique ou de sel de soude à 95° alcalin.
- 3° Soumises à un second lessivage avec carbonate de soude de 90 à 95° alcalin à raison-de 1 à 2 1/2 0/0, lorsqu’il s’agira de tissus destinés à l’impression. Avant de leur faire subir l’action du bain décolorant, il faudra les soumettre à un 3° lessivage avec 1 à 1 1/2 0/0 de savon de colophane.
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- 4° Immergées pendant quatre à six heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant 50° chlorom. pour les tissus forts. Cette dissolution peut être remplacée par une dissolution d'hyperchlorite de magnésium titrant 25 à 30° chlorom. chauffée à 40° C; dans ce cas, la durée de l’immersion ne doit pas dépasser 3 heures.
- 5° Immergées pendant quatre heures dans une eau acidulée à demi pour 10° d’acide sulfurique.
- Les tissus arrivés au degré de blanc voulu sont d’abord rincés à l’eau froide ensuite passés à l’eau chauffée à 50° C pour les débarrasser de toutes traces d’acide.
- C. La lessive de chaux a la propriété d’opérer simultanément la dissolution des matières amylacées employées dans l’encollage de la matière rési-noïde propre du coton et la saponification des corps gras fixés sur les tissus.
- La seconde lessive au carbonate de soude donnée dans le but d’enlever les graisses en décomposant le savon calcaire formé est d’éliminer totalement les matières qui auraient pu échapper à l’action de la première lessive.
- II. — Procédé du blanchiment des tissus mixtes de coton et de lin.
- Les pièces sont :
- 1° Mouillées d’eau froide à l’aide du clapot.
- 2° Soumises à un premier lessivage à la chaux sodée à raison de 2 1/2 à 3 0/0.
- 3° Soumises à un second lessivage au carbonate de soude de 90 à 95 degrés alcalins à raison de 2 à 2 1/2 0/0.
- 4° Immergées ensuite pendant quatre ou six heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant 75 à 100° chlorom.
- 5° Immergées ensuite pendant quatre ou six heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant 50° chlorom.
- 6° immergées pendant 4 heures dans une eau acidulée à 1/2 0/0 d’acide sulfurique.
- Comme précédemment les tissus arrivés à un degré de blanc voulu sont d’abord rincés à l’eau froide ensuite passés à l’eau chaude.
- III. Procédé pour amener au blanc parfait les toiles fines et tissus damassés, de lin tissés en fils écrus.
- Les pièces sont :
- 1» Imprégnées d’un lait de chaux en raison de 2 à 4 kil. pour chaque hectolitre de liquide nécessaire
- au mouillage des tissus. Il convient d’employer de préférence la chaux qui a été fraîchement cuite et de ne l’éteindre qu’aufur età mesure des besoins.
- Pour que les tissus soient bien imbibés, on les amène dans une cuve spéciale où ils sont soumis à la pression d’un jeu de cylindres dans le but de faire pénétrer le lait de chaux dans les pores du tissu et d’exprimer le liquide en excès.
- La quantité de chaux doit varier suivant que les toiles sont plus ou moins serrées ou qu’elles sont tissées avec des fils rouis à l’eau courante ou sur terre comme les lins de Russie.
- 2° Entraînées mécaniquement dans l’appareil à lessiver on déverse sur la masse une quantité d’eau suffisante à les submerger.
- On ajoute ensuite par le tube central de la cuve de la lessive de soude caustique à 40° B, à raison de 1 /4 à 1/2 0/0 et on chauffe.
- 3° Rincées , puis immergées pendant huit à dix heures dans un bain d’eau très acidulé d’acide chlorhydrique ordinaire 1 0/0. Il est préférable de se servir du même bain chauffé à la température de 50° pendant trois heures environ, l’eau acidulée dissolvant d’une manière plus complète la chaux qui n’a pas été expulsée par le rinçage. Ces deux opérations faites, les toiles les plus réfractaires et les plus riches prennent une teinte jaune claire et deviennent souples.
- 4° Soumises à un second lessivage à la soude caustique à 70° degrés alcalins à raison de 1/2 à 3 O/o jointe à 1/5 à 1/2 0/0 d’un mélange à parties égales d’acide oléïque du commerce et d’eau émulsionnée par l’addition d’une certaine quantité d’ammoniaque.
- Les huiles d’olives et d’arachides non épurées {huiles tournantes) peuvent être employées à cette préparation, de même que tout autre corps gras liquide ou solide, à la condition de l’additionner d’une quantité convenable d’acide oléïque, de façon à le rendre susceptible d’être émulsionné par l’ammoniaque.
- L’expérience m’a démontré que, par l’addition de l’émulsion, la lessive caustique présente sur les lessives d’alcali caustique simples ou additionnées de savon ordinaire, l’avantage d’exercer sur les tissus qui ont reçu le premier lessivage une action dissolvante plus complète et plus prompte des substances à éliminer et de leur donner plus de douceur et de souplesse tout en ne fatiguant pas la fibre.
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- 5° Rincées, puis soumises à un troisième lessivage au sel de soude à 70° alcalins à raison de 1 1/2 à 2 1/2 O/o mélangé de 1/2 à 1 0/0 de savon de colophane claire, 20 parties de galipot, 20 parties de lessive de soude à 40° B et 80 parties d’eau.
- L’addition du savon à celte troisième lessive augmente sa puissance d’action et éclaircit davantage le fond des toiles.
- Ces trois lessivages constituent la première série d’opérations du procédé (dégraissage). Les tissus sont dès lors dépouillés des produits pecliques, des matières de l’encollage, ainsi que des autres étrangères organiques ou inorganiques qui se sont attachées à eux pendant le travail de la filature et du tissage.
- Il ne reste plus qu’à détruire la matière colorante pour les avoir blancs. C’est l’objet de la seconde série d’opérations du procédé (décoloration').
- (A suivre.)
- PRINCIPES CHIMIQUES sur l’art du TEINTURIER- DÉGRAISSEUR
- Par M. J.-A. Chaptal.
- — Suite (1) —
- Les taches de boue, surtout celles qui sont occasionnées par la boue des roues d’une grande ville, se rapprochent aussi de celles dont nous venons de parler, en ce qu’elles contiennent de l’oxyde qui provient du détritus des fers des roues et de ceux des pieds de chevaux.
- Nous pouvons encore rapporter à la nature des taches dont nous venons de parler, toutes celles qui sont produites par le cambouis, mélange de graisse et de rouille.
- Dans tous les cas, après avoir enlevé le principe ! graisseux qui sert d’excipient à la rouille, on retrouve des traces de celle-ci sur l’étoffe, où elle forme une couleur brune ou jaunâtre, selon le degré d’oxydation du métal.
- Les résines forment encore une classe nombreuse de corps propres à produire des taches. La poix, qui est employée à plusieurs usages ; les torches dont on se sert pour éclairer; les térébenthines,
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année courante pages 58 et suivantes.
- l’encens et autres substances de cette espèce, employées à la fabrication du vernis et des mastics, aux fumigations, à la composition de quelques remèdes, à l’enduit des toiles et des tafetas, salissent et adhèrent fortement à tous les corps sur lesquels elles tombent dans leur état fluide.
- La plupart des fruits qui servent à nos usages occupent une place dans le nombre des corps qui peuvent salir et altérer une étoffe ; et comme la nature de leurs sucs varie prodigieusement, l’effet qu’ils produisent nous offre de grandes différences : les uns, tels que ceux de citron, de l’orange, de la groseille, de l’oseille, etc., etc., sont de nature acide ; d’autres présentent un caractère astringent, tels que ceux de grenade, de sorbes, etc., tandis que le plus grand nombre dépose sur l’étoffe un suc déjà coloré qui y adhère avec plus ou moins de force. Les premiers et les seconds altèrent la plupart des couleurs, comme nous le verrons par la suite ; les derniers ne font que porter sur l’étoffe une couleur étrangère.
- La plupart des infusions végétales dont on fait usage comme boisson, le café, le thé, etc., plusieurs extraits de sucs employés comme aliments sous le nom de sirop, confitures, chocolat, etc., doivent être classés parmi les substances qui tachent les étoffes et dont la connaissance appartient à l’art du dégraisseur.
- Nous pourrions ajouter à cette classe les taches qui sont formées par le tabac qui découle du nez dans l’état d’une dissolution opérée par le mucus animal, de même que celles qui sont produites par quelques décoctions de végétaux, qu’on prépare pour notre usage dans nos cuisines ou dans nos ateliers.
- Dans tous les cas, ainsi que nous l’avons déjà observé, il y a quelquefois simple apposition d’un principe colorant, souvent altération de la couleur, quelquefois combinaison de la couleur étrangère avec celle de l’étoffe, ce qui produit alors une couleur composée.
- Les acides, soit végétaux, soit minéraux, allèrent la plupart des couleurs.
- Les acides végétaux exercent une action très marquée sur les couleurs faux teint, surtout sur les violets, les roses et les bleus, produits par les bois de campêche, de Brésil et autres.
- Les acides minéraux ont de l’action sur des couleurs plus solides et allèrent souvent l’étoffe. Ceux-ci détruisent la plupart des couleurs, tandis
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- que les acides végétaux ne font que les nuancer, les modifier, les changer, de sorte qu’on peut les rétablir dans leur état primitif en saturant l’acide qui a produit ces légers changements.
- Nous pouvons comprendre dans la classe des acides l’urine fraîche, surtout celle de quelques animaux, dont l’impression et les effets sont si difficiles à détruire, et la sueur récente qui, quoique moins active, altèrent néanmoins quelques couleurs.
- L’effet des alcalis est moins général et beaucoup moins dangereux que celui des acides ; ils peuvent, à la vérité, tourner quelques couleurs, mais il est facile d’en détruire l’effet.
- L’urine et la sueur prennent par la vétusté un vrai caractère alcalin -, la sueur, par exemple, déposée sur l’écarlate, en aviné la couleur -, et on peut en détruire l’effet par les acides comme nous le verrons par la suite.
- Dans un écrit sur l’art du dégraisseur, il n’est pas permis de passer sous silence l’effet du sang sur les étoffes, car outre que c’est une des substances dont les taches sont les plus communes, cette liqueur animale a une affinité si marquée avec la plupart d’entre elles, surtout avec celles qui sont formées par des préparations végétales, qu’elle présente des phénomènes très importants, capables d’occuper le chimiste.
- A suivre.
- PRÉPARATION de la soie pour la teinture
- Par M. J. Persoz
- Décreusage pour blanc.
- Cette fois on ne se contente plus d’un bain unique, mais on divise le traitement en deux parties : le dégommage et la cuite. Dans l’intervalle vient un repassage, souvent aussi un rinçage. La méthode se rapproche donc beaucoup de celle qui est suivie en France.
- Dégommage.
- On remplit une chaudière avec de l’eau tiède et on y verse une solution de savon de Marseille, en quantité telle qu’il y ait 500 grammes de savon pour 1k 500 de soie. Ce bain est chauffé jusqu’à l'ébullition pendant qu’on dresse les matteaux : on place ces derniers par pontes de 500 grammes en
- viron, sur de forts bâtons, à l’extrémité desquels on attache des cordons servant de marques.
- Lorsque la chaudière atteint la température de 100°, on immerge les matteaux et on les manœuvre; puis on lisse, quand on s’aperçoit que la partie inférieure est devenue blanche. On laisse se dépouiller de même la nouvelle portion qui plonge dans le liquide, on lisse encore à deux reprises, en tout quatre à cinq fois. La soie est ensuite retirée, jetée sur une grille ou un chevalet et portée telle qu’elle dans le bain de rinçage.
- Rinçage.
- La cuve destinée à cette opération est en bois ou en cuivre; elle contient de l’eau tiède additionnée d’une faible quantité de savon frais et de soude, par exemple:
- Pour 10 kilogr. de soie.
- I kilo de savon.
- 250 grammes cristaux de soude.
- Lorsqu’on a plusieurs mises à dégommer successivement, on ajoute à chaque fois, pour la suivante, un peu de soude. On lisse la fibre à trois ou quatre reprises, puis on l’enlève pour l’introduire dans un troisième bain également chaud, dit de repassage.
- Repassage.
- Il se donne dans une longue barque rectangulaire, où l’on a mis pour 10 kilogr. de soie, lk 500 de savon de Marseille, mais point de soude.
- Les pointes sont lissées trois ou quatre fois, puis retirées, tordues sur des bâtons, et liées avec des cordons comme pour le décreusage ordinaire.
- Cuite.
- La cuite termine le traitement ; on n’y emploie que 500 grammes de savon pour 3k 500 de soie, et on fait bouillir pendant deux heures. On retire alors la fibre soit pour la tordre et la teindre aussitôt, soit pour la soufrer, avant de la mettre en nuances claires.
- La soie subit des soufrages plus ou moins nombreux, selon la teinte qu’elle est destinée à recevoir, par exemple quatre pour le blanc, trois pour le bleu tendre, deux pour le rose, etc.
- Un soufrage dure ordinairement de douze à seize heures.
- Les eaux de savon de la première chaudière, et celles qui restent du bain de repassage sont réunies et utilisées pour le décreusage ordinaire.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- TRAITEMENT DES SOUPLES.
- Souple non blanchi.
- La soie est d’abord mouillée uniformément à deux reprises et par matteaux d’un demi kilogr. dans de l’eau chaude, puis suspendue jusqu’au lendemain dans le soufroir. On la retire alors pour la disposer sur des bâtons et la placer sur la barque aux souples.
- Cette barque, rectangulaire et très allongée, en bois, porte à 10 centimètres environ de sa base, un double fond percé de trous, à la façon d’une écumoire. Entre les deux fonds, passe, dans toute sa longueur, un tuyau muni sur différents points d’ouvertures à soupapes, qui laissent barboter la vapeur. Celle-ci se répand en rayonnant horizontalement, avant de s’élever dans le bain. Grâce à cette disposition, on peut activer à volonté le chauffage, sans avoir à craindre aucun accident pour la fibre.
- Pour procéder à l’opération, on remplit la barque avec de l’eau qu’on porte à l’ébullition, et dans laquelle on ajoute, pour 25 kilogr. de soie, 1 kilogr. de savon qu’on a coupé en petits morceaux et dissous à l’avance. Les matteaux restent deux heures environ sur le bain ou ils sont manœuvrés et lissés d’une manière coutinue.
- La température du liquide doit toujours être maintenue voisine de l’ébullition.
- Quand la soie a acquis la souplesse voulue, on la retire et on la plonge dans un second bain qui ne contient que de l’eau tiède -, on l’y manœuvre trois ou quatre fois, puis on la tord à la main.
- La fibre bien rincée à la rivière et secouée, est prête pour divers usages, notamment pour la teinture en noir de charbon ordinaire, car elle prend très bien les mordants, nitrate ou acétate de fer. Souvent les fabricants demandent une soie seulement assouplie, pour le tissage d’étoffes unies destinées à n’être teintes que plus tard, comme cela a lieu pour certains rubans.
- Souple blanc ordinaire.
- Il faut, pour cet article, commencer par blanchir la soie, au moyen de la préparation liquide dite blanchiment, et par des soufrages.
- Blanchiment. — Les matteaux sont immergés dans de l’eau chaude comme précédemment, avant d’entrer dans le bain de blanchiment. Le mélange décolorant se prépare dans les proportions suivantes :
- 7 kilogrammes acide chlorhydrique.
- 3 — acide nitrique.
- 1 — acide sulfurique.
- L’acide sulfurique n’est pas indispensable.
- On emplit avec de l’eau froide une barque en bois et on y ajoute suffisamment de la liqueur ci-dessus pour que le bain marque 3° B ; on y laisse la fibre pendant deux à trois heures, en la lissant fréquemment.
- L’addition de l’acide sulfurique rend l’action du bain plus énergique et plus prompte, mais comme il peut donner lieu au blanchiment inégal, on renonce le plus souvent à son emploi. Dans aucun cas, on ne dépasse la proportion indiquée plus haut.
- Par ce traitement, la soie prend une teinte d’un blanc sale verdâtre. Quand elle parait de nuance uniforme on la retire pour la tordre et la laver à deux reprises, puis on s’occupe du soufrage.
- (A suivre).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- Après le savonnage, on rince puis on passe la plume dans un bain acidulé avec de l'acide sulfurique. Cet acide neutralise d’abord le peu d’alcalinité de la plume en corrigeant la teinte trop violacée et, ensuite, fait disparaître le ton cuivreux qui peut se trouver sur certaines parties de la plume. Enfin, il permet au duvet de mieux se gonfler au séchage.
- Souvent, pour mieux développer le noir, on plonge les plumes savonnées et rincées dans de l’eau tiède où l’on dissout quelques cristaux de bichromate de potasse. Le bichromate a pour effet d’oxyder mieux le campêche que n’ont pu le faire l’air atmosphérique et les sels métalliques.
- Les alcalis peuvent servir aussi à l’effet
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, n0* 23 et 24, et n°s 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13,14, 15,16, 17 et 18 de 1880.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- de foncer et violacer la teinte. On se sert de carbonate de soude ou d’ammoniaque en proportions très faibles.
- Après ces opérations, on passe la plume à l’amidon et on la sèche comme nous verrons dans le dernier chapitre.
- La teinture de l’autruche noire en noir demande 5 ou 6 jours.
- L’autruche grise demande, en général, un traitement plus long que l’autruche noire; il faut, en effet, 7 à 8 jours. D’ordinaire on la laisse tremper un jour ou un jour et demi dans la décoction de campêche avant de la teindre comme d’ordinaire. Le noir sur autruche grise n’est jamais si beau comme celui sur autruche noire ou sur autruche blanche. Il est, en effet, assez difficile d’obtenir une teinte égale et qui ne possède pas de place en place des reflets cuivreux.
- Enfin, n’ayant pas de brillant de sa nature, le noir réussit mat et terne. Comme cette sorte de plume est dure à teindre on emploie des ingrédients qui donnent corps au noir. Ainsi, on ajoute souvent aux ingrédients déjà indiqués, du bois jaune ou du curcuma ou du quercitron. Si on les employait pour l’autruche noire ils terniraient la teinte, mais comme pour l’autruche grise on ne peut pas obtenir un noir brillant, cet inconvénient perd d’importance. Il n’est pas mauvais non plus d’ajouter au bain de la noix de galle concassée; elle enrichit le bain du tannin, ce qui donne à la plume une aptitude plus grande à absorber la teinture.
- Le bain pour 20 kil. d’autruche grise sera alors composé comme il suit :
- Décoction de campêche Q. S.
- Sumac I kil.
- Noix de galle concassées 1 »
- Curcuma 6 »
- On fera bien bouillir puis on tournera avec le mélange :
- Couperose 3 kil. 000
- Sulfate de cuivre 0 kil. 250
- Verdet 0 kil. 050
- On a à teindre souvent ce qu’on appelle des pieds-blancs ; ce sont des plumes d'au-truche avec la tête noire et le pied blanc.
- C’est une teinture assez difficile à bien réussir, caria tête est déjà toute bronzée lorsque le pied n’est pas encore parfaitement noir. On égalise de son mieux par des passages à l’acide sulfurique qui enlèvent le bronzé de la tête ; mais comme cela éclaircit aussi le pied on est forcé de retremper la plume dans le bain de teinture pour la traiter à nouveau dans le bain acidulé.
- La même difficulté se présente lorsque l’on a à teindre des plumes d’autruche noires tachées de blanc ou inversement. Partout où la plume est noire elle bronze dans le bain de teinture.
- Les plumes blanches entièrement se teignent très rarement en noir, mais il arrive cependant d’en avoir à traiter de temps en temps. Leur teinture rentre dans le cas des plumes noires ; elle n’offre aucune difficulté ; mais la durée du traitement est plus longue.
- Il y a des cas où la manière ordinaire de teindre en noir n’est pas suffisante; cela arrive pour certaines plumes qu’on appelle plates et femelles. Les chauffes répétées, le trempage prolongé restent sans effet ; on retire la plume du bain à peine grise ; il faut alors savonner fortement la plume, bien la rincer après à l’eau de carbonate et à l’eau pure, puis la chauffer de nouveau dans le bain pour recommencer la même série d’opérations jusqu’à ce que l’on obtienne le degré de noir désiré.
- Les plumes d’autruche déjà teintes en couleurs foncées comme marron, marine, prune, etc., ayant servi, sont rendues de nouveau à la mode après une teinture en noir. On les désigne sous le nom générique de retapins. Généralement c’est une marchandise de très peu de valeur composée de plumes qui ont été teintes et reteintes plusieurs fois et qui, trop usées pour être employées seules, sont cousues ensemble pour que le duvet soit suffisamment fourni.
- En raison de leur valeur, ce genre de teinture est payé très peu ; ainsi, il n’y a pas avantage à l’entreprendre que lorsqu’on en a une quantité suffisante pour pouvoir remplir un baquet où une cuve. Pour les teindre on suit la marche ordinaire déjà
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- indiquée. Certaines couleurs, le rouge surtout, se couvrent difficilement avec le noir qui n’acquiert jamais l’éclat et la beauté du noir sur plume brute.
- 2e Procédé.
- Ce procédé ne s’appliquerait avec avantage ni à des plumes de valeur, ni en quantité assez forte, mais s’applique à des plumes inférieures et en petite quantité.
- C’est le procédé qui nous a servi à obtenir du marron, du loutre ; on varie seulement les proportions des ingrédients. On emploie des fortes quantités de carmin d’indigo et de terre avec très peu d’orseille. C’est un procédé plus rapide que le procédé au campêche. Pour qu’il soit économique il est indispensable de conserver le bain pour des opérations successives.
- Teinture en noir des plumes autre s que la plume d’autruche.
- La plume de coq, la coquille de cygne, la ronde de pigeon, l’oiseau de paradis, le héron et bien d’autres plumes se teignent souvent en noir. On compose les bains comme on a vu pour l’autruche. Cependant pour les plumes très tendres comme la ronde de pigeon, le petit-vautour etc., les vieux bains seuls sont quelquefois suffisants. Il n’en est pas de même pour les plumes de cygne, d’oie, de canard, etc., pour lesquelles il faut donner des bains neufs aussi concentrés que pour l’autruche. Pour des plumes très dures et qu’on ne peut pas trop chauffer crainte de les brûler ou de les abi-mer, il est bon de concentrer davantage son bain. La température de chauffage est très variable. Pour le coq il ne faut pas dépasser 75°; l’oiseau de paradis de même; la ronde de pigeon supporte une température plus élevée. L’aigrette doit être chauffée très modérément ; on se tient à 65 ou 70°. La coquille de cygne, le canard, peuvent se chauffer jusqu’à 80°. Quand on introduit la plume dans le bain de noir à la température voulue que le thermomètre indique, il faut avoir soin de l’agiter pendant quelque temps avant de l'abandonner à elle-même ; car on n’est jamais bien sûr
- d’avoir la même température dans toute la masse du liquide et on pourrait courir le risque de brûler la plume.
- Il est toujours bon, quand on veut un bon travail, d’apporter à ce genre de teinture les soins qu’on a déjà indiqués pour l’autruche.
- A suivre.
- Reproduction et traduction interdites.
- BLANCHIMENT DES TISSUS eotons purs ou mélangés de soies et de laines.
- Par M. MOYRET
- Depuis quelques temps on blanchit les filés cotons par un système qui les altère. Cette altération n’est pas perceptible dans les tissus tant qu’ils sontécrus, mais il n’en est pas de même après la cuite de ces tissus, purs ou mélangés de soie et de laine. L’action de l’eau bouillante, surtout additionnée d’alcalis, qui n’altère pas le coton à son état normal, est alors désastreuse.
- Le savon lui-même est pernicieux.
- Les tissus n’ont alors aucune force de résistance une fois cuits.
- Après de patientes recherches, l’inventeur est arrivé à appliquer à ces tissus un nouveau mode de cuite qui ne les altère pas* II faut les cuire dans une liqueur acide n’altérant pas le coton. Les acides acétique, phosphorique, arsénique entre autres, répondent à ce dernier désidératum.
- Par cette demande de brevet, l’inventeur entend se réserver l’application de dissolution très étendue des acides sus-nommés, tout en se réservant d’en trouver d’autres. Pour opérer on traite les tissus à l’ébullition dans les acides nommés très dilués, sauf pour l’acide acétique qui peut être employé concentré impunément.
- Les tissus une fois cuits doivent être teints dans des liqueurs acides autant que possible. Si l’on emploie des bains alcalins, le savon seul est permis et à des températures modérées, 30 à 40°.
- Dans le cas de tissus mixtes, le cas se complique et principalement avec la soie. Il est indispensable tant pour enlever les matières grasses (soie et laine) colorantes (soie) de faire intervenir l’action d'un liquide neutre, l’alcool, et de faire précéder ce nouveau système de cuite des tissus cotons purs ou
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- O co Ot
- mélangés, de lavages méthodiques dans l’alcool pur ou additionné de quelques pour cent d’acide chlorhydrique. L’alcool n’est d’ailleurs pas perdu, on le récupère par des distillations. Dans les tissus purs coton, ce lavage complète d’ailleurs l’action de la cuite, en enlevant des petites quantités de matières résineuses.
- TEINTURE DES COTONS ET FILS
- EN ÉCHEVKAUX
- Par M. de VINANT
- — Fin. —
- SAUMON
- 1 partie bain no 2
- 5 — eau bouillante.
- Donner neuf lisses, sans rincer ; donner cinq à sept lisses sur 3 grammes nitrate de plomb par litre d’eau chaude à 40°. Ensuite rincer.
- COULEUR PÊCHE
- 1 partie bain n° 2
- 1 — décoction de Lima à 2°
- 8 — eau bouillante.
- Donner neuf lisses sans rincer ; donner cinq à sept lisses sur trois grammes nitrate de plomb par litre d’eau chaude à 40°. Ensuite rincer.
- BOUTON D’OK
- Pour 10 kilos de coton, donner neuf lisses sur sous-acétate.
- Acétate de plomb. . 100 grammes.
- Eau pure .... 50 litres.
- Sans rincer, donner quatre à cinq lisses avec :
- Bichromate de potasse. 5 gram.
- Eau..........................50 litres.
- Sécher sans laver, étendre.
- Nous nous attachons d’une manière toute particulière sur la teinture en cotons et fils parce que c’est un des genres les plus arriérés ; c’est aussi, il m’est désagréable de l’avouer, chez les teinturiers en coton que l’on rencontré le moins de dispositions aux essais.
- Il est difficile que l’art fasse de grands progrès si l’on a de mauvaises dispositions et de semblables travailleurs.
- L’ouvrage de M. de Vinant sur la teinture des
- cotons est, sans contredit, l’un des mieux renseignés pour ce genre de tissu.
- Le coton étant devenu un objet de première importance pour l’industrie française depuis que par des procédés variés on est parvenu à lui appliquer ces couleurs riches et brillantes, c’est à la supériorité des procédés que les fabriques de Mulhouse, de Rouen, d’Amiens, de Toulouse et d’Avignon doivent leur grandeur et leur fortune.
- L’importance, je dirais même la nécessité de cet ouvrage est prouvée. [Voir aux annonces le catalogue de la librairie.)
- CHRONIQUE
- SUR LES FIBRES TEXTILES
- DU GENET
- Cette plante, herbe sauvage (de la famille des légumineuses), d’une couleur jaune-brun, est connue des teinturiers et donne une fibre textile très utile. Elle est employée généralement à la confection des balais.
- Connue en France sous le nom de Plante Genêt , est elle ainsi nommé du roi Plantagenet (1), qui avait porté une branche de genêt à sa toque en guise de panache.
- Dès le commencement, elle fut employée en teinture (genista tinctoria), mais elle fut bientôt abandonnée. La couleur obtenue donne une matière colorante jaune, semblable à celle de Visa-tine. Elle teint sur laine, sur lin, coton et soie. Son emploi est le même que la gaude.
- Cette matière colorante était employée autrefois avec succès dans la ville de Kendall [West-Morland, Grande-Bretagne^ aux environs de laquelle elle poussait en grande abondance. Ce fut Flenish, voyageur, qui l’introduisit le premier, sous le règne d’Edouard III. Son emploi en teinture est devenu nul, mais elle produit une fibre textile importante.
- Dans le Midi de la France, où cette plante, très abondante, est utilisée de la même manière, et pour les mêmes usages que le lin, les cultivateurs en
- (1) Surnom de la 2e maison d’Anjou, Geoffroy V, comte d'Anjou, père de Henri II, qui monta sur le trône d’Angleterre à la mort d’Etienne de Blois, en 1134, et qui reçut le premier ce surnom, qui p a depuis à sa branche.
- L. S.
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- retirent une fibre très solide avec laquelle ils confectionnent une toile grossière de couleur jaunâtre foncée, et l'utilisent pour le ménage. Lorsqu’elle a subi plusieurs blanchissages, sa couleur devient d’un très beau blanc et cette toile, très solide, est à toutes épreuves et son usage est presque éternel.
- En été, après la floraison, les femmes coupent les plantes avec une faux ou un couperet et en forment des fagots d’environ un mètre de diamètre, puis les font sécher ; lorsqu’elles ont atteint le degré de sécheresse voulu, elles les battent avec un maillet en bois. Ceci fait, elles détachent les fagots et en ôtent les substances boiseuses qu’elles formen t de nouveau en fagots sur une seule largeur, les mettent dans des fossés, les recouvrent de paille ou d'herbe et les arrosent chaque soir pendant huit à dix jours. Au bout de ce temps, on met les fagots à l’air et l’on les bat avec une grande latte en bois; par ce travail les fibres se détachent. On est obligé, pour les rassembler et les nettoyer, de les prendre une à une. On les fait sécher de nouveau, on les remet en fagots et ainsi arrangées on les emmagasine tout l’hiver. Au commencement du printemps, les cultivateurs, généralement ce sont les plus âgés, passent leur temps à tisser. Les femmes séparent avec soin les substances boiseuses qui seraient restées attachées aux fibres et les cardent avec un peigne (carde} grossier. Les fibres sont mises en filasse et filées à la quenouille. Traitées de la sorte, les fibres obtiennent une grande souplesse, elles fournissent un fil mince avec lequel l’ouvrier tisserand peut faire une toile très solide. Ce procédé n’est, paraît-il, employé que dans une seule région, la province du Languedoc, où cette plante est très abondante. On l’emploie aussi dans la confection des paillassons pour hommes et animaux. On s’est demandé cependant, et à juste titre, si cette fibre, (vu les avantages qui lui sont attribués), ne pourrait pas devenir plus importante si les procédés de traitement étaient beaucoup plus scientifiques. Ce sujet est d’une grande importance et mérite toutes les recherches.
- (Traduit du Textile manufacturer par Louis STINGER.
- TIMBRES-POSTE ÉPARGNE
- Nous avons parlé déjà plus d’une fois l’intéressante question des caisses d’épargne postales. Voici une autre innovation qui doit être essayée chez nos voisins d’outre-Manche.
- Les timbres-poste vont être admis en Angleterre comme monnaie courante dans les dépôts aux caisses d’épargne, pour des sommes d’au moins 1 shilling. La direction générale des postes a résolu de tenter cette intéressante expérience, dit le Times, afin de faciliter les dépôts aux personnes qui ne peuvent économiser que penny par penny, il suffira d’acheter avec chaque penny économisé un timbre-poste de 1 penny que l’on placera dans un cadre ad hoc remis par le département des postes, et qui pourra être déposé, lorsque douze timbres y seront apposés, dans n’importe quel bureau de caisse d’épargne postale du Royaume-Uni, où il sera reçu par le directeur comme premier dépôt dans un nouveau compte ou comme dépôt ordinaire si un compte a déjà été ouvert au déposant. Les timbres formant ainsi une somme totale d’au moins 1 shilling, ne devront être aucunement abimés ni détériorés, sous peine d’être refusés par la caisse d’épargne postale.
- On voit d’ici l’excellent résultat que pourra donner une pareille mesure. En effet beaucoup de familles économiseront par ce moyen un penny qu’elles n’auraient pas l’idée de mettre de côté dans les circonstances ordinaires de la vie ; que d’honnêtes femmes d’ouvriers, que de mères de familles utiliseraient ce mode d’épargne s’il était également admis chez nous. Un sou n’est rien, on l’a dans sa poche, on le dépense ; mais si avec ce même sou on peut acheter, dans le premier bureau de tabac venu, un timbre de 5 centimes qu’on colle sur une carte ad hoc et qu’on porte à la caisse d’épargne lorsque la carte est remplie, il est inconstestable que l’épargne ainsi singulièrement facilitée et encouragée doit être pratiquée par bien des personnes qui, autrement, n’y penseraient même pas.
- Il serait désirable de voir se créer les mêmes facilités chez nous. Ce sont des questions d’économie sociale de la plus haute importance, et nous espérons bien que notre ministre des postes et télégraphes, l’infatigable M. Cochery dont l’activité nous a déjà doté de tant de bonnes mesures pos-
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- taies ne laissera pas échapper cette nouvelle occasion de se rendre utile.
- NOUVEAU MODE de construction de cylindres pour apprêter et calandrer les étoffes.
- Par M. SCHLATTER.
- Les cylindres à surface douce employés en combinaison avec des cylindres à surface dure dans l’apprêtage et le calandrage des étoffes, ont été jusqu’ici fabriqués presque exclusivement en papier.
- Pour cela, on découpait des rondelles dans du papier préparé à cet effet, on les disposait ensuite les unes contre les autres sur un axe longitudinal, sur lequel on les comprimait à l’aide d’une forte pression ; de cette façon on obtenait un cylindre qu’on tournait ensuite régulièrement. Un cylindre ainsi construit offre une surface défectueuse.
- Dans le nouveau procédé, au lieu de papier tout préparé, l’inventeur emploie, ce que dans la fabrication du papier on nomme la pâte effilochée ou demi-pâte ; on remplit de cette pâte un cylindre percé de trous et fait en deux parties, dans lequel se trouve déjà l’axe longitudinal du cylindre à fabriquer ; on comprime ensuite fortement la pâte autour de l’axe et on enlève le cylindre perforé dès que la pression a été atteinte, de telle sorte que le cylindre obtenu soit prêt à être fini au tour.
- On obtient ainsi une surface régulière, douce et élastique.
- CATALOGUE
- DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TEXTILES ET TINCTORIALES
- Année 1878
- 125919. — 1er août. — Niol et Duflot. — Méthode perfectionnée de blanchiment des plumes d’autruche dites : plumes plombées.
- 125962. — 3 août. — Houget et C*. — Appareil applicable aux machines peigneuses du système Heil-mann.
- 125971. — 5 août. — Hertzog. — Machine dite broyeuse continue, à pressions multiples, servant à pulvériser les pailles, gratterons ou autres matières végétales contenues dans les tissus de laine lorsque ceux-ci ont été traités par des procécés chimiques quelconques.
- 126006. — 17 juillet. — Plontrou jeune et C* (Société). — Procédé chimique d’effilochage des chiffons provenant des tissus mixtes.
- 126014. — 7 août. — Jehenne. — Chromo-lithographie sur toile.
- 126057. — 10 août. — Gilljain . — Appareil diviseur applicable aux machines à carder la laine et utilisant toute la surface du peigneur.
- 126087. — 17 août. — Molin. — Fabrication de foulards façonnés ' dits : triple dessin, représentant plusieurs dessins de nuances différentes sur chaque face des foulards.
- 126104. — 24 août. — Lamotte. — Emploi dans les métiers dits : Jacquart de deux mises en carte ou armures, l’une supérieure, l’autre inférieure à la chaîne et symétriques.
- 126159. — 20 août. — Garnier. — Application de nouveaux procédés dans la fabrication des encres.
- 126178. — 29 août. — Blanc. — Mécanisme propre à éviter les clairs dans le tissu, sur les métiers à la barre.
- 126190. —21 août. — Hirsch et Seridais (Société). Fabrication d’un genre de tissu en jute gaufré ou estampé applicable aux tapisseries et teintures d’ameublement.
- 126205. — 12 juillet. — Promondon. — Tissu nouveau appelé : damas-lampas.
- 126239. — 25 août. — CLAPHAM. — Perfectionnements dans la fabrication des fils composés de laine, de coton, de lin, de soie ou d’autres matières fibreuses, ou de combinaisons de ces matières et dans les moyens ou appareils servant à fabriquer ces fils.
- 126258. — 26 août. — Breckon (dame veuve) et Durante. — Genre de machine à lustrer et à sécher les étoffes.
- 126262. — 27 août. — Body. — Perfectionnements
- 130672. — 12 mai. — Dunant. — Lait condensé au goudron.
- 130705. — 24 mai. — Lagache. — Graisseur automatique à entraînement direct.
- 130733. — 19 mai. — THOGAT. — Godet graisseur.
- 130769. — 19 mai. — Westinghouse. — Graisseur perfectionné pour cylindres à vapeur.
- 130814. — 23 mai. — Grouille. — Boîte à huile et à graisse pour tramways et autres véhicules de chemins de fer.
- 130906. — 28 mai. — Beslond et Galempoix. — Bougeoir d’adjudication.
- 130909. — 28 mai. — Brenot. — Rase mèche pour lampes.
- 130967. — 30 mai. — Massignon. — Extraction des parfums contenus dans les plantes, fleurs, fruits, bois, résines, et conservation de ces diverses matières par le chlore de méthyle.
- Certificats d’addition.
- Margotin. — 6 août. — B. 124693. — Procédé perfectionné d’épaillage chimique des tissus de laine et dérivés.
- Dujardin. — 23 août. — B. 121020. — Perfectionnements à la peigneuse Heilmann, construite et modifiée par Schlumberger.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- GUILLEMAR et Labarthe. — 5 mai. — B. 109559. — Moyens de transformation des lampes actuelles et construction de lampes spéciales pour l’emploi du sulfure de térébenthine, hydrocarbures, etc.
- LACATTE. — 7 mai. — B. 128603. — Appareil dit : sauce-gouttes, s’adaptant aux bougies et ayant pour objet de préserver les vêtements, les parquets, etc., des gouttes qui s’en détachent.
- Raulin et Chaumas. — 12 mai. — B. 129371. — Perfectionnements aux lampes à essences minérales.
- Thomas Payen. —17 mai. — B. 128756. — Fabrication des savons à froid.
- Bassin. — 20 mai. — B. 130153. — Bougie chronomètre.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest, 14 octobre.
- Fourniture de cravates en lasting.
- Dép. de gar., 560 fr. — Caut., 1,100 fr.
- Rochefort, 21 octobre. — Fournitures ci-après ;
- Toile blanche à pantalons de marins. — Insignes pour officiers mariniers et agents divers,
- Cherbourg, 21 octobre.
- 4,000 feuilles feutre animal à doublage.
- Dép. de gar., 500 fr. — Caut., 1,000 fr.
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Samedi 30 octobre, une heure.
- Fourniture des couvertures de laine nécessaires au service de campement pendant les années 1881, 1882, 1883 et 1884.
- Le samedi 30 octobre 1880, à 1 heure, il sera procédé à Paris, dans une des salles de l’hôtel de l'intendance militaire, 18, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, par une commission présidée par le sous-intendant militaire chargé du service des magasins centraux, à Paris, à l'adjudication publique, avec concours restreint, de la fourniture ci-dessus, qui sera divisée en 20 lots, dans les conditions suivantes :
- Année 1881. — Minimum par lot, 2,000. — Maximum par lot, 6,000
- Pour les années 1882, 1883 et 1884. — Minimum par lot, 1,000. — Maximum par lot, 3,000.
- Le public est admis à prendre connaissance du cahier des charges, ainsi que du modèle-type, au magasin central de eampement dans l’île de Billancourt. Il pourra également être pris connaissance du cahier des charges dans tous les magasins de campement de l’intérieur et de l'Algérie.
- Les demandes d’admission à soumissionner, accompagnées des pièces exigées par l’article 4 du cahier des charges, devront être remises au sous-intendant militaire sus-désigné, le octobre 1880 au plus tard.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Lorient, 1er septembre
- Toile de cretonne.
- MM. Gaillard, à Paris, 0,64-—Armand, à Darnétal, 0,64. — Gourant, au Havre, 0,65. — Drefus, à Rouen, 0,62 — Stottkeiner, à Epinal, 0,69. •— Deloïse, à Rouen, 0,63. — Wallingthon, à Rouen, 0,62. — Le Mottebossut, 0,66. — Levêque, à Paris, 0,66. — Lemarchand, à Rouen, adjudic.
- Brest, 1G septembre.
- Shakos et pompons.
- MM. Alphonse Helbronner, à Paris, 4,037 fr. — Lanoîn Schraen, à Watten, 4,152 fr. 10. — H. Blot, à Paris, adj. à 4,036 fr. 20. Prix détaillés de l’adjudicataire : shakos, 6fr. 89 ; pompons : écarlates, 0,51, blancs, 0,52.
- Rochefort, 16 ssptembre.
- Rubans de soie noire, pour 3 ans.
- MM. David, à Saint-Etienne, 18 fr. 45. — E. Lacroix et Ce, à Saint-Etienne, 17 fr. 85. —Brumon, à Saint-Etienne, 17 francs.
- Toulon, 16 septembre.
- 5,230 sacs à charbon.
- MM. Magnier, Brunet et Ce, à Angers, 3 fr. 701e sac.— Joubert-Bonnaire à Angers,3.49. — Ruher,a Alençon, 3,82.— Dickson, 3,61. — Blow et Ce, à Dunkerque, 6 tr. — Des-gréaux, fils, à Toulon, 3 fr. 75. — Sirin, à Paris, 4,05. — Levêque, 4 fr. 08. — Reveiller, 3.98. — Lheureux, fils, adj., à 3 fr. 42.
- 3,600 mètres de manches en toile pour pompes.
- MM. Simoneton aîné, 1 fr. 07 le mètre. — Convers et Ce, 1,25. —F. Van Rullen, à Poulbec, 1.02. — Mambaud Ropart, à Angers, 1,02. — Rallu, 1.09.—Van Rullen, 1,94. — Donat Lejeune, adj. à 1 fr.
- 1,250 feuilles de feutre animal à doublage.
- Bassereau, à Toulon, 1 fr. 64 la feuille. — Saux père, à Bordeaux, adj. à 1 fr. 59.
- Brest, 23 septembre.
- Etoupe blanche, par transformation.
- MM. Brunelat, à Brest, 22,43 les 100 kil. — A. Pitel, à Brest, 22,48. — Ch. Soing, à Brest, 26,90.
- Brest, 30 septembre.
- Rubans de soie noire.
- MM. Lacroix et Ce, à Saint-Etienne, 0,12. — Antoine Brunant, à Saint-Etienne, 0,13. —Antoine Gigron, à Saint-Etienne, 0,17. — David, à Saint-Etienne, 0,20. — Forest, à Saint-Etienne, 0,20. — Lépine, à Paris, 0,21.
- Toile bleue lisse en coton pour collets de chemises de marins.
- MM. V. Radiguet, à Condé-sur-Noireau, 1,33. — Gh. Havard, à Condé-sur-Noireau, 1.38. — Gelstodt-Kiener, à Epinal, 1.63. — Lemartinet, à Rouen, 1.64.
- Toulon, 30 septembre.
- 1,250 kilogrammes de crin torqué.
- MM. Alf. Lataste, à Paris, 4,38 le kil. — Bollaert, à Rouen, 4.45. — Smith, à Paris, 3 86. — Sylvain Brissot, à Paris, 3.77. — Michel et Ce, à Marseille, 4.10. — Marius Muraise, à Toulon, 4.45. — Desgréaux fils, à Toulon, 4.69. — Laugier, à Toulon, 4.12. — Normand, Benoit et Ce, 4.40. J. Laure, à Toulon, 4.20. — Closte Richard, à Nancy, 4.72. — Georges Laurent, « Paris, adj. à 4.20 le kil.
- Le Propriétaire^Gérant : Paul Blondeau.
- Tous droits réservés.
- lmp. G. Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 20. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 20 Octobre 1880.
- SOMMAIRE
- Révolution dans le blanchiment, par M. PONTIGGIA (suite). — Blanchiment des fils. — Nouveau procédé de tannage. — Note sur l’acide tartrique.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des laines et lainages. — Nouveaux colorants (Echantillon) de la maison Ruch et fils. — Teinture des plumes, par M. VANNUGCIO-VANNUGCINNI (suite). — Teinture de la paille.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Procédé qui rende les tissus et les bois ininflammables, parM. Martin.
- — Procédés d’imperméabilisation. — Jurisprudence industrielle. — Une composition utile.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- RÉVOLUTION DANS LE BLANCHIMENT
- pnfvc..czotarrrcapatenencunn? .
- PERFECTIONNEMENTS
- au blanchiment des tissus et fils de coton, chanvre, lin jute, etc, etc.
- Par M. Pontiggia
- — Brevet. — (Suite.) (1) —•
- Décoloration.
- Les pièces dégraissées sont :
- 1° Exposées sur le pré pendant 48 heures ; il faut avoir soin de retourner les pièces après 24 heures, de façon que chacune des faces du tissu se présente favorablement à l’action des agents atmosphériques.
- 2e. Immergées ensuite pendant 4 heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant de 75 à 100* chlorom. en été, en hiver jusqu’à 125° chlorom. ou de préférence chauffer le bain à la température de 15° en ayant soint de ne jamais la dépasser. Au delà de cette température les dissolutions de chlorure de chaux même plus faibles exercent une prompte action destructive sur les fibres. On obtient encore un meilleur résultat en employant une dissolution d'hyperchlorite de magnésium titrant de 50 à 750 chlorom. que l’on porte à la température de 400 C pendant 2 ou 3 heures.
- Ce dernier procédé est surtout préférable pour les batistes ; 3° Soumises à un quatrième lessivage composé 1/2 à 1 0/0 de sel de soude à 70° alcalins
- (1) Voir n° 19, page 217.
- de 1/2 à 1 0/0 de soude caustique à 70° alcalins et 1/5 à 1/2 0/0 d’émulsion.
- Après cette opération, il y a des toiles qui se trouvent amenées au degré de blanc voulu ; alors on les immerge ;
- 1° Pendant quatre à six heures dans de l’eau acidulée à 1/2 0/0 d'acide sulfurique ordinaire, on les lave à l’eau froide, on les fait passer ensuite dans un bain d’eau chauffée à 50° C.
- 2° Dans une dissolution de savon vert ou mieux de savon de Marseille à raison de 1 kilo par hectolitre d’eau. Cette opération se fait dans une cuve munie d’un jeu de cylindres qui force le liquide à pénétrer et à en retirer en excès ; on termine par deux rinçages à l’eau froide. Les tissus qui ne sont pas arrivés au blanc voulu sont soumis à une autre suite d’opérations.
- 4° Immergées pendant 4 heures ou une nuit, si l’on veut, dans une dissolution de chlorure de chaux titrant de 40 à 50° chlorom. Lorsqu’on opère sur des toiles fines il sera préférable d’employer à chaud (40° C) une dissolution d’hyperchlorite de magnésium. L’opération durera de trois à quatre heures.
- 50 Lavées et soumises à un cinquième lavage avec du sel de soude à 70° alcalins à raison de 1 1/2 à 2 0/0 de sel mélangé à 1/5 0/0 d’émulsion ;
- 6° Immergées dans un bain d’eau acidulée d’acide sulfurique à 1/2 0/0, passées ensuite dans un bain d’eau de savon à raison de 1 kil. par hectolitre d’eau et enfin soumises à deux rinçages à fond à l’eau froide.
- Par le procédé que je viens de décrire on arrive en huit jours de temps, d’une manière très régulière,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- en toutes saisons de l’année, à donner aux toiles un blanc parfait qui ne jaunit pas à la longue, attendu que toute la matière hétérogène à la fibre est régulièrement expulsée.
- Ni l'ammoniaque ni le cylindrage à froid neprodui-sent aucune altération à la blancheur des toiles blanchies par mon procédé.
- IV. Procédé pour amener à un blanc parfait les toiles tissées en fils crémés.
- Les pièces sont :
- 1° Mouillées à l’eau froide.
- 2® Soumises à un premier lessivage à la chaux sodée à raison de 2 à 3 0/0.
- 3° Soumises à un second lessivage avec du sel de soude à 90° alcalins à raison de 2 à 3 0/0.
- Ces deux lessivages sont éffectués à la température de 100° G ;
- 4° Exposées sur le pré pendant 48 heures.
- 5° immergées pendant 4 à 10 heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant 75° chlorom.
- 6° Soumises à un troisième lessivage avec un mélange à parties égales de sel de soude à 70» alcalins et de soude caustique à raison de 2 à 2 1/2 avec addition de 1/2 0/0 d’émulsion.
- 7° immergées pendant 4 à 6 heures dans une eau acidulée avec l’acide sulfurique à 1/2 0/0;
- 88 Passées à l’eau de savon et rincées ensuite deux fois à l’eau froide.
- V. Procédé pour amener au demi blanc les toiles demi fines tissées en fils écrus.
- Les pièces sont :
- 1° Mouillées à l’eau froide.
- 2° Soumises à un premier lessivage à la soude caustique à raison de 2 à 2/1 0/0 avec addition de 1/20 0/0 démulsion.
- 3° immergées pendant quatre à six heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant 75° chlorom.
- h* Soumises à un deuxième lessivage à la soude caustique à raison de 1 1/2 à 2 0/0 avec addition de 1/20 0/0 d’émulsion.
- 5° Immergées pendant quatre à six heures dans une eau acidulée avec de l’acide sulfurique à 1/2 0/0 ;
- 6° Rincées à l’eau froide d’abord et passées à l’eau chaude ensuite.
- VI. Procédé pour amener au blanc ordinaire dit ; blanc de ménaget les grosses toiles en chan
- vre ou en étoupes de lin qui ne doivent prendre au blanchiment au delà, de 10 à 12 0/0 de leur poids.
- 1° Les pièces sont :
- 1° Mouillées à l’eau froide .
- 20 Soumises à un premier lessivage à la soude caustique à raison de 2 à 2 1/2 0/0 avec addition de 1/20 0/0 d’émulsion.
- La lessive doit être portée graduellement à la température de 70° C au maximum en 5 heures de temps.
- 3° Soumises à un deuxième lessivage pareil au premier.
- 4° Exposées sur le pré pendant 48 heures.
- 5° Immergées pendant h heures dans une dissolution de chlorure de chaux titrant de 50 à 75 chlorom.
- 6° Soumises à un troisième lessivage au sel de soude à 70° alcalins à raison de 2 à 2 1/2 0/0 pendant h heures en ayant soin de ne pas dépasser la température de 60» C.
- En résumant ce mémoire on voit que le procédé de blanchiment dont j’entends me réserver la propriété pendant 15 ans consiste en l’application simultanée 1° de lait de chaux additionné de soude caustique, 2° de chaux sodée, 30 de l’addition aux alcalis soit caustiques soit carbonatés d’une émulsion produite par l’action de l'ammoniaque sur un corps gras. Si certains de ces réactifs ont déjà été employés, du moins nel'ont-ils étéqu’isolément et jamais ensemble pour former un système analogue à celui que j’ai décrit et dont j’entends me réserver
- la propriété.
- 13 Janvier 1879.
- BLANCHIMENT DES FILS
- L’invention suivante est due à M. Rusch, de Bot-tendorf, près Vienne. Le trait caractéristique de cette nouvelle méthode est qu’au lieu de blanchir les cannettes de fils terminés, comme on fait d’habitude, on blanchit la mèche ou le ruban à la sortie des bancs à broche, en gros, en intermédiaire ou en fin, la filature se continuant après le blanchiment par les différents métiers jusqu’au renvi-deur ou au continu.
- On procède de la manière suivante :
- Le ruban qui vient du banc à broche en gros, intermédiaire, en fin, du banc d’étirage, ou d’une
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- machine préparatoire quelconque, n’est pas envidé sur des bobines en bois ou des tubes en tôle éta-mée, mais sur des époules ou tubes en caoutchouc durci, en zinc, en tôle émaillée, ou autre substance qui n’est pas sujette à être oxydée par les ingrédients qu’on emploie dans le procédé.
- Les deux ou trois premiers tours qu’on forme sur les tubes doivent être serrés le moins possible, et, généralement parlant, le ruban doit être moins tendu de 5 à 8 0/0 que dans l’envidage ordinaire. Le ruban est ensuite placé dans une chaudière à vide, et soumis à l’action du liquide blanchissant à 1,5d Baumé, rendu caustique par l’addition de la chaux, les tubes étant placés dans une position verticale. Si on désire opérer en même temps le blanchiment des fils tors ordinaires, on place une couche de ces derniers sur chaque série des tubes jusqu’à ce que la chaudière soit remplie. Lorsqu’on n’opère que sur des mèches ou rubans, il faut séparer les séries des rangées par des planchettes perforées.
- Après avoir rempli la chaudière d’une de ces manières, on fait le vide et on introduit le liquide blanchissant qui a été préalablement chauffé; lorsque la chaudière est à moitié pleine du liquide, on y fait entrer de la vapeur à la pression de 1 1/2 atmosphère, et on fait bouillir pendant environ quatre heures. L’opération suivante consiste à faire écouler le liquide et à le remplacer par de l’eau, ce dépurateur passant deux ou trois fois sur les matières textiles. Les cannettes sont ensuite enlevées et placées dans l’hydro-extracteur pour les épurer complètement, puis le récipient du chlore les reçoit. Dans ce récipient, la disposition des tubes et des fils est la même que dans la chaudière ; on se sert, dans ce procédé, de l’eau chlorique à 1d Baumé, et si elle contient de la chaux, elle est traitée par un acide phosphorique jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précépité. Le vide étant fait dans le récipient, l’eau y monte, et cette opération se répète huit fois, le liquide séjournant chaque fois pendant une demi-heure dans l’appareil.
- Après l’écoulement final de l’eau, les matières sont traitées pendant une demi-heure par l’acide sulfurique à 0,5 Baumé; celui-ci est ensuite extrait, et les rubans et les fils restent pendant deux heures dans le récipient. Après que le restant du chlore s’est échappé, on opère le lavage à l’eau par le moyen du vide ; cette eau étant coulée, les matières sont soumises à un nouveau bain d’acide sul
- furique, mais cette fois, à 1d Beaumé ; cet acide est extrait de suite, mais repris pour séjourner pendant une demi-heure dans l’appareil : puis il est rejeté pour êtré aspiré de nouveau, rester dans le récipient pendant une heure ; au bout de ce temps, on le fait couler et égoutter complètement.
- Les opérations suivantes consistent en environ quatre lavages à l’eau et finalement les matières textiles sont traités pendant 1 heure par une solution faible de savon et d’eau chaude. On vide le récipient, et les cannettes sont placées dans une position verticale dans l’hydro-extracteur, d’où elles sont transférées au séchoir, dont la température ne doit varier qu’entre 4d et 5d C., permettant le séchage en 30 ou 40 heures. Aussitôt que l’on peut retirer aisément les tubes de l’intérieur des cannettes, celles-ci sont sèches et prêtes pour leservice des métiers à filer, qui les préparent pour le tissage ou l’ourdissage.
- Les proportions des substances chimiques qu’on peut employer avec avantage, sont les suivantes. Pour le blanchiment de 5,000 kilogr. de ruban ou mèche :
- Carbonate de soude............... 100 kil.
- Chaux vive.......................... 50 —
- Chlorure de calcium.............. 80 —
- Acide phosphorique............... 5 —
- Acide sulfurique............... 50 —
- Savon................................. 5 —
- ÇMonit. des fils et tissus.)
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TANNAGE
- Après que les peaux ont été épilées et trempées à la manière ordinaire, on les place dans une solution de bichromate de magnésie ou d’alun, ou bien encore de sulfate d’alumine ou de chlorure de sodium, dans laquelle on les laisse séjourner plus ou moins longtemps, suivant leur texture et leur épaisseur.
- Au lieu de plonger les peaux directement dans cette solution, on peut d’abord les immerger dans une solution d’alun de 5 ou 10 p. c., à laquelle on ajoute de la limaille ou des rognures de zinc. Le zinc décompose l’alun et produit de l'alumine amorphe, qui se précipite sur la fibre. Après que les peaux sont restées suffisamment plongées dans cette solution d’alun et de zinc (ce qu’on règle suivant leur texture), on les plonge dans la première solu-
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- G C. G.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tion, dont le degré de concentration varie avec la nature des peaux.
- Au bout de quelques jours, on ajoute une quantité assez peu importante de ferrocyanure de potassium ; cette addition peut cependant aussi avoir lieu au début. Dans la fabrication de certaines espèces de cuirs, on n’emploie pas de ferrocyanure : on en fait surtout usage lorsqu’on fabrique le cuir destiné à former les tiges et qu’on doit noircir ensuite.
- Afin de fixer les matières tannantes dans le cuir, les peaux sont placées, pendant un temps court, dans une solution de chlorure de baryum, d’acétate de plomb ou de savon. On peut les sécher par le système ordinaire et les mettre en suif comme le cuir tanné, par le procédé habituel, en les plongeant dans de la stéarine ou de la paraffine dissoute dans le naphte, la benzine ou autres matières analogues ; on peut ajouter à la stéarine une petite quantité d’acide phénique ou d’huile de thym.
- Ce procédé paraît donner un cuir parfaitement imperméable à l’eau, beaucoup plus mou, plus durable et moins coûteux que les cuirs ordinaires.
- (Tanners' and Curriers' journal.)
- NOTE
- SUR L’ACIDE TARTRIQUE
- L’acide tartrique, comme les tartres de commerce, provient du tartre à l’état naturel, qui est un produit de la fabrication du vin de raisin.
- Les pays dans lesquels l’acide tartrique est fabriqué emploient différentes méthodes. En Allemagne, quelques fabricants font usage d’acide muriatique. Kestner, un des plus grands fabricants, a été amené à l’employer à cause de la presque insolubilité du bitartrate de potasse.
- D’après ce système, le tartre est pulvérisé ; on en met une certaine quantité dans des réservoirs en plomb et contenant environ 450 à 600 litres, qui sont ensuite remplis avec de l’acide chlorhydrique concentré ; on les recouvre avec des couvercles en bois. On chauffe avec un tuyau de vapeur adapté au fond du bassin, et en une heure les tartrates sont dissous, laissant déposer toutes les matières colorées au fond du bassin, sous forme d’une masse molle et boueuse. Le liquide est tiré et versé dans une cuve également en plomb, de la contenance de 2,000 litres environ. Cette cuve
- est pourvue d’une vis de presse adaptée au bas de la cuve, qui tourne au moyen d’un engrenage sur un pignon fixé à une poutre. Ce bassin est aussi pourvu d’un appareil de chauffage semblable aux bassins mentionnés plus haut, au moyen duquel la température est élevée à un degré suffisant pour activer la décomposition.
- De la chaux de 1er choix, moulue et tamisée, faite en forme de pâte, est ajoutée au liquide par intervalles, le contenu étant toujours maintenu bouillant et constamment remué.
- Cette partie de l’opération nécessite un jour entier, et l’on doit avoir grand soin d’essayer le contenu à plusieurs reprises avec du papier réactif.
- Lorsque la matière a été bouillie, on la laisse reposer pendant douze heures, et la solution aqueuse de chlorure de potassium s’échappe par un robinet au bas du bassin et rebouillie afin d’en extraire le sel. Le dépôt insoluble formé au fond de la cuve est du tartrate de chaux bien cristallisé qu’on retire et qu’on soumet à plusieurs lavages jusqu’à ce que tout le chlorure de potassium disparaisse. Cette opération se fait dans une série de boîtes en bois dont le fond est perforé de petits trous recouverts avec une toile écrue.
- Après que celte opération est terminée, le tartrate de chaux est mis dans de grandes cuves en plomb, contenant en moyenne 450 litres. Aussitôt que le tartrate a été mélangé avec l’eau, on ajoute une quantité d’acide sulfurique et l’on fait chauffer. Le contenu est toujours remué pendant l’opération de la décomposition, et le liquide refroidit ensuite.
- Pendant le refroidissement, le sulfate de chaux dépose ; la solution claire est ensuite siphonnée dans une autre cuve contenant une nouvelle quantité de tartrate de chaux, la solution étant employée pour remplacer l’eau. Cette opération est renouvelée jusqu’à concentration au dernier degré possible ; par ce système, on épargne ainsi du combustible et diminue les risques de perte d’acide tartrique.
- Le premier point est de préparer la solution pour la cristallisation en la concentrant à un degré plus élevé que celui décrit plus haut. Le liquide est mis dans des cuves en plomb longues, peu profondes et encaissées dans du fer. Entre le plomb et le fer, on laisse un espace afin que la vapeur puisse circuler, ce qui égalise la chaleur: mais il faut veiller à ce
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- CO CO G
- que la température n’atteigne point le degré du bouillon, autrement la décomposition de l’acide tartrique se produirait. Après un certain temps, la surface du liquide se couvre d’une couche de vésicules. Alors la solution est siphonnée (cuivre) dans des cristallisoirs en bois, doublé de plomb, ayant la forme d’un cône tronqué. On verse dans les rafraîchissoirs de l’acide sulfurique à 19360 de densité, dans la proportion de 3 à 4 0/0 du poids du liquide à cristalliser, qu’on recouvre d’une toile.
- On laisse reposer pendant une huitaine et des cristaux légèrement colorés se forment. On agite et fait dissoudre à nouveau et on traite comme ci-dessus : l’on obtient ainsi de gros cristaux incolores qu’on lave avec de l’eau pour faire disparaître toute trace d’acide sulfurique adhérente à la surface.
- Le système anglais diffère un peu de celui qui précède, l’acide chlorhydrique étant remplacé par d’autres agents ; d’après le premier procédé, on emplit une grande cuve contenant 15,000 litres environ : on y verse environ 700 litres d’eau, 2,200 kilogrammes de tartre et suffisamment de craie pour neutraliser l’équivalent de l’acide tartrique du bitartrate de potasse. Cette opération se fait mieux en ajoutant la craie graduellement, et l’on maintient la température de 115 à 120 deg. F., en ayant soin de toujours agiter pour éviter que le tartrate de chaux ne dépose. La décomposition qui en résulte est représentée par la formule :
- C28H*K012+2Ca-C08=C8HAK2012
- +C8H‘0 12Ca2+ 2H0 + 2 C02
- La solution renferme du tartrate de potasse neutre qui se décompose à l’aide du précipité de sulfate de chaux qu’on préfère au chlorure de calcium, en raison du prix, et qui produit du sulfate de potasse qui a plus de valeur que le chlorure de potassium. Le produit de l’opération ci-dessus doit bouillir et constamment remué. Au bout de deux heures, le second équivalent d’acide tartrique sera comme le tartrate de chaux, ne laissant en solution que le sulfate de chaux.
- Le tartrate de chaux n’est pas absolument insoluble, et étant plus soluble dans les liquides chauds, le contenu des cuves devient tout à fait froid avant que la solution qui surnage soit décantée. On laisse évaporer pour obtenir le sulfate de potasse. Le tartrate de chaux, après ayoir subi plusieurs la-
- vages à l’eau froide, est décomposé par l’acide sulfurique et l’acide tartrique libre, et le sulfate de chaux est produit. La quantité d’acide sulfurique nécessaire pour amener la décomposition est déterminée par le poids de la craie employée, et la chaux est trouvée par l’analyse dans le tartre comme tartrate de chaux.
- * L’opération qui suit est la filtration du mélange pour séparer l’acide tartrique du sulfate de chaux. Pour cela, on étend une flanelle sur une cuve peu profonde pourvue d’un double fond perforé. Le sulfate de chaux est alors soumis à plusieurs lavages pour séparer ce qui reste d’acide tartrique.
- Les lavages avec la solution sont évaporés dans des cuves en plomb peu profondes, chauffées ensuite par la vapeur, mais il ne faut pas que la température excède 75 à 80 degrés, car la décomposition se produirait et causerait une grande perte. Les cristaux sont formés, dissous à nouveau, et la solution peut se cristalliser encore. Cette opération est renouvelée jusqu’à ce qu’on ait atteint la pureté nécessaire.
- (Moniteur des produits chimiques.)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE
- DES LAINES ET LAINAGES
- — Suite (I) —
- Caroubier solide no 1.
- 30 kil. laine dégraissée.
- 3 — tartre.
- 6 — alun.
- 2 casses garance d’Avignon.
- 2 — extrait Cuba à 20®.
- Bouillir trois quarts d’heure, ensuite lever et ajouter
- 6 à 9 cassins orseille d’herbe.
- Bouillir jusqu’à hauteur de la nuance entrois quarts d’heure et laver.
- Caroubier solide n° 2, rouge.
- 30 kil. laine dégraissée,
- 3 — tartre,
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, pages
- 152, 164, 187, 233, 284 et année 1880, pages 10 et 33,
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- 234
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 7 — composition écarlate n° 2.
- 3 — 500 gr. cochenille en poudre.
- Bouillir une heure, éventer et laver sur un bain frais et ajouter de l’orseille sans mordant et monter jusqu’à la nuance.
- Cramoisie.
- 10 kil. laine.
- 500 gr. sulfate d’alumine.
- 500 — sulfate de soude.
- 200 — chlorure d’étain.
- 1 kil. cochenille ammoniacale.
- Corinthe.
- 30 kil. laine, eau.
- 2 kil. 500 gr. sulfate de soude.
- 2 — 500 — sulfate d’alumine.
- 2 — curcuma.
- 20 — orseille violet.
- Teindre, laver sur un bain frais de violet d’aniline additionné d’un peu d’acide tartrique, finir la nuance. Entrer à 60° chaleur, monter graduellement en bouillon après hauteur, laver.
- Amaranthe.
- 30 kil* laine. eau.
- 2 — 500 gr. sulfate de soude.
- 2 — 500 — sulfate d’alumine.
- 3 — curcuma.
- 18 — orseille rouge.
- Teindre, laver, finir la nuance sur un bain frais de fuchsine de 55 à 75° chaleur.. Après hauteur de la nuance, sans laver, sécher.
- Lie de vin.
- 30 kil. laine. eau.
- 2 — sulfate de soude.
- 2 — sulfate d’alumine.
- 15 — orseille.
- Teindre, laver ; sur un bain frais finir avec un peu de violet et d’acide tartrique, après laver.
- Orange.
- 10 kil. laine.
- 1 — 500 gr. tartre.
- 1 — 500 — alun.
- 1 — 500 — composition d’écarlate de cachou de fustel à 80 p. c.
- 125 — cochenille en poudre.
- Teindre en trois quarts d’heure au bouillon et laver.
- (4 suivre.)
- NOUVEAUX COLORANTS
- PONCEAUX-CO CHENILLE de la maison Ruch et fils, Paris.
- Dans la série des colorants rouges, la maison Ruch et fils, qui avait déjà créé les Rouges-Cochenille, dont le Moniteur de la Teinture a rendu compte, page 139 et suivantes, en donnant des échantillons sur tous les tissus, vient d’enrichir cette série par les Ponceaux-cochenille.
- Ces nuances nouvelles sont : Ponceaux-cochenille R n° 43.
- — — FFF no 204.
- L’échantillon ci-dessus est teint avec le ponceau-cochenille R.
- Ces colorants intéressent particulièrement tous nos lecteurs ; ils apprécieront.
- Nous donnerons dans notre prochain numéro le mode d’emploi et l’application de ces nouveaux colorants.
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite (1). —
- Peaux, ailes, oiseaux.
- Jusqu’ici on n’a pas trouvé de difficultés sérieuses pour teindre en noir les plumes ;
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, n°‘ 23 et 24, et nos 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13,14, 15, 16, 17, 18 et 19 de 1880.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- mais quand, au lieu d’être séparées, elles sont encore attachées à la peau de l’animal, la question se complique. J’examinerai ici les différents procédés qui se présentent pour voir celui qui est à choisir.
- 1. — Procédé ordinaire.
- Le procédé au campêche et sulfate de fer est dans ce cas presque inapplicable. En effet, le sulfate de fer exerce une action désagrégeante sur la peau et avant que l’on ait atteint le degré de température nécessaire pour teindre la plume, la peau est déjà en lambeaux.
- Il n’y a que des cas assez rares, comme pour des ailes de pigeon qui contiennent très peu de tissu dermique, dans lesquels on puisse employer ce procédé, et encore on a un déchet assez fort malgré les soins qu’on a apportés aux différentes manipulations. Si l’on veut employer ce procédé il est bon de laisser tremper les ailes ou les oiseaux dans un bain de rouille pendant une nuit avant d’entreprendre la teinture proprement dite.
- 2. — Procédé au carmin d‘ indigo.
- La teinture en noir par le carmin d’indigo, le terra et l’orseille, a un peu plus de chances de succès que le précédent ; mais il est difficile d’obtenir un beau noir, et après tout c’est un procédé encore plein de risques pour la solidité de la peau. En effet, l’acide sulfurique qu’on est forcé d’introduire dans le bain à la température qu’on est obligé d’entretenir pour teindre la plume, attaque la peau. De son côté, le carmin d’indigo exerce aussi une action corrosive ; de sorte que rarement on retire les pièces entières du bain, et en tout cas elles sont déformées ou rétrécies.
- Voici cependant les points qu’il faut observer pour une semblable teinture :
- 1° Ne pas dépasser la température de 50° si la plume est tendre, et de 70° si elle est dure ; laisser plutôt un peu plus longtemps les pièces à teindre dans le bain ;
- 2° Ne chauffer jamais trop brusquement et par conséquent ne pas laisser son bain se refroidir de trop ;
- 3° Employer la quantité d’acide minimum.
- 3. — Procédé à l’aniline.
- Il a l’avantage d’être un procédé à froid, ce qui conserve la peau entière et dans sa forme. Mais je n’ai fait que l’essayer et comme je n’ai pas toujours réussi dans ces essais, je ne le donne que sous toute réserve, en indiquant les points qui m’ont fait défaut.
- On fait un bain ainsi composé :
- Aniline.......................1 partie
- Perchlorure de fer. . 1 —
- Acide chlorhydrique . 2 —
- Je supposerai qu’on ait à teindre des peaux de grèbes, ce qui était le cas de mes essais. On laisse tremper les peaux cinq ou six heures dans le bain ; au bout de ce temps on retire la peau, onia presse; elle est légèrement verte ; on la plonge alors dans une solution faible de bichromate.de potasse et on la laisse dans ce bain environ un quart d’heure ; il faut répéter plusieurs fois ces opérations pour que l’on arrive au noir convenablement foncé.
- Dans certains cas, on obtient ainsi un très beau résultat ; le noir est beau, brillant, la plume est teinte jusqu’à la base, la peau est souple, entière, dans sa forme naturelle ; cependant ce noir déteint assez fortement, chose qui est fort désagréable. Dans d’autres cas, la peau renfermant des plumes non pareilles, elles se teignent très inégalement; quelques-unes sont bronzées, d’autres à peine grises. C’est ce qui a lieu surtout avec les peaux de pélican.
- J’ai remplacé l’aniline par son chlorhydrate, le perchlorure de fer par des sels de cuivre ou de vanadium ; j’ai donné aux bains différentes concentrations et différentes températures, mais je n’ai pas pu éviter les inconvénients précités. J’en conclus que le noir d’aniline appliqué aux peaux ne donne pas des résultats pratiques, du moins jusqu’à ce jour.
- 4. — Procédé au bichromate.
- C’est le seul procédé qui ait des chances de succès et qui donne, en effet, des bons
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- résultats. Il n’a qu’un inconvénient, c’est celui d’exiger l’emploi de deux bains.
- Dans une cuve en bois on introduit : 100 litres décoction campêche.
- 1 kil. bois jaune, ou terra ou quer-citron.
- On fait bien bouillir pour extraire la matière colorante des bois ajoutés en nature, puis on y verse un peu d’acide sulfurique pour faire tourner le bain au rouge ; on en met environ 50 centim. cubes.
- On prépare d’un autre côté un bain composé ainsi :
- Eau......................100 litres.
- Crème de tartre. . . 1 kil.
- Bichromate de potasse 0 — 250
- Sulfate de cuivre . . 0 — 050
- Le second bain est porté à 55° de température, on y laisse tremper les peaux, ailes ou oiseaux, pendant une nuit. Le lendemain on les sort, on les égoutte en les pressant au besoin et on les entre dans le 1er bain à 55° au maximum. On les laisse là-dedans 4 ou 5 heures. On fait des immersions alternatives des pièces dans ces deux bains jusqu’à obtenir le ton voulu. A la fin on rince, on savonne, on rince de nouveau, on essore et on sèche.
- Il faut manier les pièces à teindre avec beaucoup de précautions pour ne pas les abîmer, surtout quand il s’agit d’oiseaux entiers qui d’ordinaire sont très fragiles.
- REFLETS MÉTALLIQUES
- Sous ce titre Reflets métalliques, je n’entends pas parler des procédés consistant à appliquer les poudres métalliques sur les plumes, car ce n’est pas là de la teinture proprement dite. Mais je décrirai des moyens de teindre des plumes de telle façon qu’il en résulte des effets différents de ceux qui nous ont occupé jusqu’ici.
- On sait que toute substance possède deux couleurs ; couleur par transmission et couleur par reflexion. Par transmission, c’est-à-dire en triant, pour ainsi dire, les rayons lumineux qui la traversent, retenant certains rayons et laissant passer les autres. Par réflexion, c’est-à-dire absorbant certains rayons de la lumière blanche qui tombent
- sur elle et en réfléchissant les autres. Ce sont les rayons laissés libres, les transmis dans le 1er cas, les réfléchis dans le 2e, qui donnent au corps la couleur qui lui est propre. On pense qu’en général la lre sorte de couleur est pour le même corps complémentaire de la 2e sorte, c’est-à-dire que leur mélange donne la lumière blanche (voir No lions sur les couleurs.) Qu’on me pardonne cette digression un peu scientifique et passons à la démonstration du fait. Prenons deux surfaces, l’une blanche et l’autre noire, soit du papier ou de l’étoffe et avec un pinceau trempé dans une solution de fuchsine par exemple, répandons la solution sur la surface blanche. Nous aurons une couleur rouge-violacée bien connue de tous. Pas-sons-le maintenant sur la surface noire ; à mesure que la trace laissée parle pinceau séchera, nous verrons apparaître un beau reflet métallique analogue à celui du bronze ou plutôt des ailes des cantharides. C’est la couleur de réflexion de la fuchsine. Dans le premier cas, la lumière tombant sur la surface blanche est renvoyée tout entière en arrière, mais en traversant la couche de matière colorante y laisse une bonne partie de ses rayons constituants et on a une couleur claire mélangée de blanc et de rouge. Dans le second, la même lumière tombe bien sur la surface noire, mais étant absorbée par elle, ne peut pas donner la couleur de transmission de la fuchsine et laisse visible les rayons que cette matière a réfléchis à sa surface. Dans le premier cas il y a aussi des rayons réfléchis, mais ils sont éteints par les rayons complémentaires qui sont en excès sur eux.
- Pour obtenir donc des reflets métalliques sur les plumes, il faudra les teindre en noir ou en couleurs très foncées d’abord, et avec la couleur convenable après.
- D’ordinaire on n’emploie que deux couleurs : la fuchsine et le violet de Paris (marque B). La première donne le Bronzé et la seconde le Scarabée.
- (4 suivre).
- Reproduction et traduction interdites.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- TEINTURE DE LA PAILLE
- Blanchiment de la paille.
- — Suite — (1)
- Dissoudre 100 gr. permanganate de potasse cristallisé dans 5 litres d’eau chaude. On prépare dans uue chaudière de cuivre ou dans un grand vase de terre un bain d’eau froide auquel on ajoute la solution ci-dessus de manière à ce que l’eau soit rouge foncée. On remue avec un bâton de verre et on y introduit la paille préalablement ramollie dans un bain tiède et faible de soude pendant six heures et rincée. On agite fréquemment la paille dans ce bain; elle acquiert une couleur brun clair ; si cette nuance n’est pas suffisamment foncée on ajoute de nouveau du permanganate de potasse et on y laisse la paille jusqu’à ce que le bain soit décoloré. La paille doit être chatain clair. On la passe alors dans l’eau froide et on la met dans une cuve de bois avec assez d’acide sulfureux (pas sulfurique) pour que le bain en ait une odeur prononcée. La paille y reste 1/4 d’heure en l’agitant fréquemment. Si l'acide sulfureux ne suffit pas pour opérer la décoloration complète ou en rajoute. On reconnaît qu’il manque de l’acide sulfureux lorsque le bain n’en a pas l’odeur. Après la décoloration la paille est entièrement blanche. On peut blanchir les chapeaux de paille de la même manière ; il faut toute fois faire attention de ne pas les déformer.
- A suivre.
- INDUSTRIELLE
- PROCÉDÉ QUI RENDE les tissus et les bois ininflammables
- La Société d'encouragement nous transmet un rapport sur le concours ouvert pour la solution de ce problème ; tels sont les termes du rapport, lus par M. Troast :
- « Messieurs, cette question si importante au point de vue de la sécurité publique dans les théâtres a préoccupé depuis longtemps la Société à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir. Dès 1829, elle a proposé un prix de 1,500 francs pour ce sujet; ce prix a été remis au concours pendant six
- (1) Voir 93° année, n° U, page 165,
- années consécutives. En 1838, une ordonnance de police exigea l’emploi exclusif des tissus imperméables dans les décors de théâtre ; mais on constata plus tard que des toiles rendues imperméables, au moment de leur mise en service, avaient perdu cette propriété après quelque temps d’usage. Cet insuccès avait jeté de la défaveur sur ces sortes de préparations. Cependant, dans ces derniers temps, les incendies de divers théâtres, survenus coup sur coup, ont attiré de nouveau l’attention sur l’utilité de la solution de cette grave question, et la Société d’encouragement a de nouveau proposé un prix de 2,000 fr. pour la solution de ce problème.
- M. Abel Martin seul a concourru. Les échantillons qu’il a présentés à la Société sont de toutes espèces et de toutes couleurs, ininflammables par des préparations dont il a fait connaître la composition, n’altérant en rien les couleurs.
- Les bois et les tissus sont à l’épreuve du feu, exposées même dans une étuve à 35 degrés pendant plusieurs mois.
- Par ce procédé, M. Robecchi a rendu ininflammables les décors des Variétés, des Nouveautés, du Châtelet ; à ce dernier surtout, les applications ont été merveilleuses, quand on se rappelle les incendies simulées dans les représentations de la Vénus noire.
- Les mélanges ne sont cependant pas des mélanges nouveaux. Dans son mémoire, en 1821, Gay-Lussac les a notés. Les efforts faits par M. Martin, ont été cependant reconnus dignes d’encouragement pour faire entrer dans la pratique industrielle des matières capables de rendre les tissus et les bois ininflammables.
- Ce composé est le suivant : Sulfate d’ammoniaque . . .
- Carbonate d’ammoniaque . .
- Acide borique..............
- Borax pur..................
- Amidon.....................
- Eau distillée ou autre . . .
- 8,000 kil.
- 2,500 —
- 3,000 —
- 1,700 —
- 2,000 —
- 100,000 —
- On en fait une dissolution dans laquelle il suffit de tremper les tissus à chaud, de façon à les bien imbiber; après les avoir essorés, on les fait sécher suffisamment pour les repasser comme on le fait
- pour les empesages ordinaires.
- Le conseil de la Société a accordé à M. Martin
- un prix de 1,000 francs et une médaille commémorative,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- pour rendre les étoffes imperméables
- De MM. Goldberger et fils. — (Brevet.)
- Cette invention consiste à imperméabiliser les tissus de toutes sortes à l’aide des ingrédients indiqués ci-après :
- Pour un bain de 100 litres on emploie :
- 3 I. 1,900 grammes acétate de plomb cristallisé qu’on fait dissoudre dans de l’eau tiède versée dans un vase d’argile ou de bois.
- § II. 130 grammes de colle forte qu’il faut faire d’abord gonfler pendant quelques heures dans de l’eau froide, puis bouillir ; on verse cette dissolution dans celle décrite § 1 en remuant parfaitement.
- § III. 1,800 grammes d’alun qu’on fait dissoudre dans de l’eau bouillante et qu’on mêle avec la mixtion §§ I et 11 en remuant, ensuite on le fait reposer quelques heures ; il se forme alors un résidu.
- A cette quantité de liquide on ajoute 91 litres d’eau et le liquide ainsi obtenu constitue le bain servant à imprégner les étoffes à travailler.
- Voici comment on opère :
- On met les tissus qu’on désire imperméabiliser dans de l’eau chauffée à 60°, en les tirant bien de tous côtés ; on porte la température pendant trois quarts d’heure jusqu’à 75 et 80°, on laisse ensuite, sans continuer le chauffage, le tout reposer tranquillement pendant 10, 12, 14 heures, puis on retire les tissus, qu’on fait sécher à une température modérée dans un lieu fermé.
- Procédé d'imperméabilisation des tissus, cuirs, papiers, etc.
- de MM. A.-J. Huleux et DREYFUS.
- Le système de MM. A.-J. Huleux et Dreyfus consiste dans l’emploi d’un mélange, en proportions déterminées, d’un certain nombre de produits, dont quelques-uns ont pu être indiqués, mais qui ne doivent leur efficacité qu’à leur ensemble même et aux proportions dans lesquelles on les emploie.
- La composition employée pour atteindre le résultat cherché est la suivante : Cire jaune ou blanche, 1re qualité 1,000 kil.
- Vernis anglais................ 0,060 —
- Poix de Bourgogne.............0,040 —
- Huile d’arachide..................... 0,080 —
- Sulfate de fer....................... 0,050 —
- Essence de thym ou autre. . . 0,020 —
- JURISPRUDENCE INDUSTRIELLE
- COUR D’APPEL DE PARIS (4e chambre). Présidence de M. Senart.
- Audience du 19 juin 1880.
- VENTE SUR ÉCHANTILLONS. — VICE CACHÉ. — MARCHANDISE CONFORME. — DEMANDE EN RÉSILIATION. — ADMISSIBILITÉ.
- La vente de marchandise sur un échantillon entaché lui-même d'un vice caché ne fait point obstacle à la demande en nullité de la vente, alors même que la marchandise est conforme au dit échantillon et que, d’autre part, il n’a été fait aucune stipulation particulière lors de cette vente.
- La réception de la marchandise ne fait point obstacle à cette action.
- MM. Reuter et Grebert ont vendu, sur échantillon, à MM. de Machy et Sellière une certaine quantité d’ind igo.
- Les acheteurs ont demandé la résiliation du contrat, parce que la marchandise, conforme d’ailleurs à l’échantillon, n’était ni loyale ni marchande, puisqu’elle ne contenait que 18 à 20 0/0 d’indigo.
- Les vendeurs soutenaient que la marchandise étant conforme à l’échantillon, sans qu’on eût garanti un rendement, l’opération devait être maintenue.
- Le tribunal de commerce de la Seine a rendu le 26 décembre 1878 un jugement par lequel il déboute de Machy et Sellière, pour les motifs que la marchandise était conforme à l’échantillon et que les vendeurs n’avaient point vendu la marchandise à l’essai, ni garanti le rendement, et que, d’ailleurs, dit-il, il s’agit de poussière d’indigo, dont deux échantillons ayant été envoyés à de Machy et Seillière, ceux-ci ont choisi le plus mauvais et ont payé un prix excessivement bas.
- MM. de Machy et Seillière ont interjeté appel de ce jugement. Ils ont soutenu que la marchandise achetée pour de l’indigo ne contenant que 20 pour cent de cette substance sans qu’on pût s’en aper-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- cevoir, il y avait là un vice caché qui permettait | de demander la résiliation de la vente.
- Me L. Renault a plaidé pour les appelants ; M’ Oulif s’est présenté pour MM. Reuter et Grebert.
- Sur les conclusions formelles de M. Harel, substitut de M. le procureur général, la cour a ordonné une expertise par un arrêt dont les termes affirment les principes soutenus par les appelants.
- Cette décision est ainsi conçue :
- « La Cour,
- « Considérant en droit que la demande est fondée sur les dispositions de l’article 1641 du Code civil;
- « Que, relevant à la fois le défaut caché, c’est-à-dire un de ces défauts que ni l’apparence extérieure, ni le poids, ni la couleur de la marchandise ne permettaient de discerner de la circonstance, que ce défaut rendait la marchandise impropre à sa destination, cette demande rentre pleinement dans les prévisions de la loi ;
- « Considérantqu’aucune prescription légale n’autorise à la repousser comme tardive, l’introduction d’une pareille action n’étant pas subordonnée à un délai préfixe et les réclamations s’étant produites à une époque relativement rapprochée de la délivrance et dès que le vice de la chose a été connu ;
- « Que, d’ailleurs, la réception sous réserve de la marchandise ne témoigne que l’extrême confiance des acquéreurs, déterminée par une première opération loyale et satisfaisante, mais ne peut les rendre inhabiles à protester contre une fraude ultérieurement découverte ;
- « Considérant qu’il importe peu, pour la recevabilité de l’action, que la vente n’ait point été faite à l’essai et que les vendeurs n’aient garanti aucun rendement ;
- « Que c’est précisément parce qu’aucun essai n’a été stipulé que de Machy et Seillière n’ont point examiné les marchandises de plus près et qu’ils ont pu être trompés sur le vice caché qu’ils relèvent ;
- « Que si aucun rendement n’a été promis, il est certain du moins que les qualités de la marchandise étaient déterminées par l’emploi tinctorial qu’elle devait recevoir et que c’est l’impossibilité de cet emploi dans des conditions industrielles qui légalement vicie le contrat ;
- « Considérant enfin qu’aucune fin de non-recevoir ne peut être déduite de la conformité de la marchandise avec l’échantillon retenu par les pre
- miers juges, l’échantillon pouvant être entaché du même vice que la marchandise ;
- « Qu’il n’a point été allégué d’ailleurs qu’il fût d’usage dans ce genre de commerce, de soumettre les échantillons à une analyse chimique préalable et de n’acheter que d’après les données de cette analyse -,
- « Qu’aucun des moyens de droit relevés contre la demande n’est donc fondé...;
- « Rejette les fins de non-recevoir soulevées contre la demande et, avant faire droit, ordonne que par... experts, etc. »
- Et, ainsi, il restera entendu qu’on ne peut vendre des poussières inertes pour des grabeaux d’indigo, même à très bas prix et sur échantillons... Tant mieux pour la probité commerciale !
- — ’ c AS. ese -2- ,* —
- UNE COMPOSITION UTILE
- L’on vient de déposer à nos bureaux une nouvelle composition dite « Américaine * qui, au moyen de 15 gouttes versées sur un morceau de flanelle que l’on passe ensuite sur un vieux chapeau dit haute forme, le rend aussitôt dans son neuf, d’un beau luisant, et, chose plus remarquable, imperméable, c’est-à-dire que l’eau qui peut tomber sur la soie du chapeau s’évapore et ne fait pas de taches ; voici une invention que vont maudire les chapeliers, mais qui rendra de grands services à tout porteur de chapeau haute forme, lesquels ont tous plus ou moins maugréé contre cette mode, surtout les jours de pluies.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg, 28 octobre. — Fournitures suivantes : 950 kil. de vieux linge. — Dépôt de gar., 450 fr. 15,000 kil. de blanc de zinc. — Dépôt de gar., 400 fr. 1,300 kil. coton en torons.
- Le 4 novembre. — 1,500 chemises blanches en toile de cretonne de coton pour officiers mariniers et assimilés (au minimum).
- Le 4 novembre. — Fourniture de 230 kil. éponges communes. — Dépôt de gar., 75 fr. — Caut., 150 fr.
- Toulon, 28 octobre. — Fourniture de shakos, pompons, accessoires de shakos et visières de képis pour l’infanterie de marine. — Dépôt de gar., 300 fr. — Caut., 600 fr.
- Le 11 novembre. — Fourniture de toile rurale supérieure de fûts pour sacs. — C. provisoire, 650 fr. — Caut., 1,300
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- francs. — Dépôt de gar., 50 fr. par lot. — Caut., 100 fr. par lot.
- Loire.— A la mairie de Saint-Etienne. — Le samedi 23 octobre, à 11 h. —Fourniture d’uniformes au personnel des inhumations (habits, pantalons, etc.), pendant les années 1831,1882, 1883, 1884 et 1885, 3,089 fr. par année. — Caut., 300 fr.
- Le cahier des charges ainsi que les échantillons sont déposés au bureau de l'état-civil (naissances et décès), où chaque jour on pourra en prendre connaissance.
- SERVICE DU CAMPEMENT
- Paris. —• A l'hôtel de l'intendance. —Le samedi 30 octobre 1880, àlh. — Fourniture des couvertures de laine nécessaires au service du campement pendant les années 1881, 1882, 1883 et 1884. — 20 lots dans les conditions suivantes : année 1881, minimum par lot, 2,000. — Maximum par lot, 6,000.
- Pour les années 1882, 1883 et 1884, minimum par lot, 1,000. — Maximum par lot, 3,000.
- Le public est admis à prendre connaissance du cahier des charges, ainsi que du modèle-type, au magasin central de campement dans l’île de Billancourt. Il pourra également être pris connaissance du cahier des charges dans tous les magasins de campement de l’intérieur et de l’Algérie.
- Hospices civils de Bordeaux. — Le vendredi 5 novembre, à 2 h. — Fournitures d'étoffes diverses, telles que toiles de fils, tissus de coton, mouchoirs, étoffes de laine, articles de bonnetterie, bas de laine et sabots, pour l’année 1881.
- Les cahiers des charges de ces fournitures et les états détaillés de la composition des lots, ainsi que les échantillons types, sont déposés au bureau de l’économat, 91, Cours d’Al-bret.
- ADMINISTRATION DES DOUANES
- Direction de Paris. —Avis. — L’adjudication de la fourniture des effets d’habillement et des objets d’équipement destinés aux sous-officiers et proposés de la direction des douanes de Paris, d’abord fixée au 20 octobre 1880, est reportée à une date qui sera ultérieurement indiquée.
- Avis. — Le public est prévenu que l’adjudication de la fourniture des effets d'habillement, d’équipement et de coiffure qui devait avair lieu le 30 octobre prochain, à l’hôtel de la direction des douanes à Brest, est remise à une époque qui sera ultérieurement indiquée.
- Ille-et-Vilaine.— Hospices civils de Rennes, 4 et 5 novembre, 1 h. —Adjudications de fournitures.
- Les 4 et 5 novembre 1880, à une heure de l’après-midi, il sera procédé, par la Commission administrative des hospices civils, dans la salle des séances, à l’Hôtel-Dieu, à l’adjudication, sur soumissions cachetées, de fournitures diverses à faire aux hospices de Rennes du 1er janvier au 31 décembre 1881.
- S’adresser pour prendre connaissance du cahier des charges à la Commission administrative.
- RÉSULTATS D'ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest, 23 septembre.
- Etoupe blanche, par transformation.
- Brunelat, à Brest, 22.43 les 100 kil. — A. Pitel, à Brest, 22.48. — Ch. Soing, à Brest, 26.90.
- Pompes complètes et accessoires système Letestu.
- Letestu, à Paris, 7,032 fr. 45. — Convers, à Vuillafans, 7,518 fr.
- Rubans de soie noire.
- Lacroix et Cie, à St-Etienne, 0.12. — Antoine Brunant, à St-Etienne, 0.13. — Antoine Gigron, à St-Etienne, 0.13. — David, à St-Etienne, 0.17. — Forest, à St-Etienne, 0.20. — Lépine, à Paris, 0.21.
- Toile bleue lisse en coton pour collets de chemises de marins.
- V. Radiguet, à Condé-sur-Noireau, 1.33. — Compagnie Havart, à Condé-sur-Noireau, 1.38. — Geistod Kiener, à Epinal, 1.63. —Lemartinet, à Rouen, 1.64.
- Lorient, 29 septembre.
- Objets d'ameublement.
- Texier et Vigoureux de Lorient, adj. à 4,933 fr. 60. — Emmanuel Bertrand du Rochefort, 5.142 58. — V, Jappé de Lorient, 7,053 95. — Lajeunesse, Marx et Cie de Lorient, 5.880 63.
- Légendes dorées pour rubans de coiffures de marins.
- Bienaimé de Paris, 3 fr. les 100 lettres. •— Etienne de Toulon, adj. à 2 fr. 50.
- Rochefort, 23 septembre.
- 13,000 kil. blanc de sine.
- Bonnefoy, à Paris, 53 fr. 94. — A. Latry et Cie, à Paris, 51.63. — Bruzon, à Saint-Cyr-les-Tours, 50.60. — Vieille-Montagne, à Paris, 49.53.
- Toulon, 30 septembre.
- 1,250 kil. de crin torqué.
- Alf. Lataste, à Paris, 4.38 le kilog. — Bollaert, à Roubaix, 4.45. — Smith, à Paris, 3.06. — Sylvain Brissot, à Paris, 3.77. — Michel et Cie, à Marseille, 4.10. — Marins Muraire, à Toulon, 4.45. — Desgréaux fils, à Toulon, 4.69. — Laugier, à Toulon, 4.12. — Normand Benoît et Cie, 4.40. — J. Laure, à Toulon, 4.20. — Closte Richard, à Nancy, 4.72. — Georges Laurent, à Paris, adj. à 3.20 le kilog.
- Havre-sacs pour soldats (modèle 1876).
- Société générale de fournitures militaires, 14 fr. 56. — Favnot, à Paris, 13.72. — Pontremoli, à Paris, 14.24. — Helbronner, à Paris, 15 fr. 27. — Lanvin Schraen, à Wat-ton, 13.17. — Chollet et Lecerf, 14.02. — Boutry van Is-selsteyn, à Lille, adj. à 12 fr. 89 l’un.
- Nantes, pour Indret, 11 octobre.
- 3,000 kil. déchets de coton de 2e qualité.
- M. Sicker, à Nantes, adj. à 79.95. — M. Maurice Block, à Lyon, 61 fr. 75 p. 100 k.
- Algérie. — A Alger, 30 septembre.
- Fourniture de 1,500 couvertures.
- Fourniture de 1,500 couvertures de laine dites grisou foncé n° 5 en 1880 à livrer au bureau de bienfaisance musulman .
- Ch. Lépiney et Binet, rue des trois Couleurs, n° 15 195 fr. 00. — Clément Nessans, demeurant à Alger, rue d’Isly, n° 13, 225 fr. rab.
- Clément Nessans, adj. à2fr. 85.
- Le Propriétaire-Gérant : Paul BLONDEAU.
- Tous droits réservés.
- Imp. G. Colin, route Nationale, à Charleville(Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- II Année, 21. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Novembre 1880.
- SOMMAIRE
- Avis aux abonnés. — Matière colorante dérivée d’une impureté de certains acides acétique du commerce, par M. Georges WITZ. — Procédé perfectionné pour la teinture des étoffes de coton et de fils. — Brevet Poir-rier et Rosenstiehl : Procédé pour donner l’éclat métallique aux matières filamenteuses ou textiles. — Machine à laver, encoller et ourdir. — Nouveau procédé permettant d’obtenir simultanément le fixage rapide et uniforme des mordants de teinture, par M. Théodore DAUX.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Préparation de l’albumine de sang, parM. Campe. — Note sur le moyen de régulariser l’ébullition de l’acide acétique, par M. Frangezon. — Altérations et falsifications de l’acide salicylique. — Méthode d’épuration des eaux d’alimentation des chaudières, par M. Th. Moeller. — L'Ex-position de Francfort. — Catalogue des brevets, etc.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- AVIS AUX ABONNÉS
- Les bureaux du Journal Le Moniteur de la Teinture sont transférés rue delà Bourse, n° 4.
- La nouvelle Direction espère trouver auprès de tous les abonnés l’accueil sympathique dont était favorisé le regretté M. Blondeau, enlevé, en quelques jours de maladie, à l’affection de sa famille et de ses amis, et à l’estime de tous ceux qui l’ont connu.
- Elle continuera l’œuvre si bien commencée par lui et s’efforcera d’augmenter sans cesse l’intérêt du Journal, en apportant le soin le plus grand à la partie technique et en suivant jour par jour tous les progrès réalisés soit en France, soit à l’étranger.
- LA DIRECTION.
- MATIÈRE COLORANTE dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce (Mémoire de M. Georges Witz, à la Société industrielle de Rouen).
- Messieurs,
- L’acide acétique commercial et l’acide pyroligneux provenant de la distillation du bois, sont incolores au moment de leur rectification ; mais à la longue, ils prennent, comme on le sait, une teinte brunâtre ou orangée d’autant plus intense que leur
- purification a été poussée moins loin. Des additions d'hypochlorites faites avec ménagement, sur tes produits, développent immédiatement une coloration analogue, d’une teinte beaucoup plus vive, de manière à permettre d’estimer d’un coup d’œil leur pureté comparative. C’est une modification de ce genre d’essai qui m’a conduit à isoler un principe nouveau, dérivé d’une impureté non signalée encore, mais qui existe d’ordinaire dans l’acide acétique.
- En m’occupant de la préparation de mordants d’alumine spéciaux, destinés à fixer des couleurs
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- délicates, j’observerai d’abord, accidentellement, que l’acide nitrique agit sur certains échantillons d’acide acétique plus fortement et plus nettement encore que les hypochlorites, et cela strictement en raison de l'acide nitreux qu’il contient toujours; un autre avantage de cette réaction consiste en ce qu’un grand excès d’acide nitrique ne paraît guère détruire la matière colorée, du moins pendant un certain temps ; — plus d’un jour.
- J’arrivai bientôt à remplacer l’acide nitrique par des quantités minimes de nitrites, sels qui sont décomposés instantanément à froid par l’acide acétique étendu d’eau (1), et à baser sur ce fait un excellent mode de préparation. La nouvelle matière colorante orange est fort peu soluble dans l’acide acétique, et elle se dépose en petits cristaux brillants bleu violet qui sont totalement insolubles dans l’eau.
- Il existe habituellement assez de substance colo-rable dans l’acide acétique rectifié à 7° B (ou 40 010 de richesse en acide acétique cristallisable), — et cela dans les meilleures sortes employées couramment dans l’industrie depuis bien des années, — pour produire des quantités notables de matière colorante. Nous verrons plus loin comment on pourrait en augmenter la proportion si on le désirait.
- Après avoir choisi le spécimen d’acide acétique qui fournit la coloration la plus intense, on remplit de grands flacons du liquide bien limpide ; on y ajoute, à la température ordinaire, une proportion de 1 il000 d’azotite de sodium dissous dans un peu d’eau. — Les limites extrêmes sont 1/2 à 1 1/2 millième du poids de l’acide. On laisse reposer quelques heures, ou deux jours au plus lorsque la richesse n’est pas très grande : les cristaux qui nagent avec de jolis reflets chatoyants se trouvent rassemblés en houppes légères formées d’aiguilles à éclat métallique bleu d’acier atteignant 1 ou 2 millimètres de longueur. Les dernières parcelles qui se déposent sont floconneuses et plus rougeâtres.
- L’acide coloré en orange intense par la partie qui est restée en solution est décanté, et peut être employé sans inconvénients dans les ateliers, —
- (1) On trouve une indication toute différente dans le Traité complet de Chimie analytique, par Henri Rose; édition française originale; Paris, 1859; t. I, P- 704 ; • .. ..
- « Si l’on traite les nitrites par 1 acide acétique.. la décomposition n’a lieu qu'à chaud et même alors en petite quantité seulement. »
- par exemple, pour la préparation de l'acéto-nitrate de chrome. Les cristaux sont lavés à l’eau froide, réunis sur un filtre (1) et séchés à basse température. — Parfois, même après deux jours, le liquide en repos reste sursaturé ; par l’agitation, la cristallisation commence alors et donne des cristaux isolés, nets.
- Dans plusieurs préparations, j’ai obtenu 2 gr. de colorant pur par 10 kilogr. d’acide acétique à 7° B avec 16, à de nitrite de sodium par kilogramme, ce qui est déjà un excès -, des quantités trop fortes tendent à diminuer le produit et à fournir un dépôt cristallisé ayant une nuance plus violacée. La chaleur est nuisible.
- Le rendement a varié de Ogr, 048 par kilogramme, à 0<r,160 et même à 08r,240. Avec ce dernier chiffre, le plus élevé d’une dizaine de déterminations, une barrique de 260 kilogr. d’acide à 6°,75 B a fourni, avec 18,1 de nitrite de sodium par kilogramme, de très beaux cristaux floconneux qui occupent, approximativement, le volume de trois-quarts de litre (2).
- Pour rappeler les produits qui lui ont donné naissance, je propose de nommer la nouvelle matière nitrosopyrolignéine ou simplement pyroli-gnéine, en attendant qu’une désignation plus rationnelle puisse lui être appliquée. Le terme nitrosopyrolignéine est spécialement employé dans ce Mémoire pour désigner avec commodité la matière colorante produite par les nitrites, et pour la distinguer de celles provenant de divers agents oxydants-, il appartiendra à d’autres d’établir si cette matière, par sa constitution, est réellement ni-trosée.
- Un faible grossissement suffit pour constater que les cristaux microscopiques obtenus sont uniquement formés de longs prismes isolés, d’un seul système, ayant un bel éclat métallique à reflet bleu violacé, de vivacité et d’intensité moyennes ; vus en masses légères qui scintillent extrêmement à la lumière solaire, le bleu d'acier est le terme le plus caractéristique. Dans la lumière polarisée, les aiguilles brillent d’un rouge feu ou rubis sur un fond
- (1) Si l’on opère en grand, un tamis de soie serré est suffisant pour retenir la masse cristalline.
- (2) Dans certains acides acétiques de la même fabrication, mais dans des cas assez rares, les cristaux que l’on obtient dans des conditions régulières sont violet rougeâtre, brillants, moins intenses de ton et plus grands que ceux à reflet bleu d’acier ; l’examen pai’ les dissolvants (acide phénique, acide sulfurique bihydraté, etc.), n’a pas montré d’autres différences.
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- sombre, et elles présentent l’un des plus jolis effets que l’on puisse observer.
- Les cristaux, par leur extrême finesse, ont le toucher doux du talc ; l’écrasement ou la pulvérisation les amènent sensiblement vers le brun orange, et, en effet, c’est une teinte allant du rouge orangé au jaune d’or qu’ils peuvent communiquer à un volume très considérable de dissolvant. Loin d’être une exception, ce fait physique rentre dans une sorte de règle générale, entrevue fréquemment depuis la production à l’état de pureté de magnifiques matières colorantes artificielles qui reproduisent, sous la forme solide, des couleurs complémentaires de celles de leurs solutions. Ainsi, la fuchsine et d’autres produits tinctoriaux rose violacé cristallisent avec le brillant métallique vert jaunâtre; on obtient aussi aisément en beaux cristaux rouge orange les verts lumière à nuance bleuâtre ; à leur tour, les riches violets de méthy-laniline possèdent un reflet mordoré plus ou moins jaune. Néanmoins, c’est le premier exemple, croyons-nous, d’une matière artificielle orange en solution et douée à l’état cristallisé d’un miroitement bleu aussi tranché, conséquence probable de l’intensité de sa coloration, laquelle est entièrement comparable à celle de la fuchsine, comme nous nous en sommes soigneusement assuré. Dans la série minérale, l’iode présente avec elle quelques analogies pour le contraste de la nuance de ses dissolutions avec la teinte et l’aspect de ses cristaux sublimés.
- La solubilité de la pyrolignéine dans l’acide acétique mérite particulièrement d’être examinée, quelque faible qu’elle soit. Deux séries de déterminations ont été faites en abandonnant un excès de cristaux encore humides en contact pendant plusieurs jours, vers 15°, avec des liqueurs acides d’une richesse connue. Les évaluations numériques sont comparatives entre les diverses solutions saturées dans les mêmes conditions, toutefois elles doivent être plus exactes comme relations proportionnelles que comme chiffres, absolus; cette remarque faite, voici en milligrammes les poids calculés pour 1 litre :
- Eau pure................................. 0
- Avec 20 °/o d’acide acétique cristalisable . 16mg
- 40 %/ — — . 64
- 60 %/o — 200
- 70 o/° — — . 300 (?)
- 80 %/o — — , 560 (??)
- Les résultats reproduits graphiquement fournissent une courbe régulière qui va en s’élevant rapidement jusqu’à un certain terme utile à préciser. Ainsi :
- Avec 85 % d’acide acétique cristallisable . 593ms 87 0/ . 582
- La solubilité décroît dans des acides plus concentrés :
- Avec 90 % d’acide acétiq. cristal. 490mg.—517ms 95 °/ — — 295
- Et dans l’acide acétique cristallisable ou mono-hydraté on n’obtient plus que 165mg — 280ms (?). Il en résulte que le maximum de puissance dissolvante appartient précisément à ïacide acétique bihydraté (— 86,95 % d’acide cristallisable).
- Cette observation ne restera sans doute pas un un fait isolé : elle devra acquérir son véritable intérêt dans l’étude de plusieurs matières colorantes et d’autres substances peu solubles, — aussi peut-on reproduire le tracé qui lui a donné naissance.
- La simple dessiccation à l’air des cristaux de pyrolignéine ralentit considérablement leur solubilité dans l’acide acétique : la présence de la moindre trace d’impureté superficielle peut en être cause. L’emploi de la chaleur hâte la dissolution.
- Dans l’acide acétique concentré la solubilité est plus grande à l’ébullition qu’à la température ordinaire : par le refroidissement la matière colorante se sépare en flocons cristallins fins et beaucoup moins beaux que lors de la préparation à froid.
- La coloration des solutions acétiques est d’une belle nuance orangée, presque identique ou à peine moins vive que celle du bichromate de potasse en solution aqueuse (à 75 grammes = 1 litre) à la température ordinaire, et de même intensité, quoique avec un poids 1300 ou 1400 fois moindre. Cet énorme pouvoir colorant égale, s’il ne le dépasse, celui si remarquable de l’acétate de rosaniline, autant toutefois qu’il m’a é é possible de rapprocher et d’évaluer, comparativement, deux nuances aussi dissemblables.
- La lumière solaire agit rapidement sur les solutions faibles, en décolorant la pyrolignéine; notons, comme particularité, que l’action est d’autant plus prompte que l’acide acétique en présence est plus concentré. Ainsi, il suffit ïune minute d’insolation pour accuser déjà une différence entre deux tubes dont la coloration primitive est identi-
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- que, l’un, avec de l’acide acétique à 20 °/o, et l'au-tré, avec de l’acide cristallisable.
- En couches minces, la lumière anéantit la nuance orange des liqueurs acétiques en limitant la décoloration à un jaune pâle vif et stable, comme cela arrive d’ailleurs à la longue avec une addition d’acide nitrique, — sans que l’acide nitreux puisse régénérer la couleur dans aucun cas.
- La réaction est plus complexe et elle reste imparfaite lorsqu’on cherche à opérer sur de grandes masses en employant une longue insolation.
- La lumière doit agir, d’ailleurs, sur la matière cristallisée elle-même, en occasionnant une légère altération superficielle, sensible en ce que le reflet bleu tend à virer au violet rougeâtre sans perdre l'éclat métallique.
- Enfin, lorsque l’acide acétique contenant la matière colorable est exposé en couches minces à la lumière solaire, une teinte brunâtre apparaît dès le commencement, mais, quelque prolongée que soit l’insolation, cette matière colorable reste presque intégralement sans être altérée.
- Au contact de la nitrosopyrolignéine, l’eau bouillante ne se teinte que d’une façon à peine appréciable, et par le refroidissement elle devient totalement incolore, tant la nouvelle matière colorante y est insoluble.
- L’alcool reste incolore à froid et prend une nuance jaune d’or à l’ébullition.
- L’alcool méthylique en dissout un peu plus que l’alcool, à froid comme à chaud.
- L’éther ordinaire, le sulfure de carbone, même bouillants, n’en dissolvent pas de traces.
- Dans la benzine, l’essence de térébenthine, l’essence de pétrole, l’huile de naphte, la solubilité est presque nulle, même à l’ébullition.
- Le chloroforme donne, à la température ordinaire, une solution faible que la lumière décolore avec une grande rapidité ; il en dissout un peu plus à chaud.
- Avec l’éther acétique, solubilité presque nulle à froid et très faible à l’ébullition.
- L’éther nitrique n’a aucune action à froid et se teinte en orangé à l’ébullition.
- Dans l’huile d’olive, le colorant reste insoluble et chatoyant jusqu’au moment où la chaleur com-mence à faire bouillonner l’huile; puis il y a fusion, destruction lente et finalement, l’huile redevient limpide et faiblement orangée.
- Au contraire, dans l’acide phénique, la matière
- colorante est excessivement soluble à froid, en beau rouge de sang, devenant plus orangé à chaud. Il faut environ 20 parties de phénol pour dissoudre à froid, mais quelques paillettes cristallines en fer de lance, à reflet doré, moins solubles et moins légères, se séparent bientôt.
- La créosote la dissout en rouge orange, moins abondamment que le phénol. Elle abandonne aussi par évaporation spontanée des cristaux courts à reflet doré.
- L’action de l’acide sulfurique varie suivant son état de concentration, comme nous allons le voir.
- La nitrosopyrolignéine est très soluble à froid dans l’acide monohydraté, en bleu intense splendide mais instable ; en peu d’instants, spontanément ou par suite d’un léger échauffement, la couleur vire au violet sale et enfin à l’orangé. A ces divers états, la solution versée dans l’eau précipite partiellement une matière brun-orange; celle-ci est insoluble dans l’eau et soluble dans la soude caustique en jaune olive foncé qui est stable.
- La solution sulfurique brun-orange passe au violet-rouge par la chaleur -, l’eau précipite alors des flocons noirs et reste teintée en orangé.
- L’acide sulfurique hihydraté dissout aussi la nitrosopyrolignéine en bleu magnifique qui est permanent pendant plusieurs minutes, puis devient violet et ensuite rouge-brun. La dilution et la chaleur produisent les mêmes effets qu’avec l’acide monohydraté.
- A suivre.
- PROCÉDÉ perfectionné pour la teinture des étoffes de coton et des fils.
- Ceci est une nouvelle méthode pour teindre en 1 noir les étoffes de coton, les fils et les étoffes de | laine et de coton.
- | Un bain de teinture est préparé avec une solu-| tion d’extrait de bois de campêche et d’écorce de | quercitron (les proportions varient selon la nuance | plus ou moins foncée que l’on veut obtenir). A ce bain, on ajoute une solution de sesqui-oxyde de chrome et une solution de cuivre, soit de sulfate, de chlorure, de nitrate ; l’acétate de chrome ou de cuivre répond également au même but. Les étoffes à teindre sont alors plongées dans le bain, puis elles sont étendues et séchées ; ensuite le noir
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- est fixé en passant les marchandises dans une solu-ion alcaline.
- M. Joseph Clare, de Greenfield, Yorkshire, qui le premier a donné naissance à ce procédé le modifie, pour la teinture en noir d’une p. ce de co-ton, en préparant un bain d’extrait de campêche et d’écorce (d’une matière jaune colorante), en ajoutant une solution d’alun de chrome et une solution de sulfate de chrome, de nitrate ou d’acétate de cuivre. On peut également employer le bain sans alun de chrome. Les pièces sont alors traitées comme dans le premier cas.
- Pour l’obtention de certaines nuances, il serait nécessaire d’ajouter au bain une solution d’extrait de quercitron, ou autre colorant jaune quelconque, en proportion de la nuance noir demandée.
- Si les étoffes à teindre étaient du velours, elles devraient passer au bain dans un palan ou tamis et être placées ensuite dans un hydro-extracteur pour enlever la liqueur superflue. Les étoffes sont alors étendues, séchées et passées à travers une solution de soude qui a la propriété de faire ressortir le noir. Si les étoffes à teindre sont des satins ou autres articles semblables, elles doivent être cylindrées, étendues et séchées après leur immersion dans le bain. Cependant, pour produire le noir, il n’est pas absolument nécessaire que les pièces soient séchées avant d’être soumises à la solution de soude ; il est plus convenable qu'après être cylindrées au sortir du bain, les pièces soient soumises au séchage avant de supporter l’action de la solution de soude.
- BREVET
- POIRRIER ET ROSENSTIEHL
- Procédé pour donner P'éelat métallique aux matières filamenteuses ou textiles.
- Ce procédé consiste, en principe, à recouvrir la fibre textile d’un sulfure possédant lui-même l’éclat métallique. On mouille la fibre avec une liqueur contenant en dissolution un ou plusieurs sels métalliques, en opérant soit par immersion, soit par tout autre procédé approprié.
- La fibre textile est ensuite exposée dans une atmosphère contenant de l’hydrogène sulfuré,
- Selon l’effet que l’on veut obtenir, on sèche pré-alablement la fibre, ou on lui laisse un certain degré d’humidité.
- Le sel métallique qui recouvre la fibre se sulfure et prend l'éclat métallique qui lui est propre.
- MACHINE à laver, encoller et ourdir.
- Un nouvel appareil a été inventé par M. John Leach, de Rochtale, au moyen duquel le lavage, l’encollage et l’ourdissage des fils de laine, de lin ou de coton peuvent procéder à la fois et ne former qu’une opération ; puis, lorsque la chaîne a été formée, elle est enroulée sur le cylindre ourdissoir et est prête pour le tissage. Les fils de laine cardée ou ceux composés de laine et de coton, ou d’autres substances fibreuses, sont d’abord en-vidés sur des bobines de la manière ordinaire; celles-ci sont placées sur un porte-bobine à tambour ou courroie de dévidage. Si on désire employer l’un de ces appareils, le porte-bobine est fixé à une distance convenable d’une bâche divisée en deux ou trois compartiments ou plus, et placée de manière à former un angle droit, ou un angle de 40° à 45° avec la ligne centrale de la machine à sécher.
- Les fils venant des bobines traversent une série d’œillets ou une plaque perforée, ou giette, chevillée sur le devant de la cuve, et passent dans le premier compartiment qui contient un liquide portant plus ou moins d’ammoniaque ou d’un autre fluide désuintant ; les fils, passant alternativement pardessus et par-dessous des cylindres ondulés, en bois ou en métal anticorrosif, arrivent à des rouleaux de pression. Le second compartiment contient ou de l’eau, ou une solution plus faible d’ammoniaque que traversent les fils en passant alternativement au-dessus et au-dessous de rouleaux ondulés ; puis ifs arrivent au troisième compartiment qui contient une substance animale ou végétale d’encollage, d’où les fils, passant sous un cy-lyndre ondulé, arrivent aux derniers rouleaux de pression, puis ils sont dirigés par dessus un rouleau placé obliquement et ajustable à l’angle voulu pour amener les fils sur les tambours sécheurs, le but de cette disposition étant de faire sécher les fils | en bien moins de temps qu’en employant aucune | des machines qui sont actuellement en usage.
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- La machine à sécher consiste en trois tambours parallèles chauffés à la vapeur, et les fils venant du rouleau oblique situé à l’extrémité de la bâche d’encollage passent sous un autre cylindre incliné attaché au bâti de la machine à sécher, et par dessus un tambour de passage placé au-dessus des tambours sécheurs, les fils passant successivement sur chacun des trois cylindres à vapeur arrivent ensuite à un autre tambour de transport qui peut être ajusté à un angle voulu. Le fil continue à être placé en forme d’hélice sur les tambours sécheurs jusqu’à ce que ceux-ci soient couverts de fil, et alors l’opération du séchage est terminée. Les fils secs passent de l'extrémité du cylindre sécheur principal à un rouleau d’où, traversant un peigne ou une plaque perforée, ils passent au-dessus d’un récipient qui contient un liquide colorant dans lequel plonge une brosse animée d’un mouvement de rotation et servant à marquer les longueurs de la chaîne-, si on le désire, on peut employer un autre marqueur à mouvement de traverse commandé par une vis dont les coussinets sont formés dans le bâti de la machine, et qui tourne par le moyen de transmissions qui la relient à l’un des cylindres. Le fil passe du marqueur à un cylindre appelé le cylindre séparateur, qui est placé sur un chariot mobile, roulant sur un tramway parallèle au tambour sécheur principal, et les fils sont séparés en autant de’divisions qu’il faut pour convenir au peigne du métier à tisser. A mesure que la circonférence du cylindre séparateur augmente par l’addition de nouvelles couches de fil, la tension est maintenue en faisant fonctionner le cylindre séparateur par le moyen d’une courroie et de poulies échelonnées, la translation de la courroie étant effectuée automatiquement à l’aide d’une roue à rochet et de vis sans fin.
- Pour s’assurer que le même nombre de couches de fil soient placées sur le cylindre séparateur dans chaque longueur de chaîne, et pour obtenir au moment nécessaire un moyen d’arrêt, qu’il soit produit automatiquement ou à la main, une vis de grande longueur est placée à la partie supérieure du châssis; celte vis est pourvue d’une aiguille ou pointeur placé en regard d’une échelle graduée, cette vis étant animée par un mouvement de rotation qu’elle dérive de l’arbre du cylindre séparateur par l’intermédiaire d’un système d’engrenages, et lorsque l’aiguille arrive à un point déterminé par le nombre de tours qu’on désire donner au cy
- lindre séparateur, ce cylindre s’arrête; si on le désire, on peut appliquer un timbre au mécanisme pour avertir l’opérateur du moment d’arrêt. Quand tous les espaces des cylindres qu’on veut remplir de fil sont pourvus de la quantité voulue, on fait fonctionner le rouleau ourdissoir à employer sur le métier, et la chaîne est transmise du cylindre séparateur à ce rouleau, la tension nécessaire étant maintenue à l’aide d’une poulie-frein à levier, ou par un des autres moyens bien connus.
- Nous avons décrit ces perfectionnements en admettant l’emploi de la machine à sécher ordinaire pourvue de deux petits et d’un grand tambour à vapeur, sur lesquels les couches de fils passent avant de s’enrouler sur le cylindre séparateur et de se placer ensuite sur le rouleau ourdissoir du métier ; mais au lieu d'employer ces tambours sécheurs on peut faire usage du cylindre à treillis pourvu de tubes à vapeur placés longitudinalement à l’intérieur, et ce cylindre peut être stationnaire ou animé d’un mouvement de rotation -, dans le premier cas la machine est pourvue d’une série de rouleaux directeurs. On peut aussi se servir d’une série de tuyaux chauffés par la vapeur et placés horizontalement, les fils passant alternativement au-dessus et en dessous de ces tuyaux, étant guidés en même temps par une série de rouleaux directeurs placés à une distance convenable des tuyaux chauffeurs, un ventilateur étant employé pour chasser l’air humide qui résulte de l’action de la chaleur sur les fils mouillés.
- NOUVEAU PROCÉDÉ PERMETTANT D’OBTENIR SIMULTANÉMENT LE FIXAGE RAPIDE ET UNIFORME DES MORDANTS DE TEINTURE Par M. Théodore Daux
- Ce procédé s’applique aux mordants, à tout état, dans les mérinos et cachemires, et dans tous les autres tissus en laine, de l’industrie de la laine peignée et ceux de l’industrie de la laine cardée ainsi que l’épaillage chimique de ces tissus.
- L’inventeur s’exprime ainsi :
- On commence par faire subir aux tissus selon leur genre et leur nature, qu’ils soient en laine peignée ou en laine cardée, les opérations préalables jusqu’au moment du mordançage, et on opère comme suit :
- 1° On prépare les mordants à froid et on les
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- compose suivant les couleurs à obtenir, acidulés ou non, même un acide seul, selon les nouveaux produits chimiques qu’on a à employer. Le mordant préparé, on plonge le tissu et on le laisse le temps nécessaire pour qu’il en soit complètement imbibé.
- 2° Quand le tissu est suffisamment imbibé du mordant, on le retire du bain et on l’essore à fond.
- 3° Le tissu ainsi imprégné du mordant acidulé, ou bien d’un acide pur seul, est passé sur des cylindres chauffés à la vapeur à un très haut degré afin d’y fixer le mordant ou l’acide pur d’une manière rapide et uniforme par une chaleur sèche très élevée qui augmente alors la puissance pénétrante de l’acide, qui attire à lui les autres éléments du mordant par son action chimique sur eux.
- 4° Le tissu ainsi mordancé, est mis de suite dans le bain du colorant au bouillon et on continue le travail comme d’habitude, jusqu’à ce qu’il soit fini aux apprêts complètement.
- Par ce nouveau procédé, il ne faut qu’une heure environ pour préparer une pièce de mérinos, prête à entrer dans le bain du colorant, tandis que par l’ancien procédé il fallait près de 30 heures pour arriver au même résultat.
- Il est à remarquer que plus les tissus seront épais, plus il faudra de cylindres à la machine pour avoir un fixage efficace, et si on sèche à l’étuve ou par tout autre moyen, il faudra, si les tissus sont épais, les y laisser plus longtemps, pour que le mordant s’y fixe complètement.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- PRÉPARATION de [l’albumine de sang, par M. Campe.
- Le sang des animaux abattus est conservé pou r se coaguler dans des auges de façon que le liquide albuminoïde puisse s’échapper des caillots.
- A cet effet, les auges sont réunies dans un endroit frais, afin que la séparation se fasse plus aisément. Pendant les chaleurs, ou dans les climats chauds, on applique utilement le froid artificiel, obtenu par une machine à glace du modèle de MM. R. Pictet et Ci. Le caillot est placé sur un
- tamis et pressé doucement afin d’extraire toute l’albumine qui a été concentrée. On coupe ensuite le résidu en morceaux et on le sèche sur des plateaux en zinc dans un séchoir.
- On verse l’albumine sur des plateaux en zinc ayant un rebord, et on la sèche à une température de 88 à 95 degrés Fahrenheit. Il faut avoir soin d’enduire ces plateaux d’un peu d’huile d’olive pour que l’albumine n’adhère pas au métal. Pour dégager l’albumine autant que possible de toutes autres substances qui pourraient y adhérer, on l’arrose avec un peu d’eau distillée, qu’on laisse séjourner quelques instants et que l’on jette ensuite. Les phosphates facilement solubles sont alors éloignés ; puis le résidu est trempé dans l’eau distillée chaude, que l’on agite un peu, jusqu’à ce que l’albumine de sang soit dissoute.
- La solution est ensuite passée à travers une flanelle, et les impuretés et les matières colorantes restent.
- La solution concentrée et filtrée est de nouveau passée dans les auges et séchée, comme la première fois de 88 à 95 degrés Fahrenheit.
- M. E. Campe, de Brünn, a fait connaître d’importantes observations concernant les détails de ce procédé.
- Pour obtenir l’albumine, autant que possible, exempte de couleur, on doit agir avec précaution en ramassant le sang. Une condition essentielle est que l’endroit où les auges sont placées soit aussi près que possible de l’abattoir.
- Le sérum doit être ramassé, soit dans l’abattoir même, soit tout près, et le sang tamisé une demi-heure ou une heure après qu’il a été recueilli. Le caillot, coupé en morceaux est égoutté sur un tamis pendant deux jours.
- Après ce délai, le sérum est enlevé des plateaux, en ayant soin que la matière rouge ne coule pas avec lui.
- Le moyen est très simple : les plateaux, étant concaves au fond, forment une sorte de puits où le liquide coloré s’amasse. Dans le fond on soude un cercle qui se bouche, à environ un huitième de pouce du fond.
- Le bouchon est perforé et donne passage à un tube qui monte et descend à volonté.
- Lorsque le sérum est clair, ce tube est enfoncé jusqu’à ce que sa partie supérieure se trouve au-dessus de la surface, et le sérum peut alors s’écouler.
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- En abaissant soigneusement le tube, toute la partie clarifiée et sans couleur peut être extraite sans troubler la matière colorante.
- Dès que tous les plateaux ont été vidés on déverse le sérum dans des baquets en contenant 3 à 400 livres.
- Ces baquets sont plus larges à la partie supérieure et sont pourvus de faussettes à 2 ou 3 pouces du fond. (5 à 7 centimètres). En traitant ainsi le sérum, il s’agit de savoir si l’on veut préparer de l’albumine artificielle sans lustre, ou bien avoir de l’albumine luisante.
- Dans le premier cas, on prend 1/4 d’huile de térébenthine pour 112 livres de sérum, et on l’agite bien pendant une heure.
- A cet effet, M. Campe emploie une palette en bois ayant un pied de diamètre, percée de nombreux trous, et ayant un manche. Le sérum couvert pendant 24 à 36 heures.
- La térébenthine remonte à la surface mélangée d’une sale graisse d'un blanc verdâtre. Le sérum clarifié passe alors à travers les faussettes. Le premier quart est recueilli séparément parce qu’il est toujours trouble, et le reste est transporte sans retard dans le séchoir. M. Campe emploie des plats de fer émaillés de 12 pouces de longueur sur 6 de largeur et 3/4 de profondeur. (30 centimètres, sur 15 et sur 16 millimètres).
- La température du séchoir, lorsqu'on remplit les plats, doit être de 122 degrés, et on l’élève promptement à 126 et même 130 degrés, lorsque les plats sont remplis, et cette température est maintenue pendant deux heures sans ouvrir les ventilateurs. On ouvre ensuite les soupapes après ce délai, et on laisse tomber la température de 117 à 120 degrés jusqu’à la fin de l’opération.
- Les soupapes sont entr'ouvertes de temps en temps pour laisser pénétrer l’air sec au lieu d’humidité. Pour que l’air circule libement, M. Campe fait établir des courants d’air.
- Pour préparer de l’albumine lustrée, M. Campe prend 6 2/3, de vitriol et 12 1/4 onces d’acide acétique concentrée à 1 ,040 : il mélange le tout et aussitôt que le mélange a reposé une heure, il l’étend de 6 litres d’eau, et il verse dans le sérum goutte à goutte, en remuant sans cesse; on ajoute encore 1 1/4 d’huile de térébenthine par 112 livres de sérum. On couvre le tout pendant 24 ou 36 heures, et on l’extrait de la même façon que dans la première opération.
- Avant de le placer dans le séchoir, on y mélange de l’ammoniaque jusqu’à ce qu’une légère réaction alcaline se produise pour faire disparaître toute trace d’acide. Les plats sont enduits de suif de bœuf chaud pour éviter que l’albumine n’y adhère.
- Par ce traitement une partie de l’albumine de sang est obtenue sous forme d'albumine de sang de première qualité. Elle n’égale jamais l’albumine d’œufs, mais lorsqu’elle est préparée soigneusement, on peut s’en servir pour l’impression des couleurs vives.
- La seconde, qui ne peut être utilisée que pour l’impression des couleurs très foncées, peut être appelée un produit accidentel, car elle n’est obtenue que du contenu des plats dans lesquels on à mis par mégarde plus ou moins de matière colorante.
- M. Campe emploie aussi pour cette qualité les liquides rougeâtres qui restent après que la première qualité du sérum a été extraite.
- La troisième qualité est employée par les raffi-neUrs de sucre, et s’obtient des caillots qui se trouvent sur les tamis, et de tous les autres résidus.
- (Moniteur des produits chimiques.)
- NOTE sur le moyen pour régulariser l’ébullition de l’acide acétique.
- Par Paul Francezon
- L’acide acétique chauffé dans des vases en verre, bout très difficilement et par soubresauts ; 'de plus, si on y introduit un corps poreux apportant avec lui beaucoup d’air, au moment où il est sur le point de bouillir, il se produit subitement une masse considérable de vapeur et le liquide bouillant est projeté hors du récipient.
- Ce ne sera donc pas sans danger que nous introduirions la soie décreusée dans l’acide acétique bouillant, ainsi que l’exige le procédé d’analyse décrit plus haut; mais cette opération est très facile, grâce à la précaution suivante :
- Avant de chauffer l’acide, on introduit dans la cornue une lame de platine aussi rugueuse que possible, et roulée plusieurs fois sur elle-même autour d’un tube de verre : elle a pour but de maintenir au sein du liquide des traces d’air enfermées
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- dans les rugosités ; traces d’air qui suffiront pendant plusieurs jours, non-seulement pour rendre l’ébullition de l’acide d’une régularité parfaite, mais encore pour empêcher la production instantanée de vapeur et la projection de l’acide bouillant, lorsqu'on introduira dans Celui-ci la soie décreusée à analyser.
- Quand la lame de platine n’agit plus, c’est une preuve qu’elle ne contient plus d’air, et il suffît de la sortir et de la chauffer pour lui rendre toutes ses qualités primitives.
- (Textile de Lyon.)
- Altérations et falsifications de l’acide salicylique
- Parmi les substances servant à falsifier l’acide salicylique, il faut mentionner le sucre, le sulfate acide de potasse, les sels de chaux et surtout le sulfate de chaux, l’amidon, la silice.
- L’acide phénique, les acides sulfurique et chlorhydrique, les sels de soude peuvent s’y trouver comme altérations.
- Pour constater la présence de l’acide phénique dans l’acide salicylique ou le salicylate de soude, on en place 0 gr. 20 dans une capsule en porcelaine, on ajoute 1 gr. d’acide sulfurique concentré. On agite jusqu’à dissolution, en évitant toute élévation de température, puis l’on ajoute 1 à 2 gouttes d’acide sulfurique nitreux récemment préparé (on l’obtient en projetant 0 gr. 20 de nitrite de potasse dans 30 grammes d’acide sulfurique, et en agitant). On remue en tous sens à l’aide d’une baguette de verre -, s’il se produit une coloration verdâtre, elle est due au phénol.
- Si à la dissolution sulfurique primitive, on ajoute du nitroprussiate de soude en poudre, il se produit une teinte variant du rouge au rose, suivant la proportion du phénol.
- Rien de semblable n’a lieu au contact des composés salicyliques.
- Note. Au lieu d’employer l’acide sulfurique nitreux, on peut opérer de la manière suivante :
- On traite le produit à essayer en présence d’un azotate, soit en solution, soit en cristaux, par un excès d’acide sulfurique. Si l’on a employé une trace d’azotate et s’il y a de l’acide phénique, on obtient une coloration jaune ; cette coloration devient très foncée et même presque nojre s’il y a
- un excès d’azotate. En neutralisant ensuite par l’ammoniaque, on a un liquide jaune doué d’un pouvoir tinctorial considérable.
- (Union pharmaceutique)
- ----- —re=soS-*——........-
- MÉTHODE D’ÉPURATION des eaux «l’alimentation des chaudières. par K. et Th. MŒLLER.
- (Extrait de la Deutsche Industrie Zeitung).
- La méthode d’épuration employée par MM. Mœller varie légèrement suivant la nature des substances dissoutes dans l’eau.
- 1. L'eau renferme du bicarbonate et du sulfate de chaux. — Dès que l’eau contient de grandes quantités de sulfate de chaux, tous les procédés d’épuration connus deviennent très coûteux ; ainsi, quand on précipite le sulfate de chaux par le chlorure de barium oh par la soude, lès frais s’élèvent à 4 ou 6 centimes, et même souvent à 12 centimes par mètre cube.
- Là nouvelle méthode repose sur ce fait, que lorsqu’on a enlevé le bicarbonate de chaux par la soude caustique, l’incrustation ne se produit plus que quand on a atteint le point de saturation de la solution de sulfate de chaux, tandis que, lorsqu’on n’a pas enlevé le bicarbonate de chaux, le sulfate se précipite plutôt en même temps que le carbonate de chaux ; de plus, la température et la pression qui se produisent dans la chaudière ne diminuent nullement la so lubilité du sulfate de chaux, comme il semble résulter d'expériences mentionnées dans les ouvrages. Beaucoup d’eaux peuvent donc, après qu’on en a séparé le carbonate de chaux, être évaporées jusqu’au cinquantième de leur volume, avant qu’il se produise d'incrustation, et l’on peut empêcher la précipitation de cette dernière en aj ou-tant à l’eau du chlorure de sodium.
- La nouvelle méthode comprend donc les deux opérations suivantes :
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- On ajoute à l’eau, sous forme de bouillie, de lait de chaux ou d’eau de chaux, exactement autant de chaux caustique, éteinte ou non, qu’il en faut pour decomposer le bicarbonate de chaux. Après qu’on a, de cette façon, enlevé le carbonate autant que le permet sa solubilité, c’est-à-dire jusqu’à ce que
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- l’eau en renferme 2 1/2 cent millièmes environ, on procède à la seconde opération.
- B
- L’eau est introduite dans la chaudière sans enlever le sulfate de chaux, en y ajoutant éventuellement du chlorure de sodium, et l’on détermine par des essais l’instant où la formation des incrustations commence. Aussitôt que la solution de sulfate est arrivée dans la chaudière au degré de saturation, on fait couler l’eau et l’on empêche ainsi toute incrustation de se produire dans la chaudière. Lorsque l’évacuation de la chaudière a lieu le dimanche (l’eau se refroidissant dans ce cas sans perte), les frais du procédé ne dépassent pas A à 6 centimes. Le temps au bout duquel une chaudière doit être vidée varie entre deux ou trois semaines, parce que, dans les chaudières ordinaires, le contenu est évaporé une ou deux fois par jour ; ce temps doit d’ailleurs être déterminé d’une manière spéciale pour chaque espèce d’eau.
- 2. L'eau renferme du carbonate ou du bicarbonate de magnésie. — La précipitation de cette matière incrustante, à laquelle on a généralement prêté trop peu d’attention jusqu’ici, a présenté certaines difficultés. La chaux caustique, lorsqu’on l’ajoute à l’eau à épurer seulement jusqu’à ce que celle-ci commence à présenter une réaction alcaline, ne précipite presque pas le carbonate de magnésie à froid, parce que le carbonate de magnésie fraîchement précipité est notablement soluble dans l’eau froide et offre une réaction alcaline. Dans la méthode employée, on ajoute à l’eau de la chaux vive jusqu’à ce que la réaction alcaline se montre; le carbonate de magnésie reste donc dans l’eau, et c’est à cette circonstance que paraissent dus souvent les résultats si peu satisfaisants que donne fréquemment la méthode deHaen.
- Mais on peut décomposer le carbonate de magnésie par la chaux à la température ordinaire en produisant de la magnésie et du carbonate de chaux, en employant une quantité de chaux un peu plus grande que celle indiquée par le calcul ; cet excès se détermine par l’expérience. Afin d’enlever la chaux en excès, on ajoute du carbonate de chaux ; cette soude précipite l’hydrate de magnésie qui était encore dissous.
- 3. L'eau renferme du carbonate de magnésie et du bicarbonate de chaux. —On se sert alors de la méthode précédente.
- A. L’eau renferme du bicarbonate et du sulfate de chaux avec du carbonate de magnésie, ou du carbonate de magnésie et du sulfate de chaux. — Dans ce cas, on combine la première et la seconde méthode.
- 5. L'eau renferme du chlorure de magnésium. — Le chlorure de magnésium pur en solution dans l'eau se décompose même lorsque ces solutions sont étendues, par l’ébullition en acide chlorhydrique et en magnésie insoluble, qui forme des boues et des incrustations. Lorsqu’il y a du carbonate de chaux l’acide chlorhydrique le dissout, ou bien, quand il n’y a pas de carbonate ou qu’il a été précipité au préalable, l’acide attaque le fer de la chaudière. Le chlorure de sodium et beaucoup de substances organiques paraissent empêcher la décomposition du chlorure de magnésium; mais, en tout cas, il est bon de décomposer ce corps, parce que, en sa présence, de petites variations de la nature de l’eau doivent faire craindre les corrosions.
- Quand on ajoute de la chaux caustique jusqu’à ce que le liquide présente une forte réaction alcaline, il se forme d’abord un précipité volumineux qui est une composition double de chaux et de magnésie, tandis qu’une autre partie se transforme en chlorure de calcium. Ce composé double est légèrement soluble et possède une réaction fortement alcaline. Quand on veut précipiter complètement la magnésie contenue dans le chlorure de magnésium, on doit employer un excès de chaux caustique et séparer ensuite cet excès par le carbonate de soude, ainsi qu’il est indiqué dans la seconde méthode.
- L’EXPOSITION DE FRANCFORT
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce vient d’adresser aux présidents des chambres de commerce la circulaire suivante ;
- Monsieur, j’ai l’honneur de vous informer qu’un comité s’est constitué à Francfort pour y organiser une exposition d’objets brevetés en Allemagne, ou portant des marques de fabrique déposées dans ce ce pays, ainsi que tous les accessoires de nature à faire mieux ressortir l’utilité et l’usage des objets brevetés.
- Les étrangers pourront participer à cette exposi-
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- tion, qui aura lieu du mois de mai 1881, au mois d’octobre suivant. Leurs demandes seront reçues jusqu’au 1er avril 1881, celles qui arriveront postérieurement à cette date seront accueillies dans la limite des emplacements demeurés libres.
- D’après les renseignements fournis par M. le consul de France à Francfort, le comité d’organisation fait les démarches nécessaires pour obtenir l’entrée et la sortie en franchise des produits venant de l’étranger et destinés à l’exposition. Il sollicite également la reconnaissance officielle de l’exposition, afin que les objets non brevetés ou déposés puissent être exhibés sans que les intéressés perdent le droit de réclamer ultérieurement, soit un brevet, soit l’inscription sur le registre des marques de fabrique.
- Je vous communiquerai, dès qu’elles me parviendront, les informations nouvelles que me transmettra M. le ministre des affaires étrangères relativement à l’exposition de Francfort.
- Le ministre de Vagriculture et du commerce.
- TIRARD.
- CATALOGUE DES BREVETS D’INVENTION CONCERNANT LES INDUSTRIES TEXTILES ET TINCTORIALES
- Année 1879
- 126283. — 28 août. — Brook, Sykes et Stake. — Perfectionnements dans les machines ou appareils à peigner la laine et autres matières filamenteuses.
- 126288. — 4 septembre. — Beru et Cor fils. — Tagnet en métal pour le tissage des toiles et de toutes étoffes sur les métiers mécaniques.
- 126293. — 4 septembre. — Guibet. — Machines à apprêter les étoffes de teinturier dégraisseur.
- 126323. — 30 août. — Le Gros et Thompson (les sieurs). — Perfectionnements dans la fabrication et le traitement du crêpe.
- 126350. — 9 septembre. — Morel. — Système de retironeur appliqué au peignage mécanique des laines.
- 126359. — 2 septembre. — GeGNON. — Utilisation des déchets de laine torréfiée de toutes natures, pour faire des poudres de laine remplaçant la tontisse dans la fabrication du papier velouté.
- 126380. — 3 septembre. — Guillaume. — Tissu adhérent pour chapeaux de soie ou de feutre.
- 126387. — 4 septembre. — Winter. — Procédé de teinture à réserves des matières filamenteuses peignées ou cardées.
- 126394. — 13 septembre. — Oriolle. — Chaudière inexplosible, système Oriolle.
- 126413. — 5 septembre. — Davoust et Ce. — Tontisse extraite de certains végétaux pour l’industrie des papiers de tenture, de toiles cirées, de la chapellerie et autres destinations.
- 126423. — 6 septembre. — Brigg (les sieurs.) — Perfectionnements dans les métiers à tisser.
- 126428. — 6 septembre. — Burc. — Appareil pour l’impression sur peau du chagrin grain du Levant et crocodille. /
- 126429. — 6 septembre. — Burc. — Appareil servant à l’impression de toutes sortes de dessins sur peau.
- 126437. — 14 septembre. — Dorigny. — Perfectionnements apportés au métier Jacquart et application d’un châssis tubulaire pour mouvement de tire ou lisses ou lissettes continues sans plomb ou fer ou ressort quelconque ou sans autre charge directe pour être appliqué au tissage mécanique, système Louis Dorigny.
- 126444. — 13 septembre. — Lacroix-Martin et Dubourg. — Perfectionnements apportés aux machines à pâlir les étoffes.
- 126449. — 18 septembre. — Descours. — Fabrication de rubans, velours avec envers armuré.
- 116458. — 7 septembre. — Watteau. — Nouveau séchoir de laines.
- 126466. — 7 septembre. — Boureau. — Procédé de chinage des matières filamenteuses mises en ruban avant filature.
- 126559. — 26 septembre. — Gillet et fils. — Perfectionnement aux procédés de teinture.
- 126561. — 25 septembre. — Colette aîné. — Procédé nouveau et perfectionnement consistant en chaleur progressive, accélération de courant d’air et refroidissement instantané, applicable au séchage et au carbonisage des laines et draps épaillés.
- 126562. — 26 septembre. — Barbozon. — Jeune-homme. — Procédé de fabrication au laminoir des lames de grilles, clefs de robinets, manilles de tendeur, équerres diverses.
- Certificats d’addition.
- Brulé. — 24 août. — B. 122790. — Système de temple à pinces élargisseuses pour métiers à tisser.
- Lehoux et Rigot. — 6 septembre. — B. 121759. — Système de métier à tisser.
- Vigneron. — 29 août. — B. 124150. — Système de machines à plisser et gaufrer les étoffes, etc.
- Dicktus. — 30 août. — B. 119394. — Procédé servant à rendre invisibles les matières végétales contenues dans les tissus de laine.
- Bérenger. — 12 septembre. — B. 124953. — Nouveau mode d’épaillage chimique des tissus.
- Bartheron et Ce. — 13 septembre. — B. 122484. — Procédé permettant d'obtenir une bande blanche dans les satins trames coton.
- Rissmuller et WIESINGER. — 7 septembre. — B. 122508. — Traitement des chiffons demi-laine et applications.
- Imbs. — 12 septembre. — B. 124101. — Perfectionnements dans la machine à peigner les filaments des matières textiles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- vnroerorczmroersanursesnenmenemmeremesenentirzanes II I aanama ureveroenes 1. II 1... "s=="
- Descroix. — 12 septembre. — B. 122219. — Application de l’aniline et des couleurs qui en dérivent à la teinture, bon teint des fibres textiles végétales.
- PABST et Girard. — 13 septembre. — B. 123094. — Procédé de préparation des dérivés azotés et de matières colorantes.
- Renard. — 14 septembre. — B. 120502. — Application sur chapeaux des fils ou poils de laine, etc.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg, jeudi 25 novembre,
- Adjudication de '3,3Q0 mètres de molleton de coton blanc.
- Adjudication de 1° Molleton de coton blanc pour cata-plasmes (3,300 mètres), nécessaire aux cinq ports militaires pendant l’année 1881 ; 2° entreprise des cuarrois à effectuer pour les services des hôpitaux et des vivres pendant trois années, du 1er janvier 1881 au 31 décembre 1883,
- Rochefort, 26 novembre.
- Bas, demi-bas et cravates.
- Bas, demi-bas en laine brune et pravates en laine bleue, indigo foncé.
- HOSPICES CIVILS DE LYON
- Lundi 15 novembre, 1 h.
- Fournitures de lainages, toilerie et chaussures pour 1881.
- La commission exécutive du conseil général d’administration des hospices civils de Lyon adjugera, sur soumissions cachetées, dans la salle du conseil, à l'hôtel-Dieu :
- 1° Le lundi 15 novembre 1880, à une heure, la fourniture des articles de lainages, composés de 23 lots, comprenant :
- Drap cuir-laine noir. — Drap belge, noir, burel, bleu. — Molleton écru, gris-bleu. — Flanelle. — Escots, noir-marron. — Grandes et petites couvertures. — Robes en laine. — Chaussons fourrés et en lisières. — Bas en laine, — Chapeaux en feutre pour hommes ou pour enfants.
- 2° Vendredi 19 novembre 1880, à une heure, la fourniture des articles de toilerie, bonneterie et chaussures, composée de 45 lots, comprenant :
- Toile rousse. — Toile de lin, d’emballage, serpillière. — Cordats. — Coutils. — Cotonnades, écrue et de couleur. — Calicots blancs. — Indienne imprimée. — Mouchoirs. — Foulards de coton imprimés. — Bandes pour maillots. — Bonnets de coton écru et de couleur. — Jupes et brassières tricotées. — 3,384 paires de souliers pour hommes, femmes ou enfants.
- Les cahiers des charges et les échantillons sont déposés au secrétariat général des hospices, passage del’Hôtel-Dieu, 44, où l’on peut en prendre connaissance tous les jours non fériés, de 2 h. à 4 h. de l’après-midi.
- Les soumissions derront être déposées le jour de l’adjudication, à 11 h . du matin, au plus tard.
- ASILE D'ALIÉNÉS DE ST-VENANT (Pas-de-Calais).
- Samedi 20 novembre, midi 1/2.
- Fournitures pour 1881.
- Le public est prévenu que le samedi 20 novembre 1880, à midi 1/2 précis, il sera, par le directeur, assisté de la commission de surveillance, ou de son délégué et en présence du receveur et de l’économe, procédé à l'adjudication de la fourniture des objets ci-après détaillés :
- 8,000 mètres, toile blanche n° 1.
- 1,000 mèt. toile bleue
- 1,000 mèt. toile grise.
- 1,000 mèt. toile à matelas.
- 1,000 mèt. printanière pour corsets.
- 2,000 mèt. molleton pour robes.
- 800 mèt. coton gris pour doublures.
- 800 mouchoirs de cou en laine.
- 800 mouchoirs de cou en coton.
- 50 couvertures en laine blanche.
- 100 kilos laine à tricoter.
- 300 mèt. toile pour wassingues.
- Les cahiers des charges sont déposés au bureau de la direction de l’asile, à la préfecture, Ire division, où l’on pourra en prendre connaissance tous les jours, de 8 heures du matin à midi, et de deux à cinq heures du soir, le dimanche excepté.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- HOSPICES DE BESANÇON (Doubs) .
- Fourniture de toile.
- Le 28 octobre a eu lieu à Besançon l’adjudication de la fourniture de toiles à livrer aux hospices civils.
- 1,700 mètres toile pour draps au prix maximum de 1 fr. 50.
- MM. Barloz, Vesoul, adj. pour 1,000 mètres à 1 fr. 50.
- Hazard et Menou, à Besançon, adj. 'pour 650 mètres à 1 fr. 45.
- Vuillemin, adj. pour 140 mètres à 1 fr. 30.
- 90 mètres toile pour tabliers, 1,40. —• Veuve Tournier, à Besançon, adj. à fr. 1,31.
- 850 mètres toile pour chemises, 1,20. — Vuillemin, à Besançon, adj. pour 700 mètres à 1,20. — Hazard et Menou, adj. pour 150 mètres à 1 fr. 20.
- 160 mètres toile pour taies, 1 fr. 30. — Veuve Tournier, adj. à 1,12.
- 45 mètres toile pour essuie-mains, 1 fr. 30. — Veuve Tournier, adj. à 1,26.
- HOSPICES DE VALENCIENNES (Nord).
- Le 21 octobre a eu lieu à Valenciennes l’adjudication de fournitures diverses à faire aux hospices pendant l’année 1881.
- Ont soumissionné : MM.
- Mouchoirs de coton rouge, Huet Colombier, à Lille, la pièce, 1,03.
- Mouchoirs de coton lilas, le même, 0,63.
- Mouchoirs de coton foulard, Delmotte Carlier, Valenciennes, 0,64.
- Mouchoirs de poche nos 1 et 2, Delmotte Carlier et Huet Colombier, 0,22 et 0,52.
- Bonnets de epton. Gauthier et Fontellaye, Valenciennes, 1,06.
- Bas de laine, Bruneau Flour, St-Amand, 1,26.
- Gilets de laine, le même, 9,25.
- Chaussettes de laine, le même, 1,17.
- Chaussons de laine, Gauthier et Fontellaye, 1,21.
- Toile de lin blanche, Huet Celombier, 1,02.
- Toile de lin bleue, Delnotte Carlier, 1,69.
- Le Propriétaire-Gérant : J. CHARBONNIER.
- Tous droits réservés.
- s
- Imp. G. Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes)
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, N° 22.
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- SOMMAIRE
- Avis. — Exposition internationale au Palais de Cristal. — Le cinquantenaire dè M. Ghevreul. — État de là teinture en France. — Matière colorante dérivée d’une impureté de certains acides acétique du commerce, par M. Georges WITZ (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Nouveaux colorants. — Teinture des bas. — Correspondance : Noir sur soie, par M. A. Barbé. — Teinture pour chapellerie. — Revue des brevets d’invention : Restauration des couleurs, des vieilles tapisseries, etc., par M. de Vinant. — Jurisprudence industrielle : Renseignements commerciaux.— Le Congrès postal international. — Renseignements commerciaux.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — {Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre et de Paris.
- Dans notre prochain numéro nous donnerons les prix-courants des drogueries et teintures sur la Place de Bordeaux.
- Ce complément de renseignements sera, nous l'espérons, bien accueilli de nos lecteurs.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- AU PALAIS DE CRISTAL
- Les grandes Expositions Internationales inaugu-gurées par celle qui eut lieu à Londres en 1851 ont pris avec le temps des proportions trop grandes et trop coûteuses pour pouvoir être désormais organisées sans pertes considérables, et il ne parait pas probable, pour le moment, qu’elles soient reprises en Angleterre sur une aussi vaste échelle qu’auparavant.
- Les directeurs du Palais de Cristal — cette création de la première grande Exposition Anglaise — ont l’ardent désir de réaliser, autant que possible, : les idées qui présidèrent à la conception primitive, c’est-à-dire, d’offrir aux fabricants étrangers et indigènes, ainsi qu’au public en général une occasion de se rendre compte des progrès accomplis par les différents pays dans les arts et l’industrie à l’aide des applications de la science et de l’esprit d’invention.
- Considérant donc qu’ils ont à leur disposition un espace suffisant, une force motrice pour les machines, tout un personnel préparé de longue date,
- 20 Novembre 1880.
- de nombreuses relations avec les principales sociétés industrielles, artistiques et scientifiques, deux millions de visiteurs par an, en moyenne, et bien d’autres avantages qu’on chercherait en vain ailleurs ; considérant, enfin, que dix années se sont écoulées depuis les dernières Expositions annuelles, ils ont pris leurs dispositions pour organiser une série d’Expositions de l’industrie, et se proposent de commencer par celle des lainages, de la laine, de ses diverses applications, et des appareils et machines employés à sa fabrication.
- La demande pour cet objet de consommation a augmenté dans des proportions merveilleuses, et toutes les contrées concourent maintenant plus ou moins largement à sa production.
- Mais c’est surtout aux colonies d’Australie et d’Afrique que l’Europe est principalement redevable de ses approvisionnements de laine de mérinos d’une qualité supérieure. Des 411,000,000 livres de laine importées dans ce pays en 1879, à peu près 355,000,000 livres arrivaient des Colonies Anglaises!
- La fabrication des lainages occupe à présent le second rang d’importance dans les industries textiles de la Grande-Bretagne, et la laine est employée de préférence à toute autre matière pour tout ce qui a trait aux vêtements.
- Quoique Londres soit le centre du commerce de laines pour le Continent, et attire les acheteurs en grand nombre, un échange actif de ses produits manufacturés a lieu cependant entre les pays qui s’efforcent de lui faire concurrence.
- Les acheteurs qui arrivent du Continent à Londres pour assister aux ventes de laines qui s’y tien-
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- nent périodiquement, ne peuvent que très imparfaitement (à cause de la confusion et de l’animation des marchés) examiner le caractère et la qualité des laines brutes y étalées, ou s’assurer des noms des producteurs.
- L’Exposition projetée offrira aux acheteurs et fabricants de laines une occasion plus avantageuse d’examiner tout à leur aise les laines brutes et les étoffes fabriquées avec elles, et d’obtenir tous les détails relatifs au progrès, perfectionnements, prix, appareils et machines, etc.
- PROGRAMME
- I. — Laine brute de mouton.
- Produits de laine cardée et peignée. — Laine filée et ses préparations.
- L’industrie des lainages.
- Draps larges.
- Draps étroits.
- Etoffes de laine pour pantalons.
- Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement.
- Tissus de laine pure.
- Etoffes de laine tordue, mélangées de chaînes de coton ou d’autres matières premières.
- Châles.
- Etoffes mixtes.
- Articles de bonneterie et de lingerie.
- 11. — Poil de chèvre ou mohair.
- III. — Laine d’alpaga, Lama et Vigogne,
- IV. — Poil de chameau.
- V. — Crin de vache ou de bœuf.
- VI. — Crin de cheval.
- VII. — Cheveux.
- VIII. — Laine de lapin et de lièvre.
- IX. — Fourrures et pelleteries. Matières brutes et préparées.
- X. — Dépouilles d’oiseaux et plumages pour vêtements, ornements et autres articles.
- XI. — Dessins, peintures, gravures et autres représentations des bêtes à laine.
- XII. — Appareils et machines employés dans l’industrie des lainages, soit des machines fonctionnant au moyen de mains ou de vapeur.
- Matières premières appliquées au nettoyage, blanchissage et à la teinture. Ouvrages descriptifs publiés, tableaux statistiques, gravures, etc., donnant une description de l’industrie des lainages et des occupations, ou du commerce dans cet article, ainsi que de l’emploi du crin, de la fourrure, des plumes, etc.
- Pour obtenir le programme détaillé, on peut
- s’adresser à M. P.-L. Simmonds, superintendent of the International Exhibition Department, Cristal Palace, Sydenham. Les adhésions des exposants devront parvenir avant le 1er janvier 1881.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des progrès réalisés dans ces industries.
- LE CINQUANTENAIRE de NI. Chevreul,
- Un savant français qui s’intitule modestement le plus vieux des étudiants de France, M. Chevreul, vient d’achever pour la cinquantième fois, au Muséum d’histoire naturelle, son cours annuel de chimie appliquée à l’étude des êtres organisés. Les cours se composant chaque année d’une série de 40 leçons, c’est un total de 2,000 leçons faites par l’illustre doyen des professeurs. M. Chevreul est entré, le 31 août dernier, dans sa 95° année ; il est toujours dans son laboratoire en travailleur infatigable, préparant chaque jour quelque découverte nouvelle. Plein d’entrain et de gaîté, M. Chevreul espère atteindre 110 ans comme l’a fait son père. L’Association pour l’avancement des sciences, réunie dans sa 29e session, à Boston, vient d’envoyer à l’éminent savant un télégramme pour lui présenter ses vives félicitations, avec l’espérance que sa vie et ses travaux pourront être prolongés au moins jusqu’à la fin du siècle.
- ETAT DE LA TEINTURE
- EN FRANCE.
- Un journal technique donne la notice suivante, concernant la teinture en France :
- Les villes qui s’occupent le plus de teinture sont : Rouen, Roubaix, Lyon, Lille, Paris et ses environs. La teinture de la laine est centralisée à Elbeuf, Orival, Reims et Sedan; la teinture de la soie, à Lyon, Saint-Etienne et Paris. Dans les environs de Paris, il existe 250 teinturiers pour étoffes de tous genres, 450 établissements pour le dégraissage et le remettage à neuf des objets, tels que vêtements, etc., 25 teinturiers pour les cuirs et 10 pour le bois.
- En 1874, le district de Rouen comptait 67 teinturiers, principalement pour coton.
- Elbeuf, en 1874, comptait 80 établissements oc-
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- cupant ensemble 18,000 ouvriers-, 13 teintureries en laine teignaient annuellement 30,000 pièces ; en 1836, il y avait déjà 200 établissements qui occupaient 2,500 ouvriers produisant ensemble 70,000 pièces de drap d’une valeur de 100,000,000 fr. ; 25 teinturiers, à cette époque, suffisaient à teindre cette production. En 1858, il y avait à Elbeuf 282 fabriques occupant 30,000 ouvriers, produisant pour 85 millions de draps. En 1868, l’industrie d’Elbeuf atteint son apogée -, il y avait 650 usines dont la production était estimée à 125,000,000 fr. Depuis la guerre de 1870, cette industrie a diminué d’importance, et Elbeuf ne produit plus guère que pour 100,000,000 fr. de marchandises. Par contre, l’importance de la teinture à Reims a augmenté ; en 1872, il y avait là 12 teinturiers et 16 ateliers d’apprêt, et en 1879, on y comptait 39 établissements.
- Danzer, Ingénieur civil.
- MATIÈRE COLORANTE dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce (Mémoire de M. Georges Witz, à la Société industrielle de Rouen).
- — Suite — (1)
- L’acide sulfurique un peu plus dilué donne une solution violette qui, à la longue, vire au brun-jaune et précipite.
- Enfin l’acide sulfurique à 10 équivalents d’eau ne dissout pour ainsi dire plus la nitrosopyroli-gnéine.
- Les cristaux humectés d’acide nitrique se dissolvent en bleu dans l’acide sulfurique bihydraté, mais bientôt le liquide se décolore jusqu’au jaune-brun.
- L’acide nitrique à 40° B, ne dissout pas la matière; l’aspect bleu d’acier devient violet ou rougeâtre et même orangé sale, suivant son état de division. — L’acide étendu n’a pas d’action. — De même pour l’acide chlorhydrique concentré
- Elle est insoluble à froid dans une solution concentrée d'acide phosphorique. A chaud elle se dissout en orange rougeâtre, et par le refroidissement se sépare partiellement en brun, à moins que l’ac-
- (1) Voir n° 21, page 241.
- tion trop prolongée n’ait transformé la matière colorante en poudre noire insoluble.
- La coloration orange des solutions acétiques disparaît complètement par l’acide sulfureux, sans précipitation, et elle est rétablie par les alcalis.
- Le contact du zinc pur, à froid, suffit pour décolorer entièrement les solutions acétiques. Le liquide incolore reprend la teinte orange vif avec les nitrites, le chlore, les sels ferriques, etc.-, au contraire, le sulfate cuivrique, le chlorure mercurique, n’ont pas d’action.
- Le chlorure stanneux décolore immédiatement les mêmes solutions, sauf une légère teinte jaunâtre.
- Un excès d’ammoniaque ou de soude caustique (1) ajouté directement aux solutions acétiques ne fait que foncer l’orange sans virage de la nuance.
- La lessive de soude caustique, à froid, ne dissout pas la matière colorante cristallisée, ou ne semble l’attaquer que lentement en se teintant en jaunâtre. En ajoutant de l’eau, on observe de curieux effets de dichroïsme : ainsi, les cristaux forment d’abord des parcelles chatoyantes à reflets fleur de pêcher, qui paraissent colorées en brun-orange suivant le mode d’éclairage. Le mélange, étendu d’eau, chauffé à l’ébullition, devient successivement gros violet, indigo, vert foncé vif et limpide qui ne change pas à froid ; puis, en continuant de chauffer, jaune intense.
- A l’état vert foncé, la neutralisation par une goutte d’acide acétique reproduit la nuance orange ordinaire.
- A l’état jaune d’or, la même neutralisation rend le liquide absolument incolore sans altérer sa limpidité -, on peut alors régénérer une teinte orangée faible avec un peu d’azotite de soude.
- L’ammoniaque, à froid ou à l’ébullition, ne paraît pas agir sur la matière cristallisée.
- A chaud, une solution aqueuse d’acétate de soude la dissout très légèrement.
- L’aniline fournil des résultats intéressants :
- A froid, la nitrosopyrolignéine y est un peu soluble en orangé rougeâtre. Elle est plus soluble à chaud : le mélange se fonce beaucoup, brunit, vire au violet et en continuant un peu l’ébullition à l’air libre, une magnifique matière colorante bleue se produit en abondance. C’est une sorte à’azuline
- (1) La neutralisation produit souvent un dépôt volumineux de flocons incolores, dû uniquement à la silice qui est une impureté habituelle des lessives de soude caustique.
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- que l’on obtient ainsi. Le nouveau bleu reste dissous d’une manière stable dans l’excès d’aniline sans se précipiter par le refroidissement.
- L’évaporation spontanée de l’aniline laisse un enduit à reflet cuivré, insoluble dans l’eau -, l’alcool dissout une partie plus violacée ; il reste un bleu pur, peu soluble dans l’acide acétique cristal-lisable, mais qui se dissout complètement à froid dans l’aniline. L’acide sulfurique monohydraté le dissout en brun vert ; toutefois, l’expérience devrait être prolongée, car après quelques instants de chauffage la matière n’était pas devenue soluble dans l’eau.
- J’ai opéré dans les mêmes conditions avec l'ani-ine et le nitrite de soude sans obtenir d’action à l’ébullition. Tandis qu’en faisant bouillir avec un peu d’eau du chlorhydrate d’aniline et du nitrite de soude, il y a production d’une matière rouge vif se rassemblant en masses goudronneuses analogues d’aspect à la coralline et ayant l’odeur particulière que donne la présence du phénol. La matière goudronneuse est soluble en brun dans l’huile d’olive ; elle n’est guère soluble dans l’alcool et fournit un précipité orange par les alcalis. Enfin, une nouvelle addition d’aniline, chauffée avec une partie du même mélange, ne donne qu’un colorant rouge orange. On est nécessairement conduit à attribuer la production du nouveau bleu avec l’aniline à une modification due en propre à la nitroso-pyrolignéine.
- Des résultats et des colorants offrant de grandes analogies avec les précédents ont été obtenus également avec la matière cristallisée et la pseudoto-luidine; cependant la pureté de l’échantillon comme aniline, demandait à être contrôlée.
- L’acide acétique contenant la matière colorante réduit rapidement le nitrate d’argent avec le concours de la lumière ; en même temps, le liquide prend une teinte rouge, qui disparaît par une réduction plus complète.
- La matière cristallisée dissoute dans l’acide acétique et sursaturée par la soude, agit à l’ébullition comme réducteur sur les liqueurs cupropotassi-ques.
- Un peu d’acétate de plomb ne réagit ni sur l’acide acétique colorable ni sur la matière colorante en solution acétique ; un excès d’ammoniaque teinte le premier mélange en jaunâtre sans précipitation.
- Une solution de permanganate de potasse ajoutée
- opewtpppppgepyppppyepvecpempyremrpperererocmavemeproeeaemserenrenrrerememergemerpoipeeirergnpesemmnymmremmgan en faible proportion dans l’acide acétique commercial, développe un rouge orange très intense qui ne peut être confondu avec les produits de la réduction du réactif ; un excès détruit le colorant en peu d’instants.
- Le bichromate de potasse seul ou en présence d’acide sulfurique n’agit pas à froid sur l’acide acétique pur, tandis qu’il colore en brun rouge l’acide du commerce et détruit ensuite la matière colorante formée.
- Chauffée, la nitrosopyrolignéine cristallisée reste longtemps sans changement ; sa fusion en un liquide brun foncé n’a lieu qu’un peu au-dessus de 270° C. ; elle émet alors des vapeurs faiblement orangées ayant une odeur empyreumatique ; à l’air, elle brûle avec une flamme éclairante très fuligineuse, et laisse un résidu de charbon luisant qui peut disparaître entièrement.
- Les applications comme matière tinctoriale seront probablement fort restreintes, principalement parce que la solubilité dans les acides faibles, dans les bains neutres ou dans les bicarbonates alcalins, est presque nulle ; et, de plus, parce que la laine et la soie ne prennent ainsi que des teintes orangées rabattues, sans intensité et dénuées d’intérêt. Sur coton, on pourrait peut-être utiliser l’insolubilité du colorant, en produisant la nitrosopyrolignéine sur la fibre même au moyen de bains très faibles et de peu de valeur.
- Il est certain que la matière colorable existant normalement en quantités importantes dans l’acide pyroligneux brut et dans les autres dérivés de la distillation du bois qui sont produits/ chaque jour sur une grande échelle, on parviendrait aisément à l’en extraire industriellement. On doit donc en poursuivre l’étude, aussi est-ce de ce côté que se sont portées de nouvelles recherches, dont il nous reste, Messieurs, à vous entretenir.
- IL
- Tous les spécimens d’acide acétique du commerce ne contiennent pas de matière colorable. Je l’ai rencontrée habituellement, depuis plusieurs années, dans les produits de 35 0/0 à 45 0/0 de richesse en acide acétique cristallisable, provenant des trois fabrications spéciales à la Seine-Inférieure. Dans l’une d’elles notamment, elle existe presque toujours en quantité suffisante pour qu’une addition de 0 gr. 8 à 1 gramme d’azotite de soude par kilogramme, engendre plus de matière colorante que l’acide acétique ne peut en dissoudre, et que l'ex-
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- cédant se sépare bientôt du liquide rouge orange en cristaux microscopiques brillants, sous forme d’aiguilles ou de touffes légères volumineuses.
- Il y a cinq ans, on a cependant offert sur place à l’industrie, de l’acide acétique à 40 0/0, fabriqué à Paimpont (Ille-et-Vilaine). Un échantillon d’acide conservé depuis cette époque est resté absolument incolore, il ne contient pas de matières fixes et ne se teinte aucunement par l’addition de nitrites. Mais cette fabrication n’a pas continué.
- On trouve encore, quoique à un prix plus élevé, de l’acide acétique dit bon goût, de production française (Paris), et de production allemande (Nuremberg), qui ne se colore pas par l’acide nitreux. D’autres produits allemands se colorent faiblement. Parfois aussi, l’odeur est infecte sans que le liquide contienne de matière colorable. (Echantillon provenant delà fabrique de Thann; — Alsace.) L’acide acétique pyroligneux de Bohême, produit une coloration rouge très foncée au contact de l’acide nitrique ; peu à peu la nuance pâlit jusqu’au jaune paille faible.
- Le procédé usité aux environs de Rouen, basé sur la tranformation des liquides distillés en pyrolignite de chaux et décomposition par l’acide chlorhydrique, n’est probablement pas suivi de la purification à l’aide de minium ou de bichromate de potasse, qui permet d’obtenir des acides rectifiés de meilleur goût,—ou bien cette purification est incomplète.
- Quoi qu’il en soit, les produits de notre région dont il est question ici, sont généralement exempts de chlorures et de sulfates, ainsi que de fer et de cuivre ; par l’évaporation à sec dans une capsule, ils laissent un résidu notable, salin et riche en acétate de soude, brun, à odeur empyreumatique. L’éther, à froid, extrait complètement de ce résidu une partie colorable en rouge orange intense, avec formation de précipité pourpré par les nitrites en présence d’acide acétique pur, ou même d’acide chlorhydrique ; l’eau froide opère une séparation semblable avant que la matière n’ait été traitée par l’éther. Une partie, insoluble dans l’eau, se dissout en orangé dans l’acide acétique et abandonne un enduit gris foncé provenant d’un commencement de carbonisation ; enfin, si l’on achève l’incinération, le résidu laisse des cendres fixes que l’eau dissout incomplètement.
- Lorsqu’on rectifie le même acide acétique en fractionnant les produits on remarque que les pre
- mières portions recueillies accusent déjà la tendance à la coloration par les nitrites; celle-ci augmente en croissant régulièrement jusqu'aux dernières parties distillées, qui sont aussi les plus riches en acide. On a donc le moyen, dans le cas où un échantillon d’acide acétique est trop étendu pour fournir directement le colorant à l’état cristallisé, d’y con-centrer préalablement la substance colorable.
- La même opération faite en prenant l’acide neutralisé incomplètement par des carbonates alcalins, et en ayant la précaution d’agir dans une cornue d'une capacité suffisante pour éviter l’entraînement de gouttelettes par le dégagement du gaz acide carbonique endissolution dans le liquide,—cette opération, dis-je, donne également, dès le début, des produits colorables. De fines gouttes huileuses, limpides et incolores, accompagnent le produit distillé ; elles ont une odeur brûlante d'empyreume qui est caractéristique des pyrolignites. Grâce à l’essai par le réactif Vioiet de méthylaniline, on constate que le liquide huileux isolé sature les acides comme le font les alcalis organiques ; en le traitant par l’acide acétique et un nitrite, cet alca+ loïde n’engendre aucune coloration.
- (A suivre.)
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- NOUVEAUX COLORANTS
- PONCEAUX-COCHENILLE
- De la Maison Ruch et fils, à Paris(l)
- Depuis un certain nombre d’années nous avons tenu nos lecteurs régulièrement au courant des progrès réalisés dans la teinture et dans l’impression par les découvertes successives des couleurs dérivées du goudron de houille, et désignées sous le nom générique de : couleurs d’aniline.
- Cette découverte fut une véritable révolution dans l’art de la teinture.
- Les nuances vives, éclatantes, ne s’obtenaient jusqu’alors qu’au moyen de mélanges, de combinaisons très ingénieuses, mais qui n’arrivaient pas à satisfaire complètement les goûts du public.
- Dès la création de ces nouvelles couleurs, la
- (1) Voir notre numéro du 20 octobre, page 236.
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- mode se porta sur les couleurs éclatantes ; avec la fuchsine, on vit paraître toute la gamme des Magenta et des Solférino.
- La découverte des violets d’aniline fit fureur, et pendant longtemps la mode fut à ces diverses teintes, variant depuis la nuance la plus tendre jusqu’au violet le plus sombre.
- Aujourd’hui, le goût semblant fatigué de tant d’éclat, se reporte sur les couleurs composées, en abandonnant les nuances franches.
- Au lieu d’avoir recours comme autrefois à ces belles couleurs si vives on emploie des matières pour les salir, pour en diminuer l’éclat, et ces combinaisons, variées à l’infini, nous fournissent de nouvelles nuances, parfois très belles dans leur originalité, mais dans lesquelles il est souvent impossible de démêler les matières colorantes qui leur ont servi de base.
- Mais l’industrie des matières colorantes artificielles n’est pas restée stationnaire, et après nous avoir fourni les couleurs qui nous manquaient, elle a pris à tâche de remplacer les produits tinctoriaux, employés jusqu’alors, en y substituant des produits nouveaux d’un prix de revient moins élevé, et d’un emploi plus facile tout en cherchant à les égaler en solidité.
- C’est ainsi que nous avons vu la garance complètement supplantée par l’alizarine artificielle et la culture de la garance abandonnée en France.
- On nous annonce aussi, comme devant paraître prochainement : l’indigo artificiel trouvé par le docteur Boeyer.
- Dans ces temps derniers, nous avons vu la cochenille détrônée par les couleurs dérivées de la naphtaline. Ces produits connus, depuis deux ans à peine, sont déjà entrés presque partout dans la consommation, et nous avons déjà eu l’occasion d’en entretenir nos lecteurs.
- Le plus grand écueil que rencontrera l’emploi de ces couleurs, appelées ponceaux ou rouges-cochenille, écueil complètement surmonté aujourd’hui, résida dans l’emploi de ces couleurs, pour arriver à des nuances bien unies tout en maintenant le toucher onctueux de la laine.
- Le moyen le plus simple pour l’emploi du ponceau consiste à teindre dans un bain acidulé à l’acide sulfurique, en portant peu à peu la température à l’ébullition.
- Cette teinture est tout à fait élémentaire et réus- | sit très bien pour les tissus communs, dans lesquels |
- on ne cherche pas un grand éclat. Mais lorsqu’il s’agit de tissus soyeux, on est en droit de demander plus de fini et la teinture à l’acide sulfurique ne développe pas tout l’éclat du ponceau.
- On obtient de bons résultats à cet effet, en employant 4 p. c. de phosphate de soude et 3 p. c. de solution d’étain à 35° Bé.
- On prépare la solution d’étain en dissolvant l’étain dans l’eau égale
- Ce procédé donne à la laine un toucher très moelleux.
- On peut remplacer le phosphate de soude par 6 p. c. alun et 2 p. c. de cristaux de soude.
- On obtient alors la plus grande vivacité de nuance, mais la laine perd souvent de.sa souplesse.
- Dans notre numéro du 20 octobre, nous avons soumis à nos lecteurs un échantillon de tissu, teint par les procédés ci-dessus avec le ponceau cochenille R n° 43, de la maison J. Ruch et fils, à Paris.
- Aujourd’hui, en dehors de la nuance de l’échantillon inséré dans notre dernier numéro, M. J. Ruch et fils ont des marques ponceau plus bleuâtre et plus jaunâtre.
- Ils ont aussi des ponceaux de nuances beaucoup plus foncées et plus rouges.
- Ci-joint échantillon de la marque la plus foncée.
- Ponceau-cochenille FFF n° 204.
- On est arrivé également à faire sur coton ces nouveaux ponceaux et cette teinture réussit très bien, en donnant des nuances petit teint.
- Nous donnerons à nos lecteurs, dans notre prochain numéro, les procédés de teinture avec échantillon du ponceau-cochenille sur coton filé ; nous réservant de recommander à nos lecteurs les pro-cédés propres et les meilleurs.
- A suivre.
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- O 10. G
- TEINTURE DES BAS
- En traitant cette matière toute particulière, nos lecteurs nous sauront gré de descendre dans un si grand détail dont les bas de laine ou de soie peuvent être susceptibles.
- Teinture des bas en violet cramoisi.
- Prenez deux paires de bas qui soient d’un beau bleu d’azur, plus ou moins brun, selon l’échantillon que vous voudrez imiter ; les faire bouillir comme pour les draps, lavez les bien, puis mettez les dans le reste du bain où l’on a teint en cramoisi rouge après l’avoir rempli à hauteur convenable d’eau claire et de quelque peu d’eau sûre.
- Si on remarque qu’il y est resté du teint aux bas cramoisis, levez les afin qu’il y en ait suffisamment de reste pour le peu de rougeur qu’il faut pour les'violets et ajoutez-y quelques grammes de tartre Q. S. et de cochenille ; les laisser ensuite bouillir dans ce bain pendant une demi-heure, puis levez les, lavez les bien après et les laisser sécher.
- Couleur tannée.
- Prenez 125 grammes de bois d’Inde et 50 grammes de couperose, faites les bouilir dans l’eau claire pendant une demi-heure et mettez vos bas dedans; ils doivent être rouges, laissez les y 8 à 10 minutes et levez les ensuite, puis lavez.
- Gris colombin.
- Prendre des bas qui aient été teints sur le bain de bourre, puis les faire bouillir un quart d’heure dans ce qui reste du bain précédent ; on obtient ainsi la nuance que l’on souhaite.
- A suivre.
- CORRESPONDANCE
- 27 octobre 1880.
- Monsieur le Directeur,
- J’ai l’honneur de vous adresser ci-inclus un procédé pour la teinture de soie en noir qui sera, je l’espère, de quelque utilité à vos lecteurs.
- NOIR SUR SOIE
- Avant de procéder à la teinture, il est urgent de visiter soigneusement chaque pièce, afin de nettoyer préalablement celles qui en ont besoin.
- Pour le nettoyage, je serais d’avis, quand il est
- nécessaire de le faire à sec, c’est-à-dire à la benzine, et cela par la raison que l’on évite en opérant ainsi une manipulation dans du bain alcalin, ce qui est nuisible au brillant de la soie et occasionne des cassures, qui, quoique l’on fasse, paraissent toujours après la teinture.
- Pour les autres pièces j’enleverai les taches partiellement. Puis réunissant le travail, y compris celui nettoyé à sec, je le mouillerai dans un simple bain d’eau chaude à 30° ou 40 et l’abattrai dans une cuve de nitrate de fer à 10° ou 12°, où il restera douze heures. Après quoi, chaque pièce est levée et lavée sérieusement. Cette première opération, dite du mordançage terminée, composer un bain de teinture comme il suit : pour une robe soie, 100 à 150 gr. cachou brun campêche. Il est absolument impossible de fixer exactement la quantité, attendu que chaque maison achète une qualité de bois différente et aussi parce que les décoctions sont plus ou moins concentrées. Il me suffira de dire qu’il est nécessaire que le bain soit concentré. Ajouter à ce bain environ 5 kil. 0/0 savon Payer ; pour les personnes qui ont des eaux dures cette quantité doit être augmentée de façon à ce que le bain soit gras au toucher.
- Mettre en chaudière à froid, puis chauffer doucement pour arriver en une heure à 90°; laisser à cette température une demi-heure, lever, puis laver à l’eau tiède, à l’eau froide et faire sécher.
- A moins d’avoir une eau extrêmement favorable le noir obtenu sera, de par la présence du savon blanc, poudreux. Inconvénient auquel il est facile de remédier en passant, c’est du reste indispensable, en benzine comme pour le nettoyage à sec.
- Ce noir est très beau, bien nourri et offre un grand avantage aux maisons qui n’ont point de tendeur, avantage qui consiste 1° à éviter une trop grande manipulation à la soie, manipulation nuisible en ce sens qu’elle casse, froisse, brise les tissus, ce qui donne du travail déplorable.
- 2° Le bain de colorant étant gras de par la présence du savon le danger des cassures est ainsi évité.
- 3° Ce mode de teinture rendant le piquage, terme d’atelier, inutile ; le noir n’est jamais rouge; donc pas de piquage, ni de javelage, travail où la soie risque fort en passant d’être brisée ou altérée. Il faut aussi admettre le cas assez fréquent où l’ouvrier peut avoir la main lourde et trop piquer.
- Alors le noir est mauvais et doit être recommencé ; donc double travail.
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- Personnellement j’estime que le système de piquage est très mauvais parce qu’il altère le colorant, lui enlève sa fleur, sa teinte bleuâtre.
- Pourquoi le noir neuf est-il toujours de beaucoup supérieur à ce qui se fait couramment? Parce que, 2 e dira-t-on, l’on teint sur tissu blanc : ce qui n’est pas une excuse. N’arrive-t-il pas journellement d’avoir de la soie blanche à teindre. Pourquoi le noir est-il inférieur, n’a-t-il plus ce plein, ce brillant, ce ton bleuâtre ? Parce que sur le neuf le teinturier arrive directement à sa nuance et qu’en teinture en chiffon cela n’arrive presque nulle part, cause d’infériorité qui n’a plus lieu par ce procédé.
- Je ne parlerai pas de la benzine-, il est reconnu qu’elle ne nuit en rien aux tissus.
- Tant qu’au prix de revient, je n’y trouve point de différence -, donc je passe.
- Pour ce qui est de ce procédé, certains teinturiers préfèrent donner le cachou avant de mettre en nitrate de fer. Il y a là une question d’appréciation que je ne discuterai pas ; le résultat étant la même chose essentielle.
- Agréez, monsieur, mes sincères salutations.
- A. BARBÈ.
- P.-S. — Le bain peut se conserver et servir plusieurs fois.
- TEINTURES POUR CHAPELLERIE
- Grenat pour chapeaux.
- Avant de reteindre un chapeau il est important de se rendre compte de la nuance qui domine sur la paille, car si cette nuance est rouge et que l’on veuille faire un noir, il faut nécessairement qu’on emploie le vert pour neutraliser le rouge. La première opération dans la teinture du chapeau est le dégraissage qui s’effectue au moyen du carbonate de soude. Laver convenablement, plonger, dans un bain composé de santal et d’orseille, si l’on veut une couleur grenat. Les proportions varient suivant la nuance.
- Ajouter un peu plus d’orseille que de santal pour un tiers plus violeté -, suivre la marche contraire pour un tiers plus rouge, température de 50 à 60°. Pour obtenir une bruniture un peu plus forte, ajouter un peu de cachou qui fera perdre le ton rougeâtre.
- Laver ensuite et sécher.
- Conservation des chapeaux de feutre et de soie.
- Laisser gonfler pendant 24 heures de la gomme adragante dans un peu d’eau, étendez là sur les chapeaux avec un linge, essuyez avec une serviette.
- Teinture en gris sur paille.
- Passer la paille à l’eau de savon d’abord, puis après dans de l’eau, tenant en dissolution un peu d’hyposulfite de soude ; la faire tremper pendant douze heures dans la chaux et la replonger eusuite dans de l’eau tenant en dissolution une petite quantité d’acide chlorhydrique afin que la liqueur soit piquante.
- Il est facile par ce moyen, d’arriver à préparer parfaitement la paille ; on termine l’opération en faisant ensuite bouillir la paille pendant une heure et demie dans un bain de campêche que l’on peut faire virer à volonté par la dissolution d’étain.
- REVUE DES
- RESTAURATION
- complète des couleurs des vieilles tapisseries, de soieries et d’ornements d'église, des châles par l'application de teinture à sec, sans lavage ou avec lavage des étoffes après l'application des couleurs
- Par M. H. de VINANT. Brevet).
- L’inventeur du procédé compose ces matières avec les matières colorantes ordinairement employées dans l’industrie de la teinture et avec ou sans mouillage. Cependant l’auteur préfère les moyens usuels, c’est-à-dire par l’eau bouillante ou froide dans laquelle on fait dissoudre soit de la gomme du Sénégal, arabique, adragante ou de la dextrine blanche en feuille, amidon grillé, blanchi ou de l’amidon blanc.
- M. H. de Vinant préfère l’amidon blanc.
- Le kaolin, le sagou, la terre de pipe, la mousse d’Islande, sont aussi employés, puis l’auteur prépare ses teintures avec les dissolvants suivants, soit mélangés ou séparément : •
- Sulfure de carbone, acétone, essence de térébenthine, alcool, acide acétique, éther, essence minerile, méthyline, etc.
- Après teinture ou après l’application des ma-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tières colorantes sur les vieilles tapisseries ou vieilles étoffes elles sont comme toutes neuves.
- Par le même moyen on teint les plumes d’autruche en toutes couleurs.
- Dans son brevet l’auteur met un échantillon des résultats obtenus par ses procédés.
- JURISPRUDENCE
- Renseignements commerciaux. — Responsabilité.
- Nous rappellions, dans l’une de nos récentes chroniques, la jurisprudence d’après laquelle les agences de renseignements commerciaux ne sont pas responsables de l’erreur de leurs indications, quand elles les ont fournies sans garanties.
- Le tribunal de la Seine vient de faire, le 8 octobre courant, une nouvelle application de ce principe dans l’espèce suivante :
- M. Royer, négociant, s’est adressé à M. Gran-ger, chef d’une agence de renseignements commerciaux; il lui a demandé un bulletin sur la solvabilité de M. Ballot.
- Il soutient que le bulletin délivré par M. Gran-ger a entraîné sa confiance et l’a décidé à faire avec M. Ballot des affaires importantes, qui se sont traduites par une perte de 7.074 fr. En conséquence, il assigne M. Granger en paiement de cette somme, à raison de la responsabilité qu’il a encourue en donnant un renseignement inexact; il lui a, en outre, demandé une somme de 1,000 fr. à titre de dommages-intérêts.
- Le Tribunal a statué en ces termes :
- « Attendu que Granger n’a pris aucun engagement à l’égard de Royer, que sur sa demande de renseignements sur Bollot, il lui a envoyé une fiche sur laquelle on lit :
- » Renseignements confidentiels et sans garantie, » que Granger prévenait donc tout d’abord Royer qu’il repoussait toute responsabilité ; qn’on ne saurait comprendre, en effet, que pour une très légère indemnité, il devrait'le garantir des affaires qu’il plaisait à Royer de faire avec Ballot.
- » Attendu que semblable responsabilité ne pourrait être que la conséquence d’engagements précis de la part de Granger, ce dont ne justifie pas Royer ;
- » Attendu que celui-ci soutient qu’en lui annonçant que Ballot et Bénard étaient associés.
- Granger aurait commis une faute lourde, cause première de ses relations, et dont il devait être responsable ;
- » Mais, attendu que Royer a lui-même fait naître cette erreur en écrivant à Granger que Ballot était le successeur de Bénard, alors qu’il n’en était
- rien ;
- » Attendu que Royer a si bien compris, dès l’abord, qu’il ne pouvait rendre Granger responsable de ses pertes, qu’il lui a, le 9 janvier, donné un pouvoir pour poursuivre Ballot pour son compte -, que le 14 janvier il lui écrivait en termes affectueux pour lui demander des renseignements sur un autre client ; que, le 27 mars, il lui annonçait que l’affaire Ballot était complètement terminée, sans qu’il parût songer alors à le rendre responsable ;
- » Attendu qu’aucun fait de mauvaise foi n’étant relevé contre Granger, on ne comprend pas que Ballot, se disant le successeur du sieur Bénard, Royer ne se soit pas adressé à ce dernier pour avoir des renseignements plus précis, était attendu le 26 février pour le faire ;
- » Attendu que Royer, victime de sa légèreté et d’une trop grande ardeur, doit seul supporter les pertes qui en ont été la conséquence ; que ses prétentions doivent être repoussées, ainsi que sa demande en dommages-intérêts non justifiée;
- » Par ces motifs,
- » Déclare Royer mal fondé en toutes ses demandes, fins et conclusions, l’en déboute.
- » Et le condamne par les voies de droit aux dépens. »
- LE CONGRÈS POSTAL
- INTERNATIONAL
- Le mercredi 3 novembre a eu lieu, au ministère des affaires étrangères, l’ouverture du Congrès postal international.
- Les membres des vingt puissances européennes représentées, sans compter l’Egypte et les colonies anglaises de l’Inde et du Canada, se sont réunis sous la présidence de M. Cochery, ministre des postes et des télégraphes.
- La convention concernant l’échange des colis postaux sans déclaration de valeur, conclue entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, la Bulgarie, le Danemarck, l’Egypte, l’Espagne, la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- France, la Grande-Bretagne, l’Inde britannique, l’Italie, le Luxembourg, le Monténégro, la Norwege, les Pays-Bas, la Perse, le Portugal, la Roumanie, la Serbie, la Suède, la Suisse et la Turquie.
- Le protocole de ladite convention, ainsique le règlement de détail et d’ordre, ont été également adoptés par les délégués de la conférence.
- Il a été réservé au protocole final que, les re-pré sentants de la Grande-Bretagne et d’Irlande, de l’Inde britannique, des Pays-Bas et de la Perse ayant déclaré n’être pas actuellement en mesure de signer la convention, il leur est accordé, pour procéder à cette formalité, un délai qui expirera le 1er juillet 1881. Le protocole est à cet effet laissé ouvert.
- Le gouvernement russe, qui n’a pu accepter quant à présent la convention, avait envoyé un délégué. Les Etats-Unis s’étaient également fait représenter officieusement. Le service international nouveau semble donc appelé à recueillir l’adhésion ultérieure de ces deux grands pays.
- Voici le texte de la convention nouvelle :
- Aux termes de la convention, à partir du 1er octobre 1881, il peut être expédié de l’un des pays adhérents pour un autre de ces pays, sous la dénomination de « colis postaux », des colis sans déclaration de valeur jusqu’à concurrence de 3 kilogrammes -, la taxe se compose d’un droit de 50 c. par pays participant au transport territorial.
- Le transport maritime est rémunéré à raison de 25 g. jusqu’à 500 milles, de 50 c, de 500 à 1,000 milles, 1 fr. de 1,000 à 3,000 milles, 2 fr. de 3,000 à 6,000 milles, et 3 fr. au-dessus de 6,000 milles.
- Comme mesure de transition, chacun des pays contractants a la faculté d’appliquer aux colis postaux provenant ou à destination de ses bureaux une surtaxe de 25 c. par colis. Exceptionnellement, cette surtaxe est élevée à 50 c. pour la Grande-Bretagne et l’Irlande, à 75 c. pour l’Inde britannique et pour la Perse et à 1 fr. pour la Suède.
- D’autre part, il peut être perçu par le pays destinataire une taxe de factage pour le port à domicile et l’accomplissement des formalités de douane, sans excéder 25 c. par colis. La législation intérieure de chacun des pays contractants demeure toutefois applicable pour tout ce qui n’est pas prévu dans les stipulations de la convention.
- Enfin, il a été réservé que tout pays, où la poste ne se charge pas actuellement du transport des petits colis et qui adhère à la convention, aura la
- faculté d’en faire exécuter les clauses par les entreprises de chemins de fer et de navigation ; il pourra en même temps limiter ce service aux colis provenant ou à destination de localités desservies par ces entreprises.
- L’administration postale de ces pays restera l’intermédiaire obligée des entreprises sus-visées pour toutes leurs relations avec les autres administrations et le bureau international.
- Profitant de cette disposition spéciale, M. le ministre des postes et télégraphes a signé, le 2 novembre 1880, avec les représentants des chemins de fer de l’Etat, du Nord, de l’Est, de Lyon, de l’Ouest, d’Orléans, du Midi, et les représentants des services maritimes subventionnés, des Messageries maritimes, de la Compagnie générale transatlantique, de la Compagnie concessionnaire du service postal de Calais à Douvres, une convention spéciale, aux termes de laquelle ces Compagnies s’engagent à effectuer le service dans les conditions stipulées par l’arrangement international et sans avoir recours à la surtaxe de 25 c. En outre, par un article spécial, les Compagnies ont pris l’engagement d’exécuter le service des colis postaux de l’intérieur pour l’extérieur moyennant un droit de 50 c. pour le transport par chemins de fer, et de 25 c. comme taxe de factage en cas de port à domicile.
- Ce Congrès postal ajoutera encore de nouveaux bienfaits à ceux réalisés par celui de 1878, également tenu à Paris.
- Le 1er octobre a eu lieu l’ouverture de l’Exposition de Melbourne.
- La section française est une des plus importantes et des plus avancées.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Déclarations de faillites.
- — 8 octobre. —
- Thierry (Nicolas-Arsène), blanchisseur, à Deville. — Syndic : M. Langlois.
- Vallier, marchand de fournitures pour modes, rue déjà Chaîne, 8, à Rouen. — Syndic : M. Deleau.
- — 11 octobre. —
- Gibez (Eugène), marchand de rouenneries, à Cuy. — Syndic : M. Frottier.
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- Jadot fils, teinturier, a Saint-Léger-du -Bourg-Denis. — Syndic : M. Chevallier.
- SOCIÉTÉS
- Dissolutions de Sociétés.
- Dissolution, à partir du 21 septembre 1880, de la Société Cazabonne et Bétanzos, doublures, rue Jean-Jacques-Rousseau, 16, à Paris, — Liquid. : M. Bétanzos. — Jug. du même jour.
- Dissolution, à partir du 1er janvier 1881, de la Société S. Lemeilleur et Ce (cotons filés), avenue du Mont-Riboudet, 2, à Rouen. — Liquid. : M. Th. Laden. — (Acte du 11 octobre 1881.
- Dissolution, à partir du 1er oct. 1880, de la Société Descat frères, teinturiers, à Flers-au-Breucq. — Liquid. : Mme veuve Descat. — Acte du 30 septembre 1880.
- Dissolution, à partir du 1er oct. 1880, de la Société Besson et Vergeat, fabricants de rubans, place Mi-Carême, 11, à Saint-Etienne. — Liquid. : M. Besson. — Acte du même jour.
- Dissolution, à partir du 1er oct. 1880, de la Société Chavanon, Perroudon et Sotton, teinturiers, à Regny. — Liquid. : MM. Perroudon et Sotton. — Acte du 14 octobre 1880.
- Dissolution, à partir du 1er oct. 1880, de la Société Th. Bayle et Barraille, fabricants de rubans et galons pour chapellerie, à Saint-Etienne. — Liquid. : M. Bayle. — Acte du même jour.
- Formations de Sociétés.
- Société en nom collectif Prouvot jeune et Dasson-ville, fabricants d’étoffes pour ameublement, avec siège à Roubaix (Nord), et maison à Paris. — Durée : 9 ans. — Cap. : 278,148 fr. 05. — Acte du 13 oct. 1880.
- Société en commandite Vallet et Ce (tissus), à Com-bourg. — Durée : 20 ans. — Cap, : 27,000 fr., dont 9,000 francs en commandite. — Acte du 24 septembre 1880.
- Société en nom colleotif Auguste Fière et fils, (rouennerie, draperie, soierie, etc.); à Voiron. — Durée : 5 ans. — Cap. : 100,000 francs. — Acte du 18 octobre 1880.
- Société anonyme de la Teinturie stéphanoise (ex. ploiteurs de brevets et d’usines de teinturerie), rue des Trois-Meules, 19, à Saint-Etienne. — Durée : 30 ans. — Cap. ; 1,650,000 fr. — Acte du 6 août 1880.
- Société A. E. Jenselme fils (mercerie et fournitures pour tailleurs), rue Haxo, 11, à Marseille. — Durée : 10 ans. — Capital : 20,000 francs. — Acte du 31 août 1880.
- Modifications de Sociétés.
- Modification de la Société en commandite C.-G. Colombier petit-fils de Colombier-Batteur (fabrication de toiles, blanchisserie des toiles et des fils, tissage mécanique et filature de lin), rue de Paris, 131, à Lille, dont le capital a été réduit de 2,000,000 francs à 1,650,000 fr., par le retrait de trois associés commanditaires. — Acte du 15 sept. 1880.
- Prorogations de Sociétés.
- Prorogation au 26 novembre 1883 de la Société en commandite Leroy Montchartre et Ce (tissage de toiles d’emballage), rue de l'Hôpital-Saint-Louis, 6, à Paris. — Acte du 5 octobre 1880.
- Prorogation au 20 septembre 1884 de la Société en nom collectif Charron, Bremond et Gilly (tissus), rue Tapis-Vert, 41, à Marseille. — Acte du même jour.
- Prorogation au 31 décembre 1885 de la Société en nom collectif Demachy, R. et F. Seillière (exploiteurs des usines de Pierrepont (Meurthe-et-Moselle), fabricants de draps pour les armées de terre et de mer), rue de Provence, 58, à Paris. — Acte du 7 octobre 1880.
- Prorogation au 1er avril 1881 de la Société Puech, Fournier et Vallot (draps et laine), à Lodève. — Cap.: 210,000 francs. — Acte du 1er octobre 1880.
- Ventes de fonds de commerce.
- M. Boissin a vendu à M. Guettman, avenue de Châtillon, 64, un fonds de teinturerie, rue Monsieur-le-Prince, 54, à Paris.
- M. Duval a vendu à M. Delos du Rau, boulevard de l’Hôpital, 169, un fonds de produits chimiques, bout de l’Hôpital, 169, à Paris,
- M. Belouineau a vendu à M. Soubeiran, rue Feydeau, 26, un fonds de teinturerie, rue Lafayette, 46, à Paris.
- M. Furon a vendu à M. Serrier, rue de Rambuteau,
- 40, un fonds de teinturerie, rue Oberkampf, 93, à Paris.
- M. Vignon a vendu à M. Royer, faubourg St-Martin, 29, Guerre et Ce, un fonds d'apprêteur de châles, rue Notre-Dame-Nazareth, 90.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg, 25 septembre.
- Adjudication de molleton de coton blanc pour cataplasmes (3,300 mètres), nécessaire aux cinq ports militaires pendant l’année 1881.
- 2,300 mètres de manches en toile sans couture.
- Rochefort, 25 novembre.
- Bas, demi-bas en laine brune et cravates en laine bleue, indigo ioncé.
- Dép. de gar., 750 fr. — Caut., 1,500 fr
- Lorient, 24 novembre.
- Fournitures suivantes : Produits chimiques.
- PRÉFECTURE DE L’YONNE
- Asile public d’aliénés d’Auxerre, lundi 29 novembre, 2 h.
- Fournitures diverses pour 1881.
- Le préfet du département de l’Yonne fait savoir que le lundi 29 novembre 1880, à deux heures du soir, il sera procédé devant lui ou son délégué, en présence de M. le di-
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- recteur de l’asile, de deux membres de la commission de surveillance et assisté du receveur et de l’économe de l’établissement à l’adjudication au rabais, par voie de soumissions cachetées, des fournitures ci-après :
- 9e lot. — Toiles : 1,000 mètres toile pour drap de lit. — 1,600 mètres de toile pour chemises. — 300 mètres toile pour torchons. — 100 serviettes.
- 10° lot. — Etcffes diverses : 150 mètres croisé bleu pour robes. — 200 mètres jaspé bleu pour robes. — 50 mètres mérinos bleu. — 300 mètres cretonne forte. — 150 mètres finette pluchée pour doublure. — 20 mètres brillanté pour bonnets. — 50 bandes indéplissables. — 50 mètres toile bleue pour blouses de surveillants. — 150 mètres cotonnade pour tabliers. — 140 mètres calicot cretonne pour oreillers. — 250 mouchoirs de poche. — 150 cravates d’indienne. — 60 mètres mousseline brochée pour rideaux. — 50 mètres drap bleu de troupe. — 150 mètres serge bleue pour pantalons. — 300 mètres flanelle chaîne fil pour robes. — 100 fichus indienne.
- 16e lot. — Literie : 20 couvertures de laine grise. — 30 couvertures de coton. — 200 kil. laine à matelas. — 60 kil. crin. — 100 mètres toile à matelas. —200 mètres toile à paillasses.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg^ 26 octobre.
- 8,950 kil. cieuæ linge:
- MM. Helbronner et Ce, à Paris, 131 67 les 100 kil. — J. Chautard, 133 fr. —Bolivard, à Cherbourg, adj. à 74 fr. les 100 kilos.
- 1,300 kil. coton en torons.
- MM. Frédéric Sicher, 248 73. — Génevier, à Nantes, 254. — Delahaye-Bougère, à Angers, 257 90. — Vve Lefebvre aîné, à Rouen, 266. — Fretté, à Paris, 294. — G.-D. Bolard, à Roubaix, 295. — Bessonneau et Genest, 280. — Lamare, à Cherbourg, soumission annulée comme irrégulière. — J. Littée, à Rouen, adj. à 248 fr. les 100 kil.
- Torons blancs en chancre.
- MM. Bessonneau et Genest, à Angers, 109. — Bel-homme Bernard, à Nantes, 115. — Leroux fils, à Paim-bœuf, 116. — Jacquet, au Havre, 118. — Fretté, à Paris, 130. — Saint frères, à Ronen, 130. — Lamare, à Cherbourg, soumission annulée, le certificat de capacité n’y étant pas joint. — Filature et Ce de l’Ouest, au Mans, adj. à 108 fr. les 100 kil.
- BUREAU DE BIENFAISANCE D'HERGNIES (Nord).
- Le 24 octobre a eu lieu à Hergnies l’adjudication de fournitures diverses à faire au bureau de bienfaisance.
- Adjudicataires : MM. — 1er lot. — 1,200 mètres toile grise, 1,044 fr. Biébuick, à Armentières (Nord), 21 p. c. — 2e lot. — 100 mètres de toile bleue, 200 fr. Biébuick, 17 p. c. — 3e lot. — 1,200 mètres calicot, 950 fr. Duprien François, à Hergnies, 19 p. c.
- école d’apprentissage de dellys (Algérie).
- Le 13 octobre a eu lieu à Alger l’adjudication de fournitures diverses à faire à l’école d’apprentissage de Dellys.
- Adjudicataires : MM. — 1er lot. — Habillement, 6,500 fr. Lasserre Jean, 15 p. c. de rabais. — 2e lot. — Coiffure, 500 fr. Altairac, 6 1/2 p. c. de rabais. — 3e lot. — Petit équipement, 4,000 fr. Opitz, 7 p. c. de rabais. — 4e lot. — Chaussures, 750 fr. Altairac, 7,25 p. c. de rabais.
- MAIRIE DE SAINT-ETIENNE.
- Le 23 octobre a eu lieu à Saint-Etienne l’adjudication de la fourniture d’uniformes au personnel des inhumations pendant les années 1882 à 1885, évalués à 3,089 fr. par année.
- Ont soumissionné : MM. Juge, rue du Vernay, 13, à St-Etienne, 5 p. o. de rabais. — Olagnier, rue Saint-Louis» 35, 5 p. c. — Chambret, rue du Grand-Moulin, 5, à St-Etienne, 16 p. c. — Troyaux, rue du Grand-Moulin, 2 p. c. — Taravellier, place du Temple, à Saint-Etienne, adj. à 17 p. c. de rabais.
- NORD. — HOSPICE DE DUNKERQUE.
- Le 30 octobre a eu lieu à Dunkerque, l’adjudication de fournitures diverses à faire aux hospices.
- Ont soumissionné : MM.
- Calicot écru, veuve Fauconnier, marchande, à Dunkerque, 0 fr. 52 le mètre.
- Castorine, Boyaval, Charles, marchand, à Dunkerque, 2 75 le mètre.
- Coutil rayé, Biébuyck, Vital, fabricant de toiles, à Armentières, 1 fr. 25 le mètre.
- Drap cuir laine noire, veuve Fauconnier, marchande, à Dunkerque, 7 30 le mètre. ,
- Drap cuir laine bleu, veuve Fauconnier, marchande, à Dunkerque, 6 95 le mètre.
- Mouchoirs de cou, veuve Fauconnier, marchande, à Dunkerque, 1 fr. la pièce.
- Mouchoirs de poche, veuve Fauconnier, marchande, à Dunkerque, 0 fr. 561a pièce.
- Bas, veuve Fauconnier, marchande, à Dunkerque, 2 fr. le mètre.
- Toile blanche, Biébuyck, fabricant de toile», à Annentiè-res, 1 25 le mètre.
- Toile en fil lessivé, Biébuyck, fabricant de toiles, à Ar-inentières, 1 24 le mètre.
- Toile écrue, Biébuyck, fabricant de toiles, à Armentières, 1 21 le mètre.
- Toile bleue pour habits, Biébuyck, fabricant de toiles, à Armentières, 1 39 le mètre.
- Toile bleue pour blouses, Biébuyck, fabricant de toiles, à Armentières, 1 47 le mètre.
- Toile pour torchons, Biébuyck, fabricant de toiles, à Armentières, 0 fr. 69 le mètre.
- Le Propriétaire-Gérant ; J. CHARBONNIER.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 24 Année, No 23. ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 5 Décembre 1880.
- SOMMAIRE
- Matière colorante dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce, par M. Georges Witz (suite). — Préparation de la soie pour la teinture, par M. J. Persoz (suite).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des plumes, par M. VANNUCCINI (suite). — Impression des tissus. — Correspondance : Vert sur laine. — Couleurs nouvelles : Ponceaux cochenille (1 échantillon). — Causerie scientifique : Un mollusque qui secrète de l’acide sulfurique, par M. Louis Stinger.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — Jurisprudence. — Faits divers. — Bibliographie. — Renseignements commerciaux.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre, de Paris et de Bordeaux.
- MATIÈRE COLORANTE dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce
- (Mémoire de M. Georges Witz, à la Société industrielle de Rouen).
- — Suite (1) —
- La neutralisation du même acide acétique a aussi été faite par un excès de carbonate de potasse, et l’on a filtré pour séparer d’abondants grumeaux incolores — de silice. Le liquide soumis à la distillation donne encore, dès le début, de petites quantités de produits colorables ; tandis qu’il n’y en a plus que des traces dans les portions suivantes, et presque plus dans le résidu salin lui-même, acidifié.
- Supposant, d’après ce qui précède, que le chauffage prolongé en présence d'un carbonate alcalin pouvait amener, non plus la volatilisation mais une décomposition de la matière colorable, on a évaporé presque à siccilé le contenu d’une capsule d’acide acétique. Une partie seulement du résidu a été chauffée de nouveau avec un léger excès de carbonate de potasse et, de cette manière, l’on s’est assuré qu’il fàllait plusieurs minutes d’ébullition pour anéantir la faculté de développer la teinte orange sans que cette propriété puisse se retrouver dans le produit distillé.
- Lorsque la neutralisation d’un acide acétique colorable est faite à froid au moyen de lessive de soude caustique, le liquide se teinte faiblement en
- —————--------------------— voue—-1.
- (V Voir pages 241, 255 et suivantes.
- brunâtre qui, à la longue, se fonce jusqu’à l’orangé.
- En résumé, la matière colorable n’est ni un alcaloïde ni un acide organique de quelque énergie ; elle est volatile, mais elle l’est moins que l’acide acétique -, elle est détruite par l’ébullition avec des carbonates alcalins.
- Les recherches ont été plus fructueuses dans une autre voie.
- La nitrosopyrolignéine cristallisée soumise à la distillation sèche dans un tube de verre fermé d’un bout, dégage brusquement, au moment de sa fusion en un liquide brun foncé, des vapeurs lourdes, abondantes qui se condensent en gouttes huileuses, incolores, tendant à brunir lorsqu’on continue à chauffer, puis, qui se solodifient et durcissent par le refroidissement.
- Il en est de même lorsque les cristaux sont incorporés à vingt parties de verre pilé, lavé et séché au préalable.
- En ayant le soin de tasser un peu la matière cristallisée, de chauffer très doucement et surtout de refroidir les parois du tube assez près de l’endroit chauffé, on parvient à obtenir le sublimé sous forme de larges plaques cristallines, rayonnées, incolores, — sauf une teinte orangée sur les parties les plus volatiles. Une légère odeur rappelle celle des sublimations d’alizarine de la garance, tandis qu’un papier de tournesol humide est rougi parles vapeurs.
- La nouvelle matière cristalline incolore est soluble dans l'éther, dans l’alcool, dans l’eau et dans l’acide acétique. La saveur n’est pas appréciable.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Les diverses solutions, — et la solution aqueuse notamment, — abandonnent, par l’évaporation spontanée, de très longs prismes, fort nets, groupés en faisceaux ; ils sont incolores et ne s’altèrent à l'air humide qu’à la longue en se teintant en rouge acajou. Ils ne rougissent le tournesol que parce qu’ils sont accompagnés d’autres produits de la décomposition par la chaleur, car, isolés, ils n’ont pas d’action.
- Par l’addition de nitrites, la solution dans l’acide acétique devient orange intense et vif ; elle dépose et reproduit les flocons cristallins pourpres, 1 brillants par réflexion, caractéristiques de la matière colorante.
- La matière colorable ainsi régénérée et isolée, donne encore en solution les réactions suivantes :
- 1° Additionnée avec ménagement d’une solution étendue d’hypochlorite de chaux, elle se colore fortement en rouge orange, et précipite des flocons qui augmentent tandis que le liquide perd sa coloration en peu d’instants. En ajoutant un volume d’acide acétique pur, les flocons forment une solution orange; des cristaux très fins, chatoyants, se rassemblent à la surface et l’on aperçoit leur couleur violet foncé ;
- 2 Additionnée de très faibles quantités d’ammoniaque, on observe une coloration violacée qui brunit avec davantage de réactif;
- 3° Le chlorure ferrique étendu produit un rouge orange fort intense qui brunit, puis forme, en peu de minutes, d’abondants cristaux microscopiques, pourpres, brillant au soleil comme ceux de nitroso-pyrolignéine. L’ammoniaque donne alors des flocons brun foncé.
- La dernière réaction, produisant un colorant sans le concours de l’acide nitreux, a été étudiée de plus près.
- Lorsque du chlorure ferrique en solution parfaitement neutre, c’est-à-dire sans excès d’acide et sans excès de base, est ajouté en très petite proportion à de l’acide acétique pur, plus ou moins étendu d’eau, une coloration orange se développe bien distincte de la teinte jaune que prend un même volume d’eau, comme si une partie de la base formait de l’acétate ferrique possédant la couleur intense et rougeâtre qui lui est propre. — Le fait du partage de la base est important à retenir, et je l’ai constaté malgré la présence incontestable d’un peu d’acide chlorhydrique libre, alors même que les deux liquides, isolément, virent au
- bleu de réactif Violet de méthylaniline. (1) Un excès d’acide chlorhydrique détruit naturellement la coloration orange.
- D’autre part, en opérant comparativement avec le chlorure ferrique et l’acide acétique du type colorable, tel qu’il est livré à l’industrie, la nuance rouge orange est considérablement plus forte qu’avec l’acide pur, résultat que l’on doit nécessairement attribuer à la présence, dans l’un des cas, d’une matière spéciale; quoique après plusieurs jours il n’y ait pas de cristallisation et pas de changement. L’addition d’acide chlorhydrique ne détruit la coloration que partiellement.
- Ainsi, le chlorure ferrique engendre une matière colorante analogue à la nitrosopyrolignéine, mais qui est plus soluble dans l’acide acétique, moins aisément cristallisable, et qui a été désignée cependant, dans la suite de ce travail, sous le nom de pyrolignéine proprement dite.
- Quand la nitrosopyrolignéine, est chauffée en présence de chaux sodée, la matière se décolore et les vapeurs virent au bleu le papier de tournesol.
- Il me parait ré ulter de ce que nous connaissons actuellement, que la matière colorante cristallisée provenant des nitrites, est due à l’action de l’acide nitreux sur l’un des phénols existant en grand nombre dans les goudrons de bois et les produits pyrogénés, produits fort complexes où ils sont accompagnés de leurs dérivés méthylés et acétylés ; ces corps phénoliques passent jusque dans l’acide acétique rectifié du commerce où leur présence n’avait pas encore été signalée (2).
- On peut heureusement isoler la véritable matière colorable pour l’étudier, en opérant la distillation sèche de la pyrolignéine sur une plus grande échelle et en entraînant les vapeurs lourdes à l’aide d’un gaz inerte, afin de les soustraire à l’action destructive de la chaleur.
- Je mets sous vos yeux, Messieurs, des tableaux spectroscopiques fort intéressants, que M. le professeur Ch. Kopp a eu l’extrême obligeance de reproduire en partant d’une solution dans l’acide acétique concentré ne contenant pas plus de 4/10000 de colorant cristallisé. Les dilutions amenées progres-
- (1) On avait annoncé, au contraire, que « l’acide acétique libre ne donne pas lieu à cette réaction ». — Voir : Carbonisation des bois en cases clos, par M. Camille Vincent; Paris, 1873; p. 54.
- (2) Sur les acides du vinaigre de bois, voir les travaux de MM. Kraemer et Grodzki, Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXXII, p. 139.
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- sivement jusqu’à 1/s 20000 ont donné de nouveaux spectres, et leur examen a permis à notre savant collègue de conclure, d’après l’absorption de certaines bandes, alors qu’il ignorait absolument l’origine de la substance : « Probablement matière azoïque comparable spectroscopiquement aux tro-péolines (1) et aux oranges artificiels récemment découverts; de plus, paraît rentrer dans le groupe méthylique. » (4 suivre.)
- PRÉPARATION DE LA SOIE
- POUR LA TEINTURE Par M. J. Persoz.
- — Suite. —
- TRAITEMENT DES SOUPLES Soufrage.
- Les matteaux sortant du bain de lavage sont suspendus encore humides dans la chambre à soufrer où ils subissent plusieurs expositions. Pour les couleurs moyennes, comme le brun, le vert, etc., deux soufrages sont suffisants. On procède enfin à l'assouplissage.
- Assouplissage.
- Par économie, on effectue cette opération non plus avec de la crème de tartre, comme dans les ateliers de Lyon, mais avec du sulfate de magnésie additionné d’acide sulfurique. On emploie pour 25 kilogrammes de soie :
- 1 kilog. de sulfate de magnésie -,
- 0,250 gr. d’acide sulfurique anglais.
- M. David propose de remplacer, à son tour, le sulfate de magnésie par le sulfate de soude, qui, tout étant meilleur marché que le sel précédent, produit les mêmes effets.
- Pour assouplir, on chauffe le bain à une température voisine de l’ébullition ; la soie y est manœu-vrée et lissée pendant deux heures. Après l’avoir retirée, on la refroidit dans un bain d’eau tiède où on la lisse encore à plusieurs reprises ; on la tord, puis on passe aux divers traitements que nécessitent chaque couleur. Avant de mordancer le souple ou de le teindre, il faut le laver à fond deux fois et le secouer fortement.
- (1) La tropéoline 00 se dissout en violet bleu magni-nque et intense dans l’acide sulfurique monohydraté, et en violet rouge dans l’acide bihydraté; ces colorations sont stables. L'eau ne précipite que partiellement la matière colorante.
- On doit veiller à employer la soie assouplie aussitôt que possible; en restant trop longtemps humide, elle s’attendrit dans certaines parties et prend plus tard les couleurs d’une façon inégale. Si l’on ne peut la mettre immédiatement en teinture, il est prudent de la dessécher, car elle se conserve mieux ainsi.
- Le souple blanc ordinaire est toujours un peu jaunâtre ; cependant, il est suffisant pour les couleurs moyennes; si, contre toute attente, il n’avait pas acquis par le blanchiment et le soufrage la nuance pâle désirée, on introduirait dans le bain d’assouplissage quelque peu d’une solution aqueuse saturée d’acide sulfureux.
- C’est pour ce motif qu’on ne lave pas la soie au sortir de la chambre à soufrer afin que l’acide sulfureux qui l’imprègne puisse encore exercer quelque action. Il est, d’ailleurs, utile de donner à tout souple, même quand il s’agit de couleurs foncées, un dernier soufrage après l’assouplissage.
- Souple blanc-blanc.
- Pour les nuances très tendres, blanc, rose, bleu-clair, etc., le traitement précédent doit être complété par d’autres moyens, notamment par des passages en savon léger avec cristaux de soude.
- On commence par mouiller la soie, non plus avec de l’eau pure, mais avec une solution savonneuse ; on la blanchit, puis on revient au savon et on procède au soufrage. La fibre est assouplie dans un bain additionné d'eau sulfureuse ; enfin elle reçoit plusieurs soufrages et dans l’intervalle passe encore en savon.
- Voici, en résumé, les opérations :
- 1° Bain de savon tiède, contenant pour 10 kilog. de soie ;
- i kilog. de savon de Marseille ;
- 250 gr. cristaux de soude;
- Manœuvrer une demi-heure -,— bien laver ;
- 2 Bain de blanchiment à 3° Baumé, durant deux heures. La soie en sort avec une teinte verdâtre beaucoup plus pâle et plus pure que dans le cas précédent ;
- 3“ Bain tiède comme 1° -, — rinçage ;
- 4° Soufrages (trois à quatre, d’environ douze heures chacun) ;
- 5° Assouplissage par du sulfate de magnésie et de l’acide sulfurique, avec addition d’eau sulfureuse ; — bain d’eau tiède, rinçage et soufrage au
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- bain d’eau tiède, rinçage léger ; bain de savon ; — lavage ;
- 6° Soufrage (deux à quatre).
- L’ensemble du traitement est plus compliqué que pour le souple blanc ordinaire, mais il fournit, selon M. David, des résultats bien supérieurs.
- L’eau sulfureuse dont on fait usage, à raison de 15 litres environ pour 25 kilog. de soie, se prépare aisément en faisant barboter dans de l’eau le mélange gazeux qui résulte de la réaction à chaud de l’acide sulfurique concentré sur le charbon. On l’obtient ainsi, mais assez faible, en installant dans les chambres à soufrer des tonneaux contenant de l’eau qui absorbe le gaz sulfureux lors de sa formation.
- Aujourd’hui, on emploie plus commodément encore le bisulfate de soude, qu’on étend d’eau et auquel on ajoute une quantité convenable d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique.
- (A suivre).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE DES PLUMES
- Par M. Vannuccio Vannuccini, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- — Suite - (I)
- SCARABÉE
- Pour 1 kil. de croupe noire ou loutre on emploie 200 gr. de violet de Paris B. On opère comme précédemment.
- La fuchsine et le violet ne sont pas les seules substances avec lesquelles on puisse obtenir des reflets métalliques. En principe, toutes les substances colorantes en donnent, excepté les jaunes, pour une raison facile à comprendre. L’éosine, l'érythrosine en donnent dès très beaux et ressemblant ceux de la fuchsine. Les verts, vert à l’iode, vert méthyle, vert malachite, vert à l’acide donnent des reflets très estimables qui, à ma connaissance, n’ont pas été appliqués jusqu’ici; ce sont, en effet, des reflets
- (1) Voir Moniteur de la Teinture, année 1879, nos 23 et 24, et nos 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12. 13,14, 15, 16, 17 48 et 19 de 1880,
- rouge-feu tout différents de celui de la fu -chsine qui est vert et de celui du violet qui est jaune. C’est vrai que la mode de ces couleurs est aujourd’hui passée presque complètement ; en effet, ces couleurs ont le grave défaut de déteindre par l’eau très fortement, de sorte qu’un chapeau paré avec une plume teinte de la sorte est réduit dans un état pitoyable à la moindre pluie. En outre, cette fabrication gêne beaucoup les ouvriers, surtout ceux qui sèchent, par la poussière très fine de matière colorante qui se répand dans l’air. Mais la question est digne d’intérêt, car on peut y introduire des perfectionnements sérieux en précipitant sur la matière à teindre, soit étoffe, soit plume une substance colorée insoluble.
- (4 suivre.)
- Traduction et reproduction interdites.
- -------------- =s.ese.2*-----—'
- IMPRESSION DES TISSUS
- La Gomme arabique.
- — Suite —
- La gomme arabique est formée, en très grande partie, d’arabine d’une petite quantité de principe colorant, d’un acide libre et de 0,025 à 0,03 de chaux, de magnésie et d’oxyde de fer. Suivant M. Vauquelin, la chaux paraît y être unie aux acides malique, acétique et phosphorique.
- Elle est incolore ou colorée en jaune, en rouge et en brun.
- Malgré ses nombreux usages en médecine pour l’alimentation, elle sert à apprêter les étoffes, entre autres les rubans de soie ; mais l’espèce de vernis qu’elle laisse à leur surface ne résiste pas à l’eau.
- Elle sert à donner de la viscocité à l’eau, à épaissir les mordants qu’on emploie le plus souvent dans la fabrication des toiles peintes.
- Essai des Gommes (1).
- Pour qu’une gomme soit applicable aux usages auxquels on la destine pour épaissir les couleurs, il faut :
- (1) Nous empruntons cet article du docteur Sace au journal de Pharmacie et de Chimie dans son numéro du mois d’août 1857.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 29 O. CO
- 1° Qu’elle ne ternisse pas l’éclat des couleur8 délicates et qu’elle n'affaiblisse pas les mordants ;
- 2° Qu’elle ne se coagule pas avec certaines couleurs ;
- 3° Qu’elle épaississe aussi fortement que possible l’eau dans laquelle on la fait dissoudre.
- Etudions d’abord la première de ces conditions de réussite.
- Afin de juger l’action des gommes sur les matières colorantes, on choisit la couleur la plus délicate qui est le rose laine à la cochenille préparée de la manière suivante :
- Lit. I décoction cochenille-ammoniacale ;
- A. 30 gr. de cochenille par litre d’eau ;
- Gr. 24 alun en poudre ;
- 16 acide oxalique ;
- 375 gomme en poudre.
- On passe au tamis de soie, on imprime sur laine pure, on vaporise et on lave.
- La couleur obtenue doit être d’un beau rose tendre sans aucune teinte jaune.
- Quant à l’action que les gommes exercent sur les forces des mordants, elle est excessivement variable, et on peut en juger à l’avance par leur degré d'acidité. Il est clair qu’elles les attaquent d’autant plus fortement qu’elles sont plus acides. Cet inconvénient, rare pour la gomme arabique, amène souvent de graves accidents de fabrication quand on emploie des gommes acides à l’épaississage des mordants roses très clairs. Voici la formule de la couleur que nous employons pour apprécier la force dissolvante exercée par la gomme sur les mordants :
- Lit. 1/32 acétate d’alumine a’ ;
- 500 gr. alun par litre ;
- 15/32 eau ;
- Gr. 250 gomme en poudre.
- Cuire le tout en remuant bien et agiter ensuite jusqu’à complet refroidissement. Ce mordant dégommé, après douze heures d’étendage, teint en garance et savonné, doit fournir un joli rose vif, tandis qu’avec les jaunes acides il ne laisse presque rien sur le tissu.
- Il y a des gommes qui donnent des couleurs coagulées lorsqu’on les emploie à l’épaississement de certaines substances, tels que les sels plombi-ques et surtout le cachou ; aussi est-ce cette der-nière matière que nous avons chgisie pour recon paître les gommes susceptibles de se coaguler.
- Voici le composé à employer :
- 135 gr. cachou fondu et brisé en petits morceaux ;
- 127 gr. acide pyroligneux ;
- 360 gr. eau.
- Chauffer au bain d’eau, en remuant jusqu’à dissolution, puis ajouter :
- 90 gr. chlorure ammonique;
- 97 gr. solution d’acétate calcique à 15° ;
- 250 gr. gomme bien remuée et ajouter à froid 39 gr. solution de nitrate cuivrique à 50° A B.
- On passe au tamis de soie et on abandonne la couleur à elle-même pendant vingt-quatre heures; si elle n’est pas coagulée, la gomme est de bonne qualité.
- Les gommes, enfin, doivent donner une grande viscocité à l’eau dans laquelle on les dissout ; mais il est si difficile de mesurer avec précision cette viscosité que la plupart des consommateurs s’en rapportent pour cela à l'aspect de siccité de la gomme, ainsi qu’à un essai fait en grand avec une centaine de kilogrammes de gomme, qui doit donner avec une certaine proportion d'eau, une solu tion de la viscosité voulue par l’épaississage des couleurs. Cette viscosité est cependant bien utile à connaître d’une manière exacte, puisqu’il y a des gommes qui épaississent de 1/10 à 1/4 moins que les autres, ce qui augmente la dépense d’une somme proportionnelle, puisqu’il faut en employer davantage pour obtenir des couleurs de l’épaisseur voulue. Pour faire bien apprécier l’importance de cet essai, il suffit de dire que la manufacture de Wesserling a employé pendant la campagne de 1853 à 1856 60,000 kilog. de gomme, valant ensemble 88,000 fr. Or, ces gommes étaient d’excellente qualité. Dans le cas où elles auraient été de 1/10 seulement plus faibles, il aurait fallu en employer 66,000 kilog. et dépenser 8,800 francs de plus.
- On mesure, en général, la force épaississante des gommes à l’aide du viscomètre ou bien en me-surant la densité de la solution de gomme qu’on a obtenue avec l’aréomètre de Baumé.
- L’aréomètre donne le moyen le plus sûr d’apprécier la viscosité des gommes jusqu’à concurrence de 200 gr. par litre où il marque de 9 à 10 degrés ; passé ce terme, ses indications deviennent d’autant plus fautives que la quantité de gomme dissoute est plus grande, parce que la cohésion des gommes insolubles n’entrave consé-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- quemment pas les indications de l’aréomètre pour les eaux de gomme. On peut admettre, qu’après correction faite de l’augmentation de volume du liquide, 20 gr. de gomme de bonne qualité augmentent la densité d’un'litre d’eau de 1 degré Baumé à la température ordinaire de + 15 à + 20e. S’il s’agissait de connaître la viscocité de diverses dissolutions gommeuses contenant des sels, la densité de ces sels, plus ou moins concentrés, influerait sur l’aréomètre et empêcherait, dans ce cas, cet instrument d’agir avec la même certitude. Il faudrait alors employer le viscomètre, ainsi que le fait observer M. Jean Schlumberger ; celui dont on se sert le plus généralement, à Mulhouse, a été introduit dans la pratique par feu M Ochs fils, qui fut employé chez M. Dollfus et Cie.
- A suivre.
- CORRESPONDANCE
- CHIFFONNAGE
- Un de nos abonnés nous transmet le procédé suivant :
- Vert sur laine.
- Depuis de nombreuses années, j’obtiens un vert sur laine au moyen de l’indigo et de l’acide pi-crique.
- J’obtiens une très belle couleur verte en mor-dançant sur laine, je fais bouillir le s laines avec de l’alun et du tartre pendant une heure environ.il suffit d’ordinaire d’un quart de leur poids d’alun et un seizième de tartre. On laisse reposer les laines de manière à ce que le mordant soit parfaitement répandu sur toute la surface du tissu. — Pour les nuances claires, diminuer la proportion des deux sels ci-dessus.
- Faire un bain avec un peu d’alun, y verser du bleu d’indigo et ajouter environ un quart environ de gaude ou d’acide picrique. Ces deux produits peuvent être mélangés à partie égale.
- Plonger les laines dans le bain ainsi composé à la température de 70° environ.
- Il suffit, pour corriger, d’ajouter la gaude et de l’indigo, selon la nuance que l’on veut produire. Laver ensuite fortement les laines et les faire sécher. Le teinturier doit surtout fixer son attention sur le mélange d’acide picrique ou de gaude, en employant, du reste, le même procédé qu'autrefois.
- L’acide picrique seul passe vite, mais combiné
- avec un autre corps, il est beaucoup plus stable et produit un meilleur effet.
- D’après ce qui précède on voit que le vert n’est pas une couleur unique. Il résulte en effet du mélange des deux couleurs primitives,bleu et jaune ; il existe peut-être dans la nature des matières qui pourraient teindre directement en vert.
- Avec les deux couleurs primitives on obtient toute la série des nuances du vert, tel que le vert bouteille, vert canard, vert cantharide, vert de vigne, vert olive pistache, vert de Saxe, vert céladon, etc.
- Le bleu étant la base de la couleur, il faut évidemment que le pied du bleu soit en proportion avec l’intensité du vert que l’on veut produire. On obtient généralement le pied du bleu soit avec l’indigo en dissolution, ou le carmin d’indigo.
- Nous remerçions M..., de son procédé, qui, quoique ancien, sera, nous l’espérons, d’un grand | intérêt pour nos lecteurs.
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- COULEURS NOUVELLES
- PONCEAUX- COCHENILLE
- De la Maison J. Ruch et fils, à Paris (1).
- Jusqu’ici on n’avait réussi à fixer les ponceaux, que sur soie et sur laine, sans pouvoir arriver à teindre les fibres végétales.
- En introduisant une modification ingénieuse dans la préparation des ponceaux, MM. J. Ruch et fils ont résolu ce problème ; leurs produits spéciaux pour coton correspondent aux nuances des ponceaux pour laine et pour soie, et portent les marques 3 RC, 2 RC, RC, JC.
- Nous donnons ci-dessous un échantillon de coton filé teint avec la marque : Ponceau RC :
- correspondant à l’échantillon tissu de laine inséré dans notre numéro du 20 octobre dernier.
- (1) Voir les numéros des 20 octobre, page 236, et 20 novembre, page 257.
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- Nous donnerons, dans un de nos prochains numéros, le mode d’emploi de ces nouvelles marques.
- Bornons-nous aujourd’hui à dire que le prix de cette teinture, qui donne les nuances les plus vives, ne revient qu’à 25 c. par kilog de coton ; et que cette teinture se fait très rapidement et sans outillage spécial.
- CAUSERIE SCIENTIFIQUE
- UN MOLLUSQUE QUI SECRÉTE DE L’ACIDE SULFURIQUE
- Nul n’ignore que la plus légère parcelle d’acide sulfurique répandue sur une matière, quelle qu'elle soit, suffit pour corroder le corps avec lequel elle se trouve en contact ; il n’est rien qui lui résiste : soit les tissus animaux ou végétaux, soit les corps minéraux et métallurgiques.
- Eh bien ! je ne veux pas continuer. Je vous vois déjà vous moquer de moi. Mais, mon tour viendra après, car vous savez tous qu’à chaque pas se dressent devant vous des faits quelquefois surprenants, voire merveilleux, dont on ne soupçonne pas même l’existence et qui sont généralement de la plus haute importance. Le tout, en ces matières, est le grand maître hasard ! Sans cette puissante collaboration, quoi ! on ne pourrait pas même compter au monde neuf grandes découvertes. Enfin, je voulais dire qu’il existe un mollusque qui secrète ce redoutable agent qui brûle tout.
- Qu’est-ce que ce mollusque ? me direz-vous.
- Ce poisson est appelé par les naturalistes le Colium galea. Les pêcheurs le nomment le Tafa ; il hante le golfe de Naples.
- Le tafa n’est autre que la tonne, dont la grosse coquille, d’un fauve clair avec des testes parallèles au joint des spires, se rencontre à l’étalage des marchands d'antiquités.
- Les proportions de ce mollusque sont quelquefois considérables ; les beaux spécimens mesurent généralement de quinze à vingt centimètres de longueur. M. Lamarck en a trouvé qui atteignaient la grosseur de latêle-d’un homme.
- Comme je viens de le dire, cet animal est un gros escargot à longue corne et à trompe renfermée dans sa coquille.
- Le tafa secrète l’acide sulfurique à l’état pur dans les glandes salivaires.
- Le siège du poison se trouve dans les deux or
- ganes salivaires dont les conduits excréteurs très contractés et de la grosseur d’un œuf de poule, pèsent soixante-dix grammes environ ; il lance l’acide sulfurique à trente ou quarante centimètres et produit sur l’animal qui en est atteint une tache noire foncée semblable à une cicatrice de brûlure.
- Vous voyez que j’avais raison ; que ce serait peut-être à moi, à rire de vous. Certes, j’en ris moi-même -, car je me demande comment, par quels moyens, quels procédés (quelle expression prendre?) l’acide sulfurique, cet agent destructeur, cette liqueur virulente se trouve-t-elle à l’état pur dans le corps de ce mollusque. Enigme ! Constatons et cherchons. Cependant, cette liqueur possède toutes les qualités de l’acide sulfurique. Elle décompose les carbonates, agit très fortement sur tous les métaux, agitsur le tournesol, sur toutes couleurs, neutralise les alcalis, les oxydes basiques ; évaporée sur une lame de platine, elle produit des vapeurs irritantes blanches.
- A l’analyse chimique, on y trouve de la soude, de la chaux, du fer, des phosphates, des sulfates.
- Cependant elle possède une propriété importante : elle n’est pas putrescible. Elle ne s’altère pas aucontactdel’air.Conservéependantdeuxà trois mois, elle ne révèle aucune odeur désagréable ; il paraît même que c’est un agent conservateur ; des essais ont été faits à ce sujet : de l’albumine coagulée de matières animales et des organes d’autres mollusques n’ont montré aucune altération apparente.
- Le tafa n’est pas le seul mollusque dont les glandes salivaires secrétent de l’acide sulfurique pur. Il existe chez d’autres espèces ; il pourrait même être considéré comme un élément nécessaire dans une certaine classe de mollusques.
- Pour finir, je dois dire que les pêcheurs napolitains ne manquent jamais de montrer aux étrangers ce singulier mollusque et qu’ils prennent à plaisir, avec précaution, de faire lancer son venin sur un morceau d’étoffe, qui aussitôt se met à fumer, se noircir et se corroder ; ils disent que le diable (en prononçant le nom du maudit ils se signent), parfois, sort du Vésuve, sa demeure habituelle, pour se baigner dans la mer et tâcher de de donner quelque soulagement à ses membres constamment en contact avec le feu, qui les brûle sans les consumer. A chaque goutte de sueur qui sort de son corps, naissent trois fois trois Colium galea. S’il fallait les croire, chaque
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- année, un baigneur attaqué par les tafas, devient, | de Me Hérard pour les époux S..., demandeurs ; de en quelques instants, la proie de ces infernales j Mr Lacoin, pour M. Rousseau -, de M° Huard, pour bêtes et son cadavre, à demi-brûlé, vient échouer sur le rivage.
- Louis STINGER.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- JURISPRUDENCE
- TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE Audience du 13 août
- Les Apprêts au caoutchouc.
- Les journaux judiciaires rapportent sous une forme plaisante l’odyssée de deux jeunes époux qui, la première nuit de leurs noces, sont incommodés, dans leur chambre nuptiale, d’une odeur insupportable qu’ils s’attribuent mentalement l’un à l’autre sans oser l’anvancer.
- Le foyerd’infection,disent-ils,c’étaient les rideaux de fenêtre, le ciel de lit, le couvre-pied, la chaise longue, tous ces chef-d'œuvres de draperie et de capitonnage qui les avaient tant charmés tout d’abord.
- Quel était ce mystère ?
- Le tapissier l’éclaircit bientôt. C’est la chose du monde la plus simple. Le public exige de très belles choses à très bon marché. On lui en donne pour son argent -, et lorsqu’il s’imagine avec candeur qu’on lui fabrique du damas de soie épais, souple et résitantavec de la soie tissée, on lui confectionne une petite préparation très convenable avec des étoffes estampées, doublées de molleton et consolidées avec de la benzine, du caoutchouc et du pétrole. C'est aussi joli, c’est moins cher, et même c’est parfumé ! Seulement le parfum ne plaît pas à tout le monde, et voilà pourquoi les jeunes époux réclament devant la 6° chambre des dommages-intérêts à leur tapissier, M. Rousseau.
- C’est une expertise conduite avec beaucoup de soin qui, après de nombreuses et concluantes expériences, a révélé la mystérieuse composition de la séduisante étoffe dont M. Rousseau n’était, du reste, que l’éditeur responsable. En effet, il a appelé en garantie M. Dalin, le fabricant dont il est le dépositaire, et ce dernier s’est rabattu sur MM. Vignet et fils et Ce, ses apprêteurs.
- Le Tribunal, après avoir entendu les plaidoiries
- M. Balin ; de Me Pouillet, pour M. Vignet, a condamné M. Rousseau à rembourser à ses clients 922 fr. pour prix de l’étoffe, et à leur payer en outre 100 fr. à titre de dommages-intérêts -, seulement, il a admis son recours contre Balin pour les deux tiers, et a condamné Vignet à garantir ui-même ce dernier à concurrence d’un tiers ; les frais seront supportés par les défendeurs chacun pour un tiers.
- FAITS DIVERS
- Les bourses du Havre et de Paris
- La bourse du Havre va prendre possession de son nouveau local, dans l’hôtel construit par la Chambre de commerce.
- Ce monument est situé sur un terrain ayant façade sur la place du commerce, et limité d’autre part par la sous-préfecture, les rues Scudery et Mannevillette.
- Elle y occupe au rez-de-chaussée une salle cen-traie et deux péristyles -, elle y sera très confor-tablement aménagée et plus à l’aise que dans son local actuel, où elle siège à titre provisoire depuis 1862.
- Au Havre, ainsi que dans les principales places commerciales, la Bourse n’est pas détournée» comme à Paris, dp sa véritable destination, par le marché financier ; c’est bien réellement une bourse de commerce, et le rendez-vous très suivi des négociants et armateurs ; c’est là que se traitent toutes les grosses affaires.
- Le commerce de Paris, repoussé du Palais-Vivienne par la finance, cherche à s’abriter dans un hôtel analogue et qui serait, comme celui du Havre, une véritable bourse de commerce.
- Cette question, très fortement agitée, il y a quelques mois, paraît sommeiller en ce moment ; nous voulons croire, toutefois, qu’elle n’est pas morte et que ses promoteurs tiendront à honneur de la résoudre pratiquement et efficacement.
- — L’inauguration du nouveau palais de la bourse, au Havre vient d’avoir lieu avec un grand éclat. Le bal qui a été donné le soir par la Chambre de commerce havraise, à cette occasion, a été des plus brillants.
- Tout ce que le Havre renferme de notabilités, | toutqç les administrations civiles Al mlitaires étaient
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- C i-G
- représentéees à la fête. Près de 3,000 personnes avaient répondu à l’invitation de la Chambre de commerce.
- -----—T**— BIBLIOGRAPHIE
- LA PUBLICIT EN FRANCE
- -a id fotc st 3e EDITION Par Émile MERMET, Avocat
- 1 volume in-18 de 11Q0pages, orné de photogravures
- PRIX : 10 PRANCS
- En vente : A Paris, chez l'AUTEUR, 10, rue Mon-tholon, chez MM. Hachette et C% 79, boulevard Sint-Germain, FIRMIN-DIDOr et Ç:, 56, rue Jacob, A. CHAIX et C°, 2Q, rue Bergère, et chez tous les libraires et aux bureaux du Journal.
- Depuis un demi-siècle, la publicité a changé les conditions du commerce et de l’industrie. Les professions les plus relevées comme les plus humbles sont obligées d’y avoir recours.
- Rien n’est plus difficile que de savoir se servir utilement de la publicité, et cependant, jusqu'a ce jour, elle a été abandonnée au caprice de chacun.
- Un de nos confrères, M. Emile MERMET, a eu l'heureuse idée de réunir dans un élégant volume, sous ce titre : la Publicité en France^ tous les ren-seignements, sur tes diverses formes de la publicité, telles que l’enseigne, l’affiche, le prospectus et l’annonce dans les journaux.
- Dans la troisième édition qui vient de paraître, l’auteur a donné la liste exacte de tous les journaux, avec les nuances politiques de chacun d'eux soulignées, les indications des milieux industriels où ils paraissent, et les catégories des lecteurs auxquels ils s’adressent.
- Ce volume est tout à la fois attrayant et utile. Il renferme plus de cent reproductions par l'hélio-gravure des types des journaux les plus importants, politiques, industriels, financiers, littéraires ou technologiques.
- Toutes sont accompagnées de notes historiqes et de notices biographiques sur leurs directeurs et ceux de leurs collaborateurs dont les noms sont les plus connus. Les pseudonymes qui cachent la plu-part d’entre eux y sont dévoilés.
- M. Mermet ne s’est pas borné à exposer ses théories, il a prouvé que slil donnait de bons con-
- ,1 P ; I., i .• “
- seils, il savait habilement les mettre en pratique. En effet, aucun recueil ne contient plus d'annonces que le sien. Il a montré comment il fallait s’y prendre pour faire lire les pages d'annonces d’un recueil périodique quelconque ; et, lors de la mise en vente de son volume, il a, avec le concours de la maison Appel, su composer une affiche humoristique, qui' a obtenu le plus grand succès de curiosité dans laquelle on voit personnifiées sous la forme de spirituelles caricatures, les maisons qui ont fait le plus de publicité pour leurs produits.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TAILLITES
- Déclarations de faillites.
- — 21 octobre. —
- Brumin (Louis), tisseur à façon, rue St-Antoine, 32, à Roubaix. — Syndic : M. Lizot.
- — 28 octobre. —
- Fonsalla, apprêteur, A Roanne (Loire). — Syndic : M. Desmurger,
- Zeller(Eugène), teinturier, à Poligny (Jura). — Syn-dic : M. Constantin.
- — 11 novembre. —
- La Société Duchesne et Sanson (tissus), rue du Mail, 27 et 29, à Paris, composée de : 1° Duchesne (Laurent-Charles) ; 2° et de Sanson (Alphonse-Ernest) — Juge-commissaire : M. Deville-Cavellin. — Syndic : M. Pinet.
- Wirth et Cie, fabricants de fleurs, faubourg Poissonnière, 62. — Syndic : M. Maillard, boul. Saint-Michel, 4.
- Prévost, fabricant de papiers peints, rue Rambouillet, 12. — Syndic : M. Ghevillot, rue Jean Lan-tier, 7.
- Necers. — Bonnard (Louis-Isidore), dit Bonnard-Pellissier, md et filateur de laines. — Jug. du 26 nov. 1880. — Syndic : M. Charpentier.
- Rubay (Eugène), effilocheur de laines, rue Croix-Nivert, 190, à Paris. — Juge-commissaire : M. Billard. — Syndic M. Mercier.
- Marseille. — Blanc (Michel-François), teinturier, rue de l’Observance, 2, à Aubagne. — Jug. du 24 nov. 1880. — Syndic : M. Petitjean.
- SOCIÉTÉS
- Dissolutions de Sociétés.
- Dissolution, à partir du 1er juillet 1880,de la Société Pivot, Magat (étoffes de soie), à l’Arbresles, maison Terras. — M- Pivot continue seul, — Acte du 4 oc-tobre • aodis : 6 6 i ' .
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- Dissolution,à partir du 1er novembre 1880, de la Société Lequien et Richard, fabricant de barèges, gazes, tissus et nouveautés, rue Saint-Joseph, 4, à Paris, avec fabriques au Transloy (Pas-de-Calais) et à Bo-hain (Aisne). — Liquid. : les associés. — Acte du 26 octobre 1880.
- Dissolution, à partir du 14 septembre 1880, de la Société L. Mayosson, fab. de rubans, passementeries, etc., rue de la République, 1, à St-Etienne. —Liquid. : M. Piot. — Jug. du même jour.
- Dissolution, à partir du 1er oct. 1880, de la Société Duforest frères, teinturiers en laines et cotons, Grand’-Rue, 146, à Roubaix. — Liquid. : M. François Duforest. — Acte du 7 oct. 1880.
- Dissolution, à partir du 15 septembre 1880, de la Société Prouvot jeune et Cîe, fab. de tissus, à Roubaix. — Liquid. : M. Dassonville (Gustave). — Acte du 5 oct. 1880.
- Dissolution, à partir du 31 décembre 1880, de la Société G. Lizot et Cie, imprimeurs sur étoffes, à Chantilly et à Paris, rue de Mulhouse, 13, à Sen-lis. —Liquidateur : M. Lizot. — Acte du 14 octobre 1880.
- Dissolution, à partir du 4 nov. 1880, de la Société Vuichard frères et Tissot,cylindreurs d’étoffes desoie. — Liquid. : MM. A. Roux et Cie, rue Fizay, 24, à Lyon. — Acte du même jour.
- Dissolution, à partir du 31 oct. 1880, de la Société Etienne Drevon aîné (teinture des soies).
- Dissolution, à partir du 5 octobre 1880, de la Société Paret et Bény fils, teinturiers, rue Tréfilerie, 47, à Paris. — Liquid. : M. Paret. — Jug. du 5 octobre 1880.
- Dissolution, à partir du 29 oct. 1880, de la Société Desmarest et Cie, fab. de toiles cirées et vernies. — Liquid. : M. Moreau, rue du Pont-Neuf, 22. — Acte du même jour. — D.
- Dissolution, à partir du 31 déc. 4880, de la Société Adolphe Auger et Gustave Arondelle (commerce de soies écrues et teintes), rue St-Denis, 60, précédemment même rue, 200, — Liquid. : M. Auger. — Acte du 18 nov. 1880. —D.
- Dissolution, à partir du 31 oct. 1880, de la Société Juilland et Trévoux, apprêteurs, petite rue des Feuillants, 4.— Liquid.: M. Trévoux. — Acte du 15 novembre 1880.
- Dissolution, à partir du 31 déc. 1880, de la Société G. Lizot et Cie, nég. en châles et imprimeurs sur étoffes, rue de Mulhouse, 13, à Paris, avec usine à Chantilly (Oise). — Liquid. : M. Lizot. — Acte du 14 oct. 1880.
- Dissolution, à partir du 1er oct. 1880, de la Société arrivée à son terme Fouillet père et fils, teinturiers, rue St-Maur, 40, à Paris. — Liquid. : M. Parent, rue de Savoie, 13. — Jug. du 27 oct. 1880.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 31 déc. 1880, de la Société Jouve, Lefèvre et Cie (toilerie et doublures).— Liquid. : MM. Lefèvre, Galtier et Manifacier. — Acte du 2 nov. 1880.
- Dissolution, à partir du 29 oct. 1880, de la Société Desmarest et Cie, fab. de toiles cirées et vernies, au
- Bourget. — Liquid. : M. Moreau, rue du Pont-Neuf, 22. — Jug. du même jour.
- Dissolution, à partir du 18 oct. 1880, de la Société G. Binder, Jalla et Richard (expi. d’un système de métiers à tisser), à Regny (Loire). — Liquid. : les associés. — Acte du 26 oct. 1880.
- Formations de Sociétés.
- Société en nom collectif Leclerc et H. Longuemare (filature de coton), à Brionne.— Durée 10 ans. — Cap. : 90,000 fr. — Acte du 28 sept. 1880.
- Société en nom collectif A. et G. Bernheim, fab. de cravates, etc., rue du Faub.-Poissonnière, 8, à Paris. — Durée : 12 ans. — Cap. : 50,000 fr. — Acte du 15 octobre 1880.
- Société en commandite H. Chrétien et Cie (tous produits de fabriques de tissus), rue Paul-Lelong, 7, à Paris. — Durée : 3 ans. — Cap. : 5,000 fr. fournis par la commandite. —Acte du 30 sept. 1880.
- Société en nom collectif Verrier, Delpierre et J. Nicolas (cotons bruts et filés), à Lille. — Durée : 6 ans. = Capital : 100,000 fr. — Acte du 1er octobre 1880.
- Société en nom collectif Verrier, Delpierre et Joseph Nicolas (commerce de cotons bruts et filés(, à Lille. — Durée : 6 ans.
- Société Maire-Perol et fils (laines et cotons filés), rue des Gras, 14, à Clermont-Ferrand. — Durée : 15 ans. — Acte du 14 sept. 1880.
- Société en nom collectif Beaudoin et Anest, fab. de draps, paletots et nouveautés, rue de Caudebec, 27, à Elbeuf. — Durée : 7 ans et 3 mois. — Cap. : 60,000 fr. — Acte du 30 sept. 1880.
- Société en nom collectif Mégroz et Portier (expi. de la maison de soieries en gros de MM. Berteaux et Radou), rue d’Aboukir, 10, à Paris, avec comptoirs et succursales à Lyon, Londres, Zurich et New-York. — Durée : 6 ans. — Cap. : 3,500,000 fr. — Acte du 22 oct. 1880.
- Société en nom collectif G. Binder et Jalla jeune (expi. d’une fabrique de linge), à Regny (Loire), avec siège à Paris, rue d’Uzès, 10.—Durée : 12 ans. —Cap.: 100,000 fr. — Acte du 26 oct. 1880.
- Société en commandite Vallet et Cie (tissus), à Com-bourg. — Durée : 20 ans. — Cap. : 27,000 fr.dont 9,000 en commandite. — Acte du 24 sept. 1880.
- Société en nom collectif Dervaux et Dumortier, fab. de tissus, à Tourcoing. — Durée : 9 ans et 11 mois.— Cap. : 100,000 fr. — Acte du 5 nov. 1880.
- Société en nom collectif Prouvot jeune et Dassonville (fab. d’étoffes pour ameublements), rue du Tilleul et de Bavay, à Roubaix, avec maison à Paris.— Durée : 9 ans. — Cap. : 278,148 fr. — Acte du 13 oct. 1880.
- Société en nom collectif Autin et Monvignier, fab.de peignes à tisser, rue du Thou, 2, à Lyon. — Durée : 10 ans. — Cap. : 500 fr. — Acte du 15 oct. 1880.
- Société en nom collectif Miaillier et Despalle, teinturiers, à Caluire. — Durée : 12 ans. — Cap. : 35,000 francs. — Acte du 26 oct. 1880.
- Boulogne-sur-Seine. — Formation de la Société en
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- nom collectif Romain et Heuzé, fab. de produits chimiques et d’un sel spécial propre au blanchiment, rue de Paris, 156. — Durée : 5 ans. — Cap. 40,000 fr. — Acte du 15 nov. 1880. — D.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif J. d’Alheim et H. Tourniol (expi. d’un brevet pour la décoration artistique fixe sur étoffes), rue de Vaugi-rard, 59. — Durée: 10 ans. — Cap. : 25,000 fr. — Acte du 18 nov. 1880, — J. g. d’A.
- Lyon. — Formation de la Société en nom collectif Lefèvre, Galtier et L. Manifacier (toilerie et doublures), rue Dubois, 26. — Durée : 4 ans. — Cap. : 180,000 francs. — Acte du 2 nov. 1880.
- Société en nom collectif Jean Mazères et fils, fab. de couvertures, à Oloron-Ste-Marie. — Durée : 10 ans. — Acte du 6 oct. 1880.
- Roanne.— Formation de la Société en nom collectif Dubessy fils, Planus et Cie, fab. de rideaux brodés et autres tissus de la fabrique de Tarare, avec siège à Tarare et fabrication à St-Just-en-Chevalet. — Durée : 8 ans et 2 mois. — Acte du 31 oct. 1880.
- Société en nom collectif I. Kremnitz et fils (rubans et soieries), bout Sébastopol, 98, à Paris. — Durée : 10 ans. — Cap. : 170,000 fr. — Acte du 20 octobre 1880.
- Société en nom collectif Schoua Azoulay et Ma-klouf Azoulay fils (tissus arabes, drogueries, etc.), à Gonstantine. — Durée : 10 ans. — Acte du 25 oct. 1880.
- Société en commandite Bracq-Toffin et Cie, fab. de tulle, à Caudry. — Durée : 9 ans. — Cap. : 130,000fr. dont90,000 fr. en commandite. — Acte du 28 octobre 1880.
- Société en nom collectif E. Chennevière et A. Ledos (filature et cordages de laines, à Caudebec-lès-Elbeuf. — Durée : 12 ans. — Acte du 22 oct. 1880.
- Société en nom collectif Beslin et Mercelin, blanchisseurs de laines, rue Rousselle, 22, à Puteaux. — Durée : 12 ans. — Cap. ; 16,050 fr. — Acte du 26 octobre 1880.
- Société en commandite Edm. Renault et Cie, drogueries et produits chimiques, avec deux sièges sociaux, l’un à Paris, rue Sévigné, 29, l’autre, à Bordeaux, rue Boudet, 27. — Durée : 5 ans. — Cap. : 500,000 fr. dont 150,000 fr. en commandite. — Acte du 25 oct. 1880.
- Société en nom collectif Alfred Lataste, Aubanel et Cie (laines, déchets de soie et des peaux, etc.), rue Ricber, 22. — Durée : 4 ans et demi. — Gap. 150,000 francs. — Acte du 19 nov. 1880. — A. P.
- Société anonyme de la Haie-Coq, fab. d’acide, chlorhydrique, de magnésie, des oxydes de manganèse ou de ferro-manganèse, de chaux hydraulique et de ciment en utilisant les résidus de fabriques, notamment par les procédés Closson et Solvay, rue Laffitte, 48. — Durée : 50 ans. — Cap. : 1,000,000 fr. — Acte du 28 oct. 1880. - G. T.
- Formation de la Société en commandite E. Feuillet fils, Boutou et Cie, fab. de feutres, draps et étoffes servant à la confection des papiers, à Montignac. — Durée : 10 ans. — Cap. : 100,000 fr. dont 80,000 fr. en commandite. — Acte du 22 oct. 1880.
- Formation de la Société en nom collectif Constant Hébert père et Charles Bécœur, fab. de papiers peints, rue de Ligny, 21. — Durée : 2 ans et 5 mois, à partir du 10 mars 1881. — Cap. : 20,000 fr. — Acte du 9 nov. 1880.
- Modifications de Sociétés.
- Modification de la Société en commandite Prompt et Cie, fab. de peignes à tisser, rue Vieille-Monnaie, 43, à Lyon, devenue en nom collectif par la cession des droits de commanditaire aux deux associés en nom collectif. — Cap. ; 21,000 fr. — Acte du 12 oct. 1880.
- Modification de la Société en nom collectif Lorthiois frères (achat et ventes des matières textiles, et expi. d’une fab. de tapis en tous genres), rue des Ursulines, 20, par suite du départ de M. Félix Lorthiois. —Acte du 30 oct. 1880.
- Modification de la raison sociale de la Société en nom collectif Cartier-Bresson et ses fils, fab. de coton, boul. Sébastopol, 86, devenue par suite du décès de M. Cartier-Bresson père : Les fils de Cartier-Bresson. — Acte du 9 nov. 1880. — G. T.
- Modification de la Société Schneider, Montagis e Cie, fab. de rubans, à Orbec, devenue Schneider et Cie, par suite du retrait de M. Montargis. — Acte du 13 oct. 1880.
- Choisy le-Roy et Paris. — Modication de la Société en commandite Armant, Rouffet et Cie, fab. d’encres et vernis pour typographie et lithographie, avec fabrique à Choisy-le-Roy et dépôt à Paris, rue Ville-harduoin, 12, devenue Rouffet et Cie, M.Armant étant devenu associé en commandite comme Mme Mabru et M. Rouffet étant resté seul associé en nom collectif.
- — Acte du 16 nov. 1880. — D.
- Prorogations de Sociétés.
- Prorogation au 20 fév. 1886 de la Société en commandite Z. Granier, Castelnau et Cie, fab. de laines, à Montpellier. — Acte du 4 oct. 1880.
- Roubaix. — Prorogation pour une duréè illimitée de la Société en nom collectif Therit et Cie, fab. de tissus dits articles de Roubaix, rue de la Fosse-aux-Chênes. — Acte du 22 nov. 1880.
- Prorogation au 31 août 1886 de la Société Thibaut, Autin et Latersonne, fab. des indiennes, à Déville-lès-Rouen. — Acte du 26 oct. 1880.
- Ventes de fonds de commerce.
- M. Morize a vendu à M. Fourcaud, rue Cadet, 3, un fonds fab. de plumes pour parures, rue Cadet, 3.
- M. Goisy a vendu à M. Montassier, boul. de l’Hôpital, 119. un fonds de teinturerie, r. Ri cher, 23.
- M. Richit a vendu à M. Préel, rue des Francs-Bourgeois, 26, un fonds de teinturerie,rue des Francs-Bourgeois, 26.
- M. Derouet a vendu à M. X..., boul. Sébastopol, 42, ch. Baranger, un fonds d’apprêteur à neuf, r. F au-bourg-St-Martin, 18.
- MM.Forgeois et Doineauont vendu à M. Chapelain,
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- LE MONITEUR DÉ LÀ TEINTURE
- r. Fontanes, 5; Courbevoie, un fonds de blanchisseur, rue de Colombes, 30.
- M. Vignal a vendu à M. Castaing, boul. Sébastopol,
- 42, un fonds de fab. -de fleurs artificielles.
- M. Bang a vendu à M. Debaer, r. des Dames, 62,
- un fonds de teinturerie, r. des Dames, 61.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MNISTERÉ DE la Mariné
- Rochefprt, 16 décembre. , , 2
- Fourniture de vêtements de fatigue en toile.
- Dept, 500 fr.
- Cautionnement, 1,000 fr.
- Entreprise, de,blanchissage.
- Toulon, 16 décembre.!,
- Fourniture de laine à matelas blanche et crin
- torqué.
- Garantie provisoire, 500 fr.
- Cautionnement, 1,000 fr.
- Couvertures en laine.
- Garantie provisoire, 250 fr.
- Cautionnement, 500 fr.
- Nantes^ 13 décembre. . p oitib ,
- Fourniture pour Indret de vêtements de fatigue et divers objets en toile.
- D'épôt de garantie, 230 fr.
- Cautionnement, 500 fr.
- Lorienfi 15 décembre.
- Fournitures suivantes : .
- Toile grise pour matelas, paillases et traversins.
- Dép. de gar. 363; Caut. 730 fr;
- 6,000 kil. de savon. y,
- Dép. de gar. 200 fr. Caut. 400 fr.
- PRÉFECTURE DE POLICE
- Mefcrédi 15 décembre, 2 heures.
- Fourniture pendant trois années, des ceinturons, plaques de ceinturons et porte-sabres nécessaires à l’entretien de l’équipement du corps des gardiens de la paix de la ville de Paris.
- DEPARTEMENT DE cA LOIRE-NFÉRILURE
- Hospices de Nantes, vendredi 17 décembre, 2 heures.
- Le vendredi 17 décembre 1880, 2 heüres après midi, il sera procédé en séance publique, à l’Hôtel-Dieu de Nantes, par la commission administrative des hos-pices de cette ville, à l’adjudication au rabais de là fourniture de tissus, étoffes et matières.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Toulon, 11 novembre.
- 3,600 coton filé à 2 bouts.
- Sourd de Toulon, 3 fr. 30 le kilog.
- Ballaert de Roubaix, 2.30,
- E. Degrave, à Roubaix, 2.30.
- Boieldieu d’Amiens, 2.14.
- DesgréauX, de Toulon, 2.18.
- Suchet de Nantes,, 2.26.
- Valentin Èloch, 2.06.
- A. Durand de Rouen.
- N. Auzan et Bergeret à Rouen, adj. 5-2 fr.
- Toile rurale supérieure et fils.
- Desgréaux fils, de Toulon, 1 fr. 24.
- L Semie fils, à Lille, 1,15.
- Ad. Porten à Rennes, 1.09.
- Danset frères, à Lille, 1.14.
- J. Marie Guéraud, de Châteaugiron, adj. à 1.08.
- Etoffes, et tissus divers.
- Muraire de Toulon, 21,400 fr. 50.
- Sourd de Toulon, 31,233 fr. *
- Th. Faucon et Ce, à Marseille, 22,079 fr. 50.
- Gantelme de Toulon, 19,564 fr.
- Desgréaux de Toülon, adj; 16,096 fr;
- DÉPARTEMENT DU PAs-DE-CLAIS
- Asile d’aliénés de Saint-Venant.
- Le 20 novembre, a eu lieu a Saint-Venant, l’adjudi-cation de fournuitures diverses pour 1881 néces-saires à l’asile d’aliénés.
- Ont soumissionné : 1.34° let. — Toile n. 1> 3,000 m., Thiery Victor, à Armentières, 1 fr. ,
- 35e lot. — Toile grise, 1,000 m., Leroy, à Armentières, 0 fr. 86.
- 36° lot. — Toile bleue, 1,000 m., Biébuick, Armen-tières, 1 fr. 24.
- 37° lot. — Toile à matelas, 1,000 m., Leroy, 1 fr. 25.
- 43° lot. — Couvertures en laine blanche, 50 m.. Têtard, à Beauvàis, 15 fr. 82.
- Bureau de biénfaisance de Saint-Omer.
- Lé 24 novembre a eu lieu à Saint-Omer l’adjudca-tion de la fourniture d’objets d’approvisionnement nécessaires au bureau de bienfaisance.
- Àdjüdicàtàires : MM.
- Boulet Félix à Saint-Omer.
- Brisbout à Saint-Omer.
- Lorient, 24 novembre.
- Produits chimiques.
- Michon de Paris, 6,219 fr. 15. — Laure de Toulon, 6,053 fr. 40. — Berteaud, de Rochefort, 6,682 fr, 60 c. — Plazanet, de Paris, 5,589 fr. 90. — Billaut, de Paris, 5,879 fr. 40. — Desbez, de Toulon, 9,500 fr.
- . . .7 A — esror fi - K
- DÉPARTEMENT DE L’AISNE
- Asile de Prémontré. .
- . Ls 27 novembre a eu lieu à Laon l’adjudication des fournitures necessaires à l’hàile d’aliénés de Pré-montré. . . .
- Ont soumissionné : MM.
- 5° loi..— Drap, 4,500 fr.
- De Saint-Vinox, fabricant, Limoges (Haute-Vienne), 13 0/0.
- 6' lot. — Tôles, 9269 fr. .0 £, <. ; J Biebuyck, fubr. de toiles, Armentières (Nord), 100/0. 7e loi. — Cotonnodes, 6265 fr. Thiebaut-Richard, nége. Rouen, hué dé l'Hôtel-de-Ville, 0/0.
- = ' = — =..... =------------------e---—X
- Un commerçant capable et instruit» tisseur pratique, intentionné de s’établir, demande à se char-ger de la représentation pour l’Autriche, de fabriques étrangères solides, d’articles de manufacture. Il est âgé de 32 ans, occupé dès 16 ans comme commis-vendeur dans une des plus grandes fabriques de l’Autriche, qui le recommande empressément, et peut donner encore des autres premières références. Ecrire sous T. P. 934 à Mess. Haasenstein et Vogler, à Vienne.
- Le Propriétaire-Gérant : J. CHARBONNIER.
- Tous droits réservés.
- lmp. G. Colin, route Nationale, Charleville(rdennes).
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- U Année, N’ 24. ET DE L’IMPRESSION DES Tissus 20 Décembre 1880.
- SOMMAIRE
- Avis. — Matière colorante dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce, par M. Georges Witz (suite). — Fabrication de l’eau de javelle. — Noir e’aniline au cérium, par M. Heinrig Bührig.
- CHIFFONNAGE. — Impression pour chemises au rouleau- — Teinture en noir du coton non tissé. — Revue des divers procédés d’apprêts.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. — Teinture des laines et lainages. — La Carméloïne (4 échantillons).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE. — La question des couleurs. — La Société industrielle de Mulhouse. — La
- Teinture vivante. — Documents officiels. — Protection des marques de fabrique en Hollande. — Renseignements commerciaux.
- ADJUDICATIONS administratives. — Résultats.. — (Supplément) Prix-courants des produits chimiques et drogueries sur les places de Marseille, du Havre, de Paris et de Bordeaux.
- AVIS
- La table des matières du 24e volume du Moniteur de la Teinture, année 1880, sera jointe au numéro du 5 janvier 1881.
- Nous prions les abonnés, dont l'abonnement expire avec le présent numéro, et qui ne voudraient pas être considérés comme abonnés pour l'année 1881, de nous prévenir par lettre ou de retirer la table qui accompagne le numéro du 5 janvier, et de remettre ce dernier au facteur en mentionnant leur refus sur la bande.
- Nous prévenons également les personnes qui auront renouvelé leur abonnement, soit en ne refusant pas le numéro du 5 janvier 1881, soit en wus donnant avis, et qui ne nous auront pas 'églé directement, que notre quittance de 15 fr. 50 tour les départements, et de 20 fr. 50 pour réranger, leur sera présentée dans la dernière quinzaine du mois de janvier prochain.
- MATIÈRE COLORANTE dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce Mémoire de M. Georges Witz, à la Société industrielle de Rouen).
- — Suite (1) —
- Un certain nombre d’essais synthétiques ont été (1) Voir pages 241, 255, 265 et suivantes.
- tentés, en partant de diverses substances dont plusieurs sont classées comme phénols. — On a opéré dans les conditions de production de la matière colorante : ‘/1000 dissous dans l’acide acétique à 50 o/°, traité par */1000 de nitrite de soude.
- L'acide phénique lorsqu’il est pur ne donne absolument aucune trace de coloration. Avec le produit ordinaire cristallisé, après peu d’instants, coloration rouge orange que l’acide nitrique ne détruit qu’à la longue.
- Créosote. — Coloration orangée très faible qui se fonce peu à peu sans former aucun dépôt.
- Acide pyrogallique. — Rouge orange intense et stable, analogue au colorant étudié, mais toutefois sans former de cristallisation, même après plusieurs jours. Par l’évaporation spontanée, il reste une substance brun jaune, soluble dans l’eau en orangé (1).
- Une nouvelle opération avec de l’acide acétique contenant */1000 d’acide pyrogallique a donné une coloration plus intense que celle des acides du commerce les plus chargés ; l'excès de nitrite la fait pâlir comme cela a lieu avec la pyrolignéine.
- En essayant de chauffer l’acide pyrogallique avec l’acide acétique cristallisable avant d’ajouter l’eau, la couche supérieure reste seule rouge intense ; les cristaux font défaut. <
- Acide gallique. — Coloration rouge orange faible.
- (1) Remarquons que la coloration brune de l’acide pyrogallique par de très faibles quantités d’acide nitreux, en a précisément fait, entre les mains de Schœnbein, un réactif très sensible, puisque l’on peut reconnaître par ce moyen, avec une addition d’acide sulfurique faible, 12602000 d'azotite, de potasse en solution aqueuse.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Tannin. — Coloration orangée très faible.
- Acide salicylique. — Pas de coloration.
- Catéchine. — Coloration rouge orange faible.
- La pyrocatéchine, comme on le sait, se rencontre dans les vinaigres de bois, aussi y avait-il inté-rêt à examiner de près, non seulement le cachou jaune, mais particulièrement les produits qu’il fournit par une distillation sèche conduite avec lenteur. Dans un tube fermé d’un bout on a obtenu ainsi un sublimé peu abondant avec gouttes huileuses.
- 1° La solution dans l’eau et l’acide acétique se colore avec un peu de nitrite en rouge orange vif et intense^ mais par le repos le tout reste limpide et sans la moindre trace de cristallisation ou de dépôt, même après plusieurs jours (1) ;
- 2* La solution aqueuse additionnée avec ménagement d’un peu d’ammoniaque, prend une coloration brun jaune ;
- 3° La solution aqueuse additionnée de chlorure ferrique étendu devient vert foncé et brunit sans former de dépôt. L’addition d’ammoniaque donne des flocons brun foncé.
- Il y a donc, cette fois encore, similitude pour certaines réactions, mais non pas identité complète entre les produits de la distillation sèche du cachou jaune et ceux de la pyrolignéine.
- Résorcine. — Coloration orange intense, puis bientôt flocons cristallins de nuance chamois pâle, insolubles dans l’eau, sans analogie d’aspect avec la nouvelle matière colorante.
- Diphénylamine (commerciale). — La solution acétique est orangée par suite d’impuretés : la coloration n’augmente guère ni par les nitrites, ni par l’addition d’acide nitrique. En ajoutant ensuite beaucoup d’eau, un précipité d’un beau jaune vif reste longtemps en suspension, puis un dépôt jaune orange vient tapisser les parois du vase (2).
- L'aniline ne donne pas le colorant cherché.
- (1) M. R. Benedikt (Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXX, p. 449) a obtenu avec la pyrocatè-chine et l’acide nitreux une liqueur rouge brun foncé d’où, après évaporation à siccité, la benzine bouillante extrait la nitropyrocatéchine en aiguilles jau-nes, solubles dans les alcalis avec une belle couleur pourpre.
- (2) M. R. Meldola a étudié, en 1878, un dérivé analogue (voir Chemical News, t. XXXVII, p. 56, et Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXX, p. 473).
- < Lorsqu’un courant de gaz nitreux passe dans la diphénylamine dissoute dans 6 à 7 p. d'acide acétique cristallisable, il se dépose une substance cristalline jaune. Celle-ci, convenablement lavée, est décomposée par une solution alcoolique bouillante de soude
- Il en est de même : de la picoline et de la pyri-dine, alcaloïdes puissants et très solubles dans l’eau qui existent dans les matières pyrogénées ; de l'alcool amylique et de certains autres produits.
- Avec la naphtylamine la réaction de l’azotite est énergique. — Elle a donné lieu antérieurement à de nombreux travaux. — Des flocons grenat se précipitent ; ils sont insolubles dans l’eau ; l’acide acétique concentré donne une solution d’un beau violet. La matière sèche est très soluble dans l’acide phénique en brun cachou et dans l’acide sulfurique monohydraté en bleu vert sans vivacité qui vire peu à peu au violet et précipite en violet lorsqu’on ajoute de l’eau. — Le colorant diffère, d’ailleurs, totalement d’aspect et de propriétés avec la pyrolignéine.
- IV
- Il reste à parler de l’existence de la matière co-lorable dans les divers produits de la carbonisation des bois en vases clos.
- L'acide pyroligneux rectifié à 2® B, est beaucoup moins coloré qu’anciennement et son odeur empyreumatique est aussi moins accusée. Additionné à froid de ‘/,000 à 2/,000 nitrite de soude, il se colore en brun orange foncé sans grande intensité ; la présence de substances goudronneuses empêche d’obtenir un dépôt aussi nettement cristallisé qu’avec l’acide acétique.
- L'acide pyroligneux brut est déjà coloré en brun orange qui augmente beaucoup d’intensité avec un peu d’azotite.
- Les pyrolignites dont les bases sont incolores, et jusqu’au pyrolignite de plomb ordinaire, — en solution limpide, additionnés d’acide acétique se foncent jusqu’à l’orange brun par le nitrite de soude et davantage encore par l’acide nitrique.
- L'esprit de bois ou méthylène du commerce, ne se colore pas.
- L'huile empyreumatique légère, après l’addition d’acide acétique pur qui la dissout en grande partie, se colore énormément par les nitrites.
- L'eau-mère, restée longtemps en contact avec la précédente, ne se colore guère que comme le fait l’acide de la même fabrication.
- Enfin, le goudron provenant de la distillation du bois est excessivement riche en matière colorable : _______________________________________________' en donnant une solution rouge, d’où l’eau précipite une poudre cristalline jaune. Cette dernière est soluble dans la benzine, le pétrole, l’alcool, et ses solutions teignent la soie et la laine en un beau jaune, qui n’est attaqué ni par les acides ni par les alcalis. »
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 279
- on s’en assure en le dissolvant dans l’alcool et l’acide acétique, puis en étendant d’eau et ajoutant un azotite.
- (A suivre).
- FABRICATION
- DE L’EAU DE JAVELLE
- L’usage des chlorures décolorants est aujourd’hui très étendu, car ils ne remplacent pas seulement le chlore dans les cas de désinfection et pour tous ses emplois en médecine, ils lui sont aussi substitués pour le blanchiment des tissus.
- L’époque précise de leur découverte est incertaine. En 1789, le chlorure de potasse était déjà usité sous le nom d'eau de javelle, du nom d’un petit village près Paris où il parait qu’on le fabriqua d’abord. C'est ce chlorure qu’on emploie de préférence dans les ménages pour blanchir le linge.
- Les chlorures de potasse et de soude ne peuvent être amenés à l’état solide, comme le chlorure de chaux, car ils perdent toutes leurs propriétés dès qu’on évapore leurs dissolutions. On les prépare actuellement d’une manière très commode, à l’aide du chlorure de chaux solide qne le commerce fournit à bas prix. On le dissout dans l’eau et on verse dans la liqueur claire une solution de carbonate de potasse ou de soude jusqu’à cessation du précipité. Il en résulte du carbonate de chaux qui se dépose à l’état de poudre blanche et du chlorure de potasse ou de soude liquides.
- Voici les meilleures proportions à employer :
- Chlorure de chaux à 100*...............I kilog.
- Carbonate de soude cristallisé. . . . 2 —
- Ou
- Carbonate dépotasse (perlasse) ... 1 kil. 200.
- Eau ......................................45 lit.
- On délaye peu à peu le chlorure de chaux dans 20 litres d’eau. Après un repos de deux ou trois heures, on filtre, soit sur un papier quand on agit en petit ; soit sur une toile serrée, tendue sur un batis, quand on opère plus en grand. On jette le résidu sur le même filtre ; on lave avec 10 litres d’eau ajoutés à plusieurs reprises.
- D’un autre côté, on fait dissoudre le carbonate de soude à chaud, le carbonate de potasse à froid, dans 15 litres d’eau, ce qui complète les 45 litres énoncés ; on filtre, puis on mêle la solution froide
- à celle du chlorure de chaux, en agitant avec une baguette en verre. On laisse reposer, on tire à clair.
- Le litre de ces chlorures ou hypochlorites d’où la chaux est complètement éliminée, ne revient pas à plus de 5 ou 6 centimes.
- Manière de faire soi-même l’eau de javelle à l’usage des teinturiers.
- 100 litres d’eau.
- Mettez 5 kilog. potasse toscane.
- Dans un bain séparé, faites dissoudre 5 kilog. chlorure de chaux. Bien pallier ces deux bains séparément 7 à 8 fois d’heure en heure, les laisser déposer, tirer au clair et les mêler.
- NOIR D’ANILINE AU CÉRIUM par Heinrich Buhrig
- (Extrait du Di,ngler‘s Polytechnisches journal)
- Le noir d’aniline au Cérium, que M. Kruis a signalé en 1874 comme le noir d’aniline le plus beau et le plus pur, n’a pas trouvé jusqu’ici d’application dans les ateliers d’impression du coton pour plusieurs raisons. La première est le prix élevé des sels de cérium relativement à ceux du cuivre; la seconde est l’action énergique des sels de vanadium, qui rend leur emploi très peu coûteux; enfin, il est à remarquer que, jusqu’à présent, personne ne semble s’être donné la peine d’essayer d’obtenir un sel de cérium à bon marché et d’étudier d’une manière complète l’efficacité des combinaisons du cérium au point de vue de la production du noir d’aniline. Il est hors de doute que sans cela, les sels de cérium auraient disputé la palme aux composés de vanadium et de cuivre. Bien que les sels de vanadium l’emportent sur ceux de cérium, en ce sens qu’une trace des premiers produit une action très intense, les résultats favorables et le bon marché résultant de la grande simplicité de la préparation des s.ls de cérium constituent des avantages très importants dans la fabrication du noir d’aniline.
- Chaque atelier d’impression peut préparer lui même les sels de cérium dont il a besoin,parce que l’opération n’exige aucune disposition ou appareil spécial et ne nécessite aucune habitude des travaux chimiques. A suivre.
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- O 00 G®
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CHIFFONNAGE
- IMPRESSION
- POUR CHIEMISES AU ROULEAU
- Gris cachou
- Imprimer acétate de fer, passer en bouse comme à l’ordinaire ; teindre par pièce de 42 mètres.
- Avec
- 13/8 à 3/4 litre bain cachou ci-dessous :
- 1 litre et demi soude caustique à 8° Réaumur.
- 200 gr. cachou.
- Eau nécessaire.
- Elever peu à peu la température et teindre jusqu’à la nuance. Lavez de suite.
- En variant un peu le mordant on obtient une foule de nuances.
- Autre gris cachou
- 1 litre 1 /2 pyrolignite de fer à 10°.
- 1 — d’eau.
- 6 litres 3/4 eau de gomme.
- Quarante-huit heures après l’impression dégommer et teindre avec bain de cachou indiqué ci-dessus.
- Autre gris cachou
- 1 litre 1/2 pyrolignite à 10°.
- 1 — eau.
- 9 litres eau de gomme.
- 48 heures après l’impression dégommer et teindre avec bain de cachou indiqué ci-dessus.
- Gris vapeur pour fonds unis
- 6 litres eau de gomme.
- 1 litre 1/2 bain cachou.
- 62 à 136 gr. nitrate de fer.
- Quarante-huit heures après l’impression, dégommer avec chromate et laver.
- TEINTURE
- EN NOIR DU COTON NON TISSÉ
- Les quantités indiquées ci-dessous sont pour 5 kilog de coton.
- L’opération se divise en deux parties.
- 454 grammes d’extrait de campêche ;
- 2 1/4 litres d’eau.
- Dans ce bain on introduit 100 grammes d'éche-veaux de coton qu’on y laisse séjourner quelque temps, qu’on exprime ensuite et qu’on laisse sécher à l’air.
- On traite de la même manière le reste du coton par fractions de 100 grammes, en rafraîchissant le bain pour chaque 100 grammes avec un quart d’une solution
- de 1 kilog extrait de campêche
- dans 10 litres d’eau.
- On prépare un bain de mordant comme il suit :
- On dissout 287 gr. de bichromate de potasse.
- — 200 gr. de carbonate de soude cristallisé
- dans 2 litres 1/4 d’eau.
- Dans ce bain, on introduit 1/5 imprégné de couleur et séché, on l’y laisse quelque temps, puis on l’exprime, on le lave et on le sèche. On procède de la même manière pour les 4/5 restants du coton, en y ajoutant au bain pour chaque 1/5 :
- 1/4 de la solution suivante :
- 500 grammes bichromate de potasse -,
- 125 id. cristaux de soude ;
- 10 litres d’eau.
- REVUE
- DES DIVERS PROCÉDÉS D’APPRÉTS.
- Apprêts des piqués de coton
- Par M. Tausin.
- Les piqués^ brillantés et, en général, tous les tissus présentant des reliefs éprouvent dans la série des manutentions nécessaires au blanchiment un écrasement qui fait disparaître en partie le dessin. Le procédé indiqué par M. Tausin pour restituer le relief et le brillant est le suivant: 1° Le tissu en chiffon^ c’est-à-dire après blanchiment, est apprêté et séché sur des barrettes de manière à rester tendu en largeur -, 2° sorti du séchoir, le tissu est humecté à l’aide d’une machine à pulvériser l’eau et laissé en l’état pendant 12 à 15 heures, afin que l’humidité se répartisse également ; 3° le tissu ainsi imbibé est fortement cylindre ou calandré, à froid ou à chaud selon les circonstances ; 4° le tissu dressé sur un métier à sécher est soumis à un léger déraillage. Parfois, pour donner
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- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS 281
- plus de fermeté à l’étoffe, il convient encore d’ap- | pliquer un apprêt à l’envers.
- Apprêts de la bonneterie.
- Par MM. Bondon et Ce.
- Après la fabrication, les articles de bonneterie, tels que gilets, pantalons, bas, chaussettes, etc., sont placés sur des formes rigides, exposés à l’action de la vapeur, puis empilés et pressés à la presse hydraulique.
- MM. Bonbon et Cie réunissent les deux opérations en une seule et substituent à la presse hydraulique une machine à cylindrer ou calandre. Pour réaliser cette application il fallait approprier la machine et les formes à leur emploi combiné. Les brevetés y sont parvenus en remplaçant les formes rigides par des formes souples en carton, en feuilles de zinc ou autre matière flexible. Grâce à cette flexibilité, les formes garnies des articles tricotés passent entre le cylindre et le feutre de la machine en épousant momentanément les contours circulaires de cette calandre.
- Apprêts sur tissus par impression mécanique au moyen de Machines à imprimer les tissus dites : Machines à rouleaux.
- Par M. Luthringer.
- Pendant l’opération de l’application directe de l’apprêt par impression mécanique aux tissus, au moyen de machines à imprimer les tissus, dites machines à rouleaux, le tissu s’imprégnant d’apprêt; en passant entre le cylindre gravé, appelé cylindre imprimeur, qui fournit l’apprêt, et le cylindre uni tournant sur ce dernier, appelé cylindre presseur, laisse tamiser contre le cylindre presseur une partie de l’apprêt que fournit le cylindre imprimeur.
- Ce cylindre presseur s’empare constamment de cette partie d’apprêt pendant la marche.
- 1° L’inventeur évite l’accumulation de l’apprêt autour du cylindre presseur, en établissant entre ce cylindre et un autre cylindre uni, mis en pression contre ledit cylindre presseur et conduit par ce dernier, une course sans fin d’un tissu quelconque lavé et exprimé sans cesse pendant son parcours au moyen d’auges contenant de l’eau, auges suivies de cylindres compresseurs unis, servant à 1 essorage de 1 eau, qui s’est emparée de l’excédant d apprêt que le tissu imprégné d’apprêt a laissé ta
- miser contre le cylindre presseur. Ces cylindres compresseurs unis sont mis en mouvement par le cylindre imprimeur qui fournit l’apprêt. Cette course de tissu sans fin peut être en laine ou drap, coton, toile, alpaga ou soie, tissus mélangés. Quelques mètres suffisent pour la former. Cette course sans fin et son cylindre uni, en pression contre le cylindre presseur, peuvent être placés devant ou derrière la machine à imprimer, et le rôle principal de cette course de tissu est d’enlever sans cesse autour du cylindre presseur la partie d’apprêts que le tissu a laissé traverser contre lui, pendant l’application de l'apprêt.
- 2° L’inventeur peut remplacer cette course permanente sans fin, lavée et exprimée par une course sèche d’un tissu quelconque d’une longueur indéterminée ou du moins égale à la longueur du tissu à apprêter. Seulement ce second moyen est beaucoup plus coûteux que le premier.
- 30 II emploie également pour enlever l'excédant d'apprêt autour du cylindre presseur, une course permanente, également sans fin, lavée et exprimée sans cesse pendant la marche, agissant par frottement continu contre le cylindre presseur. Cette course par frottement continu exécute son parcours dans une direction opposée à celle de l’étoffe qui reçoit l’apprêt. Elle vient pour ainsi dire à la rencontre du cylindre presseur.
- Pour cela, on place un rouleau en bois ou en métal derrière la machine et parallèlement au cylindre presseur, mais sans le faire toucher ce dernier, et on établit la course dans l’espace compris entre le cylindre presseur et le rouleau de bois ou de métal, puis on dirige le ronleau posé sur des coussinets, de manière à faire porter le plus possible d’étoffe de course en circonférence contre le cylindre presseur. Le plus ou moins de portée de l’étoffe en circonférence résulte du plus ou moins de rapprochement du rouleau uni contre le cylindre presseur.
- Le rôle principal de cette course sans fin exerçant son action par frottement contre le cylindre presseur est d’enlever sans cesse, contre ce cylindre, la partie d’apprêt que le tissu a laissé traverser contre lui pendant l’application del’apprêt.
- 4° L’inventeur peut également remplacer cette course sans fin, lavée et exprimée, agissant par frottement contre le cylindre presseur, par une course sèche d’un tissu quelconque d’une longueur
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- indéterminée ou du moins égale à la longueur du tissu à apprêter. Seulement ce moyen, comme il est dit au S 2 est plus coûteux.
- ------- cii-cosv—-----------
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- TEINTURE
- DES LAINES ET LAINAGES
- Rouge Turc No 1.
- Pour 60 kilos :
- 6 à 7 kilos de tartre ;
- 12 kilos de la composition suivante :
- 30 kilos acide muriatique ;
- 20 — d’eau tiède ;
- 15 — acide nitrique ;
- 9 — étain filé -,
- 12 — cochenille en poudre.
- Faire bouillir une heure à une heure et demie. Ensuite levez et ajoutez :
- 10 kilos cochenille ammoniacale.
- Rentrer et manœuvrer jusqu’à ce que la nuance désirée soit assez haute, une heure après.
- Aujourd’hui on remplace la cochenille par la fuchsine, mais la couleur est moins solide quoique ayant plus d’éclat.
- Rouge Turc No 2.
- Pour 60 kilos :
- 6 kilos de tartre ;
- 10 — de la composition indiquée ci-dessus ; 8 — cochenille en poudre ; Manœuvrer une heure, lever, et ajouter : 10 kilos cochenille ammoniacale.
- Manœuvrer une heure, lever et ajouter de l'or-seille, soit la quantité suffisante pour la nuance désirée, éventez et lavez.
- Rouge Turc No 3. A la laque-dye.
- 30 kilos laine dégraissée ;
- Q. S. eau;
- 3 kilos de la composition indiquée ci-dessus ;
- 3 — tartre.
- Bouillir trois quarts d’heure.
- Lever et ajouter :
- 1 kilo 500 tartre;
- 3 kilos de la même composition indiquée ; 12 — laque-dye.
- Bouillir pendant 60 à 75 minutes.
- Laver, teindre avec de la fuchsine jusqu’à hauteur de la nuance que l’on désire. — Rincer.
- Vert.
- Cuite de bois jaune.
- 1,000 kilos bois jaune (copeaux). — eau.
- Cuire cinq heures.
- Vert No 1.
- Pour 10 kilos :
- Q. S. eau.
- I kilo 500 gr. tartre.
- 1 — alun ;
- 20 litres bois jaune ;
- 300 gr. carmin d’indigo.
- Teindre en trois quarts d’heure au bouillon. — Laver.
- (A suivre.)
- LA CARMÉLOÏNE (I)
- Le Moniteur de la Teinture a déjà parlé de la carméloïne de la maison Max Singer. Cette nouvelle matière tinctoriale qui a tant de vogue dans nos établissements de teinture aété perfectionnée depuis. Non-seulement la carméloïne a plus d’affinité pour la laine et la soie,"mais on est parvenu à l’employer plus économiquement.
- Des échantillons que nous donnons comme preuves à l’appui prouveront notre dire.
- L’échantillon n° 1 est fait avec 25 grammes de carméloïne B par kilo de laine.
- N* 1 R. 25 gram
- On emploie pour mordant le sulfate de soude et l’acide sulfurique.
- (1) L’office du journal est concessionnaire exclusif {tour la vente de ce produit pour le département de a Seine. — Nous nous sommes mis en mesure de pouvoir satisfaire toutes les commandes.
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- BT DB L’IMPRESSION DBS TISSUS
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- L’échantillon n° 2 est teint par les mêmes procédés et avec la même quantité de colorant F.
- N* 2. F. 25 grammes.
- Afin d’arriver à des teintes plus foncées on en-galle la laine avec 2 kilos de bichromate et 2 kil. 500 gr. d’acide sulfurique pour 100 kilos de laine.
- Après trois quarts d'heure on enlève, on évente et on forme un second bain avec plus ou moins de campêche.
- L’échantillon n® 3 est fait avec 250 grammes de carméloïne R et 1 kilo de campêche, c’est-à-dire la décoction de 1 kilo de ce bois pour 10 kilos de laine.
- N* 3. H. 250 grammes.
- L’échantillon n9 4 est obtenu avec 250 grammes de carméloïne F et 1 kil. 500 gr. de campêche.
- Pour des olive ou vert foncé, il suffit de diminuer la quantité de campêche et de forcer un peu la quantité de la carméloïne.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- LA QUESTION DES COULEURS
- La commission du tarif général dans une de ses séances a terminé la discussion sur les couleurs artificielles et a fixé les droits à 2 fr. 50 par kilog.
- Ce droit insignifiant pour les couleurs chères devient très onéreux pour la plupart des couleurs à bas prix qui forment la presque totalité de celles employées par les teinturiers.
- Cette question est en effet des plus graves, elle touche grandement aux intérêts de la masse populaire, à ceux du Trésor, et à celle des fabricants de couleurs d’aniline, tant Français qu’étrangers.
- Evidemment le but de la commission était de satisfaire tout le mondet but bien difficile à atteindre; aussi craignons-nous qu’elle n’ait justement atteint le but opposé.
- Certes nous ne dirions rien si la France était, comme l’étranger, puissamment outillée pour produire toutes les matières colorantes artificielles. Malheureusement, il n’en est pas ainsi, ce qui force ainsi tous les teinturiers, les imprimeurs sur étoffe, les filateurs, les fabricants à acheter à l’étranger la plus grande partie des couleurs d’aniline dont ils ont besoin : car les couleurs d’origine française ne peuvent lutter contre celles de provenance étrangère soit comme prix, qui "sont très élevés, soit comme qualité et comme quantité.
- Dans toute la France tous les fabricants teinturiers, etc., signent en masse des pétitions contre ce projet, tant à Roubaix qu’à Lyon, Saint-Etienne, etc., etc.
- Le Moniteur de la Teinture s’associe volontiers en faveur de ce projet fait appel à tous ses lecteurs intéressés de France, et recevra toutes les lettres qui lui seront adressées.
- Voici le texte de la pétition adressée aux membres du Sénat :
- « Messieurs les Président et Membres du Sénat,
- » Le Sénat doit se prononcer d’ici à quelques jours sur la proposition de frapper d’un droit d’entrée de 2 fr. 50 par kilog. les couleurs d’aniline venant de l’étranger. Ce droit est non-seulement exagéré, mais encore, au moment où le gouvernement s’occupe avec tant de sollicitude du dégrève-
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- 88 H..
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment des impôts, les consommateurs de couleurs d’aniline sont en droit de trouver bien lourd, pour ne pas dire injuste, la nouvelle charge qu’il est question de leur imposer.
- » Les teinturiers, les imprimeurs sur étoffe, les filateurs, les fabricants sont forcés d’acheter à l’étranger la plus grande partie des couleurs d’aniline dont ils ont besoin ; car il n’y a que quelques industriels français qui fabriquent les couleurs tirées du goudron de houille. La plupart des colorants doivent venir de l’étranger, soit parce qu’ils sont supérieurs aux produits similaires français, soit parce que ses brevets empêchent nos compatriotes de se livrer à la préparation de certaines matières tinctoriales.
- On comprendrait un droit protecteur de 2 fr. 50 par kilog., si les consommateurs pouvaient acheter à des fabricants français TOUT ce dont ils ont besoin ; mais, pour les raisons que nous venons de citer, nous sommes forcés de nous approvisionner à l’étranger : il arrivera donc que nos produits comme fabricants, imprimeurs sur étoffes, teinturiers, etc., ne pourront plus lutter avec ceux de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Suisse, de la Belgique, où nos concurrents se procureront à meilleur compte des couleurs d’aniline supérieures aux nôtres : il arrivera aussi que nous ne pourrons plus profiter des nouvelles découvertes faites continuellement par la chimie tinctoriale, car le droit de 2 fr. 50 ne nous permettra pas de faire l’acquisition de ces nouveautés, dont une seule suffit parfois pour modifier de fond en comble toutes les conditions de la production.
- Les fabricants français, avouons-le, n’ont pour ainsi dire rien inventé en fait de chimie tinctoriale depuis quelques années : toutes les matières colorantes en vogue, toutes les nouveautés nous viennent de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la Suisse et de la Belgique : si l’impôt était voté, nous n’en devrions pas moins nous fournir dans ces pays-là, et nous ne pourrions plus lutter avec eux à armes égales pour les produits fabriqués, puisque nous devrions payer plus cher une des principales matières premières.
- C’est pourquoi nous vous prions instamment, Messieurs les sénateurs, de rejeter la proposition en question qui serait fatale à plusieurs branches importantes de l’industrie nationale.
- Veuillez agréer, etc.
- LA SOCIÉTÉ _ DE MULHOUSE
- PROGRAMME DES PRIX
- conditions générales
- ARTS CHIMIQUES
- 1. Médaille d’argent pour la théorie de la fabrication du rouge d’Andrinople. L’auteur devra indiquer la modification que subit l’huile en passant à l’état de mordant organique, et donner par conséquent l’analyse comparative de l’huile qui a servi à l’huilage et de la même huile extraite du tissu après les opérations de l’huilage.
- II. Médaille d’argent pour un mémoire sur la théorie et la fabrication des rouges à l'alizarine par le procédé rapide basé sur l’emploi des corps modifiés et rendus solubles.
- III. Médaille d’honneur pour la préparation de laques de garance foncées, rouges ou violettes. Ces laques devront être faciles à délayer et posséder la solidité et la nuance des couleurs de garance avivées.
- IV. Médaille d’honneur et une somme de 1,000 fr. pour une substance pouvant remplacer, dans l’industrie des toiles peintes, l’albumine sèche des œufs, et présentant une économie notable sur le prix de l’albumine.
- Les matières colorées en poudre fine ou en pâte, telles que l’outremer ou les laques fixées au moyen de l’albumine sur les différents tissus, ont plus ou moins d’adhérence sur ces tissus, suivant le plus ou moins d’albumine sèche employée. Il faut donc que la substance devant remplacer l’albumine produise des couleurs au moins aussi solides que le fait l’albumine dans les meilleures circonstances. Les couleurs fixées avec le nouvel épaisissant devront supporter les difiérents passages, tels que savons, etc., et résister aussi bien au frottement que les mêmes couleurs fixées à l’albumine, sans leur donner plus de raideur.
- V. Médaille d’honneur et une somme de 500 fr. pour une albumine du sang décolorée, et ne se décolorant pas par le vaporisage.
- L’albumine du sang est restée jusqu’ici le meilleur, le seul substitut réel de l’albumine d’œufs, et si son emploi est limité à l’impression de certaines couleurs, cela est dû uniquement à sa coloration. Une albumine du sang suffisamment décolorée
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- pourrait donc remplacer le blanc d’œufs desséché dans toutes ses applications industrielles-, mais il faudrait que cette albumine pût se vendre à un prix inférieur à celui de l’albumine d’œufs, qu’elle n’eût pas perdu la propriété de se dissoudre complètement dans l’eau froide et d’être coagulée par la chaleur, et présentât la même viscosité que l'albumine d’œufs.
- VI. Médaille d’honneur pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- Le blanchiment des laines et de la soie est encore très incomplet ; les opérations réitérées par lesquelles on passe les laines et la soie suffisent à peine à les dégraisser et à réduire leur matière colorante, sans toutefois la détruire. Les laines et les soies d’apparence blanche tiennent cette qualité bien plus de celle de la matière première que de l’effet du blanchiment.
- Le procédé que nous exigeons devra réussir sur toutes les qualités de laines ou soies, sans adjonction de l’azurage complémentaire avec lequel on imite un faux blanc. Il devra supporter un vaporisage d’une heure et ne pas nuire aux couleurs d’impression.
- VIL Médaille d’honneur pour un procédé de blanchiment enlevant aux tissus de coton écrus toutes les substances amylacées qu’ils peuvent renfermer, sans altérer le tissu et sans augmentation notable de dépenses. Les procédés généralement en usage, tels que la fermentation et le lessivage en chaux, n’enlèvent qu’imparfaitement et irrégulièrement ces substances. L’emploi de la diastase, préconisée pendant quelque temps, n’a pas donné dans la pratique les résultats qu’on en espérait.
- La fermentation, procédé rationnel, autrefois employé, a été abandonnée à cause de la trop grande quantité de pièces altérées qu’elle a occasionnée. Cette altération serait d’autant plus à craindre que l’on opère aujourd’hui sur des plus grandes masses.
- VIII. Médaille d’argent pour un mémoire sur l’emploi des résines dans le blanchiment des tissus de coton.
- Le mémoire devra indiquer à quelle époque remonte l’emploi du savon de résine, le rôle qu’il joue dans le lessivage des tissus, les proportions dans lesquelles la résine doit être employée, le meilleur mode de préparation du savon de résine, ainsi que les qualités de résine qui conviennent le
- mieux ; enfin, si les savons faits avec des corps gras tirés du règne végétal ou animal peuvent remplacer le savon de résine, en donnant les mêmes résultats.
- LA TEINTURE VIVANTE
- Il n’est pas rare de voir errer dans les rues de Paris des chiens teints en bleu, en vert ou en d’autres nuances ou dont la queue seulement est ornée de fraîches couleurs peu ordinaires à leur race ; ces animaux appartiennent, sans aucun doute, à des teinturiers qui font des applications de leur art.
- On vit, il y a quelques années, un cheval teint en jaune que son propriétaire, un teinturier, promenait à travers la capitale. Cette habile réclame a dépassé les prévisions de son auteur.
- Les chevaux sont sujets à ces sortes de teintures soit pour les embellir, soit par plaisanterie.
- On vit dernièrement, aux Champs-Elysés, une élégante calèche attelée de deux magnifiques chevaux d’une couleur jonquille claire dont la crinière et la queue étaient duplus beau noir. La queue et la crinière étaient teintes au nitrate d’argent. Ces beaux chevaux appartenaient à une des célibrités cascadeuses qui s’entendait parfaitement au maquillage, car l’effet était magnifique.
- Une autre fois, un particulier achète au marché un cheval gris foncé presque noir très bon marché. Cependant, quelques jours après, il remarquait que son cheval grisonnait et un jour qu’il sort par une pluie battante, le cheval se dépouille de sa -teinture noire et devient gris pommelé, et il s’aperçoit, mais un peu tard, qu’il avait été teint. Cette teinture n’étaitpas faite pourla fraude puisque l’animal était magnifique avec ses couleurs naturelles. Il fut bientôt renseigné; car un jour, se promenant à Boulogne-sur-Seine, son cheval ne voulut plus obéir à la guide, faisait des 'efforts pour prendre une direction -, ne pouvant pas le diriger il le laissa faire, et, poussant des hennissements joyeux, le cheval se dirigea dans une ferme où il fut reçu avec acclamation. Là, tout s’expliqua ; le cheval avait été volé et travesti de cette façon afin qu’il ne fût pas reconnu par son propriétaire.
- Hier, Mlle X.... possédait un superbe cheval blanc, qu'r >le montait tous les matins avec une certaine vanité.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Or, ayant à se plaindre de son cocher, Mlle X.... le mit à la porte.
- Avant-hier matin en faisant sa promenade à cheval, elle s’aperçut que tout le monde souriait sur son passage.
- Le cocher n’avait rien trouvé de mieux pour se venger, que de passer à VEau des fées la queue du cheval; du plus beau blanc, elle était devenue couleur d’ébène !
- DOCUMENTS OFFICIELS
- Ministère des postes et des télégraphes
- Abonnements internationaux
- Tous les bureaux de poste sont autorisés déjà à recevoir des abonnements aux journaux et publications périodiques publiés en Belgique, en Suisse, en Italie, dans les Pays-Bas et en Danemark.
- A partir du 1er décembre prochain, le public pourra s’abonner également aux journaux suédois moyennant un droit de commission de 3 p. 100 avec minimum de 25 centimes, qui sera prélevé sur le prix d’abonnement ou payé en sus par l’abonné, suivant les conditions indiquées par les éditeurs.
- La liste des journaux suédois, les titres et les conditions d’abonnement ont été notifiés à l’administration des postes de France.
- Recouvrements internationaux
- À partir du 1er décembre prochain, la poste se chargera de l’encaissement des valeurs, de toute nature payables en Suède, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, dans le grand-duché de Luxembourg, dans les Pays-Bas, en Roumanie et vice versâ.
- Aucun envoi ne devra dépasser 500 francs (360 couronnes).
- Le montant des valeurs à encaisser devra toujours être exprimé par l’expéditeur lui-même en monnaie du pays de destination (couronnes etore); les valeurs devront toutes être payables sans frais', la signature pour acquit de l'expéditeur est obligatoire.
- Les enveloppes destinées à la transmission des valeurs à encaisser seront fournies dans chaque bureau de poste contre paiement de la taxe fixe d’affranchissement de 25 centimes. Elles seront
- fermées par l’expéditeur et déposées au guichet pour être envoyées sous recommandation au bureau étranger chargé du recouvrement.
- La même enveloppe ne devra contenir que des valeurs à recouvrer sur le même débiteur.
- Il est interdit d’insérer dans le pli aucune lettre ou note pouvant tenir lieu de correspondance entre le créancier et le débiteur.
- Les valeurs qui n’ont pu être recouvrées sont renvoyées sans frais au déposant.
- Les sommes encaissées lui sont transmises au moyen d’un mandat de poste, après déduction :
- 1° D’une taxe d’encaissement fixée, en Suède, à 10 ores (13 centimes, 8) par 20 couronnes (27 fr. 60 c.) avec maximum de 40 ores (55 centimes, 2) ;
- 2° Des droits de timbre perçus, s’il y a lieu, sur les valeurs recouvrées ;
- 3° Des frais ordinaires afférents à l’émission des mandats de poste.
- LA PROTECTION DES MARQUES DE FABRIQUE EN HOLLANDE
- C’est le 1er janvier prochain que doit entrer en vigueur uue loi, récemment votée en Hollande, sur les marques de fabrique et de commerce. Cette loi intéresse notre commerce d’exportation et la propriété des marques des industriels et négociants français, qui a été garantie dans les Pays-Bas par le traité de commerce de 1865. La nouvelle loi substitue un ensemble législatif complet à une foule de dispositions éparses analogues à celles que nous avons abrogées en France dès 1857.
- L’observation de l’article 12 de la loi doit tout particulièrement préoccuper nos nationaux. En vertu de cet article, toute personne qui, au moment de la mise à exécution de la loi, possédera, dans le royaume de Hollande, un droit exclusif à l'usage d’une marque, le conservera pendant six mois, mais devra, dans le même délai, renouveler le dépôt de la marque.
- Cette formalité, en ce qui concerne les Français et autres étrangers non-domiciliés dans les Pays-Bas, sera remplie au Greffe du tribunal d’Amsterdam. Les intéressés devront remettre au greffe une description exacte et deux modèles de leur marque, et indiquer la nature des objets auxquels elle est destinée. Il leur sera délivré un certificat, qui leur assurera le bénéfice de la législation nouvelle.
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- Le gouvernement du Danemark vient également de promulguer une loi sur le même objet. Cette loi sera exécutoire dès le 15 novembre 1880. Nos nationaux pourront, à partir de cette époque, déposer leurs marques de fabrique et de commerce dans le royaume de Danemark, où elles ne jouissent aujourd’hui que de la protection très incertaine que leur assure, sans exiger d’ailleurs le dépôt préalable, le code pénal danois.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- FAILLITES
- Déclaration de faillite.
- — 23 novembre. —
- Vichy, Bloch et Cie, fab. de tissus, rue du Sentier, 29, à Paris. — Juge-commissaire : M. Guillotin. — Syndic : M. Lamoureux.
- SOCIÉTÉS
- Formations de Sociétés.
- Société en nom collectif Boudet et Delavelle, fab. de bonneterie et autres articles en laine et en coton, à Troyes. — Durée : 10 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 18 oct. 1880.
- Société en nom collectif Poul-Pradel (laines), faub. la Trivalle, à Carcassonne. — Durée : 20 àns. — Cap.: 40,000 fr. — Acte du 26 oct. 1880.
- Société en nom collectif veuve Decaen et Audebert (papiers peints) ; rue Picpus, 34 et 36, à Paris. — Durée : 11 ans. — Cap. : 101,000 fr. — Acte du 20 nov. 1880. — J. g. d’A.
- Formation de la Société en commandite Bonfils frères et Cie, fab. d’articles de chamoiserie, à Bre-loux (Deux-Sèvres^. — Durée : 10 ans. — Capital : 120,000 fr. dont le tiers en commandite. — Acte du 8 nov. 1880.
- Formation de la Société en nom collectif Auzanet et Cie, mégissiers à St-Jumen (Haute-Vienne). — Durée : illimitée. — Cap. : 14,000 fr. — Acte du 7 nov. 1880.
- Paris. — Formation de la Société en nom collectif, Ch. Blind et Cie, fab. de chapeaux de paille et de feutre, rue Paul Lelong, 19. — Durée : 9 ans. — Cap.: 50,000 fr. — Acte du 30 nov. 1880. — A. P.
- Dissolutions de Sociétés.
- Dissolution, à partir du 30 nov. 1880, de la Société Arquembourg frères, filateurs de lin, au Pont-de-Metz, à Amiens. — Liquid. : M. Louis-Vinocq-Joseph Arquembourg. — Acte du 4 nov. 1880.
- . Dissolution, à partir du 11 nov. 1880, de la Société C. Cano et Cie, fab. et blanchisseurs de couvertures, rue de Bourbon, 33, à Lyon. - Liquid. : M. Teillard. — Jug. du même jour.
- Dissolution, à partir du 1er déc. 1880, de la Société Boujiard et Grubben (échardonnage chimique des laines, blousses, etc.), à Elbeuf. — Liquid. : les associés. — M. H. Boujiard se chargera à l’avenir des opérations de façon et M. Grubben continuera l’industrie de l’épaillage sous la raison : ancienne maison Boujiard et Grubben, Guillaume Grubben, successeur. — Acte du 20 oct. 1880.
- Dissolution, à partir du 11 nov. 1880, de la Société Perroudon et Sotton, teinturiers, à Régny. — Liqui. : M. Renard, comptable. — Jug. du même jour.
- Paris. — Dissolution, à partir du 7 déc. 1880, de la Société Taillefer et Jalbert, fab. de boutons, rue du Chemin-Vert, 67. — Liquid. : M. Taillefer.— Acte du même jour. — J. g. d’A.
- Paris. — Dissolution, à partir du 31 déc. 1880, de la Société Gallon père et fils, teinturiers en peaux pour ganterie à façon, rue de la Butte-Chaumont, 11, — M. Gallon fils continue seul. — Acte du 24 nov. 1880. - J. g. d’A.
- Lyon. — Dissolution, à partir du 3 déc. 1880, de la Société Othon Petit et Cie, fab. de tissus caoutchouc et tissus velours élastiques, dont le siège était d’abord à St-Etienne, puis à Lyon, rue Jean-de-Tour-nés, 10. — Liquid. : M. Dode, expert teneur de livres. — Jug. du même jour.
- Modifications de Sociétés.
- Modification de la Société F. Van Elslande-Motte et fils (laines en tous genres), rue du Haze, 37, à Tourcoing, par la substitution de Mme Van Elslande-Motte à son mari, décédé. — Acte du 4 nov. 1880.
- Modification de la Société Charles Bœttel et Cie (plumes pour parures), rue d’Aboukir, 17, à Paris, par le retrait de M. Spruyt. — Acte du 27 nov. 1880. — A. P.
- Paris. — Modification de la Société en commandite X. Hurstel, Hamm et Cie (ancienne société Hurs-tel frères Hamm et Cie), fab. de tissus de laine, au Petit-Neuville, près St-Quentin (Aisne), avec maison de vente à Paris, rue St-Joseph, 10, devenue A. Hamm et Cie, M. Hurstel (Xavier), devenant simple commanditairè. — Délibération du 13 novembre 1880. — J. g. d’A.
- Prorogation de Société.
- Paris. — Prorogation de 5 ans du 1er janvier 1888, au 1er janv. 1893, de la Société en nom collectif Sé-michon et Bignet, peaussiers, et transfert du 1er jan. 1881 du siège social de la rue St-Sauveur, 4 bis, à la rue Beaurepaire, 8. — Acte du 6 déc. 1880. — G. T.
- Ventes de fonds de commerce.
- M. Chévreux a vendu à M. Leroy, rue du Caire, 33, un fonds de fab de fleurs, rue du Caire, 45.
- M. Lebrun a vendu à M. X..., boul. Poisonnière, un fonds d’apprêteur à neuf, r. Poissonnière, 27.
- M. Dubuard a vendu à M. Foucret, rue de la Fon-tenelle, un fonds de teinturerie, rue Butte-Chaumont, 79.
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- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg, 6 janvier.
- Fournitures suivantes :
- 10,000 gil. feutre animal en bandes ; 500 fr. ; 1,000fr,
- Cherbourg, 6 janvier.
- Fourniture de divers objets de menuiserie, meubles divers, divers objets de tonnellerie.
- 2,500 mètres carrés de toile peinte pour tapis de pied.
- Dépôt provisoire : 450 fr.
- Cautionnement définitif : 900 fr.
- Brest, 6 janvier.
- Fourniture de matières colorantes. — Dép, de gar.: 700 fr. — Caut. déf. : 1,400 fr.
- Administration générale de l'assistance
- A PARIS
- Samedi S janvier, 8 heures.
- FOURNITURE DE TOILES
- Le samedi 8 janvier 1881, à une heure, il sera procédé publiquement au chef-lieu de l’administrationgé-nérale de l’Assistance publique, quai de Gesvres, 4, à l’adjudication au rabais et sur soumissions cachetées de la fourniture de toiles et étoffes de fil nécessaire au service des hôpitaux et hospices civils de Paris pendant l’année 1881.
- Cette fourniture qui comprend 715,600 m. de toiles de 22 sortes sera adjugée en 27 lots.
- S’adresser pour prendre connaissance des cahiers des charges et examiner les échantillons-types au secrétariat de l’administration de l’Assistance publique, quai de Gesvres, 4, tous les jours non fériés de 11 h.
- HAUTE-VIENNE
- Hospice de Limoges.
- Jeudi 23 décembre, 2 heures.
- Fournitures pour 1881.
- Il sera mis en adjudication, à la date indiquée ci-dessus.
- 24. 500 mètres Droguet foulé, gris bleu, chaîne filé 0m70 de large.
- 25. 200 mètres Droguet foulé, gris bleu, chaîne fil, 0m70 de large.
- 26. 500 mètres Droguet beige, chaîne coton, 0m82de large.
- 27. 300 mètres Droguet beige, chaîne coton, 1m de large.
- 28. 600 mètres Droguet gris marengo, chaîne coton, 1m de large.
- Et ce, aux clauses et conditions du cahier des char-Ses, dont on pourra prendre connaissance au bureau e l’économat, à l’hospice.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg^ 25 novembre.
- 2,300 mètres de manches en toile sans couture. Raimbault-Bopart, à Angers, 3,347 fr.
- Ch. Rallu, à la Ferté-Macé, 3,494 fr...
- Van Rullen, à Rousbecque (Nord), 3,635 fr.
- DE LA TEINTURE
- 1 Simonneton, à Paris, 4,437 fr.
- 1 Van Rullen, à Paris, adj. à 2,677 fr.
- Chemins de fer de l'État.
- Le 15 décembre a eu lieu l’adjudication pour la fourniture de matières et objets divers nécessaires aux services de l’exploitation.
- Deuxième lot, étoffe de crin (suivant nomenclature).
- Deyat, 4.75, 3,60, 2,30, 2,60, 2,45. — Rouaux et Gente, 4,05, 3.95, 2,20. — Borrivain frères, 6,580 fr. — Coulet, 6,750.
- DÉPARTEMENT DE L'INDRE.
- Hospice de Chdteaurouæ.
- Le 6 décembre a eu lieu à Châteauroux l’adjudication de fournitures pour 1881 à faire à l’hospice.
- Adjudicataires : MM.
- 4e lot. — Tissus : lot de toiles, 2,000 fr. — Faure, négociant, à Châteauroux, 18 0[0 de rab. — Lot de cotonnades, 2,000 fr. — Le même, 16 0[0 de rab.
- DÉPARTEMENT DE MEURTHE-ET-MOSELLE
- Lycée de Nancy.
- Le 8 décembre a eu lieu à Nancy l’adjudication de fournitures pour 1881 à faire au lycée.
- ; Adjudicataires : MM.
- Drap bleu. — Nivert, à Elbeuf, 10,60 le mètre. — Chemises. — Kauffer, à Nancy, 3,60 l’unité. — Toile à draps. — Kauffer, à Nancy, 1,30 le mètre.
- Hospices de Verdun.
- Le 4 décembre a eu lieu à Verdun l’adjudication de fournitures pour 1881 à faire aux hospices.
- Adjudicataires : MM.
- Cotonnade, toile, mousseline, coutils, draps, etc. — M. Bloch, à Verdun. — Autre lot de cotonnade, toile, etc. — M. Hautdidier, à Verdun. — Couvertures, toiles, cretonne, draps, etc. — Cahen-Wormser, à Verdun. — Verdun, marchand mercier, à Verdun. — Autre lot de toile et cotonnade. — M. Lang-Cahen, à Verdun.
- Brest, 9 décembre.
- 5,000 sacs en toile pour légumes et pain.
- MM.
- Monier, Brest, 2 fr. 10 le sac. — Lajeunesse, Maix et Cie, Brest, 2 fr. 33. — Magnier, Brunet, Dupleix et Cie, Paris, 2 fr. 45. — Prigeut-Violette, Brest, 2 fr. 47. — Pichet, Alençon, 2 fr. 57. — La Société anonyme de la filature de lin d'Amiens, adjudicataire à 2 fr. 04.
- Un jeune homme de 20 ans, d’une famille hono-rable, au courant de la Broguerie en gros et en détail, parlant français et allemand, désire trouver une place à Paris.
- Les meilleurs certificats et références.
- S’adresser au bureau du journal.
- Le Propriétaire-Gérant : J. CHARBONNIER.
- Tous droits réservés.
- Imp. C. Colin, route Nationale, à Charleville (Ardennes).
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- TABLE DES MATIERES
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- 24e VOLUNE — ANNÉE 18 8 0
- A
- Acide citrique (synthèse de F)...................162
- — salycilique (altérations et falsifications de 1’; ........................................249
- Acide salycilique (conservation des apprêts, parements, colles et albumines par lj . . 201
- Acide acétique (moyen pour régulariser l’ébul-lition de 1’)..................................248
- Acide tartrique (note sur 1’)....................232
- Actes officiels.............................106, 191
- Adjudications administratives, 156, 168, 180, 192, 203, 215, 228, 239, 252, 263, 276, 288
- Adjudications (résultats d’), 168, 180, 192, 203,
- 215, 240, 250, 264, 276, 288
- Albumine (essai de 1’).......................166
- — de sang (préparation de 1’). . . . 247 Alcool méthylique dans l’industrie (emploi
- de 1’)....................................207
- Amarante sur laine........................234
- Analyse de l’outremer......................52
- Appareil carburateur (nouvel)..............17
- — à pulvériser les apprêts liquides. . 27
- — pour déterminer la densité des li-
- quides dit Balance aréothermique . .30, 42
- Appareil à sécher la laine.................59
- Application du carbonate de soude acide au
- foulage des tissus de laine...............118
- Apprêtage des tissus......................106
- Apprêts des foulards de soie (3 nuances) . . 128
- — des chapeaux de panama .... 115
- — des soies par la graine de lin. . . 154
- — de soie noire.....................188
- — de couleur........................188
- — des piqués de coton...............280
- — de bonneterie.....................281
- — sur tissus par impression mécanique au moyen de machines à imprimer les tissés, dites : machines à rouleaux . . . 281 Art du teinturier-dégraisseur (principes chi-
- miques sur F).............................. 58, 220
- Article bistre (modification à F).............80
- Aventurine sur chaîne-coton en étoffes. . 189 Avis. ... 1, 13, 25, 73, 145, 215, 241, 253, 277 Avis aux teinturiers..........................83
- B
- Balance aréothermique dite appareil à déterminer la densité des liquides . . .30, 42
- Barbe et des cheveux (teinture de la) . . . 212 Bas (teinture des)............../ 259
- Beige sur plumes ....162 Bibliographie...................; .34, 47, 273
- Biche sur plumes................................
- Bichromate de potasse employé comme mordant pour la teinture des laines en flocons et draperies.....................................
- Blanc sur plumes...............................
- Blanchiment et teinture de l’ivoire et des os. 29
- — de la paille.................’ 237
- à haute pression des tissus de
- coton............................................ 2
- Blanchiment et la teinture (le), 110, 122, 133, 145 des éponges................................129
- — des fils.........................230
- (révolution dans le). . . . . 229
- — des soies...................... 135
- — d’un crêpe de Chine.' .... 8
- des tissus de coton..............218
- de coton et de lin...............219
- des tissus mixtes. ..... 218
- Blanchiment des tissus de coton purs ou mé-
- langés de soie et laine. ....... 224
- Blé sur plumes.............................54
- Bleu sur soie.............................. 8
- — de France sur laine (5 nuances), 10, 33, 129
- Bleu ciel au prussiate sur laine...........10
- — sur plumes.............................66
- — au prussiate pour fleurs...............68
- — moyen..................................68
- — foncé sur plumes.......................78
- — paon...................................90
- — marine............................ 91, 185
- — gendarme . ............................90
- — sur lame en toison..............• . . 90
- — soluble pour coton....................151
- — grand teint sans indigo (procédé pour faire les)............................. 162
- Bleus alcalins sur soies et laines........175
- — au campêche pour draps de montagne. 189
- Bois sur robe chaîne-coton................188
- Bordeaux...................................80
- — à l’ôrseille............................80
- Bourgogne sur mérinos.................... 33
- Bourse officielle du commerce à Paris. . . 215
- Bouton d’or sur coton......................91
- Brevets d’invention (Catalogue des), 12, 49, 131; 180, 251
- — — pris en Allemagne (compte-rendu des) 179
- — — (Revue des). . . . 208, 260
- Bronze sur cotons et fils.................. 9
- — sur plumes..............................164
- Bruns Bismark, bruns d’Amiens sur robe chaîne-coton..............................140
- Brun violet sur gros draps de montagne . . 188 — sur peaux de mouton en laine. . . . 154
- Bulletin financier, 12, 24, 36, 48, 60, 71, 84, 95, 107
- G
- Capillarité dans la teinture des fibres végétales et animales (Influence de la). . . . 49
- Cardinal sur plumes............................20
- Carméloïne......................... 43, 187, 282
- Caroubier sur plumes ........ 20
- — sur soie et laine par les anilines, 176, 233
- Catalogue des brevets d’invention, 12,119, 131,
- 180, 227, 251
- Causerie scientifique.........................271
- Cerise sur plumes.............................. 5
- Ceruléine (Note sur la) . ... . . . . . 39
- Chaîne-coton en étoffes (Teinture de la), 176, 189
- Chamois sur cotons et fils.....................57
- Chapellerie (Teintures pour) . 102, 128, 199, 260
- Chauffage et éclairage industriels à l’air carburé par les essences minérales. . 17
- — des fers à repasser......................17 Chiffonnage, 8, 33, 41, 78, 102, 140, 154, 164, 187,......................................270,..................................280
- Chiffons (Décoloration des)................... 141
- Chinage des fils par la teinture.........117 Chocolat sur plumes......................153 Chronique. ......85, 109, 121, 169, 181, 205
- — industrielle, 46, 58, 70, 80, 92, 105, 116, 131, 143, 154, 166, 179, 191, 202, 213, 225, 237, 247, 257, 272, 283 Cinquantenaire de M. Chevreul (le). . . . 254 Colorants nouveaux . . 127, 133, 234, 257, 270
- — peu coûteuses remplaçant le bois jaune de Cuba, le fustet et le quercitron (Matières) .... 33
- — dérivés du mono et du binitroan-thraquinone . . . . . . . 179
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Colorants dérivée d’une impureté dans certains acides acétiques du commerce (Matière) . . .241, 255, 265
- Conservation des apprêts, parements, colles et albumines par l’acide salycilique . . . 201
- Corinthe sur soies et laines................ 8
- Cotons et fils en écheveaux (Teinture des), 9, 57, 91
- — et des fibres végétales sous l’action des alcalis et des oxydants (Désorganisation du) 171
- Couleurs ( au nom des).
- — appliquées à Fart et à l’industrie (Théorie des).......................13, 25 — rabattues ............................................141 — —......................sur plumes...................152 — pour impression des tissus . . . 164
- — dérivées de la houille E(Documents
- — sulfoconjuguées orange, ponceaux, Bordeaux, etc. (Emploi des) . . 200 — (Question des)........................283
- Couleurs (Notions sur les).............132, 169 Cours de tissage ......................34
- Création des écoles d’apprentissage. . . . 166 Crême sur plumes 54
- Crêpe de Chine (Blanchiment d’un) .... 8
- D
- Décoloration des chiffons..............141, 157
- — des fibres textiles d’origine vé-étale ou animale.........................15 gradage du bleu de France sur laine . ..337
- Désorganisation du coton et des fibres végétales sous l’action des alcalis et des oxydants ... .................. 171
- Déterminer la densité des liquides dit : balance aréothermique (Appareil pour), 30, 42 Distinction des bleus employés dans l'indus-trie 87
- Documents sur les couleurs dérivées de la houille . ..............................74, 88
- Documents officiels........................286
- E
- Eau pour teindre les cheveux en noir . . . 212
- Eau de javelle (Modes de préparation del’), 92, 279
- Ebullition de l’acide acétique (Moyen pour régulariser 1’)............................248
- Ecarlate sur laine (7 nuances)..............33
- Echange de mandats-poste entre la France et les Etats-Unis de l’Amérique du Nord . . 106
- Eclairage et chauffage industriels à l’air carburé par les essences minérales .... 17
- Emétique fixateur du tannin................179
- Emploi des couleurs sulfoconjuguées, orange, ponceaux, Bordeaux.........................200
- Emploi de l’alcool méthylique dans l’industrie 207 — du curcuma, de l’acidepicriqueorangé dans la teinture des plumes.................53
- Emploi du jaune Martius.....................54
- Eponges (Blanchiment des)...................129
- Epuration des eaux d’alimentation des chau-
- Essai de l’albumine...........................166
- — comparatif du vert méthyle et du vert acide en impression........................79
- Etat de la teinture en France.................254 Etudes de l’outremer .... 37, 52, 61, 73,......87 Exploitation commerciale d’un nouveau procédé de fabrication du savon à froid, 71, 84, 95, 107
- Exposition de Francfort. ....................250
- — internationale des sciences appliquées à l’industrie......................... 1
- — internationale au Palais de Cristal 258 Extraction des graisses de foulerie des eaux de lavage de la laine et autres résidus renfermant du savon..............................26
- F
- Fabrication du savon à froid (Exploitation commerciale du nouveau procédé de)........................... 84, 95, 107
- — de l’eau de javelle.....................279
- — de matières colorantes rouges brunes dérivées de la houille . . 178 Faits divers 48, 272
- Falsifications de l’acide salycilique (Altérations et)...................................249
- Feuille morte sur cotons et fils (4 nuances) . 9 Fibres textiles du genet 225
- Fixation des couleurs (Principes généraux de la)...................................16, 68
- Fleuriste (Teintures pour)..................21
- Formation du violet de méthyle (nouveau mode de)....................................172
- G
- Gants jaunes et violets (Teintures-des) . • 57
- Genet (Sur les fibres textiles du).... 225 Gommes arabiques (Essai des) .... 268 Grenat sur plumes 6, 20, 153 — sur cotons pour fleuriste .... 21 — — et fils en écheveaux . . 57 — sur robe chaîne-coton .... 78 — d’orseille 80 — au santal. 57 — pour chapellerie . . . .102, 199 Grèves de l’industrie lainière 109 Gris-gris sur cotons et fils en échevaux . . 9 — souris 9, 58 — ardoise . 9, 58 — cachou (3 nuances) 280 — vapeur pour fonds unis . . . . . 280 — meunier foncé 9 — bleuté 9 — clair sur cotons et fils en écheveaux (4 nuances) 58 — noir pour chapellerie .... 102 — sur laine 141 — sur plumes (0 nuances) .... 193 — colombin sur bas . ... . . 259 Gros bleu sur plumes 185
- H
- Havane sur plumes..........................153
- Houille (Documents sur les couleurs dérivées de la)...................................74, 88
- — (Fabrication des matières colorantes rouges et brunes dérivées de la) . 178
- 1
- Imperméabilisation des étoffes (Procédé d’) . 238 Impression des tissus, 16, 68, 164, 177, 190, 268 — gouache 91
- — Impression pour chemises au rouleau 280
- — des couleurs d’or et d’argent sur les tapisseries et étoffes (Procédés d’) . . 116 Indigo artificiel 133, 145, 154
- Industrie manufacturière entre la France et le Danemark et le Grand-Duché de Luxembourg (Protection de 1’)....................156 Industrie lainière (Grèves de I’) .........................•.....• 109 Influence de la capillarité dans la teinture des fibres végétales et animales •...............49
- — de la composition chimique de l'eau dans la préparation de la soie grège 206
- Instructions relatives à la conduite des chaudières à vapeur............................46
- Invention (Catalogue des brevets d’), 12, 49, k 131, 180, 251
- — pris en Allemagne (Compte rendu des brevets ..........................................179 —.......................(Revues des brevets d’)............208, 260 Ivoire et des os (Blanchiment de l’) .................................... 29
- J
- Jaune sur plumes.......................43
- p.290 - vue 297/302
-
-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 191
- Jaune turc sur cotons et fils en écheveaux . — de Cuba, fustet et le quercitron (Matières colorantes, peu coûteuses, remplaçant le bois)......................... — sur laine en toison.................... — maure sur cotons et fils .... — d’or sur plumes........................ — Marius.................................54,
- Jurisprudence............................
- L
- Laine (Machine à sécher la) — et lainages (Teinture de), 10, 33, 188, — en toison (Teinture de la). . 22, 45,
- Lapis (Formation du).....................
- Laver, encoller et ourdir (Machine à).
- Lie de vin sur plumes....................
- — — sur laine .......
- Lilas sur plumes.........................
- Loi des brevets d'invention en Autriche-Hongrie (Modification à la).................
- M
- Machine à sécher la laine................ — à laver, encoller et ourdir .
- Mais sur plumes.......................... Mandarine................................
- Mandats-poste entre la France et les Etats-Unis de l’Amérique du Nord (Echange de).
- Maroquins à reflet cuivre cantharide.
- Marron sur étoffes de coton pour fleuristes . — par les couleurs d’aniline ... — au cachou sur paille................... — doré ou alezan au chromate pour chapellerie................................. — pour fleuristes par la purpuraline. .
- — sur plumes....................128,
- — sur gros drap de montagne .
- Mastic sur plumes........................
- Matières colorantes peu coûteuses remplaçant le bois jaune de Cuba, le fustet et le quercitron. — — nouvelles . . 161, 234,
- — — dérivées du mono et du bi-
- nitroanthro quinone . — — dérivées d’une impureté dans
- certains acides acétiques du commerce, 241, 255, 265, — — rouges et brunes dérivées de
- la houille (Fabrication des) — — dérivées de la houille (Documents sur les) : . 74,
- Mauve sur plumes......................... Méthode d’épuration des eaux d’alimentation des chaudières...........................84,
- Ministère des postes et télégraphes, 156, 191, Mode d’extraction des graisses de foulerie des eaux de lavage de la laine et autres résidus renfermant du savon . . .
- Mode de préparation de l’eau de javelle . .
- de formation du violet de méthyle (nou-de construction de cylindres pour apprêter et calandrer les étoffes .
- Modification de l’article bistre .... à la loi des brevets d’invention — „ en Autriche-Hongrie .
- Mollusque qui secrète de l’acide sulfurique . Mousse sur plumes . .....
- Moyen pour régulariser l’ébullition de l’acide acétique (Note sur le)................... Moyen pour enlever les tâches .... Myrthe sur plumes........................
- N
- Nankin ou chamois sur coton .... Nécrologie............................... Nettoyage des vêtements à la benzine : Noir au cachou sur soie..................17,
- 58
- 3
- 45
- 58
- 43
- 261
- 272
- 82 233 114
- 38
- 245
- 20 234
- 134
- 106
- 82
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- 54
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- 148
- 21
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- 172
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- 153
- 3
- 257
- 179
- 277
- 00 e
- 88
- 113
- 197
- 286
- | Noir ne déteignant pas sur robe de soie.
- d’aniline.
- — uni sur coton en pièces ou lustrines
- — pour chapellerie.......................
- — d’aniline imprimé au rouleau pour chemises......................................
- — sur laine, beau, solide mais cher .
- — sur soie..............................140,
- — teinture pour être imprimé en couleurs rongeantes.................................
- — du coton noir non tissé au cérium (Teinture en)..........................
- — mordant sur gros draps de montagne .
- — sur plumes.................................
- — sur chaîne coton (2 nuances)
- Note sur l’acide tartrique...................
- — sur la céruléine ......................
- — sur la teinture de la silice gélatineuse et de la silice eu général. . . 195,
- — sur le moyen de régulariser l’ébullition de l’acide acétique.......................... Notions sur les couleurs.....................169,
- Nouvelles industrielles . . " . . . .
- Nuances de la mode...........................
- O
- Olive foncée .....
- — — sur robe chaîne coton
- — claire....................
- Orange sur plumes .
- — sur robe chaîne coton
- — sur laine . . . .
- Outremer (Etude sur 1’) .
- o:
- H
- 0
- 37, 52, 61, 73, bleu (Propriétés physiques de 1’). .
- P
- Paille sur plumes..................
- — sur cotons et fils en écheveaux.
- — (Teinture de la). ...............
- Peaux de ganterie (Teinture des). . . 57,
- — de mouton en laine (Teinture des).
- Pensée sur plumes .......
- Perfectionnements dans le blanchiment des fils de coton, chanvre, lin, jute, etc., 214, Plumes (Teinture des), 4, 20, 43, 53, 77, 89, 113,
- 125, 138, 152, 162, 172, 185, 193, 209, Poils de chèvre en bleu (Teinture des)
- Ponceaux sur plumes. — cochenille .
- 234,
- 234
- 21
- 257
- 26
- 92
- 172
- 227
- 80
- 106
- 271
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- 56
- O © OO i P9.0.
- 115
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- 259
- 177
- 280
- 88
- 194
- 177
- 232
- 39
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- 91
- 237
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- 154
- 114
- 0 t
- — composés sur plumes .... Préparation du quercitron.....................
- — de l’albumine de sang .
- — de la soie pour la teinture, 41, 63, 76, 124, 160, 198, 221, — de la teinture des soies destinées à la moire antique.
- — de l’eau de javelle (Mode de) Principes chimiques sur l’art du teinturier-dégraisseur...............................58,
- — généraux de la fixation des couleurs Procédés pratiques, 4, 17, 32, 43, 53, 65, 77, — 89, 102, 113, 125, 138, 151, 162, 175,
- 199, 209, 222, 233, 268, — de préparation des matières colorantes rouges, jaunes et brunes
- — applicable à la teinture (nouveau) . — pour imprimer les couleurs d’or et d’argent sur des tapisseries et des étoffes...................................
- 268
- 8
- 32
- 270
- 32
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- 247
- 267
- 17
- 92
- 220
- 16
- 282
- 15
- 105
- 16
- de teinture en noir des tissus laine, chaîne coton et laine pure (Nouveau) ........................127,
- qui rendent les tissus et les bois in-
- flammables .........................237
- — s
- d’imperméabilisation des tissus, cuirs, papiers, etc.........................
- perfectionnés pour la teinture des
- étoffes de coton et fils . . . 244
- 238
- pour donner de l’éclat métallique aux matières filamenteuses ou textiles. 245
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-
-
-
- 5 t6
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Procédés permettant d’obtenir simultanément le fixage rapide et uniforme des mordants de teinture .... 246 — • pour faire les bleus grand teint sans indigo.....................................162
- — de fabrication de savon à froid. 71, 84, 95, 107 — pour amener au blanc parfait les toiles fines et tissus damassés, de lin tissés en fils écrus. . . . 219
- Protection de l’industrie manufacturière entre la France, le Danemark et le Grand-Duché de Luxembourg...................................156
- Protection des marques de fabrique en Hollande ..........................................286
- Prune sur plumes...........................186
- Publicité en France........................273
- Q
- Quercitron (Préparation du).................21
- — (Matières colorantes peu coûteuses remplaçant le bois de Cuba et le) 3 Question des Couleurs 286
- R
- Ramie (Note sur la).........................97
- Reflets métalliques sur plumes .... 236 — cuivre cantharide (maroquins à) . . 148
- Régime douanier entre la France et l’Allemagne à partir du 1er janvier. . . .24, 286 Renseignements commerciaux. . . 262, 273
- Résidus renfermant du savon (Mode d’extrac* tion des graisses des eaux de foulerie, de lavage et autres)................................26
- Restauration complète des couleurs de vieilles tapisseries, de soieries, ornements d’église, châles (Application de la teinture à sec, sans lavage des étoffes après l’application des couleurs) ..................................260 Révolution dans le blanchiment ...............................217, 229 Revue des marchés ...............................................108, 120, 132, 144 — des brevets d’invention...................................................................208, 260 — des divers procédés d’apprêts. .............. 280 Rouge d'Andrinople solide sur coton sans emploi de lessive ni d’huile ni de noix de galle.............22 Rouge sur laine en toison......................... .....................................................................,.................22 —.................Brésil sur laine en toison....................56 —.................au santal sur cotons.......et fils........57 —.................écarlate sur laine.............67 —.................cochenille.......139 —.................au calliatour .....................................23 — Turc (3 nuances)................................. Rose sur laine et lainages.......................34 S
- Saumon sur plumes...........................43 — sur cotons et fils........................57
- Savon à froid (Exploitation commerciale du nouveau procédé de fabrication de). 84, 95, 107
- — (Mode d’extraction des graisses de foulerie des eaux de lavage de la laine et autres résidus renfermant du) . 26
- Silice gélatineuse et de la silice en général (Note sur la teinture de la) . . . .195, 207 Société industrielle d’Amiens .... 213 — — de Mulhouse . . 70, 284 Soies (Blanchiment des) . . . . . . 135 Solferino sur plumes 5 Soufre contenu dans les cheveux. . . . 212 Sucre des chiffons . . . . . . . 166 Sulfate et carmin d’indigo ..... 28
- Synthèse de l’acide citrique...............162
- T
- Tabac sur plumes............................153
- Taches (moyen pour enlever les). . . . 181
- Tannage (Procédé de)........................239
- Tannin fixateur de l’émétique (le) . . . 179
- Tarif général des douanes, 94, 118, 143, 155, 167 Teinture des plumes, 4, 20, 43, 53, 77, 89, 113, 125, 138, 152, 162, 172, 185, 193, 209, 222, 234 Teinture des poils de chèvre en bleu. . . 8
- — des cotons et fils en écheveaux, 9,
- 57, 91, 225 — des laines et lainages, 10, 33, 188,
- 233, 282 — de la laine en toison. . . 22, 45, 114 — des gants en jaune et violet. . . 57 — des peaux de ganterie . . .57, 91 — pour chapellerie. . .102,128, 199, 260 — des velours de coton au cachou de Laval 113 — des maroquins à reflet cuivré can-tharidé 148 — des peaux de mouton en laine . . 154 — de la chaîne-coton en étoffes, 176, 189 — de la paille 237 — des bas 259 — de la barbe et des cheveux . . . 212 — de l’ivoire et des os (Blanchiment et). 29 — (Le blanchiment et), 110, 122, 133, 143 — en France (Etat de la) . . . . 254
- — des étoffes de coton et fils (Procédé pour la) 244
- — en noir des tissus laine, chaîne-coton et laine pure . . . .127 — en noir du coton non tissé. . . 280
- — de la silice gélatineuse et de la silice en général (Note sur) .... 127 — vivante 285 Teinturier-dégraisseur (Principes chimiques sur l’art du) 58, 220 Théorie de la teinture des fibres textiles, 81,93, 101 — des couleurs appliquées à l’art et à l’industrie 13, 25 Tilleul sur plumes 54 Tissus (Impression des), 16, 68, 164, 177, 190, 268
- V
- Vanadium et ses diverses applications (Le) . 135,147 159
- Variété des gris sur coton..............142 Vernis remplaçant l’étamage des cylindres. . 154 Vert sur plumes. .............. 55, 65, 115 —...........................jaune sur plumes........................55 —.........................verdure sur plumes......................55 —.....méthyle et vert acide (Essai comparatif du) .................................79 —...................................alcalin.............................. 127 —......................................russe..................................163
- — sur laine....................... 270, 282
- — sur gros draps de montagne . . . 189
- — sur chaîne-coton (4 nuances) . . . 189
- Vêtements à la benzine (Nettoyage des) . . 103
- Vieil or sur plumes........................163
- Violet éclair........................55, 67
- — de méthyle (Nouveau mode et formation du) .... . . 172 — cramoisi sur bas 259 — sur plumes 114
- ÉCHANTILLONS Bleus solubles sur coton (2 échantillons). . 151 — grand teint sans indigo 162 — alcalins pour soies et laines . . . 175 Bourgogne sur mérinos ... 7 Carméloïne (2 échantillons) 43
- — (4 échantillons) . . . .187, 282
- Impression gouache.........................91
- Noir sur tissus laine, chaîne-coton et laine pure . . • 127
- Ponceaux-cochenille...................... 234, 258
- Rouges cochenille...........................139
- Vert méthyle et vert acide en impression (Essai comparatif du) (5 échantillons). . . 79
- Violet éclair..............................55, 67
- FIN DE LA TABLE
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