La revue de la teinture et des colorations industrielles
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- LÀ
- COLORATIONS INDUSTRIELLES
- 1889
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- ET DES
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- ordinaire . — 70 » )> » — rouge(bi-chromate) — 135 » » » Indigo Bengale. . . . . — 17 » 18 )>
- — muriatique (chlorhydrique) — 10 » 11 )) Cochenille de Honduras. . lek. 4.50 5 » — Java . — 19 » 22 »
- — nitrique 36° — 36 » )> )> — zaccatile . — 4.50 5 » — Madras. ... . — 11 » 13 ))
- — oxalique — 150 » » )> — en grabeaux . — 3 » 4 )) Laque-Dve D. T. . . — 3 » )) »
- — piciique cristallisé. le k. 6 » » » — ammoniacale . — 4.50 6 » — autres marques . — 0.75 1 50
- — — poudre . . . . — 3 » 4 » Colophane claire. . . . 100 k. 18 )) 24 )) — de cochenille. . — 3 » 6 ))
- — sulfureux 100 k. 11 )) )) )) Couperose verte (s. de for) — 15 » » » — de Cuba . . — 1.50 2.50
- — sulfurique 66° . . — 12 )) )) » — mixte. . — 32 » 34 » Muriate (oxyde) d’étain. .100 k. 175 » 190 ))
- — tartrique lek. 5.50 » » — bleue (suif, de ci - Orseille en pâte . . . — 120 » 180 »
- Albumine d’œufs. . . . . — 7 » )) vre). Chypre » » )) » Panama (écorce). . . )) »
- — de sang . — 4 )) » y> Cudbeard — 5 » 6 » Potasse d’Amérique. . . — 110 » 125 ))
- Alun de glace ordinaire . . . 100 k. 20 » )) » Crème de tartre .... 100 k. 360 )> » )) — de Lille . 60 » 70 ))
- — de chrome — 70 » 90 » Cristaux de soude . . . — 44 » 16 » — perlasse indigène. . — 70 » 90 ))
- Amidon blanc surfin. . . . — 60 » 70 » Curcuma bengale pulvérisé. — 52 » )) » Prussiate jaune de potasse. . lek. 2.25 » »
- — grillé — 50 » 70 )) Dextrine blanche no 1 . . — 80 » 90 » Pyrolignite de fer . . la barrique 25 » » )>
- Ammoniaque blanc 22o . . — 50 » )) )) — jaune — 60 )) 70 )) — de plomb . . 100 k. 90 » » »
- Benzine commerciale . — 70 » 80 )> Essence de térébenthine. . — 72 » » » Rocou . le k. 3.50 )) ))
- — supérieure — 90 » )) » — — dégraissée — 90 » )) » Rouille 450 . . . . . 100 k. 20 » )) ))
- Bois de campêche d’Espagne effilé. 100 k. 40 » » » Extrait de campêchce sec . — 160 » 175 » Savon blanc de Marseille . — 60 » 90 )>
- — d’Haïti effilé — 34 » )) )) — jaune de Cuba, lrc quai — 160 » 180 » Safranum (carmin). . . le lit. 28 » » ))
- — de Fernambouc, no 1, effilé. — 160 » » » — Sainthe-Marthe. . le k. 6 )) 8 » Sel d étain . 100k.220 » )) ))
- — Ste-Marthe, effilé . — 80 » — de châtaignier. . . 100 k. 30 » 32 » — de soude 80o . . — 30 » )) )>
- — jaune effilé — 38 )) )) » — de quercitron. le k. 5 » 6 » — d’oseille ..... . — 180 » » ))
- — — fustet effilé .... — 60 )) » » — d’orseille .... 100k. 160 » 400 » Soufre en canons. . — 30 » » ))
- — — de qneroitron effilé. . — 40 )) 45 » Fécule sèche — 28 )) 35 » Sulfate d’alumine. . . )> »
- — de Santal moulu .... — 35 )> 38 » Galles de Smyrne, noires et verte — 180 )> 200 )) — de zinc. . — 22 » )> ))
- Borax raffiné .... le k. 110 » » )> — d’Alep — 240 » 260 » Sulfite de soude sec . . — 42 » » ))
- Cachou brun sur feuille. 100k. 110 » 115 )) Garance d’Alsace SSF . . — 190 » » » — — liquide . . — 24 » )) ))
- — jaune ou gambir. . — 70 80 » — — MF . . — 145 » » » Sumac Redon. . . . . 28 » 32 ))
- Carmin de cochenille. . . . le k. 40 » 60 » Carancine — 320 » 350 » Tannin industriel. . )) »
- — d’indigo en pâte. . . — 4 » 6 » Gaude de Normandie. . . — 35 » 40 )) Tartre rouge .... .100 k. 270 » 280 »
- — — purifié . — 18 » 25 » Gélatine pour apprêts . . lek. 1.50 3 » — blanc ... . — 80 » 290 ))
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- Ces prix sont ceux des principaux droguistes de Paris, pour livraisons au comptant avec 3 p. 0/0 d’esocmpte, à 30 jours avec 2 p. 0/o, ou à 90 jours sans escompte ils s’appliquent aux marchandises livrées en gros, c’est â dire en caisses, barils, touries, surons ou ballots d’origine.
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- LA
- 2me Année, N° I.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- 1A • ET
- '‘ëm^
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES l" Janvier 1889 .
- INTRODUCTION A L’ANNÉE 1889
- • -------
- L’année que nous venons de clore n’est pas une de celles qui tiendront une large place dans nos industries ; elle a donné le jour à peu de ces nouveautés qui font époque dans la voie du progrès, mais on peut dire qu’elle a maintenu le niveau de nos conquêtes industrielles, et qu’elle n’a pas rétrogradé.
- L’extension sans cesse croissante des couleurs azoïques et sulfo- conjuguées, et quelques nouvelles découvertes dans cette voie en sont le trait principal.
- L’attention des théoriciens et des praticiens s’est beaucoup portée aussi sur l’action de nouveaux mordants ; la plupart des sels métalliques ont été étudiés et expérimentés à ce point de vue, mais malgré la foi des auteurs, il ne paraît pas que l’on doive sortir avec avantage des bases devenues classiques : alumine, fer, étain, chrome, et la plus récente: l’antimoine, semblent devoir suffire à nos principaux besoins.
- Comme perfectionnements pratiques de procédés déjà connus, nous signalerons la teinture en alizarine, l’huilage des rouges turcs, le blanchiment par l’eau oxygénée, la teinture de la ramie et du jute ; quelques heureuses modifications dans les procédés d’apprêt, etc.
- Bien que s’améliorant encore, la teinture en alizarine semble perdre du terrain au profit de la garance naturelle, qui revient en faveur. C’est un mouvement encore peu accentué, mais incontestable et très apparent.
- Dans la mécanique tinctoriale, nous avons remarqué le grand nombre de brevets pris pour des machines à teindre tes fils, sous différents états ; quelques-unes sont fort ingénieuses, et simplifient sérieusement ce travail, mais elles Privent au moment où la teinture en tissus se substitue de Plus en plus à celle des fils ; il reste néanmoins à ceux-ci une grande place dans le traitement des cotons, et toujours, quoique diminuée, dans celui delà soie.
- . Plusieurs inventions intéressantes ont également vu le J°ur dans les machines à lainer.
- Notre première année de la « Revue de la Teinture » est 1echo de ces innovations, en même temps que des travaux jurants et des nouveautés éphémères, nées des caprices e ta mode, qu’il est surtout du devoir des journaux de sa-;°lr recueillir et publier, l’actualité et la vie étant leurs conditions d’existence, et leur véritable raison d’être.
- Si nous étions des débutants dans la presse tinctoriale, °us n’aurions affronté la tâche d’esquisser ainsi l’allure de 0s industries ; si complexes dans leurs branches multiples, ve -te plupart des auteurs qui en traitent, ne savent qu’engager quelques-unes de leurs faces. Nous croyons utile de
- rappeler que depuis 1866, nous avons pris place dans cette presse spéciale.
- Nous nous hâtons d’abandonner ce point personnel, ayant encore à parler des intérêts de la teinturerie, dans une de ses parties les plus intéressantes.
- _ H s’agit du chiffonnage, trop souvent dédaigné des publicistes techniques, et même des journaux spéciaux, et qui cependant représente une industrie, non seulement considérable, quoique disséminée en de nombreux établissements, mais encore très perfectionnée et très progressiste.
- Les fervents de la profession pensent néanmoins qu’une partie de leurs confrères se reposent trop sur ces progrès venant en dehors d’eux, et que d’autres renoncent à lutter contre l’industrialisme qui s’en empare, et leur font ainsi une trop facile concurrence.
- Il faut donc, disent-ils, les réveiller de cette torpeur, et vulgarisant les méthodes nouvelles, les mettre à même* de résister à cet envahissement.
- La « Revue de la Teinture » n’a pas négligé cette partie intéressante de la teinture; ses «Causeries confraternelles» très-remarquées, en représentent le côté technique ; le point de vue militant, économique, vient d’être inauguré par la plume vigoureuse d’un confrère qui promet de continuer sa campagne, et qui, nous l’espérons, réveillera quelques insouciants.
- Et par cette tribune, ouverte à tous les teinturiers-dégrais-seurs, nous sommes certains qu’ils sauront se manifester avec l’importance industrielle et sociale qu’ils ont acquise.
- Nous parlons déjà de l’avenir : c’est l’occasion d’interroger 1889, et de lui demander ce qu’il sera.
- ü est plein de promesses et plein de menaces, car si cette année de l’Exposition a un caractère spécialement industriel et commercial, elle est, malheureusemeut, en même temps essentiellement politique, et le plus souvent les passions politiques stérilisent les efforts vivifiants du génie industriel et de l’activité commerciale.
- Si nous réussissons à subordonner les premières à celles-ci, 1889 sera une grande et féconde année.
- Nous souhaitons que le centenaire de 1789, si cher à nos cœurs, ne soit pas détourné de sa véritable signification, et que les élections générales détruisent les espérances et par conséquent les menées de tous fauteurs de désordres.
- Qu’il en soit ainsi, pour le bien de la France, et pour le succès de l’Exposition !
- F. Gouillon.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- ÈPAILLAGE CHIMIQUE
- de la laine et des tissus
- Par M. Th. Grison, de Lisieux.
- Dans le but de débarrasser la laine exotique des débris ou graterons qui s’y trouvent mêlés on était obligé, autrefois, de la passer dans la machine dite égrateronneuse ; ce moyen mécanique a l’inconvénient de casser la laine et de laisser un déchet considérable. C’est en présence de ces imperfections que l’on a été amené à tirer parti de ces déchets, en désagrégeant les matières végétales chimiquement au moyen d’un acide et par l’application d’une température élevée qui carbonise les impuretés en les rendant friables.
- Les premiers inventeurs de ce moyen furent MM. Izard et Leloup, de Paris, qui obtinrent un brevet d’invention le 22 mai 186/j. où l’emploi de l’acide chlorhydrique est indiqué, à l’état liquide ou gazeux, puis vient ensuite le brevet Lécuyer indiquant l’emploi de l’acide sulfurique -, dans ces brevets il semble que les inventeurs n’aient eu pour but que l’épailtage de la laine; celui des pièces était bien indiqué mais ce n'est qu’en 1861 que M. Frézon père en fit l’applicaiion industrielle. Que l’on opère d’ailleurs sur la laine ou sur les étoffes, le résultat est identiquement le même.
- Eu 1871, M. Joly s’est fait breveter pour épailler les étoffes teintes à l’aide du chlorhydrate d’alumine et d’autres sels.
- Des quantités considérables de brevets ont été demandées sur le même sujet mais les moyens qu’ils préconisent n’ont apporté que de simples améliorations sans rien changer aux résultats déjà brevetés.
- M. Frézon père obtint un brevet pour un procédé permettant de réaliser simultanément l’épaillage et le mordançage dans un bain unique, procédé qui n’a jamais pu être mis en œuvre.
- Nous le mentionnons parce que nous avons nous-même obtenu un brevet en 1875 pour obtenir un résultat de l’épaillage et du mordançage simultanément ; mais notre procédé est basé sur des moyens opératoires et produit des résultats parfaits que nous indiquerons après avoir décrit l’épaillage des laines grate-ronneuses d’Auslralie et autres ainsi que celui des déchetsdu peigne nommés blousses.
- Ëpaillage des lames en flocons.
- Les laines ou leurs déchets que l’on veut soumettre à l’épaillage chimique doivent être parfaitement dégraissés pour éviter l’altération résultant de la combinaison de l’acide sulfurique avec les corps gras incomplètement saponifiés ; il y a dans ce cas formation de mar-garate acide de chaux qui enduit la fibre en la rendant rebelle au feutrage et ce margarate acide étant insoluble il reste sur la laine, la corrode et la détruit en peu de temps. On a donc tout intérêt à bien dégraisser les laines à
- épailler ; on doit de plus les sécher autant que possible, car si les matières végétales sont imbibées d’eau quand on les plonge dans le bain acide, celui-ci n’y pénètre pas et la carbonisation est incomplète.
- Lorsque l’on opère sur des laines mouillées, on doit avoir recours à un acidulage par déplacement ; à cet effet on met la laine dans les cuves d’où l’on soutire le bain acide par la partie inférieure plusieurs fois de suite en le renversant ensuite dans la cuve. L’eau qui imprègne la laine et les matières végétales est ainsi entraînée et remplacée par l’eau acide ; c’est le seul moyen pratique d’éviter le feutrage de la laine qui se fait très facilement dans les bains acidulés.
- La carbonisation des matières végétales s’effectuant à l’aide d’un acide et sous l’influence d’une haute température, il est évident que plus le bain acide serait concentré, plus on pourrait modérer la température, ou en d’autres termes, si le bain d’acide sulfurique pèse 5®, 100 à 110 de température suffiront pour la carbonisation ; mais si le bain ne pèse que 3 1/2 ou A, il serait nécessaire d’effectuer cette opération à 120 ou 130°. Une bonne carbonisation est indiquée par la couleur noire, charbonneuse et la grande friabilité de la matière végétale.
- L’opération se pratique de la manière suivante : la laine est parfaitement imbibée d’eau acidulée ; ce résultat obtenu on la retire du bain pour la laisser égoutter pendant le temps nécessaire à 'a pénétration des matières végétales par l’acide-, on essore ensuite à l’hy-dro-extracteur pour en enlever autant de bain que possible et on la sèche à une température modérée pour ménager, la. fibre. On termine alors l’opération en exposant la laine déjà séchée à une température élevée de 110 à 120° pendant 10 à 15 minutes. D ès que les matières végétales sont sèches par suite de leur carbonisation, l’opération est terminée. 11 ne reste alors qu’à soumettre la laine à une batteuse pour en détacher les matières végétales carbonisées ; on la lave ensuite pour la désaciduler ; le meilleur moyen pour effectuer cette opération est d’empioyer des grandes cuves en bois de sapin ne servant qu’à cet usage, d’y mettre la laine et de les emplir d’eau froide que l’on soutire par le bas de la cuve -, cinq ou six bains suffisent pour entraîner l’acide par capillarité. Cependant il est bon de la laver encore avec un bain d’eau contenant 2 pour 100 de carbonate de soude et en terminant enfin par deux bains d’eau ordinaire ; on a ainsi un désacidulage suffisant ; on laisse bien égoutter la laine, on l’essore et on 1a sèche à petite température, mais quelques précautions que l’on prenne, l’opération de l’épaillage est toujours funeste à la fibre, car lorsqu’on la soumet imprégnée d’acide à une température élevée, il se forme une combinaison qui en change la nature en la privant de sa propriété de corps réducteur; il semble qu’une partie
- de son hydrogène lui soit enlevée. Sa composition chimique est abrégée ; au lieu de résister longtemps à l’action de l’oxygène, elle l’absorbe au contraire avec aviiité; en peu de temps elle durcit et devient cassante 5 la matière organique contenue dans le tube de la fibre n’existe plus.
- L’épaillage de la laine par un acide ou par un gaz acide est selon nous une mauvaise opération pour le consommateur au point de vue économique.
- Les laines épaillées sont souvent teintées par l’impureté des acides que contient le fer. L’acide sulfurique est en effet presque toujours accompagné’de sulfate de fer et de plomb en dissolution ; il tient aussi de ce dernier sulfate en suspension ; les ouvriers n’ont pas toujours soin de l’éliminer eu 11e prenant que des acides bien déposés et clairs ; on évite cet inconvénient en prenant les précautions suivantes :
- On doit avoir deux réservoirs en bois doublés de plomb, suffisamment grands pour contenir la quantité nécessaire pour le travail d’une journée. On ajoute trois parties d’eau pour une d’acide puis on y met 2 à 300 grammes pour 100 de prussiate de potasse dissous dans une petite quantité d’eau, on brasse pour effectuer le mélange et on laisse en repos du jour au lendemain pour ne se servir que du liquide clarifié. La quantité de ferrocyanure de potassium varie suivant la teneur en fer de l’acide. Les sels de fer et de plomb se précipi-j tent en transformant le prussiate en bleu de Prusse; on recueille le précipité qu’on a lavé pour obtenir ce bleu que l’on peut purifier en dissolvant dans l’acide oxalique et en tirer parti pour l’azurage du linge ou de la laine. On opère avec l’acide ainsi épuré, on blanchit la laine au lieu de la jaunir.
- On a essayé d’épailler le3 laines en ajoutant des sels préservateurs à l’acide sulfurique. Les résultats ont été négatifs parce que l’on n’a pas compris qu’il ne faut pas seulement préserver, mais donner un mordant à la laine pour saturer son affinité afin qu’elle n’attire plu5 d’oxygène de l’acide ; l’action oxydante et corrosive de cet acide pendant sa concentration sur la laine à haute température se portera alors sur les mordants pour les transformer sans atteindre la fibre de la laine. Notre procède d’ép^illage et de mordançage simultanés a été combiné par nous de manière à effectuer l’opération sans changer la composition hatu-relie de la laine. (A suivre) •
- (La Teinture au XfX° Siècle).
- MORDANTS CHROMIQUES
- pour teinture et impression.
- Par M. V. GALLOIS à MarienthaL
- Ce procédé traduit d’un brevet allem^ par le Moniteur [scientifique, a pour objet
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- mordançage des fibres, par voie de teinture et d’impression, à l’aide des chromâtes de chrôme, et consiste dans l’emploi:
- lo D’une solution de chrômate pur (sic) ;
- 2° D’une solution de chrômate de chrôme préparée en dissolvant de l’hydrate d’oxyde de chrôme dans une quantité équivalente d’acide chromique, ou par double décomposition entre un sel d’oxyde de chrôme et un chrômate alcalin ; cette solution est employée seule ou mélangée à une solution d’un sel de chrôme neutre ou basique.
- Voici le mode opératoire :
- Pour produire les nuances les plus nourries, il faut charger la fibre d’environ 3 pour 100 d’oxyde de chrôme.
- On y arrive en opérant avec des liqueurs contenant une quantité d’oxyde égale à celle d’une solution d’alun de chrôme à 200 gr. par litre. En étendant d’eau ou coupant avec les épaississants habituels, le mordant type, on réalisera les mordançages convenables pour les nuances claires.
- Trichromate de chrome mordant pour imprégner tissus et écheveaux.
- L’hydrate de chrôme déplacé de 200 gr. d’alun de chrôme est dissous dans l’acide chromique. On ajoute 150 gr. d’acétate de magnésium à 16° B., et l’on étend à 1 litre.
- Mordant de sulfate chromique.
- On dissout l’hydrate de 200 gr. d’alun de chrôme dans le sulfate de chrôme. On ajoute 100 gr. d’acétate de magnésium pour 1 litre de mordant.
- Mordant pour impression au sulfate de chrôme
- On cuit et on mélange jusqu’à refroidisse-
- ment :
- Sulfate de chrôme ci-dessus..... 1 litre
- Acétate de magnésium à 16° B .... 100 gr.
- Farine............................. 25 gr.
- Amidon grillé...................... 75 gr.
- Huile d’olives..................... 10 gr.
- Autre formule.
- A la couleur précédente, cuite et presque froide, on ajoute :
- Chrômate jaune de potasse....... AO gr.
- Ces couleurs s’impriment bien et ne coulent pas.
- Enlevage et réserve.
- Ou emploie comme enlevage et réserve, tes compositions suivantes, ne variant que par les proportions de leurs constituants.
- Enlevage. Réserve.
- Le chrôme se trouve précipité sur la fibre à l’état de chrômate basique de chrôme insoluble. On passe, pour achever la fixation, en bain de cristaux de soude à 1 pour 100, 3 minutes, à 80° c.; on lave à l’eau courante ou à la machine à laver.
- La fibre est ainsi prête pour la teinture.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D'INVENTION
- Noir d'Aniline inverdissable.
- Par MM. Collin et d’Ervani.
- Plonger la laine en flotte, filée ou tissée, soigneusement lavée, à froid dans un bain de permanganate de potasse, (8, 5 0/0 du poids de la laine); porter au bouillon petit à petit. Contiuuer au petit bouillon jusqu’à ce que la laine, qui avait auparavant une teinte rouge-pourpre se soit complètement décolorée. Il faut que l’eau soit exempte de sulfate de chaux.
- Le mordançage une fois terminé, retirer la laine, bien rincer, puis la mettre dans un bain à 10 0/0 d’hydrochlorate d’aniline. Laisser la laine 12 heures dans ce bain, en remuant de temps en temps, la retirer, le tordre et la passer dans un léger bain de savon.
- Machine à élargir, étirer et ramer les tissus.
- Par M. Brigot.
- L’auteur revendique les dispositions suivantes d’appareils :
- a. — Combinaison de disques divergents ] avec picots porte-lisières.
- b. - Même combinaison avec guides d’étoffes apéclaux disposées à l’avant pour redresser les lisières avant leur mise en picots.
- c. — Même combinaison avec rouleaux en caoutchouc pour la mise en picots.
- d. — Id., avec des courroies détachées, ou indépendantes de l’étoffe ramée.
- e. — Commande directe de l’arbre brisé, des disques divergents, par une roue d’engrenage à calage spécial.
- La divergence des disques resuite de leur position inclinée dans le sens d’une paire de roues de voiture ; leurs plans se rapprochent en bas, et s’éloignent en haut.
- L’appareil est destiné aux tissus de toute nature, soit secs, soit mouillés, particulièrement des toiles, calicots et triplures.
- Acide citrique ... gr. 7.000 7.000
- Acide ta r tri que .. — 2.000 2.600
- Acide sulfurique.... ... — 50 6o
- Eau . 7.000 7.000
- Eéiogomrne ... — A.400 6.000
- Fixation du mordant.
- On fixe le mordant par vaporisage d’un Çuart d’heure, sous faible pression, ou par épandage dans l’étuve sèche.
- Fabrication du papier de tenture Par M. Voss.
- Il s’agit de remplacer les couleurs à l’eau par des couleurs à l’huile. Divers inventeurs avaient tenté sans succès cette substitution, l’huile déterminant le coulage des couches successives, qui venaient alors baver les unes sur les autres.
- M. Voss emploie, comme base de colorant,
- le protoxyde de plomb finement broyé dans un vernis à l’huile cuite. La cuisson prolongée de ce vernis le rend assez épais pour qu’une fois mélangé avec la matière colorante, il constitue une masse susceptible d’être broyée par les cylindres de la machine et d’être chargée en couche mince sur la plaque d’impression. Et précisément la possibilité de réduire l’épaisseur de la matière colorante permet d’imprimer à bon marché de grandes surfaces.
- Cependant, comme les couleurs à l’huile ne sèchent pas immédiatement, il convient d’imprimer les diverses nuances successivement, en ayant soin de laisser, après chaque application, le temps nécessaire au séchage.
- L’avantag des couleurs à l’huile est de rendre facile le nettoyage des papiers de tenture, qu’il suffit de laver à l’eau. Le procédé n’est économique qu’à la condition d’être utilisé pour l’impression, non des papiers en fe uilles, mais des rouleaux sans fia.
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- MACHINE a TRAVAILLER
- LES SOIES
- CHEVILLEUSE MÉCANIQUE De MM. B. Buffaud et T. Robatel.
- MM. Buffau I et Robatel, en rapports constants avec l’industrie soyeuse, ont imaginé plusieurs appareils pour le travail des soies soumises aux opérations de la teinture; nous citerons les suivantes :
- Machines à laver les écheveaux. avec moteur adhérent, et guindres en porcelaine ; une machine de 16 chevilles fait environ 100 kil. de travail à l’heure.
- Machines à secouer les soies, comportant deux paires de chevilles batteuses servies par un seul homme, et ayant puur but de dresser les soies, d’en séparer les bains et de détruire le crêpage résultant des bains.
- Machines à comprimer les soies, à leur sortie du bain de teinture. Elles se composent d’un petit bâti ep , bois et de cyiiudres recouverts en caoutchouc; pour exprimer les étoffes dans les ateliers de teinture en pièces, le bâti est en fonte, et les cylindres beaucoup plus grands.
- Machines à cheviller ; nous en donnons ci-dessous un dessin et une courte description.
- Cette chevilleuse remplace la torsion à la main. Elle est mise en mouvement par une grande roue dentée agissant d’abord sur un certain nombre de paires de bobines qui font office de chevilles et chevillons. Un balancier est placé entre les bobines inférieures et les supérieures, entre lesquelles la soie est tordue et plus ou moins tirée, au moyen de leviers qui écartent à volonté les deux bobines correspondantes.
- Ces machines se construisent avec 4, 6 et 8 paires de chevilles.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Machine à cheviller.
- Elles s’établissent à courroie ou à moteur direct-, ces dernières sont plus employées, car il est plus facile de faire arriver un tuyau de vapeur qu’une transmission dans les locaux où l’on veut les installer.
- Le chevillage a pour but, comme on sait, d’assouplir les soies, d’ouvrir les écheveaux, de renfler les fils, notamment les trames ; en un mot de leur faire perdre la rudesse laissée par le bain de teinture ou de décreusage.
- On a cru longtemps que le travail à la main ne pouvait être remplacé ; ces machines l’exécutent très bien, et font aisément le travail de 12 à 15 hommes.
- Depuis quelque temps, on les applique également avec succès, au travail des cotons.
- Les mêmes constructeurs ont encore dans cette série de machines, une Lustreuse-Éti-reuse à étirage double dont nous donnerons prochainement un dessin. (4 suivre).
- PROCÉDÉS DIVERS
- Nous avons plusieurs*ots pHé de la vogue de la peluche ; nous en donnons ci-dessus un échantillon dans une des teintes où ce tissu chatoyant produit son maximum d’effet, mais pour cela, il faut le voir en plis drapés offrant aux jeux de lumière des reflets di-chroïques que n’offre pas une surface plane.
- Les teintes Rouge-Rubis, Bleu-Saphir sont également très belles en peluche. En général il faut des teintes franches et corsées ; les nuances mode, indéfinies, claires ou demi -claires ne font pas bien sur ces tissus.
- Cette teinte Paon s’obtient, pour 10 kil. de
- tissus, avec
- Vert sulfo-conjugué...... 100 gr.
- Violet acide 2 R.............. 25 —
- Sulfate de soude............. 100 —
- Acide sulfurique.............. 50 —
- Le fond toile étant en coton, il faut que le tissu passe préalablement dans le mordant de sumac et d’émétique.
- VELOURS ANGLAIS
- Groseille.
- Les velours anglais ou de
- sont aussi
- des articles de consommation usuelle, et surtout d’hiver, comme toutes les étoffes épaisses et pelucheuses.
- Ils se font aussi en couleurs variées ; ce sont encore les pleines et les franches qui sont d’un meilleur effet ^ les tons gris et rabattus ressemblent trop aux velours savoyards.
- L’échantillon ci-dessus est d’un pourpre groseille qu’on obtiendrait directement avec le bain ronge mais qu’on fait aujourd’hui plus avantageusement à l’aide des rouges azoïques teignant directement le coton ; par exemple,
- les rouges Congo, qui, toutefois, n’ont pas exactement le même ton, puis ce que l’on désigne : Ecarlate spécial pour colon.
- Ces couleurs teignent sur bain alcalm, avec :
- Pour 100 kil. de coton :
- Rouge azoïque................ 3 kil.
- Cristaux de soude........... 10 —
- Savon blanc.................. 2 —
- Il faut une ébullition d’environ une heure, pour arriver au ton voulu.
- NOIRS SUR LAINE
- Procédés anglais.
- Noir commun à une seule opération.
- Campêche............... 40 pour 100
- Acide sulfurique.... 0,5 —
- Faire bouillir une heure :
- Couperose............... 3 pour 100
- Vitriol bleu............ 1 —
- Jeter ces produits à l’état solide ou en solution et faire bouillir une demie heure de plus. Retirer les matières et laisser reposer la nuit.
- Couleur peu stable, tournant au puce par l’usage, employée pour teindre des déchets colorés que l’on destine à la fabrication d’articles de qualité inférieure. On peut se servir avec avantage du sumac pour produire un noir de ce genre.
- Cette couleur est peu fixe parce qu’une forte partie de la matière colorante est convertie en laque et se trouve, par conséquent, faiblement attachées à la fibre. Les anciens teinturiers ne teignaient généralement que dans un seul bain, ce qui explique en majeure partie les mauvais résultats qu’ils obtenaient.
- NOIR COMMUN DOESKIN (1)
- Mordant.
- Couperose................ 3 1/2 pour 100
- Vitriol bleu.............. 2 —
- Alun...................... 2 —
- Tartre rouge (Argol)..... 3 —
- Campêche.................. 3 1/2 —
- Faire bouillir cinq minutes, refroidir avec de l’eau jusqu’à la température de 37°77 centigrades, introduire les articles, élever à l’ébullition en trois quarts d’heure, et faire bouillir pendant une heure et demie. Oter les matières à teindre et les laisser la nuit. Quelques teinturiers les soumettent immédiatement au la* vage, et d’autres les laissent sans être lavées.
- Teinture :
- Campêche................... 24 pour 400
- Tartre rouge............... 1 —-
- Faire bouillir cinq minutes, abaisser la température à 82° 22 centigrades avec de .i’eaU’ introduire les articles, élever à l’ébullition
- dans une demi-heure, plonger successivement
- (1) Le produit anglais appelé Dœskin (peau de daim), est une étoffe de laine, compacte, croisée. On dit noir Dœskin comme on dit noir de Se«a» et d’Elbœuf.
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- IA REVUE DE IA TEINTURE
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- les pièces en leur imprimant un mouvement de circulation au mGyen du tourniquet — mouvement d’abord rapide — faire bouillir une autre demi-heure, retirer les matières du bain, les faire refroidir sur la perche et les laver à la machine avec de la terre à foulon.
- Si les pièces ont été en partie fabriquées avec des mungos (effiloches de chiffons de laine) qui contiennent souvent des fils de coton communément appelés bourrelets (burls), il est nécessaire de les soumettre à un traitement qui consiste à teindre en noir ces particules de coton. Cette opération consiste à plonger l’étoffe dans une citerne contenant une infusion de matière tannique, ordinairement de sumac ou de myrobolans, et puis de la passer dans une solution de pyrolignite ou soi-disant nitrate de fer (nitro-sulfate de fer). Les pièces sont ensuite lavées définitivement sur la machine avec de la terre à foulon.
- Cette couleur est solide, mais non très permanente, car elle devient puce à l’usage.
- (A continuer).
- * APPRÊTS DES MOLLETONÉS COTON
- doublures et genre futaines.
- Cet apprêt nécessite l’emploi d’une machine laineuse, afin de relever le poil du tissu. L’empois se fait avec :
- Dextrine................ 10 kilog.
- Eau chande............. 100 litres.
- Huile tournante..... 1/2 —
- Apprêter au foulard, à froid, sécher aux tambours, humecter, puis passer à la laineuse à chardons.
- Plier les pièces, sans enrouler, pour éviter de réappliquer le duvet.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- Impression sur chiffonnage.
- Ceci est un travail bien accessoire mais quun certain nombre de nos confrères ont entrepris et que je dois au moins citer en Passant -, je me bornerai, du reste, à une courte mention, car il a été décrit au long dans une brochure : Méthode pratique d'impression ^e& t'ssus, en couleurs mates, dorées, argen-tées, bronzées, voloutées et perlées, applica-afe aux étoffes reteintes, etc., de M. F. Gouil-LOni et à laquelle je prie mes lecteurs de se reP°rter, s’ils veulent entreprendre ledit travail.
- Aujourd’hui l’impression du chiffonnage a Perdu beaucoup de terrain, mais elle a tou-leurs sa raison d’être et n’est pas abandonnée ^fièrement, seulement on cherche des sujets Slmples, on n’a plus guère recours aux dorés flamboyants d’autrefois , elle est devenue tra-VaA d’utilité et non de genre.
- Plie trouve enfin des applications nouvelles, comme bordures de jupons ou décoration
- de grands rideaux ; on obtient même en cela de très beaux effets.
- La brochure précitée nous dit avec raison :
- « Il est certain que ce genre d’impression crée une nouvelle source de profits pour le teinturier-dégraisseur, et qu’il offre un moyen i d’utiliser de vielles étoffes, des robes usées, qui n’eussent pu être employées sans ce dessin plastique qui les recouvre, en dissimulant les cassures, en masquant les défauts, et même en relevant, par effet de contraste, la teinte du fond, qui sur les étoffes usées, est toujours \ terne et sans vigueur.
- « Cette impression donne aux robes encore bonnes une décoration coquette qu’une teinture unie n’égalerait certainement pas... »
- « Le teinturier doit cependant considérer . que cette impression est difficile à faire disparaître plus tard des étoffes qui en sont recouvertes, et que dès lors une robe imprimée ne peut plus revenir en teinture ; c’est le dernier travail qu’elle puisse subir -, donc, son intérêt et celui du client est de déconseiller cette impression sur une étoffe presque neuve, susceptible encore d’un long usage, etc... »
- Le même ouvrage nous dit encore :
- « L’impression sur chiffonnage met en usage des procédés aussi simples que primitifs ; il suffit de déposer sur l’étoffe un dessin opaque qui couvre le fond dans les endroits imprimés, à la façon d’une peinture ; toute la science de l’opérateur consiste à faire son dessin proprement et régulièrement. »
- Matériel pour l'impression.
- Par suite de cette simplicité de travail, on peut l’entreprendre avec un matériel très restreint.
- La première et plus importante pièce est une bonne table, solide et bien dressée.
- Puis, avec six planches gravées,convenablement choisies et dont quelques-unes se combinent entre elles, on arrive à obtenir une dizaine de sujets divers, exécutables en toutes nuances, y compris les métalliques, ce qui est déjà bien suffisant pour offrir uu certain choix.
- Un tampon à doublé face, pour étendre les couleurs, complète le plus gros materiel.
- Le petit se compose de brosses, pinceaux, d’un couteau souple pour relever la couleur sur le tampon.
- Les produits consistent en couleurs à l’huile, en poudres métalliques et tontisses pour velouté.
- Tout cela, moins la table, peut s’obtenir pour 250 francs ; ce n’est donc pas une installation coûteuse.
- Nous n’insistons pas davantage et nous renvoyons pour l’exécution, etpour les dessins et échantillons relatifs à ce mode de travail, à la brochure « Méthode pratique d’impression, p
- Exemples de quelques types d'installation de maisons de teinturiers dégraissenrs.
- Maintenant que nous avons fait une revue
- d’ensemble du matériel, voyons à peu près ce qu’il nous faudra pour l’installation de maisons de diverses importances.
- Rappelons-nous, cependant, que les grandes maisons ne prennent pas leur importance du premier coup ; elles se développent peu à peu. Il faut donc pour un début, aller du plus modeste à la bonne moyenne d’un ensemble de matériel, et laisser au temps et à l’expérience le soin d’indiquer le complément qui deviendra nécessaire.
- Nous envisagerons donc trois types principaux, étant entendu qu’on peut aller au-delà et sans limites, et qu’on peut aussi commencer à moins.
- A la rigueur, une bassine, une table à repasser et deux tapis volants, le tout coûtant 100 francs, peut déjà constituer un atelier —-bie.i médiocre il est vrai. — C’est mieux que cela que nous voulons voir tout en commençant par une installation déjà modeste.
- PREMIER TYPE — SANS VAPEUR Dépense approximative : 3,000 fr.
- Magasin.
- Mobilier et aménagement............... 500
- Nettoyages.
- 1 Table à brosser.................... io
- x « uutauuci **********............ 1-ü
- 1 Batterie de 3 fouloirs avec leurs baquets............................... 32
- 3 Baquets à échauderetà rincer.......... 12
- Teintures.
- Pompe, Réservoir, Tuyauterie, Robinetterie (t).............................. 250
- Construction du fourneau................. 150
- 1 Chaudière en cuivre de 120 litres.... 90
- 1 — — de 60 litres.... 60
- 1 Bassine — de 50 litres.... 40
- 1 Bassine — de 30 — .... 30
- 1 Cassin — de 2 — .... 6
- 1 Tonne au noir........................... io
- 1 Essoreuse à arcade de 40 à 44 c/m.,. 450 Baquets, Tonneaux pour bains de coi -
- serve...................................25
- Tréteau, Lisoirs, etc................... 20
- * Apprêts.
- 1 Fourneau à iers Hermand............. 22
- 6 Fers à repasser, petits fers accessoi-
- res, etc... ..*....ïU,:.,....... 25
- 2 Tables à repasser complètes......... 40
- 1 Tapis tournant...................... 459
- 1 Presse et ses cartons............... 320
- Approvisionnements t
- Brosses, Cerceaux, Formes, etc.......... 60
- Droguerie, Couleurs, Produits divers... 200 Dépenses diverses et imprévues........... 250
- Une semblable installation peut suffire pour une maison faisant jusqu’à 10,000 francs d’affaires par an.
- Le mode d’apprêt au tapis et à la presse n’est pas celui que j’ai recommandé, mais
- (1) Je prends une moyenne d’évaluation, car suivant la disposition des lieux, la pompe et le réservoir peuvent être inutiles; il est rare que le tout cité pour mémoire — soit nécessaire en même temps.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- n’ayant pas de vapeur, c’est le seul qui reste à notre disposition. Avec un millier de francs de plus, on peut s’installer à la vapeur, mais tout le monde n’a pas de l’argent comme cela, à volonté, et il faut bien aller suivant ses res-soures.
- En s’établissant dans ces conditions, le débutant doit encore considérer qu’il lui faut payer du loyer d’avance, et avoir quelques fonds pour les dépenses courantes ; aussi faut-il qu’il puisse disposer d’environ 4,000 francs.
- DEUXIÈME TYPE — CHAUFFAGE MIXTE Dépense approximative : 7000 fr.
- Magasin.
- Mobilier et aménagement................. 750
- Nettoyages.
- 1 Table à brosser.................... 10
- 2 — à détacher..................... 30
- 1 Laveuse à benzine................... 500
- 1 Batterie de 3 fouloirs avec leurs baquets............................. 32
- 4 Baquets, Terrines, etc.............. 20
- Teintures.
- Pompe, Réservoir, Tuyauterie, Robinetterie............................ 400
- Construction du fourneau.............. 200
- 1 Chaudière en cuivre de 250 litres.... 175
- — — de 120 — ......... 90
- — — de 60 —........... 60
- — de 30 - ......... 40
- Bassines, 60, 45 et 30 litres........ 105
- Cassins, 2 et 4 litres................. 22
- Essoreuse à arcade simple de 45 à48cm 550 Baquets, tonnes, tonneaux, tréteaux,
- bâtons, chevilles, etc............. 100
- Apprêts.
- 1 Fourneau àfers,Ohambon-La croisade, (complet), ou fourneau à cuvette...
- 12 Fers, petits fers, poignées, accessoires ...................................
- 4 Tables à repasser complètes.........
- 1 Bouilleur à vapeur..................
- Tuyautage, y compris un conduit de barbottage allant à l’atelier des
- teintures........................ 120
- Taï;ie platinense A Lyon, n-1....... 250
- Tambour d’apprêt à feutre sans fin,
- d’un bon système................. 1800
- Tapis volants...........^........... 48
- Approvisionnements.
- Brosses, cerceaux, formes, pilon, etc. 100
- Drogues, couleurs, accessoires.......
- Divers et imprévu...................
- Ceci est l’exemple d’une installation où la vapeur n’est employée qne pour les apprêts, et occasionnellement fournissant un barbottage pour les teintures.
- Elle répond aux besoins d’une maison faisant environ 15.000 francs d’affaires, et même 18.000 francs par an, si l’ouvrage est bien payé.
- Entre ce devis et le précédent, il y a, bien entendu, un milieu, mais j’estime quant à moi qu’on ne doit pas dépenser plas de 3 à 4.000 francs, sil’on ne se monte pas à vapeur-, c’est encore beaucoup pour ne disposer que de moyens d’apprêt lents et par conséquent coûteux.
- Sur le présent devis, on peut faire l’écono-
- 110
- 50
- 80
- 800
- 300
- 400
- mie de la laveuse à benzine, et on y serait obligé si l’atelier était situé dans l’intérieur d’une ville, ce qui serait fâcheux. On peut encore le réduire de 1.000 francs, en remplaçant le tambour à feutre, par un cylindre colleur ; cela serait encore regrettable Enfin, on peut faire établir des tambours à feutre, pour 1.200 fr., mais moins confortables, bien entendu.
- Hors cela, je ne vois que des suppressions sans importance et chiffrant peu, qui ne constitueraient donc pas des économies sérieuses J’ai parlé, dans mon détail du matériel, d’essoreuses à moteur direct, pouvant faire tourner le tambour d’apprêt, l’appareil à benzine, une pompe, etc.-, cela entre dans les cas spéciaux que n’ai pas à voir dans cet exposé général.
- TROISIÈME TYPE - A VAPEUR Dépense approximative : 15,000 fr.
- Magasins
- Mobilier et aménagement............. 1000
- Succursales.................chaque 500
- Nettoyages.
- 4 Tables à brosser et détacher 60
- 1 Laveuse à benzine 500
- 1 » à savon 400 j
- 1 Batterie de 3 fouloirs dont une auge à
- compartiments * • • 95
- 1 Essoreuse-toupie 50cm 600
- Baquets et ustensiles divers 150
- Teintures
- Chaudière verticale de 8 chevaux
- avec bouteille alimentaire 2500
- Pompe réservoir, tuyauterie 800
- 1 Fourneau pour 2 chaudières 150
- 1 Chaudière de 300 litres 250
- 1 » de 120 litres 90
- 4 » à double fond de vapeur
- HZ. litrpts 400
- 1 Chaudière à double fond de vapeur
- 280 j
- 2 Bassines de 60 litres 120
- 2 » de 30 litres 60
- 4 Cassins de 2 et 4 litres 28
- 2 Barques en bois pour barbottage.... 200
- 1 Essoreuse à moteur direct, 55cm.... 1200
- 2 Tondeurs à, soieries e*i .Dois 120
- Baquets, tonnes, ustensiles divers... 250
- Apprêts !
- 1 Fourneau Cqambon ou à cuvette.... 110
- 16 Fers et accessoires 70
- 6 Tables à repasser 120 j
- 1 Table platineuse A. Lyon 250 j
- 1 » pleine 275 j
- 1 Tambour à toile sans fin, longueur i
- de 1.50, bien établi 2600
- 12 Tapis volants 96
- 1 Presse de 75 cm et cartons 400
- 1 Foulard-gommeur 300
- Approvisionnements.
- Brosses, formes, accessoires 200 ,
- Couleurs, drogues.................... 600 i
- Balances, mortier, tamis, etc,..... 130 '
- Imprévu et divers.................... 750 \
- Avec cela nous pouvons, je pense, suffire j aux besoins d’un magasin principal et de | deux succursales faisant ensemble 35.000 à 40.000 francs d’affaires annuelles.
- Je n’aurais pu aller jusqu’à la machine à vapeur sans vous faire dépenser au moins 5000 francs de plus, à cause du moteur, d’abord, puis des transmissions toujours très-coûteuses (arbres, chaises, manchons, poulies, paliers, engrenages, courroies, etc.); enfin, il aurait fallu une chaudière plus forte, des appareils à poulies, etc. En disposant de 20.000 francs au début, on peut donc faire une semblable installation, et économiser ainsi beaucoup de main-d’œuvre tout en faisant plus de travail encore ; cela devient une petite usine que je souhaite à tous mes lecteurs de pouvoir occuper, mais qui n’est pas à la portée de tout le monde.
- J’emploie ici l’essoreuse à moteur direct i qu’on peut utiliser suivant mes précédentes j indications, et qui par elle seule rend déjà des I services compensant les 500 francs qu’elle coûte en plus des mêmes modèles sans moteur.
- J’ai été très modéré sur les chaudières à double fond, préférant les barbottages ou le chauffage aux serpentins, moins coûteux d’établissement et utilisant mieux la vapeur ; cependant il en faut, notamment pour les soies, où la température doit être réglée à volonté. J’estime inutiles les chaudières basculantes : n’avons-nous pas des cassins pour vider les bains?...
- Il y a aussi un fourneau pour deux chaudières à feu nu, qui sera également disposé pour recevoir des bassines.; cela sera très-utile lorsque la chaudière sera en réparation ; et pour des opérations continues, ce chauffage est plus économique que la vapeur. Enfin les chaudières fixées sur ces fourneaux devront se chauffer au besoin pour barbottage de vapeur-Aux apprêts, je recommande un très-bon cylindre à feutre, débitant beaucoup d’ouvrage; c’est notre principal outil dans cet atelier.
- Je n’ai pas mentionné les appareils spéciaux: Table-Lyon à pantalons, tendeurs à manches, métier de Saint Quentin, métier brisé, cylindre, calandre, matériel d’impression, etc. La plupart sont très-utiles, et avec ce que j’en ai dit, chacun saura ce qu’il lui faut, et peut-être fera-t-on bien d’attendre les besoins pour se munir exactement du nécessaire.
- Les articles « accessoires et divers » comprennent tout le petit outillage encore coûteux dans l'ensemble quoique chaque objet soit de peu de valeur ; la pratique indiquera encore ce qu’il faut et il n’est pas nécessaire de s y prendre beaucoup d’avance; on peut l’obtenir du jour au lendemain.
- Les sommes indiquées pour les drogues sont suffisantes pour une mise en train; 015 complète au fur et à mesure des besoins.
- Et maintenant, j’espère que nous en avons fini avec le matériel.
- Je dirai quelques mots rapides, oh, très-courte, des produits à employer, et j’aborderai la deuxième partie de ce travail, c’est-à-dire l’exécution du travail.
- Maurice GUÉDRON-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- 7
- LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- CANADA.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- et Textiles à l’Etranger.
- BIBLIOGRAPHIE
- CONSEILS AUX EXPORTATEURS
- Le Teinturier au xix siècle, en ce qui concerne les tissus où la laine prédomine, par M. Th. Grison.
- Voilà un de ces traités qui restent des monuments de notre art. Il a quelques années déjà; il est de 1884, mais nous n’étions pas là pour en parler en temps, et il estimpossible que la Revue de la Teinture ne lui consacre pas quelques lignes; elle a ainsi un petit arriéré à liquider, lorsque l'espace le permet, et elle commence à se mettre à jour.
- L’ouvrage de M. Grison est, du reste, toujours bien actuel; ce sont les procédés nouveaux qui y sont décrits et les couleurs d’aniline, y tiennent nécessairement une grande place.
- L’auteur est un industriel pratique: teinturier et imprimeur, ayant débuté enfant et s’étant lui-même élevé jusqu’au sommet de son art par ses travaux incessants, par ses nombreuses découvertes constatées par des brevets d’invention et par des communications aux sociétés savantes et aux journaux industriels.
- En 1860, il publia la première édition de son livre qui fut très-remarqué et assez vite épuisé. Par l’exposé méthodique des procédés de blanchiment, de teinture et d’apprêt des lainages, par une abondance d’échantilions encore peu usités alors, et par un langage clair, savant et pratique à la fois, son livre se classa parmi les meilleures œuvres écrites pour nos industries.
- Aujourd’hui elle est devenue chef-d’œuvre ; c’est le couronnement d’une longue carrière consacrée particulièrement A cette pratique tinctoriale si complexe, mais aussi si intéressante pour qui ne la considère pas comme un travail machinal.
- La nouvelle édition forme deux beaux volumes édités avecluxe, accompagnés de gravure Parfaitemente exécutées et d’innombrables échantillons méthodiquement classés Le travail des tissus à base de laine y est exposé de main de maître, depuis l’enttée à l’usine de l’étoffe écrue, jusqu’à sa sortie en Pièces teintes et apprêtées livrables à la consommation ; aucune opération n’est omise, et chaque genre d’étoffe a son traitement spécial.
- Nous donnons une idée de la manière de P auteur, en reproduisant le chapitre de dépaillage chimique-, nous avons choisi celui-C1 non comme étant le plus apte à donner cette idée, mais parce qu’il formeun ensemble complet pouvant cadrer avec les proportions d’un journal.
- Le livre de M. Grison n’a qu’un défaut, c’est .e coûter cent francs, mais ce prix est bien justifié par ses proportions, par ses frais de gravures et surtout d’échantillons, par la beauté de son édition; l’auteur y a certainement cherché une satisfaction intellectuelle, plutôt qu’un profit matériel, car nous savons ûue ce genre d’ouvrage, qui ne trouve pas ues millions de lecteurs comme des romans de ^0la, est toujours plus coûteux que productif. Mais certainement il doit figurer dans toutes es bibliothèques non seulement tinctoriales mais industrielles, et il y occupera une place ^honneur. F. G.
- MADAGASCAR.
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie a reçu de M. le sous-secrétaire d’Etat au Ministère de la Marine et des Colonies les renseignements suivants sur le commerce de Diego-Suarez.
- Les toiles peintes sont très recherchées. Elles sont fabriquées en Angleterre et viennent de Nossi-Bé ou de Bombay.
- Les négociants de Diego-Suarez achètent les toiles de coton imprimées, au poids, à Nossi-Bé ou à Maurice, au prix de 10 francs les 22 mètres ; ils les vendent 60 et 80 centimes le mètre.
- Les Malgaches achètent surtout, pour leurs limbous ou lambas, les mouchoirs de coton, en pièces, à couleurs vives et à dessins rouges, noirs, blancs et verts sur jaune.
- Les guinées, les cotonnades croisées, blanches ou bleues ou écrues, sont d’origine américaine. Elles se vendent 75 centimes le yard à Nossi-Bé, et 1 fr. 10 centimes le mètre à Diego-Suarez.
- Les soies et le satin, trame coton sont très recherchés par les femmes malgaches pour leurs canezons. Quoique fanés, ces tissus sont vendus 2 fr. 50 cent., 8 fr. 50 cent., et même 5 fr. le mètre.
- La chaussure et les vêtements blancs se vendent à des prix très inférieurs. Ainsi, une paire de bottines coûte 10 francs et un vêtement complet de toile croisée avec boutons de nacre, 12 francs.
- Des échantillons de tissus sont déposés au Musée commercial de l'Exposition permanente des Colonies (Palais de l’Industrie, à Paris), où le conservateur donnera aux intéressés toutes les Indications nécessaires.
- Il en est de même pour la mercerie, les ombrelles et les chapeaux.
- SÉNÉGAL.
- Le calicot qui a été principalement consommé dans le Haut-IUeuve, pendant les deux dernières années, était la toile des Vosges. Cette étoffe est très recherchée des indigènes de tous les pays soudaniens Leur préférence pour elle est telle qu’ils ont délaissé les toiles à dessins. Il n’y a donc pas lieu d’envoyer de ces dernières, surtout en grande quantité.
- Les deux types d’étoffe qui paraissent le plus plaire dans le Soudan et qui y seront toujours acceptés, sont la toile des Vosges et la guinée filature.
- La pièce de 15 mètres de cette dernière vaut une vingtaine de francs à Bammako.
- Mais les indigènes préfèrent encore leurs propres tissus en coton, confectionnés dans le pays. J’en adresse quelques échantillons à votre Musée. Il est à remarquer combien ces étoffes sont fortes et d’un long usage ; c’est pourquoi elles sont recherchées. Les tisseurs indigènes les fabriquent en bandes trop étroites, ne disposant que de métiers forts petits. Les négociants qui vendraient des tissus analogues, plus larges, mais aussi solides et avec les mêmes couleurs feraient d’excellentes affaires au Soudan.
- Le Consul général de Belgique au Canada signale les articles suivants, comme étant d’une benne vente dane la Colombie Britannique :
- Vêtements complets confectionnés ;
- Bas et chaussettes de couleur et à rayures fantaisie, pour hommes, femmes et enfants ; longueur des pieds pour bas d’enfants : 4 pouces 1/2 ;
- Articles de bonneterie, écrus, blanchis, de couleur, à rayures ;
- Châles de laine carrés de couleurs vives et genre plaids ; aussi lourds que possible, coûtant à Londres 3 shillings 6 deniers à 15 shillings la pièce ;
- Mousseline imprimée, de 2 1/2 à 5 deniers le yard ;
- Corsets pour dames. L’article bon marché est aux mains des Canadiens, mais il y a une demande pour les produits plus chers ;
- Garnitures en dentelles, plumes pour chapeaux, ouvrages en tapisserie, peluche de soie, jerseys pour dames en Burling wool et autres laines à tricoter.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 193,695. — 24 octobre 1888. Vadot, Paris.
- — Nouveau procédé de fabrication de cartons coloriés dits cartons de fantaisie.
- 193,700. — 24 octobre 1888, Weil-Mallez.
- — Linge de table et de toilette en fil pur ou mélange de colon, avec bordures imprimées sur une ou deux faces.
- 193,782. — 27 octobre 1888, Blondel. — Appareil à teindre la laine et autres matières textiles.
- 193,534. — 19 octobre 1888, Charpentier, à Sens. — Nouvelle machine apprèteuse.
- 193,556. — 15 octobre 1888, Lepainteur et Société Grulois et Deprès. — Chinage mécanique par bains de teinture sur toutes les matières textiles peignées ou cardées en bourre, nappes, mèches, fils et tissus.
- 193,578. — 16 octobre 1888, Cœn. — Nouvelle composition réfractaire et préservatrice.
- 193,819. — 30 octobre 1888. Farjasse. — Pince à détacher les étoffes et autres.
- , 193,844. — 31 octobre 1888. Gontillon. — Procédé de solidification des couleurs teintes ou fond des tissus foulards dit pongés, tissus de chine ou autres, imprimés à réserves où enlevages, par la combinaison de la préparation de l’étoffe et de l’emploi de la vapeur à haute température.
- 193,928. — 7 novembre 1888, Société Ch. Vincent, ses fils et Oie. — Cristallisation sur toutes textiles, fils, tissus, toile métallique, etc.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Asile d’aliénés de Si-Cermain-sur-Loire (Maine-et-Loire)
- Le 21 décembre, fournitures suivantes :
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Adjudicataires :
- Bas et bopnets. — Guimont, à 627.
- Laine filée. — Poirier, Eugène et Gouraud, à 618.
- Toiles. — Lepeltier (Segré), à 19 de rabais. Etoffes de laine.— Lepeltier, à 21 de rabais. Coton. — Quenion, à 31 de rabais,
- Hospice ciyil de Romans (Drôme).
- Fournitures diverses.
- Adjudicataires :
- Draps divers. —Pomarel, Alph., à La Vache, à 4.59 le m.
- Tartanelles. — Cotte-Fayet et Lacoste, rue Matthieu-de-la-Drôme, à Romains, à 1.19 le mètre.
- Reps — Cotte-Fayet et Lacoste, 5.1.141em
- Indienne d’Alsace. — Cotte-Fayet et Lacoste, à 0,51 le m.
- Cretonne imprimée. — Jacquin, Gabriel, rue Pêcherie, à Romans, à 0,61 le le m.
- Cretonne d’été. — Chonet, Maurice, côte Jacquemart, à Romans, ci 0.78 le m.
- Cretonne pour tabliers. — Chonet, à 0.77 le m.
- Poltaise pour doublure. — Chonet, à 0.55 le m.
- Fichus en indienne - Cotte-Bellier et Morette place Fontaine-Couverte, à 0,45 lem.
- Toile de lin pour drapeaux. — Chonet, à 0.51 le m.
- Toile coton. — Chonet, à 0.63 le m.
- Toile rousse voiron. — Chonet, à 1,39 lë m.
- Toile pour tabliers. — Chonet, à 0.92 le m.
- Toile pour paillasses d’enfants. — Cotte-Fayet et Lacoste, à 0.61 le m.
- Toile pour draps de lit. — Chonet, à 0,74 le mètre.
- Toile rousse pour draps de lits. — Chonet à 1.15 le m.
- Molleton. — Chonet, à 1,14 le m.
- Couvertures pour berceaux. — Chonet, à à 1,63 la pièce.
- Asile d’aliénés de Clermont (Oise).
- Fournitures pour l’année 1887
- 29e lot. — Chaussettes coton, 75 c. la •paire ; bas coton, 85 c. la paire ; chaussettes, laine, 92 c,; bas laine, 1 fr. 50 c.—Fraigneau, à Clermont.
- 30e lot. — Casquette marine, 95 c.; casquette à rabat, 1 fr. — Letorcy, à Clermont.
- 31e lot. — Mouchoirs de cou, 54 pièce; mouchoirs de poche, 27 c. — Helbronner, à Paris.
- 32e lot. — Drap gris bleuté, 4 fr. 97 le m.— Balsan, à Châteauroux.
- 33e lot. — Etoffe de coton pour robes, 93 c. le mètre. — Béthune, à Paris,
- 34e lot. — Toile coton écru, 53 c. le mètre. — Helbronner, 7, place Levis, à Paris.
- 35e lot. — Cotonnade pour tabliers de femmes, 82 c. le mètre. — Biébuyck, à Ar-mentières (Nord).
- 36e lot. — Toile d’emballage, 22 c. le m. — Helbronner, à Paris.
- 37e lot. — Calicot cretonne, pour couvre-lits, largeur 2 mètres, 1 fr. 93 le mètre ; Calicot cretonne, 1 m. 20 de largenr, 95 c. ; Ca-litot cretonne, 80 c. de largeur, 62 c.; Calicot léger pour doublure, 80 de largeur, 42 c. — Laurent, à Paris.
- 38° lot. — Toile pour draps de lits, 1 fr. 09 le mètre. — Délécaille, à Armentières.
- 39e lot. — Toile crémée et lessivée, 80 c. le mètre Delécaille, à Armentières.
- 40e lot. — Toile bleue, 1 fr. 19 le mètre. — Helbronner, à Paris.
- 41e lot. — Coutil treillis écru, 72 c. de largeur, 78 c. le mètre, Coutil treillis écru, 72 c. de largeur, 77 c.; Toile à paillasse, 1 mètre de largeur, 84 c. — Jeansen, à Armentières.
- 42e lot. — Soile à torchons, 66 c. le mètre; Toile blanche à nappes, 2 rn. de larg., 2 f. 10 Toile blanche à nappes, 1 m, 30 de larg., 1 fr. 35 ; Derviettes crémées, 80 c. — Biébuyck, à Armentières.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Dissolution, à partir du 27 nov. 1888, de la Société Jeannolle et Cie (teinture des fibres végétales ou animales, tissées ou non tissées), avec siège à Deville-lès-Rouen (Seine-Inférieure), et succursale à Paris, rue Thévenot, 9. — Liquid. : M. Clément, rue Paradis, 21 bis. — Jug. du même jour. — G. P.
- PARIS. — Dissolution, à partir du 1er janvier 1889, de la Société Raffard, (soies en gros, etc.), rue St-Denis, 226. — Liquid. : MM. Paul, Charles et Gabriel Raffard. — Acte du 19 déc. 1888. - D.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Carrabin et Canaval, fab. d’étoffes de soies, rue l.aforêt, 8. — Durée : 6 ans. — Cap. ; 160,000 fr. — Acte du 30 nov. 88.
- MARSEILLE. — Dissolution à partir du 29 sept. 1888 de la Société Giraud et Payan (tissus en gros). — Liquid. : M. Giraud. — Acte du même jour.
- ST-ETIENNE. — Formation de la Société en nom collectif J.-B. Lallier et Mornand jeune (teinturerie de soies et cotons), rue Tré-filerie, 1. — Durée : 10 ans. — Cap. 100,000 fr. — Acte du 6 déc. 1888.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Atuyer, Bianciiini et Ferier, fab. d’étoffes de soies, place Toloran, 22 et 23. — Durée : 6 ans. — Cap. : 260,000 fr. — Acte du 6 déc. 1888.
- ELBEUF. — Formation de la Société en commandite Gaston Debreza et Cie (teinture, dégraissage et lavage des laines, draps, etc.), rue de Rouen, 20. — Durée : 3 ou 6 ans. — Cap. : 200,000 fr. — Acte du 5 déc. 1888.
- FAILLITES
- PARIS. — Richard (Benoist), nég. en soies, déchets de soies, laines et cotons teints et écrus, rue St-Denis, 231. — J. c. : M. Bernhard. — S. : M. Sauvalle.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Distinctions lioimorififfues. — A
- l’occasion de l’exposition de Barcelone, et du 1er Janvier, ont été nommés chevaliers de la Légion d’honneur, MM.
- Auguste Robert, fabricant de drap à Sedan. Levallois, fabricant de tissus à Paris, adjoint au maire du 2e arrondissement.
- Imbs, professeur de filature et de tissage au Conservatoire des Arts-et-Métiers.
- Grève. — Les ouvriers de la filature de laine de Mello, arrondissement de Senlis se sont mis en grève par suite d’une réduction de salaire de dix pour cent.
- Mais l’affaire s’est vite arrangée, les ouvriers comprenant la nécessité d’une réduction, imposée par la concurrence, ont accepté une diminution de cinq pour cent, proposée comme transaction.
- Grève île telsitaarières. — Une centaine d’ouvrières employées dans la teinturerie de peaux de M.Tissier, boulevard Arago, se sont mises en grève, sous prétexte que leur patron voulait leur imposer un nouveau règlement qui constituait pour elles une diminution de salaire Dans une réunion tenue le soir même et à laquelle assistaient un grand nombre d’ouvriers mégissiers, la grève générale a été décidée.
- La grève avait eu d’abord pour cause une diminution de salaire imposée par le patron. Mais, soutenues par la corporation tout entière des mégissiers de Paris, Saint-Denis et Gentilly, les ouvrières posèrent à leur rentrée les conditions suivantes :
- 1° Que la journée de travail dure au maximum de six heures du matin à six heures du soir ;
- 2e Qu’il soit accordé un quart d’heure pour les collations du matin et du soir ;
- 3° Que l’accrochage des peaux, opération qui leur demandait beaucoup de temps, soit fait maintenant par des ouvriers, et que M-Tissier se borne à retenir pour cela cinq centimes par franc sur leur salaire ;
- ti° Que l’on supprime les amendes pour malfaçon.
- Sur les trois premiers points, M. Tissier a donné satisfaction aux grévisies, mais pour la quatrième, il a proposé la transaction suivante : les peaux mal teintes ne seront pas payées, et il sera retenu cinq centimes pour payer la réouverture, c’est-à-dire le renouvellement du travail.
- Les grévistes, auxquelles on retenait précédemment vingt-centimes au lieu de cinq centimes, ont repoussé cette offre et déclare formellement qu’elles ne voulaient plus subir aucune amende.
- La grève continue.
- Folle. — A Gennevilliers (Seine) un nommé D., teinturier, route de Saint-Denis, Pf‘s d’un accès de folie furieuse, a voulu étrangler sa femme.
- D., que nous connaissions comme bon travailleur, a été envoyé à l’infirmerie du dépnt Ce malheureux est père de cinq enfants.
- Avis à cio» abonné»
- La table des matières du 1er voltu me de la REVUE DE LA TEINTURE (année 1888), est à l’impression, et sera jointe au prochain numéro.
- Le Gérnt : F. Gouillon. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes).
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- LA
- re Année, N° 2.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- Ljomni
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES 25 Janvier 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Epaillage chimique de la laine et des tissus (suite). — Machines à laver dites Léviathans. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Erable ; Gris mode ; Bleu-Japon ; Noirs sur laine, procédés anglais ; Apprêt imperméable. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle : Le travail de nuit dans les filatures et les tissages. — Brevets d’invention (catalogue). — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Iniormations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Le triomphe des colorations est actuellement aux murailles parisiennes : vert, rouge et jaune, telles sont les couleurs qui éclatent à chaque pan de mur et sur le moindre coin de panneau qui peut offrir un asile — de peu de durée — à un placard électoral.
- L’oeil en est faussé et il n’est plus possible d’échantillonner juste après une demi-heure seulement de promenade dans les rues de la capitale, où la lutte d’affiches prélude à la bataille du scrutin qui promet d’être chaude.
- C’est qu’à certaines périodes de la vie publique, il se présente de ces élections caractéristiques, qui déterminent la direction du courant, et qui dictent la politique de l’avenir.
- On se souvient qu’en 1869, tout l’intérêt des élections générales se portait sur un seul point, à la lutte dans la 3e circonscription de la Seine entre Emile Olivier, le transfuge de l’opposition devenu le serviteur de l’empire, et Bancel, le proscrit de Décembre, revenant d’exil et s’annonçant comme un ennemi irréconciliable du maître et de ses institutions.
- t Bancel fut élu à une imposante majorité et dès lors on put prévoir à courte échéance la chute d’un gouvernement ^ui malgré tous ses efforts et toutes ses Manoeuvres n’avait pu faire accepter à Paris l’homme qui incarnait sa nouvelle Politique.
- Le scrutin du 27 janvier aura une cgale portée ; ce sera un plébiscité pa-risien ; le corps électoral est appelé à r°pondre oui ou non à cette question : \°ulez-vous le maintien des institutions actuelles ?
- Que les leçons du passé lui profitent, et puisse-t-il se prononcer contre la Politique d’aventure — et des aventu-
- riers — qui fut si souvent funeste au pays !
- Avec ce souhait et cette espérance, revenons aux affaires.
- *
- * *
- Elles sont généralement satisfaisantes dans les industries textiles : il y a de l’entrain, de l’activité, des bonnes tendances, et si les ordres ne sont pas importants ils sont au moins nombreux, tant dans les lainages que dans les cotonnades.
- En soieries : à Lyon, à Saint-Etienne, les affaires sont nettement actives et considérables ; il y a longtemps que l’on a vu, paraît-il, une semblable animation dans la fabrique ; le mois de Décembre a été très occupé, et cette année voit la continuation de ce mouvement. Des commandes importantes lui assurent une certaine durée.
- Tous les jours de nouvelles fabriques se montent ; il suffit de suivre les annonces légales pour constater chaque jour la création d’un nouvel établissement.
- Quant aux lainages, la situation est assez bonne à Elbeuf ; la fabrique espère beaucoup de ses nouveaux échantillons, qu’elle estime supérieurs encore, comme bon goût, nuançage et fini, à ceux de la saison dernière, qui eurent, cependant, tant de succès.
- A Roubaix les genres robes pour l’été sont très bien accueillis, mais les étoffes de grande consommation moins recherchées. La vente des flanelles donne lieu aussi à des affaires actives, avec prix en hausse.
- Les prix se sont également améliorés a Fourmies et se maintiennent fermes sur les tissus classiques ; en nouveautés, des commissions reçues assurent du travail pour quelque temps.
- A Reims, il n’existe aucun stock en cachemires et mérinos, la production s’écoule au fur et à mesure de la rentrée. L’exportation commence à remettre des suppléments de commissions avec une majoration dans les prix. La quinzaine a été moins active que la précédente pour les flanelles, mais sans changement de prix. Les commissions en nouveautés continuent à arriver lentement. La fabrique échantillonne activement les articles d’hiver.
- Vienne produit régulièrement aussi. Il en est de même pour d’assez nombreuses maisons de Mazamet, de Béda-rieux et autres centres lainiers du Midi.
- Les renseignements statistiques sur le commerce extérieur dè la France en laine et ses produits, pendant les onze premiers mois de 1888, comparés aux mêmes périodes des deux années précédentes, donnent les résultats suivants, dont les valeurs sont exprimées en milliers de francs.
- IMPORTATIONS 1888
- Laines 308.756
- Filés de laine 13.305 Tissus de laine 60.117
- EXPORTATIONS
- Laines 119.595
- Filés de laine 35.185 Tissus de laine 308.899
- 1881 1886
- 306.658 376.220 11.242 13.684
- 58.673 66.881
- 103.690 104.540 33.893 35.388 322.022 343.150
- Ainsi sur chaque article, il y a, pour l’année 1888, amélioration sensible sur la précédente, mais sans atteindre encore aux résultats de 1886.
- Le « Journal de Rouen » qui est toujours larmoyant, convient avec peine et beaucoup de réserve, qu’il se fait j quelques affaires en cotonnades ; c’est presque avec regret qu’il dit :
- « Nos indienneurs continuent d’être visités par tous les acheteurs qui viennent sur place, mais s’ils prennent des ordres assez nombreux, ils sont de maigre importance.
- « On vend des écrus, dits blancs, de la rouennerie, de la doublure et des mouchoirs, mais seulement comme assortiment, tandis que les carreaux et les rayures sont très peu demandés.
- « On a encore fait quelques affaires pour l’Algérie et l’Indo-Chine, cette semaine ; malheureusement nous y sommes trop concurrencés, par les Anglais surtout. »
- La situation est également favorable à Roanne, mais voilà encore que les grèves s’y mettent, et les tisseurs y entraînent les teinturiers ; c’est ce qui vient de se produire à l’usine Court.
- Les Vosges avec leurs tissus blancs ont toujours un bon courant d’affaires.
- Belfort, une région voisine, qui devient le refuge de l’industrie Mulhou-sienne, vient d’être attristé par un incendie dans la filature Georges Koechlin et Cie, mais qui heureusement put être lo-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- calisé et ne produisit pas de desastres trop considérables.
- * *
- Après la fabrique, le magasin !... 11 conviendrait donc de faire une visite chez les bons vendeurs et les bonnes faiseuses, et de leur demander ce que dit la mode du jour.
- Mais tout a été encombré par les articles d’étrennes ; c’est tout au plus si l’on a déjà soldé les rossignols du jour de l’an, et débarrassé les rayons de leur présence encombrante ; voici néanmoins quelques échos des nouveautés, où nous reconnaîtrons le caquetage spécial des prêtresses du colifichet :
- « On est plus que jamais à la redingote ; les robes, les manteaux, tous semblent une variante de ce vêtement. On est lassé, cependant de ce costume uniforme, marron, bleu, gris. Mais le voilà redevenu plus coquet, plus nouveau que jamais en peau de soie noire, en surah merveilleux, les devants droits drapés comme la tunique antique et garni aussi de la belle écharpe nouée de côté et drapée à la taille qui se porte plus que jamais.
- « Le suprême du genre, c’est une redingote Carnot en velours noir, vert foncé, grenat, violet sombre presque noir, le large revers en fourrure croisant jusqu’à la taille. Manchon et capote assortis.
- « Comme vêtement par-dessus de demi-saison, on fait toujours beaucoup de longues redingotes en peau de soie noire ou en surah merveilleux noir, avec doublure de nuance douce, vieux vert, mastic, rose tendre. Les broderies, les passementeries avec application de guirlandes et de semis sur drap, sur cachemire et sur soie sont très en vogue.
- « Les robes de drap claires sont littéralement criblées de soutache. Cette idée est très heureuse car on arrive ainsi à de fort jolis effets. Les manchons sont assortis, en drap soutache, ainsi que la capote ou la toque.
- « Pour la ville on aime toujours beaucoup les garnitures déchiquetées. A présent, on ajoure le bas des robes en drap, et même en simple lainage par un découpage variant sur une hauteur de six, dix et même quinze centimètres. »
- « Dans les beaux tissus de soirées, les petits ramages rappelant ensemble les étoffes Louis XVI et le style empire, avec les feuillages grimpants, sont les favoris de la mode....»
- Tout cela est assez décousu ’: non les costumes, mais les descriptions ; c’est que nous les avons glanées un peu à
- droite et à gauche, sans souci de les coordonner davantage, mais espérant que nos lecteurs pourront, chacun dans son genre, en tirer quelqu’utile indication.
- Et maintenant, rentrons à l’atelier, où nous avons à parler un langage plus mâle et moins fleuri.
- F. Gouillon.
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- ÊPAILLAGE CHIMIQUE
- de la laine et des tissus
- Par M. Th. Grison, de Lisieux.
- (Suite)
- Épaillage des étoffes.
- L’épaillage des étoffes diffère dè celui de la laine ; les tissus étant bien dégraissés et séchés sont imbibés d’un bain froid d’acide sulfurique marquant 40, bien séchés après leur essorage et terminés par un passage dans une sécherie chauffée à 20° ; on n’y laisse l’étoffe que juste le temps nécessaire à la carbonisation.
- Quand on opère sur des tissus très pailleux, aussitôt après leur épaillage par la vapeur, on les passe à sec dans une dégorgeuse avant qu’ils aient repris de l’humidité au contact de l’air. On brise ainsi les matières végétales carbonisées puis on désacidule l'étoffe en la dégorgeant et en renouvelant l’eau jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de traces d’acide puis on l’essore et on la fait sécher.
- L’épaillage à sec par le gaz acide chlorhydrique s’obtient dans les chambres closes où l’on place lee étoffes comme s’il s’agissait de les ensouffrer. On fait alors arriver le gaz par la chambre jusqu’à ce qu’elle soit pleine, ce que l’on reconnaît lorsqu’il sort par un orifice ménagé à cet effet à la partie inférieure de cette chambre -, on ferme la trappe et on laisse les pièces en contact pendant trois ou quatre heures après lesquelles on ouvre une trappe extérieure ménagée pour l’échappement du gaz après opération. On retire les pièces et on 1 s passe à la sécherie chauffée à 120°, puis on les désacidule commes celles passées dans l’acide sulfurique. Cette méthode est peu usitée à cause des inconvénients qu’elle présente : nombreuse main-d’œuvre, et détérioration rapide de l’outillage.
- Epaillage des laines et tissus teints.
- La laine est rarement épaillée après teinture quoique cela soit possible.
- Les étoffes teintes que l’on veut épailler sont imbibées d’une dissolution de chlorhydrate d’alumine à 5° ; on les laisse reposer ensuite pendant deux ou trois heures afin que les matières végétales se détrempent et absorbent la dissolution, puis on les essore. Le liquide en ayant été expulsé le plus tôt possible, on sèche les étoffes à 115 ou 120°. La dessication des matières végétales doit être
- parfaite pour que celles-ci se bisent bien dans le passage à sec des étoffes à la dégraisseuse ; cette opération qui suit la dessiccation dure de quinze à vingt minutes ; elle est suivie d’un lavage dans trois ou quatre bains d’eau successifs ; les pièces sont alors manœuvrées pendant vingt à trente minutes dans un bain faiblement acidulé à l’acide sulfurique; puis rin-
- ées à nouveau dans trois bains d’eau pure.
- De tous les procédés d’épaillage c’est celui qui présente le moins de danger pour la laine qui ne se trouve nullement altérée-, il est vrai qu’il n’est efficace que pour les matières pailleuses ; son action est faible sur les fibres végétales ; c’est probablement à cette cause qu’il faut attribuer le peu de généralisation de son emploi. Ceci est fâcheux car ce que nous avons dit pour l’épaillage de la laine par l’acide sulfurique peut s’appliquer aussi à celui des étoffes mais l’action est plus énergique ; cela tient probablement à ce que l’étoffe ne subit pas comme la laine dans l’opération du foulage l’action des bains alcalins qui neutralisent maintenant l’acide contenu dans les étoffes. Les étoffe* sont en effet lavées simplement à l’eau après l’épaillage. Si on leur donne un bain alcalin, l’action est trop rapide ; l’eau ne pénètre pas dans le tube de la fibre, et de plus l’étoffe est teinte dans des bains acides.
- Les étoffes épaillées à l’acide sulfurique ne peuvent donc que subir l’action corrosive de cet acide, action qui changeant la matière organique de la laine en la suroxydant, la transforme avec le temps en matière cornée.
- Pour épailler les étoffes à l’acide sulfurique, nous recommandons comme pour la laine de n’employer que de l’acide épuré, ainsi que nous l’avons indiqué déjà. Sinon les accidents peuvent être plus graves sur les tissus que sur la laine en toison. En effet si l’on passe les pièces dans des bains d’acide contenant du sulfate de plomb dissous ou en suspension, celles-ci se tachent de ce sulfate de plomb qui n’est pas apparent mais qui se fixe par le séchage et ne peut plus être enlevé pat* les lavages. Ainsi tachées de dépôt d’oxyde plombique, les pièces sont perdues à la teinture pendant laquelle il se forme du sulfure de plomb produisant des taches indélébiles ; il ne faut pour cela que quelques parcelles de soufre, comme il s’en trouve toujours dans les tartres bruts qu’emploie le teinturier. L’é-pailleur peut donc éviter ces graves inconvénients en ne faisant usage que d’acide purifié ; le teinturier de son côté évitera les taches en n’employant que des cristaux de tartre exempts de soufre.
- Tous ces inconvénients, occasionnés par l’é' paillage aux acides nous ont fait rechercher un moyen de les éviter et en 1875, nous avons obtenu un brevet pour mordancer et épailler simultanément.
- A cet effet nous avons composé un mordant acide à son minimum d’oxydation, afin àe
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- mordancer la laine en désagrégeant les matières végétales à une température ne dépassant pas 11°.
- La laine étant imbibée de mordants, toute l’action oxydante se porte sur eux ; la fibre est préservée.
- Nous préparons ce mordant avec : de l’alun, des sulfates de fer et cuivre, du bichromate de potasse et de l’acide sulfurique pour les étoffes destinées à être teintes en grosses couleurs ou en noir; pour les écarlates, les mordants sont composés de dissolution d’étain, de tartre et d’acide sulfurique ; pour les marrons, les bronzes, etc., nous y mettons de l’alun, du sel d’étain et de l’acide sulfurique ; pour les rouges garance, l’acide sulfurique et l’alun suffisent ; nous calculons les proportions d’après le poids des tissus.
- Nous opérons de la même manière pour ces divers mordants ; les étoffes étant imbibées à froid et foulardées ensuite sont laissées en repos trois ou quatre heures afin que l’affinité des mordants pour la laine aide à leur fixation et en même temps pour que les matières premières se détrempent aussi complètement que possible ; les étoffes sont ensuite séchées à une température modérée puis passées à la sécherie à 110°. Les matières végétales étant carbonisées, on dégorge les pièces à l’eau froide pour bien les désaciduler et on les met en teinture.
- Les bains n’ont pas besoin d’adjonction d’acide, car l’étoffe en contient suffisamment pour les tourner. Les noirs obtenus par ce procédé ont une très grande solidité, car le mordant de fer uni au bichromate de potasse donne un Chromite de fer insoluble.
- Après la teinture des pièces traitées parce procédé, il est bon de les dégorger à la terre en y ajoutant un peu de carbonate de soude ou d’ammoniaque pour neutraliser complètement l’ecidulilé de la laine.
- {Le Teinturier au XIXe Siècle.)
- -.mcjaÿ=jar-.i
- MACHINES A LAVER
- dites « Léviathans »
- Par MM. Peltzer et fils.
- Les perfectionnements apportés par MM. Peltzer aux machines ci-dessus désignées ont pour Lut de supprimer Véleveur, d’obtenir automatiquement la sortie de la laine hors des bacs, ainsi que le passage do cette laine aux rouleaux comprimeurs ou essoreurs, puis de re-nouveler l’eau de lavage de manière à ména-8er la laine et accélérer les opérations.
- Un rouleau denté, adapté contre le faux-fond perforé de chaque bac et transversale-^nt à la cuve, pousse la laine lavée sur une table inclinée, qui se prolonge jusqu’aux cy-mdies exprimeurs. Cette table forme une s°rte de clavier, dont les barreaux impairs Sonl fixés, et les barreaux pairs sont solidarisés
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- par un cadre que mettent en mouvement deux arbres coudés. Le sens de l’oscillation étant dans la direction des rouleaux essoreurs lorsque les barreaux se soulèvent, la laine est poussée de proche en proche, sans se trouver roulée ni feutrée.
- Une seconde table disposée a la place du faux-fond ou immédiatement au-dessous, permettrait de déterminer de même le cheminement de la laine dans toute la longueur du bac.
- ||Pour renouveler continuellement l’eau qui sert au lavage, les brevetés adjoignent aux bacs successifs, sauf au bac du premier bain, un tuyau qui, ajusté en dessous et contre le plafond du faux-fond, se relève latéralement au niveau du liquide contenu dans la cuve Au même niveau, un injecteur Gitïard aspire l’eau du bac pour la déverser dans le bac précédent.
- D’après cette disposition, l’eau chemine en sens inverse de la matière et est d’autant plus propre que la laine même arrive à un degré plus complet d’épuration. {Brevet).
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS ©INVENTION
- Blanchiment et teinture des matières textiles.
- Par M. Lorimer.
- L’appareil que revendique M. Lorimer se compose d’une grande chambre de séchage ou étuve, dans laquelle circulent, guidées par des rouleaux, de doubles toiles sans fin, entre lesquelles est placée la matière à traiter. Ces toiles peuvent recevoir un mouvement alternatif d’avant en arrière et d’arrière en avant, lorsque plusieurs passages successifs sont nécessaires. A la partie inférieure de la chambre, des souflfits ou des ventilateurs chassent l’air dans toutes les parties du système et simultanément les agents gazeux de blanchiment ou désinfectants.
- Si, au lieu de blanchir ou de désinfecter, on veut teindre par la même méthode, on substitue aux corps gazeux des substances colorantes pulvérisées qui, également entraînées par les courants d’air, pénètrent toutes les couches fibreuses.
- Bronzage de velours par impression.
- Par MM. A. Finger etCio.
- MM. A. Finger et Cie font usage des moyens connus de l’impression, mais dans des conditions spéciales, afin de donner plus de résistance au bronzage. Ils déposent sur la planche portant la gravure du dessin (au moyen d’un rouleau en caoutchouc et à froid) un mélange de poudre de bronze et de laque ou de résine, à l’état de bou.llie visqueuse.
- La planche est ensuite appliquée sur le velours, dont l’envers est soutenu par une surface élastique et poreuse, feutre ou tissu
- U
- Le tout est fortement comprimé sous une presse chauffée à la température de 80 degrés centigrades.
- La résine ou la laque, en se liquéfiant, soude intimement la poudre de bronze au poil du velours, tandis que l’excès du véhicule résineux est absorbé par le feutre ou le tissu formant matelas à l’envers de co même velours.
- Apprêt des draps,
- Par M. Giraud.
- Ce procédé, dit l’auteur, conserve la pureté des nuances dans les mélanges soie et iaine, articles clairs, draps, etc.
- Il consiste à employer un apprêt composé avec :
- Ie Amidon ordinaire.
- 2° Borax ordinaire.
- Rien de particulier, d’ailleurs, dans le mode d’application de cet empois très connu en lingerie, et dont les proportions ne sont p*as indiquées. (Br. 186 352).
- Savon-Benzine,
- Par M. Homo.
- Voici la copie in-extenso de ce brevet, dont les indications sont insuffisantes pour lui donner une valeur sinon légale, au moins
- effective.
- « Savon mou diaphane........... 4 k.
- « Huile d’oleïne............... 100 gr.
- « Huile de palme décolorée. 1 k.
- « Benzine crlstallisab'e,...... 200 gr.
- Et c’est tout! (Br. 190-988).
- Teinture de la laine,
- Par M- Holliday.
- Le procédé do M. Holliday est caractérisé par la formation, sur la fibre, de divers produits colorés insolubles, combinés avec d’autres matières colorantes.
- Etant données cent parties de fil de laine, on fait bouillir, pendant une heure, dans de l’eau contenant en solution 3 parties de bichromate de potasse ou de soude et 1/2 partie de crème de tartre. On lave dans l’eau, puis on chauffe dans de l’eau également, avec addition de 15 parlies d’une pâte contenant 10 0/0 d’alpha-naphtol nitrosé. On obtient ainsi un brun fixe.
- En substituant au bichromate, un sel de fer, la laine est teinte en vert, un sel de cuivre donne un gris brunâtre, etc.
- Décatissage des tissus à l’eau et à sec,
- Par M. Giering.
- Lorsqu’on décatit le drap, enroulé en spires plus ou moins serrées autour de cylindres remplis de vapeur et percés de trous à la périphérie, les premières couches d’étoffe sont plus pénétrées de vapeur que les couches extérieures. On a essayé de combiner, dans le décatissage à sec, la vaporisation du tissu
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- avec un pressage à f’intérieur d’une auge perfectionnée (syst. Esser), mais le tissu ne prend pas un lustre suffisant. On a imaginé, alors de faire précéder le décatissage à sec d’une préparation à l’eau bouillante. C’est à un apprêt de ce genre que convient surtout la machine Giéring.
- Le drap, apporté sur un rouleau, chemine de haut en bas et de bas en haut, de manière à multiplier les circuits, dans une cuve remplie d’eau bouillante. Un jet de vapeur maintient le liquide à la température convenable et des rouleaux guident l'étoffe à l’intérieur du bain. A la sortie de la cuve, deux rouleaux de pression, chauffés à la vapeur, essorent le drap, qui se rend ensuite sur des rouleaux de tension et contourne un tambour métallique. Le dernier, rempli de vapeur et percé de trous très fins, sert à sécher et à décatir simultanément. De plus, pour mieux diviser la vapeur, le tambour est garni de flanelle-, pour donner plus de lustre, un drap Lutre sans fin presse l’étoffe contre le tambour, qu’il contourne entièrement.
- La machine est disposée de telle sorte que l’apprêteur puisse, suivant les genres de tissus, utiliser l’ensemble des dispositifs qui viennent d’être indiqués, ou décatir exclusivement à sec, en ne faisant pas usage du bac à eau bouillante. (Br. 176.409).
- Nouveau système d'évaporateur rotatif à grande surface,
- Par M. Poisson.
- Ce nouveau système d’évaporateur consiste dans la juxtaposition de tuyaux enroulés en spirale, placés côte à côte et à petits intervalles égaux autour d’un même axe de rotation, dans lesquels circule de la vapeur d’eau ou un fluide chaud et plongeant dans le liquide à évaporer.
- Avec cette disposition la rotation seule produit l’évacuation automatique et permanente de la vapeur d’eau ayant servi au chauffage, de sotte que l’appareil se trouvant constamment vide, la vapeur agit intérieurement sur toute la surface et produit le maximum d’effet utile.
- Procédé de production de la glycérine chimiquement pure en extrayant en même temps les corps gras,
- Par M. Brunner.
- Cette glycérine s’obtient de la façon suivante :
- A 100 parties de glycérine brute on ajoute environ 8 parties de sulfate de zinc grillé, puis on chauffe et après refroidissement on additionne la masse de 27 parties de chaux caustique en poudre. Ces proportions peuvent subir de légères variantes suivant la glycérine employée. Ce mélange opéré on passe au filtre-presse afin d’obtenir de suite un produit commercial.
- Procédé de préparation d'acides sulfoniques de meta amidotétraltryl-diamiio triphenyl-methane,
- Par La Compagnie parisienne des couleurs d’aniline.
- Ce procédé s’obtient de la façon suivante : 30 kgs de meta amidotétraethyl-diamido triphenylmethane sont dissous dans 150 kgs d’acide sulfurique fumant de 20 0/0 SO3.
- Quand cette solution est légèrement chauffée et laissée reposer assez longtemps, il se forme en premier lieu un acide sulfonique dont le sel ammoniacal est soluble difficilement et qui par conséquent ne donne une solution claire qu’avec de l’ammoniaque délayé chaud.
- Il est avantageux d’employer un acide sulfonique dont le sel ammoniacal soit facilement soluble. Dans ce but le liquide de la sulfuration est chauffé à 90o-100° jusqu’à ce qu’un échantillon donne une solution claire avec de l’ammoniaque froid de 3 pour cent. La masse de la réaction est convertie de la manière connue dans le sel de calcium ou de sodium.
- Fabrication d'une matière destmée à remplacer la gutta-percha, le caoutchouc ou les tissus huileux dans leurs applications chirurgicales,
- Par M. Schlésinger.
- La nouvelle matière qui fait l’objet du brevet a pour but de remplacer la gut'a percha. On prend un tissu de soie ou autre étoffe finement tissée ou un produit feutré tel que du papier. Si l’on emploie du papier, il est préférable qu’il soit fait de fibres de manilles, qu’il soit écru et non gommé et que ces fibres soient aussi longues que possible. On sature cette matière feutrée ou tissée d’une façon convenable avec de la gélatine ou de la colle forte ou avec un mélange de gélatine ou de colle forte ou bien avec une substance résineuse quelconque.
- Produit nouveau appelé éburite,
- Par M. Cravelin.
- L’éburite est une substance ayant pour base la pâte à papier ou d’autres pulpes fibreuses additionnées comme agglutinant de matières albumineuses et d’autres.
- Il comprend :
- 100 kg. de pâte à papier contenant 50 0/0 d’eau.
- 80 kg. de sang en nature.
- Cette première pâte doit être malaxée, pilonnée avec soin et triturée.
- Après cete première opération, on mélange à nouveau 100 kg. de cette pâte, '80kg.de sang, 1 kg. de résine en poudre, 0 kg. 500 d’huile de lin ou autre. On laisse tremper cette masse quelques heures et ensuite on y intro-
- duit la couleur nécessaire. Le mélange est de nouveau malaxé, pilonné et trituré.
- Ces diverses opérations terminées, on ajoute de la cire, de la gomme laque ou d’autres substances résineuses Exposées pendant un certain temps à une chaleur de 50° environ, ces diverses substances forment un produit pouvant avantageusement remplacer la corne, le buffle et même le caoutchouc.
- PROCÉDÉS DIVERS
- ÉRABLE, GRIS-MODE
- Voici un des plus jolis gris-mode, mais bien susceptible, comme on dit dans nos ateliers, et trop clair pour la saison ; nous le trouvons parmi les échantillonnages faits pour l’éte prochain, et qui seront très offerts, peut-être avec quelques variantes suivant les maisons, mais tout en restant dans ce type général.
- C’est la nuance du bois d’érable, un peu moins rosée que le Tourterelle, et qui est une dégradation des teintes dites : Ruine, Biche, Hémione, qui sous ces désignations sont toujours plus foncées.
- Pour le teinturier, c’est simplement un mode jaune, qu’il obtiendra facilement en employant ;
- Pour 10 kilog. de laine :
- Extrait de bois jaune 150 gr.
- Cachou............... 50 —
- Teindre sur bain large et à chaud mais sans bouillir, pour éviter de monter trop vite.
- Brunir bien légèrement à la fin, avec une petite pierre, de :
- Couperose mixte (environ) 25 gr.
- Il faut veiller à bien unir, c’est là l’écueil pour ces teintes très claires.
- Bleu-Japon.
- Pourquoi Japon? Les parrains ne l’ont pag dit; c’est probablement à cause de la teinte bleue dominant dans les potiches japonaises, et cependant il n’est pas identique avec cette couleur d’émail.
- Les Japonais teignent beaucoup à l’indigo> et obtiennent des teintes de ce genre; c’est
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- peut-être ce qui a valu cette désignation à une nuance que nous retrouvons également parmi l'échantillonnage d’été.
- Pour nous ce serait un Bleu-Gendarme s'il était un peu plus tranché (Voir notre échantillon du 1er juillet dernier, p. 100) ; c’est l’ancien B'eu-barbeau que nos pères portaient en habits à la française.
- Sur soie, c’est le Bleu-saphir, mais il faut le brillant du satin pour justifier ce titre éclatant.
- Les bleus alcalins les plus communs, ceux ‘qu’on désigne : Bleus de Guernesey donnent à peu près cette nuance, mais il est difficile d’arriver aussi plein, à moins que l’étoffe ait un fond jaunâtre ; de toutes façons on teint sur écru.
- Le mélange suivant, arrive au ton :
- Pour 10 kil. de lainages :
- Induline................ 150 gr.
- Bleu acide B................ 50 —
- Sulfate de soude........ 250 —
- Acide sulfurique........ 50 —
- L’acide sulfurique doit être éteim à l’avance dans l’eau et ajouté peu à peu au bois colorant, l’aduline étant très sensible à l’action de l’acide.
- Noms SUR LAINE Procédés anglais (Suite).
- Noir Dœsldn pour laine.
- Mordant :
- Camwood,..................... 8 pour 100
- ^aire bouillir cinquante minutes. Puis ajouter :
- Bichromate................... 3 pour 100
- Alun......................... 1 —
- Tartre brut.................. 1
- Faire bouillir cinquante minutes, retirer et laisser reposer la nuit. Teindre dans :
- Mordant :
- Campèche..................... 45 pour 100
- Fustet....................... 8 —
- Sumac........................ 4 —
- Faire bouillir une demi-heure; retirer. Couleur solide et permanente.
- Cette formule contient toutes les couleurs nécessaires pour produire un noir, soit : rouge, bleu et jaune. Le camwood fournit le rouge, 1® campèche le bleu et le fustet le jaune. Les couleurs de campèche chromé ont une tendance à devenir vertes, à cause de la produc-hon de l’oxyde chromique ; la présence du cam-wood ou d’autres couleurs rouges a pour effet de rendre ce changement moins apparent.
- IVoir jaune avec reflet bleu pour laine.
- Mordant :
- Bichromate de potasse....... 2 pour 100
- Acide sulfurique............ 0 25 —
- Faire bouillir une heure et demie et laisser Passer la nuit.
- Teinture :
- Campèche................ 45 à 50 pour 100
- Faire bouillir une heure.
- Si le noir doit être très net, comme dans les mélanges de noir et de blanc (les rayés blanc et noir par exemple), on peut fixer la couleur plus solidement en passant finalement l’article dans un bain chaud contenant 5 pour 100 de bichromate de potasse. (A continuer.)
- APPRET IMPERMÉABLE
- pour tissus de coton.
- Cette imperméabilité est relative, et ne résisterait qu’à l’eau froide.
- On fait le mélange suivant :
- Colle de Flandre ou gélatine.... 2 kil.
- Eau bouillante pour dissoudre... 70 litres.
- Savon de Marseille................ 2 kil.
- Après dissolution du tout, ajouter peu à peu :
- Alun ordinaire........*........... 3 kil.
- Apprêter en plein bain, à chaud, sécher à la chambre chaude, humecter et calandrer.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- Nons laissons la parole cette fois à notre nouveau collaborateur, qui traite si bien les questions économiques de la profession.
- M. Maurice Guédron profite de ce renfort pour donner tout son concours à la lutte électorale qui décidera peut-être du sort de la France.
- Par la suite, les articles de nos deux confrères pourront paraître côte-à-côte, avec la même bonne intelligence qui règne entre leurs auteurs, qui sont de vieux amis. F.G.
- Mauvais procédés de concurrence Du chinage.
- Comme suite d’un précédent article je dirai que les causes principales qui minent sourdement le métier étaient l’extension toujours croissante des succursales et le système de chinage à domicile.
- Ce dernier moyen de se procurer de l’ou-Yrage est des plus funeste à tous points de vue : quand c’est le patron qui fait l’office lui-même (ily en a), il lui faut laisser les soins de son atelier à un ouvrier en teintures ; or il n’est, comme on dit, que soi à ses noces, et jamais ou à très peu d’exceptions, un ouvrier ne remplace le patron à l’atelier, tant à cause de l’économie des drogueries et du combustible que d’une foule de petits soins dans l’exécution de travaux qui constituent le fini et satisfont la clientèle.
- Il y a des maisons occupant un ou deux ouvriers dont le chef est complètement occupé a faire le service du dehors -, du premier coup c’est 2400 à 3000 francs de main d’œuvre par an, sans compter les déboires d’ailleurs
- qui en découlent. Dans de telles conditions l’établissement est boiteux et ne sera jamais prospère.
- Pour ceux qui font faire le service par des employés, ce sont généralement des maisons plus fortes, ayant mieux le moyen d’en supporter les charges et de faire genre (singulier genre à le vérité) ; quant aux bénéfices je ne vois pas bien où les retrouver : ses employés son rétribués à raison de 140 à 150 francs par mois plus 2 ou 3 pour cent, soit en < tout ot en chiffre rond 200 francs. En admettant qu’ils recueillent pour 3 à 400 francs par mois, voilà du premier chef la moitié des affaires absorbée pour les appointements du chineur ; si on tient compte que l’ouvrage ainsi I recueilli est commun, mal rétribué, où sont les bénéfices?
- Comme on le voit, c’est une fausse spéculation bonne à créer des sinécures à des employés ; ceux-ci en ont tous les avantages sans les inconvénients; viennent-ils à changer de patron ils connaissent mieux la clientèle, i ls en enlèveront la moitié ou les deux tiers au profit de leur nouveau patron, h moins qu’ils travaillent directement pour eux en faisant faire à des confrères.
- Voilà comment certains spéculateurs travaillent à l’envers de leurs intérêts ; quand même il en serait différemment, il ne peut en résulter que si les concurrents s’en trouvent lésés, ils chineront aussi ; donc nouveaux frais généraux créés comme à plaisir.
- 11 est bien évident qu'il y a des exceptions pour des maisons ayant de fortes entreprises pour administrations, théâtres, hôtels, etc. ;
- : dans ce cas le service s'impose mais non pas en allant de portes en portes chez les particuliers, solliciter une culotte, un caleçon ou un gilet de flanelle de 6 sous.
- D’autres corps de métier font bien un service à domicile mais alors ce sont pour des affaires plus importantes ou d’une fourniture journalière, tandis qu’en teinture on n’a besoin que de loin en loin et pour des affaires relativement peu importantes.
- Des succursales.
- En ce qui concerne les succursales, je n’entends pas être exclusif ; d’une part il est très-naturel que ceux qui en possèdent essaient d’en maintenir la prospérité, d’autre part, à Paris plus particulièrement, c’est pour ainsi dire forcé ; à cause de l’emplacement pour monter les ateliers, il faut s’éloigner du centre vers les boulevards extérieurs ou bien vers les fortifications où l’on trouve plus aisément et à meilleur compte que dans la banlieue. “ITs’en suit d’avoir des magasins dans le cenlre de quartiers déterminés ; mettons 3 à 4, une 1/2 douzaine de succursales, avec cela il y a déjà pas mal de surveillance et de tracas ; pour un petit chiffre de 50 ou 100,000 francs
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- d’affaires, il y a plus à s’occuper que dans certains genres de commerce et industrie travaillant par millions. En outre on a l’avantage de courir moins de risques et en cas de mortalité de laisser de gros embarras sur les bras d’une famille.
- Sous un autre rapport et sans vouloir faire de statistique, on trouve beaucoup plus (10 contre un) de teinturiers ayant fait fortune avec une entreprise modeste que dans des grandes, et cela se conçoit: dans de grosses affaires on est débordé de tous cotés, il y a du coulage et enfin le personnel de cette partie est extrêmement difficile à recruter.
- 11 y a dans Paris des maisons faisant de 100 à 120,000 francs d’affaires, ayant jusqu’à 20,000 francs de loyers; restent bien entendu les gérantes et tous les autres frais généraux de main d’œuvre, dans de pareilles conditions les bénéfices ne sont pas difficiles à deviner.
- Un grand nombre de succursales ou boutiques de teinturerie font un chiffre annuel de 8, 10 et 12,000 francs, et j’en connais dans ce nombre ayant de 2 à 3,000 francs de loyers, c’est-à-dire la moitié de trop : 1,000 francs de loyers par fractions de 10,000 francs d’affaires est tant qu’il faut pour rester dans des conditions normales ; bien peu sont placés aussi favorablement.
- Des gérantes.
- Ce nombre toujours croissant de Teintureries est dû. à deux causes-, voici comment elles se produisent : quand un teinturier fonde une succursale, nécessairement il lui faut une gérante, honnête et capable : deux mots qui en disent long ! sans doute cela se rencontre, mais le contraire aussi. En admettant le premier cas, il arrive que cette employée s’établira à son tour, il s’en trouve même de si capables qu’avec des appointements annu-ls de 1200 francs, n’arrivent peut-être pas à acheter de châteaux comme le sous-lieutenant de la Dame blanche, mais trouvent moyen de faire de rapides économies, pour un beau matin monter une concurrence au patron. Connaissant bien mieux la clientèle que lui, elles en recueillent la moitié; de sorte qu’ici encore, le pauvre teinturier aura travaillé tout juste pour le bonheur de son employée.
- Des teinturières d'occasion.
- De nos jours, il n’est pas besoin d’ailleurs d’être de la partie pour monter une maison, on voit cela eclore comme des champignons; le premier cordon bleu venu lâche fourneaux et casseroles en s’improvisant teinturière.
- Le chose est vite bâclée; on installe une boutique avec l’enseigne règlementaire au fronton « Grande Teinturerie »; sur les vitrages ou panneaux du bas. « spécialité de nettoyages à sec. Usine à vapeur » (ou tout au moins à faire peurj, avec les deux serges rouges règlementaires ; pour l’intérieur un comptoir,
- une glace, quatre chaises, avec ou sans vitrines : v’ian, ça y est : Paris possède une teinturerie de plus ! 11 en a un millier comme cela.
- Aussitôt installée, la grande teinturière reçoit force d’offres de services, si bien que sans s’en douter, l’ouvrier qui s’établit, au lieu d’être l’employé d'un seul patron, devient l’ouvrier de toutes ces teinturières ; il a non-seulement les chances d’être payé plus ou moins, mais de recevoir des remontrances à l’année par 20, 50 teinturières ; il n’est plus son maître, tout en faisant l’ouyrage à vil prix.
- Voilà malheureusement où en est la teinturerie à Paris. MM. les collègues de province feront sagement de ne pas imiter ce système défectueux.
- Et comme conclusions: ne pas chiner, ni s’établir à travailler à confrères : relever les prix et non les baisser.
- Dans un prochain article je traiterai des conséquences du nettoyage à sec pour les teinturiers de Paris. V. B.
- Teinturier de Paris.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- FAITS PARLEMENTAIRES
- et administratifs
- Service de l'hygiène publique et établissements classés.
- Par décret du 5 janvier dernier, le service de l’hygiène publique est distrait du ministère du commerce et de l’industrie et transféré au ministère de l’intérieur. Toutefois, les établissements dangereux, insalubres ou incommodes, sont maintenus dans les attributions du ministre du commerce et de l’industrie.
- Postes et télégraphes.
- La direction générale des postes et des télégraphes est, d’autre part, distraite du ministère des finances, et transférée au ministère du commerce et de l’industrie.
- Prud’hommes commerciaux.
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce et de l’industrie, a annoncé eu conseil que le rapporteur du projet de loi sur les prud’hommes commerciaux allait déposer son rapport sur le bureau du Sénat.
- Le ministre s’entendra avec le rapporteur pour demander au Sénat que ce projet arrive promptement en discussion.
- Accidents de travail.
- La commission relative à la proposition de
- loi sur la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes, a entendu M. Blavier qui avait demandé à soumettre quelques observations. Elle procédera ensuite à une révision complète du texte sorti de ses délibérations. Le rapport de M. Tolain pourra sans doute être déposé la semaine prochaine sur le bureau du Sénat.
- L'impôt sur le revenu.
- Par 12 voix contre 5. la commission spéciale a refusé de passer à la discussion des articles' du projet établissant un impôt sur le revenu.
- M. Jules Roche a été nommé rapporteur avec mission de conclure au rejet pur et simple du projet.
- La monnaie de nickel.
- Le ministre des finances s’est rendu à la commission de la Chambre chargée d’examiner le projet de loi tendant à transformer la monnaie de bronze en monnaie de nickel.
- Le ministre s’est déclaré prêt à faire une expérience limitée, d’après les résultats de laquelle on se déterminera, s’il y a lieu, à une transformation plus complète. Il a annoncé son intention de proposer à la Chambre le retrait de toutes les pièces de 20 centimes en argent qui, par leurs petites dimensions, ne sont jamais entrées dans les usages publics et de les remplacer par des pièces en nickel, de même valeur.
- La commission s’est montrée favorable à cette expérience limitée, sur laquelle la Chambre va être consultée à son tour.
- LE TRAVAIL DE NUIT
- Dans les filatures et les tissages.
- La Chambre, on s’en souvient, a voté, en première lecture, un projet de loi interdisant le travail de nuit dans les usines et limitant à un maximum de dix à onze heures le travail quotidien des ouvriers. Une protestation contre cette loi vient de se produire, protestation qui émane de ceux-la mêmes qu’elle a la prétention de protéger, et qui est signée par plu* sieurs milliers d’ouvriers vosgiens :
- Les ouvriers vosgiens habitent des régions montagneuses où le développement de l’agriculture est impossible et ou l’industrie seule peut les faire vivre. Dans leurs familles, tout le monde travaille; chacun contribue par son salaire aux exigences de la vie commune, et parfois le père, la mère et les enfants au-deS-sus de quatorze ans sont occupés dans les usines.
- Le travail diurne, dons les fabriques ou » est appliqué d’une manière exclusive, commence à cinq heures et finit le soir à sept heures. Il y a deux heures de repos : une demi-henre, le matin, pour le déjeuner, et une heure et demie, à midi, pour le dîner. Pour m
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- mère de famille qui a à préparer le repas des siens, cette interruption de travail ne constitue pas un repos.
- Aussi, dans bien des ménages, la femme préfère-t-elle, quand elle le peut, le travail de nuit au travail de jour. En effet, dans certaines usines, pour lutter efficacement contre la concurrence étrangère et pour réduire les frais généraux dans la plus grande proportion, le travail s’effectue sans interruption. Le personnel est divisé, comme dans les mines, en deux équipes : l’une de jour, l’autre de nuit, travaillant de minuit à midi. Cette équipe de nuit, après douze heures de travail et six ou sept heures de repos, peut encore disposer dans la journée de cinq ou six heures, que les femmes affectent aux soins du ménage.
- Ce système, qui n’est pas, à proprement parler, le travail de nuit, mais le travail mixte, permet aux ouvriers dépasser une partie de la journée en plein air et d’y puiser des forces pour se livrer ensuite au travail de 1 usine. Sans doute, il a contre lui certains inconvénients, mais il a l’avantage de ne pas surmener l’ouvrier par un travail diurne pro- 1 longé qui ne laisse que le temps de rentrer chez lui pour souper et pour dormir.
- Le Temps estime que la loi projetée bouleverserait toules ces habitudes : elle serait onéreuse pour l’industrie au point de l’empê-otar de soutenir convenablement la lutte avec étranger; e’ie serait désavantageuse pour de nombreux ouvriers, à qui elle supprimerait One partie du salaire.
- Aussi, ajoute-t-il, on ne saurait trop médi-les conclusions de la pétition des ouvriers des Voges :
- Ne portez pas atteinte, disent-ils, à la plus sacrée de toutes les libertés : la liberté du travail. Laissez-nous le choix de nos heures, Plu» même, laissez-nous-en le nombre. Ne limitez pas la quantité de pain qu’il nous faut gagner : beaucoup de nous doivent en gagner jIOUr deux et souvent pour plus. Restez tueurs de l'enfance, mais ne retirez pas son eure de travail à un homme dans toute la °rce de l’âge, et qui peut encore, sans fati-Ve) ramasser une réserve pour le moment °ui vieux ou malade, il ne pourra plus travai-er que six heures et peut-être un jour ne plus travailler du tout.
- Dans ces conditions, dit en conclusion notre confrère, nous estimons que la Chambre de-Vrait se borner à modifier la loi de 1874 pour en renforcer les prescriptions relatives à son Mention et laisser les adultes hommes et eRltnes travailler à leur guise, car ils savent Qa,eux fiue l’Etat ce qu’ils doivent faire pour
- fSSurer leur subsistance et celle de leurs enfants.
- BREVETS D’INVENTION
- ^(«'ressaut les industries tinctoriales
- ^94,198. — 19 novembre 1888, Browne. Composé propre à dégrraisser et nettoyer s Matières textiles et autres.
- ^^7>744. __ }0 novembre 1888 , Douvry.
- ert* d’add. au brevet pris le 23 décembre
- 1887 pour une machine à teindre les laines peignées en bobines et en vrac et toutes autres matières textiles.
- 194,154. — 16 novembre 1888 , Legrand.
- — Procédé de fabrication d’un feutre rigide non tissé ayant les propriétés du feutre tissé.
- 194,157. — 16 novembre 1888, Société Bellemire Giroux et fils. •— Moyen de fabrication des tricots vanisés à rayure longitudinale.
- 194,145. — 16 novembre 1888, Bowman.
- — Perfeclionnement dans la fabrication de la dentelle et autres tissus analogues en soie, laine et autres fibres animales.
- 194,100. — 14 novembre 1888, Burnell (les sieurs). — Appareil perfectionné pour nettoyer la laine et autres produits textiles.
- 190,784. — 6 novembre 1888, Martenot,
- — Cert. d’add. au brevet pris, le 19 mai 1888, pour un procédé de dégommage de la filasse de ramie.
- 194,033. — 6 novembre 1888, Teinturerie Stéphanoise à Saint Étienne. — Machine à teindre les tissus en utilisant le matériel actuellement en usage dans l’industrie.
- 194,044. — 12 novembre 1888, Valette.
- — Procédé de fabrication des couleurs employées dans la fabrication des papiers peints.
- 194,122. — 15 novembre 1888, Mullers eT Spindlèr. — Procédé et appareil destinés à la fabrication du frisé dans les tissus de velours à deux envers sur les métiers mécaniques.
- 193,762, — 7 novembre 1888, Société Du-cûté, Caquet-Vauzelleet Cote.—Cert. d’add. au brevet pris, le 2 novembre 1888, pour fabrication d’un nouveau tissu dit : Moire royale.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Paris. — Le mercredi 13 février, 2 h. —-Confection de 200 grands prélards de 8 m. sur 10 m. et préparation de la toile destinée à cette confection.
- Cette entreprise est divisée de deux lots de 145 prélards chacun.
- Renseignements à la sous-intendance militaire, 18, rue St-Dominique.
- Paris. — Le 28 février.
- Préparation de la toile à prélarts.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Toulon. — Le 30 janvier.
- Etoupe blanche. — Caut. prov., 3,000.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Paris. — Le 22 décembre. — Toile à prélarts.
- 1er lot. — 16,907 m. en fil de lin.
- Alp. Helbronner, 7, place Lévis, adjud. à 0.90 le mètre.
- 2e lot. — 16,907 m. en fil de chanvre.
- Max Richard, à Angers, adjud. à 0.95 le m.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Toulon. — Le 16 janvier 1889. — Adjudications suivantes :
- Toile de cretonne de coton écru pour chemises.
- Emile Lemaistre, à Ilernoux, adjud. à 0,5095 de rabais.
- Cherbourg. — Le 10 décembre. — Fournitures diverses pour le 1er régiment d'infanterie de marine
- 4,000 caleçons.
- Laxvin-Schraen, à Lille, adjud. à 1.18 et
- 1.12.
- 5,000 paires de guêtres en toile.
- Aubel et Gie, à Paris, adjud. à0.91 et 0.88.
- 4,000 mouchoirs ordinaires.
- F. Long, à Paris, adjud. à 0.32.
- Hospices de Dijon
- Le 21 décembre. — Fourniture d'étoffes.
- Adjudicataires :
- 1er, 2e et 4e lots. — Lêneu, à Dijon, h 6,049.20, 2,328.85 et 2,557.05.
- Se lot. — Du Meuiladelée, à Dijon, à 2,098
- Hospice civil d’Abbeville
- Le 19 décembre.
- Adjudicataires MM. :
- Bonneterie. — Boucher-Frumence, à Abbeville, à 22.75.
- Toiles. — IIallot et Savary, à Abbeville à 24,10.
- Draperie. — Boignard-Delattre, à St-Ri-quier, à 18.80.
- Rouennerie. — Biébuyck, V., à Armentières (Nord), à 25.10.
- Hospice civiL de Beaufort
- (Maine-et-Loire)
- Le 27 décembre a eu lieu l’adjudication des fournitures suivantes :
- Adjudicataires, MM. :
- 400 m. toile.
- Leblaxc-Pauvert, à Beaufort, adjud. à 1.52 le mètre.
- 750 m. toile.
- Trouillard-Buridard, à Beaufort, 1.25 le mètre.
- 125 m. coton.
- Trouillard-Buridard, 1.10 le mètre.
- ——---——..........
- RENSEIGNEMENTS commerciaux
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Levallois et Gie, (tissus, lainages et nouveautés en gros), rue du Sentier, 24. — Durée : 10 ans. — Gap. : 800,000 fr. — Acte du 29 déc. 1888.
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Hæchstædter et neveux {expi. des perfectionnements apportés à la « Broderie russe sur étoffes épaisses » et de la maison de M. Hœchstaedter), faub. St-Honoré, 72 à Paris, avec succursales à Bruxelles et à Londres. — Durée : 15 ans. — Cap. 68,000 fr. — Acte du 15 déc. 1888.
- LYON. — Formation de la Société Guise
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- et Cie, fab. d'étoffes de soie et velours, etc., j rue Puits Caillot, 33. — Durée : 5 ans. — ! Cap. : 400,000 fr. — Cette société fait suite à j celle du même nom arrivée à son terme et 1 est chargée de la liquidation de cette der- j nière. — Acte du 31 déc. 1888.
- ROUEN. — Dissolution de la Société Jean-nolle et Cie, (teinture de toutes fibres végé- ! taies ou animales), à Deville-les-Rouen, avec ! succursale à Paris, rue Thévenot, 9. — Li- : quid. : M. Clément, demeurant à Paris, rue j de Paradis, 21 bis. — Jug. du 27 nov. 1888.
- CAMBRAI. — Prorogation du 27 déc. 1888 au 15 sept 1893 et modification des statuts relatifs à la dissolution de la Société en nom collectif Dézécache et Guiselin, (teinture, blanchiment et apprêt des tulles en soie et coton), à Gaudry. — Cap. : 90,000 fr. — Acte du 12 déc. 1888.
- BELLEY. — Formation de la Société en nom collectif Warnery fils, f'dateurs de soie, à Tenay, avec maison de vente à Lyon. — Durée : 10 ans du 1er janvier 1889. — Cap. : 3,000,000 fr. — Acte du 15 déc. 1888.
- LES ANDELYS. — Formation de la Société en nom collectif, Lecomte et Chesnais, teinturiers à Romilly-sur-Aqdelle. — Durée : 10 ans. — Cap. : 100,000 fr. — Acte du 5 déc. 1888.
- LILLE. — Modification de la Société en nom collectif Henri Pariot, Louis et Henri Ray devient : Pariot et Ray (ancienne maison F. Barry). — Acte du 19 déc. 1888.
- FAILLITES
- PARIS. — Monvoisin(Charles) fab. déplumés pour parures, rue St-Denis, 144. — J. c. : M. Alasseur. — S. : M. Destrez.
- GENTILLY. — Dolbeau (dame), née Gary, ex-fab. de maroquinerie, avenue de Bicêtre,
- 9, à Gentilly, actuellement à Villejuif, avenue de Paris, 85 bis. — J. c. : M. Jarry. — S. : M. Ponchelet.
- LILLE. — Messeant (veuve) décédée, mde d'étoffes. — Jug. du 28 déc. 1888. — S. : M. Ruffelet.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Trop de perceptibilité — M. Vitry, adhérent à la Chambre Syndicale des couleurs et vernis, avait critiqué dans la séance du 3 Juillet de cette compagnie, les conditions faites aux exposants de la classe 45, en visant spécialement la Chambre des produits chimiques dont quelques-uns de ses membresavaient été désignés par les exposants pour arrêter ces conditions.
- Le Bulletin des produits chimiques a courtoisement réfuté les allégations de M. Vitry, et la chambre des couleurs et vernis est revenue loyalement sur les termes de son procès-verbal relatant les susdites critiques:
- Or, dans la même séance (4 Décembre), où la Chambre des couleurs et vernis accomplis-
- sait cet acte de bonne foi, elle recevait la démission non motivée de M. Vitry.
- Nous n’avons pas qualité pour apprécier le fait, mais si M. Vitry s’est formalisé de la sorte de désaveu qu’a rencontrée sa motion, nous estimons qu’il montre trop de susceptibilité; on peut être de bonne foi et se tromper, mais on ne peut laisser sous le coup d’un blâme, d’honorables citoyens ayant accompli avec intelligence et dévouement une tâche -mence à bonne fin, et dans l’intérêt de tous.
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- Li’Ëxposition île 1889. — Les travaux d’installations à l’Exposition marchent avec une grande rapidité et dans la gaierie des machines notamment on peut assurer que la mise en mouvement pourra être essayée vers le 10 avril prochain, de telle sorte qu’à la date du 5 mai le Palais des machines soit non seulement installé, mais encore que toute l’organisation mécanique soit en état de fonctionner régulièrement.
- En ce qui concerne les galeries des industries diverses, les cloisons, les portes des cases et de communications et les planchers sont actuellement terminés, sauf la peinture, dans toutes les salles des différentes classes, et les vitrines commencent à être mises en place.
- Le réseau des voies destinées au transport et à la manutention intérieure est achevé, et les portes, destinées à l’entrée et à la sortie des camions, ont été désignées : Il s’en suit que les opérations si compliquées de la réception des colis peuvent commencer immédiatement.
- —o—
- Carte» postale». — L’Administration des Postes et Télégraphes vient de donner des ordres formels à ses agents pour la stricte exécution de Y arrêté du 24 novembre 1883, relatif aux cartes postales.
- D’après cet arrêté, le recto des cartes postales ne peut contenir, en dehors du nom et de l'adresse du destinataire, que le nom, la qualité ou la profession et l’adresse de l’expéditeur, soit manuscrit, soit imprimé par un procédé quelconque.
- Toutes phrases, annonces ou réclames écrites sur le côté réservé à l’adresse rendent donc les cartes passibles de la taxe d’affranchissement des lettres, et sont en conséquence surtaxées par l’Administration des Postes et Télégraphes de 20 centimes pour affranchissement insuffisant.
- —o—
- Facture» ««notées. — La cour de cassation vient de rendre un arrêt qui fixe un point de droit commercial.
- Si l’arrêté ministériel du 20 janvier 1885, pris en conformité de l’article 10 de la loi du 25 juin 1856, concernant le transport des imprimés, autorise, sur les factures bénéficiant
- de la réduction d’effranchissement, l’indication de la date du paiement sous cette forme : «valeurs au..; la mention «sans autre avis», ajoutée par l’expéditeur sur la facture imprimée à la suite de la date du paiement, ne rentre pas dans les indications autorisées exceptionnellement par l’arrêté ministériel.
- Cette mention constitue, au contraire, un véritable avis de traite ayant le caractère d’une correspondance ou pouvant en tenir lieu; dès lors l’application de la taxe postale ordinaire est nécessaire.
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- Incendie à la manufacture Kœ-cblln. — Un incendie a éclaté à Belfort, dans la nuit du 20 janvier, dans la filature de MM. Georges Kœchlin et C®. Le feu a pris naissance dans l’atelier de blanchiment du coton et s’est propagé avec une rapidité extraordinaire au coton et aux machines.
- La cause de l’incendie doit être attribuées une etincelle produite par le frottement de 1» machine contre un corps étranger.
- Les dégâts s’élèvent à 150,000 francs. Il n’y a pas eu d’accidents de personne.
- Pompiers et militaires ont fait leur devoir et ont réussi a sauver la filature d’une destruction complète.
- Feole de Bonneterie. — L’ouverture d’une Ecole professionnelle de bonneterie à Troyes est imminente, l’acte constitutif delà Société vient d’être signé par devant M° Nicolas, notaire en ladite ville.
- —o—
- Le travail «les femmes. — La commission chargée d’examiner la proposilion relative aux heures de travail dans les usinas et les manufactures a décidé de rétablir l’article qui interdit le travail de nuit pour les femmes. Elle a maintenu la disposition qui établit une période transitoire de (rois ans entre b promulgation et l'application de la loi P°ur certaines uiines,
- —o—
- Grève. — Une grève s’est déclarée le 1* courant à Saint-Quentin, parmi les brodeurs, enfîleuses et raccommodeuses de la fabrique Trêves, mais sans troubles. Les grévistes ré* clament une augmentation de paye et la sup' pression des frais de raccommodage.
- Actuellement la grève s’étend à plusieurs autres fabriques de broderies, et on cra1 qu’elle devienne générale parmi les brodeurs-
- Le Gérant : F. GouillO»'» Tous droits réservés
- Imprimerie C. 00LIN, à Charleville(Ardennes)-
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- 10 Février 1889.
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- SOMMAIRE
- Chronique. — Couleurs d’alizarine et teinture sur pièces. — Apprêts à l’apparatine. — Revue sommaire des brevets d’invention. — Machines à travailler les soies.
- Procédés divers : Girafe ou marron d’alizarine ; Bleu azoïque ; Bronze aux bois sur coton ; Marron sur feutre. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle: — Brevets d’invention (catalogue). — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Fidèle à ses principes de tutelle socialiste, la Chambre vient d’adopter en seconde lecture, la loi interdisant aux femmes le travail de nuit.
- Elle n’a pu rester sourde, cependant, aux protestations des ouvriers eux-mêmes, demandant la liberté du travail, telles que celle que nous avons reproduite dans notre précédent numéro de la. Revus de la Teinture ; elle n’a pu fermer l’oreille non plus aux nécessités industrielles qui font du travail continu dans certains établissements, une condition de vie inéluctable.
- La Chambre a donc compris que cette interdiction serait souvent inapplicable et il a été entendu que des règlements d’administration publique en atténueraient les rigueurs ; on a attaché à fa loi de nombreuses tolérances, grâce auxquelles les filatures et les usines à travaux continus pourront encore vivre.
- Mais que de complications en pers-Pective, que de formalités nouvelles à subir, et combien est préférable à ces fuis boiteuses et partielles, le grand et fécondant principe de la liberté !
- Nos ouvriers sont assez majeurs Ppur discuter leurs intérêts, et ils savent fàen s’en tirer tout seuls ; nous avons trop souvent l’occasion d’enregistrer de.s grèves qui témoignent au moins de mur capacité à administrer leurs propres uffaires. Nos faits divers en signalent encore, où l’on voit que les ouvriers deviennent aussi retors que des avoués Normands.
- *
- * *
- Normand aussi le Journal de Rouen qui nous dit à propos des affaires : cela ne va pas trop mal, mais cela pourrait aller mieux :
- « Les acheteurs prennent un peu de tous les genres, mais avec la plus grande réserve ; ce qui est vrai pour les tissus écrus et blancs peut se dire également de la rouermerie, des mouchoirs et de la doublure.
- « Nos fabricants d’indiennes, qui n’ont vendu que par petites quantités, attendent impatiemment des ordres plus importants : il est bien à désirer que le mois de février puisse combler le déficit de son prédécesseur. »
- 11 n’en conclut pas moins, pour les filés : « Bonne demande. Prix fermes », et pour les tissus : « Affaires calmes, mais prix très fermes. «
- La soierie lyonnaise et stéphanoise poursuit toujours sa bonne campagne ; l’activité continue d’y régner.
- Les lainages maintiennent également leur situation relativement satisfaisante; la fabrique a des commissions remises pour certaines catégories de tissus qui lui permettent de marcher encore pen-[ dant quelque temps, et comme la majoration des prix constatée sur les tissus s’est bien maintenue et même légèrement accrue, il est à suppo ser qu’elle aura la continuation de ces ordres avec des prix majorés qui lui permettront, à son tour, de supporter le prix élevé des matières premières.
- Du moment que la généralité de la fabrique du nord et du midi de la France continue à être occupée, que, d’autre part, malgré la morte saison, il s’opère des ventes pour l’exportation et qu’enfin il n’existe pas de stock en magasin, tout fait donc espérer qu’elle prendra bientôt une bien plus grande activité.
- La situation spéciale de chaque centre de fabrication ne s’est pas modifiée depuis notre précédente chronique.
- A Elbeuf, on a constaté vers la fin de l’année écoulée, une reprise marquée du drap uni noir. A Fourmies les mérinos et écossais 8, 9 et 10 croisures sont actuellement très demandés et manquent. Reims a peu de commissions en nouveautés, mais un courant normal sur les flanelles, les cachemires et les mérinos.
- Le chiffonnage est encore peu occupé ; les clients attendent toujours le dernier moment pour mettre en ordre leurs vêtements des nouvelles saisons, et puis l’entrée de l’été fournit moins que la saison d’hiver.
- Cette industrie qui s’est laissée peu à peu envahir par les fabricants de nettoyages et de teinture, sentie besoin de se mouvoir, de reconquérir son individualité, de travailler soi-même, et par conséquent de fournir un ouvrage fait avec goût et avec soin, qui ne rebute pas la clientèle, soit par des mal façons soit par l’usure résultant de procédés économiques, mais trop violents.
- La chambre syndicale des teintures et nettoyages, qui n’existe plus de fait, semble vouloir sortir de son sommeil ; les teinturiers de Paris cherchent à se voir et à se grouper. Dans leurs correspondances et dans nos conversations, ils approuvent la campagne de notre nouveau (et ancien) collaborateur, V. B. (1), et se sentent disposés à agir si quelqu’un d’entre eux en prend l’initiative.
- L’Exposition, surtout, demande de l’entente et de l’accord. Dans les précédentes, on a toujours récompensé de préférence, les articles brillants et à effet, qui sont 'l’apanage de quelques spécialistes, et qui ne constituent pas le travail courant ; c’étaient surtout des grands ameublements rajeunis ou transformés, des cachemires teints en réserve, des ornements sacerdotaux rafraîchis, etc.
- Cette année nous allons voir des grands rideaux avec impressions, d’un très bel effet sans aucun doute, mais qui ne sont que des tire-l’œil, revenant plus cher que de belles étoffes neuves. Le jury, qui sera peu chiff'onniste, s’y intéressera davantage qu’à des travaux utiles et pratiques, et c’est ainsi que les récompenses s’en vont aux fantaisistes plutôt qu’aux travailleurs s’inspirant des besoins usuels delà clientèle qui faitre-teindre.
- Pour n’en citer qu’une,j voilà une
- (1) Nous avons un nouvel article de M. V. B., arrivé un peu tard pour ce numéro, mais qui paraîtra dans le prochain.
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- circonstance où un groupement, une émanation de la corporation peuvent avoir une action utile, en renseignant et éclairant des jurés non spécialistes. Et il y en a tant d’autres !
- Réveillez-vous donc, teinturiers-dé-graisseurs, et si quelques-uns d’entre vous veulent sonner la diane, la Revue de la Teinture leur est ouverte ; elle publiera vos convocations et vos communications.
- *
- * *
- Rien de ce qui touche la teinture ne saurait lui être étranger ; c’est ainsi que l’an dernier elle signala au Salon, un tableau qui intéressait cette industrie, et qui eut une place d’honneur en même temps qu’une récompense exceptionnelle.
- C’est « l’Atelier des Gobelins » par René Gilbert; nous avons dit que l’oeuvre avait été achetée par la Ville de Paris ; nous venons de la revoir aux fêtes de l’Hôtel-de-Ville, ornant le salon réservé à M. Carnot et aux personnages officiels.
- Ce tableau représente une scène à quatre personnages, échantillonnant un écheveau; c’est une étude fort bien traitée (son succès le prouve) mais qui n’a pas le caractère d’une vue d’ensemble comme celle de H. Coëylas « A l’atelier » , dont nous avons édité une repro- | duction pour offrir à nos abonnés.
- Le tableau de M. Coëylas figura également au Salon, où il fut très remarqué ; il représente l’atelier du père de l’artiste établi teinturier, rue du Jour, près St-Sulpice, à l’enseigne « Au beau Noir. »
- Notre reproduction phototypique rend exactement l’effet du tableau, moins les couleurs, aussi donne-t-il l’impression d’ombres de diverses intensités, et non de lignes suivant les procédés de la gravure; il ne faut donc pas y chercher des finesses de détails comme dans des dessins de mécanique ou d’architecture, mais un effet d’ensemble, d’autant plus puissant et plus vigoureux, que les détails sont moins léchés.
- Ce n’est pas une photographie, c’est une peinture ; c’est une oeuvre d’art comme le tableau de Gilbert, qui, lui non plus n’est pas traité en image.
- F. Gouillon.
- COULEURS D’ALIZARINE
- Solides à la lumière et au foulon
- De B. Anilin et Soda-Fadhick Stuttgard et Teinture sur pièces.
- TABLEAU
- Des couleurs d’Alizarine et des nuances fournies par elles.
- Teint la laine, mordancée au CHHOMATE DE POTASSE et tartre en : Teint la laine mordancée à T alun et tartre en :
- Rouge d’Alizarine WH Bordeaux
- pâte bleuâtre Ponceau.
- Rouge d’Alizarine WR Bordeaux jau-
- pâte nâtre. »
- Rouge d’Alizarine WG Bordeauxjau-
- pâte nâtre. ))
- Rouge d’Alizarine W.GG Bordeaux jau-
- pâte nâtre. V)
- Rouge d’alizarine S pou- Bordeauxjau-
- dre nâtre ))
- Alizarine Orange W Orangé bru-
- pâte nâtre. Orang0 vif
- Alizarine p. bleu SW Bleu verdâtre
- poudre br vif.
- Alizarine p. bleu SW Bleu verdâtre
- pâte br vif.
- Alizarine p. bleu SRW Bleu rougeâ-
- poudre b tre sombre.
- Alizarine p. bleu SRW Bleu rougeâ-
- pâte b tre sombre.
- Ceruléïne SW poudre.. Vert.
- — SW pâte ))
- Galleïne W pâte Dahlia.
- Alizarine marron W
- pâte Marron.
- Brun d’anihracène W
- pâte Brun tabac.
- Brun d’anthracène WG Un peu plus
- pâte . jaunâtre.
- Gallo flavine W pâte
- Br Jaune d’or.
- Alizarine p. noir SW Du gris au
- pâte Br noir-nedr.
- 3 parties d’Alizarine pour bleu SW (SRW) en pâte Brév. ont le même pouvoir colorant que 1 partie d’Alizarine SW (SRW) en poudre.
- h, parties de Céru eïne SW en pâle ont à peu près le même pouvoir colorant que 1 partie Cérubïne SW en poudre.
- 1 partie d’Alizarme pour rouge donne une nuance presque aussi foncée, mais plus vive que celle fournie par 3 parties d’Alizarine pour rouge en pâte (20 0/0),
- Mordant.
- Pour 20 kil. de latne soigneusement nettoyée :
- 600 grammes chromate de potasse.
- 500 » tartre.
- au bouillon 1 h. 1/2, retirer et rincer légèrement à l’eau froide, (Si l’on se sert d’une cuve qui peut mordancer 40 kil. de marchandise, et que l’on n’en mordance que 10 ou 20 kil. il faut renforcer le mordant).
- Teinture.
- On ajoute d’abord au bain de teinture, par 1000 litres d’eau, 1 litre, et pour de l’eau très dure, 2 litres d’acétique 8° Bé. On remue la matière colorante avec 30-40 fois sa quantité d’eau froide, puis on tamise finement et on verse dans le bain. On fait pénétrer le tissu humide à froid, on l’y laisse 20 minutes et on
- chauffe ensuite lentement jusqu’à ébullition. Mais il est très important de veiller à ce que la flotte durant la première heure de teinture ne soit pas portée à une température excédant 60° G. (48° B) et à ce que l’on ne monte à ébullition que lorsque la flotte a changé de couleur.
- Il suffit ensuite d’une teinture de 1 h, à 1 h. 1/2 à ébullition pour fixer et développer convenablement la couleur.
- Remarques générales.
- Solidité des teintures à V Alizarine.
- Les teintures obtenues de cette manière sont extraordinairement solides sous tous les rapports. Au point de vue de la solidité, les couleurs d’Alizarine surpassent les meilleures couleurs bleu de cuve et rouge garance. Le bleu d’Aüzirine a sur le bleu de cuves et autres ce grand avantage c’est que les tissus teints au bleu d’alizarine ne blanchissent pas aux coutures par le frottement Si l’on rince ia couleur ne doit déteindre que très faiblement et si le tissu dégorge il faut toujours l’attribuer à un nettoyage insuffisant, à un mordançage trop faible ou à une cuisson trop courte du bain de teinture.
- Combinaison des coule urs entre elles.
- Les couleurs d’Aüz irine peuvent se mélanger entre elles et se teindre n’importe à quel degré. On obtient par mélange de bleu d’Aii-zarine avec la Céruléïne un bleu verdâtre, par mélange de Rouge d’Alizarine et de Bleu d’Aii-zarine un Bleu rougeâtre, etc.
- Combinaison des couleurs d’Alizarine avec d’autres couleurs.
- Ces couleurs ont aussi pour le teinturier ce grand avantage, c’est de se combiner avec toutes celles qu’il avait l’habitude d’employer. Sans y rien ajouter on peut teindre au même bain des couleurs d’Alizarine avec du bois de campêche, du bois jaune avec du sulfate de fer. Si l’on veut obtenir des nuances très vives on peut dans le même bain remonter au carmin d’indigo, à i’indigotine et n’importe quelle couleur d’aniline. En ajoutant 1/2 à 1 0/0 de Bleu à l’eau T. B. à la liqueur de chrême et en teignant ensuite avec le Bleu d’Alizarine on obtient des nuances bleues très vives.
- Addition d’acide acétique.
- Il faut également si l’on teint dans de l’eau de condensation (eau de vapeur) ajouter 1 lib'e d’acide acétique 8° Bé. par 1000 litres d’eau, les couleurs d’Alizarine ne se développai bien qu’en présence de l’acide acétique, fia excès d’acide acétique n’est nullement nuisi-ble. Pour la teinture avec l’Alizarine orange et la Céruléïne par mélangés il est préférable d’employer de l’eau calcaire et d’ajouter au bain de teinture la quantité d’acide acétique
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- nécessaire non au commencement, mais au bout d’une heure, lorsqu’il y a ébullition et de le faire peu à peu par petites portions durant 2 heures.
- Conservation des couleurs en pâte.
- Les couleurs en pâte doivent être conservées dans des endroits a l’abri de la gelée, mais aussi il faut éviter de les mettre trop à la chaleur pour ne pas qu’elles se dessèchent. Avant de les employer il faut remuer les fûts jusqu’à ce que toute la masse soit bien homogène.
- Ponceau avec l’Alizarine sur mordants d’alun ou d’étain.
- Pour obtenir des nuances ponceau vives au moyen de l’Alizarine orange et de i’Aliza rine rouge il est nécessaire d’employer comme mordant soit l’alun soit l’etain; nous renvoyons, à nos modes d’emploi 290 et 323.
- (Voir aussi pour, l’application des couleurs d’Alizarïhe, ,LjfaRevtw de la Teinture, année 1888, pages TU,<54, 155, 163).
- APPRÊTS A L’APPARATINE
- Les alcalis caustiques produisent sur les matières amylacées une très curieuse modification, qui les rend propres à former des apprêts à froid, devenant relativement indestructibles lorsqu’ils sont secs, et même après que l’on a saturé l’alcali par un acide, lorsque cette alcalinité est nuisible à la nature des tissus ou à leurs couleurs.
- La préparation qui en résulte a été nommée ® apparatine » ; elle n’est pas nouvelle, mais elle est insuffisamment connue, et il n’est pas sans intérêt de rappeler ses propriétés.
- L’apparatine est une masse gélatineuse transparente; camme la ge'atine, elle se dessèche sous une apparence cornée.
- On la prépare, indifféremment avec l’amidon ou la fécule, les résultats étant identiques, et on opère comme suit :
- Délayer :
- Amidon ou fécule (ou mélange des
- deux)........................... 6 kilog.
- Eau froide........................ 30 litres.
- Passer dans un tamis puis ajouter, en remuant constamment :
- Lessive de soude caustique à 25°... 3 kilog.
- Peu à peu, la bouillie s’éclaircit et se trans-f°rme en gelée épaisse, qu il faut brasser vigoureusement pour la rendre bien homogène •, Ce battage ne doit pas être négligé, surtout Pendant la transformation, qui dure environ deux heures.
- Ce mucilage peut être employé directement au* apprêts. 11 se conserve bien, ne moisit ni Ce se corompt à l’air. Il peut se mélanger aux gommes, à l’amidon, aux colles animales,mais n’en a pas besoin habituellement.
- La cuisson le gonfle et l’épaissit tout en lui c°oservant ses caractères généraux.
- En le desséchanton obtient des plaques dans le genre de la gélatine, mais assez flexibles pour ne pas se casser en les pliant ; il donne, par conséquent, des apprêts non cassants.
- Il s’applique sur tous tissus ; coton, laine ou soie, et une fois sec, s’en’ève très-difficilement par des lavages même à chaud.
- Mais son alcalinité serait un obstacle sérieux pour ses applications les plus générales ; il faut donc saturer cet alcali par de l’acide sulfurique, jusqu’à neutralité complète du mélange, ce que l’on peut constater à l’aide du papier de tournesol.
- Pour la dose ci-dessus, il faudrait environ 1 fcilog. d’acide sulfurique préalablement dilué et éteint dans 2 litres d’eau.
- Cette dissolution acide s’ajoute peu à peu et en remuant le mélange.
- La masse est toujours très-épaisse, et il est nécessaire de la pétiir par des moyens mécaniques si l’on opère sur des quantités un peu importantes, car le travail à bras ne suffirait pas à la battre convenablement.
- Si l’on veut des apprêts garnis, on peut ajouter dans le mélange neutralisé, du kaolin, de la terre de.pipe, et autres poudres garnissantes.
- Exemple d’application.
- Voici l’exemple d’un mélange d’apprêt pour cotonnades, mi-garni et convenablement souple. Nous reprenons le procédé d’un bout à l’autre et les dosages indiqués sont équivalents aux précédents :
- Amidon et fécule, par parties égales 9 kilog. Eau froide........................ 35 litres.
- Délayer, passer au tamis, ajouter peu à peu, et en remuant continuellement, la solution
- suivante :
- Lessive de soude caustique à 36°.. 4 k. 600
- Eau froide.......................... 22 litres.
- Laisser la transformation s’opérer deux à trois heures en brassant vigoureusement le mélange ; après un repos d’une demi-heure, saturer l’alcali avec la dilution acide ci-dessous
- refroidie :
- Acide sulfurique ord. (66°)........... 3 k. 200
- Eau................................... 10 litres.
- Cet acide ainsi étendu doit être à environ 16° au pèse-sels.
- Mélanger en a gîtant, et après 20 à 30 minutes, vérifier au papier de tournesol si le mélange est complètement neutre : ajouter s’il le faut, de l’acide ou de l’alcali.
- L’apparatine étant ainsi terminée, y ajouter toutes substances que l’on veut pour les destinations requises. Pour le cas actuel, nous y incorporerons :
- Kaolin (ou autre poudre garnissante) 18 kilos.T
- Ea'u pour délayer.................... 24 litres. 4
- Puis une autre dissolution faite avec :
- Dextrine.............................. 4 kilos.
- Eau pour dissoudre................... 15 litres.
- Par cet ensemble d’opérations, on obtiendra un apprêt soutenu quoique sans raideur, garnissant modérément, se détruisant difficilement aux lavages, et convenant particulièrement pour les cotonnades et rouenneries ne subissant pas de fréquents savonnages.
- En variant ces formules, on peut obtenir une grande variété d’apprêts convenant, en général, à tous tissus.
- Apparatine ammoniacale.
- L’ammoniaque employée au lieu de soude s’évapore presqu’entièrenv nt par la chaleur et dispense du traitement acide.
- On a proposé la formule suivante :
- Farine de froment............... 5 kilos.
- Eau pour délayer................ 30 litres.
- Ajouter en uite peu à peu :
- Ammoniaque liquide.............. 1/2 litre.
- Le mélange devient jaune, s’épaissit beaucoup ; on l’allonge avec 25 litres d’eau, et. on cuit le tout une heure en agitant continuelle-m nt.
- La masse devenue transparente et ayant perdu son ammoniaque peut alors servir comme base o’âpprêts.
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- REVUE SOMMAIRE
- liSS BREVETS D'INVENTION
- Préparation perfectionnée pour nettoyer.
- Par M. Grave.
- Ce nouveau composé destiné à remplacer le savon et la soude, s’applique plus spécialement au nettoyage d’articles et tissus fins et délicats dont il est nécessaire de garder la nuance ou la couleur et de ne point détériorer la matière qui les compose. A cet effet on fait usage d’une infusion ou décociion de l’écorce de savonnier et y mélange un cinquième de solution d’ammoniaque et un cinquième de borax composant ainsi une mixture concentrée qui quand on l’emploie peut être diluée par l’addition de 50 à 100 parties par mesure, d’eau distillée.
- On peut faire varier les proportions des composés ci dessus indiqués et employer dans certains cas une infusion ou décoction de l’écorce de savonnier diluée dans de l’eau, ou pulvériser celle-ci en une poussière fine et la mélanger avec plus ou moins dèau et employer le liquide en résultant au lavage.
- Appareil pour régulariser l'empesage de s tissus.
- Par M. Malleval.
- L’appareil qui fait l’objet du brevet a pour but d’opérer mécaniquement l’empesage des tissus,
- Il est basé sur trois principes.
- 1° Le déplacement mécanique du tissu au moyen de rouleaux ou cylindres.
- 2° La dessication partielle de l’empesage
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- soit par des ventilateurs, soit par de l’air plus ou moins chauffé à température convenable, soit en chauffant l’air par la vapeur ou le gaz, soit par l’emploi de plusieurs ou de tous ces moyens réunis.
- 3° Le massage du tissu au moyen de rouleaux compresseurs unis, cannelés ou gravés d’une manière quelconque.
- Machine à dérompre les tissus.
- Par M. Calet.
- Cette machine est composée d’un cylindre garni d’une enveloppe en caoutchouc et animé d’un mouvement de rotation. Sur ce cylindre s’appuient plus ou moins suivant les besoins :
- 1° Un cylindre à un filet de vis conique du par de 5 millimètres.
- 2° Un tablier sans fin en cuir garni de clous à tête mi-sphérique.
- 3° Un cylindre à cannelures coniques longitudinales du pas de 5 milimètres.
- Ces organes tournent librement sur leurs axes respectifs et ne sont mis en mouvement que par le contact avec le premier cylindre dans la surface duquel leurs saillies de différentes formes pénètrent au moyen de la pression exercée par un levier et une vis d’appel commandant les dits organes.
- En faisant passer un tissu quelconque entre le cyliudre et les appareils décrits on force celui-ci à recevoir toutes les impressions des saillies de diverses formes des appareils. Cette operation décollant les brins de fil agglomérés par l’apprêt il en résulte que le tissu est beaucoup plus épais et d’un toucher plus agréable.
- Perfectionnements apportés aux machines
- pour teindre, blanchir et traiter le fil en
- pelotes ou bobines.
- Par MM. Mason et Wiiitehead
- L’invention consiste dans la combinaison d’un chariot ou table creuse à bobine glissant dans le sens vertical, formée avec un conduit ou tuyau et suspendu au châssis de la machine avec un réservoir à liquide sous le susdit chariot ou table à bobines et dans lequel cette dernière peut être descendue ou duquel elle peut être remontée.
- La combinaison d’un cylindre fixe à la charpente de la machine dans lequel le conduit ou tuyau précité peut glisser dans le sens vertical et y est serré au moyen d’une boîte à étoupe avec le dit chariot ou table à bobines.
- La combinaison d’un cylindre avec tuyau pourvu d’une soupape à chaque côté de son contact avec le dit cylindre, une des extrémités du contact étant en communication avec une chambre à vide; chacune de ces dernières étant mise en communication avec le réservoir à liquide.
- Enfin la combinaison d’un couvercle ou chapeau pouvant être descendu sur le chariot à bobines ou levé de ce dernier.
- Système d'impression des marques de fabri-
- que ou autres marques et signes distinctifs sur les tissus ou étoffes.
- Par M. Cundall.
- Dans ce système l'impression se fait au moyen de blocs spéciaux actionnés par un mécanisme imprimeur de construction appropriée.
- Les blocs imprimeurs sont pourvus de rainures d’une forme particulière obtenue en modifiant le procédé de zincographie connu.
- Le mécanisme imprimeur comprend une plaque de fondation, des alimenteurs d’encre, des cylindres, une platine, une table d’alimen-
- tation ou bande sans fin, une ou plusieurs plaques calibres et des moyens et organes spéciaux pour consolider, ajuster et actionner l’appareil.
- La matière pliée que l’on désire marquer est placée sur la table d’alimentation en face de l’appareil ayant un de ses bords en contact avec la ou les plaques calibrés; la table conduit alors la matière à un endroit au dessous de la plate forme où le mouvement cesse provisoirement avec l’arrêt de la table pendant que la platine descendante qui porte le bloc imprimeur opère l’impression.
- MACHINE ATRAVAILLER LES SOI ES (Suite)®
- Lustreuse, Etireuse à étirage double
- De MM. B. Buffaud et T Robatel.
- Cet appareil complète la série pour soies, des mêmes constructeurs, que nous avons déjà signalée
- La machine à lustrer et à étirer, doit êire considérée, pour les soies de couleur, comme le complément de la chevilleuse : celle-ci as souplit, celle-là étire et lustre.
- En effet, après le chevillage, la soie étant
- soumise à la machine à lustrer, prend facilement la tension nécessaire eteu ni te. le roulement du cylindre creux ê à-la vapeur lui donne le brillant ou lustrage si justement recherché pour une belle fabrication.
- L’appareil est représenté par la figure ci-contre :
- ’a£LlV>
- Machine à lustrer et étirer les soies.
- On remarque sur le dessin, deux chevilles à doubles bras recevant un mouvement de rotation sur elles-mêmes, pendant que l’une d’elles est attirée par un volant à manettes: elle est, en effet, mobile sur des glissières en même temps que la vis sans fin qui lui communique le premier mouvement.
- Ce premier mouvement est une continuation du chevillage, le second constitue l’étirage.
- Un moteur direct est accolé â l’appareil, mais celui-ci s’établit également sans moteur.
- (1) Voir Reçue de la Teinture, du 1er janvier,
- p. 3.
- Les différents types sont :
- 1° A bras, avec bâti en bois.
- 2° A courroie, sans chauffage.
- 3° A courroie avec le chauffage intérieur d’un cylindre et boîtes en cuivre pour le chauffage préalable des cylindres avant la mise eh marche.
- lx° A moteur direct sans chauffage.
- 5° A moteur direct, avec moyens de chauffage comme au n° 3.
- Ces diverses dispositions sont employées pour les soies de couleur.
- Aux unes et aux autres, ou doit adjoindre des caisses à vaporise'', quand il s’agit de irai-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- ter des soies noires. Ces boîtes, parfaitement fermées reçoivent une distribution de vapeur qui donne à la soie la souplesse et le brillant, pendant que les cylindres lui donnent la tension désirable.
- On conçoit que le rendement de ces machines, comparé au travail à la main, est réellement considérable et que le travail acquiert une perfection impossible à obtenir dans l’opération manuelle.
- Leur prix est de 1.650 à 3 200 fr. en allant du modèle n° 1, au n° 5 muni de ses caisses à vaporiser.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Girafe
- Nous donnons^fet échantillon^ nuance que pour son mode d< l’aide des couleurs d’alizarine.
- Cette classe de colorants qui a réalisé la question des bons teints par les couleurs artificielles, ne se borne plus aux rouges et aux violets comme à l’origine, mais elle fournit par elle-même, ou par mélanges, toute la série des marrons et modes si employés comme articles courants, sans omettre les noirs qu’elle peut pioduire aussi.
- Pour la plupart de ces couleurs et pour l’échantillon ci-Jessus le mordant se compose comme suit :
- Pour 10 kilog. de laine dégraissée à fond :
- Bichromate de potasse.... 300 gr.
- Cristaux de tartre............ 300 —
- Eau........................... £00 lit.
- Mordancer au bain frémissant (presque bouillant) pendant 1 heure 1/2 à 2 heures ; nncer, passer jusqu’au lendemain.
- La teinture ci-dessus est obtenue avec le Brun d’anthracène W, mais jaunie légèrement avec un peu de Gallo-flavine, autre colorant artificiel donnant un jaune assez solide et se ^langeant très bien à la plupart des couleurs de houille, notamment à celle d’anthracène.
- Ces deux couleurs sont en pâte.
- Les proportions ont été, pour les 10 kilog.
- fie fils:
- Brun d’anthracène W.......... 500 gr.
- Galloflavine W............... 200 —
- Les pâtes sont délayées dans dix litres d’eau enyiron mélangée de 1 lit. d’acide acétique, Pois passées au tamis, et ajoutées au bain de teinture qui doit être assez large : £00 à 500 litres.
- 11 est bon toutefois de n’ajouter la couleur au bain qu’en trois ou quatre fois, après avoir donné quelques lisses aux écheveaux, entre chaque addition.
- On entre à chaleur de la main pour arriver au bouillon lorsque toute la couleur est dans le bain; on maintient ce bouillon deux heures environ, puis on lève et on rince.
- Le Brun d’alizarine seul donne un marron plus « cachou » ; il est susceptible de fournir des teintes beaucoup plus foncées, voisines du noir, en poussant la proportion du colorant jusqu’à 20 0/0 du poids de la laine.
- Bleu azoique pour coton et mélanges.
- Cette couleur comme toutes celles du groupe azoïque, teint le coton directement, en donnant un bleu violet d’une grande résistance à l’action des acides en même temps qu’à celle de l’air et de la lumière. Il résiste même à l’acide nitrique, qui détruit si facilement l’indigo.
- Le bleu azoïque est donc utile, non seulement pour les cotons purs, mais encore pour les mélangés soie ou laine en contenant ; toutefois c’est plutôt un violet qu’un bleu, et dans les mélanges, la laine et la soie sortent encore plus rouges que le coton ; nous verrons plus loin le moyen de corriger cet effet.
- Teinture sur coton.
- Pour 100 kil. de fils ou tissus non rnordan-cés, mais bien débouillis :
- Bleu azoïque............... 3 k. 500
- Sulfate de soude....... 12 —
- Savon..................... 2 — 500
- Teindre une heure au bouillon.
- La teinte monte lougeâtre, mais elle ressort beaucoup plus bleue aux rinçages en eau froide.
- Si l’on sèche ensuite dans des chambres chaudes ou sur des cylindres, la teinte vire encore au rouge, mais elle revient au bleu par le refroidissement.
- Pour une seconde passe, on ajoute dans le même bain :
- Colorant.................... 2 k. 500
- Sulfate de soude............ 3 —
- Savon....................... 1 —
- Si l’on veut arriver à la teinte de l’indigo, on ajoute au bain :
- Jaune chrysamine .. 60 à 100 gr.
- Teinture des laine-colon.
- Pour que la nuance unisse sur les deux textiles, il faut renforcer la laine en bleu en ajoutant au bain du bleu alcalin, soit, pour
- 100 kil. de tissus :
- Bleu azoique...................... 3 kil.
- — alcalin CB................... 500 gr.
- Sulfate de soude................. 10 kil.
- Savon........................... 3 —
- Teindre au bouillon, puis pour aviver le bleu de la laine, passer en acide chlorbydri-
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- que léger : 1/2 litre d’acide par hectolitre d’eau, et enfin, rincer.
- Teinture des soie-coton.
- Même procédé que pour les laine-coton, mais en remplaçant le sulfate de soude par une égale quantité de phosphate de soude, et en portant à 5 kil. la proportion de savon.
- Tous les bains doivent être épurés avant l’addition du colorant; c’est-à-dire que si l’eau est calcaire le savon fait monter une écume qu’on enlève avant d’y mettre la couleur.
- Les fils qui doivent être tissés à côté de blancs doivent être dégorgés au savon, après teinture.
- Bronze aux bois sur tissus de coton.
- Pour 5 pièces pesant ensemble 60 à 65 kil.
- Campêche.................. £ kil.
- Bois jaune................ 2 — 500
- Cachou.................... 2 — 500
- Vitriol bleu (Chypre).... 1 —
- Passer les pièces dans ce bain, puis dans un autre contenant :
- Bi-chrômate de potasse... 2 kil.
- Revenir au premier bain, puis au second,
- et répéter trois fois ces opérations.
- Achever sur le chromate dans lequel on joute pour le dernier passage :
- Sel de soude............. 1 kil.
- Rincer.
- Teinture des feutres (suite) (1)
- Marron riche.
- Pour 10 chapeaux :
- Extrait de bois de Cuba.............. 150 gr.
- Orseille de Lyon..................... 800 —
- Garance.............................. 150 —
- Cochenille ammoniacale................ 30 —
- Bouiilir une heure, enlever les bois, et ajouter au bain :
- Alun de glace............ 50 gr.
- Cristaux de tartre....... 50 —
- Teindre à l’ébullition, en deux passages d’une heure chacune, en éventant entre les deux.
- Ajouter ensuite au bain :
- Carmin d’indigo............. 50 gr.
- Acide sulfurique............ 10 —
- Continuer la teinture deux ou trois heures.
- Si l'on veut foncer et dérougir, ajouter avec l’indigo :
- Pyrolignile de fer......... 1 litre.
- Enfin, pour obtenir encore plus foncé, ajouter dans le premier bain, et avant le pyrolignite :
- (1) Voir Revue cle la Teinture 1888, page 189 et numéros précédents.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Extrait de campêche.... 50 gr.
- Rincer bien à fond, surtout si l’on a employé le pyrolignite.
- Par les anilines.
- Le procédé ci-dessus au brun d’anthracène peut être appliqué aux feutres, on obtient un marron très uni, laissant beaucoup de douceur aux feutres.
- (A suivre).
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- LES DROGUES ET LES COULEURS
- La suite méthodique que je me suis imposée dans les causeries m’oblige à dire quelques mots des principaux produits que nous employons dans nos ateliers, mais ici j'ai besoin d’auAliaires, quoique je n’entende pas affecter des airs savants qu’on peut toujours se donner en copiant quelques auteurs spéciaux. Avec l’assistance des chimistes et droguistes de la Revue de la Teinture, nous ferons de meilleure besogne, car nous laisserons les généralités s’adressant à tout le monde pour rester uniquement dans le sujet «chiffonnage».
- Il importe peu aux Teinturiers-dégraisseurs de savoir que l’indigo est produit par Ylndi-gofera anil, que le campêche est de la famille des légumineuses, que l’alun a puur formule chimique:KO, SO3, AL203, 3SO3, HO, ce qui, du reste, n’est plus vrai depuis (et il y a beau temps), que l’alun de potasse est disparu du commerce. Il nous suffit de savoir guider notre choix dans les differentes sortes commerciales et de connaître sous quel état il convient d’acheter nos produits.
- Ceux qui veulent en apprendre plus long ont mille fois raison, mais alors je les engage à voir des traités de chimie et d’histoire naturelle appliqués a nos industries, qui leur diront tout c^la d’une façon Lien plus scientifique. Je veux et je dois rester ici teinturier.
- Parmi ces ouvrages, j’en signale d’abord un, très élémentaire, clair, concis et bien adapté aux travaux de la teinture : son titre l’indique, du reste -, c’est ‘le Guide du Teinturier de M, Fol, ou Manuel des connaissances chimiques indispensables à la teinture (1). Si vous voulez pousser plus loin, voyez les Leçons de chimie élémentaire appliquées aux arts industriels par M. J. Girardin -, le 4e volume est spécial aux matières tinctoriales (2).
- Maintenant que je suis en règle avec rues principes, qui n’admettent pas que la lumière soit mite sous le boisseau je vais vous dire quelques mots, au point de vue pratique, des produits les plus usuels.
- (1) 4 vol. de 412 p. avec 90 fig. prix., cart. 8 fr.
- (2) Ce vol. se vend à part; 530 p. avec 212 fig. et 47 échantillons, 13 fr.
- Acide acétique.
- C’est le vinaigre de bois ; son odeur rappelle, en effet, celle d’un mauvais vinaigre ; ayant du montant mais pas de parfum quand le produit est dit « bon goût », et ayant une odeur de fumée quand il est « ordinaire ».
- Il sert à acidifier quelques bains à couleurs délicates d’aniline, quand l’acide sulfurique aurait trop d’action -, on l’emploie aussi pour « piquer » sur nuances susceptibles.
- L’acide acétique ordinaire peut nous suffire -, il doit marquer de 7 à 8 degrés au pèse-sels.
- Acide chlorhydrique.
- On le nomme aussi : « acide muriatique » ou « esprit de sel » ; il sert encore à piquer mais plus énergiquement que l’acide acétique ; pour cet usage, il faut l’employer de préférence à l’acide sulfurique lorsqu’on agit sur coton, lin et tous textiles d’origine végétale.
- Il marque 22 degrés au pèse-sels (ou pèse acides : ces deux instruments ont la même échelle). Il dégage quelques fumées acides qui exigent de bien boucher ses contenants.
- Acide sulfurique.
- C’est l’acide le plus employé en industrie, comme étant le moins coûteux, malgré qu’il soit plus cher que le précédent; seulement il est plus concentré et somme toute, plus avantageux.
- Il est très employé en teinture pour former les bains et pour piquer, mais il ne faut s’en servir que pour les laines et les soies. Le coton, malgré de bons rinçages, en retient toujours des traces qui plus tard, le ronge peu â peu.
- L’acide sulfurique pèse 65 degrés ; il ne doit pas avoir d’odeur ni dégager de vapeurs; c’est un liquide épais, lourd, qui concentré, brûle tout ce qu’il touche; c’est le terrible « vitriol » qui sert aux attentats criminels. Mélangé de moitié d’eau, il n’est plus guère corrosif, et conserve néanmoins ses propriétés chimiques.
- Le mélange d’eau et d’acide sulfurique s’échauffe beaucoup ; il faut le faire dans des vases en grès ne craignant pas la chaleur. Avant d’ajouter cet acide dans un bain colorant, il faut toujours l’éteindre préalablement dans l’eau.
- Acide nitrique.
- Liquide peu coloré, dégageant quelques vapeurs d’odeur spéciale ; il tache ou teint la peau, en jaune, ainsi que la soie, la laine, la plume, etc., et brûle assez profondément les chairs. Il marque 36 degrés au pèse-sels.
- On le nomme aussi « Eau forte » ou « acide azotique ». U est employé en teinture pour les dégradages, et aussi pour faire la composition d’étain, mais pour cela, nous nous en passerons.
- Acide oxalique.
- Est sous forme d’un sel blanc, peu usité en chiffonnage, si ce n’est pour enlever quelques taches d’encre ou de rouille, et encore l’acide chlorhydrique convenablement employé, lui est-il préférable.
- II peut servir à javeler les noirs ; c’est-à-dire a remplacer l’eau de javel pour ramener au gris les doublures en coton.
- Acide picrique.
- Madère colorante jaune très riche, donnant des jaunes paille sur laine et sur soie, et produisant d’assez beaux verts avec le carmin d’indigo.
- Il est en petits cristaux jaunes qui doivent être bien brillants, bien secs et sans odeur: humides, il contiennent de l’acide nitrique qui détruit l’indigo dans les mélanges pour verts, et qui détériore les bassines en cuivre.
- L’rdun du commerce est un sulfate double d’alumine et d’ammoniaque (l’alun de potasse n’est plus employé industriellement)-, il se présente en masses (bornes) ayant l’apparence de hlocs de glace, aussi le nomme-t-on : « Alun de glace ».
- C’est un sel que le commerce livre toujours suffisamment pur, et qui est un précieux mordant pour les teintures aux bois sur tous tissus. 11 est très employé et heureusement pas cher.
- Amidon.
- C’est la base des apprêts du linge et des cotonnades.
- L’amidon de maïs est ie plus employé ; il faut le prendre en morceaux (marrons) et non en poudre, car il est ainsi moins sujet à être mélangé.
- Les amidons vendus sous des noms de fantaisie sont le plus souvent chargés de plâtre ou de talc ; il faut donc préférer l’amidon pur et simple du commerce.
- En faisant un empois léger bien cuit, il doit être presque limpide, légèrement opale ; s’il était blanc et opaque c’est qu’il contiendrait un mélange frauduleux.
- Ammoniaque.
- Liquide à odeur suffocante et pénétrante employé pour les détachages et pour virer certains bains -, on le nomme aussi « alcali volatil ».
- Le produit du commerce marque 21 à 22 degrés au pèse-sels. Il doit être complètement incolore, mais provenant des eaux de purification du gaz, il conserve quelquefois, en même temps que son odeur spéciale, celle du gaz d’éclairage, ce qui est sans inconvénient.
- Benzine.
- J’ai dit à propos des nettoyages à sec (1888, page 53) que le commerce nous offrait des benzines pures, ou des mélanges en diverses
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- proportions de benzine et d’essence de pétrole, ] ou encore cette dernière seule que l’on a nom- | mée « Benzoline ».
- L? benzine pure se désigne « benzol » ou « toluène » elle peut enlever des taches de j bitume ou de goudron minéral, sur lesquelles j les autres n’auraient pas d’action, mais ces ] taches se présentent rarement.
- La benzine ordinaire du commerce suffit » pour les détachages partiels ordinaires.
- Pour les empleins, on emploie la Benzoline; ce dernier produit étant lavé à la soude donne une essence qui sèche à peu près sans odeur, et qui convient pour le nettoyage des gants.
- Tous ces liquides sont facilement inflamma- 1 blés et ne doivent pas être maniés autour du j feu. |
- Bois de teinture.
- Ces bois sont assez nombreux, nous nous limiterons à un petit nombre.
- 1° Le campêche, ou bois bleu ; il est en grosses bûches d’un rouge foncé ; il sert à faire les noirs et des gros bleus faux teints ; il entre dans les mélanges pour marrons et teintes mode.
- On peut le remplacer par son extrait dans les noirs, mais il vaut mieux l’employer en nature pour les couleurs, les extraits n’étant jamais de campêche pur.
- La sorte la plus estimée est celle dite (( coupe d’Espagne », provenant de la Jamaïque. C’est celle qu’ii faut employer; nous en consommons trop peu relativement pour chercher a faire là-dessus une mauvaise économie.
- 2° Brésil ou bois rouge -, parmi les divers bois rouges il faut encore nous tenir au Bré-S1l qui est le meilleur ; il donne directement Un rouge faux-teint sur mordant d’alun et entredans les mélanges mode.
- On n’en fait pas d’extrait sec, mais il est aVantageux de l'ébouillanter à l’avance et de Conserver à la cave la décoction, que l’on nomme * tos de Brésil », et qui gagne en vieillissant ; 0D peut le garder ainsi plusieurs mois.
- Ce jus se fait avec 1 kil. de bois dans 20 litres d’eau, et ébullition de deux heures.
- 3°Cuba ou bois jaune-, la provenance de C^a est la préférable -, ce bois donne un Jaune assez solide, mais il est surtout employé ans les noirs pour corriger le reflet bleu du
- Ca,opêche ; il entre également dans les mélanges.
- Ou peut employer son extrait qui donne des su:tais à peu près équivalents.
- Ce Fustst est quelquefois préféré au Cuba
- ,is les mélanges, car il donne un jaune 2'!n8é pius chaud, plus plein, mais aussi °‘ns solide • ce bois n’est plus en bûches 0!î!me les précédents, mais en baguettes et n Petites branches fendues.
- . Vec 1 alun il donne sur laine une teinte
- 0rangée : avec les mordants d’etain un
- Jaune
- n°jUjP orangé, mais qui ne résistent ni l’une ^utre aux savonnages.
- Le Fustet est très employé par les teinturiers en peaux.
- 5e Le quercitron est le bois jaune spécial du coton , sur lequel il donne un jaune assez vif avec l’alun et addition de craie.
- C'est une écorce venant d’Amérique ; on en fait un extrait peu employé ; il vaut mieux s’ea servir en nature. Sa décoction ne se conserve : pas.
- Tous ces bois doivent être varlopés ou effilés ; c’est-à-dire en copeaux ou en filaments.
- 6 Enfin le curcuma ou terra mérita est une i racine livrée moulue (en poudre) et qui teint en jaune, sans mordant, sur toutes matières textiles ; il entre dans tous les mélanges où l’on veut l’introduire.
- Ces commodités et son bon marché font ; qu’ii est très employé, mais il ne produit qu’une mauvaise teinte passant à l’air et brunissant par les savonnages ; c’est, en résumé, une couleur des plus faux teints.
- Borax.
- Le Borax, ou borate de soude est un sel en gros cristaux blancs, qui a été beaucoup employé pour régulariser le tirage et l’uni des bleus Nicholson. Il dunne au bain une réaction faiblement alcaline, ainsi qu’il le faut pour ces couleurs.
- Actuellement le nombre des couleurs d’aniline alcalines s’est beaucoup accru, et l’emploi du borax s’est encore plus répondu en teinture.
- On l’ajoute aussi aux empois d’amidon pour produire des apprêts glacés et nacrés.
- La suite au prochain numéro, comme on dit dans les feuilletons ; ceci est peut être moins amusant qu’un roman mais c’est utile à dire : il est aussi nécessaire de savoir choisir ses drogues que de pouvoir connaître le meilleur matériel à employer.
- Maurice GUÉDRQN
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 194.245. — 21 novembre 1888, Société A. R. Villain fils et oie. — Métier à gazer les fils.
- 194.276. — 22 novembre 1888. Société Si-monis et Chapuis. — Machine a sécher et carboniser la laine et autres matières textiles avec l’adjonction d’un élévateur.
- 194.278. — 22 novembre 1888, Société Fank-hauser et Cie. — Mordant dit : Fankhausine.
- 194.303. — 22 novembre 1888, Klauder. — Perfectionnements dans les machines à teindre.
- 194.329. — 26 novembre 1888. Martinot. — Laineuse métallique continue avec garnissage par entrainement des tissus.
- 194.333. — 26 novembre 1888, Société A. Frémont et J. Marcais. — Procédé de fabrication d’objets de tous genres, en tissu gaufré.
- 194.405. — 28 novembre 1888. Hugo d’Alési et Société Lemercier et Cie. — Nouveaux procédés d’impression sur gaze et autres tissus de môme genre.
- 194.410. — 28 novembre 1888. Scheurer et Forest. — Mode de coloration des plumes.
- 194.452. —30 novembre 1888. Hodgson et Anderson. — Procédés et appareils perfectionnés pour la teinture et le nettoyage des matières fibreuses.
- 194.336. — 26 novembre 1888. — Wilke, Schott (les sieurs) Brumm et Société anonyme Schott brothers limited. — Nouveau dispositif pour couper dans le tissage du velours, dont le poil est produit par la trame et d’autres tissus semblables, les flottes formées par les trames de poil.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Paris . — Le 18 février.
- Brocatelle desoie cramoisie.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Mairie de Lyon Le 28 janvier .
- Mercerie, rouennerie. — Privet Claudius, à Lyon, adjud., rue du Don Pasteur, 33, à 12.50.
- PRÉFECTURE DU NORD
- Le 16 janvier. — Fournitures diverses et habillements.
- Tapis et guipures pour rideaux, stores. —
- 1,120.
- Charles Fresneaux, rue Nationale, à Lille, adjud. à 20 de rabais.
- Habillement des huissiers, des garçons de bureaux et des hommes de peine pendant les années 1889, 1890 et 1891. — 4,320.
- Joseph Musquin, rue de Paris, à Lille, adjud. à 32 de rabais.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Lorient. — Le 21 janvier.
- Tresses et ganses.
- Dupuis, à Paris, adjud. à 9.511 50. Cherbourg. — Le 24 janvier.
- Galons en or, en argent et en laine. E. Dupuy, à Paris, adjud. à 8,271.25.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Dissolution à partir du 1er janvier 1889 de la société Jacques-Sauce et Cie (fab. des couleurs et des laines à vdouter). boul. de Oharonne, 133, ancien 141.— Liquid. les deux associés : Mad. veuve Jacques et M. Lalouette. — Acte du 31 déc. 1888.
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif C. Neyret et Cie (continuation de la maison de commerce de ce nom ayant pour
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- objet la fabrication de la ganterie en tissus, laine, fil de soie, tissus et confections de jerseys et autres articles de bonneterie), rue d'Uzès, 17. — Durée : 14 ans. — Cap. : 1,000.000 fr. — Acte du 5 janvier 1889.
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Rousseau et Courbon, teinturiers, rue des Anglais, 6 et 8. — Durée : 11 ans et 3 mois. — Cap. : 1,000 fr. — Acte du 4 janvier 1889.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Charbon Vaganay et Cie fab. de soies à coudre, rue de l’Hôtel-de-Ville, 35, suite de la société existant déjà entre les mêmes. — Durée : 11 ans et 6 mois. Cap. : 250,000 fr.
- — Acte du 2 janvier 1889.
- LYON. — Modification de la Société en commandite Bonnet, Ramel. Savigny, Giraud et Cie, teinturiers à Villeurbanne route de Vaise, 15, devenue en nom collectif Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Marnas, par suite du retrait de M. Marnas père commanditaire et d’entrée dans la Société de M. Marnas fils, comme associé en nom collectif -, , jprorogation au 31 déc. 1897; cap. : 1,250,000 francs. — Acte du 29 déc. 1888.
- REIMS. — Formation de la Société en nom collectif Dauphinot père et fils fab. de tissus. _. Durée : 3 ans. Gap. : 1,000,000 fr. — Acte du 24 déc. 1888.
- REIMS. — Formation de la Société en nom collectif A. Sacy et Varlet, fab. de tissus, rue Ste-Marguerite, 19. Durée du 30 déc. 1888 au 30 nov. 1890. Cap. : 200,009 fr. — Acte des 28, 29, et 60 déc. 1888:
- REIMS. — Dissolution, à partir du 30 déc. 1888 de la Société Aubert, Sacy et Varlet, fab. de tissus. Liquid. : MM. Sacy et Varlet gui ont constitué une nouvelle ^société. — Acte des 28 et 30 déc. 1888.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Prunier frères, fab. de tissus de soie, rue de la République, 1. Durée : 4 ans. Cap. 200.000 fr. — Acte du 12 janv. 1889.
- VIENNE — Formation delà Société en nom collectif Malland et fils aîné, teinturiers, rue Victor Faugier, 2. — Durée : 3 ans 3 mois. Cap. : 60,000 fr. — Acte du 24 déc. 1888.
- LILLE. — Formation de la Société en nom collectif Pierre Delebart-Mallet, flateur de coton, rue du Long-Pot, 28, à Fives-Lille. — Durée 20 ans. Cap. : 3,000,000 fr. — Acte du 29 déc. 1888.
- FAILLITES
- PARIS — Batifois, teinturier, rue Amélie, 3, actuellement rue Grenier St-Lazarre, 11. — J.-c. : M. Renault. — S. : M. Ponchenet.
- VIENNE. — Bonnet-Garron (Fernand), laveur de laines. — Jug. du 8 janvier 1889.
- — S. . M. Eavier.
- { ESSIÜNS DE FONDS DANS PARIS
- Mme veuve Grain, a cédé le bail de sa maison de Teinture, 5, rue d’Fnghien.
- M. Cournelet, appvêteur de bonneterie, rue Bertin Poirée, a cédé son établissement à M Daulnv, qui a pris possession le 1er février.
- Mme veuve Mourre, a cédé son fonds de tissus pour ameublement, 12, faub. St-An-toine, â M. Boutard, qui a pris possession le 14 janvier.
- M. Pépin, teinturier, rue des Anglais, 6 et I 8, a cédé le 1er janvier, son établissement à MM. Rousseau et Courbon.
- Mme GossÉ, teinturier, a cédé son fonds de la rue du faub. St-Martin, 234, en date du 12 février.
- ---- .
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Les Golirlins sa l’IFlxpogfttioii. —
- Les amateurs qui ont fait une étude spéciale de l’art, de la tapisserie, et le public qui se contente simplement d’admirer, peuvent se réjouir à l’avance.
- Sous la grande coupole centrale, le rez-de-chaussée et le premier étage du palais du Champ de Mars seront décorés de hautes lisses des Gi belins et de velours de la Savonnerie.
- On sait que, depuis 1825, les deux établissements sont réunis..
- On se souvient encore des pièces admirahles exposées en 1855, en 1867, en 1878. Cette année-ci, on a tenu a faire encore mieux. On expose un plus grand nombre de pièces, et elles sont d’un caractère plus varié.
- Jusqu'ici les verdures ne se faisaient pas aux Gobelins. On n’en trouvait que dans les tapisseries des Flandres ou de Beauvais. Notre manufacture en expose huit, qui sont desti- . nées à orner le grand escalier d’honneur du Sénat.
- Comme grandes pièces, on verra la Filleule des Fées, de Mazerolles, qui ne mesure pas moins d une trentaine de mè'res carrés, les Nymphes et Bucchus, de Jules Lefebvre, tapisserie très simple et très belle ; l'Innocence, dp M. Bourgeois, la Musique champêtre, et la Musique guerrière, d’après Chardm.
- M. Galland enverra un portrait d’Henri IV, destiné à la galerie d’Apollon au Louvre, et le clou de l’Exposition, les incomparables panneaux pour îe salon d’Apolon à l’Elysée.
- C’est la première fois qu’on verra tout un ' salon décoré exclusivement en tapisserie des Gobelins.
- Cette œuvre considérable, qui comprend une vingtaine de pièces, remplacera le salon de Baudry, brûlé pendant la Commune, à l’exception d’un seul panneau qui figure au Musée.
- A coté de cette brillante exposition de tapisseries de haute lisse, la Savonnerie envoie au Champ de Mars des panneaux en velours représentant des allégories de la Guerre, de la Marine et de l’Industrie d’après Lameire, qui sont destinés à orner la salle des Gardes de l’Elysée, et une suite de pièces dues à la collaboration de Lavastre, le célèbre décorateur de l’Opéra, et M. L.-O Merson. Ces tapisseries représentent les Sciences et doivent figurer dans la décoration de la Bibliothèque nationale.
- L’administration des Gobelins est loin de s’immobiliser dans les traditions des dernières années, et c’est dans la nouveauté, ou pour mieux dire dans le rajeunissement des moyens employés, que les connaisseurs trouveront le principal attrait de la prochaine Exposition.
- Au fur et à mesure que se répandait le goût des belles tapisseries, on cherchait dans la multiplication dus teintes les moyens d’arriver à un fini plus précieux.
- Dans les tapisseries du XVe siècle, les gammes étaient moins nombreuses que sous Louis XIV. Depuis la fondation des Gobelins par Colbert en 1667, jusqu’au premier Empire, leur
- nombre avait quadruplé. On arrivait à des gammes de quarante teintes pour une même couleur. C était absolument excessif et l’effet se trouvait par là sacrifié au fini.
- On cherche en ce moment à ramener les gammes à ce qu’elles étaient au XVII0 siècle.
- On simplifie ainsi le travail, et l’on obtient des effets plus francs, se rapprochant davantage des célèbres tapisseries dont le Chigi, d’après Lebrun, est peut-être le modèle le plus parfait.
- L’analyse des œuvres anciennes le démontre C’est par la sobriété des moyens, par la simplicité dans l’exécution qu’on reviendra à ces effets vigoureux, à cette noblesse incomparable qui caractérise les tapisseries du grand siècle.
- Imeendies. — L’importante filature de coton Duviliier-Wattine, rue du Tilleul, à Tourcoing, vient d’être la proie des flammes.
- Le feu s’est déclaré par suite de l’imprudence d’un bâcleur, après avoir couvé pendant plus d’une heure.
- Cette v 'Ste filature occupe une superficie de 1,600 mètres.
- La conflagration était générale et le sinistre a pris des proportions effrayantes.
- Les dégâts sont évalués à 500,000 francs. Deux cents ouvriers qu’occupait cette filature sont sans travail.
- — Un immense incendie a éclaté vers rai* nuitàSallanches, dans ondes bâtiments appartenant à M. Pissard, grand industriel, fabricant de draperie, maire de cette ville et conseiller d’arrondissement.
- Les dégâts connus jusqu’à présent consistent en six maisons brûlées, sept cents tonneaux sont perdus. Les maisons Pissard, Mer-linge, Boissieux sont entièrement détruites.
- Grèves. — La grève des teinturiers continue à Roanne.
- Tous les teinturiers de Thizy et de Regny-au nombre de 200, se sont mis en grève.
- A Roanne, deux tissages ont dû suspendre leur fabrication faute de coton teint.
- — Les ouvriers de l’important tissage Jean-son à Arraentières viennent de se mettre en grève.
- La plupart de leurs réclamations ont ele admises par M. Jeanson, mais les ouvriers demandent le visa du tarif par le maire ; cetl prétention a été repoussée.
- La grève continue.
- —o—
- Envoi (récliaiitillons rte vélo11**®
- et rte velvet. — Le Ministre du Commère et de l’industrie vient de recevoir une colley lion d’échantillons de velours et de ve‘v provenant des manufactures les plus i®P°F lantes de Russie, et dont l’exportation en 6n ne s’élève à un chiffre considérable. ^
- Ces échantillons, accompagnés de l’ir»d! tion de leurs prix de vente, sont successt ment communiqués aux Chambres de Go meree et Musées commerciaux qui dema11 à les consulter.
- Le Gérant : F. Gouill0:n*
- Tous droits réservés ^
- Imprimerie C. COLIN, à Gharleville (Ardennes)-
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- LA TE
- LA REVUE DE
- INDUSTRIELLES/
- 2rae Année, î\° L
- $ Février 1889.
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- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur sur la régénération de la profession. — Les Progrès des Industries tinctoriales en 1888. — Machine à chiner par teinture. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Flanelles, teintes unies ; Rocel-line, Blcu-Nicholson ; noirs sur laine (procédés anglais) ; Vernis noir pour cuirs; Transport d'impression pour gravure. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle: — Brevets d’invention (catalogue). — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Les politiciens nous agitent et nous inquiètent alors qu’ils pourraient si facilement laisser venir à nous les affaires ; alors que les ouvriers de Paris, de Lyon, de Dieppe demandent, par des manifestations turbulentes, du travail et du pain; alors que des grèves éclatent dans toute la région du Nord et ne se résolvent pas dans la Loire.
- ils sèment la division parmi nous, lorsque dans moins de trois mois, l’Ex-position sera ouverte et que Paris devra offrir à ses hôtes le calme, la sécurité, le repos des esprits, qui leur assurent un séjour tranquille, sans lequel notre grande manifestation nationale manquerait son effet.
- Tout le monde a pu lire l’adresse fiUe le comité supérieur de l’Exposition de 1889 est venu remettre, aussitôt la crise ministérielle ouverte, au Président de la République.
- Cette adresse est revêtue des signatures de MM. Teisserenc de Bort et Dietz-Monin, sénateurs, deM. Poirier, Résident de la chambre de commerce de Paris, de MM. Hetzel et Trelat, Membres de la Chambre de commerce t enhn de cinquante-cinq présidents de comités d’admission et d’installation de Exposition de 1889.
- En présence des bonnes dispositions De les étrangers nous ont manifestées d°us est pénible de constater que les présentants du commerce français se ^ trouvés en droit de rappeler, qu’en l’Exposition avait bénéficié d’une ri> Ve politique quenospoliticiens actuels Pas eu le patriotisme d’o server. (P it°-Us avoüS aujourd’hui un ministère Maires, plutôt que politique ; il ré-
- pond aux besoins du moment, mais ne satisfera pas les partis : Que MM. les députés l’acceptent, et puisqu’ils ne veulent pas de dissolution, au moins qu’ils se rendent supportables.
- Espérons donc que jusqu’à l’ouverture prochaine de l’Exposition, rien ne viendra plus entraver les efforts si généreusement dépensés par les futurs hôtes de notre cité.
- ¥ ¥
- Sous l’influence sans doute de ces tiraillements, les nouvelles des places manufacturières nous arrivent moins favorables qu’au commencement de ce mois.
- Nous avons parlé des grèves du Nord ; elles intéressent surtout les industries textiles, et sans être assez générales pour arrêter la production, elles ne laissent pas que de la gêner, d’autant plus qu’elles ont lieu surtout dans les tissages qui ont du travail, alors que dans les filatures où la production a été trop poussée on se trouverait plutôt mieux d’une réduction momentanée.
- Il faut dire, du reste, que cette réduction a été opérée à Fourmies par les chefs d’établissements et qu’elle y a produit de bons résultats.
- Quant aux tissus, il n’y a plus de stock sur cette place et les ordres d’achats ne manquent pas surtout pour écossais 5/4 et 9/8, et mérinos 9/8 ; les mérinos 5/4 font entièrement defaut.
- Roubaix a eu un bon mois de janvier, Tourcoing un peu faible.
- On annonce à Roubaix la mort de M. Achille Delattre qui fut l’un des associés de la grande maison Henri Delattre, père et fils, dont le nom est connu dans le monde entier.
- A Elbeuf, la production s’est ralentie pendant le mois de janvier, la fabrication pour l’été s’est arrêtée brusquement, et l’on échantillonne en ce moment pour l’hiver. Les draps noirs et d’administration ont eu un bon mouvement.
- Le stock des flanelles et cachemires est nul à Reims, les basses qualités et surtout les flanelles communes sont plus recherchées. La place reçoit déjà des ordres en nouveautés d’hiver.
- Dans les villes du midi la fabrication
- de la draperie est calme, un peu plus d’activité serait à désirer.
- 11 paraîtrait pourtant, d’après les statistiques, que la France est actuellement le pays du m onde où l’on transforme la plus grande quantité de laine.
- Voici la consommation de la laine dans les principales contrées manufacturières du monde en 1887.
- Franc°................
- Angleterre............
- Etats-Unis............
- Empire d’Allemagne...
- Russie d’Europe.......
- Autriche Hongrie......
- Belgique..............
- Italie ...............
- Espagne (renseignem. manquent).
- 190.000.000 kilog, 180.000.000 — 170.000.000 — l/iO.OOO.OOO — 80.000.000 — 40.000.000 — 40.000.000 — 32.000.000 —
- Total, moins l’Espagne^ 872.000.000 kilog.
- On voit que l’Angleterre et les Etats-Unis consomment presque autant de matière première que la France, et si l’Allemagne est encore distancée par notre pays, il ne faut pas oublier qu’elle rivalise dangereusement avec nous ; que, par la nature de ses fils et de ses tissus, son industrie se rapproche infiniment de la nôtre ; qu’elle nous fait une concurrence tout à fait directe.
- Les cotonnades blanches ont toujours un bon courant d’affaires dans l’Est, malgré la concurrence de Manchester.
- Roanne marche assez bien aussi, quoique les grèves amènent une certaine perturbation dans sa production ; les teinturiers comme les tisseurs y prennent part, mais heureusement sans les généraliser.
- Les bonnes dispositions manifestées à Rouen ne se réalisent pas pour le moment, par suite, sans doute de la mauvaise température et de l’instabilité politique.
- Les imprimeurs d’indiennes qui font habituellement des affaires importantes à cette époque de l’année, ne trouvent que des acheteurs rares et parcimonieux.
- Les tissus lisses et croisés écrus, les blancs, la rouennerie, les tissus pour pantalon, les mouchoirs et la doublure se vendent à peu près, mais les tissés de couleurs, rayures et carreaux sont délaissés cette saison, surtout les belles qualités ; on est généralement aux bas prix.
- Les soieries sont mieux favorisées *
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Lyon et St-Etienne continuent leur bonne campagne, et les acheteurs ne reculent pas devant les belles et riches étoffes.
- A côté de ces tissus de luxe, les petites soieries, les foulards et les tus-sah seront vraisemblablement très en faveur dans les toilettes de ville pour rété, si l’on en juge par les approvisionnements des grands magasins de Paris.
- Comme nuances, c’est toujours la prédominance des rouges et des verts effacés, passés, le « camélia » est le type des premiers, le « sauterelle » des verts, mais il est un vert franc, net, brutal, quelque chose comme l’épinard qui a été fort en faveur et qui le demeure encore dans la mode modiste, et que l'on désignait « vert empire », mais le genre qui l’a adopté ne promet que des succès bien passagers.
- Parmi les teintes prétendues nouvelles, représentant la classe des violets il faut citer les « pervenche » et « praline » toutes deux de mêmes nuances mais en tons différents , le pervenche étant le plus clair ; elles succèdent à l’héliotrope, dont elles rappellent l’aspect, mais en virant un peu plus au marron.
- La belle bonneterie est tout entière aux bandes et rayures, façonnées : bas, chaussettes, gants et mitaines de laine présentent ce joli effet, grâce à de récents perfectionnements des métiers à tricots.
- Nos produits français sont très appréciés à l’étranger; depuis vingt ans, Troyes a créé une série d’articles nouveaux qui ont donné un grand essor à son industrie.
- C’est ainsi que nous lisions dans un compte-rendu du commerce parisien de la bonneterie en gros .-
- « Nous recevons des commandes de personnes qui n’ont pas l’habitude d’acheter nos articles. — Ce sont presque toujours des ordres pour l’exportation.
- « En septembre, il a été reçu un ordre de 200 douzaines bas coton blanc et couleurs.
- « En octobre, coton blanc et couleurs, 500 douzaines gilets coton blanc, 350 douzaines bas coton couleur, femme ; 150 douzaines bas coton blanc, femme.
- a En décembre, 200 douzaines bas coton écru, femme » .
- Mais il faut dire que l’article commun est fabriqué à un prix considérablement inférieur par les maisons allemandes, auxquelles les commissionnaires de notre place sont réduits à s’alimenter.
- L’école de bonneterie de Troyes fondée parles fabricants de cette ville, avec le concours de la Chambre syndicale de Paris est en voie d’installation, l’acte constitutif est passé et le capital souscrit.
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- Une autre Chambre syndicale qui était en sommeil, vient de se réveiller; c’est celle des Teinturiers-dégraisseurs qui a pu débuter avec quarante-cinq adhérents ; il en viendra d’autres, bien certainement.
- Le bureau a été constitué par MM. Vinois, président, Fleury, Mars, vice-présidents, Babillon-Marchal, secrétaire, Tupinier, Hallu, aîné, Lhuillier, Orliac, Monnot, Pineau, Debin et Burel, membres du bureau. (Voir aux Informations un résumé de la séance de réorganisation).
- La Chambre paraît décidée à admettre les simples dépositaires, faisant travailler au dehors. Que M. Mars qui les fournit, ne veuille pas voter contre eux, cela se conçoit,mais si le syndicat n’est pas uniquement composé de véritables teinturiers, il manquera son but, et aliénera sa liberté contre les empiétements des parasites de sa profession.
- A cet égard nous recommandons l’article qui suit de M. V. Barbé, qui, comme ses précédentes communications, signalent les véritables plaies de la Teinturerie parisienne.
- F. Gouillon.
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA PROFESSION
- Des conséquences du iietloyage à sec.
- L’invention des essoreuses a été la conséquence toute naturelle du nettoyage en plein aux benzines, autrement dit nettoyages à sec; ce genre de dégraissage est un progrès très remarquable dans l’art du teinturier-dégraisseur, malgré cela le système a été funeste pour MM. les teinturiers de Paris, par ce fait qu’ils n’ont pas pu Lire ce travail eux-mêmes, à cause d’abord du manque de place dans les ateliers installés dans Paris, et qu’en suite, l’administration supérieure ne saurait l’autoriser, par suite des dangers de mauvaise .odeur et d’incendie.
- Il en est résulté qne des industriels plus avisés, ayant mieux compris l’importance à en retirer, se sont installés dans la banlieue et ont fait une spécialité en desservant indistinctement toutes les maisons ou boutiques de teinturerie, et ainsi, toutes les maisons faisant faire à confrères, livrent à peu près ce genre
- de travaux comme les vrais teinturiers sauf le visitage ou détachage partiel, et l’apprêt qui est toujours mieux fini par les teinturiers.
- C’est donc à partir de ce moment où les em-pleins aux benzines ont été entrepris en grand que toutes les boutiques de teintureries ont pris le plus grand développement, et de notre époque c’est encore la plus belle fleur de leur blason.
- Mais si les teinturiers avaient pu effectuer ce genre de travail comme tous les autres, il en serait résulté bien moins de fausse teinturerie.
- A défaut de ne pouvoir exécuter ce travail il aurait fallu s’entendre à sauvegarder les intérêts de la corporation (l’union fait la force]; il aurait fallu, dis-je, s’entendre avec un ou deux entrepreneurs de nettoyages aux benzines, afin que ceux-ci ne fassent absolument que les travaux des vrais teinturiers. La chose se pouvait, et les résultats désastreux ne se seraient pas produits ou auraient été de beaucoup atténués, aujourd’hui il est déjà tard.
- Il faut s'entendre et agir
- J’ai dit dans mes précédents articles : pour travailler avec fruits l’entente est de toute nécessité aussi bien que l’organe d’un journal pour discuter le pour et le contre de nos intérêts; la corporation de MM. les teinturiers de Paris semble d’ailleurs comprendre en ce moment qu’il faut agir; le cri unanime est : on ne gagne pas d’argent U le métier se meurt, voilà ce qui se dit d’un bout à l’autre de Paris et même jusqu’en province.
- Il se pourrait donc que l’entente se fasse sur ce terrain; la nécessité -, celui-la ou tout autre peu importe : il me parvient qu’un certain nombre de collègues font leurs efforts pour remonter une chambre syndicale ; je leur adresse tous mes vœux pour la réussite ; de son côté je sais que la rédaction de la RevM de la Teinture y aidera de tout son pouvoir-
- Maintenant la parole est donc aux grandes maisons qui doivent donner l’exemple : tltre oblige, et les intérêts encore davantage Hest de toute évidence que plus une maison est forte et a de succursales plus sont gros ses intérêts à maintenir, car si la profession se dé-précie et que le métier ne vaille plus rien, leS maisons et succursales ne feront plus leurS frais, et ne trouveront plus preneurs.
- Dépréciation des établissements.
- Personne du métier n’ignore que dans ceS derniers temps les établissements de teintures se vendent difficilement même à vil prix : l’œuvre donc et de votre côté soutenez le j°uf nal et venez y exposer vos idées: c’est de là ^ jaillira la lumière.
- Découragements.
- A propos de mes précédentes causeries il & été fait des réflexions dans ce genre : tout , que vous dites est bien vrai, mais que faire
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Un autre dit : il n’y a rien à faire - ou bien : on ne réussira pas, etc. etc. Eh bien, ne vous en déplaise, chers collègues, moi je prétends qu’il y a beaucoup a faire et je vous pose ceci: le feu est à une maison, n’y a-t-il rien à faire que la regarder flamber ? Si n’est-ce pas ? on j court chercher pompe et pompiers, on fait la j chaîne et l’on pompe ferme. S’il est trop tard j pour sauver la maison, on préservera au moins les voisines.
- Une chambre syndicale
- Eh bien que MM. les teinturiers s’entendent et organisent une vraie chambre syndicale, mais non pas une parlotte comme chez la pipelet du coin, où tous les faits e' gestes des collègues seraient passés en revue, mais un vrai syndicat professionnel avec des statuts bien établis et une commission administrative compétente; les bons résultats s’en feront vite sentir et il n’est que temps.
- En première ligne la chambre syndicale devra relever les prix, abolir le chinage ; puis viendront en leur temps d’autres questions non moins intéressantes; ce n’est pas la besogne qui manquera.
- V Barbé, teinturier à Paris
- LES PROGRÈS \
- DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- Pendant le premier semestre 1888 Par le D’ A. Julius (Extrait du Chemische Industrie)
- Les progrès de cette branche d’industrie chimique durant le premier semestre de 1888 sont loin d’égaler en importance ceux que nous avons eu à noter pour l’année 1887 (1) Le nombre des demandes de brevet n’a pas diminué, il est vrai, mais leur importance est secondaire -, pour les couleurs azoïques coton, nous ri’avons à enregistrer que de nouvelles sppücations des diamines dérivées du diphé-nyle, benzidine. tolidine, diamidostilbène, etc.
- Couleurs azoïques.
- Le seul azoïque pour coton réellement inté-fessant a été mis sur le marché par la maison Fried, Bayer et Ge, d'Elberfeld. C’est un brun, i1 11 benzobraun, qui ne paraît appartenir ni à a série des dérivés de la benzidine et de ses oniologues, ni à la série des couleurs de stii-hène.
- Les bruns sont des dérivés du triamidoazo-e‘ Zol ou brun Bismark. D’après une commutation privée du docteur C. Duisberg à l’au-teur de cette revue, les deux marques commerciales benzobraun G et B s’obtiennent en gisant réagir les acides diazobenzolsulfonique j éfîvé de l’acide sulfanilique) ou diazonaph-a me sulfonique (dérivé naphtionique)
- sur
- le brun Bismark (triamidobenzol) Ce dernier pigment jouit déjà d’une affinité marquée pour les fibres végétales. Par sa combinaison avec les diazo ci-dessus, il fournit des couleurs dont l’affinité pour le coton est encore exaltée, de telle sorte qu’elles montent sur la fibre même en bains alcalins.
- Le Journal of lhe Society ofchemic. ind. a publié une note très intéressante sur lespî-mulines de A. Green. Cette communication ne nous apprend rien sur la nature et la composition de la primuline. Celle-ci doit être obtenue, semble-t-il, par des réactions assez compliquées; elle pourrait bien être le premier représentant d’une série nouvelle de couleurs azoïques pour coton. Celles-ci remplaceront-elles dans l’avenir les azoïques pour coton déjà connus? Cela paraît douteux, si l’on considère que la plus belle de ces couleurs, le jaune de primuline, est aussi celle qui résiste le moins à la lumière.
- Comme nouveaux azoïques pour laine, on nous offre les écarlates doubles brillants (Dop-pelbrillantscharlach) 2 R et 3 R .{Actiengesel-sebaft far Anilinfababrikation de Berlin). En réalité, ce ne sont pas des couleurs nouvelles, mais de simples mélanges de ponceaux déjà connus. Les écarlates se teignent en bain à 1 1/2 pour 100 de matière colorante, 10 pour 100 de sulfate de sodium et 4 pour 100 d’acide sulfurique. Ils fournissent des rouges pleins de feu.
- La maison Geigy, à Bâle, a émis un azoïque rouge analogue aux écarlates précédents, mais moins intense. Le rouge Apollon, tel est son surnom, est le résultat de l'union du dia-zodérivé de la nitraniline avec un acide naph-tylaminesulfonique. Pour obtenir sur laine des tons moyens, on teint avec 2 1/2 pour 100 de matière colorante, 10 pour 100 de sulfate de soude et h pour 100 d’acide sulfurique.
- J*
- hhodamine.
- La « Badische Anilin und Sodafabrik » vend sous le nom de Hhodamine, la phtaléine du diélhylemonoamidophénol.
- Cette matière colorante a obtenu un certain succès pour la production de nuances roses fluore-centes sur la laine et sur la soie. Ces nuances se rapprochent de celles que I’od obtient avec le rose Bengale, mais elles sont beaucoup plus résistantes et tiennent sur les laines foulonnées. On la teint sur soie en bain neutre, acide ou alcalin (bain de savon pourri). Pour la laine on emploie des bains neutres ou acidulés par l’acide sulfurique et chargés de 10 pour 100 de sel de Glauber. Le coton mor-dancé en alumine ou en tannin antimonial (tannin et émétique) fixe également bien la rhoda-mine mais les nuances, sur cene fibre, sont moins résistantes à la lumière que sur laine ou sur soie. (1).
- en- Revue c^e la Teinture 1888 page 106
- lv- suivantes.
- (1) Voir échantillon dans la Revue de la Tein-
- ture, 1888, p. 69.
- Jaune de Quinoléïne
- Relevons ici le regain de succès obtenu par un autre dérivé phtalique dès longtemps connu-nous parlons du jaune de quhioleine (E. îa-cobsen, 1883). Il est difficile de comprendre que cette brillante matière colorante soit restée dans l’oubli pendant plusieurs années,alors qu’elle fournit des nuances jaunes verdâtres toujours très recherchées, qu’elle rés:ste bien au savonnage, au foulon et à la lumière, enfin qu’elle permet de préparer des couleurs vapeur indifférentes aux aci les aussi bien qu’aux alcalis. A continuer.
- ----------------------
- MACHINE A CHINER
- PAR TEINTURE
- Par MM. Lepainteur, Gaulois et De-prés.
- i
- Le chinage des fils de laine ou de coton dont on tire de si cu ieux effets de tissage et de tricot s’obtient par voie d’impression lorsque le sujet est serré, mais plus avantageusement par teinture lorsque les bandes colorées sont assez espacées pour permettre d’employer un mode de réserve purement mécanique.
- Ce dernier moyen consiste en effet à con-primer entre des barres rigides les parties des fils qui ne doivent pas prendre la teinture, et pour cela on emploie une paire de grilles à barreaux correspondants dans laquelle on comprime les écheveaux.
- 11 est évident que ce système plongé dans un bain de teinture ne laisserapénéirer la couleur qu’entre les vides des birreaux et ne teindra les fils que dans ces endroits, la séparation est même d’une netteté remarquable, aussi ce travail est-il devenu très pratique, sauf qu’il est entièrement manuel et par suite, peu expéditif.
- Un appareil récemment breveté par MM. Le-painteur, Gaulois et Dep. ès a pour but de le rendre mécanique et par conséqueut beaucoup plus rapide. Les auteurs l’appliquent à toutes matières textiles, peignées ou cardées, en bourre, nappe, mèches, fiis ou tissus.
- Ce nouveau système de chinage mécanique est obtenu par bains de teinture en produisant les réserves par l’intercalation et le serrage des textiles entre des cadres constitués soit par des réglettes à sections carrées, rectangulaires, circulaires ou autres maintenues à écartement quelconque entre elles soit par de3 plateaux fondus, forgés ou rabotés présentant des nervures et établis en bois, cuir, caoutchouc, etc. Cette intercalation ayant pour but d’empêcher le bain de couleur de teindre les parties du textile comprimées entre les parties saillantes de dits pl teaux tout en laissant le bain agir dans les intervalles non-comprimés.
- La machine destinée à produ.re cette opération étant constituée par la combinaison sur la table d’un bâti de deux réserves de cadres en-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- gagés les uns dans les autres entre h montants avec une presse intercalée entre les deux réserves et ayant un plateau pouvant descendre ou monter au dessous du niveau delà table. Un tiroir double conduit par un balancier et recevant un mouvement de va et vient alternatif ayant pour fonction de prendre alternativement dans chaque réserve de cadres, le cadre inférieur pour l’amener sur le plateau de la presse en même temps que le balancier intercale le textile entre les cadres au fur et à mesure qu’ils viennent se placer sur le plateau de la presse. Celui-ci descendant automatiquement sous !a table d’une quantité égalé à l’épaisseur des cadres.
- ----------mg&m--------
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D'INVENTION
- Appareil à teindre la laine et autres matières textiles,
- Par M. Blondel.
- Cet appareil se compose essentiellement d’une caisse de forme variable, munie d’un fond perforé permettant, le passage du liquide. La matière à teindre est placée dans la caisse sur le fond perforé et maintenue au moyen d’un couvercle de même forme que l’on fixe par deux ou plusieurs tiges qui s’adaptent au bord du vase à la position voulue, d’une façon quelconque soit par des chevilles soit au moyen de sai lies servant d’arrêt ou autrement. Au-dessus de cette première caisse s’en trouve une deuxième plus grande et qui est destinée à contenir le bain de teinture.
- La petite caisse étant garnie de la matière à teindre on la laisse descendre dans la cuve contenant le liquide tinctorial, le liquide traverse la matière à opérer de bas en haut par suite de la différence de niveauMes bords du vase dépassant le niveau du couvercle qui maintient l’étoffe à teindre. Quand le récipient contenant la laine ou autres matières atteint le fond du bac, le liquide a pénétré en grande partie par pénétration dans le tissus.
- Fabrication du drap feutré à dessin,
- Par la Sté a Dittersdoffer Fritz et Krat-
- ZENTUEHFABRIK » .
- Habituellement le drap feutré est imprimé après fabrication à la surface seulement. Pour donner plus de solidité aux dessins, on dispose, en arrière de la machine à carder, un rouleau portant des bandes, rubans ou boudins, diversement colorés, suivant les effets à obtenir, qui passent avec la nappe fibreuse et sont simultanément détachés par le peigne, à la sortie.
- Si, au lieu de simples rayures, il convient de produire des dessins conbariés, des bâtons rompus par exemple, il suffit d’imprimer, soit au râteau qui sert de guide aux rubans de couleur, soit au tambour sur lequel sont en-
- roulés ces rubans, un mouvement de va et-vient.
- Fixation des matières colorantes sur les fibres textiles,
- Par MM. Collin et Benoist.
- Les brevetés revendiquent l’application de la chaleur, quel que soit l’appareil utilisé pour fixer sur les matières textiles, à la sortie des cuves de teinture, froides ou chaudes, l’indigo ou autre colorant réduit au contact des filaments.
- Nouvelle composition réfractaire et préservatrice (propre à incombustibilûer les textiles), Par M. Coen.
- On combine certaines matières de manière à former un corps composé qui en pénétrant dans les fibres à traiter rendent celles-ci réfractaires sans rien leur faire perdre de leur valeur et sans modifier en rien leur nature spéciale. On se sert à cet effet de sulfurocino-léate d’ammoniaque ou de ses équivalents obtenu n’importe comment et combinés avec des sels d’ammoniaque ou c rbonates.
- La formule indiquée ci-après est celle qui a fourni les meilleurs résultats. En ajoutant de l’acide borique on pourrait encore augmenter I la qualité comme agent préservateur.
- Cette composition est préparée comme suit :
- Sulfurocinoléate d’ammoniaque,.. 2 parties.
- Carbonate d’ammoniaque........... 2 —
- Crème de tartre soluble.......... 1 —
- Acétate de soude................. 1 —
- Hydrocarbure d’ammoniaque....... 7 —
- Toutes ces matières sont mélangées ensemble et lorsque l’on veut encore augmenter la qualité préservatrice on peut ajouter 7 parties d’acide borique.
- Pour chaque livre de matière on ajoute un gallon (4 1/2 litres) d’eau distillée.
- Production de nouvelles mat ères colorantes jaunes dites : Thioflavines,
- Par la Sociéxé Léopold Cassella et Cie.
- Les bases thkmées primaires dérivant de la paratoluidine et de la xylidine se laissent facilement transformer en bases tertiaires en y introduisant les radicaux méthyle et homologues ou benzyle.
- Les produits résultant de ces réactions cèdent à 1 eau chaude les seis de bases tertiaires thionées, teignant le coton mordancé d’une belle couleur jaune. Le reste qui n’est pas soluble à l’eau peut être converti en acide sul-foconjugué par les moyens usuels. Les sels alcalins de ces sulfoacides sont solubles à l’eau, ils donnent une fluorescence jaune et verdâtre à l’alcool et ils teignent le coton en jaune très vif.
- Les sulfoacides d> s corps basiques dont les chlorhydrates sont solubles à l’eau ressemblent en tous points aux corps mentionnés précédemment. On peut employer pour la méthyla-
- tion tous les procédés généralement en usage, soit le traitement avec les hologénures des alkyles, soit que l’on traite la base primaire avec ou sans pression par un alcool et un acide.
- Il en sera de même pour la sulfoconjugai-son. Pour l’effectuer on peut se servir de l’acide sulfurique renfermant plus ou moins d’acide anhydre ou bien d’autres ingrédients pouvant remplacer le dernier.
- Machine à mesurer les tissus.
- Par « The Fabric measuring and packak.ing Company ».
- Cette machine plus particulièrement spéciale au drap, mesure l’étoffe, la double dans le sens longitudinal et l'enroule, en une seule opération.
- Le tissu n’est pas tendu tout d’abord, afin de ne pas fausser la mesure, mais seulement après qu’un tambour à surface rugueuse et de développement exactement calculé a fourni une longueur déterminée. Un compteur imprime, sur les lisières, les mesures linéaires indiquées par un cadran.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Flanelles teintes unies Pour la chemiserie d’hommes, en articles de genres on emploie en ce moment des flanelles à fonds unis, teints en couleurs franches comme nos échantillons ci-dessous. L’article est bien connu mais il nous offre une occasion de rappeler les procédés de teinture employés :
- Roccelline.
- La roccelline est un colorant d’un ton
- plein et nourri, donnant un amarante voisin de l’écarlate, mais moins violeté que les fuchsines.
- Il entre dans les mélanges comme fond rouge et peut dans ce but remplacer l’orseille* Employé seul, il donne les résultats de l'échantillon ci-dessus.
- Dissolution.
- La couleur est soluble dans l’eau ; on la dissout dans la proportion de 1 5 à 20 grarfl' mes par litre d’eau bouillante ; on passe ou on laisse reposer la dissolution.
- Teinture sur laine.
- Pour 10 kil. de matières :
- Roccelline...;........... 500 gr.
- Sulfate de soude......... 5 kil.
- Acide sulfuri jue........ 200 gr.
- Entrer à tiède, augmenter progressivement
- la température jusqu’au voisinage de l’ébulh'
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- tion (90 à 95 degrés) et laisser monter jusqu’à nuance.
- Pour une seconde passe, mettre 400 gr. de colorant, 100 gr. d’acide et pas de sulfate de soude.
- La roccelline peut s’unir au carmin d’indigo, bois jaune, curcuma, acide picrique, orange d’aniline et la plupart, d’ailleurs, des couleurs de celte classe.
- Bleu-Nicho'son.
- La flanelle de cette teinte est beaucoup plus employée que la précédente -, elle s’obtient simplement à l’aide des bleus alcalins, sa nuance correspond à la marque 3 B.
- Nous croyons qu’il n’est pas inutile de rappeler le mode d’emploi, qui s’applique à tous les bleus alcflins.
- Dissolution.
- Sur 100 grammes de bleu, verser un demi litre d’em bouillante, en délayant peu à peu pour éviter les grumeaux, puis un demi litre d’eau bouillante, et enfin, 4 à 5 litres.
- Laisser reposer, tirer à clair ou passer.
- Teinture sur laine.
- Pour 10 kil. de matières bien dégraissées aux cristaux de soude ou aux savons :
- Bleu ainsi dissous...... 200 gr.
- Borax................... 250 —
- Entrer à 50 degrés, pousser peu à peu à 95 degrés.
- La teinte monte au gris bleu terne et ne doit se développer en bleu vif que par un passage à l’acide.
- Après une demi-heure de teinture on s’assure si l’on est arrivé au ton, en prélevant un petit échantillon de laine et le plongeant dans de l’eau légèrement aiguisée d’acide sulfurique Qui développe le bleu.
- Si l’on n’est pas au ton, on continue la teinture.
- Lorsqu’on y est arrivé, on lève et on passe la laine dans un bain tiède contenant par hcc-• tolitre d’eau :
- Acide sulfurique.......... 200 gr.
- Aussitôt elle passe au bleu vif, et il n’v a plus qu’à rincer.
- Le bain de teinture ne s’épuise pas entièrement; on le conserve, et on le garnit de nou-veau bleu, au fur et à mesure de son épuisement, avec un peu de borax chaque fois.
- 11 ne faut jamais ajouter d'acide dans ce bain.
- Les bleus alcalins montent lentement sur 1 acide, mais beaucoup plus d’uni qu’à l’aide des bleus acides.
- Noms SUR LAINE.
- Procédés anglais (suite (1)
- Noir chrome avec reflet violet pour lame.
- Le mordançage et la teinture se font comme dans le cas précédent.
- On obtient le reflet violet en employant le modifiant suivant : Muriate simple d’étain, 1 à 2 pintes (0 litre 567 à 1 litre 135). Mélanger l’esprit d’étain dans 20 ou 30 gallons d’eau (90 à 136 litres), jeter sur la laine, et manipuler le tout pendant quinze minutes.
- Noir chrome avec reflet ve/t pour laine. Mordant :
- Bichromate de potasse..... 2 pour 100
- Acide sulfurique........... 0 25 —
- Faire bouillir une heure et demie et laisser j passer la nuit.
- Teinture :
- Campêche................... 40 pour 100
- Fustet..................... 10 —
- Faire bouillir une heure.
- Couleur solide et moyennement permanente, devenant plus verte et plus pâle.
- Noirs indigos.
- Ce sont les meilleurs noirs tant pour le drap que pour la laine ; pour les obtenir, on teint d’abord les articles dans la cuve d’indigo à i une nuance légère ou moyenne, et puis on I teint comme pour les noirs chrome, en em-i ployant d’autant moins de campêche que le | fond d’indigo est plus ou moins foncé. (Cou-
- | leur solide et permanente.)
- ------------
- VERNIS NOIR POUR LE CUIR.
- Un excellent vernis se compose de : gomme laque, 150 gr., térébenthine de Venise, 15 gr., cire jaune, 15 gr., nigrosine (solubledans l’alcool), 40 gr., alcool, de quoi faire 1 litre.
- ! Fondez la térébenthine et la cire à une douce chaleur, ajoutez la gomme laque préalablement dissoute dans les trois quarts de l’alcool, puis la nigrosine en poudre très fine et enfin assez d’alcool pour compléter le litre. Au lieu de la nigrosine, on peut employer 50 gr. de noir de fumée, broyé extrêmement fin avec un peu d’alcool.
- Le cuir b passer au vernis doit d’abord être lavé avec une solution chaude de savon noir dans l’eau, ou bien avec un mélange de 1 partie d’alcali et 3 parties d’alcocl, puis on le laisse sécher complètement et on applique le vernis avec une brosse douce -, quand il a séché on le frotie avec une brosse sèche.
- Transport d’impressions pour gravure sur bois
- Trempez l’impression sur papier dans une solution alcoolique, saturée de potasse causti-i que, pour ramollir l’encre, puis placez sur le I bloc de bois et pressez au moyen d’un rouleau.
- (Il Voir Reoue de la, Teinture, du 25 janvier,
- p. 13.'
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- LES DROGUES ET LES COULEURS (Suite).
- Cachou
- Le cachou est un extrait végétal riche en tannin qui se présente en masses brunes, quelquefois assez molles, ce qui est sans inconvénient.
- Il doit se dissoudre entièrement dans l’eau chaude et même froide, en ne laissant que quelques débris végétaux peu considérables et un peu de terre ou de sable.
- Sa dissolution se fait dans la proportion de 1 kil. pour 10 litres d’eau chaude ; on la passe au tamis. On l’emploie aussi comme bain permanent mais en la renforçant de temps en I temps pour compenser la perte. De temps en temps aussi, il faut la tirer à clair pour séparer le pied bourbeux qui se forme.
- Le cachou fait des noirs et des bruns solides sur soie et sur coton en le fixant ensuite au bichromate. Il durcit un peu la laine, mais peut s’employer dans des mélanges de bois.
- Il existe aussi un cachou jaune nommé « Gambier ou Gambir » mais qui n’est guère employé que dans la charge des soies.
- Chlorure de chaux.
- C’est l’agent décolorant par excellence des matières végétales, mais il ne peut être employé pour la laine ni pour la soie.
- Il est en poudre un peu humide à forte odeur de chlore. Il doit titrer au moins 95 degrés chlorométriques.
- Ce titrage ne peut s’opérer que par un essai chimique dont il faut une certaine habitude ; le pèse-sels ne donne aucune indication utile 1 quant à la valeur marchande du produit. Telle I solution de chlorure donnant unassezhaut degré à l’aréomètre, pourra se trouver très pauvre en chlore. C’est donc un produit à acheter de confiance à une maison sérieuse et avec titre garanti sur facture.
- Lorsqu’on est certain de sa teneur en chlore, le pèse-sels peut servir à apprécier la concentration des bains neufs -, si ces bains ont servi, cet instrument n’indique plus rien, car le bain s’est appauvri en chlore sans avoir perdu beaucoup de sa densité.
- Un bain neuf ne doit pas excéder 2 degrés au pèse-sels-, au-dessus, il deviendrait dangereux pour les tissus.
- En chiffonnage, le chlore est plutôt employé à l’état d’eau de Javel (voir ce nom).
- Chromâtes de potasse.
- Il existe deux chromâtes de potasse, le jaune et le rouge; ce dernier qui est- le bi-chro-mate est le seul employé dans nos travaux.
- Ce sel est en beaux cristaux rouges-orangés que le commerce livre toujours de qualité convenable.
- C’est un mordant très fréquemment em-
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- ployé, servant de base à des teintes généralement solides ; il fait aussi de bons noirs avec le campé che, mais toujours avec un reflet bleu qu’on corrige à l’aide d’un bois jaune.
- Cochenilles.
- Le grain de cochenille est un insecte desséché, auquel on rend à peu près la forme animale en le détrempant dans l’eau.
- Les cochenilles de Honduras sont les plus estimées; elles peuvent être d'un rouge brun foncé (cochenille noire ou zaccatille), ou grise (cochenille argentée), à peu près d’égale valeur; la noire passe même en première ligne dans les bonnes provenances, mais comme il ne se trouve pas de grises dans les sortes inférieures, l’enduit argenté est considéré comme un signe favorable. Les rougeâtres sont de basse qualité.
- Depuis les couleurs d’aniline, cette matière colorante a perdu beaucoup de son importance et de sa valeur ; cependant elle est toujours utile pour faire des cramoisis et des ponceaux solides.
- La cochenille ammoniacale est une pâte sèche de cochenille traitée par l’ammoniaque, se dissolvant directement dans les bains, et donnant un rouge violacé ; les couleurs d’aniline l’ont fait entièrement abandonner.
- Couperoses ou vitriols.
- La couperose verte est le sulfate de fer, en gros cristaux d’un vert émeraude; c’est un très-utile mordant de fer, d’un prix peu élevé et que le commerce livre toujours convenable.
- La couperose bleue ou « de Chypre » est le sulfate de cuivre sans mélange, en gros cristaux d’un bleu vif, également utilisé comme mordant, et généralement pas fraudé.
- La couperose mixte, de couleur vert-clair, est un mélange de sulfate de cuivre et d’une grande quantité de sulfate de zinc; c’est un sel désavantageux à employer.
- Lacouperose ou vitriol de Salzbourg, est d’une teinte vert bleuâtre, c’est un mélange de sulfate de cuivre et de sulfate de fer. Bien que ces deux sels aient une action utile dans la production des noirs, il vaut mieux les employer chacun en nature; c’est moins cher et on sait ce que l’on fait.
- Crème de tartre.
- C’est le mordant universel des laines pour les matières colorantes naturelles.
- Aujourd’hui que les couleurs d’aniline ont prévalu, le chiffonnage n’emploie qu’une quantité restreinte de tartre, et dans ce cas, on doit l’employer à l’état de cristaux, c’est-à-dire de ciême de tartre. Les tartres rouges ou blancs en tablettes sont d’une richesse toujours incertaine, et les employer, si orme sait pas les titrer, c’est s’exposer à des déboires.
- Les cristaux de tartre sont toujours à peu près de bonne qualité. Ils ont une saveur aigrelette, craquent sous la dent, et brûlent en
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- répandant une odeur de caramel, et laissant un charbon noir.
- Cristaux de soude.
- Ce sel est l’agent principal des dégraissages à l’eau; il est en blocs cristallins blancs trans lucides, mais il peut conserver cette apparence tout en étant fraudé par du sulfate de soude, et ici le pèse-sels n’indiquerait encore rien.
- Les cristaux doivent titrer de 91 à 92 degrés alcalimétriques, ce qui ne peut s’établir que par un essai chimique; il ne faut donc les acheter que sur titre garanti par facture.
- Les cristaux sont presqu’entièrement constitués de carbonate de soude cristallisé, avec peu d’impuretés, tandis que le «sel de soude » ou « soude calcinée » est aussi du carbonate, mais bien moins pur -, il est même sulfureux ce qui est souvent très nuisible.
- Cyanure de potassium.
- Produit employé pour le dégradage des couleurs d’aniline et de quelques autres, mais demandant beaucoup de précautions dans son maniement.
- C’est, en effet, un poison violent, et si l’on verse un acide dans sa dissolution, il s’en dégage de l’acide prussique qui peut empoisonner par simple émanation ; il faut donc éviter cette cause de dangers et aussi d’absorber ce produit en nature comme d’y baigner trop longtemps les mains.
- Il est en masses opaques d’un blanc de porcelaine, conservant toujours une forte proportion de carbonate de potasse. Sa force en cyanure est donc des plus variables.
- On en consomme trop peu pour s’astreindre à des titrages -, il faut donc l’acheter à des maisons consciencieuses et sachant ne pas se laisser tromper elles-mêmes par les fabricants.
- Eau de Javel
- Les chimistes l’appellent a hypochlorite de soude » ; c’est la dissolution de chlore la moins pernicieuse pour les étoffe-.
- On la prépare comme suit :
- Chlorure de chaux (de 95 à 100°). 2 kil.
- Eau.............................. 50 litres.
- Délayer le chlorure de chaux sans former de grumeaux. Faire dissoudre à part :
- Cristaux de soude. 5 kil.
- Eau.............................. 25 litres.
- Mélanger les deux dissolutions (le tout à froid), laisser reposer le mélange 12. heures, puis tirer à clair le liquide devenu limpide, et qui constitue une bonne eau de Javel, marquant h à 5 degrés au pèse-sels.
- On pourrait augmenter le degré en forçant la quantité de cristaux, mais l’eau n’en serait pas plus riche en chlore.
- On obtient ainsi une tourie (65 litres) d’eau de Javel ; il reste après tirage à clair, un pied de lait de chaux bon à jeter.
- L’eau de Javel blanchit le linge après savonnage, et sert à « javeler » les noirs sur laine , c’est-à-dire qu’elle rend les noirs plus pleins, et en même temps qu’elle fait tomber au gris les doublures en coton, mais malheureusement, les coutures eu fil aussi.
- Extraits de bois.
- Le plus employé est celui de campêche qui donne de bons résultats pour les noirs, et qui revient moins cher que le bois lui-même.
- S’il en est ainsi, c’est que l’extrait n’est pas formé de campêche seul, et en effet, il y a des, extraits n° 1, n°2, n°3; or le n° 1 est celui qu1 contient le moins d’extrait de châtaignier mélangé, mais il en contient comme les autres, sinon autant.
- Cette addition n’est pas nuisible pour les noirs mais l’est beaucoup dans les couleurs, et c’est pour cela qu’il faut, pour ces dernières, employer le campêche en nature.
- L’extrait sec de campêche est brillant, cassant, d’on rouge noir, à saveur sucrée. 1 kilogr. d’extrait sec représente en moyenne 8 kil. de bois.
- L’extrait jaune de Cuba est souvent employé aussi, mais par plus petites quantités. En chiffonnage on ne l’emploie guère seul, mais toujours comme correctif dans des mélanges pour noirs ou pour couleurs.
- 11 est rarement pur-, les matières ajoutées sont d’autres bois jaunes moins coûteux: quer-citron, tampico, tuspan, etc., ce qui est sans inconvénient. 11 y a encore avantage à employer cet extrait tout fait, plntôt qu’à se livrer à de longues décoctions sur les copeaux du bois lui-même: à condition, disais-je, qu’il ne s’agisse que de faibles quantités entrant dans des mélanges.
- Nous nous tiendrons à ces deux extraits de bois, les autres étant d’un intérêt secondaire ; nous ne les emploierons même pas.
- Fécule.
- Est employée comme l’amidon pour les apprêts mais peu en chiffonnage; mélangée à l’amidon elle donne un empois plus liant et moins farineux que l’amidon seul, mais qui convient plutôt pour les cotonnades de couleur que pour les blancs.
- Gaude.
- Plante dont toutes les parties fournissent un bain colorant donnant un jaune grand teint sur lainages, très utile, par conséquent, pour la draperie d’uniformes, mais devenue sans usage dans la petite teinture.
- Je n’en parle que pour mémoire.
- Garance.
- Comme la gaude, la garance est une couleur de grand teint qu’il faut laisser à la draperie pour administrations.
- Gélatines et colles.
- Les gélatines sont la base des apprêts des
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- lainages, comme l’amidon celle des empois pour lingerie.
- Plusieurs sortes peuvent être employées et voici leurs qualités :
- 1° Colles de Givet et Coignet, meilleures colles que bons apprêts : fermes, tenaces, nerveuses, mais sèches et cassantes. En plaques carrées d’environ 1 centimètre d’épaisseur. Ayant beaucoup de corps, mais ne pouvant s’employer qu’avec un mélange les assouplissant : glycérine, glucose, savon, etc. De plus elles sont un pe u trop brunes pour être appliquées aux couleurs claires.
- 2° Colles de Cologne, en petites plaquettes allongées de 1/2 centimètre d’épaisseur; assez nerveuses et corsées, mais encore dures ; cependant on en trouve de très-claires et peu teintées, qui don nent de bons apprêts pour articles même blancs, ayant besoin de soutien-il est t oujoursbon d’y ajouter un mélange assouplissant.
- 3° Colles de Flandre; ces sortes sont plus spécialement des gélatines ; elles sont en feuilles minces, longues, quadrillées en losanges, plus ou moins transparentes et teintées, suivant qualités, mais toujours jaunâtres. Peu nerveuses, donnent des apprêts un peu fermes mais pas trop cassants, pouvant encore s’assouplir par les matières ci-dessus désignées.
- 4° Gl^ collines ; ce sont des collettes de peau de veau, blanchies par addition d’un sel laiteux mais peu colorées par elles-mêmes ; elles sont assouplies par une petite quantité de glycérine, et donnent directement des apprêts souples et à peu près incolores, d’un emploi très commode.
- Je ne parle pas des colles de Paris, qui sont très brunes et sans corps, mais aussi peu cassantes; elles sont employées pour les feutres et la grosse draperie de teintes foncées.
- Pour dissoudre les colles et gélatines, il faut les faire tremper quelques heures dans l’eau froide où elles se gonflent et s’ammolissent puis la moindre chaleur achève la dissolution.
- En voilà assez pour aujourd’hui, confrères ; encore une causerie et j’aurai terminé ce métier de droguiste pour redevenir teinturier. Je me suis un peu plus arrêté aux produits sur lesquels je n’aurai plus à revenir. Vous voyez aussi qu’on a dù me souffler ma leçon sur plus d’un point.
- Maurice GUÉDRON.
- ûiSiOMQÜ INDUSTRIELLE
- BREVETS D’INVENTION
- ïutércssant les industries tinctoriales
- 194.555. — 4 décembre 1888. Popeethall. *— Perfectionnements dans les machines à ^Pailler la laine.
- 194.461. — 1 décembre 1888, Société Louis Courrier et Cie. — Nouveau procédé et appareil pour la teinture des étoffes en pièces.
- 194.502. — 30 novembre 1888, Corron, rue des Trois Meules à Saint-Etienne. — Machine à essorer les matières filamenteuses en bâtons et à fil droit et les tissus au large sur châssis.
- 194.522. — 19 novembre 1888, Société Che-din et Cie, au lieu dit « Le Moulin » à Bourges. — Procédé de décoration des toiles cirées au moyen des peintures japonaises.
- 194.536. — 8 décembre 1888, Société Rau-din et Mathieu, Chaussée des Blanchisseurs 4, Troyes. — Impression grand teint multicolore instantanée.
- 194.556. — 4 décembre 1888, Badon. — Papier peint transparent imitant les vitraux et se fixant sur les surfaces vitrées au moyen d un enduit adhésif faisant corps avec le produit.
- 194.657. — 8 décembre 1888. Société anonyme DES MATIÈRES COLORANTES ET PRODUITS
- chimiques de saint-dénis. — Procédé rapide de teinture de coton et de fibres végétales en un seul bain et au moyen des matières colorantes appelées multichromes.
- 194.706. — 11 décembre 1888, Mather, rep. par Armengaud jeune. -- Perfectionnements dans les procédés pour colorer et terminer les tissus de coton et autres tissus bon marché.
- 194.707. — 11 décembre 1888, Mather. — Perfectionnements dans les procédés pour colorer ou nuancer les tissus.
- 194.869. — 20 décembre 1888, Courtois, rue Rivet, 2, à Lyon.-- Tourniquet pour la teinture des pièces.
- 194.871. — 20 décembre 1888, Tranchet. — Epaillage chimique des cotons et débris contenus dans les chiffons de laine.
- 194.873. — 21 décembre 1888, Guillet. — Machine à dérompre les tissus de toute nature.
- 194.888. — 19 décembre 1888. Berrubé, Système de cuve de réduction instantanée.
- 194.892. — 19 décembre 1888. Société Stan-daert frères. — Bleu indestructible sur coton.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg, le 6 Février, ont été adjugés : Chaussons en laine.
- Liénard, à Equeurdreville, adjud. à 1.97. Bas en laine.
- Soin en Dubost, à Cherbourg, adjud. à3.74 Mitaines
- Soin et Dubost, adjud. à 1.77.
- Jerseys.
- Helbronner, à Paris, adjud. à 8.16.
- BUREAU DE BIENFAISANCE DE BOULOGNE (Pas-de-Calais,!.
- Le 30 Janvier, ont été. déclarés adjudicataires, MM.
- Molleton. — Lehmann, à Boulogne-sur-Mer à 2.69 le m.
- Flanelle. — Lehmann, à 1.21.
- Coton écru. — Mourmier, à Boulogne-sur-Mer, à 0.61.
- Couvertures demi-laine. — Lehmann, à 3.75. Couvertures coton. — Lehmann, à 3.50.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Lormière et Montaillier, teinturiers en peaux, rue Pascal, 11. Durée : 8 ans. Cap. 86,844 fr.---Acte du 45 janvier 1889.
- PARIS. — Formation de la Société en commandite O. Duforest et Cie (teinturerie en fils et cotons), boul. Voltaire, 81. — Durée:
- 7 ans et 3 mois, du 31 décembre 4888.— Cap. 30,000 fr. dont 10,000 en commandite. — Acte du 31 décembre 1888.
- PARIC-AUTEUIL. —Prorogation au 30 juin 1893 de la société en nom collectif Deper-dussin et Faure, teinturiers, rue Félicien David, 19. Acte du 14 janvier 1889. — Off. du 27 janv. 1889.
- SURESNES. — Modification des statuts de la société en nom collectif A. Meunier et Cie (teinture et apprêt des tissus), rue du Bac, rue des Bourets et quai national, devenue en commandite à l’égard de Mad. Roulleaux-Dugage, et prorogation au 30 juin 1905. Cap. porté à 450,000 fr. dont 250,000 fr. en commandite. — Acte du 5 janv. 1889.
- PARIS — 'Formation de la Société en nom collectif Ballin et Cie fab. d’apprêts pour fleurs, rue St-Denis, 219. Durée : 10 ans. Cap.: 45,000 fr. — Acte du 24 janvier 1889.
- LYON. — Formation de la Société eu nom collectif A. et M. Lang, fab. de tissus soie et coton, rue des Capucins, 21. Durée . 3 ans.— Cap. : 40,000 fr. — Acte du 15 janvier 1889.
- ANGERS. — Prorogation de six ans du 1er janvier 1889, de la Société en nom collectif Rochard et Cie (achat, filature et tissage des laines et la vente des laines filées, peignées et cardées), au lieu dit l’Angeririe, chemin de la Brisepotière, route de Morannes. Cap. : 300,000 fr. — Acte du 31 déc. 1888.
- LE PUY.— Formation de la Société ennom collectif Alirol fils, Auguste Enjolvie et Cie (tissus). Durée : 10 ans. Cap. : 1.066,963 f. 58. — Acte du 10 janvier 1889.
- LILLE. — Formation de la Société en commandite Dufourmàntel et Cie (expi. d'une filature de laine en Russie) boul. de la Liberté, 129, chez M. Joire, banquier. Durée : 8 ans et 3 mois. Cap. : 100,000 fr. plus immeuble et matériel. — Acte du 5 janvier 1889.
- CASTRES. — Modification de la Société en norn collectif Clavel-Benoit et Cie (teinture et dégraissage des Laines entrant dans la fabrication des draps), à la Bastide-Rouayroux, qui devient Benoit et Cie. par suite de la retraite de M. Clavel et dont le cap. est porté de 5,000 fr. à 10,000 fr. — Acte du 31 décembre 1888.
- St-DIÉ.— Dissolution â partir du 15 décembre 1888 de la Société C. Munier et Colotte, fab. de bonneterie. Liquid. : les associés. — Acte du 28 décembre 1888.
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- St-DIÉ. — Dissolution à partir du 1er janvier 1889 de la société St-Dizier, Besson Perron et Cie, fab. de toiles à Gérardner. — Liquid. : MM. Saint-Dizier et Besson. — Acte du 8 décembre 1888.
- FAILLITES
- St-MANDÉ et PARIS. — RAPPORT DE CLOTURE DE LA FAILLITE Pruvot, teinturier, ci-devant Grande-Rue a St-Mandé et actuellement à Paris, rue Lepeletier, 49. — Jug. dul 15 janvier 1889,— S. : M. Boussard.
- ROUEN. — RÉOUVERTURE DE LA FAILLITE Terrien fils (Joseph Eugène), filateur à Villers-Ecelles. — Jug. du 1er février 1889. — S. : M. Joanne.
- ELBEUF. - HOMOLOGATION DU CONCORDAT Lecerf (Edouard-Edmond), ex-ap-prêteur de draps, rue de Caudebec. — Jug. du 1er février 1889. — Abandon de l’actif et 23 francs 0/0.
- SÉPARATION DE BIENS
- PARIS. — M. Losserand (Gabriel-Auguste) imprimeur sur tissus, rue de l’Asile-Popin-court, 5 (bis) et sa femme née Desaint. — Jug. du 21 janvier 1889.
- CESSIONS D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Gallois. Fouiller, Vve Teinturerie rue de l’Eglise, 12,Neuilly
- Brifïaud. Lohse. Teint, de soie, quai de Grenelle, 51.
- Mutel. X. Teiuturerie rue des Archives, 35.
- Pivet (Dme) N. Teint, rue Meslay, 7.
- Chalet. X. Teinturerie, boul. Beaumarchais, 16.
- Railleur. X. Teinturerie, rue La-rochefoucauld, 45.
- Colon. Gallas. Teint, avenue Victor, 92.
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- IPOMIâTIONS ET FAITS DIVERS
- CHAMBRE SYNDICALE
- des TEINTURIERS-DÉGR AÏSSEURS
- Assemblée générale du 4 février 1889,
- En vue de la constitution d’un Syndicat de la Teinture et du nettoyage.
- EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL
- La séance est ouverte, sous la présidence de M Vinois, invité par ses collègues à diriger les débats, assisté de M. Monnot, le plus jeune des membres adhérents.
- Sur A5 membres qui ont adhéré au projet de constitution, 28 sont présents et répondent à l’appel de leur nom.
- M. Le Président donne quelques explications sur l’organisation, le but, l'utilité de la Chambre syndicale, et rappelle les causes majeures qui amenèrent la dissolution de l’ancienne.
- M. Debin demande si les teinturiers ne faisant pas eux-mêmes leur travail auront le droit de faire partie de la Chambre ; un autre membre demande si l’on maintient ce paragraphe des statuts admettant toute personne exerçant une profession se rattachant à la nôtre.
- M. Le Président répond que pour l’instant, la rédaction peut être acceptée telle quelle, et
- que par suite, il ne serait pas logique d’exclure les personnes payant patente de teinturier. Du reste l’Assemblée aura toujours la ressource de ne nommer membres du bureau que des teinturiers assez compétents pour apprécier les différends qui leur seraient soumis.
- M. Mars dit qu’il est heureux de faire partie de la Chambre, mais qu’il aurait le regret de se retirer si celte question n’était pas écartée.
- M. Monnot s’associe à ses paroles.
- L’Assemblée, consultée par M. le Président, décide de passer outre, accepte à main levée les statuts de l’ancienne Cinmbre syndicale et passe à la formation du bureau, qui a été ainsi constitué.
- M. Vinois est nommé président par 26 voix sur 28 votants.
- Sont ensuite nommés vice-présidents :
- MM. Fleury, par 22 voix; M. Mars, par 17 voix.
- L’élection du secrétaire, désigne à celte fonction, M. Babillon-Marchai, par 16 voix.
- Le bureau est complété comme suit :
- MM Tupinier 24 voix, Hallu aîné 23 voix, Lhuillier 22 voix, Otliac et Monnot 15 voix, Pineau 15 voix, Debin et Burel 13 voix.
- Etaient présents :
- MM. Babillon-Marchal, Bienaimé, Bontemps, Bouton, Burel, Chadauf, Coquant, Debin, Fleury, Goupil, Guirbaldies, Hallu (Georges), Lebailly, Lhuillier, Mars Monnot, Megnier, Oriiac, Paillard, Pineau, Quiilet, Salomon, Sibille, Simon, Tabourot, Tissier, Tupinier, Vinois.
- Autre? adhérents non présents ;
- MM. Alavoirie, Baldenwock, Bouvet, Champagne, Dehaître (Fernand), Demangeot, Devil-liers, Dubois, Gilibert, Girard, Héraut, Jolly, Marchai (des AuguHins), Petit, Pingrié, Ro-chais.
- M. Hallu, absent, s’est fait excuser.
- — o —
- lues grèves dans le Nord. — Les
- ouvriers du tissage Becquart et Turpin, à Lille, viennent de se mettre en grève.
- — A Armentières, les ouvriers du tissage Jean&on s’étaient aussi mis en grève, ainsi que nous l’avons annoncé dans notre précédent numéro, soulevant de nouveau la question de l’infériorité des façons payées dans les communes voisines d’Armentières.
- En 1880, à la suite de longues grèves, le syndicat des fabricants d’Armentières avait décidé qu’un tarif unique de façons serait appliqué dans les usines de la ville.
- La mesure ne fut pas étendue aux tissages situés sur les territoires des communes limitrophes d’Armentieres.
- Cette lacune eut pour effet une supériorité très grande accordée aux fabricants dont les usines sont situées à la campagne sur ceux dont les établissements se trouvent dans la ville.
- A la suite de la grève Jeanson, le syndicat des fabricants vient de se réunir et de décider l’unification complète des tarifs de façons d’Armentières et d’Houplines. C-tte mesure a mis fin à la grève.
- On se souvient que les ouvriers demandaient un tarif visé par le Maire; quand on leur eut démontré que l’autorité municipale ne pouvait intervenir en pareille circonstance, ils ont demandé et obtenu que ce tarif fut visé par les conseillers prud’hommes ouvriers.
- — Les ouvriers du tissage Poulain à Anor ont cessé le travail au nombre de 250 ; la grève continue sans incident.
- — Quinze cents ouvriers tisseurs se sont mis en grève à Avesnes-Ies-Aubert et cinq cents à Saint-Hilaire (Nord), demandant une augmentation de salaire.
- Ils menaçaient de détruire et d’incendier les fabriques et le domicile des patrons.
- Des grèves de tisseurs ont également éclaté dans la région du Nord, à Saint-Waast, à Avesnes-le Sec, Haspres, Villers-en-Cochies.
- A Avesnes une eutente est depuis intervenue entre patrons et ouvriers ; et le travail a été repris.
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- Grèves «laois la Loire. — La grève de l’usine Vindrier de Roanne est terminée, mais chaque jour il s’en déclare de nouvelles et on s’attend sous peu à une grève générale.
- Actuellement, ce sont les ouvriers de M. Giraud, fabricant, qui ne sont pas rentrés.
- — Les teintures Epinat et Gauthier et Ger-bay-Vernay se sont mises en grève. Les ouvriers demandent : pour la première, une nouvelle révision du tarif et pour la seconde le renvoi de certains ouvriers qui avaient remplacé des grévistes.
- — 550 ouvriers du tissage Brochart se sont mis en grève en demandant une modification du tarif
- Plusieurs aulres usines sont également menacées de grève.
- On assure, au Lyon républicain, que la plupart de ces grèves sont provoquées par des meneurs. Sur tous les points de la France ces menées se produiraient d’après des ordres secrets venus de Paris.
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- Incendies. — Un incendie a éclaté à Fiers au tissage mécanique Fremont et Cie.
- Le bâtiment où se trouvent les chaudières est détruit ; le matériel et une grande quantité de cotons sont devenus la proie des flammes ; on a pu préserver le tissage proprement dit et les hangars.
- On ne connaît pas encore la cause de ce sinistre, ni le chiffre des pertes que l’on évalue au moins à une centaine de mille francs.
- — A Lille, un violent incendie a détruit l’importante fabrique de tulle de M. Bracq-Tolfln.
- Les ouvriers qui avaient repris le travail a minuit sans apercevoir rien d’anormal, virent vers 2 heures, des flammes s’échappant d’un tas de bois qu’on avait mis sécher dans la chambre des générateurs. Ils essayèrent vainement d’enrayer l’incendie : en un instant toute la toiture fut embrasée et le feu s’étendit aux ateliers des métiers à tulle et aux bâtiments de la machine.
- Après deux heures d’efforts, on parvint à se rendre maître du feu qui avait fait des dégâts considérables.
- L arrêt momentané delà manufacture Bracq-Tolfin a entraîné le chômage de plusieurs autres mines qui lui empruntaient leur force motrice.
- — La manufacture de draps de Moritz, Ihling et Cie à Wolfsgrii i près de Leipzig, a été complètement détruite par un incendie, avec toutes les machines, les métiers et les étoffes qui s’y trouvaient.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- Imprimerie G. GOLIN, à Gharleville (Ardennes).
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- LA REVUE DE
- sr Année, r s. ET DES COLORATIONS
- ac'^T.A^y^or.uy ^
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- 10 Mars 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur sur la régénération de la profession. — Les Progrès des Industries tinctoriales en 1888. — Perfectionnements dans la fabrication des étoffes imperméables. — Moyen de reconnaître le fer dans les huiles pour rouge turc.
- Procédés divers : Rouge et orange d’alizarine ; vert ordinaire sur toiles et cotons ; blanchiment des os ; apprêts des soieries et des lainages légers. — Causeries confraternelles surl’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle : — Adjudications. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Nous voudrions bien nous occuper d’autre chose que des faits et gestes des grévistes, mais aujourd’hui, il n’est pas possible de négliger cette question, qui prend une intensité et une gravité exceptionnelles.
- Dans la région d’Armentières, les grèves se sont généralisées parmi les tisseurs, et plus de dix mille ouvriers aujourd’hui ont cessé le travail.
- Quand une si grande masse d’hommes se trouvent inoccupés, désœuvrés, et irrités par les injustices dont ils se croient victimes, se sentant en nombre et en force, les plus folles résolutions sont à redouter.
- Déjà elles se sont manifestées, et au Moment où nous mettons sous presse, °u signale déjà les faits suivants :
- A la fabrique de MM. Rénaux et Cie, ïes vitres ont été brisées. Le tissage Chnrvet a été envahi et M. Charvet a été obligé de prendre la fuite.
- Au tissage Dufour-Lescournerz, les grévistes ont commis des scènes de violence. M. Dufour a été blessé à la %ure.
- Les grévistes sont allés également dans d’autres tissages sommer les ou-Vriers de quitter leur travail, notamment chez M. Chas, maire d’Améliorés, dont la fabrique est située à ^-ouplines ; les grévistes ont enfoncé la grille et poussé des cris de menace.
- Chez MM. Couasne et Lambert, chez M. V. Pouchain, des portes ont (dé enfoncées, des vitres brisées.
- . Los ouvriers veulent une réponse ^médiate à leurs revendications, me-
- naçant de nouvelles violences si on ne leur donne satisfaction.
- Des forces militaires importantes ont été mises à la disposition des intéressés ; espérons que le sang français sera réservé pour un meilleur usage.
- La semaine dernière, un incendie avait détruit complètement le tissage Cary et Délassés, dans lequel le travail n’avait pas cessé. Etait-ce un moyen pour les grévistes d’y mettre un obstacle, nous ne les accusons pas cependant.
- Mais à Thizy, dans le Rhône, une explosion de dynamite a été dirigée contre la maison Merle, l’une des premières fabriques chez laquelle la grève a éclaté. Le fait, ici, ne peut être mis au compte d’un accident.
- A Roanne, l’incendie de l’usine Si-rol et Uuitton est attribué aux grévistes ; la malveillance, tout au moins, n’y paraît pas étrangère.
- Nous apprenons toutefois que les grèves dans cette région viennent de prendre fin et que l’accord est établi entre patrons et ouvriers. Les apprêteurs, les derniers, ont repris leur travail.
- Nous souhaitons que celles du Nord aient bientôt une heureuse terminaison, et que les ouvriers, dans l’intérêt même de leur cause, évitent de nouvelles violences, qui ne prouvent et ne résolvent rien.
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- Roubaix placé au milieu d’un mouvement gréviste n’en souffre pas et paraît même en bénéficier ; les affaires y sont abondantes ; les tissus en laine cardée sont surtout favorisés ; la même tendance se manifestait l’an passé ; après une certaine hésitation, la consommation y revient.
- Le chemin de fer de Roubaix-Wa-trelos à la frontière belge est décidément déclaré d’utilité publique, et la concession de cette ligne est faite à titre éventuel à la compagnie du Nord Voilà qui facilitera encore les affaires de cette place, qui est, du reste, en bonne situation.
- A Fournies, il y aussi beaucoup de commandes en tissus et à des prix rémunérateurs, en nouveautés, comme en articles classiques.
- Reims a des ordres en cachemires et mérinos avec amélioration de prix mais non encore suffisante. Les commandes en nouveautés d’hiver arrivent satisfaisantes. Les flanelles communes sont rares et recherchées ; les qualités moyennes et bonnes donnent lieu aussi à de bonnes affaires.
- Elbeuf, Louviers, Sedan conservent leur bon mouvement, nous dit « Le Jacquard » dans la production des étoffes unies et façonnées de couleurs foncées ; les genres nouveauté subissent un temps d’arrêt, causé par la fin de saison, mais tout fait présager une bonne campagne pour les articles d’hiver.
- En cotonnades, les nouvelles de Rouen sont peu satisfaisantes et elles paraissent exactes malgré le pessimisme habituel de ces communications.
- Elles se résument ainsi :
- « Nous n’avons vu que fort peu d’acheteurs cette semaine, encore est-il que ce sont des maisons de détail dont les achats n’ont eu qu’une médiocre importance. Dans ces conditions, nous terminons un mauvais mois de février, et nous désirons vivement qu’une température plus propice nous amène une compensation bien nécessaire en mars.
- « Nos fabricants de tissus écrus, blancs et de couleurs, de rouennerie, mouchoirs et doublures sont tous mécontents de la vente.
- « L’indienne n’est pas plus heureuse que le reste ; elle souffre du malaise général comme toutes les autres branches de notre industrie. »
- Voici, néanmoins, que la belle saison paraît s’annoncer et les vœux de la fabrique rouennaise vont sans doute se réaliser.
- Roanne, débarrassé de ses grèves, va reprendre aussi, nous l’espérons, un nouvel essor.
- Sa voisine, Lyon, a toujours son bon mouvement; de nouveaux établisse ments s’y fondent sans cesse.
- Quand il y a dix ans, la consommation voulait des articles bon marché, Crefeld, Zurich, Turin firent une concurrence facile à la fabrique lyonnaise, habituée à produire de belles soieries.
- Elle se plia aux goûts d’alors, et fit des petits taffetas, des mélanges coton que tout le monde voulait, mais sans abandonner les beaux tissus de soie pu-
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- re, et de laine et soie, dans lesquels elle a toujours eu une supériorité incontes-
- tée.
- Maintenant la concurrence étrangère ne l’inquiète plus, elle a reconquis sa prépondérance, et la Suisse, notamment, envie ses succès, ainsi qu’il résulte d’une note que nous publions à nos « faits divers ». Ce qui est dit pour la teinturerie, l’était aussi, ou à peu près, dans le même document, à pro- 1 pos des tissus.
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- La soierie est, du reste, bien en fa- j veur, et pénètre jusque dans la lingerie.
- Les chemises en foulard se sont toujours faites ; aujourd’hui elles sont plus en usage que jamais ; les teintes sont, ou des fonds unis en couleurs vives, dans le genre des flanelles que nous avons indiquées dans notre précédent numéro comme employées pour le même usage, ou des impressions en petits bouquets assez simples en une seule couleur, sur fonds clairs, tels que crème, tilleul ou maïs.
- Des flanelles pour robes de chambre de dames sont aussi dans le même genre ; c’est-à-dire bouquets rappelant le : genre Pompadour, sur fonds clairs jaunâtres ;ce sont articles très-élégants.
- On est toujours à la lingerie de batiste ou de mansouk de couleur : bleu, rose, mauve avec garniture de dentelle blanche.
- La soierie empiète encore sur la lingerie, dans la confection des jupons de dessous, qui sont de soie, de moire, grenat, gris-fer, bleu-lapis, océan, noir, avec accompagnement de dentelles, et de ruban comète, en satin de couleur.
- Les bruns et les verts continuent d’être en grande vogue. Dans les bruns on comprend ces tons neutres qui vont du i loutre au beige, puis les gris. Quant aux verts, ceux du s oh conservent cette teinte douce, indécise, qu’on appelle vert-de-gris, réséda. Pour la ville, le veri-mousse est le seul adopté par les élégantes.
- Nous commençons à voir les impressions d’été sur cotonnades; comme toujours, il est dépensé pour ces articles beaucoup de goût et de talent ; nous ferons voir quelques échantillons parmi les genres les plus caractéristiques.
- F. Gouillon
- PS. — Les événements marchent vite et, heureusement, prennent une meilleure tournure.
- Les dernières dépêches nous annon-
- | cent que les patrons à Armentières ont | élaboré un tarif de conciliation qui a été ' accepté par les ouvriers. La grève semble donc terminée et nous ne pou-j vons qu’y applaudir, dans l’intérêt de 1 tous.
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA PROFESSION
- Appréciations de confrères.
- Aux diverses causes que j’ai déjà énumérées j ayant trait à iacrise que subit notre profes-| sion, plusieurs collègues médisent : oui, vous avez certainement mis le doigt sur la plaie, cependant vous avez oublié une chose essentielle: la concurrence du dehors serait la cause de tout le mal.
- Tout d’abord je n’ai rien oublié du tout : je ne puis ni ne veux faire de personnalités : quand on fait du journalisme, surtout en amateur, il faut rester bienveillant et discuter avec la plus grande courtoisie. Quant à moi, s’il m’arrivait un écart ce serait involontaire.
- Concurrence du dehors.
- Ceci posé, voyons à grands traits les conséquences de cette concurrence di dehors qui n’a d’ailleurs surgi que par les causes que j’ai i établies précédemment; en effet un teiotu-; rier à hautes visées avec lequel j’ai eu occasion de converser il y a déjà longtemps partant de ce principe qu’à cette époque il y avait déjà pas mal de teintureries improvisées (d’occasion) faisant faire à confrères, ces derniers étaient eux-mêmes mal installés, trop à l’étroit, mal outilles pour produire bien et rapidement, les boutiques étaient ternes, mal installées et dans des quartiers retirés.
- Des industriels avisés, plus hardis et plus modernes se sont dit: c’est une question de finances pour débuter, car les affaires, il n’y a qu’à se baisser pour en prendre, il rie suffit que de monter des magasins avec éclat et bien situés, et le succès est assuré! Pas besoin n’était d’être un phénix ni de faire d’efforts d’imagination pour une combinaison si logique.
- Ces concurrences envisagées à un autre point de vue ont eu leurs bons côtés, celui de stimuler le réveil des teinturiers de Paris, car il faut bien le reconnaître, voilà une vingtaine d’années et même moins, la plus grande partie des ateliers de la capitale étaient petits, sombres et mal outillés (Paris s’était laissé dépasser par la province) ; ceux au contraire qui s’étaient tenus à la hauteur des progrès et qui avaient des magasins confortables, se sont peu ou point ressentis de la concurrence ; maisons privilégiées, me dira-t-on: allons donc ! privilèges tant qu’on vou-dramaîs qui aune cause quelconque.
- Cependant, pour appliquer le remède, il faut voiries choses, là où elles sont, et non point se berner de mots ; il ressort donc que la concurrence du dehors a eu son bon côté, puis c’est la liberté du commerce, cela: mais je le répète les causes ne sont imputables qu’à vous, Messieurs, qui avez encouragé la concurrence du dedans en travaillant pour confrères ou pour mieux dire pour des étrangers au métier.
- Je ne connais pas de villes en France où il en soit ainsi. Un vieux proverbe dit : ôte-toi de là que je m’y mette ! c’est tout juste fin-verse que l’on a préconisé à Paris, en mettant son commerce dans les mains d’étrangers à la profession.
- L'outillage moderne elle travail qu'il produit.
- Depuis une quinzaine d’années, tout s’est pour ainsi dire transformé, les ateliers d'aujourd’hui sont de véritables petites usines pourvues de vapeur; comme en toutes choses, cette industrie a une tendance à se centraliser, à devenir un monopole de capitalistes; tous se plaignent et tous tirent sur la corde à la rampe; de là est né ie malaise actuel, mais que les petits et les vrais teinturiers se rassurent, les capitalistes qui veulent accaparer ce commerce en seront pour leurs frais, comme quelques-uns le savent déjà par expérience.
- Si avec des capitaux on peut créer ces immenses bazars de nouveautés et de toutes sortes, l’affaire teintures et nettoyages devient beaucoup-plus épineuse.
- Pour monter l’usine et la bien outiller (pourvu qu’on ait de l’argent), cela va en descendant ; i! faut même serrer le frein, mais quand il s’agit de faire fonctionner et faire le travail, c’est la montée qui commence ; elle devient si à pic qu’il faut du renfort.
- L’outillage s’est perfectionné, cela est indiscutable, la chimie aussi a dan3 ces derniers temps, réalisé d’immenses progrès ; tout cela n’a que peu changé l’art du teinturier-dé* graisseur. Autrefois avec deux ou trois chaudières montées à fourneau, quelques bassines, cassins, une batterie de fouloirs, quelques baquets à rincer, un tapis tournant et des tables à repasser, un bon ouvrier produisait mien* que dans les grands ateliers d’aujourd’hui, et cela parce que les bons ouvriers sont de pluS en plus ràres et le travail mécanique de cette partie défectueux : les objets sont déformés, dépréciés à tous égards; le travail fait à la main est bien supérieur.
- Qu’une chaudière à teinture soit à feu ou a double fond chauffant à vapeur, cela ne constitue en réalité qu’un perfectionnement de chaudronnerie ou de mécanique; dans l’un ou 1 autre cas il faut faire la sauce, c’est-à-dire le baio de teinture, et c’est là que commence le rôle du teinturier. S’il est réellement né tel, il 3 son compas dans l’œil ! alors l’échantillonna ge se fait comme par enchantement ; autre ment c’était un homme qui était né pour être
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- menuisier ou charpentier avec le compas dans sa poche !
- Comme toute la question est la, pour les grandes entreprises de teinturerie, ce sont les bons ouvriers qui feront défaut: aujourd’hui un grand nombre ne manœuvrent même pas convenablement -, les machines laveuses y aidant de leur côté et finalement le travail n’est ni fait ni à faire.
- A ce propos, quand on fait des observations aux ouvriers ils n’ont de réponses que pour yous dire que dans les grands ateliers on en demande trop ; qu’ils sont obligés d’escamoter cela ou autre chose, etc.
- Soignons l'ouvrage etfaisons-le payer.
- Il résulte de ces considérations que cette partie serait susceptible d’un plus grand développement si c’était mieux fait ; la question des prix serait très-secondaire, le client préférera toujours payer un peu plus, et recevoir un objet dont il peut tirer parti, plutôt que des chiffons dépréciés, importables.
- Les mauvais font tort aux boas ; le grand public est bon enfant, il ne sait pas toujours faire ce raisonnement, que s’il y a fagot et fagot il y a aussi teintures et teintures. Le plus souvent le client dit : j’avais pourtant donné mon vêtement dtns une grande maison, malgré cela le reteint ne vaut rien ; je. n’en ferai jamais refaire, tandis que quand c’est bien rendu, on y revient souvent.
- Que cette partie est ma! comprise I On se donne grand peine à monter maisons sur maisons, à chiner à outrance, tandis qu'il n’y aurait en réalité qu’à s’occuper de perfectionner et livrer du soigné, en prenant des prix suffisants. Tous seraient satisfaits et gagneraient largement sa vie, tout le monde ferait travailler, alors que maintenant le plus grand nombre ne font rien faire et n’ont pas tort.
- Le bon marché amène la camelolte, et toute industrie qui, au lieu de progresser, barbolte, en arrive à un degré voisin de sa perte.
- Notre industrie ne se fera jamais bien sur une grande échelle, et surtout mécaniquement. En y réfléchissant on conçoit qu’avec Ie luxe de nos jours, il faut traiter des vêtements confectionnés avec soin et beaucoup de goût.
- Les ouvriers d'aujourd'hui.
- Les bons ouvriers deviennent rares, cela s’explique ; autre fois on faisait la profession de père en fils, par vocation, et ce qui valait encore mieux, on gagnait de l’argent, ce qui disait taire ses préférences de traîner le boulet dans une paire ce gros sabots pendant une vingtaine d’années puis d’aspirer au repos et Se sécher un peu sur les chenets en racontant foutes sortes de belles couleurs aux jeunes, fendis qu’aujourd’hui le métier est dépré-i le père soucieux de l’avenir des siens
- se garde bien de laisser suivre sa carrière -, et plus ça ira plus il y aura de défections.
- Ceux qui prennent la partie aujourd’hui, ne le font pas avec le même zèle, la question qui milite est qu’à force de bûcher, les journées et semaines s’écoulent plus rapidement, pour passer à la caisse.
- Dans une prochaine, je me propose d'établir avec des chiffres en mains, que le salut de la partie réside dans l’ouvrage bien fait, bien payé et non dans le chinage.
- Sur les noirs de Naphtol.
- Plusieurs collègues de province me demandent mon appréciation sur les noirs d’aniline naphtol. Je me réserve d’en faire un article, en attendant je conseille toujours les noirs au fer, cuivre et tartre ou au chromate tout au moins, ceux qui désirent essayer les noirs d’aniline ne doivent le faire que sur des étoffes légères, comme paletots, c’< st tout juste si un honnête gendre s’en servirait à porter le deuil de sa belle-mère.
- V Barbé, teinturier à Paris.
- LES PROGRÈS
- DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- Pendant le premier semestre 1888 Par le Dr À. Julius (Extrait du Chemische Industrie)
- Prune et bleus nouveaux.
- Sous le nom de Prune, la maison Kern et Sandor, de Bâle, met en vente un pigment qui teint le coton, mordancé en émétique et tannin, en belles nuances bleues violettes. Cette couleur est le produit de l’action de l’éther mé-thylegalique sur la nitrosodiméthylaniline.
- Un autre représentant de cette même classe de composés colorants, le bleu de Meldola, semble aussi avoir acquis une certaine valeur industrielle sous les noms debleudenapthylè-ne, de bleu nouveau.
- La maison Durand et Huguenin fabrique, sous le nom de bleu de Bâle, une couleur de constitution encore inconnue, mais qui appartient sans doute, d’après son mode de formation, à la classe des azines. Eiie s’obtient en faisant réagir la nitrosodiméthylaniline sur la ditolylenaphiylènediamine et peut donc être envisagée comme un dérivé de la naphtophé-nazine. Pour teindre la laine avec ie bleu de Bâle, on la travaille dans un bain avec 1 1/2 pour 100 de matière colorante et 2 pour 100 de borax. Pour le coton, on mordancé au préalable avec 2 pour 100 de tannin et 2 pour 100 d’émétique.
- Quelques données statistiques.
- D’après les statistiques officielles, l’empire d’Allemagne a importé et exporté en couleurs dérivées du goudron:
- Importation. Exportation.
- En 1886.. 65.444 kil. 5.700.000 kil.
- 80 pour 100 des couleurs employées en Allemagne sont de fabrication indigène.
- En Suisse, le mouvement a été, en 188? :
- Importation. Exportation.
- Poidsen quintaux
- métriques......... 2.012 6.925.586
- Valeur en francs.. 1.609.600 6.925.586
- Couleurs naturelles.
- Aucune conquête à signaler dans ce domaine. E. Schunck a étudié la couleur jaune des feuilles du ruta graveolens. Contrairement à ce qu’admet Illasiweiz, le pigment n’est pas identique à la quercitrine ; au heu de se scinder, sous l’action des acides, en 1 molécule de quercitrine et 2 molécules d’isodulcite, comme le fait le pigment du quercitron, elle fournit 3 molécules d’isodulcite pour 1 de quercitrine.
- Le marché des indigos n’a rien offert de particulier; cependant, s’il faut en croire les nouvelles commerciales de Liverpool, il pourrait bien sous peu s’y produire d’importantes modifications. Une compagnie se serait créée pour exploiter les indigos de l’Afrique occidentale, où les indigofera sauvages poussent en abondance. L’indigo sauvage serait, dit-on, plus riche en matière colorante que les variétés cultivées ; le rendement serait donc supérieur et les frais de production moindres, surtout en raison du bon marché delà main-d’œuvre en Afrique. Si ces nouvelles se confirment, on peut s’attendre, on le voit, à de grands changements dans le marché aux indigos.
- La quantité d’indigo produite annuellement dans l’Etat de San-Salvador oscille entre 9,000 et 15,000 balles de 150 livres chacune. Les principaux marchés se tiennent du 30 août au 25 novembre dans les places suivantes : Santa-Rosa, Chalatenago, Sesuntepeque et San-Miguel. Le droit d’exportation à San-Salvador est d’environ 14 shellings par balle. .
- La Faerberei-Neusterzeitung publie un tableau des récoltes annuelles de 1874-1875 à 1887-88, exprimées en mandats,delà province du Bengale. En regard sont portés les prix moyens du marché au 31 décembre.
- On voit d’après ces indications que, dans ces dernières années, le prix a été constamment en baissant, quoique le chiffre des récoltes soit demeuré à pau près stationnaire et même ait diminué. L’emploi de plus en plus étendu de pigments bleus artificiels en remplacement d’indigo explique cette dépression.
- Essai et analyse des couleurs. Extraits de bois.
- D’après un travail de Brühl, paru dans la Chemiker Zeitung, plus de la moitié des ex-
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- raits de campêche du commerce sont falsifiés. L’addition de charges sans valeur atteint quelquefois 40 et 50 pour 100. Les produits étrangers que l’on rencontre le plus communément dans l’extrait de campêche sont la mélasse, 3a dextrine, le sel de Glauber, h craie ; plus rarement, certains extraits tanniques, comme l’extrait de châtaignes, par exemple.
- Le dosage des cendres dans l’extrait, recommandé par plusieurs auteurs, ne peut fournir d’indication exacte sur la nature et le quantum de la falsification. Les cendres dans les extraits purs varient dans des limites étendues avec la teneur en cendres solubles du bois dont ils proviennent, avec la teneur en cendres des parties solubles (laquelle peut aller de 0.5 pour 100 à 1.7 pour 100)-, finalement, elle est influencée par le procédé d’extraction . On peut toutefois fixer une limite supérieure de 3 pour 100. Un extrait donnant plus de cendres est certainement falsifié ; un extrait donnant moins de cendres n’est pas nécessairement pur.
- L’auteur a même observé un produit, fortement falsifié par l’extrait de Guebracho, qui a donné à l’analyse des cendres normales. (Le mémoire donne le moyen de reconnaître la falsification par la dextrine, la mélasse et l’extrait de châtaignes. Il donne aussi des indications précises sur la manière de faire l’essai de teinture sur cotons mordancés par impression ou par teiuture.)
- Dan ± Y extrait de bois jaune, outre la mélasse et la dextrine. l’auteur a trouvé encore de la glycérine, du sulfate de zinc, de l’alun, duquercitron, de l’extrait de curcuma, des couleurs d’aniline, etc.
- Des cendres alumineuses indiquent la falsification par l’alun.
- (4 continuer).
- PERFECTIONNEMENTS
- dans la fabrication des étoffes imperméables
- Jusqu’ici deux procédés parfaitement distincts ont été généralement employés pour imperméabiliser les tissus. Le premier procédé imprégnait l’étoffe avec un agent d’imperméabilisation soluble dans l’eau, tel que le sucre de plomb, l’alun, le savon, employés seuls ou en combinaison l’un avec l’autre. Le second procédé recouvrait les étoffes avec un agent imperméable insoluble dans l’eau, comme le caoutchouc, la paraffine ou d’autres substances analogues appliquées à l’aide d’un dissolvant convenable.
- L’inventeur du nouveau procédé a pensé perfectionner ces deux manières de faire et livrer des étoffes plus longtemps et mieux imperméabilisées, en combinant les deux procédés, c’est-à-dire en recouvrant de caoutchouc un tissu imprégné de savon d’alun. Voici comment il s’y prend; les quantités indiquées
- sont suffisantes, dit l’inventeur, pour imperméabiliser une pièce d’étoffe du poids de 15 kilos environ.
- On fait dissoudre 1 kilo de savon blanc dur, dans 30 litres d’eau, à ’a température de AO8 centig. dans une chaudière munie, en dessous de la surface du liquide, d’un rouleau et pourvue également d’une calandre, formée de deux cylindres, et destinée à exprimer de l’étoffe le liquide superflu. Le tissu est enroulé sur le rouleau, puis déroulé, passant ainsi deux fois à travers la solution et s’assimilant le savon qu’elle contient finalement; on le calandre puis on le fait passer de la même manière dans une chaudière semblable à la première et contenant une solution de 1 kilo d’alun dans 20 litres d’eau. L’alun forme immédiatement dans les fibres de l’étoffe un savon d’alun insoluble. Après avoir calandré de nouveau, on sèche l’étoffe dans une chambre chauffée à la vapeur, puis on la fait de nouveau passer dans une chaudière contenant de l’eau à 100°, pour enlever l’alun en excès et on sèche enfin à fond pour compléter la première phase du traitement.
- Dans la seconde période, on traite l’étoffe avec une solution de 125 grammes de caoutchouc et 125 gr. de paraffine dans 5 litres de benzoline (éther de pétrole).Cette solution est appliquée au moyen d’un pulvérisateur (pro cédé pour lequel l’inventeur a pris un brevet d’invention), devant lequel on passe l’étoffe, qui reçoit ainsi en pluie la solution ^ celle-ci s'étend et s’évapore à mesure, laiasant sur le tissu une couche imperméable très unie et terminant ainsi la fabrication.
- (.Science pratique.)
- MOYENS DE RECONNAITRE
- dans un cylindre gradué, j’agite une quantité connue d’huile (100 centimètres cubes), avec de l’eau aiguisée d’acide sulfurique (100 centimètres cubes d’eau, 100 centimètres cubes d’acide sulfurique), à laquelle j’ajoute quelques gouttes d’une solution de ferrocya-nure. J’introduis maintenant dans l’éprouvette de l’éther (25-50 centimètres cubes) et j’agite à nouveau.
- La dissolution d’huile dans l’éther se sépare rapidement de la couche aqueuse acidulée ; près de la zone de contact, s’amasse une couche, plus ou moins épaisse, suivant la quantité de fer en présence, de bleu de Berlin.
- Si l’on prend, pour des essais comparatifs, les mêmes quantités d'huile tournante, d’eau acidulée et de cyanure jaune, on peut d’après l’épaisseur du précipité de bleu de Prusse, conclure à la quantité relative de fer contenue dans l’huile essayée.
- (Zeits. fur ang. Chem.)
- PROCÉDÉS DIVERS
- Rouge b’alizarine.
- Puisque nous avons entrepris l’histoire des couleurs d’anthracène, il n’est pas inutile de revoir le point de départ de cette classe importante de matières colorantes.
- Le rouge d’alizarine esi la plus ancienne du groupe dont les applications à l’impression des cotons sont connues ; nous rappelons la formule générale pour couleur d’application.
- Amidon........................ A kil.
- Eau.......................... 13 lit.
- Alizarine (pâte à 20 0/0)... 5 kil.
- Acide acétique à 7°......... 2 lit.
- le fer tlaus les huiles pour rouge turc.
- Par Dr B. Ep.nde.
- On sait quel rôle néfaste joue le fer dans la fabrication du rouge turc ; il suffit de petites quantités d’oxyde de ce métal pour ternir et abattre le feu de la laque aluminique. Aussi ne saurait-on prendre trop de précautions pour éviter la présence du fer dans tous les réactifs et les bains qui concourent à la préparation de ce rouge. Et à ce titre, il est utile de posséder des réactions simples pour reconnaître le fer et en apprécier la quantité dans les diverses matières premières que l’on met en usage.
- L’huile tournante, communément employée à la préparation des tissus qui doivent recevoir la teinture en rouge turc, contient de 14 à 20 pour 100 d’acides gras libres ; il s’ensuit qu’elle est le plus souvent ferrugineuse, parce qu’elle a été préparée, expédiée ou conservée dans des vases de fer.
- Pour reconnaître la présence du fer, je me sers du procédé suivant, simple et rapide :
- Cuire, ajouter à froid :
- Acétate d’alumine à 12e*. 1 k. 200
- Nitrate d’alumine...... 0 k. 500
- Imprimer, vaporiser longuement, laver et savonner.
- Mais le rouge dont nous nous occupons en ce moment est plutôt destiné à la teinture des laines ; c’est la marque WR donnant le grenaô rougeâtre de la teinte ci-dessous :
- tandis qu’une paarque WB produit une nuance plus bleue.
- Ces produite sont en pâte.
- Pour leur application, ou mordance les laines au bi-chrùrmte, suivant le procédé décrit dans notre numéio du 10 février (p. 21), q^e nous rappelons sommairement :
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- Pour 10 kilogr. de laine :
- Bi-chromate de potasse.... 300 gr.
- Cristaux de tartre......... 300 gr.
- Mordancer à 90 — 95°, 1 heure 1/2 à 2 heures ; rincer, pauser jusqu’au lendemain.
- Ce mordançage opéré, on teint avec :
- Rouge WR, en pâte.... 1 kil 500
- La pâte doit toujours être délayée à l’avance dans 10 à 15 litres d’eau, et 2 litres acide acétique.
- Entrer à chaud, pousser peu à peu au bouillon qu’on maintient jusqu’à teinte voulue : ordinairement deux heures.
- Lever et rincer.
- Orange d’Alizarine
- Cette couleur est une modification du rouge précédent, donnant des marrons plus jaunes, encore bien corsés, et qui, dans les demi-teintes fournit un orangé comme ci-dessus.
- Le produit se désigne : Orange d’alizarine W; il teint sur mcrdant de chrôme ou d’alumine.
- Sur chrôme il donne un marron plein à reflet jaune, rappelant le marron-Bismark, en teintes corsées. Le procédé est celui qui vient d’être décrit pour le rouge.
- L’orangé s’obtient avec l’alumine, en opérant comme suit :
- Pour 10 kil de laine :
- Bouillon de 2 heures avec :
- Cristaux de tartre....... 300 gr.
- Alun..................... 600 gr.
- Lever et rincer ; il est bon de pauser 6 à 12 heures et plus si l’on veut. Par le refroidissement, le mordant se fixe mieux.
- Teindre au bouillon avec :
- Orange W, en pâte........... 2 kil.
- ( Relayé comme ci-dessus avec de l’eau et de 1 acide acétique.
- La teinture doit s’opérer dans l’espace de lh-1/2 à 2 h. 1/2.
- Au besoin, on renforce le bain avec le colorant, après l’avoir refroidi en partie par addi-llond’eau, et l’on revient peu à peu au bouillon.
- Lorsque cette teinte doit passer au foulon, h faut employer une lessive peu concentrée.
- Vert ordinaire Sur toiles et cotons.
- Pour 6 pièces (120 kil. environ) : fLî fait dissoudre :
- Alun................. 25 kilogr.
- On ajoute d’abord :
- Cristaux de soude.... 2 —
- Et ensuite :
- Pyrolignite de plomb. 18 —
- — de fer.... 2 litres.
- Ces diverses dissolutions mélangées constituent le mordant ; il est trouble et laisse déposer un précipité blanc : on peut décanter le mordant et ne se servir que du clair, cela permet de recueillir ce précipité qui est du sulfate de plomb, lequel peut servir ensuite à monter la cuve au plombate pour faire les jaunes de chrôme ; mais si on ne tient pas à recueillir ce produit, il n’y a pas d’inconvénient à travailler sur le mordant trouble.
- On trempe les pièces une nuit dans ce mordant, on les exprime entre deux rouleaux, et on teint sur le bain suivant :
- Quercitron................... 25 kil.
- Campêche...................... 8 —
- Verdet cristallisé............ 1 —
- Blanc de Meudon ou de
- Troyes (craie)........... 2 —
- Le vert monte bientôt et doit être d’un beau tranché, quoique légèrement rabattu par le fer du mordant.
- Pour une seconde passe, on emploie moitié des doses indiquées, en ajoutant les produits dans l’ordre indiqué : 1* alun ; 2” soude ; 3° pyrolignite8.
- Il y aurait avantage de sécher après le passage au mordant, mais, comme la dessication est une opération industrielle onéreuse, on peut à la rigueur s’en dispenser.
- MÊME NUANCE
- Au foulard.
- Les verts ordinaires sur toiles sont des nuances d’une grande consommation, et, comme ils s’appliquent souvent à des articles très communs, on ne cherche pas à obtenir des teintures solides ; on s’attache surtout à la rapidité de l’exécution; on plaque alors les pièces à l’aide du foulard, et la couleur fixée, tant bien que mal, est ensuite emprisonnée dans un apprêt.
- Voici, pour ce travail, une composition d’un assez bon usage :
- Quercitron................. fO kil.
- Campêche.................... 3 —
- Cachou...................... I —
- Faire bouillir dans 60 litres d’eau ; d’autre
- part, faire le mordant déjà indiqué dans les proportions suivantes :
- Eau................. 10 litres.
- 1° Alun.................... 1 k. 500 gr.
- 2° Cristaux de soude....... 500 —
- 3° Pyrolignite de plomb.. 1 k. 250 —
- Mélanger le tout ; ajouter encore une dissolution faite avec :
- Eau.......................... 5 litres.
- Acétate de cuivre (verdet) 250 gram. Bichromate de potasse ... 125 —
- Acide chlorhydrique...... 60 —
- Le mélange ainsi préparé doit former un volume de 75 à 80 litres ; on y foularde les pièces, puis on les fait sécher complètement, et même on les chauffe fortement.
- On rince alors dans une légère eau de chaux chaude, et on apprête.
- Ce procédé donne une teinture qui tient encore assez bien à l’étoffe, mais qui est souvent irrégulière ; on évite, en partie, cet inconvénient en épaississant le liquide avec 1 kilogramme d’amidon cuit en empois.
- BLANCHIMENT DES OS
- Un journal étranger donne les procédés ci-dessous dont nous sommes loin de garantir les résultats, mais qui, s’il réussit, pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres matières animales et peut être végétales.
- Notre confrère dit :
- « Un nouveau procédé pour blanchir les os et les rendre semblables à l’ivoire, vient d’être découvert. Ce procédé, des plus simples et des plus efficaces est le suivant :
- « Après avoir fait digérer les os avec de l’éther ou de la benzine pour enlever la graisse, on les sèche à fond et les plonge dans une solution aqueuse d’acide phosphorique, contenant un pour cent seulement d’acide anhydre.
- « Au bout de quelques heures, on sort les os et on les lave, puis on les sèche; ils sont alors parfaitement blancs et propres. .»
- APPRÊT DES SOIERIES
- et des lainages légers.
- On recherche pour ces articles, un enduit donnant un certain soutien aux tissus, mais sans raideur.
- La graine de lin macérée dans l’eau, produit un très bon apprêt, mais il est coûteux, à moins de revendre les graines lavées aux fabricants d’nuile, que l’on n’a pas toujours sous la main.
- Mais on trouve dans le commerce du son de graine de lin, provenant des tamisages de farine, et que l’on obtient à moitié prix des graines elles-mêmes.
- Ce produit convient parfaitement pour les apprêts, car il a conservé tout le principe mu-cilagineux utilisable : celui de l’extérieur de la graine.
- Les apprêts à la graine de lin remplacent ceux à la gomme du Sénégal, et sont moins secs.
- Un autre produit donne aussi des apprêts pour mêmes articles, un peu moins corsés toutefois, c’est le Fucus, ou algue marine, qui par l'ébullition fournit un liquide épais muci-lagineux.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Cet apprêt peut s’employer seul, mais mélangé à la graine de lin, donne de meilleurs résultats encore, que chacun pris isolément.
- La graine de lin se macère à froid.
- Le fucus se traite à l’ébullition.
- Us s’emploient froids, au foulard, ou à plein bain.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- LES DROGUES ET LES COULEURS (Suite).
- Gommes et mucilages.
- Les gommes sont les apprêts des soieries.
- La gomme du Sénégal se dissout facilement et entièrement et laisse un enduit brillant, mais elle est en général très-chère. Il en est d’entièrement blanches dites « gomme turique et solabrida » qui servent pour l’apprêt des dentelles blanches.
- Les gommes arabiques d’Aden, d’Amrad, d’Australie, sont à meilleurs prix, mais forment des mucilages plutôt que des dissolutions, et elles ont une odeur résineuse, qui les rend impropres à la confiserie; cela n’est cependant pas un obstacle pour les apprêts.
- La gomme de cerisier est très colorée et contient beaucoup de débris de bois, cependant elle est économique, elle se dissout bien, et elle est principalement employée par la chapellerie.
- Les gommes adragantes sont d’un prix élevé, donnant un mucilage épais, sans se dissoudre, et des apprêts durs et secs mais non-
- cassants.
- Parmi les gommes considérées comme apprêts, je classerai les mucilages végétaux, savoir :
- La mousse perlée, ou fucus ; c’est une algue marine très grasse qui par l’ébullition fournit un mucilage assez épais donnant un excellent apprêt pour soieries, ayant de la souplesse et delà main à la fois et incolore; de plus la matière n’est pas très chère. Un apprêteur de Paris en faisait le secret de son travail très-estimé.
- La colle du Japon, autre algue marine, possédant les mêmes qualités, mais beaucoup plus chère.
- La racine de Guimauve, qui en décoctions concentrées peut faire un apprêt léger, ayant peu de corps.
- La graine de lin, qui macérée dans l’eau froide lui cède le mucilage qui l’enveloppe extérieurement, mais ce moyen n’est économique que si l’on peut revendre la graine lavée aux fabricants d’huile.
- Je classerai encore dans le même série, les dextrines jaunes et blanches, la gommeline,le leïogomme, l’amidon grillé, qui sont tous des amidons et fécules transformés chimiquement
- en produits solubles, et qui se comportent à peu près comme les gommes arabiques dans les apprêts, mais en donnant moins de brillant.
- Indigo.
- L’indigo qui joue un si grand rôle dans la teinture manufacturière n’en a plus qu’un bien restreint dans les travaux du teinturier-dégraisseur.
- C’est une matière bleue en petits cubes de 7 à 8 centimètres de côté, ou en carreaux aplatis, à cassure mate et se cuivrant sous l’ongle; en y appliquant la langue, celle-ci s’y trouve comme adhérente, on dit alors que l’indigo happe à la langue.
- Les provenances et les qualités de chaque provenance sont très nombreuses, voici les plus employées.
- Bengale : c’est l’indigo le plus riche et celui présentant le plus de variétés de tons depuis le rougeâtre jusqu’au bleu surfin ; c’est celui que nous emploierions de préférence si nous nous en servions.
- Le Java moins riche en colorant, donne des nuances plus pures et plus fines ; il est le plus avantageux pour la préparation du carmin.
- Le Madras est une des sortes ordinaires mais encore bonnes du commerce qui peuvent servir pour la teinture en cuve des laines communes.
- Les teintes solides d’indigo se font au moyen de cuves d’un travail assez compliqué, dont ou ne fait pas usage en chiffonnage; l’atelier des cuves s’appelle « guêdre » et l’ouvrier qui conduit le travail, « guédron » (comme moi), et j’ai aussi été guédron.
- Quoique connaissant ce travail je n’ai pas à m’y arrêter, et je perds une belle occasion de montrer mon savoir.
- Sulfate et carmin d'indigo
- C’est exclusivement à l’état de carmin que nous employons l’indigo -, à peine si l’on se sert encore du sulfate, qu’on nomme aussi « Liqueur d’indigo »ou « distillée ».
- Indigo en poudre fine............. l kil.
- Acide sulfurique fumant (de Saxe). 1 — — — ordinaire.............. 2 —
- Laisser 48 heures en contact, puis chauffer au bain-marie jusqu’à ce qu’une goutte versée dans l’eau s’y dissolve sans laisser de poudre en suspension. Après refroidissement, étendre d’eau pour amener la dissolution à 20 degrés au pèse-sels.
- Cette liqueur étant toujours fortement acide, on préfère le carmin qui n’a pas cet inconvénient, et qui donne une matière colorante plus purifiée.
- Pour préparer le carmin d’indigo, on prend le sulfate ci-dessus, non encore additionné d’eau, on l’étend de 25 à 30 litres d’eau, puis on fait dissoudre dans le mélange 5 à 6 kil. de
- sel de cuisine, ce qui détermine la séparation d’une pâte bleue qui est le carmin d’indigo.
- On passe le mélange sur une toile tendue, qui retient le carmin et laisse passer l’eau salée et acide décolorée.
- Ce carmin d’indigo donne directement et sans mordant des bleus-ciel sur tous tissus, et entre par mélange dans un grand nombre de teintes-mode II sert aussi à l’azurage du linge.
- Le commerce honnête le fournit à un état convenable, et c’est un bien grand embarras de le préparer soi-même. Il y a plusieurs qualités et concentrations ; il faut le prendre d’une pâte assez consistante pour n’être pas coulante.
- Orseille.
- Encore une belle matière colorante bien détrônée aujourd’hui, et avec laquelle on obtenait des rouges pourpres et des violets magnifiques.
- C’est une pâte ou plutôt une compote végétale provenant de certains lichens qu’on oxyde en présence d’alcalis : mais on en prépare des extraits ou des pâtes plus fines, nommées: « Extrait, liqueur d’orseille, cudbéar, persico, pourpre française, orcéine, etc,, » et toutes ces préparations donnent des teintes plus pu* res que l’orseille elle même.
- N’étant plus employée que dans des mélanges, nous ne nous servirons que de cette dernière, qu’on appelle quelquefois: orseille d’herbe, ou orseille de Lyon.
- Panama.
- L’écorce de Panama ou bois de quillaye contient les principes de la plante : saponaire; l’une et l’autre, par l’ébullition, donne une sorte de lessive douce dans laquelle on peut dégraisser des lainages délicats sans les durcir ni les feutrer, et sans altérer leurs nuances.
- Ce bois très-employé, le serait encore beaucoup plus si l’on n’avait pas inventé les nettoyages à sec.
- La poussière se dégageant du panama fait éternuer, mais cela est sans danger-, c’est même un bien quelquefois.
- Pyrolignite de fer.
- Mordant de fer qu’on obtient en mettant en contact des débris de ferraille avec de l’acide acétique brut qu’on nomme aussi : acide pir' roligneux.
- C’est un liquide d’un noir verdâtre devant marquer environ 12 degrés au pèse-sels, a odeur de goudron et de suie; il constitue un excellent mordant de fer, qui se fixe presque seul, mais qui malheureusement laisse aux étoffes son odeur désagréable, très longue a disparaître.
- On n’en fait pas moins la tonne au non dans beaucoup a’ateliers.
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- Rocou.
- Se présente en pâte grossière et molle, qui fournit facilement des teintes mandarine et saumon très fraiches sur tous textiles, mais plus employé pour la soie et pour le coton.
- Sur soie, un pied de rocou remonté par du carmin desafranum était le procédé de teinture des rubans de la légion d’honneur ; j’en ai fait plus que j’en ai porté.
- Aujourd’hui le rocou sert à colorer le beurre, le safranum est délaissé, sauf peut-être par quelques fleuristes.
- Rouille.
- Le rouille (on dit le et non la) est un autre mordant de fer n’ayant pas rôdeur persistante du pyrolignite, et pouvant s’obtenir très concentré.
- Pour les chimistes, c’est un p rsulfate de fer, qu’on peut préparer ainsi :
- Sulfate de fer ordinaire....... 25 kil.
- Eau............................ 25 litres.
- Chauffer h 80 degrés et ajouter par petites parties:
- Acide nitrique à 36°........... 4 à 5 kil.
- Chaque fois qu’on verse de l’acide il se produit une effervescence, on at tend qu’elle soit calmée pour ajouter une nouvelle portion, et on continue ainsi jusqu’au bout. On n’ajoute plus d’acide, même sans avoir employé les 5 kil. lorsqu’il ne se produit plus d’effervescence.
- Les vapeurs rouges qui se dégagent pendant cette préparation sont très malsaines.
- Le mélange final est le rouille.
- Celui du commerce est à plusieurs concentrations, il vaut mieux le prendre à 45 degrés du pèse-sels- c’est un liquide brun, épais et très-lourd, exigeant pour le transport des tonneaux ou vases solides.
- Savon.
- Les teinturiers-dégraisseurs emploient presse tous le savon blanc de Marseille, soit pour Marquer les taches avant foulage, soit pour former les bains, et la plupart tiennent à la Marque oc Payen ».
- Ce savon blanc de Marseille, garanti pur Par le fabricant et qui est fait avec des huiles d'olives, sans charge, ni résine, ni silicate, est assurément de très-bonne qualité, et etn-Pfoyé frais convient parfaitement à marquer, ^ais il n’est pas qu’un fabricant qui le fasse kfon et plus d’un cachet vaut le Payen.
- Pour les bains, le savon marbré bleu de Marseille est plus avantageux, aussi bon et ^oins cher.
- On emploie aussi des savons mous verts, Çoi sont des savons de potasse, ils font des ^ainsbien détergeants (dégraissants), mais ils P°rtent au feutrage.
- Sels d'étain.
- P® sel d’étain proprement dit est le protochlorure d’étain, c’est le mordant des teintes
- rouges -, il est blanc et cristallisé en courtes aiguilles, toujours un peu humide -, il donne dans l’eau des dissolutions troubles et laiteuses.
- Il existe un autre sel d’étain qu’on désigne « oxymuriate » et qui est une préparation d’étain plus oxydée que le proto-chlorure; il ne cristallise pas mais est en misses solides blanches. C’est aussi un mordant rouge.
- Lorsqu’on fait de la « Liqueur ou composition d’étain » pour rouges de cochenille, on fait dissoudre le métal dans un mélange d’acides nitrique et chlorhydrique, mais il est démontré que le résultat est une dissolution de proto-chlo,,ure et d’oxychlorure d’étain,
- Nous ferons donc nos compositions et avee plus de facilité, en employant simplement un mélange des deux sels d’étain du commerce, ce qui nous permettra encore d’éviter les excès d’acid js.
- Sulfate d'alumine.
- On l’appelle aussi sulfate d’alumine simple pour le distinguer de l’alun.
- Comme celui-ci, c’est un mordant d’alumine, employé quelquefois, mais sans beaucoup d’avantages sur l’alun, auquel nous nous tiendrons.
- Sulfate de soude.
- Dans la fabricationdu carmin d’indigo, nous avons vu que du sel marin ajouté à la dissolution de bleu, faisait séparer toute la matière colorante de son liquide dissolvant ; c’est que l’eau ne pouvant tout dissoudre, ayant une limite de pouvoir dissolvant, lâche pour ainsi dire le carmin, pour s’unir de préférence au sel.
- Le sulfate de soude dans les dissolutions d’anilines et d’autres couleurs, produit un effet du même genre -, ce n’est pas en réalité un mordant, mais il repousse, pour ainsi dire, la couleur du bain, qui alors se jette plus facilement sur les étoffes-, il aide donc à tirer, et est très-utile sous ce rapport.
- C’est un sel presque sans valeur, cristallisé le plus souvent en fines aiguilles, quelquefois en prismes de plusieurs centimètres de longueur.
- Le bi-sulfate de soude est le même sel auquel on a réincorporé de l’acide sulfurique ; on obtient le même résultat en employant dans les bains, du sulfate de soude ordinaire, et le quart de son poids d’acide sulfurique.
- Soufre.
- N’a d’utilité pour nous que pour soufrer les laines et les soies blanches-, c’est une opération que je décrirai en son lieu. Quant au soufre il est assez connu.
- Sumac.
- Le sumac provient d’arbrisseaux dont les feuilles et les branches sont broyées à la meu-
- le, aussi nous arrive-t-il sous forme d’une sorte de sciure.
- Il contient les mêmes éléments tanniques que les noix de galles; il sert donc à engaller chaque fois qu’il est nécessaire d’avoir recours à cette opération.
- Le sumac a pris une certaine importance par son emploi comme mordant pour couleurs d’aniline sur coton; après l’engaliageau sumac, on passe au bain d’émétique, j’en parlerai en son lieu.
- Plusieurs pays produisent du sumac, je mentionnerai seulement:
- Celui de Sicile, l’un des plus riches en matières tanniques, mais qui est surtout employé par les mégissiers.
- Les sumacs du midi de la France, dits « Pedon ou Rodoul »-, ce sont ceux le plus en usage dans la teinture, ils sont d’une autre espèce végétale que les Sicile, moins riches en acides gallo-tanniques, mais aussi moins chers. Ce!ui de Donzère est une sorte française aussi valant à peu près les Sicile.
- Tannin
- Le tannin est pour ainsi dire un extrait de sumac, il remplace celui-ci avec avantage dans le mordançage sur coton pour couleurs d’aniline, et sans donner le fond jaune que produit le sumac en nature.
- Il se dissout a froid dans l’eau et évite ainsi l’ébouillantage, mais il est certain qu’il est toujours un peu plus laiteux que le sumac, mais les quantités qu’on consomme de l’un ou de l’autre sont, relativement, peu considérables, et la simplification de main-d’œuvre compense en partie la différence.
- La colle de Cologne est aussi employée comme mordant pour couleurs d’aniline, elle doit être fixée dans le bain de tannin.
- On emploie aussi le tannin industriel (à l’alcool), qu’il ne faut pas confondre avec le produit pharmaceutique (à l’éther); pour remplacer 1 kil. de sumac Redon, il faut 100 grammes de tannin à l’alcool.
- Maintenant, nous allons passer aux couleurs d’aniline, elles ont pris assez d’importance dans nos travaux pour que je leur consacre un artirle spécial, mais toutefois sans m’occuper de leur fabrication, qui n’est pas notre affaire.
- Maurice Guédron.
- —«---------------------—
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- DIRECTION GÉNÉRALE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES.
- Le 14 mars 1889, à 11 heures du matin, il sera procédé, rue de Grenelle, n° 103, à Paris, à l’adjudication publique, sur soumissions cachetées, de la fourniture, pendant six années, â partir du 1er avril 1889 :
- Des chiffons et déchets de coton nécessaires ce
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- divers services de l'administration des postes et des télégraphes à Paris (/ lot).
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, rue de Grenelle, 103, â Paris.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest. — Le 14 mars.
- Feutre animal. — (9,730 k ) en feuilles, bandes ou en panneaux. — Dép., 375. — Caut., 750. — 4,060 k.
- Fit à voiles. — Dép., 385. — Caut., 770.
- Toulon. — Le 13 mars.
- Toile de cretonne en coton, de couleur cachou. — Caut. prov., 450.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Paius. — Le 13 février. — Confection de 200 grands prélards de 8 m. sur 10 m. et préparation de la toile destinée à. cette confection.
- Deux lots de 145 prélards chacun et préparation de 33,814 m. de toile.
- Guilloux : préparation de toile, 0.08 le m. q.; confection de prélards, 0.27 lem. q.
- E. Cauvin, 55, rue de Lyon, adjud. à0.09 et 0.23 le m. q.
- DIRECTION D’ARTILLERIE DE VINCENNES
- Le 23 Février a eu lieu l’adjudication de : 44,000 étuis porte-avoine.
- Adjudicataires : MM.
- 1er lot. — Alp. Hklbronneh, 7, place Lé-vis, 1.49.
- 2e lot. — E. Gouilloux, rue Montmartre, 431, 1.46.
- 3e lot. — E. Guilloux, 1.4G.
- 4e lot. — Alp. Helbronner, 1.49.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Paris. — Le 18 février.
- 500 m. debrocatelle de soie cramoisie.
- Alp. Helbronner et Cie, place Levis, 7, adjud. à 7.38 le m.
- Toulon, 27 Février.
- Petits sacs en toile
- MM. Faucon et Cie, à Marseille, adjud. à 1.33.
- Cherbourg, 16 février.
- Feutre animal
- M. Faivre Alberd. adjud. à 1.05.
- A la tour Eiffel. — Latour Eiffel vient d’atteindre ses deux cent quatre-vingt-un mètres. Encore une vingtaine, soit un belvédère tu minus du la hauteur des quatre étages d’une m isori en pierres de taille, et elle sera achevée.
- Puisque le sujet est d’actualité, surtout par les discussions qui se sont élevées dans la presse à propos des droits de reproduction qu’avait concédés M. Eiffel, et dont il s’est généreusement désisté devant le mécontentement des petits fabricants, refaisons un peu l’anatomie de ce géant de fer, qui nous apparaît comme un chandelier disgracieux, planté au milieu de l’Exposition, sans rien éclairer.
- On sait que cube tour doit devenir la propriété de la Ville à l’expiration de la concession de vingt ans accordée à M. Eiffel pour le
- terrain qu’elle occupe. Laissons de côté les renseignements techniques contenus dans la note en question, nous en extrayons ce qui intéressera plus particulièrement le public.
- A chacune des piles Est et Ouest sont disposés des escaliers droits de un mètre de largeur, avec de nombreux paliers, donnant un accès très facile jusqu’au premier étage et jusqu’au deuxième, on a disposé, dans chacune des quatre piles, un escalier hélicoïdal deO m. 60 de largeur : deux seront affectés à l’ascension des visiteurs et deux a la descente. Du deuxième étage au sommet un escalier hélicoïdal d’une hauteur de 160 mètres ne sera pas mis à la disposition du public et sera simplement un escalier de service.
- Sur la plateforme du premier étage est disposée une galerie couverte à arcades destinée aux visiteurs qui voudront jouir de la vue de Paris et de ses environs, ainsi que de celle de l’Exposition. En outre, quatre salles seront affecté» s à des restaurants ou à des brasseries et pourront contenir chacune cinq ou six cents personnes. Ces salles seront d’architecture et d’affectations différentes, savoir: un bar anglo-américain, une brasserie flamande, un restaurant russe, et enfin un restaurant français.
- Au deuxième étage, nouvelle galerie couverte sur le pourtour, formant un deuxième promenoir. Au troisième étage on trouvera une grande salle de 18 mètres de côté fermée par des glaces et d’où or. pourra observer, à l’abri du vent et des intempéries, un magnifique panorama de 120 kilomètres d’étendue. Au- dessus de cette salle seront disposés les laboratoires destinés aux observations scientifiques, et au centre sera placé l’escalier en hélice conduisant au phare d’où, le soir, des projections électriques permettront d’illuminer les principaux monuments de Paris.
- Du sol jusqu’au premier étage, il y aura quatre ascenseurs; deux du premier au deuxième jusqu’à la plate-forme supérieure au-dsssous du campanile. Ce dernier est un ascenseur hydraulique vertical, analogue à celui du Trocadéro. Un frein très puissant permet de répondre absolument de tout accident, même en cas de rupture d’un organe important de l'ascenseur. La durée de l’ascencion sera de sept minutes. Tant par les escaliers que par les ascenseurs, la tour pourra être visitée, en une heure, par cinq mille personnes.
- Et dire que tout cela tient si peu de place sur notre sphère terrestre, que cela représente tout au plus le duvet d’une pêche.
- Sa place dans l’histoire de notre industrie ne sera pas beaucoup plus large.
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- lia teinturerie eu Suisse. — Dans un rapport de M. Amédée Marteau, consul général de France, nous trouvons les appréciations qui suivent, sur la situation des industries tinctoriales en Suisse.
- « La teinturerie dans toutes ses branches, se plaint encore plus amèrement que la filature et le tissage : il faudrait tracer un tableau bien sombre de sa situation. Malgré les rapports des intéressés, le conseil fédéral n’a pas jugé à propos, soit de diminuer les droits d’entrée sur les couleurs, soit d’augmenter les droits sur les tissus et fils teints ».
- Là réside, en effet, le grief des teinturiers. Les teinturiers se plaignent aussi de ce qu’on envoie à l’étranger, en France surtout, beaucoup de fils et de tissus à teindre, notamment à Lyon.
- En consultant pourtant le tableau du trafic de perfectionnement à l’étranger, l’on voit que cela se réduit à peu de chose: 4.069 quintaux de soie et filoselle écrues envoyés à la teinture et 2 quintaux de tissus de soie; 214 quintaux de tissus en soie envoyés pour être teints et apprêtés ; enfin 725 quintaux de tissus de laine à teindre, et c’est tout.
- Ce n’est pas, comme on le voit, une grosse affaire, à moins que dans les 3.223 quintaux de tissus de soie pure expédiés de Suisse en France, il se soit trouvé des parties de soieries écrues qui sont allées se faire teindre à Lyon, comme on l’assure, pour de là être expédiées à leur destination définitive sans repasser par la Suisse.
- —o—
- Incendies. — Un incendie a consumé le tissage mécanique Cary et Délassés, à A?-mentières. En un instant, les ateliers, qui contenaient cent quatre métiers, ne formaient plus qu’un monceau de ruines.
- — Le 25 février à Roanne, vers minuit un immense incendie a éclaté à l’usine Sirol et Guitton ; à neuf heures du matin seulement on était maître du feu.
- Le dépôt de coton, les ateliers de bobinage et de canetage et une partie de l’atelier de tissage ont été la proie des flammes ; 60 métiers sur 230 sont détruits.
- Les pertes évaluées à 350,000 fr. sont couvertes par des assurances. Les causes du sinistre sont très commentées, on les attribue à la malveillance : peut-être, est-ce un épisode des grèves qui régnaient dans cette région.
- — L’usine de tissage et de moulinage de soie de M. Glaizal, à Vanosc (Ardèche), a été complètement détruite par un incendie.
- Les pertes sont évaluées à cent mille francs.
- De nombreuses familles sont, par suite de ce sinistre, sans travail et sans pain.
- —o—
- Attentat eeiminel. — On annonce de Thizy, où depuis plusieurs semaines existe une grève d’ouvriers tisseurs, qu’un attentat criminel a été commis dans la soirée d’hier.
- Une cartouche de dynamite a été placée su/ la croisée de la maison Merle, un des principaux fabricants de la localité, un des premiers chez qui la grève a été déclarée. La famille Merle était absente ; les dégâts ont été purement matériels. Le parquet de Ville franche s’est rendu à Thizy pour ouvrir une enquête.
- lies «lu Word. — Nous faisons
- connaître dans notre chronique les faits principaux de la grève d’Armentières.
- Dans l’arrondissement de Lille, 80 ouvriers du tissage Martin à Erquingen-Lys, se sont mis en grève.
- Près de Valenciennes, à Haspres, 400 OU' vriers tisseurs sont également en grève.
- Toutes les grèves de l’arrondissement de Cambrai sont terminées, à l’exception de celle des tisseurs de Cambrai.
- Le Gérant : F. GouILLON. Tous droits réservés
- Imprimerie G. GOLIN, à Gharleville (Ardenne#)*
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- LA REVUE DE
- sr Année, n° 6. ET DES COLORATIONS
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- 25 Mars 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur sur la régénération de la profession. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Fusain ou vert Empire; Limoges ou bleu Hussard ; Bleu gris sur coton ; Teinture des feutres (suite). — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier dégraisseur.
- Chronique industrieux : — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Il semble que les politiciens nous laissent un peu tranquilles depuis l’avènement du nouveau ministère ; nous avions bien besoin d’un moment de calme.
- Le krach des accapareurs de cuivre a aidé à cette diversion, non pas que nous nous réjouissions d'un événement qui a compromis des fortunes et des épargnes particulières, et qui a déterminé le suicide d’un de ses auteurs, mais puisqu’il est maintenant accompli, nous pouvons en tirer une moralité, ou plutôt un exemple.
- Nos industries sont exploitées par des fabricants coalisés; c’est-à-dire par le syndicat de la soude et du chlore.
- Grâce à cette coalition, nos usines doivent payer de 15 à 18 fr. les sels de soude, qui rationnellement ne valent que 10 fr. Et même les fabricants français coalisés qui se sont engagés musellement à ne pas vendre en France Soins de 15 fr., livrent les mêmes produits à l’étranger pour 10 fr.
- Sur le chlorure de chaux l’abus est Soins criant, mais par suite des mêmes conventions nous le payons plus cher encore que sa valeur normale.
- La hausse factice des cuivres nous était sensible aussi ; ce métal, non seulement joue un grand rôle dans le matériel de nos usines, mais ses sels sont encore un agent de mordançage dans nos travaux.
- Ces accaparements, ces coalitions se font ouvertement, et lorsqu’on demande au Gouvernement d’appliquer un certain article 4,9 du Code pénal, qui les prévoit et les réprime, il se dérobe et ne promet pas d’agir.
- C'est ce que nous avons vu à l’interpellation Laur, mais il faut dire que cette attitude avait compromis le ministère.
- Cependant dans notre n° du 15 Août 1888 (p. 122 et 128), nous avons rapporté que des teinturiers de Reims et de Paris avaient formé un syndicat pour relever les prix de leurs travaux, et que ce pacte a été annulé par jugement du tritunal de commerce de la Seine, en date du 29 Juin de la même année, comme « constituant une coalition contraire à l’ordre public ».
- Y aurait-il donc plusieurs poids et plusieurs mesures suivant qu’on est simple manufacturier remplissant un rôle utile, ou gros financier spéculant avec l’argent des autres ?...
- Les teinturiers, il est vrai, n’ont pas été poursuivis à la requête du ministère public, et le différend n’était que commercial, mais le jugement qui les concerne a démontré au moins que l’article 419 n’était pas tombé en désuétude. Cuivres et soudes, voilà de belles occasions de l’appliquer.
- Avec les krachs, les grèves ont encore été les évènements de la quinzaine, mais si vous le voulez bien, nous ne nous étendrons pas sur ce dernier sujet ; les journaux quotidiens en ont assez parlé, et venant après eux, nous paraissons raconter de vieilles histoires.
- Et puis le sujet devient fatigant : un mot pour mémoire aux Faits divers, est tout ce qu’il lui faut.
- Du reste, les grèves du Nord intéressaient surtout les centres liniers ; l’industrie de la laine est restée en dehors du mouvement.
- Fournies, Roubaix, Tourcoing n’ont pas cessé d’être en bonne situation. Les commandes en articles d’hiver arrivent nombreuses et importantes.
- D’après (d’industriel Elbeuvien» la situation de son groupe manufacturier est la suivante :
- La deuxième quinzaine de Février a été signalée à Elbeuf par le commencement de la mise en oeuvre de l’article d’hiver qui, d’après les dernières commissions, paraît devoir donner d’excellents résultats.
- Les draps de couleur et administration sont sans changement. Les draps unis noirs sont un peu plus demandés que les années précédentes, bien qu’on ait toujours tendance à les remplacer par des étoffes fantaisie en laine peignée ou en cheviot.
- On signale toujours quelques affaires spéciales pour l’exportation, surtout dans les genres haute nouveauté.
- Louviers, Reims, Sedan ont aussi des commandes et du travail en vue pour plusieurs mois.
- Les draperies du midi : Vienne, Castres, Mazamet, ont leur courant régulier d’affaires, peu variable en général. La grève de la Bastide-Rouairoux n’a pas, paraît-il, un caractère inquiétant pour l’industrie de la région.
- Rouen continue à se plaindre du malaise de ses affaires, et dit :
- « Tous nos tissus sont délaissés. La concurrence qui nous est faite par les maisons qui fabriquent les mêmes genres que Rouen est d’autant plus désastreuse qu’en dehors de notre contrée on baisse sérieusement les salaires des ouvriers industriels. »
- Lyon, toujours bien favorisé pour ses articles spéciaux, les soieries, aurait encore un nouvel élément de développement par le transfert dans son rayon de plusieurs établissements Mul-housiens fuyant les rigueurs allemandes. A Villeurbaune-Lyon, une société serait déjà constituée et des terrains achetés pour recevoir les nouveaux hôtes.
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- Ainsi, Belfort et Lyon seraient les refuges de l’industrie mulhousienne ; le choix de la seconde paraît s’expliquer en ce qu’elle est déjà le centre d’une branche de l’impression des tissus, celle des foulards et soieries, et qu’une seconde, celle des cotonnades, ne s’y trouvera pas dépaysée. Belfort se recommande par son voisinage et a déjà recueilli des filatures et des tissages.
- C'est avec joie que nous revoyons parmi nous, ces habiles industriels, qui apporteront encore un appoint important et une note bien spéciale, à notre production nationale.
- L’Allemagne n’a pu acclimater chez elle les impressions de Mulhouse ; cette
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- place a toujours conservé sa clientèle spéciale desservie par le commerce français et que le changement de régime douanier n’a fait que gêner. ; cette industrie devait nécessairement faire retour à la France, l’Allemagne conservant ses genres spéciaux, ou plutôt les genres généraux, si différents du cachet artis-; tique des produits alsaciens.
- \ Mais l’Allemagne a su monopoliser la fabrication des couleurs de houille ; c’est un beau lot qui lui est échu et par lequel l’industrie mulhousienne, même en se déplaçant, reste sa tributaire.
- Cette classe de matières colorantes s’enrichit sans cesse et principalement, il faut le reconnaître, par les découvertes des chimistes allemands.
- La série des couleurs azoïques est un de leurs plus récents et plus intéressants succès, à la fois industriel et scientifique.
- M. V. de Luynes en trace en ce moment l'histoire dans son cours du Conservatoire des Arts-et-Métiers ; rien n’est plus remarquable que leur mode de génération et surtout l’enchaînement des transformations chimiques, partant d’une base organique, et donnant une série de produits de substitution qui suivent une progression d’abord croissante, et ensuite décroissante pour revenir à la base primitive, ou à d’autres du même groupe, ce qui en établit à nouveau, la filiation.
- Le professeur a décrit avec beaucoup I de méthode et de clarté ces successions de réactions, à la fois élégantes au point de vue théorique, et si fertiles en applications industrielles.
- Les cours du Conservatoire vont bientôt prendre fin. M. de Luynes, qui a fait à la partie pratique des industries tinctoriales, une assez large part, couronne le sien par un brillant exposé d’une des plus belles conquêtes de la chimie organique.
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- Mais nous ne pouvons suivre davantage la science sur ses cimes radieuses ; il nous faut retomber dans la pratique réaliste, et il nous reste à parler de la Teinture en chiffonnage.
- Ou plutôt, nous n’en parlerons que pour souligner l’article de notre collaborateur M. Barbé, qui peut en causer avec beaucoup plus d’autorité, et dont les idées trouvent auprès de nos lecteurs des encouragements unanimes.
- La campagne entreprise par M. Barbé répond à un malaise de la profession que chacun ressent, au moins à Pans, aussi a-t-elle de l’écho, et il nous
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- surprendrait fort qu’il n’en résultât pas quelques viriles résolutions de ses confrères, notamment en ce qui concerne la résistance à opposer aux empiètements des faux teinturiers.
- F. Gouillon.
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA PROFESSION
- Des prix sacrifiés.
- Dans mes précédents articles j’ai énuméré les principales causes de la dégénérescence de notre profession et l’avilissement des prix, conséquences d’une concurrence effrenée, et sans réflexion.
- Diminuer un prix est chose vite faite, il en est tout autrement pour les rehausser. Pour aujourd’hui je vais prendre l’article gilets de flanelle à titre d’exemple. Il n’y a pas encore bien des années ces objets payaient 0,50 et 0,60 centimes; peu à peu ils sont descendus à 0,30; aujourd’hui ils se sont abaissés à 0,20 centimes.
- Je ne serais pas surpris de voir descendre ce prix à 0,10 c. soit tout au plus le pourboi- j re, ce dont on gratifie le garçon de café pour nous avoir servi un bock.
- C’est une vraie plaisanterie 0,20 et 0,30 c. le nettoyage d’une flanelle; le décrotteur du coin du Pont-neuf est plus favorisé ; il regarderait son client avec un souverain mépris s’il ne lui donnait que 0,20 c.-, le cocher de fiacre pour la plus petite course vous flanquerait vos A sous par la tête et il ajouterait : M. le baron de Larapière, quand on n’est pas plus en fonds que ça on fait comme toutou on va à pied ! — Et le pauvre hère de teinturier se trouve satisfait ! pas exigeant en vérité!
- Voilà le raisonnement de quelques malins: je sacrifie les flanelles et j’en fais un article réclame pour avoir le reste, tandis qu’il y a des clients qui ne donnent que cela; un autre sacrifie les gants, un 3e les rideaux, j’en ai connu un qui sacrifiait les culottes-, il fallait voir aussi comme il remportait de belles vestes! Comme on le voit et à ce compte là, tout finit par se trouver sacrifié: c’est d’une inconcevable maladresse.
- Tout récemment j’ai eu occasion de voir une facture pour la teinture de rideaux, largeur 1 m. 20, teints en vert et apprêtés à raison de 0,60 c. le m.; le tapissier, qui en raillait lui-même, s’était fait délivrer une facture dup licata, mais le prix était porté à 1 fr. 25 le m. soit plus de la moitié pour sa commission. Est-ce assez bête de faire des affaires de cette façon ?
- On veut imiter les grands magasins qui font de la réclame, en exposant au dehors des articles à bas prix ; attrape-nigauds, quoi! En effet tous ces articles soi-disant occasions,
- qui ornent les trottoirs par la pluie et le soleil, pour qui connaît la marchandise, valent le prix qu’on les vend et sont d’un très bon rapport pour les vendeurs: ce sont de bonnes occasions.... pour le marchand.
- Vouloir imiter ces trompe-œil en teinture, c’est spéculer à faux ; cela n’a pas de rapport ; il faut au contraire ne pas perdre de vue que notre industrie n’est pas de la fantaisie, mais du tout; faire teindre et nettoyer constitue une question d’économie de ménage; ainsi compris il ne faut point d’exagérations dans les prix et par la même raison, obtenir le suffisant pour bien faire, en y retirant le sien.
- Ceci posé, revenons à nos flanelles restées à tremper dans l’eau. A k ou 6 sous ce n’est pas assez: sans établir le prix de revient, comptons en détail et marquons : 1° 0,10 c. au magasin pour recevoir, numéroter, enregistrer^» 0,10 c. pour fouler sur troisbains, compris soude, savon, rinçages, essorage, et mettre au soufre: tout ça pour 2 sous! 3° Encore 0,10 c. pour soufrer et désoufrer, rincer, mettre sécher, retirer du sec-, ce n'est pas trop, hein! 4° 0,10 c. pour repasser et plier-, enfin 0,10 c. pour reconnaître en magasin, mettre les étiquettes, envelopper et fournir le papier, rendre au client et même lui porter. Tout cela fait le total modique de 0,50 c. Voilà le moins qu’il faut.
- Parbleu, je sais bien qu’il y a des artistes qui enlèvent ça à la iaveuse, c’est vite fait et si bien que quand on les retire de là-dedans, on croirait avoir l’entreprise de l’hôtel des Invalides, en voyant une manche amputée ça et là !
- Ce n’est donc pas trop de 0,50 c. pour le nettoyage d’une flanelle bien faite. Sans aller si loin, une bonne blanchisseuse prend 0,60 c. pour une chemise, autant et même 0,75 c. pour une camisole de nuit, travaux plus lu-cratifs que les sales flanelles.
- Tableau comparatif des prix.
- On s’en va toujours diminuant, en disant : bah, à 0,10 c. près, ça ira tout de même. Puis arrive la fin de l’année, quelque fois le quart et on se dit : mais comment que cela se fait, je ne gagne rien, que du froid aux pieds et des rhumes? Le voici comment que cela se fait: Avec des 0,10 qui n’ont l’air de rien en apparence multipliés par années font un chiffre très respectable-, comme dit le remouleur dans sa chanson :
- Ne méprisons pas les moindres salaires.
- Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
- Et petit à petit, l’oiseau fait son nid.
- Je prends comme chiffre de comparaison, une maison modeste faisant 200 à 300 gilets de flanelles par semaine : pour faire un chiffre pair, mettons 200.
- 1° 200 flanelles à 0,30 l’une font 60 fr. Par
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- semaine, et multipliés par 52 semaines, produisent 3.120 fr. par année.
- 2° 200 flanelles à 0,50 c. l’une font 100 fr. par semaine, et multipliés par 52 semaines produisent5.200 fr. par année.
- Or, entre.................... 5.200
- Et........................... 3.120
- la différence est................... 2.080 fr.
- en bénéfice net.
- Deux mille quatre-vingts francs, rien que pour l’article flanelle et pour une maison n’en faisant que 200 la semaine; il y en a qui en font 400, 800 et même dépassent le mille, ce qui produirait plus de 10,000 fr.de bénéfice. Comme on peut le voir, ce n’est pas du tout à dédaigner; cet article serait productif, car c’est un travail très régulier.
- J’ai fait la comparaison pour des flanelles, la même chose peut se faire sur une foule d’objets; ce serait même moins sensible pour le client : 0,25centimes sur un pantalon; 0,50 c. pour un paletot, autant et même 1 fr. par costume de darne, etc., etc., notant que tout ceci serait du bénéfice net, cela ne vaudrait-il pas mieux que de tout sacrifier et s’entre-dévorer en concurrence d’absurde.
- Depuis longtemps les loyers, les impôts, la main-d’œuvre, les vivres, tout en un mot, a haussé ; nos frais augmentent encore par le luv.e des magasins, par l’installation et l’en-tretien des ateliers actuels, tandis que les Prix de nos travaux qui auraient dû s’élever en proportion, se sont abaissés.
- Conclusion.
- Et puis, je ne saurais trop le répéter, il faut cesser de chiner, et laisser cela aux marchands de peaux de lapins, aux remouleurs, et aux ctameurs de vieilles casseroles. Ce système de chinage est un mauvais précédent : les Mandes maisons qui le pratiquent le regrettent avant peu ; il ne peut s’en suivre qu’une dépréciation des succursales, en effet, si l’on ♦réussit à se procurer du travail. Ainsi, pas be-soin de frais de loyers ni succursales.
- E’exemple est donné: beaucoup d’ouvriers ahandonnent les sabots et se font chineurs, même que des ouvriers et des demoiselles de magasins sans places ; ce n’est pas cela qui chaussera la partie; à qui la faute? A ceux 9m ont donné le signal î Comment Messieurs, vous avez succursales sur succursales; quelquefois vous travaillez à Confrères, et vous faites chiner avec voitures et Par des piétons; en un mot, il vous faut *°me la galette et avaler les petits! Mais grands gourmands, il ne vous manque pas de galette, seulement elle n’est pas assez beurrée; c’est-a'dire que les prix sont trop bas : toute la question est là.
- Que la chamhre syndicale adopte un tarif : naturelleinent ce tarif ne peut avoir qu’un e m moral et c’est déjà quelque chose ;
- ^ y ait 50 adhérents tous suivront l’ex-
- emple ; s’il se trouve quelques réfractaires, on les laissera mijoter dans leur jus.
- A l’œuvre donc; voilà l’exposition, c’est le moment propice pour réformer les habitudes défectueuses, et pour rentrer dans la voie des tarifs rémunérateurs.
- Victor Barbé teinturier à Paris.
- P. S. — Il m’est adressé beaucoup de questions à traiter. Un peu de patience, et chaque chose viendra à son temps.
- REVUE SOMMAIRE
- DES. BREVETS D'INVENTION
- Procédé de solidification des couleurs teintes sur fond des tissus foulards dit pongés, tissus de chine ou autres imprimés à réserves ou enlevage, par la combinaison de la préparation de l'étoffe et de l'emploi de la vapeur à haute température,
- Par M. Gantillon
- L’étoffe dite «pongée foulard» imprimée est un tissu très à la mode en costumes élégants mais qui jusqu’ici n’a pu recevoir de teintuie pour la conserver solidement.
- Le nouveau moyen consiste à obtenir sur ces tissus les nuances solides et à enrouler l’étoffe une fois achevée au lavage et séchée, avec un doublier de laine intermédiaire bien tendu ainsi que l’étoffe imprimée sur un rouleau en cuivre creux percé de trous capillaires distancés de 8 à 10 m/m avec un axe creux d’un côté seulement pour introduire la vapeur par une prise.
- Pour l’enroulage et le déroulage la vapeur se place sur un bâti ad hoc avec embarrage. Après l’opération d’enroulage de deux ou trois pièces de 150 mètres de longueur on porte le rouleau sur une prise de vapeur qui doit s’adapter avec celle du rouleau pour obtenir de la vapeur sèche, l’opération doit se faire au dessus de la chaudière.
- Le diamètre de la prise intérieure de vapeur doit avoir au moins 20 m/m ainsi que le tourillon du rouleau qui doit s’adapter à la prise venant du générateur.
- Le rouleau pour l’opération de fixation de teinture doit être placé verticalement et une fois serré l’opération doit se faire en 15 minutes à 3 atmosphères au minimum ou 3 1/2 ou 4 au maximum. Enfin une fois terminée l’étoffe doit se dérouler pour prendre l’air et être soumise à l’apprêt.
- Perfectionnements apportés dans les machines a teindre les matières textiles,
- Par MM. A. Monpin et H. Saint-Remv.
- Les auteurs comprennent sous ce titre différents perfectionnements apportés dans la disposition et la construction des machines à teindre les matières textiles en bobines ou en vrac, au moyen d’un liquide tinctorial à circulation continue.
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- Ces perfectionnements ont pour point caractéristique l’emploi d’un baquet en bois, on tôle, en cuivre, etc., divisé en un certain nombre de cases de dimensions appropriées a la grosseur des bobines à teindre.
- Laineuse rotative,
- Par M. Hanson.
- Cette machine porte une série de petits cylindres laineurs, évoluant autour d’un arbre central, en sens contraire du déplacement du tissu à garnir.
- Cristallisation sur tous textiles, fils, tissus, toile métallique, etc.
- Par MM. Ch. Vignet fils et Cie.
- Cette cristallisation sur tous fils, tissus de soie, coton, laine, etc., s’obtient par une dissolution d’alun ou de tout autre produit cristallisant dans laquelle on étend pendant un laps de temps plus ou moins long suivant la ma-, tière cristallisante employée et suivant la grosseur des cristaux que l’on veut obtenir. Le bain cristallisant peut être incolore ou coloré par le procédé ordinaire de teinture ; de même les objets cristallisés peuvent ensuite être passés dans un bain de teinture, on peut aussi les vernir de différentes couleurs.
- Si l’on veut obtenir des motifs décoratifs divers il suffira d’isoler les parties du tissu qui ne devront pas être cristallisées.
- Procédé de préparation de nouvelles matières colorantes de nuance rouge violet à bleu et vert.
- Par MM. Gilliard, P. Monnet et Cartier La marche suivie dans l’exemple indiqué ci-après peut être appliquée presque sans modification à la préparation de cette nouvelle série de matières colorantes.
- 1500 grammes de nitro-dimethylaniline (ou mieux encore 3000 grammes du même produit) sont dissous dans 100 litres d’eau.
- A cette solution on ajoute :
- 1000 grammes d’alpha ou de bêta naphtyla-mine dissoute avec 4200 grammes d’acide chlorhydrique à 33 0/o dans 3 litres d’eau puis:
- 2500 grammes d’hyposulfite de soude 5000 grammes de chlorure de zinc.
- On ajoute la dissolution de toutes ces substances à froid puis progressivement dans l’espace de plusieurs heures on élève la température à 90° centigrades et on l’y maintient encore plusieurs heures. Il s’est alors formé par condensation une leucobase thionnée que l’on oxyde en matière colorante par l’addition de : 1000 grammes chlorure ferrique à 53 q/0.
- La matière colorante obtenue teint la laine et la soie directement et le coton mordancé au tannin et donne un violet bleu très fourni.
- L. Pambrun,
- Conseil en matière de propriété industrielle 6, Rue Rollin, Paris.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- PROCÉDÉS DIVERS
- UN VERT EMPIRE
- Cette teinte est le verLèrla mode pour toilettes de ville ; il diffère peu dç celui qui était désigné « lierre, prairie ou myrte » dans notre numéro du 15 octobre dernier (p. 157); cependant il tend davantage à s’approcher de la teinte bronze ; c’est à-dire qu’il renferme en plus grande quantité l’élément marron, ou plus exactement, la base rouge qui pousse au marron.
- On pourrait encore la désigner « olive » mais cela est un vieux terme démodé. Notons enfin que le « vert Russe » est plus bleu.
- Sur laine et sur soie, on emploie pour 10k.
- Par les anilines.
- Vert bleu méthyle............. 100 gr.
- Marron d’aniline (Bismark). 25 gr.
- Sulfate de soude................ 2 kil.
- Acide sulfurique............... 50 gr.
- Teindre directement, à chaleur de la main pour les soies, et au bouillon pour les laines, jusqu’à teinte voulue.
- Pour les soies, on peut supprimer le sulfate de soude, et teindre sur bain de savon ou bain de décreusage ; l’acide n’est alors ajouté qu’à la fin de l’opération.
- Par les bois.
- Pour 10 kil. de fils ou de tissus de laine :
- Bouillon de 2 heures avec :
- Crème de tartre................. 500 gr.
- Bi-chrôcnate.................... 500 gr.
- Abattre, laisser pauser quelques heures
- sur mordant.
- Teinture avec :
- Extrait de Cuba............... 500 gr.
- Carmin d’indigo, de moyenne
- richesse............................ 1 kil.
- Alun.......................... 500 kil.
- Teindre une heure et demie au bouillon, laisser traîner deux ou trois heures sur le bain pendant qu’il se refroidit.
- On doit ainsi arriver à la nuance, le mordant de chrome produisant avec le bois jaune, la bruniture nécessaire. Si cependant, elle n’était pas assez rabattue, il suffirait d’ajouter à la fin, une poignée de couperose.
- II n’est pas nécessaire de rincer sur mordant.
- Sur laine coton.
- Pour 10 kil.
- 1° Engaller avec :
- Sumac......................... 3 kil.
- Après ébouillantage d’un quart d’heure, on
- entre les étoffes, sans enlever le sumac du bain, et on continue le bouillon une heure environ.
- 2° Brunir avec :
- Couperose verte............ 500 gr.
- Entrer à tiède et mener jusqu’au bouillon en l’espace d’une demi heure.
- Lever et éventer plusieurs heures.
- Après ce temps les tissus ont pris un pied gris bien net, et se sont assez égouttés pour qu’on puisse se dispenser de rincer.
- 3° Teindre sur :
- Quercitron effilé............... 2 kil.
- Extrait de Cuba......... 300 gr.
- Carmin d’indigo................ 1 kil.
- Alun........................... 1 kil.
- Manœuvrer à tiède une heure pendant laquelle le coton monte d’abord ; terminer au bouillon jusqu’à unisson de la laine.
- On fait aussi, sur les mêmes tissus, des verts au chrome, mais moins faciles à échantillonner. /
- GES BLEU HUSSARD
- Nous avons déjà vïï cette teinte pendant l’hiver qui se termine et nous la retrouvons encore parmi les articles fabriqués pour l’année courante.
- Le nom « Limoges * fait allusion aux porcelaines qui sont une spécialité de cette ville et qui font beaucoup usage de cette teinte ; le terme « bleu hussard » fait allusion à la couleur des dolmans de notre cavalerie légère.
- Si nous voulons une désignation plus nette, nous dirons que c’est un gris bleu.
- Nous l’obtiendrons ainsi, pour \ 0 kil. de soie ou de laine :
- Par les anilines.
- Vert bleu méthyle .... ......... 25 gr.
- Violet acide BB................. 25 gr.
- Sulfate de soude................ 2 kil.
- Acide sulfurique................ 25 gr.
- Même travail et même observation en ce qui concerne les soies, que pour la teinte « Fusain » ci-dessus.
- Pour coton ou mélanges qui en contiennent, il faut mordancer au sumac et à l’émétique.
- Les deux produits colorants que nous employons donnent par leur mélange un bleu rabattu correspondant à l’échantillon, et que ne produiraient pas les bleus directs, à moins d’y ajouter un orange.
- Ainsi, on pourrait teindre en bleu alcalin, puis ajouter dans le bain acide d’avivage, un orangé d’aniline -, mais outre que par le premier moyen, on teint du coup, ce dernier a encore l’inconvénient de nuancer.
- Par le carmin d'indigo.
- Pourl0kil.de laine, coton, soie ou mélanges :
- Sumac........................... 1 kil.
- Ebouillanter, entrer les laines pures au bouillon-, laisser tomber à chaleur de main pour les cotons soies et mélanges, mais avant d'entrer les étoffés, ajouter au bain :
- Carmin d’indigo................. 1 kil.
- Quand le bleu est assez monté, ajouter au bain :
- Couperose verte............... 100 gr.
- Rentrer et arrêter avant que la bruniture soit complète car à l’évent, elle monte encore un peu.
- Lever, éventer, rincer.
- Le carmin étant de richesse très variable la quantité indiquée n’est qu’approximative.
- Bleu-gris au prussiate sur tissus de coton
- Puisque nous avons parlé de la teinte « Limoges », nous allons indiquer un ancien procédé encore usité, pour obtenir une nuance à peu près correspondante sur cotons purs.
- Le procédé n’est pas plus coûteux que les nouveaux comme matières premières, mais la main d’œuvre en est plus compliquée ; il donne une très bonne teinte sans passer par la cuve d’indigo ; il convient ainsi aux maisons qui ne font pas la cuve, notamment pour l’article lustrine lorsqu'il est destiné à la reliure ou au cartonnage, et qu’il faut alors une certaine résistance à l’action de l’air et de la lumière ; de même que pour les doublures d’ameublements.
- Voici ce moyen.
- Pour une pièce 3/4 de 60 mètres.
- 1* Bain froid, deux heures, avec :
- Sel d’étain................... 500 gr.
- 2- A tiède, une heure dans :
- Extrait de campêche....... 250 gr.
- 3- Lever, ajouter au même bain :
- Sel d’étain................... 250 gr.
- Pyrolignite de fer.............. 1 litre.
- Revenir une heure à tiède sur ce bain :
- A* Rincer, passer 1/2 heure à froid, sur :
- Prussiate jaune de potasse. 500 gr.
- Acide sulfurique.............. 750 gr.
- 5* Sans rincer, revenir sur le bain n” 3 (sel d’étain), qu’on peut alors employer froid.
- 6’ Rincer et revenir sur le bain nf h (prus-siate), qui doit alors terminer la nuance.
- Enfin, rincer.
- Teinture des feutres Suite (1)
- Vert Thé.
- Pour 100 chapeaux.
- Il faut les mordancer avec un kilo d’alun el 500 grammes sel de tartre. On y laisse leS
- -------——-------------------- - ! Q\,
- (1) Voir Revue de la Teinture du 10 février, P- s
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-
- chapeaux un quart d’heure environ à une température de 70 degrés, on les sort et on ajoute au bain, de la décoction de bois jaune et de la solution de carmin d’indigo suivant la nuance qu’on désire obtenir.
- Il faut un vert très clair, et y manœuvrer les chapeaux plus ou moins longtemps, suivant la nuance que l’on désire.
- (Moniteur de la Chapellerie)
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- LES COULEURS D’ANILINE
- Sous ce titre, je résume toutes les couleurs artificielles dérivées de la houille, bien qu’elles comprennent aussi celles du phénol, de la naphtaline, de l’anthracène, également issues de la même source.
- Voilà en deux mots le point de départ de leur dérivation :
- Quand on fabrique le gaz d’éclairage au moyen de la houille, il se dépose pendant la purification du goudron, c’est le goudron minéral ou de gaz.
- En distillant ce goudron on obtient d’abord le benzol ou benzine, qu’on transforme en huile d’aniline par des moyens chimiques. Le goudron contient bien de l’aniline toute formée, mais en trop petite quantité.
- En poussant plus loin la chaleur et la distillation, on obtient le phénol, ou acide phé-nique.
- Davantage de chaleur encore, donne la naphtaline, qui est une sorte de corps gras solide el cristallin.
- Enfin en chauffant très fortement, on distille fa.l’anthracène sous forme d’une poudre jaune se prenant en masse.
- Ces aniline, phénol, naphtaline et anthra-cènequi n’ont pas de couleur par eux-mêmes, Se transforment en matières colorantes k l’aide de réactions chimiques longues et compliquées.
- Cette série de couleurs est devenue très-^umbteuse; il faut nous borner aux produits réellement pratiques ; ce sont :
- Bouges.
- Fuchsine (teinte groseille), cerise, grenadi-ne (rouge et grenat), géranosine (teinte géra-nium ou coquelicot), éosine (ponceau brillant a reflets jaunes), safranine, rose bengale, rho-famine (roses bleutés très frais) ; toutes ces couleurs teignent sur bain acide et conviennent pour soie, laine et coton mordancé; pour coton sans mordant, il y a un ponceau un peu mûqué et les rouges Congo donnant des écarlates.
- Bleus.
- Les bleus acides allant du terne violacé au ornière verdâtre, sont pour la scie , les bleus Malins ou de Nicholson, suivant la même
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- échelle de tons, sont destinés à la laine ; on les marque de un ou plusieurs B ; plus il y a de B, plus on s’approche à la teinte lumière, qui est : BBBBBB (six)-, la marque R est pour les qualités inférieures à nuances rougeâtres. Le Guernesey est un bleu alcalin terne donnant des teintes comme les bleus au campêche.
- Les cotons se teignent mordancés sur les alcalins, cependant on fait des bleus dits « azoïques », teignant directement sur coton, en donnant facilement de belles nuances.
- Les bleu-marine, bleu noir, indulines, etc. sont des couleurs donnant des teintes ardoisées ayant beaucoup de fond, sur soie mais plutôt sur laine, et des gris clairs sur tous tissus.
- Jaunes.
- La série est très considérable -, j’ai mentionné dans un article spécial, l’acide picrique; il faut y ajouter le jaune d’or ou bouton d'or, le jaune de naphtol, la crysoïde, les orangés Poirrier n0i 4, 3, 2, 1, en couleurs rangées dans l’ordre de la plus verdâtre (picrique) à la plus rouge (orangé 1), et qui ne conviennent qu’à la soie et à la laine.
- Pour le coton, on a le jaune de Hesse, la chrysamine, la curcumine, teignant sans mordant.
- Violets .
- Les violets au méthyle ou violets de Paris, commençant à 3 R pour aller à 6 B, c’est-à-dire allant du plus rouge (mauve) aux plus bleus (pensée et prune) suffisent à tous nos besoins, et tirent facilement en bain acide, sur laine, soie, et coton mordancé.
- Il y a cependant des azoviolets et violets de Hesse teignant le coton sans mordant.
- Verts.
- Les verts acides, et ceux dits « verts brillants » sont à peu près analogues -, ils teignent en beau vert émeraude ; les verts-sulfo sont plus jaunâtres ; les verts méthyle plus bleus ; les verts naphtol plus bruns, ces derniers sont des verts-mousse ; tous teignent la soie, la laine et le coton mordancé.
- Pour coton sans mordant, il faut employer un mélange de bleu et de jaune azoïques, soit benzoazurine et chrysamine.
- Marrons.
- On emploie les marrons dits <r Bismarck * allant presque du chamois jusqu’au brun noix, sur soie, laine et coton mordancé.
- Les bruns azoïques, le Congo-corinthe teignent directement le coton.
- Noirs.
- Les noirs de naphtol sont les seuls applicables en chiffonnage, parmi les noirs tout formés, et encore laissent-ils à désirer ; ils sont longs à monter et ne s’appliquent que sur laine; cependant on est arrivé à faire de beaux noirs d’alizarine, non encore employée
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- dans nos travaux, et que nous pourrons peut-être utiliser.
- Mélanges.
- La nomenclature ci-dessus est loin d’étre complète, et tous les jours on fait des couleurs nouvelles, de sorte que la liste devient interminable, et qu’avec les anilines on peut à peu près obtenir toutes les teintes.
- Cela est d’autant plus facile que la plupart de ces couleurs se mélangent entre elles et qu’il en résulte ainsi une variété infinie de teintes, de nuances et de tons.
- LES COULEURS LES PLUS USUELLES.
- De tous ces produits d’aniline (ou plus généralement de houille) quelques-uns seulement nous seront réellement indispensables, car il ne faut pas oublier que le chiffonnage n’a pas à échantillonner des gammes de tons ni des séries de teintes extrêmement variées; lereteint, sauf de rares exceptions, doit s’accommoder de quelques nuances généralement foncées, dépendant du fond sur lequel on opère.
- Si par hasard, on doit reproduire exactement une teinte d’ameublement, ou faire un travail soigné sur une robe de mariée renonçant au blanc de ses beaux jours, il sera temps alors de se munir de la couleur correspondante.
- Voici celles qui répondent aux besoins courants:
- Tout d’abord nous éliminons les produits spéciaux pour coton, d’autant plus que nous ne teignons guère ce coton que dans des mélanges et que les bains doivent être surtout appropriés aux fonds laine ou soie, et puis par le mordançage en sumac et émétique, le coton seul ou mélangé se teindra dans ces mêmes couleurs.
- Nous emploierons donc :
- 1° Comme rouges, la fuchsine, marque J, un grenat, puis de l’eosine J, pour les beaux ponceaux et les roses.
- 2* En bleus, un bleu acide, la sorte dite : « lumière-verdâtre » sans aller à l’extra-lu-mière qu’il faut laisser aux soies en flottes ; un bleu alcalin pour lainages, et prenons le 6 B qui n’a pas une grande différence de prix avec les sortes moins belles, enfin, un bleu noir, pour les teintes marine et les gris.
- 3° L’acide picrique et le jaune bouton d’or nous suffiront pour les jaunes; si nous voulons des orangés, un peu de fuchsine ajoutée dans le dernier nous les fournira.
- ho N’employons que les beaux violets méthylés (de Paris ou autres) : la marque 1 R, correspondant au n° 90 de Poirrier nous donnera une teinte mauve pas trop rouge ; le 3 B, à peu près n° 170 nous fournira un bon violet moyen le plus employé -, le 5 B, ou n° 250, sera un pensée bleu, sans aller avec bleu violet extrême.
- Au besoin, nous suffirions avec le 3 B, n° 170, que nous rougirions avec de la fuchsine, ou que nous bleuirions avec le bleu acide,
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- pour les cas spéciaux, mais il faut noter que les mélanges sont toujours moins beaux que les nuances directes.
- 5° Pour les verts, le méthyle B répondra à tout ; il monte très bien et rend beaucoup ; il peut teindre sur bain acide ou alcalin suivant qu’on opère sur soie ou sur laine. Il est très bleu, mais avec addition d’acide picrique, il fournit des verts émeraude frais et brillants.
- 6° Le marron-Bismarck teinte-rouge (et non à reflet jaune ) représentera à lui seul la classe des marrons et des bruns.
- . 7° Enfin si l’on veut employer un noir, il n’y a que le napbtol B qui convienne -, c’est plutôt un bleu très foncé, mais un peu de jaune .d’or le vire au noir.
- Je me résume :
- Fuchsine J.
- Grenadine.
- Eosine J.
- Bleu acide lumière ordinaire.
- Bleu alcalin 6 B.
- Bleu noir.
- Acide picrique.
- Jaune bouton d’or.
- Violet méthyle 3 B.
- Vert méthyle B.
- Marron-rouge.
- Noir de Naphtol B.
- Voilà une douzaine de produits avec lesquels on peut faire beaucoup de choses dans un atf lier de teinturier dégraisseur, et avec lesquels nous tâcherons de suffire dans nos procédés d’application.
- VARLOPAGE ET PULVÉRISATION
- Les bois en bûches, campêche, Cuba, Brésil, doivent être varlopés ou effilés; ceux en baguettes ou en écorces (fustet, quercitron) ne peuvent être qu’effilés, c’est-à-dire déchirés entre les rouleaux en fonte cannelés ; le cur-cuma, le santal, le sumac sont moulus et livrés tels par le commerce.
- L’effilage ne peut guère se faire que dans les usines spéciales.
- Varlopeuses.
- Quant au varlopage, lorsqu’on employait beaucoup plus de bois qu’aujourd’hui, il pouvait y avoir avantage à établir chez soi une machine à faire ces copeaux, et j’en ai vu chez des teinturiers-dégraisseurs, dans de grandes maisons à la vérité, et par exemple chez M. Lainé. Mais maintenant que les extraits et les anilines ont tellement réduit la consommation des bois en nature, le jeu n’en vaut vraiment plus le pétrole, et il est plus simple d'acheter les bois tout divisés.
- Je sais bien que l’on n’a pas autant de garanties de pureté, mais il faut admettre aussi que le commerce — j’entends le sérieux — ne vise pas qu’à tromper l’acheteur, et que le teinturier se rend bien compte si ses drogues lui donnent le rendement et l’effet qu’il en attend.
- Maintenant, ceux qui veulent installer des varlopeuses ont peut-être raison, mais il y'a
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- trop peu d’amateurs pour que je m’arrête à décrire cet outil.
- Moulins à indigo.
- 11 y aussi des moulins spéciaux pour l’indigo, mais que nous laisserons aux teinturiers en cuve, et aux fabricants de carmins.
- L’indigo pour les cuves doit être broyé humide, réduit à l’état de pâte-, on se sert de machines à meules verticales marchant comme les broyeuses à chocolat ; il y a aussi des broyeurs à cylindres d’acier, comme ceux employés pour les couleurs à l’huile, le boulet de fonte roulant dans une sébille, etc.
- Pour les carmins et la composition, l’indigo se pulvérise sec, au mortier, et est ensuite tamisé finement.
- Mortiers.
- S’il est superflu de se munir de varlopeuses et de broyeurs à indigo, il est nécessaire de posséder un mortier en fonte, pour pulvériser et concasser la cochenille, le tartre, le borax, quelquefois les cristaux de soude, l’alun et le cachou, quand celui-ci n’est pas trop mou.
- Il arrne aussi que certaines couleurs d’aniline soient massées, commeles violets, et d’autres sont habituellement en morceaux assez volumineux, tels que les cerises et grenats, et ils ont besoin d’être réduits en poudre.
- Le mortier est donc utile et comme l’instrument n’est pas cher, on s’en munira avec avantage.
- L’appareil est bien connu : une sorte de cloche en fonte retournée, montée sur un billot de bois, et le pilon en fonte aciérée, qui est comme le battant de cette cloche; tout le monde en a vu.
- On a fait des mortiers mécaniques; nous pouvons très bien nous dispenser de les employer, nos pulvérisations n’étant pas assez considérables pour les occuper, cependant je donne le dessin d’un modèle très simple qui pourrait être utilisé dans les grands établissements. (fig. 48).
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- Fig. 48. — Mortier mécanique.
- Le mortier est suiyant le type habituel; c’est le simple mortier pouvant fonctionner avec le pilon à main, mais ici ce pilon est fixé dans un palier, ou il peut glisser en s’élevant et s’abaissant librement, et ce palier retenu par un bras de potence.
- Une came s’engageant sous un collet ou champignon qui termine le pilon, le soulève à chaque révolution, et le laisse ainsi retomber
- de tout son poids dans le mortier et sur les matières à pulvériser.
- Mais ce pilon, au lieu d’avoir sa tête en battant de cloche, a celle-ci formée d’une pièce en forme de croissant; chaque fois que la came le soulève, elle lui imprime en même temps une rotation latérale partielle qu’il conserve en retombant de façon qu’en même temps qu’il frappe il produit sur les matières une sorte de torsion qui favorise le déchirement des substances fibreuses.
- L’appareil est représenté avec poulie pour fonctionner par courroie; il se fait également à manivelle pour marcher à bras.
- Moulins à cochenille.
- Une autre machine plus jolie encore, est un petit moulin à meules, (fig 49), qui est un excellent broyeur de cochenille et de tartre, pour les maisons qui font beaucoup d’écarlates fins.
- Fig. 49. — Moulin à cochenille.
- Deux meules de Jouarre, comme dans les moulins à farine, frottent l’une sur l’autre, par la rotation de l’une d’elles; les matières introduites par la trémie, s’engagent entre ces meules par l’ouverture centrale de la supérieure, et en sortent en poudre par leurs bords; cette poudre est reçue dans la caisse qui enveloppe le système d’où elle sort par le déversoir situé au-dessous.
- C’est une pulvérisation continue et non intermittente ne demandant pas beaucoup de force et donnant des poudres fines.
- L’appareil est de dimensions restreintes, les meules ayant environ 30 cm. de diamètre- fl fonctionne à volonté, à bras ou à la vapeur.
- Je n’ai parlé qu’incidemment de ces deux machines, sachant bien qu’un teinturier en a d’autres plus utiles à acheter, et si ces courtes descriptions ne font pas de bien, aU moins ne feront-elles pas de mal.
- Et puis, il fallait bien clore ce chapitre Par quelque chose de neuf !
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- Voilà, du reste, la première partie de mon travail terminée: nous avons fait notre installation des magasins et des ateliers, nous avons choisi notre matériel, et fait la revue des principaux produits que nous consommerons; il ne nous reste donc qu'à mettre en œuvre tous ces moyens d’action; c’est ce que nous allons entreprendre.
- Maurice Guédron.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 199.049. — 22 décembre 4888. Recker. — Procédé et appareil pour la teinture en noir d'aniline des fils de chaîne en coton.
- 495 004. — 28 décembre 1888, Société Gobron et Cie et le sieur Angelier, rue Royale, 27, à Lyon. — Machine à dérompre les tissus.
- 495.038. — 29 décembre 1888. — Tachon. — Appareil étendeur pour l’enroulage des tissus.
- 495.132. — 2 Janvier 1889, Société dite : Farbenfabriken Vorm. Friedr. Bayer et Cie. — Procédé pour imprimer et teindre avec des matières colorantes azotées jaunes, rouges, jusqu’à rouges brunes, teignant directement.
- 495.167. — 7 Janvier 1889, Mathieu, rue Courlancy, 34, à Reims. — Dispositif spécial de calorifère a feu nu, propre à être installé dans les étuves, sécheuses et carboniseuses, Notamment dans les sécheuses et carboni-ssuses destinées au traitement des tissus et dlés et à celui des matières premières, soie kine, jute, coton, etc.
- 195.210. — 9 Janvier 1889, Weil, à Marby (NordJ. — Système de charriots roulants à c°ntre poids variables appliqués aux planés à imprimer les tissus.
- 495.230. — 7 Janvier 1889, Dehaitre. — Procédé d’opérations combinées, d’apprêt et de vaporisage continus de tissus.
- 495.281. — 12 Janvier 1889, Marot, rue eatme d’Arc, 9, Troyes. — Modifications ap-Portées dans les tissus teints de bonneterie (Perfectionnement à son brevet n° 490.673). 195.406. — 49 Janvier 1889, Descoubet, Poussin, 55, à Elbeuf. — Machine dite : bâtisseur-lustreur continu, destiné à donner 6 brillant des étoffes.
- 195.445. _ 19 janvier 1889, Société Pravaz ^Bouffier. — Perfectionnement dans l’engage des tissus.
- adjudications administratives
- hôpital général d’orleans.
- Le 30
- mars, 1 h. 4/2.
- 1 kj J A H • X J Jmi •
- /n.,° L3,9 '0 m. de toile blanche, et 1,208 m. ^ bleue.
- Des 550 m‘ draP bleu> de 1 m* 40 de larSeurJ
- ^300 50 er’ Par m'
- uu couvertures laine blanche, mere lai-
- 47
- ne pure, 2 m. 35 de long sur 1 m. 95 de large, pesant 3 küog. chacune ; et 50 couvertures laine grise même longueur, même largeur, même poids.
- HOSPICE CIVIL DE MONTPELLIER.
- Le 30 mars. — Fournitures diverses.
- 1° 10,322 m. toiles de diverses qualités et Madapolans, 43,883,75.
- Cahiers des charges à l’économat des Hospices, à l’Hôpital Général.
- DIRECTION D’ARTILLERIE DE TOULOUSE
- A LA MAIRIE DE TOULOUSE
- Le 8 avril 1889, 2 h. 4/2. — Fourniture, en cinq lots, de zinc en feuilles, de tissus, de ficelles et cordages, de toile chinée, de papier goudron et carton lustré à livrer à la direction d’artillerie de Toulouse, pendant l’année 1889.
- Les cahiers des charges sont déposés dans les bureaux de l’arsenal de Toulouse, où les intéressés pourront en prendre connaissance
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Le 4 mars.— Poudrerie nationale de Saint-Chamas. — Fournitures diverses.
- Adjudicataires :
- Sacs à poudre.
- Miquet, à Paris, 8,778.60.
- Déchets de coton.
- Pierre R.obin, à Orléans, 4.480.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest, 14 mars.
- 4,060 kil. fil à voiles.
- Henry, à Aron (Mayenne), adjud. à 7,149.60. Feutre animal en bandes ou panneaux. Faivre, à Nantes, adjud. à 73 les 100 kil.
- Toulon. — Le 13 mars. — Fourniture de toile cretonne de cachou.
- Almyre Coulombe, à Fiers, adjud. à 0.62 le mètre.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Modification des statuts et prorogation au 1er juillet 1896 de la société en nom collectif Eug. Desse et Jonquoy, fab. de tissus, gazes, barèges et autres nouveautés pour robes, châles et confections, rue de Cléry, 12 et 14 à Paris, avec maison de fabrication à Bohain (Aisne), devenue Eug. Desse, Jonquoy et Cie. — Cap. porté de 300,000 fr. à 400,000 fr. — Acte des 1er et 2 fév. 1889.
- St-DENIS. — Formation de la société en nom collectif Bertin frères, teinturiers, rue du Fort de l’Est. Durée : 20 ans. Cap. : 4,000 fr. — Acte du 27 février 1889.
- SEDAN. — Dissolution à partir du 23 janv. 1889 de la société Rouy et Dehan, fab. de draps. Liquid. : M. Rouy. — Acte du même jour.
- LYON. — Nomination de M. J.-B. Silvain, comptable, rue de la République, 75, comme liquidateur de la société Henri Grobon et Cie, teinturiers, place Tolozan, 22, qui a pris fin le 31 décembre 1888. Acte du 21 janv. 4889.
- ELBEUF. — Dissolution à partir du 19 février 1889 de la société Chedville et Cie
- dite filature elbeuvienne de laine peignée, à St-Aubin-Jouxte-Boullang. Liquid. M. Chedville, sous le contrôle du conseil de surveillance. — Jug. du même jour.
- ELBEUF. — Dissolution à partir du 28 fév. 1889 de la société Auguste Féret et Pierre Bolle (décatissage et apprêts des draps). Liquid. : M. Péret.— Acte du 21 février 1889.
- LYON. — Dissolution à partir du 25 février 1859 de la société Claris et Prévost, teintu-riers, rue Montbernard, 48. Liquid. : M. Claris. — Acte du même jour.
- AVESNES. — Foimation delà société en commandite Charles Flament et Cie (tissage de laines), à Fourmies. Durée 10 ans. Cap. 350,000 fr. dont 50,000 fr. en commandite. — Acte du 45 février 1889.
- FAILLITES
- ASNIÈRES et LEVALLOIS. - lo Hochart (Maurice) ; 2° Veuve Provot née Hochart, faisant le commerce de la teinturerie à Asnières, avenue d’Argenteuil, 4, et à Levallois, rue de Courcelles, 74. J. c. : M. Brunei. — S. : M. Ozéré.
- PARIS. — Demolliens (veuve), née Dufour, teinturière rue St-André-des-Arts, 36. — J.-c.: M Chevallier. — S. M. Godner.
- MONTLUÇON. — Aubourdier (Claude), teinturier. Jug. du 27 février 1889. — S. : M. Raynaud.
- BRESSUIRE. — Cacault (Auguste) négociant et teinturier. Jug. du 11 février 1889. S. : M. Ardoin.
- LYON. — M. Sallières (Germain), fab. de soieries, rue St-Pierre-le-Vieux, 8, et sa femme née Marrot. — Jug. du 29 février 1889.
- FONDS CÉDÉS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Massaux. X. Lavoir, r.deLourcine,4.
- David v” X. Teinturerie 56, rue de
- Babylone.
- Mugnier. Lecomte. Teinturerie, Boul. St-Michel, 9.
- Bonnet Ve Tholomié. Teinturerie, boul. du Temple, 10.
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- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- 1/Exposition. — M. Georges Berger, directeur général de l’exploita'ion de l’Exposition de 1889, fait savoir aux exposants de la galerie des machines qu’ils risqueront de subir des frais extraordinaires de transport et de manutention, si leurs appareils ne sont pas arrivés à la date réglementaire du 31 mars.
- Quant aux exposants des galeries industrielles, leurs colis devront tous ê're arrivés et déballés avant le 20 avril au plus tard. C’est à partir de cette date que les voies ferrées d’accès seront supprimées.
- Les constructions seront certainement prêtes pour le 1er mai et les installations intérieures incombant aux commissions spéciales sont commencées et pourront être terminées à temps ; ie travail s’y poursuit du reste activement.
- Pour nous en rendre compte nous avons fait une visite dans les sections représentant nos industries. Voici en quelques mots rapides, l’état dans lequel nous les avons trouvées.
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- — La classe 34, Dentelles et Passementeries, dont la surface est de 1,146 mètres, contient seulement un petit nombre de vitrines hautes et étroites adossées au mur; au milieu le vide. Voilà une galerie où l’on aura besoin d’une activité dévorante si l’on veut arriver à temps.
- — Dans la classe 35, Bonneterie, accessoires de vêtements, c’est moins avancé encore. La surface de 1,667 mètres est entièrement libre; au centre, seu!erdent,se dresse l’ossature d’une sorte de dôme en ier, destiné à des vitrines.
- — En revanche, sa voisine la classe 33, Soies-Soieries (surface : 2,292^mètres), est en pleine activité. St Etienne et St-Chamond d’une part, Lyon de l’autre, font assaut de goût, d’élégance et de rapidité dans l’installation.
- La salle de St-Etienne, en particulier, présente un ensemble de vitrines, à peu près terminées qui font le plus grand honneur à la maison Martin qui les a construites de toutes pièces, à St-Etienne même.
- La salle réservée à Lyon est un peu moins avancée, mais son installation sera le digne pendant de celle de la ville voisine.
- — Les 2,500 mètres affectés à la classe 32, Tissus de laine, sont entièrement couverts par de longues files de vitrines uniformes, hautes et peu profondes.
- Mais, que la circulation va être difficile et pourquoi ces allées si étroites où deux personnes allant en sens inverse, seront obligées de se ranger et de raser les vitrines pour pouvoir passer? Seule, l’allée centrale a une largeur suffisante.
- — Peu de chose à dire, quant à présent, de la classe 30, Tissus de coton, (surface 1,458 mètres).
- Une demi-douzaine de vitrines singulières, au fronton imitant le toit de l’ermitage des Dragonsde Villars,sont éparsessurleplancher.
- — Dans laclasse44, d’une surfacede 312">50, Produitsagricolesnon alimentaires, rien, rien, pas même un clou dans la muraille.
- — La classe 46, Blanchi ment-Teinture (surface 927ra50), aunaspect funèbre, avec ses longues files de vitrines noires, mouchetées de petits ornements blancs ; cet aspect lugubre n’est que provisoire.
- 11 faut ces cadres noirs pour que les teintes ne subissent pas de faux conirastes.
- Au plafond, d’ailleurs, de larges cordelières avec nœuds et glands blancs et rouges, donnent déjà la note gaie.
- — Encore des vitrines noires, mais larges et basses dans la classe 31, Tissus de lin et chanvre (surface 1,250 mètres), et là-haut, courant d’une ferme à l’autre, les cordelières blanches et rouges.
- — L’installation de la classe 39, Campement, est bien ordonnée ; sur les 833 mètres qui lui sont affectés s’allongent des vitrines largement espacées, très basses et à grandes glaces ; là, au moins, le public pourra circuler et s’arrêter tout à son aise.
- On ne peut donc encore juger de l’aspect définitif, mais les plans qui nous ont été communiqués nous font espérer une bonne impression finale.
- Les travaux intérieurs sont peu avancés en général, mais en un mois on fait beaucoup de choses en menuiserie.
- Droits sur les tissus tricotés pour eliàles. — La chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris, a adressé la réclamation suivante à l’administration des douanes :
- Monsieur le directeur général des douanes,
- La chambre syndicale de la bonneterie de Paris, en sa séance du 20 février dernier, a résolu de vous prier de vouloir bien prendre en considération l’appréciation suivante qu’elle a adoptée concernant l’application du tarif des douanes en ce qui concerne les tissus tricotés.
- Le tarif général taxe à 120 fr. 0/o k. la bon-neierie laine pure coupé ou sans couture.Dans cette catégorie, rentrent les tissus en pièce destinés à subir en France une façon quelconque avant la mise en vente de l’article.
- Pour entrer en France des châles tricotés aux droits les plus réduits, les Allemands ont commencé par nous envoyer, d’une part, du tissu destiné à être coupé en France en carrés de dimensions variables et. d’autre part, des franges destinées à être cousues en France autour des carrés.
- Mais aujourd'hui, il entre à 120 fr. des carrés tout coupés d’une part et des franges de l’autre.
- A la suite d’une expertise récente faite à la douane, Fexpert du gouvernement a refusé d’accepter ces carrés coupés pour de la bonneterie laine pure à 120 fr. mais les a assimilés aux vêtements à 524 fr. L’expert de l’expéditeur a accepté cette manière de voir.
- La chambre syndicale de la bonneterie, considérant que les châles tricotes ne sont même parfois que des morceaux de tricot coupés au carré sans adjonction de franges ni garnitures, estime que cette interprétation tout exceptionnelle qui vient d’être acceptée, devrait être à l’avenir la seule admiseet appelle,sur ce point, toute votre bienveillante sollicitude.
- Permettez moi, Monsieur le directeur, d’attirer en outre votre attention sur ce fait surprenant que les expertises soumises à votre appréciation ne portent jamds que sur des quantités peu importantes, tandis qu’il est notoire que, pour le jersey particulièrement, il est reçu en France de très fortes expéditions.
- Veuillez agréer, etc.
- Numérotage de la bonneterie. —
- Puisque nous sommes sur ces articles, mentionnons que les fabricants allemands, en une réunion tenne récemment à Stuttgart, ont décidé que l’on cesserait, à partir du l®r janvier 1889, d’employer pour la désignation des tailles le numérotage de 0 à 7.
- Sous réserve d’une certaine latitude, en raison de l’élasticité du tricot, les désignations suivantes ont été adoptées:
- GILLETS
- Grandeur, 'numéros 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54.
- Largeur, centimètres 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54.
- Longueur, centimètres 36 42 48 54 60 65 70 75 80 85.
- CALEÇONS
- Grandeur, numéros 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54.
- Largeur, centimètres 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54. »
- Longueur, centimètres 58 66 74 82 86 96 102 108 114 120.
- CHEMISES
- Grandeur, numéros 30 33 36 39 42 45 48 51 54 57 60.
- Largeur, centimètres 30 33 36 39 42 45 48 51 54 57 60
- Longueur, centimètres 48 56 64 70 80 85 90 95 100 105 110.
- —O—
- De» grèves. — L’actualité s’impose il faut bien encore parler du mouvement gréviste. Voici les dernières nouvelles au moment où nous mettons sous presse.
- Lille, 22 mars. — Le calme continue à régner partout. Il ne reste plus à Lille où tous les tissages travaillent, que quelques grévistes.
- A Halluain, 60 ouvriers ont repris le travail.
- A la Gorgue-Estaire, le travail est entièrement repris chez M Delahaye. Il est repris en partie chez M. Lecomte et chez M. Gamelin.
- A Armentières, les ouvriers de M. Rozeau sont rentrés au travail ce matin.
- Une partie des troupes détachées dans les centres où la grève est apaisée ont regagné leurs garnisons.
- — A Saint Quentin, une grève de tisseurs a aussi éclaté.
- Aux ouvriers de la maison Boca qui ont donné le premier signal de la grève, se sont joints 250 tisseurs de la maison David.
- Réunis alors au nombre de 800 environ, iis se sont rendus à l’usine Basquin et ont engagé les ouvriers à ne pas rentrer. Une centaine sur 250 ont refusé de quitter les ateliers.
- Dans la journée suivante la foule des grévistes ayant voulu s opposer à la rentrée des ouvriers dans les ateliers Hamelle, les gendarmes et les agents de police ont cherché à M respecter la liberté du travail. Ils ont été fl’ eus à coup de pierres et ont dû opérer detfl arrestations.
- Un escadron de dragons a été demandé 1 Compiègne.
- Cette grève est du reste en voie d'apaisern^'
- — A la Bastide-Rouairoux, une grève Pr0' voquée par les ouvriers des maisons Berthe e Houard, pour une question de salaires, seSt étendue aux autres tissages de cette place’ 450 ouvriers y ont pris part.
- — Maintenant, voici une grève de fîlateursi mais elle est en Amérique.
- Les filateurs de Fa II. River (Massachusetv ont dû suspendre leur fabrication : 25.000 o vriers s’étant mis en grève pour obtenir ^ augmentation de salaire. ;
- Eu voilà une au moins qui ne nous fera P ’ de tort.
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- Chambre syndicale des riers dégraisseurs. — La chambre convoquée à son local habituel ,10, Rue de IK cry, à Paris, le lundi 1er avril, à 8 heures Ordre du jour:
- 1° Lecture du procès verbal -,
- 2° Communication de M. le Président.
- 3° Lecture des statuts portés à l’appr° tion de l’assemblée générale.
- Le Gérant : F. GouillO*
- Tous droits réservés
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- Imprimerie G. COLIN, à Charleville (Ardenn
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- LA
- 2"" Année, Pi0 7.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
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- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES 1# Avril 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Les Progrès des industries tinctoriales en 1888.
- Procédés divers : Bleus d’indulines ; Remontage des bleus de cuve ; Teinture des feutres ; Blanchiment du jute. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle : — Note sur les procédés employés par les Annamites et les Chinois pour la teinture des soies. — Renseignements commerciaux.— Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Paris est bien réellement le centre du mouvement et des informations; nous sommes en ce moment en province pour service patriotique ( comme officier territorial d’artillerie), et déjà nous nous sentons isolé de ce mouvement.
- Privé de nos renseignements journaliers, nous nous retournons donc vers le passé et lui demandons des enseignements pour l’avenir.
- C’est l’occasion de donner un coup d’oeil sur notre commerce extérieur, et malheureusement cette revue n’est pas satisfaisante.
- Notre exportation générale d’objets fabriqués a subi, en 1888, une diminution de 21 millions et demi de francs, imputable surtout aux industries textiles, à l’exception de la soie qui a progressé de plus de 25 millions et demi de francs qui sont venus, heureusement, en atténuation des pertes subies sur d’autres articles, tels que les lainages, les cotonnades et les confections pour hom-ûî6s et pour dames.
- Sur ces articles, le déficit a été assez sérieux. Il est de près de 30 millions de francs sur les tissus de laine et de
- millions sur les tissus de coton ; il est de près de 4 millions de francs sur Jes confections pour hommes et d’un Peu moins de 10 millions sur les confections pour dames, ce qui fait, au total, environ 14 millions. Cela constitue Une grande brèche ouverte dans notre
- exportation.
- Pour ce qui est des tissus de laine et de coton, elle porte tout entière sur les tjssus mélangés, laine et coton ; elle est de 35 millions de francs sur ces deux Seuls articles, d’une année à l’autre.
- La diminution provient surtout des pays d’Amérique ; des Etats-Unis, 350.000 kilog., du Brésil, 75.000 ki-log., et d’autres pays (non compris l’Italie), 360.000 kilogrammes.
- Où en résident les causes1? Nous croyons savoir que la concurrence allemande s’exerce, de l'autre côté de l’Atlantique comme partout, avec une activité fébrile, et que les fabriques allemandes gagnent, là, comme en Europe, un terrain énorme aux dépens de notre production et de notre exportation française.
- C’est à nos industriels d’aviser ; nous signalons le péril ; il convient d’y porter remède, s’il est possible, et pendant qu’il en est temps encore.
- *
- * *
- Les pays récemment entrés sous notre protectorat nous offrent quelques nouveaux débouchés, mais bien insuffisants pour combler d’aussi grands vides.
- La Tunisie promet de devenir pour nous un marché sérieux : chaque nouvelle statistique nous signale un progrès dans nos importations.
- L’exportation en Cochinchine et au Tonkin augmente dans des proportions que nous désirerions plus considérables encore ; mais, il est agréable de le constater, avec la certitude de la voir s’augmenter à mesure que les grandes quantités de marchandises importées par nos concurrents en vue de l’augmentation des droits auront été écoulées. Nous savons, d’ailleurs, que les fabricants français se sont mis à produire les genres qui conviennent dans ces pays, avec leurs largeurs et leurs métrages.
- La rupture de nos traités avec l’Italie n’esi pas une cause appréciable de la diminution de notre exportation, il est établi que depuis plusieurs années notre importation chez elle baissait graduellement.
- Nous n’avons de chiffres annuels pour notre commerce avec l’Italie que jusqu’en 1887 ; la perte totale pour les 7 dernières années était de 1.149.900.000 francs, la moyenne des pertes est de 164.271.442 francs.
- Mais si nous ne souffrons pas considérablement de cette situation, l’Italie paraît en être plus gravement atteinte, et de nouvelles avances nous sont faites
- pour revenir ?à une convention commerciale.
- Cependant les concessions qui nous sont offertes sont illusoires et spécieuses.
- Sur les fils et tissus de lin, de coton, de laine et de soie, représentant pour nous un commerce de 38 millions, l’Italie ne veut pas sortir du tarif général, et omet à dessein certaines désignations qui nous sont favorables.
- Sur les peaux vernies que nous lui importions pour 8 millions 1/2, elle ne fait aucune concession.
- Par contre elle est très généreuse pour environ 5 millions de petits produits tels que fleurs artificielles, bouteilles vides, etc., qui nous intéressent bien peu.
- Ce n’est pas encore sur de semblables bases qu’il serait sage de traiter et nous avons la certitude que nos voisins en seront pour leur politique machiavélique.
- * -*
- Pour nous changer de ces graves propos, voyons ce que dit la mode et ses manifestations tinctoriales :
- La saison nouvelle nous amène encore des teintes pâles, neutres, généralement mélangées, ayant en général une tendance à s’éclaircir ou à s’étendre en s’affaiblissant vers le blanc. C’est ainsi que le vieux rose devient une teinte seulement rosée, presque grise, assez jolie du reste.
- Les bleus, les gris, ont le même aspect tranquille.
- On fait de jolies créations dans le genre broché et les tissus à dispositions; beaucoup aussi de bordures satinées ou brodées de points de couleur, soie, laine, chenille, destinés à être employés en ornement d’après la disposition même du tissu.
- Dans les couleurs foncées et comme teinte de fond, de même que pour la cravate et la bonneterie, on fait beaucoup le bleu violacé foncé, cette teinte ardoisée que l’on obtient par les induli-nes, et qui est celle de l’échantillon de ce numéro. On lui a donné dans les modes le nom d’oxyde ou oxydé.
- Cette couleur en dégradation donne pour le demi-clair, le Héron, et pour le clair le Minuta. Ces désignations sont bonnes à connaître.
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- Le vert fusain dont nous avons donné un échantillon dans notre précédent numéro est réellement très employé sous toutes les formes, ainsi qu’une de ses dégradations que l’on nommait autrefois Pistache, mais que la mode nouvelle a baptisé sauterelle. Jusque dans l’ameublement, ce vert pâle brunâtre fait fureur.
- Notre second échantillon bleu-Limoges a aussi sa dégradation ou son camaïeu, que l’on nomme Faïence; ce sont là ces bleus et gris dont nous parlons 'plus haut.
- A citer encore, le Bleu de Sèvres, les teintes Mastic, Camélia, Praline, etc. et nous voyons toutes ces nuances, notamment sur les crêpes de Chine, revenus tout à fait en faveur, non plus en châles, mais en pièces se prêtant à de nombreux usages.
- Dans les soieries façonnées et imprimées, nous remarquons des fantaisies en taffetas, en satin, sur lesquelles se détachent des bouquets et des guirlandes finement nuancés ; des grands pé-kins Louis XVI, illustrés aussi de guirlandes ; puis des pékinés faille et satin, satin et noir, avec leurs larges rayures ombrées.
- Les dentelles et guipures s’assortissent aux nuances des fonds, on les teint en toutes couleurs, avec ou sans mélange de fils dorés.
- Partout, enfin, le goût et l’invention de nos fabricants se révèle sous les aspects les plus brillants.
- * *
- Il nous reste à dire un mot de la Teinture en nettoyage ; nous y revenons fréquemment depuis quelque temps, mais le moment est opportun, car chacun des intéressés sent actuellement le besoin de prendre des mesures régénératices ; la profession étant en mauvaise situation à Paris. La province n’est pas encore trop atteinte, mais le mal pourrait s’y répandre.
- Ce mal vient pour quelques-uns de la trop grande abondance des maisons ou plutôt des dépôts, et de l’avilissement des prix qui en sont la conséquence, car elle oblige même les vrais teinturiers à se faire une concurrence ruineuse.
- Plusieurs idées nous ont été soumises en réponse aux remarquables articles de M. V. Barbé.
- l ’un de nos correspondants nous dit: Puisque les nettoyeurs à sec sont la principale ressource des faux teinturiers, nous, les vrais, associons-nous pour monter une usine à empleins en lui réservant tout notre travail; les nettoyeurs
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- actuels privés de notre clientèle qui est toujours la plus importante pour eux, ne pourront plus marcher, ni par conséquent les faux teintu riers.
- Un autre fait remarquer que la plupart des boutiques à teinture ne vivent que par le crédit et l’appui qu’ils trouvent auprès des fabricants pour confrères ; qu’ils sont cause de tout le mal de la teinture, sans elles-mêmes réussir à en vivre suffisamment ; qu’en leur Retirant ce crédit et cet appui elles ne subsisteraient pas quinze jours. 11 n’y aurait alors qu’à s’entendre pour inviter les fabricants à lâcher ces maisons, grâce â quelques compensations.
- Comme on le voit, ces moyens sont violents et d’une application difficile. Nous les citons parce qu’ils ont cours dans l’opinion de quelques teinturiers, mais nous engageons encore nos correspondants à trouver mieux.
- La nouvelle Chambre syndicale pourrait faire quelque chose si elle voulait se montrer un peu plus exclusive à l’égard des faux teinturiers. Pour guérir il faut quelquefois amputer.
- Les ouvriers teinturiers-dégraisseurs de Paris cherchent à se syndiquer, et auraient leurs réunions à la Bourse du travail ; il en résultera quelques luttes envers les patrons, mais peut-être aussi quelques bons résultats pour l’avenir de la profession.
- F. Gouillon.
- LES PROGRÈS
- DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- Pendant le premier semestre 1888 Par le D1 A. Julius (Extrait du Chemische Industrie)
- (Suite)
- Si l’on soupçonne l’addition de sulfate de zinc, la plus stupide de ces falsifications, puisqu’elle donne naissance à une laque insoluble, il faut calciner à température aussi basse que possible.
- On reconnaîtra le curcuma par un essai de teinture sur coton non mordancé $ le curcuma teint cette fibre; le morin, matière colorante du bois jaune, ne la teint pas.
- Pour l’extrait de quercitron, frauduleusement mélangé à l’extrait de bois jaune, il n’existe aucune méthode d’analyse praticable dans un laboratoire d’usine. C’est ce que l’on doit dire aussi, malheureusement, de beaucoup de falsifications des extraits de bois ou de substances tanniques.
- Extraits d'orseille.
- Dans un travail aussi important que le précédent, F. Breinl traite des falsifications des extraits d'orseille. Il examine d’abord et criti-
- que les procédés proposés pour les reconnaître.
- Pour reconnaître l’addition d’extrait de carn-pêche ou de bois rouge, Mierdzinski a indiqué les méthodes suivantes :
- A 50 gouttes d’extrait d’orseille, étendu de 93 grammes d’eau et acidulé légèrement par l’acide acétique, on ajoute 50 gouttes de chlorure d’etain (1 de sel sec, 2 d’eau) et l’on chauffe à l’ébullition. Avec l’extrait d’orseille pur, la liqueur se décolore entièrement dans ces conditions. Avec un extrait adultéré par 3 à 5 pour 100 de campêche, elle reste grisâtre. Avec un extrait contenant de 3 à 5 pour 100 de bois rouge, elle est rougeâtre. Breinl a trouvé ces indications exactes en ce qui concerne l’addition d’extrait de campêche 5 mais elle n’est pas sensible quant au bois rouge, parce que l’extrait d’orseille pur ne donne pas une liqueur complètement incolore, mais une liqueur légèrement jaune brune, et que la coloration rouge assez faible due à une addition de 3 à 5 pour 100 d’extrait de bois rouge peut être masquée.
- Le procédé de Liebmann et Studer pour découvrir les différentes fuchsines : fuchsine ordinaire, sous-produit de fuchsine ou fuchsine sulfoconjuguée, est assez sensible pour déceler jusqu’à 0025 pour 100 de l’une de ces matières colorantes dans l’extrait d’orseille(1).
- La réaction que Kentesz a proposée pour le même objet (aldéhyde benzoïque et réduction par l’étain et l’acide chlorhydrique à froid) est moins sensible et moins sûre. 11 arrive souvent, lorsque l’on a trop étendu sa liqueur, que l’aldéhyde reste incolore bien qu’il y ait de la fuchsine S en présence.
- Enfin la méthode de Fairley, consistant à extraire à plusieurs reprises par l’ammoniaque qui ne dissout pas les bases colorantes dérivées de l’aniline, ..e s’applique , cela va de soi, qu’aux fuchsines non sulfoconjuguées ; ensuite, elle est très peu sensible.
- L’auteur a dressé un tableau de toutes les matières colorantes qui peuvent se rencontrer dans l’extrait d’orseille. Il divise celles-ci en trois groupes :
- Groupe I. — Ce groupe comprend toutes les couleurs qui ne se décolorent pas lorsque l’on fait bouillir l’extrait d’orseille avec une liqueur de 10 grammes de sel d’étain, 50 centimètres cubes d’acide chlorhydrique concentré et 50 centimètres cubes deau. Tels sont :
- La fuchsine S et les fuchsines impures sulfo-conjuguées : cerise S, grenadine S, nacaratS» marron S ; ensuite le violet rouge 4 RS (Ba' dische Anilin und Sodaf.), orselline R et B (Meister, Lucius et Brunning).
- Pour l’essai, on reprend 1 à 2 grammes
- (1) Ce procédé consiste à réduire la soju lU de l’extrait d’orseille, étendue d’eau, par laci sulfureux et à agiter la liqueur décolorée a^ e de l’acétone.
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- d’extrait par 100 à 200 grammes d’eau bouillante; on ajoute à la liqueur filtrée 15 à30 centimètres cubes de la solution stannique ci-dessus et l’on fait bouillir. Si la liqueur devient brune ou jaune, il n’y a pas de matière dece groupe en présence. Si la liqueur apparaît bleue-violette, on a affaire à un mélange d’orselline R ou B. Si elle est rouge violacée, on est en présence de l’une des fuchsines sulfoconjuguées ou du violet rouge h RS.
- Groupe IL — Comprend la safranine, la fuchsine et ses sous-produits non-sulfocon-jugués, sous-produits que l’acétate de plomb ne précipite pas en solution alcoolique.
- Pour l’essai, on dissout 1 à 2 grammes d’extrait dans l’alcool bouillant, on filtre, on ajoute 10 centimètres cubes (par gramme d’extrait) d’acétate de plomb à 30° Baumé et l’on filtre à nouveau.
- Si la liqueur est incolore, on conclut â l’absence d’un colorant de ce groupe.
- Si la liqueur est cramoisie avec fluorescence rouge orangée, on a affaire à de la safranine ; rouge sans fluorescence, fuschsine ou l’un de ses sous produits. Pour distinguer la fuchsine d’avec les cerises, marrons, etc., on évapore une partie de la liqueur alcoolique et l’on ajoute, de l’acide nitrique au résidu ; liqueur jaune brune non dichroïque : fuschsine pure ; au contraire, on observe une fluorescence jaune-brune, sous-produit de fuchsine.
- Groupe III. — Contient toutes les couleurs azoïques. Pour l’essai, on dissout 1 gramme d’extrait dans 100 centimètres cubes d’eau bouillante, on filtre et l’on ajoute du sel marin. On lave le précipité avec un peu d’eau salée légèrement alcaline (quelques gouttes de soude caustique.) On reprend ensuite par un Peu d’eau bouillante et l’on soumet la liqueur contenant la matière colorante azoïque aux réactions colorées caractéristiques. Il suffit, Par exemple, de 0.5 à 0 1 pour 100 de l’un de ces pigments dans l’extrait d’orseille pour <lne le solution aqueuse prenne une coloration bleue ou violette au contact de l’acide sulfurique concentré.
- Enfin pour reconnaître les mélanges d’ex-traits d’orseille avec des extraits de campêche °u de bois rouge, l’auteur fait un simple essai de teinture avec du coton mordancé au fer ou à l’alumine. L’orseille ne monte sur ces mordants qu’en rose très-pale, tandis que le bois r°uge monte en brun noir sur le fer, en rouge ^unâtre sur l’alumine, et que le campêche, avec ces mêmes mordants, donne un noir bleuté et un violet.
- Dosage de l'Indigo.
- Cn. Rawson a fait une étude comparée des Méthodes de dosage usuelles de l’indigo.
- ba titration au permanganate, — d’après Mohr, — fournit des résultats trop élevés, Parce que le permanganate agit aus^i sur les Ratières incolores solubles dans les acides di-U(^3 qui accompagnent l’indigo. L’auteur pro-
- pose, pour éviter cette cause d’erreur, de déplacer l’indigo sulfoconjugué par le sel, de laver le précipité, de le redissoudre ensuite dans l’eau acidulée pour titrer au permanganate.
- Mais la méthode la plus sûre paraît être la suivante : dans un matras, on introduit 1 gramme d’indigo finement broyé avec de l’eau et l’on ajoute 500-600 centimètres cubes de chaux. Le matras est fermé avec un bouchon de caoutchouc à quatre trous. L’un d’eux livre passage à la plus courte branche d’un siphon, dont la branche longue débouchant au-dessous du fond du bacon est obturee au moyen d’un tube de caoutchouc et d’une pince. Une deuxième ouverture porte la douille d’un entonnoir à robinet. La troisième est occupée par un tube abducteur relié à l’appareil producteur d-hydrogène ; et la quatrième enfin sert de passage au tube de dégagement du gaz.
- Les choses étant ainsi disposées, on fait passer dans le matras un courant du gaz hydrogène, en même temps, on chauffe le liquide à 80° environ. Par l’entonnoir à robinet, on fait arriver de 100 à 150 centimètres cubes de solution d’hydrosulfite de sodium et l’on pousse la température, pendant une demi-heure environ, à l’ébullition. On laisse ensuite la liqueur se clarifier et l’on en siphone 500 centimètres cubes que l’on traite par un bon courant d’air; il se sépare de l’indigo (indigotine et rouge d’indigo) que Ton recueille sur filtre, lave, sèche à 100° et pèse. Pour isoler l’indigotine pure, on peut traiter le précipité par l’alcool fort, mais cette précaution n’est généralement pas nécessaire ; les chiffres obtenus par les pesées du précipité brut sont, en thèse générale et lorsqu’il s’agit d’indigos de même origine ou de même nature, sensiblement comparables.
- Pour préparer la solution d’hydrosulfite, on fait digérer dans un flacon bouché une solution de bisulfite de sodium d = 1.39 avec de la tournure de zinc fine. Lorsque l’odeur de l’acide sulfureux a disparu, au bout d’une demi-heure environ, on dilue la liqueur avec 10 parties d’eau, à laquelle on ajoute 1/10 de son poids de chaux éteinte. On décante la liqueur claire que l’on conserve à l’abri de la lumière, sous une couche de pétrole.
- II
- Les nouveaux mor dants.
- Le nombre de nouveaux mordants offerts à la teinture et à l’impression s’est accru sensiblement durant le semestre écoulé. Parmi ces nouveaux agents, plusieurs semblent mériter l’attention la plus sérieuse, et si tous ne tien’ nent pas les promesses qui ont été faites en leur nom au moment de leur éclosion, il n’est pas douteux cependant que quelques-uns n’aient une carrière de longue durée et ne remplacent peut-être tel ou tel des mordants classiques, dans l’avenir.
- 11 est vrai que si ces nouveautés sont prô-
- 51
- nées par les uns, elles sont vivement combattues d’autre part, et il faut laisser au temps de décider qui a tort et qui a raison.
- Cependant nous croyons que le teinturier, aussi bien que le fabricant de produits chimiques, aurait £rand tort de se cantonner dans cette idée, encore trop répandue, que les anciens mordants, notamment l’émétique, ne sauraient être convenablement remplacés.
- Substituts de l'émétique.
- Parmi les substituts de l’émétique, nous citerons, en première ligne, 1 esel de de Haen. Ce sel ammoniacal double, delà formule :
- SbFl3+(AzHi)2S04,
- contient kl pour 100 d’oxyde d’antimoine, contre 43 pour 100 dans l’émétique. De ce chef, 5 parties d’émétique peuvent être remplacées dans une préparation par k parties du sel de de Haen. Si nous comparons, comme l’a fait la « Faerberei Musterz., 1888, p. 196 », le prix des deux sels, soit :
- Pour l’émétique........ 306 fr. p. 100 kilog.
- Pour le sel nouveau. ... 225 fr. —
- nous trouvons que 100 kilogrammes d’oxyde d’antimoine utile reviennent :
- Avec l’émétique.............. à 635 francs.
- Avec son substitut........... à 480 —
- Un grave inconvénient du sel de de Haen résulte de sa forte réaction acide et de ses propriétés corrosives, auxquelles ne résistent ni les métaux, ni le verre. On est obligé de mordancer dans des cuves en bois.
- Les appréciations diffèrent beaucoup touchant les services que l’on en peut attendre. Alb. Frey a constaté que le sel employé isolément fixe mal le tannin, à cause de son acidité; mais il fournit des résultats très brillants lorsqu’on le neutralise partiellement en ajoutant au bain \/k du poids du mordant de cristaux de soude. La concentration convenable du mordant est, pour 1 litre d’eau :
- Sel d’antimoine.............. 4 grammes.
- Soude cristallisée........... 1 —
- Température pour les passages, environ 50° centigrades. Les nuances obtenues sont plus brillantes et plus nourries que sur mordant émétique. Eug. Dollfus a observé qu’en effet le tannin se fixe complètement avec le tour de main indiqué par Frey ; mais il se produit au dégommage des accidents avec certaines nuances associées aux couleurs sur tannin. C’est ainsi que les nuances de graines jaunes diminuent d’intensité. Cet effet est surtout marqué lorsque l’on opère h une température plus élevée que celle indiquée par Frey.
- Rhodanates aluminiques.
- J. Hauff a breveté une méthode de préparation de rhodanates basiques d'aluminium (D. R. P. n«> 42682 dd 2 marsl887). Ces sels, dont la série va du rhodanate tribasique au rhoda-nate octobasique, n’étaient pas connus jus-
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- séricoïne dérive de la fibroïne par perte d ammoniaque. L’auteur poursuit l’étude de cette réaction.
- I J
- qu’ici ; on n’avait obtenu encore que le rhoda-nate monobasique.
- Hauff prépare les sels polybasiques en dissolvant la quantité calculée d’hvdrate d’aluminium fraîchement précipité dans une solution de rhodanate neutre dont on élève lentement la température.
- Le sel tétrabasiqus peut être évaporé à sic-cité sans aucune décomposition et il se redissout ensuite sans résidu. On comprend que Ce s sels puissent remplacer avec avantage les rhodanates moins basiques déjà connus et utilisés comme mordants dans la teinture et l’impression.
- Fluorure de chrome.
- Un mordant de chrome qui paraît devoir remplacer lessels d’oxyde de chrome à présent en usage est le fluorure de chrome, que la maison Rud, Koepp et Ce a breveté dans tous les Etats européens. Le produit commercial est sous forme d’une poudre cristalline, vert de chrome, contenant 42 pour 100 d’oxyde de chrôme; sa composition est exprimée par la formule : t
- CrFl3-f4H20
- Il se dissout dans l'eau en une liqueur verte.
- Suivant G. Stein, le fluorure de chrome est non-seulement un excellent mordant pour le coton, mais il cède aussi directement l’oxyde de chrome à la laine. Les couleurs d’alizarine s’obtiennent en nuances plus foncées qu’avec le mordançage au bichromate. Les bleus noirs au campêche sur coton viennent très bien.
- H. Lange a publié une étude très complète des applications de ce fluorure de chrome au mordançage de la laine. D'après cet auteur, le nouveau sel remplacerait avec avantage les chromâtes, toutes les fois qu’il s’agit d’obtenir des nuances brillantes et pures ou de teindre la fibre sous une forme où elle offre des difficultés spéciales.
- Etude sur la soie.
- Th. Weyl a repris l’étude chimique de la soie. La fibre, soigneusement épurée et séchée à 100°, a été immergée dans une quantité d’acide chlorhydrique fumant suffisante pour en amener rapidement la complète dissolution. Celle-ci est versée dans de l’alcool froid et le précipité gélatineux qui se forme est soigneusement lavé et séché. La combustion fournit des chiffres qui se confondent presque avec ceux que Malder et Cramer ass;gnent à la fibroïne de la soie purifiée, sauf pour l’azote qui a été trouvé plus faible de 1 pour 100 environ. L’auteur regarde le corps engendré par l’action de l’acide chlorhydrique concentré sur la soie comme analogue, mais non identique, à la fibreine; il le nomme séricoïne. La liqueur chlorhydrique séparée de la séricoïne contient du sel ammoniac. 11 semble donc que la
- Elude sur le colon.
- Le coton a fait l’objet d’une étude très-nourrie de F.-H. Bowmann. Le résultat le plus intéressant de ce travail est que le principal constituant du coton après la cellulose, l’acide pectique, n’est pas un dérivé delà cellulose, mais appartient a une série de composés voisins qui accompagnent généralement la cellulose et qui sont moins stables qu’elle.
- L’auteur attire de plus l’attention sur ce fait que le teneur en cendres du coton, qui varie de 1 à 1 1/2 pour 100, n’est pas sans influencer les opérations de blanchiment et de teinture.Les analyses font ressortir la quantité relativement élevée de fer que contiennent les çotor s d’Egypte.
- On doit à Camille Kœchlin une étude intéressante de la résistance des impuretés et pigments divers du coton aux agents de blanchiment et sur le traitement du coton en bain acide.
- L’enduitnese dissout que dans des lessives caustiques contenant au moins 15 grammes de soude caustique par litre; pour l’éliminer I complètement, il faut des lessives à 25 grammes par litre. L’auteur s’est occupé du procédé de blanchiment d’après Horace Kœchlin : passage en acide sulfurique, lessivage en solution de carbonate et sulfite de soude bouillante sans pression, chlorage et finalement passage en acide sulfurique. Ce procédé fournit les blancs les plus purs, notamment lorsque l’on opère avec des liqueurs chauffées à 80° et contenant de 0.5 à 1 gramme d’acide sulfurique au litre. La chaux du tissu est complètement éliminée, mieux qu’avec l’acide chlorhydrique. L’acide sulfurique offre d’ailleurs sur ce dernier l’avantage d’attaquer beaucoup moins la fibre, même en liqueur plus concentrée, et d’être éliminé plus facilement par les lavages.
- (A suivre)
- PROCÉDÉS DIVERS
- Bleus d’indulines — Oxydés — ^miral
- C>
- Les produits dits : Indulines, Nigrosines, Indigolines, Bleus-noirs, etc., donnent des
- nuances bien connues et que notre échantillon rappelle ; elles ne doivent pas être confondues avec les bleus-marine, qui n’ont pas le même reflet violacé.
- On en fait un assez grand usage en ce moment, tant dans le vêtement que dans l’ameublement, et dans les laines à crochet, à tricot et à tapisserie. Sur soie on en fait des nuances de fond bien nourries.
- Le nom Oxydé quia été adopté par la mode n’est pas très usité ni très bien trouvé ; on l’a appelé aussi Amiral, ce qui rappelle sa pa* renté avec la marine.
- En descendant l’échelle des tons dans les mêmes nuances, nous trouvons le Goura, le Héron, le Minuta : encore des noms très fantaisistes.
- Les indulines donnent des teintes assez solides, résistant à la lumière et aux savonnages , il s’en fait de rougeâtre (marque R), et de plus bleue (B) ; notre échantillon est obtenu avec celte dernière.
- Teinture de la laine.
- Pour 10 kil. de laine, en ton de l’échantillon :
- Colorant..................... 1 kil.
- Sulfate de soude............. 1 —
- Acide sulfurique............. 100 gr.
- Eau.................. environ 300 lit.
- Teinture de 1/2 heure à 1 heure, au bouillon.
- Il faut être prudent dans l’emploi de l’acide sulfurique : un excès précipite la couleur, aussi quelques teinturiers le remplacent-ils par un acide organique, soit l’acide oxalique (200 grammes), ou la crème de tartre (500 grammes).
- Teinture de la soie.
- Pour 10 kil. de soie :
- Colorant......................... 1 kil.
- Bain de décreusage.............. 50 lit.
- Acide sulfurique................ 50 gr.
- Eau............................ 250 lit.
- Teindre à chaud jusqu’à nuance voulue.
- Aviver dans un léger bain d’acide sulfurique.
- Si l’on n’a pas de savon de grès, on le remplacera par 2 kil. de savon de Marseille.
- Même observation que pour les laines, en ce qui concerne l’acide sulfurique -, cependant il en faut assez pour que le bain ait une réaction légèrement acide, après avoir sature l’alcalanité, du savon.
- Teinture du coton.
- Le coton se teint sans mordant pour les gris clairs, mais ne monte pas au-delà, aus^1 dans le chiffonnage, ces couleurs ont-elles l’avantage de teindre les vêtements de laine en bleu corsé, tandis que les doublures restent en gris.
- Pour arriver aux bleus corsés sur coton, il faut mordancer préalablement, et le Pr0#
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- cédé ordinaire au tannin et à l’émétique, ne réussit qu’à moitié.
- Le suivant donne de meilleurs résultats.
- 1° Passer au tannin et au sumac comme pour le procédé à l’émétique.
- 2° Tremper une 1/2 heure à froid dans une dissolution de sel d’étain, contenant :
- Sel d’étain...................... 1 kil.
- Acide chlorhydrique.......... 100 gr.
- Eau............................. 100 lit.
- Après rinçage, ou même un simple égouttage, on peut teindre sur le même bain que la laine.
- Teinture du jute.
- Teindre sur le bain de la laine, en y ajoutant :
- Alun.................... 2 kil.
- La teinture demande environ une 1/2 heure et se fait à bain modérément chaud.
- Remontage des bleus de cuve
- Nous nous proposons de passer en revue différents procédés de remontage des bleus d’indigo ; nous commençons par d’anciennes formules, en considérant, toutefois, que les plus récentes n’en diffèrent pas considérablement, sauf en ce qui concerne l’emploi des couleurs d’aniline dont nous aurons aussi à parler.
- Après la laine nous verrons le coton.
- Voici d’abord des formules où le remontage est pour ainsi dire, la couleur principale, le pied de cuve étant très faible.
- Les dosages indiqués sont pour 100 kil. de laine.
- Nous nous servons des anciennes dénominations .
- Bleu violeté.
- 1° Teindre à la cuve en déblanchi moyen.
- 2o Rinçage et teinture sur le bain suivant :
- Orseille.................. 20 kil.
- Alun...................... 2 —
- Cet avivage est peu solide, et résiste tout au plus aux lavages.
- Bleu de roi.
- 1° Teindre en petit déblanchi, à la cuve.
- 2° Après rinçage, bouillon de deux heures
- avec :
- Campêche.................... 20 kil.
- Santal...................... 16 —
- Sumac........................ 5 —
- Orseille..................... 2 —
- Tartre....................... 1 —
- Lever, ajouter au bain :
- Sulfate de fer............... 6 —
- Rentrer la laine, bouillon d’une demi-heure, pauser une heure, lever, rincer, sécher.
- Bleu National.
- 1° Pied d’indigo à la cuve, en bleu moyen.
- 2° Rinçage, et bouillon de deux heures sur :
- Santal . 20 kil.
- Sumac . 3 —
- Cristaux de tartre . 1 —
- 3<> Semer sur le même bain :
- Sulfate de fer h kil.
- Manœuvrer la laine pour bouillir une demi-heure. bien unir,
- Cet avivage tient assez bien au foulage.
- Bleu grec.
- 1° Petit déblanchi sur cuve, et rinçage.
- 2° Bouillon de deux heures avec :
- Orseille 12 kil.
- Campêche . A —
- Santal 2 —
- 3° Sans lever la laine, arroser le bain avec une dissolution faite à l’avance de :
- Chromate jaune de potasse.... 150 gr.
- Manœuvrer pour unir et donner un nouveau bouillon d’une demi-heure. Rincer.
- La teinte est peu foncée et tient mal au foulon.
- En général ce sont celles presqu’exclusive-ment formées de santal qui foulent le mieux, malheureusement ce bois porte au rouge.
- [A suivre).
- Teinture des feutres Suite
- Bleu ordinaire.
- Pour 6 douzaines de chapeaux pesant 7 à 9 kilogr.
- Faites-les bouillir pendant trois quarts d’heure avec un kilogramme d’alun 500 gr. d’acide oxalique, 750 grammes crème tartre, 90 grammes de chromate de potasse et 40 grammes de sulfate de cuivre.
- Otez-les ensuite, rincez-les et plongez les pendant encore l heure dans un nouveau bain composé de 3 kilogrammes et 750 grammes de bois de campêche et 2A0 grammes d’indigo soluble.
- Blanchiment du jute
- Voici un procédé indiqué pour les chiffons de papeterie mais qui pourrait bien recevoir des applications aux matières neuves :
- Le jute est lessivé avec 15 0/0 de chaux pendant 10 heures sous une pression de 1 1/2 kilogr., puis essoré et soumis pendant un laps de temps de 12 à 24 heures, à l’action du chlore gazeux.
- Après cette opération, il est coloré en jaune orange et on le lave pour lui enlever toute trace de l’acide qui a pu se former.
- On ajoute ensuite une solution alcsline de soude caustique à raison de 1/2 kilogr. pour 400 kilogr. de chiffons. Cette faible quantité d’alcali suffit pour rendre soluble dans l’eau la matière colorante oxydée par l’action du chlore et qui est ensuite évacuée par l’eau de lavage qu’elle colore en brun foncé.
- Après ce dernier lava ge, le jute peut êtr blanchi à la manière ordinaire par le chlorure de chaux, dont 5 à 7 kilogr. suffisent pour 100 kilogr.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur Deuxième partie. — Exécution du travail.
- RÉCEPTION DE L’OUVRAGE
- Qualités nécessaires des dames de magasin
- Un travail bien reçu est à moitié fait.
- Cela est peut-être exagéré, mais il est certain que des dames de magasin inexpérimentées vous compliquent singulièrement la besogne, et que celles qui savent, au contraire, guider le choix des clients, n’accepter que de l’ouvrage normal, la facilitent d’abord, puis satisfont davantage la clientèle, en lui rendant des pièces dont on a tiré le parti le plus avantageux, et qui ne sont ni usées, ni rongées par des opérations forcées, notamment par des dégradages.
- Eviter du travail trop compliqué, des tours de force, cela est très-bien, mais il ne faut pas non plus, par excès de prudence ou par ignorance, refuser de faire tout le possible, dès lors qu’il reste dans les bornes rationnelles.
- Ainsi, il est des maisons ayant des demoiselles de comptoir qui n’ont jamais pénétré dans un atelier, et qui n’ont ainsi nulle idée de la façon dont le travail s’exécute, de même qu’aucune notion du mélange des couleurs -, ou leur a dit que le « loutre » pouvait se faire à peu près sur tous les fonds de couleur ; alors elles vouent toute leur clientèle au loutre, et le loutre dans leur entourage devient le cachet distinctif des vêtements reteints.
- Les clients se lassent d’être toujours habillés en ramoneurs, et ils vont trouver un autre teinturier qui veut bien leur faire un gros bleu sur un paletot gris clair ou un bronze sur un fond marron.
- Ces jeunes perruches ne connaissent aussi qu’un refrain : « nettoyage à sec, nettoyage à sec »,même pour des articles qui vont très-bien au mouillé, mais il est vrai que le chef d’atelier peut ici ne faire que ce qu’il juge à propos.
- Quoiqu’il en soit, il faut donc des personnes expérimentées, connaissant les ressources du métier, sans en dépasser les limites. Celles qui ont travaillé au fer, à portée de l’atelier des hommes, entendant, parmi les propos graveleux, les conversations et les réflexions qui surgissent du travail, les jurons qu’excitent les difficultés, et les conseils des vieux aux apprentis ; celles-là sauront bien ce qu’il faut dire aux clients et ne s’emballeront jamais dans un travail ingrat.
- Les patronnes dans les maisons de province, ont généralement fait ce bienfaisant appren-
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- tissage, et milles ne savent mieux qu’elles recevoir l’ouvrage, et guider des demoiselles auxiliaires.
- Il ne suffit pas de ces connaissances pratiques, il faut encore les qualités générales de tous commerçants en rapports directs avec la pratique.
- Diplomatie commerciale
- La politesse, la prévenance, l’affabilité, sont choses élémentaires -, il faut, de plus, accepter les manies des clients, sembler s’y ranger, et si elles sont irréalisables les amener à y renoncer, en leur laissant croire qu’ils ont eux-mêmes imaginé la nouvelle décision.
- Discuter avec une cliente et vouloir lui prouver qu’elle est dans l’erreur, est commettre une maladresse : tout ce qu’elle demande est toujours possible, et bien vu, mais il faut peu à peu lui faire entrevoir qu’il y a peut-être mieux, et qu’on tirerait un meilleur parti, de son vêtement en le mettant en vert plutôt qu'en bleu, ou en le nettoyant au panama de préférence à la benzine.
- Il ne faut pas lui rire au nez, lorsqu’elle vous demande le bleu « Jockey-club », le rouge « Grand-Amiral », la teinte « Prince de Galles » ou « Rêve enchanté » ; tous ces noms flamboyants lui sont donnés par son journal de modes, ou bien elle les a vus figurer à l’étalage d’un magasin de nouveautés. Vous l’humilierez si vous lui faites voir qu’elle n’est que le perroquet d’un commis-calicot.
- En causant, lui faisant voir quelques cartes d’échantillons, vous saurez bientôt quelle est la nuance qu’elle qualifie si brillamment ; vous vous hâterez de dire que c’est en effet de la haute nouveauté, et pour appuyer cette déclaration, vous lui ferez payer plus cher sa teinture.
- Dire qu’il ne faut pas affecter de répugnance devant des gilets de flanelle propres comme des lèchefrites, est encore donner un conseil utile dont vous trouverez souvent l’application.
- Il ne faut pas dire que ces flanelles et autres lainages blancs seront « désinfectés » parce que vous les mettrez au soufre, mais qu’ils recevront «l’apprêt hygiénique» ; on n’aime pas à passer pour infectants !
- Enfin avec un peu d’habileté, on obtient qu’une cliente qui veut faire laver au prix sacrifié de six sous un gilet de flanelle, par exemple, accepte un travail plus soigné qu’on lui fait payer 75 cent, ou 1 fr.
- Pour être dame de magasin, il faut donc du savoir pratique, du tact, de la diplomatie ; ces qualités maîtresses, quelques-unes les possèdent à un haut degré, et leurs maisons peuvent en apprécier toute la valeur.
- Articles a travailler Nettoyages
- Maintenant, il convient de donner quelques avis pour les conditions à accepter du travail.
- Se nettoient à sec, les robes confectionnées,
- les vêtements de dames à volants, à ruches, à garnitures, toutes les soieries, les velours et les peluches les petits lainages mélangés, ceux à teintes susceptibles, les écossais à trente-six couleurs, les imprimés, les gilets en fantaisie, les cachemires et imitations, les habits à broderies dorées ou argentées, les ornements d’église, les costumes de théâtres ou de travestissements, les ameublements en tapisserie, les damas, les broderies de laine et de soie, les passementeries, les gants, les dentelles noires, et tout, en un mot, ce qui craint l’eau et le savon.
- Au savon, on fait les robes et costumes défaits, non susceptibles, les lainages purs et unis dont la teinture ne bouge pas dans l’ammoniaque, les vêtements d’hommes en drap et en coutils (se défier pourtant des complets en nouveauté,) ; les reps d’ameublement (cependant ceux qui sont enfumés par des émanations de charbon de terre, ne se nettoient bien qu’à la benzine), les couvertures, les flanelles, les bas de laine, les cotons purs et toute la lingerie, y compris les housses de meubles, les couvre-pieds, les rideaux de vitrage, les grands rideaux blancs, etc..
- Les pièces seulement tachées par places, peuvent être reçues pour détachage partiel, qu’on fait à la benzine, ou par d’autres dissolvants appropriés.
- Il faut noter enfin qu’il est des couleurs qui coulent à la benzine, et que le nettoyage à sec n’est pas toujours exempt d’accidents, mais ces cas ne peuvent guère être prévus sur le simple examen de l’article, et c’est au ben-zineur à s’en tirer le mieux possible.
- Teintures
- Tout à peu près peut être teint, mais ce qui se fait le mieux ce sont les laines pures.
- Les mélanges coton vont très bien en noir; les couleurs sont déjà moins commodes à obtenir, et il se produit le plus souvent un glacé (miroitement de deux teintes) par suite du coton qui tire plus ou moins que la laine ; cependant quand c’est le coton qui a trop monté, le teinturier peut encore arriver à unir, mais en forçant la teinte ; en effet, le coton mordancé s’arrête à un certain point qu’il ne dépasse pas ; la laine, au contraire, peut continuer à tirer et arriver jusqu’au point d’arrêt du coton.
- Pour ces étoffes, il faut prévenir les clients que la teinte pourra dépasser légèrement son échantillon.
- Les mélanges laine et soie unissent assez facilement, mais c’est à l’apprêt que viennent les difficultés; ces étoffes, généralement, gri-gnent au sortir des bains, par suite de l’inégale rétractation des fils de laine et des fils de soie ; un apprêt très-tendu avec forte pression ensuite dissimule cet effet, mais il ne rend jamais aux popelines leur largeur primitive. Il faut encore prévenir que ce tissu se rétrécira.
- Les soies pures se teignent très-bien, sauf les cachous, qu’on ne voit plus guère, mais elles ne gagnent pas, comme étoffes, à passer dans les bains ; chaque fil se resserre, le tissu devient donc creux, clair comme un tamis et tourne au chiffon, les apprêts encore réparent en partie le mal, et on arrive à rendre un ouvrage convenable.
- Il ne faut pas faire de difficultés, du reste, j pour recevoir des soieries à la teinture ; c’est au contraire une de nos principales sources de produits, mais il est bon que les dames de magasin connaissent les susdites difficultés, pour ne pas promettre plus que nous ne pouvons tenir.
- En général toutes étoffes lâches et claires, telles que crêpes, gaze-, tulles et mousselines sont difficiles à travailler à la teinture comme aux apprêts.
- Moirage et impression
- Le moirage est un des apprêts les plus avautageux qu’on puisse donner aux soieries reteintes -, quand il peut concorder^ avec le genre de l’article, il faut le conseiller.
- La moire est d’autant plus belle que l’étoffe est à plus gros grain, ainsi elle se fait mieux , sur un pou lt, un genre reps que sur un taffetas, où elle peut cependant encore aller.
- Les satins ne se moirent pas, ni les lainages.
- Les tissus fermes de coton et de toile, comme ceux faisant des bas de jupons peuvent être moirés.
- Je parlerai, en leur lieu, des différents genres de moire.
- L’impression peut se faire sur toutes étoffes rases, à condition qu’elles soient défaites, c’est-à-dire en morceaux plats, et plus un tissu est fin et serré, plus l’impression est nette ; elle se fait difficilement sur gros lainages, et pas du tout sur fonds pelucheux, molletonnés ou ratinés ; on peut encore la réussir sur velours de soie et de coton.
- Si l’étoffe est très-belle et peu usée, il faut déconseiller de l’imprimer ; si au contraire elle est terne, cassée, ne laissant espérer qu’une teinture peu tranchée, on doit recommander l’impression, qui couvrira tous ces défauts et la régénérera pour ainsi dire.
- Ce n’est guère que sur fonds noirs qu’on imprime, quoi qu’on puisse le faire sur toutes couleurs.
- On peut imprimer sur moiré.
- A meublements
- Les ameublements demandent quelque attention spéciale dans leur réception.
- Il faut s’assurer d’abord que les doublures des grands rideaux ne sont pas brûlées par le soleil, et si cela est, le faire remarquer au client, et même refuser de faire un travail quelconque sur ces doublures qui continueraient à tomber en charpie à la moindre manipulation; on les fait découdre et on les rend.
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- Presque toujours ces rideaux sout frappés d’air; or les frappures ne se couvrent pas par une nouvelle teinture, à moins de faire un loutre foncé ou un noir; il faut pour les autres teintes, démonter la couleur primitive.
- Toute la passementerie qui garnit ces ameublements, telle que franges, galons, crêtes, embrasses, cordons, etc. viendra plus foncée que l'étoffe de fond, à cause du coton qu’elle contient et qu’il faut couvrir ; cela est encore à faire observer.
- Des teintes possibles
- En démontant la couleur primitive d’une étoffe, on peut reteindre celle-ci en nuance quelconque ; il n’y a donc pas en fait de limites pour le choix des teintes, mais ce démontage, que l’on appelle aussi, et avec beaucoup de raison dégradage, «dégrade » en effet, l’étoffe; ce n’est qu’avec des agents chimiques énergiques que l’on arrive à faire tomber la couleur, et l’étoffe en est toujours elle-même altérée.
- De plus c’est une complication de travail pour le teinturier, et le mieux est toujours de l’éviter.
- En général, les étoffes démontées conservent un fond jaune dont il faut tenir compte pour la nouvelle teinte ; ainsi, il ne faudrait pas s’engager à y faire un bleu-ciel, ni un violet demi-clair.
- Les noirs ne se démontent pas ; on peut cependant arriver à en transformer en marron, Mais ce n’êst pas du travail pratique.
- Dans l’intérêt du client et du teinturier, il faut donc conseiller une teinte dans la composition de laquelle entre la couleur primitive de l’étoffe.
- Les fonds suivants peuvent recevoir les teintes indiquées à la suite :
- Blancs: sur fonds blancs on peut évidemment faire toutes couleurs.
- Bleu clair: bleu foncé, violet, vert, bronze, marron foncé, noir.
- Bleu foncé : bronze foncé, noir.
- Bouge : vmlet, marron, grenat, prune.
- Jaune: vert, orangé, marrons variés, bronze noir.
- Orangé : bronze, marron, prune, noir.
- Violet : prune, marron, et noir si le fond violet n’est pas trop foncé; si le violet est très bleu on peut le transformer en bronze.
- Vert : bronze, marron foncé, noir.
- Marron : bruns foncés, bronze, et noir si le marron n’est pas très foncé.
- Modes et gris : en toutes nuances de grosses
- couleurs.
- ftoir : doit rester noir.
- Ainsi, en général, presque tous les fondssont bons pour noir, estant mieux, car le noir figure Pour 95 0/0 dans nos teintures.
- Tous, excepté le bleu foncé peuvent donner e marron foncé, qu’on désigne aussi : loutre.
- Le gros vert ou bronze est toujours possible *mand il n’y a pas de rouge dans la nuance du
- fond
- cependant on y arrive en le faisant très
- foncé, avec un violet où prédomine le bleu, et un orangé où le jaune est en excès.
- Pour les étoffes multicolores, telle qu’écossais, impressions, nouveautés, il ne faut répondre de rien, quant aux résultats d’une teinture; une nouvelle teinte en les couvrant transforme chaque couleur et donne lieu à des effets bizarres, le plus souvent mal réussis ; tout cela ne va bien qu’en noir, à moins de démonter, Maurice Guédron.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- NOTES SUR LES PROCÉDÉS
- Employés par les Annamites et les Chinois
- pour la teinture et le lavage des soies.
- L’art de la teinture est très répandu chez les Annamites et leurs procédés sont à quelques légères différences près, les mêmes que ceux des Chinois.
- Nous allons étudier successivement ces divers modes d’opérations.
- Il n’y a en Cochinchine que deux sortes de tissus consommés par les Annamites et par conséquent deux espèces de teinture, celle des tissus de soie et celle des tissus de coton. Ces deux branches forment dans le pays deux industries séparées; l’ouvrier qui s’occupe de la première ne fait pas la seconde, il en ignore même les procédés; il existe aussi des spécialités au point de vue des couleurs, cela résulte d’un usage établi.
- Nous nous occuperons spécialement des tissus de soie : ce sont du reste les seuls qui peuvent avoir pour nous une importance considérable, car ces produits- font la base principale de l’habillement des populations Annamites et Chinoises. Les cotonnades, à part un petit nombre d’espèces grossières qui se fabriquent dans la colonie, nous arrivent de l’étranger par les voies de Hong-Kong et Singapour.
- Nous parlerons successivement des différentes couleurs recherchées par les Annamites et les Chinois et nous donnerons en même temps les moyens employés par eux ou par les Chinois pour les obtenir.
- Ces couleurs sont les suivantes : les noirs, les violets, les jaunes, les rouges, les bleus et les verts.
- Noms.
- Les soies noires sont aussi bien portées par les hommes que par les femmes, avec cette seule différence que celles qui servent aux premiers sont unies ou à grands brochages, tandis que celles employées par les dernières ne sont qu’à pois ou à petites fleurs.
- Cette teinture est spécialement faite par les Annamites, cependant quelques Chinois s’y livrent, mais le nombre en est fort restreint.
- Voici la manière d’opérer de chacun d’eux.
- Pour teindre en noir, l’Annamite commence par donner au tissu un fond d’indigo, puis il le fait sécher, il le trempe ensuite à dix reprises différentes dans une décoction de Dâ connu vulgairement sous le nom de Palétuvier des Indes [Brugioera gymnorhiza) famille des Rhizophoracées; après chaque trempage l’ouvrier fait sécher. La décoction dont nous parlons se fait dans une marmite de fer. L’étoffe est ensuite lavée et séchée au soleil,
- puis on lui fait subir une série d’autres trempages dans une décoction de feuilles de Tram (Psiclium migrant, famille des myrtacées). Le teinturier opère encore ici comme pour le Dâ, seulement il répète ce travail pendant cinq jours et chaque soir le tissu est enduit d’une couche de vase qu’on n’enlève que le lendemain matin par un lavage. Cette vase contient une proportion notable d’alumine et de fer. La série des travaux que nous venons d’énumérer terminée, l’étoffe a obtenu la teinte désirée.
- Cette méthode est fort longue et ne demande pas moins de vingt jours.
- On se servait autrefois pour cette même teinture d’autres matières, telles que les tiges del’Eclipta erecta (en annamite Cau mue) ; les graines du Myrobolan,Terminalia laurina, famille des Combrétacées, (en annamite Ghieû lieu). Ces matières étant devenues plus rares, ont renchéri et comme elles no donnaient pas de résultat supérieur à celui obtenu par la méthode actuelle, on en a abandonné l’emploi.
- Nous devons faire remarquer qu’on fait encore usage des écorces du Terminalia verni-cia, Badamier, famille des Combrétacées (en annamite Cây-bang) pour remplacer le Tram ; cette substitution se fait chaque fois qu’on peut se procurer les écorces de Badamier.
- Les Chinois, eux, sont plus expéditifs ; après le passage à l’indigo, ils trempent leur soie dans une décoction de Galle de Chine, et à défaut de Dâ ou de Trâm, puis dans une solution de Phen-den (sulfate de fer). Ils renouvellent l’opération jusqu’à ce que lanuance cherchée soit obtenue; ce système raccourcit l’opération d’environ une quinzaine de jours.
- {A suivre.)
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en noni Collectif Jacques Sauce et Cie, fab. de cote-leurs et de Laines à velouter, boul. de Cha-ronne, 133. — Durée : 10 ans du 1er janvier 1889 . Cap.; 800,000 fr. — Acte du 8 mars 1889
- LILLE. — Dissolution, à partir du 7 mars 1889, de la Société Renouard -Bechin fils {filature, tissage, etc), rue du Lombard. 4. — Acte du même jour.
- ROUBAIX. — Modification de la société en nom collectif Isaac Holden et fils (peignage de laine) à Ardif, M. M. Isaac Holden, Auguste Holden, et Isaac Holden brothers seront à titre égal gérants de la société et M. Isaac Holden se fera représenter par son gendre, M. Hingsworth, accepté pour son représentant. — Acte du 20 fev. 1889.
- LILLE. — Dissolution à partir du 27 fév. 1889, de la Société D. Deblock, fab. de toiles, rue du Moulinet, 78. Liquid.: M. Deblock. — Jug. du 1er mars 1889.
- JERVINS. — Modification des statuts de la Société anonyme de la Filature d’hirson. Cap.: 400.01)0 fr. — Délib. du 24 fev. 1889.
- ROUBAIX. —Formation de la société en nom collectif Auguste Florin et fils,fab. de tissus, rue de la Fosse-aux-Chênes 25. Durée: 42 ans du 1er Janvier 1889. M. Florin père apporte un matériel évalué 224.482 fr. 45 c. et chacun des associés versera en outre les sommes né-
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- uessaires au fonctionnement de la société. — Acte du 29 nov. 1888.
- LILLE. — Formation de la Société en nom collectif Rossel lhermitte (teinturerie et nettoyage des étoffes), rue des Bouchers, 7 et 9. Durée : 20 ans. Cap. : 75.000 fr. — Acte du 20 fev. 1889.
- ROUBAIX. — Dissolution à partir du 31 mars 1889, de la Soeiété Gustave Browaeys et Cie, teinturiers en laines, boul. de Paris, 2 Liquid. : M. Desmet, ancien principal clerc de "Notaire. — Acte du 16 mars 1889.
- LIQUIDATIONS JUDICIAIRES
- PARIS. — Rougier (dame) née Rimond, (teinturerie), rue Vielle du Temple, 45. J. c. M. Brunei. — Liquid. : M. Planque.
- PARIS. — T.etourneur (Raoul) teinturier, rue Royale' 22. J. c. M. Poiret.— Liquid.:M. Pouchelet.
- PARIS. — Croissant (Auguste-Louis-Phi-lippe) job. de papiers peints, ruePicpus 53. — J. c. M. Droin. — Liquid.: M. Beaujeu.
- PARIS. — La Société Lévy (Bernard et Henri) frères, (draps en gros), rue d’Aboukir, 27, composée de: 1° Ismaël-Bernard Lévy: 2° Nepthalie-Henri Lévy. J c. M. Legrand. — Liquid. M. Roucher.
- LILLE. — Delcoürt (veuve), née Lescaut, teinturerie à Lambersart. Jug. du 15 mars 1889. Liquid. : M. Wannebroueq.
- CESSIONS d’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Etablissements cédés
- Deaulieu (dlle) X. Teinturerie faub. Poissonnière, 91.
- Crevillier Simon. Teinturerie, r. Biot, 26 Warin Ve X. Teinturerie, r. de Londres 44.
- Stophel
- Révocat S té
- Charlier. Multin, Ve
- Metz. Dépôt de teinturerie, r.
- N. D. de Nazareth, 77. Patte. Teinturerie, r. de Chail-lot, 47.
- Bizet. Teinture, av. delà Grande Armée, 39.
- X. Teinturerie, r. Belfond 40
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- L’Exjiogition. — Il est maintenant possible de juger du coup d’œil a peu près définitif de l’ensemble de l’Exposition, au moins dans son aspect extérieur.
- En se plaçant sous le portique du Trocadé-ro faisant face au Champ de Mars, on peut jouir a’une vue panoramique de cet ensemble.
- En avant se dressent les statues d’or des parties du monde, et plus bas se déroulent les parterres verdoyants, les nappes des bassins et les cascades. Plus loin, le pont d’Iéna, la Seine, et enfin s’élève la tour Eiffel qui restera la marque de l’Exposition de 1889. Puis, s’étend grave et imposant le palais des machines, masqué un peu plus loin par le pavillon central des galer.es industrielles. A droite de la tour Eiffel, se profilent le palais des Beaux-arts et celui des Arts libéraux.
- Les jardins du Trocadéro sont consacrés à l’Exposition d’arboriculture et d’horticulture, auprès de laquelle s’élèvent les pavillons des -forêts et des serres. A gauche, caché dans un
- massif de fleurs, s’ouvre l’excavation à travers laquelle s’exécutera le Voyage au centre de la terre. Tout ne sera qu’illusion dans cette desrente, mais de grands tableaux ou trompe-l’œil représenteront successivement les Egouts de Paris, les Catacombes, les Anciennes Carrières sous Paris. Enfin, on verra défiler une Galerie de Mines de charbons de terre et de fer, des Filons métalliques et des Carrières de sel gemme en pleine exploitation.
- Au bas des jardins s’étend, entouré de kiosques élégants, la communication établie par le pont d léna avec le Champ de Mars. A droite et 1» gauche du pont se déroule l'Histoire de l’habitation, représentée par quarante-neuf petites constructions reproduisant les divers types de l’habitation de l’homme de la période préhistorique à la période historique.
- Tout autour de la tour Eiffel se prolonge le Parc du Champ de Mars, avec ses élégantes sinuosités, ses rivières, ses cascades, etc., etc. A coté s’élèvent les pavillons des Etats d’Amérique centrale et méridionale. Quelques mètres plus loin, est installée une grande salle de théâtre, mesurant 2,000 mètres carrés, où l’on donnera des représentations enfantines en même temps que se trouveront réunis tous les jeux destinés à la jeunesse.
- Dans la partie gauche du parc s’élèvent le pavillon des tabacs, la maison suédoise, le bâtiment des téléphones et le pavillon de la près -se. Puis vient ce qu’on appelle dès maintenant la maison de feu, c’est-à-dire l’exposition du gaz, pavillon dont les toitures, les tourelles et toutes les auvertures seront éclairées le soir par transparence.
- En sortant du parc et en se rapprochant de la tour Eiffel, on a devant soi un immense jardin français, formé par des riches parterres plantés d’arbres et de fleurs, et entouré de cascades et de jets d’eau éclairés le soir à la lumière électrique. C’est là que se trouveront concentrés tous les établissements de consom-maiion ec d’amusement des divers pays du monde.
- En quittant ces gaietés internationales, on entrera dans le palais des machines. Là sera concentré le noté le plus grandiose et le plus imposant de l’exposition.
- Qu’on se représente, en effet, une mise en mouvement de deux mille cinq cents chevaux-vapeur, donnant la vie à des milliers d’appareils, et cet immense développement d’arbres de transmission de force mesurant, quatorze cents mètres, avec des por.ts roulants, à la hauteurs de ces arbres, portant les visiteurs d’un bout à l’autre du palais.
- Les bas côtés de l’exposition sont garnis d’un large chemin de ceinture. C’est sur la bordure de ce chemin que s’élèveront le bazar égyptien, les okels de vente, les souks tunisiens, les cafés maures et une vaste écurie pour cent ânes blancs qui auront mission de transporter les visiteurs d’un parc à l’autre. Plus loin s’élèveront la maison joponaise, les kiosques marocains, les pavillons persans et siamois.
- Sur la rive gauche du fleuve seront installées les expositions du matériel de la navigation, du sauvetage, de la pê:he et de ses engins, enfin la Compagnie transatlantique invitant le public à s’embarquer sur le pont du transatlantique, la Champagne.
- Le groupe de l'agriculture occupera 300 mètres de façade depuis le quai d’Orsay jusqu’à l’esplanade des Invalides, qui comprendra dans une de ses parties les colonies françaises, l’exposition de l’économie sociale et celle du ministère de la guerre.
- Dans un coin s’élèvera l’immense panorama du Tout Paris, dû à un artiste de premier ordre, le peintre Castellani. On y verra défiler un millier de personnes connues, garnissant les trottoirs et les cafés de l’avenue de l’Opéra.
- —o—
- Propriété Industrielle. — Cette question a été soumise aux délibérations de la I = Chambre syndicale des tissus et nouveautés par M. Adolphe Catteau, de Roubaix, l’un de ses membres.
- Il arrive journellement, dit M. Catteau, que des dessins exclusifs sont copiés ou imités par I C des confrères peu scrupuleux et qui emploient quelquefois, pour les obtenir, des moyens rien moins que délicats. I g
- Il est difficile d’obtenir des Tribunaux de Commerce tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui, justice de ces agissements dolosifs. Les procès, I £ quand ils sont entamés sont renvoyés à l’arbitrage de gens qui n’ont, dans la plupart des cas, aucune compétence. Ce sont souvent des architectes ou d’anciens notaires fort experts :
- assurément pour les questions qu’ils connaissent mais incapables de juger si un tissu nouveauté a été copié ou imité dans le but d’une concurrence déloyale. Il y a là une réforme sérieuse a obtenir dans la législation actuelle.
- Les lois existent peut-être, mais elles ne sont pas comprises ou mal appliquées.
- La Chambre syndicale consacrera plusieurs ./
- de ses séances à l’examen de cette grave question. ^
- Keîour à la Garance. — On écrit J i; d’Avignon :
- On sait combien était répandue, il y a quelques années encore, dans notre chère Alsace, et surtout dans le Vaucluse, la culture de la garance dont les anciens faisaient, usage pour la teinture de leurs tissus et à l’aide de laquelle les Orientaux fabriquent, depuis des siècles, le fameux rouge d’Andrinople, dont la préparation fut longtemps considérée comme un secret introuvable.
- Malheureusement, en ces dernières années, les couleurs d’aniline et d’alizarine ont rem-placé la garance dans la teinture des tissus de laine, de soie et de coton , en sorte que ceux de ros départements, dont cette plante faisait la richesse, se sont vu ruinés du coup.
- Mais, voici que l’industrie tinctoriale revient à la garance. Aussi, la société d’agriculture de Vaucluse s’est empressée, depuis quelque temps, de mettre à l’étude les moyens d’améliorer la culture de cette plante, dont l’usage le plus connu consiste dans la teinture en rouge des draps destinés à la confection des pantalons de nos soldats.
- Peut- être les Sociétés d’agriculture de l’Algérie feraient-elles bien de suivre l’exemple de la Société de Vaucluse et de reprendre les essais entrepris jadis, au début de la colonisa* tion, à l’époque où la garance était si recherchée. |
- On peut le dire sans exagération, quel sot conviendrait mieux à cette plante que le so> algérien, puisqu’elle croît spontanément danS les îles de la Méditerranée et dans l’Afrique centrale ?
- Le Gérant : F. Goüillon. Tous droits réservés
- Imprimerie G. COLIN, à, Charleville (Ardennes).
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- LA
- 2m" Année, N° 8.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- 'JB Hl CTUJlfi
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES 25 Avril 1881
- SOMMAIRE
- Chronique. —Lettres d’un teinturier-dégraisseur sur la régénération de la profession. — Les Progrès des industries tinctoriales en 1888. — Sur l’absorption de certains réactifs par les libres textiles.
- Procédé.<* divers : Apprêts glacés ; Remontage des bleus de cuve (suite!; Teinture des feutres ; Noir pour gants. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle : Notes sur les procédés employés par les Annamites et les Chinois pour la teinture des soies. — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- L’Exposition fait en ce moment les frais de toutes les conversations ; les visiteurs y abondent, bien qu’ils doivent se contenter de l’admirer extérieurement ; ce qui prouve qu’il est toujours intéressant de contempler un mur derrière lequel se passe quelque chose.
- Ici cependant c’est plus qu’un mur qu’on peut voir du dehors ; nous avons dans notre précédent numéro esquissé le panorama dont on jouit des hauteurs du Trocadéro et nous voyons ainsi que les visiteurs peuvent se donner un avant-goût des merveilles que cette incomparable réduction du monde entier leur offrira.
- Du dehors, les visiteurs jouissent sans contrainte de la vue complète de la tour Eiffel, qui n’est pas pour nous la partie la plus remarquable de l’Exposition, bien qu’elle en soit jusqu’à présent la plus remarquée ; c’est à la mérité un monument imposant et hardi, dont le manque de style et de caractère rachète par son immensité n’ex-cluant pas une certaine élégance de détails, plutôt que de forme générale.
- Après avoir chronique les différentes phases de développement de l’Exposi-hon nous devons maintenant laisser aux Journaux sans spécialité, le soin de détailler la partie mondaine et fantai-^ste de cette œuvre colossale ; il nous jaut redevenir techniciens et analyser produits spéciaux de nos industries.
- Dès le prochain numéro, nous commencerons cette étude, et d’après les renseignements que nous avons déjà reçueillis, la matière sera vaste. Elle jugera très probablement une augmen-tation du volume de nos livraisons ;
- nous sommes prêts à faire tout le nécessaire : déjà nous nous trouvons à l’étroit, et voici une occasion naturelle de nous mettre plus à l’aise.
- *
- * *
- L’Exposition ou plutôt la tour Eiffel, était la joie des derniers jours du vénérable Chevreul, qui s’est éteint juste au moment où il a pu voir flotter au sommet de ce pylône de fer, le drapeau national qui en couronnait la dernière pièce.
- Tous les journaux ont annoncé la mort de l’illustre savant dont la longue existence a été consacrée aux recherches scientifiques les plus élevées et les plus utiles à l’humanité. Nous ne pourrions rien dire de lui qui n’ait été cent fois répété et imprimé dans ces journaux, mais la Revue de la Teinture ne peut laisser passer un tel mort sans lui payer le tribut de son respect et de son admiration.
- Les travaux de Chevreul eurent une grande influence sur nos industries ; ils ont éclairé la marche de ses continuateurs qui, sans doute, sont allés plus loin, mais n’ont jamais contredit les premières théories du maître.
- Il est regrettable que ces travaux soient disséminés dans des publications périodiques, telles que les « Annales de Chimie et de Physique» et les « Mémoires de l’Académie des sciences », et qu’il devienne ainsi très difficile de les rassembler. Toutefois, l’auteur a laissé publier à part un volume-atlas sous le titre : « Des couleurs et de leurs applicatipns aux arts industriels, à Vaide des cercles chromatiques » qu’on peut encore se procurer ; c’est la substance de son « Exposé d’un moyen de nommer et de définir les couleurs d’après une méthode précise et expérimentale, etc. », paru dans les mémoires de l’Académie des sciences, 1861, tome XXXIII.
- Il a paru aussi de Chevreul, un petit volume, aujourd’hui épuisé, ayant pour titre : « Théorie des effets optiques que présentent les étoffes de soie » ; mais ces deux livres sont loin de représenter l’œuvre considérable du savant dans les questions tinctoriales. Ses leçons de teinture professées aux Gobelins, et la direction des travaux chimiques de cet établissement la complétèrent.
- + *
- En 1823, Chevreul publia ses « Recherches chimiques sur les corps gras d’origine animale » , qui ouvrirent une voie absolument nouvelle et des plus fécondes à l’industrie. Pour la première fois, la théorie de la saponification était exactement démontrée.
- La stéarinerie était créée. « C’est par » centaines de millions, disait l’illustre » Dumas, en décernant à Chevreul le » prix de 12,000 francs de la Société » d’encouragement pour l’industrie na-» tionale, qu’il faudrait n ombrer les » produits qu’on doit à vos découver-» tes. »
- Il a publié également des « Considérations sur T histoire de la partie de la médecine qui concerne la prescription des remèdesy » et une « Histoire des connaissances chimiquesainsi que d’innombrables mémoires et articles de revues.
- Chevreul était membre de l’Académie des sciences et appartenait à toutes les académies ou sociétés scientifiques de l’Europe. Il était, depuis 1875, grand’croix de la Légion d’honneur.
- Chevreul vient de mourir à l’âge de cent deux ans, sept mois et neuf jours.
- Depuis quelques mois seulement, ses facultés diminuaient; on peut dire qu’il a vécu cent deux ans pleins, lucide, laborieux et toujours utile à la science.
- Que cette longue et noble carrière soit à jamais honorée !
- Restons, lecteurs, sur ce pieux hommage.
- F. Gouillon.
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA PROFESSION
- Au premier abord bon nombre de lecteurs vont se dire, mais pourquoi donc supprimer nos banderolles rouges qui ne font pas mal ? Il est bien certain que le premier Teinturier qui a eu cette idée ne se doutait pas qu’un jour ou l’autre ces deux morceaux d’étoffes nous seraient préjudiciables, mais puisqu’il en est ainsi, comme on va le voir, il faut y remédier sans délai.
- Mais hélas, en cela comme en beaucoup de choses non moins urgentes, je crains bien de
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- prêcher dans le désert ; c’est difficile de rompre avec la routine, plus particulièrement en teinture et surtout à Paris.
- Certes, ce genre de décoration de nos magasins était une idée aussi ingénieuse que celle des Pharmaciens avec leurs gros bocaux d’eau rouge, verte ou jaune : on n’a jamais bien su pourquoi tous ces flacons ; de même celle du Perruquier avec ses petits plats à barbe en cuivre, genre d’une autre époque (voyez l’ancienne Bastille au Champ de Mars) « à la main légère », un tel Perruquier du Roy» etc.
- Bref, nos serges rouges étaient aussi bien trouvées que cela, tandis qu’à notre époque ils nous nuisent. En effet, avec toutes ses teintureries artificielles qui surgissent comme sous la main de M. Cocherie, une boutique dans ces conditions est tout de suite confondue avec une vraie Teinturerie, on voit ses couleurs rouges de tous côtés, et les clients s’y perdent aisément. En partant de chez eux, ils croyaient se rendre chez un teinturier, puis sur leur chemin ils ne voient qu’en rouge; à tous les carrefours ils aperçoivent des Teintureries, de belles boutiques aussi bien que des échopes. Ici c’est une ouvrière travaillant chez elle -, à la porte cochère il y a un rideau rouge ; sans le susdit, jamais le client n’irait dénicher ces fameuses Teintureries au 58ou au 6e.
- Le travail en ville.
- Ace propos j’ouvre une parenthèse; c’est encore un système défectueux de faire travailler en ville ; peu à peu l’ouvrière se crée sa petite clientèle, et bientôt fait une nouvelle maison ; le patron en cela agit toujours sans y réfléchir. Allez voir par exemple que cela se passe non loin de chez lui -, il supprimerait tout de suite les travaux, mais dès l’instant que c’est plus loin, il s’en réjouit presque en se disant : c’est mon collègue un tel qui en est atteint, tandis que ce dernier, de son côté, est dans le même cas du premier ; les choses reviennent au même. Donc pas de travail en ville.
- Revenons aux serges.
- Celui qui observe un peu son Paris, voit des blanchisseurs, des petits horlogers, des fruitières, voire même des savetiers, avec des serges rouges, s’occupant de teintures et de nettoyages, en même temps que des professions précitées.
- Un de ces quatres matins nous verrons les chineurs avec une guenille rouge enmanchée au bout d’un bâton parcourir ainsi les rues. Un viveur blasé a-t-il une petite duchesse sur les bras dont il veut se défaire, il lui monte sa petite teinturerie, avec les fameux serges qui font trouver une boutique tout de suite ; dans un autre cas elle n’aurait jamais percé. En un mot cette enseigne la fait connaître rapidement, et le bon public voit du rouge, donc c’est une teinturerie !
- Pour remédier à cet état de choses prenons la
- résolution d’abolir les serges : du même coup ce sera une petite économie d’un côté et de l’autre plus de méprise possible avec les vrais teinturiers.
- Sans doute en m’objectera, que les teintureries d’occasion en feront autant : tant mieux, on ne les trouvera plus si bien ; le client s’y habituera en peu de temps, et quand il enverra à teindre il indiquera le nom et l’adresse où il faut aller ; surtout qu’en prenant celte mesure, il y aura à ce sotiser tous et à faire la publicité dans les principaux journaux.
- Pour ceux qui conserveront les serges, le public sera au moins fixé que ce sont des teintureries petit teint !
- C’est encore à la chambre syndicale de preq-dre l’initiative de celte réforme. Les bons coiffeurs n’ont-ils pas renoncé aux plats à barbe qui ne se voient plus que chez les perruquiers de faubourgs et de villages?
- Les idées des confrères.
- L’un de mes correspondants m’écrit ; Est-il vrai que beaucoup de grande s teintureries de Paris ne font plus les noirs qu’aux produits d’aniline ? — Je l’entends dire aussi, mais je ne vais pas voir chez mes confrères ce qu’il en est.
- Mon correspondant ajoute : J’en ai essayé, ce n’est ni économique ni solide, et très laid par surcroît ; on dirait du loutre foncé, surtout au reflet; cela sent l’origine d’outre-Rhin. C’est tout de même un peu fort que les Prussiens nous fassent porter notre deuil avec leurs drogueries ! — C’est affaire de tempérament, confrère !
- Un deuxième correspondant parisien émet le vœu que tous les teinturiers s’entendent pour monter une usine spéciale faisant exclusivement notre sec ; c’est à peu près ce que j’ai écrit dans le numéro du 25 Février (p. 26); la dernière « chronique » de M. Gouillon a touché aussi cette question, mais j ’ajouterai qu’aujourd’flui il est un peu tard : voilà une quinzaine d’années qu’il eût fallu faire cela. Actuellement il y a assez de nettoyeurs aux benzines -, il s’agirait à mon point de vue, de proposer à un ou à deux, de ne travailler que pour nous ; ils y auraient avantage et bien moins à trotter dans Paris. A défaut d’entente, on aviserait d’acheter ou de fonder un établissement de ce genre.
- Enfin un troisième collègue me dit : j’approuve rudement votre campage contre le chinage. — Mais malheureux, lui dis-je, vous ne faites que cela 1 — Seigneur Dieu, qu’il me répond, est-il possible, moi chiner? Jamais de la vie, je porte à domicile 1 — Hum, hum., je vous rencontre à tous les coins de Paris. — Ah bien oui, ce sont des clients qui ont quitté mon quartier et que je dessers. — Mais brave collègue, nous sommes tous dans le même cas: un client quitte un rayon, il ira faire travailler un confrère de son voisinage ; celui-ci à son
- tour en perd un qui vous revient, il y a compensation. Allons, avouez que vous chinez? — Pas du tout, je sers à domicile !!...
- Vor Barbé,
- Teinturier de Paris. LES PROGRÈS
- DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- Pendant le premier semestre 1888 Par le Dr A. Julius (Extrait du Chemische Industrie)
- 0Suite)
- Théorie de la teinture.
- Il est assez remarquable qu’aucune étude approfondie n’ait été faite depuis longtemps pour élucider ce point encore obscur de l’histoire des fibres, savoir si la teinture consiste en un procédé chimique ou simplement mécanique ou en une combinaison des deux procédés.
- Cette question, longuement controversée il y a une trentaine d’années, E. Knecht a tenté récemment de la résoudre par voie expérimentale. Le titre de sa communication : « Sur la nature des réactions chimiques qui se passent dans la teinture de la laine et du coton avec des matières colorantes basiques » nous dit déjà dans quel camp s’est rangé l’auteur Knechl a fait une série de teintures quantitatives avec la fuchsine et la chrysoïdine.
- Un bain chargé avec un poids connu de ces couleurs était additionné de laine ou de soie jusqu’à complet épuisement. Dans les bains décolorés, l’auteur a trouvé toujours une quantité de chlorure d’ammonium exactement équivalente à la quantité d’acide chlorhydrique contenue dans la matière colorante. Gela montre que, dans la teinture de la laine ou de la soie, les sels des colorants basiques sont décomposés ; l’acide déplace de l’ammoniaque de la molécule complexe de la fibre animale* tandis que la base s’unit avec celle-ci sous forme de laque colorée.
- Ce résultat semble donner un nouveau crédit à la théorie chimique de la teinture QU1 semblait quelque peu ébranlée par les pr0' priétés singulières des couleurs azoïques pour coton.
- Procédés de teinture.
- Si les brevets concernant les nouvelles matières colorantes, les procédés d’épuration et de blanchiment des fibres sont nombreux et le plus souvent d’une réelle valeur, n°us voyons l’ingéniosité des inventeurs s’exercer d’une façon non muins suivie, mais peut-être mois sérieuse, sur les procédés de teinture o d’impression. Quelques-unes de ces préten dues inventions ne sont que des résurrection de vieux procédés reconnus impraticables abandonnés. Exemple : le procédé de teinture de E. Boursier qui applique les comeur
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- sur la soie dans un bain de benzine ou de naphte additionné d’acide oléique ou stéarique.
- En admettant que les résultats obtenus fussent des plus brillants, ce mode de teinture restenittoujours d’une application très limitée.
- Autre exemple : d’après un brevet de E. Rau on dissout la matière colorante dans l’eau et l’on ajoute à la liqueur de la soude, de l’acide oléique et de l’huile. Ce mélange, dit la description, est insoluble dans l’eau. On y plonge la fibre, que l’on débarrasse ensuite de l’ex cèsde colorant par expression. On sèche, on vaporise, et finalement, pour éliminer l’huile, on extrait avec un hydrocarbure.
- Le procédé de Gatty appartient à la même catégorie d'inventions. Une solution ammoniacale d’acétate tribasique de plomb sert de bain de mordançage en quelque sorte universel.
- H. Gross, de Crimmitschen, propose d’éliminer le sulfate de fer des recettes classiques du noir au campêche -, il le remplace par une décoction de bruyère qui agit comme mordant par Yéricoline qu’elle contient. Voici la recette complète pour teinture.
- Décoction de bruyère (?)..
- Extrait de campêche.......
- Vitriol bleu..............
- Chromate jaune............
- Borax.....................
- Bicarbonate de soude......
- Extrait de cachou ou de quer-citron......................
- 1/2 kilogramme. 12 —
- 1 —
- 0.050 grammes. 0.050 —
- 0.050 —
- 1 kilogramme.
- Enlevages sur rouges-rouges.
- Fourneaux a observé que le rouge turc peut être enlevé avec des mordants alcalins. Pour enlever en blanc, on se sert de soude caustique; en bleu, de soude caustique contenant de l’oxyde de chrome en dissolution avec bleu alcalin, bleu d’alizarine ou benzo-azurine ; en jaune, soude caustique avec chrysamine. Gal-land a répété avec succès les essais ci-dessus.
- Action de la lumière sur les couleurs
- Nous devons à J. Joffre une étude intéressante sur la résistance des couleurs à la lumière. Celle-ci ne dépend pas seulement de ia nature, mais aussi de la quantité de la matière colorante fixée sur la fibre. L’auteur fait observer que lorsque l’on veut comparer des matières colorantes sous le rapport de leur fixité^ la lumière, il est essentiel de les exposer simultanément, parce que l’intensité chimique des rayons solaires est très variable d’un moment à l’autre.
- De plus, l’état de l’atmosphère, notamment son degré hygrométrique, influencent le phénomène. En exposant un fragment d’un échantillon dans un vase clos contenant du chlorure de calcium ou tout autre agent déshydratant, décoloration est bien moins active qu’à l’air libre. Cette expérience explique ce fait depuis longtemps connu que les couleurs passent plus Vlte dans les localités situées au bord de la mer
- que dans l’intérieur des continents. Le degré ozométrique de l’air exerce aussi une influence très notable, comme il était facile de le prévoir.
- Charge des soies.
- Signalons en terminant une monographie des substances communément employées pour charger les soies blanches ou colorées et des moyens de les caractériser, publiée par le journal l'Industrie textile. Bien que ce mémoire n’offre, dans son ensemble, aucune nouveauté, il peut être utile aux teinturiers ou négociants peu familiers avec les procédés de l’analyse chimique.
- SUR L’ABSORPTION
- de certains réactifs, par les fibres textiles Par le Dr Ed. Knecht
- Le pouvoir absorbant des fibres, notamment des fibres d’origine animale pour les acides, les alcalis et certains sels en solutions aqueuses étendues est connu, non seulement de tous les praticiens, mais le fait a été constaté et signalé par plusieurs auteurs. Cependant nous ignorons, — du moins la littérature spéciale ne contient aucune indication à cet égard — quelle est l’intensité relative de cette absorption ; je ne sache pas non plus qu’on ait essayé de l’expliquer chimiquement.
- On doit à Chevreul, les plus anciennes observations sur ce sujet. Nous les trouvons consignées dans le Dictionnaire technologique, t. 21, p. 365 de l’année 1883. Cet auteur a trouvé que lorsqu’on laisse baigner la laine ou la soie dans une solution acide de concentration connue, la solution s’affaiblit : c’est le contraire qui se produit avec le coton. Par un lavage soutenu on peut éliminer de la fibre toute l’eau qu’elle a attirée.
- Dans son étude critique et expérimentale pour servir à la théorie de la teinture (Zurich, 1859), Bolley confirme les données de Chevreul en ce qui concerne la laine et la soie. Pour le coton, il ne constate aucune action dans les dissolutions acides faibles.
- Les derniers travaux sur ce sujet ont été publiés par Mills et Takamine. Ces auteurs ont étudié :
- 1 o La vitesse et le coefficient d’absorption des fibres pour certains réactifs ;
- 2° Le rapport des absorptions en présence de réactifs mélangés.
- Ils ont déterminé avec -beaucoup de soin les quantités d’acides sulfurique, chlorhydrique et de soude caustique absorbées en un temps donné par le coton, la soie ou la laine. Le résultat principal de cette recherche est que la laine absorbe, dans des solutions moléculaires d’acide chlorhydrique et de soude caustique, des quantités de ces réactifs correspondantes à 2 p. d’acide pour 3 p. de soude. Pour la soie et le coton, ils ont trouvé l’ab-
- sorption relative égale à 3 p. d’acide pour 10 d’eau.
- Les coefficients relatifs d’absorption sont :
- Pour le coton. Pour la soie.
- Acide sulfurique.... 1 2.6
- Acide chlorhydrique. 1 2.2
- Soude caustique... 1 2.3
- Ces travaux indiscutablement intéress ants au point de vue scientifique, ont peu d’intérêt pour le praticien en raison des circonstances où se sont placés les auteurs : température du bain, 4° ou 8°2 centigrades, etc. 11 est remarquable que Mills et Takamine n’aient pas songé à compléter leur étude en opérant à la température de l’ébullition, si fréquemment utilisée en teinture; puis ils ont négligé aussi de nous renseigner sur les modifications que subit la fibre dans sa souplesse, sa résistance, son brillant, en un mot sur les résultats du phénomène vraiment intéressants pour le teinturier.
- C’est pour combler ces lacunes qu’ont été entrepris les essais suivants.
- (L’auteur donne ici le détail de ses très-minutieuses et nombreuses opérations d’essais, dont nous devons nous borner à reproduire les conclusions).
- Conclusion. — Des résultats de cette recherche, nous pouvons conclure :
- 1°) La laine, la soie, le coton, jouissent tous trois de la propriété d’absorber les acides en solutions étendues. A la température de l’ébullition cette affinité est plus marquée pour la laine, puis pour le coton et enfin pour la soie. En faisant bouillir ensuite les fibres avec de l’eau, l’acide libre est extrait lentement de la fibre, mais toujours d’une manière incomplète.
- 2°) Pour la laine, tout porte à croire que cette absorption résulte d’une combinaison chimique. Cela ne ressort pas seulement du fait de la présence du sel ammoniac dans le bain, mais encore des résultats obtenus dans les dosages comparatifs de l’acide chlorhydrique du bain épuisé par la liqueur acidimélrique (a-cide libre) et par le nitrate d’argent (HCI total).
- Pour l’acide chlorhydrique notamment, il n’y a pas d’acide absorbé d’une façon permanente. Tout l’acide peut être éliminé par une lixiviation soutenue. L’acide que le titrage accuse comme disparu ou fixé a été simplement neutralisé par un ou plusieurs produits dénaturé acide, préexistants dans la laine ou formés par hydratation durant le bain.
- J’ai fait voir, il y a un an (août 1887), que le mordançage de la laine en acide chromique, au moyen des chromâtes acides de sodium ou de potassium, résulte très probablement d’une combinaison chimique de l’acide métallique avec un des constituants de la laine. 11 y a, dans les faits qne j’expose aujourd’hui, une
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- analogie qui donne encore plus de poids à cette manière de voir.
- 3°) La laine absorbe beaucoup plus les alcalis que le coton. Mais l’alcali absorbé peut être en totalité éliminé par l’ébullition avec l’eau.
- 4°) La laine, bouillie avec 13 pour 100 d’alun, produit une décomposition partielle de ce sel : il reste de l’acide sulfurique libre dans le bain.
- 5°) Les fibres semblent avoir une très médiocre affinité pour les sels neutres : chlorures de sodium ou de calcium.
- (Chtmische Industrie).
- -------ss©--------—
- PROCÉDÉS DIVERS
- Apprêts glacés
- pour tissus de coton, doublures, lustrines, etc.
- Nous avons, °n plusieurs communications, dans ce même chapitre, donné une série de formules pour apprêts des tissus de coton.
- Nous devons quelques échantillons à cette partie spéciale de nos travaux ; les suivants montrent deux articles à peu près identiques, mais préparés par deux méthodes un peu différentes.
- Ces tissus sont d’un correspondant anglais qui nous a fait connaître ses moyens mécaniques (glaçoire ou calandre) ; quant aux compositions de la matière empesante, nous donnons celles généralement usitées pour ces genres de travaux.
- Apprêt par glaçage
- Ici le brillant est obtenu par friction à la molette, soit à la main ce qui est bien long, soit à la glaçoire anglaise qui est bien plus expéditive.
- L’empois doit être gras et peut se composer en cuisant au moins une heure :
- Fécule........................... 20 kil.
- Huile de palme..................... 2 —
- Eau............................. 250 lit.
- Apprêter au foulard (de préférence à rouleau gravé), sécher aux tambours, humecter et calandrer.
- Cirer la pièce en la frottant à la main avec un morceau de cire, ou bien par la machine.
- Puis passer à la glaçoire.
- Apprêt par calandrage
- La calandre ou la mangle, donnent un glaçage ou plutôt un brillant moindre que par la glaçoire, mais qui ne nécessite pas l’opération du cirage.
- On emploie le mélange suivant :
- Amidon de maïs................. 25 kil.
- Suif de mouton.................. 1 —
- Cire jaune.................... 200 gr.
- Stéarine...................... 100 —
- Eau............................ 80 lit.
- Cuire une heure, et sans laisser refroidir, ajouter :
- Gomme du Sénégal................ 4 kil.
- Lessive de soude à 36°......... 30 gr.
- Passer cet empois au tamis.
- Apprêter au foulard sécher, humecter, calandrer en 8 ou 10 passages, l’étoffe doublée.
- Remontage des bleus de cuve (Suite)
- Nous continuons par des procédés encore anciens, mais toujours plus ou moins en usage dans certaines spécialité de lainages.
- Dans ceux-ci, le fond d’indigo est plus corsé, et l’avivage n’est plus la couleur principale.
- Les doses sont toujours pour 100 kil. de textiles.
- Bleu grec solide.
- 1° Bon pied en cuve d’indigo.
- 2° Rinçage complet, et bouillon de deux
- heures avec :
- Santal.................... 12 k.
- Sumac...................... 3 k.
- Campêche................... 1 k.
- Crème de tartre............ 1 k. 500
- Lever, semer dans le bain :
- Sulfate de fer............. 4 k.
- Rentrer la laine et faire bouillir une demi-heure.
- Eventer quelques heures, rincer et sécher. Ce « Bleu grec » est évidemment plus solide que le précédent à base d’orseille.
- Bleu Tapisserie.
- 1° Bon pied d’indigo en cuve.
- 2° Rincer et aviver, par un bouillon d’une heure, sur :
- Orseille............
- Campêche............
- Alun...............
- Lever, rincer, sécher.
- 15 k.
- 7 k. 500 3 k.
- Ceci est un avivage destiné à donner plus de feu et plus de tranché à la teinte indigo ; il convient pour les laines peignées destinées à la tapisserie de ménages et aux tricots, mais il ne pourrait être foulé.
- Aujourd’hui le même résultat s’obtient avantageusement à l’aide des couleurs d’aniline.
- Bleu Nemours.
- Nous abordons ici les teintes à draperie résistant bien aux foulages.
- Nous conservons l’ancienne désignation * Nemours » encore usitée dans quelques fabriques.
- 1° Bon pied d’indigo, et rinçage.
- 2° Bouillon de deux heures avec :
- Santal...................... 30 kil.
- Sumac........................ 10 —
- Cristaux de tartre..*..... 1 —
- Bien manœuvrer la laine, afin d’unir exactement, puis, sans lever, semer sur le bain, en continuant de retourner les matières : Sulfate de fer.................... 4 kil.
- Continuer le bouillon pendant une heure -, laisser en chaudière dix à douze heures -, rincer et sécher.
- Bleu-administration.
- Ce remontage n’est qu’une variante du précédent, et donne des résultats à peu près sem-
- blables.
- 1° Bon fond d’indigo.
- 2° Bouillon de deux heures sur :
- Santal........................ 20 kil.
- Garance d’Alsace............... 4 —
- Tan (écorces de chêne moulues) ........................ 10 —
- Sumac........................ 10 —
- Cristaux de tartre............ 1 —
- Bien manœuvrer comme il est dit ci-des-
- sus, et, sans lever, semer sur le bain : Sulfate de fer.................... 4 kil.
- Opérer comme pour les Nemours.
- Celte teinte est très solide, et foule bien.
- (.4 suivre.)
- Teinture des feutres
- Nous lisons dans le Moniteur de la Chapellerie :
- Décidément, pour cette saison, ce cera les couleurs claires qui seront en vogue, notamment celle appelée vulgairement : nuance havane et tous ses dérivés. Sous cette dénomination, il y a plusieurs nuances, elles dérivent toutes du marron, affaibli en supprimant un quart ou moitié des drogues ordinairement employées. (1)
- On peut obtenir à la f Mlle de nombreuses
- (1) Voir Revue de la Teinture du ÎO dernier, page 21, des procédés pour marron •> dont on peut ainsi réduire les dosages.
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- LA REVUE DE LA. TEINTURE
- teintes à peu près identiques, revenant à I meilleur compte et le feutre est mieux.
- La base de cette teinture est le cachou brun modifié suivant la nuance désirée.
- Si l’on désire un fond jaunâtre, on y ajoute du curcuma ou du rocou en pâte ; si c’est tirant sur le rougeâtre, l’orseille, même la plombagine rouge. Si l’on désire plus foncé, une légère addition de sulfate d'indigo ou de la bonne mine de plomb.
- La dose du cachou pour une journée de foule est d’environ 200 grammes.
- Pour la teinture à la chaudière, il faut préalablement mordancer les chapeaux avec un léger bain d’alun raffiné et laver les chapeaux avant de les mettre en teinture.
- Noir pour gants
- Un nouveau liquide est offert pour la teinture en noir des gants.
- C’est une dissolution de couleurs d’aniline, avec laquelle on peut faire ce noir très sim- , plement. La teinture, en effet, n’a pas lieu par bain, mais par application à la brosse.
- Les gants (qui n'ont pas besoin d’être nettoyés), étant sur formes, on y applique avec une brosse douce ou avec un chiffon de laine, cette couleur, sans beaucoup mouiller le chiffon ou la brosse.
- Le noir est de suite obtenu, et n’a pas traversé la peau.
- Après quelques heures, on glace avec de l’huile d’olives tournée dans de l’eau de savon. Ce liquide crémeux s’applique aussi au chiffon.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- TARIF DES TRAVAUX
- Pantalon............................. 1. » »
- Bas de soie............................ 0.60
- Foulard, cylindré...................... 0.30
- Blanchissage et apprêt de lingerie.
- Serviettes cylindrées.................. 0.15
- Nappes.......................depuis 0.50
- Rideaux de vitrage, mousseline brochée ou brodée et guipure ord. l’un 0.75
- Rideaux de luxe (à soigner)...... 1.50
- Grands rideaux, mousseline.......— 2.»»
- — grenadine......— 2.50
- — de luxe ........ — 3. »»
- Dessus d’édredon, au crochet.... — 1.»»
- Housses de chaises, simples ... — 1.»»
- — — à volants... — 1.50
- — fauteuils simples..... — 1.50
- — — à volants...... — 2.»»
- — canapés simples...... — 3.»»
- — — à volants...... — 4. »»
- Nettoyage de vêtements.
- Robe................................. 3. » »
- Jupe................................. 2.»->
- Robe d’enfant.......................... 1.25
- Jaquette homme ou dame.............. 3.»»
- Pantalon drap........................ 1.50
- Gilet drap........................... 1. »»
- Pardessus, homme ou dame............. 4.»»
- Gants de peau........................ 0.30
- Pour nettoyages à sec, sans travail exceptionnel, on augmente ces prix d’un tiers, mais il est quand même des articles de ce tarif qu’on ne pourra faire qu’à sec, et sans augmentation.
- Teinture en noir.
- Robe unie laine, et laine coton...... 3. »»
- Jupe — — ........ 2.»»
- Etoffes — — lem... 0.40
- Robe soie et laine soie........... 6.»»
- Jupe — ............. 4.»»
- Etoffes — le m........ 0.50
- Jaquette homme ou dame....... 4.»»
- Pantalon............................. 2.50
- Gilet.................................. 1-50
- Pardessus............................ 5.»»
- Châles carres........................ 3.»»
- — longs........................... 4.»»
- Gants de peau........................ 0.50
- Une fois d’accord pour le travail à exécuter,
- 'f faut s’entendre sur les prix : chacun a les Slens, et telle maison qui a une riche cliente et peu de concurrence peut en obtenir Passez rémunérateurs, alors qu’une autre ^ns un pauvre faubourg rTen pourra deman-que de très médiocres.
- N faut adopter une moyenne entre ces deux brèmes et pour cela, je vais prendre les ta-rifs des bonnes maisons de Paris, mais qui ne s°at pas des teintureries de luxe.
- Nettoyage et soufrage de petits lainages. j^et de flanelle........................ 0.40
- Remise.................................. 0.60
- ,jalefion............................... 0.75
- japon uni............................... 0.75
- j!as de laine........................... 0.30
- ouverture de laine et de coton, depuis 2. »»
- Nettoyage de linge-soie.
- Remise de soie,...............depuis 1.50
- P°ns de dessous.... ................... 1.50 '
- Sur les noirs il faut souvent faire des con cessions de prix, et abaisser encore ceux-ci.
- Teinture en couleur toutes nuances.
- Robe laine et laine coton........... 6. »»
- Jupe — — ............. 5.»»
- Etoffes— — lem.......... 0.75
- Robe soie, et laine soie............ 12.»»
- Jupe — — ............. 10.»»
- Etoffes — — le m......... 1.»»
- Rubans................. — .......... 0.40
- Châles en réserve................... 25.»»
- Certains travaux en couleurs fines, ou les teintures dites au tendeur, particulièrement soignés, se comptent à des prix supérieurs.
- Autrefois on faisait payer un supplément pour les écarlates fins, c’est-à-dire de cochenille -, aujourd hui, ils ne sont pas plus coûteux que les autres teintes.
- Moirage et impression.
- Moirage de robe ou de jupe......... 2.»»
- — de coupons, le mètre.......... 0.30
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- Impression, robe ou jupe à une couleur 4.»»
- — — à deux ou
- plusieurs couleurs................. 6. » »
- Impression de morceaux, le mètre ... 0 50
- Teinture des ameublements.
- Damas et reps de laine gr. larg. le m. 1.20
- — laine-et-soie — — 1.50
- — — pet. larg. le — 0.80
- — soie — — — 1.50
- — — gr. larg. — 2.50
- Velours de soie........................ 2.»»
- — d’Utrecht..................... 1.25
- Etc., etc...
- Voilà assez d’indications pour guider un débutant. Par voie d’assimilation, il pourra suppléer aux articles qui n’ont pas été prévus, et qui auront presque toujours un équivalent dans ces tarifs.
- Certaines maisons ont des prix de réclame * Par exemple : une robe nettoyée, teinte en noir, et apprêtée, pour 2 fr. ; on conçoit que cela ne peut être prix comme base de tarification normale.
- VISITE ET INSCRIPTION
- Les pièces qui sont présentées par les clients doivent être minutieusement examinées afin d’y constater les dégradations qu’elles pourraient présenter, et éviter ainsi qu’elles soient imputées plus tard au teinturier. Il va sans dire que si elles sont en trop mauvais état, on ne s’en charge pas.
- A cet effet, on les étale largement sur le comptoir et on vérifie si elles portent des accrocs, des déchirures, des trous, des boutonnières arrachées ; si les dos, les coudes, les fonds de pantalons, sont élimés ; si les bouts des manches et des pantalons et les doublures sont usés ; si les dessous des manches et des collets indiquent que le reste a été happé d’air; si les rideaux de vitrage et les doublures des grands sont brûlés; si le rempli du bas est coupé; en un mot, on constate tous les défauts et tares que le nettoyage et la teinture ne feront pas disparaître, et dont il faut se dégager en les mentionnant sur le bulletin d’inscription dont il va être question.
- Les boutons sont toujours sacrifiés, et s’il s’agit d’une teinture, il est indispensable de les enlever, car ils formeraient réserve, et empêcheraient la couleur de tirer dessous.
- Les cols de velours seront également hors de service, et du reste, ils arrivent toujours en fort mauvais état : miroités et déplumés.
- Faire ses réserves aussi sur les taches d’encre anciennes sur fonds de couleur, sur celles de peinture, de nitrate d’argent, d’onguent mercuriel, que l’on peut faire disparaître, mais non toujours sans altérer le fonds.
- L’accord avec le client étant établi en tous points, on inscrit sa commande avec toutes les indications qui la concernent, sur un registre spécial, où chacune porte un numéro d’ordre.
- Ce registre est nécessairement folioté et daté au commencement de chaque journée.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- On délivre au client un bulletin de réception fait à peu près sur le type suivant ;
- AU GRAND SAINT-MAURICE
- TEINTURE & NETTOYAGE
- De tous vêtements et articles d'ameublements
- par précédés perfectionnés
- M. GUEDRON, Teinturier,
- 47, Place du Théâtre, â PÉKIN
- Nos d’ordre Prix convenus Observations
- Livrable le ............(sans garantie)
- N-B. — Il n’est plus répondu des objets non réclamés six mois après leur remise à la maison.
- La disposition en colonnes permet d’y inscrire plusieurs articles ; les deux premières ont leur emploi bien déterminé ; la troisième, celle des « Observations », sert à consigner les tares et défauts constatés sur les pièces.
- On ne met pas le nom du client ; c’est un moyen de contrôle si un bulletin égaré tombait en d’autres mains.
- Il est toujours bon d’assigner une date limite de responsabilité pour le dépôt des objets non réclamés -, la loi spécifie un an et un jour, mais on peut abréger ce temps par conventions mutuelles, et dès lors que le client accepte le bulletin sans faire de réserves, il accepte en même temps le délai assigné. Six mois est un temps convenable.
- On n’use de la liberté qu’on se donne que si on le veut bien, mais au moins on a dégagé sa responsabilité.
- Il n’est pas d’usage de dater les bons, mais les clients aiment bien qu’on leur indique une date approximative de livraison, or il faut toujours mentionner « sans garantie » ou a sans engagements » surtout si l’on fait travailler par confrères. Si vous assignez une date sans prendre ces précautions, et qu’une circonstance quelconque vous empêche de remplir votre engagement, vous devenez passibles de dommages-intérêts. Et dans tous les cas on ne mentionne cette date de livraison que si le clien t le réclame.
- Il ne faut pas donner à ces bulletins la forme d’un reçu sans quoi vous seriez assujettis au timbre de quittances.
- LA MARQUE
- Aussitôt le client parti, les pièces doivent être marquées au moyen d’un gros fil avec lequel on faufile le numéro d’inscription, et
- dans le cas de teinture l’indication de la teinte qu’il faut faire.
- Ces chiffres et ces lettres sont faites suivant le type de la fi g. 50, ci- jointe :
- Fig. 50. — Chiffres et lettres à marquer.
- wmM
- mm
- La première ligne est la série de chiffres, de 1 à 0 ; la seconde veut dire : 1856 ; la troi" sième un commencement d’alphabet ; on voit le genre et il est facile de le continuer jusqu’au bout.
- Les articles pour nettoyage sont faufilés en fil de couleur bon teint, soit bleu de cuve ou rouge à marquer (rouge d’Andrinople) ; les pièces à teindre sont marquées en fil blanc.
- Pour ces dernières le nom de la teinte, qui peut être abrégé est désigné en lettres : Ex: G. BL pour gros bleu ; BR pour bronze ; LO pour loutre; GR pour grenat, etc. D’autres fois on met un deuxième n° qui correspond à une carte d’échantillons dont on a un double au magasin et à l’atelier : il est évident que si ees deux cartes sont semblables, le chef de teinture saura bien ce qu’il doit faire si on marque 17 par exemple.
- Si l’on doit se conformer à un échantillon, un petit morceau de ce type sera collé au livre d’inscription, et l’autre partie épinglée à la pièce à teindre, à côté du n°, auquel on ajoute : ECH.
- Dans tous les cas on relève sur le livre d’inscription, une feuille d’atelier, où le travail à exécuter est indiqué numéro par numéro, et aux prescriptions de laquelle le chef d’atelier se conforme.
- Lorsque l’atelier dessert plusieurs succursales ou dépôts, chacun ajoute sa marque de maison, soit eu chiffres, soit en initiales.
- Après ces diverses formalités qui n’exigent pas tout le temps que j’ai mis à les décrire* ies articles n’ont plus qu’à passer à l’atelier où nous allons les suivre.
- Vous voyez, confrères, qu’il n’y avait pas mal de choses utiles à dire à propos de la réception de l’ouvrage. Beaucoup d’entre vous diront : Nous le savions bien ; cela n’est pas malin. A cela je répondrai que je n’écris que pour ceux qui ne savent pas, et que si je ne disais que des choses malines, je ne m’adresserais qu’aux malins, qui ont précisément le moins besoin de mes conseils et de mes avis.
- Maurice Guédron.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- NOTES SUR LES PROCÉDÉS
- Employés par les Annamites et les Chinois
- pour la teinture et le lavage des soies.
- {Suite)
- Parmi les soies noires employées par les Annamites, il en est une qui doit attirer surtout notre attention ; nous voulons parler de celle qui leur sert à la confection de leurs pantalons et qu’ils désignent sous le nom de Lanh. Cette étoffe quand elle est neuve est d’un noir brillant, de plus elle est lustrée comme si elle avait été calandrée ; au bout de quelques jours d’usage et même après un lavage elle prend une souplesse et un luisant remarquables qui la font ressembler au véritable satin..
- Examinons d’une façon aussi complète que possible les moyens employés pour obtenir cette couleur et ce brillant.
- Nous commençons par le procédé de blanchissage.
- La pièce de soie écrue est d’abord lavée à l’eau froide, puis séchée au soleil, on la soumet ensuite au battage. Cette opération se fait de la manière suivante: on enroule le tissu autour d’une corde en filin de chanvre ou de ramie d’une épaisseur d’au moins trois centimètres et présentant le moins d’aspérités possibles. Ce rouleau placé sur une pierre plate et polie est frappé au moyen de trois bâtons cylindriques en bois dur.
- Il faut deux hommes pour exécuter ce travail; le premier muni d’un seul bâton frappe au milieu ; aussitôt après le second qui en a, un dans chaque main, frappe de chaque côté en même temps. Ce mouvement alternatif se fait en mesure et dure environ 15 minutes, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que l’étoffe s’échauffe légèrement ; on l’étend alors au soleil et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat désiré, ce qui demande environ sept jours,
- La soie est alors suffisamment décolorée et prêle à recevoir la teinture. On y procède ainsi : on donne d’abord au tissu comme précédemment un premier fond d’indigo, on le sèche et le plonge dans la décoction de Dâ en ayant soin de le sécher chaque fois Après avoir terminé complètement l’opération on fait subir à l’étoffe un seul battage puis on le lave et on la fait sécher au soleil. Il fautpou^ le trempage une journée, pour le battage suivl du lavage et du séchage une journée si Ie temps est beau.
- On fait ensuite passer l’étoffe dans le de* coction de feuilles de Trâm, et l’on opère dos trempages, lavages et séchages successif comme pour le Dâ. A la fin de la journée tissu est enduit d’une couche de vase jusqu au lendemain matin où on l’enlève par un lavage > ces opérations sont renouvelées pendant cinq jours consécutifs. .
- Au bout de ce temps on laveetonsèd l’étoffe à laquelle on fait subir un nouvea^ battage ; puis on la trempe dans de l’emp° clair d’amidon ; on la sèche ; on fait enco un battage et on étend la pièce sur un trei^ lage de bambou où, à l’aide d’un balai impreg gné d’eau on l’humecte légèrement, et sa lui donner le temps de sécher on donne dernier battage.
- On enroule ensuite l’étoffe autour d un ro
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- 63
- leau de bois en l’étirant et la serrant le plus possible. L’opération est alors terminée.
- Nous voyons que le résultat n’a pas été obtenu sans peine, cependant l’Annamite ne prend pour sa main-d’œuvre que cinquante à soixante cents par pièces, soit environ 7 cents ou 7 cents 1/2 par mètre.
- VIOLETS
- Ces nuances s’obtenaient jadis par l’association de deux substances végétales : l’une rouge que l’o.i retirait soit du Rocou soit du Carthame ou de toute autre plante fournissant une couleur analogue ; l’autre bleue que l’on extrayait de l’Indigo. Dupuis la découverte ou plutôt depuis le moment où s’est généralisé l’usage des matières colorantes dérivés de l’Aniline, celles dont nous venons de parler plus haut ont été sinon complètement rejetées du moins leur emploi en est devenu des plus restreint.
- Cependant dans quelques teintureries annamites, on se sert encore du Rocou pour composer certaines nuances violettes ; l’élofïe imprégnée voici comment ils opèrent.
- Les pièces à teindre sont d’abord trempées dans la décoction des feuilles précitées, à laquelle on ajoute un peu d’alun (ou Bach-phèn) puis on les plonge dans un bain de gomme laque. Ce bain est préparé en faisant bouillir du Stick-lack pulvérisé enfermé dans un sac de toile; on ajoute à la liqueur ainsi obte-1 nue du jus de citron.
- Les teinturiers chinois pour obtenir le rouge font usage en grande quantité du Curcuma déjà cité ; ils l’associent à la Fuchsine.
- Dans les teintureries de Chine on fait encore une très grande consommation de bois de Cœsalpinia sappau famille des Cœsalpi-nées (en annamite Vang- on To-moé) pour obtenir les rouges, bruns et foncés sur soies fiches; ces nuances sont très peu portées par les Annamites, aussi n’en parlons-nous que Parce que le bois de Sappau, existe en abondance en Cochinchine et ne coûte que 1 fr. 20 le picul de 68 kilos.
- BLEUS
- Dour ces nuances en dehors de l’Indigo qui n’est d’ailleurs qu’assez peu employé, sauf 1 P°ur les soies riches, on ne se sert Annamites et Chinois que des bleus d’aniline.
- VERTS
- Les Chinois comme les Annamites se seront pour obtenir ces nuances de tous les produits énumérés al’articlede jaunes, ou encore d® l’acide picrique; dans l’un ou l'autre cas ils tesocient ces couleurs aux bleus d’aniline ; *ls emploient aussi directement le vert de Cette base.
- (.A suivre.)
- ---------- i «igs»---- —-
- adjudications administratives
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- -Paris. — Le mercredi 1er mai 1889, 2 h., il jjera procédé dans une des salles de l’hôtel 6 l’intendance militaire, rue Saint-Domini-^ue, nu 18, à l’adjudication de la fourniture e® Effets de couchage auxiliaire, soit :
- D,000 enveloppes de paillasse.
- ~D,OO0 enveloppes de traversin.
- ,,000 sacs de couchage.
- Cette fourniture sera divisée en 18 lots, dont la composition est indiquée au cahier des charges dans les magasins administratifs du service de campement.
- SERVICE DE L’ARTILLERIE A l’hotel de ville de Vincennes.
- Le samedi 4 mai 1889, 1 h. 1/2. — Adjudication d’une fourniture de :
- li,800 sacs à avoine, en un lot.
- Les cahiers des charges sont déposés dans les bureaux de la direction d’artillerie au Donjon de Vincennes et dans les bureaux de la place de Paris (avenue de Saxe, 2), où l’on pourra en prendre connaissance.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest, le 1er Mai.
- Etamines à pavillons.
- Caut. prov., 690. — Caut. déf., 1.380.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Hôpital général d’Orléans.
- Le 30 mars. — Fournitures diverses.
- Toiles.
- Proust et Bernard, à Orléans, adjud. à 15,098.
- Drap.
- Blasan, à Paris, adjud. à 3,789 50 (6.89 le m.), rue des Bons-Enfants, 21.
- Couvertures.
- Rime et Renard, 5,890.
- Non adjugé.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest, le 17 avril.
- Etamines à pavillons.
- Dreyfus, à Paris, adjud. à 14,009.37.
- Brest, le 28 mars.
- 2,1)40 m. toiles pour manches à eau sans coutures et sans raccords.
- Raimbaud Ropart, à Angers, adjud. à 1.26 le mètre.
- Fils à drisses.
- Bessonneau, à Angers, adjud. à 13,474 75.
- 46,000 m. toile rousse à vareuses et à pantalons.
- Louis Dulac, à Armentières, adjud. à 0.67 le mètre.
- Cherbourg, le 11 avril.
- Sacs en toile
- Saint, à Paris, adjud. à 1.94.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- St ETIENNE. — Modification des Statuts de la Société anonyme la Teinturerie Stéphanoise. — Délib. du 16 Fév. 1889.
- AVESNES. — Modification des Statuts de la Société en commandite César Payen et Cie filateurs de laine. — Cap. : porté à 412.000 fr. dont 360.(E0 fr. en commandite. Durée expirant le 1er Avril 1899. —Acte du 26 Mars 1889.
- ELBEUF. — Formation de la Société en nom collectif Dehan et Cie (épaillage, teinture, dégraissage et effilochage de laines et déchets de laine), à Caudebec-lès-Elbeuf. —
- Durée : 9 ans. Cap. : 5000 fr. Acte du 25 Mars 1889.
- FAILLITES
- St MANDÉ ET PARIS. — Pruvot, teinturier à St Mandé, Grande Rue, 17, actuellement à Paris, rue Le Peletier, 49. — J. G. : M. Douillet. — Liquid. : M. Boussard. /
- LIQUIDATIONS JUDICIAIRES
- TROYES. — Roussel-Cotel (Henri-Joseph-Désiré) teinturiers. — Jug. du 1er Avril 1889.— Liquid.: M. Guyottot.
- LYON. — Vial père (Jean Claude et Vial fils (Pétrus), teinturiers, associés de fait sous la raison Vial, avenue deNoailles, 9. — Jug. du 3 Avril 1889. Liquid. : M. Rolland.
- AMIENS. — Pavy (Alfred), teinturier à Corby. — Jug. du 12 Mars 1889. -• Liquid. : M. Man tel.
- CESSIONS d’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Etablissements cédés
- Lavadeux (Ve) X. Teinturerie r. de la Victoire, 83.
- Pivet (Dme) Didierjau Teinturerie r. Mes-lay, 7.
- Bahout Fouillet Teinturerie pass. des Bains, 4. Teinturerie r. de Monceau, 87.
- Champeil (dllc) X.
- Coûtai (dmo) X. Teinturerie r. Legendre, 118.
- Arsandant X. Teinturerie ar. des Ternes, 69. Teinturerie rueBlan-
- Marcille X.
- che, 69.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- L’Exposition. — Voici le moment où l’Exposition va être ouverte au oublie. Dès maintenant on peut juger que c’est une merveille qui n’a pas eu d’analogue ; c’est tout un monde, tant par la réunion des produits de l’univers, que par la peinture des mœurs et des habitations de tous pays.
- En 1878, on croyait que le dernier mot des expositions avait été dit, et qu’il fallait en rester là, dans l’impossibilité de faire mieux plus tard ; or ce mieux est obtenu, et jamais une capitale n’a offert un spectacle aussi complet, aussi grandiose, aussi fertile en sujets d’études, en même temps qu’en distractions de toute nature et de tous pays.
- Nous connaissons déjà une grande partie des produits et machines exposés intéressant les colorations. Dès le prochain n°, nous en commencerons l’étude.
- Cliamlire Syndicale de la Teinture et du Nettoyage. — La Chambre continue scs travaux, qui pour ses premières séances, ont été l élaboration des statuts, dont nous donnons plus loin le texte.
- Le syndicat compte comme nouveaux membres, MM. Drevet, Dupont, Leroux et Desvignes.
- Il a reçu les démissions MM. Champagne, Mugnier, Gérard, qui ont été acceptées.
- Ont été formées, des Commissions d’arbitrage composées de 12 membres du Comité,
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- répartis en quatre groupes, dont chacun est en fonction pendant un trimestre.
- Elles ont à examiner les litiges qui leur sont soumis, soit par le tribunal de commerce et les Juges de paix, soit par les parties intéressées, qui recourent à leur intervention. Elles doivent chercher, autant que possible, à concilier, et, en cas d’insuccès, faire un rapport explicatif à l’autorilé qui les a consultées.
- Ces commissions sont composées, pour le premier trimestre 1889, de MM. Fleury, Lhuil-lier, Burel; pour le deuxième, de MM. Tupinier, Hallu (Emile) et Monnot ; pour le troisième, de MM. Peneau, Debin, Babillon-Marchal-, pour le quatrième, de MM. Vinois, Mars et Oriiac.
- L’assemblée générale du 15 avril, a adopté les statuts suivants, préparés et discutés par le comité.
- STATUTS
- Chapitre premier. — Dénomination et But.
- Article premier. — Un Syndicat professionnel est formé entre les teinturiers dégraisseurs qui adhéreront aux présents statuts.
- Ce Syndicat a pour objet l’étude et la défense des intérêts économiques, industriels et commerciaux de la corporation.
- ChapitreTI. — Mode de formation et conditions d'admission.
- Art. 2. — Le nombre des membres de la Chambre syndicale n’est pas limité.
- Art. 3. — Nul ne peut être admis s’il n’est Français ou naturalisé Français.
- Art. 4. - Ne pourront en faire partie que les personnes munies de la patente de la teinturerie et du nettoyage ou de la patente des industries qui s’y rattachent.
- Art. 5. — Quel que soit le nombre de ses associés, chaque maison ne paie qu’une seule cotisation et n’a droit qu’à une voix dans les délibérations.
- Toute demande d’admission doit être appuyée par deux membres du Syndicat.
- Art. 7. — La durée de la société est illimitée. Chaque sociétaire peut cesser d’en faire partie, en prévenant au moins un mois avant l’expiration de son année d’adhésion, par lettre adressée au président de la chambre.
- Chapitre III. — Cotisation.
- Art. 8. — Chaque membre du Syndicat paie une cotisation annuelle de 30 francs, versée à l’Union nationale, et une cotisation de 5 francs versée à la caisse de la Chambre.
- Chapitre IV. — Administration de la Chambre syndicale.
- Art. 9. — La Chambre est représentée par un comité de 12 membres ainsi répartis: 1 président, 2 vice-présidents, 1 secrétaire-trésorier et 8 membres.
- La Chambre procède à leur élection au scrutin de liste, en Assemblée générale, à la majorité des suffrages exprimés.
- Art. 10. — Les membres du comité sont élus pour 3 ans.
- Art. 11. — Le Comité se renouvelle tous les ans par tiers; les membres sortants sont rééligibles.
- Art. 12.— Pour les deux premières années, les membres sortants seront désignés par le sort.
- Art. 13. — En cas de décès, démission ou non-acceptation d’un ou de plusieurs membres du Comité, celui-ci pourvoira d’office à
- leur remplacement, et les membres ainsi désignés fonctionneront jusqu’à la plus prochaine assemblée générale.
- Chapitre V. — Fondions des président, vice-présidents et secrétaire-trésorier.
- Art. 14 — Les fonctions du président sont:
- 1° De veiller aux intérêts de la société dans ses rapports avec le Syndicat général, l’Union nationale, et les autres Chambres syndicales;
- 2° De recevoir toute demande d’admission, propositions et autres pièces de correspondance et de les porter à la connaissance du Comité dans sa plus prochaine réunion ;
- 3° De convoquer et présider les réunions du Comité, les Assemblées générales, d’y maintenir l’ordre, faire observer les règlements, poser les questions et diriger les débats.
- Art. 15. — Les vices présidents aident le président dans ses différentes fonctions, le suppléent et le remplacent au besoin.
- Art. 16. — Le secrétaire-trésorier tient note de toutes les pièces de correspondance. Il rédige les procès-verbaux des séances et des décisions de la chambre, transcrit le tout sur des livres à ce destinés qui sont signés par lui et par le président.
- Art. 17. — Le trésorier faitfairelss recettes particulières de la Société, il acquitte les dépenses sur les bons à payer du président; il tient un compte exact des unes et des autres.
- Chapitre VI. — Fonctions du Comité.
- Art. 18. — Le Comité examine toutes propositions ou communications intéressant la Chambre syndicale et statue sur la suite à donner.
- Art. 19. — Les demandes d’admission lui sont soumises par le Piésident, et il en prononce l’acceptation ou le rejet.
- Art. 20. — Le Comité forme des Commissions arbitrales chargées de donner leurs avis sur toutes les contestations qui leur seront soumises, soit par les tribunaux, soit par les parties qui le demanderont, et qui, alors, devront s’engager, par écrit, à se soumettre à l’avis donné.
- Art. 21. — Ces Commissions sont formées par voix de tirage au sort dans la première réunion mensuelle du Comité.
- La composition en est portée immédiatement à la connaissance des tribunaux.
- Art. 22. — S’ils le jugent utile, le Comité, ainsi que les commissions arbitrales, pourront s’adjoindre une ou plusieurs personnes prises en dehors du Comité, mais avec voix consultative seulement.
- Art. 23. — Le Comité se réunit le premier lundi de chaque mois, à huit heures et demie précises du soir.
- Cette réunion est obligatoire pour tous les membres du Comité.
- Les membres adhérents peuvent y assister, mais, bien qu’ils aient voix délibérative dans les discussions, ils ne peuvent prendre part aux votes.
- Art. 25. — Tout membre du Comité qui ne répondra pas à l’appel à huit heures et demie précises, sera, la première fois, passible d’une amende de 2 francs ; s’il y a récidive, l’amende sera augmentée d’un franc à chaque absence nouvelle.
- Chapitre VII. — Mesures disciplinaires et exclusions.
- Art. 25. —Sur la demande qui lui en est
- faite, et même d’office, le Comité cite devant lui tout membre de l’Association dont les opérations lui paraissent s’éloigner des habitudes de délicatesse qui sont la première condition de 1 honorabilité du commerce.
- Art. 26. — Si le menbre appelé, après dix invitations ne comparaît pas, ou si, après avoir comparu, il ne s’est pas justifié, le Comité peut, par l’organe de son Président, le déclarer exclu de la chambre syndicale.
- Le motif de cette exclxsion devra être formulé par le Comité et figurer au procès verbal.
- Chapitre VIII. — Dispositions générales.
- Art. 27. — Chaque année, la liste générale des membres de la chambre sera affichée dans la salle des réunions, elle sera dressée par ordre alphabétique et indiquera en même temps, la composition du Comité en exercice.
- Art. 28. — Les assemblées générales ont lieu dans le courant de février de chaque année, aux jours et heures déterminés par le Comité, sur convocation du Président adressée aux membres adhérents et indiquant l’ordre du jour.
- Art. 29. — Si huit membres au moins en font la demande, la Chambre syndicale devra être convoquée en assemblée générale extraordinaire par le Président. Dans ce cas, l’ordre du jour ne devra porter qne l’examen de l’affaire pour laquelle les huit membres auront provoqué cette réunion.
- Art. 30. — L’assemblée vote par assis et levé. le scrutin secret est de droit toutes les fois qu’il est demandé par cinq membres; dans ce cas, les noms de ces membres seront déposés sur le bureau.
- Art. 31. — Les décisions de la chambre, comme celles du Comité, sont prises à la majorité des voix des membres présents. En cas de partage, la voix du président est prépondérante.
- Art. 32. — Chaque année, le bureau de la Chambre fait à l’Assemblée un compte rendu, énonçant sommairement les travaux auxquels elle s’est livrée. Ce compte rendu mentionne les événements ou renseignements dont la connaissance peut être utile ; il fait connaître les admissions, démissions et radiations des membres de la Chambre.
- Art. 33. — La Chambre syndicale, tout en prêtant son concours à l’Union nationale, entend conserver la plus complète indépendance et ne se rendre, en aucune façon et sous aucun titre, responsable des actes de gestion et d’administration.
- Art. 34. — Les présents statuts pourront être modifiés par la Chambre syndicale, en Assemblée générale seulement.
- Le Secrétaire, Le Président,
- Babillon-Marchal A. Vinois père
- Suicide. — Nous apprenons que M. J-** E.. . teinturier dégraisseur à Paris, a mis n à ses jours, en se pendant,
- Le chagrin causé par le mauvais état de se affaires, serait cause de cette résolution désespérée.
- Le Gérant : F. Gouillon» Tous droits réservés Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes).
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- LA
- 2me Année, N° 9.
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
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- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES Mai 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Premier coup d’œil sur l’Exposition. — Emploi de l’eau oxygénée dans le blanchiment des laines. — Mordant d’antimione au petit lait. — La soie artificielle.
- Procédés divers : Impressions-flanelle ; Remontage des bleus de cuve (suite) ; Teinture des feutres ; Nettoyage des couvertures. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle : Notes sur les proeédés employés par les Annamites et les Chinois pour la teinture des soies. — Brevets d’invention. — Adjudications. — Renseignements. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Quoi de plus heureux comme début d'une chronique industrielle et tinctoriale, que d’annoncer l’élection au Sénat d’un industriel de premier ordre, d’un commerçant non moins estimé puisqu’il était président de la Chambre de commerce de Paris, enfin d’un homme qui est le créateur de l’industrie des couleurs d’aniline en France, et dont les aspirations, comme les intérêts, sont dirigés vers le développement des industries tinctoriales ?
- Nous avons nommé M. Poirrier, appelé par les électeurs sénatoriaux de la Seine, à occuper le fauteuil qu’inaugura Victor Hugo, et qui fut occupé depuis par un vétéran des luttes politiques, le vieux Songeon.
- C’est encore pour nous une satisfaction de voir la politique énervante et dissolvante céder le pas au commerce, a l’industrie, à la science,, qui seuls Portent en eux le salut de la France.
- Nous avons toujours proclamé que nul citoyen ne devait se désintéresser du gouvernement de son pays, ni de n°s libertés si chèrement conquises, ttiais nous avons déploré en même jemps la trop grande place que tiennent ys personnalités dans les passions poétiques, et nous estimons que l’intérêt des individus y a toujours beaucoup Plus de place que le souci des destinées du pays.
- pans sa circulaire aux délégués, M. boirrier disait :
- « Disposé à ne reculer devant au-eune réforme politique et sociale réali-suble et utile, je n’en déclare pas moins fée la 'politique n’est pas un but. La P°litique prépare la sécurité du lende-^n, mais ce sont les affaires qui as-
- surent cette sécurité, développent la prospérité et constituent la vie sociale d’une grande nation comme la nôtre. »
- Les électeurs sénatoriaux de la Seine ont consacré par leurs votes cette profession de principes : cela est rassurant pour l’avenir.
- * *
- Quant au présent, il est satisfaisant ; les politiciens nous laissent un peu de répit ; l’Exposition s’affirme avec un succès éclatant ; les perceptions de l’Etat s’opèrent avec facilité ; les luttes entre patrons et ouvriers sont un peu apaisées (une nouvelle grève dans la région lyonnaise s’est aussitôt conciliée au gré de tous les intéressés) .
- Sous l’influence de cette heureuse situation, les affaires sont en reprise assez nettement accentuée.
- A Reims, la fabrique a de nombreuses commandes en nouveautés qu’elle ne peut même accepter qu’avec des délais espacés. Les flanelles sont également bien demandées et leurs prix en progression. Les cachemires et mérinos maintiennent leur bonne situation avec nouvelle amélioration même ; on signale les 120 et les cachemires 5/4 comme les plus demandés.
- Les affaires suivent un courant assez régulier à Elbeuf, à Louviers et à Sedan. Il se traite quelques pièces pour l’exportation presque chaque semaine ; les unis et façonnés sont bien demandés.
- A Mazamet, on constate une augmentation dans les expéditions de laines et de draperie, comparativement aux mêmes périodes de la précédente année.
- Les lainages à l’Etranger sont en très bonne situation en Belgique, en Allemagne, et surtout en Pologne où l’on signale un grand mouvement sur ces articles. Par contre les affaires sont très mauvaises en Italie et en Espagne.
- Les soieries sont en pleine prospérité à Lyon, notamment en beaux tissus et en armures.
- La fabrique continue à bien travailler, et elle commence à recevoir d’assez fortes commissions pour l’hiver, surtout en étoffes façonnées ; elle est même obligée d’en refuser en certains articles, faute de métiers pour les produire.
- Le projet de translation sur cette place d’une partie de l’industrie Mul-housienne, n’est pas encore résolu, quoique 150.000 mètres de terrains aient déjà été achetés à Villerbaunne en vue de ces installations. MM. Gillet, teinturiers à Lyon auraient fait cette acquisition, non par spéculation, mais pour favoriser l’établissement d’une nouvelle industrie dans leur ville. Nous souhaitons que leur voeu'soit réalisé.
- A Rouen, les tissus de coton sont en bonne demande et à prix très fermes ; les indiennes, surtout, se vendent bien ; les rouenneries et mouchoirs paraissent suivre cette voie.
- La filature est en très bonne situation sur cette place.
- * *
- Les impressions offrent, d’ailleurs, tant de ressources comme nouveauté et fantaisies, que leur industrie ne vieillit jamais et s’adapte aux goûts de chaque jour.
- Dans l’article courant, les robes et les tabliers à dispositions sont en grande faveur ; on en fait d’ordinaires en indiennes, et de très élégants en cretonne et en jaconas pour toilettes de campagne.
- La flanelle aborde aussi les impressions de genre ; nous montrons dans le corps du journal des articles destinés aux demi-saisons dont nous ne sommes pas encore sortis.
- Mais le foulard imprimé sera surtout en faveur pour l’été ; voici quelques genres remarqués, chez les bons faiseurs qui donnent le ton à la mode :
- Fond caroubier avec gerbes de fleurs noires, fond marron avec dispositions blanches, fond noir avec bouqets vieux rose, fond bleu de France avec blé, ramages noirs sur fonds crème, vieux rose, réséda et gris bleu ou dans les effets plus clairs, ramages blancs sur bleu anglais mordoré. Un foulard de grand genre est à fond écarlate, grenat et noir avec palmette coloriée.
- Les mousselines laine imprimées sont encore un article d’été où les fabricants dépensent beaucoup de goût et d’originalité.
- Cette année, ce sont des fonds ivoire, mastic clair, bleu pâle, rose, semés de fleurettes élégantes : ce sont des toilet-
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- tes d’intérieur ; pour la ville ces mêmes fleurettes se détachent sur fonds plus sombres : mousse et marron d’Inde.
- Dans les unis, on reste fidèle aux nuances éteintes, alanguies, les bleus et les verts confinent au gris, les rouges se rapprochent de la brique ; dans les roses et les verts, on sent un petit fond d’ocre jaune.
- Une nouvelle nuance claire est adoptée, c’est le « Parchemin » tenant le milieu entre le Crème et l’Ivoire, moins jaune que le premier, moins gris que le second ; ce n’est qu’une nuance, comme on le voit.
- En façonnés, ce sont des példns ton sur ton, des brochés, des rayures de toutes dimensions, des semés, des écossais, des petits quadrillés, etc...
- N’omettons pas de signaler dans les toilettes d’hommes, les habits de soirée, non plus noirs, mais de couleurs variées : marron, ponceau, violet, etc. ; cette mode patronnée dans quelques nobles salons du faubourg St-Germain, tend à prendre corps. L’Exposition nous montre plusieurs modèles de ces habits du high-life ; le drap n’y suffit même plus, et on en fait en soie.
- Ce sont les muscadins du Directoire qui reparaissent ; ils cherchent leur Barras !
- * *
- Nous avons à descendre maintenant dans une sphère moins brillante mais plus utile : celle où s’agitent et travaillent les teinturiers-dégraisseurs.
- Cette corporation ayant à relever ses travaux, qui de plus en plus, deviennent mauvais à Paris, ont eu la bonne idée de réveiller leur chambre syndicale, depuis longtemps en sommeil, et qui peut rallier les teinturiers décidés à remonter le faux courant.
- Cet effort mérite d’être secondé et encouragé, et la Revue de la Teinture y prête tout son concours. Les articles de M. Barbé, comme les nôtres, ont eu pour but de faire connaître au syndicat les vœux qui nous sont transmis par plusieurs membres de la profession, nous gardant bien, du reste, d’entraver la marche du dit syndicat.
- Moins bien inspiré, l’un de ses membres qui signe «Ignotus», le raille, le critique, prend à partie les membres du bureau ou des commissions, sans avoir cependant de grief sérieux à leur opposer. Bien que ces appréciations n’aient aucun caractère d’hostilité réel, ce n’est pas ainsi, nous croyons, qu’on doive favoriser une institution utile, dont on fait soi-même partie, et qui lutte avec les difficultés du début.
- Nous sommes d’accord, cependant, avec Ignotus pour rendre hommage au zèle et <4 la capacité du secrétaire, M. Babillon-Marchal, qualités que chacun se plaît à reconnaître.
- F. Gouillon.
- PREMIER COUP D’ŒIL
- Sur l’Exposition.
- La classe 46 (procédés chimiques de blanchiment, de teinture, de blanchiment et d’apprêt), est une des moins avancées comme installations particulières.
- L’administration a fait son devoir et a livré le local, bien terminé, en temps utile; le comité de la classe a également fait disposer les vitrines et l’ameublement général ; il reste aux exposants le devoir de se hâter et de terminer chacun son aménagement spécial.
- Sa voisine : Cuirs et peaux (cl. 47) est bien peu avancée aussi, mais celle des Produits chimiques (45); des Fils et tissus de coton (30); des Fils et tissus de lin (31); des Fils et tissus de laine (32); des soies et tissus de soie (33); des dentelles, broderies, etc. (34); des articles de bonneterie et accessoires du vêtement (35); de i’habillement des deux sexes (36),et;, sont à peu près terminées.
- Ces expositions sont également dans le voi -sinage de la teinture et ont par la nature de leurs produits plus d’un point de contact : leur « contraste simultané » rend plus regrettable encore le retard apporté à nos agencements.
- Le jour de l’ouverture officielle, rien n’était prêt dans les installations particulières; depuis, quelques vitrines (bien peu) se sont garnies, et le nom des exposants a été posé à chacune; ces inscriptions sont en lettres rouges en relief, uniformes, et ressortant admirablement sur le fond noir des boiseries : nous sommes assez coloristes, du reste, pour savoir que le noir est le soubassement du rouge, et réciproquement.
- Les teintures proprement dites sont dans des vitrines fermées, les impressions sur étoffes ont des étalages qui leur permettront d’étaler à leur aise les motifs à grands rapports, tels que les ameublements qui commencent à garnir ces rayons.
- A coter parmi les plus avancés, MM. Besse-lièvre; — Rondeau; —Kettinger etCie.
- Parmi les teinturiers, la seule vitrine prête, lors de notre dernière visite, était celle de M. Lecoeur (de Bapaume-Rouen), contenant des fils de coton teints en couleurs solides, comme cette place les fait.
- Voici, maintenant, quelques autres maisons dont l’installation sera prochaine :
- MM. Goget et Lacour. — Th. Grison. —
- Descat. — Leleux fils. — H. David et Cie. _
- Ch. Steiner. — Fouquet et Cio. — J. M. Sou-zion. — H Monnot. — Poiret frères et neveu.
- — A.Lyormet. — Marchai Fack et O. — Be-zançonetO.—Grobon et Cie. — Legrand frères. — Bl et T. Thar. — Agnellet frères, etc.
- En chiffonnage, nous verrons incessamment:
- MM. Fleury. — Petit-Didier. — Thuillier et Virard, etc.
- Les matières colorantes se trouvent dans la classe 45, où nous voyons déjà installés :
- MM. Poirrier et Cie (couleurs d’aniline) — A. Sevay et Boassu de Lyon (mêmes produits).— Coëz, de St-Denis (laques et extraits). — E. Dubosc, du Havre (Bois et extraits).
- La mécanique tinctoriale est dans la galerie des machines, aux classes 58 (Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et impressions), et 55 (matériel et procédés du tissage).
- Dans cette dernière section, il faut surtout admirer l’importante et remarquable exposition de la société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort, Mulhouse et Grafens-taden, avec ses machines à imprimer au rouleau, ses courses chaudes à sécher, des appareils d’apprêt variés d’une grande perfection d’exécution.
- La classe 58 contient un ensemble de machines très important aussi, de M. F. Dehaitre: essoreuses, machines à griller au gaz, à dérompre, à ramer, à sécher par tambours, des cylindres et calandres, et pour chiffonnage, ma-! chines à laver et à apprêter à feutre sans fin,
- | etc.
- MM. Buffault < t Robatel, de Lyon, ont leur belle collection d’essoreuses ; les machines à travailler les soies, que nous avons décrites en 1888; c’est-à-dire, les machines à laver, à cheviller, à lustrer les écheveaux. Prochainement nous verrons de cette maison une essoreuse mûe par l’électricité.
- M. Lucien Fay, de Reims, expose une machine à teindre sans pression du fil sur bobines.
- Une autre maison de Reims, MM. Hauschel et Cie exposent aussi un modèle de machines à teindre, mais qu’il est difficile de voir et de juger; elle paraît avoir aussi pour principe la teinture en vases clos, et être destinée à la laine en boudins.
- M. Kientzy, a une puissante calandre, et un cylindre également de grande force.
- Un foulard d’apprêt est exposé par MmC Schoumacher ; cet appareil est probablement pour le travail des papiers peints.
- Plusieurs cylindres d’apprêt à feutre sans fiu pour chiffonnage, figurent aussi dans cette classe.
- D’abord le « Sans Rivale » de MM. Pingrié et Cie, avec le foulard qui est son complément. Si nous sommes bien informés, ces machines sont destinées à travailler devant le public ? cela sera une façon évidente d’en faii’e appré-cier le bon fonctionnement.
- Puis, un appareil de même genre, de M* Chasles (successeur de Decoudun), avec la repasseuse hydrauvore, et des essoreuses du même constructeur.
- Enfin, M. Descombes nous montre, à co
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- encore d’un cylindre à feutre, ses articles de chaudronnerie tinctoriale, parmi laquelle n ous remarquons, des bassines, chaudières et barques dont une de ces dernières à trinquet pour la teinture des pièces, une table à vapeur, une laveuse à benzine d’un nouveau modèle: la caisse ne tourne pas, mais se balance sur son axe à l’aide d’une tige à main, à laquelle on imprime un mouvement de va-et-vient.
- Voici jusqu’à présent les objets qui frappent d’abord l’attention dans notre remarquable exposition-, nous continuerons cette revue très rapide, non-seulement par les pays étrangers, mais encore dans certaines expositions spéciales où nous trouverons encore à parier teinture
- C’est ainsi que dans le palais Algérien, non encore ouvert au public, nous verrons les diverses inventions de M. André Lyon, qui ont certainement perfectionné plusieurs branches de nos travaux. F. Gouillon
- EMPLOI DE L’EAU OXYGÉNÉE
- pour le blanchiment des laines, des bois, etc.
- D’après Alf. Delmart et P. Ebell (Chemiker Zeitung).
- Les propriétés oxydantes de l’eau oxygénée ont été mises à profit depuis nombre d’années pour le blanchiment de substances fines, telles que les plumes, l’ivoire, etc. Bien que l’on ait dès longtemps apprécié les services que pouvait rendre cet agent dans d’autres branches d’industrie, ce n’est que dans ces derniers temps que l’on a pu songer à en tirer parti pour le blanchiment de la laine ou d’autres substances analogués, en raison du prix assez élevé auquel il était vendu jusqu’alors.
- La maison de Haën, qui fabrique en grand l’eau oxygénée, a fait faire par le docteur Alfred Delmart, des essais industriels de blanchiment de, la laine. Voici, en résumé, les résultats que ce chimiste a publiés dans le quatrème fascicule de son ouvrage sur « le blanchiment de la laine».
- L’eau oxygénée de la maison de Haën, contient de très petites quantités de corps étrangers (par exemple du phosphate de baryum) ; rrtais loin de nuire à l’activité du produit, ces ^puretés paraissent exercer une action favo-rable : l’eau oxygénée chimiquement pure produisant une décoloration moins forte.
- La laine est traitée au bain froid ; on travaille dans une cuve en bois ; le local doit être aussi frais que possible, mais cependant, durant l’hiver, à l’abri de la gelée.
- Une condition capitale est d’opérer avec des laines (cardes, écheveaux ou tissus), soigneu-Sernent dégraissées et purifiées. Il va sans dire d’avec les laines naturellement blanches on °htient de meilleurs résultats qu’avec celles
- sont par essence fortement teintées de jaune ou de brun,
- peut employer l’eau oxygénée soit pure, a°ll étendue de cinq à six fois son volume d’eau e Pluie ou de bonne eau de rivière. On ajoute
- une petite quantité d’ammoniaque, soit environ 20 grammes d’alcali volatil de poids spécifique 8.910 pour 100 litres de bain dilué. Un papier tournesol rouge, plongé dans la cuve, doit bleuir très légèrement au bout de quelques secondes.
- La laine ne doit pas être tassée dans le bain -, il convient au contraire de la manipuler continuellement. Suivant la nature de la laine et son degré de coloration, le blanchiment exige de 6 à 10 heures. Lorsque l’on a affaire à des laines naturellement blanches, on arrive au meilleur résultat en moins de temps, par exemple en 1 ou 2 heures de manipulation en laine concentrée.
- La laine sortant du bain est essorée et, s’il est possible, séchée au soleil. Comme le blanc est d’autant plus beau que la dessiccation marche plus lentement, il convient durant les temps chauds, de ne pas épandre la fibre, mais de l’exposer à l’air en couche épaisse. Lorsqu’il est nécessaire de sécher à l’étuve, en chauffe le moins possible.
- Le blanchiment par l'eau oxygénée détruit sans retour le pigment, en sorte que l’on n’est pas exposé à voir la laine jaunir à la longue, comme il arrive lorsque l’on blanchit à l’acide sulfureux.
- On sait qu’aucun agent de blanchiment n’arrive à enlever à la laine une dernière teinte jaunâtre, en sorte que si l’on veut atteindre un blanc parfait à l’œil, il est nécessaire d’éteindre cette légère nuance au moyen d’un bleu ou d’un violet complémentaire. Le violet de méthyle convient très bien à cet effet. Lorsque l’on blanchit eu eau oxygénée concentrée, il est nécessaire de passer la laine au bleu dans un bain distinct. Si l’on opère en bain étendu, on peut ajouter le violet à l’eau oxygénée.
- Le même bain de blanchiment sert continuellement-, il suffit de le remonter à chaque opération en ajoutant un peu d’eau oxygénée et d’ammoniaque. La petite quantité de violet de méthyle est ajoutée au bain avec chaque partie de laine mise en blanchiment. Pour réduire les pertes d’eau oxygénée, on fait égoutter les marchandises au sortir du bain sur les claies disposées au-dessus du bac, de façon que le liquide égoutté retourne au bain.
- Lorsque le bain ne doit pas servir de quelque temps, il convient d’en maintenir la température aussi fraîche que possible et de le couvrir pour lui éviter l’accès direct de l’air et de la lumière. Les mêmes précautions sont nécessaires pour conserver la provision d’eau oxygénée.
- L’auteur pense que ce procédé pourra s’appliquer en grand dans les usines de lavage des laines, et il estime que les frais de blanchiment seront largement compensés par la plus-value du produit blanchi.
- M. P. Ébell dans un travail très circonstancié, paru également dans le Chemiker Zeilung> 1888, p. 3, rectifie quelques-unes
- des assertions de M. Delmart.
- Il croit de l’intérêt même de cette nouvelle industrie de ne pas laisser s’enraciner cette créance, que l’eau oxygénée pure blanchit moins qu’un produit impur.
- C’est là une inexactitude formelle : l’eau oxygénée pure, serait à tous points de vue préférable ; mais il est vrai de dire que ce produit chimiquement pur ne peut s’obtenir pratiquement et que, de toutes les impuretés qui puissent s’y rencontrer normalement, c’est encore le phosphate acide de baryum qui peut exercer l’action la moins défavorable.
- D’ailleurs, comment le phosphate de baryte pourrait-il exercer une action favorable sur le blanchiment, alors qu’il se trouve insolubilité lorsqu’on alcalinisele bain par l’ammoniaque • Du fait même que la bain contient un sel en suspension, on doit au contraire s’attendre à des troubles dans'la marche de l’opération. Et ce n’est pas IA une supposition gratuite. M. P. Ebell a vérifié expérimentalement que le bain contenant du phosphate en suspension, est inférieur au même bain filtré au préalable.
- Dire que le blanchiment doit ss faire dans tous les cas en bain froid, c’est émettre une proposition beaucoup trop générale, et qui peut conduire, dans certaines circonstances, à un échec. La température à laquelle il convient d’opérer dépend avant tout de ia qualité et de la concentration de l’eau oxygénée employée.
- Les bains étendus supportent mieux une température un peu élevée ; plus le bain est i alcalin et plus il importe d’opérer à basse tem-| pérature. Il n’est pas possible de tracer ici de ; règle générale ; chacun de ceux qui voudront faire emploi d’eau oxygénée devra fixer par une série d’essais préalables, les conditions les plus favorables pour l’effet qu’il se propose d’obtenir. suivre.)
- MORDANT D’ANTIMOINE
- au petit-lait
- Par M. Kretzschmar
- On s’occupe beaucoup de trouver un substitut à l’émétique, comme mordant stibié. C’est ainsi qu’on a proposé successivement pour remplacer l’éaiétique, des chlorures et des fluorures doubles, l’oxalate, etc.
- J’ai essayé de préparer un mordant au lactate d’antimoine en utilisant comme solvant de l’oxyde d’antimoine, le petit-lait des fabriqnes de fromages. L’extraction de l’acide lactique, qui ne peui être réalisée que par l’intermédiaire du sel de zinc, est trop coûteuse pour qu’on puisse songer à la pratiquer. Lorsqu’on abandonne à lui-même le petit lait—des fromageries, jusqu’à ce qu’il ait atteint son maximum d’acidité, on a entre les mains un liquide qui, à côté de beaucoup d’acide acétique contient de petites quantités d’acides butyrique et lactique. Ce liquide dissout peu l’oxyde d’antimoine,
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- On en tire un meilleur parti en le traitant de la manière suivante :
- On le débarrasse d’abord de l’albumine qu’il contient au moyen de l’un des réactifs connus qui insolubilisent l’albumine. Le choix de ce réactif est assez indifférent ; il importe seulement de ne pas faire usage d’un composé dont la présence pourrait ultérieurement contrarier l’action du mordant.
- On filtre à chaud et l’on abandonne à la fermentation acide. On obtient de la sorte un liquide qui est capable, en présence de sels alcalins, de dissoudre abondamment l’oxyde d’antimoine. Chauffé avec un excès de ce dernier, il fournit une liqueur dont la teneur en Sb2Û3 correspond à 66, 67 grammes d’émétique ou 75 grammes environ de lactate d'antimoine par litre.
- La liqueur filtrée est bien claire; elle se conserve indéfiniment telle quelle ou étendue d’eau ; la neutralisation n’en sépare aucun sous-sel d’antimoine.
- Pour l’usage, il convient de l’étendre dans la proportion de 1 pour 13 litres d’eau, pour obtenir un bain de mordant équivalent à celui que fournit une dissolution de 5 grammes d’émétique par litre.
- Les essais de mordançage ont fourni des résultats très satisfaisants.
- {Chem. Zeit.)
- LA SOIE ARTIFICIELLE
- L’Exposition universelle montre un appareil de fabrication pour de la soie artificielle -, peut être se rapporte-t-il au procédé suivant.
- D’après le Salut public de Lyon, la nouvelle soie artificielle, fabriquée par M. de Chardonnet, serait un produit extrêmement curieux et intéressant. 11 n’a rien de commun avec le fameux lin-soie, dont on a parlé, il y a quelques années. La soie nouvelle serait à la soie animale ou du bombyx ce que le celluloïd est à l’ivoire.
- La cellulose (coton, pâte de paille, etc.), traitée par l’acide nitrique et l’acide sulfurique, comme pour obtenir le fulmi-coton et le celluloïd, est dissoute dans un mélange d’alcool et d’éther, additionné de perchlorure de fer ou de protochlorure d’étain et d’acide tannique.
- La solution, placée dans un entonnoir vertical terminé par une filière ou bec de chalumeau percé d’un trou de 1/10e ou l/20e de millimètre, peut s’écouler dans une cuvette pleine d’eau faiblement acidulée par de l’acide nitrique ; le mince filet fluide qui s’échappe, prend immédiatement-consistance et donne un fil qui peut être tiré, séché et enroulé sur un petit tour ; si la filière est percée de plusieurs trous, on tire en même temps cinq ou six fils, qu’on peut tordre en même temps pour avoir des trames.
- En mettant dans la solution éthérée des
- matières colorantes convenables, on peut obtenir des fils de toutes les couleurs.
- Le fil obtenu est légèrement grisâtre, transparent, souple, à l’aspect, à l’éclat et au toucher absolument soyeux, et d’une régularité parfaite, rond ou plat suivant la forme de la filière qui lui a donné passage. Il semble aussi résistant et aussi élastique que le fil de soie naturelle -, il est inattaquable par l’eau froide ou chaude, et par les acides et les alcalis * moyennement concentrés.
- L’alcool et l’éther pouvant être à peu près intégralement récupérés, le prix de revient de ce fil soyeux ne dépasserait guère 15 fr. le kilogramme, et aurait été estimé correspondre à une valeur marchande d’une cinquantaine de francs.
- Tel quel, ce fil brûle sans que le feu se propage trop ; c’est évidemment une infériorité, qu’on espère pouvoir combattre. Ce produit, suivant le formulaire chimique, est un éther nitrique de la cellulose ; on pourra sans doute remplacer l’acide nitrique par quelque autre ( acide qui rendra le corps moins combustible -, il n’est pas douteux qu’on puisse alors tirer un excellent parti de ce textile nouveau, qui offrira de précieuses ressources à l’industrie lyonnaise.
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- PROCÉDÉS DIVERS
- Impression-Flanelle
- L’article flanelle tend de plus en plus à i prendre sa place dans les tissus élégants, après s’étre employé presqu’exclusivement en écru et rarement, même, en blanc.
- On a‘commencé par des impressions communes, puis nous avons vu des teintures unies en vives couleurs qui sont devenues maintenant, un article courant à Reims- maintenant on aborde les impressions de style et de goût, dans le genre de celles dont nous donnons ci-dessous deux spécimens.
- Il n’y a, d’ailleurs, rien de particulier à noter sur les procédés d’impression ; c’est le travail au rouleau à deux couleurs dont l’une est un placage de fond.
- Ces étoffes sont employées pour peignoirs et robes de campagne et de bains de mer.
- Remontage des bleus de cuve (Suite)
- Nous n’avons pas encore terminé la revue des méthodes classiques d’avivage. Comme on l’a vu par les précédentes, ce sont toujours celles basées sur l’emploi du santal, qui permettent le foulage.
- Cela nous amènera à publier prochainement une étude sur les meilleures conditions de l’emploi du santal en teinture.
- Nous reprenons la suite de nos procédés, en rappelant que les dosages sont toujours pour 100 kil. de laine.
- Nous avons dit aussi que nous nous occuperons, après les laines, des remontages sur coton.
- Bleu-Lycée
- 1° Bon pied d’indigo en cuve.
- 2° Rincer, et bouillon de deux heures avec'.
- Santal...................... 22 kil.
- Sumac........................ 8 —
- Tan (écorces de chêne moulues)....................... 10 —
- Cristaux de tartre........... 1 —
- Pauser une heure, puis semer dans le bain, en manœuvrant la laine :
- Sulfate de fer........... 5 kil.
- Nouveau bouillon d’une demi-heure ; laisser en chaudière jusqu’à refroidissement du bain-
- Eventer, rincer et sécher.
- Bleu de Sedan
- 1 ° Très fort pied d’indigo en cuve.
- 2° Bon rinçage, puis bouillon de deux heures avec :
- Garance d’Alsace ., 10 kil-
- Santal 10 -
- Cristaux de tartre., 1 —
- luser deux heures, lever, et ajouter au
- Sulfate de fer 1 kil.
- — de cuivre... 100 gr-
- Nouveau bouillon d’un quart d’heure, passer la nuit en chaudière, éventer et rinçer à fond-
- On remarque qu’ici, c’est plutôt un avivage qu’un remontage, car le bleu de cuve üd presque à lui seul toute la teinte.
- Bleu d’Elbeuf
- 1° Bon pied d’indigo en cuve.
- 2° Rinçage, et bouillon de deux heures avec -
- Santal..................... 35 kil-
- Orseilie.................... 3 —-
- Sumac....................... 3 —
- Campêche.................... 2 —
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- Sans lever la laine, mais en la manœuvrant pour éviter de flammer, jeter dans le bain :
- Sulfate de fer............ 3 kil.
- Opérer comme pour le bleu de Sedan.
- Ceci est presqu’exclusivement un remontage au Santal et Sumac, tourné par le fer. L’orseille et le campêche dégorgent au foulon.
- Bleu Kabyle.
- C’est un bleu de cuve ayant simplement reçu une légère bruniture, comme suit :
- 1° Bon pied d’indigo en cuve.
- 2° Rincer, et passer une heure et demie en bain bouillant contenant :
- Sumac..................... 12 kil.
- Pyrolignite de fer........ 2 litres.
- Au lieu de pyrolignite qui laisse une mauvaise odeur aux laines, nous préférerions le sulfate de fer, toit 750 grammes.
- Passer la nuit en chaudière, éventer, et rincer.
- Foule assez bien, quand la laine a été séchée et exposée plusieurs jours à l’air.
- Bleu-Montagne
- 1° Pied d’indigo en cuve, plus ou moins foncé, suivant ce que l’on veut faire.
- 2° Rinçage et bouillon d’une heure avec :
- Cachou..................... 8 kil.
- Sumac......................10 —
- Laver et semer dans le bain :
- Sulfate de fer............ A kil.
- 3° Sans rincer, porter sur un bain neuf contenant :
- Bichromate dépotasse........ 2 kil.
- Manœuvrer une demi-heure à chaleur de la main.
- Cet avivage au cachou est solide, mais il durcit un peu les laines; il ne peut guère s’employer que pour les grosses laines de campagne.
- TEINTURE DES FEUTRES
- Nuance castor.
- le Moniteur de la Chapellerie publie les informations suivantes, qui font suite à celles Çu’a reproduites notre précédent numéro :
- La nuance castor semble être en faveur pour cette saison. Nous avons reçu de plusieurs abonnés des demandes d’informations pour °btenir cette nuance qui, du reste, a beaucoup d’analogie avec celles qui se portent depuis inelque temps. Nous nous empressons de satisfaire leur désir.
- H se fait à la foule, sous diverses dénominations, une grande variété de nuances, depuis le castor clair jusqu’au castor brun foncé, et ces diverses nuances sout obtenues par l’em-Pi°i des mêmes drogues ; il s’agit seulement d&n varier la dose et d’en ajouter parfois pour es brunitures.
- Les diogues qu’il convient d’employer à
- cet effet sont les plombagines grises ou rouges (sanguines), le rocou en pâte, l’orseille et le sulfate d’indigo. Si on faisait usage de la terre de Cologne le chapeau serait terne et la nuance pauvre.
- Quant à la plombagine grise il faut employer la belle qualité, appelée noir velours, purgée de toutes ses impuretés. En employant moitié plombagine grise, moitié plombagine rouge et 100 gr. de rocou en pâte pour 1 kilogramme de chaque espèce de plombagine, on obtient un feutre doux et une belle couleur castor clair. Cette dose est pour la journée d’une foule à 6 places. Si la plombagine grise est de qualité inférieures il faut en augmenter la dose jusqu’à la nuance voulue.
- Avec les mêmes substances, en augmentant la dose d’un quart de plombagine grise, on a une nuance plus foncée. Si, dans cette composition, on remplace le rocou par l’orseille, on obtient une nuance encore plus intense ; en ajoutant, en outre, une petite quantité de sulfate d’indigo, mélangée avec l’orseille, on arrive au castor brun qui devient aussi foncé que possible en forçant de plus en plus la dose de ces deux produits.
- Si on met l’indigo dans la chaudière il ne faut le mettre que lorsque l’on commence à fouler et jamais lorsqu’on arrive à la moitié du travail.
- L’indigo a tellement d’affinité avec les matières animales qu’il se précipite instantanément et pour éviter d’avoir des nuances il faut faire comme nous recommandons.
- C’est plus rationnel de mettre dans la composition, pour les chapeaux de belle qualité, 10 grammes de poils teint bleu, alors il n’y a pas à craindre d’avoir des nuances.
- NETTOYAGE DE COUVERTURES DE LAINE
- Faises-les tremper dans un bain de savon et de sous-carbonate de soude ; frottez-les fortement avec une brosse demi-dure, battez-les avec un battoir, et enfin lavez-lesà l’eau claire et les tordez bien pour en extraire l’eau.
- Pour éviter les déchirures, vous mettrez votre couverture dans un filet ou une toile.
- Vous les passerez ensuite au soufre ; au sortir du soufrage, vous les peignerez avec un chardon pour relever et coucher les poils.
- Ce procédé donné par un journal d'économie domestique est à peu près celui employé par les teinturiers-nettoyeurs.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- LES NETTOYAGES
- Toutes les pièces reçues aux magasins ont d’abord été classées en deux groupes bien définis: celles destinées à être seulement nettoyées
- (marque en fil de couleur), et celles qui doivent être teintes (fil blanc).
- Les unes et les autres doivent cependant passer par l’atelier des nettoyages, car on ne teint pas sur taches, et le dégraissage préalable est indispensable.
- La marque sert ensuite à distinguer celles qui doivent aller aux teintures, ou passer directement aux apprêts.
- Aussitôt reçues à l’atelier des nettoyages, on procède à un nouveau classement pour grouper les articles devant subir les traitements suivants :
- Détachage partiel.
- (a) Taches grasses
- (b) Taches spéciales.
- Nettoyages au savon.
- (a) Susceptibles
- (b) Non susceptibles.
- (c) Couleurs foncées.
- (d) Blancs.
- Nettoyages des draps.
- Nettoyages à sec Blanchissage de lingerie
- Je vais examiner successivement ces différents travaux .
- Puis, tout-à-fait à la fin de notre travail, nous verrons des travaux spéciaux de nettoyages, teinture et apprêts (gants, tapis, châles en réserve, dentelles, etc.) sortant de l’ouvrage courant.
- Brossage
- Avant les nettoyages, tout ce qui est vêtement de couleur est brosséet épousseté à fond et décrotté, notamment les bas des pantalons et des jupes.
- Ces vêtements sont étalés sur la table de ' brossage, brossés puis les draps (paletots, pantalons, etc), accrochés à un solide porte-manteau, en plein air, et battus vigoureusement avec une bonne baguette assez flexible sans l’être trop ; le jonc et l’osier sont trop mous: une branche de chêne à moitié sèche est ce qu’il y a de mieux.
- Après ce battage, on donne un nouveau coup de brosse. La poussière produite par le battage ayant collé après les taches grasses, rend celles-ci très apparentes, ce qui est encore un avantage pour le travail suivant :
- Détachage partiel
- Ce détachage s’applique aux pièces tachées par places; les procédés sont aussi variés que la nature des taches qui peuvent être de corps gras, de cambouis, de peinture, d’encre, d’agents chimiques, ou simplement de produits sucrés de jus de fruits, etc.. Presque toujours ce sont des taches grasses.
- Il s’agit principalement des soieries et lainages légers.
- Taches sucrées.
- Tout d’abord il faut s’assurer si les taches ne sont pas tout simplement produites par un
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- liquide sucré, qui les rend comme empesées, quelquefois un peu farineuses, dans d’autres cas légèrement poisseuses.
- Il suffit alors d’étendre la partie tachée sur une table recouverte d’un linge blanc, de tamponner avec un linge mouillé, de changer la pièce de place, d’éponger avec un linge sec puis de dessécher à l’aide d’un fer modérément chaud. Il faut peu de chaleur pour éviter une vaporisation qui quelquefois fait virer les couleurs.
- Quand l’eau paraît avoir une action trop prononcée snrla couleur de fond, on emploie de l’alcool à 56° qu’on obtient en mélangeant deux parties d’esprit 3/6 et une partie d’eau.
- Le séchage immédiat évite en partie les cernes, et il est rare que des couleurs coulent pendant ce traitement rapide au linge humide.
- Mais il peut rester une coloration provenant de la matière colorante, soit du café, soit d’une coufiture. soit d’un jus de fruit. Cela rentre dans les cas des taches spéciales que nous aurons à examiner.
- Lorsqu’on peut craindre que l’eau ou tout autre dissolvant fasse couler ou délustrer la teinte de fond, ou essaie ce liquide sur un coin de la pièce, sur un rempli, sur tout autre endroit où l’accident serait sans conséquence.
- Je parlerai aussi des taches d’eau.
- Des cernes. — L’alcool produit peu de cernes, l’eau et la benzine peuvent en laisser si l’on ne prend quelques précautions pour les éviter.
- Les cernes consistent en une sorte d’auréole comprenant la partie mouillée et qui est plutôt un reflet qu’une différence de coloration.
- Pour les éviter, on entoure la partie tachée avec le liquide dissolvant en dirigeant le mouvement de nettoyage vers le centre, puis on reporte la partie mouillée sur un point sec de la table recouverte d’un linge, on la dessèche en partie en y appliquant la paume de la main et l’on saupoudre la place avec du plâtre fin (plâtre à modeler), ou de terre à foulon, de la terre de pipe, du kaolin, en un mot avec une poudre absorbante. Le plâtre suffit généralement.
- Quand le tout est sec, on fait tomber avec une brosse la poudre restée adhérente, et si elle tient trop on frotte avec de la mie de paie rassis. y
- Nous allons revoir ce travail dans ce qui suit :
- Taches grasses.
- Cela devient le véritable détachage courant et habituel.
- Nous en avonsdécrit le matériel (1888, p. 37).
- On emploie de plus, uue petite brosse dure, à manche, représentée par la fig. 51 ci-contre.
- Fig. 51. — Brosse à détacher.
- 11 faut enfin une bonne benzine comme liquide dissolvant, dans une petite terrine.
- Puis le plâtre ou la terre argileuse dont il a été question plus haut, dans un vase ou boîte ouvert, et enfin une cuiller pour prendre cette poudre.
- Tout cela est à droite de l’opérateur sur un escabeau ou sur la table elle-même.
- L’étoffe à détacher se visite à plat sur la table, et quand on voit une tache, on prend une petite planchette en bois blanc de 50 cent, de long sur 20 à 25 cent, de large environ, que l’on pose dessous la tache.
- On frotte cette tache avec la petite brosse trempée dans la benzine, puis on recouvre vivement toute la partie imprégnée avec la poudre de plâtre ou autre, qu’on prend à l’aide de la cuiller.
- On retire alors la planchette et on prend avec la main gauche, l’étoffe en dessous pour pouvoir rejeter le plâtre dans son vase. Si la benzine n’est pas sèche, on saupoudre une nouvelle couche de plâtre ; on frappe doucement pour faire retomber cette poudre, et cela jusqu’à ce que l’étoffe soit entièrement sèche.
- Enfin, on enlève le restant de plâtre en plaçant l’étoffe à plat sur la table, et en l’époussetant avec un pinceau à longs poils, puis on frotte avec un linge de laine bien propre.
- S’il reste un peu de blancheur, on emploie la mie de pain, comme je l’ai dit plus haut.
- Dans le travail rapide — qui n’en est pas meilleur — de certains grands ateliers, on supprime le poudrage, qui n’est, du reste, réellement nécessaire que pour les fonds clairs.
- Sur les soies noires, marrons, gros bleus, vertes et en général, sur toutes couleurs foncées, on gagne beaucoup de temps en opérant comme suit :
- Après avoir détaché à l’aide de la benzine et de la brosse, et cela assez fortement et à plusieurs reprises s’il est nécessaire, au lieu d’employer le plâtre, on se sert de mie de pain émiettée, dont on couvre la partie benzi-née et que l’on arrose encore très légèrement de benzine, puis avec la paume de la main on promène cette mie de pain sur l’etoffe, pour élargir le premier cerne, qui s’efface en s’étendant ainsi.
- On laisse ensuite sécher au séchoir.
- La mie de pain peut être remplacée par un tampon de laine très serré, un peu imprégné de benzine, avec lequel on élargit le cerne, comme ci-dessus, afin de le noyer, pour ainsi dire, dans l’étoffe.
- Ne pas oublier d’enlever la planchette chaque fois qu’on en a fini avec la brosse à benzine.
- Ces procédés, indiqués par M. A. Vincent, m’ont toujours bien réussi. Cependant ils conviennent moins pour les lainages que pour les soieries.
- La sèche est plus lente sur les étoffes de laine, il est donc toujours avantageux d’employer du plâtre et d’y laisser jusqu’à sèche complète. Il est même bon lorsqu’une robe ou tout autre vêtement est entièrement détaché, de la suspendre dans le séchoir avec tout le plâtre qui y reste adhérent. On peut alors, en le sortant, battre et brosser sans crainte; la poudre s’enlèvera plus facilement que lorsqu’elle est encore humide de benzine.
- Le plâtre est donc à recommander pour les lainages; cependant, quand on a une redingote ou un p detot en drap dont il faut seulement nettoyer le col et quelques taches, on emploie simplement la brosse, en ayant soin d’étendre la partie touchée, en frottant autour,, sans reprendre de benzine.
- Par ces moyens on a fait disparaître toutes les taches grasses simples, c’est-à-dire 95 0/0 de celles qui peuvent se présenter. Celles oui ont résisté rentrent dans les cas spéciaux dont j’ai déjà dit que nous aurons à nous occuper.
- Maurice Guédron.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- NOTES SUR LES PROCÉDÉS
- Employés par les Annamites et les Chinois
- pour la teinture et le lavage des soies.
- ÇSuite)
- IL ne nous reste plus à parler maintenant que de certaines couleurs dont les Chinois font usage pour la teinture de leurs soies et qui ne sont consommées que par eux.
- Ainsi la teinte olive est obtenue au moyen du sulfate et des fleurs du Sophora japonis famille des légumineuses (en annamite : IToni-hoa) ; ces fleurs proviennent de Chine.
- Us obtiennent les gris foncés violacés h l’aide de la galle de Chine, associée au sulfate de fer; une fois l’étoffe imprégnée de ces deux matières ils la passent dans une dissolution faite de Fuchsine.
- Us emploient encore la Galle de Chine pour obtenir les Bruns et les Gris de tous les tons-
- Quant aux Marrons, bien que nous n’ayons pu nous procurer des renseignements certains sur cette teinture il nous semble toutefois d’après les expériences que nous avons faites, que cette nuance doit être obtenue avec l’écorce des palétuviers et au sulfate de fer? cette matière est ensuite plongée dans Ie bleu d’aniline.
- Les ouvriers chinois, eux, n’emploient aujourd’hui que les couleurs de cette dernière base.
- JAUNES
- Us sont encore empruntés à un grand nombre de végétaux parmi lesquels nous citons •
- 1° Le Derocarpus /lavus, famille des PUP1)' lonnacées (en annamite Huinh-Câ); ce hoiS assez répandu sur les marchés de Cochm-chine, nous arrive de Chine en morceaux^ rectangulaires de 4 à 5 centimètres de lar geur sur 10 à 15 de longueur : il est d’un jaune citron, d’une saveur très amère et co
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- très facilement à l’eau bouillante sa matière colorante ce qui sert de base au procédé de teinture, la soie ayant d’ailleurs une grande affinité pour un grand nombre de matières colorantes parmi lesquelles celle qui nous occupe est une des plus belles.
- 2° Les racines de Chelidonium majus, famille des Papavéracées (en annamite Huinh-lien). Elles coûtent assez cher, aussi n’en fait-on qu’un usage très-restreint.
- 3° Le Curcuma famille des Zingiberacées, (en annamite Nghê) dont les Chinois font une grande consommation.
- 4° Les tiges du Fibraurea tinctoria famille des Menispernées (en annamite Day-Dâng-Rdgh) vulgairement connu sous le nom de liane jaune.
- 5° Les fruits des Gardenas grandiflora et floridaz, famille des Rubracées (en annamite Danh-Tan Dannam.)
- 6° Les feuilles et les racines du Lawsonia famille des Lythrarieées (en annamite : Mong-tay).
- Les matières tinctoriales compi’ises du N° 2 au n° 7 ne sont plus employées étant devenues de plus en plus rares ou coûtant plus cher que le Pterocarpus flavus.
- 1° La gomme-gutte (en annamite Vang-ulna).
- ROUGES
- Le règne végétal fournissait autrefois à ces nuances un grand nombre de ses produits au milieu desquels nous pouvons mentionner, mais à titre de souvenir les fleurs de Cartha-me, Garthamus tinctorius, famille des Cyna-rées(en annamite Ru ou Dîeu-canh); son prix élevé l’a fait rejeter par l'industrie de Ja teinture qui l’a remplacé par la môme couleur d’aniline.
- Quelques teinturiers annamites se servent fincore des graines de rocou, Bixavrellas, famille des bixinées, (en annamite Dieu). Ils font bouillir les semences après les avoir concassées avec une petite quantité d’euu de cendre, et dans le .liquide dégagé de son marc trempent leurs ceintures et leurs turbans.
- Ils utilisent aussi les feuilles de simple, spicata, famille des slyracées (en annamite Car-Rien) pour obtenir le hoa-hoang.
- Les Chinois donnent encore à leur soies Refoule d’autres nuances qui dérivent de celles que nous avons précédemment citées; ces nuances ils les obtiennent au moyen des substances déjà mentionnées dans le cours de cette note en les associant les unes aux autres.
- En résumé nous voyons qu’à part quelques couleurs empruntées au règne végétal, le Plus grand nombre des teintures sontretirées Maintenant des matières colorantes dérivées d® l’aniline; l’usage de ces dernières est de-Venu aussi répandu en Chine qu’en Europe. .En Cochinchine même, certains annamites 11 ont plus recours aux teinturiers pour chan-§eÇ les couleurs de leurs vêtements de soie; £râce aux couleurs de l’aniline ils font eux-Môtnes leur teinture. Il existe même dans la c°lonie une industrie qui s’y est créée en rai-°u de l’emploi des dérivés de l’aniline : ce s°nt des teinturiers chinois ambulants qui Mgnent sur place; la teinture d’une robe ndamite coûte la modique somme de 10
- cent.
- Dans les teintureries les prix demandés P°dr mettre les étoffes en couleur diffèrent cnsiblement suivant la nature des madères forantes employées;par exemple , la tein-
- ture des tissus au moyen des couleurs d’aniline coûte environ 50 cent pour 12 à 15 mètres tandis que pour ceux traités à l’aide des substances végétales on demande 95 cent., soit 90 0[0 plus cher.
- Tous les sels d’aniline sont vendus par les boutiquiers chinois à des prix excessivement modiques et nous arrivent par les voies de Hong-Kong et Singapour.
- Les marques que nous avons rencontrées plus souvent chez les teinturiers et dans les boutiques sont les suivantes:
- Léopold Casella de Francfort.
- Société des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis.
- Edwards Schillas et G0, Angleterre.
- Koler of Offenbach.
- Rauttemberg, Schmittand G0 Singapore.
- Action Gesellschaft ( fur anilin fabrication).
- Leur prix varie sur le marché de Hong-Kong de 2 piastres à 12 fr. 50 la livre.
- Lavage de la soie
- Avant de terminer nous jetterons un coup d’oeil rapide sur les procédés employés par les Chinois et les Anamites pour le lavage de leurs tissus de soie.
- Il existe dans l’esprit de beaucoup de personnes un vieux préjugé qui leur fait croire que les soies annamites et chinois es peuvent subir l’opération du lavage tandis que celles de la fabrication européenne ne la supportent pas. C’est une grande erreur : toutes les soies unies européennes comme asialiques à l’exception des satins peuvent être lavées ; le seul inconvénient qui en résulte c’est l’affaiblissement de la nuance ; on y remédie en faisant passer l’étoffe après le lavage dans un nouveau bain de teinture.
- Voici comment opèrent les Chinois et les Annamites lorsqu’ils veulent nettoyer leurs vêtements.
- Ils commencent par enlever au tissu la plus grande partie de sa couleur au moyen d’une sorte de terre (en annamite: Cât-Lôi) sable qui s’élève au-dessus de la terre provenant du Quany-Nam (Ànnam). Cette terre est composée de siliceet contient environ un dixième de son poids de carbonate de soude. On la délaie dans de l’eau froide et dans la liqueur surnageante on trempe le tissu jusqu’à ce qu’il soit devenu suffisamment propre.
- On rince ensuite à l’eau pour enlever l’excès de sel alcalin et on fait sécher au soleil. Le tissu une fois sec est rèpassé au fer chaud.
- Cette méthode ne peut s’appliquer que pour les soies dont la teinture ne^ renferme pas de sel de fer, dans ce cas le nettoyage devient plus difficile; les Asiatiques préfèrent donner de suite au tissu une teinte plus foncée ou même le teindre en noir ; ainsi se trouvent dissimulées les taches.
- Quant au lavage des soies blanches on emploie le vinaigre.
- On peut d’après ce qui précède se faire une idée générale de ce qu’est l’art de la teinture en Cochinchine et conclure que cette industrie à part quelques petites différences se rapproche beaucoup de celle des Européens. Bien que la manière d’opérer dans la colonie soit des plus primitives les Annamites et les Chinois n’en obtiennent pas moins d’excellents résultats.
- Mais quoi qu’il en soit, nous n’avons ni h envier ni à copier leurs procédés.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 195.581. — 24 Janv. 1889. — Société H. Pravaz et Bouffier. — Machine à graver les cylindres métalliques pour l’impression ou le gaufrage.
- 195.608. — 24 Janvier 1889. — Dehaiire. Système de machine et procédé d’apprêt des tissus par l’encartage circulaire continu.
- 195.845. — 5 Février 1889. Pignaud. Machine à polir les étoffes.
- 195.910. — 1er Février 1889. — Kirk et Lée. Perfectionnements dans les machines ou appareils à apprêter les étoffes de laines et autres tissus.
- 195.912. — 6 Février 1889. — Velliet. Principe de gaufrage sur toile, treillis ou cor-dats en jute, en chanvre, en lin, ainsi que lin et coton, jute et coton, et enfin toiles double-chaîne dans les matières dénommées ci-dessus, {système Henri Velliet).
- 142.611.— 7 Février 1889. — Orval. Cert. d’add. au brevet pris, le 28 août 1888, pour une sécheuse à laines. (système H. Orval).
- 195.983. — 12 Février 1889. — Société Gal-lusser et Fatzer. Procédé d’imprégnation des étoffes de laine.
- 196.009. — 15 Février 1889. — Société F. Muller et L. Monnet, lue Lacroix 62, à Roubaix. Production du vigoureux par la teinture.
- 196.032. — 12 Février 1889. — Fisher. Perfectionnements dans les appareils destinés à fabriquer des papiers de tenture, etc.
- 175.659. — 11 février 1889. — Waldbaur, Cert. d’add. au brevet pris, le 21 avril 1886, pour des perfectionnements apportés aux essoreuses.
- 196.207. — 20 février 1889. — Denhurst. Système d’appareil pour imprimer sur étoffes et spécialement pour imprimer sur les tissus en pièce pliée des marques de fabriques et d’autres marques ou emblèmes, en une seule opération.
- 184.316. — 14 février 1889. — Société Mat-helin, Floquet et Bonnet. Cert. d’add. au brevet pris, le 18 juin 1887, pour 1 mode de traitement des tissus fabriqués en gros.
- 196.297. — 27 Février 1889. — Grunhut. Perfectionnements de teinturedu noir d’aniline.
- 196.298. — 27 février 1889. — Copin, rue Sénac, 30, Marseille. Application de la teinture sur chapeaux laine et lassin.
- 196.300. — 1er mars 1889, Desgret et Reg-ley, rue Robert, 6, à Troyes. Nouveau système de forme d’apprêt de bonneterie.
- . ..«ruajffa-a-.—---
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Paris. —• Le 26 avril. — Adjudication d'une fourniture de grandes couvertures de laine.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Lots nos 1 à 3 livrables à Paris.
- Lots nPS 14 à 23 livrables à Marseille.
- Lots nos 24 à 30 livrables à Bourges. Adjudicataires :
- Seillière : lots nos 1 à 5 à 9 45 ; 6 à 9 à 9.55; 10 à 13 à 9.65 ; 24 et 25 à 9.75 ; 26 et 26 à 9.80. — Jourdan frères : lots nos 14, 15, 20, 21, 22 et 23, à 9.98. — Delpont, Brugnière et Boissiè-re : lots n°s 16 à 9.70; 17 à 9.78; 18 à 9.80; 19 à 9.82 ; 28 à 9.74 ; 29 à 9.79 et 30 à 9.83.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Brest. — Le 24 avril. — Adjudications suivantes :
- Toile de cretonne en coton de couleur cachou pour paletots.
- Ernest Richard, à Cholet, adjud. à 0.77 le m.
- Game et tresse bleue pour paletots. Borrel, à Paris, adjud. à 363.56.
- Soit : Tresse, 5.93 les 100 m. — Ganse, 3.51 les 100 m.
- Cherbourg. — Le 24 avril. — Bas tricots. Soin et Dubost, 493.50. — Société des spécialités mécaniques, 677.60.
- B.-J. Le Jolis, à Cherbourg, adjud. à 437.40.
- CHEMINS DE FER DE L’ÉTAT
- Le 24 Avril, a été adjugé à Paris :
- Drap gris noisette pour voitures de lTe classe.
- Balsan et Cie, 25, rue des Bons-Enfants, adjud. à 7.65 le m.
- Drap bleu pour voitures de 2e classe.
- J. Maistre, à Villeneuvette (Hérault), adjud. à 8.19 le mètre.
- HOSPICES DE TROYES
- Le 17 avril. — Fourniture de 2,500 mètres de toile pour draps et chemises.
- Jorry-Prieur, négociant à Troyes, rue Notre-Dame, adjud. à 1,09 pour la toile en 1 m. de largeur et 0.89 pour la toile en 0.80 de largeur.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Raymond et Cie (entreprise de l'habillement des employés de la Cie générale des Petites Voitures à Paris), rue des Rochers, 26.
- — Durée : 6 ans et 9 mois. — G 3p. : 420.000 f.
- — Acte du 11 avril 1889.
- Bayonne. — Dissolution, à partir du 1er Avril 1889 de la Société L. Silva et Cie (tissus et matières textiles). — Acte du 10 Avril 1889.
- FAILLITES
- ROCHEFORT. — Moreau (Alfred) teinturier à Tonnay (Charente). — Jug. du 12 Avril 1889.
- — S. : M. Morin.
- LYON. — Ferrand (Joseph), apprêteur d'étoffes, rue des Capucins, 13. — Jug. du 29 avril 1889. — S. : M. Rolland.
- LIQUIDATION JUDICIAIRE
- EVREUX. — Ferdinand (Alexandre-Gusta-ve-Constant) teinturier. — Jug. du 18 Avril 1889. - S. : M. Mallet.
- SÉPARATIONS DE BIENS
- NANTES. — M. Ebstein (Paul Henri), ex-nég. en tissus « A la belle Flamande » et sa femme née Lévy. — Jug. du 25 oct. 1888.
- LIMOGES. — M. Chapeaublanc (Albert) ex fflateur de laines, et sa femme née Potel. — Jug. du 27 nov. 1888.
- LILLE. — M. Morel (Achille) industriel à Roubaix et sa femme née Bossus. Jug. du 4 Janv.1889.
- CESSIONS D’ÉTABLISSEMENTS Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Jouanne Delo Impressions sur étoffes
- r. St. Maur, 212.
- Revocat et C.ie Patte Teinturerie r. Montaigne, 32.
- Grados Cognot Teinturerie av. Répu-
- blique 21, Parc-St Maur.
- Tocquard X. Teinturerie rue Tait-
- bout, 11.
- Costedoat X. Teinturerie rue de
- Charenton, 8.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Ecole française de bonneterie.
- — Fondée à Troyes, en 1889, avec subvention de l'Etat, sous le patronage de la Chambre de commerce et de la Chambre syndicale des fabricants et marchands de bonneterie en gros, l’école a pour but de former des contremaîtres et des directeurs pour l’industrie de la bonneterie.
- Le régime de l’école est l’externat. L’Administration indiquera, au besoin, des pensions aux parents qui lui en feront la demande.
- Le montant de la rétribution annuelle sera de 250 francs payables en deux semestres.
- Des bourses et fractions de bourses seront créées et mises à la disposition des donateurs de l’école.
- Nul ne sera admis à suivre les cours de l’école, s’il n’est français ou naturalisé français, s’il n’est âgé de quinze ans au moins à l’époque de la rentrée des classes, et s’il ne peut justifier d’une instruction primaire complète.
- MATIÈRES ENSEIGNÉES.
- Mathématique s.
- Arithmétique, notions d’algèbre, de géométrie élémentaire, de géométrie descriptive :
- Notions de physique, de chimie et d’hygiène;
- Notions de cinématique; premiers principes de mécanique.
- Comptabilité industrielle (Prix de revient, devis, etc) ; comptabilité commerciale ;
- Dessin à main levée, dessin géométrique.
- Arts textiles.
- Matières premières, coton, laine, soie, notions élémentaires de filature, titrage et conditionnement ;
- Principes élémentaires du tissage.
- Bonneterie.
- Machines de préparations, bobinoirs, etc., monographie des différents métiers de tricots;
- Métiers rectilignes avec et sans diminutions;
- Métiers circulaires, à platines ou à mouil-leuses;
- Métiers tubulaires ;
- Métiers chaîne ;
- Combinaisons des dessins pour tricots fantaisie ;
- Comparaison des systèmes français et étrangers ;
- Coupe et confections ;
- Opérations et matériel d’apprêts.
- Travaux pratiques.
- Des travaux pratiques et des visites aux ateliers compléteront les cours théoriques.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. L, Simon, ingénieur, directeur de l’école française de bonneterie, Troyes, 16, rue de Paris.
- —0—
- Grève. — Une nouvelle grève des tisseurs a éclaté dans la région de Thizy et a pris rapidement un développement formidable. Des milliers d’ouvriers tisseurs à la main avaient suspendu le travail.
- A Lagresle, Sevelniges, Belmont, Le Cergne, Cuinzier, Jarnose, des bandes de 400 à 500 personnes parcouraient les campagnes avec des drapeaux et navettes accrochées à des bâtons et en chantant des refrains révolutionnaires. Ils parlaient de recourir à la dynamite si les patrons ne signaient pas le tarif qui leur est soumis par les ouvriers.
- Des réunions ont eu lieu à Cours, Laville, Coutouvre, Montagny, Mornant, Lachapelle de Mardore. A Marpore, après une réunion qui a pris fin au chant de la Carmagnole, les 600 ouvriers de l’usine Dechelette s’étaient mis en grève.
- Ce mouvement est produit par l’insuffisance de salaire due à ce que les produits de Crefeld et de Zurich, obtenus par des tissages mécaniques. arrivent sur nos marchés avec de très bas prix. Les tisseurs à la rnain de la campagne gagnent 1 fr 50 à 2 fr. au maximum, et cependant les patrons ne font pas de brillantes affaires.
- Les fabricants de la région de Thizy et les ouvriers se sont réunis pour essayer d’élaborer un tarif général du tissage à la main.
- Une entente est alors intervenue entre les patrons et les délégués ouvriers. Sur la place de la Mairie plus de 5,000 ouvriers attendaient anxieux les résultats de l’entrevue ; ces résultats ont été accueillis par des cris de joie. Les ouvriers de la montagne se sont groupés iffl' médiatement pour rentrer dans leurs comffld' nés.
- l/ateller des Gobelius. —• Nous avons parlé plusieurs fois du tableau de M’ René Gilbert « L’atelier des teintures aux Go-belins. »
- Cette toile qui a figuré et a été primée au salon de 1888, que nous avons revue à l’Hôtel' de-Ville, est actuellement à l’exposition, section des beaux arts.
- Elle représente presque en grandeur naturelle M. Courtot, directeur de l’atelier, avec deux ou trois autres personnes, échantillon nant un écheveau de laine verte.
- Cette étude a tous les honneurs, comme °n le voit.
- Le Gérant : F. GoUILLON. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes)-
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- LA
- 2me Année, R° 10.
- REVUE DE
- ET DES COMMUONS
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- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES 25 Mai 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Premier coup el’œil sur l’Exposition (suite) — Emploi de l’eau oxygénée dans le blanchiment des laines. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers: Parchemin; Gris-bleu; remontage des bleus de cuve (suite) ; Noirs grand teint. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique industrielle : Les tissus en Turquie d’Asie. — Adjudications. — Renseignements. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Cette quinzaine est nulle d’événements, et par conséquent bonne pour les affaires : grâce aussi à la bonne saison, qui maintenant n’est plus douteuse.
- L’influence de ces journées chaudes a été remarquable sur les toilettes d’été, qui n’attendaient qu’un peu de beau temps pour se montrer.
- Mais la fabrication n’en est plus à l’été, l’article d’hi ver est même fort avancé ; sa vente débute sous de bons auspices : ceux d’une année de calme politique et de réveil des affaires.
- Cn signale pour les nouveautés d’hiver, une tendance bien manifeste à revenir aux étoffes cardées ; l’année dernière, du reste, on avait déjà remarqué ce revirement. Le peigné est toujours bien employé, mais il perd évidemment du terrain dans la fabrication de Roubaix et d’Elbeuf.
- La situation des affaires est bonne sur toutes nos places lainières ; excellente pour les soieries, un peu plus cnlme pour les cotonnades dont l’époque des approvisionnements est passée, jüais qui en attend une nouvelle si le beau temps continue.
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- La revue des modes est facile à faire a l’Exposition ; les produits exposés, ÇjRRme les visiteuses, en offrent les ^joments. Le soir surtout, le monde ejdgant s’y donne rendez-vous, et l’éclairage électrique laisse aux teintes es vêtements tout leur éclat.
- 1. Non que les teintes à la mode soit Jlen éclatantes ; ce sont toujours, au c°ntraire, des nuances pâles, alanguies,
- dans les fonds verts, framboises, et plutôt maintenant gris-bleus ; c’est, en effet, cette dernière qui domine ; elle rentre dans la série des vieux-bleus, électriques, gobelins, hussard, Limoges qui tous sont des bleus ternes, peu foncés, confinant aux gris ; en mode on l’appelle « Luciole ».
- Le Parchemin, variété de crème, dont nous avons parlé dans notre précédente chronique, reste en faveur, au moins pour quelques semaines.
- La fine bonneterie, chaussettes et caleçons de luxe se fait beaucoup en gris-bleu, mais ce sont des articles très changeants et de petite consommation.
- La cravate, qui est aussi un article essentiellement variable et sans autre règle que l’originalité, se fait évidemment dans toutes les teintes, mais c’est toujours le bleu-marine qui fait le mieux, et auquel on revient sans cesse.
- Les plus beaux tissus qu’on puisse imaginer sont, sans contredit, ceux de l’exposition collective de la ville de Lyon, installée comme elle le mérite, à une place d’honneur, dans le grand vestibule. Leur description ne nous apprendra rien quant aux colorations, car il y en a de toutes les nuances ; nous nous bornons à admirer ces magnifiques étoffes, que Lyon seulement sait faire, et nous engageons nos lecteurs à ne pas les oublier dans leur visite à l’Exposition.
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- Chaque saison, et bien avant l’époque de la consommation — afin de guider la fabrique — l’industrie des fleurs et plumes, publie une carte des nuances qui feront loi dans les désignations de leurs commerces, auxquels se rapportent aussi les rubans et les soieries.
- Ces échantillons établissent un langage commun, et même tranchent des différends parmi les fournisseurs des modes.
- L’Allemagne a voulu aussi créer une carte-type de ce genre, mais d’après une communication récente, elle n’a pas été adoptée des intéressés, et c’est toujours celle de Paris qui sert de règle chez les fabricants allemands.
- La carte pour la saison d’hiver 1889, vient de paraître : elle comprend 65 échantillons, toujours sur ruban de soie.
- Parmi les désignations nouvelles nous trouvons : dans les dégradations de la teinte Scabieuse (violet un peu prune) les nuances : Bougainville, Bogota, Améthyste, Judée, Glycine. Dans celles du Vert russe, les Sibérien, Moscovite, Né va.
- Le Boa est un vert-serpent; l’Annamite, le Tunisien sont, dans la même gamme, des jaunes-bruns; le Saxe, encore un nom à porcelaine, rappelle les bleus clairs céramiques ; Pyrêthre est un vert clair; Palmier et Aloës des verts clairs mais moins jaunes ; Lumineux est un vert brillant dégradation de l'Emerande.
- Mentionnons encore le Marronnier qui est un vieux rouge demi-clair, le Javanais, un rouge tirant au Cannelle, le Buffalo, sorte de grenat, et enfin, pour couronner le tout, l’Eiffel, c’esf-à-dire ce rouge sultan vif et chaud dont le célèbre ingénieur a habillé sa tour ; il fera le tour du monde dans l’œil des visiteurs de l’Exposition retournant dans tous les coins du globe.
- Il faudrait une habile transition pour parler maintenant du chiffonnage : nous nous en passerons et nous annoncerons simplement que l’ouvrage rentre abondamment dans les maisons de Paris, et sans doute aussi de la province.
- L’ouverture de la saison a tardé, mais actuellement la poussée est dans son plein, ce n’est pas trop tôt !
- Notre collaborateur, M. Barbé nous dit que pour cette raison, il est obligé de prendre un congé de quelques semaines à la rédaction.
- F. Gouillon.
- PREMIER COUP D’ŒIL
- Sur l’Exposition.
- (Suite)
- Encore trop tôt pour apprécier les produits exposés; puisque la majeure partie fait encore défaut nous continuons notre introduction à cette étude par quelques renseignements préalables.
- La classe 46 (procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d'apprêt) siège dans le palais principal, voisine
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- des cuirs et peaux, et des fils et tissus (3 classes) ; elle occupe une surface de 927 m.
- Son ameublement général est formé de vitrines uniformes peintes en noir, avec le nom des exposants en lettres rouges en relief. Les impressions ont des étalages ouverts, où les pièces peuvent se dérouler à leur aise, et au milieu desquels le public peut entrer.
- Dans une partie du salon, l’organisateur de la classe, M. Eugène Chardon, ingénieur, a fait disposer une table de lecture avec des sièges confortables, où l’on trouvera les publications intéressant nos spécialités, notamment la « Revue de la Teinture ».
- Les documents de ce genre peuvent être adressés à M. Cazel, brigadier-gardien de la classe 46, auprès duquel les visiteurs trouveront, du reste, un cicerone obligeant.
- Les exposants français sont réunis au nombre de soixante dans ce salon spécial, indépendamment de ceux qui n’exposent pas au point de vue unique des colorations, et que l’on retrouve dans les classes des fils et tissus, des peaux, des papiers, plumes, fleurs, bois, etc.
- Voici ceux de la classe 46 :
- Agnellet (Les Frères), à Paris, rue Richelieu, 73. — Linons, marlys, et tulles, teints et apprêtés.
- Aubert (Eugène), à Paris, rue de Oharen-ton, 226. — Tissus divers apprêtés, foulés, gaufrés.
- Besançon Aîné, à Paris, boulevard Voltaire, 217. —Soies teintes en noir.
- Blanchisserie de Gourcelles, à Paris, rue de Gourcelles, 153. — Blanchissage à neuf de rideaux, services damassés, trousseaux et layettes.
- Blanchisserie et Teinturerie de Thaon. Directeur : Lederlin (Armand), à Thaon (Vosges). _ Tissus de coton blanchis, teints, imprimés en tous genres d’apprêts et de finissages.
- Bœringf.r, Zurcher et Cie, à Epinal (Vosges). — Tissus imprimés, impressions sur coton, sur laine et sur soie, chemises, robes, meubles, moleskine.
- Bonnet, Ramel, Savigny, Giraud et Cie, aux Charpennes-Lyon (Rhône , route de Vaulx, 15. _ Teintures en flottes des soies, tussah, laine et coton, etc.
- Brémond Fils, à Cholet (Maine-et-Loire).— Échantillons et spécimens de tissus blanchis.
- Burel, Burtin et Déchandon, à la Digon-nière-Saint-Étienne (Loire). — Soies teintes en tous genres, schappes et cotons.
- Cartier-Bresson (Les Fils de), à Paris, boulevard de Sébastopol, 86. — Fils de coton blanchis et teints en toutes couleurs.
- Chappat et Cie, à Clichy (Seine). — Tissus de laine et de laine et soie.
- Cociieteux (A.) et Cie, à Roubaix (Nord), rue Corneille. — Teintures et apprêts sur velours jute, lin, ramie et peluche soie. Teintures et apprêts de draperies en tous genres. Apprêts divers d'ameublements.
- Cocheteux, Deldicque et Vandenbrocke, à Roubaix (Nord), rue Racine. — Teinture en soie, tussahs, etc.
- - Coget (G.) et Lacour (H.), à Puteaux (Seine) quai National. — Cachemires d’Ecosse, mérinos et autres tissus, teints, foulés, découpés, gaufrés et apprêtés.
- Corron (J.) et Baudoin, à Lyon (Rhône), rue Godefroy, 27. — Soies cuites, soies souples toutes couleurs, laines et cotons couleurs et noirs.
- Daniel Fauquet et Cie, à Rouen (Seine-Inférieure), rue de Lyons-la-Forêt, 32. — Teintures grand teint sur cotons filés et en laine.
- David (H.) et Cie, à Arcueil (Seine), rue de la Fontaine, 4. — finettes et flanelles de coton, teintes et apprêtées ; tissus de coton teints et apprêtés. Echeveaux de coton, lin, ramie, laine mohair teint.
- Descat-Leleux Fils (Floris), à Lille (Nord) rue de Béthune, 50. — Draperies de laine en tous genres.
- Fessy (J.-B. Ennemond), à Saint-Etienne-La-Valette (Loire). — Soies teintes.
- Fleury (A.), à Paris, rue de Jussieu, 41.— Tissus apprêtés, nettoyés et teints.
- Gantillon et Cie, à Lyon (Rhône), place Tolozan, 21. — Tissus teints, apprêtés et moirés.
- Garnier et Voland, à Lyon (Rhône). — Teinture et apprêts de tissus de soie et mélangés.
- Gillet et Fils, à Lyon (Rhône), quai de Serin, 9. — Soies teintes en noir cuit et en noir souple, cordonnets, teinture et apprêt du tissu crêpe en noir et couleur.
- Grawitz (S.), à Lille (Nord), rue du Pont-du-Lion-d’Or, 2. — Produits teints.
- Grison (Théophile), à Lisieux (Calvados).— Drap et étoffes diverses teints, imprimés et apprêtés. Couvertures de lits et de voyage en papier.
- Grobon et Gie, à Miribel (Ain). — Tissus de soie et mélangés, teints et apprêtés.
- Guillaumet (Les Fils de A.) et G. Maes, à Suresnes (Seine), quai National, 51. — Teintures et apprêts sur tissus pure laine, tissus laine et soie.
- Hart (A.), à Ivry (Seine). — Teintures et apprêts sur tissus de nouveautés.
- Henry (Abel) et Cie, à Savonnières-devant-Bar-le-Duc (Meuse). — Cotons filés teints.
- Hulot et Colin-Chambaut, à Puteaux (Seine), quai National, 25. — Soie, la:ne, coton, tussah, jute, ramie en noir et en toutes couleurs, sur matières en écheveaux.
- Jolly Fils et Sauvage, à Paris, rue des Bois, 30. — Toiles teintes imprimées à la main.
- Koechlin-Baumgartner et Cie, à Luxeuil (Haute-SaôneL — Tissus de coton teint
- Lecœur Frères, à Bapeaume-lez-Rouen (Seine-Inférieure). — Teintures en toutes couleurs sur cotons filés et cotons en laine, sur lin, chanvre et ramie.
- Lederlin, à Thaon (Vosges), — Tissus de coton blanchis teints, imprimés et apprêtés.
- Legrand Frères (Neveux et Successeurs de A. Ilerbet), à Paris, rue Sainte-Foy, 8. — Impressions en relief sur étoffes pour robes, meubles. Impressions métalliques imitant la broderie.
- Lohse, à Paris, quai de Grenelle, 50 (ancienne maison O. Driffet). — Teinture de soie et coton. A
- Luthringer (Thiébaud), à Lyon (Rhône), rue Moncey, 149. — Apprêts du crêpe lisse, impressions sur crêpes lisses, grenadines, crêpes français, crêpes anglais.
- Lyonnet (Anthelme), à Paris, ruedeBondy, 80. — Soies teintes— Teinture pour l’ameublement.
- Marchal, Falck et Cie, à Troyes (Aube).— Articles de bonneterie teints et imprimés, laines et cotons, fils d’Ecosse en écheveaux.
- Martin (7.-B.), à Tarare (Rhône). — Peluches, velours, soies moulinées, soies teintes en noir.
- Mi-ray (Paul A.), à Darnetal-lez-Rouen (Seine-Inférieure), rue de l’Ecole, 2. — Teintures grand teint, bon teint et petit teint sur cotons filés, lin, jute, ramie et chanvre.
- Monnot (Henry), à Paris, Impasse Hélène, 3. — Teinture et imperméabilité de vêtements confectionnés.
- Monpin (A.) et Saint-Remy (H.), à Elbeuf (Seine-Inférieure), rue de Rouen, 16. — Laines cardées et peignées, fils de toute nature, etc.
- Montenot Père et Fils, à Paris, rue de l’IIôtel-de-Vilie, 40. — Tissus de laine, coton, soie, teints, nettoyés et apprêtés.
- Motte et Bourgeois, à Roubaix (Nord), — Draperies et jerseys.
- Motte et Meillassoux Frères, à Roubaix (Nord), rue Coq-Français. — Tissus pour robes en laine et coton ; laine et soie. Draps de dame, amazone, satin de Chine.
- Pervilhac (Henry), à Lyon (Rhône), rue Duguesclin, 13. Imperméabilisation hygiénique des tissus de toute nature et des vêtements confectionnés.
- Petitdidier (Henri), à Saint-D-mis (Seine), rue du Port, 44. — Tissus teints et apprêtés.
- Poirkt Frères et Neveu, h Paris, Boulevard Sébastopol, 27. — Cotons et laines teintes.
- Renard, Villet et Bunand, à Lyon-Villeurbanne (Rhône). — Giande gamme chromatique des couleurs sur soie. Tussahs, schappes, laines et cotons teints en flottes.
- Roussel (Emile), à Roubaix, rue de l’Epeule, 51. — Teinture de tissus laine et coton pour robes, ameublement, draperie et doublure, et de coton.
- Sauzion (J. M.), à Bohain (Aisne). — Laines et cotons teints.
- Simon (Mme), née Pernier, à. Givors (Rhône), rue de Belfort, 2. — Soies en flottes, échantillons teints, etc.
- Société anonyme de Saint-Julien, à Saint-Julien (Aube). — Blanchiment, teinture, i®* pression et apprêt, tissus de coton teints et imprimés.
- Steiner (Charles F.), à Belfort (Territoire de Belfort). -- Tissus de tous geures pour l’ameublement et la robe, rouge Andrinople-
- Tassel (Raoul) et Blay (George), â Elbe® (Seine-Inférieure). — Laines teintes, brutes, peignées et filées. Cotons bruts et filés.
- Thomas ^Isidore J. F.), à Paris, rue de
- Reuilly,23. — Echantillons de laines et cotons
- en poudre, matières premières.
- Thuillier et Virard, à Darnetal (Seine-Inférieure). — Toiles et tissus imprimés et teints.
- Vandewynckèle Père et Fils, à Comme et Ilalluin (Nord). — Blanchiment et crémage des fils simples et retors en tous genres, n s de toutes espèces.
- Voland (Francisque), à Lyon (Rhône), rU^ Montbernard, 37. — Tissus gaufrés et impr1' més, découpage de tissus.
- Puis dans les bâtiments annexes de l'Esp'3 nade des Invalides, nous trouvons les expo sants des colonies, savoir :
- ALGÉRIE
- Lyon (André), à Alger, square Bresson. *" Soies tramées et teintes en pièces.
- NOU VELLE-G ALÉD ON IE Pénitencier, de Moutravel. — Tapis*
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- CAMBODGE
- Exposition permanente des Colonies, à Paris. — Chapeaux, chaussures, habiis, sala-kos.
- ÉTRANGER
- Dans le parc du Cbamp-de-Mars, au pavillon spécial de sa nation, nous trouvons :
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Commission provinciale, à Cordoba (San-Alberto). — Tissus en laine.
- Enfin, révérant au palais principal, dans les sections étrangères, nous voyons :
- AUTRICHE-HONGRIE
- Csaky (Arnim), à Budapest, VI. Andrassy strasse, 51. Teinturerie et nettoyage chimique.
- BELGIQUE
- Alsberge (J.) et Vanoost (A.), à Gand, pont de Tronchiennes. —Fils de lin et d’étoupes blanchis. Tissus de coton, de lin, façonnés j et autres.
- Caron «Emile!, à Turnhout. — Fils de lin, étoupes, chanvre, coton, lacets, rubans, etc., blanchis
- Duez et Fils (C.), à Péruvvelz (Hainaut). — Échantillons de teintures.
- Govaert Frères, à Alost. —Tapis et tissus teints et imprimés.
- Idiers (Emile), à Auderghem. — Fils de coton teints en rouge d’Andrinople en noir et autres. Couleurs grand teint.
- Neefs (Léon), à Louvain, rue de Bruxelles, 97. — Echantillons de toiles et cotons teints toutes nuances ; divers genres et achèvement de ces tissus.
- Parmentier et Cie, à Gand, rue Ste-Mar-guerite, 22. — Tissus de cotons unis et façonnés, blancs et teints, imprimés, apprêts divers.
- Société anonyme belge de produits chimiques (Administrateur-délégué : Haussen), à Bruxelles, boulevard de la Senne, ilS, — Extraits secs et liquides de teinture et tannant s.
- Société anonyme de Loth (Directeur : Du-chêne), à Loth. — Tissus divers unis et fantaisies. Laines brutes, filées et laines à tricoter, apprêtées et teintes.
- Staes(A.-J.) et Cie, à Louvain, rue Mi-Mars, 18. — Toiles, calicots, guinées, bassins, tissus divers teints en bleu.
- Vandewynckele (Charles), à Gand, boulevard d’Akkerghem, 54. — Fils en débouillis, crémés, 1/4, 1/2, 3/4 et blanc parfait, pour trames et chaînes.
- Van Laer (G.-G), à Gentbrugge-lez-Gand.— Fils, tissus et fourrures teints par réactions chimiques.
- Van Poppel-Beauffort (Camille), à Malins, rue Sie-Catherine, 67. — Toiles, rubans et bas teints en bleu indigo.
- Van Steenkiste (Achille), à Bruxelles, quai Willebroeck, 70. — Tissus apprêtés et teints ainsi que les fils ramies.
- (Soit quatorze exposants pour la Belgique).
- ÉTATS-UNIS
- Eancroft (John) et Bloede (Victor G.), à Eockford, near Wilmington Del. — Stores nvec franges teints pour résister à l’action du soleil.
- Viggins (H. B.) Sonl, à New-York, N. Y., ^hnton place, 124. — Étoffes pour stores, ^°Ur couvertures de livres, etc.
- ITALIE
- Anseli (E. de) et Cie, à Milan, corto Ver-
- celli, 135. — Échantillons de coton, imprimés et teints.
- JAPON
- Inouye (Kiubei), à Osaka-fu, Kita-Ku. — Étoffes imperméables en coton.
- NORVÈGE
- IIveding (Fredrik), à Christiania. — Substances tinctoriales pour teindre toutes sortes d’étoffes, laine, coton, lin et soie.
- PAYS-BAS
- Wynstroom et Bie, à Leyde. — Caramel concentré et dissous.
- PORTUGAL
- Companhia nacional. — Tissus teints.
- RUSSIE
- Société de la fabrique de Teintures de Moscou, à Moscou. — Teintures.
- SUISSE
- Hanhart-Soliyo (J.), à Dietikon (Zurich).— Tissus de coton teints rouge Andrinople, unis et imprimés.
- Hofmann (Godfried), à Uznach (Saint-Gall). — Tissus de coton rouge d’Andrinople et autres couleurs.
- Richard et Cie, à Zofingue (Argovie). — Extraits ou alpagas de laine provenant des vieux chiffons mi-laine (chaînes coton).
- Trumpy et Ienny, à Mitlodi. — Tissus imprimés.
- Nous avons donc, en résumé, dans la classe 46 :
- 60 exposants français.
- 3 exposants coloniaux.
- 28 exposants étrangers.
- Mais il n’est guère d’industries qui ne soient nos tributaires, et partout nous ne voyons que tissus aux vives couleurs, soit dans les costumes soit dans les tentures et ameublements de toutes les nations réunies au Champ de Mars.
- Pour être complète, notre étude devrait se poursuivre jusque sur le dos des fellahs égyptiens, jusqu’aux soieries originalement brochées des palanquins chinois!... Nous serons obligés de nous borner.
- F. Gouillon.
- EMPLOI DE L’EAU OXYGÉNÉE
- pour le blanchiment des laines, des bois, etc.
- D’après Alf. Delmaut et P. Ebell (Chemiker Zeitung.)
- (Suite)
- C’est une erreur encore que de conseiller l’emploi de bains étendus ; l’eau oxygénée commerciale à 3 pour 100, convient bien dans tous les cas ; par la suite des opérations, le bain se trouve dilué de lui-même ; le couper dès le principe avec de l’eau, c’est diminuer son activité sans cul profit et, au contraire, augmenter la perte absolue, déjà trop marquée souvent, de réactif oxydant.
- L’auteur confirme les indications de Delmart, en ce qui concerne la nécessité de maintenir la fibre dans le bain de blanchiment en continuelle agitation — et, à cet effet, de ne met-
- tre en charge à la fois qu’une quantité de marchandise telle quVlle puisse flotter librement dans le bain. On arrive par ce moyen à égaliser à chaque instant la concentration variable du bain oxydant et l’on favorise la diffusion du liquide devenu inactif au contact de la fibre.
- Le séchage à la lumière solaire directe est rarement réalisable en grand -, on y suppléera en épandant les marchandises au sortir de l’eau oxygénée dans un local où règne un courant d'air suffisant.
- L’auteur a fait voir dans un autre mémoire (1), que lorsqu’on laisse se dessécher à une température basse, des objets, fibres, tissus, etc., imprégnés d’eau oxygénée, celle-ci se concentre de plus en plus, par suite de l’évaporation de l’eau, de telle sorte que de 3 pour 100, degré du bain, la liqueur qui reste vers la fin, marque 20 pour 100 et plus, sans qu’il se manifeste une décomposition marquée de réactif. Or, on comprend qu’une eau oxygénée, aussi concentrée, agisse bien plus énergiquement que celle qui a servi à imprégner la fibre à blanchir. Il suit de là que, le plus souvent, on n’a pas intérêt à laisser séjourner la fibre dans le bain jusqu’à parfaite décoloration ; mais bien plutôt à l’imprégner de liqueur oxydante et à la suspendre dans un local convenablement aéré et frais. On alterne ces opérations jusqu’à blanchiment parfait. Ce moyen ne permet d’atteindre une même décoloration que par l’immersion de longue durée avec une dépense moindre d’eau oxygénée.
- La matière colorante de la laine est-elle réellement détruite par l’eau oxygénée, comme l’avance Delmart? C’est là une question difficile à résoudre dans l’ignorance où nous sommes de la nature chimique des pigments qui colorent la laine ou les autres substances que l’on arrive à blanchir avec de l’eau oxygénée. Sans sortir du domaine des faits, on peut dire que les substances les plus diverses, cheveux, plumes, soies, ivoire, laine, etc., blanchissent par oxydation. Le bain d’eau oxygénée, lorsqu’il est bien préparé et manipulé perd continuellement son titre en oxygène sans qu’il y ait déperdition de cet élément à l’état de gaz, ou du moins, sans que cette déperdition soit notable.
- Le contraire se produit lorsque l’on travaille avec des bains mal préparés ou bien lorsque l’on fait usage d’eau oxygénée défectueuse : dans ce cas, le blanchiment est médiocre et s’accompagne d’un dégagement gazeux abondant.
- Dans une opération de blanchiment normale, l’alcalinité due à l’addition d’ammoniaque s’atténue et disparaît peu à peu -, cela semblerait indiquer que les composés engendrés par l’oxydation de la matière colorante, sont de nature acide et neutralisent l’ammoniaque. Un bain d’eau oxygénée rendu légèrement alcalin
- (1) L’eau oxygénée, ses emplois dans l’industrie, la chirurgie et la médecine.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- par l’ammoniaque et dans lequel on ne travaille aucune substance à blanchir, conserve pendant assez longtemps son titre initial.
- Le composé incolore, engendré par l’oxydation du pigment insoluble de la laine, des cheveux, plumes, etc., paraît être maintenant soluble; tout au moins le bain se charge-t-il de plus en plus en substances organiques, tandis que la laine perd sensiblement de son poids.
- Nous ignorons la nature chimique des pigments qui colorent les diverses productions épidermales ; on peut supposer qu’ils font partie presque tous d’une même série chimique. Cependant on constate de l’un à l’autre des différences marquées ; nous en avons la preuve de ce fait que certains cheveux ou plumes fortement colorés blanchissent vite et complètement, alors que d’autres beaucoup moins foncés en couleur, blanchissent d’une manière tout à fait imparfaite, quelquefois à peine appréciable.
- Les gens du métier savent cela, et les ouvriers exercés trient du premier coup d’œil les plumes ou les cheveux aptes à se bien blanchir. Souvent des industriels inexpérimentés éprouvent, par méconnaissance de cette particularité, de graves mécomptes.
- Une assertion qu’il importe rie relever est celle-ci : « Le même bain de blanchiment peut servir continuellement, à condition d’être remonté à chaque nouvelle opération par une addition convenable d’eau oxygénée et d’ammoniaque. »
- Nous savons qu’en étendant d’eau l’eau oxygénée du commerce (à 3 pour 100) on dininue son activé sans qu’aucun avantage compense la perte de temps qui en résulte. Un bain étendu frais vaut toutefois beaucoup mieux qu’un bain de même titre qui a déjà servi à une ou plusieurs opérations de blanchiment. Ce dernier contient, en effet, des quantités importantes de substances organiques en dissolution ou en suspension, dont la présence rend l’eau oxygénée plus instable, hâte la décomposition spontanée du réactif et réduit d’autant son pouvoir décolorant.
- Pour le travail en grand, la meilleure marche à suivre consisterait sans doute à traiter méthodiquement les laines, d’abord par les bains les plus épuisés, puis par des bains de plus en plus riches, pour finir par un passage en eau oxygénée ammoniacale pure.
- Cette méthode de blanchiment peut-elle s’appliquer directement aux laines lavées, comme le propose M. Delmart? Cela semble peu probable ; mais en supposant que l’on arrive à faire rendre à l’eau oxygénée son maximum d’effet, le traitement revient en somme assez cher, et la laine non ouvrée est une marchandise trop bon marché pour qu’on puisse lui faire supporter de grands frais de blanchiment. Ces frais s’augmentent de tout le poids perdu par la laine dans les lavages préalables, du déchet qu’elle éprouve au blan-
- chiment. Enfin la laine en cardes est d’une manipulation peu aisée en raison de son volume, de ses fibres courtes, et son traitement en grand nécessiterait une machinerie compliquée et coûteuse.
- Mais le blanchiment à l’eau oxygénée pourra s’appliquer raisonnablement à certains articles de laine ouvrée dans le prix desquels la matière première, la fibre animale, n’a qu’une part secondaire : tels les châles de laine fine, les flanelles, etc. Ici le déchet de poids résultant du blanchiment n’est plus à redouter, puisque ces articles ne se rendent pas au poids. Enfin leur manipulation n’offre point de difficulté spéciale.
- L’auteur a cherché à se rendre compte par des essais en petit du prix de revient du blanchiment à l'eau oxygénée. Il fait observer que, dans le travail industriel méthodique, on atteindrait sans doute le même résultat comme blanchiment avec une dépense d’eau oxygénée bien moindre.
- Suit le détail des expériences.
- En résumé, le blanchiment par immersion continue dans le bain, soit à la température de 17°, soit à 30° ; l’opération est plus rapide à cette dernière température, avec une consommation de 1/4 d’eau oxygénée en plus, employé sensiblement la même quantité de réactif, à effet égal, que le blanchiment, par immersion, expression et dessiccation dans un local frais, 12° à 17°.
- Les bains d’immersion continue ne sont jamais épuisés à fond, quelle que soit la durée du contact. Avec un bain initial à 3 pour 100 d’eau oxygénée, on obtient la décoloration maximum au bout de 24 heures à 17°-20°, au bout de 8 à 10 heures à 3 >. Le bain marque après l’opération 1.2 pour 100 d’eau oxygénée dans le premier cas, 0.5 pour 100 dans le second.
- C’est à la température moyenne de 17°-20° qu’on obtient les résultats les plus favorables. Les bains incomplètement épuisés par la première opération, peuvent être avec avantage employés au blanchiment préliminaire d’une autre partie de laine.
- Plus le tissu est serré et moins il consomme d’eau oxygénée pour se blanchir, soit par rapporta son poids, soit par rapport à sa surface.
- La dépense en eau oxygénée, dans les essais en petit, aéié :
- Pour 1 mètre carré d’étoffe serrée (flanelle de 2 millimètres d’épaisseur). 0 fr. 35
- Pour 1 mètre carré d’étoffe lâche (tricot de 2 millimètres d’épaisseur).. 0 fr. 80
- Pour 1 kilogramme d’étoffe serrée comme
- ci-dessus................... 2 fr. 45
- Pour 1 kilogramme d'étoffe lâche comme
- ci-dessus................... 4 fr. 80
- Mais on peut évaluer que, dans une fabrication régulière, on arriverait à réduire les frais de bien plus de moitié, peut-être des
- 2/3, tant par la réduction du prix d’achat de l’eau oxygénée, — l’auteur a compté le réactif à 3 pour 100, au prix de 0 fr. 75 le kilogramme, — que par l’économie de réactif réalisée en cours de fabrication.
- (A suivre.)
- REVUE SOMMAIRE
- DES- BREVETS D'INVENTION
- Teinture de tous textiles par circulation du bain colorant,
- Par M. Jourdain
- Les matières à teindre sont placées dans un récipient à parois perforées, qui lui-même plonge dans la cuve de teinture.
- Puis une pompe, un injecteur ou qn pulso-mètre refoule le liquide tinctorial par un tube central dans l’intérieur de la masse de matière à teindre.
- Soie artificielle Par M. du Vivier.
- L’inveiteur obtient ce nouveau produit par dissolution de la cellulose trinitrée dans l’acide acétique cristallisable ; la matière obtenue est ensuite traitée par un bain de soude pour enlever l’acide acétique en excès, suivi d’un bain d’albumine à 3 pour 1000 destiné à ani-maliser la matière, et d’un troisième bain de bichlorure de mercure à 54 pour 1000 qui
- coagule le fil, lequel est ensuite reçu dans une atmosphère d’acide carbonique gazeux qui achève d’en effectuer la coagulation.
- Perfectionnements aux machines a lainer les
- tissus,
- Par MM. Michaelis Smotiiurst et VVood.
- L’appareil consiste en un cylindre laineur, dont la surface est composée de deux ou plusieurs barres ou plaques en forme de segments recouverts de garniture de carde.
- Ces plateaux en forme de segments sont montés sur des disques ou roues, et chacun d’eux est relié à chaque extrémité, au moyen de bielles ou d’autres pièces de liaison, à un excentrique ou à un autre organe équivalent qui est monté de préférence sur le moyeu d’un pignon conduit par une roue d’engre' nage, folle sur l’arbre du cylindre.
- Les roues aussi bien que l’arbre sont nu9 en mouvement de préférence par une commande à friction ; tout autre mode de fonC"
- lg
- tionnement peut être employé pourvu que mouvement de va-et-vient donné au plateau soit indépendant du mouvement de rotation»
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- PROCÉDÉS DIVERS
- Parchemin
- Ce nom nouveau ne désigne en réalité que la teinte crème, un peu moins jaune, dit-on, mais la nuance est si peu sensible qu’on peut aisément les confondre.
- Pour nous, c’est la même teinte qu’on a voulu rajeunir par une nouvelle désignation.
- Le crémage sur tous tissus s’obtient aisément par un passage en léger bain de curcuma.
- Les fonds doivent être blanchis entièrement, malgré l’aspect jaune ou gris, un fond écru et même un demi-blanc ne suffiraient pas.
- Gris bleu — Luciole
- Cet échantillon, comme le précédent, est d’une même pièce figurant à l’Exposition. Il nous a été donné par le fabricant, comme l’un des gris-bleus en faveur ; nous devons dire
- Cet échantillon, comme le précédent, est d’une même pièce figurant à l’Exposition. Il nous a été donné par le fabricant, comme l’un des gris-bleus en faveur ; nous devons dire
- cependant que celui dont parle notre chronique est plus clair mais dans la même gamme.
- C’est un bleu rabattu, dans le genre des « Limoges » dont nous donnions un échantillon le 25 mars (page Ix4), mais il est plus gris, c’est-à-dire plus terne.
- Pour les moyens de teinture, nous renvoyons à cet article du 25 mars, avec les modifications suivantes :
- Par les anilines
- Employer un violet plus rouge, et dans les proportions suivantes :
- Vert-bleu méthyle......... 25 gr.
- Violet acide B............ 30 —
- Par le carmin d'indigo.
- Augmenter la proportion de couperose, soit :
- Couperose verte............ 150 gr.
- Opérer comme il est dit.
- Remontage des bleus de cuve (Suite)
- Voici, maintenant, des procédés indiqués Par notre ancien collaborateur, M. Ch. Drevet,
- dont nos lecteurs remarqueront la grande Valeur pratique :
- Préceptes généraux
- Abordant la manière de remonter les bleus,
- J nous aurons à les considérer au point de vue | de leur emploi, soit qu’ils soient destinés à I fournir des bleus pour draperie lisse ou pour
- I articles façonnés, ratinés, ondulés, moutonnés, etc.
- ' Pour les draps lisses, il n’y a que des bleus foncés à produire ; ils peuvent s’obtenir soit par le santal, soit par le campêche et l’orseille, et brunis au moyen des sulfates de cuivre et de fer séparés ou ensemble.
- Pour les draps façonnés, rasés ou hauts de i laine, on remonte les bleus soit avec l’orseil-le seule, ou avec les violets d’aniline, ou avec le campêche au moyen de l’alun et du tartre.
- Sans prétendre pénétrer danses détails trop étendus, je vais donner quelques recettes ; généralement appliquées à ces genres de teinture.
- Bleu bon teint sur draps lisses, type foncé.
- 1° Pied de bleu foncé obtenu par deux pal-liements et un rejet;
- 2° Passage en chaudière avec, pour 100 kil.
- de tissus :
- Santal................... 12 kilogr.
- Galle moulue.............. 3 —
- Campêche moulu............ 3 —
- Couperose................. 3 —
- K On commence par teindre en cuve, puis à parfaitement rincer, puis on entre sur chaudière garnie des matières colorantes et astringentes, à chaleur douce, pour donner à la pièce le temps de bien s’unir et se trancher -, puis on pousse à l’ébullition que l’on soutient modérée pendant une heure et demie.
- On sort, on évente à froid, on rentre à tiède sur le bain de teinture auquel on a ajouté le sel de fer -, on mène bien au large en poussant à l’ébullition, que l’on soutient très-modérée pendant 20 minutes environ.
- On sort de nouveau, on évente à froid pour rentrer sur le même bain, que l’on ramène à l’ébullition pour 15 à 20 minutes.
- Le bain ne peut jamais servir pour une seconde entrée, car il est complètement viré par la couperose.
- Bleu bon teint sur draps lisses, autre type foncé.
- 1° Pied de bleu foncé obtenu par deux pal-liements et un rejet ;
- 2* Passage en chaudière avec, pour 100 k. :
- Orseille.................... 3 kilogr.
- Campêche moulu........... 3 —
- Sulfate de cuivre......... 500 grammes.
- Sulfate de fer.............. 1 kilogr.
- On commence par teindre en cuve, puis à parfaitement rincer, puis on entre en chaudière, garnie avec l’orseille et le campêche, à chaleur modérée ; on mène rapidement en poussant le feu très-activement, et on fait bouillir à bouillon franc pendant une demi-heure.
- On lève sur le moulinet et on entre sur bain rafraîchi avec le sulfate de cuivre ; on pousse jusqu’au frémissement, que l’on maintient pendant 15 minutes environ ; on enroule de nouveau sur le moulinet et on entre pour la dernière fois sur le même bain contenant la couperose -, on mène rapidement et on arrive au bouillon bien soutenu en une demi-heure au plus pour le soutenir bien franc pendant 20 ou 25 minutes.
- Ce bleu est plus violacé que le précédent, moins noir et plus frais à l’œil, mais, par contre, il est moins solide.
- Bleu bon teint sur draps façonnés, rasés ou hauts de laine, type moyen.
- 10 Pied de bleu obtenu par unpalliement et un rejet, ou un déblanchi et un palliement ;
- 2° Passage en chaudière avec, pour 100 k.:
- Orseille................ 8 ou 10 kil.
- On commence par teindre en bleu de cuve, puis à bien rincer, et on entre en chaudière à bonne chaleur sur un bain d’orseille tamisée ^ on pousse à l’ébullition, que l’on soutient pendant une demi-heure ; on sort, on évente et on rince.
- Le même bain peut servir pour une longue suite d’entrées, en ayant soin de le recharger à chaque entrée.
- 11 est bon cependant de ne pas aviver indéfiniment sur ce bain, parce qu’au bout d’un certain nombre d’entrées le bleu devient légèrement gris. Sur les draps d’un certain prix, il vaut mieux reprendre un bain neuf après le troisième ou le quatrième avivage. Sur les étoffes communes, on peut, sans grand inconvénient, pousser jusqu’à dix ou douze entrées.
- Avec les produits d’aniline, on obtient des bleus plus beaux qu’avec l’orseille et dont le bain ne se grisaille pas. Il faut pour employer ces produits, qui sont les violets-bleus ou les violets-rouges, filtrer dans une chausse ou dans un filtre de gros drap pas trop feutré les quantités à employer, et écumer le bain avec un tamis de soie pour enlever la pellicule irisée qui est à sa surface et qui s’appliquerait sur l’étoffe pour y former des taches noirâtres, ou qui en voilerait au moins la nuance. Il est presque toujours indispensable d’employer l’acide sulfurique qui vire les violets au bleu et qui conséquemment les rapproche de la teinte du fond.
- Ne pouvant donner d’échantillon, il m’est assez difficile de donner une recette positive ; cependant je puis dire que, dans les cas les plus ordinaires et en vue de remonter un pied de cuve de l’intensité fournie par un palliement et un rejet, on peut employer les proportions suivantes :
- Bleu bon leint sur draps façonnés, rasés ou hauts de laine, autre type moyen.
- 1<> Pied de bleu obtenu par un palliement et un rejet, ou un déblanchi et un palliement ;
- 2* Passage en chaudière avec, pour 100 k. :
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- Violet d'aniline......... 150 grammes.
- Acide sulfurique.......... 2 kilogr.
- On commence par teindre en bleu de cuve, puis par bien rincer, et on entre en chaudière à chaleur douce, sur un bain de violet filtré, écumé et viré à l’acide sulfurique par une quantité suffisante d’acide pour bleuter le bain, et on pousse à l’ébullition, que l’on soutient pendant une demi-heure.
- Une précaution indispensable pour ne pas précipiter une partie du colorant consiste à étendre l’acide sulfurique d’une notable quantité d’eau ; autrement, l’acide fort détruit par son contact immédiat avec le bain coloré une certaine quantité de violet en le virant au vert foncé, et le précipite.
- On lave de suite après teinture pour éviter que les lisières ne soient colorées par l’égout du drap.
- On obtient des bleus plus foncés en employant comme avivage des produits plus communs. Alors c’est le produit appelé bleu de Lille qui est employé. Dans ce cas, l’acide sulfurique est absolument indispensable, car ce produit, qui donne des dissolutions plates et violacées, ne développe son véritabie colorant qu’avec le concours de l’acide. On ajoute donc des quantités successives d’acide dilué jusqu’à ce que le bain ne vire plus.
- Du reste, la marche à suivre est la même que dans le cas précédent ; seulement, vu la qualité du produit et le ton à obtenir, il faut absolument 1 p 100 de colorant.
- Sur ce genre d’étoffes on emploie aussi les bleus petit teint à base de campêche, ou les bleus remontés à base de bleu de France ; mais comme ces bleus ne passent pas par la cuve, il n’y a pas lieu de s’en occuper ici.
- Bleu sur laines filées.
- Pour les laines filées ou en écheveaux, nous savons qu’il faut des chevalets, des lisoirs, et si les cuves sont petites et les écheveaux longs, deux crochets, comme pour les draps, pour tordre les écheveaux.
- Les écheveaux sont très-difficiles à passer en cuve, parce qu’ils doivent être tenus bien ouverts et sous le bain et passés en petite quantité ; deux écheveaux par exemple par lisoir et par homme. Le bain de la cuve ne doit pas être trop chaud pour permettre à l’ouvrier de manipuler facilement et pour que l’échantillonnage en soit plus facile.
- On opère, comme pour les laines en vrac ou tissées, par des déblanchis, palliements et rejets.
- Les opérations de teinture en bleu grand teint sur les écheveaux sont beaucoup plus limitées que dans les autres cas et ne sont guère requises que quand on veut produire des étoffes légères à carreaux de nuances diverses — bleu et blanc, bleu et nuances modes — et bleu et rouge vif ou noir avec les mêmes cou-leurs. Dans ce cas, le noir est généralement
- un bleu très foncé qui paraît noir par contraste et par rapprochement.
- Le remontage ou l’avivage de bleus de cuve sur écheveaux n’offre aucune difficulté ; il revient à teindre par les procédés ordinaires à l’aide de chaudières rectangulaires et de lisoirs, en employant les mêmes matières colorantes que pour les laines en vrac ou celles qui sont tissées.
- NOIRS GRANT TEINT
- On obtient les noirs grand teint en donnant d’abord un pied de santal ou de garance, puis en passant en cuve ; mais comme le bleu paraît se précipiter sur des écheveaux ainsi préparés, on doit se servir de cuves d’une force moyenne et pas trop chaudes en ouvrant le plus possible les écheveaux sur les lisoirs.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- LES NETTOYAGES
- (Suite).
- Nous avons vu par ce qui précède que le détachage partiel de la draperie se fait aussi à la benzine quand il ne s’agit que de dégraisser.
- La petite brosse à manche, convenable pour les étoffes légères, ne suffit plus, on emploie pour les draps une brosse plus forte, à soies assez rudes, avec un bois épais tenant bien dans la main, d’environ 15 cm. de long; c’est celle représentée par la fig. 52, et dite « Brosse à benzine ».
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- No 52. — Brosse à benzine.
- C’est avec cette brosse qu’on fait le travail du paletot dont il a été question.
- Taches spéciales.
- Quant à ces taches qui ont résisté au détachage partiel et qui sont, ai-je dit, de natures très diverses, nous les verrons à la fin du chapitre des nettoyages, car il nous en restera encore des travaux que nous allons voir, et c’est seulement quand on a pu réunir toutes les pièces ainsi tachées, qu’on procède avec ensemble à leur détachage.
- Et puis, il ne faut pas rompre l’ordre méthodique de nos nettoyages courants.
- Bains de nettoyagss
- Le détachage partiel a pu s’opérer dans l’arrière-boutique d’un magasin ne disposan t pas d’atelier, et dont les autres travaux se font par confrères.
- A partir des nettoyages au savon, il faut
- un véritable atelier; avec eau, baquets, fou-loirs, avec séchoirs, et enfin avec des moyens d’apprêt.
- Nous allons d’abord voir la composition de quelques bains dont nous pourrons avoir à nous servir pour nos nettoyages en général.
- Bain de savon.
- Je répète ce que j’ai dit à propos du savon qui doit être d’une bonne qualité de Marseille, quelle que soit sa marque, et pour ce travail, il importe peu qu’il soit blanc ou marbré, quoique les teinturiers emploient principalement le blanc.
- Le bain se prépare d’avance comme suit :
- Savon de Marseille................ 10 kil.
- Eau très chaude................... 100 lit.
- Le savon a été coupé en morceaux aussi plats que possible, l’eau chaude versée dessus, le tout remué et laissé refroidir.
- On conserve ce bain dans un tonneau, et pour l’usage, on l’emploie avec une égale quantité d’eau.
- Bain de carbonate.
- Cristaux de soude................... 10 kil.
- Eau froide ou chaude................ 100 lit.
- Faire dissoudre et conserver pour l’usage. Au pèse-sels, cette solution donne environ 6 à 7 degrés.
- Pour l’emploi, on en mélange 3 à A litres dans 20 litres d’eau.
- Bain d'ammoniaque.
- Ammoniaque liquide............ 1/2 litre.
- Eau froide.................... 20 litres.
- S’emploie quelquefois pour nettoyer ou plutôt rafraîchir les noirs.
- Il ne doit pas être préparé trop d’avance, car il s’évente à l’air.
- Bain de Panama.
- Ecorce de Panama effilée.......................... 5 kil*
- Eau............................................... 50 lit.
- Verser sur l’écorce moitié de l’eau (25 lit.), bouillante, laisser infuser une demi heure ou une heure, tirer à clair l’infusion, puis faire bouillir l’écorce une demi heure dans les 25 autres litres d’eau ; tirer encore à clair.
- Réunir les deux eaux et compléter les 50 litres pour ce qui a été perdu au bouillon et à l’infusion.
- S’emploie telle quelle.
- Panama carbonate.
- Panama effilé...................... 5 kil»
- Cristaux de soude.................. 5 "f*
- Eau.............................. 100 ht*
- Bouillir l’écorce dans 50 litres d’eau, PeIX" dant une demi heure, ajouter peu à peu le® cristaux de soude (sans continuer de bouillir 1 puis le restant de l’eau.
- Reposer 24 heures, tirer à clair, complète1, avec de l’eau, le volume de 100 litres.
- S’emploie mélangé par moitié avec de leal1’
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- pour nettoyer les laines pures et surtout les laines-coton,
- Eau de Javel.
- Sa préparation a été indiquée dans le chapitre des drogues et couleurs (25 fév. p. 30).
- On l’emploie dans la proportion de 3 à k litres dans 50 litres d’eau.
- Bains de piquage.
- Ils ne se préparent pas d’avance, car ils sont prêts à la minute, et varient suivant le
- travail.
- Eau............................... 50 litres.
- Acide sulfurique.................. 150 gram.
- Ou bien :
- Acide chlorhydrique.................. 200 gr.
- Ou bien :
- Acideacétique....................... 300 gr.
- Le bain doit être aigrelet à la langue et même un peu piquant, mais très supportable.
- Le bain à l’acide sulfurique s’emploie pour les lainages en général ; celui à l’acide chlorhydrique pour les lainages noirs et rouges de cochenille ; à l’acide acétique pour les cotons.
- Acide sulfureux.
- Quant au soufre à l’acide au lieu d'employer la fumigation du soufre en nature, on emploie l’acide sulfureux du commerce, qui est ordinairement à 5 degrés du pèse-sels, dans les proportions suivantes :
- Acide sulfureux à 5°............. 20 litres.
- Eau...........•.................... 30 —
- Ce même bain peut se faire avec le bi-sul-fite de soude, comme suit :
- Bi-sulfite en cristaux.............. 1 kil.
- Eau................................. 50 lit.
- Quand les matières à blanchir sont dans le bain, on verse en plusieurs fois, et en remuant ces matières:
- Acide chlorhydrique.............. 1 litre.
- On introduit les matières à blanchir avant la dissolution des cristaux, afin que la décomposition ait lieu graduellement.
- Bains d'azurage.
- Pour laines et soies, employer :
- Violet bleu d’aniline................... 1 gr.
- Acide chlorhydrique.................... 20 gr.
- .................................... 50 lit.
- Azurer avant le soufrage, ef dans ce cas un Peu fortement.
- Pour coton et lingerie *•
- Eleu d’outremer........................ 50 gr.
- Eau.................................. 50 lit.
- Pélayer l’outremer dans un litre d’eau, pas-Ser au tamis, ajouter le restant de l’eau.
- Avant de s’en servir, il faut agiter le bain, Car l’outremer se dépose.
- Les outremers du commerce sont plus ou moins fins et par conséquent plus ou moins
- riches, la dose ci-dessus est une moyenne, variable suivant qualité du bleu.
- Les cotons et la lingerie se passent au bleu après blanchiment complet.
- Bain de crémage.
- Pour crêmer les blancs, laine, soie ou lingerie, il n’y a rien de mieux qu’un léger bain de curcuma (terra mérita).
- Cette couleur monte sur tout, et vaut mieux que les jaunes d’aniline, qui tirent trop vite et unissent mal dans ces teintes plus que claires.
- Foulage au baquet.
- Pour l’usage de quelques-uns de ces bains, il faut employer ou la machine à laver, ou une batterie de trois fouloirs, ainsi qu’il a été dit, au chapitre du matériel (1888, p. 37).
- Le fouloir est une planche portant sur une de ses faces, une série d’arêtes vives, contre lesquelles les pièces sont frottées vigoureusement, et qui s’imprègnent à chaque mouvement de l’eau ou delà lessive du baquet, dans lequel le fouloir plonge à moitié.
- Le bas est en biseau, et les deux coins du haut, un peu abattus, de façon à s’appliquer assez exactement à la forme du baquet ; la dernière rayure, dirigée en bas, dans le sens contraire des autres, afin de s’accrocher facilement à la main pour retirer le fouloir du baquet (voir fîg. 53).
- Fig. 53. — Fouloir.
- Au fond et au milieu du baquet, un taquet est cloué, contre lequel le bas du fouloir vient s’arrêter.
- Je m’arrêterai aussi, car il ne me reste pas assez de place pour commencer les nettoyages au savon, que nous aborderons dans ma prochaine causerie.
- Maurice GUÉDRON.
- C11K01QUE INDUSTRIELLE
- LES TISSUS EN TURQUIE D’ASIE
- Le consul de France a adressé un rapport à son gouvernement sur le commerce d’importation en Turquie d’Asie, d’où nous ex-
- trayons les indications suivantes se rapportant aux tissus :
- « Cotonnades et Indiennes. — La consommation des cotonnades et indiennes, qui constituent l’une des branches les plus fécondes du commerce d’importation, continue cependant à subir le temps d’arrêt constaté en 1886. Presque toutes ces étoffes proviennent comme par le passé de T Angleterre,.dont les produits à bon marché peuvent lutter avantageusement contre tous les autres. On évalue l’entrée à 400.000 francs.
- « Soies et Rubans de soie. — La France perd chaque année du terrain dans l’exportation de ses soieries. Nos prix, en rapport avec la qualité, mais trop élevés pour ces pays, éloignent les acheteurs et laissent le champ libre aux étrangers.
- « En ce qui concerne les rubans de soie, le chiffre des importations ne s’élève guère à plus de 25.000 francs, et c’est l’Angleterre qui, seule, approvisionne le marché. Il y aurait peut-être un essai à tenter. Mais pour avoir chance de réussir, il faut que nos négociants emploient des procédés de fabrication qui leur permettent de livrer leurs produits à des prix inférieurs. L’envoi de quelques échantillons aux couleurs variées, vives et éclatantes, conforme par suite au goût des habitants de ce pays, pourrait, en nous offrant un débouché nouveau, détruire à notre profit l’espèce de monopole que l’Angleterre a acquis sur cet article.
- « Lainages. — Pour les lainages on s’adresse exclusivement à l’Angleterre et à l’Autriche. On peut estimer à 180.000 francs le trafic de cette marchandise. Sur ce chiffre la France ne compte que pour 20.000 francs.
- « Draperies. — On constate une augmentation de 15.000 francs sur l’année 1886, dont moitié environ au profit de l’article français qui tend à dominer, grâce aux efforts de certains fabricants qui sont parvenus à livrer à meilleur compte que précédemment et peuvent dès lors lutter avec l’Autriche.
- « Pour les vêtements confectionnés, c’est toujours l’Autriche qui pourvoit exclusivement aux besoins de la place. Chaque année, elle envoie pour une somme de 80.000 francs à 90.000 francs. Il est étonnant qu’en France, où on livre aujourd’hui les vêtements confectionnés à si bas prix, on n’ait pas encore cherché à soutenir la lutte sur ce point. »
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- HOSPICE CIVIL D’AMIENS
- Le 21 juin, 2 h. — Fournitures diverses. Toiles, draps, coutils, toile de coton, cotonnade, mouchoirs, cravates, couvertures, lange de laine, bas.
- DIRECTION DES HARAS
- Le vendredi 14 juin, 10 h. — Adjudication de La fourniture des objets de sellerie nécessaires aux dépôts d'étalons.
- Cette fourniture comprendra :
- 160 couvertures à carreaux.
- 160 surfaix à carreaux.
- 30 couvertures roc.
- 30 surfaix roc.
- Les intéresses pourront prendre connaissance du cahier des charges au ministère de l’agriculture (1er bureau de la direction des haras;.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE
- Paris. — Le 13 mai. — Service de l'habillement. — Adjudication de la fourniture d'effets de ‘petits équipement.
- 200,000 chemises de coton à col, 40 lots de 5.000.
- Adjudicataires :
- Veuve Hendrickx et fils, rue Beautreillis, 22: 20 lots à 1.07. — Hubert de Vautier, à Marseille : 1 lot h 1 63 ; 1 lot à 1.65. — Lanvin-Schraen, 4, rue d’Hauteville : 1 lot à 1.71 ;
- 1 lots à 1.72. — Veuve E. Long : 4 lots à 1.71. — G. Loyeux : 1 lot à 1.70; 2 lots à 1.71 ; 3 lots à 1.72 ; 1 lot à 1.73. — Olivier Dacosta et Cie, 37, rue du Département : 2 lots à 1.71 ;
- 2 lots à 1.72 ; 2 lots à 1.66 (2e concours). 150,000 caleçons en 15 lots de 10,000.
- Adjudicataires :
- E. Bloch : 3 lots à 1.14. — Boutry van Isselsteyn à Lille : 6 lots à 1.15. — Veuve Hendrickx et fils : 5 lots à 1.16.
- 60,000 pantalons de treillis, en 24 lots de 2,500.
- Adjudicataires :
- E. Bloch : 20 lots à 2.68. — Boutry : 4 lots à 2,68.
- 50,000 bourgeons de toile en 10 lots de 5.C00.
- Adjudicataires :
- Cuillet : 1 lot à 2.15. — Hubert de Vautier : 1 lot à 2.17. — Société générale de fournitures militaire?, 54, rue Rochechouart : 8 lots à 2.19.
- 50,000 mouchoirs en deux lots de 25,000.
- Ve Hendrickx et fils, adjud. des 4 lots à
- 0.86.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- LEYALLOIS. — Formation de la Société en nom collectif Gay, Davrillé et Gilbert, {manufacture d'apprêts d'étoffes), rue Gide, 97. — Durée : 3 ans, du 15 juillet 1888. — Cap. : 97.592 fr. 07. Acte du 12 avril 1889.
- PARIS. — Dissolution de la Société en nom collectif de la Société E. Guillaume et Mai-gnot, teinturiers en peaux, rue de la Glacière, 51. — Liquid. : M. Maignot. — Acte du même jour.
- ROANNE. — Formation de la Société en nom collectif Breton et Rochet, (apprêtage. vaporisage et cylindrage). — Durée : 9 ans. — Gap. : 2000 fr. — Acte du 5 avril 1889.
- REIMS. — Prorogation du 31 décembre 1890 au 31 déc. 1900 de la Société en nom collectif Poirier et Mortier, {teintures et apprêts). — Acte du 1er avril 1889.
- LYON. — Dissolution de la Société de fait Thomaron et Vernay, teinturiers, rue de Barême, 10, et rue Vendôme, 20. — Liquid. : M. Molot, droguiste, av. de Saxe, 225. — Acte du 25 avril 1889.
- CONFOLENS. — Formation de la Société en nom collectif Remonet frères, filateurs de laines, fab. d'étoffes et mds de draperie, bonneterie et lainages, à St-Laurent-de-Ceris. — Durée : 2 ans. — Gap. : 950,000 fr. — Acte du 8 avril 1889.
- LILLE. — Formation de la Société en nom collectif, Léon Crépy et fils, {construction et expi. d'une filature de coton), à Lambersart. — Durée : 15 ans, du 1er avril 1889, mais l’exploitation de l’usine ne commencera que le 1er déc. 1889. — Après 5 ans M. Léon Crépy pourra se retirer. — Gap. : 1,200,000 fr. — Acte du 8 avril 1889.
- ELBEUF. — Dissolution à partir du 10 mai 1889 de la Société G. Chauvel et Gie, fab. de draps et étoffes de laines, rue Gaudebec, 27. — Liquid. : M. Ghauvel. — Acte du même jour.
- FAILLITES
- PARIS. — Letourneur (Raoul), teinturier, rue Royale, 22. — J. c. : M. Poiret. — S. : M. Ponchelet.
- TROYES. — La Société de fait Denner et Simonneau, apprêteurs de bonneterie et personnellement chacun des associés. — Jug. du 9 mai 1889. — S. : M. Guyottot.
- LYON. — Valicon fils (Guillaume), exteinturier, rue de Bonnel, 53-55. — Jug. du 9 mai 1889. — S. : M. Rogeaud.
- CESSIONS D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- — — —
- Gaillard Durand Teinturier, rue Fontaine, 29.
- Hébert Dischier Teinturier, rue Popincourt,38.
- Revocat&C 1 Equillon (dlle) Teinturier, rue Blanche, 6).
- Detillaux Daubigné Teint., r. Victor Massé, 29. Teint., r. Fon-
- Lesueur X... taine-au-Roi, 14. Appr. s. étof. r.
- Gay Devillé et Gilbert Gide, 97, Le-valiois.
- Robert V° X... Teint., r. Claude Bernard, 39.
- Mugnier Grossier Teint., r. de la Huchette, 9.
- Nicard Fabre Blanch., 20, rue Valadon.
- Thouin Bonffartigne Teint., rue de Constantinople, 22.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- lia Ramie. —La commission de la Ramie s’est réunie, le mois dernier, au ministère de l’agriculture, sous la présidence de M. Feray, sénateur.
- Dans cette séance, M. lmbs a résumé I es conclusions du rapport qu’il a adressé à M. le Ministre de l’agriculture, au nom du jury chargé de l’examen des appareils et procédés pour décortiquer la Ramie, présentés au concours lu 25 septembre 1888, et le directeur de l’agriculture a soumis à la commission le programme du nouveau concours de décortication.
- Ce concours qui fera partie intégrante de l’Exposition universelle, groupe VIII (agriculture), aura lieu dans le courant du mois d’août prochain.
- —o—
- IV ou venu régime des tissus dans
- riiido-Clilne. — Un nouveau décret modifie comme suit les droits spéciaux applicables aux fils et tissus importés dans la Cochin-chine, le Cambodge, l’Annam et le Torikin, et non soumis an tarif général.
- Fils.
- Fils de coton ou autres garnis d’or ou d’argent de premier titre Fils de coton ou autres garnis d’or ou d’argent de second
- titre......................
- Fils de coton ou autres garnis d’or ou d’argent de troisième
- titre......................
- Fils de coton ou autres garnis d’or ou d’argent hors titre ou faux..........................
- Tissus.
- Gunnies......................
- Tissus, foulards, crêpes, tulle, bonneterie, passementerie et dentelles de soie pure d’origine chinoise................ad val. 10 0/0
- Tissus, foulards, crêpes, tulle, bonneterie, passementerie et dentelles de soie pure d’autre origine................... » 20 0/0
- Broderies à la main ou à la mécanique, de soie sur tissus
- de soie....................100 k. 800
- Couvertures chinoises........ » 30
- Tissus de coton pur, unis, croisée et coutils présentant en chaîne et en trame, dans l'espace de 5 millimètres carrés, ceux pesant :
- Ecrus (art. 364), 11 kil. et plus de 100 mètres carrés, 30 fils
- ou moins................... » 80
- Ecrus (art. 364), de 7 kil. inclus à 11 kil. exclus les 100 mètres carrés, 35 fils ou moins. » 100
- Blanchis (art. 365), 11 kil. et plus les 100 mètres carrés,
- 30 fils ou moins........... » 92 ”
- Blanchis (art. 365), de 7 kil. inclus à 11 k. exclus les 100 mètres carrés, 35 fils moins. » 126 50
- Ce tarif remplace celui du 8 septembre 1887-Les produits étrangers qui auront été admis à un régime de faveur à leur entrée en Algérie seront assujettis, à leur entrée en Indo-Chiné, au paiement des droits inscrits au tarif douanier de l’Indo-Chine, déduction faite des droits perçus en Algérie.
- —o—
- Ln Fabrication des Tapi» aU* Etats-Unis. — Il résulte des plus récente statistiques qu’il y a aux Etats-Unis 3,711 métiers mécaniques parmis lesquels 1,490 toi^ de la tapisserie et 1,225 des tapis genres Bru* elles et Wiltow. Sans tenir compte de la fabr ' cation de la moquette, qui est importante, des tapis faits à la main, cette industrie, e'ie est en pleine activité, exige une consom mation annuelle de 161 millions de livres laines lavées.
- Le Gérant : F. GoUiLLON. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardenne*b
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- » Exem.
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- LA
- 2me Année, N° 11.
- REVUE DE
- ET DES COLOR ATIONS
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- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES «« J«ü «889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — La Teinture à l’Exposition — Emploi de l’eau oxygénée dans le blanchiment des laines (lin).
- Procédés divers: Foulard d’Alsace; Mousseline-laine imprimée ; Avivage des soies chargées ; Noirs pour laines communes ; Jaune chrysamine ; Liquide à détacher. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle: Adjudications. — Renseignements — Informations et faits divers.
- CHRONIQUE
- La vraie chronique du moment est celle de l’Exposition ; nous n’avons garde de la négliger et nous lui consacrons un article spécial, que nos « Informations et faits divers » complètent encore.
- Nous avons déjà parlé de la bonne situation relative des industries textiles ; les nouvelles des principales places témoignent de la continuation de cette reprise.
- Les lainages à Fourmies et à Roubaix-Tourcoing sont en excellente situation, avec prix en hausse.
- Il en est de même à Reims, où les producteurs refusent des commandes.
- Elbeuf, Louviers, Sedan, Vienne ont des ordres suivis, surtout en genres de qualités moyennes à belles. Les fabriques d’étoffes à bas prix ne paraissent pas avoir profité autant de la reprise ; néanmoins la plupart sont occupées.
- Les soieries sont toujours florissantes dans tous leurs lieux de production.
- A Rouen, il ne se ferait que de petites affaires de réassortiment, en tissus unis, rouennerie et indiennes, mais il y a des tendances à un bon mouvement pour l’article d’été.
- L’Algérie, qui est marché sérieux pour cette place, ne demande encore rien ; c'est le moment, toutefois, où ses achats vont se traiter, et où les commandes viendront nécessairement.
- Le consul suisse à Alger, dans un rapport récent, disait que les Anglais savent devancer leurs concurrents en Algérie, spécialement pour les mouchoirs imprimés, pour lesquels ils ne craignent pas de monter de nouveaux dessins et de changer les laizes, afin de conserver cette clientèle spéciale, et grâce à leurs voyageurs qui visitent la
- colonie et les renseignent exactement sur les goûts et les besoins de la vente aux indigènes.
- Par les mêmes moyens, nous aurions, sans doute, les mêmes résultats.
- L’industrie cotonnière est toujours tourmentée dans la région de Thizy par les grèves sans cesse renaissantes aussitôt qu’on les croit conciliées ; encore en ce moment, un mouvement qui comprend 3000 grévistes vient arrêter l’essor de ce milieu producteur.
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- Un document consulaire qui bien que récent nous fait remonter à 1886, indique que pendant la dite année, une grande activité régnait dans les teintureries de laines de Berlin, qui comprennent quinze établissements et ont eu à travailler 4 millions de kilogr. de filés. Il paraît qu’un mouvement aussi favorable ne se maintient pas actuellement, ou tout au moins les fabricants ne cherchent plus à développer leur production; un certain nombre prévoient le moment où le marché français leur deviendra plus difficile et ils n’augmentent plus leur outillage.
- En Belgique et en Angleterre la production se maintient dans l’industrie des lainages, et des cotonnades pour la dernière.
- L’Italie souffre d’une crise commerciale et industrielle dont on n’entrevoit pas la fin ; des grèves sévissent dans les industries textiles déjà si mal partagées, et le commerce de détail est réduit à rien dans quelques provinces.
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- * *
- Notre dernière chronique donnait quelques indications sur les nuances en faveur; quoique la mode soit très capricieuse, ce n’est pas en quinze jours qu’elle se modifie sérieusement ; nous pouvons donc considérer cette revue comme toujours actuelle.
- Nous la complétons dans nos oc Procédés divers » par de rapides notes sur les impressions pour robes.
- Ajoutons que les tissus qui paraissent préférés cet été sont les mohairs pour costumes tailleur ; les batistes brochées et brodées à jour, l’étamine souple, le surah écossais, les petits taffetas, le
- foulard et les satins-coton imprimés, pour les autres parties du vêtement.
- Malgré des tentatives pour détrôner le bas de couleur au profit des bas en fil d’Ecosse blancs à jour, les noirs ou ceux de nuances assorties au costume restent les préférés. On fait aussi des bas imprimés très soignés qui plaisent beaucoup à la consommation, autant que l’article commun paraît dédaigné : il est vrai que les Allemands nous en envoient de si laids !
- La ganterie donne beaucoup dans le Suède, gris clair pour toilettes, nuances naturelles et surtout noir pour la ville. Les teinturiers en peaux ont énormément de Suède noir en travail.
- *
- * *
- Pour clore, en cherchant l’anecdote, nous pourrions parler du passage de M. Carnot à Calais-St-Pierre, des arcs de triomphe en tulle qui lui ont été dressés, du pavoisement de dentelles de toutes couleurs qu’il a rencontré sur son chemin, de sa visite aux fabriques de tulle, et des riches échantillons de la production locale qui lui ont été offerts pour Mma Carnot, mais les journaux quotidiens nous précèdent toujours dans ces nouvelles, et ne nous laissent à raconter que du vieux neuf.
- Autrefois, il y avait à Calais deux villes : Calais, ayant 10.000 habitants, et une population de pêcheurs, Saint-Pierre, petit village il y a quarante ans, devenu une ville de 70.000 habitants, grâce à la fabrication du tulle. Depuis trois ans, les deux villes sont réunies en une seule, mais ont conservé leur caractère.
- Calais est la vieille ville, avec son vieux quartier, le Courgain, aux rues étroites, aux maisons basses, Saint-Pierre est la ville industrielle, ressemblant à Lille et à Roubaix : voies larges, maisons à cinq étages, tramways, tout ce qui sent le mouvement, la vie, la nécessité d’aller vite, l’activité commerciale poussée jusqu’à la fièvre.
- On y fait les tulles, l’imitation, les dentelles à bon marché, c’est-à-dire l’article de grande consommation. Le luxe s’est démocratisé, il en faut pour toutes les bourses, et les petites sont les plus nombreuses : heureux qui le comprend ! F. Gouillon.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- LA. TEINTURE A L’EXPOSITION
- Nous continuons nos promenades dans l’Exposition et ses annexes, en citant au hasard des rencontres, les sujets qui intéressent nos industries.
- C’est une introduction à une revue méthodique des produits exposés. Un journal ne peut pas, comme un livre, attendre qu’il ait réuni tous ses documents pour entreprendre un compte-rendu ; il doit servir à ses lecteurs l’actualité la plus immédiate, ou bien il ne remplit pas son rôle. Ce qui ne l’empêche pas de collectionner à loisir les matériaux d’une étude plus complète et plus suivie.
- Nous avons donné dans notre précédent numéro la nomenclature complète de la classe 46, et nous avons dit qu’elle se continuait en réalité dans les sections voisines : celles des tissus, dans la mécanique tinctoriale et dans les produits colorants, nous la suivrons donc dans ces diverses parties de l’Exposition.
- Au Palais, section française.
- La section de la Teinture est maintenant complète, et c’est une des plus confortablement installées ; les vitrines sont spacieuses, variées et garnies avec beaucoup de goût. Un tapis en moquette flammée recouvre entièrement le parquet; un espace réservé à la lecture et à l’étude est un hospitalier boudoir, au milieu de ce salon, et assez retiré pour qu’on puisse y travailler tranquillement.
- Cette installation est parfaite, et nous en faisons nos sincères compliments aux organisateurs.
- Toutes les vitrines sont maintenant occupées, la dernière installée était celle de M. Grawitz, l’ogre des noirs d’aniline, et qui a tellement fait d’efforts pour dévorer ses concurrents, que la plupart paraissent s’être abstenus, par prudence, d’exposer des noirs d’aniline.
- Ces noirs, qui se forment sur la fibre même, nous amènent à parler d’une nouveauté des plus intéressantes réalisée par MM. Koeciilin-Baumgartner et Cie. 11 s’agit de couleurs azoïques créées directement sur tissus de coton.
- La pratique dira ce qu’il y a d’avantageux dans cette production directe des couleurs sur fibres ; le fait est assez digne d’intérêt pour que nous ayons à y revenir. MM. Kœehlin-Baumgartner ne font pas encore des étoffes ainsi teintes, des articles de commerce, mais il est probable qu’ils donneront plus tard une suite pratique à cette invention.
- La soie, comme toujours, brille d’un vif éclat dans la teinture et dans sa classe spéciale (cl. 33).
- Nous remarquons la magnifique gamme chromatique de MM. Renard, Villet et Bunand, qui aurait réjoui le vénérable Chevreul, le
- vulgarisateur, sinon le créateur des cercles et chaînes chromatiques.
- Ce moyen de présenter une série méthodique de colorations a, du reste, été beaucoup utilisé par les exposants, et la difficulté pour y parvenir est une preuve d’habileté professionnelle. Il ne s’agit pas, en effet, de produire des nuances quelconques, encore que bien réussies, il faut tomber mathématiquement juste pour chaque élément des gammes, et par conséquent échantillonner avec précision.
- MM. Bonnet, Ramel, Sa vigny, Giraud et Marnas (cl. 33), au milieu d’une très remarquable exposition, ont un cercle chromatique en soies, mais dont les nuances se rabattent graduellement vers le centre -, Chevreul appelait ces brunitures graduelles « le couronnement de la méthode. »
- Les mêmes exposants ont de belles impressions sur foulards et pékins, des teintures en charges diverses sur couleurs et sur noirs, des teintures sur tussah, laine, coton, etc.
- MM. Gillet et fils font surtout les noirs; ils exposent des soies en noir cuit et en noir souple, des cordonnets ; puis des crêpes anglais non plus en noir seul, mais en couleurs diverses. Puis à côté, les principales matières tanniques et colorantes servant à ces teintures.
- Au point de vue spécial de la teinture, l’exposition de soies teintes, de MM. Carron et Baudoin est aussi des plus intéressantes ; ce sont, comme dans les précédentes, des soies cuites, souples, puis un peu de laines, de cotons, en couleurs variées et en noir, mais en séries bien suivies et d’une exécution matériellement irréprochable.
- Presqu’aussi brillants que les soies, sont les cotons en fils de la plupart des exposants de cette spécialité (cl. 30).
- Au milieu d’eux, et à une place d’honneur qu’ils méritent bien, sont les cotons à coudre et à broder de MM. Dollfus-Mieg et Cie, la fameuse marque DMC.
- Ils comprennent cinq cents couleurs, nuances ou tons différents. Cette série considérable occupe en partie le kiosque assez spacieux, placé au milieu d’une allée principale et pour les rassembler, une carte d’échantillons réunit cette remarquable collection de 500 teintes.
- Les cotons nous montrent une spécialité plus modeste mais non moins utile dans sa sphère, celle des Bleus de Cuve sur fils, de MM. Coulombes et Tautin -, une gamme de bleus d’indigo commençant au petit déblanchi pour arriver au bleu extra-foncé, porte les prix de façon et de chaque type, allant de 20 centimes à 2.50.
- Nous rencontrons encore sous nos pas :
- Les impressions grand teint sur tissus de coton, drapés, dits « flanelles américaines, » de M. A. Debiève; ces impressions sont en noir d’aniline, en rouge et violet d’alizarine, et autres couleurs solides.
- Un autre genre d’impression est celui des tentures servant de portières au salon de la
- classe 30, et ainsi exposées par MM. G: Binder et Jalla Jeune; elles sont en sujets vieille tapisserie, et peuvent faire, disent les auteurs, des tentures sans couture, allant jusqu’à 50 mètres carrés.
- Il n’y a pas de limites, en effet, à l’étendue qu’on peut imprimer en sujets se répétant.
- A noter encore les bas imprimés de MM. Marchal. Fack et Cie, genre qui devient de plus en plus en faveur.
- Les fils de laine peignée, cachemire, vigogne et chameau, écrus et teints de MM. David et Huot à Amiens.
- Et surtout les magnifiques impressions sur cretonnes, lustrines, tissus à chemises et d’ameublement de MM. Boeringer, Zurcher et Cie, de M. Charles Steiner, de M. Resse-lièvre fils, etc. -, les Vosges, l’Alsace et Rouen ont rivalisé de goût, d’invention et de perfection.
- Lors de notre première visite, nous avons parlé de la Teinture-nettoyage, et nous avons cité trois exposants : MM. Fleury (successeur de Lainé) ; Petitdidier, maison bien connue également ; Thuillier et Virard, maison trop connue de ses confrères.
- Or, il faut ajouter MM. Montenot père et fils (Le Chapeau rouge), ce qui fait quatre.
- Nous ne voyons pas cette fois la maison Tranchant-Klein, avec son châle-cachemire en réserve.
- Une sorte de dais en baldaquin, qui abritera nous ne savons encore quelle merveille, est construit en grands rideaux imprimés où nous reconnaissons les genres spéciaux de M. Jolly Fils; cela sera sans doute son exposition : attendons !
- M Monnot fait une spécialité de l’imperméabilisation et ne rentre qu’accessoirement dans le chiffonnage.
- Nous sommes loin d’avoir cité les expositions, même les plus remarquables de la partie française, mais il faut bien voir un peu l’Etranger.
- Sections étrangères.
- La Belgique nous arrêtera à notre passage d’abord par l’importanté exposition collective de Verviers ; ce sont des draperies courantes, de grande consommation, sans nouveautés originales, mais témoignant de l’importance de cette industrie dans la région verviétoise.
- En teinturiers prorement dits, nous voyons M. Léon Neefs, de Louvain, avec une belle série de bleus d’indigo sur fils, toiles et tissus de coton puis une collection d’autres nuances, et divers types d’apprêts sur ces mêmes matières.
- MM. Staes et Cie, de la même ville, exposent aussi des bleus de cuve, spécialement sur toiles, calicots, et sur guinées destinées au commerce africain.
- Non loin des bleus, voici l’éclatant rouge d'Andrinople, des noirs d’aniline et autres couleurs grand teint, sur fils de coton, exposés par M. Em. Idiers d’Auderghem.
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
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- Enfin M. G. Van Laer, ancien professeur à l’école professionnelle de Verviers, a exposé des échantillons de fils et tissus de laine, de fourrures, teints en nuances variées ; c’est plutôt une collection d’enseignement que de produits commerciaux, mais elle n’en est que plus méthodique.
- M. Van Laer a publié en 1874, un Aide-mémoire du teinturier, et peu de temps après un Album du Teinturier et du Fabricant, contenant de nombreux échantillons.
- Ces ouvrages ont été fort appréciés, mais les éditions ont été détruites, nous a-t-on dit, dans un incendie ; cela est une perte des plus regrettables.
- En Angleterre, la plus intéressante exposition de teinture est peut-être celle de MM. Lye et Son, de Luton, consistant uniquement en tresses de paille, de couleurs les plus diverses et les mieux réussies.
- L’industrie des pailles teintes est une spécialité dont l’Angleterre a su conserver le monopole, au moins pour les grosses parties ; en France nos teinturiers spéciaux, qui font aussi bien, n’ont des fabricants de chapeaux, que des petits lots de réassortiment.
- L’Angleterre est la patrie du coton, aussi en voyons-nous sous toutes les formes, mais en quantités modérées.
- Nous citerons provisoirement MM. Rylands et Sons de Manchester, qui sont tout à la fois filateurs, tisseurs, blanchisseurs et teinturiers, et qui ont une belle collection de cotonnades en tous genres, écrues, blanches et teintes, des damas imprimés, des cotons à coudre, de la passementerie et même des toiles cirées.
- MM. Titus Salt, Bart et Sons ont une série en belles teintes, d’alpagas et de velours anglais.
- Mais à l’Etranger la collection des tissus teints la plus remarquable est assurément celle de la Russie.
- Des impressions genre rouge Turc et des roses d’alizarine, en motifs du pays. De la draperie et lainages ras en très belles nuance, des soieries magnifiques, méritent que B°us y revenions à loisir, car une mention rapide ne donnerait pas une idée suffisante d*s industries tinctoriales dans l’empire moscovite.
- A VEnseignement professionnel
- En contournant le palais principal nous Pouvons parmi les travaux des écoles profes-^'onnelles, ceux des élèvesdel’EcoLE Nationale ^üstrielle de Roubaix, avec des gammes et es cercles chromatiques, des nuances ombrées ^ berceau, sur laines principalement, puis lvers produits chimiques et colorants égale-
- ent préparés par les élèves.
- Cette exposition est dans la partie extérieure Palais, vis-à-vis du pavillon de la Presse.
- Dans le Parc
- ^es pavillons spéciaux de quelques nations
- étrangères ne sont pas tous prêts encore. Parmi ceux ouverts au public, le Chili mérite une mention particulière, toutefois la teinture n’y est guère représentée.
- L’Etat de Salvador a envoyé quelques ceintures et écharpes en soie teintes en couleurs diverses, toutes à base d’aniline, sans rien de remarquable; des teintes en fuchsine sont même nuancées et mal unies.
- A d’autres points de vue, l’élégant pavillon de Salvador et son contenu est très sérieux. Nous y remarquons des indigos du pays.
- A VEsplanade des Invalides
- L’Exposition coloniale de l’Esplanade des Invalides contient aussi des tissus diversement colorés spéciaux à chaque peuple, mais sans originalité marquante au point de vue des colorations.
- 11 y a cependant un village indien (le « kam-pong javanais ») qui nous montre en action un petit nombre d’industries locales, et notamment la fabrication tout à fait primitive de toiles peintes.
- Une femme accroupie a devant elle une pièce de calicot blanc, étendue sur une perche; des dessins y sont crayonnés • ce sont principalement des chimères, des dragons, des serpents, des scorpions.
- A côté d’elle, un réchaud entretient de la cire en fusion ; elle y plonge un petit entonnoir à bec effilé et monté sur un manche en bois ; à l’aide de cet outil rempli de cire fondue, elle dépose sur le dessin du tissu, une trainée de cette cire, qui formera ensuite réserve, lorsque l’on teindra la pièce en plein bain.
- On répète la même opération pour chaque nouvelle couleur que l'on veut appliquer.
- Les fonds sont le plus souvent en cachou, quelquefois en indigo ; c’est ainsi qu’on fait les pagnes indiens.
- C’est un travail nécessairement lent et irrégulier, n’ayant pas changé depuis son origine qui se perd dans la nuit des temps, mais les sujets sont variés, originaux, les couleurs solides et bien tranchées.
- Les visiteurs présentent à l’artiste javanaise, des cartes de visite, qu’elle décore à la cire, de quelques-uns de ces sujets, notamment de l’inévitable scorpion, ce qui lui vaut un profit bien supérieur à celui de son travail courant, malgré les hauts prix de ces tissus peints.
- L’homme, sur le seuil de sa hutte, regarde, sourit à la recette et ne fait rien! La femme chez ces asiatiques, fait les enfants, et travaille pour les nourrir-, l’homme ne coopère qu’à la première fonction.
- Tout cela nous éloigne de la véritable teinture ; nons y reviendrons dans notre prochaine visite pour parler des machines et des matières colorantes.
- F. Gouillon.
- EMPLOI DE L’EAU OXYGÉNÉE
- pour le blanchiment des laines, des bois, etc.
- D’après Alf. Df.lmart et P. Ebell (Chemiker Zeitung.)
- (Suite)
- L’auteur termine ne recommandant à tous ceux qui se proposent d’appliquer à quelque substance que ce soit les propriétés décolorantes de l’eau oxygénée de ne pas se laisser rebuter par les insuccès du début -, mais de poursuivre les essais jusqu’à ce qu’ils aient trouvé les conditions dans lesquelles il convient de se placer, les modifications qu’il faut faire subir aux méthodes déjà connues, pour obtenir le meilleur résultat avec la matière que l’on se propose de blanchir.
- C’est ainsi que, malgré le prix élevé de l’eau oxygénée, qui, en principe, la rendait inapplicable au blanchiment des bois, le même auteur (1) pense en tirer parti cependant pour cet objet. Il est des cas où l’on vise à blanchir le bois sans en changer la structure ou en modifier la surface. D’un autre côté, ce mode de blanchiment paraît communiquer au tissu ligneux des propriétés de résonnance et d’élasticité spéciales, en sorte que malgré le prix de l’agent de blanchiment, malgré les frais même de l’opération, il se pourrait que cette méthode offrît quelque intérêt industriel dans l’avenir.
- Ebell a constaté que des bois de 1 à 5 mî-limètres d’épaisseur blanchissent en quelques jours, tandis que des fragments plus épais doivent rester immergés pendant un temps souvent beaucoup plus long, non seulement pour que l’agent oxydant puisse atteindre les parties profondes, mais aussi pour que les produits solubles résultant de l’action aient le temps de se diffuser dans le bain.
- On n’a pas trouvé avantageux de faire subir au bois, avant le blanchiment proprement dit, une préparation spéciale ; cela est vrai surtout pour les bois secs : ni les acides dilués, ni les alcalis, n’enlèvent une quantité sensible de pigment, sans nuire à la résistance du bois. Pour le bois frais, la dessiccation systématique, paraît offrir certains avantages et diminuer la quantité d’eau oxygénée nécessaire â son blanchiment subséquent.
- L’eau oxygénée neutre ou acide agit très peu et lentement sur les pigments du bois.
- Aussi convient-il d’employer des solutions alcalines et notamment ammoniacales. Les bains employés se composaient de :
- Eau oxygénée à 3 pour 100.......1 litre.
- Ammoniaque à 21° (d= 0. 910)....20 gr.
- Chaque essai a été fait en double, une fois à la température de 17® environ et parallèlement à 34°. Toutes les six heures on s’est rendu compte, par un titrage du bain, de la consommation en eau oxygénée que l’on com-
- (1) Docteur P. Ebell, Chemiker Zeitung, 11,1529.
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- 84 LA REVUE DE LA TEINTURE
- parait aux progrès apparents du blanchiment.
- Voici les résultats d’une série d’essais ; les colonnes I et II indiquent les centimètres cubes de liqueur de caméléon employée :
- I. II.
- à 17<> centigrades à 34° centig.
- I centimètre cube de bain de blanchiment
- a employé au début... 19 19 1/10
- Après 6 heures......14 5
- Après 12 heures.... 11 3
- Après 24 heures..... 6 0,2 J
- Après 48 heures...... 4 0
- Apres 8 jours....... 3 3
- Au bout de peu de temps, l’alcalinité du bain a disparu. On l’a rétablie de six en six heures, en ajoutant de petites doses d’alcali volatil.
- Les échantillons plongés dans le bain tiède à 34°, se sont décolorés plus rapidement que les autres ; mais le dégagement continu de bulles gazeuses prouve que, dans ces conditions, une partie de l’agent décolorant se décompose sans effet utile. Cette décomposition est très peu marquée dans le bain froid -, le blanchiment progresse plus lentement, mais l’effet final est incontestablement plus complet. Dans les deux cas la liqueur décolorante s’est teintée en jaune brun léger et troublée » de flocons noirs amorphes ; en même temps, elle dégage une odeur particulière qui rappelle la térébenthine.
- Les bois extraits du bain froid après 10 jours, paraissent complètement blancs par transparence. Lentement desséchés à l’air, ils deviennent d’un blanc parfait. Le bois n’a subi aucune modification dans sa structure -, la surface polie est restée telle et le veiné apparaît dans toute sa netteté. On n’a constaté aucune variation dans la longueur ou la largeur du bois, quoiqu’il ait subi une perte de poids notable. 11 ne semble pas que les propriétés principales, la résistance du bois à la flexion, à la traction, sa docilité au travail aient éprouvé un changement -, par contre le pouvoir absorbant pour les solutions colorantes ou préservatrices, pour les huiles, les laques, etc., est notablement augmenté.
- II est difficile, sur les quelques expériences préalables de l’auteur, d’établir un prix de revient exact. Dans l’essai I ci-dessus, l’emploi d’eau oxygénée correspond à environ 1 kilogramme H2 O2 à 3 pour 100 pour 1 mètre superficiel de bois. Soit 0 fr.75 par mètre carré. Il est probable que si l’on appliquait industriellement la méthode avec une série de bains successifs, la consommation de l’eau oxygénée se réduirait à la moitié ou au tiers de ce qu’elle a été dans ces expériences.
- Quoi qu’il en soit, le blanchiment des bois par l’eau oxygénée pourrait dès à présent être appliqué dans certaines industries où la valeur du bois manufacturé est de beaucoup supérieure à celle de la matière première brute ;
- nous citerons par exemple : la fabrication des cannes, des pipes, des statuettes, des bibelots sculptés, des manches de couteaux, d’ustensiles et d’appareils de chirurgie, de pharmacie, enfin des instruments de musique, violons, flûtes, etc., dont la résonance serait sans doute augmentée en même temps que leur résistance à l’humidité et aux changements de température.
- PROCÉDÉS DIVERS
- FOULARD D’ALSACE
- Sous ce titre on désigne la satinette de coton imprimée de notre échantillon, qui justifie, en effet, son nom de foulard, par l’analogie d’apparence de cette étoffe avec le foulard imprimé. Le plus souvent, elle est à bordures-dispositions.
- Cette cotonnade est employée pour robes d’été; on les fait cette année en bouquets détachés, et sujets assez grands, trop grands pour que nous puissions en donner des échantillons, même en sortant de nos cadres habituels -, celui ci-dessus peut tout au plus y rentrer ; son dessin n’est pas des plus répandus,
- Imais il a un cachet de nouveauté bien spécial qui nous l’a fait préférer.
- La teinte de fond, ce bleu indigo est, dans tous les cas, celle presqu’exclusivement employée ; ce n’est que par exception qu’on voit d’autres fonds.
- Un genre qui est beaucoup en faveur, consiste en petits carreaux réguliers et simples, de couleur jaune-cadmium, sur ce fond bleu. Ces carreaux ont de 5 à 15 millim. de côté ; les plus usités sont d’environ 12 mm. ; il s’en fait considérablement, nous aurions pu le donner comme échantillon, si par cette simplicité même, la description ci-dessus ne suffisait.
- Sur mêmes fonds, on fait aussi en jaune-eadmium, des rayures simples, toujours assez rapprochées, des sujets détachés et en lignes, des fleurons en quinconces, et comme nous l’avons dit, des grands bouquets. Ceux-ci ne rappellent pas le style Pompadour ; ils sont à une seule couleur, peu chargés, et rappellent en général des épis d’herbes sauvages disposés en gerbes de quelques brins.
- Un autre article d’impression se rapportant à celui-ci est l’étoffe doublure pour tailleurs, que l’on ne fait plus en uni pour le veston et le gilet de fantaisie, mais en tissu croisé ou
- sergé, fond bleu foncé avec impressions de carreaux, le plus souvent en bleu clair, et en jaune chrome, ce dernier de 6 cm. de côtés, et se superposant au reste. Cela rappelle le genre écossais.
- Quant à notre échantillon, on voit qu’il est à trois couleurs, soit enlevages blanc, jaune et rouge. Il n’y a rien de spécial à noter pour son exécution.
- MOUSSELINE LAINE IMPRIMÉE
- Voici encore un genre nouveau, quoique les motifs cachemire soient empruntés aux sujets chers à nos pères (ou à nos mères), mais leurs dispositions et leurs couleurs en font un article tout moderne.
- L’effet général ne peut être jugé que sur la pièce ; cela est un écueil de ces échantillons nécessairement restreints, et qui ne donnent pas une idée de l’ensemble.
- Toutefois les gens du métier savent à peu , près reconstituer le motif : disons pour les y aider, que le rapport est de 125 millim., et que les bandes alternativement marron et gris clair, ont chacune 35 mm. de largeur.
- C’est un sujet à trois couleurs (non compris le fond), en genre vapeur-application.
- Sur mêmes tissus, on fait, bien entendu, des sujets plus jeunes, moins couverts, ^ principalement sur fonds roses et verts clairs» un peu sur bleu-ciel et maïs.
- AVIVAGE DES SOIES CHARGÉES
- Pour corriger l’aspect un peu terne des soies chargées, on emploie à Lyon le moyen suivant :
- Après toutes les opérations de la charge et de la teinture qui marchent ensemble, °n passe les soies sur un bain de savon additionne de campêche, à une température de 40 à o degrés.
- Ce simple finissage relève sensiblement le noir et le brillant.
- NOIR EN UN BAIN
- Sur laines en flocons.
- On a quelquefois besoin d’un procédé simpl® pour faire des noirs sur laines communes,s0 sur renaissance, ou sur laines-mères qui supportent pas de grands frais de produits de main-d’œuvre, tout en donnant un nC\ satisfaisant et une teinte ne rougissant paS la moindre influence.
- Voici la méthode qu’on peut suivre :
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- 85
- Pour 100 kil. de laine convenablement dé-
- graissée :
- Sumac Redon.................... 15 kil.
- Santal moulu .................. 10 —
- Extrait de campêche......... 8 —
- Bouillon de deux heures sur ce bain ; lever sur la civière (ou bar), ajouter au bain :
- Sulfate de fer................ 7à8 kil.
- Rentrer les laines, donner un nouveau bouil-
- lon d’une heure- lever, éventer trois ou quatre heures puis rincer.
- Il serait avantageux pour la teinte, délaisser refroidir sur le bain, mais alors les rinçages deviennent beaucoup plus longs, par suite du bain tourné qui a embourbé les laines.
- NOIR AU CHRÔMATE
- Sur laines filées et tissées.
- Ce procédé est à deux bains-, il doit être employé de préférence au précédent pour les fils et tissus; il convient, du reste aussi, po ur les laines en flocons.
- Pour 100 kil.
- 1° Mordant.
- Bi-chrômate................ 5 kil.
- Bouillon de 1 heure et demie, lever, égoutter.
- 2° Teinture.
- Santal moulu............... 20 kil.
- Extrait de campêche........ 8 —
- Entrer sur ce bain, et continuer au bouillon le temps nécessaire : en moyenne, deux heures, souvent moins car le mordant de chrome tire assez rapidement.
- NOIRS DE NAPIITOL
- Les deux procédés ci-dessus sont, avons-nous dit, pour articles ordinaires, à l’usage, par exemple, des effilocheurs, ou de fabricants employant des laines régénérées.
- Pour ces industriels ne faisant qu’accessoi-rement de la teinture, et cherchant, par conséquent, les moyens les plus simples, les noirs au naphtol teignant sans mordant ni préparation, conviendraient parfaitement, si ce n’était leur prix encore assez élevé pour les articles qui nous occupent.
- Nous rappelons que nous en avons indiqué le mode d’application en 1888 (page 93).
- JAUNE-CHRYSAM1NE
- Sur coton, lin, chanvre, jute et ramie.
- Les laines et soies ont comme jaunes dérivés de la houille, l’acide picrique, le jaune d’or, les orangés Poirrier.
- Pour les textiles végétaux, on emploie les couleurs azoïques dont les principales sont les chrysamines et les jaune de Hesse.
- Les premiers donnent un jaune rappelant
- celui de quercitron -, les seconds sont plus orangés.
- Voici le moyen d’application de la chrysa-raine :
- Pour 100 kil. de coton ou autre fibre végé-
- tale ;
- Sulfate de soude................. 10 kil.
- Savon de Marseille blanc.... 3 kil.
- Chrysamine en poudre..... 1 kil.
- Eau............................ 2000 litres.
- Porter le bain à l’ébullition, entrer les matières, suspendre le chauffage, et manœuvrer dans le bain environ une heure.
- Il est important de ne pas continuer le bouillon qui porte au rouge et ternit le feu de la nuance.
- Pour les passes suivantes, on conserve le même bain, que l’on remonte avec :
- Sulfate de soude................ 4 kil.
- Savon.......................... 1 —
- Colorant...................... 750 gr.
- Après trois ou quatre mises on fait un bain neuf.
- Sur tissus mélanges.
- La chrysamine, recommandable pour sa propriété de teindre le coton sans mordant, tire également sur soies et sur laines, et sans concours de produits auxiliaires.
- La soie par les mêmes moyens que le coton, avec un avivage à l’acide acétique.
- La laine, en remplaçant simplement le sulfate de soude par du phosphate de soude.
- Sur tous ces textiles la teinte est vive et pleine et en même temps très solide.
- Quand on a affaire à des tissus mélangés, on peut donc employer ces mêmes moyens :
- 1- Sur coton soie, comme le coton et sans avivage.
- 2° Sur laine-coton, comme sur laine, c’est-à-dire avec le phosphate de soude, mais en faisant bouillir une demi-heure, et traînant ensuite une heure sur le bain se refroidissant.
- (A suivre pour le jaune de Hesse. — Nous publierons aussi la suite des remontages de bleus de cuve, en traitant des cotons et textiles végétaux).
- EAU A DÉTACHER
- Cette formule donnée par un journal d’économie domestique, est un peu un procédé de bonne femme ; nous le reproduisons pour ce qu’il vaut. Ce n’est pas plus mauvais toutefois, que du savon seul, mais ce n’est bon que pour les ménages.
- « Dans un litre d’eau tiède, faites fondre 50 gr. de savon blanc et 30 gr. de sel de soude. On ajoute à la dissolution, tandis qu’elle est encore tiède, 60 gr. de fiel de bœuf; et, lorsqu’elle est refroidie, quelques gouttes d’huile essentielle de lavande ou de citron.
- « On passe ce mélange au travers d’un
- linge, puis on la met en bouteilles pour le conserver.
- « On s’en sert, à dose très faible, en frottant avec une brosse douce, et on lave la place aussitôt avec de l’eau bien chaude. Toute trace de tache a disparu, à la condition que l’eau à détacher ne séjourne pas du tout sur l’étoffe. »
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- Dans une précédente causerie j’annonçais que nous nous occuperions cette fois des nettoyages au savon. Dans ce genre de travail je comprends l’opération suivante :
- NETTOYAGE DES DRAPS A LA BROSSE
- On se sert de la table recouverte en zinc, et déjà décrite.
- Puis d’une brosse en chiendent assez rude, d’environ 25 cm. de longueur, à bois épais bien en main -, cette brosse est représentée par la fig. 54 ci-contre.
- Il faut des brosses spécialement faites pour les teinturiers ; tous les brossiers ne les connaissent pas. Dans les ateliers, on les appelle par abréviation : chiens.
- Fig. 54 — Chiendent à draps.
- On dispose aussi d’un morceau de savou blanc de Marseille bien gras, c’est-à-dire assez mou et non desséché, taillé en forme d’œuf; et enfin d’une petite terrine contenant du a bain de carbonate » tiède, un peu chaud même.
- Pour rincer, un bain de carbonate également tiède, puis plusieurs bains d’eau, comme nons le verrons.
- Nettoyages complets.
- On procède ainsi -.
- Les pièces ayant été brossées et battues, et les taches ressortant bien par la poussière du battage, on met de côté, pour les faire à la fin, celles qui sont peu tachées et dont les doublures ne sont pas sales.
- Les autres sont étendues sur la table, on marque fortement au savon toutes les taches, en les frottant trois ou quatre fois.
- Il importe que la couche de savon soit assez épaisse pour traverser la tache sous le coup de brosse mais sans étendre ce savon au delà de l’étendue de cette tache. Certains ouvriers font ces marques très larges et très superficielles -, c’és't le contraire qu’il faut : épaisses et limitées.
- Les parties des vêtements ordinairement les plus sales sont ;
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- Pour les paletots et les gilets, les cols, les devants, les ouvertures des poches, les manches et surtout les bouts de manches.
- Pour les pantalons, la braguette, le dessus des cuisses, les poches et le bas.
- Toutes les taches marquées sont dégorgées à la main, à l’aide du chien que l’on trempe dans le bain de carbonate susdit, placé dans la terrine à droite de la table (à moins qu’on soit gaucher).
- Ce dégorgeage se fait en commençant par le bas du vêtement, et chaque tache est attaquée l’une après l’autre. Il faut que le liquide mousse bien pour que les taches soient considérées comme dissoutes. Si la brosse ne fait pas mousser, c’est que le savon était insuffisant, et il faut en remettre.
- On retourne ensuite le vêtement pour faire les doublures ; si elles sont blanches ou de couleurs claires on les savonne à la brosse, les noires et foncées se brossent au carbonate.
- J’ai vu recommander de rincer la pièce au carbonate avant de faire les doublures ; cette complication de travail est tout-à-fait inutile.
- Après les taches dégorgées et les doublures brossées, on passe les vêtements sur le bain tiède de carbonate ; ensuite on égalise le drap en le brossant dans le sens du poil, en se servant de la même brosse de chien que l’on trempe dans de l’eau additionnée d’un peu d’ammoniaque liquide.
- On rince encore sur une eau tiède, puis sur une froide.
- On essore si on a une essoreuse, sinon on met directement au cerceau, où les pièces égouttent et sèchent.
- Puis on les envoie aux apprêts.
- Des cas particuliers.
- Quand on a affaire à des pantalons, à des gilets, à des draps nouveauté en général, on rencontre des couleurs qui ont pu ternir sous l’influence du carbonate. Pour les raviver on ajoute ai ors au premier bain de rinçage, un peu d’acide acétique, ou à défaut d’acide chlorhydrique (voir: Bams de piquage).
- Pour les couleurs unies surtout qui contiennent du bleu (bleus, violets, verts), il est souvent nécessaire de donner ce piquage.
- Après quoi, on rince sur une seule eau, et on met au cerceau, avec ou sans essorage, suivant qu’on possède ou non l’appareil.
- On trouvera encore des doublures noires de gilets qui auront déteint sur les doublures blanches extérieures : elles seront, comme on dit, « carnées » ; on pourra corriger ce défaut en faisant tremper la pièce deux heures environ dans un bain froid fait avec :
- Eau très propre.......... 50 litres
- Acide acétique.......... 100 gr.
- Alun.................... 50 »
- Puis on rince sur une eau.
- Après l’essorage, les tissus pelucheux et satinés auront encore besoin d’être égalisés
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- avec une brosse assez douce trempée dans l’eau ammoniacale. 11 n’est pas nécessaire de rincer ensuite.
- Nettoyages partiels au savon.
- Avant de commencer nos nettoyages, nous avons mis de côté les articles peu tachés, que nou* aurions pu détacher partiellement à la benzine s’il s’était agi de tissus à robes, mais qu’il vaut mieux faire au savon sur draperie.
- Le procédé consiste à marquer chaque tache sans excès de savon, puis à les dégorger à la brosse avec le bain d’ammoniaque ; on essuie l’excès de liquide avec un linge propre, on égalise avec la brosse et le même bain d’ammoniaque.
- Enfin on sèche au cerceau, sans rincer, et on envoie aux apprêts.
- NETTOYAGES AU SAVON.
- Ces nettoyages s’appliquent aux lainages non drapés, et aux demi-foulés, tels que les flanelles et draps de dames, soit qu’ils doivent être ensuite teints, soit qu’ils doivent être simplement nettoyés.
- 11 y a lieu de faire un classement des diverses pièces qui constituent le lot : d’abord les blancs, puis les couleurs susceptibles, et en dernier lieu les non susceptibles parmi lesquelles on peut encore faire une classe à part des couleurs foncées.
- Commençons par les premières :
- Blancs au savon
- Ici, nous ferons usage de la planche-fouloir décrite précédemment, et il nous en faudra trois, chacune dans son baquet, ou dans une auge à compartiments ; ces trois fouloirs constituent la batterie.
- Les deux premiers baquets contiennent des bains de savon tièdes, tels que je les ai indiqués dans l’article précédent ( Bains de nettoyage.)
- Le troisième un bain de carbonate froid, ou légèrement tiède si c’est en hiver.
- 11 faudra aussi, plusieurs rinçages, un piquage, un gommage, un azurage, sans compter le soufrage.
- Pour ce genre de travail, il faut beaucoup d’eau et pas mal de baquets.
- Tout d’abord, les lainages blancs dans lesquels nous comprendrons les gilets de flanelles seront t essangés » pendant une nuit, ou l’équivalent, c’est-à-dire trempés en eau froide; cetle précaution est souvent négligée, et c’est un tort : une foule de saletés s’en vont à l’eau, qui aurait embourbé votre savon au début, et vous auraient obligé à renouveler fréquemment votre bain.
- On les sort de l’essangeage en donnant quelques lisses à chaque pièce, que l’on jette ensuite sur le tréteau pour l’égoutter en partie.
- Chacune est ensuite reprise et visitée -, on commence par les étoffes légères et les blancs unis fi ns -, les plus grosses taches sont dégorgées à la main, en les frottant de savon, et les trempant dans l’eau du bain.
- Après quoi, on les foule successivement sur chaque bain ; trois à cinq minutes pour chaque foulage est bien suffisant.
- Le troisième bain qui est au carbonate est excellent pour dégorger le savon des deux premiers, mais il ne faut poignasser dessus qu’avec beaucoup de modération, car il fait facilement feutrer, et avec lui, il n’y a pas de flanelle « irrétrécissable » ; de plus, il tend à durcir la laine, mais le piquage qui suit lui rend sa douceur.
- 11 paraît superflu de dire que les étoffes légères doivent être manipulées avec précaution; il serait même dangereux de les frotter sur le fouloir, et il vaut mieux les presser, les tamponner dans les mains, ou les frotter à la façon des blanchisseuses.
- Des bains trop chauds, portent aussi au feutrage.
- Après ces trois foulages, on donne successivement les bains suivants :
- Echaudage tiède (Rinçage à tiède).
- Deux rinçages froids.
- Si les articles sont pour teindre, le nettoyage est ainsi terminé, mais s’ils doivent être livrés en blanc, il faut continuer par :
- Piquage à l’acide acétique.
- Bain d’azurage au violet d’aniline, dans lequel on fait dissoudre 50 grammes de gélatine par 25 litres de bain.
- On essore, ou on tord légèrement à la main, puis pour les blancs sans mélange de couleur, on passe au soufre pendant que la pièce est encore humide.
- Au sortir du soufrage (soufroir ou bain sulfureux), on désoufre, en rinçant dans une eau propre et froide, contenant une trace d’ammoniaque liquide (un verre dans 50 litres de bain).
- Finalement, on essore et on sèche, puis on envoie aux apprêteurs.
- Par « blancs » on entend tous les fonds blancs en général, mais quelques-uns portent des rayures, des carreaux ou autres sujets en couleur qui peuvent couler au savonnage ; Aussitôt qu’on s’aperçoit de cet accident, on enlève rapidement la pièce, on la porte dans un bain de piquage, que l’on a toujours avantage à avoir tout préparé, et où la couleur peut se raviver ; on gomme et on apprête de suite.
- En général tous les articles contenant des couleurs composées, doivent être piqués assez fortement, et pour ceux-là, il faut employer
- l’acidechlorhydrique de préférence à l’acétique.
- Tons les bleus d’aniline doivent être avivés, le savon et les alcalis les rendant gris et ternes.
- Les articles en drap un peu fort seront préférablement frottés au fouloir ; ce moyen les feutre moins et conserve mieux leur forme.
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- Quand on abuse du fouloir, on élime d’abord les étoffes, et puis on y forme des poches résultant de feutrages partiels -, c’est ce qu’on appelle dans les ateliers faire des chapeaux »; or, laissons ce genre de travail aux chapeliers.
- Revenons maintenant à nos fouloirs: les bains se sont en partie épuisés et affaiblis.
- Ce qui reste du premier (au savon), ne vaut plus rien, il est devenu sale et graisseux ; il faut le jeter.
- Le second savon pourra être complété de bain neuf et devenir premier foulage ; le premier entièrement renouvelé, passe second et ainsi de suite, jusqu’à la fin du travail.
- Le troisième (an carbonate) peut servir en le complétant de bain neuf, autant qu’il ne paraîtra réellement pas sale à l’œil.
- Tous ces bains doivent être bien mousseux sous l’action du foulage ; c’est le signe qu’ils ne sont pas épuisés. Dès qu’un bain de savon ne mousse plus, il est plus nuisible qu’utile, il faut le jeter sans chercher à le renforcer -, le carbonate mousse par les petites quantités de savon provenant des bains précédents.
- Lorsque l’on a affaire à de grosses pièces, telles que couvertures de laine, ou même de coton, les dégorgeages se font difficilement à le main, il faut avoir recours à un battage, et même assez énergique -, on emploie pour cela one pièce de bois un peu lourde avec laquelle °n pilonne ces articles soit dans les bains, soit
- les plaçant en tas sur une pierre lisse, ou snr un madrier de bois, en les arrosant d’eau de temps en temps, et les retournant plusieurs lois.
- L’instrument employé à Paris, est le pilon, ^présenté par la fîg. 55.
- fîK7
- Fig. 55. — Pilon.
- bloc de bois est mortaisé dans le bas, e façon à former quatre pieds avec lesquels °n*raPpe sur les étoffes ; une barre transver-.a°> & la tête, sert de poignée pour les deux ^ins.
- 1^Quand le blanchissage est terminé et avant Seche, on lisse le poil des couvertures avec npeigne en cuivre, ou mieux en cuivre
- nickelé, et lorsque les pièces sont sèches, on les bat à la baguette pour détacher et relever les poils.
- On peut aussi faire ce travail avec des chardons à lainer, mais c’est long, et il n’est pas toujours facile de se procurer ces chardons.
- Voici la méthode générale des nettoyages au savon ; nous la retrouverons avec très peu de modifications dans le chapitre suivant qui traitera des couleurs.
- Maurice Guédron.
- -....
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- HOSPICE CIVIL D’AMIENS
- Le 21 juin, 2 h. Fournitures diverses.
- Toiles, draps, coutils, toile de coton, cotonnade, mouchoirs, cravates, couvertures, lange de laine, bas.
- BUREAU DE BIENFAISANCE DE DOUAI
- Le 21 juin, 2 h. — Tissus. — 400 m. molleton pour jupon — 200 couverture en laine de couleur. — 250 m. flanelle écrue. — 1,000 m. de toile à paillasse.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE paris, le 3 juin.
- 2,500 bourgerons en toile bleue, 2,500 pantalons toiles bleue.
- Miquet, 10, rue du Faubourg-Saint-Denis, adjud. à 2.34. , 2.05. = 10.975.
- 30 capotes de guérite, en drap ; 061 casquettes d’uniforme, en drap ; 32 habillements de concierges
- A. Helbronner, adjud. à 35.580 fr.
- MINISTÈRE DE LA MARINE Brest, le 29 Mai.
- Couvertures en laine.
- Lagarre jeune, à Lodève, adjud. à 3.575.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Bellanger, Boudié etGie, teinturiers rue des Dames, 104. Durée du 1er mai 1889 au 1er janvier 1896. Cap. : 4,000 fr. — Acte du 13 mai 1839.
- PUTEAUX. — Dissolution, â partir du 49 janvier 1889, jour du décès de Mme veuve Veissière, de la Société veuve Armand Veis-sière et Ragnet fils (teinturerie et apprêts) rue Collin, 1. M. Ragnet continue seul comme propriétaire de tout l’actif social, sous réserve du fonds apporté par Mme veuve Veissière dont M. Ragnet a seulement la jouissance jusqu’au 31 déc. 1890. Acte du 25 avril 1889. — J. g. d’A.
- LUNÉVILLE. — Dissolution à partir du 31 mai 1889, de la Société E. Anthoni et Cie (expi. de la filature de l’Est). Liquid. : M. Anthoni. — Acte du même jour.
- St-ETIENNE. — Formation de la Société en nom collectif Burtin, Dechandon et Selle teinturiers à St-Etienne, lieu de Valfuret. Dnrée : 6 ans. Cap. : 150.000 fr. — Acte du 27 avril 1889.
- ELBEUF. — Formation de la Société en nom collectif Chauvel et Merou fab. de draps etc., rue de Caudebec, 27. — Durée : 10 ans. Cap. : 52,000 fr. — Acte du 24 mai 1889.
- FAILLITES
- PARIS. — Hatet (Adolphe-Georges), teinturiers en plumes, rue Dupetit Thouars, 18-J.-C. M.Donnon. — S. : M. Châle.
- ROUEN. — Kuhn (Alphonse-Joseph), teinturier à St-Léger-du-Bourg-Denis. Jug. du 20 mai 1839. — S. : M. Rivière.
- RÉPARTITIONS DE FAILLITES
- PARIS. — Vinois fils, teinturier dêgraisseur rue Monge, 41. — S. : M. Maillard, 4 fr. 52 c. 0/0.
- ROUEN. — Liorel (Aimé-Prosper), teinturier blanchisseur, 3 fr. 97 c. 0/0.
- CESSIONS D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Henry Ansout (dlle) Teinturerie rue de
- Clichy, 38.
- RevocatetCie Spitalier. Teinturerie avenue
- Marceau, 44.
- Noiret Dme X. Teinturerie rue de la
- Bastille, 3.
- Delaforge. X. Teinturerie rue de
- Maubeuge, 16.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- lie jury des ^Récompenses à l’jEx-
- posftion------Le jury des récompenses vient
- d’être constitué conformément au décret du 27 mars 1889, et dont voici les principales dispositions :
- L’appréciation et le jugement des œuvres d’art, des produits industriels et des produits agricoles exposés sont confiés à un jury international composé de membres titulaires et de membres suppléants répartis en 85 jurys spéciaux correspondant aux 85 classes de la classification générale.
- Chaque jury de classe des groupes II à IX pourra s’adjoindre, à titre d’associés ou d’experts, une ou plusieurs personnes compétentes sur quelques-unes des matières soumises à son examen.
- Les récompenses à décerner sous forme de diplômes, mises à la disposition du jury international, sont réparties suivant les catégories suivantes :
- Grands prix ;
- Diplômes de médaille d’or -,
- Diplômes de médaille d’argent ;
- Diplômes de médaille de bronze ;
- Diplômes de mention honorable.
- Le jury international des récompenses devra accomplir ses travaux du 1er juin au 1er septembre 1889.
- La distribution solennelle des récompenses aura lieu dans le courant du mois de septembre.
- Le jury supérieur se réunira le 20 août 1889 II examinera les propositions des jurys I de groupe et arrêtera, en dernier ressort, les
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- listes, par ordre de mérite, des exposants récompensés de chaque classe, le nombre et la répartition des récompenses de différentes catégories attribuables aux exposants admis à être récompensés.
- Un décret du 28 mai a déterminé la composition des jurys français de chaque classe, parmi lesquels nous relevons ceux qui se rapportent aux industries tinctoriales.
- Ils sont composés comme suit:
- Classe 22. — Papiers peints.
- Titulaires, MM.
- Follot, Félix, fabricant de papiers peints, médaille d’or en 1878.
- Gillon, Emile, fabricant de papiers peints.
- Leroy père, fabricant de papiers peints, membre du jury en 1878.
- Classe 30. — Fils et tissus de coton.
- Besselièvre, fabricant d’indiennes, membre du jury en 1878.
- . Noblot, sénateur.
- Ponnier, manufacturier en tissus de coton, membre de la commission permanente des valeurs de douane, médaille d’or en 1878.
- Schwob, fîlaieur, maire d’Héricourt.
- Sérol, Georges, manufacturier, membre de la chambre de commerce de Roanne.
- Trouiller (de la maison Trouiller et Adhé-mar), fabricant d’articles de Tarare, Saint-Quentin et Alsace, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Waddington, Evelyn, manufacturier (de la maison Waddington fils et Cie), membre du jury en 1878.
- Wallaert, Auguste, filateur, médaille d'or en 1878.
- Suppléants, MM.
- Champalle, manufacturier, conseiller général du Rhône, maire de Thizy (Rhône).
- Jourdain, René, de la maison Joly frères et Jourdain, manufacturier, médaille d’or en 1878.
- Classe 31. — Fils et tissus de lin, chanvre, etc.
- Titulaires, MM.
- Faucheur, filateur de lin, président du comité linier du nord de la France, membre du tribunal de commerce de Lille.
- Magnier, manufacturier, membre de la chambre de commerce de Paris, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre du jury en 1878.
- Saint, Ch., manufacturier, filateur et tisseur de sacs et toiles, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre du jury en 1878.
- Simonnot-Godard, manufacturier, diplôme d’honneur à Anvers 1885.
- Widmer, manufacturier, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Suppléants, MM :
- Le Blan, Paul, filateur, ancienne maison Julien Le Blan, membre du jury en 1878.
- Hassebroucq, Victor, filateur, médaille d’or en 1878.
- Classe 32. — Fils et tissus de laine.
- Titulaires, MM.
- Balsan, Auguste, manufacturier, membre du jury en 1878.
- Blin, Théodore, manufacturier, membre du jury en 1878.
- Brocard, fabricant de drap, médaille d’or en 1878.
- Boussus, fabricant de laines et mérinos, médaille d’or en 1878.
- Bréant, Eugène, fabricant de châles et tissus, membre de la commission permanente
- des valeurs de douane, membre du jury à Anvers 1885.
- Dauphinot, membre de la chambre de commerce de Reims, membre du jury en 1878.
- Huot, de \a maison David et Hot, filateur, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Jourdain-Defontaine, fabricant de draperies, nouveautés, médaille d’or en 1878.
- Lagache, fabricant de draperies, médaille d’or en 1878.
- Lelarge, fabricant de nouveautés et flanelles, médaille d’or en 1878.
- Nivert, Emile, manufacturier, médaille d’argent en 1878.
- Robert, fabricant de drap, médaille d’or en 1878.
- Siéber, Henri, de la maison Seydoux-Siéber, grande médaille en 1878, fabricant de lainage.
- Thézard, vice-président de la chambre de commerce d’Elbeuf, membre du jury à Anvers 1885.
- Suppléants, MM. :
- Audresset, fils, manufacturier, médaille d’or en 1878.
- Bartiie, Eugène, fabricant de drap, médaille d’or en 1878.
- Hussedot, Hubert, fabricant de châles et nouveautés, membre du jury en 1878.
- Gibert, négociant à Paris.
- Classe 33. — Soies et tissus de soie.
- Titulaires, MM. :
- Blanchon, fabricant de soies grèges et ouvrées, médaille en 1878.
- Gauthier, Antoine, fabricant de rubans de soie, vice-président de la chambre de commerce de Saint-Etienne, médaille d’or en 1878.
- Isaac, Auguste, fabricant de tissus de soie, de la maison Dognin et CiB, médaille d’or en 1878
- Lilienthal, commissionnaire, membre de la chambre de commerce de Lyon.
- Permezel, fabricant de foulards, tissus écrus, diplôme d’honneur à Anvers 1885.
- Rebour, fabricant de rubans-cravates, grande médaille en 1878.
- Rondot, Natalis, membre de la commission permanente des valeurs de douane, membre du jury en 1878.
- Sauvage, négociant en soieries.
- Sevène, président de la chambre de commerce de Lyon.
- Suppléants. MM.
- Bouffier, A., de la maison Pravaz et Bouf-fîer, fabricant de crêpes de soie, adjoint au maire de Lyon, médaille d’argent en 1878.
- Germain, Léopold, négociant en soies grèges et ouvrées, membre de la commission permanente des valeurs de douane.
- Tabourier, fabricant d’étoffes de soie et de tissus mélangés, membre, de la commission permanente des valeurs de douane.
- Classe J6. — Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d’apprêt.
- Titulaires, MM.
- Cordier, sénateur, manufacturier.
- Decaux, ingénieur civil, directeur des teintures aux manufactures des Gobelins et de Beauvais, membre du jury en 1878.
- Persoz, J., directeur de la condition des soies et laines à la chambre de commerce de Paris, membre du jury en 1878.
- Suppléant, M :
- Vallet, ancien négociant en tissus de laine écrue, membre du jury à Anvers 1885.
- Classe 58. — Matériel et procédés de la papeterie, de la teinture et des impressions.
- Titulaires, MM. :
- Buffaud, B., constructeur-mécanicien, médaille d’or 1878.
- Dehaitre, F., constructeur-mécanicien, médaille d’or en 1878.
- Ermel, Ingénieur civil, directeur de la fabrication des billets de la Banque de France, membre du jury en 1878.
- L’Huillier, Louis, constructeur de machines pour papeterie, grande médaille 1878.
- Marinoni, constructeur de machines typographiques, grande médaille 1878.
- Suppléant, M.
- Corron, César, constructeur mécanicien, médaille d’or 1878.
- pour l’algérie
- Classe 21. — Mohamed ben Siam, conseiller général d’Alger.
- POUR LA TUNISIE
- Classe 32. — Duché, Pierre, ancien fabricant.
- POUR LES COLONIES
- Classe 30. — Franck Puaux, délégué de Tahiti au conseil supérieur des colonies.
- Classe 31. — Ciiaper, ingénieur civil, membre du conseil supérieur de l’exposition permanente des colonies.
- Classe 33. — Jacques Hébrard, sénateur.
- ÉTRANGER
- Les sections étrangères éliront leurs jurés, —o—
- Conférence-visite sur la teintur® à l’Exposition. — La société centrale du travail professionnel est autorisée par la commission supérieure des congrès et conférences de l’Exposition, d’organiser des visites-conft' rences publiques, auprès des produits exposes, et chacune se rapportant à une spécialité déterminée.
- Déjà elle a commencé ces visites qui obtiennent d'autant plus de succès, que quelques exposants veulent bien être présents et fournir eux-mêmes des renseignements sur leurs produits. .
- M. Boucheron, ingénieur et professeur a l’Ecole centrale, secrétaire du comité de l® classe 58 (Matériel des teintures, etc.) en conduira une le 6 Août prochain, se rapportant a la Teinture et à VImpression. *
- Le rendez-vous habituel de ces visites est 10 heures du matin, en face le pavillon de t Presse.
- Gammes chromatiques en
- nés. — Un élève de M. Chevreul est en tra » dit-on, de faire, pour le communiquer à I A démie des sciences, un tableau des cou dérivées de la houille, suivant la remarqua théorie l’illustre savant. ve
- On est parvenu à tirer, de résidus nag ^
- inutiles, 16 jaunes de nuances différentes,
- oranges, plus de 30 rouges, 16 bleus, 7 g| 9 violets et quantité de bruns et de noir • l’on ajoute les mélanges qui peuvent j*tr® bre avec toutes ces cotiieurs, on voit quel n illimité de nuances et de tons peut o l’industrie par cette classe de couleurs.
- Le Gérant : F. GoUiLLON* Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardent >
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- LA REVUE DE
- r Année, r il ET DES COLORATIONS
- SOMMAIRE
- Chronique. — La Teinture à l’Exposition. — Blanchiment à l’huile lourde. — Recueil-poussières. — Le conditionnement de la lame. — Cla-rificateur à benzine.
- Procédés divers : Couleurs azoïques directes ; Jaune de Hesse ; Remontage des bleus de cuve sur coton ; Frappures d’air. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Adjudications. — Renseignements. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- L’ensemble de nos informations sur la situation des industries textiles, est toujours très bon, même pour Rouen, qui a des chroniqueurs peu disposés à se montrer satisfaits.
- Ou plutôt : Rouen a deux journaux principaux donnant les cotes et les tendances de la place ; l’un est protectionniste et ne cesse de déplorer les conséquences des traités de commerce ; il voit donc tout en noir ; le second, moins pessimiste, a un ton plus confiant, plus satisfait, de sorte que leurs appréciations sont souvent différentes, quoique partant des mêmes faits.
- Or, un journal spécial de Paris, réunit dans un même entrefilet le bulletin de chacun, comme provenant de son correspondant particulier, et il se produit ce fait curieux, que la queue contredit la tête.
- Nous fermons cette parenthèse, et nous constatons que les places à lainages (ras ou drapés), à soieries et même à cotonnades ne se plaignent pas des affaires.
- On commence à échantillonner pour l’été prochain.
- A l’étranger, les fabriques italiennes et espagnoles sont en mauvaise situation, surtout les premières ; l’Angleterre, la Belgique, la Pologne sont au contraire très satisfaites.
- L’Allemagne observe le courant, et sans que ses affaires aient subi de baisse réelle, elle juge prudent de ne pas trop augmenter son stock. Les Etats-Unis J Amérique en sont arrivés au point redouté par l’Allemagne : encombrés de Marchandises, ils doivent vendre à tous prix; nous ne parlons que des tissus, entendu, et principalement des lainages.
- Nous avons poussé une reconnaissance chez les commissionnaires en modes et tissus, à l’effet de savoir quelles sont les nuances les plus commandées pour la saison prochaine.
- La carte d’échantillons pour l’hiver 1889, nous fournira les désignations ayant cours dans le commerce.
- Tout d’abord le « Lumineux » sera des plus portés comme nuance claire ; cette teinte est un vert jaune très vif, qui doit son nom à ce quelle reproduit les gerbes vertes des fontaines lumineuses.
- La teinte « Eiffel, » un rouge un peu briqué sera aussi en faveur pour les toilettes de ville ; le ce Buffalo » grenat violâtre le sera aussi, mais bien moins, il sera employé surtout en articles ordinaires. Nous donnerons prochainement des échantillons de ces deux teintes.
- La carte contient une gamme de violets vineux dénommés, en allant de la plus claire à la plus foncée : « Glycine, Judée, Améthyste, Bogota, Bougainville, Scabieuse ; » c’est le Bogota qui sera le plus usité.
- Il y a quatre tons de verts dérivant du Russe, qui sont les « Neva, Moscovite, Sibérien et Russe ; » la préférence sera pour le Sibérien.
- Le « Corail » sera le. rouge-rose le plus employé dans la gamme de cinq tons allant de « Vénus » au « Vieux Rouge. » Le « Saxe » est un bleu terne déjà en faveur et qui ira encore tout l’hiver. Il se fera un peu de « Beige, » de préférence aux tons voisins : « Colombe et Castor, » enfin un peu aussi de « Galvano » qui est une nuance moyenne entre « Argent et Goura, » mais voici déjà trois saisons que ces gris tiennent, et il faut prévoir leur prochaine suppression.
- Parmi les marrons, allant du « Paille au Loutre, » il se fera peu de chose ; les « Tunisien et Tabac » seraient un peu employés, mais en bien petites proportions.
- Voilà les points sur lesquels nous avons vu les avis les plus concordants.
- Nos industries donnent lieu de loin en loin à quelques ouvrages techniques, et c’est toujours pour nous un événe-
- ment intéressant quand) nous en voyons paraître un.
- En ce moment, il vient d’être publié : L’Impression des tissus de coton, par un anglais, M. Sansone; l’ouvrage est traduit en français ; c’est un volume assez substantiel (1), donnant, bien entendu, des procédés anglais.
- Un autre verra le jour prochainement : c’est un Traité sur la production des matières colorantes, leur impression et leur fixation simultanées par l’êlec-trolyse, sur les fibres textiles; il est d’origine allemande, son auteur est M. Goppelsroeder ; il est actuellement en traduction, et ne paraîtra probablement que dans plusieurs mois.
- Après l’Angleterre et l’Allemagne, le tour est à la France; depuis quelques années nous n’avons rien produit, et cependant les praticiens lettrés ne nous manquent pas : l’Exposition va-t-elle leur inspirer quelques oeuvres ?..
- C’est pour les nouveaux surtout, une occasion de se produire.
- F. Gouillon.
- Nous avons reçu un nouvel article de M. V. Barbé qui sera publié dans notre prochain numéro; car celui-ci était déjà complet.
- Dès le prochain, nous aurons quatre pages de plus -, nous nous sentons trop à l’étroit dans notre cadre actuel.
- LA TEINTURE A L’EXPOSITION
- Avant l’étude d’ensemble à laquelle nous devons nous livrer sur les progrès de nos industries révélés par l’Exposition, nous devons continuer notre revue sommaire des produits exposés, et nous avons à voir cette fois les machines.
- Depuis notre « premier coup d’œil », lors de l’ouverture (numéro du 10 mai), cette section s’est complétée et nous ne saurions, du reste, nous tenir aux citations très rapides que nous avons faites.
- Nous aurons, enfin, à publier des descriptions particulières de quelques engins particulièrement intéressants.
- Au milieu de plusieurs abstentions regrettables, il nous reste encore un beau choix d’appareils, à l’usage de la teinture, de l’im-
- (1) In-8\ 500 pages, 38 planches, 11 cartes d’échantillons : prix 30 fr.
- INDUSTRIELLES
- >:> Juin 1889.
- il
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- pression et des apprêts. Nous voyons peu de chose en ce qui concerne spécialement le blanchiment industriel.
- La classe 58, à l’angle Sud-Est delà galerie des machines, est attribuée au Matériel cle la paprterie, de la teinture et des impressions; nous retrouverons encore des machines qui nous intéressent, à la classe 59, au premier étage de la galerie des machines, au dessus de la classe 58 : Machines, instruments et procédés us tés dans divers travuux ; dans la classe 55, Matériel et procédés de tissage, près la section des chemins de fer, côté de l’avenue de Suffren • dans la classe 27, aux industries diverses : Appareils et procédés de chauffage ; enfin dans les sections étrangères.
- Nous allons suivre cet or ire :
- Classe 58.
- L’Exposition la plus importante et la plus variée est assurément celle de M. F. Dehaitre, lequel a été nommé membre du jury des récompenses, et devient ainsi hors concours.
- Une belle série Aessoreuses est d’abord à remarquer ; ce fut autrefois la spécialité de MM. Pierron et Dehaître, qui ont ensuite entrepris les appareils pour chiffonnage, et maintenant construisent les plus importantes machines des apprêts manufacturiers.
- Comme nouveauté à signaler, les essoreuses cl écheveaux sur bâtons, et pour pièces au large.
- Uue machine à griller au gaz, présente une amélioration sur les modèles connus de la même maison, qui étaient déjà supérieurs à ceux de MM. Tulpin de Rouen. Les rampes de gaz ne sont plus formées d’une ligne de becs, mais d’une nappe enflammée non interrompue, et dont la largeur de table peut être réglée à volonté. C’est le système Descat-Leleux.
- Nous voyons encore un tambour à ramer, avec élargisseur Palmer, et toile sans lin (M. Dehaitre fait beaucoup usage des manchons de feutre sans fin, et en a tiré d’excellents résultats) ; un séchoir à deux cylindres encore avec feutre directeur ; des calandres et cylindres à glacer de différents modèles.
- Une calandre à trois canons de fer disposés en triangle, frotte sur la pièce enroulée sur un rouleau de bois, placé au milieu des trois canons, reproduit le travail delà mangle.
- A citer encore une Presse à chaud à pression hydraulique, toujours avec feutre sans fin ; une machine à dérompre, système Garnier, c’est-à-dire dans laquelle le tissu tendu circule sur des rouleaux garnis d’aspérités ; une poire à cuire les bois de teinture, peu usitée aujourd’hui chez les teinturiers où les extraits ont supplanté les bois.
- Nous remarquons enfin, des laveuses, essoreuses et métiers d’apprêt pour teinturiers-dégraisseurs.
- MM. Buffauld et Robatel, dont le premier est également membre du jury, ont leurs types d’essoreuses si estimées dont nous avons
- donné des dessins et descriptions en 1888 (pages 132. 141 et 147), mais auxquelles il faut ajouter une nouveauté : VEssoreuse électrique ; un dynamo directement fixé sur l’arbre du panier, communique le mouvement, aussitôt qu’on établit le courant électrique. Une essoreuse est à fonds à soupapes pour extraire les produits demi-solides ; nous avons parlé de cetié disposition dans les articles ci-dessus rappelés (1888, p. 147).
- Les mêmes constructeurs ont aussi des machines à travailler les suies, dont nous avons donné primitivement des dessins et descriptions , savoir :
- Machine h cheviller (Revue de la Teinture, 1er Janvier 1889, p. 4).
- Lustreuse-étireuse à étirage double, (10 Février 1889, p. 20).
- Enfin une machine à secouer.
- Nous avons parlé déjà des appareils à teindre sous pression, en vases clos par conséquent de M. Lucien Fay de Reims, (système Hauschel); ils sont destinés à la laine peignée, au coton, mohair, soit bruts, soit en boudins ou en écheveaux,
- Dans cette catégorie, mais non dans le même genre, sont les machines à teindre de M. César Carron, ancien teinturier à St-Etienne; elles sont destinées aux écheveaux.
- Ceux-ci circulent automatiquement sur la barque à teinture, au milieu de laquelle une disposition mécanique les soulève et leur donne un mouvement de lissage. Une barque à trois compartiments servis par le même mécanisme, montre une teinture en trois i bains différents.
- Une autre machine est destinée à la teinture des pièces -, le tour ou trinquet est monté sur bras oscillants, de façon qu’en même temps que la pièce se déroule dans le bain, elle subit le mouvement de lissage.
- M. Carron a encore une Secoueuse-Dresseuse double, d’un modèle qui lui est spécial, destinée à remplacer le secouage à la cheville, des écheveaux.
- M. Kientzy expose une calandre à cylindres, d’une très grande puissance.
- Les autres exposants de la classe 58, visent, en général, les travaux du chiffonnage.
- M. Descombes, bien connu pour sa chaudronnerie tinctoriale, expose des chaudières en cuivre, des barques à feu nu et à vapeur ; un cylindre d’apprêt à feutre sans fin, transformable en colleur ; des bouilleurs pour chauffer ces divers appareils, de la tuyauterie, de la robinetterie, et enfin une laveuse-secoueuse à benzine dont nous donnerons un dessin dans notre prochain numéro. Citons encore une table à vapeur, système A. Lyon, avec une petite amélioration pratique ; c’est nne gouttière au-dessous des deux robinets d’arrivée de vapeur, ce qui évite les égoutta -ges de vapeur condensée.
- A côté, est l’exposition de M. Chasles (ancienne maison Decoudun) dont la spécialité est
- principalement les lavoirs et buanderies, mais qui vient de déplacer et d’agrandir ses ateliers de construction, en y adjoignant le matériel des teinturiers.
- C’est ainsi que nous voyons des laveuses à benzine, des essoreuses, des presses, les repasseuses spéciales à cette maison (employée par quelques teinturiers comme moyen d’apprêt) ; un cylindre colleur et un autre à toile sans fin.
- Terminons la revue de cette classe par la machine d’apprêt dite « la Sans Rivale », de MM. Pingrié et Cie ; nos lecteurs savent qu’elle est la continuation ou le perfectionnement du célèbre métier « Tailleur », si estimé avant que les tambours à feutres s’y soient substitués; le métier Pingrié a conservé cette machine, et a pris aux modernes ce qu’elles avaient de bon, et il en est résulté un excellent cylindre, apte a tous les travaux du teinturier.
- Un foulard à gommer accompagne et com’ plète cette machine.
- Classe 59.
- Montons, après cela, à la galerie du premier étage que le public visite peu, malheureusement, et nous y rencontrerons deux engins intéressant nos industries :
- Une machine à métier et enrouler les étoffes, de M. Lavoinne, lequel n’est pas constructeur de profession.
- Le tissu, guide et tendu par des rouleaux d’embarrage, passe sur un autre rouleau de cuivre d’un diamètre bien déterminé, qui est mis en mouvement par le frottement de l’étoffe ; un compteur enregistre toutes ses rotations dont chacune correspond à une longueur donnée du tissu frottaut, en supposant qu’il n’y ait pas de glissements.
- Le tissu s’enroule à volonté sur une en-souple provisoire, ou sur des planchettes définitives ; il peut être dossé.
- Dans son voisinage, est la machine à élaX' gir les tissus, système Marcadier -, deux mâchoires pincent l’étoffe près des lisières, s’écartent pour produire l’élargissage, puis s’ouvrent en abandonnant le tissu.
- Quand nous en serons aux études comparatives, nous donnerons notre appréciation sur ce système, ainsi que sur les autres visant au même but.
- Sur le Quai.
- Dans une classe toute différente : celle des pétroles (près du pont d’iéna, sur le quai), est un appareil qui nous est destiné, et qu'on a relégué dans cette partie, parce qu’il devait fonctionner avec des essences inflammables. Depuis, le fonctionnement de toutes les ma* chines de cette classe a été interdit, et avec raison, croyons-nous, mais celle qui nous occupe est restée là, loin de la teinture.
- Il s’agit du clarificateur à benzine de T. Henri, pour lequel nous nous tenons à cette
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- citation, puisque nous lui consacrons un article spécial.
- Nous continuerons, dans notre prochain article, cette revue du matériel.
- F. Gouillon.
- BLANCHIMENT
- A L’HUILE LOURDE
- M. le Dr Franck a fait, dans une récente réunion des fabricants de cellulose, tenue à Berlin, une communication très intéressante sur un procédé particulier de blanchiment des textiles et pâte à papier et qui trouve son application aux textiles, dont il a eu connaissance pendant un séjour récent en Angleterre.
- Il a été reconnu là, depuis peu, accidentellement et d’une façon pratique, que certains produits de la distillation des schistes bitumineux agissaient d’une façon très puissante pour nettoyer et blanchir les matières végétales quand ils étaient ajoutés au lessivage. Des pâtes ainsi traitées demandent ensuite beaucoup moins de produits chimiques pour leur blanchiment complet, d’où résulte une économie notable de chlorure de chaux.
- La quantité d’huile additionnée au lessivage varie suivant la nature des matières. D’après les renseignements fournis à M. Franck par un fabricant de papiers anglais, la quantité serait de 7 à 9 1. par 1000 kg. pour des sacs et emballage grossiers, de 7 1. pour des cotons de couleurs, 4,5 1. pour des chiffons blancs, de 14 à 18 1. pour le sparte. L’addition d’huile de schiste s’est également révélée avantageuse pour la pâte de paille de bois mécanique.
- Des blanchisseurs de Manchester en emploient, par tonne de cotonnade écrue, 7,5 I. et le double pour des toiles de chanvre et plus encore dans certains cas.
- D’après d’autres renseignements, on ajouterait même 4 à 5 1. d’huile, par 100 1. d’eau mise dans le lessiveur.
- L’effet de l’huile, autant qu’on en peut juger à la vue, est surprenant, et il est de l'intérêt des fabricants de vérifier les constatations des fabricants anglais et de poursuivre les expériences si elles sont confirmées.
- Il n’y a aucun danger dans l’emploi de ces huiles lourdes, dont le point d’ébullition est ^environ 300° et qui ne s’enflamment qu’à U5«, tandis que le pétrole ordinaire s’enflamme a35° environ.
- L’explication scientifique de l’action de l’huile dans ce blanchiment est encore à trouât, à cause du manque d’essais comparatifs suffisants et aussi du silence observé par les fabricants sur les particularités du procédé.
- Il est connu qu’on employait déjà pour le blanchiment du linge, un mélange de térében-Hûne et d’ammoniaque, que l’ivoire jauni im-Prégné de térébenthine redevient blanc, et il 11 y u pas à perdre de vue que, dans ces cas,
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- la térébenthine a une action ozonisante sur l’oxygène de l’air.
- Mais il ne peut être question de Faction de l’air dans un vase clos, tel qu’un lessiveur, et M. Franck opine donc que l’effet de l’huile est plutôt physique et repose sur ce qu’elle ramollit, dissout ou émulsionne les graisses animales, végétales et d’autres matières qui enveloppent les fils et les agglutinent avec les matières colorantes, de sorte que les lessives alcalines, sur elles, agissent plus énergiquement.
- M. Franck ne veut cependant pas garantir l’exactitude de cet essai d’explication du phénomène, parce que le fait que les fabricants anglais préfèrent certaines huiles comme particulièrement efficaces, montre que la composition chimique de celles-ci joue également son rôle dans les effets produits.
- Quelques membres de la réunion ont objecté à ce sujet qu’on a déjà essayé dans ce but, mais sans succès, l’addition du pétrole ordinaire.
- M. Franck a fait remarquer la grande différence existant, sous les rapports physiques et chimiques, entre le pétrole, bouillant à basse température, facilement inflammable, et les huiles lourdes en question ; il recommande de n’employer, principalement dans les premiers essais, que des matières parfaitement éprouvées, parce qu'autrement on marche dans l’inconnu, et qu’il est nécessaire de s’appuyer sur les expériences faites en Angleterre.
- ——
- RECUEIL-POUSSIÈRES
- pour impression et application de poudres sèches
- M. Bivers a présenté à la Société d’Encou-ragement, au nom du Comité des arts chimiques, un rapport sur un appareil dit Recueil-poussières inventé par M. Jouanny, fabricant de papiers peints. La production des poussières dans les opérations industrielles est une des plus fréquentes causes d’insalubrité des ateliers. Leur action n’est pas limitée aux espaces où elles se produisent, mais, à la manière des gaz, elles se répandent au dehors et vont incommoder le voisinage. M. Jouanny a imaginé un dispositif qui permet de réunir les poussières et de les recueillir par immersion dans un liquide.
- Son appareil consiste essentiellement en une cloche hémisphérique en tôle, fixée dans la partie supérieure d’une cuve pleine d’eau et d’un diamètre à peu près à moitié plus grand. Au sommet de la cloche aboutit un large tuyau, destiné à amener l’air chargé de poussières et poussé par un ventilateur
- Une série d’expériences ont été faites en présence du rapporteur avec le recueil-poussières Jouanny installé dans les ateliers de M. Bourdon, ingénieur-mécanicien. On opéra successivement sur de la fécule, sur des poudres di-
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- versement colorées, sur du mica, sur du plâtre et sur de la poudre de bronze. Toute ces poussières furent retenues par l’eau de la cuve, sans qu’on pût en apercevoir aucune parcelle qui s’échappât dans l’air.
- Ensuite on expérimenta avec du noir de fumée, de la tontisse de drap et enfin des poils coupés, servant à la fabrication des papiers veloutés ; les substances pulvérulentes ou filamenteuses, difficiles à mouiller, échappaient partiellement à l’action de l’appareil fonctionnant dans l’eau. On versa alors dans la cuve une certaine quantité d’huile minérale qui donna une couche de quelques centimètres au-dessus de l’eau, et l’on mit le ventilateur en mouvement. Les poussières qui précédemment échappaient à l’eau seule furent complètement retenues par la couche d’huile.
- Le recueil-poussières de M. Jouanny se présente avec un véritable caractère de simplicité et de nouveauté -, il paraît bien remplir son but et il est susceptible d’applications très diverses.
- LE
- CONDITIONNEMENT DES LAINES
- Nous extrayons de l’excellent travail de M. J. Storhay, directeur de la Condition publique de Tourcoing, quelques passages utiles à reproduire.
- PRATIQUE DU CONDITIONNEMENT
- Le conditionnement cemprend deux opérations.
- On établit d’abord, à l’aide d’une étuve, appropriée spécialement à cet usage, combien les échantillons renferment d’humidité 0/0.
- L’appareil le plus employé encore en France, est l’appareil Persoz Rogeat. Il est constitué par une chambre de chaleur où l’échantillon se trouve enfermé et suspendu. Un courant d’air chaud débouche dans cette chambre par une couronne de trousplacés à la partie supérieure.
- Un thermomètre en indique la température. Tout en circulant dans cette chambre, l’air chaud se dirige vers le bas de l’appareil, où un orifice de sortie lui permet de s’échapper, et de gagner par un conduit la cheminée d’appel.
- La tige qui soutient l’échantillon, traverse le couvercle mobile librement, et s’accroche à l’une des extrémités d’un fléau de balance, ce qui permet d’en constater le poids quand on le veut, sans le sortir pour cela de l’étuve. Pour assurer la précision des pesées, des registres permettent de fermer à volonté les orifices d’entree et de sortie de l’air chaud.
- L’expérience a fait constater que lorsqu’un échantillon n’accuse plus de diminution de poids appréciable après dix minutes d’intervalle, on peut le considérer comme séché a l’absolu. Le poids en est alors relevé contra-
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- dictoirement par deux employés, et on le retire de l’appareil.
- Par un calcul très simple, on déduit du poids primitif et du poids absolu la proportion d’humidité que renferme l’échantillon, appelé aussi preuve ou épreuve.
- TAUX DE REPRISE
- La seconde opération se fait dans les bureaux : elle consiste à appliquer les résultats précédents au calcul du poids conditionné, c’est-à-dire au poids que devraient peser les épreuves et par suite le poids tout entier, s’il ne renfermait que la quantité d’humidité admise comme loyale et marchande. Cette proportion d’humidité porte un nom consacré par l’usage, c’est la reprise, qu’il ne faut pas confondre avec la teneur p. 0/0 en humidité. Dé-finissuns-là par un exemple.
- Gn a admis, et l’autorité supérieure a adopté comme taux légal, 17 p. 0/0 comme reprise de laine. Cela veut dire que si le poids net conditionné d’une balle de laine est de 117 kil., il s’y trouve 100 kil. de laine absolument sèche, et 17 kil. d’eau à l'état hygrométrique. Cette laine renferme donc comme humidité 17/117 0/0, soit H.530 0/0.
- Autrefois, l’on inscrivait sur les bulletins le poids absolu, puis on ajoutait la reprise. Pour diverses raisons on se borne maintenant à indiquer de combien pour cent le poids net primitif, ou poids d’entrée doit être augmenté ou diminué.
- Il me reste quelques mots à ajouter sur les taux de reprise des divers textiles.
- Nous avons vu tout à l’heure que les diverses matières textiles, placées dans des conditions identiques, n’absorbent pas la même proportion d’humidité. Il en résulte que chacune doit avoir un taux de reprise correspondant à sa capacité hygrométrique. Mais comment déterminer ce taux ?
- Nous touchons là une question extrêmement controversée, et pour ainsi dire encore en discussion.
- Le taux légal de la soie, fixé d’abord à 11 p. 0/0 de reprise, n’a pas changé, et il est toujours en vigueur.
- Pour la laine, on n’a jamais pu se mettre complètement d’accord. La reprise légale, fixée d’abord à 15 p. 100, a été élevée ensuite à 17 p. 0/0. Mais les centres commerciaux du Nord, où la laine se prépare et se file en majeure partie, n’ont cessé de protester et de réclamer une reprise plus élevée, 18 1/4, 19 et même davantage, en arguant surtout que la laine doit posséder cet excès d’humidité pour pouvoir se travailler facilement.
- Pour trancher la difficulté, le Gouvernement décida que le taux légal 17 o/0 ne se_ rait plus obligatoire, et que, outre le poids conditionné à la reprise de 17, les bulletins du conditionnement pourraient donner aussi les résultats à une reprise quelconque, conve-
- nue expressément d’avance entre les intéressés.
- La question en est là pour le moment.
- La reprise conventionnelle la plus usitée pour la laine est celle de 18 1/4, sauf pour les blouses de laines peignées que l’on conditionne souvent à 8, 9, 10, 12 et 14 0/0 de reprise.
- La reprise du coton, fixée d’abord à 7 1/2, a été reconnue trop faible : on admet généralement le taux de 8 1/2.
- Au Congrès des directeurs de conditions publiques, qui a eu lieu en 1874, l’assemblée a émis un vœu pour l’adoption des reprises suivantes, que je transcris ici sans les discuter :
- Soie..............
- Laine peignée...
- « filée........
- Coton............
- Lin..............
- Chanvre..........
- Etoupes filées.... Jute et phormium
- 11 p. 0/0
- 18 1/4 «
- 17 «
- 8 1/2 <t
- 12 «
- 12 «
- 12 1/2 «
- 13 3/4 «
- CLARIFICATEUR A BENZINE
- à, l’usage des Teinturiers
- de M. T. Henri.
- L’Exposition (classe 51, section des pétroles), nous montre l’appareil dont nous donnons ci contre le dessin, et qui est récemment breveté par M. T. Henrt, teinturier-dégraisseur, pour l’épuration et la clarification des benzines ayant servi aux nettoyages à sec.
- Après ce travail, les benzines sont absolument noires et fortement chargées de corps gras ; en sortant de l’appareil, elles restent à peine jaunâtres, et ne graissent plus le papier sur lequel on en fait évaporer, il en reste seulement un cerne un peu plus prononcé qu’avec la benzine neuve. Le produit est donc tout-à fait en état de servir à de nouvelles opérations.
- Le seul procédé de revivification qui puisse donner un résultat comparable, est la distillation, mais nous avons déjà dit nous-mêmes qu’il ne faut pas songer à en encombrer les travaux du teinturier-dégraisseur, déjà trop chargés.
- Nous avons aussi conseillé le brassage avec de la lessive de soude ; d’autres avec de l’acide sulfurique, mais ce sont des moyens que nous avons nous-mêmes indiqués comme imparfaits, et bons à employer à défaut de meilleurs.
- L’appareil de M. Henri rend cette purification tout-à-fait pratique.
- Il est formé de deux réservoirs superposés, en tôle galvanisée, montés sur un support en fer forgé.
- Le réservoir supérieur est aux trois-quarts empli d’un mélange filtreur et absorbant, que
- Clarificateur à Benzine
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- I’ NOUV EAU.”
- CLARIFICATEUR
- I SYSTÈME T.HENRI Il S.G.D.G.jI
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- doit traverser la benzine souillée introduite par le haut.
- Un tube à robinet la fait arriver au bas du réservoir inférieur en partie rempli d’un liquide épurateur, dont la composition est le secret de l’inventeur. En vertu de son poids spécifique moins élevé, elle traverse ce liquide et vient se placer au dessus de lui ; pendant C3 trajet, elle en a subi faction ; elle peut alors être recueillie à peu près clarifiée par le robinet placé en haut de ce réservoir inférieur.
- Voilà toute l’opération dans sa simplicité. Le travail est continu, il se fait à froid et sans nécessiter d’agitation.
- L’appareil a environ 2 met. de hauteur, Ie réservoir supérieur est d’une capacité de RO litres -, la surface occupée, est de 60 cm.
- Nous considérons ce clarificateur comme étant de nature à favoriser les nettoyages à sec. qui prennent tous les jours une extension plus considérable.
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- PROCÉDÉS DIVERS
- Couleurs azoiques directes
- Nous avons annoncé, dans notre précédent numéro, une nouveauté intéressante de l’Exposition, les teintes azoiques créées directement sur les tissus de coton, par MM. Koech-lin-Baumgartner et Cie.
- Ces Messieurs ont bien voulu mettre à notre disposition quelques échantillons de ces teintures, qu’ils ne font pas encore commercialement, mais dont les résultats sont assez- satisfaisants pour en faire espérer l’exploitation industrielle.
- La même maison nous a remis des échantillons de soie blanchie à l’eau oxygénée et du rouge turc a Valizarine (ce dernier étant sa principale spécialité) -, nous donnerons prochainement ces échantillons.
- Voici, pour le moment, quelques rouges azoïques.
- Orange de Paratrinalinine
- Rocelline
- Rouge de Naphtylamine
- foutes ces teintes sont d’un uni et d’un tranché parfaits, plus apparents sur les pièces ^Ue sur ces échantillons restreints, on peut le c°nstater à l’Exposition.
- N est connu que les teintes développées jjlrectement sur les tissus sont toujours mieux et plus solides que celles formées à part aPpliquées ensuite. L’indigo de cuve et le
- noir d’aniline en sont des exemples : peut-être celles-ci n’ont-elles pas la solidité exceptionnelle de ces grands teints, mais on peut admettre a priori que leur mode de production leur donne une partie de ces qualités.
- Quant aux précédés de teinture, ils sont la propriété de MM. Koechlin - Baumgartner et Cie, et nous n’avons pas l’indiscrétion de les leur demander.
- Jaune de Hesse
- Sur coton, h'n, chanvre, jute et ramie.
- Ce jaune est plus orangé que la chrysamine dont nous nous sommes occupés dans notre précédent numéro ; c’est aussi une couleur tirant directement sur tissus végétaux non mordancés, mais toutefois, avec moins de facilité.
- On procède comme suit :
- Pour 10 kilogr. de coton, ou autres textiles végétaux :
- Eau ............... 250 lit.
- Sel marin.............. 1 kit.
- Chauffer à 65 degrés C., ajouter :
- Jaune (préalablement dissous) 100 gr.
- Huile tournante.............. 1 kil.
- Entrer aussitôt le coton, et lisser jusqu’à nuance voulue, ce qui demande environ une demi heure.
- Rincer à froid, et sécher.
- Eviter les chaudières en cuivre, qui portent au rouge -, employer de préférence des barques en bois.
- Teinture à l'acide
- On peut teindre ces mêmes matières sur bain légèrement acide, la nuance est même plus brillante, mais elle rougit sous l’influence du savon et autres agents alcalins.
- Opérer comme ci-dessus, mais en remplaçant l’huile par :
- Acide acétique à 8<>.... 200 gr.
- Il est bon aussi de doubler la quantité de sel marin.
- Les jaunes chrysamine et de Hesse sont des couleurs azoïques -, une remarque commune à toute cette classe de colorants, c’est qu’une teinture sur coton ou autres fibres végétales constitue un mordançage au dessus duquel on peut teindre ou nuancer avec toutes les autres couleurs d’aniline.
- Les couleurs directes dont nous donnons plus haut des échantillons, partagent évidemment cette propriété.
- Remontage des bleus de cuve Sur coton et autres textiles végétaux.
- i
- Ces procédés de remontage donnent des
- bleus par eux-mêmes, sans pied de cuve ; on peut donc en obtenir directement des teintures en bleu de petit teint.
- Le campêche et les anilines sont les seuls colorants employés pour ces remontages.
- Une teinture complète en cuve exige le passage des cotons ou des toiles sur une série de dix cuves groupées deux à deux ; il y a donc cinq phases (de deux cuves chacune) ou cinq tours dans ce travail.
- A chaque tour correspond un degré de bleu que nous nommerons :
- 1° — Sous-déblanchi 2° — Déblanchi 3° — Sous-corsé 4° — Corsé 5° — Fini
- Pour les teintes remontées, on arrête nécessairement à un ou deux tours au dessous de celle qu’on veut finalement, et on arrive h cette dernière par le remontage.
- Avant le remontage, il faut, bien entendu, donner l’avivage, à l’acide sulfurique, ou mieux à l’acide chlorhydrique.
- Le remontage se fait comme suit :
- Par le campêche
- Le coton étant prêté en indigo, le passer à froid sur un bain assez chargé de campêche.
- Après quatre heures d’immersion, lever, égoutter, et passer pendant une demi-heure sur un bain de sulfate de cuivre modérément chaud (3 kil. de vitriol de Chypre par hectolitre d’eau).
- Pour obtenir plus foncé, recommencer ces deux opérations.
- Par le campêche en un seul bain
- Monter le bain avec :
- Eau........................ 100 lit.
- Extrait de campêche..... 5 kil.
- Sulfate de cuivre (chypre). 2 —
- Verdet....................... 2 —
- Entrer à 50 degrés, et y baigner les textiles pendant trois à quatre heures.
- A u chrômate.
- Dans un bain fait comme ci-dessus, ajouter: Bi-chrômate de potasse ... 200 gr.
- Manœuvrer à froid en commençant, chauffer peu à peu, pour arriver à 45 degrés environ, en deux heures.
- Pauser sur ce bain deux heures, lever et rincer.
- Par les anilines
- La seule couleur d’aniline utilisable pour le remontage est le bl u azoïque (Pazo-bleu) ; on peut même l’employer pour remplacer tout-à-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- ait l’indigo, et l’avivant lui-même à la chrysa-mine.
- Nous avons donné dans notre numéro du 10 Février dernier (p. 21), le mode d’emploi de cette couleur.
- Nous rappelons néanmoins les proportions indiquées pour une teinte assez corsée sur fonds blancs (écrus) :
- Pour 100 kil. textiles végétaux :
- Bleu azoïque....... 3 k. 500
- Savon.............. 2—500
- Sulfate de soude... 12 —
- Teindre en une heure au bouillon.
- La teinte rougeâtre qu’on obtient, vire au bleu par les rinçages en eau froide ; cependant elle est toujours un peu violette.
- Si l’on teint sur fonds d’indigo, la proportion de colorant sera réduite à 2 kil. -, les autres matières n’étant pas diminuées.
- La teinte violetée du bleu azoïque (teint sur blanc) peut être ramenée au bleu indigo, en ajoutant au bain :
- Jaune de chrysamine....... 75 gr.
- Les teintes à base d’azo-bleu sont, d’ailleurs, très-bonnes et bien plus solides que celles au campêche, ou des autres bleus d’aniline.
- Frappures d’air
- L’un de nos lecteurs veut bien nous communiquer le procédé suivant :
- « Il est admis que les frappures d’air ne peuvent se refaire qu’en noir; cela souffre bien quelques exceptions :
- « Un client m’a présenté une jaquette en drap nouveauté, fond noir avec une petite rayure blanche. Le noir faux teint était devenu tout à-fait pisseux dans les endroits frappés, alors que d’autres parties avaient à peine bougé ; il fallait remettre cela en état en conservant la rayure claire.
- « Voici mon raisonnement :
- « Que faut-il pour ramener au noir la teinte fauve des endroits frappés ? Réponse : ajouter du Lieu.
- « Que fera ce bleu sur les parties restées noires ?.. R.: Il ne les modifiera pas sensiblement.
- a Et sur la rayure blanche?.. R.: Il la teindra en gris-bleu.
- « Cela pouvait donc aller : j’ai passé la jaquette dans un bain de Bleu-noir d’aniline (Induline) additionné d’acide acétique, et j’ai ramené entièrement au noir les frappures, la rayure restant d’un gris bleu tranchant bien sur le noir, et la doublure coton (fonds blanc) ayant aussi pris ce gris-bleu.
- « La pièce était parfaitement réussie : mon client m’a dit qu’elle lui plaisait mieux que neuve.
- « Ainsi les fonds noirs avec sujet blancs ou clairs peuvent ainsi conserver leur genre nou veauté -, d’autres couleurs pourraient peut être se ramener en ajoutant la teinte détruite par le soleil : des couleurs composées, bien entendu -, chaque fois qu’elle a tourné au jaune
- c’est du bleu qu’il faut ajouter, et foncer le ton sans aller jusqu’au noir. »
- Merci à notre correspondant !
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- NETTOYAGES AU SAVON.
- (Suite).
- Couleurs susceptibles.
- Les teintes susceptibles semblent être du domaine exclusif du nettoyage à sec; cependant dans quelques maisons où l’on n’a pas la commodité des empleins, on fait encore au savon quelques articles délicats de ce genre ; surtout quand ce sont des laines pures, où les couleurs vous réservent moins de surprises que sur les mélanges.
- Par « susceptible », il faut entendre les teintes d’une solidité douteuse, notamment les fonds clairs ; les rayures, les écossais, les impressions, et tout ce qui, en un mot, doit être travaillé avec précaution.
- Nous avons vu comment on fait les blancs au savon ; nous userons ici des mêmes moyens, mais combinés comme suit :
- Marquer les taches au savon blanc.
- Les dégorger à l’eau froide.
- Fouler sur un bain d’eau froide pour enlever la poussière, la boue, et les taches poisseuses.
- Fouler sur deux bains de savon également froids.
- Rincer sur deux eaux douces
- Piquer en acide acétique, surtout quand il y a des bleus.
- Puis si l’étoffe a besoin de gomme ou de colle, mettre dans l’apprêt un peu d’alun.
- Essorer si l’on possède une essoreuse, sinon tordre pas trop fortement dans des draps.
- Apprêter sec ou humide, suivant les moyens dont on dispose.
- En agissant lestement, et avec des bains froids (un peu dégourdis en hiver), on obtiendra de bons résultats si les couleurs ne sont pas tout-à-fait faux teints.
- Couleurs non susceptibles.
- Faire comme pour les blancs, et sans avoir besoin de se presser comme ci-dessus.
- Les bains de carbonate et de savon encore mousseux ayant servi aux blancs, peuvent être utilisés pour ces couleurs.
- Ne pas négliger l’essangeage à l’eau froide soit avant tout travail, soit après le dé? orgeage des taches marquées. Ce dernier moyen est quelquefois préférable en ce que les étoffes sortant mouillées du trempage en eau froide retiennent moins le savon du marquage que lorsqu’elles sont sèches.
- On peut piquer plus énergiquement que sur blancs et sur susceptibles, sans pourtant aller jusqu’à altérer les couleurs.
- Couleurs foncées
- Les couleurs noires, gros-bleus, grenats, verts, marrons, se font aussi par les mêmes moyens, mais il faut des rinçages bien soignés pour enlever tout le savon ; autrement on pro-duitdes blancheurs résultant du savon désséché, et qu’il est ensuite très difficile de faire disparaître.
- C’est le cas alors d’employer nos bains de panama, qui n’ont pas le même inconvénient (Voir le chapitre : Bains de nettoyages).
- Voici la marché de l’opération :
- Marquer les taches au savon, comme il a été dit pour les blancs.
- Dégorger à la main, en mettant dans l’eau employée pour cela, un peu de bain de carbonate de soude.
- Fouler sur un bain d’eau propre.
- Fouler sur panama carbonaté.
- Fouler sur bain de panama pur.
- (Pour les bleus n’employer que du panama pur aux deux foulages).
- Rincer.
- Piquer assez fortement à l’acide chlorhydrique ou sulfurique.
- Rincer, gommer et apprêter.
- L’emploi du panama donne beaucoup plus de douceur et de vivacité aux couleurs foncées que le savon.
- Les maisons qui brassent beaucoup d’ouvrage font les blancs à part, les susceptibles à sec, et toutes les couleurs ensemble, sans panama.
- Les noirs sur laine-coton sont nettoyés par les mêmes moyens, et pour les finir on les passe dans un bain contenant un peu de catn-pèche, qu’on tourne avec une pince de couperose verte ; on rince sur deux eaux, et on apprête.
- Foulages à la laveuse.
- Les fouloirs peuvent être remplacés par les machines-laveuses ; dans ce cas, le passage à l’appareil remplace les deux foulages au savon, au carbonate on au panama.
- Les avis sont partagés en ce qui concerne l’usure des étoffes ; il est certain que l’abus de la laveuse les détérioré beaucoup: non seulement râpant considérablement ces tissus mais encore les arrachant et les déchirant, mais si l’on sait s’en servir convenablement, on évite ces graves inconvénients et l’on gagne beaucoup de temps et de main-d’œuvre.
- Sauf la suppression des deux foulages, Ie travail reste le même.
- Je décrirai les laveuses et leur fonctionnement en traitant des nettoyages à sec, et j y arrive.
- Nettoyages à sec.
- Les nattoyages à sec, ainsi nommés parce qu’on n’emploie pas d’eau, quoiqu’on se serve d’unautre liquide, se font à pleine benzine; c es
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- Laveuse-Polonais
- Cet appareil représenté par la fig. 56, est l’un des premiers qui aient été appliqués aux travaux du teinturier-dégraisseur.
- pourquoi on les appelle aussi des « empleins ».
- Le foulage à. la benzine peut se faire dans des baquets ou dans des terrines, mais le travail est malsain et coûteux par suite de la benzine perdue.
- L’emploi de la laveuse à benzine est toujours préférable.
- Dans tous les cas, il faut une bonne essoreuse ( Voir ce que j'en ai dit : -Z888, p. 85 et suiv.)
- Voyons le principe des laveuses :
- Les étoffes à nettoyer sont enfermées, avec le liquide laveur, dans un coffre clos, auquel on imprime un mouvement de rotation.
- Pendant ce mouvement, les étoffes sont roulées contre elles-mêmes au milieu du liquide, et il en résulte un certain frottement qui détache les saletés, en même temps que la benzine ou le savon dissout les corps gras.
- Voici quelques-unes de ces dispositions :
- Laveuse F. Dehaître
- L’appareil Polonais a été modifié de trente-six façons quant à la forme de la caisse principalement, qu’on a faite carrée encore mais les axes passant par le milieu de deux côtés opposés, puis à cinq pans (notamment ce que les anglais appellent « voyelles » et appliquent au blanchissage du linge) 5 enfin il en existe des cylindriques.
- Parmi ces dernières je citerai notamment la laveuse Dehaître, qui se recommande encore par quelques heureuses modifications de détail, (fig. 57).
- Son auteur, Adolphe Iwaskiéwisz, surnommé : «Polonais», l’avait d'abord destiné à la Peausserie, où il continue d’être employé, Puis l’avait introduit dans la teinturerie pour foire les savons et ensuite la benzine. On ie nommait « Turbulente »
- C’est une caisse en forme de cube montée SUr un bâti par deux de ses angles opposés • est en bois seul pour le savon et doublée intérieurement de zinc ou de cuivre pour la ^nzine. Une manivelle à volant sert à la lettre en mouvement.
- Le modèle pour teinturiers a 80 cm. de ^é ; i] peut contenir 12 redingotes ou jaquet-es: 011 25 pantalons ; c’est la capacité ordi-aire de ces appareils, facilement maniable jj.ar un homme ; il s’en fait de plus considéra-
- es néanmoins, marchant par moteur méca-
- nique.
- La laveuse-Polonais est tout aussi bonne i une autre, on lui reproche seulement d’oc-j Per un trop grand espace. La caisse a sur-aces planes offre l’avantage que les étoffes ^ées contre ses faces, subissent une sorte battage, favorable au nettoyage.
- Fig. 57. — Laveuse F. Dehaître.
- La caisse est en tôle galvanisée, avec fermeture bien étanche ; un orifice fermé à vis sert à expulser la benzine souillée.
- Dans l’intérieur, des aspérités formées par les barres, BB (fig. 58), aident au frottement des étoffes, et à les ouvrir et retourner pendant la rotation.
- Une planche à claire-voie, P, constituée par cinq tubes en fer creux est disposée près de la porte; c’est la planche ramasseuse.
- Elle ramasse en effet les vêtements qui tendent à se pelotonner ; elle les enlève pendant une portion du trajet, et les laisse ensuite retomber après les avoir retournés et comprimés par leur propre poids.
- Lorsqu’on veut retirer les étoffes de l’appareil, cette planche les amène à la hauteur de la porte ; on les laisse égoutter sans ouvrir la caisse et on peut ensuite les enlever pour les porter à l’essoreuse.
- La caisse est montée sur bâti en fonte et actionnée par un volant à manivelle.
- La fig. 58, montre une coupe de la caisse, parallèle à ses fonds.
- Fig. 56. — Laveuse-Polonais.
- Fig. 58. — Intérieur de la laveuse.
- Ce dessin nous servira à établir la comparaison avec la machine suivante :
- Laveuses à double enveloppe.
- Dans les appareils que nous venons de voir, tout le système, sauf le bâti, est mis en mouvement. Lorsque l’on a affaire à des appareils de grande production, il est plus avantageux de laisser fixe la caisse extérieure, et de faire tourner une cage intérieure, qui contient les matières à laver,
- MM. Legrand, Chasles, Dehaître construisent des appareils de ce genre ; je prends comme exemple celle de M. Dehaître à cause de ses points d analogie avec l’appareil précédent du même auteur, que je viens de décrire.
- Une coupe (fig. 59), nous servira mieux qu’un croquis de l’ensemble pour en exposer le principe.
- Fig. 59. — Coupe d’une laveuse à double enveloppe.
- Un tambour ou enveloppe fixe et fermé, contient une autre caisse à claire-voie, qui est ici formée de barreaux en fer creux, BB; cette cage a elle-même une porte qui vient se présenter devant celle du tambour plein.
- Cette cage tourne à l’aide d’une manivelle à volant, ou de poulies si l’on dispose d’un moteur à vapeur ; quelques uns de ses barreaux s ont d’un plus fort diamètre que les autres, et remplissent le même but qne les saillies BB de la fig. 58; elle est munie d’une planche ramasseuse comme l’appareil précédent.
- Par le jeu de la machine (demandant moins de force que si tout l’appareil était mis en mouvement), les étoffes viennent plonger à chaque tour dans le bain de benzine séjournant au fond du tambour fixe, elles s’égouttent en partie pendant la seconde partie du trajet, et les impuretés les plus lourdes de la benzine salie viennent s’amasser au bas dans une sorte de gouttière servant à les recueillir, et à vider l’appareil à l’aide d’un robinet.
- Dans d’autres modèles la cage intérieure est en tubes de laiton, en zinc ou tôle perforée ; en bois si l’on veut : cela ne change rien au genre de l’appareil.
- Il y a encore un autre type de laveuse dite : « branloire »; M« Descombes en a un modèle amélioré à l’Exposition, j’en parlerai dans ma prochaine causerie.
- Maurice GUÉDRON
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Nantes. — Le 18 juin. — Fourniture de 12,700 \tilog. de coton en bourre (déchets de coton, i?e qualité) à livrer à Indret.
- Brunet père, à Darnetal, adjud. à 50 fr.
- Brest, le 5 juin.
- 20,000 m. Toile à drapa de lit.
- Dulac, à Armentières, adjud. à 02.50 les 100 kil.
- Tentes Valdèjo.
- Helbronner et Cie, à Paiis, adjud. à 13,768 les 100 kil.
- Rochefort, le 6 juin.
- Epaulettes en laine jonquille.
- Ernest Dupuy, adjud. à 1.77 la paire.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- AVESNES. — Modification do la société en commandite, Rossette et Cie (filature de laines peignées et tissage mécanique) àTrélon. — La part de commandite d’un a socié a été amortie et lefond social a été ainsi réduit à 750.000 fr. — Acte du 18 mai 1889.
- MARSEILLE. — Formation de la Société en nom collectif Blanchet et Cie [teinturerie à façon) rue de la République, 30, à Marseille avec succursale à Aix. Durée : 5 ans. Cap. : 1.000 fr. — Acte du 8 mai 1889.
- TOULOUSE. — Dissolution de la Société de fait Dabadie frères, teinturiers-dégraisseurs. Liquid. : M. Clément Dabadie. — Jug. du 10 Mai 1889.
- YERVINS. Modification de la Société en commandite Jules Desquilbet et Cie, fila-teurs de laines peignées à St. Michel, par suite de la cession par M. Saulin de tous se" droits à M. Bernier aîné, négociant à Fourmies. — Acte du 6 Juin 1889.
- FAILLITE
- ROCHEEORT — Brochet fils, teinturier. Jug. du 24 Mai 1889. — S. : M. Morin.
- LIQUIDATION JUDICIAIRE
- CASTRES. — Seray (Edmond) teinturier à Mazamet. — Jug. du 31 Mai 1889. — Liquid.: M. Marquier.
- SÉPARATION DE BIENS
- ASNIÈRES. — M. Pierrot (Emile) teinturier rue d’Argenteuil, 65, et sa femme née Pein-gault. — Jug. du 27 mai 1889.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs»
- Galichet Pasot (delle) (Dame)
- Guinot. Barbe (dame)
- Remercier Nard (delle) dit Mercier
- Fonds cédés. Teinturerie, pl. St-Ferdinand, 32.
- Teinturerie rue Dejean, 7 Teinturerie, rue de la Fontaine 116.
- Berton Girard Teinturerie, rue
- d’Orléans-St. Honoré, 8.
- Chatelin Saint Maurice Blanchisseur, 7,
- rue de Courcel-les.
- Remialte (Ve) Toutain Cylindreur de
- linge, r. de Javel, 113.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- riiainbre syndicale des telntu-riers-dégraisseurs. — La Chambre, réunie le 3 juin, a procédé aux travaux suivants :
- Le Président consacre quelques paroles d’amitié au souvenir de M. Delin, enlevé prématurément à la suite d’une cruelle maladie.
- Par suite de ce décès, il y a lieu de procéder à Pélection d’un membre du Comité pour compléter la troisième commission d’arbitrage.
- On propose de choisir le membre qui a eu le plus de voix à la suite des douze premiers ; ce membre est M. Lebailly, dont la nomination est adoptée à l'unanimité.
- La chambre examine de quelle façon on pourra procéder pour le recouvrement des 5 francs qui, par suite du deuxième paragraphe de l’article 8 des statuts, complètent la co isa-1ion annuelle de chaque adhérent.
- Après un échange d’observations, il est décidé qu’un avis à la suite du procès-verbal invitera les membres à venir à la prochaine séance verser leur cotisation et informera ceux qui ne pourraient venir, que la cotisation sera recouvrée par la poste.
- La chambre invitée à envoyer des délégués au Congrès des chambres syndicales et au Congrès international de l’intervention des pouvoirs publics dans le contrat du travail, décide qu’elle n’a pas d’intérêt assez direct dans ces congrès, ni assez de temps pour étudier les questions posées, et qu’ainsi elle n’enverra pas de délégués.
- M. Fleury déclare qu’il s’est assuré personnellement que la composition des commissions arbitrales n’a pas été portée à la connaissance des juges de paix, de telle sorte que les Tribunaux ne renvoient pas devant la Chambre les litiges qu’elle pourrait, par la compétence de ses membres, résoudre aimablement.
- Le Comité exprime l’espoir que l’administration de l’Union nationale réparera son oubli.
- —o—
- Commission de la caisse de secours
- de l’ancienne Chambre syndicale
- des Teinturiers-Dégratsseurs.
- Réunion du 17 juin 1889.
- M. Rigolot, dernier président de la Chambre, expose qu’il a réuni la Commission, pour délibérer s’il n’y a pas lieu de transformer le reliquat de la caisse de secours à la nouvelle Chambre syndicale.
- A la suite de quelques observations, la résolution suivante a été adoptée :
- La Commission de cinq membres, instituée par l’ancienne Chambre syndicale de la Teinturerie et du nettoyage pour gérer la caisse de secours de la corporation, décidé de résilier ses pouvoirs, et propose à la nouvelle Chambre syndicale d’accepter le reliquat de ce fonds de secours montant à 617 fr. Il est bien en-
- tendu que cette somme sera employée par la nouvelle Chambré syndicale dans les conditions fixées par l’ancienne Chambre, c’est-à-dire en secours à tout membre de la corporation, ouvrier ou patron digne d’intérêt.
- —o—
- Ecole municipale de physique et de chimie. — Un concours pour l’admission de 30 élèves à l’Ecole municipale de physique et de chimie industrielles aura lieu, le mardi 16 juillet 1889, au siège de l’école, rue Lhomond, 42.
- Les candidats doivent être Français, âgés de 15 ans au moins et de 19 ans au plus, au 1er octobre prochain.
- Les inscriptions sont reçues à l’économat de l’Ecole.
- Les candida's y trouveront le programme détaillé des connaissances exigées, ainsi que tous les renseignements dont ils pourront avoir besoin.
- Incendies. —Un incendie considérable a détruit la plus grande partie de la fabrique de soies Lister à Bradford (Angleterre).
- Les dommages sont considérables et l’on a malheureusement à déplorer la mort de deux pompiers.
- — Un autre incendie a détruit la salle des métiers de la filature des établissements de la Société cotonnière Saint-Etienne-du-Rou-vray-, 15.000 broches sont détruites ; les machines et les batteurs ont été sauvés.
- Les pertes sont évaluées à 600,000 fr.} elles sont couvertes par six compagnies.
- —o—
- Ilcuells du métier. — Un teinturier-dégraisseur de Paris, rend à un client un service de 12 serviettes et une nappe ^ sur cette dernière le ch'ffVe brodé à grand relief* est éraillé : le tissu paraît comme découpé a l’entour.
- Le client attribue l’accident au teinturier, et lui réclame 150 fr. de compensation (rien que cela), à moins qu’il lui fournisse une nappe d’un dessin damassé exactement semblable.
- L’affaire vient en justice de paix et est renvoyée devant expert (M. Montenot) qui constate que la dégradation a dû se produire nu cylindrage.
- Il reste donc à fixer l’indemnité pour la-quelle le client descend cette fois à 100 francs» somme encore trop exagérée. Eufin grâce au^ bons offices du juge de paix, les parties ac* ceptent amiablement de fixer l’indemnite a J francs. , s
- Le teinturier a dû, en outre, supporter J frais montant à 34 fr., soit au total 64 fr. Q lui coûte cette affaire. .
- Si nous en dégageons un enseignemen » c’est qu’un client n’est pas fondé à réclam ^ le prix d'un service complet lorsqu’une Pl6ü seulement de ce service a été détériorée.
- Notons enfin que ce client cupide et exige31 était un ami du teinturier. a , n
- .... Zuze un peu, mon bon, s’il eût été ennemi !...
- Le Gérant : F. GoUIL-lov. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Aidenn
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- 2me Année, N° 13.
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- REVUE DE
- El DES COLOR ATIONS
- 10 Juillet 1889.
- AVIS A NOS ABONNÉS
- L’étendue des matières que nous avons a publier, nous oblige à augmenter le volume des livraisons de la Revue de la Teinture.
- En élargissant notre cadre, nous devons aussi augmenter le prix des abonnements, qui sera désormais de 45 fr. pour la France et de ±8 fr. pour l'Etranger.
- Il est bien entendu qu’il ne sera rien changé, pour l'année courante, aux abonnements en cours ou à ceux déjà souscrits pour le second semestre de l’année.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-clégraisseur. — La Teinture à l’Exposition. — Le décreusa-e des laines peignées. — Revue sommaire des revefcs d’invention.
- Procédés divers: Teintes Eiffel et Euffalo ; Jaune et brun sur laine ; Chocolat-coton ; Encre à marquer les tissus. — Causeries confraternelles sur l’art du teintuiier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Le congrès sur le contrat du travail. — Sur l’inconvénient de mettre de la céruse dans les dentelles. — Bombyx teinturier. — Renseignements. — Informations et Faits divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- La Chambre syndicale des tissus et nouveautés, à Paris, réclame depuis longtemps l’exportation temporaire des tissus pour aller à l’étranger recevoir Un complément de fabrication indispensable, question qui a déjà été précédemment l'objet d’un travail spécial et a nécessité des démarches qui n’ont pas abouti.
- M. Thierry-Mieg, dans une communication au Syndicat, croit qu’en revenant à la charge auprès du pouvoir, on aurait quelque chance aujourd’hui d’obtenir satisfaction. Les fabricants français ne peuvent que retirer avantage, dit-il, d’une loi qui leur permettrait d’aller faire imprimer en Alsace, par exemple, les tissus de laine que les imprimeurs français ne peuvent traiter ayec le même succès que leurs confrè-alsaciens, et de faire rentrer en France leur marchandise sans payer d’autres droits que ceux afférents au complément de fabrication.
- La Chambre syndicale s’est rangée
- à l’avis de M. Thierry-Mieg et a nommé une Commission, composée de MM. Levallois, Thierry-Mieg et Lévy, qui sera chargée de faire les démarches nécessaires.
- La question est importante et peut être interprétée à des points de vue très différents quoiqu’également dignes d’intérêt, mais il est évident que si cette exportation conditionnelle peut être favorable au commerce, elle ne sera que nuisible à notre industrie nationale.
- Nous devons certainement beaucoup d’égards à l’Alsace, mais sans pour cela lui sacrifier les intérêts français ; et puis elle ne serait pas seule à profiter de cette mesure : l’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse, essaieraient bien d’en prendre leur part.
- Que les maisons de Mulhouse viennent en France, comme plusieurs l’ont déjà fait, et comme d’autres en ont le désir; nous les accueillerons avec joie et la question pendante sera résolue sans porter atteinte au travail français.
- * *
- Au milieu du relèvement du commerce des tissus, ce n’est pas celui des impressions qui brille le plus. On pourra nous dire que la mesure demandée a justement pour but de le favoriser, mais si cela est à condition d’en sacrifier l'industrie en France, le résultat final est toujours le même, et nous ne voyons pas pour cette dernière, la nécessité de s’offrir en holocauste.
- Un document concernant le mouvement de notre commerce intérieur pendant le premier semestre de l’année courante, comparé à la même période de 1888, nous signale à Y importation des plus-values sur toutes les matières textiles, ce qui est d’un bon indice sur les tendances de nos fabriques.
- En même temps on relève à l’entrée une diminution de 1 million de francs sur les tissus de laine (il vaut mieux que nous les fabriquions nous-mêmes), mais aussi une augmentation de 5 millions sur les soieries ; nous savons que, néanmoins, cette industrie ne baisse pas chez nous, et nous le voyons par les chiffres suivants :
- L’exportation des objets fabriqués donne deux diminutions intéressant l’industrie textile : 2.716.000 fr. sur les
- tissus de laine et 1.520.000 fr. sur les tissus de coton. Ont augmenté les tissus de soie, de 19.556.000 francs avec 112.120.000 fr. ; les laines filées de 9.476.000 fr. avec 22.410.000 fr. Il y a aussi augmentation pour les cotons filés.
- En ce qui concerne l’état actuel des places manufacturières, on nous dit de Rouen que malgré la belle saison, les indienneurs se plaignent toujours de ne traiter que de petites affaires, et leurs magasins ne se vident pas comme ils l’espéraient pour leurs articles d’été ; le meuble se vend un peu.
- La situation est généralement satisfaisante à Roubaix-Tourcoing, mais surtout à Fourmies qui ne suffit pas à satisfaire aux commandes.
- A Reims, il y a aussi une bonne activité, avec des prix avantageux ; le mérinos 120 est l’article le plus demandé, avec un peu de cachemires ; le stock de flanelles devient très faible, notamment en sortes ordinaires.
- Il y a un peu de ralentissement à Elbeuf. La place de Lisieux n’est pas très satisfaite, sauf trois ou quatre maisons qui ont des commandes considérables en voie d’exécution. A Mazamet et Vienne, les affaires sont un peu trop calmes.
- Lyon et St-Etienne sont toujours en pleine prospérité.
- *
- * *
- Pour compléter ce que nous disions dans notre précédente Chronique à propos des teintes d’hiver, nous reproduisons les appréciations ci-dessous, d’un familier des modes, et se rapportant aux genres actuels des tissus en faveur.
- « Les nuances tout à fait nouvelles préférées sont le bleu ciel et le rose un peu vif. On fait aussi beaucoup de robes toutes blanches, du vrai blanc, ni « crème » ni « parchemin », en linon et en bazin, à dispositions brochées ou en batiste brodée. Les piqués secs, dits piqués anglais, se reportent également beaucoup surtout pour les costumes marins des petits garçons.
- « Les grands dessins sont de plus en plus adoptés. On en fait qui sont fort jolis sur des fonds blancs en linon et en foulard. Pour les satinettes, les
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- fonds^de couleur avec le dessin blanc ou d’une autre nuance plus claire que le fond sont préférés. Quant aux zéphyrs, on en fait dont les dispositions écossaises, bleues et roses, sont extrêmement jolies.
- « On porte aussi beaucoup de linon écru ou blanc, brodé de petits pois ou de bouquets de plusieurs couleurs, et de robes de tulle noires ou écrues avec de très grosses pastilles de soie roses ou vertes et des rubans de moire de la nuance des pastilles en cerceau dans le bas de la jupe. »
- Comme nos lecteurs le remarqueront, c’est en définitive, le résumé de ce que nous avons eu souvent l’occasion de dire depuis l’entrée de saison.
- il nous resterait maintenant, à parler de la teinture en chiffonnage, mais notre collaborateur, M. V. Barbé, s’en est chargé, et s’en tire toujours avec verve et compétence : nous lui passons la parole.
- F. Gouillon.
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- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA PROFESSION
- f Maintenant que le coup de feu est à peu près passé je vais reprendre le fil de mes articles, sur la régénéra'ion de la profession.
- Nous teinturiers-dégraisseurs qui avons la spécialité de régénérer les couleurs passées il nous faut par surcroît commencer par régénérer nos prix et notre mode de procéder de manière à faire nos affaires.
- La Chambre syndicale patronale.
- Quelques-uns de nous avaient fondé des espérances sur la chambre syndicale, mais d’une part après avoir pris connaissance de ses sta • tuts, il semble résulter que sa mission est limitée aux matières d’arbitrage, à aplanir des litiges : c’est vraiment peu.
- La Chambre syndicale ouvrière.
- Puisque nous avons parlé de la chambre syndicale des patrons je vais dire quelques mots de celle de MM. les ouvriers : No're rédacteur en chef, dans un entrefilet de son n° du 10 Avril dernier, avait prophétisé qu’il pourraiten surgir quelques luttes entre patrons et ouvriers: la chose suivante vient lui donner raison, pas plus loin qu’avec son modeste collaborateur et ami votre dévoué collègue.
- Dans des écrits antérieurs je me suis fait le défenseur des ouvriers et je le suis toujours, mais pour les vrais et bons ouvriers ; n’est-ce pas en effet nos collaborateurs, presque nos camarades d’atelier pour les patrons qui travaillent en leur compagnie ; n’avons-nous pas
- été nous-mêmes ouvriers ? Dès lors accueillons sans réserve les ouvriers honnêtes, faisons en sorte qu’ils aient le moins de chômage possible.
- Comme dans d’autres professions, les ouvriers visent à s’affranchir de la tutelle des placeurs, c’est leur droit et leur but est honorable-, s’il y a des placeurs honnêtes, et je dis tout de suite il y en a dans notre partie. Mr M...., rive gauche, est un bon garçon mais pour quelques exceptions que de lépreux qui trafiquent aussi bien comme placeur (et déplaceur surtout) que comme marchands de fonds, etc. Rien de sij iste que les ouvriers se privent des services de ces gens là. Malheureusement ils ne s’entendent pas bien ; leur organisation est défectueuse, ils admettent à la légère les premiers venus, il en est de même de placer un des leurs sans trop se soucier du savoir ni delà conduite du sujet.
- J’ai moi-même fait trois demandes successives, il m’a été envoyé trois barbotteurs aussi inconvenants que peu capables; voici d’ailleurs leurs procédés: sur trois, au moins deux m’ont fait l’effet d’habitants des bcrds de la Garonne ; l’un s’est présenté de la façon suivante : vous avez un nommé L.... mais je sais qu’il cherche ailleurs et va vous quitter, il me l’a dit, s’il revient c’est qu’il n’aura rien trouvé, etc. Comment trouvez-vous cela, hein ?
- Le deuxième vient travailler, je l’occupe une dizaine de jours, au bout desquels je le remercie à cause de son incapacité jointe à un grain de beauté poilu dans le milieu des mains ; l’individu m’a massacré du travail deux jours durant et, ma foi, pas content du tout d'être remercié.
- Aux Prud'hommes.
- Mais ce n’est pas fini; il me mande à comparaître devant MM. les Prud’hommes, me réclamant une petite addition d’une semaine, puisque je ne lui donnais pas de huit jours.
- Cela est mon règlement, mais bast, en Gascogne on se moque bien des réglements : tout d’abord, dit-il, ça ne vaut rien ce réglement, il n’est pas visé d’un commissaire ; cette thèse n’ayant pas pris, mon individu se rabat sur ce qu’il ne l’a pas signé et quand un gascon n’a pas signé un réglement, eh bien ça ne vaut rien ! deuxième rejet de cette prétention ; mais le susdit ne ,se tient pas battu pour si peu : il n’y avait pas de réglement dans l’atelier, dit-il, il était caché dans une armoire, si bien que MM. les prud’hommes ont poussé la complaisance jusqu’à envoyer un délégué chez moi pour s’assurer avec mon personnel de l’authenticité de mon réglement et même de son emplacement dans les ateliets.
- On ne peut que complimenter les honorables membres des prud’hommes de s’assurer de la vérité mais celui qui ne sera pas content c’est le chicanier Gascon qui croyait déjà m’extorquer une quarantaine de francs comme dédommagement des pertes qu’il m’a fait subir
- ensabottantla besogne. Avis à MM. les pa. trons de s’assurer de certains artistes fournis par la Chambre Babillarde ouvrière, moi j’en ai jusque-là.
- Pour former une société ce n’est pas la quantité qu’il faut viser, c’est la qualité, et inflexible sur les membres malhonnêtes : hors de là pas de salut.
- Certainement qu’il doit y avoir et qu’il y a de bons garçons dans la chambre criarde mais qui lâcheront vite pied par rapport aux mauvais et d’un autre côté, les patrons ne voudront plus des singes indiqués. La société est d’ailleurs naissante et perfectible et beaucoup. Le voisinage de la bourse du travail pourra avoir aussi une influence fâcheuse pour nos bons ouvriers, qui, il faut en convenir, sont gens paisibles.
- Travaillez, Messieurs, pour améliorer votre sort et atténuer les mortes saisons si sensibles non seulement pour vous mais pour les patrons; le seul remède, le vrai: appliquez-vous à soigner le travail, plus il sera bien. fait plus il en rentrera à l’atelier et par conséquent votre part y sera.
- J’aurai d’ailleurs à revenir sur cette question que j’ai déjà traitée.
- Dans le prochain article je vous ferai part, mes chers collègues, de mes impressions sur l’Exposition.
- Nécessité d’un réglement.
- Je termine pour aujourd’hui par le réglement d’aleliers et j’engage MM. nos collègues de toujours en avoir un bien en évidence dans les ateliers aussi bien pour leur intérêt que pour celui des ouvriers ; de cette façon un litige est tout de suite aplani.
- Si l’on se trouve dans le cas d’avoir ouvert ses portes à un malpropre chicanier, donner la huitaine c’est huit jours d’enfer à de rares exceptions, mieux vaut remercier sur le coup et pour l’ouvrier aussi.
- Ci-dessous, le réglement en usage chez moi.
- V. Barbé
- Teinturier à Paris.
- RÉGLEMENT
- Pour les ouvriers des deux sexes empl°yeS à l’établissement.
- Article l#r.— Tout ouvrier à son entrée est tenu de présenter son livret du chef d’établissement d’où il sort. (Loi du 22 juin 1854)-
- Art. 2. — Il est expressément défendu de fumer dans les ateliers, d’y occasionner du trouble, d’y venir en état d’ivresse.
- Art. 3. — Aucun employé n’a le droit de teindre ou nettoyer des articles pour son pr^' pre compte, ni pour les tiers sans les avoir déclarés et fait enregistrer au magasin.
- Art. h. — Les ouvriers sont rétribués à l’heure d’après le prix convenu; le patron con
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- serve pleine liberté d’un renvoi immédiat n’importe pour quelle cause que ce soit; même liberté à l'ouvrier de cesser le travail à la minute même, et dans l’un ou l’autre cas, il ne sera tenu compte que du temps effectué.
- Art. 5.— Tout objet brûlé ou détérioré pourra être remplacé par celui ayant commis le dégât.
- IA TEINTURE A L’EXPOSITION
- Dans notre précédent article, nous parlions des appareils à teindre de M. Lucien Fay de Reims, que nous supposions par leurs formes être à vases clos, mais depuis, nous avons pu 1 les voir fonctionner et reconnaître que ce sont I des machines à bains circulants, dont le genre I devient maintenant très en faveur, et dont on imagine tous les jours de nouvelles dispositions.
- M. Fay en a exposé deux :
- 1° Le système Vandermeirssche qui est le I plus nouveau, et caractérisé par des cylindres en bronze dans lesquels on tasse les matières à teindre, que l’on met ensuite en communication avec les conduites amenant le bain de teinture, lequel est refoulé par une pompe ou tout autre moyen de compression.
- Le liquide tb.ctorial traverse donc les matières à teindre, et s’échappe par le fond percé des cylindres, d’où il retombe dans le bac placé au dessous, et est continuellement repris par la pompe.
- Au milieu du temps nécessaire pour la teinture, la série de cylindres est retournée, l’arrivée du bain se fait alors par le côté oppo-I sé à celui du premier temps, de sorte que c’est cette partie qui reçoit à son tour, le premier contact du bain, ce qui égalise le ton dans toute la masse.
- Tous les mouvements de la machine sont mécaniques.
- 2° A côté de cet appareil en grandeur naturelle, se trouve une réduction de l’autre type, le système Ilauschel dans lequel le bain jaillit autour de colonnes verticales percées de nombreux orifices ; les matières à teindre entourent ces colonnes et doivent être entourées d’un filet. Le bain les traverse donc, et revient sans cesse, repris par la pompe.
- La première disposition est assurément Préférable.
- Nous allons maintenant reprendre la suite de notre excursion dans les différentes séchons exposant des machines destinées aux mdustries tinctoriales.
- Classe 55.
- Cette classe est installée dans la galerie des machines, à l’extrémité donnant sur l’avenue de Suffren, et près de la section des chemins de fer.
- Nous y remarquons d’abord la plus impor-ari te -assurément des expositions de machines,
- celle de la Société Alsacienne de constructions
- MÉCANIQUES DE BELFORT, MULHOUSE ET GRAFENS-
- taden, qui a des assortiments complets pour filature, tissage, apprêts et impressions.
- Pour ce qui nous concerne spécialement, nous signalerons :
- Un appareil à teindre les laines et les cotons en écheveaux, établi aussi d’après le principe des bains circulants, qui nous paraît être le système Obermayer -, des capacit és en partie closes, contiennent les matières à teindre que traverse un tube perforé déversant ou aspirant le liquide tinctorial.
- Une machine à imprimer au cylindre, à huit couleurs, sur le type habituel, pour gravures à taille douce ; elle se complète par une course chaude, c’est-à-dire un espace que parcourent les tissus frais imprimés, où ils se sèchent assez rapidement par la chaleur rayonnante de plaques à vapeur.
- A côté de cet appareil tout-à-fa:t industriel, est une petite machine pour laboratoire sur le même principe ; elle imprime à deux couleurs, et sert aux essais préalables pour la mise en train des genres nouveaux, et en général pour toutes expériences de cours publics, ou de laboratoires particuliers.
- La cuisine à couleurs est le complément nécessaire des machines à imprimer ; le système à vapeur, imaginé, nous croyons, par MM. Tulpin de Rouen, consiste en une série de bassines à doubles fonds et basculantes, avec ou sans agitateurs mécaniques, et servies par des robinets articulés leur amenant l’eau directement. La « Société Alsacienne » expose une cuisine de quatre bassines ainsi établies, dont trois ont des agitateurs mécaniques.
- Pour les apprêts, nous voyons une machine à sécher à huit tambours de cuivre, disposés verticalement deux à deux ; elle est munie d’un foulard et de son plieur, et possède un mouvement progressif.
- Puis, une calandre à quatre cylindres, dont deux en papier, munie, comme la machine à imprimer, de son moteur spécial à vapeur.
- Une encolleuse pour coton est le pendant pour les fils, de la « machine à sécher » pour les tissus ; les fils, ourdis, passent dans une sorte de foulard qui les encolle, puis sur un tambour sécheur d’un assez fort diamètre.
- Nous aurons à reparler de ces appareils dans notre étude d’ensemble sur les progrès des industries tinctoriales révélés par l’Exposition.
- A coté de la « Société Alsacienne » sont les appareils d’apprêt de MM. Grosselin père et fils ; c’est aussi une très belle collection de , machines, surtout pour le travail des lainages.
- Voici d’abord une laineuse à un tambour de quatorze travailleurs, à énergie variable, pour tissus de coton, et s’appliquant aussi aux laine-coton. Puis une autre machine du même système pour tissus de tous genres. L’étoffe peut être ramenée à l’avant -, l’entraînement de la pièce est à vitesse variable ; un chauf-
- fage tournant est appliqué à l’entrée de la machine ; des brosses recouchent le duvet à la sortie, et nettoient le tissu.
- Une autre laineuse également à un tambour de quatorze travailleurs, pour draps et nouveautés, est disposée pour gratter simultanément à poil et à contre-poil ; cette action dans les deux sens se produit par le même tambour tournant dans une séule direction. C’est une machine de création récente; un quatrième appareil du même genre est à deux tambours, à frein mixte, pour tous genres de tissus -, elle donne un duvet court et fourni.
- Enfin comme complément de cette série, MM. Grosselin exposent la Laineuse Martinot dont ils sont devenus propriétaires des brevets -, ils la recommandent spécialement pour les articles de laine cardée, tels que couvertures, draps, etc. Nous avons donné des dessins et descriptions de ces machines à huit et quatre rouleaux garnisseurs, dans la Revue de la Teinture, 1888, p. 123.
- Il est à remarquer que nous ne voyons plus de chardons naturels, les hérissons métalliques sont uniquement employés dans les nouvelles laineuses.
- Le tondage ou rasage des étoffes suit le garnissage ; pour ce travail, MM. Grosselin exposent trois types de Tondeuses.
- 1° Pour velours de soie et de coton, de construction simple et robuste, à lame à trempe dure, et à bas prix, par suite de cette simplicité de construction.
- 2° A deux cylindres pour draperie, sur un modèle nouveau qui a utilisé les perfectionnements indiqués par l’expérience.
- 3° A trois cylindres, pour tissus en laine peignée, et tissus ras en général -, elle est à débourreur automatique, et à écartement des cylindres des lames femelles, afin d’éviter de couper les coutures.
- Les Fouleuses sont des machines d’apprêt dont l’importance se révèle à l’Exposition même par le nombre des modèles envoyés.
- Il en existe deux types encore en usage ; celles à maillets, le plus ancien, et les fouleuses à cylindres.
- MM. Grosselin ont exposé ces deux genres, et voici leur série :
- lo A deux cylindres, petit modèle, pour flanelles, robes et articles légers : construction simple et réglage facile.
- 2° A deux cylindres, grand modèle, pour draps, et aussi pour articles légers. Les cylindres sont en caoutchouc durci ; des compteurs de métrage appliqués à ces fouleuses permettent de donner aux pièces la longueur exacte.
- 3° Voici maintenant les fouleuses à maillets ; la première est à deux maillets libres, actionnés par ressorts pneumatiques, et non plus comme dans les anciens modèles, soulevés par des cames, laissant retomber ce3 maillets de leur propre poids.
- lx° A trois maillets à marche symétrique, ayant pour but d’éviter l’enchevêtrement des
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- pièces dans le bassin. Pour cela les deux maillets latéraux alternent avec celui du milieu, dont la largeur est égale à peu près à celle des deux autres réunis.
- Comme complément des fouleuses, la même exposition contient un appareil à déplisser, pour les draps en cours de foulage, du système Lombard.
- Pour son emploi, il faut fouler les draps en tubes ou manches, c’est-à-dire les deux lisières étant réunies par une couture.
- L’appareil Lombard étant formé de bras terminés par des galets de bronze, et s’ouvrant à la façon d’un parapluie, on l’introduit fermé dans l’intérieur du tube, puis on ouvre les bras d’une quantité suffisante pour qu’ils forcent un peu dans cette manche. On engage ensuite le bout de la pièce dans la fouleuse, qui en attirant toute la pièce, fait passer celle-ci dans les bras tendus de l’appareil, et par conséquent la déplisse. On évite ainsi les plis et les cassures dans la draperie soumise à un long foulage ou fabriquées en matières dures et cassantes.
- Une machine a velouter est destinée à relever toutes les fibres tirées au lainage ; le tissu devient ainsi plus épais et plus moëlleux, La velouteuse s’applique a tous articles grattés d’envers soit de laine soit de coton, quand ils doivent avoir un côté pelucheux ; c’est l’équivalent pour les piqués et molletonnés de coton, de l’opération nommée « regitage ».
- Cet assortiment d’appareils d’apprêt se complète par la machine à épeutir, destinée à faire disparaître tous les nœuds, fils et boutons, de la surface des tissus ; celle exposée est à quatre peignes à dents de scie, tranchantes : deux travaillent sur l’envers et deux sur l’endroit de l’étoffe ; au besoin les quatre fonctionnent sur un seul côté. L’épeutisseuse s’applique à toute nature de tissus.
- Enfin, comme appareil complémentaire des laineuses, une machine à aiguiser les cardes ; elle est à l'usage des cardes en pointe d’aiguille employées dans les laineuses de l’exposant.
- MM. G. et H. Bauche exposent aussi une laineuse à chardons métalliques, à action automatique et à énergie variable ; les auteurs paraissent s’être attachés principalement a donner une grande élasticité aux organes travailleurs, de façon à obtenir un travail doux non susceptible d’érailler les tissus délicats. Ce résultat paraît atteint par des rouleaux garnisseurs, non plus simples, mais assemblés par quatre, chacun tournant individuellement, pendant que l’assemblage a aussi son mouvement de rotation.
- C’est encore une laineuse à action variable, et à chardons métalliques qui est exposée par MM. Leclère et Damuzeaux. Cette garnisseuse est à deux tambours pouvant tourner dans les deux sens, et sur lesquels sont fixées des plaques de carde avec des plaques pleines ou non garnies. Les plaques à chardons peuvent monter ou descendre entre les plaques pleines,
- de façon à dépasser celles-ci à une hauteur variable, suivant la nature et la force du tissu, ou le degré d’avancement du garnissage.
- Voici maintenant une fouleuse à mouvement alternatif, de MM. Pierre et Amédée Baratte ; c’est du système à cylindres, auquel les auteurs veulent corriger le défaut de plisser et aussi de cintrer les étoffes à carreaux ou autres dispositions, ce qui détruit la régularité du dessin.
- Pour éviter cet inconvénient, on n’a trouvé rien de mieux que de découdre la pièce et de la rengrener en sens opposé. MM. Baratte ont disposé leur fouleuse pour renverser la marche, aussi souvent qu’on le désire, de façon que le foulage ait lieu dans les deux sens, sans qu’il soit nécessaire de dégrener et de découdre les pièces.
- Les auteurs font aussi des dégraisseuses ou dégorgeuses sur le même principe.
- La classe 55 coutient encore deux machines destinées à humecter les tissus ou à les teindre par voie de pulvérisation du bain de teinture, ce sont :
- La machine à humecter de M. Mesmer ; le liquide fortement comprimé s’échappe en jets filiformes très tendus, qui viennent se briser contre une surface plane, où il se résolvent en pluie ou brouillard, qui se répand ensuite sur le tissu cheminant à sa portée ; cette humectation est beaucoup plus fine et plus régulière que celle produite par projection au moyen de brosses rotatives s’imprégnant dans le liquide.
- Une seconde visant au même but est la machine à humecter et à teindre les tissus, système Kron. L’élément de pulvérisation est encore une série de jets capillaires se brisant dans une enveloppe de réfraction : cette enveloppe, comme le tube à jets peuvent tourner ensemble ou séparément, de manière à faire varier à volonté l’angle de renvoi du liquide pulvérisé. Des ensouples à l’entrée et à la sortie de l’appareil, et un système d’em-barrage, produisent et règlent la marche du tissu.
- En employant, avec ces machines, des liquides chargés de matières colorantes, on obtient la teinture par pulvérisation, qui plusieurs fois proposée, n’a donné de résultats pratiques que dans quelques cas spéciaux 5 aussi les machines à humecter sont-elles principalement des appareils d’apprêt.
- M. Mahon s’est fait une spécialité des machines et cylindres à chiner; nous le revoyons à chaque exposition avec ces engins très pratiquement construits, servant au chinage, non seulement des fils, mais encore des cotons ou des laines en boudins -, dans ce dernier cas, un peigne étaleur les réduit en nappes avant leur passage entre les rouleaux imprimeurs.
- Nous terminons provisoirement la revue de cette classe par la machine de dévidage et pesage automatique, de M. Mouchère fils ; elle nous a séduit par sa précision et par la simplicité de son travail tout automatique.
- Une balance avec un récipient destiné à recevoir le fil qui doit former la pelote, règle la quantité de ce fil ; aussitôt qu’elle est atteinte, un déclanchement électrique arrête le dévidage et l’arrivée de ce fil, suivant le poids qu’on a mis à l’avance dans l’autre plateau de la balance. L’ouvrière coupe alors le fil et remet la machine en mouvement pour une autre pelote.
- Le courant électrique est fermé ou ouvert au moyen d’aiguilles plongeant dans de petits bains à mercure. Aussitôt que le poids est atteint, le plateau de la balance tombe, fait sortir les aiguilles des godets à mercure, le courant est interrompu, et le dévidage du fil s’arrête.
- Les pesées sont très exactes et le débit de l’appareil relativement considérable.
- Nous continuerons cette étude rapide du matériel tinctorial, et nous rappelons que nous publierons ensuite des articles spéciaux sur les machines, comme sur les procédés de teinture, qui justifieront ces mentions particulières.
- F. Gouillon.
- LE DÉCREUSAGE DES LAINES PEIGNÉES
- Pour faire suite à notre article du 25 Juin sur le conditionnement des laines, nous publions les observations suivantes du « Journal des Tissus. »
- On paraît depuis quelque temps vouloir adopter pour les laines peignées un nouveau mode de conditionnement, ou, pour mieux dire, un supplément de conditionnement : nous voulons parler du décreusage. Cette opération a pour but de déterminer, au moyen d’un la-vagé, la quantité de matières étrangères contenues dans le peigné, et cette quantité, ainsi fixée, est défalquée à tant pour cent sur le poids net de la marchandise et reste entièrement à la charge du vendeur.
- Loin de nous la pensée de critiquer cette opération -, nous ne pouvons certainement qu’applaudir aux efforts tentés en vue de donner aux consommateurs de nos peignés, la sécurité à laquelle ils ont droit.
- Ce que nous voulons, c’est attirer l’attention de nos négociants sur l’influence que cette mesure, absolument locale, peut avoir sur le prix nominal des laines et aussi sur les conséquences qu’à ce point de vue elle entraîne apres elle.
- Le vendeur de peigné au conditionnement habituel de 18 1/4 sait qu’il court des chances ou de bonification ou de perte, maissans grands écarts ni dans un sens ni dans l’autre et sur la base d’un taux normal d’humidité généralement admis dans le commerce des laines.
- En est-il de même du vendeur à qui on iffl" pose le décreusage ? Assurément non. Peut-il savoir la quantité d’huile qu’aura nécessitée le travail de la laine ? Sera-t-il toujours à même d’apprécier le degré de dé graissage d* son peigné ?
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- Nous ne 1 e pensons pas. Cette certitude va lui causer un aléa, un risque, qu’en bon économiste, il garantira au moyen d’une prime : il sera donc forcé d’augmenter le prix du peigné suivant les chances qu’il croira courir quant à la perte du poids après décreusage.
- Le premier vendeur au conditionnement de 18 1/4 ne fera, par conséquent, pas le même prix que le second exposé à une réfaction éventuelle causée par le décreusage. Le prix nominal ne sera donc pas le même.
- Voilà pour l’influence ; voyons maintenant quelles seront les conséquences.
- La condition de décreusage entrera peut-être un jour ou l’autre dans les stipulations habituelles des marchés. En ce qui concerne les transactions sur place, il n’y a pas grand inconvénient -, mais, lorsque avec cette condition, nous devons nous présenter sur les marchés étrangers ou soutenir la concurrence de producteurs exotiques, nous allons nous trouver dans une situation d’infériorité, parcs que nous serons forcés de majorer notre prix nominal du tant pour cent que le décreusage nous exposera à perdre.
- Pour rendre notre démonstration plus claire, citons un exemple. Autrefois, il s’expédiait d’ici des quantités importantes de peignés communs à destination de Leyde. Maintenant le marché de Leyde nous est fermé -, les Anglais nous ont supplantés en vendant cinq ou six pour cent au-dessous de nos cours. Et cependant les Anglais n’acceptent pas ie conditionnement du peigné et ont la réputation de graisser leurs laines dans des proportions plus grandes que chez nos peigneurs. Admettons qu’un ache-I teur de Leyde nous impose 1e décreusage, ce I n’est plus cinq à six pour cent qui nous sépa-reront des Anglais, c’est un écart de sept à neuf pour cent, et, dans de telles conditions, la concurrence est plus difficile.
- On pourra nous dire que les acheteurs tiendront compte d’un avantage résultant pour eux du décreusage de la laine.
- Nous sommes assez incrédules sur ce point : ^ prix nominal est trop souvent l’objectif du consommateur, qui ne conviendra pas facilement que cet avantage puisse se chiffrer par *me différence de 0 fr. 10 ou 0 fr. 20 sur le Mx du peigné, d’autant plus qu’il ne pourrait aPprécier réellement l’avantage en question ^’en travaillant, en filature, chaque lot séparent, ce qui n’arrive guère.
- U y aurait peut-être un moyen de tourner a difficulté. Il ne nous paraît pas équitable ^ahord que la perte accusée par le décreusage |este entièrement à la charge de l’acheteur. a 'aine, par sa nature, contient des substances tisseuses, elle a besoin d huile pour se tra-rier. On a bien admis qu’elle était hygromé-ri(îoe et qu'elle pouvait contenir normalement loyalement 18 1/4 pour 100 d’humidité, Pourquoi donc ne pas admettre aussi qu’elle Pfiut renfermer une proportion déterminée de ^stances étrangères, huile ou graisse, dont la
- présence est parfaitement explicable et très bien justifiée ?
- O.i a établi pour le conditionnement des blousses deux franchises : 10 pour 100 pour le conditionnement simple et 18 1/4 pour 400 pour blousses absolument épurées de toutes matières étrangères.
- Nous nous demandons quels inconvénients il pourrait y avoir de procéder ainsi pour le peigné et d’établir, par exemple, le taux de 18 1/4 pour le conditionnement simple et celui de 21, ou telle autre base qui serait établie par l’expérience, pour conditionnement et décreusage ; on formerait ainsi une espèce de compensation qui permettrait au vendeur délaisser toujours au peigné le même prix nominal, quelles que soient les conditions exigées par l’acheteur: conditionnement simple ou décreusage.
- Nous n’avons pas la prétention de traiter la question ex-professo ; notre unique et modeste but est d’attirer sur le nouveau mode de conditionnement l’attention des négociants, acheteurs ou vendeurs, et ainsi de leur être utile, laissant aux uns et aux autres le soin de tirer profit, si possible, de ces quelques réflexions.
- REVUE SOMMAIRE
- DE Si BREVETS D'INVENTION
- Nouvelles matières colorantes brunes et grises,
- Par la Sté anonyme des matières colorantes et
- PRODUITS CHIMIQUES DE St-DeNIS.
- En dissolvant 10 kil. de chlorhydrate nitro-sodiniethylaniline dans 50 litres d’eau et en chauffant à l’ébullition, puis en coulant le produit dans 100 litres d’eau et précipitant la matière colorante par un sel minéral (chlorure de zinc), la recueillant sur filtre-presse et séchant à 80 0/0, on obtient des matières colorantes brunes grises ou de nuances analogues dérivées d’amines aromatiques.
- Nouvelle matière colorante brun-rouge,
- Par la Sté Pour l’industrie chimique
- Cette matière colorante très hygroscopique et soluble à l’eau est obtenue après plusieurs refroidissements, décantations et mélange d’eau, sel marin et acide muriatique ; puis évaporation jusqu’à siccité et pulvérisation d’un mélange de 30 gr. de diétbylméthamido-phénol ; 50 gr. d’acide succinique et 20 gr. de chlorure de zinc, chauffés pendant 1/4 d’heure à 205° c. ou pendant 1 à 2* à 195° c. Ce produit est propre à la teinture ou à l’impression.
- Noir d'aniline,
- Par M. Grunhut
- Pour teindre le coton (01s ou tissus en noir
- d’aniline inverdissable) on le bout pendant 2 h., puis on prépare un bain contenant 500 litres d’eau froide, 0 k. 250 de benzopurpurine ou tout autre couleur. On introduit la vapeur dans l’appareil, puis ensuite ie coton qu’on y laisse vingt minutes. On retire, on lave à l’eau froide et on fait un nouveau bain avec 500 lit. eau froide à laquelle on ajoute 4 kil. de to-luidine ; 2 d’acide muriatique, 3 de chromate de potasse ou sodium, dans lequel le coton reste 1 heure à froid. Ou chauffe ensuite, on lave et on sèche ; une fois séché on recommence l’opération précédente, on savonne et l’on sèche.
- Feutre-sécheur en tissu spécial, laine et colon.
- Par M. Regnier.
- Cet article diffère des feutres en laine en ce que sa chaîne est en coton et répartie dans toute l’épaisseur du tissu au lieu d’en occuper seulement la partie centrale. Il diffère encore des feutres laine et coton en ce qu’il est forint de 3, 4, 5 ou 6 toiles enlacées les unes aux autres ce qui implique la répartition de la chaîne par brins uniques dans toute l’épaisseur du tissu, et par conséquent, comme il est dit ci-dessus, sans groupement de la chaîne par 2, 3, 4, 5 ou 6 fils dans la partie médiane du feutre.
- Le breveté réclame la garantie de tous tissus similaires foulonnés avec chaîne végétale et trame animale, en chaîne animale et trame végétale ou encore chaîne et trame animales.
- Ces feutres s’emploient comme sécheurs en papeterie, et dans les machines d’apprêt.
- Appareils destinés à retirer un fil d'un tissu da?is le but d'en reconnaître la qualité,
- Par M. Mihran Mouradian.
- Avec cet appareil, la trame se trouve retirée et enroulée sur un asple pendant que les bouts des fils de chaîne sont successivement coupés après que la trame en a été retirée.
- L’appareil est muni à cet effet 8e rouleaux pour supporter et faire avancer l’étoffe, d’un asple ou dévidoir servant à tirer et à recevoir le fil, et de couteaux destinés à trancher alternativement les fils de chaîne après que la trame en a été retirée.
- Préparation de la laine ou autre matière à teindre avant filature,
- Par A. Grawitz.
- Sur un cyiindre creux, en treillis métallique, est enroulée la matière fibreuse, à l’état de nappe ou de ruban. Un second treillis, concentrique au premier, maintient cette matière, qui se présente sous la forme d’une grande bobine. Un arbre horizontal, fixé au centre, sert à imprimer un mouvement de rotation dans une barque, pour procéder aux diverses opérations de débouillage ou débouillissage,
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- de mordançage, de teinture, de savonnage, etc.
- Les fibres conservées dans leurs situations relatives, ne s'emmêlent pas, et, après séchage, peuvent subir, sans préparation supplémentaire, la succession des opérations ultérieures de la filature.
- Solution acide pour blanchiment de /î/is et tissus de chanvre (Patente allemande).
- On prépare cette solution en faisant un mélange de 300 grammes de térébenthine et de 20 grammes de benzine auquel on ajoute, en agitant, 20 kilos d’acide sulfurique. On obtient un liquide de couleur brune foncée.
- On fait ensuite une dissolution de 20 k. de salpêtre dans 300 litres d’eau qu’on ajoute au liquide précédent.
- La mixture ainsi préparée est ajoutée au bain de chlorure de chaux dans lequel on plonge les matières à blanchir, fils ou tissus et les laisse séjourner pendant deux à trois heures.
- Le blanc parfait est obtenu après trois séjours successifs des matières dans le bain. D’après l'inventeur, l’addition de ce liquide au bain de chlorure doit diminuer de moitié le coût du blanchiment-, il abrège notablement le temps nécessaire.
- Machine à lainer
- Par MM. Leclère, Damüzeàux père et fils, Vautrin et Cachelin.
- Le but de celte machine est de remplacer par un seul numéro de chardon métallique, droit ou à crochet, les différents numéros de fils de carde, ou les différentes forces de chardons, employés pour le garnissage des draps.
- A cet effet, toutes les plaques mobiles du tambour garnisseur montent ou descendent, ou plutôt se rapprochent ou s’écartent du centre, pendant la marche, à l’aide d’une commande unique. Le moyen repose sur l’emploi d’un plateau.central, percé d’autant de coulisses allongées qu’il existe de plaques de chardon.
- Foulage combiné Par MM. Tessier et Allion.
- Au lieu de ne fouler l’étoffe qu’au moyen de rouleaux horizontaux ou verticaux accouplés, les inventeurs emploient des paires de rou^ leaux diversement orientés, par exemple quatre paires ; les axes de la première sont horizontaux, ceux de la seconde sont verticaux, puis les deux paires complémentaires forment avec les précédentes des angles différents.
- Le nombre des couples, les dimensions et la disposition des rouleaux n’ont rien d’absolu. Le principe de l’invention repose essentiellement sur un foulage effectué successivement à plat, de champ et suivant des inclinaisons variables, pour feutrer l’étoffe plus régulière-
- ment qu’avec des cylindres exclusivement verticaux ou horizontaux.
- Machine à teindre les tissus en utilisant le matériel actuellement en usage dans l'industrie,
- Par la Teinturerie Stéphanoise.
- Ce nouvel appareil a pour but la teinture mécanique des tissus et s’applique au matériel existant actuellement sans y apporter aucun changement étant donné la simplicité de ses organes et de son installation.
- Cette machine se compose d’une commande placée en tête de chacune des barques ou cuves de teinture. Cette commande peut aussi être prise directement et sans intermédiaire sur une transmission qui existerait dans toute la longueur des ateliers.
- Elle a pour but de transmettre au tourniquet un mouvement d’oscillation pour le dépôt des tissus dans le bain de teinture en couches régulières et égales, les couches se formant dans le bain au dessus de la grille.
- Le tourniquet est en même temps animé d’un mouvement de rotation qui lai est donné par les poulies à gorges ou à chaîne.
- Ce mouvement est destiné à faire l’appel du tissu et l’oblige à passer d’une façon continue dans le bain de teinture. Le tissu est guidé dans son parcours par des rouleaux.
- Un volet en se rabattant est destiné à rece-
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- voir le châssis sur lequel se dépose le tissu après teinture pour être porté à l’essorage.
- Dans les opérations de la teinture on place ainsi qu’on le fait actuellement un bout de la pièce à teindre sur le tourniquet puis en le passe sous les rouleaux guidés et on l’ajoute à l’autre bout de manière à former une courroie sans fin.
- Machine pour sortir les noyaux des noix de palme et d'autres noix,
- Par M. Kuhlmann.
- L’inventeur revendique une machine pour enlever les noyaux des noix de palme et d’autres noix composée essentiellement de disques rotatifs destinés à recevoir les noix, et d’un pilon qui au moment d’être soulevé tend un ressort et au moment de sa descente se trouve arrêté par le ressort -, en combinaison avec un dispositif de soulèvement dudit pilon fonctionnant par le mouvement tournant de l’arbre de la machine et un dispositif qui fait tourner par intervalles le disque.
- Appareil distributeur de gaz carbonique dans les jus sucrés.
- Par MM. Demoutier et Puvrez de Groulart.
- Cet appareil se compose d’un châssis en cuivre en fer ou en fonte de forme carrée ou rectangulaire -, ses dimensions varient suivant la capacité des becs à carbonater. Les faces
- latérales percées de trous sont quatre vannes mobiles glissant entre deux coulisses, elles peuvent être remplacées très facilement ; elles sont munies à leur partie supérieure de menottes qui servent à les soulever. Sur la partie ou la plaque supérieure vient s’adapter le tuyau qui amène le gaz carbonique. Les coulisses dans lesquelles les vannes latérales glissent sont pratiquées dans les quatre pièces | angulaires réunies en haut par la planchette fermée du distributeur et en bas par les quatre entretoises consistant en barres ayant dans le côté inférieur des évidements circulaires.
- Procédé de solidification des liquides en général par l'application nouvelle et un traitement spécial des silicates et siheo alumina-tes métalliques,
- Par M. Bouchaud-Praceiq.
- Le produit qu’il s’agit de traiter est divisé en deux portions. Le procédé consiste à délayer ou dissoudre dans l’une de ces portions une certaine quantité déterminée par le degré de compacité désiré d’un silicate métallique dont la base varie suivant la nature du liquide, la compactibilité des éléments mis en pré-, sence, enfin suivant les résultats et le but visés. Cette solution est introduite dans la première portion du produit qu’il s’agit de traiter.
- Dans la deuxième partie on dissout ou délaye de l’acide chlorhydrique, sulfurique ou autre en quantité équivalente à celle de la base contenue dans le silicate de la deuxième portion.
- On jette la première partie contenant le silicate dans la deuxième contenant l’acide et on agite jusqu’à ce que la masse se solidifie par suite de la précipitation de l’hydroxyde de silicium au sein même de cette masse.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Eiffel
- Notre n° du 25 Mai, en fk^ant la revue des teintes nouvelles, ou plutôt M^s noms nouveaux, parlait d’une nuance: « Eiffel », <ïul doit ce nom à ce quelle reproduit la couleur de la fameuse tour, ou à peu près.
- Ci-dessus est le type adopté sous ce nom, par la chambre syndicale des fournisseurs de modes.
- C’est encore un de ces fonds rouges autour desquels nous tournons depuis deux ans, eu les variant légèrement, mais en leur conser-
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- vant un succès durable. Nous devons dire, même, que la teinte de notre échantillon très-portée en ce moment, aura une continuation de succès pendant l’hiver.
- On peut l’obtenir par les moyens suivants :
- Par les anilines.
- Pour 10 kilogr. de laines ou lainages, ou
- même pour les soieries :
- Marron d’aniline (Bismark)..............125 gr.
- Violet RR, acide ........................... 2o —
- Teindre avec sulfate de soude et un peu d’acide sulfurique, qu’on éteint, comme toujours, à l’avance dans de l’eau.
- Pour soie, teindre sur bain de savon ou de décreusage.
- Ces couleurs montent avec beaucoup de facilité.
- On peut encore employer le mélange suivant :
- Orange n° A, Poirrier —....-100 gr.
- Violet R, acide............- 60 —
- Même procédé opératoire.
- Par les bois.
- Cette méthode ne convient que pour les laines, et les proportions suivantes sont encore pour 10 kilogr. ou pour une pièce mérinos.
- 1° Mordancer 1 h. 1/2 avec:
- Alun....................-......2 kil.
- Tartre......................... 1 —
- 2o Ajouter à ce même bain de mordant, de l’orseille et du bois jaune en quantité suffisante, et teindre jusqu’à nuance un peu plus fraîche que l’échantillon.
- 3° Rabattre cette nuance en ajoutant au bain une forte pincée de sulfate de fer (couperose verte) soit 30 à 50 grammes.
- Lever et rincer.
- Sur coton.
- Les couleurs azoïques offrent un moyen d’obtenir directement la teinte Eiffel sur coton ; pour cela, on emploie les produits suivants :
- Pour 50 kil. fils ou tissus de coton, de lin ou de ramie, non mordancés :
- Benzopurpurine 1 B ..... 1 k. 500 gr.
- Benzoazurine G.......... 250 —
- Savon...................1 »
- Borax_____—............. 2 500 —
- Teindre une heure au bouillon.
- On peut pour donner plus de vivacité à la teinte, ajouter à la fin de l’opération et dans te même bain -,
- Huile tournante.............2 kil.
- On sèche, sans rincer, après torsion ou essorage.
- L’huile tournante à employer est l’huile sulfo-ricinique pour rouge turc, qui s’émul-S1°nne directement dans l’eau, sans alcalis, ‘ten emploi n’est pas indispensable.
- Sur laine-coton.
- On emploiera les mélanges d’anilines pour
- laine, en mordançant préalablement les tissus au sumac et à l’émétique.
- Ou bien les couleurs azoïques ci-dessus en remplaçant le savon, le borax et l’huile par :
- Phosphate de soude.............. 4 kil.
- Savon........................... 1 —
- Teindre une heure au bouillon.
- Buffalo ,
- Encore un nom d’actualité mais dont la teinte n’a rien de bien caractéristique -, on y reconnaît un grenat-marron qui est en usage k peu près en tous temps.
- Par les anilines. '
- On l’obtient comme suit, pour 10 kil. de laines :
- Grenat V d’aniline (ou cerise)....400 gr.
- Marron-Bismark................100 —
- Acide sulfurique .............100 —
- Sulfate de soude........ 2 kil. »
- Entrer à tiède et porter peu à peu au bouillon, qu’on maintient jusqu’à nuance.
- Le marron monte d’abord, le grenat égalise ensuite.
- Par les couleurs d'alizanne. .
- Le Buffalo est encore la nuance de l’orange d’alizarine dans ses tons foncés ; on peut donc l’obtenir par ce produit, qui donne une teinte plus solide que les couleurs d’aniline.
- Procédé pour 100 kil. de laines.
- Bi-chromate de potasse..........3 kil.
- Tartre blanc....—........»,.....3 —
- Eau....—...........environ 30 hectol.
- Bouillon d’environ 2 heures dans ce bain, lever, laisser les laines en tas pendant dix à douze heures.
- Rincer ensuite bien à fond.
- Orange d’alizarine W..........20 kil.
- Cette couleur est en pâte, on la délaye dans quelques seaux d’eau à laquelle on ajoute :
- Acide acétique................ 1 litre.
- L’eau du bain de teinture étant prête, on l’aiguise avec 4 ou 5 litres d’acide acétique, on y verse la moitié du mélange colorant, qu’on a passé au tamis.
- Entrer la laine restée humide, afin qu’elle s’imprègne immédiatement du bain ; porter peu à peu au bouillon, en ajoutant peu à peu le reste du mélange colorant.
- Continuer cette teinture au bouillon, qui doit durer de 2 h. à 2 h. 1/2.
- Pendant la première heure, le bain ne doit
- pas dépasser 50 degrés ; c’est ensuite seulement que l’on pousse peu à peu au bouillon en reponchonnant avec le restant de la couleur.
- Rincer et sécher.
- Cette teinture supporte le foulage qui enlève seulement des petites quantités de couleur dont it n’y a guère à tenir compte à l’échantillonnage.
- Sur coton.
- Nous emploierons ici comme couleurs azoïques les rouges Congo dans \es proportions suivantes, pour 50 kil. de textiles végétaux :
- Rouge Congo B... _... 2 kil.
- Corinthe-Congo 1 —
- Carbonate de soude 5 —
- Savon _ .._ {
- Bouillir les textiles une heure sur ce bain.
- Sur laine-coton.
- Préparer au sumac et à l’émétique, et teindre ensuite sur le bain de grenat et marron d’aniline.
- Ou plus simplement, sur le mélange Congo, en remplaçant les cristaux de soude par une égale quantité de sulfate de soude.
- Les teintes aux Congo sont plus solides que celles aux anilines.
- JAUNE ROUGEATRE
- Sur laines.
- Pour 25 kilogr. fils ou tissus :
- On emplit d’eau la chaudière et on y fait bouillir dans un sac :
- Bois jaune..................... 2 kilogr.
- Orseille................... 200 gram.
- Puis on y ajoute :
- Tartre.........................1 kilogr.
- Sulfate de fer..............100 gram.
- On y plonge les fils ou tissus, on les manœuvre constamment en ramenant lentement l’ébullition, on reste quinze à vingt minutes au bouillon.
- On lève et on rince.
- BRUN SUR LAINE
- Pour 25 kilogr. fils ou tissus:
- Dans la chaudière contenant la quantité d’eau nécessaire, on fait dissoudre :
- Bi-chromate de potasse_______600 gram.
- On introduit la laine, que l’on fait bouillir une heure et demie, on lève, on laisse poser une nuit et on rince.
- Dans un bain frais, on ajoute la décoction de :
- Campêche..................... 4 kilogr.
- On entre les matières à tiède, on arrive peu à peu à l’ébullition ; on lève et on ajoute au bain :
- Tartre....................... 1 kilogr.
- On traîne encore une demi-heure en laissant tomber le feu, puis on lève et on rince.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- CHOCOLAT
- Sur tissus de coton
- Cette teinte très employée pour doublures doit s’obtenir à bas prix, et il n’est pas nécessaire qu’elle soit solide.
- Voici un procédé peu coûteux.
- Pour 3 pièces mi-blanches :
- Fustet„_.................- 20 kil.
- Sumac_____________________ 15 —
- Bois rouge------------------ 2 —
- Passer les pièces 3 ou U heures à froid, puis chauffer légèrement et ajouter au bain :
- Sulfate de fer (couperose)____1 kil.
- Finir à l’échantillon.
- ENCRE A MARQUER LES TISSUS
- Lorsque l’on a à marquer des pièces de vêtements ou d’étoffes, en caractères assez solides pour résister à plusieurs lavages, foulages, ou même lessivages, on peut employer la formule suivante :
- Nitrate d’argent cristallisé-12 gr.
- Carbonate de soude cuit______20 —
- Ammoniaque liquide___________20 —
- Gomme du Sénégal-------------12 —
- Noir de fumée-------------- 5 —
- Eau distillée------------..... 400 —
- Dissoudre séparément dans l’eau, le nitrate d’argent, les cristaux de soude et la gomme.
- Mêler la dissolution de nitrate d’argent avec celle de carbonate de soude, ajouter l’ammoniaque pour dissoudre le précipité qui s’est formé, puis la solution de gomme dans laquelle on a préalablement délayé le noir de fumée, et conserver en flacon bouché en verre.
- Pour l’usage, agiter le flacon, et écrire avec une plume d’oie, une tige de bois, ou marquer avec un timbre gravé, en bois. Tout métal doit être évité.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- NETTOYAGES A SEC.
- (Suite).
- Laveuse oscillante.
- Un autre type de laveuse à benzine, le modèle oscillant, est celui qu’on a appelé « bran-loire », parceque la caisse, ne tournant plus, est simplement balancée sur ses tourillons, en produisant non plus un basculement, mais une agitation des vêtements plongés dans la benzine.
- Là encore se produit le frottement des tissus les uns sur les autres; aussi quelques teinturiers emploient ce modèle moins coûteux de construction, et qui convient encore lorsque l’on n’a pas de fortes quantités d'articles à nettoyer, mais il est certain que la laveuse rotative est préférable pour un travail suivi, et exige moins de force.
- M. Descombes a envoyé à l’Exposition de 1889, un de ces appareils construit dans des conditions de légèreté et de solidité satisfaisantes ; il est représenté par la fig. 60, ci-contre.
- Fig. 60. —Laveuse osoillante Descombes.
- Le tour de la caisse est en zinc galvanisé et les fonds en bois -, elle est suspendue sur des supports en fer forgé -, un manche à poignée sert à produire le mouvement d’agitation, que subissent en même temps les étoffes au milieu de la benzine.
- Une porte étanche, dans le haut, sert au chargement et au déchargement. Des barres transversales dans le fond aident au déplacement et au frottement des étoffes.
- Une ouverture en dessous à bouchon vissé est pour évacuer la benzine salie. (1)
- Cette machine peut rendre d’utiles services aux petites maisons, et elle est incomparablement préférable aux terrines et baquets ouverts dans lesquels il faut fouler à bras, le nez sur les émanations de benzine.
- Pratique du nettoyage à sec.
- Les vêtements à faire en plein doivent être soigneusement débarrassés des boutons, boucles et surtout des agrafes, afin d’éviter les accrocs et déchirures qui ne manqueraient pas de se produire par les frottements mutuels.
- Cette recommandation peut être faite aussi pour le foulage en baquets, soit au savon soit à la benzine.
- Tous les vêtements confectionnés doivent être convenablement battus à la baguette puis brossés, pour en extraire la poussière et la boue.
- Chaque pièce est visitée sur la table doublée de zinc, et les plus fortes taches dégorgées à la benzine.
- Ainsi préparés ils peuvent être nettoyés en plein.
- (1) Cette ouverture n’existe pas dans le modèle exposé, mais elle me paraît nécessaire, et il est toujours possible de l’y pratiquer.
- Travail aux laveuses. — L’appareil est empli au tiers des étoffes à rincer; une quantité de benzine, suffisante pour les couvrir, est ajoutée ; il vaut toujours mieux en mettre plus que moins ; on n’en use pas davantage et le travail est mienx fait.
- Si l’on a une quantité suffisante de vêtements pour les classer, on commence par les blancs et on continue par les couleurs claires, les foncées, pour terminer par les noirs.
- La machine étant chargée, on lui imprime un mouvement de rotation ni trop lent, ni trop rapide. Si l’on tourne trop lentement les étoffes coulent contre les parois de la caisse et ne sont ni secouées ni retournées, si l’on va trop vite, elles se collent à ces parois, en vertu de la force centrifuge, et ne sont pas davantage agitées.
- Une bonne vitesse est de vingt à vingt-deux tours à la minute -, du reste, on sent bien les chocs se produire à l’intérieur et on règle facilement la vitesse.
- Ce traitement doit durer de dix à quinze minutes.
- Après ce temps, les vêtements sont rassemblés sur la planche-ramasseuse, quand l’appareil en possède une, sinon, on fait écouler la benzine par l’orifice du bas, et dans les deux cas, on les laisse égoutter dans l’appareil même dix minutes.
- Si l’on opère avec une branlante, le sens du mouvement seul diffère, et il n’est pas ainsi nécessaire de régler l’impulsion ; huit à dix doubles oscillations par minute sont néanmoins une vitesse convenable.
- A la sortie des tissus, on procède à une nouvelle charge de la laveuse en se servant de la même benzine, si elle n’est pas trop noire et grasse, et en remplaçant la quantité retenue par les étoffes. Quand elle est trop chargée, on la change entièrement.
- Tant qu’on a de la benzine provenant des bains de rinçage dont il va être question, on l’utilise dans la laveuse.
- Les vêtements sortis de l’appareil sont aussitôt rincés dans un bain de benzine propre, ou mieux dans deux .
- Ces bains sont dans des baquets doublés de zinc. Ou procède rapidement, plutôt par lissage que par foulage, et pièce par pièce ; un simple pressage dans la main et le brossage des parties sales que n’aurait pas détachées la benzine, constituent la manipulation.
- Les maisons qui font "les empleins pour confrères, ne font guère la visite préalable des vêtements, qui est toujours un travail assez long, mais elles rincent en quatre nouvelles benzines apres l’emploi de la machine.
- Que l’on fasse un, deux ou quatre rinçages, les vêtements à peine égouttés sont immédiatement portés dans une essoreuse à mouvement rapide, et essorés dix minutes. Ou recueille, bien entendu, la benzine qui sort de l’essoreuse.
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- On sèche ensuite soit en plein air pendant l’été, soit dans une pièce chauffée de AO à 50 degrés et munie de courants d’air.
- Travail au baquet. — On se sert d’un baquet, ou d’une auge doublés de zinc, comme ceux des rinçages -, on y établit un fouloir, et les étoffes battues, visitées, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, y sont foulées comme si l’on opérait au savon, cinq minutes de travail suffisent.
- Après quoi, on termine par les rinçages, l’essorage et le séchage, semblables à ceux qui suivent le travail aux laveuses.
- Pour ces deux procédés, l’essoreuse est indispensable.
- Travail à l’éponge. — Il est aussi un moyen plus défectueux encore que le précédent ; c’est le procédé à l’éponge.
- C’était le premier employé ; il est justement abandonné à cause de sa lenteur, de la main-d’œuvre très longue et de la forte consommation de benzine qu’il entraîne. Si j’en parle, c’est pour des cas exceptionnels : par exemple, pour une maison ne faisant pas elle-même ses empleins, et devant rendre du jour au lendemain, une pièce pressée.
- Ce précédé n’est bien pratique que pour les morceaux plats, et ne peut guère s’employer que pour les soieries.
- L’étoffe est étalée sur la table garnie de zinc ; avec une éponge imbibée de benzine, on la lave sur les deux côtés ; on l’essuie vivement avec un linge propre, puis on la saupoudre entièrement de plâtre fin qu’on y étend avec une brosse douce.
- Quand l’étoffe et le plâtre sont bien secs, on bat fortement dans les mains, on brosse partout l’endroit et l’envers, puis on passe à la mie de pain également des deux côtés; cette dernière opération sur une table garnie d’une couverture ou d’un drap plié en quatre.
- Par ce moyen, on n’a pas besoin d’essoreuse, mais on voit combien il est long et restreint dans ses applications.
- Visite finale. — Les nettoyages à sec faits aux laveuses, au baquet ou à l’éponge laissent encore des taches poisseuses, provenant principalement de sucreries et sur lesquelles la benzine n’a aucune action.
- Ces taches sont touchées avec de l’eau pure contenant un pcu d’alcool, puis recouvertes de plâtre pour éviter les cernes, époussetées après sèche, et frottées à la mie de pain s’il reste un peu de blancheur sur l’étoffe.
- Remarquons en passant, qu’il faut être très Prudent sur l’emploi de l’alcool pour les tein-tes aux anilines, qui déteignent facilement s°us ce dissolvant. Pour ces couleurs, on emploiera seulement un tiers d’alcool pour deux tiers d’eau.
- Les bains de benzine ayant très peu modifié es tissus, leur apprêt peut se faire par des ^cyons simples ; un léger coup de fer ou un Passage des morceaux plats au cylindre à eutre sans fin, suffisent le plus souvent.
- Mais il est des étoffes nettoyées à sec, et tellement chargées de taches poisseuses, telles que des robes d’enfants, qu’un détachage partiel à l’eau ne suffit pa3. Si ce sont des lainages, on les foule sur un bain de panama, puis sur un rinçage, on pique, on gomme et on apprête. Les soieries qui sont rarement très tachées, seront dans tous les cas, détachées partiellement.
- Enfin, il pourra rester ce que j’ai appelé des « taches spéciales » : peinture, encre, produits chimiques, etc., etc.; il est entendu que nous les verrons à la fin des nettoyages.
- Emploi des vieilles benzines.
- Dans la première partie de. cet ouvrage (1868, p. 38 et 53), j’ai parlé du choix des benzines à employer, et de la Revivification des benzines salies \ je n’aurais pas à y revenir si, quant à ce deuxième point, il ne s’était produit une nouveauté intéressante à signaler.
- Il s’agit du « clarificateur à benzine » breveté par M. T. Henri, teinturier, lequel appareil figure à l’Exposition de 1889, et est représenté par la fig. 61, ci-jointe : (1)
- Fig. 61. — Clarificateur à benzine.
- La distillation est le seul moyen de régénérer complètement la benzine salie, mais il ne faut pas songer à installer ce travail dans nos ateliers.
- J’ai indiqué, comme procédés abordables mais non parfaits, les lavages à la soude ou à l’acide, mais encore il faut que la benzine ne soit pas trop grasse, sans quoi, le tout se prend en un magma savonneux dont il est impossible ensuite de séparer la benzine.
- Le clarificateur Henri agit à froid et sans agitation -, de plus son travail est continu.
- Il est formé de deux réservoirs superposés, en tôle galvanisée, montés sur un support en fer forgé.
- Le réservoir supérieur est aux trois-quarts empli d’un mélange filtreur et absorbant, que
- (1) Cet appareil a fait l’objet d’une description spéciale, à titre de nouveauté, dans la Revue de la Teinture du 25 juin ; mes « causeries » étant un travail suivi, indépendant des autres articles du journal, je dis tout ce qui me paraît nécessaire a cette étude méthodique, sans me préocouper si je fais des répétitions.
- doit traverser la benzine souillée introduite par le haut.
- Un tube à robinet la fait arriver au bas du réservoir inférieur en partie rempli d’un liquide épurateur, dont la composition est le secret de l’inventeur. En vertu de son poids spécifique moins élevé, elle traverse ce liquide et vient se placer au-dessus de lui ; pendant ce trajet, elle en a subi l’action ; elle peut alors être recueillie à peu près clarifiée par le robinet placé en haut de ce réservoir inférieur.
- La benzine qui en sort est à peu près blanche (légèrement jaunâtre), et elle est assez dégraissée pour pouvoir servir au premier lavage des empleins et même sux rinçages; c’est donc tout ce qu’il faut.
- Le mélange filtreur et le liquide épurateur doivent être remplacés à un certain moment; cela se fait sans difficulté.
- Pour le teinturier-dégraisseur, cet appareil résout la question de la revivification des benzines.
- Savon-Benzine-.
- C’est le moment de dire ce qne je pense d’une préparation dite « Savon-Benzine » proposée par ses inventeurs, M. Paquereau, teinturier et Homo, droguiste, pour améliorer les nettoyages à sec, notamment les blancs.
- Voici, d’abord, d’après le brevet, la compo-
- sition de ce savon :
- Savon mou diaphane.................... 1 kil.
- Huile de palme décolorée.................. 1 —
- Huile d’oléïne.......................... 100 gr.
- Benzine cristallisable.................. 200 —
- Ce savon est une pâte blanche assez molle, qu’on peut arriver à délayer dans de la benzine.
- Les auteurs indiquent comme suit, le mode d’emploi :
- Bain de foulage.
- A préparer pour 5 kil. d’articles blancs, représentant une moyenne de 12 à 15 pièces, tels que : Robes d’enfants, Corsages, Polonaises, Jupes, etc., et, en général, pour tout Article clair.
- Dans un bain de b à 8 litres de Benzine faire dissoudre de 80 à 100 grammes de Savon-Benzine par litre de Benzine.
- Opération :
- 1° Passer dans un bain de trempage ;
- 2° Fouler dans un bain préparé comme ci-dessus -,
- 3e Brosser les parties sales qui auraient résisté au foulage ;
- lx° Rincer dans un bain de Benzine propre ;
- 5» Essorer, etc.
- En principe, les savons dégraissent en émulsionnant les corps gras ; pour émulsionner, il faut de l'eau ; cela est une règle absolue ; or du savon dissous dans un liquide autre que l’eau est inévitablement sans action.
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- En pratique, c’est bien ce qui a lieu avec le « Savon-Benzine » : quelques confrères de Paris m’ont dit n’en avoir obtenu aucun avantage spécial, et que de plus il reste aux étoffes une odeur qui, sans être bien désagréable, constitue une imperfection du procédé. Cela est conforme à mes expérimentations personnelles.
- 11 y a donc à se bien pénétrer que le dégraissage au savon et celui à la benzine sont basés sur deux actions bien distinctes ; que les deux ne peuvent se confondre en une seule opération, et qu’un savon sans eau est complètement inerte. Plusieurs dégraisseurs ont rêvé de réunir ces deux actions; c’est théoriquement impossible.
- Enfin, d’après sa composition même, le « Savon Benzine » n’est pas un savon, car il contient une forte quantité de corps gras non saponifiés ; aussi remarque-t-ûn qu’à la main, cette pâte graisse, et que l’eau ne la fait pas mousser. Ce n’est donc qu’un nouveau corps gras qu’on ajoute au bain de foulage.
- Pour clore ce chapitre des nettoyages à sec, je reviens à la recommandation qu’on ne saurait trop répéter : En maniant les benzines, prenez garde au feu !
- Maurice GUÉDRON
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- LE CONGRÈS
- Sur l’intervention des pouvoirs publics dans le contrat du travail.
- Depuis plusieurs années, il s’est produit dans le monde entier un mouvement qui tend presque partout à augmenter les droits et l'action des pouvoirs publics.
- On voudrait voir l’Etat, les provinces, les départements, les villes intervenir pour exercer une protection efficace contre les risques auxquels est exposée la nature humaine.
- Dans un régime où la protection toute puissante de l’Etat est réclamée en toute occasion, le principe de l’intervention des pouvoirs publics en faveur du travail manuel rencontre forcément de nombreux adeptes.
- Aussi dans beaucoup de pays, l’intervention officielle dans le contrat de louage, dans les problèmes du salaire est, en quelque sorte, à l’ordre du jour. Les masses laborieuses ont le désir naturel d’accroître leur bien-être et certaines personnes croient pouvoir donner satisfaction à ce désir en réclamant pour l’Etat et les villes la faculté de résoudre, plus ou moins arbitrairement, les questions si diverses qui concernent le travail.
- Il est permis de se demander si l’intervention des pouvoirs publics, en ces matières, est utile, si elle est profitable à celui qu’elle cherche à protéger, si elle ne compromet pas la richesse générale, enfin, si elle n’est pas de
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- nature à porter atteinte à l’activité même et au bien-être de la masse laborieuse.
- C’est pour examiner tous ces problèmes, qu’un congrès s’est réuni au Cercle populaire de l’Esplanade des Invalides, sous la présidence de M. Léon Lonnat. assisté de MM. Bertrand, Léon Bourgeois, G. Villain, Massip et Marmottan.
- Des communications ont été faites par MM. Neubourg, avocat à la cour d’appel de Paris ; Chépié, député du Rhône ; Gruhier, membre de la Société d’économie populaire, Bertrand, président du syndicat des entrepreneurs du bâtiment ; Georges Villain, publiciste -, Saint-Martin, conseiller municipal ; Léon Bourgeois, ancien sous-secrétaire d Etat ; Pa»l Beurde-ley, maire du huitième arrondissement ; Veys-sier, publiciste, et Louvot, membre de la Ligue des consommateurs et des contribuables.
- La limitatkon de la journée de travail pour les enfants et filles mineures, pour les hommes adultes $ la série des prix établie pour les travaux publics ou privés, le rôle des conseils des prud’hommes, des Bourses de travail, l’interventiwi des pouvoirs dans les grèves, les subventions aux grévistes, la responsabilité patronale, telles ont été les principales questions abordées.
- Il est à noter qu’elles ont été résolues dans un sens diamétralement opposé à l’esprit qui inspire les actes du conseil municipal de Paris, et que c’est, en thèse générale, la liberté de l'offre et de la demande qui a prévalu.
- SUR L’INCONVÉNIENT
- de mettre de la céruse dans les dentelles,
- par M. Ph de Clermont
- Pendant les vacances de l’année dernière, je me trouvais au fin fond de la province, et comme on savait, dans mon entourage, que j’étais tant soit peu chimiste, on vint un jour me consulter sur un cas de toilette assez extraordinaire. On me présenta un magnifique corsage en satin blanc tout avarié ; sur toute sa surface s’était imprimé en noir le dessin de dentelles qui y avait été appliqué.
- J’obtins un échantillon du satin et un autre de la dentelle ; comme quelqu’un de la maison avait pris un bain de Barèges dans la journée, je les trempai l’un et l’autre dans ce liquide. Le satin ne fut en aucune façon changé et conserva sa blancheur ; mais la dentelle eut tous les dessins de tulle noircis ; j’avais affaire à une dentelle fortement chargée en céruse, et l’explication du malheur était trouvée.
- Voici ce qui s’était passé ; sur le satin blanc de la robe, on avait cousu la dentelle : c’était du point d’Angleterre ; la robe et la dentelle n’avaient été portées qu’un seul jour ; ensuite on l’avait mise dans une malle sans détacher la dentelle. Cette malle avait été déposée dans un endroit humide et exposée aux émanations d’acide sulfhydrique. La céruse dont était chargée la dentelle s’était imprimée et fixée sur le satin blanc ; sous l’influence de l’hy-
- drogène sulfuré, il s’était formé du sulfure de plomb qui était resté sur le satin et l’avait taché. Chose curieuse ! c’était surtout le tul. le constituant le dessus de la dentelle qui était chargé de céruse ; le fond était imprégné de beaucoup moins de sel de plomb.
- La personne qui avait acheté la dentelle fit des réclamations chez le marchand ; la chose en valait la peine, car on avait payé 1,800 francs. On lui répondit qu’on était prêt à échanger la dentelle, mais que toutes elles se trouvaient dans le même cas, que toutes elles étaient chargées de céruse, et que c’était là une pratique constante du commerce, grand et petit.
- Je me suis procuré depuis d’autres dentelles, dites point d’Angleterre ; chez un grand nombre j’ai constaté des sels de plomb.
- L’addition de la céruse aux dentelles me paraît un usage fâcheux ; non seulement les dentelles peuvent facilement noircir, mais il ! est certain aussi que des dentelles de cette nature, appliquées pendant quelque temps sur la peau, peuvent donner lieu à une absorption de matière vénéneuse et causer une véritable intoxication saturnine.
- L’accident que je signale devrait ouvrir les yeux aux acheteurs qui, avant de payer beaucoup d’argent pour des dentelles et avant de conclure le marché, feraient bien de s’assurer de l’absence complète de la céruse.
- Dans l’espèce, la robe était perdue, et les dentelles sont restées suspectes. Je n’ai pas osé conseiller un traitement à l’acide acétique, car on sait que, par le nettoyage, les dentelles perdent beaucoup de leur valeur et de leur éclat, et ce nettoyage en lui-même est une opération très délicate et coûteuse.
- BOMBYX TEINTURIER
- Tel est le titre sous lequel M. P. Noth publie, dans une revue d’éducation, l’article suivant :
- Les savants de profession n’ont pas fait la science à eux seuls. Combien de découvertes sont dues à des femmes et à des ouvriers ! En voici une qui aurait des écoliers pour auteurs: des écoliers des deux sexes. 11 ne s’agit de rien moins que d’économiser dans la fabrication de la soie la totalité des frais de teinture. Comment? En faisant produire au ver du bombyx une soie naturellement colorée. Un membre de la Société d’acclimatation, M* Mignot, rapportait, il y a quelques années, qu’étant en pension et ayant fait de son pupi' tre une magnanerie, il avait vu les vers nourris de feuilles de vigne, faute de mûrier, produire des cocons rouges. On s’empressa de renouveler l’expérience, mais, comme elle ne donna point d’autre résultat que la mort de tous les vers mis au régime de la vigne, on en conclut que c’était le seul qu’elle pût donner. Comment supposer, en effet, que des expérimentateurs barbus n’avaient point su répéter ce qu’un expérimentateur imberbe aval
- su faire ! que deviendrait l’autorité ? L’affaire en resta là.
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- Or voici qu’une dame, Mme Sauvenay, assure avoir, elle aussi, mené à bien dans son enfance, de ces cocons rouges, et non seulement elle, mais plusieurs de ses compagnes de pension.
- Mieux encore, un troisième observateur, M. Ruinet de Taillis, ne se borne pas à attester la réalité du fait controversé et à qualifier de « magnifique » la couleur rouge ainsi obtenue, et il ajoute que les vers nourris de laitue produisent une soie d’un vert émeraude foncé.
- R sait cela par de nombreuses expériences qu’il a faites, étant enfant, de concert avec ses camarades :
- « La feuille du mûrier nous manquant souvent, nous avions recours, raconte-t-il, à tous les végétaux. »
- R reconnaît, d’ailleurs, que bien peu devers résistaient à ce régime ; mais peut-être la mortalité eût-elle été moindre dès la seconde génération, si on eût employé les survivants à la reproduction, ce qui n’a pas été fait.
- Enfin, M. Delidon, de Saint-Gilles (Vendée), apporte un dernier et décisif témoignage et non seulement il confirme ce qui précède mais il y ajoute; non-seulement il y a eu des cocons rouges et des verts, mais il y en a eu, les uns d’un beau jaune, les autres d’un beau violet, etc. ; ces différences de coloration répondant à des différences de nourriture.
- R a, à la vérité, lui aussi, constaté une grande mortalité parmi les vers soumis à ces divers régimes ; mais, par contre, il a trouvé le moyen d’y mettre obstacle, et cela en commençant par nourrir ses élèves avec de la feuille de mûrier. Ce n’est qu’une vingtaine de jours après le coconage qu’il donne aux uns de la feuille de laitue cultivée, aux autres des feuilles d'ortie blanche, etc... suivant la couleur qu’il veut leur faire prendre.
- Le diable, c’est que ces bombyx savants ne travaillent que pour la jeunesse des écoles, ne réussissent leurs diverses colorations que dans la profondeur des pupitres.
- En réalité quelques vers à soie robustes Peuvent par exception et pendant 2ou 3jours, au début de l’éducation, se nourrir de feuilles de laitue, de vigne ou de rosier ; mais il est Impossible de conduire une éducation à bonne Un avec ces aliments et si, par extraordinaire, Quelque cocons colorés étaient obtenus, la reproduction de leurs vers ne pourrait avoir Heu.
- Il n’y a rien de pratique dans cette teinture Naturelle, mais, au point de vue scientifique, *e problème est assez curieux pour donner tau à des expériences sérieuses qui seraient aussi faciles que peu coûteuses.
- Quoiqu’en disent les expérimentateurs tout eeia est jeu d’enfants, et nous savons que les s°>es colorées sont plutôt un désagrément lu un avantage pour l’industrie.
- Renseignements commerciaux
- SOCIÉTÉS
- HOUEN. —Modification de la Société en Olïmoandite G. Delescluze et Gie (blanchi-
- ment des canettes et bobines de coton far procédé breveté) à Maromme, dont se retirent MM. Masurel-Leclercq et Roussel-Masu-rel, commanditaires, en cédant leurs parts à M. Grulois, teinturier, à Roubaix, qui devient également commanditaire. — Acte du 18 mai 1889.
- ELBEUF. — Dissolution à partir du 30 juin 1889, de la Société Grémont et Cornu (apprêts des draps) rue de la République, 38. Liquid. : M. Orémont. — Acte du 28 juin 1889.
- FAILLITE
- PARIS. — La Société O. Duforest et Cie, teinturiers, boul. Voltaire, 81, composée de Oscar Duforest et d’un commanditaire. — J.-C. : M. Aucoc. — S. : M. Ozéré.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Armand (M,ne) Renier. Matériel blanchisserie r. Tombe Issoir*, 15
- Bienaimé. Specty. Teinturerie à Meaux.
- Tytgat. N. Teinturerie r. de Pro-
- vence, 4.
- Chalet (dlle). Mardon. Resil, teinturerie, b.
- Beaumarchais.
- Idem. X. Teinturerie boulevard
- Beaumarchais, 16.
- Courtiller. X. Teinterie r.d’Enghien,
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Ga-èves. — Depuis notre précédent numéro ils’est produit une nouvelle grève à Ttnzy, celle des ouvriers de la maison Poizat-Coquart, Cette grève a été causée par un petit fait prouvant que les rapports ne sont pas des plus amicaux entre patrons et ouvriers dans les usines de cette ville.
- La maison Poizat Coquart a renvoyé un ouvrier arrivé en retard pour son travail. Or, comme l’ouvrier en question avait été délégué de ses camarades lors de la dernière grève générale, ses camarades virent dans cette expulsion l’effet d’une rancune, et, faisant cause commune avec lui, déclarèrent qu’ils ne reprendraient le travail que si la maison repre riait l’ouvrier expulsé.
- — En Autriche les ouvriers des industries textiles de Biünn, demandent une augmentation de salaire de 20 0/0 et une réduction des heures de travail à 9 heures. La grève a pris fin le 11 courant, sauf dans deux ou trois établissements.
- Un eaimrd. — Une dépêche de Genève avait annoncé et les journaux avaient répandu cette fausse nouvelle, quo M. Buffaud, constructeur-mécanicien à Lyon, membre du Jury de l’Exposition, (classe 58, appareils à teinture) venait d’avoir un duel avec M. Curvillat et que celui ci avait été blessé. M Buffaud prie de démentir cette nouvelle, qui ne repose sur rien d’exact ; il assure, au contraire, qu’il n’a eu qu’à se féliciter de la sympathie de tous ses collègues du jury et de la courtoisie des exposants.
- -o—
- Incendie. — Un incendie considérable s’est déclaré à Roubaix dans la filature de MM. Masurel frères, rue de Wailiy.
- Le feu a envahi la cave d’une superficie de 700 mètres, et bondée de marchandises.
- Les dégâts sont évalués à 150,000 fr. et sont couverts par des assurances.
- La teinturerie en Allemagne. —
- Un document consulaire nous fournit les indications suivantes sur les industries de la teinture à Berlin, en 1886.
- C’est déjà de la vieillehistoire, mais la critique générale qu’on peut adresser aux communications des consuls, c’est d'être toujours trop tardives, et par conséquent, de manquer d’à-propos.
- Voici cet extrait du rapport :
- « Les teintureries de laine à Berlin, ont été amplement occupées du commencement à la fin de l’année, sans qne même la hausse rapide du prix des filés ait amené un ralentissement.
- « D’où il faut conclure que les besoins s’étaient accrus, et que les filés et les tissus teints sont passés immédiatement dans la consommation. Les fi s à broder, spécialement d’origine anglaise ou allemande, aimi que les fils dits perlés, ont été livrés à la teinture en plus grande quantité que jamais. R a été estimé qu’environ 4 millions de kilog. de fils de laine ont passé par Lis 15 teintureries de laine de Berlin , cette quantité se composait de fi's de laine peignée, de fils de zéphyr, fils à broder, fils de chaîne, fils de mohair, fils de laine cardée et filés de Shoddy.
- « En ce qui concerne l’industrie de l’api pr êt à Berlin, l’année 1886 peut être considérée comme bonne au point de vue du travail qu’elle a donné. Le travail a été un peu languissant, il est vrai, dans les premiers mois, ce qui a provoqué de nouvelles réductions de prix; mais en mars, les affaires ont repris et se sont accrues dans une telle proportion qu’il a été à peine possible, pendant l’été, de venir à bout des commandes, même avec augmentation des heures de la journée de travail et un travail de nuit.
- « Comme dans les dernières années précédentes, la fabrication du tricot a donné beaucoup d’occupation aux apprêteurs de Berlin et a pleinement compensé les lacunes causépspar la décadence des divers articles de doubles t>
- Ce document est vieux, avons-nous dit; nous croyons savoir qu’en ce moment, il y a du ralentissement en Allemagne dans l’industrie lainière et par conséquent dans les teintureries qui en dépeudent.
- —o—
- CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
- Exjposltloaa nasalvei’selle de 188®.
- La Compagnie d’Orléans vient de faire connaître à M. le ministre des travaux publics que, pour faciliter aux populations industrielles desservies par son réseau l’accès de lE’x-position universelle, elle accorde une réduction de 50 0/0 sur les prix du tarif ordinaire aux Comités départementaux, municipalités, chambres de commerce, chambres syndicales et patrons, pour le transport des ouvriers et contre-maîtres qu’ils voudraient envoyer à leurs frais à l’Exposition, à la condition que ces ouvriers voyagent, à l’aller et au retour,
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- par groupes de quatre au moins. La durée de leur séjour à Paris ne sera nullement limitée. Les Comités, municipalités, chambres de commerce, chambres syndicales et patrons, qui voudront profiter de cette réduction, devront adresser une demande au directeur de la Compagnie, en mentionnant les noms des ouvriers et contre-maîtres pour lesquels devront être établis des bons de réduction.
- CHEMIN DE FER DU NORD
- A l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, la Compagnie du Nord délivrera aux Exposants, sur la justification de leur qualité, pendant la période du 1er mai au 31 octobre, des cartes d’abonnement de trois mois, à prix réduits pour les parcours supérieurs à 50 kilomètres.
- Les abonnements partent des 1er et 16 de chaque mois et doivent être demandés cinq jours à l’avance.
- Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- BILLETS D’ALLER ET RETOUR
- de toute classe.
- Depuis le 1er mai, il est délivré :
- 1° A Paris pour toutes les gares du réseau P.-L.-M. et réciproquement.
- 2° A Lyon et à Marseille pour les gares P.-L.-M. situées dans un rayon de 400 kilomètres autour de ces deux villes et réciproquement, de? billets d’aller et retour comportant une réduction de 25 0/0 sur les prix du tarif général.
- —o—
- Mariage. — Noué avons le plaisir d’annoncer le mariage de M. Louis Poulain, fils de M. P. Poulain, pulvérisateur de produits de droguerie. Notre jeune confrère épouse MUe Louise Royer, dont le père, M. Emile Royer est un important négociant en papeterie scolaire.
- Nous présentons nos meilleurs vœux au futur ménage, que les deux honorables familles unissent le 18 Juillet courant, à l’Eglise St-Severin, midi précis.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- MARSEILLE
- Cire jaune. — Arrivages de la semaine, 7.000 k. Ventes de la semaine et expéditions, 7.000 kil. Stock, 50.000 kil.
- On cote: Algérie, 130 à 135 fr.; Maroc, 115 à 130 fr.; Mozambique, 125 à 130 fr.; Sénégal, 112.50 à 115; Madagascar, 110 fr.; Levant, 145 à 170 fr. Les 50 kil., escompte 4 0/0. Provence, 2.50 le k. sans escompte. Emballage compris, tare nette.
- Drogueries de teinture. — Bois de Campê-
- che (Laguna).......F. 17. — à 18. —
- (Guadeloupe)......15. — 16
- Bois jaune (Maracaïdo).. 10. — à 11 100 kil.
- »deFustetdeSalonique 11. — à 12 Cachou noir, iro marque. Etoile B... 80. —
- » * marque. S K G... 70. —
- Cochenille argentée.........2. 10 à 2.45
- » grise.............2.70 à 2.45
- » zacatille naturelle.. 2.05 à 2.40
- » noire extra.......2.25 à 2.60
- Curcuma Bengale.............23. — à 24. —
- » Cochin en boule... 15.— à 16
- » Madras............19. — à 21
- Galles de Chine.............145. — à 155
- Prussiate jaune de potasse. 170. — entrepôt.
- Indigos. — Cours au 1/2 kilog.
- Madras, beau coloré, tendre léger.F. 5. — à 5.50 » très bon coloré................4.— 4.75
- » bon coloré................ 3.25 3.75
- » moyen et ordinaire....... 2.80 3.—
- Kurpah, fin violet, pâte pure.... 5.50 6.—
- » bon violet mélangé........ 4.75 5.—
- » moyen violet mélangé...... 3.75 4.50
- » Pondichéry................ 2.80 4.—
- Bengale beau et fin violet........ 7-75 8.25
- « fin violet rouge.......... 7.50 7.90
- » bon violet et moyen....... 6.75 7.25
- Java surfin violet à ün........... 8.75 9.75
- » fin violet à beau......... 8.25 8.75
- » très bon violet à bon..... 7.50 8. —
- Savons. — Marseille. Le garanti sans mélanges, blanc à l’huile d’olive, se cote de 65 à 70 fr. suivant marque. L’unicolore, blanc extra pur de 54 à 62 fr.; les mélangés, première qualité, pâle ou vif de 38 à 39 fr.; savon noir, première qualité, 40 fr.; savons marbrés roses et bleus 39 à 40 fr.; savons mous supérieurs 34 à 36 fr. Conditions de Marseille.
- Soufres. — Sublimé ou fleur, chimiquement pur, 16 à 47 fr.; raffiné (trituré Candi), 14 à
- 14.50 ; trituré (garanti 97 0/0 de soufre pur),
- 12.50 ; canons, 13.50 à 14 fr.; coulés et candis, 14 fr.; soufre phéniqué, 25 fr. Le tout les 100 kil., franco quai ou gare Marseille.
- Bruts, deuxièmes courantes, 9.50 ; troisièmes belles, 9 fr.; troisièmes courantes, 8.75. Coût, fret Marseille en vrac par chargements complets.
- BORDEAUX
- Alcools. — Les 3/6 Languedoc 86° valent en disponible 105 fr. l’hect., logé. Affaires nulles, malgré l’abondance du stock.
- Les 3/6 fins Nord 90° se cotent, savoir :
- En disponible, 47 fr.; août et septembre, 47 fr. 50; d’octobre en avril, 46 fr. Affaires rares.
- Les extra-fins font 2 fr. de prime par hectolitre.
- Les 3/6 neutres français valent, suivant qualité, de 68 à 73 fr. l’hect., logé.
- Tartres bruts. — Depuis nos derniers avis, la demande a encore augmenté d’activité. Les prix payés sont toujours inchangés. On a payé la marchandise titrant 65 à 70° fr. 1 70 à 1 75 le degré.
- Essence de térébenthine. — Grâce aux avis peu favorables du dehors, le cours de cet article a encore baissé de 1 fr. durant la semaine écoulée. Il est arrivé 459 pièces essence qui ont obtenu fr. 68.
- Pour l’expédition, on a traité quelques petites affaires de fr. 72 à 73. Le tout les 100 kil.
- Dax, 6 juillet — Essence de térébenthine : Cours 63 fr., 3 fr. de hausse. — Apports, 62,000 kil.
- Indigos. — Depuis notre dernier bulletin les affaires ont augmenté d’activité.
- On a traité 22 surons Guatemala, à prix secret.
- Via le Havre, par vapeur Marguerite-Fr an-chetti, nous avons reçu 50 surons indigo.
- Cours du mois : Bengale, du pair de 1 fr. 60 à 1 fr. 80 de rabais : Kurpah Kuddapah, de 1 fr. 75 à 1 fr. 85 de rabais: Kurpah Pondichéry, de 1 fr. 10 à 1 fr. 20 de rabais : Madras bon, de 60 à 80 c. de rabais : Madras moyen ordinaire, de 1 fr. 10 à 1 fr. 20 de rabais ; Guatemala, de 1 fr. 65 à 1 fr. 90 de rabais ; Guatelaque, de 1 fr 50 à 1 fr. 70 de rabais ; Caraque, de 90 c. à 1 fr. de rabais, Le tout sur les estimations.
- Rocou. — Depuis longtemps, la demande pour cet article est nulle sur place.
- Via Saint-Nazaire, par vapeur Morbihan, il a été importé 2 fûts rocou Guadeloupe qui sont invendus.
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- LONDRES
- Bois Calliatour. — Contiue à manquer. Sapan Manille — 14 tonnes qualité fraîche ont réalisé frs 135 à Liverpool.
- Cachou brun. — Presque aucun changement à signaler. La demande a été modérée, et il n’a guère été mis de lots nouveaux sur le marché, sauf 500 caisses de la marque M P en masse, caisses bien conditionnées en toile, I qualité loyale, à frs 66. A livrer, nous offrons ! 250 caisses Etoile B Vapeur Mai-Juin à frs 67. Jaune (Gambier) — a continué à hausser, sous l’influence d’une demande régulière, et des petites quantités actuellement flottantes : il se trouve en route (avisé jusqu’au 23 Avril) pour Londres 583 tonnes, pour Hambourg 100 tonnes, pour Marseille 793 tonnes. Le marché clôture à frs 72 pour disponible ou déchar-I géant, de frs 68 à 67.50 pour vapeur Juin-Août. En cubes — est aussi devenu bien rare et plus cher.
- Cochenille. — Est resté sans changement notable, mais avec un bon courant d’affaires. En ténériffe noire, nous offrons 19 sacs qualité loyale au bas prix de frs 260 à frs 270, en simples sacs.
- Curcuma Bengale.— A baissé ; on vient de vendre 700 sacs à parité de frs 25. Madras.
- — La demande a été plus active qu’aupara-vant, mais les prix sont restés modérés ; nous offrons Racines bonnes à fines de frs 22 à frs 23, moyennes à frs 21 ; Bulbes à frs 20.
- Myrabolans. — La position de l’article est sans changement. Nnus avons sur le marché un fort bel assortiment aux prix les plus réduits que nous ayons jamais vus.
- Noix de Galle Bussorah. — Les prix ont continué modérés; nous signalons quelques ventes en noires de frs 143 à frs 145 ; vertes de frs 127 à frs 130; blanches à frs 112, auxquels prix l’article mérite attention. De Chine-
- — Ont rencontré par contre une forte demande ; la valeur a donc un peu augmente, et clôture à frs 163 pour bonne qualité disp®' nible.
- Safranum Bengale. — Est obtenable à des prix extrêmement bas ; AA, de frs 212 à u 225, A, de frs 162 à frs 175; B, de frs 150 <* à frs 158; C, de frs 138 à frs 145.
- Le Gérant : F. GoUILLûn.
- Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardean«s)'
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- LA REVUE DE
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- *“ Année, fl* H. ET DES COLORATIONS
- INDUSTRIELLES
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- 23 Juillet 1889.
- AVIS A NOS ABONNÉS
- L'étendue des matières que nous avons a publier, nous oblige à augmenter le volume des livraisons de la Revue de la Teinture.
- En élargissant notre cadre, nous devons aussi augmenter le prix des abonnements, qui sera désormais de 15 fr. pour la France et de 48 fr. pour l'Etranger.
- Il est bien entendu qu'il ne sera rien changé, pour l'année courante, aux abonnements en cours ou à ceux déjà souscrits pour le second semestre de l'année.
- Les abonnements pour l’année courante complète (remontant au 1er janvier 1889y seront encore reçus à 40 fr. pour la France, et 12 fr : pour l'Etranger.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur.
- — Le noir d’aniline. — Le rouge de St Denis.
- — Note sur la théorie de la teinture. — La production outrée en Italie. — Revue sommaire des brevets d’invention. — Métier à rames Continues.
- Procédés divers : Teintes azoïques directes ; Blanchiment du coton par l’eau oxygénée; Teintes diverses sur laine ; Apprêts sur tissus de coton.
- — Causeries confraternelles sur l’art du tein-tui ier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Brevets d’invention. Adjudications. — Renseignements. — Informations et Faits divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- 11 paraît que l’accord est difficile entre les patrons et ouvriers teinturiers en peaux de Grenoble.
- Au mois de décembre dernier, nous Parlions d’une grève qui s’était produite ^ans l’un des établissements de cette ville, et qui menaçait de s’étendre dans t°ute l’industrie de la teinture en peaux, ciui est une spécialité importante de Grenoble.
- Le différend portait sur une nouvelle combinaison de tarifs proposée par les Patrons ; diminution sur les noirs, augmentation sur les couleurs.
- Un mois après une autre grève éclatait parmi les ouvrières de la même procession, dans un établissement important de Paris, M. Tissier, pour desques-tlQns de réglementation et était soutenue Par toute la corporation des mégissiers Paris, Gentilly et St-Denis.
- Ces grèves se sont conciliées, mais il paraît qu’il est resté un levain de discorde à Grenoble, qui vient d’aboutir à une nouvelle cessation de travail. Nous en faisons connaître les circonstances à nos « Faits divers »
- Il est d’autant plus désirable qu’une solution favorable intervienne que la teinture des peaux tient en échec toute l’industrie de la ganterie, comprenant à Grenoble environ 25.000 ouvriers.
- Quant aux tissus, la situation morale et matérielle de leur industrie est, en général, satisfaisante ; les lainages et les soieries principalement.
- Les affaires à Elbeuf, qui avaient un peu faibli en juin, ont repris sensiblement pendant ce mois, les consommateurs sont arrivés à subir la hausse devant laquelle ils s’abstenaient d’abord.
- A Fourmies, la consommation n’a pas boudé, mais il fallait encore faire des prix trop bas ; maintenant, les acheteurs arrivent insensiblement aux conditions en rapport avec la valeur des filés.
- Roubaix travaille activement pour la saison d’hiver ; les commandes sont abondantes et occuperont la fabrique jusqu’au commencement de l’article d’été. Tourcoing est dans une situation analogue, et à défaut de renseignements circonstanciés, nous voyons par le mouvement de la condition publique, une activité bien évidente.
- Reims nous montre aussi par les opérations du conditionnement des laines un bon mouvement d’affaires ; nous avons déjà dit que toutes les spécialités de cette place: cachemires, flanelles et surtout mérinos, étaient bien demandées. La nouveauté est gênée, toutefois, par les maisons qui occupent les tisserands, et leur font momentanément délaisser les métiers.
- Les soieries continuent à prospérer.
- Les cotonnades ne sont pas aussi bien favorisées.
- A Rouen, les écrus et la rouennerie se vendent difficilement et mal ; l’indienne est un peu demandée mais insuffisamment. L’Algérie, qui est un débouché sérieux pour cette place, travaille à ses récoltes et ne vient pas encore aux achats. Rouen comptait sur le Ton-
- kin, mais les Anglais ont su monopoliser le commerce des cotonnades dans ce pays, et savent éluder, nous dit-on, les tarifs douaniers qui nous favorisaient.
- En toiles, l’ensemble des affaires présente peu de mouvement ; quelques achats ont été faits, cependant, àArmen-tières, Lille, Halluin.
- La fabrication de Calais-St-Pierre subit un peu de dépression : une accalmie s’est produite dans les transactions qui depuis plusieurs mois étaientactives; ce calme n’est sans doute que passager. *
- * ¥
- Puisque nous en sommes sur cette place, voyons les genres qui paraissent être demandés dans l'article dentelle.
- On fera, dit-on, un peu de tout; la mode ne semblant pas s’attacher exclusivement à un genre déterminé. St-Pierre attend d’Angleterre et d’Allemagne, des ordres en voilettes. L’Amérique va ressusciter la guipure: des ordres très importants sont venus de New-York, et s’annoncent comme devant avoir une suite. La consommation européenne reviendrait facilement à la guipure, qui a des qualités de solidité et de bon usage, fort appréciées des dames économes, qui sont certainement les plus nombreuses.
- Les tulles etles dentelles n’ont jamais joué peut-être un aussi grand rôle dans les toilettes.
- Le crêpe, anglais, le fin cachemire, l’éolienne de popelinette et crêpe de Chine, les dentelles, surtout la grenadine, le foulard, la batiste, tout cela constitue le fond des toilettes d’été. Le crêpe anglais (que l’on fabrique en France) se fait de toutes nuances et s’emploie maintenant pour robes. La mousseline de laine à fleurs, le pongée, la cretonne, la mousseline de soie, la gaze, constituent encore les tissus d’été.
- Les plus nouveaux dessins ne sont plus fond clair à dessins bruns, mais fond clair à dessins madras et Pompa-dour.
- Le tulle grec, à gros réseaux desoie noire ou de soie écrue, semé de pastilles ou de croissants, sont employés pour jupes blanches.
- On orne les robes blanches et toutes les nuances pâles de dentelles et d’entre-deux noirs.
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- Nous remarquons en impression, des dispositions nouvelles pour robes en mousseline laine ; ce sont des sujets-formant épaulières, écharpe ou fichu croisé. On peut caractériser les nouveaux genres en disant que les dispositions s’appliquaient précédemment surtout aux jupes, et que maintenant ce sont les corsages qu’on décore plus particulièrement.
- *
- * +
- Une correspondance de Roubaix nous fait connaître les genres qui ont le plus de faveur sur cette place.
- Ce qui a surtout du succès ce sont les genres de lainage fantaisie : nous voulons parler de ceux qui se finissent par la teinture en pièces. On est arrivé, par certains effets de fils moulinés ou assemblés, à imiter parfaitement les tissus fantaisie qui se faisaient auparavant avec des matières teintes en fils. Dans ces articles, il s’est fait de jolis effets de bordures Jacquart et autres, qui sont très abordables comme prix.
- La fantaisie proprement dite n’a pas le succès d’autrefois, c’est-à-dire que l’un a en partie remplacé l’autre ; cela fera des costumes excessivement riches. Le genre coin et le mouchoir viennent aussi de faire leur apparition, mais sous une toute autre forme que ce que l’on avad présenté jusqu’ici. le costume demandera une autre façon, et la couturière expérimentée en tirera de très beaux effets.
- Occupons-nous aussi de modes pour hommes; le journal « Les Tissus » nous dit à ce propos :
- Le goût est porté vers les costumes très clairs. Aux bains de mer le blanc pur en cheviotte ou en molleton est aussi très estimé. Même pour gilet, le blanc est très admis, mais alors il est en coutil façonné plutôt qu’en lainage.
- Dans le costume habillé le gilet fantaisie conserve un certain courant. Il est vrai que l’on fait pour gilet de très jolies choses ; elles sortent du domaine de la draperie et se rapportent aux soieries.
- L’actualité y est souvent exploitée avec succès : la tour Eiffel ou les montagnes russes; tel personnage politique en vue ou les physionomies des sujets de races diverses qui forment aujourd’hui un des attraits originaux de l’Exposition universelle, etc.
- Les bandes dans les articles pour Pantalons sont toujours essayées ; on les met plus apparentes que précédemment tout en les tenant peu larges. Elles sont obtenues par des nuances plus foncées que celles de l’étoffe ou par la
- juxtaposition de divers filets en rapport avec ceux du fond. Beaucoup de dispositions se tissent sur des fonds foncés ou noirs. Quelquefois, dans ce cas, on évite de mettre des bandes ; mais, depuis qu’elles sont reprises, on utilise aussi des nuances claires que l’on double et retord avec des fils foncés pour leur donner un cachet fin.
- * *
- L’Exposition nous montre toutes ces ingénieuses créations ; notre rôle n’est pas de les décrire plus en long, mais nous n’abandonnons pas notre devoir de continuer la revue des colorations, et des machines et des couleurs qui servent à les produire.
- Pour cette fois, notre collaborateur et ami, M. Barbé a consacré son article à l’Exposition, en y apportant sa note toute personnelle, attestant un praticien consommé : nous lui laissons donc entièrement ce sujet, et nous reprendrons après lui l’étude que nous avons commencée dès l’ouverture de notre grand et mémorable concours international.
- F. GrOUILLON
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRAISSEUR
- A L’EXPOSITION
- Tout d’abord, collègues de province et de l’étranger, je vous conseille un voyage à notre belle capitale, Madame la ville de Paris est parée de tous ses joyaux et resplendisante de beauté ; ses belles parures sont, cela va sans dire, l'Exposition avec ses longues files de palais et de merveilles de toutes sortes qui y sont accumulées.
- Et la tour Eiffel qui semble pousser l’audace jusqu’à vouloir percer la calotte céleste!
- 11 ne sera peut-être pas donné à chacun de nous de contempler un pareil spectacle. Ce n’est pas seulement pour voir les produits de notre profession qu’une visite est, je dirais presque nécessaire, tout au moins des plus agréable ; c’est pour tout en général.
- Le chiffonnage.
- En ce qui concerne notre profession, il reste bien peu à glaner, là cù a passé notre directeur en chef, aussi je serai très bref à résumer mes impressions sur les articles nous concernant, c’est-à-dire l’article chiffonnage, qui y est représenté par quatre ou cinq maisons.
- La mission d’un chroniqueur devient assez délicate quani il s’agit d’apprécier les œuvres de ses collègues; aussi je ne puis m’étendre sur des détails.
- Je trouve cette exposition absolument dé-
- pourvue d’intérêt; des échantillons teints sur des tissus bien choisis, deux ou trois robes en étoffes également choisies, des salins ou ottomanes genre tissus souples qui se travaillent parfaitement ; ces articles sont confectionnés et garnis; puis exposés sur des mannequins ! Et le bon gros public toujours bon enfant, de s’extasier ; d’autres vont même jusqu’à dire : mais ce n’est pas reteint cela! j Eh bien si, c’est reteint et comme peut le faire tout teinturier connaissant son métier.
- Allez donc voir si on a exposé des laines cotons, des robes faites ou décousues, ainsi que des articles pour hommes, des objets divers que nous faisons journellement et qui auraient certainement plus de mérite que deux ou trois objets triés sur le volet !
- La teinture en neuf.
- A côté des teintures en chiffonnage, se trouve celles des tissus en flottes, elles sont généralement très belles, toutes nuances dégradées ou chromatiques, ou si vous comprenez mieux des nuances partant du ton le plus clair jusqu’aux plus foncés. Pour avoir un ré-sultat réellement parfait et reconnaître le coup d’œil du praticien, il faut que les divers 1 tons posés côte à côte soient si bien fondus, qu’ils ne forment pour ainsi dire qu’une ombre; qu’il y ait une si petite différence que l’œil seul du teinturier puisse l’apercevoir.
- Plusieurs exposants ont atteint ce résultat; c’est d'ailleurs assez facile avec les couleurs i d’aniline ; autrefois le mérite était autrement grand. Il est assez difficile aux teinturiers de faire un autre genre d’exposition mais combien je préfère toutes les nuances de tissus qui ne sont point des expositions spéciales de teintures ; toutes ces belles étoffes, en lainages, soieries et même cotonnades de nuances unies ou mélangées sont plus chatoyantes et moins criardes que la plupart des nuances vives précitées.
- A côté des étoffes et tissus filés teints il y a aussi la peausserie teinte : ici encore ce sont des couleurs chromatiques et, ma foi, tres jolies, étant donné la matière moins avantageuse.
- Les machine.
- Pour les autres articles et appareils propres à notre industrie, il nous faut quitter les galeries et pénétrer dans le palais des machines; quel magnifique spectacle que tous ces colosses aux membres d’acier et de bronze s’agitant et se mouvant en tous sens ! si notre patron, le grand St Maurice se trouvait là tout d’un coup, malgré qu’il doit être habitué aüX splendeurs de là haut, il serait tout de mênae un peu épaté du remue-ménage !
- Voici d’abord l’exposition Dehaitre avec ses divers cylindres dontM. Gouillon a donné leS détails ; un peu plus loin, celle de M. Chasle^ qui ne rmn}ue pas d’intérêt ; tout à côté se
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- trouve celle de M. Descombes qui ne consiste qu’en articles de chaudronnerie et cuivrerie divers, trois beaux types de chaudières basculantes : premier type à double fond, dèuxième à serpentin isolé par un fond mobile percé de trous, enfin le troisième à barbotteur et vapeur directe, disposé de manière à ne pas feutrer l’étoffe à l’endroit du jet de vapeur; puis un cylindre disposé pour collage et feutre sans fin. Tous les appareils exposés par cette maison sont d’une grande simplicité; partant de là, très pratiques et maniables.
- Dans la plupart des objets exposés, on s’est appliqué à polir, à enjoliver les machines, ici rien de cela ; tels vous voyez les appareils exposés par M. Descombes, tel il vous livre du bon et raisonnable dans ses prix ; mais halte là ! Je m’arrête, j’aurais l’air de faire de la réclame pour mon fournisseur, et entre nous, collègues, vous ne m’en voudriez pas trop puisque je suis très satisfait de lui.
- Presqu’en face de cet exposant, se trouve les essoreuses Buffaud de Lyon, de vrais bijoux, quoi ! Je ne me fâcherais pas trop que la mienne se démanchât un peu pour m’en payer une de ce type. Enfin plus loin, là haut, vers le fond de la galerie, sont les appareils lessi -veurs de la maison Chasles déjà citée; ces machines sont également très intéressantes ; puis encore les essoreuses système Legrand : très bons modèles.
- En terminant, quelques mots de la machine « sans rivale » Pingrié : tout d’abord, la machine vous apparaît coquette, tous ses divers organes bien travaillés et bien polis -, le tambour principal excessivement soigné mais petit de diamètre et non étamé ; il est certain que cet appareil repose sur de bons principes mais susceptible de perfectionnement-, la mise en mouvement à pédale est trop dure -, cela tient en partie aux axes ou tourillons trop longs ou trop gros, mais surtout au manque de galets dans les paliet s ; ces menus détails Aplanis, la machine doit donner de bons résultats; reste la question du prix qui a aussi son importance pour en vulgariser l’emploi, quoique la bonne construction doive toujours se payer.
- V. Barbé
- Teinturier, à Paris.
- LE NOIR D’ANILINE
- M. E. Noelting, directeur de l’école de ch* -de Mulhouse, vient de publier un long et ‘otéressant mémoire sous le titre : Histoire Scientifique et industrielle du noir d'aniline, et dont le but principal est de démontrer la nul!ité morale et scientifl jue des brevets du sieur Grawitz.
- Ces brevets qu’une jurisprudence ii explica-trompée sans doute par l’outrecuidante faconde du pseudo-inventeur, a toujours main-
- tenus comme valables, finiront, comme dit M. Noelting, par constituer un monopole abusif au détriment de la fabrication française, tandis que l’étranger exploitera librement les découvertes, dont de nombreux travailleurs modestes et désintéressés ont enrichi la science et l’industrie.
- Dans sa note d’envoi, l’auteur dit à ses correspondants :
- « Je vous serais extrêmement obligé si vous vouliez bien me donner votre opinion relativement à la valeur du Brevet de M. Grawitz.
- « Je ne puis reconnaître, pour ma part, à ses procédés aucun caractère de nouveauté, et si vous partagiez mon avis, je serais heureux, le cis échéant, de pouvoir m’appuyer sur votre appréciation pour soutenir ma thèse. »
- Cette démonstration est faite, et bien faite, par le travail de M. Noelting, comme elle nous paraissait déjà établie dans un « Mémoire de réfutation » présenté en 1882 par MM. Wibaux-Florin et Gaydet père et fi!s, à la Cour d’appel de Douai, à propos d'un des nombreux procès en contrefaçon intentés par le sieur Grawitz.
- Quant à notre opinion, nous l’avons exprimée assez souvent. Nous avons suivi les travaux de M. Grawitz ; nous avons eu avec lui de longues conversations à propos de ses travaux et à l’époque où nous croyions encore à la réalité de ses découvertes, car il ne faisait que nous en chanter les mérites, sans se découvrir quant aux procédés : et puis le pli Camille Koechlin n’était pas encore connu, ni les circonstances du séjour de M. Grawitz au labo ratoire de Mulhouse.
- A ce moment, c’était le Métal-Anile qui était son cheval de bataille ; un « être chimique nouveau », disait-il, et qui constituait son noir. Peu de temps après, il n’était plus question de métal, ses brevets successifs montrent, du reste, cet abandon.
- Donc nous avons suivi, dès l’origine, les travaux de M. Grawitz, et nous sommes arrivés à cette conviction qu’ils n’ont aucune valeur comme nouveautés brevetables.
- D’ns sa deuxième manière, le prétendu inventeur se rabat principalement sur l’emploi de la chaleur, comme condition de production des noirs inver dissable s.
- Cet emploi de chaleur n’apparaît, (et qu’in-cidemment afin de le faire passer), dans un certificat d’addition à un brevet, le 27 Août 1876.
- Les deux documents sur lesquels nous nous appuyons, n’dnt pas manqué d’antériorités à opposera cette revendication de la chaleur, qui plus tard s’est davantage accentuée. Ils rappellent que nous-mêmes, six semaines avant ce certificat d’addition, nous avions publié que pour que le noir d’aniline n’pit plus de tendance à verdir, il fallait que dans l’une des phases de sa production, ou fasse intervenir une température élevée », et nous indiquions notamment l’emploi du bi-chrômate bouillant.
- On peut se demander si M. Grawitz a réel-
- lement utilisé cette indication, et s’il en a eu même connaissance.
- Quant à ce dernier point, cela est certain ; nous avons dit plus haut qu'à cette époque, il était un familier de nos bureaux, et très attentif à tout ce que nous publiions touchant au sujet qui le préoccupait : il prenait connaissance de nos journaux avant même qu’ils fussent distribués.
- Il connaissait aussi, bien certainement, les travaux de M. Antony Guyard, d’ailleurs reproduits par nous, et quelques autres parlant de la chaleur dans la production des noirs d'aniline ; mais sans avoir découvert cette propriété de la chaleur, nous sommes, nous croyons, le premier qui ait dit nettement qu’elle avait pour résultat Yinverdissabilité -, cela résultait évidemment des travaux antérieurs mais ce n’était pas dit expressément ; les auteurs annonçaient que cela donnait plus de solidité aux noirs.
- M. Grawitz n’avait pas eu l’intelligence de discerner cette propriété essentielle, et ce n’est que lorsque nous la déduisons nous-même de ces travaux, qu’il songe à en faire l’application et un argument dans ses revendications.
- En efiVt, quelques semaines après — le temps de contrôler ces résultats et de rédiger son « Mémoire de récapitulation » englobant tout ce qu’avaient fait d’utile ses devanciers, — il prenait son certificat d’addition, parlant pour la première fois de l’emploi de la chaleur.
- L’appropriation abusive d’une action qu’il n’avait ni découverte, ni même discernée de travaux antérieurs, et qu’il a fallu que nous lui dictions en toutes lettres, est donc bien évidente pour nous.
- Et voilà notre déposition dans ce grave différend entre le dimaine public et un pseudoinventeur sans mérite et sans vergogne.
- Nous ne contestons pas qu’il ait préconisé un mode de teintnre à plein bain et à chauffage graduel, qui est un bon procédé opératoire, et c’est là-dessus, sans doute, que sont basés les jugements en sa faveur, mais nous ne croyons pas que ce soit cette méthode spéciale qu’il ait revendiquée par ses brevets et elle n'est, d’ailleurs, qu’une arlequinade dont les morceaux ont été pris à tout le monde, après avoir tâtonné longtemps, s’être contredit plusieurs fois, avoir jeté par dessus bord ses premières affirmations, et pris une série de brevets qui forme un réseau au travers duquel aucun procédé de noir d’aniline ne pourrait s’échapper, s’il n’était fait bonne justice de cet englobement auquel l’auteur n’a aucun droit.
- C’est, encore une fois, ce que démontre le travail de M. Noelting; nous en reproduirons de longs passages, car il est également intéressant au point de vue des applications pratiques du noir d’aniline, « dont l’importance en teinture et en impression ne fait qu’augmenter de jour en jour. »
- F. Gouillcn
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- LE ROUGE DE St-DENIS
- Nouveau colorant teignant directement le coton.
- Note de M. E. Noelting.
- Les matières colorantes dites substantives — c’est-à-dire qui se fixent sur les fibres végétales sans l'intervention des mordants, — deviennent de jour en jour plus nombreuses et prennent, dans l’insdustrie tinctoriale, une place de plus en plus importante.
- En particulier, les rouges, les congo, la benzopurpurre, la deltapurpurine, ont été accueilfis par les teinturiers avec beaucoup défaveur, bien que ces colorants, — surtout le premier, — montrent une grande sensibilité vis-à-vis des acides.
- La Société anonyme des produits chimiques et matières coloran'es de Saint-Denis, à Paris, vient d’ajouter à cette classe de colorants un nouveau représentant, le Rouge de Saint-Denis, qui se distingue de tous les autres par Véclat et la beauîé de sa nuance et son insensibilité complète vis-à-vis des acides.
- Le Rouge de Saint Denis, découvert par MM. Rosenstiehl et Noelting appartient à une série nouvelle dérivant de l’action des azo-xyamines diazolées sur les phénols, les amines et leurs dérivés sulfoniques et carboxyliques. Plusieurs autres dérivés de cette série promettent également d’acquérir de l’importance pratique.
- Le rouge se prépare par l’action de Yazo-xyorthotoluidine diazotée sur l’acide a-naph-tol-a-sulfonique ; le produit commercial est le sel de sodium.
- C’est une poudre rouge, soluble dans l’eau, — très facilement surtout en présence d’alcali caustique. Les acides précipitent de la solution le colorant libre qui est absolument insoluble.
- Procédés d’application.
- Sur bain alcalin, le rouge de Saint-Denis tire moins bien que le Congo ou la benzopur-purine ; les bains ne s’épuisent pas et l’on n’obtient pas des nuances suffisamment nourries. On obvie à ces inconvénients en employant le procédé d’application suivant, élaboré par M. Rosenstiehl.
- Bain de teinture pour 10 kilogrammes de coton. — Sur 200 grammes de rouge de Saint-Denis on verse 6 litres de soude caustique à 7 degrés Baumé, on chauffe, et quand le tout est dissous, on le verse dans un bain de teinture préalablement chauffé et monté avec 200 litres d’eau, 48 kilogrammes de sel marin et 5 litres de soude caustique à 40 degrés Baumé. On chauffe jusqu’à 85 degrés ; on introduit le coton, on monte à 90, 95 degrés et l’on reste à cette température pendant une demi-heure.
- Au bout de ce lemps-là, la teinture est complète. On sort le coton, on le tord bien ; on le passe pendant cinq à dix minutes dans un
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- bain à 1 pour 100 d’acide chlorhydrique ou sulfurique; on lave et l’on sèche.
- Le bain de teinture, qui n’est pas complètement épuisé, est naturellement conservé et peut servir indéfiniment.
- Pour arriver, dans les teintures ultérieures, à la même hauteur de ton qu’à la première on ajoute, pour chaque partie de 10 kilogrammes de coton, 165 grammes de rouge de Saint-Denis dissous dans 5 litres 700 de soude , caustique à 70 degrés Baumé, et un demi-litre de soude caustique à 40 degrés Baumé.
- Pour nuances très nourries, on prend à la teinture primitive 300 grammes de rouge de Saint-Denis et 9 litres de soude caustique à 7 degrés Baumé et un demi litre de soude à 40 degrés.
- Suivant le mode de teinture employé, on peut réduire le volume du bain de teinture ; dans ce cas, on réduit aussi la proportion de sel, mais en s’arrangeant de manière que le bain marque toujours 14-15 degrés Baumé.
- Le procédé ci-dessus est particulièrement intéressant pour les gros filés de coton et pour les étoffes épaisses.
- Plus on s’approche, lors de la teinture, de la température de 100 degrés, mieux les nuances résistent au savon et plus aussi les bains s’épuisent. A 60-70 degrés, la moitié à peine du colorant est fixée, le surplus restant dans le bain.
- Pour obtenir des teintures d’intensité toujours égale, il est important de maintenir constante la teneur en se! du bain. Celui-ci doit rencontrer, à la température de 90-95 degrés, une densité de 14-15 degrés Baumé. S’il est plus faible, il faut rajouter du sel.
- Il faut éviter d’augmenter le volume du bain de teinture par la condensation de la vapeur ; il vaut donc mieux chauffer au moyen d’un serpentin qu’avec la vapeur directe ; dans ce dernier cas, il faut cependant remplacer au fur et à mesure l’eau évaporée.
- En suivant exactement toutes ces indications — mais seulement dans ce cas, — on obtient des résultats excellents.
- Le Rouge de Saint-Denis, — de même que beaucoup d'autres matières colorantes azoï-ques, — forme, avec certains oxydes métalliques, des laques très belles.
- En particulier, la laque triple avec l’alumine, la magnésie et l’oxyde de zinc se distingue par sa beauté et sa solidité.
- M. Horace Kœchlin a établi le procédé suivant pour produire cette laque sur le tissu.
- Le bain de mordançage se compose d’un quart de litre d’acétate de magnésie à 30 degrés, un quart de litre d’acétate d’alumine, et un demi-litre d’eau, ou d’un litre d’eau, 150 grammes de sulfate de magnésie, et 50 grammes d’alun.
- Le tissu est passé par l’un ou l’autre de ces bains, séché et passé ensuite pendant deux minutes par une solution alcaline d'oxyde de zinc contenant, par litre d’eau, 50 grammes de
- sulfate de zinc et 0m3, 100 de soude caustique à 38 degrés Baumé.
- On lave ensuite et l’on teint dans un bain contenant, par mètre d’étoffe, 2 3 grammes de rouge de Saint Denis, 2 litres et demi d’eau, 4-500 grammes de sel marin, et 5 grammes de chaux.
- On monte en une heure à 80 degrés, reste à nette température une demi-heure, lave et sèche.
- Un autre procédé plus rapide nous a été communiqué par M. Camille Schoen.
- On dissout dans un litre d’eau 35 grammes de Rouge de Saint-Denis, 20 grammes d’alu-minate de soude à 15 degrés Baumé et 5 grammes de soude caustique à 38 degrés Baumé. A un litre de celte solution on peut ajouter 6m3, 100 d’une solution magnésienne, préparée avec 400 grammes de sulfate de magnésie, 200 grammes de soude caustique à 38 degrés Baumé et 1 litre d’eau.
- Les pièces sont foulardées avec l’une ou l’autre de ces deux solutions, laissées enroulées pendant une heure, puis passées par une solution d’alun à 50 grammes par litre, laissées de nouveau enroulées pendant deux heures, lavées et séchées.
- Au lieu de l’alun, on peut aussi employer pour le dernier passage une solution de bisulfite de soude contenant 100 grammes de bisulfite commercial à 35 degrés Baumé par litre.
- Comme toutes les couleurs azoïques, le Rouge de Saint-Denis se laisse ronger facilement par les composés stanneux. On peut employer les couleurs usitées pour enlevage sur congo ou benzopurpurine.
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- NOTE
- Sur la théorie de la teintnre et sur les causes des taches observées dans la teinture
- des draps,
- Par le Dr Paul Julius.
- E. Knecht, en vue d’éclaircir la théorie encore très incomplète de la teinture des fibres animales par les matières colorantes artificielles basiques, fuchsine et analogues, teint la laine et la soie en bains de fuchsine et dose l’acide chlorhydrique resté en dissolution.
- Durant toute l’opération, le bain reste neutre ; l’acide chlorhydrique du sel de rosani-line se sature, au fur et à mesure que la base colorante s’unit à la fibre, par de l’ammoniaque et sans doute aussi par d’autres produits basiques de décomposition de la molécule albuminoïde. D’un autre côté la laine, plongé dans une solution aqueuse incolore de rosani-line, se teint en nuances rouge fuchsine ui-treuses sans qu’il soit besoin d’ajouter un acide. La fibre elle-même semble jouer ici le rôle d’un acide.
- L’auteur admet, en conséquence, que la teinture de la laine par les matières coloran tes basiques n’est pas une simple absorption mécanique, mais bien certainement une action
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- chimique caractérisée par la constance des proportions des constituants qui s’unissent pour engendrer une laque colorée.
- Dans l’état actuel de nos connaissances, il n’est pas possible de dire quels sont le ou les composés qui se forment. La molécule albuminoïde qui constitue les fibres, laine ou soie, est très complexe , peut-être même n’est-elle pas unique. A peine savons-nous la composition centésimale brute de ces composés et nous n’avons aucune donnée sur la grandeur moléculaire à laquelle nous pourrions la rap-poiter.
- Parmi les produits d’hydratation de la laine et de la soie, sous l’influence des acides dilués, de l’eau de baryte, etc., oh a rencontré des acides amidés bien connus, appartenant à la série aromatique, aussi bien qu’à la série grasse.
- On ne peut raisonnablement admettre que ces composés sont des produits de décomposition profonde de la fibre, que les groupes amidés et carboxyle, le noyau benzine se sont formés de toutes pièces aux moyens d’éléments disparates, séparés de la molécule complexe de la fibre et rassemblés ensuite, sous la seule influence de l’acide sulfurique étendu et bouillant. L’analogie porte à croire que ces groupements existent comme tels dans la molécule primitive, soudés à d’autres groupes d’atomes beaucoup plus compliqués. Si cette manière de voir était prouvée, la théorie chimique de la teinture serait du coup m:se hors de toute contestation. On comprendrait alors que la laine et la soie retiennent indifféremment les matières colorantes basiques (fuchsine et dérivés) et les matières colorantes acides (pon-* ceaux, etc.). Dans le premier cas, la molécule de kératine ou de fibroïne intervient par ses groupements carboxyle et, s'unissant à la base colorante, rosaniline ou analogues, engendre une laque insoluble ou très peu soluble, véritable sel d’acide organique complexe. Dans le second cas il se produit encore une laque, un sel analogue, mais alors la kératine ou la fibroïne joue le rôle de base, grâce aux groupements amidogènes qu’elle contient.
- Dans une autre série d’expériences, l’auteur a introduit de la laine bien épurée dans un bain bouillant de 2 parties d’acide sulfurique et 3 parties d’eau. Après une demi-heure, la laine commence à se dissoudre et, au bout de fieux heures, elle est entièrement fondue, à un très faible résidu près. On étend d’eau et l’on filtre.
- La liqueur brune claire, limpide, fournit avec les solutions aqueuses de couleurs artificielles acides, des précipités floconneux, forcent colorés, insolubles dans l’eau et dans Ie» acides étendus, aisément solubles au confire dans les lessives alcalines. Les acides fiôplacent de nouveau les laques de leurs solu-. fions alcalines.-
- Cotte liqueur précipite le tannin en flocons
- volumineux gris, le bichromate en petits flocons jaunes cristallins.
- En la neutralisant avec précaution, on obtient un précipité blanchâtre, caséeux, qui, filtré, lavé et séché donne une masse brune, amorphe, dure, aisément soluble dans les alcalis, difficilement dans les acides moyennement concentrés, et insoluble dans l’eau. Sa dissolution dans l’acide sulfurique dilué olïre tous les caractères de la solution primitive.
- En présence de ces faits, on pouvait supposer que c’est la leucine, la tyrosine, ou ' un autre acide amidé obtenu par hydratation de la laine, qui se combine avec la matière colorante ; mais l’auteur s’est assuré que ni la leucine, ni la tysorine, en solution acide, ne forment de laques avec les couleurs d’aniline, fuchsine et ses dérivés.
- On a préparé, comme on l’a vu plus haut, en mélangeant la solution sulfurique de la laine avec une solution de matière colorante, la laque du cristal ponceau 6 R (Casselle) et celle du bleu soluble (?).
- La première représente environ le dixième du poids de la laine employée -, après dessiccation elle forme une masse brillante presque noire, rouge par transparence, insoluble dans l’acide sulfurique étendu et froid -, elle est un peu soluble dans l’eau bouillante d’où elle se sépare, par le refroidissement, en ramifications microscopiques. La laque se dissout facilement daus les lessives alcalines d’où l’addition d’un acide la sépare inaltérée. Elle est insoluble dans l’éther et le sulfure de cerbone, un peu soluble dans l’alcool.
- Les propriétés de la laque du bleu soluble sont analogues à celles de la laque précédente. La masse desséchée est poreuse, à éclat métallique marqué.
- En dissolvant de la laine dans de la soude caustique étendue, précipitant la liqueur par l’acide sulfurique et séparant, par le filtre, le volumineux précipité formé dans ces circonstances, la liqueur filtrée donne également des laques insolubles avec les couleurs artificielles acides.
- La même production s’observe avec les dissolutions de soie dans l’acide sulfurique moyennement concentré.
- Des fibres animales on peut donc dériver des substances qui offrent la propriété de former des laques insolubles avec les couleurs d’aniline qui teignent ces fibres directement sur bains acides. Ces substances préexistent-elles dans la fibre ou s’y forment-elles seulement au cours de la teinture par l’action de la liqueur acide bouillante? C’est là une question que l’auteur examine et dont il fera connaître la réponse dans un prochain travail.
- La publication du mémoire, dont on vient de lire un résumé, a décidé F. Breinl à faire connaître les résultats auxquels l’a conduit une étude analogue encore inachevée.
- A vrai dire, les recherches n’ont pas eu le même but que celles de Knecht, d’établir une
- théorie de la teinture des laines. Le but poursuivi, essentiellement pratique, était de donner l’explication des irrégularités observées non rarement dans la teinture des lainages.
- Dans ces dernières années on a soumis souvent, à l’expertise de l’école impériale-royale des métiers à Bieiitz, des tissus de laine, des draps surtout dont la teinture présentait des inégalités très marquées. Ces accidents ne pouvaient dans la plupart des cas, être attribués à des défauts de manipulation: on observait en effet que, dans un même bain, surveillé par le mêm'e contre maître, quelques pièces sortaient parfaitement unies tandis que d autres étaient tachées.
- Causes des taches dans la teinture des draps.
- Les praticiens les plus expérimentés étant d’opinions différentes, souvent contradictoires, et l’examen microscopique et physique du tissu n’ayant rien pu nous apprendre sur la cause de ces taches, nous avons cherché par une voie indirecte, à nous renseigner, en faisant agir sur la laine les divers réactifs et produits employés dans son lavage, l’épuration, les opérations de filature, etc.
- Cependant, dans des draps teints en bleu de bois, nous avons observé des taches presque noires, et ici l’examen microscopique rendait manifeste que la fibre, aux endroits tachés, avait subi une profonde altération, semblable à celle que causent à la laine les lessives alcalines fortes. Cette observation pouvait limiter le champ de nos recherches ; celles-ci ont été étendues cependant aux acides et à certains sels.
- Pour nous rendre compte de la façon dont agissent les produits chimiques employés au lavage de la laine brute qui n’auraient été qu’incomplètement éliminés avant les opérations de teinture, nous avons trempé partiellement des laines blanches (en écheveaux ou en tissus), dans des lessives de soude carbo-natée, de soude caustique et de savon, et dans des acides étendus ; nous les avons séchées ensuite -, quelques échantillons ont été décatis, c’est-à-dire exposés à la vapeur d’eau bouillante. On a teint ensuite en couleurs subs-tantives (teignant directement) acides ou basiques et en couleurs adjectives (teignant par l’intermédiaire de mordants).
- Les échantillons obtenus montraient souvent des défauts analogues à ceux des produits commerciaux qui nous avaient été soumis et dans certains cas l’analogie était si complète que nous en avons déduit avec certitude la cause des taches observées dans la teinture en grand.
- Les différences de teinte entre les portions mprégnées de produit chimique et les autres étaient d’autant plus marquées que l’échantillon avait été séché à plus haute température et surtout soumis au décatissage.
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- Tantôt les portions traitées étaient plus claires que le reste, tantôt plus foncées. Ces différences relent souvent très sensibles même après plusieurs lavages à l’eau bouillante précédant la teinture. 11 est bon de noter que, dans ce cas, on a insisté sur le lavage aussi longtemps que les eaux contenaient des traces décelables à l’analyse chimique des alcalis ou acides employés.
- Comme acide, nous n’avons essayé jusqu’ici que l’acide sulfurique à la concentration de 4° Baumé, tel qu’il est employé en général pour le carbonisage.
- Les différences de teinte sont toujours perceptibles, dès les premiers moments de la teinture, avec les échantillons traités par les acides : les nuances des couleurs basiques (fuchsine, etc.), sont plus claires, les nuances de couleurs acides (écarlates, ponceau, etc.), plus foncées dans les taches acides que dans la laine environnante. Mais ces différences s’effacent par un lcng séjour dans le bain de teinture au point de disparaître tout à fait, surtout lorsque l’acide employé ne marquait que 1° ou 2° Baumé, que l’on n’a pas vaporisé, enfin que l’on a plusieurs fois lavé au bouillon avant la teinture.
- Un échantillon, mi-partie imprégné d’acide à 4° Baumé, essoré et séché, en arrivant dans un bain de couleur acide, tel que ponceau ou carmin d’indigo, se teint instantanément beaucoup plus dans les endroits traités. Toutefois la différence, énorme au début, s’estompe peu à peu, de telle sorte qu’après un séjour assez long dans le bain de teinture, on ne remarque plus de tache plus foncée aux endroits acides qu'en examinant l’échantillon par transparence.
- Mais si l’échantillon, trempé d’acide sulfurique à 4° Baumé, est de plus vaporisé avant la teinture, la teinte plus foncée persiste, sur les parties acides, même après 2 heures de bouillon.
- (A Suivre) Mon. scient.
- LA PRODUCTION OUTRÉE
- EN ITALIE
- Le tarif douanier de 1887 perd chaque jour des partisans en Italie, et l’on peut constater à son égard un revirement très sensible. La semaine dernière en a fourni un témoignage au Sénat dans le discours d’un sénateur sicilien, libre-échangiste convaincu. Il s’agissait du projet de loi par lequel le gouvernement demandait la faculté de coordonner, dans un texte unique, les différentes dispositions douanières en vigueur, d’apporter des modifications au répertoire officiel des marchandises assujetties à des droits d’entrée, et enfin de concéder à d’autres marchandises, par décrets royaux, après avis du conseil du commerce, le bénéfice de l’importation et de l’exportation emporaires.
- Le rapporteur a pris occasion de cette demande pour attaquer très vivement le nouveau régime douanier, et M. Boccardo, sénateur de Gênes, qui est sans contredit le premier des économistes italiens et qui allie la doctrine scientifique à une compétence pratique qui n’est pas commune parmi les professeurs d'économie, est venu, dans un discours qui a produit une profonde impression, apporter l’appui de son autorité et de son éloquence aux attaques de son collègue.
- D’après lui, en faisant la guerre aux produits français, on frappe aussi durement les produits des autres pays, qui se voient à leur tour contraints de nous fermer leurs marchés. Le tarif, majoré de 15 à 20 0/0, devait être abandonné après la conclusion des traités de com merce, et notamment du traité avec la France. Ce traité n’ayant pas été conclu, la majoration, malgré son caractère transitoire, n’en est pas moins restée en vigueur. L’Italie ne peut exporter ses produits agricoles, et de ce chef subit un grand préjudice; en outre, elle paie la surtaxe de guerre sur les produits importés de France et acquitte cette majoration provisoire des droits d’entrée, même sur les produits importés des autres pays.
- Naturellement, le débat n’a pas eu de résultat pratique -, mais il ne restera pas sans effets. M. Boccario va commencer une véritable campagne contre le nouveau tarif douanier, et il est probable que les conséquences d’un concours aussi actif ne se feront pas longtemps attendre.
- Il paraît, du reste, que le gouvernement est fatigué de i’expérience protectionniste qui a coûté si cher au pays. Le débat se rouvrira, d’ailleurs, lors de l'examen du projet de loi où le gouvernement demande pleins pouvoirs pour réduire les droits du tarif douanier. La commission a fait des réserves, mais il est probable que la Chambre laissera toute latitude au gouvernement.
- REVUE SOMMAIRE
- DES) BREVETS D'INVENTION
- Mordant huileux dit « La Frankhausine » par MM. Frankanter et Cie.
- La Frankhausine est un mordant, pour la teinture du coton ; il n’agit d’ailleurs probablement qu’avec certaines couleurs artificielles.
- Pour le préparer, on traite l’huile de ricin par 20 pour 100 en poids d’acide sulfurique, on neutralise par la soude ; on ajoute alors 7 pour 100 d’extrait de sumac bouilli auparavant avec 20 pour 100 d’oléine, et le mélange refroidi.
- Nouveau genre d'impression sur tissus à effets de mélange dit: * Impression Dabei t » Par M. Dabert
- Cette impression consiste à imprimer au
- rouleau ou à la planche les tissus faits avec des fils composés de matières différentes, c’est-à dire l’une d’origine animale, et l’autre d’origine végétale mêlées en filature dans le but d’obtenir des effets mélangés aux dessins et motifs du tissage.
- Bac automatique pour la teinture des matières textiles,
- Par M. Domingo Arano Rodon.
- La nouvelle disposition est applicable aux bacs en bois dont on fait usage actuellement pour teindre à la main. C’est en principe une sorte de tournette en métal placé en nombre variable au-dessous du bac dans le sens de la longueur. Une transmission convenable actionne cette tournette dans les deux sens pour le déroulement des écheveaux pendant le temps nécessaire pour absorber la matière colorante.
- Pour que les écheveaux ne s’embrouillent pas les uns avec les autres pendant le mouvement de la tournette, il existe une sorte de cadre qui porte une série de tuyaux en cuivre disposés de manière à séparer les écheveaux. Ce cadre monte avec les tournettes lorsqu’il est nécessaire de changar la matière colorante, mais il reste fixe à la machine quand on veut changer seulement les écheveaux.
- D’autre part, pour que le bain conserve constamment le même ton de couleur pendant l’opération, la machine est pourvue d’un agitateur.
- Appareil pour régulariser l’empesage des tissus.
- Par M. Malleval.
- L’appareil et basé sur les principes suivants:
- Le déploiement mécanique du tissu au moyen de rouleaux ou cylindres.
- La dessication partielle de l’empesage, soit par des ventilateurs, soit par l’air plus ou moins chauffé projeté sur le tissu, soit en faisant fonctionner l’appareil dans un séchoir chauffé à température convenable, soit en chauffant l’air par la vapeur ou le gaz, etc.
- Nouvelle composition pour produire l'incombustibilité des matières végétales.
- Par M. Coen
- Cette composition que l’auteur nomme « ré-fractaire et préservatrice », se prépare comme suit ; on prend :
- 2 parties de sulfurocino’.éate d’ammoniaque 2 id de carbonate d’ammoniaque
- 1 id. de crème de tartre soluble
- 1 id. d’acétate de soude
- 7 id. d’hydrochlora’e d’ammoniaque
- Toutes ces matières sont mélangées ensemble et lorsqu’on veut augmenter la qualité préservatrice on ajoute encore :
- ’ 7 parties d’acide borique.
- Préparée ainsi, la composition pénètre rapidement dans le tissu cellulaire des matières
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- poreuses et fibreuses, comme le bois, le coton, le filé, etc., en vue de les préserver des dangers d’incendie.
- Procédé pour teindre et peindre les étoffes Par Ch. et H. Dratz.
- Procédé pour appliquer les couleurs sur les loffes, consistant à amener les bains de cou-
- leur à la température de l’ébullition en les traitant en vase clos par un jet de vapeur à haute pression, de manière que ces liquides s’échappent avec force lorsqu’on ouvre un robinet ; ce filet de liquide est pulvérisé par sa rencontre avec un jet de vapeur et la dissolution colorante arrive, en brouillard, sur l’étoffe mue plus ou moins vite par un système de rouleaux.
- (Brevet allemand.)
- exposées par MM. Koechlin, Baumgartner et Cie, nous produisons l’échantillon ci-dessous, fourni par les inventeurs, et qui fait suite à ceux de notre numéro du 25 juin dernier.
- METIER A. FIAMES CO IV TI INT FJ ES
- Système A. DELHARPE
- Cette machine à ramer est construite par MM. Buffaud et Robatel, qui ont exposé de si belles essoreuses, et des appareils à travailler les soies que nous avons déjà décrits. Le métier à rames ne figure pas à l’Exposi-
- Ce métier permet de sécher les tissus fouillés ou apprê'és de toutes épaisseurs, et Posant d’une manière continue avec une vinsse pouvant varier de 5 à 30 mètres par mi-suivant l’épaisseur du tissu et la nature ^ l’apprêt.
- Le séchage s’opère par un courant d’air chaud comprimé.
- La fermeture et l’ouverture des pinces ont leu automatiquement.
- La mise au large, le réglage de la vitesse et Celui du déraillage s’obtiennent sans qu’il soit ^cessaire d’arrêter la marche du métier.
- La longueur totale du métier est, selon la enaande, de h mètres, 6 mètres, ou 8 mè-
- tion, parceque, nous a dit M. Buffaud, il ne pouvait y envoyer toutes les machines de sa construction, et qu’il a dû donner la préférence à celles qui ont spécialisé sa maison.
- très ; la largeur des étoffes que l’on peut traiter varie de 0m,â5 à l'«,20.
- C’est, comme on le voit, une rame à pinces, qui s’ouvrent et se ferment automatiquement : c’est-à-dire le métier de St-Quentin à travail continu.
- L’appareil est avec ou sans mouvement dérailleur.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Couleurs azoiques directes Comme exemple des couleurs azoiques créées directement sur les tis-us de coton, et
- Safranine.
- Le terme « safranine « a jusqu’à présent été appliqué à un rouge ; MM. Koechlin, Baurc-gartner et Cie s’en servent pour désigner un mélange de safranine diazotée avec le S. Naphtol, et dont le résultat est la teinte de l’échantillon ci-dessus.
- Dans une communication antérieure (MO juin, p. 82), nous disions que les auteurs ne faisaient pas encore des étoffes ainsi teintes, des articles de commerce; or, d’après nouveaux renseignements, cela est une erreur: ces Messieurs font des couleurs azoiques industriellement depuis plusieurs années déjà.
- Les mêmes fabricants sont également arrivés à teindre les cotons en couleurs azoiques, en mordançant au préalable en alumine et magnésie.
- Blanchiment a l’eau oxygénée
- Damas-colon blanchi par oxygénation.
- L’eau oxygénée n’est appliquée, jusqu’à présent, qu’au blanchiment de la laine, de la soie, des cheveux, des plumes et des matières à tabletterie (ivoire, bois, paille, etc ) ; c’est-à-dire, en général, aux produits d’origine animale, ne supportant pas l’action du chlore.
- Et l’intérêt du procédé consiste en ce que le blanchiment par oxydation est stable, tandis que celui par réduction (à l’acide sulfureux) est précaire. Dans le premier cas, les pigments fauves sont détruits ; par l’acide sulfureux, ils ne sont que modifiés et reparaissent peu à peu.
- Cependant le chlore n’est pas sans inconvénient même pour les produits végétaux, et il était intéressant, au moins au point de vue scientifique, d’expérimenter un peu en grand, l’action de l’eau oxygénée sur les tissus de coton; c’est l’expérience qu’ont faite MM. Koechlin, Baumgartner et Cie, et dont les résultats absolument satisfaisants, se voient sur l’échantillon ci-dessus.
- Mais le prix encore trop élevé du bi-oxyde
- Métier Delharpe à rames continues.
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- de baryum — base de la fabrication de l’eau oxygénée — ne permet pas, jusqu’à présent, l’introduction de ce procédé dans le domaine pratique.
- Ce tissu est blanchi à l’eau oxygénée et ma-•gnésie sans chlore.
- Nous ne cherchons pas à pénétrer les procédés des auteurs, mais ici il nous paraît que la magnésie est employée pour saturer la réaction acide qui se produit pendant l’action du blanchiment, et sans alcaliniser le bain.
- MM. Tessié du Motay et Maréchal ajoutaient du sulfate de magnésie dans leurs bains de permanganate de soude, mais visant une autre action. Les fibres absorbant de l’oxygène du sel et se recouvrant de péroxyde de manganèse, il se formait de la soude caustique qui se combinant à l’acide du sel de magnésie, donnait lieu à une précipitation de magnésie hydratée ; on évitait ainsi l’alcalinité du bain.
- Nous rappelons cette réaction à titre de document.
- Noir d’aniline
- Devant les revendications d’un prétendu inventeur, on ne sait plus quels procédés recommander pour la teinture des cotons en noir d’aniline.
- En voici un qu’indique la maison A. Poirrier dans ses « Procédés d’application », avec les observations suivantes :
- « Il existe un grand nombre de procédés pour noirs grand teint sur coton, dont un certain nombre sont revendiqués par des brevets et ont occasionné des discussions et des procès.
- « Sans prendre aucun parti dans ces contestations, et sans aucune garantie de notre part, nous indiquons ci-dessous un procédé qui nous a été signalé par une personne com-
- pétente.
- « Pour 10 kil. de coton :
- Eau tiède........................ 170 litres.
- Chlorhydrate d’aniline............... 1 kil.
- Acide sulfurique..................... 1 kil.
- Acide chlorhydrique................ 500 gr.
- « Au moment de teindre, ajouter : Bi-chrômate de potasse............... 1 kil.
- « Manœuvrer le coton deux heures et demie dans ce bain (assurément en maintenant la température tiède)-, lever et laver au bout d’une demi-heure pour laisser aérer.
- « Dans un bain de savon, laver ; terminer par un second bain de savon.
- « On obtient ainsi un noir noir.
- « Si on veut obtenir un noir-bronzé, il faut un second bain composé de :
- Eau tiède...................... 170 litres.
- Bi-chrômate de potasse.......... 200 gram.
- Cristaux de soude............... 200 gr. »
- Bien que le document ne l’indique pas, ce second bain nous paraît devoir être donné
- avant les savonnages, et durer une demi-heure.
- Par bain tiède, il faut entendre d’une température de AO dègrés environ.
- Héliotrope foncé sur lainages.
- Pour 10 pièces représentant 100 à 110 kil. Mordancer une heure au bouillon, avec :
- Bi-chromate de potasse........ k. 1.500
- Alun............................... 5. »
- Acide sulfurique.................. 1.200
- Rincer et teindre avec :
- Extrait de campêche............... 5 kil.
- Orseille .... •................... 2 —
- Violet moyen (1 B.) méthyle....... 500 gr.
- Entrer à tiède, porter peu à peu au bouillon ; après teinture, lever et rincer.
- Lavande sur laine
- Pour 100 kil.
- Alun 10 kil.
- Tartre 3 —
- Campêche 25 —
- Carmin d’indigo 3 —
- Faire bouillir cinq minutes, abaisser la tem-
- pérature jusqu’à 82° 22 centigrades, , intro-
- duire les articles et faire bouillir une Les retirer et les laver. heure.
- Violet-Prune
- sur lainages.
- Pour 10 pièces :
- Mordancer une heure au bouillon, avec :
- Bi-chromate de potasse 1 k. 200
- Acide sulfurique 600 gr.
- Acide oxalique 1 k.
- Teinture de une heure au bouillon, avec :
- Extrait de campêche 4 kil.
- Orseille............................ 6 —
- Lever et rincer.
- Apprêts satin, mous et craquants pour tissus de coton.
- Les satinettes et quelques autres étoffes de coton tissées en armure satin, sont généralement sans apprêts proprement dits ; il suffit, après humectation, de les cylindrer à chaud avec forte pression, dans l’appareil à rouleaux de papier comprimé, qui ne diffère de la calandre que pareequ’il opère sans friction.
- Pour donner un peu d’onctueux et plus de brillant à ces apprêts, on peut les imprégner d’une légère dissolution savonneuse faite
- avec :
- Savon blanc de Marseille............... 1 kil.
- Eau.................................... 100 lit.
- Les satinettes sont imprégnées en plein bain, séchées aux tambours, puis humectées et calandrées avec friction.
- On obtient enfin, plus de luisant encore en ajoutant par hectolitre d’apprêt d’amidon très clair, 8 à 10 kil. de sulfate de soude.
- Enfin, le craquant se produit en remplaçant le sulfate de soude par une égale quantité de sel marin (chlorure de sodium).
- On sèche au tambour, on humecte, et on cylindre sans friction.
- Si l’apprêt a plaqué ou est devenu carton-neux, ou pa^se l’étoffe à la machine à dérom-pre.
- Apprêt satiné dur
- Pour les articles qui ont besoin d’être car-teux, tout en conservant l’aspect satiné, em-
- ployer :
- Fécule............................. 10 kil-
- Suif de mouton..................... 1 —
- Eau............................... 300 lit.
- En plein bain, à chaud, sécher au tambour, humecter, cylindrer, élargir, beetler.
- Recommencer une seconde fois, puis une troisième, s’il le faut, toute la série d’opérations, jusqu’à ce que le tissu ait la main dé-I sirée.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- Nettoyage des soieries.
- Les tissus de soie sont en principe toujours nettoyés à secs, car l’eau les creuse et les amollit ; mais quand ils doivent être reteints, et forcément passés à l’eau, il n’y a pas alors à regarder à les mouiller pour le nettoyage.
- Précautions à observer.
- Dans tous les cas, les soieries doivent être maniées avec beaucoup de précautions, car elles ont une grande tendance à tourner au chiffon. On ne les foule jamais, il faut les lisser dans tous les bains, et au large ; il ne faut pas les déposer en tas, mais à plat et en les pliant uniformément.
- On les travaille à la brosse, et toujours à plat sur la table de zinc, lorsqu'il faut agir un peu énergiquement sur un point taché.
- L’usage du tendeur, dont je parlerai au chapitre de la teinture des soies, estfavorab e aussi dans les bains de nettoyage, quand i n’y a pas à les brosser.
- Les bains ne doivent jamais être bien chauds• 40 degrés au maximum.
- Pratique du nettoyage.
- Les étoffes, qui pour ce genre de nettoya^ doivent toujours être décousues, sont d abor
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- détachées à la benzine pour les plus grosses taches grasses.
- Ensuite on les fait tremper largement dans un grand bain de savon tiède ; après une heure de ce trempage, on leur donne quelques lisses, puis on les étale sur la table en zinc, et on les brosse à l’endroit et à l’envers avec une eau de savon également tiède, en s’attachant à bien faire disparaître toute la saleté.
- On les rince ensuite clans un bain de carbonate léger et tiède, fait avec 3 litres de notre dissolution à 10 0/0 (voir p. 78), dans 50 litres d’eau.
- Enfin on les lisse dans un bain d’eau simple, toujours sans les froisser, les tamponner ni les frotter.
- Quand on fait usage du tendeur, les tissus après avoir été détachés partiellement à la benzine, sont montés sur le tendeur, que l’on plonge dans le bain chaud de savon, puis de carbonate, et qu’on passe enfin aux rinçages. Après quoi, sans les démonter, on les porte à la teinture.
- L’étoffe est laissée une demi-heure dans le bain de savon, en l’agitant de temps en temps; dans les autres bains on ne fait que des rinçages en donnant plusieurs lisses.
- Comme on le voit, l’opération du brossage devient impossible, et s’il faut y avoir recours, il est mieux d’aller jusqu’au bout sans tendeur.
- Les foulards et la bonneterie de soie se lavent comme le linge (voir plus loin) mais sans lessivages, et avec des savonnages modérément chauds.
- Si par hasard, des soieries nettoyées au mouillé ne sont pas destinées à la teinture, on doit les terminer par un piquage en acide acétique, qui leur rend le craquant, puis on apprête.
- Lorsqu’elles sont blanches, on les azuré, on les soufre, et les désoufre. Le piquage est alors supprimé.
- Soufrage
- Nous avons vu que les lainages blancs doivent être soufrés, et cela pour les déjaunir ; °n soufre aussi les foulards, les soieries au mouillé (qui ne doivent pas être teintes, à moins que ce soit en nuances très-tendres), fes plumes, les chapeaux de paille, etc., tous ces articles étant sans couleur.
- Le soufrage se fait à l’acide sulfureux soit §azeux, soit liquide ; le premier moyen est le Plus employé.
- Chambre à soufrer.
- L’acide sulfureux gazeux s’obtient par la combustion du soufre dans des chambres fermées.
- Dans une pièce bien close, et construite en dehors des ateliers, dans une cour autant que Possible, on place à bonne hauteur des bras, es traverses ou perches en bois (le tilleul est Préféré) sur lesquelles on étendra les articles a soufrer.
- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- A Paris, la préfecture de police exige que cette chambre soit en‘pierre-, la porte, en bois, doit fermer aussi exactement que possible ; aucun métal ne doit être employé à l’intérieur.
- Les articles à blanchir sont étendus humides sur les perches.
- On introduit dans la pièce une terrine de grès contenant du soufre bien allumé, et qu’on dispose de façon à ne pas brûler les étoffes. On ferme la porte et on colle sur tous les joints des bandes de papier interceptant l’air extérieur.
- La quantité de soufre n’importe pas -, il ne s’en brûle toujours qu’en proportion du volume d’air de la chambre. Cet air se transforme en acide sulfureux, et quand il n’y en a plus, le soufre s’éteint. On doit en mettre largement.
- Après douze heures, on ouvre la porte du soufroir 5 on laisse le gaz sulfureux se répandre au dehors une heure environ, (moins si l’on est pressé) puis on retire les pièces, qu’il n’y a plus qu’à désoufrer dans un léger bain d’ammoniaque, et à'rincer, comme il a été dit en son lieu. Le piquage à l’acide sulfurique, que j’ai vu conseiller, est absolument inutile.
- Les foulards et soieries ne se rincent pas à l’ammoniaque, mais simplement sur deux eaux.
- Les lainages et soieries ont dû être azurées au violet d’aniline avant soufrage, ce qui donne de meilleurs résultats ; on peut, toutefois, donner cet azurage après le désoufrage.
- Le crémage au terra ne se fait qu’après désoufrage, à moins qu’on crème aux jaunes d’aniline, qui tirent trop vite et unissent mal dans ces teintes extra-claires.
- Bains à soufrer
- Pour faire usage de l’acide sulfureux liquide, il faut eu ployer les bains que j’ai décrits au chapitre « Bains de Nettoyage » (p. 79).
- Que l’on emploie l’acide sulfureux tout formé ou le bi-sulfîte de soude, les objets à blanchir y sont immergés douze heures, en les retournant trois ou quatre fois dans l’intervalle, à l’aide de bâtons.
- On termine comme pour les pièces sortant de la chambre à soufrer, par le désoufrage à l’ammoniaque pour les lainages, et par les rinçages pour tous articles.
- Ce procédé évite la construction d’une chambre à soufrer, mais est plus coûteux et plus compliqué, somme toute, que l’emploi direct du soufre, qui est le plus généralement en usage.
- Blanchiment a l’acide oxalique
- Un autre procédé de blanchiment des lainages, des soieries et des chapeaux de paille a été breveté il y a déjà longtemps, par M. Fré-zon père de Reims, (le brevet est périmé), et peut être utilisé par les teinturiers-dégraisseurs.
- Les articles après un bon nettoyage sont immergés pendant une heure ou deux dans un bain froid monté avec :
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- Acide oxalique............ 2 kil.
- Sel de cuisine............ 2 —
- Eau....................... 1000 lit.
- Ce bain se fait dans un baquet de bois, et non dans des barques en métal.
- En sortant de ce liquide, les objets sont rincés, et azurés ou crêmés.
- Cette méthode donne un blanc moins complet que le soufrage, mais plus facile à obtenir et se tenant mieux.
- Blanchiment a l’eau oxygénée
- L’action du soufre ne fait que modifier temporairement la coloration qui ternit le blanc des tissus ; au contraire, l’eau oxygénée la détruit pour toujours, et le blanc devient stable.
- Cet agent n’est pas encore employé en chiffonnage, quoiqu’on en fasse actuellement un grand usage en industrie, grâce au bas prix relatif auquel il est tombé. Néanmoins, il est toujours plus cher que le soufre.
- L’eau oxygénée du commerce qui coûte environ 75 centimes le litre, contient dix à douze volumes d’oxygène ; on l’emploie comme
- suit :
- Eau oxygénée............... 25 litres
- Eau ordinaire.............. 25 —
- Ammoniaque (un petit verre). 15 gr.
- Les matières y sont entassées, autant que le bain peut en contenir, et on les y laisse de 3 à 5 heures, en les retournant une fois ou deux dans l’intervalle.
- Les matières y sont entassées, autant que le bain peut en contenir, et on les y laisse de 3 à 5 heures, en les retournant une fois ou deux dans l’intervalle.
- Le bain doit être simplement dégourdi (à 20 degrés environ) et tenu dans une pièce assez chaude pour qu’il se maintienne à cette légère température.
- On lève, on égoutte, et on laisse les objets exposés à l’air encore une heure ou deux avant de rincer.
- Enfin, on rince sur une seule eau, et on azuré après cela.
- Toutes les matières, animales ou végétales, la paille, le bois, les plumes, l’ivoire, etc., peuvent être blanchis à l’eau oxygénée.
- Blanchissage de la lingerie
- Il ne paraît pas utile de s’étendre beaucoup sur cette partie, qui est connue de la moindre ménagère ; il faut reconnaître pourtant qu’elle devient de plus en plus importante dans les travaux du Teinturier-dégraisseur : chaque fois qu’on veut une pièce particulièrement soignée, et surtout bien apprêtée, c’est à nous qu’on s’adresse.
- Depuis longtemps, les housse3 de meubles ont été notre spécialité ; nous avons vu s’y ajouter les rideaux blancs, les dessus de lits et d’édredons, les dessus de sièges au crochet,
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- les pantalons et gilets de coutils et en piqué, et même les jupons et peignoirs en lingerie et le linge de table. Ce sont des travaux à ne pas dédaigner, car ils sont'd’un rapport sérieux et productif.
- Le blanchissage en général comporte les opérations suivantes : essanger, lessiver, savonner, rincer, jave 1er, piquer, rincer, azurer ou crêmer, sécher ; toutefois nous n’avons que bien rarement du linge gras et sale nécessitant le lessivage et cette opération peut le plus souvent être évitée. Il faut mettre de côté les quelques pièces qui nécessitent ce travail, tels que linge de cuisine, mouchoirs de poche, linge de corps et de literie des personnes qui en changent peu, et que l’on adresse le plus généralement aux blanchisseuses.
- Essangeage
- Faire tremper simplement les pièces dans de l’eau froide pendant une nuit ou le temps équivalent -, on les débarrasse ainsi de toutes soletés solubles à l’eau et par lesquelles on souillerait inutilement les bains de savon.
- Si l’on a du linge très sale, on ne le mélange pas avec celui simplement défraîchi.
- Je ne suis pas d’avis de mettre de la soude dans ce premier bain -, cela n’avance pas beaucoup, et il est des taches qui s’en iraient à l’eau seule et que la soude fixe quelquefois.
- En sortant de l’essangeage, il faut enlever avec de l’acide chlorhydrique étendu les tacher de rouille et d’encre que la soude et la javel rendraient ensuite plus difficile à détacher.
- Lessivage
- Nous réservons cette opération, avons-nous dit, pour le linge très sale et gras.
- îl existe de nombreux modèles de lessiveuses de ménage et d’atelier ; nous nous dispenserons de ces appareils, puisque nous n’en ferions qu’un usage restreint.
- Nous nous servirons simplement d’une bassine, et de notre bain de carbonate (p. 78).
- La dissolution que nous avons faite à 10 0/0, sera employée dans la proportion de 5 litres dans 15 litres d’eau. Les pièces seront bouillies 2 heures dans ce bain, en les retournant fréquemment, autant pour bien répartir l’action de la lessive, que pour éviter les coups de feu.
- Après ce lessivage on abat et on laisse égoutter.
- 11 faut noter les observations suivantes :
- Toute pièce contenant de la laine ne doit pas être lessivée, car la laine se dissoudrait entièrement dans la lessive, au point de n’en pas retrouver de trace.
- 11 a été reconnu que tout changement brusque de température du linge humide, l’action inopinée d’un liquide bouillant ou d’un jet de vapeur, crispe les fibres textiles, et quelquefois y fixe les matières albumineuses, qui deviennent ensuite très difficiles à enlever.
- Il faut donc entrer à froid, et éviter les bar-bottages de vapeur.
- S’assurer aussi que l’on n’a pas de couleurs susceptibles de couler au lessivage.
- Savonnages
- Travail au fouloir. — Les pièces essan-gées, lessivées ou non, sont foulées au baquet et fouloir sur deux bains aussi chauds que la main peut les supporter.
- 1° En bain de carbonate (surtout celles qui n’ont pas été lessivées).
- 2° En bain de savon.
- Avant ce foulage, les taches grasses et les parties les plus sales sont marquées au savon.
- Le linge fin et les étoffes à mailles larges, susceptibles de s’accrocher, ne sont pas travaillées au fouloir ; on les poignasse sur une planche lisse, (le dos du fouloir).
- Pendant le foulage au deuxième bain (savon), on doit avoir à sa disposition un morceau de savon, pour reprendre les taches qui auraient persisté.
- Travail à la laveuse. — La laveuse est surtout utile pour la lingerie, qui s’y détériore moins que les lainages ; il ne faut pas, toutefois, en faire usage pour le linge fin.
- La laveuse est chargée avec les bains de carbonate et de savon mélangés et très-chauds ; on la tourne un quart d’heure.
- Chaque pièce est ensuite reprise, et dégorgée sur la planche lisse dans un bain légèrement savonneux et modérément chaud. Les taches persistantes sont traitées au morceau de savon.
- Rinçages
- Il faut ici trois bons rinçages -, le premier à chaud au baquet avec torsion des pièces à la fin; les autres à pleine eau froide, soit en rivière, soit dans des bacs où l’eau se renouvelle abondamment.
- Avant les rinçages, les pièces ont été égouttées sur un tréteau ne servant qu’aux blancs.
- L’essoreuse est utile après chacun de ces trois rinçages -, elle remplace chaque fois la torsion ou le battoir ; ce dernier est moins dangereux, mais lent et fatigant.
- S’il reste des taches spéciales on les fait disparaître avant de passer aux opérations suivantes.
- Javelage
- Le travail que nous venons de faire a nettoyé notre lingerie, mais pour blanchir à fond, il faut maintenant employer l’eau de Javel ; il est bien entendu toutefois que nous n’en ferons pas usage pour les couleurs.
- Toute la lingerie de couleur, même à fonds blancs, est du reste, à peu près terminée ; il ne reste plus qu'à la piquer et à l’apprêter.
- Les blancs unis doivent encore être javelés et azurés ou crêmés.
- Le bain décolorant se monte avec 3 ou A litres d’eau de Javel pour 50 litres d’eau. Il
- s’emploie à froid ; les étoffes y sont baignées 10 à 15 minutes, en les lissant, pièce par pièce.
- Après quoi, on les tord légèrement sur le bain.
- Piquage
- En sortant de la Javel, les pièces un peu tordues à la main, et sans rinçage, sont piquées en acide chlorhydrique, où on les laisse séjourner dix à quinze minutes. L’action du chlore se continue dans ce bain.
- J’ai vu conseiller de savonner après le javelage ; je ne l’ai jamais fait et je n’en coirq rends pas Futilité, à moins qu’il reste quelques parties mal nettoyées.
- Rinçage
- Il faut un seul rinçage si l’on doit azurer en outremer, deux si on crème au terra ; cette dernière matière colorante étant très susceptible aux traces de chlore qui pourraient rester.
- Plusieurs rinçages ne nuisent jamais.
- Azurage ou crémage
- En donnant la composition du bain d’azurage et de crémage, (p. 79), j’en ai en même temps indiqué l’emploi.
- Pour azurer la lingerie, c’est l’outremer qu’il faut employer, et pour crêmer, le cur-cuma (terra mérita). On y donne aux étoffes deux ou trois lisses.
- Séchage
- Les articles sont finalement essorés et séchés ; pour les apprêter on les arrosera légèrement.
- Ou bien, une fois essorés, on les empèse à l’amidon et on les repasse humides ; nous verrons cela au chapitre des apprêts.
- Maurice GUÉDRON.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 196.708. — Follet. -- Perfectionnements apportés aux machines à teindre les flocons de laine, coton et tourette de soie.
- 196.709. — Follet. — Perfectionnements aux machines à teindre en bobines les rubans de laine peignée.
- 196.709. — Mandleberg et Rothband. — Perfectionnements apportés à,la fabrication des effets d’habillement imperméables en caoutchouc. (Brevet anglais devant expirer 1® 14 novembre 1902).
- 196.826. — Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Dcnis-— Nouveau procédé d’application des matières colorantes azoïques sur les fibres végétales.
- 196.850. — Société dite : Farbenfabriken vorm. b'riedr. Bayer et C°. — Procédé P°ul la teinture et l’impression des matières colo rantes substantives pour coton.
- 196.855. — Sequillart et Scrive. — ^oU veau prdouit industriel consistant en tiss
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- de laine mélangés de fils de matières végétales multicolores, retordus ou non avec des fils de laine et produisant des dessins multicolores obtenus par impression à réserve et par épaillage chimique.
- Certificats d'addition.
- 152.426. — Delacroix. — Brevet du 5 décembre 1882 pour une machine à humecter ou teindre les tissus ou autres, principes et appareils pour diviser et projeter les liquides, appréciables industriellement et hygiéniquement.
- 192.466. — Grosseein. —Brevet du 30 Mars 1887 par le sieur Martinot et dont ledit Gros-selin est commissaire, pour une laineuse métallique continue avec mouvement alternatif des rouleaux graisseurs.
- 192.712. — Société dite : Teinturerie Stéphanoise. — Brevet pris le 4 septembre 1878 pour une machine à teindre les matières filamenteuses mises en écheveaux.
- 189.097. — Bertrand. — Brevet pris le 5 mars 1889 pour un appareil destiné à teindre la laine en rubans par sections de couleurs différentes alternées.
- 192.897. — Bertrand. — Brevet pris le 12 septembre 1888 pour un récipient à double effet destiné à la teinture du colon en mèches telles qu’elles sortent des cardes.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- VILLE DE PARIS Habillement des Saqieurs-Pompiers.
- Le lundi 26 août 1889, à deux heures de l’après-midi, il sera procédé, à Paris, dans l’une des salles de l’intendance militaire, 18, rue Saint-Dominique, à l’adjudication publique, par lots et au rabais, de la fourniture des effets d’habillement, de coiffure, d’équipement, de petite monture, de linge et chaussures, nécessaires au régiment de sapeurs-pompiers de la ville de Paris pendant les années 1890, 1891, 1892, 1893, 1894.
- Le public est admis à prendre connaissance du cahier des charges à la 4e sous-intendance militaire de Paris, situé boulevard de Latour-Maubourg, et des modèles-types à l’état-major des sapeurs-pompiers, boulevard du Palais, 9, et au dépôt des modèles.
- RÉSULTATS D ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Lorient, le 17 Juin :
- Adjudicataires, MM. :
- Gilets de flanelle. — Helbronner et Cie, à Paris, 3.03,1er choix.
- Pantalons de toile. — Les gendres d’Henri Pinel, 2.60, 1èr choix.
- Brest. — Le 26 juin.
- 14,000 chemises en coton tricoté.
- Collinet, à Moreuil, 24,220 fr.
- RENSEIGNEMENTS commerciaux
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en nom
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- collectif Carlay, Défais et Féret, fab. de tissus nouveautés, rue du Sentier, 39, à Paris, avec fabrique à Boliain (Aisne). Durée: 10 ans. Gap. : 100,000 fr. pouvant être augmenté selon les besoins. — Acte du 20 juin 1889.
- ROUBAIX. — Formation de la Société en nom collectif veuve François Browacys et Aimé Duquenne (teinture de la laine) rue de Tourcoing, 18. Durée 10 ans. f'ap.: 70.000 fr.
- — Acte du 1er juillet 1889.
- St. ETIENNE. — Formation de la Société en nom collectif Condamin et Prodon (soies, mohairs, cotons, etc,) à St-Chamond, quartier de Lavieux. Durée 6 ans. Cap. : 631 000 fr.
- — Acte du 25 juin 1889.
- FAILLITES
- ROANNE. — Rollin aîné (veuve) née Mayeux, fab. de lainages. — Jug. du 4 juillet 1889. — S.: M. Gallant.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Gourtiller Gusset (Vve) Teinturerie rue d’En-ghien, 5.
- Moreau Lechêne Teinturerie Bd. Bar-
- bés, 78.
- Cressent Tanret Teinturerie r. de l’Oli-
- ve, 9.
- INFORMATIONS BT FAITS DIVERS
- Régime des clutles en tricot. —
- La chambre syndicale de la bonneterie ayant adressé à M. le Directeur général des douanes un dégrèvement sur ces châles non garnis de franges, a reçu la réponse suivante :
- Par la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, vous demandez que, conformément à une décision récente des experts, le service des douanes applique à l’avenir aux châles eu tricot de laine non ornés de franges, le droit des vêtements en bonneterie de laine non ajustés. Vous demandez en outre comment il se fait que les expertises relatives à la bonneterie de laine ne portent jamais que sur des quantités insignifiantes, tandis qu’il est notoire, annoncez-vous, que de grandes quantités de bonneterie et notamment de jerseys sont introduites en France.
- Le Comité consultait des Arts et Manufactures, par avis du 25 juillet 1883, a fait connaître qu’on devait appliquer aux châles en tricot de laine ornés de franges rapportées le régime des vêtements en bonneterie de laine non ajustés. Mais, d’après ce même avis, les châles coupés importés séparément, c’est-à-dire les simples carrés de bonneterie simplement coupés restent admissibles au droit de la bonneterie coupée. L’Administration n’a pas le droit de modifier ce classement.
- J’ajoute que l’avis d’expertise, auquel vous faites allusion, a été émis à l’occasion d’une espèce particulière dans laquelle on se trouvait en présence de carrés déjà garnis d’un encadrement.
- En ce qui concerne les expertises relatives à la bonneterie de laine, elles ne portent habituellement que sur de faibles quantités, par ce motif que les déclarants, pour éviter les conséquences d’une fausse déclaration, n’introduisent d’abord que quelques objets et attendent le résultat des expertises avant d’importer des quantités plus importantes.
- Agréez, etc...
- C'est donc une fin de non-recevoir, mais la Chambre syndicale annonce qu’elle n’abandonne pas ses revendications, qu’elle représentera à toute occasion favorable.
- —o—
- Grève.— Les ouvriers teinturiers en peaux de Grenoble se sont refusés à accepter une nouvelle réglementation proposée par les patrons.
- A la suite d’une décision prise par ceux ci de fermer leurs ateliers, les ouvriers au nombre de quatre cent«, se sont réunis et, à une grande majorité, ont décidé de repousser les conditions des patrons.
- Ils leur dénient le droit défaire des apprentis et d’occuper des ouvriers ne faisant pas partie de la chambre syndicale.
- Une entrevue a eu lieu entre les délégués ouvriers et les patrons. Elle n’a pas abouti, car les maîtres teinturiers ont fait savoir que leurs ateliers seraient rouverts le mardi 30 juillet, mais aux ouvriers seulement qui accepteront le règlement qu’ils ont élaboré et qui porte en substance qu’ils seront maîtres chez eux.
- Après une courte discussion les ouvriers ont rejeté ce règlement et ont décidé de ne rentrer dans les ateliers qu’après avoir obtenu satisfaction. La grève générale des ouvriers teinturiers en peaux et palissonneurs a été ensuite votée à l’unanimité.
- —o—
- Incendies. — Un incendie vient de détruire la fi ature de l'Arquebuse, à Troyes appartenant à M. Charles Huot.
- La rapidité des secours a permis de préserver la partie droite de la rue Neuve des Bains, qui commençait à brûler.
- Les pertes s’élèvent approximativement à 300,000 fr.
- — La filature de M. Jules Savoye, à Longueville (Seine-Inférieure), vient d être détruite par un incendie attribué à réchauffement d’un coussinet. Elle comptait 8,000 broches. Les pertes s’élèvent à 300,000 francs environ.
- — Un incendie considérable s’est déclaré dans la filature de jute de MM. G. Vancauwen-berghe, Davenport et Cie, à Saint-Pol-les-Dunkerque.
- Le feu a pris dans les ateliers de préparation par suite de réchauffement d’un coussinet. En un instant, les flammes étaient partout, cependant la filature et le peignage, ont été sauvés.
- On a à déplorer la mort d’un ouvrier, qui, n’ayant pu s’échapper a été asphyxié et complètement carbonisé. Le contre-maître a été grièvement brûlé à la figure et aux mains.
- —o—
- Jurisprudence. — Dédit d'ouvrier. — Par acte sous seings privés de décembre 1888 MM. Auguste Cocheteux et Cie, teintu-riers-apprêteurs à Roubaix, ont engagé M. Victor Brillon de Lille comme directeur d’apprêts de draperies en tous genres, pour une durée de cinq ans commençant le 1er février 1889, devant se terminer le 31 janvier 1894, et aux conditions suivantes : 3,600 fr d’appointements fixes par an, plus une allocation de 10 centimes par pièce de 50 mètres apprêtée et teinte et de 5 centimes par pièce apprêtée seulement. Si, pour la première année,
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- ces appointements et primes n’atteignaient pas 7,000 francs, MM. Cocheteux et Cie s’engageaient à compléter cette somme.
- M. Brillon n’étant point ensuite entré chez eux, ils l’ont assigné en paiement d’une vingtaine de mille francs de dommages-intérêts, devant le Tribunal de commerce de Roubaix. Il leur a offert 200 francs.
- D’après le jugement du 18 février de cette année, dix jours avant la date de son entrée en fonctions, il les informait qu’il désirait ne point donner suite à l’engagement, parce que sa femme et ses parents, craignant de ne pas s’habituer à Roubaix, refusaient de l’accompagner. MM. Cocheteux et Cie protestèrent contre son intention de rupture, car ils espéraient que sa présence dans leur teinturerie augmenterait leur clientèle et, d’autre part, ils avaient annoncé son arrivée aux fabricants avec lesquels ils étaient en relations.
- Us l’avaient, dit encore le tribunal, engagé en raison des capacités qu’ils lui reconnaissaient. Le contrat et les conditions de l’engagement témoignent de la valeur personnelle qu’ils lui attribuaient, et de la confiance qu’ils avaient d’obtenir, avec lui, un large supplément d’affaires.
- Les premiers juges fixèrent, dès lors, à 7,500 francs les dommages-intérêts auxquels ils ont droit vis-à-vis du défendeur aux torts de qui la résiliation du contrat de louage de services est prononcée.
- M. Victor Brillon a interjeté appel et l’affaire vient d’être plaidée devant la première chambre de la Cour.
- L’appelant demande aux magistrats du second degré de juridiction, de réduire les dommages et intérêts auxquels il a été condamné.
- Après en avoir délibéré, la Cour, rendant immédiatement son arrêt, a purement et simplement confirmé le jugement.
- — o—
- lia Bourse «le commerce. — La
- nouvelle Bourse du commerce a été inaugurée en petit comité.
- Les commerçants en grains, farines, huiles, spiritueux et sucres en ont pris possession.
- Un lunch était servi dans les salons du premier étage.. Plusieurs toasts ont été portés aux organisateurs de la Bourse et à son architecte.
- C’est vers le mois de septembre prochain qu’aura lieu la fête plus importante de l’inauguration officielle.
- Cela vaut sur nos patentes un nouvel article d'impositions additionnelles, qui n’a pas tardé à nous être signifié.
- Ineesidfe. — Un violent incendie a éclaté rue Jeannot, à Saint-Denis, dans la fabrique de cuirs vernisde M. Lewen et C°.
- Les pompiers de Saint-Denis, aidés de ceux des communes avoisinantes, ont combattu vigoureusement le fléau.
- Les flammes se sont communiquées aux bâtiments d’une fabrique d’huile contiguë à l’usine de vernis.
- Les dégâts sont évalués à 300.000 fr.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- LE HAVRE
- Bois de teinture» — Les bois de teinture ont provoqué quelques achats. En campêche on a vendu le solde à provenir du navire Etoile-du-Nord, soit 350 ton. Fort-Liberté, qualité
- telle quelle à fr. 8 30. On a traité aussi 300 ton. Gonaïves à livrer par Alphonse-Eïisa, à prix secret.
- Nous avons reçu, depuis la semaine dernière : 2 gr. campêche de Guadeloupe ; 3 dito de la Martinique ; 4 gr. campêche, 1 gr. campêche; 1 gr. racines de la Jamaïque ; 2 gr. bois jaune du Mexique; 1 gr. bois jaune de Corinto ; 509 morceaux bois rouge de Bahia ; 855 morceaux quebracho de la Planta .
- Cacaos. — Marché calme et inchangé. Arrivages : 50 s. de N-York, 1 c. de la Guadeloupe, 210 s. de la Martinique, 707 s. de Haïti, 2,966 s. de la Côte-Ferme, 2,545 s. du Brésil.
- Huiles. — Notre stock s’est augmenté de 7,905 bis pétrole, 250 f. huile minérale, 50 fr. huile de sésames, 16 f. 350 c. huile à graisser de N-York ; 506 f. huile de palme de la C-d’Afrique ; 2 f. 85 col. huile de Cette ; 12 fr. huile de graines, 3 f. huile de palme, 19 c. huiles d’olives de Marseille ; 238 f. huile d’Espagne ; 10 f. huile à graisser, 1 f. huile de palme, 25 f. huile de Hambourg ; 37 f. huile à graisser d’Anvers ; 9 f. huile végétale par cabotage.
- Indigos. — De gré à gré il n’a rien été coté.
- Les cours du terme ont été établis en hausse partielle de 5 à 15 cent, et on a coté 10 c. sur octobre à fr. 6 45.
- Importation: 3 c. de Hambourg; 6 c. de Marseille.
- BORDEAUX
- Alcools. — Les.3/6 Languedoc 86° disponibles valent 105 fr. l’hect. logé. Acheteurs rares.
- Les 3/6 fins Nord 90° se cotent comme suit, savoir : Disponible, 47 l’hect. nu: livrable août et septembre, 47 fr. 50 dito dito; livrable d’octobre 1889 à mars 1890, 46 fr. 50 dito dito ; peu d’affaires ; les extra-fins font toujours 2 fr. de prime par hectolitre.
- Les 3/6 neutres français valent de 68 à 73 f. l’hect., logé.
- Bois de teinture. — Pas d’affaires à rensei gner.
- Par navire Alfred, venu de la Guadeloupe, il a été importé 18 tonneaux bois de campêche qui étaient vendus à livrer.
- Par navire danois Catherine, venu de la Martinique, nous avons également reçu 5 tonneaux bois de campêche qui sont invendus.
- Essence de térébenthine. — Notre marché a été assez animé cette huitaine, et la baisse qui dominait depuis quelque temps s’est enfin arrêtée. Nous avons reçu 110 fûts essence qui ont trouvé preneurs à fr. 68.
- Pour le dehors, on a expédié quelques petits lots de fr. 72 à 73. Le tout les 100 kil.
- — Dax, 13 juillet. — Essence de térébenthine: Cours 60 fr., 3 fr. de baisse. — Apports, 74,000 kil.
- Indigos. - Cette semaine encore, la demande a été assez régulière. On a réalisé 10 caisses Madras, à prix inconnu.
- —.....-«tfr» —
- Principaux arrivages à Londres du 5 juin au 6 juillet.
- 162 tonnes Bois de Campêche.
- 230 » » Calliatour.
- 2879 bûches » de Sapan.
- 6657 caisses Cachou brun.
- 6123 balles » jaune (.Gambier).
- 1818 sacs » en cubes.
- 133 sacs Cochenille.
- 2200 » Curcuma Bengale.
- 2212 balles Divi Divi.
- 13370 sacs Myrabolans.
- 283 » Noix de Galle Bussorah.
- 169 » » de Smyrne.
- 1127 caisses » de Chine.
- 294 balles Orseille.
- SMYRNE
- Gomme Adragante. — La récolte s’annonce importante et de bonne qualité ; elle est évaluée aujourd’hui à 3.500 c. y compris les lots qui seront dirigés sur Constantinople. Le stock actuel en vieille marchandise, ici et à Constantinople, se chiffre par, environ, 700 c.
- Les ventes de la quinzaine se sont limitées à une vingtaine de caisses. Nous cotons :
- N° 1 Extra blanche fcs 500 les 0/0 kilos.
- 2 Blanche » 411 » » »
- 3 Blonde blanche » 339 » » »
- 4 Origine » 322 » » »
- 5 Naturelle » • 306 » » »
- Le marché clôture calme et les cours sont
- faiblement tenus.
- Graines jaunes. — Les temps favorables du mois de juin ont amélioré la situation de la récolte et compensé des dommages subis-dans le courant de Mai ; aussi les spéculateurs qui ont acheté, il y a deux mois, commencent à se dessaisir de leur marchandise.-
- Le marché est calme, l’Angleterre seule faisant quelques petits achats, s’élevant pour cette dernière quinzaine à une quarantaine de sacs.
- Les prix sont :
- N° 1 Premières fcs 154 les 0/0 kilos.
- 2 Secondes » 141 » »»
- C ire jaune. — On ne peut pas encore se prononcer sur le résultat final de la récolte; on ne pourrait le faire que vers la fin août ; mais en attendant les prévisions sont favorables Kos 1.200 ont changé de mains depuis le commencement du mois courant, aux prix de : N° 1 Scarpelatta fcs 330 les 0/0 kilos
- 2 Naturelle » 317 » » »
- Le marché est ferme à ces prix.
- Le disponible, sur notre place, est de Kos 6 à 700.
- Noix de Galles. — La récolte des Yerly se présente sous de très bonnes conditions comme qualité et comme rendement. Elle dépassera facilement le chiffre de 5.000 sacs, et les arrivages, sur notre place, commenceront vers la fin du mois.
- Le stock ici, consiste en 45,000 K03 environ de qualités inférieures provenant des écarts des triages de la récolte passée.
- Les ventes de la quinzaine, se chiffrent par Kos 10,000, petite noix blanche, au prix de fr. 62 les 0/0 kilos.
- Les nouvelles qui nous parviennent d’AleP sont, également, iavorables à la récolte des Galles de cette provenance.
- Vcillonée. — Le stock est toujours d’environ 2000 tonnes, tous les arrivages étant in1' médiatement enlevés sans changement de prix. - > .
- Le marché toutefois clôture plus faible, c qui peut amener une petite baisse des PriX#
- Le Gérant : F. GoülLLOX* Tous droits réservés________
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennse)
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- 10 Août 1880.
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- 2” Année, Pi” 15.
- ET DES C0L0R4TI01VS
- 1NÉSTRIELLES
- AVIS A NOS ABONNES
- L'étendue des matières que nous avons a publier, nous oblige à augmenter le volume des livraisons de la Revue de la Teinture.
- En élargissant notre cadre, nous devons aussi augmenter le prix des abonnements, qui sera désormais de 15 fr. pour la France et de 18 fr. pour l'Etranger.
- Il est bien entendu qu’il ne sera rien changé, pour l'année courante, aux abonnements en cours ou à ceux déjà souscrits pour le second semestre de l’année.
- Les abonnements pour l’année courante complète [remontant au 1er janvier 1889j seront encore reçus à 10 fr. pour la France, et 12 fr. pour l'Etranger.
- SOMMAIRE
- Chronique. — La teinture à l’Exposition. — Note sur la théorie de la teinture. — Fixation du chrome sur la laine. — Transformation des Industries tinctoriales.
- Procédés divers : Bleus spéciaux pour coton ; Lilas grand teint sur coton ; Bruns-olive sur laine ; Noirs fixes sur laine. — Causeries confra- j ternelles sur l’art du teintui ier-dêgraisseur.
- Chronique Industrielle : Les industries tinctoriales et textiles à l’étranger. — Renseignements. — Informations et Faits divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- L’oiseau néfasfe a du plomb dans l’aile : nous ne parlons pas du general Boulanger, dont les couleurs ne sont Pas assez franches pour intéresser les teinturiers, mais il est question du sieur Brawitz, dont l’obstruction sur l’indus-teie des noirs d’aniline n’avait jusqu’à Présent trouvé aucun obstacle devant tes tribunaux, et qui vient de subir deux ®cbecs, l’un à Laval, l’autre à Lille.
- Levant les efforts désintéressés de la Presse spéciale, et les opinions si nettement formulées des savants qui ont suivi de près cette question, les tribunaux commencent à être éclairés ; à v°ir que le monopoliseur n’est qu’un n^urpateur, et que ses agissements 11 auront pour résultat que d’annihiler ei1 France une fabrication dont l’indus-
- trie des tissus ne peut plus se passer, et qui est devenue une branche importante de la teinture.
- M. Grawitz, qui paraît ne vivre que sur ses procès en contrefaçon, en sème de tous côtés, et toujours à peu près, a été victorieux : nous avons dit dans notre précédent numéro, par suite de quelle habileté envahissante, il y était parvenu. Ce sont deux affaires de ce genre dans lesquelles il vient d’être débouté à Lille et à Laval ; nous comptons que la jurisprudence, entrant cette fois dans la bonne voie, continuera de la suivre.
- Et quant à nous, qui avons toujours combattu à outrance les prétentions du pseudo-inventeur, nous n'avons contre lui aucun motif d’inimitié personnelle, ni aucun intérêt direct lésé par ses prétentions; c’est uniquement celui de nos industries qui nous préoccupe, car nous les voyons, par de tels moyens, devenir tributaires des teinturiers anglais, qui n’ont aucun Grawitz pour entraver leur production.
- Est-ce sciemment que ce dernier les favorise ainsi ?...
- *
- * *
- La fabrique belge est également opprimée par les revendications abusives du même englobeur de procédés ; elles ont même donné lieu à des émeutes publiques où des excès regrettables contre sa personne se sont produits.
- Heureusement la Belgique a la draperie comme principale production, et cette partie est en pleine prospérité chez elle; les produits delà région de Ver-viers ont grandement profité de la dénonciation que les Italiens ont faite du traité de commerce franco-italien. Les peignés ont toujours grande demande. Un Syndicat d’industriels s’est formé récemment pour exploiter les marchés du Canada et du Japon.
- L’Angleterre a un petit courant d’affaires en lainages ; à Halifax et à Rocli-daie, on constate une amélioration dans les commandes pour l’exportation mais se disséminant un peu sur des genres variés, au beu de comprendre de fortes commandes des mêmes articles, permettant une fabrication suivie.
- En Allemagne, les fabriques de bonneterie de laine sont très actives.
- L’Australie, l’Amérique du Sud et le Canada ont remis des ordres considérables, et la consommation intérieure a été plus forte qu’à l’ordinaire. Les gants de laine peignée sont engagés jusqu’en novembre, principalement pour l’Angleterre et l’Amérique.
- Quant à nos places, nous en avons esquissé la physionomie dans notre précédent numéro, et elle n’a pas encore eu le temps de se modifier sensiblement.
- * *
- Un rapport de la Chambre de commerce de Reims, résume la situation pendant le premier semestre de l’année, et nous résumons nous-mêmes ce travail par les quelques notes ci-dessous, se rapportant aux tendances de la consommation :
- La situation du mérinos et du cachemire simple, si mauvaise l’an dernier s’est améliorée.
- On a encore diminué la fabrication du mérinos double sur lequel on n’obtient pas d’amélioration de prix.
- La production des mérinos et cachemires grandes laizes est toujours limitée; il n’y a pas de stock, mais ces genres n’ont participé que bien faiblement à la hausse.
- En flanelles unies, lisses ou croisées, les sortes communes qui avaient été très abondantes l’an dernier, et qui avaient pesé si lourdement sur la place, sont devenues plus rares dès le commencement de ce semestre. Par suite des difficultés de production, elles ont obtenu une amélioration de prix à laquelle les bonnes sortes courantes ont pris part.
- Les flanelles fantaisie sont moins demandées et par conséquent, en plus mauvaise situation.
- La fabrique de nouveautés en laine cardée et molletons a reçu beaucoup de commissions pour la saison d’hiver, et sa production est vendue jusque fin septembre.
- En nouveautés pour robes et draperies, la fabrique a reçu des commissions assez satisfaisantes et elles se livrent bien.
- En résumé, la situation s’est améliorée ; elle a écoulé régulièrement ses produits; il ne s’est pas constitué de
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- stock en aucun genre, comme tous ceux qui ont tant gêné les affaires depuis plusieurs années.
- Les établissements qui avaient été arrêtés sont remis en marche et tous les ouvriers de la région, à peu d’exceptions près, sont occupés en ce moment.
- La fabrique d’Elbeuf manifeste aussi quelque satisfaction pour le moment.
- Les demandes en filatures sont nombreuses, et les prix bien tenus. Tous les fils s’enlèvent au far et à mesure de leur production, à des cours de plus en plus élevés.
- En tissus, on remet déjà des commissions qui, d’habitude, ne se remettent que plus tard. Cela fait bien augurer pour l’avenir de la saison prochaine.
- A Rouen, la demande des cotonnades est importante, et les prix sont en hausse.
- Parmi les lainages nouveauté, c’est le genre écossais qui est en grande faveur pour le moment. On en voit aussi dans les petites soieries, par exemple pour la cravate, l’ombrelle, etc.
- *
- * ¥
- Nous publions dans nos Faits divers un résumé des travaux de la « Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage » où nous voyons que cette association a admis le principe du placement gratuit des ouvriers, par ses soins. Il restera à en déterminer le mode de fonctionnement.
- Nos lecteurs ont vu que cette question a été soulevée par M. Barbé, dans notre numéro du 10 juillet dernier, et qu’il a démontré dans quelles conditions peu sérieuses, le service était rempli par la Chambre syndicale ouvrière ; celle des patrons peut évidemment mieux faire, et mieux faire aussi que les bureaux de placement, qui ont tout intérêt à déplacer les ouvriers pour les replacer ensuite ; nous savons que Fun d’eux opère ainsi à l’occasion.
- La Chambre syndicale, enfin, se disculpera de cette critique, que son rôle paraît limité uniquement aux matières d’arbitrage.
- Un autre succès pour notre collaborateur, a été de constater une tendance à relever les prix des nettoyages et teintures ; il a plaidé cette cause dans notre journal, avec ardeur et démonstrations concluantes, en prenant l’exemple des gilets de flanelle.
- L’ancien tarif de la maison Thuillier et Virard, portait uniformément les gilets de flanelle à 30 c.; nous voyons dans son nouveau prix-courant, qu’elle vient de tarifier à part, et à 40 c., les
- gilets « avec manches » : cela est déjà une amélioration bonne à imiter, en attendant de faire mieux.
- Sur les couvertures, la même maison spécifie une « taille extra » à 2.50 au lieu de l’ancien prix uniforme de 1.45 ; il y a aussi un peu de surélévation sur les grands rideaux de mousseline ; les teintures sont cotées à des prix convenables.
- C’est un mouvement que nous ne pouvons qu’encourager, et dont nous félicitons la maison Thuillier et Virard, d’avoir pris l’initiative; elle a peut-être été pour quelque chose dans l’abaissement des prix; il est toujours honorable de sentir son erreur et d’en sortir.
- F. Gouillon.
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- LA TEINTURE A L’EXPOSITION
- Nous continuons notre revue des machines applicables à nos industries, commencée dans nos numéros des 25 juin et 10 juillet, et nous arrivons aux appareils à repassage.
- Classe 27.
- Dans cette section des appareils de chauffage, nous voyons d’abord le fourneau Cham-bon-Lacroisade, construit actuellement par MM. H. Pauris et Cie.
- Il est bien connu des teinturiers et nous en avons nous mêmes donné des dessins et descriptions dans notre numéro du 1er août 1888 (p. 117 et 118).
- Nous savons que l’appareil Chambon est élégant, commode et économique ; nous avons dit à cette époque que la condition d’économie résidait principalement dans un foyer enveloppé par les chambres à fer, et ne laissant ainsi rayonner à l’extérieur que le minimum possible de chaleur.
- L'appareil Chambon remplit celte condition et offre la facilité de tourner aisément sur son pied afin de présenter l’un quelconque de ses côtés et offrir le fer qu’on veut utiliser.
- M. Pauris a modifié l’appareil primitif en disposant le tuyau de fumée non plus au-dessus, mais à l’arrière, tout en lui conservant sa faculté de rotation; le dessus devenant libre, peut être utilisé pour chauffer une bassine ou tout autre ustensile contenant un apprêt, de l’eau, ou un liquide quelconque -, cette rnodi fication pratique ajoute encore à l’utilité de l’appareil.
- Les deux modèles figurent à l’Exposition.
- A côté d’eux est le nouveau « fer à glacer » de M Pauris, dont la partie frottante est cannelée, et qui a l’avantage de donner au linge empesé, le glacé spécial du repassage à neuf.
- Le succès incontestable des appareils Chambon a inspiré des imitations plus ou moins heureuses ; il est rare, toutefois, qu'en rema-
- niant l’idée d’un premier inventeur, on n’y apporte pas une modification favorable, à côté, il est vrai quelquefois, de changement moins bien imaginé.
- Tel est le fourneau régulateur économique de M. J. Duriez, exposé dans la même classe, et aussi à côté de la machine « sans rivale » de MM. Pingrié et Cie-, nous résumons impartialement notre impression.
- L’appareil est à corps tournant comme le Chambon, et en reproduit les dispositions principales ; plus simple et moins confortable de construction, il est aussi d’un prix moins élevé.
- Son foyer un peu en contre-bas des fers, donne sa chaleur à ceux-ci avec peu de déperdition, car on sait qu’un foyer chauffe beaucoup plus à sa partie supérieure que sur ses côtés-, nous admettons donc qu’il y ait un avantage dans cette disposition, au point de vue de la consommation du combustible.
- La mécanique IIermand est encore un fourneau à fers que nous avons précédemment décrit (numéro du 15 juillet 1888, p. 110), mais nous voyous à l’Exposition que son auteur i’a aussi modifié en s’inspirant de la disposition principale de l’appareil Chambon.
- Il lui a donné comme à ceux-ci un foyer tournant, à 6 et 8 cases pour autant de fers, mais ceux-ci appliqués contre ces cases, et n’entrant pas dans une gaine, comme cela a lieu dans les appareils précédents.
- Ce foyer tournant garni de fers est enfermé dans un four en fonte, qui constitue le corps extérieur du fourneau. Une manivelle le met en mouvement.
- U y a certainement une bonne idée dans cet arrangement, et il se prête à l’utilisation de l’appareil comme f.urneau de cuisine, mais pour l’usage exclusif du fer, les premiers sont plus simples et moins volumineux.
- Le fourneau à cuvette close, que nous avons aussi signalé comme un bon modèle est exposé par M. Chasles dans ses appareils de blanchisseries.
- La cuvette est constituée par la partie supérieure du poêle qui est creusé, et fermée p3f un couvercle à charnières; dans la boîte ainSl formée, et exposée directement au-dessus du foyer, sont les fers à chauffer (voir dessin et description année 1888, p. 110).
- Presque tous ces fournaux à cuvette sont construits pour fers de bl mehisseuses, et ceux de teinturiers était plus hauts, empêchent le couvercle de fermer ; nous ne connaissons qu’une seule maison qui en fasse approprié aux dimensions de nos fers, et elle n’a P35 exposé.
- Au premier étage delà galerie des machiner sont les outils pour tailleirs et confection' neurs ; là nous voyons des fers et carreaux d0 tous modèles, soit à chauffage intérieur,sûl montés sur des bâtis donnant de la pression , il y a dans tout cela des idées ingénieus03 pouvant rendre des services au pressage de
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- grosse draperie, mais elles sont peu utilisables pour les teinturiers.
- Nous citerons, néanmoins, comme machines à presser, et comme fers à chauffage intérieur, ceux de M. L. Huguenin (marque J.-C. Ruger)-, La Parisienne, et ceux à foyers intérieurs de M. Jay.
- Il est enfin une invention, que nous avons décrite (numéro du 1er septembre 4888, p. 134), sous le nom de repasseuse-tisseuse, et exposée par son auteur, M. Sarriat dans le pavillon de la compagnie du gaz (Parc du Champ-de-Mars) • car le fer se chauffe au gaz.
- Ce fer est fixé sur une tige pressée par un ressort, comme nos glaçoires à galet de verre, de sorte que la pression se fait d’elle-même sur la table, et que la chaleur s’entretient par le bec de gaz intérieur.
- Nous avons déjà dit de cet appareil, qu’il se prête parfaitement au repassage des petites pièces tels que faux cols et manchettes, qui constituent la spécialité de son auteur, mais qu’il n’a pas assez de course, ni assez de liberté de mouvements pour le repassage de plus grands objets, et qu’il ne convient nulle-ments aux travaux des teinturiers.
- Sections étrangères.
- L’é ranger nous a peu envoyé de machines à l’usage spécial de nos industries. L’Allemagne, quia quelques grands constructeurs n’a pas pris part à l’Exposition ; l’Angleterre, la Belgique, la Suisse n’y figurent pas dans cette c!asse en rai?on de leur importance.
- La machine la plus intéressante n’est d’aucune de ces nations ; elle nous vient d’Améâ-que; c’est l'appareil pour la teinture et le dégraissage des fils en écheveaux et des rubans, de Klauder frères, teinturiers et constructeurs à Philadelphie.
- La teinture s’opère dans une cuve ou coffre fermé rappelant par sa forme les fouleuses à cylindres. A l'intérieur sont deux roues ou disques sur lesquels on place les bâton? portant les écheveaux, et qui peuvent recevoir un mouvement de rotation sur eux-mêmes, ce qui produit l’effet d un lissage, en même temps que les bâtons tournent individuellement.
- Les matières ainsi placées, on ferme l’appareil, on fait arriver le bain de teinture par un entonnoir extérieur, et l’on peut l’amener à l’ébullition au moyen de la vapeur.
- Il ne reste plus qu'à mettre l’appareil en marche, et l’opération se continue à peu près seule. Si les fifs s’accrochent ou s’embrouillent, une sonnette extérieure prévient immédiatement de l’accident, qui est rare.
- Son rendement serait, d’après les auteurs, très élevé-, en dix heures ePe peut teindre, disent-ils, 450 k. de coton, ou600 k. de laine, tout en n’exigeant qu’un homme et un apprenti pour sa manœuvre et sa surveillance.
- Nous aurons à reparler de cet intéressant appareil.
- Dans le voisinage, un constructeur suisse, M. Escher Wys de Zurich, nous montre une magnifique calandre à douze rouleaux, dont cinq en papier ; cet appareil est sur le modèle ordinaire, (sinon que deux cylindres en papier sont en contant), mais remarquable par ses dimensions et sa puissance.
- Dans la section anglaise, nous citerons YHyiro-Extractiur Broadbent, ou grande essoreuse de sept pieds de diamètre (2m 12) et lm52 de panier, à cuve découverte et moteur direct par dessous.
- Elle est du modèle Fryner et Cie dont nous avons donné le dessin dans notre numéro du 1er Décembre 1888, p. 180 ; c’est-à-dire à moteur horizontal actionnant directement l’arbre du panier, sans organes intermédiaires ; suspendue sur trois bornes en fonte, grâce à quoi ses trépidations ne portent que faiblement sur les fondations -, le panier est en verges de cuivre laissant une plus grande surface de vides pour l’échappement de l’eau.
- C’est en résumé le même appareil, et nous voyons par ces différents rappels de descriptions antérieures, que nous n’avons pas attendu l’Exposition pour signaler les machines intéressantes de nos professions, que nous retrouvons aujourd’hui soumises au jugement du public et du jury.
- Un autre modèle d’essoreuses se voit, au premier étage de la galerie des machines, dans la section suisse de l’habillement, exposée par M. Sciinider, de Neuville.
- Elle est de petites dimensions : 50 cm. de panier, et à mouvement transmis, par une corde en hoyau s’enroulant sur le volant-manivelle, et aboulissant par un trajet de galets à l’arbre du panier. Cette simple disposition en fait un appareil peu coûteux et d’un mouvement très doux, mais elle a aussi ses inconvénients : la corde se relâche peu à peu et se desserre par conséquent ; enfin il arrive qu’elle est quelquefois mangée par les rats, et dès lors l’appareil vous manque au moment où le plus souvent, on en a besoin.
- Il suffit du reste de prévoir cet accident, et d’avoir à sa disposition, une corde de rechange.
- La construction anglaise n’a rien de spécial à la teinture ni aux apprêts, sinon l’essoreuse Broadbent ci-dessus indiquée -, nous voyons toutefois une assez belle série de machines pour buanderies, qui peut indirectement nous intéresser — quelques appareils, au moins ; Ils sont exposés par MM. Thomas Bradfort et Cie.
- Nous remarquons une collection de « voyelles» ; c’est ainsi qu’en Angleterre on désigne les machines à laver; elles sont en général munies de rouleaux presseurs (essoreurs) ; cos appareils non doublés de métal, sont à l’usage exclusif du savon, et ne peuvent servir pour la benzine.
- Puis des petites calandres à linge sur le principe de celle dont nous avons donné un dessin le 15 Décembre 1888, p. 190, et une
- mangle sur le modèle connu; que l’on nomme en Angleterre « Premier».
- Des essoreuses dont une, le système Bradfort, absolument identique au «type anglais » encore décrit par nous, avec dessins, le 15 Novembre 1888, p. 171.
- Enfin, et bien que cela ne soit pas tout, une machine à repasser dite « Cressent » imitée de « î’hydrovore» de M. Chasles; c’est-à-dire de la machine Decoudun améliorée, aussi décrite par nous le 15 décembre dernier, p. 189 ; c’est assurément un fort bel appareil, mais ne variant que par des dispositions de détail, de l'invention française.
- Toutes ces machines sont de belle apparence, comme en général, la construction anglaise ; celles de M. Chasles, de MM Piet et Cie, ne leur cèdent en rien comme qualités pratiques ; elles méritent une mention, toutefois, puisqu’elles représent à peu près à elles seules la mécanique anglaise nous intéressant de près ou de loin.
- Au quai d'Orsay
- L’annexe américaine, dans les galeries du quai d’Orsay, réunissant l’Esplanade des Invalides au Champ de Mars, renferme aussi une exposition de machines pour lavoirs et buanderies; ce sont en général, des types imités de la construction anglaise.
- Nous y remarquons toutefois une machine d’un modèle tout spécial -, c’est un cylindre d'apprêt à feu re sans fin dont tous les rouleaux conducteurs du feutre sont individuellement commandés par des engrenages recevant leur mouvement du moteur ; de cette façon le feutre n’actionne pas lui-même ces rouleaux*, toute cette mécanique est entourée de grillages pour éviter les accrochements et les accidente, et en font en somme un appareil coûteux de construction.
- Ce cylindre figure dans l’exposition de MM. Dolph et Cie, de Cincinnati (Ohio).
- Il y a peut-être avantage pour le feutre à lui éviter ces tractions, et peut-être aussi, sa marche en est elle plus régulière, mais nous ne croyons pas que ces avantages compensent la complication du système, et il nous paraît que cette machine doit dépenser beaucoup de force motrice.
- Nous en recommandons toutefois la visite aux constructeurs de cylindres d’apprêt. Les teinturiers eux-mêmes n’y trouveront qu’un intérêt relatif.
- Classe 58.
- Avant de quitter la galerie des machines, nous devrons revenir à la classe 58, où nous n’avions pas aperçu d’abord, à coté de M. Descombes, une petite essoreuse mue à bras par un procédé particulier ; il n’est pas nouveau comme principe, car nous l’avons vu appliqué autrefois par MM. Piet et Bellan, et nous en avons parlé dans la Revue de la Teinture du 15 juin 1888, p. 94. (Nous nous citons sans
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- cesse -, cela nous dispense des répétitions, et démontre que l’Exposition n’est pas pour nous une révélation).
- 11 s’agit d’une essoreuse à levier, exposée par M. Lassus de Paris ; au lieu de manivelle, un bras de levier auquel on donne un mouvement de va et vient, actionne le mécanisme de l’instrument,
- M. Lassus n’est pas constructeur spécial d’essoreuses, mais inventeur d’une transmission mécanique à l’aide de ce mouvement oscillant, qu’il applique à des souffleries autant qu’aux essoreuses.
- Ce mouvement nous a paru plus doux que dans l’ancien système Piet et Bellan, et peut arriver, dit l’auteur, à donner une vitesse de 3.000 tours à la minute à son essoreuse ; nous avons vu celle-ci en marche, et sa vitesse est réellement considérable, mais 3.000 tours nous paraît exagéré.
- L’essoreuse est à toupie ; son panier, de 35 cm. de diamètre est plus profond que dans les modèles usuels, de sorte qu’il a une capacité sensiblement égale à ceux de 45 cm.
- Celle de MM. Piet et Bellan était à deux leviers, se manœuvrant par deux hommes 5 l’appareil de M. Lassus n’en a qu’un, et un seul ouvrier la met en marche sans efforts. Ajoutons que son prix est inférieur à celui des essoreuses du modèle courant.
- Voici notre revue des machines terminée ; nous ne croyons pas avoir fait d’oubli, et nous avons donné notre appréciation avec la plus complète impartialité.
- Il est regrettable qu’il n’en soit pas de même partout, et que des journaux de teinture fassent aux exposants la condition de souscrire à leur publicité pour parler de leurs appareils ou produits. Un journal industriel ne doit pas être fait uniquement pour les annonces, car alors ce sont les lecteurs qui sont sacrifiés, et ses informations n’ont plus ni valeur ni autorité.
- Notre prochaine revue sera consacrée aux matières colorantes, envisagées non au point de vue chimique, mais à celui des teinturiers et imprimeurs.
- F. Gouillon
- NOTE
- Sur la théorie de la teinture et sur les causes des taches observées dans la teinture des draps,
- Pai' le Dr Paul Julius.
- (Suite)
- Les essais de teinture des laines à taches acides avec des couleurs qui nécessitent l’intermédiaire d’un mordant, n’ont pas donné, jusqu’ici, de résultats assez concordants pour que nous en puissions tirer des conclusions générales.
- Les inégalités de teinture causées par des
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- réactifs alcalins sont plus constantes et plus profondes.
- On a trempé partiellement les échantillons de laine dans les lessives à 0.5, 1 pour 100 de soude caustique ou carbonatée, séché à ' haud, quelquefois vaporisé. Dans ce dernier cas, la fibre ressort visiblement altérée : les parties alcalines sont colorées en brun plus ou moins marqué et leur résistance est diminuée. Lorsque l’altération est profonde, la fibre se brise, sous la pression des doigts, en tout petits brins frisés, en forme de fer à cheval.
- Si l’on teint les laines ainsi traitées, après les avoir une seu’e fois humectées avec de l’eau chaude, en bains neutres de couleurs basiques, les places alcalines, surtout si l’on a traité par la soude caustique, apparaissent plus pâles, sans doute parceque l’alcali provoque la séparation de la base colorante incolore et agit ainsi comme une sorte de réserve. Mais si on lave au préalable jusqu’à disparition de toute réaction alcaline, les endroits traités par l’alcali paraissent au contraire plus foncés que le reste.
- Il est singulier que, dans certaines circonstances encore m3l déterminées, les places alcalines se tiennent également en nuances plus foncées avec certaines matières colorantes acides. Ce fait se produit à chaque fois, par exemple, avec des bleus alcalins.
- Après mordançage, les nuances sont aussi plus foncées aux places modifiées par l’alcali. C’est du moins ce. qui se produit en général avec les mordants de fer, d’alumine et de cuivre ; avec les mordants chromiques, les différences s’effacent le plus souvent jusqu’à deve-nirinnsesibles. L’etîet est surtout marqué lorsque l’on teint les laines mordancées en cam-pêche.
- Les taches de soude sur tissus de laine offrent toujours une accumulation de matière co'orante sur les bords, l’intérieur apparaissant plus pâle. Plus les taches sont grandes, plus cette différence est marquée. L’examen de la fibre montre que l’altération est plus forte à la périphérie qu’au centre des parties humectées d’alcali sans doute par suite d’un phénomène de capillarité.
- Pour s’assurer que la nuance plus foncée des taches est réellement due à une accumulation de matières colorantes et non, comme on pourrait le prétendre, à la nuance de fond brunâtre de laine traitée par l’alcali, on a déterminé les cendres de poids égaux de la laine alcaline et de la laine non traitée, mordancée tous deux dans les mêmes bains et teintes ensemble au campêche. On a trouvé pour la première 2.35 pour 100 de cendre ; pour la seconde 2.06 pour 100. D’une autre part, on a extrait la matière colorante de semblables échantillons, par décoction avec l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique. En comparant les bains obtenus au colorimètre, on a reconnu que les parties foncées de la laine contenaient au
- moins deux fois autant de malièe colorante (hématéine) que les parties saines.
- En cherchant à nous expliquer les faits, nous avons supposé que l’action de l’alcali sur la laine engendre un ou plusieurs composés, sans doute de nature acide, qui jouissent de la propriété, analogue à celle des tannins, de précipiter les matières colorantes basiques et les sels métalliques, et que ce sont eux qui communiquent à la laine une affinité plus marquée pour ces substances.
- Ces composés peuvent être insolubles ou solubles. Dans ce dernier cas, comme les matières colorantes substantives, les tannins, etc., leur affinité propre pour la fibre les y retient malgré des lavages répétés.
- De même nous devions supposer que l’action des acides sur la laine engendre des produits de décomposition donnant avec les sul-fodérivéscolorants des combinaisons insolubles.
- On connaît aujourd’hui un certain nombre des dérivés produits par l’action des alcalis ou des acides sur la molécule albuminoïde de la laine, tels que la leucine, la tyrosine, l’acide asparagique et d’autres. Nous avons essayé l’action de la leucine et de l’acide asparagique et de ses sels sur quelques matières colorantes et mordants.
- Les dissolutions de leucine ne précipitent que très incomplètement les solutions de couleur basique. La précipitation est plus marquée avec les sels de leucine.
- Ni la leucine, ni ses sels ne précipitent les couleurs ou les mordants ordinaires.
- Enfin les dissolutions saturées à froid d’acide asparagique ou de sels alcalins ne troublent pas les solutions des colorants basiques ou acides ou des mordants.
- D’après cela, on ne pourrait expliquer les teintures plus nourries obtenues avec la laine traitée par des alcalis, dans les bains de matières colorantes basiques, qu’en admettant, ce qui semble peu probable, que la dissolution alcaline de leucine formée par l’action de l’alcali, demeure fixée comme telle sur la fibre.
- N’ayant pas à notre disposition d’autres produits de décomposition définis de la laine, nous avons examiné les solutions obtenues en faisant bouillir la laine avec des alcalis et des acides. Nous avons procédé à peu près de la même manière que Knecht. Toutefois nos recherches ont été étendues aux matières colorantes basiques et aux mordants que cet auteur a laissés de côté, en sorte que nous pensons intéressant de les relater.
- D’un autre côté, quelques pratic iens nous ayant affirmé que des taches pouvaient se produire lorsque le tissu, mouillé par place avec de l’eau était soumis au décatissage et teint ensuite, nous avons aussi examiné les produits de décomposition résultant de l’action de l’eau sous pression sur la laine. De fait, nous avons vérifié que des pièces humectées d’eau par place, vaporisées, bien également
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- mouillées ensuite et teintes, se tachaient aux endroits touchés par l’eau avant le décatissage.
- La laine est attaquée par l’eau bouillante même sous la pression ordinaire. Il se forme, très lentement à la vérité, des bases volatiles et de l’hydrogène sulfuré.
- Action de l’eau sur la laine. — En chauffant pendant qnelques heures de la laine avec de l’eau, en tubes scellés à 150° environ, elle se dissout entièrement. La liqueur jaune brune a une odeur nauséabonde, une réaction fortement alcaline et, lorsqu’on l’acidule, elle donne un précipité floconneux poisseux.
- Cette liqueur précipite les sels des terres et des métaux lourds, à l’exception des chromâtes ; elle donne des précipités très fortement colorés avec les couleurs basiques et les azoï-ques dérivés de la benzidine. Mais avec la plupart des couleurs acides, fuschsine acide, pon-ceauet autres, elle ne donnede précipités colorés que si l’on acidulé.
- En ajoutant avec précaution de l’acide sulfurique étendu, pour neutraliser autant que possible la dissolution aqueuse de la laine, et jusqu’à réaction acide faible, filtrant pour séparer le précipité qui se forme dans ces circonstances, on obtient tin liquide limpide qui fournit avec toutes les matières colorantes acides, azoïques, dérivés sulfoniques des rosani-lines, etc., des laques très colorées. On a des laques semblables même avec les dissolutions des couleurs basiques, lorsque la réaction acide n’est pas trop marquée. Avec le bichromate de potasse, on a un précipité jaune ; avec les autres mordants, sels de fer, d’alumine, etc., on n’obtient rien tant que la réaction reste acide (à cause de la présence de sels ammoniacaux et de bases organiques, il est difficile d’arriver à la neutralité) ; mais si l’on ajonte \ quelque gouttes d’alcali, on observe, avec la plupart des mordants, des précipités assez abondants.
- Le produit qui se sépare à la neutralisation de la solution aqueuse de laine, lavé à fond, se comporte à l’égard des matière colorantes à peu près comme la laine ; toutefois il paraît pouvoir absorber une quantité de pigment plus forte.
- Action de l'acide chlorhydrique. — On a fait bouillir de la laine avec de l’acide chlorhydrique étendu de son poids d’eau jusqu’à dissolution à peu près complète. La liqueur brune, étendue d’eau et filtrée, se comporte comme la dissolution sulfurique de Knecht. Elle précipite les couleurs acides et donne un précipité jaune avec le bichromate. De plus, elle forme des laques insolubles avec presque toutes les matières colorantes acides même celle dont les radicaux acides sont solubles dans les liqueurs acides étendues, telles que le violet acide, le ponceau, le carmin indigo, etc. Font exception toutefois la fuchsine acide et le vert soluble.
- La liqueur ne précipite pas, en raison de sa
- forte acidité, les couleurs basiques ni les mordants, sels d’alumine, de fer et autres.
- En neutralisant avec précaution, au moyen de soude caustique, on obtient un précipité floconneux qui se comporte comme celui que la neutralisation par un acide sépare de la solution aqueuse de la laine. La liqueur filtrée, même lorsqu’elle offre encore une réaction acide donne des laques avec toutes les couleurs basiques ; elle en donne aussi avec la plupart des couleurs acides. Avec les fuchsines acides toutefois, le précipité lorsqu’il s’en forme, est toujours très faible ; cette circonstance est à rapprocher de la façon dont se comportent ces pigments dans la teinture ; on sait en effet que les bains de fuchsine acide s’épuisent beaucoup moins que ceux des autres matières colorantes acides.
- Action des alcalis. — En faisant bouillir jusqu’à dissolution de la laine dans une lessive caustique à 10° Baumé, et neutralisant avec de l’acide chlorhydrique, il se sépare aussi un précipité floconneux qui semble identique à ceux que l’on obtient avec l’eau ou avec l’acide chlorhydrique.
- La liqueur neutralisée filtrée donne des précipités avec toutes les matières colorantes basiques, avec les sels de fer, d’alumine, etc. Les laques des matières colorantes basiques, se forment même lorsque la liqueur est franchement acidulé.
- Dans les solutions de couleurs acides, la liqueur neutre ne donne que peu ou point de précipité ; mais, si l’on ajoute quelque gouttes d’acide, il y a formation de laques avec toutes ces couleurs sans exception.
- Il ressort de ces essais que, parmi les produits de dédoublement de la laine, sous l’influence de l’eau, des alcalis, des acides, il existe des produits solubles et d’autres insolubles dans l’eau, ayant la propriété de séparer de leurs dissolutions, sous forme de laques insolubles, la plupart des matières colorantes et des mordants.
- C’est à la présence de semblables produits qu’il faut attribuer les inégalités qui s’observent souvent dans la teinture des tissus de laine.
- Qu’un tissu de laine mouillé par place ou inégalement , soit soumis au décatissage, ou que l’on expose à la vapeur humide un tissu froid, il se formera aux endroits * mouillés d’autant plus de ces produits de dédoublement que le contact de l’eau aura été plus prolongé, au sein de la chaleur humide.
- S’il reste dans la fibre des composés alcalins, savons ou sels de soude laissés par un lavage imparfait après les opérations préalables de préparation de la fibre ou du tissu, le phénomène sera plus accentué et il pourra se produire des taches permsnentes et très marquées.
- L’auteur termine en faisant observer que tout cet ensemble d’observations donne un appui solide à la théorie de la teinture. 11 par-
- tage à cet égard les vues de Knecht que nous avons relatées plus haut.
- Mon Scient.
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- FIXATION DU CHROME
- sur la laine,
- Par MM. Kay et Bostow.
- L’emploi du bichromate de potasse comme mordant pour la laine remonte à l’année 1840. Depuis cette époque, il n’y a eu que peu de travaux faits pour déterminer la proportion du chrome qui se fixe sur la fibre ou la nature des changements chimiques qui se produisent durant le mordançage. Les seuls documents dignes d’être cités que nous ayons trouvés sur ce sujet sont dus à T. T. Hummel {The dyeing of textile Fabrics, pages 208 et 326), — à T. B. Wilkinson (dans the Textile Manufacturer, vol. page 36), — et à R. Leoyd Whiteley (Journ. Soc. Chem. Ind.t février 1887). Mais ces documents ne reposent pas sur l’analyse quantitative, et, sous l’inspiration et la direction du Dr Knecht, nous avons entrepris au laboratoire de chimie et de teinture du collège technique de Bradford, les expériences relatées plus loin, nous espérons qu’elles jetteront quelque lumière sur ce sujet.
- Nous avons employé dans ces expériences une quantité moyenne de flanelle, dégraissée et finie, en morceaux de 10 grammes chacun. La teneur en cendres était de 0,6 0/0.
- 1° Proportion de chrome fixée.
- Dans une première expérience, 6 morceaux de cette flanelle furent mordancés pendant une heure à 100° centigrades dans des solutions de bichromate de potasse, du volume, dans chaque cas, de 1.000 centimètres cubes. Les quantités de mordant employées étaient les suivantes :
- a) bichromate de potasse 1 0/0
- b) — 3 —
- (c — 6 —
- (d — 12 —
- (e — 3 — acide sulfur. 1 0/0
- (f - 6- - 2-
- Après le mordançage, les morceaux de flanelle étaient repris et pressés au-dessus du bain de mordant, de manière à enlever d’une façon aussi complète que possible l’excès de mordant. Ils étaient ensuite lavés à l’eau froidpjjj puis séchés. La proportion de chrome fixée fut déterminée dans chaque cas directement en brûlant la laine dans un creuset de platine, la soumettant ensuite à la fusion avec de la potasse caustique et du chlorate de potasse en vue de convertir tout l'acide chromique en chromate de potasse, puis dissolvant dans l’eau et ajoutant un excès de solution au dixième de sulfate ferreux. On déterminait l’excès de sulfate ferreux au moyen d’une so-
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- ]ution au dixième de bichromate et le reste était calculé comme bichromate de potasse.
- Pour connaître la proportion de chrome restée en solution, on ramenait à 1.000 centimètres cubes, après l’avoir laissé refroidir, le bain de mordant, et l’on y déterminait, d’une façon analogue à celle exposée plus haut, la quantité de chrome qu’il renfermait.
- Le tableau suivant donne le résultat de ces expériences en grammes :
- En Sur
- solution la fitilre. Perte
- fl)........... 0.0354 0.0565 0.0081
- b) ........... 0.1770 0.0387 0.0245
- c) ........... 0.4320 0.1626 0.0054
- d) ........... 0.9826 0.1858 0.0316
- 6)............ 0.1646 0.1287 0.0069
- f)......... 0.3194 0.1782 0.1024
- Puisque dans chaque cas l’échantillon de laine pesait 10 grammes, il suffit pour avoir la proportion centésimale de bichromate fixée, de multiplier par 10 les nombres ci-dessus. Les pertes indiquées dans la dernière colonne sont dues très probablement à une réduction partielle du bichromate par le bois du vase contenant la solution de mordant.
- ¥ *
- Dans une seconde série d’expériences, nous avons tâché de déterminer, d’une part, la proportion de chrome fixée sur la fibre lorsqu’on se sert, au lieu des 3 et 6 0/0 de bichromate de potasse, de quantités équivalentes de bichromate de soude, et d’autre part, l’action que le tartre exerce lorsqu’on le mélange au bichromate.
- Les expériences fnrent conduites exactement de la même manière que les premières; Voici les résultats qu’elles ont donnés (pour faciliter la comparaison avec les autres, les nombres cités sont calculés comme bichromate de potasse) :
- g) . Bichromate de soude 2.67 0/0 0.1965 0.0826
- h) . Bichromate de soude 5.34 — 0.4323 0.0983
- i) . Bichromate de soude 2.62 — » 0.0855
- Tartre...........3 — » 0.0755
- j), Biohromate de soude 3 Tartre.............. 3
- » 0.0934
- » 0.0934
- Dans les expériences où le tartre fut employé, nous n’avons pas déterminé la proportion de bichromate restée en solution après le mordançage, car le tartre possède un grand pouvoir réducteur et donne très vite à la solution une teinte verdâtre.
- ( Textile manufacturer.)
- TRANSFORMATION
- DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- Le Dr O.-N. Wilt, à Brunswick, publie un très important ouvrage en langue allemande intitulé : Chemische Technologie des Gespinnst-fanern (Technologie chimique des fibres textiles).
- L’introduction de cet ouyrage est une étude historique de l’industrie textile, depuis
- l’antiquité, et .considérée surtout au point de vue des colorations.
- Nous ne suivrons pas l’auteur dès le point de départ de soç travail, fort intéressant mais très étendu, et nous le prenons au moment où il aborde la nouvelle phase des industries tinctoriales, carctérisée par la découverte ’ des matières colorantes artificielles.
- Ap rès avoir p?"1 ' des anciens procédés bien lentement améliorés, l’auteur continue ainsi:
- La plupart des teinturiers étaient hostiles à la science et se prévalaient de l'expérience des siècles passés. 11 fallut un événement sans précédent pour faire pénétrer la science dans ' les ateliers de teinture et lui assurer une place durable : nous voulons parler de la découverte des matières colorantes artificielles. Après quelques essais préalables, on commença vers 1860 à s’occuper de la synthèse des couleurs dont le succès devait influer d’une manière également favorable sur l’industrie et la science.
- L’introduction des matières colorantes artificielles réalise cet idéal que l’on cherchait de puis un siècle : la collaboration de la chimie scientifique et de l’art du teinturier.
- Dans cette ère nouvelle, celui-ci admet les recherches scientifiques sur son domaine, s’incline devant les résultats atteints et reconnaît la nécessité d’une éducation théorique. D’autre part, les chimistes les plus éminents s’occupent de questions soulevées par la pra- ( tique de ia teinture, et de cette collaboration : naît un édifice technologique solide et d’une envergure extraordinaire: la chimie des couleurs actuelles.
- La murexide est la première matière colorante artificielle adoptée par les praticiens. Elle avait été étudiée en 1839 par Liebig et Wohler, et lorsqu’on eut découvert dans le guano l’acide urique, si difficile à obtenir, on chercha à l’utiliser en teinture. En 1853, Son teignit de la laine en se servant du rou ge d’al-laxane, découvert en 1817 par Brugnatelli. En 1855, Lauth atteignit des résultats particulièrement beaux sur la laine et la soie, en fixant la murexide de toutes pièces au moyen d’un sel de mercure. En 1856, Canrlle Kœchlin appliqua cette matière colorante sur le coton mordancé avec des sels de plomb et de mercure. Les nuances brillantes, mais malheureusement peu solides obtenues par la murexide eurent pendant quelque temps un grand succès. Mais elles furent éclipsées lorsqu’en 1856 Gréville Williams découvrit la cyanure ou bleu de quinoîéine. L’expérience montra d’ailleurs que cette matière colorante était si peu solide que même la teinture de la soie ne peut l’employer que pendant un temps très court.
- La découverte de la mauvéine par H.-W. Perkins, en 1857, eut un résultat plus considérable. Cette matière colorante, appartenant au groupe, qui devint si important, de la safranine, possédait toutes les qualités d’une véritable matière colorante, aujourd’hui en core elle a conservé son emploi. Elle ouvrit
- une voie fertile en conséquences à la synthèse des couleurs, par l’utilisation des produits de distillation du goudron de houille. Le benzol extrait du goudron était déjà préparé pratiquement, en 1847, en Angleterre. Mais on ne s’en servait que comme de l’eau à détacher (benzine Collas) et de matière première de la nitrobenzine, employée dans la parfumerie sous le nom d’essence d’amandes amères ou de Mirbane. La découverte de Perkins attira l’attention des praticiens sur l’aniline qui, depuis quelque temps déjà, était l’objectif de recherches scientifiques. En 1826, elle avait été découverte par Unverdorben qui la produisait par l’indigo. En 1834, Rnnge l’extrayait du goudron de houille et, en raison de ses réactions colorantes, l’appelait kyanol-, en 1840, Erdmann l’étudiait plus à fond et lui donnait son nom actuel d’aniline. Mais l’aniline était encore un produit des plus coûteux -, ce ne sont que les essais de Zinin, en 1842, qui rendirent possible la préparation industrielle de cette base qu’il appela benzidiam et qu’il obtenait par la réduction de la nitrobenzine avec du sulfhydrate d’ammoniaque.
- Hofmann, dont le nom est à tout jamais lié à la chimie des couleurs modernes, démontra, en 1843, que les bases produites par ses prédécesseurs étaient identiques entre elles ; c’est ainsi qu’il fut possible de produire des quantités quelconques de ce corps, dont Runge, avec son esprit prophétique, avait déjà prévu les propriétés colorantes, et dont la production journalière devait atteindre, trente ans plus tard, le chiffre énorme de 20,000 kilogrammes.
- La méthode Zinin pour la réduction des corps nitrés aromatiques avait été remplacée en 1854 par une plus simple encore, celle de Béchamp, particulièrement appropriée à la grande industrie et qui, utilisée dès le début par les fabricants d’aniline, sert encore aujourd’hui à la préparation de ce produit. L’aniline ne tarda pas à entrer dans le commerce et de tous côtés on fit des essais d’oxydation dont le but semble généralement avoir été la découverte d’un nouveau moyen de préparation du violet de Perkins, protégé par un brevet. Mais, au lieu de violet, la plupart des expérimentateurs obtinrent un corps rouge, qui n’en eut pas moins de valeur pour cela. En 1859, Verguin, coloriste de la maison Renard (de Lyon), fut un des premiers à réussir dans cette voie. Cet établissement commença aussitôt à exploiter sur une grande échelle la nouvelle matière colorante, qu’elle appela fuchsine. Verguin s’était servi comme oxydant du chlorure d’étain anhydre et, en 1860, Medlock (et Girard et Delaire) le suivit avec l’acide ar-sénique -, la supériorité de ce dernier procède se révéla lorsqu’il fut mis en pratique par Ni-choison, technicien de génie, et des ce moment l’industrie nouvelle exerça sur la science une influence féconde.
- La fuchsine n’etait pas nouvelle au point de
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- LA. REVUE DE LA. TEINTURE
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- Bleu coton MR
- vue scientifique, lorsque Verguin l’introduisit dans la pratique, car Hofmann avait constaté sa formation en 1858, par l’action du tétrachlorure de carbone sur l’aniline. Mais ce fut l’exploitation en grand de Nicholson qui seule fournit à Hofmann de la fuchsine dans un état de pureté parfaite, et qui permet a ce savant de mener brillamment à bonne fin ses travaux^ sur cette matière colorante ; d’un autre côté,’ ces recherches elles mêmes fournirent à l’industrie une nouvelle contribution . les violet^ de Hofmann, qui ouvrirent la longue et précieuse série les dérivés alkylés de là rosaniline. Depuis cette époque les recherches théoriques sur les dérivés de la benzine sont intimement liées à leurs applications pratiques et chaque nouvelle découverte démontre combien l’association de ces deux facteurs produit d’heureux résultats.
- Il ne rentre pas dans le plan de cet aperçu d’énumérer en détail toutes les inventions faites dans ce domaine. Nons nous contenterons d’en citer les principales pour marquer les diverses étapes du progrès.
- En 1861 la dinéthylaniline trouva son application dans la fabrication du violet de Lauth et l’on voit paraître la première matière colorante verte tirée du goudron, le vert à l’aldéhyde d'Usèbe et le bleu d’ani'ine de Girard et Del aire.
- En 1862, Nicholson découvrit en s’occupant du bleu d’aniline, la remarquable propriété des matières colorantes du goudron, de former des acides sulfuriques colorants et solubles dans l’eau. .
- (A suivre.)
- PROCÉDÉS DIVERS
- Bleus spéciaux pour coton
- La « Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de St-Denis » (établissements A. Poirrier et G. Dalsace), vient d’offrir à la Teinture et à l’Impression, de nouveaux bleus pour coton, caractérisés par une grande solidité au savon et à la lumière. Ils pourraient donc se substituer dans beaucoup de cas à l’indigo de cuve.
- Ces produits sont référencés par trois marques, allant du plus rouge au plus bleu; ce sont :
- Bleu MR v
- — MRB
- — MRB B
- Nous donnonsci-dessous des échantillons du Premier et du dernier ; le second esL nécessairement la teinte intermédiaire entre les deux susdits :
- Les procédés d’application sont les mêmes pour les trois marques. La couleur se fixe à l’aide du tannin émétisé; voici ces moyens :
- Teinture du coton.
- Mordancer le colon avec 2 à 5 0/0 de tannin, 10 à 20 0/0 de sumac, suivant la hauteur de tan, la vivacité de la nuance et le degré de solidité désirée -, tordre bien régulièrement ; puis passer en tartre émétique là 3 0/0 du poids du coton.
- Le mordançage se fait le mieux à 70°; tirer le coton jusqu'à refroidissement du bain.
- Le passage en émétique se fait à 70° environ et dure un quart d’heure.
- Laver puis teindre.
- Commencer à froid, monter peu à peu à 70° c.
- Laisser dans le bain à cette température jusqu’à épuisement.
- Les échantillons ci-dessus ont été obtenus avec 1 1/2 0/0 de bleu du poids du oton.
- Impression du coton.
- Mordancer le coton au sulforicinate à 50 grammes par litre et imprimer avec la com-
- position suivante :
- Bleu............................ 3 gr.
- Acide acétique à 7° B...... 50 ce.
- Eau............................ 43 cc.
- Tannin......................... 15 gr.
- Gomme en poudre................ 50 —
- Glycérine...................... 25 —
- Huile........................... 6 —
- Acide tartrique............. 10 _____
- (Cet article dissout dans 10 cc. eau.) Vaporiser, puis passer en émétique à 5 gr. par litre.
- Violets et Lilas grand teint sur coton,
- sans garance ni alizarine.
- Celte teinture, spécialement appliquée aux mouchoirs de Balbec, donne des lilas rafleurés et fournit encore avec des cotons inférieurs des nuances unies et non bringées.
- La nuance est très bonne ; elle baisse un peu aux savonnages répétés, mai3 sans virer dans une autre gamme.
- Voici le procédé usité à Rouen :
- Pour 50 kilogr. de matière à teindre :
- 1° On donne un pied de bleu à la cuve, plus ou moins foncé selon la nuance à obtenir ; on avive comme d’usage.
- 2° On engalle pendant quelques heures dans une décoction faite avec :
- Noix de Galle.............. 7 kil.
- 3" Après avoir tordu, et sans rincer, on mordance à froid avec :
- Bi chrômate de Potasse...... 1 kil. 500 gr.
- 4° On lave, on tord, puis on teint dans un bain contenant :
- Santal... ......... 7 kil. 500 gr.
- Campêche........... 3 — 500 —
- Pour cette teinture, il faut User une heure sur ce bain en le chauffant, mais sans le faire bouillir; on arrive peu à peu à l’ébullition, puis on continue de manœuvrer le tissu une nouvelle heure, dans ce bain porté au bouil lon.
- Alors on lève et on ajoute au bain :
- Alun....................... 4 kil.
- Acide sulfurique........... 4 —
- On rentre les matières et on les lise une demi-heure en laissant tomber le feu.
- 5° U faut ensuite rafieurer (aviver) dans un bain neuf monté avec :
- Décoction de campêche.. 10 seaux
- Alun................... 3 kil.
- Après cet avivage, on laisse les matières oxyder au contact de Pair pendant environ 12 heures.
- 6° Enfin, on peut achever par un adoucissage dans un bain huileux, et le travail est ainsi terminé.
- Brun -olive sur laine.
- Cette nuance est un vert foncé à reflet jaune, ou un brun à reflet vert, ce qui est équivalent.
- Voici plusieurs procédés pour l’obtenir ; chacun est pour 50 kil. de laine en fils ou en tissus :
- Par les anilines.
- Vert méthyle acide..... 1 k. 500 gr.
- Orange n° 1 ........... 500 gr.
- Sulfate de soude....... 5 k,
- Acide sulfurique....... 250 gr.
- Le vert et l’orangé se rabattent mutuellement et donnent un olive ; toutefois, ce procédé est coûteux, et il est toujours anormal d’employer des couleurs fraîches et brillantes pour produire des teintes brunies, qu’on peut obtenir avec des colorants moins purs.
- Voici deux autres procédés :
- Par les bois.
- Mordancer une heure et demie avec :
- Bi-chrômate.......... 1 k.
- Acide sulfurique..... 1 k. 500 gr
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Lever, égoutter, éventer, puis teindre
- avec :
- Extrait de Cuba à 30° 3 kil.
- Carmin d’indigo 500 —
- Entrer et traîner à tiède pendant 45 minu-
- tes, porter peu à peu au bouillon, que l’on
- maintient jusqu’à nuance.
- Procédé mixte.
- Bouillon de une heure et demie avec :
- Bi-chrômate 150 gr.
- Acide sulfurique 500 —
- Cristaux de tarire 500 —
- Sulfate de cuivre • • 150 —
- Lever, rincer et teindre avec :
- Extrait de campêche 1 kil.
- 500 gr.
- Carméloïne * • 500 —
- Entrer à tiède, porter de suite au bouillon, et teindre jusqu’à nuance.
- Noir au chrome sur laine.
- Nous lisons dans une publication allemande : « Comment produire un noir au chrôme qui ne verdisse pas plus que le noir au fer ? On ne peut pas employer concuramment la couperose et le chrome, puisque l’acide chromi-que du bichromate oxyderait l’oxyde de fer de la couperose : il se formerait de l’hydrate ferrique qui exigerait ue excès d’acide pour se dissoudre et donner le bain clair, indispensable à la production d’une teinture égale.
- « Le Dr Bruno Lindenberg propose d’employer le chromate de fer. Pour 20 kilogrammes de laine, on mordance à l’ébullition une heure et demie avec :
- Bichromate de potasse..... 500 gr.
- Alun de fer............... 2 kil. 500 gr.
- Tartre.................... 100 gr.
- et l’on teint ensuite au campêche.
- « Ce noir ne verdit pas et résiste bien au
- foulage et à la lumière. »
- Noir grand teint et inverdissable sur laine et sur feutres.
- Le procédé ci-dessous, donné par le Moniteur de la Chapellerie, et aussi basé sur l’emploi d’un mordant ferro-chromé, a évidemment un caractère plus pratique.
- Proposé pour les feutres, il convient également pour les laines et lainages.
- Notre confrère dit à ce propos :
- « Ce procédé nous a été communiqué en nous assurant la bonne réussite.
- « Dégraisser, rincer et tordre, dans un bac contenant 2100 litres d’eau.
- « Je verse dans une petite cuve à part de l’eau bouillante sur 10 kilos cristaux de soude,
- 10 kilos sulfate de fer.
- « La dissolution obtenue, je la verse dans
- les 2100 litres.
- « Dans une cuvette de 20 litres d’eau, je verse 10 kilogrammes acide sulfurique, je verse encore ce contenu dans les 2100 litres.
- « Enfin dans une autre cuvette contenant 30 litres d’eau à 80 degrés, je fais dissoudre 2 kilos bichromate de potasse, que je verse dans les 2100 litres.
- « Je passe les feutres à froid 2 ou 3 heures, je les sors, et j’ajoute au bain 5 kilos extrait de campêche que je verse dans le bain bouillant, et je termine la teinture en 30 à 40 minutes au bouillon. »
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- Taches spéciales
- Les moyens de nettoyage qui viennent d’être décrits ont pu laisser subsister des taches qui n’ont cédé ni à la benzine ni au savon, et qu’il faut alors reprendre une à une et faire disparaître par des moyens appropriés à la nature de chacune.
- La difficulté réside autant dans l’incertitude de cette nature, que dans les précautions à observer pour éviter d’attaquer les couleurs et le tissu lui-même.
- Aussi ce travail exige-t-il une grande expérience et beaucoup de patience et d’attention.
- Lorsqu’on doit employer un dissolvant énergique, il est toujours bon de l’essayer préalablement sur une partie du vêtement où une détérioration serait sans importance : par exemple, sur un rempli à l’envers.
- Il faut souvent aider l’action des dissolvants par des frictions à la brosse, mais c’est le cas de rappeler le dicton populaire : « Il vaut mieux laisser son âne morveux, que lui arracher le nez » ; c’est-à-dire pour nous, qu’il ne faut pas s’acharner sur une tache jusqu’à percer l’étoffe ; un trou n’est jamais réparable, tandis qu’une tache ou une décoloration peuvent toujours se dissimuler par une nouvelle teinture.
- Voyons maintenant les cas susceptibles de se présenter, après nos divers nettoyages, qui ont dù enlever tout ce qui est gras, et soluble à l’eau.
- Taches de propreté
- Un détachage partiel ayant été fait à la benzine ou au savon, sur fond blanc ou clair, les parties détachées ressortent plus propres que le fonds déjà défraîchi. Ce sont les «taches de propreté » qui sont d’un effet presqu’aussi mauvais que des taches de saleté.
- Le remède s’indique de lui-même : nettoyer la pièce en plein.
- Taches d'humidité.
- Elles se rencontrent sur des étoffes lustrées, où la partie déglacée par l’eau apparaît comme
- une tache sombre -, ce n’est que sur les vêtements détachés à la benzine, que l’on a à s’en préoccuper, car ceux qui passent à l’eau n’en portent plus de trace.
- Un reglaçage les fait souvent disparaître; si on ne dispose pas de glaçoire et si ces taches sont peu nombreuses, sur soie ou sur coton, on peut les frotter avec un cul de bouteille sur une table bien unie -, si elles sont sur lainages on les repasse au fer chaud.
- Quand ces taches sont trop nombreuses, comme suite d’une pluie, par exemple, on décatit le vêtement sur la table a vapeur ou sur une platineuse ; c’est-à-dire sur une pla. que percée de trous dont on recouvre une bassine contenant de l’eau en ébullition.
- On réapprête ensuite.
- Taches de fruits, de vin, de café, etc.
- Elles disparaissent aux savonnages, puis au soufrage ou au javelage, mais non aux nettoyages à la benzine.
- On a alors recours aux moyens correspondants :
- Sur laine et sur soie, on les touche avec de l’acide sulfureux liquide, ou bien on humecte la partie tachée et on brûle au dessous un petit fragment de soufre.
- Si la teinte s’en trouve un peu altérée, on y passe de l’ammoniaque.
- Sur coton, on touche à l’eau de Javel ; on rince partiellement, et on avive avec de l’acide acétique. Il faut s’assurer que la Javel ne détruira pas la teinte du fond.
- Sur tous tissus, on essaiera d’abord l’action de l’ammoniaque, qui suffit quelquefois, et qui altère rarement les couleurs; si cet effet se produit, on avive à l’acide acétique.
- Taches de peinture, de vernis, d'huile cuite.
- 'Quand elles sont nouvelles, on les enlève aisément à la benzine ou au savon.
- Mais lorsqu’elles sont anciennes et durcies, ce qui se présente le plus souvent, on essaie d’abord de les ramollir avec un corps gras ; pour cela on les enduit de beurre, ou plutôt de saindoux ; on les laisse détremper ainsi douze ou vingt-quatre heures, puis on râcle avec un couteau le plus épais, et on traite le reste comme une tache grasse simple.
- Un dissolvant qui réussit le plus souvent contre les taches sèches de peinture, est le chloroforme ; on s’en sert comme de la benzine, avec une brosse, et en plaçant la partie tachée sur un linge propre.
- Ces prescriptions s’appliquent aux vernis gras, mais on doit essayer d’abord si des taches de vernis ne s’en vont pas tout simplement à l’alcool, car il se fait aussi des vernis à l’alcool.
- Taches de poix.
- La benzine ordinaire du commerce ne dissout pas la poix, mais la benzine pure de
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- houille et cristallisable, dite : « Benzol ou Toluène », enlève parfaitement les taches qui en proviennent.
- Taches de bougie et de cire.
- On enlève le plus gros, en appliquant au dessus des taches un papier buvard sur lequel on passe un fer chaud -, les corps gras fondent j par la chaleur et sont absorbés par le papier.
- Ce qui reste après le tissu peut s’enlever : la bougie, par la benzine ou le savon chaud ; la cire par l’alcool fort et aussi par la benzine.
- La cire à cacheter se dissout aisément à l’alcool : on enlève d’abord le plus gros, avec une lame de couteau chaude.
- Taches de cambouis et de suie.
- Le cambouis — provenant de roues de voitures ou de machines — est une graisse ferrugineuse.
- La partie grasse disparaît sans difficulté à la benzine ou au savon, mais il reste souvent une tache de fer que l’on traite par les moyens suivants appliqués à la rouille et à l’encre.
- Les taches de suie s’enlèvent par les mêmes principes ; on a aussi indiqué de les enduire de jaune d’œuf, de dégorger ensuite à l’eau et à la brosse, et de traiter comme ferrugineuse la tache qui a pu persister.
- L’empàtage au jaune d’œuf n’est pas mauvais pour toutes taches grasses, enfermant des matières solides.
- Taches de rouille.
- L’acide oxalique, le sel d’oseille, l’acide tartrique sont des dissolvants trop faibles ; on les recommande au public à cause du peu de danger de leur maniement, mais nous qui ne craignons pas des acides plus énergiques, nous emploierons ces derniers avec plus d’avantage.
- Le meilleur est l’acide chlorhydrique étendu de trois à quatre fois son volume d’eau.
- La partie tachée étant placée sur une assiette, on l’imbibe avec cette dissolution acide qu’on laisse agir et qu’on renouvelle autant qu’il le faut ; la tache ordinairement ne tarde Pas à disparaître ; aussitôt que ce résultat est obtenu, on rince l’endroit détaché et on y donne un coup de fer.
- Quand la tache est très ancienne ou lorsqu’elle a été fixée par de l’eau de Javel, elle est suroxydée et plus difficile à enlever, il faut Mors la désoxyder (ce qu’on appelle : réduire), et pour cela employer la dissolution suivante :
- Eau.................... d/2 litre
- Sel d’étain............ 100 gram.
- Acide chlorhydrique... 150 —
- On imbibe la tache de ce liquide, on tamponne légèrement en entretenant l’humidité îosqu’à ce que la tache disparaisse. On rince ensuite à l’eau.
- Ces divers traitements s’appliquent à toutes ^offes, en ayant toujours soin de s’assurer de eur action sur les couleurs du fonds. Sur
- soie, il faut agir avec beaucoup de précautions.
- L’emploi de l’ammoniaque peut raviver des couleurs ternies, mais il faut bien rincer la place au préalable pour ne pas refixer de l’oxyde de fer mal purgé.
- Taches d'encre, de sang.
- Elles sont de la classe des taches ferrugineuses, avec adjonction d’une matière colorante.
- Sur toutes étoffes, commencer par le traitement à l’acide chlorhydrique, tel qu’il est indiqué ci-dessus, et quand la tache noire est passée au rouge, rincer.
- La légère coloration rouge qui reste, est alors touchée à l’eau de Javel, qui enlève le reste.
- Sur soieries et lainages, on peut remplacer la Javel par de l’acide sulfureux, comme il a été dit pour les taches de fruits.
- Les taches d’encre anciennes et tenaces sont traitées par la dissolution acide de sel d’étain ci-dessus, puis décolorées à la Javel ou à l’acide sulfureux.
- Les taches de sang s’en vont aux savonnages, mais sur une étoffe non savonnée, on les fait tremper d’abord à l'eau froide, on rince, et on les traite comme les taches d’encre.
- Lorsque la nature des étoffes ou leur teinte ne permet pas l’emploi des acides et des décolorants énergiques, pour faire disparaître les taches d’encre, on peut laver celles-ci avec une dissolution concentrée de pyrophosphate de soude.
- L’opération est longue et exige de la patience ; il ne faut pas se décourager d’une apparence d’insuccès au début de l’opération.
- Le pyrophosphate est un sel neutre, sans action nuisible sur les tissus, même la soie, et sur les nuances qui ne sont pas à base de fer ; il peut s’employer pour toutes taches ferrugineuses.
- Taches d'urine, de fiente d'oiseaux, etc.
- L’urine produit plutôt des décolorations que des taches ; c’est-à-dire qu’elle détruit certaines couleurs, qu’elle transforme généralement en jaune.
- Quelquefois l’ammoniaque les fait revenir, mais le plus souvent il n’y a d’autre ressource que de remettre toute la pièce à la teinture, surtout quand ces taches sont larges et dues à une action longue et répétée, comme cela arrive aux pantalons de personnes atteintes d’affections urinaires. Pour celles-là, si un foulage en carbonate un peu chaud, suivi d’un piquage ne les a pas fait disparaître, il n’y a qu’à reteindre les pantalons.
- Il arrive, au bas des pardessus principalement, des petites taches dues à des éclaboussures d’urine. Après les avoir touchées à l’ammoniaque et séchées, on peut reboucher toutes les parties décolorées avec un pinceau et une dissolution concentrée de couleur d’aniline, dont la nuance correspond à celle du
- paletot; ainsi sur un bleu indigo, on emploiera le bleu-noir, et suivant le même principe pour les autres teintes.
- Ce procédé qui n’est qu’uue ficelle réussit très bien sur les lainages foncés, à condition que les taches soit petites, et soit qu’elles proviennent de l’urine, d’un acide, du chlorure de chaux, ou de tout autre décolorant, y compris les fientes d’oiseau qui détruisent certaines couleurs.
- Taches d'acides et d'alcalis.
- L’acide nitrique fait des taches jaunes ineffaçables.
- L’acide sulfurique pur (le terrible vitriol) brûle les étoffes; tous les autres acides, comme ce dernier, lorsqu’il est allongé d’eau, font des taches le plus souvent réparables.
- Sur toutes teintures aux bois ces taches sont d’un rouge vif, sur les anilines elles sont peu apparentes,
- Rincer à l’eau toutes les parties tachées, puis les imbiber largement d’ammoniaque.
- Si l’ammoniaque a modifié les teintes, les raviver avec de l’acide acétique allongé de deux ou trois fois autant d’eau.
- Les taches alcalines, c’est-à-dire faites avec de la soude, de la potasse, de la chaux ne sont pas faciles à reconnaître, car leurs effets sont variés, suivant les couleurs des étoffes, mais le client dit ordinairement d’où provient l’acr cident, et vous êtes renseignés.
- Laver à l’eau les endroits tachés, puis les imprégner copieusement d’acide acétique allongé d’eau par parties égales; attendre cinq minutes et rincer encore.
- Si par ces moyens, les taches soit d’acides, soit d’alcalis n’out pas disparu, c’est que la couleur est détruite, et il n’y a plus rien à faire qu’à remettre en teinture.
- Taches de nitrate d'argent.
- Elles sont d’une teinte ardoisée, ne changeant pas le toucher du tissu, et nettement circonscrites.
- Elles cèdent facilement à un lavage au cyanure de potassium ; on touche les parties tachées avec une dissolution faite avec 15 gr. de ce sel dans 400 gr. d’eau. Aussitôt la tache effacée, on rince à plusieurs eaux.
- Le cyanure est un produit fortement alcalin, et qui demande ainsi des précautions pour être employé sur soie, mais c’est le seul pratique pour le détachage du nitrate d’argent.
- Notons enfin que le cyanure est un violent poison ; il faut donc être attentif à n’en pas absorber et il ne faut jamais y mélanger un acide, qui produirait un dégagement d’acide prussique, dangereux à respirer.
- Taches d’onguent mercuriel.
- Ces taches sont d’un gris plombé, mal délimitées.
- On commence par les dégraisser à la benzi-
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- ne, même sur les cotons, car le carbonate fixe le mercure.
- La teinte grise qui reste est touchée ensuite à l’eau de Javel, que l’on éponge avec un linge, et que l’on rince ensuite.
- Taches indéterminées.
- I! est enfin beaucoup de taches dont on ne connaît rii l’origine ni la nature, et pour lesquelles il faut tâtonner.
- Quand la tache ne se laisse pas imbiber par l’eau, c’est qu’elle est grasse ou résineuse -, on emploie d’abord la benzine, puis l’alcool.
- Si l’eau la pénètre, il faut continuer avec ce liquide mêlé à autant d’alcool ; quelquefois cela suffit.
- S’il reste une coloration, on essaie d'abord par l’ammoniaque ; puis par l’acide acétique cprès rinçage de l’ammoniaque.
- Lorsque tous ces moyens ont échoué, on a recours à l’eau de Javel.
- Si l’on ne réussit pas encore, il n’y a plus qu’à suivre son inspiration personnelle.
- Couleurs virées.
- Nous avons déj^i vu que tous le3 bleus et verts d’aniline tournent au gris par les savons et les alcalis et qu’il faut les ramener par un piquage.
- D’autres couleurs, telles que les violets à l’orseille, les grenats et li plupart des teintes aux bois, le noir même et les gris, sont virés au rougeâtre par les acides, tels que fruits aigres, jus de citron, vinaigre, etc.-, il faut alors employer de l’ammoniaque pour les raviver.
- Les écarlates de cochenille par l’action des alcalis, ou simplement de l’eau, tournent au violet ; on les ramène avec la disso'ution de sel d’étain et d’acide chlorhydrique, décrite à propos des vieilles îaehes de rouille, mais en l’allongeant de quatre à cinq fois son volume d’eau, et rincer ensuite sur eau aiguisée d’aci -de acétique.
- Enfin, il y a les frappures d’air, contre lesquelles les nettoyages ne peuvent rien ; c’est affaire de la teinture, et encore n’y peut-elle grand’chose.
- C’est ce que nous verrons dans les chapitres suivants, où nous arrivons à cette partie : la teinture.
- Maurice GUÉDRON.
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- LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- et textiles à l’Etranger.
- RÉGENCE DE TRIPOLI
- Pour faire connaître les produits de leur industrie et les faire entrer pour une large part dans la consommation de la Tripolitaine, les négociants devraient envoyer sur les lieux des échantillons, choisir des agents sérieux et honnêtes pour les représenter sur place et les mettre en relation avec les acheteurs,
- sans se fier, toutefois, pour de telles représentations, à des personnes n’ayant pas de bonnes références.
- En outre, si les négociants veulent trouver le débouché qu’ils désirent sur nos marchés, ils ne devraient pas rester indifférents en présence de la nécessité croissante de produire à bon marché. C’est ce que fait habilement et avec succès l’Allemagne, dont les prix réduits et l’activité cherchent des débouchés pour son industrie nationale, même dans les contrées les plus lointaines.
- En ce qui concerne les manufactures de coton, je ferai observer que l’Angleterre seule les fournit à la Tripolitaine, soit pour la consommation locale, soit pour être envoyées dans l’intérieur de l'Afrique. Aucun autre pays n’a réussi jusqu’ici à offrir ces tissus, qui sont incontestablement l’article de commerce le plus important et essentiel même, fourni à Tripoli par l’étranger, soit aux mêmes, soit à de meilleures conditions que les fabriques de Manchester. J’ignore si jamais la Belgique a essayé de fabriquer les qualités de tissus qui viennent de l’Angleterre et si elle peut les livrer aux mêmes conditions. Il y aurait autant à dire pour les tissus de lin et de laine, avec cette différence qu’ils ne sont, pour la Tripolitaine, que des articles secondaires à l’encontre des tissus de coton dont on a fait un grand usage et une grande consommation, non seulement ici, mais encore au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Egypte.
- (Consul de Belgique.)
- TURQUIE d’asie
- ....J’ai constaté en Syrie comme en Perse,
- au Maroc comme en Mésopotamie, que nos sucres, nos bougies, nos draps, nos soieries, nos lainages, nos liqueurs, nos articles de Paris, etc., avaient la préférence sur les articles similaires étrangers, qui, cependant, livrés à meilleur marché que les nôtres, leur font une sérieuse concurrence. Nos exportateurs doivent, d’une part,, combattre cette concurrence par le bas prix et la bonne qualité de leurs marchandises, et d’autre part, étudier le moyen de fabriquer en France les articles dont les concurrents ont le monopole pour l’exportation. En première ligne, je citerai les cotonnades anglaises qui assurent au Royaume-Uni la prépondérance que nous constatons invariablement dans tous nos travaux de statistique.
- (Le vice-consul de France à Dtarbébir.)
- ALGÉRIE
- Le consul suisse à Alger, dans un rapport intéressant, donne les renseignements suivants sur le commerce des mouchoirs et de la mousseline en Algérie.
- Pour les mouchoirs imprimés, il y aurait de gros débouchés pour l’industrie suisse. Malheureusement, nos fabricants se laissent devancer par les Anglais, qui ont plus d’initiative. Ces concurrents dangereux envoient régulièrement leurs voyageurs et sont, par conséquent, bien renseignés sur les goûts et les besoins de la veste indigène; ils ne crai-
- gnent pas de monter de nouveaux dessins, ainsi que de changer les laizes et la qualité de leurs produits, de façon à conserver toujours leur clientèle. On peut, néanmoins, évaluer les importations de la Suisse à un chiffre de 700,000 fr. pour l’année 1887 ; nous appelons spécialement l’attention de nos fabricants sur cet article, car la consommation, des mouchoirs imprimés en Algérie est des plus importantes.
- La mousseline tombe de plus en plus, vu les droits protecteurs du tarif douanier français ; ce sont les fabriques de Saint-Quentin et Tarare qui livrent maintenant les genres qu’il faut à la clientèle indigène.
- LES PAPIERS PEINTS EN BELGIQUE
- Un intéressant rapport de la Chambre de commerce française de Charleroi sur l’importation des papiers peints en Belgique, se termine par les observations suivantes :
- En résumé, nous conseillons à nos industriels français de faire tous les efforts pour entretenir et augmenter le plus possible leurs relations en Belgique et cela surtout par l’en, voi annnel des voyageurs.
- Comme certaines fabriques d’articles à la planche, pour les raisons indiquées plus haut, voient diminuer leur chiffre d’affaires sur le marché belge, nous leur conseillons également de ne pas abandonner la place, et, comme en général, ces maisons n’ont pas entre elles d’articles similaires, de former un Syndicat ayant un ou plusieurs voyageurs les représentant collectivement, pour continuer ainsi l’enlretien des relations acquises dans la clientèle. Ce système occasionnerait des dépenses bien moins importantes pour chacune d’elles.
- Une habitude commerciale excellente à prendre, et fort goûtée de l’acheteur belge est la livraison franco à domicile des marchandises. Cela évite au client des ennuis de douane et ne diminue en rien les compensations accordées au fabricant par le droit de drawback français.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Modification des statuts de la Société en nom collectif Basset et ses fi*s> teinturiers en peanx et négociants en chevreau pour chaussures, r. Louis Blanc, 40. — Acte du 26 juin et 6 juillet 1889.
- PARIS. — Formation de la Société en commandite H. Scoppini, Fosset et Gie, fab. <*e produits et composition destinés à la teintar dit « Noir direct parisien », rue de BelleviJ e> 140. Durée : 15 ans. — Acte du 8 juillet, l»ay'
- SEDAN. — Prorogation de 3 ans du 1er juin 1889, de la Société en nom collectif OF^ et Laurent, fab. de draps, nouveautés. Acte du 3 juillet 1889.
- LYON. — Prorogation au 30 juin 1892, ®
- la Société en nom-collectif A. MontessuY A Chômer, fab. de crêpes et autres artic e soieries, rue Puits Gaillot, 25, et modi ica
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- du capital social réduit de 3,000,000 fr. à 2,000,000 fr. — Acte du 15 juin 1889.
- LYON. — Dissolution à partir du 30 juin 1889 de la Société Ad. Guillermet et Cie (soieries, châles et nouveautés), rue de l’Hôtel-de-Ville, 27. — Liquid. la Société du même nom constituée le 31 janv. 1889.
- LYON. — Formation de la Société en commandite Armandy et Cie {soies, grèges et ouvrées, etc.), quai de Retz, 2, à Lyon, avec succursale, à Paris, faub, Poissonnière, 40. Durée : 4 ans. Cap. : 3,070,000 dont 650,000 en commandite. — Acte du 20 juillet 1889.
- CHOLET. — Formation de la Société en nom collectif Baumard frères (cotons filés et fils de lin). Durée : illimitée. Gap. : 100,000 l. — Acte du 28 juin 1889.
- LILLE. — Dissolution à partir du 1er juillet 1889, de la Société Defl.vnijre fils et A. Fré-maux (teinturerie de toiles et cotons), quai de l’Ouest, 46. Liquid. : les associés. — Acte du 30 juin 1889.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Peignez (Vve) Sabatier. Dépôt de teint, route de Flandre, 7 Au-bervilliers.
- Bnrtin-Girard François Teinturerie rue Vio-(Dme) (Dme) let-le-Duc, 7.
- Chauvet. Monnot. Teinturerie avenue de
- Clichy, 52.
- Duhamel. X. Teinturerie rue du
- Gherche-Midi, 41.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- CHAMBRE SYNDICALE
- DE LA TEINTURE ET DU NETTOYAGE
- Exlroit du procès-verbal de la Séance du 1er juillet 1889. —M. Rigolot, au nom de la Commission chargée de gérer la Caisse de secours de l’ancienne Chambre, offre à la nouvelle Chambre d’accepter le reliquat de ladite Caisse, pour en disposer dans les mêmes conditions et pour les mêmes intéressés prévus par les fondateurs.
- M. Orliac demande qu’il soit bien stipulé que c’est aux ouvrières aussi bien qu’aux ouvriers que pourront être délivrés des secours.
- M. Le Président répond que les résolutions prises lors de la création de cette Caisse ont prévu tous les membres de la corporation, ce qui est absolu.
- M. le Président demande alors à la Commission de la Caisse de secours si elle persiste dam son offre.
- Les membres de cette commission qui sont MM. Rigolot, Vinois, Lhuillier, Barbin, Tupi-nier, tous présents à la séance, répondent affirmativement.
- M. le Président demande alors au Comité s’il entend accepter cette somme de 617 francs, et en disposer dans les mêmes conditions que ^ancienne Chambre syndicale.
- Le Comité accepte le transfert à l'unani-
- rnité.
- _ Il est ensuite décidé que le secrétaire-trésorier sera chargé de conserver les fonds, et que chaque commission arbitrale trimestrielle sera chargée d’examiner les demandes de secours
- qui seront formées pendant le trimestre d’arbitrage.
- M. Villiermet, rue Pigalle, 16. est présenté par plusieurs membres, comme demandant à faire paitie de la Chambre syndicale, son admission est prononcée à l’unanimité.
- M le Président propose au Comité de suspendre ses séances mensuelles pendant les vacances, et exprime l’espoir qu’à la prochaine réunion, quelques membres apporteront des propositions à étudier dans l’intérêt de la corporation
- En attendant, il soumet aux réflexions de chacun l’idée de la création d’un bureau de placement des ouvriers teinturiers sous le patronage de la Chambre syndicale.
- M. Burel approuve ce projet, faisant valoir que la gratuité du placement serait intéressante pour les ouvriers.
- M. le Président fait ressortir qu’il faut voir cette idée sous toutes ses faces très sérieusement, tant à cause des susceptibilités à ménager, qu’à cause des intérêts communs aux ouvriers et aux patrons à soutenir ; sans oublier le point de vue pécuniaire, qu’il faudrait tâcher de résoudre par une dépense insignifiante, permettant de donner la gratuité pour tous.
- Sur la demande de M. le Président, le Comité fixe sa prochaine réunion au premier lundi d’octobre, à moins de motifs graves qui obligeraient le président à provoquer une réunion.
- lies jurys «les récompenses. —
- Nous avons fait connaître dans notre numéro du 5 juin, la composition et les fonctions des jurys de première instance, pour l’attribution des récompenses à l’Exposition; ce sont les jurys « des classes ».
- Vuici le moment où fonctionnent ce que nous appellerons les jurys d’appel ou de révision.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler leurs fonctions, et les voici d’après la réglementation générale des attributions de récompenses :
- Dispositions spéciales aux expositions permanentes des groupes I à IX.
- Art. IA. — L’attribution des récompenses instituées par l’article 9 résultera des opérations successives des jurys de classe dont il a été parlé dans le titre Ier, des jurys de groupe et du jury supérieur dont il va être parlé.
- Art. 16. — Chaque jury de c'asse procédera à l’examen des objets exposés et établira, sans distinction de nationalités, le classement par ordre de mérite, des exposants qui lui paraîtront dignes d’être récompensés....
- Art. 17. — Les présidents, les vice-présidents et les rapporteurs des jurys de classe composeront les jurys de groupe, qui se réuniront le 20 juillet 1889.
- U sera nommé pour chaque jury de groupe un président, deux vice-présidents et un secrétaire qui pourront être choisis en dehors des membres du jury....
- Art. 18. — Chaque jury de groupe revisera et arrêtera les listes de classement présentées par les jwys de classe.
- Il s’ajoindra successivement chaque jury de classe pour les délibérations qui le concernent et pour rédiger les propositions à faire au jury supérieur, relativement au nombre et à la répartition des récompenses de chaque catégorie à accorder pour chaque classe.
- Les résultats des travaux des jurys de grou-
- 131
- pe devront être remis à la Direction générale de l’exploitation le 15 août 1889 ; si le rapport d’un groupe n’est pas terminé à cette date, le jury supérieur y pourvoira d’office.
- Art. 19. — Le jury supérieur aura pour président d’honneur le Président du Conseil, Ministre du commerce, de l’industrie et des colonies; il aura pour vice-présidents d’honneur le Ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts et le Ministre de l’agriculture.
- Art. 21. — Le jury supérieur se réunira le 20 août 1889. 11 examinera les propositions des jurys de groupe et arrêtera, en dernier ressort, les listes, par ordre de mérite, des exposants récompensés de chaque classe, le nombre et la répartition de récompenses de différentes catégories attribuables aux exposants admis à être récompensés.
- —o —
- Ecole «le i»]iysl<4tie et «le clshule.
- — A la suite des examens de sortie de l’Ecole de physique et de chimie industrielle de la ville de Paris, les élèves dont les noms suivent ont obtenu le diplôme de chimiste :
- MM. Rousselut, Leriche, Dumesny, Coffi-gnier, David, Mittau, Verdier, Perperot, De-fournaux, Lyagre, Fourniquet, Bidet, Leseaf-fette.
- Le diplôme de physicien : MM. Estemps, Chedeville, Claude, Hess.
- Le certificat de chimiste : MM. Digout, Car-tereau, Lavollay, Crochetelle, Haudricourt, Barbare, S die, Levayer.
- Etoffes pour s&iavagea. — Un voyageur français qui a exploré quelques régions encore inconnues de l’Afrique centrale, en se rendant à Zanzibar, fait, connaître comme suit, ses négociations avec un marchand du pays :
- « Tippoo-Tib s’y connait en étoffas, et il ferait sans doute un calicot parfait en Europe. 11 a fort bien fait la différence entre mes produits et ceux de Manchester ; il m’a manifesté son regret de ce que je n’en aie pas plus apporté avec moi. Mais quant à les payer plus cher, il s’y refuse absolument. Oui, c'est plus beau, dit-il, c’est plus fort, cela doit durer plus longtemps, mais un mouchoir anglais me fait le même office que les vôtres et pour le noir qui ne lave jamais son linge, vos tissus se salissent aussi vite que ceux qu’il emplois d’ordinaire.
- « Et il a raison Tippoo-Tib -, ce que regarde le noir, c’est la quantité et non la qualité. Tant que nos manufactures s’entêteront à ne pas vouloir faire ce qu’on demande, il leur faudra rayer l’Afrique du nombre de leurs clients ».
- —o—
- Enfant écrasé. — L’un de nos confrères vient d’être bien cruellement éprouvé.
- Un enfant de trois ans, fils de M. Saleza, teinturier à Montrouge, a été écrasé par une voiture de laiterie.
- Le pauvre enfant qui a eu la tête écrasée, était tombé en avant du trottoir sur le pavé au moment où passait la voiture qui marchait à une allure modérée.
- On conçoit le deuil que de pareils événements apportent dans une famille.
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- LE HAVRE
- Dois de teinture. — Les bois de teintures sont calmes et en dehors de 80 tx Y-Cruz
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- jaune disponible, payés fr. 6.80, nous n’avons connu rien de traité.
- Arrivages de la huitaine : 1 gr. campêche de la Jamaïque ; 2 gr. dito de Ste-Lucie ; 1 gr. dito de Savannah-la-Mar ; 46 billes bois jaune par cabotage.
- Cachou, curcuma, rocou, orseille, cochenille, quercitron, dividivi, sumac. — Marché nul ou à peu près.
- Arrivages : 114 b. écorces de quercitron de Hambourg.
- Indigos. — Cette semaine les cours ont d’abord haussé de 5 à 15 c., puis ils ont fléchi de 5 c. pour mars, avril et juin.
- Les affaires ont été assez animées, on a traité 20 c. septembre à fr. 6.20, 30 c. novembre à fr. 6.20, 10 c. décembre à fr. 6,30, et 30 c. mars à fr. 6.40.
- MARSEILLE
- Cire jaune. — Arrivages de la semaine, nuis. Ventes de la semaine et expéditions, 10,000 kil. Stock, 34,000 kil.
- On cote : Algérie, 130 à 135 fr. ; Maroc, 115 à 130 fr- ; Mozambique, 130 à 132.50 ; Sénégal,
- 112.50 à 115; Madagascar, 110 à 112.50; Levant, 145 à 170 fr. Les 50 kil., escompte 4 0/0. Provence, 2.50 le k. sans escompte. Emballage compris, tare nette.
- Drogueries de teinture. —
- Bois de Campêche (Laguna).F. 27.—à 18.—
- » (Guadeloupe). 15.— 16
- Bois jaune (Maracaïbo)..... 10.—à 11100k.
- » de Fustet de Salonique... 11.—à 12 Cachou noir, lr° marque, Et. B 65.—
- » » marque S. K. G. 60.—
- Cochenille argentée........2. 10 à 2.45
- » grise..............2.15 à 2.40
- » zacatille naturelle.. 2.05 à 2.40
- » noire extra........2.15 à 2.40
- Curcuma Bengale............26. — à 27. —
- » C-ochin en boule... 15. — à 16
- » Madras................20. - à 22^
- Galles de Chine...........145. — à 155
- Prussiate jaune de potasse. 170. — entrepôt.
- Indigos. — Cours au 1/2 kilog.
- Madras, beau coloré, tendre léger.F. 5. — à 5.50
- » bon coloré................ 3.25 3.75
- » moyen et ordinaire.......... 2.80 3.—
- Kurpah, fin violet, pâte pure .. 5.50 6.—
- »’ moyen violet mélangé....... 3.75 4.50
- Bengale beau et fin violet....- 7-75 8.25
- » fin violet rouge............ 7.50 7.90
- » bon violet et moyen......... 6.75 7.25
- Java surfin violet à fin.......... 8.75 9.75
- » fin violet à beau........... 8.25 8.75
- » très bon violet à bon..... 7.50 8.—
- Soufres. — Sublimé ou fleur, chimiquement pur, 15 à 16 fr.; raffiné (trituré Candi), 14 à
- 14.50 ; trituré (garanti 97 0/0 de soufre pur),
- 12.50 ; canons, 13 à 14 fr.; coulés et candis, 14 fr.; soufre phéniqué, 25 fr. Le tout les 100 kil., franco quai ou gare Marseille, conditions d’usage, suivant marques.
- Bruts, deuxièmes courantes, 9 fr. ; troisièmes belles, 8.80 à 8.90 ; troisièmes courantes, 8.50. Coût, fret Marseille en vrac par chargements complets.
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- BORDEAUX
- Alcools. — Les 3/6 Languedoc 86°, disponibles sont à 105 fr. l’hect., logé.
- Les 3/6 fins Nord 90° valent, savoir :
- Les disponibles, 46 fr. l’hect. nu, calme ; livrable septembre 1889 à.août 1890, 46 fr., dito dito.
- Les extra fins font 2 fr. de prime par hect.
- Les 3/6 neutres français sont tenus de 68 à 75 fr. l’hect., logé.
- Essence de térébenthine. — Cette semaine encore notre marché a été bien fourni. En deux lots nous avons reçu 177 fûts essence de térébenthine, qui ont trouvé placement immédiat à fr. 80, soit avec une hausse de 9 fr.
- Les ordres pour l’exportation ont été importants de fr. 84 à 85, aux usages.
- Dax, 3 août. — Essence de térébenthine : Cours 72 fr. — Apports, 82,000 kil.
- Indigos. — Cette semaine encore l’article a été recherché sur place. En deux lots on a réalisé 12 caisses Madras à prix non divulgué.
- Via le Havre, par Marguerite-Franchetti, nous avons reçu 72 surons indigo.
- Cours du mois : Bengale, du pair de 1 fr. à 1 fr. 80 de rabais ; Kurpah ICuddapah, de 1 f. 60 à 1 fr. 85 de rabais ; Kurpah Pondichéry, de 1 fr. à 1 fr. 20 de rabais ; Madras bon, de 60 à 80 c. de rabais ; Madras moyen ordinaire, de 1 fr. 25 A 1 fr. 40 de rabais ; Guatemala, de 1 fr. 65 à 1 fr. 90 de rabais ; Mexique, de 1 fr. 50 à 1 fr. 70 de rabais ; Caraque, de 90 c, à 1 fr. de rabais. Le tout sur les estimations.
- NANTES
- Orseille. — Madagascar, 127 fr. les 100 kil.
- Rocou. — Celui de Cayenne est coté de 1 à 1.25; marque Portai, 1.55 à 1.60 ; Guadeloupe, 30 à 35 cent, le kilo.
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- LONDRES
- Cachou brun. — Le mouvement d’affaires a été restreint, et les prix sont en général plus faciles. 405 caisses RS en Briques et Papier, qualité molle deuxième, ont été cédées de frs. 55.50 à frs. 56. 500 caisses de la nouvelle marque « Pavillon Etoile » en Briques et Papier, fine qualité, apparemment supérieure à MM, sont offertes à frs. 68. Nous livrons Etoile B, attendu dans quinze jours, à frs. 68. Jaune (Gambier). — Les expéditions de Singapore sont de nouveau plus restreintes que jamais; en conséquence, et en présence d’une bonne demande, il a été facile aux détenteurs de pousser les prix de nouveau plus haut. Le marché clôture avec des ventes de marchandise disponible ou déchargeant à frs. 73.50. Vapeur Mai-Juin à frs. 72.50, Juin-Juillet à frs. 71, Août-Sept. à frs. 69.75. Les expéditions de Singapore en Juin sont télégraphiées comme suit : pour Londres 340 tonnes, pour Liverpool 875 tonnes, pour Hambourg 440 tonnes, le tout par vapeur, pour autres ports continentaux 400 tonnes. Les quantités actuellement flottantes comprennent seulement 430 tonnes pour Londres et Liverpool, 470 tonnes pour Hambourg, 1332 tonnes pour Marseille. Cubes — se tiennent également à des prix élevés, bonne qualité de frs. 413 à frs. 114, massée de frs. 111 à frs. 112.
- Cochenille Tènèriffe. — N’a subi aucune modification, et reste bon marché de frs. 270 à frs. 282 pour bonne qualité courante noire, frs. 293 à frs. 205 pour argentée, frs. 282 à frs. 352 pour naturelle grise.
- Curcuma Bengale. — Avec des affaires modestes, est resté calme aux prix de frs. 24
- à frs. 25, ce qui mérite attention, vu qu’à livrer on ne peut plus rien obtenir à ces prix ; et surtout comme les expéditions de Calcutta sont de nouveau restreintes à de minimes proportions, il faut plutôt s’attendre à une nouvelle hausse des prix. Cochin Bulbes — petits lots seulement sur le marché de frs.
- 16.50 à frs. 18. Racines — la dernière partie a été vendue à frs. 26.50, auquel prix il y a encore acheteur, mais plus rien n’est obtena-ble. Madras Bulbes — également beaucoup vendu, les derniers lots ont réalisé frs. 20, maintenant, même à frs. 21.50, on ne pourrait plus obtenir que peu de chose. Racines — ont joui d’une meilleure demande, la valeur restant cependant sans changement, frs. 20 à frs. 23 pour moyenne à bonne, de frs. 25.50 à frs. 28 pour bonne à fine. .
- Divi Divi. — 267 sacs retirés à frs. 30, de même qu’une quantité de 100 tonnes à frs. 25.
- Ecorce Mimosa. — Vu les nouveaux arrivages, est un peu plus faible, et obtenable de frs. 37 à frs. 40 suivant qualité, ce qui mérite attention.
- Myrabolans. — Restés très-calmes, et en clôture les prix sont de nouveau un peu moins fermes, en sorte que nous pouvons livrer bonne qualité claire Madras à frs. 19, bonne moyenne à frs. 16.50, et brunâtre de frs. 14 à frs. 15. Des lots assez forts de rebuts ont été vendus de frs. 9 à frs. 11.
- Noix de Galle Bussorah. — Mouvement d’affaires satisfaisant, mais les prix restent modérés, sans changement ; bonnes noires de frs. 146 à frs 148, noires et vertes à frs. 140, vertes de frs. 127 à frs. 133, blanches à frs. 115, en bon choix. Smyrne — 40 sacs noires offerts à frs. 140. Galles de Chine — se sont maintenues de frs. 164 à frs. 166 avec des affaires régulières, et l’on demande même frs. 172 pour qualité fine. Les prix ont haussé en Chine, et comme le stock sur notre place est considérablement réduit (2700 caisses de moins qu’en Juillet 1888) et qu’il se trouve peu de chose en route, on s’attend plutôt à une nouvelle hausse.
- Saffranum Bengale. — Toujours à bon marché ; nous livrons fine qualité AA frs. 214, A à frs. 164, B à frs. 144 ; 10 balles C ont été cédées en vente publique de frs. 90 à frs. 120.
- HAMBOURG
- Bois de teintures et Teintures. — Bois de teintures sont demandés à de bons prix.
- On a vendu 2 lots Laguna Campêche et 2 cargaisons Domingo en livrable.
- Bois jaunes et rouges : quelques ventes ont eu lieu. — Extraits de bois de teintures • sans changement. — Cochenille, Indigo : moins demandés. — Divi di\i : vendu quelques lots. — Cachou sans changement. — Terre du Japon : bien demandé à des prix en hausse; la marchandise disponible et pour livraison rapprochée est peu offerte.
- Sulfate de cuivre. — Très ferme. La marchandise disponible est recherchée aux plus hauts prix.
- Le Gérant : F. GouillON.
- Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennse).
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- ET DES COLORATIONS
- 23 Août 5889.
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- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégrais-seur. — Transformation des industries tinctoriales (suite). — Le santal et son emploi en teinture. — Le bleu de paraphényle. — Appareil pour essayer la résistance des tissus. — La solidité des couleurs du papier.
- Procédés divers : Rouge de St. Denis ; Teinture des peaux. —Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Les industries tinctoriales et textiles à l’étranger. — Renseignements commerciaux. — Informations et Faits divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- Les exposants sont à la veille de connaître leur sort au point de vue des récompenses ; il faudra être bien malheureux pour ne pas en sortir avec une citation au moins.
- Le total des prix à décerner est de 37.605, se répartissant sur 55.153 exposants, non compris 859 hors concours, comme membres des jurys. Il y a donc à peu près deux récompenses pour trois exposants.
- S’il y a quantité convenable, il y a aussi gradations et qualités ; c’est là le point délicat, et c’est là aussi que le plus grand nombre de réclamations se produit.
- Le système en usage à la dernière exposition universelle de Londres était moins sujet à causer ces mécontentements, il n’y avait qu’une seule classe de récompenses : la médaille, et ainsi aucun récompensé n’avait à envier son voisin, et on ne créait pas une sorte de hiérarchie industrielle.
- Mais il n’est plus temps de critiquer le système actuel : il n’y a plus à revenir dessus, et nous aurons les Grand-Croix, commandeurs, officiers et chevaliers de l’Exposition, sous forme de :
- 890 Grands prix.
- 5.599 Médailles d’or.
- 1 i .104 « d’argent.
- 10.985 « de bronze.
- 9.027 Mentions honorables.
- Le jury supérieur qui prononce en ce Moment en dernier ressort, paraît décidé à maintenir purement et simplement je travail des jurys de classes et des Jurys de groupe.
- Une annexe qui aura aussi sa part de récompenses, est l’exposition ouvrière qu’on a logée aux Champs-Ely-sées, dans l’ancien pavillon de la ville Paris.
- Elle comprend une cinquantaine d’exposants occupant le tiers du pavillon ; c’est peu, d’autant plus que cet embryon renferme des sujets très intéressants, et plus développé serait devenu remarquable.
- La teinture y est représentée par un « groupe d’ouvriers teinturiers en soie » exposant des soies sauvages, des Indes et de Chine, teintes en couleurs variées, lustrées et non lustrées.
- Cette exposition est très bien installée, et nous croyons que les ouvriers teinturiers n’ont pas choisi les soies les plus faciles à traber ; nous devons reconnaître, d’ailleurs, qu’ils ont su leur donner la fraîcheur et le tranché des plus belles trames.
- * »
- * *
- L’Exposition est absorbante, elle ne doit pas cependant nous faire oublier la fabrique qui doit être même notre première préoccupation.
- On nous dit de Rouen qu’on fait de bonnes affaires en filés de coton, à prix très fermes soutenus par une nouvelle hausse des filés de coton.
- La rouennerie se vend peu, et ne peut pas arriver à relever ses prix, ce qui serait pourtant bien nécessaire avec la hausse des cotons.
- L’indienne n’écoule que difficilement, et se plaint également de ne pouvoir améliorer ses prix.
- Le bulletin de la Chambre de commerce d’Elbeuf constate que la fabrication de la nouveauté a été calme, pendant le mois de juillet, bien que la saison se soit prolongée plus tard que de coutume, par suite du retard apporté dans la remise des commissions. La fabrication des draps noirs est sans changement, et celle des draps unis de couleur et d’administration a suivi son courant accoutumé, bien qu’avec plus de prudence à cause de la hausse de la matière première.
- Depuis cette note, il y a un peu plus de mouvement à Elbeuf.
- A Fourmies il y a encore beaucoup de demandes en tissus, et on nous signale de grosses affaires traitées à Paris en écosses 9/8 et 5/4, à des taux en hausse sur les prix précédemment payés, mais qui ne sont pas encore en proportion du prix des fils.
- A Roubaix-Tourcoing, les affaires ont moins d’activité que le mois dernier; cependant, la filature et la fabrique sont toujours occupées.
- Ce sont les genres lainages avec filets cotons qui occupent le plus grand nombre de métiers. Cet article n’a pas dit son dernier mot; i' est très joli et a l’avantage d’être bon marché et très' varié de dispositions.
- L’exportation continue à Reims à faire des propositions de commissions en cachemires et mérinos qu’il est impossible d’accepter eu raison des engagements antérieurs. Les genres pour l’intérieur sont peu demandés ; les tissus fins non plus, dont les prix, par conséquent, ne s’améliorent pas. La livraison des commissions en nouveautés se poursuit, mais elle est en retard.
- L’échantillonnage d’été est activé.
- En dernier lieu, le calme prévaut, mais sans augmentation du stock. t Los soieries sont toujours en bonne situation.
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- * *
- La mode des velours les favorisera encore ; il paraît, en effet, que le velours uni sera très employé cet hiver.
- La saison ne permettant pas encore le costume entier, le velours uni et notamment le velours noir sont choisis comme garnitures pour obtenir des contrastes.
- Pour le moment, on ne voit guère que des couleurs très claires et des étoffes très -souples ; batistes, mousselines crépons, grenadines, mousselines de laine, composent les demi-toilettes, et au bord de la mer comme à la campagne, les robes blanches sont du dernier genre.
- Pour le soir, on emploie beaucoup les mousselines de l’Inde, les mousselines de soie, les crêpons de soie, les tulles brodés, le crêpe de Chine uni ou brodé et les hauts volants de dentelles, dont on drape les jupes de soie.
- U s’agit, bien entendu, de la grande mode, les étoffes courantes restent dans les genres classiques.
- F. Gouillon
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- A L’EXPOSITION Réponse à une réclamation.
- Ma dernière causerie a motivé une protestation d’un exposant : il n’y a vraiment pas de quoi !
- D’abord, je n’ai parlé qu’au point de vue général, sans prendre personne à parti, et moins encore, s’il est possible, notre honorable correspondant. Il me permettra cependant de lui dire que son exposition, aussi bien que toutes les autres, sont publiques, et par conséquent soumises à l’appréciation de tous visiteurs ; chacun a le droit de les commenter.
- L’acteur en scène est tantôt applaudi, tantôt sifflé • l’artiste au salon subit le jugement des critiques d’art ; chacun est dans son droit. L’exposant industriel se trouve dans la même situation, et il doit l’accepter, alors même que cette critique serait plus ou moins fondée, lin journaliste remplit son devoir en donnant son opinion sans parti pris, et suivant sa propre impression.
- Qu’ai-je dit, d’ailleurs ?... Que l’Exposition du chiffonnage était sans intérêt -, ceci ne signifie pas que telle qu’elle est, les articles soient mal rendus, mal faits ; j’ai dit, et je le répète, que tout teinturier, connaissant son métier, peut en faire autant, qu’il n’y a rien de rare, et dans une exposition, c’est de Y extra qu’on s’attend à voir; il faut sortir de pair ; si l’on ne produit que comme la généralité, où est le mérite?... J’attends que l’on me démontre le contraire.
- C’est, il est vrai, chose assez difficile à un teinturier-dégraisseur de faire une exposition répondant réellement à son travail spécial ; il faudrait pour cela avoir un certain nombre de clients assez obligeants pour laisser leurs articles au teinturier, ou que celui-ci prenne le parti d’acheter de vieilles frusques sur le carreau du Temple.
- Mais présenter des coupes neuves reteintes, c’est du neuf quand même. Des satinettes, cotons, alpagas, mohairs, (tissus mélangés de coton il est vrai), se font divinement bien, même d’un seul bain. Les satins soie, unis ou brochés, sont également des plus avantageux en reteint. Tout le monde sait cela, pour peu qu’on soit un peu chiffonniste.
- Que diable, malgré que je n’aie pas encore fêté ma cinquantaine, voilà trente-quatre ans que je fais de la teinture, et toujours sur la brèche. Dans cette carrière déjà longue, j’en ai vu et retenu un peu, à moins d’avoir la tête dure comme le Grand-Turc; après avoir pratiqué la teinture des laines et cotons en flottes, puis des draps, et enfin de la pièce dans les grandes teintureries de Paris, pendant dix années, et presque vingt-cinq dans le chiffonnnage ; sans être prétentieux, on
- doit pouvoir parler un peu en connaissance de cause.
- Dans notre profession, c’est le cas de le dire, tout n’est pas roses; et celle de journaliste a aussi ses épines. S’il m’arrive quelquefois un duel, je m’arrangerai pour avoir le choix des armes, et quelle arme, chers lecteurs ?... Le lisoir !!... Mais, entendons-nous, au pied de la chaudière, avec mon adversaire, et c’est à l’œuvre que les témoins jugeront celui qui aura raison.
- Ceci dit, revenons à nos chiffons.
- Le neuf et le porté.
- Reteindre du neuf sur des tissus choisis parmi ceux qui se font le mieux, n’est pas résoudre une question de supériorité.
- En voulez-vous la preuve ? Il nous arrive tous les jours des robes à reteindre auxquelles on a joint du neuf restant des mêmes robes ; n’est-il pas vrai que ce même morceau, bien qu’ayant suivi toutes les phases opératoires de l’étoffe de la robe, après teinture, ne sera pas pareil, surtout dans les nuances composées ? Il faut échantillonner après coup ; c’est toujours la partie ayant été portée qui sera la plus foncée, particulièrement aux battures d’air.
- C’est la même chose dans les ameublements, et c’est encore bien pis s’il s’agit de doublures en satinette, ou de toiles d’édredons ; vous croyez les avoir nettoyés, passés au chlore ou à la javelle, les voilà blancs ; vous opérez l’engallage et la teinture, tout aussitôt des taches surgissent !...
- Mais si vous travaillez sur du neuf ou à peu près neuf, vous n’avez rien de tous ces inconvénients; ça va tout seul ! C’est pourquoi je répète que dès l’instant que vous faites une exposition spéciale de chiffonnage, exposez de tout, et des objets ayant subi les détériorations de l’usage. (Ceci dit pour tous et non pour un).
- Une robe de mariée, c’est par le fait, du neuf, puisqu’elle n’aura été portée qu’une fois ou deux ; il est vrai que souvent cela suffit souvent pour nous la remettre bien souillée par la cire du parquet ; c’est qu’alors la nouvelle mariée a bien fait la noce, beaucoup sauté ; oh dame, c’est le jour !
- Un bon nettoyage à sec et il n'y paraît plus: virginité de mariée mise à part.
- Malgré mes critiques sur l’ensemble des teintures en chiffonnage, je ne conteste nullement que les arides soient irréprochables d’exécution: quelques-uns, même, sont intéressants.
- Ainsi j’ai remarqué dans deux vitrines un genre d’exposition bien compris ; par exemple des rideaux, dont un coin, la couleur primitive, a été conservé; on aperçoit même des frappures d’air, preuves certaines du reteint sur vieux ; les étiquettes disent bien : « avant et après teinture » : ceci est un beau procédé de comparaison ; si j’avais exposé, j’aurais fait ainsi.
- Quant aux objets confectionnés, leur mérite serait qu’ils eussent été teints tout faits ; autrement la couturière qui sait donner du chic à son ouvrage a une bonne part de ce mérite.
- Fils et tissus.
- J’abandonne le chiffonnage pour n’y plus revenir, et je continue ma visite tout à cô!é : aux teintures en flottes et .tissus-, j’y serai mieux à mon aise, n’ayant pas à craindre là des susceptibilités de confrères dans ma propre spécialité.
- Voici d’abord une très belle exposition de soie de M. Lyonnet, avec rosace de nuances chomatiques, très réussie; tout près, celle de MM. Poiret frères et neveu ; ce sont des laines filées, moins brillantes que la soie, mais cette exposition est aussi très remarquable y compris un cercle chromatique en laine.
- Dans la même galerie, MM. Marchai, Falck et Cie ont deux grands fers à cheval, l’un en laine, l’autre en coton, composés de nuances chromatiques bien fondues, bien suivies, et faits avec goût. L’exposition de M. Sauzion est aussi très jolie, en longue bande horizontale, imitant l’arc-en-ciel.
- Les teinturiers en fils se sont donné le mot pour présenter leur exposition d’après le spectre solaire ; c'est un procédé conforme aux théories scientifiques et exigeant en même temps, une réelle habileté professionnelle, quoique j’ai démontré précédemment que les industriels teignant beaucoup, arrivent à former ces chaînes chromatiques sans trop de difficulté, ayant toujours la ressource de remettre en noir, les teintes ne rentrant pas dans les gammes.
- Quoiqu’il en soit, c’est la bonne méthode pour présenter un ensemble de colorations.
- Pour les cotons filés, il faudrait mentionner MM. Cartier-Bresson, Thierry-Mieg et Cie, etc., mais ne sont-ils pas assez connus?
- Parmi les tissus teints, particulièrement remarquables, je cite au hasard : MM. Guillau-met et Maes, Coget et Lacour, qui ont de très belles expositions. MM. Koechlin, Baumgar-tner et Cie, chez lesquels les teintes rouges dominent, (ils ont, du reste, la spécialité des rouges d’Andrinople); ces exposants, dis-je, ont eu la bonne idée d’indiquer les produits qui fournissent leurs nuances : il serait très instructif qu’il en fût ainsi partout.
- L’exposition de MM. Grobon et Cie consiste en foulards, satins, crêpe chaîne sole et trame coton, teints en pièces, qui sont Dès réussis et d’un bel effet. MM. E. Roussel, de Roubaix, et Motte et Meillassoux de la même ville ont des tissus laine et coton teints en pièce, la partie coton réservée ; tous ces articles sont remarquables.
- J’en passe forcément, mais avant de quitter cette classe, je dois ne pas oublier une exposition de draperie imprimée qui, au premier abord, n’a pas l’éclat des autres et n’en n’est pas moins intéressante: je veux parler des
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- produits de M. T. Grison, l’habile teinturier de Lisieux, le chercheur infatigable, l'auteur d’un traité très complet « Le teinturier au XIXe siècle », ouvrage malheureusement pas à la portée de toutes les bourses.
- Je laisse cette classe pour passer dans celle des soieries de Lyon : là encore que de belles choses !
- Quels brillants articles que ceux de MM. Renard Villet et Bunaud, avec la belle rosace chromatique qui les accompagne! MM. Corron et Baudoin ont un même genre d’exposition. M. Gillet et fils ont la spécialité des noirs sur soie, mais du noir accompli : noir-noir au reflet comme de face. M. Fessy nous ramène aux couleurs et par un choix des plus heureux.
- Autres teintures.
- Dans ma précédente causerie, j’ai parlé incidemment des peaux teintes ; or, la teinture se retrouve encore dans la section des plumes et des fleurs artificielles: deux industries sœurs, poussées à un haut degré de perfection.
- Les expositions de teinture en plumes sont admirables ; ces articles sont, d’ailleurs, plus faciles à apprécier à travers les glaces des vitrines, que ne le sont les expositions de fils ou de tissus ; il faudrait avoir en mains ces derniers, les visiter au reflet ; pouvoir ouvrir les pièces si l’on veut constater l’uni, le reflet chatiyant, l’absence de miroilage, etc. -, il n’est pas douteux, du reste, que des articles envoyés à l’Exposition possèdent toutes ces qualités, et cet examen approfondi est affaire du jury.
- Heureux jury, pour lequel il n’est aucun secret, et devant qui tous les renseignements se présentent d’eux-mêmes. Quant au journaliste, qu’il se débrouille seul, et qn’il tâche de parler au gré de chacun !
- Nous parlons à la Revue de la Teinture suivant notre conscience : ne demandant à personne la rémunération de nos louanges (contraire:! ent à un usage trop répandu), nous avon s le droit d’être indépendants.
- Et quant à moi, je n'use de cette indépendance que dans l’intérêt général de notre corporation, évitant soigneusement de nuire aux intérêts particuliers qui ne lui sont pas contraires, et apportant dans ma discussion, toute la courtoisie possible san* tomber dans la flagornerie. Je veux être sincère, mais sans blesser Personne. Si quelqu’un de mes lecteurs se croit visé, c’est que l’expression m’a trahi.
- V. Barbé,
- Teinturier à Paris.
- TRANSFORMATION
- DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- Suite
- En 1863 paraissent les violets de Hofmann dont nous avons déjà parlé, et, en 1866, la Production du violet de diméthylaniline de
- Lauth acquiert une grande importance industrielle, grâce à la découverte d’un nouveau procédé d’oxydation très avantageux et à l’emploi, dû à Bardy, du chlorure de benzyle dans la préparation de nuances très bleutées.
- En 1867 le vert à l’aldéhyde trouva une forte concurrence dans le vert à l’iode. Celui ci est iuléressant au point de vue scientifique comme première base amidée parmi les matières colorantes. Tandis que dans l’espace d’à peine dix ans tout le groupe des couleurs de rosaniline accomplissait son entrée triomphale dans les ateliers de teinture, un autre groupe se développait modestement dans l’ombre ; il n’attira guère l’attention au début, à cause du peu d’éclat et des premiers représentants.
- Mais il a réussi depuis à conquérir une place de plus en plus grande en raison de la solidité et de la facilité d’application de ses matières colorantes. Nous voulons parler des couleurs dérivées des combinaisons diazoïques.
- En 1858, P. Griess avait commencé ses remarquables recherches sur l’action de l’acide nitrique sur les amides aromatiques et avait produit ainsi l’amidoazobenzol.
- En 1864, Nicholson introduit ce corps à titre d’essai dans le commerce, comme jaune d’aniline, mais sans trouver d’écho.
- Mais dans cette même année Garo et Mar-tius trouvèrent que ce corps, traité par le chlorhydrate d’aniline, produisait une nouvelle matière colorante bleue, qui parut dans le commerce sous le nom d’induline.
- En 1866, Goupier produisit ce même corps par l’oxydation de l’aniline pure par la nitro-benzine, et c’est de 1868 que date l’apparition de cette matière à l’état de combinaison sul-fonée.
- En 1866, Garo étudia l’action de l’acide nitreux sur la métaphénylènediamine et ses essais produisirent la première matière colorante azoïque, la Vésuvineou brun de Manchester.
- En 1867, Schiendl appliqua la réaction de l’induline à la naphtylamine et obtint outre l’induline qu’il cherchait, le rouge de Magdala, bien plus beau encore et qui fut suivi, en 1871, grâce à l’emploi du même procédé sur la toluidine, par la safranine.
- Les recherches de Griess eurent encore un autre résultat pratique. En chauffant de la dia-zonaphtaline avec de l’acide nitrique, Martius obtint en 1868, le premier jaune d’une nuance réllement belle, et par le même moyen, vers 1870, Caro produisit, avec la tétrazodi-phényle, l’orange palatin.
- Mentionnons encore avant de terminer la phosphine que Nicholson obtint en 1863 en retravaillant les résidus de préparation de fuchsine ; il obtint ainsi, outre plusieurs corps du groupe de l’induline et de la rosaniline, la phosphine, qui resta longtemps la seule couleur basique jaune et mérite d’être citée comme la première matière colorante du goudron appartenant à la série des bases de quinoléine.
- L’ensemble des découvertes que nous ve-
- nons de citer, c institue la première période delà préparation des couleuis du goudron; nous pourrions l’appeler la période empirique, car les résultats acquis étaient souvent dus au hasard, et la constitution des matières colorantes n’était encore que peu étudiée.
- La période actuelle, qui est la seconde, poursuit un but déterminé ; ses résultats sont dus uniquement à l’influence féconde des recherches scientifiques dont le point de départ est l’hypothèse de Kékulé, sur la constitution des carbures d’hydrogène de la série de la benzine. Cette hypothèse permit de se rendre compte de la nature intime des matières colorantes, et de leur constitution. E le nous enseigna la signification de l’isomérie des dérivés de la benzine, dans la production des matières colorantes.
- L’hypothèse de Kékulé seule a permis de comprendre la relation qui existe entre la constitution et les propriétés colorantes de ces corps, et ce n’est qu’à partir de ce moment-là, qu’on put travailler en connaissance de cause sur ce terrain. On ne fit plus des expériences dans l’espoir de découvrir une matière colorante quelconque, mais on put dès lors viser une matière colorante déterminée.
- Le premier résultat important, atteint de cette manière, fut la synthèse de l’alizarine par Graebe et Liebermann en 1868, dont l’application pratique fut poursuivie simultanément par Perkins et par la Badische Anilin und Sodafabrik, sous la direction de Caro. Aujourd’hui cette branche de l’industrie chimique a atteint, particulièrement en Allemagne, une importance à nulle autre égale. Bien des branches de la teinture et de l’impression ont été complètement bouleversées par l’alizarine artificielle.
- L’introduction des matières colorantes azoï-ques ne fut pas d’une moindre importance, d’abord pour la teinture de la laine, plus tard pour celle de la soie et du coton. Ces matières, obtenues par l’action directe de combinaisons diazoï jues sur des amines et des phénols, comprennent une incalculable variété de nuances ; aussi un grand nombre de chimistes s’intéressent-ils à cette étude.
- Les belles recherches de Baeyer en 1871 sur la phtaléine nous onvrirent la perspective d’une autre série de magnifiques matières colorantes, dont les plus précieuses sont les dérivés de la fluorescéine et la céruléine.
- Après qu’O. et E. Fischer eurent prouvé en 1876 que les couleurs de rosaniline appartiennent au groupe du triphénylméthane, on fut conduit à la synthèse d'une grande quantité de nouvelles matières colorantes dont le nombre s’accroît constamment.
- Rappelons encore la synthèse remarquable de l’indigo obtenue par Baeyer en 1880.
- L’histoire du bleu d’alizarine nous donne un bel exemple de l’action combinée de la science et de la pratique.
- Ce corps avait été découvert par hasard par
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- Prudhomme. Brunck en étudia en 1877 la fabrication industrielle, et ses recherches permirent à Graebe d’en fixer la constitution.
- On arriva à la conviction qu’on avait affaire à un dérivé de l’anthraquinoléine, et cette découverte conduisit à son tour à une synthèse de la quinoléine ordinaire et à une étude scientifique approfondie de ses dérivés.
- Ces recherches purement théoriques amenèrent à de nouvelles matières colorantes et à d’autres corps d’une grande importance technique.
- La rapide esquisse que nous venons de tracer nous prouve combien le teinturier a été richement doté dans ces derniers temps par la chimie organique.
- Ces résultats anssi nouveaux que féconds en conséquences, devaient nécessairement conduire à de nouvelles méthodes d’application.
- La teinture, le blanchiment, l’impression se modifièrent complètement. Bien des choses furent produites d’une façon plus simple et moins chère, quoique plus parfaite, avec économie de temps et de main-d’œuvre.
- D’autres procédés furent maintenus, mais grâce aux lumières fournies par la science on cessa de les employer d’une manière purement empirique, et l’on ne se laissa plus diriger que par le raisonnement.
- Rappelons seulement le nouveau procédé appliqué au rouge turc : en substance, il ressemble à l'ancien, mais il est réalisé en autant de jours qu’il fallait autrefois de semaines.
- Cependant, le teinturier alla plus loin encore, il entreprit lui-même des recherches ; doté par la chimie organique, il exigea son tribut de la chimie minérale. Les métaux les plus rares, qui jadis n’étaient connus que des savants, pénétrèrent dans les ateliers des coloristes. Ce fut un imprimeur John Ligtfoot qui, en 1863, par la découverte du noir d’aniline, nous fit connaître la propriété particulière des sels métalliques de transmettre l'oxygène et qui créa un procédé dont le coloriste ne pourrait plus se passer actuellement. Un imprimeur, Thom, Brooke, selon d’autres, J. Dale, en étudiant la manière dont se comportent les combinaisons d’antimoine à l’égard du tannin, nous enseigna un procédé pour fixer les couleurs d’aniline sans lequel l’emploi de celle-ci ne pourrait être d’aucune utilité pour le coton.
- Le chrome, qui jusque-là n’avait servi que comme moyen d’oxydation à l’état d’acide chromique, commença à jouer un rôle comme mordant à l’état de sesquioxyde. Grâce aux études des chimistes alsaciens, même des métaux, comme le vanadium et le cérium, trouvèrent leur application pratique entre les mains de ces habiles coloristes.
- Les machines employées dans la teinture et l’impression furent appropriées, sans modifications essentielles, à la production intensive, rapide, économique et exacte qui est
- devenue le mot d’ordre de l’époque.
- La recherche de la nouveauté s’empara de l’industrie textile tout entière. Bientôt les richesses nouvellement acquises ne lui suffirent plus, et, pour trouver cette nouveauté, on dut revenir en arrière à l’origine de l’industrie textile, et remettre en question la fibre elle-même, c’est ainsi que, comme aux débuts de notre civilisation, nous voyons aujourd’hui les hommes à la recherche défibrés nouvelles, mais ce n’est plus le besoin qui les pousse, c’est le goût du luxe. Tous les pays du monde fournissent les fibres dont la nature les a dotés, mais les fibres anciennes employées, la soie, la laine, le coton et le lin ne suffisent plus, elles duivent être complétées ou remplacées par Jes textiles les plus divers et les plus nouveaux qui, en effet, se prêtent souvent mieux à certains usages.
- Un mouvement en avant sans trêve ni relâche, une émulation entre les nations et les individus e."t, pour l’industrie textile comme pour toutes les branches de l’activité humaine, la marque distinctive de notre époque.
- (Traduction de Mma Paul RICHARD)
- LE BOIS DE SANTAL
- ET SON EMPLOI EN TEINTURE
- Le bois de santal qui est le meilleur colorant pour le remontage des blancs de cuve (1) car il résiste au foulage, est en dehors de cette destination et malgré son bas prix, peu employé en teinture.
- La cause de cet abandon repose en partie sur la nature particulière de la matière colorante rouge que ce bois, renferme, et surtout pareeque ce bois indépendamment de cette matière rouge, en contient encore une autre, qui est brune et a besoin d’être complètement éliminée, si on veut obtenir un rouge pur avec le santal, élimination qui, jusqu’à présent, a été accompagnée de nombreuses difficultés. On a déjà entrepris à ce sujet bien des expériences qui ont conduit au procédé au moyen duquel on peut obtenir, avec le santal, des couleurs très belles et très solides ; car, d’après ces expériences, le santal contient encore, et indépendamment de la fibre ligneuse et des matières inorganiques, les substances suivantes :
- 1° Une matière extractive peu soluble dans l’eau froide , aisément soluble dans l’eau chaude colorée en brun, d’une saveur amère et légèrement aromatique.
- 2° Une matière colorante rouge complètement insoluble dans l’eau, au contraire se dissolvant facilement dans l’alcool, l’acide acétique concentré et bouillant, les alcalis causti-tiques, les solutions bouillantes des carbonates
- (1) Voir pour les procédés d’application la Revue de la Teinture, année courante, pages 53, 60, G8 et 76 (numéros des 10 et 25 avril, 10 et 25 mai).
- alcalins (matière à laquelle les chimistes ont donné le nom de santaline) qui, d’après ses propriétés physiques et chimiques, porte tous les caractères d’une résine, et mise à l’état humide en contact avec l’atmosphère, et seulement par une absorption d’oxygène, se transforme en une matière colorante brune, résineuse et en santaline oxydée que, pour abréger, on a appelé santaline, transformation qui, en particulier, par l’action simultanée des alcalis caustiques et de leurs carbonates, marche rapidement ;
- 3° La matière colorante brune et résineuse provenant de la décomposition ci dessus signalée de la matière rouge, ou la santalidine qui, de même que la santaline réellement insoluble dans l’eau, est au contraire plus aisément soluble dans les agents ci-dessus que la santaline.
- Ou ne parvient à produire des belles couleurs vives avec les bois de santal que lorsqu'on élimine complètement, non seulement la matière extractive brune, la santalidine, mais aussi quand on s’oppose à la transformation de cette dernière, et par conséquent à la décomposition de la santaline d’une manière efficace. On a proposé divers moyens pour atteindre ce but, et, en particulier, la méthode de traiter le bois, épuisé avec de l’eau, par l’alcool, et d’employer la teinture obtenue comme bain de teinture. Jusqu’à pr sent, c’est celle qui a semblé la plus convenable.
- Mais, abstraction faite du prix élevé de l’alcool concentré dont on a besoin, cette méthode est d’autant moins rémunératrice, que la matière colorante n’adhère avec force que lorsque les objets à teindre sont mis en contact avec la solution chaude de santaline, et qu’alors l’alcool devenant plus volatil, les pertes deviennent d’autant plus fortes qu’on traite à une température plus élevée.
- Le procédé le plus généralement pratique aujourd’hui est celui-ci :
- Le bois de santal réduit en poudre, épuisé par l’eau bouillante, est versé dans une solution filtrée de chlorure de chaux, où il est traité à froid tant que celle-ci se colore encore. Dès qu’une nouvelle portion de chlorure de chaux n’enlève plus rien au bois, le traitement est terminé ; mais il faut éviter la moindre addition d’un acide, et le bois ainsi préparé doit être lavé soigneusement avec de l’eau pure e froide. C’est alors qu’on procède à la préparation du bain, en dissolvant une portion de soude, correspondant à la quantité du bois, dans l’eau chaude, jetant cette solution chaude, mais non bouillante, de bois préparé sur en filtre propre en toile, puis couvrant la cuve qui renferme ce bain avec un couvercle bien ajusté. 11 faut éviter toute agitation, et en m me temps entretenir le feu sous la chaudi de manière que le bain soit chaud, mais san être poussé au bouillon. Dès que le bain pr ^ sente le rouge saturé qu'on désire avec re e ivolet, il est prêt pour la teinture.
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- Celle-ci se pratique en général en y plaçant les matières mordancées aux mordants acides, où on les monte au Ion voulu, puis en les travaillant de rechef dans un bain acide.
- On obtient ainsi avec le santal, de belles couleurs vives comparables à celles de la garance.
- Voici encore quelques observations relatives à ce procédé.
- Le traitement du santal en poudre par l’eau bouillante procure l’élimination la plus complète possible de la matière extractive soluble dans l’eau. Si maintenant on introduit le bois ainsi traité dans une solution préparée à froid de chlorure de chaux, non seulement ce qui peut encore rester de matière extractive se trouve dissous et décoloré, mais, de plus, le chlorure de chaux dissout aussi la matière colorante brune résineuse, la santalidine, sans modifier ou changer en quoi que ce soit la matière rouge de la santaline.
- Si pn chauffait la solution de chlorure de chaux, la chaux libre qui est contenue dans la santaline serait également dissoute et décomposée par le chlore devenu libre. L’addition d’un acide doit donc être évitée par cette considération qu’on décompose la combinaison de la chaux caustique avec la matière colorante brune résineuse, la santalidine (qui se forme même à froid), et qu’on peut de nou: veau éliminer celle-ci. 11 résulte encore de ce qui vient d’être exposé que l’action de la solution de chlorure de chaux ne doit pas être prolongée, parce que la santaline, dans ce cas, pourrait encore éprouver peu à peu une décomposition et serait ainsi perdue.
- Le lavage soigné du bois de santal traité par la solution de chlorure de chaux, ainsi que l’emploi d’une solution filtrée de chlorure, a pour but, non seulement d’éliminer complètement la santaline dissoute, mais est en outre d’autant plus nécessaire que, par un restant dê chaux caustique, le carbonate de soude qu’on emploie est converti en soude caustique, et qu’on provoque ainsi la décomposition de la santaline. Le bois de santal ainsi préparé a perdu sa coloration primitive, presque rouge de brique, et pris une couleur qui ressemble à celle delà cochenille pulvérisée, et, comme les carbonates alcalins dissolvent la Matière rouge quand ils sont mis à chaud en contact avec elle, on s’explique ainsi clairement le mode de préparation du bain de teinture qui a été indiqué, ou il faut abaisser tout réchauffement au dessous de l’ébullition, Parce qu’autrement on provoquerait une décomposition de la matière rouge, la santaline, ce qui arrive d’autant plus facilement que, Par l’agitation et en ne couvrant pas le bain chaud, on augmente encore l’action de l’air atmosphérique.
- De plus, il n’est pas indifférent de prendre, dans la préparation du bain, la soude ou la Potasse, car celle-ci se distingue par une bien Plus grande puissance de décomposition de la
- santaline à la chaleur bouillante que la soude. La grande disposition de la santaline à se transformer en santalidine par l’action simultanée des alcalis, des carbonates alcalins et de l’air atmosphérique, rend indispensable l’exécution non interrompue de toutes les opérations, et explique également pourquoi un bain, qu’on a déjà utilisé et qui est refroidi, devient complètement impropre à produire des teintures d’un bel éclat.
- LE BLEU DE PARAPIIÉNYLE
- et sou emploi dans la teinture du coton et de la laine croisée.
- Le bleu de paraphényle appartient au groupe des indulines solubles dans l’eau et se distingue par une capacité extraordinaire de résistance à l’air et à la lumière, de même qu’à l’action des alcalis et des acides. Ce nouveau produit pourrait bien, par ses propriétés, être appelé à faire une forte concurrence aux bleus da coton moins solides, et même à l’indigo.
- L’emploi de ce bleu est recommandable surtout pour obtenir les teintes tout à fait foncées et grand teint dans la teinture des filés et des pièces de coton, toile et jute, et aussi dans la teinture des chaînes des marchandises mi-laine.
- Le procédé est fort simple. Quand le filé est bien trempé, mordancer à chaud, pendant A ou 8 heures, avec A à 6 p. c. de tannin (sumac ou autres principes tanniques) ; pour la marchandise mi-laine, mordancer les chaînes à froid, manœuvrer ensuite une heure ou deux dans un bain de 2 à 3 p. c. de tartre émétique et teindre, après avoir bien rincé, avec le bleu paraphényle. Entrer à 25d et laisser, jusqu’à l’épuisement du bain, la température s’élever à 80d.
- Pour rendre tout à fait grand teint la couleur obtenue, passer dans une solution bouillante d’oxydant, et alors il se forme sur la fibre un précipité insoluble dans l’eau. Les meilleurs oxydants sont: le bichromate de potasse ou de soude, le chlorate de potasse, le chlorite de fer, etc.
- Quand le bain colorant est bien soutiré, on peut oxyder dans ce même bain ; mais si l’on doit continuer de teindre dans ce bain, on oxyde dans un nouveau bain bouillant avec addition de 0,1 à 1,5 p. c. de bichromate de potasse ; la quantité à employer dépend du foncé de la nuance.
- Plus l’oxydation est opérée à fond, plus la couleur résiste à l’air et à la lumière, aux alcalis et aux acides. Une oxydation trop forte fait perdre, il est vrai, au bleu de sa pureté ; on peut par conséquent, par l’emploi de plus grandes masses de bichromate, échelonner la couleur, ce qui est précieux pour la préparation des imitations d’indigo ou pour les chaînes très foncées. Pour les chaînes de co-
- ton, la couleur devient plus vive, si l’on teint ensuite la laine dans un bain acide. On peut aussi, avec des oxydants de diverses sortes, obtenir avec le même colorant beaucoup de nuances diverses. Par l’addition d’extrait de Lima on obtient les nuances vertes les plus foncée^.
- La teinture de la marchandise mi-Line commence généralement par celle de la laine, d’après un échantillon donné; le colon est teint dans un second bain. Ici, se présente un inconvénient : en teignant le coton, la laine perd de sa couleur ou absorbe une grande partie des colorants employés pour teindre le coton. A l'emploi des couleurs d’aniline ce fait est constant, et le teinturier a bien de la peine à travailler exactement selon l'échantillon.
- Le bleu paraphényle, vu sa résistance aux acides, permet de teindre d’abord le coton, parce que ce bleu ne s’altère pas, en teignant la laine, dans le bain acide, qu’il n'absorbe pas les colorants, et que la laine, à la teinture du coton, reste blanche.
- Dans le travail en gros, on constate que la laine ne perd pas de sa couleur, quand on teint d’abord le coton, d’après le procédé ci-dessus. Souvent, on demande aussi des étoffes mi-laine à deux couleurs, et pour les doub'ures préparées avec la laine, le coton et la soie, on peut même teindre trois nuances. Dans tous ces cas, le bleu paraphényle est un bon auxiliaire.
- Le coton peut être teint bleu solide dans les nuances les plus variées, pour les marchandises à deux couleurs, avec les trois nuances de bleu paraphényle livrées par la fabrique; la laine se teint alors à volonté en bleu clair, rouge, grenat, vert, olive ou gris.
- Pour obtenir les échantillons tricolores, on teint d’abord le coton et on chrome bien j ensuite, on teint la laine avec un colorant qui n’a, autant que possible, qu’une faible affinité avec la soie. Si l’on teint, par exemple, la laine en olive foncé avec le jaune métanille et le carmin indigo, la soie n’a qu’une teinte vert-jaune clair, ce qui fait un grand effet pour le fond de coton bleu foncé.
- Là où il s’agit de couleurs qui ne doivent pas être absolument grand teint, le bleu paraphényle peut être employé sans oxydation préalable. C’est surtout un colorant très commode pour défoncer et nuancer toutes les couleurs de mode teintes avec des couleurs d’aniline. On obtient de très belles couleurs de mode foncées par l’emploi du bleu paraphényle R avec l’auramine, cerise, brun Bismarck et violet méthyle.
- Ce nouveau produit se teint très bien sur fond de fer. Le bleu paraphényle a l’avantage de se dissoudre facilement et intégralement dans l’eau chaude. La poudre est tout à fait inodore.
- (Journal de Teinture de Berlin.)
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- APPAREIL A ESSAYER
- la résistance des tissus,
- De M. Amsler-Lafon
- Cet appareil a été construit pour MM. Schlumberger fils et Cie.
- Voici, tel que l’explique la Revue industrielle, le principe sur lequel repose son fonctionnement.
- Une bande de tissu, saisie aux bouts par deux pinces, est tendue au moyen d’une vis, et la tension produite se mesure par la compression d’un ressort à boudin.
- Les chocs violents au moment de la rupture du tissu sont évités par l’application d’une cataracte à l’huile.
- Comme on peut fabriquer des ressorts à boudin d’uniformité presque parfaite, ne changeant guère même pendant des années d’usage, on a pu adopter le ressort pour mesurer la tension du tissu, ce qui rend l’appareil plus simple qu’avec l’emploi de tout autre dispositif.
- Cet appareil a été présenté récemment à la Société industrielle de Mulhouse.
- Il est constitué par deux traverses, deux entretoises et la plaque de base qui forment le bâti.
- Une traverse sert de palier à l’écrou tournant placé au-dessus de la vis en tournant l’écrou au moyen d'une manivelle.
- La marche régulière de l’appareil est importante, parce que l’allongement d’un tissu ne dépend pas seulement de la force de tension, mais en même temps de la durée de cette tension.
- Si l’on arrête par exemple, la vis tendue, le tissu continue à s’allonger, ce qui rend la tension plus faible.
- Deux tissus semblables, de mêmes dimensions, ne rompront pas à la même charge si l’un deux est tendu plus vite que l’autre.
- Pour être en état de comparer la résistance de différents tissus, il faut augmenter la tension dans le même rapport pour tous les essais.
- La vis dont il a été parlé est attachée à une pince qui doit saisir le tissu ; l’autre pince est fixée à la tige du piston. La tige porte à l’extrémité une rondelle s’appuyant sur le ressort h boudin.
- Le piston se meut dans un cylindre rempli d’huile. Le piston est pourvu d’une petite soupape laissant passer l’huile sans résistance sensible quand il avance.
- A la rupture du tissu, la soupape se ferme, et le piston recule très lentement en fonctionnant comme une cataracte.
- A côté de l’entretoise, il y a une règle butant contre la seconde pince. Quand on a étiré le tissu, le ressort se comprime, et cette pince avance en poussant la règle qui glisse dans deux coulisses.
- Un index fixe et des divisions gravées sur la règle indiquent la charge, en kilogrammes correspondant à la compression du ressort.
- Cette charge est égale à la tension du tissu.
- Un autre index porté par la deuxième pince et des divisions sur la règle servent à l’allongement du tissu. La lecture de ces divisions donne directement la longueur correspondant à la charge indiquée par les divisions gravées mentionnées précédemment.
- Les augmentations de longueur correspondent alors aux augmentations de charge.
- A la rupture du tissu, la règle reste en place et donne la charge de rupture sans erreur possible.
- La résistance et l’allongement du tissu sont en même temps enregistrés sur un tambour tournant.
- Les pinces sont arrangées de manière qu’on peut serrer très énergiquement le tissu sans le rendre moins résistant aux bouts.
- La section dangereuse de l’échantillon ne tombe pas nécessairement dans les parties serrées.
- Chaque bout du tissu est plié autour d’une lame qu’on serre dans la piuce au moyen de deux vis à volant. La lame est empêchée de sortir de la pince par deux butées faisant partie de la pince.
- Le tissu, à mesure qu’on l’étire, diminue d’épaisseur, ce qui rend nécessaire de resserrer les pinces de temps en temps pendantl’essai. —-------------------------------
- LA SOLIDITÉ DES COULEURS
- DU PAPIER
- Les imprimeurs se plaignent de ce que les papiers de couleur à tons vifs, qui sont aujourd’hui de mode pour recouvrir les livres, passent très rapidement sous l’action de la lumière. Ils attribuent cela aux couleurs dérivées de la houille, dont on fait maintenant un usage général.
- La coloration des papiers, qui se fait généralement en colorant la pâte avant la fabrication, est une véritable opération de teinture, qui présente cette différence avec la teinture des étoffes qu’elle est plus délicate, et qu’elle n’offre pas, comme celle-ci, toutes les ressources du mordançage. Or, quelle est l’étoffe à tons vifs qui résiste à l’action de la lumière du jour ? Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que les papiers de couleur ne résistent pas mieux.
- Il y a trois sortes de colorants : ceux à base minérale, réputés les plus solides ; les colorants végétaux, et ceux qu’on extrait de la nombreuse série des hydrocarbures. Pour l’emploi des colorants minéraux, l’art du teinturier a des règles précises, tandis que pour l’emploi des deux autres il ne possède que des données aussi variables que les produits tinctoriaux et la nature des matières à teindre. Certains colorants végétaux sont parfois d’une solidité exceptionnelle ; il en est de même avec des colorants extraits de lahouille; mais cela se rencontre rarement dans les tons tendres et dans les tons vifs. L’imprimeur qui désire avant tout du papier de couleur résistante doit les abandonner.
- Nous reconnaissons qu’il n’y a rien de plus engageant qu’une vitrine de librairie diaprée de couvertures aux couleurs chatoyantes. Mais on ne peut pas tout avoir, si on ne veut sacrifier à l’œil ; il faut faire la part du feu...
- du soleil. C’est une affaire d’argent.
- Un imprimeur de nos amis nous a soumis il y a quelque temps, une couverture delivre complètement passée au recto et intacte au verso. Au premier essai nous avons constaté que la pâte avait été mal mordancée, la couleur ne résistait pas à certains lavages. Nous nous sommes procuré un échantillon de nuance similaire de fabrication française, solidement teint et de très bonne qualité, puis nous avons fait venir d’Autriche, d’une des premières maisons, un autre échantillon de même nuance réputé solide. Prélevant une bande sur la partie intacte de la couverture et sur les deux échantillons, nous avons serré les trois morceaux, en les recouvrant à moitié, dans un châssis-presse de photographe et les avons laissés exposés à la lumière directe pendant huit jours. La couleur de la partie non recouverte des trois papiers avait passé dans les mêmes propor tions, et cependant deux de ces papiers étaient d’excellente fabrication.
- Nous a vons recommencé l’essai sur un papier de nuance presque semblable, mais sans vivacité, fabriqué avec une assez forte proportion de pâte de bois chimique. Après huit jours d’exposition à la lumière directe, la différence de ton entre la partie couverte et la partie libre n’était pas sensible. L’orange d’aniline, combiné au chrome, entrait dans la coloration de ce papier. -Voilà un cas où l’emploi d’une couleur extraite de la houille n’a rien enlevé à la solidité de la teinture. Nous nous bornons à signaler le fait. — (Imprimerie.)
- 4
- nota. — La Revue de la Teinture ne se bornera pas à cette simple conclusion, et donnera des procédés de coloration de pâtes à papiers solides.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Rouge de Saint-Denis
- Dans notre numéro du 25 juillet dernier, nous avons publié un article sur le Rouge de Saint-Denis, avec quelques procédés d’application donnés par l’auteur de la découverte, M. Noelting.
- Cependant la maison Poirrier et Dalsace qui fabrique le dit produit, vient de faire connaître de nouvelles formules, qui paraissent constituer des moyens améliorés pour l’empl01 pratique de cette couleur.
- Le Rouge de St-Denis est encore coûteux, mais il fournit sur tissus de coton de beaux écarlates solides, suivant l’échantillon ci-dessous, fait avec 3 0/0 de matière colorante :
- Rouge de St-Denis, n° 2 extra.
- Voici les procèdes recommandés par le9 fabricants :
- Procédé N° 1
- Pour 10 kilogrammes de Coton : prendre :
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- Rouge de Saint-Denis.......... 200 gr.
- sur lesquels on verse :
- Dissolution de soude caustique
- à 70° Baumé............v .. 6 lit.
- (nous disons souie caustique et non sel de soude).
- Chauffer ; puis quand le tout est bien dissous, verser cette dissolution dans un bain préalablement chauffé et ainsi préparé :
- Eau......................... 200 lit.
- Sel marin.................... 48 kil.
- Soude caustique à 40° Bé ... 5 lit.
- Chauffer à 85°, introduire le coton et monter jusqu’à 90°, 95u et s’y maintenir pendant une demi-heure. La teinture est terminée en 30 minutes.
- Retirer le cotcn du bain, l’exprimer sur le bain de teinture et sans rincer passer dans l’eau acidulée à 1 0/0 acide sulfurique ou chlorhydrique pendant 5 à 10 minutes ; puis laver et sécher.
- Par mesure d’économie, il est indispensable que le bain de teinture soit conservé ; il peut servir indéfiniment et pour obtenir une même hauteur de ton qu’au premier bain dans les opérations suivantes, il suffit d’ajouter à
- chaque nouvelle opération :
- Rouge de Saint-Denis...... 165 gr.
- préalablement dissous dans la
- Soude caustique........... 5 litres.
- comme il a été dit ci-dessus et que l’on verse dans le bain de teinture.
- Si l’on veut teindre une nuance très nourrie, il faut prendre par exemple pour la première passe :
- Rouge de Saint-Denis....... 300 gr.
- (au lieu de 200 grammes), que l’on dissout dans :
- Soude caustique à 7° Bé....... 9 lit.
- et l’on opère comme il est indiqué plus haut.
- Pour chacun des bains suivants, il suffit de prendre :
- Rouge de Saint-Denis....... 250 gr.
- préalablement dissous dans la
- Soude caustique à 7° Bé... 7 lit. 500.
- comme il a été dit et que l’on verse dans le bain de teinture.
- Observations
- U Selon la méthode de teinture adoptée la proportion d’eau peut être réduite ; dans ce cas on diminue le sel proportionnellement de façon à avoir un bain marquant 14,15° Baumé. La teinture en bain réduit a une grande importance surtout pour les cotons filés ou tissés très serrés et très denses.
- 28 Plus la température à laquelle on teint se rapproche de 100° C., plus le rouge obtenu résiste au savon et mieux on a épuisé le bain de teinture. Si l’on teignait par exemple à 60, 75®, la moitié seulement de la matière colorante se fixerait sur le coton.
- 3® Pour obtenir des rouges de hauteur de ion identiques par une série de teintures suc-
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- cessives faites dans le même bain, il importe que le bain reste salé au même degré : à chaud, 90, 95» G., il doit marquer 14, 15» Baumé, s’il était plus faible il faudrait ajouter du sel.
- Il faut donc éviter l’augmentation du volume du bain par l’introduction au moyen du barbotteur de vapeur ; l’emploi d’un serpentin sec est préférable ; il faut dans ce cas avoir soin de remplacer l’eau qui s’évapore.
- Procédé N° 2
- Pour 48 kilogrammes de coton :
- Rouge de Saint-Denis.... 1 kil. 350
- Dissolution de soude caustique à 40° Baumé .... 2 lit. 800
- Eau....................... 40 lit.
- Délayer le Rouge de Saint-Denis dans la soude caustique, puis ajouter 5 à 6 litres d’eau, chauffer jusqu’à dissolution complète et ajouter ensuite le restant de l’eau.
- Cette dissolution est versée dans un bain de teinture composé de la manière suivante : l
- Eau...................... 1000 lit.
- Sel de cuisine ordinaire... 250 kil.
- Sel de soude Solvay à 98 0/° 45 kil.
- Teindre dans une cuve en bois chauffée par un serpentin en cuivre -, ne jamais employer de cuivre étamé, l’étain détériorant rapidement la couleur.
- Entrer le coton à 25 ou 30° C., monter graduellement en 20 ou 25 minutes au bouillon ; ; y rester 1/2 heure à 3/4 d’heure, la durée totale de la teinture sera donc de 1 heure à ] 1 heure 1/4. On pourra, au bout d’une heure de teinture, retirer un échantillon pour se rendre compte si on est arrivé à la hauteur de ton voulue. Laisser égoutter les pièces sur le moulinet, au-dessus du bain de teinture, puis passer en acide sulfurique à 1 °/0 (c’est-à-dire 10 kil. d’acide pour 1000 litres d’eau) ; rincer laver, sécher.
- 2° TEINTURE DANS LE MÊME BAIN.
- Pour maintenir le biin de teinture à son volume primitif et remplacer le liquide enlevé par les pièces, il ne faut pas l’alimenter avec de l’eau, mais avec la dissolution primitive,
- c’est-à-dire :
- Eau............................... 200 lit.
- Sel de cuisine..................... 50 kil.
- Sel de soude Solvay............ 3 kil.
- dont on ajoutera la quantité nécessaire avant de recommencer une nouvelle teinture. Pour une même quantité de coton, on prendra la même quantité de colorant dissous comme il a été dit pour la première teinture, et on continuera de même pour chaque opération successive.
- N.-B. — Nous recommandons de ne pas teindre plus de 30 opérations successives dans le même bain, sans recueillir le précipité qui s’y est accumulé. Il est formé par une certaine quantité de matière colorante unie à la
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- magnésie venant du sel de cuisine. En le traitant par la soude caustique, la matière colorante se redissoudra aisément et pourra être utilisée de nouveau.
- Teinture des peaux et deë cuirs Préparation préalable
- Les peaux convenablement choisies sont d’abord lavées avec soin pour les débarrasser d’alun, puis imprégnées de jaune d’œuf et étendues sur une table inclinée. On y porte alors, à l’aide d’une brosse, d’abord le mordant s’il y a lieu, puis la matière colorante ou solution aqueuse. Les acides et les alcalis doivent être évités comme mordants, et il ne faut employer que des sels neutres. De très petites quantités d’acides déchirent le cuir ; les alcalis le rendent cassant. Les sels à employer sont les bichromates de potasse, l’alun, en solution très étendue et les sels ammoniacaux.
- . Lorsqu'on ne s’attache pas à réserver l’envers des peaux, on teint au plongé ; dans ce cas, le bain ne doit jamais dépasser 30 degrés.
- Rouges
- L’échantillon ci-dessus se désigne « Rouge de Russie » parcequ’il reproduit la teinte du cuir de Russie ; il se fait pour cette destination une couleur d’aniline toute spéciale, que l’on désigne du même nom, « Rouge de Russie ».
- Ce rouge, de même que la Fuchsine, la Grenadine, le Cerise, la Safranine, s’appliquent sans mordant, ni acide, en solution dans l’eau, à la température de 20 à 30 degrés.
- L’éosine sera additionnée d’une très-petite quantité d’acide sulfurique lorsqu’on voudra un rose ou un ponceau sans reflet ; on n’en ajoutera pas, au contraire, lorsqu’on désirera une teinte à reflets changeants, ce qui, du reste, est d’un effet médiocre.
- Violet
- On emploie le violet d’aniline soluble, additionné d’un peu de sulfate d’alumine. On fait varier la nuance en ajoutant un bleu ou un rouge. Il ne faut pas employer de solution alcoolique. Le violet à l’iode fournit la plus belle nuance, mais il est moins bon teint.
- Bleu
- Le bleu pénètre le cuir moins facilement que le violet et il est difficile d’avoir une teinture égale. On opère avec une solution étendue de bleu, en répétant l’application jus-
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- qu’à ce que Ton ait atteint la nuance voulue. On essaie en petit, suivant le bleu que l’on emploie, quel est le mordant qui convient le mieux, (sels ammoniacaux, alun, petite quantité de bichromate).
- Les bleus coton donnent les plus beaux résultats ; on y ajoute une trace d’acide sulfurique. On lave bien et on sèche à basse température.
- Vert
- On emploie une solution concentrée de vert, à l’iode ; on brosse d’abord le cuir avec une solution de sulfate d’ammoniaque, on lave à l’eau, et l’on applique la couleur à la température de 35°, en opérant rapidement. L’acide picrique relève le vert et lui donne plus de stabilité : mais il ne faut pas ajouter directement au vert -, on l’applique soit avant, soit après. Les autres verts donnent des résultats médiocres.
- Jaune brun
- Le jaune s’obtient de préférence avec de l’acide picrique. Pour le brun, c’est le marron dit Vésuvine qui est préférable. La teinture jaune, au picrate, devient verte par l’application du bleu. On emploie une solution très étendue d’acide picrique à la température de 25°.
- Autres couleurs
- Les teintes ci-dessus sont les plus fréquemment employées, mais toute la série des couleurs d’aniline se prête à la coloration des peaux et des cuirs. Nous citerons encore :
- Les Brun d’Orseille, Bordeaux, Violet solide, Ecarlate, Induline, Oranges (plusieurs n°»), Jaune d’Or, Vert solide, etc.
- Ces diverses couleurs doivent être employées dissoutes à l'eau, et légèrement acidifiées.
- Apprêt final
- Après teinture, les cuirs sont enduits légèrement, à l’aide d’une éponge, d’huile de lin clarifiée, et ensuite séchés. Les peaux mégissées subissent le même traitement, mais en huilant à peine, avec une éponge presque sèche, de façon seulement à ternir le reflet mordoré des couleurs d’aniline.
- Ces articles sont enfin poncés, glacés par la friction d'un cylindre de verre, ou margue-rités, ou palissonnés, suivant leur nature ou leur destination.
- Prochainement nous aurons à publier quelques autres communications à propos de la teinture des peaux.
- Encre indélébile
- Pour marquer des tissus de coton et de Un destinés au blanchiment.
- On étend 10 parties de goudron de houille avec 10 parties de benzine et on y incorpore 1 partie de suie. Dès que la masse est devenue homogène, on peut s’en servir ; puis on fait sécher le linge marqué.
- En ajoutant de la benzine en plus ou moins grande quantité, on obtient à volonté une encre plus ou moins fluide.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- LES DÉGRADAGES
- Avant de procéder aux teintures, il faut souvent avoir recours au dégradage ; « dégrader » ou « démonter » sont deux termes s’appliquant généralement au même travail, quoi-qu’à proprement parler, démonter se dit plutôt d’une teinte dont on veut baisser le ton, sans la détruire entièrement.
- En chiffonnage, on emploie indifféremment ces deux mots pour désigner la destruction d’une couleur sur un tissu, afin d’y donner une autre teinte.
- Il faut autant que possible éviter ce travail, car en démontant la teinte, on peut aussi dégrader l’étoffe ; toutefois, avec quelques précautions, on arrive à rendre très-peu sensible cette détérioration.
- Les dégradants les plus employés sont : le savon chaud, l’ammuniaque, le carbonate de soude, l’eau de Javel, l’acide nitrique, le bichromate.
- L’eau oxygénée, qui n’est pas encore employée en chiffonnage, pourra rendre des services dans ce travail, et sans altérer les tissus.
- Avant de dégrader, les étoffes devront être nettoyées.
- DÉMONTAGE DES SOIERIES
- Les soies sont le plus souvent teintes aux anilines ; si elles sont en jaune d’or, on ne réussira pas à les démonter de quelque façon que ce soit-, elles resteront jaunes.
- Pour les autres couleurs, on emploie l’acide nitrique, qui est l’un des dégradants les plus usités.
- Le bain se fait dans un vase en grès, en bois ou en fonte émaillée, jamais en métal nu; il doit pouvoir se chauffer, soit à feu direct, soit par barbottage de vapeur.
- On le monte avec :
- Eau bouillante........... 4 seaux
- Acide nitrique à 36°..... 2 litres
- — sulfurique........... 1/2 —
- Ce bain doit être à environ k degrés au pèse-sels.
- On y passe les matières à dégrader ; la plupart des couleurs tombent aussitôt; les bleus résistent plus longtemps ; on les y tient jusqu’à ce qu’ils aient disparu.
- Les teintes au cachou, et les bleus de France (qu’on ne voit plus guère) résisteront ; nous verrons pour le cachou, quant au bleu de France, il s’en va facilement dans un bain chaud de savon noir et de carbonate de soude.
- Pendant tout le temps qu’on travaille sur le
- bain d’acide nitrique, il faut maintenir sa température dans le voisinage du bouillon, ou à celle du bain-marie.
- Au sortir du bain, on rince à chaud pour faire disparaître toutes traces d’acide, et afin de s’assurer que la couleur est bien tombée, on trempe un coin de l’étoffe dans de l’ammoniaque étendue d’eau ; si la teinte remonte, ce qui est rare, on rentre dans le bain d’acide.
- Il ne faut pas plonger la pièce entière dans le bain d’ammoniaque, car le fond jaune dû à l’acide nitrique passerait à l’orange.
- Ce fond jaune restant du dégradage est moins prononcé avec l’acide sulfurique ajouté qu’avec l’acide nitrique seul, cependant c’est toujours un inconvénient qu’il y a intérêt à éviter, et toutes les couleurs n’exigent pas l’emploi d’un rongeant aussi actif.
- Les teintes aux bois, les bleus au carmin d’iudigo et certains violets d’aniline s’en vont simplement dans un bain bouillant de savon noir, additionné d’ammoniaque.
- L’eau de Javel détruit facilement aussi ce genre de couleurs-, on la mélange de trois ou quatre fois autant d’eau, on y entre à froid les étoffes, ce qui suffit souvent pour que les couleurs tombent ; si cependant, après une heure de bain, elles ne sont pas assez détruites, on chauffe le bain, jusqu’à 50 à 60 degrés ; puis on pique sur acide sulfurique sans avoir rincé sur la Javel.
- Ce dernier moyen, toutefois, convient mieux pour les cotons.
- L’orseille se dégrade sur l’acide nitrique.
- Pour les teintes au cachou, on emploiera le procédé suivant ;
- Pour une robe :
- Bi-chromate de potasse....... 50 gr.
- Acide sulfurique............. 100 —
- Eau.......................... 3 seaux
- Le bain étant à 50 ou 60 degrés, on y plonge rapidement l’étoffe, en lisant continuellement ; aussitôt la couleur tombée, on se hâte de lever, car le cachou peut arriver à se fixer de nouveau ; on rince ensuite et on pique en acide sulfurique, ou mieux en acide sulfureux, si l’on en a.
- Résumé du démontage des soies.
- En somme voici la marche à suivre, quand il se présente une couleur à démonter sur soie, et qu’on n’est pas fixé sur sa nature :
- D’abord, essayer sur le savon noir ammoniacal.
- Si la couleur résiste, passer à l’acide nitrique.
- S’il reste un marron qui aura simplement tourné à l’orangé, le traiter par le procédé pour cachou.
- Après l’action du savon et de l’ammoniaque, une couleur pourra être incomplètement tombée ; c’est le cas alors de terminer par la Javel.
- Il faut, enfin, se rappeler que les étoffes de soie doivent se manier avec toutes les précautions indiquées au chapitre du nettoyage.
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- DÉMONTAGE DES LAINAGES
- Les laines se démontent par les mêmes moyens que les soies, mais le textile étant plus résisljnt peut être mené un peu plus vigoureusement.
- Les procédés consistent encore, pour les couleurs autres que les bleus (sauf ceux de carmin d’indigo), à faire agir le savon noir et l’ammoniaque que l’on peut chauffer jusqu’à 80 degrés ; il est bon toutefois, de n’ajouter l’ammoniaque que vers la fin, car la chaleur prolongée la volatilise.
- Ensuite on passe à la Javel, les pièces dont la couleur n’est pas entièrement tombée -, l’eau de Javel étendue de trois à quatre parties d’eau, peutêtre chauffée jusqu’à 50 à 60 degrés.
- Les couleurs qui ont résisté à ce traitement, et celles qu’il aura été inutile d’y essayer, telles que les bleus d’aniline, et même les bleus de cuve, seront passées à l’acide nitrique, qui peut être considéré comme le dégradant universel.
- On opère comme pour la soie.
- 11 a été aussi proposé l’emploi du cyanure de potassium pour démonter certaines couleurs tenaces, et notamment les bleus d’aniline.
- J’expose ce moyen, mais je préfère quant à moi l’eau forte (acide nitrique), malgré le fond jaune qu’elle laisse.
- Pour une robe, on fait dissoudre :
- Cyanure (blanc) de potassium. 200 gr.
- Eau chaude................... 3 seaux.
- Entrer l’étoffe, continuer à chauffer vivement jusqu’à l’ébullition -, aussitôt lever et rincer à plusieurs eaux.
- Faire un deuxième bain contenant :
- Acide sulfureux liquide à 5°.. 3 litres
- Eau froide.................. 3 seaux
- Y passer l’étoffe et faire chauffer à 50°; dans ce bain, la décoloration se produit et ne tarde pas à être complète pour les bleus d’aniline, et pour les couleurs sensibles à l’action de ce dégradant- Il sera inutile d’insister pour celles qui résisteront.
- Enfin, sans rincer, on pique en acide sulfurique et le démontage est terminé.
- Chaque fois que j’indique l’emploi du cyanure, je rappelle que c’est un poison, et qu’il ne faut pas mélanger d’acide dans sa solution. Ici il faudra un rinçage à fond avant dépasser à l’acide sulfureux.
- Degradage des impressions à l'outremer
- sur lainages et notamment sur châles.
- Les lainages imprimés avaient souvent autrefois et encore un peu maintenant des hnpressiGns au bleu d’outremer fixé par l’albumine.
- Pour les démonter, il faut donc dissoudre cette albumine, et pour cela employer un produit alcalin qui n’altère pas la laine. Le savon hoir est tout ce qu’il faut pour cela, et voici Comment on l’emploie:
- Savon noir en pâte....... 1 kil.
- Eau chaude............... 5 à 6 lit.
- Délayer de façon à obtenir un liquide épais comme une gelée coulante.
- Fouler d’abord les étoffes sur un bain de carbonate ; tordre et sans rincpr, les bien empâter dans la crème savonneuse, et les faire passer ainsi une journée en laissant refroidir le savon.
- Après ce temps, les fouler sur ce savon, dans tous les sens, échauder et rincer à fond.
- L’impression sera alors détachée et l’on pourra procéder à la teinture, si le fonds n’a pas lui-même besoin de passer à l’eau forte.
- DÉMONTAGE DU COTON
- Sur coton, il faut être prudent sur l’emploi des acides -, par contre, on peut se servir à volonté de chlore et des lessives.
- C’est l’eau de Javel qu’il convient d’employer dans presque tous les cas, et la plupart des couleurs y cèdent ; le bain peut être assez fort, et employé à chaud.
- Celles à base métallique, comme les chamois de fer par exemple, résisteront et ne s’y fixeront que de plus belle ; pour celles-là on
- emploiera :
- Acide chlorhydrique........ 2 litres
- Sel d’étain............... 250 gr.
- Eau....................... 3 seaux
- On fera tremper à froid quelques heures, v et au besoin on chauffe modérément pour activer l’action, mais pendant le chauffage, l’étoffe ne doit pas émerger du bain, car la partie à l’air se détériorerait.
- Enfin, on peut employer, pour les cotons même au chamois de fer, l’acide nitrique, mais sans acide sulfurique, et moitié plus faible que pour les soies et les laines : 2 degrés \ est le maximum.
- Résumé du démontage des cotons.
- Bain de carbonate fort et chaud.
- Action de l’eau de Javel additionnée d’autant d’eau, et chauffage s’il le faut.
- En cas d’insuccès, emploi de l’acide nitrique à 2 degrés.
- Sur teintes au fer, acide chlorhydrique et sel d’étain.
- Après les bains acides, rinçages bien complets.
- DÉMONTAGE DES TISSUS MÉLANGÉS
- Les étoffes laine et soie seront traitées comme les soies pures.
- Les laine et coton, par carbonate faible, puis eau de Javel des lainages, et enfin acide nitrique à 2 degrés et sans sulfurique, si des couleurs subsistent.
- Les fonds cachou (très rares sur ces tissus) se traitent au bi-chrômate et acide sulfurique.
- EMPLOI DE L’EAU OXYGÉNÉE
- L’eau oxygénée peut être employée au démontage de toutes couleurs qui ne sont pas
- à base métallique ; c’est-à-dire sans fer, sans plomb, sans chrême ; elle n’a pas d’action non plus sur les cachous, ni sur les impressions à l’albumine.
- L’eau oxygénée convient pour toutes étoffes, pures ou mélangées.
- On emploie :
- Eau oxygénée............ 10 litres
- Ammoniaque.............. 10 gram.
- L’étoffe est mise dans le bain -, on laisse en contact une heure çu deux à la température de l’atelier ; ensuite on fait chauffer jusqu’à ébullition.
- Aussitôt le bouillon obtenu, le bain a perdu toute sa force, il n’est donc pas nécessaire de bouillir plus de cinq minutes.
- Par ce moyen on détruit la presque totalité des couleurs non minérales.
- Ce procédé, toutefois, est beaucoup trop coûteux au prix actuel de l’eau oxygénée ; je n’en parle que pour mémoire et pour le moment où le prix de cet agent décolorant deviendra réellement abordable.
- CONCLUSION SUR LES DÉMONTAGES
- Avec l’ensemble des moyens indiqués dans ce chapitre, on peut arriver à faire tomber à peu près toutes les couleurs usitées en teinture.
- Les dégradants auxquels on aura le plus souvent recours sont donc :
- Le savon avec ammoniaque.
- L’eau de Javel.
- L’acide nitrique.
- Ce dernier laisse un fond jaune ; souvent ii n’est pas nuisible pour la nouvelle couleur à produire, mais il n’irait pas pour roses, violets et bleus clairs, et les rouges tireront toujours au ponceau ou à l’écarlate, à moins d’en faire des grenats.
- Malgré cela, c’est le plus employé.
- On ne dégrade pas sur noir.
- Maurice GUÉDRON.
- LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- et textiles à l’Etranger.
- Mexique
- L’essor de l’industrie au. Mexique est dû à l’initiative du gouvernement de Tlaxcala qui a su attirer les capitalistes et les industriels sur le territoire de l’Etat en leur concédant d’utiles privilèges. Parla loi du 16 octobre 1870, toute construction nouvelle entreprise dans une ville ou un village est exempte d’impôt pendant dix ans. Les améliorations aux bâtiments existants ne supportent aucune taxe pendant cinq ans. Toute personne qui établit une fabrique nouvelle ou reconstruit une fabrique abandonnée ne paye aucune contribution pendant dix ans. Les personnes qui se trouvent dans les cas prévus par cette loi, jouissent encore de certaines
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- prérogatives. Aujourd’hui, beaucoup d’industriels quittent les autres Etats, où ils ont souvent de fortes contributions à payer, pour venir s’établir sur le territoire de Tlaxcala où le régime fiscal leur est si favorable.
- Les fabriques de Tlaxcala sont les suivantes :
- Fabriques de fils et tissus. — Ces fabriques sont au nombre de cinq : El Yalor, la Jose-fina, la TIaxalteca, la Trinidad et San Manuel.
- La fabrique del Valor fait du madapolam, du piqué, des serviettes de toilette, etc. Elle a 3,000 broches et 80 métiers. Son propriétaire est F. Gavito hijo. La vente des produits de cette fabrique est faite par la maison « La Ciudad de Mexico », de Lions frères, à Puebla.
- La Josefina (propriétaire, Santos Letona), a 4,000 broches et 120 métiers. Ses tissus ne le cèdent en rien aux tissus américains.
- La TIaxalteca (propriétaire, M. J. Rueda) a 4,000 broches et 120 métiers. Ses cotonnades sont exclusivement consacrées à la confection de l’estampado dans la fabrique de « la Alsacia. »
- La fabrique de San Manuel (propriétaire, Louis G. Terruel) a 4,000 broches et 100 métiers. Elle confectionne des mantas, des indiennes de différents genres.
- La Trinidad (propriétaire, M. M. Conde) a 6,000 broches et 150 métiers. Elle est arrivée à dépasser pour les tissus de coton toutes les fabriques de la République. Elle égale celles des Etats-Unis.
- Les machines de ces manufactures sont de système moderne et sortent des mêmes ate- I liers que celles employées dans l'Etat de Puebla.
- Ces cinq fabriques consomment, en moyen- I ne, 98,668 qx. mexicains de coton, soit 4,748, j 728 kilog. Elles produisent 106,136 pièces de mantas. Elles emploient environ 1,171 ouvriers gagnant à l’année 109,440 piastres. La valeur des bâtiments et machines est de 1 million de piastres.
- Tissus de laines. — A Ghiautempan, il existe une fabrique de tissus de laine qui, grâce à la perfection de ses produits, est arrivée à attirer l’attention du jury de l’exposition de Berlin. Les fils qui servent au tissage sont faits à la main.
- Constantinople
- Draperie. — Depuis nos derniers avis, la position de la draperie de fabrication française ne s’est pas améliorée. La demande devient de plus en plus restreinte et il est à craindre qu’elle ne diminue encore davantage.
- On se rendra facilement compte de cette situation si l’on veut bien considérer que les principaux consommateurs des articles fabriqués à Elbeuf, Sedan, Roubaix, etc., sont les marchands tailleurs, presque tous ruinés par la concurrence insoutenable des grands magasins de confection de Vienne qui ont établi ici des succursales.
- Mérinos, cachemires, etc. — La hausse des aines a contribué à x estreindre les opérations; les demandes se sont bornées au simple réassortiment indispensable des nuances.
- Impressions, cretonnes, articles pour meubles et rideaux. — Jusqu’à ces dernières années,
- l’impression française sur ces divers tissus était recherchée non seulement à cause de la perfection et de la beauté des dessins, mais surtout à cause de la solidité des nuances. Depuis que l’Autriche et l’Angleterre, ayant perfectionné leur fabrication fournissent des nuances presque solides, la demande de l’article français a diminué. Les fabricants autrichiens et anglais imitent assez exactement nos dessins et, vendent leurs produits bien meilleur marché.
- Soieries pour meubles. — Cet article français qui donnait lieu à un mouvement d’affaires de 300,000 francs par an ne figure plus dans nos importations que pour un chiffre insignifiant.
- Cela tient à deux causes :
- 1° La plus grande partie de ces soieries étaient achetées pour l’ameublement des nombreux palais impériaux. Or, le sultan a ordonné, par un décret, de n’employer dans ses palais que des étoffes fabriquées en Turquie. Une fabrique a été réinstallée dans ce but à Hérécli (dans le golfe d’Ismith). Cette fabrique a ses ateliers de tissage dirigés par des ouvriers que l’on a fait venir de France et d’Allemagne. L’industrie locale ne fait que le plat, brodé ensuite avec des soies venant de France ou d’Italie.
- 2° L’Italie importe à Constantinople des soieries pour meubles d’un prix plus réduit que celles de Lyon. Sans doute, ces soieries ne valent pas les nôtres ; mais il ne faut pas oublier, et nous ne saurions trop le répéter, qu’à Constantinople le bon marché prime tout.
- Cretonnes françaises. — 11 n’en vient plus que d’Alsace. Le prix de cet article a beaucoup baissé ; mais la qualité est bien inférieure à celle que nous recevions antérieurement.
- Toiles cirées pour parquets et autres. — Toutes les maisons à Constantinople ayant leurs parquets en bois blanc, les toiles cirées donnent lieu à des affaires assez importantes.
- Ces toiles cirées viennent toutes d’Angleterre. Plusieurs essais tentés dans le but d’importer l’article français n’ont pas abouti.
- Cependant, les prix de ces toiles cirées sont à peu près les mêmes en France et en Angleterre ; mais, tandis que l’article anglais, venant directement de Londres avec fret réduit, se voit grevé seulement de 3 0/0 des frais, l’article français, transporté parchemin de fer, embarqué à Marseille et supportant un fret élevé, se trouve augmenté de 25 0/0.
- Il y a donc impossibilité absolue de lutter et il ne vient à peu près rien de France.
- Tapis. — Comme les toiles cirées, les tapis sont l’objet d’un commerce suivi; comme elles aussi ils sont entièrement fournis par l’Angleterre.
- Nos fabricants ne se plient pas aux goûts du pays, d’ailleurs, leurs prix sont beaucoup ! trop élevés..
- Le Cap (Afrique)
- Le consul de France au Cap termine un rapport sur la situation du commerce de la colonie par les observations suivantes :
- Vêtements. — L’Angleterre a expédié en 1888 pour 58,850 livres sterling de vêtements et pour 43.820 livres sterling de couvertures de laine. Ces articles laissent à désirer, en raison de la proportion du coton qui entre dans leur fabrication. Peut-être serait-il possible à nos industriels d’entreprendre l’importation de ces produits.
- Modes. — L’Angleterre vient d’expédier au i Cap pour plus de 10 millions de francs d’ar-j ticles de modes. Dans ce total figurent les i chapeaux, qui, pour la majeure partie, vien-] nent de Paris et n’ont fait que transiter par l’Angleterre j Bien que le prix de ces marchandises soit très élevé, la vente en est pourtant aisée.
- Soieries. — Cette observation s’applique également aux soieries qui sont presque toujours croisées de coton. Les meilleurs rubans sont français ou vendus comme tels.
- Laines. — Ce sont les besoins de la France et de l’Allemagne qui réglementent le prix des laines du Cap sur le marché de Londres. Actuellement nos fabricants de draps som dans l’obligation d’accepter une majoration du prix de la matière première.
- L’Allemagne semble avoir renoncé à ces procédés, car on constate qu’elle a établi des représentants à poste fixe dans la colonie et qu’elle a pu effectuer directement des achats très importants. Les Etats-Unis ont de leur côté importé à New-York, sans payer aucune commission, 5,833,017 livres de « grease wool » et près de 20,000 livres de « acoured ». La Belgique semble, elle aussi, suivre l’impulsion. Nous sommes donc menacés de demeurer la seule grande nation industrielle se perpétuant dans des usages surannés.
- Madagascar
- M. le ministre du commerce et de l’industrie a reçu de M. le sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies les renseignements suivants sur le commerce de Diego-Suarez.
- Il a été imp orté dans ce port 170,200 fr. de marchandises pendant le 1er trimestre de l’année courante.
- Dans ce chiffre les marchandises françaises ou provenant de pays français figurent pour 111,221 fr.
- Les toiles peintes sont très recherchées-Elles sont fabriquées en Angleterre et viennent de Nossi-Bé ou de Bombay.
- Les négociants de Diego-Suarez achètent les toiles de coton imprimées, au poids, â Nossi-Bé ou à Maurice, au prix de 10 fr. leS 22 mètres; ils les vendent 60 et 80 centime5 le mètre.
- Les Malgaches achètent surtout pour leurs limbous ou lambas, les mouchoirs de coton en pièces, à couleurs vives et à dessins rouges, noirs, blancs et verts sur jaune.
- Les guinées, les cotonnades croisées, blanches ou bleues, ou écrues, sont d’origine américaine. Elles se vendent 75 cent, le yar à Nossi-Bé, et 1 fr. 10 cent, le mètre à Diego-Suarez.
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- Les soies et le satin, trame coton, sont très recherchés par les femmes malgaches pour leurs canezons. Quoique fanés ces tissus sont vendus 2 fr. 50, 3 fr. 50 et même 5 francs le mètre.
- Des échantillons de tissus sont déposés au musée commercial de l’exposition permanente des colonies (Palais de l’industrie, à Paris), où le conservateur donnera aux intéressés toutes les indications nécessaires.
- Il en est de même pour la mercerie, les ombrelles et les chapeaux.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOÇIÉTÉS
- PARIS. ~ Formation de la Société en nom colléctif FnESNE et Cie, apprêteurs à neuf, rue delà Chapelle, 65. Durée 1, 3, 6 ou 9 ans. Cap. : 3,000 fr. — Acte du 1er août 1889.
- PARIS. — Dissolution h partir du 12 juillet 1889 de la Société Dubreüil et Lalande (expi. de deux filatures et ateliers de tissage) ci Cours (RhôneJ avec dépôt des produits manufacturés, à Paris, rue des Déchargeurs, 9. Liquid. : M. Navarre, rue des Petits Champs, 51. — Jug. du même jour.
- ROUBAIX. — Formation de la Société en nom collectif Florimond Wattel, fab. de tissus de Roubaix, etc., rue de la Fosse-aux-Chênes, 45. — Durée : 6 ans. — Cap. : 560,000 fr. — Les associés s’engagent à apporter supplémentairement tous les fonds jugés nécessaires. — Acte du 6 juillet 1889.
- CHOLET. — Formation de la Société en nom collectif Allereau frères {fab. de toiles, mouchoirs, flanelles el cotonnades et tous articles dits « de Cholet », rue Nationale, 89. Cap. 124,431 fr. 15. Acte du 26 juillet 1889.
- LYON. — Dissolution à partir du 24 juillet 1889 de la Société Chevrier-Peillen et Pe-lisson, apprêteurs, Montée-St-Sébastien, 24. Liquid. : M. Pelisson. — Acte du même jour.
- ELBEUF. — Dissolution de la Société arrivée à son terme Thibault et Paquet, fab. de draps. Liquid. : M. Thibault. — Acte du 2 août 1889.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Malleval, Masson et Payen, fab. Üétoffes de soie, rue Lafond, 8 et 10. Durée :
- ans. Cap. : 500,000 fr. — Acte du 22 juillet 1889.
- FAILLITES
- CAI AÏS. — Pojrquet (Eugène) et Daviez (Auguste), fab. de tulles. — Jug. du 5 juin 1889.
- CALAIS. — Noyalle-Fontaine (Edouard), de tulles. — Jug. du 25 juin 1889.
- LILLE. — Berlemont, blanchisseur, ave-
- ùe Butin, section de Chanteleu-Lille. Jug. üu 6 août 1889. - S. : M. Gussac.
- LYON. — Rousseau, teinturier, Lyon, ^°Urs Morand, 44, ci-devant, à Grigny. Jug. Qu 12 août 1889. — S. : M. Canavy.
- LIQUIDATIONS JUDICIAIRES
- Morlaix. — Guillerot (Jul. Mich.) md de
- *ssus. Jug. du 31 juilllet 1889. — Liquid. : "L Le Millier.
- CHATEAU-CHINON. — Petit (Louis), teint, à Ouroux. Jug. du 27 juillet 1889. — Liquid. : M. Digoy.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- JousserandX. Teinturerie r. Legen-
- fdme) dre, 118.
- Tesson et X. Teinturerie rue des
- Thévenon. Dames, 25.
- Boissin. Widemann. Teint, rue Davy, 18. Classen. Babil Ion- Teint, rue du Marché, Marchai. 12, Neuilly.
- X. Rigault dme Teinturerie rue de
- Rocliechouarf, 67.
- Blanchot. Dunet Vve Teinturerie rue de la Chapelle, 46.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- LE PROCÈS GRAW1TZ
- Tribunal civil de Lille.
- Audience du 29 juillet 1889.
- Le tiibunal après avoir rappelé que M. Gra-witz, titulaire de 8 brevets ou certificats d'ad-dition pris par lui du 30 septembre 1874 au 22 mars 1877, revendique la propriété d’un procédé de teinture en noir d’aniline, constate dans son jugement que les experts commis pour émettre leur avis sur la contréfaçon reprochée par M. Grawitz, aux teinturiers défendeurs, sont en désaccord formel.
- Les experts de la majorité ont reconnu, en effet, que le mode d’opérer employé par les défendeurs était conforme à un procédé des tissus en noir d’aniline décrit par Bobœuf, dans un brevet du 15 juillet 1865, depuis longtemps tombé dans le domaine public.
- M. Grawitz se serait donc inspiré pour prendre les brevets, delà rédaction des brevets antérieurs, sans y avoir apporté aucune idée nouvelle, aucune idée originale.
- L’expert de ta minorité au contraire, avait conclu à la contrefaçon des brevets Grawitz, et avait prétendu que les procédés décrits dans les procès-verbaux dressés chez les teinturiers défendeurs n’avaient pas été décrits par Bobœuf, ni aucun autre.
- Le tribunal passe ensuite rapidement eu revue les arguments présentés tant par les défendeurs que par le demandeur, spécialement ceux visant l’interprétation du texte du brevet Bobœuf et pose en principe que la seule question à résoudre est de savoir à la simple lecture du brevet Bobœuf, les hommes du métier pouvaient, sans faire effort d’intelligence, faire l’emploi du bain plein pour la teinture des tissus noirs d’aniline.
- Gela, ajoute le jugement, ne saurait faire de doute, car les experts de la majorité, dans leurs expériences dans les usines de Roubaix, ont reconnu sans aucune hésitation, que le procédé employé devant eux, était celui-là même qu’ils lisaient dans le brevet de Bobœuf.
- Pour soutenir, du reste, le contraire, l’expert de la minorité a dû s’appuyer sur une argumentation scientifique des plus subtiles.
- Abstraction faite de l’opinion des experts, la simple lecture du texte du brevet Bobœuf confirme cette thèse.
- Il importe donc peu, étant donné ce qui précède, de savoir si, dès 1871, on teignait les
- tissus en noir d’aniline avec des substances préconisées plus tard par M. Grawitz.
- En conséquence, le tribunal annule les brevets et certificats d’addition Grawiiz, du 30 septembre 1874 au 22 mars 1877 en tant que relatifs à la teinture des tissus en F.oir d’aniline;
- Condamne Grawitz à payer 1.000 francs de dommages-intérêts a chacun des quatre premiers défendeurs et 500 francs à chacun des quatre autres défendeurs ^
- Ordonne l’insertion du jugement au choix des défendeurs, jusqu’à concurrence de 1.000 francs.
- Condamne, en outre, Grawitz à tous les dépens .
- lies récompenses à l’Exposition.
- — Le jury supérieur qui doit prononcer en dernier ressort sur les récompenses de l’Exposition, commence à fonctionner le lundi 26 août : ses travaux dureront toute la semaine, car les réclamations sont nombreuses.
- M. Tirard préside, en sa qualité de commissaire général de l’Exposition ; il est assisté de M. Faillières, ministre de l’instruction publique, et de M. Faye, ministre de l’agriculture.
- M. Berger prend part aux séances du jury.
- Les membres qui représentent nos industries, sont :
- MM. Sabatier, membre du comité exécutif belge, président du jury du groupe V : Scheu-rer Kestner, sénateur, vice-président du jury du groupe V : Ygarzagal, vice-président de la Commission de la République Argentine, vice-président du jury du groupe V: Chevrier, chimiste, secrétaire du comité du groupe V.
- Il a été procédé à la nomination d’une sous-commission de vingt personnes qui auront à faire tout d’abord un travail de classement et de révision des réclamations présentées : aucune nouvelle réclamation ne sera admise.
- Cette sous-commission se compose tout particulièrement des présidents des comités de groupe et des présidents ou vice-présidents du jury de groupe. Voici, d’après la liste du jury supérieur, les noms des personnes qui en font partie :
- MM. Alphand, Foucher de Careil, Poirrier, Dietz-Monnin, Gréard, Lemoine, Larroumet, Frémy,Dauphinot, Picart, Prevet, Meissonnier, Sommerville-Tuck, Freyvald, David-Pierret, Leigh, Sabatier. Frescot, Navarro, Lyle, Col-ville-Barclay.
- Crèves. — Des grèves ont encore éclaté dans la Loire, aux tissages de Ghauffailles ; ce sont les femmes principalement qui s’en mêlent ; elles cherchent à provoquer la grève générale; elles manifestent autant qu’elles peuvent.
- La maladie gréviste est vraiment endémique dans les régions du Rhône et de la Loire.
- Eu soufrotr émotionnant. — Nous nous proposons de démontrer prochainement que le voisinage d’une teinturerie, avec les couleurs nouvelles et l’outillage moderne, est plus utile que nuisible à l’hygiène d’une ville, car des malveiltants exploitent encore ce vieux préjugé que le travail de la teinture est malsain pour le voisinage.
- En voici un exemple :
- La paisible ville de St. Mandé près Paris, est
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- en effervescence parcequ’elle apprend qu’un teinturier dégraisseur se propose de construire dans ses murs, un petit soufroir pour blanchir ses lainages.
- Ce soufroir, du reste, travaille depuis sept ans sans qu’aucun voisin en ait été incommodé ou sache même qu’il existe; il r,e s’agit que de le déplacer.
- Il faut dire que la terreur comique des St. Mandéens est semée à dessein par deux voisins du teinturier, se vengeant que celui-ci ne veuille pas supprimer un étendage masquant leur point de vue. C’est ainsi qu’ils ont présenté une opposition dans l’enquête de com-modo, et qu’ils vont partout raccoler des signatures, en annonçant des malheur s effroyables si le projet de notre confrère n’est pas abandonné.
- Heureusement, le persécuté, qui n’est autre que M. V. Barbé, notre sympathique collaborateur, sait se défendre, et heureusement aussi, il a affaire à un conseil municipal libéral et éclairé, qui prendra pour ce qu’elles valent, ces clameurs intéressées et vindicatives.
- Ajoutons enfin, qu’à la préfecture de police, où l’on prononce en dernier ressort, on connaît l’insignifiance et l’innocuité du soufroir de Teinturier-dégraisseur et que les autorisations sont toujours acccordées, malgré les oppositions locales ordinairement mal renseignées.
- Nous ferons connaître la solution de cette très petite affaire.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- LE HAVRE
- Bois de teinture. — Eu campêche disponible, on a traité 50 tx Ste-Lucie, à fr. 7 30, et 120 tx Fort-Liberté, à fr. 8 75.
- Les campâches ont encore donné lieu à diverses affaires, soit : 10 tx Jacmel dans le port, à fr. 8 50, et 120 tx disponibles, qualités telle quelle, à fr. 8 ; 60 tx Ste-Lucie dans le port, à fr. 730, et 20 tx racines dito dito, à fr. 6 80. Le bois jaune Corinto a eu aussi la vente de 10 tx, à fr. 6 50.
- Importations : 1 gr. campêche de Haïti ; 1 gr. dito, de Ste-Lucie ; 1 gr. racines de campêche. de. la Jamaïque.
- Cachou, curcuma, rocou, orseille, cochenille, quercitron, dividivi, sumac. —- Marché languissant, prix nominaux.
- Les arrivages de la hui'aine comportent 464 s. dividivi de Curaçao.
- Indigos. — De gré à gré, nous n’avons connu de traité que 7 c. Bengale.
- Le terme est également resté sans affaires et les cours ont baissé de 5 c. pour les mois d’août et de mai seulement.
- Potasses et joerlasses. — Arrivages : 15 f. potasse de N-York.
- —tjgjl»-
- MARSEIL.LE
- Huiles de graines à lubrique. — Bien tenues en hausse. On cote :
- Arachides décortiquées, Ire pression, Bombay, 68 fr.; Coromandel, 60 à 61 fr.; à fabrique, disponible, 59 fr. courant mois, 58.50 Sésame pression séparée, dispon., 63 fr.; à chaud, 62 fr.
- Huiles de coton. — Comestibles : Le stock est à peu près épuisé. Cours sans changement.
- On cote en disponible :
- Huile française extra, à 115 fr. ; dito fine, 95 à 100 fr. ; américaine supérieure, 100 fr. ; dito secondaire, 85 à 90 fr., anglaise Hirsch Union, etc., 80 à 82 fr. à la consommation de la douane, fûts perdus pour les huiles étrangères.
- A fabrique : Même situation. Disponible à 70 fr. (aux conditions de la place).
- Aucune affaire sur le livrable. Bonne tenue persistante en Angleterre.
- Savons. — On cote : garantis sans mélanges : Blanc à l’huile d’olive, 65 à 70 fr. suiv. marque. Bleu pâle et vif, coupe ferme : Ire qualité, de 45 fr. à 47 fr., suivant marque ; dito moyen ferme, de 44 à 46 fr. les 100 k., emballés gare au quai.
- Unicolores : Blanc extra pur, 54 à 62 fr.; ordinaire, 43 à 46 fr., et marques spéciales 50 à 52 fr., suivant marque, les 100 kil.
- Mélangés : lre qualité, pâle ou vif, 38 à 39 fr. ; 2e qualité, de 35 à 37 fr. Emballage ordinaire.
- Recuit pour l’exportation : lre qualité, 35 à 36 fr. ; 2e qualité, 33 à 34 fr.; 3e qualité, à »» fr. Emballage en caissons.
- Savon vert : A l’huile de pulpe, 53 à 54 fr. ; d’oléine, 59 fr.
- Savon noir, lre qualité, 40 fr. en vrac; morceaux frappés de 400 gr., 18 fr. le caisson de 100 morceaux.
- Mi-cuit : Savon blanc lre qualité, 34 fr. ; 2e qualité, 30 fr.; 3e qualité, 26 fr.
- Savons marbrés roses et bleus (Cyrnos), 39 à 40 fr.; savon façon Dijon, 33 fr. Emballés.
- Savons mous supérieurs, 34 à 36 fr.; dito ordinaires, 28 à 30 fr., (en barils de 100 et de 50 kil).
- Soufres. — Sublimé ou fleur, chimiquement pur, 15 à 16 fr.; raffiné (trituré Candi), 14 à 14.50 ; trituré (garanti 97 0/0 de soufre pur), 12.50; canons, 13 à 13 50; coulés et candis, 14 fr.; soufre phéniqué, 25 fr. Le tout les 100 kil., quai ou franco gare Marseille, conditions d’usage, suivant marques.
- Bruts, deuxièmes courantes, 9 à 9.15; troisièmes belles, 8.80 à 8.90 ; troisièmes courantes, 8.50 à 8.70. Coût, fret Marseille en vrac par chargements complets.
- LONDRES
- Principaux arrivages du 6 juillet au 6 août.
- 28 barils Tamarin Montserrat.
- 551 tonnes Bois de Campêche.
- 120 » » Calliatour.
- 26 » » Jaune.
- 1798 bûches » de Sapan.
- 3450 caisses Cachou brun.
- 9541 balles » janne (Gambier).
- 2239 sacs » » en cubes.
- 71 » Cochenille.
- 490 » Curcuma Bengale.
- 235 » » Madras.
- 159 » Divi Divi.
- 1174 » Noix de Galle Bussorah.
- 81 caisses
- de Chine.
- Le Gérant : F. Gouillox. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennse).
- OFFICE TECHNIQUE ET COMMERCIAL
- Nous avons toujours considéré qu’un journal industriel devait favoriser la réalisation pratique des procédés qu’il publie, en fournissant les moyens de les mettre en œuvre.
- Nons pensons aussi qu’il doit mettre à la disposition de ses abonnés, ses relations et la compétence spéciale de ses rédacteurs,pour la solution des questions techniques et pour l’acquisition des produits ou machines nécessaires à leur profession.
- Nous offrons donc à nos lecteurs les services suivants
- Droguerie, Produits chimiques, Couleurs. —Fourniture de tous les produits, vérifiés par nous, et à des prix inférieurs à ceux du commerce courant. Couleurs d'aniline des fabriques les plus estimées au prix du gros.
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- Librairie de toute nature^ ou autre, aux prix des éditeurs.
- Industrielle
- Opérations et analyses chimiques. — Consultations, études, travaux pratiques, procédés et expertises industrielles, visites d’ateliers dans le but des économies à réaliser, et tout ce qui ressort des travaux du chimiste et de l’ingénieur, appliqués à la teinture et aux tissus.
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- l’habitude de la procédure spéciale, mais encore une connaissance pratique des industries dans lesquelles se classent les brevets.
- Cessions d’Etablissements, aidées par notre publicité et par les relations quise créent toujours autour d’un journal. — Entremise officieuse pour demandes et offres d’eW" p lois,
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- LA
- P Année, N° 17.
- lôcncaEj
- REVUE DE
- ET DES COLORATIONS
- LA TEINTUR
- INDUSTRIELLES 10 Septembre 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur. — Le noir d’aniline. — Imperméabilisation des tissus. — Appareils pour teintures pleines et locales. — Utilisation des résidus d’apprêtage.
- Procédés divers : Gris-Goura; Florentin; Rouge de St-Denis; Noirs sur soie. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Congrès international de la propriété industrielle. — Bains colorants pour pâtes à papier. — Recherche des colorations en chrômate de plomb. — Brevets d’invention. — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et Faits' divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- La Bourse de commerce va être inaugurée à Paris ; c'est un évènement commercial important et d’actualité, qu’une chronique doit signaler, mais qui n’aura guère d’influence sur la branche des tissus.
- La Chambre de commerce qui a à sa charge l’administration, la direction et la police de ladite Bourse, a pris possession des locaux ; lorsqu’elle aura installé ses bureaux, des mesures seront prises pour attirer les chambres syndicales de tous les produits. Il est offert à tout syndicat et à tout particulier, de louer les bureaux disponibles.
- Le hall central est gratuitement à la disposition du commerce et du public.
- Voici l’actualité satisfaite : passons à autre chose.
- *
- * *
- Les affaires sont calmes à Roui; aix-îourcoing; les métiers sont suffisamment alimentés et les lainages en faveur ; mais les prix sont peu rémunérateurs. La filature travaille activement.
- I a fabrique à Fourmies a, en général, des commandes en tissus pour plusieurs mois, prises à prix favorables.
- A Elbeuf, toujours bon courant pour lfis draps noirs, de même que sur ceux de couleur et d’administration ; ces Articles, comme les nouveautés fines, put donné lieu à des expéditions assez ^portantes.
- A Reims, l’exportation a pris quelles commissions en cachemires et mérinos, à livrer à longue échéance. Les flanelles sont rares et chères. La ^raison des nouveautés d’hiver se fait difficilement.
- L’indienne à Rouen paraît délaissée,
- sauf pour les meubles, qui ont une demande assez suivie mais bien restreinte.
- La rouennerie vend toujours peu et à de mauvais prix.
- Dans quelques centres cotonniers, ce serait une crise que l’on aurait à traverser ; on annonce qu’à Blackburn, en Angleterre, six des plus grandes filatures vont fermer pendant quelques temps, laissant 3000 ouvriers sans ouvrage.
- Nos places de la Seine-Inférieure, des Vosges, de la Loire n’en sont pas encore là, heureusement. Les affaires sont fort calmes aussi à Calais-St-Pierre, on se plaint un peu partout. La saison est terminée, le peu de ventes faites sont pour des renouvellements. Il est juste d’ajouter que ce n'est pas le moment de voir les métiers en pleine activité. Pour la saison d’hiver, on escompte une reprise. Quant au genre qui aura la vogue, on l’ignore encore.
- Les deux autres marchés tuiliers — Caudry et Nottingham — ne sont pas plus heureux. Ils le sont moins peut-être, car à Calais encore certaines maisons continuent de travailler.
- * *
- Les couleurs pour l’hiver sont peu différentes des teintes de l’année, mais moins vives; moins criardes, plus chaude ; on fait de très beaux tons cuivrés dérivant de la teinte « Chaudron » ; des verts assez variés dans les tons demi-clairs, et des gris à profusion.
- On revient à l’héliotrope, mais plus pourpre que celui de l’hiver passé; nous reparlerons de cette nouveauté.
- Les façonnés pour dames sont à sujets empruntés à la draperie masculine, tels que carreaux, rayures, diagonales, genre tailleur.
- En tissus, on annonce le succès pour l’hiver, du « sanglier», étoffe à longs poils épars sur la trame, à teintes fauves et coloris sombres.
- Pour les tissus lourds : les limousines, par exemple, toujours en faveur, on était habitué à des nuances sobres en rapport avec la saison et l’étoffe employée. Peu à peu, cependant, les mastic, les parchemin, canaque, vert-de-gris, toutes ces nuances pâles et indécises affrontèrent la rue sans éton-
- ner personne ; mais voici maintenant des vieux-rose, des réséda, avec des pointillés jaunes ou rougeâtres qui leur succèdent, ou, du moins, qui rivalisent avec non moins de succès.
- On voit aussi pour manteaux de voyage, de grandes grisailles en dessins ambrés, genre danois et japonais.
- L’écossais pour les tissus, pour les rubans, pour les bas aura les succès de la saison prochaine.
- Les enfants, surtout, portent beaucoup d’écossais mêlé au velours uni.
- Mentionnons enfin, des foulards et tussahs en teintes unies, franches, telles que bleus, rouges, verts et violets vifs, qui sont vraisemblablement destinés à des costumes d’intérieur, et même de lingerie.
- Tout cela fait de beaux articles, toujours nouveaux, quoique tournant cons-tammment dans le même cercle d’invention et d’imagination.
- F. Gouillom
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- DU VOISINAGE DES TEINTURIERS
- au point de vue de l’hygiène.
- A quel préjugé doit-on attribuer l’idée chimérique que notre profession est plus malsaine que certaines autres? Il serait bien difficile aussi d’en dire l’époque, à coup sûr, elle n’est pas de notre siècle.
- Origine du préjugé.
- Je crois qu’en y réfléchissant, ce n’est pas aux produits chimiques que nous employons que nous devons cette légende absolument denuée de fondement; la cause en provient bien plutôt à des indispositions ou maladies que le teinturier contracte lui-même unis non pas dues à l’émanation de vapeurs issues de produits quelconques, mats par la fatigue et les conditions du travail auquel se livrent pour réussir les teinturiers, généralement tous piocheurs; et encore davantage par les refroidissements successifs que nous sommes forcés de subir.
- Les ateliers qui se trouvent presque tous au bel air ou tout au moins ouverts par le haut (ce qui est indispensable pour faire évacuer la buée), causent de leur côté des alternatives
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- de froid et de chaud ; l’ouvrier enfin, travaille les mains soit dans l’eau chaude, soit dans des bains de teinture également chauds ; cela l’échauffe outre mesure, la sueur ruisselle de toutes parts ; à la sortie de ce bain de vapeur, il plonge en eau froide pour rincer l’objet qu’il vient de teindre; ayant les pieds presque toujours mouillés surtout quand le pavage du sol est défectueux.
- On conçoit aisément que sans être trop délicat on attrape force rhumes, bronchites, etc., mais en somme les couleurs et drogues sont absolument étrongères à ces malaises ; c’est souvent le contraire ; mais le vieux préjugé n’en a pas moins pris racine.
- Çomparaison avec les autres professions.
- Voyons maintenant et comparons les autres professions de teinture proprement dite, comparée à d’autres professions.
- Les chaudronniers font un bruit assourdissant du matin au soir, même chose des zingueurs, fumistes et tôliers -, les serruriers et mécaniciens nous envoient le bruit de l’enclume, le grincement de la lime ; pour les menuisiers nous retrouvons le bruit de scie et de maillet, etc.
- Il s’agit spécialement de boutiquiers, les bouchers et les charcutiers font du bruit toute la journée en détaillant leur viande, ajoutons que dans l’été l’odeur de la boucherie n’est pas toujours de la violette, le marchand de couleurs, le peintre ont les odeurs d’essences et de vernis, entrez aussi dans certaines cuisines de restaurant et vous aurez soupé ! Le boulanger a aussi son bruit nocturne, de même le marchand de vins, la brasserie fait tapage jusqu’à minuit, et foule d’autres que je passe ; les tailleurs font peut-être moins de bruit par rapport à leur état, mais combien se rattrapent par leur mauvaise langue.
- Tandis que dans notre profession peu de bruit, celui du moteur, quand il existe, puis de lessiveuse, bruit très sobre ; d’odeur il n’y en a aucune de désagréable et surtout de nuisible, quand nous faisons des cuites de bois quelconques l’odorat en est charmé, mais on n’en fait plus ou fort peu à présent; les extraits et les nouvelles couleurs d’aniline qui n’ont pas d’odeur ont totalement transformé tout cela.
- Quant aux sels métalliques que nous employons, les plus usuels sont les sels de fer, de cuivre, l’alun, etc., etc., tous sont des désinfectants employés en temps d’épidémie; tous ces bains de teintures, après avoir servi, reversés à l’égoût ne peuvent qu’avoir une action salutaire, et aussi la quantité d’eau fiaîche que nous employons à laver nos teintures, toujours reversés à l’égoût. L’eau de Javel y va aussi, et cette proportion discrète de chlore, bien insuffisante pour être incommode contribue à l’assainissement.
- Je sais d’ailleurs que pour ces motifs, des expériences ont été faites dans les égoûts voi-
- sins des teinturiers ; il a été constaté que sur une longueur de 500 mètres, l’égoût était propre et plus supportable (on le conçoit aisément par ce que je viens d’expliquer) -, dans les chaleurs, les bouches d’égoûts répandent des odeurs pestilentielles, que vous ne trouvez pas dans celles voisines des teinturiers, en aval bien entendu.
- Il est donc parfaitement prouvé que le voisinage d’un teinturier est très avantageux au point de vue de l’hygiène des villes, et aussi pour la tranquillité des voisins.
- Le cabinet à soufre ou soufroir n’a pas d’inconvénient, bien au contraire, c’est un anti-miasmatique, un anti-microbique, un désinfectant par excellence, employé dans les hôpitaux, dans la marine, etc., etc.
- C’est donc véritablement à tort et par ignorance absolue qu’on avait un préjugé quelconque sur le voisinage des teinturiers -, en temps d’épidémie, le teinturier est un vrai sauveur, choyé et béni des gens éclairés.
- Précautions légales.
- Et cependant combien de nos jours ont encore des ennemis de voisinage par suite de leurs professions ; dans mes voyages j’ai eu l’occasion de le constater bien des fois ; en ce moment même quoique aux portes de Paris, d’où les feux électriques de la tour Eiffel nous inondent de leurs clartés, j’ai moi-même des difficultés à ce sujet ; ennuis passagers, dont les hommes de science ne feront qu’une bouchée.
- Quoiqu’il en soit, nos collègues devront toujours obtenir des baux de leurs propriétaires en bonnes et dues formes, stipulant bien que c’est pour y exercer leur profession; il ne faut jamais accepter des sous-entendus ; enfin obtenir le commodo de la préfecture ; en un mot faire des écrits sérieux comme si on était fâché, les écrits n’ont d’autres raisons d’être, et si dans l’avenir il survient des tracasseries, faites valoir énergiquement vos droits, d’autant plus qu’à peu d’exceptions près, MM. les propriétaires n’ont d’autres considérations que la bonne monnaie ; payons-les bien mais qu’ils en donnent pour l’argent et nous laissent piocher en repos.
- Ma prochaine causerie.
- Pour satisfaire à deux demandes, dans mon prochain article, je donnerai deux procédés, l’un ayant trait aux nettoyages à sec, et le deuxième, aux nuances Chaudron et Pioupiou.
- Je dois prévenir les lecteurs que ceci est de la compétence de notre vaillant collègue et ami M. Guédron, il excusera pour une fois d’empiéter dans ses vignes.
- V. Barbé,
- Teinturier à Paris.
- •——«
- LE NOIR D’ANILINE
- Extrait du mémoire de M. Noelting, intitulé: Histoire scientifique et industrielle du noir d’aniline, et ayant pour but de réjuter les prétentions du sieur Grawitz.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- Nous diviserons ce chapitre en deux parties d’importance très inégale.
- 1° Application de noirs en poudre ;
- 2° Formation des noirs sur tissus ;
- A) en impression ;
- B) en teinture.
- I. Application de noirs en poudre
- Dans l’introduction historique nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de mentionner l’emploi des résidus noirs de la fabrication du violet Perkin à l’impression des étoffes.
- Dans les premiers temps ce n’était là que l’utilisation d’un produit accessoire, mais bientôt le noir en poudre devint par lui-même l’objet d’une fabrication régulière.
- Après Bobœuf et Alland, M. Dullo en décrit la préparation en 1866; MM. Heyl frères le livrent au commerce dès 1870 ; M. Armand Mueller en décrit un mode de préparation; M. Glanzmann prépare au moyen du chromate des noirs inverdissables. M. Kruis enfin obtient des noirs par l’action des sels de la plupart des métaux lourds sur un mélange de chlorate de potasse et de chlorhydrate d’aniline.
- II. Formation des noirs sur tissus
- A) Procédés ayant plus particulièrement trait a l’impression
- La première idée de former le produit d’oxydation de l’aniline sur le tissu même est due, comme nous l’avons vu dans ce qui précède, à Runge. Willm aussi fit quelques essais dans ce sens. A la même époque trois chimistes anglais, Calvert, Clift et Lowe essayèrent de rendre cette réaction industrielle.
- Voici comment M. Grâce Calvert s’exprime à ce sujet dans ses Lectures on Coal Ta? Colours, parues en 1863 (page 63) :
- « Bien qu’il soit connu depuis longtemps « des chimistes que l’aniline donne une ma-« tière colorante verte lorsqu’elle est soumise « à l’action de certains agents oxydants, jus-v qu’à présent tous les essais de teindre la « soie ou la laine avec cette substance ont « échoué ; mais en 1860 MM. Calvert, Clift et « Lowe introduisirent une méthode simple et a pratique de la produire, sous le nom d'émc-« raldine, sur les tissus de coton. Des échan-« tillons ainsi imprimés ont été exposé dans « la section chimique de l’Exposition de 1862*
- « Le procédé consiste à imprimer un chlor-« hydrate d’aniline acide sur le coton préparé « au chlorate de potasse ; au bout de PeU « d’heures il se développe graduellement une
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- « couleur verte brillante, qui n’a besoin que « d’être lavée. Si le tissu vert est passé par « une solution de bichromate de potasse, cette « couleur est transformée en un bleu indigo « foncé, appelé azurine.
- « La production de cette couleur directe-« ment sur le tissu est très importante, et « elle conduira probablement à une produc-« tion similaire des autres couleurs dérivées « du goudron, sans traitement préalable, « directement sur le tissu. De cette manière « on n'évitera pas seulement la grande perte « d’anidne dans la préparation de la couleur, « mais on réalisera encore une économie « considérable dans les mordants.
- « Ces messieurs engagèrent aussi MM. « Wood et Wright, à la fin de 1860, à pro-« duire par leur procédé des verts et des « bleus foncés, qu’ils considéraient comme « suffisamment bons pour être introduits sur « le marché, et MM. Wood et Wright ont « effectué un perfectionnement ultérieur dans « ces nuances foncées qu’on peut appeler des « noirs, en additionnant au chlorate de potas-« se des persels de fer, ou d’aitres agents « oxydants ; et aussi en oxydant la couleur « ainsi produite sur le tissu (ce qui est la « principale nouveauté de ce procédé) par « une solution étendue de bichromate de a potasse ou de chlorure de chaux. On peut « mélanger du nitrate de cuivre avec le chlor-« hydrate d’aniline, sans addition de chlorate « de potasse, et imprimer le mélange sur « tissu, un vert ou un bleu foncé se développe « graduellement. Ce mode d’impression « directe sur le tissu donne des verts ou des « bleus si foncés, qu’ih sont presque (almost) « identiques avec le noir. » (1)
- Dans le livre de M. Crace Calvert, il y a un échantillon d’émeraldine qui est un gris foncé, et un échantillon imprimé de MM. Wood et Wright, qui est un véritable noir.
- En 1863, J. Lightfoot, d’Accrington, introduisit dans la production du noir d’aniline un perfectionnement tel, qu’il en est généralement considéré comme le premier promoteur.
- La couleur de Calvert, Clift et Lowe, chlorhydrate d’aniline très acide, attaque fortement les rouleaux en cuivre, et la couleur se développe alors beaucoup mieux que si on l’imprime avec des planches en bois. C’est cette observation qui a évidemment conduit Lightfoot à introduire du cuivre dans la couleur même.
- Voici comment il décrit son procédé : (2)
- (1) Comparer à ce sujet : E. Kopp., Moniteur scientifique 1861, page 249. Dans cet article M. Kopp reproduit l’observation suivante d’un rédacteur du Chemical News :
- Si l’on fait passer une toile imprimée d’un sel d’aniline dans une solution de cnromate ou de bichromate de potasse, elle se colore immédiatement en vert sale, et la couleur se change en uüe nuance violacée en faisant bouillir ensuite ea eau de savon.
- Si la solution d’aniline est assez concentrée, *es toiles deviennent presque noires dans le bain de chromate.
- (2) Brevet n° 57192 du 28 janvier 1863.
- « Je prends un litre d’eau dans lequel je « dissous 25 grammes de chlorate dépotasse ; « j’y ajoute ensuite de l’aniline ou un dérivé « analogue, mais préférablement de l’aniline « dans la proportion de 50 grammes et un « poids égal d’acide hydrochlorique. Après « avoir bien agité ces ingrédients, j’ajoute « 0 litre 126 d’acide acétique et 50 grammes « de perchloride de cuivre de pesanteur spé-« cifique 1,44,25 grammes de sel ammoniac « ou uDe quantité équivalente d’un autre « chloride alcalin ; je trempe le tissu ou le fil « dans cette solution ; je l’exprime et le sèche « ensuite ; je repose deux nuits et le passe a dans une solution diluée d’alcali ou de « savon ou, préférablement, dans de l’hypo-« chlorite de chaux dilué. Par cette opération a j’obtiens un noir intense. »
- Pour l’impression il suffit de remplacer le litre d’eau par une quantité égale d’emplois d’amidon. L’éclat de ce noir, sa solidité, son bon marché, expliquent aisément l’importance de la découverte de Lightfoot et l’ardeur que chacun mit à l’appliquer. Malheureusement ce procédé, dans sa forme primitive, présentait de graves inconvénients ; aussi fut-il bientôt modifié, non seulement par l’inventeur lui-même, qui indiqua un certain nombre de métaux pouvant remplacer le cuivre dans la préparation, mais par tous les coloristes intéressés à ce perfectionnement.
- D’abord le chlorure de cuivre que renfermait la couleur déterminait l’attaque des râcles d’acier, occasionnait ce qu’on appelle en terme d’atelier «des traits de racle », et l’acide attaquait les rouleaux ; d’autre part, la couleur s’altérait assez rapidement à la température ordinaire, de sorte que l’oxydation de l’aniline, s’effectuant en partie avant l’impression, il n’y avait point plus tard production d’un noir assez nourri -, enfin le tissu était souvent affaibli par l’acide ou les sels acides.
- M. Kopp (1) essaya d’obvier à ces inconvénients de la manière suivante :
- « On commence par plaquer la toile avec « une solution faible de chlorate de potasse « renfermant, suivant les genres, de 2 à A « grammes de sel par litre d’eau ; on ajoute « en même temps une certaine quantité d’ar-« sénite de soude (la quantité d’arsénite de « soude sec en solution est ordinairement un « peu plus forte que celle du chlorate de « potasse). On fait sécher et on imprime la « couleur d’aniline épaissie, renfermant par « litre environ 70 grammes d’hydrochlorate « d’aniline sec et moitié autant de chlorate de « potasse et de chlorure ferreux.
- « En opérant de cette manière, on est dis-« pensé de l’emploi des sels de cuivre.
- « Le chlorure ferreux qui, par oxydation,
- « passe à l’état de chlorure ferrique basique,
- « mais qui, malgré cela, possède un caractère « acide et est capable de réagir sur le sel
- (1) Moniteur scientifique 1863, page 531.
- « d’aniline, joue évidemment le rôle que remet plissait le sulfate de cuivre d’après i’autre « mode de fabrication.
- « Le^ toiles imprimées de cette manière « passent d’ailleurs par les mêmes opérations « et exigent les mêmes précautions ; elles « sont un peu moins facilement attaquées, et « quelques genres, comme par exemple le « noir et le violet, semblent d’une réussite un « peu plus facile. »
- M. Camille Kœchlin, d’autre part, modifie la manière d’opérer de Lightfoot en plaquant le tissu d’abord en sulfate de cuivre et imprimant ensuite un mélange de chlorate de potassium et de chlorhydrate d’aniline. (I)
- Ce procédé est dispendieux et limite beaucoup le nombre des couleurs pouvant être associées au noir d’aniline.
- Dans un article signé c~2 du Moniteur scientifique, 1864, page 433, l’auteur signale que la préparation des tissus en bichromate, au lieu de sel de cuivre, a été essayée également.
- M. Cordillot (2) proposait de substituer au sel de cuivre du procédé Lightfoot les ferricya-nures et particulièrement le ferricyanure d’ammoniaque, en mélange avec le chlorate de potasse, l’acide tartrique et le chlorhydrate d’aniline. (3)
- Le procédé Cordillot, à certains égards supérieur aux précédents, avait cependant aussi ses défauts : cherté et instabilité de la couleur, température plus élevée de la chambre d’oxydation (40-50°). Toutefois, il a de grands avantages : le noir est beau, extrêmement solide et devient inverdissable par le vaporisage. Pour les noirs-vapeur on remplace le chlorhydrate d’aniline par letartrate ; on a réussi à substituer au ferricyanure d’ammonium, coûteux, le sel de potassium qui est moins cher, ou enfin en forçant la dose de chlorate (chlorate de soude ou de baryte de préférence), même le ferrocyanure. Avec ces légères modifications, le procédé Cordillot est encore, de nos jours, pratiqué sur une vaste échelle, surtout pour les noirs-vapeur.
- Le perfectionnement le plus important du noir d’aniline Lightfoot est dû à M. Charles Lauth (4), dont le procédé est également encore en usage de nos jours, concurremment avec le procédé au vanadium dont nous parlerons plus loin.
- M. Lauth ayant reconnu, après beaucoup d’essais, que la présence du cuivre ou d’un métal facilement réductible (5) est indispensable à la formation du noir, et comme, d’autre part, la pratique avait prouvé que les sels
- (1) Dictionnaire de Wunz, tome I, page 326.
- (2; Brevet n° 60896 du 2 décembre 1863.
- (3) Comparez Moniteur scientifique 1863, page 434, et Schutzenberger, Traité des matières colorantes, tome I, page 513.
- (4) Bulletin de la Société chimique de Pdris, II, page 416, 1864.
- (5) D’après la théorie actuelle de la formation du noir, nous dirions plutôt « d’un métal dont le chlorate se décompose facilement ».
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- métalliques et notamment ceux de cuivre sont d’un emploi impossible, eut recours à l’intervention d’un composé de cuivre insoluble, inactif par conséquent au moment de l’impression, mais devenant ultérieurement soluble et actif. Le sulfure de cuivre remplit ce but; à la chambre d’oxydation il est transformé par le chlorate en sulfate, et on se trouve alors dans les conditions du procédé Lightfoot.
- La recette de Laulh est la suivante : 10 litres d’empuis d’amidon, 350 grammes de chlorate de potassium, 300 grammes de sulfure de cuivre en pâte, 300 grammes de sel ammoniac et 800 grammes de chlorhydrate d’aniline. Les tissus imprimés avec ce mélange sont portés à la chambre d’oxydation et lavés à l’eau pure ou alcaline, après que le noir s’est développé. (1)
- Le procédé de Lauth permit à l’industrie d’utiliser la belle découverte de Lightfoot sur une vaste échelle.
- Enfin, Camille Kœchlin vint mettre la dernière main à la construction de cet édifice si péniblement élevé, en remplaçant le chlorhydrate d’aniline par le tartrate, seld’une innocui-absolue pour les tissus même les plus délicats, et qui présente en outre, sur le chlorhydrate, l’avantage considérable de ne pas attaquer les mordants à côté desquels il peut se trouver imprimé. Ce tartrate serait, à lui seul, incapable de produire du noir ; mais en présence du sel ammoniac, dont on augmente considérablement la proportion, il y a, peu à peu, double décomposition sur le tissu et formation de chlorhydrate. On se retrouve, à ce moment, dans les conditions ordinaires du procédé Lauth. (2)
- Au lieu du tartrate dispendieux, M. Kœchlin (3) recommande aussi d’employer un sel d’aniline basique, obtenu en ajoutant à l’aniline saturée par l’acide chlorhydrique une quantité égale d’aniline libre. La couleur se développe d’autant plus rapidement que le sel d’aniline est plus acide, mais alors le tissu est attaqué ; avec des préparations trop basiques, ou l’aniline même, elle ne monte pas du tout ; la pratique a donc été obligée de chercher un moyen terme.
- M. Alfred Paraf (4) propose de préparer un noir impression en dissolvant du chlorhydrate d’aniline dans l’acide hydrofluosilicique, épaississant, imprimant sur tissu préparé en chlorate de potasse et développant à la chambre d’oxydation à 32-35°.
- On peut aussi, si l’on ne craint pas d’altérer les doubliers, ajouter le chlorate dans la couleur.
- Le chlorate d’aniline pur, non acide, ne donne pas de noir à la température de la chambre d’oxydation, mais il en fournit en présence d’une trace de sel de cuivre (Ro-
- (1) Dictionnaire de Wurtz, tome I, page 325.
- (2) Dictionnaire de Wurtz, loc. cit.
- (3) Moniteur scientifique 1865, page 773.
- (4) Société industrielle de Mulhouse (séance du 30 août 1865).
- senstiehl). Nous reviendrons sur ce fait lors de la théorie de la formation du noir d’aniline.
- M. Higgin (t) recommande de déposer dans le filament un chromate insoluble, afin d’obtenir, en teinture ou en impression un noir qui se fixe avec plus de solidité sur le tissu. On peut, par exemple, y déposer du chromate de cuivre obtenu par double décomposition entre un chromate neutre et un sel de cuivre, ou bien on peut dissoudre le chromate de cuivre dans l’ammoniaque, plaquer le tissu avec cette dissolution et volatiliser l’ammoniaque en séchant à une certaine température.
- Si l'on imprime sur le tissu ainsi préparé un sel d’aniline en dissolutton épaissie, la couleur se développe à l’étendage, fournissant des nuances variant du gris au noir. On passe ensuite le tissu dans l’eau additionnée d’ammoniaque pour redissoudre le chromate de cuivre des parties non imprimées et rétablir le fond blanc. On peut aussi employer l’oxyde de chrome, mélangé à un chlorate alcalin, et à un oxyde facilement réductible, comme les oxydes de fer, de cuivre, seuls ou à l’état d’arsé-niates.
- Dans un certificat d’addition du 25 octobre 1866, M. Higgin se réserve également l’emploi du tungsate de chrome mélangé au chlorate et au sel d’aniline.
- M. Alfred Paraf (2) obtient des noirs d’aniline en imprimant une couleur épaissie à l’amidon contenant du chlorhydrate ou un autre sel d’aniline (340 grammes), du chromate de chrome en pâte (500 grammes) et du chlorate de potasse et développant dans la chambre d’oxydation. Ce noir supporte le vaporisage. Dans certains cas, pour hâter l’oxydation, il est avantageux d’ajouter à la couleur 2 ou 3 0/0 d’acide hydrofluosilicique ou d’acide ar-sénique. Pour empêcher la décomposition de la couleur par l’acide chromique qui est mis très lentement en liberté, on ajoute un peu d’une substance donnant avec cet acide chromique mis en liberté un composé insoluble inoffensif, du chlorure de barium par exemple. L’auteur, tout en spécifiant le chromate de chrome, revendique d’une manière générale l’emploi de l’acide chromique comme agent d'oxydation en une seule opération (par opposition au chromage ultérieur, usité depuis longtemps), par l’emploi de sels de chrome insolubles ou partiellement solubles, capables de libérer de l'acide chromique à l’étendage ou au vaporisage, tels que le chromate de sesquioxyde de fer, le sous-chromate de plomb, ou comme sels plus solubles le chromate de chrome et de manganèse, le chromate de manganèse, etc.
- Dans un deuxième brevet n° 84185 du 27 janvier 1867, (3) M. Higgin se propose de préparer, à l’effet de l’introduire dans la cou-
- (1) Brevet n» 73054 clu 26 septembre 1866.
- (2) Brevet n* 71692 du 24 mai 1866.
- (3) Wagner's Jahresberieht 1869, page 583.
- I leur destinée à produire du noir d’aniline, conjointement avec le chlorate de potasse et un sel de cuivre, un chlorure d’aniline qui ne contienne pas d’excès d’acide. A cet effet il mélange l’aniline avec une solution d’un chlorure métallique dont la base ne s’oppose pas à la formation du noir. En adoptant des proportions convenables, on évite en grande partie ou même entièrement la précipitation de la base métallique, et on obtient en définitive un chlorure soluble contenant du chlore combiné au métal-anilin, Il recommande particulièrement les sesquichiorures de fer et de chrome. L’observation de M. Higgin est exacte, mais l’interprétation qu’il en donne ne l’est pas ; si l’on ajoute de l’aniline à du chlorure ferrique ou chromique, il se forme non des chlorures métal-anilin ou de métal-aniles, comme M. Schiff a appelé cette classe de corps dès 1864, mais simplement du chlorhydrate d’aniline et un chlorure bassique de fer ou de chrome, soluble si l’on met peu d’aniline • si l’on en ajoute un excès, il se précipite les hydroxypes de fer ou de chrome.
- Dans le même brevet, M. Higgin se réserve de remplacer le sulfure de cuivre par le sul-focyanure.
- Ce dérivé a été et est encore maintenant employé en Angleterre sous le nom de white paste.
- M. Spirk (1) recommande pour l’impression du noir d’aniline à la main une couleur composée de 30 grammes d’acétate de cuivre, 30 grammes de chlorate de potasse, 15 grammes d’ammoniaque, 1 litre d’amidon ; ajouter après refroidissement 75 gr. de nitrate ou chlorhydrate d’aniline. La couleur se développe en 8 à 12 heures à l’étendage et est virée au noir par un passage en alcali.
- L’auteur décrit ensuite plusieurs procédés d’impression pour rouleau à base de sulfate de cuivre et d’oxalate ou de tartrate d’aniline, et enfin un noir au lungstate de chrome, obtenu par double décomposition entre le chlorure de chrome et le tungstate de soude : 2 litres d’eau, 270 grammes d’amidon blanc et 375 grammes de tungstate de chrome en pâte sont cuits ensemble ; on laisse refroidir et on ajoute à tiède 60 grammes de chlorate de potasse, 30 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque et 210 grammes de chlorhydrate d’aniline.
- Le brevet n° 85554 du 5 mai 1869 de M. Lauth est plus particulièrement important pour la teinture et pour le fixage du noir (développé naturellement de quelque manière
- que ce soit), mais il décrit aussi un procédé
- d'impression, consistant à imprimer un sel neutre d’aniline, du bioxyde de manganèse régénéré ou précipité et du sel ammoniac ou tout autre agent capable de décomposer le peroxyde de manganèse sous l’influence de la vapeur, et à vaporiser ensuite. Le bioxyde de
- (1) Dingler's polytechnisches Journal GLXX-XlXy page 255.
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- manganèse peut être remplacé par d'autres oxydes ou acides métalliques riches en oxygène.
- L’expérience ayant démontré aux coloristes que le chlorate d’aniline pur, imprimé en absence de tout métal sur tissu, avec des planches en bois par exemple, ne développe pas le noir à la température de la chambre d’oxydation, mais qu’il en donne facilement en présence de traces de cuivre, Lighlfoot (1) essaya quels autres métaux possèdent une propriété analogue. IL imprima à la planche une couleur composée de chlorhydrate d’aniline basique et de chlorate d’ammoniaque épaissie à l’amidon, et appliqua sur le tissu les métaux pendant quinze minutes. Le tissu lut ensuite suspendu dans un endroit chaud et humide pendant douze heures, puis passé au bain alcalin. Le plus grand développement de couleur se manifesta avec le vanadium, puis vint le cuivre, ensuite l'uranium, enfin le fer ; les autres métaux ne produisaient que pp-u ou point de coloration.
- { Il était donc tout indiqué d’essayer à la place des sels de cuivre les sels de vanadium dès qu’ils devinrent accessibles à l’industrie, et dans la suite on en a tiré, ainsi que nous le verrons, un très bon parti.
- M. Kruis (2) étudie l’action de différents sels des métaux lourds sur du chlorate d’aniline en solution à froid et à chaud, et constate qu’ils réagissent tous plus ou moins rapidement, en donnant des précipités vert-foncé, qui, à l’air, deviennent noir ou gris. Imprimés sur tissu avec le chlorate d’aniline, peu d’entre eux cependant donnent à l’étendage du noir ; il n’y a guère, en dehors du cuivre (et du vanadium, que l’auteur n’a pas assayé), que le fer, le manganèse et le cérium.
- Le plus beau noir est fourni par le cérium ; il dépasse en intensité, feu et pureté celui obtenu avec les sels de cuivre. Le noir au manganèse égale ceux au cuivre, celui au fer leur est inférieur.
- En septembre et octobre 1874 paraissent les premiers, brevets de M. Grrwitz.
- En 1874, MM. Wehrlin, Ernest Schlumber-ger et Brandt publièrent dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, des notes intéressantes sur le noir Cordillot. M. Schlum-berger donne la préférence aux couleurs aux ferrocyanures, qui ont l’avantage de se conserver mieux et de ne pas attaquer les racles, et M. Brandt fait remarquer que le noir Cordillot, qui ne se développe pas bien a l’étendage, donne, convenablement modifié, un excellent nair-vapeur.
- Le noir au ferrocyanure vapeur, comme on
- sait, est inverdissable.
- M. A. Guyard (3) et M. Witz (4) communi-
- (1) Bulletin cle Mulhouse 1871, page 285.
- (2) Moniteur scientifique 1874, page 927.
- . (3) Antony Guyard (Hugo Tamm), Bulletin de
- Société chimique de Paris XXV, 1876, p. 58. a(4) Bulletin de la Société industrielle de ttouen, 1876, pages 310-334.
- quent des études très intéressantes sur l’emploi du vamdium pour le préparation du noir d aniline en poudre, en teinture et en impression. M. Guyard avait montré qu’au moyen d’une partie du vanadium on transforme facilement en noir plus de mille parties de ch lcr-hydrate d’aniline en présence de la quantité nécessaire de chlorate de potasse. M. Witz a trouvé que la faculté de transformation du vanadium est tout à fait extraordinaire et qu’il suffit de rsiôfô 011 même de -27A-ôô pour obtenir en impression une oxydation suffisante en peu de jours à la température de 25°. Pratiquement il emploie pour l’impression une proportion correspondant à 0gr,0012 de vanadium par litre de couleur, contenant environ 80 grammes de chlorhydrate d’aniline, donc du poids de ce sel. Les quantités de vanadium à ajouter aux couleurs pour noir varient en général en raison inverse de leur teneur en aniline, de la chaleur ambiante et du temps consacré à l’oxydation.
- Le chlorhydrate d’aniline est très légèrement basifié par addition 0,5 à 1 centimètre cube d’aniline ou d’une quantité égale d’ammoniaque à 22» par litre de couleur. Le rapport entre le chlorhydrate d’aniline et de chlorate de potasse est de 1 à 0,417; M. Lauth avait recommandé une proportion presque identique : 0,437.
- [A suivre).
- —---------------------
- IMPERMÉABI LIS ATION des TISSUS
- confectionnés et eu pièces.
- Procédé H. Monnot.
- L’auteur a eu en vue de donner aux étoffes une imperméabilité relative et non absolue, arrêtant l’eau mais non l’air, ni par conséquent le jeu normal de la transpiration.
- Ce procédé, dit le brevet, consiste à tremper le tissu à imperméabiliser, dans un bain formé de benzine lourde, de blanc de baleine et de vaseline.
- Cette composition est variable suivant les circonstances ; voici ce que M. Monnet dit employer de préférence :
- Blanc de baleine (spermaceti)........ 25 gr.
- Vaseline (graisse de pétrole)........ 2 gr.
- Benzine lourde....................... l lit.
- La benzine lourde est employée par économie, mais toutes les benzines du commerce peuvent servir, d’après le brevet.
- Les tissus ou vêtements sont trempés dans le bain, égouttés ou essorés, et séchés, soit à froid, soit dans une étuve chaude.
- M. Monnet fait remarquer que son mélange imperméabilisateur ne contient ni sel métallique ni autre agent nuisible en application sur la peau ; qu’il n’augmente pas sensiblement le
- poids du tissu, qu’il n’altère pas les couleurs, et préserve les vêtements des mites.
- Enfin, il insiste sur l’imperméabilité .non complète (condition hygiénique) mais suffisante pour être hydrofuge.
- APPAREIL POUR TEINTURES
- PLEINES OU LOCALES PAR PULVÉRISATION de MM. Charle et Henri Dratz.
- Ces appareils ont pour but d imprégner fie couleurs et de leurs mordants des matières textiles tissées, filées ou en flocons, ainsi que toutes autres matières, telles que bois, cuirs, peaux, papiers, etc., brutes, mi-travaillées ou à l’état de produits finis, pour en obtenir la teinture. Ils reposent sur un système d’appareil pulvérisateur-injecteur de couleur.
- Le pulvérisateur, consiste essentiellement en un récipient, dans l’intérieur duquel de la vapeur exerce une forte pression et chauffe les matières à teindre, ce récipient étant mtm d’une tuyère de laquelle s’échappe avec force un jet dematièrestinctoriales chaudes que l’on pulvérise à sa sortie au moyen d’un jet de vapeur amené par une seconde tuyère; le jet ainsi pulvérisé pénètre alors profondément dans la matière ou l’objet à teindre placé en face de la première tuyère, et l’imprégne complètement.
- Les dispositions particulières du pulvérisateur diffèrent légèrement, selon qu’il doit être mobile et manœuvré par le teinturier devant la substance à teindre, — ou qu’il reste fixe devant cette substance animée d’un mouvement approprié.
- L’appareil pulvérisateur avec réservoir à teinture divisé en compartiments, s’emploie dans le cas cù l’on doit effectuer un travail continu à plusieurs couleurs appliquées simultanément. Dans le cas d’application d’une seule couleur à la fois, le réservoir ne renferme qu’une seule couleur, et les cloisons séparatrices, disparaissent.
- Les pulvérisateurs agissent sur lesmatières à teindre au travers de patrons à jours appliqués sur ces matières, et dont les parties ajourées correspondent aux diverses couleurs des dessins, les pulvérisateurs et l’étoffe étant fixes ou mobiles, selon les besoins. L’étoffe doit, ainsi que les patrons, manœuvrer d’une façon appropriée devant les jets de couleur pulvérisée.
- Le travail à effectuer est variable, savoir:
- 1° L’étoffe peut être placée successivement dans des cadres, contenant les divers patrons, et ces cadres vont et viennent, chacun sous ou devant des injecteurs pulvérisateurs avec réservoirs de couleur correspondants ;
- 2° Il peut n’y avoir qu’un cadre, se mouvant d’une façon intermittente ou continue
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- sous des injecteurs munis successivement de réservoirs à couleurs appropriées;
- 3° Les patrons peuvent être enroulés en orme de cylindre, et l’étoffe passer sur ces cylindres à l’intérieur desquels sont placés les injecteurs pulvérisateurs voulus -,
- 4° Les patrons peuvent former des bandes métalliques sans fin, et l’étoffe venir passer entre ces bandes et des rouleaux conducteurs, les injecteurs de couleur étant placés à l’intérieur des circuits parcourus par les bandes.
- Les étoffes, une fois séchées, passent à l’appareil suivant où elles recommencent avec un autre patron et une autre couleur le même travail que précédemment, et ainsi de suite, jusqu’à ce que chaque pièce d’étoffe ait reçu toutes les couleurs.
- (D'après l’Ind. textile.)
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- UTILISATION DES RÉSIDUS
- D’APPRÊTAGE
- Déchets du lainage.
- La quantité de déchets produits dans le lainage dépend de la qualité et de 13 nature du tissu, du traitement qu’il a subi et du système de machine employé. Jusqu'ici, on n’est pas encore parvenu à supprimer complètement ce déchet ; mais on peut, du moins, le réduire dans certaines limites. Le feutrage qui a lieu dans le foulage est plus ou moins puissant suivant la qualité du tissu -, les étoffes fortement feutrées, telles que le drap, le satin et le croisé, subissent une perte notable au lainage, tandis que celles dont le feutrage est plus léger, comme la flanelle, n’exigent que quelques tours de la carde et perdent par con- i séquent, moins ; cependant cette perte devient relativement considérable quand on emploie des cardes trop aiguës ou quand le tissu est trop sec et le contact trop fort.
- Les étoffes qui subissent la plus grande perte au lainage sont les floconnés, dans lesquels les fils de la trame, situés au-dessus, doivent être brisés par la carde ; il faut donc donner à ces étoffes le moins de contact possible, employer des cardes relativement aiguës et les remplacer ou les débourrer chaque fois qu’elles sont remplies de déchets, à moins qu’on ne se serve d’un débourreur automatique, tel que celui de Sffiwamborn, qui nettoie complètement la carde pendant le lainage même.
- Plus la laine est fine, plus le feutre est serré, et plus l’étoffe est humide, plus aussi le contact de la carde peut être fort. Plus les cardes sont aiguës, plus le feutre est lâche, plus le contact est fort, et plus la laine est grossière, plus aussi la perte au lainage est considérable.
- L’utilisation des déchets du lainage varie suivant leur longueur. Le mieux est de les mélanger avec des matières plus longues et
- de les transformer en fils; ils fournissent ainsi des fils résistants et rendent les étoffes moelleuses.
- Pour nettoyer les déchets du lainage, qui sont remplis de dents de cardes, on se sert d’un tambour recouvert d’un tissu à larges mailles et dans lequel tournent deux arbres munis de bras ; une enveloppe en bois retient la poussière.
- Une disposition très simple, applicable à la petite industrie, consiste en une caisse en bois de 0 m. 50 de haut et d’une section de 1.5 mètre carré, dont le fond est formé d’un tissu à mailles de 0 m. 01 et repose sur des pieds en bois à une distance de 0 m. 15 environ du sol. Les déchets placés dans la caisse sont remués sur le fond avec un bâton et les dents de cardes tombent au travers du tamis. On carbonise ensuite les déchets, afin de les debarrasser des traces de matières végétales qu’ils pourraient encore contenir ; puis on les mélange avec de la laine longue et on les file.
- Les déchets courts, qui ne se laissent pas filer, sont carbonisés avec toutes les balayures et tranformés en tontisses, qu’on utilise comme telles.
- Tontisses.
- De même que les déchets du lainage, les tontisses sont employées de nouveau dans la fabrication des étoffes-, seulement elles ne peuvent être filées, mais servent à rembourrer les étoffes communes. A cet effet, on les assortit par couleurs et l’on peut faire entrer dans une pièce d’étoffe de 24 à 30 mètres de long jusqu’à 2 et 3 kilogrammes de tontisse ; le produit est assez résistant, fort et peu coûteux.
- Les balayures contiennent aussi une proportion notable de tontisse, qu’on peut parfaitement utiliser, après carbonisation.
- Avant de sortir des ateliers d’apprêtage, les pièces de drap et d’étoffe sont encore coupées droit à leurs deux extrémités. Ces découpures ou lisières ont une grande valeur •, elles sont employées pour la fabrication des chaussons et atteignent un prix de 60 à 75 centimes par kilogramme. Le fabricant d’étoffes peut aussi ouvrir ces découpures au moyen d’un appareil ad hoc, et les transformer ainsi en une matière qu’on peut filer et dont la valeur est plus que quintuplée.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Gris-ardoise Goura
- Ceci est une des teintes que nous voyons le plus pour la saison d’hiver, et qui tient depuis deux saisons au moins.
- Elle rentre, d’ailleurs, dans les nuances courantes, et nous l’insérons non à cause d’une originalité particulière, mais comme continuation des séries sur laine que nous suivons graduellement, guidant notre choix, du reste, sur les couleurs qui ont la faveur du public.
- C’est un gris-bleu violeté rappelant la teinte de l’ardoise ; la mode l’a dénommé : « Goura », nom d’une variété de pigeons dont elle imite le plumage ; un ton au dessous, c’est le « Gal-vano » c’est-à-dire le ton de l’argent non bruni se formant dans les piles galvaniques ; enfin dans le ton clair, c’est le « Gris-Argent».
- Les nigrosines (Bleu-noir d’aniline) correspondant à la marque N B I de Ch. Collin, donnent directement cette nuance dans ses divers tons.
- Pour le ton de notre échantillon, la proportion est de 50 grammes par kil.
- On teint au bouillon, avec sulfate de soude et acide sulfurique, mais comme il faut être très prudent sur l’emploi de cet acide qui, en excès, précipite la couleur, on le remplace avec avantage par l’acide oxalique ou acétique.
- On peut encore produire cette nuance par
- le moyen suivant :
- Pour 10 kil. de laines :
- Mordant de une heure avec :
- Alun................... 750 gr.
- Sel d’étain............ 300 —
- Lever, égoutter et sans rincer, teindre au bouillon avec :
- Extrait de campêche........ 250 gr.
- Carmin d’indigo................ 100 —
- A la fin de la teinture, brunir avec :
- Sulfate de fer................. 100 gr.
- — de cuivre.:.............* 100 —
- Ce procédé peut s’appliquer aux chaines-coton.
- Avec les nigrosines, on monte difficilement le coton jusqu’au Goura mais on peut arriver au Galvano, sans mordant.
- Florentin-Bronze
- Encore une nuance s’ajoutant à nos séries, et prise parmi celles offertes pour l’hiver.
- Elle entre dans la classe des bronzes, un peu plus marron cependant et moins vert que le bronze-type.
- On peut l’obtenir par un mélange d’anih-
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- îles, mais ce n’est pas le moyen le plus avantageux.
- Le procédé suivant convient mieux :
- Pour 10 kil. de lainages :
- Mordant de 1 heure 1/2 avec :
- Crème de tartre............ 1 kil.
- Alun........................ 2 —
- Lever, égoutter, et sans rincer, teindre avec :
- Extrait de bois jaune.... 500 gr.
- — de campêche............. 200 —
- Orseille...................... 100 —
- Après 1 heure à 1 h. 1/2 de teinture, brunir avec :
- Couperose.....................250 gr.
- Lever, rincer, sécher.
- Sur lame coton Pour 10 kil. de tissus :
- Bi-chromate................. 150 gr.
- Sulfate de cuivre........... 100 —
- Acide sulfurique............ 150 —
- Une heure au bouillon, lever, éventer et rincer.
- Passer à tiède, deux heures, dans :
- Cachou.................. 1.500 gr.
- Puis, chrômater avec:
- Bi-chrômate................ 300 gr.
- Après un bon rinçage, entrer à froid dans un bain coutenant :
- Extrait de cuba........... 500 gr.
- — de campêche............ 500 gr.
- Porter progressivement au bouillon, et après une heure, ajouter dans le même bain
- de teinture :
- Violet vif d’aniline........ 10 gr.
- Marron - — .......... 10 gr.
- Finir en laissant tomber le feu ; rincer.
- Rouge de saint-dénis Procédé amélioré.
- Les rouges obtenus par les méthodes que nous avons publiées dans le précédent numéro de la Revue de la Teinture (page 138) acquièrent une plus grande résistance à la lumière, si après fixation de la matière colorante en bain acide, comme il a été dit pour les procédés N°* i et 2, on passe les teintures en sulfate de cuivre chloruré.
- Pour cela :
- Les tissus ou fils teints et avivés acides sont exprimés et trempés encore humides, dans une dissolution froide de ce sel, composée comme
- suit :
- Sulfate de enivre.......... 100 gr.
- Sel marin (de cuisine)........ 300 —
- Eau froide.................... lOOlit.
- Après une immersion d’un quart environ, les matières sont exprimées légèrement ou essorées, et séchées sans rinçage.
- Ce traitement final, avons nous dit, donne au rouge de St-Denis une propriété qui lui manquaiten partie: une grande résistance à la lumière.
- NOIRS SUR SOIES
- Le procédé général des noirs chargés et sans charge, sur soies en cheveux, consiste à les tremper dans un bain de rouille, le plus ordinairement à 40 degrés, pendant toute une nuit, puis de laver à grande eau, de passer ensuite ces soies à la soude pour fixer l’oxyde de fer.
- Après cette opération, on relave à grande eau et on passe au prussiate afin de « bleuter »; on fait cette opération plusieurs fois quand on veut charger les soies, puis on les passe au campêche et au cachou toute une nuit à une température bouillante.
- On reprend au campêche et au pyrolignite de fer, pour obtenir la nuance ; enfin on assouplit à l’huile tournée.
- Rouillage.
- Pour éviter les taches, les soies doivent être bien débarrassées de savon et de matières grasses ; il faut aussi éviter de les déposer sur une table qui aurait porté auparavant des soies sortant d’un bain acide.
- Les bains de rouille légers employés au commencement du rouillage seront un peu acidifiés à l’acide sulfurique pour éviter les précipités.
- Il en sera de même des bains forts ayant servi plusieurs fois, et que l’on a renforcés avec de nouveau rouille ; cela les empêche de devenir trop basiques et de tacher.
- Quelques praticiens pour mieux faire tirer la rouille et charger davantage, ajoutent dans le bain une petite quantité de tartre.
- Bleutage.
- On ne bleute généralement que pour les noirs chargés et foncés ; l’opération demande une grande attention.
- On dissout une quantité de prussiate jaune égale à 15 p. 100 environ du poids des soies, dans de l’eau chauffée à 40 degrés, puis on y met environ 25 p. 100 d’acide chlorhydrique, que l’on ajoute par fractions, soit en trois fois.
- En commençant, on met donc le tiers de l’acide, et on donne cinq à six lisses ; on sort les soies, on ajoute un nouveau tiers d’acide, on donne encore cinq à six lisses, et on renouvelle une troisième fois cette opération.
- La teinte passe successivement du vert au bleu.
- Il n’est guère possible d’utiliser les vieux bains même renforcés, car on s’expose à des taches et à des placages.
- Cachoutage.
- Le meilleur cachou pour les noirs est le jaune (gambier) ; le brun fait tirer au marron.
- L’extrait de châtaignier et le cachou donnent les meilleurs noirs quand on y ajoute des noix de galle, à raison de 25 p. 100 (galle 25; cachou ou châtaignier, 75).
- Teinture.
- Le campêche tire difficilement sur les matières très tanniques, comme le cachou, la galle et le châtaignier; il prend beaucoup mieux sur le bois jaune ou la gande , néanmoins, c’est le colorant le plus souvent employé.
- L’extrait sec de campêche est d’un mauvais emploie pour ces noirs, qu i en sortent cuivrés.
- Savonnages.
- Plus on savonne une soie qui a été engallée, plus elle devient dure, et moins elle a le toucher soyeux.
- Voici maintenant la marche de quelques procédés opératoires (1).
- Noir bleu pour velours sur soies cuites.
- Rouiller les soies plus ou moins fortement suivant la chage que l'on veut obtenir.
- Laver, savonner, laver.
- Prussiater à 15 p. 100, laver.
- Rouiller, savonner, laver.
- Aluner, laver.
- Teindre sur bain de savon chauffé à 45 degrés, avec plus ou moins de campêche, suivant nuance désirée.
- Quand la nuance est obtenue, ajouter un peu de savon, donner cinq lisses, tordre et sécher.
- Noir anglais sans charge pour soies cuites.
- Laver les soies.
- Les passer sur un bain de bois jaune bouillant contenant 10 p. 100 de couperose et 6 p. 100 de verdet, les y laisser traîner jusqu’à ce qu’on puisse les tordre (étant assez refroidies) ; les laisser revenir la nuit.
- Le lendemain, laver, passer dans un bain de campêche et de savon, laver.
- Aviver au jus de citron tiède.
- Adoucir à l’huile tournie, sécher.
- A suivre.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- LES TEINTURES
- Nous voici arrivés à la partie intéressante de nos travaux : les teinturiers aiment à teindre, et plus les couleurs sont vives plus ils
- (1) Voir aussi sur le même sujet, la Revue de ta Teinture, année 1888, pages 107. 115, 123 et 130.
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- sont heureux; les rouges et surtout les ponceaux ont ordinairement le don de les séduire.
- Nous commencerons cependant par les noirs (les ponceaux de curés, comme disent les ouvriers de Paris) ; ils représentent les trois quaris des teintures que nous avons à faire, et à ce titre nous devons y apporter quelque attention.
- Il y a une certaine méthode pour faire tous nos noirs avec ensemble, nous en ferons donc un chapitre spécial, et nous diviserons ensuite les couleurs sur soie, sur laine, et sur coton, en parlant des mélanges à chacun des articles où ils s’adapteront le mieux.
- Voici donc nos divisions :
- Des noirs sur tissus.
- Des couleurs sur soieries.
- Des couleurs sur lainages.
- Des couleurs sur cotons.
- Mais avant d’aborder ces chapitres, nous avons à voir quelques indications sur 1a partie manuelle des opérations de teinture.
- LES MANIPULATIONS
- Nous avons vu au chapitre du matériel : Atelier de teinture (1888, p. 77), quelle est la disposition de nos fourneaux, de nos chaudières, et de leurs accessoires.
- Pour le chiffonnage cela résume tout l’outillage.
- Les soies se teignent en général à une température ne dépassant pas 50 degrés ; j’ai déjà dit, en parlant des nettoyages, qu’elles devaient être maniées avec beaucoup de précautions, Usées au large, et déposées en plis réguliers.
- Les lainages se traitent au bouillon, sauf exceptions pour des couleurs montant très vite et qu’il y a ainsi danger de mal unir.
- Les cotons se teignent à la même température que la soie et quelquefois à froid.
- Lainages et cotonnades se foulent à pleins bains à l’aide des bâtons, sans autres précautions qu’éviter les déchirures, et de feutrer quelques parties des lainages, soit par des coups de feu, soit par des manipulations trop répétées sur les mêmes points.
- Il est toujours avantageux de faire des bains larges -, avec les couleurs d’aniline, cela devient même indispensable. Un bain pour une • robe ou l’équivalent est de trois seaux, soit trente litres.
- Les laines et les soies demandent généralement des bains acides ; les cotons, des bains alcalins, mais il y a des exceptions.
- Teinture des écheveaux.
- Les teinturiers-dégraisseurs peuvent avoir quelques parties de fils à teindre. Pour ce travail, les écheveaux, pantes ou matteaux sont passés sur deux bâtons ou lisoirs assez longs pour que les deux extrémités puissent reposer sur le bord de la chaudière.
- Tenant un lisoir de chaque main, l’ouvrier donne à l’écheveau une série de mouvements
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- qui le fait plonger graduellement dans le bain, et lorsqa’il a été entièrement imbibé, il dépose les lisoirs sur l’ouverture de la chaudière, les fils baignant en grande partie dans le bain, puis il passe à une nouvelle bâtonnée qj’il dépose à côté de la première, pour en prendre une suivante, jusqu’à ce que le bain soit à peu près occupé. Alors il revient à la première bâtonnée, donne quelques lisses, et continue par les autres jusqu’à teinture complète (voir fig. 62).
- Fig. 62. — Teinture des fils.
- Sans que cela soit indispensable, il est bon que les chaudières soient aussi profondes que la longueur de l’écheveau. Dans les teintureries spéciales de fils, on emploie des barques.
- Teinture des pièces.
- On peut avoir aussi à teindre des bouts de pièces, et même des pièces entières démodées ou défraîchies.
- Une pièce un peu longue n’unirait pas et serait susceptible de se détériorer, si on la foulait en chiffon dans la chaudière ; il faut la dérouler progressivement dans le bain, et au large -, on se sert pour cela de l’appareil dit : tour, tournette ou trinquet (fig. 63).
- Fig. 63. — Trinquet pour la teinture des pièces.
- C’est un appareil à ailettes, reposant par des supports sur les bords de la cuve, et tournant à l’aide d’une manivelle.
- On amorce sur le tour un bout de la pièce, et en le faisant tourner rapidement, il entraîne le reste du tissu qui est dans le bain. En déroulant ensuite par un mouvement en sens contraire, on replonge la pièce dans le liquide.
- Souvent on se contente de mettre la pièce à cheval sur le trinquet ; le poids de l’étoffe et son humidité la fait assez adhérer à l’appareil, pour qu’elle obéisse au mouvement d’appel produit par la rotation , on la fait donc ainsi sortir et rentrer dans le bain et s’y promener au large.
- Ce tour dépose les tissus dans les chaudières, surtout quand elles sont à fonds plats, en plis réguliers et sans les froisser ; il peut donc remplacer les tendeurs pour soieries, qui ont eu un moment d’engouement parmi nous, car l’avantagé du tendeur n’est pas de tendre les tissus, mais de les étendre ; de le: présenter au large dans les bains.
- L’Exposition de 1889 nous montre une chaudière-barque construite par M. Descombes, munie d’une tournette fixe ; cet appareil est recommandable lorsqu’on a souvent des bouts de pièces à traiter, ou lorsque l’on teint des robes, des rideaux mis en pièces, suivant le procédé nécessaire pour les tendeurs.
- Les Tendeurs
- C’est vers 1866 que la mode des tendeurs s’est répandue; déjà avant cette époque, MM. Jolly fils et Petit Didier teignaient leurs belles soieries avec cet appareil ; toutefois ils avaient jusqu’alors des machines à cadres circulaires trop volumineuses qui compliquaient considérablement ce travail.
- L’exposition de 1867 contenait deux modèles de tendeurs améliorés, et devenant même tout a fait pratiques.
- L’un désigné : appareil hélicoïdal par ses constructeurs, MM. Weber et Jacques, était très-complet comme mécanisme, mais aussi lourd et coûteux.
- Le second, que M. Masselot, teinturier à Paris, son auteur, appelait: tendeur circulaire était plus simple et beaucoup plus convenable pour nos ateliers.
- Tous deux étaient basés sur l’emploi de deux spirales parallèles en cuivre, armées de pointes, sur lesquelles on piquait l’étoffe à teindre.
- La fig. 64 nous montre la disposition du tendeur Masselot.
- Fig. 64. — Tendeur circulaire.
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
- On remarque deux spirales (en cuivre) accouplées par un axe en métal creux, terminé par une manivelle ; l’appareil ainsi monté repose sur deux coussinets, et les spirales plongent à moitié dans le bain.
- Les tringles de cuivre formant spirales sont garnis d’épingles courbes sur lesquelles l’étoffe sera fixée par les lisières. Le spirale voisine de la manivelle peut se rapprocher ou s’éloigner de la seconde en glissant sur l’axe et s’arrêter au point voulu, à l’aide d’une clé à vis.
- 'Contre le mur est fixé un rouleau en bois plein sur lequel on enroule d’abord l’étoffe : la fîg. 64 représente l’étoffe se déroulant de ce rouleau pour se fixer sur tout le contour des spires.
- La pièces, ou les morceaux réunis en pièce, ayant donc été enroulés à la main sur le « rouleau-raidisseur » fixé au mur, on pique l’extrémité des lisières aux deux premières épingles, celles du centre -, on tourne lentement l’appareil à l’aide de la manivelle, toutes les épingles qui suivent saisissent à lotir de rôle l’étoffe qui se présente, et qu’on guide à à la main.
- Les spirales se garnissent donc entièrement-, leur traction sur l’étoffe a tendu celle-ci en longueur, puis en écartant avec force les deux disques et arrêtant celui qui est mobile, à l’aide de la yis, on tend en largeur.
- Ainsi disposée, une pièce de 25 mètres peut être enroulée sur un diamètre de 80 cm. sans qu’elle se touche en aucun point ; à moins d’accident, et c’est ce qui a lieu quelquefois.
- Nous verrons dans ma prochaine causerie, les autres modèles de tendeurs employés depuis
- Maurice GUÉDRON*
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- LE CONGRÈS INTERNATIONAL
- DE LA
- PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- Le Congrès de la propriété industrielle tenu fen 1878 avait résolu un grand nombre de points intéressant la propriété des inventeurs sur leurs oeuvres et les cond tions de garantie de ce genre de propriété ; il avait jeté les bases d’une union internationale pour la protection de la propriété industrielle, réalisée quelques années après entre un certain nombre d’Etats par la convention internationale du 20 mars 1883.
- Entre autres dispositions, cette convention assurait aux inventeurs, pendant un certain délai, une garantie de priorité* dans les divers pays de l’union, pour leurs demandes de bre-
- vets d invention et le dépôt de leurs marques de fabrique et de leurs dessins et modèles industriels.
- Le congrès de 1889 était appelé à continuer l’œuvre de celui de 1878 ; il a examiné dans ses effets et conséquences la convention internationale de 1883 et a recherché les mesures les plus propres à assurer la sécurité des transactions commerciales entre les diverses nations et à établir la garantie internationale des œuvres intellectuelles.
- Voici le résumé succinct des définitions et résolutions adoptées sur le rapport de chacune des quatre sections d’étude :
- 1° Dessins et modèles industriels. — 11 est impossible d’établir un critérium qui permette de distinguer les dessins et modèles industriels et les œuvres artistiques. Il n’est pas nécessaire d’avoir deux lois différentes pour les dessins et modèles industriels et pour les œuvres artistiques.
- 2° Marques de fabrique. — La marque est tout signe distinctif à l’aide duquel une personne ou un établissement distingue ses produits de ceux de ses concurrents. Les marques peuvent être employées de deux façons différentes, comme marques de fabrique ou comme marques de commerce. A moins de conventions contraires publiées, la propriété de la marque suit le sort de l’entreprise dont èlle sert à caractériser les produits. Les droits du déposant doivent être limités au produit ou à la catégorie de produits pour lesquels la marque a été créée.
- La loi doit punir pénalement la tromperie sur l’origine du produit ; la création des marques municipales ou régionales, destinées à être apposées au lieu de fabrication est un des moyens les plus propres à assurer la sincérité de l’origine du produit.
- Il n’y a pas lieu d’exiger l’enregistrement du nom commercial ou de la raison de commerce, mais il doit y avoir un arrangement facultatif.
- 3° Brevets d’invention. — Us doivent être délivrés sans examen préalable ; en cas de contestation, le demandeur doit être entendu. La description des inventions peut être, sur demande, tenue secrète pendant six mois ; le breveté doit avoir un droit de préférence pendant un an pour les perfectionnements relatifs à son invention. — Une invention n’est pas « nouvelle » si elle a reçu une publicité antérieure suffisante pour pouvoir être exécutée.
- Le brevet est sans effet contre les tiers exploitant secrètement l’invention avant la demande. — Le principe de l’expropriation pour cause d’utilité publique est applicable aux brevets. — Il n’y a pas lieu de faire varier la durée des brevets d’après la nature des produits.
- Leur durée doit être de vingt ans. Les produits chimiques ou pharmaceutiques doivent être compris parmi les inventions brevetables.
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- Les contestations seront portées devant les tribunaux ordinaires, assistés d’un expert et d’un jury industriel.
- 4° Questions internationales. — Le droit des étrangers d’obtenir un brevet ne doit pas être soumis a la condition de la réciprocité. Pour faciliter à l’inventeur le moyen de faire garantir ses droits simultanément dans les divers pays, il est désirable qu’on lui accorde - un délai de priorité d’un an à partir du premier dépôt. L’inventeur devra adresser à un bureau international le titre très précis du brevet avec la date du dépôt originaire.
- Ce congrès était présidé par M. Teisserenc de Bort, sénateur, ancien ministre, assisté de MM. Huart, avocat à la cour de Paris, Lyon-Caen, Thirion, Rendu, Seligmann ; de nombreux délégués étrangers y ont pris part.
- BAINS COLORANTS
- pour pâtes à papier
- Lavande. ~ 2 seaux bouillis de kaolin, 11 k. 5 alun poreux à mélanger 1 heure ; 4 k. 5 bleu d’outremer et 225 gr. bleu soluble à mélanger 1 heure ; 28 gr. d’aniline cramoisi dissous dans un seau d’eau bouillante : verser le tout dans le bac à pâte, puis coller.
- Pour 180 kilogr. de pâte composée de 75 pour 100 chiffons de pays mélangés et 25 pour 100 imperfections n° 2.
- Chocolat. — 5 k. 5 couperose dissous dans 2 seaux d’eau bouillante, 3 k. 5 sel de soude,
- 1 k. 5 bichromate de potasse dissous dans un seau d’eau bouillante; verser le tout dans le bac à pâte avec 2 kilogr. rouge de Venise et 225 gr. noir de fumée, puis coller.
- Pour 225 kilogr. pâte composée de chiffons de pays foncés et non blanchis.
- Jaune d’Or pour enveloppes. — 4 k. 5 sucre de plomb brun dissous dans 2 seaux d’eau bouillante ; 900 gr. bichromate de potasse;
- 2 k. 250 gr. rouge de Venise ; coller, puis ajouter 225 gr. orange A et 7 kilogr. alun poreux.
- Pour 160 kilogr. pâte composée de 75 pour 100 chiffons de pays mélangés bien blanchis et 25 pour 100 pâte de bois chimique.
- Jaune Faille. — 1 k. 750 bichromate de po» tasse dissous dans un seau d’eau bouillante, verser la solution dans le bac à pâte, ajouter 450 gr. sucre de plomb blanc en poudre, 60 gr. bleu d’outremer et 7 kilog. alun poreux, puis coller.
- Pour 135 kilogr. de pâte composée de 75 pour 100 chiffons de paj^s mélangés et 25 pour 100 imperfections n° 1.
- Jaune Paille claiv*. 350 gr. bichromate
- de potasse, 750 gr. sucre de plomb brun, dissous chacun dans un seau d’eau bouillante ; verser dans le bac à pâte, 9 kilogr. alun poreux, puis coller.
- Pour 180 kilog. pâte composée de 50 pour 100 chiffons de pays mélangés et 50 pour 100 imperfections n° 1.
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- Jaune canarie. — 900 gr. bichromate de potasse dissous dans un seau d’eau bouillante, 2,750 gr. sucre de plomb brun dissous également dans un seau d’eau bouillante ; verser dans le bac à pâte : 7 gr. bleu soluble et 9 kilogr. alun poreux, puis coller.
- Pour 180 kilogr. pâte composée de 50 pour ICO chiffons de pays mélangés de 50 pour 100 imperfections n° 1.
- Jaune orangel. — 2.750 gr. bichromate de potasse dissous dans 1 seau d’eau bouillante; 5,500 gr. sucre de plomb brun dissous dans 2 seaux d’eau bouillante ; verser dans le bac â pâte et ajouter 1,150 gr. mine d’orange, 450 gr. rouge de Venise et 9 kilogr. alun poreux, puis coller.
- Pour 180 kilogr. de pâte composée de 50 pour 100 chiffons de pays mélangés et 50 pour 100 inperfections n° 1.
- Jaune orange II. — 5 le. 5 nitrate de plomb dissous dans 2 seaux d’eau bouillante ; 3 k. 5 bichromate de potasse dissous de même : verser le tout dans le bac à pâte avec 4 k. 5 mine orange et 1 k. 5 alun poreux, puis coller.
- Pour 225 kilogr. pâte composée de 50 pour 100 rognures blanches, 45 pour 100 paille blanchie et 5 pour 100 pâte de bois.
- Jaune Orange chamois. — 2 k. 750 gr. bichromate de potasse dissous dans 1 seau -d’eau bouillante ; 3,750 gr. sucre de plomb blanc dissous également dans 4 seau d’eau bouillante, verser le tout dans le bac à pâte, ajouter 6 1c. 375 rouge de Venise et 9 kilogr. alun poreux, puis coller.
- Pour 180 kilogr. de pâte composée de 50 pour 100 chiffons de pays mélangés et 50 pour 100 imperfections n° 1.
- Rouge Pourpre I. — 350 gr. bleu de Prusse, 2,700 gr. rose pâte, 300 gr. acide muriatique, 9 kilogr. alun poreux, puis coller.
- Pour 180 kilogr. pâte composée de 50 pour 100 chiffons de pays mélangés et 50 pour 100 imperfections n° 1.
- Rouge Pourpre II. — 9 kilogr. bois de cam-pêche infusé pendant 1 heure dans 10 seaux d’eau à l’ébullition; 9 kilogr. Hatchwood traités pareillement; tirer à clair et verser les deux extraits dans le bac à pâte avec 4 lit. 5 de chlorure d’étain et 9 kilogr. alun poreux, puis coller.
- Pour 180 Kilogr. de pâte composée de 50 pour 100 chiffons mélangés et 50 pour 100imperfections n° 2.
- (Bull, des fabric. de papiers.)
- RECHERCHES DES COLORATIONS
- au chrômate de plomb.
- Le chrômate de plomb fixé sur un tissu, ou dans une pâte de papier se reconnaît facilement et d’une manière très prompte par le procédé suivant, relaté dans le Bulletin de la Société de chimie industrielle de Paris. On découpe un carré d’environ 5 centimètres du papier ou du tissu que l’on veut examiner et on le place sans le plier au fond d’une capsule
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- plate en porcelaine. On y verse ensuite de l’alcool à 90°. Lorsque le papier a été bien imprégné, au moyen d’un agitateur en verre, on rejette tout l’alcool qui n’a pas été absorbé et on ajoute quelques gouttes d’acide nitrique que l’on promène à la surface du papier. Au bout de quelques instants, il se dégage une odeur d’aldéhyde et le papier se colore en vert, coloration qui est due au sesquioxyde de chrome formé par suite de l’action de l’acide chromique sur l’alcool.
- On étend le nitrate de plomb formé pendant cette réaction, de 10 à 15 centimètres cubes d’eau, et on décante le liquide dans un tube à essai. Dans la plupart des cas, il suffit d’ajouter au liquide quelques gouttes d’une solution d’iodure de potassium pour qu’il se forme immédiatement un précipité jaune d’iodure de plomb soluble dans l’eau bouillante et cristallisant en paillettes jaunes nacrées par le refroidissement. Si l’on avait mis un trop grand excès d’acide, il n’y aurait qu’à évaporer à sec au bain-marie et à reprendre par l’eau avant d’ajouter l’iodure de potassium.
- Lorsqu’on est en présence d’un tissu ou d’un papier vert coloré par un mélange de chrômate de plomb ou de bleu de Prusse, ce procédé est également avantageux.
- Après avoir traité le morceau comme précédemment par l’alcool et l’acide nitrique, on constate le dégagement d’aldéhyde et on caractérise le plomb comme plus haut.
- Lorsq’on a décanté l’eau, la couleur bleue apparaît nettement. On caractérise alors le bleu de Prusse par ses réactifs ordinaires.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctolerias
- 197.222. —Dick. —Fabrication d’un tissu perfectionné et son application à la manufacture et à la réparation des chaussures et autres usages. (Patente anglaise devant expirer le 14 septembre 1902).
- 197.348. — Schewelin et Mindovsky. — Procédé pour lessiver et blanchir les matières textiles et y fixer les matières colorantes organiques au moyen des résidus acides et alcalins des produits de naphte.
- 197.530. — Bannister. — Perfectionnement dans la teinture de tissus en laines et d’autres étoffes tissées ou feutrées.
- 197.591. — Jacquart. — Machine à blanchir ou à teindre les cotons en bobines de préparation.
- 197.624. — Friedmenwald (les sieurs). — Machine à découper les broderies.
- 197.629. — Hiller. — Machine à tondre les pompons.
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- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Préfecture de police Le 19 août. — Fourniture de toile et étoffes
- diverses et nécessaires au service du département de la Seine de la maison départementale de Nanterre et des prisons civiles de Paris. Toile de lin crémée.
- 20.264 m. en 120 c.; 4,450 m. en 105 c.; 3,980 m. en 90 c., 3,000 m. en 75 c. Delecaille, à Armentières, adjud. à 21,307. 3,840 m. toile picarde chanvre en 100 c. Gaffet, 36, rue Baudin, adjud. à 3,840.
- 3,066 m. toile de lin écrue en 108 c.
- Gh. Jeanson, à Armentières, adjud. à 21,176.85.
- 10,000 m. toile de coton blanche en 105 c. Wadington, faubourg Poissonnière, 25, adjud. à 5,800.
- 4,000 toile de boton noire en 103 c. Béthune-Ililarion, rue Saint-Martin, 155, adjud. à 2,800.
- l, 160 m. de toile écrue chanvre en 105 c. Ch. Jeanson, adjud. à 765,50.
- 810 m. de toile à torchons en 70 c. Delacaille, adjud. à 469.80 après tirage au sort.
- 1,160 m. de treillis Chauny en 86 et 430 en 95 c.
- Ch. Jeanson, adjud. à 1,435.75.
- 3,500 m. de toile de lin et phorium en 95 c. A. Fromain, rue des Bourdonnais, 22 adj. à 1,155.
- 1,700 m. de treillis pour chaussons en 130 c.
- Lhermitte, adjud. à 2,703.
- 2,000 m. étoffe dite rcbzzis St-Lô grise, en 102 c. 500 m. étoffe dite razzis St-Lô, rayures bleues et noires en 102 c.
- Numa Alayrac, à Castres, adjud. à 2,925. 5,000 m. sangle; 600 ?n, alpaga; en 70c.; 100
- m. indienne en 67 c. 400 m. nansouk en 100 c.
- Béthune-Hilarion adjud. à 1,130.
- 3,000 m. cravates, étoffes en pièces, en 90 sur 90; 11,000 m. mouchoir, étoffes en pièces, en 59 sur 53.
- Lhermitte, adjud. à 4,930.
- 100 m. molleton bleu marine en 132 c. Vitalis frères, à Lodève, adjud. à 408.
- 10,740 m. de drap belge en 120 c. Armaut-Velin, à Rambervillers (Vosges), adjud. à 24,272.40.
- 1,750 m. de droguet pour chaussons en 130 c* Ch. Jeanson, adjud. à2,450.
- 5,000 m. de mousseline en 65 c. Rabotin, 5, rue Turbigo, adjud. à 570.
- 1,000 paires de bas de coton. Bouly-Lepage, à Moreuil (Somme), adjud. à 80. .
- 1,000 paires de bas de laine beige : 1,600 paires de bas de laine marron ; 1,500 paires de chaussettes de laine marron.
- J. Vaisse, à Mazamet (Tarn), adjud. à 5,438. 3,000 couverture de laine beige; 110 couvertures de lame blanche.
- Demachy, 58, rue de Provence, adjud. & 24,506.50.
- 5,000 h. de laine de Béarn ; 1,500 h. de crin, 500 k. de zostère.
- P. Escarguel, à Gelle-Malestier (Aude)* adjud. à 17,940.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg. Le 26 août. — 1er régiment d’infanterie de marine.
- Adjudicataires :
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- Bretelles. — Ve Hendrick et fils, à Paris, n° 1, 0.39
- Guêtres en toile. — Olivier Dacosta, à Paris, no 1, 0,87,1er choix.
- Mouchoirs et ‘pantalons de treillis. — Ilel-bronner, à Paris, n° 1, 2.31, 1er choix, n° 1, 2,64, 1er choix.
- Serviettes. — Biébuyck, à Armentières, n« 1. 0.38, l*r choix.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOÇIÉTÉS
- ROUBAIX. — Dissolution à partir du 8 août 1889 de la Société Hector Lachelin et Ernest Fanpo (teintures et manufacture des cotons rouges grand teint), à Flors (Pont du Breucq). Liquid. : M. Lefebvre, 34, rue Colbert, à Roubaix. — Jug. du même jour.
- TOURCOING. — Formation de la Société en nom collectif Henri Robbe (mégisserie, lavages de laines, teinturerie, filature, retordage et commerce de laines à matelas). Durée : 5 ans. Cap. : 200.000 fr. — Acte du 25 juillet 1889.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Pichat et Cie, fab. de papiers peints fantaisie, à Pierre Bénite lieu de la Mouche. Durée : 6 ans. — Cap. : 5,000 fr. — Acte du 29 juillet 1889.
- FAILLITES
- VERSAILLES. — Naneur, blanchisseur à Rueil. Jug. du 10 juillet 1889. — S. : M. Plan-quette.
- MARMANDE. — Clairac (Pierre) md drapier à Duras. — Jug. du 10 mai 1889.
- SÉPARATION DE BIENS
- St-ETIENNE. — M. Perrin (Joseph-M.) exteinturier à Izieux et sa femme née Panel. — Jug. du 2 mai 1889.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- HauyVve. X. Teinturerie rue de
- Poitou, 17.
- Daubigné. X. Teinturerie r. Victor
- Massé, 29.
- Damais. Bergère Ve Teinturerie rue Carnot, 23, à Levallois, ClauzeetC' X. Teint, et blanchisser.
- rue de Provence 111 Regel (dlle). X. Teinturerie rue de
- Moscou, 23.
- îhirion. Hubert Vve Teinturerie rue du
- Helder, 12.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Nous avons la douleur d’annoncer à nos lecteurs, parmi lesquels nous comptons de nombreux amis, la mort de
- Madame GOURCY
- mère de notre sieur Paul Courcy, décédée le 5 courant, à l’âge de 48 ans.
- —o—
- Jury supérieur des récompenses à l’Exposition. — Le rapport sur les travaux des jurys de classes et de groupes, vient d’être lu par M. Berger, directeur de l’Exploitation.
- De ce rapport, il ressort que, sur 55,153 exposants étangers et français qui ont été examinés par le jury international, 32, 468 (soit 58 86 pour 100) sont proposés pour des récompenses. En 1878. il y avait eu 27,774 récompenses se répartissant entre 49,430 exposants (soit 56.60 pour 100).
- Il n’a pas été accordé de rappels de récompenses obtenues en 1878.
- M. Berger passe rapidement en revue ce qui ressort du travail de chaque jury. A propos des groupes V et VI, il ne signale aucune question qui puisse réclamer une décision de principe de la part du jury supérieur.
- Le rapport du jury du Groupe IV (Tissus, vêtements et accessoires) fait part que les jurys de classes ont eu a examiner un nombre relativement important d’expositions n’appartenant ni à des industries isolées, ni à de collectivités d'industriels. Il cite, par exemple, les expositions du « Comité des expositions permanentes des colonies françaises»; celle du gouvernement beyfical de Tunis ; du roi d’Annam, etc., etc. Ces expositions sont le plus généralement constituées par l’assemblage de collections formées au prix de grands efforts, et leur étude est de nature à fournir de précieux enseignements aux industriels et aux commerçants, beaucoup d’entre elles sont assez intéressantes pour mériter des récompenses, et, parfois, de hautes récompenses ; mais le jury de groupes sur l’initiative de plusieurs présidents de jurys de classes, a jugé qu’il ne serait pas équitable i d’apprécier les mérites de ces collections au même titre que les mérites industriels ; il a émis le vœu que le Jury supérieur fût inviter à créer des diplômes spéciaux pour les exposants récompensés de cet ordre. J’estime qu’il pourrait convenir au Jury supérieur d’assimiler ces diplômes à ceux qui sont prévus par l’article 28 du Réglement du Jury, et qui seront attribuables aux personnes ayant prêter un concours utile à l’Exposition en général.
- —•o—
- nouveaux tarifs «le chemins «le fer. — M Yves Guyot, ministre des travaux publics, vient d’autoriser, à titre d’essai, l’application de nouveaux tarifs de chemins de fer destinés à donner satisfaction aux réclamations qui ont été présentées à maintes reprises par différentes catégories de personnes et en particulier par les voyageurs de commerce.
- Ces tarifs ont pour objet : l’un la délivrance de billets pour voyages d’excursion avec itinéraires tracés d’avance au gré des voyageurs ; l’autre, la création de cartes de circulation à demi-place.
- Voici, en résumé, l’économie de ces tarifs :
- 1° Billets pour voyages d’excursion. — Le voyageur trace lui-même son itinéraire, qui peut emprunter tous les réseaux participants, mais il doit le ramener à son point de départ. Le prix du billet comporte, suivant la longueur du parcours, une réduction variant de 20 à 60 0/0. De plus, quand des personnes voyagent ensemble au nombre de plus de deux, il leur est délivré un billet collectif dont le prix est égal au montant du prix des billets individuels réduits de 10 0/0 pour le troisième
- voyageur et de 25 0/0 pour chaque voyageur en plus de trois; les enfants de trois à sept ans paient la moitié du prix d’un adulte.
- 2° Cartes de circulation à moitié prix. — Moyennant le paiement d’une somme qui varie de 165 à 600 fr., suivant la durée de validité (3, 6 ou 12 mois) et suivant la classe, le voyageur obtient la délivrance d’une carte nominative et personnelle sur la présentation de laquelle il lui est délivré des billets à demi tarif.
- Il suit de là que, pour rentrer dans la dépense de la carte, le voyageur doit parcourir un nombre de kilomètres double de celui que représente au tarif plein, le prix d’achat de cette carte; mais pour tout parcours excédant ce nombre de kilomètres, il bénéficie d’une réduction de 50 0/0.
- Ecole «le bonneterie. — L’Ecole française de Bonneterie, fondée à Troyes avec subvention de l’Etat sous le patronage spécial de la chambre de commerce et de la chambre syndicale des fabricants et marchands de bonneterie en gros, annonce que ses cours théoriques et pratiques recommenceront dans la première quinzaine d’Octobre.
- L’administration de l’Ecole rappelle que son but est de former des contre-maîtres et des directeurs pour l’industrie de la bonneterie.
- Les jeunes gens auxquels leur situation de fortune ne permet pas de satisfaire aux conditions de rétribution scolaire pourront bénéficier des bourses ou des fractions de bourse qui ont été mises à la disposition des fondateurs et des donateurs de l’Ecole.
- Pour tous renseignements, s’adresser à à M. le Directeur de l’Ecole Française de Bonneterie, 16, rue de Paris, à Troyes.
- Nécrologie. — Nous apprenons la mort de M. Dauphinot, grand industriel à Reims, et ancien sénateur de la Marne.
- M. Dauphinot était président de la chambre de commerce et maire de Reims en 1870. On se souvient de son attitude courageuse vis-à-vis de l’ennemi, qui exigea qu’il montât sur une locomotive, afin de garantir contre le feu des francs-tireurs les troupes allemandes qui étaient dans le train. Les électeurs de ls Marne l’élurent à l’Assemblée nationale le 8 février 1871, et ensuite au Sénat.
- Chef d’une des plus importantes maisons de tissus de Reims, M. Dauphinot a donné à l’industrie des mérinos une grande impulsion.
- Membre du Jury aux expositions de 1878 et de Vienne, M. Dauphinot avait été choisi comme président du jury de sa classe à l’Exposition de 1889.
- Il était officier de la Légion-d’honneur.
- - o—
- Ee soufrolr émotionnant. — Nous avons raconté la plaisante émotion causée à St-Mandé par l’annonce de l'installation d’un soufroir de teinturier-dégraisseur.
- Cette petite histoire a plus d’un côté comique, et nos lecteurs pouvant être exposés aux mêmes difficultés, il est intéressant et amusant même, d’en raconter les incidents.
- Notre collègue et collaborateur, M. V. Barbé dont nos lecteurs connaissent le talent professionnel, a fondé à St-Mandé une teinturerie, qui n’a pas tardé à prospérer sous son habile direction.
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- Des affiches de commodo ayant annoncé aux populations qu’il allait déplacer son sou-froir (et non en établir un nouveau), deux voisins vindicatifs ont aussitôt répandu la terreur dans les environs.
- Des rassemblements se sont formés sur la place principale, et chacun commentait la désolante nouvelle ; la ville va être asphyxiée et incendiée disait l’un ; c’est donc une mine de soufre qu’il a découverte dans sa cave répondait l’autre ; non c’est une fabrique de poudre ajoutait un troisième ; il n’y manque que du salpêtre et du charbon ; courons vite signer contre le projet ! J’en viens, dit un autre, mais qu’est-ce que c’est qu’un soufroir ; peut-être une fabrique d’allumettes clandestine?...
- Point, dit un nouveau venu, et vous avez tort de vous opposer à son installation; mon médecin m’affirme qu’en Sicile, autour des mines de soufre, les maladies de poitrine sent inconnues •, les émanations sulfureuses s’il s’en produisait, seraient pour les environs un précieux anti-miasmatique !
- Et voilà tout le monde devenu perplexe.
- Ajoutons que les persécuteurs sont le gérant du propriétaire, un important ayant toute la morgue d’un employé secondaire de l’Etat, et un petit tailleur de vestes auquel nous ne reprocherions pas sa difformité, s’il n’était en même temps hargneux comme un roquet.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- LE HAVRE
- Drogueries. — Le marché reste calme, il ne se traite que des affaires insignifiantes.
- Bois de teinture. — Les campêches sont fort calmes et plutôt faciles. Dans les autres sortes de bois de teinture, on n’a coté que 297 tx bois jaune San-Carlos (Mexique), à livrer Collmar, h fr. 7 des 50 kil., et 35 tx Vera-Cruz jaune ex-Fournel, à fr. 6.75.
- On a encore noté en dernier lieu, 10 tx Vera Cruz jaune disponible à fr. 6.80 et 35 tx dito à livrer st. Francia, à fr. 6.75.
- Il nous est parvenu, depuis samedi dernier
- 2,065 bûches bois jaune delà G.-Ferme, 1 gr. campêche de la Martinique.
- Cachou, Curcuma, Rocou, Orseille, Cochenille, Quercitron, Dividivi, Sumac. — Tous ces articles sont actuellement peu recherchés et les prix purement nominaux.
- II est entré : 100 s. dividivi, 13 b. cachou, de la C-Ferme ; 37 s. orseille, d’Espagne ; 1 c. cachou, 2 b. orseille, par cabotage.
- MARSEILLE
- Cire jaune. — Arrivages de la semaine, 4,000. Ventes de la semaine et expéditions, 4,000 kil. Stock, 27,000 kil.
- On cote : Algérie, 130 à 132 50; Maroc, 115 à 130 fr. ; Mozambique, 130 à 132,50; Sénégal, 115 h 120 r. ; Madagascar, 110 à 112,50; Levant, 145 à 160 fr. Les 50 kil., escompte 4 0/0. Provence 2,50 le kil. sans escompte. Emballage compris, tare nette.
- Soufres. — Sublimé ou fleur, chimiquement pu/*, 15 à 16 fr. ; raffiné (trituré Candi), 13 à 14 fr. ; trituré [garanti 97 0/0 de soufre pur), 12 fr. ; canons, 13 à 13,50 ; coulés et candis, 14 fr. ; soufre phéniqué, 25 fr. Le tout les 100 kil., franco quai ou gare Marseille, conditions d’usage, suivant marques.
- Bruts, deuxièmes courantes, 9 à 9.15 ; troisièmes courantes, 8,50 à 8,70. Coût, fret Marseille en vrac par chargements complets.
- BORDEAUX
- Bois de teinture. — Sans affaires à relater pour campêches.
- Par navires Sans-Peur et Violette, venus de la Martinique et delà Guadeloupe, il a été importé 190 tonneaux bois de campêche qui étaient vendus à livrer.
- En bois jaune, les opérations qui étaient nulles depuis quelque temps sont réveillées.
- On a réalisé .300 tonneaux bois jaune Mara-caïbo (Vénézuela), ex-Anne-Marie, à prix tenu secret.
- Dividivi. — Le lot (50 tonneaux) dividivi importé de Maracaïbo (Vénézuela) par navire Anne-Marie a changé de mains à prix inconnus.
- Essence de térébenthine. — Depuis quelque temps le cours de cette marchandise ne subit aucune variation sur place, et cela malgré de forts arrivages. Nous avons reçu 194 pièces essence qui ont changé de mains à fr. 78. La demande est assez régulière, de fr. 82 à 83,. Le tout les 100 kil., aux usages.
- Indigos. — Au début de la semaine, pour les besoins les plus immédiats, on a réalisé 2 surons indigo Guatemala, dont nous ignorons le prix payé.
- Tartres bruts. — Affaires rares. On a payé des produits titrant 65 à 70 degrés, fr. 1.70 à fr. 1.75 le degré.
- Crèmes de tartre. — Les opérations n’ont pas eu beaucoup d'activité.
- Pour le premier blanc, on a payé fr. 205 ; pour le deuxième dito, fr. 190 à 195. Le tout les 100 kil.
- NANTES
- Rocou. — Celui de Cayenne est coté de 1 à 1.25; marque Portai, 1.55 à 1.60; Guadeloupe, 30 à 35 cent, le kilo.
- Orseille. — Madagascar, 127 fr. les 100 kil.
- BRÉSIL
- Bois rouge. — On a cité la vente de 2,000 arrobes à 700 reis, soit € 7 14 7 par ton. avec fret.
- INDE
- Gambier. — Recherché sur livraison rapprochée ; vendu 460 tons de $ 0 7/8 à 9 1/4, clôturant au plus haut prix. Cubes fermes, vendu 172 tons, de $ 12 45 à 12 80 pour n° 1.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennse).
- OFFICE TECHNIQUE ET COMMERCIAL
- Nous avons toujours ' considéré qu’un journal industriel devait favoriser la réalisation pratique des procédés qu’il publie, en fournissant les moyens de les mettre en œuvre.
- Nons pensons aussi qu’il doit mettre à la disposition de ses abonnés, ses relations et la compétence spéciale de ses rédacteurs, pour la solution des questions techniques et pour l’acquisition des produits ou machines nécessaires à leur profession.
- Nous offrons donc à nos lecteurs les services suivants
- Librairie de toute nature : Industrielle ou autre, aux prix des éditeurs.
- Droguerie, Produits chimiques, Couleurs. — Fourniture de tous les produits, vérifiés par nous, et à des prix inférieurs à ceux du commerce courant. Couleurs d'aniline des fabriques les plus estimées au prix du gros.
- Machines, Appareils et Matériel industriel. — Conseils sur leur choix ; fournitures des modèles les plus perfectionnés et les mieux adaptés au travail à produire, mêmes prix que les constructeurs, mais avec la garantie d’un choix judicieux et désintéressé, n’ayant pas de raisons pour vendre de préférence un appareil plutôt qu’un autre. Installations d'ateliers : plans et devis.
- Opérations et analyses chimiques. — Consultations, études, travaux pratiques, procédés et expertises industrielles, visites d’ateliers dans le but des économies à réaliser, et tout ce qui ressort des travaux du chimiste et de l’ingénieur, appliqués à la teinture et aux tissus.
- Brevets d’invention. — Obtention en France et à l’étranger, réuaction des mémoires, exécution des dessins, copies, résumés, recherches d’antériorités ; Marques de fabrique.
- Toutes ces opérations exigent non seulement
- l’habitude de la procédure spéciale, mais encore une connaissance pratique des industries dans lesquelles se classent les brevets.
- Cessions d’Etablissements, aidées par notre publicité et par les relations qui se créent toujours autour d’un journal. — Entremise officieuse pour demandes et offres d'em-If lois o
- Annonces, Publicité. — Les insertions de La Revue de la teinture vont directement à la clientèle intéressée, sans s’égarer parmi les indifférents, lorsque les objets annoncés se rapportent à la teinture, aux couleurs ou aux tissus.
- S'adressera MM. GOUILLONet COURCY 23, rue Vieille-du-Temyle, Pais.
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- LA
- 2me Année, Pi° 18.
- REVUE DE
- ET DES COLOR ATIONS
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- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES 25 Septembre 1889.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Les récompenses de l’Exposition — Lettres d’un teinturier-dégraisseur. — Fixation du chrome sur laine. — Le noir d’aniline (suite). —Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Rouge d’Andrinople à l’aliza-rine ; Nigrisine ; Noirs sur soie. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Bibliographie. — Congrès de l’intervention des pouvoirs publics. — Coloration des comestibles. — Le commerce de l’Allemagne. — Brevets d’invention. — Adjudications. — Informations et Faits divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- C’est encore l’Exposition, sans parler des élections législatives, qui est l’évènement du moment ; la distribution des récompenses si impatiemment attendue vient enfin d’avoir lieu.
- 11 s’en faut que les jurys aient satisfait tout le monde ; c’est la règle générale qu’il y ait des mécontents, souvent aussi des erreurs des jurés : nul n’est infaillible sur terre, pas même les juges, soit des tribunaux, soit des expositions ; on ale droit de les maudire, mais il faut s’incliner.
- La classe 46, toutefois, n’a pas été mal partagée ; tous ceux qui n’ont pas eu au moins la médaille d’argent trouveront leur récompense insuffisante, mais il n’y en avait pas pour tous les exposants, et au moins presque tous ceux de notre classe ont eu des citations.
- 11 y a bien quelques exceptions» C’est ainsi que le fameux Grawitz, (le dernier installé et qui cependant n’avait pas envoyé grand’chose), n’a rien eu, malgré ses prétentions sur la paternité des procédés usuels des noirs d’aniline.
- *
- * *
- Ses prétentions, il vient de les renouveler encore à Rouen, malgré son échec de Lille, et une vive agitation en est résultée parmi les industriels et les ouvriers de cette première ville ; on a pu craindre les désordres qui se sont produits il y a deux ans à Renaix et à Ganet par suite des agissements du même individu.
- Nous avons renseigné autant que nous l’avons pu le syndicat des teinturiers de Rouen sur leurs droits, qu’il
- paraît, d’ailleurs, connaître suffisamment, mais n’ayant pas connaissance peut-être de l’arrêt de cassation relaté dans notre numéro du 1er novembre 1888 (p. 167), ayant donné raison à un teinturier demandant au dit Grawitz une consignation de garantie de 25.000 fr. pour le laisser opérer une saisie de simples échantillons et de bain de teinture.
- Cet obstacle imprévu a fort gêné l’exubérant personnage, et nos confrères devraient s’en bien souvenir afin d’en user à leur tour lorsqu’ils seront menacés des mêmes persécutions.
- Nous publions aux cc Informations » les détails de l’affaire de Rouen d’après un journal de la ville bien renseigné, car les documents lui ont été vraisemblablement fournis par les industriels menacés.
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- Sous le coup de ces entraves, la fabrication a été momentanément interrompue à Rouen.
- Les affaires n’allaient pas déjà si bien sur cette place si nous en croyons le « Journal de Rouen », toujours assez pessimiste à la vérité.
- En rouennerie, dit-elle,, il n'y a que l’article flanelle qui se vend assez bien, les autres genres ne se demandent pas et les fabricants se plaignent de ne pas écouler leur production. L’indienne est très peu visitée ; il se vend un peu de meuble, mais à de* mauvais prix.
- Les lainages ont un courant d’affaires convenable, quoique moins actif qu’en Août.
- Roubaix travaille, mais pourrait produire davantage.
- Fourmies a des commissions en tissus pour quelques mois, à prix assez satisfaisants.
- Reims se plaint du calme des marchés français ; l’exportation donne mieux, principalement en mérinos et cachemires. Les nouveautés à la main se livrent difficilement ; leur échantillonnage d’été est à peu près terminé.
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- Voici maintenant les genres adoptés en draperie fantaisie.
- Les étoffes d’une seule couleur se font pour toutes les pièces du costume et dans toutes les fabrications, ce qui
- permet, dans beaucoup de cas, de faire la teinture en pièces.
- Les nouveautés pour pantalon président des caractères très variés, depuis des effets petits jusqu’aux plus grandes dispositions. Le carreau est peu goûté. Les formes des dessins se portent en général sur les rayures, parmi lesquelles on en essaye de très originales.
- La latitude est tellement grande sur ces marchandises qu’on y peut tout oser et tout faire, depuis les unis de teintes, dans lesquels la croisurejoue le principal rôle, jusqu’aux plus grands effets où matières, filés, nuances et enlacements sont combinés ensemble.
- On peut à peu près utiliser toutes les sortes connues de textiles, de retors, de nuances et d’apprêts pour chercher des produits d’un cachet nouveau et de mérite.
- Nous avons déjà dit que les étoffes pour dames imitaient le genre draperie, aussi on voit beaucoup d’uni, et dans les façonnés, les rayures s’annoncent nombreuses, de deux ou trois couleurs sur la même étoffe : des égrenages d’anneaux, des écheveaux ou boucles ayant l’air de se dévider, de grandes arabesques, des semis de fleurs et de feuillages ; enfin des palmes cachemire genre rococo ; puis beaucoup d’écossais.
- On verra l’écossais en tissus, en rubans, et les bas les plus coquets se montreront aussi multicolores.
- Et quant aux couleurs des fonds , toujours des gris variés, des rouges ternes et des verts demi-clairs à reflets pâles et très variés de nuances et d’aspect, en restant dans les genres génériques du saule et de la sauge.
- F. Gouillon EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES RÉCOMPENSES CLASSE 46
- Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d’apprêt.
- LISTE DU JURY
- Cord....................... France.
- Craff...................... Etats-Unis.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Decaux.................... France.
- Persoz.................... France.
- Vallet.................... France.
- De Walque................... Belgique.
- Grands prix.
- Blanchisserie et teinturerie de Thaon. — France.
- Bœringer, Z ircher et Cie. — France.
- Bonnet, Ramel, Savigny, Girard et Cie. — France.
- Chappat et Cie. — France.
- Corron (J.) et Baudoin. —France. Descat-Leleux fils. — France.
- Gillet et Fils. — France.
- Grobon et Cie. — France.
- Guillaumet (les fils de A.) et Maës (G.). — France.
- Hulot et Colin-Chambaut. — France.
- Motte et Mellassoux frères — France.
- Renard, Villet et Bunand. France.
- Médailles d’or.
- Alsberge et Vanoost. — Belgique.
- Burel, Buriin et Déchandon. — France. Cocheteux et Cie. — France.
- Coget et Lacour. — France.
- Daniel, Fauquet et Cie. — France.
- Gantillon et Cie. — France.
- Garner et Cie. — Etats-Unis.
- Grison (Théophile). — France.
- Henry (Abel) et Cie. — France.
- Idiers (Emile).— Belgique. Kœchlin-Baumgartner et Cie. — France. Lecœar frères. — France.
- Lohse. — France.
- Martin (J.-B.). — France.
- Miray (Paul-A.). — France.
- Monpin (A.) et Saint-Remy. — France.
- Motte et Bourgeois. — France.
- Neefs (Léon). — Belgique.
- Parmentier et Cie. — Belgique.
- Petitdidier. — France.
- Poiret frères et neveu. — France.
- Roussel (Emile). — France.
- Société La Béverie. — Belgique.
- Société de la fabripue de teintures de Moscou. — Russie.
- Staes et Cie. — Belgique.
- Steiner (Charles). — France.
- Tassel (Raoul) et Blay (Georges). — France. Vandewinckele (Charles). —• Belgique. Vandewinckele et fils. — Belgique.
- Van Steenkiste (Achille). — France.
- Voland (Francisque). — France.
- Médailles d’argent.
- Aubert (Eugène). — France.
- Blanchisserie de Courcelles. — France.
- Botty (Ve) et Cie. — Belgique.
- Brémond fils. — France.
- Caron (Emile). — Belgique.
- Cartier-Bresson (les fils de). — France. Cocheteux, Deldicque et Vandenbrocke. — France.
- Compagnie de la fabrique royale de filature de Tfiomar. — Portugal.
- Compagnie lisbor.naise de filature et tissage à Lisbonne. — Portugal.
- Compagnie nationale d’imprimerie et teinture à Alcantara. — Portugal.
- Cornet. — Inde française.
- David et Cie. — France Duez et fils. — Belgique.
- Fleury (A.). — France.
- Garnier et Voland. — France.
- Hanhart-Solivo. — Suisse.
- Hart (A.). — France,
- Hofman (Godfried). — Suisse.
- Lecomte et Duchemin père et fils. — France. Lecolte et Chesnais. — France.
- Luthringer (Thiébaud). — France.
- Marchai, Falck et Cie. — France.
- Montenot père et fils. — France.
- Ouvrard. — France.
- Paillac frères. — France.
- Sauzion (J.-M.). — France.
- Société anonyme de Saint-Julien. — France. Thomas (Isidore). — Belgique.
- Thuillier et Virard. —• France.
- Trumpy et Jenny. — Suisse.
- Turpault. — Pondichéry.
- Médailles de bronze.
- Bancroît (John) et Blœde (Victor). — Etats-Unis.
- Besançon aîné. — France.
- C^aki (Arnim). — Autriche.
- Exposition permanente des colonies à Paris. Cambodge.
- Fessy (J.-B -Ennemond). — France.
- Govarel frères. — Belgique.
- Inouye (Kiubei). — Japon.
- Jolly fils et Sauvage. — France.
- Lyonnet (Anthelme). — France.
- Monnot (Henry). —France.
- Perviilhac (Henry). — France.
- Richard et Cie. — Suisse.
- Wiggins (H -B.) fils. — Etats-Unis.
- CLASSE 47
- Cuirs et peaux.
- Voici les récompensés de cette classe ayant le plus spécialement exposé des peaux teintes:
- Grands prix.
- Combe et Oriol. — France.
- Trefousse et Cie. — France.
- Médailles d’or.
- Bure (François). — France. Courvaisier-Bourgoin et Cie. — France.
- Franc (Louis). — France.
- Senal et Cie. — France.
- Terray, Merlin et Cie. — France.
- Tessier (Charles). — France.
- Médailles d’argent.
- Coulbois et Guerreau. — France.
- Desache, Blin et fils. — France.
- Dumesnii (V. Charles). — France.
- Guilleux (Louis). — France.
- Jacob et Walfert. — France.
- Lange et Enaulf. — France.
- Latour et Bousson. — France. Lengellé-Camus. — France.
- Mérandon fils. — France.
- Rivaux frères. — France.
- Rocher (Auguste). —France.
- Médailles de bronze.
- Bardou (Emile). — France.
- Bédouin (Paul). — France.
- Gerson. — France.
- Halley. — France.
- Laperche et Viet. — France.
- Michel Solomon. — France.
- Million oncle et neveu. — France.
- CLASSE 22
- Papiers peints.
- LISTE DU JURY
- Leroy (Is.), père...... France.
- Follot (Félix)......... France.
- Gillou (Emile)......... France.
- Rosse (Irving G.)...... Etats-Unis.
- Wallace (William)...... Grande Bretagne.
- Jouanny (G.)........... France.
- Médailles d’or.
- Grantil jeune et Cie. — France.
- Hoock frères. — Fiance.
- Jeffrey et Cie. — Grande-Bretagne.
- Putois et Paris. — France.
- Wollams (Wen) et Cie. — Grande-Bretagne.
- Médailles d’argent.
- Büssan et Cie. — France.
- Callado et Cie. — Portugal.
- Grillet (Alphée). — France.
- Horiki (Chiutaro). — Japon.
- Petitjeaan (Joseph). — France.
- Rocha (Da) (Antonio-Cardazo). — Portugal. Warren Lange et Cie. — Etats-Unis.
- Wylie et Lochhead. — Grande-Bretagne. Yamada (Jirobéi). — Japon.
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- Médailles de bronze.
- Belan (Eugène). — France.
- Chagiat Aufrère. — France.
- Darras (Albert). — France.
- Leroy (Charles). — France.
- Oriental Leatherette C° (The). — Grande-Bretagne.
- Piette (Paul). — Autriche-Hongrie.
- Reydei (Vincent). — France.
- Romain (Marius). — France.
- Schmitt et Régnier. — France.
- Wemple (Jay C.) C°. — Etats-Unis.
- Mentions honorables.
- Anaglypta C®. — Grande-Bretagne.
- Cadot jeune. — France.
- Fisher’s patent Wall Hagings syndicate. — Grande-Bretagne.
- Hamid et Endoulsi. — Tunisie.
- Lacoste et Cie. — France.
- Salorne (Charles). — France.
- MACHINES
- Nous relevons dans les différentes sections les noms ci-dessous des constructeurs les plus spéciaux à nos professions.
- Hors concours.
- Comme membres du jurys.
- Dehaître. — France.
- Bufiaud. — France.'
- Corron. — France.
- Médailles d’or.
- Escher Wys et Cie. — Suisse.
- Naeyer (de) et Cie. — Beigique.
- Société alsacienne de constructions mécaniques. — France.
- Grosselin, père et fils.
- Société verviétoise pour la construction des machines. — Belgique.
- Médailles d’argent.
- Kientzy, frères. — France.
- Baratte, frères.— France.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Bauche (E. et H.)- — France. Leclere et Damuzeau. — France. Mesmer. — France.
- Médailles de bronze.
- Cbasles. — France.
- Schoumacher (Vve). — France.
- Mentions honorables.
- Descombes. — France.
- Pingrié. — France.
- Pauris et Cie. — France.
- Duriez (Jules). — France. Hermand. —France.
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRAISSEUR
- Nettoyages aux benzines, à sec.
- Tout récemment j’ai parlé des conséquences fâcheuses des nettoyages à sec pour les teinturiers de Paris (1), qui, ne pouvant faire ce travail eux-mêmes, ont laissé place à des entrepreneurs spéciaux, qui ont favorisé la concurrence des faux teinturiers.
- J’ai l’intention de revenir sur ce sujet et de proposer un remède à cet état de choses.
- Pour aujourd’hui, je veux simplement indiquer le mode pratique à l’usage des teinturiers de province. C’est peut-être superflu puisque notre excellent collègue, M. Guédron a traité cette question dans un récent numéro (10 juillet, p. 104), mais j’ai mes procédés personnels que j’ai déjà exposés dans le « Moniteur de h Teinture » en 1872, alors que ce journal était si bien dirigé par M. Gouillon ; je n’ai presque rien à y changer.
- Il faut pour ce travail une essoreuse à mouvement rapide ; une laveuse est aussi indispensable. Pour ces deux machines on n’a que l’embarras du choix : comme essoreuses le système toupie est préféré ; les laveuses ou turbulentes système Dehaître, Legrand, Chasles peuvent remplir le but, mais pour les maisons peu importantes, les petites machines oscillantes de M. Descombes sont très suffisantes.
- 11 est ensuite nécessaire d’avoir trois ou quatre grands bidons métalliques pour conserver les bains ayant servi ; on les numérotera 1)2,3, A, 5, etc., c’est-à-dire que chaque numéro correspond aux bains plus ou moins propres.
- Tous les objets destinés au sec seront d’abord bien époussetés et bien brossés afin d’en extraire toute la poussière ; ensuite on étale l’objet sur un marbre ou couverte en zinc, et à l’aide d’une bonne brosse un peu dure, on frotte les plus grosses taches à la benzine, ainsi que les cols et le dessous des hanches.
- , (1) Voir Revue de la Teinture du 25 Février dernier p. 26.
- Ceci fait, on entre les articles dans la laveuse, qui contient une quantité de benzine suffisante pour que l’étoffe y baigne convenablement; alors on fait m uvoir la machine environ quinze minutes ; on retire les objets qu’on laisse égoutter un peu, puis on les rince en pleine benzine sur deux ou trois bains ; enfin, on essore à fond, et l’on étend à l’air ou à la chambre chaude, pour vaporiser totalement la benzine.
- Après ce lavage, toutes les taches restées indissoutes dans la benzine sont touchées à l’eau additionnée d’un peu d’ammoniaque liquide ; si ces taches sont noires sur articles couleur, au lieu d’alcali, on ajoute à l’eau un peu de bon vinaigre ou mieux d’acide acétique bon goût, à l’aide d’une petite brosse genre brosse à ongles ; on frotte les taches une à une, ensuite on les éponge avec une éponge ou une peau.
- Les articles sont enfin étendus pour finir de sécher, et repassés.
- Les benzines ayant servi sont conservées dans les bidons indiqués plus haut et peuvent reservir un certain nombre de fois avant d’être purifiées par distillation.
- Il est toujours nécessaire de commencer par les blancs et avec des benzines neuves ; quand ils sont bien souillés, on les savonne sur la benzine, c’est-à-dire avant de les entrer dans la laveuse.
- Quand on travaille à la benzine, il faut toujours prendre la précaution de s’éloigner du feu des fourneaux ou du foyer de la machine; travailler aussi le moins possible à la lumière, et si l’on y est obligé, placer la lampe en dehors de l’atelier, et ne jamais opérer dans une pièce où le gaz est allumé ; observer enfin les mêmes précautions à l’étendage.
- Il est démontré que les vapeurs de benzine peuvent parfaitement aller s’enflammer à une certaine distance, et comme une traînée de poudre, meure le feu aux réservoirs.
- Il faut encore interdire à l'opérateur de fumer, et tenir l’essoreuse bien graissée afin d’éviter réchauffement de ses divers organes.
- En tenant compte de ces recommandations, on peut travailler en toute sécurité.
- Désignations fantaisistes des nuances.
- Il m’est demandé quelles couleurs désignent les termes t Chaudron et Pioupiou», et comment les produire.
- Toutes ces désignations sont caprices de mode, et noms fantaisistes de tel ou tel industriel, et comme exemples voici diverses appellations de ce jenre que je trouve éditées par de grandes maisons de nouveautés.
- Pioupiou : d’autres disent : Vieux rouge, on aurait tout aussi bien pu mettre : Troupier ; voici maintenant la suite de la série : Réséda, sorte de gris verdâtre; Bleuet, genre bleu-gris -, Lin, gris-lin ; Argent, gris-argent ; Acier, gris-bleuté, (autrefois on disait gris-fer) ; Amiral, espèce de bleu-marine (bleu-marin est
- usé) ; Lama, genre gris-tourterelle foncé ; Marron, que chacun connaît par la couleur des fruits, tandis que la mode l’indique : Tabac clair, tirant beaucoup au jaune ; le Vieux-bleu n’est autre que le bleu clair produit par le carmin d’indigo ; Vieux rose, genre obtenu par l’orseille en petite dose ; Palmier, façon mousse clair, couleur des feuilles du palmier ; Serpent diffère peu du Palmier ; Lézard, nuance bronze clair ; Gobelins, sorte de bleu grisâtre dit aussi : Electrique : Lionne, genre noisette ; .... on n’en finirait pas avec les caprices de la mode !
- Voici encore une série de nuances fantaisistes assez originales ; je les trouve dans « l’Art de la Teinture » de Gt/nfreville ; je cite entre autres:
- Feuille morte, vert merde d’oie, Poudre de Californie, Amadou, Carotte (on en tire partout), Jaune cuisse de Nymphe (voilà une nuance à rendre rêveurs les jeunes apprentis; l’échantillon nature pourrait aussi leur donner de grosses distractions), cuir de bottes, sang de bédouin, Mastic, Aîle de mouche, Barbe de cosaque, Plume d’Alezan, Bourre de coco, Aîle de moustique, Ongle de Malabar, Cendre de palma, Flarnm de punch, Terre de Gassel, Roc St-Hélène, Lime d’acier, Boue de Paris, Oreille d’ours, Robin des bois, Grève de Pondichéry, Sable du Gange, Pain brûlé, Terre de Cologne, Eau de l’Isère, Fumée de Londres .... et j’en passe par centaines !....
- On peut juger par cela que « La Revue de la Teinture » a encore de beaux jours et une longue vie à consacrer aux procédés de teintures.
- Chaudron
- Toute cette énumération m’a sensiblement éloigné de mes sujets « Chaudron et Pioupiou » ; la première nuance se dit encore : Brique ; elle s’obtient facilement par un mélange de rouge et de jaune.
- Pour une robe sur fond gris, par exemple, parfaitement nettoyée, dans une chaudière de
- cinquante litres, mettez :
- Extrait d’orseille............. 60 gr.
- Jaune d’aniline (préalablement
- dissous à l’eau bouillante). 10 gr.
- Sulfate d’alumine............... 50 —
- — de soude................... 100 —
- Acide sulfurique............... 20 —
- Brasser le bain et bouillir 30 minutes ; lever et vérifier si la nuance est à l’échantillon; on varie le ton en forçant plus ou moins les deux colorants rouge et jaune.
- Pour foncer, ajouter quelques gouttes de sulfate d’indigo.
- Pioupiou
- Le Pioupiou diffère du précédent en ce qu’il n’est pas jaunâtre ; la nuance se rapproche du rouge garance.
- On ne peut obtenir le vrai ton un peu vif que sur fond clair.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Comme mordant : sulfate d’alumine et sulfate de soude avec acide sulfurique, comme ci-dessus.
- Teinture en donnant un fond orseille grenat clair et finir avec un peu de ponceau.
- Aller doucement et ajouter le colorant en deux fois, plutôt que trop charger du premier coup.
- Et vous aurez de vrais pioupious, braves comme des lions.
- V. Barbé
- Teinturier, à Paris.
- FIXATION DU CHROME
- sur la laine.
- Far MM. Kay et Bostow (Suite) (1)
- Plusieurs expérimentateurs ont déjà insisté sur la différence des résultats que l’on obtient suivant que l’on emploie du bichromate ou des sels de chrome. Nous avons donc institué une troisième série d’expériences dans le but de déterminer la proportion de chrome qui se fixe sur la fibre lorsqu’on emploie de l’alun de chrome en quantités équivalentes aux 3 et 6 0/0 de bichromate de potasse. Voici les résultats calculés ioujours en bichromate de potasse :
- MORDANT Sur la fibre.
- Alun de chrome 10.30 0/0 0.1916
- Aluu de chrome 20.61 — 0.3184
- Alun de chrome 10.30 — 0.0920
- Tartre 3 — 0.0920
- Influence de la durée du mordançage. — Six échantillons de flanelle furent tenus à l’ébullition, pendant des temps plus ou moins longs, dans une solution à 3 0/0 de bichromate de potasse. Ils ont donné à l’analyse :
- Sur la fibre.
- Temps. Eu solution. (par différer
- 10’ 0.2506 0.0191
- 20’ 0.2456 0.0544
- 30’ 0.2116 0.0887
- 40’ 0.1818 0.1182
- 50’ 0.1818 0.1182
- 60' 0.1780 0.1220
- Influence de la température. — Les praticiens savent que cette influence est considérable dans le mordançage au bichromate de potasse et qu’on obtient d’autant meilleurs effets que la température est plus élevée. C’est ce que deux expériences de mordançage faites à des températures différentes, dans des bains de mordant à 3 0/0 et d’une heure nous ont montré directement :
- Sur la fibre
- Température. En solution. (par différence).
- u) . 80° 0.2310 0.0649
- v) . 100° 0.1768 0.1232
- Surcharge. — En mordançant avec un excès, par exemple avec 20 0/0 de bichromate de potasse et 6 0/0 d’acide sulfurique, on a obtenu :
- En solution. Sur la fibre.
- 1.0o6 0.893
- Proportion de chrome fixée dans les opérations successives. — Pour se rapprocher autant que possible de ce qui se passe dans les ateliers de teinture, on a fait les opérations suivantes :
- On mordançait des morceaux de laine suivant le mode habituel avec 3 0/0 de bichromate de potasse seul ou additionné de 1 0/0 d’acide sulfurique, et on déterminait la proportion de chrome restée en solution et celle fixée sur la fibre.
- Après le mordançage, on ajoutait à la solution les mêmes quantités de mordant, puis on passait à un autre mordançage. On faisait ainsi 3 mordançages successifs. Voici les résultats intéressants donnés par ces expériences :
- l«r 2" 3»
- mordanç. mordanç. mordanç
- 3 0/0 KO2 SO3 En solution 0.1770 0.3243 0.4275 — Sur la fibre 0.0987 0.6523 0.1893 3 0/0 KO2 SO3 En solution 0.1646 0.2653 0.3214 1 0/0 H2SOL. Sur la fibre 0.1287 0.1920 0.2240
- L’analyse d’un bain de mordant épuisé, dont on s’était servi 15 fois de suite dans un atelier de teinture, a donné 1,777 de bichromate de potasse par titre.
- 2° Détermination de la forme sous laquelle le chrome est fixé. — On a essayé à plusieurs reprises d’expliquer la fixation sur la fibre du chrome provenant du bichromate de potasse, mais les explications avancées jusqu’à ce jour semblent ne s’appuyer que sur des observations générales, et non pas sur une évidence rigoureusement scientifique. L’opinion qui a prévalu est que le bichromate est décomposé par une action réductrice de la laine, et qu’il se convertit en hydrate de chrome, lequel s’attache à la fibre. Bien que cette théorie semble pouvoir être acceptée dans certains cas, par exemple, quand on se sert de tartre ou de matières semblables en même temps que du bichromate, elle doit être rejetée dans le cas où l’on se sert seulement du bichromate, à moins qu’on ne maintienne l’ébullition pendant fort longtemps. Suivant une autre théorie donnée par M. R. Lloyd Whiteley (Fourn. Soc. Chem. Iud., février 1887), la fixation du bichromate est due à une simple absorption d’ordre purement physique par les fibres de laine. Qu’il y ait de l’acide chromique absorbé sous une forme ou une autre, cela ne semble pas douteux ; mais l’expérience suivante nous paraît prouver que l’absorption est accompagnée d’un changement d’ordre chimique dans le bain de mordant.
- On a lave deux échantillons de flanelle dans de l’eau distillée, afin d’enlever toutes les im-
- puretés que le tissu aurait pu conserver dans son traitement antérieur. L’un des échantillons a été mordancé avec 10 0/0 de bichromate de potasse, tandis que l’autre était maintenu dans de l’eau bouillante pendant le même espace de temps. Les solutions furent alors traitées par lacmoid sans qu’il y eût un changement perceptible pour le cas de l’eau, tandis qu’on obtint une coloration bleue bien nette dans celui de la solution de bichromate. Puisque le bichromate de potasse est neutre à lacmoid, tandis que le chromate de potasse donne une réaction alcaline, le résultat de cette expérience tendrait à démontrer que, durant le mordançage, le bichromate de potasse se décompose en chromate qui reste en solution, et en acide chromique, qui se fixe sur la laine. Les proportions des sels fixés ou en solution sont les suivantes :
- En Sur la solution, fibre.
- Chromate (cale, en bichrom.) 0.2916 0.2970 Bichromate.................... 0.479 »
- Valeur relative du bichromate de potasse, du chromate et de l’acide chromique comme mordants pour laine. — On mordança trois morceaux de flanelle avec des proportions équivalentes (3 0/0 de bichromate) de ces trois composés, et on trouva que les quantités fixées par la fibre étaient représentées, si on les calculait en acide chromique, par les chiffres suivants : 0,0605 pour le chromate ; 0,0805 pour le bichromate et 0,1658 pour l’acide chromique.
- 3° Conclusions.
- 1. La quantité de chrome qui se fixe sur la fibre de la laine dans le mordançage au bichromate de potasse varie avec le degré de concentration de la solution. Quand on se sert de bichromate seul, la proportion de chrome fixé (calculée comme bichromate) est de 1/2, 1/3, 1/4, 1/6 delà quantité totale employée quand on a employé 1 0/0, 3, 6, 12 0/0 de bichromate. Si on ajoute au bichromate l’acide sulfurique, la quantité fixée augmente considérablement ; elle dépend encore du degré de concentration, puisque la proportion est est de 2/5 1/3 pour 3, 6 0/0.
- Doue, si l’on mordancé comme c’est l’habitude, avec 3 0/0 de bichromate, il n’y a guère que le tiers du mordant qui se fixe.
- 2. Lorsqu’on fait usage du bichromate de soude, il se fixe une plus grande quantité de chrome qu’avec le sel de potasse.
- 3. L’addition de tartre n’a guère d’influence sur la quantité de chrome fixée.
- 4. Mais cette quantité double à peu près si l’on fait usage d’alun de chrome. Dans ce cas, probablement, le chrome adhère moins intimement à la fibre.
- 5. Dans le mordançage au bichromate de potasse, la quantité de mordant absorbée paf la fibre est proportionnelle à la durée du mer-
- (1) Voir n° du 10 août, p. 126.
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- dançage et à la température du bain de mordant.
- 6. Dans la pratique, la quantité de chrome contenue dans le bain de bichromate augmente avec le nombre de fois que l’on se sert du bain.
- Si Ton forme le premier bain avec 3 0/0 de bichromate, la laine n’en absorbe que 1 0/0 et il en reste en solution 2 0/0. En ajoutant de nouveau 3 0/0 pour former le second bain, celui-ci contiendra un total de 5 0/0 dont le tiers, c’est-à-dire 5/3 0/0 seront fixés par la laine, et le reste ou 10/3 0/0 resteront en solution. Le bain se concentre ainsi par les opérations successives jusqu’à ce qu’il ne puisse plus servir,.et en le renouvelant on perd de grandes quantités de bichromate, Théoriquement, la meilleure façon de mordancer au bichromate serait de se servir de bains neufs à 3 ou 4 0/0, ou bien de n’ajouter au bain précédent, pour un nouveau mordançage, que juste la quantité de sel équivalente à celle absorbée par la laine (environ 1 0/0) avec la quantité d’acide sulfurique suffisante pour reconvertir en bichromate le chromate qui s’est formé.
- 7. La fixation du chrome sur la laine dans le mordançage au bichromate de potasse est toujours accompagnée d’une décomposition partielle en chromate et en acide chromique.
- Bien qu’une absorption d’ordre physique se joigne à cette action chimique, cependant il semble probable que la kératine ou substance de la laine joue le rôle d’une base et forme avec l’acide chromique un composé insoluble.
- 8. Le meilleur mordant pour la laine serait, d’après les proportions fixées, l’acide chromique. Puis viendraient le bichromate de potasse et l’acide sulfurique, le bichromate seul, enfin le chromate.
- (Textile Mccnujacturer trad. Ind. Textile.) ----------------------------
- LE NOIR D’ANILINE
- Extrait du mémoire de M. Noelting, intitulé :
- Histoire scientifique et industrielle du noir
- d’aniline, et ayant pour but de réfuter les
- prétentions du sieur Grawits.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES (Suite)
- MM. Storck et Strobel (t) ont observé que les sulfocyanures sont transformés par les oxydes du chlore c-n persuifocyanogène. Comme ce sont ces oxydes qui transforment l’aniline en noir, les sulfocyanures ( 50 grammes par litre d’eau de gomme) réservent le noir parfaitement. On peut de cette manière faire sous noir des réserves de toutes nuances en incorporant aux couleurs à l’albumine ou au tannin 50 à 60 grammes de sulfocyanure. Pour les couleurs acides le sulfocyanure de plomb rend de bons offices.
- (1) Wagner's Jahresbericht 1879, page 1090.
- MM. d’Andiran et Wegelin (1) essaient d’obtenir un noir inverdissable en employant un mélange d’aniline avec la xylidine, la cumi-dine ou la toluidine. (2)
- M. Schmidlin (3) prépare un noir d’aniline d’jmpression composé de sel d’aniline, chlorate de potasse, chromate insoluble et sel ferrique (4).
- Une couleur impression donnant de bons résultats se compose, d’après le même chimiste, de 40 litres d’amidon (contenant 1 kilogramme d’amidon pour 5 litres d’eau), 6 kilogrammes chromate de plomb, 6 kilogrammes chlorure d’ammonium, 6 kilogrammes chlorhydrate d’aniline et 1 ks,5 chlorate de soude. Imprimer, vaporiser, laver (5).
- M. Glenck (6) fait remarquer que les chlorates de baryum et de sodium, et même l’acide chlorique en solution, s’emploient sur une grande échelle en impression, à la place du chlorate de potasse qui est trop peu soluble. Le chlorate de baryte, employé surtout dans les couleurs au prussiate de potasse, ne peut être mis dans des couleurs contenant des sulfates, car le sulfate de baryte ternit les nuances.
- M. Goppelsrœder (7) produit le noir d’aniline directement sur le tissus par électrolyse.
- D’après M. H. Schmid on développe depuis quelque temps le noir d’aniline dans l’appareil d’oxydation continue de Mather et Platt, pendant une minute à la température de 90°. Le noir Schmidlin, qui est peu acide, se prête très bien à ce genre d’oxydation. D’autres noirs qui se développent éga’ement bien dans cet appareil sont composés de chlorate d’ammoniaque ou de chlorate d’aniline et de sel de cuivre, ou de sel d’aniline, de chlorate alcalin et de ferrocyanures ou ferricyanures.
- Comme réserves sous noir d’aniline on peut employer l’hyposulfite de soude (400 grammes par litre) ou d’après M. Horace Kœchlin le pyrogailol (15 20 grammes par litre), d’après M. Witz encore, le ferrocyanure de potassium (100-120 grammes par litre), l’albumine, Te cachou, l’acétate de soude, la craie, la poudre de zinc, d’après Lauber encore l’aluminate et le citrate de soude, et la glucose et la soude. M. Witz donne la préférence à un mélange de 300 grammes d’acétate et 300 grammes d’hy-posulfite de soude épaissie avec un litre de dextrine blonde. (8)
- D’après M. Ch. Zuercher le noir d’aniline se développe mal ou pas du tout, si les pièces, après l’impression, et avant l’oxydation ont été exposées à un courant d’air froid. L’anili-
- (1) Brevet anglais 1879 n° 4123.
- (2) Wagner s Jahresbericht 1880, page 785.
- (3) Brevet anglais 1879, n" 3101.
- (4) Wagner's Jahresbericht 1880, page 785.
- (5) Brevet allemand n» 13428.
- (6) Dingler’s Journal CCXL, page 255.
- (7) Dinglers Journal CCXLV, page 225.
- (8) Wagner's Jahresbericht 1882, pages 993 et 995.
- ne paraît se volatiliser. Le noir ne se développe bien à l’oxydation qu’à une température de 25° ou au-dessus. (1)
- Un appareil pour l’oxydation continue des noirs d’aniline a été construit par M. Prei-bisch. (2) Les tissus plaqués entrent au large dans l’appareil où ils sont séchés dans la première et oxydés dans la deuxième phase de leur passage.
- Les résultats obtenus sont des plus satisfaisants.
- B) Procédés ayant rapport a la teinture
- Les procédés de noir d’aniliue de Lightfoot sont devenus particulièrement importants pour l’impression, bien que l’inventeur en indique aussi l’application à la teinture des tissus et des filés. Ce procédé légèrement modifié est usité encore de nos jours dans bien des fabriques pour la teinture des unis.
- Le premier brevet s’occupant plus spécialement de la teinture est celui de Bobœuf (3) sur « la fabrication et l’application de matières colorantes propres à remplacer les couleurs noires, bleues, indigo et autres. »
- Comme rédaction, ce brevet est un peu confus, et les considérations théoriques montrent que l’auteur n'est guère chimiste dans le sens scientifique du mot, mais les observations qui y sont contenues sont d’une exactitude remarquable, et on n’a qu’à s’en tenir aux données de Bobœuf pour réaliser la teinture en noir d’aniline dans d’excellentes conditions.
- La raison pour laquelle les procédés en question n’ont pas eu de succès en 1865 tient évidemment non à leur insuffisance intrinsèque, mais au prix trop élevé qu’avaient l’aniline et le bichromate à cette époque.
- Dans la pratique en effet le noir d'aniline a à lutter contre les noirs au campêche, qui sont d’un prix extrêmement bas.
- Le brevet Bobœuf est trop long pour êlre reproduit ici in extenso ; nous en extrayons seulement les parties les plus importa .tes.
- L’auteur fait réagir le bichromate de potasse sur les sels d’aniline, soit sur les sels normaux ordinaires, soit sur ce qu’il appelle les sels acides, qui ne sont autre chose que les ordinaires dissous dans un excès d’acide. Dans ce dernier cas il obtient des colorants qu’il considère comme formés par « double décomposition », mais qui, en réalité, ne se forment que par l’action oxydante de l’acide chromique, mis en liberté par l’excès d’acide du sel d’aniliue sur l’aniline, la double décomposition ayant eu lieu préalablement.
- Dans le premier cas — emploi du chlorhydrate d’aniline ordinaire et du bichromate de potasse, — une teinte brunâtre se produit seulement et aucun précipité n’a lieu immédiatement. S’il s’en forme un par la suite, il
- (1) Bulletin de Mulhouse 1885, page 319.
- (2) Wagner's Jahresbericht 1885', page 978.
- (3) Brevet n° 68079, du 15 juillet 1865.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- est impropre à produire aucune teinture commerciale ou applicable. (1)
- En versant la même dissolution dans celle d’un chromate de potasse, le précipité jaunâtre et oléagineux qui se forme, ne produit également aucune matière colorante utilisable.
- c Mais si au Jieu d’agir ainsi, on ajoute « préalablement de l’acide au sel d’hydro-« chlorate d’aniline, on obtient, en versant « cette dissolution dans celle des chromâtes « ou bichromates de potasse, un précipité soit « bleu ou vert, foncé, etc., offrant l’aspect « d’un noir intense, suivant que l’acide hy-« drochlorique ou les chromâtes seront en « proportions plus ou moins grandes, ou que « l’un des sels sera en excès sur l’autre ou « que l’on aura ajouté plus ou moins d’acide « ou sel d’aniline. »
- Plus loin l’auteur ajoute : « Lorsqu’il s’agira « de teindre, il suffira de passer les tissus « (soies, laines ou autres substances végéta-« les ou ligneuses) dans le sel ou les sels avec « lesquels les sels d’aniline peuvent former « des précipités ou produire des couleurs. <r Passer, par exemple, les étoffes ou tissus « en chromâtes ou bichromates de potasse,
- « etc., (au degré voulu et reconnu le meilleur « en teinture pour ne pas altérer les tissus « et en suivant les prescriptions d’usage avant k de passer en second bain) et les tremper « ensuite dans le sel d’hydrochlorate d’ani-« line. On pourra faire l’inverse si on le juge « convenable ou nécessaire. On passerait alors « les tissus en hydrochlorate d’aniline et en-« suite au chromate ou bichromate de po-« tasse.
- ...........« Les chromâtes et notamment
- « les bichromates alcalins qui produisent avec « l’hydrochlorate d’aniline des couleurs bleues, « offrant après le rinçage à l’eau l’aspect du « plus beau noir (qu'elles peuvent remplacer « avantageusement) lorsqu’ils ne sont point * en excès, donneront des précipités verts-« foncés, si ces chromâtes sont surabondants.
- « Avec l’oxalate d’aniline on obtiendra des « précipités noirs marrons. Avec l’arséniate « des précipités noirs encre de Chine, etc., « en réagissant sur les chromâtes et bichromates de potasse.
- « Chaque sel d’aniline donnera ainsi un « noir à reflet particulier.
- « Les prussiates jaunes et rouges donne-« ront des couleurs bleues et vertes, claires « et foncées avec les sels ordinaires et définis « d’hydrochlorate d’aniline, tandis qu’ils en « produiront d’autres avec d’autres sels et « notamment avec les sels préparés avec « excès d’acide.
- « D'après ce qui vient d’être appliqué on
- (1) Avec le chloxiiydrate d’aniline normal et le bichromate de potasse, il se forme, en solution suffisamment concentrée, un précipité de bichromate d’aniline.
- « comprend que l’on pourrait également tein-« dre des tissus ou obtenir des précipités en « versant un sel d’aniline neutre ou ordinaire « dans un sel (chromâtes et bichromates par « exemple) que ce sel ne précipiterait pas ; « en rinçmt ensuite en eau acidulée, ou en
- « AJOUTANT DE L ACIDE DANS LES DISSOLUTIONS « MÉLANGÉES. ))
- Cela revient donc ou bien à passer d’abord en bichromate d’aniline et oxyder ensuite l’aniline par un passage en acide, ou à teindre directement en bain plein avec sel d’aniline, bichromate et excès d’acide, ainsi que cela se pratique encore de nos jours.
- « Bien que les couleurs foncées que l’on « pourra obtenir par ces divers procédés paît raissent noires, elles ne sont néanmoins « que la réunion de diverses couleurs (bleues, « vertes, rouges, etc.) qu’elles refléteront « plus partie dièrement suivant la manière « dont on aura opéré, les sels qui auront été « employés, ou les rinçages ou lavages dans « les alcalis ou sels divers qui auront été « faits, etc., etc.
- « On pourra produire des nuances qui dé-« rivées ou composées, etc., en mélangeant « ensemble deux ou plusieurs sels, ne se prêts. cipitant pas mutuellement (chromâtes et « prussiates de potasse, par exemple) et les « précipitant ensuite par les sels acides ou « les sels neutres d’aniline.
- « On obtiendra ainsi une multitude de « nuances et de combinaisons diverses.
- (.A suivre).
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D'INVENTION
- Appareil à teindre la laine en bobines ou toutes autres matières sous la même forme, Par MM. d’AousT frères.
- Cet appareil est à bain circulant et repose sur ce principe que, pour obtenir une bonne et belle teinture de laines en bobine, il faut faire pénétrer le liquide tinctorial d’une façon uniforme à travers les masses à teindre, afin que toutes les fibres soient en contact avec le colorant pendant un temps égal et à égale température.
- Ce résultat est obtenu en établissant dans les récipients à teindre (bacs en cuivre) un courant continu sous pression du liquide tinctorial, et en distribuant cette pression sur les à côtés, au centre en même temps qu’au-des-sus des matières à teindre. Cette distribution de pression a lieu au moyen de cloisons pratiquées sur les à côtés des bacs et de tubes perforés à mandrin en cuivre, placés préalablement à l’intérieur des bobines lorsqu’on les fait, ou que l’on y place après en avoir retiré le cœur.
- L’emploi d’une pompe de système hélicoïdal avec arbre vertical produit la circulation con-
- tinue de la teinture, circulation nécessaire à cause de la présence des oxydes employés. Les remous d’aspiration sont supprimés par une chemise dans laquelle sont pratiquées des ouvertures pour l’entrée du liquide tinctorial, chemises munies de chicanes pour s’opposer à la sortie du liquide appelé.
- Nouveau produit obtenu par impression, par MM. Réquillart et Scrive.
- Les impressions à réserver sur des tissus composés de laines et de matières végétales ne sont guère appliquées que sur des étoffes composées de fils de laine et de cotons écrus moulinés avec de la laine. Les inventeurs ont obtenu un nouveau produit en appliquant ces impressions réserves sur des tissus de laine dans lesquels sont introduits des fils de matière végétale teints en nuances multicolores, ou des fils mélangés avant filature avec du coton peigné écru ou teint, ce qui permet, après l’épaillage chimique et la teinture en pièce, d’obtenir des dessins variés se présentant en nuances diverses ayant l’apparence de dessins à couleurs multiples produits par le métier Jacquard.
- Perfectionnement dans la teinture des tissus en laine et d'autres étoffes feutrées, par M. J.-W. Bannister.
- Le but de l’inventeur a été de supprimer l’emploi des mordants généralement employés avec le procédé de préparation ordinaire bien connu pour teindre les tissus en laine, et achever la teinture en une seule opération.
- A cet effet, M. Bannister emploie une com-biqaison d’ingrédients; dont les proportions approximatives sont les suivantes :
- A 250 lit. d’eau, ajouter :
- Couperose................ 4 kil.
- Pierre bleue.............. h —
- Soude commune ou calcinée (ou un alcali équivalent) .................... 4—1/2
- Acide oxalique (ou acide équivalent)............... 4 — 1/2.
- Tous ces ingrédients placés dans un réservoir sont poussés à l’ébullition, jnsqu’à dissolution complète, puis additionnés de :
- Bois de campêche....... 75 kil.
- Fustoc.................. 750 gr.
- Fabrication d’indigoline chimique, par M. Max Konig.
- Le but de l’invention est d’obtenir de l’in-digotine chimiquement pure cristallisée (indigo bleu) avec de l’indigo de commerce ou avec des déchets et matières contenant de l’indigo, par exemple, des chiffons de laine ou de coton teints à l’indigo.
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- Ce procédé est basé sur la solubilité de l'indigoiine dans l’aniline et dans le nitroben-zol, solubilité non utilisée, jusqu’à ce jour, à cause des difficultés.
- L’appareil se compose d’um.bouilleur dans lequel le liquide extracteur est maintenu en ébullition par un foyer quelconque ou par la vapeur d’eau et de deux ou plusieurs extracteurs. Chaque extracteur consiste en un récipient cylindrique communiquant avec le bouilleur dans sa partie supérieure par deux tuyaux latéraux, à vapeur, et dans sa partie inférieure par un tuyau d’écoulement muni d’un robinet interrupteur. Des étanches spéciaux empêchent toute perte de vapeur.
- L’opération consiste à sécher les matières à traiter, les pulvériser finement, les mélanger avec du sable à gros grains bien lavé, les disposer par couche, amener par la vapeur le nitrobenzol ou l’aniline en ébullition, puis enfin obtenir la cristallisation par refroidissement rapide de la dissolution obtenue.
- Nouveau produit pour le lavage et le blanchiment des chiffons, par M. Moret.
- Ce nouveau produit industriel est obtenu par la cristallisation d’une liqueur alcaline sulfurée, composée en principe d’un mélange de soude ou de sel caustique, avec sulfhydrate de soude ou du monosulfure de sodium ; cette cristallisation est obtenue de préférence par addition de carbonate de soude, seul ou additionné de silicate ou autre sel de soude.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Rouge d’Andrinople à l'alizarine.
- Cet échantillon provient des teintures exposées par MM. Kœchlin-Baumgarlner et Cie.
- Le rouge turc à l’alizarine, est un genre créé en France, par cette maison, vers 1882, alors que l’Angleterre, la Suisse et l’Alsace l’appliquaient couramment, et nous faisaient Concurrence sur notre propre marché qui fie produisait que des rouges à la garance et à la garancine.
- Aujourd’hui plusieurs fabriques françaises font le même article.
- Puisque nous possédons cet échantillon, nous le présentons à nos lecteurs.
- Nous remarquons que l’alizarine donne pour fo moins autant de feu que les produits ga-
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- rancés, et par des méthodes beaucoup plus rapides ; de plus la teinture n’est plus aussi superficielle, et on voit bien moins dans l’intérieur du tissu les parties blanches des anciens rouges d’Andrinople.
- Nigrisine
- Sous ce nom la « Société des matières colorantes de St-Denis » présente un nouveau gris qui pourrait se ranger dans la classe des Indulines, sauf qu’il n’a pas de reflet violet, à peine un œil bleuâtre -, il se rapproche beaucoup des gris purs (gris charbon) quoiqu’il n’y arrive pas absolument.
- Voici les procédés d'application donnés par les fabricants du produit :
- Dissolution.
- La Nigrisine est très soluble dans l'eau. Il sera toutefois nécessaire de corriger les eaux calcaires et alcalines avec des quantités correspondantes d’acide chlorhydrique ou d’acide acétique.
- Cette matière colorante donne, en teinture comme en impression, des nuances offrant une grande résistance aux agents chimiques, au savon et à la lumière.
- Teinture du coton.
- Teindre sur coton mordancé au tannin ou au tannin et émétique, en chauffant progressivement pendant une heure environ.
- La Nigrisine s’unit en toutes proportions aux matières colorantes basiques, telles que violets de Paris, bleus de méthylène, vert malachite, fuchsine, etc., en donnant des tons rabattus et sans qu’il soit nécessaire de modifier la marche habituelle de la teinture.
- On peut encore teindre sur coton non mordancé.
- On obtient aussi un gris très pur en employant de 1 à 2 0/0 de nigrisine par rapport au poids du coton.
- Teinture de la soie.
- La Nigrisine teint également la soie, on l’emploie sur bain neutre au savon coupé.
- Impression.
- Imprimer au tannin, vaporiser, laver.
- Eviter le vaporisage sous pression.
- La Nigrisine s’unit à toutes les matières colorantes qui s’impriment au tannin.
- Voici deux recettes dont nous avons fait usage :
- 1er procédé
- Nigrisine.................... 40 gr.
- Acide acétique............. 125 c. c.
- Gomme adrag................. 875 c. c.
- Tannin...................... 150 gr.
- Acide tartrique.............. 15 gr.
- 2e procédé
- Nigrisine................... AO gr.
- Acide acétique.............. 200 c. c.
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- Eau...................... 200 c. c.
- Gomme adrag.............. 500 c. c.
- Tannin.................... 80 gr.
- Acide tartrique........... 15 gr.
- L’acide tartrique est nécessaire pour obtenir une fixation complète de la matière colorante.
- On peut enfin foularder en nigrisine les tissus de coton dans des solutions de 10,5 et 2 gr. de matière colorante par litre, puis sécher et fixer à la vapeur.
- Noirs sur soies (suite (1)
- Noir cru mat pour souples sans charge.
- Mouiller les soies sur savon ;
- Les rouiller, les assouplir ;
- Brunir en campêche, couperose et verdet ;
- Aluner, laver -,
- Le lendemain, teindre sur un bain tiède de ! campêche et de gaude, laver;
- Aviver au jus de citron et laver.
- Gros noir souple rendant 50 p. 100.
- Rouiller à A0 degrés, laver ;
- Souder, laver;
- Rouiller à A0 degrés, laver-,
- Souder, laver ;
- Rouiller à 35 degrés, laver ;
- Souder, laver ;
- Bleuter à 15 p. 100 ;
- Passer dans un bain de châtaignier marquant 16 degrés (composé à raison de 300 p. 100) et chauffé à AO degrés ; lisser jusqu’à ce que le bain soit froid ; faire rechauffer le bain à 60 degrés, et y lisser les soies jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment assouplies ; laver à fond ..
- Faire un nouveau bain composé pour 100
- kil. de soies, avec :
- Pyrolignite de fer............ 28 lit.
- Bois jaune, ou fustet...... 20 kil.
- Fécule........................ 10 —
- Crème de tartre................ 1 —
- Couperose...................... 3 —
- Donner trois lisses à tiède, tordre, éventer, rechauffer le bain, y repasser en ajoutant un peu de pyrolignite de fer, de bois jaune, etc., suivant besoin.
- Recommencer quatre fois les lissages, lavages ;
- Aviver à l’acide sulfurique faible contenant 5 p. 100 de colle de poisson et 8 p. 100 d’huile tournante.
- Noir cru pour velours.
- Mouiller les soies sur un avivage tiède à l’acide sulfurique ;
- Rouiller fortement, laver ;
- (1) Voir les recommandations générales, dans le précédent n°, page 151.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Teindre sur campêche et savon tiède, laver;
- Aviver au jus de citron et sécher.
- Noir pour souples rendant 25 p. 100.
- Rouiller les soies à 35 degrés au pèse-sels, laver ;
- Prussiater, laver ;
- Liser sur un bain de teinture tiède contenant pour 30 kiî. de soies :
- Campêche................ h kil.
- Bois jaune.............. 3 —
- Tordre, lisser à l’air 1 /2 heure ;
- Passer sur bain de cachou pur, bouillant et laisser passer la nuit dans ce bain ;
- Le lendemain, tordre, laver -,
- Passer sur un savon à 25 degrés, laver ;
- Aviver au jus de citron, avec un peu d’acide et de colle.
- Noir pour souples rendant 30 p. 100.
- Faire deux rouilles à 40 degrés;
- Prussiater à 15 degrés ;
- Rouiller à 35 degrés, laver;
- Passer sur un bain de cachou bouillant, en lisant longtemps sur ce bain, laver ;
- Passer sur un bain froid de pyrolignite à 100 p. 100, laver;
- Teindre sur un bain de campêche et savon tiède, laver ; *
- Aviver à l’acide sulfurique et 5 p. 100 d’huile tournante.
- (A suivre.)
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- LES TENDEURS
- (Suite)
- En restant dans le système des tendeurs dits circulaires ou hélicoïdaux, MM. Pierron et Dehaître (actuellement F. Dehaître) ont construit un nouvel appareil, parfait comme mécanisme, et dans lequel les spires en métal étaient remplacés par deux plateaux, ou tourtes, portant sur les faces intérieures une ligne d’épingles dessinant la spirale des premiers appareils.
- Le travail, en somme, revient au même, sauf que les vides laissés entre les tringles des premiers permettaient souvent d’y passer les doigts, et d’aider ainsi au piquage régulier de l’étoffe, tandis que dans l’appareil Dehaître, on n’a pas cette commodité, les plateaux étant seulement perforés d’étroites ouvertures, favorisant bien la circulation des bains, mais insuffisants pour manier les étoffes en travers.
- Le Tendeur circulaire Dehaître est donc composé de deux disques ou plateaux en cuivre accouplés parallèlement par un arbre central, et portant les épingles.
- Ces disques se rapprochent ou s’écartent à volonté au moyen d’une vis sans fin engrenant
- sur l’un deux, et s’actionnant par une petite manivelle ; une autre manivelle, plus grande, fixée de l’autre côté du tendeur, sert à tourner tout le système dans le bain de teinture.
- Les plateaux ont un diamètre de 90 cm., et peuvent recevoir 30 m. d’étoffe, soit deux robes,
- Une barque en cuivre appropriée au tendeur fait partie de l’appareil, et contient le bain de teinture ; elle peut se chauffer à la vapeur ou autrement, et se vide par un robinet situé au bas.
- Tous ces tendeurs en métal étant coûteux, chacun s’est ingénié à créer des appareils plus simples, construits le plus souvent en bois ; cette matière est, d’ailleurs, moins attaquable dans les mordants acides.
- Sous le nom de Tendeur-Gomn, il a été introduit dans le chiffonnage, une réduction des « Champagnes » employés dans la teinture des toiles en cuve d’indigo, et dont les figures 65 et 66, montrent la disposition :
- Fig. 65. — Croisillon du tendeur.
- On voit sur notre dessin un croisillon à six branches, avec des lignes transversales qui représentent une des lisières d’une pièce d’étoffe, piquée sur des crochets-épingles dont est garni chaque bras du croisillon.
- Deux croisillons réunis sur un axe en bois, et l’un deux pouvant s’approcher et s’écarter à volonté, puis s’arrêter par une clavette, constituent le tendeur. La fig. 66 montre cet assemblage.
- Fif. 66. — Tendeur-champagne.
- L’étoffe étant donc fixée par ses deux lisières, n’a aucun autre contact que celui des crochets, et le tendeur garni peut être porté au bain de mordant ou de teinture, dans une cuve assez profonde, et en l’y suspendant au moyen d’une corde, (fig 67).
- Cette disposition, gênante pour les chaudières ordinaires à teinture, est plutôt favorable pour les mordants conservés entonne, comme ceux de rouille, par exemple.
- Tous les tendeurs dont nous avons fait la revue dans ce chapitre, sont nés de l’idée que les tissus de soie doivent être tendus dans tous les sens pour subir sans dommage l’action des bains de teinture ; or l’expérience a démontré que ce n’est pas la tension qui est utile, mais un simple maintien au large ; il suffit que les plis soient espacés et sans.contacts.
- Fig. 67. — Tendeur garni d’étoffe dans le bain.
- Dans ce but, on peut renoncer à tous les appareils souvent coûteux et compliquant le travail par l’obligation d’accrocher les deux lisières dans un sens bien parallèle, faute de quoi l’étoffe plisserait.
- La disposition fig. 68 peut alors être employée, et constitue, en résumé, le tendeur le plus simple et le plus pratique.
- Fig. 68. — Tendeur sans tension.
- Deux pièces de bois à mentonnières sont assemblées en regard par une barre fixe sur laquelle elles peuvent s’approcher ou s’éloigner, et s’arrêter par des chevilles.
- Cette barre est assez longue pour reposer sur les bords de la cuve à teinture ; elle peut recevoir à peu près au milieu une corde que l’on fait passer sur une petite poulie ou un piton fixé au plafond.
- Les deux pièces de bois qu’elle retient sont munies chacune d’un rang de crochets sur leurs faces intérieures.
- On y attache l’étoffe réunie en pièce, de façon à la faire tomber et remonter en une série de plis flottants, ne se touchant en aucun
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- LA. REVUE DE LA. TEINTURE
- point. Une fois la pièce toute piquée, on écarte les supports de façon à tendre légèrement, et l’on peut alors porter le tout aux cuves à mordants ou aux chaudières à teinture.
- L’assemblage étant suspendu au plafond, comme je l’ai dit, on produit le mouvement de lisage en tirant et relâchant la corde alternativement.
- Lorsqu’on veut que l’étoffe baigne dormante dans le liquide, on fait reposer la barre transversale du tendeur sur les bords de la cuve assez pleine pour y immerger complètement la pièce.
- Si celle-ci est sèche, les plis flottants refoulent sur le bain, mais quand elle est mouillée, elle entre facilement en ne brusquant pas les mouvements.
- Une modification qui faciliterait l’entrée dans le bain, consisterait à fixer les crochets non contre la face intérieure des supports, mais au dessous sur la tranche du bois ; on y attache encore l’étoffe en plis alternatifs, par la lisière, mais de façon que la seconde lisière libre tombe en bas et que les plis soient sur les côtés.
- De cette façon, la partie doublée ne se présente plus au premier contact du bain, et l’étoffe a moins de tendance a se refouler pendant les mouvements.
- Avec un seul croisillon, fïg. 65, on obtient un résultat semblable.
- Mais la nécessité du tendage réel n’étant plus reconnue, chaque teinturier imagine pour son usage des tendeurs très simples, tels que cadres et cerceaux concentriques (les uns dans les autres), châssis à barres transversales sur lesquelles le tissu est mis à cheval en plis alternatifs, comme sur l’appareil fig. 68 -, d’autres emploient simplement la tournette fig. 63. (Voir le précédent numéro).
- Tous ces moyens sont plus ou moins défectueux, mais remplissent néanmoins le but, en observant quelques précautions ; le principal est que les soieries ne soient ni foulées ni chiffonnées dans les bains et pendant toutes les manipulations.
- Il faut être attentif à un accident souvent irréparable qui peut se produire dans l’usage des tendeurs, surtout de ceux à spirales et à croisillons ; si une épingle lâche, une partie de l’étoffe viendra s’appliquer contre une autre, et à l’endroit de ce contact, il se formera à la teinture une tache nettement circonscrite, souvent très large, que tout le travail ultérieur n’arrivera pas à unir, sauf sur les noirs, et encore serait-elle visible en transparence.
- Sachant cela, il est facile de surveiller cette possibilité d’accident.
- Voilà plusieurs paroles aimables que m’adresse mon habile collaborateur, M. V. Barbé; il me connaît assez pour savoir que nous nous entendrons toujours bien ensemble.
- Dans nos communications à la Revue de la Teinture, nous n’avons ni l’un ni l’autre aucun terrain qui soit notre domaine propre, et chacun peut travailler sur celui qui lui plaît.
- Quant à moi, je poursuis méthodiquement ma voie, ayant commencé par le commencement et désirant finir par la fin, heureux du concours que je puis rencontrer et utiliser en route : tel est celui de M. Barbé.
- Maurice GUÉDRON.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- BIBLIOGRAPHIE
- L'Impression des tissus de coton, par A. Sansone, traduit de l’anglais par J.-A. Montpellier, répétiteur de technologie et de chimie, à l’école supérieure de commerce de Paris.— Un vol. in-8° de 500 p. et un atlas de 38 pl., suivi de 11 cartes d’échantillons; prix 30 fr.
- Le traducteur nous expose ainsi l’origine de cet ouvrage et les titres de l’auteur :
- « M. Antonio Sansone, ancien élève de l’éminent professeur Em Kopp, de Zurich, et ancien directeur de la section de teinture à l’école technique de Manchester, a publié dernièrement en Angleterre, un traité qui contient un nombre considérable de renseignements et de procédés qui constitue un travail des plus complets.
- « La faveur avec laquelle a été accueilli en Angleterre le livre du savant praticien nous a fait penser que nous ferions oeuvre utile en publiant une édition française. Le caractère éminemment pratique de cet ouvrage en fait un guide précieux, non seulement pour l’industriel, mais aussi pour le chimiste désireux de se familiariser avec l’application des matières colorantes en impression; aussi, serions-nous heureux que sa publication pût contribuer au progrès et au développement de cette importante industrie dans notre pays. »
- L’auteur, de son côté, nous dit :
- « En rédigeant ce livre j’ai essayé de présenter un ensemble complet des méthodes industrielles et des découvertes les plus récentes ; je me suis efforcé autant que possible de choisir et de n’exposer que les choses m’ayant paru d’une réelle utilité pratique. En même temps j’ai voulu montrer le principe des différentes opérations et donner un aperçu de la théorie de la fixation des diverses matières colorantes sur la fibre, de manière à réunir la théorie et la pratique.»
- Voilà donc l’idée qui a présidé à la genèse de ce livre -, l’énumération des chapitres va nous montrer le plan d’exécution-, en voici les titres :
- Introduction.
- Historique de l’impression des tissus de coton.
- Blanchiment des tissus de coton.
- I. — Substances et matières premières.
- Couleurs minérales.
- Colorants organiques naturels.
- — dérivés de la houille.
- Mordants.
- Epaississants.
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- II. — Procédés opératoires.
- Diverses méthodes d’impression.
- Préparation des épaississants.
- — des mordants.
- Couleurs-vapeur organiques.
- — minérales.
- Nouvelles couleurs-vapeur.
- Couleurs fixées par oxydation.
- — par réduction.
- — par teinture.
- Machines et appareils.
- Apprêts des tissus imprimés.
- Impression des tissus de laine.
- Description des échantillons de l’atlas.
- Appendice (nouveautés survenues pendant
- l’impression du livre).
- Il est inutile de faire ressortir le sens pratique de ces divisions, indiquant que tous les produits usités dans l’art de l’impression ont été décrits et étudiés, et que leur mode d’application a été détaillé dans les différents genres adoptés par l’industrie.
- Ce n’est pas assurément un ouvrage aussi monumental que celui de Persoz ; il peut être comparé au « Traité des matières colorantes » de Schützenberger, publié en 1867, et aujourd’hui épuisé, quoique ce dernier ait plutôt été un ouvrage chimique, donnant par circonstance, des procédés d’application, et ne traitant aucunement de la partie mécanique.
- Le livre de M. Sansone a classé les formules d’application par genres de fabrication, et non par dépendance des matières colorantes sur lesquelles elles sont basées, ce qui en fait un traité d’atelier, en même temps que de renseignements théoriques.
- Il relate enfin les procédés actuellement en usage alors que depuis vingt ans, rien n’a été fait en France sur la partie spéciale de l’impression qui, cependant, s’est transformée par l’emploi des nouvelles couleurs.
- Ce livre ne peut donc manquer d’être bien accueilli des imprimeurs et indienneurs, dont il est pour le moment le formulaire le plus nouveau et le plus actuel.
- CONGRÈS DE L’INTERVENTION
- des pouvoirs publics.
- M. Donnât a posé deux questions: 1° Doit-on employer l’impôt comme un instrument de progrès pour aider une industrie à vivre ; 2° Si on est conduit à le faire pour une industrie, ne sera-t-on pas conduit à le faire pour d’autres ?
- M. Passy n’a pas eu de peine à montrer que toutes les industries, toutes les professions viendront à leur tour demander leur part de ces prétendus dégrèvements qui ont pour résultat d’imposer des sacrifices aux contribuables. L’impôt, comme l’a dit M. Raffalovich, n’est pas du tout un moyen de faire prospérer telle ou telle industrie, ce n’est pas le moyen d’être agréable ou utile à telle ou telle catégorie de citoyens.
- L’impôt est un prélèvement aussi faible que possible fait sur l’ensemble des citoyens, pour leur faire payer les frais généraux de la Société dont ils sont membres.
- L’impôt c’est en quelque sorte la cotisation
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- au moyen de laquelle nous payons, nous acquittons des services qui nous sont rendus sans aucune acception de personnes ou de situation.
- Nous sommes obligés de recevoir de l’Etat, des départements, des municipalités, un certain nombre de services collectifs. Nous ne pouvons pas, par exemple, percer, éclairer nos rues. Nous sommes obligés de payer ces frais.
- Voilà ce que nous devons à l’Etat; et ce que l’Etat nous doit en revanche, ce sont des services qui s’adressent à tous indistinctement: la sécurité, la justice, la faculté d’exercer nos professions comme il nous convient, à nos risques et périls. L’impôt ne doit pas connaître les personnes auxquelles il s’applique. Le C mgrès s’est encore occupé de la question des octrois, et de celle du monopole de l’alcool. MM Fournier de Flaix et Hartmann ont fait des communications très instructives, mais nous craindrions de prolonger ce compterendu. En tout cas, on n’a pas perdu son temps.
- COLORATION DES COMESTIBLES
- et des papiers les enveloppant
- Le texte de cette ordonnance nous ayant été demandé, nous le reproduisons ci-dessous :
- En ce qui concerne la coloration des papiers, la préfecture de police se relâche depuis quel ques mois de la rigueur qu’elle avait apportée dans l’application de cette ordonnance. Il y a tendance même à supprimer les couleurs d’aniline de la liste des colorants prohibés.
- Déjà le préfet du Pas-de-Calais, dans un arrêté en date du 11 mai 1889, a fait cette suppression pour son département, il reproduit, du reste, les autres dispositions de l’ordonnance suivante :
- ORDONNANCE
- Concernant la fabrication, la mise en vente des liqueurs, sucreries, bonbons, dragées et pastillages coloriés pour envelopper les subslances alimentaires et la mise en vente des substances alimentaires ainsi enveloppées.
- Paris, 21 mai 1885.
- Nous, Préfet de Police,
- Vu, etc.
- Ordonnons :
- Article premier. — Il est expressément défendu aux confiseurs, distillateurs, épiciers et à tous marchands en général, d’employer pour colorier les bonbons, pastillages, dragées, liqueurs et substances alimentaires quelconques, aucune des couleurs ci-dessous désignées :
- Couleurs Minérales.
- I
- Composés de cuivre : Cendres bleues, bleu de montagne.
- Composés de plomb : Massicot, minium, mine orange, oxychlorure de plomb, jaune de
- Cassel, jaune de Turner, jaune de Paris, carbonate de plomb, blanc de plomb, céruse, antimoniate de plomb, jaune de Naples, sulfate de plomb, chromate de plomb, jaune de chrome, jaune de Cologne, chromate de baryte, outremer jaune.
- Composés de l’arsenic : Arsemte de cuivre, vert de Scheele, vert de Schweinfurt, sulfure de mercure, vermillon.
- Couleurs Organiques.
- Gomme-gutte, aconit nipel.
- Matières colorantes dérivées de l’aniline et de ses homologues, telles que fuchsine, bleu de Lyon, flavaniline, bleu deméthyline. Phta-leïnes et leurs dérivés substitués. Eosine, ery-throsine. Matières colorantes renfermant au nombre de leurs éléments, la vapeur nitreuse, telles que : jaune de naphtol, jaune Victoria. Matières colorantes préparées à l’aide de composés diazoiques, telles que tropéolines, rouges de xilidine.
- Art. 2. — Il est interdit aux fabricants ainsi qu’à tous marchands en général, de vendre et de mettre en vente des bonbons, pastillages, dragées, liqueurs et substances alimentaires quelconques, coloriés à l’aide des couleurs susmentionnées. Il est également interdit d’employer pour envelopper les substances alimentaires des papiers coloriés au moyen de ces couleurs, et de mettre en vente des substances alimentaires ainsi enveloppées.
- Art. 3. — Les ordonnances de police des 8 juin 1881 et 3 juillet 1883 sont rapportées. L’ordonnance de police du 15 juin 1862, est maintenue dans celles de ses dispositions qui ne sont point contraires à la présente ordonnance.
- Art. à. — Les contraventions seront poursuivies conformément à la loi devant les tribunaux compétents.
- Art. 5. — Le chef de la police municipale, les commissaires de police de Paris, les maires et commissaires de police des communes du ressort de la préfecture de police, le chef du Laboratoire de chimie et les autres préposés de la préfecture de police, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de de la présente ordonnance qui sera imprimée, publiée et affichée.
- Le COMMERCE de L’ALLEMAGNE
- On écrit de Berlin... — Les statistiques officielles allemandes des importations et des exportations de l’Empire, pour l’année 1888, viennent d’être publiées.
- Pour les marchandises diverses les importations sont supérieures de 48,8 millions de marks aux exportations. En 1887, au contraire, les exportations avaient été supérieures aux importations de 10,6 millions, et en 1886 de 97,2 millions.
- Si l’on considère, non plus la valeur, mais le poids des marchandises exportées, les statistiques accusent très nettement l’augmentation annuelle des importations, et leur supériorité sur les exportations pour l’exercice 1888.
- Ce résultat paraît avoir causé quelque surprise et quelque alarme en Allemagne. On peut résumer ainsi l’opinion de la presse :
- Après les efforts faits pour créer un outillage nationa i et perfectionné, on s’attendait à un accroissement considérable du commerce extérieur. Les débouchés n’out cependant pas augmenté en proportion de la puissance productrice du pays. L’industrie allemande, absorbée par des commandes pressantes faites en vue de la défense de l’Empire, de la construction de nouvelles lignes de chemin de fer ou de la réfection des anciennes voies, satisfaite des prix élevés obtenus dans le pays même, s’est laissé détourner du commerce extérieur, moins aisé et aujourd’hui moins rémunérateur.
- La faiblesse des exportations, telle qu’elle résulte des statistiques de l’année 1888, semble indiquer aussi que la politique économique appliquée à l’Allemagne n’atteint pas le but poursuivi. Le système protectionniste ne réussit pas à arrêter les importations, mais il augmente le prix des matières premières, et diminue ainsi sur le marché international, la puissance de concurrence du pays où il est appliqué. Il constitue en même temps un impôt sur le consommateur. Ce système n’a profité qu’aux syndicats de producteurs, et n’a eu pour résultat que la hausse des prix de toutes choses, hausse dont les ouvriers réclament aujourd’hui leur part.
- Sans doute, on peut compter sur l’énergie des industriels allemands pour triompher peu à peu de ces difficultés, mais on ne saurait oublier qu’un avenir prochain nous en réserve d’autre3. Le 1er février 1892, la France, déliée de toute convention commerciale, sera libre d’établir un tarif général qui lui conviendra, rendant ainsi sans valeur la clause de la nation la plus favorisée stipulée en faveur de l’Allemagne au traité de Francfort. Les traités de commerce avec l’Espagne, l’Italie, la Suisse, la Belgique et l'Autriche-Hongrie cesseront d’êlre en vigueur à la même date. On se trouvera alors en face de problèmes économiques que l’on doit étudier dès à présent et en vue desquels chaque nation doit se préparer.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinc toriales
- 197,707. — Société F. d’AousT et frères. — Appareil à teindre la laine en bobines ou toutes autres matières textiles sous la même forme.
- 197,711. — Van Laer. — Nouveau système d’enlevages applicable à l’impression des tissus, fils, peaux et de toutes substances
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- I textiles, de nature animale ou végétale, pour l’obtention de nuances bariolées, blanches ou autres, des pointés, des chinés, etc.
- 197,767. — Feldon. — Perfectionnements dans les machines et les appareils pour encoller au papier ou autres tissus avec de la colle, de la gomme, de la pâte ou autre matière liquide ou semi-liquide.
- 197,823. — Kesseler. — Procédé pour l’impression des peluches et étoffes analogues.
- 197,858. — Page et Bird. — Machine pour coller et peindre des tissus.
- 197,932. — Valausat aîné. — Appareil pour la teinture en pièces des velours, peluches et autres tissus.
- 197,984. — Société GuOsselin père et fils. - Perfectionnements aux laineuses à chardons métalliques à énergie variable.
- 198,076. — Hime et Noad. — Procédé pour \ imperméabiliser et préserver les tissus et autres matières.
- 198,091. — Silverlock. — Perfectionne-| ments dans les appareils servant à appliquer de la poudre de bronze ou autre à la surface i du papier ou autres matières analogues.
- ((Brevet anglais devant expirer le 6 mars 1903.
- 198,237. — Société Mély père et fils. — i Appareil à décatir les étoffes.
- 198,239. — Société Mély père et fils. — j Machine à dégraisser l’étoffe à fond, à la fixer I et à la lisser.
- 198,277. — Boyer. — Perfectionnements aux crochets à plier les étoffes.
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- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS
- Fournitures diverses. — Le vendredi 18 octobre 1889, à 1 h., il sera procédé publiquement, au chef-lieu de l’administration de 1 l’Assistance publique, avenue Victoria, 3, à l’adjudication, au rabais et sur soumissions
- I' cachetées, des fournitures d’articles de coucher, de linge, d’habillement et de pansement Nécessaires au service des hôpitaux et hospices civils de Paris pendant l’hiver 1890.
- | Ces fournitures, divisées en 75 lots, se com-! Posent de 158 articles divers de coucher I Couvertures et langes de laine et de coton, laine, crin, plume, duvet, coutil, percalines, toiles à matelas), de linge (toiles et étoffes (}c fil et de coton), d’habillement (toiles et étoffes de fil, cotonnades blanches et écrues, cotonnades de couleur, draperie, molleton, ^ofîes de laine, soieries, bonneterie, chapellerie, sabots) et d’articles de pansement (coton cardé en nappes, gaze, mousseline, taffetas gommé, toile imperméable, caout-chouc, toile imperméable gommée).
- S’adresser, pour prendre connaissance du cahier des charges et des échantillons-types, ^ secrétariat général de l’Assistance publiée, avenue Victoria, 3, tous les jours non Éfiés, de 10 h. à 4 h.
- Résultats d’adjudications
- MINISTÈRE DE LA MARINE rocitefort, le 12 septembre.
- Toile bleue lisse de coton.
- Dulac, à Armentières, adjud. à 403.
- Toile de coton couleur cachou.
- Ernest Richard, à Cholet, adjud. à 72 les 100 m.
- Ganse et tresse.
- David frères, à Paris, adjud. à 425.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- L’affaire Cranitz, — On lit dans le Journal de Rouen :
- Depuis quelques semaines, l’industrie de la teinture en noir d’aniline est arrêtée, provisoirement, à Rouen, sous le coup de menaces de procès en revendication de procédé, de la part d’un industriel, M. Samuel Grawitz, bien connu dans cette ville pour avoir travaillé dans plusieurs établissements de notre région, il y a une quinzaine d’années. Le nom de M. Grawitz est encore plus connu à un autre titre, par le bruit qu’il a fait, il y a trois ans, dans le Nord et surtout en Belgique, où il était allé promener ses revendications avant de venir les exercer chez nous. On se souvient qu’en mars 1886 une émeute éclata dans la petite ville belge de Re-naix, et que M. Grawilz faillit être écharpé et jeté à l’eau par la population ouvrière, exaspérée de la fermeture imminente des usines. Il ne dut son salut qu’à la protection du bourgmestre.
- En France, les choses se sont, heureusement, passées d’une façon plus calme; il n’en est pas moins vrai que cette question industrielle a jeté l’émoi successivement dans plusieurs régions, à Lille d’abord, à Troyes, puis dans l’Ouest, à Laval, enfin à Rouen.
- Il s’agit là d’une question délicate entre toutes; et la preuve en est dans les divergences d’appréciation des tribunaux devant lesquels elle a été portée. A Lille, le tribunal de première instance a débouté M. Grawitz de ses prétentions. A Laval, il en a été de même; mais M. Grawitz ayant fait appel de ce dernier jugement devnat la cour d’Angers, celle-ci lui a donné raison par arrêt du 22 juillet dernier. C’est une fois en possession de cet arrêt que M. Grawilz est venu exercer ses revendications-chez les teinturiers de Rouen et des environs. Muni d’une ordonnance, il a fait opérer des saisies dans dix établissements: ceux de MM. Mi-ray, à Darnétal, Léon Blanchet, Rouen fils, Gi-von, H. Caron, Lecœur frères, à Bapaume, Daniel Fauquet, R. Brière, Berrubé et Chirol, Abel Blanchet
- M. Grawitz a trouvé tous ces établissements arrêtés, à l’exception d’un seul, qui avait continué à teindre en noir d’aniline, en excipant de procédés antérieurs à ceux réclamés par M. Grawilz dans ses divers brevets pris de 187A à 1876. Il en sera ainsi au moins jusqu’aux premiers jours de novembre, date à laquelle les principaux d’entre ces brevets tomberont dans le domaine public. C’est donc pour un certain temps une période d’inaction qui pèsera lourdement sur l’industrie, puisque les tissages pourront être attaints aussi par contrecoup, et qui, dès maintenant, affecte de nombreux ouvriers.
- C’est là un fait déjà fort grave. Mais que serait-ce si M. Grawilz parvenait à faire consacrer d’une façon définitive par les tribunaux la validité de ses prétentions, comme il vient de l’obtenir de la cour d’appel d’Angers? L’arrêt de cette cour, rendu contre M. Boissel de La-
- val, ordonne « qu’un expert déterminera par « l’examen des livres de Boissel et, en l’ab-« sence de livres, par tous modes d’inscrip-« tion, par le relevé des achats d’aniline et « de bichromate, la quantité des objets teints « en contrefaçon des brevets de Grawilz et « évaluera les dommages-intérêts dûs par « Boissel » On voit par là combien la question prend d’importance.
- Mais, hâtons-nous de le dire, les teinturiers rouennais, qui teignaient en noir d'aniline, et par des procédés qui leur sont propres, bien avant que M. Grawitz ne prît ses brevets, sont bien déterminés à lutter contre ses prétentions, qu’ils repoussent énergiquement. L’arrêt de la cour d’Anger* ne s’applique qu’à une espèce, et la question, on peut le dire, reste entière.
- Gela est si vrai, qu’à la date du 29 juillet dernier, — c’est-à-dire postérieurement à l’arrêt de la cour d’Angers, — le tribunal civil de Lille a rendu un jugement « annulant les « brevets et certificats d’addition de Grawitz, « mais en tant seulement qu’ils sont relatifs à « la teinture des tissus en noir d’aniline, en « bain plein ». Ce jugement déboutait, en conséquence, Grawitz de son action en contrefaçon contre quatre industriels et le condamnait à payer à chacun d’eux la somme de 1.000 fr., avec intérêts judiciaires.
- On voit que les opinions sont partagées au sujet de la validité des prétentions de M. Grawitz. Les experts eux-mêmes sont divisés. A Lille, la majorité de ceux qui avaient été désignés par le tribunal s’est prononcée contre M. Grawitz, et c’est sur leur avis que les juges ont statué. A Angers, également partage d’avis, mais en sens contraire.
- Là, les experts étaient MM. Bardy, directeur du laboratoire des contributions indirectes -, Decaux, directeur des teintures des Gobelins, et Gautier, professeur à l’Ecole de médecine. Ce sont MM. Bardy et Gautier qui ont formé la majorité sur l’avis de laquelle la cour a basé son arrêt. Ils ont déclaré que la « teinture progressive et continue en bain plein doit être attribuée à Grawitz ». En revanche, le directeur des teintures des Gobelins, M. Decaux. dont le savoir et l’expérience font autorité, estime que « Grawilz n'a rien inventé, pas plus le bain plein que l’emploi des matières qui le constituent ». C’est ce qu’a déclaré aussi, on l’a vu, la majorité des experts de Lille. D’autres savants, parmi lesquels on peut citer MM. A. Girard, L. Magnier de la Source, J. Ogier, etc., se sont prononcés dans le même sens.
- Enfin, il est un point curieux à signaler, c’est qu’en Allemagne, M. Grawilz s’est vu refuser le brevet qu’il demandait pour ses procédés, et que ce refus a été motivé « par le manque de nouveauté des procédés décrits dans la demande ».
- Nous apprenons que M. Grawitz continue ses saisies. Dernièrement, il était dans la région de Bolbec, où il a opéré chez plusieurs teinturiers comme à Rouen. Il va donc s’engager une série de proGès interminables, dont l’issue est subordonnée aux avis des experts qui seront désignés. Le syndicat des Teinturiers de Rouen n’a pas attendu à ce jour pour réunir les éléments essentiels à sa défense. Nous avons cité déjà quelques-uns des savants qui se sont prononcés contre les prétentions de M. Grawitz. Ce ne sont pas, tant s’en faut, l:s seules autorités qui seront produites.
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- S i»vol d’échantllloiig. — M. le Consul de France à Mong-Tze vient d’adresser une collection d’échantillons de tissus de laine et
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- de coton, représentant les étoffes de provenance européenne qui se vendent le plus couramment sur les marchés du Yun-Nan.
- Cette collection, accompagnée d’une note relative aux prix, dimensions et frais de transport de ces diverses étoffes, sera successivement communiquée aux Chambres de commerce, Chambres consultatives des Arts et Manufactures, Chambres syndicales et Musées commerciaux, qui demanderont à la consulter.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- LE HAVRE
- Bois de teinture. — Dans les bois de teinture, les campêches se sont réveillés par la vente de 50 tx Jamaïque Black-River, à fr. 7 85 les 50 kil. ; les bois jaunes sont sans affaires.
- Cachou, curcuma, rocou, orseille, cochenille, quercitron, dividivi, sumac. — Tous ces articles sont actuellement en grand calme.
- Il nous est parvenu : 471 s. dividivi de Curaçao.
- Indigo. — De gré à gré, on a traité 22 sur. Guatemala, plus d’une filière de 10 c. Bengale parité de fr. 6 15.
- Arrivages : 1 c. du Nord.
- Le terme a fléchi de 5 à 10 cent pour les mois rapprochés et, vers la fin de la semaine, il a regagné cette baisse pour les mois de septembre et octobre ; les mois de novembre à février sont encore en baisse de 5 à 10 cent, sur la semaine, tandis que les suivants n’ont subi aucune variation.
- Il s’est traité passablement d’affaires, mais la plupart sont des reports d’octobre sur mars.
- On a coté : 90 c. Bengale sur octobre, de fr. 6 à 6 10; 60 dito sur mars, de fr. 6 15 à 6 25.
- MARSEILLE
- Drogueries de Teinture. — Bois de Campêche (Laguna) F. » (Guadeloupe)
- 22.— à 24.— 17. — 19
- Bois Jaune (Maracaïbo) .... 12.— à 13 100 k.
- » de Fustet de Salonique. 12.— à 14 Cachou noir, lrc m. Etoile B.. 77.— 78 » » marque. S K G.. 65.—
- Cochenille argentée......... 2.35 à 2 45
- » grise........ 2.15 à 2.40
- » zacatille naturelle. 2.20 à 2.40
- » noire extra...... 2.50 à 2.75
- Curcuma Bengale............. 26.—à 27.—
- » Cochin en boules.... 15.— 16.—
- » Madras........ 20.— 22.—
- Calles de Chine ............ 145.— 155
- Prussiate Jaune de potasse.. 190.— entrep.
- Indigos. — Cours au 1/2 kilog.
- Madras, beau coloré, tendre léger F. 5.— à 5.50
- » très bon coloré 4.— 4.75
- » bon coloré 3.25 3.75
- » moyen et ordinaire 2.80 3.-
- Kurpah, fin violet, pâte pure 5.50 6.—
- » bon violet mélangé 4.75 5.—
- » moyen violet mélangé ... 3.75 4.50
- » Pondichéry 2.80 4.—
- Bengale beau et fin violet 7.75 8.25
- » fin violet rouge 7.50 7.90
- » bon violet et moyen 6.75 7.25
- Java surfin violet à fin 8.75 9.75
- » fin violet à beau 8.25 8.75
- » très bon violet à bon 7.50 8.-
- BORDEAUX
- Bois de teinture. — Cet article prend chaque jour une plus grande importance sur notre marché. Cette semaine encore, nous avons noté la vente de la cargaison de campêche du voilier français Mam, soit 400 tonneaux, traitée sur notre place à livrer à Marseille, à prix tenu secret.
- Indigos. — Une seule transaction a été traitée cette huitaine, un lot de 5 caisses Kurpah a trouvé preneurs à prix non divulgué.
- Cour du mois : Bengale, du pair de 1 fr. à 1 fr. 80 de rabais ; Kurpah Kuddapah, de 1 fr. 60 à 1 fr. 85 de rabais ; Kurpah Pondichéry, de 1 fr. à 1 fr. 20 de rabais ; Madras bon, de 60 à 80 c. de rabais ; Madras moyen ordinaire, de 1 fr. 25 à 1 fr. 40 de rabais ;
- Guatemala, de 1 fr. 65 à 1 fr. 90 de rabais ; Mexique, de 1 fr. 50 à 1 fr. 70 de rabais ; Ca-raque, de 90 c. à 1 fr. de rabais. Le tout sur les estimations.
- SMYRNE
- Gomme adragante. — Les détenteurs n’ont pas réussi à hausser les prix autant qu’ils l’auraient voulu ; les ventes de la quinzaine se chiffrent par une quarantaine de c. de toutes qualités aux prix suivants :
- N° 1 Extra blanche fcs 517 les 0/0 kil. cwt.
- 2 Blanche » 420 »
- 3 Blonde blanche » 323 »
- 4 Rousse » 307 »
- 5 Naturelle » 240 »
- Le stock ici est d’environ 215 c.
- Graines jaunes. — Ventes de la quinzaine : 96 sacs.
- N° 1 Premières fcs 141 les 0/0 kil.
- 2 Secondes » 129 »
- Stock : environ 270 sac.
- Cire jaune. — La récolte est toujours considérée bonne. Les ventes, du commencement du mois à ce jour, s’élèuent à 3500 kil. environ.
- N° 1 Scarpelatta fcs 322 les 0/0 kil.
- 2 Naturelle » 309 »
- Le stock est d’environ kil. 200.
- Noix de Galles. - Les ventes de la semaine comportent kil. 10.000 écarts inférieurs de la dernière récolte à fcs 65 les 0/0 kil. et kil. 5.000 Noires de la nouvelle récolte au prix de fcs 131 les 100 kil. Le marché clôture très ferme à ce dernier prix, avec demande active.
- N° 1 Noires Yerly fcs 131 les 100 kil,
- 2 Vertes » ). ....
- „ fcs llo »
- 3 Blanches » \
- Stock en nouvelle marchandise : 25 à 30
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
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- OFFICE TECHNIQUE ET COMMERCIAL
- Nous avons toujours considéré qu’un journal industriel devait favoriser la réalisation pratique des procédés qu’il publie, en fournissant les moyens de les mettre en oeuvre.
- Nons pensons aussi qu’il doit mettre à la disposition de ses abonnés, ses relations et la compétence spéciale de ses rédacteurs, pour la solution des questions techniques et pour l’acquisition des produits ou machines nécessaires à leur profession.
- Nous offrons donc à nos lecteurs les services suivants
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- l’habitude de la procédure spéciale, mais encore une connaissance pratique des industrie» dans lesquelles se classent les brevets.
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- LA TEINTURE
- LA REVUE DE
- AVIS A NOS ABONNÉS
- La Revue cle la Teinture a subi quelques retards dans sa parution par suite du surcroît de travail et de déplacements causés par l’Exposition, dont nous avons tenu à donner une physionomie exacte en ce qui concerne nos spécialités : nos lecteurs savent comment nous avons rempli cette tâche, qui n’est pas, du reste, achevée.
- Pour revenir à nos dates exactes, nous réunissons en une seule livraison les deux nos d’octobre, et il en sera de même pour ceux de novembre; notre journal reprendra ensuite sa périodicité régulière.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Exposition universelle: les soies teintes. — Les effets de la teinture clans la draperie. — Blanchiment électrolytique. — Cuve mixte à l’indigo et à l’ioclophénol. — Le noir d’aniline (suite). — Rouleaux d’impression en métal blanc. — Revue sommaire des brevets d’invention. — Filtre rationnel pour benzine.
- Procédés divers : Pioupiou ou volcan ; Pervenche ; Couleurs azoïques ; Impression et teinture en thioliavirie ; Noirs sur soie (suite) ; Ravivage des fonds sur châles. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégrais-seur.
- Chronique Industrielle : Visite industrielle en Belgique-Allemagne. — Programme des prix de la société d’Encouragement. — Trop de créanciers. — Adjudications — Renseignements commerciaux. — Informations et Faits divers. — Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- Cette semaine a été la glorification de J.-B. Dumas, l’un des pères de la teinture moderne, et dont la statue vient d’être inaugurée à Alais, sa ville natale.
- On peut encore voir à l’Exposition un moulage en plâtre de cette statue, placé sous le péristyle du palais des Beaux Arts, dans l’angle regardant la tour Eiffel.
- Dumas, avec ses traits réguliers, sa belle prestance et une certaine distinction dans sa personne, — tel que l’ont bien connu les étudiants de plusieurs générations, — est debout, faisant un cours assurément car le geste et la physionomie indiquent qu’ilparlo ; à ses pieds sont quelques appareils de chimie. L’oeuvre est simple mais forte et pleine de vérité.
- Le savant est bien là tel que nous
- l’avons vu si souvent au Collège de France et à l’Institut.
- Nous publions à nos « Informations» une courte notice sur Dumas, mais nous rappelons ici que nos industries lui doivent un traité spécial, le « Précis de l’art de la Teinture » publié en 1846, et extrait d’un ouvrage plus général : le « Traité de chimie appliquée aux Arts. »
- Le « Précis de l’art de la Teinture » paraissait en même temps que le mémorable « Traité de l’impression des tissus » de Persoz, et que les travaux de Chevreul publiés dans les mémoires de l’Académie des sciences; ces trois auteurs, chacun dans son genre, ont formulé les principes et les procédés de nos industries, jusque là, sans unité et sans cohésion, parmi les praticiens, et dans quelques manuels qui nous font sourire aujourd’hui.
- » *
- Pour revoir Dumas à l’Exposition, il faut se hâter, car les portes se ferment, et malgré le regret de voir autant de merveilles se disperser, il faut bien s’y résoudre, et d’ailleurs, voici le froid qui approche, et si l’on a dû renoncer à éclairer toutes ces vastes galeries, il serait encore plus difficile de les chauffer.
- Dans les vêtements aussi, l’hiver s'annonce ; déjà les étoffes légères ont disparu, et il n’est plus question que des lainages un peu consistants.
- Les toilettes de dames se font donc en étoffes plus épaisses, en soies d’hiver. On parle beaucoup du pékin pour étoffe de demi-saison.
- L’écossais est toujours en grande faveur et aussi les larges carreaux ou plutôt les quadrillés, formés sur un fond bis ou gris par des rayures un peu épaisses, en noir ou camaïeu.
- Parmi les teintes le plus en faveur, il faut citer les violets un peu soutenus, comme le violet-prélat et le violet aubergine, le beau ton rougi des cucurbi-tacées de ce nom.
- Parmi les couleurs empruntées à l’Exposition, la tour Eiffel figure au premier rang. Puis, c’est un bleu très original, appelé « dôme central » parce qu’il en rappelle la teinte. Quant aux fontaines lumineuses, elles ont inspiré un brocart qui porte leur nom. Sur un
- fond de satin blanc ou noir, c’est une irradiation de teintes multicolores.
- Le «Lumineux» proprement dit est un vert émeraude clair et brillant ; le vert, en un mot, des fontaines lumineuses.
- Dans les nuances plus courantes, celles dérivant des rouges et des verts assombris, éteints, sont toujours en grande vogue.*
- En draperie, les tissus en cardé, plus chauds que les peignés, reviennent nécessairement en faveur.
- On fait des rayures unies de nuances et des multicolores; des étoffes tout laine, d’autres ornées de laine brillante en opposition avec le reflet mat des premières, ou des filets de soie, pure ou retordue avec une autre matière. Toutefois la soie n’est pas employée très couramment.
- Les couleurs partent du blanc jusqu’aux plus foncées en passant par tous les tons. Enfin les apprêts ne sont pas moins variés, car on fait le rasé, le brut9 le d^apé, le velouté ou demi-velours que l’on reprend avec quelque espoir, mais qui trouvera plutôt un accueil favorable en hiver pour ses nouveaux débuts.
- *
- * *
- A Roubaix-Tourcoing, on parle pour la saison prochaine d’étoffes fabriquées avec de la grosse laine. Du moins quelques fabricants essayent d'échantillonner dans l’intention de tourner la difficulté dans l’approvisionnement des laines fines. C’est une question de mode, dira-t-on ; aussi faut-il la signaler.
- La situation reste favorable en fabrique ; il y a même une reprise accentuée, avec prix en hausse.
- Des commissions nombreuses et très importantes sont journellement reçues par ces deux places ; des manufactures sont même dans l’obligation de refuser des ordres.
- A Fournies, il y a bien des commandes aussi, maïs à prix insuffisamment rémunérateurs.
- Reims a reçu des commissions excessivement nombreuses en fils peignés, à prix en hausse. lin tissus d’exportation, la place fait de bonnes affaires. L’intérieur demande moins.
- Le bulletin mensuel de la Chambre de commerce d’Elbeuf constate que la
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- fabrication de la nouveauté a été régulièrement occupée, pendant le mois de septembre dernier.
- Les draps noirs, les draps de cou- | leur et d’administration sont sans changement, mais le prix élevé de la laine fait craindre un obstacle à la production accoutumée.
- Pour l’exportation, il y a eu très peu d’expéditions.
- À Sedan les affaires n’ont pas beaucoup d’entrain et les expéditions n’atteignent pas le même niveau que l’année dernière à pareille époque.
- Louviers est en bonne situation.
- Vienne est aussi satisfait et Mazamet s’attend à un accroissement dans sa production.
- L’indienne et la rouennerie â Rouen se plaignent de ne pas écouler et de l’insuffisance des prix. Les tissus écrus sont également délaissés pour le moment, et l’Algérie, qui devrait être en pleine vente, fait complètement défaut.
- Et cependant à Mulhouse, il y a un grand mouvement d’affaires, en ce moment, sur les cotonnades.
- * *
- Il y a, du reste, une tendance générale, à l’activité qu’on peut attribuer au débarras des élections, aux bonnes récoltes de l’année, au succès de l’Exposition, et même à sa fermeture, qui clôt l’ère des études et des distractions pour ouvrir celle des résultats.
- F. Gouillon.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- Soies teintes.
- La teinture des soies est centralisée à Lyoi, St-Etienne et St-Chamond; à Lyon principalement certaines maisons font un chiffre d’affaires considérable.
- Paris a aussi quelques teintureries en soies de moins grande importance, mais exécutant des travaux très soignés à l’usage notamment de la passementerie, des ameublements, des gazes et de la nouveauté.
- Depuis 1878, les perfectionnements les plus notables portent sur la teinture en pièces, sur le blanchiment des soies sauvages et sur les charges que l’on applique même aux couleurs.
- On conteste avec une certaine raison que ces procédés soient des améliorations dans l’industrie des soieries; ce n’est pas à ce point de vue que nous nous plaçons, nous considérons seulement que ce sont des moyens longtemps cherchés et, maintenant, en partie réalisés.
- Dégommage et cuite.
- La première préparation des soies est le décreusage qui consiste à leur enlever le grès lorsqu’elles ne sont pas destinées à être employées comme grèges, c’est-à-dire pour les trames et tes organsins.
- Le décreusage comprend deux opérations : le dégommage et la cuite qui n’ont pas varié depuis l’origine, peut-être, de cette industrie, et que nous avons décrits en 1888 (page 5); elles sont bien connues, d’ailleurs, et sont toutes deux basées sur l’emploi du savon.
- Nous avons vu proposer une foule de produits pour la même destination ; le carbonate d’ammoniaque, le stannate de soude, la baryte, le borax, les silicates, aluminates, sulfures, etc.
- C’est toujours le savon qui a prévalu, et nous ne voyons pas bien l’utilité d’y chercher des substituts ; son travail est satisfaisant à tous égards, il laisse à la soie son éclat et son toucher; il n’est pas d’un prix élevé, et, d’ailleurs, on utilisa les bains de décreusage soit pour monter les bains de teinture, soit en en retirant les corps gras du savon.
- Les modifications apportées au système primitif consistent à faire les cuites sur bâtons et non plus en sacs comme autrefois ; enfin on a reconnu qu’il ne fallait pas trop prolonger les ébullitions en savon, sous peine d'altérer la fibre, qui perd ainsi une partie de son brillant et de sa résistance.
- Mais comme il arrive que des soies écrues, même, soient chargées, et que les matières employées à la charge, (de nature très variée) puissent nuire aux opérations de décreusage, certains teinturiers lavent préalablement ces soies dans une eau légèrement acidulée à l’acide chlorhydrique, puis dans de l’eau simple. Après cette précaution, il y a moins de dangers d’y fixer avec le savon, des sels terreux, difficiles ensuite à séparer.
- Cette opération préalable est surtout utile pour les chappes, frisons et autres déchets de moulinage, généralement souillés de matières diverses pendant les travaux antérieurs.
- Blanchiment.
- C’est le soufrage qui est encore le plus employé, cependant les nouveaux procédés à l’eau oxygénée tendent à s’y substituer, et lorsque cet oxydant sera descendu à un prix commercial, il s’emploiera exclusivement.
- Sa qualité première est de détruire réellement les pigments colorés, alors que l’acide sulfureux ne fait que les transformer d’une façon précaire, c’est à-dire en leur laissant la faculté de se reformer et donnant, par conséquent, des blancs instables.
- C’est surtout dans le travail des soies sauvages que l’eau oxygénée rend d’importants services ; c’est le seul agent qu’on puisse employer pour leur blanchiment.
- Dans le courant de l’année 1888 et de la
- présente nous avons eu plusieurs communications à propos de cet emploi de l’eau oxygénée (voir 1888, pages 138, 170, 178, et année courante, pages 67, 75 et 83).
- Toutes les autres méthodes proposées pour le blanchiment des soies sauvages, n’ont plus maintenant qu’un intérêt historique, tels ceux basés sur l’emploi du permanganate de potasse et de l’hypochlorite d’ammoniaque.
- Teinture en noir.
- Teindre en noir et charger paraissent, aujourd’hui, dans l’industrie des soies, des termes synonymes, tellement ces opérations sont devenues inséparables.
- Il est rare que l’on fasse des noirs absolument sans charge, tout au moins leur fait-on rendre la perte due à la cuite, mais la charge est souvent poussée à l’exagération.
- Tant qu’on ne donne qu’un maximum de 50 à 60 0/0, en plus de la perte du décreusage, les soies n’ont pas encore perdu leurs qualités de brillant, de souplesse et d’élasticité ;jusqu?à 100 0/0 elles sont encore d’un Uiage passable, et même la charge peut être un bien, en restant dans les bornes susdites de 50 à 60 0/0, car le fil prenant un volume supérieur fournit davantage, et permet d’obtenir des tissus moins chers à main égale, qui sont encore de bonne qualité.
- Mais lorsqu’on arrive à 200, à 300 et même à 400 0/0 de charge, le brin de soie n’est plus que le support de gallo-tannates de fer, durs, cassants et ternes, le3 étoffes qui en sont faites se coupern rapidement, et prennent comme un aspect poisseux (non au toucher) qui est loin du brillant des soieries noires naturelles : cet aspect, que l’on appelle « cirage » ne se produit souvent que plusieurs mois après la teinture, lorsque les articles sont mis en vente, mais ils ne sont plus, alors, vendables.
- Si donc, la charge modérée des soies a pu avoir son utilité, J a charge exagérée est bien certainement un procédé regrettable.
- Quelques maisons pourtant, se sont spécialisées dans les noirs légers, c’est-à-dire sans charge, encore employés pour plusieurs articles de choix, tels que peluches et beaux velours, soies à coudre et à broder, pour tresses, etc.
- Les procédés de noirs sur soie n’ont guère varié depuis vingt-cinq ans ; nous en donnons en ce moment le résumé dans nos « Procédés divers » ainsi que nous l’avons déjà fait en 1888 (p. 107, 115, 123 et 130).
- Teinture en couleurs
- Cette partie a fait beaucoup de progrès, mais ils sont dus principalement aux fabricants de couleurs
- Les matières colorantes dérivées de la houille sont aujourd’hui si nombreuses, si variées, si brillantes, qu’elles répondent à tous les
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- besoins de la teinture des soies, et leur mode d’application étant uniforme, le teinturier n’a plus à composer des bains • il lui suffit du tour de main, de l’œil pour arrêter au ton, et de l’expérience des manipulations (secouage, chevillage) qui accompagnent le travail sur les bains.
- Gela est quelque chose sans doute, et nul ne pourrait, sans apprentissage, s’improviser teinturier en soies ; il y a .oin, cependant, des connaissances qu’il fallait autrefois pour l’emploi des bois, de la cochenille, du safranum, du bleu de France, du rocou, du cachou, etc.
- On fait encore des bons teints avec quelques-unes de ces matières, mais ce n’est rien à côté de l’emploi des anilines.
- Le meilleur procédé de teinture avec la plupart des couleurs de houille, est celui du bain de savon, qui retarde un tirage trop rapide, et permet de mieux unir. On emploie même les bains ayant servi à la cuite, et l’on prétend que le grès qu’ils ont dissous, et que le savon a blanchi, se réapplique en partie sur la fibre,^n la nourrissant pour ainsi dire, et quoiqu’il en soit, il paraît reconnu que les vieux bains de décreusage à aspect sale et trouble, donnent de plus belles teintures que les dissolutions neuves de savon.
- Les soies en couleurs n’ont pas échappé à la pratique de la charge ; c’est toujours avec des tannins qu’on applique ; pour les bruns ou couleurs foncées, on emploie le cachou, les noix de galle, le sumac ; si on les destine à des couleurs claires, on emploie des tannins directs, c’est-à-dire extraits chimiquement des matières tanniques, et qu’on fixe comme de l’alun.
- Plusieurs bains alternatifs de tannin et d’alun peuvent donner aux soies une surcharge de 20, 30 et 40 0/o, sur laquelle on peut ensuite teindre à peu près avec toutes les matières colorantes.
- Le bi-chlorure d’étain est aussi employé comme charge.
- Après teinture, on charge quelquefois les fils avec du sucre qui a, dit-on, encore l’avantage de donner du craquant à la soie. On ne peut qu’y donner un faible supplément de poids, et les étoffes qui en sont fabriquées se tachent trop facilement par l’eau.
- Teinture sur tissus
- C’est dans cette partie que la plus grande impulsion a été donnée à l’industrie des soies. La teinture en pièce a surtout donné essor à la fabrication des étoffes inférieures de soie mélangée de coton, qui devient aujourd’hui considérable.
- Il y a quelque vingt ans, on ne teignait guère en pièces que des foulards, des doublures, des articles tramés en schappe, et quelques tissus à réseaux.
- Puis on aborda des tramés coton mais en couleurs faciles et surtout en noir.
- Aujourd’hui on fait en toutes couleurs des
- soies pures, des mélanges laine et coton, et meme de ramie, (qui toutefois ne se file pas encore assez fin pour s’allier pratiquement ' avec la soie).
- Ce n’est pas seulement la teinture proprement dite, mais aus si le décreusage qui se fait à l’état de tissus, et l’on conçoit combien l’opération est délicate avec ces mélanges, surtout avec la laine qui supporte difficilement l’action du savon bouillant.
- Apprêts
- Aujourd’hui, toutes ces difficultés sont surmontées, mais il a fallu que les apprêteurs apportent aussi leur concours.
- L’écueil est que par le passage dans les bains le fil de soie se décheville ; au 1 eu d’être ouvert et épanoui comme après le chevillage, ses brins s’agglomèrent et le tissu se creuse.
- Une heureuse invention pour réparer en partie cet effet, était le peigne à assouplir, imaginé par M. Lyon, teinturier à Alger, et consistant en une ligne de fines aiguilles, sous lesquelles on gratte légèrement les étoffes ; c’est une sorte de cardage ou plutôt de lainage, dans lequel les dents de cardes ne font qu’effleurer le tissus, mais c’est assez pour ouvrir les fils de soie constituant ce tissu, pour garnir et assouplir celui-ci.
- Nous regrettons de n’avoir pas vu figurer cet appareil à l’Exposition, d’ailleurs bien incomplète comme matériel tinctorial.
- La matière des apprêts a aussi son importance -, celle qui paraît préférée est une dissolution de paraffine dans la benzine -, elle donne du brillant et une imperméabilité relative, en même temps qu’un peu de corps sans dureté.
- Si l’on veut plus de fermeté, il faut faire usage avant l’application de la paraffine, d’une gomme ou d’un mucilage, à l’aide du foulard, de façon à ce que cet apprêt soit aussi superficiel que possible pour ne pas aller encore agglomérer les fils au sein du tissu.
- La dissolution de paraffine s’applique aussi au foulard, sur l’étoffe bien sèche ; le dissolvant étant évaporé, il ne reste qu’un léger enduit de cette sorte de cire minérale, et qui fait en même temps comme un vernis préservant le tissu de l’action de l’eau -, il est donc également utile pour les soieries tissées en fils teints chargés au sucre.
- L’Exposition est une occasion de faire une revue des progrès réalisés dans une industrie, et de ses procédés actuellement en pratique ; nous nous attachons à ce point de vue beaucoup plus qu’aux noms des exposants que nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de citer.
- F. Gouillon.
- LES EFFETS DE LA TEINTURE
- dans la draperie
- Il est assez d’usage que les fabricants de tissus mettent au compte des teinturiers la plupart des accidents qui leur arrivent, notamment pendant les apprêts.
- Souvent la couleur ternit, s’affaiblit et les fabricants disent qu’on leur a livré des faux teints. Il est facile de réfuter ce reproche, mais ce sont toujours des explications plus ou moins acceptées.
- L’article suivant du journal « Les Tissus », organe de la draperie, expose les causes les plus fréquentes de ces accidents ; elles sont bien connues, mais il n’est pas inutile de la répéter.
- Notre confrère dit à ce propos :
- Actuellement les étoffes d’une seule couleur se font pour toutes les parties du costume et dans toutes les fabrications. Deux manières sont particulièrement en usage pour les obtenir : la teinture en laine, la teinture en pièces. L’une et l’autre présentent des avantages et des inconvénients dont nous allons résumer les principaux. /
- La teinture en laine permet des mélanges multicolores dont l’ensemble donne des feintes qu’on ne saurait obtenir autrement. La laine, en mèches indépendantes, absorbe plus intimement les produits tinctoriaux et offre des couleurs d’une meilleure solidité ; d’autre part, certaines irrégularités qui se produisent à la teinture sont atténuées par le mélange qui a lieu entre les différentes parties de laine pendant le cardage et le peignage. Mais ces couleurs ne conservent pas toujours leur fraîcheur primitive dans les apprêts ; en outre, il faut presque au début de la saison assigner à la laine une couleur que les commandes futures ne ratifieront peut-être pas ; en résumé, on peut en teindre trop ou pas assez, ce qui augmente d’autant le prix de revient, soit que des parties restent inutilisées, soit qu’il faille faire des suppléments.
- Pour la teinture en pièces on peut tisser en écru les genres adoptés, les fils non altérés offrent proportionnellement plus de résistance à l’emploi, la teinture revient à un prix moindre et peut n’être faite qu’au fur et à mesure des demandes, les teintes fraîches conservent leur vivacité, etc. Mais alors on ne fait que des couleurs pures et, comme ce travail termine à peu près les manipulations de la fabrication, il faut que tous les autres travaux soient conduits avec soin pour ne point susciter à la teinture des non-réussites, des accidents irréparables.
- Sans prétendre trancher une question sur laquelle les piaticiens ont encore des doute?, nous devons cependant rappeler que les inconvénients éprouvés pendant la teinture en pièces ont souvent une origine antérieure à ce travail et que l’on doit tout faire pour les prévenir.
- Chacun sait le rôle important que l’eau joue
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- dans touîes les opérations de la fabrication, à partir même du dégraissage des laines, suivant qu’elle est plus ou moins pure et que sa pureté est troublée par telle ou telle substance que charrient ou que contiennent combinés la plupart des courants. On ne saurait prendre trop de précautions pour s’assurer de sa composition et l’épurer au besoin.
- L’encollage des fils de la chaîne peut à son tour avoir de l’influence sur l’épuration des étoffes, et être plus ou moins facile à faire disparaître aux lavages et au finissage en raison de la nature et de la qualité de la colle employée. La gélatine en usage pour les lainages n’a pas une composition constante et invariable. 11 y a, lors même qu’elle est pure, plus ou moins de facilité pour en débarrasser l’étoffe; souvent elle contient encore, en outre des corps étrangers déjà mentionnés, des substances plombifères employées à sa clarification ; les joints des tuyaux de vapeur mêmes, peuvent donner lieu à des traces de minium, occasionnant dans les apprêts des chances d’accidents, généralement impossibles à éviter.
- Emploie-t-on de la colle végétale, de la fécule, de la farine, avec introduction d’un peu de glycérine, pour donner une certaine moiteur ou propriété hygrométrique aux fils, ces derniers sont alors enrobés d’une matière durcie, gonflant sous l’action des alcalis, qui ne peut bien s’enlever que par un bain à une température de près de 400 degrés. De là une bien plus grande durée dans le refroidissement de la pièce. On sait en effet qu’il faut faire sécher la pièce tendue sous peine de déterminer des irrégularités dans les dimensions et des apparences fâcheuses dans la surface. Si, de plus, des accidents au tissage, tels que des taches de graisses ou d’autres impuretés, ont lieu, la difficulté de l’épuration augmentera d’autant.
- Enfin l’épuration est-elle incomplète par suite de l’impureté de l’eau ou de toute autre cause, l’étoffe ne sera pas débarrassée complètement des substances grasses qui contrarieront l’action de la teinture selon leur influence plus ou moins directe sur les agents chimiques, et des étoffes de laine de même nature, mais de provenances diverses, travaillées ensemble à la teinture, dans les mêmes bains, la même durée, etc., en un mot traitées de façon exactement semblable, seront les unes complètement réussies, les autres entièrement perdues selon quelles auront été soignées dans les opérations antérieures.
- LE BLANCHIMENT ÉLECTROLYTIQDE
- «les fibres végétales (1)
- Par M. E. Léonardi
- Les applications industrielles de l’électro-lyse ont leurs partisans, mais elles ont aussi de nombreux ennemis ; les uns, ignorants ou routiniers, les autres trop chimistes et trop peu électriciens ou bien, faiseurs de théories sur les phénomènes d’électrolyse qu’ils ne voient pas, qu’ils ne comprennent pas, mais qu’ils expliquent sans hésiter à leur manière, parce que le pour et le contre sont également soutenables.
- Le docteur en philosophie Ferdinand Hur-ter est un des plus violents détracteurs de l’électrolyse industrielle, en général, et du blanchiment par l’élecrtolyse, en particulier ; et comme personne ou presque personne n’a répondu à sa conférence à la Société d’industrie chimique à Liverpool, dans laquelle, à propos de la fabrication de la soude, il a fait le procès à l’électrolyse du chlorure de sodium et l’a condamnée sans rémission, il n’est pas inutile que quelqu’un qui, depuis plus de deux ans, s’occupe constamment et uniquement du blanchiment électrique des fibres végétales non pas dans un laboratoire, mais dans une usine, non pas au moyen de piles primaires, mais au moyen de dynamos débitant des centaines d’ampères, donne modestement son avis sur cette question importante au plus haut point pour l’industrie de la Papeterie.
- M. Hurter disait que l'électrolyse n'est pas une opération industrielle applicabte à la fabrication d'articles à bas prix, et pour justifier cette opinion, il ajoutait qu’il avait essayé d’appliquer l’électricité à la purification des solutions alcalines dérivant du sulfure de sodium et que les résultats avaient été tout simplement désastreux.
- De quel droit M. Hurter, parce qu’il n’a pas réussi, conclut-il que tous ceux qui feront de l’électrolyse échoueront comme lui? Qu’est-que cet insuccès peut prouver? M. Hurter s’est associé avec MM. Deacon et Elmore pour prendre et exploiter en commun, en 1885, un brevet pour l’oxydation des sulfures par l’électrolyse; il avait à lutter contre le dépôt à l’anode du soufre qu’il était obligé d’enlever au moyen de râcloires, imitant en cela Her-mite, qui est obligé d’enlever le dépôt de magnésie qui se forme à la négative et, à cet emploi de moyens mécaniques, il ajoutait celui d’une force électro-motrice assez élevée qui, d’après lui, empêchait le dépôt du soufre.
- (1) Voir aussi le procédé Hermite, Revue de la Teinture, 1888, p. 146; celui ci-dessus vise principalement le blanchiment des pâtes à papier, mais on peut l’utiliser pour les fils et tissus, ainsi que le dit la communication elle-même, faite au « Bulletin des fabricants de papiers. »
- Il paraît que ces précautions prévenaient si peu le dépôt du soufre, comme il le dit lui-même, que les résultats de la découverte ont été désastreux.
- Il ne faut jamais être « orfèvre » et on dirait que M. Hurter l’est, car c’est juste quelque temps après sa violente diatribe contre la production du chlore par l’électrolyse qu’a paru sa spécification pour un procédé qu’il a breveté avec M. Deacon pour la fabrication du chlore.
- Est-il réellement impossible d’arriver à blanchir la pâte à papier en employant l’électricité pour décomposer une solution de chlorure de sodium ou d’autre chlorure.
- Je n’entrerai pas dans la description des réactions qui se passent dans l’electrolyse d’une solution de chlorure ; je vais simplement donner un devis estimatif de ce que coûterait en Angleterre, la production par l’électrolyse d’une quantité de chlore égale à celle qui est contenue dans 2 tonnes et demie de chlorure de chaux, et laissant de côté tous détails techniques, je me bornerai à dire que je me mettrai dans les conditions les moins favorables comme rendement en chlore, par ampère-heure, é’est-à-dire que je supposerai que ce rendement n’est que de 0.90 grammes par ampère-heure.
- Comme point de départ, je dirai qu’une dynamo de 1000 ampères et de 5 volts produira 900 grammes de chlore en une heure 1 dans une cuve.
- Donc, une dynamo de 1000 ampères et 100 volts produira dans 20 cuves, 20 fois plus de chlore, soit : 900 gr. X20z; 18 kilogs de chlore.
- Et nous aurons :
- Au bout-de 10 h. 18 k. X 10 = 180 kilos de chlore.
- 20 18 k. X 20 == 360 k. de chlore.
- 24 18 k. X 24 = 432 k. de chlore.
- Etant donné que le chlorure de chaux contient en chiffres ronds 33 0/0 de chlore, si nous multiplions 432 kilos par 3, nous aurons 1296 kilos, ce qui représente une production de plus d’une tonne de chlorure de chaux.
- Si au lieu d'une dynamo nous en avons deux de 100 volts et 1000 ampères, "attelées chacune sur 20 cuves d’une capacité de 450 à 500 litres, il est évident qu’au bout de 24 heures on aura produit 864 kilos de chlore électrolytique, ce qui représente plus de 2 1/2 tonnes de chlorure de chaux.
- Voyons maintenant ce que coûtera cetle quantité de chlore électrolytique correspondant à 2 tonnes et demie de chlore. Mettons que la machine à vapeur soit de 300 chevaux consommant chacun 3 livres anglaises de charbon par heure, soit 300 X 3 = 900 livres par heure et 21,600 livres au bout de 2A heures, c’est-à-dire un peu plus de 9 tonnes de charbon. On peut calculer qu’en moyenne le charbon revient à 8 schillings, soit 10 fr> la tonne ; le travail mécanique pour la production de la quantité de chlore que représen-
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- tent 2 1/2 tonnes de chlorure de chaux ne coûterait donc, en Angleterre que 3 13, c’est-à-dire moins de cent francs, et ce prix serait encore moindre si on admet qu’il ne faut ni 300 chevaux ni 3 livres de charbon, mais seulement 2 livres par cheval-heure. Quant aux autres dépenses, on peut les établir a peu près comme suit :
- 2 dynamos de 100 volts et 1.000 ampères moins de 30,000,
- 40 cuves avec leurs électrodes, etc., 18,000,
- Comme main-d’œuvre 5 ouvriers et 1 contre-maître suffiront grandement.
- Je ne cite que pour mémoire les réservoirs, les pompes, l’amortissement, etc. ; le sel de la solution n’est pas une dépense considérable, puisque les solutions se récupèrent.
- Vous avez donc là un aperçu de ce que peut coûter le blanchiment par l’électricité comparé au blanchiment par le chlorure de chaux dont le prix, ne fût-il que de 200 francs la tonne, représente 500 francs pour 2 tonnes et demie, tandis que le chlore électrolytique, sur les bases que j’ai données plus haut, indique une écocomie de plus de 50 pour cent.
- Si au lieu de calculer sur un rendement de 0 gr. 90 de chlore par ampère heure, nous calculons snr un rendement de 1 gramme de chlore qu’on peut considérer comme un rendement normal, dans de bonnes conditions d’installation l’économie est encore plus sensible et quoi qu’en puissent diretous les théoriciens du monde, les faits sont là, l’électro-lyse industrielle n’est point un mythe et nous n’attendrons pas longtemps pour apprendre que le blanchiment électrique est un fait pratiquement accompli, non seulement en Angleterre, mais en Amérique, et appliqué en grand, non seulement aux pâtes à papier, mais aux fibres, aux fils, aux tissus et même au jute.
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- CUVE MIXTE A L’INDIGO
- et à l’iodophénol.
- Jusqu’ici l’iodophénol a été peu employé en teinture. C’est qu’en effet le bleu qu’il produit n’est pas tout à fait la teinte de l’indigo, et ne résiste pas à l’action des acides, mais le mélange d’indigo et d’iodophénol paraît donner de bons résultats.
- L’emploi de ce mélange diminue notablement le prix de revient de la teinture, permet d’aller plus vite dans les opérations et, en outre, la teinte obtenue ne laisse rien à désirer.
- Voici la manière d'opérer, d’après la patente anglaise n° 15,496, du 27 octobre 1888; on mélange :
- Indigo en pâte (contenant 20 kil. d’indigo sec)............................. 66 litres.
- lodophénol.................... 6 k. 600 g.
- Bi-sulfitede sodium a 39-40° B. 96 kiJ.
- Chlorure d’étain crist........ 13 k. 200 g.
- Poudre de zinc................. 16 100
- Eau............................ 660 lit.
- On ajoute ensuite :
- Soude caustique à 38°............. 52 lit.
- On mélange de nouveau et on laisse reposer jusqu'au lendemain.
- La cuve concentrée ainsi obtenue est versée dans le bac de teinture contenant :
- Eau.......................... 5.500 lit.
- Hydrosulfite................. 440 —
- Le bac de teinture doit toujours être conservé au même degré de concentration, ce à quoi on arrive en ajoutant, au fur et à mesure que le bain s’affaiblit, du liquide de la cuve concentrée. Le soir on ajoute au bain un peu de solution d’hydrosulfite afin d’empêcher l’oxydation pendant la nuit.
- On prépare cette solution d’hydrosulfite en ajoutant peu à peu :
- Poudre de zinc.................. 160 gr.
- Sel d’étain..................... 200 gr.
- à 1 litre d’une solution de bi-sulfite de sodium marquant 38-40° B. étendue de 4 litres d’eau.
- Avec ces cuves on peut travailler sans interruption, car elles ne laissent pas de dépôt.
- On teint le coton à froid, à la façon ordinaire, et la laine à chaud.
- Après teinture on passe dans un bain froid contenant 2,5 à 3 0/0 de bichromate de potasse, qui remonte la teinte.
- Cette façon d’opérer permet d’économiser au moins 25 0/0 d’indigo, et 15 à 19 kil. d’iodophénol ont le même pouvoir colorant que 100 kil. d’indigo.
- L’iodophénol employé seul de la manière précédente, est difficilement réduit, et on obtient des teintes allant du bleu-violet au violet-gris, peu solides. Au contraire, mélangé à l’indigo, il se comporte comme lui et résiste aussi bien à l’action des réactifs.
- (<Chemiker Zeitung).
- ROULEAUX D’IMPRESSION
- en métal blanc,
- De M. X. Dépierre
- Les industries de la toile peinte et de l’impression sur papier consomment annuellement des quantités considérables de métal pour la fabrication des rouleaux d’impression à la machine. — Le cuivre est à peu près le seul métal employé ; il est relativement cher et immobilise des capitaux énormes ; — ainsi, un rouleau ordinaire pèse, en moyenne, 60 kilos ; à 2 francs le kilo environ, il coûte 120 francs. — Or, une seule fabrique, avec une simple machine à imprimer, doit avoir au minimum 200 à 250 rouleaux, soit un capital (cuivre seul), de 30,000 fr.; — et quand il s’agit de grandes usines, nous en trouvons qui ont jusqu’à 1,000 rouleaux.
- Depuis longtemps, on s’est préoccupé de
- chercher un métal ou un alliage coûtant moins cher, rendant les mêmes services et avec lequel on puisse, sans modifications notables, employer les procédés de gravure actuellement en usage.—Dè3 1S83, M. Spiral, ingénieur à la fonderie nationale de Bourges, et M. X. Dépierre avaient analysé toute une série de rouleaux ; les résultats de ces analyses ont amené M. Dépierre à essayer diverses compositions beaucoup moins chères que le cuivre.
- Après maintes tentatives infructueuses, il a enfin obtenu de bons résultats, et s’est limité à l’emploi du zinc, non arsenical, additionné d’un peu d’étain.
- Parmi les difficultés assez nombreuses qu’il a fallu vaincre, celle de la coulée a été l’une des principales. On sait que le zinc se modifie facilement, sous l’influence de très petites quantités de corps étrangers. Ce n’est donc que par une longue suite d’essais que M. Dépierre a pu se convaincre qu’il fallait absolument éviter l’arsenic. — L’homogénéité du mélange ne peut s’obtenir que par des coulées rapides, avec une forte masselotte; il faut ensuite avoir soin de procéder à un refroidissement rapide et, en tant que possible, sous l’action d’une pression considérable.
- Une fois le métal obtenu, il a fallu faire concorder les moyens de gravure usités avec les qualités du métal -, or, ce que l’on n’aurait pu faire il y a vingt ans, est aujourd’hui devenu un jeu, et voici comment on procède. Le rouleau fondu, tourné au diamètre voulu, est gravé par les procédés ordinaires, soit moleté ou pantographié ; puis, suivant les be^ soins de gravure, moleté ou rongé. Ur;e fois cette première opération terminée, on recouvre le métal d’une couche galvanique de cuivre ou de nickel, ou de cobalt, — ou de nickel et cobalt : ce dernier mélange donne le meilleur rendement. L’expérience a montré qu’il fallait déposer une couche d’environ 0m,06 d’épaisseur pour pouvoir résister à l’impression et ne pas modifier la gravure.
- Les avantages que présenterait ce système se résument ainsi :
- 1° Diminu ion considérable dans le poids. — Cette diminution est due à la différence de densité, celle du cuivre étant de 8,88, celle du métal blanc, 7,00.
- Comme exemple, prenons un rouleau déposé au Musée technologique de la Société industrielle de Mulhouse. Ce rouleau avait à
- l’état neuf :
- Longueur....................... 0m,900
- Diamètre intérieur............. 0m,096
- O™, 100
- Epaisseur du métal........... 0m,025
- Poids........................ 61k. 600 g.
- Le même rouleau en cuivre rouge pèserait 78 kilos, d’où une différence de 16.400 grammes, soit 19 pour 100.
- 2° Prix de revient. — Un des autres avantages, et peut-être celui sur lequel il y a le
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- plus à appuyer pour l’industrie, c’est le prix.
- — Sans prendre des chiffres — on sait, et à moins de complications particulières, que le prix du cuivre est presque toujours vis-à-vis de celui du zinc, à peu près comme 2:1 — (il est question du prix du rouleau terminé),
- — il y a en outre, par suite de la différence de densité, 1/7 à déduire, ce qui fait que dans les conditions les plus défavorables, il y a un écart de près de 45 pour 100 aw minimum.
- Le rouleau, en métal blanc, peut s’appliquer à tous les genres d’impression ; mais sa véritable destination est l’application à l’impression des papiers peints, au foulard, à la cravate, aux rouleaux de laboratoire, et surtout pou les rouleaux de plaquage.
- --------sæe---------—
- LE NOIR D’ANILINE
- Eentrait du mémoire de M. Noelting, intitulé : Histoire scientifique et industrielle du noir d’aniline, et ayant pour but de réfuter les prétentions du sieur Grawitz.
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES (Suite;
- « Ce nouveau mode de productions de cou-« leurs et nuances diverses offrira de grands « avantages aux teinturiers, etc., habiles et « intelligents qui pourront ainsi arriver à « produire de nouvelles nuances que les con-« trefacteurs ou les inhabiles ne pourront « plus aussi facilement reproduire ni acheter « toutes faites. »
- Cette dernière assertion se trouve pleinement confirmée par des expériences de MM. Charles Girard, Magnier de la Source et Ogier (1) qui ont donné le texte du brevet Bobœuf à des ouvriers teinturiers, lesquels en en suivant les prescriptions ont obtenu sans difficulté de beaux noirs.
- Le procédé Bobœuf est enfin devenu, entre les mains des teinturiers du nord de la France, d’une exécution à la fois très simple et très économique.
- Voici les détails de ce procédé dont nous devons la communication à l’obligeance de ces industriels :
- On prépare deux solutions séparées, l’une de 6 kilogrammes d’aniline, 9 kilogrammes d’acide chlorhydrique et 12 kilogrammes d’acide sulfurique dans 200 litres d’eau ; l’autre de 12 kilogrammes de bichromate de soude également dans 200 litres d’eau. Dans une petite terrine on met 2 litres de chacune des deux solutions et on y passe vivement un kilogramme de coton. Le noir se développe en une à deux minutes ; il est noir-bronze, s On passe ainsi, kilo par kilo, la partie qu’on a à teindre, puis on essore et passe en vapeur à 1/4 d’atmosphère pendant 20 minutes. Par cette opération, le noir-bronze de-
- (1) Consultation technique pour des teinturiers de France sur la valeur des brevets de M. S. Grawitz. Paria 1887, page 35 à 42.
- vient noir-noir et, pratiquement, inverdissa-ble. On lave et on savonne.
- Ce procédé est courant chez les teinturiers du nord de la France.
- Dans ce passage en vapeur, les teinturiers en question ont tiré profit des observations faites par divers chimistes, entre autres dès 1874 par M. G. Witz, que le noir oxydé à température élevée résiste beaucoup mieux aux agents de verd;ssage que celui formé à basse température seulement. (1)
- Peu de temps après Bobœuf, M. Alland prend un brevet analogue, (1) consistant à tremper la fibre d’abord dans un autre bain contenant du sel marin et du chlorhydrate d’aniline très acide. En passant la matière textile plusieurs fois dans ces deux bains, on obtient un noir de plus en plus foncé. Le dépôt noir qui se forme dans les bains de teinture peut être filtré et employé comme couleur noire plastique pour l’impression.
- M. Alfred Paraf (2) a pris un brevet dans lequel il revendique l’emploi du chromate de chrome (bioxyde brun de chrome) pour obtenir le noir d’aniline soit par impression, soit par teinture. En voici les passages principaux:
- « Je prépare la fibre textile dans un sel de « chrome soluble, le chlorure par exemple, « puis, sans laver, je passe dans une solution « de soude ou autre alcali, puis dans une so-« lution neutre d’un chromate de potasse ou « de soude, et je lave, etc. De cette manière, « je précipite dans la fibre le bioxyde brun « de chrome insoluble, puis je teins dans une « solution d’un sel d’aniline contenant 2 1/2 « 0/0 d'un chlorate, j’exprime et laisse oxy-« der, puis je traite de la même manière que « les noirs vaporisés. »
- Les revendications du brevet Paraf sont les suivantes :
- « 1° L’emploi de l’acide chromique comme «c agent d’oxydation en impression en une c seule opération (en opérant dans les condi-« tions mentionnées dans ce mémoire) en me « servant des sels de chrome insolubles ou « partiellement solubles, capables de libérer « de l'acide chromique dans les conditions c indiquées dans ce mémoire, comme par « exemple le bioxyde brun de chrome ou « chromate de chrome, chromate de ses-« quioxyde de fer, sous-chromate de plomb, « ou, comme sels plus solubles, le chromate « de chrome et de manganèse, le chromate * de manganèse, etc. »;
- « 2° Pour la production du noir d’aniline « ou analogue de l’aniline »;
- « 3e Four ia production de toutes les cou-« leurs produites en impression par oxyda-«t tion de l’acide chromique et qui, jusqu’à « présent avait besoin d’être faite en deux « opérations »;
- (1) Bulletin de la Société industrielle de Rouen 1874, pages 172-175.
- (2) N* 71692 du 24 mai 1866.
- « 4* Comme mordants pour rouges, bleus « ou autjes couleurs garance, soit seuls, soit « combinés avec un chlorate. »
- Le 8 novembre 1863, M. Paraf-Javal prend un brevet n° 69234 pour « la manière d’utili-« ser les propriétés de certains corps afin « d’obtenir soit des résultats nouveaux, soit « des résultats connus, mais d’une manière « plus avantageuse ».
- L’auteur a remarqué que beaucoup de corps réagissent trop rapidement les uns sur les autres pour pouvoir être utilisés convenablement, par exemple l’acide chromique sur l’aniline ou la toluidine. Quand il s'agit de teintures, il rend l'action utile possible, soit en étendant beaucoup les bains contenant l'acide chromique et la substance qui générera la couleur, l’aniline par exemple, et en y répétant la teinture aussi longtemps qu'il le faudra pour arriver à l'inlensüé voulue ; ou bien il neutralise les bains de teinture le plus possible, sauf à faire suivre ensuite un bain acide ; ou encore il refroidit suffisamment pour empêcher la réaction. Dans ce dernier cas, le tissu se colore immédiatement en sortant du bain.
- D’après M. Paraf, les noirs et les gris qu’il obtient ainsi par l’action de l’acide chromique sur l'aniline sont différents de ceux obtenus par tous les autres procéd s connus, ils ne sont ni aussi verdissables par les acides, ni solubles dans les huiles essentielles ou sapo-nifiables, ni dans l’acide phénique, ni dans l’aniline. Ce procédé rentre, en principe, dans celui de Bobœuf ; il y a cependant certaines différences : Bobœuf parle de la production instantanée du noir, en bain évidemment concentré ; M. Paraf-Javal dilue son bain, contenant les éléments générateurs du noir et laisse la couleur se développer lentement.
- M. Paraf-Javal indique donc aussi, dès 1866, l’emploi du bain plein, identiquement avec les mêmes éléments que M. Grawitz revendiquera neuf ans plus tard. En chauffant le bain Paraf-Javal à la fin de l’opération — et l’utilité du chauffage est indiquée dès 1874 — on a, de la manière la plus explicite, le procédé breveté en 1877 par M. Grawitz.
- En 1866 Lightfoot ayant reconnu que le noir d’aniline se développe mal sur laine, à cause de l’action réduc irice de ce textile, lui fait subir préalablement une oxydation par l’acide hypochloreux (lks,300 de solution de chlorure de chaux, 0ts,180 d’acide chlorhydrique, 60 litres eau ; manœuvrer la laine pendant 20 a 30 minutes à 38° G.). Les tissus sont teints ensuite avec le noir Lightfoot ou imprimés avec celui de Lauth, au sulfure de cuivre.
- La même année Higgin (1) recommande de préparer les tissus en chromate insoluble, chromate de cuivre par exemple, et d’impri-
- (1) Brevet n* 73054 du 26 septembre 1866.
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- mer ensuite un sel d’aniline, qu’on pourrait naturellement aussi plaquer pour avoir des unis.
- MM. Garvès et Thirault (1) revendiquent l’emploi en teinture et en impression de différents gris solubles dans l’eau bouillante, résistant aux acides et au savon, obtenus directement de l'aniline et de ses homologues, qu’ils désignent sous le nom générique de muréines et qu’ils obtiennent par l’action du bichromate de potasse, d’un sel de fer et d’un acide, sur la solution d’un sel d’aniline dans un excès d’acide.
- M Reimann (2) donne le procédé suivant pour la teinture du coton en noir d’aniline : Traiter par un sel d’oxyde de chrome soluble; passer sans laver, en carbonate de soude, puis en chromate de potasse, de manière à fixer du chromate de chrome insoluble *, teindre dans une solution de sel d’aniline, additionnée de 2 1/2 % d’un chlorate soluble, exprimer, laisser oxyder la couleur jusqu’à ce que la nuance soit vert-foncé, et passer enfin en bichromate pour développer le noir.
- M. Persoz (3) propose pour la teinture de la laine en noir d’aniline de la mordancer dans un mélange de bichromate de potasse 5 grammes, sulfate de cuivre 3 grammes, acide sulfurique 2 grammes et eau 1 litre, pendant une heure au bouillon, rincer et passer en un autre bain contenant i'oxalate d’aniline à 1 ou 2° Bé. « Les proportions du mordant et du bain de teinture n’ont rien d’absolu, non plus que la nature des sels employés, etc. »
- Dans son brevet anglais n° 2843 du 9 octobre 1867, M. Persoz dit, entre autres, que le passage en sel d’aniline doit être fait à chaud, que l'ordre des opérations peut être interverti, en chargeant la laine d’abord d’un sel d’aniline, puis passant au bichromate de potasse à chaud; enfin qu’elle peut être plongée dans un bain froid contenant à la fois le sel d’aniline et le chromate (teinture en bain plein).
- Pour coton, le même auteur (à) indique de fixer sur la fibre d’abord du chromate de plomb et de teindre ensuite un sel d’aniline convenablement acidulé.
- Le Dr Reimann ( 5) recommande pour la teinture de la laine et de la soie de manœu-vier à chaud le textile dans une solution, contenant sulfate de cuivre 500 grammes, chlorure de potasse 250 grammes, bichromate de potasse 250 grammes, eau 5 litres, de teindre ensuite en un sel quelconque d’aniline et de répéter ces opérations jusqu’à ce que le noir soit assez intense.
- MM. Gonin et Glanzmann (6) proposent pour l’impression ou la teinture du noir d’aniline
- (1) Brevet n° 73345 du 5 novembre 1866.
- (2) Wagner s Jahresberieht 1867, page 615. — Die Farberei der Gespinnste und Gewebe, Berlin
- ! 1867, page 272.
- (3) Brevet n* 77607 du 23 août 1867.
- (4) Brevet anglais déjà cité.
- (5) Elsner’s càemiseh-teehnische Mittheilungen 1867-1868, page 44.
- (6) Brevet n° 82552 du 24 septembre 1868.
- sur laine ou sur soie, un mélange de 100 grammes chlorate de potasse, 100 grammes sel ammoniac, 250 chlorhydrate d’aniline (ou tout autre sel d’aniline ou homologue ou dérivé), 125 grammes nitrate d’aniline à 50° Bé (ou tout autre sel qui entretient ou favorise l’oxydation).
- La couleur est développée par étendage et de préférence avec le concours d’une chaleur humide. Pour l’impression la couleur est convenablement épaissie, imprimée et développée de la même manière. ,
- M. Lauth (1) propose d’une manière géné- j raie de fixer sur les fibres des oxydes supérieurs de manganèse, puis de passer celles-ci dans une solution acide d’un sel d’aniline.
- M. Lauth mordance les fibres végétales plus particulièrement par les moyens et procédés usités depuis longtemps dans l’industrie pour la fabrication des articles bistre, et les fibres animales à l’aide des manganates et permanganates alcalins.
- Le bain de teinture se compose de : eau 1 litre, aniline 50 grammes, acide chlorhydrique 100 grammes.
- a La concentration du mordant, celle du.
- « bain de teinture, la nature de l’acide, celle « de l’alcaloïde (aniline, toluidine, camidine,
- « naphtylamine, etc.), varieront selon les cir-« constances et d’après la nuance du noir « qu’on voudra obtenir, et qui peut varier ' « depuis le gris bleu et le brun-violacé jus- ' « qu’au noir le plus intense.
- « En modifiant ce procédé, c’est-à-dire en « faisant un mélange de peroxyde de manga-« nèse régénéré ou précipité, d’un sel neutre t d’aniline et de sel ammoniac, ou de tout « autre agent capable de décomposer le pero-« xyde de manganèse sous l’influence de la « vapeur, imprimant cette couleur et vapori-« sant, on développera également du noir, a Le sesquioxyde et le bioxyde de manga-« nèse, dont j’ai parlé exclusivement jusqu’ici,
- « peuvent être remplacés par d'autres oxydes « ou acides métalliques riches en oxygène,
- « comme par exemple l’acide plombique, par « certains sels, comme les manganates ou « permanganates (baryte, cuivre, etc.), par le « chloritede plomb, etc.
- « On voit donc que j’emploie de préférence,
- « pour mordants, des substances insolubles, t riches en oxygène ou en chlore, susceptibles « d’une décomposition des plus faciles et « capables, par conséquent, de développer le « noir d’aniline à leur seul contact avec une « solution acide d’aniline.
- a L’insolubilité de ces mordants a pour « avantage de pouvoir les combiner aisément « aux objets à teindre et, en outre, d’éviter « qu’en se répandant dans les bains de tein-« ture, ils provoquent la formation du noir « dans le bain, au lieu de le développer sur
- (1) Brevet no 85554 du 5 mai 1869.
- a la fibre elle-même, comme cela arrive dans « les procédés publiés jusqu’ici. »
- Dans un certificat d’addition du lo octobre 1869 l’auteur ajoute :
- « Au sortir du bain, je lave les fibres à l’eau « courante, jusqu’à ce que tout l’acide ait été a éliminé, ce qu’on reconnaît aisément, puis-ci que, comme chacun le sait, le noir d’aniline « vire au vert en présence des acides.
- « A ce moment il ne reste plus qu’à sécher « les fils ou les tissus teints.
- « Mais on peut modifier à volonté la nuance « obtenue ainsi par une sorte d’avivage ou « d’oxydation nouvelle que l’on produira en « faisant passer les fils ou les tissus teints « dans une dissolution tiède ou bouillante « d’une foule de substances dont je détermine « la nature et l’intensité selon la nuance et « l’intensité de ton qu’il s’agit de produire ; « je citerai entre autres le chlorure de chaux, « les sels de chrome, de cuivre, de fer, de « mercure, seuls ou associés au chlorate de « potassium, le ferricyanure de potassium
- « LES CHROMATES, etC. »
- Dans un article très intéressant publié dans le Moniteur scientifique de 1873, page 794, M. Lauth donne des détails plus amples sur son procédé et insiste particulièrement sur l’avivage :
- a On peut modifier les nuances obtenues « après teinture ou en augmenter l’intensité « au moyen de divers agents ; ce fait me paraît oc assez curieux -, il semble indiquer qu’au « moment où le bioxyde de manganèse a ter-« miné son action, la matière colorante proie duite, et qui possède toutes les propriétés « du noir, est néanmoins encore dans un « état intermédiaire, et (qu’une oxydation « ultérieure soit utile pour l'amener à son « état définitif.
- « Le bichromate de potasse, à 1 gramme par « litre, les sels de cuivre, de chrome ou de « mercure, et surtout le mélange de chlorate « de potasse, sel de cuivre et sel ammoniac oc (1 gramme de chaque substance par litre) « augmentent notamment l’intensité du noir, a Ce passage doit être fait après le lavage qui « suit la teinture, et prolongé une demi-heure « à l'ébullition On le fait suivre d’un lavage < à l’eau et (l’un bouillon au savon.
- « Le procédé que je viens de décrire donne « des noirs fort beaux, absolument solides ; « il ne fatigue pas la fibre ; il est prompt. »
- Par l’avivage au chromate ou hypochlorite à chaud, le noir de M. Lauth devient inverdis-sable ; il le devient d’ailleurs déjà directement si l’on teint au bain de sel d’aniline acide à une température supérieure à 75° (1). Si on teint la fibre à froid et qu’on vaporise ensuite, les noirs ne verdissent pas non plus sensiblement.
- (1) Comparer à ce sujet, Camille Kœchlin ; Procès-ver baux du Comité de Chimie de Mulhouse, du 14 juin 1882. Bulletin de 1882, page 63 des Procès-verbaux.
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- Le procédé de M. Lauth n’eut pas, à son début, tout le succès qu’il méritait, mais il a été repris ensuite, peu pour la teinture des unis ou des filés, mais sur une grande échelle pour le virage des « bistres rongés » par l’aniline ou la naphtylamine.
- En 1870-1871, M- Gonin, de Rouen, pratiquait et cédait à diverses maisons un procédé de teinture en noir, consistant à passer le coton dans deux bains contenant, le premier 1 kilogramme de chlorhydrate d’aniline, 1 kilogramme d'acide chlorhydrique, Ok. 600 de chlorure de cuivre cristallisé, Ok. 600 de chlorate de patasse, 80 litres eau (pour 10 kg. de coton) ; le second 1 kilogramme de bichromate de potasse, Ok.50O d’acide sulfurique, et 80 litres d’eau. Les deux bains étaient regarnis, à mesure qu’ils s’épuisaient, avec les dissolutions composées d’éléments identiques.
- (A suivre).
- REVUE SOMMAIRE
- DES* BREVETS D INVENTION
- Application de poudre de bronze sur velours, par M. Brun.
- L’auteur fait breveter un procédé de « Peinture et application des bronzes en poudre sur velours de modes, d’ameublement et de costumes. »
- Il veut rendre pratique le procédé déjà connu d’impression de vernis mélangé de poudre de bronze ; et pour cela il emploie des plaques percées ou découpées à jour, suivant le dessin voulu.
- i'i C’est la méthode du poncif, en un mot; elle est bien primitive et bien imparfaite.
- Coloration des plumes,
- Par MM. Scheurer et Forest.
- Ce procédé nouveau repose sur l’application de la couleur fixe au moyen de la vapeur.
- L’application préalable des couleurs peut être faite à froid ou à chaud, sur les plumes mouillées ou sèches, à la brosse ou au pinceau, au cliché, à la main ou mécaniquement. Il est toutefois nécessaire que les couleurs préalablement déposées soient un peu épaisses, qu’elles aient Ta consistance des couleurs servant à l’impression au moyen de l’amidon, de la gomme ou de la dextrine.
- Les couleurs disposées convenablement sur les plumes, chacune d’elles ou les piquets qui les portent sont introduits dans un récipient fermé par un autoclave -, dans l’intérieur du récipient débouche un tuyau percé de trous pour fournir la vapeur, à la température et à la pression voulue.
- i Comme mélange à incorporer aux couleurs, pour obtenir le degré d’épaisseur voulue, on peut remplacer l’amidon, la gomme ou la dextrine par les albumines, la caséine, le
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- gluten, la gomme laque, le vernis et les huiles siccatives.
- Le procédé s’applique aux plumes à l’état naturel, ou à celles déjà teintes ou imprimées.
- Procédé pour imperméabiliser et conserver les tissus,
- Par MM. Hime et Noad.
- L’invention a pour but de remplacer le sulfate de cuivre ammoniacal, qui altère les couleurs, lorsqu’on l’emploie à l’imperméabilisation des tissus.
- Pour éviter cet effet, les auteurs y substituent une dissolution de coton ou d’autre cellulose, dans une solution ammoniacale de cuivre. La sorte de collodion qu’on en obtient doit contenir environ 4 0/0 de cuivre et 3 0/0 de cellulose.
- De cette dissolution on précipite le cuivre en y ajout nt des morceaux de zinc métallique, on obtient ainsi une dissolution ammoniacale dans laquelle le zinc s’est substitué au cuivre, et qui est alors moins colorée, et moins active sur les couleurs des tissus.
- . Elle forme le bain dans lequel on trempe les textiles à apprêter.
- Machines a teindre les matières filamenteuses en écheveau,
- Par la Teinturerie stéphanoise.
- Destinée à faciliter, en l’améliorant, la teinture de la soie, ramie, laine, du coton, lin, chanvre, etc., en écheveaux, cette nouvelle machine diffère essentiellement de celle que la même Société a fait breveter en 1885 par les chariots portant les organes essentiels de la machine à teindre, et par la combinaison nouvelle de la marche de l’appareil et des organes qui la composent.
- Cette nouvelle machine comprend :
- 1° Des chariots marchant sur toute la longueur de la machine, chariots portant les organes nécessaires aux différentes opérations de la teinture ;
- 2° Des portes-matteaux dont la partie excentrée peut être toute d’un côté ou des deux côtés de la prise ou poignée ;
- 3° Un cadre indépendant recevant dans ses encoches les porte-matteaux chargés de matières à teindre et se prêtant à toute manipulation de teinture ;
- 4° L’application du trancenage à l’aide de porte-matteaux excentrés pour exécuter le lisage des écheveaux;
- 5° Un mécanisme spécial permettant la marche individuelle des porte-matteaux dans les mouvements de lise ou de va-et-vient, ainsi que la marche continuelle en avant et en arrière.
- Uq nouveau perfectionnement, établit les chariots roulants sur rails ou glissières de chaque côté de la barque de teinture. Ces rails ou glissières sont montés sur des longrines au
- ras du sol, ou reposant sur le sol, et permettent de faire l’appel des chariots par des cordes, chaînes ou toute autre disposition mécanique ne contrariant pas la prise individuelle des porte-matteaux excentrés, ainsi que le mouvement liseur obtenu par l’emploi des chaînes Galle.
- Appareil à encoller le papier et les tissus, Par M. Isaac Feldon.
- Cette machine sert à l'encollage soit du papier, soit des tissus quelconques; et l’encollage peut avoir lieu indistinctement avec de la colle, de la gomme, de la pâte, ou toute autre matière liquéfiée ou demi-liquide.
- Le corps de la machine est construit de manière à contenir de l’eau que l’on échauffe à l’aide d’un brûleur ou par tout moyen mieux approprié. Dans l’intérieur de la machine est disposé un bain renfermant l’enduit colleur maintenu à la température voulue et à l’état de liquéfaction convenable.
- La machine se complète par un tambour fixé sur un arbre monté de façon à tourner sur des supports découverts en haut; ce tambour a le bas de sa périphérie plongeant à la profondeur voulue dans l’enduit contenu dans le bain. Le tissu ou papier est enroulé sur un dévidoir supporté par des consoles établies sur les bâtis de la machine, puis il passe entre une paire de rouleaux de serrage à contact frictionne!, de là en travers du tambour et sous un rouleau-guide, d’cù il est enlevé Une racle est établie avec graduation possible pour enlever l'excès d’enduit.
- Impression des peluches et étoffes analogues, Par M. Kesseler.
- Ceci est encore un procéié tout au moins singulier d’impression.
- Il a pour but d’imprimer les peluches et les velours non seulement sur l’extrémité du poil, mais sur toute sa hauteur.
- L’inventeur emploie des couleurs à l’huile chaudes dans lesquelles il a fait fondre du suif.
- Le cylindre en métal porte la gravure du dessin complet, sans se préoccuper de séparer les couleurs; cette gravure est « en cuvette, » c’est-à-dire aussi profonde que la hauteur des poils à imprimer.
- Les couleurs s’appliquent au couteau dans les parties du dessin auxquelles elles correspondent -, aussitôt elles refroidissent et se figent sur le métal.
- Pour imprimer, on chauffe le cylindre et on y déroule dessus, sans pression, les tissus a duvets ; la chaleur ayant liquéfié les couleurs, celles-ci se reportent sur les tissus, suivant le dessin de la gravure, et la distribution faite d’avance des diverses couleurs.
- Il faudrait admettre, d’après le brevet, que le rouleau est assez chargé pour imprimer au moins une pièce d’un seul mouvement.
- Néanmoins il nous paraît que le garnissage
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- de couleurs doit être une opération longue et délicate.
- FILTRE RATIONNEL
- pour benzines.
- Le filtre que je propose aux teinturiers, aux nettoyeurs est un filtre dont tous les éléments constitutifs ont une fonction déterminée par la raison physique et chimique de leurs propriétés appliquées à l’état de la benzine à filtrer.
- La benzine qui a servi aux empleins, pour les nettoyages des vêtements et des ameublements, se trouve souillée par les poussières qui se trouvent accidentellement dans les objets à nettoyer; par les acides qui s’y trouvent comme conséquence des milieux où ces objets sont pris, — combustion des foyers, des lumières, émanations de la respiration, des sueurs, etc., etc., — par les graisses dissoutes, par les résines et tous les corps que peut dissoudre la benzine -, enfin par la coloration que donnent les objets nettoyés.
- Or un filtre bien établi doit avoir pour but de débarrasser la benzine des matières en suspension, des corps dissous et qui modifient l’état de la benzine, enfin de la coloration qui l’empêche de retourner à l’emploi pour les nuances claires.
- Avec les connaissances que j’ai des propriétés de la benzine, j’ai donc construit un filtre dans le but d’atteindre un résultat satisfaisant en prenant à partie chaque point à combattre.
- Mon filtre se compose de trois éléments dont les fonctions sont absolument déterminées par les résultats à atteindre : 1° le silicate de magnésie a pour but de retenir mécaniquement les corps en suspension ; 2° l’alcalin a pour but de retenir les graisses et les acides ; 3° le noir animal a pour but de décolorer la benzine et ces effets sont, entièrement obtenus au moyen de mon filtre.
- D’ailleurs d’après son montage et en se rapportant à la figure ci-jointe, on pourra suivre l’opération de la filtration.
- Le filtre se compose d’un cylindre divisé en trois capacités par deux refends dont l’un, le premier ne va pas jusqu’au fond et laisse une
- communication entre la première capacité et la seconde, dont l’autre, étanche au fond, ne joint pas le haut du cylindre. On garnit le fond de la première capacité d’un feutre et d’un tampon métallique et l’on charge de soude deshydratée carbonatée jusqu’à une certaine hauteur, on met un feutre et un second tampon métallique et l’on met une couche de silicate de magnésie qu’on recouvre d’un feutre et d’un tampon ; la capacité au-dessus sert à verser la benzine à filtrer ; dans la se-j conde capacité on met un feutre et un tampon et l'on remplit de noir animal recouvert d’un feutre et d’un tampon.
- L’appareil est disposé.
- Maintenant voici son fonctionnement et les effets produits ; la benzine à clarifier traverse la couche de silicate de magnésie où elle se dépouille mécaniquement des corps insolubles en suspension, puis la couche de l’alcalin qui retient les corps en dissolution et les acides, passe sous le refend et remonte dans la seconde capacité à travers la couche de noir qui décolore et se répand dans la troisième capacité qui sert de réservoir de benzine clarifiée.Le robinet R sert à soutirer cette benzine et le robinet de dessous O sert à vider entièrement le filtre, en cas de nettoyage.
- Le cylindre est pourvu extérieurement d’une gouttière dans laquelle entre le couvercle qui fait fermeture hydraulique, si on met un peu d’eau dans cette gouttière. On évite ainsi toute chance d’évaporation ou d’accident par inflammation.
- La faveur dont ce filtre a joui dès son apparition est une preuve de son bon fonctionnement.
- Chacun peut modifier suivant sa manière le fonctionnement de cet appareil puisqu’il connaît les propriétés de chacune des matières qui rentrent dans sa composition ; on peut augmenter ou retarder le débit de la benzine filtrée ; augmenter ou diminuer la blancheur de la benzine filtrée suivant l'emploi auquel elle est destinée, blancs ou couleurs foncées.
- J’ai établi trois sortes de filtres, un filtre pour gantiers du prix de 20 francs et pouvant filtrer 15 litres par jour, un filtre d’atelier pouvant filtrer 200 à 250 litres par jour d’une valeur de 100 francs, enfin des filtres de dimensions convenues et d’une valeur à établir.
- Cn. Drevet,
- 78, rue de Réaumur, Paris.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Pioupiou. — Volcan.
- Cette nuance répond au procédé donné par M. Barbé dans le précédent numéro de la Revue de la Teinture.
- Elle doit son nom à ce qu’elle reproduit à peu près la teinte du glorieux pantalon garance de notre armée -, nous disons : à peu près, parcequ’en réalité le garance de troupe est un plus vif.
- Quoiqu’il en soit, notre. échantillon reproduit la nuance actuellement désignée sous le terme « Pioupiou ».
- Elle est peut-être un peu trop crue pour avoir chance de se répandre beaucoup.
- Dans l’industrie des modes (rubans, fleurs, etc.), on la désigne « Volcan ».
- Pervenche
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- Ceci est une nuance dans les demi-tons prise parmi celles offertes pour l’hiver, et qui toutes dérivent du rouge ou du vert, en y ajoutant un violet clair genre héliotrope.
- La teinte « Pervenche » a beaucoup de rapport avec celle qu’on désignait l’an dernier sous le nom de « Chrysanthème ».
- On l’obtient comme suit :
- Pour 10 kilogr. de lainages :
- Fuchsine J..................... 20 grammes.
- Vésuvine ...................... 10 —
- Sulfate de soude............ 200 —
- Acide sulfurique............... 50 —
- Teindre aussi lentement que possible, quoique cela aille encore vite, sur bain large, que l’on reponchonne de colorant en deux ou trois fois.
- Sur soie, teindre en bain de savon, sans acide, sauf à la fin, où l’on ajoute une très petite quantité d’acide acétique.
- En sortant du bain de savon, piquer en acide acétique.
- Couleurs azoïques sur tissus végétaux.
- Méthode générale d’application.
- La maison Poirrier et Dalsace indique les procédés suivants comme s’appliquant en général à la teinture des fibres végétales par les azo-colorants :
- Les matières colorantes azoïjues simples ou complexes ne possèdent qn’une affinité assez faible pour la fibre végétale. Jusqu’à ce jour les matières colorantes azoïques complexes ont été employées presque exclusivement et encore était-ce d’une manière dérivée, artifi-
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- cielle, en les combinant avec le carbonate de soude, chlorure de sodinm, phosphate de soude, etc. Le nouveau procédé les emploie directement après avoir fait subir une préparation préalable au coton, préparation qui le rend apte à être teint directement par les colorants azoïques. Voici la manière de procéder : une certaine quantité de tissu (soit 100 mètres) est foulardée dans un bain composé de :
- Acétate de magnésie 30° Baumé 50 lit.
- — d’alumine 15 — 50 —
- Eau..........................50 —
- Après le séchage, l’étoffe est passée dans une cuve a roulettes montée avec :
- Sulfate de zinc.... 5 kilogrammes.
- Soude caustique... 10 —
- Eau ................. 100 —
- A la sortie de la cuve, l’étoffe est lavée, puis plongée dans le bain colorant azoïque titré à 2 ou 4 pour 100.
- Le degré de température du bain doit être de 80 degrés centigrades et sa durée ne guère dépasser une demi-heure. Les nuances ponceau, rocelline, presque tous les orangers, les bordeaux, la cérosine, les teintes crocéi-nes et homologues dérivées de la benzidine, s’obtiennent stables et solides au moyen de ce procédé.
- La formule ci-dessus indiquée comporte des variations selon les diverses conditions et exigences. Ainsi au seul point de vue économique, la substitution des sulfates correspondants aux acétates d’alumine et de magnésie peut avoir lieu sans contrarier notablement les résultats. La formule se libellerait alors ainsi :
- Sulfate de magnésie....... 15 kilogrammes.
- Alun.......................... 5 —
- Eau......................... 100 litres.
- De même encore l’acétate de chaux pourrait prendre la place de l’acétate de magnésie, etc.
- Impression en thioflavine
- M. Albert Scheurer a fait récemment à la Société industrielle de Mulhouse une communication concernant la Thioflavine T, un nouveau colorant jaune basique.
- Ce colorant se dissout à l’eau, à l’alcool, et très facilement avec l’acétone, l’acétine et l’acide acétique. Il se fixe très facilement au tannin. D’après le procédé suivaut, on obtient sur coton de bons résultats :
- Thioflavine................ 40 part.
- Tannin..................... 50 —
- Eau........................ 50 —
- Acide acétique............ 100 —
- Acétine.................... 60 —
- Eau de gomme.............. 700 —
- ^ Vaporiser et passer à l’émétique.
- La thioflavine produit un jaune presque aussi vif que le chromate de plomb et possède la qualité précieuse de ne pas salir le blanc
- du tissu. Sa solidité à la lumière est très approchante de celle du bleu de cuve, si elle n’est pas un peu plus grande.
- Teinture en thioflavine sur soie.
- Pour 10 kil. de soies, monter le bain avec :
- Savon de Marseille... 500 grammes.
- Thioflavine S... 100 à 300 —
- La proportion de matière colorante varie suivant l’intensité du jaune qu’on veut obtenir.
- Teindre 1/2 heure au bouillon, laver, et aviver avec acide sulfurique très léger.
- Les bains ne tirent pas à fond; pour de nouvelles passes, renforcer par demi-dose de matière colorante.
- Sur laine.
- Le •thioflavine s’emploie dans les proportions de 1/4 à 3 0/0, suivant nuance voulue; la proportion 1 0/0 donne un jaune moyen.
- Pour 10 kil. laine ou lainages :
- Sulfate de soude.................. 1 kil.
- Bi-sulfite de soude............... 2 —
- Colorant........................ 100 gr.
- Entrer à tiède, pousser graduellement au bouillon.
- C’est le bi-su'fite et non le bisulfate qui est indiqué ; on ne doit pas faire usage, du reste, d’acide sulfurique ; or le bi-sulfate contient de l’acide sulfurique libre.
- Après teinture, rincer et sécher à l’ombre et à basse température.
- Sur coton.
- Mordancer au tannin et à l’émétique, et teindre avec :
- Thioflavine T...........1/4 à 2 0/0
- Acide chlorhydrique.......... 10 0/0
- Entrer à froid et arriver peu à peu au bouillon.
- Il est avantageux d’ajouter en plusieurs fois, le colorant au bain de teinture.
- Les jaunes clairs se font sui coton blanchi ; ceux bien pleins, sur écru.
- On termine par un rinçage et un séchage à l’ombre.
- Les teintes dégradées, sur tous textiles, se font en commençant par la plus foncée, et continuant sur le même bain pour les suivantes.
- Noirs sur soies Suite (1).
- Noir bleu clair pour soies cuites.
- Aluner les soies en leur faisant passer la nuit dans un bain d’alun.
- Les laver ensuite à grande eau.
- (1) Voir les recommandations générales dans le numéro du 10 septembre, page 151.
- Teindre sur un bain de savon et de cam-pêcbe.
- Laver et aviver au jus de citron.
- Plus on chauffe le bain de campêche, plus le noir se fonce et tire au violet.
- Noir bleu foncé pour soies cuites.
- Aluner les soies, les laver.
- Donner dix à douze lisses sur un bain de campêche tiède, laver, mettre un peu de couperose -, donner huit à dix lisses et tordre.
- Laisser enveloppé toute la nuit, et le lendemain laver à grande eau.
- Passer sur un bain de savon assez gras et tiède, dans lequel on ajoute un peu de campêche.
- Laver et aviver au jus de citron.
- Des savons trop alcalins feraient cuivrer cette teinture.
- Noir rendant poids pour poids, ou compensant la perte du décreusage.
- Laver les soies,
- Rouiller à 35 degrés, laver.
- Savonner bouillant, laver.
- Bleuter à 15 p. 100 de prussiate, laver.
- Rouiller à 35 degrés.
- Savonner, laver.
- Passer au cachou (50 p. 100 de cachou) ; donner huit à dix lisses sur le bain bouillant, laisser les soies passer la nuit en cachou ; le matin donner trois lisses, tordre et laver.
- Teindre sur bain de savon à 60 degrés, avec un peu de bois d’Inde, tordre.
- Aviver à l’acide chlorhydrique leger, et à l’huile tournée.
- Pour les noirs de Paris, on fait fondre le cachou dans un bain de bois jaune, et la teinture se conduit comme ci-dessus.
- [A suivre.)
- Ravivage des fonds Sur châles imprimés ou brochés Lorsque les châles à palmes ou à fleurs sur fonds clairs ont été ternis par l’usage ou par des nettoyages répétés, on peut leur donner un fond gris assez joli, et n’empâtant pas le dessin, par le procédé suivant, mais qui exige une certaine rapidité d’exécution pour éviter le coulage des bordures.
- Mouiller le châle bien uniformément, le plonger cinq minutes dans le bain suivant tiède et passé au tamis.
- Sumac Rédon................. 500 gr.
- Eau.......................... 20 litres
- Tordre légèrement et passer cinq minutes dans un autre bain également tiède, fait avec :
- Sulfate de zinc............. 200 gr.
- Eau.......................... 20 litres
- Rincer à tiède, revenir cinq minutes sur le premier bain (au sumac), puis sur celui au sulfate de zinc.
- Cela suffît pour un gris clair ; si l’on veut
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- un demi-clair, revenir une troisième fois sur les bains de sumac et de sulfate de zinc.
- Passer enfin à l’eau faible d’alun, teintée avec du campêcbe.
- Laver, essorer ou tordre entre deux linges, et sécher rapidement.
- Sur fonds noirs ou foncés, le changement de teinte est insensible, mais la couleur est sensiblement avivée.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- LES TEINTURES
- (Suite)
- LES BAINS TOUJOURS PRÊTS
- Il est quelques b; ins d’un usage courant, qu’il faut toujours avoir sous la main, et que l’on conserve dans des cuves lorsqu’on travaille directement dessus, ou dans des tonneaux si l’on ne fait qu’y puiser pour alimenter les chaudières, ou encore dans des flacons, s’ils sont de peu de volume.
- Les premiers sont plus spécialement les mordants, les autres des dissolutions colorantes.
- Voici les principaux :
- Tonnes au noir.
- Nous faisons le mordant de noir pour soies et pour cotons, avec le rouille, évitant l’emploi de pyrolygnite qui donne aux étoffes une mauvaise odeur très persistante.
- Il faut deux cuves.
- Dans l’une on fait un bain neuf qui marquera & à 10 degrés au pèse-sels -, ce bain servira pour les soies, et lorsqu’il aura travaillé assez pour être descendu à 5 ou 6 degrés, on le destinera aux cotons, et on en fera un nouveau pour les soies.
- Celui-ci à son tour passera aux cotons, et celui aux cotons déjà usé et bourbeux sera jeté et remplacé par un neuf pour les soies.
- Ces deux bains se remplacent donc alternativement.
- Si l’on ne fait pas assez de cotons pour suffire à ce roulement, on renforcera une fois seulement le bain à soieries, puis on le remplacera entièrement.
- Pour établir le premier bain on mélange :
- Eau ordinaire......... 300 à 500 litres.
- Rouille à 45 degrés... 50 à 75 litres.
- On vérifie si l’on est au degré, puis on ajoute de l’eau ou du rouille, suivant qu'on est trop fort ou trop faible.
- On laisse déposer le bain, et on évite de trop agiter et mélanger le fond en travaillant.
- Avec du rouille de bonne qualité, on peut éviter de tirer au clair.
- Bain d’émétique.
- Le mordançage des cotons pour anilines se fait au sumac et émétique.
- Ces bains s’emploient froids et se préparent d’avance ; en voici un :
- Eau....................... 200 litres.
- Emétique.................. 500 gr.
- La dissolution se fait bien à froid, mais on peut la hâter, en versant d’abord un seau d’eau chaude sur l’émétique.
- Quand on a fait sur ce bain une dizaine de pièces, on le recharge avec 100 gr. d'émétique, et lorsqu’il devient trop sale, on le remplace entièrement.
- Bain de sumac.
- Voici le second bain pour anilines sur coton:
- Sumac Redon................ 5 kil.
- Eau.......................... 200 lit.
- Bouillir le sumac dans 20 à 25 litres d’eau, pendant une demi-heure à une heure, passer dans un tamis et ajouter la décoction au reste de l’eau.
- On peut sur ce bain faire cinq ou six passes de dix pièces chaque fois, et aller ainsi cinq ou six semaines ; après cela, on renouvelle le bain.
- Ces deux mordants se mettant dans des barriques à vin de 225 litres, mais le plus souvent, des bains de 100 litres, qu’on fait dans des feuillettes de 150 litres, suffisent.
- Bain de campêche.
- Voici maintenant des dissolutions colorantes qu’il y a avantage à préparer d’avance :
- J ai déjà dit, en parlant des couleurs et des drogues, que l’extrait de campêche est très convenable pour les noirs, mais que pour les couleurs il faut employer les décoctions de bois.
- Mais le bois revient plus cher que l’extrait, et les anilines en ont rendu l’usage bien limité dans leg couleurs.
- On prépare la dissolution d’extrait, comme suit :
- Eau chaude................ 100 litres.
- Extrait sec de campêche.. 10 kil.
- Les pains d’extrait sont cassés, mis dans l’eau chaude, et le tout remué plusieurs fois avec un bâton. On laisse ensuite déposer.
- Un seau de cette dissolution représente donc à peu près 1 kil. d’extrait, et un litre 100 grammes.
- Ce bain doit peser 5 à 6 degrés.
- Si on veut le faire par décoction de bois d’Inde, effilé ou varlopé, il en faudrait 75 kil. pour arriver à la concentration, mais avec le bois on le fait moins fort et on dose en proportion.
- On emploiera donc 25 kil. coupe d’Espagne, qui donneront dans 100 litres d’eau, environ 2 degrés.
- Bain de bois jaune.
- J’ai dit aussi que l’extrait nous suffira dans tous les cas.
- On fera, comme pour le campêche, la dissolution au dixième d’extrait sec.
- Bain de cachou.
- La dissolution de cachou doit aussi être préparée à l’avance, vu la nécessité de la laisser se clarifier.
- Au chapitre des couleurs et drogues (p. 29), il a été dit que ce bain se prépare avec :
- Eau chaude................ 100 litres.
- Cachou brun............... 10 kil.
- Passer au tamis, laisser déposer.
- On travaille directement sur ce bain en le renforçant de temps en temps: on le tire à clair quand il devient trop bourbeux.
- Dissolutions d'anilines.
- On gagne beaucoup de temps en ayant aussi des dissolutions prêtes d’avance, des couleurs d’aniline les plus employées.
- On les conserve soit dans des bidons de fer blanc, soit dans des grands flacons en verre, lesquels ofirent l’avantage de laisser voir si elles sont en bon état; s’il y a des dépôts, etc.
- Plusieurs couleurs peuvent se dissoudre jusque dans 1 a proportion de 50 à 60 grammes par litre d’eau bouillante ; d’autres ne vont pas au-delà de 10 grammes; il faut donc adopter cette proportion pour toutes, pour raison d’uniformité, et on saura que 100 gr. de chaque dissolution (un verre moyen) représente 1 gr. de couleur.
- Les couleurs à dissoudre d’avance sont :
- Fuchsine.
- Grenadine.
- Bleu acide.
- Bleu alcadin.
- Bleu noir.
- Jaune d’or.
- Violet méthyle.
- Vert méthyle.
- Marron rouge.
- Dans une petite bassine contenant dix litres d’eau bouillante, on délaye avec soin 100 gr. de couleur (ou 50 gr. pour 5 lit.), on maintient cinq minutes au feu sans continuer de bouillir, en agitant avec une baguette de verre ou de bois.
- Les couleurs en cristaux et gros grains sont préalablement réduites en poudre.
- Quand la dissolution est à moitié refroidie, on la verse dans le flacon où on laisse reposer les parties indissoutes, avant d’en faire usage.
- Lorsqu’on en prend, on évite de remuer le fond.
- Si l’on emploie de l’alcool dénaturé, on peut faire des dissolutions plus concentrées, et se conservant indéfiniment, mais on peut aussi en éviter la dépense.
- Ces dissolutions alcooliques se font en mettant dans un bidon de fer blanc :
- Couleur en poudre... d00 grammes.
- Alcool dénaturé...... 1/2 litre.
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- Chauffer au bain-marie cinq minutes, en arrêtant au premier bouillon, et agitant le bidon de temps en temps; ajouter par dessus :
- Eau bouillante...... 1 litre 1/2
- Mélanger le tout, laisser dissoudre une heure ou deux, et transvaser dans un flacon en verre, ou garder dans le même bidon.
- Un dixième de litre, ou 100 gr. de dissolution, contiennent 5 grammes de couleur.
- Les dissolutions à l’eau peuvent suffire dans tous les cas.
- Voici notre introduction aux teintures terminée, nous n’avons maintenant qu’à nous mettre aux chaudières, et nous allons commencer par les noirs.
- Maurice GUÉDRON.
- ----------------'
- VISITE INDUSTRIELLE
- EN BELGIQUE-ALLEMAGNE
- M. Jourdain, manufacturier à St-Quentin, a publié au commencement de cette année un rapport sur un voyage qu’il fit en Belgique et en Allemagne et dont il indique lui-même le but, dans l’extrait ci-dessous que nous reproduisons :
- Le but principal de notre voyage était de nous rendre compte, comme filateur de laine et de coton et comme teinturier, des fils et des procédés de teinture qu’emploient les Allemands et les Belges dans la draperie de laine peignée et dans les tissus dits : flanelles- coton. Ces derniers produits, qui forment une portion importante de la production de Rouen et de Saint-Quentin, souffrent au dehors et à l’intérieur même de la concurrence allemande.
- D’un autre côté, nous voulions examiner l’organisation des écoles de dessin en Allemagne, rechercher leur influence sur le développement de l’industrie et sur son perfectionnement.
- Enfin, nous désirions savoir quels étaient actuellement les salaires en Allemagne et en Belgique, s’ils avaient augmenté ou diminué depuis 1884, et si, par conséquent, la situation de la France industrielle, au point de vue des salaires, se trouvait modifiée depuis cette époque, comparativement aux nations dont la concurrence est le plus redoutable. Nous sommes donc amené tout naturellement à diviser ce rapport en trois parties.
- 1°
- Emploi des fils de laine peignée et des fils de coton mélangés à la carte. — Draperie de laine peignée et flanelle-coton.
- Les fabriques de draperie d’Allemagne et de Belgique emploient chaque année une quantité de plus en plus considérable de laine peignée, et les fabriques allemandes tirent d’Alsace les fils écrus destinés aux tissus qui sont ensuite teints en pièces. Quant aux fils
- teints en peigné avant filature, c’est Verviers qui les fournit en grande partie. La France a eu un moment pour ainsi dire le monopole de cette vente, mais les maisons qui vendaient à l’Allemagne employaient presque toutes 1rs teintures dites de Roubaix, qui, parfaites pour les tissus robes, sont insuffisants pour résister convenablement au foulon draperie. Les fabricants allemands ont éprouvé de nombreux déboires de ce fait et montrent aujourd’hui une grande répugnance à venir chercher chez nous leurs fils de couleurs. Nous nous hâtons de dire cependant qu’il est des exceptions et que plusieurs maisons françaises ont conservé là-bas une réputation justement méritée. C’esFaprès avoir éprouvé les mêmes inconvénients que Verviers a créé peu à peu d’importantes filatures de laine peignée. Les industriels verviétois ont appliqué au peigné leurs procédés de teinture pour laine cardée et ils alimentent actuellement pour les fils de couleurs Verviers et l’Allemagne. Cependant il y aurait pour la France une belle place à reconquérir dans ces deux pays. 11 faut pour cela abandonner la teinture bon marché, mais peu solide, pour revenir aux procédés, plus colïteux, il est vrai, mais qui donnent les nuances dites solides au foulon draperie. Nous possédons d’ailleurs des chimistes et des teinturiers qui ne craignent aucune rivalité. Certainement la plupart des teintureries belges sont moins bien outillées que les nôtres et moins bien dirigées au point de vue scientifique.
- Il n’en est pas de même des teintureries allemandes pour le coton filé et le coton brut. Si nous avons des progrès à faire en France c’est certainement sous ce rapport. L’Allemagne a su porter à un grand degré de perfection la teinture du coton, elle n’ignore pas cette supériorité et ferme soigneusement aux étrangers ses teintureries. Si nous avons eu la bonne fortune de visiter à diverses reprises les principaux établissements de ce genre, c’est grâce à des relations toutes spéciales et à un concours de circonstances qu'il est d’ordinaire bien difficile de réunir.
- L’industrie des Fils de coton mélangés à la carde a pu prendre, grâce à ces circonstances un développement considérable et par suite le tissage des articles en coton pur, imitation de draperie et de flanelle, occupe un grand nombre de métiers. Des procédés tout à fait spéciaux de tissage permettent de fabriquer ces tissus avec un bon marché inouï, ainsi que le démontrent les échantillons que nous avons l’honneur d’annexer à ce rapport. Ces types permettent, en outre, de reconnaître que les tissus allemands ont une apparence plus laineuse que les nôtres parce que la trame est plus grosse et moins tordue. L’emploi de grosses trames présente encore cet avantage de diminuer considérab'ement la façon de tissage, puisque le prix de revient de façon d’un tissu est à peu près porportionnel au nombre de fils
- de trame par mètre de tissu. Il y a certainement sous ce rapport quelque chose de nouveau à faire pour nos fabricants de flanelles coton. Bien que ne nous étant occupé que très indirectement des autres genres de tissus, nous croyons devoir signaler comme un grave danger pour notre industrie nationale l’immense développement pris depuis 3 ans dans le district de Crefeld par le tissage mécanique des velours de soie pure ou mélangée. Lorsqu’en 1884 M. Rouvier, aujourd’hui Président du Conseil et alors Ministre du Commerce, vint à Saint-Quentin, la crise lyonnaise sévissait dans toute son intensité. Nous eûmes l’honneur d’appeler son attention sur une cause certaine-rr ent peu connue de cette crise désastreuse : le merveilleux perfectionnement de la fabrication des articles de Lyon dans le rayon de Bohain, près Saint-Quentin. Ce petit pays augmentait chaque jour ses moyens de production en soieries pures et mélangées, tandis que l’industriel et l’ouvrier lyonnais se cantonnaient dans leur ancienne routine.
- Bohain luttait victorieusement contre la fabrication de Crefeld qui se faisait exclusivement à la main pour les velours. Mais, depuis, des métiers mécaniques ont été montés, des ateliers considérables se sont installés pour la construction de ces machines et plusieurs d’entre eux livrent chacun 30 métiers par semaine. Il y a déjà environ 5,000 métiers mécaniques à Rheydt, Viersen, Crefeld, etc. ; or chacun de ces métiers tisse 6 pièces à la fois; de sorte que les 5,000 métiers mécaniques dont nous venons de parler représentent avec leur vitesse de production plus de 30,000 métiers à la main. Les velours et peluches produits mécaniquement sont de toutes qualités, soie pure ou mélangée ; on commence à partir de 2 fr. 50 le mètre sur la largeur habituelle de 50 centimètres.
- En qualité moyenne, on peut compter qu’un métier mécanique qui coûte tout monté 1,000 franes, produit annuellement environ 19,000 francs de tissu, ce qui, pour les 5,000 métiers mécaniques battant, représente une production annuelle de 90 millions de francs. Il faut pour conduire un de ces métiers un ouvrier choisi parmi les plus habiles ; il gagne de 20 à 28 francs par semaine au maximum. Les effets de cette production exagérée se font déjà sentir et Ton s’attend en Allemagne dans cette fabrication à une crise et à des chômages prolongés. Ce développement énorme de la production mécanique des soieries en Allemagne nous a paru digne de vous être signalé, il y a certainement là, pour l’industrie française un danger imminent.
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- Ecole des Beaux-Arts pour les jeunes gens se destinant à l’industrie.
- Nous avons été frappé au cours de notre voyage du changement profond qui s’était fait
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- en peu d’années au point de vue du goût dans les étoffes brochées ou façonnées, fabriquées en Allemagne. Autrefois les industriels allemands, se procurant toujours les plus nouveaux modèles de Lyon et de Paris, arrivaient à peu près à les reproduire, mais en leur imprimant une marque spéciale de lourdeur et de gaucherie. Il n’en est malheureusement plus de même aujourd’hui et nous avons pu voir des dessins qui, créés en Allemagne, ne laissent rien à désirer sous le rapport de la grâce et du goût.
- Nous nous sommes informé de la cause de ce changement si profond et si favorable pour l’industrie allemande; la réponse a été partout la même : 1 influence, nous disait-on, de nos écoles des Beaux-Arts créées spécialement pour les jeunes gens se destinant à l’industrie a été énorme et c’est à cet enseignement que nous devons de voir notre industrie, au point de vue artistique, faire des progrès aussi inespérés.
- Ces écoles sont nombreuses en Allemagne, elles sont toutes conçues sur le modèle de l’école de Dusseldorf qui est une des plus importantes et dont nous allons exposer le programme. (Suit le dit programme).
- 3° Salaires.
- Lorsqu’en 1884, nous fîmes à la Chambre de Commerce de Saint Quentin un rapport sur les salaires en Allemagne comparés aux salaires français, nous dûmes tout naturellement constater que les salaires, très différents suivant les régions de l’Allemagne que l’on examinait, étaient en tous cas et partout de beaucoup inférieurs aux salaires français et nous demandions, comme conclusion, des tarifs de douane, suffisants pour protéger le travail de nos ouvriers.
- Nos affirmations ne pouvaient être contredites, mais on nous objecta immédiatement que le développement de l’industrie allemande amènerait à bref délai l’élévation des salaires et que par conséquent le bas prix du travail en Allemagne était un argument absolument passager. Quatre années se sont écoulées depuis ; la situation que nous avions signalée alors ne s’est pas modifiée. La crise industrielle qui a frappé la France a frappé l’Allemagne aussi durement et la différence entre les salaires est restée ce qu'elle était en 1883.
- Elle s’est même peut-être accrue et l’on a eu cet étrange spectacle que la baisse des salaires atteignait surtout en Europe les ouvriers les plus misérables et qui gagnent le moins.
- Le grand cercle industriel de Crefeld, grâce à la densité de ses industries, a maintenu à peu près les ^salaires, toujours à un taux inférieur d’environ 20 0/0 aux salaires français.
- Quant à l’industrie draperie de Verviers,
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- l’introduction des métiers complètement mé -caniques tant en filature qu’en tissage, a réduit la main-d’œuvre dans des proportions sensibles, comparativement à ce qu’elle était il y a quelques années. Aujourd’hui les ou vriers gagnent 2 fr. à 2 fr. 50 pour ouvriers de teinturerie, d’apprêt, etc., bons ouvriers, chefs capables de servir contre-maîtres, 3 fr. ; ouvriers fileurs conduisant une paire de ren-videurs, 3 fr. 50 ; ouvriers tisseurs conduisant des métiers mécaniques de grande largeur et à plusieurs navettes, 3 fr. Les ouvriers tisseurs à la main voient chaque jour l’ouvrage leur échapper et ne luttent contre le métier mécanique qu’en acceptant des salaires de 10 à IA fr. par semaine. On voit donc qu’en général, comme nous le disions, la situation au point de vue des salaires ne s’est pas améliorée au dehors et que dans l’industrie textile ce sont encore les ouvriers français qui ont les salaires les plus élevés.
- Ce qui nous a toujours très vivement frappé dans nos divers voyages d’étude à travers les grands centres industriels d’Europe, c’est, en présence de différences énormes dans les salaires, la presque uniformité du coût de l’existence à conditions égales. Presque partout, depuis la France aux salaires élevés jusque aans la Pologne russe où l’ouvrier est le plus malheureux, un même objet d’alimentation coûte, à qualité égale, le même prix.
- Aussi, cette opinion si souvent émise : que le bon marché de la vie est la cause des bas salaires chez nos concurrents étrangers, est-elle absolument erronée. La vérité, c’est que dans ces pays où l’ouvrier gagne moins, il se nourrit moins et mène une vie de beaucoup inférieure à l’existence des ouvriers français.
- En Allemagne actuellement, par exemple, à Aix-la-Chapelle ou aux environs, la viande vaut de 1 fr. 60 à 2 fr. 20 le kilogramme, c’est plus cher que dans nos contrées, mais l’ouvrier n’en mange pas. Le pain dit « blanc» qui équivaut à notre 2e qualité vaut 32 centimes le kilogramme, c’est le même prix qu’ici, mais l’ouvrier n’en mange pas, il se contente de pain noir qu’il paye encore 20 centimes le kilogramme.
- On nous disait à Verviers que les ouvriers avec leurs salaires actuels, faisaient presque tous des économies, cependant le pain vaut comme en France 30 centimes le kilogramme, la viande de 1 fr. 70 à 1 fr. 80, le beurre 2 fr. 20, un logement de deux pièces pour une famille de quatre à cinq personnes se paie de 150 à 180 fr. par an. Et comme nous nous étonnions que les ouvriers pussent non seulement vivre, mais encore économiser dans ces conditions, on répondait : Vous ne pouvez comparer notre ouvrier à l’ouvrier français : le nôtre vit de peu, ne mange pas de viande; sa nourriture se compose de légumes et principalement de pain avec un peu de beurre -, comme boisson, de la chicorée du nom de café et largement étendue d’eau.
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- PROGRAMME DES PRIX De la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.
- Voici la nomenclature des prix proposés pour l’année 1890, par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, en ce qui concerne les industries chimiques, avec les conditions générales à remplir pour les concours.
- Fondations diverses.
- Prix pour les ouvriers de fabriques de produits chimiques. — Fondé par les exposants de la classe A7, à l’Exposition de 4878, sur l’initiative de M. Fourcade, pour les ouvriers de fabriques de produits chimiques ayant le plus d’années de service dans la même maison, avec la préférence de droit pour les ouvriers des fondateurs. Ce prix, décerné tous les ans, est de 800 francs.
- Arts chimiques.
- Prix de 2,000 francs pour la préparation industrielle de l’ozone et pour ses applications.
- Prix de 1,000 francs pour l’utilisation des résidus de fabrique.
- Prix de 1,000 francs pour de nouvelles applications des corps simples non métalliques.
- Prix de 1,000 francs pour la découverte d’un nouvel alliage utile aux arts.
- Prix de 4,000 francs pour la découverte de procédés capables de fournir par des transformations chimiques quelconques, des espèces organiques utiles, telles que la quinine, le sucre de canne, etc.
- Prix de 3,000 francs pour la fabrication courante d’un acier ou fer fondu doué de propriétés spéciales utiles, par l’incorporation d’un corps étranger.
- Prix de 2,000 francs pour la découverte et la mise en œuvre d’un procédé pour l’utilisation du tannin contenu dans les écorces ou autres matières premières, non encore employées dans la tannerie.
- Prix de 2,000 francs pour la substitution à l’acide sulfurique dans la teinture et notamment dans celle des soies, d’un autre composé donnant aux fibres l’apprêt voulu, mais n’exerçant pas sur elles la même action destructive.
- Prix de 1 ,000 francs pour un nouvel emploi industriel d’une substance minérale quelconque abondante et à bas prix.
- Prix de 1,000 francs pour des perfectionnements apportés en France à la production et à l’exploitation des cendres de varech.
- Prix de 2,000 francs et de 1,000 francs pour la fabrication industrielle, en France, de l’acide sulfurique fumant et de l’acide sulfurique anhydre.
- Prix de 4,000 francs pour une application utile des métaux peu employés jusqu’ici dans l’industrie.
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- Prix de 2,000 francs pour de nouveaux progrès réalisés dans la fabrication du chlore.
- Prix de 3,000 francs pour la fabrication de verres destinés aux opérations chimiques.
- Prix de 3,000 francs pour la fabrication de grès cérames.
- Prix de 2,000 francs pour la fixation de l’azote de l’air, sous forme d’acide nitrique, d’fmmoniaque ou de cyanogène.
- Prix de 3,000 francs pour la préparation artificielle du diament noir compact.
- Prix de 3,000 francs pour l'étude scientifique d’un procédé industriel dont la théorie est encore imparfaitement connue.
- Prix de 3,000 francs pour une étude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages choisis parmi ceux qui sont d’un usage courant.
- Prix de 4,000 francs pour une publication utile à l’industrie chimique ou métallurgique (traités, mémoires).
- Prix de 2,000 francs à décerner au fabricant d’acide sulfurique qui, le premier, en employant les pyrites dans sa fabrication, ne livrera au commerce que de l’acide sulfurique entièrement exempt d’arsenic.
- Prix de 3,000 francs pour une étude scientifique de la combustion dans les fours chauffés par gazogènes.
- Prix de 3,000 francs pour une étude scientifique des propriétés des divers produits hydrauliques.
- Prix de 3,000 francs pour une étude sur la dilatation, l’élasticité et la ténacité de3 pâtes et couvertes céramiques.
- Prix de 3,000 francs pour une étude scientifique des propriétés physiques et mécaniques des verres.
- Médailles aux contre-maitres et ouvriers.
- La Société d’Encouragement, dans le but d’exciter les contre-maitres et ouvriers à se distinguer dans leur profession, et d’encourager ceux qui se font remarquer par leur conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, décerne tous les ans des médailles de bronze, à chacune desquelles sont joints des livres pour une valeur de 50 francs, aux contre-maîtres et ouvriers, sachant lire et écrire, qui lui sont signalés par les chefs d’établissements.
- Conditions générales à remplir pour les concours.
- Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements, échantillons et pièces destinées à constater les droits des concurrents seront adressés au Secrétaire de la Société d'En-couragement pour l'industrie nationale, rue de Rennes, 44 ; ils devront être remis avant le 1er janvier de l'année de la distribution des prix. Ce terme est de rigueur.
- Les pièces déposées restent la propriété de la Société.
- On délivre gratuitement, au siège de la
- Société, rue de Rennes, 44, les programmes détaillés des prix mis au concours, où se trouvent tous les renseignements utiles aux concurrents.
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- TROP DEj CRÉANCIERS
- Nous trouvons dans un journal de Montréal « Le Prix-Courant », les judicieuses observations suivantes sur les précautions à observer dans les fournitures commerciales :
- On s’est souvent demandé en lisant la liste des créanciers d’une petite faillite : (( Comment un tel a-t il pu faire pour avoir tant de créanciers ?” A première vue, cela paraît importer peu au public et 1 semblerait que le commerce de gros aime autant voir la perte divisée parmi un grand nombre de fournisseurs.
- En y réfléchissant cependant, on y découvre une mauvaise méthode d’affaires qui explique jusqu’à un certain point L faillite, si elle n’en est pas la cause directe.
- Le failli n’a pas fait ses créanciers malgré eux et le plus souvent il n’a fait que céder aux sollicitations des vendeurs ou des commis voyageurs de ces maisons. Un voyageur passe dans une localité et visite le marchand ; celui-ci, un peu gêné, n’ose pas acheter, cependant pressé par le voyageur, il finit de donner une petite commande. Pour ceitc bagatelle, le voyageur ne croit pas devoir s’informer de la solvabilité du marchand. u II est toujours bien bon pour ce montant là. ” Le lendemain passe le voyageur d’une autre maison qui fait la même chose ; une autre le suit, etc. De sorte qu’au bout de quelque temps ce marchand se trouve assorti de marchandises fournies par une douzaine de maisons qui lui ont fait chacune crédit pour une petite somme ; tandis que s’il n’avait en affaire qu’à une seule maison pour tout son assortiment, cette maison aurait pris des renseignements et n’aurait probablement pas risqué un aussi fort montant sans garantie.
- Résultat : le marchand a dépassé ses ressources et il fait faillite.
- Il est donc désirable, dans l’intérêt du commerce, qu’un marchand ne fasse d’affaires qu’avec quelques maisons seulement, qui le connaissent, et soit au fait de ses ressources. Et il est très prudent de ne pas s’aventurer à accepter des commandes fractionnées, sans s’assurer auparavant du chiffre de crédit que le marchand porte sur tout son stock et sans être assuré qu’il lui-reste une marge convenable sur la totalité de son passif,
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS
- Founiture des articles de mercerie.
- Le mardi 5 novembre 1889, il sera procédé
- avenne Victoria, 3, à l’adjudication de la fourniture des articles de mercerie nécessaires aux services des hôpitaux et hospices civils de Paris, pendant l’année 1890.
- Cette fourniture sera adjugée en six lots.
- S’adresser pour prendre connaissance du cahier des charges, soit au Secrétariat général de l’administration de l’Assistance publique, avenue Victoria, 3, tous les jours non fériés, de 11 heures à 4 heures, soit au magasin central des hôpitaux, boulevard de l’Hôpital, 89, où sont déposés les types des articles à fournir.
- Manufacture des tabacs de Bordeaux
- Le 14 novembre, adjudication de fournitures diverses, notamment :
- 5e lot. — Toiles et molletons.
- Dépôt de garantie : 800 fr.
- A LA MAIRIE DE LlLLE
- Le 6 novembre, 10 h. — Fournitures diverses nécessaires au bureau de bienfaisance.
- Gotonnette à carreaux, 2,000 m.— Couvertures, 550. — Fagots, 35,000. — Molleton grisr 3,000 m. — Molleton à carreaux, 2,000 m. Toile blanche en 105 c.. 660 m. — Toile écrue en 110 c., 5,200 m. — Toile d’emballage, 300 m.
- A DA MAIRIE D’ARRAS
- Le 11 novembre, 2 h. — Fournitures diverses.
- Toile blanche et grise. — Coton pour doublure n° 5. — Velours n° 11. — Calicot blanc.
- — Toile bleue. — Drap bleu de troupe n° 20.
- — Beige noire. — Mouchoirs de diverses toiles et en fil. — Toile de coton n° 28. — Toile pour matelas n° 31. — Mousseline n° 32. — Toile à carreaux n° 35. — Indienne n° 37. — Couvertures vertes n°38. — Laine filée.
- — Cuirs divers.
- A LA MAIRIE DE SAINT-OmER
- Le 13 novembre, 1 h. — Fournitures diverses. — Draps et étoffes en laine et coton, toile.
- A la mairie du Havre
- Le 5 novembre, 2 h. 1/2. — Fournitures diverses, notamment : Drap. Tissus fil et coton nécessaires aux hospices.
- A LA MAIRIE DE CHATEAUROUX
- Le 14 novembre, 2 h. — Fournitures diverses.
- Toiles et draps, corderie.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- MINISTÈRE DE LA GUERRE Paris. — Le 26 septembre. — Fourniture de 5,000 mètres de toile à prélarts de 0,1 2.
- Helbronner, 7, place Lévis, adjud. à 0.88 le mètre.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Rocrefort. — Le 19 septembre. — T°^e blanche pour pantalons d'officiers, marinie et marins. . ,. j
- Alphonse Helbronner et Cie, à Paris, a J à 6,030.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- Rigolot. Filiol (Dme). Teint, boul. des
- Batignolles, 17.
- Fousset et Gie Dubois. Teint, rue du
- Jourdain, 10.
- Vandich. X. Teint, rue Brochant, 3. .
- SOÇIÉTÉS
- PARIS. ~ Formation de la Société en nom collectif Bataille et Lalande, fab. de tissus ccrus à l'exception de l'étamine qui pourra se faire soit en écru, soit en teint, rue d’Enghien, 30, avec fabrique à Berthencourt (Nord). Durée : 3 ans. Cap. : 50,000 fr. — Acte du 2 septembre 1889.
- VIENNE. — Dissolution à partir du 1er septembre 1889 de la Société Vaganay frères fab. de draps. Liquid. : M. M. Joseph Vaganay qui continue seul sous la même raison sociale. — Acte du 7 septembre 1889.
- LILLE. — Formation de la Société en nom collectif Lestgarens et Godard (blanchisserie de filsj, à Frelinghien. Durée : 9 ans. Cap. . 20,000 fr. — Acte du 29 août 1889.
- ROUBAIX. — Formation de la Société en nom collectif Cordonnier et Ernould fab. de tissus de Roubaix, rue des Lignes. Durée : 10 ans. Les associés fourniront les fonds nécessaires au fonctionnement de la Société. — Acte du 25 septembre 1889.
- LYON. — Dissolution de la Société de fait Archirel et Lyon fapprêleurs), cours d’Her-bouville. 8. Liquid. : les associés. — M. Lyon continue seul. — Acte du 24 septembre 1889.
- BORDEAUX.— Formation de la Société en commandite Emile Goudal et Cie (étoffes d'ameublement) rue Guillaume-Brochon, 9 bis. — Durée : 10 ans. — Cap. : 69,023 fr. dont 66,923 fr. 85 en commandite. — Acte du 7 septembre 1889.
- FAILLITES
- VIENNE. — La Société Leblanc et Terray, tab. de draps et personnellement les associés ; dame Leblanc née Ferroud et Michel Terray. — Jug. du 13 sept. 1889. S. : M. Fa-vier.
- TARBES. — Lagarde (Raymond), md de tissus. Jug. du 27 sept. 1889. — S. : M. Car-ret.
- LIQUIDATIONS JUDICIAIRES
- DUNKERQUE. — Tribut (François Camille), md de tissus. Jug. du 1er octobre 1889. — Liquid. : M. Liénard.
- ARRAS. — Wagon (François-Camille), md d'étoffes à Sauchy. — Jug. du 30 septembre 1889. — Liquid. : M. Harreng.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Daubigné. X. Teinturerie rue Victor-Massé, 29
- Sibille. Margelidon Ve Dépôt de teint. . r. Tardieu, 3.
- Dnrgéro. X. Teinturerie rue du Marché St-Honoré, 11.
- Barbin. Gauthier (Dlle) Teint. boulev. Ilaussman, 182
- Guinot. Detrois. Teint, rue de Bruxelles, 13.
- Gouffier Yve. Salmon (Dlle) Teint, rue La-charière, 15.
- Biget. X. Teint, rue du Four, 24.
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- J.-B. DUMAS
- La ville d’Alais vient d’inaugurer la statue d’un des ses enfants, l’illustre chimiste J.-B. Dumas, né à Alais le 14 juillet 1800, et mort à Cannes le vendredi 11 avril 1884.
- Les débuts de Dumas ne pouvaient faire prévoir ce qu'il serait un jour. Il commença par étudier la pharmacie, et entra comme* élève dans une officine de Genève. Puis, à peine âgé de vingt ans, il publia avec Prévost des recherches sur divers sujets de physiologie et principalement des expériences sur le sang qui sont encore classiques aujourd’hui. Mais bientôt il changea de voie-, en 1821, il vint à Paris et se consacra exclusivement à la chimie.
- Les idées qui avaient cours alors étaient tirées de l’étude relativement simple des composés minéraux, et reposaient sur les travaux de Lavoisier et de Berzélius. Dumas y substitua des théories absolument nouvelles, qui amenèrent une véritable révolution dans la manière de concevoir les combinaisons chimiques; il réforma complètement la chimie minérale, et rendit indépendante la chimie organique. C’e^t à lui que .l’on doit le premier essai de classification des corps simples non métalliques, essai que le temps a respecté.
- Toul en poursuivant ses travaux, Dumas se lança dans la carrière de l’enseignement et se montra immédiatement brillant professeur.
- En 1829, il fonda avec Lavallée, Olivier et Péclet, l’Ecole centrale des arts et manufactures. En 1832. il fut nommé professeur adjoint à la Faculté des sciences, professeur à l’Ecole polytechnique et membre de l’Académie des sciences. En 1839, il obtient, à la suite d’un brillant concours, la chaire de chimie orga- -nique à la Faculté de médecine.
- Deux ans plus tard, il devenait en même temps professeur titulaire et doyen de la Faculté des sciences, et en 1868 il remplaça Flourens comme secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences.
- Enfin en 1875, l’Académie française lui ouvrit ses portes. Ce n’était pas là un simple hommage rendu au savant -, Dumas était en même temps un orateur habile et élégant.
- Au milieu de sa carrière scientifique, Dumas eut le temps d’aborder momentanément la politique. En 1849, les électeurs du Nord l’envoyèrent à l’Assemblée législative, et, au mois d’octobre 1850, il fut chargé du portefeuille de l’agriculture et du commerce, qu’il ne conserva du reste que trois mois. En 1852, il fit partie de la première promotion de sénateurs ; mais il s’abstint de se mêler aux discussions politiques et ne prit jamais la parole au Sénat que dans les questions industrielles, commerciales ou scientifiques.
- Outre ses nombreux mémoires à l’Académie des sciences sur ses différents travaux, dont les principaux ont porté sur l’alcool amylique la découverte de i’oxamyde, la densité de ,1a vapeur de soufre et d’autres corps simples ou composés, la loi des substitutions, la composition de l’air et de l’eau, l’équivalent du carbone, l’indigo, l’analyse des matières albuminoïdes, etc., Dumas a laissé trois grands
- ouvrages : un traité de chimie appliquée aux arts, des leçons de philosophie chimique, et un essai sur la statique des êtres organisés.
- Du traité de chimie appliquée aux arts, a été extrait un volume substantiel, qui fit longtemps loi dans l’industrie de la teinture ; c’est le Précis de l’Art de la Teinture, publié à part en 1846.
- Peu de vies de savants ont été aussi bien remplies que celle de Dumas, et cependant, malgré le travail surhumain auquel il s’est livré durant toute son existence, il avait encore au moment de sa mort, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, toute la fraîcheur d’esprit de sa jeunesse.
- Récompenses de l’Exposition. —
- Le Journal officiel du 20 octobre publie en supplément « la liste des lécompenses décernées aux collaborateurs » de l’Exposition universelle.
- Cette liste ne comprend pas moins de 38 pages à 3 colonnes, avec une moyenne de 65 noms par colonne, soit un total de 7,500 collaborateurs récompensés.
- Quant aux décorations on ne sait encore rien, sinon qu’environ 32,000 demandes de croix auraient été adressées aux présidents de groupes à l’Expositions, aussi bien qu’au ministre lui-même. Sur ces demandes, 28,000 ont dû être écartées après un premier examen.
- Il reste 4,000 demandes parmi lesquelles il faudra choisir pour distribuer les 210 croix ou promotions dont dispose seulement le ministère, d’après le vote limitatif de la Chambre.
- Protection des Industries textiles en Turquie. — Le gouvernement ottoman a ordonné la suppression des droits de douane intérieure sur les étoffes fabriquées dans l’empire.
- En outre, en vertu d’une décision du Conseil des ministres, sanctionnée par un récent iradé impérial, la laine, le coton et toute autre matière textile produite dans l’empire et destinée à la fabrication indigène de tissus, ainsi que les tissus fabriqués dans le pays au moyen de ces matières premières, seront dorénavant exempts des droits de douane intérieure toutes les fois qu’ils seront transportés d’un point à un autre dans la Turquie.
- Ces mesures ont été prises dans le but d’encourager et de développer l’industrie textile indigène.’ ’
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- Chambre Syndicale de la Teinture et nettoyage. — Le 7 Octobre courant, la Chambre a repris ses travaux interrompus par les vacances.
- La séance est présidée par M. Fleury, vice-président.
- Le Secrétaire communique les renseignements relatifs à l'organisation d’un bureau de placement gratuit pour les ouvriers et ouvrières de la corporation, sous le patronage de la Chambre.
- Un modèle de registres et un modèle d’affiche seront préparés pour la prochaine séance.
- Le Comité émet l’avis que tout membre de la Chambre, désigné comme expert par un tribunal, doit se récuser et indiquer l’existence des commissions arbitrales instituées par la Chambre.
- Nous donnerons dans notre prochain numéro, un compte-rendu plus détaillé de cette séance.
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- Douanes Suisse. — Les modifications suivantes ont été apportées au tarif d'importation des tissus de coton.
- Les numéros entre parenthèses sont ceux du tarif.
- (284) 8 fr. Tissus de coton plissés : à la pièce.
- (285) U fr. — —
- (286) 35 fr. — —
- (287) 50 fr. — —
- (287 a) 40 fr. — —
- (287 b) 16 fr. — —
- (311 a) 3 fr. — —
- (312 a) 16 fr. — —
- (338) 25 fr. Toile cirée de tout genre, sans distinction du tissu qui a servi à la fabriquer (coton, lin, chanvre.).
- Pièces d’habillement en bonneterie de laine, telles que camisoles, jupons, tailles, manchettes, etc., dans lesquelles les manches^ les côtés, etc., sont fermés au crochet ou d’une manière analogue avec le même filé que celui qui a servi à faire ces objets, mais qui ne sont pas assemblés, cousus avec l’aiguille à coudre et du fil.
- (361) 30 fr. Remplacer l’explication : « Tissus de coton cousus, a la pièce (plissés, etc.)» par : « Tissus de coton, plissés, écrus, mais découpés (pour robes, linges de corps, etc.) »
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- PARIS
- Nous avons peu de modifications à signaler sur notre précédent bulletin.
- Amylacés. — Les amidons sont à cours faibles, sans modification sur les prix précé-
- dents.
- On cote en gros :
- Amidons pur froment.......... 46 .. à 47
- __ — bon pur.. 45 .. à ..
- — mi-fins........... 34 .. à ..
- — de riz, fleur........ 49 .. à 50
- — de maïs, fleur...... 36 .. à ..
- — riz Louvain extra... 68 .. à 75
- Les cours des fécules sont un peu mieux tenus que pendant ces derniers temps , il sera moins fabriqué qu’on ne le supposait au début de l’arrachage des pommes de terre. On cote :
- Fécule 11C, grains, Paris.... 27 .. à 28 ..
- — Oise................. 25 .. à 26 ..
- __ Vosges............... 27 50 à 28 ..
- — Loire et Auvergne. 27 50 à 28 ..
- Le tout par 100 kil., aux conditions d’usage et dans les gares respectives de la féculerie.
- La demande est fort active sur les glucoses ; prix tiès fermes, surtout sur le disponible.
- Sirops cristal 44°.............. 40 .. à .. .
- _ _ 4o«............... 37 .. à 38 .
- __ — 36° liquide..... 37 .. à 38 .
- __ — massé 40°......... 34 .. à .. .
- Le tout par 100 kil. à 30 jours 3 0/0, rendus à domicile ou en gare, droit de régie en plus : 12 fr.
- Dérivés de la houille. — Voici les cours des principaux hydrocarbures commerciaux dérivés de la houille (prix hors Paris).
- Benzine ordinaire (mélangée). 100 k. 60. »
- — fine (sans pétrole........ — 75. »
- __ pure cristallisable.... — 160. »
- Toluène pur...................... — 70. »
- Naphtaline crist................. — 30. »
- Essence de mirbane blanche.. — 165. »
- Sulfate de cuivre. — Marchés nombreux et importants pour les besoins de la viticulture ; il n’y a plus de disponible et rien à livrer avant plusieurs mois.
- On a vendu sur les quatre premiers de 1890, à 60 fr. ; aujourd’hui les fabriques n’acceptent plus d’ordres.
- LE HAVRE
- Bois de teinture. — Dans les bois de teinture, on a traité 518 tx. campêche F-Liberté à livrer par Providence, à fr. 8.85, et 100 tx Gap. à livrer par st. Colombie à fr. 8.45.
- En bois rouge, on a coté un lotin de 5 tx Bahia à fr. 10.50.
- Nous avons reçu, par contre : 1 gr. campêche, 300 fourches acajou, de Haïti ; 3,732 billes bois jaune, du Mexique, 1 gr. campêche de La Grenade, 1 gr. campêche, 1 gr. bois rouger de Ste-Lucie ; 2 gr. 28 s. racines bois de sandal, de l’Inde.
- Cachou, Curcuma, Rocou, Orseille, Cochenille, Quercitron, Dividivi, Sumac. — Tous ces articles se maintiennent au grand calme.
- Il nous est parvenu : 600 b. orseille, d’Angleterre.
- Indigos. — La disponible n’a eu la vente que de 10 c. Bengale et 7 sur. Guatemala, à prix non divulgué.
- Le marché à terme est faible et la plupart des mois d’octobre ont baissé de 5 cent.
- On a coté : 30 c. Bengale sur octobre, à fr. 6 ; 20 dito sur décembre à fr. 6.05 ; 20 dito sur février à fr. 6.12 1/2.
- ------------C®*.-----------
- MARSEILLE
- Cire jaune. — Arrivages de la semaine, 1,000. Ventes de la semaine et expéditions, nulles. Stock, 28,000 kil.
- On cote : Algérie, 125 à 130 fr.; Maroc, 115 à 130 fr.; Mozambique, 130 à 140 fr.; Sénégal, 115 à 120 fr.; Madagascar, 110 fr.; Levant, 145 à 155 fr. Les 50 kil. escompte 4 0/0. Provence, 2.50 le kil. sans escompte. Emballage compris, tare nette.
- Huiles de graines à fabrique. — Bien tenues en hausse. On cote :
- Arachides décortiquées, lre pression, Bombay, 68 fr.; Coromandel, 60 à 61 fr.; à fabrique, disponible, 58.50; 4 derniers mois, 58.50. Sésame pression séparée, disponible, 63 fr.; à chaud, 61 fr.; pavots à chaud, 60 fr.
- Graines et huiles concrètes. — Prix calmes.
- On cote : Palmistes, 54 fr.; coprah, 53.25; cocos Geylan, 58 fr. ; cocos Gnchin, 62 fr.
- On cote à livrer sur 1889 : coprahs 53 fr.; palmistes, 54.25.
- Huiles de palmes : Lagos, 58 fr.; Bony-Be-nin, 57 fr.; qualités secondaires, 50 à 54 fr.; conditions de Marseille, prix pour chargements.
- Soufres. — Sublimé ou fleur, chimiquement pur, 15 à 16 fr.; raffiné (trituré Candi), 13 à 14 fr.; trituré (garanti 97 0/0 de soufre pur), 12 fr.; canons, 13 à 13.50; coulés et candis, 14 fr.; soufre phéniqué, 25 fr. Le tout les 100 kil., franco quai ou gare Marseille, conditions d’usage, suivant marques.
- Bruts, deuxièmes courantes, 9.50; troisièmes belles, 9.25; troisièmes courantes, 9 fr. Coût, fret Marseille en vrac par chargements complets.
- BORDEAUX
- Bois de teinture. — Aucuneaffaire à signaler.
- Par navire français Sanglier, arrivé de la Martinique, il a été importé 10,000 kilos bois de campêche qui étaient vendus à livrer.
- Essence de térébenthine. — La demande est active depuis quelque temps avec des cours soutenus et même en hausse. Ces derniers huit jours, en deux lots, nous avons reçu 400 pièces essence pour lesquelles on a payé fr. 80 et 81. .
- Les expéditions ont été très régulières de fr. 85 à 86. Le tout les 100 kil. aux usages.
- Indigos. — Les ordres ont été assez actifs ces derniers huit jours.
- On a réalisé en plusieurs lots 20 caisses indigo Kurpah, dont nous ignorons les prix et conditions,
- Cours du mois : Bengale, du pair de 1 fr. à 1 fr. 80 de rabais ; Kurpah Kuddapah, de 1 fr. 85 à 1 fr. 90 de rabais ; Kurpah Pondichéry, de 1 fr. à 1 fr. 20 de rabais ; Madras bon, de 60 à 80 c. de rabais ; Madras moyen ordinaire, de 1 fr. 25 à 1 fr. 40 de rabais ; Guatemala, de 1 fr. 65 à 1 fr. 90 de rabais ; Mexique, de 1 fr. 50 à 1 fr. 70 de rabais ; Caraque, de 90 c. à 1 fr. de rabais. Le tout sur les estimations.
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- NANTES
- Orseille. — Madagascar, 127 fr. les 100 kil.
- Bocou. — Celui de Cayenne est coté de 1 à 1.25; marque Portai, 1.55 à 1.60; Guadeloupe, 33 à 35 cent, le kilo.
- SMYRNE
- Gomme adragante. — Ventes de la quinzaine : environ 30 caisses sans aucun changement de prix. Nous cotons toujours :
- N° 1 Extra blanche fes 516 les 100 kilos.
- 2 Blanche » 420 »
- 3 Blende blanche » 323 . »
- 4 Rousse » 307 »
- 5 Naturelle » 340 »
- Le stock ici est d’environ 190 c.
- Graines jaunes. — Ventes de la quinzaine : 220 sacs pour l’Angleterre.
- N° 1 Premières fes 141 les 100 kil.
- 2 Secondes » 129 »
- Marché ferme avec acheteurs à ces prix.
- Stock : environ 220 sacs.
- Cire jaune. — Les ventes de la quinzaine se sont limitées à 2000 kil. environ avec légère hausse sur la première qualité.
- N° 1 Scarpelatta fes 325 les 100 kil.
- 2 Naturelle » 309 »
- Le stock est d’environ kil. 2500.
- Noix de Galles. — Kil. 15,000 noires ont changé de mains au prix de fes 129 les 100 kilos. Environ kil. 20,000 Vertes et Blanches ont également été cédés à fes 112 les 100 kil-
- Marché ferme à ces prix.
- Stock : environ 40 à 15,000 kil.
- Le Gérant : F. GouillON. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes).
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- LA REVUE DE
- 21M Année, FT 21 et 22.
- mm
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES
- 25 Novembre 1889.
- AVIS A NOS ABONNES
- La Prevue de la Teinture a subi quelques retards dans sa parution par suite du surcroît de travail et de déplacements causés par l’Exposition, dont nous avons tenu à donner une physionomie exacte en ce qui concerne nos spécialités : nos lecteurs savent comment nous avons rempli cette lâche, qui n’est pas, du reste, achevée.
- Pour revenir à nos dates exactes, nous réunissons en une seule livraison les deux nos d'octobre, et ceux de novembre; notre journal reprendra ensuite sa périodicité régulière.
- SOMMAIRE
- Chronique. — Exposition universelle: Légion d’honneur. — Les noirs d’aniline et les procès Grawitz. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur. — Nouveau mode de blanchiment.
- Procédés divers : Cotonnades imprimées ; Impression en noir d’aniline ; Marron sur coton ; Noirs sur soie (suite) ; Apprêt pour soieries. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Les industries tinctoriales et textiles à l’étranger. — Brevets d’invention.— Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et faits divers. ,—. Correspondance commerciale.
- CHRONIQUE
- Voici le Parlement en fonctions, et le ministère qui l’implore d’inaug'urer Une politique d’affaires et non de luttes entre les partis.
- Le conseil est sage ; bien souvent il a été donné, plus souvent encore il n’a pas été écouté, mais le moment est des plus favorables à le mettre en pratique.
- L’année qui bientôt expire s’annon- Çait sous des alternatives inquiétantes : elle devait être ou politique ou industrielle ; c’est-a-dire stérile et irritante, ou productive et conciliante. C’est ce dernier caractère qui a prévalu, et dès tors le danger des divisions profondes s>est trouvé écarté.
- L’Exposition a été l’instrument de Pacification ; elle a été aussi l’immense catalogue de notre production indus-: trielle, et nous pouvons maintenant en : étendre avec confiance, les résultats.
- Elle est fermée, mais elle n’a pas dit son dernier mot.
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- Est-ce déjà son influence qui se fait sentir à Rouen ? Cette place qui depuis de longs mois se plaignait sans cesse de la stagnation des affaires, nous envoie de meilleures nouvelles. -
- Les tissus couleur, dit-elle, se ven-bent bien, et il s’est fait quelques affaires à livrer sur plusieurs mois ; l’écru est moins demandé, si ce n’est par l’Algérie, qui a acheté un peu au commencement du mois.
- Nos indienneurs vendent surtout l’article flanelle et commencent à répandre leurs collections de printemps.
- Quant aux lainages, ils sont toujours en bonne situation.
- Les places du Nord, surtout, conservent leur bon courant, et voient les prix s’élever en proportion avec ceux des matières premières, sans toutefois, les avoir suffisamment atteints.
- Chaque jour amène des commissions qui assurent la bonne marche de cette région pendant plusieurs mois encore.
- La situation à Elbeuf, à Louviers^ Sedan reste bonne, notamment en ce qui concerne les tissus unis et un assez grand nombre de genres nouveauté.
- On signale, notamment à Elbeuf, quelques affaires d’exportation assez importantes ; ces commissions sont à livrer en décembre.
- Lisieux a aussi des ordres pour alimenter sa fabrique, mais comme partout, les prix auraient besoin de s’améliorer, vu ceux des laines, et par conséquent, des filés.
- L’industrie tullière n’est pas aussi bien partagée, les plaintes sont unanimes à Calais-St-Pierre, qui est dans un calme voisin de la crise. Quelques bonnes maisons, toutefois, marchent encore, mais bien faiblement.
- Les toiles, dans le Nord, ont un bon courant de vente et de réassortiment ; les articles en jute se vendent avec activité et à des prix bien tenus.
- Les soieries, enfin, voient se continuer leur vogue et leurs succès ; les velours prennent une grande place dans la consommation.
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- Pour ces belles étoffes, on revient aux teintes vives, que l’on avait un peu abandonnées et l’on remet en faveur, surtout pour les velours et les peluches, les couleurs telles que vert-émeraude, bleu-saphir, viole',t-pensée.
- Pour la ville on choisit des nuances moins criardes comme le gris-bleuté, le gris-fer, le bleu-marine, le canaque, le vert foncé ; mais pour le soir, on aime le rose tendre, le vert-pâle et surtout le blanc uni ou broché Pompadour.
- La moire se portera cet hiver, surtout mélangée à une autre étoffe, telle que cachemire, drap ou faille.
- Notons principalement parmi les nuances nouveauté, en premier lieu, l’Aubergine, dont nous avons déjà parlé, et qui reproduit le violet rouge vigoureux, un peu vineux, du fruit dont elle porte le nom ; puis le Serpent, un vert clair, l’Empire, sorte de rouge framboise, le Gris-russe', dégradation du vert-russe, etc.
- On fait aussi des flanelles de belle qualité, en teintes unies claires, avec lesquelles on confectionne des matinées et peignoirs adoptés par la mode élégante.
- Ce sont des teintes à soieries qu’on y applique, et des plus fraîches, telles Corail et Azalée, parmi les roses ; Azur et Orient pour les bleus ; Bouton d’or, Nice, Ebénier, dans la classe des jaunes ; Nil et Cigale dans les verts, et comme violets, le Judée, le Parme, le Catalpa, c’est-à-dire des nuances franches et qui seraient éclatantes si elles ne se tenaient dans les tons clairs.
- Cet article flanelle riche, n’est pas assez important pour nous y étendre beaucoup, mais en même temps nous venons de résumer la série des nuances claires actuellement en usage dans les articles de luxe.
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- Les étoffes pour hommes ne sont ni si brillantes ni si variées ; si nous demandons aux villes de fabriquer ce qu’elles nous réservent comme nouveautés, nous ne voyons rien de caractérisque, rien de spécial.
- On nous dit, par exemple, et c’est vague :
- L’hiver, qui exige des vêtements chauds, souples et relativement peu
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- lourds, accordera une place très grande aux tissus cardé et cheviotte.
- Les unis de nuances figureront dans toutes les fabrications, y compris quelques mélanges à la filature, teintes admirables et bien goûtées.
- Les teints en pièce offrent tant d’avantages que l’on en fera toujours beaucoup.
- Entin les fabricants de belle nouveauté sont entrés résolument dans la voie des métiers Jacquart. Ils sont convaincus qu’ils seront dédommagés amplement des frais de premier établissement par la production de genres inimitables par la fabrication ordinaire. .
- Pour hommes et pour dames, notons en passant, que la fourrure est plus à la mode que jamais, et dans celle de prix, c’est l’astrakan, le loutre, le renard bleu, le castor naturel que l’on vend le plus. A côté de ces marchandises de prix, il reste une grande place à l’imitation.
- La plume a aussi un regain, ou plutôt une continuation de succès : belles ou communes elles trouvent toutes leur emploi. On fait notamment des bandes de duvet teint qu’on assortit aux nuances des tissus.
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- Puisque ceci nous ramène à la teinture, nous continuons notre chronique par une regrettable nouvelle qui intéresse au moins ses chercheurs et ses studieux.
- Le Moniteur scientifique n’est plus ! Son directeur, le Dr Quesneville, annonçait dans le dernier numéro, qu’il cessait sa publication, et faisait ses adieux à ses lecteurs.
- C’étaient bien de véritables adieux, car lui-même n’a pas survécu à son oeuvre, et quinze jours après cet avis, il succombait aussi à la suite d’une très courte maladie. Lorsque le Dr Quesneville résolut sa retraite, il ne pouvait donc encore prévoir une fin aussi prochaine.
- Nous aurons à reparler du rôle du Moniteur scientifique dans nos spécialités; nous nous bornons pour le moment, à rappeler qu’il fut l’organe de l’industrie des couleurs d’aniline, et en même temps des théoriciens de nos professions. 11 publiait enfin de très bons travaux sur la partie pratique de la Teinture et de l’Impression.
- La suppression de cet organe scientifique laisse une place vide qui sera difficilement comblée.
- Nos industries garderont un souvenir de reconnaissance au Dr Quesneville qui
- l’avait créé en 1857 et dirigé avec talent pendant ces trente-deux années.
- ¥ »
- L’enseignement oral ne remplacera pas ces publications qui s’éteignent. Il n’y a plus de cours de teinture aux Gobelins, et il n’y en aura pas cet hiver au Conservatoire des Arts-et-Métiers.
- M. de Luynes, qui doit traiter alternativement de la Teinture et de la Verrerie, s’occupe cette année de cette dernière partie ; nos industries le revendiquent comme leur et comme représentant autorisé de la nouvelle école tinctoriale.
- Nous ne cesserons de demander que sa chaire du Conservatoire nous soit exclusivement attribuée ; nos matières sont assez Vastes pour remplir, comme Persoz le faisait, un cours de deux années.
- F. Gouillon *—---------------
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- Nominations dans la Légion d’iïonneur
- Comme complément ou plutôt .comme couronnement de la liste des récompenses de l’Exposition publiée dans la Revue de la Teinture du 25 septembre, nous donnons ci-dessous les nominations et promotions dans la Légion d’honneur, se rapportant aux Teintures, aux Tissus, et aux industries des colorations en général.
- Certainement la liste des méritants dans nos spécialités était bien plus longue que celle des élus, mais il faut considérer que le nombre des décorations disponibles était limité, et que cette distinction n’a de valeur que si el/e n’est pas prodiguée.
- Les tissus dans leur ensemble ont été assez largement partagés, comparativement aux autres industries, et nous voyons ainsi que cette grande branche de notre industrie nationale jouit de la considération qu’elle mérite dans les conseils du gouvernement.
- Voici ces nominations, en date du 30 octobre, et du 14 novembre.
- Ont été promus,
- Au grade de Commandeur, M. : Natalis Rondot, Président du jury des soieries.
- Au grade d’oflicier, MM. :
- Buxtorf (Emmanuel), ingénieur-constructeur de métiers à bonneterie.
- Lefébure (Ernest), fabricant de dentelles. Magnier (Emile), président de la classe 31 (tissus de chanvre et de lin).
- Oriol (Auguste), fabricant de passementeries à St-Chamond.
- Tabourier, fabricant de tissus.
- Gros-Hartmann (Edouard), filateur.
- Ont été nommés,
- Au grade de Chevalier, MM. :
- Basset (Adrien), fab. de chevreau glacé.
- Binot (Auguste), fab. de passementerie.
- Blazy (Léon), fab. de tapisserie.
- Blin (Théodore), fab. à Elbeuf.
- Boudon (René), moulinier à St-Jean-du-Gard. Bouvard (Eugène), fab. de tissus.
- Bresson (Antoine) fab. de soieries, à Lyon. Breton père, fab. de draps, à Louviers. Brocard, fab. de draps, à Vienne.
- Courthial (Pierre), filateur et moulinier.
- Denis (Gustave), fab. de tissus, à St Georges-Batavant, (Mayenne).
- Descamps-Crespel, filateur de lin.
- Descat, fab. de velours de coton, à Amiens. Desgénetais (René), fab. de tissus, à Bolbec. Dumortier-Cuignet, fab. de draps, à Roubaix. Emery, fab. de soieries, à Lyon.
- Favre (Jules), fab. de tissus, à Epinal.
- Floquet (Clovis), fab. de peaux maroquinées. Fougeirol (Edouard), moulinier, à Ollières, (Ardèche).
- Gauthier, fab. de rubans, à St-Etienne.
- Gillet (Joseph), teinturier, à Lyon.
- Giron (Marcellin), fab. de rubans, à St-Etienne. Gourd (Adrien), fab. de soieries, à Lyon. Gourdon (Ernest), fab. de soieries.
- Grandjean, fab. de tissus, à Reims.
- Grantil père, fab. de papiers peints, à Châlons-sur-Marne.
- Guillaumet (Arthur), teinturier, à Puteaux. Kœchlin (Horace), fab. d’indiennes, à Luxeuil. Legrand (Charles), fab. de tissus.
- Leroy (Charles-Isidore), fab. de papiers peints. Mortier (Auguste), fab. de bonneterie. Rosenstiehl, des établissements Poirrier et Dalsace.
- Saint (Jules-Albert), filateur et tisseur.
- Saurel (Jules), fab. de soieries, à Nîmes. Simonnot-Godard, fab. de tissus à Valenciennes. Thierry-Kœchlin, vice président de la Société Alsacienne de construction mécanique. Tresca (Pierre), fab. de soieries, à Lyon. Turpault (Alexandre), fab. de toiles, à Chôlet. Waddington (Evelyn), filateur, à St Remy-sur-Aire.
- Nous félicitons ces élus, et nous engageons les oubliés à ne pas renoncer à la lutte ; leur tour viendra, ainsi que les occasions de faire reconnaître leur mérite.
- F. G.
- ---------sæe------------
- LES NOIRS D’ANILINE
- et les Procès Grawitz.
- Les procès Grawitz contre les teinturiers teignant en noir d’aniline ne sont pas près de s’éteindre, puisque l’auteur paraît en vivre, et que la persistance qu’il a mise jusqu’à présent à les soutenir, ne fait pas espérer qu’ü soit disposé à y renoncer.
- En ce moment, ce sont les teinturiers de Rouen qui sont en cause.
- Nous avons fait connaître les arguments principaux du jugement rendu par le Tribunal civil de Lille, le 29 juillet 1889, déboutant complètement le sieur Grawitz de ses préten-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- lions. (Voir Revue de la Teinture, du 25 août, page 143).
- Cependant la cour d’Angers avait jugé autrement, c’est-à-dire en faveur du pseudo-inventeur, dans son audience du 22 juillet ; nous donnons plus loin un extrait de son arrêt.
- Or, MM. Ch. Girard, directeur du laboratoire municipal de Paris, et M. E. Noelting viennent de publier dans le Moniteur scientifique, un mémoire de réfutation contre le rapport d’expertise dont la cour d’Angers a adopté les conclusions ; c’est ce travail que nous reproduisons ci-dessous, avec quelques pièces à l’appui communiquées pour les mêmes auteurs.
- Réponse au Rapport d'expertise de MM. Gautier et Bardy, sur la valeur des brevets de M. Grawitz, présenté à la cour d’appel d'Angers.
- Par MM. Ch. Girard et E. Noelting.
- Dans un procès en contrefaçon de procédés de teinture en noir d’aniline, intenté par M. S. Grawitz à MM. Boissel et Beck, l’expertise a été confiée par la cour d’appel d’Angers à MM. Decaux, Gautier et Bardy. Ces trois experts n’ayant pu se mettre d’accord, ont déposé deux rapports distincts, I’uq émanant de M. Decaux, l’autre de MM. Gautier et Bardy.
- Plusieurs teinturiers nous ont soumis le rapport de la majorité des experts, en nous priant de donner sur les conclusions de ce rapport notre avis motivé.
- Nous avons cru pouvoir accepter cette mission sans outrepasser notre compétence, car l’un et l’autre nons avons étudié la question du noir d’aniline depuis nombre d’années.
- L’un de nous, en effet, est un des auteurs de la Consultation technique pour des teinturiers de France, publiée à Rouen en 1886 ; l’autre, par sa position de directeur de l’Ecole de chimie de Mulhouse, a eu l’occasion de s’occuper d’à peu près toutes les questions touchant à la fabrication et à l’application des matières colorantes. Il vient en outre, de se livrer depuis plusieurs mois à une élude spéciale du noir d’aniline, qui a été publiée à la librairie Stueckelberger de Mulhouse sous le titre d’Histoire scientifique et industi ielle du noir d'aniline. (1)
- Nous aurons, à diverses reprises, dans la suite de notre argumentation, occasion de nous référer à ces deux documents,
- Comme dans toute la partie scientifique, les rapports relatifs aux affaires Boissel et Beck sont identiques, nous nous contenterons de discuter le premier -, nos arguments seront également valables pour le second.
- Le rapport de MM. Gautier et Bardy se divise en deux grands chapitres.
- (1) On peut se procurer cette brochure chez tous les libraires. Pour la recevoir franco, il suffit d’envoyer trois francs en mandat-poste ou en timbres, à M. Stueckelberger, libraire à Mulhouse (Alsace).
- Dans le premier, ils examinent la demande en nullité totale des brevets de Grawitz, formée par le défendeur, pour cause soit d’insuffisance de description, soit de défaut de nouveauté ; dans le second, ils étudient la question du bain plein et de la contrefaçon.
- CHAPITRE I
- Les questions posées par la Cour d’Angers relatives au chapitre I sont les suivantes :
- « En ce qui concerne le brevet du 30 septembre 1874, n° 105130, dont la description est d’ailleurs, dès à présent, déclarée suffisante :
- « 1° Le noir en pâte et en poudre verdissa-ble ou inverdissable, n’a-t-il pas été décrit et produit antérieuremeni à Grawilz, notamment par Perkin, par Alland, par Persoz, par Glanz-mann ? _
- « 2° Est-il possible d’attribuer à Grawitz le droit exclusif d’employer la réaction mutuelle de l’aniline, des sels métalliques et des chlorates ou chromâtes solubles? Cette réaction et son emploi n’ont ils pas été pratiqués par les antériorités invoquées par l’appelant ?
- « En ce qui concerne le brevet du 3 novembre 1874, n° 105554, considéré en lui-même et indépendamment des certificats d’addition postérieurs :
- 1° La description insérée audit brevet est-elle suffisante pour permettre l’exécution de la présente invention ?
- « 2° Est-il possible d’attribuer à Grawitz le droit exclusif de teindre en noir d’aniline les matières textiles, à l’aide de la réaction mutuelle des agents chimiques sus énoncés?
- « 3° Le premier procédé indiqué audit brevet, pour la mise en œuvre de cette réaction, est-il nouveau? N’est-il pas au contraire analogue et même identique, avec une nuance insignifiante, au procédé décrit par Lauth, par ses brevets et certificats d’addition de 1869 et par sa note publiée en 1873 ?
- « 4° Le deuxième procédé indiqué au brevet Grawitz est-il nouveau ? N’est-il pas, au contraire, identique au procédé breveté par Persoz en 1867 ? »
- MM. les experts (page 6 du rapport Boisset) reconnaissent les faits suivants :
- « Dans l’espèce, avant le procédé Grawitz, non seulement la transformation de l’aniline en noir, et le principe chimique, l’oxydation, qui préside à cette transformation, étaient connus, mais encore les agents d’oxydation eux-mêmes, chromâtes, chlorates, persels ou peroxydes métalliques, utilisables ensemble ou séparément, avaient été déjà indiqués. La teinture elle-même avait été réalisée, au moyen de ces éléments, mais mis en œuvre de diverses manières.
- « Nous les retrouvons dans les brevets du demandeur et la Cour, éclairée par les débats antérieurs et par le donné acte décerné à Grawilz, ne nous demande pas effectivement si Grawitz est l’inventeur d’un corps nouveau,
- 4«7
- ou de moyens nouveaux de produire ce corps, mais bien si le breveté a fait réagir ces éléments dans des conditions nouveVes pour l obtention d'un produit industrie, et s'il a su utiliser la combinaison de ces éléments pour produire la coloration des fibres, daffis des conditions particulières, qui constituent la méthode de teinture définie par un arrêt, sous le nom de teinture en bain plein. »
- Le point essentiel à établir était d’après cela si M. Grawilz était réellement l’inventeur de la méthode de teinture en bain plein pour le noir d’aniline, et si cette méthode se trouve décrite dans ses brevets. MM. les experts commencent par conséquent leur étude pir l’examen desdits brevets.
- Brevet n° 105130 du 30 septembre 1874.
- Dans son Histoire du noir d'ani'ine, l’un de nous a longuement discuté ce brevet et a conclu à sa nullité complète •, nous prions le lecteur de se reporter à ce document aux pages 94 à 100.
- M. Grawitz, pour démontrer la valeur de ses procédés et leur nouveauté, n’a fait qu'une seule expérience : il a préparé du noir en poudre par la réaction mutuelle de l’huile d’aniline, du perchlorure de fer et du chlorate de soude dans le rapport de leurs équivalents chimiques.
- Ce procédé n’est absolument pas nouveau.
- Il est pas touché, il est vrai, par les antériorités de Perkin, Alland, Persoz, Glanzmann Bobœuf, Cave, que MM. les experts citent seules, mais il est primé par les procédés de Higgin (Histoire, p. 48), Kruis (Ibid., p. 50) et Dullo (Ibid., p. 19), qui sont absolument identiques avec le procédé soi-disant nouveau de M. Grawitz.
- Le brevet n° 105130 ne contient donc pour le noir en poudre aucun procédé nouveau, et de ce chef il doit être déclaré nul. Ce n’est pas en effet une nouveauté que d’employer un sel de fer basique, produit par l’action de l’aniline sur le perchlorure de fer, là où les prédécesseurs employaient un sel ferrique quelconque.
- M. Grawitz est donc mal venu d’affirmer que le procédé au chlorate et sel ferrique se différencie nettement, par la nature des réactifs employés, de tous ceux qu’on lui opposait comme antériorités.
- Comme M. Grawitz ne Cite que ce seul procédé à l’appui de la nouveauté et de la validité de son brevet, et que ce procédé, ainsi que nous venons de le voir, n’est nullement nouveau, il reconnaît lui-même implicitement la nullité de son brevet.
- Les conclusions tirées par MM. les experts à la page 13, relativement à la validité du brevet n° 105130, sontdoncentièrementcaduques, et avec elles tombent aussi tous les arguments qu’ils étayent sur le brevet en question.
- Il est très étonnant que les antériorités si
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- topiques de Kruis et de Dullo aient échappé à MM. les experts.
- A la page 14, MM. les experts parlent du mode opératoire spécial, pour lequel la réaction mutuelle de l’aniline, des sels métalliques et des chlorates et chromâtes appartiendrait à M. Grawitz. Quel est ce mode opératoire spécial ? Nous ne le voyons pas. Dans le brevet en question, M. Grawitz travaille comme tout le monde, avec cette différence qu’il prend moins d’acide, ce qui rend le procédé défectueux au point de vue industriel.
- Per fectionner à rebours des procédés connus, ne constitue pas une invention.
- Les piocédés d’impres>ion du brevet n° 105, 130, ne va ent rien et ne sont pas nouveaux.
- M. Grawitz les applique maintenant à l'im-prégnalion, procédé qu’il a emprunté aux teinturiers du nord de la France. S'approprier les procédés des autres ne constitue pas une invention.
- Brevet n° 105554 du 3 novembre 1874.
- l es procédés décrits dans ce brevet ne sont pas nouveaux. Il n’y a d’à peu près original pour le premier procédé, que le mode opératoire qui n’est pas pratique. Kopp avait obtenu de l’éméraldine par l’action du perchlorure de fer sur les sels d’aniline (Histoire, p. 13); Persoz, de même (p. 9, note 4) ; Wood et Wright avaient oxydé l’éméraldine par le chro-mate à l'état de noir. (p. 41).
- Dune, en principe, rien de nouveau.
- Quant au deuxième procédé, Kopp avait obtenu l’éméra dine par le sel ferrique, Wood et Wright (p. 41), l’avaient obtenue par les sels de cuivre ; Rheineck avait formé du noir par l'action simultanée des sels de fer et de cuivre. M. Grawitz n’opère pas autrement. Il forme l’éméraldine par le fer et le cuivre et l’oxyde ensuite par le chromate.
- Dans ce deuxième procédé il n’y a donc également rien de nouveau.
- Les deux procédés manquent donc de nouveauté, bien qu’ils ne soient en effet pas identiques avec les procédés Lauth de 1869 et Persoz de 1867. Il y a néanmoins entre eux une certaine analogie, avec cette différence toutefois, que les procédés Lauth et Persoz conduisent à des résultats industriels, ce qui n’est pas le cas pour ceux de M. Grawitz.
- Emploi de la réaction mutuelle.
- Quand M. Grawitz parle de réaction concomitante, il ne fait nullement réagir tous les éléments dans le même bain. En fin de compte il les y réunit, il est vrai, car il transporte les éléments du premier bain, au moyen du coton, dans le second ; mais dans beaucoup de procédés antérieurs, on n’opérait pas autrement. M. Grawitz aussi bien que ses prédécesseurs réalisent en opérant ainsi ce que nous appelons le bain plein de première espèce.
- CHAPITRE II.
- TEINTURE EN BAIN PLEIN ET LA CONTREFAÇON.
- M. Grawitz définit le procédé du bain plein, le procédé qu’il revendique, de la manière suivante :
- « Il consiste à mettre en présence dans un même vase les éléments producteurs du noir d’aniline et la fibre à teindre, à plonger celle-ci dans le mélange et à l’y laisser se nourrir, se charger de couleur, de telle sorte que la j fibre se tient avec le noir, qui est pourtant in-I soluble, tout comme s’il était soluble. M. Grawitz, revendique la teinture en bain plein, soit qu’on la pousse jusqu’au noir inverdissa-ble, soit qu’on l’arrête en chemin, avant d’avoir atteint le moment où le noir est chimiquement inverdissable , c’est le fait de mettre la fibre dans un bain contenant un mélange des éléments producteurs du noir, et de l’y laisser jusqu’à ce que la teinture soit montée sur la fibre, qui constitue le procédé qu’il revendique ».
- I Le procédé en question est ce que nous j avons appelé, dans un autre mémoire, le I « bain plein de deuxième espèce ». Nous avons appelé « bain plein de première espèce », celui dans lequel on réunit la fibre et les éléments producteurs du noir dans un seul bain, avec cette particularité qu’on imprègne la fibre dans un premier bain d'une partie des éléments générateurs du noir, et qu’on porte ensuite cette fibre dans un deuxième bain, qui en contient une autre partie. C’est dans ce deuxième bain, contenant à la suite du transport la fibre et tous les éléments générateurs du noir, que celui-ci se développe.
- Eh bien ! une lecture attentive des brevets n°5 105130 et 105554 montre à l’évidence que le bain plein de deuxième espèce, le seul dont il soit question dans le jugement de la Cour d’Angers, ne se trouve dans aucun de ces deux brevets. Il est mentionné pour la première fois dans le certificat d’addition du 24 août 1876.
- A ce moment, le principe du bain plein de deuxième espèce, qui se trouve déjà dans les brevets Bobœuf, Paraf-Javal, Persoz, avait été rappelé à l’attention des chimistes industriels par les brevets de Tan tin et Brière, Pinckney, Coquillion et Jeannotte.
- MM. les experts soutiennent que dans son brevet n° 1054 30 et dans le certificat d’addition du 3 octobre 1874, M. Grawitz pratique bien la teinture en bain plein. Pour le brevet numéro 105130, c’est inexact, car M. Grawitz n’y parle que d’impression. Quant au certificat d’addition, il y mentionne la teinture en deux bains, le bain plein de première espèce, qui était connu et pratiqué bien avant lui, avec les mêmes agents qu’il met en œuvre.
- (A suivre)
- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- LA FIN DE L’EXPOSITION.
- C’est avec peine que les Parisiens ont vu arriver la fin de l’Exposition. Personnellement j’en suis attristé ; comment dire le nombre de bonnes promenades que j’y ai faites et que je serais disposé d’y faire encore : toujours du nouveau et de l’intéressant.
- Que de braves gens sont venus de l’extrémité de la France et de l’étranger passer un ou deux jours à Paris, et sont repartis se figurant avoir vu l’Exposition ! Voilà six mois que je viens plusieurs fois par semaine, il m’en reste encore beaucoup à voir -, quand je dis voir, non pas eu hâte, en passant rapidement, mais à bien examiner et étudier un peu; six mois ne sont pas assez ; mais hélas c’est bien fini !
- La morte-saison va commencer en même temps et semblera d’autant plus sensible à certains de nos collègues qu’ils ont bien travaillé pendant toute la durée de l’Exposition; c’est surtout les nettoyages à sec qui ont eu les avantages ; aussi il n’est pas douteux que les entrepreneurs d’empleins aient fait une brillante saison.
- Il me semble que MM. les collègues de province auront aussi un peu plus à travailler : tous ces voyages à Paris doivent avoir comme conséquence d’endommager bien des toilettes qu’il va falloir remettre <n ordre une fois rentré au logis.
- LE PALMARÈS DE L’EXPOSITION
- Les exposants vont également rentrer chez eux ; les uns gais comme des pinsons, d’autres tristes et mécontents, heureux cependant qu’il leur reste vingt-quatre heures pour maudire leurs juges ; il est même très probable qu’ils leur feront bonne mesure !
- Pour nos collègues en chiffonnages il me semble qu’ils n’ont pas lieu de se plaindre -, sur six exposants tous six médaillés ! c’est un teinturier de Paris qui a décroché la grande timbale en or; trois autres exposants mesurés au même niveau ont chacun une médaille d’argent, enfin les deux autres des médailles de bronze, tous paraissent satisfaits, sauf un qui semblerait bouder sur son prix, et ma fois faut-ii vous dire toute ma pensée, il n’a pas tout à fait tort; mais je ne puis ni ne veux m’étendre davantage.
- Le Jury, ce grand phénix, a prononcé, il faut s’incliner ; c’est égal, je trouve que ce n’est tout de même pas plus difficile que cela de décrocher une casserole d'argent.
- DE L’INFLUENCE DES RÉCOMPENSES DE L’EXPOSITION
- Quels profits peuvent retirer les exposants des frais premiers ? Les avis sont partagés ; les uns prétendent que tout cela n’est qu’une
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- affaire de gloriole-, pour d’autres, c’est la question finance, l’intérêt en un mot.
- Je suis pour cette dernière appréciation ; à peu d’exceptions les frais premiers des exposants sont vite retrojvés par le prestige que cela donne à leurs affaires.
- Pour quelques-uns c’est la fortune par le développement qu’il en résulte, de leur commerce -, de nos jours il faut de l’éclat pour percer les masses, c’est tellement vrai et si bien compris, que pas un lauréat ne négligera de faire une grosse réclame de la récompense obtenue : imprimés, factures, le vitrage du magasin, la voiture de livraison, tout en un mot sera chamarré de vignettes de la médaille; et chacun de dire : c’est celui-là le plus malin, regarde donc un brin, en a-t-il des médailles !
- Entre nous collègues (puisque nous parlons en famille) il n’y a que peu de fondement dans cette manière d’apprécier ; j’ai dit plus haut qu’il y a six exposants et tous six récompensés, or il reste bien quelques mille teinturiers qui ne le sont pas, n’ayant pas exposé, et dans ce nombre on en trouverait des quantités qui feraient aussi bien que n’importe qui, tandis qu’ils seront considérés comme étant de la St-Jean-Baptiste !
- Tant pis, fallait qu’ils y aillent. C’est bien fait, et vivent les braves qui sont allés au combat !
- SUITE DES NUANCES A LA MODE
- Dans ma dernière causerie, j’ai parlé des désignations fantaisistes de la mode ; cet hiver nous allons avoir comme nouveauté des nuances rabattues, telles que le ton cuivre, aven-turine, les violets tirant au rouge, des verts dans les tons fauves et éteints ; le gris muraille fera fureur : vous avez bien lu gris-muraille, mais le journal de mode à qui j’emprunte la mirobolante nuance ne désigne pas le genre de muraille. Est-ce de Mazas, ou du palais Bourbon, ou bien de Notre-Dame, ou encore du nouvel Hôtel des Postes? Car enfin, s’il y a fagot et fagot il y a également muraille et muraille; c’est égal, c’est une singulière trouvaille que le gris-muraille.
- AUTRES SUJETS
- A propos de mon dernier article, il m’est demandé des renseignements sur les différents moyens pour clarifier les benzines ayant déjà servi et quels sont les meilleurs filtres ; dès aujourdhui, je me suis occupé de me renseigner, aussitôt fixé je donnerai mon appréciation complète.
- Il m’est également demandé des détails sur le savon-benzine; j’avoue humblement à mes lecteurs que je n’en ai pas vu et par conséquent il me faut encore me renseigner.
- Nous sommes à une époque de progrès telle qu’il ne faut douter de rien, mais encore une fois, comme St-Thomas, il faut voir et on Verra, et on vous dira.
- La Revue est un journal qui se pique de
- sérieux et non une boutique à réclame ne faisant des annonces que vraies. Quant à moi je ne me départirai jamais de ce système : appréciation sincère et indépendante ; je me trouve d’autant à mon aise que c’est la devise de notre directeur en chef, M. Gouillon.
- Dans l’un des prochains numéros je donnerai sincèrement le résultat de mes expériences.
- V. Barbé, Teinturier à Paris.
- NOIR D’ANILINE
- — SUITE —
- Ce procédé ne fut pas publié à l’époque.
- En 1871, M. Persoz (1) réussit à obtenir pratiquement du noir en appliquant d’une manière séparée le bichromate de potasse et le sel d’aniline.
- Il foularde les tissus dans la solution de l’un des sels et applique l’autre aussitôt après, par pulvérisation. On peut, selon lui, faire varier la nature des acides (il recommande plus particulièrement un mélange d’acide chlorhydrique et d’acide sulfurique), régler la concentration des solutions, leur degré d’acidité, enfin employer la chaleur, de façon à obtenir une teinture, ou instantanée, ou, au contraire, assez retardée pour ne s’accomplir qu’après la circulation de l’étofïe dans une atmosphère chaude. En tous cas on s’arrange de telle sorte que l’étoffe, entrant blanche à l’une des extrémités de la machine, en ressorte noire à l’autre.
- M. Persoz ajoute que la même méthode, légèrement modifiée quant à la nature des matières à employer, donne de bons résultats pour laine.
- Le 3 juin 1872, MM. Jarosson et Mueller-Park prirent un brevet, n° 93512, d'après lequel ils mordancent le coton en chlorure ferreux à 12° B*5 pendant 2 heures, laissent le mordant s'oxyder pendant 12 heures, passent ensuite au chlorhydrate d’aniline très acide et chlorate de potasse, et le placent ensuite dans un appareil clos rotatif pendant 5 heures, en chauffant d’abord à 30°, puis montant graduellement à 50°. On laisse ensuite, à la sortie de l’appareil, séjourner en tas pendant quelques heures, puis on passe en bichromate acidulé à 50°, pendant 20 à 30 minutes, et on lave.
- MM. Nahrath et Firmenich, de Genève, cédaient dès le printemps 1873 à leurs clients un procédé qui consistait en passage de la fibre, à bain court, en chlorhydrate d’aniline additionné d’acide tartrique, puis passage, après expression, en bain de bichromate et d’acide chlorhydrique, avec séjour de plusieurs heures dans cet oxydant, ensuite retour au premier bain (de sel d’aniline) et ainsi de
- (1) Moniteur scientifique 1872, page 396.
- suite alternativement, jusqu’à obtention d’un noir intense.
- MM. Tantin et Brière (1) proposent de teindre du noir d’aniline en mélangeant dans un seul bain un sel d’aniline très acide et du bioxyde de manganèse, y manœuvrant la fibre pendant trois heures, et passant ensuite le coton vert très foncé dans un bain de bichromate.
- M. Pinckney (2) définit le mode d’emploi de sels de vanadium et d’uranium en t- inture et en impression après que Lighfoot eût signalé les avantages du premier de ces métaux dès 1871. Pour la teinture en un seul bain il recommande de prendre : 150 chlorhydrate d’aniline, 1/8 sel de vanadium, 20 chlorure de nickel, 100 chlorate de potasse et 2300 eau.
- On plonge la fibre dans le mélange de ces substances, ou bien on procède par immersions successives, d’abord dans le bain métallique et ensuite dans le bain contenant le sel d’aniline et le chlorate.
- La teinture peut se faire à la température ordinaire, mais une température plus haute peut être quelquefois plus avantageuse.
- Notons enfin encore, bien qu’il n’ait pas été publié à l’époque, un procédé trouvé par M. L. Bretonnière, de Laval, et vendu à M. J.-J. Mueller-Pack, le 27 juin 1873.
- « On prépare les solutions suivantes :
- « Huile d’aniline légère 1 litre, acide chlor-« hydrique à 22°, 2 kilogrammes, eau chaude « 10 litres et bichromate de potasse 1 k. 200 « dans eau chaude 10 litres,
- « On monte (pour 10 kilogrammes de co« « ton) un baquet contenant 90 litres d’eau à « 60°, on ajoute 2 litres de la solution d’ani-« line, on entre le coton et on lise dix minu-« tes ; on ajoute alors 2 litres de la solution « de bichromate, on lise dix minutes et on « obtient une teinte grise. On remet 2 litres « de la solution d’aniline, on lise pendant « dix minutes, puis 2 litres de la solution de « bichromate, et ainsi de suite jusqu’à épui-« sement. Le coton est alors noir-bronze « foncé ; on ajoute 2 à 300 centimètres cubes « d’acide chlorhydrique, on lise pendant cinq « minutes à grande eau dans un bain froid « contenant 50 centimètres cubes d’acide sul-« furique ; pour terminer, on le rince à fond, a dans de l’eau chaude.
- « Après ce lavage on peut encore savonner; « Le noir ainsi obtenu est très beau et ne « verdit pas. »
- M. M. de Vinant (3) teint les filés de coton en noir d’aniline en passant en sulfate de cuivre acidulé à l’acide chlorhydrique, puis en sulfhydrate de sodium, ensuite dans une solution de chlorhydrate d’ammoniaque, chlorate de potasse et pyrolignite d’aniline, et terminant enfin en bichromate de potasse.
- (1) Brevet n° 101685 du 5 janvier 1874.
- (2) Brevet n° 102050 du 2 février 1874.
- (3) Moniteur cle la teinture (4) I, page 67.
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- M. Lamy (1) constata qu’un noir d’aniline est d’autant plus résistant, et d’autant moins exposé au verdissage, qu’il a été plus oxydé -, le noir violacé, obtenu en passant un noir d’éten-iage en bichromate, puis en bypochlo-rite de soude, est plus solide aux lessives et aux acides que le noir bleuâtre ob'enu par passage en soude.
- D’après M. G. Witz (2) on peut décolorer des tissus teints ou imprimés en noir d’aniline en les passant d’abord dans une solution acidulée de permanganate de potasse, puis en acide oxalique.
- Le 30 septembre 1874, M. S. Grawitz, prend son premier brevet n° 105130, pour les « procédés employés pour produire du noir d’aniline » -, le 3 octobre de la même année un premier certificat d’addition à ce brevet ; le 3 novembre deux autres brevets n° 105554 et no 103555 relatifs au même objet.
- Les brevets de M. Grawitz ont donné lieu à uu nombre si considérable de procès, de discussions scientifiques et industrielles, que nous leur consacrerons un chapitre spécial. Nous les reproduirons in extenso, et nous en discuterons à notre point de vue, la valeur, en nous appuyant sur les expériences des divers auteurs qui s’en sont occupés et sur nos essais personnels.
- M. Coquillon (3) décrit des procédés d’obtention du noir basés sur la réaction qu’exercent les sels de fer, en présence de chlorates, sur les sels d’aniline. Voici un exemple de teinture : « Pour 20 kilogrammes « de coton débouilli, on prend 3 kilogrammes « d’aniline et 4 kilogrammes d’acide chlorhy-« drique à 20° B6. On mêle les deux liquides « et on attend le refroidissement. On ajoute « ensuite 2 kilogrammes de chlorate de po- , « tasse, dissous dans 30 ou 35 litres d’eau,
- « on mêle bien et on ajoute finalement 35 li-« très de protochlorure de fer marquant 20° Bü.
- « On trempe le coton dans le mélange, et on « l’y laisse de 8 à 12 heures à la température « ambiante.
- « C’est au bout de ce temps qu’on le retir e « du bain et qu’on le trempe dans une disso-« lution de carbonate de soude marquant « 10-15° B<L Ce bain a pour but d’enlever « l’excès d’acide.
- « On lave ensuite le coton et on le porte « dans un bain de bichromate de potasse « chauffé à 40 ou 50° et qui contient environ « 200 grammes de ce sel dissous dans 30 ou « 35 litres d’eau. Ce bain a pour but de don-« ner plus de résistance au noir et d'empê-« cher le verdissage.
- « On peut y laisser le coton environ une « demi-heure, on le lave ensuite, on le tord « et on le passe dans un dernier bain d’adou-« cissage, composé de 0 kg, 5 d’huile tour-
- (1) Wagner’s Jahresbericht 4874, page 888.
- (2) Bulletin de la Société industrielle de Rouen 1814, page 100.
- (3j Brevet n° 107031 du 10 mars 1875.
- « nante et de 1 kilogramme de carbonate de « potasse ou de soude dissous dans 30-35 « litres d’eau. »
- Du 29 avril 1875 date le deuxième certificat d’addition de M. Grawitz à son brevet n° 105130.
- D’après le brevet n° 109193 du 23 août 4875, M. Leriche opère la teinture du coton par des passages successifs d’abord en dissolution chaude de chlorate et de bichromate de potasse mélangés, puis en dissolution également chaude de sulfate d’aniline. Ces passages sont répétés plusieurs fois.
- En 1875, M. Ladureau propose d’imprégner le coton d’une solution de chlorure de manganèse, de chlorure de fer, de chlorure de potasse et de stl d’aniline, de laisser oxyder 24 he ;res et de passer ensuite sans rincer dans un bain contenant 1 0/0 environ de bichromate de potasse à froid ou mieux à chaud, pour développer entièrement le noir.
- D’après un brevet bavarois, M. L. Wagner (1) teint des filés ou tissus de coton en bleu foncé de la manière suivante :
- Il empâte à chaud dans une solution de glucose (1/2 litre) 40 grammes amidon et 40 grammes de chlorate de potasse ; dans un autre demi-litre de solution de glucose il dissout 80 grammes de chlorhydrate et 13 grammes de sulfate d’aniline ; enfin dans 2 litres du même liquide, 40 grammes de chlorure et 13 grammes de sulfate de cuivre. Les trois solutions sont mélangées, on y passe le coton, on tord, on laisse en tas 1 heure, puis on oxyde pendant 4-5 heures à une chaleur humide de 30°. On passe ensuite en lait de chaux dilué, puis en acide ch'orhydrique étendu, enfin en carbonate de soude ou savon.
- L’addition d’un corps oxydable au bain, la glucose, a sans doute pour but d’empêcher une oxydation trop avancée de l’aniline, et d’arrêter la réaction après la formation du bleu, l’émeraldine.
- D’après un mémoire intéressant sur le rôle du vanadium dans la formation du noir, M. Antony Guyard (Hugo Tamm) (2), mémoire sur lequel nous reviendrons en discutant la théorie du noir, dit entre autres que le noir d'aniline n'est autre chose que l'émeraldine déshydratée ; qu'une haute température est nécessaire dans les chambres d'oxydation, non pas pour former l émeraldine, mais pour la déshydrater et la transformer en noir ; que l'émeraldine peut se déshydrater au sein même des liqueurs dans lesquelles elle prend naissance, en les faisant chauffer, qu'elle se trnsforme en noir d'aniline, comme l'oxyde hydraté bleu de cuivre se transforme en oxyde noir de cuivre anhydre, par ébullition.
- Le 7 avril 1876, M. Jeannolle prend un brevet, n° 112132, pour l’obtention en teinture
- (1) 'Wagner’s Jahresbericht 1876, page 992.
- (2) Bulletin de la Société chimique de Paris XXV, 1876, page 58.
- d’un bleu foncé qui, rafleuré par un bleu d’aniline ou par l’indigo, devait remplacer d’une manière économique les bleus cuvés purs. Pour 100 kilogrammes de coton, M. Jeannolle prend 1600 litres d’eau, 5 kilogrammes d’acide chlorhydrique, 42 kilogrammes d’acide sulfurique, 5 kilogrammes d'aniline et 5 kilogrammes de bichromate de potasse, teindre à froid pendant une heure, laver et saturer les dernières traces d’acide dans un bain légèrement alcalin à 40°.
- Le 2 juin de la même année, M. Hommey (1) opère la teinture en noir en employant
- 1000 grammes eau, 80 grammes chlorhydrate d’aniline, 40 grammes chlorate de potasse, 5 grammes acide chlorhydrique et 0 gr. 1 vanadate d’ammoniaque. La couleur est développée par étendage et le noir complété et fixé par uu bain de bichromate à chaud.
- M. Gouillon, dans le Moniteur de la Teinture du 5 juillet 1876, publie la note suivante :
- « Pour que le noir d’aniline soit bien fixé « et n’ait plus de tendance à verdir, il faut « que dans l’une des phases de la production « on fasse intervenir une température élevée. « Ainsi on peut faire l’étendage dans une « étuve fortement chauffée, de 40 à 50° -, cela « est dangereux néanmoins pour la solidité « des fibres. Il est préférable, après l'oxy-« dation, de passer les cotons dans la disso-« lution de bichromate de potasse bouillante.»
- 24 août 1876. — Premier certificat d’addition de M. Grawitz à son brevet n° 105554.
- Le 13 octobre 1876, M. John Bryson Orr prend un brevet n° 115003 pour empêcher le verdissage (greening) du noir d’aniline :
- « Lorsque les tissus ont été imprimés et « fixés de 24 à 48 heures, comme c’est la « coutume dans les usines à impression, ils « sont traités comme suit :
- « 1° On les fait passer dans un bain bouil-« lant de bichromate de potasse (d’une force « de 112 grammes de sel de potasse par 4 1/2 « litres d’eau).
- « Un peu d’acide ajouté à ce bain est «R « avantage, car il aide à libérer l’acide direct mique.
- « On peut substituer au bichromate de po-« tasse de l'acide chromique d’une force équi-« valente.
- « Les tissus doivent être passés à travers « le bain sur des rouleaux, le passage durant « au moins une minute.
- « 2° Les tissus sont lavés avec de l’eau <i bouillante et du savon. ;
- « 3e Ils sont séchés.
- « 4° Ils sont ensuite soumis à un bain froid « de chlorate d’alumine ou d’autre chlorate»
- « tel que le chlorate d’ammonium (contenant « 1 partie de sel pour 60 parties d’eau).
- « 5° Les tissus sont séchés de nouveau.
- (1) Bulletin de la Société industrielle de Rouen 1876, page 263-266.
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- « 6° Ils sont soumis à l’action de la vapeur « pendant une demi-heure environ, ou bien « le traitement à la vapeur peut être sup-« primé, si les pièces sont travaillées d une « demi-heure à une heure dans du chlorate « d'alumine bouillant ou dans tous autres « chlorates, tels que : le chlorate d'ammo-« nium, contenant 1 partie de ce sel pour « 100 parties d'eau.
- « 7° Le bain de bichromate se conserve et « peut être employé plusieurs fois de suite.
- « 8° Il est préférable de soumettre les mar-« chandises ou tissus à la vapeur aussitôt que « possible après le séchage qui suit le bain « de chlorate.
- « 9° On doit prendre soin que le bain de « chlorate ne soit trop fort -, une partie pour « soixante (ou bien une pour cent pour les « tissus les plus légers) est reconnue suffî-« santé.
- « 10° Le traitement indiqué ci-dessus prêta serve non seulement les tissus contre le « verdissage, mais encore il rend le noir plus « parfait et les blancs plus purs.
- « Le même procédé s'emploie pour les « tissus teints, mais dans ce C3S cependant « les bains de chlorate sont plus faibles.
- « II doit être compris qu’en outre du chlo-« rate d’alumine, les autres chlorates qui sont « décomposés par la vapeur, sans la présence « d’un acide, peuvent être employés dans le « but sus-indiqué.
- « Résumé : Je revendique comme mon in-« vention et désire conserver comme ma pro-« priété exclusive :
- « Le traitement des tissus teints ou impri-« més avec du noir d’aniline, afin d’empêcher « ce qui est connu sous le nom de verdissage.»
- 21 octobre 1876. — Quatrième brevet Grawitz n° 115160 . production en teinture et
- EN IMPRESSION DU NOIR D’ANILINE INALTÉRABLE.
- A la suite de ce brevet, MM. Kœchlin frères firent ouvrir dans la séance de la Société industrielle de Mulhouse du 29 novembre 1876 le pli cacheté qu’ils avaient déposé à la date du 9 avril 1876 :
- NOIR D’ANILINE
- Procédé de MM. Kœchlin frères pour
- éviter le verdissage de cette couleur.
- & Les noirs d’aniline, soumis à des agents e réducteurs acides, tels que l’acide sulfureux « ou l’hydrogène sulfuré (soit en dissolution, « soit à l’état gazeux), prennent une colora-« tion verdâtre, due surtout à leur transfor-« mation plus ou moins complète en émeral-« dine, qui, bleu foncé à l’état alcalin, devient « verte par les moindres traces d’acide.
- « Il existe un produit plus oxydé que le noir « d’aniline, qui n’est plus transformé en « émeraldine par les réducteurs alcalins ou « acides et que l’on obtient de la manière sui-« vante :
- « Le noir d’aniline, imprimé et fixé, est « terminé comme à l’ordinaire, puis soumis
- « dans une cuve à une oxydation acide, à « une température supérieure à 75° centi-« grades. Il ne reste plus qu’à savonner ou « simplement à laver les pièces.
- « Parmi les oxydants qui donnent les meil-« leurs résultats, nous citerons : les sels de « peroxyde de fer, l'acide chromique, cer-« tains chlorates facilement décomposables, « comme le chlorate d'alumine, etc.
- « La solution ferrique se prépare soit avec a un sel de fer au maximum, que l’on addi-« lionne de 1 à 1 1/2 fois son poids d’acide « sulfurique à 66°, pour empêcher l’oxyde de « fer de se fixer sur tissus. Cette solution « s’emploie à raison de i à 2 grammes par « cuve de teinture pour 6 ou 8 pièces qu’on « y manœuvre pendant une demi heure à une « heure, à 80° centigrades.
- « Les sels ferriques étant moins répandus « dans le commerce que les sels ferreux, on « prépare une solution comme suit :
- Sulfate ferreux........ 20 kilog.
- « dissous dans :
- Eau.................... 60 à 70 litres
- « on y ajoute :
- Bichromate de potasse. 5 kilog.
- Acide sulfurique à 66°.. 15 à 18 litres
- « Il faut employer la proportion d’eau ci-« dessus, à cause de réchauffement de la « liqueur par l’acide sulfurique et du peu de « solubilité du sulfate ferrique acide. On pren-« dra alors de A à 8 litres de cette liqueur et « on opérera comme précédemment.
- « Pour le genre noir et orange on se servira « de l'acide chromique à raison de 3 à 400 « grammes par cuve pour 6 à 8 pièces (soit 3 « à A00 grammes de bichromate et un quart « de litre d'acide sulfurique), en opérant, du « reste, comme avec le fer. Il restera à virer « à l’orar.ge en chromate alcalin.
- N.-B. — « Pour le genre noir et bleu soli-« de, il faudra laisser un léger excès de sel « ferreux dans la liqueur (l’acide chromique « détruirait le bleu). On prendra pour la pro-« portion ci-haut k kilogrammes de bichro-« mate au lieu de 5 kilogrammes. »
- M. Delory (1) décrit la teinture de la laine et de la soie en noir d’aniline. Il mordance 250 grammes de laine avec 100 grammes de bichromate de potasse et 100 grammes d’acide sulfurique dans 10 litres d’eau au bouillon, laisse refroidir dans le bain, et teint ensuite avec 30 grammes de chlorhydrate d’aniline et 55 grammes de bichromate dans 10 litres d’eau d’abord à froid, puis en montant jusqu’à 95-100°. Pour la soie le bain de mordançage est plus faible et on ne monte que jusqu’à 60-70°.
- MM. TheiligetClaus, à Crimmitschau (Saxe), imprègnent d’après un brevet allemand, numéro 980A, le coton en laine ou en flotte de
- (1) Wagner's Jahresbericht 1879, page 1068.
- chlorhydrate d’aniline, additionné de chlorate de potasse ou d’un autre oxydant et de chlorure de vanadium. Les matières débarrassées de l’excès de liquide sont exposées dans un appareil fermé à un courant d’air chaud, auquel on mélange plus tard de la vapeur d’eau. De cette manière l’oxydation de l’aniiine est rapide et complète et les vapeurs acides sont entraînées. On passe ensuite en bichromate de potasse ou en alcali. (1)
- M. Prud’homme, en 1885, a introduit dans l’industrie un procédé d’enlevage sur noir d’aniline non développé. Le tissu est plaqué avec un mélange de chlorhydrate d’aniline basique, de chlorate et de ferrocyanure de potassium et d’une trace de vanadium, puis séché. On imprime ensuite un alcali ou un sel alcalin, acétate ou carbonate de soude ou de chaux, et on passe au Mather et Platt. Aux endroits imprimés en alcali le noir ne se développe pas ; on termine, après avoir lavé, par un passage en bichromate. Eu ajoutant aux sels en question une couleur plastique et épaississant à l’albumine, on obtient des dessins coloriés sur le fond noir.
- M. Rettig (2) a étudié l’action du bioxyde de manganèse fixé sur tissus sur les homologues de l’aniline. L’orthotoluidine fournit un noir bleuâtre, la métatoluidine un prune, solides au savon. La paratoluidine, de même que les xylidines et homologues supérieurs ayant un méthyle en para vis-à-vis de l’amidogène, donnent des nuances cachou ne résistant pas au savon.
- MM. Gilliard, Monnet et Cartier â Saint-Fons emploient pour la teinture en noir inverdissa-ble un mélange de chlorhydrate de paraphé-nylène-diamine, de chlorhydrate danilinp, chlorate alcalin et vanadium. Le coton est imprégné de cette solution et la couleur se développe en vingt-quatre heures à la tempé-•rature ordinaire.
- Nous avons déjà vu précédemment qu’on a étendu les procédés de formation du noir d’aniline à d’autres bases ; l’orthotoluidine donne un noir plus violacé, la a-naphtylamine un puce, la ë-naphtylamine un brun, la parapbé-nylène-diamine un brun foncé, la benzidine un brun orangé.
- Les applications de ces bases ne sont pas très importantes ; les puces à l’a-naphtylami-ne ont été abandonnés surtout à cause de la mauvaise odeur du cette base.
- NOUVEAU MODE
- de blanchiment par l’oxygène naissant, Par MM. Jacobsen
- MM. Jacobsen frères, de Berlin, ont indiqué
- (1) Wagner"§ Jahresbericht 1880, page 78t>.
- (2) Bulletin de Mulhouse 1886, page 174.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- un nouveau procédé de blanchiment des fibres végétales et animales.
- L’emploi de l’eau oxygénée pour le blanchiment a été, jusqu’ici, fort limité à cause de l’instabilité de ce produit qui supporte difficilement le transport.
- Les inventeurs disent que l’eau oxygénée peut être remplacée, dans la plupart des cas de blanchiment, par des bains qu’on obtient en ajoutant du peroxyde de baryum aux solutions de quelques sels.
- Ainsi que l’avait constaté Schœne, le peroxyde de baryum subit dans l’eau une décomposition très lente en dégageant de l’oxygène.
- Les essais de MM. Jacobsen semblent démontrer que cette décomposition peut être considérablement activée en présence d’un grand nombre de sels.
- Les propriétés décolorantes que les solutions salines reçoivent ainsi sont, à un haut degré, indépendantes de la nature des sels. Les résultats les plus favorables sont obtenus avec les silicates alcalins, le chlorure d’ammonium, les borates alcalins ouïes sels des acides gras. Le chlorure de magnésium, le phosphate de soude agissent moins fortement, et encore i moins les sulfates.
- Les poids proportionnels des sels et de l’eau qui les dissout peuvent varier beaucoup. Cependant, le mélange d’une partie de peroxyde de baryum, une partie de silicate de soude et 100 parties d’eau convient dans la plupart des cas.
- Pour le blanchiment des fibres végétales (toiles, jute, chiffons, pâte à papier, etc.), on peut employer des solutions plus concentrées, tandis que pour les fibres animales, une plus forte partie de silicate peut agir désavantageusement, à cause de l’alcali mis en liberté.
- La durée du blanchiment est d’un jour ou deux pour le jute et les toiles. Les bains peuvent être réemployés tant qu’il se trouve du. peroxyde de baryum dans le précipité obtenu par le bichromate de chaux ou l’acide sulfurique.
- Les matières à blanchir doivent être dégraissées ou lessivées.
- Pour le succès de ce procédé, patenté en Allemagne, il est indifférent de mélanger le peroxyde de baryum avec la solution du silicate ou de faire dissoudre dans l’eau un mélange de peroxyde de baryum et de silicate pulvérisé.
- Dans nombre de cas, il sera avantageux de faire passer les matières blanches avec le peroxyde de baryum, dans un bain d’acide sulfureux faible, pour les décolorer complètement.
- Lorsque la nature de la matière à blanchir le permet, le blanchiment avec le peroxyde de baryum dans une solution alcaline est le plus convenable, parce que l’eau oxygénée possède une plus grande puissance décolorante dans une solution acide ou neutre.
- La cause en est probablement dans la for
- mation de peroxydes solubles des métalloïdes alcalins qui sont plus facilement décomposés que l’eau oxygénée.
- Dans certains cas, par exemple le blanchiment d’une huile, il paraît plus avantageux d’employer des solutions neutres, telles qu’on les obtient en mélangeant du peroxyde de baryum avec des sels de magnésie.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Cotonnades imprimées
- Ce n’est peut-être plus la saison de parler des cotonnades, mais nous ne voulons que donner des exemples du bas prix auquel on arrive à fabriquer des tissus imprimés, non sur des gravures démodées et à aspect vieillot comme on voit encore, mais sur des types nouveaux et encore originaux, malgré leur simplicité.
- Voici un de ces tissus :
- ÉÊÜM
- »
- Ce sujet, comme on le voit, est à une cou- | leur, c’est une impression au rouleau, bien \ entendu, et en faux teint, mais ce tissu se vend au détail 30 centimes le mètre, en 55 cm. de largeur, et il faut songer que ce genre d'articles passe par un intermédiaire au moins, entre le fabricant et le détaillant.
- Voici, maintenant, une impression à quatre couleurs.
- \ lSsfc'
- C’est un mouchoir en coton, dessin cachemire de 75 cm. de côté, se vendant 50 centimes au détail.
- Les couleurs sont un écarlate azoïque, du noir d’aniline et du jaune de graine, la quatrième est une bordure en bleu ou violet d’aniline.
- Toutes, excepté cette dernière, supportent des savonnages chauds et dégorgent très peu au savon bouillant -, si on laisse les bordures d’aniline pour prendre celles en rouge du fond, on a alors un ensemble bon teint, sinon grand teint, et qui laisse loin ce même article qui se faisait il y a dix ans, se vendant plus cher, et avec des couleurs aux bois, disparaissant au premier savonnage.
- On voit donc à quel degré de perfection et de bas prix est arrivée l’industrie de l’impression, qui est arrivée à livrer des tissus élégamment décorés, au même prix que l’uni.
- Nous avons dit précédemment que dans l’article doublure-tailleur, l’impression livrait aussi des étoffes très flatteuses à l’œil, d’un prix médiocre, et d’un grand emploi en ce moment.
- Impression en noir d’aniline sur coton.
- Il nous est demandé notre avis sur les meilleurs procédés d’impression en noir d’aniline, à l’usage des maisons qui ne font pas ce travail d’une façon suivie, comme les indien-neurs de profession, spécialement outillés ad hoc.
- Nous recommandons, dans ce cas, les formules au chromate de plomb, et au vanadium; le premier est par vaporisation, le second par étendage, à l’usage des établissements n’ayant pas d’appareils vaporisateurs.
- Voici ces méihodes :
- Noir d'aniline au chromate de plomb.
- Faire bouillir en empois :
- Amidon.............................. 300 gr.
- Eau................................... 2 lit.
- Lorsque l’empois est refroidi vers 40 de-grés, y faire dissoudre :
- Chlorhydrate d’aniline.............. 300 gr.
- — d'ammoniaque.............. 400 —
- Laisser refroidir complètement, et ajouter
- Chlorate de soude en poudre...... 100 gr.
- Pnis quand on juge qu’à l’aide de l’agitation, ce sel doit être dissous ;
- Chromate de plomb en pâte........ 400 gr.
- Ce mélange est alors prêt à imprimer. Après l’impression, on laisse sécher à fond ; vaporiser ensuite à faible température pen-
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- dant dix minutes ; enfin rincer et savonner, j Le noir se développe pendant la vaporisa- i lion et le savon le termine.
- Le chlorate de soude peut être remplacé par celui de potasse, mais la dissolution de ce dernier demande beaucoup plus de temps.
- Le chrômate de plomb est la pâte résultant de la précipitation de l’acétate de plomb neutre par le chrômate jaune de potasse -, les jaunes de chrome du commerce qni ont été desséchés, et qui sont plus ou moins mélangés de carbonate ou de sulfate de plomb, ou même de sulfate de baryte ne peuvent convenir.
- Noir d'aniline au vanadium.
- Plusieurs formules au vanadium ont été données, celle-ci est très pratique :
- Amidon............................... 300 gr.
- Dextrine............................. 155 —
- Fuchsine.......................... 1/2 —
- Eau.................................. 2 lit.
- Cuire en empois, refroidir à 40 degrés, et. ajouter :
- Chlorhydrate d’aniline............... 500 gr.
- Et après complet refroidissement :
- Chlorate de soude.................... 150 gr.
- Au moment, seulement, d’imprimer, ajouter : Solution vanadique................ 100 gr.
- Imprimer ce mélange, sécher incomplètement, puis étendre deux jours dans les chambres d’oxydation.
- Au sortir de l’étendage, l’impression d’abord un peu teintée par la fuchsine est devenue vert olive, on la vire au noir et on la fixe en même temps par un passage dans un bain chauffé à 75 degrés, fait avec :
- Bi-chrômate de potasse............. 2 kil.
- Eau................................ 100 lit.
- On rince et or. savonne.
- La solution vanadique entrant dans la formule ci-dessus se fait ainsi :
- Vanadate d’ammoniaque............... 5 gr.
- Eau............................... 50 —
- Acide chlorhydrique pur............ 20 —
- Lorsque le vanadate est dissous, ajouter le mélange suivant :
- Glycérine pure à 28° B.............. 4 gr.
- Eau................................ 15 —
- Chauffer le tout, jusqu’à ce que la solution, verte d’abord, soit devenue bleu foncé ; ajouter alors :
- Eau............................... 950 gr.
- On a donc un litre de solution vanadique, qui peut se garder, et que l’on utilise au besoin.
- Les chambres d’oxydation sont des pièces dans lesquelles on entretient une température
- de 30 à 40 degrés avec un peu d’humidité. Un petit dégagement de vapeur dans ces pièces, remplit ces indications.
- Réserve blanche sous noir d'aniline.
- Nous n’avons pas l’intention ni la possibilité de décrire ici tous les genres dérivant du noir d’aniline, mais encore pour répondre au renseignement demandé et pour indiquer une des combinaisons auxquelles on a le plus souvent recours, nous donnons ci dessous la formule d’une réserve blanche.
- Si l’on veut que l’impression en noir d’aniline ne prenne pas sur certains points du tissu, et qu’elle laisse par conséquent des dessins en blanc, bien qu’elle soit plaquée sur ces endroits, on imprime préalablemeet le mélange suivant aux parties qu’on veut réserver :
- Solution d’arsenite de soude à 25° B. 2 litres.
- Amidon........................... 200 gr.
- Dextrine......................... 400 —
- On imprime ou on plaque au noir d’aniline, lorsque la réserve imprimée est sèche, en suivant les modes opératoires ci-dessus décrits.
- Cette réserve convient généralement pour tous procédés aux noirs d’aniline, mais celui au vanadium s’y prête particulièrement.
- MARRONS VIFS ET FONCÉS
- Sur fils et tissus de coton.
- Pour 25 kilogr. de coton :
- Faire baigner pendant 4 à 5 heures le coton dans un bain, chaud d’abord, qu’on laisse refroidir, monté avec :
- Cachou................................. 2 kil.
- Sulfate de cuivre.................... 100 gr.
- On lève, on tord on on exprime, et on passe dans une dissolution chaude de : Bi-chromate de potasse............... 750 gr.
- On obtient ainsi, après rinçage, un fond marron solide que l’on peut nuancer de différentes manières -, on lui donne beaucoup de feu et de vivacité par le moyen suivant :
- On le passe dans un bain contenant :
- Sumac.................................. 5 kil.
- Savon de Marseille................... 250 gr.
- Huile................................ 250 —
- L’huile s’émulsionne à l’aide du savon, pour former un bain laiteux.
- On passe les cotons dans ce bain gras, on les exprime légèrement puis on les porte dans un autre bain de teinture contenant :
- Marron d'aniline................... 50 gram.
- Acide sulfuriqne................... 25 —
- On rince et on sèche.
- On obtient, un marron plus foncé en doublant les doses de cachou, de sulfate de cuivre et de bi-chromate.
- Un autre moyen pour nuancer ces marrons, consiste à ajouter au bain de cachou 2 kil. de bois de Brésil, et continuer les opérations
- comme il a été dit, sauf que l’on supprime le marron d’aniline et le sumac dans le bain gras, ce bain huileux devant néanmoins être employé pour donner de la souplesse et du bullant aux cotons; avec le bois de Brésil, on obtient un marron rouge; en employant du campêche ou bien du Brésil, on aurait un marron brun foncé.
- Ces teintes sont d’un bon usage.
- Noirs sur soie Suite (1/
- Noir fin sans charge pour soies cuites.
- Pour 20 kilogr. de soies :
- Laver ;
- Donner cinq à six lisses sur un avivage à l’acide sulfurique faible ; tordre ;
- Mettre 20 à 25 litres de rouille dans l’avivage ci-dessus; tremper, tordre et laver.
- Lisser trois heures les soies sur un bain fait avec :
- Bain de campêche............... 70 litres,
- Bain de bois jaune............. 140 —
- Tordre et faire passer la nuit dans uue couverture de laine -,
- Le lendemain, laver ;
- Donner un peu de campêche sur un bain de savon bouillant ;
- Laver et aviver au jus de citron.
- Noir chargé pour soies cuites rendant 55 a 60 p. 100.
- Rouiller à 40 degrés, laver ;
- Savonnner, laver ;
- Passer au bain de cachou composé à raison de 300 p. 100 du poids des soies-, cachoute bouillant, laisser traîner sur ce bain, laver ;
- Passer au pyrolignite de fer, laver ;
- Cachouter louguement;
- Passer au pyrolignite, laver ;
- Teindre sur un savon à 65 degrés de chaleur, avec un peu de campêche, laver -,
- Aviver au jus de citron contenant 5 p. 100 d’huile d’olives tournée par de la soude.
- Noirs rendant jusqu'à 400 p. 100 pour fantaisie.
- Teindre sur écru ;
- Passer en extrait de châtaignier à 50 p. 100, puis en pyrolignite de fer, et renouveler ces deux opérations successives, autant de fois qu’il est nécessaire pour arriver à la charge voulue.
- Il faut environ quinze passages alternatifs pour charger à 400 p. 100.
- Rincer après chaque passage et tordre.
- Sur le premier bain de châtaignier, assouplir la trame par la chaleur qui amollit le grès.
- Terminer par des avivages à 15 p. 100 d’huile d’olives, émulsionnée par la soude.
- (1) Voir les recommandations générales dans le numéro du 10 septembre, page 151.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- Apprêt pour soieries blanches et couleurs Faire bouillir une heure :
- Riz................................. 10 kil.
- Eau................................. 50 lit.
- Ajouter ensuite :
- Colle de Cologne blanche............. 500 gr.
- Passer au tamis, et employer chaud.
- Cet apprêt donne de la main sans dureté.
- Pour blancs, il £aut de la colle aussi peu colorée que possible, il est une sorte dite de Cologne,en plaquettesde 5 à 6 millim. d’épaisseur, à teinte légèrement verdâtre, qui est belle et nerveuse, et bien préférable aux gélatines blanchies.
- Pour noirs, on peut employer la même sorte plus teintée et colorer le mélange avec un peu decampêche et de rouille.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art du teinturier-dégraisseur
- DES NOIRS
- Les procédés pour noirs devraient varier non seulement suivant la nature des étoffes, mais encore suivant la couleur des fonds. Pour le chiffonnage, cependant, nous n’avons pas à chercher l’idéal ; nous pourrons ne pas trop regarder aux teintes des fonds, ce qui nous permettra de faire nos noirs en bloc, au moins pour les lainages et les cotons.
- Nous suivrons les divisions suivantes :
- Noirs sur lamages.
- — sur coton.
- — sur laine et coton.
- — sur so'eries.
- — sur soie et laine.
- Il serait facile de donner une quantité de* recettes — on en trouve partout, chacun a les siennes. — Je me bornerai à indiquer celles dont j’ai fait usage, après en avoir essayé et comparé plusieurs.
- Noirs sur lainages
- Je donnerai après les laines et les cotons, un procédé d’ensemble pour travailler sur un lot d’étoffes diverses ; voici d’abord, des recettes par genre de tissu.
- Deux procédés sont principalement en usage pour les noirs sur laines ; celui au tartre, et celui au chrômate, auquel il faut ajouter le noir au naphtol.
- Noir au tartre.
- Ce noir est d’un bon usage en chiffonnage ; il couvre bien, donne des tons corsés, brillants, il laisse aux laines de la douceur et de la souplesse ; de plus, il permet d’échantillonner au ton voulu et même de nuancer.
- Par contre, il est un peu plus coûteux que celui au chrome — mais c’est peu de chose — et il exige un rinçage plus soigné.
- Supposons que nous ayons six robes à teindre, ou un nombre de pièces équivalent, ce qui peut faire de 3 à 5 kil. de matières, nous
- emploierons :
- Crème de tartre................... 500 gr.
- Sulfate de fer (couperose)...... 250 —
- — de cuivre (Chypre)..-...... 125 —
- Extrait de campêche............... 250 —
- — de bois jaune (sec)...... 60 —
- Sumac............................ 250 —
- Bouillon de une heure et demie, lever, éventer, et pauser cinq à six heures, ou une nuit.
- Le lendemain on rince à fond, et on finit par une teinture de demi-heure, au bouillon, avec :
- Extrait de campêche.............. 250 gr.
- On termine par un piquage léger en acide chlorhydrique, et par un dernier rinçage.
- Cette formule peut varier, tout en restant dans le même type : c’est ainsi que le sulfate de cuivre et le sumac sont quelquefois supprimés, mais vu la diversité des fonds que nous avons à recouvrir, ces produits sont le plus souvent utiles, et jamais nuisibles.
- Noir au chrome.
- Le procédé au chrême a asssi ses avantages : il est économique, il monte rapidement et facilement, et donne des teintes toujours régulières (aussi ne peut-on les échantillonner à un point détermine) ; enfin il prend à peu près sur tous les fonds.
- Il est même à préférer sur les fonds en rouges solides : garance et cochenille, que l’on voit encore en châles et en draperie.
- Son reflet est bleuté, ce qui lui donne une certaine fraîcheur et un aspect agréable, mais par suite, il ne convient pas sur les fonds déjà bleus, que l’on fera de préférence au tartre, et en forçant même, la proportion de bois jaune.
- Par fonds bleus, il faut entendre aussi les violets-pensée et les verts.
- Voici le procédé des noirs au chrome, pour
- six robes, ou équivalence I
- Chrômate rouge de potasse......... 175 gr.
- Sulfate de cuivre............ 250
- — de fer..............'........ 200
- Bouillon d’une heure, lever, éventer, pauser une nuit.
- Le lendemain, bon rinçage, jusqu’à eau claire (un rinçage complet est très important). Teindre sur un deuxième bain monté avec :
- Extrait de campêche........... 300 gr.
- — de bois jaune............ 50
- Le noir se développe immédiatement, et arrive à perfection en demi-heure, au bouillon.
- Un simple rinçage termine ce travail.
- Lorsqu'on a affaire à des fibres grosses et I, dures, telles que cneviottes, poils de chèvre, etc., c’est le procédé au chrome que l'on em-^ ploiera, mais en prolongeant de moitié chaque bouillon, et en ajoutant un peu de sumac au bain de teinture.
- Noir de naphtol.
- Ce procédé rentre dans la série de tous ceux à base d’anilines; il est très simple d’application, mais les noirs sont loin de valoir ceux au campêche, ils sont moins pleins, moins veloutés, et n’ont toujours, quoiqu’on fasse, qu’un aspoct gris foncé, qui peut, il est vrai, passer pour un noir auprès des clients, mais non aux yeux exercés d’un teinturier.
- Ses seuls avantages sont la simplicité de l’application, et l’absence des bourbes noires, qui nécessitent tant de rinçages.
- Les noirs de naphtol sont dans le commerce sous deux marques :
- B. Noir-bleu, ou plutôt bleu très foncé.
- E ou N (suivant les fabricants). — C’est un mélange de colorants dormant un noir-noir.
- Nous n’emploierons que le premier, -qui a beaucoup plus de rendement, et nous ajouterons nous-mêmes le complément jaune quand il sera nécessaire.
- Voici le mode d’application, pour six robes :
- Noir-naphtol B...................... 200 gr.
- Sulfate de soude.................... 1 kil.
- Acide sulfurique.................... 10 0 gr.
- Teindre à l’ébullition, deux heures au moins, en bain large.
- Il est nécessaire de manoeuvrer fréquemment les tissus dans le bain, sinon l’on aura des flammés.
- Pour les lainages faciles au feutrage, ne pas bouillir, et teindre au bain frémissant, en prolongeant an peu l’opération.
- Par ce procédé nous aurons des noirs à peu près complets si nous avons teint sur fonds jaunes, orangés, rouges vifs, violets-mauve, havanes, bronzes, verts brillants et tous ceux à prédominence de jaune.
- Mais pour les bleus et tous fonds où cette couleur domine, comme violets-pensée, prunes, loutre, verts sombres, enfin pour les fonds blancs, il faut ajouter du jaune afin de compléter le noir.
- Après avoir travaillé une heure sur le bain ci-dessus on lèvera et on ajoutera :
- Jaune d’or........................ 15 gram.
- Et on terminera la teinture sur le bain ainsi modifié.
- C’est tout au plus si un léger rinçage est nécessaire comme dernière opération.
- Défauts des noirs sur laines.
- Tout en opérant régulièrement et correctement, il peut se produire des accidents dans la teinture des noirs ; quelques-uns sont réparables, et nous allons voir les plus fréquents. Ce n’est guère que ceux au tartre qu’on aura ainsi à rectifier ; les noirs au chrô-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- me sont presque toujours à point.
- Flammes. — Une teinte flammée est celle qui est mal unie, et dans laquelle des parties sont plus foncées que d’autres.
- Gela provient le plus souvent d’un mauvais dégraissage avant teinture, ou d’inégalités dans la couleur des fonds soit par frappures d’air ou par autres causes.
- Pour des noirs cela est facile à dissimuler ; il n’y a qu’à recharger en teinture, en rentrant une demi-heure dans le bain, auquel on ajoute du campêche et un peu de sumac, ou bien du noir-naphtol.
- Taches noires. — Ces taches n’apparaissent qu’en regardant l’étoffe en transparence, on aperçoit alors des parties plus foncées, ou opaques; cela ne se produit que sur les noirs aux bois. C’est la bourbe de noir — c’est-à-dire la laque formée par le mordant et le colorant — qui s’est déposée par places, mais qui ne fait pas corps avec le tissu.
- Rincer à la brosse douce, et ces épaisseurs s’en iront avec l’eau de rinçage.
- Noirs rougeâtres. — Il faut distinguer si le reflet rouge est du cuivrage, c’est-à-dire un aspect métallique dû à un excès de mordant ou de colorant, ou bien un noir maigre et trop poussé en campêche.
- Dans le premier cas, un passage dans une dissolution de 100 grammes d’acide oxalique dans 15 ou 20 litres d’eau, fait tomber le reflet cuivré. On rince ensuite.
- Si la teinte n’est pas trop forte et que le ton rouge provienne d’un excès de campêche, un passage à froid dans un bain de sumac ramène au noir.
- Noirs trop foncés. — Sans cuivrer, le noir peut être trop fort, trop chargé ; dans ce cas, on le passe dans la dissolution d’acide oxalique dont il vient d’être question, mais que l’on chauffe à 50 ou 60 degrés, et dans lequel on le maintient jusqu’à ce qu’il soit descendu au point voulu. Une derai-heure doit toujours suffire.
- Bien rincer ensuite.
- Noirs trop faibles. — En général il faut les rentrer sur le bain de teinture et continuer à les faire monter. S’ils ont un reflet bleu bien net, on ajoute au vieux bain, 30 grammes d’extrait sec de bois jaune par robe.
- Noirs ternes. — Ce défaut tient au tissu et non au procédé de teinture ; il est des laines sans brillant sur lesquelles on n’obtient que des noirs ternes.
- Cela devient une question d’apprêt plutôt que de teinture. Si après l’application d’une gomme brillante, l’apprêt n’a pas donné un peu de lustre, on tamponne les étoffes à l’huile.
- Etant à plat sur une table, avec un chiffon de laine très légèrement imbibé d’huile d’olives, on tapotte et on frotte cette étoffe sur toutes ses parties.
- Il faut, autant que possible, éviter cet huilage, qui se ternit très vite à l’usage, en fixant la poussière.
- Javelage des noirs.
- On termine souvent les noirs au tartre et au chrome par un passage dans l’eau de Javel, qui a pour but de les dégorger, de les aviver, et de ramener au gris les doublures de coton.
- Le bain se monte avec 3 litres de Javel dans 50 litres d’eau ; on y donne quelques lisses aux étoffes. Le noir y devient beaucoup plus beau.
- On rince ensuite fortement à chaud puis à froid, en poignassant énergiquement les étoffes dans ces rinçages.
- Si ce sont des vêlements non défaits, les doublures sont ramenées à un gris clair très convenable, mais les coutures aussi se décolorent.
- Le javelage ne s’applique qu’aux laines pures.
- Noirs sur cotons
- Le meilleur mordant de fer pour le coton, est assurément le pyrolignite ; il se fixe de lui-même, et par le seul fait de la dessication, mais il a une odeur de goudron et de fumée qui persiste très longtemps, même après la teiniure et les apprêts, et qui déplaît à nos clientes.
- Pour cette raison, je préfère la tonneau rouille dont j’ai indiqué la composition dans le précédent chapitre.
- On précède ainsi :
- Noir au rouille.
- Les cotons sont lissés quelques minutes dans la tonne aux noirs-coton, puis on les y laisse séjourner 5 à 6 heures.
- En les sortant on les tord, puis on les rince bien à fond ; ce rinçage doit être complet.
- On fixe le fer ensuite par un passage dans un bain de carbonate de soude ou de craie ; je préfère le premier, monté ainsi :
- Cristaux de soude............... 3 kil.
- Eau............................. 100 litres.
- Donner quelques lisses à froid, puis sans rincer, teindre avec :
- Pour 6 robes, ou l’équivalent :
- Extrait de campêche.................. 200 gr.
- — de bois jaune....................... 60
- Sumac................................ 500
- Entrer à froid, et chauffer peu à peu jusqu’à 50 à 60 degrés.
- Procéder ensuite à un bon et complet rinçage.
- Le noir peut alors, être considéré comme terminé, mais il est avantageux de lui donner un léger bain de chrômate qui le dérougit et
- le fixe mieux aux fibres.
- On emploiera :
- Chrômate rouge................. 100 gr.
- Eau chaude (50 degrés)......... 100 litres.
- Donner quelques lisses à chaque pièce, égoutter et rincer.
- Noir au pyrolignite.
- Si malgré l’inconvénient signalé, on veut néanmoins employer le pyrolignite, le procédé restera le même, sauf le changement du mordant de fer.
- La tonne au pyrolignite se fait à 4 degrés au pèse-sels ; pour cela, il faut environ :
- Pyrolignite de fer à 12°........ 30 litres.
- Eau............................. 70
- On vérifie avec le pèse-sels ; si l’on est au-dessus ou au-dessous de & degrés, à un 1/2 près, on ajoute de l’eau ou du pyrolignite en quantité nécessaire, si l’on n’est pas tombé juste.
- On y entre les cotons qu’on laisse deux heures ; on les fait égoutter jusqu’au lendemain, puis on fait sécher complètement, en terminant dans une étuve chaude, autant que possible.
- On rince alors bien complètement, et on continue comme ci-dessus, c’est-à-dire par le bain de carbonate, la teinture, et l’avivage au chrômate.
- La condition essentielle est le séchage complet sur pyrolignite avant le rinçage ; cela est le moyen de fixation du mordant.
- Noirs sur laine et coton
- Si au lieu de cotons purs, il s’agit de teindre des mélanges laine et coton, il faudra alors avoirs recours à deux séries d’opérations comme si on teignait à part ces deux matières séparées.
- C’est une complication de travail et pour des étoffes qui précisément, sont de peu de valeur et se font peu payer. Il faut bien faire le bon et le mauvais.
- Voici le procédé :
- La partie laine du tissu a été teinte en noir par le procédé au tartre ou au chrôme, mais de préférence, par celui au tartre.
- Après le dernier rinçage, on pique assez fortement à l’acide chlorhydrique (un bon piquage est nécessaire, quand même il ferait un peu rougir le noir).
- Puis, on teint la partie coton comme les cotons purs ci-dessus, par les procédés au rouille ou au pyrolignite, au choix.
- Mais lorsqu’on est sur le bain de teinture (campêche, cuba, sumac), après avoir traîné une heure sur le bain chauffé à 50 degrés, on lève, on laisse tomber le feu, on rafraîchit le bain par deux ou trois seaux d’eau froide, et on ajoute dans ce bain:
- Sulfate de fer................... 500 gr.
- On rentre 1/2 heure, ou davantage pour arriver au noir voulu, en éventant deux ou trois fois pour favoriser son développement.
- Cette couperose a pour but d’égaliser le noir sur les deux natures de fibres.
- On termine enfin, comme pour les cotons
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- purs, c’est-à-dire par un bon rinçage, et par le passage facultatif en chrômate, qui est toujours avantageux.
- Observations sur les noirs laine-coton.
- On ne javelle pas les lajne-et-coton, mais si le noir a besoin d’être un peu dégorgé, on peut employer l’acide oxalique.
- Si c’est le coton qui est trop chargé en noir — cela est bien rare — on pourrait passer l’étoffe à froid dans un très léger bain de Javel (1 litre pour 50 litres d’eau) et rincer de suite.
- Le bain tourné à la couperose agit sur la laine, à l’exclusion du coton, il est donc toujours possible de remonter la laine, en prolongeant l'action de ce bain de couperose.
- Et même si l’on a affaire à des laines rudes, dures à la teinture, il est bon de renforcer ce bain, en y ajoutant du bois jaune, du sumac et de la couperose.
- Un piquage léger fait tonjours bien, avant les derniers rinçages.
- Noirs sur laine coton-soie
- Ce mélange des trois textiles se traite identiquement comme les laine coton.
- La partie soie arrive à son point comme le reste, quoiqu’un peu mordorée, mais cet effet disparaît dans l’ensemble, et surtout à l’apprêt.
- Toutefois pour les mélanges contenant de la soie à côté de coton, la tonne au rouille est préférable à celle au pyrolignite, et il faut éviter de trop longs bouillons en teignant la laine.
- A la prochaine fois, confrères, la suite de ces noirceurs !
- Maurice GUÉDRON.
- lllliOMOli: INDUSTRIELLE
- L’INDIGO
- à la Nouvelle Calédonie
- Un indigotier (Indigofera Rosa) qui se rencontre en abondance à l’état indigène dans la colonie, a donné 3 grammes 1/2 d'indigo pur par kilogramme de feuilles et tiges traitées soit 0,350 0/0. Ce rendement serait certainement augmenté si la plante était cultivée.
- Le produit obtenu quoique un peu foncé est d’un beau bleu violacé se polissant sous l’ongle et prenant des teintes cuivrées.
- L’extraction de l’indigo est des plus simples et très peu coûteuse.
- On peut compter comme prix de revient de 3 fr. à 3 fr. 50 le kilogramme et une industrie prenant en main l’exploitation de ce produit obtiendrait des résultats énormes. La vente en est certaine et laisserait des bénéfices considérables.
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Certes l’indigo actuel de la Nouvelle-Calédonie, ne peut être comparé au superbe indigo de Bengale (Indes anglaises) mais ses qualités se vendent aussi de 18 à 20 francs.
- En soignant la culture de l’indigotier et avec une exploitation intelligente on améliorerait facilement la qualité et c’est là un des produits ayant le plus d’avenir, d’une exploitation facile, d’une vente assurée et laissant de gro6 bénéfices.
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- LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- et textiles à l’Etranger.
- Japon
- La classe des tissus ne se compose que de trois articles principaux -, il en est un, les mouchoirs de soie, digne de fixer l’attention de notre commerce. C’est la première année que la douane lui assigne une rubrique spéciale, ce qui fait que les éléments de comparaison manquent, mais il est notoire que l’exportation des mouchoirs de soie prend un développement des plus considérables.
- L’exportation de cet article, en 1887, a été de 3,813,943 pièces représentant une valeur de 1,146,280 yens, soit unpeu plus de 0.30/100 yen, ou 1 fr. 20 c. par mouchoir.
- Ces chiffres se décomposent comme suit :
- Pays de destination. Quantité.
- Pièces. Yens.
- Etats-Unis............ 2.759.000 816.000
- Angleterre.............. 594.000 181.000
- France.................. 177.000 57.000
- Chine................... 170.000 54.000
- Canada................... 29.000 10.000
- Australie................ 22.000 8.000
- Indes.................... 29.000 8.000
- Allemagne................. 6.000 1.600
- Belgique........... » »
- Le Japon exporte aussi en Chine et en Corée des tissus de coton pour une valeur, en 1887, de 179,000 yens. Ce produit ne va guère en Europe.
- Les tissus de soie (exportation en 1887, 135,000 yens) vont en Chine, en Corée et aussi en France (23,000 yens), en Angleterre (14,000 yens), aux Etats-Unis (22,000 yens). La Belgique en a acheté une pièce évaluée à 16 yens..........
- Un produit dont l’exportation semble vouloir augmenter dans de certaines proportions sont les tapis de coton, dont l’exportation a passé de 2,700 yens qu’elle était en 1885 à 20,000 yens en 1887. Il en va dans les principaux pays d’Europe. Ces tapis, généralement blancs et bleus, sont très bon marché et paraissent être d’un bon usage. On en a expédié 13 en Belgique en 1887, dont valeur 26 yens.
- . COCHINCHINE.
- Les tissus de toutes sortes forment à eux
- seuls près du tiers de l’importation, 12 millions 165,000 fr. sur 39 millions, et il est à remarquer que, bien que le total des importations ait diminué de 9 millions par rapport à l’année précédente, le montant des tissus importés est le même, à 400,000 fr. près.
- Sur ces 12 millions, la France, qui, en 1887, n’avait fourni à la colonie que 480,000 fr. de tissus, lui en a expédié en 1888 pour 1,448, 808 fr , près d’un million d’augmentation.
- Cette augmentation porte entièrement sur les cotonnades, pour lesquelles l’importation française a passé de 140,000 fr. à 1,246,000 f. bien que le total des cotonnades étrangères importées soit resté le même, à 5,500,000 fr.
- Pour les soieries, l’importation française a également augmenté de 8,000 fr. à 27,685 f.,. bien que l’importation étrangère fut réduite de 3,500,000 fr. à 2,200,000 fr.
- Sur les tissus de laine, de lin et autres textiles, à l’exception des gunmes, l’importation française a baissé de 212,000 à 133,000 f., en même, temps que les importations étrangères diminuaient de 1,029,000 fr. à 785,000 fr.
- Sur les vêtements confectionnés également, l’importation française a perdu quelques milliers de francs, de 50,000 fr. en 1887 à 42,000 fr. en 1888, bien que l’importation éirangère soit restée au même chiffre, 740,000 fr.
- Il faut faire observer que pour les tissus que l’industrie française peut nous fournir, les cotonnades seules sont destinées à la consommation indigène : la France, qui ne fournissait à la Cochinchine que 3/4 0/0 des cotonnades dont elle avait besoin en 1885 et en 1886, 2 1 /2 0/0 seulement en 1887, lui a fourni, en 1888, 18 0/0 de la consommation.
- Annam et Tonkin
- On est frappé en examinant les statistiques douanières, du peu d’importance relative de l’importation des tissus de coton et du gros chiffre atteint par les filés de coton. C’est qu’en Annam et au Tonkin, les Annamites tissent eux-mêmes la plus grande partie des étoffes destinées à leurs vêtements, spécialement à leurs costumes ordinaires de coton écru, blanchis ou grossièrement teints. Les tissus, qui en Cochinchine représentent 30 0/0 de l’importation, n’atteignent que 10 à 12 0/0 du chiffre total en Annam et au Tonkin.
- Les filés de coton forment 16 0/0 des importations. Sur un chiffre total de près de 4,500,000 fr., la France ne fournit au Tonkin qu’une somme insignifiante de 125,000 francs défilés.
- chine
- Un rapport du consul britannique à Hankéou donne quelques renseignements sur la manière de développer l’importation, en Chine, des cotonnades du Lankashire.
- Le consul recommande aux producteurs de
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
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- cotonnades anglaises de se mettre en rapport plus direct avec les importateurs anglais dans les différents ports chinois, è l’effet de trouver les voies et moyens de donner un plu# grand essor à l’importation de leurs produits et, si c’est possible, de se rendre même en personne en Chine. Il les engage, en outre, à expédier, dans chacun des ports de la Chine ouverts par traité, des échantillons de cotonnades, entièrement semblables à celles fabriquées en Chine et n’ayant comme ces dernières, aucune addition d’amidon. A ces envois, il faudrait joindre éga'ement de la grosse toile à voiles pour les petits caboteurs chinois jaugeant d’une demi à cent tonnes, et pour lesquels la toile à voiles anglaise est trop lourde et par conséquent sans débit.
- Il se peut, dit l’auteur du rapport que les premières tentatives de ce genre ne procurent pas de bénéfice, mais avec de la persévérance et en surveillant de près les fluctuations du marché, on créerait d’ici à un certain temp un mouvement d’affaires avantageux.
- On recommande de tisser dans chaque pièce de toile fine la marque de fabrique, ainsi que le nom et la qualité, attendu que le Chinois attache une grande importance aux marques industrielles et que, si la qualité convient, il est prêt à payer un bon prix.
- L’auteur du rapport pense que l'on doit s’efforcer de teindre la toile tout à fait selon le goût des Chinois, et surtout dans les nuances bleues A ce propos, il fait remarquer qu’en général la toile de coton en usage chez les gens de la campagne est tissée par leurs femmes dans les moments de loisir et que, par conséquent, elle leur revient à bon compte ; mais que la teinture appliquée dans les teintureries chinoises situées dans les bourgs est relativement chère. Entre temps, la toile doit, en outre, supporter des frais de transport et est grevée de certains impôts -, d’autre part, la teinte donnée n’est d’ailleurs pas durable, et, au point de vue de l’aspect, elle est loin de valoir les lissus anglais.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 198316. — Dea-Con. — Perfectionnements dans les machines à laver.
- 198319. — Mathieu. — Métier permettant de cadrer, apprêter, ramer et sécher les tulles d’une façon automatique et continue.
- 198375. — Hawtaorn et Liddell. — Appareil pour laver, dégraisser ou traiter autrement les tissus par de l’eau ou un autre liquide.
- 198521. — Fred. Bayer et C1'. — Procédé de préparation de couleurs azoïques inaltérables pour la teinture et l’impression.
- 198542. —Louis et François Delmasure.
- — Nouvelle disposition du bac en bois destiné à la teinture des étoffes.
- 198614. — Maynard. — Nouveau mode {
- d’imperméabilisation des étoffes au moyen d’une couche de peinture à l’huile emprisonnée entre deux étoffes.
- 198634. — Nyssens. — Perfectionnements aux machines à laver les draps et tissus.
- 198636. — Laporte. — Procédé pour l’exécution de dessins mats, avec ou sans coloration, sur toiles, cuirs, papiers et cartons vernis.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Assistance publique
- Lè 18 octobre. — Fourniture d'articles de coucher, de linge, d'habillement et de pansement nécessaires au service des hôpitaux et hospices de Paris pendant l'année 1890, Couvertures et langes.
- lo 4,100 couvertures de laine blanche. Giroux, à Lyon, adjud. à 4,10 la pièce.
- 2° 2,500 couvertures de laine grise.
- Ville, à Cours (Rhône), adjud. à 4.97 la pièce.
- 3° Langes de laine blanche.
- Giroux, adjud. à 4.30 la pièce.
- 4° 32,000 langes de coton blanc. Fesselle, adjud. à 0.85 la pièce.
- Toiles et étoffes de fil.
- 8e lot. — 3,000 m. de coutil rayé d'Evreux en 140 c.
- Lecat à Armentières, adjud. à 1,805 le m.
- 9e lot. — 60,000 m. de toile crémêe d'Ecosse en 70 c.
- Delécaille, à Armentières, adjud. à 0.40 le mètre.
- 10e lot. — 40,000 m. de toile crémée étoupes de lin en 75 c.
- Delécaille, adjud. à 0 485 le m.
- 11e lot. — Toile blanche : 3,000 m. en SO c.; 100 m. Cn 150 c.; 200 m. en 180 c. Delécaille, adjud. à 20,50 de rabais.
- 12e lot. — 65,000 m. toile crêmèe en 85 c. Becquart, à Armentières, adjud. à 0.64 le métré.
- 13e lot. — 65,000 m. toile crêmèe en 85 c. Becquart, adjud. à 0.65 le m.
- 14e lot. — 65,000 m toile crémée en 85 c. Becquart, adjud. à 0.64 le m.
- 15e lot. — 30,000 toile crêmèe en 85 c. Ch. Jeanson, à Armentières, adjud. à 0.67 le m.
- 16e lot. — 13,000 m. toile serpillère en 120 c.
- A. Fiomain, 22, rue dos Bourdonnais, adj. à 0.35 le m.
- 17e lot. — 12,000 m. toile crêmèe décatie en 90 c.
- Ch. Jeanson, adjud. à 0.71 le m 18e lot. — 50,000 m. toile crémée en 95 c. Magnier, Duplay, Fleury et Cie, 9, rue d’U-zés, adjud. à 0.75 le m.
- 19e lot. — 56,000 ni. toile crémée en 95 c. Magnier, Duplay, Fleury et Cie, adjud. à 0.75 le m.
- 20” lot.—12,000 m. toile écrue chanvre en 105 c.
- Ch. Jeanson, adjud. à 0.88 le m.
- 21e lot. — 30,000 m. toile écrue lin en 106 e.
- Ch. Jeanson, adjud. à 0.72 le m.
- 22e lot. — 55,000 m. toile crémée en 108 c. Magnier, Duplay, Fleury et Ci3, adjud. à 0.875 le m.
- 23e lot. — 65,000 m. toile crémée en 108 c.
- Magnier, Duplay, Fleury et Cie, adjud. à 0.875 le m.
- 24ft lot. — 66,000 m. crémée en 108 c. Magnier, Duplay, Fleury et Cie, adjud. à 0.875 le m.
- 25e lot. — 50,000 m. crémée en 108 c. Magnier, Duplay, Fleury et Cie, adjud. à 0.79 le m.
- 26e lot. — Toile éorue, étoupes de lin, 500 m. en 105 ; 10,000 m. en 120. Delécaille, adjud. à 3J.50 de rabais.
- 27e lot. — 10,000 m. toile jaune en 120 m. Becquart, adjud. à 0,835 le m.
- 28e lot. — Toile à matelas: 5,000 m. en 100 et 3,000 m. en 115.
- Ch. Jeanson, adjud. à 25 de rabais.
- 29e lot. — Coutil rayé blanc : 1,000 mètres en 115 et 300 m. en 125.
- Aucune soumission n’a été déposée.
- 30e lot. — 800 m. de coutil gris en 70; 1,500 m. toile bisonne en 105 ; 900 m. toile bleue en 90 ; 400 m. toile verte en 105 ; 900 m. treillis noir en 90.
- Dulac, à Armentières, adjud. à 21 de rabais. 31e lot. Treillis écru : 30,000 m. en 70 c.; 1,600 m en 90 c.
- Ch. Jeanson, adjud. à 21 de rabais. Cotonnades blanches et écrues.
- 32e lot. — 60,000 m. de calicot blanc en 80 c.
- Berger et (’.ie, adjud. à 0.47 le m.
- 33e lot. — 12,000 m. rle calicot, écrue en 80 c.
- Lévesque, 10, rue du Sentier, adjud. à 0.22 le m.
- 34e lot. — 10,000 m. de cretonne blanche en 83.
- Hartmann, 32, rue du Sentier, adjud. à 0.58 le m.
- 35e lot. — 100 m. décroisé coton blanc; 20,000 m de croisé coton éevu, en 80 c.
- Berger et Cie, adjud. à 15 de rabais,
- 36e lot. — 16,000 m. de mousseline brodée en 78 c. et 2,000 m. de mousseline unie en 80 c. David, adjud. à 15.10 de rabais.
- 37e Jot. — 12,000 m. de toile coton écrue en 90 c.
- Berger et Cie, adjud. à 0.45 le m.
- 38e lot. — 160,000 m. de toile de coton écrue en 100 c.
- Ch. Levesque, adjud. à 0.625 le m. Cotonnades de couleur.
- 39e lot. — 40 000 m. de cotonnade croisée bleue unie en 100 c.
- Coulomb frères, adjud. à0.995 le m.
- 40° lot. — 40,000 m. cotonnade bleue rayée (retors) en 180 c.
- Berges, adjud. à 0.86 le m.
- 41e lot. — 40,000 m. cotonnade croisée en 100 c.
- Le Picard, adjud. à 0.885 le m.
- 42e lot. — 8,000 m. cotonnade croisée (prunelle) en 100 c.
- Coulomb frères, adjud. à 0.895.
- 43e lot. — 8,000 m. coutil pointillé (fort en diable) en 65 c. 30,000 m. coutil rayé (lacet bleu) en 70 c.
- Coulomb frères, adjud. à 8.15 de rabais.
- 44® lot. 1,000 m. décroisé coton en 85 c.. 1,000 m. croisé coton noir en 80 c.\ 5,000 m« croisé coton noir glacé en 85 c.; 20,000 m. croisé coton gris glacé en 85 c ; 12,000 m. flnelle grise légère en 78 c.\ 6,000 m. finelle grise forte en 78 c.
- Ch. Levesque, adjud. à 21.55 de rabais.
- 45e lot. — 10,060 fichus Bombay ; 68,000 mouchoirs de couleur.
- Aubin et fils à Rouen, adjud. à 27.10 de rabais.
- 46e lot. — 60,000 m. toile coton bleue à car-7 eaux en 100 c.
- Deschlet, adjud. à 0.945 lem.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- 47e lot. — 12,000 m. toile de coton imprimée en 80 c.
- Besselièvre, adjud. à 0.59. le m.
- Soieries.
- 48e lot. - 200 m. florence noire en 45 c. ; 500 m. gaze de soie noire en 50 c.; 400 m. taffetas noir en 78 c.
- Rabotin, 5, rue de Turbigo, adjud. à 23.23 de rabais.
- Draperie, molleton.
- 49e lot. — 1,200 m. drap bleu foncé en 140 c.; 400 m. drap bleu foncé et oisé en 140 m. Normant frères, 57, rue de Rivoli, adjud. à 28 de rabais.
- 50° lot. — 15,000 m. drap bleu vif en 420 c. Normant frères, adjud. à 4.47 le mètre.
- 51e lot. — 12,000 m. drap gris bleu en 120 c.
- Armand Velin, à Rambervillers (Vosges), adjud. à 4.371e mètre.
- 52e lot. — 6,000 m. de molleton bleu en 130 c. Yitalis frères, à Lodève, adjud. à 4.65 le m. Etoffes de laine.
- 53e lot. — 7,000 m. d'anacoste noire en 120 c. Gabreau, à Reims, adjud. à 16 de rabais. 54° lot. — 4.509 m. Casimir noir en 110 c.
- 7,000 m. mérinos eu 120 c.
- Gabreau, adjud. à 15 de rabais.
- 55e lot. — 4,000 m. flanelle lisse blanche en 70 c.; 4,000 m. flanelle croisée écrue en 70 c. Gabreau, adjud. à 19 de rabais.
- 56e lot. —25,000 m. de péruvienne grise légère en 85 c.
- Numa Alayrac, à Castres, adjud. à 0.79 le mètre.
- 57e lot. — 35,000 m. drap foulé chaîne coton en 100 c.
- Armand Velin, adjud. à 1,32 le mètre.
- 58e lot. — 6,000 m. Saint-Lô bleu en 100 c. Armengaud 1.69.
- Leblanc, à Rennes, adjud. à 1.68 le mètre. Bonneterie.
- 59e lot. — 22,000 p. de bas laine cachou ; 900 p. laine écrue ; 4,500 paires de chaussettes laine cachou.
- E. Dumont, à Méléaricourt (Somme), adjud. à 17 de rabais.
- 60e lot. — 26,500 p. de bas laine cachou à côtes.
- Clovis Bourdon, à Davenescourt (Somme), adjud. à 9.90.
- 61e lot. * 11,600 p. de bas de cotonmarengo;
- 9,000 p. de bas de coton écru, 5,100 p. de chaussettes de coton marengo et cachou.
- Doué et Lamotte, à Troyes, adjud. à 19.50 de rabais.
- 62e lot. — 70,000 1/2 bonnets de coton. Collinet, à Moreuil (Somme), adjud. a 6.94 le kil.
- 63e lot. — 2,000 gilets de flanelle (hommes) ; 2,000 camisoles de flanelle (femmes). Société générale de fournitures militaires, 54, rue Rochechouart. adjud. à 35.19 de rabais.
- 64° lot. — 1,500 gilets et 1,500 camisoles de laine ca,chou pour adultes.
- Courtois, à Quend (Somme), adjud. à 8.10 le kil.
- 65e lot. — 10,500 gilets et 9,500 camisoles de laine cachou pour enfants.
- Veuve Lardière, à Corbie (Somme), adjud. à 9.10 la pièce.
- 66e lot. -- 4,000 robes de coton.
- Mabille, à Troyes, adjud. à 5.30 la pièce.
- Cotons et fila coudre 10.931.
- Debost, rue Saint-Martin, 249, adjud. à 26.10 de rabais.
- Lacets divers, 6,923.
- Tricou, rue Saint-Martin, 141, adjud. à 20.80 de rabais.
- Rubans et fil de coton 17,495. Gossiome, 16, rue Etienne-Marcel, adjud. à 32.10 de rabais.
- Objets divers : plissés, ceintures, bretelles, cordons, cravates, etc., etc. 2,785. Jacliiet et Gassans, adjud. à 37.58 de rabais.
- MINISTÈRE DE LA MARINE
- Cherbourg. — Le 31 octobre.
- Toile grise à doublure en lin.
- Louis Dulac, à Armentières, adjud. à 0.68 le mètre.
- Molleton pour cataplasmes.
- H. Denis, à Rouen, adjud. à 41.97.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS et MONTROUGE. - Dissolution à partir du 30 septembre 1889 de la Société G. Putois et P. Paris, fab. de papiers de fantaisie et percaline gaufrée, rue Turbigo, 30, Paris, et rue de Bagneux, 90, à Montrou ge. — Liquid. : M. Putois. — Acte du 1er octobre 1889.
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif G. Putois et J.-L. Mathieu, fab. de papiers et toiles, rue Turbigo, 4, à Paris, avec usine à Montrouge, 90, rue de Bagneux. Durée : 10 ans. Cap. : 540,000 fr. — Acte du 3 octobre 1889
- PARIS. — Prorogation au 30 juin 1894 de la Société en nom collectif David et Huot (filature du cachemire et de la laine peignée et fabrication du tissu cachemire), rue d’Aboukir, 14, à Paris, avec succursale à Amiens faub. de Hem, 1. Acte du 27 sept. 1889.
- PUTEAUX. — Dissolution à partir du 15 juillet 1889 de la Société C. Goget et H. La-cour (teinture et apprêt), quai National, 2. Liquid. : M. Lacour. — Acte du 9 oct. 1889.
- TROYES. — Dissolution à partir du 16 sept. 1889 de la Société Gobinot et Hersog {teinture, impression, apprêt, et blanchisserie), Liquid. : M. Ghaulet, rue Hennequin, 25. — Jug. du même jour.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Glass et Gie (représentation et consignation des tissus, toiles, mouchoirs, soieries et foulards), rue du Garet, 5, Durée : 6 ans. — Cap. 6,000 fr.
- ROUEN. — Prorogation de 3 ans du 31 août 1889 de la Société en nom collectif au capital de 200,000 fr. Autin, père et fils {fab, d'indiennes et tissus imprimés), à Deville-les-Rouen. — Acte du 2 octobre 1889.
- ROUBAIX. — Formation de la Société en nom collectif Fidèle Browaeys et Cie {teinture de laines) : boulev. de Paris, 1. Durée : 8 ans et 4 mois. Cap. 80,000 fr. — Acte du 16 septembre 1889.
- LYON. — Nomination de Madame Gervet-Montel, comme liquidatrice de la Société Le-vêque et Cie {rasage et apprêt des velours), petite rue des Feuillants, 5, au lieu et place de M. Canary qui est relevé de ses fonctions. Acte du 17 septembre 1889.
- TOURCOING. — Modification de la raison sociale de la Société en commandité Charles Dewawrin fils et Cie (filature, retordage et teinture des laines et cotons pour bonneterie, commerce de la bonneterie), rue des Anges, 15, devient Charles Dewawrin-Crombez fils et Cie. — Acte du 15 octobre 1889.
- FAILLITES
- TROYES. — Vanier-Sautumier, fab. de bonneterie. Jug. du 7 octobre 1889. S. ; M. Guyottot.
- NANTES. — Legalla, Charles, teinturier, à Basse-Indre. Jug. du 9 octobre 1889. — S. : Perdereau.
- MARSEILLE. — Lyon, frère et sœur, nég. en tissus, autrefois à Aix, actuellement à Marseille, rue Melchion, 3. Jug. du 23 octobre 1889.
- LIQUIDATIONS JUDICIAIRES
- PARIS. — Lemoussu (dame), née Pomme-reau, nég. en papiers de fantaisie, cartes et cartons, rue Meslay, 8. J. c. : M. Poiret.
- Liquid. : M. Bernard.
- MONTDIDIER. — Leroy (Jacques-Auguste-Catoire), fab. de bonneterie, à Arvillers. Jug. du 2 octobre 1889. — Liquid. M. Bernard.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Ghagourin. X. Teinturerie rue des
- Abbesses, 3.
- Fouillet. Allemand. Teinturerie rue de
- la Roquette, 49 et pass. des Bains, 4.
- Gallon. X. Teinturerie r. Chap-
- tal, 2.
- Rafïard (Ve)Grusserey. Teinturerie r. d’O-
- dessa, 17.
- Thiré. X. Teinturerie, rue du
- Château, 70.
- Pinçonnet. Marin (Dme). Teinturerie av. Victor Hugo, 114.
- r|T»-^q —1 -
- INFORMATIONS ET FAITS DIVERS
- Les procès Grawitz
- ARRÊT DE LA COUR D’ANGERS du 22 juillet 1889 (Extrait)
- « Attendu qu’en suite de l’arrêt du 27 février 1888, les questions principales qui restent à résoudre au procès sont les suivantes : 1° Si, comme l’a soutenu Beck, le brevet de Grawiiz, du 30 septembre 1874 (n° 105130), est nul en totalité, parce que ses moyens de production et de teinture en noir d’anilme ne seraient pas nouveaux; — 2° Si, comme l’a également soutenu Beck, le brevet de Grawitz» du 3 novembre 1874 (n° 105554),. est nul, d’abord pour insuffisance de description,^ et ensuite pour défaut de nouveauté ; — 3° Si Grawitz est le premier qui ait monté un bain plein tel que ce bain est défini, d’après Grawitz lui-même, au susdit arrêt, et contenant les éléments générateurs du noir, tels
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- que l’aniline, le bichromate de potasse et quelquefois un sel métallique...
- « Attendu, en ce qui concerne le brevet du 30 septembre 1874, qu’il résulte des documents du procès, et notamment de l’avis de la majorité des experts, que, si bien, d’une part, des noirs verdissables ou inverdissables ont élé décrits et produits antérieurement à Grawitz, et si, d’autre part, il n’est pas possible d’attribuer à celui-ci le droit exclusif d’employer la réaction mutuelle de l’aniline, des sels métalliques et des chromâtes ou chlorates solubles en général, pour obtenir des noirs d’aniline, U est du moins certain que les noirs de Grawitz doivent être particularisés par la méthode du bain plein qui a servi à les produire, et que le droit d’employer la réaction mutuelle de ces oxydants et sels d’aniline doit lui être attribué à ce point de vue de l’application à la teinture ; que ce qui est donc nouveau dans le brevet en question, c’est le procédé à l’aniline, au perchlorure de fer et au chromate-, que quant à ce procédé, qui donne des résultats industriels importants, aucune antériorité ne peut être opposée audit brevet, d’où il suit que ce dernier est valable ;
- « Attendu, relativement au brevet du 3 novembre 1874, qu’il résulte encore des documents de la cause : 1° que la description insérée audit brevet est suffisante et que les procédés décrits donnent des résultats industriels, puisqu’ils ont pour résultat de fixer dans le bain lui-même, sur les fibres textiles, l’éméraldine, degré d’oxydation intermédiaire de l’aniline par l’action sur un sel d'aniline d’un sel métallique oxydant, complétée par celle d’un chlorate ou d’un chromate ; — 2° que le premier procédé indiqué au brevet est nouveau ; qu’il diffère essentiellement notamment du procéd décrit par Lauth dans ses brevets et certificats d’addition de 1869 et dans sa note publiée en 1873, ni le nombre des opérations, ni la nature chimique des agents mis en œuvre, ni les résultats n étant les mêmes, et le procédé Grawitz étant fondé sur l’oxydation de l’aniline à 1 état de base libre par le perchlorure de fer et le dépôt préalable sur la fibre de l’émeraldine, premier degré de fabrication du noir, tandis que le procédé de Lauth est fondé sur la fixation préalable d’un mordant métallique oxydant insoluble, dans lequel ne se trouve aucun des éléments organiques du noir ; — 3° Que le second procédé indiqué au susdit brevet que du procédé breveté par Persoz en 1867, en ce que c’est l’aniline elle-même qui se trouve d’abord fixée sur la fibre dans un premier état d’oxydation, tandis que, dans Persoz, le mordant fixé sur la fibre est entièrement métallique et ne renferme aucun des élémsnts des linés par leur oxydation à produire le noir ;
- « Attendu, en ce qui touche le bain plein, qu’il est établi par les documents du procès, et spécialement par l’étude à laquelle s’est livrée la majorité des experts: 1° Que Grawitz est le premier qui ait monté, dans son brevet n° 105130 et dans l’addition de ce brevet du 3 octobre 1874, un bain plein avec les éléments générateurs du noir, tels que l’aniline, le bichromate de potasse, et quelquefois un sei métallique; — 2° qu’il est le premier qui ait plongé dans un tel bain la fibre qui s’y teint; — 3° Que la pratique ou des brevets antérieurs ont pu, il est vrai, indiquer de former un bain par le mélange de l’aniline et du chromate, mais sans teindre en noir, ni en couleur intermédiaire (éméraldine), dans un pareil bain, qui était rendu inactif par divers artifices ;
- « Que le brevet Bobœuf, notamment, ne constitue nullement, pas plus d’ailleurs que les autres brevets invoqués par Beck, une antériorité opposable à Grawitz ; que ce brevet n’établit aucun bain plein assimilable à celui de l’intimé ;
- « Que Bobœuf n’a pas eu l’idée de constituer un bain de teinture avec le mélange de tous les éléments producteurs de la couleur à l’état actif, capables de précipiter, par leur réunion mutuelle et leur action concomitante, de manière que le précipité formé dans le bain aille à la fibre et la teigne ; qu’il a toujours voulu, au contraire, opérer cette réunion des éléments producteurs de la couleur seulement sur la fibre et non dans le bain lui-même, de manière que la formation de la couleur, qui est instantanée, n’ait lieu qu’à la place qu’elle doit définitivement occuper...
- « Attendu que les antériorités doivent être démontrées d’une manière positive et certaine, et que c’est à celui qui les invoque à les établir, ce que ne fait pas le sieur Beck; que la majorité des experts a constaté que le procédé qu’il a pratiqué et qu’il prétend avoir acheté de Müller-Pack, puis avoir été perfectionné par Bretonnière, n’a rien de commun avec celui qui a fait l’objet d’un brevet du même Müller-Pack avec Jarosson, du 2 juin 1872 ; et qu’il ne saurait dériver de brevets antérieurs à ceux de Grawitz, et notamment du brevet Bobœuf, que l’appelant a ensuite invoqué ; la teinture pratiquée par Beck étant progressive et non instantanée, la couleur se produisant par une oxydation de l’aniline et non par double décomposition, et les produits obtenus n’étant pas les mêmes ; qu'enfin le procédé pratiqué par Beck est évidemment la teinture au bain plein de Grawitz;
- « La Cour :
- « Déclare valables les brevets de Grawitz et déclare que Beck les a contrefaits ;
- « Ordonne la confiscation des objets reconnus contrefaits dont il a été constitué dépositaire à l’origine du procès ;
- « Le condamne à payer, de plus, des dommages-intérêts à fixer par état.
- Chambre Syndicale de la Teinture et nettoyage. — Nous avons donne dans notre précédent numéro, une analysé sommaire de la séance du 7 octobre, en annonçant un compte-rendu plus détaillé, que voici :
- La séance est ouverte, sous la présidence de M. Fleury, vice-président.
- Mme Debin écrit pour donner la démission de son mari décédé.
- L’administration de l’Union nationale fait connaître par une note que, par suite de démissions et de radiations, plusieurs teinturiers, d’abord adhérents, ont cessé de faire partie de l’Union, ce sont : MM. Héraut, Petit, Gélibert, Baldenweck, et Bouvet.
- En conséquence, conformément aux statuts de l’Union nationale, ces collègues cessent également de faire partie de la Chambre syndicale des Teinturiers-Dégraisseurs.
- M. Censier, teinturier a Reims, demande à faire partie de la Chambre syndicale ; à l’unanimité, son admission est prononcée.
- Communication d’une lettre de M. le Ministre du commerce avisant la Chambre de la constitution, à Smyrne, d’une Chambre de commerce française.
- L’ordre du jour appelle la discussion sur sur l’organisation d’un bureau de placement gratuit pour les ouvriers et ouvrières de la
- corporation, sous le patronage de la Chambre syndicale.
- M. le Secrétaire, demande la permission de communiquer quelques renseignements recueillis pour ce projet.
- f fi, s’est informé près de l’administration de l’Union si elle ne pourrait pas faciliter la réalisation de cette idée, surtout en permettant à la Chambre de réduire la dépense, de f çon que la gratuité fût possible Or, l’Union nationale se charge déjà pour trois chambres syndicales de recevoir les demandes d’emploi et les offres des patrons. Elle consentirait à faire de même pour les membres de la corporation des Teinturiers-Dégraisseurs, et cela, tout gracieusement sans aucune rétribution de la part des Chambres syndicales.
- Deux registres, l’un pour les demandes, l’autre pour les offres d’emploi, sont déposés au secrétariat, à la disposition des intéressés. Les patrons sont mis à même de consulter le registre des demandes ; et les ouvriers reçoivent un bulletin, frappé du timbre de l’Union, avec lequel ils peuvent se présenter aux adresses qui leur sont données.
- Libre ensuite aux patrons de prendre eux-mêmes leurs renseignements.
- Ces renseignements simplifiant beaucoup la création projetée, M. le Président propose de préparer, pour la prochaine séance, un modèle des deux registres, pour que l’on pût discuter et décider le choix des renseignements à y faire figurer.
- Déplus, plusieurs membres étant d’avis de donner à cette organisation une certaine publicité pour en faire profiter les ouvriers, il est décidé que M. le Secrétaire préparera également un modèle d’avis a afficher dans les ateliers, pour annoncer l’existence de ce bureau de placement gratuit.
- M. le Secrétaire fait observer que si le bureau de placement était ouvert à tous les ouvriers et ouvrières de la corporation, du moins son usa ge devait être i éservé aux patrons seuls qui font partie de la Chambre syndicale.
- M. le Président propose d’en rester là aujourd’hui pour entendre, à la prochaine séance, les explications de M. Vinois, et consulte rassemblée sur la fixaiion de la date du banquet. Il est décidé que cette autre question sera tranchée complètement à la prochaine séance.
- M. Mars demande la parole pour une question délicate et grave, provoquée par plusieurs faits récents. Il demande si un teinturier, faisant partie de la Chambre syndicale, peut accepter d être expert, lui tout seul, en dehors des commissions d’arbitiage, quand un juge de paix lui envoie un différend à résoudre.
- A son avis, les statuts de la Chambre, en instituant les commissions arbitrales, ont eu pour but de donner une plus grande autorité à leurs décisions ; la composition même de ces cornmissions, où il entre trois membres, la facilité qu’elles ont de s'adjoindre des membres jugés plus compétents pour certains cas spéciaux, assure l’indépendance, la sincérité des expertises, en même temps qu’elle étend et affermit la compétence des experts. La discussion des articles, qui ont eu pour objet les commissions arbitrales, a bien montré l’importance que tous attachaient à leur existence, et par le fait, pour la Chambre syndicale des Teinturiers-Dégraisseurs, elles sont une de ses principales raisons d’exister.
- Plusieurs membres appuient très énergiquement ces observations, et M. le Président insiste sur ce fait que les statuts semblent implicitement réserver les expertises aux commissions d’arbitrages, composées des membres choisis par la Chambre, pour la représenter
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- aussi bien dans les questions de compétence que dans toute autre.
- Aussi, le Comité, approuvé par tous les membres présents, exprime-t-il l'avis que tout membre de la Chambre, au cas où un tribunal le choisit comme expert, a le devoir de se récuser, et, par convenance, d’indiquer l’existence, la composition et la compétence des commissions arbitrales instituées par la Chambre dont il fait partie.
- M. Babillon-Marchal fait ensuite la proposition de la création d’une bibliothèque appartenant à la Chambre syndicale. 11 s’agirait de réunir, à la disposition de tous les membres, les ouvrages techniques, les revues spéciales à la corporation, et tous les renseignements utiles, comme brochures sur les découvertes ou les inventions, prospectus, annonces, tarifs, etc. Un prélèvement modique de temps en temps sur le fonds de caisse de la Chambre permettrait d’acheter quelques ouvrages, auxquels viendraient s’ajouter les dons faits par des auteurs ou des membres généreux, ainsi que les livraisons mensuelles des journaux spéciaux.
- M. le Président trouve que l’idée, bonne en elle-même, n’est guère réalisable. Si un jour ou l’autre, la Chambre syndicale se pourvoit d’un local à elle pour ses réunions, alors on pourrait songer à y installer une bibliothèque.
- Après quelques autres observations sur la difficulté de réaliser ce projet, la séance est levée.
- professeur. (Un avis ultérieur annoncera l’ouverture du cours).
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, DE LA CÉRAMIQUE ET DE LA VERRERIE. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M, V. de Luynes, professeur.
- Chimie agricole et analyse chimique. — Les mercredis et samedis, a neuf heures du soir. — M. Th. Schlwsing, professeur.
- Agriculture- — Les mardis et vendredis, à sept heures troi* quarts du soir. — M. E Lécouteux, professeur.
- Travaux agricoles et génie rural. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. Ch. de Cômberousse, professeur.
- Filature et tissage. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. J. Imbs, professeur. (Le cours ouvrira le lundi 11 novembre).
- Economie politique et législation industrielle. — Les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts. — M. Levasseur, professeur.
- Economie industrielle et statistique. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. A. de Foville, professeur
- Droit commercial. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir. — M. F. Malapert, professeur.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- —O—
- les teinturier» tlégraisseui*». —
- Les teinturiers de fils de laine de Berlin ont avisé les négociants et les manufacturiers de laines de leur intention d’élever leurs prix. L'augmentation affecterait sérieusement les négociants de laines, et l’on pourrait s’attendre à une augmentation des prix des filés et des tissus de fantaisie. On doit dire, cependant, que les manufactures d’étoffes n’en seraient pas atteintes.
- , \
- Cours publics du conservatoire des Arts-et-Métiers. — Les cours publics et gratuits des sciences appliquées aux arts, ont été ouverts le 11 novembre courant au conservatoire des Arts-et-Métiers.
- Cet utile enseignement est réparti comme suit :
- Géométrie appliquée aux arts. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. A. Laussedat, piofesseur.
- Géométrie descriptive. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. E. Bouche, professeur.
- Mécanique appliquée aux arts. — Les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir. — M. J. Hirsch, professeur.
- Constructions civiles. — Les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir.— M. Emile Trélat, professeur.
- Physique appliquée aux arts. — Les mercredis et samedis, à neuf heures du soir. — M. E. Becquerel, professeur j M. H. Becquerel, suppléant.
- Chimie générale dans ses rapports avec l’industrie. — Les mardis et vendredis, à neuf heures du soir. — M. N-.., professeur. (Une affiche spéciale annoncera l’ouverture du cours).
- Chimie industrielle. — Les lundis et jeudis, à neuf heures du soir. — M. Aimé Girard,
- LE HAVRE
- Bois de teinture. — Nous n’avons rien noté ces jours-ci en bois de teinture, les prix ne présentent pas de variation sensible sur les précédents.
- Il a été importé cette semaine : 3 gr. cam-pêche de la Martinique, 4,458 billes bois rouge du Brésil.
- Cachou, cureuma, rocou, orseille, cochenille, quercitron, dividivi, sumac. — Ces articles sont toujours calmes. Importations nulles.
- Indigos. — De gré à gré, il a été coté 14 c. Bengale et 14 sur Guatemala. Quant au terme, il n’a donné lieu à aucune affaire, et les cours sont restés sans changement.
- Importations nulles.
- MARSEILLE
- Bois de Campêche (Laguna) F. 22.— à 42.— » (Guadeloupe) 17.— 19
- Bois Jaune (Maracaïbo) .... 14.— à 15 100 k.
- » de Fustet de Salonique. 13.— à 16 Cachou noir, lr0 m. Etoile B.. 77.— 78 » » v marque. S K G.. 65.—
- Cochenille argentée......... 2.45 à 2 55
- » grise............. 2.25 à 2.40
- » zacatille naturelle. 2.30 à 2.45
- » noire extra..... 2.60 à 2.75
- Curcuma Bengale............. 27.— à28.—
- » Cochin en boules.... 17.— 16.—
- » Madras............. 23.— 25.—
- Galles de Chine ...........145.— 155
- Prussiate Jaune de potasse.. 160;—ent. ét. » » » 190.—franç.
- Indigos. — Cours au 1/2 kilog.
- Madras, beau coloré, tendre léger F. 5.50 à G.—
- » très bon coloré............ 4.25 4.75
- » bon coloré................. 3.25 3.75
- » moyen et ordinaire........ 2.80 3.—
- Kurpah, fin violet, pâte pure... 5.50 6.—
- » bon violet mélangé........ 4.75 5.—
- » moyen violet mélangé ... 3.75 4.50
- » Pondichéry................. 2.80 4.—
- Bengale beau et fin violet........ 7.75 8.25
- » fin violet rouge............ 7.50 7.90
- » bon violet et moyen........ 6.75 7.25
- Java surfin violet à fin......... 8.75 9.75
- » fin violet à beau........... 8.25 8.75
- » très bon violet à bon....... 7.50 8.—
- --,-----——— .
- BORDEAUX
- Indigos. — Cette semaine encore les opérations ont été assez suivies.
- On a réalisé 39 colis indigo, dont 22 caisses Madras, 10 surons Guatemala et 7 caisses Kurpah. Le tout à prix tenu secret,
- Tartres bruts. — Sans affaires. On cote la marchandise rendement 70 à 75 degrés, fr. 1 60 à 1 70.
- Lies. — La demande a été peu active.
- On a payé les lies titrant 30 à 35 degrés, fr. 1 10 à 1 45 ; les produits, rendement 25 degrés, fr. 1 35.
- Crème de tartre. — Peu ou point d’affaires, malgré les bas prix.
- On cote le premier blanc nu, pris en fabrique dans le Midi fr. 200; le deuxième dito, logé selon qualité, fr. 195 à 205. Le tout les 100 kil.
- SMYRNE
- Gomme adragante. — Vente de la quinzaine : environ 50 caisses sans changement de prix. Nous cotons :
- N° 1 Extra blanche fcs 516 les 100 kilos.
- 2 Blanche » 420 »
- 3 Blonde blanche » 323' »
- 4 Rousse » 307 »
- 5 Naturelle » 340 »
- Le stock est d’environ 160 caisses.
- Graines jaunes. — Ventes de la quinzaine : 140 sacs pour l’Angleterre.
- N° 1 Premières fcs 141 les 100 kilos.
- 2 Secondes » 129 »
- Stock : environ 240 sacs.
- Cire jaune. — Les ventes de la quinzaine se sont limitées à 3700 kgrs environ.
- N° 1 Scarpelatta fcs 325 les 100 kilos.
- 2 Naturelle » 309 »
- Le stock est d’environ 2000 kgrs.
- hloix de Galles. — Kgrs 15,000 noires ont changé de mains de fcs 131 les 100 kilos. — Fnviron kgrs 20,000 Vertes et Blanches ont aussi changé de mains à fcs 115 les 100 kil. Marché soutenu.
- Le stock : est de kgrs 50,000 environ.
- BRÉSIL
- Bois rouge. — On a cité la vente de 8,500 arrobes de 650 à 700 reis, soit £ 7 6 11 à 7 14 11 par tonne, avec fret.
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes).
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- 2me Année, N° 23.
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- ET DES COLOR ATIONS
- INDUSTRIELLES
- 10 Décembre !889c
- SOMMAIRE
- Chronique. — Lettres d’un teinturier-dégraisseur. — Les noirs d’aniline et les procès Gra-witz. — Note sur le rouge turc. •— Réduction de l’indigo par les hydrosulfites. — Revue sommaire des brevets d’invention.
- Procédés divers : Aubergine ; Empire ; Violets de méthylaniline; Noir-coton; Gris-ardoise; Sauge; Mastic de fer. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle : Les établissements insalubres. — Brevets d’invention. — Adjudications. — Renseignements commerciaux. — Informations et faits divers. — Correspondance commerciale. — Bibliographie.
- CHRONIQUE
- Depuis notre dernière chronique, le Sénat a discuté le projet relatif au travail des femmes et des enfants dans les manufactures. Les trois premiers articles en ont été votés. Sur l’article 4, M. Chesnelong a repris l’amendement, longuement développé à la Chambre autrefois, qui tend à interdire le travail de nuit non seulement aux enfants et aux filles mineures, mais encore aux femmes, aux mères qui doivent être les gardiennes du foyer.
- Energiquement appuyé par M. To-lain, cet amendement a été combattu par le rapporteur, M. Ch. Ferry, au nom de la liberté du travail.
- C’est cettedoctrine quia prévalu: l’amendement Chesnelong a été repoussé par 125 voix contre 110.
- Puis M. Le Guen a développé un amendement accordant à certaines industries désignées par un réglement d’administration publique, l’autorisation de déroger temporairement aux prescriptions de cet article.
- Cet amendement a été adopté.
- Voilà encore une fois la liberté du travail de nuit sauvegardée- mais on trouvera bien l’occasion de renouveler l’attaque.
- La Chambre consultative de Maza-met avait déclaré à ce propos, que l’industrie de ce pays serait ruinée si le travail de nuit était interdit aux femmes,
- •¥* *
- Un autre fait parlementaire important pour nos industries est l’enquête
- ouverte par le Conseil supérieur du commerce, à propos du renouvellement des traités de commerce.
- Voici le questionnaire qui sera adressé aux chambres de commerce, aux comités consultatifs et aux syndicats professionnels. Ce questionnaire, rédigé par M. Dautresme, a été adopté par la commission spéciale nommée à cet effet.
- 1° Quelle est la situation des industries de votre circonscription? Quelle influence le régime économique actuel a-t-il eu sur elles au point de vue de la producûon, de la consommation intérieure et de la concurrence étrangère ?
- 2° Dans quels pays exportez-vous ?
- Dans quels pays importez-vous ?
- A quel chiffre s’élèvent les exportations et pour combien entrent-elles dans le chiffre total?
- Quel est le chiffre de vos importations des produits similaires étrangers ?
- Quelles variations ces chiffres ont-ils subies depuis l’inauguration du régime actuel ?
- 3° Etes-vous d’avis qu’il faut dénoncer les traités existants ? Comment les remplacer?
- Entendez-vous qu’on en doive conclure de nouveaux? Entendez-vous que l’Etat conserve sa pleine liberté d’action, ou qu’il établisse soit un tarif-général, soit un tarif-général unique applicable à tous les pays sans distinction, soit deux tarifs, l’un maximum, l’autre minimum applicable aux nations qui nous accorderaient des avantages corrélatifs.
- 4° Que pensez-vous d’un droit frappant les matières premières nécessaires à votre industrie et de quelle manière serait-il possible d’empêcher que ce droit n’entravât votre exportation ?
- Faut-il avoir recours au Drawback, à l’admission temporaire ou à tout autre moyen?
- 5° Demandez-vous qu’on modifie le tarif général des douanes soit en ce qui touche le taux des droits soit en ce qui touche leur classification ?
- Quelles sont les modifications que vous demandez et pour quelles raisons ?
- 6° Convient-il d’assimiler complètement le régime douanier des colonies à celui de la métropole?
- 7° Parmi les tarifs de vos chemins de fer en est-il qui favorisent la con-
- currence étrangère à votre détriment? *
- ¥ ¥
- M. Dautresme qui sera très certainement le président de cette commission d’enquête, est député d’Elbeuf, et ancien ministre du commerce : il favorisera le plus qu’il pourra l’industrie lainière et celle des tissus en général.
- Il a également été élu président du groupe parlementaire dit du « Travail national ».
- Il faut laisser aux intéressés et aux économistes le soin de se prononcer sur des questions d’une si haute importance et touchant à des intérêts si divers et le plus souvent opposés. Mais l’expérience du libre-échange est faite aujourd’hui et la conclusion qui semble s’en dégager est qu’il faut une liberté très large à l’importation des matières premières d’industrie, et des droits compensateurs sur les produits fabriqués.
- Cela est l’opinion à peu près générale des membres de nos industries, sauf de celles des soieries qui restent libres-échangistes. Les mouliniers, toutefois, ne sont guère enthousiastes de ce régime. qui ne favorise que les tisseurs.
- Cela est toujours ainsi, nécessairement et on ne trouve mauvais que les impôts qui vous frappent personnellement.
- L’enquête a précisément pour but de faire ressortir ceux qui sont nuisibles à l’ensemble du pays, et elle aboutira inévitablement à une sage protection du travail national.
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- Les nouvelles des places à fabriques ont le même caractère que précédemment; l’ensemble est satisfaisant.
- Les mérinos à Reims sont toujours en faveur, et davantage encore les flanelles et les nouveautés, mais les cachemires sont délaissés par la consommation.
- A Elbeuf, la nouveauté marche bien également ; la draperie suit son courant habituel, mais trouve de grandes difficultés dans les prix des laines.
- La fabrication est également active dans la plupart des manufactures de Sedan et de Louviers. Certains articles, les noirs unis, particulièrement, sont l’objet d’une très vive demande ; plu-
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- sieurs producteurs augmentent l’importance de leurs ateliers.
- A Roubaix-Tourcoing, on reçoit beaucoup de commissions, surtout en lainages unis. Les articles nouveautés avec filets coton semblent devoir obtenir un certain succès. Ces places sont actuellement dans le plein de leur production.
- Rouen, enfin, nous envoie aussi de bonnes nouvelles et nous dit :
- «Notre place a été très visitée, ces jours-ci, et nos indienneurs ont fait passablement d’affaires sur les premiers mois de l’année 1890; nos tisseurs en couleurs et en écru ont trouvé un bon écoulement de leurs stocks tout en prenant des commissions à livrer.
- « La filature est toujours très engagée sur les premiers mois de l’année prochaine. »
- Nous restons sous cette favorable impression, d’autant plus qu’il ne nous reste rien d’intéressant à signaler.
- F. Gouillon.
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- LETTRES
- D’un TEINTURIER-DÉGRA1SSEUR
- PLACEMENT GRATUIT DES OUVRIERS
- Dans sa séance du 7 octobre dernier, la Chambre syndicale des patrons teinturiers-dégraisseurs a fait de la bonne besogne en adoptant le principe de la gratuité du placement des ouvriers.
- Un de nos collègues retiré des affaires me communique que cette mesure avait déjà été adoptée par l’ancienne chambre, sans résultat bien marquant; probablement cela était la conséquence de mesures défectueuses et le manque d’entente; de plus, les intéressés, c’est-à-dire les bureaux de placement, plus en pie J à cette époque, ont de leur côté aidé à l’insuccès de l’entreprise, tandis qu’aujour-d’hui la chose se présente sous de meilleurs auspices, et avec l’expérience acquise.
- Je ne sais pas encore l’organisation adoptée par la nouvelle chambre; de cette organisation dépendra la réussite, c’est surtout de la simplicité dans le fonctionnement qu’il s’agit, de rechercher -, ensuite que MM. les patrons ne se départent point de soutenir leurs œuvres, en recrutant leur personnel au bureau établi.
- Il est presque certain que de leur côté les ouvriers iront prendre connaissance des adresses pour trouver un emploi.
- MODE DE FONCTIONNEMENT
- J’ai déjà , appelé l’attention des lecteurs de la Revue de la Teinture sur l'opportunité de cette mesure; et même à l’apparition du journal, j’écrivais aux bureaux de la rédaction en vue d’organiser un tableau indicateur aux vi-
- tri îes de l’offLe de la Revue, établi comme ci-après :
- Demandes d'employés.
- M A..., rue no, demande un bon ouvrier aux teintures.
- M. B. ., excellent ouvrier pour nettoyages est demandé. ;
- M. C..., demande bon détacheur.
- . M. D..., demande bon contre-maître.
- Etc.
- Offres d'emploi.
- M.X...,très versé dans les teintures, demande place.
- Mlle V..., rue n°, demande emploi de repasseuse.
- M. Y..., rue n°, demande emploi pour nettoyages.
- M Z..., n°, désire place d’apprêteur et détacheur.
- Etc.
- Il s’agirait d’avoir un grand tableau indicateur placé dans le centre ; les inscriptions se feraient à la craie et seraient effacées au fur et à mesure des placements ; par surcroit, un livre serait également placé en permanence pour recevoir les adresses, avec obligation pour les ouvriers une fois placés, de revenir en aviser le bureau, et cela dans le but de ne pas faire faire des courses vaines à leurs camarades.
- DE LA VENTE DES FONDS
- Il n’y a même pas de raisons pour que les personnes cherchant à céder leurs maisons n’emploient les mêmes moyens de publicité, qui joints aux annonces de journaux, seraient plus efficaces et surtout plus loyales, que de se mettre entre les mains de certains compères faisant le courtage en pareille matière ; et quel courtage !...
- Presque toujours ces trafiquants font deux victimes : le vendeur et l’acquéreur ; mais peu leur importe, la question qui les intéresse est la commission ; elle varie, mais presque toujours elle est de 5 0/0. N’e3t-il pas temps de voir disparaître ces tripots, en posant la question sous son véritable jour? C’est indélicat de prendre un compère à la solde pour enfoncer un autre collègue.
- TROP D’INTERMÉDIAIRES
- Faisons donc nos affaires nous-mêmes -, vrai moyen qu’elles le soient bien et honnêtement et laissons les tripoteurs chercher pâture autre part que dans notre corporation, tandis que jusqu’ici c’est nous qui faisons le jeu des trafiquants.
- Il e.-t des Lits presqu’incroyables, dans Paris même où l’on a tout sous la main ; des teinturiers ont-ils besoin, soit d’une brosse, soit d’un bâton à User, n’importe quel article, ils n’ont de recours pour le trouver qu'à un intermédiaire, lequel ne sera même pas de la
- partie -, naturellement l’objet vous coûtera le double, et vous n’aurez que le rebut.
- Pendant que la Chambre syndicale est en si bonne voie, allez-y. Messieurs, et n’en faites pas en deux fois, faites en sorte de faire disparaître cette vieille dîme.
- Après quoi arrivera une autre œuvre moins ardue : relever les prix comme j’en ai déjà entretenu les lecteurs de la Revue dans les n°® des 10 et 25 mars dernier ; tout cela sera de la bonne besogne de fin d’année.
- Il n’est pas douteux que tous les teinturiers ne faisant pas partie de la chambre suivront le mouvement et viendront se grouper à vos côtés. Je l’ai déjà dit, la vraie force réside dans l’union et la bonne confraternité, autrement les intrigants pêchent en eau trouble à nos dépens.
- COURS PROFESSIONNELS
- Une œuvre vraiment utile aussi serait la création d’une école professionnelle, mais entendons-nous bien, le budget n’est peut-être pas assez arrondi pour aller si loin. Quand je dis école professionnelle, ce serait un atelier désigné, où les bons vieux ouvriers donneraient des notions aux jeunes ; ce qui pourrait se pratiquer les dimanches.
- Ou plus simplement, organiser des cours théoriques, certains soirs de la semaine dési-
- gné^
- Il n’y a pas à se le dissimuler, beaucoup d’ouvriers emploient les produits de droguerie sans discernement, sans se soucier ni se rendre compte s’ils endommagent les tissus. Les bains acides et de chlore, les Javel sont presque toujours employés à hautes doses et cela en croyant mieux faire ; il arrive tout au contraire que les articles sont détériorés de moitié et ne font plus d’usage.
- Ceci est très préjudiciable à la partie, aussi faudrait-il par tous les moyens possibles renseigner les ouvriers sur les effets des produits qu’ils manient.
- J’ai fait des remarques comme celle-ci : vous donnezpar exemple des blancs à faire à un ouvrier, vous lui laissez sous la main les produits nécessaires pour ses bains. Son premier soin, s’il est expérimenté et a reçu de bonnes notions, serait de s’assurer le degré ou la force des produits; il n’en est rien ; qu’il ait en mains des extraits de Javel à 15 ou 32 degrés, il mettra la même mesure !
- La même chose a lieu dans une foule de cas ; il y a là une lacune à combler.
- C’est surtout dans les grands ateliers de Paris qu’à l’exemple des uns et des autres, les ouvriers adoptent ces moyens défectueux , il en est de même des vêtements, qui ne sont pas assez travaillés avec assez de principes m de ménagements, et sans tenir compte de la nature spéciale de chaque matière textile.
- C'est pourquoi un enseignement théorique, non pas dans le genre savant, mais directement applicable à la pratique de tous les jours,
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- serait d’une grande utilité pour notre personnel ouvrier.
- V. BARBÉ, Teiuturier à Paris.
- LES NOIRS D’ANILINE
- et les procès Graivitz ------ SUITE —
- A la page 27, MM. les experts rapportent une expérience de M. Grawitz, qui mate le coton dans un mélange de sel d’aniline, perchlo-rure de fer et bichromate, prétendant opérer d’après son premier brevet. Ce procédé ne se trouve pas dans le brevet en question, qui ne parle que d'imprimer le mélange épaissi contenant les trois ingrédients et de laisser la couleur se développer à l’étendage, comme dans les procédés Lightfoot.
- Le procédé d’imprégnation en bain court, que M. Grawitz pratique ici, ce n’est pas lui qui l’a emprunté aux teinturiers du nord de la France, suivant la pratique usitée dans ses brevets de revendiquer pour lui les inventions des autres.
- Quant aux procédés en deux bains, ils se trouvent non dans le brevet, mais dans le certificat d’addition -, ils réalisent, comme nous l’avons répété à satiété, le bain plein de-première espèce, mais rien n’en appartient à M. Grawitz (voir plus haut).
- A la page 31, MM. les experts insistent sur le fait que M. Grawitz aurait établi le premier que le perchlorure de fer oxyde l’apiline ; cela prouve tout simplement que MM. les experts ont néglige d'étudier la bibliographie du noir d’aniline (voir Histoire, p. 13 et p. 9, note 4).
- A la même page 31, MM. les experts revendiquent pour M. Grawitz le droit d’appliquer à la teinture les procédés qu’il avait brevetés pour l’impression. Celte prétention est plus que contestable à notre avis ; mais si elle était admissible, elle ne le serait évidemment pas seulement pour M. Grawitz, mais encore pour tout autre qui aurait également le droit d’appliquer à la teinture ou à l’imprégnation les procédés décrits pour l’impression du noir et son développement à l’étendage (car, dans son brevet n° 105130, M. Grawitz parle de développer la couleur à l’étendage).
- Si nous comprenons bien les raisonnements de MM. les experts, ils croient trouver dans le premier brevet Grawitz et son certificat d’addition du 3 octobre 187A, le principe du bain plein, tel que le définit la Cour d’Angers : « Mettre dans un même vase les éléments producteurs du noir d’aniline et la fibre à teindre, plonger celle-ci dans ce mélange et l’y laisser se nourrir, se charger de couleur, de telle sorte que la fibre se teint avec le noir qui est pourtant insoluble, tout comme s’il était solubl ».
- C’est là certainement une erreur d’interprétation de la part de ces messieurs, qu’ils auront beaucoup de peine à faire partager an monde scientifique et technique.
- M. Grawitz ne parle du plein de deuxième espèce, celui dans lequel on réunit tous les éléments producteurs du noir, pour y plonger ensuite la fibre, qui s'y tient, etc., que dans le certificat d’addition du 2A août 1876. Nous soutenons, nous, que ce principe de la teinture en bain de deuxième espèce était connu et pratiqué bien avant le 2A août 1876, soit pour monter jusqu’au noir d'aniline, soit pour s’arrêter à un degré d’oxydation moins élevé, l’é-méraldine.
- Tout d’abord il se trouve, à notre avis, dans Bobœuf. Dans ce brevet, nous avons aussi bien le bain plein de première espèce — le seul que M. Grawitz eût pratiqué jusqu’en 1876 — que celui de deuxième espèce.
- M Grawitz, tout en concédant ce premier fait, prétend que le second est inexact. Il soutient que Bobœuf ne prescrit l’addition d’acide dans les solutions mélangées de sel d’aniline et de bichromate, que pour la préparation des poudres. Nous soutenons, au contraire, que pour tout lecteur non prévenu la phrase de Bobœuf s’applique aussi bien à la préparation des poudres qu’à la teinture, et, sous ce rapport, le jugement du tribunal de Lille nous donne raison. Les développements de M. Grawitz relatifs à la « double décomposition » n’ont aucune valeur. Il est certain que Bobœuf n’avait pas compris la théorie de ses réactions, qui reposent sur une double décomposition, « concomitante », pour nous exprimer comme M. Grawitz, d’une oxydation (formation de bichromate d’aniline et oxydation simultanée de l’aniline par l’acide chro-mique).
- Bobœuf dit que les couleurs obtenues par lui sont solubles dans l’aniline et le phénol ; M. Grawitz en conclut que, si un noir n’est pas soluble dans ces dissolvants, il ne dérive pas du procédé Bobœuf. Il est certain que si l’on oxyde l’aniline avec peu d’acide chromi-que, on obtient un précipité noir bleu soluble dans l’aniline ; mais si l’on augmente la dose de cet acide — ce qu’on peut faire sans sortir du brevet, puisque celui-ci n’indique pas de proportions — on obtient un noir qui n’est plus soluble que partiellement -, si on laisse agir l’oxydant longtemps ou à chaud, le noir n’est plus soluble du tout.
- Il est à présumer que Bobœuf a, en effet, tté longlemds à trouver le noir facilement soluble dans l’aniline ou les huiles, qu’il cherchait pour en faire des vernis, car le noir peu soluble se forme plus facilement 5 mais il résulte du texte même de son brevet que cette solubilité, il ne l’a étudiée que pour les noirs en poudre, les seuls pour lesquels elle pouvait présenter de l’intérêt. Pour les noirs fixés sur tissu, on ne voit pas l’intérêt que présenteraient des noirs solubles dans l’aniline, le phénol ou les huiles grasses.
- A la page 39, MM. les experts se livrent à des discussions fort diffuses sur la double décomposition, l’instantanéité, etc. Que Bobœuf
- ait inexactement interprété les faits qu’il avait exactement observés, cela ne peut en rien diminuer la valeur de ses procédés. Ce qui est certain, c'est que le noir Bobœuf est le produit d'une double décomposition accompagnée d’une oxydation progressive.
- A propos de la phrase déjà si souvent torturée : « On comprend que l’on pourrait également teindre des tissus ou obtenir des précipités en versant un sel d’aniline neutre ou ordinaire dans un sel (chromâtes ou bichromates, par exemple), que ce sel ne précipiterait pas, en rinçant ensuite en eau acidulée ou en ajoutant de l’acide dans les solutions mélangées », MM. les experts citent une consultation de M. Riche, d’après laquelle la première partie de la phrase s’appliquerait .seule à la teinture, la seconde à la formation de précipités.
- Nous ne pouvons admettre cette dissection scolastique et comprenons la phrase telle qu’elle est sans la soumettre à une décomposition aussi savante. Nous y voyons que Bobœuf dit qu’on peut teindre en mélangeant sel d’aniline, bichromate, y passer le coton, puis rincer en eau acidulée, ou bien passer le coton dans la solution après y avoir ajouté de l’acide.
- Une preuve à l’appui de l’opinion que Bobœuf avait bien en vue 1 introduction du tissu dans le mélange du sel d'aniline acide et de bichromate ressort de la lecture des passages qui précèdent la phrase en question.
- « Ceci exposé :
- a Voici, quant à présent, les règles générales qu on pourra suivre d’abord pour obtenir la formation immédiate et instantanée des nouveaux sels d’aniline.
- « Lorsque l’aniline se dissoudra facilement dans l’acide avec lequel on voudra former un sel, comme dans l’acide hydrochlorique, par exemple, la verser dans cet acide et mettre, en outre de l’équivalent d'acide nécessaire pour saturer l’aniline autant d’acide en excès qu’il sera au moins nécessaire pour qu’il puisse agir librement sur la base du sel avec lequel on voudra mettre le sel d’aniline en contact.
- ~«c Si l’on voulait ne se servir que d’une dissolution peu concentrée, pour ne pas altérer les tissus, etc., mélanger préalablement l’eau à l’acide pour obtenir le degré voulu avant d’y verser l’aniline.
- 0 En y mélangeant, par exemple, trois par-d’acide hydrochlorique avec une partie d’aniline, on obtiendra un sel d’une densité de 18 à 20° Baumé.
- « Comme une semblable dissolution pourrait réagir trop énergiquement, on devrait donc, si l’on voulait ne passer les tissus, etc., que dans une dissolution d’un degré, étendre d’eau préalablement et ne verser l’aniline qu’ensuite.
- «.......Lorsqu’il s'agira de teindre, il suf-
- fira de passer les Ussus (soies, laines ou autres substances animales, cotons, fils, chanvres,
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- lins, ou toutes autres substances végétales ou ligneuses) daus le sel ou les sels avec lesquels lès sels d’aniline peuvent former des précipités ou produire des couleurs. Passer, par exemple, les étoffes ou tissus en chromâtes ou bichromates de po'asse, etc (au degré voulu et reconnu le meilleur en teinture pour ne pas altérer les tissus et en suivant les prescriptions d’usage avant de passer en second bain), et les tremper ensuite dans le sel d’hydrochlorate d’aniline. On pourra faire l’inverse si on le juge convenable ou nécessaire. On passerait alors les tissus en hydrochlorate d’aniline, et ensuite en chromate ou bichromate de potasse. »
- Viennent ensuite des considérations sur le reflet du noir obtenu, puis la phrase citée plus haut : « D’après ce qui vient d’être expliqué, on comprend, etc. »
- 11 nous semble inutile d’insister plus longuement.
- Les lignes que M M. les experts consacrent, aux pages 40 et 41, à l’instantanéité en teinture, sontremarquablessurtoutencesensqu’el-les montrent que la pratique des opérations tinctoriales leur est peu famillière Ils ont l’air de croire que Yoxydation de l'indigo réduit est en pratique une réaction réellement instantanée. S'ils avaient voulu assister une fois seulement h cette teinture, iis n’auraient pas énoncé une opinion aussi étrange. L’oxydation du blanc d’indigo sur la fibre, le « déverdissage », comme on dit en terme d’attelier, demande plusieurs minutes. Le tissu (ou la fibre en général) qui so"t jaune de la cuve devient à l’air jaune verdâtre, vert, vert-bleu, puis bleu. Les phénomènes ressemblent tout à fait au « Bobœnf instantané ». Il en est de même de beaucoup d’autres réactions ut'lisées dans la teinture et l’impression. La transformation de l’acide orthonitrophénylpropiolique en indigo par les réducteurs, le xanthate de soude, par exemple, l’oxydation du blanc d’indophénol, l’oxydation du ferrocyanure ferreux à l’élat de bleu de prusse, l’oxydation du protoxyde de manganèse à l’état de bistre, le virage des jaunes de chrome en orangé par la chaux, toutes ces réactions, instantanées dans le tube à essai, surtout en opérant à chaud, demandent, pour s’accomplir, en pratique, sur le tissu, un temps plus ou moins long, plus long, daus tous les cas, que la formation du noir Bobœuf instantané.
- Les digressions que MM. les experts consacrent aux pages 44 et 45 au brevet Bobœuf sont si diffuses et si peu compréhensibles qu’il nous est très difficile de les suivre. En admettant leurs raisonnements il ne serait possible de teindre, d’après Bobœuf, ni en un, ni en deux bains, car, quoi qu’on fasse, on s’écarte toujours de l'instantanéité, tehe que la définissent MM. les experts, mais telle qu'elle n'existe pas en chimie. De plus, il se produit toujours une oxydation simultanément avec la double décomposition ; car, sans oxydation il n’y a pas de formation de noir.
- N’était le respect dû à la haute situation scientifique de MM. les experts, tout chimiste qualifierait leurs raisonnements d’absolument puérils.
- Conclusions
- Nous renonçons à discuter en détail cette partie du rapport de MM. les experts. Nous avons répondu d’avance à tous leurs arguments, dans la « Consultation technique » et 1’ « Histoire du noir d’aniline ». Nous devons toutefois nous arrêter encore aux réponses que MM. les experts font aux questions de la Cour d’Angers (p. 72-75). Ils soutiennent que les noirs Gra-witz doivent surtout être particularisés par la méthode du b3in plein qui a servi à les produire, et que c’est à ce point de vue de l’application à la teinture qu’on doit lui attribuer le droit d’employer la réaction mutuelle des oxydanls et des sels d’aniline.
- Nous ne cesserons de répéter que pas un mot du brevet n° 105130 n’indique le bain plein. Ce brevet contient des procédés pour la préparation des noirs en poudre, qui ne sont pas nouveaux, et des procédésd’impression qui ne SDnt ni nouveaux, ni praticables.
- Dire après coup qu’on peut appliquer ces procédés à l’imprégnation, que M. Grawitz ne connaissait pas en 1874, qu’il n’a appris à connaître que par les expériences des teinturiers en 1886, et lui attribuer par là la découverte du bain plein, connu bien avant lui, c’est aller absolument à l’encontre de la lettre et de l’esprit du brevet n° 105130. (4 suivre.)
- LES FOURRURES
- Un journal canadien, le « Prix-courant » publie les informations suivantes:
- La saison active pour les fourrures est commencée et bon nombre de commandes ont été livrées par les fabricants. Les fourrures naturelles sont en grande demande et à des prix très élevés.
- Les principaux marchands chapeliers ont fait leur approvisionnement; ils ont pu constater que les belles fourrures, les fourrures à la mode, surtout, se payaient des prix très élevés. En effet, quoique notre pays fournisse beaucoup de fourrures et des plus belles, les prix nous sont dictés par les marchés étrangers. Londres, Leipsick et Nijni-Novgorod, en Russie, sont les principales villes où l’on achète des fourrures pour tous les pays du monde. Or aux ventes publiques à Londres, en mars et avril dernier on a payé des prix en hausse de 15 à 20 p. c. sur ceux de la saison précédente; les ventes de juin ont été faites à des prix soutenus, mais sans continuation du mouvement de hausse. A Leipsick la hausse s’est établie aussi de très bonne heure et s’est maintenue.
- La mode parait devoir adopter cette année les fourrures naturelles: castor, loutre, nutria,
- une espèce de loup cervier, quia beaucoup de vogue; la bête puante américaine, qui est plus riche que la nôtre; sont les fourrures favorites pour hommes-, le loup marin est encore en grande vogue pour les dames et surtout la marte ce que les Anglais appellent sable et dont une variété la Russian Crown sable ne peut être portée en Russie d’après les lois de l’Empire que par les membres de la famille impériale à moins d’une permission spéciale du Czar.
- Toute ces fourrures sont payées de 15 à 20 p. c. plus cher que l’année dernière, sauf le loup marin qui n’a pas changé.
- Le mouton de Perse est complètement négligé cette année; il n’en sera porté que très peu.
- 11 y a une vingtaine d’années la fourrure par excellence était le vison; aujourd’hui le vison est démodé et n’est plus porté, chez nous; mais il a tout d’un coup conquis les faveurs de nos voisins; il fait fureur à New York en ce moment, et tout le stock disponible sur les marchés de Londres et de Leipsick a été acheté pour le marché Américain. Il pourrait donc bien se faire qu’il eût la même faveur chez nous l’an prochain.
- La loutre est très chère; une belle peau de loutre canadienne se paie facilement sur le marché de $ 15. à $20.00.
- NOTE SUR LE ROUGE TURC
- Par G. Saget.
- Le rouge turc étant un alizarate double d’aluminium et de calcium, il était intéressant de savoir si l’on ne pouvait pas remplacer ce dernier métal par un autre de même atomicité, et quelle serait la nuance de ces nouveaux sels doubles.
- Un tissu fut préparé pour être teint en alizarine en évitant soigneusement l’emploi d’un sel calcaire.
- L’alizarine employée était l’alizarine pour violet, et les métaux furent introduits dans le bain de teinture sous forme de carbonate.
- La quantité de carbonate employée variait suivant le poids atomique du métal, et équivalait à une proportion de carbonate de calcium égale à 5 pour 100 du poids de l’alizarine.
- Les carbonates qui avaient été préparés à ’état de pureté parfaite, étaient ceux de: Baryum. — Strontium. — Magnésium. — Man* ganôse. — Zinc. — Nickel. — Cuivre et plomb.
- Un échantillon de rouge turc ordinaire au calcium a été teint comparativement pour servir de témoin.
- Après teinture les échantillons furent finis ensemble suivant le mode de finissage du rouge turc.
- Comparée au rouge que donne le calcium» et que nous appellerons rouge- rouge, la nu-
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- ance obtenue avec le carbonate de :
- Baryum... .est Strontium.... Magnésium... Manganèse...
- Zino........
- Nickel......
- Cuivre......
- Plomb.......
- rouge bleuâtre tirant sur le cramoisi.
- rouge légèrement bleuâtre.
- rouge brun bleuâtre.
- rouge brun jaunâtre.
- grenat brnn clair.
- grenat violacé clair.
- lie de vin.
- grenat rouge clair.
- C’est le rouge au strontium qui se rapproche le plus du rouge ordinaire.
- Tous ces alizarates doubles ont la solidité du rouge turc.
- (Mon. Scient.)
- LE DRAP A PARDESSUS
- et ù pantalons.
- Les tissus préférés pour pardessus sont actuellement ceux en peigné rasé, en cardé drapé et brut, en cheviotte brut.
- On croyait autrefois que c’était surtout par le poids considéraole des matières et un grand feutrage que l’on obtenait les tissus conservant au corps la plus grande somme de chaleur. C’est une erreur que les travaux sur l’hygiène ont surabondamment démontrée, et, bien qu’il faille pour l’hiver des tissus de poids élevé, on doit surtout chercher le volume et la souplesse quelles que soient les matières utilisées.
- Il faut reconnaître que la mode n’est point toujours d’accord avec l’hygiène. En ex geant sans cesse du nouveau, elle pousse à employer des textdes de densités très différentes. Même des tissus tout laine offrent des écarts considérables de volume pour un même poids.
- Tout en suivant le courant du jour, le fabricant doit aussi compléter un tissu par un dessin flatteur, des nuances agréables, par des conditions de confort et de bien-être au porter ; il pourra ainsi obtenir un succès suivi.
- De toutes les parties du costume c’est le Pardessus qui se prête le mieux aux conditions que nous venons d’esquisser. Ce n’est pas un vêtement de fatigue, — comme le pantalon, par exemple, qui demande en général une étoffe nerveuse et résistante ; — le pardessus a plutôt besoin d’être souple pour bien vêtir, volumineux pour combattre le froid, et ausA peu lourd que possible. Ces points sont à viser dans les pardessus d’hiver que! que soit le poids de ces marchandises qui varient, au mètre linéaire, de 750 grammes jusqu’à 950 et plus.
- Pour y parvenir on emploie les matières les moins denses, les laines frisées, crépues. A la filature, les filés, simples ou retors, seront tordus suffisamment pour atteindre une bonne solidité, mais sans dureté.
- Les croisures ont aussi une très grande importance ; on ne doit prendie que celles à longues brides pour donner au tissu un liage suffisant sans excès, une cohésion et un enlacement convenables, pour la résistance, et avoir ainsi le maximum d’épaisseur que le tissage peut fournir.
- La souplesse du tissu sera conservée en se contentant d’un feutrage léger. Éviter l’emploi des alcalis ou des savons alcalins pour le dégraissage ou le foulage ; ils ont le grave inconvénient de durcir l’étoffe. La teinture ne devra pas non plus durcir les matières, qu’elle soit faite avant ou après tissage.
- Si le caractère de l’étoffe le permet, la laine est tirée en flocons soyeux, relevée sur une des faces. Il convient de décatir sans presser.
- S’il faut employer des matières plus denses, des apprêts qui durcissent le t'ssu, le fabricant s’y conforme en veillant à ce que le reste du travail vise à la souplesse finale.
- Bien que le Pantalon admette très facilement la fantaisie et que l’on cite comme bons faiseurs, pour cet article, les fabricants les plus habiles en façonnés, cela n’implique point pourtant que, dans les costumes disparates, le pantalon soit couramment en nouveauté. L’uni y tient une place très honorable. Faire un bel uni, fin, ric'ie, agréable, n’est point toujours aussi facile que cela paraît à première vue, car tout doit concourir au succès sans s’appuyer sur un trompe-d’œil quelconque. Pas un filet, pas un point sur l’étoffe ne doit arrêter la vue ou dissimuler quelque partie secondaire. Le fil doit être beau de qualité et régulier ; — la croi-sure d’un caractère bien uni et de composition irréprochable; — les nuances choisies parmi les plus riches, les plus attrayantes; — enfin l’apprêt doit maintenir la souplesse, la douceur 1 qui complète nt la valeur du tissu.
- Oi comprend aisément que le pantalon complètement uni serait un peu uniforme et aurait trop d’analogie avec le pantalon noir de cérémonie, si on ne le relevait pas par un ornement quelconque. Dans ce but, on a renouvelé la bande façonnée, cet ornement souvent gracieux qui décore extérieurement la jambe du pantalon.
- Ce que l’on essaiera dans cet esprit devra posséder un cachet de bon goût, et n’être ni trop criard, ni dura l’œil. C’est par les croisures dans des nuances ton sur ton qu’on y parviendra, plutôt que par des mélanges de couleurs heurtées.
- Cette étoffe convient pour toutes les parties du costume. Si on la destine au pantalon et que, — comme pour toutes les marchandises de prix, •— on la fasse en demi-laize, la bande est obligatoire. Dans le cas contraire on peut toujours tout concilier, en faisant l’étoffe en grande laize, sur 145, et en meltant une bande à chaque bord, à deux centimètres delà ILière. De cette façon le tissu s’emploie aisément, pour l’un ou l’autre usage, sans que la qualité ni la valeur en souffrent aucunement.
- (Les l'issus)
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- RÉDUCTION DE L’INDIGO
- par les hydrosvufites
- Nous remémorons cette méthode, qui donne lieu aux opérations successives ci-dessous.
- préparation de l’hydrosulfite acide
- Pour préparer l’hydrosulfite de soude acide* on prend un vase quelconque pouvant être fermé hermétiquement. Les vases étant -remplis avec des lamelles de zinc contournées sur elles mêmes, on verse par dessus du bisulfite de soude à 32° B. sentant fortement l’acide sulfureux, aveq la précaution d’emplir complètement les vases. On laisse ensuite réagir ces deux corps (zinc et bisulfite) pendant une heure au moins, en ayant soin, si les vases le permelle.it, de tourner ceux-ci deux ou trois fois dans l’intervalle. Après ce laps de temps l’hydrosulfite acide est produit et présente son maximum de rendement ; il marque 35° B.
- Ainsi préparé, il est indispensable d’employer de suite cet hydre sulfite acide, soit pour réduire l’indigo bleu, soit pour fabiiquer l’hydrosulfite saturé, soit enfin pour d’autres emplois.
- Dans la préparation de l’hydrosulfite de soude acide on peut remplacer le zinc en lames par le même métal ey grenailles mais il offre une grande difficulté pour le décapage.
- Aussitôt après qu’une opération est terminée il est indispensable de laver à l’eau ordinaire, afin d’enlever les sels de soude et de zinc; remplir ensuite le lheon d’eau pour éviter une oxydation inutile du zinc.
- Maintenant, pour une autre opération, il suffit de vider l’eau et décaper le zinc au moyen d’eau rendue acide par l’acide chlorhydrique, puis on finit par un rinçage. Le zinc diminuant, on doit en ajouter une nouvelle quaniité, de manière à maintenir les vases toujours remplis -, nous ne devons pas perdre de vue, en effet, qu’il s’en dissout de 30 à 35 gr. pn- kil. de bisulfite employé, sans compter le zinc enlevé pendant le décapage.
- PRÉPARATION DE l/HYDROSULFITE SATURÉ
- Une fois la quantité de chaux ou d’alcaii connue pour neutraliser l’hydrosulfite sodique acide, il est facile de faire l’hydrosulfite saturé.
- Dans ce cas on opère encore à l'abri du contact de l’air. On pèse, dans des vases pouvant être bouches,
- 350 gr. lait de chaux, à raison de 200 gr. chaux vive sous le volume de un litre puis
- 1 lcd. hvdrosulfite acide.
- Le mélange étant lait, on agite fortement. Si la température s’élevait trop, il serait boa de refroidir les vases dans lesquels on opère la décomposition.
- L hydrosulfile saturé peut se conserver deux jours et même plus longtemps; il suffit que ce corps ail une réactiou alcalii.e pour qu’il puisse se conserver sans inconvénient.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Quand on est prêt à utiliser l’hydrosulfite saturé, on prend toute la masse qui se trouve dans les vases dans lesquels on a fait la décomposition, on la verse sur une toile ou dans des sacs, suivant la quantité sur laquelle on opère, et l’on soumat à l’action d’une forte presse; le liquide qui s’en écoule représente, à peu de chose près, le poids de l’hydrosul fite acide employé et marque 23o B.; quand on a opéré sur du bisulfite à 32° et l’hydro-sulfite acide à 32° B.
- S’il restait des quantités notables d’hydro-sulfite saturé filtré, il suffirait, pour le conserver quelque temps, d‘y ajouter un peu de lait de chaux pour maintenir la liqueur alcaline.
- Dans cette préparation, il n’a pas été trouvé avantageux de remplacer la chaux par la soude caustique -, ajoutons que le précipité obtenu par la soude est beaucoup plus volumineux que celui fourni par la chaux.
- RÉDUCTION DE L’iNDIGO
- Dans un moulin à indigo, on broie à la manière ordinaire, avec de l’eau, 2 kil. de bon indigo Bengale et on s’arrange de manière à ce que le volume du liquide, y compris l’indigo, fasse un total de 20 litres.
- On met cette portion de 20 litres, indigo broyé à l’eau, dans une chaudière de 60 à 80 litres, on y ajoute ensuite :
- 5 à 5 1/5 kil. soude caustique à 36° B,
- 14 kil. hydrosulfite sodique acide.
- On chauffe le tout à 72-75° G. et on maintient la solution à h température pendant 15-20m.
- Ensuite, par le moyen d’un entonnoir à long col, allant jusqu’au fond de la chaudière et en remuant sans cesse, on verse :
- 3 1/2 à 3 3/4 litres acide chlorhydrique.
- Il faut avoir soin de faire cette décomposition sous une cheminée à fort tirage ou en plein air, à cause des torrents d’acide sulfureux qui se dégagent pendant l’opération.
- Lorsque la décomposition est complète, ce qui se constate quand la liqueur est légèrement acide, on porte alors le tout aussi promptement que possible dans un cuveau d’une contenance de 150 à 160 litres environ, que l’on remplit ensuite d’eau ordinaire.
- Le lendemain on fait écouler le liquide, qui surnage le précipité, au moyen d’un trou de bonde fait à peu près à 250»™ du fond. On remplit de nouveau le cuveau avec de l’eau corrigée au moyen de 1/4 litre hydrosulfite saturé pour 100 litres eau ordinaire.
- Cette dernière précaution n’est, du reste, pasindipensable.
- Le surlendemain on décante de nouveau et met le précipité ainsi lavé sur le filtre. Quand tout le précipité est drns le filtre et qu’il a été rendu ferme par un égouttage complet, on obtient pour 2 kil. indigo bleu sec, environ 7 kil. indigo réduit en pâte que nous nommons précipité dense.
- C’est ce précipité dense qui entre dans la composition des couleurs pour impression.
- Cuve a l’hydrosulfite
- Mais si l’on veut monter une cuve pour teintures unies, on suivra la méthode suivante, en s’inspirant des recommandations faites dans le premier paragraphe de cet article, se rapportant à la préparation de l’hydrosulfite acide.
- Préparer directement un hydrosulfite avec :
- 80 litres bi-sulfite de sodium à 32° B, 10 à 12 kil. zinc métal.
- Opérer comme il a été dit ci-dessus.
- Monter la cuve avec :
- Indigo.......................... 10 kil.
- Eau pour broyer, quantité nécessaire.
- Lait de chaux (200 grammes de chaux par ,;tre), 15 litres.
- Hydrosulfite de soude. Toute la quantité préparée ci-dessus, à laquelle on ajoute avant le mélange 20 litres d’eau.
- Le tout est mélangé, et, quand l’indigo est entièrement débleui, ce mélange est conservé pour l’usage et ajoute à la cuve, en plus ou moins forte quantité, suivant la force qu’on veut lui donner.
- On se guide sur la proportion d’indigo mise en œuvre.
- La cuve est donc formée tout simplement d’eau, et d’une proportion variable du mélange ci-dessus d’indigo réduit.
- Cette cuve reste claire dans toute sa hauteur, et on peut la faire aussi concentrée qu’on le désire, et son travail est facile et rapide.
- La teinture s’y fait à froid pour le coton, et à bon tiède pour la laine (40 à 50°).
- REVUE SOMMAIRE
- DES- BREVETS D'INVENTION
- Système d'enveloppe applicable à l'impression des tissus, peaux, etc., pour obtenir des effets bariolés, des pointés, des chinés, etc., blancs ou autres,
- par M. Van Laer.
- L’auteur se sert de tables en verre, en porcelaine, en plomb, en ébonite, ou en toute autre matière peu sensible à l’action des acides.
- Il emploie comme rongeant du chlorure de zinc en dissolution dans un milieu acide, et qu’il étend sur les tables susdites légèrement chauffées, et au moyen d’un tampon, ou cylindre en laine ou flanelle.
- Si l’on doit opérer sur tissus, on doit épaissir le chlorure de zinc, suivant les procédés de l’impression.
- Il nous semble ressortir de cette description que le chlorure de zinc est déposé sur les tables, suivant le dessin qu’on veut obtenir.
- Ceci disposé, on dépose sur les tables ainsi garnies, le velours, les fourrures, ou autres
- matières, le poil appliqué sur la dissolution rongeante, et ainsi l’enlevage se produit.
- Pour les enlevages unis (?), l'inventeur opère par digestion dans des cuves en bois de 800 litres, contenant une dissolution chauffée à 37 degrés, de sulfites, hyposulfites, hypo-chlorites, plombâtes alcalins ou terreux, dans laquelle les étoffes ou peaux sont unies en digestion.
- Une fois la teinte uniforme obtenue, on peut chiner sur les tables.
- Ce brevet est bien obscur, et pour sa propre validité, aurait besoin d’un certificat d’addition plus explicatif.
- Humecteuse,
- De M Breadner, à Manchester.
- M. Breadner, de Manchester, construit pour humecter uniformément les papiers ou tissus, un appareil composé d’une broche cylindrique horizontale, en fil de cuivre, tournant dans une auge métallique fermée à la partie supérieure et remplie d’eau jusqu’à une certaine hauteur. La brosse plonge légèrement dans l’eau et projette ainsi une pluie fine sur la paroi antérieure de l’auge, qui est garnie d’une toile métalliqje. Les gouttes d’eau ont à traverser cette toile et arrivent, finement divisées, sur la matière à humecter.
- Si l’on veut augmenter l’humidité, on fait plonger davantage la brosse dans l’eau ; il suffit pour cela de faire basculer l’auge autour d’un axe d’articulation dont un de ses côtés est muni.
- Cet appareil a l’avantage d’humecter les tissus beaucoup plus régulièrement que les appareils ordinairement en usage. En outre, les brosses en fil de cuivre ne s’usent pas aussi facilement que celles en fibres végétales, en soies de porc, etc.
- Machine à blanchit ou à teindre les cotons en bobines de préparation, par M. Paul Jacquart.
- Par ce procédé, le coton est mis en bobines sur des tubes métalliques percés de trous et de dimension ordinaire.
- Ces bobines sont enfilées sur un axe d’un diamètre inférieur au creux des fuseaux et rendues solidaires les unes des autres par leurs extrémités emmanchées, extrémités légèrement coniques et évasées. L’arbre-axe placé sur deux coussinets, reçoit un mouvement de rotation et est en même temps immergé à moitié diamètre dans le bain de blanchiment ou de teinture. Un tuyau convenablement disposé amène le liquide sous pression en même temps dans l’intérieur des fuseaux. L’appareil de refoulement s’alimente dans le récipient lui-même.
- Ce procédé opératoire ainsi décrit en prin-cipc peut varier d’application et de forme comme appareil.
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- Appareil pour régulariser l'empesage des tissus,
- par M. Malleval.
- L’appareil est basé sur les trois principes suivants :
- 1° Le déploiement mécanique du tissu au moyen de rouleaux ou cylindres -,
- 2° La dessiccation partielle de l’empesage, soit par des ventilateurs, soit par de l’air plus ou moins chauffé projeté sur le tissu, soit en faisant fonctionner l’appareil dans un séchoir chauffé à une température convenable, soit en chauffant l’air par la vapeur ou le gaz, etc., soit par l’emploi de plusieurs ou de tous ces moyens à la fois ;
- 3° Le massage du tissu au moyen de rouleaux compresseurs unis, cannelés ou gravés d’une manière quelconque.
- Perfectionnement dans la teinture des tissus en laine et d'autres étoffes tissées ou feutrées,
- par M. J. W. Bannister.
- Le but que l’on s’est proposé a été de supprimer l’emploi des mordants généralement employés avec le procédé de préparation ordinaire bien connu pour teindre des tissus en laine, et achever la teinture en une seule opération.
- A cet effet, M. Bannister emploie une combinaison d’ingrédients, dont les proportions approximatives sont les suivantes :
- A 250 litres d’eau ajouter :
- Couperose verte 4 kil.
- — bleue h kil.
- Soude commune ou calcinée
- (ou un alcali équivalent).. 3 kil. 1/2.
- Acide oxalique (ou acide équi-
- valent) h kil. 1/2.
- Tous ces ingrédients placés dans un réservoir sont poussés à l’ébullition jusqu’à dissolution complète puis additionnés de :
- Bois de campêche.......... 75 kilogr.
- Fustet.................... 750 gr.
- Fabrication d'indigotme (bleu indigo) chimiquement pure cristallisée, par M. Hoenig.
- Ce procédé a pour objet la fabrication d’In-digotine pure cristallisée avec de l’indigo du commerce ou avec des déchets de matières premières contenant de l’indigo.
- Il consiste à sécher soigneusement les matières (finement pulvérisées au préalable s’il y a lieu), en les mélangeant avec du sable à gros grains, en les extrayant par couches dont l’épaisseur dépend de la nature de ces matières, avec de la vapeur de nitro benzole ou d’aniline en ébullition, et en faisant finalement cristalliser par le refroidissement rapide la dissolution ainsi obtenu*3.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Aubergine
- Nous avons déjà parlé de la teinte Aubergine qui est la nouveauté la plus saillante, en ce qu’il s’agit là d’une nuance qui n’est pas habituelle.
- Peut-être n’aura-t-elle pas un grand succès, car les dames disent qu’elle n’est pas favorable à leurs teints à elles, et cette opinion vient aussi bien des brunes que des blondes.
- L’Aubergine, comme on le voit, est un violet-rouge vineux, qui rappelle bien le fruit auquel elle doit son nom, et aussi la première couleur d’aniline découverte, c’est-à-dire la mauvéine ou violet-Perkin.
- C’est encore par les violets-mauve qu’on l’obtiendra, mais les couleurs d’aniline actuelles sont trop fraîches, et il faut les assombrir un peu par de l’orseille, par exemple.
- Pour la même raison, il ne faut pas employer les violets brillants de Paris ou méthyle, mais ceux plus sombres : les violets de fuchsine.
- Le fonds d’orseille se fait, comme on sait, sans mordant.
- On prépare un bain d’eau très propre, qu’on garnit d’orseille à laquelle on ajoute simplement un peu d’alun.
- La teinture se fait en 30 à 45 minutes, au bouillon.
- Ce fonds étant donné, on teint en violet-acide dans la proportion de 10 grammes par kil. de laine.
- Ce violet doit être un mauve, c’est-à-dire un violet rougeâtre, mais non trop rouge, soit l’équivalent du nc 90, des violets de Paris.
- La teinte Aubergine peut aussi se faire par l’orseille et le carmin d’indigo, avec virage à la fin dans un bain alcalin, mais elle sera bien moins pleine qu’avec le violet d’aniline.
- Empire
- Nous annoncions aussi cette teinte, dans notre précédent numéro, en disant que c’était une sorte de rouge-framboise. Nous ignorons
- ce qui lui a valu ce nom « Empire », dont Ie rapport nous échappe.
- C’est toujours la série des vieux rouges, pâles, éteints, maigres ; ce n’est, en somme, qu’une dégradation du grenat.
- Par les anilines, on prend un grenat ou un cerise, auquel on ajoute une très petite quantité de vert acide.
- Ce vert avec le rouge se transforme en gris qui rabat la nuance, et lui laisse un petit œil bleuâtre.
- Il faut par kil. de laine :
- Grenat ou cerise............ 25 gr.
- Vert acide jaune............ 2 à 3 —
- Acide sulfurique............ 25 —
- On peut, avec avantage, ajouter un peu de sulfate de soude au bain.
- Cette nuance peut aussi s’obtenir avec or-seille, bois jaune et une très petite quantité d’indigo.
- Pour les bons teints, on emploiera la garance avivée au bois rouge..
- Violets de Méthylaniline (Violets de Paris)
- La maison Poirrier et Dalsace vient de publier une nouvelle édition de ses « Procédés d’application » des couleurs d’aniline où elle donne notamment les moyens d’employer les violets de Paris, qui font l’objet le plus important de sa fabrication.
- Nous les reproduisons ci-dessous, quoiqu’ils n’aient rien de nouveau, mais cela peut être une remémoration utile.
- Il est entendu que ces procédés sont applicables indifféremment à tous les violets méthylés, marque : violets de Paris, ou autres,
- Dissolution.
- Verser sur le produit deux à trois fois son poids d’eau bouillante; remuer; quand on a une pâte visqueuse bien homogène, on ajoute une nouvelle quantité d’eau bouillante, de manière à avoir environ 1 litre d’eau pour 10 grammes de produit.
- Maintenir l’ébullition quelques minutes seulement ; filtrer.
- Eviter l'emploi des eaux calcaires, qui in-solubilisent partiellement, sous forme de goudron, le violet le plus pur ; les corriger au besoin avec un peu d’acide tartrique ou acide acétique.
- Teinture de la laine.
- Préparation. — Pour obtenir des nuances unies, vives et brillantes, il est nécessaire de dégraisser complètement la laine, soit au carbonate de soude, soit au savon, et de laver ensuite dans l’eau chaude pour enlever tous les corps gras.
- Teinture. — On teint sans mordant, dans un bain garni du colorant nécessaire pour la nuance demandée. On entre la laine à 50*, et on monte graduellement à 80° centigrades ; on
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- lève, on regarnit en rafraîchissant, on rentre, on réchauffe et arrive à 95° pour obtenir tout dégagement du coloris.
- Pour une seconde opération sur la même barque, on entre les nouvelles laines et on épuise avec elles le colorant du bain précédent. Au bout d’une demi-heure, on garnit de nouveau colorant en deux fois de préférence et on termine sa teinture par un léger bouillon.
- Les marques de violet 200 N, 250 N, 300 N, 300 BBN et 350 N. supportent une légère quantité d’acide, les autres marques de violet de Paris s’emploient généralement sans acide.
- Teinture du coton.
- Préparation. — On peut teindre le coton sans aucune préparation, mais généralement on le mordance au sumac de Sicile, soit : environ 20 kilos sumac frais pour 100 kilos coton, pendant une heure, à une température ne dépassant pas 80° centigrades.
- On peut aussi préparer le coton à l’acétate d’alumine ou au sulfate d’alumine (mélange de 10 parties sulfate d’alumine et de 1 ou 2 parties sulfate de soude). Ce sulfate doit peser 8° à 10° Baumé; on mordance à froid pendant cinq heures, et on lave avant teinture.
- Quelquefois on mordance le coton dans une dissolution d’eau bouillante desulfoléate d’ammoniaque, seul ou en présence d’oxymuriate d’étain. (Ce sulfoléate s’obtient en traitant l’huile dolive par moitié de son poids d’acide sulfurique à 66°, et laissant en contact pendant une nuit; Je lendemain on précipite par un peu d’eau, et on dissout le corps huileux dans de l’ammoniaque.)
- Teinture. — On teint sur bain neutre à une température de 60° environ.
- Teinture de la soie.
- Teinture. — On teint dans un bain composé de 75 parties eau et 25 parties vieux savon de décrouage avec une petite quantité d’acide sulfurique suffisante pour donner au bain un léger goût piquant. En chauffant au tube, on porte au bouillon et on garnit le bain de violet. Lorsqu’on est arrivé à la nuance voulue, on tord et rince à l’eau, puis on avive la soie sur un autre bain acidulé avec l’acide sulfurique, pour donner à la soie le craquant qu’elle doit avoir. Enfin on sèche.
- Teinture des cuirs et peaux.
- Préparation. — Les cuirs et peaux, bien débarrasés de matières étrangères, sont préparés de Ja manière ordinaire.
- Teinture. — La teinture se fait à la brosse, à froid avec une solution de violet, additionnée d’un peu de sulfate d’alumine.
- On peut également teindre au plongé.
- Teinture du papier.
- Préparation. — La pâte destinée à être teinte doit être neutre et aussi exempte que possible de chlore.
- Teinture. — Les violets de Paris colorent la pâte à papier sans aucun mordant; on filtre soigneusement la solution très étendue d’eau, et on verse dans la pile la quantité de colorant nécessaire pour la nuance demandée.
- Avivage des bleus d’indigo.
- Le même document indique ces violets pour le remontage des bleus de cuve, mais ce n’est pas là leur meilleure destination.
- Nous rappelons que nous avons donné des procédés pour cet avivage, dans nos numéros 7, 8, 9, 10 et 12, pages 53, 60, 68, 77 et 92, année courante.
- Noir sur coton.
- Un journal américain, le « Textile Colorist » publie le procédé et les observations qui suivent :
- Nous sommes encore loin d’obtenir pour le noir sur coton toutes les qualités désirables, c’est-à-dire un beau noir, bien uni, qui n’affecte pas les fibres, qui résiste au savon et aux acides, qui ne dégorge pas. Il arrive souvent que le noir est beau, mais que la Gbre est affaiblie.
- Au point de vue de la solidité seule du noir obtenu, voici une recette simple et moins chère que le noir d’aniline. Les proportions indiquées se rapportent à 20 kilos de coton. On prépare le bain suivant dans une chaudière en cuivie chauffée à la vapeur, d’environ
- 600 litres.
- Extrait de campêche........... 24 kil.
- — fustet............... 4 —
- — cachou............... 4 —
- — sumac................ 4 —
- C’est le bain de teinture qui reste toujours le même et sur lequel on passe plusieurs mises successives. On y entre le fil à 50 degrés, on l’y laisse une demi-heure ; enlever, tordra soigneusement en recueillant l’eau du bain. On passe ensuite en bain froid de sulfate de cuivre :
- Vitriol bleu............ 1 kilo 200.
- Bichromate.............. 80 grammes.
- On y travaille le coton puis on ajoute :
- Couperose............ 1 kilog. 200
- Craie................ 800 grammes.
- Après ce travail le coton est tordu.
- Enfin on le passe dans un troisième bain à 50 degrés composé comme il suit :
- Eau de torsion du bain de teinture.
- Extrait de campêche...... 3 kil.
- Savon....................... 1 —
- Carbonate de soude....... 450 grammes.
- Essorer, oxyder à l’air six heures, rincer en faible bain de couperose.
- Gris-ardoise sur coton.
- Le même journal donne ce procédé et le suivant (sauge), qui sont des exemples de
- teintes par mélanges de couleurs azoïques. Pour 100 kil. de coton :
- Benzoazurine G......... 150 gr.
- Chrysamine G......... 60 —
- Savon...................... 2 kil. 500.
- Sulfate de soude)...... 3 —
- Lisser une heure au bouillon, lever, rincer.
- Sauge sur coton.
- Pour 100 kil. :
- Benzoazurine G........ 120 gr.
- Chrysamine G............ 150 —
- Deltapurpurine 5 B.... 50 —
- Savon..................... 2 kil. 500
- Sulfate de soude...... 3 —
- Ces deux formules du « Textile » pêchent par les dosages de colorants. Le gris ardoise se ferait avec 2 gr. 10 par kil. et le sauge avec 3 gr. 30 ; ce n’est pas assez pour obtenir des nuances nourries, quoiqu’en disent les prospectus des fabricants.
- On peut sans crainte doubler ces dosesy tout au moins à la première passe.
- Mastic de fer.
- Lorsqu’on veut mastiquer une fuite, ou une pièce (robinet ou autre), que l’on pose sur un appareil en fer ou en fonte, on peut employer le mélange suivant :
- Limaille de fer non rouiilée 98 parties.
- Fleur de soufre......... 1 —
- Sel ammoniac en poudre .. 1 —
- Ces poudres mélangées sont délayées dans l’eau, en consistance de mortier, et le mélange employé de suite, car il ne tarde pas à durcir.
- Il résiste à l'eau, mais non au feu -, en voici un autre qui peut être employé pour les chaudières se chauffant, mais il est moins solide :
- Limaille............. 98 parties.
- Sel ammoniac......... 2 —
- Pour les deux, le mastiquage doit déborder de tous côtés le trou à boucher, de façon à former une masse bien calée en avant et en arrière.
- Le premier mélange peut être employé pour la pierre, marbre, et convient même pour y sceller des pièces de fer.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- DES NOIRS
- (Suite)
- Travail d’un lot de lainages pour noirs.
- Après ces procédés applicables aux différentes natures d’étoffes, il nous reste à voir une méthode d’ensemble pour teindre un lot de vêtements à base de laine, en combinant no&
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- LA. REVUE DE LA TEINTURE
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- opérations de façon à simplifier le travail I total. I
- Cela nous procurera l’occasion d’exposer ' des procédés un peu différents, en apparence des précédents, et que certains opérateurs préféreront peut-être, car il en est qui n’admettent pas un mordant tourné par le colorant.
- Ce dernier moyen est toutefois en usage, et contribue à donner beaucoup d’uni à la teinture.
- Voici donc comment nous opérons :
- Nous avons, par exemple, une trentaine de pièces qui comprendront des robes, des draps, des châles, etc. et dont les fonds seront de couleurs variées, sur lesquels nous aurons à faire des noirs-deuil et d’autres qui pourront rester bleutés.
- Ce lot sera divisé en cinq ou six parties, qui chacune pourra être traitée d’une façon spéciale .
- 1° Noirs bleus.
- Ce reflet bleu ne peut pas s’obtenir sur les fonds à base de jaune (jaune, orange, marron, vert, etc.)
- Sulfate de fer.................... 500 gr.
- — de cuivre.................... 600
- Cristaux de tartre................ 600
- Alun.............................. 100
- Eau........................... 150 à 200 lit.
- Bouillir 30 a 45 minutes, lever, égoutter et éventer.
- Pour les passes suivantes, regarnir le même bain avec les 3/4 des mêmes sels.
- 2° Noirs-noirs.
- Regarnir ce même mordant avec l’eau nécessaire pour rétablir le même volume de
- bain, et avec :
- Sulfate de fer............................. 300
- — de cuivre............................. 300
- Cristaux de tartre........................ 400
- Donner un bouillon d’une heure, lever et éventer.
- Procéder, s’il y a lieu, à une nouvelle passe avec les mêmes doses de sels, dont nous avons supprimé l’alun.
- Tous ces mordançages étant faits, les pièces bien rincées avec un évent d’une heure ou deux, on procède à la teinture.
- 1° Noirs-bleus.
- On procédera par passes de trois pièces, et le bain sera monté avec :
- Extrait de campêche.............. 300 gr.
- Sulfate de cuivre................ 25
- Donner un bouillon de 10 à 15 minutes, lever, vérifier si l'on est à l’échantillon, et dans le cas contraire, rentrer dans le bain en le renforçant de colorant si cela est néces* saire.
- Cette passe étant à point, on en abat une
- nouvelle, en regarnissant le même bain avec 200 à 250 gr. d’extrait de campêche, et un petit morceau de sulfate de cuivre.
- 2<> Noirs noirs.
- Pour les noirs deuil, les articles à fonds où domine le jaune pourront être teints sur le bain ci-dessus sans modification, le reflet bleu sera suffisamment corrigé par la couleur des fonds.
- Qnant à ceux à base de rouge et surtout de bleu, il sera nécessaire d’ajouter du jaune dans le bain de teinture.
- On regarnira donc le bain avec ;
- Extrait de campêche.............. 200 gr.
- — de bois jaune................ 60
- On opère comme ci-dessus.
- 3° Fonds cachous et bariolés.
- Les marrons au cachou (que l’on voit bien rarement maintenant, et surtout sur laine), ainsi que les fonds multicolores, tels qu’écossais et impressions, se couvrent difficilement.
- Pour les cachous, il faut faire un bain fortement chargé en campêche. Ces fonds ne se font à peu près que par le procédé au tartre, celui au chrome ne fait toujours qu’un brun plus ou moins couvert, mais jamais un véritable noir.
- Au tartre, même, le noir laissé à désirer. Si l’on veut soigner l’objet, on lui donne à la fin un avivage en bleu d’aniline, qui corrige le reflet brunâtre que ces fonds conservent plus ou moins.
- Les fonds k plusieurs couleurs sont teints sur campêche, avec une dose assez fortg de bois jaune, et en ajoutant aussi un rouge, tel que l’orseille, qui monte facilement. On évente plusieurs fois pendant cette teinture.
- Tous les noirs faits dans cette série de passes seront rincés.
- Les laines pures seront terminées par un piquage ou un javelage, rincés encore, et envoyés aux apprêts.
- Les mélanges ont encore besoin d’un complément de travail.
- Mélanges laine coton et laine-coton-soie.
- Ces étoffes déjà teintes sur laine, seront piquées assez fortement à l’acide chlorhydrique, comme il a été dit précédemment.
- On passe ces pièces au bain de rouille pour coton, qui est, comme nous l’avons vu, à 4 ou 5 degrés et on les y laisse 5 à 6 heures.
- On fixe le fer au carbonate de soude.
- Puis on teint au campêche, bois jaune et sumac.
- On rince et on passe au ehrômate.
- Le tout, comme il a été dit au paragraphe « noirs sur coton », du précédent article.
- Et voilà notre lot de lainages terminé.
- Noms sur soie
- Je rappelle en passant ce que j’ai dit sur la manipulation des soies en teinture, sur la
- nécessité de les manier au large, et d’utiliser pour cela des chaudières évasées ; enfin sur l’emploi des tendeurs, et sur la température des bains.
- La nécessité d’un bon nettoyage est une question sur laquelle il est superflu d’insister.
- Mordant.
- Les soies sont d’abord mouillées à l’eau chaude, puis passées au bain de rouille pour soies (tonne au noir) qui est de 8 à 10 degrés, ainsi que nous l’avons vu dans uu chapitre précédent, et froid.
- Lisser avec précaution et laisser dans ce mordant 8 à 12 heures.
- Lever, rincer bien à fond, en eau courante autant que possible, mais par simples lissages, et sans froisser les tissus ; donner un dernier rinçage un peu chaud.
- Teinture.
- Nous supposons une passe de trois robes, avec quelques fichus, bouts de rubans, et autres petits articles.
- Le bain, d’environ 200 litres, contiendra :
- Extrait de campêche............... 500 gr.
- — de bois jaune.................. 100
- Terra (curcuma)......•........... 500
- Sulfate de cuivre.................. 25
- Entrer les soies à tiède, monter peu à peu et lentement la température jusqu’à la chaleur que puisse encore supporter la main, soit à peu près 60 degrés.
- En raison de cette chaleur modérée — qu’il ne faut pas dépasser — la teinture est un peu longue et n’en unit que mieux ; il faut la traîner environ deux heures.
- Il est avantageux de ne mettre le campêche et le cuba qu’en deux fois, en le tournant chaque fois avec une petite pierre de vitriol bleu. Le curcuma se met d’une seule fois, au commencement,.et on le laisse dans le bain, sans 1(6 passer.
- On lève, on rince, la dernière eau étant chaude; on pique à l’acide chlorhydrique, et enfin on rince encore une fois ou deux.
- Défauts des noirs sur soie.
- Le noir n'a pas couvert. — Il est des fonds sur lesquels le mordant de fer ne se fixe pas, tels que les cachous (où cet inconvénient est encore plus sensible qne sur laines), et ceux, en général, dont la teinte a été fixée au chrême.
- Dans ce cas, il faut démonter cette teinte de fond, et on peut employer pour cela le bain d’acides nitrique et sulfurique décrit dans notre chapitre des « dégradages ».
- Cuivrage. — U.i léger cuivrage est un défaut qui disparaît sous la gomme de l’apprêt, mais s’il est très prononcé, il faudra l’abattre dans un léger bain de javel, tiède, avec rinçage chaud ensuite.
- Un léger piquage à l’acide acétique est même nécessaire pour rendre le craquant.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Noirs trop chargés. — En suivant bien la façon dont monte la teinture, on peut éviter cet inconvénient ; cependant quand il se sera produit, on dégorgera ces noirs par l’acide oxalique, à l’aide des mêmes moyens que ceux indiqués pour les lainages, au paragraphe : « noirs trop foncés ».
- Si un léger javelage peut se recommander pour décuivrer, il n’en est pas de même ici, où il faudrait un bain plus énergique qui altérerait la soie. L’acide oxalique doit donc être préféré.
- Noirs trop faibles. — Les remettre en teinture, ou les aviver en bleu d’aniline s’ils sont roussâtres.
- — A continuer par les velours et les laine-soie.
- Maurice GUÉDRON.
- BREVETS D’INVENTION
- Intéressant les industries tinctoriales
- 198,788. — Dehaitre. — Machine à apprêter les tissus avec trois cylindres et deux feutres.
- 198,790. — Greeven. — Procédé et appareil servant à l’imprégnation, au lavage et à la teinture du fil en écheveaux.
- 198,866. — Société Badische anilin und Sodafabrick. — Procédé pour imprimer et teindre avec la gallacétophénone.
- 198,915. — Pervilhac et Travers. — Perfectionnements aux machines à polir les étoffes.
- 198,949. — Rybickaet Lauger. — Machine centrifuge à pénétration, pour des buts industriels.
- 198,962. — Corney. — Perfectionnements dans les machines servant à appliquer le poil la laine et autres fibres sur les tissus ou autres surface.
- 199,003. — Compagnie des Fonderies et Forges de l'Horme (Chantiers de la Buire). — Portemanteaux métalliques recouverts de caoutchouc.
- 199,tÇO. — Brun, — Peintures ou applications des poudres de bronze sur velours toute nuance, pouvant servir pour modes ameublements et costumes.
- 199,193. — Société Bonnet, RamejC, Savi-GNy, Giraud et Marnas. — Perfectionnements dans l’impression sur tissus.
- 199,254. — Laval. — Rame-fixeuse ou applications de la rame dans un bain d’eau bouillante pour obtenir, fixer et conserver le plus grand élargissement possible du tissu.
- 199,289. — Horn. — Procédé d’impression en blanc, avec mordant sur noir d’aniline.
- 199,304. — Jacquart. — Machine à blanchir ou à teindre les cartons et autres textiles en rubans de préparation.
- 199,376. — Massart (dame). — Nouveau produit dit Tissu émail, et ses procédés de fabrications.
- 199,425. — Jourdain. — Procédé de teinture en noir grand teint.
- 199.527. — Duport. — Machine à teindre l’ouate continue.
- 199,602. — Obermeyer. — Système de séchage du papier peint.
- 199,631. — Bottox. — Nouveau système d’élargisseur pour étoffes.
- Certificats d’addition.
- 179,324. — Tachon. — Brevet pris le 29 octobre 1886 pour un nouveau système de polissage des étoffes soies et mélangées soies.
- 197,932. — Valansot aîné. — Brevet pris le 2 mai 1889 pour appareil pour la teinture en pièces de velours, peluches et autres tissus.
- 194,880. — Berrubé. — Brevet pris le 19 décembre 1888 pour un système de cuve de réduction instantanée.
- 199,304. — Jacquart. — Brevet pris le 5 juillet 1889 pour une machine à blanchir ou à teindre les cotons ou autres textiles en rubans de préparation.
- ADJUDICATIONS ADMINISTRATIVES
- DIRECTION D’ARTILLERIE DE TOULOUSE
- coton), rue des Jeûneurs, 29. — Durée 10 ans. Cap. : 500,000 fr. — Acte du 26 novembre 1889.
- AVESNES. — Formation de la Société en nom collectif Divry et Gie (filature et tissage en laines peignées), h Fourmies. Durée : 10 ans du 1er avril 1889. Cap. : 500,000 fr. — Acte du 25 octobre 1889.
- BELFORT. — Formation de la Société en commandite Pelte et Cie (procédé perfection • né pour le blanchiment des cotons). Durée : 15 ans. Cap. : 40.000. — Acte du 15 octobre 1889.
- LYON. — Formation de la Société en nom collectif Fraisse et Garat, teinturiers à Grigny. Durée : 8 ans. Cap. : 20,000 fr. — Acte du 9 novembre 1889.
- LYON. — Formation de la Société en nom collect;f Claris et Berruyer, teinturiers en tous genres, rue Montbernard, 48. Durée : 6 ans. Cap. : 8,000 fr. — Acte du 24 juin 1889.
- St-ETIENNE. — Formation de la Société en nom collectif Colomb et Te pehs (cylindrage et moirage des rubans, etc.), rue Marengo, 15. Durée : 6 ans. Cap. : 15,000 fr. — Acte du 5 1 octobre 1889.
- Le 31 décembre, aura lieu à la mairie de Toulouse, l’adjudication des produits suivants:
- 2° lot. — 5,395 m. de toile forte et treillis ;
- 3e lot. — 8,550 m. de toile chinée ;
- 4° lot. — 1,574 kilog. de fil de lin ;
- 2,710 kilog. de ficelle ;
- 13,600 cordages divers ; à livrer à la direction d’artillerie de Toulouse, pendant l’année 1890.
- Les cahiers des charges sont déposés à l’arsenal de Toulouse, où les intéressés pourront en prendre connaissance.
- RÉSULTATS D'ADJUDICATIONS
- ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS
- Erratum. — Adjudication du 5 novembre.
- Cotons et fils à coudre.
- Devos frères, 90, boulevard Sébastopol, adjud., et non Debost, rue Saint-Martin.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Henri Héloin et Maurice Bergner, fab. de tissus pour dames (maison Héloin), rue du Sentier, 34. Durée : 9 ans. Cap. : 500,000 fr. — Acte du 23 octobre 1889.
- PARIS. — Dissolution, à partir du 19 oct. 1889, de la Société anonyme La IIamie Française, rue St-Fiacre, 14. Liquid. : MM. Redon, Berçe, Roux, Chancel et Favier.— Délib. du même jonr.
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif Les fils de Théophile Legrand (expi. de filatures de laines et lissages mécaniques à Fourmies et à Glageon (Nord), avec siège à Fourmies et dépôt et bureaux à Paris, rue des Jeûneurs, 38. — Durée : 12 ans. — Cap. : 4,500,000 fr. — Acte du 31 octobre 1889.
- PARIS. — Formation de la Société en nom collectif E. et O. Dreyfus frères (tissus de
- St-ETIENNE. — Dissolution, à partir du 16 septembre 1889, de la Société Martin et Vin-zio, mds de papiers peints', place de l’Hôtel-de-Ville, 15. Liquid. : les associés. — Acte du 7 octobre 1889.
- LIQUIDATIONS JUDICIAIRES
- PARIS — Carré (LoMs), md de draperies en gros, rue d’Aboukir, 15. J.-c. : M. Hano-teau. — Liquid. : M. Hécaen.
- ANGERS. — Ciiaveau (dame), épouse divorcée Gentil, fab. de lainages, Petite Rue du Bel-Air, 3. — Jug. du 22 octobre 1889.
- LYON. — Carrier (Louis), exploitant un tissage mécanique, rue Germain, 27. — Jug. du 20 novembre 1889. Liquid. : M. Rolland.
- FAILLITES
- PUTEAUX et PARIS. — Godeau (Louis), ex-fab. de tissus à Puteaux, rue Godefroz, 24, actuellement à Paris, rue du Chemin-Vert, 139. J.-c. : M. Donon. — S. : M. Chardon.
- CAMBRAI. — Herlem (Eugène), fab. de tissus à Inchy. Jug. du 17 octobre 1889. — S. : M. Carpentier.
- LILLE. — Dambrin (Ch.), fab. de toiles à Armentières. Jug. du 31 octobre 1889. — S. : M. Rulfelet.
- NARBONNE.— Fourty (Antoine dit Henri), md de tissus à Fitou. Jug. du 24 octobre 1889. S. : M. Mourgues.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Vendeurs. Acquéreurs. Fonds cédés.
- Pigneux. Montazeau. Teint, rue du Fuit
- de l’Ermite, 2.
- Simard. X. Teinturerie rue de
- Chabrol, 43.
- Mme Brionne. X. Teinturerio rue de»
- F.-du-Calvaire, 6
- Dlle Charpentier. Dlie Arbey. Teinturerie rue des
- Vinaigriers, 53.
- Dlle Platel. Guy et Robert. Teinturerie rue de
- Monceau. 87.
- Bertant. Mme Deschamps. Teinturerie rue de
- Jouffroy, 18.
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- 2H
- Revocat et Cie. Frécbet. Teinturerieboul.de j
- Magenta, 110.
- Vve Vatel. Tremolières. Teinturerie à Cou-
- lommiers.
- Vve Personne. Gentien. Teinturerie bcuîev.
- Voltaire, 243.
- INFORMATIONS BT FAITS DIVERS
- CHAMBRE SYNDICALE
- DES
- TEINTURIERS-DÉGRA.ÏSSEURS
- Séance du 1 novembre 1889.
- M. le Président s’excuse de n’avoir pu assister à la précédente séance et donner communication de diverses lettres reçues par lui pendant la suspension des réunions ; il va en donner connaissance.
- M. Marchal, du quai des Grands-Augustins, ayant demandé la nomination de deux membres du Comité pour l’assister dans une expertise où il était défendeur, M. le Président lui a répondu qu’il ne pouvait asquiescer à son désir, attendu que la Chambre syndicale, même consultée directement, ne pouvait donner qu’une appréciation officieuse, et que, dans son différend, les membres qui l’assisteraient n’auraient aucune autorité en face de l’expert choisi par le Tribunal, et que même celui-ci pourrait refuser leur avis.
- Le Comité approuve la réponse de son président.
- M. Bergues, teinturier à Cahors, a demandé une attestation de la Chambre établissant que notre profession comprend aussi bien le nettoyage que la teinture, et cela à propos de contestation avec son propriétaire, qui ayant loué pour teinturier, dit-il, ne veut pas accepter les nettoyages.
- M. le Président lui a donné cette attestation basée sur les opérations qui constituent la profession de teinturier-dégraisseur, et qui comprennent tout autant le blanchissage, le nettoyage des effets d’habillements, même du linge de corps, que le nettoyage et la teinture des mêmes objets, ce dernier travail ne pouvant être fait qu’à la suite du premier,
- La réponse du Président est approuvé du Comité.
- M. Censier, teinturier à Reims, choisi comme expert dans un différend, demande à la Chambre son appréciation sur l’objet soumis à son expertise.
- M. le Président a pris connaissance des faits, examiné l’objet, et donné son opinion clairement motivée et basée sur des signes assez convaincants de son exactitude.
- (Nous croyons savoir qu’il s’agissait de déterminer si une teinture noire, non portée, datait de quelques mois ou ^,de plusieurs années).
- Après communication de ces correspondances venues de la province, M. le Président se félicite qu’elles aient été adressées à notre Chambre syndicale, parce qu’elles prouvent l’utilité de son existence et é ablissent qu’elle deviendra un centre de renseignements, d’observations, d’appréciations techniques, dont l’influence et l’autorité profiteront aussi bien aux confrères de la province qu’à ceux de-Paris ; il exprime l’espoir que ces correspon-
- dants et d’autre? confrères des départements viendront peu à peu grossir les rangs de notre association confraternelle.
- (La Revue de la Teinture a contribué à faire connaître en province son existence et son but).
- MM. Monnot et Demangeot envoient leur démission de membre du Comité et de membre de la Chambre syndicale.
- Ces démissions sont acceptées.
- M. Hallu aîné déclare s’associer pleinement à l’avis exprimé dans la précédente réunion que tout membre doit placer au-dessus de lui la compétence de la Chambre syndicale.
- Pourtant, il vaut mieux, comme il l’a fait, accepter une expertise lors {ue le juge de paix refuse de s’adresser à la Coambre, et paraît disposé à prendre comme expert un industriel ou commerçant tout à fait étranger à notre métier.
- Cette opinion est approuvée par la réunion. I
- L’ordre du jour appelle la discussion sur le bureau de placement gratuit.
- Le projet est adopté à l’unanimité.
- M. Mars propose de ne distribuer les affiches avisant de !a création du bureau de placement qu’aux teinturiers adhérant à la Chambre syndicale.
- M. Vinois est d’avis d’étendre le bénéfice de cette organisation à tout le monde.
- Après quelques observations, M. le Président met aux voix cette proposition :
- « Le bureau de placement sera réservé aux patrons de la Chmibre syndicale. »
- Cette proposition est adoptée à une grande majorité.
- Sur l’observation de M. Fleury, il est décidé qu’on se tiendra au courant des inconvénients du système adopté,et1 que, s’il y a lieu, on apportera ultérieurement des modifications, de façon que celte création réponde bien complètement au désir de la Chambre, et donne aux ouvriers les avantages qu’elle veut leur procurer.
- M. le Président fait remarquer que les juges de paix s’adressent directement à des teinturiers pour les expertises, parce qu’ils ignorent peut-être l’existence de la Chambre syndicale et de ses commissions d’arbitrages ; i! propose de faire directement cette notification aux vingt juges de paix de Paris.
- M. le Secrétaire faisant valoir le très prochain renouvellement des commissions d’arbitrages, dont une seule exercera encore cette année, cette communication est remise aux premiers jours de l’année prochaine.
- M. Poulin est admis comme membre de la Chambre syndicale.
- M. le Président consulte la réunion sur la date du banquet.
- Cette date est fixée au samedi 1A décembre prochain, et MM. Mars, Lhuillier, Bontemps, sont désignés comme commissaires chargés de veiller aux préparatifs et aux invitations.
- lies tissus «le sole et «le eaton français en Imlo-Cliine. — Le Journal offhiel a publié un décret aux termes duquel les tissus de soie et de coton, quoique appartenant aux produits spéciaux taxé? à un taux supérieur à cçlui du tarif général indo-chinois, jouiront de la franchise accordée aux produits nationaux, à condition d’être accompagnés d’un certificat délivré par les producteurs eux-mêmes, mais légalisé par le maire de leur commune.
- Cette disposition sera applicable aux tissus
- embarqués sur les bâtiments qui quitteront h France à destination de l’Indo-Chine postérieurement au 30 novembre dernier.
- Il paraît que les importateurs étrangers étu'ent arrivés à n’acquitter que le? droits du tarif conventionnel, en faisant passer leurs produits par un port français.
- Ëncouragenient «le IMnrisistrte textile en Tisrijuie. — Le gouvernement Turc a ordonné la suppression des droits de douane intérieure sur les étoffes fabriquées dans l’empire, ainsique sur la laine, le coton et toute autre matière textile, produite dans l’empire et destinée à la fabrication indigène des tissus. Ces mesures ont été prise? dans le but d’encourager et de développer l’industrie indigène.
- —o—
- Wroits sut* les lainages au v IStats-Ubiîs. — Le secrétaire de la Trésorerie de Washington a décidé que les étoffes de laines filées, ainsi que les complets de mêmes tissus seraient désormais passibles, à l’entrée, d’un droit de 35 cents par livre et de 35 p. c. ad valorem. Les fabrications de filés de laines se trouvent donc ainsi frappées d’un droit égal à ce'.ui des lainages.
- —o -
- Aspliyxle dans un séchoir. — Le
- h de ce mois, vers six heures du matin, on a trouvé mort, dans la teinturerie de MM M-yer frères, de Saint-Dié, un nommé Grandadam, âgé de quarante-deux ans, ouvrier teinturier, originaire de Sainte-Marie aux-Mines.
- Cet ouvrier avait été vu la veille en état d’ivresse. Pour passer la nuit il s’est introduit, sans être aperçu, dans le séchoir de l’usine qui est traversé par un énorme tuyau qui distribue la vapeur dans toute la teinturerie. Il a dû être asphyxié peu de temps après la reprise du travail, vers cinq heures du matin.
- Quand le commissaire de police a ordonné la levée du corps, la décomposition de? chairs était déjà très avancée, ayant été activée par la grande chaleur du séchoir.
- Nécrologie — Le 10 décembre ont eu lieu à Thann les obsèques de M. Scheurer, décédé à l’âge de 83 ans. M. Scheurer avait créé la manufacture de toiles peintes Scheu-rer-Rott. Il é;ait le père de M. Scheurer-Kesl-ner, sénateur inamovible.
- CORRESPONDANCE COMMERCIALE
- PARIS
- Amidons. — Les prix des amidons sont fermes, par suite du dépôt du projet de loi tendant à frapper d'un droit douanier les maïs et les riz.
- On cote en gros, aux 103 k., gare Paris : Amidons pur froment....... 46 .. à 47 ..
- — mi-fins........... 34 .. à .. ..
- — de riz, fleur..... 49 .. à 50 ..
- — de riz toutes prov.. 46 .. à 50 ..
- — de maïs, fleur.... 36 .. à .. ..
- Essence de térébenthine. — Les affaires en essence de térébenthine restent absolument
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- nulles. Les prix se maintiennent avec quelque faiblesse sur les cours pratiqués sur les lieux de production.
- L’essence disponible reste offerte de 92 fr. à 92.50 les 100 kilog., usages Paris.
- Pécules. — Les prix sont bien plus fermes, pour les mêmes motifs que les amidons.
- On cote : fécule Ire grains Paris 25 à 26 fr. Oise 24 50 à 25 fr., Vosges, depuis 27 50; Loire et Auvergne, depuis 29 fr. Le tout par 100 kilos aux conditions d’usage. La fécule verte vaut de 15 à 16 Ir. les 100 kilos à domicile.
- Les sirops sont aux mêmes cours, avec
- tendance faible.
- Sirops cristal 44°.............40 .. à .. ..
- — 40°............. 37 .. à 38 ..
- — 36° liquide.....37 .. à 38
- — massé40°........34 ., à .. ..
- LE HAVRE
- Bois de teinture. — Le campêche est très ferme et il a été traité 150 tx Aquin disponible à fr. 9 10, 60 tx Miragoane dito à fr.
- 7 62 1/2 et 200 tx Fort-Liberté à livrer par Duguay-Trouin à fr. 8 80.
- Il a été importé : 2 gr. campêche de la Martinique; 2 gr. dito de Jacmel; 1 gr. dito d’Aquin; 1 gr. dito M-Christi; 1 gr. dito de la Jamaïque; 1 gr. dito de Carmen; 1 gr.bois jaune de Salina-Cruz ; 2 gr. dito de Corinto ; 210 bûches bois rouge du Brésil.
- Cachou, curcuma, rocou, orseille, cochenille, guer citron, dividivi, sumac. — Ces articles j sont toujours sans affaires notables sauf le quercitron qui a eu le placement de 100 s. Baltimore n°l à fr. 10. Arrivages 30 s. cochenille de Las-Palmas, 26 s. cochenille de Té-nériffe, 150 b. orseille de Hambourg, 4 f. rocou du Nord.
- Huiles. — Les importations de la huitaine comprennent : 1 gr. 7,923 f. pétrole brut, 160 f. huile à graisser, 425 f. huile minérale, 100 f. huile diverses, de N-Yprk; 2 gr. 10,524 f. pétrole, de Philadelphie ; 17 f. pétrole, de Baltimore; 9,545 f. huile de palme, delaCôte-d’Afrique; 560 f. huile de poisson, du Brésil ;
- 134 f. oléine, 160 c. huile, 420 f. huile minérale, 54 f. 38 c. huile d’olive, de Marseille ; 170 f. huile de baleine, 1 f. huile de foie de morue, 268 f. huile, du Nord ; 31 f. huile minérale, de Hambourg, 30 f. huile de résine, 61 f. huile, par cabotage.
- Indigos. — Le Guatemala disponible a donné lieu à la vente de 17 serons.
- A terme, on a traité quelques affaires; les cours ont été baissés de 5 à 15 centimes.
- On a coté : 40 c. Bengale sur décembre, à fr. 610; 20 dito sur mars, à frs 6 10; 20 dito sur mai, à fr. 6 25.
- Arrivages nuis.
- —------- «B» ----- ----
- BORDEAUX
- Alcools. — Les troix-six Languedoc 86 degrés disponibles sont cotés fr. 105, logés ; les trois-six fins Nord 90 degrés, fr. 43, et les mêmes à livrer les mois prochains, fr. 44 l’hectolitre nu. Les trois-six extra-fins font 2 fr. de pi'ime.
- Les troix-six neutres français sont cotés de fr. 60 à 65 l’hectolitre, sans logement.
- Bois de teintui e. — Au débarquement du navire Vénézolana, arrivé de Maracaïbo (Vé-nézuéla), on a traité et livré 40 tonneaux bois jaune. Le prix payé a été tenu secret.
- Crèmes de tartre. — Le marché est très animé, avec des cours en hausse. On a payé fr. 255 à 260 le premier blanc ; fr. 250 à 255 le deuxième dito. Le tout les 100 kil.
- i Tartres bruts. — Les affaires auraient eu j une certaine importance si les détenteurs avaient été moins raides dans leurs prétentions. On a payé des tartres bruts, fr. 2 25 à 2 30 le degré. Le stock est ordinaire.
- Dividivi. — Sur la cargaison (110 tonneaux) du navire Vénézolana, arrivé de Maracaïbo (Vénézuela), on a traité 50 tonneaux dividivi, à fr. 22 les 100 kil.
- Essence de térébenthine. — Affaires toujours actives. On a vendu en deux lots 134 fûts essence, à fr. 85 les 100 kil. Ce dernier prix n’établit aucun changement sur les cours de la huitaine précédente.
- Pour l’expédition, on a traité quelques lots à fr. 90 les 100 kil. logés, aux usages de la place.
- Gommes du Sénégal. — Après les affaires importantes, 5 à 6,000 sacs diverses qualités dont les prix ont varié de 115 à 190 fr., un certain calme vient de se produire sur l’article.
- Le Faidherbe est arrivé avec 5,000 sacs.
- Le Tamesi apporte environ 3,000 sacs. Le solde de la récolte, que l’on peut évaluer à 150 tonneaux, devra arriver en décembre.
- Indigos. — Nous continuons à signaler cette marchandise en bonne demande.
- On a réalisé en deux lots 16 caisses Madras, de 60 à 80 centimes de rabais sur les estimations.
- ..
- BIBLIOGRAPHIE
- L’Agenda des Industries textiles.
- Nous signalons aux constructeurs de machines. pour l’industrie te>.t le, et aux fournisseurs d’articles pour lissage et filature, la publicité très sûre et très économique que leur offre l’Agenda des industries textiles.
- Cet agenda qui est fort bien fait, très intéressant et rempli de documents utiles à consulter chaque jour est envoyé gratuitement franco dans la France entière, à tous les fabricants de toiles, de tissus, de tulle, de tapis, aux pei-gneurs, filateurs, retordeurs, teinturiers, ap-préteurs et en général à tous les industriels Français travaillant les textiles. Son tirage garanti est de 5500 exemplaires ; mais nous savons qu’il sera, pour 1890, de 6500 exemplaires au moins. Ce tirage est justifié aux souscripteurs d’annonces par la liste nominative des industriels auxquels l’agenda est adressé.
- Envoyer tout ce qui concerne l’agenda à la librairie des industries textiles :
- Alfred Reboux à Roubaix (Nord).
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- .____________________ ^________________________
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes)
- OFFICE TECHNIQUE ' ET COMMERCIAL
- Nous avons toujours considéré qu’un journal industriel devait favoriser la réalisation pratique des procédés qu’il publie, en fournissant les moyens de les mettre en œuvre. ^
- Nons pensons aussi qu’il doit mettre à la disposition de ses abonnés, ses relations et la compétence spéciale de ses rédacteurs, pour la solution des questions techniques et pour l’acquisition des produits ou machines nécessaires à leur profession.
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- Droguerie, Produits chimiques, Couleurs. — Fourniture de tous les produits, vérifiés par nous, et à des prix inférieurs à ceux du commerce courant. Couleurs d'aniline des fabriques les plus estimées au prix du gros.
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- Opérations et analyses chimiques. — Consultations, études, travaux pratiques, procédés et expertises industrielles, visites d’ateliers dans le but des économies à réaliser, et tout ce qui ressort des travaux du chimiste et de l’ingénieur, appliqués à la teinture et aux tissus.
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- Toutes ces opérations exigent non seulement
- l’habitude de la procédure spéciale, mais encore une connaissance pratique des industries dans lesquelles se classent les brevets.
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- LA
- 2me Aimée, N° 24.
- LA TEINTURE
- REVUE DE
- ^THtVnVFJB^iPT^T^ÏtqjBKj
- SOMMAIRE
- Chronique. — Les noirs d’aniline et les procès Grawitz (suite). — Régénération de l’indigo des pieds de cuve et autres résidus. = Influence de l’eau sur la laine et sur les draps.
- Procédés divers : Bleu oriental ; Annamite ; Formules diverses. — Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur.
- Chronique Industrielle Blanchiment de la paille. — Brevets d’invention. — Informations et Faits divers.
- CHRONIQUE
- Il y a quelque ralentissement dans les affaires, comme tous les ans à la meme époque ; les fins d’années sont toujours occupées par les fêtes, les inventaires, et il faut y ajouter l’épidémie régnante qui a momentanément désorganisé le personnel des fabriques et des maisons de commerce.
- Cette grippe à laquelle nous avons conservé le nom à’ Influenza, importé d’Italie, n’est pas sans gravité, comme l’a démontré la recrudescence considérable des décès, et il est compréhensible que chacun se soit plus préoccupé de s’en prémunir que de la braver pour s’adonner aux affaires.
- Il est même à noter que ses premières manifestations à Paris s’étant produites dans les grands magasins de nouveautés, le public a fait le vide dans ces établissements, et les affaires en tissus en ont évidemment souffert.
- * *
- Avant son invasion, les nouvelles de toutes les places manufacturières étaient satisfaisantes, et il est certain que l’arrêt n’est que momentané.
- Dans le courant de décembre, une correspondance de Roubaix disait :
- Depuis déjà longtemps, le commerce des tissus n’avait vu de période aussi heureuse que celle que nous traversons en ce moment. Il est vrai de dire que nos fabricants ne ménagent pas leur temps et leurs dépenses quand il s’agit de créer un nouvel article : aussi, aurons-nous pour l’été prochain d’éton-nantes surprises en nouveautés, depuis les plus bas prix jusqu’aux plus élevés.
- La situation est semblable sur toutes les places du Nord : Tourcoing, l’étroite voisine de Roubaix nous dit :
- La fabrique de tissus continue à être favorisée d’une façon exceptionnelle. Les acheteurs étrangers qui avaient l’intention de bouder devant la hausse des laines, croyant obtenir quelques concessions, sont forcés de s’avouer vaincus et ont remis ou remettent des commissions. Nous connaissons des maisons qui ont des livraisons à effectuer jusqu’à mars et avril sur des ordres pris récemment.
- Par contre, la filature n’est pas aussi florissante, mais il est impossible de fabriquer des tissus sans employer des fils, aussi la filature doit-elle bénéficier de la situation.
- C’est ainsi, qu’on mande de Four-mies :
- La demande des filés avait fléchi : mais il y a un réveil marqué pour ces articles. La hausse signalée dans le dernier bulletin s’est carrément accentuée ; on a même remis tant à Paris qu’à Reims, des commissions importantes, surtout en mérinos 120 : quelques-unes sont livrables jusqu’à fin mars. Le stock est nul. Enfin la clientèle d’Italie qui, depuis un an nous tournait le dos presque complètement, paraît revenir à de meilleurs sentiments.
- * *
- Quant aux articles préférés (dont il vient déjà d’être un peu question), voici ce que nous disent les correspondants autorisés des fabricants.
- Celui de « l’Industrie textile », à propos de Roubaix :
- La robe à disposition, c’est-à-dire composée soit d’un carreau ou d’une rayure avec uni assorti, se fera beaucoup moins ; dans les genres moyens prix, la mode sera surtout au complet en petits effets de rayés ou en carreaux assez marqués. Dans cette série moyenne, tous les articles seront sur un fond bourrette blanche ou multicolore qui renouvelleront entièrement ce qui s’est fait il y a quelques années.
- Notre place a aussi de très jolies collections de haute fantaisie ; ici la grande couture admet parfaitement de l’uni dans la composition de son costume. Non seulement nous avons des
- effets nouveaux, mais la gamme de coloris adoptée cette saison est de toute beauté ; ainsi nous avons la nuance aubergine, la lilas, le chaudron, le réséda, le bleu sèvres, etc.; tous ces tons servant de fond avec application de motifs toujours noirs ou toujours blancs, donnent des dessins bien détachés dont l’ensemble est des plus jolis.
- Aux genres nouveautés, il faut aussi que nous ajoutions les collections splendides que présentent nos faiseurs de broderies. Î1 se fera beaucoup de fond crème avec rose, fond ciel avec blanc, rose avec ciel, et quelques autres coloris : mauve, perle, etc.
- Comme presque chaque fin de saison il y a toujours un genre qui fait fureur : nous avons maintenant l’écossais vert bleu avec filet soie jaune, rouge et blanc ; tout le monde en veut, et la fabrication ne sait pas suivre les demandes qui lui sont faites.
- Voici maintenant les natures d’étoffes, sinon les genres, plus ou moins en faveur à Reims :
- La faveur signalée sur les mérinos 9/8 et 5/4 s’est largement maintenue avec tendance à la hausse. Pour l’exportation, quelques propositions en mérinos 120 viennent d’être faites. En cachemires, les affaires ne sont pas actives, on livre surtout des commissions antérieures. La tendance à la hausse signalée antérieurement sur les flanelles est traduite par une augmentation bien acquise, principalement sur les sortes communes et moyennes. La nouveauté a déjà reçu des ordres assez importants sur ses nouvelles collections.
- * *
- La teinture manufacturière suit nécessairement le mouvement de la fabrication.
- Ajoutons que l’indienne et la rouen-nerie, ainsi que les filés de coton ont eu un bon mouvement d’affaires pendant les trois premières semaines du mois, mais avec ralentissement dès l’approche des fêtes.
- La lingerie emploie toujours beaucoup de couleurs, de même que la bonneterie ; l’essai de retour aux bas blancs n’a pas eu de succès.
- La teinture en chiffonnage est dans
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- LA. REVUE DE LA. TEINTURE
- une saison intermediaire pendant laquelle le travail n’est jamais abondant.
- La Chambre syndicale des teinturiers-dégraisseurs de Paris a profité de ce moment pour célébrer son premier banquet de réorganisation.
- Nous avions préparé un compte-rendu de cette fête de famille, des mieux réussies et des plus propres à l'œuvre de propagande que poursuit la chambre, mais il nous parvient le procès-verbal rédigé par le secrétaire du syndicat : M. Babillon-Marchal, et nous ne saurions être plus exact ni plus complet, en même temps que mieux inspiré comme appréciations.
- Nous reproduisons donc, en grande partie, ce document, dans notre chapitre des Informations, nous bornant à l’approuver sans réserve.
- Nnns souhaitons que la, chambre syndicale déjà forte, voie s’agrandir encore le nombre de ses adhérents, et croître en même temps son autorité et son influence.
- Plusieurs confrères de province en font déjà partie, et ont eu recours à ses bons offices, c’est une occasion de rappeler que le syndicat n’est pas exclusivement parisien et qu’il ambitionne, dans l’intérêt même de la profession, de représenter la Teinturerie française en sa branche spéciale.
- Que les teinturiers des départements viennent à lui, ils seront chaleureusement accueillis et ils aideront à la régénération de la profession, moins atteinte en province, mais où le mal arrivera à se répandre, si on ne le combat pas dans sa source.
- Ce mal est bien connu : c’est la concurrence des faux teinturiers, amenant en même temps celle des vrais entre eux ; il n’est pas spécial à Paris, et nous verrons plus tard qu’il sévit aussi dans d’autres capitales européennes.
- Que la province s’en défie !
- F. Gouillon RÉGÉNÉRATION DE L’INDIGO
- DES PIEDS DE CUVES
- Et autres résidus par l’hydrosulfite (1)
- Parmi les grands avantages que présente la fabrication du bleu solide par l’hydrosulfite, il faut sans contredit noter la facilité que l’on a de pouvoir légénérer l’indigo qui se trouve dans les couleurs vieilles et les couleurs vi • danges.
- La manière de retirer l’indigo des couleurs
- |1) Voir pour l’emploi de l’hydrosulfite, la Retue de la Teinture du 10 décembre, p. 205.
- non-utilisables, est des plus faciles. Voici comment on opère :
- Dans une bassine ou une chaudière de 200 litres pouvant être chauffée, on met 40 à 50 kil. de résidus indigotiques, on y ajoute environ 130 litres eau -, on fait bouillir, puis on verse peu à peu le mélange acide suivant :
- 5 kil. acide sulfurique à 66° B. dans 10 lit. eau.
- On continue ensuite à faire bouillir pendant 3/4 d’heure à 1 heure, jusqu’à ce que l’effervescence et le dégagement d’acide sulfureux aient cesié. On porte ensuite le liquide dans une grande cuve en bois remplie d’eau ; on lave ainsi l’indigo par décantation jusqu’à ce que les eaux de lavage ne soient plus acides ; on décante et on met sur un filtre.
- On emploie la pâte humide en ayant soin de déterminer, par un essai préalable, sa teneur en indigo, ou bien on peut faire sécher et employer cet indigo comme l’indigo ordinaire.
- 40 à 50 kil. de couleur vidange d’impression donnent environ 2 kil. 200 à 2 kil. 400 indigo bleu sec, suivant que l’on a à traiter des couleurs plus ou moins riches en indigo.
- LES NOIRS GRAWITZ
- Réponse au rapport d’Expcrtise ------------ SUITE —
- Quant au brevet n° 105554, les procédés de teinture en trois et en deux bains qu'il décrit ne sont pas nouveaux, et, dans ce brevet, il n’est nulle part question du bain plein de deuxième espèce, défini par la Cour d’Angers.
- Du moment que le principe du bain plein de deuxième espèce ne se trouve pas dans les brevets Grawitz, et qu’il était connu bien avant 1874, les teinturiers qui, pour la teinture en noir d’aniline, se servent du bain plein, ne sauraient être contrefacteurs de ces brevets, même s'ils étaient valables.
- Nous avons démontré, d’ailleurs, que ces brevets sont entièrement entachés de nullité, vu qu’ils ne contiennent absolument rien de nouveau.
- A l’appui de notre opinion, nous donnons des extraits de lettres qu’un certain nombre de chimistes ont adressées à l’un de nous, à propos de l’« Histoire scientifique et industrielle du noir d’aniline.
- Monsieur E. Noelting, directeur de l'Ecole de chimie, a Mulhouse.
- Suivant votre demande, j’ai examiné les documents contenus dans votre Histoire scientifique et industrielle du noir d’aniline, et viens au sujet des brevets Grawitz vous donner mon humble avis.
- Il me semble que le nœud de la question est de déterminer si le brevet n° 105130, le
- premier en date de M. Grawitz, est valable ou non.
- En examinant la description du brevet principal n° 105130 du 30 septembre 1874, il est facile de se convaincre que cette description n’est que la reproduction des travaux et brevets antérieurs, avec cette différence que la rédaction de M. Grawitz manque de précision ; elle est diffuse et inexplicable comme résultats pratiques.
- Le certificat d’addition du 3 octobre 1874 au brevet principal n° 105130, revendique la propriété du noir d’aniline lui-même. Cette prétention est absolument absurde, tous les noirs possibles de l’aniline ayant déjà été décrits à cette époque, et leur application industrielle faite sur une large échelle.
- Mais les quatre derniers paragraphes du certificat d’addition du 3 octobre 1874 font exception à la rédaction générale du brevet ; ils contiennent des procédés et bien définis et exécutables.
- Ces procédés sont-ils nouveaux, ou, s’ils ne sont pas nouveaux, donnent-ils un résultat nonveau lui-même ?
- Nous sommes ici dans le point délicat, le véritable pivot de la discussion.
- D’après la loi chacun peut se faire breveter :
- 1° Pour une substance nouvelle et les procédés qui lui donnent naissance -,
- 2° Pour des procédés nouveaux •
- 3° Pour des procédés connus donnant des résultats nouveaux.
- 11 est bien entendu que M. Grawilz ne peut revendiquer comme sa propriété ni le noir d’aniline, ni les procédés qui lui donnent naissance, la substance étant du domaine public et ses procédés à lui n’étant que ia reproduction de ceux déjà connus, lesquels portent, comme tous les brevets Grawitz, invariablement sur l’oxydation de l’aniline ou de ses sels, par des sels de fer au maximum ou au minimum avec oxydation subséquente des ferrocyanures de potassium, chromâtes, chlorates, avec ou sans cuivre, vanadium, etc., en opérant depuis la température ordinaire jusqu’à celle de 100°.
- Reste la dernière question : les procédés contenus dans l’addition du 3 octobre 1874, étant connus, les résultats sont-ils nouveaux?
- Cette addition comme tout le reste du brevet, n’est que la reproduction des réactions éparses indiquées dans les travaux et les brevets antérieurs.
- Quel est le résultat définitif de cette réunion de moyens déjà connus ?
- C’est le noir d’aniline déjà indiqué, fabriqué et appliqué industriellement.
- Donc les moyens connus employés par M. Grawitz, n’ont pas donné un résultat nouveau.
- Quant aux autres brevets de Grawitz, h3 n’apprennent rien de spécial ; ce sont les mêmes réactions torturées, retournées, la plupart du temps sous des formes peu comprében-
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- sibles et surtout malheureuses au point de ; vue scientifique.
- A l’époque où M. Grawilz a pris son pre mier brevet, sauf quelques maisons possédant déjà des tours de main spéciaux, résultant de la meilleure manière d’appliquer les procédés connus, il eût été possible peut-être à M. Gra-witz, d’enseigner à beaucoup de praticiens à teindre avec plus de perfection qu’ils ne l’avait nt fait jusque-là.
- Gela ne constituerait à mon avis qu’un simple tour de main, une recette qu’on vend en secret, parce qu’elle se compose de moyens connus, donnant un résultat connu (par conséquent non brevetable), mais peut-être plus serré, soit au point de vue du prix de revient, soit à celui de la régularité.
- Cette délimitation entre la recette, le tour de main et le procédé brevetable est souvent bien délicate à établir ; elle est de la plus haute importance pour l’industrie française.
- Cependant je ne puis admettre que dans le cas présent, un simple tour de main, s’il existe, infirme les droits si bien établis du domaine public.
- Agréez, mon cher directeur, mes cordiales salutations.
- P. Monnet, fabricant de produits chimiques.
- Saint-Fons, le 20 juillet 1889.
- Extraits de letlt es adressées à M. Noelting, au suj't de l'Histoire scientifique et indus-trielle'du noir d'aniline.
- 1) « Je n’avais jamais douté que les prétentions véritablement monstrueuses de M. Gra-witz, manquassent de fondement à tous les égards -, mais votre travail m’a surtout convaincu pleinement qu’il n’a même pas pour lui l’apparence d’un droit. Rarement sans doute il n’a été fait une tentative plus impudente de revendiquer pour soi les découvertes des autres. »
- G. Lunge, professeur de chimie technologique au Polytechnicum de Zurich.
- 2) « Je suis entièrement d’accord avec tout ce que vous dites concernant M. Grawilz et son noir, et je dois vous féliciter au sujet de la manière profonde et effective, dont vous avez exposé les absurdités de ses réclamations. .. J’aurais été heureux de montrer, moi aussi, publiquement la fausseté des réclamations de M. Grawitz ; mais votre livre fait que ceci n’est plus nécessaire. J’espère que ce que vous^avez écrit aura l’effet qu’il devrait avoir, de réduire au silence les réclamations de ce pseudogénie. »
- F.-F. Hummel, professeur de chimie tinctoriale au Yorkshire Collège, Leeds (Angleterre).
- 3) k Je considère les prétentions de M. Grawilz comme absolument injustifiées, et je m’étonne qu’il y ait pu se trouver des savants de mérite pour les soutenir. »
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- R. Nietki, professeur de chimie à îüniver-sité de Bâle.
- h) «.... Quant aux conclusions, j'adhère d’un bout à l’autre a celles que vous avez exprimées ; je ne saurais rien y ajouter, rien en retrancher. Vouloir soutenir les prétentions de M. Grawitz, serait la condamnation de tout brevet, car c’est en vain que l’on cherche dans ces soi-disant inventions quelque chose de nouveau ou d’original. »
- H. Brunner, professeur à l’Académie de Lausanne.
- 5) «.... Après avoir pris connaissance des brevets de M. Grawhz, je dois émettre également l’opinion que les méthodes y décrites pour l’obtention du noir d’aniline ne sont pas nouvelles. Elles ne peuvent être considérées que comme des modifications insignifiantes de méthodes déjà connues. »
- 0. Doebner, professeur à l’Université de Halle.
- 6) «.... Mon opinion sur les brevets Gra -witz, que vous avez si bien mis dans le vrai jour, est la même que la vôtre, et celle de tous les chimistes qui ont étudié la question à fond ; les brevets Grawitz ne sont pas justifiés, vu qu’ils n’apportent rien de nouveau. Ils n’ont sans doute pu se soutenir que par la phraséologie dont leur auteur a su les revêtir ; mais en y regardant de près, on voit que sous les mots il n’y a point de faits. »
- K. Heumann, professeur au Polytechnicum de Zurich.
- 7) «.... Moi aussi je suis de l’avis que les procédés de M. Grawitz ne se basent que sur des faits connus et exploités pratiquement depuis longtemps, et que toute originalité doit leur être constestée. »
- H. Wolff, professeur de chimie tinctoriale au Technicum de Winterthur.
- 8) «.... Je partage votre opinion sur les brevets Grawitz. »
- F. Tirmann, professeur a l’Université de Berlin.
- 9) «.... Je suis entièrement de votre avis. »
- Roberto Schiff, professeur à l’Université
- de Berlin.
- 10) « .... En ce qui concerne le mémoire en question, je puis vous dire que je suis complètement d’accord avec les conclusions que vous tirez. » ,
- W. Suida, professeur à Vienne (Autriche).
- Parmi les chimistes et industriels, qui après exemen sérieux, ont déclaré être convaincus de la nullité des brevets de M. Grawitz, nous citerons encore MM. de Coehenhausen, professeur de chimie tinctoriale à l’Ecole professionnelle de Chemnitz ; le docteur Léo Gans, chef de la fabrique de matières colorantes Cassella et G®, à Francfort ; Kallab, coloriste, de la maison K. Oehler, à Olfenbach ; docteur Auerbach, directeur de la fabrique de produits chimiques de Ludwigshafen ; Weinmann, chi-
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- mi te à Bâle, ancien préparateur an Polytechnicum de Zurich ; docteur Weinberg, chimiste à Francfort ; trente-quatre chimistes et industriels de la Haute-Alsace, dont les noms se trouvent au bas de la délibération du Comité de chimie de Mulhouse.
- Nous ferons remarquer que tous les savants et industriels dont nous rapportons le témoignage sont personnellement désintéressés dans la question, vu que les brevets Grawitz n’existent ni en Allemagne, ni en Suisse, ni en Autriche ni en Italie.
- Citons encore MM. Besselièvre, ancien président de la Société industrielle de Rouen ; de nombreux membres du Comité de chimie de la Société industrielle de Rouen (voir leur lettre plus haut); MM. de Coninek, coloriste, à Barcelone ; Dietz, chimiste industriel, à Paris ; Charles Dreyfus, directeur de la Clnyton aniline Ce, Manchester ; Léon Lefèvre, auteur d’un traité de teinture -, Cordiliot, ancien coloriste ; docteur Koch, directeur de la Compagnie parisienne des matières colorantes ; Pabst, chimiste principal au iaburatoire municipal de Paris ; enfin the last but not lhe east, deux savants aussi versés dans la théorie que dans la pratique de la teinture, MM. Charles Lauth et Rosenstiehl.
- Nous avons cité déjà antérieurement les opinions de MM. A.-W. Hofmann, Graebe et Witt, Charles Girard, Magnier de la Souice et Ogier, de M. Henri Schmid, des premiers experts de Lille, MM. Violette, Corenwinder et Lacombe.
- Deux des nouveaux experts de Lille, MM. Decaux et Lhôte, concluent également à la nullité complète des brevets Grawitz.
- Le magistral mémoire de réfutation présenté à la Cour de Douai, en 1884, par Mi\l. Wi-baux-Florin etGiydeta pour auteur M. Jules Persoz, directeur de la condition des laines et soies de Paris.
- Se sont encore prononcés depuis longtemps contre les brevets Grawilz, MM. Witz, Lamy, Rhem, Gouiilon, Renard, Jeanmaire, Glanz-mann, en un mot tous les hommes qui se sont occupés pratiquement de la question du noir d’aniline.
- Quant aux partisans de la validité des brevets Grawitz, ils sont peu nombreux. Parmi les praticiens, imprimeurs, teinturiers, nous n’en connaissons point. En revanche, nous y trouvons plusieurs noms justement respectés dans la science. M. Schueltzenberger (avec bien des restrictions cependant), MM. de Luy-nes, Friedel Jungfleisch, M. Riche, enfin MM. Armand Gautier et Bardy. Quel que soit le mérite de ces sommités de la science pure, nous ne croyons cependant pas que leur opinion puisse prévaloir contre celle du nombre considérable de savants et de praticiens, qui par la nature de leurs travaux sont plus en rapport avec l’industrie, et par là même plus aptes à émettre un avis motivé sur des questions industrielles.
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- LETTRE DE LA SOCIÉTÉ DE MULHOUSE A Monsieur Noelting,
- Vous avez exprimé le désir d’avoir, sur la question des brevets auxquels le noir d’aniline a donné lieu, l’avis d’un certain nombre de chimistes attachés aux industries de notre région.
- Ayant, sur cette matière, des idées communes que nous partageons certainement, avec tous ceux que leurs occupations journalières mettent aux prises avec des fabrications, nous avons jugé préférable de vous donner un avis collectif. Cette manière de faire devait nuis permettre de nous placer à un point de vue pluTgehéral, en éliminant toutes les considérations d'ordre secondaire, et de chercher à dégager les principes mêmes qui nous guident dans l’appréciation de la légitimité des brevets dont il est question.
- L’adaptation d’un brevet aux nécessités et aux exigences de la pratique industrielle, peut, souvent, être obtenue d’une foule de manières, dont quelques-unes sont assez différentes pour donner lieu à des procédés de fabrication de valeur très inégale, sans qu’aucun d’eux ait assez d’originalité pour justifier même la prise d’un brevet de perfectionnement.
- De tels procédés pourront néanmois, dans certains cas, acquérir une valeur vénale aux yeux de quelques industriels pressés d’être en possession d’une méthode toute faite qui les dispensera des études, quelquefois longues, d’une mise en pratique.
- La teinture du noir en bain plein rentre, selon nous, dans celte catégorie de procédés. Elle ne constitue qu’une manière de faire, qu’un tour de main, selon l’expression du métier.
- Eh bien ! nous déclarons formellement que le jour où le tour de main pourra devenir l’objet d’un brevet, l’industrie en sera si profondément atteinte, qu’elle en sera compromise. En ce qui concerne la teinture et l’impression, la possibilité de breveter toutes les recettes et toutes les manières de les employer, aboutirait à bref délai à la fermeture de tous les établissements.
- Quant à la question d’apprécier la valeur des brevets pris depuis 15 ans en vue de la production du noir d’aniline, le remarquable et lucide mémoire que vous venez de mettre au jour y répond d'une façon péremptoire.
- En 1874, tous les éléments qu’on fait concourir à la formation du noir d’aniline étaient connus.
- Le noir inverdissable avait été obtenu :
- Par Runge, en 1834, car le procédé employé par ce chimiste, dans son expérience primordiale, donne un produit inverdissable ;
- Par Charles Lauth dès 1868, d’une façon industrielle ; ;
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- Par Glanzmann, en 1874.
- D’autre part, les procédés aux ferri ou fer-rocyanures ont permis à certains d’entre nous de fabriquer industriellement, dès 1870, par vaporisage des noirs résistant assez aux acides pour répondre à toutes les exigences de la clientèle.
- En 1874, MM. Schlumberger fils et C« commencèrent à produire, sur moleskine, un noir d’aniline totalement inverdissable, qui ne tarda pas à acquérir une grande renommée.
- Enfin, dès l’année 1875, MM. Kœchlin frères produisirent un noir inverdissable au moyen du procédé décrit dans le pli cacheté déposé par eux, en 1876, à la Société industrielle de Mulhouse.
- L’application de la chaleur, la durée de la teinture, la concentration des bains, le dosage des éléments qui les constituent, ne sauraient faire l’objet d’un brevet.
- Ces questions sont, exclusivement, du domaine du praticien et rentrent dans le réglage ordinaire de la fabrication.
- Il n’est pas un procédé de teinture, en quelque colorant que ce soit, qui n’ait passé, successivement. par la série de toutes ces épreuves, à moins qu’il n’ait été mal étudié.
- (A Suivre)
- INFLUENCE DE L’EAU
- Sur la laine et sur les draps.
- Un article récent du journal allemand Das deutsche Wollengewerbe, consacre aux intérêts de l’Industrie de la laine, contient une dissertation sur l’influence de l’eau sur la fibre de laine.
- Voici un extrait de cet article, traduit par « l’Industrie textile» :
- De même que les aulres fibres textiles, la laine, dans son traitement commençant même à son existence sur le dos du mouton jusqu’aux dernieis procédés de perfectionnement, doit plus à l’eau qu’à un autre ingrédient. L’eau agit alors de deux façons sur la laine, soit comme dissolvant de diverses substances requises pour sa préparation telles que l’urine, les sels, remplaçant le savon, la terre à foulon, les teintures, l’empois, etc., et qui sans l’eau seraient impuissantes, ou comme agent direct dans les procédés de lavage, de foulage, etc.
- Sans la présence de l’eau, toutes les opérations seraient inutiles ou d’un caractère différent et souvent plus nuisibles que bienfaisantes.
- L’eau, spécialement, quand elle est à une haute température, adoucit la fibre et la rend plus souple, tandis qu’en son absence, spécialement après qu’on a enlevé la graisse fournie
- par la nature pour le même objet, la fibre de la laine devient raide, cassante.
- Sans parler des procédés pour laver la laine sur le dos des moutons ou dans l’usine, ce qui, bien entendu, ne peut être fait sans eau, la première opération est généralement la teinture ; pour cela, il faut absolument que la qualité de l’eau soit convenable pour ce que requiert le teinturier : douce et pure.
- La filature requiert moins la présence de l’eau, qui n'est employée que pour délayer l’huile avant lecardage.
- Après le tissage, vient l’importante opération du foulage, et ici l’eau joue un rôle important. Par son action jointe à celle du savon et des alcalis, les parties saillantes de la fibre de la laine sont, pendant le foulage, débarrassées de la graisse : leurs lisières serrées ouvertes, et ainsi l’enlacement de la fibre appelée foulage est rendue possible.
- Que l’eau pénètre à l’intérieur de la fibre et par cela même l’adoucisse, c’est un fait qui n’a pas toujours été admis.
- La chaleur joue aussi un rôle important dans l’opération du foulage, car, par son action, la substance dure de la fibre est adoucie et l’opération facilitée.
- Que l’eau ait pour effet d’adoucir les fibres de la laine, cela a été démontré par le fait suivant : un morceau de drap mouillé est plus facilement déchiré qu’un morceau sec, et ses propriétés hygroscopiques sont si bonnes, qu’il peut, sans difficulté, retenir 30 pour 100 de son poids d’eau, sans être ni mouillé ni même humide. D’un autre côté, il est admis par les manufacturiers que le drap qui contient encore de la graisse, ce qui empêche l’eau de pénétier, ne se feutre jamais aussi bien que les matières qui ot.t élé bien lavées.
- Mais, si la présence de l’eau facilite l’opération du foulage, elle agit aussi au détriment du drap, s’il reste trop longtemps soumis à son action, car alors elle le raidit et lui donne un toucher particulier qui ne peut toujours être enlevé en séchant.
- Si cependant le drap est bien trempé, et non pas séché en partie dans une essoreuse et alors placé dans une étuve très chauffée, il prendra un beau brillant et se*a plus plein au toucher, prouvant ainsi que l’action de l’eau est très importante dans le fini.
- Le séchage du drap est aussi influencé par l’action préalable de l’eau, car, si le drap très mouillé est pendu pour sécher à l’air, et ainsi séché lentement, on remarquera que le côté qui était en bas, et vers lequel l’eau a par conséquent coulé, sera plus difficile à fouler que la partie qui était sur les crochets plus haut.
- Cependant l’eau n’a pas toujours les mêmes effets sur la laine, ou pour parler correctement, les différentes espèces de laine ne sont pas également affectées par l’action de l’eau.
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- Il y a des laines qui ne deviennent pas assez flexibles sous l’influence de l’eau et qui, quoique très humides, ne gonflent pas bien, tandis que d’autres ont besoin de très peu d’humidité pour prendre une apparence pelucheuse et brillante.
- Sous ce rapport, l’origine de la laine joue un rôle important. Dans la première, peuvent être classées les laines du Cap et les plus grosses laines d’Allemagne, tandis que celles de Buenos-Ayres, de Sydney et de Port-Philippe appartiennent à la seconde.
- La qualité de l’eau a naturellement une très grande importance, car toutes les propriétés de l’eau indiquées ci-dessus n’ont trait qu’à l’eau pure ; l’eau douce qui ne contient ni carbonate de chaux ni autres ingrédients, tandis que l’eau dure qu’on trouve généralement dans les sources fraîches des montagnes et dans les puits rend beaucoup d opérations inutiles et difficiles.
- Cela peut être facilement essayé en soulevant deux morceaux de drap, l’un mouillé d’eau de pluie et l’autre d’eau distillée ou condensée. Aussi quelques industriels remettent le foulage au printemps, alors que leur réservoir est augmenté par les sources des collines qui fournissent l’eau dure. Les réservoirs dans lesquels l’eau peut être exposée quelque temps à l’action adoucissante de l’air, sont par conséquent d’un avantage tout spécial.
- PROCÉDÉS DIVERS
- Bleu Oriental
- Cette nuance est produite par un bleu que la fabrique Meister Lucius livre au commerce depuis quelques mois.
- Nous ne savons rien pour le moment de la composition de cette couleur, qui donne, comme on le voit, de très beaux résultats sur coton.
- Annamite, Influenza
- Ceci est une teinte, qu’on a nommée autrefois pain d’épice, puis Bismark, récemment annamite, et actuellement Influenza.
- Ce nom, de triste actualité, est justifié par l’aspect réellement maladif de cet orangé rabattu.
- Nos lecteurs qui suivaient déjà les caprices des colorations, vers 1867, époque où le Bismark faisait fureur, la jovialité populaire avait établi des sous-classes dans cette teinte.
- On disait: Bismark-en-colère pour la nuance tirant au rouge -, Bismark-pain-d’épice pour celle se rapprochant du marron (c’était une sorte de havane), et Bismark-la-colique pour celle qui reproduisait le jaune bi'ieux de notre échantillion.
- C’était donc la même idée qu’aujourd’hui qu’elle est bien l’image d’un état maladif.
- Elle n’est pas, il est vrai, en grande faveur, mais elle figure parmi les modes de cette saison.
- Les vésuvines à reflets jaunes donnent directement cette teinte.
- Au besoin, on l’obtient par des fonds de cur-cuma (terra), un peu brunis par de l’orseille et du carmin d’indigo.
- Le curcuma lui-même virant au marron sous l’action des alcalis, cette matière colorante seule, avec addition dans le bain, à la fin de teinture, de quelques cristaux de soude, produit le même résultat.
- Sur laine-et-coton
- On peut employer, pour 10 kil. de matières :
- Sumac......................2 k 500
- Baigner A ou 5 heures à froid, puis sans rincer, teindre sur :
- Curcuma........................ 2 kil.
- Fustet...............•...... 1 —
- Campêche...................... 300 gr.
- Alun.......................... 500 —
- Sulfate de cuivre............. 200 —
- Traîner une heure à tiède, puis pousser jusqu’à l’ébullition, lever et rincer.
- Mode sur laine.
- Mordaucer 1 h. 1/2 à l’ébullition avec :
- Bichromate....................... 3 0/0
- Tartre........................... 2 0/0
- Teindre 2 heures â l’ébullition, après une demi-heure de travail à froid avec :
- Orange d’alizarine W............. 2 0/0
- Bleu — W. R...................... 4 0/0
- Rouge — W. R. à 20 0/0 1/2 0/0
- Il faut ajouter au bain de teinture 1 litre d’acide acétique par mètre cube d’eau.
- Brun rouge Sur drap.
- Pour 10 kilos ; mordancer bullition avec : 1 h. 1/4 à l’é-
- Bichromate .... 2 0/0
- Acide sulfurique .... 1/2 0/0
- Teindre 1 h. 1/4 à l’ébullition avec :
- Extrait de bois jaune .... 3 0/0
- Garance. .... 60/0
- Campêche .... 10/0
- Noir sur laine
- Mordanceravec :
- Bichromate .. 2 1/2 0/0
- Tartre A0/0
- Alun de fer .... Teindre au campêche. .. 12 1/2 0/0
- Ce noir à l’alun de fer présenterait sur le noir à la couperose l’avantage d’être plus ré-
- sistant à la lumière et de demander moins de couleur.
- Faon sur coton
- Pour 100 kilos de coton, entrer à 70° C. dans un bain de :
- Cachou............... 5 Kilos.
- Vitriol Bleu......... 330 grammes.
- lever, égoutter, et passer à la même température en :
- Bichromate........... 1 ki'ogr. 500
- Lever, laver, sécher.
- Bleu sur coton Lin et jute.
- Faire bouillir pendant 1 heure avec :
- Benzoazurine........... 2 0/0
- Sel.................... 5 0/0
- Savon.................. 2 1/2 0/0
- Rincer, faire bouillir ensuite pendant un quart d’heure avec 5 pour 100 de vitriol bleu. Ce traitement accessoire augmente beaucoup la solidité au savon et rend la solidité à la lir-mière presque absolue.
- (Farb. Must. Zeit. et Text. colorist)
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- Sur l’art duteinturier-dégraisseur
- Noirs sur velours.
- La teinture des velours s’obtient par des moyens à peu près analogues à ceux des autres étoffes de soie, mais en apportant un redoublement de précautions pour ne pas les froisser ni les casser ; on ne peut pas éviter
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- LA REVUE DE LA TEINTURE
- de les miroiter, mais cet inconvénient se corrige par le platinage.
- C’est ici surtout que les tendeurs sont utiles, et même précieux.
- Si, cependant, on doit opérer à la main, il faut s’attacher à ne toucher le tissu qu’à l’envers, à ne le poser sur le tréteau et sur les chevilles, également que sur la face opposée au duvet ; il faut éviter enfin, de superposer plusieurs pièces les unes sur les autres.
- La teinture elle-même demande quelques modifications pour tâcher de reconstituer le ton bleuté qu’ont ordinairement les velours, mais qu’il sera souvent difficile d’obtenir à cause des fonds noirs passés, rougeâtres ou verdâtres, de ceux donnés à reteindre.
- C’est presque toujours un reflet vert qu’on y observe, et il est dû à ce que dans la teinture primitive, les soies ont été bleutées au prussiate comme fonds de noir.
- Il faut donc vérifier l’état de ces velours ; s’ils ont ce reflet vert, ou s’ils sont en d'autres fonds que noir, il faudra refaire une teinture complète : mais si le noir est assez bien conservé, on pourra se borner à le raviver sans mordançage.
- Voici les opérations dans les deux cas :
- Sur velours déteint
- Pour une pièce moyenne (corsage, petite jupe polonaise, etc.)
- Mordancer 5 à 6 heures dans le bain de rouille pour soies. (Ce bain, toutefois, peut n’être que de 3 à 5 degrés.) Rincer à fond.
- Teindre avec :
- Eau................... 30 litres
- Savon blanc............. 200 grammes
- Faire dissoudre et ajouter :
- Décoction de campêche ... 10 litres
- Entrer les velours avec les précautions déjà recommandées; chauffer lentement le bain jusqu’à chaleur de la main, en lissant doucement ; le tout demande de 20 à 30 minutes.
- Le savon fixe le mordant de fer, donne de la souplesse au velouté ; il doit y en avoir assez pour que le bain soit un peu mousseux.
- Rincer après teinture, piquera l’acide chlorhydrique, et rincer, enfin à chaud.
- Par ce moyen, le velours reprendra son reflet bleuâtre habituel ; si l’on préfère que le noir soit violacé, il faudra remplacer le mordant de fer par de l’alun.
- Le bain peut être monté avec :
- Eau............................ 30 litres
- Alun........................... 1 kil.
- Le vêtement y est baigné à froid, de 6 à 8 heures (une nuit par exemple), rincé sur une seule eau, froide, et teint en campêche et savon comme il est dit ci-dessus.
- On rince, mais on n’avive pas à l’acide.
- Si ce noir paraît roussâtre ou cuivré, on le rectifie en le passant dans un bain un peu gras fait avec :
- Eau chaude (50°)........ 20 litres
- Savon blanc............... 100 gr.
- Acide acétique............ 30 gr.
- L’acide fait séparer le corps gras du savon ; il faut éviter de faire trop gras, et ne pas forcer par conséquent, la proportion d’acide, de façon à ce que tout le savon ne soit pas décomposé.
- Par ces moyens, les velours tramés coton, auront aussi leur partie coton suffisamment teinte.
- Sur velours simplement défraîchi
- Pour le cas, maintenant, où il ne s’agirait que de raviver un velours dont le noir est seulement terni ou un peu roussâtre, mais non déteint, on agira comme suit :
- La pièce ayant été nettoyée à sec, on la passe dans un léger bain tiède de cristaux de soude ; on la rince et on rafraîchit le noir en le passant dans un même bain de teinture que ci-dessus, mais plus faible, soit :
- Eau........................ 30 litres
- Savon...................... 100 gr.
- Bain de campêche............. 4 litres
- Lisser environ 20 minutes sur ce bain peu chaud.
- Lever, rincer, aviver sur un très léger bain de javel, et finalement rincer.
- Dans ces deux cas : teinture ou remontage, il faut sécher l’étoffe bien étendue, et tendue, même, si l’on peut.
- Platinage
- Malgré toutes précautions, le velours, après la sèche, aura quelques parties miroitées ; c’est-à-dire que dans ces endroits, le duvet » velouteux étant écrasé, il en résulte des sortes de taches ternes et grisâtres. Cet effet se détruit par le platinage.
- Le velours étant passé sur la table à plati-ner (table à vapeur, système A. Lyon), le duvet en haut, la vapeur traversant le tissu, redresse et épanouit ce duvet, et détruit, par conséquent, le miroitage.
- A défaut de table à vapeur, on emploie l’ancienne platine, qui est une sorte de couvercle en cuivre ou même en zinc, percé en écumoire, et dont on recouvre une bassine contenant de l’eau en ébullition.
- La vapeur de cette eau fait ici le même office qu’avec la table, mais aussi avec une pression presque nulle, ce qui est moins favorable.
- Un autre procédé, moins commode encore, consiste à placer un fer à repasser le pied en l’air, en le maintenant à la main, ou mieux sur un porte-fer disposé à cet effet, et d’y passer sur l’envers, le velours qu'on a préalablement humecté à l’éponge sur cet envers. Ce moyen est surtout employé pour les rubans.
- Ceci rentre, du reste, dans la question des apprêts, mais il est impossible de n’en rien dire en parlant des velours.
- Noir sur laine-et- soie
- Comme complément des noirs sur soie, il faut nous occuper des mélanges laine et soie, dont les popelines sont le type principal.
- Je rappelle, en passant, que ces tissus ont une grande tendance à se rétrécir et qu’il faut les traiter avec autant de précautions que les soies pures, afin d’éviter le feutrage de la laine qui produit cet. effet.
- Les précautions consistent à éviter les bouillons prolongés, et à opérer par lissage, plutôt que par foulage dans les différentes manipulations. Malgré tout, on n’empêchera pas entièrement le rétrécissement.
- Deux moyens peuvent être employés pour cette teinture.
- 1° En deux opérations
- Ce procédé est le plus employé parce qu’on peut commencer les popelines dans le lot des lainages pour noir que l’on a à traiter, ce qui permet un travail d’ensemble, mais il a l’inconvénient que ces étoffes délicates, faites avec les autres, n’y sont pas assez ménagées.
- Voici néanmoins comment on opère.
- La partie laine est teinte avec les lainages, par le procédé au tartre, préférablement.
- Passer alors le tissu dans le bain de rouille aux soies, comme pour les soies elles-mêmes, c’est à-dire 5 à 6 heures, ou une nuit -, rincer ensuite bien à fond.
- Teindre avec, pour une robe :
- Eau........................... 30 litres
- Bain de campêche............... 8 —
- Extrait de f ois jaune..... 68 gr.
- Sulfate de cuivre............. 25 —
- Entrer à froid ; chauffer peu à peu jusqu’à bain frémissant, en l’espace de 15 à 20 minutes pendant lequel on lisse les étoffes.
- Lever, rincer, aviver à l’acide chlorhydrique, rincer sur une eau chaude, puis à froid.
- 2° En un seul bain
- Si l’on veut traiter les laine-soie tout à fait à part, en évitant les longues ébullitions des lainages, on peut opérer comme suit :
- Entrer les étoffes nettoyées dans le Rouille aux soies, et les y laisser une nuit, ou un temps équivalent. '
- Rincer ensuite sur plusieurs eaux.
- Teindre avtc, pour une robe :
- Eau.......................... 30 litres
- Bain de campêche.............. 8 —
- Quercitron ébouillanté.... 150 gr.
- Gurcuma..................... 100 —
- Sulfate de cuivre............ 2o —
- Entrer à tiède, monter très lentement soit en une demi-heure, à l’ébullition qui ne doit pas être prolongée. La partie soie doit s'y être teinte.
- Lever, égoutter sur le chevalet, pendant qu’on ajoute au même bain :
- Sulfate de fer.................. 60 gr.
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-
- Rentrer l’étoffe, donner un bouillon de quelques minutes seulement, pendant lequel la laine doit s’achever.
- Rincer, aviver par un piquage acide-, rincer encore à chaud et à froid.
- Défauts à corriger.
- Les mêmes inconvénients que pour la Laine et la soie (cuivrage, noirs trop faibles, trop forts, etc.) peuvent se présenter, et se corrigent par les mêmes moyens.
- Si les popelines sont d’un noir rougeâtre provenant de teintes primitives à base de rouge, on corrigera ce reflet en substituant le javelage ou piquage, sans rien changer quant au reste.
- L’eau de javel détruit la plupart de ces couleurs de fonds, et n’a pas d’action nuisible sur le noir. Il semblerait que ce démontage doive se faire avant teinture, mais comme il n’est pas toujours utile, il est temps de s’en servir quand, par hasard, cela est nécessaire.
- Ceci termine notre chapitre des noirs, nous allons passer aux couleurs.
- Quant aux noirs spéciaux : paille, feutre, plumes, gants, etc., nous les verrons à la fin de notre travail.
- Maurice GUÉDRON
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- BLANCHIMENT DE LA PAILLE
- pour blanc et teinture
- Après avoir classé les pailles suivant leur couleur naturelle, elles doivent être blanchies, surtout celtes qui doivent être teintes en nuances tendres, car c’est, pour les pailles comme pour les autres matières, une condition essentielle que. pour prendre une couleur délicate et uniforme, elles doivent être au préalable aussi blanches que possible.
- La paille, quoique naturellement d’une couleur jaune, se blanchit facilement. Pour y arriver, on emploie du ch'orure de chaux, de la même manière que pour les textiles, avec cette différence que le blanchiment a lieu plus facilement et plus rapidement pour la paille que pour le coton.
- Néanmoins, cet agent n’est employé généralement que pour les couleurs tendres, telles que : rose, chair, lilas clair, jaune serin et bleu de ciel -, pour les couleurs plus foncées et pour le blanc, le soufre est le plus souvent employé.
- Soufrage. — Pour cette opération, on se sert d’un tonneau dont les deux bouts ont été enlevés et que l’on place debout. A peu près à 5 ou 6 pouces du bas sont enfoncées 3 ou 4 goupilles pour soutenir un cerceau sur lequel est tendu un fret ayant des maiues d’environ 1 pouce carré. Sur ce filet sont placées par poignées les pailles, de façon qu’elles se eroi-
- LA REVUE DE LA TEINTURE 219
- sent dans tous les sens. On couvre ensuite le tonneau avec un couvercle muni d’une rainure, pour prendre le bord du tonneau, et garni de cordons cloués sur le bord, afin de pouvoir l’attacher solidement et aussi hermétiquement que possible. On couvre alors le tout avec une couverture en laine. Il va sans dire qu’avant de fermer l’appareil on a eu soin de boucher toutes les fentes qui pouvaient laisser échapper la vapeur soufrée.
- L’appareil étant ainsi apprêté, on introduit par le fond un réchaud contenant du charbon de bois allumé, sur lequel on place un pilât en fer contenant du soufre en poudre. Le soufre se chauffe et s’enflamme, et le gaz, mis en liberté, remplit l’intérieur du tonneau et blanchit les pailles. Cette opération demande de 3 à h heures.
- On ne doit mettre que peu de soufre et en couche mince, distribué également sur le plat ; car, si on y mettait une couche épaisse, les flammes s’élèveraient à une trop grande hauteur et donneraient une teinte noirâtre aux pailles, qu’il serait impossible de leur enlever par n’importe quel procédé. L’opération doit avoir lieu en plein air.
- Lorsqu’il ne s'échappe plus de fumée sulfureuse du tonneau, on le découvre et on enlève les pailles, qui sont dès lors prêtes à recevoir , la teinture.
- Suivant Fischer, la paille doit être trempée pendant 24 heures dans des baquets de sapin contenant de l’eau assez chaude, et ensuite bouillie dans une lessive alcaline composée de 1 kU. de potasse et 5 litres d’eau, et ensuite rincée dans un nouveau baquet jusqu’à ce que l’eau reste incolore. On la fait bouillir de nouveau dans une lessive composée de 500 grammes de potasse et 5 litres d’eau ; passer ensuite dans un bain d’eau fraîche, et, suivant sa coloration, on l’échaude pendant 2 ou 3 jours, jusqu’à ce que toute la matière colorante soit dissoute.
- Enfin on termine le blanchiment en la faisant tremper 24 à 30 heures dans une so’ution claire de chlorure de chaux ; on la rince ensuite dans de l’eau froide, qui peut être additionnée d’un peu d’hyposulfite de soude jusqu’à ce qu’il ne reste plus trace de chlorure.
- Si l'odeur du chlore est très persistante, on peut exposer les pailles à l’air et aux rayons du soleil.
- L’action du chlorure est très énergique, mais elle a quelquefois l’inconvénient de rendre les pailles fragiles. Le blanchiment par le soufre a aussi un inconvénient, qui est le retour graduel de la couleur primitive.
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- BREVETS D’INVENTION
- Intéressait les industries tinctoriales
- 199779. — Gantillonet mottu. — Application nonvelle de diverses matières connues,
- à base de corps gras, pour imprimer les dessins que l’on veut réserver, remplaçant avantageusement le mastic et les résineux.
- 199844. — Bellot. — Nouvelle machine à lainer, garnir ou tirer à poil tous les tissus.
- 199854. — Chevallot. — Procédé de teinture des matières textiles sur mordants de résine libre et de résinâtes insolubles dérivés de la colophane.
- 199922. — Bornot. — Machine de finissage des couvertures de laine ou coton, ou autres tissus analogues, après nettoyage et dégraissage.
- 199943. — Société Fankhauser et Gifl.— Mordant dit : Rotceline.
- 200061. — Chaudet. — Nouveaux procédés d’application directe de l’aniline et de ses homologues à la teinture des matières textiles animales et végétales, permettant d’obtenir des couleurs grands teints usuelles.
- 500080. — H. Scoppini, Fousset et Cie. — Noir direct parisien pour toutes matières textiles, fils ou tissus purs ou mélangés.
- 200081. — H. Scoppini, Fousset - et Gie. — Noir direct parisien pour soies et soieries pures.
- Certificats d'addition.
- 1992497. — Leroux et Fischbàch. — Brevet du 20 août 1888, pour un nouveau procédé dénommé : Peinture cuite au four sur feuilles métalliques mobiles.
- INFORMATIONS BT FAITS DIVERS
- CHAMBRE SYNDICALE
- DES
- TEINTURIERS-DÉGRAÏSSEURS
- Séance du 2 décembre 1889.
- Cette séance est consacrée principalement à la préparation du banquet.
- M. Tissier est ensuite élu membre du comité en remplacement de M. Monnot qui s’est démis de cette fonction.
- Banquet du U décembre 1889.
- Le banquet de la chambre syndicale de la teinture et du nettoyage a eu lieu le samedi 1 h décembre, sous la présidence deM. Rigo-lot, président. Soixante-treize convives ont pris part à cette belle réunion qui, d’un bout à l’autre, a été empreinte d’une bonne camaraderie, d’une franche gaîté, et tout s’est passé, on peut le dire, à la satisfaction générale.
- Plusieurs confrères, regrettant vivement de pouvoir être des nôtres, s’étaient excusés : MM. Gally, Paillard, Piot (maison Tisselin), Monnot, KPIler, Tranchant (maison Klein).
- Outre les membres adhérents - presque tous venus, on doit citer, pour les remercier de leur présence, nos confrères : MM Barbin, Auberlet, Barbé, Bontemps père, Sauvage (maison Jully et Sauvage), Lallement de Reims, Roilet, Vincent, MM. Gouillon, direc-
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- 220
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- leur de la Revue de la teinture, et Rousset, directeur du Moniteur de la teinture, ainsi que les représentants des principales maisons de drogueries.
- Au champagne, M. Rigolot, président d’honneur, a prononcé le discours suivant :
- « Messieurs,
- « Une Chambre syndicale nouvelle s’est constituée, et, pour la première fois, vous réunit dans un banquet.
- « Comme dernier président de l’ancienne chambre syndicale, j’ai le plaisir et l’honneur de lui souhaiter la bienvenue, et de féliciter les adhérents des choix heureux qu’ils ont faits en nommant son bureau ;
- « Et en formant un trait d’union, entre l’ancienne Chambre syndicale et la nouvelle, en choisissant comme président mon vieil ami M. Vinois, qui, plus que personne, a l’expérience et l’autorité nécessaires pour occuper ce poste d’honneur.
- « La nécessité des Chambres syndicales n’est plus à démontrer, et l’indifférence est leur ennemi le plus dangereux. C’est pourquoi Messieurs, je ne saurais trop vous engager à vous grouper autour de votre Chambre syndicale, de la soutenir par tous les moyens, et surtout en assistant aux réunions de chaque mois, et en y apportant les idées nouvelles que vous croirez bonnes, assurés qu’elles seront toujours accueillies avec bienveillance, et discutées avec courtoisie.
- « Les hommes honorables qui composent votre bureau sont tous remplis de dévouement et du désir de bien faire ; c’est pourquoi ils ont besoin de se sentir soutenus par vous, afin de mener à bien la tâche que vous leur avez confiée en les nommant.
- « Certain, d’être entendu par vous tous, je bois, Messieurs,
- « A la longue durée de la Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage !
- « A son honorable président !
- « A son bureau tout entier ! »
- De chaleureux applaudissements ont accueilli ces paroles sympathiques, auxquelles M. Vinois, président, a répondu par la petite allocution suivante :
- « Messieurs et chers Collègues,
- « Permettez-moi de lever mon verre à la prospérité de notre chambre syndicale et à sa continuation.
- « Je salue, parmi nos convives, notre président d’honneur, M. Rigolot, qui, pendant bien des années, a dirige les travaux de notre ancienne Chambre avec beaucoup de dévouement et de ténacité ; car, il faut bien le reconnaît, le nombre des membres avait beaucoup diminué, et, grâce au dévouement de plusieurs vieux camarades, que je suis heureux de voir encore parmi nous, M. Rigolot a soutenu l’institution de notre Chambre jusqu’au dernier moment.
- « Si elle a sombré, Messieurs, nous devons cela à l’élection du Président du Tribunal de commerce, M. Chaberf, que le syndicat général avait combattu, et qui a été élu malgré l’opposition des Chambres.
- « Aussi, pour remercier les Chambres syn- j dicales, il a réclamé de M le Ministre de la justice un décret de la loi, qui interdise le renvoi des affaires litigieuses devant des arbitres volontaires.
- « Vous voyez, Messieurs, combien notre institution se trouvait sapée dans sa base, car '
- il faut le reconnaître, le principal de nos intérêts c’est l’examen des affaires litigieuses ; c’est ce qui a fait que, dans la séance du 5 mars 1877, le comité a décidé la dissolution de la Chambre syndicale de la Teinture et du Nettoyage.
- « Aussi, Messieurs, j’ai été heureux de voir en janvier 1889, notre Chambre se reconstituer à nouveau ; et je crois, avec les principes adoptés par les tribunaux, que nous serons assez heureux pour rendre des services à notre corporation.
- « Je ne m’étendrai pas davantage sur cette question.
- • « Je fais appel à tous nos confrères, qui
- ont le sentiment de nos intérêts, pour bien vouloir se grouper autour de nous, pour apporter, si c’est possible, un plus grand développement à noire institution.
- « Je bois à. notre président d’honneur, à nos collègues et aux personnes qui nous ont fait l’honneur de répondre à notre invitation.»
- Le discours de M. Vinois a été couvert d’applaudissements. PuisM. Fleury, vice-président d’une façon très humoristique, porte un toast aux organisateurs du banquet.
- « Notre Chambre syndicale, ajoute-t-il, n’a pas encore eu le temps de faire ses preuves, et pourtant nous pouvons signaler pour ses débuts la création d’un bureau de placement gratuit pour les ouvriers de la corporation. Son utilité ne saurait être contestée, et les ouvriers verront peu à peu leur intérêt pécuniaire et moral a s’adresser à notre bureau. Mais nous avons pensé que les avantages qui pourraient exister pour les patrons devraient être réservés aux teinturiers adhérents à la Chambre syndicale, si minimes que soient les sacrifices faits Ces avantage-, et d’autres dont nous pouvons chercher et espérer la réalisation. détermineront sans doute nos collègues hésitants à se joindre à nous.
- « I! est des questions intéressantes, comme celles des contributions spéciales, celles aussi des patentes, où nos réclamations amont bien plus de chances d’être écoutées, si nous sommes quatre cents par exemple. Et c’est l’intérêt général de la corporation que nous poursuivons.
- « Que nos collègues viennent donc grossir nos rangs, apporter leurs voix et leur concours. Aussi, Messieurs, je bois aux adhérents de la nouvelle Chambre et aux futurs adhérents dont, j’espere, un certain nombre se trouve ici. »
- Au rom de la commission du banquet, M. Babillon-Marchal remercie des paroles flatteuses de M. Fleury, le succès du banquet ayant été fait par ceux qui ont bien voulu y prendre part. Puis il porte un toast aux journaux de la Teinture dont les rédacteurs ont honoré de leur présence notre réunion ; ces messieurs, comprenant le but poursuivi, aideront par leur propagande à susciter des adhésions, et la Chambre syndicale sera heureuse de reconnaître leurs efforts à augmenter le nombre de ses membres
- M. Gouillon, en son nom et au nom de M. Rousset, dont l’approbat;on est visible, dit qu'il est heureux de prendre part à une réunion d’industriels dont il a toujours aimé les travaux.
- Il donne l’assurance de leur dévouement à notre cause professionnelle, ajoutant que les teinturiers-dégraisseurs les trouveront toujours piêts à défendre leurs intéiêts, comme a faire connaître leurs vœux et leurs travaux.
- Des applaudissements sympathiques accueillent ces paroles, et les invités organisent sur le champ un petit concert très réussi, où jeunes et vieux rivalisent d’entrain, de gaieté de bonne volonté ; duos, monologues, chansonnettes, morceaux de violon et de piano se succèdent, faisant valoir le talent de beaucoup d’amateurs.
- En résumé, bonne, excellente soirée, qui ne laissera de regrets qu’à ceux qui n'y ont pas pris part. La bonne camaraderie et le vif désir de se connaître, de se sentir les coudes, qui se sont vivement manifestés tout le temps, font bien augurer pour l’avenir de la Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage.
- —o—
- L«§ grèves «le la r«%ioii lyonnaise. — Il s’est tenu à Tarare un congrès des syndicats ouvriers de la région pour étudier la grève de Cours et rédiger un rapport au Parlement.
- Trente-huit délégués représentant vingt-cinq syndicats de la région, considérant que la lutte entre les patrons et les ouvriers a surtout porté sur la question des chambres syndicales, par suite de la résolution des patrons de traiter, non avec le syndicat de Cours mais seulement avec les ouvriers, ont décidé de demander au gouvernement de retirer la police de Cours, et de voter un crédit de 100.000 f. pour venir en aide aux familles de grévistes.
- Il est certain que celte demande de secours n’a aucune chance do succès.
- —o—
- Incendie. — Uu violent incendie s’est déclaré, rue Ste-Marguerite, 24, dans une fabrique de toiles cirées. Le feu qui avait pris naissance dans une étuve n’a pu être éteint qu’après plus d’une heure de travail.
- Les dégâts sont considérables. Il n’y a heureusement pas eu d’accident de personnes.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’Agenda des Industries textiles.
- Nous signalons aux constructeurs de machines pour l’industrie textile, et aux fournisseurs d’articles pour tissage et filature, la publicité très sûre et très économique que leur offre l’Agenda des industries textiles.
- Cet agenda qui est fort bien fait, très intéressant et rempli de documents utiles à consulter chaque jour est envoyé gratuitement franco dans la France entière, à tous les fabricants de toiles, de tissus, de tulle, de tapis, aux pei-gneurs, fdateurs, retordeurs, teinturiers, ap-préteurs et en général à tous les industriels Français travaillant les textiles. Son tirage garanti est de 5500 exemplaires ; mais nous savons qu’il sera, pour 1890, de 6500 exemplaires au moins. Ce tirage est justifié aux souscripteurs d’annonces par la liste nominative des industriels auxquels l’agenda est adressé.
- Envoyer tout ce qui concerne l'agenda à la librairie des ?n instries textiles :
- Alfred Reboux à Roubaix (Nord).
- Le Gérant : F. Gouillon. Tous droits réservés
- Imprimerie C. COLIN, à Charleville (Ardennes)
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- LA
- 2e VOLUME
- REVUE DE
- ET DES COLOR ATIONS
- MB**!»
- ja wtî ffÆîinir™ prix?;
- LA TEINTURE
- INDUSTRIELLES 41NNEË 1889.
- TABLE DES MATIÈRES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Pag#s
- Absorption des réactifs par les fibres textiles.............. 59
- Accident de travail.......................................... 14
- Acide acéti iue, emploi........................................ 22
- — chlorhydrique, emploi...................................... 22
- — nitrique, emploi........................................... 22
- — oxalique, emploi........................................... 22
- — picrique — ................................................ 22
- — sulfurique — 22
- Action de la lumière sur les couleurs...................... 59
- Adjudications administratives : 7. 15, 23, 31, 39, 47, 63, 71, 79, 87, 96,
- 119, 154,167,182,197,210.
- .................................... 18
- .................................... 22
- .................................... 22
- .................................... 22
- ........................................ 52
- Alizarine (couleurs)..................
- Alun, emploi..........................
- Amidon — .............................
- Ammoniaque, emploi....................
- Amiral (nuance).......................
- Anilines (voir aux noms des couleurs.) Appareils (voir aussi : machines.)
- — pour régulariser l’empesage.
- — à effiler un tissu pour l'essayer.
- ............. 19
- ......... 101
- pour essayer la résistance des tissus.................. 138
- pour teinture par pulvérisation....... ................ 149
- à teindre en bobines................................... 162
- à encoller............................................ 176
- ......... 28
- — à teindre la laine et autres textiles..
- 5
- 11
- 13
- 19
- Application des poudres de bronze sur velours............... 176
- Apprêt des molletoués coton.................................
- — des draps...........................................
- — imperméable pour tissus de coton....................
- — à l’apparatine............................ .........
- — (colles et gommes)................................. 30, 38
- — des soieries et des lainages légers............... 37,193
- — glacés pour tissus de coton............................. 60
- — satins mous et craquants sur coton.................. 116
- Articles à travailler en chiffonnage........................... 54
- Asphyxie dans un séchoir...................................... 211
- Aubergine (nuance)............................................ 207
- Avivage des soies chargées..................................... 84
- — des bleus de cuve (voir : remontage.)
- B
- Bac automatique pour teinture................................. 114
- Bains pour le nettoyage....................................... 78
- — de piquage............................................... 79
- — d’azurage................................................ 79
- — de crémage............................................... 79
- — d’émétique.............................................. 179
- — de sumac............................................... 179
- — de eampêche.........................................i 179
- — de bois jaune........................................... 179
- — de cachou............................................... 179
- — à soufrer.............................................. 117
- — colorants pour pâtes à papier.......................... 153
- Benzine...................................................... 22
- Bibliographie.. ..................................... 7, 165, 212.
- Blanchiment et teinture des matières textiles.................. 11
- — des os............................................ 37
- — du jute........................................... 53
- — à l’huile lourde.................................. 91
- — par l’oxygène naissant........................... 191
- — des fils en solution acide....................... 102
- — électrolytique................................... 172
- — à l’eau oxygénée................. 67, 75, 83, 115,117.
- Blanchissage de la lingerie................................... 117
- Bleutage des soies............................................ 151
- Bleus spéciaux sur coton................................... 127
- — -Japon................................................ 12
- — azoïques pour calons et mélanges........................ 21
- — -Nicholson.............................................. 29
- Pages
- — -hussard................................................... 44
- — -gris au prussiate sur coton............................... 44
- — d’induline (application).................................. 52
- — de paraphényle et son emploi.............................. 137
- — de cuve (remontage)....................... 53, 60, 68, 74, 93.
- Bois de teinture................................................. 23
- Bombyx teinturiers.............................................. 106
- Borax (emploi).................................................... 23
- Brevets d’invention (catalogue)... 7, 15, 23, 31, 47, 71, 118, 154, 197.
- — — (Revue sommaire)................ 3.11.19 9R a*. 7r.
- TOI, 114, 162, 176, 206.
- Brossage des draps.............................................. 69
- Bronzage des velours par impression............................... 11
- Bronze aux bois................................................. 21
- Bruns sur laine.................................................. 103
- — -olive laine............................................. 127
- Buffalo (nuance).............................................. 103
- C
- Causeries confraternelles sur l’art du teinturier-dégraisseur... 5, 13.
- 22, 29, 38, 45, 53, 61, 69, 77, 85, 91, 104, 116, 128, 140, 151, 164,
- 179, 194, 208:
- Cachou (emploi)............................................. 29
- Ca> min d’indigo............................................... 38
- Cachoutage des soies....................................... 151
- Clarificateurs à benzine.................................. 92, 177.
- Chambre syndicale de la teinture et du nettoyage, (ses travaux).. 32,
- 63, 96, 131, 183, 199, 211.
- Chapeaux (voir: feutres.)
- Chaudron (nuance)................................................ 155
- Chevilleuse mécanique........‘............................... 3
- Chlorure de chaux (emploi)....................................... 29
- Chlocolat, teinte sur coton..................................... 104
- Chromâtes de potasse (emploi).................................... 29
- Chronique............................. En tête de chaque livraison.
- Cochenille (emploi).......................................... 30
- Coloration des comestibles...................................... 166
- — des plumes................................................ 176
- Commerce de l’Allemagne......................................... 166
- Conditionnement des laines....................................... 91
- Congrès de la propriété industrielle............................ 153
- — sur les conditions du travail.................... 106, 165.
- Cotonnades imprimées............................................ 192
- Couleurs d’aiizarine............................................. 18
- — azoïques................................................ 27
- — — application.................................... 177
- — — formées directement sur tissus............. 93, 115.
- — d’aniline pour chiffonnage.............................. 44
- — virées................................................. 130
- Cours des Arts-et-Métiers....................................... 200
- Couperose (emploi)............................................... 30
- Crème de tartre (id)............................................. 30
- Cristaux de soude (id)........................................... 30
- Cristallisations sur tous textiles............................... 43
- Cuve mixte à l’indigo et à l’iodophénol.................. 173
- — à l’hydrosulfite............................................ 206
- Cyanure de potassium (emploi).................................... 30
- D
- Décatissage des tissus, à l’eau et à sec.......................... U
- Dédit d’ouvrier (jurisprudence)................................. 119
- Décreusage des laines peignées.................................. 100
- Dégradages, ou démontage sur soie, laine et coton............... 140
- Détachage partiel................................................ 69
- Devis d’installation des maisons de teinturiers-dégraisseurs... 5
- Dissolutions d’anilines......................................... 179
- Douanes suisses................................................. 183
- Dosage de l’indigo............................................... 51
- Drap à pardessus et à pantalons................................. 205
- Drogues et couleurs pour chiffonnage.............................. 22
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-
-
-
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- LA. REVUE DE LA. TEINTURE
- Pages
- Droits sur les tissus tricotés................................. 48
- — sur les lainages aux Etats-Unis............................ 211
- sur les tissus dans llndo-Chine.......................... 80
- I - ëà
- iM! : f
- F.
- — à effets de mélanges de fils*
- — nouveau genre.
- — des tissus de coton (traité spécia1)* Incendies.
- Incombustibilité des tissus.
- Pages
- 214 162
- ................ 165
- 16, 24, 32, 40, 96, 119 28, 114
- Eau de Javelle (emploi)......................................... 30
- — à détacher............................................. 85
- — oxygénée (voir : blanchiment.)
- Ecole de bonneterie................................... 16, 72,155.
- — de physique et de chimie.............................. 131
- Effets de la teinture sur la draperie........................ 171
- Echantillons de tissus d’exportation...................... 24, 167.
- Eiffel (nuance)............................................ 102
- Encres à marquer les tissus............................... 104, 140.
- Enlevages sur rouge turc...................................... 59
- — pour tissus, peaux, etc........................... 206
- Emploi des vieilles benzines........................... 92, 105, 177.
- Empire (nuance)................................................ 207
- Epaillage chimique de la laine et des tissus................. 2, 10.
- Erable (nuance)................................................. 12
- Essai et analyse des couleurs................................... 35
- Etablissements classés....................................... (14
- Etoffes pour sauvages......................................... 131
- Etudes sur la soie et sut le coton.............................. 52
- Evaporateurs rotatifs........................................... 12
- •EXpOSlCItm Uni v oi oollo Uo lOOO, noioo dirorsoa.. .. \ 47,
- 56, 63, 66, 73, 107.
- — — liste des exposants.................... 74
- — — comptes-rendus des produits exposés (tein-
- tures et machines)....... 82, 88, 89, 122, 170.
- — — jury des récompenses.............. 87, 131, 155.
- — — les récompenses.............. 143, 157, 183, 186.
- Extraits de bois.......................................... 30, 35.
- — d’orseille............................................ 51
- -U? F
- «Fabrication de l’Indîgotine.............................. 162, 207.
- — du papier de teinture........................... 3
- — des tapis aux Etats-Unis........................... 80
- Factures annotées.............................................. 16
- Fécule (son emploi dans l’apprét)............................... 30
- Feutres sécheurs en tissus spéciaux............................ 101
- — (teinture des)......................... 21, 44, 53, 60, 69.
- Filtre rationnel pour benzine (voir aussi : clarificateurs).. 177
- Fixation des matières colorantes.............................^ 28
- — du chrôme sur la laine.......................... 125, 160.
- Flanelles, teintes unies....................................... 28
- Florentin (nuance)............................................. 150
- Fluorure de chrôme (mordant).................................... 52
- Foulage combiné pour draperie.................................. 102
- — au baquet (dégraissage)............................... 79
- — aux laveuses ( — )................................ 94
- Foulard d’Alsace................................................ 84
- Fourrures (commerce)........................................... 204
- Frankhausine (mordant)......................................... 111
- Frappures d'air................................................. 94
- Fusain (nuance)............................................. “ü
- G /
- Garance, son emploi............................................. 30
- Gaude, son emploi............................................
- Gélatines et colles pour apprêts................................ 30
- Girafe (nuance)................................................. 21
- Gobelins (les) à l’Exposition............................. 24, 72.
- Gommes et mucilages pour apprêts.......................•..... 38
- Goura (nuance'................................................ 150
- Grèves ouvrières.... v...... 8, 16, 24, 32, 40, 48, 72, 107, 119, 143.
- Gris-mode.................................-..................
- ----bleu...................................................... 76
- — -ardoise........................................... 150, 208
- Groseille (nuance)............................................... 4
- H
- Héliotrope foncé sur lainages................»............... 116
- Huile pour rouge turc (essai)................................. 36
- Humecteuses pour apprêt........................................ 206
- Imperméabilisation des tissus...................... 13, 36, 149, 176
- Impression sur chiffonnage........................................... 5
- — des marques de fabrique sur pièces..................... 20
- •— sur flanelle........................................... 68
- — des peluches.......................................... 176
- — à la thioflavine...................................... 178
- — au noir d’aniline..................................... 192
- Inconvénients de la céruse dans les dente^es.................. 106
- Indigo (emploi)............................................... 38
- — à la Nouvelle Calédonie.................................. 196
- Tndutries tinctoriales et textiles à l’étranger* 0, 79, 130, 141, 196
- Influence de l’eau sur la laine et sur le draP • • ........... 213
- Informations et faits divers. 8,16, 24, 32? 40, 47, 56, 63, 72, 80, 87, 96, 107, 119. 131, 143, 155> 167 > 183, 199. 211, 218 Introduction à l’année 1889......................................... 1
- Jaune de quinoléine.......................................... 27
- — chrysamine sur coton................................... 85
- — de Hesse............................................... 93
- — rougeâtre sur laine................................... 103
- Jute (blanchiment)........................................ 53
- Laineuse rotative................................................ 43
- Lavande (nuance) sur laine...................................... 116
- Laveuses diverses................................................ 95
- Légion d’honneur (nominations)............................... 8, 186
- Lettres d’un teinturier-dégraisseur ... 26, 34, 42, 57, 98, 110,’l34,
- 145, 159, 188, 202
- Lilas sur coton................................................. 127
- Limoges (nuance)................................................. 44
- Luciole (nuance)................................................ 70
- Lustreuse-étireuse à étirage double.............................. 20
- M
- Machines (voir aussi : appareils).
- — a élargir, étirer et ramer.............................. 3
- — à travailler les soies............................. 3 20
- — à laver, dites : Leviathan ............................. n
- — à laver pour chiffonnage .............................. 95
- — à dérompre............................................. 20
- — à étirer les soies..................................... 20
- — à chiner par teinture.................................. 2^
- — à mesurer les tissus................................... 28
- — à teindre perfectionnée.......................... 43; 102
- — à teindre en écheveaux............................. ’ 170
- — à lainer en écheveaux........................ 43, 76, 1q2
- — à teindre, blanchir et traiter le fil en pelotes et en
- bobines.................................................. 20, 206
- Marque (la) des teinturiers.................................. 03
- Matériel pour impression.......................................... 5
- Mastics de fer................................................. 208
- Métier à rames continues........................................ 415
- Mode (voir : gris).
- Mordants nouveaux............................................... 51
- — à l’antimoine... .4.................................... 67
- — huileux............................................... 114
- — chromiques pour teinture et impression....... 2, 125, 160
- Moulins et mortiers............................................ 45
- Mousseline laine imprinée. .................................... 84
- Moyen de reconnaître le fer dans les huiles pour rouge turc... 36
- N
- Nécrologie Nettoyages (des) en général......
- — des draps à la brosse
- — —au savon ..
- — à sec.
- — des soieries.
- 155, .211 69
- 85
- 86 95
- 116
- Nigrisne (procédés d’application).................................. 163
- Noirs sur laine (procédés anglais)....................... 4, 13, 29
- — pour gants.............................................. 61
- -- grand teint...........................................»... 77
- — en un bain sur laine....................................... 84
- — au chromate.......................................... 85, 128
- — de Naphtol................................................ 85
- — d’aniline........................................... 101,116
- '— — inverdissable ....................... .......... 3
- — — discussion d’antériorités 111, 146, 161, 174, 178, 186,
- 189, 203, 214
- — sur soies avec et sons charge................... 151, 163, 193
- — sur coton.................................................. 208
- — sur lainages (chiffonnage)................................ 194
- — sur coton (chiffonnage).................................. 195
- — sur laine-coton (chiffonnage)............................ 195
- — sur laine-coton-soie..................................... 196
- .
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-
-
-
- LA REVUE DE LA TEINTURE
- 223
- Pages
- — sursoies................................*........... 209
- — sur velours........................................... 216
- Note sur le rouge turc... .^............................... 204
- — sur la théorie de la teinture et sur les taches observées
- sur les draps................................... 112,124
- — sur les procédés de teinture des Annamites et des Chi-
- nois ........................................ 55, 62, 70
- Nouveljes matières colorantes......................... 43, 101
- Nouveau genre d’impression................................... 162
- Numérotage de la bonneterie................................... 48
- O
- Orange d’alizarine Orseille (emploi).. Oxydés (nuance)..
- Paille; blanchiment.......................................... 214
- Panama (emploi)................................................. 38
- Papier, coloration................................ 136. 139, 153
- — de tenture.............................................. 3
- Paon (teinte sur peluche)........................................ 4
- Parchemin (nuance).............................................. 76
- Peaux et cuirs (teinture et préparation).................... 14 9
- Perfectionnements dans la fabrication des étoffes imperméables .......................................................... 36
- Pervenche (nuance)............................................. 177
- Pioupiou nuance)........................................ 159, 177
- Plumes, coloration............................................. 176
- Préparation de la laine avant la teinture...................... 101
- — perfectionnée pour nettoyer.............................. 19
- Prix de la Société d’encouragement............................. 181
- Procédés divers . 4, 12, 21, 28, 36, 44, 52, 60, 68, 77, 84, 93, 102, 115,
- 127, 138, 150, 163, 177, 192, 207, 218
- Procès des noirs d’aniline............... 143, 167, 186, 198 , 203.
- Produit pour lavage et blanchiment des chiffons................ 163
- Progrès (les) des industries tinctoriales........... 27, 35, 50, 58
- Propriété industrielle.......................................... 56
- Protection des industries textiles en Turquie.................. 183
- Prud’hommes commerciaux.......................•............. 14
- Prune et bleus nouveaux..................-.................. 35
- Pyrolignite de fer............................................. 38
- l\
- Ramie (la)...................................................... 80
- Ravivage des fonds de châles................................. 178
- Recherche des colorations au chrômate de plomb............... 154
- Réception de l’ouvrage en chiffonnage......................... 53
- Recueil-poussières pour impression............................ 91
- Réduction de l’indigo par les hydrosulfites........... 205 et 215
- Régénérateur de l’indigo des pieds de cuve et autres résidus. 215
- Régime des châles en tricot.................................. 119
- Remontage des bleus de cuve................... 52, 60, 68, 76, 93
- Renseignements commerciaux. 8, 15, 23, 31, 47, 55, 63, 72, 80, 87, 96, 107, 118, 130, 143, 155, 183, 198, 210, 218
- Retour à la garance...............'......................... 56
- Rhodamine..................................................... 27
- Rhodonates aluminiques........................................ 51
- Roccelline (teinture)......................................... 28
- Rocou (emploi)................................................ 39
- Rouille (emploi)............................„............. 39. 151
- R.ouillage des soies..................................... 151,209
- Rouge d’alizarine....................................... 36,163
- de St-Denis................................ 112, 138, 151
- „ — turc (note)............................................... 204
- — — à l’alizarine....................................... 163
- Fcouleaux d’impression en métal blanc........................ 173
- Safranine (teinte).............................................. 115
- Santal (son emploi en teinture)..................................... 136
- Pages
- Sauge sur coton................................................... 208
- Savon benzine............................................... 11, 105
- — pour chiffonnage...............,....................... 39
- Sels d’étain........................................................ 39
- Soie artificielle........................................... 68, 76
- Solidification des couleurs sur pongés............................. 43
- Solidité des couleurs du papier.................................... 136
- Soufre (emploi)...................................................... 39
- Soufrage des tissus................................................ 117
- Substituts de l’émétique............................................. 51
- Sulfate d’alumine.......................:....................... 39
- — de soude.................................................... 39
- Sumac (emploi)....................................................... 39
- Taches (nettoyages)
- — sucrées...........................................:.. 69
- — grasses.................................................. 70
- — de propreté............................................. 128
- — d’humidité.............................................. 128
- — de fruits, de vin....................................... 128
- — de peinture, vernis................................... 128
- — de poix................................................. 128
- — de bougie............................................ .. 129
- — de camboius............................................. 129
- — do ruuille........................................... 129
- — d’encre................................................. 129
- — d’urine, le fiente d’oiseau............................. 129
- • — d’acides et d’alcalis................................... 129
- — de nitrate d’argent..................................... 129
- — d’onguent mercuriel................................... 129
- — indéterminées........................................... 129
- Tannin (emploi)................................................. 39
- Tarif des travaux de chiffonnage.............................. 61
- — de chemins de fer....................................... 155
- Teintes possibles en chiffonnage.................................. 54
- Teinture de la laine............................................. il
- — par circulation,......................................... 76
- — des étoffes leutrées.............................. 162, 207
- — en thioflavine....................................... 28,173
- — des écheveaux......................................... 152
- — des pièces..........................;................ 152
- — (les) en chiffonnage ............................... 151
- — des feutres.................................. 21, 41, 60, 69
- Teinturerie (la) en Suisse.................................... 40
- — en Allemagne............................................. 107
- Teinturier (le) au X1N° siècle (bibliographie)................ 7
- Tendeurs................................................... 152,164
- Théorie de la teinture............................................ 58
- Tonne au noir................................................. 179
- Transformation des industries tinctoriales................. 126, 135.
- Transport d’impression sur bois................................... 29
- Travail de nuit dans les usines............................ 14, 16
- U
- Utilisation des résidus d apprêtage........................... 150
- V
- Varlopeuse des bois de teinture................................... 46
- Velours anglais, teinture.......................................... 4
- Vernis noir pour le cuir...................................... 29
- Vert sur toiles et cotons....................................... 37
- — empire (nuance).......................................... 44
- Violets et lilas grand teint..................................... 127
- — prune sur laine......................................... 116
- — de méthylaniline (procédés d’application)............... 207
- Visite et inscription des articles à teindre.................. 61
- — industrielle en Belgique-Allemagne...................... 180
- Volcan (nuance) ............................................... 177
- .Æ.
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-
-
-
- 224
- LA REVUE DE LÀ TEINTURE
- ÉCHANTILLONS INSÉRÉS DANS LE VOLUME
- Pages
- Peluche paon......................................................... 4
- Velours ang'ais groseille............................................ 4
- Erable, gris mode................................................... 12
- Bleu Japon...........................................................12
- Girafe............................................................ 2l
- Hocelline........................................................... 28
- Bleu Nichohon....................................................... 29
- Bouge d’alizarine.,................................................. 36
- Orange d'alizarine.................................................. 37
- Eus iin, vert Empire............................................... 44
- Limoges, bleu hussard.......................•.................. 44
- Bleu d’induline...................................................... 52
- Apprêt par glaçage.................................................. 60
- — par calandrage.................................................. 60
- Impressions sur flanelle........................................... 68
- Parchemin (teinte) ................................................. 77
- Gris-bleu, luciole................................................... 77
- Eoulard d’Alsace................................................. 84
- Mousseline lame imprimée............................................. 84
- Orange de paratrinaline.............................................. 93
- Hoceiüne........................-................................ 93
- Pages
- Rouge de naphtvlamine.......................................%. 93
- Eiffel........................................................ 102
- Buffalo........................................................ 103
- Safranine....................................................... 115
- Blanc coton à l’eau oxygénée.................................... 115
- Bleu coton spécial MR........................................... 127
- — — MRBB.............................................. 127
- Rouge de St-Denis............................................... 138
- — de Russie sur peau..................................»..... 139
- Gris ardoise, goura............................................. 150
- Florentin bronze............................................ 150
- Rouge dandrinople à l’alizarine................................. 163
- Pioupiou, volcan ............................................... 177
- ‘Pervenche........................................................ 177
- Impression cotonnade unicolore.................................. 192
- — — genre cachemire................................ 192
- Aubergine.................................................... 207
- Empire......................................................... 207
- Bleu oriental................................................. 216
- Annamite........................................................ 216
- GRAVURES INTERCALEES DANS LE TEXTE
- Pages
- Machine à cheviller les soies......................................... 4
- — à lustrer et à étirer........................................... 20
- ( larificateur à benzine.............................................. 92
- Métier à rames continues................................................. 115
- Filtre rationnel pour benzine......................................... 177
- GRAVURES DES CAUSERIES SUR LE CHIFFONNAGE
- Mortier mécanique.................................................... 46
- Moulin à cochenille.................................................. 46
- Chiffres et lettres à marquer...................................... 62
- Brosse à détacher................................................ 70
- — à benzine., . ma;.............................................. 78
- Fouloir............................................................ 79
- Chiendent à draps.................................................... 85
- Pilon......................................................
- Laveuse Polonais......................................
- — Deliaître........................................
- Intérieur de la laveuse....................................
- Coupe d’une laveuse à double enveloppe....................
- Laveuse oscillaute Descombes..............................
- Clariflcateur à benzine...................................
- Teinture des fils.........................................
- Trinquet pour la teinture des pièces.......................
- Tendeur circulaire..................................i.... 4
- — champagne........................................
- Croisillon du tendeur......................................
- Tendeur garni d’étoffe, dans le bain.......................
- — sans tension.....................................
- Pages
- 87
- 95
- 95
- 95
- 95
- 104
- 105 152 152
- 64
- 164
- 164
- 146
- 146
- ADMINISTRATION
- 23, RUE VIEILLE-DU-TEMPLE, 23
- PARIS
- Imprimerie C. COLIN, 17, route Nationale, à Gharleville (Ardennes)
- / / V. ^
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- p.n.n. - vue 229/231
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- p.n.n. - vue 230/231
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- p.n.n. - vue 231/231
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